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Traité élémentaire de tissage avec un atlas contenant 378 figures
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- MINISTÈRE DU COMMERCE ET DE L’INDUSTRIE
- ÉCOLE NATIONALE PROFESSIONNELLE D'A RMENT IÈR ES
- TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE
- Avec un ATLAS contenant 378 figures
- PAR
- James DANTZER
- et Robert DANTZER
- Officier de l’instruction publique,
- professeur de Gissage
- professeur de filature et Gissage, Oxpert près les tribunaux.
- SOMMAIRE DES PRINCIPALES
- à la Société industrielle d’pïmiens.
- QUESTIONS TRAITÉES
- 1908
- i I
- Notions sommaires sur les diverses étoffes. — Tissage à l’aide de lames et marches. — Armures fondamentales, conventions établies. — Armures dérivées des armures fondamentales. — Principes de décomposition des tissus. — Principaux genres de remettages.
- — Peignes et Lames. — Pas ouvert, Pas fermé. — Diagonales. — Rayonnés. — Chevrons. — Losanges. — Granités. — Damassés. — Linge de table, etc.
- Mécanique d’armure. — Mécanique Jacquard.
- Piquage des Cartons. — Principaux genres d’empoutage.
- IG ile-
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- IMPRIMERIE JEAN GUERMONPREZ
- 10, Rue Malus, 10
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- Préface
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- Les divers ouvrages de tissage qui ont été publiés jusqu à ce jour ont généralement /’inconvénient de ne pas être à la portée des débutants, les notions générales et les principes j:ondamentaua: qui doivent servir de base y sont insuffi-samments présentés ou souvent même font complètement défaut, ce qui est fort regrettable.
- D’autre part, si certaines armures sont convenablement étudiées par les auteurs, on ne trouve pas toujours dans leurs ouvrages des méthodes assez précises pour pouvoir en construire de semblables dans lesquelles les rapports en chaîne et en trame seraient différents des exemples pris pour base.
- Le but du présent ouvrage a été de combler ces lacunes; nous avons voulu, comme l’indique le titre de notre modeste ouvrage, créer un traité élémentaire dans lequel sont étudiés aussi simplement que possible la construction et le montage de toutes les principales variétés d’armures de tissus simples dits à une chaîne et une trame qui constituent d’ailleurs la classe des tissus la plus importante.
- ffous avons tenu à faire un travail qui soit non seulement à la portée des jeunes élèves de nos écoles techniques, mais encore des contremaîtres et des ouvriers de tissage qui désirent travailler avec intelligence et se perfectionner dans leur art.
- ffous serons heureux si notre modeste but a été atteint, et si notre ouvrage peut répondre aux réels besoins pour lesquels nous t'avons établi ; c’est en toute confiance que nous le livrons aux classes laborieuses auxquelles il s’adresse.
- James DANTZER.
- Robert DANTZER.
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- NOTIONS SOMMAIRES
- SUR les
- DIVERSES ÉTOFFES
- Étoffe. — On appelle étoffe un ouvrage en fils dont l’assemblage détermine un plan plus ou moins flexible.
- Une étoffe doit posséder les qualités propres de la matière composante, être suffisamment résistante pour l’usage auquel on la destine.
- L’assemblage ou entrelacement des fils en vue de produire une étoffe peut être obtenu de plusieurs manières. Chacun de ces modes d’entrelacement constitue une étoffe spéciale nécessitant l’emploi de métiers appropriés et formant autant d'industriesdistinctes.
- Les principales étoffes sont :
- 1° LES TISSUS;
- 2° LES TRICOTS;
- 3° LES DENTELLES;
- 4° LES TULLES;
- 5° LES GUIPURES;
- 6° ARTICLES DIVERS.
- Ces multiples étoffes présentent de grandes variétés.
- 1° Tissus.
- La fabrication des tissus constitue le tissage.
- Les tissus sont à corps plein, ferme, peu élastique et généralement d’épaisseur constante.
- Les étoffes tissées sont obtenues par l’entrelacement de deux séries de fils parallèles, ces deux séries de fils étant perpendiculaires entre elles. Par suite de ce mode de contexture, la solidité des tissus est parfaite, car on peut, à l’aide d’une aiguille, retirer quelques fils, sans pour cela détruire l’échantillon considéré (fig. 1).
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- I
- Tissage. — D’après ce qu’il vient d’être dit, le tissage est donc l’art d’entrelacer deux séries de fils parallèles, perpendiculairement entre elles pour produire des étoffes appelées tissus.
- Ce mode d’entrelacement, variable à l’infini, s’exécute suivant un ordre déterminé à l’avance.
- La 1re série de fils placée longitudinalement constitue la chaîne, chacun de ses éléments est dit fil de chaîne ou simplement fil. Dans une même pièce de tissu, le nombre des fils est constant.
- La seconde série de fils, insérée un à un et perpendiculairement entre les premiers, constitue la trame ou rempli. Chacun des éléments de la trame est dit chiite, insertion ou coup.
- La chaîne forme donc la fondation dans laquelle vient s’entrelacer la trame.
- La chaîne et la trame apparaissent alternativement sur les deux faces du tissu, la combinaison de leurs effets constitue l’ornementation des faces.
- Un tissu doit pouvoir supporter le jeu des plis et la jonction des coutures.
- 2° Tricots,
- Dans le tricot la liaison des fils est produite par l’entrecroisement des fds repliés sur eux-mêmes en boucles régulières appelées mailles (fig. 2).
- Le tricot est dit à mailles cueillies lorsqu’il est constitué par un fil unique ; il est dit tricot-chaîne dans le cas contraire.
- La fabrication mécanique du tricot constitue la bonneterie.
- Par suite de leur mode . de contexture, les tricots sont extensibles dans tous les sens ; cette propriété est utilisée dans la confection des vêtements ajustés.
- La structure du tricot est un grand obstacle à la production d’effets variés, généralement, ils présentent une cote en relief sur l’une des faces, apparaissant en creux sur la face opposée.
- Les étoffes tricotées ne possèdent ni la fermeté ni la solidité des tissus. — Dans un morceau de jersey, par exemple, si l’on veut retirer un fil à l’aide d’une aiguille, on ne peut que détruire l’échantillon soumis à cet essai.
- Malgré ces quelques inconvénients, les emplois du tricot se multiplient tous les jours, par suite de la grande production des métiers à bonneterie dont les produits descendent à la forme et à la taille définitive.
- 3° Dentelles,
- La dentelle est une étoffe à jours très fine dont le fond présente un réseau réticulaire a mailles régulières de forme hexagonale servant de support à un motif quelconque.
- Dans tous les genres de dentelles et dans chacune de leurs parties, soit réseau,
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- soit motif, les fils réalisent les mêmes actions mais alternativement inverses. La figure 3 représentant le réseau, la figure 4 une tresse entourant les jours de la Valenciennes, permettent la vérification de ce principe.'
- Dans la dentelle on ne peut défiler que de menus fragments de fils.
- Les dentelles se font à la main soit au fuseau, soit à l’aiguille et l’on en distingue un grand nombre de variétés telles que la Valenciennes, la Blonde, la Dentelle de Bruxelles, etc.
- 4° Tulles.
- Le tulle est une étoffe à mailles imitant la dentelle et produite sur des métiers spéciaux.
- Dans le tulle les fils de chaîne restent tendus et sont fixés les uns aux autres par les ligatures régulières de la trame (fig. 5).
- On peut toujours défiler le tulle sur une étendue assez grande.
- 5° Guipures.
- La guipure comporte 3 séries de fils (fig. 6).
- Les fils 1 ou fils de chaîne restent tendus, entre ces fils viennent travailler les fils sinueux 2 dits fils de broché, enfin, la série de fils 3 dits fils de tour ou de car-riage, servent à assembler les 2 séries précédentes. Les fils de chaque série sont en nombres égaux.
- 6° Articles divers.
- Tapisseries. — Les tapisseries genre Gobelins, Aubasson, etc., exécutées à la main rentrent dans les procédés du tissage ; il en est de même des Châles Cachemire.
- Tapis à points noués. .— Ces tapis s’exécutent à la main et se distinguent en tapis au point passé, au point de Smyrne, au point de Perse selon le mode d’assujettissement du poil. Ce dernier est achevalé à la main sur les fils de chaîne au fur et à mesure du tissage du tissu de fond.
- Broderie. — La broderie ne constitue pas un genre d’étoffe ; elle est obtenue bar le passage de fils, à l’aiguille, en des points d’un tissu spécial appelé canevas. La justaposi-tion des fils sur la surface de l’étoffe permet d’obtenir des dessins en relief de tout genre.
- Les tapisseries sur canevas et les tapisseries anciennes rentrent dans cette catégorie.
- Feutres. — Les feutres sont obtenus par l’enchevêtrement des fibres de laine, en soumettant successivement la matière à l’humidité, à la chaleur et à la pression. Par suite de ce mode de fabrication, les feutres ne constituent pas une variété d’étoffe.
- Passementerie. — Les diverses passementeries 1 elles que tresses, cordons, franges, etc., ne constituent pas des étoffes quoique produites à l’aide de fils.
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- But du Tissage. — Le tissage a pour but l’étude de la fabrication d’une variété d’étoffes appelées tissus.
- La fabrication des tissus consiste dans la combinaison avec les divers entrelacements, de fils de même grosseur ou de grosseurs différentes, de même matière ou de matières différentes, de même couleur ou de couleurs variées, etc... L’étude du tissage comporte donc :
- 1° L’étude des diverses matières mises en œuvre ;
- 2° L’étude des procédés employés ;
- 3° L’étude des diverses contextures.
- 1° ÉTUDE DES DIVERSES MATIÈRES MISES EN ŒUVRE.
- L’étude des diverses matières mises en œuvre, de même que le titrage et l’essai des fils, font l'objet d’un chapitre spécial qu’il n’est pas nécessaire de connaître dès le début.
- Dans le tissage, les matières sur lesquelles on opère, sont amenées à l’état de fil par une série d’opérations connues sous le nom de Filature.
- Le fil est un cylindre flexible, de diamètre déterminé et constant, d’une longueur indéfinie et composé de filaments de matière textile réunis entre eux par la torsion.
- Dans un fil on recherche l’élasticité et la résistance à la traction, ces qualités étant nécessaires pour permettre les diverses combinaisons d’entrelacements qu’il est appelé à subir.
- 2° ÉTUDE DES PROCÉDÉS EMPLOYÉS.
- Avant de procéder à l’étude des contextures, il est nécessaire de connaître sommairement comment s’exécutent les tissus.
- Métier à tisser. — On entend par métier à tisser, une machine dans laquelle tous les organes concourent à transformer les fils en tissus.
- On distingue deux genres de métiers à tisser : ,
- 1° Les métiers à tisser à la main ;
- 2° Les métiers à tisser mécaniques.
- Dans les métiers à lisser à la main (fig. 7) les divers mouvements sont produits par l’ouvrier. Dans les métiers mécaniques, tous les organes “sont actionnés par l’un d’eux mû mécaniquement.
- Malgré la substitution du lissage mécanique au tissage à la main, ce dernier, pour de multiples raisons est encore en usage. Le métier à la main est le métier d’échantillonnage et d’étude par excellence.
- Dans le métier à lisser à la main, si la forme des bâtis ou cage varie avec chaque centre manufacturier, avec la nature du tissu à produire et surtout avec l’élasticité et la résistance du textile employé, les organes opérateurs restent toujours disposés de façon identique. Ces mouvements qui forment le tissu se divisent en : mouvements de la chaîne et en mouvements de la trame.
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- MOUVEMENTS DE LA CHAINE.
- Disposition de la chaîne. — Les fils de chaîne, au sortir de la filature sont renvidés par couches coniques sur des tubes en carton, en tôle ou sur des bobines. Par une série d’opérations dites bobinage, ourdissage, encollage, etc., dont l’ensemble constitue les préparations de tissage, la chaîne se trouve disposée à recevoir la trame. La connaissance de ces opérations accessoires n’est pas d’une utilité immédiate ; il suffit de savoir que les fils de chaîne se trouvent régulièrement enroulés sur un cylindre de bois E appelé ensouple que l’on place à l’arrière du métier à tisser dans des supports spéciaux (fig. 8)..
- Cette chaîne en se déroulant vient passer sur une traverse P dite porte-fils pour être ramenée dans un plan horizontal.
- Du porte-fils, la chaîne vient en formant encroix, sur les verges V. Chacun des fils vient se rentrer alors dans un maillon appartenant à une lame L et traverse à la suite le peigne R.
- Le tissu constitué en M, maintenu à largeur à l’aide du temple T, passe directement sur la poitrinière C et vient s’enrouler en A sur le cylindre d’enroulement. X
- A. — ENROULEMENT DU TISSU. LIVRAISON ET TENSION DE LA CHAINE. — TEMPLAGE.
- Appel du tissu. — La longueur de tissu comprise entre la dernière duite insérée et la poitrinière porte le nom de façure. Lorsque cette façure devient trop longue, l’ouvrier enroule une partie de ce tissu en agissant sur le cylindre d’appel A a l’aide d’une broche telle que R.
- Le déroulement de cette ensouple est rendu impossible paiM’adjonction du rochet R sur lequel agit le cliquet X.
- Dans certains métiers à tisser, cet enroulement se fait automatiquement à l’aide d’un mouvement dit régulateur qu’il est inutile de décrire ici.
- Livraison et tension de la chaîne. — Au fur et à mesure de l’enroulement de l’étoffe, il faut livrer une quantité de chaîne égale plus la quantité absorbée par le tissage. Cette dernière quantité dite embuvage, est causée par les diverses ondulations que font les fils en se croisant avec les duites.
- Le déroulement de l'ensouple se produit lors de l’enroulement du tissu produit. Le déroulement se règle à l’aide de la friction de la corde F sur le corps de l’ensouple ; cette corde portant des contre-poids K. Ce système dit frein d’ensouple est réglable, le poids K étant variable ainsi que le nombre de tours de la corde sur l’ensouple.
- Porte-fils. — Le porte-fils est formé d’une traverse en bois. Généralement le bord supérieur est un peu plus élevé que celui de la poitrinière.
- y Ainsi qu’il a été dit, le porte-fils a pour but de ramener la chaîne dans un plan vertical et à une hauteur constante.
- Verges d’encroix. — Les verges ou vergettes d'encroix sont des tringles en bois, rondes . énéralement et polies. Elles ont pour but de préparer la foule -en décollant les 1L, de limiter en arrière l’ouverture de celte foule, de faciliter la recherche des fils cassés et de régulariser la tension de la chaîne.
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- Habituellement les vergettes sont au nombre de deux et pour éviter leur entraînement avec la chaîne, on les fixe au porte-fils à l’aide de ficelles.
- Temples. — Pendant le tissage l’étoffe est maintenue à largeur à l’aide d’un instrument appelé Temple, Templet ou Tempia (fig. 9).
- Le temple est une règle plate en bois dont les extrémités sont garnies de pointes fines que le tisserand fixe dans les lisières. Le temple est fait en deux parties articulées à l’aide d’une goupille ; sa longueur se règle en déplaçant la goupille et dépend de la largeur que possède la chaîne à son passage au peigne. Les deux parties du temple sont maintenues ensemble à l’aide d’un bouton.
- De temps à autre l’ouvrier rapproche le temple de la dernière duite insérée, pour empêcher le rétrécissement en largeur.
- Il existe plusieurs systèmes de templès automatiques employés principalement dans le tissage mécanique. .
- B. — FORMATION DU PAS.
- Les fils doivent se séparer pour permettre l’insertion de la trame dans la chaîne. Le partage de cette chaîne en deux feuillets, de façon à produire un angle d’ouverture dit foule ou pas, s’effectue à l’aide de lames. Les lames qui se trouvent placées les unes derrière les autres sont formées de deux lattes parallèles en bois nommées liais (fig. 10). Entre ces liais sont tendues de petites ficelles appelées lisses portant en leur milieu un maillon métallique ou une boucle (fig. 11, 12). Les differentes lisses d’une lame sont maintenues à leur écartement à l’aide d’une ficelle dite cristelle.
- La distance qui sépare les liais d’une lame constitue la foule de la lame. L’ensemble des lames d’un métier est dit harnais ou équipage. Le nombre de ces lames est très variable et dépend du mode de contexture à produire.
- Les fils de chaîne étant passés ou remis dans un maillon, le mouvement de la lame entraîne forcément celui des fils passés dans ses maillons (fig. 13). La fabrication des tissus est donc réglée par l’élévation et le rabat des lames portant les fils.
- L’opération qui consiste à passer les fils dans les maillons des lames, suivant un ordre déterminé, constitue le remettage ou rentrage.
- Mouvement des lames. — La figure 14 permet de comprendre très facilement comment fonctionnent les lames dans le métier à main.
- Dans l’exemple considéré, nous supposant un montage à deux lames ; ce montage, le plus simple sert à exécuter la toile.
- L’ouvrier, en agissant avec le pied sur le levier () dit marche ou pédale, le fait osciller légèrement.
- Cette marche par l’intermédiaire des cordons y et y’, transmet son mc vement à la contremarche F et à la marchette G. Cette dernière entraîne alors la lame B qui rabat. La contremarche, au contraire, par l’intermédiaire d’une corde L dite tire-lame, fait basculer, le bricotteau D qui alors lève la lame A. — Ce double mouvement des lames partage la chaîne en 2 feuillets pour le passage de la duite, après quoi elles sont ramenées à leur positio i première.
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- En fonçant la marche 1, l’ouvrier fait donc lever la lame A et rabattre la lame B, au contraire, en agissant sur la marche 2, il ferait lever la lame B et rabattre la laine A.
- Les cordons tels que y réunissant la marche à la contremarche sont dits cordons courts, par opposition, les cordons joignant la marche à la marchette sont dits cordons longs.
- Remarque. — D’après ce qu’il vient d’être dit, on remarque que les cordons courts provoquent la levée des lames et qu’au contraire les cordons longs provoquent le rabat de ces lames.
- Embrevage. — Le montage d’un métier consiste donc à combiner les cordons longs avec les cordons courts en vue de produire une contexture déterminée. Cette combinaison des courts et des longs est dite embrevage ou encordage. Dans un tel montage il faut veiller à ne pas faire communiquer le cordon court et le long d’une même lame à une même marche; ces cordons produisant des effets inverses rendrait le système immobile.
- Marchement. — Le marchement, marchage ou cadence est l’ordre dans lequel les marches sont foulées.
- Pour permettre le réglage des différentes foules, les cordons sont assujettis aux marches par nœud coulant.
- Remarque. — Dans le métier à bras, lors de l’insertion de la trame, les laines sont ou levées ou baissées, aucune d’elles ne reste fixe; on produit ainsi une foule dite de lève et baisse ou double. ;, 7
- MOUVEMENT DE LA TRAME
- Disposition de la trame. — La trame à insérer dans les foules successives est renvidée par couches coniques sur un tube en carton, en bois, ou en fer blanc et forme ainsi une cannelle ou épenle {fig. 15).
- Pour le tissage cette cannette est logée dans une navette.
- Navette. — La navette est un organe indépendant, en bois ou en fer, affectant la forme d’un parallélipipède évidé, de forme allongée et appointé à ses extrémités et a pour but de protéger la cannette de trame, tout en facilitant son déroulement. On distingue deux genres de navettes : 1° Les navettes à dérouler ; 2° les navettes à défiler.
- Dans le 1er genre (fig. 16), la trame en se dévidant fait tourner la cannette qui est placée sur une petite broche dans le logement de la navette.
- Dans les navettes à défiler Qig. 17), la canette est fixée sur une plume ou pointicelle et se dévide sans tourner, en tirant le fil à la pointe de la cannette.
- Le dévidage de la trame est facilité par son passage dans un trou ou œil en porcelaine placé dans le fond ou dans l’une des parois latérales de la navette. Dans ce dernier cas, l’œil de la navette doit toujours se trouver du côté de l’ouvrier pendant le tissage.
- Dans les métiers larges la navette est montée sur roulettes, elle est dite alors navette volante (fig. 18),
- La duite qu’abandonne la navette à chaque passage dans la foule est ramenée contre le tissu formé à l’aide du peigne monté dans la chasse.
- Les mouvements de la trame comportent donc :
- A. — Mouvement de la navette. — B. Mouvement de la chasse.
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- A. — MOUVEMENT DE LA NAVETTE.
- Dans beaucoup de métiers à tisser la navette est commandée à l’aide d’un mouvement spécial dit charivari (fig. 19), agissant sur la navette par l’intermédiaire de taquets. Cette disposition ne présente aucun intérêt, du reste, dans les métiers en petite largeur, la navette est simplement passée à la main.
- La trame est alternativement lancée dans la foule, de droite à gauche, puis de gauche à droite dans la foule suivante.
- B. — MOUVEMENT DE LA CHASSE.
- Peigne. -— Le peigne ou ros entre les dents duquel sont passés les fils de chaîne est formé par des lames métalliques dites dents ou broches de même longueur et parallèles entre elles (fig. '20). Ces dents sont maintenues à leur écartement à l’aide d’un fil poissé appelé liure ou mollier, s’enroulant sur deux baguettes demi-rondes dites jumelles (fig. 21). La grosseur du fil poissé varie avec l’écartement que doivent avoir les dents du peigne. Les ros ainsi construits sont dits poissés et sont surtout employés par suite de leur bas prix.
- Les peignes soudés sont plus rigides et plus résistants que les précédents, les dents sont soudés à l’étain sur des tiges métalliques tenant lieu de jumelles. Ces ros sont employés dans le tissage mécanique bien que moins faciles à réparer que les précédents; il est en effet plus simple de remplacer une dent à un peigne poissé qu’à un peigne soudé, car il suffit de ramollir la poix, fixant les broches à l’aide d’un fer chaud.
- Les dents sont généralement en laiton ou en acier. Vers leurs extrémités les peignes sont renforcés à l’aide de dents plus fortes appelées gardes.
- L’écartement entre les deux jumelles constitue la foule du ros et dépend de la finesse de la chaîne.
- La réduction ou compte d’un peigne indique le nombre de broches à l’unité de mesure, soit au décimètre, soit au pouce.
- Le peigne a pour mission, tout en chassant les duites contre le tissu formé, de maintenir les fils régulièrement répartis, à un écartement constant. Le passage des fils au ros est appelé piquage, embrochage ou empeignage et selon que l’on passe 1, 2, 3 fils entre deux dents consécutives, le piquage est dit par 1, 2, 3 fils en broche.
- Le ros est placé verticalement dans un cadre appelé battant ou chasse. La partie inférieure du battant porte le nom de masse ou sommier, la partie supérieure dite cape ou couvercle de chasse est mobile pour permettre le placement du ros. Cette chasse est fixée entre deux montants verticaux appelés épées de chasse oscillant autour d’un axe placé à la partie supérieure du bâti.
- Lors de l’insertion d’une duite, l’ouvrier repousse le battant avec la main placée sur le couvercle de chasse, les fils baissés reposant alors sur la masse du battant.
- Apiès avoir passé la navette dans la foule, il attire le battant contre la partie de l’étoffe déjà produite et amène ainsi la nouvelle duite parallèlement et contre les précédentes.
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- Fonctionnement. — L’ouvrier à six mouvements à produire :
- 1° Formation de la foule. — 2° Insertion de la trame. — 3° Oscillation du ros. — 4° Maintien du tissu à largeur. — 5° Appel du tissu formé. — 6° Déroulement de la chaîne.
- Ces divers mouvements s’exécutent alternativement. En agissant sur une marche, la chaîne est partagée en deux feuillets de façon à former la foule. La navette est alors passée à la main dans celte foule en dévidant une duite et après avoir repoussé le peigne en arrière. La duite une fois insérée est ramenée contre les précédentes à l’aide d’un coup de peigne. On recommence alors la même série d’opérations mais en produisant une foule différente de la première.
- Tous ces mouvements sont produits par l’ouvrier, seul le déroulement de la chaîne se fait passivement.
- Le tissage est dit à pas ouvert lorsque le peigne frappe la duite avant la fermeture de la foule dans le cas contraire, il est dit à pas fermé ou clos.
- En descendant du métier, le tissu forme une pièce de largeur constante, sensiblement égale à celle que possède la chaîne à son passage au ros, la longueur étant quelconque et dépendant de celle qu’avait la chaîne ; généralement les différentes duites sont constituées par un fil unique.
- La différence entre la largeur de la chaîne au ros et celle du tissu descendu constitue le retrait en largeur. Cette quantité varie avec la grosseur des fils employés, leur torsion, le degré d’humidité de la trame utilisée, etc.
- La pratique seule indique la largeur au ros convenable pour obtenir une largeur ou laize donnée.
- Lisières. — Les lisières sont des bandes étroites disposées de chaque coté de l’étoffe et composées ordinairement de fils plus gros, ou plus serrés, ou de couleurs differentes que ceux de la chaîne proprement dite. Pour ses insertions successives, la trame opère ses retours contre les fils extrêmes de chaque lisière. C’est pour cette raison que les fils des lisières sont généralement plus fort que ceux du fond.
- Dans nombre de maisons de fabrication les lisières étant déposées servent de marque de fabrique.
- Chefs. — Comme les lisières, les chefs servent parfois de marque de fabrique. On appelle chefs des petits filets ou bandes de couleurs, produits par la trame, que l’on tisse au commencement et à la fin de chaque pièce ou de chaque coupe pour en marquer les extrémités.
- Apprêts. — Les pièces de tissu subissent toute une série d’opérations dites apprêts variant avec le textile composant et suivant l’usage auquel on les destine.
- Les tissus se fabriquent sous deux états :
- 1° Les tissés écrus. — 2° Les tissés teints.
- Les tissés écrus possédant la couleur natulelle du textile employé peuvent être destinés soit au blanchiment, soit à l’impression, soit à la teinture en pièces.
- Les tissés teints ou nouveautés sont formés par des fils de couleurs.
- Dans l’un ou l’autre cas le tissage est identique.
- On produit également des tissus en combinant en chaîne et en trame des matières textiles différentes.
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- 3° ÉTUDE DES CONTEXTURES.
- L’étude des contextures autrement dit l’élude des modes de croisements de fils formant les tissus est très complexe et ne peut être traitée dans le cadre de ce travail que d’une façon superficielle, cependant nous traiterons d’une façon suffisamment détaillée les armures fondamentales et celles qui en dérivent, ainsi (pie toutes les principales variétés d’articles présentant un certain intérêt.
- ARMURES FONDAMENTALES
- Les armures fondamentales servant de base à l’élude du lissage sont au nombre de trois’ 1° La Toile. — 2° Le Sergé. — 3° Le Satin.
- 1° Toile,
- L’armure toile est encore connue sous le nom de taffetas, uni, lisse, drap. C’est à la fois le mode d’entrelacement le plus simple et le plus employé.
- Pour obtenir celte armure, on partage la. chaîne en 2 feuillets égaux, par fils impairs et fils pairs; on fait lever et baisser alternativement ces 2 feuillets et on insère successivement la trame dans chacune des foules ainsi produite.
- Par suite de ce mode de travail, chacun des fils passe alternativement sur une duite et sous la suivante.
- En supposant les fils et les duiles légèrement écartés, l’armure toile peut se représenter comme l’indique la figure 22. Les lignes verticales y représentent les fils et les lignes horizontales les duites.
- Par convention, les fils se numérotent de la gauche vers la droite et les duites de bas en haut.
- En considérant la figure 22, on remarque que la duite numérotée 1 passe sous le 1er fil, sur le second, sous le troisième, sur le quatrième, etc., c’est-à-dire sous tous les fils impairs et sur tous les fils pairs.
- La seconde duite travaille à l’inverse, c’est-à-dire passe sur les fils impairs et sous les fils pairs. La troisième duite passe sous les fils impairs et sur les fils pairs, etc...
- On peut donc, par des dessins modelés analogues à la figure 22, représenter graphiquement des armures quelconques.
- En pratique, ce mode de représentation devient insuffisant. On a recours alors à une méthode à la fois plus expéditive et plus simple connue sous le nom de mise en carte.
- Ce procédé, suppose tous les fils tangents, ce qui permet de les figurer par des interlignes verticaux (fig. 23). De même les duites sont représentées par des interlignes horizontaux (fig. 24). La superposition de ces deux systèmes d’interlignes fournit un quadrillage (fig. 25).
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- Convention. — Pour figurer une armure sur du papier ainsi quadrillé, on est convenu de remplir le carreau correspondant à la levée des fils au passage de la duite.
- En conséquence, les carreaux remplis sur la fig. 26 indiquent que les fils 4 et 5 sont levés au passage de la 3e duite.
- Par suite de ces diverses conventions, l’armure toile peut se représenter comme sur la fig. 27.
- Au 1er interligne horizontal, c’est-à-dire à la première duite, les fils impairs étant levés, on remplit les carreaux impairs correspondants : 1, 3, 5. Au 2e interligne horizontal, c’est-à-dire à la 2e duite, on remplit ou pointe les carreaux de rang pair 2, 4, 6, en continuant ainsi-, à la 3e duite on fait lever tous les fils impairs, à la 4e tous les fils pairs, etc...
- Le pointé d’une mise en carte est l’opération qui consiste à remplir les carreaux correspondant à la levée des fils.
- Mise en carte. — La mise en carte ou simplement carte est donc la représentation graphique d’une armure sur du papier quadrillé. 2.2.
- Si l’on considère la mise en carte de la toile (fig. 771), on remarque : 1° Que tous les interlignes verticaux impairs ou fils impairs sont semblables ; il en est de même de tous les interlignes verticaux pairs ou fils pairs. — 2° Que tous les interlignes horizontaux impairs ou duites impaires sont identiques et qu’il en est de même des duites paires.
- En conséquence la mise en carte de la toile peut être réduite à 2 interlignes verticaux ou 2 fils et à 2 interlignes horizontaux ou 2 duites. On détermine ainsi le rapport d’armure de la toile qui est de 2 fils et de 2 duites (fig. 28).
- Lecture de la mise en carte. — Dans une mise en carte, un fil pointé est dit pris, il est dit laissé dans le cas contraire. Par suite du numérotage des fils et des duites, la Induite de la figure 28 sera 1 pris, 1 laissé ; la seconde duite 1 laissé, 1 pris.
- Rhythme. — Le rhythme d’une armure est l’énoncé du pointé de la lre duite du rapport d’armure. Ainsi, le rhythme de la toile est un pris, l laissé.
- Le système de mise en carte examiné et dans lequel les fils et les duites sont indiqués par des interlignes est dit méplat.
- Dans le système linéaire, beaucoup moins employé, les fils et les duites sont rendus par de simples traits perpendiculaires, les traits horizontaux figurant les duites, les traits verticaux les fils. On indique le passage des fils sur les duites par de petites croix placées à leur intersection.
- L’armure toile se représente alors comme sur la (fig. 29).
- La toile est un tissu sans envers, puisque à chaque duite la moitié de la chaîne lève en opposition avec l’autre moitié qui baisse.
- La (fig. 30) représente Je profil de la toile, en supposant une coupe dans le sens de la chaîne. Dans ce cas, les duites sont figurées par les points et les fils par les lignes sinueuses.
- Les points 2, 4, 6... où le fil 1 passe .sur la trame, constituent les points de liage. Ces derniers sont donc déterminés par la superposition de la chaîne sur la trame.
- Les points tels que a, b,c... où se croisent les fils sont dits points d’envergure.
- Les diverses variétés de toile sont obtenues par des modifications dans la quantité des fils en chaîne et en trame, dans leur grosseur, leur tension, etc...
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- Compte. — Le nombre de fils d’un tissu contenu dans l’unité de mesure constitue le compte ; le nombre de duites correspondant est dit duitage ou réduction. Comme unité de mesure on adopte soit le centimètre, soit le quart de pouce.
- Papier de mise en carte. — Dans le commerce on trouve bien des variétés de papier de mise en carte. Généralement pour les armures simples on emploie le papier à réduction carrée, c’est-à-dire dans lequel les interlignes horizontaux et verticaux sont égaux entre eux.
- Les papiers de mise en carte présentent deux séries de traits, les plus fins déterminent entre eux les carrés élémentaires et tous les 5, 6, 8, 10, ces traits sont plus accentués et forment ainsi des carrés plus grands (fig. 31).
- L’ensemble de cinq de ces grands carrés est indiqué en marge par le prolongement du trait correspondant.
- Ces diverses divisions du papier de mise en carte ont pour but de faciliter la lecture de la carte.
- L’apprêt gommé que reçoit ce papier permet d'effacer au besoin les couleurs qu’on y appose à l’aide d’un linge humide ou d’une éponge.
- Les divers papiers de mise en carte se désignent par les nombres de carrés élémentaires qu’ils comportent entre deux traits accentués consécutifs ; il est dit /8 en/©dans le cas de la (fig. 31). Du papier fi en 12 par exemple comptera fi fils et 12 duites par carré.
- Pointé. — Le pointé d’une armure sur le papier de mise en carte se fait à l’aide d’un pinceau. Comme couleur, on se sert généralement du rouge vermillon (cyanure de plomb)’ parfois du vert. Lorsque la carte exige plusieurs couleurs, on emploie le bleu et le jaune.
- Sur une mise en carte, à moins d’indication contraire, la couleur représente l'effet de chaîne, le blanc du papier indiquant l'effet de trame, c’est-à-dire le passage de la trame sur la chaîne. Dans certains dessins les effets de trame sont rapportés soit au blanc d’argent, soit à l’encre noire.
- Principes de construction. — Dans l’étendue de leur rapport, les armures fondamentales ne comportent qu’un seul point de liage par fil et par duite, ces points de liage étant disposés régulièrement les uns par rapport aux autres.
- A chacune des armures fondamentales correspond un mode spécial de dissémination de ces points de liage. Dans la toile, les deux points de liage du rapport d’armure se trouvent disposés en quinconce.
- De ce qui vient d’être dit, découlent les principes suivants :
- 1° Dans les armures fondamentales, le rapport en chaine est toujours égal au rapport en trame.
- En effet, si le nombre des fils n’était pas égal à celui des duites, certain de cos éléments porterait plus d’un point de liage, ce qui est contraire à la définition.
- Pour être assujettis au tissu, tous les éléments, chaîne ou trame, doivent au moins porter un point de liage dans l’étendue du rapport.
- 2° Dans les armures fondamentales, une duite quelconque est semblable à la précédente reculée ou décochée d’un ou plusieurs rangs vers la droite ou vers la gauche.
- En effet, les points de liage devant être placés uniformément, les uns par rapport aux autres pour passer d’un liage à celui de la duite suivante, on recule toujours suivant un même nombre.
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- Ce nombre constant de fils suivant lequel sont placés les différents points de liage est dit decochement.
- Décochement. — Le decochement est donc la gradation suivant laquelle les fils sont pointés à chaque duite.
- Dans l’armure toile, la 2e duite étant semblable à la première reculée d’un fil, le décochement est donc de 1.
- RENSEIGNEMENTS NÉCESSAIRES POUR LE TISSAGE D’UNE ARMURE
- Pour exécuter une armure quelconque sur le métier à tisser à la main, il est nécessaire de connaître :
- 1° Le nombre de lames. 2° Le nombre de marches. — 3° Le remettage. — 4° Le marchement. — 5° L’embrevage. •— 6° Le piquage au ros. —- 7° L’encroix de la chaîne.
- Principes. — Le nombre de lames et de marches nécessaires pour exécuter une armure quelconque sont déterminés par les deux principes suivants :
- 1. — Le nombre minimum de lames nécessaires pour exécuter une armure, est toujours égal au nombre des /ils travaillant différemment dans le rapport d’armure.
- IL — Le nombre minimum de marches nécessaires pour exécuter une armure est toujours égal au nombre des duites travaillant différemment dans le rapport d’armure.
- Notations. — Les lames se représentent par des traits horizontaux placés sous la mise en carte, ainsi que l’indique la figure 32.
- Les marches sont figurées par des traits perpendiculaires aux premiers et placés à droite de de la mise en carte (fig. 33).
- Les lames se numérotent du haut en bas, c’est-à-dire d’arrière en avant, la lre lame étant la plus éloignée de l’ouvrier, (fig. 3^.
- Les marches de Nos impairs sont à droite, les Nos pairs à gauche. Ces marches sont foulées dans l’ordre de leurs numéros, par chacun des pieds alternativement.
- Le passage des fils dans les lames ou remettage est figuré à l’aide de traits de projection partant des fils pour aboutir aux lames dans lesquelles on désire les rentrer, on indique alors ces passages par des points (fig. 35).
- La configuration graphique de l’embrevage, c’est-à-dire la disposition des cordons longs et des cordons courts se figure sur les marches. On est convenu d'indiquer le cordon court par une petite croix placée à l’intersection de la marche avec la lame que l’on désire faire lever. Le cordon long s’indique par un point placé à l'intersection de la marche avec la lame que l’on désire faire baisser. Bien souvent les cordons longs ne se figurent pas ; on se contente de représenter simplement les courts, les cordons non figurés étant alors des longs.
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- Le montage de la marche (fig. 36) se fera donc comme il est indiqué sur la figure 37.
- Le piquage au ros s’indique par un petit trait horizontal placé sous la mise en carte en joignant les fils que l’on veut passer dans la même broche.
- La figure 38 indique un piquage au ros par 2 fils en dent.
- Parfois, on se contente d’écrire sous la mise en carte le nombre de fils en broches.
- A part quelques genres courants, il n’y a pas de règle fixe déterminant le nombre de fils à mettre en broche, généralement ce nombre est un sous multiple ou égal au rapport en chaîne de l’armure à exécuter. Cet empeignage est aussi fonction du nombre de fils à l’unité de mesure que comporte l’étoffe.
- Dans certains cas spéciaux les dents ont des nombres de fils différents : ainsi un piquage de 2 et 3 indique 2 fils dans une dent et 3 dans la suivante.
- L’eucroix de la chaîne peut se faire sur 2, 3 ou 4 vergettes.
- Avec 2 vergettes, on croise simplement les fils, la 1revergette passant sur tous les fils impairs et sous tous les fils pairs, la seconde travaillant à l’inverse, passe sur les fils pairs et sous les fils impairs, ainsi que le montre la figure 39.
- Dans le cas où l’on exécute la toile par 2 fils en broche, pour éviter les voies ou traces du ros'les fils sont croisés 2 par 2 et séparés dans le ros (fig. 40). Lorsque l’on emploie 3 vergettes, l’eucroix est simple sur les verges extrêmes et double sur celle du millieu (fig il). Avec 4 verges, l'encroix est simple sur la 1re et double sur les suivantes (fig. 42).
- MONTAGE DE LA TOILE
- D’après ce qui précède la toile ayant un rapport d'armure de 2 fils et de 2 duitès exigera pour son montage 2 lames et 2 marches.
- Le fil 1 du rapport d’armure sera rentré dans la 1re lame (fig. i3) et le fil 2 dans la seconde lame. La première lame porte donc tous les fils correspondants à 1, c'est-à-dire tous les fils impairs et la seconde tous les fils pairs.
- Sur cette figure, la marche 1 doit produire la lre duite, elle doit donc faire lever le fil 1 et baisser le fil 2 ; il faut par suite que cette marche fasse lever la lame 1 et baisser la seconde on indique alors un cordon court ou X à la 1IC lame et cordon long à la seconde.
- De même la seconde marche devant produire la 2e duite, devra faire baisser la lie lame et lever la seconde, d’où cordon court à cette dernière lame.
- En appuyant ensuite alternativement sur les marches 1 et 2 et en insérant une duite dans chacune des foules ainsi produite, il est évident que l’on produira l’armure toile.
- Remarque. — Le montage d’une armure quelconque peut toujours se faire sur un nombre de lames supérieur au nombre minimum exigé.
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- Dans la pratique on opère généralement avec un nombre de lames multiple du minimum exigé de façon à les charger toutes également.
- Les figures 44 et 45 indiquent respectivement le montage de la toile sur des nombres de lames multiples du minimum exigé.
- Les montages sur un nombre de lames supérieur au minimum exigé ont surtout pour but de déserrer les lisses sur chacune d’elle et d’éviter ainsi les. tenus, c’est-à-dire l’entraînement d’un fil par ses voisins.
- Dans le tissage mécanique, la toile s’exécute généralement avec 4 lames (fig. ^6). Le 1er fil est remis sur la lre lame, le 2e sur la 3e lame, le 3e fil sur la 2e lame et le 4e fil sur la 4e. De cette façon les fils impairs sont tous remis dans les 2 premières lames et les fils pairs dans les 2 dernières lames. Les lames 1 et 2 sont alors rendues solidaires, ainsi que les lames 3 et 4, chacun de ces 2 groupes ne forme plus pour ainsi dire qu’une seule lame.
- Noeud de tisserand. — Pendant le travail du tissage, si un fil vient à se rompre, on y remédie à l’aide du nœud de tisserand (fig. 47) en employant à cet effet du fil semblable à celui de la chaîne et dit renoue.
- Numérotages divers. — Le numérotage des lames indiqué précédemment est le plus généralement employé en France, seules les régions de Reims et d'Elbœuf les numérotent à l’inverse comme l’indique la figure 48, l’ouvrier étant supposé placé en 0. Les Anglais adoptent également ce dernier mode de numérotage.
- Les marches se numérotent aussi de diverses façons; la figure 49 indique le numérotage de Reims, également adopté en Angleterre.
- La figure 50 représente le numérotage de Lyon et Saint-Quentin.
- Le passage des fils dans les lames se figure parfois par de petites flèches (fig. 51)-.
- La figure 52 est un autre mode de représentation du piquage au roset indique 3 fils en broche.
- Mise en carte. — Les Anglais pointent généralement la mise en carte à l’inverse du mode que nous avons indiqué ; les carreaux pointés indiquent alors le passage de la trame sur fa chaîne.
- . 2 Sergé.
- Le sergé est une armure dans laquelle à chaque duite, un fil lève en opposition aux autres fds du rapport qui baissent, le décochement étant de 1. Cette définition s’applique aux sergés par effet de trame, sur la face d’endroit desquels la trame domine.
- Dans les sergés par effet de chaîne au contraire, à chaque duite, un fil baisse en opposition aux autres fils du rapport qui lèvent, le décochement étant toujours de 1.
- Ces armures, ayant leurs points de liage placés en diagonale présentent des effets obliques.
- L’effet oblique par effet de chaîne est dit nervure ou sillon, celui par trame est dit cordon ou croisure.
- Tous les nombres à partir de 3 fournissent des sergés, mais au-delà d’une certaine limite, les flottés étant trops longs ces armures ne peuvent être utilisées en fabrication.
- La figure 53 est le profil d'une duite d’un sergé de 6.
- Pour pointer ces armures on place généralement le 1er point de liage sur la lr0 case de
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- gauche de la 1re duite, de cette façon le sillon présente une diagonale complète partant de l’angle inférieur de gauche pour aboutir à l’angle supérieur de droite.
- Les figures 54 à 57 donnent les sergés de 3 et de 6 par l'effet de trame et par l'effet de chaîne, le terme numérique indiquant le rapport respectif de chacune de ces armures.
- Les tissus en sergé étant moins liés que ceux en toile éprouvent un plus fort retrait en largeur. A moins d’indication contraire on prend comme face d’endroit, celle ou la croisure monte de gauche à droite. Les deux faces d’un tel tissu sont différentes ; si la face d’endroit est par effet de trame, la face d’envers sera par effet de chaîne avec la croisure inclinée en sens inverse.
- MONTAGE D’UN SERGÉ
- Soit par exemple à exécuter le montage de l’armure figure 58, sergé de 4, effet de trame, dont le rapport est doublé en hauteur et en largeur.
- Après avoir tracé quelques lignes horizontales pour représenter les lames, on rentre le 1er fil dans la 1re lame, ce 1er fil considéré seul ayant toujours une évolution spéciale.
- Le second fil ayant une évolution différente du 1er exige une lame différente, on le rentre donc dans le 1er maillon de la 2e lame.
- Le 3e fil n’étant similaire ni an 1er, ni au 2e fil sera remis sur la 3e lame; pour la même raison le 4e fil sera rentré dans une lame indépendante ; les 5e, 6e, 7e, et 8e fils étant respectivement semblables aux 1er, 2e, 3e et 4e seront remis sur les lames correspondantes. L’armure considérée exige donc 4 lames puisqu’elle est formée par 4 fils travaillant différemment, ce qui vérifie le principe du nombre minimum de lames.
- Par suite de ce même principe, le sergé de 4 exigera 4 marches puisqu’il est formé par 4 duites travaillant différemment.
- La 1re marche devant produire la 1re duite doit provoquer la levée du 1er fil rentré dans la 1re lame, donc : cordon court sur la lre lame et cordons longs pour les trois autres.
- La 2e marche qui doit fournir la seconde duite doit faire lever le second fil soit la seconde lame, donc cordon court sur la seconde lame.
- Sur la 3e marche nous aurons un cordon court à la 3e lame pour faire lever la 3e lame à la 3e duite ; enfin, cordon court à la 4e lame sur la 4e marche pour produire la 4e duite.
- Les duites suivantes ne sont que la répétition du rapport d’armure et seront produites par les mêmes marches.
- On peut conclure que dans le montage des armures fondamentales le nombre minimum de lames et de marches est égal au rapport d'armure, car dans ces armures les fils et les duites du rapport ont des évolutions différentes les unes des autres.
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- La figure 59 représente le montage du sergé de 6 par effet de trame avec 6 lames et 6 marches.
- La figure 61 représente le montage du sergé de 6 par effet de chaîne. Cette armure serait dure à tisser car à chaque duite il faut faire lever 5 lames. En pratique on la tisserait envers en dessus en exécutant l’armure inverse.
- Les divers sergés peuvent également s’exécuter sur un nombre de lames supérieur au minimum, la fig. 60 indique le montage du sergé de 4 effet de trame sur 8 lames.
- Lisières. — Dans le lissage des sergés comme dans la plupart des armures, les lisières sont d’une armure différente à celle du fond. A cet effet, les fils des lisières sont rentrés dans des lamettes ne portant que des lisses vers leurs extrémités. Les lamettes se placent généralement après la dernière lame de l’équipage.
- La figure 62 représente le montage d’une lisière toile sur sergé de 4 effet de trame.
- EFFET DE LA TORSION DES FILS ?
- La torsion des fils composants exerce sur l’aspect d’un tissu à croisures, tel qu’un sergé, une influence considérable. On a remarqué que la croisure du Cachemire d’Ecosse par exemple, est nette et fournie lorsque P obliquité des nervures est opposée à la direction des spires formées par la torsion des fils.
- Les fils peuvent recevoir 2 torsions différentes qui portent le nom de tors droit ou direct et tors gauche ou inverse.
- On donne le nom de tors droit à un fil dont la torsion a été opérée de droite à gauche, comme cela a lieu généralement pour les fils simples ; dans ce cas les spires du fil vont de gauche à droite (fig. 63). La torsion gauche au contraire s’opère de gauche à droite et les spires vont de droite à gauche (fig. 6'i).
- Dans un fil retors la seconde torsion se donne toujours en sens inverse de la première (fig. 65).
- Pour déterminer la torsion d’un fil on le tend horizontalement entre le pouce et l’index de chaque main distantes de quelques centimètres. On le roule alors entre les deux doigts de la main droite, d’abord de dehors en dedans, puis de dedans en dehors. Si dans le Ie' cas le fil se tord et dans le second se détord, ce fil est à lors droit, dans le cas contraire il est à tors inverse.
- Dans un tissu pour que le sens de la torsion des fils de chaîne et de trame soit inverse de celle de la croisure, il faut que ces torsions soient inverses l’une de l’autre. L’examen de la figure 66 permet de vérifier celle remarque. Si A B est la direction oblique de la croisure, les spires de la chaîne et de la trame devront être inclinées suivant A’ B’, ainsi que l’indique la figure en exigeant par suite des tors différents.
- Un tissu fabriqué dans ces conditions est dit lissé sur son tors; il est dil tissé à contre-tors ou sur le détors lorsque la direction des spires des fils est identique à la direction de la croisure.
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- L’influence des tors sur l’aspect des tissus à croisures est attribuée tout d’abord à un jeu de lumière puis à ce que la trame, après son insertion tend à s’ouvrir dans le sens opposé à sa torsion et par suite dans le sens même de la croisure.
- Ces principes de torsion sont journellement mis en pratique dans la fabrication des tissus.
- 3° Satins.
- Le satin est une armure dans laquelle à chaque duite un fil lève en opposition aux autres fils du rapport qui baissent, le décochement étant sauté. Cette définition s’applique aux satins par effet de trame.
- Dans les ‘satins par effet de chaîné on fait au contraire baisser un fil en opposition aux autres fils du rapport qui lèvent, le décochement étant toujours sauté.
- Par suite de cette dissémination des points de liage, dans les tissus en satin on évite les côtes ou cordons si accentués dans les sergés et on obtient ainsi un tissu mieux couvert.
- Si dans le rapport d’armure tous les points sont placés de la même façon les uns par rapport aux autres, en observant un décochement unique, le salin est dit Régulier, dans le cas contraire il est dit irrégulier.
- On distingue donc 2 genres de satins :
- 1° les Satins réguliers. — 2° les Salins irréguliers.
- Les satins réguliers sont de beaucoup les plus employés, l’aspect du tissu qu’ils fournissent étant plus agréable à l’œil par suite de la disposition plus harmonique des points de liage.
- Les 2 faces d’un tel tissu sont différentes ; l’une des faces étant par effet de trame, la face opposée sera par effet de chaîne, c’est-à-dire inverse de la lre.
- Satins réguliers. — La figure 67 représente un salin régulier de 8 par effet de trame. On remarque dans celte armure que le décochement est toujours de 3 fils à chaque duite. Dans le pointé de l’armure (fig. 67) l’opération qui consiste à passer du point de liage de la 3e duite à celui de la 4e; de celui de la 6e duite à la 7e, etc., est dite rentrée dans le rapport.
- Par ce pointé on comprend que le décochement est toujours un nombre inférieur au module.
- La figure 68 représente le satin régulier de 5 par effet de trame et la figure 69 le même satin par effet de chaîne c’est-à-dire pointé à l’inverse.
- Les cartes (fig. 70 et fig. 71) qui représentent toutes deux du satin de 8 décochement de 3 n’ont pas le même point de départ; à la lre duite de l’une c’est le fil 1 qui lève et à celle de l’autre c’est le fil 5, cependant ces deux armures sont identiques.
- En pratique on a l’habitude comme dans l’armure (fig. 70) de toujc ; commencer a pointer la case 1.
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- Règle générale. — Pour qu’un satin soit régulier, il faut et il suffit que son décochement soit un nombre premier avec le rapport d’armure.
- Supposons à titre d’exemple qu’il s’agisse de pointer le salin de 5.
- D’après la règle ci-dessus il faut prendre comme décochements les nombres premiers inférieurs à 5. Ces nombres sont: 1, 2, 3, 4.
- Les nombres 1 et 4 c’est-à-dire l'unité et le nombre immédiatement inférieur au rapport considéré fournissent des sergés, il ne reste donc que les décochements 2 et 3 qui donnent des satins ainsi que le montrent les armures figure 72 et figure 73.
- En soierie le satin de 5 est connu sous le nom de satin de chine ou alcionne.
- Autre exemple :
- Supposons qu’il s’agisse d’établir les satins de 7.
- Les nombres inférieurs à 7 étant 1, 2, 3, 4, 5 et 6, les seuls à considérer en vertu des explications qui précèdent sont 2, 3, 4 et 5. On peut donc construire 4 satins de 7
- Les figures 7h à 77 donnent précisément le pointé de ces diverses armures de même rapport.
- En considérant le satin de 5 (fig. 72 et 73), on remarque qu’ils sont similaires malgré que leurs effets sont inclinés en sens inverses; de même parmi les satins de 7 (fig. 7h, 75, 76, 77), les armures 74 et 77 ou celles 75 et 76 dont les décochements sont complémentaires 2 à 2, leur somme étant égale au rapport d’armure, fournissent 4 armures dites complémentaires ne différant simplement que par leurs croisures inclinées en sens inverse.
- Dans la recherche des décochements à employer pour le pointé d’un satin il est par suite absolument inutile de pousser au-delà de la moitié du rapport d’armure puisque d'après ce que nous venons de dire on obtiendrait les mêmes armures inclinées en sens inverse.
- Le tableau suivant donne tous les décochements inférieurs à la moitié du rapport correspondants à un certain nombre de satins.
- TABLEAU DES DÉCOCHEMENTS
- RAPPORT d’Armure DÉCOCHEMENTS A EMPLOYER RAPPORT d’Armure DÉCOCHEMENTS A EMPLOYER
- 5 7 8 9 10 11 12 13 14 15 2 2 3 3 2 4 3 2 3 4 5 5 2 3 4 5 6 3 5 2 4 7 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 3 5 - 7 2 3 4 5 6 7 8 5 7 2345678 9 3 7 9 2 4 5 8 10 3 5 7 9 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 5 7 11 2 3 4 6 7 8 9 11 12
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- Satins carrés. — Parmi les satins réguliers on distingue toute une série d’armures dite salins carrés dans lesquelles on peut insérer un carré entre 4 points consécutifs quelconques ainsi que l’indique la figure 78 ci-contre.
- Pour qu’un satin remplisse ces conditions il faut que son rapport d’armure soit égale à la somme des carrés de 2 nombres premiers entre eux.
- 5 .... . 12 + 22
- 10 12 + 32
- 17 12 + 42
- 26 12 + 52
- 37 12 + 62
- 50 p + 72
- 65 12 + 82
- 13 .... . 22 + 32
- 29 22 + 52
- 53 ' 22 + 72
- 85 22 + 92
- 25 32 + 42
- 34 32 + 52
- 58 32 + 72
- etc... etc..
- fournissent des rapports d’armure de satins carrés.
- La marche du pointé à suivre s’obtient en prenant la racine carrée des nombres qui ont servi à composer le rapport d’armure.
- Ainsi le satin carré de 5 sera pointé en décochant de 1 fil et 2 duites ou inversement 1 duite et 2 fils. » 10 » 1 » 3 » 1 » 3 » 13 » 2 » 3 » 2 » 3
- Il y a donc toujours 2 solutions pour chaque rapport que l’on considère.
- Tout autre décochement que ceux indiqués peut fournir des solutions satinées mais ne remplissant pas les conditions de symétrie recherchées.
- Les satins carrés, par suite de la parfaite dissémination de leurs points de liage, sont très employés dans la construction des armures-dessins.
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- SATINS IRRÉGULIERS
- Tandis que les satins réguliers résultent de la disposition régulière des points de liage, les satins irréguliers au contraire sont obtenus en disséminant irrégulièrement et d’une façon arbitraire ces points.
- La figure 79 figure le pointé d’un satin irrégulier de 8
- Les figures 80 et 81 — — 10
- Les — 82 et 83 — — 12
- La figure 8^ — — 16
- Dans toutes ces armures très employées, les points de liage, comme on peut le voir
- décochent irrégulièrement.
- Tous les nombres depuis 4 peuvent former des satins réguliers ; seuls les nombres 4 et 6, qui n’admettent pas comme décochements des nombres premiers, font exception et constituent alors des satins irréguliers qui ne peuvent absolument s’établir que par des procédés empiriques.
- Tandis que les satins de 8, 10,12, etc., se pointent régulièrement ou irrégulièrement d’après ce que nous venons d'indiquer, ceux de 4 et 6 ne peuvent jamais au contraire constituer que des satins irréguliers ; ce sont à vrai dire les seuls satins irréguliers.
- POINTAGE DES SATINS DE 4 & 6.
- 1° Satin de 4. — Quel que soit le point de départ le satin de 4 n’a qu’un pointé. Il est obtenu en intervertissant les 2 dernières duites au sergé de 4 (fig 85).
- Cette armure est encore connue sous le nom de Doua Maria, Algérienne, Satin Turc, Satin Grec.
- A la lre duite le 1er fil lève
- — 2e — 2e —
- — 3e — 4e —
- — 4e _ 3e _
- 2° Satin de 6. — Le satin de 6 se pointe de 2 façons.
- 1er Pointé. — On pointe le satin de E'sur les 5 premiers fils et 5 premières duites, puis on ajoute un liage sur le 6e fil à la 6e duite. Selon le décochement du satin de 5 employé on obtient l’une des armures fig. 86 ou fig. 87. Eu comparant ces 2 mises en carte on remarque : 1° que la seconde n’est que la complémentaire de la 1re à laquelle on aurait fait faire 1/4 de tour, 2° que les liages des premières et dernières duites sont contigus, par suite le tissu produit ne saline pas très bien (fig. 88).
- 2e Pointé. — Avec ce pointé (fig. 89), on supprime l’irrégularité des armures précédentes. Cette armure est obtenue en transposant les deux dernières duites du pointé (fig. 86). L’armure ainsi produite est connue sous le nom de Satin à la Reine.
- A chaque duite les fils se trouvent pointés dans l’ordre :
- 1, 3, 5, 2, 6, 4.
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- MONTAGE D’UN SATIN
- Le nombre de laines et de marches ainsi que l’embrevage se déterminent d’après les principes qui ont été exposés pour les armures précédentes.
- La figure 90 représente le montage du salin de 8 par effet de trame.
- Dans le piquage au ros, il faut éviter que le nombre de fils en broche soit égal au deco-chement employé, car les voies de ros déterminent alors un effet contrariant celui de l’armure.
- La figure 91 représente la mise en carte linéaire d’un salin de 8 avec un embrochage de 3 fils donnant naissance à un sillon diagonal suivant le pointillé.
- DECOMPOSITION DES TISSUS
- La décomposition est une opération qui permet de rechercher et noter la contexture d’un tissu afin d’établir tous les renseignements nécessaires à sa reproduction. Ce travail se fait d’autant plus facilement que l’étoffe à examiner est faite avec des matières de gros numéros, à forte torsion, à compte clair, qu’elle est simple et non feutrée.
- Il n’y a pas de règles absolues pour faire ce genre d'étude, nous estimons qu’il faut être très minutieux, méthodique, observateur et surtout avoir beaucoup de patience.
- En se guidant sur les indications que nous allons donner on peut arriver très rapidement à d’excellents résultats.
- 1° DÉTERMINATION DE LA FACE D’ENDROIT.
- Avant de décomposer un échantillon de tissu on doit l’examiner très attentivement de façon à déterminer sa face d’endroit. Avec un peu de pratique et de discernement on y arrive très rapidement, mais si l’on est peu expert en la matière on s’aidera des considérations suivantes :
- 1° On prend généralement comme face d’endroit le côté du tissu qui a l’aspect le plus flatteur, autrement dit celui qui plaît le mieux à l’œil.
- 2° S’il s’agit d’un tissu à croisur.es comme par exemple un batavia ou un sergé, on prend pour face d’endroit, celle où l’effet oblique est incliné de la gauche vers la droite.
- 3° Si l’on a un tissu à grains comme la toile, le salin, le granité on considère comme endroit la face qui a été apprêtée, en un mol, celle qui plaît le mieux.
- 4° De même, on conçoit aisément que l’endroit d’un tissu imprimé est le côté qui a reçu l’impression.
- 5° Nous ajouterons enfin que, dans bien des cas, le goût permet de discerner immédiatement l’endroit de l’envers d’une étoffe.
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- 2° DÉTERMINATION DU SENS DE LA CHAINE ET DE LA TRAME.
- La face d’endroit étant déterminée on recherche qu’elle est la direction de la chaîne et celle de la trame ; pour cela il suffit de savoir que quand le morceau de tissu considéré est de forme rectangulaire la plus grande dimension indique généralement la trame, cette habitude que l’on a de couper ainsi les échantillons n’est pas sans exception. Si l’échantillon porte un bout de lisière si faible soit-il, on en déduit immédiatement la direction des fils de chaîne puisque la lisière lui est parallèle.
- Mais si la lisière manque il faut alors avoir recours à toute une série de considérations basées sur les procédés même du tissage et des défauts qu’ils peuvent occasionner.
- Ainsi : 1° Dans le travail du métier à tisser, la chaîne est tendue et afin de mieux résister aux efforts de traction et de glissement auxquels elle est soumise, on l’enduit d’un parement ou un encollage. Si donc l’échantillon donné est écru, les fils de chaîne étant encollés seront reconnaissables à leur aspect plus lisse que la trame qui paraît au contraire duveteuse.
- 2° Par suite de la plus forte tension de la chaîne, dans le tissu les fils de chaîne conservent une direction plus rectiligne que les duites et d’autre part l’élasticité du tissu se trouve être moindre dans le sens de la chaîne que dans celui de la trame.
- 3° Les fils de chaîne fatiguant plus que la trame sont généralement plus résistants ; cette règle sans être générale est cependant confirmée si le textile le plus solide est un retors ou possède une plus forte torsion.
- 4° Le sens de la chaîne est encore indiqué par les voies ou traces du ros si le tissu est écru ; les dents laissent en effet un léger vide entre chaque groupe de fils empeignés ensemble. En tissant, si un fil vient à casser l’ouvrier le répare, le nœud qu’il fait dans ce but permet également de discerner la chaîne, et même si ce fil cassé n’a pas été réparé de suite, le défaut produit, dit fil couru, fournit une indication nouvelle.
- 5° Les fausses duites, quand il y en a donnent à leur tour le sens de la trame. D’autres indices tels que les éboulures de cannette ou insertion de plusieurs duites dans une même foule, les vrilles, etc, déterminent également ce sens.
- 6° Enfin lorsque dans un tissu l’un des systèmes de fils n’est pas régulièrement espacé et produit ainsi des feintes ou clairs, on peut affirmer qu’il forme la trame.
- 3° DÉCOUPAGE EN DROIT FIL.
- La face d’endroit ainsi que le sens de la chaîne ayant été reconnus, on procède alors au découpage en droit fil.
- Cette opération a surtout pour but de faciliter la suivante et consiste à couper tous les fils suivant une même duite. A cet effet, le morceau de tissu étant posé à plat, (endroit dessus), les fils dans le sens de la vue (fig. 92), à l’aide d’une pointe on enlève les dernières duites, c’est-à-dire les plu éloignées , la frange irrégulière a, b, ainsi produite (fig. 93), est coupée avec une paire de ciseaux, en suivant la dernière duite non irée (fig. 9b).
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- I c1
- 4° EFFILAGE OU FRANGEAGE.
- L’échantillon ayant été coupé en droit fil, on sort à nouveau plusieurs duites de façon à former une frange c. f. de 7 à 8 m/m . Par le découpage en droit fil, on obtient une frange bien régulière, dans laquelle tous les fils sont de même longueur, (fig. 95).
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- 5° REPÉRAGE DES FILS.
- Le pointage des duites successives doit se faire suivant un même fil dit de repère ou de départ, la lecture d’une duite se faisant de gauche à droite, ce 1er fil doit donc se trouver à gauche de l’échantillon.
- Comme ce 1er fil n’est pas soutenu il peut tomber et par suite faussé le pointé d’une mise en carte; pour éviter cet inconvénient et pour avoir un point de repère invariable, on coupe les 1ers fils ainsi que le montre la figure 96, de cette façon la décomposition part du 1er fil de la frange. Mais il est préférable ainsi que l’indique la figure 97 de retirer quelques fils de chaîne sur une largeur de 8 à 10 milimètres environ de façon à former une frange c. d.
- En coupant les 1ers fils de gauche de la frange il faut veiller à ce que le fil restant 1er ne soit pas entaillé, car ce fil en tombant ensuite serait encore une cause d’erreur.
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- 6° DÉTISSAGE ET POINTÉ.
- Le détissage a pour but de fournir le mode de croisement des 2 textiles et le pointé consiste à transporter cette contexture sur du papier quadrillé.
- L’analyse se fait à l’œil nu ou avec le secours d’une loupe et en s’aidant soit d’une longue aiguille, soit d’une petite pince d’horloger
- La lre duite de l’échantillon amenée délicatement dans la frange est lue de gauche à droite à partir du fil de repère; les fils couvrant la trame étant dits pris, et ceux sous cette duite étant dits laissés ou sautés. Afin d’éviter les erreurs de mémoire, cette lecture est notée au fur et à mesure sur du papier de mise en carte.
- Soit à déterminer la contexture d’un tissu dont la première duite a est amenée dans la frange (fig. 98), d’après ce qu’il vient d’être dit, on a :
- 1er fil pris. — 2e fil laissé. — 3e fil laissé. — 4e fil pris. — 5e fil pris. — 6e fil laissé. — 7e fil laissé. —- 8e fil pris. —- 9e fil pris. — ce que l’on énonce : 1 pris, 2 laissés. — 2 pris, 2 laissés. — 2 pris, etc.
- Cette duite est alors portée sur du papier quadrillé (fig. 102).
- Les alternatives de 2 pris et 2 laissés font supposer que le rapport en chaîne est de 4 fils. Il ne faut pas cependant formuler son jugement trop vite car on serait sujet à commettre de graves erreurs, les duites suivantes pouvant indiquer un rapport tout différent.
- La lre duite une fois notée est enlevée complètement.
- La duite suivante amenée dans la frange {fig. 99) est lue de la même façon, on trouve . 1er fil laissé. — 2e fil laissé. — 3e fil pris. — 4e fil pris. — 5e fil laissé, c’est-à-dire sur toute la duite:
- 2 laissés. — 2 pris.
- Cet énoncé est porté ensuite sur le papier quadrillé (fig. 103).
- I. st.
- =-
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- - 27 —
- Pour occuper une position analogue à celle occupée dans le tissu, sur la mise en carte cette seconde duite doit être pointée au-dessous de la précédente (fig. 103).
- Après avoir enlevé cette seconde duite on procède à la lecture de la suivante (fig. 100) puis on la pointe sous les deux duites déjà obtenues (fig. 10b). Par l’examen de ces trois duites, le rapport en chaîne de 4 fils déterminé dès la 1re duite se trouve affirmé, on prévoit même le pointé de la 4me duite, le mode de croisement des fils avec les duites faisant supposer que l’on a un tissu en batavia de 4, l’analyse de cette 4me duite (fig. 101), ne fait que confirmer cette supposition. La figure 105 donne alors le pointé des 4 duites retirées; en continuant l’opération de cette manière on trouve que la 5me duite est identique à la 1re, la 6mc semblable à la 2me, etc. Cette répétition dans l’ordre du croisement des fils, avec les duites permet d’assurer que le rapport en trame est de 4 duites.
- De cette opération on conclut donc que le tissu est formé par l’armure batavia de 4, comportant 4 fils et 4 duites au rapport d’armure.
- Dans le cas où le tissu a été garni par un tirage à poil, on facilite la lecture en passant la face garnie sur la flamme d’une bougie ou en la tondant à l’aide d’un rasoir. Quelquefois il est pour ainsi dire impossible de distinguer l’entrecroisement des fils ou d’enlever une seule duite sans la réduire en fragments.
- Dans de pareils cas l’expérience de la construction des tissus est le meilleur aide, car il faut deviner plutôt que disséquer la contexture de l’étoffe. Certains tissus sont tellement foulés qu’il est absolument impossible de retirer un fil soit de chaîne soit de trame sans le détruire.
- Remarque. — La détermination de la contexture d’un tissu est parfois plus facile en opérant par la trame, les duites étant par exemple moins serrées ou plus grosses.
- Dans ce cas la frange de décomposition étant formée par la trame on procède absolument de la même façon que par la chaîne.
- La mise en carte ainsi pointée (fig. 106) pour être ramenée dans le système conventionnel doit exécuter 1/4 de tour (fig. 107), de manière que les fils soient verticaux. Dans cette carte les carreaux pointés figurent l’effet de trame il est donc nécessaire de la transformer en pointant l’effet de chaîne, on a ainsi la carte exacte (fig. 108).
- 7° DÉTERMINATION DU MONTAGE.
- Le montage d’une armure comporte :
- A. — Le Remettage.
- B. — L’Embrevage.
- C. — Le Marche ment.
- D. — Le Piquage au peigne ou ros. ces divers renseignements se déduisent de la mise en carte ainsi qu’on l’a vu précédemment.
- Le batavia de 4 comportant 4 fils à évolutions différentes exigera 4 lames, de même les 4 duites du rapport d’armure étant dissemblables, il faudra 4 marches pour l’exécution de ce tissu.
- Quant au piquage au ros, les traces ou voies de ros peuvent seules l’indiquer. Ainsi qu’on
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- L
- OC
- le verra plus tard le nombre de fils en dent est surtout une question de pratique. Dans le cas particulier du batavia de 4, l’empeignage se fait par 3 fils en broche.
- La figure 109 représente le montage de l’armure trouvée, le rapport en chaîne se trouve répété 3 fois afin de correspondre avec l'empeignage.
- <S DÉTERMINATION DU COLORIS.
- Lorsque le tissu que l’on a à examiner est composé par des fils de chaîne ou des fils de trame de couleurs diverses il est nécessaire de déterminer en plus de ce qui précède :
- Soit le rapport d’ourdissage.
- Soit le rapport de tramage seul ou combiné au précédent.
- Le rapport d’ourdissage comporte l’ensemble des fils de même couleur ou de couleurs différentes exactement nécessaires pour former le dessin chaîne. Ce rapport se lit de gauche à droite, on dira : 3 rouges, 2 gris, 4 noirs, 6 blancs, etc., si l’on a commencé par les fils rouges et que les autres couleurs suivent.
- Le rapport de tramage se détermine d’une façon identique, mais en procédant sur les duites au lieu des fils de chaîne.
- Pour établir ces rapports on forme des franges, on compte les fils de chaque couleur et on note l’ordre suivant lequel ils sont placés.
- Ajoutons que dans certains tissus de couleurs à bandes longitudinales ou à carreaux il est quelquefois nécesaire, pour obtenir un certain résultat, de faire concorder le premier fil de l’armure avec tel ou tel fil de l’ourdissage et que d’autre part il faut savoir disposer convenablement les bandes d’ourdissage pour donner au tissu un aspect plus flatteur.
- Ainsi dans un ourdissage composé de 4 fils jaunes, 4 fils bleus, 10 rouges, 4 bleus, 4 rouges et 46 blancs par exemple, soit 72 fils, pour former une répétition si le nombre total des fils de la pièce est un multiple exact de cette répétition on aura avantage pour la beauté de l'étoffe à disposer l’ourdissage de la façon suivante :
- 23 blancs, 4 jaunes, 4 bleus, 10 rouges, 4 bleus, 4 rouges, 23 blancs, par suite le tissu portera 23 fils blancs contre chaque lisière et l’ourdissage sera symétrique.
- Si cependant le nombre de fils de la pièce n’était pas un multiple exact du rapport de répétition on devrait chercher à rendre l’effet symétrique le plus possible.
- ÉTUDE DU TISSU.
- L’étude d’un tissu comporte :
- D. — Détermination de la densité en fils.
- E. — Poids au mètre.
- F. — Retrait en largeur.
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- D. - DÉTERMINATION DE LA DENSITÉ EN FILS.
- La densité en fils d'un tissu s’exprime par le nombre de ses éléments contenus à l’unité de mesure. Comme unité de mesure on adopte le centimètre, le 1/4 de pouce, le pouce, etc.
- Le nombre de fils en chaîne est dit compte, celui des duites : réduction duitage, force ou point.
- Le compte et la réduction se déterminent à l’aide d’un petit instrument appelée compte-fils. (fig. 110). Le compte-fils se compose essentiellement d’une plaque percée d’un trou rectangulaire dont l’une des dimensions est 1 c/m et l’autre 1/4 de pouce (il existe des compte-fils dont les dimensions de la lumière sont respectivement de 1/2 centimètre et 1/8 de pouce, 1 centimètre au carré, 1/4 de pouce au carré, 2 centimètres et 1/2 pouce) vis-à-vis de cette plaque et parallèlement se trouve disposée une lentille grossissant de 4 à 5 fois.
- La plaque servant d’objectif est placée à plat sur l’étoffe, les côtés du trou rectangulaire étant respectivement parallèles aux fils et aux duites, il est, alors facile de compter ' ces derniers.
- Les 3 faces de cet appareil étant montées à charnières peuvent être rabattues les unes sur les autres après les observations.
- Dans le cas de tissus grossiers on emploie un calibre tel que celui représenté (figure 111) le verre grossissant étant inutile.
- Lorsque l’on veut obtenir le compte et le duitage avec une certaine approximation on opère sur plusieurs centimètres, 5 ou 6 par exemple. On se sert alors d’un double décimètre posé bien à plat sur l’étoffe et normalement à la chaîne si l’on veut déterminer le compte, ou normalement à la trame si l’on cherche le duitage. Si par exemple le tissu comporte 158 fils 158
- sur 5 c/m le compte sera de : —= = 31,6 fils.
- *
- -amger
- Quand les divers rapports d’armures sont apparents il est plus simple alors de compter par rapports au lieu de compter par fils ; on détermine ainsi le nombre de modules sur un certain nombre de centimètres. Ainsi un tissu de batavia de 4 avec 15 rapports d’armure sur 8 C/m sera en compte:
- 15 x 4 -T.
- —-— — /, lils au centimètre.
- 8
- Dans les tissus à bandes et à carreaux connaissant les rapports couleurs il est également facile de déterminer par le calcul le compte ou le duitage.
- E. - POIDS AU MÈTRE.
- Le poids au mètre d’un tissu quelconque s’exprime soit au mètre carré, soit au mètre courant si l’on connaît la largeur.
- Ainsi que l’on verra par la suite il est très facile de déterminer ces poids en fonction du
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- titrage des filés et de leur densité, ce calcul sert même de vérification des quantités trouvées précédemment. Généralement ce poids se détermine par celui de l’échantillon.
- Certaines romaines micrométriques possèdent une échelle spéciale, donnant par lecture directe le poids au mètre carré d’un tissu dont on suspend 5 centimètres carrés au crochet. Dans ce cas l’appareil comporte un gabarit de cette dimension et suivant lequel on coupe un morceau de l’échantillon que l’on porte à la romaine.
- Dans la plupart des cas on a recours à la balance de précision. Etant donné le poids (p) d’un échantillon de surface (s), il est facile par proportion de déterminer le poids de ce tissu au mètre.
- Pour faire la surface de l’échantillon il faut autant que possible le ramener à une forme géométrique plus facilement calculable et surtout éviter toute frange.
- Application. — L’échantillon porté à la balance accuse par exemple un poids de 7 gr. 259.
- La surface (s) de cet échantillon est égale à :
- 420 + 355 .
- --------- x 93 —
- 360 cm 375.
- 2
- donc 1 mètre carré de ce tissu pèsera :
- 7,259 x 10.000
- 360,375
- — 201 grammes. O
- F. — RETRAIT EN LARGEUR.
- Tous les tissus ont une largeur un peu inférieure à celle qu’ils possédaient à leur passage au ros. Cette différence constitue le retrait et varie avec la grosseur des fils, leur densité, leur état hygrométrique, leur plus ou moins de torsion, etc., il est donc difficile de prévoir exactement cette quantité. On admet de 3 à 10 °/o mais ce n’est qu'après un essai que l’on est fixé définitivement.
- Nota. — Quand on a déterminé tous les éléments d’un tissu d’après les considérations que nous venons de développer on peut dresser un tableau comme celui qui suit afin de résumer le travail.
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- EXEMPLE D’UNE DECOMPOSITION
- VIGOGNE TEINT
- Armure.
- Batavia de 4 — Rapport
- 4 fils.
- 4 duites.
- POIDS AU MÈTRE CARRÉ TEINT.
- Surface de
- l’échantillon considéré
- 80 + 40
- 2
- x 20 = 1200 centimètres carrés.
- Poids de cet échantillon : 39 gr. 96.
- Poids au mètre carré : .333 gr. 33.
- EMBREVAGE EN CHAINE.
- Fil dans le tissu : 200 m/m.
- Fil après allongement : 208 m/m . soit 4 % . a
- RETRAIT EN LARGEUR.
- Duite dans le tissu : 400 m/m .
- Duite après allongement : 420 m/m , soit 5 % .
- LARGEUR.
- Ce tissu devant avoir 150 c/m teint doit avoir 157 centimètres au ros.
- COMPTE.
- Compte teint. — 30 fils au c/m d’où compte au ros : 28 (ils 50.
- PIQUAGE AU ROS.
- Piqué par trois fils en broche. — Ros compte 950 broches au mètre. Soit : 1492 broches sur 157 “/m.
- OURDISSAGE.
- ( Broche 1 : 1 fil doublé. ) p o i y, ( 14 lils retors l‘e lisière : 6 Broches : Broche 2 : 2 hls doubles. > / n , . . 6c \ laine peignée 36 m/
- ( Broches suivantes : 2 lils simples. )
- Fond. — 1480 Broches. — 4440 fils laine peignée retors 36 m/m.
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- ( Broches 1, 2, 3, 4 : 2 fils simples.
- 2me lisière: 6 Broches: Broche 5: 2 fils doublés.
- ‘ Broche 6 : 1 fil doublé.
- Total : 1492 Broches, 4468 fils.
- REMETTAGE.
- 4440 Bemettage suivi sur 4 lames de -4 =1110 maillons sur 155 c/m.
- Lisières toile. •— 2 lamettes de 7 maillons à chaque extrémité sur 157 c/m.
- TRAMAGE.
- Duitage teint. — 50 Duites au c/m soit duitage écru : 48. Trame laine cardée 20 m/m .
- EMBREVAGE.
- 4 marches embrevées comme le montre la figure 112.
- Nota. — 1.es numéros en chaîne et en trame ayant été déterminés à la romaine sont un peu forts par suite de l’apprêt qu’ils ont reçus.
- REMETTAGES
- Le remettage est l’opération qui consiste à passer les fils un à un dans les différentes
- lames de l’équipage.
- Ce travail exécuté par des ouvriers spéciaux se dit encore rentrage ou renfilage.
- Pour passer les fils dans les maillons le rentreur s’aide d’une passette (fig. 113) qui est formée d’une lame métallique emmanchée et portant une encoche oblique à son extrémité. On engage la passette dans le maillon, puis on achevale le fil dans l’encoche, en tirant ensuite
- la passette le fil est entraîné au travers du maillon.
- La figure 114 montre la façon de disposer les lames pour exécuter un rentrage. On dispose des litteaux A dans les lisses inférieures de façon à contenir les maillons afin de pouvoir les saisir facilement, parfois même on dispose des litteaux B dans les lissettes supérieures lorsque les maillons sont longs.
- Un rentrage exige la présence de deux ouvriers, un rentreur et un apprenti qui place les fils dans la passette. Ce travail s’exécute sur un bâti tel que celui représenté (fig. 115).
- L'ensouple A, à rentrer est disposée dans un support B, les fils sont envergés en C, sur 2 ou plusieurs baguettes afin de pouvoir être pris en ordre.
- Les lames sont disposées en E et maintenues tendues à l’aide des contre-poids F.
- L’apprenti assis en D passe les fils un à un au rentreur placé en G.
- Les armures variant à l’infini les genres de remettages sont également multiples.
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- Nous distinguerons seulement les principaux types de remettages employés en faisant toutefois remarquer que l’on peut les combiner entre eux pour le tissage d’une même étoile et nous étudierons :
- 1° Le remettage suivi.
- 2° Le remettage sauté.
- 3° Le remettage suivi, sauté ou interrompu.
- 4° Le remettage à pointe de retour.
- 5° Le remettage à pointe.
- 6° Le remettage à paquets.
- 7° Le remettage sur 2 ou plusieurs corps.
- 8° Le remettage irrégulier ou à disposition.
- 4° Remettage suivi.
- Le remettage suivi consiste à passer un à un les fils dans chacun des maillons des lames, en allant toujours de la première lame à la dernière de l’équipage et en commençant par la gauche.
- Chaque groupe de fils constitue un cours ou une course, pour cette raison ce rentrage est est encore dit à la course.
- Ainsi en supposant que l'équipage comporte 8 lames, la course sera de 8 fils ; s’il en comporte 10 elle sera de 10 fils, etc.
- Le remettage suivi est le plus simple et partant le plus économique des rentrages, il s’emploie dans le cas d’étoffe présentant la même armure à chaque répétition.
- On reproche à ce montage de ne pas faciliter la division des fils de chaîne lors de la formation de la foule et de rayer l’étoffe dans le cas de tissus en compte serré.
- La figure 116, représente un remettage suivi sur 6 lames. Le rapport d’armure se trouve répété 4 fois on a donc 4 courses.
- Dans le cas présent la course est égale au Rapport de remettage.
- 2° Remettage sauté,
- Le remettage sauté comme le remettage suivi permet de charger toutes les lames également, mais alors les fils consécutifs ne sont pas remis sur les lames voisines.
- On emploie ce rentrage dans deux cas, soit pour simplifier le travail, soit pour obtenir un tissu plus régulier d’aspect.
- Pai' exemple au tissage mécanique, les toiles un peu fines se font avec 4 lames remettage sauté ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer.
- La figure 117 représente ce rentrage.
- Le 1er fil est rentré 1re lame.
- Le 2me fil 3me lame.
- Le 3me fil — 2me lame.
- Le 4me fil 4me lame.
- de cette façon les fils impairs se trouvent sur les deux premières lames et les fils pairs sur les
- deux dernières.
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- — 34 —
- On fixe ensemble les lames 1 et 2 qui manœuvrent alors comme une seule lame (fig. 118) on attache également 3 et 4 ensemble.
- Par ce mode de remettage le nombre des lisses sur chaque lame est diminué de moitié, les lames peuvent donc avoir des liais plus minces puis on évite les tenues provenant du frottement des fils sur les lisses.
- On a remarqué que les satins produits avec un remettage, conforme à leur pointé sont plus beaux que ceux obtenus avec remettage suivi sur un même nombre de lames.
- La figure 119 est le montage du satin de 5 :
- Le 1er fil levant à la 1re duite sera remis sur la lre lame.
- Le 2me fil — 4me — — 4ne —
- Le 3me fd — 2me — — 2me —
- Le 4me fil — 5me — — 5me —
- Le 5me fil — 3me — . — 3me —
- Avec les satins irréguliers il est bon d’employer un rentrage analogue.
- 3° Remettage Suivi-Sauté.
- Comme l’indique son nom, ce remettage participe des deux précédents ; l’armure à produire présentant des fils semblables dans l’étendue de son rapport d’armure, on a alternativement une course suivie, puis une course sautée.
- Ce genre de rentrage est encore dit interrompu.
- La figure 120 est le type du remettage suivi-sauté. Les courses suivies et celles sautées peuvent naturellement être reproduites plusieurs fois. Les remettages suivi-sautés ne sont guère employés que pour le tissage d’étoffes à bandes.
- 4° Remettage à Pointe et Retour.
- Le remettage à pointe et retour, ainsi appelé par suite de la forme en V qu’il affecte, est usité pour produire des tissus à armures symétriques.
- Les fils de chaine sont tout d’abord remis un à un de la première lame à la dernière, c’est-à-dire dans le sens direct ; les fils suivants sont rentrés inversement de la dernière lame à la première.
- 1er Procédé. — En procédant ainsi on obtient un remettage analogue à celui figure 121 où les fils sont rentrés directement de 1 à 4 et inversement de 5 à 8.
- Les fils voisins 4 et 5, 8 et 1 absolument semblables sont dits jumeaux.
- Dans la plupart des cas de la pratique on supprime l’un de ces fils afin d’obtenir une pointe parfaite. La figure 122 est ainsi produite par suppression des fils et duites 5 et 8. Le rentrage de la figure 122 est le type du remettage à pointe et retour. On voit que :
- Le 1er fil est rentré dans la lie ] lisse de la lre lame.
- Le 2me fil — lre Orne
- Le 3'"e fil — ire 3me —
- Le 4me fil — 1re 4me
- Le 5me fil — 2me .. 3me
- Le 6me fil — 2me 2me
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- Cette 1re course étant terminée, on exécute la seconde en recommençant par la lame 1 et en observant le même ordre.
- Dans la figure 122 les fils 1 et 4 formant les sommets de l’effet en zig-zag sont dits fils de pointe.
- Si l’on désigne par N le nombre des lames, le nombre de fils R du rapport en chaîne sera toujours R — 2 N — 2.
- C’est-à-dire que ce nombre de fils est toujours pair.
- Une armure symétrique étant donnée le fil à prendre comme premier du remettage n’est pas indifférent.
- Ainsi par exemple, le remettage de la figure 123 doit être remplacé par le remettage à pointe et retour de la figure 125 obtenu en prenant comme 1er fil du rapport le second fil de la figure précédente. Le remettage à pointe et retour est en effet plus simple à exécuter.
- 2me Procédé. — Ainsi qu’on peut le remarquer sur les figures qui précèdent, dans le remettage à pointe et retour employé les lames sont inégalement chargées, c’est ainsi que dans l’étendue d’un rapport de remettage ou course, la première et la dernière lame ne portent qu’un maillon alors que toutes les autres en portent 2.
- Dans certains cas il est possible de remédier à ce défaut en formant toujours la pointe avec le même fil. Ce second procédé de remettage est donné par la figure 125. Cette figure 125 correspond à 121 en répétant le 1er fil après le 4me, c’est-à-dire que le rentrage est effectué dans l’ordre suivant :
- Le 1er fil est rentré dans la lre lisse de la lre lame.
- Le 2me fil 1re 2me —
- Le 3mc fil 1re — 3me —
- Le 4me fil 1re 4me —
- Le 5mc fil - Ome 1re
- Le 6me fil 9 me 4me --
- Le y me fil Ome 3me —
- Le 8me fil 2me — 2me —
- et en continuant ainsi pour chaque course.
- En désignant par N le nombre des lames. le nombre de lisses R au rapport ou à la course sera toujours :
- R = 2 N.
- Ce nombre de lisses est donc constamment pair.
- 3me Procédé. — La figure 126 est à remettage à pointe et retour alterné, la partie de la course rentrée inversement ne s’effectue pas à partir de la dernière lame.
- Dans les exemples considérés, le retour s’effectue à partir de la lame du milieu et dans ce cas :
- R = 2 N.
- R désignant le nombre des lisses à la course et N le nombre des lames.
- On remarque que toutes les lames sont également chargées, comme dans le procédé précédent.
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- On peut encore exécuter des remettages à pointe et retour en répétant plusieurs fois les courses suivies dans chaque sens.
- Les figures 127 et 128 en sont deux exemples.
- En combinant des courses directes et inverses de longueurs inégales on peut obtenir des mises en carte originales, dans le genre de la figure 129 le remettage est dit dans ce cas à pointe et retour interrompu.
- 5° Remettage à pointe.
- Ce remettage n’est en réalité qu’un cas particulier du remettage à pointe et retour. Les fils sont remis directement de la lisière de gauche de l'étoffe jusqu’au milieu, puis indirectement du milieu à la lisière de droite.
- Ce montage n’est guère employé que pour les articles doublures.
- On a ainsi une pièce qui coupée longitudinalement par le milieu fournit 2 demi-pièces dont chacune présente une diagonale de sens spécial.
- La figure 130 représente un montage à pointe sur 4 lames, c’est-à-dire pour un tissu soit en sergé de 4 soit en batavia.
- Soit par exemple un tissu en 0,84 centimètres de largeur, compte 20 fils au centimètre. Le nombre total des fils sera : 84 x 20 = 1680, soit 840 rentrés directement et 839 passés indirectement ; on supprime en effet le 1er fil à rentrer indirectement de façon à avoir un fil de pointe unique. On a donc 210 courses suivies directes et 210 courses suivies inverses.
- 6° Remettage à Paquets.
- Le remettage à paquets est encore dit combiné, figuré ou à compartiments. Il est employé dans la fabrication des étoffes à rayures ou à carreaux telles que les tissus dits damassés et certaines étoffes à bandes.
- Les lames du harnais sont partagées par groupes et suivant les besoins du dessin à produire, chaque groupe porte des maillons par place et n’en porte pas en d’autre point de leur longueur.
- La figure 131 est un type de remettage à paquets.
- On peut partager le harnais en 2 parties égales ou 2 corps, les 4 premières lames font la rayure sergé de 4 effet de trame et les 4 dernières le sergé de 4 effet de chaîne.
- Dans chaque corps les courses sont suivies et les lames chargées également.
- 7° Remettage sur deux ou plusieurs corps.
- Ce genre de remettage est usité dans la fabrication de tissus présentant 2 ou plusieurs chaînes de tensions, de grosseurs ou de matières différentes, ou encore lorsque ces diverses chaînes travaillent différemment. Les tissus double-faces, multiples, piqués, matelassés, à plis, veloutés par chaînes, etc., sont ainsi exécutés.
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- L’équipage est fractionné en 2 ou plusieurs groupes de lames dits corps, chacun de ces derniers faisant évoluer les fils analogues.
- Les corps peuvent être égaux ou inégaux comme nombre de lames et de lisses, de remet-tages analogues ou différents. Ils se numérotent comme les lames, de haut en bas ; le 1er corps étant le plus près du porte-fils du métier à tisser.
- La figure 132 représente un piqué losangé, monté sur deux corps de lames. Le 1er comporte 3 lames, le second en comportant 2.
- 8° Remettages irréguliers ou à dispositions.
- Dans cette catégorie de rentrages on classe tous ceux ne présentant aucun caractère de régularité.
- Les figures 133 et 134 sont des exemples de ce genre. On remarque que les lames ne sont pas chargées également alors que dans tous les remettages qui précèdent les lames de même espèce portent autant de fils. Ainsi dans le remettage de la figure 133 qui est la carte d’un velours de coton :
- ( 1 et 2 )
- Les lames nos 2 „ . ‘ portent chacune 1 fil ( 3 et 4 )
- Les lames nos 5 et 6 portent chacune 4 fds
- - 7 et 8 — — 2 »
- Dans le tissu à rayures (fig. 134) toutes les lames portent 6 fils à l’exception de celles nos 4 et 8 qui en ont 10 chacune.
- DÉTERMINATION
- DU REMETTAGE D’UNE ARMURE DONNÉE
- Le nombre minimum des lames est toujours égal au nombre de fils travaillant différemment dans le rapport d’armure.
- Soit par exemple à déterminer le nombre de lames strictement nécessaire pour exécuter la crépeline-fgure 135 comportant 72 fils au rapport d’armure.
- .Après avoir tracé quelques lignes horizontales pour représenter les lames, on rentre le 1er fil dans la lre lame ; ce premier fil considéré seul ayant une évolution quelconque.
- En comparant le travail du 2me fil à celui du 1er on les trouve différents par suite le 2me fil doit être rentré dans la 2me lame.
- Le 3me fil étant différent des 2 précédents est remis sur la 3me lame.
- En opérant de la même façon pour les fils 4, 5, 6, 7 on les rentre dans les lames 4, 5, 6, 7. On remarque ensuite que le fils n" 8 est semblable au 7me sur toute la hauteur de la mise en carte, en conséquence on le rentre comune celui-ci sur la 7me lame.
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- 1
- 8
- Le fil n° 9 est passé dans la lame n° 8 car il est différent des précédents, le fils n° 10 qui lui est semblable est remis sur la même lame n° 8, etc.
- En continuant ainsi on trouve que 12 lames suffisent pour l’exécution de cette mise en carte
- En résumé pour obtenir le nombre de lames strictement nécessaire pour l’exécution d’une armure il suffit de comparer toujours et successivement chacun des fils du rapport aux fils préalablement remis et à ne rentrer dans une lame spéciale que tout fil évoluant d’une façon différente de celle des fils qui le précède.
- CARTE RÉDUITE OU PATRON.
- Pour exécuter une armure telle que celle figure 135, c’est-à-dire présentant un remettage à plusieurs lisses par lame au rapport, il faut la ramener à sa plus simple expression. A cet effet on constitue une mise en carte appelée carte réduite, patron ou réduction formée de tous les fils à évolution spéciale, disposés suivant leur ordre de rentrage.
- La figure 136 ainsi obtenue représente le patron de la carte figure 135.
- DÉTERMINATION
- DU MARCHEMENT D’UNE ARMURE DONNÉE
- Le minimum du nombre de marches nécessaire pour exécuter une armure est égal au nombre des duites travaillant différemment dans ce rapport d’armure.
- Bien souvent il est nécessaire d’augmenter ce nombre minimum de marches afin de rendre le tissage plus pratique en facilitant la cadence.
- Soit par exemple à exécuter le montage de l’armure figure 137.
- Celte serpentine ou chevron par trame exige un remettage suivi sur 6 lames.
- On représente à part la cadence en indiquant les marches par leurs numéros.
- Le n° 1 indique la marche 1 produisant la lre duite, foulée par le pied droit (fig. 138).
- La seconde duite étant différente de la première exigera une 2me marche, on figure celte dernière par le chiffre 2 placé à gauche et à une certaine distance du n° 1 ; celle 2me marche foulée par le pied gauche devant opérer la levée des fils au passage de la 2me duite.
- Les duites 3, 4, 5 et 6 ayant toute un pointé particulier, les marches correspondantes seront figurées par les chiffres 3, 4, 5 et 6 les nos impairs à la droite, c’est-à-dire à la suite et à gauche du n° 1 (fig. 138) les nos pairs à la suite et à gauche du n° 2.
- La 7me duite étant identique à la 5me sera produite à l’aide de la même marche, on place donc le chiffre 7 en-dessous de 5. La duite n° 8 semblable à celle n° 4, le chiffre 8 est inscrit sous 4; de même pour les 9me et 10mc respectivement semblables à 3 et 2.
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- On s’assure ensuite que la cadence est pratique en essayant ce marchement avec les doigts en posant alternativement l’index de la main droite sur les chiffres impairs et l’index de la main gauche sur les chiffres pairs selon l’ordre des numéros.
- C’est seulement après que la cadence a été reconnue pratique qu’on la reporte sous les marches et que l’on procède à l’embrevage.
- Dans le cas présent on voit que 6 marches suffisent pour exécuter l’armure figure 137, comportant cependant 10 duites.
- MISE EN CARTE D’UNE ARMURE D’APRÈS SON MONTAGE
- Dans la pratique on a parfois à résoudre le problème inverse. Etant donné le remettage, l’embrevage et la cadence d’une armure, déterminer celte dernière. La solution de ce problème est relativement simple.
- Soit par exemple à déterminer l’armure obtenue avec le montage figure 139.
- Celte armure possède 10 fils ainsi que le montre le remettage, elle présente 16 duites D’après la cadence. On prend ce rapport d’armure en-dessous duquel on transcrit le montage (fig. HO).
- La marche N° 1 produisant la lre duite fait lever les lames Nos 1, 2, 3, 5, et par conséquent les fils :
- Lame 1 : fils Nos 1 et 3
- Lame 2 : — 2 et 4
- Lame 3 : — 5 et 7
- Lame 5 : — 9 et 11 rentrés dans ces lames. Sur la figure 1M à la lre duite on indique la levée de ces fils en remplissant les carreaux correspondants.
- On obtient ainsi la lrc duite. d’après la cadence, la 3me duite est semblable à 1, on peut également l’indiquer sur la figure HO.
- En continuant ainsi en procédant marche par marche, on arrive à reproduire la carte figure H1 exécutée d’après le montage figure 139.
- On peut encore procéder de la façon suivante : supposer le remettage suivi et les marches foulées dans l’ordre de leur montage, on obtient ainsi la mise en carte figure H2 qui est le patron de la carte cherchée.
- L’ordre du remettage fournit ensuite la carte figure H3.
- De cette dernière et de la cadence il sera aisé ensuite de déduire la mise en carte
- définitive.
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- 1 N O
- LISSAGE
- Le lissage ou disposition des lisses sur les lames est déterminé à la fois par le mode de remettage et le compte en chaîne du tissu à produire.
- Lorsque les lames sont chargées également on détermine le nombre des lisses au centimètre de l’une d’elle en divisant le compte au centimètre par le nombre total des lames.
- Si, par exemple, on veut exécuter un tissu en remettage suivi sur 12 lames en compte
- 24
- 24 fils au centimètre, sur chaque lame on aura = 2 lisses au centimètre.
- l.
- 24
- Si pour le même compte en chaîne on a 16 lames, on aura——= 1,5, soit une lisse 16 et demie au c/m, etc.
- Dans le cas où les lames sont irrégulièrement chargées, il faut calculer chacune d’elle séparément.
- Supposons un rentrage tel que celui figure 144 s’appliquant à un tissu en compte 48 fils au centimètre.
- On détermine tout d’abord le nombre de lisses sur chaque lame à la répétition de 32 fils.
- Lames 1 et 2 = 2 lisses chacune, soit = 4 — 3 et 4 = 3 — soit = 6 — 5, 6, 7 et 8 = 2 — soit = 8 — 9 et 10 = 3 — soit = 6 — 11 et 12 = 4 — soit = 8 32
- La largeur de la course étant de :
- 32 _ 2
- 48 53
- de centimètre.
- Si
- 2
- sur — de centimètre chacune des lames 1 et 2
- contient 2 lisses ; au centimètre elles
- auront :
- 2 x 3 _ 2 lisses.
- 3*31
- De même les lames 3 et 4 auront chacune = 4 lisses au c/m. 2 2 1
- 2x3
- - 5, 6, 7, 8 — = 3 — 2
- 3x3 1
- — 9 et 10 — = 4 — . —
- 2 2
- 4x3
- - 11 et 12 — = 6
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- PEIGNES OU ROS
- ou Ce de
- Ainsi qu’on l’a vu le peigne a pour but, tout en maintenant les fils à écartement, de serrer la dernière duite insérée contre le tissu produit. On peut ajouter que le ros sert également de guide à la navette dans son mouvement de va et vient.
- Autrefois les peignes en canne ou rotin étaient les seuls employés d’où le nom ros rot. Les dents en rotin doivent être régularisées au rasoir et amincies soigneusement, genre de peigne n’est plus guère en usage que dans la fabrication à la main des gazes basse qualité.
- Classification. — Comme il a déjà été dit, on distingue deux genres de peignes :
- 1° Les peignes poissés.
- 2° Les peignes soudés.
- Dans les peignes poissés les jumelles sont en bois et une ligature en coton ou en lin assujettit les dents. Cette ligature est poissée et légèrement suifée ; sa grosseur est fonction de l’écartement à donner aux dents.
- Les peignes soudés sont plus rigides car les jumelles sont métalliques, lors du tissage on protège ces dernières à l’aide de baguettes de bois affectant la forme d’un U et dite casquette.
- Au point de vue de la fabrication des tissus, chacune de ces catégories de peignes peut se subdiviser en :
- A. — Peignes droits ;
- B. — Peignes fantaisies.
- Dans les peignes droits, toutes les dents étant pareilles, sont plus ou moins régulièrement espacées. Ce genre de peigne est de beaucoup le plus employé et permet la fabrication des tissus à fils parallèles.
- Comme en général ce ros est placé perpendiculairement à la chaîne, la trame se trouve perpendiculaire à cette dernière.
- Lorsque les broches du peigne droit doivent être très serrées, on les dispose sur deux rangs ainsi que le montre les figures 145 à 147.
- Cette disposition des dents en quinconce est très avantageuse.
- Les peignes fantaisies comprennent tous les ros dont les dents ne sont pas parallèles ; ils sont tous d’un usage très spécial et permettent d’obtenir des tissus à duites ou à fils non en ligne droite. \
- La figure 1^8 représente un peigne éventail dont les dents sont disposées obliquement. La foule de ce ros est plus grande que pour un peigne ordinaire. Lors du tissage il est animé d’un mouvement très lent de monte et baisse et par suite le compte de l’étoffe et sa largeur varient en chaque point.
- La figure 149 est une autre disposition de peigne éventail.
- Si un tel peigne est animé d’un mouvement vertical alternatif très lent, on aura un tissu à fds courbes.
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- PROPORTIONS DES PEIGNES
- 1° Longueur. — La longueur d’un peigne doit être un peu supérieure à la largeur du tissu à produire. Comme pour les lames, il faut même que le peigne ait une longueur de 2 à 10% en plus de la largeur que doit avoir le tissu afin de compenser le retrait que subit ce dernier.
- Ainsi qu’on le verra par la suite, le retrait est très variable est dépend :
- 1° De la nature des textiles.
- 2° Des numéros des filés.
- 3° Du plus ou moins d’humidité de la trame.
- 4° De la torsion plus ou moins forte de celte trame, etc.
- :
- Bien des causes influent sur l’étoffe pour la faire rentrer en largeur et cette question du retrait n’est somme toute qu’une question d’appréciation et d’expérience pratique.
- On peut exécuter des tissus étroits sur un peigne large, dans ce cas les dents en excédent sont réparties également de chaque côté.
- Si au contraire le peigne est plus étroit que la chasse et qu’il laisse des vides de chaque côté, on comble ces vides à l’aide de morceaux de vieux ros. On évite de celte façon les mouvements latéraux du peigne et l’on est assuré de la rectitude du mouvement de la navette.
- 2° Foule. — La hauteur de foule, c’est-à-dire l’écartement intérieur entre les deux jumelles du ros dépend à la fois de :
- 1° Le finesse de la chaîne.
- 2° De la course du battant.
- 3° De la hauteur de la foule des fils de chaîne.
- Afin d’éviter l'encrassement du peigne au tissage, il est préférable de donner un peu plus de longueur aux dents. .
- Le fabricant de ros dit roslier peut fournir des peignes de 0 m. 045 à 0 m. 300 de hauteur de foule ; en général on donne :
- 0 m. 060 à 0 m. 065 pour les tissus fins.
- 0 m. 065 à 0 m. 075 — — ordinaires, lainages, soieries.
- 0 m. 075 à 0 m. 085 — — gros.
- 0 m. 09 c/m — — gaze ou tissus très serrés en compte.
- 3° Compte. — Le compte d’un peigne se trouve inscrit soit sur l’une des jumelles, soit gravé sur une dent de garde.
- Ce chiffre exprime le nombre de dents à l’unité de mesure. (Décimètre, mètre ou pouce) et est inversement proportionnel à la grosseur des fils.
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- En désignant par G le compte de la chaîne et par N le nombre de fils en broche, le compte du ros sera :
- N 0
- Par exemple si une chaîne piquée par 3 fils est en compte 30 fils au c/m, le peigne sera en compte :
- 29 = 10 dents au c/m ou 100 dents au décimètre.
- Le calcul des peignes se faisant encore au pouce, pour obtenir la réduction d’un tel peigne il suffit d’appliquer la formule :
- C x 2,7 30 x 2,7 _ , —N = —3 = 27 dents au pouce.
- Le nombre total N des dents d’un ros de largeur L est égal à : N = L x C (2).
- APPLICATIONS.
- 1o Quel peigne faut-il employer pour une chaîne en compte 24 fils au c/m, en 125 c/m de large et piquée par 3 fils en dents ?
- En appliquant la formule (1) on a :
- Il
- U
- 24
- =8 dents au c/m.
- 3
- Le peigne est donc en 80 dents au décimètre ; comme il doit avoir 125 de large, le nombre total des broches est :
- N 125X 80= 1000 broches en 125.
- Il est bon d’ajouter que l’on ne peut construire de peignes solides au-delà de 80 dents au centimètre.
- 4° Numérotage des dents. — Les dents peuvent être en fer, en acier ou en laiton. Ge dernier métal est surtout employé pour le tissage des trames mouillées car il a l’avantage de ne pas s’oxyder.
- La figure 150 représente la coupe en plan d’un ros.
- Les dents affectent la forme d’un rectangle dont les angles sont arrondis. L’épaisseur de ces dents dépend de leur numéro, quant à leur largeur elle varie de 0 m. 002 à 0 m. 005.
- Le numéro des broches exprime le nombre de ces dents contenus en épaisseur dans 0 m. 005. Par exemple une dent étant du n° 20, il faudra 20 de ces dents pour avoir une épaisseur de 0 m. 005, autrement dit chacune d’elle aura :
- Om.005
- ——— = 0 m. 00025
- Si ce peigne comporte 1000 dents sur 125 c/m. on aura ainsi :
- 0 m. 00025 x 1000 = 0 m. 25 d’épaisseur totale.
- Les fils de chaîne répartis sur 125 c/m n’occuperont en réalité que 125— 25 — 100 c/m.
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- —44 —
- En somme plus un tissu est serré en chaîne, plus les dents doivent être fines; plus un tissu est creux, plus les dents doivent être épaisses afin de mieux contenir les fils. On peut résumer ce principe en disant que: le numéro des broches est proportionnel au compte et inversement proportionnel à la grosseur des fils de chaîne.
- ( 7 dents au centimètre, Fil n° 16
- - On fait généralement les dents comme suit : < 8 — — — 17
- ( 9 — — —18
- Remarques. — Le prix d’un peigne est établi en fonction du compte, de sa longueur, de sa foule et du numérotage des dents, c’est dire que ce prix est très variable ; il dépend également de la nature des dents, selon que ces dernières sont en fer ou en laiton.
- La durée d’un ros est également très variable ; selon qu’il est employé pour articles forts ou fins, il peut durer deux à trois ans.
- Lorsqu’un peigne s’encrasse à l’usage on le nettoie à l’aide d’une brosse dure ou d’un morceau de carde.
- Le moindre défaut du peigne laisse sur le tissu des traces irréparables. Le plus commun de ces défauts est produit par l’écart des dents, provoquant sur le tissu des traces ou voies de ros.
- L’écart des dents a diverses causes : une passette trop grosse, un choc de la navette ou lorsque le peigne manque de rigidité. Ce dernier cas se présente lorsque le ros, trop long pour entrer dans le battant, est débarrassé de ses gardes, il s’écrase alors sous le poids du couvercle et de celui de l’ouvrier s’y appuyant lorsqu’il répare la chaîne.
- Un écart de dents se répare facilement dans les ros poissés, il suffit en effet d’amollir la poix à l’aide d’un fer chaud ou même d’une allumette puis de remettre la dent en place avec la lame d’un couteau.
- Avec les ros soudés la difficulté est plus grande car on risque de laisser tomber de l’étain en fusion sur la chaîne.
- Le choc de la navette peut déterminer encore sur une ou plusieurs dents des petits crans ou encochures qui coupent les fils ; il suffit de frotter ces dernières à la pierre ponce très légèrement suivant leur longueur puis avec un morceau de bois de saule pour les remettre en état.
- Une erreur dans le piquage au peigne peut également déterminer sur le tissu un défaut apparent qui, selon les cas, sera dit : fil double, fil couru, etc.
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- PIQUAGE AU PEIGNE
- Lors du tissage, le peigne a deux influences sur l’étoffe :
- 1° Il assure la répartition des fils sur une largeur donnée.
- 2° Selon le mode de répartition des fils il modifie l’aspect du tissu.
- Autrement dit il agit à la fois par son compte et son piquage.
- 1° Le choix d’un peigne pour exécuter un tissu, varie avec l’armure, la nature des filés, leur grosseur, etc. c’est dire qu’il est impossible d’adopter une formule applicable à tous les cas ; l’expérience de la fabrication est le seul guide certain.
- Si par exemple on considère les batavias de 4 et de 6 (fig. 151 et 152) et qu’on veuille avec ces armures former des tissus présentant les mêmes sillons obliques, il faudra nécessairement employer des ros différents ; par suite de la différence de longueur des flottés de chaîne et de trame
- On comprend, en effet, que si l’on exécute ces deux armures sur une même chaîne et que l’armure figure 151 donne un bon résultat, il n’en sera pas de même de l’armure figure 152 qui donnera un tissu pauvre et maigre.
- Inversement si l’armure figure 152 est parfaite, celle figure 151 donnera un tissu creux et sans consistance.
- Voici les proportions à adopter.
- Armure fig. 151, Ros de 80 broches au décimètre, 4 fils en broche, Chaîne N 20 m/m. Armure fig. 152, Ros de 100 broches au décimètre, 4 fils en broche, Chaîne No 20 m/m.
- Donc pour des tissus analogues. Plus les flottés eu chaîne et trame sont courts, plus la réduction du ros doit être faible.
- D’autre part si l’on employait une chaîne N° 10 m/m. c’est-à-dire de grosseur double de la précédente il faudrait réduire le ros comme suit.
- Armure fig. 151, Ros de 64 broches au décimètre, 4 fils en broche, Chaîne N° 10 m/m. Armure fig. 152, Ros de 80 broches au décimètre, 4 fils en broche, Chaîne N° 10 m/m.
- Dans le cas où l’on n’opérerait pas cette réduction le tissage présenterait de grandes difficultés ; l’augmentation de la grosseur des fils surcharge en effet les dents et le mouvement de va-et-vient du ros provoque à la fois l’usure de ce dernier et de la chaîne qu’il contient.
- L’inverse aurait lieu si l’on diminuait la grosseur des fils le compte restant le même ; le tissu produit serait sans fermeté, creux et les fils ne resteraient pas en ligne droite.
- On peut donc conclure : Pour une armure donnée, si l'on augmente la grosseur des fils il faut diminuer le compte et inversement.
- 2° Le mode de passage des fils entre les dents du peigne ainsi qu’il a été dit constitue le piquage, embrochage ou empeignage.
- Comme le rentrage auquel il succède, ce travail s’exécute à la passette sur le bâti du rentreur et n’offre aucune difficulté. Cependant la moindre erreur dans le piquage produit un défaut sur le tissu et pour être réparé il faut refaire ce piquage à partir du défaut, d’où perte de temps.
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- Un peigne peut être piqué ou lardé d’une façon régulière ou irrégulière.
- Le piquage est régulier lorsque toutes les dents contiennent le même nombre de fils ; il est irrégulier dans le cas contraire.
- Il est possible avec un même peigne d’exécuter des tissus de comptes différents. Par exemple avec un peigne contenant N dents au centimètre on pourra avoir des chaînes en
- Compte N fils au centimètre en piquant par 1 fil en broche.
- Compte 2 N fils — 2 fils en broche.
- Compte 3 N fils — 3 fils en broche,
- etc. — etc. —
- c’est-à-dire qu’avec des piquages réguliers on peut obtenir les comptes multiples de N.
- Avec des piquages irréguliers on aura :
- Compte 1,5xNfils au centimètre en piquant alternativement par 1 et 2 (ils en broche.
- Compte 2,5 N fils — — 2 et 3 fils
- etc. — — etc. —
- Les piquages irréguliers ne sont pas à préconiser, ils permettent cependant d’employer des peignes de comptes non courant et dont le magasinage est toujours onéreux ; dans les lainages destinés au foulage l’irrégularité du piquage n’a aucune influence.
- La répartition des fils en dents peut avoir sur l’aspect d’ensemble de l’étoffe, une influence sensible, qui doit nécessairement conduire à avoir une préférence pour un nombre de fils en broches, plutôt que pour un autre.
- En principe, il faut prescrire le piquage par le plus petit nombre de fils en dents. Dans la réalité l’emploi d’un peigne trop réduit est un grand obstacle au lissage et limite ainsi la répartition à un certain nombre de fils à la fois.
- De l’expérience il résulte que plus le piquage est fait par un petit nombre de fils, plus le tissu obtenu est flexible et doux au toucher. On comprend en effet que les intervalles des dents sont plus multipliés et sont tout autant de points suivant lesquels la trame peut fléchir.
- Dans la plupart des cas de la pratique le nombre de fils en dents est égal au sous-multiple du rapport de l’armure à exécuter.
- Lorsque le nombre de fils en dents n’est pas sous-multiple du rapport d’armure, le raccord du dessin se trouve transporté à un certain nombre de dents plus loin.
- Par exemple, si une armure de 5 fils est piquée par 3, il s’en suit que le rapport de piquage se trouve toutes les 5 dents ou 5 X 3 = 15 fils. C’est-à-dire que le premier fil rentré dans la lre dent n’a son homologue qu’à la 6e dent. Dans les tissus serrés en chaîne cette incorrection devient très apparente en faisant rayer l’étoffe en longueur.
- D’après ce qui précède la toile devrait toujours s’exécuter par 2 fils en broche, le batavia de 4 par 2 fils ou 4 fils, le salin de 8 par 2 ou 4 fils, etc. On pique cependant la toile par 3 fils, de cette façon le rapport de piquage est de 2 broches ou 6 fils, ce procédé est surtout en usage dans les comptes serrés ; dans ce cas, ainsi que le montre la figure 153 à la 1re duite 2 fils lèvent dans la lre dent et un seul fil lève dans la seconde dent ; au coup suivant l’inverse a lieu : un fil lève dans la lre broche et deux lèvent dans la seconde. Il se produit ainsi à chaque insertion une petite irrégularité d’espace formant un effet en quinconce.
- De même le mérinos qui est un lainage en batavia de 4 s’exécute toujours par 3 fils lardés en dents; avec tout autre piquage l’effet de croisureque l’on recherche est moins apparent.
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- Le satin de 4 peut être tissé par 2 fils en dents, les figures 154 et 155 donnent deux dispositions de piquage.
- Dans le piquage figure 154 on remarque que dans chaque broche les fils sont semblables mais décochés de 1 duite ; ces fils ont une tendance à se rejoindre ce qui fait rayer l’étoffe. On évite ce défaut par la disposition figure 155.
- Par cette remarque on voit que le fil de départ ou 1er fil du piquage n’est pas toujours indifférent.
- Dans un satin régulier, si le nombre de fils en dents se trouve égal au décochement de l’armure, le tissu n’a pas l’aspect uni et serge fortement, c’est-à-dire présente un effet de croisure.
- Les figures 156 et 157 permettent de comprendre cette remarque.
- La figure 156 représente un satin de 5 décochement de 3 lardé par 3 fils en broche. Les traits pointillés A, B, C, D indiquent les lignes de coïncidence du piquage et de l’armure causant l’effet de serge. On voit ainsi que la ligne C, D est causée par la levée du 1er fil de chaque dent à toutes les insertions; la ligne A, B est déterminée par le dernier fil de chaque broche.
- Le même effet a lieu sur la figure 157 représentant le satin de 8 décochement de 5 piqué par 5 fils en dents.
- De la remarque qui précède, on déduit que pour la bonne exécution d'un satin il faut le piquer par un nombre de fils en dents égal au rapport d’armure. Un salin de 5 doit être piqué par 5 fils, un salin de 7 par 7 fils, etc.
- La dent du peigne ayant une tendance à séparer les fils voisins, on met à profit cet effet dans le lissage de certaines armures.
- Ainsi, par exemple, la rayure damassée figure 158 sera lardée par 4 fils de façon à séparer les effets de chaîne et de trame par une broche. Il est évident qu’un piquage à deux fils donnerait le même résultat.
- On voit que le point de départ du piquage n’est pas indifférent, il doit correspondre rigoureusement avec l’armure. En résumé, le peigne permet d’accentuer le caractère des armures en facilitant la réunion de certains fils et en séparant d’autres.
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- DISPOSITION D’UN TISSU A BANDES
- Soit à exécuter un tissu à l’esquisse figure 159, cette dernière étant répétée 15 fois dans la largeur de 120 c/m.
- Si l’on se sert d’un ros en compte 110 dents au décimètre on aura respectivement :
- lre Rayure. Toile.' 12 dents (1.1 x 11).
- 2me — Satin. 22 — ( 2 x 11).
- 3me — Reps. 16 — (1.5 x 11).
- 4me — Toile. 10 — (0.8 x 11).
- 5me — Satin. 28 — (2.6 x 11).
- 88 dents. Répéter 15 fois.
- Tous ces nombres de dents ne représentent pas exactement l’espace auquel ils se rapportent, mais dans la totalité, ils sont en parfaite proportion avec le rapport d’esquisse qui, étant de 8 centimètres, donne bien 11 x 8 = 88 dents.
- Il faut, autant que possible, que le nombre de fils dans chacune des rayures soit multiple de la course du remettage.
- Dans le cas présent on peut supposer un piquage irrégulier par 3 fils pour la toile, 5 fils pour le satin, de 5 et 6 fils pour le reps, effet de chaîne. Par suite, la :
- pe Rayure Toile aura 12 x 3 = 36 fds remis sur 4 lames.
- pme — Salin 5 aura 22 X 5 = 110 fils — 5 —
- qme — Reps aura 16 X 6 = 96 fils 4 —
- 4me — Toile aura 10 X 3 = 30 fils - 4 —
- 5me — Satin 5 aura 28 X 5 = 140 fils* — 5 —
- Soit 412 fils au dessin.
- On voit que la 4me bande en toile ne comporte que 30 fils alors que la course du remettage est de 4, la prescription qui précède n’est donc pas observée ; dans le cas d’un aussi petit filet il n’y a pas trop lieu de s’y astreindre.
- Pour donner à l’ouvrier l’indication du montage du métier on trace la disposition sur une bande de papier que l’on divise ensuite en autant de zones qu'il y a de corps de lames ; on inscrit alors sur chaque bande du tracé et zone par zone, le nombre de fils que chacune doit comporter (fig. 160). Cette indication sert à établir le lissage.
- Peigne de 110 dents au décimètre.
- La figure 161 est la mise en carte de ce tissu à bandes, chacune de ces dernières n’étant représentées que par une course.
- On indique alors au-dessus, de chacune d’elle le nombre des répétitions.
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- PAS DIVERS.
- Le mode d’action du peigne venant chasser la duite constitue le pas. Ce peigne pouvant agir de trois façons différentes sur la trame, on distingue par suite trois sortes de pas.
- 1° Pas ouvert. — La trame est pressée par le peigne avant la fermeture complète de la foule. On comprend que ce pas peut être plus ou moins prononcé selon le rapport de l’instant de la pression du battant avec l’instant du retrait complet de la marche.
- La figure 162 montre la position d’une dent du ros R sur la dernière duite D ; la foule F se trouvant légèrement ouverte ; figurant les fils.
- La figure 163 est une vue de face, A et B étant les fils et D la duite au moment de l’action du ros. On voit que la trame avant qu’elle ne soit contenue par les fils de chaîne se place dans une ligne parfaitement droite.
- Ce genre de pas fatigue peu les fils et s’emploie généralement pour les textiles d’origine animale (soie, laine, etc.) ; il a en plus la propriété de faire ressortir la chaîne, cette dernière contournant la trame.
- Dans un tissu chaîne soie par exemple et trame coton le pas ouvert est à préconiser. On peut cependant reprocher à ce pas de produire des tissus paires en chaîne.
- 2° Pas mixte. — Dans ce pas la trame est chassée par le ros lorsque les lames sont de niveau. Ce mode d’action du peigne produit un résultat à peu près analogue au pas ouvert.
- La figure 16k fait comprendre ce pas. La trame D pressée à la fois dans tous les sens a ses brins, dans leur ensemble, plus disposés dans la forme cylindrique et reste bien droite.
- 3° Pas clos. — Le pas est dit clos ou fermé quand la foule est en avance sur le coup de battant, c’est-à-dire que lorsque le peigne vient frapper la duite les lames commencent déjà leur mouvement pour accomplir la foule suivante.
- Comme le montre la figure 165 dans ce pas la dernière duite D se trouve renfermée par un léger croisement des fils avant d’être frappée. De ce fait la trame serrée à la fois par les fils et les dents du ros subit une espèce de torsion, c’est ce qui explique le retrait plus fort des tissus ainsi exécutés.
- Au moment du coup de peigne la trame D occupe la position (fig. 166), autrement dit elle contourne la chaîne.
- Ce pas a pour effet d’établir dans l’intérieur du tissu et à chaque duite, un excédent de longueur de trame provenant de la ligne sinueuse suivant laquelle cette duite se trouve placée au moment du coup de chasse. Cet excédent de trame ne se dispose pas d’une manière bien régulière dans l'interstice des fils de chaîne, ce qui donne au tissu un aspect terne.
- L’emploi du pas clos est général dans le tissage des textiles d’origine végétale (coton, lin, etc.), il est même très avantageux dans la fabrication des tissus légers.
- Ainsi qu’il a été dit ce pas fait ressortir la trame, ainsi une pièco chaîne coton trame laine avec pas clos aura l'aspect d’un tissu pure laine.
- L’effet des différents pas est rendu apparent par la figure 167 ; la partie A est tissée à pas ouvert ou mixte, alors que la partie B est exécutée à pas clos.
- ( H
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- 1° Dérivés de la Toile.
- 2° Dérivés du Sergé.
- O 10
- ARMURES DÉRIVÉES DES ARMURES FONDAMENTALES
- Tous les dérivés de la toile sont obtenus par amplification de cette armure, soit en hauteur, soit en largeur, soit dans ces deux sens.
- A. — Reps par effet de chaîne. — Dans ce cas le rapport d’armure de la toile est amplifié en hauteur, ce qui revient à passer plusieurs duites consécutives dans une même foule . de toile.
- Ces armures produisent sur le tissu un effet de côtes transversales. Selon que l’amplification est régulière ou non, le reps est dit à côtes égales ou à côtes inégales.
- Les figures 168 et 169 sont deux exemples de ce genre d’armures.
- P B. — Reps par effet de trame. — Ces armures sont analogues aux précédentes mais après exécution d’un quart de tour, par suite, elles présentent un effet de côtes longitudinales, lesquelles peuvent être égales ou inégales.
- Les figures 170 et 171 sont les types de celte catégorie.
- Dans le commerce, les tissus exécutés én reps sont parfois désignés sous les noms de Cannelés, Côtelés, Côtes de Jonc, Biarritz, Ottoman, Turquoise, etc.
- X C. — Nattés. — L’armure toile étant amplifiée à la fois en hauteur et en largeur fournit une variété d’armures dites nattés ou Panama, lesquelles présentent un effet de carreaux. Le natté peut être régulier ou irrégulier selon que les carreaux sont égaux ou inégaux.
- Les figures 172 et 173 représentent deux nattés.
- Les dérivés du sergé sont obtenus en augmentant la nervure, c'est-à-dire l’effet de chaîne, d’un sergé simple.
- A. — Sergés à nervure composée. — Les figures 17^ et 175 représentent deux armures de cette catégorie. Elles sont produites en ajoutant un ou plusieurs points à la nervure du sergé simple.
- Les armures analogues à celle (fig. 175) dans lesquelles l’effet de chaîne est égal à l’effet de trame sont dites Batavias, Croisés ou Casimirs. Ces armures sont parfois classées parmi les armures fondamentales.
- B. — Sergés à nervures multiples. — On dispose plusieurs nervures simples ou composées sur un même rapport d’armure ainsi que le montre la figure 176.
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- I in
- C. — Sergés à nervure façonnée. — Dans l’effet de trame d’un sergé simple ou dérivé on place régulièrement des petits motifs par effet de chaîne ainsi qu’on le voit (fig. 177).
- Dans le cas d’un sergé présentant une large nervure par effet de chaîne on pourrait dans celle-ci disposer des motifs par effet de trame.
- 3° Dérivés du Satin,
- Parmi les dérivés du satin, les armures les plus employées sont :
- A. — Satins à répétition. — Obtenus en doublant le point du satin primitif. Le point que l’on ajoute se place à côté ou au-dessus de celui du satin préalablement pointé.
- Les figures 178 et 179 représentent les satins de 8 à répétition, la première de ces armures constitue la moleskine.
- On peut ajouter le point supplémentaire à une certaine distance du point primitif.
- B. — Satinés. — Ces armures sont d’un emploi fréquent dans la fabrication des lainages et des cotonnades.
- Pour produire un satiné on dispose des petits motifs par effet de chaîne autour ou entre les points d’un satin pris pour base.
- La figure 180 est ainsi établie sur base salin de 16.
- Dans la construction de ces armures l’emploi des satins carrés, comme base de dissémination des motifs, est à préconiser, la figure 181 sur satin carré de 17 est une application de
- ce genre.
- ARMURES CLASSIQUES
- Dans la pratique industrielle diverses armures sont d’un emploi courant et par suite sont connues dans le commerce sous des noms bien définis, ce sont les armures classiques. Quant aux autres armures, elles constituent la classe nombreuse des façonnés ou armurés dans laquelle on range toute armure ne présentant pas un caractère bien défini.
- 1° Diagonales,
- Ainsi que l’indique leur nom, les diagonales sont des tissus présentant un effet oblique.
- A. — Diagonales à nervure simple. — Ce genre d’armure dérive du sergé, ce n’est, en effet, qu’un sergé amplifié.
- Pour produire une diagonale à nervure simple, il suffit, en effet, de lancer plusieurs
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- — 52 —
- duites consécutives dans une même foule de serge. Le nombre de duites semblables constitue le décochement de la diagonale.
- Les figures 182, 183, 18ï représentent les plus petites diagonales que l’on puisse créer, le rapport en chaîne de ces armures ne comportant que 3 fils.
- La figure 185 constitue une diagonale de 6 fils à décochement de 2. D’après ces exemples, il est facile de voir que le rapport en trame d’une diagonale est toujours égal à son rapport en chaîne multiplié par le décochement. Ainsi la diagonale figure 185 de 6 fils au rapport, ayant un décochement de 2 aura un rapport en trame de G X 2 = 12 duites.
- Les diagonales par effet de trame, telle figure 186, sont peu usitées.
- B. — Diagonale à nervure composée. — La construction des diagonales dérivées présente beaucoup d’analogie avec les procédés de création des dérivés de sergés. C’est ainsi que les diagonales à nervure composée (fig. 187}, dérivent des nervures simples auxquelles on ajoute un ou plusieurs points.
- C. — Diagonales à nervures multiples. — La figure 188 représente une diagonale de cette classe. On voit qu’une telle armure est produite en combinant sur un même rapport des nervures de même décochement.
- S’il y a lieu, dans la construction d’une diagonale quelconque et lorsque les flottés en chaîne ou en trame sont trop considérables, on ajoute des points supplémentaires. La figure 188 a été aussi modifiée en pointant le fond en sergé de 3.
- D. — Diagonales à nervures façonnées. — Ces armures présentent des petits motifs, effet de chaîne disposés régulièrement par rapport à une ou plusieurs nervures de diagonales.
- La figure 189 est une armure de cette dernière catégorie.
- Les diagonales sont exclusivement employées en lainages. en.
- 2)
- 2° Épinglines,
- Les épinglines ne sont qu’une variété de diagonales bien connues sous le nom de Whipp-Cord.
- A. — Épinglines simples. — Le rapport en trame de ces armures est toujours double du rapport en chaîne. La plus petite épingline est celle de 4 comportant 4 fils et 8 duites au rapport.
- Pour pointer une épingline on dispose tout d’abord une première série de points sur tous les fils et les duites impaires, on place ensuite une seconde série de points sur tous les fils et duites paires mais en commençant alors sur le 3e fil et la seconde duite.
- La figure 190 représente l'épingline de 5.
- Les diverses épinglines se prennent habituellement effet de chaîne comme face d’endroit (fig. 191).
- B. — Épinglines doubles. — Dérivent des précédentes par addition d’un point au-dessus de chacun des points primitifs du Whipp-Cord simple.
- La figure 192 est une épingline double de 6.
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- t -----—--------Thha “Tl” ----eirnie meer L
- -53—
- 3° Cannelés obliques.
- Ces armures très en faveur dans la fabrication des lainages, sont encore connues sous le nom de Cork-Screw. On distingue plusieurs genres de cannelés obliques.
- A. — Cork-Screw simples.—Toutes ces armures dérivent des satins à décochement de 2, c’est-à-dire des satins de rapport impair.
- La figure 193 représente le Cork-Screw de 9, ainsi qu’on le voit au-dessus de chacun des points de salin on ajoute une bride par effet de chaîne, la longueur de cette bride étant égale au décochement vertical du satin.
- Si l’on représente par B le nombre de points de la bride totale, on a toujours la relation
- R = 2 B - 1.
- R représentant le rapport d’armure.
- Le plus petit Cork-Screw que l’on puisse construire est celui de 5.
- Les Cork-Screw, par-effet à trame tel que figure 19k, sont très peu usités.
- B. — Cannelures diverses. — Dans ces armures, on combine des cannelures de différentes largeurs.
- Si l’on désigne par B, B’, B”, etc., la longueur des diverses cannelures, on a toujours la relation
- R = 2 (B + B’ + B” + . . .) — N.
- N représentant le nombre des cannelures différentes. Lorsque N est impair le rapport en chaîne est égal au rapport en trame, si N est pair le rapport en trame est égal à la moitié du rapport en chaîne. Par exemple, si l’on veut construire un Cork-Screw présentant une cannelure de 4, une de 5 et une de 7, on aura R = 2 (4 + 5 + 7) — 3 = 29 fds et 29 duites, ce qui produit la figure 195.
- . C. — Cannelures à brides multiples. — La même bride, dans ces armures, se trouve reproduite deux ou plusieurs fois avant d’opérer le décochement.
- La figure 196 est un exemple de ce genre d’armure, pour lisser envers dessus, ces tissus s’exécutant toujours par effet de chaîne.
- 4° Sablés,
- Les sablés sont des tissus présentant des effets de semis réguliers, obtenus par la disposition d’un petit motif donné sur une surface déterminée.
- Pour construire un sablé on s’impose généralement la largeur du rapport, ce dernier en trame se déterminant par expérience. Le motif donné est placé en observant toujours les mêmes décochements horizontaux et verticaux.
- Les figures 197 et 198 représentent deux sablés construits avec le même motif; on remarque que ces armures présentent beaucoup d’analogie avec les satinés.
- Ce genre d’armure n’est guère utilisé qu’en cotonnade.
- II
- 3a
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- 5° Brillantes,
- Ce genre d’armures est employé couramment dans la fabrication des cotonnades et des tissus de lin.
- Le brillanté comporte des petits motifs par effet de trame appliqués habituellement sur fond toile. Les petits motifs affectant la forme de losangé, bâtons rompus, etc. (fig. 199 à 208).
- Dans la figure 199 les motifs sont appliqués sur un fond ne présentant aucun liage, cette armure est dite œil de perdrix. Cette catégorie d’armures est très usitée pour fabriquer le linge de toilette.
- Les figures 200, 201 et 202 présentent des petits losanges sur fond toile. Le même fond est employé dans les armures figures 203 et 204, les motifs formant bâtons rompus.
- Les figures 205 et 206 présentent d’autres dispositions des motifs losangés. Enfin, les figures 207 et 208 sont des brillantés dans lesquels le fond est respectivement pointé en sergé de 3 et en batavia de 4.
- Les tissus brillantés doivent être exécutés en compte serré avec trame floche. Aux apprêts es flottés de trame prennent alors un brillant faisant opposition sur un fond mat.
- 6° Granités,
- On donne le nom de granités à des armures présentant des petits grains irréguliers parsemés sur le fond du tissu d’une façon plus ou moins arbitraire.
- La seule règle à opserver dans la construction de ces armures consiste à répartir les effets de façon à éviter les barrages, les parties trop nues ou trop chargées, les effets obliques, les rayures, etc.
- On distingue 2 genres de granités :
- A. — Les granités par dispersion de motifs. /
- B. — Les granités par fils.
- Dans le premier cas, on se donne un petit motif ou un groupe de petits motifs que l’on dissémine en quinconce ou suivant un satin irrégulier. Les figures 209 à 212 sont ainsi établies.
- La figure 209 comporte un groupe de 2 motifs disposés en quinconce, on ajoute quelques points supplémentaires pour éviter de trop longs flottés.
- Dans la figure 210 on a disposé des groupes de 3 motifs.
- La figure 211 présente des petits motifs placés en satin de 6, le satin irrégulier de 8 sert de base de dissémination dans la figure 212.
- Les granités par fils sont d’une construction plus difficile, il existe bien des procédés, dont les plus usuels sont les suivants :
- 1° Par amalgame de pointés, consistant à superposer sur une même surface les pointés de deux armures différentes. Les points communs à deux armures étant considérés comme points simples.
- La figure 213 est ainsi obtenue et résulte de l'amalgame des satins de 4 et de 6.
- La figure 214 est produite à l’aide des satins de 4 et de 5.
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- 2° Par combinaison fil à fil de 2 ou plusieurs armures.
- La figure 216 permet de comprendre ce procédé, elle est obtenue en combinant l’armure figure 215 avec la toile, cette dernière armure se pointant sur les fils impairs.
- De même, les figures 218 et 220 sont produites respectivement avec les armures figures 217 et 219 combinés fil à fil avec la toile.
- 3° Par permutation de fils. — Etant donné un sergé à nervures multiples figure 221, on produira le granité figure 222 si on transpose les fils irrégulièrement suivant l’ordre:
- 1, 10, 8, 5, 11, 2, 4, 7, 9, 12, 6, 3.
- On pourrait évidemment multiplier ces exemples.
- 7° CrépelinQS,
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- 2
- Les crépelines sont des armures utilisées dans la fabrication des lainages pour robes. Elles imitent quelque peu l’apparence du voile de soie connu sous le nom de crêpe anglais dont l’effet crispé oblique est obtenu par gaufrage.
- Les armures crépelines présentent des côtes ou des cordons interrompus. Ces cordons étant par effet de chaîne ou de trame, sont disposés obliquement sur un fond toile ou sergé.
- La disposition des motifs doit être faite de manière à éviter les effets de coupures, barrages, effet de rue, etc. Cette combinaison ne présente rien de bien compliqué lorsque le rapport d’armure est assez étendu, mais la disposition sur de faibles raccords présente, au contraire, bien des difficultés.
- En principe plus la disposition des motifs est irrégulière et enchevêtrée plus la crépeline est parfaite.
- La figure 223 représente un premier mode de construction de ces armures. On dispose au préalable un sergé de 8 par effet de trame, puis l’on rapporte une nervure irrégulière entre les nervures du sergé.
- La figure 22ï, quoique établie sans règle, donne un bon résultat sur le lissu.
- La figure 225 présente un rapport de 48 fils et 48 duites et peut s’exécuter avec 16 lames ainsi que le montre son remettage.
- Dans la figure 226 le groupe de points formant motif se trouve disposé suivant un satin de 8.
- Enfin, le satin de 9 sert de base de répartition aux motifs dans la figure 227 où le fond est lié suivant un sergé de 6.
- 8° Gnillochés,
- Ces armures dérivent des sergés, des diagonales, etc., c’est-à-dire des armures présentant des effets obliques. Pour obtenir un guilloché régulier l’armure prise comme base doit présenter un rapport pair.
- Pour construire un guilloché on superpose sur une même surface les pointés direct et inverse de l’armure prise pour base. Aux intersections des nervures et afin de rendre le dessin plus net on supprime certains points voisins.
- La figure 228 montre la façon d’opérer, le sergé de 16 à nervures multiples pointé en
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- sens direct est indiqué en noir les hachures figurant le sergé inverse. La figure 229 représente le guilloché produit. Les figures 230 et 231 sont deux autres exemples d’armures de cette catégorie.
- Les figures telles que 231, c’est-à-dire établies sur base diagonale, sont encore connues sous le nom de losanges.
- x 9° Chevrons.
- Ainsi que les guillochés, les chevrons dérivent de toutes les armures présentant des effets obliques. Ces genres de tissus présentent un effet de zig-zag dans le sens transversal.
- Pour former un chevron l’armure prise pour base est pointée dans son entier, on la répète ensuite en sens inverse en allant du dernier Fd exclusivement au premier fil exclusivement. La figure 232 permet de comprendre ce mode de construction. On voit que le rapport définitif du chevron est par suite égal au double du rapport de l’armure-base moins deux, le rapport en trame restant égal à celui de l’armure prise pour base.
- Lors de l’étude des remettages on a vu que les chevrons nécessitent un remettage à pointe et retour, lequel peut s’effectuer de 2 façons différentes. Le chevron (fig. 233) est ainsi obtenu avec répétition du premier fil à la pointe.
- La figure 23h représente un chevron élargi en reproduisant 2 fois les courses suivies dans le même sens.
- La figure 235 constitue un genre de chevron dit alterné.
- Le chevron à branches inégales (fig. 236) est dit : serpentine oblique, ce genre d’armure a été jadis très employé.
- La figure 237 est un chevron obtenu avec un Cork-Screw et porte le nom de cannelé ondulé.
- Lorsque l’effet de zig-zag chemine dans le sens de la chaîne comme (fig. 238) l’armure est dite serpentine.
- Pour la bonne exécution d’un chevron nous croyons devoir rappeler qu’il est nécessaire d’employer des fils de torsions différentes dans chacune des branches.
- 10° Damassés.
- Ce genre d’armures est très employé dans la fabrication du linge de table dit ouvré.
- Le damassé consiste à combiner sur un même rapport la face d’endroit et la face d’envers d’une même armure. Il est donc nécessaire de prendre pour base des armures dont l’envers est très marqué, c’est pourquoi l’on prend de préférence les sergés et les satins.
- Au point de vue du dessin les damassés se classent en damassés rectilignes et damassés mixtilignes. Ces derniers, ainsi qu’on le verra par la suite, exigent l’emploi du Jacquard.
- Les damassés rectilignes peuvent affecter la forme de rayures ou de damiers.
- Les rayures damassées peuvent être longitudinales ou transversales, égales ou inégales.
- La figure 239 montre une rayure longitudinale en sergé de 5. Cette armure est défectueuse, ainsi que le fait voir la figure 240. Dans cette dernière, nous figurons le profil des fils Nos 10 et 11 et on remarque que rien ne s’oppose au glissement du fil par effet de trame sous le fil
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- t pointé par effet de chaîne. Ce genre de défaut est très apparent et constitue une coulure, l’intersection des rayures manque de netteté par suite du glissement des fds voisins. Par un profil analogue on verrait que le fil N° 1 se glisserait également sous le dernier fil du rapport.
- Ce défaut est évité dans la figure 261, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte par l’examen du profil figure 242 représentant le travail des fils voisins Nos 10 et 11. Dans ce cas, ces fils sont dits eu opposition et ont même une tendance à se repousser, ce qui assure des intersections bien nettes.
- En principe dans la construction des damassés il faut donc toujours opposer les pris de l'effet de trame aux laissés de l’effet de chaîne et inversement les laissés de l'effet de trame aux pris de l’effet de chaîne.
- Cette règle est facilement suivie si l’on observe les 2 principes suivants:
- 1° Les croisures dans chacun des effets chaîne ou trame doivent être d’inclinaison opposée.
- 2° Le nombre de fils ou de duites comportant chacun des effets doit être égal ou multiple du rapport de l'armure-base.
- La figure 243 représente une rayure en satin de 5 établie en conformité de ces principes.
- L’application de ces derniers a également pour effet de faciliter le remettage à paquets en nécessitant des courses complètes sur chaque corps de lames.
- La construction des damiers en sergé se fait d’après les mêmes principes. Les figures 244 et 2^5 montrent deux exemples de ce genre d’armures sur base sergé de 5 ; ainsi qu’on le voit les damiers peuvent être réguliers ou à carreaux égaux ou irréguliers. Il faut simplement commencer le pointé de l’effet de trame dans l’angle inférieur de gauche.
- Dans la création des damiers sur base satin, 3 cas sont à considérer :
- A. — Le satin est régulier mais de rapport impair.
- B. — Le satin est régulier mais de rapport pair.
- C. — Le satin est irrégulier.
- Pour la symétrie du pointé dans le premier cas il faut commencer le pointé de l’effet de trame en plaçant le premier point au milieu du rapport d’armure ainsi que figure 2^6.
- Toujours pour la symétrie du pointé et afin de pouvoir opposer les pris aux laissés, dans le second cas, il faut commencer le pointé de l’effet trame comme fig. 267, c’est-à-dire en plaçant l’étalon au milieu du rapport d’armure. L’étalon est constitué par l’ensemble de 2 points consécutifs, par suite il'est toujours de 2 duites et d’un nombre de fils égal au déco-chement du satin plus un.
- Enfin, lorsque le satin est irrégulier il faut simplement éviter de placer des points dans les angles.
- Les figures 268, 269 et 250 sont des applications de ces remarques.
- Toutes les règles qui précèdent, concernant la construction des damassés, ne sont cependant pas sans exception. On peut, en effet, établir des armures telles que figures 251 à 253 ne satisfaisant pas aux conditions énoncées dans les principes ci-dessus. Dans la figure 251, par exemple, on voit que le nombre des fils dans chacune des rayures n’est pas multiple du rapport de l’armure-base qui est le sergé de 5. On remarque de même, que dans les fig. 252 et 253 les cIuisures par effet de chaîne et de trame sont dirigées dans le même sens. Il est vrai que dans
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- ce dernier cas le tissu produit aura une face d’envers et par suite ne constituera pas un véritable damassé.
- La figure 254 représente une rayure disposée obliquement, enfin dans la figure 255 on a des motifs en losange, où les intersections des effets de chaîne et de trame s’effectuent suivant des lignes parallèles aux décochements de l'armure-base.
- Bien souvent les damassés rectilignes se représentent à l’aide d’esquisses analogues à figure 256. Chaque carreau de l’esquisse correspond alors à un rapport de l’armure prise pour base. Dans l’exemple considéré figure 256, si l’on suppose adopter le satin de 5, on aura 20 x 5 = 100 fils et 100 duites. La figure 257 donne le quart de cette carte.
- x 11° Rayonnés,
- Les armures rayonnées sont obtenues en disposant un même motif autour d’un point central et chaque fois en le faisant tourner d’un quart de tour comme figure 258.
- Le motif qui sert de base doit nécessairement occuper un carré parfait, ce motif pouvant être constitué par une armure ou une fraction d’armure.
- Par suite de leur mode de construction, les rayonnés ont un rapport double en chaîne et en trame de celui de l’armure prise pour base.
- La figure 259 est un rayonné obtenu en prenant le batavia de 6 pour base. Lé rayonné figure 260 est produite à l’aide du Cork-Screw de 9.
- Ce premier genre d’armures constitue les rayonnés par rotation. Dans les rayonnés dits par damassé on a également 4 parties disposées autour d’un point central, mais chaque case contient le damassé de la case précédente, c’est-à-dire que les effets de chaîne sont remplacés par des effets de trame et réciproquement.
- La figure 261 permet de comprendre ce mode de formation d’armure. Les armures analogues à cette figure 261 sont connues dans le commerce sous le nom de fond de chaise et sont très en faveur dans le tissage des draperies.
- La figure 262 est un autre exemple de rayonné par damassé.
- 12° Combinaisons d'Armures,
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- Bien des tissus, au lieu d’être produits à l’aide d’une armure unique, sont obtenus par des combinaisons de deux ou plusieurs armures différentes. bl
- Ces combinaisons d’armures se font suivant des rayures, des damiers ou même suivant I
- des lignes quelconques.
- En principe on ne peut combiner entre elles que des armures présentant le même embrevage. Par exemple, si l’on exécutait un tissu possédant alternativement une rayure toile et une rayure batavia, rapidement cette dernière sera lâche et peu tendue. Il est vrai que par un montage sur deux ensouples on pourrait remédier à cet inconvénient.
- De plus les intersections d’armures doivent être bien nettes, il faut éviter les cou ires (voir damassés) les longs flottés en chaîne ou en trame, les coupures irrégulières, etc.
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- Les figures 263 à 266 inclus donnent quelques applications de ce mode de construction.
- Dans la figure 263 on a simplement combiné ensemble deux fractions d’une même armure mais en leur donnant des positions différentes. Ce genre d’armure constitue le radzimir.
- La figure 264 comporte une rayure en natté et une rayure en batavia de 6.
- L’effet de damiers figure 265 présente un carreau en batavia formant losange et un damier en natté.
- Quant à la figure 266 l’intersection des armures sergé et natté se fait à la fois suivant les fils et suivant les décochements des armures.
- Il est évident qu’en observant les mêmes règles on peut combiner 2 ou plusieurs armures suivant des lignes quelconques mais ce genre de tissu est du domaine de la mécanique Jacquard.
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- 13° Tissus ajourés.
- Ces tissus s’obtiennent par la répulsion de 2 fils voisins et de 2 duites consécutives.
- A cet effet, on combine l’opposition des liages des fils et des duites devant se repousser, et on obtient ainsi un tissu offrant à l’œil l’aspect de petits carreaux à jours réguliers se faisant suite les uns aux autres.
- Pour que cette fabrication soit irréprochable, il faut que les matières employées en chaîne et en trame soient fines, de même qualité, titre, et réduction ; que cette dernière soit peu serrée et le duitage d’une régularité parfaite.
- L’effet de répulsion des fils voisins formant opposition est également favorisé par un piquage au peigne convenable.
- Le nombre des armures de tissus ajourés est relativement restreint. Les figures 267 à 273 représentent les armures les plus employées.
- L’armure figure 267 connue sous le nom de grenadine nécessite un piquage à 3 fils en dent, il en est de même de la figure 268.
- Les figures 269 à 272 inclus exigeront un piquage à 4 fils alors que la figure 273 se fera à 5 fils en broche, cette dernière est dite cannelé mignonette.
- Les diverses armures de tissus ajourés sont bien souvent associées à d’autres armures en vue de produire des étoffes à bandes pour lingerie, robe d’été, etc.
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- 14° Gaufrés
- Les Gaufrés ou nids d'abeilles sont des tissus présentant des effets d’incrustation ayant exactement le caractère et l’aspect de la gaufré. Ce genre de tissu est employé dans la fabrication du linge de toilette.
- L’effet d’incrustation est déterminé par des lignes en relief dans le sens de la chaîne et dans celui de la trame.
- Les figures 274, 275 et 276 représentent les types les plus employés. Ainsi qu’on le voit ces armures comportent un losange par effet de chaîne et un losange par effet de trame séparés par un point de toile ; ces divers losanges sont inégaux.
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- Si l’on considère par exemple la figure 275 on voit que les brides de chaîne sont disposées par longueurs croisantes, il en est de même des brides de trames. Or, ces flottés voisins, inégaux de longueur ont une tendance à se glisser les uns en dessous des autres, ce qui amène le flotté du milieu, le plus long, à se soulever et à former relief.
- Dans la figure 277 les losanges sont égaux et séparés par 2 points de toile.
- La figure 278 comporte deslosanges inégaux séparés par 2 points de toile.
- Les losanges sont égaux dans la figure 279 et inégalement distants. Les armures figures 280 à 291 donnent les armures parfois employées comme gaufrés, mais toutes ces armures sont moins parfaites que les premières et exigent l’emploi de gros fils.
- 15° Côtes bombées.
- Ces armures sont encore désignées sous le nom de « Côtes-Cheval ».
- Les côtes produites peuvent être longitudinales, transversales ou obliques. De plus, elles peuvent être égales ou inégales.
- Pour produire une côte longitudinale on laisse flotter certaines duites sous plusieurs fils. Aux apprêts ces brides de trame, en se rétrécissant plus que le tissu, font bomber ce dernier.
- La figure 295 permet de comprendre ce mode de construction. On pointe un reps par trame, puis, sur les duites apparaissant à la face d’endroit, on pointe une armure quelconque. Dans l’exemple considéré on a disposé a toile.
- Le batavia de 4 sert à lier l’endroit dans la cote (fig. 296}.
- La figure 297 comporte des côtes inégales, l’une étant liée en toile, une autre en sergé de 3.
- Les figures 298 et 299 montrent une autre disposition également très employée. Les brides flottantes sont constituées par deux duites consécutives, le fond étant lié en toile.
- On combine parfois les côtes bombées avec une armure formant fond, afin de produire une surface en creux sur l’étoffe, la figure 300 est ainsi établie.
- Le même procédé de construction est appliqué aux côtes transversales, mais dans ce cas les brides flottantes d’envers sont produites par la chaîne. Les figures 301, 302 et 303, sont des exemples de cette catégorie.
- La côte bombée figure 305 comporte 4 duites flottantes pour 2 duites de fond, mais ce dispositif est peu usité.
- La côte oblique figure 305 présente des flottés de trame et forme des côtes égales sur fond toile.
- On range également dans les tissus à côtes bombées les armures présentant des flottés de trame irréguliers destinés à former dessin, tek que figure 306.
- Enfin, on peut combiner entre elles les côtes longitudinales et transversales en vue de former des effets de damiers, figure 307, rayures, losanges, etc.
- 46° Armures similaires,
- Etant donné une armure, en modifier le rapport afin de pouvoir l'exécuter sur un montage différent est un problème qu’a bien souvent à résoudre le fabricant
- Si les armures fondamentales sergé et satin peuvent s’établir sur tous rapports, il n’en
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- est pas de même pour certaines armures plus ou moins régulières. Dans ce cas, il faut simplement s’attacher à respecter la caractéristique de l’armure à reproduire.
- Les figures 308 à 315 représentent diverses modifications d’une même armure disposée sur des rapports de 8, 10 et 12 fds.
- 17° Armures factices.
- Toutes les armures peuvent être modifiées comme aspect sans pour cela changer en rien le mode de croisement des fils.
- L’aspect d’une armure peut, en effet, se modifier par l’emploi de fils plus ou moins gros, en disposant un plus ou moins grand nombre de fils dans un certain espace et, enfin, par l’emploi de fils diversement colorés. Les deux premiers de ces procédés sont d’un usage courant en fabrique et permettent par exemple d’établir une grande variété de toiles de lin, lesquelles sont parfaitement distinctes les unes des autres par le seul fait d’une différence dans la grosseur et la réduction des fils constitutifs.
- Quant à la combinaison d’armures avec des fils de couleurs différentes elle fournit une variété très grande d’armures factices. Comme il est impossible de donner l'énumération de toutes les combinaisons de ce genre, nous n’examinerons que quelques cas particuliers. Mais ces démonstrations seront suffisantes pour montrer que l’on peut obtenir de nombreuses armures autrement que par le seul entrelacement des fils. Il est cependant bon d’ajouter que les meilleures armures factices sont obtenues à l’aide des armures fondamentales.
- Si par exemple, nous exécutons l’armure toile figure 316 avec un ourdissage par 1 fil blanc, 1 fil noir et trame blanche, le tissu produit aura l’aspect figure 317. Sur cette esquisse comme sur les suivantes, l’ourdissage est indiqué en A, le tramage en B. Ce genre d’ourdissage par 1 fil clair, 1 fil foncé, est dit merveille, il est couramment employé en draperie.
- L’esquisse figure 318 présente le même ourdissage que le tissu précédent mais avec tramage par 1 duite noire et 1 duite blanche. Le tissu produit constitue le dessin dit mille-raies. On remarque que l’entrecroisement des fils blancs et des duites blanches détermine des surfaces blanches sur la surface de l’étoffe. De même, partout où les duites noires s’entrelacent avec les fils noirs, il y aura production de surfaces noires.
- L’armure toile exécutée avec ourdissage par :
- 1 fil blanc et 1 fil noir
- et tramage par 1 duite blanche et 1 duite noire donne un dessin analogue à la figure 319, c’est-à-dire produit un mille-raies transversal.
- La combinaison des effets figures 318 et 319 donne la figure 320 présentant des rayures. Comme le montre l’ourdissage A, la rayure est obtenue par une simple interversion des fils de couleurs.
- Le damier figure 321 découle de la rayure figure 320.
- Toutes les esquisses qui suivent (fig. 322 à 327 inclus) sont obtenues avec l’armure toile. Dans ces divers dessins, les ourdissages correspondants sont indiqués en-dessous et les tramages à droite.
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- Les dessins figures 328 et 329 sont établis avec le batavia de 4, la dernière de ces esquisses constitue le « pied de poule ».
- Les esquisses figures 331 et 332 sont produites avec l’armure façonnée figure 330.
- Les dessins figures 333 et 337 sont exécutés à l’aide des armures qui les accompagnent.
- Il est évident que l’on pourrait, de la même façon, recourir à l’emploi de fils de 3 ou plusieurs couleurs différentes, c’est ainsi que le sergé de 3, par exemple, ourdi et tramé par : 1 noir, 1 gris, 1 blanc, fournira un mille-raies en trois nuances.
- MÉCANIQUE JACQUARD
- Le métier à marches ne permet pas de faire évoluer plus de 16 lames avec 16 marches Déjà même un tel montage n’est pas pratique. Jusqu’à 32 lames on peut recourir à une machine spéciale dite mécanique d’armure, enfin pour des rapports d’armures plus considérables on se trouve dans la nécessité d’employer une machine appelée mécanique Jacquard, du nom de son inventeur.
- La mécanique d’armure n’étant qu’un dispositif dérivé du Jacquard nous commencerons donc par l’étude de ce dernier.
- Par son montage la mécanique Jacquard permet d’obtenir autant de fils à évolution spéciale qu’elle comporte de crochets. Pour cette raison les diverses mécaniques se classent d’après leur nombre de crochets. Dans les mécaniques dites Lyonnaises ce nombre de crochets est habituellement multiple de 104, c’est ainsi que :
- Les mécaniques 100 comptent 26 roules de 4 soit 104 crochets — 200 — 26 — • 8 — 208 —
- — 400 — 52 — 8 — 416 —
- — 600 — 52 — 12 — 624 —
- Les figures 335 et 330 représentent en perspective une mécanique lyonnaise de 100 crochets Cette machine se dispose au-dessus du métier à tisser en place et lieu de lames, elle se place sur des traverses dites brancards reposant sur le bâti du métier. Les figures 337 à 339 montrent les détails de construction de cette mécanique.
- L’ouvrier a une seule pédale à actionner. Lorsqu’il appuie sur cette pédale il imprime un mouvement de rotation à l’arbre de couche U, à cet effet l’extrémité de la pédale porte une corde 5 fixée d’autre part à la poulie M calée sur l’arbre U. Sur celui-ci est fixé le manchon P sur lequel s’enroule la sangle R.
- Cette dernière étant reliée à la poignée de la griffe Z, dès que l’arbre de couche tourne la sangle R s’enroule et la griffe monte. g
- La griffe est une sorte de caisse sans fond guidée verticalement entre les jumelles A. La
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- rectitude de ce mouvement est assurée par les coulisseaux, que porte la griffe, et qui sont engagés dans des rainures verticales ménagées à la face interne des jumelles. A sa partie inférieure la griffe présente des lames appelées couteaux lesquelles sont disposées obliquement.
- La machine étant au repos, comme, figure 335, la griffe est à sa position inférieure où elle retombe par son propre poids. Dans cette position les couteaux X se trouvent à quelques millimètres en-dessous du bec de corbin des crochets A.
- Les crochets sont des fils de fer verticaux, ils sont recourbés à leurs extrémités. La courbe supérieure, taillée à angle vif est dite bec de corbin, la courbe inférieure constitue le talon du crochet. Au repos, les crochets s’appliquent sur une planchette percée de trous appelée planche à collets. Afin de s’opposer à la rotation des crochets un râteau B se trouve engagé dans leurs talons. Habituellement ce râteau est relié à la griffe et lève par suite avec celle-ci.
- Vers leur partie supérieure les crochets sont engagés respectivement dans Vœil que portent chacune des aiguilles.
- Les aiguilles F, dont le nombre est égal à celui des crochets, sont des fils de fer disposés horizontalement ; ces aiguilles sont guidées d’une part dans un trou de la planchette ou planche à aiguilles C et d’autre part elle reposent sur les barreaux de la grille D. Ainsi que le montre la figure 339 la course d’une aiguille est limitée à l’aide d’une épinglette A engagée dans la boucle ou chàs H qui la termine. Dans le prolongement de chaque aiguille se trouve un petit ressort en laiton appelé élastique. Tous les élastiques sont contenus dans les longs trous de l’étui O et une seconde série d'épinglettes B (fig. 339), sert à les maintenir route par route.
- Les élastiques ont pour mission de toujours repousser les aiguilles vers l’avant et de les faire dépasser légèrement de la planchette.
- Dans cette même position de repos le cylindre V se trouve appuyé ou plaqué contre la planche à aiguille C. Le cylindre est en réalité un prisme quadrangulaire tournant autour de son axe; chacune de ses faces est percée de trous appelés alvéoles dont la disposition est analogue à celle des aiguilles, sur la planchette. Des pédones^ou boutons de repère sont fixés à chaque pan du cylindre et sont chargés d’appeler le carton venant le recouvrir.
- Le carton, coupé aux dimensions de l une des faces du cylindre, est perforé ou piqué suivant les besoins du dessin. Les différents cartons sont enlacés de façon à former un manchon sans fin.
- Par suite de cette disposition le carton vient s’interposer entre le cylindre et la planchette. Les parties pleines de ce carton en repoussant les aiguilles font prendre une position oblique aux crochets correspondants et alors leurs becs de corbin sont soustraits à l’action de la griffe. Au contraire les aiguilles vis-à-vis des trous du carton, ne sont pas.chassées vers l’arrière et leurs crochets restent en prise avec les couteaux X de la griffe Z. Dans ces conditions, cette dernière en levant entraînera dans son mouvement d’ascension les seuls crochets correspondants aux trous du carton.
- Chaque crochet porte une corde appelée collet laquelle traverse un trou de la planche à collet N, cette corde double -est terminée par un porté-mousqueton métallique dans lequel est engagé un faisceau d'arcades. Les arcades à leur tour se guident au travers d’un trou de la planche d'arcade, ce sont de longues ficelles en linggénéralement et vernies. Enfin, chaque arcade supporte une disselle à maillon terminée par un plomb cylindrique de forme allongée.
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- Les fils de la chaîne étant rentrés dans les divers maillons, on comprend que la levée du crochet entraîne celle des fils qu’il contrôle.
- Dès que l’ouvrier abandonne la pédale la griffe retombe par son propre poids et celui des plombs qui ont levé. Les crochets levés descendent également pour venir se reposer sur la planche à collets et le cylindre après avoir accompli un quart de tour vient s’appliquer sur les aiguilles pour produire une nouvelle sélection entre les crochets devant lever et ceux devant rester au repos.
- Le cylindre doit recevoir un mouvement d’oscillation et un mouvement circulaire périodique afin d’appeler les cartons, puis de les appliquer sur la planchette.
- / A cet effet, le cylindre V se trouve monté à la partie inférieure d’un cadre appelé battant. /Celui-ci est formé des deux montants D assemblés par les traverses G H et oscille à la partie / supérieure sur une tige R dite tige filetée. Cette dernière repose sur les tenons C emboîtés dans / le chapeau B entretoisant les jumelles A. Sur les traverses G H se trouve fixée une pièce en fer de forme spéciale I appelée Ressort de presse, Col de cygne ou S dans laquelle est engagé un galet 0. A son tour le galet est monté à l’extrémité d’une tige T dite fourchette solidaire de la griffe Z. Par suite, lorsque la griffé monte, étant donné la forme du col de cygne I, le battant est repoussé ainsi que le cylindre V qu’il supporte, dès que la griffe retombe le cylindre se trouve ramené contre la planchette.
- Le cylindre repose par son axe sur deux coussinets de bronze fixés à la face interne des montants D et peut ainsi tourillonner. A son extrémité droite, le cylindre présente une sorte d’engrenage dite lanterne M constituée par 4 fuseaux disposés suivant les arêtes du cylindre.
- Sur la lanterne s’applique un crochet en fer plat l dit loquet dont le nez agit sur les fuseaux de la lanterne. D’autre part, le loquet est articulé à la partie extérieure de la jumelle droite. Dès que le cylindre s’éloigne avec le battant, le loquet l maintient l’un des fuseaux de la lanterne M et force ainsi le cylindre à tourner.
- Ce mouvement de rotation est limité à 1/4 de tour par l’action des valets L agissant à la face supérieure du cylindre. Les valets sont des sabots en bois constamment appuyés sur le cylindre par des ressorts à boudin p.
- Pour disposer le manchon de cartons sur le cylindre il faut :
- 1° Appuyer sur la pédale et la maintenir foncée en l’accrochant.
- 2° Soulever les valets en comprimant les ressorts p. Les valets sont maintenus soulevés en engageant des boutons dans les crans qu’ils portent latéralement. Ces boutons se trouvent fixés sur le dessus de la traverse H.
- L’enlèvement du cylindre se fait alors aisément, des entailles ou entrées étant ménagées à la face interne des montants pour le passage de l’axe du cylindre.
- Pendant la marche de la mécanique le manchon de cartons tourne en passant sur le cylindre et en descendant entre celui-ci et la machine. On facilite ce déroulement en renvoyant le carton sur des lanternes de bois ou en le supportant de place en place à l’aide de baguettes reposant sur un chemin de fer. Il est parfois nécessaire de faire détourner le carton, on tire alors sur le cordon de rappel F celui-ci renvoyé sur une petite poulie se trouve fixé à l’extrémité du loquet l et du contre-loquet 1’. Le contre-loquet est disposé symétriquement par rapport
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- au loquet auquel il est relié par une ficelle. L’effort exercé sur la corde F soulève le loquet qui se trouve alors sans action sur la lanterne et le contre-loquet arrive en prise avec la lanterne. Si on agit alors sur la pédale le contre-loquet fait détourner le cylindre et par suite le carton.
- Le contre-loquet en faisant détourner le cylindre permet de rechercher une duite perdue. La duite étant retrouvée on laisse retomber le loquet et on passe 2 cartons avant de recommencer à tisser. Bien souvent l’ouvrier se contente de rappeler un certain nombre de cartons, puis il marche dans le sens direct jusqu’à ce que la duite soit retrouvée.
- Numérotages divers. — Les figures 339 et 3^0 permettent de comprendre la façon de numéroter, adoptée dans le Nord de la France. Dans la figure 340, on suppose le cylindre placé à gauche de l’ouvrier, la lanterne du cylindre se trouvant alors de son côté. On voit que les crochets se numérotent de l’arrière vers l’avant dans chaque route et de gauche à droite.
- Les aiguilles, par suite, se numéroteront sur la planchette de bas en haut dans chaque route et de gauche à droite.
- Quant aux arcades, on les rentrera ou empoutera en allant de gauche à droite sur la planche et en allant de l’arrière vers l’avant dans chaque route, les lisselles se numérotant comme les arcades.
- D’après ce qui précède, le carton venant s’appliquer sur la planchette comme le montre la figure 339, c’est-à-dire en faisant un quart de tour, il faudra numéroter ses trous ainsi que l’indique la figure 3M, autrement dit de haut en bas dans chaque route et en allant de gauche à droite.
- Lorsque les jeux de cartons sont peu considérables, on place parfois la mécanique sur le métier de façon à ce que le cylindre se trouve au-dessus de la tête de l’ouvrier, la surveillance est ainsi plus facile et les arcades sont décroisées. On peut également disposer le cylindre en arrière ou à la droite de l’ouvrier pour ne pas nuire soit à l’éclairage, soit à la commande du métier.
- Remarque. — La mécanique lyonnaise ne produit qu’une simple foule de levée, ce qui nécessite une course double des fils devant lever pour le passage de la navette.
- On remédie quelque peu à cet inconvénient en réglant la nappe des fils au repos à 4 ou 5 centimètres en-dessous du niveau d’étente, c’est-à-dire de la ligne droite allant du porte-fils à la poitrinière.
- Réglages divers. — Le cylindre d’une mécanique est sujet à de fréquents dérangements. Dès que l’on s’aperçoit d’un défaut quelconque, on enduit la pointe des aiguilles d’un peu de colorant et on fait plaquer un carton. La trace des aiguilles sur le carton permet de discerner les défauts.
- Tout d’abord le cylindre peut se trouver trop haut ou trop bas par rapport à la planchetté. On déplace alors le cylindre en agissant sur les vis de réglage g sur lesquelles reposent les coussinets supportant le cylindre.
- De même le cylindre peut être trop à droite ou trop à gauche de la planchette. Il suffit dans ce cas de déplacer le battant dans le sens convenable en agissant sur la tige filetée r.
- Lorsque le cylindre n’est pas rigoureusement parallèle à la planchette, le carton n’exerce
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- pas une pression uniforme sur toute sa longueur, on déplace alors l’un ou l’autre des tenons C légèrement mobiles dans les mortaises du chapeau B.
- Enfin, la pression du cylindre peut être insuffisante pour repousser les aiguilles ou encore être trop forte. Il suffit de déplacer le galet O fixé sur la fourchette t en agissant sur la vis de presse z.
- Parfois les crochets sont trop en prise avec les couteaux de la griffe où ils se trouvent trop éloignés de ces couteaux. On les ramène en position en faisant glisser la planche à collets entre les jumelles.
- Divers inconvénients se présentent également au cours du tissage.
- Une trop forte tension du manchon de cartons s’oppose à la chute de la griffe. Un enlaçage des cartons défectueux occasionne leur enroulement sur le cylindre, etc.
- Lorsque certains fils restent constamment levés, ils sont dits courageux, ce défaut peut être occasionné par des erreurs de piquage du carton ou encore par un crochet ou une aiguille plus ou moins tordu. Si au contraire on a des fils paresseux c’est-à-dire toujours baissés, ce défaut peut être causé par des élastiques insuffisants, par des crochets retournés ou tordus, etc.
- La position de l’articulation du loquet sur la jumelle doit être également déterminée de façon à donner au cylindre un mouvement juste suffisant. Si la corde qui relie le loquet au contre-loquet est trop courte la mécanique ne peut pas fonctionner.
- La hauteur à laquelle on dispose une mécanique'au-dessus du métier est fonction de la largeur de ce dernier, en principe plus le tissu est large plus la mécanique doit être haute.
- Définitions. — L’ensemble des aiguilles et des crochets d’une mécanique constitue la garniture.
- On appelle garnissage le travail qui consiste à disposer la garniture. Généralement la mécanique est livrée toute garnie avec un collet engagé dans chaque crochet.
- L’ensemble des arcades d’une mécanique est dit harnais, harnat, ou tire.
- La façon de passer les arcades au travers des trous de la planche est appelée empoutage.
- Montage d’une mécanique. — Soit par exemple à exécuter un tissu: on compte 40 fils au centimètre et 120 centimètres de largeur au peigne. Le dessin, répété plusieurs fois sur cette largeur, étant toujours dans le même sens et établi sur 800 fils.
- On prendra nécessairement une mécanique 800 comportant 832 crochets. C’est-à-dire que le dessin occupera 800 crochets, soit 50 routes de 16 et on laissera vides 2 routes de 16.
- Habituellement, les crochets ne travaillant pas sont enlevés, mais on en laisse 4 ou 5 pour faire travailler les fils de lisière. De préférence, les routes vides sont laissées du côté de la lanterne.
- Dans le cas du présent montage, le nombre total des fils = 120 X 40 = 4.800.
- Le dessin comportant 800 fils, on aura :
- 4800 = 6 répétitions,
- 800
- autrement dit le dessin sera reproduit 6 fois dans la largeur.
- La largeur d’une répétition sera :
- 800
- o
- B
- E
- 40
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- On aura donc 800 faisceaux d’arcades de chacun 6 arcades à empouter régulièrement dans la planche d’arcade.
- Dans l’établissement de l'empoutage, cas sont à considérer :
- 1° La planche est du modèle courant. — Dans ce cas, on emploie une planche du commerce contenant 355 routes au mètre, les trous de ces routes étant disposés en quinconce.
- Par suite la répétition ayant 0m20 de-largeur, devra occuper :
- 355 x 0.20 = 71 Routes.
- Le problème est donc celui-ci : répartir régulièrement 800 arcades sur 71 routes.
- On pourra, par exemple, adopter la disposition suivante :
- 12 routes de 16 arcades = 192 arcades.
- 5 — 12) — 5° — Ô 12 — 5 — 14 — • 6 — Totaux : 71 routes. vides. de 16 arcades = 192 arcades, vides. de 16 arcades = 192 arcades, vides.
- de 16 arcades = 224 arcades. 800 arcades.
- vides.
- Si l’on adopte des routes de 12 arcades, on aura la disposition qui suit
- 33 routes de 12 arcades = 396 arcades.
- 2 — 33 — vides. de 12 arcades = 396 arcades.
- 1 — de 8 — - 8 —
- 2 — Totaux : 71 routes. Cette répétition étant répétée vides. 6 fois. 800 arcades.
- 2° La planche est percée sur mesure. — Actuellement les planches d’arcades se fabriquent à la division que l’on désire. Dans ce cas, on s’efforce de disposer les arcades par routes égales aux routes des crochets, de manière à moins croiser la tireou harnais.]
- La mécanique étant disposée par rangées de 16 crochets, on placera les arcades par routes de 16, dans chaque répétition on aura :
- 800
- .. — 50 Routes.
- 1b
- Et l’écartement entre chacune des routes sera :
- 0,n 20 - 0m 004.
- 50
- Le fabricant de planches aura donc à livrer une planche présentant 50 x 6 — 300 routes de 16 trous, l’écartement entre les routes étant de 4 millimètres. Pour faciliter le travail du tisserand il faut autant que possible que le nombre d’arcades à la route soit multiple du nombre de fils en broches dans le peigne.
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- Pratique de l’empoutage. — Une boucle est une ficelle de lin, repliée en deux et nouée, elle forme 2 arcades.
- Dans le cas du présent montage, on assemblera 3 boucles pour former un faisceau de 6 arcades, il faudra naturellement 800 faisceaux.
- Ainsi que le montre la figure 342, toutes les arcades sont enfilées sur une tringle que l’on maintient horizontalement et un peu en arrière de la planche d’arcade.
- Celle-ci étant tracée à la craie se place sur deux supports. On fait glisser le 1er faisceau vers la gauche; puis on l'empoute comme suit :
- 1re Arcade du 1er faisceau est rentrée dans le 1er trou du 1er chemin.
- 2e — 1er — — 1er — 2e —
- 3e — 1er — — 1er — 3e —
- 4e — 1er — — pr — 4e
- 5e — 1er — 1er — 5e
- 6e — 1er — — fer — 6e —
- Un chemin étant constitué par l’ensemble des routes d’une répétition.
- Les 6 arcades du second faisceau sont ensuite remises dans les seconds trous de chaque chemin et l’on continue ainsi pour chaque faisceau, le 800e étant passé dans le 800e trou de chaque répétition.
- L’empoutage étant terminé, on remplace la tringle supportant les arcades par une cordelette, puis ensuite on noue les arcades en-dessous de la planche afin de les empêcher de se retirer.
- Colletage. — Ce travail consiste à engager un faisceau d’arcades dans le porte-mousqueton de chaque collet.
- La Jacquard étant fixée sur son brancard au-dessus du métier, on place la planche d’arcade sur ses supports, puis la corde contenant les arcades est tendue sous la planche à collets.
- En comprimant le porte-mousqueton du 1er collet, afin de l'entr'ouvrir, on y introduit le 1er faisceau d’arcades. De la même façon le second faisceau est fixé au second collet, en continuant jusqu’au dernier faisceau s’engageant dans le 800e collet. Au cours du travail et pour prévenir toute erreur il est bon, de temps à autre, de s’assurer de la concordance des arcades et des collets.
- Enfin, le colletage fini, on enlève la corde engagée dans les boucles des arcades et on dénoue ces dernières de façon à les laisser pendre librement sous la planche d’arcades. Cette dernière peut alors être fixée sur ses supports après s’être assuré de son horizontalité et de sa parfaite position par rapport à la chaîne.
- Pendage ou appareillage. — A chacune des arcades il faut venir attacher une lissette munie d’un plomb.
- Les lissettes sont enfilées au préalable sur une règle en fer ou en bois, cette règle se place horizontalement et sous la planche d’arcade.
- La lre lissette est alors liée à la lre arcade par un nœud provisoire ainsi que figure 3^3, c’est-à-dire par un nœud de tisserand gansé. On continue de la même façon à suspendre une lissette à chaque arcade en employant le même nœud.
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- Toutes les lissettes étant suspendues aux arcades on peut enlever la tringle qui les supportaient, et l’on procède à l’opération suivante.
- Réglage, nivelage ou égalisage. — Tous les maillons doivent être amenés à la même hauteur et dans le même plan horizontal.
- Dans ce but, on tend horizontalement un cordeau sous la planche d’arcades, ce cordeau indiquant le niveau que doivent occuper les maillons, c’est-à-dire qu’il est placé à 4 ou 5 centimètres en-dessous du niveau d'étente.
- Avec précaution on fait glisser la 1re lissette sur son arcade de manière à amener le maillon à la hauteur du cordeau, à ce moment, le nœud préalable figure 343 est transformé comme le montrent les figures 344 et 345, c’est-à-dire en nœud de tisserand définitif. Lorsque l’on a procédé de la même façon pour toutes les arcades, on coupe les bouts de ficelle en excédent. La machine ayant fonctionné, il y a parfois lieu de procéder à une révision de ce nivelage, certaines arcades s’étant allongées sous le poids du plomb.
- Encroix des lissettes. — Afin de prévenir les erreurs dans le rentrage des fils de chaîne il y a lieu de procéder à un encroix ou envergure des lissettes. Ces dernières se trouvant disposées par routes, les unes devant les autres, on sépare la première route de gauche à l’aide d’une lame ou même simplement avec l’index de la main gauche. Avec l’index et le pouce de la main droite on forme alors l’encroix de cette première route puis on engage 2 bâtons ou 2 cordes pour contenir cet encroix. On procède ensuite à l’encroix de la seconde route et en continuant jusqu’à la dernière route. La figure 3b6 permet de comprendre ce mode d’opérer, on voit que par l’encroix tous les maillons se trouvent ramenés dans un même plan et les uns à la suite des autres.
- Rentrage des fils. — L’ensouple étant disposée sur ses supports, on déroule la chaîne puis à l’aide d’une passette on la rentre fil par fil dans le harnais. Ce travail présentant beaucoup d’analogie avec un remettage, il est inutile de le décrire plus longuement.
- Le rentrage terminé, les baguettes encroisant la tire sont enlevées et le métier à tisser est prêt à fonctionner.
- Remarque. — Lorsqu’une chaîne est terminée et que l’on désire continuer avec le même montage de mécanique il n’est plus nécessaire de procéder à toute cette série d’opérations. On exécute un simple nouage de la nouvelle chaîne aux fils de l’ancienne chaîne.
- Nota. — La façon d’opérer qui vient d’être décrite est classique mais exige de se faire sur métier, ce qui naturellement entraîne un arrêt de celui-ci plus ou moins long.
- Dans la pratique industrielle on opère parfois un peu différemment, tout le travail se fait sur un bâti spécial puis la tire, complètement terminée, est suspendue aux collets. A cet effet la planche à collets, munie de collets soutenus par des baguettes de fer, est disposée à la hauteur de la planche à collets du métier à monter.
- Les diverses arcades, assemblées par faisceaux sont immédiatement colletées puis on procède à l'empoutage, ainsi qu’il a été dit ; la planche d’arcades une fois tracée étant placée horizontalement sur ses supports.
- Ensuite a lieu l'opération de l’appareillage s’effectuant simultanément avec l’égalisage. Les lissettes sont enfilées au préalable sur plusieurs règles horizontales à hauteur convenable.
- y
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- Il suffit alors de serrer le nœud d’assemblage de l’arcade et de la lissette, de manière à appliquer le maillon contre la règle supportant la lissette.
- Ce travail une fois terminé, on fait l'encroix ainsi qu’il a été dit, puis on rentre des bouts de fils de chaîne ou piennes dans les maillons. On enlève alors les baguettes d’envergure, on noue les piennes par groupes afin qu’elles ne puissent se retirer, on attache les plombs par groupes que l’on repose sur la planche d’arcades puis on décolletera la tire pour la porter au métier.
- La tire est habituellement vernie afin d’éviter une usure trop rapide. Un bon vernis peut
- être préparé comme suit :
- Huile de lin............................................75 parties
- Litharge.......................7 —
- Gomme laque....................9 — Acétate de plomb .............4
- Essence de thérébentine. . 0.75 —
- Ambre...........................Ià2 —
- La litharge et l’ambre sont placées dans un linge que l’on plonge dans l’huile de lin, celle-ci est portée à l’ébullition pendant 3 à 4 heures. La gomme laque est ensuite ajoutée et l’on chauffe encore quelques minutes. Enfin, quand ce mélange est froid, on y ajoute la thérébentine et l’acétate de plomb et alors la mixture est prête pour l’usage.
- Les plombs assurant le rabat des lissettes sont généralement en fer, on meule le bout de façon à ce qu’ils ne puissent pas s’accrocher entre eux, puis on les passe au vernis noir.
- Dans le tissage mécanique on place les plombs dans une caisse cloisonnée et sans fond pour les empêcher de s’emmêler entre eux.
- EMPOUTAGES
- La façon de passer les arcades, ou plutôt l’ordre suivant lequel elles sont rentrées au travers des trous de la planche d’arcades est très variable et dépend du genre de dessin à produire.
- La parfaite connaissance des ressources qu’offrent les empoutages permet de produire plus économiquement certains genres de dessins.
- 1° Empoutage suivi. — Ce montage est le plus simple et en même temps le plus employé. Il est applicable à l’exécution de tissus dont chaque répétition reproduit la même disposition de dessin.
- Dans la plupart des cas de la pratique le nombre de répétitions est un nombre exact, autrement dit on ne met pas de fraction de chemin, de cette façon le tissu peut raccorder par
- lés ou laize.
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- La figure 377 représente un empoutage suivi avec une mécanique montée en 400 crochets. Ainsi qu on le voit un empoutage se figure en représentant la planche d’arcades vue en plan, les divers chemins étant figurés par des traits verticaux, on indique la direction de l'empoutage en joignant le 1er trou au dernier trou dans chaque chemin.
- D après ce que l’on a vu, on comprend que le tissu exécuté avec le montage figure 377, comportera 400 x 4 = 1000 fils, chaque crochet de la mécanique contrôlant 4 arcades soit 2 boucles.
- Pour 1 exécution du tissu représenté sous l’empoutage figure 377, le dessinateur n’aura à produire que la mise en .carte correspondant à un seul chemin soit 400 fils, le montage du métier assurant la répétition du dessin en largeur.
- Quant aux lisières elles sont produites à l’aide de crochets supplémentaires. Le plus souvent les lisières se font en reps par chaîne ou en natté à l’aide de 4 crochets empruntés respectivement à gauche et à droite, enfin, un cinquième crochet évoluant en toile commande les fils extrêmes dits de retour chargés d’arrêter la trame dans ses retours successifs. Dans tous les empoutages qui suivent nous supposerons cette disposition adoptée pour les lisières afin de ne plus avoir à en reparler.
- 2° Empoutage à pointe. — Ce genre d'empoutage ne comporte que deux chemins, par suite les crochets ne contiennent que deux arcades.
- La figure 378 montre comment se pratique cet empoutage ; dans le 1er chemin on empoute directement toutes les premières arcades de chaque crochet. Les secondes arcades sont ensuite remises inversement dans le second chemin. Dans la figure 378 on suppose un montage avec une mécanique de 800 crochets. Comme on le remarque à la pointe, afin de ne pas avoir des fils jumeaux on supprime le second fil n° 800, l’empoutage inverse se faisant partir du crochet n° 799 et le nombre total des fils de la pièce sera 800 x 2 — 1 = 1599.
- L’empoutage à pointe permet d’exécuter des dessins symétriques dont le centre de figure se trouve au milieu de la pièce. La figure 379 montre un tel dessin ainsi que la seconde façon d’opérer l’empoutage à pointe, ce deuxième procédé étant plus rationnel que le précédent.
- Dans la figure 378 on remarque en effet que les fils dans le 1er chemin sont remis dans chaque route de 1 arrière vers 1 avant, alors que dans le second chemin ils sont rentrés de l’avant vers 1 arrière, c est-à-dire lorsque 1 on procède au montage du métier, il y a une interversion dans le sens de l encroix. Cette disposition est très préjudiciable à l’ouvrier car en cas de rupture de plusieurs fils consécutifs il est exposé à se tromper dans le rentrage, defaut qui ne se présente pas avec le montage figure 379 où les fils sont toujours remis de l’arrière vers l’avant.
- L’empoutage à* pointe est surtout usité dans la fabrication des tissus d’ameublement et permet d obtenir un dessin établi sur un nombre de fils double du nombre des crochets de la mécanique.
- La mise en carte ne s’établit que sur un seul chemin, c’est-à-dire que dans le cas présent elle ne comporterait que les 800 premiers fils.
- 3° Empoutage à pointe et retour. — Ce dispositif est employé lorsque le tissu à produire présente des dessins symétriques se répétant plusieurs fois dans la largeur de l'étoffe. La figure 350 montre un tel dessin ainsi que les deux façons d’opérer l’empoutage.
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- Comme dans le montage précédent et afin d’éviter les fils jumeaux on supprime la lre arcade dans chaque répétition. Pour la même raison que précédemment le second procédé d'empoutage est préférable au premier.
- En supposant un montage avec une mécanique 400 et 6 chemins.. le nombre total des fils de la pièce sera :
- 400 x 6 - 5 = 2395
- La mise en carte ne sera à établir que sur 400 fils, quant au nombre des chemins, il est habituellement pair.
- 4° Empoutage à pointe et retour avec bordures suivies. — La figure 351 représente un empoutage de ce genre, ainsi qu’on le voit le tissu produit présente des bordures semblables alors que le fond est à dessins symétriques.
- Dans l’exemple considéré nous avons supposé un montage avec une mécanique 600.
- 5° Empoutage à pointe et retour avec bordures en regard. — Ce montage représenté figure 352, ne diffère du précédent que par la disposition des bordures disposées symétriquement.
- La mise en carte comporterait 800 fils, soit une bordure et un chemin du fond.
- 6° Empoutage à pointe et retour avec bordures symétriques. — Le fond est également à pointe et retour ainsi que le montre la figure 353, mais les bordures étant symétriques comportent 2 chemins.
- La mise en carte se fera par suite sur une demi-bordure et un chemin du fond.
- 7° Empoutage bâtard. — Le bâtard a pour but de rompre la symétrie d’un empoutage à pointe. Ce genre de montage est très employé dans la fabrication du linge de table et comporte 2 bordures symétriques.
- La mise en carte est à disposer sur 1 bordure et 1 bâtard soit dans le cas du montage figure 355 sur 1100 fils. Ainsi qu’on le remarque, les crochets de bordure portent 2 arcades, alors que ceux formant le bâtard n’en portent qu’une seule.
- 8° Empoutage à bordures symétriques et à chemins suivis. — Ce montage est particulièrement employé dans la fabrication du linge de table, il présente beaucoup d’analogie avec le précédent en répétant 2 ou plusieurs fois le bâtard. La figure 355 représente uu tel empoutage.
- 9° Empoutage à bordures symétriques, avec bâtard et fond à pointe. — La figure 356 montre un empoutage de ce genre et exige une mécanique de 850 crochets.
- 10° Empoutage bâtard à ailes. — Comme le montre la figure 357 cet empoutage permet d’exécuter des tissus à bordures symétriques séparées du bâtard du fond par des ailes disposées à retour.
- 11° Empoutage suivi composé. — Le dessin contenant dans son rapport transversal certains effets de détail qui s’y trouvent répétés 2 ou plusieurs fois, on a recours à un montage du genre de celui représenté figure 358.
- On peut encore produire une grande variété d’empoutages, ceux cités étant pour ainsi dire
- les types classiques.
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- 12° Empoutages sur 2 ou plusieurs corps. — Lorsque le tissu à produire comporte 2 ou plusieurs chaînes, il est de règle detablir l'empoutage sur 2 ou plusieurs corps, chacun de ceux-ci contrôlant les fils de même couleur ou du même genre.
- Si, par exemple, on veut exécuter un tissu d’ameublement comportant 3 chaînes ourdies comme suit :
- 1 fil blanc, 1 fil rouge, 1 fil bleu, le 1er corps contiendra tous les fils blanc, le second corps tous les fils rouge et le 3e tous les fils bleu.
- La figure 359 montre la façon dont l’empoutage doit être opéré, en supposant un empou-tage suivi sur 3 corps et 4 chemins.
- Les corps se numérotant de l’arrière vers l’avant, le 1er corps sera commandé par les 200 premiers crochets de la mécanique. Le second corps par les crochets de 201 à 400 et enfin, le dernier corps par les 200 derniers crochets. Autrement dit le carton de la mécanique sera fractionné en 3 parties égales, sur la première de ces parties on piquera le dessin correspondant à la lre chaîne, sur la seconde partie la 2e chaîne et sur le dernier tiers le travail de la 3e chaîne. On comprend que ce mode d’opérer complique beaucoup le piquage des cartons, aussi la plupart du temps on se contente d’exécuter l’empoutage sur un seul corps en rentrant les fils dans l’ordre de leur ourdissage.
- Dans le cas du montage indiqué figure 359 le rentrage des fils sera opéré dans l’ordre suivant :
- Le fil N° 1, le 1er fil blanc est remis dans la lre 1re arcade du 1er corps — 2e —
- — N° 2, le 1er fil rouge
- — No 3, le 1er fil bleu — lre — 3e —
- — N° 4, le 2e fil blanc 2e 1er
- — No 5, le 2e fil rouge 2e 2e —
- — N° 6, le 2e fil bleu 2e — 3e —
- — No 7, le 3e fil blanc — 3e 1er _
- et l’on continue ainsi jusqu’au dernier fil bleu se rentrant dans la dernière arcade du 3e corps.
- Sans plus de difficultés on pourrait disposer l’un quelconque des empoutages qui précèdent sur 2 ou plusieurs corps, nous jugeons inutile de multiplier ces exemples.
- Les empoutages sur 2 ou plusieurs corps simulés, d’un usage assez courant en soieries procèdent des mêmes principes. Ces dispositions ont pour but de faciliter la levée des fils dans les tissus serrés en chaîne, en répartissant les arcades en deux ou plusieurs corps.
- 13° Empoutage interrompu. — Ce genre d'empoutage est encore dit à chattières et s’emploie principalement dans la fabrication des tissus à bandes.
- Ainsi que le montre la figure 360, la rayure façonnée est obtenue à l’aide de 400 crochets, quant au fond de l’étoffe il est produit à l’aide de lames que l’on dispose en avant de la tire. Ces lames se commandent généralement à l’aide de crochets pour la facilité du montage.
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- MÉCANIQUE D’ARMURE
- La mécanique d’armure ou ratière est un dispositif dérivant de la Jacquard et qui permet de faire évoluer jusqu’à 30 lames pour un nombre de duites quelconque. Comme il existe une grande variété de mécaniques d’armures, nous nous contenterons de décrire l’un des systèmes les plus employés. La figure 361 donne le principe de la commande des lames dans ce système.
- La mécanique comporte 2 séries de crochets 1, 2. Les crochets tels que 1 sont dits de levée, les crochets 2 étant ceux de rabat. A chaque lame correspond 2 crochets passés chacun dans un œil d’une même aiguille horizontale 3. Le nombre des aiguilles, selon le modèle des mécaniques, varie de 6 à 30, ces aiguilles étant disposées en quinconce.
- Les aiguilles sont guidées dans les parois verticales de la boîte à aiguilles 4. Les crochets sont repoussés vers la droite par les ressorts à boudins 5 agissant sur les rondelles 6 fixées sur les aiguilles.
- Les becs de corbin des crochets se font face et peuvent être en prise avec le couteau 7 animé d’un mouvement vertical alternatif, la planche à collets 8 sur laquelle reposent les talons des crochets reçoit également un mouvement vertical de monte et baisse mais à l’opposé du couteau, c’est-à-dire que la planche rabat lorsque le couteau monte. ;
- Les crochets 1 sont reliés à la partie supérieure des lames, les crochets R agissent sur la partie inférieure de ces lames par l’intermédiaire de 2 poulies et du bricotteau 9.
- A chaque duite le couteau 7 monte et la planche à collets 8 baisse, le cylindre 10 venant appuyer sur la planche à aiguilles. Le cylindre 10 est à quatre pans percés d’autant d’alvéoles qu’il y a d’aiguilles, sur ce cylindre se place le manchon de cartons destiné à produire les diverses foules.
- Si le carton est percé en regard d’une aiguille, le cylindre en venant s’appliquer contre la planchette n’a aucune action sur l’aiguille correspondante, le crochet 1 est alors pris par le couteau 7, enlevé par lui et fait lever la lame, tandis que le crochet 2 tiré par le bricoteau 9 rabat en reposant sur la planche à collets 8.
- Lorsqu’au contraire le carton est plein, en regard d’une aiguille, le cylindre repousse cette dernière et par suite le bec de corbin du crochet 2 vient se présenter au couteau 7, tandis que le crochet 1 en est repoussé. Le crochet 2 enlevé par le couteau fait baisser la lame, le crochet 1 rabattant avec la planche à collets 8.
- Quand le cylindre s’éloigne de la planche à aiguilles, ces dernières cédant à l’action de leurs ressorts reprennent leurs positions primitives en entraînant leurs crochets.
- Le couteau 7 est monté sur une griffe commandée d’une façon analogue à celle de la Jacquard. De même les mouvements du cylindre sont produits identiquement à ceux de cette machine.
- D’après ce que nous venons de voir, il faut autant de cartons qu’il y aura de duites au rapport en trame de l’armure à produire.
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- MÉCANIQUE JACQUARD VINCENZI
- Dans toute la région du Nord de la France, les Jacquards, division Vincenzi, se sont substituées aux mécaniques lyonnaises, alors que dans ces dernières l’écartement entre 2 trous consécutifs sur le carton est de 01007, il est réduit à 01004 dans les Vincenzi, par suite, ces machines offrent un plus grand nombre de crochets sous un volume plus réduit.
- On distingue deux genres de Vincenzi :
- 1° Les mécaniques fixes ou à simple foule ;
- 2° Les mécaniques lève et baisse produisant la double foule. Ces dernières ne peuvent être employées que mécaniquement, leur fonctionnement étant trop pénible pour le tisseur à la main.
- Les types construits couramment sont les suivants :
- Mécanique 544 en 10 routes. 2 compartiments. Dimensions des cartons — 47 x 254
- 656 en 12 — 2 = 55 x 254
- 880 en 16 — 2 = 71 x 254
- 1320 en 16 — 3 — = 71 x 370
- — 1760 en 16—4 — = 71 x 485
- Les mécaniques 880, 1320 et 1760 se font en trois dimensions
- Basse foule = 10 C /m
- Haute foule = 16 C/m
- Triple foule = 22 c /m
- Ces dernières étant principalement utilisées dans le tissage du tapis.
- Mécaniques fixes.— La figure 362 représente une vue en coupe d’une mécanique 544.
- Les crochets sont à double branche, les crochets tels que 1 sont dits à talon droit, ceux tels que 2 sont dits à talon plié. Les trous de la planche à collets étant percés en quinconce, dans chaque rangée on place alternativement un crochet à talon droit, puis un crochet à talon plié.
- La petite branche de chaque crochet est repliée en forme de plan incliné 3 et s’appuie sur une tringle en fer 4 fixée entre les jumelles.
- L’aiguille horizontale 5 porte un talon 6 en un point convenable de sa longueur agissant derrière le crochet. Vers l’arrière l’aiguille présente un têton qui, engagé dans la grille 7 s’oppose à la rotation de l’aiguille, de plus ce têton butant contre les épinglettes 18 et 19 limite la course de l’aiguille. Enfin, l’arrière de celle-ci est engagé dans un petit ressort à boudin de forme conique, renfermé dans l’étui 8.
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- La griffe 20 est simplement constituée par un cadre métallique portant des lames obliques ou couteaux 21. Cette griffe présente des coulisseaux 13 guidés sur les jumelles 22 et assurant son mouvement vertical. Comme dans la mécanique lyonnaise, ce dernier mouvement lui est transmis par l’arbre de couche 14 sur lequel sont calés deux manchons tels que 15 reliés à la poignée de la griffe par les sangles 16.
- Le battant supportant le cylindre 9 comporte deux montants tels que 10 articulés en 11 à leur partie inférieure. La figure 363 montre la commande de ce battant. Chacun des coulisseaux 13 porte latéralement une crémaillère en prise avec le secteur 24; celui-ci tourne sur l’axe 25 et présente un tourillon 29 supportant une bielle cintrée 26 reliée à une oreille 27 solidaire du battant. Par suite de ce montage, lorsque la griffe monte le battant ainsi que le cylindre s’éloignent, dès que la griffe baisse l'effet inverse a lieu.
- L’oreille 27 ne se trouve pas fixée directement sur le montant 10, elle se trouve montée sur une tige traversant ce montant et un ressort à boudin 28 la maintient fixement. Ce dispositif dit pare-chocs a pour but de limiter la pression du cylindre sur la planchette et d’éviter ainsi la rupture d’une pièce quelconque.
- La figure 365 montre la disposition habituellement adoptée pour les loquets. Le loquet supérieur 31 est articulé en 34 et un cordon de tirée 35 permet de le soulever. Par le cordon 33 le loquet se trouve relié au contre-loquet 32. Ce dernier est articulé en 36 sur l’équerre 37 oscillant en 38. Le ressort à boudin 39 ramène toujours le contre-loquet vers le bas. Pour faire détourner le cylindre, il suffit de tirer sur le cordon 35 pour soulever le loquet, puis d’agir par à-coups sur le cordon 40 qui, en tirant sur l’équerre 37 ramène le contre-loquet vers l’arrière et le cylindre détourne chaque fois d’un quart de tour. Avec ce montage pour détourner le cylindre, il suffit donc de maintenir la griffe en haut de sa course en appuyant sur la pédale.
- La planche à aiguilles 41 se trouve montée ainsi que figure 365. Elle est fixée à l’extrémité de 2 règles 42 dites pistons coulissant à l’intérieur des jumelles. A l’arrière ces pistons portent un ergot 43 soumis à l'action de ressorts plats 44. La course de la planchette est limitée par la longueur de la coulisse ménagée dans la jumelle et dans laquelle est engagé l’ergot. Ce léger mouvement a pour but de protéger la pointe des aiguilles en les soustrayant à l’action du cylindre quand celui-ci s’éloigne pour faire son quart de tour.
- La disposition des valets chargés de limiter le mouvement de rotation du cylindre est indiquée figure 366. -. ,
- Les valets 47 sont guidés verticalement dans le chapeau 46 et soumis à l’action d’un fil d’acier 48 formant ressort, emprisonné en son milieu sur l’axe 49. Il est ainsi aisé de dégager le cylindre lorsque l’on désire changer le manchon de cartons.
- Fonctionnement. — La griffe étant au bas de sa course’, le cylindre est appliqué sur la planchette.
- Si le carton est plein vis-à-vis d’une aiguille, celle-ci est refoulée de la gauche vers la droite, l'élastique se trouvant comprimé dans l’étui. Le talon 6 de l’aiguille se trouve alors sans action sur le crochet et ce dernier, sous l’action du poids de son faisceau d’arcades et du plan incliné 3 glissant sur le barreau 4 se dégage complètement du couteau. La griffe en montant laissera donc ce crochet en fond.
- Au contraire, si le carton est perforé vis-à-vis d’une aiguille, l’élastique agissant sur celle-ci
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- la repousse de manière à faire pénétrer sa pointe dans l’alvéole du cylindre et le crochet correspondant reste en prise avec le couteau.
- On en conclut qu’à un trou du carton correspond la levée des fils, un plein provoquant le rabat des fils.
- Mécanique lève et baisse. — Quoique ces machines ne puissent s’employer que mécaniquement, nous croyons bon d’en donner dès maintenant le principe.
- La figure 367 en donne le schéma.
- Les crochets l sont à double branche et reposent sur la planche à collets 12. La branche 3, la plus courte du crochet, est appuyée contre les barreaux 4 fixés entre les jumelles. Par suite de cette disposition, les crochets font ressort par eux-mêmes et repoussent les aiguilles 5. En un point convenable de leur longueur, les aiguilles présentent un talon 6 agissant sur le crochet. L’arrière de l’aiguille est replié et se trouve engagé dans une planchette tenant lieu d’étui. Des épinglettes permettent de limiter la course de ces aiguilles. Ce genre de mécanique ne comporte aucun élastique, mais la planche du fond de l’étui 57 est rendue solidaire des pistons 42 par suite elle se déplace avec la planche à aiguilles dès que le cylindre commence son action.
- Pour produire la double foule, la planche à collets est rendue mobile. A cet effet, de chaque côté elle porte des crémaillères 55 et 56 en prise avec les secteurs dentés 51 et 52 lesquels tourillonnent en 53, 54 sur des axes fixés sur les jumelles. A leur tour les secteurs engrènent avec une crémaillère double 50 fixée sur le coulisseau 13. On comprend que lorsque la griffe monte, la planche à collets rabat et inversement, dès que la griffé retombe, la planche 12 remonte.
- Dans ces mécaniques à double foule, la commande du cylindre est indépendante de celle du battant, les dispositifs employés sont du domaine du tissage mécanique.
- Fonctionnement. — Le cylindre étant plaqué sur la planchette si le carton est perforé vis-à-vis d’une aiguille, il est sans action sur celle-ci et par suite le crochet correspondant reste en prise avec le couteau de la griffe.
- Si au contraire le carton est plein, il repousse cette aiguille ainsi que la branche du crochet portant le bec de corbin et le crochet est ainsi soustrait à l’action du couteau.
- Avantages. — Avec les mécaniques lyonnaises il est nécessaire d’employer des cartons suffisamment résistants afin de refouler l’aiguille, le crochet et la charge des plombs.
- Dans la Vincenzi l’effort à produire par le carton est très minime, le crochet étant indépendant de l’aiguille ; par suite, on peut employer un carton beaucoup plus mince.
- En plus d’une condensation plus grande des organes les Vincenzi, entièrement métalliques, sont plus robustes que les lyonnaises et plus faciles à régler.
- Dans le garnissage d’une telle mécanique, étant donné la flexibilité des aiguilles, il est bon de s’aider d’un passe-aiguilles. Celui-ci est constitué par une aiguille à l’extrémité de laquelle est soudé un petit bout de tube dans lequel s’engage la pointe de l’aiguille.
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- MÉCANIQUE VERDOL
- La mécanique Verdol permet de substituer au manchon de cartons une simple feuille de papier fort.. Cette machine réalise donc à la fois une économie de matière et de main-d’œuvre en supprimant les frais d'enlaçage.
- Les mécaniques de ce système s’établissent en comptes 672, 896, 1344 et 1792 crochets en simple ou double-foule, comme dans la Vincenzi, celle-ci étant produite par le rabat de la planche à collets.
- Dans les mécaniques précédentes, la sélection et la compression des aiguilles sont simultanées et ne font qu’une seule et unique opération. Avec la Jacquard au papier, la sélection et la compression des aiguilles sont alternatives. La sélection est seule confiée au papier, la seconde opération étant confiée à un organe spécial, le pousseur. Le papier, à cet effet, au lieu d’agir directement sur l’aiguille, agit sur un organe intermédiaire appelé aiguillette qui prépare l’action du pousseur.
- La figure 368 donne schématiquement le principe de cette machine. Lorsque la griffe lève, les couteaux 1 entraînent les crochets 2 qui sont restés en prise avec eux. A ce moment le pousseur 6 monté sur un chariot est repoussé vers la gauche pendant que le cylindre 12 baisse pour se dégager des aiguillettes verticales 8.
- Dès que la griffe retombe par son propre poids, le cylindre accomplit l/9e de tour pour venir plaquer sur le guide-aiguillettes 11 une nouvelle division du papier 14. Le cylindre est simplement formé de trois disques circulaires armés de 9 pédones et agissant sous la plaque matrice 13.
- Lorsque les aiguillettes 8 rencontrent un plein sur le papier, elles sont soulevées légèrement et les extrémités des butoirs 9 correspondants viennent se loger dans l’angle des cornières du train de barres 7; le chariot 6 en glissant en sens contraire, ce train de barres pousse les butoirs 9 qu’il rencontre et par suite repousse les aiguilles 4 situés dans leur prolongement, ainsi que leurs crochets.
- Le papier étant percé au contraire les aiguillettes 8 correspondantes ne seront pas soulevées et les crochets 2 restent en prise avec les couteaux 1 de la griffe.
- On voit donc que par ce montage un trou dans le papier provoque la levée du crochet, un plein le laissant au repos sur la planche à collets 15.
- L’état hygrométrique de l’air pouvant influencer le papier, celui-ci est soumis à l’action de temples spéciaux le maintenant à une largeur constante.
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- PIQUAGE DES CARTONS
- L’épaisseur d’un carton étant fonction de sa résistance aux aiguilles de la mécanique, dans les Jacquards lyonnaises cette épaisseur peut atteindre 0'0025, alors que dans les Vincenzi une épaisseur de Om 00075 est suffisante.
- Quant au papier usité dans les mécaniques Verdol, il est livré, par cette Société de construction en rouleaux repérés et réglés.
- Coupe du carton. — Le carton est livré en feuilles de plus ou moins grandes dimensions : cette matière s’achète au poids, le prix du kilogramme étant très variable.
- La feuille de carton doit être débitée en longs rectangles ayant à peu près les dimensions de l’une des faces du cylindre de la mécanique correspondante. Il faut donc, pour chaque type de machine, des cartons de dimensions déterminées.
- Le tableau ci-dessous donne les dimensions des types les plus courants :
- CROCHETS RANGÉES ROUTES COMPARTIMENTS LONGUEUR LARGEUR
- 1 Mécaniques ly onnaises : Ées rtement des 1 nous = 0m007
- 104 26 4 1 0m 235 Ou‘O36
- 208 26 8 1 0“' 235 0"063
- 416 62 8 1 0=423 0=063
- 620 66 8 1 0*513 0-063
- 624 62 12 2 0=423 0- 090
- Mécaniques Vincenzi : Écartement des trous = 0m004
- 644 66 10 2 0=254 0*047
- 666 66 12 2 0=254 0“055
- 880 66 16 2 0m 254 0=071
- 1320 84 16 3 0=37 0=071
- 1760 112 16 4 0"485 0=071
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- La coupe des cartons se pratique à l’aide de cisailles. On distingue les cisailles droites ou à sabres et les cisailles circulaires. Le premier système n’est plus guère employé étant moins expéditif que la cisaille circulaire.
- Chaque cisaille circulaire est constituée par une paire de disques coniques tangents et tournant en sens contraire. Ces disques se trouvent calés sur deux arbres parallèles commandés par engrenages.
- La feuille de carton est engagée dans les cisailles et par suite est débitée en tranches qui tombent sur la table. Chacune des tranches est ensuite coupée à longueur par son passage dans d’autres cisailles circulaires.
- La position des disques sur leurs arbres est naturellement réglable et leur écartement dépend des dimensions à donner aux cartons.
- But du piquage. — Chacun des cartons de la Jacquard fait le même office que la marche du métier à la main, c’est-à-dire qu’il produit une foule déterminée pour le passage de la navette.
- Ainsi qu’on l’a vu, un trou dans le carton correspond toujours à la levée des fils correspondants, les pleins laissant les fils en fond.
- Le travail qui consiste à perforer le carton aux endroits convenables constitue le piquage.
- Numérotage des trous. — Le piquage d’un carton se fait en observant le numérotage des aiguilles.
- Lorsque l’on regarde la planche à aiguilles de face, en supposant le cylindre enlevé, les aiguilles se numérotent de bas en haut dans chaque route et en allant de la gauche vers la droite. Des trous que cette planchette présente à chaque extrémité sont destinés à contenir les pédones du cylindre.
- Au moment du tissage, le carton pour produire une foule s’applique sur cette planchette après avoir exécuté un demi-tour, par conséquent le piquage ou la lecture du carton se fait de haut en bas dans chaque route et en allant toujours de la gauche vers la droite.
- Les trous de pédones ou de repères doivent être rigoureusement du même diamètre que les pédones afin que le carton ne puisse se déplacer sur le cylindre.
- Le carton porte, d’autre part, vers ses extrémités, deux trous dits de laçage ou d’attache, qui, ainsi que l’indique leur nom servent à relier les divers cartons entre-eux.
- Un carton entièrement piqué est dit carton-matrice ou carton-masse.
- Pratique du piquage. — Il existe deux procédés de piquage :
- 1° La lecture et le piquage sont simultanés.
- 2° La lecture et le piquage sont alternatifs.
- Le premier de ces systèmes n’est plus guère en usage que pour exécuter des petits jeux de cartons ou encore pour refaire des cartons détériorés.
- On appelle lecture ou lisage le travail consistant à énoncer, par pris et laissés et duite par duite, le pointé d’une mise en carte.
- Il est à remarquer que le terme de lisage s’applique également aux machines opérant le piquage par le second procédé.
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- 1° Lecture et piquage simultanés.
- Cette façon d’opérer ne nécessite la présence que d’un seul ouvrier, qui, ayant la carte sous les yeux, pique tout aussitôt le carton au fur et à mesure de sa lecture.
- Le piquage à la matrice est le plus simple procédé de ce genre.
- La matrice comporte un bloc creux en bois 1 (fig. 369), sur lequel se trouve fixée une plaque de fer 2. Cette dernière est percée de la même manière que la face du cylindre correspondant.
- Le carton à perforer est disposé au préalable sur la plaque 2 et entre des goujons fixés sur cette plaque. On place alors le couvercle 3 sur le bloc. Ce couvercle porte des trous venant s’engager sur les goujons du bloc, il est également perforé à la même division que la plaque 2.
- Le carton est alors percé aux endroits convenables à l’aide d’un poinçon (fg. 370) que l’on chasse à coups de maillet. La pointe du poinçon est légèrement évidée en forme de croissant de manière à bien trancher le carton, quant à la poignée elle est striée de façon à ne pas glisser dans la main. Il est bon de munir le poinçon de rondelles de cuir pour amortir les chocs sur le couvercle. Bien souvent le poinçon est établi de manière à pouvoir remplacer aisément la pointe lorsqu’elle vient à se rompre.
- Le piquage se fait en commençant par la première duite, c’est-à-dire par le bas de la mise en carte.
- D’après ce qui précède, il est facile de déduire la mise en carte d’un ou plusieurs cartons donnés, ce qui permet de corriger, s’il y a lieu, les erreurs du piquage.
- On est convenu de donner à chaque carton un numéro d’ordre correspondant à celui de la duite qu’il figure.
- Ce numéro se place toujours à droite du carton dès que le piquage de celui-ci est terminé.
- De cette manière, lorsque le carton est placé sur le cylindre, il faut que ce numéro se trouve placé du côté de la lanterne du cylindre, cette règle est générale.
- LAÇAGE DES CARTONS
- Après le piquage, les différents cartons sont enlacés de façon à former un manchon sans fin, le laçage tenant lieu de charnière entre les cartons consécutifs.
- Pendant le tissage le cylindre tourne de gauche à droite, c’est-à-dire en se plaçant vis-à-vis de la lanterne, dans le même sens que les aiguilles d’une montre. Par conséquent, pour le laçage, les cartons doivent être placés les uns à côté des autres, leurs numéros du côté de l’ouvrier et se numéroter de droite à gauche, ainsi que le montre la figure 371.
- L’enlaçage se pratique soit à la main, soit mécaniquement. Dans le travail à la main les
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- cartons sont disposés en ordre sur la table à lacer (fig. 371). Celle-ci est constituée par 2 longues tringles maintenues parallèlement par des clefs. Sur ces tringles sont fixées des pédones qui, en pénétrant dans les trous des cartons les immobilisent.
- La ficelle employée ne doit pas pouvoir s’allonger, elle est même cirée de préférence. On la passe dans une grosse aiguille pour la facilité du travail.
- Cette aiguille est engagée de haut en bas dans le 1er trou de laçage du 1er carton, puis de bas en haut dans le second trou du même carton. Elle est passée ensuite de haut en bas entre le premier et le deuxième carton, puis de bas en haut dans le 1er trou du second carton, puis de haut en bas dans le second trou du carton n° 2, enfin, de bas en haut entre les cartons n° 2 et 3, en continuant ainsi jusqu’à l’extrémité de la table, laquelle constitue une longueur.
- Chaque enlaçure se composant de 2 ficelles, l’ouvrier enfile une seconde ficelle, laquelle travaille à l’opposé du 1er lacet et chaque fois en le croisant.
- Toutes les enlaçures d'une longueur étant terminées on dégage les cartons des pédones de la table, puis on replace sur celle-ci une nouvelle longueur en continuant le laçage de la même façon.
- Afin de pouvoir manchonner le jeu de cartons, il faut laisser une certaine longueur aux lacets dépassant le dernier carton, afin de pouvoir relier entre-eux le dernier et le premier carton.
- Parfois, on emploie une table à presser en place de la table à pédones précédente.
- Lorsque le carton est à deux ou plusieurs compartiments comme ceux des mécaniques Vincenzi, on commence par les lacets du milieu.
- Le laçage mécanique se fait à l’aide d’une machine à coudre spéciale. Le système Singer est le plus répandu, la figure 372 représente une telle machine, du modèle dit à 5 têtes, c’est-à-dire pouvant exécuter simultanément 5 enlaçures pour les cartons à 4 compartiments.
- L’un des lacets, disposé en C passe dans l’aiguille A, l’autre, c’est-à-dire celui du dessous est logé dans une navette spéciale B.
- Les cartons se placent sur le tambour D présentant des pédones, ce tambour tournant par fraction de tour il est aisé à l’ouvrier d’alimenter la machine, surtout s’il a eu l’attention de disposer les cartons en ordre sur la petite table que comporte la machine à l’avant.
- La production de cette machine est de 7 à 800 cartons à l’heure. La longueur du lacet contenu dans la navette étant limitée il n’est guère possible de lacer plus de 400 cartons sans nœud. Le seul inconvénient de ce système réside dans la difficulté de faire ce laçage à la main lorsqu’il y a lieu de réparer un carton.
- Le piquage des cartons au piano ou à l’aide de poinçons mobiles et d’une presse ne présentent plus de nos jours d’avantages suffisants, aussi croyons-nous inutile de décrire ces procédés qui ne sont plus guère en usage qu’à l’étranger.
- 2° Lecture et piquage alternanifs.
- Ce second procédé exige la présence de deux ouvriers spéciaux : le liseur et le piqueur. Ce dernier est même secondé dans son travail par un ou deux manœuvres appelés tireurs de lats.
- La grande production de ce système résulte principalement de la division du travail en spécialités.
- Le piquage des cartons est naturellement fonction de la lecture, mais il est absolument indépendant en tant qu'exécution; autrement dit une carte étant lue, on peut surseoir an piquage.
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- Pratique de la lecture. — Le travail de l’ouvrier liseur consiste à former un tissu grossier à l’aide de ficelles et en observant le pointé de la mise en carte ; pour cette raison on désigne encore ce travail sous le nom de tricotage.
- Dans l’œuvre du liseur la chaîne est figurée par un ensemble de cordes verticales appelées chaîne volante ou semple. La trame est constituée par des ficelles dites embarbes, embardes ou lacs venant s’entrecroiser une à une entre les cordes du semple. Par suite dans la lecture d’une carte simple :
- 1° Le nombre de cordes an semple sera égal ou multiple du nombre des fds de la carte ;
- 2° Le nombre des embarbes sera égal au nombre des duites de cette carte.
- Les cordes du semple sont formées par de fortes ficelles en chanvre ou en lin retors, quant aux embarbes elles sont le plus souvent en coton.
- Toutes les cordes A du semple, ainsi que le montrent les figures 373 et 37sont terminées à la partie supérieure par une boucle B. Cette dernière est formée entre les barreaux de la grillette C.
- A la partie inférieure chaque corde A présente une seconde boucle plus petite permettant son assemblage sur une baguette.
- Pour la lecture d’une carte, l’ouvrier dispose le semple au préalable sur un bâti spécial dit pied à lire.
- Les figures 373 et 37^ permettent de comprendre le détail du montage d’un pied à lire. Ainsi qu’on le voit, ce métier comporte un grand cadre vertical d’environ deux mètres de hauteur et une largeur proportionnelle à son compte.
- A la partie supérieure, on distingue une caisse spéciale D, dite boîte d’accrochage. Le fond E de cette boîte est percé de trous disposés 2 à 2 guidant des ficelles F (fig. 375) fixées à des plombs G, ces derniers supportent des crochets en fil de fer H appelés pantins. A chaque ficelle F est attaché un ressort à boudin I qui maintient le pantin appliqué sous le fond de la boîte d’accrochage. Par suite du montage des ficelles F guidées dans deux trous, les pantins sont toujours tournés du même côté.
- La disposition des pantins sous le fond E de la boîte d’accrochage est conforme à la répartition des cordes du semple sur la grillette C. Il est donc aisé de procéder à l’accrochage immédiat des cordes du semple, chaque corde correspondant à un pantin. A cet effet, il suffit d’amener la grillette sous la boîte d’accrochage, en engageant avec précaution les pantins entre les arcades que forment les cordes, de déplacer ensuite la grillette très légèrement vers la droite pour la laisser retomber, dans cette position chaque corde vient s'achevaler sur un pantin.
- Le semple une fois suspendu reçoit une légère tension à l’aide du rouleau tendeur J placé à la partie inférieure. Le crochet que porte ce rouleau s’oppose au déroulement.
- Grâce aux ressorts à boudin I chacune des cordes est à tension élastique ce qui permet à l’ouvrier de les tirer pour y engager les mains.
- Le décrochage du semple se fait tout aussi aisément par déplacement de la grillette en sens contraire.
- Pour chaque modèle de mécanique un seul pied à lire suffit, c’est ainsi qu’un semple contenant 1320 cordes pourra servir pour les mécaniques plus petites comme nombre de crochets. Par exemple, pour une mécanique de 880 crochets, on néglige un compartiment complet de
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- cordes, pour une mécanique 656, on laissera tomber 4 cordes par route en arrière des compartiments, etc. Les cordes en supplément sont maintenues en arrière sur un bâton K, ainsi que le montre la figure 37k.
- On comprend par là qu’il est inutile d’avoir des modèles spéciaux de pieds à lire pour chaque compte de mécanique..
- Les cordes, ainsi que les pantins, se trouvent disposés par routes, les unes derrière les autres, il est donc nécessaire d’en faire l'encroix afin de les ramener dans un même plan et dans leur ordre naturel.
- L’encroix ou envergure se fait en procédant route par route et en classant ces cordes par impaires et paires sur les deux baguettes L et M.
- Ce mode d'encroix est dit simple ou un et un, il est employé pour tous les tissus ne comportant qu’une seule chaîne.
- Afin de prévenir les erreurs de lecture, les cordes du semple doivent être partagées par groupes, soit à l’aide d’un râteau grossier, soit par des liens tels que N, N', N”, etc., formés par de grosses ficelles.
- Le nombre de cordes au groupe doit être égal au nombre des fils contenus dans un grand carreau de la carte. Si, par exemple, cette dernière est établie sur du papier 10 en 10, on formera des groupes de 10 cordes.
- Tous les 5 groupes, le lien porte un nœud de couleur afin d’être rendu très apparent. Par suite, la dernière corde de ce groupe doit correspondre au dernier fil du 5e carreau de la carte.
- Lors de son travail, l’ouvrier liseur sépare les cordes à l’aide de l’index et du médius de la main droite. Pour cette raison et afin de commencer toujours les groupes avec l’index, il faut que les groupes de cordes soient pairs, il est donc de toute nécessité que le papier quadrillé soit de division paire dans le sens de la chaîne. Si cette règle n’a pas été observée le
- liseur se trouve dans l’obligation de rediviser le papier de la mise en carte.
- La mise en carte O est alors disposée sur l’escalette ou règle de lecture P. Celle-ci est
- simplement constituée par une planche fixée sur les montants du bâti et sur laquelle se
- trouvent tendues des ficelles Q, R, S, maintenant la carte appliquée. La duite à lire est placée sous la corde inférieure S permettant de mieux la suivre.
- Sur cette corde S on dispose, au préalable, des nœuds de laine de couleur. Ces nœuds, pouvant glisser sur la ficelle S, sont de la même couleur que les liens formant les groupes de cordes nos 5, 10, 15, etc., et étant appliqués sur la carte vis-à-vis des grandes divisions, ils ont pour effet de prévenir les erreurs.
- L’ouvrier commençant son travail par la lre duite, c’est-à-dire par le bas de la mise en carte, fait glisser celle-ci de haut en bas dès qu’une duite est terminée. Pour exécuter son travail il se place debout généralement en avant du pied à lire. Dans celte position, la lre corde se trouve à sa gauche.
- A moins d’indication contraire, la couleur d’une mise en carte figure l’effet de chaîne. Le tricotage s’exécute alors dans la partie du semple située entre les bâtons d’encroix et le rouleau tendeur.
- L’ouvrier sépare les cordes une à une à l’aide de l’index et du pouce de la main droite en appuyant alternativement chacun de ces doigts sous les tringles L et M, il communique alors à sa main un mouvement vertical alternatif. Quant à la main gauche, elle établit la
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- sélection entre les cordes à prendre et celles à laisser, elle ne recueille que les cordes correspondant aux pris de la mise en carte. Ce triage des cordes est fait sans regarder les mains, les yeux ne quittant pas la duite à lire.
- De temps à autre et pour éviter une fatigue inutile, les cordes que contient la main gauche sont abandonnées après y avoir engagé au préalable une embarbe. On continue ainsi en faisant courir l’embarbe jusqu’à l’extrémité droite du semple.
- En réalité, chaque ouvrier liseur a ses tours de main : certains prennent dans la main droite chacun des groupes de cordes qu’ils ont formés et font le choix avec le pouce et l’index de cette même main. Enfin, bien des ouvriers lisent deux duites à la fois. Il est en effet à remarquer que deux duites consécutives présentent une grande similitude, et dans ce cas la main gauche recueille les cordes.
- D’après ce qui précède, toutes les cordes correspondant à des pris se trouvent en avant des embarbes.
- Les embarbes sont assemblées par une boucle et par dizaines sur une corde verticale U, dès qu’une embarbe est lue elle est fixée au cordon V de manière à ne pas pouvoir se dépasser du semple. Toutes les dizaines sont ensuite reliées ensemble.
- Les différents groupes d'embarbes se placent à gauche en T sur une cheville disposée à cet effet.
- Quand le liseur a lu 5 paquets d’embarbes, il engage un carton portant le n° 5 à la 50e embarbe. La 100e embarbe poitant le N° 10, etc. Ces chiffres 5, 10, 15 sont également portés sur la mise en carte toutes les 50 duites et sur le jeu de cartons. On a ainsi au cours du piquage un contrôle sérieux.
- La lecture étant terminée ou encore le semple étant plein, on enlève les bâtons d'encroix, on supprime les liens indiquant les divisions, le rouleau J est détendu, puis on décroche le semple par déplacement de la grillette C.
- Pratique du piquage. — Le semple garni d’embarbes, reproduction grossière du tissu à obtenir, après avoir été décroché du pied à lire est porté à la machine suivante dite : lisage accéléré.
- Chaque division de Jacquard nécessite un modèle spécial de lisage, on comprend, en effet, que les cartons pour Vincenzi ne peuvent se piquer sur lisage pour mécaniques lyonnaises et inversement.
- Quoique l’on puisse établir des lisages pour des nombres quelconques de poinçons, il y a cependant avantage pour l’industriel à ne posséder que les plus grands lisages ; par exemple, le lisage 1760 en Vincenzi permet de piquer tous les comptes inférieurs par un repérage convenable.
- Au point de vue du piquage des cartons, les mises en carte de tissus simples peuvent se ranger en deux catégories :
- 1° Cartes entièrement pointées ;
- 2° Cartes plaquées.
- Dans le premier cas, la mise en carte représente exactement le travail de tous les fils et de toutes les duites, alors que dans le second cas, le dessin est simplement coloré sans aucun pointé ni dans le fond, ni dans le façonné.
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- Les mises en carte du premier genre doivent être très exactement lues duite à duite et fil à fil, leur piquage s’effectue alors sur un :
- A. — Lisage simple celles du second genre étant exécutées sur :
- B. — Lisage avec mécanique de retient. L’emploi de ces dernières machines est à préconiser.
- A. — Lisage simple. — Ainsi qu’il a été dit, la manœuvre d’un lisage accéléré exige la présence de deux ouvriers, un piqueur et un tireur de lats.
- Ce dernier recevant le semple plein le suspend à l’arrière de la machine (fig. 376) en A, à cet effet la machine comporte une boîte d’accrochage analogue à celle du pied à lire. La grillette C sur laquelle les cordes A sont montées, se place sur deux petites consoles une fois l’accrochage exécuté et un rouleau tendeur permet de tendre légèrement le semple.
- Le piqueur est celui qui dispose chaque carton dans la bouche du piquage en P à l’avant de la machine.
- La figure 377 donne schématiquement le principe de la machine figure 376, elle montre le montage d’un poinçon, le montage des autres poinçons étant identique à celui-ci.
- Les pantins H sont constitués par des fils de fer bouclés se guidant dans les trous ovales du fond de la boîte d’accrochage. Chaque pantin est suspendu à une ficelle E, renvoyée sur une petite poulie F, puis sur une poulie G, sur un tube de verre K, enfin, un plomb M termine cette corde. Une seconde série de plombs J, par l’intermédiaire des ficelles I contraignent les pantins à s’appliquer sous le fond de la boîte d’accrochage. A l’avant les tiges poinçons O sont suspendues aux cordes L renvoyées sur les poulies N.
- L’ensemble des poulies de renvoi F disposé dans un cadre oblique constitue le cassin d’arrière, les poulies N formant le cassin d’avant.
- Dans le schéma (fig. 377) la tige poinçon est maintenue soulevée, le plomb M étant d’un poids légèrement supérieur à celui de ce poinçon. Pour cette raison ce système est dit à poinçons tombants.
- Les poinçons sont disposés par route, les uns à côté des autres de la même façon et aux mêmes écartements que les aiguilles de la Jacquard. Chaque poinçon affecte la forme représentée figure 378, c’est-à-dire qu’il est formé par une tige de fer présentant 2 méplats en 1, afin de l'empêcher de tourner et pour en limiter la course. Les entailles 2 et 3 qu’il présente à sa partie inférieure servent l’une ou l’autre à contenir une clef. L’ensemble des clefs constitue le peigne Q ou râteau que le piqueur manœuvre en agissant sur une tige horizontale. Les poinçons de .rang * ' ‘ , wmyg)
- impair ayant leurs entailles 2 et 3 disposées à droite et les poinçons pairs ayant ces mêmes entailles mais à gauche il est facile d’engager les clefs du peigne entre ces divers poinçons. La distance entre les encoches 7 et 2 étant égale à la course verticale du poinçon, si le poinçon est au repos, la clef passe dans l’encoche 3, mais s’il est tombé elle passe dans l’encoche 2.
- La plaque matrice P sur laquelle se place le carton à perforer peut être relevée par l’intermédiaire des leviers B, S et T, ce dernier est muni d’un contre-poids U pour agir fortement.
- Lorsqu’une corde A est tirée dans le sens de la flèche 1, la corde E à son tour vient soulever le plomb M, l’équilibre étant rompu la tige-poinçon O correspondante tombe au bas de sa course. Si à ce moment le poinçon est immobilisé à l’aide du peigne il est évident que le carton
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- en venant le frapper se percera ; donc à toute corde tirée au semple correspond un trou dans le carton.
- Pour opérer le piquage le tireur engage les bras ou passe un bâton entre les cordes du semple et suivant le travail de la dernière embarbe passée dans celui-ci.
- Il tire alors à lui, c’est-à-dire dans le sens de la flèche 1 toutes les cordes placées en avant et détermine ainsi la chute d’un certain nombre de poinçons, le piqueur immobilise alors ces derniers à l’aide du peigne, puis il place un carton sur la matrice P et donne un coup avec le balancier T. Le carton, en venant s’appliquer sur les poinçons tombés, est perforé par ceux-ci aux endroits convenables suivant le travail de la dernière embarbe.
- Ce carton, une fois piqué, le tireur dégage la dernière embarbe du semple afin de pouvoir agir avec la suivante. Ce piqueur relève le balancier pour ouvrir la bouche du piquage et repousse le peigne vers l’arrière. Le carton perforé est alors remplacé par un carton plein et l’on continue ainsi la même succession d’opérations. Toutes les 10 embarbes le tireur avise le piqueur afin de prévenir les fautes de numérotage.
- Repiquage des cartons. — Lorsque, pour une raison quelconque, on veut avoir un second exemplaire d’un manchon de cartons, il n’est pas nécessaire de relire la mise en carte et de refaire tout le travail de tirage et de piquage. On se borne à appliquer ce carton sur le cylindre 8 d’une Jacquard 2 placée sur le bâti même du lisage. Les arcades 3 de cette mécanique comportent des ressorts 7 et sont reliées à chacun des plombs M. Par cette disposition, on comprend qu’à chaque trou du carton correspond la chute d’un poinçon O, il est donc facile de reproduire 1 à 1 chacun des cartons du jeu. Le piqueur, pour faire manœuvrer cette mécanique de recopiage, agit avec le pied sur la pédale W, articulée en 4, cette pédale, par l’intermédiaire de la tige 5, fait basculer le levier 6 qui lève la griffe.
- Les cartons avant d’être piqués sont passés au préalable dans une petite poinçonneuse qui pique immédiatement les trous de laçage et de pédones. Quelques fabricants font également lacer les cartons avant de les piquer, on évite ainsi les erreurs d’enlaçage ; dans ce cas l’enroulement des cartons et leur déroulement de la plaque matrice est facilité à l’aide de lanterne de renvoi.
- B. — Lisage avec mécanique de retient. — Le schéma figure 377 comporte à l’avant une mécanique de retient 9.
- Chaque crochet de cette mécanique supporte un ressort 12 et une arcade 11 reliée directement avec l’une dés tiges poinçons 0.
- On comprend que par ce montage la mécanique 9 relève des tiges poinçons qui se trouveraient tirées au semple. Autrement dit pour qu’un poinçon agisse il faut 2 conditions :
- 1° Qu’il soit tiré au semple;
- 2° Qu’il soit laissé en fond par la mécanique de retient.
- Afin de bien comprendre le fonctionnement de cette machine nous supposerons une carte à piquer dans laquelle le fond du dessin est en satin de 5 effet trame et le motif en satin 5 effet chaîne.
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- Voici les instructions que l’on donnera au liseur :
- Encroix 1 et 1.
- ( 1° Lire masse le blanc ;
- Deux lectures : 3
- ( 2° Lire masse la couleur.
- La lecture masse consiste à lire le blanc comme pris entièrement dans la 1re lecture; dans la seconde lecture c’est l’inverse on considère la couleur comme tous pris, le blanc comme tous laissés.
- Le liseur a donc le double d'embarbes qu’il y a de duites à la carte, on peut parfois simplifier ce travail, mais nous supposons le cas le plus simple.
- Pour le piqueur chaque carton passe 2 fois dans la bouche du piquage.
- En premier lieu sur tous les cartons on pique l’effet de trame, à cet effet on dit au tireur de lats :
- Tirer masse le blanc.
- Quant au piqueur pour lier le fond en effet de trame, dans le cas du présent montage, il lui faut disposer sur la mécanique de relient un satin de 5 par effet de chaîne c’est-à-dire une armure inverse de celle du fond. Ce satin lourd a pour effet de relever 4 poinçons sur 5 dans ceux tirés au semple.
- Chaque fois que le tireur tire masse : avant de piquer un carton le piqueur donne un coup de pédale pour faire plaquer un carton de satin lourd à la mécanique 9, c’est seulement ensuite qu’il tire sur le peigne pour immobiliser les poinçons et agir sur le balancier.
- Tout l’effet de trame ayant été piqué sur les divers cartons, on fait tirer masse la couleur par le tireur.
- Le piqueur repasse les cartons une seconde fois sur la matrice mais en ayant soin de changer le manchon 10 de la mécanique de retient.. Le façonné du dessin étant un effet lié en satin par effet de chaîne il faudra un manchon de retient en satin par effet de trame.
- Cette disposition de mécanique de retient est l’une des plus anciennes, mais malgré tout elle est encore en faveur.
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- LILLE IMPRIMERIE Jean GUERMONPREZ
- 10, Rue Malus, 10
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