Les Industries textiles à l'Exposition Universelle de 1889
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- A L’EXPOSITION DE 1889
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Juillet.
- ii. — 1er Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
- Revue des Produits , Appareils et Procédés
- DE
- TRAITEMENT DES MATIÈRES TEXTILES
- PAR
- HENRY DANZER o.tt,*
- Ancien Directeur et Professeur de l’École de Filature et de Tissage Mécanique de Mulhouse Ancien Elève du Laboratoire de Chimie Industrielle de Mulhouse Membre honoraire de la Société des Sciences Industrielles de Lyon Membre du Conseil de Direction de l’Association des Industriels de France; de la Société d’Lncouragement
- pour l’Industrie Nationale, etc., etc.
- iltembrc bes Comités rt bu 3ur# bus (Exportions
- iîloscou 1891, Cljtcago 1898
- DEUXIÈME ÉDITION
- br |3arts 1889
- TOME DEUXIÈME
- PUBLIÉ PAR
- L’ADMINISTRATION DU JOURNAL “ L’INDUSTRIE TEXTILE ”
- Société Anonyme, Capital : 200,000 francs -40 bis, Rue de Douai, -40 bis — PARIS
- Droits de traduction et de reproduction entièrement réservés.
- 1896
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889
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- DEUXIÈME PARTIE
- MACHINES ET PROCÉDÉS DE TRAITEMENT
- DES MATIERES TEXTILES
- Nous nous sommes jusqu’ici suffisamment étendu dans l’examen des matières premières et des produits de l’industrie textile. Arrivons maintenant aux appareils qui mettent en œuvre ces matières et fournissent ces produits à la consommation.
- Rappelons en quelques lignes en quel endroit de l’Exposition universelle sont placées ces machines. l\ous venons de laisser nos lecteurs près des pavillons des sections étrangères disséminés dans le parc du Champ de Mars : partons de là, si vous le voulez bien.
- Au débouché même du pont d’iéna, de chaque côté de la tour Eiffel, commencent deux allées parallèles couvertes d’un vélum bariolé, qui traversent le jardin d’un bout à l’autre, côtoient le lac aux fontaines lumineuses et vont aboutir au porche central surmonté du magnifique dôme qui marque le cœur même de l’Exposition, si l’on peut ainsi parler. Impossible de se tromper de route.
- Nous cheminons dans l’une de ces avenues couvertes, à l’abri du soleil, qui déverse à torrents ses rayons brûlants et sa lumière éblouissante, en contrebas des terrasses à balustrades qui forment le soubassement du palais et sur lesquelles la foule s’agite comme une fourmilière. L’aile droite, celle que nous longeons, s’appelle les Arts libéraux, l’autre s’appelle les Beaux-Arts ; la partie centrale vers laquelle nous marchons et à laquelle ces deux ailes vont
- s’attacher, c’est le Palais des industries diverses; elle occupe toute la largeur du Champ de Mars et en la traversant on arrive au fameux Palais des Machines, qui lui est contigu et parallèle.
- Si vous le voulez, nous allons nous arrêter un instant aux deux palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, œuvre de M. Formigé; ils méritent réellement qu’on les examine. Chacun d’eux est représenté en plan par un rectangle de 230 mètres de long sur 82 de large. Au milieu, sur toute la longueur, une large nef de 52 mètres ; sur les côtés et juxtaposées, des galeries de 15 mètres à deux étages; aux extrémités, vers les annexes du Palais des industries diverses, deux grandes galeries transversales de 30 mètres de largeur et 120 mètres de longueur, les galeries Rapp et Desaix; — au milieu de chaque palais, ouvrant sur le parc, une entrée d’honneur surmontée d’une coupole de 5A mètres de hauteur ; aux extrémités, vers la Seine, une autre porte grandiose avec pavillons et coupoles sur plan carré. Les grandes fermes des deux palais ont une portée de 52m,80 et sont montées sur trois tourillons en acier, deux aux naissances et un au faîtage. La charpente métallique de chacune des deux constructions a absorbé environ 1,360 tonnes de fer. Les grandes coupoles de chacune d’elles sont couvertes par une mosaïque de 100,000 tuiles Muller s’emboîtant les unes dans les autres et dont la super-
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- ficie donne 1,2/18 mètres carrés, soit plus de toute la surface du Champ de Mars. Voilà pour la partie technique.
- Le Palais des Beaux-Arts, côté gauche, comprend l’exposition décennale de 1878 à 1889 et l’exposition rétrospective : cette seconde catégorie est elle-même divisée en deux sections, les œuvres d’art des musées et des palais nationaux et les œuvres d’art prêtées par des particuliers. On a découpé l’immense nef en une série de petits salons latéraux où l’on a groupé 1,589 toiles : chaque artiste a son salon particulier. Sous la coupole on a installé l’exposition rétrospective : au rez-de-chaussée, la sculpture et l’architecture ; la partie du palais la plus rapprochée de la Seine a été réservée aux sections étrangères. Dans le Palais des Arts libéraux, on a groupé les expositions afférentes au groupe II : Éducation, enseignement, imprimerie, librairie, reliure, arts du dessin, photographie, instruments de musique, médecine et chirurgie, instruments de précision, géographie et topographie, exposition du Ministère de l’Intérieur.
- Mais si nous voulions voir le détail, ce serait à n’en plus finir. Voici, par exemple, au Palais des Arts libéraux, l’histoire des moyens de transport, que nous apprenons en examinant les curieuses collections exposées par MM. Lucien Faucon et Maurice Leloir. Nous y voyons là par le menu toute cette histoire scientifiquement divisée en quatre parties : l’homme seul, l’homme s’aidant de divers instruments, l’homme aidé par l’animal, et le véhicule mû par l’animal. On devine que les trois premières séries ne peuvent être autrement représentées que par des gravures où l’on voit de vulgaires piétons portant tout leur mobilier sur leur dos, comme le sage de la Grèce antique : on voit là des bottes de toutes sortes, des souliers à la poulaine, des patins, des chaises à porteurs comme on peut en voir à la Comédie-Française aux jours de répertoire. Mais ce qui est autrement intéressant, c’est la partie où le véhicule est mû par l’animal : citadines, urbaines, deltas, lutéciennes, coupés, carrosses figurent là en effigie ou en réalité ; les omnibus et les carrosses à cinq sous occupent tout un panneau, avec toutes les transformations qu’ils ont subies depuis 1828 en favorites, béarnaises, dames blanches, batignol-laises, gazelles, écossaises et autres. Un peu plus loin, sous la véranda du même palais, figure une machine bizarre, lourde, presque ridicule. Saluez! Cette vieille chaudière - désemparée, surchargée
- d’inextricables rouages, est la première locomotive qui ait roulé sur un chemin de fer : c’est cette carcasse de fer informe qui a changé la face du monde. — Voici maintenant l’exposition pénitentiaire, où l’on nous montre tous les objets qui, depuis les temps les plus reculés, ont servi à la répression du mal. Tous ces souvenirs de l’histoire du crime et de la justice humaine sont placés dans un décor des mieux réussis : à de lourds piliers trapus sont suspendus des chaînes, des carcans, des menottes, des colliers de force ; d’épaisses portes de cachot ont été amenées là avec leurs guichets ouvragés et leurs verrous invraisemblables, on a accumulé des instruments de torture et les reproductions des oubliettes et des in pace des vieilles prisons historiques; et comme tout cela n’est pas bien folâtre, pour égayer cet ensemble un peu morne on a placardé d’antiques sentences et des complaintes du bon vieux temps. Mais nous n’avons pas l’intention de servir à nos lecteurs de guide dans cette partie si riche et si intéressante de l’Exposition universelle, nous voulons tout simplement les mettre en goût en leur rappelant quelques-unes des belles choses qui ont pu frapper les promeneurs dans une visite rapide.
- Pour le palais des Beaux-Arts, même observation. Tout ce que l’art français a depuis longtemps enfanté de plus beau se trouve là réuni sous les yeux du public. C’est comme un éblouissement. Les musées ont envoyé leurs meilleures toiles, nos peintres en renom nous y montrent leurs tableaux les mieux réussis : tout enfin concourt à faire de cette partie de l’Exposition un régal de délicats. Seules, les écoles étrangères de peinture, réparties dans plus de cinquante salles, ne sauraient efïacer le souvenir de l’admirable ensemble qu’offrait l’Exposition de 1878. L’Allemagne, l’Autriche et la Russie ne sont point représentées comme elles l’étaient alors, l’Italie est en visible décadence, l’Espagne reste stationnaire, de même la Belgique. Ce sont les contrées du Nord qui ont pris la tête du mouvement et qui dans cette circonstance ont, comme on dit, fait feu des quatre pieds; c’est la Suisse, c’est la Hollande, c’est l’Amérique du Nord, ce sont les États Scandinaves qui ont apporté dans ce grand tournoi un concours significatif. L’expansion et les progrès artistiques de ces pays méritent la plus sérieuse attention.
- Nous sortons de ce palais. Une véranda continue borde chacun d’eux et cent mille visiteurs peuvent s’asseoir, se promener et se désaltérer à couvert. Mais lorsqu’il se fait tard, il est' bien difficile dy
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- avoir la moindre place libre. La cohue augmente à mesure que l’heure avance. A partir de six heures, l’entrée va coûter deux tickets et les personnes ingénieuses s’empressent de devancer le moment fatal du relèvement de prix. Peu à peu les marches des gradins et les pelouses se garnissent de groupes assis dont la composition suffît à révéler la catégorie sociale et les intentions prochaines...
- Nous voici par le travers de la fontaine monumentale de Goutan représentant la ville de Paris voguant sur son navire symbolique ; elle orne le fond du lac central et indique exactement le milieu du jardin, dont la seconde moitié est surélevée et de plain-pied avec les terrasses latérales. Nous gravissons une dizaine de marches et continuons à déambuler péniblement, par une température de serre, sous le vélum surchauffé. Nous passons, sans avoir le courage de les regarder, entre l’un des pavillons de la Ville de Paris et un parterre entourant un bassin, puis à côté d’une statue colossale, toute blanche, qui doit personnifier la République, et nous nous soulageons par un gros soupir en nous sentant enfin à l’ombre du porche gigantesque et somptueux qui précède le Dôme central.
- Le Dôme central est en quelque sorte l’entrée d’honneur de l’Exposition; c’est une nef monumentale de 32 mètres de diamètre, d’ossature métallique, formée par huit demi-fermes supportées par huit piliers gigantesques de bO mètres de hauteur, maintenus en place par trois ceintures circulaires et flanqué à droite et à gauche de deux pavillons qui servent à le relier aux galeries adjacentes : le sommet de la coupole se trouve à 56 mètres au-dessus du niveau du sol. Quatre escaliers, construits dans les pylônes, donnent accès, à 10 mètres de hauteur, à un balcon qui contourne l’intérieur du Dôme et permet au regard de plonger, d’un côté sur la grande rue centrale et sur la galerie des machines, de l’autre sur le parc et le palais du Trocadéro. Les piliers des fermes principales sont reliés deux à deux, à 20 mètres au-dessus du sol, par des frontons avec motifs de sculp-j ture, dus à MM. Bourgeois, Plé, Pécoux et Dubois, représentant l’Air, la Vapeur, l’Eau et l'Électricité; une frise décorative de 6 mètres de haut, peinte par MM. Lavastre et Garpézat, se trouve au-j dessus; elle représente en allégorie : La France conviant les nations à l’Exposition de 1889 : quatre tables portent en outre les noms des nations qui ont accepté notre invitation.
- A l’extérieur et au sommet du Dôme, on peut voir
- une statue de 9 mètres de hauteur, exécutée en zinc* j repoussé par M. Goutelier et figurant la France dis-) | tribuant des palmes et des lauriers : elle est supportée par un squelette en acier coulé construit par MM. Laurent, Moisant et Savey, fixé sur l’ossature j métallique du dôme; le tout pèse 8.000 kilogrammes et a été calculé pour résister à un effort de vent de 70 kilogrammes par mètre carré.
- Non, jamais la collaboration des arts de l’architecte, de l’ingénieur, du peintre et du céramiste 1 n’a engendré une œuvre aussi complexe, aussi vaste et aussi parfaite.
- La grande rue centrale qui va du Dôme au Palais des machines et que tout le monde appelle la Galerie de trente mètres coupe en deux parties symétriques toute la construction principale de l’Exposition qu’oœ dénomme le Palais des Industries diverses. Elle a 30 mètres de largeur et 200 mètres de longueur, et elle est constituée par une série de fermes de 30 mètres de portée, en forme d’ogive surbaissée,; reposant sur des piliers métalliques de 12m,75 de haut; chacune des galeries qui y aboutit a 55 mètres d’ouverture. Sur les côtés, la galerie est close par des portes de fer qui supportent les pannes; au*dessusr pour laisser pénétrer la lumière, on a placé de grands panneaux vitrés d’un effet décoratif satisfaisant; la ventilation est obtenue par un lanterneau de faîtage.
- J’erre au hasard de ma fantaisie dans cette galerie, passant presque douloureusement, tant la sensation est intense, d’étonnement en étonnement^ d’admiration en admiration ; succession de portiques différents et tous magnifiques, amoncellement de soieries de Lyon si finement tissées qu’on dirait des miniatures sur soie, grotte et source artificielle avec leur naïade sortant de l’onde, trophées immenses" et flamboyants faits de fragments de machines, d’autres artistement composés de tuyaux de cuivre rouge et jaune, statues et groupes colossaux, autels d’or, guipures de fer, vases géants, horloges monumentales, maîtresses œuvres de toutes sortes, dont on a composé, avec un talent presque surhumain, la décoration de cette galerie sans rivale.
- Le Palais des Industries diverses, c’est l’Exposition industrielle proprement dite. On a réuni là tout ce qui concerne la matière ouvrée, le mobilier et le vête-' ment : nous l’avons étudié dans notre première partie.
- M. Bouvard est l’auteur de cette construction considérable, qui couvre 105.798 mètres carrés: c’estasseri dire qu’on a bien dans les jambes neuf à dix kilomètres lorsqu’on a parcouru une à une les lignes du
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- damier qui la composent. Les galeries parallèles sont constituées par des fermes de 25 mètres de portée qui rentrent dans le type courant : leur succession forme partout une vaste voie dont les côtés ont été utilisés pour les installations des exposants et dont le milieu, sur un espace de 5 mètres de large, fait rue de communication. De chaque côté de la grande me centrale se trouvent sept galeries parallèles, et il y a là en tout 350 fermes reliées les unes aux autres par des pannes à treillis.
- Dans ces galeries, on a conservé autant qu’on l’a pu le groupement méthodique de Le Play. Le visiteur qui pénètre par le grand Dôme a à sa droite les galeries consacrées à l’orfèvrerie, à la céramique, aux meubles, à l’horlogerie, aux bronzes d’art; à sa gauche, la joaillerie, l’habillement, les soies, les tissus, les armes, les industries forestières et la métallurgie; par ordre d’emplacement, àdroite duDôme, viennent dans la partie annexe l’Italie, la Suisse, les États-Unis, l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, la Norvège, Saint-Marin, la Grèce, la Serbie, le Japon, Siam, l’Égypte, la Perse; à gauche, dans les galeries annexes la Grande-Bretagne et ses colonies, la Belgique, le Danemark et les Pays-Bas.
- Nous voici au Palais des Machines, œuvre de M. l’ingénieur Dutert, qui seul l’a conçu, l’a dessiné et en a surveillé l’exécution. Le rectangle qu’il couvre a 420 mètres en longueur et 115 en largeur, c’est-à-dire le double environ du Palais de l’Industrie aux Champs-Élysées et sa surface s’étend sur h hectares et demi : la hauteur de la nef est, au faîtage, de 45 mètres, c’est-à-dire supérieure en élévation à la colonne Vendôme.
- Le Palais des Machines est ni plus ni moins une merveille : jamais jusque-là on n’avait vu d’arceaux s’élever d’un jet vigoureux et sans appui intermédiaire à d’aussi grandes hauteurs; c’est comme une voûte immense posée sur le sol d’un seul bloc, tout d’une pièce, car dans la vaste étendue de la galerie aucune colonne de soutien, aucune tringle, n’arrête le regard et ne rompt la perspective. A l’Exposition de 1878, on considérait déjà comme une tentative audacieuse la galerie de 25 mètres construite par M. de Dion avec des fermes de 30 mètres déportée solidaires avec les pieds-droits encastrés dans des dés de maçonnerie, et on avait déjà, en Angleterre, regardé comme une œuvre plus que gigantesque le hall de la gare Saint-Pancrace, de Londres, dont la portée des arcs n’a que 73 mètres. Que dire aujourd’hui de l’édifice de M. Dutert? Il est juste de dire que cet
- ingénieur a été aidé pour faire ses calculs par MM. Contamin, Charton et Pierson : comme on ne pouvait prendre aucun terme de comparaison, les dimensions exceptionnelles de la nef ont nécessité sur le papier de longues opérations de contrôle; il a fallu résoudre de nombreux problèmes de résistance, déterminer et arrêter les dimensions des pièces : rien que ce travail considérable mérite que les noms de ceux qui l’ont effectué soient conservés dans les annales de la science industrielle.
- Mais il n’y a pas qu’une nef gigantesque au Palais des Machines : une galerie de 15 mètres de large, desservie par des escaliers et même des ascenseurs, l’entoure sur toute la longueur et aux extrémités; les points d’appui sont pris sur les montants métalliques, sauf pour les tribunes extrêmes où l’on a ajouté quelques piliers de soutien. L’ensemble du Palais couvre 60.800 mètres : avec les galeries du premier étage de 16.500 mètres, cela forme une surface horizontale et utilisable de 77.300 mètres.
- Les milliers de machines qui gesticulent, qui tournent, qui tordent, qui coupent, qui battent, qui filent, qui tissent, qui broient, qui scient, qui rabotent, qui taillent, qui impriment, qui pétrissent, qui font là-dedans tout ce que la main et le cerveau de l’homme ont ordonné à la matière de faire à leur profit, représentent vaguement, au fond de ce hall cyclopéen, une poignée d’insectes se démenant au fond d’une bouteille, et leurs mille fracas divers se fondent dans ce vide énorme en un murmure sourd comme le grondement d’un orage lointain. C’est là que nous trouvons les machines de l’exposition textile.
- Maintenant, quel ordre adopter dans l’étude de ces machines pour les présenter à nos lecteurs sous le jour le plus attrayant possible et de la façon la moins embrouillée? Nous ne dirons pas que nous adopterons la classification de l’Exposition elle-même, car il n’y en a pas. On trouve dans le Palais des Machines les métiers à laine confondus avec les machines à coton et les métiers de préparation de la matière brute compris avec les machines, qui, dans nos filatures, donnent au produit manufacturé son aspect définitif. Tous ceux qui ne sont pas absolument familiers avec les arts textiles en général s’v embrouillent. Du reste, nous ne pouvons trop reprocher ce désordre aux organisateurs de l’Exposition, car il est propre à toutes les exhibitions du même genre, par la raison bien simple qu’on ne peut raisonnablement ni multiplier par trop les sections, ni forcer
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- un constructeur dont la spécialité embrasse un certain nombre de métiers différents à les scinder et les disséminer autrement que dans un lot d’ensemble.
- Ceci a donc été l’une de nos préoccupations. Il nous a semblé, dès lors, que la meilleure méthode à adopter était de suivre la matière textile à son début et d’en étudier les transformations successives sur les divers métiers exposés, depuis son entrée dans les usines jusqu’à sa livraison au commerce, sous l’aspect que recherche le consommateur au moment d’en faire usage. Cet ordre se présente tout naturellement à l’esprit : il nous a paru, toute réflexion faite, le meilleur à adopter.
- Partant de ce principe, nous commencerons par prendre les machines qui donnent aux matières leur véritable aspect textile, alors qu’elles ne le tiennent pas de la nature elle-même. Le lin, par exemple, ne saurait être couramment utilisé si, après rouissage, il n’était soumis à l’action des machines à teiller; de même la ramie a besoin d’être écorcée, et, suivant l’expression technique, décortiquée, pour pouvoir être employée ; de même encore la laine a besoin d’être dessuintée pour pouvoir être peignée, et ainsi de suite pour tous les textiles. Nous aurons donc, dans un premier chapitre, à examiner les machines qui servent aux premières transformations de la matière brute, dans lesquelles doivent être notamment comprises les teilleuses de lin, les décortiqueuses de ramie de différents systèmes, les laveuses de laines, etc.
- Lorsque la matière a revêtu cet aspect qui lui permet d’entrer dans une usine pour en recevoir toutes les opérations nécessaires aux diverses transformations qu’elle doit subir, elle est soumise aussitôt aux manipulations qui dépendent de la filature proprement dite. Parmi ces manipulations, les unes précèdent le filage lui-même et se traitent parfois, comme le peignage pour la laine, dans des établissements distincts, les autres forment le corps essentiel de la filature elle-même et comprennent les métiers de préparation ainsi que le filage proprement dit; d’autres enfin suivent la filature comme la retorderie. Nous aurons donc, dans un second chapitre, à étudier dans leur ensemble les machines à peigner, carder, étirer, filer et retordre les matières textiles.
- Mais les filaments ne suivent pas toujours directement la voie que nous venons d’indiquer et peuvent recevoir une autre destination : celle de la corderie notamment ; on les transforme alors, non plus en fils, mais en cordages gros et menus, de differentes
- catégories, depuis la ficelle la plus fine jusqu’au câble du diamètre le plus élevé. Les machines de cette catégorie diffèrent suffisamment de celles de la filature pour que nous les examinions dans un troisième chapitre ; ceci nous donnera occasion en même temps d’examiner les produits auxquels elles donnent lieu et que nous n’avons jusqu’ici fait rentrer, suivant l’ordre adopté dans l’Exposition, dans aucune des sections du groupe IX relatif aux produits.
- Un quatrième chapitre comprendra tout ce qui se rapporte au tissage proprement dit, c’est-à-dire à l’action d’entrelacer des fils simples ou retors, les uns en longueur, les autres en largeur, pour produire un tissu. Cette définition montre bien que nous ne voulons comprendre dans cette catégorie que les métiers à fabriquer les toiles, draps, cotonnades, tapis, etc., en ajoutant dans un chapitre suivant tout ce qui est relatif aux métiers à bonneterie, à tulle, à filets de pêche, à cordonnet, etc.
- Nous indiquerons donc là un cinquième chapitre où nous examinerons tous les systèmes de machines à mailles. Depuis un certain nombre d’années, du reste, ces machines ont pris une telle importance et constituent des industries tellement intéressantes, que nous nous reprocherions de ne pas y consacrer un examen tout particulier. On peut même dire que, sous ce rapport, l’Exposition de 1889 a tellement dépassé ses devancières, qui, du reste, paraissaient considérer le métier à mailles comme un accessoire de l’industrie domestique et non comme faisant partie du matériel de la grande industrie, qu’il ne nous semble pas possible de ne pas préciser cette évolution dans notre classification.
- Mais autour des machines que nous aurons examinées jusque-là, autour des constructeurs, des principaux outils, engins et appareils, gravitent les accessoires’, ce qu’on appelle les pièces détachées. Parmi les fabricants de ces articles, les uns se sont spécialisés dans la fabrication des peignes, des garnitures de carde, des fuseaux, des broches et autres menus objets relatifs au peignage, au cardage et à la filature; d’autres se sont consacrés plus spécialement aux navettes, harnais et autres accessoires de tissage; d’autres aux aiguilles, fontures et au matériel de la bonneterie. La fabrication de ces pièces détachées 'doit constituer dans notre travail un chapitre tout spécial.
- Enfin nous terminerons la deuxième partie de notre ouvrage relative aux machines en traitant des outils appareils qui servent à donner aux tissus leur aspect
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- définitif et commercial, et qui rentrent dans la catégorie de la teinture et des apprêts.
- Nous aurons donc ainsi, suivant l’ordre que nous venons d’indiquer, sept chapitres qui sont :
- 1° Machines destinées à perfectionner la matière brute : décortiqueuses, broyeuses, teilleuses, laveuses, etc; toutes celles en un mot qui, prenant la matière brute telle qu’on la trouve dans la nature, l’approprient et la rendent plus apte à la destination qu’elle doit subir.
- 2° Machines de filature proprement dites et de re-torderie, que nous grouperons suivant la matière qu’elles sont appelées à transformer (laine, coton, etc.), en suivant l’ordre dans lequel on les rencontre suivant les transformations qu’elles font subir à la matière, mais en examinant successivement chacune des expositions groupales des maisons exposantes.
- 3° Machines et produits de corderie : machines pour la fabrication du fil de caret, machines de corderie proprement dites et produits manufacturés fabriqués sur ces divers métiers, comme : câbles, cordes, cordeaux, aussières de divers genres, filins, septains, etc.
- h° Machines de tissage : parmi lesquelles tout d’abord celles de préparation comme : bobinoirs, ourdissoirs, pareuses et encolleuses, et métiers à tisser proprements dits, pour tous textiles et de tous systèmes.
- 5° Métiers à mailles : machines de préparation pour la bonneterie, et métiers à bonneterie propre-prement dits, rectilignes et circulaires de divers genres, tricoteuses, etc.
- 6° Pièces détachées : navettes, fuseaux, taquets, aiguilles, lisses, ensouples, etc.
- 7° Machines pour la teinture et Vapprêt : comprenant tous les métiers et appareils si divers et si variés usités dans ces industries et usités dans le blanchiment, la teinture, l’apprêt et l’impression des étoffes.
- CHAPITRE PREMIER
- Machines destinées à perfectionner la matière brute.
- Les machines exposées sont de quatre sortes :
- 1° Les décortiqueuses pour la ramie;
- 2° Les teilleuses pour le lin ;
- 3° Les laveuses pour laine;
- h° Les machines à éjarrer et sécher la laine.
- Nous allons étudier chacune d’elles.
- I. — Machines a décortiquer la ramie.
- Nous avons déjà dit, en parlant de la ramie dans notre première partie, que seule la difficulté de sa décortication avait été le principal obstacle à l’extension de sa culture et de son emploi industriel. Ce n’est pas d’aujourd’hui que cette question préoccupe le monde industriel ; aussi croyons-nous intéressant pour nos lecteurs, avant de décrire les machines à décortiquer qui figurent à l’Exposition, de dire quelques mots des procédés mis à l’essai ou des outils et appareils inventés pour arriver au même but dans ces dernières années.
- Le premier procédé auquel on ait tout naturellement pensé pour la ramie a été le rouissage, qui, lorsqu’il s’agit du lin, donne des résultats si concluants. Mais ici le résultat a été nul : la fibre de ramie a toujours été retirée complètement altérée par cette opération, et l’on a dû poursuivre les essais dans un autre sens.
- Comme on n’obtenait pas satisfaction du rouissage naturel, on a tenté du rouissage chimique. Les méthodes proposées ont été ici fort nombreuses; toutes sans exception ont été jugées inefficaces. Nous savons bien que quelques inventeurs ont déclaré avoir trouvé la bonne méthode en opérant ainsi; mais comme, d’une part, ils ont tenu secret leur système et que, d’autre part, ils n’ont jamais réussi, que nous sachions, à le monter industriellement, on nous permettra de penser qu’ils n’en ont pas obtenu de résultats satisfaisants.
- C’est alors qu’on a essayé, en dehors de tout agent mécanique, de diminuer l’adhérence de l’écorce au bois, de façon à séparer avec facilité l’une de l’autre, une fois le traitement terminé. Le commandant Favier
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- est certainement celui qui a donné en ce sens la solution la plus simple. Il soumettait les tiges à l’action de la vapeur, puis faisait enlever par des enfants les lanières à la main. Mais ici, en supposant que l’opération réussisse, on doit la juger dans tous les cas trop longue, et par conséquent inapplicable à la grande industrie. Si l’on songe que, sous nos climats tempérés, on obtient facilement 20,000 kilogrammes par coupe de tiges effeuillées, — nombre qui est de beaucoup surpassé aux colonies, — soit 250,000 tiges pour un hectare, on arrive à trouver qu’un enfant qui dépouille une tige à la minute ou 60 tiges à l’heure ne peut arriver à bout d’un hectare qu’après quatre mille heures de travail, ce qui, on en conviendra, est excessif.
- La décortication mécanique est aujourd’hui considérée comme donnant seule des résultats pratiques : elle se fait, soit en vert, soit en sec.
- La décortication en vert consiste à opérer, soit immédiatement après la coupe, soit lorsque la tige est encore en possession de la moyenne partie de sa sève : lorsque la ramie a été décortiquée à cet état, elle se présente sous forme de rubans plus op moins étroits et ne peut être employée par la filature qu’après avoir subi un dégommage. Les machines qui décortiqeunt la ramie sèche donnent, au contraire, une fibre plus déliée, une véritable filasse, à laquelle on fait ainsi subir le plus souvent un traitement spécial avant de l’employer, mais qui ne l’exige pas absolument.
- En 1869, le gouvernement anglais s’est occupé officiellement de la ramie pour sa colonie des Indes. En septembre de cette année, il fit rédiger une circulaire par le gouverneur général, dans laquelle il affirmait que de nombreuses expériences avaient démontré la valeur de la fibre de ramie; que cependant cette fibre était loin d’être l’objet d’un commerce important, mais qu’elle serait infailliblement demandée aussitôt qu’on connaîtrait une machine propre à décortiquer les tiges à l’état vert : il engageait dès lors les inventeurs à trouver cette machine qui n’était pas encore connue. L’admission à ce concours des seules décortiqueuses en vert était motivée par ce fait, qu’aux Indes le séchage régulier des tiges est difficile, en raison des pluies fréquentes qui ont lieu dans cette colonie. La circulaire fut répandue à profusion dans tout le pays, mais elle ne suscita aucune invention. En présence de cet insuccès, le gouvernement britannique résolut de mettre officiel-
- lement au concours la solution du problème de la décortication de la ramie.
- Le 11 juin 1870, une nouvelle circulaire signée L.-G. Bagby, secrétaire du gouvernement de l’Inde, fut lancée dans le public et reproduite par la voie des journaux anglais. Il y était dit qu’on promettait une récompense de 4,000 livres sterling à l’inventeur de la machine la plus propre « à désagréger en grand les fibres brutes de la ramie ». Toutes les machines destinées à concourir devaient être transportées à Fort-William, dans le Pundjab, près de Calcutta ; le concours n’était valable que pour l’année. Personne ne s’étant présenté, un nouvel avis, daté du 26 janvier de l’année suivante, reporta le concours au mois d’avril 1872, et au lieu d’un prix en fixa deux : l’un de 5,000 livres sterling, l’autre de 2,000 livres ; les machines devaient être envoyées à Saharumpoore. Cette fois, trente-deux concurrents se firent inscrire; mais à l’époque fixée, une seule machine fut envoyée par la maison John Greig, d’Édimbourg. Elle n’en fut pas moins mise à l’essai quatre mois plus tard par le lieutenant-colonel Hyde, délégué à cet effet. Celui-ci trouva que la machine ne répondait pas complètement à ce que l’on demandait, mais décida néanmoins d’accorder à l’inventeur une prime de 1,500 livres sterling, soit 37,500 francs.
- Dans cette machine, les tiges, étendues sur une toile sans fin, étaient amenées entre quatre cylindres cannelés qui brisaient le bois et n’en laissaient que l’écorce; celle-ci était alors conduite, par l’intermédiaire de divers rouleaux, entre deux tambours dits râpeurs, portant des grattoirs longitudinaux qui enlevaient une partie des matières végétales y adhérant. On obtenait ainsi des rubans d’écorces sommairement nettoyées. Un ventilateur dirigeait alors ces rubans au sortir des premiers grattoirs vers un second système de tambours qui en étaient également munis et qui terminaient de la même manière que les premiers le nettoyage que ceux-ci avaient commencé. Les lames des grattoirs, qui se chargeaient rapidement de matières végétales, en étaient débarrassées à l’aide d’un rouleau de brossettes à mouvement continu de rotation et d’une nappe d’eau que l’on déversait sur eux à l’aide d’un système irrigateur spécial. Le jury anglais, chargé de l’examen de cette machine, trouva que son principal inconvénient résidait dans l’imperfection du système de passage des rubans des premiers grattoirs aux seconds au moyen d’un ventilateur : non seulement ce ventilateur ne réussissait pas toujours à guider les rubans
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- dans la direction convenable, mais encore il y produisait un emmêlage d’où résultait une quantité considérable de déchets.
- Un troisième concours fut organisé par le gouvernement de l’Inde, et le nouveau secrétaire du gouvernement, M. G.-H.-M. Batten, en publia les conditions. Une récompense de 50,000 roupies devait être accordée à l’inventeur de la meilleure machine ou du meilleur procédé pour séparer d’abord l’écorce et la fibre de la tige, puis la fibre de l’écorce de la Bæhmeria nivœa; et une seconde récompense, ne dépassant pas 10,000 roupies, à celui qui obtiendrait le second rang, à la condition qu’on reconnût à sa machine un mérite suffisant pour permettre de l’employer dans la pratique. « Il est demandé, disait la circulaire envoyée à cette occasion à la presse anglaise, une machine ou un procédé pouvant donner, au moyen d’un moteur animal, hydraulique ou à vapeur, une tonne de fibres d’une qualité telle qu’elle puisse atteindre sur le marché anglais une valeur minima de 45 livres sterling (1,125 francs),moyennant une dépense, y compris tous les frais de préparation et la valeur attribuée aux détails, de 15 livres sterling (375 francs) au plus par tonne livrée dans tout port d’embarquement des Indes, et de 30 livres sterling si la livraison est faite en Angleterre, toutes les charges étant d’ailleurs acquittées et la marchandise prête à être remise aux manufacturiers. Par procédés de préparation, on entend toutes les manipulations nécessaires, depuis le moment de l’arrachage des tiges jusqu’à celui où la fibre est en condition d’être expédiée sur le marché. » Ce document spécifiait ensuite que l’appareil employé devait être « simple, durable, peu coûteux et pouvoir être installé dans les plantations où pousse le rhéa, et être propre au traitement des tiges fraîches, telles qu’on les coupe sur la plante » ; il indiquait que les expériences auraient lieu à Saharumpoore, en août et en septembre 1879; et que le gouvernement de l’Inde fournirait les moyens d’installer les machines et la force motrice exigées, payerait le transport de la côte à Saharumpoore sur le pied d’une tonne par machine, et qu’un billet de deuxième classe serait remis gratuitement à toute personne accompagnant une machine. Il permettait aux personnes désireuses d’expérimenter leurs machines avant le concours de demander une certaine quantité de rhéa aux jardins botaniques de Calcutta. Enfin, — clause finale qui pouvait éloigner certains inventeurs, — il précisait que tout propriétaire d’une machine à décor-
- tiquer ne pourrait recevoir la prime qu’aux conditions :
- « 1° De fournir une description technique complète de sa machine, description qui serait publiée aux frais du gouvernement;
- « 2° De permettre au public, à l’expiration des trois années à partir du moment où le jugement serait rendu, de fabriquer des machines semblables, sans aucune redevance à l’inventeur. »
- Au 31 décembre 1878, vingt-quatre inventeurs avaient envoyé leur adhésion au concours; mais au moment où celui-ci fut ouvert, il ne s’en trouva plus que huit : ce furent MM. J.-P. Van der Ploëg, Labérie et Berthet, J. Nagoua,, R.-H. Collyer, J. Ca-meron, C. Rœssel, C.-F. Amery et C.-E. Blechynden. Aucune des machines présentées ne répondit au programme ; aussi se contenta-t-on de décerner une prime de 11,900 francs à chacun des MM. Nagoua et Van der Ploëg, et une autre prime de 2,A00 francs à M. Cameron.
- Le principal résultat de ce concours fut la création de sociétés en France, en Amérique et à Java, pour l’exploitation des machines primées, ainsi que de celles de MM. Laberie-Berthet et Collyer.
- Un dernier concours fut organisé à Saharumpoore en 188A, du 15 au 20 octobre. Cinq machines y prirent part; ce furent celles de MM. Hatti Borosak (Assam), Smith-Death (Angleterre), Cantwell (Amérique), Pownall (id.) et Laberie-Berthet (France), cette dernière ayant déjà figuré au précédent concours. Une seule récompense fut décernée à la machine Smith-Death : 2,000 roupies, soit A7,500 francs. Comme il fallait s’y attendre, une société fut montée pour l’exploitation de la machine primée.
- Nous croyons devoir indiquer ce qu’est cetie dé-cortiqueuse, qui, comparée à celles qui avaient figuré dans les précédents concours, fut considérée comme la plus méritante. Elle se compose d’un batteur en bois tournant à l’intérieur d’un coursier circulaire placé dans l’eau et formé par un cylindre sur lequel des cornières en fer se trouvent posées parallèlement à l’axe. La machine est à mouvement rétrograde, et les tiges, tenues à la main, sont soumises sur leur première moitié à l’action du batteur, retirées et présentées à nouveau, après avoir été retournées bout pour bout. Un réservoir d’eau, qui peut au besoin être remplacé par le jeu d’une pompe mue à bras ou par manège, est placé à côté d’elle. Les lanières obtenues au concours furent trouvées bien décortiquées et lavées, et non arrachées, malgré la grande
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- vitesse du batteur (500 tours à la minute), l’eau formant matelas et modérant la brutalité des coups.
- On parla quelque temps après d’une machine Roland, qui, en 1877, avait été achetée par le gouvernement français pour notre colonie de la Guyane, mais qui ne donna pas de meilleurs résultats. Dans cette nouvelle décortiqueuse, les tiges étaient poussées à la main une à une sur une table de bois et saisies par des cylindres en fonte cannelés en spirale, animés à la fois d’un mouvement de rotation et d’un mouvement déterminatif de va-et-vient suffisant pour qu’une tige tournât complètement sur elle-même. Au sortir des cylindres, elles étaient soumises à l’action de deux rouleaux en bois munis de lames de fer longitudinales qui secouaient la filasse et la débarrassaient des fragments de bois qui y étaient encore adhérents. Contrairement aux précédentes, cette machine décortiquait à sec.
- Entre les deux concours du gouvernement de l’Inde, un inventeur d’origine belge, M. de Landtsheer, fit paraître sa machine, mais il en céda le brevet une première fois à M. Just Roguet, qui avait organisé, en 1881, un teillage de lin et une culture de ramie à Boufarick, en Algérie; une seconde fois, après quelques modifications, à M. Kaulek ; une troisième fois, avec de nouvelles modifications, à M. Armand. Ces trois machines furent construites sous les noms de leurs concessionnaires; mais le premier inventeur finit par les modifier une quatrième fois, en 1886, et en produisit le type sous son nom.
- Comme le gouvernement anglais, l’État français organisa de son côté des concours de décortiqueuses de ramie. Le premier eut lieu, en 1885, à Boufarick, près d’Alger. Trois machines y prirent part : celles de MM. Smith-Death, une machine Bruer-Landt-sheer, et une nouveau modèle Laberie-Berthet. Les résultats furent nuis.
- En 1888, un concours international fut organisé, mais cette fois en France, en février, au palais de l’Industrie de Paris, au moment du concours général agricole. Trois machines subirent les essais du jury; bien que vingt-cinq demandes d’admission fussent parvenues et que sept décortiqueuses se fussent présentées, trois furent primées ; ce lurent : celles de M. de Landtsheer pour la Belgique, de M. Armand pour la France, et la machine de la Compagnie américaine des fibres pour l’Amérique. Il fut accordé à titre d’encouragement une somme de I.AOO francs, dont 600 à la machine de Landtsheer et 400 aux deux autres.
- Nous retrouverons tout à l’heure à l’Exposition les machines de Landtsheer et Armand et nous en donnerons la description. Quant à la machine américaine, fondée sur un principe différent de ses concurrents, nous croyons devoir en dire deux mots. Les tiges de ramie verte, au nombre d’une trentaine, sont ici placées d’avance dans un châssis, les unes à côté des autres. Le châssis est accroché au-dessus de la ma^ chine, et, en enlevant ce fond qui est à charnières, les tiges tombent toutes à la fois dans la machine, et verticalement. Les tiges passent entre deux cylindres-laminoirs où se meut une lame d’acier sans fin, affûtée, formant scie, qui coupe chaque tige en deux ; des pièces fixes envoient les demi-tiges à droite et à gauche de l’axe de la machine, où elles passent dans des organes semblables que nous allons décrire. Deux batteurs concentriques tournant en sens inverse l’un de l’autre enlèvent l’un les lanières, l’autre le bois qui est cassé en morceaux et tombe au pied de la machine; les lanières sont soumises à l’action d’un second batteur dont les aillettes frottent les lanières appuyées contre une toile sans fin. On reçoit les lanières des deux côtés de la machine et un homme les passe ensuite à un batteur séparé placé à côté, afin de compléter le lissage. Dans cette machine, le bois est cassé après l’enlèvement de l’écorce, la rupture du bois n’a donc pas d’influence sur la fibre. Il faut trois enfants pour préparer les tiges de ramie dans les cadres, un homme pour les accrocher et les décrocher, et un homme et un enfant au débouché des lanières; total : six personnes.
- Un procédé tenu secret et imaginé par M. Royer figurait aussi au concours de 1888. Par cette méthode, des cuves, dont quelques-unes sont chauffées à la vapeur, contiennent des bains de diflérentes compositions; les lanières, vertes ou sèches, sont plongées dans ces cuves, y font plusieurs passages ainsi que dans un autoclave où elles subissent une sorte de cuite à la vapeur. Les lanières sont enfermées dans des coffres à claire-voie, en bois, et ne sont pas manipulées dans le cours du travail, ce qui empêche les fibres de se feutrer. A la sortie des appareils, celles-ci sont retirées des coffres et passées entre des rouleaux en bois ou garnis de caoutchouc, puis étendues sur des cordes dans un séchoir. Gomme M. Royer, qui, au moment du concours, avait monté à Audreville-sur-Eure une petite usine de dégomrnage par son procédé, a refusé de faire alors connaître le détail des manipulations ainsi que la composition des bains, il ne nous est pas possible de
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- l’apprécier, bien que des expériences aient été faites au concours, en travaillant nuit et jour., étaient alors donné de beaux résultats comme filasse. L’inventeur s’est contenté de dire que, pour réussir, il faut deux cuites à l’autoclave qui durent chacune de quatre à six heures, et que l’opération totale dure quarante heures pour n’importe quelle quantité traitée, laquelle dépend des dimensions des cuves.
- Il nous paraît intéressant de mentionner quelles étaient les principales décortiqueuses de ramie qui à cette époque avaient été construites et avaient réellement fonctionné dans des circonstances diverses au moment de l’Exposition.
- Parmi les machines anglaises, il y a lieu de citer :
- 1° La machine Greig, construite à Edimbourg par la maison du même nom et ayant fonctionné, comme nous l’avons dit, au premier concours de Saharum-poore;
- 2° La machine du Dr Collyer, construite à Leeds par la maison Sam. Lawson et fils, et exploitée par la General fibre G0, de Londres;
- 3° La machine Smith, construite par la maison Death, de Leicester, exploitée par la même compagnie.
- Les autres ne valent pas la peine d’être nommées, la plupart ayant été brevetées sans être construites ou n’ayant donné lieu, dans tous les cas, à aucune exploitation industrielle proprement dite.
- Parmi les machines américaines, nous mentionnerons :
- i° La machine dite décortiqueuse universelle, de M. Albée Smith, de San-Luis (Missouri), construite par la Compagnie agricole de Remington;
- 2° La machine du Dr Emilio Lefranc, propriété de la société The New-York Ramie fibre Manufac-turing C°, de New-York ;
- 3° La machine de M. L.-G. Rutledge, de la Jamaïque, construite par la maison Hubner et fils, de Londsdale (Pensylvanie) ;
- h° La machine Sandford, propriété de la compagnie universelle de Landford, à New-York;
- 5° La machine Gibson, construite par MM. Butler et Godmer, de Pittsbourg (Pensylvanie), qui a fonctionné quelques mois à Lille, comme spécimen, dans la maison de construction Samuel Walker et fils;
- 6° La machine dite défibreuse universelle, présentée à l’Exposition de la Nouvelle-Orléans par la New-York international fibre.
- Parmi les machines belges, nous n’avons guère à
- citer que celle de M. Moehrman-Lohbuhr, de Gand, expérimentée en Belgique et aux Indes, à différentes reprises, par l’inventeur lui-même.
- Enfin, parmi les machines françaises :
- 1° La machine Roland, dont nous avons parlé plus haut;
- 2° La machine Labérie et Berthet, longtemps exploitée à Paris et à la Nouvelle-Orléans par la Compagnie industrielle de la ramie;
- 3° La machine du Dr Graugnard, de Marseille, exposée au Palais de l’Industrie en 1855 et qui a figuré à l’Exposition universelle de 1878;
- h° La machine Roguet, ayant fonctionné dans l’usine de teillage de Boufarick, en Algérie, lorsque celle-ci fut exploitée par M. Roguet ;
- 5° La machine Lassalle, inventée par M. Renaut, l’un des collaborateurs de MM. Labérie et Berthet, et essayée pendant quelque temps au jardin du Hammam, à Alger, sous le nom de machine Renaut;
- 6° La machine de M. Favier, d’Avignon, exploitée par la société la Ramie française, modifiée à différentes reprises avant d’arriver au type qui figure à l’Exposition actuelle ;
- 7° La machine de Landtsheer, construite, en France, par la Société de construction de Saint-Quentin, et exploitée en Angleterre par la maison Barraclough qui elle aussi a été souvent modifiée et perfectionnée par son inventeur, avant d’arriver au modèle de l’Exposition ;
- 8° La machine Armand, construite par M. Barbier, à Paris.
- Mentionnons encore, pour mémoire, les machines de MM. Hartog, Berthet, Billion, Schiefner, Vinet, Cardon-Wamain, Kaulek, Burrow, Yial, etc.
- Nous arrivons à l’époque de l’Exposition de 1889. Cinq types y ont été exposés :
- 1° Par M. de Landtsheer ;
- 2° Par M. Favier, d’Avignon ;
- 3° Par M. Michotte, de Paris ;
- h° Par M. Barbier, de Paris ;
- 5° Par MM. Leclerc et Damuseaux, de Sedan.
- Nous allons les examiner successivement.
- Mais, auparavant, signalons qu’au moment même de l’Exposition, un concours fut organisé entre les divers exposants par le Ministère de l’Agriculture, en septembre 1889. Les cinq machines exposées y ont pris part. Mais en raison de la difficulté des essais
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- comparatifs à effectuer sur des modèles dont les uns étaient installés dans la galerie des machines et dont les autres figuraient à l’Esplanade des Invalides, et qui conséquemment, en dehors de l’espace restreint réservé aux essais, étaient placés dans des conditions essentiellement différentes, ce concours n’a pu donner de résultats significatifs. On y avait admis également un procédé : celui de M. Crozat. Celui-ci, qui consiste à faire cuire les tiges dans l’eau et à les décortiquer à la main, n’est en réalité qu’une modification de la méthode du commandant Favier, dont nous avons parlé au début de ce chapitre.
- 1° Dêcortiqueuse Landtsheer.
- La machine de M. de Landtsheer estime décorti-queuse en vert représentée par les figures 1 k h.
- FIG. 1. — MACHINE A DECORTIQUER LA RAMIE de M. de Landtsheer.
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- La figure 1 est une vue de face ; — la figure 2, une coupe transversale ; — la figure 3 représente le mouvement de changement de marche ; — et la figure h est une vue générale de la machine mue mécaniquement.
- Cette machine étant l’une des plus anciennement inventées parmi celles de l’Exposition, nous nous attacherons plus particulièrement à en décrire le mécanisme.
- Les tiges sont d’abord disposées en bottes à peu près égales de longueur, et placées sur la table d’alimentation représentée figure h, la pointe tournée vers le cylindre alimentaire B. Ce cylindre est en
- partie cannelé et en partie uni ; son action est d’aplatir les tiges.
- Au centre de la partie supérieure de la machine se trouve un cylindre cannelé D, avec lequel sont en
- Fig. 2.
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- contact les trois rouleaux B, C et E, pressés par des ressorts dont la tension est réglée par des vis.
- Les tiges passent entre B et D, C et D, et E et D, et sortent dans une direction descéndante. La sortie se fait exactement entre deux tambours L et L' garnis de lames d’acier d’environ 0m,50 de longueur. Ces tambours sont commandés par un engrenage, de telle sorte qu’une lame de l’un se trouve toujours entre deux lames de l’autre.
- Les tiges entraînées par les fournisseurs sont pliées et repliées en tous sens par les cannelures qui s’entre-croisent. En avançant, elles passent entre les tambours à lames animées d’un mouvement de rota-
- Fig. 3.
- tion très rapide qui grattent et enlèvent la pellicule et le bois.
- Les tiges ne traversent pas complètement la machine ; l’ouvrier a soin de renverser le mouvement de rotation des cylindres quand les racines arrivent à
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- s’engager. Le changement de marche s’effectue de la manière ingénieuse que voici.
- Les cylindres B, G, D et E reçoivent leur mouvement de l’arbre principal A au moyen d’une roue qui engrène avec une autre semblable calée sur l’arbre transversal F. Cet arbre porte à son autre extrémité un petit pignon G. Sur l’axe de cylindre O se trouve un disque K représenté plus en grand figure 3. Ce disque sur sa face intérieure est creusé d’une gorge concentrique. Dans cette gorge, un petit galet d’un diamètre un peu moindre que la largeur de la gorge coulisse librement. Il est relié au pignon G'qui engrène avec G et tourne librement sur un axe fixé au bout d’un levier H qui peut recevoir un mouvement vertical. Ce levier est relié à un autre placé devant la machine et que l’ouvrier peut actionner du pied ou de la main. Il est clair que le galet tournera toujours dans le môme sens, mais que, s’il se trouve placé au centre de la gorge, le disque K et, par suite, le cylindre seront immobiles. En mettant en contact le galet avec la partie supérieure ou inférieure de la gorge, le disque et les cylindres seront entraînés, soit dans un sens, soit dans l’autre.
- Ainsi, quand les tiges sont suffisamment engagées, l’ouvrier renverse le mouvement pour les faire sortir rapidement. Dans ce mouvement, elles passent entre les tambours tournant en sens contraire, ce qui produit une décortication complète. La rotation en arrière continue jusqu’à ce que les tiges soient sorties de la machine.
- Un autre ouvrier les prend alors et coupe les racines, dont la fibre est très mauvaise.
- Si l’on préfère utiliser toutes les fibres, on retourne la tige et l’on fait passer les racines dans la machine.
- Dans certains cas, on utilise deux machines côte à côte, de sorte que l’une traite la pointe et l’autre le pied de la tige.
- 2° Dêcortiqueuse Favier.
- J usqu’aujour-d’hui, la machine de M. P.-A. Favier était absolument différente de celle qui figure à l’Exposition. Nouscroyons donc, en raison de notoriété dont elle a été l’objet, devoir tout d’abord dire quelques mots de l’ancienne décor-tiqueuse.
- L’écorçage s’y obtenait à l’aide d’une incision longitudinale opérée sur la partie supérieure de la tige. A cet effet, celle-ci était introduite à la main ou à l’aide d’une toile sans fin dans une gueule, dans l’axe de laquelle un couteau d’acier bien tranchant se trouvait verticalement disposé. Après avoir été fendue par ce couteau, la tige était contrainte de s’ouvrir et de s’écarter en passant par un canal dont la section longitudinale présentait la forme d’une proue. Au sortir dudit canal, la tige, ouverte et aplatie, était saisie par une série de cylindres unis qui opéraient un aplatissement plus complet et brisaient le principe résineux; puis, par un cylindre batteur qui brisait complètement le bois et le détachait en fragments d’un demi-centimètre environ. L’écorce était entièrement dépouillée de son bois; l’écorçage se trouvait ainsi accompli par cette
- Fig. 4.
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- première opération. Dans une seconde opération, il était procédé simultanément au dégommage des fibres et à l’enlèvement de la pellicule. A cet effet, l’écorce débarrassée de son bois, comme nous venons de l’indiquer, passait sous une série de cylindres en bronze de faible diamètre, les premiers cannelés longitudinalement, les autres qui étaient des rouleaux à œillettes faisant l’office de batteurs, destinés à exercer une pression en même temps qu’elle détachait la pellicule qui les recouvrait.
- La machine Favier présentait donc comme organes essentiels : une gueule ; — un couteau ; — un canal à section longitudinale en forme de proue; — des tambours unis ; — un batteur ; — une série de cylindres cannelés dits cylindres fricteurs ; — et elle exécutait successivement, après introduction préalable à la main ou à l’aide d’une toile sans fin, des tiges de ramie présentées horizontalement, les opérations suivantes :
- En première phase ;
- 1° Fente longitudinale de la tige produite à l’aide d’un couteau.
- 2° Aplatissement de la tige par le canal.
- 3° Trituration du principe résineux par les tambours.
- Ix° Élimination complète des bois par le batteur.
- En deuxième phase :
- 5° Friction de l’écorce isolée de son bois et détachement de la pellicule.
- Cette dernière friction dissociait les fibres les unes des autres à tel point que la ramie se présentait à la sortie de la machine sous l’aspect d’une véritable filasse. Celle-ci pouvait au besoin passer immédiatement dans les préparations de filature, sans subir les opérations du dégommage et du peignage.
- La machine exposée, essentiellement différente de l’ancienne, se compose d’une série d’éléments fort nombreux, formés chacun d’une paire de cylindres à cannelures longitudinales, suivis d’une paire de rouleaux hexagonaux, puis d’un conducteur sous forme d’une tige carrée. La décortiqueuse, dans son ensemble, a 2 mètres de long sur 0m,80 de large : elle pèse 800 kilogrammes. On y présente les tiges préalablement décortiquées et séchées à l’étuve — car la machine est uniquement destinée à travailler en sec — par six et huit à la fois ; et il faut, pour la manœuvre, deux engreneurs et deux receveurs, soit en tout quatre personnes. Tous les organes sont entièrement recouverts de tôle. On a reproché à cette machine de s’engorger facilement. En outre, son prix
- est assez élevé, car toutes ses pièces sont en bronze, et en raison de sa production relativement restreinte, du peu de travail qu’elle fournit à l’heure et du personnel nécessaire à sa marche, elle donne un coût de décortication assez élevé. Il est bon de dire cependant que cette décortication est bien faite, à en juger par les spécimens qui figurent au palais des Machines. L’inventeur a eu soin en même temps d’y joindre, comme type de l’utilisation directe delà filasse brute, au sortir de la machine, une pièce de toile à voile qui semble présenter toutes les qualités de propreté et de régularité désirables.
- Pour le concours, cette machine a été modifiée et on en a retiré un ou deux organes pour lui permettre de décortiquer les tiges vertes. Deux hommes, placés de chaque côté, effeuillent les tiges à la main et les engagent dans la décortiqueuse ; les lanières produites sont entraînées par une toile sans fin et retirées par des hommes à l’arrière ; les débris tombent sous la machine. Les lanières obtenues paraissent fort belles et bien décortiquées.
- 3° Décortiqueuse Michotte.
- Cette machine, à laquelle son inventeur a donné le nom de la Française, se compose de quatre rouleaux en fonte de 0m,25 de diamètre, superposés par paires avec ressorts puissants et portant une légère cannelure hélicoïdale de forme spéciale. Ces rouleaux sont suivis d’un batteur à ailettes mobiles qui vient frapper sur un contre-batteur formé par une planche inclinée : celui-ci peut être à volonté rapproché ou éloigné du batteur au moyen d’écrous adhérant par deux étriers à l’axe qui le rattache au bâti. Ce dernier est prolongé par un bras démontable portant un rouleau qui, à l’aide de trois autres cylindres, fait mouvoir une toile sans fin sur laquelle on place les tiges.
- Sur cette toile, — là est le point remarquable de cette machine qui du coup se classe parmi celles à grande production, — on peut étaler un nombre considérable de baguettes, 80 ou 100. Celles-ci sont entraînées par l’un des rouleaux, amenées après broyage à la seconde paire et soumises en cet état à l’action du batteur : les débris tombent en tas sous la machine et les lanières sont retirées à la main par l’ouvrier. Il n’y a pas besoin d’effeuiller.
- On a reproché à cette machine, qui pèse 1,600 kilogrammes, et a une longueur de 2m,A0, d’être peu maniable et très encombrante, comme aussi de fournir un travail trop imparfait et de laisser environ
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Août.
- ii. — 3e Fascicule.
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- : « LES INDUSTRIES TEXTILES
- 20 pour 100 de bois dans les lanières provenant de l’écorçage des tiges. Nous devons dire cependant qu’au moment du concours, ces inconvénients avaient presque entièrement disparu dans une seconde machine, du poids de A00 kilogrammes, dans laquelle on avait supprimé la toile sans fin, réduit les dimensions à lm,20 de longueur et perfectionné le contre-batteur de façon à améliorer l’appropriation de l’écorce. De toutes les décortiqueuses exposées, celle-ci est dans tous les cas celle dont la production est la plus forte.
- U° Décortiqueuse Barbier.
- Cette machine, qui ne semble être qu’une modification de la décortiqueuse de Landtsheer, en diffère en ce que les cylindres sont cannelés sur toute leur circonférence au lieu de l’être au quart seulement, et en ce que le levier, mû à la main, y agit par l’intermédiaire d’un double cône à friction, embrayant soit avec l’engrenage de marche en avant, soit avec celui de marche en arrière. Le poids de l’ensemble est de 625 kilogrammes. Les tiges doivent être effeuillées.
- Envoyée par le gouvernement français à la Réunion et à la Guadeloupe en 1888, cette décortiqueuse a été appréciée dans un rapport officiel de M. Colar-deaux, directeur du jardin botanique de Basse-Terre. On l’a trouvée inutilement large, car on n’y peut opérer que sur dix tiges à la fois, et encore celles-ci ont-elles une tendance à se rassembler vers le centre. En outre, ces tiges, pour être décortiquées, doivent avoir au moins 1 mètre de longueur ; sans cela, leur centre n’est pas battu. Enfin elle nécessite pour sa manœuvre un personnel trop nombreux : un homme pour présenter les tiges, un autre pour le levier, un troisième pour retirer les lanières, etc., sans compter ceux nécessaires à la coupe et à l’effeuillage.
- 5° Décortiqueuse Leclerc et Damuseaux.
- Les tiges sont ici présentées une à une, après avoir été effeuillées à la main, sur une toile sans fin qui les amène sous une série de rouleaux. Là, elles sont broyées; leur bois tombe sous la machine; et les lanières provenant de leur écorçage continuent leur marche en avant. Avant de sortir de l’appareil par un mouvement direct et à l’extrémité, ces lanières sont nettoyées par des cylindres munis de brosses dont les cuirs sont séparés par des lattes en bois placées à h centimètres les unes des autres.
- On a reproché à cette machine, assez simple et légère, de s’engorger facilement. En outre, les brosses nettoyeuses ont besoin elles-mêmes d’être appropriées au bout de peu de temps de marche. De plus, il arrive souvent qu’on est obligé de perdre un certain nombre de lanières qui passent dans les déchets. Enfin, la production est peu importante, en raison de l’impossibilité de décortiquer un très grand nombre de tiges à la fois.
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- Nous admettons parfaitement l’importance qu’il peut y avoir à ce qu’une machine à décortiquer la ramie, simple, d’une manœuvre facile, donnant un bon travail, soit inventée.
- Mais il faut bien que les chercheurs se rendent compte que cette importance n’est que relative en ce qui concerne la France, en ce sens que nous n’attendons pas précisément pour alimenter nos filatures la découverte d’un textile quelconque, et qu’il n’est malheureusement que trop démontré que le coût de la ramie comme fibre utilisable est toujours supérieur à celui du lin ou du chanvre auxquels elle prétend faire concurrence.
- Tout est là.
- Dans le siècle où nous sommes, il faut avant tout viser à la qualité et au bon marché, et lorsqu’on n’a que la qualité à offrir sans y joindre le bas prix, on est fort exposé à ne pas être compris du consommateur qui paie.
- Pour la ramie, il faut ajouter : 1° au coût du décor-ticage, 2° celui du dégommage et, puisqu’elle ne croît guère en France, 3° le transport de pays producteurs souvent fort éloignés. Il faut donc, pour arriver à obtenir ce textile rendu en France à un prix satisfaisant, réduire à leur plus simple expression trois facteurs importants. Il semble que dans ces conditions le problème ne soit pas facile, et nous nous expliquons très bien l’insuccès de ceux qui parfois, malgré des capitaux considérables, ont essayé de faire du décorticage et de l’emploi de la ramie une industrie essentiellement française.
- Tout autre est le décorticage de la ramie dans les pays producteurs, et c’est ainsi du reste que les Anglais, gens pratiques, l’avaient compris en instituant leurs concours internationaux aux Indes. Mais ici la question est toute autre. La ramie croît bien aux Indes, mais accompagnée d’autres textiles autrement employés, le coton et le jute, qui ne deman-
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- dent pas autant de travail pour être directement utilisés et auxquels sont depuis longtemps habitués les habitants du pays. Le coton et le jute sont, il est vrai, fort peu résistants à l’usage ; c’est possible, mais ils coûtent si peu, et on peut si souvent les renouveler sans gros déboires que vraiment les indigènes n’ont guère à songer d’abandonner des cultures traditionnelles et rémunératrices pour des cultures nouvelles du genre de celles dont nous parlons.
- A l’heure actuelle, dans un très grand nombre de contrées, même considérées comme productives, la ramie est relativement rare, toujours parce que son utilisation exige un grand travail ; de sorte que ceux qui, dans le pays, croient avoir trouvé des décorti-queuses d’un travail satisfaisant se heurtent à ce cercle vicieux : ils ont une machine qui ne demande qu’à travailler, mais ils n’ont de travail à lui donner faute de matière à récolter.
- Il semble que ceux qui se sont donné pour mission de propager la ramie dans nos propres colonies aient compris ce desideratum. Toute la question est ici de savoir si la plante qui, cultivée en petit, donne une récolte satisfaisante, est susceptible de donner les mêmes résultats en grande culture. L’eau, notamment, peut faire défaut.
- Nous avons cru nécessaire d’indiquer en quelques lignes la position de la question au moment de l’exposition, et de refroidir l’enthousiasme de ceux qui, à l’heure actuelle, parlant de la ramie, trouvent que le lin et le chanvre sont menacés de disparaître à bref délai de nos contrées. Les cultivateurs de lin ou de chanvre peuvent dormir tranquilles : le temps semble encore éloigné où la ramie supplantera leurs cultures favorites.
- II. — Machines a teiller le lin.
- Il y a déjà longtemps que la question du broyage et du teillage mécanique du lin a été mise à l’étude. C’est à Milan, en I78û, qu’en est venue la première pensée : il est alors question, dans le troisième volume des Opuscules choisis imprimés en cette ville, de remplacer le travail du lin à la main par celui de trois cylindres cannelés mis en mouvement à bras d’hommes. Cette machine ne fut pas adoptée, et ce ne fut que quelques années plus tard, en 1816, qu’un sieur James Lee, manufacturier à Oldbow, près Londres, fit revivre cette question, et prit en Angleterre le premier brevet pour deux machines à lin
- destinées à remplacer la broie à mâchoires alors seule employée. La première de ces machines, dont le nom peut être traduit en français par celui de briseuse, était composée de cinq cylindres cannelés auxquels on communiquait un mouvement d’oscillation comr-biné avec la rotation de leurs axes ; la seconde, la finisseuse, comprenait trois cylindres à mouvement très lent, précédés de planchettes à bords rabattus et arrondis qui se rapprochaient entre elles pour débarrasser le lin de sa chènevotte. Ilill et William de Baudy apportèrent plus tard quelques modifications à ces machines.
- En France, la question du teillage mécanique ne préoccupa sérieusement les esprits que lorsque Christian, Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, inventa lui-même une machine à teiller, en 1816. Des expériences officielles furent faites au Conservatoire durant le cours des années 1817 et 1818, et on obtint comme résultat un maximum de travail inconnu jusqu’à cette époque. La question du teillage fut abandonnée pour quelque temps et ne fut remise à l’étude qu’en 1838, sur la proposition d’un prix de la Société d’encouragement. Quelques machines furent à cette époque essayées par la Société; aucune d’elles ne remplit le programme indiqué, mais celle d’un sieur André Delcourt fut prise en considération, en vue de sa supériorité sur les teilleuses concurrentes. La Société d’encouragement lui décerna une médaille d’or de deuxième classe. Depuis cette époque on ne s’est guère occupé d’une manière officielle du travail du lin à la mécanique, et ce n’est que petit à petit que les machines ont fini par prendre leur place à côté du teillage à la main.
- Le travail du lin brut comprend, on le sait, le broyage d’abord, le teillage ensuite. Nous avons déjà dit, en parlant des filasses de lin exposées au quai d’Orsay, que le principe du broyage à la main consistait à détacher la paille du lin en frappant perpendiculairement sur la tige ; les broyeuses mécaniques, au contraire, écrasent généralement le lin en le broyant au moyen de rouleaux.
- L’une des plus employées, la broyeuse picarde par exemple, se compose de deux rouleaux cylindriques assez fortement cannelés, au travers desquels on fait passer les tiges de lin. Celles-ci sont étendues sur une tablette en bois qui précède les rouleaux, et dès que leur extrémité se trouve engagée dans les cannelures, un ouvrier tourne une manivelle adaptée
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- au rouleau inférieur et imprime au lin un mouvement de va-et-vient. Il donne trois ou quatre tours de cylindre en avant et en arrière, puis finalement un dernier coup pour faire passer les tiges alors complètement broyées sur une tablette de bois correspondant à celle de devant. Il vient alors relever la poignée pour la teiller ensuite. A chaque extrémité des rouleaux, une vis de pression permet de modifier plus ou moins la force du broyage. Sauf quelques modifications, ce modèle est peu variable en France.
- En Allemagne, dans presque toutes les provinces qui cultivent le lin et particulièrement en Westpha-lie, on emploie un instrument spécial dit brisoir, composé d’un rouleau cannelé auquel un ouvrier imprime un mouvement de va-et-vient sur une table également çannelée. Un second ouvrier, qui tient le lin, le retourne de temps en temps et le secoue plusieurs fois, afin que les chènevottes se détachent des tiges. Cet instrument n’est en somme qu’une variété de la broyeuse picarde.
- Nous ne saurions entrer dans la description de toutes les machines en usage pour le broyage du lin : toutes reposent sur le principe de l’écrasement par rouleaux, et diffèrent entre elles par le nombre de rouleaux, leurs mouvements, la disposition de leurs cannelures, etc.
- Une fois le lin broyé mécaniquement, on peut le teiller aussi au moyen de machines. L’un des instruments les plus employés dans le Nord pour le teillage automatique est celui qui est désigné, comme nous l’avons indiqué à propos du teillage à la main, sous le nom de moulin flamand. Le type le plus ancien se compose de plusieurs lattes en bois, mobiles autour de l’axe d’une manivelle qu’on peut faire tourner à volonté. Le lin broyé, placé dans l’échancrure d’une planche à teiller fixe, reçoit les coups des battes au fur et à mesure de leur rotation.
- Dès le principe, ce moulin a été peu employé, parce que sa manœuvre exigeait trois personnes : l’une pour donner le mouvement, la seconde (et c’était ordinairement celle qui avait le plus de connaissances dans la partie) pour soumettre le lin à l’action des baltes, enfin une troisième pour préparer les poignées, les remettre à l’ouvrier teilleur et les recevoir après le travail ; une quatrième personne était quelquefois nécessaire pour remettre le lin en bottes et lui donner une dernière façon.
- Aujourd’hui, il n’est plus ainsi, et le moulin est
- beaucoup plus en vogue depuis qu’on a trouvé le moyen de le faire manœuvrer par une seule personne : il a suffit d’adapter à la manivelle une bielle et à cette bielle une tige fixe munie d’une pédale, L’ouvrier teilleur peut alors, en appuyant sur la pédale, faire tourner à lui seul le moulin. Souvent encore la machine est un peu plus compliquée et fonctionne avec deux pédales : celles-ci sont fixées sur des tiges horizontales et pivotent sur deux points, et les tiges font fonctionner un engrenage qui transmet le mouvement à la grande roue teilleuse. Les pédales sont dans ce cas agencées de façon que l’une soit élevée lorsque l’autre est abaissée, l’ouvrier pose ses deux pieds sur chacune d’elles et fait marcher la machine en appuyant successivement sur l’une et sur l’autre. Une vis de rappel permet d’éloigner plus ou moins des volants la planche à écanguer suivant les besoins du teillage. Les différents moulins à teiller ne diffèrent suivant les pays que par le nombre des lattes, la matière dont celles-ci sont faites (fer ou bois), ou la forme plus ou moins heureuse de ces lattes.
- En dehors des machines fondées sur ce principe, on peut rencontrer un grand nombre de machines à teiller plus ou moins ingénieuses, mais dont aucune n’est à beaucoup près aussi employée que le moulin flamand.
- Certains constructeurs ne se sont pas contentés de faire des machines à broyer et des machines à teiller, c’est-à-dire deux machines qui sont le complément l’une de l’autre, ils ont voulu quelquefois réunir sur un seul appareil les deux opérations du broyage et du teillage. Leurs machines sontdoncdes broyeuses-leilleuses. La plupart des types les plus connus se composent d’une tablette en bois sur laquelle on dépose la matière à travailler, de deux cylindres cannelés en fonte, dits broyeurs, tournant en deux sens au moyen d’un embrayage à griffes, faisant suite à la tablette, et de deux cylindres à lames de fer, dits teilleurs, qui raclent les fibres encore retenues entre les rouleaux et les dépouillent petit à petit de leur chènevotte. Lorsque la machine est en marche, l’ouvrier présente le lin par la pointe : les tiges, attirées par les cylindres teilleurs, entrent jusqu’à la moitié entre les rouleaux; à ce moment, on change le mouvement des cannelés broyeurs à l’aide d’un débrayage et la poignée revient en avant teillée sur une partie de son étendue; on recommence l’opération par le pied, et la filasse est teillée de la même façon sur l’autre partie. Le broyage et le teillage se font donc, comme on le voit, simultanément.
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- La question du teillage mécanique du lin nous amènerait, si nous voulions nous y arrêter, à examiner un certain nombre de points qui la concernent. Nous voulons succinctement en indiquer quelques-uns.
- Tout d’abord, le fonctionnement. Le teillage mécanique doit-il constituer une industrie spéciale, dont les produits soient vendus au profit de celui qui fait marcher le matériel, ou doit-il être tout simplement une industrie façonniste? Les deux systèmes ont leurs inconvénients. Dans le premier cas, l’installation exige des capitaux parfois considérables; dans le second cas, il met le teilleur à la merci des cultivateurs qui peuvent ne lui livrer le lin en paille qu’à un prix de façon peu rémunérateur. Le mieux est peut-être encore de cumuler les deux systèmes : dans certains moments, teiller pour son propre compte; dans d’autres, essayer d’attirer le cultivateur en lui promettant un rendement égal et même supérieur à celui qu’il obtient à la main, en lui garantissant le poids des lots vendus au moins équivalent à celui que donneraient les ouvriers teilleurs, et un prix de façon plus bas que l’écoucherie à la main.
- Il y a encore la question d’installation et d’hygiène. Les inconvénients extrêmes des teillages mécaniques sont dus surtout à la poussière épaisse produite par les machines, au danger continuel des incendies, et à celui qui peut résulter de la position forcée des ouvriers teilleurs auprès des appareils en marche. Les rapports généraux des conseils d’hygiène et de salubrité sont brefs à ce sujet. Us recommandent tout d’abord pour les broyeuses, autant qu’il est possible, l’alimentation continue au moyen d’une toile sans fin, assez longue pour que l’ouvrier ne puisse, en se penchant, atteindre avec ses doigts les premiers cylindres d’entrée. Ceci est, à notre avis, peu pratique, car il est souvent nécessaire que l’ouvrier maintienne son lin au moment où les tiges sont engagées entre les rouleaux. Ils conseillent aussi, pour les appareils de broyage et de teillage simultanés, de séparer complètement la partie où se trouve le teilleur et celui où se fait la poussière. C’est ce qui se pratique généralement dans les établissements bien installés : un rideau de toile d’emballage cache à l’ouvrier le travail des appareils teilleurs, et cela suffit pour le préserver d’une grande partie de la poussière des pailles. Aucun foyer ne doit non plus exister dans l’atelier de teillage, à cause de la pré-
- sence continuelle dans l’air des particules inflammables du lin; l’éclairage, s’il y a lieu, doit se faire au moyen de lampes placées derrière des châssis dormants. On doit enfin aérer complètement, soit à l’aide de vastes cheminées d’appel s’élevant au-dessus des toits voisins et alimentées par des ouvreaux établis à la partie inférieure, soit par tout autre appareil aérateur ou à l’aide de l’installation même : on arrive ainsi à ne gêner ni les voisins, ni la voie publique, tout en débarrassant les ouvriers de la poussière.
- Machines à teiller système Iîaynal exposées par la compagnie de Fives-Lillé.
- La compagnie de Fives-Lille a exposé deux machines à teiller fondées sur le principe du peignage mécanique du long brin. Comme les peigneuses, ces machines comportent des mâchoires ou presses plates en fonte pouvant se séparer ou être réunies par un boulon, que l’on place dans une coulisse horizontale ou chariot se mouvant verticalement dans des glissières formées par les bâtis. Comme dans les peigneuses aussi, un mécanisme à came fait glisser de façon intermittente et au moment convenable les presses de lin dans la coulisse horizontale, et celle-ci reçoit son mouvement de descente et d’ascension par un autre mécanisme. Seulement au lieu de lin teillé à peigner, il s’agit ici de lin en paille à teiller.
- Les tabliers sans fin munis d’aiguilles des peigneuses ordinaires sont remplacés dans cette machine par deux tambours armés de lames minces, de palettes et d’arceaux en cuivre qui s’entre-croisent, et entre lesquels descend et remonte le lin à teiller. Ces tambours tournent en sens contraire et leur vitesse de rotation, qui doit varier dans une large mesure suivant la nature du lin à travailler, peut être aisément réglée au moyen de pignons intermédiaires, de différents diamètres que l’on monte sur une coulisse comme dans un tour à fileter. Dans leur mouvement ils brisent la paille de lin en petites parcelles, qui sont projetées hors des filaments et tombent sous la machine.
- Les deux machines exposées sont disposées de telle façon que l’une travaille les pointes des tiges et l’autre les têtes. Chaque presse subit quatre opérations successives sur chacune des machines.
- Lorsque les machines fonctionnent, un ouvrier introduit dans le chariot à sa portée la pince garnie de tiges de lin dépassant de la moitié de leur longueur totale; puis le chariot remonte et, en descen-
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- dant, vient présenter ces tiges entre les tambours. L’attaque se fait d’une manière progressive, les dents et les arceaux devenant de plus en plus fins au fur et à mesure qu’on avance vers la sortie. Chaque fois que le chariot est arrivé au haut de sa course, un encliquetage fait avancer la pince de sa longueur et la matière est de nouveau présentée aux tambours. Au bout de la machine, un plan incliné amène les
- pinces sur une table, où Ton change les tiges de de place pour les amener sur la seconde machine.
- La hauteur de levée de la coulisse portant les presses est variable à volonté suivant la longueur des lins à traiter. Le nombre d’ascensions de cette coulisse peut varier de quatre à six par minute, suivant les difficultés du teillage et en raison de la rapidité que l’on désire obtenir dans le travail.
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- Fig. 5. — Machine a teiller système Raynal.
- La quantité de lin en paille mis dans chaque presse est de 0kg,500 environ. Dans ces conditions, la quantité que Ton peut en traiter sur un groupe de deux machines varie de 1,200 à 1,800 kilogrammes en dix heures de travail.
- Deux machines, travaillant comme il est dit ci-dessus, peuvent être desservies par cinq ouvriers, dont deux mettent le lin en presses à l’entrée de la première machine, deux à l’entrée de la deuxième machine retournent le lin dans les presses, et un à la sortie de la deuxième machine reçoit le lin terminé de teillage. Dans ce nombre ne sont pas com-
- pris les aides nécessaires pour amener le lin en paille et enlever les lins travaillés.
- Peut-être pourrait-on installer, entre la première et la deuxième machine, et à la suite de celle-ci, des machines à peigner proprement dites, de façon à pouvoir obtenir avec une seule mise en presse des lins complètement terminés de teillage et de peignage. Mais beaucoup de filateurs estiment que cette économie ne leur rachèterait pas l’avantage qu’ils trouvent à classer le lin en différentes qualités correspondant à la destination qu’ils lui donnent, après teillage d’abord, et après peignage ensuite.
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- Depuis quelques années, le teillage mécanique semble se substituer dans un grand nombre de régions de la France au teillage à la main. Certains villages du Nord notamment, où chaque chef de famille était autrefois teilleur de lin, se sont aujourd’hui transformés en une série de petites exploitations mécaniques : la commune de Bousbecques, entre autres, —pour ne citer que la plus importante de celles où se travaille le lin, — qui comptait autrefois 500 teilleurs à l’écang, en compte à peine une douzaine aujourd’hui. C’est surtout le moulin flamand mû mécaniquement par pédale ou à la vapeur qui a remplacé le poisset.
- La raison de cette substitution tient à ce que le teillage à la main exige des ouvriers spéciaux qui ne sont libres qu’à certaines époques de l’année, et que les machines à teiller peuvent être utilisées quand on le veut. Elle tient aussi à la surveillance plus facile par le patron des ouvriers conduisant des machines, et à l’impossibilité où se trouvent ceux-ci de retirer de dessous la botte de lin, comme ils le font dans le travail à la main, les déchets ou botte-lures qui y sont encore attachés, pour les placer dans l’intérieur de la poignée : les coups répétés des lattes des moulins à teiller ont bien vite fait tomber ces bottelures et les ouvriers ne les reprennent plus.
- Le travail manuel cependant n’a pas disparu, nous dirons même qu’il ne peut s’éteindre. Pour certains lins, il est indispensable ; pour d’autres, il est avantageux ; les lins de grand prix, en effet, ont les fibres trop délicates pour pouvoir supporter quelque action mécanique, et les lins de qualité moyenne, teillés à la mécanique, ont toujours une apparence plus marchande lorsque les extrémités en ont été finies au moyen des outils flamands. L’un donne un travail plus rapide que l’autre, mais moins régulier, et tous les fabricants de lin sont unanimes à affirmer que les matières teillées à la mécanique sont plus souvent dépréciées. Ajoutons à cela qu’en raison de la grande différence qui existe entre le travail de l’écang à la main et celui du moulin, les anciens ouvriers ne savent pas abandonner l’un pour l’autre. Bon nombre d’entre eux, après plusieurs essais sur les teilleuses mécaniques, en sont toujours revenus au poisset. Les enfants suivent alors la tradition paternelle.
- Le travail manuel et le travail des machines, en ce qui concerne le lin en paille, sont donc deux industries qui, pour ces diverses raisons, sont appelées à marcher de pair, mais arriveront difficilement à se supplanter d’une façon radicale.
- Il est facile, d’ailleurs, de saisir la cause de l’infériorité relative des machines à teiller proprement dites au point de vue de la qualité du travail. D’une part, celui qui teille les lins lui-même, et qui généralement connaît à fond ses produits, met pour ainsi dire son travail en rapport avec la qualité de la matière, l’accélère dès le commencement, le ralentit peu à peu, toujours en ménageant les fibres autant qu’il lui est possible. D’autre part, quelque combinaison que l’on emploie dans la construction d’une machine, il sera impossible de la rendre en quelque sorte intelligente, de proportionner le teillage, la force des coups, à la finesse, à la délicatesse des fibres.
- Les broyeuses proprement dites ne sont pas dans le même cas ; aussi sont-elles plus employées que les teilleuses dans les petites exploitations. Lorsqu’il suffit de donner simplement aux tiges une première préparation, de les assouplir sans les briser, on peut faire ce travail avec une machine tout aussi bien qu’avec la main.
- Si nous voulons, d’un autre côté, comparer le salaire de l’ouvrier qui teille à l’écang au bénéfice que peut retirer le teilleur à la mécanique, nous en déduirons facilement l’une des causes principales de la substitution, dans certaines contrées,, d’un mode d’opération à l’autre. A l’écang, un ouvrier, à Bousbecques par exemple, travaille par jour trois bottes de lkg,425, soit 4kg,275. Payé 0 fr. 65 par botte, il gagne au bout de la journée 1 fr. 95 ; le déchet qui lui reste vaut encore 0 fr. 50 ; son salaire par jour ne dépasse donc pas 2 fr. 45. Un ouvrier travaillant au moulin flamand façonnera au moins 6 bottes, soit au même prix, 3 fr. 90 ; plus 1 franc de déchet, en tout : Il fr. 90 de salaire. Mais si nous le supposons, ce qui arrive encore, louant un métier dans une usine, ce qu’on appelle un compartiment de teillage, sous condition de laisser le déchet à l’usine, il façonnera au moins 10 bottes à 0 fr. 65, soit 6 fr. 50, d’où il faudra déduire 1 franc pour le loyer de la stalle et 0 fr. 05 par botte pour le prix du broyage, soit 1 fr. 50 : il lui reste encore 5 francs. On comprend dès lors combien l’appât du gain, dans certaines contrées, a pu ainsi faire changer de face l’industrie agricole du teillage.
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- III. — Machines préparatoires
- POUR LA LAINE BRUTE.
- Nous relevons dans la galerie des Machines une laveuse pour laine en suint construite par la Société alsacienne des constructions mécaniques, de Mulhouse, Graffenstaden et Belfort, et une machine à sécher, carboniser et déjarrer la laine, présentée par la maison Célestin Martin, de Verviers (Belgique). Ces machines nous paraissent logiquement se rattacher à ce premier chapitre.
- 1° Laveuse à laine exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Le lavage de la laine en suint est aujourd’hui une opération tellement connue qu’il ne nous semble pas utile d’y insister. Le textile est amené dans une série successive de bacs remplis d’eau savonneuse d’abord, d’eau claire ensuite, et y est doucement secoué au moyen de fourches mues mécaniquement. En passant d’un bac à l’autre, il passe sous de puissants rouleaux de pression qui expriment le liquide dont il est chargé.
- La machine exposée est du type Mac Naught. Sa construction est remarquablement solide. Les pressions sont à ressort, avec articulation dans le haut. Le rouleau presseur inférieur est venu de fonte avec son axe, ce qui supprime le clavetage. La pression peut être estimée de 1,200 à 1,500 kilogrammes.
- A remarquer, la toile sans fin d’alimentation composée d’une série de barrettes en fonte brute s’enchaînant les unes dans les autres sans rivure. A noter aussi, un appareil de relevage de la pression pendant les arrêts de la machine, afin de ne pas aplatir la garniture de coton du rouleau supérieur.
- En somme, exécution bonne et soignée et machine paraissant offrir toutes les garanties de solidité et de fonctionnement désirables.
- 2° Machine verticale à sécher, carboniser et déjarrer la laine,
- exposée par la maison Célestin Martin, de Verviers.
- Ce système consiste à faire tomber la laine, dans une colonne creuse en tôle, en sens inverse d’un courant d’air chaud, par un mouvement lent obtenu au moyen de tambours à claire-voie munis d’une étamine métallique. Comme les tambours tournent en sens contraire les uns des autres, le textile présente, chaque fois qu’il rencontre l’un d’eux, une surface
- différente au courant d’air chaud, ce qui, en favorisant le séchage, le fait gonfler sans nuire aucunement à sa blancheur.
- Cette manière de procéder comporte évidemment certains avantages :
- 1° Économie de main-d’œuvre d’abord, puisqu’une seule personne est nécessaire pour le complet fonctionnement de la machine.
- 2° Rapidité de séchage et de carbonisage ensuite, comparativement à tout autre système : douze ou quinze minutes suffisent pour sécher et cinquante à soixante minutes pour carboniser, la rapidité plus ou moins grande de ces deux opérations pouvant du reste être réglée avec beaucoup de facilité suivant les besoins et la qualité des matières à traiter.
- Ajoutons à cela :
- 3° Conservation des qualités naturelles de la laine : la matière à sécher ou à carboniser étant constamment maintenue en mouvement et descendant toujours en sens inverse de la ventilation, il est incontestable qu’elle doit s’ouvrir, se gonfler, et que, tout en se maintenant dans d’excellentes conditions, elle laisse échapper une grande partie de jarres, pailles, et autres parties nuisibles quelle renferme et se trouve ainsi bien préparée à être travaillée.
- 4° Économie de charbon : la chaleur et la ventilation agissant toujours simultanément sont mieux utilisées, et il en résulte nécessairement une notable économie de combustible.
- 5° Suppression des paniers : ce système, portant mécaniquement la laine au séchoir, les paniers sont complètement supprimés; de là, une économie importante, et, de plus, la matière conserve toute sa fraîcheur puisqu’elle n’est plus entassée dans des paniers ou autres récipients.
- 6° Enfin, conservation de la blancheur des matières : contrairement aux systèmes employés jusqu’à ce jour, la laine se trouve dans cette machine constamment en mouvement, d’où il suit que la carbonisation est beaucoup plus rapide et exige une chaleur moins intense; le textile n’est donc ni altéré, ni jauni, et conserve toutes ses qualités.
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- CHAPITRE II
- Matériel de la filature proprement dite et de la retorderie.
- Trois textiles sont représentés à l’Exposition par un matériel approprié à leur travail : le coton, la laine et la soie. Les machines destinées au travail du lin, du chanvre, du jute et de la ramie n’y figurent pas.
- Pour examiner avec fruit les divers appareils que nous avons sous les yeux, nous les classerons dans l’ordre suivant :
- I. — Matériel du peignage, soit pour coton, soit
- pour laine;
- II. — Matériel de la filature de coton, prépara-
- tions comprises ;
- III. — Matériel de la filature de laine peignée;
- IV. — Matériel de la filature de laine cardée;
- V. — Matériel du filage de la soie ;
- VI. — Retorderie et divers.
- I. — Matériel du peignage.
- Nous relevons dans la galerie des Machines quatre peigneuses exposées. Deux sont spéciales au travail du coton :
- 1° La peigneuse de M. Ilubner, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques, de Mulhouse, Graffenstaden et Relfort;
- 2° La peigneuse de M. Imbs, exposée par la maison F.-J. Grün, de Lure (Haute-Saône) et Guebwiller (Alsace).
- Deux autres sont spéciales au travail de la laine ; ce sont :
- 3° La peigneuse de MM. Offermann et Gaspard Ziegler, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques ;
- 4° La peigneuse de MM. F.-J. Grün et Offermann, exposée par la maison Grün.
- En somme, deux exposants pour cette spécialité : M. F.-J. Grün et la Société alsacienne.
- Nous nous contenterons de rappeler les principaux traits des deux peigneuses pour coton, qui sont aujourdhui des machines classiques bien connues, et qui ont du reste figuré aux précédentes Expositions.
- Mais nous croyons devoir insister davantage sur les peigneuses à laine plus nouvelles et méritant conséquemment une description plus étendue.
- 1° Peigneuse Hubner, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Le type Heilmann ne pouvant être avantageusement appliqué à tous les cotons dont les fibres courtes ne pourraient être engrenées dans le peigne, M. Hubner a depuis longtemps résolu le problème en établissant pour ce travail une pince constituée par deux anneaux dont l’un a son bord supérieur parfaitement poli, tandis que la face inférieure du second, pressée sur le premier, est garnie de cuir de manière à présenter une certaine élasticité. L’anneau inférieur est invariablement fixé aux bâtis de la machine, et celui du dessus est animé d’un mouvement de rotation qui lui est communiqué par un arbre vertical sur lequel il est calé. Le coton pris dans cette pince glisse d’une manière absolument régulière sur la face polie, entraîné par celle qui est garnie de cuir comme si tout le système tournait : il peut donc être conduit successivement à un appareil alimentaire, puis à un peigneur et enfin à des arracheurs disposés autour de lui. L’alimentation se fait au moyen de rubans cardés fournis par des bobines que l’on dispose sur un râtelier circulaire établi à la partie supérieure de l’arbre vertical et participant à son mouvement de rotation; l’ouverture de la pince résulte d’échancrures de l’anneau inférieur, en face d’un galet alimentaire qui tire le coton de la quantité voulue, de même que devant les cylindres arracheurs. Le peignage est produit par un hérisson cylindrique, et le nacteur se compose d’un peigne annulaire, monté à coquille sur l’arbre vertical, et tournant dans un plan oblique par rapport au plan horizontal de la pince, de sorte qu’il se relève lorsque son action ne doit pas se produire et ne vient planter ses aiguilles dans la nappe de coton qu’en face des arracheurs.
- La peigneuse circulaire et continue du système Hubner a, depuis longtemps, acquis l’un des premiers rangs sur le continent parmi les peigneuses à coton. Toutes les opérations du peignage : alimentation, peignage de la tète et peignage de la queue des filaments s’y font d’une manière continue, sans fractionnement des mèches, et le ruban qui sort de la machine est régulier et exempt de coupures. Il reçoit une légère torsion et est disposé dans un pot tournant à compression, d’où il se développe avec
- Supplément a l’Industrie
- textile du 15 Août.
- h. — 4° Fascicule.
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- la plus grande facilité à l’étirage spécial après peignage.
- La production de cette machine est d’environ 35 kilogrammes de cœur peigné en douze heures de travail. Pour produire la même quantité sur une peigneuse à fractionnement, système Josué Heil-mann, huit têtes sont nécessaires : tous les organes principaux : peignes fixes, pinces, brosses, cylindres arracheurs, manchons, etc., sont donc répétés huit fois et exigent, outre un réglage plus difficile et plus long, des soins plus grands et un entretien plus dispendieux. La peigneuse Hubner peut traiter les cotons les plus longs (Sea-Islands et autres du même genre), aussi bien que des cotons d’Amérique courtes-soies de classements très ordinaires et cela avec un minimum de déchets.
- Le modèle présenté par la Société alsacienne se recommande par sa construction bien entendue, le soin apporté à l’exécution de ses organes. Divers perfectionnements en rendent le fonctionnement plus parfait, notamment la disposition du peigne-nacteur circulaire, l’entonnoir de sortie à mouvement rotatif, etc.
- 2° Peigneuse lmbs, exposée par la maison Grün.
- Cette peigneuse; inventée pour cotons courts, se compose en principe de deux pinces rectilignes auxquelles le coton à peigner est amené sous forme d’une nappe mince. La première pince saisit l’extrémité de cette nappe, qui vient d’être peignée par la précédente, et la fait avancer de la quantité voulue, plus grande que la longueur des fibres, à travers la deuxième pince qui est ouverte. Celle-ci se referme alors, et un peigne s’élève, venant planter des rangées d’aiguilles, dont il est garni à chacun de ses bords, dans le coton, entre les deux pinces, et tout près de chacune d’elles. Les deux pinces s’écartent ensuite, entraînant chacune le coton qu’elle tient, et le peignent en l’arrachant hors des aiguilles. La première pince s’ouvre et abandonne le coton peigné dont elle est garnie à une brosse, qui le dépose sur un tambour jouant le même rôle que le peigneur d’une carde, et où la nappe se reconstitue ; puis, le peigne s’abaissant, cette pince va rechercher la partie peignée qui dépasse la deuxième pince, et le même jeu se reproduit.
- Cette machine, dans le modèle exposé, est applicable aux cotons Jumel, Louisiane et des Indes, ainsi qu’aux déchets et aux blousses de peigneuses Heil-
- mann. Elle ne comprend qu’une seule tête, d’une grande simplicité et de peu d’entretien. Elle n’occupe que 2m,à0 carrés et n’emploie que peu de force. Une soigneuse suffit aisément à six ou huit machines. Son prix d’achat est le plus faible de toutes les peigneuses existantes pour cotons.
- Elle peigne la tête et la queue de la mèche de la même manière l’une que l’autre, par l’action graduée d’un peigne rotatif qui ne laisse rien échapper. Elle fournit un ruban irréprochable. Sa production en matière peignée est de lkg,75 à 2ks,60 par heure, suivant la qualité du produit brut.
- 3° Peigneuse Offermann-Ziègler, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Cette peigneuse, du genre des peigneuses dites à fonctionnement, se distingue de celles actuellement existantes par les points suivants :
- 1° Les cylindres, au lieu de s’avancer vers le peigne nacteur et la pince ouverte pour opérer l’arrachage de la mèche, ont une position invariablement fixe, et ce sont la pince, le nacteur et l’alimentation qui se rapprochent des cylindres et s’en éloignent pour opérer l’arrachage ;
- 2° D’un autre côté, le tambour peigneur, tel qu’il est décrit plus loin, diffère sensiblement des tambours établis jusqu’à ce jour.
- Les deux nouvelles dispositions ont l’avantage d’augmenter la production de la machine dans une notable proportion; — parce que les cylindres sont commandés directement par l’arbre moteur et ont des cannelures engrenant les unes dans les autres, au moyen de manchons, et ayant une puissance d’arrachage plus forte ; — parce que le tambour peigneur, tel qu'il est établi et va être décrit, permet d’opérer sur des nappes beaucoup plus épaisses.
- Outre les avantages ci-dessus, les mouvements sont faits par bielles combinées au lieu d’excentriques, ce qui permet de donner beaucoup plus de vitesse, tout en conservant à la machine une marche très douce.
- Dans les dessins que nous donnons de cette peigneuse, la figure 6 est une coupe verticale de la machine ;
- La figure 7, une vue en plan ;
- Les figures 8 et 9 représentent certains détails de la commande.
- A (fig. 6) représente le tambour peigneur qui, selon la manière habituelle, est débarrassé de sabloussepar
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- la brosse b, le tambour garni d’aiguilles cet le peigne détacheur d.
- En B figure l’appareil arracheur dont le cylindre marche dans des coussinets fixés invariablement dans
- le bâti. Cet appareil reçoit un mouvement rotatif intermittent. Il est muni du fouet e, — système Dujardin, — qui sert à achever l’arrachage commencé par le cylindre à centre fixe de l’appareil arracheur.
- q) im
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- Fig. 6. — Peigneuse Offermann e't Ziégler. [Coupe verticale.]
- C représente la pince supportant, comme d’habitude, l’alimentation f et le peigne g. Cette pince reçoit un mouvement combiné de façon à présenter alternativement la tête de mèche au tambour pei-
- ont tous les deux des positions invariables. Ce mouvement est disposé de telle manière que la pince séjourne suffisamment longtemps près du tambour peigneur comme près de l’appareil arracheur, pour
- gneur et à l’appareil arracheur, qui, de leur côté, ] effectuer les deux opérations de peignage et d’ar-
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- rachage de la manière la plus correcte. Le jeu de la machine se décompose donc en quatre périodes distinctes :
- lre période (fig. 11). — La pince fermée se trouve au-dessus du tambour peigneur. A ce moment a lieu le peignage de la tête de mèche. Le fouet e se trouve dans sa position inférieure extrême et presse sur la queue de la mèche arrachée précédemment, de manière à coucher toutes les fibres sur le cylindre arracheur inférieur.
- 2e période (fig. 12). — La pince avance vers l’appareil arracheur. Au commencement de cette période, l’appareil d’alimentation et le peigne nacteur se retirent, la pince s’ouvre ensuite et s’approche de l’appareil arracheur, de façon à laisser entre celui-ci et le peigne nacteur encore assez de place pour que l’alimentation puisse se faire pendant l’arrachage.
- 3e période (fig. 13). — La pince s’arrête, et le fouet e se trouve dans sa position supérieure extrême. Les cylindres arracheurs se sont mis en mouvement très peu de temps avant l’arrêt complet de la pince, dans le but de saisir les premiers brins de la tête de mèche pendant son mouvement vers ces cylindres. Dès que la tête de mèche est saisie par les cylindres, le peigne nacteur, ainsi que le gill d’alimentation s’abaissent et avancent ensuite vers ces cylindres pendant que la pince reste fixe, de manière à ce que l’alimentation et l’arrachage se fassent en même temps.
- 4e période (fig. 14). — La pince se retire, et le fouet e s’abaisse pour achever l’arrachage de la queue de mèche avant que la pince soit fermée. Après la fermeture de la pince, le peigne nacteur se relève ; en même temps, la brosse i, qui oscille autour du centre S (fig. 10), vient passer assez près de ce nacteur pour le nettoyer. La brosse, continuant sa course descendante jusque sur le tambour peigneur, est elle-même nettoyée par ce dernier.
- Nous allons maintenant décrire les divers organes et mécanismes de la machine.
- Tambour-peigneur. — Dans les peigneuses du système Heilmann, on n’a utilisé jusqu’ici, pour le peignage de la tête de mèche, que le segment composé de plusieurs barrettes à aiguilles disposées parallèlement à l’axe du corps cylindrique sur lequel sont fixées ces barrettes.
- L’essai qui a été fait d’utiliser des garnitures de
- cardes avec des aiguilles devenant progressivement plus fines n’a pas eu de succès, — d’abord, parce que les garnitures de carde ne sont pas suffisamment résistantes pour pénétrer entièrement dans la tête de mèche; — ensuite parce que les aiguilles ne peuvent pas être placées assez près les unes des autres pour peigner assez proprement ; — et enfin parce qu’on a de la peine à les débarrasser de la blousse. Le segment de Heilmann ne peigne proprement que quand les dernières barrettes, traversant la tête de mèche, sont garnies d’aiguilles très fines, et quand la pince est réglée de façon à se trouver très près de la pointe des aiguilles de ces barrettes. Mais cette manière de procéder a l’inconvénient de fatiguer beaucoup les filaments et d’enlever aux laines peu nerveuses et faibles leur état frisé naturel, car les aiguilles de chaque barrette pénètrent simultanément sous l’arête vive de la pince dans toute la largeur de la nappe, ce qui produit sur les fibres un effort dépassant la limite de leur élasticité.
- Le nouveau segment de cette machine est basé sur le principe consistant à ranger les aiguilles non les unes à côté des autres, mais les unes derrière les autres.
- Dans le segment de Heilmann, les rangées d’aiguilles formées par chaque barrette et possédant chacune sur toute sa longueur le même numéro d’aiguilles, sont disposées parallèlement à l’axe et deviennent de plus en plus fines, au fur et à mesure de leur passage dans la tête de mèche, tandis qu’ici les rangées d’aiguilles forment des parties de cercles (segments, dont les plans sont normaux à l’axe et dont chacune contient les degrés de finesse d’aiguilles successifs, tels qu’ils sont nécessaires pour peigner proprement. Afin que chaque filament composant la nappe soit peigné par chaque grosseur d’aiguilles composant chaque segment, le tambour peigneur est animé d’un mouvement transversal alternatif.
- Les figures 17 et 18 représentent le tambour peigneur avec le nouveau segment à aiguilles k. Ce dernier se compose de plaques à aiguilles l (fig. 19 et 20), dont les plans sont disposés perpendiculairement à l’axe et qui sont distantes de 3 à 4 millimètres les unes des autres. La plaque à segment k est pourvue de rainures recevant les plaques à aiguilles. Ces dernières sont fixées sur la plaque à segment au moyen des clavettes m.
- La plaque représentée dans les figures 19 et 20 est formée de sept groupes d’aiguilles de finesse
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- progressive. Le mouvement transversal susmentionné du tambour peigneur doit être en rapport avec la longueur de chaque groupe d’aiguilles et avec la distance entre les divers segments à aiguilles. Ainsi, si les plaques à aiguilles sont distantes de A millimètres les unes des autres, comme l’indique le dessin, et que chaque groupe d’aiguilles ait 20 millimètres de longueur circonférentielle, le
- tambour peigneur doit faire, sur chaque 20 millimètres de mouvement rotatif, A millimètres de mouvement transversal, soit, dans le cas présent, un mouvement transversal de A x 7 = 28 millimètres, — afin que toute la nappe soit uniformément traversée par tous les groupes d’aiguilles.
- Ainsi qu’il est indiqué dans les figures 7 et 8, la commande et le mouvement transversal du tambour
- Fig. 8.
- Fig. 9.
- peigneur sont transmis à ce dernier par l’arbre moteur n. La commande est transmise par les roues 6, 7, 8, 9, 10 et 11, et le mouvement transversal par la came o fixée sur le moyeu de la roue 5, qui donne un mouvement oscillant au levier p, oscillant lui -même, d’un côté autour du tourillon q et guidant de l’autre côté l’arbre du tambour peigneur.
- Les aiguilles de la plaque t (fig. 19 et 20) sont soudées à cette plaque ; mais on peut aussi incruster les grosses aiguilles et souder seulement les aiguilles fines. La partie du segment avec aiguilles incrustées forme alors une seule plaque, tandis que
- la partie avec aiguilles soudées est composée de divers éléments comme il est décrit plus haut.
- Gomme les aiguilles ne passent plus par rangées sous l’arête vive de la pince, mais les unes derrière les autres, l’application de ce nouveau segment présente différents avantages. L’effort produit par le passage des aiguilles dans la mèche exige une pression moins forte sur la pince, la nappe présentée au segment peut être bien plus épaisse sans que les fibres soient déchirées, ce qui a pour résultat d’augmenter considérablement la production de la machine, de produire un peigné plus propre et
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- mieux conservé et d’améliorer le rendement du peignage.
- Le débourrage du peigne par la brosse circulaire a également un avantage sur celui du segment Heilmann. Avec ce dernier, la brosse cache et projette au loin une grande quantité de fibres qui devraient appartenir à la blousse, tandis qu’au moyen du nouveau segment, la brosse plonge dans les espaces libres entre les rangées d’aiguilles; elle soulève la blousse et sort du peigne sans projection, de façon à faire tomber seulement les impuretés lourdes sous forme de duvet, pendant que les filaments sont enlevés par le tambour garni d’aiguilles (idojfer) et sortent sous forme de blousse.
- Pince. — Elle se compose (fig. 6, 7 et 15) de la mâchoire inférieure r et de la mâchoire supérieure t oscillant autour du tourillon s. Cette mâchoire supérieure t porte la brosse système Fourment. Au moyen du tourillon s (fig. 1, 2 et 3), la pince est suspendue aux bras u qui, eux-mêmes, oscillent autour des tourillons fixes v. La pince a un point d’appui dans le tourillon w qui oscille avec le levier coudé g1 autour de l’arbre x fixé lui-même au bâti.
- Au levier coudé g1 est suspendue la bielle fl qui, au moyen de tourillons, est reliée par sa partie inférieure d1 oscillant autour de l’arbre b1.
- La pièce dl est terminée vers le bas par une tige cylindrique sur laquelle glisse la douille h1. Les tourillons latéraux de cette dernière (fig. 7, 8 et 10) sont guidés par les têtes de la bielle zet du levier c1 qui, lui, oscille autour de l’arbre a1. La douille h1, et par conséquent le point d’attaque de la bielle étant approchés ou éloignés du centre d’oscillation b1 par le bras c1 selon la position de la manivelle y, ce n’est plus le simple mouvement de la manivelle qui est transmis à la pièce, mais un mouvement combiné ayant pour effet d’accélérer la course de la pince au milieu et de la ralentir aux points extrêmes. Le ralentissement est encore influencé par la position de la pièce dl. Ainsi que le fait voir la figure 2, qui représente le moment de l’arrachage où la pince doit être presque fixe, la pièce d1 se trouve, relativement à la bielle fl, au point mort, de sorte qu’à ce moment l’influence du mouvement de la manivelle est réduite à son minimum. Dans la position contraire (fig. I), cet arrêt n’est pas nécessaire; la pince peut faire un petit mouvement de va-et-vient près de sa ligne de contact avec le tambour peigneur, ce qui effectivement a lieu, puisque dans cette position
- de la pince le levier d1 agit sur la bielle fl sous un angle droit.
- Cette disposition du mouvement de manivelle a pour effet de faire séjourner la pince près du tambour peigneur et de l’appareil arracheur aussi longtemps que cela est nécessaire, et de faire commencer et finir l’oscillation de la pince très doucement, en l’accélérant considérablement au milieu de sa course pour éviter toute perte de temps. Cette disposition de mouvement facilite grandement l’accélération de vitesse de la machine et augmente par conséquent le nombre d’arrachages dans un temps donné. Ce résultat ne pourrait absolument pas être atteint, si ces mouvements de la pince étaient commandés par des excentriques.
- L’ouverture et la fermeture de la pince se font au moyen de la tige il (fig. 6 et 15) qui est reliée par des tourillons au levier d’arrière de la machine supérieure, et qui a son point d’appui dans la pièce k1, oscillant elle-même autour d’un tourillon fixé au bâti. Un ressort en spirale, situé entre la pièce k1 et les écrous t1, presse constamment la mâchoire supérieure vers le bas, et, comme — dans la position représentée dans la figure 1, — il y a du jeu entre la pièce k1 et les écrous m1, la pince subit, à ce moment, toute la pression exercée par le ressort.
- Quand la pince exécute son mouvement vers les cylindres arracheurs, elle entraîne la tige il jusqu’à ce que l’écrou m1 touche la pièce k1. La tige exerce alors une traction sur la mâchoire supérieure, et la pince s’ouvre. La mâchoire supérieure de la pince s’éloigne de plus en plus de la mâchoire inférieure, au fur et à mesure que la pince avance vers les cylindres arracheurs fixes. Lorsque la pince s’éloigne de nouveau de ces cylindres, la mâchoire supérieure se rapproche de la mâchoire inférieure jusqu’à ce que la pince soit fermée ; l’écrou m1 s’éloigne de la pièce h1, et le ressort presse de nouveau avec toute sa force une mâchoire contre l’autre.
- La disposition de l’appareil d’alimentation et du peigne nacteur ne diffère pas sensiblement des principes d’exécution connus; — il ne reste donc qu’à décrire leurs mécanismes. Les susdits organes oscillent autour de l’axe n1 (fig. 6, 7 et 15) qui, moyennant le levier coudé o1, oscille à son tour autour de l’arbre p1. La came ql fixée sur l’arbre moteur n produit, au moyen des leviers oscillants r1 et t1 et des bielles s1 et n1, l’oscillation du levier coudé o1 et par conséquent le mouvement de va-et-vient de l’appareil d’alimentation et du peigne nacteur.
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- Le mouvement de monte et de baisse du gill d’alimentation se fait par la chaîne y1 (fig. 6 et 15) qui, en haut, est fixée à ce gill, et en bas au bâti. Ce mouvement se fait d’une manière semblable à celui de la mâchoire supérieure de la pince ; le mouvement du peigne nacteur est produit par la
- Fig. 10.
- came wl (fig. 15) fixée sur l’axe du tambour pei-gneur A.
- Cette came fait osciller un levier x1, sur lequel repose le levier y1 fixé au levier du peigne nacteur. De cette manière, le peigne nacteur est animé du mouvement d’avance et de recul de la pince, et a, en même temps, son mouvement spécial de monte et de baisse.
- La brosse i (fig. 6 et 15), servant au nettoyage du
- Fig. 11.
- peigneur nacteur, et la lame coudée zl contribuant au nettoyage, et qui peut aussi être, remplacée par une brosse, oscillent, moyennant le levier double h, autour du tourillon s et sont commandées au moyen de la bielle a2 et du levier oscillant b2, par la came c2 (fig. 6) fixée sur l’arbre moteur n.
- Appareil arracheur. — Cet appareil se compose principalement du cylindre æ2 avec manchon en cuir et du cylindre cannelé e2 (fig. 6 et 15) pressant sur le premier au moyen de ressorts.
- Le mouvement rotatif intermittent de ces deux cylindres leur est transmis de l’arbre moteur n par
- Fig. 12.
- l’intermédiaire des roues 1, 2, 7, 8 et 9 (fig. 7), dont la dernière est fixée sur le cylindre inférieur d\
- Sur le moyeu de la roue 8 est fixée l’étoile fl (fig. 7), à laquelle le galet g2, fixé sur la roue 7, fait faire un quart de tour. Comme une évolution de la machine — (se composant des quatre périodes décrites) — correspond à un tour de l’arbre moteur, et que les roues 1, 7 et 8 ont le même nombre de dents, la période de ce quart de tour de l’étoile
- IG. 13.
- correspond à la période 3, pendant laquelle, ainsi qu’il est dit plus haut, la pince séjourne près de l’appareil arracheur et que l’arrachage a lieu. Comme l’arrachage et l’alimentation se font en même temps et que le mouvement rotatif des cylindres cesse immédiatement quand l’alimentation est terminée,
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- de manière à faire commencer l’arrachage suivant où l’arrachage précédent a cessé, toutes les conditions nécessaires pour la formation d’un ruban de peigné régulier — (Brevets français : nos 163, 503) — sont remplies. Pendant que la pince se retire, l’arrachage est complété par le fouet e qui oscille autour de Taxe m2 (fig. 15 et 16) et qui est commandé par la pince au moyen du levier i2 et de la bielle k2.
- Afin que, lors du mouvement ascendant du fouet e, la queue de mèche, restée libre, ne soit pas entraînée par celui-ci, un contre-fouet l1, oscillant autour du tourillon t2 vient retenir cette queue de . mèche. Ce contre-fouet t2 est commandé par le fouet e au moyen des roues m2 et n2, du frein oil agissant sur le segment n2 et de la bielle p2. La course du contre-fouet e1 est limitée, d’un côté, par la vis de réglage#2, contre laquelle s’appuie le bras du frein, et de l’autre côté par le cylindre inférieur d2, contre lequel vient s’appuyer le contre-fouet lui-même (fig. 13 et 15).
- De cette disposition il résulte que le fouet e passe lors de sa course ascendante et descendante, commence toujours par diriger le contre-fouet vers l’un ou l’autre de ces deux points d’appui pour se frayer lui-même son passage.
- Lors du mouvement descendant, le fouet e passe entre le cylindre et le contre-fouete1 et termine l’arrachage en faisant passer entre le cylindre et le contre-fouet e1, et termine l’arrachage en faisant passer la queue de mèche par-dessus ce dernier.
- Le fouet e, en montant, commence par pousser le contre-fouet e1 vers le manchon, et, de cette façon, le place entre lui-même et la queue de mèche, protégeant ainsi cette
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- dernière. Cette disposition permet de peigner sur cette machine, même avec une faible course de la pince, des filaments très longs.
- Comme les arcs de cercle décrits par les fouets e
- L’application du tambour peigneur aux pei-gneuses circulaires est représentée par les figures 20 et 21.
- Dans ces figures, r2 représente le peigne circu-
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- Fig. 15.
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- et e1 se croisent, chaque fouet n’est supporté que par un seul bras de levier, et se trouve en porte à faux sur ce levier, de telle façon que le bras supportant le fouet e se trouve d’un côté de la machine (fig. 15) et le bras supportant le contre-fouet e1 de l’autre côté.
- Tambour peigneur garni d’aiguilles, —
- Le principe sur lequel est basé le segment de peigne décrit plus haut est applicable également à des tambours peigneurs garnis d’aiguilles sur toute leur surface, et destinés soit à des peigneuses du système Heilmann, soit à des peigneuses circulaires. Les matières textiles composées de filaments de médiocre finesse peuvent être peignées avantageusement par des tambours garnis d’aiguilles sur toute leur surface et ayant des aiguilles au même numéro.
- Dans ce cas, on peut donner au tambour peigneur une vitesse de rotation plus ou moins grande et indépendante du jeu de la machine en combinant cette vitesse avec un faible mouvement transversal.
- Ce tambour peigneur peut aussi se composer de rangées d’aiguilles disposées en hélice, à très faible inclinaison, de façon que, sur le peu de longueur de la tête de mèche, elles ne diffèrent pas beaucoup des rangées parallèles pour ne pas opposer une résistance à l’entrée de la brosse circulaire nettoyant ce peigne. Le mouvement transversal du tambour peigneur devient alors superflu.
- les
- laire, s2 la pince, t2 le peigne nacteur, cylindres arracheurs, v2 le tambour peigneur.
- Les rangées d’aiguilles circulaires se composent, du côté de l’entrée de la tête de mèche, d’aiguilles de gros numéros. La finesse des aiguilles augmente successivement vers le côté opposé.
- Lorsque les matières à peigner nécessitent l’emploi d’aiguilles tellement fines que celles-ci ne puissent
- Fig. 16. — Coupe horizontale du tambour.
- pas être incrustées, mais doivent être soudées, alors le tambour peigneur, du côté de la sortie, doit être composé de cercles d’aiguilles dans le genre des plaques à aiguilles (fig. 17 et 19) et suivant le dessin (fig. 16); w2 est la partie du tambour peigneur
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Septembre.
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- n
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- composée d’aiguilles incrustées, tandis que la partie æ2 se compose de cercles d’aiguilles placés sur le corps du tambour et fixés par l’écrou y2. , .
- - Lé mouvemçnt transversal alternatif décrit est, dans le cas de peigneuses circulaires, remplacé par
- m
- Fig. 17. — Coupe verticale du tambour.
- le mouvement rotatif du peigne circulaire. Dans ce cas également, les rangées circulaires peuvent être remplacées par une seule rangée disposée en hélice contournant le tambour autant de fois qu’il y aurait de rangées circulaires, et qui se compose d’aiguilles de numéros successivement plus fins d’un bout à l’autre.
- Comme il existe dans certaines peigneuses circulaires des tambours peigneurs dont les rangées d’aiguilles ne sont pas placées parallèlement à l’axe, mais en hélice, en ce sens que chaque rangée forme une partie d’une hélice très allongée, c’est-à-dire une hélice dont le pas a une inclinaison de plus de 45 degrés sur un plan normal à l’axe, il y a lieu de remarquer que ces peignes diffèrent néanmoins entièrement des deux décrits plus haut, parce que, dans ces conditions, le peigne est à classer dans la catégorie de ceux dont les aiguilles sont les unes à côté des autres; tandis que, si le pas de
- l’hélice a une inclinaison de moins de 45 degrés, ces peignes présentent les particularités de ceux dont les aiguilles sont placées les unes derrière les autres.
- La différence entre ces deux systèmes de peignes
- se fait également remarquer par la façon dont se comporte la brosse net-toyeuse. Celle-ci ne pénètre pas jusqu’au fond des peignes ayant des rangées d’aiguilles parallèles à l’axe ou des aiguilles disposées en hélice allongée. Cette pénétration de la brosse jusqu’au fond du peigne cesse dès que les aiguilles sont placées suivant une hélice moins allongée, et le peigne ne peut pas être nettoyé par la brosse.
- Par contre, le nettoyage du tambour peigneur se fait de nouveau dans de bonnes conditions, quand les aiguilles sont placées en hélice à très faible combinaison, comme cela est décrit plus haut, disposition qui caractérise ce nouveau tambour peigneur.
- 4° Peigneuse Grün-Offermann, exposée par la maison Grün.
- Cette machine est dérivée de la peigneuse Meunier que nous avons vu exposée en 1878. D’importantes
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- modifications ont été apportées à la première pei-gneuse dans la disposition des organes et dans leur fonctionnement, tout en conservant les mêmes principes de travail, c’est-à-dire peignage de la tête de mèche par un peigne circulaire animé d’un mouvement de rotation continue, et peignage de la queue par un peigne fixé.
- A cet effet, la laine est fournie par une grille alimentaire et retenue par une paire de pinces pendant le peignage de la tête ; puis la tête peignée est saisie par les cylindres arracheurs qui, en s'éloignant de la pince, après l’ouverture de cette dernière, arrachent la mèche et en font passer la queue à travers le peigne fixe. Pour les laines chardonneuses, M. Offermann a appliqué un organe supplémentaire très ingénieux qu’il a nommé schlagkamm ou encore « peigne à gratterons » et dont le mode d’action est le suivant :
- Un peu avant la fin du peignage de tête par le peigne circulaire, M. Offermann fait tomber brusquement son peigne à gratterons sur la mèche encore tendue entre les pinces et le peigne circulaire, cet organe ne fait que tomber d’un mouvement très rapide, suit un peu le mouvement de rotation du peigne circulaire et remonte aussitôt. Il a pour but de briser les gratterons qui se trouvent soumis à son action et de faciliter ainsi leur enlèvement par le peignage.
- Le ruban que forme cette peigneuse est beaucoup plus homogène qu’à la machine Meunier — autant que nous avons pu en juger parle modèle de l’Exposition qui, bien que travaillant une laine extrêmement chargée, donnait un ruban de sortie ne laissant rien à désirer comme propreté — grâce au mouvement d’avance de l’alimentation pendant l’arrachage. Ce mouvement d’avance donne lieu à un étirage avec les cylindres arracheurs, qui fait échelonner les fibres et évite les parties claires du ruban.
- II. — Matériel de la filature de coton,
- PRÉPARATIONS COMPRISES.
- Les machines relatives à l’industrie du coton sont assez nombreuses à l’Exposition, et toutes présentent sinon des dispositifs nouveaux, au moins des simplifications ingénieuses et une construction bien entendue qui permet aux organes producteurs d’arriver à la vitesse maxima désirable. Les perfectionnements dont elles sont l’objet tendent en effet à l’aug-
- mentation de la rapidité de marche des principales pièces et à la simplification de la main-d’œuvre; nous pouvons dire que sous ce rapport des résultats surprenants ont été obtenus. Nous ne regrettons qu’une chose c’est que les constructeurs anglais, si vaillants d’ordinaire et dont les machines méritoires ont une réputation hors de pair, n’aient pas jugé à propos d’entrer en lice : si l’on doit en croire le bruit qui a couru, les doutes répandus partout à l’étranger sur la fête industrielle du Centenaire de 1789 ont empêché nos voisins de demander en temps un emplacement qui n’a pu leur être attribué lorsque toutes les places étaient déjà prises. Quoi qu’il en soit, leurs concurrents n’ont pas été aussi inactifs : ils se sont rappelé qu’en France il n’est aucune Exposition universelle qui n’ait toujours réussi au delà des espérances primitivement conçues, et dans cette lutte pour le travail on peut affirmer que les uns et les autres se sont placés au premier rang, tout en regrettant de n’avoir pas à leurs côtés, pour soutenir la comparaison, des machines construites de l’autre côté de la Manche.
- Nous diviserons en cinq sections les constructions relatives à la filature de coton, en classant chacune d’elles dans l’une des opérations classiques qui concourent à transformer la fibre brute en fil, et nous examinerons successivement :
- I. — Le battage;
- II. — Le cardage;
- III. — Les bancs d’étirage;
- IY. — Les bancs à broches;
- Y. — Les métiers à filer, renvideurs et continus.
- I. — Du côté du battage, nous relevons :
- 1° Un batteur finisseur, présenté par la Société alsacienne de constructions mécaniques ;
- 2° Un autre batteur envoyé par la maison J. Jacob Rieter et Cie, de Wintherthur (Suisse) ;
- II. — Du côté du cardage :
- 3° L’express-carde, de M. G. Risler de Cernay, exposé par la maison Grün ;
- h° Une carde à déchets de coton, exposée par la même maison;
- 5° Une carde à chapeaux mobiles, construite par la Société alsacienne ;
- 6° Une carde à hérissons, de la même maison ;
- 7° Une autre carde à chapeaux mobiles, de MM. J. J. Rieter et Cie;
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- III. — Du côté des bancs d’étirage :
- 8° Une série de bancs d’étirage pour coton de la Société alsacienne ;
- 9° Un autre banc de la maison J.-J.Rieter et Cie.
- IV. — Du côté des bancs à broches :
- 10° Divers modèles exposés par la Société alsacienne.
- V. — Enfin, pour la filature proprement dite :
- 11° Un continu à anneau de la Société alsacienne ;
- 12° Un continu Max Chapon exposé par la maison Grün ;
- 13° Un continu à anneaux exposé par M. A. Vimont, de Vire (Calvados) ;
- 1 h° Un renvideur de la maison J.-J. Rieter et Cie.
- Nous allons décrire successivement ces diverses machines, que le lecteur voudra bien rapporter, pour un coup d’ensemble, à la classification raisonnée que nous venons d’en faire. Comme on le voit, il n’y a eu ici que quatre exposants pour les machines à coton : la maison Grün, la maison Rieter et Cie, M. Vimont et la Société alsacienne, cette dernière ayant de beaucoup l’exposition la plus importante.
- I. — 1° Batteur finisseur, exposé par la Société alsacienne de constructions mécaniques
- Cette machine est un batteur quadrupleur à un volant portant trois battes, du système Lord à alimentation à pédales, avec régulateur à cônes permettant de supprimer la pesée au passage précédent.
- Divers perfectionnements ont été apportés.
- Tout d’abord, la forme de la batte. Le milieu en est évidé en dessus, de manière à loger la forte rivure en saillie du bout du bras. Il y a de la sorte une plus grande solidité d’assemblage. De plus, la saillie supérieure de l’entaille vient agir sur le coton présenté par l’alimentation.
- La mise en marche et l’arrêt de l’alimentation se font par manchon denté.
- Une disposition spéciale permet de régler à volonté la quantité d’air à admettre sous la grille du volant et de fournir aussi à volonté l’excédant d’air nécessaire à l’entraînement du coton vers les tambours métalliques. Elle consiste en une cloison verticale en tôle placée entre les bâtis longitudinaux sous le cannelé alimentaire, fermant complètement le dessous du batteur et portant des ouvertures rec-
- tangulaires dont on peut régler la dimension au moyen de registres à coulisse. Comme la quantité de duvet que le volant projette en même temps que les boutons dépend en majeure partie de la vitesse de l’air qui 'entre dans la grille, on a ainsi en main le moyen d’augmenter ou de diminuer la quantité de ces déchets légers.
- C’est le mouvement d’enroulage lui-même qui commande l’alimentation, au moyen de roues droites, arbre de couche et roues d’angle actionnant le cône moteur du régulateur : de cette façon, la vitesse entre ces deux organes est toujours intimement liée, sans glissement possible. Le grand diamètre du cône employé évite l’usure delà courroie.
- Enfin, un dispositif particulier assure la sécurité de l’ouvrier pendant le travail, en rendant complètement impossible l’ouverture des couvercles du volant ou des tambours métalliques pendant la marche du batteur.
- La construction de la machine exposée est très soignée dans tous ses détails. Tous les organes essentiels, tels que les cylindres cannelés alimentaires, les volants, les ventilateurs, les cylindres calandreurs, etc., ont leurs collets garnis de boîtes en fonte mises à chaud, étant donné, comme l’a appris l’expérience, que le frottement fonte sur fonte est le plus doux et offre le plus de résistance à l’usure.
- I. — 2° Batteur exposé par la maison J. Jacob Bieter et Cie, de Winthertliur
- Cette machine est un batteur tripleur à un volant, portant deux battes-alimentation formées de seize pédales et d’un rouleau à pointes.
- Le grand écartement des axes horizontaux des cônes, dont l’un est placé au niveau de la toile sans fin et dont l’autre est un peu au-dessus du sol, assure un bon fonctionnement de l’appareil en diminuant les chances de glissement de la courroie et en facilitant son déplacement sur les cônes. C’est là une modification du régulateur Lord.
- Il y a aussi un dispositif qui nous paraît moins simple et peut-être moins sensible que le système ordinaire. C’est celui qui consiste à remplacer les tringles verticales du mouvement Lord par un système de leviers articulés, réunissant ensemble deux extrémités de pédales, puis deux de ces leviers, et enfin accouplant les deux, ce qui donne une réunion de huit pédales pour chaque moitié de la machine, chacune de ces moitiés s’articulant à un levier hori-
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- Fig. 22. — Express-Carde montée pour cotons d’Amérique, avec étirage.
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- zontal qui par une transposition de tringle peut agir sur le guide courroie : tout le système est du reste équilibré. On voit que si l’extrémité d’une pédale
- par exemple s’abaisse de la même quantité dont la voisine s’élève, le point médian reste immobile, une différence dans un sens ou dans l’autre agit sur le point d’attache, la somme ou la différence de tous
- ces mouvements des extrémités de pédales venant opérer sur un levier transmettant par un petit arbre de couche le mouvement aux guide-courroies, de manière à agir dans le sens voulu, soit pour augmenter, soit pour diminuer l’alimentation.
- Cette machine comporte en outre, comme la précédente, un appareil de sûreté fort simple, qui empêche l’ouverture pendant la marche des couvercles des volants et tambours métalliques.
- II. — 3° Express-carde de G. Risler, exposé par la maison Grün.
- Cette machine, que nous avons représenté figures 22 et 23, ressemble à un batteur dans lequel l’organe détacheur et diviseur, le volant à battes, est remplacé par un tambour A, garni de pointes ou de lames à dents de forme spéciale, agissant sur le coton qui lui est présenté par un appareil d’alimentation à auge F. Un second tambour B, garni également d’aiguilles, tournant dans le même sens avec une vitesse moindre, est placé à une faible distance au-dessous du premier, et un troisième C, également à une faible distance du second, tourne également dans le même sens que lui, mais un peu plus vite. Le premier a 400 millimètres de diamètre et fait 900 à 950 tours par minute, le second a 200 millimètres et fait 650 tours, le troisième a 200 millimètres et fait 725 tours. Ces tambours sont entourés d’une série de grilles g, g\ g", de formes spéciales.
- Le coton est enlevé de la surface de ces tambours par une aspiration d’air produite à l’intérieur des tambours D D en tôle perforée, et livré ensuite en nappes aux rouleaux presseurs comme dans les batteurs.
- T est la toile sans fin ou table d’alimentation sur laquelle se placent deux rouleaux de batteurs; I est une ouverture réglable pour l’admission de l’air.
- La partie arrondie du bec de l’auge alimentaire est construite de façon à permettre de varier la distance entre le point de pinçage du cylindre et le point de tangence du tambour, afin de n’atteindre les filaments qu’à l’extrémité.
- Pour le coton d’Amérique, l’alimentation diffère : elle se compose d’une paire de cylindres cannelés avec addition d’un étirage E approprié pour aligner les filaments de coton avant de se présenter au tambour A, lequel reçoit une autre garniture que pour cotons des Indes et déchets.
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- Gomme forme, l’express-carde ressemble aux batteurs ordinaires.
- Le principe de cette machine est concentré entièrement entre la table d’alimentation et la grille g'", c’est-à-dire dans les cylindres ABC et leurs grilles, et le but que s’est proposé l’inventeur a été le suivant : substituer à l’action brutale des règles du frappeur un travail de démêlage par des tambours armés de dents de forme spéciale pour mieux ouvrir le coton et, pour ainsi dire, par filaments isolés, rendant ainsi plus facile le départ des feuilles et des boutons dont il est mélangé.
- Une différence caractéristique existe dans le mode de travail du batteur et de l’express-carde. Dans le batteur, le coton livré pendant une minute par le cannelé alimentaire, reçoit environ 3,000 à3,200 coups de règle. Le travail se fait en quelque sorte par intermittences; la règle agit en même temps sur toute la largeur du batteur, et le coton s’en va, séparé de la nappe d’alimentation, en autant de séries de touffes que le volant débite de coups de règle. Dans l’express-carde au contraire, le travail est continu, et à mesure que la nappe d’alimentation est livrée par le cannelé, elle se trouve ouverte et démêlée par les dents du tambour A, dont le développement est de 1,130 mètres par minute. Ce tambour agit donc en ouvrant la matière et l’entraîne jusqu’au point de tangence avec le cylindre B. Mais entre ce point de tangence et le cannelé alimentaire, les dents, dans leur rotation, ont divisé la masse, l’ont enlevée par filaments isolés, et, en l’agitant ont facilité le départ des corps étrangers, des boutons, etc., à travers les grilles. On achève, au point de contact des tambours ABC, la division des mèches de coton, et, par cette division, beaucoup des petites feuilles et corps étrangers tombent par ces grilles.
- Le perfectionnement qui caractérise cette invention consiste à donner économiquement un bon nettoyage au coton avant de le faire passer sur les cardes proprement dites, tout en lui faisant subir en même temps un gros cardage préliminaire, ce qui facilite l’opération générale du cardage et en améliore les résultats.
- L’introduction en filature de cette machine — aujourd hui classique — remplit la lacune qui existe dans les premières opérations de la filature. Avec elle le coton semble plus ouvert et beaucoup mieux débarrassé des feuilles et boutons dont il est mélangé. La^ quantité de déchet est en outre diminuée, puis-qu elle ne détache guère que les boutons et les
- feuilles sans mélange de coton. Le cardage est de plus amélioré avec une production plus forte, les cardes alimentées par cette machine recevant des
- rouleaux de coton très propres, bien ouverts et à filaments divisés. L’express-carde débarrassant beaucoup mieux le textile des boutons et des feuilles que le batteur finisseur, le déchet des cardes proprement
- Fig. 23. — Express-Carde montée pour coton des Indes et déchets, avec alimentation a auge.
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- dites en est plus propre et plus blanc et a conséquemment plus de valeur; de plus, les garnitures de cardes se conservent dans un meilleur état d’entretien et doivent durer plus longtemps. Enfin les frais d’aiguisage et de débourrage sont évités à cette machine, les garnitures et tambours ne conservant jamais ni coton, ni déchet, ce qui permet d’arriver à une production aussi régulière qu’avec un batteur.
- Un très grand nombre de filatures ayant soit simple, soit double cardage, ont adopté l’express-carde pour remplacer le batteur finisseur. Pour peignage, le coton de cette machine est plus propre sur carde préparatoire ainsi que le déchet, et par conséquent aussi sur peigneuses avec moins de déchet. En y appliquant l’étirage, les filaments de coton se présentent à peu près alignés, avec une nappe plus mince contre le grand cylindre : les points ayant moins de résistance pour passer à travers ces filaments opèrent le peignage en ménageant le coton.
- La production de l’express-carde est de 500 kilos par jour. Deux express remplacent un batteur.
- II. — 4° Carde à déchets de coton, exposée par la même maison
- La carde à coton exposée est une carde à hérissons comprenant une alimentation à trois cylindres d’entrée, un briseur, un grand tambour, sept travailleurs, quatre balayeurs, un volant et un peigneur.
- Elle est fermée de toutes parts : au-dessus des balayeurs et travailleurs, par un couvercle en bois ; au-dessus du volant, par un couvercle spécial en tôle ; et en dessous du grand tambour, par un bac en tôle perforée.
- Pour éviter tout stationnement de coton entre le peigneur et le volant, l’espace entre ces deux organes est rempli :
- 1° Par un petit cylindre nettoyeur du volant ;
- 2° Par une pièce en forme de triangle, rapprochée le plus possible des organes. Toutes les précautions sont ainsi prises pour rendre l’évaporation du coton impossible.
- L’alimentation à trois cylindres d’entrée appliquéë à cette carde convient à la carde fileuse qui travaille déjà des nappes bien homogènes comme, par exemple, des nappes provenant de passages antérieurs, ou du passage à la réunisseuse.
- Une note nous apprend que, pour les cardes premier passage, le constructeur fait une alimentation
- par cylindres et auge précédée ordinairement d’une paire de cylindres marchant un peu moins vite. Par l’effet de ce tirage, la nappe alimentée se présente mieux au briseur.
- II. — 5° Carde à chapeaux mobiles, exposée par la Société alsacienne
- La carde à chapeaux paraît être de tous les systèmes celui qui jusqu’ici a la préférence en filature malgré la complication du débourrage et les difficultés du réglage. Il est vrai que le débourrage automatique adopté par certains constructeurs a supprimé l’un de ces inconvénients, mais il y a toujours l’aiguisage et le réglage. C’est justement la longueur et la difficulté du réglage qui a empêché l’emploi un peu général des cardes à chapeaux animés d’un mouvement de translation par chaîne sans fin, que les constructeurs anglais ont adopté depuis longtemps. La machine présentée à l’Exposition par la Société alsacienne nous paraît résoudre complètement le problème.
- Dans cette machine (fig. 24, 25, 26, 27) le réglage pour le rapprochement et l’éloignement des chapeaux de la circonférence du grand tambour s’opère en un seul point pour chaque côté de la machine, et la surface sur laquelle glissent ces chapeaux reste rigoureusement circulaire et concentrique au grand tambour dans toutes les positions qu’elle est appelée à occuper.
- A est un des cintres de la carde portant le palier du grand tambour, il est muni d’une nervure en saillie N dont la partie extérieure a est tournée concentriquement à l’axe du grand tambour.
- B est un anneau dont la forme intérieure b est un cercle de même diamètre que la face extérieure a de la nervure N, dont nous venons de parler, et il peut tourner à frottement doux sur cette nervure.
- La face extérieure b' de l’anneau B présente la forme d’une spirale géométrique.
- Une roue d’engrenage venue de fonte avec B sert à déplacer cette pièce autour de son axe, et cela au moyen des pignons^, p' et de la vis sans fin v.
- G est une bande en métal flexible dont la face interne c est également une spirale et dont la face externe c' est un cercle.
- Cette pièce G supporte la série des chapeaux et ceux-ci se déplacent de l’avant à l’arrière, c’est-à-dire en sens opposé du mouvement du grand tambour de la carde.
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- Une bande mince en acier, noyée de toute son épaisseur dans la pièce G et portant, à chacune de ses extrémités, une tige filetée et deux écrous, sert à appliquer exactement, l’une contre l’autre, les deux surfaces en spirale b' et c.
- Fig. 24.
- Fig. 26.
- des chapeaux de la surface du grand tambour. — La construction fait voir, en outre, qu’à toutes les positions de la pièce C, sa surface extérieure c est un cercle parfait, concentrique à l’axe du grand tambour.
- Ce qui distingue cette carde de celles des autres systèmes est, en premier lieu, le principe fonda-
- D’après cette construction, il est évident que ce déplacement dans un sens ou dans l’autre de l’anneau B produit une diminution ou une augmentation du rayon extérieur de la pièce G, et, par conséquent, un rapprochement ou un éloignement
- Fig. 2?.
- CW)
- Fig. 27.
- mental que nous venons de décrire, et, en second lieu, le sens du mouvement de la chaîne sans fin des chapeaux, celui-ci ayant lieu en sens opposé du mouvement du grand tambour, c’est-à-dire dans la direction de la flèche X.
- L’effet de cette disposition est que les chapeaux, nettoyés par un appareil de débourrage spécial
- SUPPLEMBHT A L’INDUSTRIB TEXTILE DU 15 SEPTEMBRE.
- xi. — 6e Fascicule.
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- placé à l’arrière de la carde, et par une brosse circulaire, entrent en action sur le devant delà carde, et que les gros boutons, qui sont saisis par les premiers chapeaux qu’ils rencontrent à l’entrée, sont enlevés immédiatement par l’appareil débourreur; ils ne risquent donc pas, pendant le long trajet que les chapeaux ont à faire, d’être repris par le grand tambour comme dans d’autres systèmes, ou d’être réduits en poussière jusqu’au moment où les chapeaux sontnettoyés.
- Un système nouveau, pour l’aiguisage des chapeaux en place, donne à la surface cardante de ceux-ci toujours rigoureusement la même hauteur jusqu’à leur siège.
- La production de cette carde pour les numéros ordinaires peut aller à 75 kilogrammes par jour. Un seul cardage suffît.
- La machine est d’un prix assez élevé, en raison de la grande précision nécessitée par l’exécution qu’elle comporte; mais les avantages qu’elle présente, ainsi que l’économie de main-d’œuvre qu’elle permet de réaliser, nous semblent compenser largement le déboursé de premier établissement.
- II. — 6° Carde à hérissons, exposée par la Société alsacienne.
- Cette carde est trop universellement connue pour qu’il soit nécessaire d’en donner une description détaillée.
- Celle qui est exposée a un briseur garni de lames de scie incrustées, un chapeau tournant d’un grand diamètre, avec peigne détacheur; 7 hérissons et 5 coureurs.
- Voici les principales dispositions que nous relevons sur cette machine.
- A la sortie est une tête d’étirage à deux paires de cylindres cannelés. — Sous le briseur, on a disposé un tambour débourreur dont la vitesse périphérique dépasse de beaucoup celle du grand tambour, et sur lequel est montée une garniture spéciale à aiguilles très souples et excessivement clairsemées. Cet organe débourreur est réglé de telle façon que sa garniture pénètre légèrement dans celle du grand tambour, qu’elle maintient constamment dans un état de propreté absolu. Ses paliers à grande portée sont construits avec beaucoup de soin et solidement établis contre les bâtis de la machine, de façon qu’il ne se produise jamais ni vibration, ni échauffe-ment de ses axes, malgré sa vitesse considérable. —
- Tous les tambours sont en fonte, sans exception, et parfaitement équilibrés. — Les supports d’aiguisage du grand tambour et ceux du peigneur sont disposés de manière que les axes des tambours aiguiseurs et ceux des tambours à aiguiser ne puissent jamais former entre eux une surface gauche, — Par l’opération du réglage, on ne peut que rapprocher ou éloigner les axes des tambours, qui restent rigoureusement dans le même plan. — Enfin, la fermeture sous le grand tambour et le débourreur, qui est souvent une plaque de zinc perforée, est constituée par un grillage.
- La construction de cette carde est très soignée ; les cintres sont planés intérieurement, de manière à ne laisser entre eux et les fonds des tambours que l’espace rigoureusement nécessaire à la marche.
- II. — 7° Carde à chapeaux mobiles, exposée par MM. Jacob Rieter et Cie.
- Cette machine est à alimentation à auge et à briseur. Le diamètre du grand tambour est de lm,270 et une paire de hérissons placés entre le grand tambour et le briseur opère un dêbourrage incessant de ces deux cylindres. La carde exposée, solidement construite, permet les grandes vitesses et peut produire 75 kilogrammes par journée de douze heures.
- Le mécanisme moteur de chapeaux consiste ici en une chaîne sans fin dont chaque maillon reçoit l’extrémité du chapeau, et dont on fait varier la vitesse suivant le degré de propreté qu’on veut obtenir de la nappe. Les chapeaux et le grand tambour marchent dans le même sens.
- Le débourrage s’opère en avant au moyen d’un cylindre garni d’une brosse hélicoïdale, et l’aiguisage des chapeaux par un rouleau à émeri animé d’un mouvement de va-et-vient et dont la position fixe assure la même hauteur d’aiguisage. La surface sur laquelle glisse l’extrémité des chapeaux en contact avec le grand tambour est formée d’une série de supports mobiles suivant le rayon de la carde, chaque partie est embrassée par six chapeaux ; l’extrémité inférieure de ces supports porte une tige taraudée traversant la nervure du cintre de la carde, un écrou et un contre-écrou, ce dernier portant une rondelle graduée à sa circonférence en divisions égales qui permettent de varier la position, et un boulon assure le contact latéral.
- Gomme les dessus de tous les supports ont été
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- tournés concentriquement au grand tambour, ils présentent une surface cylindrique dont Taxe est celui de ce tambour. Quand, par suite d’usure, il faut rapprocher les chapeaux du tambour, il suffit alors de démonter un ou deux chapeaux, de régler par les moyens ordinaires la hauteur du chapeau voisin, de lire la division sur le disque indicateur et de mettre tous les supports sur cette même division. MM. Rieter et Cie ont, comme on le voit, cherché avant tout à rendre le réglage des chapeaux simple et rapide.
- III. — 8° Bancs d'étirage, exposés par la Société alsacienne.
- La Société alsacienne expose plusieurs bancs d’étirage qui, comme dispositif d’ensemble, n’offrent rien de nouveau (c’est toujours le type Platt), mais qui se recommandent à l’attention par une construction des plus soignées et par quelques perfectionnements qui méritent examen.
- L’écartement entre les supports, pour tous les bancs exposés, est de 460 millimètres ; c’est du reste le plus généralement admis à cause de la facilité qu’il donne pour le placement des pots à l’entrée de la machine ; mais on sait que d’autres écartements, tels que 320, 400 et 500 millimètres, sont employés dans des cas spéciaux. Deux sont du type à quatre rangs de cylindres cannelés.
- Gomme agencement général, nous remarquons que les tourillons des cylindres de pression tournent dans des boîtes en fonte, sur lesquelles sont appliqués les crochets des tirants de pression, — que les guide-mèches à l’entrée ont un mouvement de va-et-vient pour produire une usure et une compression bien uniformes sur toute la longueur de la table des cylindres de pression, — et que les chapeaux de propreté sont en fonte et portent à l’intérieur soit des planchettes garnies de panne, soit des rouleaux avec une toile sans fin en drap ou en feutre. — Toutes les précautions sont prises, du reste, pour maintenir les cylindres cannelés dans des conditions de bonne marche; les collets sont très larges (90 millimètres), pour éviter le fléchissement des tables. Ils sont tous trempés et le premier rang est entièrement trempé sur toute sa longueur. — Tous leurs supports sont garnis de coussinets en bronze. —Un appareil facile à manœuvrer permet à l’ouvrière de soulever ensemble tous les poids de pression d’un système de trois, quatre, cinq ou six têtes pour éviter l’aplatissement
- de la garniture des cylindres de pression pendant un arrêt prolongé, ou pour dégager les tirants de pression quand on veut enlever ces cylindres.
- Sur l’un des bancs exposés fonctionne une ingénieuse application de l’électricité pour les arrêts provoqués soit par la rupture de l’une des mèches alimentaires, soit par l’enroulage du coton sur un rouleau couvert et deux pots, qui sont à peu près les seuls réclamant la surveillance constante de l’ouvrière. Pour cela, derrière la machine, sur la plaque en fonte polie servant à conduire le ruban à sa sortie du pot jusqu’aux cannelés étireurs, chaque mèche reçoit la pression d’un petit rouleau en fonte tournant librement dans des fourchettes latérales : la plaque est isolée sur le bâti, ainsi que les fourchettes. En faisant passer un courant électrique dans le guide-mèche, ce courant passe par la ligne des rouleaux presseurs tant que le coton, qui n’est pas conducteur de l’électricité, est interposé, mais si un ou plusieurs rubans viennent à manquer, il est interrompu : cette interruption rend libre un contrepoids qui amène la courroie motrice de la poulie fixe à la poulie folle. Une disposition analogue existe pour les chapeaux de propreté : si un enroulage se produit sur un rouleau couvert de peau, celui-ci s’écarte de son cannelé, et ce mouvement, par un dispositif très simple, vient couper le circuit.
- L’un des types des bancs d’étirage exposés est à cinq rangs de cylindres cannelés. Ce modèle est généralement employé pour des cotons peignés, pour mieux ouvrir au premier passage les mèches sortant de la peigneuse avec torsion. Pour les passages suivants, le laminage, surtout pour les filaments longs et fins, est en effet plus soigné avec cinq rangs de cylindres cannelés qu’avec quatre rangs. Les machines de ce type ont, en outre, un rouleau alimentaire à l’entrée pour éviter les coupures et les froissements que produiraient des guides ordinaires, sur une matière délicate dont les rubans ont peu de consistance.
- III. — 9° Banc d'étirage, exposé par MM. J. Jacob Rieter et Cie.
- MM. J. Jacob Rieter et Cie n’ont exposé qu’un seul type. Tout ce que nous avons trouvé à relever, c’est que ce modèle est muni d’un casse-mèche à l’entrée du ruban dans les cannelés étireurs et à l’entonnoir du pot tournant, — et qu’un compteur permet de mettre dans les pots récepteurs une
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- quantité déterminée de boudin, en opérant le dégrè-nement de la machine quand la longueur fixée est emmagasinée.
- IY. — 10° Bancs à broches, exposés par la Société alsacienne.
- La Société alsacienne présente les quatre modèles employés dans les filatures : bancs en gros, intermédiaires, en surfin et en fin. Voici les écartements de broche à broche des types exposés avec les dimensions des bobines qu’ils produisent :
- DIAMÈTRE
- de la
- COURSE. ÉCARTEMENT. bobine.
- r 260 240 150
- Bancs en gros. 220 240 140
- 190 240 130
- Bancs intermédiairesj 170 160 240 220 125 110
- Bancs en fin j 145 200 100
- 130 170 85
- Bancs en surfin j 110 95 H* K* ^ Cn O O 70 65
- Ces machines ont été l’objet d’un assez grand nombre de perfectionnements de détail. Ainsi les ailettes sont construites à simples et à doubles presseurs et disposées pour que le renvidage se fasse par l’ailette ou par la bobine. Les cous ont une grande longueur, de façon à avoir un petit angle d’inclinaison et pour éviter le glissement des courroies, surtout si celles-ci sont très larges. Une fermeture très soignée qui existe entre le bâti du mouvement et le premier bâti intermédiaire empêche entièrement l’approche des roues du mouvement pendant la marche et rend impossible la remise en train de la machine avant que les loquets qui la maintiennent ne soient fermés. Les cylindres cannelés ont leurs collets trempés, et le rang de devant est entièrement trempé. Tous les pignons de laminage sont en fonte ou en fer, trempés et taillés à la machine. On a appliqué sur ces machines les longs collets, système Mason, et les cylindres de pression à tables mobiles. Les porte-bobines sont à cornières polies en fer avec crapaudines en porcelaine. Enfin chaque machine est munie de son compteur de production commandé par l’arbre des broches.
- V. — 11° Continu à anneaux, exposé par la Société alsacienne.
- On sait toute l’importance qu’a pris dans ces dernières années le filage du coton sur métier continu. Employé dès le commencement de la filature mécanique, celui-ci est sans conteste l’une des machines qui ont subi le plus de transformations. Le nombre de formes d’ailettes essayé est considérable. L’invention de l’anneau, en allégeant sensiblement la broche, a permis d’augmenter beaucoup la vitesse de cette dernière et par suite la production; comme conséquence, on a cherché à produire une bobine identique à celle obtenue au renvideur.
- Gomme dispositions qui méritent d’être relevées dans le type à anneaux exposé par la Société alsacienne, nous mentionnons les suivantes :
- Deux tambours en fer-blanc commandent les deux rangées de broches. Celui qui reçoit son mouvement directement de la transmission le communique au second au moyen d’une large courroie avec galets de renvoi ou de tension.
- Les tambours ont des axes très longs en acier, marchant dans des douilles à rotule garnies d’alliage antifriction.
- La pression sur les deuxième et troisième cylindres est à sellettes et leviers avec cylindres en fonte garnis de drap et de cuir.
- Les broches, qui peuvent, sans vibrer et sans s’échauffer, marcher à des vitesses de 9 à 10,000 tours, sont disposées pour filer sur tubes en papier.
- Tous les pignons du laminage sont en fonte ou en fer, trempés et taillés à la machine.
- Enfin, le porte-bobines est en cornières polies en fer, avec crapaudines en porcelaine.
- V. — 12° Continu système Max Chapon, exposé par la maison Grün.
- Le continu Max Chapon, destiné à filer les grosses tresses de coton, est un métier à filer dont le principe est une combinaison du principe de la cocon-neuse et de celui du continu à ailettes. Comme dans la coconneuse, le fil pénètre dans un cône creux et se renvide sur une broche terminée par un cône plein. La bobine se forme par suite de la compression produite par le renvidage du fil sur la broche, compression qui force cette dernière à s’élever graduellement.
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- Mais au lieu de maintenir fixe le cône creux, on lui donne un mouvement de rotation dans lequel il entraîne la mèche à la façon d’une ailette et lui donne la torsion.
- La différence de vitesse de la broche et du cône produit le renvidage.
- Voici, du reste, la description qui a été faite de cette machine, représentée, figures 28 à 32, dans le journal VIndustrie textile1.
- « Rappelons d’abord sommairement le fonctionnement de la coconneuse. La coconneuse se compose d’un cône fixe c (fig. 29) dans lequel tourne la broche B terminée par un cône en bois c'. Le fil pénètre entre le cône en bois et le cône fixe par la fente ab et s’enroule sur la broche.
- La formation de la cannette se produit par le soulèvement progressif de la broche, dû à la compression que produit le fil en se renordant entre les deux cônes.
- « Les cannetles ainsi formées se dévident par leur intérieur, ce qui donne au tissage les avantages suivants :
- « 1° Suppression des tubes, le fil se renordant sur la broche nue ;
- « 1° Obtention d’une cannette dont on peut régler la dureté par le poids de la broche ou un contrepoids qui agit sur elle ;
- « 3° Dévidage plus facile au tissage et donnant par conséquent lieu à beaucoup moins de déchets et d’interruption dans le travail ;
- « k° A grandeur égale, une navette disposée pour cannette cocon contient plus de fil que celle disposée pour recevoir des cannettes ordinaires.
- « En effet, contrairement à ces dernières cannettes, qui, se dévidant par l’intérieur, ne doivent pas être forcées dans la navette, la cannette cocon peut et même doit le faire, de sorte qu’elle peut avoir un diamètre beaucoup plus fort et contenir plus de fil, étant donnée en outre la suppression du tube. Elle peut également être plus longue. On peut compter que la cannette cocon contiendra environ deux fois autant de fil qn’une cannette faite à ia main ou auren-videur en vue d’une navette de même grandeur.
- « Broche. — Au continu Max Chapon, pour donner, en même temps que le renvidage, de la toison à la
- 1. \. Industrie textile, vol. 1889, avril et mai, p. 180 et 237.
- mèche, afin de produire du fil, on fait tourner non seulement la broche, mais encore le cône, en conservant entre les deux une différence de vitesse qui produit le renvidage.
- « La torsion est donc donnée par le cône qui forme ailette, en ce sens que le fil venant du cylindre passe dans une petite échancrure s (fig. 30) du rebord du cône et est entraîné avec lui.
- « Ainsi que l’indique la figure 28, la broche est en deux pièces, composée d'une broche creuse a, recevant une broche pleine b, la broche creuse portant deux petites clavettes c, la broche pleine deux rainures longitudinales r correspondantes, de telle sorte que la broche pleine intérieure peut s’élever sous l’influence de la compression du fil, tout en participant au mouvement de rotation de la broche creuse. Cette dernière et le cône sont commandés respectivement par les engrenages EE', E, E\
- « Le fil descendant des cylindres ce' passe, ainsi que nous l’avons dit, dans l’une des échancrures s du cône, puis dans la queue de cochon q et de là pénètre par la fente a b entre les deux cônes.
- « La queue de cochon g (double pour équilibrer le mouvement), fixée sur la pièce m vis-à-vis de la fente a b, est entraînée par le cône dans son mouvement de rotation, mais se déplace verticalement avec le chariot H, le rebord de la pièce m étant relié au chariot par la pièce k fixée à ce dernier (fig. 31).
- « Le chariot fait une course de AO millimètres et donne, pour chaque allée et venue, une couche de fil après laquelle, la broche venant à s’élever, la couche suivante se dispose plus bas.
- « La machine est alimentée par des cannettes E provenant de cardes-fileuses. Les boudins déroulés par le tambour T passent entre les cylindres c et c', puis à travers la queue de cochon Q', et enfin se rendent à la broche de la manière indiquée plus haut.
- « Renvidage. —D’après la description de la broche, on voit que la bobine se forme par la superposition d’une série de cônes toujours identiques, c’est-à-dire partant d’un même diamètre maximum pour arriver à un même diamètre minimum, ou inversement, suivant que l’on considère une course ascendante ou descendante du chariot.
- « Les nombres de tours de la broche et du cône restent constants, par suite aussi de leur différence, c’est-à-dire le nombre de tours de renvidage. Or, quand le renvidage se fait sur le petit diamètre du
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- Fig. 30.
- Fig . 31
- Fig. 29.
- Fig. 28,
- Métier a filer de M. Max Chapon. (Coupe transversale,
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- Fig. 32. — Métier a filer continu de M. Max Chapon. (Vu en bout, du côté du mouvement.)
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- cône, la longueur renvidée sera moins longue que sur le grand diamètre. En adoptant donc un nombre de tours de renvidage correspondant au diamètre moyen du cône, il arrivera que tantôt le fil sera trop lâche et flottera, tantôt qu il sera trop tendu et cassera.
- « Cet inconvénient est supprimé en imprimant un mouvement de montée et de descente, en rapport avec le mouvement de montée et de descente du chariot, aux cylindres c et c', portés à cet effet par une série de leviers L qui reçoivent ce mouvement par les bielles D, les leviers G et la came Q qui agit sur le levier porte-galet R.
- « Les cylindres jouent de la sorte un rôle analogue à celui de la contre-baguette dans les métiers renvi-deurs. »
- Cette machine, dont l’apparition date de quelques années à peine, est actuellement en plein succès, principalement dans les fabriques de couvertures (laine ou coton) ou de produits similaires, telles que celles de Cours (Rhône), Termonde (Belgique), etc.
- L’invention de cette machine a résolu le problème, depuis si longtemps posé, de produire de la trame floche, c’est-à-dire tordue seulement de la quantité strictement nécessaire pour lui permettre de résister aux opérations du tissage, ce qui offre de grands avantages pour les trames dont on tire le poil.
- Par suite de son mode de formation, la bobine se dévide par l’intérieur. Or il est reconnu qu’avec ce dévidage par l’intérieur, on peut mettre plus de fil dans la navette, le dévidage se fait mieux, donc la production du métier à tisser est augmentée et la quantité de déchets diminuée.
- Enfin le continu de M. Max Chapon offre encore un avantage sérieux au point de vue de la main-d’œuvre, de l’emplacement nécessaire, etc.
- V. — 13° Continu à anneaux, système de M. A. Vimont.
- M. Vimont, de Vire (Calvados), expose un métier continu à anneaux pour trames (petit spécimen de douze broches) dans lequel, contrairement aux métiers à anneaux ordinaires, il est possible de commencer la bobine sur un petit diamètre ; et cela grâce à un système de curseur qui, par la tension du fil, s’applique constamment sur la bobine en formation et lui donne en même temps une compression qui en assure la dureté. La tension se produisant avec ce curseur entre deux points très rap-
- prochés, la résistance du fil peut être très faible, ce qui permet de filer des trames et de produire une carmette pouvant aller directement au métier à tisser. La bobine obtenue ne diffère en rien de celle du renvideur.
- C’est en 1868 que M. Vimont a posé le principe du curseur-ailette qu’il emploie et auquel il a donné le nom d'ailette compensatrice. Il s’agissait de créer un agent d’envidage ayant la faculté de s’approcher ou de s’écarter alternativement de la broche en s’appliquant constamment sur la génératrice du cône de la bobine, depuis le commencement jusqu’à la fin du chargement, afin que l’action du fil qui entraîne cet agent s’exerce toujours très près du point d’enroulement, et afin aussi que le fil conserve toujours une même tension, quelle que soit la partie du cône sur laquelle il s’envide.
- Nous avons indiqué le curseur de M. Vimont en coupe figure 33 et en plan figure 3â : — b broche; — DD boîte cylindrique entrant à force dans les ouvertures ad hoc du chariot ; — AA couvercle entrant à frottement dur dans DD; — A porte autour de son ouverture un boudin en saillie demi-circulaire aa, cc± c2 curseur en acier, portant d’un côté une fourchette cc\, dont la partie c1 frotte sur le boudin a, et c reçoit le fil. — c2 partie plate s’appuyant sur a faisant équilibre à l’autre extrémité. — Parties ct et c2 logées dans la boîte. — Cette ailette compensatrice, légère et résistante, est en acier; elle évolue dans une boîte d’où ne sort que la partie qui guide le fil sur la broche; elle est mise ainsi à l’abri du duvet ou d’une atteinte accidentelle des doigts de l’ouvrière. Enfin elle assure la production de bobines dures et bien serrées avec du fil de trame le plus floche.
- A remarquer aussi dans ce métier la commande des cylindres étireurs. Le mouvement est transmis aux cannelés au moyen d’une courroie qui embrasse deux poulies légèrement et inversement coniques, de façon à donner aux cylindres une marche croissante depuis le commencement de la levée jusqu’à ce que le noyau de base ait atteint une certaine grosseur. Le régime de marche devient alors définitif. De largeur en rapport avec l’importance de la machine, conservant automatiquement une égale tension, la courroie a une marche rapide et, partant, une puissance d’action infiniment supérieure à ce qui serait exactement nécessaire, ce qui rend son action absolument fidèle.
- Ces points posés, on comprendra facilement, à la
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- vue des figures, la disposition et le fonctionnement de la machine.
- K'K'K'K' sont les bâtis; GG les cannelés; X la courroie commandant les cannelés.
- Q,R, tambours inversement et légèrement coniques qui permettent de donner moins de vitesse aux can-
- Fig. 33.
- nelés au point de départ du chargement des bobines ou cannettes, de sorte que le fil ait là, sur une certaine longueur, un peu plus de tension.
- a, b, c((:ig. 35), tambours horizontaux commandant la courroie h, qui transmet le mouvement aux broches.
- Fig. 34.
- Celles-ci, qui ont les dimensions de la broche du renvideur, tournent dans une gaine où, de leur cra-paudine à leur collet mobile, monte l’huile pour leur lubrification. Cette mobilité a pour but, comme nous 1 avons dit, d’empêcher toute vibration de la broche.
- A et B, tambours horizontaux semblables aux
- premiers : le tambour B sert de tendeur automatique à la courroie h; le tambour A sert à l’entraînement de cette même courroie. Tous deux d’ailleurs peuvent servir à cet entraînement et de tendeur à la fois, étant disposés à cet effet.
- y, y sont des boîtes contenant l’ailette d’envi-dage t, u, s (fig. 3A). Les parties pointillées de l’ailette évoluent dans ladite boîte. La branche qui guide le fil à la broche et contre le point d’envidage de laquelle elle appuie constamment sort seule de cette boîte.
- p, p, arbre moteur qui longe le métier et porte les poulies fixe et folle et les engrenages d’angle commandant les tambours horizontaux. f, poids de pression agissant sur le tambour B.
- Fig. 35.
- e, chaîne qui relie la patte coulisse dudit tambour au poids de pression.
- Ceci établi, nous croyons devoir attirer l’attention sur la commande des broches (fig. 35). La courroie est entraînée par une suite de tambours horizontaux légers, de même largeur que la courroie qui a tout au plus deux centimètres. Ces tambours sont com-
- Fig. 36.
- mandés séparément chacun par un engrenage ou par tout autre moyen. Us commandent chacun quatre broches seulement, deux sur chaque ace du métier.
- Cette division de la commande forme la partie la plus nouvelle et la plus importante de l’invention. Elle assure le bon entraînement de la courroie et des broches. Pressés par la courroie sur deux faces opposées, les tambours ont un mouvement parfaitement équilibré : — plus de tension excessive sur la noix des broches; plus d’arrêt par suite du bris des cordes ; — surface d’entraînement des broches considérablement augmentée; — transformation fidèle et uniforme du mouvement à toutes les broches par suite de l’égalité d’action de la courroie ; — facilité absolue d’arrêt de chaque broche séparément; —
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Octobre,
- il — T® Fascicule,
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- force absorbée moins considérable ; — ébranlement Tels sont les avantages considérables dont se des bâtis de la machine à peu près supprimé. réclame ce mode de commande. Aussi cette courroie
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- Fig. 37. — Métier continu de M. Vimont.
- à actions multiples, qui est applicable à toutes les machines à filer tant continues qu’intermittentes, constitue-t-elle un progrès considérable.
- Il est incontestable que ce métier, qui tient peu de place, réalise un grand progrès en filature. L’auteur, bien connu des industriels, nous paraît
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- être un de ces inventeurs dont les travaux ont souvent été utilisés par d’autres. Est-ce à dire, comme il le prétend dans une note autographiée que nous trouvons à l’Exposition, qu’il est « en droit de revendiquer la paternité de tous les perfectionnements appliqués dans les vingt dernières années aux métiers à filer et particulièrement aux broches à grande vitesse » ? C’est beaucoup dire. Cependant, en juge impartial, nous devons reconnaître, — pour ne citer qu’un exemple, — que le principe de la mobilité du collet et de la crapaudine, pour empêcher les vibrations de la broche et permettre ainsi les vitesses extrêmes, est appliqué maintenant dans toutes les broches, et que M. Vimont en a réellement exposé le principe dans son brevet de 1852.
- Voici, du reste, les quelques lignes que l’auteur consacre à l’historique de ses inventions :
- « La broche de mon métier, créée en 1878, fut contrefaite dès son apparition par un constructeur étranger. Depuis lors, sous diverses formes, elle a été employée par milliers en Saxe, en Allemagne, en Angleterre et même en Amérique.
- « J’ai été le premier, dès 1852, à signaler le principe de mobilité du collet et de la crapaudine.
- « J’ai été le premier dans mes brevets à indiquer la nécessité de donner à l’aiguillée une grande longueur, tant pour la bonne répartition de la torsion que pour l’élasticité du fil.
- « Dès 1868, le principe d’en-vidage que je viens de réaliser pratiquement a été découvert par moi et indiqué dans le brevet pris cette année-là. C’est pour réaliser, dans cet organe si essentiel, tout absolument ce qui le caractérise, fiue j ai travaillé sans relâche, avec une persévérance qu’aucune fatigue n’a rebutée, depuis 1868 jusqu’aujourd’hui.
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- Fig. 38.
- « A l’Exposition de 1878 où, près de ma machine à mesurer les étoffes, figurait un spécimen de métier continu à filer la laine cardée, j’avais présenté une ébauche d’un petit métier à filer le coton avec application de mon système d’envidage nouveau. C’est là que maints constructeurs étrangers vinrent me faire des offres, mais ce fut sans fruit pour l’inventeur, car les uns et les autres manquèrent à leurs engagements. Un autre qui ne m’avait offert aucun traité s’empara de mon invention, au moment où la législation sur les découvertes cessa de les protéger et, avec quelque différence de forme, l’appliqua à des continus qu’il vend en grand nombre depuis longtemps. »
- V. —• 14° Renvideur exposé par MM. J. Jacob Rieter et 6’ie.
- Ce self-acting est de 276 broches. L’arbre du métier a deux poulies : l’une fixe, qui commande les cylindres cannelés, la sortie du chariot et le mouvement des broches; l’autre folle, qui reçoit la courroie motrice lorsque des opérations précédentes ont pris fin. Le métier est mû par un renvoi commandé par poulies folle et fixe : c’est par l’arrêt de ce renvoi qu’on le met au repos; sur ce renvoi se trouve une poulie qui commande par courroie étroite tous les mouvements de la période du ren-vidage : on peut ainsi, quel que soit le numéro filé, donner la vitesse maxima aux organes qui les produisent.
- On a modifié quelque peu la têtière, qui est du système Parr-Curtis. Le manchon denté à goupilles, moteur de l’arbre à deux temps, est avantageusement remplacé par une friction conique dont l’embrayage est produit par un fort ressort à boudin. La sortie du chariot s’opère comme à l’ordinaire par un back-schafft : un dispositif particulier assure Pengrène-ment des roues qui le commandent, car au départ du chariot il se produit souvent un petit dégrène-ment partiel des roues qui se traduit par une production de vrilles, par suite de l’inertie de sa masse, de la grande vitesse donnée et de l’allongement des cordes.
- La rentrée du chariot s’opère par deux scrolls et un contre-scroll, puis par un troisième scroll dont la corde, enroulée sur un tambour hélicoïdal placé sur l’arbre de backschafït, donne le mouvement à ce dernier : de sorte que le chariot est non seulement commandé au milieu (comme dans le métier
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- Parr-Curtis), mais encore aux extrémités, ce qui évite la flexion et permet d’obtenir une rentrée des plus rapides, malgré la légèreté de construction de ce dernier.
- Le métier est muni du roller-motion, ou livraison de mèches pour les cannelés étireurs, pendant une fraction plus ou moins grande de la rentrée du chariot, absorbant le surcroît de torsion donnée. — Tous les bâtis sont combinés pour annuler les vibrations. — Le secteur est muni d’un régulateur. Un mouvement particulier fait avancer mécaniquement le doigt qui passe sur la chaîne pour compenser la conicité de la broche.
- Enfin toutes les mesures pour assurer la sécurité de l’ouvrier pendant le travail sont appliquées : couvre-engrenages, nettoyeur mécanique des dessus de chariot et porte-cylindres, cadres protecteurs des roues de chariot, mouvement permettant au conducteur d’arrêter instantanément le chariot pendant sa rentrée, etc.
- II. — Matériel de la filature
- DE LAINE PEIGNÉE.
- La Société alsacienne de constructions mécaniques et la Société des ateliers de construction de Bitsch-willer (anciennes usines Stehelin et Cie) exposent l’une et l’autre une collection très complète et soignée de machines pour le travail de la laine peignée. La maison Célestin Martin, de Verviers, qui s’est plutôt spécialisée dans la construction du matériel pour laine cardée, et que nous retrouverons dans cette spécialité, présente de son côté une carde pour laine peignée. En notant encore un gill-box à vis différentielles construit par M. Riche, de Roubaix, nous aurons indiqué tout ce qui, dans la galerie des Machines, mérite d’être remarqué au point de vue du peigné.
- Toutefois, avant de décrire les principaux modèles exposés, nous croyons devoir nous arrêter à diverses machines à laine qui se rattachent tout autant au travail du peigné que du cardé : nous voulons parler des échardonneuses et des ensimeuses. Nous examinerons donc tout d’abord : — une échardonneuse de construction spéciale exposée par M. Parfait-Dubois, d’Avesnes et Verviers; — une autre construite par M. Mérelle, de Roubaix; — une série d’échardonneuses ordinaires et un brisoir-huileur automate présentés par M. Célestin Martin, de Verviers,
- Nous allons examiner successivement ces diverses machines :
- 1° Broyeuse-ècliardonneuse de M. Parfait-Dubois.
- Nous ne jugeons pas à propos de retracer ici les essais qui ont été faits pour arriver à échardonner la laine chimiquement et mécaniquement; les deux systèmes ont rencontré leurs partisans dans tous les pays, et depuis nombre d’années la solution de ces deux difficiles problèmes a été poursuivie avec une persévérance qui fait le plus grand honneur à nos industriels français.
- L’échardonnage chimique, tel qu’il pourrait se pratiquer aujourd’hui sur la laine destinée au peignage et à la filature, a le grave inconvénient de nuire à la fibre, et chacun sait que rien n’est aussi délicat que celle-ci. D’autre part, aurait-il le précieux avantage de laisser la fibre de la laine à l’abri de toute action qui pourrait l’énerver, l’appauvrir et la dénaturer, l’échardonnage chimique sera toujours une opération difficile, entraînant une main-d’œuvre chère, des manipulations onéreuses, indépendamment d’une installation exigeant beaucoup d’espace et de nombreux appareils.
- L’échardonnage mécanique n’agissant que sur le chardon sans toucher à la fibre, tel est le véritable problème à résoudre. Avec une machine, le travail est régulier et constant, à la portée d’un personnel quelconque; il se fait à peu de frais et sans une installation dispendieuse.
- On comprend dès lors que l’idée de l’échardonnage mécanique ait séduit certains esprits pratiques. Aussi des chercheurs infatigables se sont dévoués à la solution de ce problème, souvent au prix des plus grands efforts et des plus lourds sacrifices.
- Dans la machine que nous avons représentée figure 39, la laine est étalée sur une table sans fin T et prise par les alimentaires A, B, garnis de pointes. Les rouleaux G, D l’étirent et la démêlent, avec un étirage pouvant aller jusqu’à 8 et même 10, sans fatiguer en rien la laine, puisqu’elle est libre sur toute sa hauteur. Les rouleaux E, F reprennent la laine à G, D avec un étirage de 1 ou 2, ou davantage si on le désire.
- Les rouleaux G, D, E, F étant élastiques, les graines et le chardon peuvent facilement s’y loger sans gêner en rien l’étirage; cette élasticité permet aussi à la laine de s’étirer sans se briser, quelle que soit sa hauteur.
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- Parfait-Dubois
- Fig. 39.
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- Les cylindres G, Il continuent l’étirage et le démêlage ; J, K la conduisent aux premiers cylindres écraseurs L, M; N, 0, réglés plus près, agissent sur les chardons qui auraient échappé à l’action des premiers.
- Ces cylindres sont lisses, et, n’avant aucun point de contact, ne peuvent nuire à la laine.
- Les volants à ailettes P, Q ont pour but de déta-
- cher la laine des écraseurs 0, N et, en la battant, de l’ouvrir en commençant à expulser une partie des chardons ; R, R' et R" sont des supports de propreté.
- Un autre type de machine a été construit avec un seul système de cylindres écraseurs, mais d’un plus grand diamètre. Afin d’éviter l’espace nuisible qui
- existe entre les derniers cylindres étireurs G, H, et les écraseurs, on y a placé un petit rouleau qui empêche la laine de s’y arrêter.
- Voici quelle est la fonction de la machine : c’est au sortir du lavage que la laine passe à l’échar-donneuse. A cette opération du trempage et du lavage, le chardon se gonfle, la cellulose dont il est composé étant poreuse. D’autre part, il se trouve garni à l’intérieur de petites graines jaunes ovoïdes. Or, lorsqu’un chardon ainsi préparé passe entre deux cylindres lisses et réglés à une faible distance, — distance sans contact, — l’eau contenue dans le
- chardon se trouve brutalement chassée des pores de la cellulose par la vitesse des organes, les petites graines éclatent au milieu du chardon qui se brise en fragments très courts, mais agglomérés et se désagrégeant avec la plus grande facilité.
- Le but de l’inventeur a été non plus d’agir sur l’exception des chardons, comme cela a lieu dans les appareils Offermann-Harmel, qui ne prennent la laine qu’au milieu de la carde après l’action des éplucheurs, mais d’opérer sur la totalité des chardons et autres matières contenues dans la laine brute.
- Il y arrive en dégageant le plus possible les char-
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- dons de la masse de laine et en les découvrant pour que l’action des cylindres écraseurs soit plus directe, sans toutefois abîmer la laine.
- C’est en faisant précéder l’écrasage par l’étirage de la laine brute que M. Parfait-Dubois est arrivé à un bon résultat.
- L’écrasage suit immédiatement l’étirage, de telle façon que la laine, aussitôt prise par les organes, ne peut plus se replier sur elle-même et emprisonner à nouveau le chardon dégagé par l’étirage. Les graines d’un fort diamètre sont écrasées par les rouleaux, et les chardons mis à découvert sont
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- Fig. 40. — Broyeuse-Échardonneuse de M. F. Mérelle.
- tous pulvérisés comme nous l’avons indiqué. La laine ainsi dressée et étirée se trouve bien préparée pour le travail de la carde, et on obtient toujours moins de blousse au peignage.
- L’étireuse-broyeuse étant indépendante de la carde n’offre pas l’inconvénient des autres systèmes, qui agissent forcément sur toutes les laines que le pei-gneur a à travailler.
- 2° Broyeuse-échardonneuse de M. Mérelle.
- Cette machine est fondée sur le même principe que la précédente, avec cette différence que l’étirage — ce que beaucoup d’industriels jugent plus avantageux — s’y fait verticalement entre les cylindres et non horizontalement.
- La machine consiste en un tablier A (fig. Al)
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- servant à étaler la laine et à la transmettre aux rouleaux étireurs, dont les deux premiers BB sont munis d’aiguilles et les suivants sont garnis de caoutchouc. Ces cylindres sont aussi nombreux qu’il convient pour l’étirage de la matière à travailler et ont des diamètres et des vitesses appropriés à ce but.
- L’étirage réduit la mèche de laine à sa plus simple épaisseur et l’amène, — en même temps que le chardon qui se trouve toujours aux extrémités de la mèche et qui est resté intact, — entre les cylindres broyeurs CC.
- En dessous des cylindres CC s’en trouvent deux
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- Fig. 41.
- autres DD, convenablement aménagés et disposés pour évacuer la matière et arrêter les filaments que les cylindres broyeurs pourraient enlever sur leur pourtour.
- Des couteaux HH’ sont adaptés contre la surface cylindrique des tambours CC' pour rejeter dans des augets GG' les filaments qui auraient pu échapper à 1 action des détacheurs DD'. La laine tombe sur une table sans fin E, et de là est amenée sur le sol ou dans une caisse.
- 3° Machines à échardonner exposées par M. Célestin Martin, de Verriers.
- Cette maison expose trois grandeurs de machines à échardonner :
- 1° Une machine grand système, de lm,220 de largeur, avec un peigneur de 0m,800 de diamètre, pouvant échardonner de 150 à 200 kilogrammes par heure, destinée à être utilisée dans les lavoirs, ainsi
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- que dans les fabriques de grande importance, surtout pour les laines à peigner ;
- 2° Une seconde machine de lm,220 de largeur, avec un peigneur de 0m,Zi00 de diamètre, accusant une production de 100 à 150 kilogrammes de laine et chardons par heure ;
- 3° Une autre machine plus petite, échardonnant par petites parties à la fois, construite spécialement pour les fabricants de draps et d’étoffes, qui n’ont besoin que d’une production limitée, et peuvent ainsi se procurer, moyennant une dépense relativement légère, une échardonneuse suffisant à leur alimentation : celle-ci produit de 60 à 90 kilogrammes, laine et chardons, par heure ; elle travaille sur une largeur de 0m,700, avec un peigneur de 0m,ù00 de diamètre.
- Voici comment ces machines sont ordonnées :
- La laine, déposée sur une table d’entrée, en couches plus ou moins épaisses, d’après sa qualité est amenée au moyen de deux cylindres alimentaires superposés dont l’un est muni de dents à crochet, à un tambour garni de fortes dents d’acier qui la prend et l’ouvre. Sous ce tambour est disposée une grille mobile que l’on ouvre d’autant plus que la laine est chardon-neuse ; —• un tablier à crochets amène les fibres dans la direction des brosses : les deux premières donnent la laine au cylindre peigneur, les autres servent à coucher la laine dans le peigneur. Sur les peigneurs, qui sont des cylindres en fonte, sont vissées des lames dentées en acier, qui les recouvrent sur toute leur surface. Dans la largeur de la lame interviennent, entre la racine des dents et l’espace qui précède l’autre rangée de dents, des rainures coupées dans la direction de la circonférence : il y a une rainure pour chaque dent, et chacune commence entre les racines des dents pour finir au dos de la lame ; puis les pointes des dents de la lame qui suit sont placées immédiatement en face du point où finit la rainure. Il est évident, par cette disposition, que les fibres de laine prises par les dents, forcées par les brosses cylindriques de se coucher en arrière, peuvent et doivent s’allonger dans ces rainures : malgré leur très petit volume, aucun chardon ni semence ne peut entrer ; ils restent à la surface du peigneur et sont infailliblement rejetés par les batteurs qui en approchent très près. Couchée dans les rainures, la laine ne peut pas être atteinte par les batteurs : elle reste donc absolument intacte, conservant toute sa force et toute sa longueur. Les chardons sont re-
- cueillis dans deux réservoirs convenablement disposés. Un ventilateur placé sous la machine aspire les poussières et les saletés, et les chasse en dehors de l’établissement par un canal préparé à cet effet.
- L’importance de cette machine pour les filatures et les fabriques de draps et d’étoffes de laine s’affirme chaque jour davantage ; aussi l’emploi en est-il devenu à peu près général. Un huilage vicieux cause en effet dans les fils des irrégularités, et par suite dans les draps des « ribaudures » ou des barres dans les étoffes ; il rend la filature mauvaise, provoque aux machines à carder plus de déchets à cause de la plus grande projection de fibres produites par le volant et nécessite un nettoyage des cardes plus fréquent.
- Le brisoir-huileur de M. Célestin Martin se compose d’une chargeuse alimentaire automatique et d’un appareil huileur consistant en deux bassins distincts, l’un pour l’huile l’autre pour l’eau, réglés au moyen d’une crémaillère de façon à déverser toujours une même quantité régulière et déterminée de chacun des deux liquides. Ceux-ci coulent dans deux petits bacs à crans ou gouttières placés sur la largeur de la machine et de là par des crans sur une planche, où se trouve placée une brosse animée d’un mouvement de rotation rapide qui mélange l’huile et l’eau et les distribue sur la laine. A la sortie se trouve un tambour-brisoir. La laine, dont l’épaisseur de couche est réglée à volonté au moyen d’une tôle mobile, passe sous les bassins sur un tablier métallique sans fin ; c’est là qu’elle est huilée. La quantité d’huile et d’eau mélangées que les réservoirs doivent fournir par quantité déterminée de laine se règle par une série d’engrenages de rechange, indépendants pour chacun : la répartition sur le textile en est toujours exacte, du commencement à la fin de chaque partie.
- Avec une machine de 1 mètre de largeur un seul ouvrier peut briser et huiler environ J,500 kilogrammes de laine en douze heures de travail. Il lui suffit de verser dans les deux réservoirs les quantités d’eau et huile nécessaires pour graisser la partie qu’il commence ; il n’y a plus alors qu’à remplir de laine la caisse de la chargeuse, l’ensimage se fait seul.
- La machine exposée est construite de façon qu’en
- h° Brisoir-huileur automate, exjposè par la même maison.
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- un tour de main tous les organes sont mis à découvert, ce qui est très utile pour le nettoyage qui suit de toute nécessité le travail de chaque partie.
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- 5° Carde à laine peignée avec avant-train, exposée par la même maison.
- Cette machine est une carde simple, munie d’un avant-train ou petit tambour de 0m,900 de diamètre, avec trois couples de travailleurs et détacheurs, un volant et un peigneur. Le tambour principal a lm,200 de diamètre, avec quatre couples de travailleurs et détacheurs, volant et peigneur.
- La laine est détachée du peigneur de l’avant-train par un rouleau transporteur qui l’amène au grand tambour. L’entrée se fait sur une table alimentaire qui fournit le textile aux petits cylindres garnis de fil taillé en dents de scie. Trois « roule-ta-bosse » superposés préparent et étirent la laine : le premier garni toujours à dents de scie, les deux autres en points triangulaires, le premier et le second étant munis chacun d’un cylindre batteur à lames qui enlève les chardons et paillettes et les jette dans des bacs en tôle de fer à ce destinés. Il n’y a vraisemblablement pas de batteur au troisième roule-ta-bosse, parce que cet instrument y serait sans but : comme il ne reste plus là de chardons, il ne pourrait plus enlever que de la laine.
- Le textile est détaché du dernier peigneur au moyen d’un peigne battant équilibré. La sortie se fait par trompette tournante pour former le boudin, et par un laminoir, suivi de l’appareil qui forme la bobine.
- 6° Matériel pour laine peignée, exposé par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Les différents modèles exposés par la Société alsacienne de constructions mécaniques sont les suivants : 1. Garde simple, à sept paires de hérissons;
- — 2. Garde double, à avant-train, — 3. Machine à aiguiser ; — h. Étirage de quatre têtes, sans frottoirs; — 5. Étirage de quatre têtes, à frottoirs; — 6. Bobinoir intermédiaire; —7. Bobinoir finisseur;
- — 8. Gill-box ; — 9. Étirage à pots, à deux têtes ; —10. Self-acting.
- Nous allons indiquer les particularités de construction qui, dans ces divers types, méritent d’attirer l’attention :
- 1. Carde simple à hérissons. — C’est là une machine principalement destinée aux bonnes laines et aux laines fines, qui demandent beaucoup de soin au cardage.
- Elle est munie d’une toile sans fin étaleuse, d’un briseur garni de lames de scie incrustées, avec chaque tournant de grand diamètre, sept hérissons et cinq coureurs. Sous le briseur se trouve un tambour débourreur dont la vitesse périphérique dépasse de beaucoup celle du grand tambour et sur lequel est montée une garniture spéciale à aiguilles très souples, mais clairsemées ; cet organe est réglé de telle façon que sa garniture pénètre légèrement dans celle du grand tambour, qu’elle maintient constamment dans un état de propreté absolu.
- Les supports des hérissons et coureurs sont tous à douilles entièrement fermées et faciles à remplacer en cas d’usure.
- Tous les tambours sont en fonte et parfaitement équilibrés.
- Les supports d’aiguisage du grand tambour et ceux du peigneur sont disposés de manière que les axes des rouleaux aiguiseurs et ceux des tambours à aiguiser ne puissent jamais former une surface gauche. Pour l’opération du réglage, on ne peut que rapprocher ou éloigner les axes des tambours qui restent rigoureusement dans le même plan.
- Signalons encore à la sortie un appareil échardon-neur, coupant les gratterons par écrasement entre deux paires de cylindres dont l’un est lisse et l’autre cannelé (brevet Offermann).
- La construction de cette carde est très soignée. Les cintres sont planés intérieurement, de manière à ne laisser entre eux et les fonds de tambours que l’espace rigoureusement nécessaire à la marche. Des fermetures couvre-engrenages, presque toutes à charnières et faciles à manier, mettent le plus possible les ouvriers à l’abri des accidents.
- 2. Carde double et à avant-train. — Cet autre modèle est généralement employé pour des laines très chargées, qui demandent un cardage puissant.
- La carde est fixée sur rails, et peut être divisée en trois parties au moyen d’un mouvement spécial de recul, afin de pouvoir se mettre entre les grands tambours pour le débourrage. Les parties mobiles marchent sur rails au moyen de galets.
- Les cylindres alimentaires et briseurs sont à lames de scie, et les garnitures ont leurs dents bien en quinconce et absolument uniformes.
- Supplément a l'Industrie textile du 15 Octobre.
- n. — 8» Fascicule.
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- Tous les tambours sont en fonte, parfaitement équilibrés et montés après le tournage, aün d’enlever de leur surface les petites imperfections que peut laisser l’outil du tour. A la sortie se trouve un appareil échardonneur.
- 3. Machine à aiguiser. — Cette machine est destinée à l’aiguisage des hérissons : elle peut en aiguiser quatre à la fois. Le réglage est bien parallèle au moyen d’un axe traversant pour chaque hérisson.
- h. Étirage de quatre têtes, sans frottoirs. — Le cylindre étireur de cette machine est à grosses cannelures et muni d’un manchon en cuir du système breveté Brazillier ; le cadre portant ce manchon est mobile et peut être enlevé en une pièce avec son manchon comme un cylindre de pression.
- La commande du hérisson est soigneusement construite et composée seulement d’engrenages taillés. Les roues de tête de cheval sont en une seule pièce ; leur axe et les deux engrenages taillés sont venus de fonte.
- Les clavettes, qui par leur usure donnent des secousses à l’arbre des hérissons, sont supprimées.
- L’isolement du râtelier permet à l’ouvrière de circuler facilement lorsqu’il est garni entre lui et la machine.
- 5. Étirage de quatre têtes, à frottoirs. —• Cette machine fait les premiers passages d’un assortiment de préparation composé, selon les genres à produire, de huit à dix passages. Sa construction est très solide ; elle peut travailler des rubans pesant 25 grammes au mètre.
- Elle est munie de doubles cylindres étireurs, commandés par engrenages en fer taillés et trempés.
- L’axe des hérissons est commandé au moyen d’une grande roue taillée.
- Il y a un mouvement de frottage par excentriques circulaires d’une construction nouvelle ; ce mouvement, qui frotte sur de grandes surfaces, ne prend aucun jeu.
- 6. Bohinoir intermédiaire. — On y a appliqué les dégreneurs électriques du système E. Mehl. Comme les mèches fines de laine ne supporteraient pas le poids d’un crochet ou guide assez rigide pour dégrener la machine mécaniquement, M. Mehl a remplacé ce crochet par un guide des plus légers
- qui par contact fait passer un courant électrique à un aimant produisant par un mécanisme très simple l’arrêt de la machine.
- Ce bobinoir possède un mouvement de frottoirs assez ingénieux, qui consiste à se servir du mouvement de va-et-vient produit par des excentriques circulaires pour opérer une circulation constante de l’huile dans l’intérieur du mouvement des frottoirs.
- 7. Bohinoir finisseur. — Cette machine représente le dernier passage d’un assortiment de préparation pour laines fines. Les bobines sont à simple mèche, et c’est ainsi qu’elles sont mises sur le râtelier des métiers à filer.
- On y a appliqué le mouvement de frottage à bielle et les dégreneurs électriques.
- 8. Gill-hox. — Ce gill-box paraît très soigné au point de vue de la construction. Comme particularité, nous remarquons qu’on y a fait l’application des manchons Bazillier.
- 9. Étirage à pots, à deux têtes. — C’est là une machine spécialement construite pour faire des mélanges de laines longues et courtes, c’est-à-dire de laines grossières avec laines fines ; elle est d’une grande importance pour les premiers passages d’un assortiment destiné à mélanger diverses laines de longueurs différentes.
- Cet étirage a deux hérissons placés l’un derrière l’autre, ce qui a pour effet de tenir les filaments courts très près des étireurs, tout en ayant une grande quantité d’aiguilles en contact pour les filaments longs. Il est sans frottoirs.
- On le destine toujours à faire plusieurs passages entre cardes et peigneuses.
- 10. Self-acling. — La construction de cette machine a été des mieux étudiées. Les tambours horizontaux sont bien équilibrés et marchent dans de longs supports à rotules. Le chariot est solidement relié par des traverses en bois de fortes dimensions.
- A noter aussi les patins plats avec roues de chariot larges pour éviter l’usure de ces pièces, ainsi que les garde-pieds devant et derrière chaque roue de chariot.
- Le dégraissage des broches se fait automatiquement et d’une façon continue suivant un système breveté.
- La commande des tambours de broches a lieu
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- par une triple corde et un volant à trois gorges sur l’arbre moteur ; elle est indépendante de la rentrée du chariot et du dépointage.
- La construction des supports de tête de cheval et des commandes des cannelés s’obtient par des roues intermédiaires tenues des deux côtés pour empêcher tout jeu.
- Ce self-acting est muni d’un régulateur Ruker, le seul qui agisse sur la vis du secteur pendant la sortie du chariot et qui conséquemment n’a aucune action sur les baguettes pendant le renvidage, ce qui est très important pour des filés très fins.
- Le mouvement des brise-mariage y est nouveau, et guide les dards pendant leur montée comme pendant leur descente.
- 7° Matériel pour laine peignée exposé par la Société des ateliers de construction de Bitschwiller.
- Dix machines sont présentées par cette importante maison : — 1. Gills; — 2. Étirage double, à frottoirs; — 3. Étirage double; — A. Étirage à frottoirs; — 5. Bobinoir (bobines cylindriques); —
- 6. Bobinoir (bobines cylindriques coniques) ; —
- 7. Banc à broches; — 8. Continu à filer, à engrenages; — 9. Continu à filer, à tambours ; —10. Self-acting, à engrenages (système Platt avec chariot parabolique).
- Nous allons les examiner ;
- 1. Gills ou étirage en gros. — C’est là une machine employée au défeutrage des bobines livrées par les peignages à façon ou à la préparation de la laine peignée pour les peignages système anglais. Elle est construite à plusieurs têtes, alimentée par râtelier mécanique, permettant de dévider régulièrement les bobines alimentaires, et munie d’un compteur.
- 2 et 3. Étirages doubles. — Dans les deux modèles exposés, ces machines sont construites avec et sans frottoirs, suivant les genres de laine travaillés ou le degré de défeutrage de ces laines. On les emploie généralement pour les mélanges des différents genres de laines peignées en écru ou en couleur. Les doublages y varient de 8 à 18. Les ateliers de Bitschwiller les construisent depuis 1855 et en ont successivement perfectionné la construction d’année en année. Nous y relevons l’application de comp-
- teurs comme pour les gills, et de râteliers mécaniques soit verticaux, soit horizontaux, qui donnent un dévidage régulier des bobines alimentaires.
- A, 5 et 6. Étirages et bobinoirs à frottoirs. — Ces machines sont employées pour préparer les mèches de préparation des filatures de laines peignées entre les étirages en gros ou gills et les self-actings en fin ou les continus à filer. On y emploie ordinairement de 5 à 9 passages suivant la finesse des laines et des numéros qu’on veut obtenir.
- Les ateliers de Bitschwiller ont exposé un bobinoir en gros (ce que nous avons relevé sous le nom Retirage à frottoirs), un bobinoir intermédiaire à bobines cylindriques, pouvant servir d’avant-finisseur, et un bobinoir finisseur à bobines cylindro-coniques. Ce dernier n’est généralement employé que dans certains rayons, beaucoup de filateurs préférant employer comme finisseurs les bobinoirs intermédiaires à double mèche, pour la facilité des levées, qui peuvent se faire pendant la marche des machines et afin d’avoir deux mèches par bobine alimentaire au self-acting ou au continu à filer.
- Tous les organes étireurs de ces machines sont construits de manière à pouvoir s’écarter à volonté avec un ou deux rangs d’enfonceurs ou avec un ou deux rangs de cylindres alimentaires, les deux cylindres alimentaires étant variables par un chariot spécial à écartement à vis pour les laines communes ou longues. Les frottoirs peuvent se tendre à volonté par les supports mobiles. Les pressions sont à ressorts et sont disposées de manière à pouvoir se soulever séparément ou toutes à la fois pendant l’arrêt.
- 7. Banc à broches pour laine. — Certaines laines communes, n’ayant pas beaucoup de crochet, préparées pour de gros numéros, se travaillent facilement sur les continus après avoir passé sur un banc à broches donnant une très légère torsion. Les ateliers de Bitschwiller appliquent à ce travail le banc à broches brisées, permettant de rapprocher le bout de la broche aussi près que possible du cylindre étireur. Le porte-système de cette machine est semblable à celui d’un bobinoir ordinaire pour laine commune, sans frottage, ce dernier étant remplacée par la petite torsion communiquée par les ailettes.
- 8 et 9. Continus à filer et à retordre. — A ces machines a été appliqué le brevet Peters, grâce auquel le pignon de broche reste entièrement indé-
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- pendant du cône qui l’entraîne pendant l’arrêt de la broche par l’ouvrier. La disposition de la pression des étireurs par l’application de ressorts agissant directement sur la pression y adoucit la marche des lamineurs. Les cylindres de pression du deuxième et du troisième étireur sont remplacés par de petits cylindres cannelés pour éviter le glissement des mèches fines. La commande générale des machines permet de donner trois ou plusieurs vitesses de broches, suivant le besoin du fil, et de rendre la commande d’un côté indépendante de l’autre côté.
- 10. Self-acting. — Dans le modèle exposé, les broches sont commandées par engrenages, avec application du chariot forme parabolique, qui ne peut s’appliquer qu’à ce genre de commande. La dilatation des arbres de broches, évitée jusqu’aujourd’hui par les manchons à compensation, est très atténuée par l’adoption de porte-collets et porte-crapaudines de broches en fer étiré au lieu de bois. — Le régulateur de secteur est du système Gally.
- 8° Gill-box à vis sans cames et à barrettes intermédiaires, exposé par M. G. Biche.
- La partie essentielle de cette machine réside dans le jeu des vis et dans celui des peignes ou barrettes.
- L’inventeur est parti de cette idée que les réparations de ces divers organes sont fréquentes et coûteuses, en même temps qu’elles occasionnent des arrêts et, par conséquent, des pertes de production ; qu’en outre les vis et les cames, telles que les comporte le mécanisme primitif, sont des organes difficiles à exécuter ; elles exigent les connaissances et la pratique d’ouvriers spéciaux, parce que le tracé et le montage en varient avec chaque numéro de gill-box. Enfin, si l’on considère la course verticale des barrettes dans tout gill-box donnant en moyenne 200 à 300 coups de barrette à la minute, on constate que la barrette est animée d’une vitesse de 0m,600 à 1 mètre par seconde pendant cette période ; or, à cette vitesse excessive, les barrettes quittant les vis de dessus dont la marche est en avant doivent venir s’emboîter sans transitions dans les filets de la vis de dessous dont la marche est en arrière et à retour brusque : c’est une sorte de balistique qui a pour conséquence la ruine rapide du mécanisme. II faut donc parvenir à réduire le plus possible la vitesse de translation verticale des
- barrettes. Tel est le problème que M. Riche a mis tous ses soins à résoudre dans la machine qu’il présente à l’Exposition.
- Le principe de ce nouveau gill-box consiste à ne faire parcourir aux barrettes, soit à la montée, soit à la descente, que la moitié seulement de la course verticale qui existe entre l’axe de la vis de dessus et l’axe de la vis de dessous. La barrette, amenée dans cette position intermédiaire, y reste stationnaire jusqu’à ce que les vis ayant fait une nouvelle révolution, la barrette voisine actionnée par le même mécanisme prenne sa place en la chassant verticalement pour l’engager dans l’une ou l’autre vis. Ce principe permet alors au constructeur de supprimer les cames ; c’est simplement une goupille d’acier très solide qui produit le mouvement nécessaire. Les barrettes s’actionnent l’une l’autre, et comme le contact ne cesse pas d’exister entre chacune d’elles, il en résulte l’atténuation de ce cliquetis désagréable qui caractérise la marche du gill-box. Grâce à la suppression des cames, on a pu augmenter le diamètre des vis ainsi que de leur noyau, ce qui a pour conséquence de rendre le mécanisme beaucoup plus robuste. D’un autre côté, la disposition permet de guider les extrémités de la barrette, pendant sa course verticale, sur la plaque de devant et non sur une dent de ressort, puisque, n’ayant plus à réserver le passage d’une came, on a pu entailler la plaque de devant en forme de guide rectiligne pour que la barrette s’y emboîte à la descente. Enfin la barrette n’est plus affaiblie par l’entaille qui servait à loger la dent du ressort, et le ressort lui-même n’est plus qu’une lame d’acier plat; sa fonction devient uniquement d’appliquer la barrette sur le bout du chemin supérieur pour éviter qu’elle tombe de son propre poids dans le vide présenté par le filet de la vis de dessous.
- A l’arrière des vis, les plaques n’existant pas, le guide rectiligne pour la montée est obtenu par deux petites équerres intercalées entre les vis et maintenues sur les supports; ces équerres présentent la même forme que l’entaille des plaques de devant : cette disposition générale, qui établit un guidage très efficace, supprime encore les dents que l’on taillait à l’arrière du chemin de dessus pour conduire la barrette.
- Une conséquence très importante de l’augmentation du diamètre des vis est d’obtenir pour une épaisseur donnée de la barrette, c’est-à-dire pour un même pas de vis, un filet beaucoup moins ram-
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- pant, et de faciliter par conséquent l’entrée des têtes de barrettes dans les filets de vis, ainsi que leur dégagement.
- Tels sont les avantages qu’on peut reconnaître à cette machine, qui mérite certainement d’attirer l’attention.
- Dans le gill-box représenté par la figure 42 les barrettes, au lieu de cheminer d’une manière ininterrompue et de passer successivement du coursier supérieur au coursier inférieur, et inversement, effectuent leur parcours en deux temps.
- Elles font d’abord une première moitié de leur course, puis, après une"pause, elles achèvent l’autre moitié.
- La figure indique bien clairement la disposition des vis motrices VV'. De même que dans des machines semblables, le pas de la vis inférieure est double du pas de celle de dessus V. Les barrettes sont maintenues et guidées par les coursiers G à la partie supérieure et par les coursiers G' à la partie inférieure, et leurs extrémités sont chanfrenées dans la direction du rayon des vis.
- Fig. 42. — Gill-Box perfectionné, de M. G. Riche.
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- Les extrémités des deux vis latérales V se terminent par un buttoir a, de sorte que, lorsqu’une barrette B est amenée à ce point, les vis continuant à tourner ces buttoirs la pressent vers le bas, c’est-à-dire 1 obligent à s’acheminer vers les coursiers inférieurs. Mais, en route, elle est maintenue contre le Iront des coursiers supérieurs G, dans la position intermédiaire B, par le ressort X. Elle s’arrête dans cette position jusqu’à ce qu’une seconde barrette vienne prendre sa place, en la forçant à redescendre en B" sur les coursiers du bas G'.
- Arrivées à l’extrémité opposée des coursiers inférieurs, les vis V’ portent un buttoir a2 disposé en sens contraire de celui des vis V, de sorte que le même mouvement et la même pause se répètent,
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- mais en sens inverse, pour la montée des barrettes. Toutefois, dans cette seconde partie de leur course, celles-ci ne sont pas maintenues dans leurs positions intermédiaires par des ressorts X comme précédemment. Elles arrivent peu à peu à l’extrémité du pas de vis, et les unes se succédant aux autres, elles se soutiennent mutuellement en s’élevant d’une façon successive.
- III. — Matériel de la filature
- DE LAINE CARDÉE.
- La laine cardée est représentée par deux constructeurs français : l’un, MM. F.-J. Grün, de Lure (Haute-
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- Saône), et Guebwiller (Alsace), que nous avons déjà rencontré sur notre chemin; l’autre, MM. Alexandre père et fils, de Haraucourt (Ardennes), — et par deux constructeurs de la Belgique : M. Gélestin Martin, de Verviers, et la « Société anonyme vervié-toise pour la construction de machines » (ancienne maison J.-D. Houget et Ch. Teston), de la même ville.
- Nous allons examiner les modèles présentés par ces diflérents exposants.
- 1° Matériel pour laine cardée exposé par M. F.-J. Grün.
- M. F.-J. Grün expose un type : 1° d’appareil Blamire pour carde repasseuse; — 2° de continu diviseur à lames d’acier; — 3° de continu diviseur à lames voyageuses en acier du système J.-S. Bolette ; — A0 un appareil à lames d’acier fixes, tambours voyageurs, système propre au constructeur; — 5° un métier renvideur pour laine cardée.
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- Fig. 43. — Appareil Blamire
- 1° Appareil Blamire avec enroulage à pression. — C’est là un appareil de sortie généralement appliqué à la carde repasseuse. Nous l’avons représenté figure A3 sur une carde à hérissons.
- Comme on peut le voir, la nappe N, détachée du dofler par le peigne P, vient se placer sur la toile sans fin ascendante T, pour suivre son chemin entre deux autres toiles sans fin Tj T2 qui la soutiennent. L’ensemble de ces toiles est suspendu par une corde portant un contrepoids et passant sur une poulie à gorge fixée au plafond ; le bas repose sur une sorte de chariot qui reçoit un mouvement de va-et-vient, dans le sens perpendiculaire à l'axe du grand tambour. En dessous se trouve une quatrième toile sans fin, animée elle-même d’un mouvement très lent, dans un sens perpendiculaire à celui du parcours de la laine dans la carde. La nappe sortant des toiles T, T2 se dépose sur cette quatrième toile : il se produit conséquemment, par la superposition d’un certain nombre de plis du voile du peigneur, une nappe, dont l’épaisseur dépend de la vitesse de cette toile. Cette dernière amène cette nappe à un appareil qui la met en rouleaux.
- avec enroulage a pression.
- Le constructeur a appliqué à cet enroulage une pression qui forme des rouleaux plus durs, par suite plus lourds, à égalité de diamètre, contenant plus de matière (ce qui produit moins de rattaches à la carde suivante), d’un transport plus facile et dont le déroulement se fait mieux.
- Les avantages de l’appareil Blamire sont manifestes. Il produit une nappe continue d’une longueur limitée seulement par le diamètre du rouleau qu’il fournit en enroulant cette nappe sur un mandrin. Il a l’avantage de ne pas solidariser les cardes de deux passages successifs, comme le fait l’appareil étaleur écossais, ce qui produit une perte de temps et, par suite, de production lors des arrêts de l’une ou l’autre carde pour cause d’aiguisage ou de débourrage. Enfin, il convient surtout pour les matières courtes, pour lesquelles il est impossible d’employer, soit l’appareil à grande nappe, soit l’étaleur écossais.
- 1° Continu diviseur à lames d'acier. — Nous rappellerons sommairement les avantages des continus à lames d’acier, sans y insister, le principe de
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- ces machines étant bien connu actuellement de tous les filateurs. Ces avantages sont :
- 1° Possibilité de filer les matières les plus courtes sur ces diviseurs, les laines renaissance et même les déchets, à des taux plus élevés qu’à tout autre appareil.
- 2° Grande facilité pour transformer un continu disposé pour un certain nombre de fils en un autre d’un nombre de fils différent, en ayant simplement des divisions de rechange, ce qui permet d’utiliser le même appareil pour travailler des matières différentes de qualité et de longueur, et de produire des boudins de numéros très différents sans perte de production.
- 3° Production plus grande qu’aux appareils à pei-gneur divisé, la totalité de la surface du peigneur étant utilisée.
- Les matières courtes se divisent absolument sans difficulté sur les continus à lames. Pour les matières longues, il faut avoir soin de presser fortement les lames contre les manchons (appareil Bolette) ou contre les tambours garnis de cuir (appareil Grün), afin de maintenir les filaments sur la plus grande longueur possible pendant la division.
- Pour matières courtes, fines et faciles à boudiner, nous conseillerons 80 bons fils sur 1 mètre de largeur et simple frottage. Pour matières longues, rugueuses et difficiles à boudiner, il est bon d’employer le double frottage et de diminuer le nombre de fils à 50 ou 60, suivant les qualités des laines à filer.
- On obtient la régularité des fils du haut et du bas par une pression plus ou moins forte des lames sur les manchons.
- 3° Continu diviseur à lames voyageuses en acier. — Dans l’appareil à lames d’acier voyageuses de M. Bolette, les lames, au lieu d’être immobiles comme dans les premiers continus de ce genre, sont fixées sur des cylindres qui communiquent aux lames un mouvement très lent de va-et-vient en avant et en arrière. C’est ce mouvement des lames qui constitue le perfectionnement ; il empêche l’encrassement et les rend d’une propreté telle, qu’elles ne nécessitent aucun nettoyage; en outre, le point de travail étant constamment déplacé par suite de leur mobilité, elles ne se coupent jamais, et ne s’usent que très lentement et uniformément, tandis que l’introduction de la nappe dans les continus ordinaires est un travail difficile, nécessitant l’intervention de plusieurs personnes, l’introduction automatique système Bolette
- se fait en un instant par l’ouvrière, avec une grande facilité ; tous les fils viennent à la fois sans que l’on ait à se préoccuper des lames diviseuses.
- Cet appareil peut travailler à peu près toute espèce de matières, excepté pourtant les laines longues et fortes pour lisières ou tapis, qui, seules, offrent de sérieuses difficultés. Il est bon du reste de varier les dispositions suivant les matières à travailler; les matières courtes se travaillent et se divisent parfaitement sans la moindre difficulté et avec une précision remarquable ; mais, pour bien diviser les matières longues, il faut que les lames soient assez fortement pressées contre les manchons, de manière à bien tenir les filaments sur une grande longueur pendant l’opération de la division.
- Si les matières sont courtes, fines et faciles à boudiner, on pourra placer jusqu’à cent bons fils par mètre de largeur de travail, et alors le continu à simples manchons suffira amplement ; il n’en est pas de même si les matières sont longues, rugueuses, veules et difficiles à boudiner, parce que, dans ce cas, il se produirait du désordre et des mariages dans les fils ; il faut donc en diminuer le nombre à 60 ou 80 d’après les qualités de matières que l’on doit diviser et que le filateur lui-même peut seul apprécier.
- Dans bien des filatures, on travaille des matières fines et des matières communes sur les mêmes assortiments ; c’est une grande erreur, parce que les garnitures de cardes en souffrent trop, et on ne parvient plus à obtenir le même cardage des laines fines après avoir travaillé des laines communes.
- Il arrive pourtant qu’on ne peut faire autrement, mais, dans ce cas, il est bon de commander une division de rechange, afin de ne jamais être embarrassé dans le travail de ces matières, qu’elles soient fines ou communes.
- Nous avons représenté figures hlx et A5 deux continus dont les manchons frotteurs, l’un pour laine fines et ordinaires faciles à boudiner, l’autre pour laines communes, artificielles, difficiles à boudiner. La légende suivante fournit l’explication de ces figures :
- A Peigneur.
- B Peigne détacheur.
- G Nappe de laine à diviser.
- D Appareil servant à introduire la nappe automatiquement dans le diviseur.
- E et F Rouleaux oscillants auxquels sont fixées les lames K et L.
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- G et H Manchons diviseurs frotteurs.
- I I Manchons frotteurs (fig. 44).
- F I’ Doubles manchons frotteurs (fig. 45).
- J J Petits cylindres destinés à maintenir les lames contre les manchons diviseurs pendant leur mouvement de va-et-vient.
- K L Lames diviseuses en acier trempé.
- M N Parcours des lames.
- Pour bien régler l’appareil et obtenir un bon résultat, il faut avoir soin que les deux manchons diviseurs tournent bien ronds et soient approchés
- Continu a lames voyageuses en acier, de M. Bolette.
- l’un de l’autre à environ un demi-millimètre d’écartement.
- Les lames doivent être bien ajustées et ne jamais se toucher au point de croisement entre les deux manchons diviseurs, parce que, dans ce cas, il se produirait de petites boules de laine et des pointes dans les fils par suite de l’instant d’arrêt de la marche des rubans sous les lames. La régularité entre les fils du haut et ceux du bas s’obtient à volonté parla pression
- plus ou moins forte des lames sur les manchons.
- Si on trouve un fil irrégulier dans le nombre des fils obtenus, soit en haut, soit en bas de l’appareil, il faut changer la lame qui produit ce fil jusqu’à ce que celui-ci soit bon, parce que, dans ce cas, c’est cette lame qui, étant plus ou moins trempée que ses voisines, s’appuie plus ou moins fortement sur son manchon et prend par suite plus ou moins de filaments, pour former son fil.
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- 4° Appareil à lames d'acier fixes, tambours voyageurs. — Malgré tout l’incontestable progrès qu’elles réalisent, les lames d’acier voyageuses ont un inconvénient, c’est leur faible production, quand on a à produire des numéros fixes. La présence des lames K L ne permet pas en effet de donner aux manchons
- G H un mouvement de translation ; le frottement des boudins n’est opéré que par les manchons frotteurs. Il est vrai que, pour donner une adhérence suffisante, on ajoute un second manchon; mais le roulement se produisant entre une surface fixe et une mobile, l’action se trouve limitée, et par suite il faut beau-
- 0)7(0
- Fig. 45. — Continu a doubles manchons frotteurs pour laines communes artificielles.
- DIFFICILES A B0UD1NER.
- coup ralentir la machine ; de plus, l’extrémité des lames K L n’épousant pas toujours très bien la forme plus ou moins variable du cuir du manchon, il peut se produire des irrégularités. C’est pour cela que M. Grün a jugé bon de modifier la machine, pour le cas de la production de numéros fins.
- Son appareil est basé sur le même principe de division que le précédent, mais présente plus de simplicité, surtout dans le cas du double frottage.
- Le principal perfectionnement porte essentielle-
- ment sur les rouleaux diviseurs sur lesquels sont enroulées des bandes de cuir. Ces rouleaux sont ensuite tournés et égalisés au tour, et présentent par ce fait un avantage sur les manchons dont le cuir est plus ou moins régulier.
- Le même modèle sert pour le cas du simple et du double frottage.
- Il suffit d’ajouter ou de supprimer l’excentrique et la bielle de commande d’un des manchons de chaque frotteur.
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Novembre.
- ii. — 9* Fascicule.
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- Le nettoyage des lames s’opère par le déplacement des tambours diviseurs garnis de cuir, animés à cet effet d’un mouvement très lent de va-et-vient dans le sens de leur axe. Cet appareil, qui se construit beaucoup aussi pour déchets de coton, peut se faire avec disposition à 1, 2, 3 ou h cannelles et peut filer les plus gros numéros en ne comportant cpie 8 à 10 fils sur un mètre de largeur, jusqu’aux plus fins comme sur l’appareil Bolette.
- Cette machine peut être employée pour déchets de coton. En ce cas, on supprime le mouvement de va-et-vient des tambours diviseurs, qui n’a plus sa raison d’être, le coton ne devant pas être graissé pour être travaillé.
- 5° Métier renvideur pour laine cardée. — Ce métier est du système Platt. Ses fonctions bien connues sont l’étirage par le chariot, la torsion par simple vitesse, la torsion supplémentaire par double vitesse avec légère rentrée du chariot pendant cette période, le dépointage et enfin le renvidage avec la rentrée du chariot.
- Les métiers demi-automates ou mull-jennys, dont le renvidage est fait partiellement par l’ouvrier, sont encore très répandus en France pour laine cardée et cependant le renvideur possède sur cette machine des avantages incontestables, en ce sens que, tout le travail se faisant mécaniquement, le conducteur de la machine n’a plus qu’à rattacher les fils qui cassent ; son salaire peut donc être rabaissé, d’où diminution de main-d’œuvre. Le renvideur produit également des cannettes bien faites dans lesquelles les couches successives sont disposées mathématiquement, ce que ne peut faire le mull-jenny, où l’ouvrier guide à la main le fil le long de la broche. Enfin la production du renvideur est supérieure à celle du mull-jenny. Toutes les nouvelles filatures de laine cardée qui se montent actuellement abandonnent le mull-jenny comme métier à filer; quelquefois cependant, pour ne pas détruire des machines dont les organes sont encore en bon état, on accouple deux mull-jennys pour en faire un renvideur.
- 3° Matériel pour laine cardée, exposé par MM. Alexandre, père et füs, de Haraucourt (Ardennes).
- L’exposition de cette maison comprend notamment une carde simple avec diviseur à lanières et quatre tabliers, pour le travail des laines communes
- et difficiles à frotter, et une carde double avec char-geuse et peseuse automatiques.
- 1° Carde simple. — Les laines communes et toutes les matières difficiles à frotter sont en général très faciles à carder. Mais ce qui empêche de produire à la carde autant qu’on le voudrait, c’est la difficulté d’obtenir un grand nombre de fils à cause des mariages de ceux-ci sous les manchons frotteurs dont on réduit cependant la course le plus possible : c’est même ce qui oblige de diminuer la vitesse du peigneur et conséquemment la production, afin que les fils prennent assez de consistance en séjournant plus longtemps sous les manchons frotteurs.
- Ces inconvénients ont décidé MM. Alexandre père et fils à construire pour les laines inférieures l’appareil exposé, à quatre jeux de lanières et autant de paires de manchons frotteurs : il y a donc sous ces dernier une distance de trois fils entre chaque fil frotté, ce qui permet de donner à ces frotteurs une très grande course, sans craindre jamais les mariages. On peut avec lui plus que doubler le nombre des fils et augmenter beaucoup la production; le travail est en outre facilité, car, à cause du grand nombre, on peut obtenir des bobines de fils beaucoup plus fins.
- La carde exposée est de lm,20, à six travailleurs en fonte, — tambour de lm,20 de diamètre, — peigneur 0m,70, — tous les axes en acier — entrée sur table — sortie sur tambour à nappe.
- 2° Carde double. — Cette machine nous semble fort bien construite et excellemment comprise.
- En voici la disposition : entrée sur table, trois cylindres d’entrée, roule-ta-bosse, échardonneur — premier tambour : 0m,80 de diamètre, trois travailleurs, un volant, un peigneur, un transmetteur: — deuxième tambour : lm,20 de diamètre, six travailleurs, peigneur de 700 millimètres, sortie sur tambour à nappe.
- Au lieu d’être en fonte, les travailleurs sont ici en tôle d’acier, finis sur leurs portées au cylindre voyageur : ils sont aussi d’une précision mathématique, aussi rigides que ceux de fonte, pesant moins que ceux de bois, et conséquemment d’une manœuvre plus facile.
- La carde exposée est munie d’une chargeuse-peseuse mécanique spéciale, dont le but est de charger la laine à la carde en pesées réglées par avance en alimentant régulièrement une balance automa-
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- tique de laine bien éparse et non étendue en nappe.
- Le point particulier de cet appareil consiste en un cylindre à denture rentrante, appliqué à la caisse même de la chargeuse. Deux plateaux fixés sur les côtés de la machine supportent l’axe de ce cylindre; à l’intérieur de chaque plateau est ménagée une rainure excentrée. Deux autres plateaux à coulisses, dans lesquelles glissent des barrettes dentées, sont calés sur 1 arbre du cylindre à 25 centimètres l’un de 1 autre. Les barrettes portent, à chaque bout, un galet qui se loge dans les rainures excentrées des premiers disques. Lorsque le cylindre tourne, les plateaux extérieurs restant fixes, les barrettes suivent la courbe des rainures et font successivement saillir de l’enveloppe cylindrique, puis rentrer les dents dont elles sont armées. Durant la première partie de cette évolution, les dents entraînent la laine, dont la charge est régularisée par un peigne; pendant la seconde période, les dents se dégagent et laissent tomber la masse fibreuse sur la toile sans fin de la carde ou sur le plateau d’une balance. La disposition a pour avantage de ne point nécessiter l’emploi d un organe détacheur. Cet appareil est utile à tous les assortiments, mais surtout lorsque, au lieu de nappes, on produit des rubans pour alimenter les autres cardes.
- h° Matériel pour laine cardée, exposé par M. Cèlestin Martin, deVerviers (Belgique).
- Les divers modèles exposés par cette importante maison sont les suivants :
- 1° Assortiment de trois cardes de lm,10 de largeur ;
- 2° Carde à dents de scie ouvreuse de bouts;
- 3° Métier à filer, fixe et continu ;
- A0 Dévidoir mécanique;
- 5° Accessoires.
- 1° Assortiment de trois cardes de im,80. — L’assortiment exposé est un nouveau modèle du genre. Renforcé dans toutes ses parties, avec de larges bâtis, de larges demi-lunes, des arbres en acier plus gros à tous les cylindres, il offre une solidité et une résistance à toute épreuve,
- A 1 entiée de la première machine (carde briseuse) est adaptée une chargeuse automatique que l’ouvrier a poui mission d emplir de laine et qui alimente la carde. Pour des machines aussi larges, cette addition est indispensable, pour abréger la besogne de l’ou-vriei. Les dents à crochets dont est garni le rouleau
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- alimentaire de cette chargeuse sont fixées dans des règles en fer au lieu d’être placées dans le bois et ne peuvent jamais se détacher : le peigne, en retirant la laine du rouleau pour l’étaler sur le tablier qui l’amène aux cylindres alimentaires de la carde, la prépare déjà et la peigne en l’amenant sur sa longueur, il lui fait ainsi subir un travail préparatoire qui facilite le cardage.
- Les trois cylindres d’entrée de la carde et le rouleau échardonneur (roule-ta-bosse) sont munis d’une forte garniture en fil de fer taillé à dents de scie ; le roule-ta-bosse est d’un diamètre de 0m,280, il est surmonté d’un batteur à ailettes en fer qui enlève les chardons et paillettes et les jette sur une tôle en fer façonnée pour les recevoir. Le tambour a un diamètre de lm,180, il est entouré de six travailleurs de 0m,210 de diamètre munis chacun de leur cylindre détacheur, d’un volant de 0m,300 et d’un peigneur de 0m,680. Sous le premier détacheur à l’entrée est un rouleau ramasseur qui reprend les plaquettes ou mèches de laine que celui-ci laisse tomber et les rend au tambour.
- Le détachement du voile du peigneur se fait au moyen d’un peigne battant à grande vitesse, et la nappe se forme sur un tambour en bois qu’un mécanisme fait s’ouvrir après un nombre de tours déterminé par un compteur de tours : la nappe est coupée alors automatiquement d’un seul jet et en ligne droite par les mâchoires du tambour garnies de dents et la mâchoire supérieure présente un des bouts de la nappe coupée au rouleau entraîneur qui la dépose au pied de la machine. Cet appareil coupe-nappe est, le complément de la chargeuse ; la carde étant alimentée très régulièrement, il, s’ensuit que tous les matelas formés par un même nombre de tours de tambour sont ainsi égaux entre eux.
- Les matelas de la première carde ont une longueur égale à la largeur de la table alimentaire de la deuxième machine (carde repasseuse), ils sont croisés à cette seconde carde et donnés au tambour par deux cylindres d’entrée garnis de cardes. Le tambour de cette machine est de lm,180 de diamètre comme à la première, avec six couples de travailleurs et détacheurs, un volant, un peigneur, un peigne et à l’arrière un appareil sans fin formant un matelas de 12 mètres de longueur, muni d’une table de sortie avec appareil enrouleur pour former des rouleaux de matelas parfaitement réguliers.
- La troisième machine (carde boudineuse ou finisseuse, a son entrée disposée pour recevoir deux rou-
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- leaux de matelas se déroulant en sens inverse, ce qui est une garantie de plus pour arriver à une régularité absolue, la laine se trouvant retournée pour se faire travailler dans les deux sens : de grandes joues en fonte protègent et guident les bouts de ces matelas. Les deux cylindres alimentaires sont garnis de cardes, le tambour a aussi lm,180 de diamètre, avec six couples de travailleurs et détacheurs, comme aux autres machines, volant, peigneur et peigne; puis l’appareil diviseur est ici à lanières de cuir. — La division se fait ici au moyen de deux cylindres de 150 millimètres de diamètre, munis de gorges dans lesquelles les lanières se trouvent entassées, présentant une surface plane à l’entrée de la laine quand celle-ci se trouve pincée par les diviseurs ; les rubans de nappe divisés sont conduits par un très court chemin aux frotteurs qui les détachent eux-mêmes. — Nous avons interrogé à l’Exposition le constructeur lui-même pour connaître la [raison qui lui avait fait préférer les lanières aux lames d’acier soit fixes, soit voyageuses : des explications qu’il nous a fournies il résulte, qu’il estime que le mouvement donné aux lames dérange la régularité du voile et que, lorsque les lames sont arrivées au bout de leur course et au moment où elles rebroussent chemin, il se produit inévitablement une certaine secousse qui occasionne des pointes dans les fils. La maison construit du reste indifféremment tous les systèmes suivant les demandes.
- Voici maintenant quelques détails de construction de l’assortiment :
- Les tambours et travailleurs sont en fonte, mais les travailleurs sont en tôle de fer, sur laquelle on a appliqué un cartonnage, afin d’être plus facilement maniables lorsque les ouvriers doivent les enlever pour l’aiguisage et le nettoyage.
- Les cylindres détacheurs sont à petit diamètre et en fer creux de 5 millimètres d’épaisseur, de manière à mieux peigner la laine qu’ils enlèvent du travailleur, surtout celle constituée par les mélanges de Buenos-Ayres, à fibres inégales en longueur.
- Les volants sont en bois, montés sur cercles en fonte avec plateaux pleins en fonte, et possèdent chacun deux cylindres anti-projecteurs garnis de cardes : l’un derrière le volant, qui maintient la régularité de la nappe en interceptant le courant d’air que produit sous la machine la vitesse rapide de ce volant; l’autre placé par devant, sur le peigneur, qui contribue aussi à la régularité de la nappe en
- empêchant l’amas de flocons de laine au peigneur. En outre, ces volants sont couverts.
- Tous les cylindres, tambours, peigneurs, travailleurs et volants, sont traversés d’outre en outre par de forts arbres en acier.
- On a appliqué à ces machines un système spécial de coussinets articulés et de douilles mobiles en bronze. Ceux-ci, surmontés d’un réservoir à huile, sont complètement fermés et empêchent dès lors les fibres de laine de dessécher l’huile qui lubrifie les embases; de plus, par suite de leur mobilité sur les paliers, les axes reposent toujours uniformément sur toute la longueur du coussinet, que la machine soit de niveau ou non.
- Les peigneurs sont activés par engrenages du tambour, les cylindres d’entrée par le peigneur, au moyen d’un arbre de couche et par engrenages, les travailleurs par chaîne Gall et aussi par le peigneur, les détacheurs par courroie.
- Tous les engrenages sont protégés par des couvertures ou par des grilles.
- Les ouvertures des bâtis sur les côtés, sont fermées par des panneaux en bois. Le long des demi-lunes, de chaque côté, se trouvent des gardes en tôle d’acier pour empêcher la projection des flocons de laine en dehors des machines.
- Les poulies motrices sont munies d’un appareil de débrayage à crémaillère. L’appareil diviseur de la troisième carde possède aussi un appareil à crémaillère, pour faciliter sa sortie, quand on nettoie la machine.
- Enfin à chaque carde, sont appliqués des supports destinés à recevoir le cylindre ou appareil qui aiguise les tambours et les peigneurs séparément sur place. On se sert généralement pour l’aiguisage d’un appareil à meule voyageuse garnie d’émeri. M. Gélestin Martin a apporté à cet appareil un perfectionnement important, en faisant tourner les pivots dans deux longues douilles, ce qui évite l’usure et la déviation de l’appareil qui, dès lors, aiguise toujours avec régularité.
- 1° Carde à dents de scie ouvreuse de bouts, — Celte machine est utilisée dans les fabriques de draps et étoffes pour ouvrir les déchets de tissage, bouts de filature, fils détordus, etc., et les rendre floconneux, prêts à être remis directement aux cardes pour être à nouveau travaillés.
- Elle se compose d’une table alimentaire, de deux premiers rouleaux d’entrée cannelés, et de trois
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- petits cylindres superposés, avec un roule-ta-bosse, garnis de fil de fer taillé en dents de scie. Entre les deux rouleaux cannelés et les cylindres à dents de scie se produit un étirage qui rend déjà les bouts plus aptes à se faire ouvrir. Le tambour a un diamètre de 0m,560, il est surmonté de quatre travailleurs, d’un volant et d’un rouleau anti-projecteur. La laine est prise au tambour par le cylindre peigneur, d’où elle est détachée par un peigne battant, et tombe dans un bac en bois placé derrière la machine.
- Nous remarquons que, pour empêcher l’évaporation, on a recouvert les rouleaux d’une coiffe en toile de fer, à charnière, que l’on ouvre lorsqu’on nettoie la carde. Celle-ci travaille sur 1 mètre de largeur.
- 3° Métier à filer fixe et continu. — Le métier fixe de M. Célestin Martin est construit en vue de donner à chaque fil de boudin et à chaque partie de ce fil séparément, le degré exact de torsion nécessaire par rapport à sa grosseur. La finesse de torsion y est individuelle pour chaque broche et varie suivant le degré de finesse du fil qui se présente à son action.
- L’appareil qui sert sur ce métier à régulariser cette torsion pendant l’étirage, est une petite bascule ou levier coudé équilibré par un contre-poids et d’une mobilité parfaite, sous laquelle passe et s’appuie le fil d’alimentation pour arriver à la broche. Suivant l’excès de torsion que le fil reçoit en raison de sa grosseur, sa pression détermine l’abaissement de l’appui mobile, et par suite, le frottement de ce fil dans la gorge d’une bague régulatrice : la torsion ne se transmet plus alors que faiblement, mais, lorsque par suite de cette diminution, le fil s’est allongé et n’exerce plus sa pression sur la bascule, il se relève, n adhère plus à la bague, et la torsion se transmet plus uniformément.
- A remarquer que les broches de cette machine très légères, se lubréfient automatiquement, et sont munies chacune d’un réservoir à huile qui, rempli, peut suffire au travail de quatre semaines ; on peut leur donner une vitesse pratique de 6,000 tours par minute.
- 4° Dévidoir mécanique. — Cette machine, dont on se sert en filature pour dévider le fil des bobines et le mettre en écheveaux, est construite de 30 fils.
- Parmi les particularités qui la distinguent, notons le compteur de tours qui consiste en un pignon unique, entraîné par une vis sans fin. Il suffit de
- changer une plaque de fonte appropriée à chaque genre de hasplage pour obtenir les échevettes au nombre exact de tours indiqué sur cette plaque.
- Aussitôt qu’un fil casse, ou que la dernière échevette est complète, la machine s’arrête instantanément. Les bascules du casse-fils sont en fonte malléable et d’une construction très solide; elles sont munies de contre-poids mobiles servant à régler leur sensibilité.
- La couronne est solidement construite et munie de deux lattes mobiles pour faciliter l’enlèvement des écheveaux : un appareil spécial permet de retirer ceux-ci sans soulever la couronne.
- La marche de ce dévidoir est tout à fait silencieuse.
- 5° Accessoires. — A côté de ces diverses machines la maison expose un certain nombre d’appareils pour la carde : accessoires pour aiguiser et garnir, machine à rappel servant à l’aiguisage de deux travailleurs à la fois, appareils pour tourner les cylindres quand on les garnit, sabot pour tendre les rubans, etc.
- 5° Matériel pour laine cardée, exposé par la Société anonyme Verviètoise.
- La Société anonyme Yerviétoise expose les machines suivantes :
- 1. Battoir. — 2. Loup. — 3. Assortiment de trois cardes. — 4. Self-acting.
- 4° Battoir. — Cette machine, composée de trois cylindres à baguettes tournant dans un coffre fermé, sert à battre la laine, à en détacher la poussière, les petits brins de paille, etc., comme aussi à opérer un mélange plus régulier des laines de différentes couleurs. Un ventilateur y est adapté pour expulser la poussière.
- 2° Loup. — Celui-ci se composé d’un tablier alimentaire et d’un tambour briseur g-arni de pointes. La laine étalée sur le tablier, est saisie et amenée au tambour par deux cylindres cannelés- On s’en sert pour ouvrir les brins dont la nature n’exige pas d’échardonnage ou pour mélanger les lavines ensimées à la main.
- 3° Assortiment de trois cardes. — Cet assortiment se compose de deux machines à prépare w le cardage, dites droussettes, munies d’un tablier a limentaire et d’un appareil à former le matelas, au moyen d un
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- tambour ou d’un tablier sans fin de 10 à 15 mètres de long; — et d’une carde continue, avec un appareil continu à deux peigneuses à colliers.
- Ces machines, munies de 4, 5 ou 6 travailleurs, ont le tambour, le peigneur, les travailleurs et les preneurs en fer avec fonds polis. Le tambour peut, au besoin, être disposé pour recevoir des plaques de cardes, comme cela se pratique pour les machines à carder le coton.
- Les arbres des tambours, des travailleurs, des preneurs et du volant sont en acier et portés par des supports à larges assises munis de couvercles à charnières, qui préservent les axes de la poussière et en facilitent le graissage.
- La première des droussettes a un appareil nettoyeur servant à expulser de la laine les morceaux de bois, de paille, etc., qui s’y trouvent parfois et provoquent l’usure plus prompte des garnitures : par une sorte de peignage, il prépare en même temps les fibres à être plus facilement cardées.
- A cet assortiment est appliquée la chargeuse automatique, système Deru. Cet appareil a pour but l’alimentation régulière. La laine s’étale directement sur la table alimentaire ; celle-ci la conduit entre deux rouleaux qui la compriment en l’entraînant. Un batteur muni d’une rangée de dents et d’une ailette enlève ensuite, en l’ouvrant, la laine amenée par les rouleaux et la projette en couches superposées sur un tablier placé au-dessous de la toile alimentaire. Ce tablier conduit la laine aux cylindres d’entrée de la machine à carder. Une sonnerie indique à l’ouvrier le moment où il doit charger de nouveau l’appareil et couper le matelas à la sortie de la carde. — Les avantages de cet appareil sont : de peser tout en alimentant, de bien ouvrir la laine, et de l’étaler très régulièrement sur toute la largeur de la machine qui doit la carder.
- 4° Self-acting. — Ce métier nous paraît des mieux conditionnés. La plupart des engrenages moteurs y sont supprimés et remplacés par une seule corde passant à double tour dans des poulies à gorges qui commandent tous ses mouvements : il en résulte une grande douceur de marche, moins de bruit, moins aussi de chances de bris et de réparation. Il marche sans transmission intermédiaire avec deux poulies commandant, l’une la sortie, l’autre la rentrée du chariot. En outre, l’arrête-broche a un mouvement de rotation qui fempêche de produire pendant le renvidage un effet nuisible.
- V. — Matériel du filage de la soie.
- Cette spécialité ne comprend que deux exposants : l’un français, la Société des Chantiers de la Buire, à Lyon; l’autre italien, M. Giovanni Bataglia, à Luino (lac Majeur).
- 1° Matériel exposé par la Société des Chantiers de la Buire.
- Cette maison nous présente ses spécialités : 1. Des appareils jette-bouts système Léon Camel ; 2. De nouveaux asples de filature; 3. Un métier à filer à petit guindrage; 4. Un métier à filer à grand guin-drage; 5. Une batteuse mécanique système Nourrit; 6. Une autre batteuse système Coren.
- 1. Jette-bouts Léon Camel. — Les procédés de la filature de soie sont restés à peu près stationnaires pendant un grand nombre d’années. On cherchait seulement à perfectionner le mode de croisure des fils, à mieux disposer les bassines, etc.
- Mais une réforme bien autrement importante était à faire : M. Daïna la signala en inventant et en faisant breveter en 1857, sous le nom d’Attaca-Bave, un ingénieux petit appareil destiné à obtenir mécaniquement le jet des bouts ou brins de cocons. Comme on le sait, cette opération, qui a pour but d’ajouter au fil en formation le brin d’un nouveau cocon chaque fois que l’un de ceux qui alimentent ce fil s’est épuisé ou a été détaché par accident, exige, pour être faite à la main comme elle se pratique encore à peu près partout, une grande dextérité et une très longue expérience. Toutefois, bien qu’ayant sa raison d’être, il se répandit peu, car les résultats en furent insuffisants : tantôt les cocons étaient entraînés et venaient buter contre la partie tournante de l’appareil, tantôt le crochet extérieur destiné à casser le brin ne fonctionnait que d’une manière très imparfaite, et la soie produite était mauvaise.
- Mais en février 1886, M. Camel fit breveter et présenta aux filateurs un nouveau jette-bouts qui donna pour la première fois des résultats vraiment pratiques et réguliers. C’est celui que nous voyons fonctionner à l’Exposition.
- Cet appareil, comme tout ce qui a une valeur réelle, rencontra bientôt des détracteurs; on insinua
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- que l’invention n’était pas nouvelle, qu’elle remontait à plus de trente ans, et ceux-là même qui dénigraient le jette-bouts de M. Camel cherchèrent à lui opposer des Attaca-bave de leur invention qui n’étaient en réalité que l’ancien système Daïna avec quelques variantes sans importance. Aujourd’hui toute réclamation semble avoir disparu depuis que l’office des brevets d’Amérique, à la suite de contestations du même genre dans ce pays, a débouté de leurs prétentions tous les systèmes pouvant offrir au premier coup d’œil une certaine analogie avec celui de M. Camel.
- Le jette-bouts, tel que nous le voyons fonctionner à l’Exposition, se compose de trois parties :
- 1° Une pièce en bronze dont la tige cylindrique coulisse dans la douille d’un support en fonte fixé au moyen d’un écrou sur le platelage de la bassine. La tête en fourche de cette tige supporte deux petits coussinets en bronze;
- 2° Un tube vertical en acier sur lequel sont soudées une poulie à gorge et une lentille. Ce tube tourne sur les deux coussinets de la pièce précédente; sa poulie d’entraînement passe entre les deux branches de la fourche, et sa lentille est placée à la partie inférieure du tube, celui-ci dépassant en dessous la lentille d’une certaine longueur;
- 3° Un tube central en cuivre, portant à la partie supérieure et à la partie inférieure une agate percée et servant de guide au faisceau des brins dont le fil est formé; ce tube, qui se place à l’intérieur du tube en acier précédemment indiqué, est soudé à une calotte en cuivre nickelé qui empêche les brins de soie de tomber sur la poulie à gorge. Il est maintenu fixe par une vis qui l’attache à la tête à fourche, tout en lui permettant de se centrer exactement par rapport au tube extérieur.
- L’appareil ainsi construit fonctionne de la manière suivante :
- Le tube en acier reçoit par un cordon qui passe sur la poulie à gorge, un mouvement de rotation d’environ 1,800 tours à la minute; si l’on approche de sa lentille un brin de soie légèrement tendu entre le doigt de la fileuse et le cocon dont il provient, ce brin est saisi brusquement par cette lentille et il se plie en deux parties qui tendent à prendre une direction horizontale; la première partie s’enroule autour du tube au-dessus de la lentille et y adhère ; la seconde s’attache et s’enroule autour de la portion du tube qui se trouve au-dessous. En
- même temps, le cocon maintenu par son propre poids, se dévide de telle sorte, que le brin, après avoir accompli deux ou trois rotations autour de l’extrémité inférieure du tube, est projeté contre le faisceau ascendant, presque horizontalement si la vitesse de rotation est suffisante. Ce faisceau montant produit sur le bout de brin violemment projeté l’effet d’un obstacle; le brin se brise, soit sur cet obstacle même, soit en un point compris entre le faisceau et le tube en acier, c’est-à-dire sur une longueur qui, en aucun cas, ne peut excéder la distance de 2 ou 3 millimètres. L’extrémité du brin se trouve engagée sous un autre brin qui le relie intimement au fil déjà formé, ainsi que permet de le constater un examen au microscope.
- Le jet des bouts, opéré de la sorte, est instantané et infaillible. Le bout jeté est parfaitement soudé au fil du faisceau principal ; le bout laissé libre est extrêmement court; il n’y a jamais ni bouchons ni duvets de jetée, quelle que soit la vitesse de rotation des guindres. En éloignant le fil montant du contact des surfaces tournantes et en le faisant passer par des guides fixes qui le préservent de toute éraillure, on supprime tout frottement nuisible, on empêche la séparation des brins et on évite les cassures qui surviendraient si les cocons, par suite d’un arrêt des asples, venaient à sauter contre un organe tournant.
- Avec un appareil de ce genre, une ouvrière peut couramment filer par heure de 50 à 60 grammes de soie, au titre 11/13 (1).
- 2. Asples de filature. — En même temps que le jette-bouts dont nous venons de parler, M. L. Camel inventait une nouvelle disposition avantageuse d’as-pies de filature, indépendants, à petit guindrage, et permettant dans certains cas de ralentir le dévidage.
- La bave dont le bombyx tisse les cocons qui fournissent nos plus belles soies étant d’une grande ténuité, il faut, pour éviter les ruptures, tirer lentement le brin pendant qu’il se dévide. Or, comme chaque rupture occasionne du déchet, le dévidage lent améliore le rendement. Il facilite aussi le travail et permet de confier à chaque ouvrière un plus grand nombre de bouts à conduire. Mais, augmenter le nombre de bouts c’était, avec les anciennes dis-
- (1). V. Industrie textile : — année 1887, août, pages 378 et suiv.
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- positions d’asples, augmenter l’espace nécessaire à l’installation d’une filature et rendre la surveillance plus difficile; c’était gêner le travail de l’ouvrière qui perdait du temps à se déplacer pour atteindre les points extrêmes; c’était, par là même, nuire à la régularité de la soie produite.
- De nombreuses tentatives ont été faites pour concilier le filage à vitesse lente et ses avantages d’économie, avec une production de soie suffisante. Le filage dit à la tavelette, permettant à une ouvrière de conduire trois, quatre et jusqu’à cinq et six bouts, semblait répondre à ces deux conditions; mais la croisure qui se fait sur le bout lui-même n’est pas exempte de reproches. Les filatures classiques ont maintenu la croisure à la Chambon, bien qu’avec ce système, l’ouvrière ne tire jusqu’ici que deux bouts, rarement quatre, quelle produise relativement peu, et que la grande vitesse des asples occasionne un déchet considérable.
- Le problème était donc de pouvoir filer plus de deux ou quatre bouts, tout en conservant la croisure à la Chambon. Or, le filage à bouts multiples nécessite la séparation ou l’indépendance des bouts, tout au moins par couples (dans le filage à la Chambon), car il ne serait pas logique de conduire ensemble un grand nombre de bouts, si la rupture d’un seul devait entraîner l’arrêt de tous les autres. Ainsi, multiplier les bouts, les avoir indépendants par couples et restreindre l’espace occupé par l’outillage, tel était le desideratum.
- Les nouveaux asples de M. Camel satisfont à toutes ces conditions.
- En voici la disposition :
- Sur un arbre moteur sont placées, à intervalles convenables (environ 0m,30 à 0m,32), des roues de commande.
- Sur un autre arbre fixe parallèle au premier, sont accrochées en regard des chapes qui portent sur un même axe, à l’intérieur, une roue qui, s’appuyant sur la roue de commande précitée, se trouve entraînée par elle ; à l’extérieur et de chaque côté, un asple ou dévidoir.
- Avec cette disposition, trois appareils indépendants, à deux asples chacun, peuvent s’installer dans un espace de un mètre, c’est-à-dire dans un intervalle assez restreint pour que l’ouvrière puisse facilement en atteindre les extrémités. Elle peut donc ainsi surveiller et entretenir six fils de grège filés au système Chambon.
- Naturellement, l’espacement des appareils est
- variable à volonté, car rien n’est plus simple que de déplacer sur leurs arbres les roues de friction et les chapes.
- Chaque appareil ou chape peut être décroché et transporté pour l’enlèvement des flottes ou le remplacement des guindres ; il peut être également remis en place sans déranger le tournage des appareils voisins.
- La chape munie de ses deux asples ne pèse pas plus de 4kg,350. L’appareil exposé, paraît construit avec les plus grands soins. Les asples en bois dur très sec, sont munis de deux plateaux métalliques qui maintiennent leurs bras dans une position invariable. Un des bras est brisé pour permettre l’enlèvement de l’écheveau; pendant le dévidage, la partie mobile est maintenue en place par deux petits verrous latéraux qui permettent de l’enlever avec la plus grande facilité.
- Métiers à filer. — Bien qu’il soit possible, dans beaucoup de cas, d’installer les jette-bouts et les nouveaux asples dont nous venons de parler, sur d’anciennes bassines de filature, ces appareils ne peuvent vraiment réaliser tous leurs avantages que s’ils sont montés sur les métiers à filer spéciaux, construits avec le concours de M. Léon Camel, par les chantiers de la Buire.
- Ces métiers sont dits à petit ou à grand guin-drage, suivant le diamètre des asples ou guindres sur lesquels s’enroule la soie. Conformément aux habitudes commerciales établies, le petit guindrage correspond à un diamètre de 0m,50 et le grand à 0m,75. Cette différence de guindrage nécessitant dans le métier quelques différences de dispositions, nous en diviserons la description en deux parties.
- Voyons d’abord le métier à petit guindrage.
- 1° Comme l’indique la figure 46, ce type de métier à petit comme d’ailleurs à grand guindrage se compose d’une file indéfinie de bassines consécutives sur lesquelles court, dans toute la longueur, l’arbre unique qui transmet le mouvement à tous les jette-bouts.
- Parallèlement aux bassines, et faisant face aux fileuses, se trouve le bâti supportant les asples. Entre deux, on réserve un intervalle suffisant pour permettre à une ouvrière spéciale, dite rattacheuse, de surveiller tous les fils qui vont des bassines aux asples et les rattacher en cas de casse sans que la fileuse ait à s’en occuper elle-même.
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- Les asples étant disposés et mis en mouvement comme il a été précédemment expliqué, chaque fileuse peut, comme la rattacheuse, agir sur un système de tringles et de leviers qui permet de soulever chaque chape, de quelques millimètres, en faisant bnter sa roue d’entraînement contre un ressort-frein, de façon que chaque paire d’asples peut être immobilisée instantanément, en cas de rupture des fils.
- De l’arrière, la surveillante peut également à l’improviste arrêter les asples pour l’examen de la soie, ou pour le prélèvement d’un échantillon d’essai.
- Toute cette installation occupant un espace restreint a pu être enfermée dans une sorte de caisse en tôle et en bois, propre à bien concentrer la chaleur émise par un tuyau de calorifère qu’on a placé au-dessous des asples, pour sécher rapidement la soie.
- Deux engrenages héliçoïdaux, à axes perpendiculaires, transmettent, à l’aide d’une coulisse réglable, un mouvement alternatif à la tringle délicatement suspendue du va-et-vient, qui sert à répartir la soie d’une manière parfaitement uniforme sur les asples.
- Les barbins, qui donnent aux fils de soie leur direction, sont supportés par des tringlettes en fil de fer qui peuvent être, soit rigides, soit flexibles, pour remplir l’office de trembleurs.
- Des bassines, en cuivre étamé, sont supportées par un léger bâti en fonte. Le platelage est en cuivre jaune, il porte les godets à eau froide.
- Les jette-bouts, au nombre de six par bassine, sont montés sur un support qui peut avancer ou reculer au gré de la fileuse. Ils sont mis en mouvement par des cordons que commandent des tambours tournant à une vitesse de 500 à 550 tours à la minute; la vitesse des jette-bouts est ainsi d’environ 1,800 tours.
- Toutes ces dispositions présentent certainement des avantages précieux. Le métier n’offre au montage
- aucune difficulté et il est extensible, c’est-à-dire qu’on peut installer d’abord quelques bassines, puis en ajouter successivement un nombre quelconque. Les asples sont par paires, indépendants les uns des autres, ce qui permet de les arrêter isolément.
- Voyons maintenant le métier à grand guindrage.
- 2° Le métier à petit guindrage, que nous venons de décrire, convient parfaitement à la production des soies classiques souvent employées sous forme de grèges. Le petit diamètre des asples donne un dévidage plus lent et les flottes obtenues peuvent au
- besoin être portées directement au moulinage, ce qui supprime un dévidage et par suite le déchet inhérent à cette opération. Mais les fila-teurs veulent parfois un dévidage plus rapide, surtout quand ils opèrent sur des soies très résistantes. C’est sans doute pour répondre à ce désir que les Chantiers de La Buire exposent à côté du métier précédent, un autre analogue avec des asples d’un diamètre de 75e.
- L’asple est dès lors trop grand et trop lourd pour être disposé de la même façon. Son axe repose par ses extrémités sur un support fixe et par l’autre sur deux galets en fonte qui lui communiquent, par friction, leur mouvement de rotation. Cette disposition permet l’emploi des débrayages comme freins d’arrêt de l’asple, sans qu’on soit gêné pour l’enlever car tout organe supérieur est supprimé.
- La surveillante, la fileuse et la rattacheuse peuvent débrayer chaque asple séparément.
- Ces asples sont construits avec moyeux et bras métalliques pour éviter tout voilement causé par la chaleur ;les bannes seules sont en bois : l’une d’elles est coupée au milieu et les bras qui la portent sont articulés au moyeu. Les deux parties de la banne sont immobilisées par un crochet avec écrou d’arrêt ; elles permettent, en s’ouvrant, l’enlèvement prompt et facile des flottes.
- Fig. 46. — Métier a filer la soie a petit guindrage. (Construit par Les Chantiers de La Buire.)
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- Supplément a l'Industrie textile du 15 Novembre.
- ii. — 10» Fascicule.
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- Un plafond et des parois en bois, un plancher en tôle, concentrent, comme précédemment, la chaleur du calorifère»
- h. Batteuse mécanique. Pour compléter les avantages que présentent les appareils que nous venons de décrire, il fallait leur en adjoindre d’autres, capables d’apporter dans le battage préparatoire des cocons, une rapidité, une perfection et une économie en rapport avec celles qu’on avait réalisées dans le filage proprement dit.
- En face d’une production par fileuse, aussi considérable que celle dont nous avons parlé, le battage à la main est, en effet, trop long et trop coûteux; il doit céder la place aux batteuses mécaniques.
- Après avoir étudié, nous ont-ils dit, ce qui a été fait jusqu’ici dans cet ordre d’idées, soit en France soit surtout à l’étranger, les Chantiers de La Buire, d’accord avec les principaux fiiateurs, ont reconnu comme préférables les deux systèmes qu’ils exposent aujourd’hui sous le nom de :
- 1° Batteuse Nourrit-Buire.
- 2° Batteuse Coren-Buire.
- Cette désignation rappelle le nom des inventeurs qui avaient imaginé les dispositions primitives de ces appareils, auxquels la Société des Chantiers de La Buire semble avoir apporté tous les perfectionnements d’une construction irréprochable.
- Examinons d’abord la batteuse Nourrit :
- 1° Cette batteuse se compose, comme les métiers à filer précédemment décrits, d’une table et d’un bâti indépendants, en fonte, qui portent les bassines à battre, et tout le mécanisme du mouvement des balais.
- Les bassines sont en cuivre étamé, avec égouttoir et chenaux de vidange en dessous; elles sont munies chacune d’un barboteur par lequel arrive la vapeur qui doit porter l’eau à l’ébullition, d’un tuyau d’eau froide et d’un panier, pour l’enlèvement des cocons. L’eau froide est régulièrement fournie à la partie inférieure par un réservoir à niveau constant au-dessus de la table des bassines, et, à la panie supérieure, se trouve un arbre de commande horizontal portant des poulies excentrées à gorge. Sur ces poulies passent des cordons qui, en dessous, embrassent les poulies correspondantes d’un petit arbre parallèle auquel sont reliés les balais et qui se trouve ainsi soutenu lui-même par la tension desdits cordons.
- Cet arbre est articulé sur ses supports de façon à pouvoir monter et descendre parallèlement à lui-même, tout en recevant un léger mouvement dans le sens horizontal ; on comprend que ce mouvement lui est communiqué par la simple rotation des poulies excentrées dont nous venons de parler.
- On obtient ainsi, pour le battage des cocons, un excellent mouvement mécanique, aussi doux et plus uniforme que le mouvement à la main
- La manœuvre de l’appareil est d’ailleurs très facile. Par un seul coup de levier, on soulève d’abord toutes les brosses qui immédiatement s’arrêtent ; on charge chaque bassine de la quantité de cocons jugée convenable, puis on baisse le levier; d’eux-mêmes, les balais commencent alors leur opération et ils la continuent jusqu’au moment où, après un certain nombre de coups de battage réglable à volonté, un déclancheur spécial les arrête et les relève automatiquement.
- Les bouts des brins de cocons sont alors tous régulièrement attachés aux balais en poils de sangliers; une enfant les réunit en faisceau et les porte aux bassines à filer.
- Avec ce système, chaque brosse ou bassine peut largement alimenter six bassines montées à six bouts, c’est-à-dire produisant chacune de 55 à 60 grammes de soie, en titre moyen 11/13, le tout avec des cocons de qualité moyenne ; en d’autres termes, chaque brosse ou bassine peut largement battre, à l’heure, I>s,200 de cocons, qualité moyenne. Le travail effectué paraît fort bien fait. Une ouvrière peut conduire de deux à trois brosses.
- Les bassines de la batteuse en question étant disposées sur un même bâti longitudinal, les unes à la suite des autres, comme dans le métier à filer, la longueur de ce bâti est variable ainsi que le nombre des bassines. Il en résulte qu’on peut varier leur arrangement dans la salle de filature suivant la disposition et suivant le nombre des bassines-fileuses à desservir.
- Arrivons à la batteuse Coren.
- 2° Cette batteuse a les mêmes dispositions de principe que la précédente.
- Elle en diffère seulement par le battage des balais qui, au lieu d’être animés seulement d’un mouvement vertical de montée et de descente, reçoivent en même temps un mouvement de rotation sur eux-mêmes, soit continu, dans un même sens, soit alternatif, de droite à gauche.
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- T (fîg. h7) sur laquelle sont fixées, aux points voulus, de petites noix en cuivre N portant à la partie supérieure une échancrure n dans laquelle passe le faisceau de fils. Cette tige traverse de distance en distance des conduits-guides qui la maintiennent dans la position horizontale ; elle est ani-
- Matériel du filage de la soie exposé par M. Bataglia de Luino (lac Majeur).
- M. Bataglia expose un métier à filer la soie de quatre bassines et deux batteurs mécaniques des systèmes courants à la tavelle et à la Chambon, avec un appareil pour extraire la buée. Ce métier, tout à fait classique, ne présente rien de nouveau, mais comme la construction en permet l’application de tout système de jette-bouts, le constructeur y a joint les attache-fils de M. Léon Camel.
- VI. — Retorderie et divers.
- C’est la maison Ryo-Catteau, de Roubaix, qui en ce genre a l’exposition la plus variée. Dans son compartiment, qui comprend en outre diverses machines préparatoires de tissage que nous étudierons ultérieurement, nous relevons une doubleuse à casse-fil automatique instantané, un doubleur-retordeur à anneaux, un métier à mouliner mettant directement le fil en écheveaux, et un métier continu à retordre, système Lancaster. Nous trouvons encore un spécimen de métier à retordre dans chacune des expositions de la Société Alsacienne de constructions mécaniques, de la maison Grün et de la Société de Bitschwiller. Quelques machines accessoires, peseuses et pelotonneuses, figurent aussi au nom de divers exposants.
- 1° Doubleuse à casse-fil automatique instantané, exposée par M. Ryo-Catteau.
- Cette machine, excellemment construite, peut réunir depuis deux jusqu’à dix-huit bouts, et, bien que destinée plus spécialement à la laine, peut travailler indifféremment le coton, la soie, et le china-grass. On l’emploie notamment à doubler les laines les plus faibles. Sur le spécimen exposé, la vitesse de développement du fil est de 2 mètres par seconde et les bobines sont dures sans fatigue apparente pour le fil.
- L’écartement des broches doubleuses est de 22 centimètres pour les neuf bouts et de 26 centimètres pour dix-huit bouts.
- La machine exposée est à deux rangs de bobines. Le guide-fil est formé d’une tige ronde en fer
- Fig. 47.
- mée d’une très grande vitesse, pour opérer une croisure très écartée sur la bobine en formation. A l’une de ses extrémités, elle porte une palette mobile engagée dans une rainure hélicoïdale double et de sens inverse pratiquée sur un cylindre ; la rotation de ce dernier transforme le mouvement circulaire en un mouvement rectiligne alternatif.
- L’une des particularités les plus remarquables de
- Fig. 48.
- cette ingénieuse machine réside dans son système de casse-fil, représenté figure A8; — R, rouleau de propreté tournant dans une chappe mobile ; — ccc', pièce en fil de fer ayant son centre d’oscillation en O, se terminant à une extrémité cx par un œil en forme de queue de cochon et à une autre
- f
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- par un œil dans lequel s’articule une tige ronde e formant contre-poids (les poids et les longueurs de leviers sont tels que e tend toujours à relever la partie cj; — AB, lame pouvant osciller autour d’un axe A; — D accrocheur à quatre lames d, d1,^2, d3, animé d’un mouvement circulaire continu. — Le renvidage de chaque bobine s’opère par son contact avec un petit tambour horizontal qui est fou sur l’arbre; il est commandé par une courroie étroite agissant sur poulie fixe et folle, l’axe en fer qui traverse le fût de la bobine reposant sur deux fourchettes portées par une sorte de traîneau disposé de manière que la bobine soit toujours pressée contre le tambour par l’action d’un poids ou d’un ressort. Les fils, après s’être réunis dans une queue de cochon vissée sur une barre en bois B, passent sur le rouleau R tournant librement, garni de panne et servant en même temps à nettoyer et à lisser les brins, après avoir traversé l’œil c1 du casse-fil et s’être engagé dans l’échancrure n du guide-fil N, et enfin s’enroulant sur la bobine en formation. La tension des fils maintient le crochète1 en l’air; mais, si l’un ou les deux viennent à casser, le petit contrepoids e tombe, son extrémité vient dépasser le bout B de la lame AB, que l’accrocheur D vient faire pivoter ; ce mouvement, grâce à une série de tringles et de leviers, relève le rouleau R, l’amène dans la position R' dégrène le tambour et en même temps écarte de ce dernier la bobine en cours de formation.
- Pour que la vitesse acquise ne fasse pas faire une fraction de rotation à la bobine et pour faciliter la rattache en permettant de trouver aisément le bout cassé sans avoir besoin de dévider ladite bobine, les constructeurs ont imaginé un dispositif particulier qui arrête instantanément tout mouvement. Il s’agit d’une bande de cuir taillée en biseau à son extrémité inférieure et reliée sur le sens de sa largeur au mouvement dégreneur, qui agit de telle sorte que, lorsque l’effet du casse-fil se fait sentir, elle vient brusquement s’introduire entre le tambour et la bobine, faisant fonction de frein et immobilisant cette dernière.
- Le rouleau R étant relevé dans la position R1, les extrémités des crochets ccc1 deviennent facilement accessibles à la main de l’ouvrière. La rattache faite, l’abaissement du rouleau R suffit, par suite de dispositions mécaniques faciles à comprendre, pour ramener toutes les pièces à leur position initiale.
- La doubleuse est disposée pour assembler au
- moins huit fils; mais on n’a pas besoin, au cas où l’on voudrait doubler un nombre moindre, d’enlever les crochets inutiles. A cet effet, une tringle en fer en forme d’U renversé F F1, entrant à frottement dur dans deux ouvertures percées dans la plaque fixe J J1, permet d’immobiliser les crochets dont on ne se sert pas.
- Doubleur-retordeur à anneaux, exposé par la même maison.
- Ce métier permet de faire soit les deux opérations du doublage et de la torsion sur la même machine pour première torsion, soit le câblage. Il est muni d’un appareil casse-fil analogue à celui de la doubleuse que nous venons de décrire, et qui, dans le cas d’un fil manquant, arrête en même temps et l’alimentation et le mouvement de la broche intéressée.
- La livraison du fil se fait par trois cylindres : deux inférieurs et un supérieur de plus grand diamètre tournant dans le même sens; le rouleau supérieur s’appuie dans l’intervalle laissé entre les deux autres et ces derniers lui transmettent le mouvement de rotation.
- La broche verticale est commandée en bas par plateau et esquives coniques. Le mouvement du chariot portant les curseurs est disposé comme à l’ordinaire pour produire le renvidage sur une bobine à joues garnies de cuivre destinées à alimenter le métier à mouliner que nous décrivons ci-après.
- Le rouleau supérieur est placé dans une chappe montée sur une tige verticale portant une fourchette embrassant la broche entre deux bagues d’arrêt. La disposition du mécanisme est telle que l’accrocheur, en agissant, produit un petit soulèvement de cette tige, mouvement qui, en interrompant le contact des cylindres arrête la livraison du fil et, en soulevant l’esquive, produit l’arrêt de la broche.
- Un petit levier à manette, placé en avant du porte-broche, permet d’arrêter isolément chaque broche pour pouvoir rattacher.
- Métier à mouliner mettant le fil directement en écheveaux, exposé par la même maison.
- Ce métier, spécialement destiné à fabriquer les fils moulinés pour la broderie ou le remaillage au tricot, auxquels on doit donner une faible, mais très régulière torsion, met le fil directement en écheveaux composés d’échevettes à tours comptés.
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- Le porte-broche est analogue à celui du métier continu. Un tambour horizontal commande les broches : une ailette double, dont le pas de vis d'assemblage est placé près du collet et l’œil à environ la moitié de la hauteur de la bobine, donne la torsion. Un asple placé en dessus du métier appelle la matière emmagasinée sur la bobine, et une règle animée d’un mouvement rectiligne alternatif, portantes queues de cochon-guides, assure le rangement des fils sur les ailes de cet asple.
- Le spécimen exposé par M. Ryo-Catteau est d’une solide construction et permet les grandes vitesses. Il est à double dévidoir, permettant le fonctionnement de l’un pendant l’arrêt de l’autre pour le nouage et l’enlèvement des écheveaux. Tout le système de commande par engrenage assure l’égalité de torsion.
- Les figures 49 et 50 nous font voir la disposition du mécanisme, qui permet la sortie des écheveaux sans avoir besoin de soulever l’axe de l’asple; — O, axe de l’asple — DD, ailes du dévidoir; — c, roue à croisillons servant de support au tourillon O de l’arbre, portant une ouverture de la forme indiquée et deux joues latérales G c, c' c' ; —SS, support à fourche fixé au bcâti B de la machine. La roue c repose par sa rainure r sur S, de sorte qu’elle peut tourner autour du tourillon O au moyen d’une poignée m : pour enlever le mouliné de l’asple, il suffit, après avoir rattaché les bouts, d’amener line poignée d’échevettes près de G, de l’engager dans l’échancrure A, de lui faire faire dans le sens voulu un
- par 100 broches, et 100 kilogrammes en trois bouts n° 20 laine dans le même temps, avec une ouvrière et le même nombre de broches. Il peut d’ailleurs travailler indifféremment la laine, le coton, le lin ou le jute, et peut mouliner les 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8,
- D
- Fig. 50.
- 9 et 17 bouts et plus. Le périmètre des écheveaux est variable à volonté.
- Métier continu à retordre, système Lanscater, exposé par la même maison.
- Fig. 49.
- toui G G, et la torque, ayant échappé l’arbre du dévidoir, se trouve dégagée.
- D après les indications qui nous ont été données, ce métier, en laine mérinos (deux bouts n° 1), torsion oïdinaire, peut produire 70 kilogrammes par jour et
- Dans cet autre métier, imaginé par M. William Lancaster, d’Accrington, qui l’a appelé mule-throstle et disposé pour faire la fusée de filature ou la can> nette de tissage, le renvidage se fait directement sur la broche.
- Dans les continus à anneaux ordinaires, au fur et à mesure que la bobine s’envide, son diamètre croît ; par suite, il faut adopter de très grand diamètres de l’anneau et augmenter également le poids de la broche et de la bobine en vue de franchir les points morts. Dans le mule-throstle de M. Lancaster, aussitôt que les cylindres sont mis en mouvement, la torsion des broches est produite par les tambours et le mouvement élévatoire par l’excentrique ; tout le reste, mouvement d’entraînement, envidage, est l’œuvre du curseur. La compression de ce curseur sur l’anneau ne s’exerce pas que sur un point, il est en contact avec toute la partie supérieure de l’an-
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- neau; il n’est pas suspendu à l’anneau comme sur une pointe d’aiguille, mais il a au contraire une grande surface travaillante, et il est si intimement en contact avec la bobine ou avec la broche qu’il s’en sert comme point d’appui. Chaque broche a sa
- propre baguette guide-fil, indépendante des broches voisines : les flexions transversales sont ainsi évitées et il n’y a à craindre ni ballonnement, ni accouplement ou tout autre vice inhérent à ces baguettes.
- Les figures ci-contre font facilement comprendre
- WEFT COI»
- Fig. 52.
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- Fig. 54.
- LANCASTEH'S ÛRAVITY SPINDLE
- Fig. 53,
- Fig. 51
- nmniiir,!
- le jeu et la disposition du curseur :1a figure 51, qui représente l’ensemble de la broche et de l’anneau avec le curseur : une cannette de fils retors et une cannette de fils de trame; — la figure 52 donnant une vue du curseur; — la figure 53, la position de ce même appareil pendant le filage ; — et la figure 54 une vue de la broche de M. W. Lancaster.
- Comme on peut s’en rendre compte, le curseur est constamment en contact avec la broche, dont il se sert comme de point d’appui, de telle sorte que si le fil n’a pas assez de force pour entraîner le curseur, il est lui-même entraîné par le mouvement de la broche, attendu qu’il n’y a pas de point mort.
- L’entraînement est donc parfaitement continu.
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- Métier continu à anneaux à retordre, exposé par la
- Société alsacienne de constructions mécaniques.
- La disposition générale de la machine est celle d’un continu à filer ordinaire, moins le laminage. L’écartement des broches est pour les retors fins (type exposé) de 0m,070 et les anneaux ont de 0m,0A2 à 0'“,0/i5; la bobine produite a 0m,175 de longueur; mais pour les retors gros on porte cet écartement à 0m,080 et plus, avec des anneaux de 0m,060 et la longueur de la bobine est alors de 0m,210.
- Chaque broche peut être arrêtée isolément par un frein contre lequel on appuie le genou.
- Entre le bout de la broche et le guide-fil de sortie et immédiatement au-dessous de ce dernier, se trouve un brise-mariage, qui rompt les fils qui se sont réunis à la sortie des cylindres, de sorte qu’on obtient ainsi un retors exempt de fils mariés.
- Le râtelier est disposé pour bobines de selfactings, mais il peut l’être pour bobines de fil préalablement doublé sur des machines spéciales.
- Métiers continus à anneaux à retordre, exposés par la maison Grün et la société de Bitschwiller.
- La maison Grün expose un continu à retordre à anneaux avec la commande des tambours par cordes, et la société de Bitschewiller un métier à retordre auquel elle a appliqué le brevet Peters dont nous avons parlé plus haut.
- Machine à dévider, peser et peloter, exposée par M. L. Mouchère, d'' Angoulême.
- Cette machine est des plus curieuses. Elle se compose d une balance munie d’un récipient destiné à i ecevoir le fil qui doit former la pelote. Aussitôt que la quantité de fil est atteinte, un déclanchement électrique arrête le dévidage, suivant le poids qu’on a mis à l’avance dans l’autre plateau de la balance;
- 1 ouvrière coupe alors le fil et remet la machine en mouvement pour une autre pelote. Le courant élec-tiique est fermé ou ouvert au moyen d’aiguilles plongeant dans des bains à mercure. Lorsque le poids est atteint, le plateau tombe, fait sortir la balance des godets à mercure, le courant est interrompu, et le dévidage du fil s’arrête. Les pesées sont très exactes. Voici du reste la description plus détaillée de
- cet appareil que nous empruntons à Y Industrie textile 1 :
- Le but que s’est proposé M. Mouchère, d’Angou-lême, est de fournir des pelotes ou des écheveaux d’un poids absolument régulier. Il importe, en effet, que le consommateur ne soit pas trompé sur la quantité de matière qu’il achète et que le vendeur puisse contrôler le débit de ses produits.
- La méthode généralement usitée autrefois consistait à dévider préalablement, sur une bobine, le fil nécessaire à la formation d’une pelote ou d’un écheveau et à porter cette bobine à plusieurs reprises, sur une balance, jusqu’à ce que le poids voulu fût obtenu. Non seulement ces tâtonnements étaient longs et dispendieux, parce que malgré l’habitude professionnelle, les changements fréquents de fils et de pesées désorientaient l’ouvrière; mais, soit par négligence, soit quelquefois par un motif plus répréhensible encore, le personnel se contentait de pesages approximatifs au préjudice du vendeur et de l’acheteur.
- Divers moyens avaient été essayés pour peser automatiquement, à l’aide de déclanchements mécaniques, pour substituer la mesure de la longueur au poids de la matière filée; toujours l’économie de main-d’œuvre s’obtenait aux dépens de l’exactitude.
- M. Mouchère, qui, précisément pour les besoins de son industrie, se trouva aux prises avec ces difficultés, parvint, à force de recherches et de soins, à créer une machine à dévider et à peser automatiquement, d’une précision vraiment remarquable.
- Dès 1880, M. Mouchère se faisait breveter pour une machine qui dévidait les fils des écheveaux dans des pots en tôle, pesant tous exactement le même poids et placés sur les plateaux de balances automatiques, combinées chacune avec un déclanchement électromagnétique arrêtant au moment voulu le déroulement du fil à peser, c’est-à-dire lorsque le poids fixé à l’avance, quelle que fût la grosseur des fils ou des pelotes à confectionner, était atteint.
- Dans le but de permettre cette variation dans le poids et d’obtenir l’automaticité dans le dévidage, l’appareil était formé de deux parties bien distinctes, mais l’une obéissant à l’autre.
- La première était une balance à plateaux, recevant d’un côté le récipient destiné à recevoir et à emmagasiner le fil dévidé et de l’autre les poids
- 1. V. Industrie textile, année 1891, mois de juin, p. 258 et suivantes.
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- variant avec le numéro du fil ou avec la grosseur de la pelote.
- La seconde partie de l’appareil se composait d’un système d’entraînement du fil, dont l’action pouvait être déterminée ou suspendue par le jeu même de la balance, de manière à permettre ou à arrêter le dé vidage.
- Dans ces conditions, lorsque le dévideur avait fourni la quantité de fil nécessaire à la formation de la pelote et que ce fil s’était déposé dans le récipient porté par la balance, celle-ci, en se mettant en état d’équilibre, faisait cesser le dévidage.
- C’est bien là, comme on voit, un appareil d’une automaticité complète, puisque c’est l’organe mesureur qui commande l’organe délivreur ou fournisseur ; mais la partie intéressante réside dans le moyen à l’aide duquel les deux organes principaux sont rendus dépendants l’un de l’autre.
- L’un des plateaux de la balance, celui qui, par exemple, reçoit les pieds, porte une verge munie de deux aiguilles que le mouvement oscillatoire fait ployer dans deux petits godets remplis de mercure, ou bien les en fait sortir. L’un des godets communique par un fil avec un des pôles d’une pile, l’autre avec un électro-aimant qui vient se refermer sur le courant de ladite pile.
- Cet électro-aimant a pour fonction d’attirer un fer doux, placé à l’extrémité d’un levier, dont l’autre bout agit sur un cylindre presseur sous lequel passe le fil, de façon à l’appliquer sur une poulie toujours en mouvement. C’est cette poulie qui détermine l’entraînement du fil, mais à la condition que le cylindre presseur l’amène en contact forcé, ce qui n’a lieu que si l’électro-aimant attire le levier. Dès, en effet, que son action cesse, l’entrainement cesse également et le dévidoir s’arrête.
- Le jeu de l’électro-aimant ne peut se produire que tant que le courant passe, c’est-à-dire si les aiguilles plongent dans le mercure. Dès qu’elles en sortent, le courant, qui entrait dans l’une pour sortir par l’autre, se trouve interrompu et l’électro-aimant abandonne le fer doux, ce qui a pour résultat de supprimer l’action du cylindre presseur. Il est entendu que la pièce munie des aiguilles est isolée par rapport à la verge qui la relie à la balance.
- On voit que l’organe mesureur, la balance, reste absolument en dehors du courant magnétique, qui, ainsi, est sans influence sur sa sensibilité. De plus, comme l’entraînement du fil cesse lorsque le courant est interrompu, et que l’interruption a lieu au
- moment où les aiguilles sortent du mercure, cette sensibilité n’est altérée en rien, puisque ce moment peut être aussi proche que l’on veut de l’instant où la balance atteint sa position d’équilibre.
- C’est sur ce principe et d’après ces combinaisons spéciales que M. Mouchère établit ses appareils, soit qu’il s’agisse d’une machine à dévider et à peser plusieurs têtes ou balances réunies sur un même bâti avec un arbre unique de transmission, soit d’une machine à dévider, peser et peloter, comme celle que nous représentons.
- Avec la première, sur un bâti à dix têtes, deux ouvrières peuvent obtenir, en une journée de douze heures de travail de dévidage et pesage, 70 kilogrammes de laine par fractions de 35 à 50 grammes.
- En donnant plus de vitesse à la machine et en opérant sur de fortes parties, deux ouvrières actives peuvent augmenter cette production et la porter à 100 kilogrammes. Dans ce cas, l’emploi d’un moteur mécanique est nécessaire ; mais, jusqu’à six têtes, l’appareil peut être mû à la main.
- La machine à une tête, que nous allons décrire, est particulièrement utile pour la mise en pelote des petites commissions; elle fonctionne à la main et une seule ouvrière peut, sans dépenser plus de force que pour faire une pelote, opérer en même temps le dévidage et le pesage de la laine qui doit faire la pelote suivante. Le bâti est disposé de façon à ce que l’ouvrière ait sous les yeux et puisse faire son travail sans se lever ; elle peut ainsi, en un jour, dévider, peser et peloter 12 à 15 kilogrammes de laine.
- Voici la description complète de la machine à dévider, peser et peloter. Les figures 55 et 56 représentent dans son ensemble, son élévation et son plan, la machine en fonctionnement.
- La figure 57 en est une section transversale faite par l’axe de la peloteuse, suivant la ligne 1-2.
- Les figures 58 à 62 sont des détails de divers organes, que les vues d’ensemble ne montrent qu’im-parfaitement.
- Parlons d’abord des dispositions générales. Le bâti, composé de deux chevalets en fonte A, porte le banc de même métal A', disposé pour recevoir :
- 1° Les chaises B de la tablette b sur laquelle est fixé le mécanisme de la balance ;
- 2° Les consoles B', dont la table b' porte le dévidoir;
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- Fig. 55. — Dévideese-Peloteuse de M. L. Mouchère.
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- Fig. 56. — Plan
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- Supplément a l’Industrie textile du 15 Décembre.
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- 3° Les bras c auxquels est suspendue l’arcade G destinée à maintenir l’axe du ballon de la peloton-neuse et aussi la poupée C', dans laquelle tourne l’axe des ailettes qui distribuent le fil ;
- U° L’arbre de commande a. muni de la manivelle a', et de la poulie de transmission P.
- Sur la table b est fixé par trois vis le dévidoir D composé, comme l’indique le détail (fig. 59), de
- Fig. 57.
- deux bobines d et d', celle supérieure maintenant la tension de l’écheveau par l’action du levier à contrepoids D'. Se déroulant de la bobine supérieure, le fil se passe dans une queue de cochon c (fig. 55), traverse une pince c, une fourche ménagée entre les deux branches du levier / et s’engage entre le tambour E et le galet E'.
- Le levier f monté sur l’axe f porte d’un côté le galet E' et la pince é, et son bras opposé est muni
- d’un contrepoids et d’une armature j, située directement au-dessous d’un électro-aimant G installé sur la tablette b\ à l’intérieur d’une boîte munie, comme
- Fig. 58.
- à l’ordinaire, de bornes auxquelles s’attachent les fils conducteurs qui viennent de la pile F', reposant sur une tablette portée par le chevalet de gauche (fig. 55 et 56).
- Lorsque l’armature est suspendue à l’électroaimant G, le galet E' est en contact avec le tambour E et c’est celui-ci, en tournant, qui dévide le fil et le dirige dans le récipient R placé sur le tableau H' suspendu par des tringles au fléau H de la balance.
- On remarquera que l’axe du galet E' repose libre-
- Fig. 59.
- ment entre les bras du levier /, afin de permettre au besoin de l’enlever rapidement et que la position de l’axe f de ce levier est réglable à volonté, étant
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- engagé dans des coulisses ménagées à cet effet dans un support B'. Il en est de même de l’armature g, que l’on peut faire glisser sur sa tige pour régler sa distance de l’électro-aimant G.
- Fig. 60.
- Afin que le fil ne se dépose pas en cône dans le récipient R (fig. 55 et 56), le levier f est muni d’une plaque h, sur laquelle frappe le fil; celui-ci prend alors un mouvement ondulatoire qui l’oblige à remplir toute la capacité du récipient ; une deuxième plaque placée latéralement empêche qu’accidentellement il vienne se placer en contact avec la poulie de commande ju; enfin une troisième plaque h' (fig. 60) s’applique sur la périphérie du tambour à la hauteur du banc A' pour détacher le fil dans le cas où il adhérerait.
- Le fléau H de la balance (fig. 62) est monté sur couteaux à la façon ordinaire et reçoit, sur un petit plateau I, monté sur le bras opposé à celui du grand plateau H', les poids destinés au pesage ; au-dessous est suspendu à une tige un contrepoids I' servant de
- Fig. 61.
- tare au récipient, le réglage s’effectuant au moyen du petit curseur f (fig. 62).
- Sur le fléau, près du petit plateau I, est vissée une barrette transversale munie de deux pointes i',
- dont les longueurs inégales se règlent au moyen de vis à tête moletée et qui sont destinées à plonger dans des godets j remplis de mercure installés directement au-dessous, sur la plaque et qui sert de siège à la balance.
- Ce sont ces pointes qui doivent fermer le circuit du courant électrique produit par la pile F' sur le parcours de laquelle se trouve l’électro-aimant G.
- Au début du pesage, le poids placé sur le plateau I emporte naturellement le récipient, et le fléau est alors incliné à gauche, dans la position représentée par la figure.
- Dans ce cas, les deux pointes plongent dans le mercure, le courant est continu et l’armature j maintenue en contact avec l’électro-aimant ; alors le
- .. i
- Fig. 62.
- galet E' reste appuyé contre le tambour E et par suite entraîne le fil.
- Dans le cas contraire, c’est-à-dire quand la quantité du fil dévidé engagé dans le récipient vient à équilibrer le poids placé sur le petit plateau de la balance, le fléau prend la position horizontale; il ne reste plus alors que la plus longue des deux pointes plongées dans le mercure et le circuit se trouve interrompu ; l’armature, boulonnée aussitôt par l’électro-aimant, s’abaisse, faisant osciller le levier f et, en même temps que le galet presseur E' se trouve soulevé, la pince e est serrée.
- Le dévidage du fil est, dans ce cas, suspendu bien que le mouvement de rotation du tambour E se continue. L’ouvrière coupe le fil, enlève le réci-
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- pient R et ie remplace par celui R'. Pendant que s’effectue à nouveau le pesage dans ce récipient, celui qui vient d’être enlevé fournit à la peloteuse la quantité de fil qui lui est nécessaire.
- Parlons maintenant de la peloteuse. Par l’intérieur de l’axe creux (fig. 55), monté dans la poupée G' et sur lequel est montée l’ailette à deux branches R, on fait passer le fil venant du récipient R' et on l’engage dans l’une ou l’autre desdites branches.
- Cette ailette évolue autour d’un ballon K' (fig. 55) dont l’axe K est porté par l’arcade C, qui peut pivoter sur ces supports c, afin de permettre d’incliner le ballon plus ou moins, comme l’indique le tracé en pointillé (fig. 55). A cet effet, une tringle-crémaillère L, recourbée en forme de manche, permet de faire osciller à la main l’arcade G et de l’arrêter dans la position voulue.
- Pour commencer, on incline sensiblement le ballon puis on le redresse peu à peu au fur et à mesure que l’enroulement s’achève.
- On verra plus loin que la vitesse de rotation communiquée au ballon est ralentie lorsque commence la mise en pelote et que le mouvement peut être interrompu lorsqu’il s’agit de former des pelotes dites à carreaux.
- Pour faciliter le retrait de la pelote achevée, le ballon, comme l’indique la figure 60, est fixé sur la tige K, au moyen d’une douille R' articulée avec de doubles branches, reliées à charnières et articulées elles-mêmes avec une douille supérieure l mobile sur la tige. Dans la position ouverte, les deux douilles sont rapprochées l’une de l’autre en x', tandis que dans la position fermée indiquée en traits pointillés, elles sont écartées, les charnières des branches venant s’appliquer sur un renflement V ménagé à la douille supérieure l, lequel renflement a pour but de maintenir toujours, en dehors de la ligne, les articulations extrêmes afin de pouvoir, par une pression très faible effectuée avec les doigts sur la partie supérieure renflée de la douille, provoquer l’écartement des branches, état correspondant à la forme de la pelote et qui reste assuré pendant le temps de sa confection par un petit ressort interposé entre la douille mobile.
- Pour enlever la pelote, il suffit à l’ouvrière de la saisir et de la comprimer légèrement, les branches se ferment et elle peut ainsi la sortir du ballon sans la moindre difficulté.
- Passons à la transmission de mouvement. La commande du tambour dévideur E (fig. 55 et 56) et celle
- de l’ailette sont obtenues par une même corde M, qui de la poulie principale P passe, en les entraînant grâce au tendeur m, sur les petites poulies p et p fixées respectivement sur l’axe du tambour et sur celui de l’ailette.
- Les diamètres des poulies p et pr sont dans un rapport tel que le temps nécessaire au pesage excède un peu celui de la mise en pelote, afin que l’ouvrière puisse, sans trop se presser, enlever la pelote faite et remettre en état le ballon pour recevoir le fil au pesage dans le récipient.
- Le rhouvement de rotation est transmis au ballon par la poulie R* fixée à la partie inférieure de son axe k et autour de laquelle passe une corde M' qui, des petites poulies étagées N, passe sur les tendeurs m', disposés pour lui permettre de suivre les changements de position que la poulie R2 doit prendre avec le ballon.
- Les poulies étagées N sont montées folles sur un axe fixe intermédiaire n (fig. 64) et pourvues de goujons destinés à s’engager, soit dans la roue N', soit dans le pignon n\ montés fous également sur ledit axe, mais sans pouvoir s’y déplacer latéralement, comme peuvent le faire les poulies étagées N au moyen du balancier O commandé par ie levier à crémaillère L'.
- Or, comme la roue N' et le pignon n' reçoivent le mouvement de l’arbre de transmission a par la roue O' et le pignon o', si on engage les goujons de la poulie étagée N, d’un côté ou de l’autre, dans les trous correspondants pratiqués dans la roue N' ou dans le pignon n, on transmet au ballon une vitesse différente, en rapport avec les diamètres adoptés pour ce double harnais.
- l’our commencer la pelote, après avoir donné au ballon son maximum d’inclinaison, on embraye la grande vitesse, soit les goujons de la poulie étagée avec le pignon n ; pour l’achever, en le redressant progressivement, on embraye la petite vitesse en mettant le goujon de la poulie en prise avec la roue N'.
- Pour faire des pelotes à carreaux, la poulie N est ramenée dans la position intermédiaire (fig. 58), où elle ne subit l’entraînement ni du pignon n ni de la roue N', mais alors elle est commandée par l’arbre q muni d’une petite poulie q reliée à celle N par une corde croisée.
- Le mouvement peut être donné à cet arbre soit à lamain en tournant le volant à manette Q (fig. 55 et 56), soit au pied en agissant sur la pédale P' et par
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- l’intermédiaire d’un barillet à ressort Q', qui permet à la pédale de se soulever d’une façon alternative après son abaissement sous la pression du pied.
- L’ouvrière peut ainsi, en agissant d’une part sur la manivelle a, faire tourner à la main l’ailette K, par les poulies P et p' d’un certain nombre de tours, tandis qu’avec le pied elle fait tourner le ballon, qu’elle a soin, au moyen du levier L, de redresser progressivement.
- On voit donc, en résumé, que l’ouvrière a sous la main, dans le cas de la confection des pelotes à carreaux, le levier de débrayage L', le levier L pour changer l’inclinaison du ballon, la manivelle a' pour la commande générale et le volant à manette Q ou la pédale P'.
- Pour les pelotes ordinaires et le pesage, il lui suffit de tourner la manivelle a' et d’agir, comme il a été dit, en temps opportun sur les leviers L et L' ; elle n’a à se préoccuper que de la pince e, dont la fermeture annonce par un choc que la pesée est faite ; alors la mise en pelote l’est également, puisque la machine est réglée pour que la pesée soit en retard sur celle-ci.
- L’ouvrière cesse à ce moment tout mouvement, enlève du ballon la pelote faite, en la comprimant, change de place les récipients R et R', établit le contact entre l’armature et l’électro-aimant et remet la machine en marche.
- Les opérations du dévidage, du pesage et de la mise en pelote s’effectuent ainsi sans perte de temps, sans manœuvre inutile et avec le concours d’une seule ouvrière, là où autrefois il en fallait trois. De plus, le prix de trois appareils combinés est certainement moins élevé que celui des appareils isolés.
- Pelotonneuse etpeseuse exposéespar M. Ryo-Catleau.
- Nous terminerons ce chapitre en mentionnant encore deux machines exposées par l’excellente maison Rvo-Catteau : une pelotonneuse, disposée pour faire toutes les pelotes indistinctement et possédant l’avantage de pouvoir faire la pelote « carreaux » mécaniquement; et une peseuse, dévidant les fils des écheveaux dans des pots en tôle pesant tous exactement le même poids et placés sur les plateaux de balances de précision : lorsque l’un des pots contient le poids de laine voulu, le fléau de la balance cor-
- respondante oscille et fait fonctionner un mouvement de débrayage; on obtient ainsi une série de pots contenant tous le même poids de laine et qu’il ne reste plus qu’à placer derrière la pelotonneuse.
- Avant d’aborder ce qui concerne, à l’Exposition, la corderie proprement dite, il nous paraît utile de rappeler, en quelques mots, les principes sur lesquels repose cette industrie peu connue.
- Les fds élémentaires, qui, par leur réunion, doivent former une corde quelconque, sont toujours désignés sous le nom de fils de caret. Réunir ensemble plusieurs fils de caret et les tordre s’appelle commettre. Plusieurs fils de caret commis ensemble forment un toron, et la réunion des torons, qu’on appelle câblage, constitue finalement la corde. D’après ces indications, nous définirons une corde : la réunion des fils de caret en torons câblés ensemble.
- Gomme principe, lorsqu’on forme un toron, on tord toujours les fils en sens inverse de la torsion des fils de caret, afin que les deux torsions opposées empêchent les torons et les fils de se détordre. Par la même raison, lorsqu’on réunit plusieurs torons ensemble, on les tord toujours dans le même sens que les fils de caret. Lorsque le nombre des torons dépasse trois, on les consolide toujours au milieu par un noyau mince, formé de torons tordus en spirale ; ce noyau n’augmente pas la force de la corde, puisque les lorons sont naturellement plus tendus par une charge que par leur noyau, mais il contribue beaucoup à maintenir lesdits torons dans une bonne position; il est fait souvent en jute ou en fils de métal et porte le nom de mèche ou âme.
- Nous ajouterons à tout ceci que, pour faire une bonne corde, il est essentiel de n’employer que des torons ayant même grosseur et même degré de torsion, et faits, autant que possible, d’une matière de qualités identiques. Un fil abandonné à lui-même perd, en effet, presque toute sa torsion, parce que l’élasticité de ses fibres les fait revenir sur elles-
- ' CHAPITRE III.
- Machines et produits de corderie.
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- mêmes pour reprendre leur première position par un mouvement de ressort. Dès lors, si le cordier ne combinait ses fils de manière que l’élasticité de l’un agit en sens opposé de l’élasticité de l’autre, il en résulterait que les ressorts ne se combattraient pas avec une force égale d’un côté et de l’autre et ne paralyseraient pas eux-mêmes leur action en se faisant équilibre.
- CLASSIFICATION GENERALE.
- Nous sommes obligés, de crainte d’être obscurs, de faire deux classifications : la première basée, sur la composition proprement dite des produits; la seconde sur leurs usages et leurs destinations spéciales.
- En ne considérant que la composition, nous diviserons les cordes en quatre genres :
- 1° Les ficelles;
- 2° Les cordes simples ;
- 3° Les cordes composées ;
- k° Les cordes ultra-composées.
- Envisagées seulement au point de vue de leur emploi le plus usuel, les cordes se classent alors en :
- 1° Cordes de commerce et de l’industrie;
- 2° Cordes de marine;
- 3° Cordes de mines ;
- k° Variétés diverses.
- Nous indiquerons tout d’abord ce que sont les premiers produits; et nous serons obligés d’examiner plus en détail les seconds, auxquels leurs usages multiples ont fait attribuer des noms spéciaux, et parmi lesquels nous trouvons des produits de tous prix et qualités, depuis 0 fr. 75 le kilogramme (pour les ficelles ordinaires), 1 franc et 1 fr. 80 (pour les câbles plats et ronds), jusqu’à 9 francs et plus (poulies ficelles fines, blanches et de couleur).
- Lorsque les fils de caret destinés à la fabrication de cordes de petites dimensions sont étendus, puis retordus ensemble, chaque cordon provenant de l’assemblage de ces fils prend le nom de « duite », qu’il conserve tant qu’il n’est soumis à aucune autre opération. Mais, dès le moment où on vient à l’étriller, la polir ou la lustrer cette duite est alors désignée sous le nom générique de ficelle, et reçoit dans le commerce diverses dénominations, suivant la qualité première du fil, sa grosseur et les façons ultérieures de pelotage et de paquetage qui lui sont données.
- C’est là le premier genre basé sur la composition du produit.
- Câblée et réunie à trois, quatre ou six autres duites pour devenir toron, la duite primitive entre alors dans la composition des cordes simples ou aussières. On ne tient pas compte de l’addition d’une âme dans le milieu de la corde, sinon lorsque le nombre des duites est de six : en ce cas, le noyau central formant un septième fil, la corde prend le nom de « sep-tain ».
- Les cordes simples forment donc un second genre.
- Par opposition aux cordes simples, une corde est appelée composée lorsqu’elle est formée de cordes déjà fabriquées (par exemple de septains) qui sont câblées ensemble comme de simples torons. Tout cordage composé porte le nom de grelin.
- C’est là le troisième genre.
- Enfin à ces trois genres de cordes bien connus, nous désignons sous le nom d’ultra-composées des cordes qui ont figuré pour la première fois à l’Exposition de 1878, et qui se composent de grelins câblés ensemble. Cet excès de câblage est devenu usuel depuis cette époque, afin de donner, comme on dit, du grain à la corde; mais il nuit beaucoup à la force du produit.
- Nous avons désigné sous le nom de « cordes du commerce » celles qui se fabriquent couramment, qu’on trouve à titre d’articles classiques chez les marchands cordiers et qui sont journellement utilisées par le commerce et l’industrie. Il ne nous est pas possible d’indiquer ici toutes les variétés, car leur nom diffère pour ainsi dire avec chaque contrée et le genre de fabrication en est propre à chaque usine ; nous nous bornerons à citer les produits le plus généralement connus, en examinant d’abord les plus petits pour arriver aux plus forts et plus gros.
- La limite la plus fine à laquelle on atteigne en corderie est la ficelle à bourse, fabriquée avec des fils de lin des nos 60 à 80, retors en deux ou trois fils, et câblés ensuite en trois torons. Puis vient le sept, destiné principalement à Dieppe, fait en n° 60, lin retors et combiné de la même façon ; ensuite la capitonne, employée pour capitonner les fauteuils et les matelas, fabriquée avec les nos 25 ou 30 en même combinaison ; enfin le dreux, sorte de ligne fine, dont on trouve diverses grosseurs suivant que dans leur agencement entrent les nos de lin 20, 25, 30, âO, 50 et même 60. Toute cette
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- classe de cordes est composée d’un nombre de fils ne dépassant pas neuf.
- La catégorie qui vient directement après elle est composée de six fils. Elle comprend un très grand nombre de produits, parmi lesquels il faut faire entrer en première ligne la corderie de fantaisie qui sert surtout à confectionner au crochet, les bourses, calottes, blagues à fumeurs, dessous de lampes ou de plats, dessus de tables, cordons de sonnettes, dossiers de fauteuils, hamacs de couleurs diverses, carniers de chasse, etc. Le câblage de ces cordes est généralement peu serré.
- Après les lignes nous citerons aussi, dans la même catégorie, les ficelles en six fils pour fouets de cocher, les cordes pour filets, les avançons, les ficelles d’arcade pour métiers Jacquard, etc. Les ficelles pour fouets de cocher forment trois torons retors en deux, polis, lustrés et câblés d’une façon un peu exagérée, de manière à empêcher la détorsion à la suite des chocs brusques et répétés qui résultent du claquement. Les cordes pour filets et avançons ont identiquement la même composition ; seulement, celles-ci sont souples, les torons n’en sont pas polis, le câblage n’en est pas très serré et elles ne reçoivent aucun apprêt ultérieur : il arrive quelquefois aussi que ces articles comportent plus de deux fils par toron. Les ficelles d’arcade (employées pliées en deux et nouées de manière à former un œillet destiné à recevoir le collet de la mécanique), composées de la même façon, sont souples, peu câblées et fortement polies.
- Nous passons de là à la catégorie des cordes en deux ou trois fils. On doit placer dans ce genre les ficelles pour fouets en trois fils, article qui ne se fait presque plus et n’a d’ailleurs de raison d’être que son bas prix, car sa régularité et sa force laissent beaucoup à désirer. Les fils qui entrent dans leur composition sont de finesse moitié moindre que ceux des fouets à six fils.
- Toutes les cordes un peu plus grosses sont presque toujours faites en fil de chanvre. Celui-ci est surtout fabriqué à Angers, en numéro métrique. De ce nombre sont les chapelières, d’un usage très répandu pour l’emballage, faites de fils correspondant à peu près au n° 1 métrique (1,6 anglais), câblées immédiatement à deux ou trois fils par le fileur qui vient de les fabriquer, et polies à l’eau de façon à n’avoir ni duvet ni peluche. Ces chapelières sont faites soit à la main, soit à la mécanique, sur
- des longueurs de 50 mètres ordinairement : les premières ont du grain et leurs spires sont bien nettes et détachées ; les secondes sont plus régulières, mais ont un aspect moins séduisant. Lorque ces ficelles sont câblées de façon à ce que le grain soit excessif et les spires plus rapprochées, elles constituent les fils à gorre usités pour l’emballage spécial de la vannerie. Comme nous l’avons dit plus haut, c’est toujours au détriment de la force qu’un excès de câblage est obtenu.
- A partir de ce genre, auquel nous pouvons arrêter la catégorie générale des ficelles, nous entrons dans la classe des aussières et grelins usités dans le commerce, l’industrie, l’armée, etc.
- Nous mentionnerons encore les lignes, dont les espèces varient beaucoup et dont l’une des principales est la ligne à tambour, qui sert à tendre la peau sonore de ces instruments.
- Parmi les aussières en fil de caret composé uniquement d’étoupe de chanvre, auxquelles on a donné un câblage peu prononcé pour les rendre molles et qui sont polies ensuite, nous citerons : les câblues ou cor déliés, surtout employées pour le halage des bateaux en rivière ; les chablots, usités pour lier les échafaudages; les seizennes, pour lier les fortes balles; les cordeaux d’emballage, encore pour emballer ; les cordeaux de charpentier, que l’on tend par les extrémités entre deux points sur une surface plane d’une étendue quelconque et qui servent à y tracer une ligne droite, les cordes à fourrages, etc.
- Parmi les cordes dont le câblage est plus prononcé et qu’on ne fait qu’en plus petites longueurs, nous citerons : parmi les plus grosses, les longes pour la sellerie, pour l’artillerie ; les prolonges pour chemins de fer, les cordes pour gymnases, les traits, les cordes à nœuds pour les badigeonneurs et couvreurs, etc.; et parmi les moins fortes, les câbles pour transmission de force motrice, les cordages divers employés par l’industrie, etc.
- Un certain nombre des aussières que nous venons de citer peuvent être commises en grelins, mais le grelin est surtout usité dans le commerce pour les longes de luxe, les guides, etc.
- C’est à celles-là plus particulièrement que s’applique l’appellation générique de « cordages ».
- La classification générale en :
- 1° Ficelles ou menus cordages;
- Passons aux cordes de marine.
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- 2° Cordages simples ou aussières;
- 3° Cordages composés ou grelins.
- Peut parfaitement s’appliquer aux produits qui servent pour le gréement des vaisseaux.
- Ceux-ci portent encore quelquefois le nom général de manœuvres. On distingue, en ce cas, les manœuvres dormantes et les manœuvres courantes : les unes retenues par leurs deux extrémités et restant toujours dans la même situation, les autres mobiles et roulant dans des poulies.
- Voyons d’abord les menus cordages.
- On en connaît quatre principaux dans la marine : le bitord, le lusin, le merlin et le fil à voile, tous faits presque toujours en fil de caret à la main.
- Le bitorcl se compose soit de deux, soit quelquefois de trois fils de caret tordus ensemble : ce qui donne le bitord en deux ou le bitord en trois. Il s’en fait de différentes grosseurs. Son principal usage est de « fourrer » les cordages plus forts : on se contente pour cela de l’enrouler autour d’eux, pour empêcher le frottement, les endommagements ou la facile pénétration de l’eau. Souvent il est goudronné; on ne laisse blanc que celui qui est destiné à garnir les cadres et à former des bourrelets pour l’avant des chaloupes, afin de les défendre contre les abordages.
- Le lusin n’est autre que du bitord en deux d’un câblage plus prononcé. On le goudronne presque toujours. Il sert à arrêter les bouts des manœuvres qui sont coupées quand elles ne sont pas grosses.
- Quand ces manœuvres coupées sont un peu grosses, on se sert alors du merlin, qui n’est autre que du bitord en trois fortement câblé. On se sert du merlin goudronné ou blanc, suivant que les manœuvres sont goudronnées ou non.
- Le fil à voile est composé de deux fils de caret retors et lisses. On s’en sert pour assembler les lez de toile dont on fait les voiles.
- Nous voici maintenant aux cordages simples.
- Les aussières pour la marine se font en trois, quatre, cinq ou six torons, mais principalement en trois.
- Les principales aussières à trois torons sont les lignes, les quaranteniers, les ralingues, les cordages pour carènes des ports et les cordages pour manœuvres de vaisseau.
- Nous avons déjà parlé des lignes du commerce. Celles employées par la marine sont les « lignes de
- loch» qui doivent être souples,afin de filer plus aisément quand on jette le loch pour connaître la rapidité de marche d’un bâtiment ; les « lignes de sonde », qui servent à sonder la profondeur de la mer; les « lignes d’amarrage »,qui servent à des usages fort variés (comme, par exemple, aux estropesde poulies, aux ligatures, aux haubans, aux étais, etc.), et que l’on fait de différentes grosseurs suivant leur destination; les « lignes de pêche »,dont les dimensions varient suivant qu’elles sont destinées pour le banc de Terre-Neuve, le Golfe, etc. Ces lignes peuvent être goudronnées ou non, tannées ou non, et leur grosseur est des plus variables : les lignes de loch, par exemple, sont ordinairement en belle qualité de 3 à 5 millimètres et en grosse qualité de 6 à \ 0 millimètres ; les lignes de pêche ont de 3 à 8 millimètres (celles pour le maquereau ont de 6 à 21 fils et pèsent de 125 khlx0 grammes).
- Les quaranteniers (qu’on écrit encore « carante-niers) ne sont autres que des lignes d’amarrage de moindre qualité. On en fait de différentes grosseurs (de 6 à 18 fils et même plus) et de différentes longueurs (de AO à 80 brasses), ce qui fait qu’on distingue, suivant la grosseur, les quaranteniers de six, neuf, quinze, etc., fils, et, suivant la longueur, les quaranteniers simples et les quaranteniers doubles. Ces cordages n’ont pas d’usage déterminé, on les emploie toutes les fois qu’on a besoin de cordages de leur grosseur et de leur qualité. Ils sont commis avec des fils goudronnés.
- Les ralingues sont des cordages qui, de trois lignes en trois lignes, vont en augmentant progressivement de grosseur. On s’en sert pour border les voiles, où elles tiennent lieu d’un second ourlet, pour empêcher les déchirures sur les bords. Leur longueur et leur grosseur sont fort variables. On ne leur donne pas un câblage prononcé, afin qu’elles soient souples et prennent aisément les plis des voiles.
- Les cordages à trois torons pour carènes de ports ont reçu des noms très variés, tels que francs-funins, prodes, éguillettes, pièces de palans, etc. Les francs-funins, sont des cordages employés pour toutes les manœuvres* du port où il faut beaucoup de force (embarquement de canons, carènes, tirage des vaisseaux à terre, etc). Les prodes sont des manœuvres de galère qui tiennent lieu et font l’office des garants de palans sur les vaisseaux. Les éguillettes, terminées en pointe, n’ont pas d’usage déterminé. Enfin, les pièces de palans sont des cordages qui servent à élever des fardeaux et que l’on fait passer dans une
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- moufïle à deux rouets et une poulie simple qui lui est opposée. Tous les cordages pour carènes de port sont faits en chanvre de qualité supérieure, avec tout le soin possible, et leurs grosseur et longueur varient suivant que le demandent les maîtres d’équipage : c’est ainsi que le diamètre des francs-funins est de 6 pouces, celui des prodes et éguillettes de 5, celui des pièces de palans de 2 1/2 à 3 1/2]; c’est ainsi encore que la longueur des premiers est de 130 brasses et celle des autres de 120. Ordinairement ces cordages, qui doivent tourner dans des poulies, ne sont pas goudronnés; mais dans quelques ports on les fait moitié fils blancs, moitié fils goudronnés.
- Les cordages à trois torons pour manœuvres de vaisseau sont aussi des plus variés, nous citerons parmi ceux que commandent principalement les maîtres d’équipage (qui en fixent eux-mêmes la grosseur et la longueur) : les pièces de haubans gros cordages avec lesquels on soutient les mâts d’un vaisseau à bâbord et à tribord par derrière ; les tour-nevires, très gros cordages qui servent à retirer l’ancre du fond de l’eau; les élagues qui transmettent l’effort d’un palan et qui assez souvent passent dans une poulie de renvoi ; les drisses, qui servent à hisser la vergue ou la voile le long du mat ou un pavillon le long de son bâton ; les guinderesses qui servent à guinder et à amener les mâts de hune; enfin les écoutes de hune, allant passer dans une poulie attachée au point ou à l’angle d’en bas des voiles et servant à les tenir dans une situation qui leur fasse recevoir le vent. Tous ces cordages à trois torons sont faits en fils goudronnés.
- Les cordages à plus de trois torons (qui tous ont une âme) ne sont pas moins nombreux et employés plus ou moins suivant les maîtres d’équipage. Un certain nombre des aussières à trois torons que nous venons de nommer, tels notamment les pièces de haubans, les tournevires et les étagues (celles des grandes vergues seulement) se font aussi à quatre torons.
- Nous y ajouterons les garants de caliornes et garants de palans (on appelle garant tout cordage qui passe par les poulies et qui sert à quelque amarrage), les rides (cordes servant à raidir des cordes plus grosses), etc.
- A toutes ces aussières, les grelins, plus forts, seraient préférés, s’ils étaient d’un prix élevé. Mais il est bien rare que les maîtres d’équipage en fassent la commande aux fabricants.
- Nous voici maintenant à la catégorie des câbles de mines.
- Ces câbles sont presque toujours fabriqués en chanvre de Manille ou aloès; ils sont quelquefois ronds, le plus souvent plats. Ces derniers, qui possèdent de sérieux avantages pour la conduite des bennes, sont composés de câbles ronds placés côte à côte pour former une bande plate, tordus alternativement à droite et à gauche pour que leur ensemble ne tourne pas, et réunis entre eux par des cordes obliques. Ils sont cousus à l’aide d’une machine spéciale de grandes dimensions, munie de deux aiguilles très solides, fonctionnant une de chaque côté, enfonçant les cordes de couture à travers le câble au moyen de vis horizontales agissant dans une direction oblique.
- Il est intéressant de rappeler que l’invention des câbles plats, dont les premiers furent fabriqués en chanvre, a été faite en Angleterre par John Curr, de Sheffield, qui fut breveté le 10 septembre 1798. Ce fut seulement en 1819 qu’un maître cordier de Ter-monde, Goëns, importa leur fabrication en Belgique, et obtint du roi Guillaume un brevet d’importation et de perfectionnement : dans le courant de cette année, les deux premiers câbles plats en chanvre fabriqués dans le pays furent essayés au charbonnage des produits du Flénu. La Compagnie d’Anzin, en France, employa ces câbles quelques années après et en établit une fabrique à Anzin. Le chanvre de Manille, dont la densité est moins élevée que le chanvre ordinaire, ne tarda pas ultérieurement à remplacer ce dernier dans un très grand nombre de cas.
- Les câbles en aloès se sont longtemps fabriqués à six aussières. En 1863 commença l’emploi des câbles à huit aussières qui, à section égale, sont moins épais. Il est évident que ces cordages conviennent mieux pour des extractions à grande profondeur parce que les diamètres extrêmes des bobines d’enroulement présentent des différences moindres, au bénéfice de l’uniformité de bennes; de plus, les câbles larges et minces, doués d’une grande flexibilité, ne souffrent pas autant de l’enroulement, ils se placent plus régulièrement entre les bras des bobines. Enfin si, par suite d’usure ou par toute autre cause, une aussière vient à se rompre, la huitième partie du câble seulement fait défaut et le service d’extraction est moins immédiatement compromis.
- Plusieurs raisons expliquent pourquoi les câbles plats dont il s’agit sont souvent préférés aux câbles
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Décembre.
- ii. — 12« Fascicule.
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- en métal. Leur poids, par exemple, est beaucoup moindre : un câble plat, en chanvre de Manille, d’une longueur de 850 mètres et d’une force évaluée à 92,000 kilogrammes donne environ le même poids (7,100 kilogrammes en moyenne) qu’un câble en fil de fer de 700 mètres (7,100 kilogrammes) et d’une résistance de 68,000 kilogrammes seulement. D’autre part, si les câbles métalliques sont évidemment plus durables, leurs frais d’entretien sont considérables. Enfin, la fabrication des câbles métalliques ordinaires, parfois quelque peu empiriques et ne disposant pas toujours de moyens de contrôle suffisants, a donné lieu à des accidents qui, dans notre pays, ont entretenu longtemps et entretiennent encore la méfiance à leur endroit.
- Dans certains cas, pour diminuer la perte qui résulterait de la cessation d’usage de câbles plats, impropres par suite d’usure à l’emploi auquel ils servaient, on a recours à un artifice pour les utiliser à nouveau. On les fend alors au milieu pour en séparer les aussières les unes des autres, en coupant la couture au couteau au fur et à mesure qu’elle se présente. Reprenant ensuite chaque partie, on en détache les torons en tirant latéralement sur chacun d’eux. Si l’on peut avoir à sa disposition une locomotive, on tire le toron détaché au moyen de la machine, en maintenant l’autre partie à un point fixe. A l’aide d’un crochet mû par un levier, on dépouille facilement les torons extrêmes de la couture qui y est restée ; on saisit alors le fil par le milieu, au point où il se replie pour changer de sens. Cette opération se pratique très souvent pour les câbles plats en chanvre de Manille usités dans les houillères du Pas-de-Calais : on se sert alors des torons de ces cordages pour desservir les plans inclinés du fond des mines.
- Les câbles plats en chanvre de Manille sont très répandus dans les houillères du nord de la France et de la Belgique, soit pour l’extraction sur bobine, soit pour le service des plans inclinés extérieurs et des puits inclinés, qui constituent alors de véritables plans inclinés ascendants. Leur largeur, dans ces régions est comprise entre 0m,10 et 0m,28. On donne, autant que possible, la préférence aux câbles plats à simple couture, car, dans les câbles à double couture, chaque point de croisement des fils de couture est une cause d’usure et forme une aspérité qui coupe les fils du câble.
- Le chanvre de Manille est peu sensible à l’humidité, et le goudronnage a beaucoup moins d’action
- sur la résistance des câbles fabriqués avec cette matière végétale que sur celle des câbles en chanvre d’Europe. La prudence exige du reste qu’on ne soumette pas d’une façon régulière les câbles végétaux, quels qu’ils soient, employés dans les mines, à des efforts dépassant le cinquième de leur résistance absolue à l’état neuf; et même, pour les câbles d’extraction proprement dits, on descend parfois au sixième et même au huitième de la résistance théorique.
- FABRICANTS DE CORDES ET CORDAGES DE FRANCE.
- — PRODUITS EXPOSÉS.
- Les câbles, cordages, ficelles, etc., sans doute à cause de la place qu’ils occupent lorsqu’ils sont de grandes dimensions, figurent dans la même classe (cl. 54) que les machines et appareils de filature proprement dits. Nous suivons donc l’ordre dans lequel ils sont placés en les mentionnant à cette phce de notre travail.
- Nous relevons dix-sept exposants pour cette spécialité : l’établissement d’aérostation militaire de Chalais,à Meudon ; — MM. L. Benet, A. Duboul et Cie, de Marseillle; — Julien Bessonneau, d’Angers; —la Gorderie moderne (Jules Bodin), de Paris; — Ph. Garue, de Paris,- — Émile Ghafaroux (ancienne maison Méti-vier), de Paris ; — la Gorderie mécanique de Granville (directeur : M. Albert), de Grandville (Manche); — Frété et Cie, de Paris ; — LouisGuérin et Gaston Vallée, de Paris; — Louis Hubinet, de Glageon (Nord) ; —Lan-dréat, de Blacy ; — Lebreton, de Paris ; — la Gorderie abbevilloise(C. LeGoustelier), d’Abbeville ; — Edmond Niquet-Bourgeois, d’Allery (Somme) ; — Prosper Noi-zeux, de Paris;-— Louis Pelletier, de Corbeil (Seine-et-Oise) ; — Ad. Stein, de Danjoutin (territoire de Belfort) et Saint frères, de Paris.
- Leurs produits sont de ceux qui donnent à la galerie des Machines un aspect fort original ; accumulés les uns au-dessus des autres par dimensions décroissantes, les cordages forment une série de cônes tronqués dont quelques-uns ont plus de 10 mètres de hauteur.
- Y!établissement déaérostation militaire de Chalais, à Meudon, a besoin plus que tout autre d’excellentes cordes, car de leur résistance et de leur souplesse peut dépendre le salut des aéronautes. Dans sa très intéressante exposition, des vitrines contenaient des échantillons des matières premières employées
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- et des produits fabriqués. La détermination de la charge de rupture des diverses cordes est trop importante pour être négligée dans un tel établissement; aussi a-t-on exposé la machine d’épreuve dont la disposition est due au directeur, M. le commandant Renard. Parmi les échantillons réunis s’en trouvait un provenant du câble du ballon Gifford qui mérite assurément d’être conservé ; il nous a paru avoir 80 millimètres de diamètre.
- MM. L. Bénet, A. Duboul et Cie, de Marseille, possèdent àMazargues et Saint-Victor, dans le même département, deux importantes usines réunissant la fabrication mécanique, la teinturerie, le goudronnage et le blanchiment, et où se fabriquent depuis la ficelle mesurant 3,000 mètres au kilogramme jusqu’aux câbles ronds de 15 kilogrammes au mètre courant. Ces deux types extrêmes figurent à l’Exposition, ainsi que des câbles plats en chanvre de Manille pour les mines et divers spécimens pour la marine. Cette fabrication avait à Marseille un centre tout indiqué, puisque le chanvre, l’aloès et le manille y arrivent directement, et que la consommation du produit fabriqué y est si considérable, étant donnée l’importance de la flotte du premier port de France.
- Angers, placé au centre d’une région où la culture du chanvre est la plus importante de France, est nécessairement aussi un grand centre de fabrication mécanique de cordages. L’exposition de la maison Julien Bessonneau, de cette ville, est l’une des plus remarquables : la corderie du Mail, jointe à une filature où se fabriquent ces produits, est d’ailleurs l’une des plus importantes de France. La pièce principale est un câble plat en chanvre, en aloès goudronné pour mines de 670 mètres de longueur et du poids de 7,700 kilogrammes à section décroissante et qui a pour largeurs 0m, 260 — 0m, 150 et pour épaisseurs 0m, 072 — 0“, 032. Nous relevons encore : une pyramide de cordages en chanvre blanc pour l’industrie et l’importation dont le plus gros, placé au bas, a IA centimètres de diamètre et le plus petit au sommet 10 millimètres de section ; une pyramide semblable de cordages en chanvre goudronné pour la marine et la navigation fluviale (entre autres des aussières destinées à la Compagnie de navigation Havre-Paris-Lyon, qui sont à torsion renversée, c’est-à-dire que les torons sont formés de torons élémentaires dont les fils sont assemblés dans le
- sens même de leur torsion, soit de gauche à droite, et qui sont ensuite commis à l’ordinaire de droite à gauche) ; des freins pour l’artillerie, les tramways et les omnibus (entre autres des cordes coniques pour freins Lemoine destinés à la Compagnie des omnibus) ; des ficelles grises pour paquetage, ficelles d’emballage, fils retors polis pour lames, fils de fouet, etc. Rappelons ici que c’est cette maison qui avait été choisie par la Compagnie de Fives-Lille pour la fourniture des cordages nécessaires aux diverses manœuvres du montage des grandes fermes de la galerie des Machines; le câble essayé, de 70 millimètres de diamètre, s’est rompu sous une charge égale à 11,890 fois son propre poids par mètre de longueur. C’est aussi la même maison qui avait fourni les câbles des deux ballons captifs du Trocadéro et de l’avenue de Grenelle, qui n’avaient pas plus de 33 millimètres de diamètre et qui se sont rompus aux essais sous 13,000 fois leur propre poids. Si l’on songe que d’ordinaire les produits courants ne doivent résister qu’à 10,000 fois leur poids pour des diamètres inférieurs à 50 millimètres on en déduira que ces résistances exceptionnelles répondent à la fabrication la plus soignée.
- La Corderie moderne, de Paris, fondée en 1800, à la tête de laquelle se trouve M. Jules Bodin, président de la Chambre syndicale de la corderie, et dont les ateliers de fabrication se trouvent à Ivry-sur-Seine, s’est spécialisée dans les cordes pour appareils de gymnastique, dont elle nous présente une collection des plus complètes : elle fabrique aussi les ficelles, cordeaux, cordes pour moufles, etc.
- M. Ph. Carue, de Paris, importante maison fondée à Abbeville en 1080, a l’une des belles expositions de la section : câbles pour treuils et chèvres, grelins, cordes pour moufles, ralingues pour la petite marine d’agrément, cordes pour hamacs, chaluts, cordes pour bâtiments, plombiers, couvreurs, etc. Ce fabricant a étudié aussi tout particulièrement les agrès de gymnastique et nous fait voir une série complète : cordes àanneaux, à nœuds noués, à perroquets, à nœuds lacés, échelles de corde, balançoires garnies, trapèzes, cordes de tractions en caoutchouc recouvertes d’un tissu, cordeaux à sauter, etc.; il est l’auteur d’un Traité pratique de gymnastique hygiénique et médicale, traduit en espagnol.
- M. Émile Chafaroux, de Paris, dont la manufac-
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- ture est au Mans (Sartbe) a aussi une exposition des plus variées : cordages pour entrepreneurs, haubans, contre-haubans, vingtaines, cordages de chèvres et de treuils, septains pour moufles, lignes, cordes de défense, grelins, élingues pour tonneliers, etc., et toute une série de ficellerie fine et moyenne : articles pour la reliure, ficelles à la grecque, fils de couleur, bolducs, laisses en fouet, accouples en crin, etc.
- La Corderie mécanique de Granville, fournisseur de la Compagnie transatlantique et des chargeurs réunis, a une remarquable exposition de câbles écrus et goudronnés pour la marine et l’industrie.
- MM. Frété et Cie, de Paris (Corderie centrale), exposent une magnifique pyramide de câbles ronds goudronnés et écrus formant dix-sept types différents superposés et quelques cordes pour gymnastique.
- MM. Louis Guérin et Gaston Vallée, de Paris, qui ont filature et corderie à Ivry, nous font voir une belle collection de câbles et quelques ficelles d’emballage et cordes de gymnastique ; les pièces principales exposées sont trois élingues, dont la force de rupture est « garantie », 80,000 kilogrammes pour l’une, 120,000 kilogrammes pour l’autre, et dont la troisième, d’après un essai fait le 15 avril 1889 aux ateliers du chemin de fer de Lyon, s’est rompue à 96,000 kilogrammes.
- M. Louis Ilubinet, de Glageon, s’est spécialisé dans la corderie de coton : câbles pour transmissions, cordes à scrolls, etc. Cette maison possède des dépôts à Moscou, Verviers, Barcelone, Vienne, Reims et Tourcoing.
- M. Lebreton, de Paris (ancienne maison Dufrien et Lebreton) dont l’usine est à Ivry-sur-Seine, a envoyé quelques cordages pour appareils de gymnastique et quelques spécimens de ficelles.
- La Corderie abbevilloise expose l’une des plus belles collections de ficellerie à la main qui se puissent voir : ficelles à piquer et à guinder pour la tapisserie, ficelles pour paquetage, cordeaux, septains, ficelles pour la brosserie et la chapellerie, lignes pour la pêche, prolonges pour l’agriculture, etc. Cet établissement .est le plus important de France pour la ficellerie supérieure à la main.
- M. Edmond Niquet-Bourgeois, d’Allery, nous montre une série de fouets, gorres, cordeaux, cha-pelières, cordes à ballots, ficelles grecques pour reliure, septains, ficelles-câbles, etc., de sa corderie à la main de Rouvroy-les-Abbeville.
- M. Prosper Noizeux, de Paris, s’est spécialisé dans les ficelles de couleur : cordonnets coton pour paquetage, bolducs de diverses nuances, liberlandes, ficelles extra-fines pour coiffer, ficelles à piques pour tapissiers, ficelles américaines, ficelles pour pharmaciens, pour plumeaux et pinceaux, etc.
- M. Louis Pelletier, de Corbeil, nous fait voir des traits de charriage en manille filé à la main, cordes de sauvetage en coton, cordeau de charrue, ficelles d’emballage, ficelles à lier les sacs, liens en rotin pour lier les moissons, tresses carrées en huit bouts pour joints, etc., toujours à la main.
- M. Ad. Stein, de Danjoutin, qui possède des usines à Danjoutin, Sermamagny et Mulhouse, expose des grelins en fils fins à torons multiples pour enroulement sur faibles diamètres, des câbles pour plans inclinés, pour guidages et sonnettes de puits, pour paratonnerres, la marine et le touage,des câbles de transmission en coton et en chanvre, et des garnitures pour presse-étoupes en coton.
- Les câbles en coton sont une innovation, car jusqu’ici les cordes de ce textile ne s’employaient que pour des petits diamètres. De plus, M. Stein a introduit dans la fabrication de ces câbles de transmission une modification qui consiste à faire les torons en couches, successivement superposées, ce qui permet d’obtenir une tension égale des fils de caret entrant dans la composition du cordage et un assemblage régulier de ces fils : la section de ces cordages permet de voir que les fils se trouvent régulièrement placés les uns sur les autres, ne se gênant pas et ne se fatiguant pas entre eux.
- On sait que c’est seulement depuis une douzaine d’années que les transmissions par câbles en textiles ont commencé à être préconisés, principalement dans les filatures. Ces câbles sont appliqués généralement, soit sur le volant de la machine à vapeur, soit, lorsque la vitesse de la machine et le diamètre du volant ne permettent pas d’obtenir une vitesse suffisante, sur des poulies calées sur l’arbre deuxième moteur et placées à côté les unes des autres, en glissant chacune dans une gorge séparée ; les gorges,
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- ainsi que celles des poulies menées, sont en forme de V et taillées sur un angle de AO degrés. — Ce sont les inconvénients inhérents à l’emploi des engrenages et des courroies qui ont amené l’adoption de ce système. Aux engrenages, qui consistent le plus souvent en une combinaison d’arbres en fer portant des roues droites et coniques, avec adjonction d’arbres verticaux pour les établissëments à plusieurs étages, on reproche leur prix de revient élevé, le bruit continuel qu’ils produisent, les ruptures fréquentes auxquelles ils donnent lieu dans le mouvement brutal et saccadé qui leur est propre, et par suite les frais d’entretien élevés qu’ils occasionnent, enfin la force énorme qu’ils absorbent en raison des frottements et des renvois brusques de mouvements verticaux qu’ils nécessitent. Alix courroies, on reproche d’exiger pour les forces considérables des cuirs très larges difficiles à tendre, glissant facilement et par suite ne transmettant pas la force qu’on doit en attendre; de nécessiter dans certains cas des frais d’entretien très élevés en raison du nombre très grand de cuirs à monter ; d’encombrer les ateliers et d’être une cause incessante de dangers pour les ouvriers attachés aux métiers. Par contre, les partisans des engrenages et des courroies reprochent aux câbles de s’user très facilement, d’exiger la dépense d’un câble neuf chaque fois qu’il est nécessaire de remplacer le câble en place, d’appeler des réparations très fréquentes aux gorges des poulies, de glisser lorsque les côtés des gorges sont trop obtus (ce qui arrive fréquemment) et de produire au contraire un coincement très désagréable si l’angle est trop aigu. En réalité, bon nombre de ces inconvénients existent pour chacun des trois systèmes, mais dans la plupart des cas, ils ressortent surtout d’installations vicieuses ou mal conçues.
- Nous terminerons cette revue de la corderie à l’Exposition en nous arrêtant devant les produits de MM. Saint frères, maison dont nous avons déjà eu occasion de parler à propos des fils de coton et des fils de jute. Ces industriels, exposent deux énormes câbles plats en manille : l’un destiné à la Compagnie de Montceau-les-Mines, de 5â0 mètres de long, 0m,250 de large et 0m,070 d’épaisseur; l’autre fabriqué pour la Compagnie de Nœux-les-Mines, de 500 mètres de long, 0m,2A0 de large et 0m,0A8 d’épaisseur ; plus toute une collection de cordes et ficelles : ficelles de chanvre ou manille, 3 fils pour moissonneuses-lieuses, ficelles de couleur pour liens de sacs,
- septains écrus, longes diverses, lignes de pêche, ficelles à guinder cordes à ballots, etc. De renseignements qui nous ont été fournis, il résulterait que les aussières écrues en manille donneraient une résistance égale à 8,000 fois leur poids. Les câbles plats d’extraction sont en général goudronnés : ils subissent une première perte par ce goudronnage et une seconde par l’assemblage au moyen de la couture, de sorte qu’ils ne résistent plus qu’à 7,000 fois leur poids au maximum; ceux de ces câbles qui ne sont pas goudronnés sont enduits d’une quantité de suif égale à 5 pour 100 de leur poids.
- FABRICANTS DE CORDES ET CORDAGES DE LA BELGIQUE.
- Six exposants : MM. Eliaert-Cols, d’Alost; — Govaert frères, de la même ville ; —• Léonard Lallemand, à Dison; — J.-B. Ligny, à Gilly ; — F. Vermeire-Hel-lebaut, de Hamme, — et Vertongen-Goens, de Ter-monde.
- M. Eliaert-Cols, d’Alost, maison fondée en 1822, que nous avons déjà rencontré dans la section des fils-et tissus de lin, s’est spécialisé dans la ficellerie fine en chanvre écru et de couleur.
- M. Léonard Lallemand, de Dison, nous fait voir de fort beaux spécimens de câbles pour transmission en manille, chanvre ou coton; il y a joint quelques fils pour filets de tenderie et de pêche.
- M. J.-B. Ligny, de Gilly, près Charleroi, nous montre quelques types de câbles plats et ronds en manille pour le service des charbonnages.
- M. F. Vermeire-Hellebaut, de Hamme, se borne à exposer différents cordages employés en Belgique dans la marine et les travaux publics.
- Mais l’exposition la plus complète est celle de M. Yertongen-Goens, de Termonde, qui renferme, entre autres, cinq échantillons de cordages en chanvre de Manille goudronnés :
- RÉSISTANCE
- Par
- dimension Totale cent.2
- transversale. indiquée, calculée.
- Câbles plats à 8 aussières 0,390x0,06/1 19â 777
- — 6 — 0,260x0,061 U/l 720
- — 8 — 0,160x0,025 32,7 817
- Corde de cabestan goudronnée diam. 0,050 15,7 800
- Câble de transmission... — 0,060 22,6 800
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- A côté se trouve placé un tableau contenant plus de cent épreuves effectuées sur des cordes en chanvre fort des Flandres, fournies aux chemins de fer de l’État belge, faites par le bureau d’essai de l’administration à Malines. On peut y relever des résistances de 50 à 60 pour 100 plus fortes que celles requises par le cahier des charges ; et pour en citer des exemples : pour un diamètre de 15 millimètres, la résistance moyenne par centimètre carré est de 1,250 kilogrammes, pour un diamètre de 20 millimètres, de 1,150 kilogrammes, pour un diamètre de hO millimètres, de 1,060 kilogrammes, etc.
- FABRICANTS DE CORDES ET CORDAGES D’ESPAGNE.
- Nous remarquons dans la section espagnole les pièces de corderie exposées par MM. Perche et Perez, de Yalladolid, et surtout les cordages de la société anonyme Cordelera Iberica, de Toralla (Rio de Vigo); voici quelques indications à ce sujet :
- Chanvre
- Abaca. goudronné.
- Circonférence indiquée..... 0'”, 0800 O O LO
- Diamètre calculé. 0m,0255 0m,038
- Nombre de fils indiqué 310 320
- Longueur totale indiquée.... 1.200™ 200m
- Poids total indiqué /l83k« 200ls
- Poids de la corde par mètre courant calculé......... 0ls/|02 lk-Zl00
- En tenant compte du commettage, les fils de l’abaca sisal pèseraient environ 1 kilogramme le kilomètre, et ceux du chanvre goudronné 3ks,30 environ, soit moins de 3 kilogrammes pour le chanvre blanc. Ces poids sont très faibles, même en tenant compte du faible poids spécifique de l’abaca sisal, car les fils de caret de l’industrie en chanvre blanc ne pèsent guère moins de h kilogrammes et ceux de la marine de l’État de 5 kilogrammes à 5us,70 le kilomètre : il serait très intéressant de savoir quelle est la résistance de ces cordes et ce qu’on a pu gagner avec de tels fils.
- FABRICANTS DE CORDES ET CORDAGES DES AUTRES PAYS.
- A signaler encore :
- 1° En Europe. —• Pour l’Angleterre, les expositions de cordes et ficelles de la Belfast Ropework C° (Limited) et les quelques échantillons de cordages
- de M. John Umte, de Londres; — pour la Grèce, les câbles pour poulies exposées par l’arsenal de l’État, de Salamis; — pour le Portugal, les cordes de « piteira » provenant des îles du Cap-Vert et de Santo-Antao, envoyées par l’Association industrielle portugaise, de Lisbonne; les cordes de cocotier, fabriquées par M. G.-C. Serra, de l’île de Santiago (Cap-Vert) ; la collection de cordes provenant des colonies portugaises et fabriquées par les indigènes des provinces de Cap-Vert, Saint-Thomas et Prince, Angola, Guinée portugaise, Mozambique, Macao, Timor et Inde portugaise, etc.; — pour la Roumanie, des cordes, cordages et harnais en cordes exposés par MM. G. Bilcescu, de Craïova ; Moritz Wachtel et Dinesco, de Jassy ; Simiann frères, de Ramnicu-Volcea, Wachtel et Moritz Josef, de Jassy;
- — pour la Serbie, des cordages différents à l’usage de pontonniers, exposés par la Manufacture royale d’armes et fonderie de canons, de Kragouyevatz ; et des échantillons de ficelles sous les noms de MM. Vladimir Zvetkovitch, d’Alexinatz ; Theodor Stoylhovitch, de Négotine ; Thocho et Asa Staytch frères, de Vragna ; Milan Stankovitch, de Doubinza (département de Vragna) ; George Spasitch, de Krou-chevatz, etc.
- 2° En Amérique. — Pour les États-Unis, des cordages en manille et sisal, fort bien fabriqués et des plus puissants, exposés par la National Cordage G0, de New-York ; — pour la République Dominicaine, des cordages et sangles en corde, envoyés par la Commission provinciale de Santiago; — pour le Guatémala, des cordages en chanvre au nom de M. Morales del Chol, de Baga-Yerapaz, et des municipalités de Lanquiri (département d’AIta-Verapaz), de Mataquescuintla (département de Santa-Rosa) et de San-Juan de Sacatepequez (département de Guatémala) ; — pour le Paraguay, des cordes en poil animal et en fibres de « caraguata » et de « pino-guazu » envoyées par le gouvernement de ce pays;
- — pour l’Uruguay, des cordes et ficelles en lin, exposées par M. Luis Sivori, de Montevideo ; — enfin, pour le Venezuela, des cordes en « cocuiza » et d’autres servant à suspendre les hamacs, au nom du gouvernement vénézuélien.
- FABRICATION A LA MAIN.
- Tout le monde connaît la fabrication manuelle. Le cordier, dont l’atelier est installé en plein air,
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- sur une aire plus longue que large, abritée contre les vents et autant que possible ombragée, prend avec lui une certaine quantité de chanvre, se la place autour des reins, et va l’attacher à l’un des crochets d’un rouet auquel un homme donne le mouvement. Puis il marche en arrière, laisse échapper une certaine quantité de filasse qui se tord immédiatement par l’action du rouet, et en arrête le tortillonnement de la main gauche au moyen d’un morceau de drap auquel on donne le nom de « paumelle ». Quand il a fabriqué une certaine longueur de fil, il la passe au-dessus d’un râtelier pour l’empêcher de toucher à terre, et continue toujours jusqu’à ce qu’il soit
- arrivé au bout de l’aire qu’il s’est réservée. Là il rencontre un poteau à émerillon auquel il assujettit son fil; ou bien, si plusieurs ouvriers travaillent avec lui et dans le même sens, il relie ces fils bout à bout, pour arriver toujours à Fémerillon en dernier lieu. La longueur du fil de caret fabriqué, et par conséquent de l’aire de cordier, est très variable : elle va parfois jusqu’à 50 mètres.
- Gomme il a été reconnu qu’il est bon de garder quelque temps en magasin, avant de les commettre, les fils de caret fabriqués, pour que toutes ces fibres faiblement tordues tendent moins ensuite à se redresser, le câblier les plie autour de l’axe d’un
- Fig. 63.
- chevalet pour les emmagasiner ensuite jusqu’au tordage.
- Cette manière de faire est longue, et de plus elle oblige le cordier à rester longtemps exposé aux intempéries des saisons. Il était donc désirable de voir inventer une machine d’un prix raisonnable qui permît de filer le fil de caret plus vite, et de travailler à l’abri du vent et du soleil.
- Machine à pédale à filer le caret à la main exposée par M. Millet, de Persan.
- Une 'machine de ce genre, représentée fig. 63 et 6â a été exposée par M. Félix Millet, constructeur, à Persan (Seine-et-Oise). Son prix n’excède pas 500 francs, et elle peut être manœuvrée dans un local abrité, soit par le cordier lui-même à l’aide d’une pédale, soit par un aide à l’aide d’une mani-
- Fig. Ci.
- velle. La légende suivante indique les divers détails j de la construction :
- A. Roue-volant ;
- B. Bâti; j
- G. Pédale; ;
- D. Manivelle de la pédale ;
- E. Manivelle de l’aide;
- F. Moulinet tordeur ;
- G. Support du moulinet ;
- H. Tendeur-entraîneur ;
- J. Poulie de retour de la corde de la pédale.
- La première occupation du cordier pour préparer sa machine est de régler la vitesse du tordeur F, en rapport avec la grosseur du fil de caret qu’il veut produire. A cet effet, il a à sa disposition cinq poulies, dont il utilise la plus grande pour le fil le plus gros, et la plus petite pour le fil le plus mince. Pour opérer un changement de poulie, il desserre une vis
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- et abaisse le tendeur H, opération qui détend la corde de transmission et permet de la dégager de la gorge de la poulie à remplacer; il retire cette poulie fixée par une attache de baïonnette, lui substitue celle de la série (celle du volant à gorge ne changeant pas), remet la gorge sur elle et la raidit* en remontant le tendeur, puis serre la vis qu’il a desserrée pour maintenir les choses en bon état.
- La bobine est alors fixée sur son écran de va-et-vient; le fileur passe dans huit trous que portent les disques des fils destinés à lier la pelote terminée ; il passe ensuite dans le trou de l’axe, à gauche, en commençant par l’aileton, une ficelle qu’il conduit sur les poulies et bossages raidisseurs d’une ailette du tordeur; puis il en fixe un bout sur le noyau de la bobine.
- Cette bobine se trouvant ainsi bien préparée, le cordier, qui se tient en x, anime sa machine à l’aide de son pied gauche placé sur la pédale c ; mais il peut aussi, comme nous l’avons dit, utiliser le concours d’un aide qui manœuvrerait la manivelle E. 11 amorce alors la filasse que renferme son tablier à la ficelle engagée dans la machine, et il n’a plus ensuite qu’à l’alimenter et régler la régularité du produit qu’il fabrique.
- Si, au début du travail, il reconnaît à son fil de caret un excès de torsion, il desserre les boulons du frein, ce qui permet un bobinage plus rapide ; et si alors la traction sur le brin en préparation est trop forte, il augmente la résistance à l’aide des bossages de l’ailette. C’est donc en combinant l’action des résistances par les bossages et le frein qu’il obtient toutes les situations voulues pour les divers travaux à faire sur cette machine. Bien entendu, si le fil n’est pas assez tordu, le cordier fait la manœuvre inverse.
- Lorsque la pelote est tout à fait terminée, le fileur arrête sa machine. Il détache les huit bonis de ficelle fixés au disque de la bobine et fait la ligature de cette pelote. Il coupe-son fil de caret près de celle-ci et fixe le bout à l’ailette du cordeur pour ne pas avoir à la poser à nouveau, comme nous l’avons expliqué.
- La bobine est alors amenée à l’extrémité de course, à gauche, ce qui permet à la tige carrée qui se trouve à droite de l’arbre central de sortir de l’arbre moteur tubulaire. A. l’aide d’une manivelle, le fileur dévisse l’arbre central; puis, sans le sortir de l’arbre moteur tubulaire, pousse tout (la bobine comprise) vers la droite jusqu’à toucher le frein, ce qui ménage à gauche la place nécessaire à l’échappée de cette
- bobine. Tenant le tordeur d’une main et la bobine de l’autre, il dégage celle-ci des crochets de l’écrou de va-et-vient et la sort par le dessus. Il dévisse ensuite l’écrou en bronze qui retient le disque de gauche, et rien ne s’oppose plus à l’enlèvement de la pelote; celle-ci est mise en magasin pour être câblée ultérieurement ou livrée au commerce. En effectuant la manœuvre inverse, le fileur met la machine en état de recommencer une nouvelle pelote.
- Cette machine, fort simple et facile à manœuvrer, peut rendre de grands services à la petite corderie et mérite d’être connue.
- FABRICATION A LA MÉCANIQUE.
- Nous avons le regret de constater qu’aucun constructeur n’a exposé de machines pour la fabrication mécanique des cordes.
- On sait que la confection mécanique d’une corde en général comprend trois parties : fabrication des fils de caret, toronnage et câblage simultanés ou séparés, et apprêt.
- Dans la fabrication mécanique du fil de caret, il eût été certainement désirable qu’on mît le public à même de pouvoir comparer entre eux et de voir fonctionner sous ses yeux, dans la galerie des machines, les différents systèmes de l’entonnoir condenseur, du pot tournant et du banc lileur ; les diverses machines pour la préparation du caret en chanvre de Manille ont été aussi, ces temps derniers, l’objet de perfectionnements qu’on eût étudiés avec intérêt.
- Nous dirons la même chose des machines à fabriquer les cordes d’un seul jet, des divers systèmes de toronneuses et câbleuses verticales et longitudinales, ainsi que des machines fonctionnant sur rails et sur aire de cordier.
- Enfin, il n’est pas jusqu’aux machines à goudronner, à fabriquer les âmes, à dévider les ficelles, à étriller, à encoller et polir et à pelotonner qu’on eût vues avec plaisir en 1889, étant données les modifications ingénieuses que les constructeurs français et anglais ont fait récemment subir à ces divers métiers.
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- CHAPITRE IV.
- Machines de tissage.
- Pour* mettre de l’ordre dans notre exposé, nous diviserons ce chapitre en quatre parties.
- Dans la première, nous étudierons les modifications d’ensemble apportées au métier à tisser, amenant sa transformation complète et n’y laissant plus rien des données classiques usuelles.
- Dans le second, nous examinerons les modifications partielles de ce même métier en général et les divers changements qu’on lui a fait subir en vue de
- t TIi \v
- Fig. 65. — Métier circulaire de M. Soret jeune.
- son adaptation au tissage des étoffes de divers textiles : soie, laine, coton, lin, etc.
- La troisième sera consacrée à l’étude des fabrications spéciales, qui comprennent à l’Exposition celle des tapis, de la passementerie, etc.
- .. Enfin nous étudierons, dans une quatrième partie, les machines de préparation proprement dites.
- I. — Modifications d’ensemble.
- L’Exposition comprend trois métiers que nous pouvons examiner sous cette rubrique : deux dans la section française et un dans la section suisse.
- Les deux premiers sont le métier circulaire de MM. Soret jeune et Hurtu et Hautin, de Paris, et le
- Supplément a l’Industrie textile dj 15 Janv.er.
- ii. — IC* Fascicule.
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- métier dit à cames mobiles de M. Sibut aîné, d’Amiens; le troisième est le métier circulaire de M. Georges Wassermann, de Baden (Zurich).
- Métier à lisser circulaire, exposé par MM. Soret jeune et Hurtu et Hautin, de Paris.
- Ce système diffère des métiers rectilignes en ce sens qu’il produit des étoffes en manchon cylin-
- drique qu’on peut, ou couper longitudinalement pour avoir des pièces de grande largeur, donnant peu de déchets au débit, ou couper hélicoïdalement pour avoir des pièces de tissus à fil de chaîne et de trame inclinés par rapport à la direction générale de la pièce et possédant une résistance plus grande à l’usure. i ' • d
- Les points caractéristiques de ce métier sont les suivants :
- 1° Agencement particulier des navettes et leur
- Fig. 6ü.
- mode de roulement sur le croisement ou foule des fils de chaîne ;
- 2° Conduite de ces navettes par un battant fractionné agissant également comme peigne pour le serrage des fils de trame ;
- 3° Organisation particulière des ensouples pour produire une tension régulière des fils de chaîne pendant le tissage;
- Au Appelage du tissu fabriqué, au moyen de cercles, animés, de mouvements alternatifs de montée et de descente; . . /
- 5° Soutenage du roulement de la navette par lie
- cercle d’appelage situé près de la formation du tissu.
- Telles sont les dispositions dont l’ensemble a permis d’établir un métier circulaire dans lequel le tisseur se trouve placé au centre pour surveiller la marche des opérations, et qui se; coih’bihei facilement avec une mécanique Jacquart à armures, propre à opérer les changements destinés aux .tissus à dessin.
- Gela ne change absolument rien à la formation du tissu, qui a lieu, comme dans les métiers à tisser ordinaires, par le; passage d’un fil de trame dans l’ouverture des fils de chaîne. Nous indiquerons les'
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- points caractéristiques, en nous référant aux figures 65 à 77.
- La figure 65 représente la coupe verticale, par Taxe, d’un métier circulaire perfectionné et dans laquelle on voit le mouvement de mise en marche, l’ouverture des fils de chaîne par les lames, l’appel du tissu, etc. La figure 66 représente le demi-plan de ce métier (la partie supérieure supposée enlevée), montrant le mécanisme de mise en marche et la disposition de certaines parties. La figure 67 représente le demi-plan de la partie supérieure opposée
- à la moitié représentée sur la figure 66 et faisant voir les mécanismes Jacquart, ainsi que leur position sur le haut du métier.
- La figure 68 donne une coupe verticale, suivant l’axe d’un jacquart, pour montrer le dispositif du renvoi des chaînettes actionnant les lames.
- Les figures 69 et 70 montrent respectivement, en élévation et en plan, une variante de la disposition du peigne fractionné et de la navette qu’il actionne. La figure 71 représente la disposition des ensouples avec frein.
- Fig. 67.
- Les figures 72, 73, Ih et 75 montrent sous divers aspects les différentes dispositions de ce battant fractionné.
- Enfin les figures 76, 77 et 78 représentent séparément la navette, son mode de roulement dans l’ouverture des fils de chaîne et le battage du fil de trame.
- La carcasse du métier est formée de montants A fixés sur le sol et convenablement entretoisés par des cercles rigides ou autres pièces appropriées ; elle supporte les ensouples G, les poitrinières extérieures et intérieures D et I, les mécaniques Jacquart B, le plancher extérieur G, et la table à mortaises J.
- Au milieu de cette carcasse se trouve un bâti F recevant le plancher intérieur G', dont la circonfé-
- Fig. 68.
- rence comporte quatre glissières verticales II supportant le bord intérieur de la table J.
- Le plancher G reçoit en son milieu un socle creux K dont le sommet porte les organes P' de mise en marche et d’arrêt du métier et ceux commandant l’appelage du tissu, et dont l’intérieur sert de logement au mécanisme réglant l’avancement du tissu. Dans le bas de la carcasse du métier et au-dessous du plancher G se trouvent le mécanisme de mise en marche du métier et celui de l’appel du tissu.
- Les ensouples G, en nombre quelconque, sont disposées autour du métier et sont munies d’un frein offrant une résistance à leur déroulement. Ce frein (fig. 71) est formé, d’une part, d’un feuillard attaché à la carcasse du métier et, d’autre part, d’un
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- levier E qu’on charge de poids convenables ; le feuillard enveloppe partiellement la gorge qui termine l’ensouple et exerce sur elle une friction proportionnée à ces poids. Les ensouples sont en outre amovibles, ce qui permet de les remplacer facilement par de nouvelles lorsqu’elles sont épuisées.
- Le déroulement des fils de chaîne placés sur les ensouples s'effectue par l’intermédiaire des tringles Cs (fig. 65 et 66) qui, situées entre les ensouples G
- et les poitrinières D, dirigent les fils tangentielle-ment à ces dernières, et leur conservent, pendant toute la durée de la formation du tissu, une égale longueur et une même tension. Ces tringles obvient à l’inconvénient que présente le groupement polygonal des ensouples et la diminution du diamètre de celles-ci. Le déroulement est surveillé par un gamin placé sur le plancher extérieur G.
- La poitrinière extérieure D, sur laquelle passent
- Fig. 70
- î:\
- Fig. 69.
- les fils de chaîne venant des ensouples G, peut être constituée de petits galets fous, disposés sur une tringle convenable (fig. 65 et 66) ou de segments rigides reliant les montants (fig. 69).
- Les lames N (fig. 65 et 66), destinées à opérer le croisement des fils de chaîne, sont divisées en sections indépendantes, — quatre sections sur les dessins, — comprenant chacune un certain nombre de lames (10 par exemple). Chaque lame est formée de deux fers plats n et n', cintrés à la courbure convenable, suivant leur éloignement du centre et guidés par leurs extrémités dans des coulisses c(fig. 65, 66, et 70), rapportées sur les montants de la car-
- Fig. 71.
- casse du métier ; chaque lame comprend une série de lisses tendues verticalement entre les fers n et n', et dans l’œillet central desquelles passent les fils de chaîne.
- Ges organes, lames et lisses, destinés à déterminer l’ouverture des fils de chaîne, sont trop connus pour que l’on insiste davantage sur leur constitution, leur montage et leur emploi. Disons seulement que la forme courbe des lames a conduit à suspendre celles-ci par la verticale passant par leur centre de gravité, ce qu’on obtient à l’aide d’armatures A4 (fig. 65 et 69). En outre, les lames sont suspendues aux crochets des jacquarts, au moyen de chaînettes E,
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- et guidées par des tringles b fixées à leurs extrémités (fig. 65).
- Les mécaniques jacquart B, destinées à commander les lames N, sont situées à la partie haute du métier (fig. 65, 67 et 68). Elles reçoivent leur mouvement de l’arbre B', greffé sur l’arbre principal A' par des engrenages convenables et fonction-
- m
- Fig. 72.
- Fig. 76.
- Fig. 77.
- Fig. 76.
- Fig. 74. Fig. 75.
- nent à la façon ordinaire, mais alternativement, pour opérer un nouveau croisement des fils de chaîne, qui forment la foule toujours prête à recevoir le fil de trame. Or, comme le métier est divisé en quatre sections, les mécaniques sont en nombre correspondant, quatre, par conséquent, et fonctionnent deux par deux, puisqu’il y a deux navettes.
- Le peigne fractionné a ses éléments O guidés dans les mortaises de la table J. (fig. 65 et 66). Chaque élément se compose d’une tige oscillante M
- (fig. 65 et 72), à l’extrémité supérieure de laquelle se fixent un certain nombre de lamelles d’acier O séparées par des rondelles d’épaisseur convenable, reliées entre elles par un rivet a, et entre lesquelles passent les fils de chaîne. Les lamelles sont découpées suivant une forme qui facilite la marche de la navette B4 (fig. 66, 72 et 73). A la partie inférieure de la tige M se trouve un galet fou engagé dans la gorge d’un cercle-came P (fig. 65) qui imprime aux éléments du peigne les divers mouvements qui leur sont nécessaires pour le passage de la navette B4. Ces éléments peuvent aussi être disposés comme l’indiquent les figures 69, 7 U et 75. Dans ce cas, les lamelles sont fixées sur un coulisseau M, guidé par la table à mortaises J et terminé à sa partie inférieure par le galet fou qui suit les sinuosités du cercle-came P.
- La commande du peigne fractionné est obtenue au moyen de la came P, entraînée par ses supports Q (figures 65 et 69), faisant corps avec une couronne d’angle R, emboîtée sur le bâti central F et engrenant avec le pignon correspondant L calé sur l’arbre principal A' du métier. La gorge de cette came P comprend des sinuosités destinées à ouvrir les éléments O qui livrent passage à la navette B4 et à refermer ces éléments sur la queue de celle-ci, qu’ils obligent à rouler sur la foule et à suivre exactement le mouvement de rotation du cercle-came P (figures 66 et 70).
- La navette B4, placée dans l’angle ouvert que forment les fils de chaîne, porte à l’avant un galet G4 (figures 65, 66, 76 et 77), et à l’arrière un autre galet D4 ; ces galets, de forme lenticulaire, roulent sur la dernière croisure des fils en s’y appuyant ; c’est ce que l’on appelle le roulement sur la foule.
- Dans sa partie milieu, de forme cylindrique, la navette reçoit une bobine contenant le fil de trame destiné à confectionner le tissu par son interposition dans la chaîne. Un tube E4 guide le fil de trame et le place dans le sommet de l’angle, en avant du galet D4, lequel roule sur le fil et le fixe déjà à la place qu’il doit occuper. Aussitôt ce galet passé, l’élément de peigne achève sa fixation par le battage et le maintient jusqu’au nouveau croisement.
- Pendant qu’une navette parcourt un quart du métier, le quart suivant opère le croisement de fils de chaîne et leur ouverture naturelle, de sorte que, sans aucun arrêt, et animées d’une constante rotation, les deux navettes se succèdent dans des foules différentes, en y déposant la trame nécessaire. La
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- vitesse des navettes étant relativement moins considérable que dans les métiers rectilignes, on peut tendre le fil de trame et le placer dans cet état, sans risquer de le rompre. On obtient, malgré cela, un plus grand développement de fil, la navette ne s’arrêtant pas, comme dans les métiers rectilignes. Enfin, le dernier effet produit est celui des galets de roulement de la navette, qui, en l’encastrant profondément par un foulage énergique, lient le fil de trame d’nne façon intime aux fils de chaîne, travail que le peigne achève immédiatement après.
- La figure 70 montre une variante de la navette, qui donne également de bons résultats. On peut l’employer dans certains cas spéciaux.
- Le roulement de la navette produit sur la foule, par le galet D4, une sinuosité (figure 76) utilisée pour soutenir ce galet et faciliter son roulement. A cet effet, les cercles 1 et Z (figures 65 et 70) sont rapprochés du point de formation du tissu jusqu’à la tangente de la sinuosité produite par le galet, de manière que ledit galet s’y appuie et tourne aisé-jj ment. Il est à remarquer que ce galet n’est séparé des cercles I et Z que par les fils de chaîne.
- Aussitôt après le passage du galet D4, la foule, ? reprenant sa position première, vient faire saillie sur les lèvres des cercles I et Z qui s’offrent alors à l’action du peigne O (figure 78j, pour le battage ' du fil de trame.
- L’appelage du tissu fabriqué se fait au moyen du | cercle X (figures 65 et 69), sur lequel le tissu est
- | pincé par le cercle Y non fermé, et qu’une came Y2
- (figure 66), placée au point de solution de continuité, !; permet de serrer ou de desserrer à volonté.
- Le cercle X possède des écrous Y dans lesquels passent des vis verticales S qui, par l’intermédiaire des roues d’angle S et des arbres radiaux T, pren-| nent leur mouvement sur la roue conique S2 et obligent ledit cercle à monter ou à descendre, suivant le cas.
- La roue S2 est calée sur l’arbre V au moyen d’un : cône à friction R2, actionné par le levier T2, la
- bague V2, le boudin, à ressort V2 et le volant de serrage X2. En agissant sur ce volant, l’ouvrier tisseur, monté sur le plancher G', peut desserrer le cône et décaler la roue S2 pour suspendre le mou-1 vement des vis, et par suite celui du cercle X. L’arbre V prend son mouvement sur l’arbre I', lequel le reçoit ou de l’arbre A' pour la descente du ; cercle X ou d’une courroie enveloppant la poulie X', pour la remontée de ce cercle.
- L’arbre A' actionne l’arbre I' au moyen d’un excentrique T' (figures 65 et 66) dont la barre agit par un système de levier à cliquet sur le cochet U' qui fait tourner l’arbre U lentement et d’une façon saccadée, dans le sens propre à l’appel du tissu. Au contraire, la poulie X' fait tourner l’arbre rapidement et en sens inverse pour la remontée du cercle X. Il est donc nécessaire que le rochet V' et la poulie X' soient fous sur l’arbre I', et qu’un manchon d’embrayage soit interposé entre les deux pour les fixer à tour de rôle sur l’arbre L' ou les en isoler complètement.
- Ce manchon, marqué de la lettre V’ sur les figures 65 et 66, est actionné par l’ouvrier tisseur, qui agit sur la came Y' située au haut du socle K7 au moyen d’une tringle verticale Q', d’un levier en équerre R', d’une tringle S’ et d’un levier L' engagé dans la gorge dudit manchon.
- Lorsque les cercles X, Y sont arrivés lentement et par saccades successives au bas de leur course, le métier est arrêté, ainsi qu’on le verra plus loin, et le tissu est fixé à la poitrinière I par le cercle Z établi et serré de la même façon que celui Y. Cela fait, on desserre le cercle Y en se servant de la came Y2, et on embraye la poulie X' pour la remontée rapide du cercle X; pendant ce temps, on effectue la remontée du cercle Y, en agissant sur le treuil Z2 auquel ledit cercle est relié par des cordes z établies ad hoc. Le cercle Y est ensuite serré sur celui X qu’on a arrêté au préalable ; puis ce tissu compris entre le cercle Z et celui X est tendu en se servant de la manivelle Z' calée au haut de l’arbre Y ; le cercle Z est desserré, le rochet Y' est embrayé et le métier est remis en marche.
- Le mécanisme de mise en marche et d’arrêt du métier est situé sur l’arbre A', supporté par des paliers fondus ou rapportés sur le socle W (figures 65 et 66) ; il se compose d-’une poulie folle J' enveloppée d’une courroie de commande et d’un cône à friction K' fixe, mais susceptible de glisser longitudinalement. Poussé vers la poulie J', le cône met l’arbre A' en mouvement à une vitesse proportionnée à la pression exercée ; ramené, au contraire, vers une lunette fixe O', il immobilise l’arbre A' d’autant plus rapidement que la pression exercée dans ce sens est plus considérable.
- La mobilisation du cône à friction est obtenue à l’aide d’un levier L", recevant son mouvement d’une tringle S", d’un levier en équerre R", d’une tringle Q" et d’une came P' située à l’intérieur du métier, au
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- haut du socle K, à la main de l’ouvrier tisseur placé sur le plancher G’.
- Le manchon tissé, comme il vient d’être dit, est ensuite découpé longitudinalement ou hélicoïdale-ment, soit pour produire des pièces d’étoffe de grande largeur, soit pour obtenir des pièces d’étoffe dans lesquelles les fils de trame et les fils de chaîne seraient également inclinés par rapport à'la direction générale. Dans ce premier cas, il y a économie, par suite de la suppression des déchets; dans le second cas, il y a solidité plus grande pour les vêtements.
- On peut donner facultativement à ce métier circulaire toute dimension convenable, et l’établir, soit à une navette et deux sections de lames, soit à deux navettes èt quatre sections de lames (tel le cas dans les dessins), soit à quatre navettes et huit sections de lames, etc., ce qui est parfaitement possible, vu la petitesse des navettes par rapport au développement de la circonférence du métier.
- De même on peut former chacune des sections de lames d’un nombre quelconque de ces organes pour les approprier aux cartons des mécaniques Jacquart employées suivant les dessins ou armures des étoffes à produire.
- Métier à cames mobiles exposé par M. Sibut aîné, cl’ Amiens.
- Ce nouveau métier à tisser, appelé métier à cames mobiles par son inventeur, a été créé dans le but de produire facilement et à, volonté des variétés sans limites dans les armures de tissus.
- Ce métier peut être simple, avec son mouvement propre, et n’avoir à produire, comme la plupart des métiers en usage, qu’une seule pièce à la fois ; de même qu’il peut être double, c’est-à-dire composé de deux métiers montés sur un seul et même bâti à double face et actionnés par un sëul et même mouvement, et| produire à la fois deux pièces sem-| blables ou deux pièces de geiïres différents. Dans Te s métier double, — dont le but est d’économiser la
- i place, les frais de construction, de transmission et
- i la force motrice, — les deux faces sont indépendantes,' c’est-à-dire qu’elles peuvent fonctionner simultanément, où que l’une des deux peut, le cas échéant $ être instantanément mise au repos sans' que la marche de l’autre soit interrompue.
- Les figures 79 et 80 représentent un métiel4 double; il n’y aurait qu’à le diviser en deux et donner'
- à chacun son bâti propre et son mouvement isolé pour en faire deux métiers simples (fig. 81 et 82).
- Dans ce système, les lames sont montées sur des porte-lames A, à chaque bout desquels est rivé un coulisseau B guidé dans une des canelures G dans lesquelles les coulisseaux montent et descendent j
- librement en entraînant les porte-lames et les lames \
- dans leur mouvement. Chaque lame est accrochée |
- aux coulisseaux de son porte-lame au moyen de |
- boutons et peut en être décrochée à volonté. On \
- peut disposer autant de lames que l’on veut. Les !
- dessins en indiquent dix dans chaque monture.
- Le mouvement de montée et de descente des 1
- porte-lames avec leurs lames, qui a pour effet de |
- produire l’ouverture des fils de la chaîne pour le ;
- passage de la navette, est déterminé par des camesD de hauteurs différentes, les cames hautes produisant la montée et les cames basses produisant la des- ! cente, lesquelles sont disposées dans l’ordre voulu par l’armure à obtenir, dans un plateau horizontal E qui les entraîne dans sa rotation horizontale sur un axe vertical (côté 1, fig. 81), ou bien selon une variante (côté 2, fig. 82), produisant les mêmes effets, entre deux plateaux verticaux E' montés sur une ; douille commune et tournant verticalement avec celle-ci et avec les cames autour d’un axe horizontal. Dans le cas du plateau horizontal, les cames sont convexes et concentriques au centre du plateau. Dans le cas du plateau vertical, les cames sont 1 plates.
- Les plateaux dans les deux cas sont disposés au-dessous du jeu des porte-lames, de façon à ce que chaque rang de cames corresponde exactement à l’un des porte-lames, et leur mouvement de rota- j tion est déterminé par des séries d’engrenages cal- \
- culés selon le nombre adopté de coups de battant f
- et de passages de la navette pour un tour de plateau. j
- JQafls .le côté JL, .Içs coups de battant et le nombre \
- des cames dans chaque rang concentrique sont de 2A pour un tour de plateau. Dans le côté 2, le nom- i
- bre des coups et dés cames est de 16 pour un tour. !
- Ces proportions peuvent d’ailleurs être variées en ;
- plus ou en moins à volonté, en modifiant en consé- j
- quence le nombre des cames et en y conformant le j
- rapport des séries d’engrenages. Ainsi, pour uni rapport de 1 tour de plateau pour 12 coups' de battant, il faudra 12 cames dans chaque rang, et pour un rapport de 1 à 30, il faudra 80 cames dans chaque rang, etc. - vb •’ \ j
- On peut,,du, resté, disposer les lames avec leviers ,
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- manière, attendu que ce sont ces cames mobiles qui sont surtout l’idée neuve du système, quelle que soit la disposition que l’on adopte pour les utiliser.
- De même, on pourra disposer au besoin plusieurs
- par-dessus, avec ou sans cannelures, coulisseaux et porte-lames, en faisant commander ces leviers, directement ou par articulations, par les plateaux à cames, soit par-dessous, soit par côté, soit de toute autre
- Fig. 79. — Métier a cames mobiles de M. Sibct. (Élévation.)
- «=W~oK^
- égales en longueur à la longueur d’une des divisions de la circonférence du plateau selon le rapport adopté et établi par la série d’engrenages. Les unes sont basses, les autres hautes, et elles sont placées, déplacées et replacées à volonté dans les plateaux, soit qu’une came basse doive toujours, être suivie et
- plateaux porte-cames d’un même côté, qu’il s’agisse d’un métier simple ou qu’il s’agisse d’un métier double, dans les cas où cette multiplication pourrait être demandée par des effets à produire dans des jeux de lames. . ,
- Les cames D sont des petites pièces mobiles toutes
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1 889.
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- précédée d’une came haute, soit qu’une ou plusieurs cames basses doivent être suivies d’une ou plusieurs cames hautes avec alternances régulières ou variées, selon l’armure à obtenir. Ces cames peuvent être en une ou plusieurs pièces pour le remplissage d’une seule des divisions ou pour le remplissage de plusieurs divisions. Leur épaisseur est facultative.
- La différence de hauteur des cames hautes et des cames basses peut être telle que cette différence soit capable de produire directement un croisement des fils de chaîne suffisant pour le passage de la navette. Toutefois, dans les dessins que nous reproduisons, elles ne commandent ce croisement qu’indirectement par leur action sur des leviers intermédiaires F à
- rayons différentiels, ce qui permet de diminuer la différence de hauteur entre les cames hautes et les cames basses, tout en produisant les mêmes effets. Leur fatigue, il est vrai, en est augmentée dans la portion du rapport des rayons différentiels des leviers intermédiaires; mais ce surcroît de fatigue peut être considérablement atténué par un ressort G ou par un contrepoids d’une force calculée pour agir dans ce but sur l’arrière de ce levier.
- Les cannelures G, dans lesquelles montent et descendent librement les coulisseaux B avec leur porte-lames, sont creusées parallèlement à côté les unes des autres du haut en bas de deux montants verticaux fixés de chaque côté du métier, l’un en face de
- Fig. 81.
- (Côté i.;
- l’autre derrière le battant, et reliés en bas solidement l’un à l’autre, par devant et par derrière, par deux fortes plaques de tôle H dans lesquelles sont percés deux trous. Dans le premier est fixé un axe J sur lequel sont passés et pivotent les leviers intermédiaires actionnés par les cames au fur et à mesure du passage de celles-ci sous chacun d’eux. Dans le deuxième tourne à volonté l’axe d’un releveur K, destiné à relever tous les leviers d’un coup quand besoin est, comme, par exemple, quand il y a lieu de dégager les plateaux pour y modifier la disposition des cames, relèvement complet qui s’obtient en adaptant une clef à longue tige sur le carré ménagé sur l’un ou l’autre bout de l’axe du releveur et en le faisant tourner de la quantité nécessaire. Un ressort à boudin disposé dans un tube de chasse L, qui glisse librement dans un autre tube M fixé sous le prolongement du battant à l’un et à l’autre de ses deux bouts, lance vivement le premier tube dans le second, et lance du même coup la navette d’un bout à l’autre du battant
- le tube de chasse actionné par le ressort à boudin portant à son arrière une tête destinée à recevoir et à renvoyer la navette, et qui glisse dans une rainure pratiquée à cet effet à la partie supérieure M. Le ressort à boudin, — qui s’appuie dans le tube de chasse contre le fond de ce tube et contre la tête d’une tige N fixée dans le fond du tube M avec un filetage qui permet de l’avancer ou de la reculer, et de régler ainsi la tension du ressort, — a pour mission de remplacer le chasse-navette en cuir si l’on veut.
- Le tube de chasse L porte à la partie postérieure de son alésage un ou plusieurs ergots. Un axe, sur lequel est calée une étoile à deux ou plusieurs pointes, est engagé dans ce tube par une tête tournée qui en remplit l’alésage derrière les ergots, mais dans laquelle sont ménagées des cannelures longitudinales d’une section suffisante pour que les ergots puissent y passer librement. A chaque mouvement de va-et-vient du battant, l’une des pointes du haut de l’étoile et l’une de ses pointes du bas viennent alternative-
- Sufplkvient a l'Industrie textile du 15 Janvier.
- ii. — 14e Fascicule.
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- ment se heurter contre l’un des heurtoirs réglables O, et l’étoile tourne avec la tige cannelée d’une certaine quantité calculée de telle façon qu’à chaque fois que le retour du battant en arrière coïncide avec l’arrivée des cannelures de la tige de l’étoile en face des ergots intérieurs du tube, le passage de ceux-ci dans ces cannelures devient libre ainsi que la détente
- du ressort jusque-là comprimé, et le tube ainsi que la navette au repos devant sa tête sont lancés avec force, le tube s’arrêtant forcément à la limite de détente du ressort; mais la navette, continuant librement sa route en traversant toute la largeur de la chaîne, est envoyée jusque devant la tête de chasse de l’autre bout du battant, pour en être chassée de
- Fig. 83.
- Fig. 84.
- même en sens opposé au moment voulu par l’action inverse d’un autre ressort semblable au premier, et obéissant de ce côté à des organes et des effets identiques.
- Les tubes de chasse, tant d’un bout que de l’autre, sont, après chaque détente, ramenés à leur position initiale par un levier spécial P marchant avec lebat-
- Fi g. 85.
- tant et actionné à chaque départ de celui-ci en avant par le galet Q. Un ressort R ramène ensuite ce levier spécial à son point mort à chaque retour du battant en arrière, de sorte qu’il n’offre lui-même aucune résistance à la détente du ressort de chasse.
- Le métier double ou simple peut être disposé avec battant à navette unique selon l’usage courant (côté 1),
- la chasse de cette navette étant, dans ce cas, réglée à chaque bout du battant par la rotation de deux étoiles à pointes croisées agissant sur les ergots du tube; or, même avec cette navette unique, les variétés d’armures que l’on pourra obtenir doivent être, suivant l’inventeur, presque sans limites, grâce aux combinaisons si diverses qui résulteront des modifi-
- Fig. 86.
- cations sans fin que donneront à volonté les variétés de dispositions des lames combinées avec les variétés de dispositions des cames. Mais le battant peut aussi être disposé pour l’emploi de deux ou plusieurs navettes munies de fils de trame de couleurs ou de matières semblables ou diverses, d’où résulteront des combinaisons d’armures encore plus innombrables,
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- la multiplication des navettes pouvant multiplier d’autant plus les effets déjà sans nombre des variétés de dispositions dans les lames et dans les cames. Le côté 2 donne comme exemple un battant à une navette. Ce bat-tantporteàchacunedesesextrémitésun tourniquet calé sur l’axe de l’étoile commandée par les heurtoirs, et est percé de part en part de trois orifices d’une section suffisante pour que les navettes, également au nombre de trois, viennent alternativement s’y engager librement pour n’être arrêtées que par la tête du tube de chasse. Dans la marche ordinaire, il y a toujours, à tour de rôle, deux navettes dans l’un des tourniquets et une dans l’autre, mais cette marche peut être variée par des dispositions spéciales des |
- heurtoirs 0. Chaque navette ainsi engagée dans l’un des orifices suit alors le mouvement du tourniquet, et n’est renvoyée à l’autre bout que lorsqu’elle se retrouve à son point d’arrivée et que les cannelures de l’axe actionné par les heurtoirs laissent passer les ergots intérieurs du tube de chasse et agir son ressort. Dans cette disposition de tourniquet à trois navettes, il n’y a qu’une étoile à chaque bout, laquelle n’est pas, comme dans le battant à une navette, placée sur l’axe cannelé, mais bien d’un petit engrenage qui commande, dans un rapport de 1 à 2, un engrenage double de grandeur calé sur l’axe à cannelures. Partant des mêmes données, on peut I tout aussi bien construire des tourniquets de deux ou
- Coupe suivant RS
- Fig.
- de plus de deux navettes. Il est établi sous chaque extrémité des battants une petite roulette S qui les soutient dans leur marche en roulant sur un chemin de fer.
- Le mouvement général est donné par un arbre rotatif mis en mouvement d’une façon quelconque et qui commande d’une part le va-et-vient du battant unique dans le métier simple ou des deux battants opposés dans le métier double au moyen d’une manivelle, ou d’une disposition coudée, d’un excentrique etc., et d’autre part la marche rotative des cames avec leurs plateaux, soit horizontaux, soit verticaux, au moyen de combinaisons de pignons et d’engrenages selon le nombre de coups de battant à établir pour un tour de plateau.
- Dans le métier double, l’arbre de commande qui est horizontal, reçoit son mouvement mécaniquement selon le mode ordinaire de poulies fixe et folle avec volant et actionne, par pignons d’angle, un arbre vertical qui porte à son extrémité supérieure un plateau tournant horizontalement avec un bouton d’excentrique ; ce plateau produit le va-et-vient des
- battants au moyen d’un coulisseau actionnant une glissière horizontale, aux deux extrémités de laquelle sont boulonnés des bras portant une douille à chaque bout; dans ces douilles, sont saisies les tiges de direction des battants.
- Quant à la marche rotative des cames, elle est produite dans le rapport de vingt-quatre coups de battant
- Coupe suivant UVXYZ
- w/mwn:
- '
- pour un tour de plateau porte-cames pour le côté 1 du métier, et dans le rapport de seize coups pour un tour pour le côté 2, au moyen de séries d’engrenages suffisamment indiquées par les dessins pour que tout praticien en comprenne facilement la disposition sans qu’il soit nécessaire de les décrire plus amplement. Ces rapports et les séries d’engrenages qui les produisent ainsi que leurs dispositions ne sont d’ailleurs donnés qu’à titre d’exemples; il va sans
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- Frein vu de profil
- a
- a a.a ûQûft
- 9
- 0 0 00 00 tï
- Fig. 101.
- Fig. 102.
- f ig. 100
- I I H’]|l |
- O O
- Fig. 94.
- Fig; 92
- Frein, vq par sa face postérieure
- H
- C
- Fig. 97.
- Fig. 95.
- V1AV\
- Frein vu en
- i' IG. 99.
- IKH Ililil plan
- mjaaaiionrCAl
- F7!; il! G
- F
- Appareil d enroulement Vu en plan
- viAA
- tic. aii.
- Fig. 93.
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- dire que les rapports peuvent être augmentés ou diminués comme on le voudra en modifiant en conséquence les séries d’engrenages et le nombre des cames.
- Pour rendre effectivement indépendantes les deux faces du métier double, on y adapte des organes spéciaux de débrayage semblables dans Tune et l’autre face, quant au débrayage des battants, et semblables aussi quant au débrayage de plateau porte-cames, si c’est le même systèmed e plateau qui existe des deux parts, mais différents si le plateau de l’une des faces est un plateau horizontal et si c’est un plateau vertical qui porte les cames dans l’autre face, — indiqué, comme c’est le cas, dans les figures 83 à 87 et 88 à 91 où les deux genres de plateaux figurent à titre d’exemple, et qui font voir évidemment du reste que le métier double peut être établi à volonté, soit avec deux plateaux horizontaux, — soit avec deux plateaux verticaux, — soit avec un plateau horizontal d’un côté et un plateau vertical de l’autre, — soit avec plusieurs plateaux sur Tune des faces ou sur les deux..
- Les dessins indiquent deux exemples de débrayages spéciaux dont il s’agit. En voici la description :
- Les battants sont l’un et l’autre fixés à Tune des extrémités de deux tiges T glissant parallèlement dans des guides U, ce qui fait quatre tiges accouplées parallèlement deux à deux et commandées respectivement par les douilles des bras de la glissière horizontale, actionnée,, comme il vient d’être dit, par l’excentrique de l’arbre vertical déjà nommé qui lui imprime un mouvement de va-et-vient qu’elle communique aux battants. Dans un trou V commun aux douilles et aux tiges, — chacune à chacune, — est abaissée, par un ressort X, une broche coupée en deux pièces qui forme clef et rend la douille et la tige solidaires jusqu’au moment où la pièce inférieure est remontée entièrement dans la tige et la pièce supérieure dans la douille, et où la tige n’étant plus solidaire de la douille, celle-ci continue son mouvement en glissant le long de la tige qui reste immobile avec le battant qu’elle porte, le même débrayage ayant eu lieu de même et en même temps pour l’autre tige de ce battant. Ce relèvement de la broche est produit dans chaque tige par deux butoirs Y calés sur un arbre Z tournant dans les supports-guides a et sur lequel est aussi calé un levier à contrepoids ou obéissant à un ressort. Lorsque le battant marche,
- ses tiges étant embrayées dans leurs douilles, c’est que les butoirs Y sont baissés et enclenchés. Dès qu’ils se déclenchent, — soit automatiquement, comme par exemple sous l’action d’un casse-fil, soit par l’action de la main, — le contrepoids ou le ressort du levier fait tourner l’arbre Z et fait relever les deux butoirs contre lesquels viennent heurter deux petites équerres b tournant respectivement sur un axe qui traverse l’un de leurs angles et qui est fixé au-dessous de la douille : l’angle de l’équerre opposé à celui qui vient heurter le butoir s'élève et remonte la broche dans la tige, ce qui produit le débrayage. En même temps une manivelle, calée aussi sur le même arbre Z, commande, comme il va être dit, le débrayage du plateau, qui par conséquent s’arrête en même temps que le battant. Il suffit ensuite de réenclencher à la main l’arbre Z pour que le battant et le plateau se rem-brayent simultanément et qu’aussitôt recommence la marche du côté qui avait été mis au repos.
- Quant à l’embrayage du plateau horizontal, il est obtenu au moyen du corbeau denté c qui descend et s’accroche au rochet d lorsqu’on réenclenche l’arbre Z, le corbeau faisant partie de la pièce e fixée au plateau par sa charnière et le rochet d étant calé sur Taxe de l’engrenage placé au-dessous du plateau, — lequel ’axe tourne librement dans ce plateau dès que le corbeau c est remonté et a lâché son rochet, ce qui produit le débrayage. La multiplicité des dents correspondantes dans ces deux pièces fait que le corbeau s’enclenche dans le rochet dans quelque position que se trouve ce dernier. L’embrayage du plateau vertical est obtenu par un colier f dont les dents longitudinales intérieures sont correspondantes aux dents des têtes des deux axes g et h disposées bout à bout, et qui glisse en arrière, lâchant la tête d’axe du plateau, ce qui produit le débrayage, ou s’engageant sur cette tête tout en demeurant toujours engagé sur l’autre, ce qui produit l’embrayage. Ce glissement du collier est commandé par une fourche obéissant, par des articulations appropriées, au mouvement de l’arbre Z en même temps que les butoirs Y.
- Il est donc facile de comprendre que, par ces débrayages ou tous autres mécanismes ayant le même but, l’arrêt complet d’un seul desdeux côtés du métier double est produit instantanément sans que l’autre côté cesse de marcher. Mais, quand on veut arrêter les deux côtés en même temps, il n’est pas besoin de faire fonctionner ces débrayages spéciaux; il
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- suffît, comme dans le cas d’un métier simple, de débrayer la courroie de transmission.
- Les peignes sont fixés aux battants selon n’importe quelle méthode, et tout accessoire, tel, par exemple, qu’un casse-fil destiné à produire le débrayage automatique, etc., peut y être adapté.
- L’inventeur complète les dispositions précédentes par l’addition d’un système d’enroulement élastique et automatique du tissu à mesure de sa fabrication, — et d’un système de frein élastique réglant automatiquement le déroulement de sa chaîne.
- En voici la description à l’aide des fgures 92 et 93 qui indiquent l’enroulement, et des figures 94, 95 et 96 qui représentent le frein.
- L’enroulement élastique et automatique se compose des pièces suivantes :
- D’un rochet 1 en acier à dents fines, calé sur un arbre ;
- D’un corbeau de retenue 2 du rochet ;
- D’un pignon 3 calé sur l’arbre du rochet et tournant conséquemment avec ce dernier;
- D’une roue h calée sur l’arbre d’enroulement du tissu et commandée par le pignon 3 (cette roue peut être commandée par une ou plusieurs séries d’engrenages intermédiaires entre elles et le pignon 3, afin de diminuer la quantité d’enroulement produite par le mouvement du rochet) ; — cette roue et son pignon (comme les intermédiaires, s’il y a lieu) peuvent être placés du même côté que le rochet ou à l’autre bout du rouleau, comme ils le sont dans le dessin ;
- D’un verrou élastique 5 obéissant à l’action du levier 6.
- Les figures 97 à 99 et 100 donnent des variantes de la construction de ce verrou.
- Un levier 6 à broche élastique est actionné par le battant à chaque coup de ce dernier, et les figures d 01 et 102 donnent une variante dans la construction de la tête de ce levier, avec ressort plat maintenu par un collier G pouvant être monté ou descendu pour régler la tension du ressort.
- Une plaque de fonte 7 fixée sur un côté du métier porte les arbres et les pièces de l’enroulement, et la contre-plaque 7' fixée sur l’autre côté du métier pour porter l’autre bout des arbres.
- Le frein élastique et automatique se compose des pièces suivantes :
- Du support 8 des tirants élastiques 9 et 9' fixés au bâti du métier ;
- D’une courroie en corde 10 enroulée sur la poulie
- 11 et prise par ses deux bouts dans les têtes des tirants 9 et 9'.
- Voici maintenant le fonctionnement et les effets de ces deux appareils :
- Le battant, à chacun de ses coups en avant, vient heurter, par une touche B, la broche à ressort A, disposée à glissement libre dans la tête du levier 6. Le ressort de cette broche étant d’une rigidité suffisante, le levier cède à l’impulsion du battant et ramène avec lui le verrou 5 en pressant contre sa roulette E. Le battant en s’en retournant laisse agir le ressort de rappel F enroulé autour de la tige postérieure F' du verrou, lequel au moyen de sa griffe D entraîne avec lui le rochet 1. Mais le pignon 3 calé sur l’arbre du rochet est aussi entraîné avec ce dernier, et produit dès lors l’enroulement de la quantité libre du tissu en actionnant la roue h, soit directement, soit par intermédiaires. Si, cependant, la tension du tissu se refuse à l’enroulement pendant un ou plusieurs coups du battant, le ressort F demeure sans action, et le verrou, ainsi que le rochet et les engrenages, demeurent immobiles jusqu’au moment où s’est produite de nouveau une quantité libre de tissu à enrouler et où celui-ci, par conséquent, n’oppose plus une résistance supérieure à la force du ressort.
- Quant à l’enroulement produit, il demeure acquis par la retenue du corbeau 2 qui s’oppose au retour en arrière du rochet 1.
- Une tige de réglage G limite à volonté la course de retour du levier 6 et, par conséquent, celle du verrou 5.
- On comprend du reste que le frein a agi en même temps d’une manière concordante, car les ressorts a, a! des tirants 9 et 9' cédant à l’action du battant ont laissé la poulie tourner dans la courroie 10 à chacune des sollicitations du battant, et ont, par conséquent, laissé la chaîne (tout en la maintenant convenablement tendue) se dérouler au fur et à mesure de la fabrication du tissu.
- Les écrous G, H, H', qui emprisonnent les ressorts de rappel, tant dans le verrou 5 de l’enroulement que dans les tirants 9 et 9' du frein de déroulement, servent à régler la tension de ces ressorts, selon la fonction qu’ils ont à remplir.
- Le déroulement s’opère, grâce à l’élasticité des ressorts du frein, sans brusquerie et sans danger de rupture des fds de la chaîne, et, d’autre part, l’enroulement du tissu se fait au fur et à mesure de sa fabrication, automatiquement et régulièrement,
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- quelle que soit l'augmentation progressive de la grosseur du rouleau de tissu, grâce à l’élasticité des ressorts qui règlent et modèrent l’action du battant sur le déroulement et sur l’enroulement par l’intermédiaire du levier, du verrou, du rochet et des engrenages, ceux-ci pouvant être, comme on l’a dit, simples ou multiples, et combinés de telle façon que la quantité enroulée par chaque coup de battant puisse être réduite, selon la finesse de l’étoffe, jusqu'à moins de 1/10 de millimètre à la circonférence du rouleau par une ou plusieurs dents du rochet.
- Il va sans dire, d’ailleurs, que l’application simultanée des deux appareils n’est pas indispensable, c’est-à-dire que le frein peut être adapté à ce métier ou à tout autre métier, avec tout autre système d’enroulement que celui qui vient d’être décrit, de même que ce système d’enroulement peut être appliqué à n’importe quel métier, avec tout autre genre de frein.
- Métier circulaire
- exposé par M. Georges Wassermann, de Baden {Zurich).
- Dans ce métier, représenté figure 103, la chaîne est placée sur vingt petits ensouples placés à la partie inférieure du bâti et constituant un polygone de vingt côtés. Elle se déroule de bas en haut sur un anneau circulaire, et prend ainsi la forme cylindrique ; les maillons que traversent les fils de chaîne sont portés par des tiges radiales régulièrement espacées au-dessous d’un peigne annulaire. Au-dessus se produit le tissu, maintenu intérieurement par un anneau tendeur et appelé vers le haut du métier au moyen d’un régulateur d’enroulement. Le bord inférieur de l’anneau interne limite le battage de la trame. L’expression de battage doit s’entendre par analogie, car il est plus vrai de dire que le peigne serre la trame dent par dent, point par point.
- Le centre du métier est occupé par une colonne creuse où tourne un arbre vertical commandant tous les mouvements : rotation du régulateur; fonctionnement des ratières ou armures disposées en cercle pour actionner les aiguilles radiales et les maillons; oscillation du peigne, sur lequel roule la navette, en vertu de son poids, de manière à occuper l’endroit le plus bas de la pièce oscillante, tandis que le point le plus élevé presse la trame déroulée en hélice.
- Le système, comme les précédents, est trop nouveau pour le juger sans imprudence; toutefois, a priori et dans des cas déterminés, il présente un certain nombre d’avantages sur la construction des métiers connus.
- Le tissage s’effectuant sans à-coup, sans chocs,
- MËmm
- mmi
- Fig. 103.
- sans mouvements brusques, l’usure de la chaîne est faible et les ruptures de fils peu fréquentes. L’évolution de la navette est continue, la vitesse uniforme; il devient donc possible d’augmenter le poids et le volume de cette navette; de plus, la continuité de la course hélicoïdale de la trame assure au fil une tension régulière. Le métier travaille sans bruit, et l’usure des pièces mécaniques destinées, dans les autres métiers, à lancer la navette d’un bord à
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- l’autre, à faire battre le peigne, etc., n’a point ici d’équivalent.
- Par contre, le métier Wassermann ne se prête pas à l’emploi de plusieurs navettes, à la confection de véritables lisières, à la fabrication des velours. On peut le considérer, ainsi que les deux autres, comme constituant une démonstration intéressante et la première étape d’une voie nouvelle.
- II. — Modifications partielles et applications AU TISSAGE DE DIVERS TEXTILES.
- Comme nous l’avons dit, nous rangerons dans cette catégorie, évidemment très nombreuse, tous les mécanismes qui ne comprennent ni la préparation ni les fabrications spéciales. A ce titre, nous examinerons successivement : — l’appareil multiplicateur des comptes des mécaniques Jacquart, exposé par M. Planchon, de Paris; — la mécanique Jacquart au papier et la machine de piquage qui y correspond, exposées par M. J. Verdol, de Paris; — le métier à lacer mécaniquement les cartons pour mécanique Jacquart, envoyé par M. P.-A. de Sparre, de Paris, et par la Sparre patent's C° (limited), de Londres;
- — la mécanique d’armure à galets pour draperie de MM. Pinon et Guérin, de Reims; — la mécanique pour draperie, de M. Charles Gadel, de Bohain (Aisne) ;
- — l’appareil de déroulement automatique, de M. A. Lamouret, de Fourmies (Nord) ; — les métiers exposés par MM. Deneux frères, d’HalIencourt et Amiens; et ceux à tisser envoyés par la Société des Chantiers de la Buire, de Lyon; — par la Société alsacienne de construction mécanique, de Belfort, Mulhouse et Graffenstaden ; — et par la Société anonyme des tissages et ateliers de constructions DieJeriohs, de Bourgoin (Isère).
- Ces diverses machines se trouvent dans la section française.
- Dans les sections étrangères, nous nous contenterons de relever : — en Suisse, le métier à tisser les soieries de M. Gaspard Honegger, exposé par la Société des Ateliers de constructions de Ruti ; — en Allemagne, le matériel de tissage de la Saecsische Websluhl fabrik, de Chemnitz (Saxe); — en Belgique, le matériel de tissage de la maison Y0 Mathieu Snoeck, d’Ensival-Verviers, et celui de la Société anonyme \\ rviétoise.
- Appareil multiplicateur des comptes des mécaniques Jacquart, exposé par M. Planchon, de Paris.
- La mécanique Jacquart, appliquée au tissage des étoffes brochées, lancées ou simplement façonnées, permet la reproduction sur ces étoffes de dessins dont la dimension varie selon le nombre de crochets de la mécanique et suivant la réduction du tissu, et, pour exécuter avec elle un dessin d’un certain nombre de cordes, il faut nécessairement qu’elle soit munie d’un nombre égal de crochets : c’est là le principe de la reproduction des dessins.
- La dimension d’un dessin est, on le voit, invariablement subordonnée au compte des crochets de la mécanique. Gela posé, on conçoit qu’une machine de 800 crochets, par exemple, peut produire des dessins ayant 800 cordes, et qu’on peut également colleter deux, trois ou quatre arcades à chaque collet et reproduire deux, trois ou quatre fois le même dessin sur la largeur de l’étoffe, c’est-à-dire le même dessin sur chacun des chemins de l’empou-tage. Au delà de ces combinaisons s’élève une barrière infranchissable; d’où il suit que l’exécution d’un dessin de 900 cordes, suivies à l’aide d’une mécanique de 800 crochets, est impraticable. De même un dessin de Ù00 cordes avec une mécanique de 300 crochets. Il est évident que le nombre très limité des crochets contenus dans une machine Jacquart est insuffisant dans la fabrication d’un grand nombre d’étoffes ; de là le besoin d’augmenter dans de larges proportions le nombre des crochets des mécaniques. Or la mécanique Jacquart a atteint, dans sa construction, la plus grande dimension pratique, conséquemment le plus grand nombre de crochets qu’elle peut contenir.
- Le nombre de crochets des plus grandes mécaniques (quelles soient en bois, en fer, et quel qu’en soit le système) est insuffisant ; cette insuffisance de crochets met tous les jours l’industriel en face d'obstacles qu’il ne peut surmonter qu’en appliquant, selon le cas, sur un même métier deux, trois, même quatre grosses mécaniques, afin de réunir le nombre de crochets nécessaires à l’exécution de certaines étoffes ; par exemple, la moquette fine bouclée pour ameublement nécessite, pour sa confection, quatre grosses mécaniques.
- On n’a pu, jusqu’à ce jour, vaincre ces difficultés industrielles qu’en recourant à des combinaisons
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- entraînant avec elles des frais énormes et une grande l’emploi de plusieurs mécaniques sur un même perte de temps. Les praticiens n’ignorent pas que métier crée des difficultés qui rendent le travail oné-
- Fig. 104.
- Fig. 104 bis.
- Fig. 104 et 104 bis. — Appareil multiplicateur des comptes mécaniques jacquart
- (Système de M. Planchon).
- reux et souvent impraticable; pourtant on use de j l’insuffisance des crochets des mécaniques. Pour ces moyens, ne pouvant suppléer autrement à | résoudre ce problème important de « l’insuffisance
- Supplément a l’Industkib textile du 15 Février.
- ii. — 15« Fascicule.
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- des comptes de mécaniques Jacquart », problème dont la solution aplanit tous les obstacles que rencontre le fabricant dans la pratique, il fallait d’abord trouver le principe multiplicateur des divisions de mécaniques; puis imaginer et construire un appareil pouvant être appliqué indistinctement sur tous les métiers Jacquart, quel que fût le nombre de fils de chaîne au centimètre, quel que fût le montage du métier, quelle que fût la division de la mécanique. Il s’agissait donc d’établir un appareil à la fois simple, économique et réunissant toutes les conditions précitées ; conditions essentielles, indispensables pour une application générale.
- Ce problème, hérissé d’obstacles, a été résolu par M. Ferdinand Planchon, ancien commissaire expert au ministère du commerce (section des tissus), et bien connu dans toute l’industrie de la fabrication des tapisseries.
- L’appareil multiplicateur des divisions de mécaniques Jacquart, construit à cet effet et exposé dans la galerie des Machines, répond parfaitement aux besoins de l’industrie des tissus.
- Appliqué sur un métier Jacquart quelconque, il permet de multiplier, autant qu’on le veut, le nombre de crochets d’une mécanique et d’exécuter, sur un empoutage de plusieurs chemins, des dessins sans répétition sur toute la largeur desdits chemins, et cela, quelle que soit la division de la mécanique, quels que soient le montage du métier, la réduction du tissu et quelle que soit l’étoffe à exécuter.
- A l’aide de cet appareil, on peut, en effet, reproduire des dessins de grandes dimensions, dont la mise en carte comporte deux, trois, six, dix fois plus de cordes que la mécanique ne contient de crochets. Ainsi, avec une mécanique de la division de 200, 300 ou ZiOO crochets, on peut exécuter un tissu dont la dimension du dessin exige pour sa reproduction 2, 3, h mécaniques de 800 crochets chacune, soit 800, 1,600, 3,200 crochets et davantage. L’appareil multiplicateur, n’étant pas limité par le nombre, peut multiplier indéfiniment tous les comptes de mécaniques imaginables.
- Le multiplicateur a pour moteur direct la mécanique Jacquart elle-même. Il emprunte à cette dernière un nombre de crochets égal au nombre des chemins de l’empoutage et les crochets dits supplémentaires suffiront toujours et au delà à ce service.
- Il se compose d’une série d’éléments semblables, dont le nombre varie pour chaque cas particulier
- avec celui des chemins empoutés sur un métier monté. Chacun de ces éléments, pris isolément, se compose de deux plaques en métal, généralement du cuivre, directement superposées et percées chacune d’un même nombre de trous, de dimension et de division en tous points semblables aux trous d’une planche d’arcade ordinaire.
- Nous l’avons représenté fig. 10A et 10h bis.
- La figure lO/i représente un appareil multiplicateur vu de face et divisé en deux sections égales ou éléments D munis de fils d’arcade J, auxquels sont suspendus les maillons L, et se terminant par les plombs N. La ligne des fils de la chaîne est représentée en MM.
- La figure 105 indique le même appareil, vu de face, dégagé des fils d’arcades, des maillons et des plombs. La double plaque D dans la figure 10A est élevée à droite, celle de gauche est au point de départ.
- La figure 106 fait voir le mécanisme derrière l’appareil, et dont nous verrons le jeu plus loin.
- Les mêmes lettres représentant les mêmes organes sur les trois figures, l’explication sera facilement suivie.
- L’armature en fer A, qui supporte les doubles plaques ou éléments D, est fixée immédiatement au-dessous de la planche d’arcades ordinaire 0.
- Les deux plaques superposées sont ajustées de façon à ne former qu’une seule plaque; mais, en réalité, la plaque supérieure est mobile et peut glisser longitudinalement au-dessus de la plaque inférieure qui est fixe, et toutes les arcades passées dans la planche d’arcades traversent ensuite les trous des doubles plaques D du multiplicateur, et absolument dans le même ordre, indiqué par l’empoutage.
- Les sections ou éléments de l’appareil multiplicateur variant avec le nombre de chemins, leur dimension longitudinale variera dans le même sens ; et si un métier est disposé sur deux chemins, par exemple, comme dans le cas choisi pour notre description, le multiplicateur comportera deux sections ou éléments égaux.
- Chacun d’eux réunit autant de fils d’arcades qu’il y en a dans chacun des chemins de l’empoutage. Si le métier était disposé sur quatre chemins, le multiplicateur se composerait de quatre sections égales aux chemins de l’empoutage.
- Toutes les pièces de cet appareil étant métalliques, aucune influence atmosphérique ne peut agir sur elles, et leur bon fonctionnement est toujours assuré.
- Chacune des sections D est commandée par un
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- Fig. 105. — Appareil de M. Planchon,
- (Vue de face.)
- Appareil multiplicateur de M. Planchon. (Vue de derrière.)
- Fig. 106,
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- crochet de la mécanique Jacquart. Des tiges spéciales I relient ces crochets à la partie supérieure d’un coulisseau C, pouvant glisser verticalement dans une rainure de la chaise à coulisse B, et ce coulisseau est solidaire de la double plaque auquel il communique son mouvement de montée et de descente. Si deux ou plusieurs éléments opèrent simultanément, ils reçoivent leur impulsion par deux ou plusieurs crochets correspondants.
- Le mouvement ascendant de Tune ou de plusieurs sections a lieu en même temps que la levée des fils de la chaîne, et Raccrochage des fils levés s’opère alors sur la ou les sections ayant été élevées. Inversement, l’action de rabat des doubles plaques D a lieu simul-nément avec le rabat des fils accrochés sur lesdites plaques. Ce rabat est instantané et déterminé par le battant au moment du serrage de la duite contre le tissu. L’accrochage des fils d’arcade sur la double plaque de chaque élément se produit de la manière suivante : chacun des fils de la chaîne M est passé dans un maillon L, qui est soutenu à l’appareillage par une lissette, suspendue elle-même à un fil d’arcade. A 12 centimètres environ au-dessus du maillon, on fait à cette lissette un nœud dont la grosseur toutefois permet son passage dans les trous de la double plaque, et c’est ce nœud qui produit l’accrochage des fils d’arcade sur chaque section D.
- Les arcades et les doubles plaques étant au repos, les nœuds K des lissettes se trouvent immédiatement au-dessus desdites plaques, et lorsqu’une partie des arcades lève, entraînée par le mouvement ascendant de la griffe de la mécanique, les lissettes qui y sont suspendues lèvent aussi, avec les fils de chaîne qu’elles soutiennent. Mais en même temps la double chaîne D de chaque section en cause opère un mouvement ascendant, jusqu’à la rencontre d’un point, ou broche d’arrêt, Y, placé à la partie supérieure et postérieure de la chaîne à coulisse B. Avant d’atteindre le point d’arrêt, la plaque supérieure mobile effectue, en s’élevant, un faible mouvement horizontal d’un millimètre. Ce léger déplacement suffit pour fermer en partie les trous pratiqués sur la double plaque, d’où il résulte que les nœuds des lissettes, n’ayant plus maintenant un passage suffisant pour rabattre à travers les trous de la section, restent suspendus sur cette dernière, pendant que les lissettes des autres sections qui n’ont pas été accrochées rabattent avec la griffe de la mécanique.
- Le déplacement horizontal de la plaque supérieure mobile a lieu, durant la course ascendante, par la pression qu’elle reçoit en glissant sur le biseau ou plan incliné situé à la base des barrettes EE qui la repoussent, ce qui bouche en partie les trous de la double plaque.
- L’action des sections ou éléments du multiplicateur a donc lieu lors du passage du carton sur le cylindre de la mécanique ; mais une fois ce mouvement ascendant effectué, la mécanique n’a plus d’action sur les plaques ni sur les arcades qui y sont suspendues.
- C’est maintenant l’appareil multiplicateur qui les tient élevées et les fait rabatttre.
- Lorsque les doubles plaques de chaque section doivent reprendre leur position initiale, des ressorts F les ramènent à leur point de départ. La figure 104 bis qui représente les doubles-plaques, vues en plan, indique les rainures X dans lesquelles opèrent ces ressorts F.
- Yeut-on faire usage de l’appareil multiplicateur pour doubler, tripler le compte de crochets d’une mécanique et transformer les chemins de l’empou-tage? on procède comme suit,
- Étant donnés un métier muni d’une mécanique de 400 crochets et la disposition d’empoutage de ce métier sur quatre chemins de 400 cordes chacun, on exécutera sur ce montage un dessin comportant 400 cordes, lequel se reproduira quatre fois sur toute la largeur du tissu, soit une fois sur chaque chemin.
- A présent, veut-on exécuter sur ce même métier, sans lui faire subir aucun changement de mécanique et de montage, un dessin de 800 ou 1,600 cordes, sans répétition sur toute la largeur du chemin? Avec l’appareil multiplicateur, la mécanique de 400 crochets du métier que nous supposons suffira. On exécutera d’abord une mise en carte du dessin à reproduire sur 800 cordes par exemple ; puis on divisera la mise en deux parties égales de 400 cordes chacune, et on lira la première partie dudit dessin sur des cartons de la division de 400 crochets, sans se préoccuper de la deuxième partie du dessin qui sera lue, à son tour, sur des cartons de même division. Nous aurons ainsi pour les deux parties réunies 800 cordes composant le dessin à exécuter.
- Seulement, au laçage des cartons, on amalgamera les deux parties des cartons du dessin lu, comme suit. On lacera d’abord le premier carton de la première partie, puis le premier carton de la deuxième partie, ces deux cartons correspondant, dans le cas
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- indiqué, à la première duite; ensuite le deuxième carton de la première partie et le deuxième carton de la deuxième partie, les deux correspondant à la deuxième duite; et ainsi de suite jusqu’à la dernière duite du dessin.
- Les cartons lacés dans cet ordre passent successivement sur le cylindre de la mécanique. Le passage du premier carton fait lever, avec les fils de chaîne y afférant, un élément de double plaque de l’appareil multiplicateur, lequel accroche tous les fils levés sur ce chemin de l’empoutage qui reproduit la première partie du dessin.
- Le deuxième carton, passant à son tour, fait également lever, avec les fils de chaîne, le deuxième élément, lequel accroche à son tour les fils levés sur ce deuxième chemin, pour reproduire sur le tissu la deuxième partie du dessin. On rabat, et la première duite passe.
- On procède de la même façon pour les cartons qui suivent, et on obtient ainsi, avec une mécanique de à00 crochets, un dessin de 800 cordes, qui actuellement exigerait une mécanique de 800 crochets et un remontage total du métier.
- Le même résultat a lieu, quelle que soit la disposition de montage du métier, qu’il soit empouté sur deux, quatre, six ou huit, ou un nombre quelconque de chemins, suivis, à pointe, à retour ou autre.
- Le mécanisme qui se trouve derrière l’armature A et qui est représenté dans la figure 105 sert à maintenir successivement les différentes sections dans leur position élevée, jusqu’au moment du rabattage. La duite passée, ce même mécanisme permet aux éléments de redescendre, avec l’aide des ressorts F.
- Un arbre G, appelé arbre de débrayage, règne tout le long et derrière l’armature ; il peut tourner dans les coussinets R.
- Des cames de débrayage S, en nombre égal à celui des éléments D en action, se trouvent fixées sur ce même arbre G et correspondent chacune à un cliquet T pouvant pivoter en t, et dont la queue se prolonge par un petit levier vertical en retour T'. D’un côté, cet arbre G se termine par une petite poulie à gorge P, munie de sa corde terminée par un contrepoids convenable Q, et qui a pour mission de ramener l’arbre et les cames de débrayage au point de départ. Des arrêts u limitent le chemin des leviers et cliquets TT’. L’autre extrémité de cet arbre porte une clef de débrayage H, dont la manœuvre se fait sur le devant du métier au moyen d’une corde ou ficelle.
- Lorsque les sections se lèvent, leur coulisseau G étant muni d’une denture à rochet à leur partie postérieure, les cliquets T, par suite de l’effort du levier T' faisant contrepoids, viennent s’engager dans cette denture et mainiiennent en l’air l’élément correspondant.
- La figure 106 indique clairement cette action.
- Lorsque toutes les sections correspondant à une même duite ont produit leur accrochage, l’ouvrier tisseur tire vivement à lui la clef de débrayage après le passage de cette duite, et les doubles plaques retombent à leur première position inférieure.
- Lorsque toutes les sections sont levées, l’ouvrier reste maître de telle ou telle d’entre elles, isolément, en manœuvrant, s’il y a lieu, les leviers T' pour la faire retomber avant le passage de la duite. Cette facilité est importante, par suite des fausses levées qui peuvent se produire au tissage à la Jacquart.
- Un métier quelconque, muni d’un appareil multiplicateur, reste constamment dans sa disposition première de montage, et, malgré cela, il fonctionne à volonté une heure, un jour, un mois, pour fabriquer soit un tissu à quatre chemins de 600 cordes, soit un tissu à deux chemins de 1,200 cordes; en deux mots, on peut, à l’aide de l’appareil et d’une mécanique 600 ou 800, exécuter des dessins qui nécessitent aujourd’hui, pour être reproduits, deux, trois, quatre mécaniques de 600 ou de 800 crochets chacune. Enfin, on peut transformer un métier monté sur huit chemins de 16 centimètres chacun, en quatre chemins de 32 centimètres chacun, ou bien en deux chemins, chacun de 6â centimètres, ou bien encore en un seul chemin suivi de lm,28 de largeur.
- Il résulte de ce qui précède qu’un métier ayant fonctionné six mois, un an, sur une disposition d’empoutage, sur un compte de mécanique déterminé, peut également fonctionner sur une autre disposition, puis reprendre à volonté la première et fonctionner avec les anciens dessins et les anciens cartons, sans faire subir au montage du métier aucun changement. Il suffit que ce métier soit muni d’un appareil multiplicateur pour obtenir ce résultat avantageux.
- En résumé, l’appareil multiplicateur des comptes de mécaniques Jacquart, appliqué au tissage des étoffes de tout genre, permet d’utiliser dans les fabriques une partie du matériel, qui est souvent
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- immobilisé, par suite des dispositions de montage des métiers ou par insuffisance des comptes de mécaniques : conséquemment, cette application nouvelle recule dans de larges proportions les limites étroites qui, jusqu’à ce jour, ont arrêté l’essor des conceptions industrielles et artistiques du fabricant.
- Mécanique Jacquart au papier, exposée par M. J. Verdol, de Paris.
- Nous voici en présence d’un appareil qui nous parait également mériter l’attention.
- « Le problème de la substitution du papier au carton dans le fonctionnement d’une mécanique Jacquart — lisons-nous à ce propos dans Y Industrie textile — a été abordé depuis longtemps. Mais disons tout de suite qu’en effet il offrait un intérêt sérieux, et plus important que ne le montre un premier coup d’œil. Cet intérêt apparaîtra facilement dans le cours de la description qui va suivre. En ne considérant pour l’instant que le côté immédiatement visible de la question, il est certain que le succès justifié de certains modèles de Jacquarts, exécutés précédemment par des mécaniciens attentifs et avisés — comme, par exemple, le modèle Vincenzi — fut dû surtout à l’extrême condensation des nombreux organes similaires. Cette condensation avait pour conséquence de réduire dans une forte proportion, comparativement à des modèles antérieurs, et à compte égal d’éléments disponibles, la dimension de l’organe sélecteur, c’est-à-dire du carton. De là une économie notable.
- « Or, dans les conditions où gravite l’industrie des tissus, incessamment poussée par la mode changeante, et incessamment amenée à provoquer elle-même les changements de la mode, toute économie sur les préparatifs d’exécution d’un dessin ou d’un genre devenait sérieuse. Cette économie devenait d’ailleurs plus importante de jour en jour, par la tendance constante à mettre des tissus plus riches et plus compliqués, et exigeant un grand nombre de cartons, au niveau de bourses plus modestes. Enfin, la nécessité de pouvoir satisfaire rapidement au goût du public, qui se jette, on ne sait parfois pourquoi, sur un dessin en particulier, de préférence à dix autres qui lui sont offerts en même temps, oblige le fabricant à monter parfois un grand nombre de métiers sur un même dessin. Le repiquage d’un grand nombre de séries de cartons rend alors très sérieuse cette économie, faible pour
- la première série. Si nous ajoutons à cela la nécessité d’emmagasiner, après la fin de saison, toutes ces volumineuses agglomérations de cartons et d’accumuler ainsi de nombreuses collections, qui constituent une des richesses du fabricant, on conçoit que cette réduction de cartons, négligeable au premier abord, ait été décisive pour la préférence à donner aux modèles de Jacquarts très condensés dont nous parlons.
- « Mais ces modèles ne réalisent que cette économie et ne la réalisent que partiellement. La Mécanique au papier que nous allons décrire donne cette économie complète, avec plusieurs autres avantages. Le papier qu’elle emploie n’a qu’une valeur minime, comme il n’a qu’un volume et qu’un poids insignifiants, et en raison de l’extrême condensation de la machine, elle n’en emploie que très peu. Ce papier, étant continu, supprime le laçage des cartons anciens et supprime en même temps les erreurs si fréquentes qu’il amène, et les pertes de temps et les tares qui en résultent. Enfin, au piquage et au repiquage, on conçoit facilement que le poinçonnage d’un papier et celui d’un carton épais représentent deux proportions absolument différentes de l’exécution d’une même opération mécanique. Dans les comptes élevés, nécessaires pour les tissus fins et compliqués, tandis qu’un piquage accéléré en carton exige un moteur de plusieurs chevaux, un piquage accéléré au papier n’exige que le léger coup de levier que peut donner, sans fatigue, la main d’une femme.
- « Le problème de l’emploi du papier au lieu de carton a donc été, on le comprend, abordé depuis longtemps comme intéressant et utile. M. Pinel de Grandchamp, le premier, a posé, il y a une vingtaine d’années, les principes du dispositif mécanique permettant la solution de ce problème. Son ancien collaborateur, M. J; Yerdol, dont nous représentons page 119 la machine actuelle, a fait une longue et minutieuse étude de tous les perfectionnements susceptibles de faire de ce dispositif une machine parfaite, fonctionnant avec du papier continu, et évitant tous les écueils qui se présentent dans toute innovation. Ces écueils, dans le cas particulier qui nous occupe, se montraient surtout dans les altérations que pouvait subir le papier, en trop grandes dimensions, sous les influences d’humidité provenant, soit des locaux, soit des négligences. Pour éviter complètement l’action nuisible de ces influences, il a fallu réussir à réduire ces dimensions à des
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- mesures qui paraissent, au premier abord, presque irréalisables. Ce maximum de condensation devait être obtenu en même temps qu’une précision et une douceur parfaites dans le fonctionnement. Ce sont ces conditions que remplit la machine que nous allons décrire.
- « Dans les Jacquarts ordinaires, la sélection et la compression énergique des aiguilles qui déplacent les crochets sont simultanées et ne font qu’une seule opération. Le carton piqué effectue l’une et l’autre par son rabattement brusque et direct sur les aiguilles. Dans la Jacquart au papier, une pareille
- Fig. 107.
- méthode serait, on le conçoit, inadmissible. La sélection et la compression sont disjointes, indépendantes. La première seule est confiée au papier piqué, la seconde est confiée à un organe spécial, le pousseur. Le papier piqué opère en outre la sélection des pris et des laissés par son action, non sur l’aiguille même, mais sur un organe intermédiaire, l'aiguil-
- lette, qui prépare l’action du pousseur. Nos figures montrent l’aiguillette a, le pousseur P, l’aiguille A, le crochet C, la griffe G, de la mécanique Verdol actuelle.
- « L’aiguillette a est verticale et très légère. Son crochet supérieur est achevaié sur un barreau de la grille d’accrochage g. Son œil reçoit et porte le
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- bout de la grande aiguille horizontale A. Son pied traverse une plaque matrice m. Le poids naturel de l’aiguillette portant le bout de l’aiguille con-
- stitue la seule résistance qu’éprouvera un plein du papier venant presser l’aiguillette. Celle-ci se soulèvera de deux millimètres, par exemple, soulevant
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- Fig. 108. — Mécanique jacquart au papier, de M. J. Verdol.
- de la même quantité le bout de l’aiguille, mettant ce dernier en face du talon du pousseur P, eu forme de cornière. Ce pousseur, à son tour, s’avançant contre l’aiguille, la refoulera avec le crochet qui sera fom^quand la griffe se lèvera. L’action totale
- est bien ici à deux degrés semblables. Le papier agit sur Paiguille par l’intermédiaire de l’aiguillette pour préparer l’action du pousseur, comme, à son tour, le pousseur agit sur le crochet par l’intermédiaire de l’aiguille pour préparer l’action de la
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- griffe. On devine aisément qu’à l’inverse, un trou dans le papier laissera abaissées l’aiguillette et l’aiguille correspondantes, et que le talon du pousseur passant au-dessus de cette dernière, quand il se portera vers les crochets, laissera immobiles l’aiguille et le crochet correspondant, lequel restera en prise.
- « Gomme on le voit dans les figures 109 et 110, les crochets repliés du pied portent une branche d’arrière qui butte contre une tringle fixe. Les crochets forment ainsi un ressort naturel, et l’étui élastique, fort encombrant dans les Jacquarts ordinaires, est supprimé.
- « Le papier continu fonctionne et chemine sous les aiguillettes, en passant sur une plaque matrice m!, en forme de chevalet, munie à ses extrémités de patins boulonnés sur les leviers l. La partie pleine de la plaque m! porte, de place en place, des évidements convenables pour laisser fonctionner tan-gentiellement à la face matrice supérieure de cette plaque m', les disques n montés sur l’axe o. Ges disques portent les boutons de repère, qui, émergeant au-dessus de la plaque, entraînent méthodiquement le papier continu. Dans le modèle de 1,3AA crochets et d’autant d’aiguillettes, le compte total est formé de trois groupes chacun de vingt-
- Fig. 109.
- Fig. 110.
- huit aiguillettes transversalement sur seize rangées en quinconce longitudinalement. Chaque groupe est séparé de son voisin par une ligne de repères, qui se répète, en outre, à chaque bord. Le papier de A50 millimètres de large se trouve ainsi guidé par quatre disques à 150 millimètres d'intervalle. Le carton complet de 1,3 A A éléments, ne mesure en développement longitudinal que 28 millimètres, de telle sorte qu’un dessin de 1,000 cartons, en 1,33A, ne comporte qu’un petit rouleau de papier de 28 mètres de long.
- « Le papier lui-même est de qualité choisie, mais courante. II est préparé très simplement et mécaniquement, avec bandes de renfort collées sur les lignes de repère. Une disposition de prévoyance-ingénieuse munit chaque carton, sur chacune des lignes de repère, de quatre trous de repère au lieu d’un seul. La roue à fuseaux q, qui commande; l’axe o des disques n, peut être calée sur un pla-
- teau fixe, dans quatre positions, de manière à mettre les cartons successifs dans leur position de correspondance avec la plaque matrice, par l’une ou l’autre des quatre séries de trous. Par ce moyen, si, soit accidentellement, soit par un long service, une série de trous de repère se trouve fatiguée ou oblitérée, trois autres séries de trous se trouvent en provision, pour assurer le service indéfini du manchon piqué.
- « La constitution et le fonctionnement de la mécanique sont des plus simples.
- « La griffe G, enlevée par la commande quelconque adaptée à la mécanique, glisse verticalement et parallèlement à elle-même, guidée par ses goujons méplats j dans les coulisses v, et par les tiges A, rivées au cadre-griffe à leur partie supérieure, et emprisonnées dans les emboîtements « à leur partie inférieure.
- « Autour des bâtis B est assemblé et fonctionne
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- h. — l6o Fascicule.
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- horizontalement le cadre O, qui porte, à l’avant, les pousseurs étagés; à l’arrière la planchette de garde q\ et sur ses faces latérales, les couples de galets d. C’est sur ces galets qu’agissent les tiges h à pente brisée, rivées à la griffe G, pour pousser en avant et repousser en arrière, alternativement, le cadre C. Ce cadre porte en outre les oreilles u, qui, traversant les flasques des bâtis B, font saillie à l’intérieur de ces bâtis, avec le jeu nécessaire.
- « De leur côté, les bâtis portent en position fixe : la planche aux collets W, les tringles de buttée t des crochets, les épinglettes x et les tringles d’appui x' des aiguilles, et enfin, la grille d’accrochage g et la plaque matrice m, qui maintiennent et guident les aiguillettes. Cette grille g et cette plaque m font partie d’une traverse en forme de châssis reliant les fronts des deux bâtis B. Dans ce châssis transversal, et près des bâtis, se trouvent, en haut et en bas, les passages dans lesquels peuvent glisser verticalement les glissières méplates et droites f.
- « Ce sont ces dernières qui portent le cylindre, c’est-à-dire l’axe o des disques n, lequel, posé sur les leviers l, pivotant autour des goujons z, est suspendu aux glissières f par les crochets b, permettant une disjonction facile pour placer ou régler le manchon. Les glissières f portent chacune deux galets emprisonnant les tiges horizontales à pente brisée k, dont l’extrémité d’avant, carrée, traverse une mortaise de la traverse de front qui relie les bâtis et dont l’extrémité d’arrière, cylindrique, est enfilée dans les oreilles u ci-dessus mentionnées et appartenant au cadre O des pousseurs. L’épaule-ment de la partie cylindrique par devant, et une goupille ou un écrou par derrière l’oreille u forment, avec un certain jeu nécessaire, les portées de buttée qui feront participer les tiges K au mouvement d’avance et de recul du cadre 0 des pousseurs.
- « La griffe, en s’enlevant, pousse en avant le cadre 0. Dès que les crochets pris se trouvent agrafés et soulevés, la buttée des oreilles u pousse en avant les tiges k. Celles-ci abaissent les glissières f et le cylindre o, et le manchon piqué s’écarte des aiguillettes, qui restent suspendues à la grille d’accrochage g. A ce moment l’équerre y, assujettie au cadre 0, fait basculer le levier coudée, qui soulève le cliquet c, faisant avancer d’une dent les disques n, présentant un nouveau carton, et le valet p fixe cette nouvelle position du manchon. En redescendant, la griffe G ramène en arrière le cadre 0 et les tiges k. Les glissières f remontent,
- appliquent le nouveau carton sous les aiguillettes qui opèrent la sélection des aiguillettes, et les pousseurs rencontrant celles qui se sont trouvées relevées par des pleins de papier, les enfoncent, repoussant les crochets correspondants hors de l’atteinte des couteaux de griffe, pour le prochain coup.
- « Un basculeur à deux branches, placé entre les cliquets c et c, permet de mettre à volonté en fonction l’un ou l’autre de ces cliquets, pour effectuer soit l’avancement direct du manchon, soit son avancement inverse.
- « Naturellement, ce fonctionnement, très simple d’ailleurs, n’a rien de ce caractère brutal et bruyant auquel nous ont habitué les battants des Jacquarts ordinaires. Ici, aucun choc, aucun effort dur; le papier ne les comporterait pas. Sauf la course ascensionnelle de la griffe, qui reste nécessairement la même, les autres mouvements alternatifs n’ont qu’une très faible amplitude et se font avec une grande douceur. Quand la griffe est commandée par une bielle, comme par exemple dans les métiers mécaniques, le réglage de la planche aux collets et de la griffe étant fait pour que cette griffe ne s’abaisse qu’à quelques millimètres du bâtis, le fonctionnement est absolument silencieux, en tant que mécanisme ; seuls, les crochets, se rabattant sur la planche aux collets, viennent effectuer leur bruissement habituel.
- « D’ailleurs, avec la bonne installation que l’industrie est amenée, par bien d’autres motifs, à donner aux ateliers de tissage, la prévention possible contre le papier employé dans des dimensions aussi exiguës, n’a plus de raison justificative. Aussi est-il permis de dire que la machine que nous venons de décrire constitue le meilleur modèle actuellement existant de mécanique Jacquart. Si son prix est un peu plus élevé que celui de quelques autres, cette considération s’efface en songeant que, comparativement aux modèles les plus condensés, employant le carton, un seul dessin de quelque importance rembourse au tisseur, en économies diverses, presque intégralement le prix d’achat de la mécanique. »
- Nous allons indiquer maintenant dans quelles conditions est exécutée la machine de piquage qui correspond aux mécaniques ci-dessus décrites. Nous allons montrer comment le papier continu qui détermine l’action des éléments de la mécanique, reçoit l’opération du piquage dans les appareils Verdol et
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- entrer à ce sujet dans quelques considérations générales qui s’appliquent à tout appareil effectuant le piquage de cartons Jacquart.
- « On sait qu’un tissu façonné quelconque, exécuté par la méthode du tissage proprement dit, est toujours formé d’une série de répétitions continues d’une combinaison déterminée des entrelacements des fils du tissu. Que cette combinaison soit ou ne soit pas, elle-même, 'répétée un certain nombre de fois dans la largeur du tissu, elle le sera toujours dans sa longueur en nombre de fois illimité. La chaîne des cartons de la mécanique Jacquart, dont les éléments commandent les fils de chaîne du tissu, détermine précisément les successions de pris et laissés qui réalisent la combinaison complète qui doit se répéter indéfiniment. Cette combinaison elle-même a été, on le sait, étudiée pour réaliser un certain effet de dessin ou de figure déterminé au préalable, d’après une esquisse. Elle a, en outre, été arrêtée et précisée dans la mise en carte, c’est-à-dire dans une notation sur un papier quadrillé convenable, et le piquage des cartons doit copier ou reproduire cette notation. Le métier à piquer, par ses organes actifs, les poinçons, reproduit sur les cartons successifs, la notation de la mise en carte, par le concours des cordes du semple dont on munit ce métier à piquer (comme en munissait autrefois chaque métier à tisser, ce que font encore les tisseurs de l’Orient, auxquels la Jacquart est inconnue). Ce semple, par une opération intermédiaire, fort minutieuse, a été lu, c’est-à-dire que ses cordes verticales ont été garnies de cordes horizontales s’entrelaçant avec les premières, suivant la notation de la mise en carte. Le tirage des cordes verticales du semple lu et accroché au métier à piquer, étant effectué sur ce dernier, au moyen des susdites cordes horizontales, comme il l’était dans l’ancien métier à tisser à la tire, détermine la sélection des poinçons actifs ou annulés, pour chaque carton piqué ; comme dans cet ancien métier à tisser à la tire il déterminait la sélection des fils de chaîne pris ou laissés. Ce lisage ou garnissage du semple, qui s’exécutait autrefois pour chaque métier à tisser devant exécuter la combinaison voulue, et ce tirage qui s’exécutait indéfiniment pour chacun de ces métiers, ne s’exécutent chacun qu’une seule fois, pour un nombre quelconque de métiers modernes fonctionnant un temps illimité, grâce à la combinaison de la Jacquart, du piquage et du repiquage. Ce dernier travail est effectué le plus
- souvent sur le métier à piquer lui-même, qui, fort dispendieux, doit en général, pour un fabricant, pouvoir être utilisé aussi bien comme piquage d’une première série de cartons, que comme reproduction de cette première série de cartons en autant d’exemplaires qu’on le désire. C’est dans ce but que les métiers à piquer sont munis d’une mécanique Jacquart du module exact du métier à piquer lui-même, et les poinçons de ce dernier dépendant à la fois des cordes du semple et des crochets de la mécanique en question, peuvent fonctionner soit par les premières, soit par les seconds. De cette façon la première série de cartons exécutée avec le semple peut, étant appliquée à la Jacquart en question, fournir pour les repiquages et, sans nouveaux tirages, la succession indéfinie des sélections qui l’ont produite elle-même.
- « Mais ces opérations de la mise en carte et du lisage, ou opérations préparatoires, amènent, par leur longueur et leur minutieuse complication, à une condition particulière, qu’il est très désirable de pouvoir remplir en outre dans un métier à piquer, répondant aux exigences de la fabrication moderne.
- « Cette combinaison de jeux successifs des fils de chaîne qui doit amener la réalisation de l’élément-tissu, produisant par ses répétitions la pièce tissée complète, est toujours le résultat des deux combinaisons simultanées. L’une de ces deux combinaisons vise les surfaces générales (et leurs contours), qui devront se détacher les unes des autres, soit par un coloris différent, soit par un grain et un eflet lumineux particulier si le tissu est monochrome. L’autre combinaison simultanée vise l’allure ou la contexture intime de chacune de ces surfaces partielles qui doivent s’isoler les unes des autres, et former par leur effet d’ensemble le dessin complet avec son fond d’émergence, qui forme, lui aussi, une partie de cet ensemble. Cette contexture intime, qui forme, en quelque sorte, un petit dessin se répétant dans la fraction de grand dessin que comprend une de ces surfaces partielles, cette allure qui n’est que la loi particulière à laquelle le jeu des fils sera soumis dans cette surface, pour lui donner son grain et son reflet lumineux particulier, c’est l’armure afférente à chaque partie du dessin complet.
- « Or, s’il est des tissus dans lesquels cette seconde partie de la combinaison complète est assez simple pour ne pas provoquer des complications sérieuses, il en est beaucoup d’autres et des plus recherchés, dans lesquels elle vient, ail contraire, jouer, par sa
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- variété, un rôle très aggravant dans la minutieuse attention que nécessitent la mise en carte et le lisage. De là résulte que la mise en carte et le lisage peuvent se faire dans des conditions qui (indépendamment du dessin lui-même en tant que formes, dimensions et nombre de fils) peuvent se trouver d’allure commode, simple et rapide, ou, au contraire, d’allure délicate, méticuleuse, minutieuse et lente, selon les cas variés dépendant du nombre et de la nature des contextures qui réaliseront ce dessin, c’est-à-dire des armures qui interviendront, et selon les moyens que l’on emploiera pour réaliser ces armures sur le tissu.
- « S’il n’y a qu’une seule armure réelle (comme, par exemple, pour des velours façonnés, l’armure du fond ou comme l’armure unique d’un latté ordinaire par trames), si en même temps le montage du métier à tisser peut, sans inconvénient, être fait à lames et à Jacquart combinées, le jeu méthodique des fds suivant l’armure voulue étant confié aux lames pour être produit naturellement par l’évolution régulière du métier à tisser, alors la Jacquart et ses cartons se trouvent, naturellement aussi, affranchis de la nécessité d’avoir à entrer dans le détail delà contexture. La mise en carte et le lisage, opérations préparatoires de l’exécution des cartons, pourront se faire par surfaces continues; le metteur en cartes sera en présence de l’exécution de simples teintes plates d’un point à un autre, et le liseur, en présence de la sélection de groupes continus de cordes du semple, dont les limites de gauche et de droite exigeront seules son attention. Les deux opérations auront par là été laissées dans leurs conditions les plus parfaites de simplicité et de rapidité.
- « Si, au contraire, il y a plusieurs armures intervenant dans le tissu, si un jeu de lames ne peut les exécuter sur le métier à tisser, ou enfin si l’addition au métier à tisser d’un jeu de lames qui pourrait exécuter cette armure ou ces armures, présente des inconvénients (ce qui est toujours plus ou moins le cas, en tissage mécanique), alors, sur ce métier, la Jacquart et ses cartons ont tout à faire, aussi bien ce qui résulte des contours de chaque partie du dessin, que ce qui, dans l’intérieur de ces parties, résulte de l’armure qui règle la contexture intime. Les cartons devront donc reproduire le pointé nécessaire, fil pour fil, et non par surfaces continues. Et si ce pointé détaillé des cartons n’a pu être obtenu que par une mise en carte et un lisage détaillés eux-mêmes, il en sera résulté, pour ces deux opérations
- préparatoires, une aggravation considérable d’attention, de peines et de lenteurs. De là résulte la pratique fréquente de procédés artificiels divers, destinés à atténuer autant que possible cette aggravation, et intervenant dans le lisage, puis dans le piquage. Le lisage fractionné par lequel, intervertissant momentanément l’ordre des duites, on lit en suivant toute une série de duites de même numéro d’ordre comme armure, est un de ces procédés. Les amalgames, souvent combinés au lisage fractionné, par lesquels, intervertissant doublement l’ordre des duites, on lit et pique en suivant dans une même couleur sur sa même armure et par duites du même numéro d’ordre d’armure, sont pour ainsi dire, la quintessence de ces procédés qu’il faut qualifier de palliatifs. Leurs inconvénients sont plus sérieux que leurs avantages, par la nécessité de rétablir, à l’enlaçage, l’ordre interverti par les erreurs qui en résultent et par le danger que le plus petit accident (comme la chute d’une pile de cartons), vienne faire du rétablissement de cet ordre exact, un véritable casse-tête chinois.
- « Les inconvénients bien évidents de ces procédés, qui ne procurent d’ailleurs qu’une atténuation pour ces opérations préparatoires, font comprendre aisément qu’il soit désirable de pouvoir conserver tous les avantages de simplicité et de rapidité du lisage par surfaces, quand même le métier à tisser ne peut pas, au moyen de lames, exécuter l’armure ou les armures de ces surfaces. On arrive à ce résultat si, dans le métier à piquer, on peut, tout en tirant les cordes du semple par surfaces {le lisage ayant été fait ainsi), produire dans les groupes continus de poinçons mis en jeu par les groupes continus de cordes du semple, les interruptions ou annulations d’effet sur un certain nombre de ces poinçons, telles que l’exige l’armure voulue pour chacune de ces surfaces. Ces annulations peuvent être obtenues par l’intervention sur les poinçons du métier à piquer d’une mécanique de retient. Cette mécanique sera munie d’une chaîne de cartons d’armure, et son fonctionnement simultané à chaque coup de poinçonnage armurera les cartons dont le tirage, le lisage et la mise en carte seront restés faits par surfaces.
- « Cela amène les mécaniciens avisés à étudier des dispositions telles que la mécanique Jacquart, qui, dans le métier à piquer, doit faire la sélection des poinçons quand ce métier travaille en repiquage, puisse, en outre, faire fonction de mécanique de retient quand il travaille en piquage de première série.
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- Fig. 111.
- « Théoriquement, il serait presque toujours possible d’obtenir cet avantage si important sur des métiers à piquer existants. Ainsi, prenantpourexemple un piquage accéléré du type à poinçons verticaux représenté figure 111 par un diagramme, et considérant un de ses éléments, si, au plomb habituel P' qui retient levé chaque poinçon, tant que ce plomb n’est pas annulé par la corde du semple ou par la tire de la mécanique de repiquage, on ajoute un second plomb relié au poinçon et au crochet de la mécanique, sans l’être à la corde du semple, on obtiendra ce résultat. En effet, si alors on veut tirer le semple par surfaces pour piquage, chaque poinçon ne pouvant tomber que si ces deux plombs sont annulés simultanément, une chaîne d’armure placée sur la Jacquart déterminera l’annulation des plombs non reliés au semple, pour ceux des poinçons de la surface considérée, qui seuls doivent piquer suivant l’armure de cette surface.
- « Si, au contraire, on veut fonctionner au repiquage, en annulant tous les plombs du métier par un tirage en bloc et permanent sur tout le semple, la Jacquart qui venait de servir de mécanique de retient sera devenue une simple mécanique de repiquage. Et la double fonction de cette mécanique, si utile pour éviter les interminables lenteurs d’un lisage détaillé, serait obtenue.
- « Mais, pratiquement, ce résultat théorique serait presque touj ours difficile à réaliser dans les grands modules. On devine aisément l’inextricable fouillis de cordes accumulées sur un petit espace qui résulterait de la combinaison des cinq groupes de tires que nous figurons ici à titre d’exemple explicatif.
- « Les considérations que nous venons d’exposer ici s’imposaient d’elles-mêmes et d’une manière absolue pour une machine à piquer le papier des mécaniques Jacquart, système Verdol. En effet, ce papier étant continu et non par pièces enlacées, chaque carton doit y être lu et piqué dans son ordre de tissage. Il n’est plus question, par conséquent, d’employer les artifices vicieux, par eux-mêmes, du lisage fractionné ou des
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- amalgames. Le métier à piquer de M. Verdol les rendrait d’ailleurs absolument inutiles et ridicules si on voulait y piquer des cartons ordinaires, tant la double fonction de la mécanique y est rendue simple, pratique et aisée, de telle sorte que le lisage et le tirage par surfaces qui mènent directement à la plus grande
- simplicité possible de toutes les opérations préparatoires, sont seuls à employer, et cela sans empêcher l’appareil de fonctionner à volonté en repiquage.
- « Nouspouvons maintenant décrire cet appareil dont la simplicité rendra aisée notre propre description :
- Fig. 112.
- « La figure 411 représente l’ensemble du métier sous forme de diagramme, de manière à montrer les relations générales des diverses parties. La figure 108 montre d’une façon suffisamment détaillée pour l’intelligence du lecteur, la partie de la machine qui comprend l’étui à poinçons.
- « Le lecteur comprendra d’ailleurs que, dans notre dessin, nous soyons obligés de supprimer tous détails d’exécution de réglage ou même de méca-
- nisme qui ne sont pas indispensables à notre explication.
- « Le papier continu, se déroulant d’une bobine supérieure B pour s’enrouler sur une bobine inférieure B' ou inversement, passe entre une plaque matrice formant le fond d’un châssis de front G et l’étui à poinçons situé tout près en arrière.
- « Le papier est muni d’avance d’une série de trous de repère destinés à servir uniquement au piquage
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- ou au repiquage, et non au tissage. Les trois autres séries de trous de repère à utiliser au tissage sont percés pendant le piquage même. Muni de cette première série de trous, le papier M chemine verticalement par déplacements intermittents dans les moments voulus, par l’action simultanée de deux cylindres AA, c’est-à-dire d’axes à disques munis
- Fi g. 113.
- de boutons de repère absolument semblables à celui que nous avons décrit et figuré dans la mécanique Jacquart de M. Verdol. Des tôles munies d’évidements devant les disques assurent l’entraînement régulier du papier en le forçant à épouser, sur une portion de leur circonférence, le contour des disques des deux cylindres. La bielle D, en baissant la glissière G, abaisse les deux crémaillères à dents de rochet d qui sont suspendues verticalement au bouton g de la glissière G. Ces crémaillères agissent, l’une ou l’autre à volonté, sur les lanternes des
- cylindres A, munies chacune d’un valet, comme dans le cylindre de la mécanique Jacquart précédemment décrite. Le piqueur engrène l’une ou l’autre de ces crémaillères selon le sens de marche qu’il veut donner au papier. Il peut de même les dégrener toutes deux simultanément, quand il a plusieurs coups de poinçons à donner en suivant sur un même carton.
- « L’étui à poinçons, qui n’est séparé de la plaque matrice de front que par l’étroit intervalle où passe le papier, comprend trois séries d’organes :
- « 1° Les poinçons libres à tête légèrement conique immédiatement derrière le papier;
- « 2° Les bultoirs, sortes d’aiguilles allongées et courbées en pente graduée selon la rangée, placés derrière les poinçons;
- « 3° Les pousseurs, enfin, tout en arrière, étagés comme la partie d’arrière, des buttoirs sur lesquels ils agiront.
- « L’ensemble de l’étui qui porte ces trois séries d’organes comprend deux parties bien distinctes :
- « 1° Une partie formant bâtis fixe F, qui porte, fixes aussi, les trois plaques ff' f" des buttoirs a, et la double cornière f'" où glissent les bouts des poinçons et contre laquelle passe le papier ;
- a 2° Une partie E formant châssis mobile horizontalement pour s’avancer de quelques millimètres, quand la bielle D, soulevée, fait pivoter l’arbre O qui, muni d’une dent à chacune de ses extrémités, pousse les deux côtes de ce châssis E. Ce châssis porte, réglables, le train des pousseurs E, et la double cornière intérieure e dans laquelle sont engagées les têtes des poinçons, lesquelles font face aux bouts des buttoirs.
- a Si nous ajoutons que les plaques f et fr qui portent l’arrière méplat des buttoirs, ne sont pas simplement percées de trous justes, mais bien de trous formant chacun une coulisse verticale dans laquelle le buttoir peut se relever de A à 5 millimètres, et si l’on remarque que chacun de ces buttoirs est muni entre les deux plaques f et f' d’une tire munie d’un plomb, le fonctionnement de l’appareil se comprendra immédiatement.
- « En effet, dans l’état des figures 107 et 108 ou état de repos, toutes les tires des buttoirs sont relevées par l’action des plombs P plus pesants que les plombs P'. Tous les buttoirs sont eux-mêmes levés contre le haut des coulisses pratiquées dans les plaques f f' et se présentent en face des intervalles vides séparant les pousseurs.
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- « Un coup du levier poussant le chariot E fera donc avancer, avec celui-ci, la plaque e des têtes poinçons, et le train des pousseurs, mais ceux-ci avanceront sans pousser aucun buttoir ni aucun poinçon, et le papier restera intact.
- a Si, au contraire, sur une certaine surface, un groupe de cordes du semple a été écarté, les plombs P qui leur correspondent étant annulés, les plombs P' qui correspondent à ces plombs P annulés deviendront libres, abaisseront leurs tires et leurs buttoirs, qui, venant s’appuyer dans le fond inférieur des coulisses des plaques ff', se trouveront alors en face des pousseurs; le coup de levier produisant le mouvement d’avance du chariot E appuiera donc cette fois les pousseurs contre tous les buttoirs ainsi abaissés, qui tous se porteront en avant, butteront tous contre la tête de leurs poinçons, qui feront tous leur trou dans le carton-papier.
- « Nous disons que tous les buttoirs abaissés feront piquer leurs poinçons; mais nous ajoutons de suite que, dans le groupe de tous les buttoirs qui auraient pu s’abaisser par l’annulation du groupe de plombs P qu’a produite la traction effectuée sur cette certaine surface des cordes du semple, on aura pu retenir levé un certain nombre de ces buttoirs. En effet, si la mécanique Jacquart a fonctionné en même temps que nous donnions ce coup de levier, ou plutôt un instant avant, par un manchon d’armure convenable placé sur cette mécanique, certains crochets (correspondant à certains de ces buttoirs, qui auraient pu s’abaisser) auront été pris par la griffe et levés. Ces crochets auront donc levé ou retenu les tires et les buttoirs auxquels ils correspondent, et les poinçons de ces buttoirs non poussés ne pourront fonctionner et laisser sur le papier les pleins nécessaires pour armurer la surface considérée.
- « La mécanique aura ainsi fonctionné comme mécanique de retient.
- « Mais il est nécessaire qu’elle puisse être employée aussi comme mécanique de repiquage, dès qu’on le désire.
- « Pour cela, il faut d’abord annuler tous les plombs P.
- « On pourrait le faire en tirant en bloc et en permanence tout le semple, mais cela présenterait des inconvénients pratiques assez sérieux ; M. Verdol a préféré disposer la planche Q des plombs P d’une manière très heureuse. D’un tour de manivelle q, la planche Q suspendue au châssis Q' se relève, enlevant et annulant tous les plombs P. Dès lors, tous
- les buttoirs sollicités par leurs plombs P' s’abaissent dans le fond de leur coulisse, et cette position devient leur position de repos.
- « En même temps, le cadre des pousseurs, qui est réglable verticalement sur le châssis mobile E, a été relevé ou abaissé d’un demi-étage, d’où il résulte que les buttoirs dans leur nouvelle position de repos, abaissés, se retrouvent en face des intervalles vides séparant les pousseurs. Par conséquent, ce seront maintenant les buttoirs, qu’une intervention extérieure viendra relever, qui pourront seuls faire piquer leurs poinçons. Un manchon placé sur la mécanique, mettant en prise les crochets aux points où ce manchon se trouvera piqué, fera donc relever les tires et les buttoirs et piquer les poinçons aux points correspondants sur le papier neuf.
- « On voit que le résultat complet est obtenu, sans que, en aucune partie de l’appareil, il ne se trouve plus de deux groupes de tires combinées, ce qui, même dans les plus grands modules, laisse dans l’appareil la clarté et la simplicité parfaites désirables. D’autre part, la précision et les faibles déplacements des organes de quelques millimètres seulement, le peu d’effort qu’exige le papier et la continuité de son mouvement au lieu de la substitution incessante des cartons ordinaires, de leur résistance au piquage, de la course considérable des poinçons, de la manœuvre incessante du râteau des clefs de buttée dans un piquage accéléré ordinaire, font de l’appareil Verdol une machine très supérieure. On ne sera pas étonné si nous disons que l’appareil Verdol offre un minimum d’entretien possible et permet, avec un effort manuel insignifiant, le piquage de 8,000 à 9,000 cartons de premier piquage par jour, et en repiquage une quantité double, et cela toujours avec la mise en cartes et le lisage faits par simples surfaces.
- « Une autre propriété très intéressante qui résulte du système de pousseurs indépendants employé simultanément par M. Verdol, dans les métiers à piquer et dans la mécanique Jacquart, mérite d’être signalée ici. Nous avons vu tout à l’heure comment, dans le métier à piquer, le déplacement des pousseurs d’un demi-étage fournit l’inversion d’aptitude des buttoirs, qui deviennent ainsi actifs à volonté, soit en position levée, soit en position baissée. Or dans la mécanique Jacquart-Verdol, il en est de même. Le train des pousseurs en cornière peut se renverser, et en se renversant il se déplace d’un demi-étage, de telle sorte que les aiguilles, mettant leurs crochets en prise, peuvent à volonté être, ou
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- bien les aiguilles levées, ou bien les aiguilles baissées.
- « Il en résulte qu’un carton ou manchon piqué donné peut à volonté au tissage fournir sur les fils de chaîne, ou bien le jeu direct, ou bien le jeu inverse. Si on fait un tissu à passées de plusieurs trames, par exemple, le même manchon piqué pourra donc permettre de faire au métier à tisser ce tissu à volonté, ou bien face à l’endroit en dessus, ou bien face d’endroit en dessous. Ce second sens est, comme on sait, généralement préféré par le tisseur à bras, parce qu’il est bien plus léger, la majeure partie des fils restant en laissés. Le sens endroit en dessus est, au contraire, bien préférable, si cette considération n’a pas à intervenir, comme en tissage mécanique. Mais il en résulte que, quel que soit le sens désiré au tissage, on peut toujours au piquage Verdol faire la mise en carte, le lisage et le piquage dans un sens quelconque, et le faire par conséquent dans le sens le plus avantageux, c’est-à-dire le plus léger.
- « On voit qu’il était impossible de pousser plus loin que ne l’a fait M. Verdol la prévision de tout ce qui peut abréger et simplifier les opérations et en même temps se prêter à toutes les combinaisons si variées du tissage des façonnés. »
- Métier à lacer mécaniquement les cartons pour mécanique Jacquart,
- exposé par M. P.-A. de Sparre, à Paris, et par la Sparre Patent’s C°, Londres.
- Cette machine, représentée par les figures 114,115, 116 et 117, lace automatiquement les cartons pour mécaniques Jacquart. L’action de la cage est produite par un mouvement intermittent circulaire ou rectiligne, à périodes inégales variant avec la distance des trous de laçage, c’est-à-dire avec la largeur des cartons.
- La figure 114 est une vue de face de la machine. Le bâti a porte à sa partie inférieure une pédale b qui met en mouvement un volant c dont l’un porte une poulie d qui, au moyen d’une courroie, actionne la poulie motrice de l’appareil. Chacune des têtes h comporte un petit dispositif pour saisir au moment voulu la ficelle de laçage, et ce dispositif qui se voit figure à 117 une échelle agrandie, consiste en une lame i arrondie à sa base et fixée sur la glissière J supportant l’aiguille. Lorsque celle-ci descend avec cette glissière pour traverser les cartons, la partie arrondie repousse en arrière une pièce K pivotant en
- K' et sur laquelle passe la corde d’une poulie l; cette pièce K appuie à son tour contre une autre pièce m maintenue par un ressort n, mais susceptible d’un mouvement de déplacement. La corde ou ficelle se trouve ainsi saisie et offre la résistance nécessaire pour permettre à un bras y (figure 117) sous l’action d’un ressort, de faire donner de la corde au porte-corde pendant, que les cartons sont déplacés par les disques S qui les amènent sous les aiguilles. Les têtes h sont traversées par l’arbre moteur O, sur lequel se trouvent fixés les pignons p engrenant avec d’autres pignons actionnant les aiguilles. Ces pignons sont, à volonté, rendus fous sur l’arbre O, suivant que l’on veut arrêter une ou plusieurs têtes de laçage selon la longueur plus ou moins grande des cartons à lacer. *
- Le porte-fils consiste en un cylindre formé de disques S ayant sur leur périphérie des épingles semblables à celles de l’étui de la mécanique Jacquart Entre chacun de ces disques se trouvent des lames fixées, qui, sur le bâti, descendent sur le côté de l’arbre du cylindre T, et forment prolongement du guide des tètes h dans lesquelles coulissent les porte-aiguilles.
- Sur cet arbre du cylindre sont fixées deux roues u et u' dentées par intermittences, et inégalement par séries de trois dents, dont deux de petit pas et une de pas plus grand. Les premières sont calculées de façon à amener les trous du laçage des cartons exactement sous les aiguilles de l’appareil de couture, et la dernière représente l’espace libre entre les points de laçage.
- Les aiguilles passent à travers les trous des cartons, et à l’aide du porte-fils, attachent les cartons ensemble, l’action étant semblable à celle d’une machine à coudre.
- L’appareil portant les cartons (fig. 117) est maintenu par un levier double, dont une partie y est munie d’une poignée v, et d’un crochet x qui fixe la position du cylindre de l’appareil.
- L’autre partie Z de ce double levier est munie d’un contrepoids Z' qui rétablit l’équilibre lorsque le crochet x est libéré. De sorte qu’on peut tirer l’appareil en avant pour enlever les cartons et changer ou renouveler la provision de ficelles.
- Avant d’être liés ou lacés, les cartons sont empilés dans un tiroir (fig. 115 du bâti) de la machine. Cette logette a le fond mobile constamment poussé vers le haut pour faire sortir les cartons un à un, et chacun d’eux tombe sur une plaque B (fig. 114), qui
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Mars.
- h. — 17e Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- est alors élevée de manière à amener le carton contre le cylindre porteur.
- Un levier D supporte les doigts qui prennent les cames F et F', et effectuent le déplacement du cylindre, pour permettre aux trous de laçage de
- se présenter devant les aiguilles de couture. Sur la plaque B, cintrée pour pouvoir bien porter le carton contre la surface cylindrique des disques, on remarque des aiguilles correspondant exactement à celle des disques, mais pouvant être repassées au moyen d’un
- Fig. 114. — Machine a lacer les cartons, de M. le comte de Sparre.
- ressort à boudin, pour faciliter la mise en place des cartons sous les aiguilles de laçage.
- Le doigt E4 est fixé sur le levier E!; solidaire de l’arbre G de la plaque B précédente, de sorte que, celle-ci étant poussée contre les disques S, le doigt E4 est amené dans la partie circulaire de la came F. En même temps le prol ongement de la baguette glissante D
- supportant ce doigt E, saisit la came F', appuiesurla baguette E" au moyen de la pièce E', et cette baguette pousse à son tour le disque L2 fixé sur l’arbre O, ce qui fait engrener les roues L et L' d’où résulte la mise en mouvement des parties actives de la machine. Cette dernière continuera à marcher jusqu’à ce que le doigt E soit rejeté en arrière par la partie H de la
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- de cliquets d’arrêt, et celui 0 de cliquet de poussée. Lorsque la plaque B est appliquée contre les disques S, la machine se met en mouvement, le ressort P2 du cliquet O cède et permet au levier P, entraîné par le contrepoids P', de tourner un peu autour de son axe ; la partie R de ce levier suit ce mouvement. Le contre-cliquet N abandonne momentanément les dents du pignon u qui se trouve actionné par le cliquetO, le faisant tourner d’une dent.
- Le contre-cliquet N et la roue ul dans les dents de laquelle il prend, limite l’impulsion donnée par le cliquet O'. Ceci est important pour assurer la position des trous des cartons à leur passage devant les organes.
- L’arbre vertical V mû par l’engrenageZ', met en marche l’arbre horizontal Y qui actionne les organes d’attachage, et communique au porte-fils un mouvement alternatif par le levier Y' (fig. llâ).
- came F'. A ce moment la baguette D étant reculée, effectue un mouvement en sens inverse de celui exécuté précédemment, et, en se retirant, elle entraîne la baguette E'et le disque L2, ce qui désengrène les roues L et L' et arrête l’appareil qui ne se remettra en marche qu’en remettant un nouveau carton
- sur la plaque B qu’on applique à nouveau contre les disques S.
- Autour des roues u u', nous voyons trois cliquets, M, N, O, le premier étant monté sur le centre Ü3, les autres portés par le levier P R munis d’un contrepoids P'. Les cliquets M et N remplissent le rôle
- Machine a lacer les cartons, de M. le comte de Sparue.
- Fig. 115. —
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- Mécanique d’armures à galets pour draperie, exposée par MM. Pinon et Guérin, de Reims.
- Cette machine comprend deux types. Le premier représenté par les figures 118,119 et 120, est, comme on le voit, actionné par la manivelle M (fig.120, échelle
- agrandie), fixée sur l’arbre de commande principal G du métier à tisser et en bout dudit arbre; par l’intermédiaire d’une bielle H, cette manivelle transmet son mouvement à un arbre horizontal O sur lequel sont fixées, et à chacune de ses extrémités, deux manivelles doubles L'L'.
- « v __________ ... / —\....................a
- or.........;~c::.....::...........................
- Fie. 110.
- Fie. 117.
- Ces manivelles communiquent leurs mouvements à deux couteaux C C' auxquels elles sont reliées par les bras articulés B B' & b'. Ces bras étant sur des plans verticaux parallèles, il en résulte, pour les couteaux, un mouvement concentrique de va-et-vient et directement opposé ; les couteaux sont guidés dans leur mouvement par des coulisses LL pratiquées dans chaque bâti d’armure.
- C’est cette course des couteaux qui donne ce qu’on appelle la foule, c’est-à-dire l’ouverture indispen-
- sable au passage de la navette, en tant que ce premier mouvement sera combiné avec celui des marches mm! que nous allons décrire, cette combinaison devant faire monter et baisser les lames.
- En avant, un bras à fourche F a son extrémité fixée et articulée en l après la manivelle double L'L' qui lui donne un mouvement de va-et-vient, lequel entraîne l’arbre à rosace R sur lequel il repose. Cet arbre, et par suite la chaîne à galets q qui l’enveloppe, acquiert un mouvement rotatif continu.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1 889.
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- A chaque mouvement de la rosace R, la chaîne à galets monte ; ces derniers, par la différence de leur diamètre, font lever ou baisser simultanément les
- bras P articulés en Q et solidaires des marches; ces bras munis de crochets rencontrent les arêtes des couteaux qui les entraînent dans leur mouvement et
- Fig. 118.
- Fig. 119.
- Fig.MIB et 119. — Mécanique d’armures a galets pour draperie, de MM. Pinon et Guérin.
- en sens opposé. De là, le mouvement de rotation des marches autour de Taxe R7 sur lequel elles reposent ; les extrémités q q' de ces marches décrivent des arcs insensibles qu’elles transmettent aux équerres /Tau
- moyen des tirants tt qui les relient, et enfin aux lames k par des tirants semblables 11'.
- Ces dernières obtiennent ainsi un mouvement de monte-et-baisse, rappelées à la fois aux parties supé-
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- rieures et inférieures; ce qui constitue l’armure à rabat, étant donnée la solidarité de tous les mouvements.
- Lorsqu’un ouvrier veut retrouver la duite, il lui suffit de tournera petite manivelle n indiquée dans les figures 118 et 119, dans le sens de la flèche s; cette manivelle excentrée en u emmène avec elle
- F io. 120.
- la tige uox, fait tourner l’équerre nx' autour du point y et relève la fourche F, de façon à enrayer son crochet inférieur avec les tétons de la rosace; il s’ensuit immédiatement un mouvement rotatif en sens opposé à la marche ordinaire, soit de droite à gauche, et l’armure suit la même direction, c’est-à-dire qu’elle marche à reculons; lorsque l’ouvrier a retrouvé sa duite, il remet la manivelle n dans la position primitive, et l’armure reprend sa marche normale.
- Dans un autre type, représenté figures 121 ai 2Zi, MM. Pinon et Guérin ont complété leur mécanique en rendant les mouvements des boîtes et des fouets entièrement solidaires l’un de l’autre, disposition qui peut s’appliquer aux métiers-revolver comme aux métiers à boîtes montantes, si l’on y apporte quelques modifications très simples.
- L’arbre à rosaces R de la mécanique d’armure est prolongé de façon à recevoir une douille R'R' à double rosace sur laquelle s’enroule une chaîne à galets g'g' semblable à celle de l’armure mais avec des diamètres beaucoup plus petits, afin de diminuer la course des organes en augmentant la légèreté des mouvements. (V. fig. 121 et 122.)
- Cette chaîne porte cinq galets sur sa largeur, de même que dans les métiers-revolver. Chaque face, du cylindre est percée de cinq trous devant se présenter en regard de cinq aiguilles.
- Contre ces galets s’appliquent autant de leviers 1, 2, 3, h, 5, reliés à des crochets 1er, 2e, 3e, he, 5°, par l’intermédiaire de tirants 11' munis de ressorts à boudins.
- Ces crochets plats sont mobiles autour de leurs chapes a qui reposent sur un support b leur servant de point d’appui ; ils sont reliés aux équerres ex, e% e3, el, e3, par des tringles cylindriques coulissant dans le support b.
- Les équerres e1, e2 donnent aux boîtes de droite le mouvement avant et arrière, les équerres e3, ek donnent aux boîtes de gauche un mouvement identique; — enfin l’équerre e5 communique le mouvement au battant. Lorsque l’arbre à rosaces est en mouvement, les galets g'g' déplacent légèrement les leviers 1, 2, 3, h, 5 qui décrivent un petit arc de cercle autour de leur centre d’articulation o; ce mouvement, transmis aux crochets 1er, 2e, 3e, he, 5e, leur fait aussi décrire un arc de cercle dont le centre d’articulation est en a.
- En regard des crochets se trouve placée verticalement une règle en fonte L, portant à son extrémité supérieure une auge dans laquelle est disposée une plaque rectangulaire P mobile autour d’un axe situé
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- Fig. 121. — Mécanique d'armures de MM. Pinon et Guérin.
- à sa base. L’extrémité inférieure de la règle L est terminée par un galet reposant sur un excentrique d, calé sur l’arbre des cames. Cet excentrique est tracé de telle façon qu’à chaque révolution, la règle L monte et baisse deux fois; enfin la plaque rectangulaire P est construite de manière qu’au repos elle est presque en contact avec les crochets plats 1er, 2e, 3e, 4e, 5e.
- D’après ce qui précède, si nous supposons le métier en marche, la plaque rectangulaire P est animée d’un mouvement vertical alternatif; dans sa course de montée elle enlève les crochets qu’elle rencontre, fait monter les tringles cylindriques correspondantes et par suite imprime un mouvement aux équerres el, e% e2, el, e5, qui, à leur tour (en raison de la combinaison de mouvements communs à tous les métiers), font mouvoir les boîtes et les fouets dans un sens ou dans l’autre. Quand la plaque P descend, elle libère les crochets qui retombent par leur propre poids ; leur course étant limitée par le support b, cette descente donne aux équerres ei) e2, e3, ei, es, un mouvement inverse au précédent et par suite aux boîtes et au fouet.
- Dans cette armure, MM. Pinon et Guérin, — à l’aide d’un mécanisme solidaire du premier, — rappellent à la fois les cartons qui agissent sur les boîtes et les cartons qui agissent sur les lames.
- A la portée de la main de l’ouvrier, sur l’archivolte, se trouve une manivelle n (fig. 4 23), qui, au repos, est toujours à l’un de ses deux points morts.
- Cette manivelle est excentrée, et agit, au moyen d’une série de leviers ou tringles, d’une part sur les cartons des boîtes et des lames, — et de l’autre sur la commande des boîtes et des fouets.
- Lorsque le métier est en marche normale, la manivelle est à son point mort à gauche; dans cette position la
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- fourche en ayant engage son loquet supérieur avec l’un des tétons J- rosace clt * * * * * * 11* tourne alors de gauche à droite; en outre la
- plaque rectangulaire mobile prend la position P.
- Avant de donner le fonctionnement inverse nous devons expliquer que la plaque rectangulaire mobile porte à l’un de ses angles supérieurs un téton ou petit axe s’engageant et maintenu dans la coulisse u du levier r, lequel levier est solidaire du mouvement de la manivelle n et peut tourner autour de son centre x.
- On conçoit que, si l’on veut détisser, il faut détourner les cartons des lames, et en même temps arrêter complètement le mouvement des boîtes et des fouets; dans ce cas, il suffira de tourner la manivelle dans le sens de la flèche, de gauche à droite, jusqu’à ce qu’elle prenne une position horizontale; dans ce mouvement, la manivelle, au moyen des tringles et d’une équerre, fait lever la fourche F de façon à engager le loquet inférieur avec l’un des tétons de la rosace; par suite l’arbre des cylindres tourne en sens inverse, c’est-à-dire de droite à gauche; en^outre, dans son mouvement, la manivelle a change la position du levier r, qui a entraîné la plaque mobile de P en P'. Or, que se passe-t-il? Le métier étant en marche, cette plaque, qui conserve quand même son mouvement vertical alternatif, ne rencontre plus les crochets 1er, 2e, 3e, àe, 5e, attendu qu’elle en est trop éloignée; ces crochets étant au repos, les boîtes et les fouets ne fonctionnent plus.
- On peut faire ressortir comme suit les avantages de cette mécanique :
- 1° Grande facilité pour la fabrication de la draperie à couleurs variées en trame, attendu qu’il n’y a aucune possibilité
- d’erreur, le mouvement des boîtes étant toujours en rapport avec celui des lames, le tout étant commandé par le même arbre ;
- 2° Recherche facile et prompte de la duite, le mouvement étant au-
- tomatique ; de plus il
- n’y a aucune crainte
- d’erreur par suite de la neutralisation des mou-
- vements des boîtes quand l’ouvrier détisse;
- 3° Augmentation notable dans la produc-
- : tion car, dans les au-
- Fig. 122 a 124. — mécanique d’armures de mm. Pinon et Guérin. très armures indépen-
- dantes, il faut rechercher séparément le carton des boîtes et le carton des lames; dans ce métier une seule opération suffit
- 5 437
- Fig. 122
- Fig.m.
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- 4
- - *-
- Fig. 12 t.
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- au lieu de deux, et cette opération peut s’effectuer en embrayant le métier.
- h° Mouvements faciles à régler au moyen d’écrous de serrage adaptés aux tirants à ressorts : on engage plus ou moins les crochets plats contre la plaque.
- 5° Sécurité dans les différents mouvements, la plaque rectangulaire mobile ne pouvant dévier de sa position, la manivelle n étant toujours et dans tous les cas au point mort.
- Mécanique Jacquart pour draperie, exposée par M. Charles Gadel, de Bohain [Aisne).
- Cette mécanique en fonte et fer semble avoir été établie de façon que le fabricant de tissus y trouve, autant qu’il est possible, tous les avantages recherchés dans le matériel de ce genre : solidité, rapidité de production et économie.
- Fig. 125. — Mécanique jacquart de M. C. Gadel.
- On lui a donné toute la solidité possible, tant dans son ensemble que dans les organes moteurs de la griffe et du cylindre, sans toutefois que cette solidité alourdisse, — comme on peut le voir par nos figures 125 et 126, — l’aspect général de la mécanique ; pour s’adapter à tous les systèmes : jacquart ordinaire, jacquart contre-semplé, jacquart Vincenzi, etc.
- Le jacquart de M. Gadel peut fonctionner à raison de 80 à 120 coups de navettes à la minute, suivant le compte de crochets qu’il comporte. Il peut marcher à A00, 500, 800, 1,000, 1,300, 1,700 crochets, suivant les besoins du fabricant. Grâce à la disposition de commande des mouvements de la grifïe et du battant, au moyen des leviers A et B, l’on obtient une fatigue bien moins forte de la part des garnitures et du carton.
- Dans ce genre de jacquart, le mouvement de pression du cylindre sur les aiguilles se fait avant la levée de la griffe et au moment où les becs des crochets à la levée sont complètement dégagés des lames de la griffe, par suite de leur repos sur la planche à collets. Par ce genre de pression, les crochets ont le temps de prendre la position qui leur est attribuée; on évite ainsi les défauts de manque dans le tissu. Comme le carton n’a pas à subir l’effort du dégrifïage, il y a naturellement moins de fatigue, moins d’usure; — on peut donc employer des cartons de qualité inférieure. — De ces observations il résulte que l’on obtient une rapidité de production plus grande, ajoutéeàune économie sensible résultant :
- - >
- l°Des frais d’entretien qui deviennent presquenuls ;
- Supplément a l’Industrib textile du 15 Mars.
- ii. — 18e Fascicule.
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- 2° De la rapidité du travail;
- 3° Du prix inférieur des cartons;
- 4° Enfin du temps que l’on aurait à passer pour les réparations, le changement des pièces ou des garnitures. Les figures 125 et 126 font nettement comprendre les mouvements séparés de la griffe et du cylindre. Au sujet du dégriffage par pression, le crochet étant détaché de la lame de griffe par la pression du cylindre portant le carton, ce carton a la fatigue semblable à celle de l’aiguille ; aussi arrive-t-il
- souvent que les cartons sont froncés, — ce qui est cause dans les tissus de manques et autres défauts.
- Nous avons vu fonctionner des jacquarts de ce système dans un tissage du Nord où l’on fabrique de gros draps sur une largeur de 2 mètres.
- Depuis quelques années, la fabrique a constamment demandé aux jacquarts un nombre de crochets de plus en plus grand. De 400 crochets employés il y a encore peu d’années, on est arrivé à employer
- Fig. 126. — Mécanique d’armure de M. C. Garel.
- aujourd’hui des mécaniques à 1,700 crochets. Le fabricant a dû en conséquence employer une, deux et même trois jacquarts sur le même métier, ce qui n’était pas toujours facile, mais ce qui donnait toujours un mauvais résultat à cause de la difficulté de faire mouvoir en même temps deux ou trois jacquarts. C’est alors que M. Gadel eut l’idée de faire servir, en l’appropriant aux besoins des fabricants de tissus, une matrice délaissée à cause du mauvais travail que l’on en tirait et surtout aussi à cause de son indivisibilité aux comptes ordinaires.
- L’ancienne matrice contre-semplée a donc servi à établir la nouvelle. On sait que la condition essentielle du bon fonctionnement des cartons réside dans un repérage rigoureux susceptible d’obvier aux déformations ou à l’allongement de ces cartons résul-
- tant des variations de température, et d’assurer leur guidage constant et régulier lorsqu’ils se trouvent amenés sur la planche d’aiguille par le cylindre.
- Or, tous les jacquarts construits jusqu’à présent avec la matrice contre-semplée ont toujours produit un travail défectueux, en raison de la mauvaise direction du carton, soit parce qu’il manque d’un nombre suffisant de repères, soit à cause de la mauvaise application de ces repères. Les matrices des jacquarts contre-semplées ont été garnies jusqu’ici de 2, 4, 6 repères sans que ces derniers soient placés de façon à donner à la matrice une division en rapport avec les besoins généraux de la fabrication, parce que les places occupées par ces repères ne sont pas calculées de façon à obvier aux inconvénients résultant de l’usure ou des changements de
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- température que subissent les dessins en carton, en papier ou autres matières.
- M. Gadel a imaginé le moyen de parer à ces inconvénients par une nouvelle disposition de matrice, de division contre-semplée. Cette disposition est basée sur le principe qu’il faut diminuer autant que possible le nombre des trous compris entre deux repères. Il adopte une matrice-étalon qui comporte trois compartiments divisés et limités au moyen de six repères.
- Cette matrice sert à la formation de plusieurs autres comprenant 2, h et même 6 repères, sans renfermer pour cela la même quantité de trous que la matrice-étalon. Les principales matrices formées par celle dite étalon sont composées de : 1,092, 86â, 840, 718, A20, etc. 11 a adopté pour ce genre de système une garniture absolument simple, une aiguille à cran et un crochet double, de sorte que l’ouvrier ne se trouve en rien gêné dans son travail puisque sa machine est, comme organe, la même
- Fig. 127. — Appareil de déroulement de M. Ch. Lamouret — Fig. 128.
- machine qu’il emploie ordinairement, il n’a donc aucune étude à faire.
- Appareil de déroulement sans friction de la chaîne dans le métier à tisser, exposé par M. Ch. Lamouret, de Fourmies.
- En fabrication, le tissu s’enroule automatiquement. L’idéal d’une bonne marche serait que la nappe de chaîne se déroulât de même en conservant toujours la même tension.
- Les divers et nombreux systèmes de déroulement employés jusqu’à ce jour sont de deux sortes : automatiques ou non.
- Les systèmes dits automatiques, bien que permettant un déroulement régulier, ont un grave inconvénient; c’est que, par suite de variations de numéro inévitables dans l’emploi d’une même partie de trame (et à plus forte raison dans le cas où l’on fabrique un tissu à plusieurs trames) le tissu, en se formant, absorbe à divers moments plus ou moins de chaîne selon que la duite est plus grosse ou plus fine que le numéro moyen. Il s’ensuit une marche irrégulière et, dans certains cas, une casse de fil considérable par suite d’un manque d’élasticité de la chaîne, surtout au moment de l’ouverture des lames.
- Les systèmes de déroulement à friction, générale-
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- no * : LES INDUSTRIES TEXTILES
- ment employés, dits à friction, consistent en chaînes ou cordes faisant friction sur les plateaux de l’en-souple. Là le déroulement est irrégulier, les frictions ne cédant que par secousses, après un nombre plus ou moins grand et toujours arbitraire de coups de battant. La température et autres causes imprévues faisant varier les efforts de cette friction, l’ouvrier doit à tout instant en surveiller la marche et ne peut la régler que par à peu près.
- L’appareil exposé par M. Lamouret semble avoir eu pour but de remédier à ces inconvénients. Nous l’avons représenté figures 127 et 128. L’une des figures représente une vue de côté de l’appareil tout monté sur l’ensouple; l’autre, une coupe.
- Sur le disque de l’ensouple, deux chaînes sans fin A et B, s’enroulent, croisent et passent séparées sur deux galets supérieurs G et D et, accouplées sur un galet inférieur E. Les galets G et D sont fous sur l’axe F et séparés par une poulie à gorge G également folle et indépendante desdits galets. Les joues de cette poulie appuient sur le disque du plateau de l’ensouple et suivent son mouvement de rotation. Les chaînes sont tendues à l’aide d’une vis k à filets gauche et droit permettant d’écarter et de rapprocher les supports porte-galet I et H. Dans le support I passe le levier L ayant son point d’oscillation en O sur lequel se déplace le poids P réglant la pression.
- Il est aisé de se rendre compte du fonctionnement de cet appareil à l’inspection des dessins. La chaîne du tissu se déroulera suivant les besoins, mais elle pourra reprendre, le cas échéant, puisque le système est à tension rétrograde. L’appareil fonctionne d’autant mieux que les disques de l’ensouple ont un plus grand diamètre.
- Le montage du système est très simple. Le pas de vis étant fermé, pour donner aux chaînes un délai suffisant permettant de les faire entrer dans les gorges des poulies et du disque et leur faire prendre la position indiquée dans le dessin, on actionne ensuite sur le pas de vis pour serrer fortement les chaînes sur le disque.
- La position normale de l’appareil est celle où les centres des galets supérieurs et du disque sont de niveau, et l’on monte un appareil à chaque extrémité de l’ensouple.
- Matériel de tissage, exposé par MM. Deneux frères} d’Hallencourt et Amiens.
- Ces excellents constructeurs, en même temps fabricants de tissus, et dont nous avons apprécié les
- beaux produits en étudiant les tissus de lin dans notre premier volume, font fonctionner sous nos yeux, dans la Galerie des machines, trois types de métiers dont les dispositions ingénieuses méritent d’attirer l’attention. Ce sont :
- 1° Un métier pour tissus-éponges ;
- 2° Un métier à battant brocheur ;
- 3° Un métier à trois navettes.
- 1° Métier à tisser pour tissus-éponges. — Ce métier est caractérisé par le mouvement spécial du battant avec entraînement de fils de la chaîne libre, le tout actionné directement par les crochets d’une mécanique Jacquart ou une mécanique d’armure. Nous en avons représenté les éléments figures 129 et 130.
- Le battant ne fait pas à chaque duite une course égale. Deux coups de battant successifs sont de petite course, et le troisième de course complète, et ainsi de suite. Le troisième coup de battant serre à fond les deux duites précédentes et entraîne avec lui la moitié des fils delà chaîne, ourdis séparément sur un deuxième rouleau dépourvu de tout frein ou friction. C’est cette partie de chaîne qui, venant se boucler au-dessus du tissu, y forme ce qu’on appelle Y éponge.
- Pour la formation de cette éponge, le mécanisme spécial qui caractérise l’invention de MM. Deneux est commandé, comme nous venons de le dire, par une mécanique jacquart ou une mécanique d’armure. Le perçage des cartons transmet ou supprime cette commande.
- L’arbre A de la figure 129 représente l’arbre inférieur du métier ; il fait un tour pendant que le vilebrequin en fait deux. Une roue I tourne folle sur cet arbre, et un manchon d’accouplement F peut glisser le long de la pièce, tout en étant solidaire avec elle. La joue extrême de ce manchon porte une goupille G qui pénètre à un moment donné dans une ouverture H pratiquée dans l’épaisseur du pignon I et l’entraîne alors dans son mouvement de rotation. Sur ce manchon se trouve aussi la came T qui, en tournant, vient agir sur le système des leviers U Y calés sur le même axe. Le volant de l’arbre à vilebrequin porte sur son pourtour un heurtoir Q qui vient rencontrer le but-toir R et fait tourner le fouet de chasse S.
- L’arbre A faisant un tour pour deux du vilebrequin, la came T soulève les leviers U Y à tous les seconds tours de ce dernier. Le levier Y écarte le buttoir R du chemin du doigt Q, de sorte que le fouet ne frappe ainsi que tous les deux tours du vilebrequin et alternativement des deux côtés du battant.
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- Lorsque le système doit marcher, la mécanique tire sur le cordon A et délivre le levier Y retenu par le crochet Z ; alors le levier B oscille autour de son axe sous l’action des ressorts c et D, le goujon G vient s’engager dans l’ouverture H et entraîne le pignon 1 dans son mouvement de rotation.
- Le pignon I commande une roue J calée sur l’arbre K et, par suite du rapport des dents de ces deux engrenages, cet arbre tourne une fois pendant que l’arbre à vilebrequin fait six tours. L’arbre K porte un excentrique L qui, par l’intermédiaire d’un galet
- de roulement terminant un levier M, agit sur la partie N du battant par une petite hausse, et allonge d’une certaine quantité la bielle 0 qui relie le vilebrequin au battant. C’est à ce moment que celui-ci fait sa plus grande course, ce qui arrive, comme nous l’avons dit plus haut, toutes les trois duites, puisque l’arbre K fait un tour pour six du vilebrequin et que l’excentrique L agit deux fois pendant un tour du même arbre coudé.
- Lorsque le métier doit faire du tissu ordinaire, la mécanique tire sur le cordon X qui, par l’inter-
- médiaire des leviers, débraye le mouvement tenu par le crochet qui retient la goupille Z.
- 2° Métier à tisser à battant brocheur. — Dans ce métier, le brochage ou mouvement des petites navettes du battant est commandé directement par un ou plusieurs crochets d'une mécanique Jacquart ou une mécanique d’armure. Cette commande est transmise ou supprimée, au moment voulu indiqué par le perçage des cartons, par un dispositif mécanique analogue à celui que nous venons de décrire ci-dessus et comportant également un mouvement spécial d’actionnement du fouet de chasse.
- L’arbre I, représenté figure 132, est l’arbre inférieur qu’on rencontre dans tout métier à tisser mécanique : il fait un tour pour deux tours de l’ar-
- bre à vilebrequin actionnant le battant. Une roue R tourne folle sur cet arbre et un manchon d’accouplement M peut glisser le long de celui-ci, tout en étant solidaire avec lui. La joue extrême de ce manchon porte une goupille saillante g, qui pénètre à un moment donné dans une ouverture O pratiquée dans l’épaisseur du pignon R et l’entraîne dans son mouvement de rotation. Sur ce manchon se trouve la came A, qui, en tournant, vient agir sur le système de leviers II' fixés ensemble sur un même axe. Le volant de l’arbre à vilebrequin porte sur son pourtour un heurtoir a qui vient rencontrer le buttoir b et fait tourner le fouet dé chasse autour de son axe xy. On voit que ce système de construction est le même que celui adopté pour le métier à tissus-éponges ; le fonctionnement est conséquemment identique.
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- U2
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- De ce que l’abre I fait un tour pour deux du vilebrequin, il résulte en effet que la came A soulève les leviers II' h tous les douxièmes tours de celui-ci. Le buttoir b est écarté par le levier l du chemin du doigt a, et le fouet ne frappe ainsi que tous les deux tours du vilebrequin et alternativement des deux côtés du battant. Lorsque le métier doit brocher, la mécanique tire l’arcade correspondant au cordon d ; et le levier L, dont l’extrémité supérieure s’engage entre deux bagues du manchon KL, sollicité par les ressorts r et r', fait glisser celui-ci vers le pignon R,
- Fig. 131.
- pour provoquer rengagement de la goupille g dans l’ouverture 0 de ce dernier.
- L’arbre H porte une roue R', d’un nombre de dents double de celui du pignon R avec lequel elle engrène et qui la commande. Pendant que cet arbre fait un tour, l’arbre à vilebrequin en fait conséquemment quatre, et comme, durant le brochage, la duite brochée précède immédiatement la duite fond, le fouet ne doit agir que toutes les quatre duites : ce qui est réalisé par la came G.
- La came G (fig. 131) porte un creux c, qui dégage le
- Fig. 131 bis.
- Fig. 132.
- Fig. 131, 131 bis, 132, 133. — Battant-brocheur, de MM. Deneux Frères.
- levier /'lorsqu'il vient en face du galet g' qui termine la partie inférieure du levier L' oscillant autour de l’axe i. La partie supérieure de celui-ci soulève ou abaisse le système des leviers II', ainsi que le fait comprendre notre dessin.
- A chaque tour de l’arbre H le levier V se trouve dégagé et le doigt a du volant ne peut butter contre le heurtoir b. Le fouet ne peut donc frapper qu’un seul coup sur quatre de l’arbre à vilebrequin.
- La came A ne touche le levier l' que sur une partie de sa largeur, de sorte que, par suite du recul du manchon M pendant le brochage, elle n’agit plus sur lui.
- A ce moment, la came G seule, au moyen du
- levier L', exerce l’action nécessaire pour le soulever ou l’abaisser.
- Le mouvement ascensionnel et descensionnel du battant-brocheur est produit par l’excentrique R fixé sur l’arbre H, que nous reproduisons de profil dans la figure placée sur le côté. Un levier L", oscillant autour d’un axe e, correspond d’un côté avec l’épée du battant-brocheur qui la soulève ou l’abaisse, et de l’autre reçoit l’action de l’excentrique R par l’intermédiaire d’un petit galet de roulement.
- Le brochage terminé, c’est encore la mécanique qui rétablit la position primitive des organes par le débraiement du manchon M, ce qui se produit par la traction du cordon d' correspondant à l’un des
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- crochets de la mécanique sur le levier coudé U agissant sur les deux leviers Y et L. Le manchon M est maintenu dans sa position initiale par l’enclanche-ment d’un ressort d’arrêt z fixé au bâti du métier, sur un doigt f fixé au levier Y.
- Ce doigt est libéré par la traction du cordon d lors du brochage.
- Dans cette disposition des organes, l’arbre H est au repos et l’arbre inférieur I seul continue à tourner pour le tissage ordinaire du fond.
- La commande des petites navettes du battant-bro-cheur se produit de la manière suivante :
- Sur l’arbre H se trouve fixé un excentrique E à gorge; dans celle-ci s’engage un doigt h qui en reçoit un mouvement de va-et-vient qu’il transmet aux navettes N (131 bis) par l’intermédiaire des leviers TL'" T'. Ce dernier porte des crémaillères correspondant à celle des navettes N et des petits q établissent alors la transmission de mouvement alternatif.
- 3° Métier à tisser à trois navettes. — Ce métier est caractérisé par le mécanisme de sa batterie en relation avec le mécanisme de montée et de chute
- de la boîte à navettes, le tout actionné directement par les crochets d’une mécanique Jacquart ou une mécanique d’armure (fig. 13A).
- Le système fondamental du mécanisme est toujours le même que dans les deux métiers précédents. Ainsi la commande est transmise ou supprimée au moment voulu, indiqué par le perçage des cartons, par un dispositif qui comporte un mouvement spécial d’actionnement du fouet de chasse, correspondant au changement de navettes. Ces dernières, au nombre de trois, sont reçues ou lancées successivement par la même boîte. En se reportant à la description du mécanisme et à son fonctionnement tels que nous les avons indiqués plus haut, on peut se rendre
- compte de la marche des différentes pièces en leur appliquant la légende suivante :
- A : arbre inférieur du métier, faisant un tour contre deux du vilebrequin; — B : roue folle sur l’arbre A; — C : manchon d’accouplement glissant le long de l’arbre; — D : goupille; — E : ouverture pratiquée en B, où pénètre la goupille D; — F : came; — G, H : leviers; — I : heurtoir; — J : buttoir; — K, L : axe de l’arbre à vilebrequin ; — M : cordon; — N : levier; — O : crochet; — P : levier; — Q, R : ressorts.
- L’arbre A porte une came F contre laquelle vient appuyer le galet du levier U qui commande le fouet par l’intermédiaire des leviers G et H. Cette came
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- porte deux demi-cercles de diamètres différents, de sorte que, pendant une moitié de sa course, elle appuie sur le levier U qui, pivotant sur son axe, soulève légèrement les leviers G et H qui viennent écarter le doigt J du chemin du buttoir I : le fouet reste donc en repos pendant le passage de trois duites successives pour lesquelles leur fouet respectif battra trois fois, et cela alternativement de chaque côté.
- Pour la montée de la boîte à navettes, l’arbre S porte à son extrémité un excentrique Y, symétrique, à trois courbures sur chaque demi-cercle. Un galet solidaire du levier X tourne sur ces courbes, et ce levier, qui oscille sur un tourillon à l’une de ses extrémités, porte à l’autre bout une tige Y qui soutient la boîte à navettes. Celle-ci montera donc trois fois pour le lancement des trois duites successives et descendra pendant les trois suivantes.
- Lorsque le mécanisme ne doit plus fonctionner, la mécanique tire sur le cordon Z, le levier N s’accroche en 0, et le métier travaille alors comme un métier ordinaire.
- Métier à tisser les soieries, système Laeserson et Wilke, exposé par
- la Société des Chantiers de la Buire, de Lyon.
- Ce métier diffère essentiellement des autres métiers mécaniques connus, par les organes principaux suivants :
- 1° Le remisse, 2° la mécanique d’armure, 3° le battant, h° le régulateur, 5° la bascule et 6° la chasse.
- Remisse. — Les lisses sont montées dans des cadres métalliques, au moyen de cliquets et de crémaillères qui permettent de régler à volonté la tension du remisse à maillons en bronze phosphoreux.
- Avec le guidage précis des lisses dans les guides à coulisses, toujours dans le même aplomb, sans aucun balancement possible, le fil de chaîne passe dans le maillon sans être écorché ni éraillé par la friction ou l’ébattement des lisses simplement suspendues.
- Ce genre de remisse offre en outre sur les remisses ordinaires à mailles ou à nœuds les avantages suivants :
- Il n’a jamais besoin d’être retourné, sans pour cela que sa solidité soit altérée.
- Il empêche tout frottement nuisible à la soie, grâce
- à sa confection en fil de soie, ou de coton doublé,, et à la petitesse de son maillon.
- Il est tendu dans un cadre métallique et sa position est fixe. Il ne peut donc pas se produire de groupures, ou de levées de chaînes inégales, comme l’on en rencontre souvent dans l’emploi du remisse ordinaire.
- 11 reçoit directement son mouvement de la mécanique d’armure; et une marchure de AO millimètres à la première lisse suffit pour le passage de la navette. Ces deux propriétés constituent un avantage très sérieux, car elles permettent de tisser des matières de qualité inférieure, sans énerver ni écorcher les fils, à une vitesse qui n’a été atteinte jusqu’à ce jour sur aucun métier mécanique.
- Par suite de l’emploi de coton doublé pour la confection du remisse, l’ouvrier peut aisément passer la main à travers les mailles tendues sans que celles-ci subissent de déviation.
- Les lissettes des cordons sont séparées du corps principal du remisse, leur marchure est indépendante de la levée des lisses. Elles produisent des cordons irréprochables.
- Toutefois l’emploi du remisse à maille à coulisse étant plus général que celui du remisse à maillons, les Chantiers de la Buire viennent de créer un type de métier spécial pouvant recevoir indistinctement l’un ou l’autre de ces remisses.
- Ce nouveau type conserve au remisse ordinaire une grande partie des avantages du remisse à maillons; le remisse est, en effet, fixé dans un cadre rigide à coulisse qui lui donne un excellent guidage tout en lui laissant une tension variable à volonté.
- Mécanique d'armure. — La mécanique d’armure est du type à chaînette; elle est placée dans le métier et peut être composée d’un grand nombre de cartons sans encombrer les abords de la machine.
- Elle a, comme toutes les mécaniques à chaînettes, des cames tenant les lisses en l’air pendant plusieurs insertions consécutives de trame, suivant le nombre de coups exigés par l’armure.
- La courbure de ces cames est combinée de façon à ce que la frappe du battant puisse se faire à volonté à pas clos, à pas mixte ou à pas ouvert.
- Pour le taffetas et la faille, ces cames sont remplacées par d’autres qui font lève et baisse et donnent un temps d’arrêt aux lisses au moment de la frappe du battant.
- Le tambour portant la mécanique d’armure peut
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- se disposer facilement pour recevoir un mouvement transversal de quelques centimètres. On peut donc faire ce qu’en termes de tissage on appelle un accrochage, c’est-à-dire, lire une mécanique à seize lisses en deux armures de huit lisses, et produire des tissus à bandes dans le sens de la trame.
- Cette mécanique commandant directement les cadres-guides sans intermédiaire de ficelles et de leviers en bois, donne au mouvement de la chaîne
- Fig. 135.
- une précision qu’on ne retrouve que rarement dans les autres métiers.
- Battant. — Le battant est en bois armé de bandes de fer ; ses boîtes sont longues et disposées pour recevoir des navettes à conducteur.
- Deux ressorts à tension réglable, placés au fond des boîtes, adoucissent le mouvement de retour des taquets chasse-navette et amortissent graduellement le choc de la navette en l’accompagnant jusqu a la fin de sa course. Le battant est mis en mouvement par deux manetons fixés sur les volants de l’arbre moteur ; ces manetons agissent par l’intermédiaire de bielles terminées à une de leurs extrémités par un étrier dont la courbure est telle que le battant est immobile pendant le passage delà navette dans l’ouverture du pas et prend ensuite un mouvement accéléré dans la marche en avant.
- Le coup donné dans ces conditions est le même que celui du battant libre.
- Le battant est en outre muni d’une claquette dont on peut régler la sensibilité à volonté, en donnant
- plus ou moins de tension aux ressorts ; il peut recevoir également une claquette équilibrée commandant le régulateur et le rendant compensateur par rapport à l’épaisseur du fil de trame.
- Enfin il peut être disposé pour recevoir un peigne renversé automatique, dont l'inclinaison est variable dans des limites assez larges pour permettre de tisser sans difficulté les crêpes lisses, grenadines, gazes étroites, etc., en un mot tous les tissus demandant ce genre d’organisation.
- Régulateur. — Le régulateur est positif, c’est-à-dire que l’étoffe avance d’une quantité toujours
- Fig. 136.
- constante à chaque insertion de trame. L’enroulement est direct, c’est-à-dire que le régulateur commande le rouleau enrouleur sans l’intermédiaire d’aucun rouleau sablé. Un compensateur tient compte de la correction rendue nécessaire par le grossissement constant du rouleau.
- Par le simple réglage d’un curseur sur une échelle graduée il donne toutes les réductions, coup par coup, depuis trente-cinq jusqu’à cent quatre-vingts coups au pouce, et n’a besoin que d’un seul pignon de rechange. Peu de régulateurs offrent une pareille simplicité.
- Il est actionné par deux leviers d’une disposition toute particulière qui, parleur mouvement alternatif, transmettent un mouvement d’avancement continu à une roue de friction à coin dont dépend l’enroulement progressif de l’étoffe.
- La compensation s’obtient en faisant varier l’angle d’oscillation de ces leviers au moyen d’une came qui diminue cet angle proportionnellement au grossissement du rouleau; elle s’opère avec une exactitude mathématique et conserve la réduction absolument
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Avril.
- h. — 19a Fascicule.
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- constante depuis le commencement jusqu’à la fin de la pièce, quelle qu’en soit la longueur.
- Le régulateur ne produit aucune secousse sur le rouleau d’ensouple, et il maintient l'étoffe immobile au moment de la frappe du battant, il s’ensuit que le tassement de la trame se fait dans d’excellentes conditions.
- Le régulateur peut être différentiel. Dans ce cas, il n’enroule sous le coup du battant qu’une quantité d’étoffe proportionnelle à la grosseur de la trame insérée. Il cesse de fonctionner quand la navette passe à vide.
- Ce trait distinctif du premier métier à main Laeserson et Wilke peut être conservé dans le métier mécanique exposé par les Chantiers de la Buire, pour la fabrication de certains tissus.
- Bascule. — La bascule est du type Laeserson et Wilke, à pédonnes multiples. Elle exerce sur la chaîne une traction constante et régulière. Le déclanchement automatique du contrepoids se faisant sans secousse, et sans cesser de tenir la chaîne en tension, lui procure tous les avantages de la bascule montante sans en avoir les inconvénients.
- Elle ne produit pas sur le tissu des rayures dues à l’influence de l’humidité ou de la sécheresse sur les cordes des autres bascules : au contraire, sur le modèle qui fonctionne à l’Exposition, elle donne à l’étoffe un toucher soyeux et un aspect brillant que l’on ne trouvait jusqu’ici que sur les articles traités par le métier à bras.
- Chasse. — La chasse est à sabre et peut se régler pendant la marche du métier ; elle ne nécessite aucun graissage qui puisse détériorer le battant ou salir les étoffes, comme cela arrive fréquemment avec les autres systèmes.
- La forme de la came de chasse est combinée de telle sorte que la navette soit chassée progressivement en dehors des boîtes ; et ce n’est que pendant un moment très court que se fait l’effort du lancement. Elle a l’avantage d’étendre la trame avec douceur dans l’ouverture du pas, et de ne pas l’énerver par des tirages trop brusques. La trame bien tendue reçoit franchement le coup de battant qui la lie alors parfaitement avec la chaîne et donne au tissu du moelleux et de la souplesse. Pour certaines étoffes très délicates, la chasse à ressort de MM. Laeserson et Wilke peut être conservée.
- D’après la description des organes principaux du
- nouveau métier mécanique présenté par les Chantiers de la Buire, on conçoit les avantages considérables qui doivent résulter de la réunion de leurs qualités respectives.
- Le remisse, agissant sur la soie avec beaucoup de délicatesse, permet de traiter les tissus de gros comptes aussi bien que ceux composés de matières de qualité inférieure ; il évite les écorchures, la casse des fils et conserve à la soie tout son éclat et toute sa résistance.
- La mécanique d'armure, combinée pour battre à pas clos, ouvert ou mixte, peut recevoir un grand nombre de cartons sans qu’il en résulte d’encombrement autour du métier. Son action directe sur le remisse permet une marche très accélérée.
- Le battant, par son arrêt au moment de la frappe, par ses longues boîtes munies d’amortisseurs, facilite le développement de la trame sous une tension constante.
- Le régulateur donne une réduction régulière depuis le commencement de la pièce jusqu’à la fin, et la possibilité de la transformer en régulateur différentiel rend le métier applicable aux articles qui ne peuvent se traiter ordinairement que sur le métier à battant libre.
- La bascule, par la tension régulière qu’elle exerce sur la chaîne, a une influence très grande sur la nature du tissu. Elle donne à l’étoffe fabriquée sur ce métier mécanique, un toucher, une fleur qui ne se sont jamais obtenus sur le métier à bras.
- La chasse, par son lancement doux et progressif de la navette, laisse à la trame tout le temps nécessaire, pour qu’elle puisse s'étendre uniformément et sans tirage dans la marchure.
- Enfin on peut tisser indistinctement avec le remisse à maillons ou le remisse à maille ordinaire.
- Le métier mécanique des Chantiers de la Buire offre donc des avantages bien caractérisés.
- Sa marche normale varie de quatre-vingt-dix à deux cents coups à la minute suivant les tissus; elle peut atteindre facilement deux cent cinquante, ainsi :
- La faille et étoffes de gros compte (cent à deux cents portées) se tissent à raison de quatre-vingt-dix à cent vingt coups par minute suivant l’article;
- Les satins merveilleux, de Lyon, Rhadamès et tous les tissus satinés, tramés cuit ou souple (cinquante à cent portées) se font avantageusement à une vitesse de cent cinquante coups à la minute.
- Les grèges tramés coton peuvent se tisser facilement à une vitesse variant de deux cents à deux cent vingt coups par minute, pouvant aller à deux cent cinquante.
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- Métier à quatre navettes pour soie, exposé par la même maison.
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- Ce nouveau métier n’est qu’une forme complémentaire du métier Laeserson Wilke. Le mécanisme à quatre navettes peut s’adjoindre à tout métier simple de ce type, en sorte qu’avec le même instrument, on peut, suivant les exigences de la mode, tisser tous les genres d’étofFe en unis et en façonnés.
- L’appareil consiste en une mécanique de changement de navettes, à combinaison d’excentrique, montée sur un petit bâti spécial qui se place sur le côté du métier.
- Le battant simple est en même temps remplacé par un battant spécial à plusieurs boîtes, avec lequel on peut d’ailleurs au besoin travailler avec une seule navette ; il suffit de débrayer le manchon d’accouplement qui relie, sur l’arbre de chasse, la mécanique au métier.
- Cette mécanique à changement de boîtes est caractérisée par l’emploi, pour la lecture du nave-tage, d’une simple bande de papier, perforée à la Jacquart, au lieu et place des chaînettes métalliques ou des cartons lacés employés jusqu’ici (Système bréveté Thomas).
- Cette disposition permet d’avoir un très grand nombre de coups au rapport, sans que la mécanique devienne encombrante; ainsi un foulard de 4,000 coups de trame exige seulement une bande de papier qui, repliée sur elle-même et suspendue au cerceau de l’appareil, n’occupe que 0m,45 en hauteur, sur 0m,25 en profondeur et 0m,06 de largeur.
- En outre, cette bande de papier est bien plus économique et plus facile à changer que les chaînettes de carton ou de métal. Vu son faible volume, elle peut, après usage, être facilement classée en magasin, c’est-à-dire qu’elle permettra de conserver, sans encombrement, toute la collection des dessins exécutés et de supprimer la perte de temps des délaçages ou enlaçages.
- Par suite de ces heureuses combinaisons au point de vue mécanique, la marche de l’appareil est extrêmement douce et sûre, ce qui permet de donner, sans inconvénient, au métier, une vitesse de 140 coups par minute.
- Un organe de sûreté très simple produit le déclenchement automatique des boîtes dans le cas où,
- pour une cause accidentelle quelconque, leur marche serait arrêtée.
- Le battant est en trois parties : une partie bois et fer, vers la verguette, et deux parties complètement métalliques à l’endroit des boîtes à navettes. La jonction de ces diverses pièces se fait sur les balanciers du battant qui servent eux-mêmes à guider les boîtes ; quant à l’assemblage soit des différentes parties du battant entre elles, soit du battant avec les balanciers, il ne laisse rien à désirer comme solidité et comme précision.
- Les boîtes à navettes sont longues, mais aussi rapprochées que possible de l’étoffe, pour ne pas augmenter la longueur totale du battant et éviter un porte-à-faux qui produirait des vibrations.
- La boîte à peigne est disposée pour battre sec ou en claquette. Dans ce dernier cas, l’élasticité de la claquette est réglable.
- Le battant est également réglable en hauteur, à l’aide de vis et de boulons placés au bas des balanciers.
- Les bosses guide-navette, dont sont pourvues les bottes, ont une forme nouvelle qui arrête graduellement la navette à son arrivée à fond de course ; on obtient ainsi une tension parfaite de la trame dans le pas.
- La chasse est à sabre, et elle peut se régler même pendant la marche du métier.
- Quoique le taquet soit guidé par des pièces métalliques, il ne nécessite aucun graissage, ce qui permet de tisser des articles en couleurs claires, sans avoir à craindre les taches si dangereuses, inévitables avec les autres systèmes.
- Le taquet en bufïle, d’une forme particulière, peut être employé successivement sur quatre faces, ce qui lui assure un long usage.
- Le métier peut travailler à coups pairs ou à coups impairs.
- Dans le premier cas, la navette est lancée régulièrement, une fois d’un côté, une fois de l’autre; dans le second cas, un mécanisme particulier, commandé par une rangée spéciale de trous lus sur le papier Jacquart, permet de chasser successivement plusieurs navettes du même côté.
- A cet effet, les galets de leviers de chasse sont articulés de telle sorte qu’au moment voulu, un seul reçoit le coup de chasse, l’autre se renverse et la came correspondante passe à côté sans l’atteindre.
- Avec ce métier, on peut donc travailler en bâtis
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- suivis par un coup d’une couleur, un coup d’une
- I autre, ou bien lancer dans un ordre quelconque les quatre navettes d’un même côté, c’est-à-dire que chaque coup de trame est indépendant et l’instrument, commandé par une simple petite bande de papier, exécute automatiquement toutes les combinaisons de couleurs et d’armures auxquelles peut donner lieu la composition artistique d’un dessin quelconque.
- Métier à deux et à trois bâtis suivis, dit pique-nique, exposé par la même maison.
- Ce métier travaille à bâtis suivis par un coup sur coup. Son mécanisme est d’une grande simplicité et son garage aussi facile que celui d’un métier ordinaire à une navette. L’invention répond à un besoin, surtout dans le genre nouveautés, car avec deux ou trois trames de couleurs et de grosseurs différentes, ou peut varier les dispositions à l’infini.
- Dans les tissus façonnés, les effets de trame bout à bout nuancés à deux tons fond et dessin, ou à deux tons de dessin et un ton de fond, sont très variés.
- Dans les tissus à côte ou les tissus matelassés, les effets de trame par un coup gros et un ou deux coups fins, ou bien par un coup laine ou coton et un coup soie, sont également variables à l’infini, tant en unis qu’en façonnés.
- Ce métier peut encore servir comme égalisateur ou compensateur pour les trames irrégulières, soit de grosseur soit de tons.
- Il traite, par exemple, avec avantage les crêpes de Chine, dont les trames sont de torsion inverse.
- Il peut être monté en façonnés ou en armures. Dans le premier cas, sa vitesse dépend de celle que l’on peut donner à la mécanique Jacquart.
- Dans le deuxième cas, on peut atteindre une vitesse de cent quarante à cent cinquante coups à la minute, suivant l’article traité, tout comme dans les métiers à boîtes simples.
- Battant. — Le battant est en trois parties : une partie bois et fer, à l’endroit de la verguette, et deux parties complètement métalliques qui reçoivent les boîtes à navettes et leur servent de guides. La jonction de ces pièces est faite sur les balanciers du battant qui servent eux-mêmes au guidage des boîtes du côté de l’intérieur du métier.
- Cet assemblage des balanciers avec les différentes parties du battant et de ces dernières entre elles, ne laisse rien à désirer au point de vue de la solidité : on peut donc marcher à la vitesse indiquée ci-dessus, sans craindre une dislocation.
- Les boîtes à navettes sont longues, mais rapprochées le plus possible de l’étoffe ; elles n’augmentent pas la longueur totale du battant, ce qui évite le porte-à-faux et les vibrations.
- La boîte à peigne est disposée pour battre sec ou en claquelte; dans ce dernier cas, l’élasticité de la claquette est réglable.
- La hauteur du battant peut être également réglée à l’aide de vis placées dans le bas des balanciers du battant; des boulons fixes l’arrêtent dans la nouvelle position.
- Boîtes à navettes. — Les bosses guide-navette, de forme nouvelle, dont sont pourvues les boîtes, permettent l’arrêt graduel de la navette, à son arrivée à fond de course, en vue d’obtenir une tension parfaite de la trame dans le pas.
- Mouvement des boîtes. — Le mouvement des boîtes est simple, robuste et sûr.
- Une came à chemin, taillée sur la face extérieure de la roue dentée de l’arbre de chasse, met en mouvement un arbre, à chaque extrémité duquel sont calés d’autres leviers qui supportent les boîtes.
- La forme de la came est étudiée de manière à donner à la montée comme à la descente des boîtes, une grande douceur. Les leviers qui supportent les boîtes sont reliés à celles-ci par des fourches à charnières, réglables en hauteur.
- Un appareil de sûreté, extrêmement simple, permet le déclenchement des leviers de commande des boîtes, dans le cas où, pour une cause accidentelle quelconque, la marche de ces dernières viendrait à être arrêtée.
- Ordre des couleurs. — On sait que la chasse lance les navettes invariablement l’une après l’autre et toujours dans le même ordre.
- Si, par conséquent, un changement de cartons dans la mécanique Jacquart se fait mal, soit parce que le cylindre ne tourne pas complètement, soit parce que le carton saute, il se produit habituellement sur le dessin une interversion dans l’ordre des couleurs, et l’ouvrier peut ne pas l’apercevoir sur-le-champ ; cela arrive fréquemment, même dans
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- les métiers à bras, surtout avec des trames de couleurs semblables (camaïeux, par exemple).
- Or, ce fait ne peut pas se produire avec le métier exposé, car un appareil de sûreté l’arrête immédiatement ou empêche sa mise en marche, si l’ordre régulier des cartons est accidentellement interrompu.
- Casse-trame. —Une disposition spéciale permet au casse-trame d’agir exactement sur les deux trames.
- Il est aussi simple qu’un casse-trame ordinaire; son fonctionnement est parfaitement sûr.
- Chasse. — La chasse est à sabre et peut se régler même pendant la marche du métier; elle ne nécessite aucun graissage, quoique le taquet soit guidé par des pièces métalliques. Par suite, elle permet de tisser les articles les plus délicats, même en couleurs claires, sans qu’on ait à craindre de les voir tachés par les parties grasses du mécanisme.
- Le taquet en buffle, d’une forme particulière, peut être employé successivement sur quatre faces, ce qui lui assure un long usage.
- La forme de la came de chasse est combinée de telle sorte, que la navette est chassée progressivement en dehors des bâtis ; ce n’est que pendant un instant très court que se fait l’effet du lancement. On réalise ainsi l’avantage d’étendre la trame avec douceur dans l’ouverture du pas, et de ne pas l’énerver par des tirages trop brusques.
- La trame bien tendue reçoit franchement le coup de battant qui la lie alors parfaitement avec la chaîne et donne ainsi au tissu du moelleux et de la souplesse.
- Mécanique d'armure. — La mécanique d’armure est du type à Chaînette ; elle est placée à l’intérieur du métier et peut être composée d’un grand nombre de cartons, sans encombrer les abords de l’appareil.
- Comme toutes les mécaniques à chaînettes, elle a des cames tenant les lisses soulevées pendant plusieurs insertions consécutives de trame, suivant le nombre de coups exigés par l’armure.
- La courbure des cames est combinée pour que la frappe du battant puisse se faire à volonté à pas clos, à pas mixte et à pas ouvert.
- Pour le taffetas et la faille, des cames spéciales font lève et baisse et donnent aux lisses un temps d’arrêt au moment de la frappe du battant.
- Le tambour portant la mécanique d’armure, peut être disposé pour recevoir un mouvement transversal de quelques centimètres. Cette disposition permet de faire ce qu’en termes de tissage on appelle un accrochage, c’est-à-dire, lire une mécanique à seize lisses, en deux armures de huit lisses, et produire des tissus à bandes dans le sens de la trame.
- Cette mécanique commandant directement les cadres-guides sans intermédiaire de ficelles et de leviers, donne au mouvement de la chaîne une pression remarquable.
- Régulateur. — Le régulateur est positif et l’enroulement est direct.
- Un compensateur tient compte de la correction rendue nécessaire par le grossissement constant de ce rouleau enrouleur.
- Par le simple réglage d’un curseur sur une échelle graduée, le régulateur donne toutes les réductions, coup par coup, depuis trente-cinq jusqu’à cent quatre-vingts coups au pouce, et il ne nécessite qu’un seul pignon de rechange.
- Il est actionné par deux leviers d’une disposition toute particulière qui, par leur mouvement alternatif, transmettent un mouvement d’avancement continu à une roue de friction à coins; cette roue commande elle-même l’enroulement progressif de l’étoffe.
- La compensation s’obtient en faisant varier, au moyen d’une came, l’angle d’oscillation des leviers, proportionnellement au grossissement du rouleau. La variation s’opère avec une exactitude mathématique et la réduction reste absolument constante depuis le commencement jusqu’à la fin de la pièce, qu’elle qu’en soit la longueur.
- Le régulateur ne produit aucune secousse sur le rouleau d’ensouple, et il maintient l’étoffe immobile, au moment de la frappe du battant. Il en résulte que le tassement de la trame se fait dans d’excellentes conditions.
- Bascule. — La bascule est ici encore du type Laeserson et Wilke, à pédonnes multiples. Elle exerce sur la chaîne une traction constante et régulière, car le déclenchement automatique du contrepoids s’opère sans secousse et sans interrompre la tension de la chaîne; on réalise ainsi tous les avantages de la bascule montante sans en avoir les inconvénients.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- Métier à velours, système E. Charbin, exposé par la même maison.
- Le métier à velours du système E. Charbin diffère surtout des autres métiers par la position qu’y occupe l’arbre-manivelle. Au lieu d’être derrière le remisse, cet arbre est placé sous les barres du rabot ou rasoir et, comme on le verra, cette disposition, en rendant le remisse parfaitement abordable de tous côtés, réalise un avantage considérable, tant pour la production que pour la facilité du travail.
- L’ouvrière peut, en effet, passer ou rhabiller ses fils sans difficulté ; elle n’est gênée, autour du remisse, par aucune des parties du mécanisme, comme cela a lieu dans les autres métiers ou le remisse est masqué, non seulement par les organes principaux de la commande, mais aussi par les supports qui soutiennent les cavalettes du mouvement des lisses, ou la mécanique Jacquart.
- Ici, les cavalettes sont montées, dans le cas d’un métier isolé, sur un cadre supérieur porté par quatre légères colonnes ; celles de devant étant placées sur le bâti, à l’arrière des barres de la coupe, de façon à ne gêner en rien l’ouvrière; celles d’arrière étant plantées sur le chevalet de l’ensouple, qu’elles n’encombrent, également, en aucune façon, puisqu’on peut y monter jusqu’à cinq rouleaux d’ensouple.
- Dans une installation de plusieurs métiers, les colonnes de chevalet sont supprimées et les longerons qui supportent les cavalettes ou les mécaniques Jacquart, sont soutenus à cet endroit par des tirants en fer fixés à la charpente de l’atelier.
- Remisse. — Le déplacement de l’arbre moteur et de l’arbre de chasse qui ne se trouvent plus derrière le remisse, permet de donner à celui-ci une très grande extension ; le nombre des lisses est indéfini.
- Mécanique d'armure. — La mécanique d’armure du type à chaînette, placée sur le côté du métier, mais en partie sous le remisse, peut également recevoir un très grand nombre de planchettes ou cartons, sans que sa saillie, en dehors du métier, dépasse celle du battant.
- Ces dispositions du remisse et de la mécanique d’armure font de ce métier le type le plus convenable pour l’étude et la création des armures com-
- plexes, des étoffes à disposition, à bandes ou pékins, en général de toutes les nouveautés.
- On construit cependant un métier ne faisant que les velours unis. Les remisses et la mécanique d’armure sont alors réduits au nombre de lisses strictement nécessaire, et le rapprochement du donneur de poils, devenant alors possible, la profondeur du métier est de beaucoup diminuée.
- Comme dans toutes les mécaniques à chaînettes, les lisses sont tenues en l’air ou en fond, selon qu’elles travaillent en levée ou en rabat, et cela, au besoin, pendant plusieurs intersections consécutives de trame.
- La courbure des cames de commande est combinée de façon que la frappe du battant puisse se faire à pas clos, à pas mixte ou à pas ouvert.
- Les lisses sont commandées par des leviers porte-galet, dont les uns agissent sur les lisses à la lève, par l’intermédiaire de balanciers placés dans le cadre supérieur du métier, et dont les autres commandent les lisses en rabat par l’entremise d’autres balanciers placés à la partie inférieure.
- Les lisses sont rappelées par des ressorts placés sous le remisse pour les lisses à la lève et sur le côté du métier pour les autres.
- Battant. — Le battant est en bois, qui semble choisi bien sec, à collages multiples et à armatures métalliques; les variations hygrométriques de l’air sont donc sur lui sans influence.
- Il reçoit son mouvement de l’arbre à manivelle placé sous les barres de la coupe, par l’intermédiaire de bielles à coussinets réglables; dans les balanciers porte-battant, ces bielles oscillent sur des axes en fonte dure, ce qui assure un bon frottement et une très longue durée pour la bielle.
- Le battant est encore réglable en hauteur. Deux ressorts à tension variable, placés au fond des boîtes à navette, adoucissent le mouvement de retour des taquets de chasse et amortissent graduellement le choc de la navette, en l’accompagnant jusqu’à la fin de sa course. Au fond de la boîte, un verrou permet de faire osciller, comme un couvercle, l’extrémité de la règle de coulisse et d’opérer rapidement le changement ou la vérification des taquets, sans avoir à démonter aucun boulon et, par conséquent, sans que la boîte puisse être déréglée.
- Chasse. — La chasse est à sabre; elle peut se régler même pendant que le métier est en marche ;
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- elle ne nécessite aucun graissage susceptible de détériorer le battant ou de salir l’étoffe en travail.
- La forme de la came de chasse est combinée de telle sorte, que la navette est chassée progressivementet ce n’est que pendant un temps très court que se produit l’effet du lancement. On réalise ainsi l’avantage d’étendre la trame avec douceur dans l’ouverture du pas, et de ne pas l’énerver par des tirages trop brusques. Cette trame, une fois bien tendue, reçoit franchement le coup du battant; elle se lie alors parfaitement avec la chaîne, et il en résulte pour le tisssu plus de moelleux au loucher et une meilleure nuance.
- Régulateur. — Le régulateur se compose d’une vis sans fin à mouvement interrompu calé sur l’arbre de chasse; d’un harnais intermédiaire d’engrenage et d’un arbre vertical sur lequel sont montées deux autres vis sans fin, actionnant les rouleaux épinglés qui entraînent l’étoffe.
- Une série de treize roues droites dentées et de deux pignons d’angles, permet d’obtenir toutes les réductions, coup par coup de 50 à 200 au pouce.
- Au moment de la frappe du battant,-le régulateur étant commandé par une vis sans fin spéciale, il ne se produit aucune secousse sur le rouleau, l’étoffe étant d’ailleurs maintenue parfaitement immobile.
- 11 en résulte que le tassement de la trame se fait dans d’excellentes conditions. Ces rouleaux épinglés, qui entraînent l’étoffe, sont en carton de bois spécial comprimé à la presse hydraulique. Ils ne se voilent jamais, quel que soit l’état hygrométrique de l’atmosphère, et, vu leur dureté, ils n’ont pas besoin d’être sans cesse rectifiés sur le tour comme les rouleaux en bois ordinaire.
- Une pédale placée au bas de l’arbre vertical du régulateur permet de débrayer et d’enrouler ou dérouler l’étoffe à la main, soit pour l’embraye des rouleaux, soit lorsqu’une faute a été commise dans le travail.
- Donneur de poil. — Le donneur de poil est commandé par la même vis sans fin qui actionne le régulateur; son mouvement est donc comme celui du régulateur interrompu pendant la frappe du battant pour ne se produire qu’au moment de l’évolution des lisses ; c’est-à-dire lorsqu’il faut donner le poil.
- Les différentes réductions sont obtenues par l’emploi des treize roues de la série du régulateur, plus
- deux roues droites faisant varier à un certain moment la réduction du simple au double. On obtient ainsi des hauteurs de poil variant du poil ras à un poil de 6 à 7 millimètres de hauteur, avec tous les intermédiaires nécessaires.
- Le rouleau donneur est métallique.
- Le donneur de poil est très solidement construit; un soin particulier est apporté à l’ajustage de toutes ses parties, afin d’empêcher les secousses, les vibrations et les glissements, qui occasionnent toujours des irrégularités dans la donnée du poil et qui produisent le canage, etc.
- Coupe du poil. — La barre ou règle sur laquelle glisse le rabot est fixée au bâti, d’une façon immuable. Les barres de devant se composent de deux règles en forme de cornière, formant près du peigne l’écartement des pièces et de deux autres règles en fonte, devant lesquelles le rabot coupe le poil.
- Ces règles sont mobiles, et leur écartement est donné par des vis à têtes moletées dans les crans desquelles s’engagent des ressorts d’arrêt. Le changement d’un cran correspond à une variation dans la hauteur du poil de un vingtième de millimètre.
- La barre ou règle fixe est à la fois solide et légère. Elle occupe en hauteur un espace très restreint, de sorte qu’on peut voir la coupe des deux pièces dès les premières passes du rabot.
- Le mouvement de commande du rabot est placé à l’extérieur du métier; il est d’une grande simplicité et par conséquent d’un entretien facile.
- Une came à chemin, taillée sur la roue de commande de l’arbre de chasse, actionne, par l’intermédiaire d’un secteur denté et de deux roues d’angle, le volant du rabot.
- Ce volant étant disposé verticalement sous l’un des galets de renvoi de la corde, le nombre de ces galets de renvoi est limité au nombre minimum de trois.
- La came à chemin a été encore étudiée de manière à lancer le rabot, et à l’arrêter progressivement à chaque extrémité de la règle, tout en assurant sa sortie complète de l’étoffe, au moment de la frappe du battant.
- L’affûtage de la lame s’opère automatiquement à chaque extrémité, sur deux pierres, l’une en dessus, l’autre en dessous.
- Bascule. — La bascule de l’ensouple est du type Laeserson et Wilke, à pédonnes multiples.
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- Casse-trame. — Le métier est muni d’un appareil spécial pour produire l’arrêt lorsque la trame manque ou que la navette s’arrête dans sa course.
- La vitesse normale de la machine est de cent trente coups à la minute.
- Métier à tisser les soieries, exposé par la
- Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Ce métier est combiné pour permettre le tissage de la plupart des étoffes de soie. Suivant les articles
- et les qualités de soies employées, sa vitesse varie de 100 à 180 tours par minute.
- Il est disposé pour travailler :
- 1° Avec peigne mobile et compensation ;
- 2° — monté sur ressorts sans compen-
- sation ;
- 3° — fixe sans compensation ;
- h° — renversé.
- Celui que nous avons eu sous les yeux à l’Exposition était formé de deux parties : l’une mobile pouvant être approchée ou éloignée à volonté et sur laquelle
- Fig. 137,
- Fig. 138,
- se place l’ensouple; l’autre, formant le métier proprement dit, et comprenant tous les organes nécessaires à la formation d’un bon tissu.
- D’une construction soignée et étudiée, il présentait certaines particularités qui méritaient d’attirer l’attention.
- Ainsi, les coudes des arbres à vilebrequin sont à plis carrés et tournés, ce qui permet de disposer de plus d’espace pour loger les lames lorsqu’on tisse des façonnés; ces arbres à vilebrequin sont également munis de douilles en fonte faisant corps avec l’arbre et tournant dans des supports également en fonte. Ce frottement fonte sur fonte assure plus de douceur, pendant la marche, que celui fer sur fonte généralement employé.
- Tous les supports sont munis de petits réservoirs venus de fonte permettant un graissage facile et durable.
- Les excentriques de marche sont, ainsi que l’indique la figure J 37, placés vers le bas et à l’intérieur du métier. Ils agissent sur des leviers horizontaux actionnant eux-mêmes des marchettes articulées sur le devant du métier.
- La foule ainsi obtenue est plus régulière et d’une marchure beaucoup plus douce que celle dans laquelle les marches sont actionnées directement par les excentriques.
- La batterie employée est du système Harrison, mais renversée ; c’est-à-dire que les arbres de fouet au lieu d’être placés verticalement sont disposés hori-
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- zontalement en dehors des bâtis latéraux et parallèlement à ceux-ci.
- Les fouets en bois se trouvent donc placés verticalement et viennent par une courte lanière aboutir au taquet qui est également renversé clans la boîte du battant. La tringle guide est au-dessous de la navette.
- Les boîtes sont disposées pour permettre l’emploi de navettes avec conducteur. Le tout est disposé de manière à éviter toute possibilité de projection de matières grasses ou de duvet.
- Le battant est en bois et garni de cuir sur la partie venant en contact avec la chaîne.
- Le peigne est monté sur un cadre, mobile sur les épées, et la force de son battage peut être réglée par la tension de ressorts. D’autres ressorts assurent au peigne une parfaite
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- C'
- Fig. 139.
- stabilité lorsqu’il se trouve vers l’arrière, c’est-à-dire au moment du passage de la navette.
- Le métier représenté par les figures 137, 138 et 139 est muni sur l’un de ses côtés, d’une méca-
- nique d’armures permettant de travailler avec 16 lames plus A lames de lisière.
- Ce système est surtout employé pour les tissus dont le rapport de l’armure ne dépasse pas 20 à
- SUPPLÉMENT A L’INDUSTRIE TEXTILE DU 15 AVRIL.
- il. — 20e Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- 25 cluites. Une chaîne sans fin, formée par des planchettes en bois sur lesquelles se fixent à volonté des segments actionnant les leviers, permet de varier les dessins à volonté.
- Voici quelques dimensions principales :
- 3/4 7/8 4/4
- Distance entre épées........ 1.020 1.220 1.420
- — entre cadre du peigne 0.950 1.150 1.350
- — empeignage........... 0.910 1.110 1.310
- — tissu................ 0.850 1.950 1.250
- — entre bâtis.......... 1.265 1.465 1.665
- Largeur totale du métier.... 2.355 2.555 2.755
- Le régulateur d’enroulement de l'étoffe (brevet Mercier) est du système à enroulement proche. On le voit plus particulièrement figures 137 et 138. La commande du rouleau A, sur lequel le tissu s’enroule directement, est obtenue de la manière suivante :
- Sur l’arbre B, qui porte les excentriques de fouet, se trouve fixé un plateau G contre lequel s’appuie, sous l’action d’un ressort J, un manchon de friction D placé sur un arbre incliné E.
- Celui-ci communique sur mouvement de rotation à une vis sans fin F à un filet, laquelle engrène avec un pignon P.
- Ces deux derniers organes remplacent le cliquet, le contre-cliquet et le rochet employés dans les autres régulateurs. Le mouvement du pignon P se transmet, par l’intermédiaire de quatre pignons formant tête de cheval, à l’axe enrouleur A.
- Au fur et à mesure que ce rouleau s’emplit d’étoffe, le petit rouleau G s’éloigne, ainsi que les montants II qui le supportent ; ce mouvement produit, par l’intermédiaire du levier I, le déplacement du manchon de friction. Celui-ci se rapprochant du centre de l’arbre des excentriques de fond, diminue la vitesse de l’enroulement et fournit ainsi un mouvement compensateur.
- Un cercle tracé sur le plateau indique la position que doit occuper le manchon de friction lorsque l’enroulement de la pièce commence.
- Le duitage au quart de pouce correspond au nombre de dents du pignon de rechange de la tête de cheval.
- Les écarts du duitage peuvent encore se régler en élevant ou en abaissant la bielle I dans la coulisse circulaire reliée au montant H; on pourrait
- aussi y arriver en avançant ou en reculant directement le manchon à friction D.
- Les trames soie et fantaisie ne présentent pas la même régularité que celles formées par les fibres élémentaires du coton et de la laine.
- Dans les premières, le fil élémentaire est déjà formé et varié de grosseur suivant les points de formation : il y a des parties fines et des parties grosses. Le tissu doit cependant présenter partout la même densité.
- Cette difficulté est surmontée par un certain réglage de l’appareil.
- Nous avons indiqué que le peigne pivote sur l’épée de chasse, et cela au point U ; il est fixé dans la rainure d’un cadre en bois boulonné à deux montants V. Un de ces montants, celui placé du côté du régula-(eur, est prolongé et est muni d’un doigt recourbé X, d’un réglage déterminé pour une inclinaison déterminée du peigne.
- L’épée de chasse M est munie, vers sa partie inférieure, d’un galet N qui, par suite de son mouvement, vient agir sur la courbe d’un calibre R1 qui se trouve fixé à un levier O pivotant en P.
- Cette courbe est agencée de manière que, le battant étant à sa position avant, le levier O soit à sa position la plus basse et le galet N dans le creux de la courbe, il faut de plus qu’au moindre recul du battant le levier O remonte.
- Une aiguille rigide Q est fixée à l’extrémité d’un levier R mobile autour de l’axe S, et est disposée afin de venir reposer d’environ 1 millimètre sur le bout du levier O. Sa position est assurée par la vis de réglage T, contre laquelle elle appuie sous l’action d’un ressort.
- Suivant les étoffes que l’on traitera, on fera avancer plus ou moins l’aiguille sur l’encoche.
- Le levier R est relié à l’arbre S par l’intermédiaire d’un crochet et de deux leviers Z et Z' (fig. 139), de manière que son mouvement de montée agisse sur le support mobile S et éloigne la friction D du plateau C, c’est-à-dire produise un débrayage.
- Il est facilement compréhensible que, lorsque les duites passées sont plus fines que celles moyennes, le peigne n’atteignant pas, au moment du serrage, l'inclinaison pour laquelle il est réglé, se redressera, et le doigt X n’agira pas sur l’aiguille.
- Le mouvement de montée du levier O se transmettra donc au levier R, ce qui produit un débrayage momentané de la friction.
- Dès que le peigne atteindra l’inclinaison conve-
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- nable, il éloignera la lame Q et le levier R restera immobile; la friction est alors embrayée sous l’action du ressort J, et produit l’enroulement du tissu.
- Il est aisé de voir que tant que les passées seront de grosse trame, le régulateur enroulera.
- On obtient ainsi une égale densité du tissu.
- Dans le cas de trames irrégulières, on donne généralement au régulateur une vitesse un peu supérieure à celle moyenne, afin de produire à temps l’action du compensateur.
- Nous avons indiqué précédemment que le peigne mobile subissait l’action de ressorts. La figure 138 nous les fait voir.
- Les ressorts en spirale A' servent à donner au peigne plus ou moins de sensibilité pour le serrage de la duite, ils agissent quand le peigne bat l'étoffe ; les ressorts B' maintiennent le peigne fixe pendant le passage de la navette, c’est-à-dire lorsque le battant se trouve vers l’arrière.
- Dans le cas de trames régulières, le travail du régulateur peut s’effectuer à tours comptés. L’on rend le peigne fixe.
- A cet effet, on démonte les bielles G' et l’on enlève les ressorts en spirale If que l’on remplace par deux bouts de tuyau.
- La partie inférieure de ces bielles est entrée dans un trou pratiqué à cet effet, dans la patte D' venue de fonte à l’épée.
- On serre les deux écrous, et dans ce mouvement la bielle G' remonte jusqu’à ce que le fond de la coulisse pratiquée dans la tête de bielle vienne buter contre la cheville d’attache.
- Le peigne se trouve ainsi fixé et appuyé contre les battants.
- L’effet de l’aiguille Q sera annulé en la reculant hors de l’encoche à l’aide de la vis de réglage T.
- Ainsi qu’il ressort de la description, ce régulateur présente, au point de vue de la régularité, une supériorité sur ceux adoptés jusqu’à présent. La vitesse de la friction est grande, de manière à assurer un fonctionnement exact et constant; de plus, l’action de la vis est plus avantageuse et plus assurée que celle des cliquets et contre-cliquets.
- Les figures font également voir que ce régulateur est muni de roues d’un nombre de dents considérable (200) de sorte qu’une variation de quelques dents n’amène pas un brusque changement, mais permet par de petites corrections d’arriver en dui-tage au desideratum que l’on veut avoir pour le tissu.
- Métier à tisser à quatre navettes, exposé par la même maison.
- Ce métier est à peigne fixe avec tringle d’arrêt agissant sur des freins.
- Les marches sont intérieures, équilibrées et avec support sur le devant.
- Cette disposition fait décrire à l’attache des lames une courbe absolument identique et parallèle à celle décrite par le point d’intersection des fils de chaîne avec le harnais, en prenant pour centre la dernière duite tissée.
- Le frottement du fil passé dans les maillons est ainsi de beaucoup diminué et il en résulte une moindre fatigue de la chaîne et une plus longue durée des harnais.
- Le changement de navettes est donné au moyen d’excentriques à colliers actionnant la boîte dans les deux sens. Celle-ci est également équilibrée.
- Le système est muni de deux pédales permettant de mouvoir les excentriques lorsque le métier est arrêté pour rappeler l’une ou l’autre des navettes. La pédale porte un crochet faisant fonction de valet d’arrêt et reprend sa position de marche normale aussitôt qu’on l’abandonne à elle-même.
- Tout le mouvement est porté par une braquette solidement fixée au bâti et les axes sont soutenus à leurs deux extrémités.
- La boîte à quatre navettes, tout en étant solidement guidée, est réduite, ainsi que cette partie du battant, à un minimum de poids.
- Métier à tisser à marches extérieures, exposé par la même maison.
- Ce métier, solidement établi, est à peigne fixe.
- Les tringles d’arrêt agissent sur deux buttoirs, reliés chacun à un frein arrêtant les volants au moment de la buttée. Cette disposition a permis d’arriver à de grandes vitesses sans compromettre la solidité du métier.
- Les excentriques de marches sont montés sur un arbre spécial. En comparant cette disposition à celle généralement employée d’une roue à long canon tournant folle sur l’arbre à excentriques prolongé, on voit que le frottement est considérablement diminué.
- Les changements d’excentriques et de pignons se font avec facilité.
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- Métier à tisser les soieries, exposé par la Société des tissages
- et ateliers de construction Diederichs, à Bourgoin (Isère).
- Ce métier classique, bien connu, type Diederichs, avec bâtis renforcés, régulateur différentiel et enroulage direct, fonctionnait à l’Exposition sous quatre formes différentes. Nous l’y voyions en effet appliqué :
- 1° Au tissage d'un satin écru armure 12 lisses avec l’addition d’une mécanique d’armure à chaîne, que la maison construit, d’après ce qui nous a été dit, avec h, 8, 12, 16 et 18 lisses, non compris les h lisses pour cordons-lisières. La chaîne est formée de maillons en fonte, reliés par des axes en acier, qui la rendent très solide et capable de résister à une marche rapide prolongée ;
- 2° A la production de tissus armures, tramés à quatre couleurs, au moyen d’un mécanisme spécial à quatre navettes s’appliquant contre le bâtis du métier et disposé de telle façon que l’ouvrière trouve en même temps le pas et la navette correspondante. La mécanique d’armure est du type à crochets : elle a vingt lames et deux chaînes portant, l’une les coups pairs, l’autre les coups impairs, qui viennent agir successivement, de telle sorte que la mécanique a une vitesse moitié moindre de celle du métier et qu’il est possible de tisser un dessin ayant jusqu’à 300 coups au rapport ;
- 3° A la fabrication d’une étoffe damas en soie cuite comprenant 100 portées de 80 fils en 56 centimètres de largeur, tramée A bouts, obtenue avec une mécanique Jacquart, système de Lyon de 1,200 crochets, actionnée par un mouvement spécial équilibré ;
- l\° Au tissage des tissus armure taffetas, par la substitution d’une bielle brisée à la bielle ordinaire et l’adaptation d’un nouveau mouvement de taffetas à double point mort, donnant aux lisses un temps d’arrêt prolongé dans les positions extrêmes et une marche très douce sans le moindre à-coup; conditions très favorables à la production des étoffes riches et délicates.
- Sur chacun de ces métiers, on sait qu’o peut faire varier à volonté la réduction en trame de l’étoffe en faisant mouvoir un curseur le long d’une échelle graduée.
- Métiers à tisser les tissus de coton, exposés par la même maison.
- Nous relevons dans l’exposition de la même maison deux métiers à tisser les étoffes de coton.
- Tout d’abord un métier à quatre navettes, à boîtes montantes, pour le tissage des toiles de Xichy, articles de Roanne, mouchoirs Oxford, etc. Les dispositions intéressantes de ce métier consistent dans les ingénieuses améliorations qui ont été apportées dans sa construction pour en rendre l’entretien très facile et pour donner à l’ouvrier toutes les commodités désirables. Les divers mécanismes sont très aisément démontables, le régulateur d’enroulage est en dehors et bien à la portée de la main ; une disposition de leviers permet de dérouler facilement l'étoffe tissée et de l’enrouler à nouveau au besoin.
- Le mouvement de croisé présente cette particularité que l’arbre qui porte l’excentrique est indépendant et facile à démonter, on peut donc sans perte de temps appréciable obtenir toutes les armures de deux à quatre marches par une simple substitution d’excentrique très facile à opérer. Ajoutons que les pièces de fatigue sont renforcées.
- Les divers modèles de ces métiers sont de 100, 118, 135 et 165 centimètres de largeur au peigne.
- A côté de cette machine, nous en relevons une autre, d’un type semblable, mais beaucoup plus forte et spéciale au tissage des étoffes de coton plus résistantes, telles que coutils, toiles à matelas et articles de Condé. Ici, le rouleau enrouleur est en fonte tournée recouverte de tôle d’acier perforée.
- Métiers à tisser les soieries de Gaspard Ilonegger, exposés par la Société des ateliers de construction de Ruti.
- « On sait qu’en général, lisons-nous dans Y Industrie textile, il n’y a pas de tissage mécanique susceptible d’être avantageux sans la réalisation préalable de chaînes parfaites, de telle sorte que la préparation des chaînes constitue pour tout tissage mécanique un point capital qui tient dans sa dépendance absolue la bonne marche du tissage entier. L’ordre parfait des fils de la chaîne et leur état d’égalité absolument exacte de tension respective, leur renforcement habituel par un encollage bien réussi, sont en général des conditions indispensables. En soieries (bien que le fil de soie soit intrin-
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- sèqueraent le plus résistant des textiles), la réalisa- | tion de chaînes parfaites est mise dans des conditions
- .o a
- Fig. 140. — Métier a tisser les soïer
- particulièrement difficiles, par la grande finesse du fil, par les comptes ou les réductions très élevées
- qui sont nécessaires, par la nécessité d’éviter l’encollage, et par l’extrême élasticité du fil, sensible par suite aux moindres influences de tension inégale. Dans le tissage à bras, toutes ces difficultés sont considérablement réduites en raison d’une exécution relativement lente de l’étoffe et de la présence de l’ouvrier qui, exécutant lui-même les mouvements nécessaires, peut à tout instant y apporter les soins, les ménagements et les corrections utiles. Pour le tissage mécanique, tout doit au contraire êtreprévu.et parfait d avance. On ne sera donc pas étonné que la préparation des chaînes mécaniques de soierie ait été étudiée en vue de leurs conditions particulières par M. Gaspar Honegger, et que ses appareils à bobiner, à assembler, à ourdir, à mettre en ensouples, tous d’une complète perfection, aient un caractère très différent de ceux que l’on rencontre dans le travail mécanique des autres textiles à tisser.
- « En ce qui concerne le métier à tisser lui-même, dont nous nous proposons de décrire aujourd’hui le magnifique modèle de M. Honegger, exposé par la Société de Ruti, voici les conditions particulières que ce métier a à remplir pour les étoffes de soie.
- « Le métier doit être pourvu d’une ratière susceptible d’actionner un nombre de lames suffi-
- y
- es de la Société de Ruti. (Vue de face.)
- sant pour les différentes armures usitées en soieries. Il faut y ajouter les lames des lisières qui, en soierie,
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- ont habituellement une contexture dilférente de celle du corps de l’étoffe. Les lames doivent travailler en
- Fig. 141. — Vue de côté.
- monte et baisse pour ménager la chaîne, et non en simple levée, comme c’est le cas habituel en tissage
- à bras, et la foule doit être suffisante pour ne pas érailler les fils par les frottements de la navette.
- L’ensouple à distance relativement grande, doit posséder un système de tension d’une grande élasticité pour se prêter aux tensions de la chaîne, elle-même très élastique.
- « Plusieurs autres détails des métiers mécaniques habituels on t besoin, également pour soierie, de soins et de dispositions spécialement utiles. Mais le point le plus caractéristique est celui qui concerne le régulateur, c’est-à-dire l’appareil qui, déterminant l’avancement de l’étoffe, produit la réduction en trames. Dans les autres tissus, cette réduction est toujours régulière, c’est-à-dire comprenant un même numéro de duites régulièrement espacées par chaque unité de longueur, centimètre ou 1 Jh de pouce, etc. En outre, le mouvement d’avancement égal et continu de l’étoffe est toujours obtenu très simplement en faisant poser l’ensouple du tissu, dont le diamètre varie, contre un rouleau entraîneur, à diamètre fixe, dont la surface en enduit sablé ou en tôle picotée possède un mordant convenable. Ce rouleau entraîneur étant animé d’une rotation régulière et entraînant exactement produit la répartition égale des duites au compte voulu. En soierie, on ne pourrait mettre l’étoile en contact de pression avec une surface rugueuse sans faire tort à l’étoffe. D’un autre côté, on n’a pas toujours à produire des duitages réguliers ou également espacés. Cela peut avoir lieu quand on a affaire à des trames soie du genre des bonnes qualités françaises ou italiennes. Mais avec les soies d’Asie, du Levant, les trames sont d’une irrégularité très marquée, grosses par places, fines de même un peu plus loin. Le duitage de l’étoffe doit être établi alors en conséquence, et de manière à compenser ces variations du fil de trame de manière
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- que le tissu se remplisse également. En tissage à bras, même sans régulateur, ce résultat s’obtient assez facilement, parce que le battant poussé à la main vient toujours frapper l’étoffe immobile. Si la main du tisserand est exercée, il donnera des coups de battant successifs d’intensité régulière, et les duites fines se tasseront dans le tissu en proportion convenable pour le remplir, comme le font un peu plus loin les grosses duites en proportion moindre.
- Mais dans un métier mécanique, le battant habituel n’est pas à proprement parler un battant, mais bien un organe évoluant toujours dans la même position, amenant toujours toutes les duites successives en une position fixe.
- « C’est le tissu qui, fuyant, reculant plus ou moins vite, règle les rapprochements relatifs des duites successives. De telle sorte que, pour tisser mécaniquement la soierie, il faut que le métier possède un appareil qui, sans le secours d’aucun rouleau entraîneur sablé ou picoté, puisse donner directement et à volonté au tissu, soit un avancement régulier pour produire les réductions comptées, soit un avancement variable et spontané, déterminé par la pression que le battant vient exercer sur l’étoffe en foulant les duites successives, pour produire les réductions compensées.
- « La figure 1A1 des dessins ci-annexés montre un schéma du métier Honegger vu par une coupe faite suivant un plan passant à proximité du bâtis. La figure lâO est de même une vue de face de ce métier, ces deux figures ne comprenant que les parties particulièrement visées dans nos explications.
- « Comme on le voit, la disposition générale du métier comprend deux bâtis latéraux évidés très élégamment et surtout très commodément pour permettre l’abord de toutes les parties de la machine. Les fouets sont placés sous la châsse suivant une des bonnes dispositions en usage dans les métiers mécaniques. En outre, ils sont montés chacun sur un arbre latéral s, qui, à l’arrière; porte le bras traversant le bâti et recevant sur un galet l’action de la came T. Les fouets ont ainsi tous les avantages de ceux du genre anglais, sans en avoir la position habituelle sur un axe vertical, position des plus incommodes. La mécanique armure est placée latéralement et près du sol, pour agir sur les leviers L qui commandent les bricoteaux B montés très élevés sur un bras vertical A s’appuyant sur deux arbres C, C' traversant le haut du métier et reliant les
- flasques, fortement relevées à l’arrière, des bâtis D. Deux autres supports a appuyés sur les mêmes arbres C C'portent les poulies à gorge qui renvoient en ligne verticale les ficelles reliant les bricoteaux aux lames E, lesquelles d’ailleurs sont munies toutes, à leur partie inférieure, de ressorts à boudin assurant la baisse des lames et celle des fils au-dessous du plan moyen de la chaîne.
- « L’ensouple de chaîne est montée sur des bâtis indépendants F, afin de pouvoir être placés à la distance que l’on désire; les cordes des freins de l’en-souple portant leurs poids réglables partent d’une attache élastique obtenue au moyen de ressorts biconiques f; et les fils de lisière proviennent de bobines indépendantes montées sur la tringle f. La chaîne ainsi montée passe sur le rouleau g, traverse le métier et vient, en passant sur le tendeur g, s’attacher à l’ensouple de tissu G, montée sur des supports permettant son enlèvement facile. C’est cette ensouple qui est actionnée directement par le mécanisme régulateur, et qui, malgré les variations de son diamètre, grossissant au fur et à mesure que le tissu s’enroule, tire le tissu, soit avec une progression constamment égale pour les réductions comptées, soit avec une progression variant d’un instant à l’autre pour les réductions compensées. Ce sont ces dernières que nous supposons d’abord devoir être réalisées.
- « L’ensouple G porte une grande roue que commande un pignon monté sur un arbre court, traversant le bâti et portant en dehors une roue H, mue par la vis V, montée sur l’arbre vertical I, qui, à sa partie inférieure, reçoit sa rotation de l’axe horizontal J par deux roues d’angle iï. Cet arbre J, traversant les flasques de la mécanique armure, est commandé au moyen d’une autre paire de roues d’angle, par un tourillon K, pénétrant dans l’intérieur du métier, en passant par un long canon, et se terminant par un pignon droit M engrénant avec un intermédiaire m actionné par le pignon N solidaire d’un rochet R, ce dernier pignon et ce rochet étant fous sur l’arbre O qui n’est autre que l’arbre à demi-vitesse qui commande les fouets. A côté du rochet, sur ce même arbre O, peut osciller une pièce P portant un certain nombre de cliquets. Cette pièce P peut butter par une vis de réglage contre un arrêt p, et elle est mise en mouvement de balancement à certains moments par une longue bielle Q, qui, comme le montre la figure iâO, est, dans la partie qui avoisine la pièce aux cliquets P, formée
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- de deux pièces juxtaposées pouvant coulisser l’une sur l’autre, la longue bielle Q portant deux coulisses dans lesquelles sont engagés deux carrés appartenant à la bielle courte Q'. Le bouton d’attache de la pièce aux cliquets P traverse le second carré de cette pièce Q' qui, d’ailleurs, est constamment retenue vers le devant du métier par un ressort q convenablement tendu et aboutissant à une oreille de la grande bielle Q. Cette grande bielle Q peut donc aller et venir alternativement sans faire balancer le porte-cliquets P, qui n’est articulé qu’à la bielle courte Q'; et celle-ci, retenue par le ressort <7 qui se détend quand Q se porte vers l’arrière, reste, si rien n’intervient, immobile et faisant glisser sur ses carrés les coulisses de cette grande bielle Q.
- « Un peu plus en avant, cette bielle Q porte une touche oscillante X, qui possède une branche supérieure relevée, et qui, par son poids naturel, tend à rester dans la position figurée, position telle que la branche inférieure de la touche X, branche dirigée vers Q', se trouve passer un peu au-dessous Q' dans les mouvements alternatifs qu’effectue Q.
- « Devant la branche supérieure de la touche X se balance en avant et en arrière, avec tout le battant, un bras presque vertical muni d’un doigt réglable x.
- « Ce bras portant le doigt x fait partie d’un châssis articulé en z aux montants du battant.
- « C’est ce châssis articulé au battant, qui porte le peigne, et deux ressorts z! — (que l’on peut tendre à volonté en tournant l’arbre w, dont les vis commandent chacune un pignon portant un bouton excentré auquel s’attache chaque ressort z') — appuient constamment le châssis du peigne, avec une pression réglable, dans le fond de la feuillure pratiquée dans la châsse du battant. Par suite, s’il passe successivement quelques duites fines, le peigne en venant avec le battant serrer ces duites, n’éprouve pas de résistance, et le tissu reste stationnaire jusqu’à ce que ces duites se soient accumulées suffisamment pour résister à la poussée du peigne. Ce même résultat sera, on le comprend, atteint de suite avec des duites plus grosses. Du moment où le tissu battu par le peigne offrira une résistance supérieure à la pression qu’exercent les ressorts z', le peigne et son cadre céderont. En reculant du haut, le cadre pivotant en z avancera du bas ; et le doigt x, qui dans les battues précédentes n’atteignait pas la branche supérieure de la touche X, rencontrera cette branche et la poussera suffisamment pour relever la branche inférieure, de telle sorte que cette dernière
- buttera contre la courte bielle Q; dès que la grande bielle Q sera en train de revenir en arrière. Cette fois donc Q poussera Q' et l’emmènera dans son mouvement de recul. La pièce à cliquets P basculera donc en même temps, les cliquets pousseront le rochet qui, tournant sur l’axe O, donnera, par l’intermédiaire des pignons N m M, du tourillon K, de l’arbre horizontal J et de l’arbre vertical I, etc., etc., un mouvement d’enroulement à l’ensouple G et d’avancement au tissu.
- « Il nous reste à montrer comment la grande bielle Q reçoit son mouvement de va-et-vient, et comment les amplitudes de ce mouvement (desquelles dépendent à chaque poussée des cliquets les angles décrits par le rochet R et par l’ensouple C) seront rendues différentielles, c’est-à-dire décroissantes dans le rapport des accroissements successifs du diamètre de l’ensouple G.
- « Sur l’arbre b du battant est monté un bras c se balançant comme le battant lui-même, et commandant la bielle d qui est attachée à son autre extrémité à un tourillon fixé au bas du cadre e, et qui fait balancer ce cadre suspendu à l’axe d’un rouleau presseur h. Ce rouleau est constamment appuyé contre l’ensouple G, chacune de ses extrémités posant sur un montant h' recevant une sous-pression des leviers r munis de poids. Le tourillon qui articule la bielle d avec le bas du cadre e porte un carré engagé dans la coulisse circulaire d’un bras y suspendu et articulé au bout du support Y. C’est ce bras y qui porte sur un renflement extérieur le bouton t qui actionne la grande bielle Q. Au fur et à mesure que l’ensouple G grossit, le rouleau presseur h s’abaisse, abaissant le cadrée et le bouton ou tourillon d’attache de la bielle motrice d, et le carré que porte ce tourillon descend dans la coulisse circulaire du bras y. Les oscillations de ce bras diminuent ainsi d’amplitude et impriment à la grande bielle Q des courses diminuées aussi. Enfin les dimensions respectives des organes sont calculées pour que ces courses de la grande bielle Q demeurent en proportion inverse des diamètres de l’en-souple G.
- « Il est aisé de comprendre que si l’on veut travailler en réductions comptées, il n’y a qu’à rendre continue, à chaque coup de battant, l’action de la bielle Q sur la pièce aux cliquets P. Pour cela, on supprime le butoir p, qui n’a plus de raison d’être, et l’on accouple, serrées en une seule pièce, les deux pièces Q et Q' en y plaçant et serrant la vis v qui
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- était supprimée dans le cas du travail en réductions compensées.
- « En raison du peigne flexible ou articulé, sur l’emploi duquel repose la réalisation des réductions compensées, le cadre articulé de ce peigne est muni à l’arrière de deux tringles obliques n, qui, dans le moment du passage de la navette, s’appuient sur des ressorts coniques, pour assurer la stabilité du 'peigne dans ce moment, ce point étant fort important à la vitesse de marche dont ce métier est susceptible.
- « Il nous serait impossible de rendre compte à nos lecteurs de tous les détails et de tous les soins d’exécution qui contribuent à rendre parfait le métier Honegger, ainsi qu’à en rendre faciles et commodes l’usage et le réglage. Ces soins ont été, on peut le dire, poussés par le constructeur jusqu’au scrupule.
- « C’est ainsi, par exemple, que l’on voit, dans la figure lkl la pièce aux cliquets P munie de cinq cliquets travaillant simultanément sur le rochet R. En réalité il y en a dix, chacun des cinq tourillons en portant deux travaillant côte à côte sur la largeur de la roue à rochet.
- « Ce grand nombre de cliquets est motivé par la méthode suivie dans leur exécution, chacun d’eux ayant une longueur un peu différente. Tous ces cliquets gradués travaillent donc différemment avec la denture du rochet, de telle sorte que, au moindre mouvement du porte-cliquets, il s’en trouve toujours un en position de butter contre une des dents du rochet, qui ne subit ainsi aucun retard ou aucun des temps perdus dans les rochets ordinaires.
- « L’ensouple G reçoit donc fidèlement et avec précision les amplitudes d’enroulement en rapport avec les courses imprimées à Q'.
- « L’arbre vertical I est muni d’un levier dé-brayeur T, que l’ouvrier pousse du pied pour dégre-ner la roue i et libérer l’arbre ï quand il a besoin de régler la tension du tissu en agissant sur le manne-ton du haut de l’arbre. Les heurtoirs faute de navette, le casse-trame, le frein d’arrêt, les cames de la chaîne de la mécanique armure, etc., etc., offrent des particularités heureuses et utiles et révèlent, comme tout l’ensemble du métier, les soins apportés à tous les détails, avec le sentiment pratique d’une longue expérience en tissage et en construction. »
- Métiers à tisser les étoffes de laine, exposé par la Saechsische Maschinenfabrick, de Chemnitz.
- Ces métiers, applicables à tous les genres de tissus de laine, depuis les plus simples et les plus légers, jusqu’aux plus difficiles et aux plus forts : draps noirs, draps de billard, feutres, molletons, flanelles, draps nouveautés, draps d’ameublement, etc., comportent ici cinq types :
- 1° Métier simple, avec mouvement des lames par excentriques, pour tisser avec une seule navette, pour la fabrication des draps unis, draps de billard, feutres, couvertures, molletons, flanelles, etc. ;
- 2° Métier à armure de 32 lames pour tisser avec une navette ;
- 3° Métier à armure de 32 lames à changement de 3 ou l\ boîtes d’un côté, pour tisser avec 3 ou h navettes maximum ;
- b° Métier à armure de 32 lames à changement de 2, 3 ou h boîtes de chaque côté, pour tisser avec 3, 5 ou 7 navettes maximum, pour nouveautés;
- 5° Métier Jacquart de 800 crochets, à changement de l\ boîtes de chaque côté, à tisser avec 7 navettes maximum, pour étoffes d’ameublement et les étoffes ou échantillons les plus difficiles exigeant trop de lames.
- Le métier pour la fabrication des tissus nouveautés est construit avec armure de 32 lames et changement de boîtes pour tisser avec 7 navettes maximum. Il est agencé très solidement et très simplement; il peut servir à tisser les étoffes les plus fortes et les plus lourdes. Son réglage est facile et il ne présente aucune difficulté pour le tisseur. On peut l’employer au tissage des étoffes les plus diverses, telles que : péruviennes, molletons, robes, lainages en général, draps d’Elbeuf, Sedan, etc., couvertures de voyage et façonnées, étoffes d’ameublement, draps de Vienne, etc.
- Les métiers à h boîtes de chaque côté, pour tisser avec 7 navettes maximum, battent de 65 à 72 coups par minute.
- L’armure, clans ces divers métiers, se compose de 32 marches verticales, travaillant obliquement de manière que les dernières lames soient plus élevées ou abaissées que les premières, afin d’obtenir une double ouverture suffisamment grande pour la navette ; le travail des marches se fait sans
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Mai.
- ii. — 21® Fascicule.
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- A 5 LAMES COMMANDÉES PAR EXCENTRIQUE
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- le secours de cartons, mais au moyen d’une chaîne sans fin composée de galets de deux diamètres différents, qui abaissent ou élèvent des leviers attachés aux marches, et qui sont entraînés par des couteaux marchant en sens inverse et commandés des deux côtés par des leviers des rayons différents occasionnant l’ouverture oblique. Sur le cylindre qui actionne la chaîne se trouve un rochet commandé par un double crochet, de manière à pouvoir faire marcher l’armure en arrière pour détisser.
- Le changement des boîtes est opéré par deux excentriques de chaque côté, prenant des positions différentes pour chaque boîte; ces excentriques sont commandés par deux platines reliées à des leviers dirigés par une chaîne composée comme pour l’armure et placée sur le même cylindre que cette dernière, de manière à ce que le mouvement pour le tissage et le détissage dépende de celui de l’armure. Deux leviers de chaque côté sont animés d’un mouvement de cisaille et actionnent les platines, et par conséquent les excentriques, pour leur donner la position indiquée par la chaîne. Le changement des boîtes s’opère de la première à la quatrième sans aucun tremblement et avec rapidité.
- La chasse de la navette est donnée par deux cames placées sur l’arbre manivelle, agissant sur des galets fixés à deux arbres horizontaux placés parallèlement aux bâtis ; sur chacun de ces arbres, il y a un secteur qui entraîne dans sa course le bâton de fouet et opère le lancement de la navette.
- Un système spécial permet de chasser plusieurs navettes d’un même côté sans interruption; d’interrompre la chasse des navettes sans arrêter le métier, il arrête automatiquement la chasse des navettes, si deux navettes, par suite d’une erreur dans la composition de la chaîne, arrivaient en face l’une de l’autre à la chasse.
- La chasse est commandée par un arbre manivelle à deux vilebrequins qui commandent la chasse au moyen de deux leviers oscillants reliés à la chasse et aux vilebrequins par des bielles ; la marche est régulière, sans choc et nécessite peu de force. Par ce système, il y a un arbre de supprimé; l’arbre manivelle est placé en bas et les cames des chasse-navettes sont montées dessus. Une tringle de buttoir est montée après la chasse pour arrêter le métier dans le cas où la navette resterait dans les fils; un ressort puissant empêche la chasse de serrer la navette dans les fils et arrête immédiatement la marche du métier.
- Le porte-fil est animé d’un va-et-vient pour faciliter le croisement des fils au moment de l’ouverture de l’armure, et pour tendre la chaîne au moment de la chasse.
- L’ensouple est retenu par un frein différentiel agissant en raison du diamètre de l’ensouple garni.
- Des régulateurs positifs ou négatifs sont appliqués pour l’enroulage de la pièce.
- Les navettes sont en bois ou en acier; avec ces dernières, on peut tisser avec des canettes renvi-dées sur tubes en papier ou se dévidant intérieurement.
- La navette en acier à casse-trame est très employée ; elle arrête le métier instantanément à la rupture ou à la fin de la trame, sans obliger à aucun détissage.
- La commande des métiers se fait par friction et l’arrêt est immédiat, qu’il soit occasionné par le buttoir, le casse-trame ou l’ouvrier.
- Pour détisser, deux courroies sont mises à portée du tisseur qui les prend en main et les tire ; l’une fait marcher l’armure en arrière, l’autre arrête le lançage delà navette; le tisseur fait alors marcher son métier de un ou plusieurs tours, en tirant une tringle placée au-dessus de la poitrinière.
- Pour échantillonner, faire des tissus difficiles, des étoffes d’ameublement, etc., on remplace l’armure par un Jacquart de 800 platines, et le Jacquart commande alors le changement de boîtes.
- Un mouvement de lisière est appliqué indépendamment de l’armure et du Jacquart.
- Un système de Jacquart double est exclusivement appliqué pour la fabrication des étoffes d ameublement.
- Métiers à tisser exposés par Mme Ve Mathieu-Snoek, de Verriers.
- Ce constructeur expose trois métiers classiques à tisser le drap nouveauté, dont deux de 2m, 15 de tissu : l’un à 36 lames, h boîtes de chaque côté, marchant à une vitesse de 65 coups à la minute; l’autre à 32 lames, Ix boîtes de chaque côté, et 80 coups de navette par minute ; — un troisième, de 2m,â5 de large, à 2,3, k et 5 lames, 2 bouts de chaque côté; — et un métier Jacquart pour ameublement, de lm,50 de large, 8 boîtes de chaque côté. Excellente construction du reste, et marche des plus satisfaisantes, si nous en jugeons par les spécimens qui fonctionnent sous nos yeux à l’Exposition.
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- III. — Fabrications spéciales.
- Nous relevons dans cette catégorie un certain nombre de métiers à fabriquer les tapis exposés par les maisons Duquesne et Sallandrouze, et divers métiers pour la fabrication de la passementerie.
- Métier pour la fabrication du tapis dit parisien, exposé par M. Duquesne, de Paris.
- M. Duquesne s’est proposé, dans sa fabrication du Tapis parisien, de joindre à la solidité des tapis d’Orient, le bon marché relatif des moquettes. On sait que les tapis d’Orient ou tapis de Smyrne sont produits par le nouage autour des fils de la chaîne, des bouts de trame insérés isolément, et que la nature de ces nouages assure à ce genre de tapis, si estimé, une durée que limite seule la résistance des matières.
- La moquette, au contraire, dérive de l’armure velours, et les mouchets ou boucles qui forment la surface veloutée de ce tapis, sont simplement ache-valés sans résistance sur les fils de trame du fond, apparent à l’envers du tissu. Le moindre effort suffit pour enlever ces boucles, et la moquette montre bientôt la corde, comme on dit vulgairement.
- Pour éviter ce glissement ou cet arrachage des mouchets, et en même temps produire un tissu élastique et moelleux sous le pied, M. Duquesne enveloppe entièrement le fond par la chaîne de velours ou de poil, et il arrive à ce résultat en appliquant à sa fabrication le mode d’entrelacement de la gaze.
- Le tapis parisien a un fond qui se compose de deux chaînes, en lin, chanvre ou coton; la première comporte les fils fixes de l’armure gaze, la seconde les fils de tour. Ces derniers sont tantôt à droite et tantôt à gauche des premiers, et leurs entrelacements alternatifs sont fixés par une trame de liage, de même nature. La surface veloutée est constituée par une chaîne poil, en laine, dont les fils évoluent comme les fils de tour du fond, mais en sens inverse.
- Les figures 146etl47 montrent en plan et en coupe, suivant la chaîne, l’enlacement des fils. Après avoir passé à gauche et sous les fils de fixes a, puis sous le fils de tour d, les fils velours ou fils de laine c s’achevaient sur les duites b pour revenir ensuite à droite en passant de nouveau sous les fils fixe et de tour a et d.
- Après la coupe des brides produites ainsi par les fils de laine c, ceux-ci forment de part et d’autre des duites b, des pompons qui, en s’épanouissant, forment la couverture veloutée du tapis, tandis que la partie inférieure de ces mêmes brides enveloppe la toile de fond, comme le démontre la figure 146.
- Il va sans dire que pour un tissu aussi corsé et aussi lourd que peut l’être un tapis tissé avec des fils épais et duveteux, il n’est pas possible d’employer, pour l’application de l’armure gaze à cette fabrication, les lisses à culotte habituelles, et ce sont précisément les moyens particuliers pour réaliser cette armure, que M. Duquesne a trouvés, qui constituent
- a a a a
- h b
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- Fig. 146.
- Fig. 147.
- l’originalité de son système. Nous allons en donner la description.
- La figure 148 donne la coupe verticale du métier suivant sa longueur ; la figure 149 en représente la coupe transversale.
- Les fils de la chaîne-poils étant ourdie sur des bobines isolées, montées sur une route, nous donnons le détail du montage d’une de ces bobines dans les figures 150 et 151.
- Le mécanisme qui actionne le déplisement des porte-aiguilles est représenté en élévation et en plan dans les figures 152 et 153.
- Les fils fixes A, sont ourdis ensemble et sur une ensouple A qui se place derrière et à la partie supérieure du métier. Ces fils avant de traverser, dans leur ordre indiqué, le peigne du battant O, traversent d’abord un râteau A' placé à l’arrière, et subissent l’action d’une baguette métallique de tension A3. La chaîne de tour ou de liage B' est ourdie sur une ensouple B placée au-dessus de celle A, et ses fils traversent le peigne du battant comme leurs congé-
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- nères. Mais, auparavant, ils passent un à un à travers les chas ménagés à l’extrémité supérieure d’une rangée d’aiguilles verticales en acier «implantées côte
- Fig. 149.
- sont de couleurs diverses ou de même nuance, suivant qu’il s’agit de la fabrication de tapis unis ou de tapis façonnés. Ils sont ourdis isolément sur des
- à côte, dans la barre transversale au porte-aiguilles b.
- Les fils G de la chaîne-laine devant former le poil
- . 148.
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- roqueteurs ou bobines II placés sur une cantre D horizontale ou légèrement inclinée vers le métier.
- Les figures 150 et 151 indiquent le détail du montage de chacun de ces roqueteurs H, contre lesquels viennent presser des plaques articulées J, réglant le déroulement du fil. Des ressorts hélicoïdaux N déterminent l’action de ces plaques. Les fils G se déroulent chacun sur deux baguettes de tension M entre lesquelles un contre-poids L vient s’y suspendre, puis se dirigent vers les baguettes de guidage c1, puis traversent les chas des aiguilles a1 delà seconde barre b'; les chas de ces aiguilles, qui sont métalliques comme les premières, sont allongés pour le passage libre des fils de laine superposés.
- Les fils de ces trois sortes de chaîne, soit fils fixes, fils de tour, fils poils, sont maintenus dans une direction générale uniforme par un peigne c nommé gui-deur, qui se trouve placé entre les porte-aiguilles b et b\
- Le tapis vient s’enrouler au fur et à mesure de sa fabrication, sur une ensouple R, après avoir passé sur le rouleau d’appel P et les tringles d’embar-rage Q. Le rouleau P est garni de picots à sa périphérie.
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- Voyons à présent comment les fils de la chaîne de tour et ceux de la chaîne-laine, viennent, à tour de rôle et inversement, passer en dessus et en dessous de la trame, tantôt à droite et tantôt à gauche des fixes. Pour cela il faut que les deux porte-aiguilles b et b' soient animés, au moment voulu, de deux mouvements distincts, l’un vertical alternatif, pour la formation des foules, l’autre horizontal alternatil (fig. JA8 et lAy).
- Le premier de ces mouvements est obtenu par la manœuvre des marches ee'. La première actionne l’arbre f à l’aide de la chaîne g et détermine l’ascen-
- F ig. 150.
- Fig. 151.
- sion du porte-aiguilles b, par l’intermédiaire de cet arbre, des chaînettes k et des poulies de renvoi h.
- La seconde marche e' commande la levée du porte-aiguilles b\ en agissant sur l’arbre î" au moyen de la chaîne g\ et par l’intermédiaire des poulies à gorge f', des chaînettes k' et des galets h'.
- Le marchage de la mécanique Jacquart ou d’une mécanique d’armures quelconque se produit par la corde F et la marche e".
- L’arbre m (fig. 153) est un petit arbre horizontal qui supporte les mécanismes produisant les déplacements alternatifs latéraux des porte-aiguilles. On y voit un rochet o et une came octogonale p, toutes deux folles sur l’arbre m, mais solidaires entre elles de telle sorte que, lors du mouvement ascensionnel de la traverse b, le goujon s glissant dans la coulisse y soulève le cliquet r, laisse échapper une dent du rochet o et fait tourner d’un huitième la roue
- octogonale. Dans cette évolution, la came p porte en bout contre la traverse b et repousse le porte-aiguilles vers la gauche ; l’ouvrier abandonnant la pédale, celui-ci retombe à fond de course. Un ressort r (fig. 1/18 et 153) ramène le porte-aiguilles de gauche à droite tandis que, vers l’autre extrémité de la barre &, un valet w, refoulé par un ressort à boudin z, empêche tout déplacement de la came.
- Le porte-aiguilles b' sera actionné d’une manière identique par un mécanisme exactement semblable au précédent et dont les diverses pièces se voient en o'p r s'y' z'. La seule différence consiste dans un
- Fig. 152.
- Fig. 153.
- prolongement de la coulisse y', disposée de manière à se prêter aux oscillations d’amplitude variable de ce second porte-aiguilles, amplitude dépendant de la levée produite par la mécanique Jacquart et du nombre de fils poils superposés. C’est aussi pour ces deux dernières considérations que les chas des aiguilles du porte-aiguilles b' ont dû être allongés.
- Le métier Duquesne ainsi disposé, se prête à la fabrication des tapis de nuances unies ou multicolores, ainsi qu’au tissage de tapis façonnés à la Jacquart pour réaliser certains effets décoratifs.
- Métier à fabriquer les tapis façonnés imitation de point d’Orient, exposé par MM. Sallandrouze frères, de Paris.
- Cette disposition comporte divers organes nouveaux produisant automatiquement l’imitation du
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- point d’Orient dans un métier à tapis faisant précédemment un tissu différent. Cette imitation du point d’Orient est obtenue au moyen de la combinaison suivante :
- Chaque brin de laine formant velours enlace trois fils de chaîne juxtaposés, en passant au-dessous de deux de ces fils et au-dessus du troisième, disposé au milieu des deux autres dans un plan supérieur. A côté de ce groupe de trois fils de chaîne est placé un autre groupe de quatre fils de chaîne s’entre-croi-sant entre eux, soit au total sept fils [de chaîne par chaque point de laine dans le sens de la largeur du tissu. Ces sept fils de chaîne forment au-dessous du velours une toile ou canevas, au moyen de trois trames passées successivement dans un ordre particulier, durant les opérations de la formation du point en hauteur, c’est-à-dire dans le sens de la longueur du tissu.
- Dans ce genre de tapis, le dessin est obtenu comme dans une sorte déjà connue, par le montage en enroulement, autrement dit Y ourdissage, sur des rouleaux mobiles, rattachés à des chaînes sans fin, de fils de laine de couleurs différentes ou semblables. Ces rouleaux viennent, l’un après l’autre, fournir une rangée de points qui forment le dessin en vertu des combinaisons qui ont présidé à l’enroulement, et que nous appelons lecture du dessin.
- Pour monter les fils de laine sur ces rouleaux, nous nous servons d’un appareil spécial dans lequel une aiguille indicatrice de la couleur se déplace au-dessus de la mise en carte établie sur papier quadrillé, entraînant avec elle, au moyen d’une fourchette, le fil de même couleur placé par l’ouvrier. Cette fourchette se déplaçant latéralement d’une quantité mathématique, par une vis sans fin, distribue chaque fil dans chaque dent d’un râteau fixé sur un tambour. Une fois l’ensemble des fils ainsi distribués sur le tambour en quantité suffisante pour former une rangée, on les reprend tous ensemble, au moyen du râteau, pour les enrouler sur les rouleaux qui serviront sur le métier.
- Le tissage s’effectue de la manière suivante :
- Les sept fils de chaîne qui correspondent à chaque point de velours étant divisés en deux groupes, passent dans un peigne-battant spécial présentant deux séries de divisions correspondant chacune à une série de groupes de fils de chaîne. Ce peigne battant est à dents coudées, de manière à permettre l’introduction entre les fils de chaîne des bouts ou brins de laine formant velours, par le fait qu’une partie de ces fils
- est obliquée au moment de leur ascension par la foule qui les fait suivre le contour des dents coudées. Cette introduction des brins de laine a lieu au moyen de tubes dans lesquels passent ces brins, et qui sont solidement fixés à un cadre solidaire de chaque rouleau.
- Les rouleaux avec leurs cadres sont détachés des chaînes sans fin par des bras qui les saisissent à leurs extrémités, les amènent au-dessous des fils de chaîne et font osciller le cadre-support des tubes de manière à faire pénétrer ces derniers entre les fils de chaîne de chaque groupe spécial de trois fils entr’ouverts, comme nous venons de le dire, par le déplacement latéral d’une partie de ceux-ci.
- Les bouts de laine sortant des tubes, ayant outrepassé les deux fils de chaîne, une règle vient appuyer sur l’ensemble des brins de la rangée, au niveau des fils de chaîne, et les tubes se retirent un peu, laissant les brins de laine ainsi engagés entre les fils déchaîné. L’extrémité de ces brins se trouve à ce moment logée dans des casiers métalliques correspondant exactement aux tubes plongeurs. L’ensemble de ces casiers se déplace latéralement au-dessous des couples de deux fils levés; ensuite les organes releveurs les font remonter à la surface du velours, à travers ces fils de chaîne, en produisant l’enlacement des fils n° 0 et n° 1 du groupe spécial. Les organes releveurs, après avoir agi de la sorte, reprennent subitement leur position primitive, en arrière et en dessous de l’endroit où ils ont opéré. Les couples de fils de chaîne précédemment levés descendent, le deuxième fil du groupe spécial lève, ainsi que deux fils du groupe de quatre, et on passe une trame dans l’ouverture ainsi produite. Le peigne-battant frappe alors la duite qui vient d’être passée, sans être gêné par les casiers et les releveurs qui se sont retirés en arrière et au-dessous du tissu. A ce moment, les brins de laine sont coupés au-dessous des tubes, à la hauteur que l’on veut donner au velours. Deux autres duites sont passées, en outre, l’une au-dessous du groupe des trois fils enlacés par les brins de laine et au-dessus de l’un des fils de l’autre groupe, l’autre au-dessus dudit groupe, enlacés, formant ainsi des entre-croisements de boîte.
- La contexture du tissu ainsi produit par le métier est montrée dnas les figures 15h et 155.
- Les figures 156 et 157 sont une vue de côté et une vue de face des organes produisant ce tissu.
- La figure 158 est une vue de face de l’appareil à casier ayant pour but de maintenir séparé chaque
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- brin de laine après son insertion à travers les fils de chaîne, et de l’amener par déplacement au point exact où le même brin de laine doit remonter au-dessus des fils de chaîne.
- Gomme on le voit, figures \ 5/i et 155, chaque point de laine est à cheval autour de trois fils de chaîne, entre le fil bleu, chaîne n° 2, et les deux fils rouges, chaîne n° 0, et chaîne n° 1, est insérée la trame n° l1
- Fig. 154.
- dont l’épaisseur, soulevant le fil de chaîne bleu n° 2 au-dessus des deux rouges, crée ainsi au point de laine une solide boucle d’attache aux trois fils de chaîne.
- La dernière duite n° 32 étant passée, le peigne A, après l’avoir pressée, s’arrête au tiers environ de sa course et reste stationnaire. Au même moment les laines a a1 et a2 prennent une position telle que les deux fils de chaîne rouge n° 2 et n° 1 restent au-dessus du coude b des dents du peigne, et les fils de chaîne bleu n° 2, noir n° 3 et vert n° h au-dessous de ce même coude des dents du peigne. Il en résulte ainsi un angle entre ces deux groupes de fils, produit par la déviation de leur course suivant la courbure des dents du peigne.
- La came B (fig. 157) agit sur le galet du levier B1, lequel est relié par une tige B2 au bras B3 fixé sur
- Fig. 154.
- l’arbre C. Cet arbre étant mobile autour des deux pointes cc1, le casier D subit un mouvement horizontal d’avancement ou de recul réglé par la forme de la came B. Le casier D, mû par cette came avance et vient occuper la position montrée figure 163. Le rele-veur E, engagé dans les cases, obéit au même mouvement sans quitter sa position de repos.
- Les deux bras porteurs F (fig. 157) détachent
- alors de la chaîne F1 le cadre F2 porteur du rouleau F3 et des tubes d, le descendent et font plonger les tubes d dans les fils de chaîne (fig. 163). Chaque tube d pénètre d’abord dans l’angle formé par les deux groupes de fils de chaîne, comme il a été dit plus haut, puis dans la case D qui lui correspond et qui se trouve immédiatement placée sous cet angle.
- La descente du cadre à tube F2 est accompagnée de la règle G ; en effet, la came H agissant sur le galet du levier H1, relié par une tige H2 aux bras porteurs H3, imprime à la règle G un mouvement
- Fig. 157.
- vertical ascensionnel ou descendant suivant la forme de la came. La came I agissant sur le galet du levier I1, rèlié par une tige I2 au bras I3 fixé sur l’arbre I4, imprime également à la règle un mouvement horizontal d’avancement ou de recul.
- La combinaison des deux cames H et I amène la règle G à effleurer les tubes d à l’instant où ils plongent dans l’angle d’ouverture formé par les deux groupes de fil de chaîne. Pendant ces opérations le releveur E reste à la position de repos, chaque dent étant engagée environ au tiers de sa hauteur dans sa case correspondante.
- Chaque case est alors, par un mouvement de l’ap-
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Mai.
- h. — -22'' Fascicule.
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- pareil du casier, déportée sur la gauche par rapport à l’ouvrier, de la valeur d’une case. Pour cela, la came J appuie sur le galet du levier J1 relié par une tige J* à un levier J3 fixe sur l’arbre J4. A l’autre ex-
- trémité de cet arbre est calé un excentrique J5 auquel est fixée une chaîne e passant sur une poulie f et attachée d’autre part au bras k. Le mouvement imprimé au levier J1 par la came J entraîne sur la
- Fig. 158.
- gauche l’arbre c, l’amplitude de ce mouvement vers la gauche est réglée par le jeu laissé dans les pointes cc1 (fig. 158).
- Gomme le releveur E et le casier D sont montés tous les deux sur cet arbre c1, il s’ensuit que tous les deux sont entraînés avec cet arbre. Cette combinaison permet au releveur E et au casier D de conserver leur position respective pendant le mouve-
- ment latéral, chaque dent du releveur E restant engagée au tiers de sa hauteur dans la case correspondante au casier D.
- Chaque case déportée sur la 'gauche entraîne avec elle le brin de laine qu’elle renferme ; la figure 162 montre le mouvement commencé, et on conçoit que, pour relever le brin de laine autour des deux fils rouges, il n’y a plus qu’à faire intervenir le rele-
- Fig. ICO.
- Fig. 161.
- Fig. 159.
- Fig. 162.
- Fig. 163.
- veur E qui, jusqu’ici, est resté au repos dans la position de la figure 159.
- La règle G qui occupait encore la position montrée figure 160 remonte alors au-dessus du peigne,
- mue par les deux cames H et I, et elle reste stationnaire dans cette position.
- Le peigne A se rapproche le plus près possible des cases D (fig. 164); de ce rapprochement du
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- peigne résultent des interstices produits dans les fils de chaîne par l’épaisseur b1 de toutes les deux dents du peigne. Le releveur monte alors, favorisé dans sa direction par cette épaisseur b1 qui sépare les fils de chaîne en groupes distincts.
- Ce mouvement du releveur est produit par la combinaison des deux cames L et M (fig. 157). La came L agit sur le galet du levier L1, relié par une tige L2 au bras L3 mobile sur l’arbre N, ce même bras est relié au releveur en un point f1 par l’intermédiaire de bielles g qui, deuxième, coulissent dans la pièce h.
- Fig. 164.
- a été dit plus haut, entraîne avec lui chaque point de laine et le relève autour des deux fils de chaîne rouges.]
- Ce relevage étant effectué, le releveur descend à sa position de repos ramené en bas et en arrière par des ressorts agissant en opposition avec les cames. Après le retrait du releveur, chaque point de laine vu de face se’trouve dans la situation de la figure 161 : le peigne se retire alors et les laines «, aS a2 opèrent la première foule, savoir :
- Fil de chaîne bleu n° 2... lève.
- 2 fils de chaîne noirs n° 2... lèvent.
- Fil de chaîne rouge n°0... baisse.
- Fil de chaîne rouge n°l... baisse.
- 2 fils de chaîne verts n° h... baissent.
- La foule une fois ouverte, la duite n° l2 passe avant que le peigne A ne vienne faire le tassement;
- Cette combinaison permet de communiquer au releveur E un mouvement horizontal d’avancement ou de recul réglé par la forme de la came L. D’autre part, la came M commande au levier M1 relié par une tige M2 à une équerre M3 mobile autour de l’axe N ; cette équerre est elle-même reliée par une tige i au releveur E.
- Cette deuxième combinaison permet d’imprimer au releveur un mouvement ascensionnel vertical ou descendant, suivant la forme de la came. Ces deux cames L et M sont réglées de telle manière que le releveur E montant dans les fils de chaîne comme il
- F i g. 165 bis.
- Fig. 165.
- la règle G, qui est restée dans la position de la figure 160, s’abaisse de nouveau pour reprendre la position qu’elle occupe figure 158, et, glissant à la surface des fils de chaîne, vient presser les brins de laine relevés autour des deux fils rouges et retresser ceux qui auraient pu être mal placés par le releveur E.
- Cette opération terminée, la règle G est ramenée en arrière et elle remonte à sa position de repos (fig. 157), mue par des ressorts agissant en opposition avec les cames H et I.
- Le peigne A, actionné par les cames montées sur l’arbre central, vient alors faire le tassement de la première duite, puis on coupe la rangée de brins de laine un peu au-dessous des tubes.
- Ce coupage est opéré au moyen d’organes connus. Ceux dont nous nous servons consistent dans la combinaison d’une lame fixe et d’un disque coupant mobile
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- commandés par des cames montées sur l’arbre central P. La lame et le disque se rapprochent l’un de l’autre, le disque passant sur la lame avec pression contre cette dernière est entraîné le long de celle-ci avec un mouvement rotatoire obtenu au moyen d’un pignon engrenant sur une crémaillère fixe établie le long de sa course. Ce disque tranche dans sa marche le côté n (fig. 161) de chaque fil de laine à la hauteur convenable pour le velours. Ceci fait, la lame et le disque s’écartent l’un de l’autre, et le disque revient à son point de départ par la coulisse parallèle à la lame qui lui a servi dans sa première course.
- Le cadre F2 supportant le rouleau F1 et les tubes se trouve, par ce coupage, délivré de ses points d’attache avec le velours, et il se relève alors entraîné par les deux bras porteurs qui le fixent de nouveau à la chaîne métallique. Cette dernière tourne alors autour d’une poulie à crans d’une quantité utile pour présenter le cadre suivant aux bras porteurs.
- Les duites marron n° 2* et 3X sont alors insérées et tassées par le peigne, comme pour la duite marron n° lx, les excentriques moteurs des lames a a> a2 opérant les foulures voulues.
- Après les passages de la dernière duite, les opérations décrites jusqu’ici se renouvellent pour la formation d’une nouvelle rangée de points de laine.
- Dans le cas où la navette n’arrivait pas dans les boîtes en restant dans les foulures, des accidents graves se produisaient dans le métier. On a dû, pour remédier à cet inconvénient, établir un débrayage automatique du métier représenté sur la figure 164 et qui fait partie des organes. Son fonctionnement est le suivant :
- Lorsque la navette chassée arrive dans la boîte a, la languette mobile j autour de l’axe K imprime au levier R fixé sur l’arbre R1 un mouvement dans le sens de la flèche. Par ce fait, un levier S, fixe également sur l’arbre R, subit un mouvement ascensionnel qui tend à relâcher le ressort b relié à l’équerre' m. L’autre extrémité de l’équerre est reliée au levier R par un fil de laiton n.
- Quand le levier R subit le mouvement imprimé par l’arrivée de la navette dans sa boîte, le fil de laiton n tire sur l’équerre m, laquelle entraîne à son tour le chariot o, qui lui est relié par une bielle p. La languette extrême r du chariot permet alors à la mâchoire du peigne A de passer sans la toucher, au moment où le peigne part pour opérer le tassement des duites.
- Si la navette n’arrive pas dans la boîte Q, la lan-
- guette r empiète sur la course de la mâchoire du peigne A. Quand ce dernier avance, sa mâchoire rencontre donc devant elle la languette r et par suite l’entraîne avec elle, ce qui a pour résultat de faire osciller la pièce qui la supporte autour de l’axe g et par suite de tirer sur la pièce s, qui décroche alors la poignée t qui débraye instantanément le métier.
- Chaque rouleau F3 est garni du nombre de fils de laine voulu et dans un ordre déterminé pour former le dessin. L’ensemble des opérations nécessaires à la garniture de ces rouleaux va être décrit ci-dessous.
- La mise en carte du dessin que l’on veut reproduire étant faite, on assigne un numéro à chacune des couleurs qui la composent, puis on inscrit sur une feuille de papier fort, rayé à l’avance, le nombre de points et le numéro de couleur de chacun des points contenus dans chaque rang de la mise en carte. On répète cette opération sur la feuille de papier autant de fois qu’il y a de rangs dans la mise en carte.
- Cette inscription faite, la feuille de papier est enroulée autour d’un cylindre que l’on peut tourner à volonté au moyen d’une poignée ; on règle l’enroulement de telle sorte que le premier rang du dessin soit visible à la partie supérieure du cylindre, puis en tournant la roue à la main, on amène une aiguille sur la première couleur du premier rang inscrit sur la feuille de papier en représentation de celui de la mise en carte.
- L’ouvrier prend à la main dans le râtelier le numéro de couleur correspondant à celui porté sur la feuille de papier. Il pique alors l’extrémité du fil de laine choisi sur la carde et imprime au tambour un mouvement de rotation. La carde maintenant l’extrémité du fil de laine, ce dernier s’enroule autour du tambour. Quand la deuxième carde arrive devant lui, l’ouvrier coupe le fil de laine aux ciseaux, et en fixe le bout libre à une troisième carde. Si le numérotage de la feuille de papier indique deux ou plusieurs points semblables suivants, l’ouvrier imprime au tambour deux ou plusieurs tours et ne coupe que lorsque le dernier fil semblable est fixé sur la deuxième carde.
- La rotation du tambour X met en mouvement la bielle?/, qui, par l’intermédiaire de la tige z, fait tourner la roue à crochet T. Cette roue étant fixée sur la vis à hélice zl entraîne cette dernière, et il en résulte un déplacement constant et régulier de la fourchette porte-fils t' de gauche à droite. Ce mouvement a pour but :
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- 1° D’ordonner les fils de laine sur le tambour en plaçant chacun d’eux dans une dent correspondante du peigne P1, que nous appelons râteau, et d’éviter tout entassement des fils les uns sur les autres sur le pourtour du tambour ;
- 2° De toujours désigner, au moyen de l’aiguille indicatrice z>2,à l’ouvrier le numéro précis de la couleur à lire sur la feuille de papier numérotée.
- Lorsqu’un rouleau a été garni de sa laine, l’ouvrier, tournant la poignée, amène le deuxième rang numéroté de la feuille de papier à la partie supérieure du cylindre et les mêmes opérations se renouvellent. La mise en carte est placée sous les yeux de l’ouvrier pour contrôler, s’il est besoin, le numérotage de la feuille de papier.
- Métiers à 'passementerie
- exposés par MM. Sarron, de Saint-Chamond ; Mary et fils aîné, de Paris; Fribourg, de Paris;
- Ch. Jouberl; de Lyon; Foui foin, devantes; et Transberger, de Paris.
- Quelques métiers pour passementerie sont disséminés sur divers points de la galerie des machines : nous les mentionnerons rapidement.
- Nous rencontrons d’abord un métier à lacet exposé par M. Étienne Sarron, constructeur à Saint-Cha-mond.
- On sait qu’il existe en ce genre deux types de machines en usage : le métier français et le métier allemand, différant surtout l’un de l’autre par le mode adopté pour forcer les fuseaux porte-canettes à suivre la direction voulue, direction qui est, du reste, la même dans les deux genres de métiers, mais [qui s’obtient par des moyens différents. Le métier exposé par M. Sarron est un métier français perfectionné. Ce qui le distingue surtout de beaucoup d’autres, c’est qu’il est complètement métallique et que conséquemment les variations de température n’ont aucun effet sur lui. Les canettes, de 40 millimètres de diamètre, sont plus fortes et contiennent plus de matière que d’ordinaire. Une inscription nous fait savoir que le métier marche normalement à 400 fuseaux à la minute, c’est-à-dire le double de la vitesse moyenne des métiers usuels.
- MM. Mary et fils aîné, constructeurs à Paris, 125, rue Saint-Maur, exposent non loin de là, leur Jac-
- quart pour passementerie, articles de meubles, galons militaires, etc. Ce Jacquart permet, par son mouvement de lève et baisse, d’accélérer la vitesse du métier sans fatiguer les chaînes ; il possède une double planchette en métal, garantissant les cartons contre les accidents sur les aiguilles.
- Voici encore une sorte de métier à la barre pour passementerie et articles de meuble, exposé par M. J. Fribourg, constructeur à Paris, 117, boulevard de la Villette. La disposition adoptée, qui caractérise cette machine, permet d’y faire autant de modèles que de pièces. On peut aussi, lorsqu’on arrête le métier pour placer une canette ou réparer une pièce, ne pas paralyser toute la machine et faire marcher le reste à l’exception de la pièce à laquelle on touche. On peut donner ici jusque 300 coups de navette à la minute.
- Plus loin est un métier à la barre proprement dit, muni d’un compensateur construit par M. Charles Joubert, de Lyon (10, rue Diderot). On obtient avec lui la réduction exacte du battage de l’étoffe, qui souvent varie entre les mains de l’ouvrier.
- Non loin de là, M. J.-B. Foulfoin, constructeur à Nantes, a appliqué au métier à hautes lisses pour la fabrication de la passementerie, la suppression de toutes les platines et le remplacement du contrepoids en ardoise par de simples ressorts métalliques à boudin. Cette suppression rend l’aspect du métier très dégagé et parfaitement éclairé, elle permet à l’ouvrier de surveiller plus facilement ses pièces et de rattacher plus commodément les bouts cassés. Les platines avaient le double inconvénient de gêner la vue du travailleur (qui ne pouvait, apercevoir qu’une partie de son ouvrage) et d’engendrer des secousses d’autant plus brusques que le travail était plus actif ; ces secousses occasionnaient beaucoup de bruit, usaient assez rapidement les attaches des platines, quelque surveillance qu’apportât l’ouvrier, et, de temps en temps, l’une ou l’autre de ces plaques se détachait, tombait sur le travail déjà fait et brisait les fils de la chaîne.
- Enfin nous avons encore relevé un métier à lacet, exposé par M. Mathias Transberger, constructeur à Paris (39, rue Grange-aux-Belles). Cette machine, fort bien construite, est un métier en fer classique du système allemand, que rien ne distingue que son excellente construction et sa régularité de marche.
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- IY. — Machines de préparation.
- Nous relevons, dans cette section, un certain nombre de machines exposées par les maisons dont nous avons déjà noté les noms en parlant des métiers à retordre ou des métiers à tisser, à savoir, MM. Ryo-Catteau, la Société Diederichs, la Société alsacienne de constructions mécaniques, etc.
- Matériel de préparation pour tissage exposé par MM. Bgo-Catteau, de Boubaix.
- Cette importante maison expose trois types de machines se rapportant plus spécialement à la préparation du tissage : 1° Bobinoir ; — 2° Ourdissoir ; — 3° Canetière.
- 1° Bobinoir. — Ce bobinoir produit des bobines-disques de 50 à 60 millimètres de hauteur, sur un diamètre de 200 à 250 millimètres. La grande croi-sure du fil, la forte compression agissant pendant la formation de la bobine, lui donnent une grande solidité. Les transports, les chocs même n’occasionnent pas d’éboulement qui rendrait le déroulement difficile ; de plus, ce système de rangement du fil permet de dévider les bobines en bout, c’est-à-dire dans le sens de l’axe sans avoir besoin de les faire tourner.
- Les bobines faites sur ce métier contiennent jusqu’à 60 grammes de matière (trois et quatre fois plus par conséquent que les bobinots à plaques ordinaires) ce qui simplifie beaucoup l’opération peu facile du remplacement des bois vides.
- Chaque tête est munie d’un appareil spécial provoquant l’arrêt de cette partie, lorsqu’un fil casse ou que le disque a atteint la grosseur voulue.
- Le modèle exposé a deux côtés de 36 têtes. Le râtelier en est disposé pour dévider, soit des éche-veaux, soit des bobines de filature. Un tambour-guide couvert en cuivre, porte une rainure traversant toute la paroi et formant deux demi-hélices opposées : le fil est engagé dans cette rainure et se trouve ainsi guidé et amené au point même où se produit l’enroulage. Chaque tambour est commandé isolément par corde. Un rouleau métallique commandé également par corde, a pour fonction de comprimer les couches de fil au fur et à mesure de leur envi-dage.
- Lorsqu’un fil vient à casser, un dispositif analogue à celui que nous avons précédemment décrit
- (page 7 du présent volume), amène en avant tout le système portant le disque, arrête le tambour et soulève le rouleau de renvoi; le fil est alors rattaché et replacé dans la rainure du tambour,, et l’abaissement du rouleau de renvoi ramène toutes les pièces à leur position initiale et l’opération continue.
- La production sur cette machine est considérable : une ouvrière peut, en laine n° 50, produire 50 à 60 kilogrammes par jour.
- 2° Ourdissoir. — L’emploi des bobines-disques dont nous venons de parler permet de réduire considérablement les dimensions du râtelier de l’ourdissoir correspondant. Le travail de l’ouvrière se trouve ainsi très simplifié, même dans le cas de chaîne renfermant des bandes de couleurs. La machine, avec son râtelier disposé pour 800 fils, n’exige que k mètres de longueur sur 2m,50 de largeur.
- Le râtelier se compose de montants verticaux recevant des lattes horizontales en bois sur lesquelles sont implantées des broches destinées à recevoir les bobines-disques : des tringles verticales en fer poli, placées au-dessus et dans l’axe de toute une série de bobines, assurent le dévidage en bout. Tous les fils d’une même rangée horizontale, contenant 20 bobines, viennent passer dans une règle portant des trous avec fente pour faciliter l’introduction du fil. Il y a donc 10 bobines par rang horizontal et 20 guides, ce qui donne pour chaque côté 200 fils, soit à00 fils pour les deux côtés, de sorte qu’avec un second râtelier semblable, on arrive à pouvoir assembler 800 fils sans rendre l’accès des bobines plus difficile pour la main de l’ouvrière.
- Par ce système :
- 1° Les fils se dévidant sans fatigue on'peut doubler et même tripler la vitesse des machines à ourdir;
- 2° Les bobines contenant en moyenne 30,000 mètres de longueur au lieu de 8,000 à 9,000, on évite le remplacement fréquent des bobinots vides;
- 3° L’arrêt instantané ou la mise en marche brusque ne risquent pas d’occasionner la rupture de nombreux fils. ^
- La machine est munie du peigne extensible, dont les dents s’écartent ou se rapprochent au moyen d’une vis, en raison de la réduction des chaînes qui se succèdent sur le même ourdissoir; du casse-fil débrayeur, et de l’appareil classique, avec mouvement de marche en arrière pour la recherche d’un fil manquant.
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- 3° Canetière. — Cette machine est d’abord caractérisée par l’application du casse-fil Ryo. L’ensemble des modifications qui résultent de ce perfectionnement a pour but d’assurer la régularité du fonctionnement et de faciliter la rattache des bouts cassés, quels que soient le numéro et la nature du fil.
- De plus, la canetière se transforme aisément soit en doubleuse à 2, 3 et 4 fils et davantage, soit en métier continu à retordre, toujours avec casse-fil.
- En outre, dans un grand nombre de machines à faire les canettes, la rattache est toujours difficile à faire et si le point d’enroulement du fil n’est pas exactement placé au point de la course où la rupture a eu lieu, la superposition des couches n’est plus homogène, la canetière' peut résister au coup de fouet du métier à tisser et se sépare inévitablement en deux parties en cet endroit. La canetière exposée remédie à cet inconvénient.
- Matériel de 'préparation pour tissage, exposé par la Société Diederichs.
- Cette exposition comprend quatre machines : deux ourdissoirs à grand tambour ; — un bobinoir ; — et une canetière à la défilée.
- 1-2. — Ourdissoirs à grand tambour. — Ce type de machine, représenté figure 166, est spécial à l’ourdissage des articles exigeant un très grand nombre de fils : chaînes doubles, laines frisées, soies, coton, lin. etc. Nous en voyons deux modèles à l’Exposition. Le premier est spécial à la soierie, son cantreest de 804 bobines, et il possède un compteur gradué jusqu’à 1,000 mètres, arrêtant automatiquement l’ourdissoir lorsque chaque section a la longueur voulue. Le second, pour l’ourdissage du coton ou
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- Fig. 1G6. — Ourdissoir a grand tambour de la Société Diederich
- de la laine, peut produire jusqu’à 1,200 mètres en onze heures, pour une chaîne de 8,200 fils : celui-ci rend de très grands services pour l’ourdissage des échantillons, puisqu’on n’a besoin que du nombre de bobines nécessaire pour obtenir un rapport du dessin et que ces bobines peuvent être tirées à bout ;
- toutes les sections y ont mathématiquement la même longueur et la même tension. L’une et l’autre se composent de deux parties distinctes :
- 1° L’ourdissoir proprement dit (portant le mécanisme nécessaire au repliage de la chaîne sur le rouleau d’ensouple);
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- 2° Le râtelier ou cantre (affectant tantôt la forme d’un arc de cercle pour 306 bobines, tantôt la forme d’un Y pour 600 bobines et plus, ou bien encore une disposition spéciale, permettant l’emploi des fusées de filature ou de bobines pouvant se dévider en bout), dont le cadre inférieur porte des roues de chariot, qui permettent de le faire mouvoir de façon que la nappe de fils se présente normalement au peigne à disposition.
- Au sortir des bobines, les fils convergent vers une planche garnie de petits tubes en porcelaine dans lesquels on les engage; ils passent ensuite sous deux baguettes de verre, puis entre les dents du peigne enverjeur. Réunis en nappe, ils entrent alors à l’ourdissoir, en passant par le peigne à disposition qui donne à la section la largeur voulue pour qu’un certain nombre de ces sections, juxtaposées sur le tambour enrouleur, forment une chaîne de longueur déterminée avec le nombre de fils nécessaire. On fixe chaque section au tambour en nouant l’extrémité, qu’on accroche à de petits anneaux glissant sur une tringle en fer fixée contre l’une des traverses en bois.
- Le chariot qui porte le peigne à disposition est mobile horizontalement sur une règle-guide. On le place de manière que la première section s’enroule à environ 5 millimètres des taquets coniques fixés sur les barres du tambour. Au fur et à mesure de la marche de l’ourdissoir, et par le moyen d’un excentrique, la nappe de fils est poussée insensiblement sur les taquets, qui ont pour but d’empêcher les fils du bord de tomber quand la chaîne atteint une certaine épaisseur sur le tambour. Dès que la section a atteint la longueur voulue, l’arrêt automatique de la machine se produit par l’action d’un compteur à plateau, portant une aiguille placée au préalable sur le chiffre indiquant le nombre de mètres à ourdir : on coupe à ce moment les fils entre le peigne à disposition et le tambour, puis on noue l’extrémité de la section pour la fixer aux fils enroulés. Le chariot est alors déplacé d’une quantité suffisante, au moyen d’un mécanisme particulier, pour que la nouvelle section s’enroule près de la section précédente à la même distance que celle-ci l’était des taquets coniques; et après l’ourdissage de chaque section, on a soin de ramener au zéro le plateau du compteur.
- Ces opérations se répètent jusqu’à ce que la chaîne soit complètement ourdie; il suffit de prendre l’enverjure au commencement de chaque mise et de la conserver en passant un cordonnet entre les fils.
- La distance entre le peigne envergeur et le peigne à disposition doit être d’environ 0m, 80 pour que l’ouvrier puisse surveiller les fils.
- Les principaux avantages de ce type d’ourdissoir sont : 1° de rendre très facile l’exécution des dispositions de fils de différentes couleurs, puisque la section contient toujours au moins une fois le rapport complet du dessin ; 2° d’ourdir à volonté de petites ou de grandes longueurs avec coulage à fond relatif, le nombre de bobines nécessaires pour former une section étant très restreint, comme cela se pratique dans l’ourdissage à la main ; 3° de produire un ourdissage très régulier, tous les fils étant exactement parallèles et tendus.
- Lorsque la chaîne est ourdie sur le tambour, on place le rouleau d’ensouple entre deux supports disposés à cet effet, et mobiles pour pouvoir varier la longueur des ensouples. La nappe passe sur un rouleau en bois, puis entre les dents d’un peigne extensible, et de là vient s’enrouler sur le rouleau d’ensouple. La tension des fils au repliage s’obtient par des courroies tendues par des leviers à contrepoids qui exercent une tension dont on peut varier l’énergie. Une friction produit l’entraînement du tambour.
- 20 Bobinoir. — Cette machine exécute la première opération du système de canetage dit à la défilée. Elle produit des bobines coniques à fil croisé sur tube en papier. Les avantages qu’elle présente paraissent être les suivants : 1° Pas d’éboulement à craindre ; 2° pas de déchet, manutention commode, facilités pour l’ouvrière de retrouver le bout du fil en cas de rupture ;
- 3° Canetière à la défilée. — Cette autre machine transforme en canettes les bobines coniques obtenues sur le bobinoir. Elle permet l’emploi de tubes de toutes formes pour des fils de toutes les grosseurs. La production garantie est de 900 grammes à
- I kilogramme par broche en onze heures de travail avec du coton n° 26 français. Une canette porte
- II grammes de coton 26.
- Une ouvrière suffît pour une canetière de 75 broches.
- Encolleuse 'pour coton, exposée par la Société alsacienne des constructions mécaniques.
- Cette machine diffère de celles généralement employées en ce que les cylindres et les tambours
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- sécheurs sont commandés sans intermédiaire de friction entre les rouleaux d’appel d’avant et les cylindres encolleurs. La tension du fil est réglable au moyen de roues de rechange variant de 98 à 102 dents, interchangeables entre elles, sans déplacement des centres. Elle possède deux tambours sécheurs, garantis contre toute perte de chaleur par une enveloppe en tôle et bois. Des ventilateurs aspirants enlèvent la buée et l’humidité dans le bas de la machine et facilitent ainsi considérablement le séchage.
- En chaîne n° 27/29 on atteint une vitesse pratique de AO mètres à la minute. En outre, le fil n’ayant qu’une tension modérée sur les tambours ne s’aplatit pas et n’est pas racorni par son contact avec une surface trop chaude.
- Nous allons du reste décrire succinctement cette machine :
- La bâche à colle, entièrement en cuivre, est indépendante des bâtis; elle est posée dans une enveloppe en bois destinée à empêcher le refroidissement des parois et par suite les dépôts de colle. — Les axes des rouleaux encolleurs traversent des douilles ou coussinets à presse-étoupes formant vannes sur les parois de la bâche, de manière à laisser du jeu pour la dilatation tout en assurant l’étanchéité.
- Ces rouleaux, en cuivre épais, sur fonds en foùte, sont frettés au moyen de bagues en fer mises à chaud. Les axes ne les traversant pas, toute dislocation par suite de l’inégale dilatation du fer et du cuivre est empêchée. Us sont portés extérieurement par des galets facilement abordables.
- La bâche est à deux compartiments, dont l’un d’avant-cuisson qui reçoit la colle crue. Un tuyau barboteur et un agitateur amènent le mélange à la température et au degré d’homogénéité voulus. Deux injecteurs envoient la colle dans la bâche proprement dite où elle est maintenue en ébullition au moyen de trois tuyaux à vapeur. La paroi séparant les deux bâches forme déversoir, et il se produit ainsi une circulation continue destinée à maintenir la colle à un degré d’homogénéité parfaite. Le niveau dans la bâche d’avant-cuisson est relativement bas, pour qu’au moment de l’arrêt de la machine, on puisse, en ouvrant le tiroir de communication entre les deux bâches, abaisser suffisamment le niveau en dessous des cylindres, afin que ceux-ci ne touchent plus la colle.
- Sous les axes des cylindres presseurs est placé un petit appareil de levage avec poignée.
- Les rouleaux encolleurs sont commandés par une série de roues dont l’une peut être facilement remplacée pour permettre de varier l’alimentation et, par suite, la tension du fil mouillé.
- Un mouvement de brossage, à course réduite et marchant à une grande vitesse, est appliqué à la machine.
- Avec une prise souvent répétée dans la nappe de fils, on évite la formation de traces ou ficelles et on facilite le décollage aux baguettes de séparation.
- Les tambours sécheurs sont construits pour une pression d’essai de A kilogrammes. L’arbre en fonte traversant est muni de tubulures en fonte à joints coniques sans garnitures quelconques. Ces tambours sont complètement enveloppés, sauf à la place de l’entrée du fil. — La buée qui se forme dans la partie supérieure de l’enveloppe est enlevée directement par une petite cheminée d’appel. — Deux ventilateurs latéraux aspirent celle produite dans le bas et la refoulent dans la même cheminée.
- Cette manière d’enlever l’air chargé d’humidité et d’empêcher le rayonnement qui existe dans les autres machines a permis d’augmenter, du simple au double, la vitesse de la machine sans augmenter la pression de la vapeur dans les tambours. Le fil, n’ayant que la tension qu’on veut lui donner, n’est pas fatigué à quelque vitesse que l’on marche, et ce mode de séchage lui conserve son élasticité tout autant que sur les encolleuses à air chaud.
- Le peigne extensible, du système à articulation, est porté par des lunettes pour en faciliter le renversement. La friction d’enroulage est double, le serrage s’opère des deux côtés à la fois, par conséquent sans frottement nuisible sur les supports de la broche.
- Le compteur-marqueur agit sur un arbre portant deux galets imprimant une marque ou un numéro. Son mouvement est sûr et facile à vérifier. Le métrage voulu s’obtient en déplaçant sur son axe un plateau indiquant le nombre de mètres vis-à-vis d’un index.
- La machine est, en outre, munie d’un mouvement de ralentissement et d’un appareil presseur, ainsi que de régulateurs de pression, système Giroux, de soupapes de sûreté à charge directe par ressorts, d’extracteurs d’eau de condensation, de robinets, etc.
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Juin.
- ii. — 23« Fascicule.
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- LES INDU ST 11
- Machine à ourdir, encoller, sécher et monter les chaînes,
- exposée par la Sœchsische Webstulilfabrik.
- Cette machine cumule plusieurs opérations. Tout d’abord Y ourdissage s’y pratique à l’aide d’un cantre qui peut recevoir un nombre quelconque de fusées ou bobines, selon les calibres et formes demandés. La croisée est formée par le rôt devant lequel se trouvent placés deux rouleaux mobiles,, pouvant être approchés, pour retenir la chaîne et faciliter la recherche des fils perdus; puis d’un ourdissoir dont le tambour horizontal est muni d’un compteur qui arrête la machine, lorsque la chaîne est à la longueur désirée et a un diamètre de 3,500 millimètres. Il est démontré, comme on le sait, que pour ourdir mécaniquement, plus la circonférence de l’enroulage est grande, plus le travail est précis.
- Quand la chaîne est complètement ourdie, elle est reprise par une ensoupleuse fixée à l’ourdissoir. Pour donner à cette opération le serrage nécessaire, on imprime à la chaîne une forte tension, qu’on obtient facilement à l’aide des freins parfaitement ajustés et qui enveloppent le grand diamètre du tambour de l’ourdissoir, munis chacun de leur levier avec poids mobiles, afin de régler les différentes pressions.
- L’ensouplage terminé, l’ourdissoir devient libre et peut immédiatement recommencer un autre travail. L’ensouple qui contient la chaîne est transportée dans des coussinets mobiles placés devant la machine à encoller.
- L'encollage se fait sans immersion de la chaîne, afin de conserver aux fils toute leur torsion. Cette machine est munie de deux énormes cylindres en fonte, placés l’un au-dessus de l’autre, sous lesquels se trouve un baquet mobile avec mouvement, pour toujours maintenir la colle en contact avec le cylindre. Ce baquet contient des appareils pour maintenir la colle toujours au même degré de chaleur et de liquidité. Le cylindre inférieur est d’un fort diamètre, d’une égale épaisseur, tourné intérieurement et extérieurement, il ne peut avoir aucune flexion, il est enveloppé d’un cordonnet de laine. Ce cylindre très précis apporte à la chaîne la quantité de colle nécessaire à son encollage.
- Le cylindre supérieur est très lourd ; son poids suffit pour égaliser la colle et rendre au baquet celle enlevée en trop. Cette opération qui se fait parfai-
- I ES TEXTILES
- tement est en même temps très économique, puisqu'elle ne laisse aux fils que la colle nécessaire, et elle rend en même temps le séchage plus facile.
- En sortant de la machine à encoller, la chaîne passe au-dessus d’un ventilateur et entre dans la chambre à sécher.
- Celle-ci a ses coussinets disposés pour recevoir la chaîne verticalement, ou horizontalement ; on commence par en faire circuler une partie horizontalement, le reste verticalement, et on arrive ainsi à sécher deux mètres d’épaisseur moyenne en une minute ; très bon résultat, si l’on considère que la machine n’a aucun arrêt et a une marche constante réglée par ses differentes vitesses que l’on met en rapport avec l’épaisseur des chaînes à sécher.
- De la chambre à sécher, la chaîne passe] sur Y appareil à ensoupler muni de coussinets mobiles, afin de pouvoir recevoir des ensouples de toutes largeurs. La tension de la chaîne est régularisée par une commande à friction.
- CHAPITRE Y.
- Métiers à mailles et à broder
- Les métiers à mailles ou réticulaires se rapportent à trois genres de fabrication que nous étudierons comme suit, selon leur importance :
- 1° Bonneterie ;
- 2° Tulle ;
- 3° Filets de pêche.
- Nous allons successivement examiner le matériel exposé se rapportant à ces diverses spécifications.
- I. — Matériel de la fabrication
- DE LA BONNETERIE.
- Comme dans toute fabrication de tissus, le fil destiné à la confection de la bonneterie doit passer par les trois phases classiques de la préparation, du tissage et de l’apprêt. Nous croyons nécessaire d’indiquer sommairement quels sont les appareils qui lui font subor ces diverses transformations au cours
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DR 1889
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- de ces trois périodes. — Le seul métier de préparation usité en bonneterie est le bobinoir, et le plus connu de ceux-ci est celui qui permet de faire sur
- de gros tubes en bois de forme spéciale des bobines cylindro-coniques, se rapprochant de la disposition des canettes ordinaires de tissage; cette forme, repré-
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- Fig. 167. — Bobinoir de M. E. Buxtorf, pour bobines
- CYLINDRO-CONIQUES.
- Fig. 168. — Bobine
- CYLINDRO-CONIQUE.
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- sentée figure 168, paraît la plus recherchée des fabricants à cause de la régularité de dévidage et de
- la facilité d’emmagasinage des bobines faites à l’avance.
- Les figures 167 et 169 représentent 'chacune un bobinoir pour bonneterie formant ces sortes de bobines, et la figure 170 un métier à bonneterie circu-
- laire où l’on voit clairement le fil ainsi envidé et débité pendant la marche.
- Dans certains cas cependant, lorsqu’il s’agit de
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- gros fil, le bobinoir cylindro-conique est remplacé par le bobinoir dit cylindro-métrique. Ici, la forme
- Fig. 170. — Métier a bonneterie de M. E. Buxtorf,
- A BOBINES CYLINDRO-CONIQUES.
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- Fig. 172. — Métier a bonneterie de M. H. Dégagées,
- A BOBINES BI-CONIQÜES
- des bobines n’est plus la même ; elle est cylindrique et se rapproche alors des bobines ordinaires du
- tissage classique. Notre fig. 171 représente un métier à bonneterie muni de ces bobines, dites cannelles,
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- Fig. 171.
- MÉTIER A BONNETERIE A CANNELIERS DÉLIVRANTS.
- appuyées sur des cylindres dont le mouvement est réglé sur la dépense du métier, et qui fournissent à celui-ci sans aucun tirage le fil nécessaire à la formation de la maille ; comme cet appareil alimente
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- Fig. 173. — Métier a main de M. E. Buxtorf.
- exactement le fil sans tirage, on peut aussi se passer en ce cas de bobinoir et employer directement la
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- A L’EXPOSITION UNIYEHSELLE DE 1889.
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- préparation de filature telle qu’elle sort des bancs à broches ; les cylindres canneliers tournent difle-rentiellement de plus en plus vite, de manière à délivrer toujours la même quantité de préparation, que la bobine soit grosse ou petite.
- Enfin il y a des bobinoirs bi-coniques, réunissant en une seule bobine de forme fusée les fils de deux à six fusées.
- Nous représentons figure 172 un métier circulaire dans lequel le fil est délivré de cette façon.
- Trois des métiers circulaires que nous représentons sont des vues perspectives de machines
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- sortant des ateliers de la maison Emmanuel Buxtorf, de Troyes, l’une de celles à laquelle la fabrication de la bonneterie est redevable de ses meilleurs perfectionnements et de ses inventions les plus ingénieuses, et que nous retrouverons du reste tout à l’heure dans la Galerie des Machines ; le troisième sort des ateliers de la maison H. Degageux, de Troyes, également exposant, comme nous l’indiquerons.
- Les métiers à bonneterie se divisent, comme on le sait, en deux grandes classes : les métiers rectilignes et les métiers circulaires. Mais chacune de ces grandes catégories comporte elle-même des grandes subdivisions suivant la partie du métier qu’on consi-j dère. Pour ne parler que des métiers circulaires,
- Mrauïii.
- par exemple, on peut les distinguer d’après leur système d’enroulage en métiers anglais, en usage presque exclusivement en Angleterre, et en métiers français, généralement répandus sur le continent ; les premiers ayant tous un système d’enroulage mécanique du tricot fabriqué et ce dispositif utilisé exerçant une certaine tension verticale de bas en haut favorable à la fabrication, le tricot se détachant par la partie supérieure du métier ; les seconds, au contraire, dans lesquels le tricot se détache par le bas, n’ayant pas besoin de cette tension sur le tissu et un simple disque ou plateau circulaire en bois dans l’intérieur du boyau suffisant par son propre poids au détachage de tricot. On pourrait multiplier
- les subdivisions, de même que pour les métiers rectilignes. Pour donner une idée de ces métiers à ceux qui ne sont pas familiers à cette fabrication, nous avons représenté figure 173 un métier circulaire marchant à la main à l’aide d’une manivelle, figure 17A un métier rectiligne, et figure 175 une petite tricoteuse, de façon que nos lecteurs aient ainsi sous les yeux la vue perspective des principaux types classiques de métiers à bonneterie.
- Maintenant, quels sont les plus employés des métiers rectilignes, ou des métiers circulaires? La proportion est difficile à établir. Longtemps les rectilignes automatiques ont eu le pied sur les circulaires parce qu’ils répondent à des besoins de fabrication ; et encore à l’heure actuelle, grâce à la multiplication du nombre de têtes, ils paraissent lutter avec avantage dans les ateliers contre leur concurrent. Mais le métier circulaire, d’autre part, en raison de la mode et de la diffusion de
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- l’article jersey, pour la fabrication duquel il est tout indiqué, est aujourd’hui plus répandu que jamais.
- C’est au sortir des métiers que les pièces de bonneterie préparées pour la confection entrent dans la période de l’apprêt. Nous allons sommairement résumer les principales opérations de cette troisième période par laquelle passent les pièces de bonneterie avant d’être employées comme articles de corps.
- On commence d’abord par les soumettre au lavage, opération qui, pour arriver à un résultat satisfaisant, doit se faire avec de bonnes machines à laver, de la bonne eau et du savon pur. Les machines à laver sont à caisse oscillante ou constituées par un cylindre tournant autour de son axe, et les premières sont employées de préférence. La meilleure eau est l’eau de rivière, et à son défaut l’eau de pluie, trop souvent contaminée par les suies, ou bien encore les eaux de source amenées par les canalisations urbaines. Quant aux savons, ce sont ceux d’oléine pour les articles en couleur, et le savon de suif ou ses dérivés pour la bonneterie blanche. Les pièces en fils mélangés et celles en coton ne sont pas lavées, on ne leur fait subir qu’un trempage de quelques heures dans un bain chaud. Le savonnage est, dans tous les cas, suivi d’un ou plusieurs rinçages. Les tissus en laine peignée restent de trois à cinq minutes au lavage, ceux en laine cardée de dix à quinze minutes. Trempées ou lavées, les pièces sont ensuite empaquetées dans des linges blancs, puis soumises à l’essorage pour être débarrassées de l’eau dont elles sont chargées.
- Les tricots blancs de laine sont alors le plus souvent soufrés, ce qui leur communique une jolie teinte ivoire uniforme. Cette opération dure de six à huit heures ; puis les tricots sont portés au formage ou chambre de séchnge. On les élargit à la main, car ils se sont considérablement rétrécis ; on a bien inventé des machines à calandrer et à élargir pour cet objet, mais ces appareils ont l’inconvénient d’allonger les rangées de mailles et demandent à être surveillés très attentivement. Quelques fabricants ont essayé des machines à ramer, mais celles-ci exigent un emplacement considérable et beaucoup de main-d’œuvre.
- C’est à ce moment qu’on fait passer à la machine àlainer les tricots qui doivent avoir une apparence laineuse et paraître très épais.
- Au sortir du séchoir, les tissus lavés sont généralement enroulés et laissés fortement serrés sur leur
- rouleau pendant quelques jours pour éviter le retrait. Dans tous les cas, les pièces bien traitées ne doivent se rétrécir qu’en longueur; et lorsqu’on les a tirées un peu au large, il vaut mieux, au moment où on les déroule, les abandonner à elles-mêmes pendant quelque temps, afin de leur faire perdre leur état de tension.
- On procède alors à la coupe, qui varie, bien entendu, avec chaque contrée, et qu’on a soin naturellement de ne pas faire à un centimètre près à cause de l’élasticité des tricots.
- La coupe est suivie de la couture des pièces. Il y a pour cela des machines à coudre spéciales. Les belles qualités sont rassemblées par un point de chaînette réunissant les parties maille à maille, les sortes communes sont traitées par le mode de couture habituel.
- Certaines qualités de tricots, de laine ou de coton, sont alors soumises à la presse, ce qui donne une apparence plus favorable à la vente. On les met alors entre deux feuilles de carton et on place le tout entre des plaques en fer froides ou chauffées suivant la nature de l’article.
- A la suite de la couture, chaque pièce nécessite un repassage, puis un examen attentif. Quelques fabricants donnent même ce repassage avant le lavage dans le but de voiler les places bourrées. Les gilets et chemises sont alors pourvus par le découpage de leur encolure, emmanchure et ouverture de poitrine, parties qui sont soigneusement bordées, puis on fait les boutonnières nécessaires et on couche les boutons ; aux caleçons on rapporte une ceinture.
- Après toutes ces opérations, on emballe les tricots dans des boîtes ou on en fait des paquets élégants et fins; ils sont alors propres à être livrés à la vente.
- Ceci établi, nous allons maintenant parcourir la Galerie des Machines et étudier le matériel exposé par les divers constructeurs de France et de l’étranger.
- Nous étudierons donc successivement dans la partie française les appareils et métiers de MM. Radi-guet et Lecène, de Paris; — Terrot, de Dijon; — Emmanuel Buxtorf, de Troyes; — Bonnamy, de Saint-Just-en-Chaussée (Oise) ; — H. Degageux, de Troyes; — Ilantz-Nass, de Rechesy (territoire de Belfort) ; — et dans la partie étrangère, les machines construites par MM. Arthur Paget, de Longhborough (Angleterre), et Dubied, de Couvet (Suisse).
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- A L’KX POSITION UNIVERSELLE DE 185-.».
- 183
- Dèbrayeurs électriques pour métiers de bonneterie,
- exposés par MM. Iladiguel et Lecène, de Paris.
- MM. Radiguet et Lecène ne sont pas des constructeurs de métiers à bonneterie, mais ils appliquent à ces métiers un système de débrayage électro-magnétique du moteur, actionné suivant des dérivations par l’un ou l’autre de divers contacts appropriés aux accidents survenus. Leur appareil de débrayage, que nous rencontrons simultanément dans les deux classes se rapportant au tissage (cl. 55) et aux appareils électriques (cl. h7), consiste simplement en un électro-aimant dont l’armature laisse échapper, quand elle est attirée, un levier à crochet qui bascule et permet ainsi à un second levier à fourchette, repoussé par un ressort antagoniste, de déplacer sur l’axe de commande le manchon d’embrayage et de laisser la poulie folle.
- L’ingéniosité de cette disposition exige que nous entrions dans quelques détails.
- Les différentes perturbations qui se déclarent à chaque instant dans la marche des métiers circulaires sont :
- 1° Le manque de fil, pour une cause quelconque ;
- 2° Les aiguilles chargées de plusieurs mailles ;
- 3° Les hachures dans les platines, aiguilles, ou toutes autres pièces de la mécanique, pendant la fabrication ;
- h° Les coupures produites par les finesses du fil, les bouchons ou toutes autres causes ;
- 5° Le démaillage partiel ou complet du métier (dans certains cas, ce dernier défaut est irréparable et occasionne la perte de la pièce commencée).
- Ces défauts se produisent si souvent dans certains métiers qu’ils ont fait renoncer à l’emploi de la vapeur comme force motrice.
- Les moyens dont se servent MM. Radiguet et Lecène s’appellent :
- 1° Le casse-fil ;
- 2° Le levage d’abatage ou de roues de presse ;
- 3° Le contact de chute des platines verticales ou horizontales ;
- 4° Les roulettes dites de coupures ;
- 5° Le débrayeur électrique.
- Nous ferons remarquer tout d’abord que le principe général sur lequel reposent ces diverses appli-
- cations consiste à électriser l’ensemble du métier suivant l’un des pôles et l’appareil spécial en rapport avec le fil suivant l’autre, de manière à rétablir le courant lorsqu’il se produit un accident dans la fabrication. Ceci posé, voici comment fonctionnent ces diverses parties additionnelles :
- Casse-fil. — Le casse-fil est un bout de fil de fer coudé, dont une des extrémités entre dans la petite boîte qui met les contacts à l’abri des flocons, poussières, etc., tandis que l’autre, terminée en crochets, se trouve supportée presque verticalement par le fil à son passage avant d’entrer dans le métier.
- Que le fil vienne à se rompre, la tige tombe entraînée par son propre poids, en déterminant un contact dans l’intérieur de la boîte, ce qui produit le levage d’abatage ou l’arrêt du métier suivant la volonté.
- Le casse-fil se règle en inclinant plus ou moins la tige de la verticale qui en est le zéro.
- Levage d'abatage. — Quand un métier se trouve en marche, l’abatage rejette une maille formée, tandis que la maille suivante se reforme; si par une cause quelconque le fil vient à manquer, les pièces de la mécanique, reformant une maille fictive, pendant que l’abatage repousse la dernière formée, il s’ensuit, si l’ouvrier ne s’en aperçoit pas, le démaillage complet du métier.
- MM. Radiguet et Lecène obvient à cet inconvénient en faisant rentrer l’abatage aussitôt la solution de continuité du fil. Si le métier possédait plusieurs chutes, une chute se trouverait ainsi supprimée, mais le travail pourrait se continuer sans défauts, etc.
- Les constructeurs font également lever les roues de presse dans les métiers à aiguilles verticales, tomber les vis de réglage dans les métiers à côtes, etc.
- Contact de chute des platines. — Dans les métiers à aiguilles verticales ou horizontales, les platines, lors de leur chute pour former la maille, se trouvent suspendues par le fil ; si le fil absent ne les soutenait plus, elles viendraient porter sur le chemin de fer du métier ; c’est de cet abaissement minime que MM. Radiguet et Lecène ont profité pour faire avertir ou débrayer, suivant la nécessité.
- Aiguilles chargées de plusieurs mailles. — Dès que, pour une cause ou pour une autre, l’aiguille ne renvoie plus la maille, plusieurs mailles successives s’amassent sur le bec et la font ployer.
- MM. Radiguet et Lecène se servent de cette com-
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- binaison en plaçant une petite pierre coudée d’équerre sur laquelle, dans l’état ordinaire, les aiguilles passent dans leur rotation sans la toucher.
- Aussitôt que l’aiguille, tirée par deux mailles amassées, vient à son passage frotter sur la pierre d’équerre isolée par son support, elle ouvre le circuit électrique et le métier est arrêté.
- Roulettes de coupures (coupures par finesse dans le fil, hachures dans les platines, arrachements de la bobine ou autres pièces de la mécanique). — Il arrive souvent que lorsqu’une finesse dans le filage du fil, une grosseur, lin bouchon ou autres défauts viennent à entrer dans les platines ou autres aiguilles du métier, le fil se trouve coupé par celles-ci. C’est ce qui a donné à MM. Radiguet et Lecène l’idée de faire des roulettes de coupures.
- Ces roulettes portent dans l’état ordinaire sur les galets d’abatage, mais se trouvent isolées des platines par le tissu; qu’une coupure se fasse, le tissu ne leur servant plus d’isolant, elles viennent porter sur les platines et produire l’arrêt du métier.
- On peut ainsi produire le même effet en plaçant une petite pièce tournante, disposée dans un certain angle, qui vient frotter sur le tissu au moment où les platines se trouvent rentrées après l’abatage. Qu’une maille coulée ou un trou se présente pendant la fabrication, elle se trouve entraînée par le tissu et, établissant une communication électrique, elle produit l’arrêt instantané.
- Débrayage électrique. — Le débrayage qui a paru le plus propre à produire l’effet désiré est le débrayage mécanique ordinaire, dont MM. Radiguet et Lecène ont considérablement réduit les proportions et cherché à amoindrir le tirage, avant d’v mettre un système électrique,
- Il est disposé de la manière suivante :
- Sur la partie inférieure d’une pièce particulière de support est placé l’axe de la fourchette qui doit maintenir le manchon d’engrènement. A la partie supérieure de la pièce de support se trouve un levier à crochet et à mentonnet qui vient prendre l’extrémité de la pièce à fourchette. Le bras du levier se trouve maintenu dans une position horizontale par l’armature à bascule d’un électro-aimant.
- Voici ce que l’on observe : que, par un fil rompu, un trou, une aiguille chargée ou toute autre cause, l’armature se trouve attirée, elle dégage au moyen de sa bascule son autre extrémité de dessous le bras du
- levier, qui, en tombant, décroche l’extrémité de la pièce à fourchette, laquelle, poussée par un ressort, dégrène le manchon et produit l’arrêt instantané. Il suffit de la simple pression du doigt sur la pièce à fourchette pour produire le réenclanchement général et par conséquent la remise en marche. Une pile électrique de quatre éléments suffit pour une cinquantaine de mètres.
- MM. Radiguet et Lecène avaient encore, à leur exposition, placé des avertissements divers, notamment une sonnerie électrique trembleuse appelant l’ouvrier, s’il est éloigné de ses métiers, quand un de ces derniers s’arrête ; un tableau de contrôle pour le bureau du chef d’atelier lui indiquant le numéro du métier arrêté, etc.
- Matériel de bonneterie exposé par M. Terrot,
- De Dijon.
- Dans le matériel de bonneterie, très complet, exposé par M. Terrot, nous relevons principalement :
- 1° Un métier à tricoter multiple; — 2° un métier à tricoter avec formation de mailles tordues; — 3° un métier circulaire à mailles renversées; — 4° un métier circulaire pour étoffes variées; — 5° un métier circulaire muni d’un appareil faisant automatiquement des rayures horizontales de toute largeur et de deux à six couleurs.
- 1° Métier à tricoter multiple. — Le métier à tricoter circulaire français ne peut être construit, à cause de la disposition de ses aiguilles, à un diamètre assez petit pour qu’il puisse servir à faire des fourreaux étroits, comme, par exemple, les manches pour bras ou les corps des bras. Pour fabriquer ces articles, il est nécessaire d’employer les métiers circulaires anglais, qui ne peuvent pas donner une répartition bien régulière des mailles, parce qu’ils ne comportent que des mailleuses à dents fixes qui, comme on le sait, ne forment pas les mailles d’une façon bien exacte, mais pressent le fil simultanément dans plusieurs interstices d’aiguilles et déforment ainsi le fil et les aiguilles.
- Les métiers circulaires français ont des mailleuses beaucoup plus parfaites dont les platines sont mises exactement en mouvement par un excentrique et dont la profondeur des mailles peut être réglée et maintenue d’une façon précise..
- Afin de pouvoir conserver pour des articles cir-
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- A L’EXPOSTTTON UNIVERSELLE DE 1 889.
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- Supplément a l'Industrie textile du 15 Juin.
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- culaires, étroits, cette disposition parfaite des mail-leuses et afin que cette disposition, à cause de l’emplacement plus grand qui lui est nécessaire, ne reste
- pas limitée à un seul métier étroit, mais puisse trouver de nombreux emplois, le constructeur a tout simplement réuni un certain nombre de métiers cir-
- Fig. 177. — Métier a tricoter multiple, de M. Terrot. (Plan.)
- culaires étroits en une machine à tricoter multiple, dont chaque élément produit un fourreau. Pour ces métiers il emploie une seule mailleuse qui forme simultanément et exactement les mailles de tous ces métiers et les amène dans les crochets des aiguilles.
- Ce métier à tricoter multiple est représenté dans les dessins ci-joints comme se composant de quatre métiers circulaires anglais montés sur un plateau t et autour de la circonférence d’une grande mailleuse a. Chaque rangée d’aiguilles n d’une de ces
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- têtes circulaires est fixée de la manière ordinaire sur une bague d qui tourne autour de la bague fixe e; tous les métiers circulaires sont mis en rotation au moyen des engrenages droits c' qui sont commandés par l’engrenage central c (fig. 177) ; chaque métier est muni d’une roue de compression f et d’une pièce d'abattage g, qui est fixée par le bas sur le socle t et qui est logée entre l’an-
- neau e et le tricot w sortant par le bas. Des pièces de réglage i maintiennent la couronne des aiguilles en bas, et l’empêchent de se soulever accidentellement. L’arbre a* de l’engrenage moteur c est en même temps l’arbre de la mailleuse; sur cet arbre est calé le moyeu aK qui porte le disque av et l’anneau a* qui est relié à ce disque par a% ; dans cet anneau oscillent en dedans et en dehors les platines p, suspendues
- Fig. 178.
- verticalement dans des coulisses de cet anneau, et qui reçoivent leur mouvement de l’excentrique x de façon à pénétrer entre les aiguilles n des métiers et à donner au fil la forme de boucles. Sur l’arbre a8 est en outre monté l’excentrique dit de couverture, c’est-à-dire le disque y qui repose sur a, mais dont la rotation est empêchée par l’un quelconque des bras fixé à la plaque supérieure t' et qui est muni des saillies y’ servant à élever et à abaisser les platines p, de façon à ce que ces platines remontent les boucles formées pour les amener dans les crochets des aiguilles n. Par l’intermédiaire de rr1 et u la mailleuses reçoit un mouvement de rotation simultanément avec les métiers dans chacun desquels
- les mailles sont obtenues de la manière ordinaire : les
- platines p cueillent les boucles, les élèvent dans les crochets des aiguilles, la roue de compression/’ presse sur les crochets pour les fermer et la pièce g fait glisser l’ancien tricot w sur les crochets, puis par-dessus les aiguilles qu’il quitte alors. La mailleuse a autant d’excentriques x et autant de saillies y1 qu’il y a de métiers circulaires.
- 2° Métier à tricoter avec formation de mailles tordues. — Le tricot obtenu sur le métier circulaire ordinaire a des mailles telles que les représente la
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- figure 183, c’est-à-dire qu’au-dessus de chaque rangée y, formée par des mailles droites, se trouve une rangée z formée également par des mailles rabat-
- tues droites, ce qui donne lieu à la formation des boucles L, B,/.
- Le tricot, contrairement obtenu à celui repré-
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- il H IJ
- senté par la figure 183 et que donne le métier circulaire ordinaire, se compose de mailles tordues, figure ISA, que l’on obtient en torda nt 1 es boucles y1
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- Fig. —80.
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- Fig. 181.
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- Fig. 182.
- dans les becs des aiguilles pendant leur formation,
- servent ja, obtenir des mailles de cette espèce. La pointe nl s’étend d’abord au-dessus de la tige de l’aiguille, puis se replie vers le bas à côté de la tige de l’aiguille et vient par son extrémité se poser au-dessous de la rainure, n2' fraisée dans le bord inférieur de la tige de l’aiguille.
- Dans la figure 178, qui représente une coupe transversale d’un métier circulaire à mailles tendues, a désigne le corps rond de la machine, ce corps tournant sur la tige a1. Dans ce corps a sont logées les aiguilles n, qui y sont maintenues par les plaques m ; a est muni d’une couronne dentée r' servant à faire mouvoir la mailleuse par l’engrenager1. La mailleuse E se compose de l’axe e2 avec l’engrenage r1 et de l’anneau f qui porte les deux plaques e, e1,- celles-ci étant munies de fontes dans lesquelles peuvent être déplacées les platines S. E tourne sur des pointes dans les pièces d et dl fixées au support c. L’emboutie g, servant à déplacer les platines de cueillement s est maintenue sur l’étrier g1 de façon à prévenir tout déplacement par la vis g2, logée dans le support g, tandis que la bague d’arrêt e3 empêche g de se déplacer sur l’axe.
- Les plateaux s, figure 182, reçoivent un mouve-vement alternatif de rentrée et de sortie, vers l’ai-
- ces becs ayant une forme spéciale à cet effet. guille de l’emboutie g, et sont repoussés en haut
- La figure 181 représente une des aiguilles n, qui par l’excentrique x de manière à former les boucles
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- entre les aiguilles ; x est réglable pour pouvoir former des mailles plus ou moins longues et se trouve fixé sur l’équerre x1 qui, elle-même, est vissée sur la colonne e?2; d,1 est maintenu dans le support c; au deuxième bras ql de l’équerre xl est fixé, à position ajustable, le coulisseau de la roue" de pression q; pour la descente du tricot, on se sert des platines usuelles p.
- Les figures 179 et 180 représentent le mode de formation des mailles; les platines s viennent se placer au-dessous des aiguilles (figure 180, position 1) et sont déplacées vers l’intérieur; elles saisissent alors le fil v amené par le transporteur k (fig. 180, position 2) et le tirent entre les aiguilles pour former
- Fig. 183.
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- 185 et 187 représentent enl les mailles renversées à droite, et en 2 celles renversées à gauche. Pour l’exécution de ce tricot, il est nécessaire d’employer deux rangées d’aiguilles dont les crochets se font face; les rangées de mailles sont faites alternativement sur l’une et sur l’autre des deux rangées d’aiguilles; il faut en outre que le tricot soit transporté alternativement de l’une sur l’autre des séries ou rangées d’aiguilles.
- Pour faire effectuer automatiquement par le métier à tricoter lui-même, aussi bien la formation des mailles que le transport du tricot, on construit, ainsi que le font voir les figures 185 à 195 et 198, les aiguilles en deux pièces n et n, respectivement m et m1 ; l’aiguille proprement dite n (m) porte le crochet rigide 3 (3') et ces aiguilles sont isolément mobiles dans leurs supports a1 a10 (fig. 196), c’est-à-dire elles glissent dans des rainures pratiquées dans ces supports.
- Sur la tige de cette aiguille, tige qui est munie de s-t rainure à, li (fig.185), se déplace automatiquement
- les boucles. Les platines retournent alors en arrière, vers l’extérieur et tirent les boucles entre les pointes des aiguilles et les tiges de celles-ci. Les boucles sont ainsi tordues en rapport avec la courbure des pointes des aiguilles. Lorsque les platines sont arrivées dans la position à, figure 179, elles abandonnent les boucles par-dessus lesquelles sont rabattues les anciennes mailles par la pièce h (fig. 179) et au moyen des platines p.
- 3° Métier circulaire à maille renversée. — Le tricot à maille renversée de M. Terrot se compose de rangées de mailles renversées alternativement et régulièrement à droite, puis à gauche. Les figures
- Fig. 184.
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- mm
- le coulisseau ou partie recouvrante n1 (m1); ce coulisseau se termine en avant en forme de pointe et glisse en arrière sous un recouvrement 5 de l’aiguille n tandis que, par la partie restante, il est logé et glisse avec l’aiguille n dans une rainure commune du support a7, a10.
- Ces aiguilles et leurs parties recouvrantes sont posées sur deux couronnes excentriques a\ «10, figure 196 du métier circulaire; ai0 correspond au métier circulaire ordinaire tournant autour de l’axe a et portant les aiguilles et les platines d’abatage, tandis que a7 posé sur des galets 6 est maintenu centré par des galets 7 et reçoit simultanément avec a10 un mouvement uniforme de rotation au moyen des engrenages 61 et a8 et de l’arbre moteur b.
- Venant s’ajouter au métier circulaire uni ordinaire (a10 à a) on peut appeler cette couronne extérieure («7 avec ses dépendances), machine tricoteuse proprement dite à maille renversée. Cette machine (a7 et ses dépendances) est portée au moyen de aKa3 par le porte-système a1 fixé sur l’axe a.
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- La rangée d’aiguilles de la machine proprement dite est munie également de platines d’abatage q.
- Fig. 185.
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- Fig. 186.
- Fig. 188
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- Fig. 189.
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- R tt-'io
- Au-dessus des couronnes mobiles des aiguilleszzm (fig. 196), se trouvent les bagues d’excentriques c cl
- maintenues par c1 et zz1 et dans les rainures desquelles (fig. 197) sont guidées aussi bien les aiguilles n et m que leurs recouvrements m1 n1 ; il en 711 résulte qu’elles se déplacent longitudinalement pendant leur mouvement de rotation. Les figures 186 et 195 re-Fig. 185 biS' présentent les diverses positions des parties pendant la formation de deux rangées, Dans la figure 185, ce sont les aiguilles extérieures, c’est-à-dire les aiguilles de la machine qui sont engagées dans le tricot, c’est-à-dire qu’avec leurs recouvrements n1, elles ont pénétré, vers la droite, dans les mailles; le tricot est maintenu du côté droit (fig. 186 et 197), par des fers ou racloirs x qui l’y ont engagé. Un guide-fil f pose le fil dans les crochets 2. Maintenant chaque aiguille n revient isolément vers la gauche, son recouvrement zz1 reste en place (fig. 187), et finit par recouvrir le crochet 3 de l’aiguille, tandis que les platines, poussées par l’excentrique e au moment où elles passent au-devant de lui, font descendre le tricot w de dessus les aiguilles n?i, et forment ainsi une rangée de mailles en renversant le tricot sur la droite.
- Maintenant commence le transport du tricot sur les aiguilles mm1 de la machine proprement dite : jusqu’ici ces aiguilles étaient restées immobiles dans a10, d’où elles étaient à moitié dégagées; c’est pourquoi à partir de la figure 186, les aiguilles n se meuvent vers la droite, le tricot w est ensuite repoussé
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- par des racloirs a*1 (fig. 188 et 198), tandis que les recouvrements w1 s’avancent, c’est-à-dire pénètrent par leurs pointes dans les mailles du tricot. Les deux aiguilles n et m se meuvent simultanément vers la gauche (fig. 185 et 189). Les recouvrements restent en place et les platines q poussent le tricot de nl vers la droite, de sorte que les mailles sont transportées par-dessus les crochets 3 et 31, les crochets 31 venant s’y engager, et le tricot se trouve suspendu à la rangée des aiguilles m du métier (fig.
- 190). Des racloirs#2 (fig. 191 et 197) le repoussent en arrière sur ces aiguilles tandis que les aiguilles m et les recouvrements m' s’avancent vers la gauche, de sorte que le tricot w se trouve suspendu aux coulisseaux.
- Dès que le nouveau guide-fil f1 a posé le fil dans le crochet 31, ces crochets 31 retournent en arrière jusque sous les pointes du recouvrement m\ puis les platines p font descendre les anciennes mailles de m en les poussant vers la gauche (fig. 19*2) ; la nouvelle rangée de mailles est ainsi formée par le renversement à gauche.
- Ensuite a lieu le retour de m vers nl ; les aiguilles m se déplacent vers la gauche, le racloir #3 repousse le tricot sur les recouvrements m1 (fig. 192 et 193). Les deux aiguilles m et n se déplacent vers la droite jusqu’au-dessous des recouvrements restés immobiles ; les platines p repoussent le tricot w vers la gauche (fig. 19à) de sorte que les mailles glissent pardessus 31 et 3 pour venir tomber finalement dans les crochets 3. Le tricot se trouve alors de nouveau suspendu aux aiguilles n de la machine, et le travail
- recommence comme dans la figure 187. Les mécanismes de formation des mailles disposées dans les anneaux c c1 peuvent se suivre immédiatement les uns les autres, ainsi que l’indique la figure 197 ; il y a dans le cas plusieurs systèmes c ou c1
- Fig. 195.
- placés immédiatement les uns derrière les autres ; on obtient alors, non les systèmes 1 et l11, mais des systèmes 2 et 211 ou 1 et 2, etc., de tricot à maille renversée. Les excentriques ee1 etc., les racloirs xx etc., sont fixés aux anneaux fixes cc1 (fig. 196), et s’étendent par le bas aux places où les aiguilles ont été ramenées en arrière. Dans les métiers rectilignes les aiguilles n n1 m m1 sont dispo-
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- Fig. 191.
- Fig.’ 192.
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- Supplément a l’Industrie textile du 15 Juillet.
- sées suivant deux rangées droites, l’une à côté de l’autre, (fig. 198, 199, 200), tandis que les excentriques uu1 tt1) exécutent au-dessus d’elles des mouvements rectilignes de va-et-vient.
- Afin que le transport des mailles lors de la i
- course en arrière se fasse au bon moment, c’est-à-dire après la formation des mailles, les positions des triangles it1 (fig* 200), peuvent être réglées (ainsi que l’indiquent les lignes ponctuées) ; à la fin de chaque course, les leviers v viennent buter contre l’excentrique de la machine et déplacent ainsi t et tl. Les platines d’abatage font défaut ici ; les aiguilles entraîneront par conséquent leurs crochets jusqu’en arrière du bord du taquet o qui, aux endroits voulus, descend jusque sur les recouvrements.
- La forme des aiguilles est la même que pour les métiers circulaires ; cepen -dant, ainsi que l’indique la figure 198, le crochet ne devra pas venir plus bas que l’arête inférieure de la tige de l’aiguille, afin que cette aiguille puisse être ramenée dans les guides de la plaque ou logements (fa10-, les triangles uu (fig. \ 99), qui déterminent cette rentrée au moment de la descente des mailles, peuvent être réglés suivant que le trico-
- tage doit être plus ou moins serré. D’ailleurs il est possible de construire les métiers circulaires sans
- Fig. 198.
- Fig. 199.
- Fig. 200.
- Fig. 201.
- platines (de descente) et les métiers rectilignes avec platines ; — c’est-à-dire que les deux disposi-
- ii. — 25® Fascicule.
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- tions que nous venons de décrire peuvent être échangées.
- !i° Métier circulaire pour étoffes vanisêes. — On
- face de devant à l’intérieur du métier. Lorsque b reste toujours en arrière de a, l’étoffe présente sur toute sa face antérieure la couleur du fil b. Lorsque certaines mailles doivent avoir une couleur différente,
- Fig. 202 bis.
- obtient des étoffes de tricot vanisé, lorsqu’on amène aux aiguilles e d’un métier, figure 503, deux fils « et b l’un derrière l’autre; les platines 1, 2 forment avec ces fils deux boucles, la boucle d’arrière b vient se poser sur la face antérieure de l’étoffe et en haut, car cette étoffe, montée sur le métier, présente sa
- c’est-à-dire former un dessin, les positions des fils a et b devront être échangées entre elles, et b être posé sur l’aiguille en avant de a, puis y être ensuite cueilli. Ce changement de position du fil b par rapport
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- au fil a est déterminé, dans ce métier, automatiquement par les platines des mailleuses, et cela suivant un dessin donné.
- Dans ce but, la mailleuse renferme en dehors du dispositif ordinaire d’un corps p, calé sur son axe m et muni de deux plateaux-guides qr dans les fontes
- 2
- 1
- 2
- 1
- 2-
- M:
- Z
- 1
- Fig. 203.
- radiales desquelles se meuvent les platines 1, 2, et dans le but de déplacer des platines longitudinalement, non pas un seul disque excentrique s comme c’est le cas actuellement, mais deux de ces excentriques s et m reliés l’un à l’autre et montés par leur moyeu s' sur l’arbre m, tandis qu’une vis g les
- Fig. 204.
- b\ \CL
- encore dans la direction 7 (fig. 202) et avant de pénétrer dans la rangée des aiguilles c, et cela de la manière suivante :
- Les platines 1 (fig. 203) saisissent toujours par 3 et A les deux fils a b et en forment des boucles, de telle sorte que a soit par derrière b et que la maille ainsi produite reçoive le fil a sur le devant et en haut. Les platines 2, qui alternent avec les platines 1 d’une manière quelconque, sont retenues un peu en arrière, dans leurs guides y et u (fig. 20A et 20 A bis), et saisissent avec leur entaille 5 avant leur entrée dans la rangée des aiguilles, c’est-à-dire environ dans la position 2 (fig. 202), le fil antérieur b seul (fig. 203). Ce bord ou guide u est muni en cet
- Fig. 205.
- empêche de tourner. Quelques-unes des platines 1 sont guidées par leurs entailles x (fig. 20A et 20A bis), sur le bord de l’excentrique s, et d’autres 2 par les entailles y sur le bord de u. Toutes les platines ont des nez de cueillage 3, A et 5 (fig. 20A et 20A bis) et saisissent les fils « et A pendant qu’elles se meuvent
- endroit, 2 à 1 (fig. 202) d’une courbure u (fig. 205), et ramène par conséquent toutes les platines 2 pendant leur mouvement dans la direction 7, brusquement d’une certaine quantité vers l’intérieur du métier, ou par-dessus les aiguilles vers l’arrière, de telle sorte que celles-ci, avant d’arriver à la couronne c des aiguilles, déplacent par-dessus le fil a le fil b (fig. 203) saisi en 5 (fig. 20A) pour poser ce fil b en arrière de a sur les aiguilles et pour former ensuite une boucle avec le fil A en 5 et le fil a en 3. Les mailles préparées par ces platines 2, portent ainsi le fil A sur le devant et en haut; elles auront la. couleur de ce fil, tandis que les mailles préparées par 1 auront la couleur du fil a. Suivant la distribution des platines 1 et 2 dans la mailleuse, il est donc possible, comme l’indique la figure 202 bis, de poser sur certaines aiguilles le fil a en arrière de b, et sur d’autres A en arrière de a. En réalité, le fil a (fig. 20A et20A bis) conserve toujours pendant ce temps sa position, et c’est A seul qui change la sienne; les platines lie cueillent avec l’entaille A en avant de a, tandis que les platines 2 le font passer au-dessus du
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- !
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- fil a et en arrière de celui-ci. Dans le cas le plus simple, on peut produire de cette manière dans l'étoffe des bandes longitudinales colorées, lorsque le métier ne renferme qu’une mailleuse semblable dans laquelle le nombre des platines est contenu un nombre de fois entier dans celui des aiguilles du métier; mais on peut aussi obtenir des dessins quelconques de la même manière que les dessins faits au moyen
- des roues de presse, lorsqu’on calcule le nombre des platines par rapport à celui des aiguilles du métier, comme on le fait de la manière ordinaire pour le calcul de la roue de presse pour des dessins donnés, et en choisissant la série des platines 1, 2, suivant un dessin ou modèle, de la même manière que les rides et les dents de la roue-presse.
- Mais, omme on peut employer des mailleuses
- o
- CC* C
- Fig. 206.
- d’un diamètre plus grand que celui des roues-presses, la variété des dessins que donnent leurs périphéries est aussi plus grande que celle des dessins obtenus à la roue-presse.
- 5° Appareil faisant automatiquement des rayures horizontales de toute largeur et de deux à six couleurs différentes (dans le tissu des métiers circulaires). — Jusqu’aujourd’hui le tricotage par l’emploi successif de fils diversement colorés, pour
- la fabrication d’articles à rayures circulaires, n’avait été essayé qu’en arrachant ou en coupant le fil achevé et [en introduisant un fil nouveau de façon que le commencement du nouveau fil passât plusieurs aiguilles simultanément avec le bout de l’ancien fil ; ces deux fils sont liés par frottement dans les mailles doubles ainsi produites.
- M. Terrot expose un appareil à rayures circulaires disposé de manière que le nouveau fil soit noué solidement à l’extrémité de l’ancien fil préalablement
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- Fig. 207.
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- coupé ; on procède en général de la manière suivante : $
- Le croquis figure 210 représente le parcours du fil depuis la bobine S jusqu’aux aiguilles N.
- Le fil à employer 1 passe de la bobine S dans un œillet o-, forme une boucle l1, en passant pardessus les galets I, II, III; puis, après avoir tra-
- versé un œillet Y, arrive à*un fil métallique formant ressort ri, qui y produit une boucle allongée 1* ; la tension du ressort est telle qu’il conserve, en marche normale, sa position la plus élevée ri, de façon à ce que le fil puisse librement continuer son chemin en passant par VI et VII, pour arriver jusqu’aux aiguilles N. Pendant ce parcours, le deuxième fil 2,
- Fig. 210.
- dont le travail va commencer, a été amené en 2* sous forme d’une boucle entourant la boucle T, de sorte que les deux boucles sont engagées l’une dans l’autre. Lorsque le changement de fils doit avoir lieu, la plaque y vient s’appuyer contre 1, III, maintient le fil I, et le métier en tricot la partie 1* réservée jusqu’à présent, ce qui détermine naturellement l’abaissement de ri.
- Pendant ce temps, la boucle 2* 1' (qui est clairement figurée dans la figure 217) est serrée fortement
- de manière à former le nœud, tandis que le fil 1 est tranché entre I et II ; il en résulte que lorsque y s’éloigne, le fil 2 noué au fil 1 continue d’abord à passer sur III, pour être ramené ensuite par une disposition spéciale sur II et I, tandis qu’o2 s’éloigne pour être remplacé par o2*.
- La figure 207 représente l’appareil nécessaire appliqué à un métier circulaire français ; ce métier renferme les quatre parties connues, le porte-aiguilles circulaire N1 portant les aiguilles N et le
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- disque P calé sur l’axe A. Le nouvel appareil à | nouer est constitué par la partie située au-dessus
- de r3 et allant jusqu’en S; les autres figures représentent cette partie plus distinctement.
- La couronne dentée r3 (fig. 209), qui est montée sur N, met en mouvement l’axe r5 par l’intermé-
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- diaire de r1, rr4; l’axe r5 est relié à l’axe r8 par la languette r9, qui vient simplement s’engager dans
- Fig. 215.
- Fig. 214
- Fig. 217
- Fig. 216.
- la rainure r6, de sorte qu’en cet endroit l’appareil peut facilement être enlevé. Enfin r10, r11 communiquent le mouvement de rotation à l’arbre à excen-
- trique w; c’est sur cet arbre que prennent naissance presque tous les mouvements de l’appareil lorsquer11
- est relié à la roue w1 au moyen du crochet w3 (fi g. 213) ; r11 est monté fou surir, tandis que iv1 y est calé.
- Lorsqu’un fil quelconque 1 (fig. 208) est engagé dans la machine, l’appareil à nouer reste en marche jusqu’à ce qu’il ait enroulé, sans le serrer, le fil suivant 2 (fig. 208) autour du fil 1 ; w3 est alors soulevé pour être dégagé de w1, l’appareil s’arrête, et le métier fait tourner à vide les roues r1 àr11 (fig. 209) et tricote le fil 1. Lorsque doit avoir lieu le changement de fil et que le nœud doit être serré pour travailler avec le fil 2, certaines parties de l’appareil sont embrayées par le disque échantil-lonneur ou disque compteur M (fig. 206) ; le nœud est serré,
- ......puis le fil est
- tranché. Plus tard, wi (fig. 213) est de nouveau engagé dans w1, et la] formation de la boucle non serrée commence en vue du changement suivant.
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- termine ce mouvement de rotation , d’abord d’une petite quantité arrière
- par l’intermédiaire de a? et de xix2x3xi, puis en avant par x2 x% xk x* et qui contrôle ainsi le doigt x1 par la saillie xi, du côté droit. Le support s des bobines est entraîné dans ce mouvement de rotation par le ressort [ (fig. 212), en suivant lentement k dans le
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Juillet.
- sou ressort, comme l’indique la figure 217, mais non lorsqu’il en est dégagé par le bras précédent k3. Gomme dans la figure 209, un levier u (fig. 212 et 218), dégage k1 k2 au moment voulu.
- Pendant le travail régulier du lil 1 (fig. 207), le
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1 889.
- but d’éviter des chocs. Par l’œillet o'2, chacun des bras A1 porte un fil qu’il maintient entre o1 o1 (fig. 217), lorsqu’un deuxième bras k2 est pressé contre k1 par
- La formation de la boucle et ensuite le serrage du nœud et le changement de fils se font de la manière suivante
- Le bâtir7 (fig 208 et en vue de côté fig. 209) porte en haut le support k1 des bobines, lequel peut tourner autour de l’axe Z1, et porte autant de bobines que le disque k (fig. 209) a de bras (dans le dessin on en représente six). En temps voulu, le disque k, par l’intermédiaire d’une roue à rochet avec cliquet xi xs (fig, 209), reçoit un mouvement de rotation correspondant à une divi sion des bobines ou des bras k1, k' (dans ce cas 1/6 de tour) ; le reste du temps il est maintenu en position par l’engagement de x (fig. 206) dans l’entaille o de k. C’estledisqueiü6 (fig. 206) qui dé-
- d
- ig. 217.
- Fig. 217 bis.
- Fig. “218.
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- fil descend de o2 en suivant le parcours indiqué par la fig, Ie.
- Un bras porte-fil a (lig. 206, 209, 212 et 219 à 222) amène un nouveau fil et entoure le premier sans le serrer ; a porte deux pinces qui sont maintenues fermées par des ressorts (fig. 219), et sont ouvertes (fig. 221) au moyen d’un levier e (fig. 212) qui est introduit dans ces pinces par e 8 e 9 (fig. 213). Le bras a amenant le fil peut tourner sur le levier ei (fig. 212), qui est tiré à gauche par fl et repoussé à droite par x8 ; il effectue donc un mouvement de va-et-vient en s’élevant et en s’abaissant en même temps, car il est guidé par le galet v (fig. 206), qui roule dans une rainure du disque u.
- Ce bras porte-fils a se déplace maintenant vers la
- Fig. 219.
- gauche (fig. 212 et 218) pour aller saisir un nouveau fil 2 suspendu à o!; u ouvre k%, la pince en u se ferme et le bras a se déplace vers la droite en entraînant 2 sous les galets II (fig. 219), puis se relève en arrière de ce galet où il reste maintenu par un levier d’arrêt a (fig. 221).
- Un crochet d (fig. 213, 214, 219 à 222) saisit l’extrémité du nouveau fil et, la pince du bras a ayant été ouverte, le crochet conduit le fil 2 de la manière indiquée par les figures 219 à 222, tout autour de la boucle l11. Le crochet reçoit les mouvements nécessaires à cet effet de la manière suivante :
- La tige d du crochet traverse la plaque oscillante d1 (fig. 217), ainsi qu’une fente transversale du coulisseau d2 (fig. 217, 213 et 214) et une fente longitudinale di pour venir passer dans une rainure d6 dans laquelle sa position peut être réglée. Le coulisseau d2 reçoit un mouvement de va-et-vient du levier d3 et de l’excentrique wG (fig. 206 et 209) ; il agit sur d transversalement par rapport au parcours du fil ; le coulisseau dk est déplacé par d“ (fig. 213) et déplace d
- en suivant le parcours du fil ; enfin d est soulevé et abaissé par d8 d? (fig. 213 et 214).
- Les joues de la pince (haut de la figure 214) sont maintenues fermées d’ordinaire par un boulon engagé dans d et que tend à relever un ressort ; elles s’ouvrent
- Fig. 220.
- Fig. 221.
- Fig. 222.
- lorsque l’extrémité du levier des joues (fig. 214 à gauche) rencontre en haut une des équerres di0 (fig. 212), pendant que d se déplace transversalement par rapport au fil(fig. 221 et 222), puis, en arrière,le crochet d tourne de 180 degrés, car dans la position dans laquelle il est représenté (fig. 211), il est relié dans la fente longitudinale d!k à une pièce guide d9;
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- ce guide d pendant son mouvement dans la fente, engrène avec quelques dents d’une crémaillère de façon à tourner de 180 degrés.
- La boucle 2* (fig. 219 à 222) est ainsi formée, et elle est provisoirement maintenue écartée de l’ancien parcours du fil par deux cornières métalliques.
- Dans la dernière position (fig. 222) d s’abaisse jusqu’à ce que la pince ouverte du bras a saisisse le fil 2; les deux pinces de a se ferment maintenant et toutes deux maintiennent le fil 2, c’est-à-dire les deux extrémités de la boucle 2* qu’il vient de former.
- Après cette opération, un coulisseau u3 (fig. 212) rencontre par sa partie i le crochet w3 qu’il soulève pour le dégager de m1 et opère par conséquent le débrayage de l’appareil à nouer qui se trouve arrêté.
- Seuls le disque échantillonneur et le disque comp-teurM (fig. 200) continuentàtourner sur lacouronne N1 des aiguilles (fig. 208) sous l’action de m1 m2 agissant sur une saillie, ainsi que cela a été mentionné ci-dessus. Sur sa périphérie, ce disque porte plusieurs pièces de tôle formant des saillies diversement espacées. Lorsqu’une de ces pièces vient butter contre l’extrémité gauche du levier m3 (fig. 200), le bras droit de celui-ci s’abaisse, et le frein y devenu libre vient s’appuyer fortement sous l’action d’un ressort contre les galets I III et, arrêtant ainsi la marche du fil 1 (fig. 209, 215), oblige le métier à travailler la partie disponible 1* (fig. 217 c) du fil.
- En même temps le bras m3 (fig. 200 à gauche) écarte de n3 et le guide-fil n1 qui jusqu’ici prenait appui sur n3, mais qui maintenant est facilement soulevé par la tension d’un ressort n2 peut s’abaisser sous la tension du fil résultant de l’emploi de 1* (fig. 206).
- Dès que y se déplace vers la gauche (fig. 206) le levier b2, qui jusqu’ici était maintenu par y, devient libre; il se relève vivement sous l’action d’un ressort pour prendre la position de la figure 211, et relâche ainsi (fig. 219 à 222), au moyen du galet II qu’il porte, la boucle 1, 1 qu’il finit par laisser tomber. Le levier b3 (fig. 212) soulève, au moyen de b3, b4, le levier d’arrêt a, ce qui rend libre le bras a qui peut alors être ramené à gauche, par le ressort f ; comme ce bras maintient la nouvelle boucle 2* entourant l’ancienne 1, 1, ces deux boucles seront réunies en un nœud (fig. 216) solidement noué par traction (fig. 215 et 217 bis). Mais le brasc/ revient à gauche, il soulève le bras gauche du levier c (fig. 215) et met ce levier c hors de prise d’une cheville du levier long s'.
- Ce levier s' sous l’action de ce ressort Z3 (fig. 209), amène aussitôt sa tête s2 auprès du nœud qui vient d’être formé; cette tête porte deux paires de ciseaux qui saisissent les deux parties postérieures du fil (2, 1 de la figure 215) ; sous l’action d’une manivelle et d’une came s3, ces ciseaux se ferment et par conséquent tranchent les fils 2, 1.
- Le levier / (fig. 215) oscillant vers l’avant repousse au moyen d’un piton le bras k3 vers la gauche, jusqu’à ce qu’il ait rendu libre A2; sous l’action de son ressort, k2 oscille en se rapprochant de son bras k1, et le frein y étant de nouveau desserré, il ramène en arrière le fil 1 qui vient d’être tranché en arrière, et le maintient entre o’ o' (fig. 217). Le levier s' (fig. 208) en se déplaçant vers l’avant a fait mouvoir la plaque u3 (fig. 212) au moyen d’une cheville s3, de manière à ce que cette plaque ait rendu libre le levier e3; celui-ci est repoussé à gauche sous l’action de son ressort f - contre e, de façon à ouvrir la pince en a et à ouvrir en même temps le frein y auquel il est relié par e3 e4, de manière à éloigner ce levier de I, III. Pendant le déplacement de u3 qui vient d’être mentionné, et rend libre le crochet w3 ; celui-ci tombe dans les crochets de w' et l’appareil à nouer se trouve de nouveau embrayé avec le mouvement du métier. L’excentrique w6 (fig. 208) se met à tourner, déplace au moyen de d3 d3 dv (fig. 217) le levier s' avec ses ciseaux et le ramène en arrière jusqu’en g (fig. 215) qui l’y arrête.
- Une saillie du disque soulève alors le bras b9 (fig. 212) et abaisse le levier b2 au moyen deb\ b3; ce levier est alors de nouveau maintenu par y.
- Le disque k se met alors à tourner de la manière déjà décrite, et le fil 2 qui est en train d’être tricoté passe de la position de la figure 217 à celle qui est représentée en pointillé figure 218; provisoirement il ne fait que s’appuyer contre les galets III et IL Enfin le galet III du levier b7 replie le fil dans la position exacte de la boucle en le passant par-dessus III, II et I, ainsi que le représente en lignes pleines la figure 218. Dans ce but, le levier b7 est monté sur un axe vertical b8 (fig. 213 et 218), cet axe porte une petite roue b6 (fig. 213 et212) aveclaquelle engrène une crémaillère b5 qui reçoit son mouvement d’un levier b", mû par un excentrique w3 ; le galet III effectue ainsi le mouvement oscillant indiqué par la figure 218.
- Il entraîne avec lui le fil 2 (représenté en pointillé), passe par-dessus le galet I, car l’extrémité arrière b7 ou b, bn (fig. 210) passe pendant la rotation sur une
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- saillie élastique des deux bras b' du bâti, s’abaisse de nouveau en arrière de I et revient en arrière en passant devant I (il ne passe donc pas par-dessus I), car pendant ce retour, l’extrémité b, b7 passe à côté de la saillie élastique. Le galet 1III effectue donc la pose exacte du fil 2 autour du galet I, et le parcours normal du fil est rétabli. Par la nouvelle rotation de l’arbre w (fig. 206) n5 appuie sur nG et amène le grand fil n1 dans sa position la plus élevée. Ainsi que cela a déjà été mentionné ci-dessus, le porte-fil a a été ramené à gauche par son ressort f (fig. 212) mais seulement jusqu’à la rencontre de c2 et de e1 ; mais par cette nouvelle rotation de w, les leviers eG, eG poussent de côté l’arrêt e1, de sorte que a continue son mouvement de retour pour aller chercher le fil suivant. Alors commence la formation de la boucle pour le nœud suivant. Le porte-fil a pendant son retour a relevé le bras droit de q (fig. 215), et par conséquent il a repoussé q contre le boulon de s' afin de maintenir celui-ci ainsi que cela a été indiqué ci-dessus ; le coulisseau d} d1 n’a plus besoin de maintenir s', mais est devenu libre pour participer au mouvement de la pince d pour la formation de la prochaine boucle.
- Il ressort de ces explications que la formation de la boucle se fait lentement pendant le parcours normal du fil, et que les parties nécessaires à cet effet prennent leur mouvement sur l’arbre à excentrique w (fig. 208), qui lui-même prend son mouvement sur le métier, mais le rouage proprement dit, c’est-à-dire le serrage du nœud et le tranchage du fil se font très rapidement. Pour ces opérations, les parties ne sont actionnées que par des ressorts dont le déclanchement est déterminé par un appareil échantillonneur ou compteur M; ce n’est que pendant ce serrage que la réserve 1* du fil est employée, réserve qui ne pourra jamais être considérable. Des ciseaux k représentés figure 226, et dont le mouvement provient également de l’arbre w', coupent en o' les extrémités du fil dépassant par trop; il n’y aura donc que des extrémités courtes, celles qui devront être saisies par la pince du porte-fil a.
- Matériel de bonneterie, exposé par M. Buxtorf, de Troyes.
- L’exposition de M. Buxtorf peut être considérée, avec la précédente, comme la plus complète de la Galerie des Machines; elle se compose de toute une série de métiers à bonneterie sur lesquels sont
- appliqués la plupart des perfectionnements qui depuis plus de trente ans ont été imaginés par cet excellent constructeur. Les plus récents, sur lesquels nous nous bornerons à attirer l’attention de nos lecteurs, sont le Jacquart électrique et le système de désembrayage et. casse-fds automatiques.
- 1° Jacquart électrique. — On sait que pour produire des articles façonnés sur le métier à tricoter, la position des deux guide-fils doit varier suivant le trait du dessin à reproduire, de telle sorte que le fil, qui jusqu’à présent formait la rangée des mailles intérieures, soit déplacé de façon à former la rangée des mailles extérieures.
- Dans ce but on n’a employé jusqu’ici que des procédés purement mécaniques pour faire exécuter aux guide-fils les mouvements voulus. Chaque nouveau dessin exige presque toujours des dispositions nouvelles très coûteuses, et sur les métiers circulaires par exemple, où le nombre des dessins est très limité, il n’est pas possible d’exécuter des dessins quelconques.
- Dans l’invention de M. Buxtorf les mouvements que doivent exécuter les guide-fils pour produire les changements voulus de fils sont produits par un courant électrique. Ce sont les propriétés particulières aux aimants qui offrent ici les meilleurs moyens utiles. Entre le guide-fil et une roue-gabarit actionnée par le métier en question, ou entre ce guide-fil et une chaîne ou un rouleau formant patron ou modèle, on intercale un électro-aimant dont l’action, contrôlée par le patron du dispositif, fait mouvoir les guide-fils de la manière voulue pour faire varier leurs positions respectives.
- Comme cette invention est de la plus grande importance pour des métiers circulaires, aussi bien que pour des métiers rectilignes, nous allons exposer son application à ces métiers.
- Les figures 223, 225, 227 et 228 des dessins ci-contre sont des vues de côté, et les figures 224, 226 et 229, des vues en plan correspondantes.
- Dans les figures 223 et 224 nous avons représenté les parties qu’on rencontre dans un métier circulaire français. Deux fils / et f' sont amenés aux aiguilles par deux guide-fils, F et F', de forme aussi plate que possible et la roue mailleuse p tire sur ces fils pour opérer la formation des boucles.
- Les guide-fils F et F' sont disposés de façon à pouvoir glisser l’un sur l’autre ; ils sont fixés à des tiges verticales l V qui traversent des douilles A, et
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- sont reliés par des engrenages r et r' et placés sous l’action de deux ressorts à boudin s s; ceux-ci tendent toujours à faire tourner les guide-fils F F' dans
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- Fig. 223.
- laroue modèle G qui en est solidaire. La roue modèle G est métallique etest munie d’entailles c correspondant au dessin que l’on veut obtenir ; ces entailles c restent vides ou bien sont garnies d’une masse ne conduisant pas l’électricité. La disposition des fils conducteurs est telle que, aussi longtemps que la pointe de contact K se trouve engagée dans l’entaille c, ou glisse sur la matière isolante
- une même direction, tandis que par la rotation des roues r r\ ces guide-fils se meuvent en sens contraire pour échanger leurs positions.
- Pour obtenir un changement de position, il suffit que l’une des deux tiges II' seulement soit mise en rotation. Ceci se fait au moyen de l’électro-aimant R qui attire son armature a dès que le courant est fermé ; a oscille alors autour de son axe a, tandis que l’autre extrémité a2 du levier exerce une traction sur la tige#. Gomme b attaque le petit bras d! (fig. 224) de la tige l'cl' fera tourner V et les deux guide-fils FF' changeront de position par rapport aux aiguilles, par suite de la rotation de leurs axes. Les deux fils ff formeront des mailles doubles, c’est-à-dire que nous obtiendrons un article façonné,
- L’électro-aimant R peut être mis en action par les moyens les plus divers suivant le genre d’article que l’on désire obtenir.
- Dans les figures 223 et 224 l’engrènement d’une roue T avec les aiguilles n du métier, détermine la rotation de cette roue T, et par conséquent celle de
- Fig. 224.
- de celle-ci, les ressorts ssr influencent les guide-fils FF'; mais dès que K vient en contact avec la masse métallique de la roue modèle, le courant électrique est fermé, l’électro-aimant fait tourner la tige ce qui détermine une rotation en sens inverse
- Fig. 225
- des deux guide-fils qui changent de position par rapport aux aiguilles, de telle sorte que le fil qui servait à former les mailles antérieures sert maintenant pour celles de derrière.
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- Les figures 225 et 226 représentent une disposition analogue du métier circulaire, mais le contrôle de l’électro-aimant R y est fait au moyen d’une chaîne modèle (chaîne de Yaucanson).
- fermeture du courant afin de faire jouer les guide-fils à l’aide de l’électro-aimant.
- Dans les figures 228 et 229, est indiquée une dispotion dans laquelle l’électro-aimant, et par suite les
- Fig. 228.
- I
- Fig. 226.
- Le mouvement du métier fait mouvoir la roue Y qui porte cette chaîne modèle M. Aussitôt que les saillies m de la chaîne viennent en contact avec la pointe K, le courant est fermé, et il en résulte par conséquent un changement de position des guide-fils FF' dû au concours de l’électro-aimant R.
- Fig. 227.
- La figure 227 indique comment, à l’aide d’une espèce de roue de pression E, un certain nombre d’aiguilles de la rangée n sont abaissées et viennent en contact avec la pointe K, déterminant ainsi la
- Fig. 229.
- guide-fils, sont actionnés par un rouleau en cylindre. Sur la périphérie d’un cylindre Y est gravé ou imprimé de quelque façon que ce soit le dessin qui doit être reproduit sur l’article à tricoter. Le cylindre Y reçoit un mouvement de rotation par l’intermédiaire d’un engrenage T engrenant avec la rangée d’aiguilles n. La pointe de contact K est en contact avec le pas de vis g d’une tige g' ce qui permet, en faisant tourner cette tige g\ de faire aller et venir longitudinalement la pointe sur le cylindre. La rotation de cette tige g' est dérivée d’une manière convenable du mouvement du métier lui-même. Le dessin est : soit rempli d’une matière isolante, le restant du cylindre Y étant métallique ; soit inversement.
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- Dans tous les cas la disposition devra être telle que la pointe K ferme et ouvre alternativement le
- position, et le dessin du cylindre modèle est reproduit plus en grand, dans l’article. Jusqu’ici il
- Fig. 233.
- Fig. 231.
- courant lorsque, par suite de la rotation du cylindre Y, et par suite de son propre mouvement d’a-
- Fig. 232.
- n’était pas possible d'obtenir sur un métier des dessins quelconques, la composition de ces dessins dépendant toujours du nombre des aiguilles. Cet inconvénient est complètement supprimé par la disposition des figures 228 et 229.
- Ce qui ci-dessus s’appliquait à un métier circulaire, peut également être étendu à toutes sortes d’autres métiers, pour obtenir des dessins quelconques, ce que nous allons démontrer par quelques autres exemples.
- Les figures 232, 233 et 23A représentent un’métier mécanique rectiligne pour articles courants dont la disposition générale est connue, et qui ici est muni
- Fig. 234.
- vancement, il passe par-dessus le dessin. A l’aide du système de variation électrique des fils d’après de l’électro-aimant les guide-fils changent alors de l’invention qui nous occupe. Les guide-fils reçoivent
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- par paires FF' les fils ff' de couleurs ou de matières différentes. Les guide-fils F et F' peuvent être disposés de telle sorte que les électro-aimants RR les
- fassent mouvoir en sens inverse par l’intermédiaire des armatures aa, de manière à leur faire échanger leurs positions comme dans le métier circulaire de
- Fig. 236.
- la figure 223, ou bien l’on rend fixe un guide-fil et on fait mouvoir seulement l’autre. Dans tous les cas la disposition doit être telle que la position des fils ff'
- Fig. 237.
- sur les aiguilles soit renversée lorsque les électro-aimants RR sont excités. Sur le bâti du métier est fixé un cylindre modèle Y établi tel que celui qui a été expliqué, figure 228. Au moyen d’une roue à
- rochet r, le cylindre Y reçoit après la formation de chaque maille un mouvement de rotation. A la tige A du guide-fil est reliée la pointe K, de sorte qu’à chaque mouvement de va-et-vient h, ainsi que le demande le caractère particulier du métier, la pointe K parcourt le rouleau Y longitudinalement.
- Fig. 238.
- K est ainsi amené alternativement en contact avec des parties conductrices et des parties non conductrices du rouleau Y, ce qui a pour effet de fermer et de rompre alternativement le courant.
- Par conséquent l’électro-aimant influencera, en concordance avec le dessin du rouleau Y, les guide-
- Fig. 239.
- fils de façon à varier la position des fils ff' sur les aiguilles, ce qui permet d’obtenir des articles façonnés. Ces dessins peuvent encore être obtenus par des moyens autres que le cylindre modèle Y indiqué ici. Ainsi, d’après la figure 230, on pourrait faire passer un modèle ou chaîne sans fin M pardessus un rouleau w, ce rouleau recevant un mou-
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- vement intermittent d’un mécanisme à rochet r, tandis que la pointe K actionnée par la règle des guide-fils reçoit un mouvement de ya-et-vient dans la direction longitudinale du cylindre w. Dans la figure231, la pointe K va et vient en glissant sur une règle métallique s garnie de parties non conductrices. Contre le fond métallique de s vient se poser une roue E qui, à sa périphérie, est munie de parties conductrices et de parties non conductrices E étant mis en rotation par un mouvement à rochet r, et K recevant sur s un mouvement de va-et-vient, le dessin correspondant résulte de l’action combinée de E et de s. Il est évident que d’après le mode de construction du métier on pourra choisir les dessins les plus convenables,
- — pour les électro-aimants la position voulue, — et la manière la plus simple de communiquer aux guide-fils leurs mouvements. Ainsi les figures 235 et 236 représentent la disposition d’un métier à tricoter du coton. Lorsque l’armature a fait tourner le guide-fil E autour du point x le guide-fil F', qui est relié à F par la vis y, tournera autour du point x en sens inverse de manière à renverser les positions des fils.
- Les figures 237 et 238 représentent les guide-fils appliqués à un métier.
- Lorsque l’armature a fait tourner le guide-fil F vers la gauche autour du point x, le levier y oscille vers la droite et celui-ci déplace le guide-fil F' vers la droite, renversant ainsi les positions des fils.
- Les exemples présentés font voir d’une manière suffisante de combien de manières différentes peut être 'exécutée la présente invention. 11 n’y a sans doute aucun métier dans lequel cette disposition ne serait pas d’un emploi avantageux.
- Nous avons supposé jusqu’ici que le véhicule du modèle porte exactement dans sa longueur tout le dessin qui doit être reproduit sur l’article. Il était par conséquent nécessaire de reproduire le dessin dans la longueur du porte-modèle autant de fois qu’il devait paraître dans la largeur de la pièce à tricoter. 11 en résultait un prix élevé pour le porte-
- modèle, ceci peut être évité par l’emploi de la présente invention. Celle-ci permet de reproduire le dessin un nombre de fois quelconque dans la largeur de l’article à tricoter.
- A cet effet, on dispose dans les supports un plus grand nombre de pointes de contact qui sont amenées par le mouvement de la machine les unes après les
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- Fig. 240.
- autres par-dessus le porte-modèle. Les supports se meuvent sur une règle sans fin et repassent indéfiniment par le même chemin au-dessus du porte-modèle. Pendant leur passage par-dessus ce dernier, les pointes de contact viennent s’intercaler dans le circuit pour déterminer, ainsi que cela a été décrit, le changement de fils à l’aide des électro-aimants.
- Dans nos dessins cette nouvelle disposition a été représentée appliquée à un métier circulaire français. La figure 239 est une vue de côté avec coupe partielle, la figure 239 est une vue en plan et la figure 2Û0 une coupe transversale suivant#' #2. Le cylindre modèle Y reçoit un mouvement de rotation
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Juillet.
- il — 27e Fascicule.
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- intermittent au moyen d’une cheville Z1 plantée dans la couronne des aiguilles et qui vient régulièrement frapper contre un bras Z' faisant ainsi tourner la vis sans fin Z2, la roue Z3 et par suite le cylindre Y. Par l’intermédiaire d’engrenages rr et d’une chaîne r2, ce mouvement est transmis aux supports K' munis des pointes de contact K, ces supports se mouvant dans une voie sans fin S. Chaque fois que les pointes de contact viennent glisser par-dessus le cylindre Y, elles viennent frapper contre la règle métallique S et forment ainsi un circuit électrique. Ces supports et leurs pointes de contact venant en nombre quelconque passer les uns après les autres sur le modèle, le même dessin sera répété plusieurs fois dans l’article à tricoter.
- On voit de suite que dans d’autres métiers le mouvement des supports K' devra être obtenu d’une manière différente, ce qui ne présentera pas de difficultés, car ce mouvement pourra facilement être dérivé de n’importe quel organe tournant de la machine.
- Les compteurs ordinaires de tous genres que l’on emploie permettent de supprimer et de faire revenir les styles au contact des cylindres pendant des durées variables suivant les bossages et les creux des excentriques du compteur. On obtient ainsi des effets intermittents et des rayures différentes interrompant les dessins des cylindres et laissant revenir à des périodes voulues.
- Ajoutons à ce que nous venons de dire que l’un des métiers munis du Jacquart électrique, figurant dans l’exposition de M. Buxtorf, était porteur d’une petite tondeuse circulaire, avec deux disques tournants qui coupaient pendant la marche l’extrémité des boucles et formaient ainsi imitation de velours.
- Un autre de ces métiers était muni de gratteuses, pour tirer à poil et produire le tissu peluche.
- 2° Désembrayage et casse-fils automatiques. —-Voici dans quels termes un excellent rapport de M. Edouard Simon à la Société d’encouragement définit cette invention :
- « On sait que, sur les métiers circulaires, tous les organes concourant à la production du tube ou manchon de tricot, sont groupés autour d’un plateau supérieur dit porte-système.
- « M. Buxtorf suspend au-dessous du porte-système, par l’intermédiaire de galets, sur ce plateau fixe, un cercle très léger concentrique à l’axe du métier. La circonférence extérieure du cercle est munie de chevilles radiales en nombre égal à celui des casse-fils ; la même pièce reçoit un bossage ou excentrique
- horizontal, situé à un milimètre environ du désembrayage proprement dit.
- « Si un fil casse, le pantin qui s’y trouve accroché (ou appuyé plutôt) tombe entre les vis des plaques d’aiguilles ; tout aussitôt le métier, en tournant, fait, légèrement et sans effort, pivoter le casse-fils, lequel, déplaçant ainsi la cheville correspondante du cercle, fait tourner ce dernier de la quantité strictement nécessaire pour que le bossage déjà mentionné pousse le levier de désembrayage, le dégage et occasionne ainsi l’arrêt spontané du métier. Aussitôt l’arrêt produit, une lame de ressort, fixée, d’un bout, sur le porte-système, appuyée, de l’autre, contre unegoupillevissée dansl’épaisseurdu cercle mobile, ramène cet anneau au point de départ.
- « Le casse-fils est dit indépendant, parce qu’il peut obéir à de légères variations de tension, sans occasionner un désembrayage inopportun et surtout parce que le pantin très léger supporté par le fil reste toujours en équilibre instable, pendant le fonctionnement du métier.
- « Une maille simplement « coulée » (échappée de l’aiguille) aussi bien qu’im trou dans le tricot, un simple tirage de fl, une aiguille chargée, occasionnent, comme les ruptures de fil (par l’intermédiaire d’un dispositif analogue à celui du casse-fils) la chute d’un pantin agissant sur l’une des goupilles du cercle désembrayeur.
- « Le principe du nouveau désembrayage repose donc sur l’intervention d’un cercle continu apte à recevoir, en tous les points circonférenciels du porte-système, l’action immédiate des casse-fils ou autres révélateurs et à la transmettre avec une rapidité comparable à celle des électro-aimants, par suite d’un déplacement excessivement faible d’une pièce mobile. »
- Quelques fabricants se plaignaient de ce que, malgré son ingéniosité, l’invention de MM. Radiguet et Lecène dont nous avons parlé plus haut était coûteuse et exigeait des soins tout particuliers. Le système essentiellement mécanique et tendant au même but imaginé par M. Buxtorf a du moins l’avantage d’écarter ces inconvénients.
- Matériel de bonneterie, exposé par M. Bonnamy, de Saint-Just-en-Chaussée.
- L’exposition de M. Bonnamy, constructeur à Saint-Just-en-Chaussée, comprend un certain nombre de types de métiers à bonneterie dont il est l’inventeur, et notamment un métier circulaire à côtes anglaises
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- pour faire les gilets de chasse et les camisoles à taille, un métier à faire les bérets, et un métier pour la fabrication des chaussons proportionnés et foulés. Ces divers modèles sont bien connus et assez anciens. Mais l’originalité du matériel exposé réside dans une invention que nous trouvons appliquée à un métier circulaire à côte et qui permet de faire automatiquement les ourlets ou parties de tissus repliés qui terminent l’extrémité des bas et empêchent le tricot de se défiler.
- Cette question préoccupait depuis fort longtemps les constructeurs et les fabricants. On était parvenu à faire un ourlet avec quatre rangées de mailles; mais il fallait arrêter les métiers pour déplacer certaines pièces et faire certaines opérations à la main. Ce n’était pas là le grand inconvénient; quelques minutes de plus ou de moins dans la confection d’une paire de bas n’avaient pas grande importance. Ce qui rendait cet ourlet mauvais, c’est qu’il n’avait aucune élasticité. Cette qualité est cependant indispensable aux tricots ; aussi beaucoup de fabricants ne faisaient pas d’ourlets sur les métiers. Ils repliaient le tissu à côtes sur lui-même et faisaient une couture ; c’était grossier, disgracieux, en même temps que coûteux. Cet inconvénient nuisait à l’extension de l’article bas sans couture. Le système exposé obvie à tous ces inconvénients et produit une marchandise parfaite et très économique comme main-d’œuvre.
- Pour faire le tissu à côtes il faut deux fontures, l’une avec des aiguilles horizontales et l’autre avec des aiguilles verticales. L’invention de M. Bonnamy pour faire les ourlets consiste à supprimer à un moment donné l’action des aiguilles horizontales. Le métier continuant à tourner, les aiguilles verticales prennent seules du fil et produisent une partie de tissu sans côtes d’une longueur quelconque. Quand on remet les deux fontures d’aiguilles en fonction ensemble pour produire le tissu à côtes ordinaires, la portion de tissu sans côtes se trouve reliée au tissu à côtes et produit un grand ourlet très élastique, parfaitement solide et peu épais puisqu’il est formé de deux tricots simples. La longueur de la jambe de bas et celle de l’ourlet est déterminée par une chaîne Vaucanson placée derrière le métier. Cette chaîne avance d’une maille à chaque tour du métier. On place sur cette chaîne des taquets qui produisent la séparation et la réunion des deux fontures au moment voulu. Il y a par conséquent à la chaîne autant de mailles qu’il y a de tours dans la jambe et dans l’ourlet du bas. On comprend que
- pour faire une jambe plus longue, il suffit de rallonger la chaîne ; de même pour l’ourlet ; — de sorte que l’ouvrier n’a pas à s’occuper du changement et qu’on fait au bout l’une de l’autre un nombre indéfini de jambes avec leur ourlet.
- Comme tout s’enchaîne dans l’industrie, la confection de ces ourlets mécaniques a été facilitée par une autre amélioration importante apportée aux métiers circulaires avec aiguilles automatiques à crochet et que nous relevons également ici.
- Dans les métiers circulaires pour mailles unies ou à côtes servant à la fabrication des articles de bonneterie, l’emploi de l’aiguille automatique à crochet nécessite un tirage ou traction très énergique sur le tissu pour que la maille soit bien formée et que le tissu ne remonte pas avec les aiguilles quand elles viennent à sortir des peignes. Ce tirage énergique, produit par un enrouloir quelconque, est très souvent nuisible pour l’emploi des fils durs ou de qualité inférieure ; il rend aussi impossible la réalisation de certains dessins produits par des mailles combinées. Pour obvier à cet inconvénient, M. Bonnamy a imaginé d’insérer entre chaque rangée d’aiguilles des platines mobiles qui à un moment donné viennent s’appuyer sur le fil ; les mailles se trouvant prises sous le bec de ces platines, les aiguilles peuvent se relever sans entraîner le tissu avec elles. La retenue constante des mailles du tissu permet de tricoter sans aucun tirage. C’est le perfectionnement qui a permis de faire d’une manière aussi solide l’ourlet automatique et d’une longueur quelconque.
- Ajoutons que pour terminer le bas, on coupe le tube de tricot tout près de l’ourlet. Des ouvrières reprennent un certain nombre de mailles suffisant pour la largeur du talon ; puis on porte le bas sur un métier rectiligne qui tricote ce talon. Ensuite on fait un nouveau remontage maille à maille avec la partie du tissu restée libre et les deux côtés du talon. On transporte ce remontage sur un trosième métier rectiligne dit métier à pieds qui termine le pied en faisant automatiquement les diminutions nécessaires pour former le bout du pied. Il ne reste plus qu’à faire la couture et à mettre les bas en forme poulies rendre prêts à la vente.
- Matériel de bonneterie, exposé par M. H. Dégag eux, de Troyes.
- Les machines de cette exposition sur lesquelles nous avons surtout à attirer l’attention sont un bobi-
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- noir cylinclro-conique et une remailleuse à poinçons mobiles.
- Bobinoir. — La maison Dégageux expose un métier de préparation. C’est un bobinoir cylindro-conique genre Buxtorf, à broches indépendantes verticales, pouvant assembler quatre fds et offrant ceci de particulier qu’on peut y commencer une bobine, alors que les autres sont [à des périodes plus ou moins avancées : avantage évident sur les anciennes machines dans lesquelles la levée des bobines se fait d’un seul coup, alors que ces der-
- Fig. 241.
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- 50DÉIp0';
- rmm
- nières sont plus ou moins remplies. Cet effet est produit par un petit appareil de déplacement automatique appartenant à chaque broche et assurant à chacune d’elles un semage indépendant et différentiel, en même temps qu’un compresseur à pivots permet de serrer le fil sur la bobine sans tension spéciale. On gagne par cette disposition un temps considérable, car les bobines pleines sont enlevées simultanément sans entraver en rien la marche de la machine. Les fils venant de fusées passent en outre dans un épurateur réglable et sont ainsi débarrassés de toute impureté ou grosseur.
- Remmaillcusc. — Nous relevons également dans le matériel exposé une remmailleuse circulaire à six poinçons mobiles, marchant au pied, pour le remontage à la maille des bords-côte, bouts de pied, talons, goussets, revers, et pour toutes les coutures des extrémités de tricots. Cette petite machine, que nous
- avons représentée figure 241, fait la couture dite à l’anglaise qui, en raison de son élasticité et de sa solidité, est très avantageuse pour le fourrage des bas et des chaussettes à lisière.
- — M. H. Dégageux expose en outre quatre métiers circulaires marchant au moteur, et munis de débrayages et casse-fils électriques ou mécaniques ; — un métier à h grandes mailleuses et chaîneuses pour jersey uni ou fourré; — un métier à h petites mailleuses, produisant toutes les bordures désirables pour l’article piqué, uni ou gaufré ; — un métier à h petites mailleuses et chaîneuses pour jerseys, avec garde-laine; — et un métier à 4 petites mailleuses et 10 chaîneuses pour tricot à dessin en fourré.
- Materiel de bonneterie, exposé par M. Hantz-Nass, de Rechèsy.
- Cet exposant s’est spécialisé dans les machines à tricoter à la main. Ce que nous relevons de plus ingénieux dans son exposition est un système de peignes extensibles pour métiers tricoteurs à fontures rectilignes opposées et à aiguilles self-acling ou à palettes articulées,— un appareil permettant dédoubler, mouliner et retordre les fils pendant le travail sur les métiers à tricoter, — et divers autres perfectionnements dont nous allons parler.
- 1° Peignes extensibles. — Cette application a pour but principal de permettre de tricoter tous les genres de bas et chaussettes, avec partie unie et partie à côtes, d’un bout à l’autre, sur le même métier, c’est-à-dire sans qu’on soit obligé, après que la partie à côtes a été achevée, de les reporter, — au moyen de l’opération connue sous le nom de re-broussage, — sur un second métier, dit métier à pied, où l’on achève le bas ou la chaussette en uni tubulaire. 7
- La construction de ce système de peignes extensibles est montrée ici, à titre d’exemple, dans son application au tricotage des bas sur la tricoteuse Lamb.
- La figure 242 est une vue de face d’un peigne extensible de'ce même système, et la figure 243 en est une vue de côté.
- Le peigne extensible consiste essentiellement en une série de poinçons AA, terminés à une extrémité par une partie a repliée ou recourbée et percée d’un chas 4, et fixés en leur milieu à des bras B B consti-
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- tuant un réseau de losanges articulés. Chacun, des bras B B est articulé par ses extrémités à deux bras voisins, disposés en sens inverse, et par son milieu à un autre bras qui le croise.
- Les pivots d’articulation cc sont venus avec des œils, à travers lesquels passent les poinçons AA, et qui servent à guider ces poinçons lorsqu’on développe le peigne, c’est-à-dire lorsqu’on écarte les poinçons AA, — comme on le voit, par exemple, sur la figure 244, — ou lorsqu’on les resserre, c’est-à-dire lorsqu’on rapproche les poinçons AA entre eux.
- Pour se servir de semblables peignes dans le tricotage des bas au métier Lamb à deux fontures rectilignes opposées et à aiguilles selfa-cting, on procède comme suit.
- Supposons que les lignes pointillées MN'etM'N
- Fig. 242.
- même les mailles se trouvant sur la portion de fonture m o ;
- à0 Enfin, à l’aide d’un quatrième peigne, on prend les mailles qui se trouvent sur les aiguilles de la portion de fonture n o ; — (on a ainsi pris sur quatre peignes toutes les mailles de la moitié de gauche du métier) ;
- 5° Développant ensuite le troisième peigne, on répartit les mailles saisies par les poinçons de ce peigne sur les aiguilles de la portion de fonture o' n, et d’une certaine partie de l’élément de fonture mV, par exemple, sur les aiguilles de l’étendue de fonture m" o ;
- 6° Puis, prenant le quatrième peigne, c’est-à-dire celui qui porte les mailles qui, précédemment, se trouvaient sur la portion de fonture n o, on répartit ces mailles par développement du peigne sur les aiguilles laissées vides dans l’élément de fonture no' et la partie m n';
- 7° Tournant ensuite les peignes qui ont saisi les mailles des éléments de fontures m n et nin', de 180 degrés, on les développe et on accroche les
- de la figure 245 représentent les deux fontures d’une tricoteuse Lamb On commence par tricoter à plat la partie du bas qui devra être à côtes, c’est-à-dire la partie supérieure delà jambe. Lorsque cette partie à côtes est achevée, on approprie de la manière suivante le métier au tricotage tubulaire, c’est-à-dire à mailles unies.
- 1° On enlève les mailles qui se trouvent sur les aiguilles de la portion ou élément de fonture m, n, au moyen d’un des peignes extensibles, en les accrochant aux poinçons de ce peigne ;
- 2° Au moyen des poinçons d’un deuxième peigne, on enlève, de la même manière, les mailles des aiguilles de la portion ou de l’élément de fonture m' n ;
- 3° Prenant un troisième peigne, on prend de
- mailles y suspendues aux aiguilles de l’élément de fonture no et d’une partie m"n de la portion de fonture m n, en ayant soin de faire alterner les mailles d’un peigne avec celles de l’autre.
- Les mailles qui se trouvaient sur les moitiés de gauche m o et m o' des deux fontures, se trouvent par conséquent reportées sur les éléments de fontures m'" o et m" o, les mailles étant alternées, sur chacun de ces éléments, avec celles qui précédemment se trouvaient en regard, d’une fonture à l’autre.
- Pour la droite du métier, c’est-à-dire les moitiés de fonture opq et o'p'q', on refait les mêmes opérations, de telle sorte que les mailles réparties précédemment pour le tricotage à plat sur les fontures mq et m'q' se trouvent maintenant réparties sur les portions de fonture m" p" et m p en se présentant de manière à former un tube, c’est-à-dire le tout étant prêt pour permettre de continuer le tricotage en tube avec mailles unies, en faisant les rangées successives de mailles alternativement sur une fonture et sur l’autre, c’est-à-dire en travaillant alternativement d’une fonture à l’autre.
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- On achève alors le bas ou la chaussette par la méthode ordinaire, bien connue de tous les bonnetiers, et on coud les lisières de la partie à côtes tricotée à plat.
- Au lieu d’être disposés sur des losanges articulés, les poinçons de report et d’élargissement ou de rétrécissement dont il est fait usage, pourraient être
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- Fig. 245.
- disposés sur une surface plate ou courbe pourvue de rainures ou de guides saillants divergents.
- Sur les figures 246 et 247 nous avons représenté, à titre d’exemple, une surface courbe, en forme de tube D, pourvue de rainures divergentes EEE dans lesquelles sont guidés les poinçons de report et de développement des mailles.
- Ces rainures EE ont la forme d’hélices à écartement progressif, c'est-à-dire que l’intervalle existant entre deux rainures voisines, va en augmentant d’une extrémité à l’autre de ces rainures.
- Les poinçons AA sont guidés dans ces rainures EE par leur queue recourbée d, et près de sa queue, chaque poinçon est adapté à un galet e, pouvant glisser sur le support H fixé au tube à rainures ou cylindre-came D.
- Les avantages résultant de l’application de ces peignes extensibles aux tricoteuses Lamb nous paraissent être les suivants :
- 1° Ils procurent une économie de temps pour la fabrication des bas et des chaussettes; — (le temps nécessaire pour faire une chaussette se trouve réduit d’au moins quart) ;
- 2° Us suppriment les déchets considérables qui résultaient du transport de l’article commencé sur un métier à un autre métier destiné à l’achever.
- 2° Appareil à doubler, mouliner et retordre les fils pendant le travail. — Cet appareil permet de
- doubler, mouliner, retordre, etc., les fils pendant le travail de tricotage sur les métiers à tricoter de tous genres. Par son adaptation aux métiers à tricoter, les fils tricotés sur ces métiers sont doublés, moulinés et retordus au fur et à mesure qu’ils sont cueillis par les aiguilles, ce qui permet de produire soit des tissus présentant un aspect de chiné, de mouliné ou de perlé, soit simplement des tissus à double face ou bien vanisés.
- L’appareil consiste essentiellement en un tube vertical dont l’extrémité inférieure vient se loger dans le trou du guide-fil des métiers actuels, et dont l’extrémité supérieure est pourvue d’un pignon permettant d’imprimer audit tube un mouvement de ^2^ -d- rotation alternatif, pendant que le conducteur déplace -e le guide-fils d’un bout à l’autre du métier. Ce tube est muni à son extrémité inférieure d’un cloisonnement séparant les fils entre eux et ayant en outre pour effet de produire la torsion des fils en les faisant participer au mouvement de rotation du tube.
- Les dessins ci-contre montrent, à titre d’exemple, l’application de cet appareil à une tricoteuse Lamb.
- Les figures 248 et 249 montrent en plan et en vue de côté une tricoteuse Lamb munie de l’appareil, et les figures 250 à 259 représentent à part ces divers éléments constitutifs.
- Fig. 247.
- Fig. 248.
- un
- 11 consiste dans un tube métallique A jouant le rôle de guide-fils et venant se placer dans le trou de guide-fils M des métiers actuels. Ce tube, représenté à part enîélévation coupe et en plan par lesfigures 250 et 251, estpourvu à sa partie inférieure d’un cloisonnement a, qui peut être formé soit par des fils, droits ou courbes, rayonnant autour d’un point central comme on le voit sur les figures 250 et 251, droits ou
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- courbes, rayonnant autour d’un trou central, comme le montre la figure 252.
- A son extrémité supérieure, le tube A peut présenter un cloisonnement semblable pour faciliter l’enfilage des fils à travers le tube. Un pignon B couronne, en outre, l’extrémité supérieure dudit tube.
- Ce pignon engrène avec une roue dentée G fixée sur un axe vertical D, vu à part,
- figure 253, reposant dans des Fig. 253.
- supports EE' fixés au conducteur du guide-fil. Le support E, Fig- 250-représenté à part par les figures 254 et 255, sert en même temps de soutien pourle tube A tandis que le support E', vu à part, 12
- figures 256 et 257, guide simplement l’arbre D à sa partie supérieure. Sur l’extrémité supérieure de l’axe D est fixé le pignon G (fig. 253), logé entre Fig. 252.
- grène jamais qu’avec l’une des crémaillères hh h'K • Les brins de fils de couleurs différentes que l’on veut tricoter sur le métier viennent d’un râtelier de bobines, pourvu des organes tendeurs ordinaires et passent à travers le tube guide-fils A.
- Lorsque le conducteur F du guide-fils se déplace d’une extrémité à l’autre du métier il entraîne l’ar-
- Fig. 258.
- Fif. 251.
- H
- H
- Fig. 254.
- 1 ig. 250.
- Fig. 249.
- deux barres parallèles HH' portant des crémaillères hh h'h' et placées sur des supports K K adaptés au métier. Les figures‘258 et 259 représentent à part les barres HH' et un de leurs suppports. Les crémaillères hh de la barre H alternent avec les crémaillères h'h' de la barre H', et la disposition des barres HIT est telle que le pignon G peut engrener avec les crémaillères de ces barres. Les crémaillères h h de la barre H alternent avec les crémaillères h'h! de la barre H', le pignon G n’en-
- Fig. 257.
- bre D et le tube A, et le pignon G roulant sur les crémaillères h h h!K reçoit un mouvement de rotation alternatif qui est transmis au tube guide-fils A, de sorte que les brins de fils de couleurs différentes sont tordus alternativement dans un sens et dans l’autre, entre les aiguilles N et le cloisonnement inférieur a du tube A. Les aiguilles cueillent ainsi pendant la formation d’une même rangée de mailles un fil formé de plusieurs brins tordus alternativement de gauche à droite et de droite à gauche.
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- On obtient de cette manière des tissus formés de fils constitués par des brins de couleurs différentes, c’est-à-dire présentant, selon le degré de torsion de ces brins, des aspects de chiné, de mouliné ou de perlé.
- 11 est évident que le rapport des diamètres de roues dentées B, G et G peut varier suivant le travail que l’on veut obtenir.
- Si l’on veut faire simplement des tissus à double face ou vanisés, le tube A n’a plus besoin de tourner sur lui-même. Pour cela, il suffira alors de supprimer la communication entre le tube guide-fils A et les crémaillères hh, h'li\ soit en retirant les barres H H de leurs supports, soit en retirant le pignon G ou de toute autre manière. Dans ce cas on n’aura évidemment que deux fils de couleurs ou de qualités différentes formant, l’un l’endroit, l’autre l’envers du tricot.
- En supprimant une partie des crémaillères hh, h'h' de manière à ne faire tourner le tube A que pendant une partie de sa course d’un bout à l’autre du métier, on pourra combiner les effets de chiné, de mouliné ou de perlé avec des effets d’uni, de rayé ou de quadrillé.
- Perfectionnements divers. — Lorsqu’on tricote en rond ou en tubulaire sur les machines à tricoter actuelles, système Lamb et autres, les cames d’ascension sont montées et descendues alternativement, à la fin de chaque course de chariot, par la butée d’une gâchette adaptée à ces cames, contre des heurtoirs qui sont fixés aux lits d’aiguilles et limitent la course du chariot. Ces heurtoirs sont établis de telle manière que, si le chariot arrive à une extrémité de sa course, ils font monter la came d’ascension d’un côté du métier et descendre celle du côté opposé, tandis qu’ils produisent les mouvements inverses de ces cames à l’autre extrémité de la course du chariot.
- Cette construction offre l’inconvénient d’exiger une course du chariot supérieure à la longueur des fontures sur laquelle a lieu le tricotage, ce qui occasionne, à chaque course du chariot, une perte de temps qui est d’autant plus appréciable que l’on tricote des articles moins larges sur des machines à fontures plus étendues. De plus, les déplacements répétés que l’on doit faire subir aux heurtoirs, lorsqu’on tricote des articles proportionnés (diminués ou élargis), entraînent à des arrêts fréquents de la
- machine, ce qui réduit encore la production de cette dernière. Enfin la rencontre des gâchettes des cames d’ascension contre les heurtoirs occasionne un bruit désagréable et tend à amener des dislocations dans la machine.
- Nous relevons dans les divers types de machines exposées par M. Hantz-Nass, un perfectionnement qui consiste essentiellement dans la construction des cames d’ascension avec un appendice triangulaire, susceptible de s’effacer pour laisser passer la came au-dessus des talons des aiguilles, lorsque le chariot se déplace dans un sens, tandis que, dans la course en sens inverse du chariot, la came
- ifltnnwni
- Fig. 260.
- d’ascension passe en dessous des talons des aiguilles et soulève par conséquent ces dernières.
- La figure 260 montre une portion d’un côté du chariot d’une tricoteuse Lamb, pourvu de cette nouvelle came d’ascension.
- Les figures 262 et 263 représentent respectivement des coupes transversales du chariot suivant la ligne X de la figure 260, montrant l’appendice triangulaire de la came dans ces deux positions.
- Comme on le voit sur ces figures, la came d’ascension, placée entre les deux cames de chute AA, est formée de deux parties B,C. La partie B, de forme à peu près trapézoïdale, est adaptée à la plaque-support D des cames par une vis a et un tourillon-guide b, susceptibles de coulisser dans une rainure c de la plaque D. Un ressort à boudin E, fixé d’une part au tourillon b et d’autre part au chariot de la machine, tend à tirer la portion de came B constamment vers le bas. La partie triangulaire C de la came d’ascension est fixée à une tige F
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- T
- terminée par un bouton d et, à l’endroit où se trouve cette partie G de la came d’ascension, la plaque-support D est pourvue d’une ouverture H dont la forme correspond à celle de la pièce C, de manière à permettre à cette dernière de venir s’effacer dans l’épaisseur de la plaque D.
- Le bord latéral e de la partie c de la came d’ascension se trouve un peu en saillie sur le bord f de la partie B de cette même came, afin d’empêcher la pénétration des talons g g... des aiguilles GG... entre ces deux parties B et G, lorsqu’elles se trou-
- Fig. 261. v
- Fig. 262.
- Fig. 263.
- vent au même niveau, comme par exemple dans la figure 262.
- Les pièces triangulaires GG sont disposées inversement des deux côtés du chariot, c’est-à-dire que, si la pièce G est disposée à l’une des cames d’ascension, à droite de la pièce B, elle se trouve à gauche de cette même pièce à l’autre came d’ascension.
- Lorsque les deux parties B et G de la came d’ascension se trouvent au même niveau en saillie sous la plaque D (fig. 262), le tricotage à côtes à lieu comme à l’ordinaire, c’est-à-dire comme si la came d’ascension n’était formée que d’une seule pièce triangulaire, puisque le ressort E applique la partie B contre la partie G retenue par la tige F. Les cames de chute soulèvent alors les aiguilles GG... par leurs talons g g... de chaque côté de la machine, que le chariot se déplace dans un sens ou dans l’autre, les aiguilles des deux fontures opposées travaillant simultanément. Mais, si l’on veut tricoter en tubulaire ou en rond, il faut que les aiguilles des deux fontures opposées travaillent successivement,
- c’est-à-dire qu’il faut que les aiguilles d’une fonture fonctionnent lorsque le chariot se déplace dans un sens et que les aiguilles de l’autre fonture fonctionnent lorsque le chariot se déplace en sens inverse. On devra alors déplacer la portion triangulaire G de chaque came d’ascension dans la position indiquée sur la figure 263, de manière à faire rentrer complètement cette pièce G dans l’ouverture H de la plaque D pour qu’elle ne puisse plus arriver en contact avec les talons g,g... des aiguilles GG... Ce déplacement a lieu au moyen dû bouton d adapté à la tige F.
- Les pièces G étant ainsi rentrées dans les plaques D (fig. 263), si le chariot se déplace dans le sens
- Fig. 264.
- indiqué par les flèches hh, les aiguilles GG... de la fonture, représentée sur la figure 260, sont soulevées à leurs talons g,g... par le bord i de la partie B de la came d’ascension correspondante, tandis que les aiguilles de la fonture opposée ne sont pas soulevées, c’est-à-dire ne travaillent pas; si ensuite le chariot revient en sens inverse, les aiguilles de cette dernière fonture sont soulevées par le bord i de la came d’ascension correspondante, tandis que les aiguilles de la fonture représentée surlafigure260ne fonctionnent pas, c’est-à-dire ne sont pas soulevées par la came d’ascension de ce côté du chariot, puisque les talons de ces aiguilles, étant rencontrés par le bord incliné j de la partie B de la came d’ascension, soulèvent cette pièce B en agissant en sens contraire du ressort E et en la faisant glisser sur la plaque D où elle est guidée par la vis a et le tourbillon b, de telle sorte que la pièce B se trouve soulevée de ce côté du chariot, pendant toute la course de ce dernier, en sens inverse des flèches hh.
- Pour tricoter à plat des tissus unis, sur une tri-
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- xi. — 28e Fascicule.
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- coteuse pourvue des cames d’ascension décrites, on devra à l’une des fontures masquer la pièce C dans la plaque D (fîg. 263), et y maintenir la pièce B soulevée. Ce soulèvement de la pièce B peut avoir lieu au moyen d’un verrou L convenablement guidé et retenu au chariot, et pourvu d’une surface inclinée t qui, lorsqu’on déplace le verrou, agit sur la tête de la vis a, de manière à soulever la vis a et la pièce B y adaptées. On pourrait aussi opérer ce soulèvement de la pièce B au moyen d’un clou, d’une tige ou d’un outil quelconque que l’ouvrière introduirait dans le chariot sous la pièce B de la came d’ascension; dans ce cas la pièce B serait maintenue soulevée par une goupille qu’on introduirait à travers le chariot.
- Lorsque la pièce C se trouve en saillie sous la plaque D, c’est-à-dire au même niveau avec la pièce B et les cames de chute de A A (fig. 262), elle est maintenue dans sa position par le bouton d appuyant sur la surface extérieure m du chariot. Pour amener la pièce C dans la position indiquée figure 263, c’est-à-dire pour la rentrer dans la plaque D, il suffit de soulever le bouton d, en faisant glisser l’ergot latéral n de la tige F dans une rainure correspondante o du chariot, et de tourner légèrement ce bouton avec sa tige F, de manière à faire appuyer l’ergot n sur la surlace extérieure du chariot et à maintenir ainsi la pièce G dans sa position. La pièce G ne pouvant pas tourner dans l’ouverture triangulaire II de la plaque, l’assemblage de cette pièce avec la tige F doit être tel qu’il permettra la rotation de cette dernière sans entraîner la pièce G. Pour cela, il suffit de terminer la tige F par un renflement p et de former la pièce G de deux parties réunies par vissage et entre lesquelles le renflement p se trouve inséré.
- Il est évident qu’au lieu d’être triangulaire l’appendice G de la came d’ascension pourrait être de forme rectangulaire, comme cela est indiqué sur la figure 261.
- Enfin la came d’ascension pourrait aussi être fixée d’une manière invariable sur la plaque-support D et comporter dans ce cas deux appendices G B (fig. 264). Dans ce cas, l’appendice C, au lieu de s’effacer dans la plaque support D, serait articulé à une extrémité de la came d’ascension et viendrait se loger contre celle-ci, comme cela est indiqué en traits pleins sur la figure 264, lorsqu’on veut tricoter en rond. A l’autre extrémité de la came d’ascension serait en outre articulé un appendice B, ne pouvant pas être tourné en dessous de la came d’ascension, mais pouvant être tourné vers la came de chute voisine.
- Lorsqu’on tricote en rond, les appendices C et B de la came d’ascension fixe sont dans la position indiquée en traits pleins sur la figure 264. Si alors le chariot se déplace dans le sens des flèches h'h\ les aiguilles GG... de la fonture indiquée sur la figure 264 sont soulevées, tandis que, dans la course en sens inverse du chariot, ces aiguilles GG... ne sont pas actionnées par la came d’ascension, puisque celle-ci passe au-dessus de leurs talons g g... qui déplacent l’appendice B en le poussant dans le sens de la flèche r pour le tourner autour de son point d’articulation t. Quand le chariot se déplace alors à nouveau dans le sens des flèches K h', les talons g g... d es ai guilles GG... descendues par la came de chute, ramènent l’appendice B dans sa position indiquée sur le dessin.
- Si on veut faire des tissus à côtes sur une machine à tricoter avec cames d’ascension à deux appendices CB, il suffit d’amener l’appendicè G dans la position indiquée en ponctué sur la figure 264 et de le maintenir dans cette position par une goupille traversant le chariot et le trou v dudit appendice. Pour tricoter à plat des tissus unis, il suffit de descendre les deux cames de chute AA.
- Naturellement on pourrait aussi combiner l’appendice G indiqué figures 260 à 263, et pouvant rentrer de bas en haut dans la plaque D avec l’appendice supplémentaire B qui ne peut tourner que dans un sens, comme cela est indiqué sur la figure 264.
- Métier à tricoter sur chaîne sans trame, exposé par M. Arthur Paget, de Longliborough.
- On sait toute la difficulté que présente la fabrication mécanique de la bonneterie de soie. Gette difficulté est telle que pour produire du tissu extra-fin en ce genre, par exemple des bas à jour ou de fantaisie, on a longtemps été obligé de se servir exclusivement des anciens métiers à la main, dits français, qui produisent peu il est vrai, mais permettent d’exécuter les travaux les plus compliqués et les plus variés ; les métiers mécaniques de leur côté ne s’appliquant qu’aux articles pour lesquels ils ont été créés.
- Mais si l’on peut fabriquer aujourd’hui le bas de soie sur des métiers mécaniques, fonctionnant généralement à la vapeur et faisant automatiquement les diminutions—opération très délicate, cet article se tricotant sur des 26 et 28 fin — il est bon de se rappeler que ces métiers ont été créés primitivement en Hollande par le constructeur Paget. Aujourd’hui les métiers Paget, perfectionnés par divers
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- mécaniciens, se construisent en France et en | et probablement aussi la plus usitée après celle-ci} Angleterre. L’inventeur, de son côté, construit dans son usine de Longhborough le métier de son invention, auquel il a apporté de valables per-fectionnements en l’appliquant notamment à la fabrication des sorties de bal, essuie-mains à franges, corsages de dames, etc. Il l’a exposé dans la section anglaise.
- Nous croyons devoir, en raison de l’importance de cette machine, devoir nous y arrêter avec quelques détails.
- Nous ne pouvons du reste mieux faire, pour donner à nos lecteurs une idée de ce métier, que d’en traduire la description faite par l’inventeur lui-même à l’Institut des ingénieurs mécaniciens de Nottingham, et que voici :
- « II existe, dit l’auteur, trois méthodes générales ou trois principes pour la production des tissus ou étoffes composés avec des fils.
- « La plus connue et la plus usitée de ces méthodes est celle du tissage ordinaire avec une chaîne et une trame, la chaîne courant longitudinalement dans le tissu, et la trame transversalement.
- «La méthode la plus connue après la précédente,
- fig. 265. — métier a tricoter sür chaîne sans trame, de m. paget (Vue supérieure.)
- est le tricotage ou l’entrelacement d’un fil comme
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- dans les articles tricotés à la main tels que : bas, chaussettes, gilets, caleçons et autres articles généralement portés sous d’autres vêtements. Quelquefois, dans certains métiers, on fait du tricotage avec plus d’un fil, et ce qu’on obtient alors est comme, un entrelacement de fils de trame tricotés en allant et venant, en travers de la longueur du tissu, sans qu’aucun fil de chaîne y coure longitudinalement.
- « Enfin, la méthode la moins connue, et probablement aussi la moins usitée des trois, est le tricotage sur chaîne, c’est-à-dire l’entrelacement d’un certain nombre de fils de chaîne tissés, ou tricotés ensem-
- Fig. 276.
- <sec?A.B.
- Fi G. 268-69.
- a Jg Fig. 266. Fig. 270.
- Sec?C.D.
- Fig. 275
- on B. F.
- Fig. 267.
- Fig. 271.
- Fig. 277.
- Fjg. 278.
- Fig. 272.
- Fig. 279
- Fig. 273.
- Fig. 274
- ble dans le sens de la longueur du tissu, sans l’emploi d’aucun fil de trame qui y coure transversalement.
- « Les étoffes tissées à la façon ordinaire sont produites, sur une certaine largeur, en longueurs parallèles ; elles doivent donc être subséquemment coupées, — suivant des profils déterminés par des patrons, — pour former des articles de vêtement ou tous autres articles de forme spéciale que l’on peut désirer obtenir. Jusqu’à présent, la seule méthode connue permettant d’obtenir des tissus profilés pendant leur fabrication, c’est-à-dire des tissus pour articles de vêtement et autres analogues, a été le tricotage ; dans cette méthode, les tissus sont profilés, ou, suivant l’expression technique : proportionnes, par certains moyens pratiques, dont nous n’avons pas à nous préoccuper. — On en trou-
- vera la description dans une communication faite par M. Paget à l’Institut des ingénieurs-mécaniciens, tenue à Nottingham en 1870, et qui a été insérée dans les comptes rendus de ladite année, page 127.
- « On verra, par ce qui va suivre, que des tissus proportionnés comme il vient d’être dit peuvent maintenant être obtenus sur des métiers-chaîne à bonneterie ; et c’est un de ces métiers, modifié et perfectionné dans ce but, qui fait l’objet de la présente note.
- Dans ce métier perfectionné, les fils sont travaillés, tissés ou entrelacés par l’action directe de trois organes ou opérateurs essentiels pour chaque fil disposé suivant la largeur du tissu à produire, et au moins un opérateur additionnel comme crochet et comme aiguille.
- Par suite, si le métier comporte, par exemple, une chaîne de \ ,000 fils, pour tisser l’étoffe la plus simple et la plus courante, il y aura 1,000 passettes, 1,001 aiguilles et 1,001 crochets.
- Tous les fils de chaîne à tisser sont ordinairement enroulés sur une ensouple de la manière habituellement employée pour former une chaîne destinée aux métiers à tisser les plus usités. Cette ensouple est soutenue par un axe reposant dans des paliers au-dessus du métier à chaîne perfectionné; ou bien,
- — dans quelques cas, et comme il sera dit ci-après,
- — les fils sont pris directement sur les fuseaux, cônes ou bobines, dont le renouvellement est fait par la personne qui conduit le métier.
- Chaque fil de chaîne est tiré vers le bas, et s’engage dans et à travers une passette. Dans les figures 276 à 279, les opérateurs essentiels sont représentés dans cinq positions différentes de leur cycle.
- Chaque passette au repos est placée à égale distance entre les tiges des aiguilles, et cela de chaque côté, de telle sorte que la partie inférieure des lèvres ou orifices inférieurs de la rangée des passettes soit juste — et seulement juste — au-dessus de la partie supérieure des tiges de la rangée des aiguilles ; par là on voit que, lorsque la rangée des passettes se meut transversalement, par exemple, vers la
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- gauche, sur la rangée des aiguilles et en travers de celle-ci d’une quantité exactement égale à la distance qui sépare les axes de deux aiguilles contiguës, chaque fil sera amené en travers de la tige d’une aiguille et sur cette tige.
- A ce moment, les aiguilles se meuvent en arrière ou reculent d’une quantité telle que la pointe du bec de chaque aiguille passe sur le fil amené sur la tige de ladite aiguille.
- Le bec de chaque aiguille reçoit alors le coup de
- Fig. 280.
- presse qui le fait rentrer dans la cavité correspondante ménagée dans la tige de ladite aiguille (comme il sera dit ci-après), de telle sorte que la pointe du bec de chaque aiguille passe sûrement dans et à travers la maille du tissu qui se trouve sur la tige de l’aiguille, en avant des crochets ; puis, l’aiguille recule encore de telle façon que sa tête vienne à
- une certaine distance au delà de la face d’avant de la rangée des crochets, et, par suite, une certaine longueur de fil est tirée de l’ensouple par chaque aiguille, contre la face de chaque crochet, et à travers chaque passette, ainsi qu’à travers la maille du tissu qui se trouve sur la tige de chaque aiguille.
- Pendant que les têtes des aiguilles sont en dedans
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- de la rangée des passettes, celles-ci reçoivent un nouveau mouvement transversal, — cette fois vers la droite, — qui les ramène à leur première position.
- La rangée des crochets descend à ce moment de telle sorte que le dessous de la partie recourbée de la tête de chaque crochet repose juste sur chaque fil ; puis, les aiguilles avancent en même temps que les crochets descendent, de telle sorte que les mailles, déjà tirées par les aiguilles, sont maintenues vers le bas par lesdits crochets, pendant que la rangée des aiguilles continue à avancer jusqu’à sa position première ; ce qui complète le cycle des mouvements des trois opérateurs essentiels tel qu’il doit se produire pendant que l’arbre principal du métier fait un tour.
- Si maintenant nous supposons que, pendant le tour suivant de l’arbre principal, la rangée de passettes se meut de nouveau en travers des aiguilles, — cette fois vers la droite, — pour revenir à sa première position, comme il a été déjà dit plus haut, chaque aiguille du métier fera, pour chaque fil, un entrelacement, en amenant une maille de chaque fil à travers la maille précédemment formée par ce même fil, et, de cette façon, le métier, supposé être à 1,000 aiguilles, produirait 1,000 de ces entrelacements (chacun de ces entrelacements étant obtenu avec un fil du métier) ; mais aussi chacun de ces entrelacements restant complètement indépendant des entrelacements contigus placés de chaque côté, on n’obtiendrait aucunement un tissu, une étoffe. .
- Mais si, après que les passettes se sont déplacées d’une aiguille, vers la gauche, pour amener les fils sur les aiguilles de la façon ci-dessus décrite, lesdites passettes se déplacent encore, dans la même direction, d’une autre aiguille, et cela avant que lesdites aiguilles aient de nouveau avancé pour recevoir une nouvelle, rangée de mailles, on voit que chaque fil sera alors passé sur l’aiguille la plus voisine (à gauche) de celle sur laquelle a été formée la dernière maille. Par suite, si la rangée des passettes se déplace à ce moment d’une aiguille en arrière vers la droite, chaque fil formera une maille sur l’aiguille la plus voisine (à gauche) de celle sur laquelle a été formée la première maille. Puis si, avant que les aiguilles avancent de nouveau pour recevoir une nouvelle rangée de mailles, la rangée de passettes se déplace de nouveau vers la droite, chaque fil sera passé sur l’aiguille qui portait la première maille ci-dessus et sera prêt à former de nouveau une maille sur ladite aiguille.
- De cette façon, chaque fil forme une maille d’abord sur une aiguille, puis sur une aiguille voisine de la première, ensuite en arrière et de nouveau par ladite première aiguille, et ainsi de suite ; de telle sorte que ce que l’on obtient est bien un tissu, une étoffe.
- Pour les articles qui comportent des bandes de fils de diverses couleurs, on peut faire varier d’un certain nombre les mouvements des passettes, soit à droite, soit à gauche, de façon à produire des rayures, soit droites, soit en zigzag de différents genres.
- Pour faire varier le degré de serrage du tissu, il suffit que les quantités dont reculent la rangée des aiguilles et la rangée des crochets puissent être modifiées, et, de cette manière, des mailles plus longues ou plus courtes seront tirées par les aiguilles et maintenues par les crochets, ce qui donnera un tissu à contexture plus ou moins lâche ou plus ou moins serrée.
- On sait que si, dans un métier à tisser ordinaire avec chaîne et trame, le serrage des fils de trame est modifié, le tissu obtenu sera à contexture plus ou moins lâche, mais que la largeur de ce tissu ne changera pas d’une manière appréciable ; or, il en est autrement avec les métiers pour tissus sur chaîne, si bien que, dans un métier de ce genre disposé pour tissu, un fil donné sur un nombre également donné d’aiguilles d’une certaine jauge, c’est-à-dire pour produire des mailles d’une certaine longueur, la moindre augmentation de la longueur des mailles et la moindre diminution correspondante de la serre du tissu amèneront, par ces faits mêmes et forcément, une augmentation de la largeur du tissu.
- C’est sur cette propriété des métiers dont il s’agit qu’est basée la possibilité de proportionner les tissus quand on le désire et pendant leur fabrication.
- Pour bien comprendre les divers mouvements qu’il est nécessaire de donner aux trois opérateurs essentiels par l’arbre principal du métier, il faut maintenant se référer aux dessins nos 280 à 287 joints à cette note.
- Nous suivrons d'abord les mouvements de la rangée des passettes, et nous expliquerons comment ces mouvements sont réalisés.
- Chaque passette A est fixée sur la barre à passettes A1 dans une rainure convenable, la cloison qui sépare deux rainures étant recourbée et rabattue au marteau d’une façon spéciale ; ladite barre à passettes est boulonnée sur la barre qui lui donne les mou-
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- vements voulus A2, et qui, à cet effet, est maintenue et coulisse en avant et en arrière dans la partie profilée en forme de V, de la barre principale E. Les barres des passettes se règlent au moyen de vis A3, de telle sorte que les lèvres, ou orifices inférieurs des passettes, passent juste au-dessus des tiges des aiguilles, c’est-à-dire aussi près de ces tiges que possible, sans pourtant les toucher, et tout en permettant cependant aux fils de passer entre les passettes et les aiguilles.
- Sur l’arrière de la barre A2 est une crémaillère A4, dans les dents de laquelle engrènent les dents d’un petit segment de roue A5 monté sur un axe A6; à la partie supérieure dudit axe est fixé le segment de roue à rochetA7, qui porte à gauche les dents A8 et à droite les dents A9, ces dents étant taillées de façon à donner des mouvements en sens inverse ; le pas et la disposition des dents sur la roue A7, sur la roue A5 et sur la crémaillère A4, sont tels que, lorsque le segment de roue à rochet se meut d’une dent à droite, la barre à passettes se déplace d’une aiguille à gauche, et vice versa.
- Deux crochets en forme de ciseaux A10 et A11 sont rattachés au bâti triangulaire correspondant A12, de telle sorte que, grâce à la position latérale dudit bâti, — lorsque le même bâti est mis en mouvement, dans l’un et l’autre sens, par l’arbre principal F et la came A13, — chacun des rochets ci-dessus (et non les deux) agisse sur les dents de la roue à rochet, et fasse déplacer la barre à passettes d’une aiguille, soit à droite, soit à gauche, suivant la position dans laquelle seront maintenus latéralement lesdits rochets ci-dessus.
- Un loquet à ressort en forme de coin A13 actionne une saillie A14 également en forme de coin et correspondante au bâti des rochets, de façon à permettre
- à celui-ci d’être tourné, soit à droite, soit à gauche pour mettre en action, soit le rochet de droite, soit le rochet de gauche, et à maintenir en action celui des rochets qui a été mis jusqu’à ce que ledit bâti des rochets reçoive un mouvement latéral.
- A la surface supérieure du segment de roue à rochet A7, et du côté gauche, est attaché un doigt incliné A15 et, du côté droit, est rattaché de la même
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- Frc. 281.
- façon un autre doigt semblable A16 ; ces doigts sont réglés à une distance telle l’un de l’autre que, lorsque le rochet de gauche a fait tourner le segment de roue à rochet, par exemple, de deux dents vers la gauche, et dès que le bâti des rochets a été ramené en arrière vers l’arbre principal, la saillie A17 dudit bâti des rochets vienne en contact avec le doigt incliné et fasse tourner le bâti des rochets vers la droite ; de cette façon, le rochet de gauche sera mis en action. Puis, lorsque le segment de roue à rochet a tourné de deux dents à droite, le doigt actionnera la saillie A18 et fera tourner de semblable façon le
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- bâti des rochets vers la gauche, et ainsi de suite. Dans ces conditions, la barre à passettes et les
- Fig. 282
- passettes se déplaceront de deux aiguilles vers la droite pour un tour de l’arbre principal, puis de deux aiguilles vers la gauche pour le tour suivant dudit arbre principal; et ainsi de suite.
- On comprend aisément qu’il soit absolument nécessaire qu’à la fin de chaque mouvement transversal de la barre à passettes, chaque passette soit arrêtée et maintenue exactement au milieu de l’espace qui sépare deux aiguilles; ce résultat est obtenu de la façon suivante : sur la face d’avant de l’extrémité de droite de la barre A2 se trouve une rangée de dents A19 en forme de coin et ayant pour pas la jauge des aiguilles dans le métier; en face de ces dents s’en trouve une autre rangée semblable et également en forme de coin A20, que Q porte une barre A21, laquelle est montée à ressort et à charnière, à son extrémité A22, sur une saillie E1 de la barre principale E. Quand la barre A2 termine sa course, la série des dents de la barre articulée A21 est appuyée vers et contre la série des dents A19 de ladite barre A3, et ces deux séries de dents sont disposées de telle sorte que, lorsqu’elles
- sont engagées et prises l’une dans l’autre, la barre A2 soit forcée de prendre et de garder sa position longitudinale exacte. La barre articulée A21 est rapprochée et éloignée de la barre A2 au moyen du levier A23, lequel est actionné aux moments voulus par la came A24.
- Il existe aussi un autre mécanisme attaché au métier et permettant de produire les bandes en zigzag mentionnées ci-dessus, en réglant les mouvements à droite et à gauche du bâti des rochets et de la barre à passettes dans un ordre variable voulu; mais la description de ce mécanisme allongerait inutilement la présente note.
- Nous allons maintenant — à l’aide des mêmes dessins et des figures nos 288 à 315, — suivre le mouvement des aiguilles B1 et expliquer comment ces mouvements
- Fig. 284
- sont réalisés. Lesdites aiguilles sont maintenues, à leurs extrémités d’arrière, par des plaques
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- montées à charnière B2 qui les appuient dans des rainures et dans des trous ménagés dans la barre à aiguilles B1. Cette barre est soutenue à l’arrière par deux articulations B3, rattachées, par des axes d’articulations B4, aux deux bras Bs de l’arbre oscillant B6 ; les extrémités de cet arbre sont libres de se mouvoir, en tournant, dans des paliers portés par les bâtis extrêmes, ou flasques H, du métier. Les extrémités supérieures des deux bras B8 de l’arbre oscillant portent deux galets B7; chacun
- de ces galets est éloigné de 1 arbre principal F par une came B8, et tous deux sont rapprochés dudit arbre par des ressorts B9, lesquels tirent en arrière la barre à aiguilles B1.
- De cette façon, et par l’intermédiaire des articulations B3 ainsi que des bras B8 de l’arbre oscillant, les ressorts ci-dessus tendent toujours à ramener les galets B7 vers l’arbre principal F, et le mouvement en arrière correspondant de la barre à aiguilles B1 et des aiguillesB est réglé par deux arrêts doubles B10,
- Fig. 285.
- Fig. 286
- Fig. 287.
- lesquels agissent sur les quatre saillies B11 portées, deux par deux, par chacun des bras B5 de l’arbre oscillant.
- Les positions des deux arrêts doubles de réglage des mouvements des aiguilles B11 sont elles-mêmes réglées par l’action de deux coins B12 ; ces coins sont portés par la barre B13, laquelle coulisse longitudinalement dans des supports appropriés soutenus par le métier.
- Par ce qui précède, on voit facilement qu’en faisant coulisser longitudinalement, en avant ou en arrière, la barre B13 et les coins B12, on réglera aisément l’amplitude du mouvement en arrière des aiguilles B.
- Les extrémités d’avant des aiguilles reposent et
- coulissent dans les rainures portées par le bord supérieur de la barre d’abatage D, laquelle est soutenue, à chacune de ses extrémités, par les bâtis extrêmes, ou flasques H, du métier.
- Nous allons maintenant suivre les mouvements de la presse, ou barre de presse B14, et expliquer comment ces mouvements sont réalisés. Quand les aiguilles ont reculé d’une quantité telle que les pointes de leurs becs ont passé de façon convenable sur les fils amenés sur leurs tiges, la barre de presse B14 est forcée de descendre, de telle sorte que son bord inférieur arrondi appuie sur les becs des aiguilles et maintienne les pointes de ces becs enfon-
- SüPPLÉMENT A L'INDUSTRIE TEXTILE DO 15 AOUT.
- U. “ 29* Fascicule.
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- cées dans les cavités ménagées à cet effet dans les tiges des aiguilles, jusqu’au moment où les mêmes pointes soient entrées, de façon également conve-
- Fig. 289.
- nable, dans la dernière rangée produite de mailles du tissu, et aient passé à travers cette rangée de mailles. La barre de presse remonte alors de façon à ne plus toucher ni les aiguilles, ni leurs becs, et reste dans cette nouvelle position jusqu’à ce que les aiguilles aient avancé et que les passettes soient de
- Fig. 291.
- nouveau prêtes à passer en travers des tiges desdites aiguilles. On comprend facilement que, si une aiguille a été forcée et relevée, de telle sorte qu’elle ne
- repose plus sur le fond de la rainure qui lui correspond dans la barre d’abatage D, la passette qui doit passer en travers sur cette aiguille puisse pousser latéralement la tige de celle-ci et la briser quelquefois en se cassant elle-même. Pour remédier à cet inconvénient, avant que les passettes soient lancées à travers les tiges des aiguilles, la barre de la presse B14 est abaissée et appuie sur lesdites tiges pour les amener vers le bas contre le fond des rainures de la barre d’abatage D, de telle sorte que les passettes A
- Fig. 292.
- Fig. 295.
- Fig. 293,
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- Fig. 296.
- Fig. 29 i.
- peuvent ainsi passer en travers, sans danger, sur toutes les aiguilles; après quoi la barre de presse B14 remonte de nouveau de façon à se trouver au-dessus des becs des aiguilles jusqu’à ce que celles-ci aient reculé de nouveau jusqu’à la position voulue pour recevoir le coup de presse.
- La barre de presse B14 a six bras, B17, qui font saillie à l’arrière, sous la barre principale E. Des ressorts B20 sont reliés par leur partie inférieure aux bras B17, et, par leur partie supérieure, à une barre convenable T, de manière à tendre toujours à relever la barre de presse.
- Sur le dessus de la barre de presse B14 se trouvent des surfaces en forme de coins B21, sur lesquelles agissent des surfaces également en forme de coins B22 qui se trouvent sur la barre ou tige, reposant
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- ou coulissant contre la surface inférieure de la barre principale E. On voit donc que, si la barre B23 reçoit un mouvement transversal dans le sens de la flèche B24, grâce à l’action combinée de deux séries de coins, la barre de presse B14 sera forcée à descendre ; tandis que si la barre B23 reçoit un mouvement transversal dans le sens de la flèche B25, ladite barre de presse sera forcée à remonter, sous l’action des ressorts B20. Ces mouvements transversaux en avant et en arrière de la barre, ou tige B23, sont donnés par la came B26 (fig. 297 et 298) agissant sur les deux galets figurés l’extrémité de ladite barre B23.
- De ce qui précède il résulte que les coins qui actionnent la barre de presse B14 ont une très grande tendance à recourber vers le haut la barre principale E entre les extrémités de celle-ci, lesquelles sont maintenues par le bâti principal H du métier. De même, la barre de presse est constamment poussée vers le bas et tend à recourber aussi vers le bas la barre d’abatage D, car, bien que la force nécessaire pour enfoncer le bec d’une aiguille dans la cavité correspondante soit de peu d’importance, la force nécessaire pour enfoncer les becs de l’ensemble des 1,008 aiguilles dans leurs cavités correspondantes est très grande. Or si les arcs combinés des deux barres ci-dessus arrivaient à être, dans le milieu de la largeur du métier, de plus de 0,0005 (soit 0,00025 pour chacune des barres), cela suffirait pour annuler complètement l’effet du coup de presse, au lieu d’avoir ce coup de presse entièrement réparti d’une façon convenable sur les becs des aiguilles.
- Il est donc nécessaire, pour que le métier puisse produire des étoffes d’une certaine largeur (2m,50 par exemple), que les barres E et D soient très solidement et très fermement maintenues ensemble, et cela sans gêner en aucune façon la continuité de la rangée des aiguilles B. En se référant aux figures 280 et 303, on verra que ce résultat est obtenu par les bielles N, lesquelles sont découpées — suivant le profil représenté aux dessins — dans de la tôle d’acier, de telle sorte que chacun d’eux soit assez mince pour passer librement entre deux quelconques des aiguilles B disposées en rangée sur le métier. Les extrémités supérieures de ces bielles N s’engagent dans une rainure E2 pratiquée dans la barre principale E, et y sont maintenues par la pièce en laiton E3 et par de la soudure; les extrémités inférieures des conducteurs N s’engagent de même dans une rainure D’ pratiquée dans la barre d’abatage D. On voit donc que pour maintenir ensemble, de façon
- ferme et rigide, la barre principale E et la barre d’abatage D, et pour empêcher ces deux barres de prendre du jeu isolément, — par suite, pour assurer
- Fig. 297. Fig. 298.
- Fig. 299.
- un coup de presse juste et parfait sur toute la rangée des aiguilles B, — il est seulement nécessaire d’insérer un nombre suffisant de ces bielles N à des distances convenablement réparties sur la largeur totale du métier.
- Nous allons maintenant suivre les mouvements
- Fig. 300.
- Fig. 302.
- des crochets G et expliquer comment ces mouvements sont réalisés.
- La rangée des crochets est maintenue par les
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- plaques G1 dans la barre à crochets G2, de la même façon que les aiguilles dans leur barre ; ladite barre à crochets G2 porte, sur son bord inférieur, deux bras G3 articulés par des axes d’articulation G4 sur les deux bras G5 de l’arbre oscillant G6; à l’autre extrémité de chacun des deux bras G5 se trouve un galet G7, lequel est actionné par une came G8 qui éloigne ledit galet G7 de l’arbre principal F. Les ressorts G9 rattachés, par leurs extrémités supérieures, à la barre à crochets G2, et puis leurs extré-
- Fic. 303.
- mités inférieures à la barre G10, tirent en arrière la barre à crochets et la rangée de crochets; de cette façon, lesdits ressorts maintiennent toujours les deux galets G7 en contact avec les deux cames G8, et tendent à les ramener vers le centre de l’arbre principal F. L’amplitude des mouvements en arrière de la rangée des crochets G est réglée par les doubles arrêts G11, lesquels agissent sur les quatre saillies G12 portées par les bras C3. Les positions des deux doubles arrêts ci-dessus G11 sont elles-mêmes réglées par l’action de deux coins G13 portés par la base G14, laquelle coulisse longitudinalement dans des supports soutenus par le bâti du métier, de la même façon que celle précédemment décrite à propos des mouvements des aiguilles B. On voit donc qu’en faisant coulisser longitudinalement en avant et en arrière la barre G14 et ses coins G13, l’amplitude des mouvements en arrière des crochets G sera facilement réglée. Les extrémités supérieures des crochets G reposent et coulissent dans les rainures d’avant de la barre d’abatage D. On comprend, toutefois, que lorsque les aiguilles B tirent leurs mailles sur les
- fils, à travers les passettes A et contre l’avant des crochets G, il doive se produire un soubresaut presque subit dans le fil, lequel doit aussitôt après rester au repos jusqu’à ce que les aiguilles aient avancé, puis reculé de nouveau, jusqu’à la même position, pour tirer une nouvelle rangée de mailles, ce qui produit naturellement de nouveau un autre soubresaut subit dans le fil, et détermine un léger mouvement de rotation également subit de l’ensouple sur laquelle les fils sont enroulés.
- Pour empêcher que ce mouvement de rotation se prolonge trop longtemps, grâce à l’inertie de l’en-souple, il convient d’exercer sur cette ensouple une certaine tension d’enrayage ou de frottement, même cette ensouple étant, par suite des soubresauts subits qui se produisent dans les fils, lancée subitement dans un mouvement rapide, puis arrêtée subitement pour être ensuite lancée de nouveau. Avec des fils
- Fig. 304.
- Fig. 305.
- Fig. 300.
- fins, on serait donc exposé à des ruptures, et la vitesse du métier devrait être limitée. Pour remédier à cet inconvénient, on a interposé près des passettes A un dispositif mécanique dénommé barre de garde; on en comprendra le mode d’établissement en se reportant aux dessins figure 280. Gomme on le voit, la tige A24 est montée dans le métier de manière à pouvoir tourner sur son axe, et des bras A25 soutiennent une autre petite tige A26, laquelle tourne avec la tige A24; le fil, après avoir abandonné la
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- passette, remonte et passe sur la tige A26, puis descend et passe sous la tige À24, et enfin remonte jusqu’à l’ensouple A27. A l’extrémité de la tige A24 est un bras A28 tiré par un ressort A29 dans la direction de la flèche A30. De cette façon, la tige A26 est appuyée contre les fils ; mais, quand il se produit dans les fils, par l’action des aiguilles, un soubresaut ou tirage subit, cette tige A26 laisse aller et permet aux fils de l’abandonner sans qu’ils éprouvent une trop grande tension ; puis, pendant que les aiguilles accomplissent le reste de leurs mouvements, les barres de garde A24 et A26 reprennent leur première position sous l’action du ressort A24, et attirent de l’ensouple la longueur de fil voulue pour la prochaine rangée de mailles ; dans ces conditions, ladite ensouple est animée d’un mouvement précis et d’une vitesse presque constante, ce qui
- Fig. 307.
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- Fig. 308.
- Fig. 309.
- permet de faire marcher le métier à une bien plus grande vitesse.
- Dans les métiers-chaîne à bonneterie ordinaire, tels qu’on les a établis jusqu’à présent, on emploie un guide-chaîne comme celui représenté aux dessins, figures 315 et 316; et lorsque tous les fils d’une ensouple ont été travaillés et que le métier doit recevoir une nouvelle ensouple, l’ensouple terminée est enlevée, et une nouvelle ensouple est mise en place ; et s’il y a, comme dans le métier qui était exposé,
- 1,008 bouts de fil, chacun des bouts de fil de l’en-souple terminée doit être noué avec chaque bout de fil de la nouvelle ensouple garnie, ou bien chacun des 1,008 bouts de fil doit être passé dans le guide-chaîne, ce qui oblige à faire 1,008 nœuds, ou à enfiler 1,008 bouts de fil, si bien que, dans les métiers-chaîne ordinaires d’ancienne construction, cette opération prend environ trois heures. Il convient d’ajouter que, comme la vitesse desdits métiers d’ancienne construction n’est pas très grande, cette
- Fig. 310-311. |
- Fig. 312
- B*\ |
- Fig. 313.
- opération ne doit être effectuée qu’environ tous les deux ou trois jours; mais comme la vitesse des nouveaux métiers de M. Paget est bien plus grande, — 120 courses par minute, — une ensouple est terminée dans un ou deux jours. Il est donc évident qu’il y a une très grande importance à ne perdre que le moins de temps possible pour mettre en place une nouvelle ensouple et remettre le métier en marche; grâce aux dispositions qui vont être décrites et que comporte le métier en question, cela peut être fait en vingt ou trente minutes.
- On remarquera que les passettes A sont ouvertes de telle sorte qu’un fil peut y être engagé sans qu’on ait à enfiler le bout de chaque fil dans la passette correspondante, et que les ouvertures supérieures, ou bouches des passettes, sont réparties à des distances certaines et fixes les unes des autres. Quand on a rempli une ensouple dans une machine à garnir les ensouples, les extrémités des fils, après avoir passé à travers le peigne K représenté figure 300, du côté de l’ensouple, passent sur et reposent dans un autre peigne à encoches en forme de V, K2, et on place alors sous les fils une barre à pince K ; on voit par là que tous les fils (50A dans ce cas, soit le nombre correspondant à la longueur du métier-
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- chaîne) sont, dans la machine à garnir les ensouples, appuyés sur la barre à pince K, puis cette barre K3 est enfoncée vers le bas, dans la rainure, comme on le voit figure 302. De cette façon, la barre K3 retient ou pince chacun des 504 fils, et cela en les tenant à la même distance l’un de l’autre que celle qui sépare entre elles les bouches des passettes. Tous les fils de la chaîne sont alors coupés sur la face de la barre à pince située du côté du porte-bobines, et la barre à pince est attachée sur les joues de l’ensouple. Quand l’ensouple est mise en place dans le métier, la barre à pince est détachée de l’ensouple et amenée vers le bas, à travers les bouches des passettes, pour occuper par rapport auxdites passettes la position repré-
- Fig. 310.
- sentée en lignes ponctuées figure 303; on voit donc que, si la barre à pince a été placée de telle sorte que chaque fil se trouve vis-à-vis de la bouche d’une pas-sette, et si elle est ensuite descendue au-dessous des passettes, comme il est indiqué figure 303, tous les 504 fils auront été engagés à travers les passettes. On répète l’opération pour l’autre moitié du métier, et les 1,008 fils sont ainsi montés sur le métier, lequel est prêt à être remis en marche après vingt ou trente minutes. Toutes ces opérations sont réalisées par l’ouvrière qui conduit le métier, avec l’aide d’une apprentie pendant le montage des fils sur le métier, au lieu de demander l’intervention de trois personnes pendant trois ou quatre heures.
- Dans la fabrication de certains articles, tels que : essuie-mains, peignoirs et autres qu’il serait trop long d’énumérer, il est très avantageux de permettre au métier de donner une frange aux deux extrémités de chaque article produit, comme dans un essuie-main par exemple.
- Un dispositif mécanique, permettant d’atteindre ce résultat, est représenté figure 280. Sur l’avant du métier, au-dessous de la barre à crochets, est disposée une barre à franger L, dans laquelle est maintenue une rangée de crochets L1 ; pendant que le métier travaille, ces crochets n'ont aucune action sur le tissu produit ; mais lorsque le moment est venu d’obtenir une frange, le métier est arrêté, et la barre L avec ses crochets L1 est relevée jusque dans la position représentée figure 280. De cette façon, les crochets sont dirigés en haut vers le tissu, et, si celui-ci est appuyé sur ces crochets qui sont en même temps légèrement abaissés, ces mêmes crochets font prise dans le tissu, l’amenant vers le bas, et peuvent tirer de longues mailles à travers chaque passette et autour de chaque aiguille ; la longueur de ces mailles est double de celle que doivent avoir les franges. Puis la barre L, avec ses crochets L1, est légèrement relevée pour détacher lesdits crochets du tissu, et elle est descendue pour revenir à sa première position. Après quoi, le métier est remis en marche pour travailler à la façon ordinaire, ce qui a pour effet d’arrêter et d’entre-croiser toutes les 1 ongues mailles tirées par la barre à franger. Quand tout le tissu voulu a été fabriqué, les longues mailles sont coupées au milieu de leur longueur, et donnent une frange arrêtée de la façon la plus satisfaisante à chaque extrémité de chaque essuie-main, ou autre article analogue.
- Ce serait allonger inutilement cette note que de décrire toutes les dispositions au moyen desquelles la barre à franger ci-dessus reçoit les mouvements voulus. Ces mouvements, généralement connus de la plupart de nos lecteurs, seront très facilement compris à la simple inspection du métier en marche.
- Dans un métier à tisser ordinaire, avec-chaîne et trame, de 2m,10 de largeur, par exemple, si l’on désirait tisser en quatre largeurs de tissus, chacune de ces largeurs ayant ses deux lisières, on perdrait un grand espace utile en trois points du métier pour permettre le jeu des trois navettes qui devraient se loger entre les quatre 1 ardeurs du tissu à fabriquer, sans compter les grandes dépenses résultant des modifications à apporter à tout métier à tisser ordinaire ; dans le métier de M. Paget, une lisière peut être produite en un point quelconque des 2m,10 de la largeur du métier, et cela en perdant seulement l’espace occupé par une aiguille, c’est-à-dire dans l’exemple actuel, 0,002 environ.
- Dans les tissus sur chaîne du genre de ceux que
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- L’EXPOSITION
- UNIVERSELLE
- 1889.
- suite, il est pris moins de fil pour la lisière que pour pour produire une lisière en un point quelconque de la les autres fils entrant dans le tissu. D’où il résulte que largeur du métier, il suffit de prendre trois fils de
- produit le métier de M. Paget, chaque fil de lisière a toute la longueur de la maille tirée sur lui, par
- l’aiguille; seulement, pendant l’intervalle qui sépare les deux rangées de mailles consécutives, et, par
- — Métier a tricoter, de M. Paget (Vue d’avant).
- »
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- l’ensouple et de les amener sur l’arrière du métier, comme il est indiqué figure 280, où l’on voit chaque série de trois fils, pour chaque paire de lisières du tissu, amenée et enroulée sur une bobine M. Cette bobine M est soutenue par son axe dans un guide en forme de fourche M1, de telle sorte qu’elle repose sur le tambour de faible diamètre M2 fixé sur l’arbre M3; cet arbre M3 repose à chacune de ses extrémités sur des paliers portés par le bâti du métier, et reçoit de l’arbre principal du métier un mouvement de rotation à une vitesse convenable. Chaque série de trois fils, pour aller à la bobine M, passe à travers un guide M4 qui reçoit un mouvement transversal dans le but de distribuer également le fil sur le corps de la bobine M. Pour produire une paire de lisières, deux bobines M5 sont soutenues sur une tige M6 à l’avant du métier, et sur chacune de ces bobines repose une sorte de chapeau M7, lequel produit une tension égale et régulière dans le fil au fur et à mesure que celui-ci est déroulé de sa bobine. Ces deux fils sont amenés aux deux passettes extérieures des trois dans lesquelles les fils ont été passés sur l’ensouple à l’arrière du métier, et ils sont engagés d’abord dans cesdites passettes, puis dans les aiguilles qui deviennent les aiguilles de lisières ; si l’on fait alors marcher le métier à la façon ordinaire, on verra qu’une lisière peut ainsi être produite en un point quelconque du métier, en perdant seulement 0m,002 environ pour chaque paire de lisières.
- Nous allons maintenant examiner ie fonctionnement du métier au point de vue de la production d’articles de profils variés ou proportionnes, tels que les corsages et vestons pour dames, ces corsages étant supposés convenablement établis de façon à bien épouser les formes.
- Les tissus proportionnés s’obtiennent, comme il a déjà été dit plus haut, en donnant des mouvements convenables aux barres à coins B13 et C14, et en faisant varier, par suite, la longueur des mailles tirées par les aiguilles et par les crochets, ainsi que la largeur des tissus. Les dents dites B13 et C14 sont reliées à un levier P par des tiges ad hoc P1 et P2, et ce levier P a son centre de rotation en P3.
- On voit donc qu’en faisant tourner le levier P autour du pivot P3 les barres B13 et C14 seront actionnées à la fois ; que, par suite, les doubles arrêts de réglage des aiguilles B10 et les doubles arrêts de réglage des crochets C11 seront également actionnés, et qu’ainsi les longueurs des mailles
- seront tirées par les aiguilles et maintenues par les crochets, pourront varier simultanément des quantités voulues, et cela en manœuvrant ledit levier P pendant que le métier marche à toute vitesse.
- Les principaux organes du mécanisme qui règle automatiquement les mouvements du levier P et des barres B13 et C14 sont disposés comme suit : une chaîne de forme convenable est entraînée sur un guide approprié, dans le sens de sa longueur, et s’avance d’un chaînon pour chaque tour de l’arbre principal du métier; pour remplir ces fonctions, la chaîne Vaucanson jouit de propriétés qui rendent ici son application tout particulièrement utile. Sur cette chaîne sont disposées deux rangées de saillies en forme de coins ou grains, à des intervalles voulus quelconques; chacune de ces rangées de grains actionne un dispositif de leviers et de rochets en combinaison avec une vis sans fin, laquelle engrène avec une crémaillère portée par la barre à coins B13. Une de ces rangées de grains force la barre à coins B13 à se mouvoir dans une direction, et l’autre rangée les force à se mouvoir dans la direction opposée. Par suite, quand la chaîne avance, un grain de l’une et l’autre rangée entre en action, et la barre à coins se déplace dans un sens ou dans l’autre, d’où il résulte que la longueur des mailles tirée est augmentée ou diminuée selon qu’il en est besoin, la largeur et le profil du tissu fabriqué dépendant ainsi du nombre et de la position des grains sur la chaîne mentionnée ci-dessus (fig. 265).
- Les tissus proportionnés sont fabriqués automatiquement de la façon ci-dessus décrite, à raison de 120 courses par minute, soit sur toute la largeur du métier, soit que cette largeur soit partagée en un nombre voulu quelconque de divisions. C’est ainsi qu’on peut produire simultanément trois à cinq corsages ou vestons de dames, ou de six à dix manches, toujours à raison de 120 courses par minute et sans arrêt, sauf les trois ou quatre minutes nécessaires pour obtenir une frange ou pour la mise en train au commencement de chaque série des tissus à fabriquer.
- Dans certains cas, le métier est disposé pour prendre directement les fils sur les bobines telles qu’elles viennent de la filature, et sans que les fils aient besoin d’être enroulés de nouveau, ou mis en chaîne sur une ensouple. Dans ce cas, les bobines sont réparties sur un porte-bobines de forme spé-| ciale. La figure 30â est une vue par bout de ces porte-
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- Supplément a l’Industrie textile lu 15 Août.
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- bobines; la figure 305 en est une vue partielle de partie supérieure de ce porte-bobines étant supposée face, etla figure 306 est une vue partielle en plan, la enlevée. Les bobines R, dont quatre sont seulement
- Fig. 318. — Métier a tricoter, de M. Paget (Vue d’arrière).
- représentées sur chaque vue, pour plus de clarté dans le dessin, sont enfilées sur des tiges de forme
- convenable R1, lesquelles sont disposées en rangées les unes au-dessus des autres. Des rangées corres-
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- pondantes de guides R2 sont disposées de telle sorte qu’un guide se trouve au-dessus de chaque bobine; un nombre correspondant de guides R3 est aussi disposé sur l’avant du porte-bobines, et chaque fil passe, en venant de la bobine, à travers un guide supérieur placé juste au-dessus, puis à travers un guide d’avant, et arrive enfin au métier. Deux de ces porte-bobines sont placés derrière le métier.
- La figure 307représente ladisposition de deux porte-bobines, et les directions du premier fil et du dernier fil de chacun de ces porte-bobines y sont seulement indiquées par des traits. Les figures 308 et 309 montrent de quelle manière les fils sont guidés vers le métier et comment est produite la tension voulue de ces fils. La figure 308 est une coupe et la figure 309 une vue de face, partielles toutes deux. Quatre tiges fixes R4, s’étendant d’un bout à l’autre du métier, sont soutenues par des consoles convenables R5. Trois tiges mobiles R6 sont reliées à des flasques latérales qui, par des emmanchements en forme de crochets, peuvent tourner autour de la tige fixe supérieure R4 ; de telie sorte que les tiges mobiles R° peuvent être placées entre les tiges fixes R4, comme l’indique le dessin, ou qu’elles peuvent être amenées dans la position représentée en lignes ponctuées sur la figure 308. Les fils venant des porte-bobines sont d’abord passés à travers le peigne R7 et sur les tiges fixes R4 pour descendre aux passettes A. Les tiges mobiles R6 sont alors amenées dans la position représentée en traits pleins, et sont maintenues par une vis convenable R8. On voit donc que les fils passent alternativement, d’abord sur une tige fixe R4, puis sous une tige mobile R% et qu’en réglant la vis R8, on règle en même temps la position des tiges mobiles R6 entre les tiges fixes R4 et par rapport à celles-ci; dans ces conditions, la tension des fils peut être augmentée ou diminuée, et par suite amenée au degré voulu.
- Le dernier point spécial sur lequel il y a lieu d’appeler l’attention est le mode de construction de la partie à rainures de la barre de presse B14, c’est-à-dire de la partie de cette barre dont les cloisons entre les rainures appuient sur les becs des aiguilles B. Il faut remarquer, en effet, que la barre de la presse B14 doit présenter des rainures telles que les crochets G puissent s’v loger quand ils s’élèvent au-dessus du tissu ; de telle sorte qu’il ne doit rester qu’une très faible épaisseur à côté de chaque crochet et sur chaque aiguille, cette cloison ayant ainsi à supporter tout l’effort nécessaire pour
- donner le coup de presse aux becs des aiguilles, d’une part, et, d’autre part, pour guider les têtes des crochets G. D’où il suit que ces cloisons doivent être établies en métal solide et dur, — le métal qui convient le mieux est l’acier trempé, — et que, si l’on devait les obtenir en pratiquant des rainures dans une barre d’acier pleine, la dépense serait très grande. Pour remédier à cet inconvénient, chaque cloison est faite à part et découpée dans de la tôle d’acier, suivant le profil indiqué figures 313 et 31 Ix. Des cavités longitudinales de forme appropriée sont ménagées dans la barre B14, comme il est indiqué figure 310, pour recevoir les cloisons B15 qui y sont placées et maintenues juste au calibre du métier à l’aide d’un peigne de forme appropriée ; et pendant qu’elles sont ainsi maintenues, elles sont soudées sur la barre B14, comme il est indiqué figures 310. et 311, la soudure remplissant les espaces qui séparent entre elles lesdites cloisons B15, sauf aux endroits où doivent se loger les crochets G, de telle sorte que chaque cloison est solidement fixée à la barre.
- D’autres points spéciaux de construction et de détail seraient aussi intéressants à connaître, mais leur description nous demanderait trop de temps et d’espace. Ce sont d’ailleurs des détails secondaires qui n’ajouteraient rien à l’intérêt de la noté, déjà fort longue, que nous venons de publier.
- Matériel de bonneterie exposé par M. Dubied, de Couvet (Suisse).
- L’exposition de cette maison comprend cinq machines rectilignes à tricoter à la main :
- 1° Une machine de 50 centimètres largeur des fontures, jauge 20, 510 aiguilles à deux chutes, marchant au moteur, avec arrêt électrique en cas de rupture du fil, passage de nœuds, tirage des bobines, ainsi qu’après un nombre de tours déterminé d'avance, rouloir automatique ;
- 2° Une machine à Jacquard de 70 centimètres, jauge à2, 33h aiguilles, disposition spéciale pour produire les dessins piqués pour devant de gilets de chasse ;
- 3° Une machine de 40 centimètres, jauge 36, 228 aiguilles avec rayeur à deux couleurs pour la côte; disposition spéciale pour produire la côte anglaise à la façon du métier et pour travailler les filés de qualité inférieure ;
- li° Une machine de 26 centimètres, jauge 25,
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- 208 aiguilles, disposition spéciale pour obtenir de la côte 1 et 1 régulière et pour travailler les filés de qualité inférieure ;
- Et une machine de 21 centimètres, jauge 36, 116 aiguilles, chariot coupé sur la droite, pour jambes unies, pieds de bas et de chaussettes.
- Sur ces machines sont appliqués divers perfectionnements. Nous appelerons particulièrement l’attention sur un peigne de montage et rebrousseur.
- Fig. 319.
- Fig. 320.
- 2° D’un couvercle c (fig. 310,322 et 323), avec un ou plusieurs pieds courbés d, le rebord supérieur est recourbé en e pour recouvrir légèrement la pointe des aiguilles du rebrousseur (fig. 319).
- On emploie le peigne de la manière suivante :
- 1° On le place entre les aiguilles de la fonture f (fig. 320), et l’on tricote la première rangée autour des aiguilles b du peigne, puis on fixe le rebord e du couvercle, sur la pointe des aiguilles 4, et l’on
- Fig. 322.
- La figure 321 représente le peigne avec son couvercle vu de face.
- La figure 319, le même peigne en coupe.
- La figure 322, le couvercle seul vu en face.
- La figure 323, le couvercle vu de côté.
- La figure 320 représente le peigne recouvert de son couvercle pendant à la première rangée du tricot. La figure 324 représente le peigne auquel on a
- pousse le manche a du rebrousseur dans les crochets d du couvercle qui font ressort et l’empêchent de sortir.
- La maille se trouve ainsi emprisonnée autour des aiguilles 4, et sous le rebord e du couvercle.
- On peut alors prendre des poids dans le ou les trous g (fig. 321), et tricoter de la manière ordinaire.
- Pour former l’ourlet, on tricote un certain nombre
- Fig. 323.
- Fig. 324.
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- Fig. 321.
- enlevé son couvercle, après avoir tricoté un certain nombre de tours, et au moment où l’on rebrousse les mailles sur les aiguilles de la tricoteuse pour former l’ourlet.
- L’appareil se compose :
- 1° D’un rebrousseur avec un manche a (fig. 321 et 319) auquel sont fixées des aiguilles à œillet b, dont l’écartement correspond à la jauge delà machine, comme dans les rebrousseurs ordinaires.
- de tours, puis en ayant soin de ne pas laisser échapper les mailles, on enlève le couvercle, et l’on fait entrer les aiguilles du rebrousseur sur celles de la machine (fig. 324), et l’on fait tomber les mailles de l’aiguille b du rebrousseur sur l’aiguille h de là machine.
- L’ourlet se trouve ainsi formé.
- La caractéristique de cette disposition peut être formulée comme suit :
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- L’application aux rebrousseurs des machines à tricoter d’un couvercle à rebord de faible hauteur empêche les mailles de sortir des aiguilles du rebrousseur, et permet à ce dernier de servir comme peigne de montage pour commencer le tricot, ainsi que de former un ourlet de la manière décrite.
- II. — Matériel de la fabrication du tulle.
- Un métier à tulle Leavers fonctionne à l’Exposition. C’est l’une des curiosités de la Galerie des machines.
- A proprement parler, ce n’est pas une nouveauté pour les spécialistes, car nous n’avons sous les yeux qu’un métier classique dans toute l’acception du mot, monté à 160 fines barres d’un travail de 150 pouces, et ne se recommandant à l’attention des fabricants que par un perfectionnement que nous allons indiquer, dû à ses propriétaires calaisiens, MM. Lenique et Pecquet. Mais chacun sait combien le public, qui n’a guère accès dans les fabriques de tulle, est friand de voir fonctionner une machine aussi importante, puisqu’elle a 11 mètres de long avec la Jacquart, et aussi délicate puisqu’on a pris
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- Fig. 325. — Métier a tulle.
- soin de l’entourer de verre, afin d’éviter les poussières de la Galerie, et aussi chère puisque tout le monde sait qu’un métier à tulle coûte au minimum 25.000 francs. Aussi la foule est-elle constamment massée aux alentours du métier.
- Sur le devant de la machine, des ouvrières munies de ciseaux, émondent les pièces fabriquées, et coupent les bouts de fil. Ceux-ci, auquels dans les fabriques on donne le nom de clips, couvrent le sol et sont d’autant plus encombrants qu’on n’a jamais pu les utiliser à quoi que ce soit.
- Le métier qui fonctionne à l’Exposition est sorti des ateliers de deux constructeurs de Calais, MM. Geneau et Kleimpéter. Par un singulier rappro-
- chement, il se trouve que ces excellents mécaniciens sont justement les successeurs de ceux qui en 1855, fabriquèrent aussi un métier pour l’Exposition. Ce furent en effet à cette époque leurs prédécesseurs, MM. Noyon et Lavoine qui, à la suite d’un concours, obtinrent la majorité des suffrages et furent désignés par la fabrique de Calais pour le construire# Ce métier coûta 17.020 fr. 05; comme on le voit, le compte en fut fait très exactement. Il fut monté par MM. Foube, Tribouillard et Martin, MM. Dagbert et Bruxelle furent délégués par la Commission d’organisation pour en contrôler le montage, et M. Lucien L’Heureux fut chargé de le faire fonctionner.
- Le succès qu’il obtint fut très grand, puisque, à la
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- date du 24 octobre 1855, la Commission décida que le métier serait mis en loterie pour une somme de 30.000 francs et que le surplus des frais occasionnés par la construction serait versé au Bureau de bienfaisance. La machine fut gagnée par M. Butler, de Nottingham, se qui tend à prouver que l’eau retourne toujours à la rivière.
- Nous allons indiquer en quoi consiste le perfectionnement apporté dans la fabrication par MM. Le-nique et Pecquet, fabricants à Calais-Saint-Pierre, et appliqué à la machine fonctionnant à l’Exposition. Nous mentionnerons également à l’Exposition, dans la section du matériel pour la fabrication du tulle, le pointeur mécanique de MM. H. Carbonnelle et Cie, de la même ville.
- Double vis sans fin produisant un rendement régulier dans la fabrication mécanique de la dentelle, de MM. Lenique et Picquet.
- Cette invention a pour but de faire enrouler le tulle, de façon qu’il soit toujours de la même longueur, et cela sans changer de roues ainsi qu’on le fait habituellement.
- Pour arriver à ce résultat, MM. Lenique et Picquet ont imaginé une roue A taillée en forme d’engrenage, actionnée par 5 lin-guets B ayant une forme quelconque et disposés pour prendre à 75 de dents. Le nombre de dents de la roue est variable.
- Les linguets sont fixés sur un croissant C
- barre carrée P se trouve un plan incliné mobile T, dont l’inclinaison est réglée par une vis qui se trouve à son extrémité, et qui est maintenue par un ressort fixé sur la barre carrée P afin que la vis de réglage appuie toujours sur la barre carrée P. A l’extrémité du support S est fixée une barre mobile U dont le bout arrondi vient s’appuyer sur le plan incliné T ; c’est contre la barre mobile U que vient toucher à
- qui est supporté par deux traverses D qui, en se réunissant forme bague sur l’arbre de la vis sans fin E. Ce croissant est actionné par la tige F qui a un mouvement brisé à chaque bout et par le levier G qui a une roulette posant sur l’excentrique H.
- A la suite de la roue I s'engrenant dans la vis sans fin ordinaire E, nous avons mis une nouvelle vis sans fin Kqui est fixée sur le bout de l’arbre du rouleau d’enveloppement I. Dans cette nouvelle vis sans fin s’engrène une roue L qui est fixée sur une tige M, maintenue dans deux coussinets Q. A l’extrémité de cette tige se trouve une petite roue dentée N; celle-ci s’engrène dans une crémaillère 0 qui est fixée sur une barre carrée P qui glisse à frottement doux dans les coussinets RR'. Ces coussinets sont fixés sur le support S qui lui-même est fixé contre le pignon du métier. A l’extrémité de la
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- Fig. 327.
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- Fig. 326.
- Fig. 328.
- chaque tour de l’excentrique H la vis de réglage Y qui se trouve à l’extrémité du levier G.
- Il est évident que, lorsque le métier marche, la vis sans fin fait tourner le rouleau d’enveloppement et par conséquent la nouvelle vis sans fin K qui communique son mouvement à la tige M, terminée par la roue dentée N laquelle est engrenée dans la crémaillère O, fait avancer le plan incliné T. La barre mobile U baisse régulièrement et la vis de réglage V venant s’appliquer dessous, le levier G a moins
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- d’action. Gomme le levier G communique son mouvement aux linguets, ceux-ci font tourner la roue moins vite. De cette façon l'enroulement se fait d’une façon régulière et automatique. Quand on déroule la pièce, le plan incliné revient naturellement à sa place.
- Pointeur mécanique pour le perçage des cartons Jacquart de métier à tulle, exposé par MM. H. Carbonnelle et Cie.
- Cette intéressante machine a pour but de faire simultanément, et par suite en moitié moins de temps qu’il n’en faut habituellement, le perçage des cartons Jacquart et l’impression du barème pour l’industrie de la dentelle mécanique. Comme le barème est indispensable, les inventeurs continuent à le faire, mais imprimé mécaniquement au lieu d’être manuscrit, et par la même opération ils font le perçage des cartons ; en d’autres termes, le perçage se répercute simultanément sur une plaque spéciale en marquant le dessin qui se trouve ainsi contrôlé. Cette répétition permet également, dans le cours du piquage, d’apporter des modifications ou corrections dans le modèle.
- Pour faire fonctionner la machine, il faut suivre tous les points par où passent les fils représentés par les contours du dessin mis en carte, c’est-à-dire faire le simulacre de pantographier. On est ainsi dispensé de la mise en carte et du lisage.
- Les figures 329 et 330 représentent la coupe de cette machine.
- Sur deux entre toises a a', exactement parallèles, de lm 20 de longueur, peuvent coulisser deux glissières ce', dont l’espace qui les sépare est juste suffisant pour laisser passer verticalement les cartons à percer. Les glissières ce', d’une largeur d’environ 10 centimètres, se déplacent ensemble le long des entretoises et dans les mêmes conditions. Ces déplacements se font de la manière suivante :
- Le bâti A qui supporte ces entretoises comporte, au-dessus de ces dernières, un arbre b, qui peut être mis en mouvement dans l’un ou l’autre sens, au moyen d’une manivelle b', par l’intermédiaire de la vis sans fin b* et de la roue correspondante ô3. Cet arbre porte deux disques d et d! sur lesquels sont fixées, respectivement par l’une de leurs extrémités, deux lanières métalliques, dont l’autre aboutit aux glissières cc\ Ces lanières sont développées ou ramenées par le mouvement circulaire de ces dis-
- ques, aidé en sens inverse, par des contrepoids au moyen de lanières semblables, agissant du côté opposé des glissières pour assurer la régularité du déplacement alternatif de celles-ci. On pourrait toutefois, dans le même but, adopter une autre disposition.
- Ces déplacements sont enregistrés au moyen d’une aiguille indicatrice i se déplaçant sur un cadran jt dont les divisions correspondent à celles de la mécanique Jacquart.
- Sur la glissière c se déplace transversalement une pièce f, sur laquelle est fixé un support f perforé, dont les cavités servent de guides aux poinçons p. On remarque des guides analogues solidaires des glissières ce, de sorte que le mouvement des poinçons est parfaitement déterminé. Ces derniers sont munis de talons, d’arrêts, et de ressorts de rappel/?' comme les aiguilles d’un étui ordinaire de mécanisme Jacquart. La figure indique huit rangées de poinçons de perçage, mais il est évident que ce nombre dépend surtout du compte de la mécanique.
- Parallèlement aux entretoises a, court un arbre à section carrée g, qui porte une roue dentée gî, la^ quelle engrène avec une crémaillère f*- ménagée à la partie inférieure de la pièce f. A l’extrémité de cet arbre g, se trouve un disque g1 auquel aboutit la tige de marchage t. La roue <jr2 peut naturellement se déplacer le long de la tige carrée g, pour suivre le mouvement de la pièce f, laquelle est aussi traversée verticalement par un axe h, auquel elle sert de support. Sur cet axe se trouve fixé le tambour, formant contre-pression avec les poinçons, et dont la surface cylindrique correspond à leur huit rangées ; ce cylindre est divisé en huit tranches horizontales de quatre-vingts secteurs, conformément aux divisions des cartons.
- Dans la tranche supérieure, les secteurs vides et pleins alternent entre eux. Les secteurs vides et pleins alternent par deux dans la deuxième tranche, et par quatre dans la troisième. La quatrième tranche alterne les siens par huit; la cinquième présente 16 secteurs pleins et 64 secteurs vides; la sixième, 32 secteurs pleins et 48 vides, la septième 48 secteurs pleins et 32 secteurs vides, et la huitième et dernière, 64 secteurs pleins et 16 secteurs vides.
- Le disque-type k, se trouvant à la partie supérieure de l’axe h, est divisé en 80 secteurs numérotés, pour répondre aux divisions du cylindre m.
- Les indications numériques des types se retrouvent en chiffre sur ce disque k, mais avec cette différence
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- que l’indicateur A2 implique à lire le chiffre au-dessus de lui, et qui est toujours diamétralement opposé au type imprimé correspondant, suivant ce qui va être expliqué.
- Au moyen du bouton o, on peut tourner à la main le disque k, qu’il traverse. La tige du bouton aboutit à un petit levier o1, et un ressort cherche à le maintenir constamment en bas. Le petit levier o1 s’encoche dans les divisions d’un deuxième disque n, situé au dessous du précédent et fixé à demeure sur la partie supérieure de la pièce f. De sorte que de cette manière, le disque A se trouve solidaire du tambour m aussi longtemps que le bouton o n’aura pas été relevé. Cet encochement de la pièce n se répète de même quatre-vingts fois.
- Les types du disque k, qui peuvent être en caoutchouc, s’encastrent dans des rainures radiales et sont maintenus par un anneau k1 ou de toute manière. On les enduit d’encre d’imprimerie d’une manière quelconque. Nous ne nous occupons pas ici des détails de coustruction : nous n’expliquons que le principe.
- En face de ces types se développe une bande de papier sans fin x, laquelle se déroule sur deux rouleaux v et v1. Le premier à demeure sur le bâti, le second pouvant, suivant les besoins se déplacer et se fixer le long d’une coulisse pratiquée dans le montant v2. Les types s’impriment sur cette bande dont la longueur est proportionnelle à celle de la chaîne des cartons ou du rapport du dessin à produire.
- Les cartons y, noués de la manière connue, se développent par-dessus un cylindre, à six pans r, et ils sont guidés par les pedonnes r2. La largeur de ce cylindre est naturellement en rapport avec celle des cartons, et leur avancement s’effectue par le marchage s, le crochet d’appel s1 et le ressort s2. A chaque marchure, le cylindre tourne d’un sixième de tour. Le mouvement des poinçons p se produit, ainsi que nous l’avons déjà indiqué, au moyen du'marchage t, de la roue g-se déplaçant le long de l’arbre carré g et engrenant avec la crémaillière p. Un cliquet partant de la
- tringle t vient s’encocher dans les dents d’un rochet fixé sur l’axe du rouleau Y, pour commander ainsi le développement de la bande de papier x. Un contre-cliquet u- empêche tout mouvement de recul du rouleau V.
- Pendant le piquage dcartons, ceux-ci sont
- 3
- Fig. 329 et 330. — Machine a piquer les cartons
- DE MÉCANIQUE JACQUART, DE M. H. CARBONELLE.
- maintenus latéralement, en haut et en bas, par des roues v v1 et r2®*, et avec le concours de ressorts appropriés. Ces roues ne s’ouvrent qu’au moment du marchage de la tige s, et les cartons piqués viennent se replier et s’accumuler sur une tablette yi après avoir passé par-dessus un rouleau de renvoi y\
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- L’opération proprement dite du perçage ou piquage, au moyen de cette machine, se fait donc en manœuvrant le bouton o et le disque-type k, comme un appareil télégraphique Bréguet, en amenant successivement sous l'indicateur k- les chiffres correspondant au dessin à reproduire, et en appuyant à chaque fois sur la pédale de la tige /, ce qui fait mouvoir la pièce f, ainsi que déplacer la bande de papier x.
- Un rapport se trouve-t-il être, par exemple, de 100 cartons, on déplacera, à la 101e opération, les glissières ce' au moyen de la manœuvre de la manivelle, et on recommence le piquage à nouveau.
- Pour se servir de cette machine, il suffit :
- 1° De placer au préalable toutes les bandes de cartons nécessaire, au dessin donné, dans les deux cases qui leur sont réservées.
- 2° De mettre sur deux rouleaux ad hoc, une feuille de papier destinée à recevoir l’impression.
- 3° De fixer au moyen de punaises à dessin, la mise en carte en rapport avec le pantographe. La machine est disposée de façon à présenter, en temps utile et à tour de rôle chaque bande de cartons, en même temps que la feuille de papier se déplace d’une division après chaque impression. Le pointeur n’a donc plus à appeler les combinaisons à un chiffreur pour faire le barème et le temps qu’un homme doit passer pour percer les cartons d’après les indications de ce barème, est complètement supprimé.
- III. — Matériel de la fabrication
- DES FILETS DE PÈCHE.
- C’est Jacquard qui le premier en France tenta de fabriquer mécaniquement les filets de pêche. Il prit en effet pour ce sujet un brevet d’invention à la date du 13 décembre 1804. Nous devons cependant avouer qu’après avoir pris connaissance dumé-moire et du dessin publiés dans le volume VIII des brevets expirés, ancienne loi, nous n’avons trouvé dans cette machine, telle qu’elle est décrite, que quelques renseignements ; utiles seulement pour ceux, qui plus tard, ont repris le sujet. Le métier toutefois devait avoir quelque mérite, car, sur le rapport de MM. Conté, Molard, Bardel et Costaz, la Société d’encouragement appela Jacquard à Paris en 1803 pour faire fonctionner son métier, et, bien qu’elle reconnût qu’il n’eût encore fait qu’ébaucher
- son sujet, elle ne lui en accorda pas moins le prix qu’elle avait fondé pour cet objet.
- Nous devons reconnaître à ce propos que si Jacquard fut le premier qui, chez nous, réussit à ébaucher cette question, il avait été devancé dans cette voie par des inventeurs anglais: Pater Brother-ston (1774), William Horton et Ross (1778), Robert Barber (1792), Robert Brown (1802), Edouard Newton (1807), qui tous prirent des patentes dont quelques-uns avaient aussi pour objet la fabrication des filets à petites mailles.
- Après Jacquart, le premier qui construisit, en France, un métier à fabriquer les filets de pêche, fut un pauvre mécanicien de Rourgtheroulcle (Eure), Buron, qui en 1806, présenta sa machine à la société d’encouragement et l’envoya en même temps à l’Exposition de 1806. Le rapporteur de la Société d’encouragement constata que l’inventeur avait « imaginé (1) une machine simple, n’exigeant de la part de l’ouvrier qu’un petit nombre de mouvements faciles à exécuter, qui donne le véritable nœud de filet et peut procurer une grande économie de main-d’œuvre ». De son côté, le rapport du jury de l’Exposition de 1806 constate que cette machine peut « faire une rangée de douze nœuds en douze secondes, et qu’elle ferait d’avantage en augmentant la largeur des filets ».
- En 1808, un rapport, également à la Société d’encouragement, de M. Bardel, constate l’essai dans les salles de la Société, mais sans donner aucun détail sur ses dispositions ou ses chances de succès, d’un nouveau métier à faire les filets.
- Jusqu’en 1830, nous n’avons à signaler que l’invention de deux autres métiers : l’un dû à Boswell (2) l’autre à Robertson (3).
- En 1839, l’habile ingénieur Pecqueur perfectionna sensiblement, ou plutôt transforma d’une façon absolue, tout en en conservant le principe, la machine de Buron. Il envoya à l’Exposition de 1839 des filets fabriqués mécaniquement; mais ce n’est qu’en 1840, le 20 juillet, qu’il prit un brevet que nous trouvons publié dans le volume LXXXVI des brevets expirés, ancienne loi.
- (1) Bulletin de la Société d'encouragement, 5e année, n° XXXIV, avril 1807.
- (2) On peut trouver la description de ce métier dans les Annales des arts et manufactures, t. XI, p. 243.
- (3) La patente de ce métier a été publiée p. 418, t. XII, du Repertoirs of Arts, 2° série.
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- « Dans ce métier, dit M. Poncelet, plutôt applicable à la fabrication des filets de passementerie, l’auteur se servait, comme dans ceux de Jacquard et de Buron, d’une chaîne et d’ensouples qui, au lieu d’être absolument fixes et horizontales, offraient, dans un plan vertical, une suspension à châssis légèrement mobile, ainsi que tous les mécanismes qui en dépendent. Au lieu de navettes alternativement montantes et descendantes, portées par des boites à chariot horizontales, comme dans le métier Jacquart, ou des bobines verticales chargées de fil de trame servant au nouage des boucles et des fils de chaîne tirés par les crochets d’un tourniquet, à va-et-vient horizontal, M. Pecqueur employait des navettes antérieures à talus, conduites d’une façon toute particulière au travers des boucles formées et retenues par une rangée de crochets émerillons tournant à crémaillère et pignons sous la main de l’ouvrier, appliquée à la poignée d’une boîte, ou traverse horizontale antérieure suspendue au bas de tiges verticales d’une bascule à contre-poids d’équilibre, analogue à celle qui, soumise à l’action d’une pédale, sert à suspendre l’équipage même de la chaîne, dont, à son tour, la partie inférieure est saisie par une barre à crans ou crochets vers le point où se forme simultanément la rangée des nœuds.
- u Plus tard, brevet du 1er juin 18A9, et jusqu’en septembre 1851, c’est-à-dire peu de temps avant sa mort, qui eut lieu en mars 1852, M. Pecqueur s’est occupé d’une machine à fabriquer les grands filets de pêche par des mouvements purement automatiques accomplis au moyen de cames fermées agissant sur des leviers, des bascules inférieures ou supérieures à contre-poids, et faisant aussi marcher la rangée horizontale d’émerillons tordeurs du boudeur, les crochets-peignes et noueurs, enfin les navettes inclinées sur une bascule inférieure pivotante, dont le passage au travers des boucles forme et serre la rangée correspondante de nœuds, les mailles allant, au fur et à mesure de la fabrication, s’enrouler sur une ensouple à contre-poids située au-dessus, mais en arrière du point où le travail s’exécute, tandis que les fils de la chaîne, tendus dans un plan incliné à l’horizon, se déroulent d’une autre ensouple plus élevée, plus reculée encore vers la partie postérieure du métier. »
- En 18A5, la Société d’encouragement mit au concours l’invention d’un métier à fabriquer les filets de pêche. Dans le programme dressé par M. Jomard, il est dit que le problème doit consister :
- « 1° A pouvoir varier les dimensions des filets et Couverture des mailles suivant les graduations déterminées, difficulté qui n’est pas moins grande que celle de fabriquer le véritable nœud;
- « 2° Surtout à fabriquer à bas prix, de manière qu’il y ait économie à confectionner à la machine.
- a Dans les grands filets génois, les pièces sont composées de différentes parties; les côtés sont à grandes mailles, la bande centrale est à mailles très étroites; ces mailles vont depuis 15 à 20 millimètres presque à 1 centimètre. Il faut obtenir ces diverses conditions par le travail mécanique à un prix moindre que celui auquel revient la fabrication ordinaire. »
- M. Pecqueur présenta sa machine au concours et, sur le rapport de M. Alcan, le prix de 3,000 francs lui fut décerné.
- Le Bulletin de juillet \ 852 de la Société donne le dessin et la description de ce métier, qui se rapportent du reste à ce qu’on vient de lire dans le rapport de M. Poncelet ; mais nous croyons utile de citer ici quelques passages du rapport de M. Alcan, expliquant le principe de la formation des mailles d’un filet :
- « Un filet, dit-il, est formé par une série de mailles fixes qui présentent plus ou moins de surface suivant l’usage auquel il est destiné ; chacune de ces mailles est limitée par des nœuds disposés de manière à résister et à se consolider par la traction. La révolution d’un fil autour de lui-même, dans des plans différents, produit la boucle dont le serrage constitue le nœud ; le fil doit, par conséquent, être alternativement tendu ou soustrait à cette tension. L’espacement des nœuds entre eux détermine la grandeur des mailles ; il est obtenu par un moule que le fil doit entourer.
- «
- « Le filet se distingue donc sensiblement des autres tissus.
- « La maille fixe, au lieu d’être arrêtée, comme dans le travail du tulle, par l’entrelacement simple de deux systèmes de fils tendus se croisant dans le plan de leur mouvement initial, se trouve retenue par le bouclement d’un fil unique, ainsi que cela a lieu pour le tricot ; seulement, ici, la boucle présente plus de complication : au lieu de la laisser ouverte de façon à former une maille élastique, on la ferme en tendant et en serrant progressivement le fil pour exécuter le nœud.
- « Pour toute espèce de filets, le travail a lieu, comme on le voit, sur un fil tantôt lâche çt tantôt tendu. Cette difficulté particulière, jointe aux condi-
- SüPPLEMENT A L’INDUSTRIE TEXTILE DU 15 SEPTEMBRE.
- il. — 3i« Fascicule.
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- tions nécessaires à l’exécution des autres étoffes à mailles que nous venons de citer, présente l’ensemble des données du problème; l’art du tissage n’en oflre peut-être pas de plus difficiles à résoudre.
- « Pecqueur s’en est rendu maître de la manière la plus satisfaisante. Les principes qui servent de base à sa machine sont applicables à toute espèce de filets. »
- A la suite de cet exposé, le rapporteur ajoute :
- « La première machine exécutée en grand par M. Pecqueur pour la fabrication des filets de pêche a été vendue en Angleterre; elle fonctionne à Bradfort, à la satisfaction de l’acquéreur. Nous consignons ce fait pour qu’on ne puisse pas se méprendre un jour sur son origine et lui contester sa nationalité, comme cela eut lieu dans ces derniers temps pour tant d’autres inventions françaises. »
- Il suit de là que M. Pecqueur fut le premier qui sut construire une machine à fabriquer le filet de pêche.
- A peu près à la même époque que l’inventeur français cependant,un Anglais, James Patterson, prenait le 27 juillet 1837, une patente pour un métier qui plus tard devait constituer un système bien connu, mais qui vraisemblablement à cette époque ne fonctionnait pas encore industriellement. Voici ce qu’a dit plus tard de cette machine M. Gillet de Grand-mont dans son rapport sur l’Exposition de 1869 :
- « Le caractère distinctif de ce métier était qu’il fonctionnait avec un seul fil au moyen des pédales et autres engins que l’ouvrier faisait mouvoir avec les pieds et les mains, en développant une grande force musculaire. Ce système devait subir de nombreux perfectionnements de la part des mécaniciens anglais et français, avant de donner les métiers de MM. Stuart et Lockart, en Écosse, et celui de M. Bro-quant, en France. Aucun de ceux-ci, jusqu’à présent, n’a pu fonctionner à la vapeur. »
- De ce que nous venons de dire, il résulte qu’il existe deux espèces bien tranchées de systèmes pour j la fabrication des filets de pêche : ceux qui fonctionnent avec deux fils (système français) et ceux qui fonctionnent avec un seul fil (système anglais). Le nœud, dans les deux systèmes, est identique, mais sa position par rapport à la longueur du fil change : avec le réseau fabriqué sur le métier français, les bords ou lisières sont constitués par des mailles fermées, tandis que les extrémités des fils de chaîne présentent des entrelacements ouverts; le même
- filet déplacé à angle droit figure exactement le produit du métier anglais, où les mailles sont fermées dans le sens longitudinal et ouvertes latéralement.
- Poursuivant ce rapide historique des machines à fabriquer les filets de pêche, et ne voulant parler ici que des premières inventions (bien que la matière soit loin d’être aujourd’hui épuisée et donne lieu encore actuellement à de nombreuses prises de brevets), nous citerons encore en JSàO (11 mai) « un nouveau procédé de fabrication sur des métiers fixes de filets, hamacs, etc. », breveté par deux négociants de Nîmes, MM. Bastid frères et Landera, et en 18à5 (IA janvier) « une machine propre à confectionner le filet à nœud droit double », brevetée par MM. Longet et Bariot, de Paris.
- L’Amérique, qui souvent a la spécialité des inventions originales, se met sur les rangs en 18A6. M. Mac-Mullen prend en effet à Baltimore, le 11 juillet de ladite année, une patente pour un « métier à faire les filets ». Nous trouvons cette machine brevetée l’année suivante en France, et il en est question dans le tome XIII des brevets accordés sous le régime de la loi de 18àA, où il est dit : « Ce métier n’est pas seulement propre à la fabrication des filets de pêche, mais aussi des filets à mouches. Les mailles formées par le métier sont rectangulaires, et elles peuvent être carrées ou oblongues. Les nœuds aux angles des mailles ne sont pas plats ou formés de boucles, mais ce sont de véritables nœuds de pêcheurs; ou ce qu’on appelle nœuds de tisserand. »
- Nous pouvons encore citer, à la date du 21 février 18A8, le brevet de MM. Triaire et F. Bertrand, à Gauges, « pour un métier destiné à la fabrication mécanique des filets de pêche par rangées, au moyen d’un seul fil et constituant le véritable nœud du pêcheur »; — à la date du 2à juillet 18A9, le brevet de MM. Stensmaght frères, de Calais, pour « la | fabrication des filets de pêche et de la filoche » ; — celui de MM. Vincent, Quinqueton et Jauvat, à Lyon, du 9 juillet 1850, pour « un mécanisme propre à la fabrication des filets de pêche et autres par le nœud fixe », lequel se trouve décrit avec de longs détails dans le tome XIX des brevets.
- Notons encore une machine à confectionner les filets pour pêche, chasse et autres, brevetée par M. Estublié, à Marseille, avec addition du 26 avril 1853 et publiée dans le volume XXIII des brevets; — une machine propre à fabriquer le filet pour la pêche et celui de toute espèce, brevetée par M. Basset, à Orléans, 25 juillet 1851; — un mouvement méca-
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- nique s’appliquant aux métiers à faire les filets de pêche à la main, par M. Sermet, à Lyon, 29 avril 1853; — un perfectionnement au métier à fabriquer les filets de pêche et autres, par MM. Estublié, Gazagnaire et Cie, 24 septembre 1853, additions des 23 novembre 1854 et 15 avril 1855. Ce dernier brevet et ses additions, qui complètent le brevet Estublié du 26 avril 1853, sont publiés avec détails dans le volume XXXII des brevets. « Dans ce système, est-il dit : les mailles sont faites, ainsi que le nœud, dans le même ordre et exactement de la même façon que dans le filet à la main. » Dans les rapports du jury à l’Exposition universelle de 1855, nous trouvons la mention suivante au sujet de ce métier : « MM.
- Ratte et Cie, à Marseille, exposent un métier à filet de pêche, marchant à la main, qui a été breveté, en 1851, sous le nom de M. Estublié, et pour lequel M. Bilon s’est fait délivrer un brevet de perfectionnement en 1853. Ce métier, dont l’exécution laisse très peu à désirer, réclame plusieurs additions indispensables pour fonctionner utilement et automatiquement; mais l’originalité des moyens par lesquels les boucles des deux trames s’enlacent et se nouent réciproquement, ainsi que les dispositions essentielles du mécanisme, ont fait juger au jury que cette machine, quoique à l’état d’essai, mérite d’être encouragée par une médaille de 2e classe. »
- Les rapports de cette même Exposition signalent encore trois autres métiers, dont deux, un petit et un grand, exposés par MM. Zambaux et Reponty, l’un fonctionnant à la main et l’autre automatiquement : « Ces métiers, est-il dit, sont du système Pecqueur, construits avec précision, et fonctionnent de manière à
- en démontrer l’utilité pratique; ils ont été, de la part des exposants, l’objet de quelques perfectionnements de détail. » Le troisième métier, exposé par MM. Rome, Jourdan et Cie, à Grenoble, peut fabri-
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- Fig. 331. — Métier a fabriquer les filets de pèche de MM. Gallanü et Ciiaunier.
- quer, dit M. Focillon, rapporteur, « les filets de pêche et même de chasse, avec une réduction de 25 pour 100. 11 peut produire dans un temps donné autant de mètres carrés de filets qu’en feraient environ cent ouvriers dans le même temps. Les filets
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- ainsi fabriqués sont déjà entre les mains des pêcheurs de la Manche, où ils rendent les mêmes services que les filets à la main, tout en exigeant des dépenses moins considérables. »
- Nous arrêtons ici ces citations, que nous n’avons faites que pour montrer combien la construction des machines à fabriquer les filets de pêche a préoccupé j depuis longtemps le monde des inventeurs.
- Dans la galerie des Machines, deux machines à j fabriquer les filets sont exposées : l’une par M. Zang, ! de Paris, qui n’est autre que l’ancien métier Jouannin perfectionné; l’autre par la Compagnie de Fives-: Lille, qui a envoyé le métier Galland et Chaunier.
- j En dehors de ces deux exposants, M. Bonamy, de
- Saint-Just-en-Chaussée, dont nous avons mentionné déjà le nom à propos du matériel de la bonneterie, expose de nombreux échantillons de filets fabriqués sur le métier qu’il construit, mais il n’a pas exposé I ce métier.
- Dans la machine Zang, les fils de chaîne tendus j verticalement sont rebouclés sur eux-mêmes par des crochets tournants, et les boucles ainsi formées sont traversées, puis nouées par un même nombre de bobines porte-trame, comparables, sauf dimensions, aux bobines des métiers à tulle; la maille résulte de l’entrelacement de deux fils de chaîne adjacents et du nœud serré en cet endroit par la bobine correspondante.
- Dans le métier Bonamy, nous pouvons dire que le filet se produit transversalement à l’aide d’aiguilles analogues aux aiguilles de bonneterie, de crochets de cueillage (toujours comme pour la fabrication du tricot) et de crochets articulés d’une construction particulière.
- Les deux systèmes ont leurs partisans et leurs détracteurs.
- D’une façon générale, les pays du Nord ont adopté ! les filets à mailles nouées longitudinalement ; les pêcheurs du Midi préfèrent les mailles transversales qui, pour ces consommateurs, possèdent le mérite d’être identiques aux produits manuels.
- Le métier de MM. Galland et Chaunier appartient au premier genre. De même que sur les métiers Zang, le filet est formé par des fils de chaîne et des fils de trame s’enlaçant et se nouant deux à deux; l’aspect général rappelle davantage la disposition des métiers à tulle ; la largeur du bâti permet également de fabriquer, à la demande, soit une seule nappe de filet, soit des bandes étroites avec lisières sur chaque bord. Mais, tandis qu’avec les métiers
- antérieurs, les fils de chaîne, envidés sur bobines et groupés sur un râtelier, cheminent librement de haut en bas et reçoivent une traction modérée, dans le système de MM. Galland et Chaunier la chaîne est préalablement ourdie sous une tension capable de faire casser les fils défectueux. Il va de soi que cet ourdissage doit être réglé de manière à ne pas dépasser la limite d’élasticité de la chaîne. Ainsi comprise, la préparation supprime de nombreuses causes d’arrêt.
- L’ensouple se déroule dans le bas du métier et la chaîne, en se développant, subit encore l’action d’un frein énergique pour assurer le serrage des nœuds et la régularité des mailles. Ce mode de fabrication a naturellement amené les constructeurs à renforcer les bâtis et les transmissions de mouvements.
- Nous allons examiner les deux machines exposées.
- Métier à fabriquer les filets de pêche exposé par la Compagnie de Fives-Lille.
- Cette machine (fig. 331) rappelle par ses grandes lignes l’aspect général des métiers à tulle. Elle est composée de deux bâtis doubles placés à chaque bout, et reliés entre eux par des sommiers longitudinaux qui supportent les paliers des principaux arbres du mouvement, ainsi que les barres à boltz fixe et mobile. Dans l’espace compris entre ces bâtis se meuvent les différents organes concourant à la formation des nœuds, que nous énumérons plus loin. La force motrice est transmise par courroie à une poulie fixe doublée d’une poulie folle, placées sur le derrière de la machine et portées par un arbre transversal.
- Cet arbre transversal, par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’une roue hélicoïdale, commande un grand arbre longitudinal qui porte une série de cames communiquant aux pièces principales de la formation du nœud leurs mouvements respectifs. L’arbre longitudinal commande lui-même, par l’intermédiaire de pignons coniques calés à ses extrémités, deux arbres latéraux obliques placés à l’extérieur des bâtis, qui communiquent également au moyen de cames un mouvement de translation à certains des organes que nous allons décrire.
- Les organes principaux de la formation du nœud sont les suivants :
- 1° Deux barres à boltz, l’une fixe et l’autre mobile dans le sens longitudinal du métier, dans lesquelles se meuvent les chariots ou navettes contenant les fils de trame ;
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- 2° Deux cylindres cannelés régnant sur toute la longueur du métier, et servant à l’entraînement des chariots sur les barres à boltz ;
- 3° Une barre à aiguilles, portant un nombre d’aiguilles égal à celui des fils de chaîne ;
- 4° Une barre de doigts, portant des saillies en forme de doigts coudés, en nombre égal à celui des fils de chaîne ;
- 5° Une barre à crochets, sorte de lame de scie à dents de forme appropriée, reposant sur la barre des doigts et recevant un mouvement de translation longitudinal;
- 6° Une barre à tubes, garnie de petits tubes en acier, d’une forme spéciale, qui doivent guider et distribuer des fils sur les aiguilles et sur les doigts ;
- 7° Un rouleau porte-fil, tournant librement sur ses
- £// de chaîne allant au rouleau tendeur pma eu rouleau porte-vis
- Fig. 332. — Organes au repos avant la formation nu
- P—l-tr-
- J
- •J*.
- w
- Fig. 333.
- tourillons, et muni à chaque extrémité d’un frein qu’on peut régler à volonté. Les fils de chaîne sont pliés et ourdis avec soin sur ce rouleau ;
- 8° Un cylindre guide-fils portant des gorges en nombre égal à celui des fils de chaîne, et ayant pour but :
- \. De maintenir chaque fil dans sa position respective pendant ses évolutions ;
- 2. De céder, en montant, la quantité de fils de chaîne nécessaire pour former autour des doigts et des aiguilles les boucles dans lesquelles doivent passer les navettes ;
- 3. De reprendre en descendant la longueur de
- fil qui devient libre au moment où les doigts remontent pour lâcher les nœuds sur les aiguilles;
- h. De donner aux fils de chaîne la tension nécessaire pour le serrage de ces nœuds.
- 9° Trois rouleaux entraîneurs garnis de caoutchouc;
- 10° Un guindre sur lequel vient s’enrouler le fdet au fur et à mesure de sa fabrication.
- A l’aide de la vue d’ensemble de la machine et de la planche de dessin exposée, on peut se rendre compte des évolutions successives qu’accomplissent ces différents organes.
- En voici l’indication succincte : - •
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- Les fils de chaîne venant du rouleau porte-fil passent dans les gorges du cylindre guide-fils et viennent se joindre aux nœuds déjà faits en passant dans les tubes, à droite des doigts, et à droite des aiguilles.
- La barre à tubes s’élève tout en opérant un petit mouvement de translation à gauche, et vient passer chaque tube très près et à gauche du doigt et de l’aiguille correspondants; elle effectue une translation de gauche à droite, puis elle redescend à sa
- place en passant les tubes à droite des aiguilles et des doigts.
- Les fils ont ainsi formé, en entourant les doigts et les aiguilles, une série débouclés triangulaires ayant un fil à gauche et deux fils à droite, dans lesquels viennent passer les navettes.
- Quand les navettes ont traversé les boucles ainsi formées, le deuxième fil de droite de chaque boucle est ramené à gauche par la translation de la barre à crochets. Les navettes reviennent alors à leur pre-
- ________/____
- Fig. 334.
- — Première position des organes.
- mière position en traversant de nouveau les boucles, mais en passant cette fois le fil de trame à droite du fil de chaîne qui a été déplacé par la barre à crochets. Pendant ce temps, et aussitôt que les navettes ont traversé les nouvelles boucles, la barre à crochets revient à sa première position, ainsi que le deuxième fil de droite. Les nœuds se trouvent ainsi préparés.
- La barre des doigts monte alors et vient lâcher ses boucles sur les aiguilles. Le cylindre guide-fils serre les nœuds par un brusque mouvement de descente qui produit une forte tension des fils de chaîne, pendant que les navettes, qui étaient remontées à leur première position, redescendent pour céder un peu de fil nécessaire au bon serrage des nœuds.
- Les nœuds étant serrés, les aiguilles les abandonnent en se retirant un peu en arrière, et ainsi lais-
- sent la ligne de nœuds monter, sous Faction des rouleaux entraîneurs, d’une quantité égale à la longueur de maille que l’on veut obtenir et que l’on peut régler à volonté.
- Les mêmes opérations se répètent ensuite indéfiniment; seulement, les navettes, dont le mouvement est guidé par la barre à boltz mobile, passent une fois dans la boucle de gauche et la fois suivante dans celle de droite; c’est-à-dire que chaque fil de trame s’enlace et se noue alternativement avec les deux fils de chaîne adjacents, et forme ainsi la nappe de filet.
- Du reste, afin de faire mieux comprendre ces divers mouvements, nous allons les représenter par des figures en suivant les principaux organes dans leur marche.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- 247
- Dans la figure 332, ces organes occupent leurs | positions respectives au moment où ils vont com-
- / II
- Fig. 337.
- Fig. 336.
- Deuxième position des organes.
- Fig. 339.
- Fig. 338.
- Troisième position des organes.
- Si:
- mencer leurs évolutions pour la formation d’un nœud.
- Pour commencer une longueur de filet,fies fils de chaîne venant du rouleau porte-fil et traversant les
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- LES' INDUSTRIES TEXTILES \T.'
- tubes a ont été préalablement noués à la main avec | les fils de trame venant des navettes b1, puis passés
- i
- Fig. 311.
- Fig. 340. — Quatrième position des organes.
- ____-J>.
- Fig. 342. — Cinquième position des organes.
- Fig. 343.
- entre les cylindres entraîneurs en caoutchouc qui | les retiennent tendus. Dans le courant de la fabrica-
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-
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- 249
- tion, c’est le filet déjà fabriqué qui se trouve retenu | entre ces cylindres, et le dernier nœud formé a été
- Fig. 345. — Sixième position des organes.
- / Il
- d'H—
- Fig. 348. — Septième position des organes.
- Fig. 346. Fig. 347.
- Fig. 349.
- entraîné au-dessus des aiguilles d d’une quantité | égale à la longueur des mailles que l’on veut obtenir.
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Septembre.
- il — 32e Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- On remarquera que le fil de trame u vient d’être noué, soit à la main, soit par la machine, avec le fil de chaîne x, et le fil de trame v avec le fil de chaîne y.
- Première position (fig. 334, 335). — Le fil de chaîne va entourer les doigts.
- Pour cela, la barre des tubes a, tout en s’élevant,
- fait un commencement de translation dans le sens de la longueur de la machine égal à la largeur des doigts, et va passer son fil de l’autre côté dudit doigt, l’écartement entre eux étant suffisant pour laisser passer les tubes. Pendant que la barre des tubes exécutait ce mouvement, la barre à boltz mobile m portant les chariots a commencé sa translation de gauche à droite.
- L-k-li
- Fig. 352.
- Fig. 351. — Huitième position: Noeud formé.
- Deuxième position (fig. 336, 337). — La barre des tubes a continué à s’élever, et la barre à boltz mobile m a achevé sa translation égale à la distance entre deux aiguilles.
- On remarquera alors que les fils de trame u et v ont été amenés en face des fils de chaîne y et z; le fil de trame u qui venait de former un nœud avec le fil de chaîne x va donc cette fois en former un avec le fil de chaîne y, et de même le fil de trame v, qui venait former un nœud avec le fil de chaîne y, va en former un avec le fil de chaîne z. Le dernier nœud formé, qui avait été entraîné au-dessus d’une aiguille,
- se trouve maintenant tiré par la tension des fils de trame au milieu de la distance entre les deux aiguilles.
- Troisième position (fig. 338, 339). — La barre des tubes a a continué son mouvement de montée jusqu’aux aiguilles d, derrière lesquelles elle a passé le fil de chaîne par un nouveau mouvement de translation inverse du premier, puis elle est redescendue en passant ce même fil à droite des doigts. Pendant qu’elle descendait, les chariots b, entraînés par le cylindre cannelé de gauche p, ont
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- tourné autour de leur centre de mouvement en s’abaissant.
- Quatrième position (fig. 340, 341). — La barre des tubes a continué son mouvement de descente et est venue reprendre sa position première.
- Les chariots b ont continué de tourner autour de leur centre de mouvement; puis, entraînés par le cylindre cannelé de droite q, sont remontés sur la barre à boltz fixe n, passant les fils de trame dans la boucle formée par les fils de chaîne autour des doigts.
- Cinquième position (fig. 3Zi2 à 344). — Le cylindre cannelé de droite q a entraîné les chariots jusqu’au fond de la barre à boltz fixe.
- A ce moment, la barre des crochets k, par un mouvement de translation de droite à gauche, amène les fils de chaîne allant aux tubes à gauche des doigts.
- Sixième position (fig. 345 à 347). — Le cylindre cannelé de droite q, par une rotation inverse, redescend les chariots et les ramène sur la barre à boltz mobile, en les mettant en contact'avec le cylindre cannelé de gauche p.
- On remarquera dans cette figure que les chariots b, qui, en allant de la barre à boltz mobile m à la barre à boltz fixe n avaient passé derrière le fil de chaîne allant aux tubes a, passent en revenant de la barre à boltz fixe à la barre à boltz mobile devant ce même fil, ce qui constitue le croisement du fil de chaîne par le fil de trame.
- Septième position (fig. 348 à 350). — Les chariots b continuent à s’élever sur la barre à boltz mobile m.
- En même temps, les doigts c montent pour accompagner la boucle des fils de chaîne vers les aiguilles, et le rouleau tendeur des fils de chaîne reprend en s’abaissant la quantité de fil devenue libre par suite du mouvement des doigts.
- Pendant que les doigts s’élèvent, la barre des doigts k lâche le fil de chaîne.
- Huitième position (fig. 351, 352). — La barre des doigts achève de monter et abandonne contre les aiguilles d la boucle des fils de chaîne, et redescend prendre sa position première; en même temps, le rouleau tendeur a terminé son mouvement
- de descente par une brusque secousse, nécessaire pour serrer le nœud. Pour faciliter le serrage, le cylindre cannelé de gauche p a descendu un peu les chariots b, pour leur permettre de rendre libre une certaine quantité de fil de trame, quantité qui est reprise et tordue par les fils de chaîne violemment tendus par le rouleau tendeur; le cylindre cannelé de gauche p remonte ensuite les chariots à leur position extrême. La barre à aiguilles d se renverse pour abandonner le nœud, qui est entraîné par les cylindres entraîneurs en caoutchouc d’une quantité égale à la valeur de la maille que l’on veut former, puis la barre à aiguilles vient reprendre sa première position.
- On voit que tous les organes sont ramenés à la position de repos et sont prêts à recommencer la formation d’un nouveau nœud; seulement, cette fois, la barre à boltz mobile, au lieu de faire son mouvement de translation de gauche à droite, l’exécutera de droite à gauche, ce qui fait que le fil de trame u viendra former un nouveau nœud avec le fil de chaîne x, et le fil de trame v viendra en former un avec le fil de chaîne y. On voit donc que le même fil de trame vient ainsi se nouer alternativement et consécutivement avec les deux mêmes fils de chaînes.
- Cette machine fabrique très régulièrement, et avec une grande rapidité, des filets exactement semblables à ceux faits à la main, garnis de chaque côté d’une lisière naturelle que l’on peut à volonté faire en fil plus fort ou en fils doublés. Elle est montée avec 150 navettes, c’est-à-dire qu’à chaque tour elle peut faire une rangée de 150 mailles. A sa vitesse normale de 12 tours, elle donne une production de 150 X 12 = 1,800 mailles par minute. La dimension des mailles est variable entre 20 millimètres et 70 millimètres de côté. Cette variation s’obtient très facilement par le simple déplacement du coulisseau mobile d’un levier à cliquet qui actionne le mouvement d’entraînement du filet fabriqué.
- La largeur maxima des nappes de filet qu’on peut obtenir varie avec la dimension des mailles. Cette largeur est égale à : 0m,020 x 1,414 X150 = 4m,240 pour 150 mailles de 0m,020 de côté, et 0m,070 X 1,414 X 4-50 = 14m,850 pour 150 mailles de 0m,070 de côté.
- On peut à volonté produire, sur toute la longueur du métier, une seule nappe ayant une largeur comprise entre celles ci-dessus ou plusieurs bandes
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- étroites, toutes pourvues de lisières naturelles sur les deux côtés.
- La longueur du filet qu’on peut obtenir est indéfinie. Un compteur de tours fait à chaque instant connaître le nombre de rangées de mailles fabriquées.
- Le filet est formé par des fils de chaîne et des fils de trame s’enlaçant deux à deux, et se croisant de telle façon que les nœuds obtenus sont absolument identiques à ceux qu’on obtient dans la fabrication du filet à la main.
- L’emplacement nécessaire à une machine est un rectangle d’environ 3m,800 sur lm,800, en plan horizontal.
- Machine à fabriquer les filets de pêche exposée par M. Zang, de Paris.
- \
- Comme nous l’avons dit, cette machine, que nous avons représentée figure 353, n’est autre que l’ancien métier Jouannin bien connu, mais sensiblement perfectionné et excellemment construit.
- La longueur des filets qu’elle fabrique est sans fin. Toutefois un compteur indique le nombre des rangées au fur et à mesure qu’elles se font, ce qui permet d’indiquer le moment où il faut couper le filet à la longueur voulue; on connaît aussi, par ce compteur, la quantité de filet lacée dans un temps donné.
- La largeur maxima des filets fabriqués exprimée en nombre de mailles est égale au nombre des navettes dont une machine est composée. Cette largeur, exprimée en mètres, est proportionnelle au nombre des mailles ouvertes au carré et à la grandeur de leur côté. Un filet fait sur la machine munie de ZiOO navettes par exemple ne peut avoir plus de A00 mailles de largeur. Si le côté de la maille est de 8 millimètres, la largeur du filet, mailles ouvertes au carré, est de Am,50 ; si le côté de la maille est de 70 millimètres, la largeur du filet est de 39m,60.
- Cependant on peut faire sur la machine Zang des nappes de filet d’un nombre de mailles moindre que le nombre des navettes. Si l’on avait notamment — ceci comme exemple — à faire une nappe de 260 mailles sur une machine de 300 navettes, il suffirait de ne mettre du fil que dans une série de
- 260 navettes contiguës ; les AO autres navettes privées de fil ne produiraient pas de filet. 11 va sans dire que toute navette privée de fil, formant ainsi une lacune dans la nappe du filet, il en résulte qu’on peut, sur une même machine, produire en même temps plusieurs bandes séparées de filets égales et inégales en largeur, et pourvues toutes de lisières de chaque côté. Cette particularité de produire des lisières permet au besoin de remmailler à la main, avec une aiguille ordinaire, plusieurs filets séparés, et d’obtenir ainsi des largeurs considérables. On peut également diviser une nappe de filet déjà faite, en bandes séparées, par un démaillage laissant des lisières de
- chaque côté. De même, on peut encore renforcer les lisières des filets par l’emploi d’un fil plus fort ou d’un fil double, ou intercaler dans une nappe de filet des fils plus forts ou des fils doubles, ce qui est un avantage pour la confection de certains genres de filets de forme particulière, comme les poches d’éperviers, les sennes, etc. Enfin on peut, avec la même machine, fabriquer des filets de différentes grandeurs de mailles et employer des fils de différentes grosseurs.
- La production moyenne de la machine Zang est de 300 rangées par heure, ce qui équivaut au travail à la main de 50 ou 60 ouvrières. L’emplacement quelle exige est un parallélogramme d’environ 3 mètres d’un côté sur h mètres de l’autre, c’est-à-dire 12 mètres superficiels. Son poids est en moyenne de 3,000 kilogrammes.
- Fig. 353. — Métier a fabriquer les filets de pêche, de M. Zang.
- IIIIIIIIIIMUM
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- Le constructeur fait quatre numéros de machines, dont la grandeur des mailles peut varier entre 7 millimètres et 100 millimètres de côté. Celle exposée est du type dit n° 1, servant à lacer les filets en très grosse ficelle, ayant un diamètre de 20/10e à 30/10® de millimètres, en mailles de 35 millimètres à 100 millimètres de côté pour la pêche aux gros chaluts et celle du thon ; ceux pour faisanderie, pour clôtures, etc. Les autres types sont numérotés 2, 3 et 4. Les machines n° 2 servent à lacer les filets en ficelle de moyenne grosseur ayant un diamètre de 10/10® à 25/10® de millimètres en mailles de 12 à 100 millimètres de côté pour les petits et les moyens chaluts et autres filets de fatigue; pour les filets à hareng, à maquereau, pour la pêche fluviale, pour les filets servant au séchage de la gélatine ou de la laine des mégissiers, à l’élevage des vers à soie, au transport des récoltes, à l’arboriculture, etc. Les machines n° 3 servent à lacer les filets en fils demi-fins ayant un diamètre de 5/10® à 15/10e de millimètres en mailles de 9 à 80 millimètres de côté pour les divers filets de force moyenne, la pêche au saumon, etc. Enfin les machines n° 4 servent à lacer les filets en fils les plus fins d’un diamètre de 3/10e à 7/10e de millimètres, en mailles de 7 à 70 millimètres de côté ; elles sont employées pour les filets à sardines et à anchois, pour les filets dits araignées, etc.
- On peut employer sur ces machines des fils de chanvre, de lin, de coton ou de soie, et pour les filets de fantaisie et de nouveauté, des fils de différentes couleurs et les disposer de manière à obtenir des dessins longitudinaux les plus variés.
- IV. — Matériel de la fabrication
- DE LA BRODERIE.
- C’est à Josué Heilmann, de Mulhouse, qu’on doit l’invention du métier à broder en 1834. Mais les premières machines montées d’après les principes indiqués par cet inventeur furent si imparfaites qu’elles ne furent pas adoptées en France. La construction en fut reprise par la Suisse, qui l’établit sur une grande échelle dans les cantons de Saint-Gall et d’Appenzell, l’étudia, le perfectionna, et en obtint une production triple de celle qui lui avait été assignée tout d’abord. La France ne Fa adopté que longtemps après.
- En 1867, la Suisse seule exposait des métiers à
- broder. En 1878, nous avions deux constructeurs français, MM. Daltroff et Mariolle frères, tous deux de Saint-Quentin. A l’Exposition actuelle, il n’y a que des constructeurs suisses.
- Ces énormes métiers paraissent, au premier abord, être d’une étonnante complication. Rien n’est plus simple cependant. L’inventeur s’est proposé naturellement d’imiter le travail à la main. L’ouvrière brodeuse sur linon ou batiste perce le tissu d’une main, tandis que l’autre, placée sous l’étoffe tendue, reçoit l’aiguille et la repasse à travers le tissu, en suivant le tracé du dessin imprimé sur l’étoffe. Dans le métier mécanique, le tissu (jaconas ou mousseline) est tendu très régulièrement et maintenu dans une sorte de cadre vertical; les doigts de la brodeuse sont remplacés par des mâchoires ou pinces qui se ferment et s’ouvrent pour tenir l’aiguille à deux pointes, la pousser à travers le tissu et la lâcher au moment précis où les pinces, derrière l’étoffe, la saisissent, la tirent hors du tissu et s’éloignent jusqu’à la distance voulue, pour que le fil tendu donne au point un relief convenable. Toutes ces pinces ou doigts d’acier, au nombre de 210 à 240 et plus, sur deux rangs, sont portées sur un chariot qui avance ou recule, pour percer l’étoffe, céder l’aiguille au chariot, tout à fait semblable, qui fait derrière le cadre vertical les mouvements symétriquement opposés. Donc, au même instant, 200 aiguilles percent l’étoffe; les mouvements alternatifs des deux chariots tirent les aiguilles, les ramènent, les cèdent aux doigts d’acier qui se sont rapprochés de l’autre face du tissu pour les recevoir à leur, tour, tirer et tendre le fil et effectuer ainsi la broderie.
- Gomme dans les self-actings, les deux chariots n’ont qu’un mouvement de va-et-vient horizontal, de même que les aiguilles saisies par les pinces et poussées alternativement à travers l’étoffe. Si donc cette étoffe, bien également et uniformément tendue, était complètement immobile, les aiguilles perceraient toujours les mêmes points du tissu et il n’y aurait pas de résultat. Or, le tissu n’a reçu aucun dessin ; mais, par le travail du brodeur, comme nous allons l’expliquer, le cadre porte-tissu fait, pour chaque point, un mouvement composé qui change la place de l’étoffe devant les aiguilles. L’organe mécanique principal qui permet de broder tous les tissus imaginables sans changer quoi que ce soit au métier est un pantographe suspendu verticalement. Le cadre qui tient l’étoffe bien tendue au moyen de temples spéciaux est lui-même fixé dans une solide
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- 25A
- armature en fer guidée et maintenue dans un plan vertical constant. Cette armature et son cadre peuvent prendre latéralement, et de haut en bas, tous les mouvements, en se maintenant toujours invariablement dans le même plan; ce sont ces conditions de stabilité et de mouvements d’une parfaite précision qui rendent seules la broderie possible et qui donnent tant de mérite à l’organisation mécanique du métier. Le cadre, maintenu dans les conditions de mobilité que nous venons de dire, est suspendu au côté résultant du parallélogramme du pantographe.
- Placé sur le côté du métier, l’ouvrier brodeur promène sur le dessin qu’il a devant lui la pointe, origine du mouvement semblable du pantographe, de manière que chaque point du tissu à broder fait un mouvement géométriquement semblable à celui de la pointe guidée par les doigts du brodeur. Or, celui-ci ayant devant lui le dessin tracé sur une échelle sextuple (c’est la proportion adoptée généralement) sur une feuille de carton, il pointe ce dessin comme la brodeuse piquerait le dessin imprimé sur l’étoffe. Il passe d’un point à un autre, et il résulte de la transmission du mouvement du pantographe que le tissu se présente devant les aiguilles invariables, de manière que celles-ci le percent et passent le fil aux points successifs qui déterminent la broderie.
- L’ouvrier est assis devant son dessin ; de la main gauche, il tient la pointe du pantographe dont il pique le dessin; de la main droite, il imprime aux chariots porte-aiguilles les mouvements de va-et-vient successifs, et, par la pression des pieds posés sur deux pédales, il renverse le mouvement réciproque des deux chariots. A mesure que le travail avance, que la broderie s’effectue, les fils s’épuisent et chacune des aiguilles faisant le même point, les fils, tout en diminuant de longueur, restent parfaitement égaux entre eux. Le moment arrive enfin où le fil est épuisé; alors l’ouvrier arrête le métier. L’ouvrière enfileuse, qui est son aide indispensable, a préparé 200 nouvelles aiguilles qu’elle a garnies toutes d’un même bout de fil. Elle enlève rapidement les aiguilles épuisées et les remplace, dans chaque pince, par une aiguille garnie ; cette opération accessoire se fait en quelques minutes.
- Maintenant que nous avons expliqué, aussi clairement que possible, le fonctionnement d’un métier à broder mécanique, parcourons l’Exposition et voyons quels sont les machines de cette spécialité les plus
- dignes d’attirer l’attention. Nous nous arrêterons plus particulièrement devant celles exposées par MM. Sau-rer et fils, d’Arbon, Wiesendanger et Cie, Beninger frères et 0. Tritscheller, de Saint-Gall et Appenzell.
- Matériel de broderie mécanique exposé par MM. Saarer et fris, d’Arbon.
- Cette exposition, la plus remarquable sans contredit de la section, comprend six machines, dont deux métiers automatiques à broder, trois accessoires d’importance relative, et une machine automatique à enfiler les aiguilles sur laquelle nous nous arrêterons plus particulièrement.
- 1° Métiers à broder. — Ces machines sont au nombre de deux :
- 1. Un métier automatique à rapport fixe travaillant à deux étages sur une largeur de lm,30, produisant à chaque étage des pièces de AO mètres et brodant des motifs détachés jusqu’à AO points, sur n’importe quel tissu, faisant de 100 à 120 points par minute, ce qui représente une production de 80 à 100 mètres par journée de travail de dix heures;
- 2. Un métier automatique à rapport fixe ou mobile à deux étages, d’une largeur de lm,30, donnant par étage des pièces de 80 à 100 mètres, avec rapport variable selon le besoin, soit de A/A à 12/A, et brodant des dessins rayés avec variations de couleurs, sans changement de machine. Ces deux machines permettent de broder des pièces entières, alors que jusqu’ici on avait été limité par la longueur du métier, soit environ Am,20. Leurs principaux avantages sont les suivants :
- 1. Le mouyement du cadre se fait automatiquement par deux plaques, dont l’une gouverne le mouvement horizontal et l’autre le mouvement vertical.
- La périphérie de ces plaques se rapporte à la forme voulue du dessin.
- 2. Le tissu à broder se présente à l’aiguille tout en se déroulant automatiquement, tandis que le tissu brodé s’enroule de lui-même sur un cylindre qui se trouve fixé en haut du métier. Ce mouvement ingénieux et automatique n’existait encore à aucune machine.
- Ces métiers ne subissent d’autres arrêts que ceux nécessités par le montage et le démontage des rouleaux d’étoffes qui sortent des métiers à tisser.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- 2° Accessoires. — Gomme accessoires à ces deux machines, MM. Saurer et fils exposent :
- 1. Un appareil destiné à donner à l’étoffe la tension demandée ;
- 2. Un appareil à couper les fils entre les motifs détachés, et cela à l’aide d’une paire de ciseaux à deux tranchants spécialement montée sur une règle et marchant à coulisses;
- 3. Une petite machine pour préparer les bobines à navettes.
- 3° Machine automatique à enfiler les aiguilles. — Gomme nous l’avons dit plus haut, les aiguilles des métiers à broder sont habituellement enfilées par des ouvrières, ce qui demande une grande attention et fait perdre énormément de temps tout en abîmant
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- Fig. 354. — Machine Saurer, a enfile!* automatiquement les aiguilles de métiers a broder.
- la vue. Dans la machine qui nous occupe et dont nous avons représenté, figure 354, l’ensemble des organes vus latéralement, en élévation, les aiguilles à enfiler sont déposées dans un récipient, d’où elles sortent automatiquement une à une. Le fil continu d’une bobine s’avance au-de\ant de l’aiguille, est enfilé, coupé de longueur et noué; l’aiguille prête à employer est alors transportée par la machine qui la pique sur une pelote. Les mouvements se succèdent à raison de 50 tours d’arbre par minute, soit près d’une aiguillée par seconde et 300,000 environ par journée de dix heures, soit encore l’équivalent du travail de six ouvrières.
- Les diverses périodes du travail peuvent se résumer comme suit :
- 1. Prise d’une aiguille extraite du réservoir-trémie et transport à une place déterminée;
- 2. Placement de l’aiguille de manière que le chas se trouve en dessus;
- 3. Enfilage du fil à travers l’aiguille;
- h. Formation du nœud et coupe du fil;
- 5. Fiche des aiguilles enfilées, les unes à côté des autres et en ligne droite, sur une pelote.
- i. La prise et le transport de l’aiguille sont représentés dans les figures 355 à 367. Le récipient A des aiguilles, en forme de trémie, se trouve fermé, à la
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- partie inférieure, par un châssis horizontal B, qui va et vient sous l’action d’une manivelle; la figure 355 montre le point extrême du déplacement vers la droite, et la figure 356, la position inverse. Au cours de ce mouvement alternatif, une aiguille tombe dans l’entaille a de la pièce B (fig. 355). Au-dessous de cette dernière se voit une plaque b, à travers laquelle est ménagée l’ouverture c. Par suite du va-et-vient de B, l’aiguille logée dans l’entaille a passe à travers la pénétration c de la plaque b et arrive sur la plate-
- largeur et l’épaisseur correspondent à la partie amincie de l’aiguille.
- Pendant que l’aiguille roule sur le plan incliné qui termine la coulisse d, la saillie h fixe cette aiguille de telle sorte que le chas reste perpendiculaire au plan de ladite saillie. Ainsi placée (fig. 358), l’aiguille est ensuite maintenue par un levier l, qui presse sur l’une des moitiés k de l’aiguille (fig. 359).
- 3. L’enfilage s’effectue au moyen d’un crochet (fig. 359) qui, en s’abaissant, traverse le trou de
- Fig. 357.
- Fig. 358.
- cornes, dont l’une un peu plus élevée que l’autre; de plus, elle est fendue et la base de la fente est arrondie en demi-cercle. Le fil chemine dans la direction indiquée par les flèches, c’est-à-dire de la cheville H3 à la cheville H2.
- La figure 360 indique la position initiale, la figure 361 montre la broche après qu’elle a décrit un arc de 180 degrés, et la figure 362, la même broche ayant achevé un tour complet. Cette évolution terminée, la tête de la broche s’appuie contre
- bande inférieure d, qu’une pièce intermédiaire solidarise latéralement avec la coulisse B. En d’autres termes, les plaques B et d forment un double pous-seur. Lorsque l’ensemble se meut vers la gauche, comme dans la figure 355, l’aiguille tombe de la plate-bande d sur une sorte de marche ou gradin g.
- 2. Pour que l’aiguille (représentée dans la figure 359 à une échelle agrandie) se place automatiquement dans la situation voulue, les constructeurs ont ménagé sur la pièce g une saillie h (fig. 358) dont la
- Fig. 355.
- Fig. 356.
- l’aiguille pour saisir le fil en dessous et le tirer en dessus.
- h. La formation du nœud s’obtient à l’aide d’une broche H, représentée en élévation (fig. 357) et en plan (fig. 358). Cette pièce, qui reçoit simultanément un double mouvement alternatif de rotation et de translation verticale, porte, à la partie supérieure, une traverse H1, munie de deux chevilles H2, H3 de formes caractéristiques.
- La cheville H3 se termine, vers le haut, par deux
- l’aiguille solidement maintenue par la pince l(fig. 359), et la boucle formée (comme figure 361) occupe, par rapport à l’aiguille, la position indiquée dans la figure 359.
- Au même moment, le crochet m tire le fil de bas en haut à travers l’œil de l’aiguille, et des ciseaux spécialement disposés coupent l’extrémité gauche du fil à la longueur requise. Les situations respectives du crochet, de la broche et de l’aiguille sont représentées dans la figure 359.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- Une seconde pince L (fig. 366) saisit l’aiguille et la tire à travers la boucle formée par le fil, de manière à serrer le nœud, qui est encore retenu un
- W H3
- # HA Sj
- Fig. 361
- Fig. 360.
- instant par la plus longue pointe de la goupille H2. La pince L est montée sur une plaque M, qui va
- Fig. 362.
- Fig. 363,
- et vient dans la direction indiquée par la flèche; d’autre part, l’axe N porte un pignon r, engrenant en
- un demi-tour à droite, pousser cette aiguille dans la pelote 0 (fig. 367).
- L’inspection de la figure 355 suffît à démontrer que, sauf l’apport des aiguilles dans le récipient A, le fonctionnement est entièrement automatique. Le levier N à crochet N' a pour but de ranger parallèle-
- Fig. 366.
- ment les aiguillées au fur et à mesure qu’elles sont coupées.
- Enfin, la machine peut être mue par courroie et munie d’un appareil de débrayage qui interrompt
- Fig. 367.
- T
- Fig. 364. Fig. 365.
- dessous avec une roue dentée fixe s. D’après cela, la pince avance et recule et, simultanément, tourne de 180 degrés pour saisir l’aiguille à gauche et, après
- le fonctionnement de l’outil, lorsque les aiguilles viennent à manquer.
- Matériel de broderie mécanique exposé par MM. Wiesendanger et Ci0, Beninger frères et O. Tritscheller.
- Les métiers qu’exposent MM, Wiesendanger et Cic et MM. Beninger frères ne se distinguent des métiers classiques que par la présence d’un régulateur qui permet de régler à volonté la tension du tissu à broder ; ils sont munis de tous les appareils connus
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Septembre.
- il — 33® Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- à poinçonner, à percer, à festonner, etc., qui les rendent très complets.
- Dans le métier exposé par M. 0. Tritscheller, l’appareil à percer est à double charnière, ce qui est une particularité sur les autres.
- CHAPITRE VI
- Pièces détachées.
- Les exposants de pièces détachées ont été nombreux au Champ de Mars. C’est que, dans l’industrie textile, les détails ont parfois une grande importance, et, là surtout, le rendement et la bonne marche d’une machine sont souvent assurés par la présence d’un accessoire bien construit.
- Comme nous le verrons tout à l’heure, les rubans de cardes comptaient parmi les mieux représentés. Chacune des maisons qui s’est spécialisée dans cet article en a exposé une collection des plus complètes :
- — en fer ou en acier trempé suivant le cas, — en numéros les plus divers, — avec des pointes fixées suivant les modes de boutage les plus différents (chemin, simple chaînette, tête d’épingle, côtes doubles ou simples, etc.), — sur les tissus les plus variés (cuir, caoutchouc, styboline, bourrages superposés, etc.), — et pour les divers organes des machines à soie, laine ou coton qui exigent leur emploi (briseurs, tambours, peigneurs, détacheurs, débour-reurs, rouletabosses, doffers, etc.).
- D’autres maisons ont exposé des navettes et nous ont montré en cette spécialité un choix considérable et des mieux réussis pour le tissage des tissus de coton, laine ou soie.
- D’autres encore ont envoyé des peignes à tisser. Ici la série a été tout aussi complète et a varié à l’infini suivant les divers genres de fabrication : — peignes envergures, — peignes de guide et d’ourdissoirs, — peignes pour encodeurs mécaniques,
- — peignes-râteaux pour articles de Paris, — peignes-éventails pour bretelles, en deux pièces, avec dents diminuées, — peignes pour chenilles avec dents à plat, — peignes pour tissus perle fantaisie, etc.).
- Les mêmes fabricants ont exposé généralement des lames, lisses et remisses de toute sorte : — lames vernies à maillons et œillets, — lames et lisses métalliques blanches, — remisses à cristelles fixes et mobiles, etc.
- Des taquets de métier à tisser, des bobines, canettes, roquets pour moulins à soie, etc., ont figuré dans d’autres vitrines.
- Les aiguilles de métiers à bonneterie ont été exposées par un certain nombre de fabricants. Là encore les types étaient nombreux et variés : — aiguilles pour métiers hollandais, Ribbing, Mège, ïailbouis, Saxe, Linard, Cotton, rectilignes, français, anglais et circulaires, — poinçons avec ou sans boutons d’arrêt, pointus ou moussus, — poinçons à pli élevé, — poinçons de griffe pour revers, — ressorts de grille pour métiers, etc.
- Enfin un certain nombre de fabricants ont exposé les différentes pièces de rechange des métiers à bonneterie : — platines, — dents de mailleuses, etc.
- I., — Garnitures de cardes.
- I. Tissus employés. — Autrefois, toutes les garnitures de cardes se boutaient exclusivement sur cuir. Cette base a été conservée pour le lin, mais à peu près abandonnée pour le coton ou la laine pour lesquels on emploie le plus souvent des tissus composés de trois ou quatre plis collés l’un à l’autre au moyen d’une feuille de caoutchouc et recouverts d’une solution de caoutchouc naturel. (<Caoutchouc naturel 3 ou 4 plis.)
- Outre son prix plus élevé, le cuir a encore l’inconvénient d’être moins régulier que les tissus. En effet, pour composer un ruban de cuir, on jonctionne bout à bout des bandes de même largeur, et il est évident que, malgré le soin apporté à l’assortiment des bandes, il se rencontrera forcément des parties plus ou moins molles; d’où résultera, au moment du montage, un allongement irrégulier et une petite déformation de la denture dans les bandes molles.
- Cet inconvénient est encore plus sensible dans les plaques, qui ne peuvent être absolument homogènes dans toutes leurs parties. On a des cavaliers dans les endroits où le cuir plus mou forme soufflure et ne s’applique pas exactement sur le cylindre.
- Au contraire, on obtient avec les tissus une régularité parfaite d’une extrémité à l’autre.
- La feuille de caoutchouc, qui recouvre générale-
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- ment les tissus, a l’avantage de maintenir la denture et de la ramener, lorsque le travail tend à la déplacer.
- Le caoutchouc naturel n’a que l’inconvénient de se décomposer aisément sous l’influence de diverses causes, telles que l’huile, l’exposition au soleil ou une température trop élevée. Cette décomposition amène promptement la rupture des dents.
- Heureusement il est facile de soustraire le caoutchouc à ces diverses causes de décomposition, et, dans la pratique, il peut durer de dix à quinze ans sans durcir trop.
- On emploie aussi quelquefois des tissus sans feuille de caoutchouc ; tels sont le feutre simple (drap recouvert d’un tissu sur la face supérieure), le feutre recouvert (drap recouvert d’un tissu sur chaque face), les tissus 5 ou 6 plis (composés de 5 ou 6 plis de tissu collés au caoutchouc).
- Tous ces tissus sont généralement d’un prix moins élevé que le caoutchouc naturel 3 plis.
- II. Fils métalliques en usage. — On a d’abord employé le fil de fer ordinaire, puis les fers de Suède, plus résistants. Enfin, on a adopté le fil spécial ou d’acier doux, qui offre plus de résistance que le fil de fer ordinaire.
- Depuis quelques années, on emploie de grandes quantités de fils d’acier trempé. Ces fils ont sur les diverses sortes énumérées plus haut l’avantage de mieux résister aux accidents, de nécessiter des aiguisages bien moins fréquents et d’user beaucoup moins vite.
- Outre le fil rond, on se sert encore de fils plats, convexes et triangulaires.
- La garniture en fil rond est celle qui coûte le moins; c’est ce qui lui fait souvent donner la préférence.
- On emploie les fils plats, convexes et triangulaires dans le but d’obtenir à l’aiguisage une pointe plus fine, et par suite un meilleur cardage.
- Le grand inconvénient du fil plat est de n’avoir pas un point d’appui solide dans le tissu. Il est maintenant fort peu employé. On donne la préférence au convexe (dont la section est un triangle allongé A). Ce dernier est de tous les fils celui qui présente en avant le tranchant le plus mince et en arrière la base la plus solide, puisque tout l’effort du travail se trouve réparti sur la base du triangle.
- Les fils convexes et triangulaires les plus réguliers s’obtiennent au tréfilage même, au moyen de filières
- ayant la forme voulue. Quelques maisons cependant, dans un but d’économie, prennent des fils ronds qu’elles laminent ensuite en forme de convexe ou de triangulaire. Tel est le procédé pour lequel la maison Walton a pris un brevet.
- On fabrique enfin des garnitures dont les dents sont aplaties seulement vers la pointe. L’aplatissement se fait sur la machine même à bouter, mais il est le plus souvent irrégulier.
- III. Numérotage des fils. — On désigne les fils d’après leur numéro à la jauge.
- Le tableau suivant donne la concordance des jauges anglaise et française, ainsi que le diamètre approximatif des divers numéros.
- NUMÉRO DE FIL. DIAMÈTRE en MILLIMÈTRES
- JAUGE ANGLAISE. JAUGE FRANÇAISE.
- 27 12 0,48
- 27 1/2 13 0,46
- 28 14 0,44
- 28 1/2 15 0,42
- 29 16 0,40
- 29 1/2 ' 17 0,38
- 30 18 0,36
- 30 1/2 19 0,34
- 31 20 0,32
- 31 1/2 21 0,30
- 32 22 0,28
- 32 1/2 23 0,26
- 33 24 0,24
- 33 1/2 25 0,23
- 34 26 f0,22
- 34 1/2 27 0,21
- 35 28 >0,20
- 35 1/2 29 0,19
- 36 30 (0,18
- 36 1/2 31 0,17
- 37 32 (0,16
- Dans la pratique, on n’emploie ni les demi-numéros en Angleterre, ni les numéros impairs en France.
- Les fils plats, convexes ou triangulaires sont désignés en Angleterre par leurs deux dimensions, par exemple : 28 X 32, 29 X 33, etc.; en France, on indique seulement la petite dimension, en désignant la sorte de fil, par exemple : 22 convexe, 2A triangulaire (que l’on écrit 24e), etc., et non pas IA X 22, 16 X 2A, etc.
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- A
- B—
- Fig. 308. — Chemin.
- Fig. 369. — Simple ghainf.tte.
- IV. Genres de boutage. — Les dents sont boutées suivant une disposition régulière, que l’on appelle genre de boutage.
- Il y a trois genres de boutage : le chemin, la chaînette [simple ou double) et la côte [deux ou trois dents).
- On emploie rarement le chemin dans la carde à coton. La figure 368 représente un ruban de 45 millimètres à chemin avec une carre de 18 dents, c’est-à-dire avec 18 dents sur la largeur. (On compte le nombre de dents sur deux rangs consécutifs.)
- La figure 369 est un ruban de 45 millimètres à simple chaînette. La simple chaînette est caractérisée par ce fait que les dents viennent occuper une position semblable tous les quatre rangs. Ainsi la dent A' occupe une position identique à celle de la dent A, et en comptant sur une chaînette AB, nous trouvons que la quatrième dent est exactement à la hauteur de A'.
- Ce boutage ne convient que pour les garnis clairs et est peu employé pour le coton.
- La double chaînette, au contraire (fig. 370), est d’un emploi fréquent. Dans ce boutage, l’intervalle entre chaque dent et celle' qui occupe une position symétrique est de 5 dents au lieu de 3. En comptant sur la chaînette CD, nous trouvons que la sixième dent est à la hauteur de G'; en d’autres termes, les dents viennent occuper une position semblable tous les six rangs. A largeur égale de ruban, le nombre des dents d’une chaînette entière peut varier. Dans le cas présent, nous avons une double chaînette 48 dents, parce que de G à D on compte 48 dents.
- La chaînette est le boutage qui répartit le plus régulièrement les dents, mais elle a, comme le chemin, un inconvénient, au moins pour la vue. Deux rubans à chemin ou à chaînette rapprochés l’un de l’autre montrent un rang clair au bord.
- C’est pour obvier à cet inconvénient qu’on emploie souvent le boutage à côte.
- La côte est pour ainsi dire un assemblage de portions de chaînettes.
- La côte 2 dents ne s’emploie guère que pour les briseurs. La figure 371 représente un 27 millimètres 2 côtes 2 dents.
- Au contraire, la côte 3 dents es-t d’un usage aussi fréquent que la double chaînette; nous avons, dans la figure 372, un 34 millimètres 4 côtes 3 dents.
- V. Vérification du garni. — Le garni d’un ruban ou d’une plaque s’exprime toujours en France par
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- le nombre de dents ou de pointes au centimètre carré.
- Nous donnons d’abord la règle générale, puis nous en ferons l’application à quelques rubans et plaques.
- Règle. — Mesurer au dos et au bord du ruban une longueur égale à la largeur de boutage, ce qui donne les deux côtes d'un carré; calculer le nombre de dents contenues dans ce carré et diviser le produit
- par le nombre de centimètres carrés de la surface examinée.
- 1er Cas. — (Fig. 368), soit un ruban de 45 millimètres à chemin. La carre dans le cas actuel est de 18 dents. Mesurons 45 millimètres sur la longueur, nous trouvons de A à B 25 dents au bord du ruban. Nous avons donc 25 X 48, ou 450 dents, dans un carré de 0,045 de côté ou 20 centimètres carrés 25,
- Fig. 371
- Cote a 2 dents.
- Fig. 37Ü.
- Double chaînette,
- Cote a 3 dents.
- Fig. 372.
- soit un garni de 22 dents (ou 44 pointes) au centimètre carré.
- 2e Cas. — (Fig. 369), soit un ruban de 55 millimètres à double chaînette. Nous comptons d’abord le nombre de dents d’une chaînette entière. Nous en trouvons ici 48. Sur une longueur de 55 millimètres mesurée au bord du ruban, nous avons 19 dents 1/2 et nous pouvons dire qu’un carré de 55 millimètres de côté renferme 19 chaînettes 1/2 de 48 dents.
- En traçant complètement le carré, on reconnaîtra de suite que les fractions de chaînettes de l’angle gauche supérieur sont complétées par celles de l’angle droit inférieur.
- Ayant 4 9,5 X 48 ou 936 dents dans un carré
- de 55 millimètres de côté (c’est-à-dire une surface de 30 centimètres carrés 25), le garni est de 936
- --- = 30,94 ou 31 dents au centimètre carré
- 30,25
- (62 pointes).
- 3e Cas. — Prenons un ruban de 34 millimètres à côtes (fig. 372). Le ruban a 4 côtes 3 dents, soit 12 dents en largeur. Sur une longueur de 34 millimètres, mesurée au bord du ruban, on trouve 21 dents. Nous avons donc 21 X 12 ou 252 dents dans une surface de 34 X 34 ou 11 centimètres
- 252
- carrés 56. Le garni est de - = 21,79, c’est-à-
- b 11,56
- dire 22 dents au centimètre carré (44 pointes).
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- La vérification du garni d’une plaque se ramène i au cas d’un ruban.
- Il suffit en effet de tracer un trait vertical à une certaine distance du bord de la plaque, et d’agir ensuite comme si l’on avait devant soi un ruban | d’une largeur égale à cette bande de boutage. Ainsi la plaque représentée par la figure 372 a 39 dents au centimètre carré.
- VI. Garnis. — Le garni (c’est-à-dire le nombre de dents ou de pointes au centimètre carré) varie suivant les sortes de coton que l’on travaille et suivant le cardage que l’on veut obtenir.
- En France, on ne désigne les garnitures que par le numéro de fil employé, mais à chaque numéro correspond un nombre de dents déterminé.
- Ainsi les garnitures (rubans ou plaques) en fil rond ont habituellement les garnis suivants :
- NUMÉROS DE FIL. GARNIS.
- 18 30 dents ou 60 pointes au centimètre carré.
- 20 34 — 68 — —
- 22 38 — 76 — —
- 24 42 — 84 — —
- 26 46 — 92 — —
- 28 50 — 100 — —
- 30 54 — 108 — —
- A numéro de fil égal, les chapeaux sont moins garnis, en raison de leur fonction spéciale.
- Il y a des filatures où l’on emploie, à garni égal, un numéro de fil plus fin, et où l’on demande par exemple :
- Pour le garni de 30 dents, du fil n° 20,
- — — de 34 — — n° 22,
- — — de 38 — — n° 24, etc.
- Mais €e n’est qu’une exception, et le tableau qui précède est la règle.
- Avec les fils convexes ou triangulaires, les garnis ne sont pas les mêmes; en voici la raison : le garni ne dépend pas seulement du nombre de dents boutées dans la largeur du ruban ou de la plaque, mais encore du nombre de dents sur la hauteur.
- Il est clair qu’à nombre égal de dents dans une largeur déterminée, on pourra obtenir, avec le fil rond, un garni plus fort qu’avec le triangulaire.
- En effet, supposons pour un instant la carre constante (c’est-à-dire que le nombre de dents dans la largeur ne change pas) et boutons les dents le plus près possible l’une de l’autre sur la hauteur. Si nous employons du fil n° 22, nous pourrons loger 357 dents sur une longueur de 10 centimètres, puisque, d’après le tableau donné plus haut, le diamètre du fil est de 0 millimètre 28.
- Prenons maintenant du n° 22 triangulaire. Les deux dimensions de ce fil sont IA X 22; au n° 1 A correspond un diamètre de 0 millimètre AA. Chaque dent occupant 0 millimètre A4 sur la hauteur, nous ne pourrons plus en bouter que 227 sur la même longueur de 10 centimètres.
- Donc, à numéro égal et à carre égale, on obtiendra avec le fil triangulaire un garni moindre.
- Comme on atteint vite la limite du nombre de dents en largeur, on a dû adopter des garnis moins fournis pour le fil triangulaire que pour le fil rond. Voici le tableau des garnis employés habituellement avec le fil triangulaire :
- NUMÉROS DE FIL. t GARNIS.
- 18fc 22 dents ou 44 pointes au centimètre carré.
- 20* 26 — 52 — —
- 22* 30 — 60 — —
- 24* 34 — 68 — —
- 26* 38 — 76 — —
- 28* ts [ oo 1
- 30* 46 — 92 — —
- Il résulte de ce qui précède que, si une maison emploie habituellement le fil rond et vient à prendre du fil triangulaire en tenant à conserver le même garni, elle devra demander par exemple du 2A* au lieu de 20 rond, du 26* au lieu de 22 rond, etc.
- Si cependant la qualité du cardage ne dépendait pas seulement de la quantité de pointes au centimètre carré, mais de la proportion qui existe entre la surface occupée par la denture et les vides laissés entre les dents, on pourrait sans inconvénient remplacer un numéro de fil rond par le même numéro de fil triangulaire.
- Prenons par exemple le n° 22 rond. D’après le tableau donné plus haut, ce fil se boute à 38 dents au centimètre carré et a un diamètre de 0 milli-
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- mètre 28. Chaque pointe occupe une surface de 3,1 4 X 0,1 4 X 0,14 ou 0 millimètre carré 06154, soit, pour 1 centimètre carré : 0,06154 X 76=4,6773. Les vides seront égaux à 95 millimètres carrés 3227.
- Avec le fil 22l, dont la section est un triangle mesurant 0 millimètre 44 de hauteur, et 0 millimètre 28 de base, chaque pointe occupe une
- surface de~^ X 0,28
- ou 0 millimètre carré 0616, et la surface totale de denture d’un centimètre carré sera de 0,0616X00 = 3,6960, tandis que le vide sera de 96 millimètres carrés 304.
- Le triangulaire laisse donc, par centimètre carré, 0 millimètre carré 98, soit à peine 1 millimètre carré de vide de plus que le fil rond de même numéro.
- Dans la pratique, on peut conseiller de remplacer le 22 rond par le 24l, le 24 rond par le 26l, etc.
- VII. Numérotage anglais. — Contrairement au numérotage français, le numérotage anglais repose uniquement sur le garni et non pas sur le calibre du fil. Mais, tel qu’il est indiqué, il ne rappelle même pas le garni. On dit qu’une
- garniture est du 80, du 90, du 100, etc., mais peu de personnes savent exactement ce que cela signifie.
- Dans un article publié le 15 mars 1879 par le Textile Manufacturer, un fabricant de cardes anglais s’exprime comme suit :
- « Quant au numérotage des garnitures...... pour
- la carde à coton, on mesure une longueur de 4 pouces et on compte les dents en ligne l’une derrière l’autre ; s’il s’en trouve 120, par exemple, c’est du n° 120.
- Le fabricant de cardes choisit généralement le numéro de fil qu’il pense le plus convenable pour ses clients, et décide des autres détails, par exemple du genre de boutage1. »
- Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède qu’une garniture est du jlOO ou du 120, à la'seule
- Fig. 373,
- Plaque n° 100 a chemin,
- condition de présenter 100 ou 120 dents sur 4 pouces de longueur, car le garni peut varier beaucoup sur
- 1. As regards the numbering of cards,.... for a cotton
- card take a length of four inches, count the teeth in a rovv one behind the other, then suppose the number 120,
- it is 120’s Card........................................
- ...The cardrriaker, as a rule, fixes the size of the wire
- according to his ideas of the requirements of his custo-mers, and the other particulars, such as the mode of set-ting also.
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-
- 26 h
- LES INDUSTRIES TEXTILES
- la largeur et par suite le nombre de dents au centimètre carré peut différer sensiblement.
- Evan Leigh indique l’origine de ce système de numérotage dans son ouvrage intitulé : The Science of modem cotlon spinning.
- Il dit, à la page 4 37, que ce numérotage provient de l’emploi des plaques. « Ce que l’on comprend sous le nom de 100 est en réalité 25 dents sur 1 poûce de longueur dans un sens (la hauteur), ou iOO dents sur 4 pouces (hauteur habituelle d’une plaque), et 10 dents dans l’autre sens, ce qui donne 250 dents au pouce carré1. »
- 11 est de règle que :
- Le n°
- 80 a un garni de 200 dents au pouce carré.
- 90 — de 225 — — —
- 100 — de 250 — — —
- 110 — de 275 — — —
- 120 — de 300 — — —
- 130 — de 325 — — —
- 140 — de 350 — — —.
- La figure 373 représente une plaque n° 100. En effet, on trouve 25 dents sur 1 pouce de longueur AG [pu dOO dents sur 4 pouces A D) et 10 dents sur 1 pouce mesuré dans le sens de la largeur AB.
- Cela donne 100 X ^ 0 ou 1,000 dents pour une surface de h pouces carrés, soit un garni de 250 dents au pouce carré.
- Plus la carre employée est petite (en d’autres termes, plus on garnit en largeur) et moins on garnit en hauteur, de manière à toujours s’écarter fort peu des garnis habituels, que nous venons d’indiquer.
- En résumé, le garni est tout en Angleterre et, pour vérifier une garniture, il suffit de compter combien le pouce carré renferme de dents.
- On se demandera maintenant avec quel fil on fait du 90, du 100, du 410, etc. Le fabricant de cardes que nous avons cité plus haut (Daniel Bateman) dit que le fabricant choisit lui-même le fil le plus convenable pour son client. Dans la réalité, le cardier emploie toujours un fil aussi gros que le lui permet le garni à obtenir.
- En règle générale, on fait :
- Le 80 avec du 30 anglais (18 rond), ou avec du 28 X 32 (22 triangulaire).
- 90 — 31 — (20 — ), — 29 X 33 (24 — ).
- 100 — 32 — (22 — ), — 30 X 34(26 — ).
- 1. What is meant by 100’s is really 25 Staples or teetli to llie inch one way and 10 Staples the other way, or 100 Staples in four inches (the usual height of a sheet), j being 250 teetli to each square inch.
- Le 110 avec du 33 anglais (24 rond), ou avec du 31 X 35 (28 triangulaire).
- 120 - 34 - (26-), — 32 x 36 (30 - )•
- 130 — 35 — (28-), — (1)33 X 37 (32 - )•
- 140 — 36 — (30-), — (1) 34 X 38 (34 - )•
- VIII. Concordance des numérotages. — On peut résumer l’étude précédente dans les tableaux suivants, qui donnent exactement la concordance des numérotages anglais et français.
- FILS RONDS.
- Numéros anglais.. 80 90 100 110 120 130
- Fil employé (jauge
- anglaise) 30 31 32 33 34 35
- Dents au pouce
- carré 200 225 250 275 300 325
- Numéros français. 18 20 22 24 26 28
- Numéro de fil
- (jaugefrançaise). 18 20 22 24 26 28
- Dents au centi-
- mètre carré.... 30 34 38 42 46 50
- FILS TRIANGULAIRES.
- Numéros an- •i -1 ; 1 : ( ) J
- glais 80 90 100 110 120 130
- Fil employé
- jauge (anglaise) 28/32 29/33 30/34 31/35 32/36 33/37
- Dents au pouce
- carré 200 225 250 275 300 325
- Numéros fran-
- cais 22l 24l 26l 28l 30l 32l
- Numéro de fil
- (jauge française) 22l 24l 26l 28l 30l 32*
- (U (1)
- Dents au centi-
- mètre carré. 30 34 38 42 46 50
- Quand on consulte les tarifs d’une maison anglaise travaillant pour l’exportation ou bien les tarifs de certaines maisons anglaises établies sur le continent,
- 1. Ces numéros de fils triangulaires ne se fabriquent pas. On ne peut faire de 130 et de 140 qu’en fil rond.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- 265
- on lit presque toujours en tête du tarif des garnitures en fil rond :
- Nos anglais............... 60 70 80 90 100 110 120
- Nos français correspondants. 18 20 22 24 26 28 30
- Il y a là une erreur dont le but est de faire paraître les garnitures anglaises beaucoup moins chères que les garnitures françaises.
- La chose mériterait à peine d’être signalée si elle n’avait des conséquences graves.
- Qu’un filateur ait l’habitude de tirer ses garnitures d’Angleterre et emploie, par exemple, le 90 pour le grand tambour et le 110 pour le peigneur, lorsqu’il commandera en France pour la première fois il ne manquera pas de demander du 24 pour le grand tambour (au lieu de 20) et du 28 pour le peigneur (au lieu de 24).
- Le fabricant de cardes français fournira ce qu’on lui demande ; il paraîtra d’abord beaucoup plus cher que son concurrent anglais, et puis on ne manquera pas de lui dire, au bout de peu d’années, que ses garnitures travaillent bien, mais quelles usent beaucoup plus rapidement que les garnitures anglaises.
- La chose est inévitable, puisque l’Anglais livre du 18, du 20, du 22, etc., tandis que le Français fournit du 22, du 24, du 26, etc.
- Ces explications données, nous allons maintenant examiner les diverses expositions de garnitures de cardes.
- Exposants français de garnitures de cardes.
- Les industriels qui exposent des garnitures de cardes appartiennent naturellement aux centres cotonniers et lainiers. Nous relevons parmi les principaux MM. Crignon fils, Vvc L. Fortin et Gadeau de Kerville, tous trois de Rouen; — Bourgeois-Botz et fils, de Reims, — et W. Metcalfe et Courant, de Meulan (Seine-et-Oise).
- M. Crignon fils, de Rouen, a une vitrine qui mérite de retenir l’attention du visiteur. On y voit une série de types de rubans de carde des mieux fabriqués pour coton (volants, briseurs, tambours, peigneurs, détacheurs, débourreurs, etc.), et pour laine cardée (peigneurs, tambours, rouletabosses, briseurs, doffers, etc.) sur tissu bourré, cuir, cuir bourré, caoutchouc, etc. Les divers échantillons représentés à l’Exposition sont très soignés et donnent une bonne idée de la fabrication de la maison. Celle-ci
- est d’ailleurs l’une des plus anciennes de France, puisque son origine remonte à 1832, et son mérite a été couronné à nos diverses Expositions par l’obtention de médailles de bronze et argent. C’est elle qui est concessionnaire pour la France de l’excellent brevet belge Duesberg-Delrez, denture en fil d’acier trempé à ressort et à base en saillie, dont nous parlons plus loin dans la section belge.
- L’exposition de la maison Vve L. Fortin, de Rouen, mérite aussi d’être remarquée; elle comprend une collection des plus complètes de rubans de carde pour laine et coton. Nous y relevons successivement, pour la laine : — des bagues de peigneur avec aiguilles en acier trempé (n° 26) et en fer (n° 30) ; — des rubans de tambour (n° 22 fer) boutés à chemin;
- — des rubans de volant (nos 26 et 28 acier trempé) boutés à simple chaînette ; — des rubans de tambour (n° 30 fer) boutés à tête d’épingle; — des rubans de travailleurs (n° 24 fer) boutés à côtes doubles, et les mêmes (n°26 acier trempé) boutés à côtes simples ;
- — pour le coton : — des rubans de tambour (n° 24 acier trempé triangulaire) boutés à côtes; — des rubans de peigneur (n° 22 acier trempé) boutés à côtes; — des rubans de travailleurs (n° 26 acier trempé) boutés à chaînette, etc. Cette maison a obtenu des récompenses aux Expositionsde Paris 1855 et 1878, Rouen 1884, etc.
- M. Gadeau de Kerville est le successeur de la maison Fumière et Gadeau, l’une des plus anciennes de France pour la fabrication des cardes, puisque sa fondation remonte à 1827, et l’une de celles dont les jurys de toutes les Expositions ont depuis longtemps reconnu la supériorité de fabrication (argent, Paris, 1878; or, Moscou, 1872; diplôme d’honneur, Rouen, 1884). Les produits envoyés sont classés dans trois belles vitrines horizontales surmontées de trois cadres de moindre dimension ; ils sont agencés avec beaucoup de goût et présentent un relief et un cachet qu’on ne rencontre pas ailleurs. Voici, par exemple, les rubans pour laine cardée, les uns en fil spécial de Suède, les autres en fil et acier trempé rond et triangulaire, boutés sur cuir et sur sept plis bourrés; puis des rubans pour laine peignée en fil spécial étamé et en fil d’acier trempé, boutés sur caoutchouc vulcanisé ; tous ces rubans varient du n° 18 au n° 30 et sont faits avec les boutages à chemin et à côte. Une autre vitrine renferme un assortiment complet de rubans pour coton et bourre de soie, boutés sur caoutchouc
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Octobre.
- n. — 34e Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- naturel, sur caoutchouc recouvert et sur caoutchouc vulcanisé ; il y en a en fil spécial de Suède, en fil d’acier trempé rond et en fil d’acier triangulaire; tous varient comme les précédents du n° 18 au n° 30 et sont faits avec boutages à côte, à chemin et à chaînette. Dans la troisième vitrine nous remarquons des plaques à coton en fils d’acier trempé ronds et triangulaires, boutés sur caoutchouc naturel et sur caoutchouc recouvert. Les cadres renferment des plaques pour volant sur cuir en fil d’acier trempé n° 28, des plaques à débourrer en n° 18, des plaques d’apprêt en fil de laiton n° 24 coupé en biseau, et des bagues pour continu. Il s’y trouve également un assortiment de rubans en fils angulaire et triangulaire pour briseur, avant-train et apprêt de tissus; puis encore d’autres en fils divers pour volant, laineuse, velouteuse et débourreuse; enfin un chapeau de carde revolving garni en n° 26, bouté sur caoutchouc recouvert et rivé sur son fût avec des clous en plomb.
- La réputation de la maison Bourgeois-Botz et fils, de Reims, n’est plus à faire. Elle a été récompensée d’une médaille d’argent de lre classe en 1855 et d’une médaille d’or en 1878. Toutes les garnitures que nous relevons dans son exposition, — rubans en fil triangulaire, sur cuir, à dents de scie, en fil de fer et d’acier trempé, sur bourrage, caoutchouc vulcanisé, caoutchouc naturel, plaques de cardes à denture inclinée à 65 et 50 degrés, — sont agencées par une main expérimentée, et il suffit de regarder de près pour constater l’excellence de la fabrication et la bonne facture des produits. La maison y a ajouté une spécialité de chardons et brosses métalliques dont elle nous fait voir divers types en acier, fer et laiton, avec application de toile imperméable pour apprêts de tissus.
- Enfin, la maison W. Metcalfe et Courant, de Meu-lan, est l’une des plus anciennes de France, puisque sa fondation remonte à 1818; elle est aussi l’une des plus importantes, car elle possède cent soixante machines de fabrication. Les produits exposés dans la vitrine font preuve d’une facture très soignée; nous y voyons rassemblés de forts beaux échantillons pour soie, laines peignées et surtout coton. Les cardes pour chapeaux, tambours, travailleurs, peigneurs et spéciaux pour ce textile, sont excellemment faits et témoignent d’une bonne direction dans la fabrication. Nous voyons à côté des pointes les plus fines des
- cardes sur cuir aux pointes les plus grosses pour rouletabosses et briseurs. La maison nous montre aussi les rubans les plus épais. Déjà èn 1823, elle participait à une Exposition à Paris, et y obtenait une récompense et les Expositions de 1827, 1837, 1855, 1867 et 1878 ont successivement consacré son mérite d’une manière éclatante. Elle vient de faire breveter tout récemment un système d’aiguisage angulaire qui permet d’aiguiser mécaniquement les dents de la façon la plus régulière, sans que l’une le soit plus que l’autre.
- Exposants belges de garnitures de cardes.
- Nous relevons dans cette qualité quatre exposants : MM. Duesberg-Delrez, Despa et fils, Fernand Houget, et P. Lefèvre et Cie, tous de Verviers.
- Voici d’abord l’une des meilleures expositions, celle de M. Duesberg-Delrez, qui en 1878 a succédé à la maison Félix Delrez, l’une des plus anciennes et des mieux réputées de la Belgique, dont il était l’associé depuis 1868. L’excellence des garnitures de cardes en fil d’acier trempé de M. Duesberg-Delrez vient de ce que la nouvelle denture, brevetée depuis le 16 juillet 1886, est à ressort plus élastique et ne s’élargit pas en raison de sa forme particulière, au dos en forme d’une ligne brisée ou d’un arc de cercle. Depuis 1886, plusieurs de nos maisons ont adopté ce système. On pouvait en voir du reste un spécimen fonctionnant sur la filocheuse de l’ajustement de lm,800 de la maison Gélestin Martin. —La maison Duesberg-Delrez à Bruxelles, en 1847, a été jugée digne d’une médaille d’or et a obtenu le diplôme d’excellence à Philadelphie en 1876, la médaille d’or cà Amsterdam en 1883 et une médaille d’argent à Paris en 1878.
- L’exposition deM. Despa et fils est encore l'une des bonnes de la classe. Ces exposants sont les inventeurs d’une nouvelle denture en fil d’acier rond et plat combiné, qui paraît donner aux industriels qui en font usage un résultat satisfaisant. Nous relevons dans leur vitrine une collection fort bien arrangée de garnitures pour laines cardées et de garnitures pour peignages en fil de fer, fil d’acier trempé, fil étamé, etc., sur acier, sur caoutchouc naturel ou vulcanisé, sur étoffe et feutre, etc., le tout d’une fabrication des plus correctes. Nous y trouvons aussi de beaux spécimens de garnitures pour apprêts ; rubans velouteurs en fil étamé, en fil de laiton, etc.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- Les connaisseurs estiment que cet ensemble est, dans son genre, l’un des meilleurs du groupe.
- La vitrine de M. Fernand Houget se compose d’une grande variété de rubans de cardes des mieux conditionnés : — fils triangulaires nos 21, 24 sur acier,
- — fil en acier trempé n0s 24, 28 et 30 sur embourrage,
- — fil en acier doux nos 24, 26, 28 et 30 sur cuir et styboline, — fils étamés n° 24 sur cuir, etc. Des rouleaux de différents diamètres munis de rubans de divers types sont adjoints à cette collection ; des cylindres semblables fournis par cette maison fonctionnent en outre sur les trois machines de lm,80 exposées par la Société anonyme verviétoise. Cet industriel a obtenu une médaille d’argent à Anvers en 1875 et une autre à Barcelone en 1888.
- Enfin MM. P. Lefèvre et Cie ont aussi une exposition fort complète de rubans de cardes pour laine cardée, laine peignée et coton en numéros des plus variés, sur cuir, styboline et plis embourrés ; des cardes pour laineuses et velouteuses, et des types de chardons métalliques pour laineuses de tous systèmes. L’un des spécimens, d’ailleurs brevetés, de la maison, fonctionne sur la repasseuse de l’assortiment exposé par la maison Gélestin Martin.
- II. — Autres accessoires de filature.
- Nous trouvons encore à l’Exposition un certain nombre d’industriels dont les vitrines disséminées dans la classe 55 méritent aussi d’attirer l’attention. Les collections qui dans la Galerie des Machines doivent être mentionnées sont les suivantes :
- Tubes en veaux collés et laminés pour couvertures de cylindres de pression,
- pour filatures de coton, laine et soie, exposés par M. Paul Rochalte, à la Petite-Raon (Vosges).
- Cette maison s’est fait en cette spécialité une réputation qu’aucune autre n’a pu encore lui usurper. Les tubes en veaux collés et laminés pour cylindres de self-acting, d’étirage pour étoupe, de banc à broches, etc., qu’elle fabrique dans ses usines deLuxeuil (Haute-Saône), Petite-Raon (Vosges) et Villa-d’Ogna (Valle Seriana, près Bergame) sont excellemment conditionnés, et il suffit de jeter les yeux sur les spécimens qu’elle nousfait voir à l’Exposition pour vérifier à quel degré de perfection elle est arrivée dans cette fabrica-
- tion. Elle fait la jonction de ces tubes sans aspérités, bien plane et collée à froid, de façon qu’ils fassent toujours produire une mèche ou fil de grosseur bien égale. On sait que la grande difficulté de cette fabrication réside justement dans la coupe et le collage de ces tubes ; les filateurs ont tout intérêt à les acheter prêts à chausser leurs cylindres, et ils sont par ce moyen assurés de leur qualité ainsi que de celle du drap qu’ils y adaptent, en leur procurant en même temps une durée de marche plus longue et meilleure. Il ne faut pas bien longtemps pour mettre un ouvrier au courant de l’opération du drapage et du chaussage des cylindres.
- Après collage et laminage de la jonction des tubes, M. Paul Rochalte les passe à une romaine indiquant leurs diamètres intérieurs, afin de les classer chacun à leurs numéros d’ordre, indiquant en même temps le diamètre des cylindres qu’ils doivent chausser avec serrage nécessaire. Le dérayage des cuirs (opération minutieuse de l’égalité d’épaisseur) laisse parfois des veaux n’ayant pas sur toute leur surface l’uniformité d’épaisseur désirable : la maison y remédie alors au moyen d’une machine à meuler qui a pour but de donner au cuir inégal une parfaite égalité d’épaisseur en enlevant à la chaîne le surplus qui forme aspérité.
- D’après une notice que nous lisons près de la vitrine, cette maison vient de découvrir un mastic qu’elle emploie au collage du drap sur les cylindres en fer. L’adhérence est parfaite et durable; de plus, l’huile servant au graissage des cylindres n’a aucune action sur ces mastics et ne peut, comme cela arrive, par l’emploi des colles ordinaires, détacher le drap du cylindre.
- Fuseaux régulateurs pour broches, exposés par M. A. Rebargue, de Fourmies.
- Excellents appareils, des plus connus du reste, mais qui en raison des grands services qu’ils rendent à l’industrie textile méritent d’être le plus possible vulgarisés. Avec ces régulateurs, la casseau renvidageau commencement de la levée disparaît complètement; on évite en outre le grave inconvénient de voir les fuseaux remonter sur la broche; on arrive de plus, en raison de la régularité du début, à mettre plus de fil sur chaque cannette ou bobine; les métiers peuvent aussi marcher plus vite, il faut moins de temps pour les garnir de fuseaux ou tubes; enfin le fileur (en cannettes) peut faire une levée de moins en douze
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- TYPES DE PAPIERS DE MISE EN CARTE EXPOSÉS PAR M. BELLAVOINE, DE PARIS
- Fig. 374.
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- Fig. 383. Fig. 384.
- Fig. 382 a 386. — Papiers pointés.
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- Fig. 387 a 391. — Papiers briquetés.
- Fig. 390. Fig. 391. Fig. 392. Fig. 393.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- TYPES DE PAPIERS DE MISE EN CARTE EXPOSÉS PAR M. BELLAVOINE, DE PARIS
- mif, vX. ,iff. . . ^
- 12 en 12 3 Lisses Fig. 394.
- 2 8 en 12 coups doubles
- Fig. 395.
- Fig. 392 a 396. — Papiers gu'illets.
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- Coups doubles
- Fig. 396.
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- Fig. 401.
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- Fig. 400
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- Papiers divers
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- Fig. 405.
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- Fig. 405 et 406. — Papiers baremes (en blanc ou en noir).
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- heures et produire plus de poids. Ce sont là, on le conçoit, des avantages réels.
- A en juger par la liste des industriels qui emploient ces fuseaux, et que nous remarquons dans la vitrine de l’exposant, ce système est des plus répandus. Il a été relevé de 1884 à 1886, 1,860 dévidoirs, 112,590 continus, et 662,410 renvideurs. C’est un chiffre déjà respectable, mais qui se trouve triplé depuis 1886. Le chiffre des fuseaux régulateurs placés à ce jour dépasse 2 millions.
- Exposants belges cle tubes et fuseaux en papier pour filatures.
- Nous avons en ce genre deux exposants : MM. E. Defraiteur et A. Lonhienne fils, tous deux de Verviers.
- M. Eugène Defraiteur, dont la maison date de 1865, a réuni dans un cadre bien en vue une fort jolie collection de tubes en papier de sa fabrication pour filature de coton, de laine et de soie. Il y en a là une très grande variété de longueurs et de dimensions fort diverses, tous paraissant des mieux conditionnés. L’exposant est inventeur d’une machine spéciale brevetée permettant de faire toutes les espèces de tubes sur la même machine et dont la production annuelle est de 200,000 kilogrammes.
- La maison A. Lonhienne fils est l’une des plus importantes de la Belgique, puisqu’elle ne fabrique pas moins (d’après une pancarte qui se trouve dans sa vitrine) de 400 millions de tubes par an. Nous relevons là des tubes pour filature de coton : — traversants demi-gramme, — petits tubes pour chaînes, — tubes coniques — cannettespour chaînes ;—des tubes pour laine cardée et exportation : gros tubes pour cylindres, — gros tubes de 22 centimètres, — cannettes légères pour l’exportation, — tubes à bourrelets pour métiers à retordre et métiers fixes ; — des tubes pour filature de laine peignée : — tubes pour broches Rabbeth, — grands tubes traversants de 17 à 22 centimètres depuis 1 gramme jusque 7 grammes, suivant destination — grandes cannettes pour service d’enleveur, etc. Des broches toutes montées et un beau cadre dans lequel sont agencés avec beaucoup de goût les tubes, fuseaux et cannettes en papier fabriqués sur le matériel breveté de la maison, complètent heureusement cette exposition. La maison a obtenu une médaille d’argent à Anvers en 1885, une médaille d’or à Liver-
- pool en 1886 et une médaille d’or à Barcelone en 1888.
- III. — Accessoires de tissage.
- Les maisons qui représentent la pièce détachée de tissage ne sont pas moins nombreuses que celles qui se sont spécialisées dans les accessoires de filature. Voici quelles sont en ce genre les principales expositions :
- Peignes à tisser de MM. Coint-Bavarot et CiQ, de Lyon.
- Voici l’une des vitrines les plus complètes de la section. Nous avons affaire ici à un fabricant de premier ordre, bien connu dans toute la région lyonnaise, possédant diverses maisons de fabrication à Lyon, Voiron, Saint-Geoire (Isère) et Bourg-Argental (Loire), et au médaillon duquel figurent déjà avec honneur quatre médailles d’or, deux d’argent et six de bronze, remportées dans les Expositions les plus importantes de ces vingt dernières années. La maison a été fondée en 1772, à Lyon, par M. Bavarot, le premier inventeur des peignes en acier soudés et polis, notamment dans la collection qu’il nous montre des peignes pour mousseline, de 18 dents 1/2 au centimètre, pour gaze à bluter, de 170 dents au pouce, pour mousseline à disposition, de 14 et 21 dents au pouce, pour foulards, peluches, etc. ; et toute une série des plus variées de 30, 80 et 210 dents au pouce, 25 et 265 au centimètre, etc.
- Mais la fabrication de cette maison, la plus importante du monde entier dans cette spécialité, ne se borne pas uniquement aux peignes : la plupart des accessoires de tissage rentrent dans sa fabrication. La vitrine renferme en outre des spécimens de navettes, ressorts de métiers à tisser, lisses et remisses en coton, en soie, en ramie, en fil de fer, rasteaux, envergeurs, etc., le tout dans d’excellentes conditions de facture et paraissant ne laisser rien à désirer.
- Peignes à tisser exposés par M. Dinouard, d’Amiens.
- Cette maison, qui se trouve dans la région de la fabrication des velours et tissus de lin, aune exposi-
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
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- tion totalement différente de la précédente. Elle fabrique principalement les peignes envergures et planchettes extensibles, peignes de guides et d’ourdissoirs, extensibles, peignes envergures doublures pour encodeurs mécaniques, lames vernies à maillons et œillets, lames à dispositions pour armure et linge de table, lames en lisses métalliques blanchies et en laiton pour tapis, montage avec ressorts, etc. Il suffit de jeter un regard sur sa vitrine pour se rendre compte de la diversité des produits qui sortent de cette usine; nous y relevons un échantillon de chaque genre : peigne Utrecht, mécaniques à lisières soudées, peignepourtissusmétalliques, peigne cachemire mécanique, peigne soudé et poissé (système de l’exposant), peigne râteau pour articles de Paris, peigne juxtaposé, peigne pour parements, peigne éventail pour bretelles en deux pièces avec dents diminuées, peigne éventail pour passementerie, peigne pour tissus perle fantaisie, peigne pour chenilles avec dents à plat, pour moquettes, pour tapis mécaniques, peignes pour tissus métalliques, etc. Comme on le voit, la série est des plus complètes. La maison a d’ailleurs obtenu un grand nombre de récompenses à Beauvais, Rouen, Saint-Quentin, etc., et surtout à Amiens en 1886 et à Anvers en 1885, où elle est arrivée à la médaille d’or pour ces deux concours.
- Ligatures métalliques pour cartons de métier Jacquart,
- exposées par M. V. Féder, de Saint-Biè.
- M. Victor Féder, de Saint-Dié (Vosges), a eu l’idée de remplacer les ficelles dont on se sert d’habitude pour lier entre eux les cartons de métiers Jacquart par des charnières en cuivre, probablement dans le but de donner plus de durée à l’ensemble et d’assurer au jeu des cartons plus de régularité. Il nous montre à l’Exposition une suite de cartons reliés entre eux de cette façon et fonctionnant sur un similaire de cylindre Jacquart.
- Papier quadrillé de mise en carte, exposé par M. Bellavoine, de Paris.
- Rappelons ici sommairement que, dans l’industrie du tissage, on nomme mise en carte la reproduction, sur le papier, du dessin à tisser, en indiquant la position de chaque fil de chaîne et de la trame et l’effet qu’ils devront produire dans l’étoffe.
- Pour indiquer toutes les positions des fils de la chaîne et de la trame dans le sujet qu’on veut tisser, on le dessine sur un papier quadrillé, de manière que les lignes verticales figurent les fils de la chaîne et lès lignes horizontales ceux de la trame. En colorant ensuite le dessin avec les teintes qu’on lui destine, on peut sciemment juger de l’effet qu’offrira l’étoffe fabriquée. C’est ce tracé reproduit sur le papier quadrillé qu’on nomme mise en carte.
- Le dessin de l’étoffe étant arrêté, on le divise en petits carrés qui servent de points de repère pour le transporter sur la mise en carte. Le nombre des petits carrés sur le dessin doit par suite être mis en rapport avec celui des grands carrés du papier quadrillé nécessaire à la mise en carte du dessin.
- Chacun des petits carrés occupe la place d’un fil; les interlignes de ceux horizontaux représentent les fils de la trame et les verticaux ceux de la chaîne. Le rapport entre le nombre des fils de la chaîne et de la trame étant déterminé, on compte chaque petite division comme l’un de ces fils, et on indique sur le papier quadrillé la place de chacun d’eux dans le dessin à exécuter.
- Comme chaque petit carré ne représente qu’un seul fil et qu’ils occupent toujours un espace bien plus considérable que celui qui leur est réellement nécessaire dans le tissu ou dans le dessin exécuté de grandeur naturelle, il en résulte que la mise en carte exige toujours une surface plus considérable que celle du dessin à exécuter.
- Les planches servant à l’impression du papier pour mise en carte sont en cuivre ou en zinc plané.
- Le papier pour mise en carte s’imprime sur du papier vergé à la forme, qui offre beaucoup plus de résistance que le papier mécanique.
- Il se divise :
- 1° En papier libre ou quadrillé ordinaire, qui s’emploie pour tous les genres de fabrication : tapis, drap, tulle linge de table (fig. 37A à 381);
- 2° Papier grillet, qui s’emploie pour la dentelle de Lyon et le châle cachemire (fig. 392 à 396) ;
- 3° Papier briquetè, qui s’emploie exclusivement pour le châle cachemire (fig. 387 à 391) ;
- A0 Papier pointé, qui s’emploie pour la soierie, les rubans, les rideaux et le damassé (fig. 382 à 386).
- Le dessin exécuté sur ces différentes sortes de papier sert au liseur chargé de percer les cartons pour les métiers Jacquart.
- Tous les tissages de France et de l’étranger qui
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- font usage du papier de mise en carte connaissent la maison Bellavoine, qui s’est fait une spécialité de la fabrication de cet article et dont la réputation est universelle. Elle seule d’ailleurs possède une collection de trois cent cinquante types différents répondant à tous les genres de fabrication, et elle a obtenu à toutes les Expositions des récompenses qui sont toujours venues confirmer son mérite, tant à celle de 1878 à Paris qu’à d’autres où elle a obtenu des médailles d’or et d’argent. Son exposition comprend une jolie vitrine d’environ k mètres d’étendue.
- Les papiers quadrillés pour la mise en carte, édités par M. Bellavoine, faubourg Saint-Denis, 1A2, Paris, sont imprimés sur papier vergé à la forme spécialement fabriqués pour la maison, ce qui leur assure une grande solidité et facilite le raccordement des lignes; —ils sont enduits d’un encollage spécial qui permet de laver et d’effacer les couleurs, ce qui offre un grand avantage au dessinateur metteur en carte.
- Get encollage transparent donne de la souplesse au papier et fixe les couleurs sans les altérer.
- Nous relevons dans cette exposition des spécimens de planches gravées pour l’impression des papiers de mise en carte et divers dessins de mise en carte pour châles époques de 18A0 à 1860 (mis en carte par Patouillet), des dessins pour ameublements (mis en carte par Stiers, à Roubaix), des dessins pour passementerie (mis en carte par Lemaître), des dessins pour guipures (mis en carte par Victor Petit, de Tourcoing), pour tulle, etc.
- Ajoutons que M. Bellavoine, qui a déjà offert sa collection de papiers pour mise en carte au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, se propose d’offrir son intéressante exposition à la ville de Roubaix pour son nouveau musée industriel.
- Navettes et accessoires pour le lissage du coton exposé par M. P. Emery de Bolbec.
- La maison E. Emery (ancienne maison Mery-Agasse) est l’une de celles dont la réputation, comme bonne fabrication, est acquise depuis longtemps. Tout industriel compétent qui jette les yeux sur cette vitrine et examine de près les navettes qui y | sont exposées juge facilement qu’il est difficile j d’apporter plus de soin à ces accessoires et d’y met-S tre plus de fini et de perfection; tous les détails en paraissent des mieux conditionnés, et rien n’a été négligé pour faire de la navette de fabrication
- E. Emery un accessoire de premier ordre. — Dans la même vitrine nous remarquons : des taquets fort bien fabriqués, des sabres d’une grande solidité, des cannettes, etc.
- La production de cette maison dépasse 900 navettes et 1,A00 taquets par semaine.
- Navettes et accessoires du tissage des soieries, exposés par M. Or elle, de Lyon.
- Cette vitrine renferme toute une collection de navettes destinées à la fabrication des soieries et passementeries. Il y a là des modèles depuis une jusque huit trames différentes, aux formes les plus diverses suivant les étoffes auxquelles elles sont destinées et aux dimensions les plus variées. On peut à peine se figurer combien de types existent de cette fabrication toute particulière depuis une jusque à trois cannettes, à dérouler, à défiler, à la main, à la mécanique, etc., etc. — et quelle expérience étendue il a fallu acquérir pour donner à chacun d’eux les qualités spéciales requises pour chaque genre de trames. Leur haute valeur a été reconnue aux diverses Expositions, et ils ont obtenu la médaille d’or à Lyon en 1872, à Vienne en 1873 (deux médailles démérité), à Paris en 1878, etc.
- Ajoutons que cette maison, fondée en 1850, fabrique, en dehors des navettes qui constituent sa spécialité, les principaux accessoires de tissage des soieries et passementeries : pointizelles, forces et pincettes, polissoirs acier et corne, tempides, ras-teaux pour pliage, dents droites et coudées, crochets à coulisses, etc., etc.
- La plupart des objets exposés ont reçu des perfectionnements variés dans le détail desquels nous ne saurions entrer : notons, par exemple, un système de crochet à rétrograde dans la navette pouvant remplacer tous conducteurs à rétrograde extérieur, des conducteurs modèles en bois avec doubles coulisses, des conducteurs en cuivre à pantins avec double demi-cercle pour guider les pantins, etc.
- Navettes et accessoires du lissage de soieries, exposés par M. A. Ferlât, de Lyon.
- Cette exposition est sans contredit l’une des plus remarquables de la classe. Elle comprend plusieurs séries de navettes : — une première pour taffetas et faibles, satin, foulards et parapluies ; — une autre pour l’emploi des tissus laine et coton (étoffes gros de
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- Suez, turquoises, satin de Lyon, popelines) ; — une troisième pour métiers mécaniques de divers systèmes (broche mobile à fuseau pour foulards ; à grille, pour trame soie, satin et autres articles ; à bascule, pour trame soie, satins et étoffes à parapluies, etc.) La collection fabriquée par la maison comprend cent quarante types différents. Nous notons encore dans la vitrine une série de conducteurs, tuyaux à défiler et à dérouler, maillons et verres de navettes, pointizelles, etc.
- La maison Ferlât construit depuis de longues années, en dehors de ces accessoires, tous les outils secondaires d’un emploi courant dans l’industrie lyonnaise : polisseuses à tourteau ou à courroie, cannetières à dérouler ou défiler au pied ou au moteur, ourdissoirs, machines longues à dévider, détrancanoirs longs pour soie teinte et grège, mécaniques circulaires à dévider la soie teinte, banques pour le dévidage de la grège, rouets pour guimpier, doublages avec arrêts de bouts à broches parallèles, etc., etc.
- Navette exposée par M. A. Debargue, de Fourmies.
- M. A. Debargue, que nous avons déjà signalé parmi les exposants d’accessoires de filature, nous fait voir aussi une navette avec une flèche ou plume de son invention qui a déjà fait ses preuves et qui est aussi appelée à rendre de grands services au tissage. La flèche de la navette en question reçoit dans une rainure longitudinale un ressort expansible et barbelé, qui rentre complètement quand la flèche est relevée prête à recevoir la canette qu’on place alors sans le moindre effort et sans la détériorer aucunement. Une fois la flèche rabattue pour le travail, le ressort fait expansion de lui-même dans l’intérieur du tube, qui se trouve ainsi fixé d’une manière absolue sans jamais pouvoir se détacher pendant le travail. Les canettes ainsi placées sans aucun froissement se tissent presque toutes à fond sans casser. Il en résulte qu’on fait beaucoup moins do déchets et que la production se trouve augmentée dans une grande proportion.
- Aiguilles et platines pour métiers à bonneterie, exposées par M. L. Godard, de Troycs.
- Cette exposition est en son genre l’une des meilleures et des plus complètes de la classe. Elle com-
- prend deux cadres vitrés, l’un vertical, l’autre horizontal, renfermant des spécimens excellemment fabriqués d’aiguilles pour métiers à bonneterie, platines, ressorts, chaînes à maillon et tous les accessoires qui s’y rapportent. Ce qui frappe surtout dans cet ensemble, c’est le soin apporté par le fabricant à la confection de toutes ces pièces si délicates dont la facture exige, comme on le sait, une si grande précision.
- M. Godard a réussi à nous montrer une collection des mieux réussies et une série d’accessoires de métiers à bonneterie qui ne laissent absolument rien à désirer.
- Aiguilles et platines pour bonneterie, exposées par Me veuve Roger-Durand, de Villeneuve-Saint-Georges.
- Nous trouvons dans cette exposition la plupart des pièces mécaniques en tous genres employées dans les métiers à bonneterie : aiguilles à bec en acier trempé, aiguilles à charnières dites self-acting, poinçons, platines, ressorts, tubes conducteurs coniques en acier trempé (sans soudure), etc., de dimensions les plus variées.
- Cette maison, fondée en 1775 (ancienne maison Durand jeune) est la seule en France qui fabrique l’aiguille self-acting pour tous systèmes. Elle a obtenu en 1858 une médaille d’argent.
- Vernis pour équipage de métiers à tisser, exposé par M. Antoine Dorez, de Reims.
- Bien que toute petite, cette exposition n’en a pas moins un réel mérite, car on sait toute l’importance d’un bon vernis dans le tissage. L’exposant nous montre un spécimen de lame vernie avec son produit. Des attestations émanant des plus éminents industriels, reconnaissent que cette matière est supérieure à toutes celles dont on s’est servi jusqu’à ce jour, qu’elle donne aux lisses et tire-jacquarts plus de souplesse et aux équipages plus de durée, qu’enfin elle coûte moins cher que nombre de ses similaires. M. Dorez a obtenu des récompenses méritées à l’exposition de Reims en 1876 et à l’exposition internationale ouvrière des Chambres syndicales de Paris en 1886.
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Octobre.
- il, — 35e Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- Taquets pour métier à tisser exposé par M. Xavier Depierre, de Bemiremont.
- Cette exposition comprend trois genres de taquets : l’un destiné aux métiers à haute chasse, les deux autres servant exclusivement aux métiers à sabre ou à latte.
- 1° Taquets buffle pour métiers haute chasse. — Ce taquet est en buffle et fabriqué d’une seule pièce.
- Ainsi qu’on peut s’en rendre compte en examinant le dessin, on supprime le buffle au-dessus de la tringle, sauf la quantité nécessaire pour le passage de celle-ci. Il en résulte la disparition totale des
- Fig. 407.
- Fig. 408.
- oreilles de taquet, lesquelles ont toujours laissé à désirer jusqu’ici par suite de leurs fréquentes ruptures.
- Avec ce système, il n’est plus nécessaire de percer les trous de tringle, puisque le collet qui reçoit cette dernière se confectionne en même temps que le taquet et d’après les dimensions des tringles en usage dans les tissages.
- De plus, une attache B, reliant le fouet de chasse C à ce taquet A et au-dessus de la tringle, permet d’obtenir une régularité de marche de celui-ci, non atteinte jusqu’à présent, avec aucun autre, ce qui a pour conséquence une moindre déviation de la navette dans sa course.
- On peut toutefois se dispenser de cette attache et maintenir dans ce taquet l’ancienne coulisse pratiquée au-dessous de la tringle pour le passage direct du cuir du fouet de chasse. L’une et l’autre disposition ont leurs amateurs et se prêtent parfaitement à la nouvelle fabrication de ce taquet. Dans le premier cas, les deux extrémités du fil de fer formant l’attache B, se rejoignent à une hauteur variable au-dessus du taquet. Elles se recourbent en opposition l’une à l’autre en formant légèrement ressort et constituent deux crochets b sur lesquels se prend la lanière G par une fente pratiquée dans ce but à son bout.
- Par la suppression du perçage du trou de tringle et la confection nouvelle de ce taquet, la tringle glisse sur la fleur extérieure de la peau de buffle, partie toujours plus dure : dès lors le taquet s’use beaucoup moins vite dans cette partie, ce qui lui assure une durée plus grande.
- Le guidage par le collet, remplaçant les anciennes oreilles, se faisant sur une longueur plus grande, est d’autant plus normal et régulier, et diminue dans une forte mesure la fréquence des ruptures de tringle.
- 2° Taquets pour métiers à sabre ou à latte. — Le taquet en usage pour ces métiers se faisait toujours et entièrement en cuir rouge. Un de ses principaux inconvénients est de se briser sur l’arrière et sur le devant avant d’avoir fait un service convenable. M. Dépierre expose deux types dans lesquels ces inconvénients disparaissent.
- Le premier taquet (cuir et buffle) se compose d’une garniture extérieure en peau de buffle — le reste est en cuir rouge comme dans les autres systèmes. Gomme la peau de buffle est plus dure et plus résistante que le cuir rouge, et qu’elle ne supporte pas l’effort directement, elle amortit le choc que subit le cuir rouge — et l’usure du sabre se fait normalement.
- Le deuxième taquet (cuir, buffle et métal) se compose aussi d’une garniture extérieure en peau de buffle, mais dans laquelle, avant de donner la forme nécessaire, on a introduit une bandelette de métal
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- très résistant — cette bandelette devient invisible et prend la forme de la garniture de buffle — le reste du taquet à l’intérieur est en cuir rouge et le tout assemblé comme dans les autres systèmes.
- Ces deux modèles donnent, paraît-il, d’excellents résultats, surtout le deuxième, qui rend le taquet incassable tout en donnant le rendement maximum.
- Vue de côté.
- Vue de face.
- Fig. 409. — Guide-fils de MM. Offroy et Pfeiffer.
- de tours, de broches, dynamomètres pour fils et tissus, romaines de numérotage, échantillonneurs pour mèches de bancs à broches, dévidoirs à épreuves, appareils à vérifier la régularité des fils, etc., etc. — Il eût été intéressant de pouvoir étudier les nouveaux et curieux appareils imaginés dans ces der-
- Instruments de précision.
- On sait combien sont nombreux les instruments de précision usités dans l’industrie textile — compteurs
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- nières années par un certain nombre de constructeurs. Mais ceux-ci ont cru devoir s’abstenir de figurer à l’Exposition et nous n’avons sous ce rapport que peu de chose à examiner. Les seuls instruments exposés sont, dans la section française, le guide-fil épurateur de MM. Ofïroy et Pfeiffer de Rouen, l’examinateur de MM. Piat et Perrel, de Saint-Maurice, et notre dynamomètre de poche pour tissu ; et dans les sections étrangères : — l’appareil pour l’essai de fils, de MM. Walwoch et C° de Manchester, la romaine de M. Geo Thomas, de Manchester et le dynamomètre pour fils, de M. Wenner, de Zurich.
- Guide-fils épurateur
- exposé par MM. Offroy et Pfeiffer, de Rouen.
- Les fils sortant de la filature présentent souvent des défauts, soit des grosseurs ou des coupures, ou encore des parties insuffisamment tordues qui font qu’au cours du travail du tissage, ils se cassent dans ces parties défectueuses sous l’influence de la tension à laquelle ils sont soumis. De là des pertes de temps pour l’ouvrière qui doit rattacher ces fils. Opéré pendant le travail, ce rattachage présente des inconvénients que l’on éviterait si l’on éprouvait le fil sortant de filature lors de la mise en bobines ou en écheveaux. C’est ce qu’ont pensé MM. Offroy et Pfeiffer qui ont imaginé le système de guide-fils suivant, dont la figure A09 est une vue de face et la figure àlO une vue de côté.
- Leur système se compose d’une paire de mâchoires A B dont l’une est sollicitée par un contrepoids. L’autre, au lieu d’être fixée au bâti du dévidoir ou bobinoir, est portée par un bras animé d’un mouvement de montée et de descente, de telle sorte que ces deux mâchoires ont, l’une par rapport à l’autre, un petit mouvement de va-et-vient. Dans la disposition représentée, c’est la mâchoire de gauche A qui est portée par un bras coudé D pivotant en c. La branche inférieure de ce bras présente des encoches d pour recevoir un contrepoids P qui détermine des pressions variables. Quant à la mâchoire de droite B, elle est reliée au bras Q, lequel est monté sur une tige horizontale C, et fixée à demeure par une vis. La mâchoire B est reliée au bras Q par une articulation composée d’une goupille a traversant les deux oreilles e qui maintiennent entre elles la branche b. Cette articulation sert à permettre aux mâchoires de s’appliquer toujours exactement l’une sur l’autre.
- L’une d’elles — dans le dessin, la mâchoire B — est découpée d’un trou 0 dont les bords forment des arêtes qui détachent les boutons du fil, lorsque celui-ci passe entre les deux mâchoires.
- La mâchoire B porte sur la face qui regarde le dévidoir, et que représente la figure, deux dents f et y qui servent à limiter les mouvements de montée et de descente du fil entre les mâchoires. Celui-ci se trouve retenu par ces dents et toujours ainsi maintenu entre les mâchoires.
- Le bras Q de cette même mâchoire B porte un œil K par lequel passe le fil sortant des mâchoires.
- Enfin les deux mâchoires A et B sont munies à la partie supérieure de pattes écartées, qui facilitent l’introduction du fil entre les mâchoires et permettent en même temps d’écarter avec le doigt la mâchoire A lorsque cela est nécessaire.
- Le fil destiné à être mis en écheveaux ou en bobines est engagé entre les mâchoires A et B, et prend la direction de la flèche x.
- Lorsque le fil présente un manque de résistance, le fil se rompt et l’ouvrier le rattache. Les boutons seront détachés en rencontrant les arêtes verticales des mâchoires ou les arêtes produites par l’évidement intérieur 0. A cause du mouvement de déplacement vertical alternatif des mâchoires par suite de l’oscillation du bras Q, ces boutons ne restent pas entre les mâchoires ; ils sont entraînés jusqu’aux extrémités, en haut et en bas, et rejetés au dehors.
- Le fil qui sort de l’appareil est donc un fil essayé au point de vue de la résistance, et, de plus, nettoyé et débarrassé de ses boutons.
- Examinateur mathématique des fils, exposé par MM. Piat et Perrel, de Saint-Maurice sur Moselle {Vosges).
- Cet instrument est représenté figures A11 et A12.11 a été construit spécialement pour l’examen des fils de coton.
- La partie gauche de l’appareil, formant romaine, est montée sur un pied. Au centre du secteur gradué M est un axe X portant une aiguille indicatrice P et relié par un petit engrenage à un autre axe, autour duquel oscille le levier A B, dont la partie supérieure se termine en forme de crochet, dans lequel est passé le fil à essayer, et dont la partie inférieure porte un autre crochet B, destiné à recevoir le poids d’épreuve. Ce levier porte encore un contrepoids destiné à équilibrer les deux branches.
- Sur la branche A du levier est monté un cliquet H,
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- qui appuie sur le contour extérieur du secteur M. Le poids à mettre en B est de :
- 2 kilogr. pour les filés numéros..... 12 à 18/20
- 1 — — ..... 20 à 40/50
- 0 k. 500 pour les filés de numéros supérieurs à 50
- La partie droite de l’appareil se compose d’une branche G D, mobile autour de son axe D et ramenée vers la verticale par le ressort à boudin R. La partie supérieure G de la branche est terminée par une chevillette et une pince pour recevoir et fixer les
- Fig. 4H. — Examinateur de fils
- DE MM. PIA T ET PERREL.
- Fig. 412.
- deux extrémités du fil qui a contourné le crochet de la branche A (fig. 412). La distance qui doit séparer les crochets À et C est de 1 mètre. Sur la branche CD, en E est attachée une cordelette passant sur un renvoi F, et qui s’enroule sur un petit barillet fixe sur
- l’axe D. Par une transmission, au moyen d’engrenages, ce barillet est mis en mouvement à la main par la manivelle T.
- Par la rotation imprimée au barillet, la cordelette se raccourcit et attire vers la droite la partie supé-
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- rieure G du levier CD, et le fil tendu de A en G subit un effort de traction dans le sens de la flèche. On continue à tourner la manivelle T jusqu’à ce que le fil se rompe sous l’effort de la traction. Au moment où la rupture du fil a lieu, le doigt L sur lequel il était passé en y exerçant une certaine pression se relève et laisse tomber le levier I auquel il est relié par le levier O et une cordelette. — Le levier I en tombant empêche la rotation de la manivelle et par conséquent le mouvement d’appel de la branche CD est arrêté. Cette branche est immobilisée par la pression en retraite du ressort R, et par le cliquet N, qui tombe dans une des divisions taillées sur le limbe K. L’on obtient ainsi très exactement la mesure de l’allongement qu’a supporté le fil et la résistance à la
- rupture, car l’aiguille indicatrice P indique sur le limbe G le point précis correspondant au moment de la rupture, car le cliquet H fait arrêt sur les divisions du secteur M ; et comme les divisions de G correspondent au gramme, il suffit de lire sur ce limbe le nombre de grammes indiqués par l’aiguille P, Mais comme la base de cette division est une charge de 1 kilogramme, il faut doubler le chiffre indiqué sur le cadran, si on met un poids de 2 kilogrammes, ou le diviser par 2, si la charge du levier B n’est que de 500 grammes. L’allongement qu’a supporté le fil, ou sa force d’élasticité, est donné par la longueur du mètre auquel on ajoute la longueur, exprimée en centimètres ou en millimètres, relevée par la position des cliquets H et N sur les limbes M et K.
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- iBEIilj
- Fig. 413. Dynamomètre de poghe, de M. Danzer. Fig. 414.
- Les deux parties de l’appareil sont reliées entre elles par une règle.
- L’arrêt automatique de la manivelle T, par la chute du levier I qui vient mettre obstacle à la rotation, est un point essentiel, car il donne le mouvement précis de la rupture du fil.
- Dynamomètre de poche pour tissus, exposé par M. Henry Danzer, de Paris.
- Depuis longtemps nous avions été frappés de ce fait qu’il n’existait pour l’usage courant des fabricants ou négociants en tissus aucun dynamomètre transportable au propre sens du mot. Tous les appareils inventés pour mesurer la force des étoffes, quels qu’ils soient, sont à peine maniables. De plus, ils sont coûteux et beaucoup d’industriels hésitent à faire les frais de semblables instruments.
- Pour combler cette lacune, nous avons imaginé un appareil représenté figure àlA, qui donne sous ce rapport ample satisfaction à tous ceux qui désirent se procurer un instrument de poche, d’un usage facile, donnant de sûres indications.
- Cet appareil présente deux échelles :
- 1° L’échelle indiquant la somme de la charge ou résistance à la rupture et l’allongement ou élasticité du tissu. Elle se trouve longitudinalement sur le cylindre r. Sur le petit tambour t est un cercle gradué de 0 à 100, de sorte qu’un tour entier correspond à une division de l’échelle ou à 1 millimètre. Les fractions de millimètre se lisent facilement en regard de la ligne.
- 2° L’échelle indiquant la charge de rupture seule. Celle-ci est graduée sur le petit cylindre final que termine le bouton /.Un vernier solidaire du tambour donne les dixièmes de millimètre. Le ressort intérieur est calculé en force de 200 grammes par millimètre de charge de rupture.
- Pour se servir de notre dynamomètre, on place en a, entre le disque b et la base du cylindre r, le morceau de tissu découpé que l’on a à essayer. Préalablement, on place le petit levier k dans son cran d’arrêt, on ramène le tambour t en arrière pour découvrir le zéro de l’échelle, on tire en arrière le petit cylindre l. Finalement, on serre fortement le tissu au moyen de la vis de pression c.
- Alors on remet en place le petit tambour l et on fait affleurer le zéro de l’échelle avec le zéro du ver-
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- nier. On visse ensuite lentement le tambour t, jusqu’à ce que la rupture de l’échantillon à l’essai s’ensuive. Il se produit à ce moment une petite secousse: on arrête pour lire les échelles.
- Il faut avoir bien soin, avant de visser le tambour t, de s’assurer que le petit levier k ne se trouve pas dans la petite encoche, mais sur l’entaille.
- En supposant qu’on ait lu sur les deux échelles :
- Résistance et élasticité..... 6,78 m/m
- Charge de rupture............ ù,60 X 200 = 9ke,200
- Conséquemment l’allongement (sans rupture) est de........ 2,18 m/m.
- Appareil pour Vexamen des filés, exposé par MM. Wallwoch et C°, de Manchester.
- Cet appareil, que nous avons représenté figures h 15 à Zi 18 est des plus curieux, et absolument original en ce sens que, par sa disposition, on le transforme arbitrairement en une série de quatre instruments -spéciaux.
- La figure 415 indique l’appareil disposé pour prendre exactement la quantité de fil nécessaire à la confection de l’éclievette ordinaire et en vérifier la régularité ; — la figure Zi 16 montre l’appareil employé à déterminer le degré d’élasticité; — la figure 417 la disposition employée pour essayer des longueurs de fil simples; — et la figure 418 indique comment l’appareil est disposé, lorsqu’il doit servir à déterminer le degré de torsion.
- Dans la première disposition, le fil est enroulé autour d’un calibre qui donne la longueur exacte et qui se place entre les griffes suivant les indications du dessin, le fil à moitié enroulé. La levée se fait facilement, et la quantité de fil enroulé est indiquée par le compteur. Lorsque la carte est pleine, elle contient une échevette. — Le fil forme sur les cartes, pour le numérotage, une couche unique très mince, dont il est facile de vérifier la régularité, puisqu’on a laissé entre toutes les rangées de fils un intervalle d’un huitième de pouce permettant de découvrir immédiatement tous ses défauts, comme grosseurs, coupures, nœuds ou impuretés, et de comparer facilement les produits de deux fabrications différentes.
- Dans la deuxième disposition de l’appareil le fil est maintenu à la même torsion par un contrepoids et serré par deux petites pinces à vis ayant un écartement de 12 pouces, disposition qui produit toujours le résultat voulu. En tournant la poignée (représentée sur le dessin), on tend le fil lentement, le nombre correspondant des rotations est enregistré, et le maximum d’élasticité obtenu lorsque le fil se rompt est indiqué sur le cadran de l’appareil jusqu’à la seizième partie d’un pouce.
- Dans la troisième disposition (fig. 417), la tige en acier peut être tirée et fixée à la longueur voulue ; elle est, à cet effet, munie d’une échelle divisée en pou- ^
- ces anglais. L’un des bouts
- Fig. 415. — Appareil Walwooch. (Première disposition.)
- du fil est saisi par une petite pince à vis à l’extrémité de l’axe, le bout opposé est fixé par une autre vis sur le petit tasseau, le degré de la torsion est enregistré sur le cadran. L’indicateur est disposé de manière à pouvoir être ramené immédiatement à zéro.
- La quatrième modification est indiquée par la figure 418 ; elle enregistre par quart d’once le point de rupture des longueurs de fils simples, de manière qu’en prenant la moyenne d’un certain nombre d’essais, on obtienne la force et, ce qui est d’une importance majeure, le degré de variation du fil.
- Dynamomètre pour filés, exposé par M. Wenner, de Zurich.
- Cet appareil indique l’élasticité d’un fil et sa résistance. Il peut être mû à la main ou par courroie,
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- rN. 11
- LES INDUSTRIES TEXTILES
- et le fil que l’on veut essayer y passe d’une manière continue, avec une vitesse de 15 mètres à la minute.
- Il est composé de deux paires de cylindres A et B, dont les cylindres A sont coniques et 1rs cylindres B
- Appareil Walavooch. (Deuxième disposition.)
- ^a^Fig. 416
- Appareil Walavooch. (Troisième disposition.)
- I'ig. 417.
- cylindres A sont commandés au moyen d’engrenages par les cylindres B, qui reçoivent leur mouvement
- cylindriques. — Entre ces deux paires est pendue à une certaine hauteur une balance à ressort. — Les
- ==
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- mm
- Fig. 418. — Appareil YValwoocii. (Quatrième disposition.)
- par la poulie P ou par le volant H. Les deux paires de cylindres ont la même vitesse. Les cylindres de pression A et B sont recouverts, le premier de caoutchouc et le second de cuir, et servent à retenir le fil, de sorte qu’il ne puisse se produire aucun glissement. — Le plus grand diamètre des cylindres A est égal au diamètre des cylindres B. — Un guide-fil L, qui peut être déplacé au moyen d’une vis, règle l’entrée du fil entre les cylindres A. Enfin l’appareil est muni d’un déclenchement automatique qui fait arrêter la machine aussitôt que le fil se casse.
- Voici comment il fonctionne :
- Le fil à essayer, après avoir été introduit dans le guide-fil, est pris par les cylindres A; de là il va passer sur la petite poulie à gorge de la balance à ressort pour ensuite être pris par les cylindres B, d’où il va s’enrouler sur un cylindre garni de velours. — Les cylindres A fournissant des longueurs de fil plus petites que celles absorbées par les cylindres B, il y aura un étirage entre ces deux paires de cylindres. Cet étirage devra correspondre à l’allongement du fil produit par la tension de la balance à ressort, c’est-à-dire il devra être proportionnel à l’élasticité du fil et à la tension à laquelle on exposera ce fil. 11 faudra donc, pour maintenir l’aiguille de la balance toujours à la même position,régler le guide-fil de manière que la différence entre la quantité du fil fournie par les cylindres A et celle absorbée par les cylindres B soit égale à l’allongement du fil. Ll position du guide-fil indiquera le degré de rallongement à
- différentes tensions, en d’autres termes elle donnera l’élasticité du fil. La tension à laquelle est exposé le fil pendant son passage dans l’appareil sera indiquée en grammes par l’aiguille de la balance. — Pour tendre le fil au commen-Dynamomètre de m. Wknner. cernent de 1 opéra-
- tion, on arrête les cylindres A au moyen d’un embrayage.
- Romaine micrométrique, exposée par MM. Geo. Thomas et C°, de Manchester.
- La figure /i21 représente cet appareil en élévation et la figure à22 en est une coupe verticale.
- Dans cette romaine, ainsi qu’on peut s’en rendre compte à l’examen des dessins, il n’y a aucun poids, j et sans avoir rien à changer ou à modifier à l’engin ! les résultats de l’épreuve sont connus immédiate-
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Octobre.
- ix. — 3G° Fascicule.
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- ment, sans l’aide d’aucun calcul, à une ou deux exceptions près.
- Le fléau B est formé d’une tringle d’acier très mince, repliée en un angle aigu en son milieu, dont le sommet forme le centre d’oscillation G. Ce point est légèrement évidé pour permettre l’achevalement du fléau sur la tranche d’une mince plaque A en acier. L’œillet M de cette plaque est très petit, pour prévenir la chute de la tringle B et la maintenir constamment en bonne place, parce qu’elle a des tendances à l’inflexion. Il permet en outre de tenir incliné le pied de l’appareil. La direction du fléau B peut s’observer d’un coup d’œil et être appréciée par rapport au bras latéral E du pendule P. Ce
- Fig. 420.
- fj
- bras E est constamment et invariablement maintenu en position horizontale, à l’aide dudit pendule P et de son contrepoids E'. De sorte qu’il n’est pas indispensable que la romaine soit posée sur un plan parfaitement horizontal, et ses indications seront aussi parfaites alors même quelle serait dans une position inclinée, dans un sens ou dans un autre, comme le montre la figure 421. Le fond S de la balance est peint en noir, pour faciliter l’observation.
- Lorsqu’on veut connaître le numéro des fils composant un échantillon de tissu, on découpe exactement ce dernier suivant le pourtour d’une plaque rectangulaire, préparée spécialement, en ayant soin que la chaîne et la trame du tissu courent parallèlement à deux côtés perpendiculaires entre eux de la plaque. Le morceau découpé est effiloché dans les deux sens. Les dimensions de ces plaques, qui accompagnent chaque romaine sont calculées en vue des différents textiles, et elles peuvent indifférem-
- ment être coupées pour répondre soit au système de numérotage français, soit au système de numérotage anglais. Ces plaques sont en tôle de cuivre
- Fig. 421.
- et invariables pour tous les numéros d’un même textile.
- On trouve alors facilement les numéros respectifs des fils de la chaîne et de la trame du tissu effilé en en prenant un certain nombre de chaque sorte et en les plaçant l’un après l’autre sur le crochet H, jusqu’à ce que le fléau se mette en branle. A ce moment, si l’on a compté le nombre de fils ou de brins néces-
- M, ,A
- O
- Fig. 422.
- saires pour arriver à ce résultat, le numéro cherché sera conforme à ce même nombre.
- On doit remarquer toutefois qu’une tolérance est
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- nécessaire, attendu que Fentre-croisement des fils entre eux produit un embuvage, de sorte que la dimension des fils défaits excède un peu celle de la plaque. Il y a là à tenir compte d’une petite différence que la pratique de l’appareil indique rapidement. Pour des cotonnades ordinaires, par exemple, cette différence est de 5 pour 100.
- IV. — Divers.
- Nous examinons sous ce titre différentes machines qui n’ont pu trouver place dans la classification que nous avons adoptée :
- Humecteur d'air pour ateliers de filature et tissage, exposé par M. Armand Petit, de Fourmies.
- Les conditions de température et d’hygrométrie de l’air dans les salles de filatures ont une importance très grande, tant au point de vue du bien-être matériel des ouvriers qu'au point de vue de la fabrication elle-même.
- Une température élevée et un air vicié incommodent l’ouvrier et l’empêchent de fournir une somme de travail égale à celle qu’il donnerait dans un milieu bien aéré et tempéré.
- D’autre part, un air trop sec nuit également au travail des textiles. Il se développe, en effet, dans tout milieu contenant des machines en mouvement, des quantités d’électricité inappréciables, mais dont les effets se font très bien sentir sur des corps aussi légers que les filaments de laine, de coton, etc. Cette électricité se produit, par exemple, par le frottement des courroies de transmission sur les poulies, ou au contact de divers corps en mouvement, et charge les arbres ou autres organes métalliques, qui électrisent les filaments et provoquent dans le travail des machines des perturbations d’autant plus graves que l’air est plus sec. Quelquefois même le travail est rendu complètement impossible pour des filaments teints, par la nature du mordant ou de la teinture elle-même. Pour éviter ces inconvénients, on a cherché à faire écouler l’électricité en terre par des corps bon conducteurs; mais le meilleur moyen que l’on ait encore trouvé a été d’humidifier convenablement l’air des salles.
- A un autre point de vue, l’humidification des ateliers présente encore des avantages sérieux. Personne n’ignore en effet que les textiles somt des corps très
- hygrométriques, c’est-à-dire pouvant contenir un poids assez considérable d’eau sans que leur apparence extérieure en soit modifiée. De là une grande facilité de frauder sur le poids réel des laines livrées au sortir de la filature, à laquelle on remédie au moyen du conditionnement. Celui-ci détermine sur un échantillon la quantité d’eau que contient le filé, et, d’après cette analyse, ramène le poids du lot expérimenté au poids qu’il aurait s’il n’était chargé
- . \
- Arrivée d'eau
- SQC_”/m ;
- Am sec
- Fig. 423.
- que de la quantité d’eau tolérée. C’est d’après ce deuxième poids que se font les règlements de compte. Le taux adopté en France pour la laine par exemple est de 18 1/4 pour 100. Or, en entretenant dans les salles de filature une température constante de 22 à 24 degrés centigrades, avec 86 à 90 degrés hygrométriques, on obtient des filés dans ces conditions d’humidité; tandis que avec des degrés d’humidité différents, on est souvent obligé de produire des numéros plus forts ou plus faibles que le numéro demandé, pour arriver au poids voulu avec le taux de 18 1/4 pour 100. D’autre fois les filés sont trop peu chargés d’eau, et, pour ne pas être lésé dans ses intérêts, le filateur les ramène au taux normal en les soumettant à l’action de la vapeur.
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- Tous ces avantages ont éveillé l’attention des fila— teurs, et, depuis nombre d’années, on a commencé à monter dans les centres industriels des installations ayant pour but d’aérer et d’humidifier l’air des salles de filature. Certains constructeurs ont aspiré ou refoulé dans ces salles de l’air préalablement humidifié par son passage dans des chambres spéciales, où des dispositions particulières entretenaient un fort degré d'humidité. D’autres, au contraire, aspirent de l’air sec et l’humidifient par son mélange, dans les salles mêmes, avec de l’eau pulvérisée. L’appareil dû à M. Armand Petit est de ce dernier genre.
- Comme on peut le voir par notre dessin, cet humec-teur n’est autre chose qu’un ventilateur à axe vertical, aspirant l’air par le dessous et le rendant tant par sa partie supérieure que par sa circonférence, grâce à la perméabilité de son enveloppe formée d’un tricot.
- Mais, pendant son passage dans le ventilateur, l’air est humidifié de façon à sortir presque complètement saturé de l’appareil. A cet effet, l’eau arrive à la partie supérieure, c’est-à-dire en sens inverse de la marche de l’air, et se pulvérise en tombant sur une brosse (fig. A23 ), en forme d’hélice, fixée sur l’axe du ventilateur et animée ainsi d’une vitesse de 1,200 tours par minute. Le mélange de l’air et de l’eau se fait d’une façon parfaite, car, en plus du premier jeu de palettes qui aspire l’air, l’axe du ventilateur en reçoit un deuxième, dont le but est de rompre le courant et de prolonger ainsi le contact des deux éléments en présence. Une cuvette recueille toute l’eau non absorbée par l’air et qui i peut être utilisée à nouveau.
- L’air saturé qui s’échappe à travers l’enveloppe en tricot ne peut entraîner d’eau mécaniquement, ce qui supprime un inconvénient grave que l’on reproche à beaucoup d’appareils analogues.
- L’air contenant plus d’eau que son point de saturation ne le lui permet laisse, en effet, condenser cette dernière sur les conduites avoisinantes, où elle se forme en gouttes et tombe ensuite sur les machines dont elle provoque la rouille.
- Le degré d’humidité voulue se règle par la simple manœuvre d’un robinet.
- Un avantage de l’appareil de M. Petit consiste encore dans la possibilité d’employer en hiver l’eau du condenseur. Cette eau, dont la température est, en général, de 30 à AO degrés, échauffe l’air aspiré et donne lieu à une économie de chauffage encore assez appréciable. En été, au contraire, on maintient
- une température relativement peu élevée par l’emploi d’eau froide.
- L’appareil, tel qu’il figure à l’Exposition, aspire, nous a-t-on dit, de 1,400 à 1,500 mètres cubes par heure et ne demande guère que 15 litres d’eau pendant ce laps de temps pour arriver à un degré d’humidité convenable.
- Pour obtenir une bonne aération il faut compter un appareil pour 1,000 mètres cubes.
- Dans d’autres appareils de ce genre, il faut comprimer l’eau à une certaine pression, ce qui nécessite une installation complète de pompes et de tuyauterie, et absorbe une certaine force. Avec cet appareil, au contraire, la canalisation d’eau installée dans toute fdature peut parfaitement être utilisée, l’installation de l’appareil monté soit contre les colonnes, les murs, soit au plafond, est des plus simples, et la force absorbée paraît insignifiante.
- Machine à couper les tissus, exposée par M. Guillaume Toussaint, de Verriers.
- Deux machines à couper les tissus sont exposées par des constructeurs étrangers : l’une du système
- Fie. 424.
- à disques, l’autre du système à guillotine Nous commençons par montrer la plus simple, imaginée par M. Guillaume Toussaint, constructeur à Verviers.
- Elle se compose d’une table mobile avec disque, tranchant à sa périphérie, animé d’une grande vitesse giratoire. La tahle est graduée et reçoit le tissu à découper, que l’on fixe au moyen de règles, de façon à pouvoir couper les échantillons avec exactitude en long et en large. Le disque est en acier et fait l’of-
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- lice de couteau; il coupe l’étoffe avec une précision et une netteté admirables. On l’actionne au moyen i d’une pédale et l’on fait mouvoir à la main la table avec les échantillons.
- Nous avons représenté cette machine figure 424. Elle occupe un faible espace : lm,250 en hauteur, 1 mètre en largeur et lm,250 en longueur, non compris l’espace nécessité par la course de la table.
- Machine à couper les tissus, exposée par M. Adolphe Walser.
- Cette machine permet de découper toute étoffe en bandes de longueurs quelconques, et automatiquement.
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- Fig. 425. — Machine de M. Ad. Walser. (Plan.)
- Dans les dessins ci-contre, la figure 427 représente la machine vue du côté gauche.
- La figure 425 est une vue en plan correspondant à la vue de face de la figure
- La figure 432 est une vue de côté de la machine vue du côté droit.
- La figure 426 est une vue de face de la machine.
- Les figures 428 et 429 représentent des coupes.
- Les figures 430, 431 et 433 représentent des détails.
- La machine se compose du bâti A dans lequel est logé l’arbre B qui est mis en mouvement par la manivelle C et qui tourne dans la direction de la flèche C'. Sur l’extrémité opposée à la manivelle C,
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- Fig. 426. — Machine de M. Ad. Walser. (Vue de face.)
- Fig. 427. —Machine de M. Ad. Walser. (Vue de côté gauche.)
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- l’arbre B porte un excentrique ou came D, et en | avant de celle-ci une coulisse H qui est disposée
- U o
- Fig. 429.
- de manière que la cheville I puisse être déplacée dans cette coulisse au moyen de la vis J.
- La cheville I joue dans la fente d’un levier K oscillant autour d’un tourillon fixe Z, ce mouvement
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- d’oscillation variant avec la position de la cheville dans la coulisse H. Par son extrémité supérieure, le levier K est relié par une bielle M de longueur variable à un chariot N' qui est guidé horizontalement sur des barres hydrauliques 0 0' fixées au
- Fig. 430.
- mâchoire inférieure P' de la pince est fixe par rapport au chariot N et suit celui-ci dans son mouvement horizontal, tandis que la mâchoire supérieure?
- bâti A. Le prolongement du chariot N, dans le sens transversal de la machine, c’est-à-dire perpendiculairement aux barres ou guides 00\ forme une pince PP' dont la fonction consiste à saisir et à faire avancer l’étoffe à découper (papier, carton, etc.). La
- Fig. 431.
- s’ouvre ou s’abaisse sur la mâchoire P’ en exécutant un mouvement de rotation autour de sa cheville extérieure, ces mâchoires étant maintenues d’une
- Fig. 432. (Vue de côté droit.)
- part dans le chariot N et d’autre part dans le chariot N' disposé en face de N et porté par le bras Q du bâti A.
- A l’intérieur du bâti A et parallèlement aux guides 00' est disposée une tige longitudinale B dont
- les deux extrémités forment lourillons et sont portées par le bâti. Cette tige est munie d’une rainure longitudinale R' dans laquelle joue un galet de frottement S" qui est disposé à l’extrémité d’un levier coudé SS'; celui-ci peut tourner dans le chariot N,
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- la partie S se trouvant en dehors du chariot et la partie S' en dedans.
- L’extrémité de la partie S de ce levier coudé vient agir contre un bloc T qui a la forme d’un croissant ou d’une faucille et qui est disposé au-dessus du levier S extérieurement au chariot N sur l’axe de la partie P de la pince. La tige R est reliée à articulation au moyen de la tige F à un levier E qui peut tourner autour de la cheville fixe E' du bâti A et dont l’extrémité libre porte un galet E" (fig. 432) qui est constamment pressé contre la came D par un ressort G, ce ressort étant fixé d’une part au bâti A et d’autre part au levier. En haut et transversalement par rapport à la machine est disposée une lame V qui, avec la contre-lame V' qui est vissée sur le support V, forme une paire de ciseaux. Le support peut tourner autour de la cheville V' du bâti A, et sur son extrémité libre vient s’articuler la tige W qui est reliée à la manivelle motrice. Un guide X, ajusté sur le bâti A, sert d’appui à un galet x' sur le support V et assure pendant le découpage une pression régulière de la lame supérieure des ciseaux qui est légèrement courbe, contre la lame inférieure. La partie Y de la table de la machine est mobile et peut osciller autour d’un axe Z qui est porté par la partie fixe de la table ; cette oscillation est due à un levier courbe disposé en dessous, et qui est fixé à la partie Y et contre lequel vient agir un galet b à chaque mouvement en arrière du chariot N. Sur la plaque mobile Y se trouve disposée une pièce transversale c, figure 425, qui est guidée par deux petites tiges verticales cd et qui peut s’élever et s’abaisser. Cette pièce transversale c est destinée à venir se poser sur l’étoffe à découper et à maintenir celle-ci simultanément avec la plaque Y, en avant de la pince PP'.
- La table est prolongée en g et porte des guides ajustables ff qui règlent la position de l’étoffe à découper suivant sa largeur, et l’empêchent de s’écarter latéralement pendant le découpage.
- Une brosse d, figure 432, tournant autour de e et qui, à son extrémité, est retenue par une pince élastique d', sert à peser sur l’étoffe pendant le travail, afin d’appliquer parfaitement celle-ci sur la table de la machine.
- Le fonctionnement de la machine est le suivant :
- On règle d’abord la machine en rapport avec la longueur de la pièce à découper; ceci se fait au moyen de la vis J qui sert à faire varier la position de la cheville I dans la coulisse H. Ce réglage doit
- être tel que, pour une rotation complète de l’arbre B, le chariot N parcourt un chemin correspondant à la longueur des pièces à découper. Puis on fait varier la longueur de la tige M de telle façon qu’au moment où le levier a atteint sa position extrême d’arrière dans son mouvement d’oscillation, la pince PP’ du chariot N vienne rencontrer la plaque oscillante Y en passant par-dessus la lame inférieure Y. Pour faciliter le réglage mentionné, la coulisse H et la tige M pourront porter des divisions correspondantes aux longueurs que la machine doit découper.
- Le réglage ayant été fait de la manière qui vient d’être exposée, on soulève la brosse d et on introduit l’étoffe, le papier, etc., entre la plaque Y et la pièce transversale c, jusqu’à ce que son extrémité vienne se poser du côté du tranchant de la lame inférieure des ciseaux entre les parties PP’ de la pince, après quoi on abaisse la brosse d. On tourne alors la manivelle C dans la direction de la flèche G', faisant ainsi tourner en même temps la came D et déterminant une oscillation du levier E ainsi que de la tige R qui est reliée au levier E par une tige F ; l’oscillation de bas en haut de la tige R détermine un mouvement oscillant du levier coudé SS', qui d’abord, lorsque la pince PP' était ouverte, avait la position indiquée dans la figure 430. Pendant ce mouvement oscillant, le bras extérieur S du levier SS' vient agir sur le bloc T, qui exécute également un mouvement d’oscillation, ainsi que la partie P de la pince, de sorte qu’à la fin de la course active de la came D, les divers mécanismes de la machine qui ont été exposés ci-dessus prennent les positions représentées figure 427, dans laquelle la pince PP' est fermée et maintient fortement l’étoffe qui sera entraînée lors du mouvement longitudinal suivant du chariot N. Ce mouvement longitudinal du chariot est dû à la rotation de l’arbre B qui porte la coulisse H dont la cheville I a fait osciller le levier K pendant le mouvement de rotation, ce levier K déterminant ainsi le mouvement de va-et-vient du chariot.
- Pendant ces divers mouvements, la lame Y' des ciseaux accomplit sa course qui est suffisamment grande pour que le découpage proprement dit ne se fasse pas pendant la descente totale de la lame, mais seulement au dernier moment de cette descente, c’est-à-dire lorsque le chariot N est arrivé à l’extrémité de sa course. La came D abandonne alors le levier qui, sous l’action du ressort G, reprend sa première position, abaissant ainsi de nouveau la tige F
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Novembre.
- n, — 37« Fascicule.
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- et faisant par conséquent osciller la tige R dans un sens inverse au précédent, et ramenant le levier SS7 dans sa première position (fig. 426) pour laisser agir le levier S de façon à déplacer le bloc T pour ouvrir la pince PP'. Ceci étant fait, le morceau détaché est abandonné et tombe sous la machine.
- L’arbre B continuant à tourner, le chariot N revient près des ciseaux, et vers la fin de la course du chariot, le galet b de celui-ci soulève le levier a de la plaque Y qui tourne autour de son axe z. Par là, le bord de l’étoffe a été présenté à la pince PP', qui est venue passer de nouveau entre les deux lames U U' des ciseaux, et ceci se fait notamment de façon qu’à la fin de la course du chariot, l’étoffe qui se trouve entre les parties P P'de la pince soit saisie par celle-ci, entraînée et découpée de la manière décrite ci-dessus.
- Métier à six navettes à tisser les rubans, exposé par MM. Biernatzki frères.
- La particularité de ce nouveau système consiste essentiellement dans l’application de cames rotatives munies de rainures courbes donnant le mouvement aux harnais, ce procédé permettant d’obtenir rapidement des tissus très variés. Ces cames s’adaptent sur des arbres verticaux que l’on peut faire tourner avec des vitesses égales ou différentes ; dans les rainures de ces cames se déplacent les pivots de leviers mobiles, dont les extrémités opposées viennent se rattacher aux harnais, déterminant ainsi le mouvement vertical de va-et-vient nécessaire pour la foule.
- Pour obtenir un dessin quelconque, il suffit de caler sur les arbres un certain nombre de cames dans lesquelles ont été taillées les courbes voulues. En outre, ces dessins peuvent facilement être modifiés en un instant, soit en changeant les cames, soit en faisant tourner à des vitesses différentes les arbres sur lesquels elles sont montées. On pourra encore obtenir une plus grande variété de dessins en employant deux ou plusieurs arbres munis de cames comme ci-dessus, l’un de ces arbres fonctionnant indépendamment de la navette et du mécanisme du peigne. Plus le nombre de cames employées, avec leurs harnais correspondants, est grand, plus la variété de dessins à obtenir sera grande.
- Le mécanisme moteur est représenté dans tous ses détails dans les figures 433 et 434.
- Ce métier est construit à six navettes et divisé en
- trois têtes à deux navettes par des séparations A fixées sur le socle B. Chacune des trois tètes ainsi formées renferme deux arbres verticaux c et e tels que représentés dans les figures 433 et 434 ; ces arbres reçoivent leur mouvement de l’arbre principal a (fig, 434) par les arbres intermédiaires b et d, et les engrenages coniques calés sur ces arbres. Les extrémités extérieures des leviers 1-20 qui commandent les harnais sont munies de petits galets, glissant, pendant que le mécanisme est en mouvement, dans les rainures des cames E, 1 à 10 et E, 11 à 20.
- Pour plus de clarté, ces dernières cames ne sont visibles que dans la figure 434. Les leviers mentionnés ci-dessus alternent successivement sur les deux côtés des cames (fig. 434) et pivotent sur les pièces de liaison G. Lorsque les cames ce te tournent, les harnais S qui glissent dans un cadre S1 reçoivent un mouvement vertical de va-et-vient par l’intermédiaire des leviers 4-20 qui sont guidés dans les cames par leurs galets d’extrémités, et qui suivent les rainures courbes c et e ; l’on obtient ainsi un tissu du dessin voulu.
- La navette portant la trame reçoit son impulsion de l’autre arbre vertical C (fig. 434). Un engrenage conique c2, monté sur l’extrémité de l’arbre de la came, transmet le mouvement de rotation au moyen d’un autre engrenage conique g1 (fig. 434) à un arbre à came horizontale S3, destiné à transmettre l’impulsion à la navette. Le levier s pivotant sur l’axe s2 glisse, guidé par un galet, dans la rainure courbe s3, et reçoit par la rotation de celle-ci un mouvement oscillant horizontal, lequel imprime à la navette le mouvement de va-et-vient voulu. Le mouvement oscillant du battant F avec le peigne f-(fig. 434), poussant la trame en place, est dérivé de l’arbre g par l’intermédiaire de la rotation de l’arbre/4 et par une paire d’engrenages coniques f"° et fG. Sur l’arbre Z4 est fixée une came Z3 (fig. 434), munie sur.son côté d’une rainure courbe destinée à guider un galet monté sur un levier (non représenté), calé sur l’arbre tournant f. Le galet, en se mouvant dans la rainure courbe, imprime audit arbre un mouvement de va-et-vient auquel participe le battant F. La « prise w » du tissu achevé, au moment où il sort d’entre les rouleauxr1r2 et r3 (fig. 434) dans la direction indiquée par la flèche, est obtenue automatiquement au moyen du régulateur m1 m2, en combinaison avec l’excentrique m3. Tel que mentionnée ci-dessus, l’impulsion principale, imprimant le mou-
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- vement à toutes les navettes de ce métier, est dérivée de l’arbre a. Cependant, on a adopté récemment une disposition laquelle, par l’application d’un mécanisme
- moteur intermédiaire (non représenté), permet de faire mouvoir chacune des navettes indépendamment des autres, et, en outre, de marcher à une vitesse
- Fig. 433.
- Métier a tisser
- de MM. Biernatzki
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- plus ou moins grande suivant que l’exigera la nature de la matière première employée.
- Cette combinaison présente différents avantages sur tous les anciens métiers, entre autres, celui de
- permettre de fabriquer avec chaque paire de navettes un article d’un dessin et d’une qualité différents.
- En outre, il n’est plus nécessaire de monter toutes les chaînes du métier avant de pouvoir commencer
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- à tisser, car il est possible de travailler immédiatement après que deux chaînes ont été placées, on peut alors mettre en mouvement les navettes correspondantes. Il n’est plus nécessaire d’achever le travail avec toutes les navettes avant de pouvoir monter un nouvel article, une nouvelle chaîne pouvant
- mms.
- Fig. 434.
- être placée après que celle des navettes correspondantes est épuisée. La disposition commode adoptée pour faire marcher ou pour arrêter le métier présente un autre avantage Lorsqu’on a à fabriquer de petits lots. Dans ces cas, on peut facilement enlever la chaîne, pour plus tard l’employer à nouveau lorsque les petits lots auront été achevés.
- Les manufacturiers seront peut-être surpris de ce que ce nouveau métier ne se construise qu’à six
- navettes. Mais ces six navettes, lorsqu’elles tissent des rubans de 35 millimètres de largeur et au delà, tout en présentant tous les avantages mentionnés ci-dessus peuvent produire une plus grande quantité de tissu que les anciens métiers, à 18, 24 et 30 navettes, et cela non seulement parce qu’elles peuvent marcher à une vitesse trois ou quatre fois plus grande, mais aussi parce qu’elles réduisent à un minimum les pertes de temps dues aux ruptures de fils et à l’introduction de nouveaux espou-lins dans les navettes; car les anciens métiers devaient dans un cas semblable être arrêtés en entier tandis que dans le nouveau métier il n’est nécessaire que d’arrêter la tête correspondante et cela indépendamment des autres qui continuent à travailler.
- Le tissu obtenu est d’un grain parfait et offre des lisières remarquables, de beaucoup supérieures à celles qu’il est possible d’obtenir sur d’anciens métiers.
- Métier à tisser les rubans, exposé par M, Auguste Moraes, de Porto.
- Ce métier se distingue sur-toutparson système de commande de navette, dans lequel la boîte est rendue fixe et indépendante des peignes, au lieu d’être entraînée dans leur mouvement d’oscillations. Il est représenté figures 435, 436 et 437.
- La boîte M des navettes est séparée des peignes P qui ont toujours leur mouvement de balancement sur l’axe O, la boîte M est fixée au bâti et les navettes Z-, au lieu d’avoir un double mouvement, n’ont plus que le mouvement de va-et-vient.
- Ce mouvement de va-et-vient est donné aux navettes L par une règle c animée d’un mouvement
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- alternatif par une transmission quelconque et qui entraîne les navettes au moyen de petites aiguilles e
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- rieure, ces aiguilles portent un galet f qui roule dans un canal sinueux i. Ce canal i s’infléchit au-des-
- qui viennent se loger dans des cavités pratiquées aux deux bouts de la navette. A leur partie infé-
- Fig. 435. — Metier a tisser, df. M. Moraes
- Fig. 430.
- Fig. 437.
- sous de chaque peigne P et cette inflexion est exac tement suffisante pour que l’aiguille e'1 quitte la na
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- vette au moment où celle-ci passe dans la foule de la chaîne pour y insérer uneduite; cette position est indiquée pour la navette de gauche, dans la figure A35, ainsique dans la coupe AB (fig. 436) lorsque l’aiguille e2 a quitté ainsi la navette; celle-ci continue à être entraînée dans le même sens par l’aiguille e1, qui à son tour quitte la navette lorsqu’elle est arrivée à la position AB, mais avant que cette aiguille e1 ait ainsi quitté la navette, l’aiguille e- poussée par la sinuosité du canal i est rentrée dans le logement qui lui est réservé de sorte que la navette est constamment soumise à l’action d’une au moins des aiguilles e.
- Les autres parties du métier n’offrent rien de particulier : les peignes reçoivent leur mouvement par la rotation de l’arbre o, et la règle c qui communique le mouvement de va-et-vient aux navettes est mise en mouvement par un excentrique.
- CHAPITRE VII
- Les Machines de teinture, d’impression et d’apprêt.
- Nous examinerons successivement dans ce chapitre : 1° les machines de teinture et d’impression; 2° les machines d’apprêt proprement dites :
- I. — LES MACHINES DE TEINTURE ET d’ IMPRE S S ION
- Les machines de teinture diffèrent essentiellement suivant qu’elles s’appliquent à la matière brute, aux fds et aux tissus. Nous allons indiquer sommairement l’état actuel de cette industrie pour chacune de ces spécialités.
- Jusqu’en ces dernières années, le matériel de la teinture en matières — que nous examinerons tout d’abord — était encore des plus primitifs. Quelques terrines, cuvelots, barques rectangulaires : rien de plus. Le premier perfectionnement date de l’emploi du chauffage à la vapeur, qui remplaça le feu nu, mode coûteux et embarrassant, exigeant l’usage
- d’appareils métalliques et qui amena les spécialistes à s’occuper de cette industrie. On sait qu’au-jourd’hui le chauffage à la vapeur est usité dans toutes les teintureries où le travail se fait en grand et où l’on fait usage de barques pour 80 ou 100 kilogrammes à la fois : on chauffe soit par double fond et avec échappement de vapeur, soit au moyen d’un tube percé de trous qui se trouve au fond des cuves et par où la vapeur s’échappe dans les bains. Ce n’est que lorsqu’on jugea le mode de chauffage suffisamment perfectionné, qu’on s’occupa du matériel de teinture proprement dit.
- Il n’y a guère, on le sait, que les fibres courtes qui soient teintes avant filature, et encore parmi elles le coton ne l’est-il qu’exceptionnellement. On peut presque dire que la teinture en matières concerne surtout la laine peignée.
- Nous rappellerons donc que cette dernière est actuellement traitée soit en rubans au dévidoir (système Rummelin), soit presque toujours en bobines.
- Dans ce dernier cas, les systèmes brevetés avant l’Exposition de 1889 peuvent être divisés en deux catégories : ceux dans lesquels on emploie les appareils sans pompe (systèmes Ilarmel, Bertrand, etc.) et ceux dans lesquels on emploie les appareils avec pompe (systèmes Denutte, Boucheron, Obermaïer, Hauschel, Gressler, etc.). Dans une communication faite sur ce sujet à la Société industrielle du Nord, M. l’abbé Vassart, admettant ces deux catégories, a spécifié que, dans la première, la circulation des bains à travers les bobines est obtenue :
- a) Par la pression d’une colonne liquide ;
- b) Par le refoulement au moyen d’un cylindre plein ;
- e) Par la vapeur faisant piston ;
- d) Par un mouvement alternatif;
- e) Par un mouvement rotatif ;
- f) Par un élévateur à force centrifuge;
- g) Par une disposition imitée de la noria.
- Dans la deuxième catégorie, la circulation est entretenue par la pompe, et les appareils diffèrent surtout par la disposition ou l’arrangement des bobines :
- a) Le peigné est bobiné sur un tube cylindrique percé de trous ;
- b) La bobine de laine peignée est maintenue dans une cuve rectangulaire, entre deux fonds percés de trous;
- c) La bobine est placée dans un espace annulaire
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- compris entre deux cylindres concentriques percés de trous ;
- d) Chaque bobine est placée dans lin manchon cylindrique à paroi latérale pleine et à fonds percés de trous, ces manchons étant fixés sur le fond d’une cuve, ou vissés sur des ajutages, ou encore montés autour d’une alimentation centrale, l’ensemble affectant alors la forme « revolver ».
- Quant au coton en mèches, on emploie pour le teindre mécaniquement des procédés fort variables. Nous citerons, parmi les solutions les plus intéressantes, celles de MM. Leblois et Piceni, d’Elbeuf, dont nous avons déjà apprécié le mod e de traitement dans notre premier volume, à propos de l’exposition des produits cotonniers de M. Casimir Berger (t. I, p. 116); de MM. Anthoni, Moebs et Cie, de Remiremont, dont nous avons aussi cité les produits teints dans notre tome Ier (p. 118) ; de MM. Bertrand, de Tourcoing; Paul Jacquart, Joly, etc.
- La machine de MM. Leblois et Piceni comprend : 1° une série plus ou moins nombreuse de boîtes en cuivre, de forme prismatique percées de trous sur toutes leurs faces, capables de contenir un kilogramme de coton en mèches ; 2° une roue d’un diamètre variable avec la production demandée à la machine et ayant son pourtour garni de tringles qui déterminent des casiers, dans chacun desquels on fait glisser une boîte remplie de coton en mèches; 3° un bac contenant le bain de teinture, chauffé au besoin, et dans lequel vient tourner la grande roue qui porte toutes les boîtes et qui s’y enfonce presque jusqu’à l’axe. Quand cette roue se met en mouvement, les boîtes qui sont à la partie inférieure plongent dans le bain qui passe par tous les trous pour pénétrer les mèches de coton. A mesure qu’une boîte est entraînée par la rotation de la roue, sa position variant périodiquement, par rapport à la verticale, le liquide qu’elle a emporté prend successivement des directions différentes, à travers les mèches, ce qui tend à rendre la teinture plus unie.
- Dans le système Anthoni Moebs, appliqué surtout au noir d’aniline par oxydation, l’appareil se compose d’une cuve à teindre avec un tourniquet à l’entrée et des cylindres presseurs, dont deux à la sortie.
- Quant à la machine Bertrand, elle comprend un bac en bois divisé en deux compartiments, dont l’un, le plus grand, qui sert de cuve à teindre, est pourvu de supports sur lesquels viennent poser les porte-écheveaux et est recouvert par un réservoir à
- fond perforé qui reçoit le liquide tinctorial et le distribue par toutes les ouvertures; et dont l’autre renferme un tuyau coudé muni d’une soupape par lequel se déverse le liquide du grand compartiment. Une pompe l’aspire et le refoule dans la cuve à teindre.
- Arrivons à la teinture des fils.
- De ce côté encore, tous les anciens engins et appareils mus à la main en arrivent à être abandonnés : aussi, au moment de l’Exposition, tendait-on, depuis quelques années, à lancer la teinture mécanique des écheveaux.
- Le point de vue auquel on se place ici n’est cependant plus le même que lorsqu’il s’agit de la teinture en matières : pour la laine peignée, par exemple, on a cherché avant tout la perfection du travail, tandis que pour le cas qui nous occupe on a surtout visé l’économie de main-d’œuvre.
- Hâtons-nous de dire cependant que les machines à teindre offrent ici surtout de l’avantage lorsqu’il s’agit d’opérer sur de grandes quantités ou sur des genres qui demandent de multiples opérations, mais comme la tendance actuelle de l’industrie est de monter de grandes installations et d’opérer en grand pour lutter contre la concurrence, il s’ensuit que la teinture mécanique des fils tend de plus en plus à se répandre.
- Elle s’impose du reste dans certains cas, par exemple dans la teinture en noir d’aniline sur coton qui se fait par passes de 50 kilogrammes à la fois et dont le travail est nuisible à la santé des ouvriers, de même que dans la teinture en noirs chargés sur soie qui représente un travail de plusieurs journées. Dans la construction des machines à teindre les écheveaux, on a du reste cherché avant tout à imiter le travail des ouvriers qui lisent les écheveaux.
- Les procédés sont assez variés. Parfois ces écheveaux sont passés dans des lisoirs qui, comme dans le système Deshayes par exemple, reposent par leurs extrémités sur un châssis pouvant s’élever et s’abaisser dans le bain à l’aide d’une crémaillère et d’une pédale et en même temps sont animés d’un mouvement de rotation par le jeu d’une chaîne à la Vau-canson, et après une immersion suffisante sont égouttés et essorés à une extrémité de la barque par un dispositif spécial. Parfois encore, comme dans le système Decock, l’appareil se compose de porte-écheveaux — formés de règles en bois excentrées par rapport à des tubes métalliques qui les traver-
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- sent et qui se terminent à leurs extrémités par des pignons dentés, de telle sorte que la rotation des tubes déplace les écheveaux sur chaque règle dans un sens qui dépend de la rotation des pignons — et de chaînes spéciales à buttoirs qui conduisent les petits écheveaux dans le bain, d’un bout à l’autre du bac, puis les soulèvent successivement, les conduisent ensuite horizontalement au-dessus du bain d’arrière en avant et les redescendent dans le bain pour reprendre la même série de mouvements. Ou bien encore, comme MM. Pierron et Dehaître, on dispose les écheveaux sur un tourniquet qui tourne dans le bain ; ou enfin, comme MM. Gillet et fils, on immerge directement les écheveaux disposés sur des bâtons reposant sur des crémaillères, ou on supprime les lisoirs, pour disposer les fils par lits dans des paniers à claire-voie et en faire l’immersion en plongeant les paniers dans le bain. Ce sont là les solutions les plus ingénieuses avant l’Exposition.
- Quant aux machines à teindre les tissus proprement dits, il nous serait difficile d’en résumer les différents procédés usités avant 1889.
- Contentons-nous de mentionner qu elles consistent essentiellement en cylindres qui entraînent mécaniquement l’étoffe dans les bains de teinture, de façon à faire immerger toutes les parties de la pièce le même temps dans le bain et à faire entrer celle-ci alternativement par l’un et l’autre bout, afin d’établir des compensations relativement à la richesse du bain en matière colorante. De plus, ce genre d’étoffe peut exiger que la pièce soit teinte au large pour éviter les plis et les cassures, ou bien si cet inconvénient n’est pas à craindre, on peut teindre en boyau ou en corde. De là des différences de dispositifs.
- Mais un grand nombre de tissus exigent encore des appareils spéciaux. Ainsi sont le sac en filet de corde pour le bleu de cuve sur laine, la « champagne » pour la teinture du calicot et de la toile, la « cuve à roulettes » pour la teinture des draps de laine en indigo, les appareils pour teinture et savonnage des articles garancés, et comme corollaire les autoclaves en chambres en bois pour le vaporisage qui suit la teinture en garance ou en alizarine, et toute la série des machines à dégorger, laver, rincer, sécher, etc., qu’on peut considérer comme les annexes du matériel proprement dit de la teinture sur tissus et qu’on rencontre dans toutes les teintureries.
- Tels sont les principaux éléments que comporte actuellement le matériel de la teinture moderne.
- Quant au matériel de Y impression proprement dite, il n’est pour ainsi dire pas représenté à l’Exposition, et cette abstention des constructeurs est vraiment regrettable, car cela nous eût permis d’étudier d’intéressants perfectionnements dans les machines à imprimer qui eussent été examinés avec intérêt par les visiteurs de la Galerie des Machines.
- Rappelons à ce propos que l’impression à la main se pratique encore en Europe : non pas l’impression à la cire en usage aux Indes, ni l’impression au gabarit en honneur chez les Chinois et même les Japonais, mais l’antique impression à la planche qui s’obtient en prenant à l’aide d’un bloc de bois (planche) gravé en relief la couleur préalablement étendue sur un châssis et la déposant sur l’étoffe.
- Quant à l’impression mécanique, elle est représentée dans les fabriques françaises au moment de l’Exposition par les cinq procédés bien connus de la planche plate, de la pierre, de la plombine, de la perrotine et du rouleau, dont nous nous contenterons d’exposer sommairement les principes, afin de bien préciser l’état de cette industrie en 1889.
- L’impression à la planche plate, qui sert encore pour les foulards de soie, comporte comme éléments essentiels: 1° deux rouleaux faisant office de laminoir et pressant l’étoffe, le supérieur fixe et garni de toile, l’inférieur mobile et aplati sur l’une des parties de sa surface; 2° une plaque gravée, qu’une disposition spéciale conduit entre les rouleaux; un réservoir à couleur et une râcle pour en enlever l’excès; 3° un drap sans fin, tendu et passant entre le rouleau supérieur et la plaque, ayant pour but de refouler le tissu dans le creux de la gravure et de forcer l’étoffe à prendre la couleur déposée sur la plaque. Il y a en dehors de ce système un autre de planche rotative, mais sa production est très limitée et par suite son emploi des plus restreints.
- Dans l’impression à la pierre, la planche plate est remplacée par une pierre lithographique, et l’opération est la même que dans l’impression lithographique.
- La machine, dite Plombine, inventée à Saint-Denis en 1800 par Ébinger, n’est plus guère, à notre connaissance, employée dans l’impression sur étoffe et ne sert plus aujourd’hui que dans l’impression sur papier. Son abandon vient de ce que, dans ce système, la couleur étant appliquée sur le tissu par une surface courbe, se trouve alors plus ou moins laminée, d’où résulte un manque de netteté et une altération dans la forme du dessin.
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- La machine, dite Perrotine, inventée à Rouen en 1834 par l’ingénieur Perrot qui lui a donné son nom, est aussi à l’heure actuelle presque complètement déclassée. A l’aide de mécanismes remarquables et qu’il serait trop long de décrire, elle reproduit mécaniquement tous les mouvements de l’imprimeur à la main, c'est-à-dire qu’elle prend, au moyen d’une planche gravée en relief, la couleur étendue sur un châssis, puis va l’appliquer sur l’étoffe. Pendant que la planche imprime, le châssis est fourni de couleur, et pendant que la planche se recharge de couleur, la pièce avance de la longueur d’un rapport, pour recevoir une nouvelle impression, et ainsi de suite.
- Enfin, dans l’impression au rouleau, — la plus en usage aujourd’hui, — le dessin est gravé en creux sur des rouleaux métalliques, contre lesquels un autre rouleau également en métal vient presser, d’où le nom de « presseur » ; le cylindre reçoit la couleur au moyen du a fournisseur » ; une lame d’acier, appelée « râcle », placée sur le rouleau et dans une position déterminée, enlève l’excédent de couleur, pendant que celle qui est restée dans le creux de la gravure se dépose sur l’étoffe quand celle-ci passe entre le rouleau et le presseur. 11 y a un très grand nombre de systèmes de rouleaux, les uns plus rapprochés, d’autres plus éloignés, etc. — En sortant de la machine à imprimer, la pièce est séchée, soit sur des plaques, soit dans des courbes à air chaud.
- En dehors des systèmes d’impression que nous venons d’indiquer, il existe un assez grand nombre de procédés que nous nous contenterons de citer. Les principaux sont le système Bossi, — les métiers à surfaces, — les systèmes Becquert, Silbermann, Depouilly, Hermann, — la mule-machine, — les machines de Vulveryck, de Geers, d’Hémet, de Miller, d’Héruville, de Duboscq, d’Unsworth, — le métier anglais à tapis permettant d’imprimer quarante couleurs à la fois, etc., etc.
- Ceci établi, nous allons maintenant passer en revue les principales machines exposées.
- Matériel de teinture exposé par M. Lucien Fay, de Reims.
- M. Fay expose deux types d’appareils à teindre à bains circulants : l°le système Ch. Vandermeirssche qui est le plus nouveau, caractérisé par des cylindres en bronze dans lesquels on tasse les matières à
- teindre, que l’on met ensuite en communication avec les conduites amenant le bain de teinture, lequel est refoulé par une pompe ou tout autre moyen de compression. Le liquide tinctorial traverse donc les matières à teindre, et s’échappe par le fond percé des cylindres, d’où il retombe dans le bac placé au-dessous, et est continuellement repris par la pompe. Au milieu du temps nécessaire pour la teinture, la série de cylindres est retournée, l’arrivée du bain se fait alors par le côté opposé à celui du premier temps, de sorte que c’est cette partie qui reçoit à son tour le premier contact du bain, ce qui égalise le ton dans toute la masse; — 2° à côté de cet appareil en grandeur naturelle, se trouve une réduction d’un autre type, le système Hauschel, dans lequel le bain jaillit autour de colonnes verticales percées de nombreux orifices; les matières à teindre entourent ces colonnes et doivent être entourées d’un filet. Le bain les traverse donc, et revient sans cesse, repris par la pompe.
- La première disposition est assurément préférable. Voici, du reste, la disposition de chacune d’elles :
- 1° Appareil Vandermeirssche. — La figure 438 donne une élévation longitudinale de la machine que représente en plan la figure 439. La figure 440 est une élévation latérale des cuves, vues du côté des poulies motrices, — et la figure 441, une élévation latérale du côté opposé, c’est-à-dire du côté de l’aspiration et du refoulement du liquide tinctorial.
- Dans une cuve A, remplie par le bain de teinture, tournent des pots G placés en série et constituant par leur assemblage deux axes tournants. Ces pots renferment la matière textile à teindre, et leurs fonds D, inférieurs et supérieurs, mobiles, sont perforés d'une infinité de petits trous, pour permettre une circulation de liquide, la plus aisée possible.
- Le niveau du bain tinctorial doit être tel que les pots G y plongent constamment, sur une partie de leur hauteur.
- Les pots extrêmes de chaque série portent, au milieu de leur hauteur, des tourillons prolongeant les diamètres des pots, pour constituer un axe rectiligne de rotation.
- La machine que représentent les dessins, ne comporte que deux séries de trois pots, dans chacun des bacs. Ce nombre de pots peut naturellement être augmenté.
- Les tourillons de chaque ligne de pots portent
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Novembre,
- u. — 38e Fascicule.
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- chacun du côté de la commande, une roue R, engrenant avec un pignon intermédiaire commun R' lequel tourne fou sur l’arbre P qui traverse longitu-
- dinalement la machine au-dessus et au milieu du bac A.
- A l’une de ses extrémités, du côté des poulies
- motrices, cet arbre porte une roue Q commandée par un petit pignon fixé sur celui de ces poulies. Sur l’autre extrémité de l’arbre P, se trouvent calés deux
- organes dont l’action est inverse, et agissent par conséquent d’une façon diamétralement opposée. Ce sont le secteur denté N qui commande la rotation
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- intermittente des pots et l’excentrique M qui actionne l’appareil d’injection intermittente.
- Afin d’assurer la régularité de cette dernière opération et pour équilibrer les organes, un excentrique semblable se trouve du côté opposé sur le même arbre. Les deux excentriques M agissent simultanément sur des cadres identiques, supportant le tuyautage nécessaire à l’injection.
- La machine peut être mise en marche, soit au moyen de poulies motrices fixe et folle TT', soit au moyen d’un volant à manivelle, remplaçant les premières.
- L’intermittence de la rotation des pots, obtenue
- Fig. 440.
- pompe, empêche l’entrainement de tout corps étranger dans le tuyau H'. A ce moment, les excentriques M n’ont plus d’action sur les cadres qui supportent le tuyautage.
- La pression avec laquelle arrive le liquide tinctorial sur les bobines est plus que suffisante pour vaincre la force ascensionnelle du liquide de la cuve, qui avait imprégné la matière à teindre jusqu’à ce moment, et qui cède la place au liquide d’injection. Il y a donc là deux éléments produisant tous deux la teinture, et de l’antagonisme et de la succession d’effets desquels il résulte une régularité de ton et une uniformité dans les nuances parfaites.
- La durée de l’injection terminée, le tuyautage F remonte avec les trompes E, qui sont solidaires avec lui sous l’influence des excentriques M, la prise de liquide par la pompe I cesse, et les pots reprennent leur mouvement de renversement régulier jusqu’au prochain arrêt par suite de l’engrènementdu secteur denté N avec la roue 0.;
- par le dispositif de la roue Q, du secteur N, des roues 0, R, R', R, l’arrêt sera calculé pour se produire, lorsque les pots sont dans une position verticale. Pendant la durée de cet arrêt, il s’effectuera par la partie supérieure des pots une injection plus ou moins violente de matière colorante, puisée dans le bac A par une pompe I qui la refoule par le conduit H, à travers les bobines de la matière textile, par les tuyaux F et les trompes coniques E qui sont venues s’adapter sur fond perforé supérieur de chacun des pots G.
- Une toile métallique B, placée dans le fond de la cuve, et entourant la bouche d’aspiration de la
- Fig. 441.
- Le tuyautage F est guidé dans sa montée et sa descente par des galets L fixés sur lui et roulant le long des guides verticaux K.
- L’alternance des aspirations et des refoulements de liquide tinctorial se produit dans cette machine par la manœuvre, au moment voulu, du robinet J à trois brides et deux ouvertures.
- Dès que l’injection de matière colorante cesse de se produire par le haut, le liquide de la cuve A se précipite de nouveau de bas en haut dans les pots et imprègne les bobines en cherchant l’équilibre de son niveau.
- Afin de bien répartir la puissance d’injection de la pompe I sur chacun des pots, les tuyaux F sont disposés en forme de fer à cheval dont les deux branches courent parallèlement au-dessus des séries de pots, pour s’arrêter à des joints pleins.
- Du milieu de la courbure de ce fer à cheval descend un tuyau qui glisse verticalement dans un ajustage cylindrique étanche, ce qui lui permet de
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- suivre l’impulsion des excentriques M sur les cadres supportant le tuyautage F.
- Exactement au-dessus de chacun des pots G, ceux-ci étant verticaux, se trouve une trompe E, que nous avons déjà signalée et dont la forme d’entonnoir renversé est indiquée sur les figures. A son sommet, elle est reliée au tuyau F, avec l’intérieur duquel elle communique par un ajustage à écrou, autour duquel elle peut tourner. Chaque trompe vient s’adapter sur le pot, et la fermeture devient hermétique, en tournant un peu à la main,la trompe sur l’armature à baïonnette, assemblage connu, et par le serrage de l’écrou du sommet au moyen d’une clef. Un joint intérieur en amiante complète l’étanchéité.
- Les joints pleins des deux tuyaux F correspondent à l’un des cadres qui subissent l’action élévatrice de l’une des cames M, et le poids du tuyautage est suffisant pour assurer le contrôle constant des courbes.
- Cette machine, telle que nous venons de la décrire, teint de 130 à 150 kilogrammes de laine peignée par jour, et ne nécessite qu’un seul ouvrier pour sa manœuvre et sa surveillance. L’échantillonnage se fait avec une grande facilité et à tout moment. Pour cela, il suffit d’arrêter la machine au milieu du renversement en avant des pots et de fixer leur position en poussant le verrou S dans les dents d’une des roues R.
- En nuances directes sur laine, cette machine produit de AO à 50 kilogrammes par pot et 25 à 30 kilogrammes en nuances mordancées, mordançage compris, par journée de douze heures. .
- 2° Appareil Hauschel. — Le dispositif de M. Th. Hauschel est un système en partie double, c’est-à-dire que, symétriquement par rapport à l’axe général du système, il y a deux ensembles d’organes absolument identiques, fonctionnant alternativement, l’un étant en marche pendant que l’autre est en préparation. De chaque côté se trouvent des cuves pour la teinture, des bacs pour la préparation des bains, et des bacs plus grands que ceux-ci pour l’utilisation des bains ayant déjà servi et devant traverser à nouveau une ou plusieurs fois encore les bobines en teinture. Le fond des cuves est traversé par les embranchements d’un tube qui apporte le bain, et sur ces embranchements sont vissés des tubes perforés sur leur longueur et dans lesquels s’enfoncent des pistons à tiges formées de plusieurs parties assemblées bout à bout. Le peigné est embobiné sur ces
- tubes perforés formant cannelles, lesquels sont ensuite vissés aux ajutages du fond des cuves; on règle par les pistons la hauteur à laquelle doit s'élever le bain dans les tubes d’après la hauteur sur laquelle est enroulée la bobine, et on ferme ces tubes par un couvercle qui se visse à leur extrémité supérieure. Cet ensemble est complété par des conduites d’eau et de vapeur.
- Dans l’axe de la batterie se trouve une pompe qui peut à volonté faire fonctionner l’une ou l’autre des deux parties, ainsi qu’une cuve établie à un niveau inférieur à tout le système, munie d’un puisard dans lequel plonge un tube en communication avec la pompe et recevant alternativement les bains de chaque côté de la batterie par des conduites.
- Le bain étant préparé, la cuve à teindre bien disposée avec les bobines serrées l’une contre l’autre, le liquide du premier bain est amené dans le puisard, la pompe est mise en activité, les soupapes et les robinets étant convenablement manœuvrés, le liquide venu des bacs par les conduites dans une cuve, passe par les embranchements dans les tubes de l’autre cuve, traverse le peigné et est aspiré par la pompe, le robinet d’en bas, ayant été fermé, le refoule de nouveau dans la cuve à teindre, et ainsi de suite continuant à faire circuler le bain ainsi qu’il est nécessaire pour l’opération.
- Matériel de teinture, exposé par M. César Corron, de Saint-Etienne.
- M. César Corron, administrateur délégué à la direction générale de la Société anonyme de teinturerie stéphanoise, expose une intéressante machine à teindre les écheveaux. Ceux-ci circulent automatiquement sur la barque à teinture, au milieu de laquelle une disposition mécanique les soulève et leur donne un mouvement de lissage. Une barque à trois compartiments servis par le même mécanisme, montre une teinture en trois bains différents.
- En voici, du reste, la disposition :
- Pendant la marche de la machine, les écheveaux subissent non seulement le déplacement ordinaire dans les barques de teinture, mais sont aussi enlevés sur des bâtons, sortis de la cuve et replongés plus loin dans le bain de teinture. La disposition des bâtons porteurs est telle que le bout inférieur de l’écheveau dans la cuve devient le bout supérieur.
- La partie de la machine qui maintient les porteurs et en opère les mouvements est animée d’un mou-
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- Les figures 4M et 445 montrent, en élévations latérales et en coupes transversales, une disposition difïérente de la même machine, dans laquelle les bras, pour enlever les bâtons porteurs, sont remplacés par des joues ou disques à encoches. Le mouvement du chariot s’effectue par chaîne sans fin.
- Dans la figure 446 on remarque que les éche-veaux sont passés sur deux bâtons successifs.
- La figure 447 nous donne une dernière disposition mécanique au moyen de laquelle le retournement des écheveaux et le mouvement alternatif de translation se font simultanément.
- Dans la machine représentée figure 442, nous voyons deux chariots A qui se meuvent longitudinalement des deux côtés de la cuve ou barque B, suivant les arbres J, dans un sens puis dans l’autre. Ce mouvement se produit par l’engrènement de la roue D avec la crémaillère G. Cette roue est fixée sur l’axe E et est actionnée par le pignon conique F, lequel reçoit lui-même la commande par les pignons H et I. Ce dernier est solidaire de l'arbre J et s’y déplace avec le chariot A. De chaque côté de la cuve se trouve un de ces arbres J et les deux se terminent, à l’une des têtes de la barque, par un
- Fic. 4i1 — Machine a teindre en écheveaux, de M. Corron.
- vement horizontal alternatif, permettant de varier, à volonté, l’action du bain sur les écheveaux. Elle consiste en un chariot muni de bras où plutôt de disques circulaires à encoches, formant joues latérales, qui s’emparent successivement des bâtons porteurs, les élèvent et les abaissent.
- Le retournement des écheveaux peut s’efïectuer
- d’une manière discontinue ou seulement pendant l’aller ou le retour du chariot.
- La figure 442 ci-dessous est une élévation latérale de cette machine.
- La figure 443 représente une coupe transversale d’un mouvement moteur différent, dans lequel le demi-centre conducteur est supprimé.
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- pignon conique K engrenant avec une roue L calée sur l’arbre moteur M.
- A chaque extrémité de course du chariot, la cour-
- roie motrice est déplacée automatiquement en vue du changement de marche.
- L’axe E porte un moyeu à quatre rais N, lesquels
- tournent pendant le déplacement du chariot le long de la cuve. A l’extrémité de chacun de ces bras se trouve un galet P, et ces galets, dans leur course supérieure, sont guidés par une glissière-guide
- demi-circulaire S. La joue interne de ces galets est évasée et présente l’aspect d’un cône creux. De plus, le petit axe, sur lequel tourne chaque galet, est muni d’un ressort qui tend à écarter le galet des parois de
- Fig. 445.
- la cuve. Les bâtons-porteurs d’écheveaux reposent dans des crans Y ménagés sur les bords supérieurs Y delà barque. Lorsqu’une des paires de galets P, dans
- son mouvement ascensionnel, arrive en face des extrémités d’un des bâtons, chacun des galets se trouve aussi au point de départ du guide demi-circulaire S.
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- à 50 ou 60 centimètres en arrière de celle qu’il vient de quitter.
- Les galets P sont aussi munis d’une couronne dentée qui en fait en réalité des pignons R.
- Ceux-ci engrènent avec une crémaillère courbe, de sorte que les bâtons-porteurs, solidaires de ce
- Cette bande comprime les disques qui se resserrent sur les bouts du bâton et le maintiennent sur tout le parcours de cette glissière. Arrivés à l’autre extrémité de celle-ci, les galets, redevenus libres, sont écartés de leur axe par l’action du ressort, et le bâton vient reposer sur le bord de la cuve dans une entaille
- e —
- Fig. 447.
- mouvement, tournent avec les pignons R et les points de contact des écheveaux se déplacent.
- L’un des montants extérieurs du chariot porte à sa partie inférieure des heurtoirs qui viennent butter aux extrémités de la cuve de teinture contre des nez calés sur la tringle X. La pression qui s’exerce, aidée d’une disposition mécanique spéciale, détermine un déplacement de courroie motrice et par conséquent un changement de direction de marche.
- Lorsque le retournement des écheveaux ne doit se produire que pendant l’une des courses alternatives du chariot, il suffit de disposer à l’un des bouts de la barque un levier produisant le dégrèvement momentané de la crémaillère courbe T. Cette opération peut également se produire manuellement, de manière que les pignons R ne puissent pas tourner.
- Dans la figure 443, nous remarquons une construction différente du chariot. Le guide demi-circulaire a disparu. Les bras N se terminent par des axes transversaux, portant les pignons R et les joues de pression Q ; un petit ressort de compression c fait agir chacun de ces dispositifs contre les bouts des bâtons-porteurs. A leur autre extrémité, ces axes sont munis de deux petits galets a, lesquels viennent glisser, d’un côté et de l’autre du chariot, sur des plans inclinés b b' placés à la hauteur de l’arbre E.
- L’action de l’un de ces plans inclinés est de comprimer les ressorts c pour permettre aux joues Q de se placer librement en face des bouts des bâtons-porteurs, et à un moment donné, le plan étant aban-bonné, le ressort agit et le bâton-porteur est pris. Le second plan incliné a seulement pour but de
- Fig. 448.
- produire le desserrage et la libération successive des bâtons-porteurs.
- Le retournement des écheveaux se produit ici comme précédemment.
- Une autre disposition est indiquée dans les figures 447 et 448.
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- ' Les chariots A' se déplacent le long de la cuve B', suivant des guides, et ce mouvement est produit au moyen de chaînes Galle sans fin G1 passant sur des roues dentées. Celle de ces roues qui se trouve vers la têtière est calée sur l’arbre de la grande roue E1 qui engrène avec un pignon fixé sur l’arbre moteur.
- Le mouvement du chariot peut également s’obtenir au moyen d’une vis sans fin, et la disposition ci-dessus comporte aussi un changement de marche automatique.
- Des deux côtés de la cuve, sur les chariots, se trouvent les disques à encoches X1 X1, dont l’axe porte, vers l’extérieur de la machine, un pignon a1 engrenant avec les goupilles latérales b1, lesquelles sont fixées sur des longerons, sur le côté de la cuve. Ce sont les disques à entailles qui enlèvent les bâtons-porteurs des écheveaux.
- La même machine est représentée en perspective figure hh'2.
- B est la cuve de teinture dont l’une des extrémités porte l’arbre de transmission M actionné par la courroie C.
- A est le chariot qui se déplace longitudinalement sur un rail G placé au-dessus de la cuve. Ce chariot reçoit son mouvement de l’arbre M par l’intermédiaire des engrenages F, D et S. Avec leur aide ce chariot peut se déplacer le long d’une crémaillère inférieure au rail C. Une disposition identique existe de l’autre côté de la cuve; les mouvements des chariots sont d’ailleurs indépendants.
- On voit, sur les rebords de la cuve, les plates-bandes de fer E portant une succession d’évidements destinés à recevoir les bâtons qui portent les écheveaux.
- Deux disques X, à quatre ou six bras, tournent pendant le déplacement du chariot le long de la cuve. Ils portent, à l’extrémité de chaque bras, un galet, et le jeu de ces divers organes et appareils, pour soulever les bâtons, les transporter et les replonger à nouveau dans la cuve, a été parfaitement décrit par votre rédacteur. Nous n’avons donc pas à y revenir.
- Lorsque le chariot A est arrivé à l’extrémité de la cuve, les leviers N viennent buter contre des tampons P, se renversant en plaçant en sens inverse les segments II. Alors le levier Z agit et, la machine continuant son mouvement, les mêmes opérations se reproduisent dans un ordre inverse.
- Matériel de teinture exposé par M. F. Dehaître, de Paris.
- La maison Dehaître, dont nous trouverons plus loin une remarquable exposition de machines d’apprêt, expose deux appareils de teinture : une machine pour la teinture des pièces système Corron et une poire à cuire les bois de teinture.
- Machine pour la teinture en pièces. — Cette machine dépose le tissu dans le bain en plis réguliers et au large : elle lui fait subir ainsi une lèche plus grande en le mouvementant dans les barques d’une façon plus continue.
- Cet appareil se compose d’un bac dans lequel est disposé un double fond récepteur à claire-voie au-devant duquel existe un rouleau d’appel. A l’arrière de ce double fond se trouve placé un rouleau conducteur.
- Le bac de teinture est d’ailleurs surmonté d’un rouleau distributeur placé à l’extrémité de deux bras de levier oscillant autour des axes et porteurs chacun d’un contre-poids d’équilibre.
- Le distributeur est animé d’un mouvement de va-et-vient au moyen de bielles actionnées par des plateaux-manivelles calés sur l’arbre intermédiaire placé à l’avant du bac et actionné par l’arbre de commande de la machine portant les poulies fixe et folle munies d’un débrayage pour arrêter ou mettre en marche l’appareil.
- La machine fonctionne de la manière suivante :
- On coud, bout à bout, une ou plusieurs pièces au large, après les avoir passées sur le distributeur, et plongées toujours au large dans le bain de teinture sur le double fond à claire-voie.
- On met la machine en marche, et le rouleau distributeur, dans son mouvement continu de rotation et de va-et-vient, appelle la pièce en la faisant passer dans le bain de teinture sur les rouleaux conducteurs; il en replace ensuite successivement toutes les parties dans le même bain sur le double fond à claire-voie en rendant parfaitement visibles toutes ces parties de la pièce au sortir du bain et avant sa rentrée, ce qui permet de suivre parfaitement tous les effets qui se produisent pendant l’opération de la teinture et de bien s’en rendre compte.
- La pièce à teindre passe alors d’une manière régulière, continue et toujours au large, le temps nécessaire dans le bain ; et la teinture sur l’étoffe
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- est ainsi facilement, promptement et régulièrement obtenue par un séjour constant de la pièce dans le bain dont elle ne sort que pour y être replongée aussitôt.
- Lorsqu’on veut vérifier, reponchonner et sortir définitivement la pièce, on avance la table à roulettes sous le distributeur qui, par son mouvement de va-et-vient, y dépose la pièce au lieu de la replonger dans le bain.
- Le bain de teinture peut, d’ailleurs, être chauffé
- par les moyens ordinaires et selon la nature des étoffes à teindre.
- Gomme tous les appareils similaires, celui-ci a pour but de réaliser une économie dans la main-d’œuvre, en remplaçant avantageusement les ouvriers qui tournent les tourniquets et ceux qui promènent les pièces dans les barques. Il permet ainsi d’éviter les cassures et les coups de bâton, si nuisibles aux tissus.
- Fig. .450. — Machine a teindre au large (Système de M. Corron), construite par M. Dehaitre.
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- La machine se prête également à la teinture au large et à la teinture en corde. Dans ce dernier cas, on supprime les rouleaux élargisseurs et on ne relie pas ensemble les deux bouts de la pièce.
- Poire à cuire les bois de teinture. — Enfin, nous avons représenté figure 451 un appareil pour la préparation et la décoction du bois de campêche. Cette poire est peu usitée aujourd’hui chez les teinturiers, où les extraits ont supplanté les bois.
- Cependant elle donne d’excellents résultats, et
- peut présenter même de tels avantages lorsqu'elle est multipliée dans un même atelier, que M. Dehaitre a étudié une disposition par laquelle une série de poires seraient disposées en batterie et pourraient, dans une même usine, servir à la coction de plusieurs espèces de bois à la fois. M. Dehaitre n’a pas exposé cette disposition parce qu’elle n’a pas encore donné tout ce qu’on en attend, surtout au point de vue de son fonctionnement entièrement automatique. Mais le terrain est tout préparé, les essais concluants, et il ne fait pas doute pour nous
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Novembre.
- II. 39e Fascicule.
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- que d’ici très peu de temps des batteries de ce genre seront utilisées dans toutes les teintureries.
- Cylindres à chiner, exposes par M. Mahon, de Boubaix.
- M. Mahon s’est fait une spécialité des cylindres à chiner; nous le revoyons à chaque exposition avec
- Fig. 451. — Appareil de M. Fernand Dehaitre poür la préparation
- DE LA DÉCOCTION DD BOIS DE CAMPÊCI1E,
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- ces engins très pratiquement construits, servant au chinage, non seulement des fds, mais encore des cotons ou des laines en boudins; dans ce dernier cas, un peigne étaleur les réduit en nappes avant leur passage entre les rouleaux imprimeurs.
- Matériel de teinture et impression, exposé par la
- Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Nous avons déjà étudié dans ce volume les machines proprement dites de filature et de tissage
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- 1° Appareil à teindre les laines et cotons en ècheveaux. — Cette, machine est établie d’après le principe des bains circulants et suivant le système bien connu de Obermayer. Des capacités, en partie closes, contiennent les matières à teindre, que traverse un tube perforé déversant ou aspirant le liquide tinctorial ;
- taille-douce. Elle se complète par une « course chaude », c’est-à-dire un espace que parcourent les tissus frais imprimés, où ils sèchent assez rapidement par la chaleur rayonnante de plaques à vapeur ;
- Machine à teindre les ècheveaux et les rubans,
- exposée par MM. Klauder frères, de Philadelphie.
- 2° Machine à imprimer. — C’est là line machine du type habituel, à cylindre, à huit couleurs, pour gravures à
- Fig. 452. _ Machine a teindre, de MM. Klauder frères.
- 3° Cuisine à couleurs. — Cet appareil est le complément nécessaire des machines à imprimer. Le système exposé, imaginé primitivement par MM. Tulpin frères, de Rouen, consiste en une série de bassines à doubles fonds et basculantes, dont trois ont des agitateurs mécaniques, et servies par des robinets articulés leur amenant l’eau directement.
- Fig. 453. — Machine a teindre, de MM. Klauder irères.
- Cet appareil est le seul relatif à la teinture qui nous ait été envoyé par l’étranger.
- exposées par la Société alsacienne de constructions mécaniques, de Belfort, Mulhouse et Grafenstaden. Nous relevons encore dans la vaste exposition que nous présente cette maison : 1° un appareil à teindre les laines et cotons en ècheveaux; — 2° une machine à imprimer au cylindre; — 3° une cuisine à couleurs.
- Nous allons indiquer sommairenfent ce que sont ces différents types.
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- La teinture s’y opère dans une cuve ou cofiïe fermé rappelant par sa forme les fouleuses à cylindres. A l’intérieur sont deux roues ou disques sur lesquels on place les bâtons portant les éche-veaux, et qui peuvent recevoir un mouvement de rotation sur eux-mêmes, ce qui produit l’effet d’un lissage, en même temps que les bâtons tournent individuellement. Les matières ainsi placées, on ferme l’appareil, on fait arriver le bain de teinture par un entonnoir extérieur, et l’on peut l’amener à l’ébullition au moyen de la vapeur. Il ne reste plus qu’à mettre l’appareil en marche, et l’opération se continue à peu près seule. Si les fils s’accrochent ou s’embrouillent, une sonnette extérieure prévient immédiatement de l’accident, qui est rare.
- Nous avons représenté cette machine sous deux aspects : l’un, figure A52, donne une vue de la machine en travail, l’autre, figure A53, montre la même machine avec les bâtons porteurs d’écheveaux pour en laisser voir le mécanisme. Ces bâtons se placent dans des encastrements fixés sur des disques ou plateaux animés d’un mouvement lent de rotation. Ces encastrements sont mobiles sur ces plateaux, ce qui permet d’en régler la position suivant la longueur des écheveaux. De plus, ceux qui sont placés extérieurement portent sur leur pourtour quatre saillies qui servent à leur donner un mouvement de rotation sur eux-mêmes. Cette disposition est très ingénieuse, car ce n’est jamais la même partie de l’écheveau qui porte sur le bâton et, par suite, qui trempe dans le bain; d’où il en résulte une meilleure teinture de toutes les parties du fil.
- Le rendement de cette machine serait, d’après les auteurs, très élevé ; en dix heures elle peut teindre, disent-ils, A50 kilogrammes de coton, ou 600 kilogrammes de laine, tout en n’exigeant qu’un homme et un apprenti pour sa manœuvre et sa surveillance.
- On peut l’employer indifféremment pour la teinture et le dégraissage ; il n’y a pour cela qu’à changer la solution que contient la cuve, mais généralement il est plus pratique d’avoir une machine pour chacune des deux opérations.
- II. — Le matériel des apprêts.
- Les appareils pour apprêt se trouvaient, à l’Exposition, disséminés un peu partout. Nous avons trouvé des machines à repasser dans les classes 27 et 56 ;
- — des machines à cheviller, lustrer et secouer, etc., dans la classe 58; — des machines à élargir dans la classe 59; — des clarificateurs à benzine dans la classe 51 ; — et des machines à tondre, fouler, humecter, etc., les tissus, dans la classe 55.
- D’une manière générale, on peut diviser les apprêts en dix classes :
- J° Apprêts ayant pour but de rendre nette et lisse la surface des tissus, comme le grillage et le ton-dage;
- 2° Apprêts destinés à resserrer plus ou moins les fibres des tissus, comme le foulonnage ;
- 3° Apprêts ayant pour but de donner seulement une apparence lisse aux tissus, comme le calandrage ;
- k° Apprêts employés pour assouplir et rendre laineux et pelucheux les tissus, comme le tirage à poil;
- 5° Apprêts ayant en vue de donner aux tissus un certain degré d’humidité, comme l’humectage et le décatissage ;
- 6° Apprêts destinés à étendre les tissus en largeur et en longueur, comme le ramage ;
- 7° Apprêts ayant pour but de raffermir le tissu, comme le gommage;
- 8° Apprêts destinés à appliquer aux tissus un dessin en relief, comme le gaufrage;
- 9° Apprêts ayant pour but la conservation et l’imperméabilisation des tissus ;
- 10° Méthodes ayant pour but de faire disparaître l’excès d’apprêt, comme le dérompage.
- Ces diverses industries, fonctionnant aujourd’hui dans des établissements considérables et donnant lieu aux transactions les plus importantes, ont longtemps été représentées par des appareils des plus primitifs. Nous allons indiquer rapidement ce que sont actuellement les principales d’entre elles et par quelles diverses phases elles ont passé.
- Le grillage d’abord, qui peut être pris comme type parmi les opérations dont le but est d’enlever les fibres qui forment un duvet saillant à la surface de l’étoffe et qui s’applique aux tissus de coton, de laine ou de soie, a longtemps été pratiqué à l’aide d’un cylindre qu’on tournait ou d’une plaque de fonte ou de cuivre chauffée au rouge sur laquelle on faisait rapidement passer l’étoffe par un moyen mécanique quelconque. Plus tard, on a employé la
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- flamme d u coke, puis on a construit des appareils dans lesquels une rangée de flammes produites par l’alcool remplaçait l’action du métal rougi au feu; aujourd’hui les machines les plus perfectionnées sont basées sur l’emploi du gaz ou plutôt sur l’emploi d’un mélange de gaz et d’air atmosphérique.
- Le foulonnage, qui caractérise plus particulièrement le genre d’apprêts destiné à resserrer plus ou moins, à feutrer entre elles les fibres des tissus, a longtemps été produit à l’aide de pilons verticaux et de maillets; aujourd’hui, quelques machines reposent encore sur le même principe, mais le résultat est plus généralement obtenu parkune compression que l’on fait subir au tissu en largeur comme en longueur.
- Le calandrage, qui représente un genre d’apprêt destiné à rendre lisse la surface des étoffes, s’est longtemps pratiqué, pour les tissus de lin et de coton, à l’aide d'une charge de pierres qu’on faisait passer sur l’étoffe enroulée sur un cylindre de bois; aujourd'hui, on emploie plus généralement des machines qui se composent le plus souvent d’un cylindre de métal placé entre deux cylindres de carton ou de papier. L’opération se fait à froid ou à chaud : dans ce dernier cas, on a longtemps chauffé le cylindre métallique en y plaçant des fers préalablement chauffés, comme dans les fers à repasser ; puis on a mis à l’intérieur une rangée de becs de gaz; aujourd’hui, on y introduit un courant de vapeur.
- Le tirage à poil, type du genre d’apprêt qui a pour but de rendre les tissus pelucheux, s’est fait primitivement à l’aide de baguettes dont on frappait l’une des surfaces du tissu; aujourd’hui, les machines qui doivent donner ce résultat se composent généralement d’un fort cylindre de diamètre variable sur lequel sont montées des croisées en fer garnies de chardons. Dans ces dernières années, il y a tendance à remplacer les chardons par des hérissons métalliques.
- L’opération du décatissage, qui représente le mieux le genre d'apprêts destiné à humecter et détendre les fibres d’un tissu, se pratiquait dès le principe en laissant séjourner longuement les étoffes dans des caves avant de les livrer à la consommation ; aujourd’hui, tous les moyens de décatissage
- des draps sont fondés sur l’emploi de la vapeur d’eau. Dans un autre ordre d’idées, nous mentionnerons Xhumectage, genre d’apprêt de la même catégorie et que l’on pratique, soit à l’aide d’une brosse circulaire plongeant dans l’eau et projetant le liquide contre le tissu qui passe à sa portée, soit à l'aide d’un cylindre à augets qui puise le liquide et le lance sur l'étoffer au travers d’un tamis, soit encore à l’aide d’un appareil pulvérisateur : les systèmes, d’ailleurs, varient à l’infini.
- Parmi les apprêts qui permettent d’étendre les tissus en largeur et en longueur, nous prendrons comme type le ramage du drap : cette opération se pratiquait autrefois à l’aide de rames, forts châssis disposés verticalement en plein air ; mais on la fait aujourd’hui généralement à l’aide de la machine à ramer, grand enchambrement en tôle destiné à concentrer l’air atmosphérique qui vient se réchauffer au contact de cylindres de vapeur et le long duquel circule le tissu maintenu par des chaînes sans fin.
- Le gommage, type des apprêts destinés à affermir les tissus, s’est longtemps pratiqué à la main, en agitant les étoffes dans des bacs contenant un liquide encolleur. Aujourd’hui, les foulards à gommer sont nombreux et variés : dans les uns, les tissus sortant d’un bain de colle sont comprimés entre deux cylindres qui font pénétrer le mucilage à l’intérieur des fibres et en enlèvent l’excédent ; dans les autres, les tissus sont apprêtés d’un seul côté et passent encore entre des cylindres comprimeurs, celui du bas amenant alors seul la colle dont il s’imprègne en trempant dans une bassine qui en est remplie ou en frottant sur un rouleau imprégné de colle et tournant en sens contraire de sa marche; dans d’autres, enfin, la colle est versée directement sur le tissu, dont l’excédent est enlevé par une ou plusieurs raclettes.
- Parmi les apprêts destinés à donner un relief aux tissus, le principal est le gaufrage, qui longtemps s’est pratiqué, soit en se servant d’une machine assez semblable aux laminoirs et qui se compose de deux cylindres métalliques portant chacun la gravure du même dessin, l’un en creux, l’autre en relief. Aujourd’hui, on emploie beaucoup de nouveaux appareils, dans lesquels le gaufrage se trouve remplacé par un tondage particulier qui, au lieu d’aplatir le poil des tissus spéciaux, le coupe.
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- Nous avons signalé encore, parmi les industries d’apprêt, les procédés d’imperméabilisation des tissus. Les méthodes ici sont innombrables, mais nous pensons qu’on peut les réduire à quatre : imperméabilisation par immersion dans des bains plus ou moins complexes, mais toujours à base d’alumine (sulfate d’alumine, alun, etc.) ou à base métallique (sulfate de cuivre, de fer, etc.) ; — imperméabilisation par juxtaposition de couches de caoutchouc, gutta-percha, collodion, sur des épaisseurs variables ; — imperméabilisation au moyen de vernis ou d’enduits composés en moyenne partie de goudrons ou d’huiles siccatives; — imperméabilisation par l’emploi de solutions dans la benzine ou l’éther de pétrole, de paraffine ou des principes cireux disposés sur les étoffes. Tous ces procédés sont plus ou moins employés dans l’industrie. Pour les étoffes de laine, par exemple, et notamment pour la fabrication des vêtements de dames dits imperméables, l’étoffe est passée dans une solution aussi neutre que possible d’acétate d’alumine ; l’acide acétique de l’acétate disparaît au séchage et l’alumine reste.
- Enfin, nous avons dit qu’il y avait encore une catégorie d’opérations dont le type était le dêrompage, dont le but était de « briser la carte », c’est-à-dire d’enlever l’excès d’apprêt que l’on est obligé de donner aux tissus afin qu’ils aient plus de main. Le dé-rompage se fait à la mécanique et les « dérompeuses » comptent un grand nombre de modèles différents. Les plus répandus consistent principalement en deux séries de rouleaux métalliques ; les uns, qui tournent librement, sont lisses et espacés entre eux d’une distance plus grande que leur diamètre respectif ; les autres, qui tournent à l’aide d’engrenages, sont garnis d’aspérités disposées en hélice et placées de façon à correspondre aux vides existant entre les premiers rouleaux. Le tissu passe successivement entre chacun de ces rouleaux, les enveloppant sur une partie de leur circonférence et se « dérompt » par son passage sur les aspérités des surfaces métalliques.
- Appareils d'apprêts
- exposés par MM. Grosselin père et fils, de Sedan.
- Cette exposition, l’une des plus remarquables sans contredit de la classe 55, comprend : 1° 5laineuses; — 2° 3 tondeuses ; — 3° h fouleuses ; — h° 1 appareil à déplisser ; — 5° 1 machine à velouter — et 6° une machine à ôpeutir.
- 1° Laineuses. — Comme nous venons de le dire, l’exposition de M. Grosselin comprend cinq types du genre.
- Voici d’abord une laineuse spéciale, pour tissus de colon, construite en un mètre de largeur utile.
- Cette machine — où nous trouvons du reste appliqué le principe de toutes les autres, ce qui nous évitera plusieurs descriptions — se compose essentiellement d’un tambour sur lequel sont groupés des travailleurs roulants garnis de cardes et animés d’un mouvement de rotation variable, indépendant du mouvement du tambour.
- Le point caractéristique de ce système consiste à faire gratter les travailleurs en sens inverse l’un de l’autre, bien qu’ils soient montés sur un tambour tournant dans une direction unique, et qu’ils tournent eux-mêmes dans la même direction. Cette combinaison permet de réaliser sur un seul et même tambour, le lainage à poil et contre-poil qui est indispensable pour un grand nombre d’articles et qui ne pouvait être obtenu que par l’emploi de plusieurs tambours tournant en sens inverse l’un de l’autre ou par une manutention qui consiste à retourner les pièces bout par bout à chaque passage.
- Encore, dans l’un ou l’autre de ces anciens systèmes, le lainage dans les deux sens n’est-il pas simultané ; d’où il résulte une perte sensible d’effet utile, surtout dans les étoffes feutrées telles que la draperie, et dans les articles où l’on recherche un poil très court et fourni.
- On arrive à ce résultat avec la machine de MM, Grosselin père et fils, en montant les travailleurs successivement l’un à l’inverse de l’autre, c’est-à-dire que, la pointe des cardes étant sur un travailleur dans le sens de la rotation du tambour, elle est sur le travailleur suivant dans le sens opposé à la rotation. La moitié des rouleaux travailleurs se trouve donc montée dans un sens et l’autre moitié dans l’autre.
- Il est facultatif de changer à volonté le rapport entre le nombre des travailleurs lainant à poil et celui des travailleurs lainant à contre-poil.
- On conçoit qu’en partant du principe ci-dessus, on peut facilement intercaler successivement deux ou trois travailleurs à poil entre deux à contre-poil, et réciproquement ; cela dépend de la nature des tissus à traiter.
- On pourrait également garnir tout le tambour de travailleurs à contre-poil, c’est-à-dire, dont les dents de cardes ont la pointe tournée en sens inverse de
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- la direction du tambour. Cette disposition est avantageuse pour les tissus très légers, elle permet de les attaquer plus énergiquement, sans risque d’érail-lures.
- Dans un tambour ainsi construit, la première question à résoudre est celle du débourrage simultané des cardes, montées en sens inverse l’une de l’autre.
- Elle est résolue de la manière suivante :
- Les travailleurs à contre-poil sont groupés sur le tambour à une distance du centre supérieure à celle des travailleurs à poil. Les axes de tous les travailleurs ne sont donc pas sur la même circonférence.
- Une différence légère (un centimètre sur le rayon, par exemple) suffit au besoin ; mais cette différence peut être plus grande dès qu’on le juge nécessaire. Dans ces conditions, un débourreur circulaire placé
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- à l’extérieur du tambour nettoie les cardes des travailleurs à contre-poil, c’est-à-dire des travailleurs groupés sur le plus petit diamètre.
- Nous donnons plus loin la description de ce débourreur, qui est d’un genre tout nouveau et constitue un des points caractéristiques de cette machine.
- Dans une machine établie comme nous venons de l’expliquer, il faut pouvoir utiliser le système de variabilité de l’énergie des cardes, c’est-à-dire de rotation plus ou moins rapide des travailleurs, système qui n’a été appliqué jusqu’à présent qu’à des travailleurs tournant dans le même sens.
- Pour y arriver, on munit chaque travailleur de
- poulies-freins d’un diamètre égal au diamètre des travailleurs. Les poulies des travailleurs à poil sont montées comme on le fait généralement, c’est-à-dire en dehors des croisillons; les poulies des travailleurs à contre-poil sont, au contraire, montées en dedans des croisillons.
- Les poulies à poil reçoivent la commande du contre-arbre à vitesse variable par une courroie ouverte : celles à contre-poil reçoivent leur commande du même arbre par une courroie croisée.
- On comprend que de cette manière, si l’on augmente la vitesse du contre-arbre, les travailleurs à poil détourneront moins vite en arrière, et ceux à
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- contre-poil détourneront plus vite dans le même sens, ce qui se traduit, dans les uns comme dans les autres, par une augmentation de résistance ou d’énergie au travail.
- L’action des cardes variera donc en même temps et dans la même proportion, tant aux travailleurs à poil qu’à ceux à contre-poil.
- On peut faire varier l’énergie des travailleurs par
- Fie. 455.
- Fig. 456.
- Fig. 457.
- le moyen de deux contre-arbres cc au lieu d’un seul. Ces contre-arbres peuvent être placés en-dessous du tambour ou au-dessus.
- Dans ces conditions, l’un des deux contre-arbres actionne les travailleurs à poil, et l’autre actionne les travailleurs à contre-poil. Cette disposition est plus coûteuse que la précédente, mais elle offre plusieurs avantages.
- Elle permet de rendre le lainage à contre-poil indépendant de celui à poil; les deux arbres étant reliés par deux engrenages x x, il suffit de démonter l’un de ces engrenages pour supprimer immédiatement le contre-poil, ce qui est avantageux pour finir certains tissus, tels que la draperie, qui nécessitent un garnissage bien couché.
- En modifiant les diamètres respectifs des deux engrenages xx, qui donnent la commande d’un arbre à l’autre, on peut à volonté augmenter ou diminuer l’énergie du travail à contre-poil, par rap-
- Fig. 458.
- Fig. 459.
- Fig. 460.
- port à l’énergie du travail à poil, ce qui peut être très utile dans le traitement de certains tissus.
- La disposition des deux contre-arbres c c offre donc une facilité plus grande dans le réglage de la
- machine, surtout pour les industriels qui fabriquent des articles de genres différents.
- On peut évidemment employer tout autre moyen mécanique pour relier ensemble les deux contre-
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- arbres, par exemple, des poulies ou des cônes avec courroies, et à volonté transmettre le mouvement de réglage aux cylindres travailleurs par tout autre moyen que par des courroies. On arriverait au même résultat en employant soit des pignons à engrenage, soit des poulies en papier ou en cuir formant friction contre la surface intérieure d’une poulie en fonte. Les figures 458 et 459 donnent la description d’une commande par engrenages et par poulie de friction.
- Chaque travailleur porte à son extrémité un pignon qui engrène avec une roue z dentée intérieurement. Cette roue est folle, sur l’arbre du tambour et reçoit la commande d’une courroie actionnée par le contre-arbre de réglage. , 1
- L’arbre de réglage pourrait, au besoin, commander la roue z par engrenages; la roue serait alors dentée extérieurement et intérieurement, et le contre-arbre porterait un pignon qui engrènerait avec la roue z.
- Avec cette disposition, les travailleurs à poil auraient tous leurs pignons d’un côté du tambour et les travailleurs à contre-poil de l’autre côté.
- Le genre de travail de cette nouvelle laineuse est tout à fait rationnel. > On peut se rendre compte en effet que, l’action des cardes se contrariant à chaque travailleur, se détruit mutuellement au point de vue de la tension qu’elle fait subir au tissu. Le tambour ne tire donc le tissu ni dans un sens ni dans l’autre, ce qui est un avantage très important; il en résulte qu’on peut supprimer en grande partie les rouleaux d’entraînement du tissu qui sont nécessaires dans les laineuses ordinaires.
- Un autre avantage est de pouvoir utiliser toute la surface travaillante du tambour, les travailleurs à contre-poil jouant à la fois le rôle d’organes actifs de lainage et de rouleaux-guides réglant la pression du tissu sur le tambour.
- Cette laineuse perfectionnée donne une production très rapide et un travail parfait sous tous les rapports.
- Dans les dessins ci-joints, la figure 454 est une élévation latérale de la machine.
- A, tambour laineur garni de quatorze travailleurs dont sept à contre-poil T1 et sept à poil T2. Les travailleurs T1 portent, en dedans de leurs coussinets, des poulies B1 sur lesquelles passe une courroie croisée commandée par le contre-arbre C1.
- Les travailleurs T2 portent, en dehors de leurs coussinets, des poulies semblables B2 sur lesquelles
- passe une courroie ouverte commandée par le contre-arbre C2.
- Les poulies B1 et B2 sont de même diamètre que les travailleurs.
- Les travailleurs T1 et T2 tournent dans le même sens ; il en résulte que, si le contre-arbre C est immobilisé, les cardes de tous les travailleurs ont un développement en arrière égal au développement en avant du tambour et ne produisent aucun grattage; c’est le minimum d’énergie de la machine. Si le contre-arbre C est mis en mouvement dans le sens indiqué par la flèche, les travailleurs T2 auront leur mouvement en arrière ralenti, et les travailleurs T1 auront le même mouvement accéléré dans la même proportion : ils donneront donc une quantité de travail d’autant plus grande que le contre-arbre C tournera plus vite.
- Les différentes vitesses du contre-arbre sont obtenues par le moyen de deux cônes à étages, comme dans les autres laineuses à énergie variable de la même main, ou par tout autre genre de mouvements différentiels tels que plateaux de friction aveG poulies en papier, etc., etc.
- On remarquera que les poulies de commande fixées sur le contre-arbre sont d’un diamètre plus grand pour actionner les travailleurs à contre-poil T1. Cette différence a pour but de former compensation à la vitesse d’entraînement du tissu, vitesse qui diminue l’action des travailleurs à poil et augmente l’action des travailleurs à contre-poil. Grâce à la différence de diamètre des poulies, l’équilibre est rétabli dans l’action de tous les travailleurs.
- F, débourreur circulaire des travailleurs T1 qui sont groupés sur la plus grande circonférence du tambour.
- H, débourreur fixe, à plaque, servant au nettoyage des travailleurs T2. Ce débourreur se compose d’une plaque de cardes à dents droites, ou d’une brosse en soies animales ou végétales, ajustée sur une traverse cintrée suivant la circonférence décrite par l’intérieur des travailleurs.
- La traverse est suspendue à l’arbre du tambour A par deux coussinets qui tournent librement sur cet arbre; des vis de rappel permettent de monter et de descendre la plaque de cardes pour l’approcher plus ou moins des travailleurs. Ce débourreur est donc suspendu et ne reste en position que par l’effet de son propre poids. Tous les travailleurs T2 viennent se mettre successivement en contact avec la plaque de cardes et se nettoient intérieurement.
- Supplément a l’Industkib textile du 15 Décembre.
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- La bourre retombe en dessous du tambour par les intervalles ménagés entre chaque travailleur.
- Le tissu peut, à volonté, envelopper complètement le tambour, ou l’envelopper partiellement en passant sur un rouleau-guide.
- La figure 4 57 représente une disposition de travailleurs à poil juxtaposés de manière à se débourrer l’un par l’autre. Cette variante permet de supprimer la plaque de cardes intérieure qui sert au débourrage des travailleurs à poil. On pourra encore arriver au débourrage des mêmes travailleurs en fixant sous chacun d’eux une plaque de cardes tenue après le tambour et entraînée dans son mouvement de rotation. Le résultat serait le même, avec cette différence qu’il serait d’une application plus coûteuse, puisqu’il nécessiterait autant de plaques de cardes que de travailleurs.
- Les figures 458 et 459 représentent une autre disposition de débourrage spécial pour les articles de laine, laine et coton, en un mot pour tous les tissus qui perdent beaucoup de bourre au lainage et nécessitent un débourrage plus énergique que les autres.
- Ce débourreur est circulaire comme le débour-reur extérieur au cylindre; il est suspendu de la même manière que le débourreur à plaque et peut s’approcher plus ou moins de la circonférence intérieure des travailleurs. Un engrenage y calé sur l’arbre v du tambour A actionne un pignon z ajusté sur le débourreur qui est toujours maintenu en place par son propre poids. Il agit exactement de la même manière que celui placé en-dessus du tambour.
- La caractéristique de cette disposition consiste toujours dans le débourrage pratiqué intérieurement à la circonférence de travail des cardes, contrairement à ce qui a lieu dans les machines construites jusqu’à ce jour.
- La figure 460 représente une disposition de tambours dans laquelle les travailleurs à contre-poil sont supprimés comme organes actifs de lainage et jouent le rôle de rouleaux d’entraînement destinés à maintenir et régulariser la tension du tissu entre chaque travailleur. Cette disposition sera utilisée pour les articles qui ne nécessitent pas le lainage simultané à poil et contre-poil. Les travailleurs sont garnis de cardes à dents droites; ils pourraient l’être de peluche, d’émeri, ou toute autre matière adhérant aux tissus; les rouleaux sont commandés par une courroie fixe, tenant d’un bout au bâti de la
- machine et attachée de l’autre à une vis de rappel qui permet de lui donner la tension voulue. Le diamètre des poulies doit être supérieur à celui des rouleaux dans une proportion qui corresponde à la vitesse d’avancement du tissu ; si le tissu avance de 12 mètres à la minute, il est facile de comprendre que les rouleaux devront détourner en arrière de la quantité dont le tambour tourne en avant, dans l’espace d’une minute, moins 12 mètres. Le tissu sera donc entraîné en avant de 12 mètres, ce qui correspond à la vitesse d’entraînement par les rouleaux d’appel et détruit toute tension dans l’étoffe.
- A côté de la machine que nous venons d’examiner, est une autre laineuse de même système également à quatorze travailleurs et à énergie variable, construite en im,80 de largeur utile. Sur celle-ci nous relevons plusieurs perfectionnements. Ainsi, le tissu est ramené à l’avant, ce qui simplifie le travail de l’ouvrier; l’entraînement de la pièce est à vitesse variable au moyen de cônes à 3 degrés ; les rouleaux d’appel sont entièrement métalliques et garnis de tôles perforées, ce qui évite le rétrécissement du tissu ; enfin, un chauffage tournant est appliqué à l’entrée de la machine, et deux brosses recouchent le duvet à la sortie et le débarrassent de toute impureté.
- Plus loin est une laineuse à deux tambours, à frein mixte, Dans cette machine, l’énergie des cardes se règle au moyen de freins qui enrayent plus ou moins la rotation des travailleurs.
- Vient ensuite une laineuse à un tambour de quatorze travailleurs, à énergie variable, grattant simultanément à poil et à contre-poil plus spéciale pour draps et nouveautés. Dans cette machine, le tambour, tout en tournant dans une direction unique, laine à la fois dans les deux sens, à poil et à contré-poil, et l’énergie des cardes se règle à volonté comme dans nos autres laineuses. La production de cette machine est, assure-t-on, considérable ; on peut y garnir de vingt à quarante pièces de drap par jour.
- Enfin, le dernier type exposé par M. Grosselin est la laineuse Martinot, dont MM. Grosselin se sont rendus propriétaires et qui est très employée pour les laines cardées, telles que couvertures, draps, etc., et en général pour tous les genres qui demandent un fort degré de garnissage.
- Cette laineuse métallique continue, représentée en
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- perspective (fig. h51), se compose de deux bâtis en fonte, assemblés, supportant les organes suivants, indiqués par le diagramme de la figure 462.
- Un arbre à manivelle I donne le mouvement alternatif aux levier Q sur lesquels sont montés les rouleaux garnisseurs R et leurs débourreurs R'. Cet arbre actionne au moyen d’engrenages l’attracteur A, lequel met à son tour en mouvement des attracteurs de même diamètre E, S, H, au moyen de chaînes et de
- courroies. Le rouleau S est en même temps un rouleau articulé ou étendeur, destiné à effacer les plis qui pourraient se produire dans l’étoffe.
- Ce même arbre I commande également un arbre intermédiaire V qui donne le mouvement par courroies ou cordes, au recoucheur K et à son nettoyeur L, ainsi qu’aux débourreurs R' des garnisseurs R. Les autres rouleaux P, O, G, G', F et G, qui guident l’étoffe ne sont pas actionnés. Les rouleaux T ont
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- Fig. 461
- Laineuse métallique continue de M.F. Martinot.
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- un mouvement vertical par une crémaillère, pour appuyer plus ou moins sur l’étoffe et régler les contacts.
- R est un bassin pour Je mouillage du tissu draperies à la fin du garnissage; N un tuyau; N' des éponges, également destinées au mouillage; M une plaque de lissage des poils.
- L’inspection du diagramme permet de suivre facilement la marche du drap, et un tableur peut remplacer le bassin, car cette machine peut également servir au garnissage des étoffes autres que le drap, comme celles de coton par exemple, en changeant les garnitures de cardes. Si elle est construite pour des tissus de coton ou tout autre tissu boutonneux, les bâtis du devant de la machine seront allongés
- pour recevoir une disposition de peigne à épeutii* Y, supporté par un levier Q' destiné à couper les nœuds et fils pendants, qui nuiraient au bon garnissage. Le tissu dans ce cas passe sur les rouleaux O'T' qui le conduisent sur le peigne d’épeutissage Y et les rouleaux garnisseurs R. S’il doit faire deux ou plusieurs passages, il suit le même parcours que le drap, mais au deuxième passage faction du peigne à épeutir sera supprimée. La pièce terminée, elle tombe librement ou est conduite par un tableur, sous le rouleau F.
- Par la disposition des rouleaux conducteurs, il serait facile de faire passer l’étoffe sous les garnisseurs au lieu de la faire passer au-dessus de la machine.
- La figure géométrique de la machine représente
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- deux leviers supportant deux couples de garnis-seurs, mais la quantité de leviers et garnisseurs n’est limitée que par la résistance des tissus. On peut donc mettre 3, k ou 5 leviers, avec un gros rouleau actionné, entre chaque couple, pour conduire l’étoffe et éviter les ruptures.
- Les garnitures des rouleaux sont montées les crochets en dehors et le mouvement réciproque des deux rouleaux de chaque couple est très ingénieusement compris (fig. 463).
- L’axe du rouleau A porte un pignon B mobile sur
- l’arbre, avec une douille D sur le côté, venue de fonte avec le pignon. Dans cette douille se trouve un cliquet C maintenu par un ressort S et un taquet T qui empêche le cliquet de tourner. Ce dernier est ajusté sur un rochet R calé sur l’axe du rouleau.
- Sur l’arbre de l’autre rouleau E est calé un pignon F d’un plus petit diamètre que B, et les deux pignons s’actionnent au moyen d’un intermédiaire I, mobile sur une platine fixée au grand levier, par des boulons dans la coulisse G.
- Yoici maintenant comment se fait le travail. Sup-
- Fig. 462.
- posons que le levier oscille dans le sens de la flèche, le rouleau A s’accrochera naturellement dans l’étoffe ; son mouvement sera de droite à gauche, et le rochet appuie sur le cliquet qui entraîne le pignon B. Par l’intermédiaire I le pignon F calé sur l’axe du rouleau E, F étant plus petit que B, l’augmentation de vitesse qui en résulte fait travailler E aussi bien que A actionné directement par l’étoffe.
- Dans le mouvement de droite à gauche, un travail analogue se produit, parce qu'à l’autre bout des rouleaux il y a répétition des mêmes pignons. Seulement c’est E qui porte le pignon à douille avec le rochet et A qui a le petit pignon. Dans cette seconde partie du mouvement, la vitesse de A augmentant, le cliquet laisse tourner le pignon B en échappant
- une ou plusieurs dents, suivant la différence des diamètres de B et F.
- Il est facile de comprendre que le travail se fait aussi bien dans les deux sens pour tous les rouleaux et qu'on peut l’augmenter par les pignons.
- Ce mouvement des rouleaux peut se faire par friction, ou par courroies, pour les étoffes légères, en variant les diamètres des poulies comme on varie le nombre de dents des pignons et en mettant un tendeur mobile.
- Dans ces conditions, il serait à craindre que les rouleaux ne puissent travailler longtemps sans être débourrés, bien qu’il n’y ait pas arrachement des fibres comme dans la Laineuse à cylindres, mais bien cardage; et pour éviter tout arrêt pendant le
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- travail, deux rouleaux M, N, garnis de ruban souple métallique, sont adaptés au-dessous des garnis-seurs A E desquels on les rapproche à volonté au moyen du support P mobile dans la coulisse A; les débourreurs enlèvent, au fur et à mesure qu’elle se produit, la bourre qui paralyserait l'action du garnissage.
- Outre la garniture métallique, on peut employer le chiendent, la baleine ou les soies, ou toute autre garniture susceptible de nettoyer les garnisseuses sans les abîmer.
- Les débourreurs sont animés d’une vitesse convenable au moyen de cordes ou courroies et reçoivent le mouvement de l’arbre moteur de la machine.
- Pendant le cours des opérations du garnissage du drap, comme il est nécessaire de le tenir humide, on y arrive par les procédés ordinaires du brouillard, mais pour recoucher le poil, lui donner un sens, en un mot, opérer le fixage, qui demande beaucoup de soins, il faut absolument le mouiller.
- Les dispositions pour obtenir ce résultat sont les suivantes. Quand, après des passages successifs, le drap est suffisamment, garni et qu'on désire obtenir le fixage et le parfait parallélisme des filaments, on fait descendre l’étoffe dans le bassin B figure ÆG2, en empêchant le premier attracteur du haut H de fonctionner, puis on place le rouleau G sur elle pour la maintenir dans l'eau; le drap remonte et passe entre les deux rouleaux D garnis de caoutchouc ou de drap, pour exprimer l’excès de liquide. Un attracteur E le conduit sur les rouleaux F G, en face d'un rouleau K garni de ruban métallique ou toute autre matière susceptible de recoucher le poil, qu’on appuie à volonté et qui commence le fixage. Un débour-reur L nettoie constamment ce rouleau, qui peut être remplacé par un sac ou manchon avec les mêmes garnitures et débourré automatiquement.
- Après K, une plaque M mobile, arrondie et garnie comme le rouleau, appuie sur l’étoffe et la lisse. Suivant la difficulté du recouchage, on peut mettre plusieurs plaques et, pour en faire le nettoyage, il suffit de les rabattre.
- Si le mouillage est trop accentué pour certaines
- étoffes, on peut employer un tube N, percé de petits trous, qui déverse l’eau sur une bande d’éponges N' fixe, maintenue dans un bac entre deux traverses boulonnées ou dans un filet, de façon à les maintenir constamment humides avec excès d’eau. Ces éponges flottant sur le drap mouillent et lissent en même temps la surface, ce qui est essentiel pour le fixage, etavec elles il n’est plus nécessaire d’avoir une grande pression pour lancer l’eau sur l’étoffe. Il va sans
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- Fig. 463.
- dire que “d’autres substances, souples et spongieuses, se laissant facilement traverser par l’eau, rempliront le même but.
- 2° Tondeuses. — Le tondage ou rasage des étoffes, suit le garnissage. MM. Grosselin exposent, comme nous l’avons dit, trois types du genre :
- 1° Pour velours de soie et de coton, munie de laines à trempe dure, avec des brosses métalliques établies à l’entrée et à la sortie des laines ;
- 2° Pour draperie, à deux cylindres ;
- 3° Pour tissus en laine peignée, à trois cylindres ; à débourreur automatique, et à écartement des cylindres des laines femelles, afin d’éviter de couper les coutures (fig. A6A).
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- 3° Fouleuses. — MM. Grosselin ont exposé les deux genres classiques : à maillets et à cylindres. 11 y en a deux types de chaque.
- La première est une fouleuse à deux cylindres, petit modèle, pour flanelles, robes et articles légers.
- A côté, se trouve une fouleuse à deux cylindres, grand modèle. Les cylindres sont en caoutchouc
- durci. L’expérience a prouvé que ces cylindres, après un fonctionnement de plus de dix années, étaient restés en parfait état; leur durée est donc très longue et compense largement la dépense première. Si l’on tient compte que ces cylindres restent toujours parfaitement ronds et unis, on en comprendra toute l’utilité, surtout au point de vue des tares et
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- Fig. 464. — Tondeuse exposée par MM. Grosselin père et fils.
- avaries si fréquentes dans les louleuses ordinaires, dont les cylindres garnis de bois se défoncent et s’usent irrégulièrement. Deux systèmes de compteurs ou métreurs automatiques sont appliqués à ces fouleuses, l’un (pour articles légers) agissant par pression sur le tissu, l’autre (pour articles forts) agissant par entraînement direct au contact du tissu. Ces compteurs sont d’une grande utilité, ils permettent de vérifier le métrage des pièces sans les sortir de la fouleuse et sans arrêter la machine.
- C’est le moyen le plus pratique pour arriver à donner aux pièces la longueur exacte.
- Près de ces machines à cylindre est une fouleuse à deux maillets libres, actionnés par ressorts pneumatiques. Celle-ci est appelée à remplacer les anciennes fouleuses, dont les maillets, soulevés par des cames, retombaient de leur propre poids sur le tissu. La vitesse de ces anciennes machines était très limitée et, par suite, la production très restreinte. Le système de suspension des maillets par des ressorts
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- pneumatiques, analogues à ceux employés dans les marteaux-pilons, permet d’arriver à une vitesse qui n’a pas d’autre limite que la force motrice dont on peut disposer. L’expérience a démontré qu’une vitesse de 250 à 300 coups de maillets à la minute était dans les meilleures conditions pour le foulage des étoffes ordinaires.
- Enfin, signalons encore une fouleuse à trois mail-
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- Fig. 465. — Fouleuse a cylindre expo
- se fermer à volonté suivant le plus ou moins de volume des pièces à fouler, et s’ouvrir en dehors à angle droit pour retirer les pièces après foulage.
- k° Appareil à déplisser les draps en cours de foulage. — Ce nouvel appareil, du système Lombard, résout un problème longtemps cherché, celui d’éviter les plis et cassures dans la draperie. Ce résultat est des plus importants dans le traitement des draps lins et de tous articles qui séjournent longtemps dans la fouleuse. On peut aussi arriver à fouler des tissus fabriqués avec des matières dures et cassantes, su-
- lets, à marche symétrique, dont le but est d'éviter l’enchevêtrement des pièces dans le bassin. Les deux maillets latéraux alternent avec celui du milieu, dont la largeur correspond à peu près à celle des deux autres réunis, de sorte que les pièces ne se dérangent pas pendant le foulage.
- Dans les deux machines à maillets exposées, la partie antérieure de la fonçure est mobile; elle peut
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- ÉE PAR MM. Grosselin père et fils.
- jettes à former des plis, le plus souvent ineffaçables.
- Pour se servir de cet appareil il faut fouler les tissus en tubes, c’est-à-dire deux lisières cousues ensemble; la couture des lisières demande environ vingt minutes pour une pièce de 80 mètres de longueur. Ce genre de foulage en tube offre un immense avantage, il se forme à l’intérieur du tube un matelas, ou ballon d’air, qui gonfle la pièce à l’entrée de la lunette et la déplisse mieux que tous les appareils les plus perfectionnés inventés jusqu’à ce jour. Ce déplissage a pour premier résultat de donner un foulage plus rapide, on peut compter de ce chef sur
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- de l’appareil, on ouvre ensuite les bras à un diamètre suffisant pour que le tube y passe en éprouvant une certaine résistance qui peut du reste être réglée à volonté suivant les besoins. On introduit ensuite le bout de la pièce entre les cylindres de la fouleuse, on engrène celle-ci et toute la pièce, se trouvant entraînée, passe sur les bras tendus de
- l’appareil qui la déplissent et l’élargissent autant qu’on peut le désirer.
- Un seul appareil, monté sur rails, suffit pour desservir un atelier de 20 à 25 fouleuses.
- 5° Machine à velouter. — Cette machine est du type classique bien connu. Rappelons qu’elle est
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- TEXTILES
- une économie de 25 à 30 pour 100. Ce mode de foulage, quoique très efficace, n’élimine cependant pas la nécessité de tendre la pièce au large pour redresser la trame et effacer tous les plis. On se sert
- alors de l’appareil Lombard de la manière suivante.
- L’appareil étant fermé, on retire les coutures des chefs et l’on introduit toute la pièce sur le fourreau
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- destinée à relever ou dresser verticalement toutes les fibres produites par le lainage. Le but de cette opération est de rendre le tissu plus épais, plus moelleux et plus chaud. Un seul passage sur la machine suffît pour donner le résultat voulu. La velouteuse s’applique au traitement de tous les articles grattés d’envers, aussi bien en laine qu’en coton ; les tissus de laine se veloutent mouillés, dans ce cas la machine doit être installée à l’entrée d’une sécheuse rameuse ;
- quant aux tissus de coton, tels que piqués, molletonnés, flanelles, etc., l’opération peut se faire à sec, elle remplace le traitement connu sous le nom de regitage, en offrant l’avantage de donner à l’étoffe beaucoup plus de main et de douceur.
- 6° Machine à cpeutir. — Cette machine, destinée à faire disparaître tous les nœuds, fils et boutons de la surface des tissus, est munie d’un système de
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- peignes à dents de scie, tranchantes, qui offrent le grand avantage de pouvoir s’affûter indéfiniment jusqu’à usure complète des lames. C’est un avantage que ne présente aucune autre machine. Le modèle exposé comprend deux systèmes de deux peignes chacun, l’un pour l’envers et l’autre pour l’endroit du tissu ; — au besoin les deux systèmes peuvent travailler sur le même côté de l’étoffe.
- La machine à épeutir s’applique, comme on le sait, à tous les tissus de coton, lin, soie, laine peignée et de toutes autres matières.
- Laineuse exposéepar MM. G. et H. Bauche, de Reims.
- MM. G. et H. Bauche exposent aussi une laineuse à chardons métalliques, à action automatique et à énergie variable; les auteurs paraissent s’être attachés principalement à donner une grande élasticité aux organes travailleurs, de façon à obtenir un travail doux non susceptible d’érailler les tissus délicats. Ce résultat paraît atteint par des rouleaux gar-nisseurs, non plus simples , mais assemblés par quatre, chacun tournant individuellement, pendant que l’assemblage a aussi son mouvement de rotation.
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Décembre,
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- Cette machine est représentée figures 468 et 469. Le tissu qu’il s’agit de lainer est figuré par un trait pointillé a, a, et il est entraîné dans le sens marqué par les flèches, en passant sur des rouleaux de ren-
- voi b qui l’amènent au voisinage des plateaux armés de cardes B1, B2, B3, B4.
- Le mouvement de tissu s’effectue, d’ailleurs, de la manière suivante. — P est un rouleau en bois
- Fig. 468. — Lainedse de MM. G. et H. Bauche.
- sur lequel passe le tissu a; R est une vis qui permet de serrer ou de desserrer une courroie formant frein, de façon à augmenter ou diminuer la résistance du rouleau à l’appel de l’étoffe.
- Q est une roue dentée avec son cliquet S, et V une barre d’embarrage du tissu ; H est le rouleau d’appel du tissu ; F est un rouleau formant pression sur le rouleau d’appel ; J communique le mouvement de rotation au rouleau H. M, O est un système à mouvement-excentrique pour le pliage de l’étoffe.
- A son arrivée devant les plateaux B, le tissu se présente une première fois à l’action des cardes; puis il descend de l’autre côté des mêmes plateaux pour subir une seconde fois l’action des cardes.
- Les plateaux porte-cardes B1 B2... fixés sur l’arbre de commande se communiquent entre eux le mouvement de rotation qu’ils reçoivent de l’arbre lui-même; ils subissent en même temps un mouvement de translation.
- C’est dans le montage des travailleurs ou cardes sur leur plateau, que réside le perfectionnement apporté à cette invention. Voici en quoi il consiste (fig. 469). Les axes A de ces travailleurs ou tambours porte-cardes reposent sur des coussinets ou paliers, rendus mobiles au moyen de ressorts R sur lesquels ils reposent. L’action de ces ressorts qui ont, de préférence, la forme de secteurs, tels
- que ceux qui sont figurés sur les dessins, se produit par la résistance de tissus en contact avec les cardes métalliques des travailleurs, lesquelles ne s’enga-
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- Fig. 469.
- gent dans l’étoffe à lainer que suivant la force d’élasticité donnée au ressort à secteurs, force que l’on peut modifier suivant les étoffes à traiter.
- Chaque travailleur ou tambour-carde subit ainsi
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- l'action d’un frein automatique mobile, combiné avec l’action du ressort secteur K qui a pour but d’agir par pression sur Taxe des travailleurs A. Ce frein est obtenu de la façon suivante : 2, 3 sont deux coussinets mobiles superposés, celui du haut 3, est maintenu sur l’axe du travailleur par une platine 6, vissée sur les plateaux circulaires B1, B2, B3, B4.
- Dans la partie supérieure 3 de chaque palier, on a réservé une chambre g pour l’huile de graissage;
- le fond de cette chambre peut être garni de coton. Deux conduits 10 mettent la chambre g ou réservoir, en communication avec l’axe du travailleur A. Le graisseur et le palier 3 ne forment ainsi qu’une seule pièce. Le coussinet du bas 2 a une tige 5 qui est filetée et sur laquelle est vissé un pignon-écrou A, lequel repose sur le ressort secteur K. Un plateau diviseur denté 7 engrène avec le pignon-écrou k.
- En donnant à ce plateau denté un mouvement de
- Fig. 471. — Machine a lainer a chardons métalliques, de MM. J. Leclère et Damuzeaux.
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- rotation, soit à droite, soit à gauche, il entraînera le pignon-écrou qui, en se serrant ou en se desserrant, exercera une pression ou une dépression sur le ressort K. On augmentera ou l’on diminuera ainsi le serrage du coussinet ou palier mobile 2 sur Taxe du travailleur A, ce qui permettra à celui-ci de tourner avec plus ou moins de difficulté, c’est-à-dire d’agir comme frein; la carde métallique pénétrera alors dans l’étoffe suivant la résistance que celle-ci peut offrir sans se laisser érailler.
- Ce mouvement tournant du diviseur denté 7 est donné avec la plus grande facilité en introduisant une broche dans des trous 8. Au moment où, par
- suite de la rotation des plateaux B1, B2., un tra-
- vailleur arrive au contact de l’étoffe, il subit, du fait de ce contact, une pression qui fait fléchir le ressort secteur K de telle façon que les cardes du travailleur n’agissent sur l’étoffe que juste comme il le faut pour pratiquer l’opération du lainage sans érailler le tissu.
- On comprend immédiatement qu’en forçant plus ou moins la tension des ressorts K, en tournant la roue dentée 7 dans un sens ou dans l’autre, on pourra travailler des étoffes plus ou moins fortes, le frein opposé par les coussinets de l’axe A étant plus ou moins puissant.
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- Ce mode de suspension élastique, réglable pour l’axe des travailleurs, réalise un perfectionnement important en ce qu’il permet de faire un travail régulier, quel que soit le genre d’étoffe.
- Laineuse à action variable exposée par MM. Leclère et Damuzeaux, de Sedan.
- C’est encore une laineuse à action variable, et à chardons métalliques qui est exposée par MM. Leclère et Damuzeaux.
- Cette machine, que nous représentons figure â71, est à un ou à plusieurs tambours garnisseurs tournant, soit dans le même sens ou en sens contraire.
- Sur ces tambours sont fixées des plaques garnies de carde ou d’un chardon métallique spécial, alternées avec des plaques pleines non garnies et posées à la hauteur de la dent du chardon.
- Les grands volants, représentés sur la gravure d’un côté du bâti, font agir des leviers qui font mouvoir un plateau sur lequel sont fixées les plaques garnies de chardon. En faisant manœuvrer ces volants à droite ou à gauche, on fait monter ou descendre toutes ensemble, en marche ou au repos, les plaques garnies de chaque tambour, de façon à dépasser les douves fixes de \fh, 1 1/2 ou 1 millimètre, selon la nature ou la force du tissu ou selon le degré d’avancement du garnissage.
- Les plaques pleines ou douves fixes ont surtout pour mission de lisser le poil sur les tissus soumis au garnissage.
- Ce lissage a une grande importance dans les tissus drap, car un drap garni à frais, dont le poil a été relevé dans les premières opérations, ne peut jamais avoir qu’un tissage apparent et factice; et, malgré toutes les opérations successives que l’on pourra faire subir au tissu pour obtenir un lissage parfait, au bout d’un certain temps le poil aura une certaine tendance à se remettre debout. Cet inconvénient très grave est très connu des fabricants et négociants en draperies qui, dans cette circonstance, disent que le poil repousse.
- La machine à lainer construite par MM. Leclère
- et Damuzeaux remédie à cette imperfection qui se rencontre dans certaines garnisseuses à chardon métallique. A l’aide des douves pleines, on obtient un lissage parfait et en tous points semblable au lissage obtenu sur des laineuses à chardon végétal.
- Machines à humecter les tissus, exposées par MM. Mesmer et Kron.
- La classe 55 contient encore deux machines destinées à humecter les tissus ou à les teindre par voie de pulvérisation du bain de teinture, ce sont :
- La machine à humecter de M. Mesmer: le liquide, fortement comprimé s’échappe en jets filiformes très tendus, qui viennent se briser contre une surface plane, où ils se résolvent en pluie ou brouillard, qui se répand ensuite sur le tissu cheminant à sa portée; cette humectation est beaucoup plus fine et plus régulière que celle produite par projection au moyen de brosses rotatives s’imprégnant dans le liquide.
- Une seconde, visant au même but, est la machine à humecter et à teindre les tissus, système Kron. L’élément de pulvérisation est encore une série de jets capillaires se brisant dans une enveloppe de réfraction : cette enveloppe, comme le tube à jets, peuvent tourner ensemble ou séparément, de manière à faire varier à volonté l’angle de renvoi du
- Fig. 472. — Machine a humecter, de MM. Rod. Kron.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- liquide pulvérisé. Des ensouples à l’entrée et à la sortie de l’appareil, et un système d’embarrage, produisent et règlent la marche du tissu.
- En employant, avec ces machines, des liquides
- Fie. 473.
- chargés de matières colorantes, on obtient la teinture par pulvérisation, qui, plusieurs fois proposée, n’a donné de résultats pratiques que dans quelques cas spéciaux; aussi les machines à humecter sont-elles principalement des appareils d’apprêt.
- Pour bien donner une idée de ces machines, nous avons représenté (fig. 472,473, 474, 475 et 476) celle de M. Kron. Gomme on peut le voir, la machine se compose d’un fort bâti, très simple, avec déroulement et enroulement automatiques. Le tissu, se déroulant à l’entrée, se retrouve enroulé à la sortie de la machine, après avoir subi l’imprégnation d’eau de couleur ou d’apprêt, par l’appareil pulvérisateur qui se trouve au milieu de la machine. Cette pulvérisation se règle très facilement, sur l’un des côtés du bâti, et extérieurement, au moyen d’un cadran indicateur.
- Un embarrage ou élargisseur, en métal ou en bois, empêche la formation des plis dans le tissu ; et cette machine peut aussi être munie utilement d’un compteur-métreur ou d’un compteur de tours. On pourra également adapter plusieurs couples de dérouleurs et d’enrouleurs.
- L’élément de pulvérisation, qui se voit très clairement dans les figures 474, 475 et 476, se compose d’un tube de cuivre formant l’axe d’une enveloppe de réfraction. L’un et l’autre sont disposés horizontalement, et peuvent tourner ensemble ou séparé-
- ment, de manière à faire varier à volonté l’angle de réfraction du liquide arrivant sous une pression de 5 à 50 mètres au tube central, au moyen d’un tuyau de caoutchouc. Ce tube central porte, suivant une même génératrice, un certain nombre d’ouvertures, munies chacune d’un robinet de réglage, par où s’échappe le liquide à pulvériser. Ce dispositif fondamental ne diffère nullement en principe de l’appareil initial précédemment décrit.
- Les dispositions sont très variables dans les types exposés. Ainsi, la figure 472 représente un élément unique de pulvérisation. Le tissu à imprégner arrive obliquement au-dessus du pulvérisateur et passe verticalement devant celui-ci, pour aller s’enrouler suivant une direction horizontale.
- Dans la figure 473, le tissu s’imprègne dans les mêmes conditions, mais sur les deux faces simultanément, la machine ayant deux éléments de pulvérisation opposés entre lesquels passe l’étoffe.
- La figure 474 répète l’opération de la figure 472 mais la machine est construite plus simplement, partant, plus économiquement. 11 en est de même de l’appareil delà figure 475. Avec cette dernière dis-
- Fig. 474.
- position, le tissu passe horizontalement au-dessus du pulvérisateur.
- Fouleuse à mouvement alternatif exposée par MM. Pierre et Amédèe Barelte.
- Il semble qu’à l’Exposition les opérations du lai-
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- nage et du foulage ont attiré l’attention des constructeurs au point qu’à l’heure actuelle, les machines destinées à ces apprêts paraissent avoir atteint
- le maximum des perfectionnements qu’on peut en attendre. Nous avons décrit, ci-dessus, un grand nombre de types de laineuses et quelques machines
- Fig. 475. Fig. 476.
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- à fouler; voici maintenant un autre type de fouleuse, celle de MM. Pierre et Amédée Barette, qui, entre toutes, méritent de fixer l’attention.
- Cette machine se compose (fig. A77et 478) de deux cylindres superposés AA' tournant sur leurs axes BB\ L’arbre inférieur B porte à ses extrémités, des deux
- Fig. 477.
- Foüleüse de MM. B
- Fig. 478.
- ARETTE.
- côtés de la fouleuse, une paire de poulies motrices, pour le changement de marche pour courroies droites et croisées. La roue C, sur l’axe inférieur, engrène avec celle G' sur l’axe supérieur et communique le
- mouvement au cylindre A'. L’arbre B' est porté par deux coussinets sur lesquels agit la pression d’un contrepoids P par l’intermédiaire de leviers.
- La pièce passe sur les rouleaux R et R' placés en
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- avant des sabots fixes S et S'. L’axe de ces rouleaux est muni d’une vis sans fin, qui engrène dans une roue dentée servant de compteur de tours et par conséquent peut contrôler la longueur de la pièce.
- Les sabots mobiles MM' supérieurs se déplacent suivant le sens de la marche du tissu. Tantôt l’un, tantôt l’autre se trouvent alternativement en haut et en bas et la pression se fait successivement sur les deux leviers L L'.
- Les joues latérales J et J' ne présentent rien de
- Fig. 479. — Fouleuse de MM. Barett.
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- nouveau, ce sont celles qui se rencontrent dans tout foulon.
- La table de foulage est remplacée par deux tablettes N N' mobiles et séparées dans le milieu de la machine. Elles sont reliées entre elles par des tiges de fer.
- Quant à la manœuvre de la machine, elle est des plus simples et se comprend d’elle-même ; nous n’insisterons pas davantage.
- Un très grand nombre de fouleuses ont l’inconvénient de plisser certaines étoffes, et, pour y remédier, le meilleur moyen trouvé a été de découdre la pièce et de la faire passer en sens inverse par la fouleuse. Mais la perte de temps et l’augmentation de travail font que souvent la pièce n’est pas passée autant de fois en sens inverse qu’il le faudrait pour obtenir un bon résultat.
- La machine de MM. Barette remédie à ce défaut
- par la disposition d’un mécanisme spécial permettant de renverser la marche de la fouleuse au lieu de retourner la pièce d’étoffe. Cette opération se fait facilement et sans perte de temps.
- On peut par conséquent renouveler l’opération aussi souvent que l’exige le genre d’étoffe à traiter, sans avoir besoin de découdre et de recoudre la pièce, ni même de la sortir du foulon.
- Le métrage de la pièce se fait par un compteur actionné par un des organes de la machine.
- Les principaux avantages de la fouleuse Barette sont, comme on le voit :
- 1° Suppression complète du plissage;
- 2° Economie de main-d’œuvre ;
- 3° Économie de temps, plus grande durée des cylindres et des sabots par suite de la marche dans les deux sens ;
- h° Production plus considérable, une grande partie de la manutention qui refroidissait la pièce dans d’autres systèmes étant supprimée.
- Ces avantages existent naturellement aussi pour les genres moins sujets à plisser.
- Machines à dévider la soie après teinture
- d'après le système dit Flottage-Grant, exposées par M. Sallier aîné, de Lyon.
- On s’était peu préoccupé jusqu’ici de la grosse question du dévidage de la soie après teinture; il s’agit pourtant d’un élément important du prix de revient de l’étoffe : chaque kilogramme d’ouvrée teinte à dévider et à détrancaner sur bobines d’ourdissage exige une façon de 2, 3, h francs et même plus, suivant la nature de la soie et celle de la teinture, et subit pendant cette opération un déchet important. C’est que l’ouvrée avait été pliée jusqu’ici en petits flottillons, d’une longueur de 1,200 à 2,000 mètres, dont les fds, sensiblement parallèles, s’embrouillent, se déplacent, s’accrochent pendant les opérations de la teinture ; on dévide un à un ces flottillons; on est même obligé de les séparer en plusieurs parties par le trafusage; c’est un long travail et une cause sérieuse de déchet; le bon bout s’y retrouve difficilement; le dévidage est arrêté à chaque instant et dans les meilleures soies une ouvrière parvient rarement à dévider plus de 1 kilogramme par journée de dix à douze heures.
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- L’Américain James Monroe Grant, frappé de ces inconvénients, chercha à y remédier en flottant la soie en gros écheveaux de 10,000 à 20,000 mètres, et fut amené pour y réussir à donner à la croisure un mouvement régulier, dessinant des losanges parfaits connus depuis longtemps chez nous sous le nom de marelages ou de vitrages, mais qu’on considérait comme un défaut, parce qu’on n’avait pas eu l’idée de maintenir ce groupement particulier des fds par une envergure. C’est la combinaison de cette envergure et de ce réglage qui constitue le système Grant. Ce système, qui est breveté dans tous les pays, permet de produire les ouvrées en grosses Hottes dont les brins ne peuvent pas s’embrouiller pendant la teinture, qu’on peut dévider sans trafusage, c’est-à-dire sans les séparer en plusieurs parties, présentant enfin cet avantage que le bout cassé s’y retrouve aisément, parce que le réglage le maintient toujours dessus.
- Les avantages de ce procédé furent de suite compris en Amérique, et la presque totalité des ouvrées employées par la.fabrique des États-Unis fut promptement flottée d’après le système Grant. La fabrique américaine y trouve des avantages considérables, une économie de près des 2/3 dans la façon et le déchet de l’opération du dévidage.
- Fig. 480. — Machine ronde pour flottage Grant.
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- Les fabriques européennes se sont intéressées à leur tour à ce procédé qui est certainement destiné à remplacer, dans un délai plus ou moins long, l’an-
- cien flottage. Il ne se répand pas aussi vite, peut-être, dans l’ancien monde que dans le nouveau, parce que l’organisation européenne est plus complexe, que les fabricants intéressés à ces économies n’ouvrent géné-
- Fig. 481 — Machine a dévider pour flottage Grant.
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- râlement pas leurs soies eux-mêmes et que beaucoup les font dévider à façon après teinture dans de petits ateliers. Néanmoins, plus du quart des soies ouvrées consommées en Europe sont déjà flottées par ce procédé.
- 1
- Ouvraison. — Le réglage Grant se donne directement lors de l’ouvraison, au tors si le moulin est à guindres, ou au flotteur si le moulin est à roquelles. Le moulinier a très peu de frais à faire pour transformer son matériel; il lui suffit de changer les engrenages de ses va-et-vient. Le mouvement produisant le réglage Grant est d’une grande simplicité ; il se compose de préférence de deux roues dans le rapport de 16 à 9, mais on peut employer d’autres proportions.
- La roue de 9 est fixée sur l’axe du geindre, celle de 16 porte l’excentrique du va-et-vient.
- Cet excentrique pouvant se rapprocher ou s’éloigner à volonté du centre, on peut faire ainsi des
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Décembre.
- h. _ *42' Fascicule.
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- flottes plus ou moins larges. On leur donne de préférence 10/12 centimètres de largeur. Il est à noter qu’en rapprochant cet excentrique à 2 ou 3 millimètres du centre, et en capiant comme on capiait jusqu’ici, on peut obtenir des flottillons comme ceux de l’ancien système, parfaitement croisés, avantage qui est certainement appréciable pendant l’époque de transition entre les deux procédés de flottage. Quand ensuite on veut reprendre le flottage Grant, on n’a qu’à allonger la course du va-et-vient en déplaçant convenablement l’excentrique.
- La longueur des flottes Grant varie suivant les désirs et les convenances de chacun. On peut en faire à la rigueur de 2,000 mètres; mais les avantages du système se constatent surtout dans les flottes de 12,000 à 20,000 mètres. C’est avec ces longueurs que l’économie atteint son maximum. D’ordinaire, les flottes Grant sont du poids de à5 à 50 grammes.
- Lorsque la flotte est terminée, on passe dans les losanges, sans oublier les demi - losanges des bords, deux aiguilles plates en bois ou en métal de 15 centimètres de long; on enfile dans les trous des aiguilles les bouts du fil à capier, et on tire les deux aiguilles dans le sens de la largeur; la capie est ainsi passée; on la noue avec le bout. La flotte doit se trouver ainsi séparée en huit parties.
- Dans les moulins italiens, et dans quelques usines françaises, on est même arrivé à supprimer entièrement l’emploi des aiguilles; les ouvrières sont habituées à passer les capiures à la main, et cela avec une très grande rapidité.
- On passe d’habitude trois capiures dans chaque flotte en les plaçant à égale distance l’une de l’autre; à l’une est noué le bout de dessus, à une autre celui de dessous.
- L’ampleur de la. capiure doit être de 20 à 25 centimètres (Û0 à 50 centimètres de fil) suivant la grosseur des flottes ; il faut que, pendant le teinture, la capiure puisse gliisser librement, s’étendre d’un côté ou de l’autre, et que la soie s’y trouve à l’aise; c’est pour cela que, quand la capiure est nouée, il faut en laisser pendre bis deux bouts d’une même longueur de cha que côté de la flotte et non pas tirer toute la capiure d’un seul côté. Les essais des commençants pêchent constamment par des capiures trop étroites.
- Les capiures. Grant doivent être en schappe assez floche, mais très solide, du 30/3 par exemple. Il faut
- qu’elles soient de force à supporter un poids de 2 kilogrammes.
- On voit donc que l’installation du système Grant dans un moulin est très peu coûteuse, puisqu’il suffit pour l’obtenir de changer les mouvements des va-et-vient. Chaque mouvement nouveau revient à k ou 5 francs environ.
- Une fois cette petite dépense faite, le moulinier trouve dans le système un avantage marqué, car le capiage esi très simplifié, et est bien moins souvent interrompu avec de grosses flottes qu’avec des petites.
- Il arrive quelquefois que les mouliniers ont de la difficulté à obtenir sur le guindre ou sur le flotteur des losanges bien réguliers; cela provient de ce que le brin n’est pas suffisamment tendu, ou plus souvent que les lames du guindre sont trop glissantes. On y remédie facilement soit en garnissant de papier ou d’étoffe les lames du guindre, soit en les rendant un peu plus rugueuses, soit, de préférence, en les enduisant d’un peu de cire sèche.
- Les choix se font, au moulin, d’abord sur les roquets, au dévidage ou au purgeoir, ensuite sur les flottes Grant elles-mêmes sur le guindre ; avec un peu d’habitude les défauts n’échappent pas à l’œil dans les nouvelles flottes, quoique des mouliniers de mauvaise volonté aient prétendu le contraire ; lorsqu’une des lames du guindre étant abattue, la flotte peut être suivie pour ainsi dire fil par fil. Cette opération doit se faire en écartant la flotte, couchée sur sa tranche, dans le sens de son épaisseur et non dans celui de sa largeur. 11 n’y a plus alors aucun réglage qui s’oppose à l’examen approfondi de la flotte. Les mauvais matteaux sont mis au choix de guindre, les passages défectueux sont reflottés et triés. Les plus grandes marques d’ouvraison ont adopté le flottage Grant et le triage s’y fait avec la même sévérité que par le passé.
- On recommande de plier les flottes Grant en ova-lées (flottes nouées); on a trouvé que la soie se trouve mieux de ce pliage que du pliage en matteaux qu’on avait conservé, on ne sait pourquoi, pour les ouvrées. Il est rationnel que la soie soit pliée sous la forme la plus rapprochée possible de celle sous laquelle elle doit être employée. Il faut éviter, en effet, en industrie, les manipulations inutiles.
- Essais. — Les essais se font sans difficulté sur les flottes Grant. L’essayeur, après prélèvement de la
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- soie, replace les liens. Les établissements d’essai ont tous, maintenant, des reflotteurs Grant 'pour rendre les essais payants avec le même réglage que les balles sur lesquelles ils ont été prélevés.
- Tours comptés. — On ne peut pas peser en grosses flottes les tours comptés; de grosses flottes, mesurées et pesées une à une seraient assorties comme moyenne, mais le titre de leurs différentes parties pourrait être irrégulier. Les tours comptés doivent donc être pesés en petits llottillons Grant, capiés sommairement, puis reflottés titre par titre sur un flotteur Grant, en grosses flottes.
- A cause du gros titre des tours comptés, ce reflottage se fait à grande vitesse et est très peu coûteux. On sait, d’autre part, que d’ordinaire les tours comptés dévident particulièrement mal après teinture. Ce petit supplément de façon sera donc amplement compensé par l’avantage que trouvera le fabricant dans les flottes Grant.
- Mise en mains. — Un certain nombre de fabricants , surtout à Lyon, font choisir leurs soies au moment du mettage en mains, et on n’a pas manqué d’objecter au système Grant que ce choix deviendra impossible avec de grosses flottes croisées.
- S’il s’agit de trier les soies par titre, il est certain que plus les flottes sont grosses, plus -il est difficile de les assortir, tous les titres se trouvant réunis dans une seule flotte ; mais cette objection s’applique aussi aux anciens flottillants, quoique pour ces derniers le triage par grosseur soit un peu plus facile. Ce triage a, d’ailleurs, sa place au moulin et non au mettage en mains, et le nombre des fabricants qui ont conservé cette tradition diminue tous les jours.
- Quant au triage des défauts d’ouvraison dans les flottes Grant, l’objection n’est pas sérieuse. En effet, chez tous nos fabricants, on met en mains et on choisit sans difficulté des flottes Grant. Gomme pour le choix sur le guindre, le motteau est tenu par l’ouvrière un peu sur le côté, de façon à ce que les doigts de la metteuse en mains en écartent les fils en épaisseur et non dans le. sens de la largeur de la flotte. Quand un mauvais passage est découvert dans le corps du motteau, on le lie avec un fil de coton ; après mise en mains, on reprend les quelques motteaux écartés, on les fait reflotter et on
- enlève le défaut signalé. Cette opération est très simple assurément; en tous cas, les fabricants les plus importants et les plus soucieux de la perfection de leurs étoffes, ont montré par une pratique de plusieurs années que, avec le flottage Grant, le triage des écarts se fait aussi facilement qu’avec les anciens flottillons.
- Teinture. — Les flottes Grant se comportent très bien en teinture; elles s’étalent sur le bâton, et le bain les pénètre à fond, grâce aux parties ajourées. Les brins n’étant par parallèles et ne se touchant que par un petit nombre de points, les fils ne se collent pas les uns contre les autres et les duvets ne s’accrochent pas. Ces flottes s’accommodent des teintures les plus chargées. On les engalle, on les lustre sans difficulté. Les quelques modifications de détail nécessaires pour mener à bien, avec ces flottes, certaines teintures, ont été trouvées de suite.
- Quelques teinturiers trouvent aux flottes Grant l’avantage d’empêcher le piquage d’once; des employés infidèles ne peuvent plus lever la flotte sans qu’on s’en aperçoive; autrefois ils pouvaient prendre dans une pantime un ou plusieurs flottillons; cela leur est rendu impossible par le flottage Grant, puisque chaque motteau ainsi flotté devient indivisible et constitue une pantime. Or, toutes les pan-times sont comptées.
- On entend des fabricants de couleurs objecter à l’emploi du réglage Grant que leurs mises en teinture sont trop subdivisées. D’abord une flotte Grant pèse, au maximum, 50 grammes, et on ne met jamais moins en teinture. De plus, rien n’empêche, pour ces emplois très morcelés, de flotter une petite partie des balles à une moins grande longueur pour faire les appoints de poids. Mais le moyen le plus simple d’obtenir les appoints exacts est de diviser quelques flottes, au moment de la mise en teinture, en parties de poids convenable, par un trafu-sage, quitte à repasser des liens dans chacune des flottes nouvelles obtenues. Il n’est pas inutile de faire observer à ce sujet que dans ce cas les liens n’ont pas besoin d’être passés exactement dans les osan_ gées des flottes. L’important est qu’aucune partie de la flotte n’échappe au lien.
- On peut lever des mouchets en teinture sur les flottes Grant. C’est une opération très facile. On enlève pour cela les liens et on lève le mouchet de la grosseur voulue en trafusant. Il n’est pas néces-
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- saire de repasser les liens, la flotte n’ayant plus à subir de manipulation,
- Dèvidage après teinture. — On ne sait ordinairement pas que le trafusage se fait par couche dans une flotte. Aussi, les flottes Grant se tr.afusent-elles très bien, leurs couches étant très régulièrement superposées. On les divise facilement, à la cheville, en un aussi grand nombre de petites flottes qu’on le désire, qu’on peut dévider sur les anciens guin-dres doubles à lanterne, si l’on n’a pas d’installation de dévidage sur tavelles. Ainsi, sans aucune transformation, on peut employer le réglage Grant,
- Fig. 482.
- Fig. 483.
- et on y trouve déjà un avantage qui provient de ce que chacune des petites flottes provenant du trafusage conserve un réglage excellent, et surtout de ce que le cœur des flottes Grant n’avant été aucunement éprouvé par les manipulations de la teinture, cette portion de la flotte dévide beaucoup mieux que si elle avait passé en teinture sous forme de petits flottillons.
- Mais le dêvidage des flottes Grant sur les anciens guindres n’est bon à conseiller que pendant la période de transition que nous traversons, et aux petits fabricants qui, achetant balle à balle, sont obligés de garder un matériel leur permettant de dévider l’ancien et le réglage Grant.
- Les flottes Grant sont faites pour être dévidées, telles qu’elles sont, comme des flottes de grège. Pour cela, il faut qu’elles soient dévidées sur des tavelles légères (voir la figure), bien polies et ajustées, tournées en bois dur, et réduites à leur plus
- simple expression pour éviter les bouts de ponçons et de ligants, les brevures, les éraflures des tavelles ordinaires qui font beaucoup de bouts dans la soie. Une économie dans les tavelles est une très fausse économie. D’ailleurs, on en a de fort bien finies à 1 franc et même à moins.
- Ces tavelles ont des ponçons R, mortaisés dans des trous pratiqués un peu en biais dans le moyeu, de façon à ce que l’élasticité des ponçons, une fois le ligant en ficelle placé, maintienne ce ligant convenablement tendu. D’autre part, en tordant plus ou moins les ligants, on les raccourcit ou on les allonge à volonté, et on règle ainsi leur tension qui ne doit pas être exagérée.
- La flotte Grant se place sur la tavelle à plat, bien étalée; il convient d’habitude de lui donner, avant de la mettre sur tavelle, quelques coups à la cheville, en passant la main dans la flotte et en la secouant brusquement de haut en bas pour dégager les fils qui peuvent être accrochés ensemble; on la tend ensuite modérément à l’aide des ligants qui glissent à frottement le long des ponçons. On a soin d’équilibrer la flotte sur la tavelle. Puis on enlève les capiures, on prend le bout et le dévidage commence. Pendant le cours du dévidage, il faut maintenir la flotte
- 4 tendue dans toute sa largeur ; les bords ne doivent pas chevaucher les uns sur les autres ; les losanges doivent être aussi visibles que possible.
- Quand un bout casse, l’ouvrière prend le fil qui lui paraît être dessus; si ce n’est pas le bon bout, elle le voit de suite, car un autre brin le croise par dessus. Elle prend ce dernier et procède ainsi jusqu’à ce qu’elle ait trouvé le bon bout.
- Ce travail est des plus simples, et les ouvrières les plus inexpérimentées parviennent promptement à le comprendre. Il ne comporte aucun déchet, car l’ouvrière trouve toujours le bon bout, et le rajou-tage se fait par un simple nœud. Les avantages du système Grant éclatent aux yeux de tout le monde dans cette opération.
- Les dévideurs de couleurs apprécieront l’avantage qu’offrent les flottes Grant de ne jamais voler sur les guindres, comme le font les anciens flottillons dans certaines teintures, qui-s’électrisent.
- Les tavelles sur lesquelles se dévident les flottes Grant peuvent être placées sur des mécaniques rondes, mais il est infiniment préférable de les
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- monter sur des machines à dévider longues, mues par le pied ou mieux par un moteur. Une dévideuse peut ainsi mener trente tavelles et plus. Les anciennes machines longues peuvent être transformées pour recevoir des tavelles.
- Les ouvrières dévideuses ont tellement pris l’habitude des petits flottillons, qu’il faut recourir à certaines précautions pour les amener à dévider convenablement les flottes Grant. Nous en avons vu qui ne savaient par où prendre ces grosses flottes, et qui en tiraient un très mauvais parti. Les dévideuses des moulins, qui sont habituées à trouver le bout dans les grèges par un procédé analogue à celui des dévideuses de soies teintes Grant, arrivent au contraire très promptement à la bonne méthode, et nous suggérons aux débutants de les charger du dévidage à l’exclusion de celles des dévideuses ordinaires de soie teinte qui seraient rebelles au nouveau système.
- Avec les flottes Grant on obtient une étoffe meilleure parce que les fils qui la composent contiennent beaucoup moins de nœuds de dévidage; le nœud de dévidage accroche souvent au peigne ou dans le remisse; de plus il produit un bouchon visible sur le tissu, et souvent une empanissure pour les étoffes couleur.
- Machines d’apprêt, exposées par la Société alsacienne de constructions mécaniques.
- Notons en passant, dans l’exposition de la Société alsacienne de constructions mécaniques, deux types de machines qui rentrent dans la catégorie que nous examinons ici ;
- 1° Une machine à sécher à huit tambours de cuivre, disposés verticalement deux à deux. Elle est munie d’un « foulard » et de son plieur et possède un mouvement progressif ;
- 2° Une calandre à quatre cylindres, dont deux en papier, munie, comme la machine à imprimer de de la même maison, son moteur spécial à vapeur.
- Matériel de chiffonnage.
- Les autres exposants de la classe 58 visent, en général, les travaux du chiffonnage.
- M. Descombes, bien connu pour sa chaudronnerie tinctoriale, expose des chaudières en cuivre, des |
- barques à feu nu et à vapeur ; un cylindre d’apprêt k feutre sans fin, transformable en colleur; des bouilleurs pour chauffer ces divers appareils, de la tuyauterie, de la robinetterie, et enfin une laveuse-sccoueuse à benzine. Citons encore une table à vapeur, système A. Lyon, avec une petite amélioration pratique; c’est une gouttière au-dessous des deux robinets d’arrivée de vapeur, ce qui évite les égouttages de vapeur condensée.
- A côté, est l’exposition de M. Chasles (ancienne maison Decoudun) dont la spécialité est principalement les lavoirs et buanderies, mais qui vient de déplacer et d’agrandir ses ateliers de construction, en y adjoignant le matériel des teinturiers.
- C’est ainsi que nous voyons des laveuses à benzine, des essoreuses, des presses, les repasseuses spéciales à cette maison (employées par quelques teinturiers comme moyen d’apprêt) ; un cylindre colleur et un autre à toile sans fin.
- Notons encore dans cette classe la machine d’apprêt dite la Sans rivale, de MM. Pingrié et Cie; nos lecteurs savent qu’elle est la continuation ou le perfectionnement du célèbre métier Tailleur, si estimé avant que les tambours à feutres s’y soient substitués ; le métier Pingrié a conservé cette machine, et a pris aux modernes ce qu’elles avaient de bon, et il en est résulté un excellent cylindre, apte à tous les travaux du teinturier.
- Un foulard à gommer accompagne et complète cette machine.
- Matériel spécial de chauffage.
- l.es principales expositions en cette spécialité (classe 27) sont celles de MM. Pauris et Cie, Duriez, Ilermand, Chasles, Huguenin, Jay et Sarriat.
- Dans l’exposition de MM. Pauris et Cie figure d’abord 1 e Fourneau Chambon-Lacroisade, bien connu des teinturiers. La condition d’économie de cet appareil réside, comme on le sait, dans un foyer enveloppé par les chambres à fer et ne laissant ainsi rayonner à l’extérieur que le minimum possible de chaleur ; il offre, en outre, la facilité de tourner aisément sur son pied, afin de présenter l’un quelconque de ses côtés et offrir le fer qu’on veut utiliser.
- Cet ancien fourneau a été perfectionné par M. Pauris qui, tout à côté, en expose un autre modifié par lui. Il a modifié l’appareil primitif en disposant le tuyau de fumée non plus au-dessus, mais à l’arrière,
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- tout en lui conservant sa faculté de rotation; le dessus, devenant libre, peut être utilisé pour chauffer une bassine ou tout autre ustensile contenant un apprêt, de l’eau, ou un liquide quelconque. Cette modification pratique ajoute évidemment encore à l’utilité de l’appareil. Les deux modèles figurent à l’Exposition.
- A côté d’eux est le nouveau fer à glacer de M. Pauris, dont la partie frottante est cannelée, et qui a l’avantage de donner au linge empesé, le glacé spécial du repassage à neuf.
- Le succès incontestable des appareils Chambon a inspiré des imitations plus ou moins heureuses; il est rare, toutefois, qu’en remaniant l’idée d’un premier inventeur, on n’y apporte pas une modification favorable, à côté, il est vrai quelquefois, de changement moins bien imaginé.
- Tel est le fourneau régulateur économique de M. J. Duriez, exposé dans la même classe. L’appareil est à corps tournant comme le Chambon, et en reproduit les dispositions principales; plus simple et moins confortable de construction, il est aussi d’un prix moins élevé. Son foyer, un peu en contre-bas des fers, donne sa chaleur à ceux-ci avec peu de déper dition, car on sait qu’un foyer chauffe beaucoup plus à sa partie supérieure que sur ses côtés; nous admettons donc qu’il y ait un avantage dans cette disposition, au point de vue de la consommation du combustible.
- La mécanique Hermand est encore un fourneau à fers, que son auteur a modifié en s’inspirant de la disposition principale de l’appareil Chambon. 11 lui a donné comme à ceux-ci un foyer tournant, à 0 et 8 cases pour autant de fers, mais ceux-ci appliqués contre ces cases, et n’entrant pas dans une gaine, comme cela a lieu dans les appareils précédents. Ce foyer tournant garni de fers est enfermé dans un four en fonte, qui constitue le corps extérieur du fourneau. Une manivelle le met en mouvement. Il y a certainement une bonne idée dans cet arrangement, et il se prête à l’utilisation de l’appareil comme fourneau de cuisine ; mais pour l’usage exclusif du fer, les premiers sont plus simples et moins volumineux.
- Le fourneau à cuvette close est un bon modèle exposé par M. Chasles dans ses appareils de blanchisseries. La cuvette est constituée par la partie supé-
- rieure du poêle qui est creusé, et fermée par un couvercle à charnières ; dans la boîte ainsi formée, et exposée directement au-dessus du foyer, sont les fers à chauffer. Presque tous ces fourneaux à cuvette sont construits pour fers de blanchisseuses ; et ceux de teinturiers, étant plus hauts, empêchent le couvercle de fermer; nous ne connaissons qu’une seule maison qui en fasse appropriés aux dimensions de nos fers, et elle n’a pas exposé.
- Au premier étage de la galerie des machines, sont les outils pour tailleurs et confectionneurs; là nous voyons des fers et carreaux de tous modèles, soit à chauffage intérieur, soit montés sur des bâtis donnant de la pression ; il y a dans tout cela des idées ingénieuses pouvant rendre des services au pressage de la grosse draperie, mais elles sont peu utilisables pour les teinturiers.
- Nous citerons, néanmoins, comme machines à presser, et comme fers à chauffage intérieur, ceux de M. L. Huguenin (marque J.-G. Ruger), la Parisienne, et ceux à foyers intérieurs de M. Jay.
- Il est enfin une invention, que nous devons signaler sous le nom de Repasseuse-Lisseuse, exposée par son auteur, M. Sarriat, dans le pavillon de la Compagnie du gaz (parc du Champ-de-Mars), où le fer se chauffe au gaz. Ce fer est fixé sur une tige pressée par un ressort, comme nos glaçoires à galet de verre, de sorte que la pression se fait d’elle-même sur la table, et que la chaleur s’entretient par le bec de gaz intérieur. Cet appareil se prête parfaitement au repassage des petites pièces telles que faux-cols et manchettes, qui constituent la spécialité de son auteur; mais il n’a pas assez de course, ni assez de liberté de mouvements pour le repassage de plus grands objets, et il ne convient nullement aux travaux des teinturiers.
- Clarificateur à benzine exposé par M. Henri.
- Nous trouvons cet appareil dans une classe toute différente, celle des pétroles (près du pont d’Iéna, sur le quai). Évidemment il a été relégué dans cette partie parce qu’il devait fonctionner avec des essences inflammables. Nous l’avons représenté figure 484.
- On sait qu’après avoir servi aux nettoyages à sec, les benzines sont absolument noires et fortement chargées de corps gras : il s’agit alors de les clarifier. On
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- pourrait les distiller, mais les teinturiers-dégraisseurs n’en ont guère le temps; ils ne sauraient non plus employer avec succès la lessive de soude ou l’acide sulfurique.
- Le clarificateur Henri agit à froid et sans agitation ;
- de plus son travail est continu.
- Il est formé de deux réservoirs superposés, en tôle galvanisée, montés sur un support en fer forgé.
- Le réservoir supérieur est aux trois-quarts empli d’un mélange filtreur et absorbant, que doit traverser la benzine souillée, introduite par le haut.
- Un tube à robinet la fait arriver au bas du réservoir inférieur en partie rempli Clarificateur a benzine d’un liquide épurateur, dont la composition est le secret de l’inventeur. En vertu de son poids spécifique moins élevé, elle traverse ce liquide et vient se placer au-dessus de lui; pendant ce trajet, elle en a subi l’action; elle peut alors être recueillie à peu près clarifiée par le robinet placé en haut de ce réservoir inférieur.
- La benzine qui en sort est à peu près blanche (légèrement jaunâtre), et elle est assez dégraissée pour pouvoir servir au premier lavage des empleins et même aux rinçages; c’est donc tout ce qu’il faut.
- Le mélange filtreur et le liquide épurateur doivent être remplacés à un certain moment ; cela se fait sans difficulté.
- Pour le teinturier-dégraisseur, cet appareil résout la question de la revivification des benzines.
- Matériel pour apprêts, exposé par M. Déliaitre, de Paris.
- La maison Dehaître, — la plus connue et la plus réputée de France pour les appareils de chiffonnage et les machines d’apprêts manufacturiers, — ne pouvait manquer, en 1889, d’occuper une place hors de pair à l’Exposition. Aussi nous arrêtons-nous ici devant une collection importante d’appareils extrêmement intéressants et des mieux construits. Naturellement, le chef de cet important établissement était tout désigné pour être membre du jury, et il est ainsi devenu hors concours.
- Cette exposition comprend : deux types de presses continues; une machine à dérompre système Garnier ; une machine à lustrer et glacer le velours de coton ; une machine à laver les écheveaux système Carron ; un étendeur système Tachon et une machine à déplisser et vaporiser les tissus.
- Presses à chaud continues. — Les tissus de laine, en général, reçoivent comme dernière opération d’apprêt une ou plusieurs mises en presse, c’est-à-dire qu’ils sont soumis une ou plusieurs fois à l’action de presses hydrauliques puissantes, en ayant chacun de leurs plis séparés par une feuille de carton préalablement chauffée et encartée dans le pli. L’apprêt résulte de l’action combinée de la pression et de la chaleur ; ce dernier facteur pouvant être varié dans certaines presses par l’intercalation de plaques à double paroi, chauffées à la vapeur au moyen d’un tuyautage articulé permettant les mouvements de la presse.
- Mais la mise en presse exige une main-d’œuvre considérable pour le chauffage des cartons, leur encartage dans les plis de l’étoffe, la mise en presse du tissu, le désencartage des cartons, etc. Les cartons se détériorent rapidement et leur remplacement nécessite des frais assez élevés. Enfin les tissus devant rester parfois des journées entières sous la presse, il en résulte qu’une usine, ayant la production d’un certain nombre de pièces, se voit obligée de posséder une batterie de presses assez nombreuse et un approvisionnement assez considérable de cartons.
- On a donc cherché un moyen mécanique continu de remplacer l’encartage et la mise en presse ; et on y est arrivé, en partie, pour certains genres de tissus et complètement pour d’autres, par l’emploi des presses à chaud continues.
- La presse à chaud continue se compose, en principe, d’un cylindre chauffé tournant dans une cuvette métallique également chauffée et sur laquelle il vient s’appuyer fortement au moyen d’une pression par leviers et contrepoids ou par tout autre procédé. Le tissu passant entre la cuvette et le cylindre y reçoit, comme dans la mise en presse, l’action de la pression et de la chaleur. La durée seule de cette action est modifiée, et on la compense en donnant une plus grande intensité aux deux éléments : chaleur et pression.
- Bien des systèmes de presses continues ont été inventés ; mais la plupart ont dû être abandonnés à cause des inégalités de pression, et, par conséquent,
- Fig. 484.
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- inégalités d’apprêt qu’ils donnaient, et aussi en raison des nombreux accidents qu’ils occasionnaient aux pièces de tissu, pièces souvent d’une grande valeur.
- La presse à chaud continue, à pression hydraulique, dont nous donnons le dessin figure /i85, se
- compose d’un cylindre en fonte dure, poli et brillant comme une glace ; ce cylindre repose, par ses tourillons, sur deux forts bâtis en fonte, et occupe une position fixe.
- La cuvette placée au-dessous repose sur un sommier en fonte porté par deux pistons hydrauliques
- Fig. 485. — Presse a chaud continue, a pression hydraulique, de M. F. Dehaitre.
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- qui permettent d’appuyer fortement la cuvette sur le cylindre.
- Nous pouvons dès maintenant noter une différence sensible entre la nouvelle presse et les anciens systèmes.
- Dans ces derniers, c’est le cylindre qui était mobile, et comme ce cylindre était commandé par
- une roue dentée, de fortes dimensions, il en résultait un manque d’équilibre et la pression était, toujours plus intense du côté de l’engrenage. De là inégalité d’apprêt sur la largeur du tissu.
- En donnant la pression par l’intermédiaire de la cuvette, le constructeur de la nouvelle presse a répartit la pression d’une façon bien uniforme sur toute la largeur de la pièce et le cylindre étant fixe
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- ment composée d’une masse en fonte revêtue d’une chemise en laiton. Mais, par suite des inégalités de dilatation, il arrive souvent que la chemise en laiton se plisse légèrement, ce qui produit des raies et parfois des déchirures dans le tissu. La cuvette de la nouvelle presse est composée d’une plaque de métal blanc très dur, fixée seulement sur un de ses côtés, dans le sens de la rotation du cylindre, l’autre côté
- restant libre et permettant à la feuille de se dilater. On évite de cette façon tout plissement de la plaque, et cette plaque est facilement remplacée si l’introduction d’un corps dur venait à la rayer.
- Le tissu, passant entre le cylindre poli et cette cuvette également polie, acquiert le brillant des deux surfaces avec lesquelles il est en contact.
- L’apprêt à donner aux tissus devant varier suivant
- Supplément a l’Industrie textile du 15 Janvier.
- II.
- 43° Fascicule.
- nent des pressions de AO,000 kil.) ; de plus, elle est facilement réglable, et l’ouvrier, en lisant l’indication du manomètre, est toujours sûr de donner la même pression sur le même tissu.
- La cuvette des presses continues est ordinaire-
- n’est plus influencé par le poids de l’engrenage de commande.
- La pression hydraulique, substituée à la pression par leviers, permet une puissance plus considérable (les presses pour grosses draperies et feutres don-
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- leur nature et leur composition, on fait varfer la pression ou la température de manière à obtenir l’apprêt désiré. Une fois cet apprêt obtenu pour un genre de tissu donné, l’apprêteur, ayant pour guide son manomètre et le cadran gradué en degrés du détenteur de vapeur, est toujours sûr de donner ce même apprêt aux tissus de même nature qui lui seront apportés.
- Lorsqu’on a à traiter des étoffes très légères, il arrive souvent qu’elles ne pourraient supporter le frottement sur la surface polie de la cuvette sans se déformer et se déchirer. Dans ce cas, on dispose
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- et de la mise en presse, ainsi que la main-d’œuvre énorme qui en résulte.
- A côté de cette machine, M. Dehaître expose une autre presse du même type, à coursier sans fin, mais spécialement agencée par les constructeurs pour l’apprêt des lainages légers fantaisie et nouveauté, articles de Reims et de Roubaix.
- La mise en presse avec cartes est donc en grande partie supprimée dès maintenant pour ces articles, et l’apprêt peut s’obtenir par une marche continue donnant ainsi une grande production avec la main-d’œuvre la plus réduite.
- La figure 486 indique d’une façon suffisamment claire les dispositions de cette nouvelle presse : un coursier sans fin disposé sur un jeu de rouleaux passe entre la cuvette et le cylindre, et, marchant à la même vitesse que ce dernier, il soutient le tissu qui reçoit simplement une action de pression sans
- sur la presse un coursier sans fin, qui maintient le tissu entre le cylindre et la cuvette, empêche la trame de se déformer et la largeur de se perdre. Une disposition spéciale du bâti permet d’introduire et de retirer ce coursier avec facilité.
- Le chauffage de la cuvette et celui du cylindre étant indépendants, on peut, en mettant plus ou moins de chaleur dans l’un que dans l’autre, donner un apprêt différent aux deux faces du tissu. Cette nouvelle presse continue rendra certainement de grands services dans les ateliers d’apprêt en supprimant tout ou partie des opérations de l’encartage
- s tissus, de M. Fernand Dehaître.
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- subir aucune traction qui pourrait déformer les tissus légers auxquels cette presse est destinée.
- L’effet de cette pression sous un cylindre parfaitement poli et chauffé donne au tissu un beau brillant et un toucher que l’on ne pouvait obtenir que par une mise en presse prolongée.
- Les avantages de cette presse sont les mêmes que ceux de la presse continue pour l’apprêt de la draperie, c’est-à-dire : égalité de pression sur toute la largeur du tissu; facilité de régler la pression à volonté ; possibilité de varier la nature d’apprêt en faisant varier les éléments chaleur, vitesse et pression.
- Plusieurs de ces presses fonctionnent à Roubaix et à Reims où nous savons qu’elles donnent toute satisfaction.
- On a fait, sur cette presse, quelques essais pour l’apprêt des articles jersey et bonneterie et ils ont donné les meilleurs résultats : là encore la presse continue est encore appelée à remplacer la mise en
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- presse. Nous ajouteronsqu’une disposition spéciale des bâtis permet de retirer le feutre en quelques minutes et que la presse ainsi modifiée peut être employée pour l’apprêt de la draperie comme la presse continue exposée avec ellë.
- Machine à dcrompre les tissus, système Garnier.
- — Cette machine est formée par deux bâtis parallèles convenablement entretoisés, supportant les organes. A l’avant et à l’arrière sont deux rouleaux; le tissu à dérompre se trouve sur l’un et s’enroule sur l’autre après avoir passé entre les rouleaux dérompeurs. Les rouleaux enrouleurs reçoivent alternativement le mouvement pour produire plusieurs passages sous les travailleurs; le rouleau qui abandonne le tissu est muni d’un frein pour tenir le tissu tendu.
- Les cylindres dérompeurs sont en bois et montés sur des axes en fer ; ils sont garnis de clous à têtes rondes ou ovoïdes, comme ceux employés par les tapissiers pour la garniture des meubles ; ces clous sont placés en spirales et à des distances indiquées par la pratique. Dix de ces rouleaux, placés sur les traverses supérieures des bâtis, ont leurs coussinets fixes et tournent librement. Une autre série de onze rouleaux, absolument semblables, est montée sur un cadre mobile horizontal qui est soulevé ou abaissé à l’aide d’excentriques ; au moyen d’une manivelle, on peut amener les rouleaux du cadre mobile entre ceux qui sont montés sur le bâtis et sur le même plan.
- Le tissu, qui était droit, se trouve ainsi ondulé par les emboutissages que produisent les têtes des clous dont il doit épouser toutes les formes ; l’effet produit est le même que si on dérompait sur les lisières, avec cette différence, toutefois, que les efforts sont multipliés et les points de tirage réduits à la distance d’axe en axe des clous.
- Ce traitement élargit un peu le tissu ; pour éviter les plis en longueur, chaque extrémité de la machine est munie, avant l’enrouleur, de deux cônes divergents dont le sommet commun est sur l’axe de la machine et dont les bases sont tournées vers les bâtis.
- Le tissu ainsi traité est souple, soyeux et conserve du maintien. On emploie surtout la découpeuse Garnier pour le satin tramé coton.
- Machine à lustrer et glacer les velours de coton.
- — Cette machine, à laquelle on a donné le nom de Robertine, a pour but de remplacer le travail manuel qu’exigent les apprêts du velours de coton
- avant son départ des ateliers. L’opération qu’elle comporte étant la dernière doit nécessairement être faite avec le plus grand soin.
- On sait que dans le travail à la main, pour faire ce qu’on appelle le lustrage sur table, il faut pour chaque ouvrier une table en marbre d’environ 2 mètres de longueur, sur laquelle il enroule la pièce à lustrer. Après avoir étendu, à ia surface du velours, dans le sens longitudinal, une couche de cire mélangée de divers ingrédients, il la répartit avec une brosse de manière à bien en pénétrer toutes les parties du tissu; puis le velours est attaqué avec un outil appelé biseau, jusqu’à ce que l’étoffe présente un aspect doux et brillant. Ce travail exige un ouvrier spécial, toujours soigneux, ayant le goût de bien faire.
- Un ouvrier travaillant bien sa journée, ne passant sur rien dans toute la longueur de la pièce de 70 mètres, ne peut produire que quatre pièces par jour.
- L’industriel qui voudra produire AO pièces de velours, par jour, devra donc occuper à ce travail dix ouvriers (à A fr. AO par jour), posséder dix tables à lustrer coûtant chacune en moyenne 850 francs (ensemble 3,500 francs de matériel pour le lustrage de AO pièces).
- Il faut avec cela un vaste atelier pour loger ce matériel et un chef ouvrier pour distribuer le travail et surveiller le lustrage.
- Cette méthode donne d’assez bons résultats quand on observe scrupuleusement tous les petits détails du travail, mais on ne peut compter que sur un élément bien variable et bien capricieux : la main de l’homme. Qu’un ouvrier mal disposé au travail mette la cire à la légère, le tissu manquera de moelleux; que la pression qu’il doit exercer sur le velours avec le biseau ne soit pas suffisante, on aura alors un toucher rugueux, pas de douceur, pas de brillant.
- Ces ennuis de chaque jour ont poussé les industriels à chercher un appareil pouvant leur donner les mêmes résultats que le lustrage à la main, sans en avoir les défauts, et plusieurs machines, dites lustreuses, ont été mises en usage dans divers ateliers, mais n’ont jamais donné aucun résultat; ce n’était, du reste, que de fortes brosseuses, utiles seulement aux premiers apprêts et propres seulement à travailler sur de fortes marchandises.
- La Robertine, telle que nous la représentons figure A88 et dont le jeu est facile à comprendre à l’inspection de notre dessin, lustre et glace le velours comme le ferait un ouvrier à la main, et cela pour
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- tous les genres de tissus, depuis le câblé jusqu’à la chaîne simple. Le travail est régulier et l'uniformité constante.
- Machine à laver les écheveaux. — Cette machine, due à l’invention d’un praticien, M. Caron fils, teinturier à Rouen, est spécialement destinée au lavage
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- Fig. 488. — Machine a lustrer et a glacer les velours de coton, construite par M. Fernand Dehaitre.
- des écheveaux de coton blanchi. On en fait aussi l’application pour le lavage des écheveaux de lin, de soie, etc.
- La machine se compose d’un arbre carré sur lequel tressautent des marteaux de bois ronds. L’arbre étant mis en mouvement, chaque fois que le marteau rond rencontre un angle, il tressaute et vient battre
- l’écheveau qui a été préalablement placé sur lui et trempe dans une eau courante. Lorsque l’écheveau a opéré un nombre de tours voulu, il refait automatiquement, en sens opposé, le même nombre de tours; de cette façon, il n’est jamais détérioré: il perd dans un sens la longueur qu’il peut avoir acquise dans l’autre, et revient par conséquent à
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- son état primitif. Une disposition ingénieuse permet de relever l’arbre sur lequel sont placés les éche-veaux, de façon à pouvoir en opérer facilement le chargement et le déchargement.
- Les avantages de cette machine sont pour le blanchiment :
- 1° Perfection du lavage par suite d’inaltération de la fibre.
- 2° Économie de matière colorante et d’azur.
- En effet, la grande quantité d’eau qui arrive et le battage continu enlevant les moindres impuretés comme les moindres traces de chlore et d’acide, le coton offre l’avantage de paraître beaucoup plus décreusé, ce qui ne pourrait être obtenu qu’à force d’ingrédients, et par conséquent au détriment de la solidité de la fibre et au détriment du prix de revient.
- Le coton ainsi décreusé absorbe l’azur d’une façon
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- Fig. 489. — Machine a laver les écheveaux (système Caron), de M. Fernand Dehaitre,
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- parfaitement régulière, et il en faut moins qu’habituellement pour parvenir à la même intensité de ton.
- D’autre part, ce coton peut rester indéfiniment en magasin sans craindre l’altération, puisqu’il est débarrassé des moindres traces de chlore et d’acide.
- La machine Caron peut servir également au lavage des couleurs savonnées, dont on a besoin d’éliminer tout ce qui peut rester de savon; mais pour cela on répète l’opération plusieurs fois.
- On peut également mordancer et azurer avec cette machine; il suffit pour cela de fermer le robinet d’arrivée d’eau lorsque la bâche est à demi remplie et de renourrir de mordant ou d’azur après chaque passage.
- La machine à 10 têtes, représentée sur notre gravure, peut laver 150 kilogrammes de coton blanchi à l’heure.
- La machine Caron fonctionne déjà dans plusieurs grands établissements et a obtenu une médaille d’argent à l’Exposition nationale de Rouen, en 1884, et une médaille d’or, en 1885, à l’Académie nationale agricole et manufacturière.
- Cette machine, nous le croyons, est appelée à rendre de grands services aux blanchisseurs et teinturiers en écheveaux ; elle sera également une garantie, pour ceux qui font blanchir à façon, que leur coton est complètement exempt de chlore ou d’acide.
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- Étendeur Tachon. — L’appareil étendeur de M. Claude Tachon a pour but d’étendre les tissus dans le sens transversal au moment de leur entrée sur un cylindre sécheur ou autre ou au moment de leur mise sur rouleau.
- Il peut, suivant les besoins, se borner à faire disparaître les plis, ou faire subir au tissu un étirage plus ou moins prononcé.
- Il se compose de deux éléments symétriques agis-
- sant de chaque côté du tissu et formés chacun de deux disques superposés, dont l’inférieur tourne sur un axe vertical et le supérieur sur un prolongement incliné du même axe, de manière que les deux disques ne viennent en contact que sur un point de leur circonférence. Les deux paires de disques peuvent s’éloigner ou se rapprocher, suivant la largeur de l’étoffe, en coulissant sur un guide horizontal, de même qu’ils peuvent tourner sur eux-mêmes pour
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- Fig. 490. — Appareil étendeur (système C. Tachon), construit par M. Fernand Dehaitre.
- régler à volonté la position angulaire du point de contact. Le tissu est pincé sur ces deux bords entre les disques dont l’écartement est réglé en conséquence et dont les points de contact ont été amenés à environ kb degrés.
- Les disques, marchant ordinairement à une vitesse un peu supérieure à celle du tissu, le serrent progressivement en raccompagnant d’abord dans son mouvement en avant; puis ils l’étirent plus ou moins suivant la vitesse qu’on leur donne ou leur plus ou moins d’adhérence, et le livrent sur un cylindre, soit cylindre sécheur, soit tout autre rouleau d’apprêt, soit encore sur un enrouleur.
- La forme amincie des disques permettant de les amener très près de la ligne où le tissu prend contact avec le cylindre, tout retrait est rendu impossible et le tissu s’enroule avec la tension qu’il a reçue des disques.
- Il est nécessaire, dans tous les cas, que le tissu pénètre entre les disques avec une certaine tension dans le sens de la longueur, ce que l'on obtient au moyen d’un embarrage approprié.
- Les machines à élargir usitées actuellement se composent généralement de deux disques de même diamètre, entourés, sur la moitié de leur circonférence, soit d’une courroie, soit d’une chaîne à
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- mailles plates, à aiguilles ou à pinces : le tissu étant pincé ou bien accroché par ses lisières, suivant le mode de courroie ou de chaîne adopté. Les courroies et les chaînes plates prennent le tissu pour le maintenir sur une bande bien plus large que la lisière et c’est autant de perdu pour l’élargissement. Les pinces demandent un réglage particulier pour chacune d’elles, et il arrive fréquemment que, l’une ou l’autre n’agissant pas, la lisière se trouve lâchée par endroits. Il y a lieu d’ajouter que les organes : courroies, chaînes plates ou pinces, se détériorent rapid ement.
- Le dispositif dont nous parlons ici (couronne flexible s’appuyant sur un rebord incliné) a pour avantage de ne pincer la lisière que sur une ligne excessivement mince et, par suite, de permettre de répartir l’élargissement à donner au tissu sur toute sa largeur, de produire un serrage absolument régulier sur tout le développement de la partie pincée et, enfin, d’éviter les lâchements partiels.
- Dans les machines actuelles à disques, si le tissu ne se présente pas à fil droit, une fois engagé dans la machine, il est impossible de régulariser sa position, tandis que, dans la nouvelle disposition, un mécanisme tout spécial permet de ralentir la marche ou d’arrêter l’un des disques à volonté et de maintenir le tissu à fil droit d’une manière absolument régulière.
- Machine à déplisser et à vaporiser les tissus. — Cet appareil a pour but d’enlever les plis qui se produisent en plus ou moins grande quantité ail séchoir sur les toiles de couleur ou blanches.
- Habituellement, ces plis sont enlevés à la presse hydraulique d’une manière plus ou moins régulière, le toucher de l’étoffe s’en ressent et la main-d’œuvre de fabrication se trouve augmentée de la manipulation qui résulte de ce travail assez long, puisqu’il faut d’abord plier pour mettre en presse, puis ensuite retirer les pièces et les déplier pour opérer le pliage définitif sur table.
- La machine représentée figure 34h évite ces inconvénients, tout en réduisant la main-d’œuvre de cette manipulation de 50 pour 100.
- La toile, à la sortie du séchoir, est apportée devant la machine ; passe à travers une série d’embar-rages pouvant lui donner une tension variable suivant sa nature, et de là sur un élargisseur à lames mobiles ouvrant les plis du tissu pour le présenter à l’action de la vapeur qui s’échappe d’un cylindre en
- cuivre perforé recouvert d’étoffe et tournant sous l’action de la toile.
- A sa sortie du vaporisateur, le tissu passe sur un nouvel élargisseur à lames et, de là, dans une paire de rouleaux en fonte recouverts d’étoffe ; les plis sont alors effacés et le tissu, selon sa nature, est enroulé ou soumis à l’action d’une plieuse.
- Un mouvement progressif commande l’appareil pour pouvoir proportionner la vitesse du travail aux différentes natures des tissus.
- Les avantages qui imposent l’emploi de cette machine sont donc :
- 1° Bon toucher donné au tissu en favorisant le gonflement et la main par suite d’une chaleur légèrement humide;
- 2° Économie de main-d’œuvre considérable sur la manipulation actuellement employée pour ne déplisser qu’imparfaitement ;
- 3° Économie de temps considérable.
- Machine à élargir les tissus, exposée par MM. Kientzy frères, de Paris.
- Cette machine (fig. 345) se compose d’un banc en fonte supportant deux têtes mobiles montées sur deux plateaux à chariot pouvant être écartés ou rapprochés au moyen d’une vis filetée mi-partie à droite et mi-partie à gauche, et que l’opérateur fait agir par le volant à poignée que l’on aperçoit à gauche du dessin, ce qui permet de les rapprocher ou de les écarter suivant la laize du tissu que l’on veut élargir.
- Ces têtes mobiles, étant montées à pivot, peuvent également varier d’inclinaison, et cela simultanément? ce que l’on obtient en actionnant le volant que l’on aperçoit à droite auprès des poulies motrices reportées au bas de la machine afin d’éviter les trépidations et de concourir à la stabilité.
- Sur chacune des têtes mobiles sont adaptées trois poulies sur lesquelles passe une courroie sans fin; les poulies du milieu, recouvertes d’une faible épaisseur de caoutchouc adhérent, reçoivent le mouvement par le moyen d’une roue d’angle fixée sur son moyeu; les deux autres poulies sont folles et leur tourillon est traversé par une vis de rappel qui permet de tendre la courroie sans fin.
- A l’entrée de la machine sont placées des barres d’embarrage destinées à maintenir le tissu; en quittant ces barres, le tissu vient s’engager par chacune de
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- Machine a déplisser et a vaporiser les tissus (système Bernot), par M. Fernand Dehaitre.
- Fig. 491
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- ses lisières entre la courroie sans fin et la poulie du milieu; les deux courroies, marchant en s’écartant, tendent sur chacune des lisières exactement comme on le fait à la main, et ramènent ainsi le tissu à la laize du tissage.
- A l’arrière de la machine sont deux rouleaux d’appel, sur l’un desquels on peut enrouler la pièce, ou la laisser tomber en plis.
- La disposition de la machine permet de traitér des pièces dont la largeur peut varier de 0m,60 à lm,40.
- Machine à élargir les tissus, exposée par le docteur Marcadier, de Paris.
- Dans cette machine, l’étolfe, pour être élargie, est saisie de chaque côté des lisières par deux mâchoires munies de tampons, qui s’écartent pour produire une tension du tissu et s’ouvrent ensuite lorsque l’effet voulu est obtenu.
- La machine de M. Marcadier a été expérimentée, en 1885, à la Société industrielle du Nord par une commission composée de MM. Floris Descat, Obin et Alfred Renouard et a fait l’objet d’un rapport dont nous extrayons les lignes suivantes :
- « Lorsqu’une étoffe a été teinte, blanchie ou simplement mouillée, il est souvent utile de lui rendre une partie de la largeur qu’elle a perdue et de rétablir le parallélisme des fils de trame. Ce résultat est obtenu en opérant une traction dans le sens de la largeur.
- « La machine qui nous occupe exécute d’une façon très satisfaisante l’élargissage des tissus de lin et des tissus de coton. Par contre, pour le traitement des étoffes de laine, nous pensons qu’elle ne peut en aucune façon remplacer les machines à ramer agissant d’une manière lente et progressive sous l’influence de la chaleur et de la vapeur d’eau.
- « Il est rare qu’on élargisse des pièces qui viennent directement du tissage ; on soumet à cette opération des toiles décaties, des toiles blanches, quelquefois des toiles bleues ; par exemple, on ramènera à 105 centimètres une toile blanche de force moyenne qui avait 110 centimètres en sortant du métier, 100 centimètres après le blanchiment.
- « L’élargissage est souvent exécuté à la main; c est un travail assez pénible et toujours plus ou moins imparfait : les lisières, pincées sur une trop petite longueur, présentent une série d’ondulations,
- souvent les mains de l’ouvrier laissent la marque des doigts. »
- Voici l’appréciation et les résultats obtenus :
- « Avec ses mouvements alternatifs, la dé tireuse Marcadier imite très exactement le travail fait à la main. Ses pertes essentielles sont : un frein qui permet de conduire le tissu et de le tendre à volonté ; deux mâchoires ou plutôt deux mordaches, qui pincent l’étoffe près des lisières, s’écartent pour produire l’élargissage, puis s’ouvrent en abandonnant le tissu ; enfin un rouleau d’appel, qui fait avancer la pièce d’une quantité convenable pendant qu’elle est abandonnée par les mâchoires.
- « G es différents organes sont bien compris. Les mâchoires, dont l’une est en cuir, l’autre en cuivre rouge uni, reposant sur un coussin de bourre, peuvent, suivant les besoins, donner un serrage plus ou moins énergique ; on règle facilement leur position au départ et leur écartement maximum d’après la largeur du tissu et l’élargissage à obtenir; on peut enfin faire avancer l’étoffe soit d’une longueur de mâchoire, soit d’une quantité moindre, de telle sorte que chaque partie de l’étoffe soit abandonnée après le premier coup ou reprise plusieurs fois.
- « Grâce à l’obligeance de M. Denneulin, calan-dreur à Lille, chez qui une détireuse Marcadier fonctionne depuis cinq ans, nous avons pu comparer le travail fait à la main avec celui de la machine. Le second est plus régulier, plus rapide; il laisse infiniment moins de traces sur l’étoffe. Nous pensons qu’on doit lui accorder la préférence.
- « Pour une pièce de toile qui avait été décatie, nous avons noté les chiffres suivants :
- Débit de la machine, en tenant compte de la perte de temps nécessaire pour la mise en route :
- 100 mètres en dix minutes.
- Largeur de la pièce avant l’élargissage .................................. 0m,63
- Largeur de la pièce après l’élargissage ............................... 0m,68
- Longueur de la pièce avant l’élargissage .................................. 0m,88
- Longueur de la pièce après l’élargissage .................................. 0m,86
- « Le gain en largeur est de 7.9 pour 100. La perte en longueur est de 2.2 pour 100,
- « La détireuse Marcadier est une machine bien comprise, solidement construite et très facile à ré-
- SüPPLÉMENT A L'INDUSTRIE TEXTILE DU 15 FÉVRIER.
- ii. — 44« Fascicule.
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
- gler; elle est bien dans la main de l’ouvrier qui peut, à volonté, agir très doucement ou d’une façon presque brutale; elle nous paraît mériter toute l’attention des industriels qui élargissent des tissus de lin ou de coton. »
- Machines d'apprêt exposées par MM. B. Buffaud et T. Bobatel, de Lyon.
- La maison B. Buffaud et T. Robatel, l’une des plus connues de France pour la construction des machines d’apprêt et qui jouit d’une réputation hors de pair pour celle de ces machines en usage dans l’industrie de la soie, a une remarquable exposition dans laquelle nous relevons principalement : 1° divers types d’essoreuses ; 2° une machine à cheviller la soie; 3° une lustreuse-étireuse pour soie à étirage double.
- 1° Essoreuses. — Les machines de ce genre, exposées par MM. Buiïaud et Robatel, comprennent cinq types :
- 1° Essoreuse à moteur indépendant en dessus ;
- 2° Modèle à bras ;
- 3° Essoreuse à moteur direct en dessous ;
- 4° Essoreuse à bras et mouvement en dessous ;
- 5° Essoreuse électrique.
- Nous allons dire quelques mots de ces divers outils.
- Dans le modèle à moteur indépendant, la courroie s’applique derrière le disque qui reçoit la friction du cône en papier comprimé. Le débrayage est instantané : il suffit de donner un tour à une vis à volant située en haut de l’arcade pour que l’arbre de la poulie soit déplacé et détruise le contact du disque et du cône ; un frein à collier arrête alors le mouvement du panier. Un troisième bras à l’arcade donne à celle-ci une grande stabilité, tout en évitant de la rendre trop massive et en laissant le panier assez largement à découvert du côté opposé.
- L’appareil à bras, placé à côté de celui-ci, combine les deux systèmes à friction et à engrenage, de sorte qu’il évite les pertes de vitesse par glissement du cône. Le modèle exposé est à 70 centimètres du panier : c’est l’essoreuse qui convient aux maisons ne disposant pas de vapeur ; celles qui ont un générateur, mais pas de moteur, peuvent employer l’essoreuse à moteur direct. Les teinturiers en fils, ne faisant pas d'apprêts, se dispensent souvent d’une machine à vapeur qui ne leur est pas très utile, mais
- emploient la vapeur comme chauffage ; les lavoirs publics sont dans le même cas : cette essoreuse leur convient donc spécialement, surtout quand il leur faut des appareils ayant au moins 60 centimètres de panier qui exigent deux hommes. Au-dessus de 70 centimètres, ils sont trop lourds pour le travail à bras.
- Dans l’essoreuse à moteur direct, le moteur, substitué à la courroie, forme toute la différence avec la première machine. Rappelons à ce propos que MM. Buffaud et Robatel, les premiers, ont fait connaître les essoreuses à moteur direct et y ont apporté nombre de perfectionnements et de détails utiles que nous croyons bon de signaler. Ce sont d’abord des dispositions spéciales de la poêlette et de la grenouille du pivot pour empêcher la projection de l’huile de graissage et produire une lubrification régulière ; puis la superposition, dans le fond de la poêlette, de trois grains d’acier indépendants les uns des autres et la disposition intérieure de cette poêlette ; puis encore deux rainures inclinées, permettant un jeu plus facile du pivot et le dépôt des huiles de graissage avec les paillettes métalliques qu’elles entraînent. Notons encore des paliers graisseurs pour l’arbre horizontal, avec cuvettes recevant les huiles de graissage et les empêchant ainsi de couler le long de l’arcade ; un palier vertical compensateur permettant de compenser graduellement l’usure, muni d’un graisseur continu à siphon; le frein à collier, disposé en forme de vase, pour retenir les huiles de ce palier, et son manchon mobile garde-graisse, garantissant les matières à essorer contre les projections huileuses ; — une porte ou regard sur la cuve extérieure permettant de surveiller ou de nettoyer à volonté cette partie de l’appareil; — une disposition particulière du tambour mobile ou panier permettant d’obtenir un centrage parfait, une solidité plus grande et un équilibre irréprochable; — enfin, une plaque en tôle servant d’isolateur au cylindre à vapeur et empêchant la projection des eaux de l’essorage contre les parois de la boîte à vapeur et les effets de condensation qui en résulteraient. Ces diverses améliorations se retrouvent d’ailleurs dans les autres types d’essoreuses exposés par les mêmes constructeurs, en tant qu’elles y sont applicables.
- Sous le nom d’essoreuses à bras et mouvement en dessous, les mêmes constructeurs exposent un modèle dans le genre des essoreuses à toupie.
- Enfin, la nouveauté de cette collection est l’esso-
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- 347
- reuse qu’ils appellent électrique, dans laquelle une dynamo, directement fixée sur l’arbre du panier, communique le mouvement aussitôt qu’on établit le mouvement électrique.
- 2° Machines à cheviller la soie. — Cette machine a pour but de remplacer la torsion à la main. Elle est mise en mouvement par une grande roue dentée agissant d’abord sur un certain nombre de paires de bobines qui font office de chevilles et chevillons. Un balancier est placé entre les bobines inférieures et les bobines supérieures, entre lesquelles la soie est tordue et plus ou moins tirée, au moyen de leviers qui écartent à volonté les deux bobines correspondantes.
- Ces machines se construisent avec quatre, six et huit paires de chevilles. Le modèle exposé en a huit.
- Elles s’établissent à courroie ou à moteur direct ; ces dernières sont plus employées, étant donné qu’il est généralement plus facile de faire arriver un tuyau de vapeur qu’une transmission dans les locaux destinés à l’apprêt.
- Le chevillage a pour but, comme on le sait, d’assouplir les soies, d’ouvrir les écheveaux, de renfler les fils, notamment les trames, en un mot de faire perdre aux matières l’aspect rude que leur ont donné les bains de teinture ou de décreusage. Longtemps on a cru que le travail à la main ne pouvait être remplacé; mais on doit convenir aujourd’hui que la chevilleuse Buffaud et Robatel l’exécute fort bien et, qui mieux est, lait aisément le travail de douze à quinze hommes.
- 3° Lustreuse étireuse à étirage double. — Cette machine doit être considérée, pour les soies de couleur, comme le complément de celle que nous venons de décrire. Elle est basée sur le jeu de deux chevilles à doubles bras, recevant un mouvement de rotation sur elles-mêmes, pendant que l’une d’elles, mobile sur des glissières en même temps que la vis sans fin qui lui communique le premier mouvement, est attirée par un volant à navettes. Le premier mouvement est une continuation du chevillage, le second constitue l’étirage.
- Un moteur direct est accolé généralement à l’appareil, mais celui-ci s’établit également sans moteur. Les différents types sont : — à bras, avec bâti en bois ; — à courroie, sans chauffage ; — à courroie, avec le chauffage intérieur d’un cylindre et boîtes
- en cuivre pour le chauffage préalable des cylindres avant la mise en marche ; — à moteur direct, sans chauffage; — à moteur direct, avec moyens de chauffage comme au type à courroie avec chauffage.
- Ces diverses dispositions sont employées pour les soies de couleur. Mais quand il s’agit de traiter des soies noires, on doit adjoindre aux unes et aux autres des caisses à vaporiser. Ces boîtes, parfaitement fermées, reçoivent une distribution de vapeur qui donne à la soie la souplesse et le brillant, pendant que les cylindres lui donnent la tension désirable.
- Inutile de dire que le rendement de la chevilleuse Buffaud et Robatel, comparé au travail à la main, est considérable. Nous ajouterons que le travail acquiert une perfection impossible à obtenir dans l’opération manuelle.
- LES SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- Il y a fort peu de machines étrangères à l’Exposition. L’Allemagne, qui a quelques grands constructeurs, n’a pas pris part à la fête du centenaire. Seules, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse et l’Amérique nous ont envoyé quelques types ; mais ceux-ci ne sont évidemment pas en rapport avec l’importance de la construction des machines d’apprêt dans ces divers pays.
- Section anglaise. — Nous citerons dans la section anglaise un hydro-extracteur exposé par la maison Broabdent. C’est une grande essoreuse de 7 pieds de diamètre (2m,12) et lm,52 de panier, à cuve découverte et moteur direct par-dessous. Ce moteur est horizontal, actionnant directement l’arbre du panier sans organes intermédiaires, et non accolé verticalement à la cuve comme dans beaucoup de modèles et demandant alors des organes divers de transmission. La machine est susceptible d’atteindre une très grande vitesse et peut être arrêtée en quelques secondes par son frein qui est très puissant. Une particularité intéressante, c’est qu’elle est suspendue par trois tiges supportées par des bornes, grâce à quoi ses trépidations ne portent que faiblement sur les fondations. Le panier est en verges de cuivre, laissant une plus grande surface de vides pour l’échappement de l’eau.
- M. Schneider, de Neuville, a exposé un autre modèle d’essoreuse. Celui-ci est de petites dimensions ; 50 centimètres de panier. Le mouvement lui
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- LES INDUSTRIES TEXTILES
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- est transmis par une corde en boyau s’enroulant sur le volant-manivelle et aboutissant par un trajet de galets à l’arbre du panier. Cette simple disposition en fait un appareil peu coûteux et d’un mouvement très doux, mais elle a aussi ses inconvénients : la corde se relâche peu à peu et se desserre par conséquent; enfin il arrive qu’elle est quelquefois mangée par les rats, inconvénient majeur qui fait que l’appareil manque au moment où parfois on en a le plus grand besoin. Il est vrai qu’on peut prévoir cet accident en ayant à sa disposition une corde de rechange.
- Citons encore une belle série de machines pour buanderies, exposée par MM. Thomas, Br ad fort et Cie. Nous y relevons notamment une collection de ces machines à laver auxquelles les Anglais ont donné le nom de « voyelles », et qui sont en général munies de rouleaux presseurs : ces appareils, non doublés de métal, sont à usage exclusif du savon et ne peuvent servir pour la benzine. Nous y notons encore de petites calandres à linge, dans lesquelles le cylindre intérieur est en bois, puisqu’il ne faut ici que la chaleur de la vapeur; puis une « mangle » sur le modèle de ce que l’on nomme « premier » en Angleterre; des essoreuses à benzine, modèle dit à toupie, dans lequel le panier a son point d’appui principal sur une tige placée à sa partie inférieure et pivote ainsi comme une toupie, le moindre effort suffisant pour le mettre en mouvement et lui faire atteindre plus de 2,000 tours à la minute; des essoreuses à arcade simple et à moteur direct, qui ne nous paraissent être qu’une copie de celles bien connues qui sont construites en France par la maison Dehaître; enfin une machine à repasser dite « cressent », imitée de l’hydrovore du constructeur français Chasles, qui n’est autre, comme on le sait, que la machine Ducoudun améliorée, disposée pour chauffer au charbon ou par une rampe à gaz.
- Section belge. — Nous n’avons à noter, pour les machines d’apprêt, qu’une presse continue à cylindre pour l’apprêt des draps exposée par MM. Crosset et Debatisse, à Hodimont-Verviers. Nous retrouvons là comme toujours le cylindre classique chauffé à la vapeur, reposant sur une cuvette concave également chauffée. La machine a ceci d’original que ce cy-
- lindre est assis dans des paliers fixes, la cuvette donnant la pression par un mouvement agissant simultanément aux deux côtés de l’outil. Ce mouvement de pression de bas en haut se compose d’un arbre en acier traversant la machine, sur lequel sont calés deux excentriques agissant par compression de chaque côté de la cuvette. Cette presse est également munie d’un indicateur de pression, d’une brosse mécanique à l’entrée, d’un plieur à la sortie, d’un déclenchement instantané à portée de l’ouvrier, et d’un purgeur automatique pour économiser la vapeur destinée à chauffer le cylindre et la cuvette. La place occupée par une machine pouvant presser des tissus jusqu’à lm,60 de large est de 3m,/i0 X 2 mètres.
- Section suisse. — A noter dans cette section une magnifique calandre à douze rouleaux, dont cinq en papier, exposée par M. Escher Wys, de Zurich. Cet appareil diffère des modèles ordinaires en ce que deux cylindres en papier sont en contact. Il est remarquable par ses dimensions et sa puissance.
- Section américaine. — Enfin nous terminerons en mentionnant dans l’annexe américaine des galeries du quai d’Orsay une exposition de types pour lavoirs et buanderies qui méritent certainement examen.
- En général, ce sont des types imités de la construction anglaise. Le plus original nous a paru être un cylindre d’apprêt à feutre sans fin, dont tous les rouleaux conducteurs du feutre sont individuellement commandés par des engrenages recevant leur mouvement du moteur ; de cette façon, le feutre n’actionne pas lui-même ces rouleaux. Toute cette mécanique, qui figure dans l’Exposition de MM. Doljjh et C'e, de Cincinnati (Ohio), est entourée de grillages pour éviter les accrochements et les accidents, et doit constituer, en somme, un appareil assez coûteux de construction.
- De plus, il peut, à notre avis, y avoir avantage à éviter au feutre certaines tractions, et peut-être aussi sa marche en est-elle plus régulière ; mais nous ne voyons pas que ces avantages compensent la complication du système, et il nous semble que cette machine doit dépenser beaucoup de force motrice.
- FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE
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- TABLE DES MATIERES
- CONTENUES DANS LA DEUXIÈME PARTIE
- Pages.
- Préliminaires. .............................................. 5
- CHAPITRE PREMIER. — Machines destinées à perfectionner la matière brute.
- I. — Machines à décortiquer la ramie..................... 10
- 1° Décortiqueuse de Landtsheer................. 15
- 2° — Favier........................ 16
- 3° — Michotte...................... 17
- 4° — Barbier..................... 18
- 5° — Leclerc et Damuseaux....... 18
- II. — Machines à teiller le lin.............................. 19
- Machines à teiller système Raynal, exposées par la Compagnie de Fives-Lille.......................... 21
- III. Machines préparatoires pour la laine brute........ 24
- Laveuse à laine exposée par la Société alsacienne
- de constructions mécaniques..................... 24
- Machine verticale à sécher, carboniser et déjarrer la laine, exposée par la Maison Célestin Martin, de Yerviers....................................... 24
- CHAPITRE II. — Matériel de la filature proprement dite et de la retorderie.
- I. — Matériel du peignage................................. 25
- 1° Peigneuse Hubner, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques............. 25
- 2° Peigneuse Imbs, exposée par la Maison Grünn. 26 3° Peigneuse Offermann-Ziegler, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques ............................................ 26
- 4° Peigneuse Grünn-Offermann, exposée par la
- Maison Grünn................................. 33
- IL — Matériel de la filature de coton, préparations comprises....................................................... 36
- I. Battage : 1° Batteur finisseur, exposé par la v Société alsacienne de constructions mécaniques................................. 37
- — 2“ Batteur exposé par la Maison
- J. Jacob Rieter et C10, de Win-
- therthur....................... 37
- II. Cardage : 3° Express-carde de G. Risler, exposé par la Maison Grünn.... 38
- — 4° Carde à déchets de coton, exposée
- par la même maison............. 40
- 5° Carde à chapeaux mobiles, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques. 40 6° Carde à hérissons, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques............. 42
- 7° Carde à chapeaux mobiles, exposée par MM. Jacob Rieter et Cio. 42
- Pages.
- III. Bancs d’étirage : 8° Bancs d’étirage, exposés
- par la Société alsacienne de constructions mécaniques............... 43
- — 9° Bancs d’étirage, exposé
- par MM. Jacob Rieter et Cie................... 43
- IV. Bancs à broches : 10° Bancs à broches exposés
- par la Société alsa-
- cienne de constructions mécaniques............... 44
- V. Métiers à filer: 11° Continu à anneau, exposé
- par la Société alsa-
- cienne de constructions mécaniques............... 44
- — 12° Continu système Max
- Chapon, exposé par la Maison Grünn.......... 44
- — 13° Continu à anneaux, sys-
- tème de M. A. Vimont. 48
- — 14° Renvideur exposé par
- MM. Jacob Rieter et Cie. 51
- III. — Matériel de la filature de laine peignée................. 51
- 1° Broyeuse-échardonneuse de M. Parfait Dubois.. 52
- 2° — de M. Mérelle......... 54
- 3° Machines à échardonncr, exposées par M. Célestin Martin, de Verviors.......................... 55
- 4° Brisoir-huileur automate, exposé par la même
- maison........................................ 56
- 5° Carde à laine peignée avec avant-train, exposée
- par la même maison ............................ 57
- 6° Matériel pour laine peignée, exposé par la Société alsacienne de constructions
- mécaniques............................ 57
- — Carde simple à hérissons................. 57
- — Carde double et à avant-train............ 57
- — Machine à aiguiser....................... 58
- — Étirage à quatre têtes, sans frottoirs.. 58
- — Étirage à quatre têtes, à frottoirs... 58
- — Bobinoir intermédiaire................... 58
- — Bobinoir finisseur...................... 58
- — Gill-box........,..................... 58
- — Étirages à pots, à deux têtes............ 58
- — Self-acting............................ 58
- 7° Matériel pour laine peignée exposé par la Société des ateliers de construction de Bisch-
- xvilier........................... 59
- — Gills ou étirage en gros................. 59
- — Étirages doubles......................... 59
- — Étirages et bobinoirs à frottoirs..... 59
- — Banc à broches pour laine................ 59
- — Continu à filer et à retordre............ 59
- — Self-acting.............................. 60
- 8° Gill-box à vis sans cames et à barrettes intermédiaires, exposé par M. G. Riche................. 60
- ii. — 45o Fascicule.
- Supplément a l’Industuie textile du 15 Février.
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- U
- LES INDUSTRIES TEXTILES
- Pages.
- IV. — Matériel de la filature de laine cardée............ 61
- 1° Matériel pour laine cardée, exposé par M. F.-J.
- Grünn............................... 61
- — Continu diviseur à lames d’acier....... 62
- — Continu diviseur à lames voyageuses
- en acier............................ 63
- — Appareil à lames d’acier fixes, tambours voyageurs 65
- — Métier raccordeur pour laine cardée... 66
- Matériel pour laine cardée , exposé par MM. Alexandre père et fils, d’Harau-
- court............................... 66
- — Carde simple.......................... 66
- — Carde double.......................... 66
- 3n Matériel pour laine cardée, exposé par M. Céles-
- tin Martin, de Verviers............. 67
- — Assortiment de trois cardes de lm,80.. 67
- — Carde à dents de scie ouvreuse de
- bouts............................... 68
- — Métier à filer fixe et continu........ 69
- — Dévidoir mécanique.................... 69
- — Accessoires........................... 69
- 4° Matériel pour laine cardée, exposé par la Société
- anonyme verviétoise................. 69
- — Battoir............................... 69
- — Loup.................................. 69
- — Assortiment de trois cardes .......... 69
- — Self-acting........................... 70
- V. — Matériel du filage de la soie...................... 70
- l9 Matériel exposé par la Société des chantiers de
- la Buire............................ 70
- — Jette-bouts Léon Camel................ 70
- — Asples de filature.................... 70
- — Métiers à filer....................... 72
- 2° Matériel de filage de la soie, exposé par M. Bata-
- glia, de Luino...................... 75
- VL Retorderie et divers...................................... 75
- Doubleuse à'casse-fil automatique instantané, exposée par M. B yo-Catteau......................... 75
- Doubleur retordeur à anneaux, exposé par la même
- maison......................................... 76
- Métier à mouliner mettant le fil directement en
- écheveaux, exposé par la même maison......... 76
- Métier continu à retordre, système Lancaster, exposé par la même maison........................... 77
- Métier continu à anneaux à retordre, exposé par la Société alsacienne de constructions mécaniques............................................ 79
- Métiers continus à anneaux à retordre, exposés par la maison Grünn et la Société de Bischwiller.. 79
- Machine à dévider, peser et peloter, exposée par
- M. L. Mouchère, d’Angoulême..................... 79
- Pelotonneuse et peseuse, exposées par M. Ryo-Cat-teau............................................'. 85
- CHAPITRE III. — Machines et produits de corderie.
- Classification générale des cordes......................... 86
- Fabricants de cordes et coi-dages de France; produits exposés. 90
- — — — de la Belgique.............. 93
- — — — d’Espagne................... 94
- — — — des autres pays............. 94
- — — — Europe...................... 94
- — — — Amérique.................... 94
- Fabrication à la main........................................ 94
- Machine à pédalé à filer le caret à la main, expo-
- • sée par M. Millet, de Persan.................... 95
- Fabrication à la mécanique................................... 96
- CHAPITRE IV. — Machines de tissage.
- I. — Modifications d’ensemble............................. 97
- Métier à tisser circulaire, exposé par M. Soret
- jeune et Hurtu et Hautin............... 98
- Métier à cames mobiles, exposé par M. Sibu aîné,
- d’Amiens...............................
- — circulaire exposé par M. Georges Wassermann, de Baden (Zurich)........................
- IL — Modifications partielles et applications au tissage de
- divers textiles................................
- Appareil multiplicateur des comptes de mécaniques Jacquart, exposé par M. P. Planchon, de Paris.. Mécanique Jacquart au papier, exposée par M. J.
- Verdol, de Paris...............................
- Métier à lacer mécaniquement les cartons pour mécaniques Jacquart, exposé par M. P. A. de Sparre, à Paris et par la Sparre Patent’s C°, de
- Londres........................................
- Mécanique d’armure à galets pour draperie, exposée par MM. Pinon et Guérin, de Reims. — Jacquart pour draperie, exposée par
- M. Charles Gadel, de Bohain........
- Appareil de déroulement sans friction de la chaîne dans le métier à tisser, exposé par M. Charles
- Lamouret, de Fourmies..........................
- Matériel de tissage exposé par MM. Deneux frères,
- d’Hallencourt et Amiens..............
- — Métier à tisser pour tissu-éponge...........
- — — à battant-brocheur..........
- — — à trois navettes............
- Métier à tisser les soieries, système I^æserson et
- Wilke, exposé par la Société des chantiers de la Buire à Lyon...............
- — à quatre navettes pour soie, exposé par la
- même maison............................
- — à deux et à trois bâtis suivis, dit pique-
- nique, exposé par la même maison.......
- — à velours, systèriie E. Charbin, exposé par
- la même maison.........................
- — à tisser les soieries, exposé par la Société
- » alsacienne de constructions mé-
- niques.........................
- — — à quatre navettes, exposé par la
- même maison....................
- — — à marches extérieures, exposé par
- la même maison.................
- — — les soieries, exposé par la Société
- des tissages et ateliers de construction Diederichs à Bourgoin.
- — — les tissus de coton, exposé par la
- même maison....................
- — — les soieries, de Gaspard Honegger,
- exposé par la Société des ateliers
- de construction de Ruti........
- ___ — les étoffes de laine, exposé par la
- Sacchsische Maschinenfabrik, de
- Chemnitz (Saxe)................
- ___ — exposés par Mine Vv° Mathieu
- Snœck, de Verviers.............
- III, — Fabrications spéciales...............................
- Métier pour la fabrication du tapis, dit.parisien,
- exposé par M. Duquesne, de Paris.......
- ___ à fabriquer les tapis façonnés, imitation de
- point d’Orient, exposé par MM. Sallan-drouze frères, de Paris................
- — à passementerie exposés par MM. Sarron,
- de Saint-Chamond ; Mary et fils aîné, de Paris; Fribourg, de Paris; Ch. Joubert, de Lyon; Foulfoin, de Nantes; et Transberger, de Paris.......................
- IV. — Machines de préparation.........................f....
- Matériel de préparation pour tissage, exposé par
- MM. Ryo-Catteau de Roubaix.............».......
- Bobinoir....................i....................
- — Ourdissoir..................................
- .... — Canetière..................................
- Matériel de préparation pour tissage exposé par la Société Diederichs...............................
- Pages.
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- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- iii
- Pages.
- Ourdissoirs à grand tambour...................... 175
- — Bobinoir.................................... 176
- — Canetière à la défilée..................... 176
- Encolleuse pour coton, exposée par la Société alsacienne de constructions mécaniques............... 176
- Machine à ourdir, encoller, sécher et monter les chaînes, exposée par la Sacchsbche Maschinen-fahrik........................................... 178
- CHAPITRE V. — Métiers à maille et à broder.
- I. — Matériel de la fabrication de la bonneterie............ 178
- 1° Débraycurs électriques pour métiers de bonneterie, exposés par MM. Radiguet et Lecène,
- de Paris....................................... 183
- 2° Matériel de bonneterie, exposé par M. Terrot,
- de Dijon.............................. 184
- — Métier à tricoter multiple................. 184
- • —- Métier à tricoter avec formation de
- mailles tordues..................... 187
- — Métier circulaire à maille renversée... 189
- — Métier circulaire pour étoffes vanisées. 194
- Appareil faisant automatiquement des rayures horizontales de toutes largeurs et de deux à six couleurs différentes dans le tissu des métiers
- circulaires......................... 196
- 3° Matériel de bonneterie, exposé par M. Buxtorf,
- de Troyes........................... 204
- — Jacquart électrique........................ 204
- — Désembrayage et casse-fils automatiques ...................................... 210
- 4° Matériel de bonneterie, exposé par M. Bonnamy,
- de Saint-Just-en-Chaussée........... 210
- 5° Matériel de bonneterie, exposé par M. H. Dega-
- geux, de Troyes..................... 211
- — Bobinoir................................... 212
- — Remailleuse.............................. 212
- 6° Matériel de bonneterie, exposé par M. Hantz-
- Nazz, de Rechésy.................... 212
- — Peignes extensibles........................ 212
- — Appareil à doubler, mouliner et retordre les fils pendant le travail.... 214
- — Perfectionnements divers................... 216
- 7° Métier à tricoter sur chaîne sans trame, exposé — par M. Arthur Paget, de Longborough. 218 8° Matériel de bonneterie, exposé par M. Dubied,
- de Couvet (Suisse).................. 234
- II. — Matériel de la fabrication du tulle.................. 236
- Double vis sans fin produisant un rendement régulier dans la fabrication mécanique de la dentelle, exposée par MM. Lenicque et Piquet sur un
- métier à tulle.................................. 237
- Pointeur mécanique pour le perçage des cartons Jacquart de métier à tulle, exposé par MM. H. Car-bonelle et C‘°.................................... 238
- III. — Matériel de la fabrication des filets de pèche....... 240
- Métier à fabriquer les filets de pêche, exposé par
- la Compagnie de Fives-Lille..................... 244
- Métier à fabriquer les filets de pêche, exposé par M. Zang, de Paris................................. 252
- IV. — Matériel de la fabrication de la broderie............ 253
- Matériel de broderie mécanique, exposé par
- MM. Saurer et fils, d’Arbon........... 254
- — Métiers à broder...................... 254
- — Accessoires.......................... 255
- — Machine automatique à enfiler les
- aiguilles........................... 255
- Matériel de broderie mécanique, exposé par MM. Wiesendanger et Cic, Beringer frères et O. Tritscheller......................... 257
- Pages.
- CHAPITRE VI. — Pièces détachées, instruments de précision et divers.
- I. — Garnitures de cardes..................................
- Tissus employés..................................
- Fils métalliques en usage........................
- Numérotage des fils..............................
- Genres de boutage................................
- Vérification du garni............................
- Garnis...........................................
- Numérotage anglais...............................
- Concordance des numérotages......................
- Exposants français de garnitures de cardes.......
- Exposants belges de garnitures de cardes.........
- II. — Autres accessoires de filatures.......................
- Tubes en veaux collés et laminés pour couvertures de cylindres do pression, pour filatures de coton, laine et soie, exposés par M. Paul Rochalte, de la
- Petite-Raon (Vosges)...........................
- Fuseaux régulateurs pour broches, exposés par
- M. A. Debargue, de Fourmies....................
- . Exposants belges pour tubes et fuseaux en papier pour filatures.....................................
- III. — Accessoires de tissage...............................
- Peignes à tisser de MM. Coint-Bavarot et Cic, de
- Lyon...................................
- — à tisser, exposés par M. Dinouard,d’Amiens. Ligatures métalliques pour cartons de métier Jacquart, exposés par M. V. Féder, de Saint-Dié.. Papier quadrillé de mise en carte, exposé par
- M. Bellavoine, de Paris........................
- Navettes et accessoires pour le tissage du coton, exposés par M. P. Emery de Bolbec........................................
- — — du tissage des soieries,
- exposés par M. Orelle, de Lyon................
- — — du tissage des soieries,
- exposés par M. A. Ferlai, de Lyon...........
- Navette exposée parM. A. Debargue, de Fourmies. Aiguilles et platines pour métiers à bonneterie, exposées par M. L. Godard, de Troyes........................................
- — — pour bonneterie, exposées
- par Mrac Vve Roger-Durand, do Villeneuve-St-Georges. Vernis pour équipage de métiers à tisser, exposé
- par M. Antoine Dorez, de Reims.................
- Taquets pour métiers à tisser, exposés par M. Xavier Depierre, de Remiremont..
- — en buffle pour métiers haute chasse...
- — pour métier, à sabre ou à latte.......
- IV. — Instruments de précision.............................
- Guide-fil épurateur, exposé par MM. OlfrOy et
- Pfeiffer, de Rouen.............................
- Examinateur mathématique des fils, exposé par MM. Piat et Perret, de Saint-Maurice-sur-Moselle. Dynamomètre de poche pour tissus, exposé par
- M. Henry Danzer, de Paris......................
- Appareil pour l’examen des filés, exposé par
- MM. Walwoch et Cie, de Manchester..............
- Dynamomètre pour fils, exposé par M. Wenner, de
- Zurich.........................................
- Romaine micromètrique , exposé par MM. Géo. Thomas et Clc, de Manchester.....................
- V. — V. Divers......................... ;.................
- Humecteur d’air pour ateliers de filature et tissage,
- exposé par M. Armand Petit, de Fourmies........
- Machine à couper les tissus, exposée par M. Guillaume Toussaint, de Verviers.
- — — les tissus, deM. Adolphe Walser. Métier à six navettes à tisser les rubans, exposé
- par MM. Biernatzki frères..............
- 258
- 258
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- 259
- 260 260 262
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-
- IV
- LES INDUSTRIES TEXTILES
- Pages.
- Métier à tisser les rubans, exposé par M. Aug.
- Moraes, de Porto........................... 292
- CHAPITRE VII. — Les machines de teinture, d’impression et d’apprêt.
- I. — Les machines de teinture et d'impression ............ 294
- Matériel de teinture, exposé par M. Lucien Fay,
- de Reims............................. 297
- — Appareil Vandermersshe.................... 297
- — Appareil Hauschel........................ 300
- Matériel de teinture, exposé par M. César Corron,
- de Saint-Étienne.......... 300
- Matériel de teinture, exposé par M. F. Dehaître,
- de Paris................ 304
- — — Machine pour la teinture en
- pièces.................... 304
- — — Poiré à cuire les bois de
- teinture................. 305
- Cylindres à chiner, exposés par M. Mahon, de
- Roubaix......................................... 306
- Matériel de teinture, exposé par la Société alsacienne de constructions mécaniques........................................ 306
- — — Appareil à teindre les laines
- et cotons en écheveaux.. 357
- — — Machine à imprimer...... 307
- — •— Cuisine à couleurs.,........ 307
- Machine à teindre les écheveaux et les rubans,
- exposée par MM-Klauder frères, de Philadelphie. 307
- II. — Le matériel des apprêts................................ 308
- Appareils d’apprêt, exposés par MM. Grosselin
- père et fils, de Sedan.... 310
- — — 1° Laineuses......... ........ 310
- — — 2° Tondeuses.................. 317
- — — 3° Fouleuses................. 318
- — — 4° Machine à velouter........ 319
- — — 5° Machine à épailler....... 320
- Laineuse exposée par MM. G. et H. Bauche, de
- Reims....................................»..... 321
- Laineuse à action variable, exposée par MM. Leclère
- et Damuzeau, de Sedan........................... 325
- Machines à humecter les tissus, exposées par MM. Mesmer et Kron................................ 325
- Pages.
- Fouleuse à. mouvement alternatif, exposée par
- MM. Pierre et Amédée Barette................... 326
- Machines à dévider la soie après teinture, d’après le système dit flottage Grant, exposées
- par M. Sallier aîné, de Lyon............ 328
- — Ouvraisons................................. 329
- — Essais..................................... 331
- — Tours comptés.............................. 331
- — Mise en mains.............................. 331
- — Teintures.................................. 331
- — Dévidage après teinture.................... 332
- Machines d’apprêt exposées par la Société alsacienne de constructions mécaniques........... 333
- Matériel de chiffonnage............................ 333
- — Exposition dé M. Descombes................. 333
- — — de M. Chasles........ 333
- — — de MM. Pingué et C*e. 333
- — spécial de chauffage....................... 333
- — — de MM. Paurès et Cic. 333
- — — de M. J. Duriez....... 334
- — — de M. Hermand......... 334
- — — de M. Chasles......... 334
- — — de M. L. Uuguenin..... 334
- — — de M. Sarriat......... 334
- Clarificateur à benzine exposé par M. Henri....... 334
- Matériel pour apprêts exposé par M. Dehaître, de
- Paris................................... 335
- — Presses à chaud continues.................. 335
- — Machine à dérompre......................... 339
- ;— Machine à lustrer et glacer le velours de
- coton.................................. 339
- — Machine à laver les écheveaux.............. 340
- — Étendeur Tachon........................... 342
- — Machine à déplisser et vaporiser les tissus .......................................... 343
- — Machine à élargir les tissus, de M. Mar-
- cadier.................................. 345
- Matériel pour apprêts exposé par la maison B. Buf-
- faud et T. Robatel, de Lyon............. 346
- — . Essoreuses.............................. 346
- — Machine à cheviller les soies.............. 347
- — Lustreuse-étireuse........................ 347
- Matériel d’apprêt exposé dans les sections étrangères : Sections belge et suisse......... 347
- — - anglaise et américaine . ........ 348
- TABLE DES FIGURES
- Fig. l à 3, Machine à décortiquer la ramie de M. de Land-
- stheer......................................... 15
- — ,4. Machine à décortiquer la ramie, de M. de Land-
- stheer........................................ 16
- — 5. Machine à teiller, système Raynal.................. 22
- — 6. \ f 27
- — 7 à 9. J l 29
- — 10 à 13. f Peigneuse Offormann et Ziegler (coupe ver-1 31
- — 14. f ticale)....................j 32
- — 15 à 16. \ I 33
- — 17 à 21. ) [ 35
- Fig. 22. Express-carde Risler montée pour coton d’Amérique avec étirage...............................................
- — 23. Express-carde Risler montée pour coton des Indes et
- déchets, avec alimentation à auge...............
- — 2*4 27. Carde à chapeaux mobiles de la Société alsa-
- cienne de constructions mécaniques........
- — 28 à 31. Métier à filer de M. Max Chapon (coupe trans-
- versale et détails).......................
- — 32. Métier à filer du côté de M. Max Chapon (vu en bout,
- du côté du mouvement)...........................
- 38
- 39
- 41
- 46
- 47
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-
-
- T
- J
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889.
- »
- Fig.
- Métier circulaire de M. Soret.
- Pages.
- 33 à 36. Continu à anneau, système de M. A. Yimont ........ . (parties, détachées)........................... 49
- 37. Continu à anneau, système de M. A. Vimont (vue
- .... de face)........................................... 50
- 38. Continu à anneau, système de M. A. Vimont (vue
- .... de. face).......................................... 51
- 39. Broyeuse échardonneuse de M. Parfait Dubois......... 53
- 40.........— de M. Mérelle (perspective). 54
- 41. — — (coupe)............ 55
- 42.. Gill-box perfectionne de M. G. Riche................ 61
- 43. Appareil Blamire, avec enroulage à pression......... 62
- 44.. Continu à.lames voyageuses en acier, de M. Bolette. 64
- 45. — à doubles manchons frotteurs pour laines
- communes artificielles difficiles à boudiner....... 65
- 46. Métier à filer la soie à petit guindrage, construit par
- les Chantiers de la Buire......................... 73
- 47 et 48. Doubleuse à casse-fils automatique instantané
- de M. Ryo-Catteau (pièces diverses)............... 75
- 49 et 50. Métier à mouliner mettant le fil directement en écheveaux, construit par M. Ryo-Catteau
- .........(pièces diverses).,........,................. 77
- 51 à 54. Métier continu à retordre, système Lancaster
- (pièces diverses).............................. 78
- 55 et 56. Dévideuse-peloteuse de M. L. Mouchère (coupe
- et plan)..,.................................... 81
- 57 à 59. Dévideuse-peloteuse de M. L. Mouchère, d’An-
- goulôme (pièces diverses)....................... 82
- 60 à 63. Dévideuse-peloteuse de M. L. Mouchère, d’An-
- goulême (pièces diverses)....................... 83
- 63 et 64. Métier à pédale à filer le fil de caret à la
- main, construit par M. Millet................... 95
- 65. Métier circulaire de M. Soret jeune................... 97
- 66. — _ ................. 98
- .65.,
- 66.
- 67 et 68.
- 09 à 71.
- 72 à 78.
- 79 et 80. Métier à cames mobiles de M. Sibu (élévation
- et plan)....................................... 104
- 81. Métier à cames mobiles de M. Sibu (côté)... 105 82 a ‘ 87. V t 106
- 88 à' 91.' > — — — (devant)] 107
- 92 à 102. ) ( 108
- 103. Métier circulaire construit par M. Georges VVasser-.......mann.............................................. 411
- 104 et 104 bis. Appareil multiplicateur des comptes méca-
- niques Jacquart, système de M. Plan-chon................................... 113
- 105 et 106. Appareil multiplicateur des comptes méca-
- niques Jacquart, système de M. Plan-• • chon (vues de face et de derrière).... 115
- 107.
- 108.
- 109 et 110.
- 111.
- 112.
- 113.
- 114. ) Machine à lacer les cartons de M. le comte$
- de Sparre (co u pe)....................( 130
- (perspective)............................... 131
- 132
- 133
- Mécanique d’armures pour draperie de) ^
- 135 13g
- 125. Mécanique Jacquart de M. C. Gadel............... 137
- 126- — — — ............... 138
- 127 et 128. Appareil de déroulement de M. Ch. Lamouret. 139 129 et 139. Métier pour tissus-éponge de MM. Deneux
- frères..................................... 141
- Mécanique Jacquart au papier de M. Verdal<
- ......115.
- 116 et 117. 118 et 119. 120. 121. 122 à 124.
- MM. Pinon et Guérin.
- Pages,
- Fig. 131, 131 bis, 132etl33. Rattant-brocheur de MM. Deneux
- frères...................... 142
- — 134. Métier à trois navettes, de MM. Deneux frères... 134
- — 135 et 136. Métier à tisser les soieries, système Laeser-
- son et Wilke, des chantiers de la Buire.. 145
- 137 et 138. 139.
- Métier à tisser les soieries, de la Société) alsacienne de constructions mécaniques. )
- 141.
- 142.
- — 143.
- Métier pour la fabrication du tapis dit) Parisien, de M. Duquesne.............
- — 140. Métier à tisser les soieries de la Société de Ruti
- (vue de face)...................................
- Le môme, vue de côté...............................
- Métier à tisser de la Sacchsische Maschinenfabrick à cinq lames commandées par excentrique et une
- navette.........................................
- Métier à tisser avec Jacquart...................
- 144. Métier à tisser avec cinq lames, à trois navettes
- maximum.........................................
- 145. Métier à tisser les draperies nouveautés, vingt-cinq à trente-deux lames et cinq navettes maximum.
- 146 et 147.
- 148 et 149.
- 150 à 153.
- 154 à 157.
- 158 à 163.
- 164 à 165 bis j
- 166. Ourdissoir à grand tambour de la société Diede-
- richs............................................
- 167. Bobinoir de M. E. Buxtorf, pour bobines cylindro-
- coniques ......................................
- 168. Bobine cylindro-conique............................
- 169. Bobinoir de M. H. Degageux........................
- 170. Métier à bonneterie de M. E. Buxtorf, à bobines
- cylindro-coniques................................
- 171. Métier à bonneterie à canneliers délivrants.......
- 172. — — de M. II. Degageux, à bobines
- bi-coniques......................................
- 173. Métier à main de M. E. Buxtorf....................
- 174. — rectiligne de M. E. Buxtorf...................
- 175. Tricoteuse.........................................
- 176. Métier à tricoter multiple de M. Terrot (coupe)....
- 177. — — — (plan).
- 178. — — — (détail)....
- 179 à 182. ) Métier à tricoter avec formation de maillest
- 183 et 184. ) tordues...................................
- 185 à 190. N (
- 191 à 195. -,
- 196 et 197.
- 198 à 201.
- 202et202(ns 203 à 205. ]
- 206.
- 152
- 153
- 157
- 158
- 162
- 162
- 163
- 163
- 165
- 166 167
- 169
- 170
- 171
- 175
- 179
- 179
- 179
- 180 180
- 180
- 180
- 181
- 181
- 185
- 186 187
- Métier circulaire à maille renversée..
- Métier circulaire pour étoffes vanisées.
- — 207
- 209.
- 210. 211 à -213. 214 à 216. 217 et 218. 219 à 222.
- à 225. à, 229. à 234. à 239. 240.
- 223
- 226
- 230
- 235
- Appareil faisant automatiquement des) rayures horizontales de toute largeur^ et de deux à dix couleurs........
- Jacquart électrique de M. Buxtorf.
- — 241. Remmailleuse de M. Degageux......................
- 245 à ^48* | Pe'Snes extensibles de M. Hantz-Nass... .j
- — 249 à 257. Appareil à doubler, mouliner et retordre les
- fils pendant le travail.................
- aten i Üi?' ^ Cames d’ascension de M. He.ntz-Nass... • ]
- — 259 à 264. S t
- 194
- 195
- 196
- 197
- 198
- 199
- 200 201 202
- 205
- 206
- 207
- 208 207
- 212
- 213
- 214
- 215
- 216 217
- p.r5 - vue 355/358
-
-
-
- VI
- LES INDUSTRIES TEXTILES.
- Pages.
- Fig. 265. \ f vue supérieure. 219
- — 266 à 279. détails 220
- — 280. ^ 221
- — 281. 1 _ 223
- — 282 à 285. ! 1 224
- — 285 à 288. r Métier à tricoter sur ] — 225
- — 289 à 296. \ chaîne sans trame, — 226
- — 297 à 302. 1 deM. Paget. ] — 227
- — 303 à 306. 1 ' 228
- — 307 à 314. \ 229
- — 315 .et 316. — 230
- — 317.. vue d’avant.... 231
- — 318. y vue d’arrière.,. 233
- — 319 à 324. Peigne de montage et rebrousseur de
- M. Dubred 235
- — 325. Métier à tulle 236
- — 326 à 328. Double vis sans fin produisant un rendement
- régulier dans la fabrication de la dentelle, de MM. Lcnicque et Piquet.............. 237
- — 329 et 330. Machine à piquer les cartons de mécanique
- Jacquart, de xM. H. Carbonelle......... 239
- — 331. Métier à fabriquer les filets de pêche, de MM. Gal-
- land et Ghaunier (vue perspective)............ 243
- — 332 et 333. Organes au repos avant la formation du nœud. 245
- — 334 et 335. Première position des organes........... 246
- — 336 et 337. Deuxième position des organes........... 247
- — 338 et 339. Troisième position des organes........... 247
- — 340 et 341. Quatrième position des organes........... 248
- — 342 à 344. Cinquième position des organes........... 248
- — 345 à 347. Sixième position des organes............ 249
- — 348 à 350. Septième position des organes............ 249
- — 351 et 352. Huitième position : nœud formé........... 250
- — 353. Métier à fabriquer les filets de pêche, de M. Zang. 252
- — 354. Machine Saurer à enfiler automatiquement les ai-
- guilles des métiers à broder.................. 255
- . „„„ ( Machine Saurer à enfiler automatiquement) qoo a ocn les aiguilles des métiers à broder (piècesv
- — ÔW a 367. ( diverses)...............................) 251
- — 368. Chemin (garnitures de carde)................... 260
- — 369. Simple chaînette..................................... 260
- — 370. Double chaînette..................................... 261
- — 371. Côte à deux dents..................................... 261
- — 372. Côte à trois dents.................................... 261
- — 373. Plaque n° 100 à chemin........................................ 263
- — 374 à 393. Types de papiers de mise en carte, de
- M. Bellavoine (papiers quadrillés ordinaires) 268
- — 394 à 406. Types de papiers de mise en carte, de M. Bel-
- lavoine (papiers grillets).............. 269
- — 407 et 408. Taquets pour métiers à tisser, de M. Xavier
- Depierre.................................................. 274
- — 409 et 410. Guide-fils de MM. Offroy et Pfeiffer.. 275
- — 411 et 412. Examinateur de fils, de MM. Piat et Perrel. 277
- — 413 et 414. Dynamomètre de poche, de M. II. Danzer.. 278
- — 415. Appareil Walwooch (première disposition).......................... 279
- — 416. — (deuxième disposition).......................... 280
- — 417. — (troisième disposition)......................... 280
- — 418. — (quatrième disposition)......................... 281
- — 419. Dynamomètre de M. Wenner......................................... 281
- — 420 à 422. Romaine micromètrique de M. Geo. Thomas 282
- — 423. Ilumecteur d’air pour ateliers de filature et tis-
- sage, de M. Armand Petit......................................... 283
- — 424. Machine à couper les tissus de M. Guillaume Tous-
- saint.......................................................... 284
- Pages.
- Fig. 425. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe Walser
- (plan)............................................... 285
- — 426. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe Walser
- (vue de face).......................................... 286
- — 427. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe Walser
- (vue du côté gauche)................................. 286
- — 428 et 429. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe
- Walser (coupe)................................... 287
- — 430 et 431. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe
- Walser (détails)................................. 288
- — 432. Machine à couper les tissus, de M. Adolphe Walser
- (vue du côté droit)................................... 288
- — 433. Machine àtisser les rubans, de MM. Biernatzki frères. 291
- — 434. — — 292
- — 435 à 437. Machine à tisser les rubans, de M. Moraes. 293
- ____ 440 ct y j > Appareil a teindre, de M. Vandermersschel ^99
- — 442. Machine à teindre en écheveaux de M. Corron..... 301
- — 443 à 446. ^ Machine à teindre en écheveaux, de( 302
- — 447 et 448. ) M. Corron,..............................( 303
- s- 449 et 450. Machine à teindre au large, système Corron,
- construite par M. Dehaître...................... 305
- — 451. Appareil de M. Fernand Dehaître pour la prépara-
- tion de la décoction du bois de campêche...... 306
- — 452 et 453. Machine à teindre de MM. Klauder rères... 307
- — 454. Laineuse, de MM. Grosselin père et fils................... 311
- — 455 à 460. Laineuse, de MM. Grosselin père et fils.... 312
- — 461. Laineuse métallique continue de M. F. Martinot
- (vue perspective)...................................... 315
- — 462. Laineuse métallique continue de M. F. Martinot
- (coupe)................................................ 316
- — 463. Laineuse métallique continue de M. F. Martinot
- (détails).............................................. 317
- — 464. Tondeuse de MM. Grosselin père et fils.................... 319
- — 465. Fouleuse à cylindre de MM. Grosselin père et fils. 319
- — 466. Fouleuse à maillets de MM. Grosselin père et fils.. 320
- — 467. Machine à velouter....................................... 321
- — 468 et 469. Laineuse de MM. F. et H. Bauche (détails). 322
- — 470. Laineuse de MM. F. et H. Bauche (perspective)... 323
- — 471. Machine à lainer à chardons métalliques de
- MM. Leclère et Damuzeaux............................... 324
- — 472. Machine à humecter de M. Rod. Kron....................... 325
- — 473 et 474. ) Machine à humecter de MM. Rod. Kron( 326
- — 475 et 476. ) (détails)......................................( 327
- — 477 et 478. Fouleuse de MM. Barette .................. 327
- — 479. — — (perspective)........ 328
- — 480 et 481. Machine à dévider pour flottage Grant.... 329
- — 482 et 483. — — — (détails) 332
- — 484. Clarificateur à benzine.................................. 325
- — 485. Presse à chaud continue à pression hydraulique de
- M. F. Dehaître......................................... 336
- — 486. Presse à chaud continu à pression hydraulique de
- M. F. Dehaître......................................... 337
- — 487. Machine, à dérompre les tissus, de M. F. Dehaître. 338
- — 488. La Robertine, construite par M. F. Dehaître..... 340
- — 489. Machine à laver les écheveaux, système Caron, de
- M. F. Dehaître......................................... 352
- — 490. Appareil étendeur, système Tachon, de M. F. De-
- haître................................................ 342
- — 491. Machine à déplisser et vaporiser les tissus, système
- Bernot, de M. F. Dehaître.............................. 344
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