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Projet et devis d'une exploitation agricole, industrielle, manufacturière à créer en Algérie
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- 1)’UNE
- EXPLOITATION AGRICOLE, INDUSTRIELLE ET MANUFACTURIÈRE
- CRÉER EN /tLGERIE
- SOMMAIRE
- « Si Von employait toujours uti-« tcment toutes les forces produc-« triées de l'agriculture au lieu de « les gaspiller, si nous nous ren-'« dions parfaitement compte de tous « les travaux que nous exécutons,
- « si nous connaissions à fond la <f puissance incalculable des diffe-« vents produits que nous pourrions « employer pour tirer le meilleur « parti du sol, nous ne serions pas « en peine de mieux nourrir et de « mieux vêtir nos'populations. >>
- Lemaire,
- «Professeur à V Ecole delà Saul saie
- du bétail en viandes de conserves
- des bail es d conserves l>A K UN OUTILLAGE RR EVE TÉ S. G. IE G.
- FABRICATION
- d'un combustible
- cliI < CHARRON NATIONAL » IhTypIL S. H. H. G.
- Chauffant sans flamme ni fumée NOS COMTES DE CONSERVES
- CULTURE
- DISTILLATION
- ENGRAISSEMENT DU BÉTAIL
- TRANEFflRMÂTIflN
- EXPOSÉS, STATISTIQUES ET, COMPTES
- à l'appui de chacune de ces diverses
- BRANCHES
- L’ALGÉRIE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
- Administration. - Exposé Financier
- PAR LE COMTE DE PERPIGNA, RAIMBOÜX AINE ET A. LAFRIQUE
- 15 AVRIL 1887
- T,
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- ERRATA
- Pendant la composition de notre brochure il s’est glissé quelques erreurs que nous rectifions comme suit :
- Page 12. — Compte de pommes de terre. — Assurance contre la mortalité du bétail, lire t20 fr. au lieu de 12 fr.
- Page 16. — Récapitulation du compte de distillation, lire aux ventes 3.000 hectolitres de vinaigre à 10 fr. l’hectolitre, colon > : oubliée. (Cette omission ne touche pas aux chiffres de la page 47.)
- Matériel de distillation, lire n.800 au lieu de 14.800. Au total des dépenses lire 306.423.8r an lieu de 30). 423fr. 84. Vendu au commerce, lire 3.900 hectolitres d’alcool àjo fr. =233.000 fr.
- 'Récapitulation du compte de culture, au produit par hectare du compte de patates, lire 1004 fr. 70 au lieu d t 104 fr. jo c.
- Main-d’œuvre hommes, lire 3.234 jours au lieu de 3.324.
- Main-d’œuvre femmes, lire 1.690 jours au lieu de i.jio jours.
- ‘Page 21. — Statistique desalcools. — Actuellement le rendement des alcools en France est deq24 millions de francs. D’après le projet de M. Laur, membre de la Chambre des Députés, en admettant une production de 2.200.000 hectolitres eu chiffres ronds, on arrivera au résultat suivant :
- Les licences pour. . ..................................................................n'2 millions de francs.
- 2.200.000 hectol. alcool à 200 fr...................................................440 millions de francs.
- Total 492 millions —
- S/ à ce chiffre on ajoute l’économie réalisée par la suppression delà Régie, économie évaluée a.................................................................................20 millions
- Ce projet comportera un rendement de...................................................612 millions —
- Tous les autres projets arrivent d peu près au même résultat. Nous sommes donc en dessous de la réalité avec le chiffre de 4J2 millions indiqué comme revenu.
- Page 29. — Compte engraissement bœufs. —Lire fèverolles il fr. 24 a 11 fr. 30 les 100 k, au lieu de 4 fr., produit 4.724 fr. au lieu de 2.100 fr., cours d’avril.
- Colonne bénéfices nets lire 10.681 fr. 24 au lieu de 10. 681 fr. 09.
- Page 32. — Engraissement des porcs lire 44. 440 fr. pour l’achat de 1800 porcelets et 440 fr. pour frais d’amenage.
- Compte récapitulatif de transformation bœuf lire colonne boîtes de conserves 130.240 pour 200.890 fr. au lieu de 203.790 fr. et 7.900 fr. au lieu de 7.600 fr.. pour les suifs, peaux, os, sabots, etc....
- Compte récapitulatif transformation porc lire 228 fr. Colonne outils, machines milieu de 223 fr.
- Colonne bénéfices nets lire 66.026 fr.44 au lieu de 68.122 fr. 40. c.
- Toutes ces rectifications, nées d’erreurs typographiques, n’affectent en rien les chiffres du Mouvement commercial et financier de l’Exploitation pages (47 et 48) qui sont exacts.
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- PROJET
- D’UNE EXPLOITATION AGRICOLE, INDUSTRIELLE, KAUACTURtt
- A CRÉER EN ALGÉRIE
- EXPOSÉ SOMMAIRE
- Il est projeté une Société en commandite au capital de cinq cent mille francs pour une Exploitation absolument unique à ce jour, à créer en Algérie.
- L’installation aura lieu dans une propriété située à 10 kilomètres de Bône, l’un des ports les plus sûrs et les plus fréquentés de notre Colonie. Cette localité est desservie par la voie ferrée de Bône au Kroubs et par la grande ligne de la Régence. La propriété en question comprend 135 hectares environ de terres entièrement défrichées et propres à toutes cultures ; enlin l’eau si précieuse en Algérie s’y trouve partout en abondance.
- Cetto affaire sc divise on six branches principales se rattachant par leur nature même les unes aux autres. Ce sont :
- 1° Culture de tous produits spéciaux susceptibles de donner de l’alcool et, par voie de conséquence, des drcchcs pour l’engraissement du bétail ;
- 2° Distillation de tous ces produits. — Fabrication et Rectification des alcools ; réduction des drèches en tourteaux pour l’alimentation des bestiaux ;
- 3° Engraissement de bœufs et porcs par les résidus de distillation. — Ces résidus ne sont utilisables autrement que comme engrais de médiocre qualité.
- 4° Abatage des bœufs et porcs et transformation des morceaux de premier choix en conserves à l’usage de la classe bourgeoise, pour l’alimentation des armées de terre et de mer, de la marine; fabrication, avec les bas morceaux, abats, etc., de conserves à bon marché pour les classes peu fortunées.
- 5° Fabrication de nos boîtes à conserves par l’emploi d’un outillage spécial breveté S. G. D. G. Avec ce procédé qui est des plus simples, puisqu’il s’adapte à tous les moteurs et uitlise ainsi des forces perdues, nous obtenons une économie de 30 0[0 sur les prix actuels des grandes Manufactures de boîtes.
- 6° Fabrication d’un combustible dit charbon national brevetés. G. D. G. Chacune de nos boîtes de conserves porte à sa base un petit plateau en zinc y adhérant par emboîtement. Les deux parties sont retenues au moyen d’une étiquette-bande tricolore. Cette bande, d’une largeur de 5 centimètres est fortement gommée au verso. Chaque recto, nuancé des trois couleurs,portera la firme commerciale, le siège social, etc., et enfin une petite notice sur la manière de chauffer et d’employer la conserve contenue dans le récipient. Le petit plateau contient un charbon national, lequel prend feu au simple contact d’une allumette enflammée, choc de briquet, feu de pipe ou de cigarette, etc. Ce combustible chauffe en peu d’instants sans flamme ni fumée le contenu de la boîte. Le nom donné à notre combustible ne paraîtra pas trop prétentieux quand nous aurons dit que cette découverte vise tout spécialement au bien-être de nos troupes de campagne; le service militaire étant aujourd’hui obligatoire pour tous, c’est donc bien à la nation entière que notre petit charbon s’adresse. Tout le monde connaît les inconvénients occasionnés par les troupeaux épuisés de fatigue et malades, qui suivent,
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- en temps de guerre, les troupes en marche; c’est un embarras permanent pour les manœuvres, un objectif pour l’ennemi et l’immobilisation d'une certaine quantité de combattants plus utiles dans les rangs qu’à la garde, aux soins, à l’abatage, etc., de ce trop encombrant bétail. Nous savons tous également que pour se mieux dissimuler à l’ennemi il est formellement interdit d’allumer des feux. Cette prohibition, très naturelle d’ailleurs, a pour conséquence forcée d’empêcher la cuisson des aliments et de réduire l’homme de troupe aussi bien que l’officier à un repas parfois bien maigre, toujours froid, alors qu’après une marche forcée, une reconnaissance ou un engagement avec l’ennemi, un aliment quelconque, absorbé chaud, malgré l’insuffisance de la qualité et de la quantité de la ration, ferait tant de bien.
- Le soldat, ainsi rationné de notre boîte, pourra désormais en arrivant à l’étape ou au campement, s’occuper de ses armes, de son linge, de lui-même enfin, avec la certitude que dans quelques instants il aura à sa disposition un excellent repas chaud et réconfortant; enfin l’adoption de notre boîte entraînera la suppression d’une partie du matériel de campagne tel que bidons, gamelles de campement, hachettes etc., ce qui allégera le chargement du soldat et procurera au trésor une économie notable.
- Dans ces conditions le pays aura le droit de demander beaucoup à un soldat. Autrement non. Le combustible en question n'aurait-il pour tout avantage que celui de diminuer l’effrayante mortalité qui a sévi jusqu’à présent parmi nos troupes en campagne, qu’on trouvera tout naturel et très juste le nom de « National » donné à ce charbon, dont l’emploi supprimera tant de difficultés jusqu’ici reconnues insurmontables. Nous n’en citerons qu’une : celle de donner à l'homme qui combat pour la défense du territoire et l’honneur du pays une alimentation confortable et saine à laquelle il a tous les droits.
- Nous allons passer rapidement en revue les différentes branches qui constituent notre affaire et les étudier séparément dans leurs moindres détails. On trouvera également les Comptes très clairement établis indiquant les charges et bénéfices de chacune des cultures ; enfin un compte récapitulatif de chaque branche donnant très exactement le chiffre des frais de premier établissement nécessités par cette création.
- 1" BRANCHE
- CULTURE
- lin raison de la saison avancée, nous avons dû supprimer de nos plantations et semis de la premièr année quelques produits que nous reprendrons l'année prochaine.
- Pour l'instant, nous nous en tiendrons aux Plantes suivantes :
- 1 PRODUCTION
- DÉSIGNATION SURFACE plantée MATIÈRES premières) ALCOOL DRÈCIIÉS
- Patates roses sucrées hectares 10 kilog. 500.000 Hectolitres 1.000 lcilog. 125.000
- Sorgho à sucredu Minnesota. 30 1.500.000 1.200 300.OC0
- Courges à sucre du Venézuela. 15 1.950.000 000 487.500
- Carottes à sucre........ 10 750.000 400 187.500
- Pommes de terre à alcools. . et Papa vurcha 30 800.000 720 272.500
- Tnt.aux 95 .5.400.0C0 3.920 , 1.447.500
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- CULTURE DE DIX HECTARES DÉ PATATES-ROSES
- NOM BKI5 d e
- JOURNÉES
- 120
- 40
- 10
- 30
- 30
- 10
- 50
- 50
- 10
- 30
- 30
- 30
- 30
- 20
- 20
- 000
- DÉTAIL DES DÉPENSES
- Fermages à raison de 5 francs par hectare...........
- Impôts, par 10 hectares.............................
- 3 Labours (une paire de bœufs laboure un hectare en
- 4 jours), à 4 fr. .................................
- Semence (importation de la Martiiiquei5r6 fr. par he< t. Fumure spéciale à raison de 1000 kilos à l’hect. à 120fr.
- les 1000 kilos.....................................
- Journéesde femme, pour répandre la fumure, à 2 f. p. jour — pour placer le plant ïf.p.jour
- Foulage du terrain, 3 jours par hectare, à 4 fr. . . . . Hersage — — .. . .
- Arrachage d'herbes. 4journéesde femme par hectà ?fr. Binage 5 journées d’homme à 4 fr.
- Buttage 5 — a 4 fr.
- Arrachage d’herbes, enlèvement des feu.Iles l j. 0.2 fr. Arrachage des tubercules à la charrue3 j. parhéct.A tfr. Ramassage, de terrage et nettoyage des tubercules : de femme 3 journées par hectare à 2 fr. . . . • . .
- dVnfant 3 — à 1 fr.........
- Ramas=ageet mise en tas des fourrages et tubercules
- 3 jours A 2 fr...................................
- Transport du champ à la distillerie2 j. par hect 4 fr. Emmagasinage des tubercules dans les silos 2 jours par hect. 1 fr.................................'. .
- ACHAT DE MATÉRIEL FRAIS I)E PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat de 4 bœufs pour les labours, à 200 fr. l’un 80Qir de 4 harnais complet à 30 fr. l'un 120
- 2 charrues en fer à 2 0 fr. l'une............ 100
- 1 chariot................................. ; 00
- 1 herse................................. . . sa
- 1 rouleau.................................... 50
- 1 brouette................................... 15
- Pelles et pioches............................ 10
- Nourriture des 4 bœufs pendant 170 jours à 1 fr. 30 par
- jour et par paire. . ......................... . . .
- Assurance sur la mortalité du bétail 10 fr. p. tète et p.an
- — sur risques, pour et contre, 5 fr. —
- — contre les accidents survenus pendant les
- travaux
- — aux hommes de l’exploitation 1 fr. rarjour
- et par homme.......................................
- Frais de vétérina:re, soins, dérangements a 10 fr. par
- tète et par an.....................................
- Entretien et réparation du matériel pendant l’année,
- 3 0/0 0945fr.).................................. . .
- Intérêts 6 0[0 l’an sur la somme de 11.9 2.75.....
- A mortisseineut de la dite somme de 12.027.50 5 ans. . .
- Total des dépenses . . .
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- 50
- ISO
- 5.0(0
- 1 200 80 80 120 120 80 2:0 2i>0 80 120
- (V
- 30
- 61
- 80
- 80
- 1.915
- 412 40 2 J
- 600
- 10
- 080.75 711. ", 5 2.525.50
- 15.153 »
- DETAIL DES RECETTES
- Versé à la, Distillerie
- 563.000 kilogrammes de Patate Roses sucrées à 5 fr. les 100 kilos.. . .
- Versé ü l'Engraissement
- 70.'oo kilog. de fourrages provenantdes tiges,fanes branches etc. valant comme foin ordinaire 3 fr. les 1000 kil. .
- TOTAL DE LA RECETTE BRUTE.................
- à déduire :
- DÉPENSES GÉNÉRALES..
- BÉNÉFICE NET. . . .
- Net 1.005 fr. 70 par lied.
- TOTAU
- des
- RECETTES
- 25 000
- 210
- $5.210
- 15 153
- 10 057
- MONOGRAPHIE DES PLANTES DE NOS CULTURES
- Afin de bien établir les avantages de l’opération projetée, nous donnons ci-dessous une petite notice faisant connaître la valeur de chaque plante cultivée.
- Ces monographies sont précédées du compte de culture afférent à cette môme plante, lequel est établi avec la plus scrupuleuse exactitude. Nous ferons remarquer à ce sujet que toutes les Dépenses sont élevées au maximum et les Recettes évaluées au minimum, c’est le meilleur moyen de marcher sûrement et de ne tromper personne.
- PATATE ROSE
- SUCRÉE DE LA MARTINIQUE
- Les différentes espèces se cultivent avec un plein succès dans nos colonies de la Guyane, Martinique et Guadeloupe. La racine produit des tubercules assez allongés, renflés à la partie
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- moyenne et plus volumineuse que la" pomme de terre. Les variétés se distinguent parla couleur : elles sont blanchâtres, jaunes, rouges ou violacées.
- Ces racines contiennent de la fécule et du sucre et donnent à la distillation un alcool d’un goût très fin, rappelant par bien des côtés celui du vin. Dans Vaucluse, où M. de Gasparin en introduisit la culture, la récolte moyenne s’est élevée à trente mille kilogrammes par hectare. Par un mode de culture inconnu alors nous pouvons porter la moyenne possible et très rationnelle d’un hectare à 50,000 k. minimum.
- La patate cultivée en France contient une moyenne de 75 0[0 de son poids d’eau, ce qui diminue la richesse de l’alcool qui n’est plus que de 10 litres par 100 kilogrammes de tubercules.
- Cet alcool s’emploie dans nos colonies à la fabrication des eaux-de-vie qui acquièrent en vieillissant en bois la finesse, l’arôme et le fondu des eaux-de-vie de Cognac. Cet alcool est aussi la base des fines liqueurs qui se fabriquent dans ces contrées.
- Les cultivateurs de ces colonies qui exportent les patates pour les distilleries, les réduisent en pulpes et font sécher afin de diminuer les frais onéreux du fret. On expédie ensuite ces pulpes aux distilleries du Nord qui en achèteraient bien davantage si le fret était moins élevé. Il n’est pas douteux qu’une culture en grand, plus à proximité des centres industriels, aurait les meilleures chances d’avenir, soit qu’on expédiât le produit en pulpes, soit qu’on distillât sur place.
- Vour donner une idée exacte de la valeur de la patate comme produit d'alcoolisation, il suffira de dire que nous avons acheteur au comptant DE DIX IIILLIOXS DE KILOD. A 13 Fi*. LES 100 ItIL.
- Enfin, d’après M. de Gasparin, la fane de la patate est quatre fois plus riche en azote que la racine, elle présente une nourriture agréable et profitable aux bestiaux. D’après son dosage, réduite à l’état sec elle est deux ou trois fois plus nutritive que le foin. La production entière des fourrages provenant de nos cultures est affectée à l’engraissement du bétail destiné à la fabrication des viandes conservées.
- Voir le tableau page 3.
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- CULTURE DE, 30 HECTARES DE SORGHO A SUCRE
- NOMBRE de
- JOURNÉES
- 300
- 120
- 120
- 90
- 90
- 150
- 120
- 150
- 180
- 180
- 180
- 60
- 120
- 1920
- DETAIL DES DEPENSES
- Fermage à raison de 5 fr. par hectare.................
- Impôts (25 fr. par 10 hectares;.......................
- 3 labours, 4 jours par hectare, à 4 fr. par jour......
- Semence, 40 kilog. A l’hect.au prix de70 fr les 100 kil.-Fumure, 1000 kil. par hectare, à 12 fr. les 100 kilog. . . Journées de femme pour répandre la tumure, à 2 fr. p. jour — semence —
- Roulage du terrain, 3 jours par hect. â 4 fr. par jour. Hersage
- Elaguage des tiges 5 Arrachage d'herbes 4 Binage et buttage 5 Récolte des cannes 6
- à 2 fr —
- à 4 fr. —
- à 4 fr. —
- à 2 fr. —
- Préparation des tiges 6 jours par hect. à 1 fr par jour. Transport des champs â la distance 2 jours par hect.
- a 4 fr. par jour..................................
- Emmagasinage des cannes 4 jours par hect. à 4 fr. p.jour
- ACHAT DU MATERIEL FRAIS DE PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat de 6 boeufs, à 200 fr. l’un............1.200
- — de 6 harnais complets à 30 fr. l’un....... 180
- — de 3 charrues en rer à 200 fr l’une.. ... 600
- — de 2 chariots à 500 fr. l’un...........1.0C0
- — de 1 herse à 50 fr........................ 50
- — de 1 rouleau à 50 fr...................... 50
- — de 2 brouettes à 15 fr. l’une........... 30
- — de pelles et pioches etc.. ............. 20
- Nourriture des 6 boeufs pendant 170jours à 1 fr. 30 par
- jour et par paire.................................
- Assurance sur la mortalité du bétail à 10 fr. par tête et
- par an............................................
- Assurance surrisques,pouretcontreàSfr. p. tête etp.an — contre les accidents survenus pendant les travaux aux hommes de 1,exploitation à 1 fr. par jour et par homme.................................
- Frais de vétérinaire, soins, dérangements etc. à 10 fr.
- par tête et par an................... ..............
- Entretien et réparation du matériel pendant l’année,
- 35 % (3130 fr.).. . . ............................
- Intérêts 6 0i0 par an sur la somme de 17.683.50........
- Amortissement de la somme de 18.744 fr. 50 en5 années
- Total des dépenses. . . .
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- 150
- 1.110 840
- 3.600 210 210 360 3 il i 600 240 600 720 360 180
- 240
- 4S0
- 3.130
- 663
- 60
- 3C
- 1.920
- 60
- 1.095.50
- 1.061
- 3.749
- 22 493.50
- DETAIL DES RECETTES
- Livré ci la Distillerie
- 1.500.000 kilogs de tiges saccharines, à 3 fr. 50 les 100 kilogs............
- Livré d l'engraissement
- 210.000 kilogr. de feuilles sorgho,pour fourrages à2 fr. les 100 kilogs.. .
- OO.OiO kilog. de racines et pieds de Sorgho pour nourriture des bestiaux à 1 fr. les 100 kilog. .
- 48.' 00 kilog. de grains de Sorgho vendus 20fr. les 100 kil. prixmoyen du blé
- TOTAL DE LA RECETTE BRUTE..................
- à, déduire :
- DÉPENSES GÉNÉRALES. .
- BENEFICE NET..
- Net 1.500 fr. par lied
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 52.500
- 4.800
- 600
- 9.600
- 07.500
- 22.493.50
- 45.006.50
- SORGHO DU MINNESOTA (CAME A SUCRE DE CHINE)
- La canne à sucre de Chine donne à la fois du sucre en abondance, de l’alcool de qualité supérieure, d’excellent vinaigre, des matières colorantes avec l’enveloppe du grain, de la pâte à papier avec les feuilles et avec les résidus de distillation, un aliment très nutritif et sain pour la nourriture du bétail soumis à l'engraissement.
- Nous avons là une plante précieuse, appelée dans un avenir prochain à prendre une place importante comme plante à sucre, entre les pays qui cultivent la betterave et ceux qui manipulent la canne à sucre.
- Certaines parties de l’Algérie sont indiquées comme réunissant toutes les conditions de température exigées pour cette culture.
- Déjà enpossession dû sorgho, notre colonie n’a obtenu de cette plante aucun résultat sérieux par la raison que personne ne s’est appliqué à utiliser toutes ses parties, lesquelles sont susceptibles de produire des bénéfices considérables sous différentes formes.
- 11 serait vrai d’ajouter qu’on avait renoncé vite à cette culture sans avoir poussé bien loin les inovestigations scientifiques et sans lui faire crédit assez longtemps pour apprendre les moyens
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- pratiques de la traiter à son tour, qu’à cette époque, l’intérêt qu’elle pouvait nousoffrir était bien restreint, puisque, comme plante à alcool, dans le Midi, elle» rencontrait la concurrence de la vigne, et comme plante à sucre, on n’avait pris ni le temps ni la peine d’en obtenir.
- Les Américains, dont le flair commercial sera souvent cité au cours de cet exposé, s’en sont occupés avec la ténacité qu’ils apportent en toutes choses, quoique pendant longtemps ils se soient contentés d’en extraire un sirop de bonne qualité pour la consommation locale.
- Enlin. il est prouvé qu’on obtient de la distillation du sorgho sucré des alcools bon goût rappelant celui du vin et bien supérieurs à ceux de la betterave, du riz, du maïs, etc. etc. En Algérie, les résultats obtenus autrefois par Bourdais à Constantine, Simonnet à Alger, Lauras et Gar-dot à llussen-Dey et Bastide à l’Arba ne contredisent pas cette opinion, au contraire — la qualité des alcools tient à l’appropriation des procédés techniques adoptés et à la nature môme de la matière première.
- L’analyse chimique a reconnu dans la composition dcsGraminées, et en particulier de la canne de sorgho, les principes correspondants à la composition du raisin.
- L’analyse moyenne comparée du jus de la canne à sucre et du sorgho ambré (le meilleur) a donné, d’après le docteur Collier, des Etats-Unis, les résultats suivants :
- Sucrose. . ...............
- Glucose.............................
- Autres substances fixes . Proportions du sucre cristallisable ou coëficient de pureté. .
- Sucre extractible cristallisable .
- J3,05 0/0 1 '14,76
- 0,67 § 1,27
- 2,82 1/2 o PU 0,00
- O
- 78,09 j g 7!>,00
- 9,56 il & 9,84
- Le Sorgho sucré, on le voit, offre d’immenses avantages. Il se recommande pour tirer un meilleur parti des eaux de barrages et des riches alluvions des plaines algériennes ; enfin on peut trouver un emploi fructueux pour les fourrages en les faisant servir à l’engraissement des races au point de vue de la viande.
- Le fourrage produit par le Sorgho est d’excellente qualité, tous les animaux le mangent avec avidité ; les chevaux, vaches, et autres animaux le mangent môme parvenu à complète maturité Commeexemplc nous citerons M. David de Beauregard qui a nourri presque exclusivement pendant 45 jours, SOIXANTE tètes de gros bétail avec le produit d’un hectare.
- M. Sicard dont les études sur ce produit font autorité a obtenu à l’hectare les quantilés suivantes :
- 31,509 kil. de cannes b ru Us dont on a extrait :
- 1019 kil. sucre brut,
- 4809 kil. bagasscs utiles à la fabrication du papier,
- 82 lit. eau-de-vie à 35° obtenus des résidus,
- 47 liect. de grain,
- 0006 kil. de paille,
- 0279 kil. de nœuds de canne pour la fabrica ion du vinaigre,
- 0932 kil. de feuilles servant à la nourriture des bestiaux ou à l’extraction de teinture, 4 kil. 080 gr, de fécule..
- Les résidus de la distillation des bagasscs qui ont produit les 82 litres d’eau-de-vie pesaient 0818 kil. ; de ces résidus, on a tiré les couleurs naturelles suivantes ;
- Jaune d’or Jaune canari Encre do Chine
- Gris clair Gris foncé Bouge jaune
- Rouge violacé Rose carmin Lilas
- Ces couleurs sont très estimées
- On extrait également de la gomme gutte, de l’acide sorghotique, etc,..
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- — 7 —
- Les matières colorantes existent dans les proportions suivantes :
- Feuilles vertes de Sorgho, donnent au kilog.
- Gomme gutte............................GO gr.
- Vert de Sorgho.........................20 gr.
- 3e produit.............................10 gr.
- La môme quantité de feuilles gelées moin mûres donne
- Gomme gutte............................78 gr.
- Terre de sienne........................ 8 gr.
- Terre d’ombre..........................11 gr.
- Dernier argument en faveur de la richesse tinctoriale des sous-produits du sorgho :
- Des déjections de canards nourris de graines de sorgho, dissoutes dans l’eau bouillante ont teint de la soie et de la laine.
- Les procédés à employer pour le traitement de ces diverses transformations seraient trop longs pour trouver place ici. Nous nous bornerons donc à leur simple énumération.
- M. Paul Madinier, un autre chercheur, dit, dans une petite brochure parue chez Àug. Goin, éditeur, rue des Grands-Augustins, 40, avoir récolté dans un hectare 40,000 pieds composés chacun de 3 tiges au minimum. Ce qui fait 120,000 tiges et naturellement autant d’épis qui, pesant environ 50 gr. chaque, fournissent 6,000 k. de grain. Chaque épi donnant 2,500 grains les 120,000 ont fourni 90 hectolitres. Le poids des 20,000 tiges a été de 80,000 kil. de cannes saccharines, lesquelles traitées par macération ont donné G5 litres de vesou par 100 kilog. ou 59,000 kilog. de jus susceptible de rendre 8 à 10 0j0 d'alcool à 90°, soit 41 hcctol. G0 d’alcool de premier choix.
- Le Journal du Loiret cite en ces termes les résultats d’une expérience faite en présence du rédacteur scientifique de cette feuille le 22 décembre 1856, ilya30^ans, c’est-à-dire dès l’appa-rition en France de la précieuse plante.
- « Traitées parle système et avec les appareils de M. Y., les tiges ont fourni par 100 kilog. 100 litres de bon jus et 75 kilog. de résidus propres à l’alimentation du bétail. En suivant la marche de l’appareil, nous avons enrichi le jus jusqu’à 5° et concentré ainsi leur matière utile dans un volume réduit de 50 pour cent. En présence du ferment et dans des conditions favorables, la fermentation alcoolique s’est manifestée rapidement en dégageant des torrents d’acide carbonique, Le ferment s’est reproduit en quantité relativementimportante, sous forme d’une bouillie jaunâtre dont les globules ont une grande analogie avec ceux de la levure de bière. Ils jouissent comme elle de la propriété énergique d’exciter vivement la fermentation ; avec eux le distillateur sera non seulement affranchi delà nécessité d’acheter de la levure de bière qui n’est pas toujours exempte d’altération, mais encore il pourra en vendre à la Boulangerie et Pâtisserie.
- « A la distillation les vins de Sorgho ont fourni 7 litres d’alcool absolu par 100 k. de tiges. Désormais on pourra fabriquer une pipe de3/6 avec moins de 10,000 kilog. de sorgho. L’eau-de-vie obtenue possède un goût herbacé qui disparaît à la rectification. Rectifiés dans des appareils perfectionnés, ces alcools sont parfaitement droits de goût; en vieillissant ils acquièrent des qualités qui les placent immédiatement à côté du 3/6 de vin ».
- On remarquera qu’à l’époque oii cette expérience fut faite, et alors que ces lignes furent écrites, la culture de cette plante était totalement inconnue; les machines très imparfaites rendaient une moins grande quantité de jus et par conséquent d’alcool, en un mot on en était à l’étude de la plante.
- De ces faits parfaitement et clairement indiqués, il résulte un produit par hectare de 38
- Fleurs de graines donne au kilog. :
- 1er produit...............................100 gr.
- 2e d- ......................... . . 6 gr.
- 3 d* ..................................... 20 gr.
- Total du principe colorant. . 126 gr.
- Les sons et reblutages fournissent davantage.
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- — 8 -
- hectolitres 75 d’alcool à 90°, ce qui est déjà un résultat splendide pour une récolte moyenne de 50 à 60 mille kilog.
- Enfin,un hectare de sorgho peut donner 108 kil. 4C0 gr. de Cérosie moyennant une dépense de 250 fr., cette substance donnée à 0 fr. 50 c. de moins par kilog. remplacerait la cire d’abeilles. Dansce cas, le bénéfice à ajouter serait de 88 fr. 60 par hectare environ.
- D’autre part les feuilles du sorgho étant textiles, on peut encore fabriquer un excellent et beau papier. M. Sicard, dans ses essais multiples sur le sorgho, a fabriqué du papier de toutes qualités, depuis le papier bulle à emballage jusqu’à la carte et le beau papier à lithographie. Il y a là encore une branche dont l’exploitation donnerait de sérieux bénéfices étant donné que l’Algérie ne possède pas encore de fabriques de papier et qu’elle se trouve, par ce fait, tributaire de lamétropoleou de l’étranger. (Voirie mouvement commercial de l’Algérie : Importation et exportation, page. 42).
- Pour clore ces intéressants détails, nous ne saurions mieux faire qu’en citant ce passage d’un rapport que M. Roy adressait au ministre de la Guerre en 1857 au sujet de cette culture :
- « La canne à sucre de Chine, y est-il dit, est une plante providentielle et qui n’a point de « similaire connu dans le règne végétal; tout est utile sous plusieurs points de vue, qu’on la con-« sidère comme plante industrielle par rapport au sucre, à l'eau-de-vie, au papier, à la tein ture, ou « qu’on envisage la graine utile comme aliment soit comme adjuvant de la nourriture de « l’homme, soit comme nourriture des animaux qui sont destinés à l’alimentation ».
- C’est assurément là le plus bel éloge que l’on puisse faire de cette plante.
- Nous bornerons là ce que nous avons à dire sur le sorgho dont l’alcoolisation est du reste aussi élémentaire que celle de la canne à sucre, mais nous ne pouvons nous refuser à penser que dans un temps prochain on verra surgir de nouvelles expériences sur cette plante qu’on a mise dans l’oubli à force d’engouement.
- Voir le tableau page 5.
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- — 9 —
- CULTURE DE 45 HECTARES DE COURGE SUCRIÈRE
- NOMBRE de
- JOURNÉES
- 120
- 60
- 60
- 45
- 45
- 15
- 75
- 75
- 75
- 60
- 120
- 60
- 45
- 45
- 960 jours
- DETAIL DES DÉPENSES
- Fermage à 5 fr. par hectare........................
- Impôts (25 Ir. par 1' hectares)....................
- 2 labours par hectare, en tout 8 jouis à 4 fr. i’uo......
- Semence 15 fr. par hectare...,.....................
- Fumure 1000 lcilog. à l’hect. à 12 fr. les 100 kilog . . . Journées de femme pour la fumure, à 2 fr. par jour...
- — la semence, à 2 fr. par jour...
- Roulage 3 jours par hectare à 4 fr. par jour.......
- Hersage — à 4 fr. — .........
- Binage —r à4fr. — ....."...
- Taille et émondage 5 jours par hect. à 4 fr. par jour.... Nettoyage, arrachage d’herbes et entretien par ;
- 5 journées de femmes par hectare à 2 ir. par jour.. 5 — d’enfant — à 1 fr. —
- Récolte, cueillette, manipulation, transport du champ à l’exploitation :
- 1 charretier 4 jours par hectare à 4 fr. par jour..
- 2 femmes 4 — à 2 fr. — ......
- Pour aider au déchargement des voitures :
- 1 homme 4 jours par hectare à 4 tr. par jour.......
- Ramassage des tiges comme fourrages :
- 3 journées de femmes par hectare à 2 fr. par jour..
- Transport de ce fourrage du champ à l’exploitation :
- 3 jours à 4 fr par iour............................
- ACHAT DU MATERIEL' BRAIS DE PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat de 6 boeufs A. 200 fr. l’un.
- — 6 harnais à 3 1 fr. l'un. ...
- — 2 charrues à 200 fr. l’une.
- — 1 chariot................
- — 1 rouleau ...............
- — I herse..................
- — 2 brouettes..............
- — pelles, pioches et divers..
- ............... 1.20o
- ............... l»o
- ........ %
- •;......... 5°o
- ............... 50
- ............... 3u
- ........ 20
- Nourriture des 6 bomfs pendant 170 jours à l fr. 30 par
- jour et par paire................................
- Assurance sur la mortalité du bétail à 10 fr.’ par tête
- et par an.........................................
- Assurance sur risques pour et contre à 5 fr. par têtè’ét
- par an ............................................
- Assurance contre les accidents survenus aux ouvriers
- pendant le travail à l fr. par tête et par jour....
- Frais de vétérinaire, soins aux animaux, dérangements
- etc. à 10 fr. par tête et par an...................
- Entretien et réparation du matériel pendant l’année
- (35 0/0 sur 2.4.i0 fr.)............................
- Intérêts 6 0[0 par an sur la somme de 10.386 fr. 50 ..!5 Amortissement en 5 ans de la somme de 11.009 fr. 70...
- Total des dépenses...
- totaux
- des
- DÉPENSES
- . 75 38 480 225 1.800 120 120 H0 180 300 300
- 150
- 75
- 240
- 240
- 240
- 90
- 180
- 2.430
- 963
- 60
- 30
- [960
- 60
- 850 50 623.20 2.201.95
- 13 211.65
- DETAIL DES RECETTES
- Vendu à la Distillerie
- 1.950.000 kilogs de Cour ges à 2 Ir. les 100 ki-
- Vendu à Ven<jvaissement\.
- 30.000 kilogs de liges sèches pour fourratres et engrais des bestiaux à 2 fr. les lOoü kilogs...
- TOTAL I)E LA RECETTE BRUTS................
- à déduire :
- DÉPENSES GÉNÉRALES. . RKXÉFICE NET.........
- Nel, 1.759 fr. 20 par Imct.
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 39.000
- 6(0
- 3D.600
- 13.211,65
- 26 388.35
- COURGE SUCRIÈRE DU VENEZUELA
- Une culture peu connue et qui sera fort avantageuse est celle de la Courge à sucre, presque inconnue chez nous. Cette appréciation de l’un de nos grands chimistes est loin d’étre exagérée, car si l’on suppose les pieds plantés à deux mètres de distance, on aura deux mille cinq cents qneds à I hectare. Cette distance est nécessaire en raison de l’extrême développement des tigres de cette plante.On aurait, ainsi treize mille sept eenl cinquante pieds par hectare environ, qui produiraient cent trente-sept mille cinq cents kilogrammes de courges, en 110 calculant que sur dix kilogrammes par pied, ce qui est trop peu. Au Brésil et au Venezuela où cette culture se pratique sur des centaines d'hectares pour l’alimentation des raffineries, on calcule sur un rendement de cent quarante mille kilogrammes à l’hectare et à ce compte soixante-dix hectolitres d’alcool à 60°.
- La courge vint très bien dans un terrain maigre : il suffit d’une fumure peu coûteuse mais spéciale à ce produit, pour obtenir de beaux et bons produits. H est certain que cette culture donnera de très beaux résultats en Algérie oh les terres maigres abondent.
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-
-
- La courge sucrière donne autant de matière saccharine que la meilleure betterave, tout en fournissant le double à surface égale. Elle pousse dans tous les sols et se contentont d’un façonnage insignifiant.
- Cette culture offre le triple avantage suivant :
- Rendement à la distillation d’un alcool absolument pur et franc de goût;
- Rendement très abondant en graines desquelles on obtient une huile comestible t'ôs estimée.
- Résidus de distillation très appréciés comme aliment d’engrais du bétail.
- D’où l’on peut conclure que malgré le mouvement rétrograde que les prix ont subi, l’alcool obtenu de la courge sucrière peut être encore regardé comme fort digne d’inté rôt.
- CULTURE DE DIX HECTARES DE CAROTTES A SUCRE
- NOMBRE
- de
- JOURNÉF.S
- DETAIL DES.^DEPKNSES
- /
- TO TAUX
- des
- DETAIL des recettes
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- RECETTES
- 120
- 4)
- 30
- 40 40 5(i 50 100 3 i
- 20
- 20
- 570
- Ferma?» à 5fr. l’hectare.............................
- lmpOts (25 fr. par 10 hectares! .....................
- 3 labours, 4 jours par hectare à 4 fr par jour.......
- Semence, 6 kil à l’hectare à 10 tr. 1» kilogr........
- 4 journées de femme à l'hectare, à 2 fr. par jour pour
- semer..............................................
- 3 journées d’hommes à l’hectare, à 4 fr. pour rouler ie
- terrain............................................
- Arrachage d’herbes 4 journées à 2 fr...............
- Eclaircissage des plants 4 journées A 2 fr .........
- Hinaee des plants 5 journées A 4 fr..................
- Rut.taee des plants 5 journées à 4 fr................
- Enlèvement des fanes fraîches '() journées A 1 tr....
- ArrachaeeAlaeharrue,des racines 3jours p. hect.A4 fr. Ramassage, nettoyage et entassement des racines 3j.
- par hect. A 2 fr.................................
- 'transport du champ A la distillerie, 2 jours par hectare
- A4 fr..............................................
- Emmagasinage des racines au silo 2 jours à 4 fr.....
- ACHAT DE MATERIEL FRAIS DE PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat de 4 bœufs A 200 fr. l’un................... 800
- — 4 harnais A 30 fr. l’un................. 12f
- — 2 charrues à 200 fr. l’une .............. 400
- — 1 chariot............................... 500
- — 1 herse................................... 50
- — 1 rouleau................................. 50
- — 1 brouette................................ 15
- — pelles, pioches......................... 10
- Nourriture des 4 bœufs, pendant 170 jours A 1 fr. 30 par
- jour et par paire ...................................
- Assurance contre la mortalité A 10 fr.partêteet paran.
- — risques pour et contre à 5 fr. par tète et p,nn
- — contre les accidents du travail survenus aux hommes de l’exploitation à 1 fr. par jour et p. homme
- Frais de vétérinaire, soins aux animaux, dérangements
- à 10 fr. par tête et par an...........................
- Entretien et réparations du matériel pendant l’année
- (35 OjO sur 1.9451...................................
- l Intérêts A 6 0j0 par an sur la somme de 5.552,75 .....
- Amortissement en 5 ans de la somme de 5,885.90........
- 50
- 25
- 480
- 60
- 80
- 120 80 80 200 20) 1 0 •20
- 60
- 80
- 80
- 1.S45
- 442 4 •
- 20
- 570
- 40
- 680 75 333.15 1.177 20
- Total des dépenses
- 7.063.10
- Vendu à la Distillerie
- 750.000 kilogs de Carottes au prix de 15 f . les 100 kilogs..............
- Livré d la société d'engraissement
- 30.040 kilogs de fanes valant fourrage, ordinaire A 2 ir. les 10 0 kilogs...
- TOTAL DE LA RECETTE BRUTE..................
- à déduire :
- DÉPENSES GÉNÉRALES...
- BÉNÉFICE NET,
- Nel par hectare* 424,70
- 11.250
- 60
- 11.310
- 7.063.10
- 4.246.90
- CULTURE DE LA CAROTTE A SUCRE
- COMME PRODUIT D’ALCOLIFATION, RESIDUS D’aLAMBICS PROPRES A L’ENGRAISSEMENT DU BETAIL ET CHOIX DANS LES RECOLTES DES LÉGUMES NECESSAIRES'POUR LA FABRICATION DE NOS CONSERVE- DES VIANDES BON MARCHÉ.
- La culture de certaines espèces de carottes comme produit de distillation présente des avantages que bien peu de personnes connaissenULa découverte cependant est de date déjà ancienne
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- 11 -
- En 1770 et 1771, à l’occasion d’une disette de grains, en Saxe, M. Forster imagina de sou mettre à l’alambic une certaine espèce de carotte excessivement sucrée qu’il cultivait dans ses terres.
- Quelle ne fut passa surprise en voyant couler de l’alambic un alcool d’une extrême finesse et d’une grande pureté.
- Le procédé employé par M. Forster est d’une grande simplicité et d’une dépense insigni-fi note. Ainsi 1.000 kilog. de carottes fournissent 336 kil. de résidus d’un bon emploi pour la nour riture et l’engraissement du bétail.
- Le rendement en racines est de 80,000 kil par hectare, et en alcool de 40 hetolitres environ.
- L’alcool obtenu est d’une pureté absolue et d’une finesse de goût réellement remarquable.
- Nous tirerons de cette culture la quantité de légumes nécessaires à la confection de nos conserves bon marché à l’usage des classes peu fortunées. C’est même pour cette raison que nous avons admis la carotte comme produit d’alcoolisation. Nous ferons choix des racines saines pour les conserves, et toutes lesautres parties seront ensuite soumises à la distillation.
- Les dépenses en général, main-d’œuvre, récolte, etc., sont peu coûteuses, c’est donc une culture avantageuse.
- Voir le tableau, page 10.
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- 12 —
- CULTURE DE 30 HECTARES DE POMMES DE TERRE
- NOMBRE
- de
- .TOURNÉES
- 3G0
- 120 1 0 00 00 00 00 90 90 30 20 30
- 30
- 90
- 90
- 90
- 60
- 1.440
- DETAIL DES DEPENSES
- Fermage à 5 fr.....................................
- Impôts i?5 fr. par 10 hectares)...................
- 3 labours 4 jours par labours et par hectare 0 1 fr. par
- jour..................... .......................
- Semence 1.20 kil. par hectare, à 12 fr. les 100 kil. 36.M0k.il................. ..... .............. ...
- 1(2 fumure à 60 fr. par hectare...................
- 1 journées de femme pour fumure à 2 fr. par jour..
- 4 — pour semence à 2 fr. — ... ..
- 2 — d’hommes pour roulage à 4 fr. — . ....
- 2 — pour hersage â 4 fr. — .
- — de femme pourarrachage d’herbe A 2 fr.p. jour
- — d’enfant pour arrachage d’herbeà 1 fr.p.'jour
- — d’homme pour binage à 4 fr. par jour.
- d’homme pour buttage A 4 fr. par jour....
- — de temme enlevage de fanes polir bestiaux
- 2 fr. par jour..... .............................
- 1 journée û’enfant pour enlevagede fanespourbestiaux 1 fr. par jour....................................
- 1 journée d’homme enlevage de ce fourrage 4 fr. par
- jour.............................................
- 3 journées d'homme arrachage des tubercules à la
- charrue..........................................
- 3 journées de femme ramassage, déterrage et nettoyage à 2 fr. par jour.............................
- 3 journées d’enfant, ramassage, déterrage et, nettoyage A 1 (r. par jour...................................
- 2 journées d’homme transport du champ â la distillerie à 4 fr.........................................
- ACHAT DE MATERIEL FRAIS I)E PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat de '2 bœufs a 200 fr................... 2.400
- — 12 harnais à 30 fr ................... 360
- — 5 charrues à 200 fr................. 1 000
- 2 charriots à 5 0 fr.. . ........... 1.000
- — 1 rouleau.............................. 50
- — 1 herse ................................ 50
- — 3 brouettes a 15 fr.................. 45
- — pelles et pioches etc................
- Nourriture de 12 bœufs à 1 fr. 30 par tête et par jour
- pendant 170 jours...... .....................
- Assurance contre la mortalité du bétail à 10 fr. par
- tête et par an ..................................
- Assurance risques pour 11 contre a 5 fr. par tête et par
- an.
- Assurance contre les accidents du travail survenus aux hommes de l’exploitation à 1 fr. par jour et par
- homme...............................................
- Frais de vétérinaire, soins aux animaux, dérangements
- etc; à 10 fr. par tête et par an....................
- Entretien et réparation du matériel pendant Tannée
- (35 (p> sur 4.960 fr.)............................
- Intérêts à 6 < (0 par an sur la somme de 20.187 fr...
- Amortissement en 5 ans de la somme de 21.716.20....
- Total des dépenses....
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- 1E0
- 75
- 1.440
- 4.320
- 1.800
- 240
- 210
- 240
- 240
- 120
- 60
- 360
- 360
- 00
- 30
- 12)
- 360
- ISO
- 90
- 240
- 4.9S0
- 1.320
- 12
- 60
- 1. 14.i
- 120
- 1.736 I.229.20 4.343.25
- DETAIL DES RECETTES
- Livré d la Distillerie j.
- 800.000 kilogs de pommes de terre â 20.C00 kil. à l’hect. à 6 fr. leslOOkil.
- Livré à l'engraissement
- 60.000 kilogs de fanes, litière des bestiaux ou fourrages à 3 tr. les 1000 kilogs............
- TOTAL I>E LA RECETE U RUE..................
- à déduire :
- DÉPENSES GÉNÉRALES...
- BÉNÉFICE NET...........
- Bénéfice net a Thectarê 735 fr. 35.
- 26.059.45
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 43.000
- 180
- 48 180
- 26.059.45
- 22.120.55
- CULTURES DES POMMES DE TERRE A ALCOOL
- ET DE LA PAPA PURÇHA. COMME PRIMEUR
- La célébration tou te récente, à Montdidier, du centenaire de Parmentier, le propagateur de la précieuse Solanée, a appelé l’attention sur la production et le commerce des pommes de terre.
- Si nous remontons seulement jusqu’en 1815, nous voyons que la France récoltait un peu moins de quinze millions de quintaux métriques.
- Aujourd’hui la récolte moyenne annuelle est de 112 à 114 millions d’hectolitres. Les renseignements statistiques centralisés au ministère de l’Agriculture établissent que nous occupons dans le monde entier le deuxième rang de production. L’Allemagne arrive première avec deux cent-cinquante-cinq millions de quintaux, viennent ensuite :
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- — 13 -
- La Russie. . 103 millions dequintauxmet; Hollande . . 15 million5* de quintaux met.
- L’Autriche. . 75 — Hongrie . 14
- Etats-Unis. . 47 - L’Italie seule. 7 —
- L’Irlande . 38 -• Norwôge . . 6 -
- L’Angleterre. 26 — Danemark. . 5
- Belgique . . 23 — Australie . . 3
- Suisse . . . 16 — Espag., Port. 2 —
- On peut admettre pour divers autres petits pays une récolte de douze milli ms de quintaux. Ce qui porte à sept cent-cinquante millions de quintaux métriques, la production totale du globe, et représente une valeur moyenne de trois milliards six-cent-millions de francs.
- La culture de la pomme de terre en France est faite aujourd’hui sur une étendue de un million-quatre-cent-mille hectares. Dans le département des Vosges, la production dans ces dernières années a été de sept millions dé hectolitres.
- Au point de vue commercial, notre Exportation en 1827 était de un million de kilogrammes environ, représentant une valeur de cinquante-cinq-mille francs.
- Ce chiffre montait en 1869, à quatre vingt-cinq-mil lions de kilog. En 1878, il atteignait cent-soixante-dix-millions de kilogrammes; et n’a pas été dépassé depuis. L’Angleterre a, d’ailleurs, augmenté sa culture et nous demande beaucoup moins qu’auparavant, meme l’année dernière,l’exportation n’a pas dépassé cent cinq'millions de kilog., ce qui représente une valeur de huit millions cinq-cent-mille francs. Nos envois en Belgique et en Suisse sont également plus faibles depuis trois ans.
- L’Algérie nous a demandé, en 188 \ environ NEUF MILLIONS DE KILOG.
- L’Espagne et la Turquie quatre millions de kilog
- L’Egypte un million cinq-cent'mille kilog.
- On voit que ce commerce qui n’a l’air de rien, a pris un réel développement et tout fait croire que les transactions s’étendraient à de nouveaux pays si nous cultivions la Papa-Purcha des Indiens. Cette pomme de terre,découverte récemment en Bolivie, donne Quatre récoltes tar an!
- Elle est regardé comme la plus farineuse de toutes les espèces connues.
- Les tubercules pèsent de 100 à 250 gr. et contiennent 20 0[0 de fécule et 72 0[0 d'eau. Le mode de culture diffère sensiblement de celui de la Parmentière. Tous les terrains en France ne lui conviendraient pas. Par contre elle donnera en Algérie les plus beaux résultats. Le rendement de la pomme de terre en France est assez varié. Cela tient à des causes diverses dont les principales consistent dans le choix des terrains, fumures, mode de culture, etc.
- Une branche importante du commerce de la pomme de terre est celui des primeurs. La vente commence en décembre et finit en mai. La quantité vendue aux Halles et chez les commissionnaires avoisinants dépasse tout ce que l’imagination peut rêver. Les produits les plus estimés viennent de l’Algérie et du midi de la France; quant à celles des environs de Paris, cultivées sur couches et à grand renfort d’engrais, elles ne contiennent que de l’eau.
- Les prix varient de 70 c. à 1 fr. 25 le kilog. La culture d’un hectare de pommes de terre qui rend en maturité complète 25 à 30.000 kil. donne seulement 12 à 15.000 kil. en primeur. Or, à ces prix on voit que l’opération est encore bonne.
- Au cas où, après examen de notre exploitation agricole nous nous déciderions à cultiver des primeurs pour Paris, nous adopterions certainement la Paya-purcha dont les plants nous seront expédiés de la Paz. (Bolivie)
- La période des primeurs pommes de terre est de cinq mois environ. En opérant seulement sur les quatre premiers mois de l’année, qui sont les meilleurs, nous obtiendrions avec 10 hectares un bénéfice net, chaque année, de TRENTE MILLE FRANCS.
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-
- Pour arriver à ce résultat il faudrait qu’une expédition quotidienne de mille kilog. lut faite à partir du 1er janvier jusqu’au 30 avril.
- Cette opération n’entraverait en rien les travaux concernant lus cultures de produits d’alcoolisation.
- Il est bon d’ajouter que l’importante maison Orner Decugis s’engage à prendre notre production entière, qu'elle qu’en soit l’importance.
- ALCOOL DE POMME DE TERRE
- NOUVEAU PROCÉDÉ POUR OBTENIR UN ALCOOL PUR
- La pomme de terre peut aujourd’hui, grâce â un procédé tout nouveau, donner un alcool aussi pur et aussi inoffensif que celui provenant soit du sorgho, de la patate ou de la courge à soie, tout en conservant aux pulpes leurs premières qualités pour l’engraissement du bétail.
- Il consiste dans la transformation de la pomme de terre d’abord en Sucre glucose, puis en alcool étatique ou ordinaire, par fermentation; élimination de la fécule d’avec les matières étrangères (graisses, albumine végétale, matières protéiques, gommes, essences, résines, matières organiques etc.) et qui, soit parleur composition même, soit par suite d’action produite pendant la cuisson et autres opérations, donnent des alcools plus carburés et notamment de l’alcool amylique, auxquels l’alcool doit son mauvais goût et môme ses qualités toxiques.
- Ce procédé, qui est applicable aux diverses céréales, aux légumineuses et aux autres plantes, se compose des opérations suivantes, en ce qui concerne la pomme de terre.
- 1° Trempage à l’eau et ravage des pommes de terre pour enlever sable et terre y adhérant;
- 2° Râpage pour déchirer les cellules et permettre aux grains de fécule d’en sortir;
- 3° Tamisage de la pulpe obtenue sous un courant d’eau au moyen d’un tamis qui retient le tissu cellulaire tandis que la fécule est entraînée ;
- •4* Dépôt dans une première cuve des matières lourdes, étrangères (sable, terre, etc...) ayant pu être entraînées et passage à un second tamis qui, placé verticalement, retient certains débris de tissus cellulaires, de la mousse grasse et autres matières entraînées, mais laisse passer la fécule ;
- 5’ Ce petit bassin se bifurque et au moyen de vannes, il conduit alternativement la fécule dans deux bassins de dépôt dont ITin se remplit de fécule pendant que l’autre est en vidange et ainsi de suite. Les eaux qui s’échappent de ces bassins entraînent les matières solubles ;
- 6‘ La fécule déposée est alors introduite dans une chaudière a saccharification où elle est saccharifiée au moyen de l’acide sulfurique étendu d’eau et au moyen de l’orge germéo ou bien au moyen de ces deux substances ou de toute autre manière en même temps qu’un mélangeur et la chaleur facilitent cette transformation et empêchent la fécule de se déposer;
- 7- La saccharification terminée, le glucose presque pur est refroidi à la température convenable et est introduit dans les cuves à fermentation avec addition de levure de bière ou d’un autre ferment. On peut saturer l’acide par un alcali.
- 8- Le produit fermenté est alors passé à la distillation. On peut se servir d’appareils chauffés à feu nu et obtenir ainsi directement un alcool bon goût.
- R- Les résidus recueillis par les deux tamis ainsi que ce que les deux dernières eaux laissent par un dépôt lent dans un dernier bassin, sont recueillis et peuvent servir après cuisson à la nourriture du bétail.
- Nous bornerons là ces détails qui nous paraissent suffisants. L’importance de ce système permet de conserver au produit traité toute son utilisation alimentaire ; d’autre part il donne un grand essor à la culture de la pomme de terre puisque d’après les statistiques des differents pays de production, un hectare de bonne terre doit donner trente mille kilog. de tubercules et
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- fournir à peu près deux mille quatre cenls litres d'alcool absolu alors que cultivé en blé ou en orge il ne donnerait qu’un tiers de cette qualité d’alcool pour ne parler que de ce produit.
- TRAVAUX DE CULTURE
- EMPLOI DU BŒUF COMME BÊTE DE TRAIT DANS NOS TRAVAUX AGRICOLES
- On remarquera dans nos comptes de Culture que les chevaux employés ordinairement aux travaux des champs sont remplacés par des bœufs. Les raisons qui nous ont amenés à cette préférence sont d’ordre purement économique. En effet, un bœuf coûte moins cher d’achat, de nourriture, d’entretien, etc., que le cheval ; en cas d’accident la viande est plus utilisable pour nous que celle du cheval — cette manière de voir est celle de l’un de nos grands agriculteurs, M. de Béhague, qui dit : « Notre opinion n’est pas de demander que partout le cheval soit rem-« placé parle bœuf, mais d’amener les agriculteurs des pays où le bœuf n’est pas employé aux « travaux des champs à calculer s'ils n’auraient pas avantage à placer sur leurs exploitations ces «sortes d’attelages. » Or, le bœuf est employé en Algérie comme dans presque tous les pays orientaux aux travaux des champs.
- En France, les exploitations agricoles et industrielles doMM.Decauville àPetit-Bourg,PIuchcy à Trappes; Ilettc à Bresles ; et Springer frères à Alfortville, démontrent qu’il y a une économie dans l’emploi du bœuf sur le cheval. La comptabilité de ces maisons établit que la dépense du travail des bœufs de labour comparée à la dépense des chevaux est toute en faveur des premiers. Cette opinion est confirmée par la comptabilité de M. le marquis de Dampierre, l’un de nos plus éminents agriculteurs. « Le cheval de ferme de 4 ans, y est-il dit, coûte d’acquisition 400 à 600 fr. prix moyen 500 fr. L’amortissement du prix de ce cheval de 500 fr. représente pour 10 ans 50 fr. par an et l’intérêt à 5 0{0 de ces 50 fr. 25 fr. ensemble 75 fr. La ration journalière d’un cheval de charrue fournissant en moyenne 10 heures de travail ou 3.000 heures dans l’année est de :
- 14 litres d’avoine à 9 fr. l’hectolitre = 1,26 10 k. de foin à 50 fr. les 1000 k. = 0,50 1 k. de son à 12 fr. les 100 k..;=0,12
- Total — 1,88 par jour
- ou pour les 365 jours 686 fr. 20, auxquels il faut ajouter pour ferrage 18 fr., entretien de harnachement 30 fr. amortissement et intérêt du prix d’achat de ce cheval 75 fr. qui donne avec les 686 fr. 20 de nourriture la somme totale de 809 fr. 20 et pour les deux chevaux composant l’attelage d’une charrue donnant 3.000 heures de travail, 1.618 fr. 40 c. ou 33 centimes 946 à l’heure.
- Une bonne paire de bœufs limousins à l’âge de 4 ans coûte de 750 à 850 1T. disons 800 fr. Comme le bœuf ne perd rien de son capital, nous n’aurons que l’intérêt du prix d’achat à ajouter à son entretien journalier. Nous portons de même à 5 0/0, soit à 40 fr. l’intérêt du prix d’achat de 800 francs.
- La ration d’été du bœuf est de 60 k. de vert représentant 15 k. de foin à50fr, les 1000 k. ou 0.75
- et pour la paire.............................................................................1.50
- La ration d’hiver se compose de 20 kilog de racinés à 15 fr. les 1000 kilog. ou. . . 0.30
- 5 kilog de foin à 50 fr. les 1000 kilog. ou. . . 0.25
- 4 kilog de paille à 25 fr. les 1000 kilog. ou. . . 0.10
- Total. . . 0.65
- et pour la paire.............................................................................1.30
- ce qui constitue une moyenne par jour pour la nourriture des deux bœufs de 1 fr. 40 et pour l’année de 365 jours 511 francs auxquels il faut ajouter les 40 francs pour l’entretien du joug etc... somme totale 567 fr. et pour les 4 bœufs formant l’attelage de la charrue marchant 10 heures par jour 1,134 fr. ou 37 c. 080 par heure. —L’heure de la charrue attelée
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- do 2 chevaux coûte donc 53 c. 946 l’heure et celle employant 4 bœufs se relayant 37 c. 080. L’économie ressortant de l’emploi d’une charrue de 2 chevaux comparé à celui d’une charrue employant 4 bœufs se relayant et fournissant chacun 10 heures de travail est donc de 16 c. 146 par heure et pour l’année de 484,38. Bien que dans la pratique il soit reconnu que 2 bœufs donnent plus de travail en 5 heures qu’un cheval en 10 heures, nuus avons pris celte comparaison d’un à deux pour rendre plus sensible notre démonstration.
- A Grignon, par exemple, on compte 3 chevaux pour 4 bœufs. « Dans notre pratique, dit M. de Béhague, nous avons reconnu qu’il y avaitgrand avantage à toujours avoir des bœufs frais et en bon état de chair et que 5 heures de bon travail étaient tout ce qu’il est nécessaire de tirer d’un bœuf pour couvrir largement sa dépense et que l’engraissement, quand l’âge est venu, est plus économique et plus facile ce qui ne nous empêche pas quand la besogne presse, comme les moissons, les foins, les semences, de leur demander soit 9 heures soit même 10 heures d’un jour l’un, et ainsi d’augmenter les attelages d’un quart ou d’un tiers ce qui ne peut se faire avec des chevaux, dont le nombre attelé est toujours le même. »
- En iésumé, un bœuf de taille moyenne fait aisément 24 kilomètres en 8 heures. Ceux des Landes et des Pyrénées et en Espagne font jusqu’à 80kilomètres dans une nuit et un jour en trottant longtemps de suite. L’allure du bœuf dans le travail est des deux tiers ou des trois quarts de celle des chevaux, mais le bœuf peut travailler plus longtemps dans un jour que le cheval et ses attelées peuvent être de 10 heures pour les travaux pénibles, de 11 à 12 heures pour les travaux légers de hersages, de semailles de sorte que, en somme, le travail du bœuf atteint bien au delà de la proportion des 2 tiers de celui du cheval.
- Le bœuf consomme beaucoup plus de nourriture, mais il est infiniment moins exigeant sur la qualité que le cheval. Ilne mange ni avoine ni orge ci ses forces sont parfaitement maintenues par la nourriture en vert qui ne suffit pas au cheval qui travaille. - Les plus fortes chaleurs ne l’empêchent pas de manger : il est l’animal de trait de l’Espagne, de l’Italie, des Arabes et des Indiens. Sobre et vigoureux, il ne redoute aucun climat, ne dépense pas ses forces en pure perte cl se couche sans quitter le joug sur la terre n ue, dure ou h umide, peu lui importe. Ces qualités réunies chez le bœuf justifient amplement notre préférence sur le cheval.
- Cultivateurs. — Femmes et enfants. — Taux des journées. — Economies a réaliser sur
- LE COMPTE DE CULTURE.
- Quant aux hommes des champs, ils se recrutent ordinairement parmi l’élément étranger, Espagnols, Italiens et Maltais. On peut également employer l’indigène qui travaille à un prix inférieur mais il fournit une journée moins avantageuse tout en offrant moins de sécurité à qui l’occupe que ceux des étrangers cités plus haut.
- On remarquera que dans notre compte la journée des hommes des champs est portée à 4fr., alors que le taux moyen dans la colonie est de 31T. En prenant la grande moyenne, la journée ressortira à 3 fr. 50. Le nombre de journées de culture étant pour les hommes de 3,235, il y a donc de ce chef une économie de 1,517,50 fr. Les femmes entrent pour 1690 journées portées un peu plus haut que le taux ordinaire. Nous maintenons ce chiffre ainsi que celui des 565 journées d’enfants.
- L’achat du matériel est également figuré au prix fort. Nous avons vu au dernier concours agricole des charrues Brabant cotées 150 fr. et que nous avons portées à 200 fr. dans notre évaluation. Il en est de même de tout le matériel, ce qui nous autorise à affirmer qu’il y aura à réaliser sur le compte de culture une économie de dix pour cent.
- Voir le tablea u page 17.
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- RECAPITULATION DU COMPTE DE CULTURE
- DÉSIGNATION des CULTURES HECTA- RES cultivés DÉPENSES DE MATÉRIEL AGRICOLE ACHAT DE FRAIS DE MAIN D’ŒUVRE ASSURANCES CAPITAL VENTES DE TOTAUX CHIFFRE des BÉNÉFICES NETS PRODUIT par HECTARE
- FERMAGES IMPOTS (1) SEMENCE FUMURE BŒUFS Harnais NOURRI- TURE VÉTÉRI- NAIRE ENTRETIEN et réparation au matériel HOMMES jour s FEMMES jours ENFANTS jours ACCIDENTS aux ouvriers ACCIDENTS pour et contre animaux M ORTA LITE du bétail INTÉRÊTS 6 0/0 l’an AMORTISSE- MENT du capital en 5 ans M AT IÈ R E S premières pour la distillation FANES et fourrages pour en graisse -ment DES DÉPENSES DES RECETTES
- Patates 10 50 25 5.030 1.200 1.025 800 120 412 40 680.75 1.400 350 440 24 30 30 600 20 43 714 75 2.525 50 25.000 210 15.153 25.210 10.057 105 70
- Sorgho à sucre... 30 150 75 840 3.600 1.750 1.200 183 663 60 1.095.50 4.800 1.200 1.080 540 180 183 1.920 33 60 1.061 3.749 52.500 15 000 22.493 50 67.5'0 45.006 50 1.500
- Courges du Vene-
- zuéla 15 75 38 225 1.800 1.050 1.200 183 963 60 850 50 2.ICO 525 720 300 75 75 963 30 60 623 20 2.201 95 39.000 6C0 13.2.1 65 39.600 26.3S8 35 1.759 20
- Carottes à sucre.. 10 50 25 60 » 1 1.025 SOO 120 442 40 680 75 1.280 320 300 150 100 100 570 20 40 333 15 1.177 20 11.250 60 7.C63 10 11.310 4.246 90 424 70
- Pommes de terre. 30 150 75 4.320 1.800 2.200 2.400 360 1.326 120 1.736 3.360 840 840 420 180 ISO 1.440 60 120 1.229 20 4.343 25 48.000 180 26.(59 45 48.180 22.120 55 735 35
- TOTAUX 1 95 475 238 10.445 8.400 7.050 6.400 960 3.836 320 5.043.50 12.940 3.325 3.380 1.710 565 565 5.490 160 320 3.961 30 13.996 90 175.750 16.050 83.980 70 j 191.8:0 107.819 30
- (!) Par un arrêté du Gouverneur général de l’Algérie, en date du 20 septembre 1886, toutes les cultures seront soumises h l’impôt Achour, dans les trois provinces, à partir du 1er janvier 1887. Cet impôt sera de 25 fr. par hectare cultivé. C’est sur cette base que nous avons calculé la redevance fiscale que nous aurons à acquitter pour les cultures citées ci-dessus.
- RÉCAPITULATION DU COMPTE
- DE DISTILLATION
- ACHAT de matières premières MATÉRIEL TRANS PORT emballage et mise en place du tout MATÉRIEL DE TRANSPORT MATÉRIEL DIVERS FRAIS DK MAIN D'ŒUVRE ASSURANCES CAPITAL VENTES DE TOTAUX
- MÉCANIQUE DISTILLA- TION BŒUFS HARNAIS NOURRI- TURE PHARMACIE LINGE PRODUITS chimiques S» FUTS en chêne outillage de l’usine, forge,etc. plaques zinc, clous, encre à timbrer CHAUFFAGE au bois ENTRETIEN* et réparation du matériel CHEF mécanicien et chauffeur CHEF distillateur aides, hommes de peine, charretier et palefrenier accidents du travail ACCIDENTS pour et contre animaux M ORTALIT É du bétail INTÉRÊTS 6 0/0 l’an AMORTISSE- MENT en 5 annui- tés ALCOOLS et lûts chêne DRÈCIIES DES DÉPENSES DES RECETTES
- Patates iSorgho à sucre.... Courges du Vene-zuéla Carottes à sucre.. Pommes de terre. TOTAUX 25 000 52.5C0 39.000 11 25u 48 000 11.600 14.800 1.800 800 120 959". 120 100 200 19.600 1.000 417 27.720 9.415 4.745 9 .855 2.920 20 40 6.163 85 21.779 296.400 36.187.50 306.523 85 335.587.50
- 75.753 (1) 11.000 14.800 1.800 SOO 120 959 120 100 200 19.600 1.000 417 27.720 9.415 1.745 9.855 2.920 20 10 0.163 85 21.779 296.400 36.187.50 306.523 85 335.587.50 306.423 85
- BENEFICE NET................... 20.163 65
- il) Les 132.000 francs de matières premières ne constituant pas un débours proprement dit, 11 n'y a pas lieu de faire figurer l’intérêt et l'amortissement de cette somme qui ont été compris dans le compte de culture, début des opérations dont la distillation est la continuation. Néanmoins, ce chiffre doit figurer comme marchandises achetées, afin de faire ressortir très exactement le bénéfice résultant de l’enchaînement des opérations.
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- DÉTAIL DU COMPTE DE DISTILLATION BASÉ SUR LA PRODUCTION DÉ 95 HECTARE
- | NOMBRE de
- I JOURNEES
- DETAIL DES DEPENSES
- Achat de SOO.OCOldlog de patates à 50fr. les 10(0 25 000
- — 1.500 000 — soï’gho à 30 fr. 50 » 52.50C
- — 1 950.00' — courges à 25 l’r. » 39.0 0
- — 750.(09 — carottes à 15 fr....... 11.250
- — 8C0.000 — p. de terre à 60 fr... 48.0 0
- , ACIIA.T DE MATÉRIEL FRAIS DE PREMIER ÉTABLISSEMENT
- Achat d’une machine horizontale force 5 chevaux 2 £00
- — courroies de transmission.................... 200
- — d’une chaudière générateur à vapeur 14“
- superficiels........................... 3.600
- — d’unepresseEarineau p. exprimer les marcs 2.500
- — de 6 pilons dont 3 trois à tranchants et 3à
- tète arrondie pour le broyage et la diffusion des matières premières............ 1.8C0
- — d’une auge pour les pilons broyeurs...... 1.0(0
- MATÉRIEL DE DISTILLATION
- Achat d’un alambic rectificateur 4.0C0 litres par
- 21 heures...................................... 3.100
- Achat de 2 pompes pour le transvasement des liquides ...................................... 1.500
- Achat de 2 cuves A eau-de-vie de 5 hectol., en
- cuivre étamé; forme cylindrique, à 650 fr. ..
- Achat de petit outillage de laboratoire: vilbre-quins. mèches, entonnoirs, filtres, brocs, conges Achat de matériel accessoire pour fermentation,
- cuves etc............ ........................
- Tuyauterie, mise enplacedu tout, emballage'etc.
- Achat d’un alambic de premier jet, 4.C00 litres
- par 21 heures.................................
- Achat n’outillage del’usine, forge, outils divers etc. Transport, mise en place, emballage, frais de voyage et de déplacement des ou riers environ 1.3(0
- 1.30c
- 6 4
- l.O'O
- l.tOO
- 3.000
- l.KO
- Matériel divers. — Chauffage.
- Main d’œuvre
- Achat de ü paires de bœufs pour le transport de
- la distillerie à 2 fr....................... 8 (
- Achat de 2 paires de harnais à 37 fr.......... 120
- Achat de nourriture des 4 bœufs à 1 fr. 30 par
- paire et par jour pour 36 5 jours........... 959
- Achat de combustible pour le chauffage du générateur à vapeur 11 mètres de surface de chauffe à raison de 2 fr. par heure et par mètre pour 12 heures 336 kilog. de Houille, ou bois de chauffage un tiers en plus, soitpar jour 413 kil. le bois valant en Algérie2 fr.75les l'OOhil. etles générateurs devant être constamment en pression pendant les 225 jours que durera la distillation, la dépense sera 225 — 448— 100.SOI kil —
- 2 fr. 75 —.................................. 27.T20
- Achat d’une petite pharmacie complète......... 1 ?0
- — de linge pour le service du laboratoire. 100
- — de produits chimiques divers............ 20o
- — de 3920 fûts en chêne contenance l’hect à 5 fr. 19.600
- — de bondes,plaques zinc,clous etc. 3.923 de
- chaque à 0.10............................... 392
- Achat d'encre pour le timbrage di s fûts...... 25
- Personnel :
- 1 mécanicien chef à 8 fr par jour — 3’5 j .airs...
- 1 chauffeur à 5 fr. par jour — ......
- 1 distillateurchefdelaboratoireàSfr. p. j. — 365-
- 1 - aide chef de Chai à 5 fr. —
- 2 hommes de peine, les deux 7 fr. —
- l charretier à 1 fr. par jour —
- 1 palefrenier à 3 fr. par jour —
- 2.920
- I. 825
- J. 920 1.325 2.15 1.400 1.095
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- Assurances mortalité du bétail 10 fr. par tête et par an
- — sur risques pouretcontre à5fr. p. tête et p. an
- — contre accidents survenus aux hommes de
- l’exploitation à raison de 1 fr. par homme et par jour S hommes à 367 jours...........................
- Entretien et réparation du matériel pendant l’année
- 35 h/o sur 26.900)...................................
- Intérêt à 6 0q0 l’an sur 102.731 fr....................
- Amortissement en 5 ans de la somme de 108.884,20 ... Les 132.000 de matières premières ne constituant pas un déboursé il n’y a pas lu u de comprendre cette somme dans l’intérêt etl’amortissement, néanmoins, ce chiffre doit fleurer comme marchandises achetées afin de faire ressortir bien exactement le bénéfice résultant de l’enchainement des opérations...............
- 175.750
- Total des dépenses.
- 11.C00
- 11.800
- 1.000
- 1.S0Û
- DETAIL DES RECETTES
- Vendu au commerce
- 3.900 hectolitres d'alcool absolu A 7 tr., 213/0 prixmoven dans chaque origine "y compris 3.9(0 fûts à 6 fr. l’un.......
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 2 6 470
- Versé à la société d'en-yraissemeut :
- 1.447.*00 kilog de drèches en tourtmu. résidus de distillation à 2 fr. 50 les loô kilogs..............
- Versé aux conserves
- 3C0 hectolitres vinaigre provenant des nœuds de canne et flegmes de distillation à 10 fr. l’hectol.
- TOTAL DE I.A RECETEE BRUTE.................
- à déduire :
- DÉFENSES GÉNÉRALES. . .
- BENEFICE NET.
- 36.1S7 50
- 3.000
- 335.:.87 50
- 3 6 423.85
- 29•163.65
- 74
- a
- 5(di36
- 4.745
- 9.8.r5
- lu
- 20
- 2.920
- 9.4U*
- 6.163.87
- 21.779
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- 306.423.85
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- 18 —
- DISTILLATION
- LE PHYLLOXÉRA DANS LES VIGNOBLES FRANÇAIS
- Parmi les calamités qui se sont abattues sur notre malheureux pays depuis une vingtaine d’années, il convient de citer en première ligne le Phylloxéra et l’Oïdium. Ces deux fléaux ont ruiné nos vignobles, diminué la fortune publique et porté un coup terrible à la riche industrie des vins et eaux-de-vie dont nous avions su conserver intact le monopole.
- Les immenses réserves provenant des anné-s abondantes ont suffi jusqu’à présent à assurer — ou peu s’en faut — la consommation courante de ces fines champagnes si recherchées dans le monde entier. Malheureusement il n’en est pas de même des alcools secondaires employés journellement à la fabrication de mille produits de table.
- Pour remplacer l’eau-de-vie qui a subitement fait défaut, on a dû soumettre à la distillation d’autres produits très riches en alcools, mais réservés jusqu’alors à l’alimentation des hommes et des animaux ; —on demanda à ces produits l’alcool que nous donnait autrefois le vin, puis le mal empirant chaque année et, d’autre part, la consommation de l’alcool augmentant chaque jour, on en vint pour combler les vides, à s’adresser à la fabrication étrangère qui nous guettait depuis longtemps.
- L’esprit de routine, si enraciné chez nous, a toujours empêché le développement en France des distilleries agricoles telles que celle que nous voyons fonctionner en Allemagne, en Belgique, Autriche, Russie, en Grèce et dans les pays Scandinaves. Tandis que cette branche merveilleuse de l’agriculture lait la fortune de ces pays, nous nous en tenons aux vieilles méthodes et acceptons sans trop essayer de nous y soustraire, le rôle de client alors qu’il y a seulement -40 ans le marché français approvisionnait le monde entier.
- STATISTIQUE DES VIGNOBLES ET DES VINS FRANÇAIS
- La faute de cette déchéance revient, ainsi que nous le disions plus haut, au phylloxéra et à l’oïdium. On en aura la preuve par l’examen du tableau ci-dessous. Ce sont les chiffres relevés par le fisc indiquant l’état de la viticulture française pendant les trente dernières années.
- ss décennales ou quinquennales Nombre d’hectares plantés Nombre d’hectolitres récoltés
- J 856 1865 2.220.000 41.800.000
- 1866 1875 2.390.000 57.80O.000
- 1876 1880 2.320.000 42.250.000
- 1881 1885 2.110.000 35.350.000
- Moyenne de la production algérienne.
- 1876 1880 20.000 325.000
- 1881 1885 45.000 750.000
- La plus grande production a été de 78 millions d’hectolitres en 1876. La plus faible de 26 lj2 millions d’hectolitres en 1879. La dernière période décennale 1876-1885 accuse sur la précédente un déficit de vingt millions d’hectolitres et une diminution dans la surface plantée de quatre cent mille hectares entre 1875 et 1885, résultat du phylloxéra et des autres maladies
- de la vigne.
- Voici maintenant, d’après le Bulletin de statistique du Ministère des Finances, la moyenne de
- la production de vins de luxe pour les dix dernières années.
- liectol.
- 1* Champagne (Marne, Haute-Marne, Aube).................... 1.510.000
- 2- Bourgogne (Côte-d’Or, Saône-et-Loire)................... 2.030.000
- 3* Bordeaux (Gironde et Dordogne).......................... 2.650.000
- -4- Côtes du Rhône (Rhône et Drôme)........................ 780.000
- 5* Vins liqueurs (Pyrénées-Orientales)..................... 1.350.000
- P nd uction totale des vins de cru....................... 8.320.000
- Exportation moyenne annuelle......................... 2.750.000
- Consommation française. . . . 5.570.000
- On voit par ces chiffres que l’exportation des vins de cru consommés à l’étranger ne repré-
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- sente pas le tiers de la production et que malgré le phylloxéra, il n’y a pas besoin de mélanger les vins de luxe pour suffire à la consommation générale.
- Les attaques injustifiables de la presse américaine, —lisez allemande— s'gnalées par les Chambres syndicales de négociants commissionnaires, n’ont pas de raison d’être et sont inspirées par le commerce allemand qui tend à substituer partout ses produits aux nôtres.
- La question du commerce d’exportation des vins français résolue, nous avons à examiner celle du commerce intérieur, de beaucoup la plus importante, puisque nous avons consommé en France :
- de 1856 à 1865 Quarante millions d’hectolitres par an 40.000.000
- » 1866 à 1875 Cinquante-cinq millions — — 55.000.000
- » 1876 à 1885 Quarante-cinq millions — — 45.000.000
- dont neuf millions deux cent mille hectolitres dans les 41 villes les plus importantes de la France, Paris prenant à lui seul la moitié de cette consommation urbaine.
- LES VINS ARTIFICIELS ET L’ALCOOL ALLEMAND
- Nous venons d’établir que la production vinicole accusait pour la première période décennale un manquant de vingt millions d’hectolitres, et que la consommation intérieure, dans la même période, avait donné dix millions d’hectolitres seulement.
- Comment pense-t-on que ce déficit est comblé?
- 1* Tout simplement par l’Espagne, l'Italie et le Portugal qui nous envoient annuellement de six à sept millions d’hectolitres de leurs vins.
- 2- Par la fabrication des vins de raisins secs qui met dans la consommation environ cinq millions d’hectolitres.
- 3- Par la fabrication de mixtures innommées se chiffrant annuellement par six millions d’hectolitres au minimum ; ces boissons sont rehaussées généralement par le mauvais 3/G allemand.
- Nous avons dit que les nations du Nord fabriquent une quantité prodigieuse d’alcools extraits pour la plupart de la pomme de terre, betterave, paille, bois etc...
- Ces alcools toujours mal distillés et mal rectifiés constituent un véritable danger pour la santé publique. Ces eaux-de-vie extraites directement agissent souvent d’une manière funeste sur l’économie animale ; la cause en est attribuée à la présence de la solanine et de l'acide prus-sique constatée par un grand nombre de chimistes.
- (Nous rappelons ici qu’à la page « culture pommes de terre », nous avons indiqué un mode de fabrication des alcools de farineux et que par ce procédé nous obtenons des alcools chimiquement purs, absolument inoffensifs.)
- C’est avec ces produits de fabrication étrangère que se pratique à Paris et ailleurs l'opération, tant discutéeauxChambres, dans le inonde scientifique ctcommcrcial, connue sous le nom de vinage des vins. Or, nous savons tous que ce qui se vend à Paris sous le nom de v.n est un liquide quelconque qui n’a du vin que le nom et dont l’alcool allemand fait tous les frais. Le degré alcoolique de ce liquide varie de 10 à 15, c’est-à-dire en quantité suffisante pour produire les plus mauvais effets sur l’organisme. C’est si vrai que, d’après M. le Docteur Augustin Planés, du 1- janvier 1872 au 31 décembre 1885, quarante-neuf mille individus alcooliques ont été soignés dans les établissements hospitaliers de Paris. — A elle seule, l’année 1885 a eu à son actif quatre mille cent quatre-vingt-six aliénés par alcoolisation.
- La question du vinage a fixé depuis longtemps déjà l’attention de l’Académie de médecine de Paris — ce docte corps se plaçant au point de vue strict de l’hygiène « déclare considérer « comme nuisible l'alcoolisation des vins telle qu'elle se pratique avec les alcools indursliets9 « et elle réclame du gouvernement les mesures les plus sévères pour empêcher en France la vente
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- < des vins additionnés d'alcools du Nord; elle demande en outre que les eaux-de-vie cle consom-.< malion et les esprits destinés à la fabrication des liqueurs soient absolument purs ».
- Cette mesure sera bien accueillie des consommateurs car nous savons tous que si les alcools allemands sont excellents pour la fabrication des vernis, ils constituent un véritable danger pour la santé publique dès qu’ils entrent dans la composition des produits destinés à l’alimentation.
- Ajoutons que c’est surtout pour faire face à cette consommation chaque jour grandissante et aux exigences d’un marché qui s’élargit sans cesse au point de comprendre bientôt le globe entier que certains négociants peu scrupuleux — allemands pourla plupart — ont acclimaté cette chimie meurtrière des alcools toxiques qui fait parmi nous de si rapides et si terribles ravages.
- LE [REMÈlUi
- La fabrication de l’alcool, industrie essentiellement française, a créé beaucoup de jaloux autour de nous. Les fraudes s’exercent aujourd’hui dans des proportions inquiétantes. Le 3|6 allemand fait le tour du monde dans les bouteilles mêmes des propriétaires de nos grands crûs sous le nom pompeux mais trompeur de Cognac et ce, au grand détriment de nos meilleurs produits. H existe en Allemagne plusieurs maisons de contrefaçon de vins et cognacs qui expédient dans le monde entier les compositions de leur méprisable industrie. Plus tard, ces vins et cognacs entrent en France où ils sont vendus comme crûs d'origine à la clientèle bourgeoise qui les paie fort cher en raison de leur retour des Indes ou detout autre long voyage à la mer.
- Cet état de choses est si vrai et le danger si grand que M. Weiss, au Congrèslndustrieiqui eut lieu au Trocadéro, le -IM juillet dernier, développa les considérants d’un projet de vœu tendant à interdire l’importation des alcools allemands et leur transformation frauduleuse en Cognacs Français.
- Est-ce à dire qu’à cette situation navrante il n’y a rien à faire, rien à tenter, rien à espérer jusqu’à la rénovation de nos vignobles l Qu’il nous faille assister impassibles à l’empoisonnement d’un peuple et à l’abruLisscmcnt de plusieurs générations.
- Dieu merci non ! et il nous est doux d’avoir à constater que d’autres avant nous ont engagé la lutte et cherché à enrayer le mal. Mais par malheur le chemin à parcourir est immense et celui parcouru presque nul. On est parti avec des idées de progrès, mais en route on a rencontré dame routine.... en un mot, on a piétiné sur place.
- Quoique tard venus, nous sommes bien décidés à continuer cette lutte qui revêt pour nous un caractère humanitaire et national.
- Humanitaire ! parce que, avec nos alcools d’une pureté absolue, nous arracherons à la folie à la misère, à la mort, nombre d’individus qui s’empoisonnent chaque jour avec les toxiques allemands;
- National ! en introduisant en Algérie, avec nos cultures, un nouvel élément de prospérité en utilisant ces immenses terrains réfractaires à la. culture des céréales ;
- Par l’entrée dans les caisses du Trésor public des droits que nous payons à l’étranger. On aura une idée de l’importance des sommes qui nous échappent de ce chef quand nous aurons dit que l’Algérie importe les alcools nécessaires à la consommation de la colonie et qu’elle n’en exporte pas. Les archives commerciales indiquent, pour les derniers six mois de 1886, la quantité, de un million cinq cent quatre vingt-trois mille cinq cent six litres d'alcools entrés en Algérie ;
- Enlin, en assurant au pays, par nos procédés de culture et de distillation, des alcools de premier choix en quantité suffisante pour pouvoir dire dans un temps proche, à l’alcool alleipand dès qu’il paraîtra à la frontière : Tu n’iras pas plus loin.
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- STATISTIQUE DES ALCOOLS
- 'Unit d abord, nous devons dire un mot de la fabrication et de la consommation des alcools en France ;
- Les documents et renseignements statistiques que nous publions ci-dessous sont empruntés à des publications ou à des recueils officiels dont nous sommes en mesure d'affirmer la parfaite authenticité.
- La fabrication de l’alcool a donné et donnera toujours des bénéfices importants aux industriels qui s’occuperont sérieusement et loyalement de cette branche importante du commerce français. Il est clair qu’une distillerie comme nous la comprenons, installée en Algérie, serait admirablement placée pour alimenter le pays tout entier et les états voisins.
- Il est non moins douteux quecettc industrie est avantageuse pour les finances du pays, car il ne faut pas perdre de vue que l’alcool est la base du budget des Etats. C’est si vrai, qu’en France seulement, d’après la législation à l’étude, le droit sur l’alcool, calculé sur une consommation annuelle de deux millions deux cent mille hectolitres, produira au lise quatre cent quarante millions de francs. Enfin l’ensemble des recettes sur les alcools et transformations atteindra vraisemblablement cinq cent soixante-douze mill ons de francs.
- Ainsi en 1872, la production totale des alcools a été de 1.892.184. Jusqu’en 1881, la production est restée à peu près la meme ; c’est-à-dire tout d’abord que la distillerie française n’a pas profité de l’accroissement de production, ce sont les étrangers qui en ont eu tous les avantages.
- L’importation de 47.226 hectolitres en 1872, s’élève à 252,220 hectolitres en 1881.
- Dans la production totale, bidistillation des vins en 1881 tombe à 61.839 hectolitres soitune^ différence de 789.535 hectol. d’alcool de premier choix, unique dans le monde.
- Ln distillation des grains s’élève à 506.273 hectol ; le chiffre de la distillation des mélasses ne varie pas mais celui de la betterave monte à 563,240 hectol.
- Il résulte de ces faits; d’une part que la grosse masse d'alcool de vin constituant la supériorité universelle des alcools français a presque complètement disparu ; d’autre part que la distillerie industrielle, malgré ses efforts, ne satisfait pas la consommation puisque l’importation augmente chaque année.
- D’après les statistiques la consommation de l’alcool se développe de plus en plus. La création d’une distillerie en Algérie est donc assurée d’avance de l’écoulement de toute sa production quelle qu’en soit l’importance puisqu’il est prouvé que notre colonie reçoit des approvisionnements d’alcools de la Métropole et de l’Etr.mger et que sa production est nulle. — D’autre part, il est non moins clairement prouvé que nous sommes tributaires de l’étranger malgré une production importante, ainsi qu’il résulte de l’examen du tableau ci-dessous lequel fait bien ressor-ir la marche progressive de la distillation de la betterave, des grains et de la mélasse seulemeni, pendant les 10 dernières années :
- Production de la betterave.
- <h 1873 à 1880 300.000 liect. d’a’cool.
- 1880 à 1883 550.000 —
- 1883 à 1886 550.000 —
- 1886 4 1887 800.000 —
- Production de l’alcool de grains. de 1873 5.1876 152.000 —
- 1877 à 1880 233.000 —
- 1880 à 1883 300 0O0 —
- 1883 a 1886 500.000 —
- 1886-87, approximativement 600.000
- Production de l'alcool de mélasse
- de 1876 à 1879 530.000 —
- 1880 à 1883 700.000 —
- 1883 à 1885 600.000 —
- dont 769.000 en 1884 et 471 en 1886.
- Malgré cette production prodigieuse, la distillerie Etrangère, Allemande principalement, importe maintenant en France des quantités d’alcool qui se chiffrent jusqu’à 300 mille hectolitres par an, nous enlevant ainsi 200 millions de francs et ce, au détriment du Trésor, de notre industrie et du travail national.
- La création d’une distillerie en Algérie est donc assurée d’avance de la réalisation d’importants béné^ces basés sur les données suivantes :
- 1- Par le bon marché des terres, et de la main d’œuvre;
- 2- Par la grande consommation d’alcools qui se fait dans le pays et de la nécessité de le rer d’ailleurs.
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- 3° Enfin par l’écoulement assure du surcroît de production dans les pays voisins : en effet l’ita'ie, le Portugal, l’Espagne et la Turquie aujourd’hui tributaires de l’Allemagne, deviendraient nos clients. Cette question vaut à elle seule la peine d’être sérieusement étudiée.
- Si l’alcool par d’habiles transformations est un article de luxe, n’est-il pas sous bien d’autres formes un produit indispensable à la science, aux arts et à l’industrie en général ? car il en est peu qui ne soient tributaires du précieux liquide.
- En effet, c’est l’alcool, pris à doses raisonnables, qui réveille le ceurage des mineurs dans les ournées pluvieuses et froides ; qui stimule l’énergie de nos troupes en campagne, soutient le moral épuisé et réveille l’espoir et le courage du marin aux heures de péril.
- L’alc ml français, c’est-à-dire l’alcool type, à la fabrication duquel nous apporterons nos soins, exercera toujours et partout son action bienfaisante et loin de dévaster les générations comme le pensent des esprits chagrins, il contribue puissamment à les préserver de maladies et à les arracher à la mort.
- N’est-ce pas l’alcool qui soutient un malade pour l’aider à franchir une pneumonie ou une fièvre typhoïde? Puisque nous parlons des malades et des maladies ne voyons-nous pas dans tous les Hôpitaux au chevet des hospitalisés, l’alcool additionné à un composé quelconque comme breuvage ?
- En un mot, les usages de l’alcool sont nombreux ; la chimie l’emploie pour dissoudre un grand nombre de produits immédiats des végétaux et des animaux. On s’en sert aussi dans la fabrication des vernis. Il forme la base des préparations pharmaceutiques. Il est l’agent indispensable du liquoriste, du distillateur. L’alcool a sa place marquée dans toutes les armoires des ménagères, qu’elles manient l’eau le matin pour le café, le soir pour le thé. N’est-il pas employé pour les teintures, couleurs, dorures ; dans la fabrication des savons transparents et la parfumerie en général. — Les caux-de-vi » ne sont que des dissolutions d’alcools qui en renfermen ^ jusqu’à 59 0[0 de leur volume, etc, etc... Enfin, l’alcool s’emploie pour une infinité d’autres usages dont l’énumération nous entraînerait trop loin.
- Comme on le voit, l’alcool est un produit qui s’impose ; son usage n’a rien à voir dans la mode changeante qui bouleverse tel ou tel commerce. Au lendemain des émeutes, des révolutions ou des guerres on n’a jamais constaté la décroissance de l’alcool dans la consommation.
- Une grande, très grande production ne doit pas être ici un sujet d’inquiétude.
- L’incalculable quantité d’alcool qui se consomme dans le monde entier, répondrait victorieusement à cette objection si elle était faite. Les alcools entrés dans Paris pendant le mois de janvier dernier ont été de 11.045 licct. 88 litres, ce qui fait une quantité de 132,550 litres pour les iZ mois. L’examen du tableau ci-dessous en fournit la preuve irréfutable.
- BILAN DE LA PRODUCTION ET CONSOMMATION DES ALCOOLS AU 28 FÉVRIER 1887 (“ oMri).
- 1886-87
- hect.
- Production indigène.......................................... 1.245.466
- Importations................................................... 102.435
- Consommation intérieure........................................ 983.031
- Exportations................................................... 118.402
- Stock au 28 février . ,....................................... 637.230
- Ces chiffres se décomposent de la manière suivante par nature d’alcools :
- Alcools de vins.................................. 13.123
- — de cidres et poirés ....................................... 194
- — de marcs et lies......................... 4.486
- — de substances farineuses................ 277.795
- de betteraves........................... 768.068
- — démêlasses................................. . 134.214
- — de substances diverses................... 5.063
- Total. . . . 1,202.943
- 1885-86
- hect.
- 904.788
- 82.721
- 835.124
- 114.324
- 575.809
- 5.166
- 353
- 5.663
- 278.471 498.815
- 198.472 3.640
- 99 J. 580
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- Les bouilleurs de cru ont produit :
- Alcools de vins....................... .... 3.619 1.688
- de cidres et poirés................................. 9.346 12.665
- — de marcs et lies................................... 29.558 43.830
- Production indigène..................................... 1.245.466 1.048.743
- Importations.............................................. 102.435 82.721
- Production totale....................................... 1.347.901 1.331.464
- Reprise de l’exercice précédent........................... 390.762 393.993
- Total des ressources....................... 1.738.663 1.525,457
- Consommation et exportation
- Livraisons au commerce intérieur.................................... 983.031
- Exportations........................................................... 118.402
- 1.101.433
- Balance
- Production et reprise réunies........................................ 1.738.663
- Consommation et exportation . 1.101.433
- Différence, ou stock au 28 février............................. . 637.230
- Composition du Stock
- Le stock se répartit de la manière suivante :
- Dans les magasins généraux de vente..................................... 83.407
- Dans les entrepôts de la régie.......................................... 64.151
- — — de la douane..................................... 65.814
- Chez les distillateurs de profession................................... 357.568
- 570.940
- Chez les bouilleurs de crus............................................. 66.290
- Total égal . 637.230 "
- Chapitres en augmentation en Î887 sur 183u
- Production indigène................................................. 340.678
- Importations............................................................ 19.714
- Consommation intérieure. . ............................................. 47.907
- Exportation.............................................................. 3.878
- Stock général........................................................... 61.412
- Chez les distil ateurs de profession.................................... 82.293
- Alcools de vins.......................................................... 9.888
- — de betteraves..................................., . . . 269.253
- Chapitres en diminution
- Alcools de mélasses . ».......................................... . 64.258
- — de marcs et lies................................................ 15.319
- ALCOOL DE FIGUES DE BARBARIE
- Une richesse méconnue en Algérie est la Figue de Barbarie. Ce fruit très abondant dans la colonie contient une proportion considérable de sucre, et malgré son très faible état d’acidité tout ce sucre existe à l’état interverti. Elle peut donner par expression les deux tiers de son poids en sucs. Ce sue abandonné au contact de l’air, dit M. le pharmacien major Balland, dans un milieu
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- dont la température est comprise entre 25" et 30" ne tarde pas à fermenter. La fermentation se prononce nettement au bout de 48 heures.
- Le suc de la Figue de Barbarie abandonné après expression, à une température constante de 30°, ne tarde pas à subir une double fermentation manitique qui peut être enrayée au profit de la fermentation alcoolique. Il suffit'd’ajouter au suc du tannin ou mieux de l’acide chlorydrique dans la proportion de 5 grammes par litre de suc. On obtient ainsi par la distillatio i de 100 kilog. de sucs fermentés représentant 150 kilog. de figues 8 litres d'alcool à 85".
- Ce rendement est tout simplement merveilleux, si on le compare à celui de la betterave qui demande une culture compliquée de soins, c’est-à-dire coûteuse, dont le rendement est de 41 litres d’alcool par 1,000 kilog.
- Quand on songe que cette distillation peut s’effectuer directement et donner des liquides alcooliques plus agréables au goût et plus faciles à rectifier que les alcools retirés des différents tubercules ; que la fermentation peut se produire spontanément, que l’extraction du jus nécessita1 une main d’œuvre peu dispendieuse, que les résidus peuvent entrer avec économie dans la ration d’engraissement, de notre bétail, que la plante enfin se rencontre partout dans l’Algérie, dans les terrains les plus rocailleux où elle végète sans culture et sans travail, — on doit trouver que de tels chiffres ont leur éloquence et en voyant l’évolution que tend à faire chaque jour notre colonie, il serait bon d’ètre les premiers à tirer profit sérieux de cette immense et gratuite ressource.
- Certains fruits comme la datte, la nèfle, les groseilles, mûres rouges et blanches, donnent une eau-de-vie de prix très appréciée des gourmets. Outre de l’alcool, les groseilles donnent en quantité de Y acide citrique, produit d’un écoulement facile et avantageux.
- FABRICATION DU VINAIGRE
- La distillation de tous les produits mentionnés d’autre part donnera une certaine quantit de flegmes avec lesquels nous fabriquerons le vinaigre dit d'Industrie.
- Les vinaigres d’industrie, moins estimés que ceux de vin, occupent cependant un rang utile et honorable dans la consommation. Quand ils sont fabriqués avec soin, ils remplacent économiquement le vinaigre de vin dont ils possèdent toutes les propriétés sans en avoir tout à fait le goût particulier et le moelleux.
- Depuis l’apparition de l’oïdium et du phylloxéra, le prix du vin ne permet plus de le livrer à la vinaigrerie.
- De tous les vinaigres d’industrie, celui d’alcool est le plus répandu, à cause de la facilité de sa production et de l’immunité accordée depuis longtemps aux caux-dc-vie faibles employées dans cette fabrication.
- Le vinaigre d’alcool est très fin et très agréable ; il ne dépose pas comme le vinaigre de malt et de grains. On peut lui donner le degré de force que l’on veut et son emploi est préféré pour les conserves alimentaires dont nous adjoindrons la fabrication dès le deuxième exercice. La production du Y1 exercice est prévue pour 300 hectolitres. Le matériel est des plus simples et d’un prix tellement insignifiant que nous ne croyons pas devoir en mentionner la dépense.
- La consommation du vinaigre en France est très importante.
- Les quantités entrées dans Paris pendant le mois de janvier dernier sont de 2.131 hect. 14 litres, soit pour 12 mois 25.573 hect. 68 litres.
- ENGRAISSEMENT
- L’engraissement des animaux par les résidus de distillation comme nourriture est devenue une conséquence nécessaire de l’annexion à la ferme de certaines industries agricoles qui laissent Pcomme déchets naturels des matières alimentaires d’une valeur nutritive variable, mais qui ne uveent être autrement utilisés. Les brasseries, amidonner ies, distilleries de grains, de fari-
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- neux, do betteraves, etc .. sucreries, toutes ces spéculations sont intimement liées à celle du bétail.
- Mathieu de Dombasles tenait la distillation de tous les tubercules en haute considération et, dans une Note adressée à la Société Nationale d’Encouragcmcnt, il cherchait à en faire apprécier les principaux avantages.
- « La distillerie des substances farineuses n'est pas assez appréciée en France, disait le célèbre agronome, cependant cette branche d'industrie s’étend de plus en plus et serait déjà naturalisée sur notre sol sans les difficultés créées par notre régime fiscal, car il n’v a aucun cultivateur ui n’en s ntc les avantages.
- « Il faut avoir vu de près les choses pour juger quelle étonnante impulsion peuvent donner fi une exploitation agricole un ou deux alambics. En effet, consommer dans l’exploitation pour la nourriture du bétail une partie de ses produits doit être considérée comme l’axiome fondamental de toute bonne agriculture; car il est reconnu que les substances farineuses gagnent plus qu’elles ne perdent en facultés nutritives pour les bestiaux par les procédés auxquels on les soumet pour les rendre propres à la distillation.
- « Il est facile de sentir en partant de ce principe, la différence qui existe entre le cultivateur qui vend son orge aux brasseurs et celui qui le distille sur la ferme.
- « Les résidus de cette fabrication engraissent les bestiaux, enfin il se procure par ce moyen une quantité notable d’engrais par les fumiers du bétail. »
- Alors que Mathieu de Dombasles donnait ces sages conseils à l’agriculture française, nous ne possédions pas encore de voies ferrées. Les productions du sol se consommaient pour ainsi dire sur place et l’excédent déversé dans les grands centres de consommation avoisinants. Aujourd’hui <a locomotive pour les chemins de fer, et l’hélice pour la navigation ont bouleversé le système économique d’il y a GO ans. Avec les voies rapides, les récoltes entières arrivent à Paris d’où, souvent, la province les rachète, quand l’étranger ne s’en est pas rendu acquéreur auparavant.
- LE BŒUF ALGÉRIEN, SON ENGRAISSEMENT — PRIX DE REVIENT COMPARÉ AVEC LA
- PRODUCTION A MÉRICA1NE
- En Algérie, l’espèce bovine est petite, légère, rustique, limitée comme taille entre -111115 et l,n35 et comme poids entre 350 à 500 kilog. Elle exige 4 ans pour atteindre son complet développement. Le prix varie entre 180, 200 et 250 francs. Dans ces conditions un bœuf engraissé à l’établissement pendant 120 jours environ augmentera de 150 kilog. sur son poids primitif. La ration d’un bœuf de 400 kilog. soumis à l’engraissement est représentée en nature et poids par les articles suivants : ,.
- 4.350 k. pulpes-tourte à ...... . 2 50 les 100 k. = 10 85
- 090 irais. .
- 210 féverolles.
- 3G0 foin.
- 300 paille.
- G » 5 »
- G »
- = 59 40 = 10 50
- = 43 20
- Litièi e
- 4 »
- Soit G.270 pour la somme de. ......
- L’achat du bœuf de 400 k. coûte en
- moyenne................ 200 »
- Garde et soins. ....... 80 »
- Assurances diverses........ 4 »
- Intérêtsdu capital pendant 120 jours
- sur 412 fr. à G 0/0...... 8 »
- Ce qui porte le prix de revient du bœuf qui pèsera 550 k. à.
- 1271.95
- 292 »
- 419 95
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- SoitO 76.4 le kilo, en admettant bien entendu que nous n’ayons pas de compte d’amortis-sem mt de capital comme celui qui figure aux tab’caux des comptes d’engraissement.
- D ms ces c mditi ns, la différence entre la production algérienne et celle des bœuts d’Amérique sera de 0 fr. 27 c. par ki ogr. différence qui profitera au consommateur.
- En vendant ce bœuf avec un bénéfice de 3 0[0 soit 432 fr. 60 ce qui est minime, nous aurons produit de la viande au prix de 0 fr. 76 à 78 c le kilo rendu surplace.
- Nous disons surplace parce que l’engraissement et l’abattage de nos bestiaux aura lieu dans les dépendances de l’exploitation. Par ce procédé, les frais de garde, de soins, etc., seront des plus réduits.
- En Normandie et dans le Charolais, ils s’engraissent seuls dans les prairies mais comme toutes les contrées ne possèdent pas des pâturages, on les engraisse à l’étable avec des matières ne coûtant presque rien et ayant l’avantage de pousser l’animal à la graisse.
- Les animaux à l’engrais qui consomment le plus de nourriture sont en général ceux qui le payent mieux, voici pourquoi : un bœuf de 500 k. nourri avec 8k. de foin par jour consommerait en 10 mois 2,400 k. de foi \ sans donner aucun produit utile excepté un peu de fumier, tandis que si l’on double la ration la môme quantité de nourriture produira en 150 jours, 120 k. de viande â 1 k. par 10 k. de foin consommé en sus de la ration d’entretien. Si au moyen de bons aliments de grain, de tourteau, de farine, de sel on parvient à faire consommer à ce meme bœuf l’équivalent de 24 k. de foin, cette même quantité de fourrage sera consommée en 100 jours et produira 160 k. de viande. Dans le premier cas les 2,400 k. de fourrages seraient consommés commt; ration d’entretien et perdus pour la productioi taudis qu’il n’y a de perdu que 1,200 k. dans le second cas et seulement 800 dans le troisième.
- Sans l’utilisation raisonnée de l’abondante quantité de résidus assimilables provenant de la distillation et qui, sms cela seraient perdus, il serait impossible de produire à ce prix des vian les de pareille qualité.
- Nous prendrons comme exemple l’élevage aux Etats-Unis dont le prix de revient de la viande d’un bœuf rendu au Havre varie entre 0.56 à 0.51 la livre.
- Un bœuf shorthorn à courtes cornes de 660 k. 02 âgé de 2 ans, coûte au fermier américain la veille du jour où il est conduit au marché.................................371 55
- Le bœuf étant dans une ferme de l’Illinois, a mi-chemin de Kansas-City à Chicago, le
- fret jusqu’à Chicago sera de..................................................... 7 80
- Nourriture et soins.................................................................... 3 »
- A Chicago droit d’entrée aux Cattles yards............................................ 1 25
- N mrriture............................................................................. 2 50
- Commission au courtier vendeur......................................................... 2 50
- Fret moyen de Chicago à New-York..................................................... 37 49
- Nourriture et soins.................................................................... 5 20
- Réception du bœui à New-York et transbordement......................................... 1 50
- Fret de New-York au Havre.............................................................150 »
- Assurance, nourriture et soins........................................................ 52 60
- Entrée en France d’après la nouvelle loi votée récemment par les Chambres. ... 28 »
- Pour l’éleveur de l’Illinois le prix de revient du bœuf de 2 ans à courtes cornes de
- 660 k. 02 rendu au Havre est donc de......................................... 663 39
- Déperdition du poids en mer, 20 k. à 0,99.......................................... 19 80
- Prix de revient définitif.......................................................... 683 19
- Trix de revient du kilo de bœuf américain............................................... 1 02
- Prix de revient du bœuf algérien abattu sur place................................. O 82
- Différence en faveur du bœuf algérien(l)................................................ 0 05
- (I) Nous forons remarquer que l’umortissemcnl de notre capital en S ans pèse sur les comptes d’enqraissement comme sur tous les autres comptes en dehors bien entendu de Vintérêt ; il y a là une anomalie (pd n échappera à personne En effet, l'intérêt, seul du capital emprunté doit peser sur les prix de revient de la production ; quant à la réserve annuelle en vue du remboursement à telle ou telle époque d'une somme avancée c’est une affaire d’ordre qui ne doit atVectercn rien les prix de revien t de la production ou de la fabrication.
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- - 27 —
- Comme qualité de viande nous affirmons être supérieurs aux Américains car il est absolument prouvé que l'animal abattu à quelques pas de son écurie, en toute tranquillité, sans émotions ni surmenages produit une viande de qualité bien supérieure à celle de ces animaux qui ont eu à supporter les fatigues de l'internement dans les navires-écurcs où quoi qu’on en dise les soins ne sont jamais suffisants, où le bruit des machines et des manœuvres de jour comme de nuit, le roulis etc., empêchent l’animal de prendre le moindre repos. Ajoutons à ce tableau que la mortalité qui sévit sur le bétail embarqué est relativement considérable. Ainsi en janvier 1881, sur 41,582 animaux embarqués aux Etats-Unis pour Londres, 1,076 moururent. Un navire arrive parfois sans avoir perdu une tête ce qui ne veut pas dire que les bestiaux ne soient pas fatigués; parfois aussi le capitaine d’un autre navire a vu succomber en mer presque toute sa cargaison. Dans ces conditions l’animal abattu est plein de fièvre ce qui, en diminuant les qualités nutritives de la viande, peut avoir les plus graves dangers pour la santé du consommateur.
- IMPORTATION EN FRANCE M RÉTAIL ÉTRANGER
- La France ne produit pas assez de bestiaux pour sa consommation.
- Elle a reçu en 1879, des Etats-Unis. 210.905 bêtes à cornes valant 67.978.201 fr.
- L’Allemagne nous en a expédié. . . 761.114 têtes — 41.657.762
- Enfin la Belgique.................... 804.820 - 80,828,717
- *. Soit, pour ces puissances seulement. 1.276.859 têtes pour la somme de 140.46i.680 fr.
- Ainsi sur 28,000 moutons qui arrivent à la Villette 12,000 viennent d’Allemagne et c’est ainsi à chaque marché, or, cela représente cent mille têtes par mois soit un million deux cent mille par an ; à 40 fr. par tête c’est une somme de quarante-huit millions de francs que les agriculteurs allemands viennent chercher chez nous.
- Actuellement c’est la production allemande qui parfa:t les déficits de notre marché au détriment de nos finances. Gela mérite bien la peine de fixer l’attention de nos gouvernants et de nous-mêmes. — C’est ainsi que nous lisons dans la Semaine Agricole du 2 janvier dernier :
- « L’arrivage des moutons pouvait paraître excessif avec un chiffre de plus de 23.000 tête : « et pour notre compte, nous croyons bien à un nouveau recul important pour les cours de ce « jour. »
- « Contre notre attente, la demande a été assez suivie ce qui nous permet de maintenir nos « derniers cours sans aléa. Il convient de signaler que les sortes étaient généralement de bonne « qualité, le contingent étranger figurait pour plus de 13.000 têtes dont 11 842 allemands.
- M. Méline « voudrait voir les colons algériens s’adonner tout à fait à l’élevage, car ce qui manque en France devrait être fourni par l’Algérie. » —Nous sommes de cet avis.
- Les Américains prétendent que l’Angleterre sur ses 33 millions d’habitants n’en peut nourrir que 18 millions d’où la nécessité pour l’Angleterre d’importer de la viande.
- La même nécessité existe pour la France.
- Les Anglais consomment 1,250,090 tonnes de viande par an! ou 25.000 tonnes par semaine !... A la faveur de l’importation américaine on espère en Angleterre que le bœuf de lr0 qualité vendu 0 55 la livre anglaise descendra à.0 30.
- Si nous avions l’esprit pratique des Anglais et des Américains nous pourrions avec l’Algérie, arriver aux mêmes résultats que l’Amérique,
- C’est ce que nous allons démontrer clairement en quelques mots.
- La culture de nos produits d’alcoolisation occupera une superficie de 95 hectares seulement aux débuts.
- Le rendement en matières premières sera de 5,150,000 kilos et les résidus d’alambic provenant de la distillation des récoltes évalués seulement à 25 O/) (ce qui est un très faible minimum) s’élèveront à 1,447,500 kilog. La ration d’engraissement d'un bœuf, pour une période de 120 jours, étant de 4,350 kil. on pourra engraisser 332 BOEUFS avec un produit qui n’est
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-
- 28 —
- utilisable autrement que comme engrais médiocre.
- Si nous étendions cette culture à 10,000 hectares seulement, pour les trois provinces, nous arriverions comme rendement de toute nature aux résultats suivants :
- IMat ères pr mièros. Minimum.
- Alcools................. »
- Rési lus drèches. . »
- Bœufs à engra’sser »
- avec ces drêclies.
- 515 millions de kilogrv à 5 fr. les 100 k. 25.750.000fr*
- 392 mille hecto’. d’alcools au prix de 70 fr. Pli. = 27.440.000 143.355.000 de kil. an prix de 2 fr. 50 les 100 k. 2.850 000 33.000 tê'es de bœufs au p"ix moyen de 430 fr.
- pesant en moyenne 550 kilog. 14.190.000
- Soit un chiffre de : 70.230.000 fr
- que l’Algérie pourrait produire au lieu de payer ce tribut à la métropole quand ce n’est p is à l’étranger. Pour prouver que nous n’avançons rien à la légère, nous donnons ci-dessous le mouvement comparé dos Importations et Exportations de P Algérie on ce qui concerne nos produits pendant le premier semestre 1886.
- IMPORTATIONS
- NATURE
- des unités
- MARC II .VN DISKS
- Viandes salées kilogr.
- Alcools...... litres
- Peaux préparées et ouvrés valeur
- EXPORTATIONS
- POUR FRANCE POUR L’ETRANGER TOTAL
- nature — — — —
- d»is UNITÉS 1er SEMESTRE aug- menta- dimi- 1" SEM EST R10 aug- menta- dimi- l" SEMESTRE aug- menta- dimi-
- M UD'II \ N DISKS 1886 1885 tion nu tion 1886 1885 tion nution ISSb 1885 ti m nution
- ['.oeufs têtes 5.830 8.861 9 9 30.(31 876 2.242 U 1.66 6.706 11.103 » * 4.391
- Porcs - 35 » 35 1 2.423 2.351 '2 )) 2 458 2.351 107 9
- Os, sabots,cornes de bétail kilogs 583.485 488 667 94.318 U 2.200 7.800 » 5 000 585.685 496.467 89.21S 9
- Suif brut - 75.404 O O 00 J) 3 002 99.104 1.533 88.571 » 165 508 79.93 J S5.569 ))
- Peaux brutes. — 455.812 787.281 9 331.469 106.587 90.076 15.911 9 562 3Ç9 8,7 957 » 315.558
- On voit par ces deux tableaux que la production résultant d’une culture de 10,000 hectares indiquée d’autre part ne pourrait être que la bienvenue puisqu’il est prouve que dans notre colonie les Importations augmentent et que les Exportations sont insignifiantes.
- Notre commerce extérieur n’est guère plus satisfaisant Voici comment se décomposent d’après l’administration des finances, les chiffres de nos Importations et de nos Exportations, pour les deux premiers mois écoulés de l’année 1887, en ce qui concerne les objets d'alimentation :
- 1887 1886
- Importations: 235.408.000 fr. 228.462.000 fr.
- Exportations : 101.584.000 fr. 87.626.000 fr.
- Soit : 134.824.000 fr. ““ 140.836.000 fr.
- que nous avons payé à l'étranger pendant les mois de janvier et février, pour les objets d’alimentation SEULEMENT.
- VENUES DE FRANCE
- 1" SEMESTRE \
- 1886
- 35t.408
- 1885 tien
- : dimi-
- menta-
- nution
- 26 .862 91.546 » »
- 1583.508 1.41t.321 : 171.185 » »
- 4701.673 4.K6.6Î5 293 148 » •
- DE L’ÉTRANGER ET DÉS ENTREPOTS 1" SEMESTRE
- 1886
- 18?
- y
- 130.131 8'. 207 73.660 2*5.339
- aug-
- menta-
- tion
- 49.974
- dimi-
- nution
- 0 U
- 151.673
- TOTAL
- 1" SEMESTRE
- 1888
- 482.589 1.6 7.172
- 313.555 439.549 » » 123.994 5.015.22?
- I I I I
- 1883
- 341.069 1.03L660
- 4 846 074
- au®“ dimi-menta
- tion mitlon
- 141.520 »
- 19.512 »
- 171.254 •
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-
-
- 20
- DÉTAIL DU COMPTE D’ENGRAISSEMENT de 200 BOEUFS PAR L’EMPLOI DES RÉSIDUS DE
- NOTRE DISTILLERIE.
- NOMBRE de
- •TOURNÉES
- 210
- DETAIL DES DEPENSES
- Achat de 200 bœufs de 4(0 kilogs à 45 fr. les lüO kil. pi'ix moyen, en Algérie, s.it20j fr. l’un. 3G.C00
- Nourriture des bœufs. — Rations.
- S70.00U kilogs de drèches tourt. à 2 fr. 50........21.750
- 108.; 00 — de n aïs a 0 fr......................11.880
- 42.(00 — de feverolles à 5 fr................. 2.100
- 144.0(0 — Oe foin et paille à 6 fr............ 8.010
- 76.000 — de paille a litière solde de la distillerie a 0 fr. les 100 kil 450
- .......... 80
- 400 kilogs de sel murin A 20 fr.
- Personnel. — Assurances.
- 2 employés bouviers à 3 fr. par jour pendant
- 120jours ... ............................
- Assurance sur la mortalité du bétail a 2 fr. par
- tète.......................................
- Assurance sur accidents aux hommes bouviers
- 1 fr. par jour par homme et par femme....
- Infirmerie fraisdeinédicaments,vétérinaire,etc .à 1 fr. par bœuf.............................
- Matériel.
- 12 brossses chiendent à 1 fr. 50..
- 0 étrilles à 5 fr.....
- 50 balais bouleau A 0,50....
- 200 mètres cordes à 1 fr.........
- 200 colliers avec bcucleteau â 1 Ir.
- 720
- 400
- 24(.
- 200
- 18
- 3
- 2
- 200
- *00
- 473
- Usure, perte et entretien du matériel 35 0)0 sur
- Intérêts 0 0\0 l’an sur 8?.048,55.....................
- Amortissement en 5 ans de la somme de 85.Oi S fr 4 .. Les brouettes pelles etc. de la culture serviront aux besoins des écuries.
- Total des dépenses.
- TOTAUX
- des
- DEPENSES
- 30.0C0
- 41.t20
- 1.500
- DETAIL DES RECETTES
- Livré d la manufacture des viandes de conserves
- 200 bœufs gras, pesant, vifs, en moyenne 550 kil-au prix moyende543lr.
- Livré à la culture :
- Fumiers provenant de la bouverie à raison de 0.000 kil. par bœuf.
- 6000 kil. X2 0 = 1.20 000 kilos à 6 fr. les 1000 kl.
- BENEFICE BRUT........
- à déduire :
- défensesI généerales.
- BENEFICE NET.
- 473 105.55 4.958.00 17.521.50
- 1(5 528.95
- La cuisson des aliments se fera dans des marmites à vapeur chauffées avec l’excédant des appareils de distillation, il n’y a donc de ce chef aucune espèce de dépense à prévoir.
- Le bœuf de 550 kil. coûtant 419 fr. 95 revient <ï 0,704 1e kil ; vendu 3 OjO de bénéfice qui est celui de l’en graisseur 432 fr. 00 il revient à 77 c. le kilc.
- Le bœuf américain revient rendu au Havre à 083.19 soit 1 fr. 32 le kilo.
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 108-000
- 7.200
- U 5.800 105 128 95
- 10.081.25
- ENGRAISSEMENT DU PORC
- Quelques éleveurs ont prétendu fixer les quantités de nourriture à donner aux pores.
- Cette prétention ne repose sur rien, attendu que les nombreuses substances dont on 1 nourritsont très variables, suivant l’àge, la taille et la race de l’animal i nourrir. Ce qui est certain aussi, c’est que le porc quand il doit bien profiter demande plus de nourriture en proportio • de son poids que le bœuf, et ce qui est certain aussi, c’est que le porc croît plus vite tout en s’engraissant plus vite aussi.
- Dans la pratique et pour bien entretenir les jeunes poi\sà l’engrais, il est bon de leur donl ner quatre-repas par jour. Il est très avantageux de nourrir et d’engraisser les porcs avec le sang et les résidus de boucherie. Ces aliments administrés cuits n’offrent aucun des inconvénients qu’on leur a attribués.
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- - 30
- En Amérique on compte pour engraisser un porc de 127 k. 480 une quantité de 1,450 k. de maïs environ.
- En France on admet qu’un porc âgé d’un an et plus, consomme par jour 2 k. 500 à 2 k. 750 de seigle — ou d’autre nourriture équivalente — par 100 k. de son poids, et qu’un porc à l’engrais doit absorber 3 k. à 3 k. 500 de même nourriture par 100 k. de son poids.
- Nous ne citons ces quantités que comme renseignements documentaires, notre intention n’étant pas d’engraisser les sujets de la porcherie avec du grain, mais seulement d'utiliser de notre grande culture de pommes de terre, patates, etc.., les parties impropres à la vmite ou à l’alambic, mélangées aux pulpes, tourteaux, etc., provenant de la distillerie.
- L’engraissement du porc dure en moyenne 3 mois. Engraissé âgé il donne plus de viande, autrement dit plus de graisse — ou lard — et partant plus de saindoux.
- Quand au contraire on engraisse de jeunes porcs, on gagne en viande plus tendre, mais on obtient proportionnellement moins de graisse.
- Les races artificielles telles que Berkshire, llampsliire, Yorck, Windsor, enfin le porc d’Essex qui est le type des petits porcs noirs améliorés — race très estimée par sa rusticité et sa fécondité — peuvent avantageusement être soumis à l’engraissement à l’âge de 6 mois.
- La période d’engraissement préférée est le printemps et l’hiver. Ce sont, du reste, les saisons pendant lesquelles les viandes se travaillent et se conservent le mieux.
- ESTIMATION DU PORC GRAS.—ABATAGE. — RENDEMENT
- Lors de l’estimation d’un porc, il ne faut pas oublier que ce n’est pas uniquement d’après le poids qu’on doit en calculer la valeur mais bien d’après l'état de la graisse.
- Cette graisse à poids égal a plus de valeur que la viande, ce qui fait que plus un porc estgras, plus son poids net est grand et moins il y a de déchets à l’abattage.
- Le porc gras donne une perte de 15 0/0 à l’abattage .
- D’après plusieurs pesées exactement faites devant nous à l’abattoir de la rue des Fourneaux, on peut admettre qu’un porc de bonne qualité, bien engraissé, du poids de 125 k. abattu
- après un jour de jeûne, donne de son poids viv <nt :
- Sang...............................................3 2 O/O — 4 k. »
- Estomac et intestins vidés..................... 2 2 0/0 2 750
- Foie, langue, poumons, cœur................ 3 2 0/0 4 »
- Saindoux d’intestins et de rognon. ... 9 11 250
- Contenu des intestins et de la vessie. ..1 8 2 250
- Restant du corps.............................. 70 6 95 750
- Perte.......................................4 5 »
- Total. . . 125 k. ”
- On voit que ce qui ne peut être livré à la consommation se réduit à bien peu. Dans ces conditions la viande à traiter sera donc de :
- Corps, cotes, filet jambons, environ......
- Foie.................... ..... .
- Langue....................................
- Cœur......................................
- Rognons...................................
- Tète......................................
- Saindoux..................................
- Boyaux....................................
- Sang......................................
- Contenu des intestins et perte par le refroidissement
- 95 k. 500 i 400 500 J 300 300 ( 5 k. » f
- 10 500
- 1 500 1
- 4 » \
- 7 » |
- 125,00
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-
-
- - 31
- Quant aux boyaux, ils se vendent en frais, secs ou salés aux fabricants de saucissons qui les payent, suivant saison, 3 fr. à 3 fr. 50 le kilo.
- Enfin les soies sont employées en brosserie, cordonnerie, etc..., leur prix varie suivan qualité de 5à 30 fr. le kilog. Un porc en donne 750 gr. environ.
- Malgré son grand élevage de porcs, l’Algérie tire ses viandes salées et saindoux de France et de l’étranger.
- Le mouvement des entrées pour les premiers semestres des années 1885 et 1886 a été de :
- . 1886 1885
- Venant de France . . 532.233 k. 520.384 k.
- » de l’étranger . 66.477 k. 27.217 k.
- Ce qui fait pour 6 mois. 598.710 k. 547.600 k.
- L’emploi de notre production de drèches, en dehors de la quantité indiquée d’autre part pour l’engraissement des bœufs, a été calculé pour l’engraissement de 1,800 porcs. En dehors de la fabrication des conserves, nous aurons une importante quantité de morceaux salés qni seront d’un écoulement facile dans la colonie. La production des saindoux atteindra un poids important. On voit par le tableau des importations ci-contre que le placement de cette marchandise est assuré en Algérie même, et dans les meilleures conditions, puisque nous ne serons pas grevés par les frais de transport, d’intermédiaires, commissions, etc....
- Pour nous résumer, nous devons dire qu’au Congrès des Agriculteurs de France, tenu à Paris le 27 février dernier, divers orateurs se sont attachés à démontrer que la science n’avait trouvé aucun moyen efficace pour combattre l’introduction de la trichinose dans les salaisons américaines.
- L’assemblée a adopté un vœu tendant à maintenir le régime prohibitif actuel, se basant sur ce que ce régime avait eu pour effet de développer sur une grande échelle, l'élevage du porc en France.
- Cette prohibition ne peut être qu’avantageuse pour nous.
- Voir le tableau page ,72.
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-
-
- DETAIL DU COMPTE D’ENGRAISSEMENT DE 1,8 0 PORCS PAR L’EMPLOI DÈS RÉSIDUS
- DE NOTRE DISTILLERIE
- NOMBRE _ de .TOURNÉES
- 210 120 3(0 j.
- DÉTAIL DES DEPENSES
- Achat de 1800 porcelets pesant 40 à 15 k. à 30 fr pièce Frais d’amenage et d’achat, par tète 0 fr. 25....,......
- NOURRITURE DES PORCELETS. RATIONS.
- 053.400 k.
- 10.890 108.000 108.000 210 0C0 5.415 135 G K) 00.000 10.001
- Drèches-tourteaux A4 fr.les 0/0. Dont 200.000 kilog. en vert 1 ^
- Et 453.400 en tourteaux... / Viande résidus de nos abattoirs à
- Maïs à 10 fr............. . .
- Petit lait de beurre à 10 fr.. Eaux grasses de la fabrique.
- Graines de lin................
- Tubercules à 5 fr.............
- Racines de sorgho, bouillies à 1 fr
- Paille litière à................
- Sel marin.....................
- 21.613 60
- 0.000 00
- O.OfO C0 10.800 54) 000 544 50 21.780 400 600 300
- PERSONNEL-ASSURANCES
- 2 employés porchers à 3 fr. par jour pendant
- 120 jours — 360 — 2 — 720 1 femme pour la cuisson des aliments à 2 fr. par
- jour pendant 120 jours..................... 24O
- Assurance sur la mortalité du bétail à 0 50 par tète 900 » accidents aux hommes du travail 1 fr.
- par hommes et par sans ........... 360
- Infirmerie, frais du vétérinaire, médicaments à raison de 0 25 par porc pendant l’année ... 450
- MATERIEL
- 12 brosses A 1 50........................
- 6 étrilles à 5 ».........................
- 5' balais bouleau A 0 50.................
- Usure, perte et entretien du matériel 35 0/0
- Intérêts A 60 0/ l’an de la somme de.....
- Amortissement en 5 ans de la somme de...
- 18
- 30
- 25
- 73
- 04.706 55 10.. .484 15
- TOTAUX
- des
- DÉ PIS N s ns
- 54. 01 4 ü
- 37.578 10
- 2.670
- 73
- 25 55 5 686 6 • 20.'06 65
- DETAIL DES RECETTES
- Livré à la D}anu facture des co use ères (le viande
- 1,8- 0 porcs gras, du poids moyen de 110 kiiog. au prix'de 71 5' la tèt .
- (Le poids de MO k. est un oids moyen, on l’a admis afin' d’éviter tout' mécompte)
- Livré à la culture
- Fumiers provenant de la porcherie A raison de fr. 50 par porc, soit pour 1,800 .........
- BÉNÉFICE BRUT.........
- à déduire
- DÉPENSES GÉNÉRALES..
- BÉNÉFICE NET..........
- TOTAUX
- des
- DÉPENSES
- 12S.7C0
- 4.500
- 133.200
- 121.853 35
- 11.346 65
- Total
- 120.579 Si
- Le matériel de la porcherie tels que les ( brouettes, pelles, etc..., sjra celui de la culture A ce moment inutilisé.
- Cette ration est celle employée A peu de choses près A l’école vétérinaire d’Alfort. Elle porte le prix de revient de l’engraissement à 21.40 par porc. Ce qui, avec le prix d’achat, les soins, assurances, amortissement etc. porte le prix de revient à 58 fr. 02 pour un porc gras de 110 kil. soit a 0.53 le kil. Vendu avec 20 0[0 de bénéfice soit prix du kilog. de viande de porc est de 0,05 environ. Le porc américain arrive au Havre au prix de 0.05 le kilo. (Traité de commerce).
- IVe B R ANCHE
- FABRICATION DES VIANDES DE CONSERVES — ABATAGE. - TRANSFORMATION —
- Nous avons démontré par dos détails fournis au chapitre engraissement. III0 Branche.
- Page, 24 l’indispensabilité d’annexer à la grande culture et à la distillerie agricole, l’engraissement du bétail.
- Voyons maintenant quels seront les bénéfices à réaliser avec cette partie de notre industrie qui comprendra l’abattage et la transformation en conserves de viandes,de toute notre production.
- 11 nous paraît utile de rappeler ici que l’industrie des viandes de conserves, née en France oii elle languissait a ôté transportée en Amérique; elle y prit rapidement un essor merveilleux, grâce au bon marché de la production ; aujourd’hui les Américains nous expédient d’incalculables quantités de viandes conservées sous la rubrique « Chicago » ce qui prouve une fois de plus la vérité du proverbe « que l’on n’est jamais prophète dans son pays, »
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- RECAPITULATION DU COMPTE DE L’ENGRAISSEMENT
- DÉSIGNATION MONTANT ACHATS DES EN NOURRITURE MAIN D'OEUVRE FRAIS DE ASSURANCES CAPITAL VENTES'; DE RAPPROCHEMENT ENTRE LE PRIX DE REVIENT TOTAUX BÉNÉFICES OBSEPVA-
- des ANIMAUX HCEUFS maigres PORCS maigres HCEUFS PORCS MATÉRIEE d’écurie HOMMES FEMMES VÉTÉRI- NAIRE DE réparation et entretien du matériel ACCIDENTS survenus aux ouvriers ACCIDENTS survenus aux animaux pour et contre CONTRE la mortalité du bétail INTÉRÊTS 3 0/0 l’an AMORTISSE- MENT en 5 années lîESTIAUX gras FUMIERS provenant de l’engraisse- sement ANIMAUX traités dans notre établisse- ment ANIM AUX provenant d’Amérique livrés au Hâvre DES DÉPENSES DES RECETTES nets TlONS
- 20u boeufs maigres 36.000 » » 44.S20 » 1* 473 720 » 200 165.55 240 * 400 4.958.90 17.521.50 408.600 7.200 0.79 1 03.5 105.123.95 115.800 10 681.C9
- 1.800 porcs jeunes B t> 54.450 » » 37.578-10 73 720 240 451 25.55 360 » 900 5 686.60 20.096.65 128.700 4.500 0.05 0.95 121.8:3.35 133.2C0 11.310.65
- TOTAUX. . 36.000 51.4.70 44.820 37.578.10 546 1.447 240 651 191.13 600 » 1.300 10.645.50 37.618.15 237.300 11.700 220.982.30 219.000 22.027.70
- RECAPITULATION DU COMPTE DE TRANSFORMATION.
- ET
- ÔSIGNATION
- des
- ANIMAUX
- FATîlUCATION
- ACHAT
- de
- bestiaux
- gras
- Roc u fs .
- 86.520
- Porcs
- 128.700
- Viandes de con-serves(cuisines/
- IP fabrication des boîtes et charbons........
- 7.710
- FRAIS d'abattage fabri cation des conserves d» des boîtes AGENCEMENT, OUTILLAGE, MATÉRIEL ETC. frais de réparations ASSU RANCE contre les accidents CAPITAL — VENTES DES PRODUITS BRUTS OU MANUFACTURÉS DU TOTAUX 1 BÉNÉFICES NETS
- A <ï E N C E - MENT BOITES en ferblanc avec couvercle et double fond CHARBON chimique FILS DE FER médailles, étiquettes y compris la pose MATÉR.EIL DE BOUCHERIE matériel DE CHARCUTE- RIE MATÉRIEL conserves cuisine (1) fabrication des boîtes (2) BŒUF PORC DES DÉPENSES DES RECETTES
- OUTILS machines etc. MATÉRIEL SELS salpêtre poivre et aromates etc. INTÉRÊTS à 6 0/0 l’an AMORTISSE • MENT en 5 années RO- GNONS de graisse SUIFS PEAUX BOUIL- LON consommé 3.00 j lit. DE sabots et tête SANG et en grais os assortis BOITES de conserves, (13..240) VIANDES salées poitrine, jambons lard en bandes épaules PANNES rillettes saindoux 32.000 boîtes COUENNES osàbouillon sang engrais BOYAUX salés et soies BOITES DE conserves de 1 le. 71.700
- 1.200 400 122 890 » 2 [ 248 12.124 12.124 450 20 n 210 8.293 65 29.303 50 1.3:0 7.( 330 208.790 * 175.924 35 208.790 22.865 65
- 1.620 70 223 1.015 1.200 25.400 9.ISO 6.330 y* 470 15 » 360 10.479 80 37.02S 60 85.968 31.180 5.490 33.300 120.000 222.171 55 288.198 68.122 40
- 4.920 1.000 12.000 5C0 3.000 » • l , A 4.550(1) 815 1.608 90 5.684 80 34.108 70 » »
- » 1.000 10.500 210 > » * ! • 1 3.934 (2) 8i5 1.561 15 5.516 33 096 15 U 13
- 7.710 2.470 22.815 2 345 4.200 34.580 36.372 18.514 459 23 470 15 8.481 2.290 11.913 50 71.725 8 1.300 7.600 208.710 85.968 31 100 5.493 33.300 126.0.0 105 300 75 515.358
- TOTAUX
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- Mais il est non moins utile d’ajouter que ces conserves laissent généralement beaucoup à désirer tant sous le rapport de la fabrication, de la fraîcheur, que de la qualité et des prix.
- Il n’est pas nécessaire de connaître cette profession dans ses moindres détails pour découvrir immédiatement les imperfections de la fabrication américaine.
- Point n’est besoin non plus d’être versé dans Part du vétérinaire pour comprendre que les bœufs qui passent des jours et des nuits en chemin de fer, ballotés,transbordés, privés de nourriture, de sommeil, obligés à rester debout des journées et des nuits entières, maltraités souvent doivent arriver au marché central de Chicago exténués de fatigue, les yeux déjà voilés et le corps enfiévré. C’est avec cette viande malade, souvent tuberculosée que se fabriquent les conserves américaines que nous trouvons dans le monde entier.
- La concurrence que se font les fabricants de ces pays pour obtenir tes importantes adjindications des gouvernements d’Europe leur font négliger la fabrication sur bien des points. On peut relever les économies réalisées sur les compositions des conserves; la chauffe insuffisante du bain-marie pour économiser le combustible ce qui produira à courte échéance la fermentation dans les boîtes; une soudure plus légère, dont le moindre choc laissera filtrer l’air et corrompra le contenu du récipient, tout cela pour arrivera fabriquer à quelques centimes au-dessous des prix des concurrents. Si nous ajoutons à tout cela la qualité de la viande amoindrie par les excès de fatigue, nous ne devons pas être surpris de la défaveur qui s’est emparée depuis un certain temps de cette catégorie des provenances américaines.
- Nous devons signalerégalementl’élévation des prix qui fait de ces conserves un mets de luxe, hors de la portée des petites bourses.
- Nous avons comblé toutes ces lacunes au moyen de notre engraissement qui aura lieu dans les dépendances mêmes des abattoirs par la fabrication des conserves dont la confection sera l’objet de nos soins les plus attentifs; par la production de la boîte, obtenue ainsi que son couvercle, d’un seul coup d’estampage ce qui, hors la soudure de l’une à l’autre de ces deux pièces, supprime toute coupure soudée et par conséquent toute possibilité de filtration d’air.
- Dans les cuisines, les bains-marie et marmites servant à la fabrication des conserves seront chauffées par une distribution de vapeur provenant des générateurs de la distillation. Nous n’avons donc aucune économie à réaliser sur la composition et manipulation des conserves.
- L’économie de cette fabrication porte sur la suppression presque absolue de main d’œuvre dans la fabrication des boîtes à conserves.
- Ces avantages se font sentir également dans la transformation de tous les abats de notre engraissement en conserves à bas prix à l’usage des classes ouvrières. Chacun des récipients étant muni du charbon national, la ménagère, le commis aussi bien que l’ouvrier pourront s’affranchir du restaurant en faisant chauffer leur repas à l’atelier ou au bureau suivant le cas. Dans ces conditions, l’ouvrier pourra rapporter ses quinzaines presque complètes car étant affranchi du marchand de vin il n’aura plus l’occasion de perdre son temps, qui est de l’argent et il ne sera plus exposé à boire.
- FABRICATION
- Cette quatrième branche de notre exploitation donnera des bénéfices d’une évaluation certaine.
- Outre la facile transformation des principaux quartiers du bœuf en viandes de conserves nous avons les issues qui ont une importance que l’habileté du boucher a toujours su dissimuler. Il est bon de se rendre compte que les bénéfices qui en résultent doivent être partagés avec l’éleveur qui a toujours eu la simplicité de ne prétendre en rien à la valeur de ce cinquième quartier caché que nous estimons à 126 fr. 90 par bœuf soit 36 c. 78 c. par kilog. à raison de 345 kilog. de viande nette. Mais l’intérêt du boucher étant en opposition directe avec celui de l’éleveur qui n’a jamais réagi contre cette spoliation, nous nous trouvons bénéficier de ce cinquième morceau
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- en abattant uoiis-inêiiio, c’est un avantage que nous avons sur les fabricants de conserves qui achètent leurs viandes à la cheville ou à la criée.
- Nos conserves seront divisées en deux catégories :
- Boîtes dites Bourgeoises à l’usage de la clientèle riche, des cadres des années de terre et de mer ; cl s cor.pagnics Maritimes, sociétés coopératives de consommations.
- Boîtes dites des Travailleurs créées spécialement pour les petites ressources, l’approvisionne -ment des Sociétés coopératives de consommation des ce itrès miniers, d’établissements métallurgiques, compag ies de chemi s de 1er etc etc....
- Les boîtesBourgeoises comprendront, pour notre premier exercice :
- Bœuf................................ 117.200 boîtes de kilog
- Porc.................................. 35.800
- Les boîtes Travailleurs :
- B ce ut............................... 33.040 »
- Porc.............•............. 30.000 »
- Dans le bœuf, les poitrines, tètes, ilanchet, gîte jambe, paleron, etc .. seront avec les os mis en cuisson pour la préparation d’un jus double qui servira à la fabrication des conserves.
- Les viandes en résultant seront préparées et converties en conserves que l’ouvrier pourra se procurer chez nos entrepesitaires au prix de 1 fr. 25 la boîte de kilo, munie de son charbon national pour les boites de bœuf mirotons, haricots, tomates, lentilles etc.
- Los Iressuies, les tripes à la mode de Caen, les palais de bœuf en daube, les rognons sauce berey, les langues daube, et les cervelles (qui se vendent chez le tripier de Paris au moins 1 fr. 25 la pièce) seront livrées toutes préparées aux consommateurs aux prix de 1,59 la boite de 1 kilog-
- Conserves de Porcs
- Quant aux porcs leur rendement sera de 0 300 kilos de rillettes qui seront vendues par boîte de 500 g. 0 80 e. soit 1 fr. Gü le kilo au lieu de 2 1T. chez le charcutier. 7,200 boîtes de panne-axonge préparée pour la parfumerie vendue 2 fr. le kilo au lieu de 2 fr. 50 et 2 fr. G0, nos saindoux en boîtes de 1 kilo à 0 80 c. au lieu de 1 fr., 1 fr. 25 et 1 fr. 50.
- Les pièces diverses produiront 85,968 fr. environ les boyaux, couennes, soies, os, etc. , sont évaluées au minimum 38,790 fr.
- De son coté le bœuf produira en peaux, suifs, etc., le faible minimum de 8,500 fr.
- L’importance des abats du bœuf mérite qu’on s’y attache puisque cette partie dePaniml représente 15 à 20 0{0 de son poids. En Amérique ces parties sont utilisées dans la fabrication des engrais, colle forte, etc. Il y a cependant mieux à faire. En effet, qui ne connaît les tripes à la mode de Caen, ce mets si parisien et qu'ont adopté les gourmets des autres nations ; qui n’a mangé du bœuf, les rognons, cervelles, palais, museau, langues, cœur, fressures, etc , préparés à ces mille sauces qui font d’un morceau secondaire un plat économique abondant, sain et d’un goût exquis ?
- Ces morceaux négligeables pour nos devanciers et conçu rrents de demain seront utilisés par nous au même titre et avec les mêmessoins que les meilleurs morceaux de l’animal. Préparés avec un soin méticuleux, ces conserves constitueront pour la classe ouvrière un aliment àbon marché et d’un chauffage presque instantané par le charbon national dont chaque boîte sera munie. Enfin, cette innovation nous permettra de mettre le prix de la viande à la portée des populations qui ne mangent du bon bœuf que de loin en loin etassurcraainsi une nourriture fortifiante et saine àces personnes débilitées par le retour trop fréquent aux repas, des légumes ou du laitage.
- Par ce procédé entièrement nouveau le soldat en campagne, en face de l’ennemi, aura par tous les temps, sans trahir sa présence, un repas confortable et chaud.
- L’ouvrier pourra déjeuner à l’atelier à meilleur marché qu’avec les aliments préparés chinii-
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- <{iiüiilo111 pai1 le petit restaurateur ou le marchand (le vins, euliu (uns ceux qui désireront m repas chaud, substantiel et peu coûteux se trouveront bien de l'adoption de ce système qui porte eu lui la solution tant cherchée de la vie a bon marché.
- fr.
- Les bénéfices nets résultant de la transformation des 2,0 bœufs seront de. . 22.70b 05
- J,es 1,800 pores, par la conversion variée des viandes donneront.. . . . . 00.020 4b
- Bénéfices nets de ce compte...................... 88.71)2 ÎÔ
- Empressons nous de dire que ces résultats seront obtenus sans qu’il en résulte aucun dérangement ni aucune entrave dans les autivs branches de .l’exploitation.
- .La cuisson des conserves se fera sans qu'il en coûte un centime de combustible; en effet, la distillation des matières premières ayant lieu au même moment, les marmites seront chauffées par le surplein' de vapeur qui se trouverait inutilisé et par conséquent perdu autrement.
- Ne laissant rien à l’imprévu, nous signalons également en ce qui concerne le personnel une économie qui a bien son prix. En dehors d’un groupe d’employés de confiance, aptes a tous les travaux, et des ouvriers d’art, le personnel auxiliaire employé dans chacune des branche- scxi licencié aussitôt les travaux achevés. Ce système offre l’avantage de congédier à notre gré l’employé sans qu’il en résulte poumons aucun dommage et de nous p iver de même de ses services dès qu’ils ne nous sont plus nécessaires .
- La fabrication des conserves achevée, le matériel est rnis en étal, tout est nettoyé et placé, le personnel renvoyé à l’année suivante et l’entretien du tout confié au chef de cuisine attaché à l’année à l’exploitation.
- Yne le tableau yaae 5/.
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- 36
- DÉTAIL DU COMPTE DE CONSERVES. — BOEUFS
- nombre
- de
- ,10 U RS
- 121
- 120
- totaux
- TOTAUX
- DÉTAIL DES DÉPENSES
- des
- repenses
- Achat de 200 bœufs gras au prix marqué de 132.00 l'un
- 86 520
- FRAIS D’ABATAGE
- Un premier garçon d'abatioir A 6 fr. par jour pendant
- 120 jours.......................................... 720
- Un second garçon d’abattoir à 4 fr. par jour pendant 120 jours....................................... 489
- OUTILLAGE
- DETAIL DES RECETTE 5
- des
- RECETTES
- PRODUCTION
- CONSERVES AVEC CHARBON NATIONAL
- 14,800 boîtes filet A 2 fr.
- 24,i 00 « bœuf mode
- A 2 fr................
- 12,2(0 boîtes côtes flamandes A 2 fr...........
- 27,6i0 boites bœuf braisé
- A 2 fr................
- 29,600 boîtes bœuf miroton A 0.75 Haricots, lentilles, tomates.........
- 29.600 48.COO 24.410 55.2 0
- 22.200
- 2 niasses anglaises A aiguilles A 15 fr.. . ......
- 0 couteaux de grandeurs différentes A 3 fr........
- 2 fusils afliloirs A 3 fr.. ......................
- 2 couperets A 5 fr................................
- 2 scies A viande A 5 fr...........................
- 12 crochets A viande A 3 fr........................
- 30
- 30
- 6
- 10
- 10
- 36
- MATERIEL ACCESSOIRE
- 2 baquets dont un en zinc et un en bois à 5 fr....
- 3 paniers à abats à 5 fr........................
- 3 wagonnets pour viandes suifs A 200 fr.........
- 1 grand baquet pour lavages.....................
- Linge, tabliers, serviettes.....................
- 10
- 15
- 600
- 25
- 150
- AGENCEMENT
- Coi’dages, traverses................................ 50
- Poulies, anneaux, tablettes, rayons................. 350
- Usure, perte et entretien du matériel, outillage et agencement calculé sur 35 o/0 (1.312 fr.).....................
- Assurance contre accidents survenus aux hommes de l’échaudoir des bœufs pendant le travail A raison de 1 fr. par jour et par homme (240 jours.)................
- 121.210 boîtes A conserves A 0,20................ 21.248
- 121.210 fils de fers, étiquettes, médailles y compris la pose A 0,10.............................. 12.124
- 121.210 charbons A 0,10....... .................. 12.121
- Intérêts A 6 o/O l'an sur 13:1.227.2'...................
- Amortissement en 5 ans, de la somme de 146. 20 85.
- 122
- 890
- 4<'0
- 459 20 210
- 48.496
- 8.293 65 29.303 50
- 175.921.35
- ABATS
- U0 boîtes cervelles A
- l fr.............
- 450 boîtes langues daubes à 1 fr...........
- 190 boîtes palais de
- bœufs A 1 fr.....
- 600 boîtes rognons sauce bercy A 1 fr.
- 2,000 boîtes fressures
- A 0.75...........
- 6r0 boîtes tripes à la mode de Caen A 1 fr.................
- ^21,240 boîtes A chauffoir.
- CONSERVES FROIDES
- 9,000 boîtes bœuf parisien à 2 fr........... •
- PRODUITS DIVERS
- 200 rognons de graisse vendus au prix coûtant de revient soit par
- bœuf 6 fr. 5'..........
- Bénéfices réalisés sur boyaux à raison de 3 fr.
- par boîuf..............
- Suifs, peaux, cornes, os, sang,etc... donnant un bénéfice moyen de 30 fr.
- par tête...............
- 3,000 litres de bouillon consommé qualité de 1" choix, obtenu par la cuisson de tous les os et déchets d’abattage, Ce bouillon ainsi que celui provenant des os, etc... de porc, sera employé comme jus de viande, après préparation A cet ertét, A la confection d’une grande partie de nos conserves ..........
- RECETTE BRUTE........
- à déduire
- DÉPENSES GÉNÉRALES.. BÉNÉFICES NETS......
- 150
- 459
- 190
- 600
- 1.500
- 600
- 18.000
- 1.300 OC 0
- 6.000
- 208.790
- 175.924.35
- 22.765.65
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-
-
-
- DÉTAIL DU COMPTE DE CONSERVES ET SALAISONS. - PORCS
- NOMBRE
- de
- JOURS
- 120
- 120
- 120
- DETAIL DES DEPENSES
- Achat de 1,S30 porcs gras au prix moyen de 70 fr 35. FRAIS D’ABATTAGE
- Un premier garçon d’abattoir à 6 fr. par jour pendant 120 jours...................................... 720
- Un second garçon d’abattoir à 4 fr. par jour pendant 120 jours.................................._•••• 480
- Un troisième garçon d’abattoir à 3 fr. 50 par jour pendant 120 jours.................................... 420
- OUTILLAGE
- 10 couteaux grandeur assortie à 3 fr............. 30
- 3 couperets à 5 fr.............................. 15
- 3 fusils affi oirs à 3 fr...........' . .... 9
- 3 scies à viande à 5 fr......................... 15
- 3 hachoirs à main à 3 fr........................ 9
- 50 crochets à main à 3 fr........................ 150
- MATERIEL ACCESSOIRE
- 4 baquets zinc et bois à 5 fr...................... 20
- 1 » pour lavages à 15 fr........................ 15
- 10 salloirs à 20 fr.............................. 200
- 2 paniers pour abats à 5 fr........................ 10
- 3 wagonnets à 200 fr... .......................... 000
- Achat de linge et serviettes...................... 200
- AGENCEMENT
- Traverses, rayons, tablettes........................ 20
- Poulies, cordes, anneaux............................ 50
- Sel, salpêtre, poivres, aromates, etc....................
- Paille pour l’abattoir...................................
- Usure, perte et entretien du matériel, outillage et agencement, calculé sur 35 0[0 (1,313 fr.)...................
- Assurance contre accidents survenus aux hommes de l’échaudoir des porcs, pendant le travail, à raison de 1 fr. par jour et par homme (360 j)......................
- DÉPENSES DE FABRICATION DES BOITES A CONSERVES, SAINDOUX, CHARBONS, ETC.
- 127,800 boites à conserves à 0 20........... 25.400
- 127,800 fils de fer, étiquettes, médailles, y compris la pose à 0.05......................... 6.390
- 91,800 charbons àO 10...................... 9.180
- Intérêts à 6 0[Û l’an sur 174,663 15................
- Amortissement en 5 ans 185,143......................
- TOTAUX
- des
- DEPENSE î
- 128.70)
- 1.620
- 228
- 1.045
- 40.970 10.479 80
- 37.028 60
- 222.171 55
- DETAIL DES RECETTES
- PRODUCTION
- CONSERVES
- 12.600 boites filet rôti
- à 2 fr..............
- 43,200 boîtes côtes à 1 fr. 5u.
- ABATS
- 3.600 boîtes cœur â 1 fr
- 14,400 » salmis à 1 fr.
- 7,200 » tètes oseilles
- à 1 fr
- 1,S00 boîtes cervelles à 1 fr
- 9,100 boîtes fromage tête à 1 fr................
- 91,300 boîtes à chaulfoir.
- 6,300 kilog. rillettes préparées pour être livrées à la consommation dans des boîtes de 500 gr. soit 12,610 boîtes vendus net à raison de 0 80 la boite (ce produit se vend en moyenne et selon les maisons de 1 40 à 1 50 le R2 kilo)..
- 7,200 boîtes panne axonge préparée pour être ven due à la parfumerie à raison de 2 Ir. le kilo net...
- Le cours actuel de cette matière première non préparée est de 2 fr. 50 à 2 fr. 00 le kilo.
- 16,200 boites de saindoux de 1 kilo première qualité, vendues à raison de 0 80 net Les cours actuels sont :
- 70 PIÈCES DIVERSES
- î.ooo 21,600 kilos poitrine de
- 200 porc à 0 60 le kilo (cette catégorie sera presque
- 470 15 entièrement employée par la fabrication des conserves).
- 360 18 000 kilos lard gras en bande à 1 fr. 50
- 11,340 kilos épaules salées
- à 1 fr. 20............
- 16,200 kilos jambons à 2 fr.
- 9,000 kilos boyaux salés vendus aux fabricants de saucissons du Midi et de Lyon, à raison de
- 3 fr. le kilo .......
- 17,640 kilos couennes grasses de porc à 0 25 Te kilo (presque toute cette production sera employée dans la fabrication des conserves).
- 1,260 kilos de soies de
- Eorc employées dans la rosserie à (700 gr. par porc) vendues au mini
- mum 5 fr. le kilo......
- Os à bouillon, sang pour engrais, détritus divers, etc., (6 kilos par porc)...................
- BENEFICE BRUT.....
- A déduire
- DÉPENSE GÉNÉRALE.,
- TOTAUX
- des
- RECETTES
- 25.200 64 800
- 3.600
- 14.40i
- 7 200
- 1.8 0
- 9.(00
- 10.080
- 14 400
- 12.961
- 12.96'
- 27.00C
- 13.608 32 4)
- 27 COO
- 4 410
- 6.300
- 1.080
- 288.198 222.171 55
- 66.026 45
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-
- — 38
- CONSOMMATION EN FRANCE DES VIANDES D’IMPORTATION
- Comme pour les alcools, on se demandera sans doute où, quand et comment nous pensons écouler une pareille quantité de viande ;
- A cela nous répondrons que cette production ne sera jamais trop élevée et qu’elle diminuera d’autant le tribut annuel que nous payons à l’exportation étrangère.
- Tribut colossal si nous songeons que pour le 1er semestre 1879 seulement, nous avons reçu d’Amérique pour 33,897,011 fr. 60 de comestibles que la France a enregistré comme suit :
- kilog. gr. fr.
- 24.277.955 160 de lard, viandes salées et jambon, valant.............. 16.728.302 01
- 19.189.286 568 de saindoux, valant . . . . . 14.819.794 50
- 982.382 142 de porc, valant..................... 724.388 70
- 44.449.623 870"....................................................... 32.272.485 30
- Ces chiffres tout fantastiques qu’ils paraissent sont rigoureusement exacts. Et le plus fâcheux est que pour ces produits, l’importance des exportations américaines et alleman des augmentent chez nous chaque année.
- Statistique de la production américaine.
- Nous ne sommes pas seuls tributaires des Etats-Unis. Le monde entier s’approvisionne sur ses marchés dont le plus important est sans contredit celui de Chicago. Les Stock-Yards de ce marché présentent un mouvement en livraison de boucherie qui se traduit annuellement comme suit :
- 5 millions de bêtes à cornes,
- 15 millions de porcs,
- 7 millions de moutons.
- Jusqu’ici les bêtes à cornes n’étaient envoyées au marché que vers 3 ans, alors qu’elles pesaient 1.600 à 1.800 livres. Aujourd’hui l’éleveur préfère vendre les bûtes plus jeunes et pesant seulement 1.400 à 1.500 livres.
- Dans le voisinage du marché de Chicago sont établis les abattoirs et les maisons de préparation des viandes. On n’en compte pas moins de 23 de quelque importance. L’une d’elles, la maison Amour, tue et prépare jusqu’à un million de porcs et trois cent mille bœufs par an. Les magasins et caves de ces établissements peuvent contenir 200.000 barils de porc (18.000 tonnes métriques), 175.000 tierces de saindoux (27.000 tonnes) et 50.000 tonnes de bœuf conservé ; en tout près de cent mille tonnes !... soit le tiers de la production des Etats-Unis.
- Le bétail, sauf en ce qui concerne les porcs, a donné lieu à plus d’affaires qu’à aucune autre époque. Les bêtes à cornes, à Chicago, se sont débitées en plus grande quantité, grâce à l’extension de l’industrie nouvelle des.expéditions de viande fraîche en wagons réfrigérants. Toutes les villes des Etats-Unis s'approvisionnent là. Plus de 300.000 bœufs abattus ont été expédiés en glacières roulantes, sur toute la surface du pays.
- La préparation du bœuf cuit et conservé en boîtes est une autre industrie qui se développe d’année en année. Plus de 400.000 bœufs sont affectés chaque année à cette branche spéciale et les boîtes de conserves préparées à Chicago ont déjà une réputation universelle.
- L'agriculture a, il est vrai, à sa disposition des moyens d’action qui sont pour elle de puissants auxiliaires. Nous sommes loin de posséder, en Algérie, et même en France, un tel ensemble de forces.
- Nos petites gares, nos marchés minuscules, et surtout notre esprit de routine, ce besoin inexpliqué, puisqu’il est plutôt gênant qu’utile, delà protection administrative, pourraient nous faire réfléchir si nous n’avions un plan tout tracé, un but à atteindre, en un mot si nous n’étions pas animé de Tardent désirde voir un jour l’Algérie au niveau commercial et industriel de ces villes du Nouveau-Monde dont la création date d’hier.
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- Puisqu'il est dit que vouloir c’est pouvoir, essayons.
- N’avons-nous pas déjàen perspective les importantes commandes des administrations de la Guerre et de la Marine? L’importance de ces commandesest considérable si l’on se reporte aux adjudications qui eurent lieu en Avril dernier.
- Cette fourniture s’élevait—pour la Guerre seulement — à 30,000 quintaux de viande de conserve. Jusqu’à ce jour l’étranger seul avait eu le monopole de co genre de fournitures par la raison toute simple que notre industrie nationale ne produit pas encore de consente de viande. Et cette industrie, si considérable déji chez nos voisins, ne date que de 35 ans! On voit par l\ notre insouciance.
- Enfin l’adjudication de la Guerre fut divisée en deux parties également distinctes: l’une réservée aux Français et l’autre, divisée en deux, accessible aux Français et aux étrangers. Treize concurrents français se présentèrent pour la première partie qui fut obtenue par M. Dioison, au prix de 125 francs le quintal. Les étrangers seuls concoururent pour la seconde partie fractionnée qui leur fut adjugée au prix de 127 et 128 francs. Notre compatriote a donc obtenu la fourniture à un prix inférieur à celui adjugé aux étrangers.
- Pbnpressons-nous d’ajouter que M. Digeon est éleveur à la Nouvelle-Calédonie.
- On voit que :es colonies peuventservir à quelque chose, puisque la France arrive pour une partie et en dépit de l’éloignement à s’affranchir de l’étranger.
- Une industrie est née en Nouvelle-Calédonie ; elle se développera et tout nous permet de croire que sous notre impulsion l’Algérie, où l’élevage peut se pratiquer également, pourra, elle aussi, protiter de l’exemple donné par notre colonie de l’Océanie.
- Voir le tableau paqe 40,
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- COMPTE DE MANUTENTION, CUISINES ET ATI-LIER DE FABRICATION DE BOITES
- A CONSERVES ET CHARBON NATIONAL
- NOMBRE
- de
- DÉTAIL DES DÉPENSES
- TOTAUX
- des
- JOURS
- 365
- 120
- 120
- 120
- 120
- CUISINES.
- Marmites à vapeur, matériel] accessoire etc. tout posé
- suivant devis.......................................
- 1 bascule — 3 balances, le tout avec poids etc........
- Petit outillage de cuisine :
- Tamis, uassoirs, casserole?, écumoirs, couteau etc....
- Agencement, rayons, tables etc........................
- Achat de linge et blanchissage...............
- Entretien, réparation, usure du matériel calcule a 35 OjO
- sur 13. uO fr.......................................
- Ingrédients divers entrant dans la fabrication des conserves................................................
- PERSONNEL UES CUISINES.
- 1 chef cnisinier à. 300 fr. par mois........ 3.600
- 1 aide à 5 fr. par jour..................... 600
- i femme de cuisine à 2 fr. par jour......... 240
- 1 enfant à l fr. par jour................... 120
- I homme de peine h 3 fr..................... 360
- Assurance de 1 fr. par jour et par personne pour le personnel des cuissons 8-ls jours..................•
- Intérêt à 6 0i0 l’an sur 2ô.8i5 fr................•
- Amortissement en 5 ans de 28.4?3 ül.....• .........
- DEPENSES
- 10.(00
- 1.000
- l.f CO 1.000 500
- 4.550
- 3.0C0
- 4.920
- 845
- 1.608.90 5.684 80
- Tolal pour les cuisines.......>
- ATELIER DE FABRICATION DES BOITES ET CHARBONS
- Outillage matériel etc. soudeur... .................
- Etain tin pour soudures environ...................
- Ajustement d’un système de bielle à la machine, matrice et mandrin pour la fabrication d s boites.....
- matériel ACCESSOIRES.
- 4 paniers pour boites vides A 10 fr................. 40
- Toile noire pour tabliers......... ................. 60
- 34.108.70
- 1.507
- 2.000
- 4.(00
- 240
- 365
- 12'
- 120
- 365
- 365
- AGENCEMENT.
- Tablettes, rayons etc................ ....... 20
- PERSONNEL BOITIERS.
- 1 chef soudeur à 8 fr. par jour pendant 365 jours 2.920 laide — à 4 fr. 1.460
- homme de peine A3 fr. 50 p. j. pendant 120 j. 420
- Total main d'œuvre................... 4.860
- Le prix des boites a été compté dans la fabrication A un taux qui comprend toute la main d'œuvre.
- PERSONNEL, CHARBON, OUTILLAGE.
- 1 homme pendant 305 jours à 4 fr.......... ... 1 -460
- 1 enfant — A 1 fr.............. 365
- Matières \ remières pour la fabrication du charbon
- Matériel et outillage ilu charbon....... ............
- Usure, perte, réparation del'outillnge an0[0 sur 11.240 fr. Assurance contre accidents pmdant 84.5 jours à 1 fr
- par jour et par homme...............................
- Intérêts à 6 0|0 l’an sur 20 019.....................
- Amortissement en 5 ans de la somme de......... 27.580
- Total pour la fabrication des boites........
- Total des cuisines..........................
- Total du compte de manutention..............
- 200
- 5.003
- 3.500
- 3.934
- 845
- 1.561.15
- 5.516
- 33.0Î6.15 34.ICS
- 67.197.15
- L’ALGÉRIE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI
- Lorsque les Franeaisont, décidé que l’Algérie dcviendraitune terre nationale et qu’elle sci colonisée, ils ontvoulu l'aire bien comprendre quelacolonisation devrait être uneœuvre réellemt française. La terre ne devait être possédée que par des nationaux qui la cultiverait nL de le
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- propres mains et y feraient souche de famille destinées à peupler peu à peu le territoire conquis. La réalisation rigoureuse de ce programme a rencontré dans la suite des obstacles presque insurmontables.
- Aujourd’hui l’Algérie est peuplée par les Kabyles, environ 1.500.000
- Arabes — 1.000.000
- Français — 200.000
- Espagnols, Italiens, Maltais, Allemands — 200.000
- Les Kabyles, débris des immigrations qui ont eu lieu pendant les siècles qui ont précédé l’occupation romaine, ne forment pas à proprement parler un peuple homogène.
- Le Kabyle est le véritable paysan de l’Algérie. Il cultive la terre et se livre à une multitude de petites industries qui fournissent à tous les indigènes les objets indispensables à leur existence. En un mot, le Kabyle est un travailleur qui vit avec une extrême sobriété : il a conservé tous les us et coutumes des Romains, ses anciens dominateurs, et ne suit en rien la loi musulmane qu’il subitparforce.il est intelligent et peut fournir des hommes remarquables à tous les points de vue. C’est le seul indigène que nous pourrons assimiler aux races européennes sans qu’il-en résulte des dangers pour l’avenir.
- De l’avis de M. le Dr Gaucher, la colonisation de l’Algérie par l’élément européen n’aura jamais l’Arabe pour aide sérieux. Ce sera toujours une entrave qui se fera sentir à chaque pas. On ne l’emploie qu’à défaut d’autres..L’Arabe est notre ennemi par fanatisme et il ne manque jamais l’occasion de nous le faire sentir. Sa suprême félicité est de pouvoir rester accroupi à terre enveloppé dans son burnous et se livrer au sommeil ou à des rêveries stériles. Comme homme des champs il faut y renoncer, ces tentatives ont coûté la vie à un trop grand nombre de nos compatriotes pour ne pas tenir compte de ces tristes et sanglants souvenirs.
- Les Espagnols qui sont nos plus proches voisins de l’Ouest sont venus en grand nombre se mêler aux Français pour l’œuvre de colonisation proprement dite. — Ils sont travailleurs, très sobres et habitués aux rudes labeurs des pays chauds. Ils ont déjà un grand nombre de leurs enfants qui, étant nés dans la colonie, considèrent l’Algérie comme leur patrie d’adoption.
- Les Italiens et les Maltais sont plus nombreux — mais les premiers sont plus remuants que les seconds : ce sont généralement de bons travailleurs.
- Les Allemands occupent quelques villages, mais cette race ne supporte pas facilement le climat chaud de l’Algérie. Beaucoup succombent avant l’àge et les naissances sont souvent au dessous des décès. Ne nous en plaignons pas.
- L’agriculture est la grande et presque la seule industrie de l’Algérie.
- C’est l’agriculture qui nourrit la colonie.
- Les terres sont d’une grande fertilité. C’est l’aveu des agriculteurs de France qui ont visité les trois provinces. Il y a bien les vents chauds du désert, les vents froids du Nord-Ouest qui produisent les mêmes effets que le mistral en Provence, les brouillards intenses du printemps et enfin les périodes de sécheresse qui menacent de tout anéantir; mais l’A'géric est un climat sec et les eaux extérieures n’y sont pas très abondantes, avec le soleil dévorant de l’été cette circonstance est plutôt heureuse que regrettable, car une Algérie chaude et humide serait inhabitable : la fièvre décimerait les populations.
- Aux céréales, les colons ont adjoint l’élevage du bétail qui leur procure des bénéfices importants. Aujourd’hui encore cet élevage est considéré comme une précieuse ressource.
- La culture maraîchère se pratique presque exclusivement autour des villes et des villages et fournit à tous les besoins. Les Espagnols dans l’Ouest et les Maltais dans l’Est sont les plus habiles maraîchers du pays. Les Kabyles améliorent aussi très sensiblement leurs procédés. La culture des arbres à fruits n’est pas encore aussi développée qu’elle pourrait l’être. Ce travail demande de grandes avances et l’argent déjà trop cher pour les céréales et autres cultures annuelles ne saurait être employé à des plantations dont il faut attendre les récoltes pendant sept ou huit ans.
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- Aujourd’hui le courant commercial de l’Algérie est de plus de 400 millions par an tandis qu’au début il n’était que de 2 à 3 millions. Mais empressons-nous de dire que le mouvement serait aujourd’hui de 6 à 800 millions si nous avions adopté le système de colonisation de nos voisins les Anglais. Nous n’en voulons pour preuve que la richesse de leurs colonies, dont la surabondance de productions de'toute nature se fait sentir sur les marchés du monde entier. Nous sommes si loin de cette prospérité que l’Algérie, cette terre française si généreuse et si féconde, qui devrait produire de tout en abondante quantité, ne rend presque rien. Le bétail élevé en Algérie est expédié vivant. La colonie le rachète ensuite manufacturé au lieu de fa;re cette opération chez elle.
- La preuve du fait avancé réside tout entière dans le mouvement des importations et exportations en Algérie pendant les neuf premiers mois des années 1885-1886, comparées.
- Si nous nous reportons à une date plus récente, au mouvement commercial du mois de décembre dernier, par exemple, nous voyons que la situation n’a pas changé. En voici la preuve :
- IMPORTATIONS
- EXPORTATIONS
- ALGER ORAN CONSTAN- TINB j TOTAUX ALGER ORAN CONSTAN- TINE TOTAUX
- Viandes salées Saindoux 11.595 k. 22.611 270.023 26.4S3 47.242 32 313 37.719 70.419 107.602 Bœufs têtes... Porcs » ... Peaux brutes. » 60 14.862 1C6 11 2.237 30.407 » » * 72.783 943 11 2.397 118.052 1.049
- Pommes de 411.360 149.134 863.517 Boyaux frais et salés
- terre Cire non ouvrée 1.025 20.929 2.011 73.055 3.036 114.957
- Riz 104.126 166.305 30.040 300.471 [Os, sabots et cornes de bé-| tail 20.973
- Alcools (litres). Papiers et car- 105.4:6 lit. S6.385 501.755 106.869 43.223 298.700 691.783
- Pommes de terre 12.249 » 600 12.S49
- tons 149.795 Alcools (litres). 1.681 1.675 15.133 18 494
- 1 1
- IMPORTATIONS
- VENUES DE FRANCE VENUES DE L’étranger TOTAL DES
- DÉSIGNATION UNITÉS 9 PREMIERS MOIS DE 9 PREMIERS MOIS DE 9 PREMIERS MOIS DE
- 1SS5 . 1881 1885 1881 18S5 I8S4
- Viandes salées kilog. 406.015 489.543 95.673 176.S04 501.718 666.407
- Graisses, saindoux... — 835.824 755.738 41 222 425.C65 S77.046 1 180 S03
- Fromages - 693.477 670.210 741.150 688.340 1.434.633 1.35S.550
- Pommes de terre — 7.057.505 7.481 679 590 370 393.728 7.647.875 7.878.407
- Huiles d’olives — 118 .566 110.100 1.732.083 1.205.087 1 850 649 1.315.187
- s diverses — 1.814.431 1.577.581 224.182 537.568 2.038 613 2.115.149
- Alcools lieetol. 2.251.595 2.111.942 256.320 227.325 2.507.915 2.339.107
- Papiers-cartons kilog. 2.109.729 2.461.910 1S1.460 141.608 2.291.1S9 2.603.518
- Peaux valeur 6.918 455 6.120.689 794.778 724.955 7.7 £.233 6.S15.644
- Légumes secs kilog. 1.140.263 1.257.S7S 518.547 406.261 1.658.810 1.164.139
- Voir le tableau page 43.
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- EXPORTATIONS
- pour Franck POURÉTRANGER TOTAL DES
- DÉSIGNATION UNITÉS 9 PREMIERS MOIS DE 9 PREMIERS MOIS DE 9 PREMIERS MOIS DE
- 18S5 1SS1 1885 1884 1885 1884
- Bêtes bovines Têtes 20.720 19.262 3 08 2.394 23.806 21.636
- » à laine - 679 429 621.859 99.544 5S.49 778.973 680.333
- Porcs - » » 2.358 » 2.358 »
- Peaux brutes kilog 1.107.200 1.108.894 104 013 3S 686 1.211.213- 1.147.580
- Laines en masse -- 2 497.029 1.366.708 34.641 23.SSI 2.531.670 1.389.992
- Cire non ouvrée - 54.875 51.ISS 500 1.160 55.375 52.748
- Suif brut Os, sabots et cornes de bétail — 138.447 21.481 2.296 763 140.743 22.244
- — 571.723 S16.011 7.S00 55.299 5S0.523 901.270
- Légumes secs — 1.670.213 2.710.052 2.855.707 362.591 4 525.960 4.073.243
- » verts — 2.767.919 2.438.72-2 15.887 152.811 2.083.806 2.591.513
- Huiles d’olives - 1.730.389 2.067.803 4.997 905 1.735.386 2.06S.7C8
- NOTA. — Ce tableau comprend seulement les productions diverses que notre maison est appelée à exploiter dans un temps très prochain.
- Ce tableau est suivi de la note :
- Importations. — « Les augmentations constatées au Tableau des Importations sont observées « en général, sur les denrées ou les objets dont les similaires n’existent pas dans la colonie ou « ne sont encore produits qu’en quantités hors de proportion avec l’accroissement continu de la « population. Ainsi s’expliquent les résultats constatés, sur viandes salées, graisses, pommes de « terre et denrées alimentaires.
- « On remarque que le riz, qui n’est plus guère employé dans les distilleries, entre, en outre, pour une part moindre dans l’alimentation de l’armée. On lui a substitué les haricots de provenance Italienne ou Espagnole.
- Ainsi, nous avons une colonie, véritable don du ciel, située à quelques heures de Marseille, qui pourrait être à notre pays, à l’Europe, ce que sont au monde entier les Etats-Unis d’Amérique, et qui est tributaire de l’Italie et de l’Espagne pour les légumes secs nécessaires à l’alimentation de ses troupes !
- L’Algérie, pays par excellence d’élevage d’animaux domestiques, obligée puir subvenir aux besoins de ses habitants de demander à l’Amérique et à l’Allemagne ses viandes salées, ses saindoux, ses alcools! — N’est-ce pas scandaleux?... Ce serait à n'y pas croire si le tableau ci-dessus n’en faisait une vérité malheureusement irréfutable.
- Exportations. — L’élevage de la race porcine, dit la même note, continue à donner de « bons résultats. Les cochons élevés par nos colons sont très recherchés en Espugnc. « On remarquera, en effet, que le département d’Oran, distant de quelques heures de Carthagène a expédié à lui seul 2,237 de ces animaux; quant aux bœufs c’est encore Oran qui est favorisé : son exportation est de 11 !...
- Si nous prenons le tableau des importations et exportations pour le premier semestre 1886, en ce qui concerne les viandes salées, saindoux et alcools, nous voyons que les quantités entrées pendant cette période, en Algérie sont de :
- Viandes salées.................. 395.577 kilog. à 130 fr. prix moyen 774.250 fr. »
- Saindoux........................ 598.710 — à 85 — 508.903 »
- Alcools (sorties d’Algérie défalquées).......................... 1.790.182 litres à 80 — 1.432.145 60
- Ce qui fait un total de. . .... 2.715.298 fr. GO
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- Que l'Algérie a payé pour ces trois produits seulement, alors qu’il lui était si facile de les obtenir chez elle à meilleur marché en procédant à la transformation des viandes sur pied. On évitait ainsi les frais onéreux de transports, d’intermédiaires, commissions, etc...
- A cette situation plus intéressante qu’on ne le croit généralement, il existe un remède qui n’est autre que le changement du mode de culture actuellement usité. Mode en désaccord complet avec les intérêts même de la colonie et les besoins variés toujours croissants d’une population exigeante, en raison de la diversité des races, qui tend à augmenter de plus en plus chaque jour :
- Jusqu’à présent on s’en est tenu à la culture de la vigne et des céréales, à l’élevage sans soins et sans méthode du bétail dans les contrées riches en pâturages naturels, et enfin à la culture intensive des produits du potager.
- La culture de la vigne poussée jusqu’aux suprêmes limites de l’engouement ne semble pas avoir donné tous les beaux résultats qu’en attendaient les propriétaires et vignerons.
- Favorisés par un sol très riche, un soleil chaud, les différents cépages acclimatés, s’ils ont poussé rapidement,n’ont produit que des vins d’un degré alcoolique trop faible pour l’exportation. De là la nécessité de remonter ce vin par Vaddition d’un alcool quelconque. D’autre part, les prix sont insuffisamment rémunérateurs : actuellement on cote à l’hectolitre :
- Alger :
- lor choix. 2a choix. 3e choix.
- 25 à 26 fr 18 19 21 14 et 15
- Oran 1er choix 12 à 13°. . . 23 à 24 fr.
- — 2° choix 10 à 11°. . . 21 à 22
- — 8e choix 9 à 10°. . . 19 à 20
- (Cours du 28 mars)
- Par malheur le phylloxéra et autres maladies ont attaqué quelques grands vignobles et menacent de s’étendre à d’autres, et peut-être même à l’Algérie entière.
- Etant donné les progrès du terrible fléau dans les vignobles français, n ms approuvons fort le gouvernement de prescrire aux colons les mesures de précautions commandées par ies circonstances, car le phylloxéra en Algérie serait la ruine complète de nos intéressants et audacieux viticulteurs.
- Quant aux céréales, l’exposé ci-dessous fait ressortir bien clairement le trop maigre bénéfice que le cultivateur en retire :
- RENDEMENT DE BLÉ EN ALGÉRIE
- Voici comment on établit le prix de revient une ferme de la Mitidja, en 1884.
- DÉPENSES
- Rpnte du loyer de la terre. . . . 60 fr.
- Labours................... . . 80
- Semences (100 kilogr)............20
- Semailles et hersages............10
- Moisson..........................25
- Battage..........................25
- Frais généraux...................20
- Dépense. . . 190 fr.
- le compte de culture d’un hectare de blé dans
- RECETTES
- 20 quintaux de paille à 2 fr. le quintal. .. . 20 fr.
- 10 quintaux de grains à 17 fr. le quintal. . . 170
- Recette. . . 210 fr.
- Dépense . . 190
- Bénéfice net 2Ô~fïx
- Si l’on tient compte que le prix de revient doit être encore augmenté des frais de transport du blé de la ferme au port d’embarquement ou au marché, on peut admettre que le compte de culture du blé chez la plupart des colons s’élèvera de 150 à 200 fr. par hectare et le rendement de 8 à 12 quintaux, ce qui porte le prix do revient du blé de 14 à 20 fr. le quintal.
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- Dans la culture arabe, les dépenses peuvent être évaluées de 80 à 120 fr. par hectare et le rendement de 5 à 6 quintaux, ce qui établit le prix de revient de 12 à 16 fr. le quintal.
- Voici un autre compte de culture, l’une extensive et l’au'iv intensive.
- CULTURE EXTENSIVE Fumure 0 fr. CULTURE INTENSIVE Fumure. 100 fr.
- Semence 20 Semence 20
- Loyer, frais généraux. . . . 70 Loyer, frais généraux. . . . 80
- Labours, récoltes, battages, etc. 70 Labours, récoltes, battage . . 100
- Produit par hectare. 160 fr. Produit par hectare. 300 fr.
- 8 quintaux de grains à 17 fr. . 136 fr. 20 quintaux grains à 17 fr. . . . 340 fr.
- 6 » de paille à 2 fr. . . 32 fr. 40 » paille à 2 fr. . . . . 80
- Recette. . . Iô8li\ Recette. . . 420 fr.
- Dépense. . . 160 Dépense . . 300
- Bénéfice . Sfr Bénéfice . . 120 fr.
- D’après les chiffres que nous venons de citer on peut bien dire que la culture du blé est en général peu productive en Algérie et qu’elle n’enrichit pas celui quil’entreprend. On voitqucles bénéfices sont peu considérables et qu’ils sont loin d’atteindre ceux de nos cultures.
- Reste l’élevage. Eh bien! c’est triste à dit e, à part les nomades qui ne produisent que de fort mauvaises viandes, il n’y a p is à l’heure présente en Algérie dix fabricants de viande — éleveurs intelligents — s’ils y sont c’est tout au plus. Les comptes rendus des concours régionaux sont là pour appuyer ce que nous avançons. En Algérie l’élevage est un mot: les bestiaux sortis le matin de l’établo sont rentrés le soir; pendant le jour ils mangent au dehors une bien maigre pitance, et le soir ils trouvent peu de chose au râtelier. De là cette mauvaise réputation du mouton algérien comme viande de boucherie qui sent le suint de la laine; du veau à viande rouge et du bœuf à la chair nerveuse, sans jus et sans saveur.
- Tous ces défauts, faciles à corriger, sont le résultat de la paresse des uns, de l’ignorance des autres et de l’insouciance de tous. Et nous sommes certains de ne pas trop nous avancer en affirmant que notre bcll *. Algérie peut fournir à la consommation bourgeoise des viandes aussi bonnes, aussi fines que celles obtenues dans tous les autres pays d’élevage et d’engraissement. Nous nous réservons d’en faire la preuve.
- Laissant de coté les mauvais sentiers battus par la routine nous nous inspirerons et suivrons la route prospère qu’ont tracée ces grands éleveurs américains, anglaiset français, de ceux enfin qui ont créé de toutes pièces cette riche et féconde industrie et porté si hauL la réputation agricole de ces trois nations rivales.
- A côté des races bovine, porcine et ovine il y a en Algérie un élevage d’un très grand rapport; c’est celui de la chèvre angora.
- La population caprine est, en Algérie, de 3 millions et quelques centaines de mille têtes. Mais la chèvre angora la moins nombreuse est celle qui doit être préférée.
- La chèvre angora possède une toison qui pèse de 3 à 600 grammes. M. Lobeau négociant à Boulogne achetait et achète peut-être encore, les poils de chèvre angora pour les expédier à une maison de Bradfort qui en achète à elle seule pour 3 millions à Smyrnc. Cette maison demandait dernièrement à se créer des relations en Algérie, elle désirait savoir quelle serait la quantité de poils (ino l’on pourrait s’y procurer.
- M. Forster de Bradfort tire ses laines d’angora du cap de B.mnc-Espérance. Les filateurs de Roubaix rachètent ensuite ces fils à Bradfort pour en fabriquer ces étoffes connues sous le nom de mohair.
- Lachèvreangoraprotégée par sa toison résiste au froidcommeà lagrandecha cur. On conseille de croiser cette race avec la race indigène; on obtiendrait des chevreaux très disposés à l’engrais-
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- scmenl; il y a une grande différence entre un chevreau de lait arabe et un chevreau de lait métis angora. On pourrait en faire une industrie particulière qui donnerait à la fois du poil et et de la viande.
- La chèvre angora est meilleure laitière que la chèvre indigène : à tous les points de vue on peut donc la substituer à la chèvre du pays.
- La valeur de là toison de la chèvre arabe est de 30à 40 centimes tandis que la toison angora vaut de 3 à 10 francs. '
- L’industrie anglaise achète du poil de chèvre à raison de 4 lï. 30 la livre anglaise ce qui ferait qu’une toison de bouc donnerait à peu près un prix de 9 à 10 lï.
- On a vendu des dépouilles de bêtes angora en plein mois de février, qui se sont élevées jusqu'à 30, 40 et 30 lï. La peau s’emploie dans une foule d’industries, comme fourrure, comme jouets d’enfants, etc., mais le principal ren lement des chèvres consiste dans la toison surtout et dans la chair comme viande .,c boucherie.
- En résumé, il n’y a en Algérie que des colons parce que l’industrie n’a pu s’y implanter, mais ce qu’il faut constater, c’est qu’il n’existe qu’un nombre très restreint d'agriculteurs dans le sens vrai du mot.
- Ils y viendraient en foule si le capital pouvait être obtenu dans des conditions normales. Malheureusement, jusqu’ici les taux ont été constamment usuraires. On ne l’ignore pas en France et c’est ce qui arrête les hommes sérieux qui ont l’habitude de compter.
- Il n’en manque pas en France qui au lieu d’aller exposer leurs capitaux et leur intelligence dans les aventures américaines où ils n’éprouvent le plus souvent que déceptions et ruine feraient plus sagement de se joindre à nous. Ils apporteraient comme nous leur concours à la mise en culture d’après nos projets et études, des trois nouveaux départements coloniaux et ils y trouveraient l’avantage de ne pas changer de patrie, ce qui a bien son agrément.
- Certes, nous avons beaucoup fait depuis la conquête. Des contrées entières assainies, des routes carrossables partout; partoutaussi des défrichements et comme conséquence des vergers des jardins, de magnifiques vignobles, de splendides plaines; enfin comme corollaire de ces gigantesques travaux exécutés depuis une cinquantaine d’années seulement, des voies ferrées sillonnent la colonie dans tous les sens et soudent à notre possession d’hier,la Tunisie, possession de demain.
- Quand un pays dans lequel tout était à créer, même l’air respirable, adonné une telle preuve de sa force on s’étonne de n’y rencontrer aucune de ces industries naturelles qui surgissent d’clles-mômts, comme la fabrication des pâtes à papier, par exemple. Ilàtons-nous de dire que sous peu cette importante lacune sera comblée par une n nivelle culture d'un textile du Bengale que nous proposons de cultiver. Cette culture devant faire l’objet d’une affaire à part nous n’en parlons ici que pour mémoire. Ajoutons enfin qu’il se perd des millions dans la colonie par l’abandon dans certaines contrées des récoltes de fruits, etc. Aussi avons-nous l'intention de suivre de très près ces négligences et d’indiquer au colon et à l’indigène le moyen d’en tirer profit.
- On a beaucoup fait c’est vrai, mais il reste encore beaucoup à faire en Algérie.
- L’Algérie! c’est aujourd’hui l’abjectif, le grenier d’abondance de l’avenir.
- Le tout est de savoir utiliser sesincomparables ressources. D’ailleurs l’attention des pouvoirs publics à été éveillée sur ce point et le voyage de trois ministres dans notre colonie et en Tunisie, pendant les vacances parlementâmes de Pâques en est la meilleure preuve.
- Nous ne saurions donc trop engager nos compatriotes exempts de préjugés et de toutes craintes vaines â concourir par l’apport de leurs capitaux, à la création d’une industrie nouvelle, snr une terre essentiellement française.
- En aidant au développement de la richesse de l’Algérie, ce qui a bien son mérite, ils s’assureront pour l’avenir un placement sans aléa dont l’intérêt brillamment rémunérateur laissera
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- bien loin derrière lui les meilleurs fonds d’Etat, villes, valeurs indusliielles, etc..., à revenu fixe ou variable.
- ADMINISTRATION
- L’exploitation sera dirigée par les trois associés dont les attributions, réglées suivant les aptitudes de chacun d’eux, sont arretées comme suit :
- MM. de Pcrpigna, partie commerciale et contentieuse.
- Raimboux, aîné, partie technique, Direction.
- A. Lal'rique, Caisse, comptabilité et correspondance.
- Un secrétaire et deux employés suffiront au service des bureaux.
- Il sera attaché à la direction un surveillant général chargé des cultures auquel il sera adjoint un sous-chef qui sera également chargé de la surveillance des chais et magasins, enfin, un portier qui sera en même temps garde responsable du matériel.
- OPÉRATION FINANCIÈRE
- Les différentes opérations que nous avons expliquées au cours de notre exposé établissen
- 1° Que nous obtenons de nos cultures, un revenu supérieur à celui que le cultivateur retiiv de ses récoltes.
- 2° Que le bénéfice est augmenté dans chaque branche par l’utilisation dans ses moindres parties de toute notre production ;
- En effet, rien n’est laissé à l’imprévu ; tou t a sa destination, tout est utilisé, tout a sa valeur et rapporte.
- Nous donnons ci-dessous le résumé clairement éLabli des o, érations de la première année. On jugera par ces résultats ce que sera cette affaire dans l’avenir.
- MOUVEMENT
- ET FINANCIER DE L’EXPLOITATION
- Recettes Dépenses Bénélice àl’hect.
- Patates Roses 25.210 15.153 1.005.70
- Sorgho 67.500 22.493.50 1.500
- Courges 39.600 18.211.65 1.757,20
- Carottes 11.310 7.063.10 421.70
- Pommes de terre 48.180 26.059.45 737.35
- Distillation 335.587.50 306.423.85
- Engraissement de bœufs.. . 115.800 105.128.95
- — de porcs.. . 133.200 120.529.90
- Conserves de bœuf 208.790 175.924.35
- — de porcs. . . . Dépenses des cuisines. . . des boites, charbons ADMINISTRATION Prélèvement des 3 associés (12,000 fr. par an). . Traitement d’un secrétaire (3.G00), et de 2 employés de bureau (4.800) .... Traitement d’un surveillant général chef de culture. . 288.198 222.171.55 34.108.70 28.256.15 36.000 8.400 3.60 )
- A Reporter- 1.273.375.50 1.124.524.15
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- Report 1.273.375.50 1.124.524.15
- Traitement d’un sous chef. . 2.400
- — du portier garde 1.500
- Frais Généraux : Assurance Incendie de l’Usi-
- ne et du magasin à Bône . 4.000
- Frais de voyage 8.000
- Dépenses résultant de l’emballage des conserves, outillage
- caisses, main-d’œuvre etc. 10.000
- Location des bâtiments maga-
- sins et exploitation . • 8,000
- Patente, impôts divers, etc. 4.000
- Frais de bureau, achat dema-
- tériel 2.000
- Fiais d’allranchissements, -
- dépêches etc 2.000
- Chevaux et voitures pour les voyages et achats sur les
- marchés 6.000
- Imprévu 5.000
- Totaux 1.273.375,50 1.177.424,15
- Dépenses 1.177.424,15
- Solde ou bénéfice net. . . 95.951,35
- soit 19 fr. 0[0.
- Gomme on le voit, cette exploitation, après payement intégral de son outillage, matériel agencement etc... versement au commanditaire de l’intérêt du capital, à 6 0[0 et de l’amortissement d’un cinquième, donnera encore un bénéfice net, liquide de quatre-vingt-quinze mille neuf cent cinquante-un francs trente-cinq centimes c’est-à-dire un revenu de 19 fr. 0/0 pour le premier exercice.
- Etant donné que les frais de premier établissement seront entièrement imputés sur les bénéfices résultant du premier exercice, nous sommes en droit d’affirmer, sans redouter la preuve contraire, que les bénéfices nets de la deuxième année atteindront facilement 45 0[0 minimum du capital engagé.
- Cette affaire est appelée, dans un très bref délai, à prendre rang parmi les maisons similaires les plus importantes. — Gomme toutes celles qui ont l’alimentation pour base, notre affaire constitue un placement de tout repos. En effet, la première comme la dernière de nos opérations comprend la fabrication — alcools ou conserves — de produits alimentaires de premrie îécessité, par conséquent d’une vente facile.
- Nous ajouterons que cette importante affaire peut être très justement appelée un placement de père de famille en raison même des bénéfices sérieux qu’elle est appelée à réaliser, et nous doutons qu’il y ait à l’heure actuelle, de par le monde industriel et financier, une opération analogue qui soit capable, par des résultats prouvés, de lui disputer ce titre.
- LA PART DU CAPITAL
- Le capital étant intimement lié au travail, et réciproquement, nous estimons que la répartition des bénéfices nets de l’exploitation doit être décidée à l’amiable entre les parties contractantes.
- Notre système financier est en complète opposition avec celui en usage dans les grandes compagnies, les Banques puissantes ou les administrations à monopole, dans lesquelles les administrateurs ont trop, au détriment des actionnaires. Avec nous le commanditaire pourra
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- toujours prendre connaissance des livres de comptabilité qui seront tenus régulièrement à jour et s’assurer que ses fonds sont loyalement employés. Chaque mois, il recevra une balance des comptes dont l’examen lui permettra de suivre toutes les opérations de la maison ; enfin, un extrait de l’inventaire lui sera remis chaque année, signé des trois associés.
- Les trois associés font apport des deux brevets d’invention, qui seront donnés à la commandite en garantie de son versement.
- Ces Brevets sont estimés deux cent mille francs
- Le fonctionnement de l’outillage pour la fabrication des boîtes de conserves peut s’appliquer à la confect'on d’une grande quantité d’objets soit dans la ferblanterie ordinaire, soit comme pièce détachée nécessaire à la fabrication des jouets d’enfants, boitiers d’horlogerie, etc. etc.
- Notre charbon pourra servir à un moment donné à Tau très applications qu’au chauffage de nos conserves auxquelles il est destiné actuellement.
- Des brevets seront pris ultérieurement à l’étranger. Quant ces formalités seront, remplies, nous pourrons céder des licences aux industriels qui nous en feront la demande. — Cette combinaison très pratique est souvent employée; elle constitue à elle seule une garantie sérieuse pour le capitaliste à qui nous donnerons d’ailleurs toutes les facilités de surveiller lui-même toutes nos opérations.
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- RÉSUMÉ
- Comme opération financière, nous doutons qu’il s’en présente de meilleure.
- Parmi les valeurs industrielles, les fonds d’Etat, villes, chemins de fer, etc,.., en est-il qui offrent un intérêt aussi brillamment rémunérateur? La réponse est toute faite.
- Le sol le plus riche a-t-il jamais atteint un pareil rendement ?
- Les exemples fournis au cours de cet exposé disent non. N’insistons pas.
- Passant à un autre ordre d’idées, nous soutenons que cette opération est aussi fondée d’espérances que peuvent l’être les meilleures valeurs qui se négocient actuellement en Bourse.
- Il importe de rappeler qu’il suffit d’une crise gouvernementale pour faire baisser la Bourse ; qu’un bruit de guerre la jette en plein désarroi, et, que si l’intérêt, bien faible il est vrai, reste invariable, il n’en est pas de même du taux de la valeur qui trop souvent, hélas ! baisse, baisse à un te; point que la fortune du porteur en est considérablement compromise quand elle n’est pas perdue. De très récents exemples en ont donné la preuve.
- Avec la culture des produits d’alcoolisation rien de tout cela n’est à redouter. Il se p ut qu’une anné -, telle ou telle plante soit affectée par la pluie, la sécheresse, etc..., et ne donne à la distillation qu’un rendement médiocre, mais il est inadmissible que toutes nos cultures se trouvent atteintes. De ce côté encore il n’v a aucun aléa sérieux à redouter. Nous ne cesserons de répéter que c’est dans les moments les plus troublés que la vente des spiritueux augmente ;
- Que l’alcool et ses transformations ne sont point articles de luxe, mais bien de consommation courante et souvent de nécessité absolue ;
- Enfin, que n’étant point soumis aux fluctuations et aux caprices de la mode, on en peut conclure que les fonds placés dans notre industrie sont de tout repos et assurés de dividendes élevés.
- Pour tous les renseignements, concernant cette affaire :
- S’adresser à M. le Comte de PERPIGNA, ru ^ Puris-iQi^ tous les
- jours, de 9 heures à midi.
- Paris, 15 avril 1887.
- Comte de Perfigna.
- Membre de la Société de Géographie commerciale de Paris
- Raimboux aîné.
- A. LAERIQUE.
- Membre de la Société de Géographie commerciale de Pari Secrétaire du comité de l'Afrique du Nord.
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- PARIS
- IMPRIMERIE BONNE-NOUVELLE, (M. MÀUGERET, DIR.)
- 14, rue des Jeûneurs
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