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Avis pour neutraliser à peu de fraix les fosses d'aisance, afin d'en faire la vidange sans inconvénient & sans danger ; suivi des Observations sur la critique de cet écrit, insérée dans le Journal de Paris du 12 juin 1782
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- Tour neutralifer à peu de fraix les FoJJes d’aifance , afin d’en faire la vidange fans inconvénient ôC fans danger ;
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- Des Obfervations fur la critique de cet Écrit , inférée dans le Journal de Paris du 12 Juin 1782,.
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- Par M. de Marcorelle , Baron d’Efcale , de l’Académie Royale des Sciences & Belles-Lettres de Touîoufe $ ancien Secrétaire de cette Société } Correfpondant de l’Académie Royale des Sciences de Paris , de la Société Royale de Médecine de France , &c.
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- De l’Imprimerie de J. Besse, Imprimeur du Roi
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- Juillet 1782.
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- F O lf R ræutralifer a peu de fraix les Fojfes d’aifance, afin d’en faire la vidange fans inconvénient & fins danger»
- Vomgo.
- ....... Sævam exhalat opaca mephitinu
- nrS.
- I Paccident funefte qui arriva ïe 16 Avril 1779 y dans une FoiTe d’aîfance de Narbonne , jeta d’une part le deuil & la confternation dans cette Ville , il a procuré de l’autre des avantages inappréciables à Phumanité., C’eft cet accident dont je rendis compte y le 3 Mai fuivant, à l’Académie royale des Sciences de Paris 7 qui a déterminé cette Compagnie à définir exa&ement l’afphyxie ôc l’apopléxie, à bien établir les caractères conftitutifs ôc diftinétifs de l’une ôc l’autre de ces maladies , que l’ignorance ne confond que trop fouvent, ôc à expofer, d’une manière claire ôc précife , la méthode ( 1 )
- ( 1 ) Le rapport de mon Mémoire fur le Méphitifme de Narbonne , fait le 30 Juin 1779 , à l’Académie royale des Sciences , contient cette méthode. Ce rapport, dont la Galette de France y les Journaux ÔC autres Papiers publics ont parlé, eft imprimé à la fuite du Mémoire cité ci-deffus.
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- qu’il faut fuivre dans le traitement des Afpbyxiés. C’eft cet Accident qui a porté les Savans à publier divers écrits , qui ont répandu le plus grand jour fur le méphitiftne ; à découvrir les fources les plus cachées de la vie, & à les rouvrir , pour refiufciter des Citoyens fauffement réputés morts , & les rendre à là patrie, dans le moment même où leur mort apparente lui faifoit verfer des larmes fur eux. C’eft cet Accident enfin qui a engagé, les Phyfi-ciens & les Chimiftes à chercher des moyens pour prévenir les effets terribles des vapeurs méphitiques , empêcher que leurs miasmes n’altèrent la pureté de l’air , & parvenir à les difîiper & à les neutralifer.
- La découverte de la neutralifation des réfervoirs de corruptions , d’où s’élèvent fans ceffe des volcans putrides qui portent par-tout l’infe&ion & la mort , étoit réfervée à ce fjècle : quand on en confidère l’importance , on eft étonné qu’elle ait été fi tardive.. Ce n’eft pas que dans les temps antérieurs la Phyfique & la Chimie réunies , ne fe foient occupées de la recherche des moyens de faire, avec le moins de danger poffible", la vidange des Foliés d’aifance J mais ceux que ces fciences ont trouvés jufqu’à ce jour, font compliqués , difpendieux, & fouvent infuffifants & inefficaces. Entre cés moyens , on diftingue ceux du feu & du ventilateur. Je vais effayer d’en donner une idée , d’après celle qu’en ont donné. MM. Laborie , Cadet Devaux êc Parmentieri
- Le feu eft un fourneau de reverbère afpirant par fon fond ,, placé au milieu de l’attelier des Vidangeurs, fur un trépied élevé’ de terre d’un ou deux pieds, le dôme du fourneau furmonté de tuyaux de tôle qui: ont leur iffue en-dehors.
- Le ventilateur confifte en un cabinet de ménuiferie , placé fur"* l’ouverture de la Folle , dans l’intérieur duquel le vent de plufieurs foufîlets qui jouent en-dehors, fe rend par trois tuyères , dont" deux, horizontales, aboutiiTent à l’orifice du réfervoir ; Vautre tuyère part de la partie fupérieure du cabinet, fouille du haut en: bas y & perpendiculairement au même orifice. On bouche toutes les ouvertures qui répondent à la Foflè , à l’exception de celle' qui eft la plus voifine du toit. Sur celle-ci on établit un entonnoir de fer-blanc , fervant de bâfe à plufieurs tuyaux placés les uns dans les autres, & prolongés jufqu’au-deffus des msifon?. Par cet arrangement,& le jeu des fouftlets , on établit, du cabinet à fi ex-
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- trêmité des tuyaux , un courant d’air qui fe charge fans cefTe des vapeurs méphitiques de la Fofïe , & les porte dans le vague de Patmofphère. Le ventilateur eft aujourd’hui fi connu , qu’il feroit fuperflu d’en faire une plus ample defcription.
- Quoiqu’on donne , dans la vidange des Foftes , la préférence aux moyens dont je viens de parler, ils ne laiffent pas que d’être fujets a des inconvéniens d’une dangereufe conféquence. Les Au-q teurs que j’ai déjà cités en ont relevé & publié quelques-unes j en voici un apperçu.
- i°* Le feu, de quelque manière qu’on en faffe ufage , fait éprouver aux Vidangeurs une chaleur très-incommode.
- 2°* Il ne fauroit empêcher les émanations pernicieufes des matières fétides, lorlqu’après avoir été tirées des FofTeSj..on les tranfporte en plein air.
- 3°* Le ventilateur eft un appareil très-compliqué. Le Cabinet, dont dépendent fes avantages , trouve fouvent , dans le locaf des Foftes, des empêchemens qui ne permettent pas de sVi* fervir;.
- 4°* Le courant d’air que détermine l’appareil du ventilateur y dans les FoITes , eft fî luperficiel , qu’il laifte la mafte méphitique dans l’état de ftagnation qui fait le danger des Vidangeurs»
- ^°* La vapeur des FoITes, chaftee par le jeu des foufEets , n’en exifte pas moins dans l’atmofphère : il eft des cas ou elle retombe êc produit des accidens fâcheux , même à de grandes, diftances de la FofTe d’où elle s’eft élevée..
- 6°' Enfin , tous ces moyens ne font que des palliatifs y de ne* fauroient détruire le principe du méphitifme.
- Il étoit temps qu’on ne livrât plus au hafard une opération autant importante 8c dangereufe , que l’eft celle de la vidange des Foftes d’aifance. De cette opération dépendent la fanté, la vie des hommes, 8c principalement de ceux de la dafte qui en eft fpé-cialement chargée ; claftè fi utile , 8c pourtant fi dédaignée } clafte que fes fondions rebutantes 8c fes périls imminents rendent fi déplorable i clafiè qui rifque de perdre la vie pour fauver celle des autres , 8c de trouver à chaque inftant fon tombeau dans fon laboratoire.
- Qu’il eft affligeant d’entendre dire enfuite froidement , que cette claftè n’eft compofëe que de Porte-faix accoutumés à vendre la
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- force de leurs épaules à leurs concitoyens ( i) ! réflexion inhumaine & méprifable î il n’y a que des âmes viles de barbares qui foienc capables de la faire : il feroit plus difficile de les changer , que de neutralifer quelqu’amas de corruption que ce fût.
- Celui des Fofîès d’aifance eft le produit des déjeébions groffiè-res des parties animales de végétales, de des fubftances gazeufes décompofées , atténuées de mifes en aétion par la chaleur fouter-raine ; les vapeurs méphitiques qui s’en exhalent étant d’une nature acide , il étoit naturel de penfer que les alkalis feroient les agens qui pouvoient le mieux les neutralifer de les détruire. C’eft d’après cette idée qu’a été réglé le plan des expériences dont je vais rendre compte : je ne me fuis déterminé à les publier, qu’après les avoir vérifiées avec M. Calmettes (x) , qui les avoit déjà faites. La vérification de la répétition de ces expériences , ont fait voir que parmi elles il y en a dont la réuffite n’eft pas heureufe : je ne fais aucune difficulté de les rapporter avec celles que le fuccès a couronné , parce qu’elles peuvent épargner des tentatives inutiles, à ceux qui voudroient les répéter ou en faire de nouvelles.
- i°* Une partie de gypfe jetée fur deux parties de matières fécales , abforbe leur humidité , fans détruire leur odeur.
- %°* Une partie de chaux réduite en poudre par l’a&ion de l’air, ayant été jetée fur quatre parties d’excrémens de d’urines mêlés enfemble , il s’éleva du mélange une grande quantité d’alkali volatil; mais l’odeur putride n’en fut pas entièrement diffipée.
- 3°* Une partie de lait de chaux rendu plus cauftique par une lef-five de cendres ordinaires , étant jetée fur quatre parties d’excrémens & d’urines mêlés 7 détruit fur-le-champ le principe odorant de ce mélange : quelque mouvement qu’on lui imprime , il eft toujours inodore. Dans cette expérience , il ne fe dégage pas d’alkali volatil.
- ( i ) Journal de Médecine , année 1779 , mois de Septembre , pag. 268. ( 2 ) Cet habile Me. en Chirurgie, ce digne Lieutenant du premier Chirurgien du Roi, a des connoiflances fort étendues fur la Méchanique, l’Anatomie , la Chimie , l’Hiftoire naturelle , la nature St la qualité des remèdes propres à chaque maladie: il porte beaucoup d’intelligence, d’exaéfitude , de précifion St de dextérité dans les expériences phyfiques ôt les opérations chirurgicales.
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- -, Une Partie de lait de chaux rendu également plus cauftique par la lie de vin calcinée , ayant été projetée fur deux parties de matières fécales , d’urine & de foin haché , qui, depuis neuf mois, étoient enfermés enfemble dans une cucurbite de verre bien lutée , détruifit , aü moment même de leur proje&ion , leur principe odorant, fans qu’il s’en dégageât aucun atôme d’alkali volatil.
- ^°* Le mélange de la précédente expérience fut mis dans un baquet de vendange , où il s’éleva à la hauteur de 4 pouces : on y ajouta fix livres de chaux en poudre , ôc neuf livres de fang de bœuf : on y jeta encore chaque jour d’autres excrémens ôc de l’urine., Ce nouveau compofe, qui remplit prefque le baquet , ne rendit, dans l’efpace de deux mois, aucune mauvaife odeur.
- 6°* Four favoir fi l’odeur putride ne reparoîtroit pas, on fépara quatre livres de la partie la plus fluide des excrémens neutralifés, ôc on les verfa dans un vaiffeau de terre de grès. Ce vaiffeau ayant été expofé , pendant 20 jours, à l’aélion de l’air , la matière qu’il contenoit fut toujours inodore. Il fe forma à la furface, une pellicule femblable à la crème de chaux. Après l’évaporation, il refta un précipité terreux qui , mis fur une pelle rougie, exhala une odeur animale très-fenfihle^
- Ces expériences ont été faites en grand par des particuliers de Narbonne. Leurs FofTes d’aifanee n’avoient point été vidées depuis près d’un fiècle , ôc elles eontenoient environ 100 pieds cubes de matière fécale, qui étoit liquide à la furface , & jufqu’à deux pieds* de profondeur. Il étoit à craindre qu’en l’enlevant il n’arrivât des accidens fâcheux. Dans la vue de les prévenir, on fit une leffiver avec du falicor (1) puLvérifé & des cendres ordinaires, dans laquelle
- ( 1 ) Les expériences rapportées dans mon Mémoire fiîr lë Salicor, font voir que le fuc ôc le marc de cette plante contiennent du fel marin r ôc une grande quantité d’alkali minéral , ÔC qu’on retrouve les mêmes fels , fans être décompofés, dans la matière qui provient de la plante, après la combuftion ôc la calcination. Cette matière eft le Salicor en pierre. Savons Étrangers, Tom. V. pag. 531 ôc fuiv.
- Ce Mémoire for le Salicor pourrait fournir peut-être quelques éclairciffemens à ceux qui concourent pour le prix que donnera , en 1783 l’Académie royale des Sciences, ôc dont le fujet eft de trouver le procédé le plus limpie ÔC le plus économique pour décompofer en grand ce fel de mer, en extraire i’alkali qui luî fort de bâfo, &c^
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- on éteignit de la chaux vive réduite en poudre par l’aétion de Pair*' & on la jeta , à différentes reprifes , par le Ïïége d’aifance , fur la matière putride. Après la projeChon de la lelîive , cette matière fut inodore , & on fit la vidange de la Folîè qui la renfermoit, fans que l’odorat en fut bleiîe , & fans qu’on éprouvât la plus légère incommodité.
- Ce procédé réunit plufteurs avantages : jl neutraîife à jamais la matière putride , ainft que je démontrent les expériences rapportées , & notamment la ^e- & la 6e* Il eft ftmple j on peut le faire en tout temps , en tout lieu de dans toutes,, les circonftances. II eft économe, puifque ou zo fols fuffifent pour neutralifer quelque magaftn de corruption que ce foit.
- ( Four remplir cet objet, il faut éteindre dans environ deux quintaux & demi d’eau naturelle , à peu-près <50 livres de chaux vive : on ajoute enfuite à ce lait de chaux , 3 ou 4 livres d’un alkali fixe quelconque , foit concret, doit en liqueur. Il eft inutile de dire que plus ce mélange aura de force ôc d’énergie , & plus l’effet qu’il produira fera fenftble.
- O11 range dans la claiïè des alkaîis concrets, la potaffe, la lie de vin calcinée , le falicor, la fonde, le varech , le fel de tartre 9 le tartre calciné , &ç.
- On comprend dans la claffe des alkaîis en liqueur , l’huile de tartre, la lelîive des favonniers, celle des buanderies, toutes les leftives de cendres, &c.
- Comme on trouve par-tout, à bas prix , ces alkaîis & le lait de çhaux , il eft: facile de faire la compofttion que je viens d’indiquer.
- Dès qu’elle eft faite , on en répand une partie proportionnée à la grandeur de la Foffe à vider, fur la matière putride. Cette projection fe, fait par la lunette de conduite.
- Après qu’on l’y a jetée, il ne peut qu’être avantageux de percer avec une longue perche, â différents endroits, la matière putride. De cette façon , la compofttion s’infinuera mieux dans cette matière , en pénétrera plus intimement les différentes couches , & parviendra plus facilement jufqu’au fond de la Foffe.
- Si , par un événement imprévu , il arrive qu’après l’enlèvement de quelques couches de la matière putride , la mauvaifè odeur re-paroilîe dans la Foffe, la prudence exige qu’on y répande une autre quantité de la même compofttion. Comme on l’a Commodément f
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- dément, & , pour ainfi dire , fous la main , il fera aifé de faire cette nouvelle afperfion.
- Pour l’ordinaire , les FolTes d’aifance répandent , quelques jours après leur vidange , une odeur plus défagréable encore que celle qu’elles répandoient avant que d’être vidées. Si durant ces jours, des maçons y defcendoient pour les réparer , ils rifqueroient d’éprouver les effets funeftes de la mofette , d’en être les vi&imes. On a remarqué aufli que ceux qui fe préfentent dans ces circonf* tances fur le ftége d’aifance , font expofés à la dyffenterie & à des hémorroïdes douloureufes. Le retour de la vanne dans ces Foffes produit ces incommodités ôc la mauvaife odeur. On préviendra ces inconvéniens , en arrofant avec la compofition indiquée , les murs ôc le fond des Foffes récemment vidées.
- Quand on a des Foffes d’aifance à faire vider, ôc qu’on ne craint pas la dépenfe , on peut fe fervir d’une forte leffive alkaline , fans y ajouter le lait de chaux. Cette leffive rendra parfaitement inodore la matière putride. Si , au-contraire , on veut ufer d’économie , on pourra neutralifer cette matière avec le feul lait de chaux ? fans addition d’aucun alkali y mais il faut alors employer un peu plus de lait de chaux. L’expérience a fait voir qu’on réuf-fiffoit au mieux en fuivant ce procédé , le moins coûteux de tous , quoique les autres le foient fort peu. Pour tout concilier 5 on a préféré celui du lait de chaux y ou l’on ajoute un alkali fixe quelconque. Ce procédé participe des deux autres \ il eft mixte. Le fuccès complet qu’il a eu dans la vidange des Foffes d’aifance ou il a été employé , a déterminé à lui donner la préférence.
- D’après ce qui vient d’être dit, on comprend qu’il eft facile de fuppléer à peu de fraix y dans les maifons des particuliers y les Foffes d’aifance : il ne s’agit que d’avoir un baquet , au bout fu-périeur duquel on établit le fiége : <5 ou 6 livres de chaux vive, une petite quantité de tendres ôc deux fceaux d’eau jetés dans ce baquet, empêcheront que les déjeétions groffières qu’il recevra ne répandent aucune mauvaife odeur. O11 voit fans peine qu’au-lieu d’un baquet, on peut employer une chaife, un fauteuil, un fopha, ôc leur donner même une forme élégante.
- La matière fécale étant neutralifée de la manière qu’on vient de rapporter , eft un excellent engrais pour les terres : nuifîble ôc pernicieufe aux arts , aux hommes , ôc fur-tout aux malades, quand
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- elle eft dans fon état naturel , elle devient , après l’avoir perdu , utile & profitable à l’agriculture & à l’humanité.
- L’importance de l’avis que je prends la liberté de donner au public, me fait efpérer qu’il voudra bien me pardonner les détails que j’ai été forcé de mettre fous fes yeux. Dans un fujet fi étroitement lié au bien de l’humanité J, j’ai cru qu’il valoit mieux en trop dire , que d’en dire trop peu. Si en fui van t le procédé que j’ai indiqué pour faire fans inconvénient & fans danger la vidange des FofTes d’aifance , on parvient à fauvtr la vie d’un feul citoyen , j’aurai obtenu de mon travail la plus douce récom-penfe qu’il foit pofïibîe d’ambitionner lorfqu’on s’intéreffe à la confervation des hommes : rien de ce qui les regarde ne fauroit m’être indifférent,, & moins encore étranger.
- Homo fum , humant à me nil alienum puto.
- Tercncc.
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- OBSERVATIONS
- SUR la critique (Tun Écrit intitulé ; Avis pour neutra-lifer à peu de fraix les Fofles d’aifance ; par M. de Marcorelle , &c.„... inférée dans le Journal de Paris du /z Juin tySz.
- ..Ego cur acquirere pane a.
- Si pojjum invideor ?
- Hor.
- LE feul motif* de l’utilité publique me détermina à publier au mois de Mars dernier, un Ecrit qui a pour titre : Avis pour neutralifer à peu de fraix les Fojfes d’aifance- ? afin d’en faire la vidange fans inconvénient & fans danger. MM- les Journalifles du Journal de Paris ont cru devoir l’annoncer dans leur Feuille du iz Juin 1782 , N°* 1^3 5 pag. 660 7 à l’article Chimie (1). Ils auroient pu faire fentir les avantages de ce Mémoire : ils fe font bornés à le critiquer. Je déclare d’abord, avant de répondre à leurs remarques r que loin d’avoir prétendu à la gloire des
- (T) Cet Ecrit a été imprimé depuis dans le Journal de Phyfique du mois de Juin 1782 , pag. 440 y 8c lu au commencement du mois de Mai précédent, à l’Académie Royale des Sciences de Paris , qui a bien voulu Taccueillir favorablement. Huit jours après cette. le&ure , M. de Lavoifier , qui n’y avoit pas affilé , fit part à la même Académie , d’un Mémoire fur les différents gaz de la matière fécale. Cet Académicien prouve par fes expériences , que l’on en obtient de l’acide méphitique 8t de l’air inflammable j que les acides verfés fur cette matière , dégagent une énorme quantité de ces airs , 8c que les alkalis cauftiques retiennent au-contraire ces différents gaz.. J’ignore en quoi ces expériences peuvent s’accorder avec les miennes , 8e en quoi elles en diffèrent. Ce qu’il y a de vrai, c’eft que celles que j’ai communiquées au public font d’une date antérieure de quelques mois.,
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- Il
- découvertes , je n’ai jamais afpiré qu’à celle de foulager l’humanité y & j’euffe été peu touché de leur critique , fi elle m’avoit paru plus honnête & moins injufte.
- Les Auteurs du Journal de Paris , me reprochent de mJêtre arrogé une découverte qui appartient à MM. Laborie , Cadet De-vaux & Parmentier ? & de donner pour neuf un procédé tijité depuis 1778 , dans toutes les occafions ou Von a eu à combattre le méphi-tifme. Ces reproches font graves } il ne s’agit que de favoir s’ils font fondés, & fi je me fuis mis dans le cas de les mériter. Pour en juger avec connoifîànce de caufe , il faut examiner , i°* 11 l’expofé que les Journaliftes font du procédé que j’ai indiqué pour neutralifer les Fofies d’aifance , eft exaft j fi l’idée qu’ils en donnent au public eft jufte , 6c fi cette idée 6c cet expofé ne font pas propres à l’induire en erreur dans un fujet de la plus grande importance ? 10' fi MM. Laborie , Cadet Devaux 6c Parmentier , font effe&ivement les premiers qui ayent employé la chaux vive pour définfe&er ces Fofies j & s’ils font véritablement les Auteurs de cette découverte ? 30* fous quelle forme ils ont
- employé cette fubftance \ fi je l’ai employée fous la même forme , ou fous une forme différente , plus .propre à donner une plus grande étendue à fa fphère d’a&ivité ? 40. 11 d’autres que M. Calmettes 6c moi ont employé, pour la définfeétion des Fofies, le lait de chaux mêlé avec les alkalis i quelles font les expériences qu’ils ont faites à ce fujet , 6c quel eu eft le ré-fultat?
- Pour la décifion de ces queftions, je ne rapporterai que quelques faits connus 6c inconteftables : les preuves de cette forte font les feules que j’adopte pour ma juftification.
- i°* En expofant le procédé que j’ai indiqué pour neutralifer les Fofies d’aifance , les Journaliftes difent que ma découverte confijle dans la chaux vive ou le lait.de chaux. Cet expofé, qui fert de Fafe à leur critique , manque d’exa&itude, Ma découverte ne confifte pas dans la chaux vive ou le lait de chaux \ elle confîfte uniquement dans l’emploi du lait de chaux , mêlé avec des alkalis. Il n’eft pas queftion dans mon Mémoire, de l’emploi de la chaux vive. Les Journaliftes ne la nomment immédiatement avant le lait de chaux, que pour mieux rapprocher , à la faveur de l’équivoque qui peut naître de ces noms ? mon pro-
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- cédé de celui des trois Chimiffes , & avoir par-là un prétexte plus fpécieux de dire que je me fuis arrogé leur découverte j mais elle relfemble fi peu à la mienne ^ ou plutôt , elle lui eft fi op-pofée , qu’il n’eft pas pofîible de les confondre. En effet , le lait de chaux diffère d’autant plus de la chaux vive , qu’il eg: le produit de la chaux éteinte dans de l’eau (i): ce font-là deux modifications de la chaux bien différentes j ôc cette fubftance , fous ces modifications , produit des effets différents. La chaux vive ne fauroit détruire , dans les Eoffes d’aifance , le méphi-tifme , comme on le verra bientôt. Le lait de chaux ôc les al-ftalis mêlés enfemble , le détruifent au-contraire , ainfi que Inexpérience l’a démontré. Cet éclaiciffement fur ces deux états de la chaux , renverfe de fond-en-comble les prétentions des Auteuis du Journal de Paris.
- i°* Envain des Journalifles ne cefîent de répéter que l’ufàge de la chaux pour définfeéfcer les FofTes d’aifance , n’a commencé qu’à P année 1778 , époque de la publication de l’ouvrage des trois Chi-miftes, ils ne parviendront jamais à le perfuader. La chaux étant reconnue comme un des plus puiffants anti-feptiques , divers peuples en projettent dans leurs Eoffes daifance , depuis un temps immémorial , afin d’y enchaîner les vapeurs empeftées répandues dans l’atmofphère de ces Eoffesôc les empêcher de s’exhaler ôc d’altérer la falqbrité de l’air. Cet ufage fe pratique depuis plufieurs fiècles dans différentes Villes de France ôc d’Allemagne , &c. Depuis long-temps encore , omeharge dans beaucoup d’endroits le cercueil des cadavres, d’une certaine quantité de chaux vive, afin de détruire les miafmes fétides, &c. A ces faits manifeffes , joignons le témoignage de MM. les Commiffaires de l’Académie royale des Sciences (x), qui 11e fauroit être fufpeét aux trois Chimiftes. Dans leur rapport de l’ouvrage fur les Eoffes d’aifance , ces
- ( 1) Si on veut mieux favoir en quoi confifte la différence qu’il y a entre la chaux vive St le lait de chaux , on peut confulter , indépendamment des livres de Chimie, l’Encyclopédie , au mot Chaux , Tome III, pag. 2(54, première édition in-folio ; le Dictionnaire de M. Macquer, aux articles Chaux St Lait de chaux , ôte.
- (2) Ces Commiffaires font MM, le Comte de Milly, Layoijier St Fouge-roux de Bondaroy.
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- CommiiTaïres s’expriment ainfi : « Après les moyens dont nous 3> venons de rendre compte ( i ) MM. Cadet, Parmentier & La-»? borie en propofent un autre , qui confifte à projeter de » la chaux en poudre ? de la mêler avec les matières fécales. $ Cette méthode efl très-connue r 6c fe pratique dans plufieurs » endroits du Royaume & d’Allemagne (2).
- Il efl donc évidemment démontré que les trois Chimifles ne font pas les premiers qui ayent fait ufage de la chaux pour réprimer dans les FofTes l’infection, des vannes , & que je n’ai pu par conféquent leur enlever ni m’arroger une découverte qui ne leur appartient vp^s. Ils en ont fait tant d’autres qui intéreffent également la vie & la fanté des hommes r dont ils ont la pai— fible jouiffànce ? qu’ils peuvent bien fe départir de celle-ci fans crainte de s’appauvrir.
- 30* Peut-être que la forme fous laquelle les trois Chimifles employent la chaux pour défmfeéter les Foffes , leur efl tellement propre qu’elle peut les faire regarder comme Auteurs de cette découverte ! mais cette forme eft celle de la chaux qu’em-pleyent divers peuplés pour le même objet \ c’efl la chaux en poudre sèche; Il n’eft parlé d’aucune autre forte de chaux ni dans le Journal de Paris y ni dans l’Ouvrage des trois Chi-miftes , ce qui prouve que c’efl la feule dont ils font ufage.. Inexpérience a appris que la chaux en pierre ne détruit pas la mauvaife odeur des FoiTes (3)5 & que fès effets à cet égard font abfolument nuis : il fuit de-là que la chaux en poudre ne la détruit que par l’expanfion de la pouffiëre calcaire qui fe* répand dans l’atmofphère de ces FofTes. N’agiffant que dans cette atmofphère , la définfeétion qu’elle produit n’eft que momentanée j mais n’attaquant ni ne pouvant attaquer le foyer de corruption , elle ne peut détruire le méphitifme.. Pour que la chaux en poudre le détruisît ? il faudrait que ces particules pénétraient
- (1) Les moyens dont partent MM. les Commiffaires , font le feu & le ventilateur. Les trois- Chi mi lies ne font pas non-plus les premiers qui les ayent employés. Voye\ ce qu’en difent les Coramiffaires de l’Académie , dans le: Rapport, page 77.
- (2) Voye\ le Rapport, page 78.
- (3) Voye\ le Rapport, page 89.
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- la mafTe putride , qu’elles s’infinuaffent entre les parties de cette mafTe , les divifaiTent , les atténuaflènc , les décompofafTent, &c. mais elle ne fauroit opérer d’aufîi grands effets , i°* parée qu’elle n’a ni affez de ténuité , ni afîèz de fineffe , ni affez de force J z°m parce qu’elle eft dénuée du véhicule qui lui eft né-ceffaire pour multiplier les furfaces , augmenter les nombres des points du contact de la mafïè fétide , 6c déployer enfin toute fon énergie.
- C’eft cette infuffifànce de la chaux dans fon état pulvérulent , qui m’a déterminé à la remplacer par le lait de chaux , en y ajoutant des alkalis. Les expériences que j’ai faites avec M. Cal-mettes , fur les matières fécales , m’ayant fait voir que ces fubf-tances donnoient beaucoup d’acide gazeux, je conjecturai que les agens les plus propres ôc les plus efficaces pour annihiler les vapeurs méphitiques qu’elles renfermoient étoient les alkalis cauftiques J mes conjectures fe font vérifiées , le lait de chaux rendu plus cauftique par les alkalis, a fort bien neutralifé les foifes dans le fi-quelles on l’a répandu. Quand même pour les définfeCter je n’aurais fubfèitué à la chaux en poudre , que le lait de chaux y il paraît que j’aurois donné un procédé nouveau. Cette manière d’employer la chaux dans ces cas , eft: en effet nouvelle , ôc les trois Chimifles n’en ont jamais fait ufage fous cette modification. Mais ce procédé mérite bien plus encore la qualification de neuf, quand il confifle dans un mélange de lait de chaux avec des alkalis, que perfbnne , que je fâche , n’avoit employé avant M. Cal-mettes ôc moi. En général, pour avoir le mérite d’une découverte, il ne fuffit pas d’être le premier à employer telle ou telle matière, il faut de plus favoir la mettre en œuvre de manière à développer le principe d’activité qu’elle peut renfermer, pour produire fans obftacle l’effet qu’on fe propofe (i).
- ( i ) Si MM. Laborie , Cadet Devaux ôc Parmentier, dont l’ouvrage fur les Foffes d’aifance a obtenu avec raifon l’approbation de l’Académie Royale des Sciences , veulent confentir à ce que cette Compagnie décide i°* s’ils font les premiers qui ont fait ufage , dans hss Foffes d’aifance , de la chaux en poudre , 8t fi cette découverte leur appartient ? i°* fi je me la fuis arrogée en donnant dans Y Avis pour neutraliser ces Folles , le procédé qai confifte à employer le lait de chaux rendu plus cauftique par les alkalis ? 3°* Si ce dernier procédé eft neuf, je leur déclare d’avance que je foufcris aveuglement & entièrement à la décifion qu’elle prononcera,
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- 4°* On ne fera pas furpris que les Auteurs du Journal de Paris fé foient abufés au point de croire qu’ils perfuaderoient que je me fuis arrogé le procédé connu ôc pratiqué , non depuis 1778 y mais depuis plufieurs Aèdes 7 à ceux qui , faute d’une certaine attention, ou par une méprife involontaire , peuvent confondre le lait de chaux avec la chax vive : mais on fera fans doute étonné qu’ils fe foient portés à me faire le même reproche au fujet du procédé du lait de chaux mêlé avec des alkalis. Nous nous flattions , M. Calme tte s ôc moi, d’être les premiers ôc les feuls jufqü’à préfent qui eufiions fait des expériences fur les matières fécales r ôc donné, pour neutralifer les Foffes d’aifance , la méthode d’employer le lait de chaux en y ajoutant des alkalis (1) : les Auteurs du Journal de Paris vont nous faire appercevoir de notre erreur. Voici comment ils s’expriment : ces moyens ( les alkalis caufliques ) nos Chimifles les ont tentés dans les diverfes expériences auxquelles ils fe font livrés. Qu’il nous foit permis de leur demander pour notre inftru&ion 5 fi les expériences qu’ils ont faites étoient conformes aux nôtres , ôc dans quel livre ils. en ont dépofé le ré-fultat ? Il eft certain qu’il n’en eft pas parlé dans leur fameux Ouvrage fur les Fofïès d’aifance : nous l’avons parcouru d’un bout à l’autre, ôc nous n’avons pas fu y trouver une feule fois les mots lait de chaux , alkali fixe-
- (1) L’approbation que M. le Comte de Buffon a bien voulu donner , de fbn propre mouvement, à la méthode de l’emploi du lait de chaux mêlé avec les alkalis , pour neutralifer les Foffes d’aifance, eft fi flatteufe, fi ho norable ôt fi précieufe , qu’elle mérite qu’on en fàffe une mention exprefié. Après avoir remercié M. Décampé, des belles* ôc bonnes obfervations que ce zéléJDire&eur de la Feuille, périodique de Narbonne lui a envoyées., fur l’oifeau PHœnicoptère, le Pline françcis s’exprime ainfi dans la lettre qu’il lui, a écrite de Montbard en Bourgogne, le 14 de ce mois (Juillet 1782):
- te J’ai reçu- par la voie de Touloufe , au mois d’Avril dernier, un exem-» plaire de l’ouvrage de MM. de Marcorelle ôc Cal mettes, ÔC je l’ai donné à y> M. Amelot, en le lui recommandant....... Ôt comme j’ai quitté Paris dans
- » ce temps, je ne fais pas l’ufage qu’en aura fait M. Amelot y mais il eft fûr » que MM. de Marcorelle Ôt- Calmettes font dans les bons principes ,
- AJ. Cadet de Ga7j.c0u.rt, de l’Académie Royale des Sciences, marque aufti dans fa lettre du 8 Mai précédent ,, à-M. de Marcorelle , que le procédé publié par ce dernier 3 eft félonies vrais principes de la Chimie,:
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- Les favants CommifTaires de l’Académie font mention dans leur Rapport ( i ) de quelques expériences qu’ils ont faites, tantôt avec les alkalis fixes, tantôt avec la chaux vive > tantôt avec la craie 9 jetés fur une difïolution de foie de fouffre décompofé J mais ils n’ont elîayé ces fubftances que féparément, ôc ils ne fe font point occupés à les éprouver r ni en les mêlant enfemble y ni en employant le lait de chaux.
- Tous ces moyens ( continuent les Journaîiftes ) réufjljfent mer-veilleufement en petit , mais ils font impraticables en grand ? ne fût-ce que relativement à la dépenfe. Les mêmes motifs nous déterminent à demander encore aux mêmes Chimiftes y dans quel ouvrage ils ont parlé de ces expériences faîtes en petit ôc en grand ? ôc de leur bon ôc mauvais fuccès ? Il paroît allez fingu-lier que des expériences qui réuffjfent merveilleufement en petit y ne réuffilTent pas en grand , fur-tout lorfqu’elles font faites en préfence ôc fous les yeux de trois habiles Chimiftes , Infpeéleurs-généraux des objets de falubrité. Les nôtres ont été plus heu-reufes \ elles ont réuffi de toutes les manières , ôc ont eu le fuccès le plus complet dans la vidange des FolTes d’aifance ? quoiqu’elles ne fiifïènt dirigées que par des Maçons.
- Si parmi les moyens de neutralifer les FolTes, dont il a été parlé jufqu’à préfent ? il y en a dont la pratique loit difficile ? c’efi: celui de la chaux en poudre sèche , propofé par les trois Chi-mifles (2): MM. les CommifTaires de l’Académie des Sciences vont nous l’apprendre \ écoutons- les 5 ce font eux qui vont parler.
- « A l’égard de la chaux ? nous croyons qu’elle ne peut fup-« pléer que bien imparfaitement aux deux premiers moyens
- ( 1) Voye\ le Rapport ? pages 102 , 103 St fuiv.
- (2) Le procédé des trois Chimiftes confifte dans l’emploi de la chaux en poudre, qui n’entre pas dans le mien $ celui-ci au-contraire confiée dans l’emploi du lait de chaux St des alkalis , qui n’entrent pas dans le le ur. Ce font deux procédés bien différents î’un de l’autre j comment 3c fous quel prétexte ces Chimiftes me reprochent-ils donc de m'arroger le leur? Ne ferois-je pas mieux fondé moi à leur reprocher qu’après s’être arrogés un procédé connu 5t pratiqué depuis des liècies , ils veulent encore s’arroger le mien ?
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- » (le feu 6c le ventilateur) , r* parce qu’il en faut une trop j> grande quantité pour faturer 6c neutralifer le principe odorant J » ce qui deviendrait coûteux ; 2°* Parce qu’enfin pendant la fatu-» ration les émanations infecteraient toujours le voifinage (i).
- Mais, en fuivant le procédé du lait de chaux mêlé avec les alkalis , on prévient ces inconvéniens , parce que le méphitifme eft retenu 6c enchaîné , pour ainfi dire, par l’effet de ce mélange , 6c ne peut s’élever dans l’atmofphère 5 d’ailleurs , en pratiquant ce moyen , on employé beaucoup moins de chaux ; on le répand i beaucoup mieux , 6c même avec plus de facilité , foit fur l’entière maife putride, foit dans tout l’intérieur des gouffres empeftés. Ces avantages ne dévoient pas être oubliés.
- A l’égard de la dépenfe qu’exigent les moyens de neutralifa-tion que j’ai indiqués , elle ne fauroit être fort confidérable ; j’ai même avancé dans mon Ecrit, que 15 ou 20 fous fufhfoient pour neutralifer quelqu’amas de corruption que ce fût. Il efl vrai qu’il y a des moyens plus coûteux les uns que les autres J mais l’excès de cherté doit être réputé nul , à caufe de la modicité des prix des fubflances qui font employées. Les prix dont il efl: ici queftion font ceux des Provinces , 6c en particulier de Narbonne. On fent qu’ils doivent être plus forts dans la Capitale J mais , quels que foient ces derniers , ils ne peuvent être que modiques.
- Après s’être décidés à pajfer fur mon %èle , qu’ils trouvent trop vif , ôc fur ma morale , qu’ils altèrent, les Journaliftes du Journal de Paris ne veulent plus me faire grâce J aufîi me reprochent-ils de dire pompeufement en terminant mon Ecrit , que fi en fuivant le procédé que fai indiqué , on parvient à fauver la vie d’un feul citoyen , f aurai obtenu de mon travail la plus douce récompenfe qu'il foit poffble d'ambitionner lorfqdon suinté-rejfe a la confervation des hommes. Qu’il me foit permis de croire que les Leéteurs non-prévenus ne verront dans cette phrafe que l’exprefîion du fentiment. Le ton faftueux ne fut jamais le mien i 6c je crois avoir toujours pris celui de la modef-tie dans les différents Mémoires que j’ai publiés.
- (1) Voyei le Rapport, page 108.
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- Parmi ces Mémoires , il y en a qui ont effuyé des critiques. Comme je n’ai point l’humeur batailleufe , je n’ai répondu à aucune. J’aurois tenu la même conduite dans cette occafion , fans la haute eftime que j’ai pour MM. Çadet Devaux 9 Laborie ôc Parmentier , ôc fans l’invariabilité ôc Ja vérité de mon attachement pour les refpeélables Frères de l’un d’eux. Ils voudront bien me permettre les uns ôc les autres , de me renfermer présentement dans le filence, pour ne plus en fortir. Je dois d’autant plus prendre ce parti, que les maux violents dont je fuis accablé, Ôc fur-tout l’extrême affoibliffement de ma vue , qui ne diffère guère de la cécité , m’interdifènt toute forte d’occupations j de travail Ôc de combats.
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