Mémoires du Bureau de consultation des arts
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- On souscrit pour cet Ouvrage qui paroit par caliiers , cïiez l’Edi* teur , Hue Glatigny, A0. 7, en la Cité, au bas du Pont Notre-JDame. Ou en trouve chez lui des collections, réunies en volumes f & qui toutes sont marquées cle sa griffe.
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- DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNE"!ENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS.
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- Tome Premier.
- a paris ,
- DÈ L’IMPRIMERIE DES ARTS. Année 1793, deuxième de la République.
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- MEMOIRE
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- DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS ,
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- JOURNAL
- DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNEMENS
- DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS.
- PREMIER TRIMESTRE.
- Février y Mars &
- Avril l'j93 , l\
- deuxième de la République*
- AVIS DE L’ÉDITE UR.
- Cs E T ouvrage remplace le journal des Sciences, A rts & Métiers , dont il ti paru L'année derniere trente-neuf Cahiers de sefie pages chacun, tr que j’aurois ccnumue fur le meme plan , Ji mon 1 èle n avoit ère enchaîné par des caujes puifjantes dont
- -neuf Cahiers de se fie pages chacun , O que ] aurais coi a mue mon èle n avoit ère enchaîné par des caujes p infantes dont
- je dois rendre compte. Lorsque j’entrepris le journal des Sciences , mon plan eroit de rendre publics les travaux des différentes fociétés de Savons ù- d’Artifles qui s’étaient formées dans Pans , & de prefaiter le tableau des inventions, decouvertes S per-feciionneinens dans les arts, jugés dignes des récompenfes nationales. Le premier objet a été manqué, parceque les sociétés libres, quoique renfermant beaucoup de lumières, n'ont pu produire que peu de réjultats, au milieu des crijes politiques qui Je font succédées. Quant au Jècond objets il a été manqué preJque ailjfi complcue--ment par les difficultés dr les retards que j’ai éprouvés dans la communication des rapports du Bureau de Conflit ai io n , dont je nai presque jamais pu avoir que des analyjes tronquées, qui ne j atisjuif oient ni le public ni les artifits mentionnes dans les rapports.
- Enfin au) ourdi hui la communication textuelle des rapports m'eft affûtée par un arrêté du Bureau de Confultation lui-même , dont le file pour les ans ne néglige aucun moyen de lent donner un nouvel éclat. Ainji les matériaux étant déformais abundans, & ne devant plus être retardés, mes Jouscripteurs recevront exactement chaque Jemaine deux numéros femblables à celui-ci, ou un double , f avant La longueur des rapports. Le Bureau de Conjultation étant aujourd’hui la joule société, confiituée juge du mérité des Inventions dans les Arts, j’en ferai la partie pniutpale & prejque unique de ce journal. Les rapports faits dans le Jcin de cette société font de nature à mé~
- If amer Numéro, fer. Tri. 1er. Février, ijcfi... Tom I. A
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- riter le meme Intérêt que les mémoires de V Académie des Sciences. Leur collection fera, une véritable encyclopédie, par le nombre des objets soumis de toutes les parités de la République à ce Bureau, diftributeur des récompcnfes nationales , & composé de membres choijis dans VAcadémie , & dans les autres sociétés de Savans & d’Artifes. J’en donnerai une collection fidelle & complette, en reprenant tous ceux faits depuis l’organifation du Bureau , même ceux imprimés en entier dans le journal des Sciences. Je ne puis m’engager à fuivre l'ordre des dattes , dans le quel les rapports ont été faits, parce que , commençant tette collection une année après l’infitution de Bureau de Con filiation , j'ai beaucoup d’anciens rapports à imprimer, & que je ne pourrai me refuser à. faire paffer au milieu de cts anciens rapports , ceux faits plus récemment, lorfque les Artifies intérefjés le déjlreront. Je réparerai cette espèce de dé for dre, qui dé ailleurs ne me paroit pas avoir d’inconvjéniens, en donnant une table à la fin de chaque volume.
- Les Artijles qui voudront avoir des exemplaires des rapports faits en leur faveur , s’aire feront à moi , <5 s’ils ont foin de me prévenir avant l’imprepion du cahier qui contiendra les rapports qui les inté refait, je leur en céderai à bon compte, la quantité d’exemplaires qu’ils défieront.
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- SÛRETÉ DES VOITURES.
- Rapport concernant M. Dubenca.
- O US, commissaires soussigés, avons été chargés par le Bureau de Consultation d’examiner les titres de M. Dubenca , Coutelier & membre de la société des inventions , aux récompenses nationales. Nous allons en rendre compte à la compagnie , après l’avoir assurée que cet artiste a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- M, Dubenca , liabile dans son art , ayant remporté un prix an concours proposé par la manufacture d’acier d’Amboise , & fait des instruinens de chirurgie avec une grande supériorité , a porté ses vues sur d'autres objets. Il a présenté à la Municipalité , un mémoire sur les moyens de maintenir la propreté , & par là, la salubrité
- dans la ville de Paris , dans lequel il y a des choses bien vues, <Sc qui pourroient être fort utiles dans cette partie de la police, si importante pour l’agrément de la conservation des citoyens de cette grande ville.
- Mais l’objet dont nous occupons le bureau est d’un autre genre $ il s'agit de préserver les voitures, de particulièrement celles avec lesquelles on voyage de on court la poste, des accidens auxquels elles ne sont que trop sujettes., soit par la rupture de leurs essieux, soit par la perte de leurs écroux , qui en se dévissant ne retiennent plus les roues. Il n’y a presque personne qui ait un peu voyagé , qui n’ait été exposé à ces accidens. Cela a fait penser , & il y. a déjà longtenva* au moyen de les prévenir $ on en a proposé plusi-
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- enrs , maïs ces moyens , dont quelques uns sont assez solides * ont le desavantage d’être lourds & dispendieux. M. Dubenca en imagina un,ilyanài2 ans , qui lui parut plus simple, moins coûteux 6c plus facile à appliquer aux voitures , enfin préférable par là à ceux que l’on avoit proposés. 11 le présenta à l’Académie des Sciences , au commencement de 1781. Voici en quoi il consiste.
- L’essieu ( étant supposé sorti comme à l’ordinaire du brancard') est environné ou recouvert, dans une longueur de 4 pouces au moins, en partant du brancard, d’un cercle ou cylindre de fer creux de 5 pouces de diamètre ou aux environs. Ce cylindre que l'auteur appelle Gobelet, parcequ’il en a en effet la forme , est solidement attaché au brancard. L’objet de ce cylindre est, comme on le verra dans un moment, de servir d’essieu postiche, lorsque le véritable vient à manquer ; & afin qu’il puisse remplir cette fonction, 011 pratique , dans le moyeu de la roue, dans sa partie tournée du coté du brancard, une ouverture ou un trou plus grand que celui de l’essieu. Cette roue est destinée à recevoir le cylindre ou le gobelet dont nous avons parlé, mais de manière qu’d y ait assez de jeu pour que , lorsque la roue tourne sur sou véritable essieu , elle le fasse sans éprouver aucun frottement de la part du gobelet dans cotte ouverture , qui d’ailleurs est garnie d’une boëte de cuivre comme le trou de l’essieu. Tout ceci bien entendu , on en concevra facilement l’effet.
- Ainsi supposons, par exemple, que l’essieu vienne à se casser, le gobelet tombera ausisitôt sous le trou du moyeu , & y Faisant la fonction de cet essieu, la roue y tournera tout autour, comme s’il n’y avoit rieri eu de changé dans toute la machine ; le frottement se fera seulement sur une surface d’un plus grand diamètre , inconvénient peu considérable 6c qui ne subsistera que jusqu’à ce que l’essieu soit refait. Nous venons de supposer qu’étant cassé, la voiture continuera de rouler j mais nous r,e l’avons fait que pour faire mieux sentir l’effet de cette disposition j car si cet accident arrive, on conçoit qu’au moindre cabos , la roue poutroit sortir de dessus son essieu postiche , 6c ainsi se détacher de la voiture , ce qui en entrameroit la chute. Or pour prévenir cet accident si nécessaire d’éviter, M. Dubenca établit sur le moyeu une fmtte avec un rebord qtii la dépasse-d’un pouce ou à peu près. Contre ce rebord vient s'appliquer un cercle 011 anneau , qui ayant deux oreilles pour mettre des vis , forme par là une espèce d’ovale 5 de l’autre coté du rebord il y a un autre cercle tout pareil , en sorte qu’au moyen de ce rebord , la frette contient entre ces deux cercles la roue qui, bien que l’essieu soit cassé , reste dans la même position , ne peut se détacher de la voiture 6c continue de rouler comme auparavant : tout cet équipage est attaché fermement au brancard. L’auteur propose de donner aux yis qui maintiennent ces deux cercles, une lon«
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- guenr suffisante pour pouvoir dans l’occasion éloigner on rapprocher les roues l'une-de l’autre, afin d’en augmenter ou diminuer la voie ; mais cet avantage seroit de peu d’importance , par rapport aux difficultés qu’entraîneroit l’exécution de cet ajustement , dans cette, supposition , pour qu'il pût résister aux mouvemens 6c aux calios qu’éprouve une voiture, surtout en allant avec une grande vitesse , comme lorsqu’on court la poste.
- Ce que nous venons de dire suffit pour faire comprendre l’effet du moyen de M. Dubenca, pour prévenir les accidens des voitures. On voit que l’essieu véritable cassant, le gobelet servira de second essieu , 6c qu’au moyen du rebord de la frette 6c des cercles qui le contiennent, 6c entre lesquels il tourne, la roue sera toujours maintenue dans la même position, 6c pourra continuer de rouler, &c. 6cc. Il en sera de même lorsque l'écrou de l’essieu *se dévissera 6c s’en ira. On pourroit craindre le frottement du rebord de la frette contre les cercles , lorsque la voiture roule sans avoir éprouvé les accidens que nous avons rapportés \ mais dans l’exécution , ces cercles ne doivent pas plus frotter contre les rebords de la frette , que le gobelet contre l’ouverture dans laquelle il est renfermé, lorsqu’il n’est pas arrivé d’accidens.
- Au reste ou conçoit assez que tout cet appareil demande à être bien exécuté 6c bien solidement établi sur le brancard.
- Nous croyons , d'après ce que nous venons d’exposer, que le moyen proposé par M. Dubenca pour prévenir les accidens des voitures.,, lorsque les essieux se eussent ou que leurs écroux se perdent, est simple, bien imaginé, 6c qu’il peut être facilement adapté aux voitures. L'Académie des Sien ces en a jugé de même , son rapport portant aii elle a trouva ce moyen ingénieux & d’un usage avantageux ,,
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- pourvu que le tout soit bien exécuté. Nous finirons en observant > par rapport aux çharettes 6c aux voitures qui transportent de gros, fardeaux , que le moyen de cet artiste ne nous paroit pas pouvoir •y être employé avec avantage, par la difficulté de lui donner toute lia solidité nécessaire pour résister à la violence, des seeouses qu’é' jpre rivent ces sortes de voitures dans les calios 6c autres mouvemens..
- Nous concluons de tout ce que nous venons de dire sur la simplicité, la sûreté 6c l'importance des moyens proposés par M. Dubenca pour prévenir les accidens des voitures dont nous avons parlé, qu’il yicrite pour ce moyen ingénieux le minimum de la deuxième classe des récompenses nationales, c’est-à-dire 2,000 liv. , 6c qu’il le mérite d’autant plus , que le lui accordant , vous récompenserez en lui, en même teins, l’artiste qui depuis longues années a fait des efforts-dans plus d'un genre pour se rendre utile , 6c qui a acquis une grande habilité dans l’art de la coutellerie, qu’il professe connue nous, l’avons dit. ( Conclusions adoptées. ) Le 3 octobre 1792..
- LEROY. P R É LONG , Secrétaire-Greffier
- Mata* M*. Dubeu.& demeure rue. J^usoasdl > Pl'ès Jacques l’HdgiUl*
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- TRICOTS FOURRÉS.
- RAPPORTS CONCERNANT El. El A T II J S,
- EXTRAIT DES REGISTRES De VAcadémie des Sciences, du 8 Février iyc)Z*
- Nous ayons été nommés par l’Académie, MM. Leroy, Vand«r* monde & moi, pour lui rendre compte d’un nouvel équipage ajouté au métier à bas ordinaire, propre à fabriquer des tricots fourrés, & que M. Mathis, ancien marchand bonnetier,, a présenté à cette compagnie.
- Cet équipage consiste dans une boite composée de deux lames de trois pouces de largeur, & d’une longueur à celle du métier s ces lames sont unies ensemble par une charnière. La lame supérieure excède l’inférieure d’un quart de pouce par un rebord garni de cuir. Sur la face de cette lame supérieure est fixé un peigne ou rateau, formé par un assemblage d’aiguilles à tête simple, & distribuées sur la même jauge que les aiguilles du métier à bas auquel cet équipage est destinée
- Lorsqu on veut en faire usage pour la fabrication du tricot iourre, on commence par faire carder la soie, le coton, la laine & meme les poils qu on se propose d’employer pour la fourrure du tri* cot, & on charge d’une cardée plus ou moins épaisse la boîte en ouvrant, & les fermant, ensuite , de manière que la cardée déborde de quelques lignes; ensuite on suspend la boîte à deux potences placées aux deux cotes «3c en ayant du métier. Les cordons qui tiennent la boite suspendue, sont enroulés à leur partie supérieure sur la circonférence de deux tambours ; ensorte que l’ouvrier qui fait usage de la boitepeut la faire mouvoir en tous sens „ & i’aban-coiiner ensuite pour se borner aux opérations du métier;, dealers
- unW r?SSOrts *nterieurs àes tambours „ la boîte reste suspendue ai* j oint qui convient , sans gener Ges manœuvres..
- ouvrier veut travailler soie sur les
- Lorsque tout est ainsi disposé , & que Pi il croche le métier. & jette à l’ordinaire,, la soie sur les anmilles .
- dit dTmarieV8 deT' ““-M,k b°Î£e ëarnie> Goœ,ne nous Parons cuis il U m- cardees > 111 avance jpsques dans la gorge des platines „ | -n . retire en appuyant legerement son extrémité sur les ai~-g y ans ce ernier mouvement,, l’ouvrier fait manœuvrer ù£CQ?id Cahier; 1er Film*. Tom» F g,
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- boîte 6c le rateau, cle manière que les matières cardées qui débordent, s’engagent en quantité suffisante dans les becs des aiguilles, & que les dents du rateau ou peigne qui jouent dans l’intervalle de ces aiguilles , égalisent ces matières , les tirent en avant , & font que les têtes des aiguilles sont en état de recevoir, à l’ordinaire, les mailles , lorsqu’on les forme 6c qu’on les abat.
- Après cette opération du rateau , nécessaire, comme on voit, pour assurer le succès du tricot qui sert de bâse à la fourrure, la boîte se trouve suspendue, comme nous l’avons dit, en avant du métier , 6c l’ouvrier qui l'abandonne à elle-même très-promptement, reprend le travail du métier , cueille la soie qu’il a jettée sur les aiguilles , forme, presse 6c abat à l’ordinaire ; 6c la rangée des mailles se trouve faite j malgré l’insertion des matières cardées dans les becs des aiguilles , il nous a paru, qu’au moyen du rateau , les mailles étoient fort nettes , bien égales 6c même serrées à l’ordinaire.
- Nous devons faire remarquer ici , que le travail 6c le jeu de la boîte n’ont rien de gênant pour l’ouvrier, 6c M. Mathis nous a assurés qu’il n’employoit à la fabrication du tricot fourré que le tiers en sus du teins qu’exigeoit une égale quantité de tricot ordinaire, 6c qu’ainsi, on ne payera, pour ce tricot, que le tiers de façon de plus.
- On n’emploie à la garniture du tricot fourré que des soies de qualités inférieures, même des soies défilées : 6c toutes ces matières ne reviennent guères qu’à 20, 3o ou 45 sols la livre. Il en est de même des cotons , des laines 6t même des poils d’animaux doux 6ç simples. Ainsi l’on sera dans le cas de fournir ce tricot à bas prix.
- Les matières cardées 6c renfermées dans la boîte, sortent successivement à mesure qu’on les tire avec les doigts auxquels elles obéissent sans se rompre. On y emploie des soies longues ou courtes „ suivant la sorte de fourrure dont on veut garnir le tricot ; & dans le second cas, on 11’a pas besoin de rateau, les matières gardées 31e gênant pas pour la formation des mailles.
- Lorsque la garniture des matières cardées ne doit pas être continuée , parceque le tricot éprouve lui-même des interruptions , comme dans les talons des bas, 6c les doigts des gants, &c. , M. Mathis Lit usage d’une boîte particulière , dont les différentes parties sont jnobiles 6c jouent sur sa longueur : au moyen de ce mécanisme , jl distribue la garniture comme il convient aux becs des aiguilles qui servent à la fabrication des mailles destinées aux talons 6c aujç doigts.
- D’après les détails dans lesquels nous Sommes entrés sur la cons* traction 6c le jeu de la boîte à garnir le tricot, nous pensons qu§
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- est équipage remplit parfaitement son objet, de qu’il tiens présente un moyen simple de facile de multiplier les tricots fourrés , suivant les besoins du public ; en conséquence , nous jugeons que cet équipage mérite l’approbation de l'Académie.
- jLu Louvre, le 8 Février 1792,.
- Vandermonde, Leroy, Desmares t.
- Je certifie le présent conforme a l’original de au jugement de l’Académie. A Paris , le 12 Février 1792.
- Condorcet, Secrétaire perpétuel,
- RAPPORT DU PUREAU DE CONSULTATION,
- Le Bureau m’a chargé de lui rendre compte d'une invention de tricot fourré de matières cardées, pour laquelle M. Pierre -Ange Mathis, fabricant de bas, demeurant à paris, rue des Vieiles-Thuil» leries , demande une récompense.
- L’invention consiste à introduire à chaque rangée de mailles dans le bec des aiguilles du métier , une quantité déterminée de ces matières, en prévenant les obstacles qu’elles pourroient apporter a la formation de la rangée des mailles.
- Le rapport ci-joint , qui en a été fait à l’Académie des Sciences ± le 8 Février de cette année, par MM. Leroy , Desmarest & moi , paroît ne rien laisser a desirer pour éclairer le Bureau sur la na ture , le mérite de l’utilité de cette invention. Je me bornerai donc à faire lecture à l’assemblée de ce rapport, en lui mettant sous les yeux un échantillon du tricot en question , & j'aurai l'honneur de lui proposer l’article suivant :
- Vu par le Bureau de Consultation des Arts & Métiers:
- 1°. Le certificat de domicile à Paris de M. Pierre Ange Mathis 2 donné par la Section de la Croix-Rouge, de visé par la Municipalité»
- 2q. Le certificat du directoire de Département, qui atteste qu’il ne lui est paryema aucune réclamation relative à l’invention de M.; Mathis.
- 3P. La lettre en date du par laquelle M. le Mi-
- nistre de l’Intérieur renvoyé au Bureau l’examen de cette invention.}
- Le mémoire présenté par M. Mathis»
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- S6. Un certificat fie MM. Bourse fie Cahours, fabrîcam très-* connus de Paris , relatif à une précédente invention de M. Mathis ? qui consistoit à imiter les tricots glacés en soie à la manière Anglaise,,
- 6®. L’approbation donnée, le 12 Février dernier, par l’Académie des Sciences, à l’invention nouvelle d'un tricot fourré, en matières çardées.
- 70, Une attestation signée de vingt-deux des principaux fabricans de Paris , qui annoncent cette dernière invention comme devant don* 31er une extension considérable à la manufacture de bonneterie.
- 8°. Enfin un échantillon de ce genre d’ouvrage.
- OUÏ le rapport, le Bureau estime que M. Pierre Ange Matbis 9 fabricant de bas à Paris , mérite d’être compris dans la distribution des récompenses de la présente année, à raison du maximum de la seconde classe. A Paris, le 21 Mars 1792..
- V AN DERMONDE.
- Autre Avis motivé du Bureau de Consultation, du m Nov. ijÿz»
- Le Bureau de Consultation, après avoir entendu le rapport de $es commissaires sur les travaux de M. Mathis , considérant que cet artiste a singulièrement 7bien employé la première récompense nationale que lui avoit méritée ses travaux , en se portant avec émulation aux perfectionnemens dont les machines à fabriquer les bas fourrés étoient susceptibles, considérant que par dégrés il est parvenu à obtenir de nouveaux succès qu’il ne doit qu'à un grand nombre d’ob&ervations heureuses fie à des vues économiques , fie que çes succès, tourneront nécessairement à l’avantage des manufactures de bas fourrés qu’il se propose d’établir, est d’avis, confornément à la loi du 12 Septembre 1791 , que M. Mathis mérite la somme de trois mille livres, en sus de ce qu’il avoit précédemment obtenu.
- Le Bureau fie Consultation, sur la demande de mille écus pour 3a publication des, procédés de M*. Mathis en plusieurs endroits 9: fabriques fie villes de France , telles que Troyes Rouen , ficç , est d’avis d'ajourner cette décision , jusqu’à ce que, conformément à la loi , il puisse donner son, avis sur la demande expresse des corps; administratifs des département 9 &c«
- LAGRANGE,
- Nota. M. Mathis demeure rue des Vieilîes-Tliuillenes, F. S, G. , N°.
- as»,
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES; ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTION-KEMENS DANS LES. SCIENCES ARTS, ET MÉTIERS , (
- j®, à VImprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Xdlatigny, N°. 7, en là Life, ou nui tas du Pont Notre-Dum* ? moyennant jz L par an pour Paris ^ St L pour Iffu JJèpartemenSf
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- SRMüflWum^
- AGRICULTURE.
- Rapport concernant M, Tatin.
- Le Bureau de Consultation ayant charge les commissaires soussignés de lui rendre compte des titres de M. Tatin aux récompenses nationales , leur a remis les pièces suivantes : i°. Le certificat de résidence. iQ. L’attestation du Département de Paris, il n’y €L aucune réclamation contre la propriété de sa découverte. 3^. Un procès-verbal de l’Assemblée Nationale en date du 17 août 1791 , qui renvoie cette découverte à son comité d*agricü!ture et de commerce. 4q. L'extrait du rapport de ce comité , rédigé par M. Boufflers , qui conclut à remettre le tout à la société d’agriculture de Paris pour faire les expériences nécessaires. 5°. Un autre projet de rapport à cette même Assemblée, rédigé par M. Chevalier. 6°. Un procès-verbal des expériences de la société d’agriculture. 70. Et enfin, plusieurs attestations signées par un grand nombre d’agriculteurs* M. Tatin a depuis remis aux commissaires de nouveaux procès-verbaux et certificats, avec les, détails de son procédé, dont il desire pouitant se réserver le secret [jusqu'au mois de Février prochain „ époque qu’il a indiquée pour arrêter la souscription qu’il a ouverte à l’effet de couvrir une partie des frais que lui ont occasionnés ses recherches. Si le Bureau considère l’utilité du travail entrepris par M. Tatin, il sera disposé à prendre intérêt à scs diverses tentatives , dont plusieurs ont obtenu un grand succès, ainsi que nous aurons occasion de faire connoître , d’après les certificats que nous avons annoncés. #
- Les livres d’agriculture sont pleins de recettes plus ou moins éprouvées, qui toutes sont indiquées comme immanquables pour se garantir des insectes qui infestent et détruisent nos récoltes. Le cultivateur les essaye toutes , 5c bientôt dégoûté par leur peu de succès, par la difficulté de les mettre en pratique , ou par la négligence qui lui est trop ordinaire dans les objets de détail, jl laisse vivre en paix ses ennemis et se contente de déplorer la perte de sa moisson, en s’occupant quelquefois à la remplacer. La - composition nouvelle que M. Tatin offre aujourdhui est appuyée de nombreuses approbations; nous citerons avec confiance l’extrait d’une lettre de M. Chevalier, cultivateur distingué, député à l’Assemblée Nationale Constituante, maintenant maire d’Argen-teuil. Après avoir exposé les raisons qui ont empêché l’Assemblée Nationale d’entendre la lecture du rapport de M. Tatin dont il avoit été chargé , il ajoute : » Ce rapport avoit pour objet les avantages » inappréciables pour l'agriculture, d’une eau composée par M. Tatin„ p dont les plu,s heureux résultats ont couronné les expériences. Ljt Troisième Cahier. J*r> Trim.0 2793, Tome I» Q
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- 35 recette delà composition de cette eau eût été, cette année, dhiü, >5 grand secours aux campagnes du Département de Seine et Oise, =5 où la multitude de chenilles et autres* vers qui1-, le printems , .se 25 sont attachés aux arbres fruitiers, en a dévoré les feuilles , 2> au point qu’om est forcé de les sapen F habite le territoire le 25 mieux#| cultivé qui soit en France., et quoique les pruniers, les 25 cerisiers et pommiers aient été secoués deux fois le jour, pendant s? un mois entier, les- cultivateurs ont été contraints de les saper} >5 ils étoient devenus aussi secs qu’à la S.-Jean d’hyver, et cette. 25 perte est d’autant plus désastreuse, qu’elle s’étend à deux ou trois 25 ans saris espoir d’aucune récolte dans ce genre , et que les vi> 25 gnes étant considérablement endommagées de la gelée d’hyver et de 25 printems , nos cultivateurs se trouvent sans ressources. Effrayé -25 de ce dégât des chenilles sur deux ou trois vergers , j’avois dans 2» la cour un pommier d’excellens fruits ; je le voyois succomber 25 au ravage des insectes; je demandai à M. Tatin une seule pinte 22 de son eau qui lui restoit de l'année dernière, j’en injectai mon 25 arbre, et les insectes l’abandonnèrent incontinent. Il est bien 37 vert maintenant et porte beau.coup*’de fruits ; il attire même l’at~ 35 tention des curieux ; car c’est le seul pommier portant fruit cette 25 année dans tout le territoire, et même dans tout le cantom 35 Fai invité plusieurs membres de la société d’agriculture' à venir 35 le voir et ù constater ce fait étonnant de l'efficacité' de l’eau de 35 M. Tatin; une foule de cultivateurs désireroit en avoir la recette,
- 35 et cette communication seroit un grand service rendu à. l’agric.ul*-33iture et aux consommateurs.
- Ce certificat authentique de M. Chevalier a suivi un rapport qu’il avoit destiné à être lu à la tribune de l’Assemblée Nationale. Une foule d•'autres attestations de différons#cultivateurs, propriétaires et jardiniers , l’dccoinpagne. Parmi toutes ces pièces, nous distinguerons le rapport fait u la société d’agriculture de Paris. Les commissaires font mçntion de plusieurs expériences dans lesqueb les, par injection de i’ëau dé M. Tatin, ils ont fait périr des chenilles , des punaises de lit, des fourmis, des punaises d’orangers,, des pucerons, des courtillières et autres coléoptères. Les mêmes, essais répétés à plusieurs reprises leur ont donné les mêmes résultats ; ils ont aussi constaté par d’autres expériences que les plantes arrosées avec, cette eau , loin d’éprouver-d’altération dans leur végétation , ont poussé avec plus de vigueur, et que les animaux domestiques et l’homme lui même n’en ont point été incommodés lorsqu’ils s’en sont nourris. A ux termes de la loi , ces rapports favorables assurent une récompense a M. Tatin. Vos commissaires honorés de votre confiance ont .cru devoir répéter eux-mêmes différentes expériences avec l’eau proposée, comparativement avec plusieurs- autres déjà connues.. Celle' de M.J Tatin a obtenu un avantage marqué , particulièrement- lorsqu’elle a été injectée sur les chenilles, et les pucerons,, ,
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- elle les-a fait périr en. peu de ‘teins. Quelques coléoptères ont paiement succombé, mais la dureté de leur étui les. dérobé a 1 action pénétrante de l’eau, et un grand nombre c/iteht la înoit». Ce n’est qu’avec beaucoup de peine aussi que nous sommes .parvenus à détruire les fourmilières. Les infectes fuient 1 eau j si elle est abondante, il én périt une portion, et l’autre va se former une habitation peu distante de la première. Enfin par des irrigations fréquentes on parvient à s’en rendre maître. L eau bouillante nous a paru plus active encore sur plusieurs animaux $ mais elle arrête la végétation et sécbe les plantes. On ne peut en faire usage que pour les fourmilières eu les rassemblement nombreux d’autres petits animaux à la surface de la terre. L’huile , le meilleur moyen de tous, puisqu’en bouchant les .-.organes de la respiration des insectes , il les aspllixie sur le champ, ëijt Un procédé trop cher pour être mis habituellement en usage et. l’eau de M. Tatin, ne revenant, d’e>prèt ses calculs.., qu’à un sol la pinte, mériteroit la prëfére'ricé à cet égard.
- Vos commissaires ne doivent pas vous dissimuler'la difficulté de faire en grand l’usage de . tous ces procédés : des turneps , des navets , de la vesse , sortant'a peine de' terre , sont “dévorés dans une nuit par des insectes destructeurs qui se cachent dans la t^rre ', & dont là force vitale même semble résister a Lactioii. de toutes les eaux composées. Un champ de choux se couvre de chenilles j énvain la cultivateur prétendr se faire suivre par une quantité cl’eau suffisante pour tout nettoyer j enyain il croit que son injection atteindra à toutes les feuilles dans tous leurs sens j enyain il espère pouvoir détruire l'animal rongeur , qui, dans le jour , sê réfugie sous la terre. La chenille qui se nourrit sur le sommet des arbres élevés , la redoutable courtillière , la larve du hanneton , celle'qui s’ouvre un passage dans l’intérieur des fruits , lés ce-rambix, les leptures, les cossus qui rongent le coeur des arbres, éphapercmt à l’action de l’eau $ car s’il faut les découvrir pour les frapper de mort, l’instrument du laboureur le fera plus promptement & plus sûrement. Mais sans chercher dans l’eau de M. Tatin les avantages qu’aucune composition liquide ne pourra présenter, nous avons cru devoir constater plutôt son utilité , que lui demander une perfection dont elle n’est pas susceptible. Son odeiïr véritablement infecte un végétal reconnu pour dangereux qüi entre clans sa composition, à là vérité dans un état qüi peut changer ses propriétés, a voient fait craindre que cette eau ne donnât une mauvaise qualité aux plantés qui en sèroient imprégnées. Le rapport de la société d'Agriculture avoit déjà calmé nos inquiétudes à cet égard ; mais nous avons cru devoir en éprouver nous mêmes les effets. Trois jours après l’injection de l’eau, lorsque son odeur a été dissipée, nous avons nourri un lapin avec le choux qui en àYoit été arrosé > < & l’animal n’a ressenti aucune incom \
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- in o dite j l’un clé HôWâ a mange des fruits ejixi, peu de jours auparavant, avoient été arrosés avec l’eau de M, Tatin , & il n’en. u éprouvé aucun inconvénient. Après avoir exposé ces diverses expériences, nous insisterons encore sur toutes celles qui ont été précédemment faites & dont les succès ont été généralement attestés.
- Ces certificats donnent à M. Tatin des éloges qui sembleroient commander ceux de vos commissaires. Le zèle, de ce cultivateur, ses travaux siuvis <Sc ses connoissanbes en économie rurale paroisseri'.t aussi devoir intéresser lé Bureau en sa faveur. D’après toutes ces considérations, vos commissaires estiment que M. Tatin a mérité d’être admis à obtenir une récompense nationale, qu’il doit être placé dans la seconde classe de ces récompenses , & en obtenir ïe minimum , c’est-à-dire 2, 000 liv.. En conséquence ils vous proposent de prendre l’arrêté suivant , ( qui a été adopté. )
- Le BureauVçle Consultation ayant entendu le rapport de ses commissaires , tendant à accorder à M. Tatin le minimumde la seconde classe des .récompenses Nationales', considérant que cet agriculteur a composé une eau particulière, qui agit puissamment pottr la destruction des insectes , particulièrement sur les chenilles & les pucerons , considérant que la propriété de cette eau est attestée par un rapport très - favorable de M. Chevalier, député à l’Assemblée Nationale constituante,, par un autre rapport aussi avantageux de la Société d’Agriculture de Paris, qu’ils sont appuyés de certificats authentiques d’un grand nombre de cultivateurs, & que d’ailleurs M. Tatin a donné tous ses soins aux perfectionnera ens de l’agriculture dont il s’occupé avec succès , est d’avis qu’il lui soit accordé le minimum de la seconde classe des récompenses nationales' 9 c'est-à-dire, z, 000 liv.
- A Paris , au Bureau de Consultation, le 17 Octobre 1792.
- SILVESTRE, SERVIÈRES.
- PRELONG, Secrétaire - Greffierv'
- Ifota. M, Tatiiï demeure Quai de l’École , place du Pont-Neuf,
- Le* Artistes, Peintres, Sculpteurs, Archste&es & Graveurs sont avertis que la Société tient toujours scs séances, au Louvre, dans la salle des Arts, pour délibérer sur toue les objets relatifs aux progrès des Arts.
- Les jours d’Assemblée sont les Mercredis & Samedis, à six heures précises du soir»
- On s’abonne che\ Lefepre , Architecte Entrepreneur, rue Saint-Sauveur, n*. i<?f et che\ Chemin, Imprimeur, rue de Glacigny, N°. 7, en la Cité.
- Le prix de la souscription pour les mémoires du Bureau de Consultation des Arts g qu Journal des inventions, découvertes & perfectionnement dans les Sciences, Arts & Métiers, est de iz liv. par an pour Paris, & de 15 liv. pour les Département.
- Les artijïes qiti voudront avoir des exemplaires des rapports faits en leur faveur $ fadrejferont à l’éditeur, & s’ils ont foin de le prévenir avant Vimprejfîon du cahier qui contiendra Us rapports qui les intérejfent, il leur en cédera, à très-bon compte $ fa iymiti d'exemplaires qfiU defireront»
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- Rapport concernant Mu François Berthelot $ Ingeniaur
- Mécanicien.
- JN^ O U S , .commissaires soussignés , rivons été clartés parle Bureau de Consultation d'examiner les titres que .peux avoir aux récompenses nationales, M. François Berthelot, IngÂui&ur Mécanicien. Nous allons en rendre compte au liaire.au ; nous l’assurerons seulement auparavant qu/il a rempli tontes les fpa’maliçés prescrites par la loi.
- M. Berthelet, déjà fort ügé , s’est toujours appliqué à la mécanique ; aussi est-ii connu depuis long-teras dans ce pays-ci de tous les artistes, non seulement par. difrér entes machines de son invention, mais encore par son traite in J\o. , intitulé , de la. .mécanique appliquée aux arts , manufacturesa à l’agriculture & à la guerre.
- Nous ne parlerons pas de toutes les différentes inventions de M. Berthelet, mais de celles qui nous ont paru mériter plus particulièrement l’attention du Bureau.
- Une des principales est certainement la mécanique, par laquelle il est parvenu à produire un mouvement circulaire par un mouvement alternatif, comme celui du pendule- Il v avait déjà longtems que l’on se servait du pendule pour faire mouvoir des pompes, ou pour produire d’autres effets semblables dépendues d'un mouvement alternatif ; mais avant M. Berthelot, il paraît qu'on n’avoit pas tenté de transformer, dans les machines en grand , ce mouvement alternatif du pendule en un mouvement continu &. circulaire, afin de pouvoir profiter des avantages qu’on peut retirer de son inertie dans le mouvement de ces machines. Il fit voir à l’Académie des Sciences en 1770, un modèle de moulin où les meules reçoivent leur mouvent circulaire du mouvement alternatif d'un pendule , 6c cela par une mécanique bien entendue. Quelques personnes voulurent dans la suite .s’approprier cette invention; mais il par oit que, loin d’être fondées dans leurs prétentions, il y avoit tout à croire qu’elles la tenoient de lui, qui f avoit f it .cennoitre longtems avant qu’elles eussent rien fait voir de semblable; car ce fait résulte .évidemment des dattes, tout ce qu’ils ont énoncé .étant postérieur à l'année 1770, époque ou il avoit fait voir publiquement ce mécanisne & ses effets , 6c où, comme nous l'avons dit, il avoit présenté à l'Académie son modèle de moulin , allant par un pendule. Ainsi 011 ne peut dispuier à M. Berthelot le mérite d’avoir le premier mis en pratique dans les machines , l'heureuse idée de transformer le mouvement alternatif du
- Sendule en un mouvement circulaire pour tirer parti de son inertie ans leurs monvemens.
- Quatrième IY°. 1er. Tr'un. 17^3. Tome L D
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- Et M. Berthelot a rendu en cela un véritable service à la mécanique j car c’est toujours une chose précieuse dans cette partie si importante de l’industrie humaine, que la découverte d’un moyen qu’on doit dans plusieurs occasions employer utilement dans les machines.
- On concevra facilement que M. Berthelot ayant appliqué aux moulins son nouveau mécanisme pour les faiie mouvoir par un pendule , il pouvoit l'appliquer également à beaucoup d’autres machines. C’est aussi ce qu’il a fait> comme on peut le voir, dans le traité de mécanique dont nous avons parlé.
- La meilleure manière d’employer les hommes étant incontestablement celle où on les fait agir par leur poids , ce mécanicien a pareillement appliqué cette mécanique , à un équipage par lequel des hommes, en agissant alternativement sur des pêchées, produisent un mouvement circulaire , 6c il y a plusieurs cas où cette manière de les- faire agir peut être fort avantageuse. M.;is nous n’entrerons pas ici dans des détails à ce sujet , nous réservant d’en parler lorsque nous rendrons compte de son traité de mécanique. Cependant nous ne devons pas oublier de dire qu'on a établi Ile ses moulins à pédales à Bicêtre , pour y employer les prisonniers, 6c qu’il paroît par diffère ns procès-verbaux que leurs produits ont été avantageux, 3c qu’ils ont très-b> en rempli le but pour lequel ils avoient été établis.
- Ou sait assez de quelle conséquence il est de bien suspendre les meules des mou dqs , de manière qu’elles puissent conserver leur parallélisme 3c être facilement dressées. Ou commît tes différentes tentatives faites à ce sujet. M. berthelot s’étoit trop occupé de ce-qui regarde les moulins, pour ne s’être pas occupé pareillement de cette partie ; aussi trouve-t-on dans son traité de mécanique de nouvelles vues sur la manière de dresser les meules.
- Au lieu de placer la nille en dessous cle la meule, il l’a placée en dessus , 3c lui donne 3 branches , au lieu de 4 qu’elle a dans l'usage ordinaire. On conçoit en effet qu’avec ces 3 branches on est plus en état de centrer la meule, 3c de la mettre dans le plan qu'elle doit avoir , que lorsqu’il y en a 4- Ln plaçant la ni lie au dessus , il en résulte encore des avantages essentiels ; la meule n’est point affirmée en dessous par une creusure pour la loger, comme dans l’usage ordinaire, 3c parla étant comme pleine, le gain commence à se moudre a l’instant même où il tombe en dessous sur la meule donnante. La manière dont cette ni lie est montée sur la meule est d’ailleurs très-bien entendue pour qu'elle puisse y tenir solidement, de donner la facilité, comme nous l’avons dit, de centrer cette meule 6c de la métré exactement dans le plan où elle doit être, 6c nous clé/ons à M. Berthelot de dire que cette suspension de la meule nous a paru bien imaginée 3c mériter d’être substituée à ta métfiu ordinaire.
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- Pour ne point interrompre ce que nous avons à dire sur ces différens objets, nous allons parler d’un affût de M. Berthelot , quoiqu’iuiaginé long-tems auparavant. Cet affût est propre a monter les canons destinés au service des pinces & particulièrement à celui dés côtes. M. de Gribeauval en ayant fait faire des épreuves à Strasbourg en 1764 , en rendit compte à M. de Choiscu! , alors mini tre de la guerre , dans les termes suivans :
- » L’affût du sieur Berthelot étoit trop bas, il y aroît trop de* » menues ferrures ; il a remédié à torts ces différens inconvéniens „ » en sorte que dans l'état où il l’a rnis actuellement , il l’a réduit >» au pius simple possible , & on a jugé qu’il avoit toutes les qua-» lités qu’on pou voit désirer pour la défense des côtes , <Sc qu’ü » étoit préférable de beaucoup à tout autre pour le service..
- Tel fut te rapport que M. de Gribeauval en fit, & tout le monde sait de quel poids est l’autorité de cet excellent officier d’artillerie-dans ces machines. D’ailleurs cet aflût est le même , ou à peu de-chose près, qu’un très-grand nombre d’afiûts qui ont été faits depuis pour les emons distribués sur les côtes.
- Après avoir rendu compte de ces différentes inventions de M. Bertlielot, nous n'avons plus , pour achever de donner une idée de ses travaux, qu’à faire connaître au Bureau son traité de mécanique déjà cité plusieurs fois.
- Ce traité en deux volumes iu 40. , contient toutes les planches qui lui ont paru nécessaires pour rendre plus sensible la construction, de ses differentes machines , & elles sont en grand nombre ; car elles se montent à 120» L’auteur s’étant particulièrement proposé de rendre cet ouvrage utile dans la pratique des, ans , il s’est plus attaché à faire eonnoître & à décrire les. différentes machines qu’il a imaginées , qu’à entrer dans de grands détails de théorie.
- Le premier yolume contient la description d’un grand nombre de ces machines , comme des moulins, des grues, des moutons à battre du pilotis, des machines à scier des pierres, &c. Il y fait Voir comment on peut employer clans ces différentes machines son mécanisme propre à changer eu un mouvement continu , le mou-» veulent alternatif du pendule. Ou y ttouve de même les applications qu’il a laites de ce mécanisme à des machines du même genre, mais qui, au lieu d’âtre mues par un pendule x le sont par des pédales , afin de pouvoir les faire mouvoir par le poids des hommes, marii&i'e la plus avantageuse, comme nous l’avons dit, d’employer leur force motrice. Cependant, comme 011 fit remarquer à M. Ber--lhelot , que dans ce premier volume, il ne s’étoit pas assez expliqué sur la construction & le jeu de ses machines, il en joignit un second , qui, par les détails où il est entré pour répondra à ce qu’on lui demandent, sert en quelque façon de commentaire au premier. Il renferme en outre plusieurs autres machines nouvelles. G est dans ce second vulume que se trouve tout ce qui regaré
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- ad nouvelle manière de suspendre les meules. On y trouve encore tous les détails relatifs a la construction de l’affût dont nous avons parlé, de la description des différentes machines , soit pour passer des fossés , soit pour escalader des places , &c. , enfin plusieurs mémoires sur d’autres objets, dont quelques-uns n’appartienent même pas à la mécanique. Une chose que nous ne devons pas oublier en terminant ce que nous avons à dire sur le traité de mécanique de M. Berthelot en 2 volumes in 40., c’est qu'il s’y est particuliérement appliqué à faire voir connue 011 peut faire agir les hommes par leur poids dans les machines , & qu’il y a à cet égard plusieurs moyens également nouveaux & ingénieux.
- Nous concluons de tout ce que nous venons d’exposer, que M. Berthelet s’élant appliqué la plus grande partie de sa vie à la mécanique, étant auteur de plusieurs inventions nouvelles & notamment d’un moyen ingénieux de changer dans les grandes machines la mouvement alternatif en un mouvement circulaire continu 5 ayant publié un traité sur la mécanique en deux volumes in 4L , qui lui a coûté beaucoup de teins & de dépenses, qui contient différentes nouvelles machines,, & oii il s’est particulièrement appliqué à donner des moyens ingénieux de faire agir les hommes par leur poids , il est dans le cas de mériter ie maximum de la première classe des récompenses nationales, c’est-à-dire <k)00 üv. ( -Conclusions adoptées. )
- A Paris„ au Bureau de Consultation, le 14 Novembre 1792,.
- DUMAS, TROU VILLE-, LEROY.
- P RI.LONG , Secrétaire- Greffier.
- fSrota. M. Berthelot demeure à G-randville* par Beauvais & Nouilles,
- Eg!3W«3WJlirat»MW.
- U jparo'ît deux numéros de ces Mémoires p.v semaine. Le prix de chaque numéro fiparément cfi de 2 sols 6 deniers, et celui de la souscription pour l’année cjl de j 3 Mv. pour Paris, et de / 5 IU> pour les âépartemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTION"', DÉCOUVERTES ET FERFECTION-&IEMENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS ,
- i°. A l'Imprimerie du Citoyen CHEMIN , rue de Glatigny, IV0. 7, en lia •Cité-, eut tas du Pont -Notre-Dame.
- 2°. Che\ le Citoyen LEFEVRE , arch'uecte-entrepreneur , rue S.-Sauveur, IV®, ig,
- p. Che\ le Citoyen AUBRY, Libraire, rue de la Monnaie, N'. 5.
- Les Lettres, Projets 5 Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adrefjés francs de ,po n A l’Imprimerie.
- On peut foufcrise pour un anoufix mois, mais -toujours à dater du commencement d’un tninejh-c»
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- LE apport Concernant M. Koch.
- ES Commissaires nommés par le Eure au de Consultation à l’effet d’examiner la demande ôc les inventions de M. Koch , serrurier mécanicien , ont l'honneur de vous exposer que M. Henri Koch a rempli les formalités prescrites par la loi.
- Les serrures que présente M. Koch ,, ôc qui sont sou-s les yeux du. Bureau de Consultation,, ont un caractère particulier de sûreté* de solidité & de nouveauté, qui les distingue visiblement de toutes Celles qu’on a fabriquées jusquà ce jour..
- 11 paroit probable (pie d’abord on- ferma les portes par dedans tout simplement ,, qu’ensuite ori sentit la nécessité de les ouvrir ôc les fermer à tous momens, ôc par dedans & par dehors-.
- La targette , ou le loquet y fut sans doute la première invention; qui remplit cet objet ; mais bientôt la malice, la force ôc la rapacité humaine força la timidité eu la foiblesse à ruser contre la surprise ôc la violence * dès lors furent imaginées ces mécaniques ingénieuses appeliées- serrures l’on n’eut p;us la liberté de s’introduire dans les lieux fermés qu’avec le secret conventionnel qui en détendoit l’entrée y les serrures établies gardiennes de la fortune ôc de la vie des citoyens* exigèrent le mot du guet, ôc ce' mot de passe fut la clef dans sa convention, combinée avec l’entrée ôc la garniture des serrures. Mais de la multiplicité inévitable; des serrures Ôc des clefs vint aussi la nécessité de les diversifier' entr’elles : pour que l’une ne trahît pas. l’autre, chacune eut son secret particulier. Encore ôc malgré tous ces gardiens si fidèles * se laissèrent-ils quelque fois corrompre ôc vaincre par les perfides insinuations des crochets , des passes-partout & des rossignols. La. précaution ôc l’art se liguèrent contre la filouterie ôc le vol, qui, de' leur côté , firent tous les efforts de subtilité pour rompre françldr tous les obstacles..
- Dans cette lutte progressive* continuelle ôc réciproque d"attaque ôc de défense, les serrures se compliquèrent de plus, en plus in*-genieusement , & devinrent de plus en plus sures. On ne peut dis»* simuler cependant que la complication extrême des gardes* des garnitures <3c de la clef ,. n’évidât trop le panneton de la clef a laquelle il ne reste pour Ford in aire attaché que par un petit plein qui souvent casse au moindre effort de la clef, & la laisse en morceau dans la garniture de la serrure.
- Ainsi la sûreté des serrures ne s’étnit accrue , jusqu’à ce jour ,, dépends de la solidité matérielle des garnitures ôc des clefs;, solidité égale à la sûreté étoit donc la plus grande perfection à-trouver. C’est à ce but infiniment précieux ôc jiouyeau pour la tran,^ Cinquième N°. 1er. Trim, Tarn £>.
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- quillité sociale qu’est parvenu M. Henri Kocli, comme nous allons le démontrer sensiblement.
- La première serrure de M. Koch présente une garniture qui n’est point fixe sur la platine du fonds , autrement dit palustre de la serrure, mais bien mobile, & tournante avec son petit ajbj;e ou essieu engagé par un bout en forme de tourillon , dans le trou fait à la platine ou fonds du palustre disposé à le recevoir. L’autre bout est le canon ou tige creuse, portant sa broche propre à recevoir l’introduction du canon foré de la clef.
- La fausse plaque ou couverture de la serrure s'enfile sur ce bout ou tige creuse , de manière qu’entre les deux platines, c’est-i-dire , dans l’épaisseur de la serrure, cette garniture se trouve encastrée & circulairement mobile sur son axe. L’arbre ou essieu emporte avec lui dans son mouvement circulaire une petite rondelle fixée sur lui en manière d’embase du côté du palustre, ou platine inférieure. Sur cette petite rondelle est rivée cette broche ou garniture verticale à elle, variée par différens contours, faisant noyau plein, sur lequel s’enfile le panneton de la clef évidée entre deux fers, c’est-à-dire, dans son épaisseur, ayant les mêmes contours, évi-domens , que la broche, sa correspondante.
- Sur la partie antérieure de l’arbre ou essieu , est également fixée & tournante avec lui une grande rondelle, percée de manière à correspondre , évidement pour évidement , plein pour plein, sail-iançe contre rentrance , à l’entrée principale de la serrure, lequel percement de rondelle , forme contour figuré de la broche ou garniture pleine, disposée à recevoir la clef, dont le panneton év4dé dans son épaisseur, s’enfile dans le percement de la rondelle, par dessus la broche ou garniture faite pour la recevoir.
- La clef est forée dans la tige ou canon , soit en forme triangulaire , soit en trefie , soit en rond , ovale ou quatre. La clef ne porte point, comme les autres, l’évidement de passage des garnitures sur le plat de son panneton , mais, comme nous Lavons déjà dit, dans l’épaisseur du panneton qui est évidé d’outre en outre. La clef, enfoncée dans sa garniture, se trouve fortifiée & soutenue d'une part, par le noyau plein de la garniture, &: de l’autre part, elle est aussi soutenue & fortifiée extérieurement par la grande rondelle, qui lui a servi de seconde entrée, dans laquelle elle reste engagée, & sur laquelle elle s’accole, soit qu'on tourne la clef dans un sens, soit clans l’autre, pour fermer ou ouvrir le pêne. La clef, dans son mouvement de rotation, fait donc tourner l’essieu, les rondelles, les broches > qui ne font qu’un système entr’elles pour agir sur les pênes ; le reste de la serrure est à l’ordinaire.
- En réduisant donc l’invention de M. Koch à sa plus simple dénomination , ne pourroit-on pas dire qu’il a fait & proposé des serrures à doubles broches garnitures tournantes?
- AI. Koch présente encore (.Vautres serrures a toujours à garnitures
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- tournantes , mais avec d’autres combinaisons accessoires ; telles rpê Celles d'une broche, ou d’un canon de clef -, qui , au neu d etre une fois pleine & vuide , forme deux canons & deux broches, ce "lanière que la broche & la clef se servent mutuellement de ca-ons <5c de broches, lune de 1 autre , éc lune dan-
- is l'autre.
- ni;
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- M. Koch ne s’en est pas tenu à ces premiers succès ; il a pousse
- plus loin ses recherches, il semble avoir voulu épuiser la matière, il a enchéri idée sur idée,, il a accumulé invention sul m* yention.
- Dans une autre serrure qui comprend toutes les combinaisons ci-dessus détaillées, il a ajouté une recherche d'autant .plus pre* ciense , qu’elle est plus subtile &. plus cachée. f
- Il a profité du forement de la clef, en sorte qu'une clef ioreu plus ou m dns avant dans son canon, ne peut ni se dégager de l’entrée de la serrure, ni l’ouvrir; le fonds du trou de la ciel devant se rencontrer avec la tête de la broche de la garniture. A\ant que le panneton de la clef soit totalement introduit dans l’entree de la serrure, il est nécessaire, selon les idées de l'auteur, que tout le système de la garniture, posé à ressort dans la serrure, soit pi esse par la clef sur la broche, 6c permette en reculant dans l'intérieur de la serrure ou panneton de la clef, d’y entrer de toute sa largeur, par conséquent de dépasser l'entrée dont elle se dégage en s’enfonçant , & par conséquent de son mouvement de rotation, ce qui lut donne la liberté de faire tourner l'essieu, les garnitures, les rondelles & les broches , d’agir sur les pênes , d’ouvrir ou de fermer la serrure. C'est ce qu'a supérieurement exécuté M. Koch dans les différentes idées que lui a suggérées l’esprit d'invention dont cet artiste a donné des preuves multipliées en d’autres genres.
- Il est aisé de remarquer que les différentes constructions ci-dessus détaillées remédient aux inconvéniens répétés des serrures ordinaires, dont les garnitures délicatement faites, soit avec de la tôle forte ou prise dans le plein sur le tour, se brouillent souvent avec les passages évidés de la clef affaiblie par les évidemens de son panneton , les garnitures ordinaires se laissant trop facilement briser ou éluder, par des passas-partout, crochets ou rossignols. Les serrures de M. Koch, au contraire, ne combattent jamais de force, mais seulement de ruse avec la clef qui peut ou ne peut pas entrer; elics ne laissent aucun espace qui favorise l'admission ou le passage des passes-partout, ni crochets, ni rossignols ; leur foiblesse luttèrent mal avec la résistance vigoureuse des Proches, entrées 6c rondelles, ce qui prouve irrésistiblement la plus grande sûreté réunie à la plus grande solidité des serrures.
- Due observation importante 6c dernière à faire , c’est que les gardes mobiles , inventées 6c exécutées par M. Koch étant amovibles , peuvent conséquemment 6c très-aisément s'appliquer aux serrures ordinaires , 6c qu’elles permettent facilement 6c promptement le
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- changement des gardes , des garnitures d’une serrure, de de toutes celles d’une maison simultanément , puisque la seule substitution, d’une garniture se fait par l’insertion & dans le seul tems de dé-irionter la serrure , a laquelle on applique une autre entrée qui se visse sur la plaque de la serrure.
- Vos commissaires, ont pensé que la sûreté & la solidité réunies <Sc reconnues dans les serrures, de M. Koch , pouvoient procurer les plus grands avantages à la société. M. Koch produit encore le certificat de MM. Âinelot, Doyen, la Bretêche & Camus, qui attestent l’excellente fermeture des portes de la caisse de l’Extia-ordinaire , de la serre de la même caisse, de la Trésorerie & des Archives nationales, fermetures inventées & exécutées par M. Koch.
- Cet artiste est en outre recommandable par plusieurs machines hydrauliques qu’il a inventées ou exécutées , celle de Rambouillet,, celle de Crécy sous l’inspection & conduite de M. Parcieux, de l’Académie des Sciences , la fermeture des portes de la Trésorerie-nationale, ainsi quil résulte du certificat joint aux pièces, & annexé an présent rapport.
- D’après toutes ces considérations , vos commissaires- ayant remarqué dans M. Koch un esprit inventif,, qui, non seulement a produit des choses nouvelles & utiles, mais qui dans, ce moment encore,, est à la recherche de plusieurs inventions , perfectionnemens ôc travaux concernant des objets d’utile importance ,. vos commissaires ayant d’ailleurs fait attention aux dépenses qu’ont entraînées les essais- nombreux de M. Koch,, sont d’avis que cet artiste mérite le minimum de la première classe, c’est-à-dire , 4°°° livres , & qu’en vertu de l’article de la loi , qui accorde aux artistes le minimum de leur classe , lorsqu'ils ont soixante ans révolus , M. Koch doit, avoir pareille somme de 4°°° livres , ce qui fait eu, tout la somme de 8000 livres. (1 Conclusions adoptées. )
- Fait au Bureau de Consultation , le 3 Octobre 1792.
- TROU VILLE ,. Rapporteur, LEROY, SERYIÈRESi,
- Certificat..
- Nous soussignés , certifions que les serrures 8c ferrures inventées par Monsieur Koch,. &- employées aux Archives nationales „ aux armoires, en fer , renfermant les usfcencil.es pour la fabrication; des assignats à la porte de la caisse de l’Extraordinaireà la. serre de la même caisse oc à la Trésorerie nationale, réunissent la simplicité & la solidité nécessaires pour faire une bonne fermeture $; attestons en outre que cette sorte de fermeture nous paroit préférable a toutes celles que nous avons connues jusqu'à, ce jour.
- Paris,. ce 24 Septembre 1792.
- LE COUTEUX, AMELOT, DOYEN, CAMUS*.
- Matth. M.. Koch, demeure, aux Jac.ohias ;> St,-Honoré,,
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- ET JAMBES ARTIFICIELLES.'
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- Rapport concernant M. Oudet. rr f ; T
- M. Ondet, chirurgien herniaire j se présente au Burefiii.de Consul» tation pour avoir part aux récompenses nationales. Ses titres sont l’invention d'une jambe artiiicielle, & des perfections ajoutées aux bandages destinés à contenir les hernies inguinales.
- La jambe artificielle de M. Oudet a. l’avantage :
- i9. D’exécuter les mouvemens de flexion de d’extension du pied sur la jambe, sans avoir les inconvéniens d’accrocher dans la marche les corps saillans qui peuvent se rencontrer sur le sol.
- 2,0. De recevoir le moignon de la jambe coupée, & d’éviter l’inconvénient de le replier en arrière en le fléchissant sur la cuisse.
- 39. De ménager les points d’appui, de façon à ce que le corps ne porte pas sur l’extrémité amputée.
- 4°* D’exécuter le mouvement de flexion de la jambe sur la caisse à volonté.
- 5L De conserver une légèreté qui en rende l’usage le moins incommode qu’il est possible.
- „ Oudet n'est pas le seul qui ait fait des tentatives dans cette intention & avec quelque succès j mais son moyen nous a paru un des plus simples & des plus ingénieux.
- La manieie dont le pied s’articule sur la jambe n’a rien de remarquable j mais la façon dont le mouvement de flexion s'exécute, est pins digne d’attention. L’extension du pied se fait en appuyant ht jambe sur le .sol , & c’est le mouvement du ressort qui la ramène a état de nexion ; de cette façon , l'extrémité du pied est préserrée
- i 0 s 91,Sa.8er dans les obstacles qui se rencontrent sur le passage.; le mécanisme en est simple,
- Deux lames d acier , 1 une fixée sur l’extrémité de la jambe , l’antre attachée a une tige qui porte sur le talon du.pied, glissent l’une , sur antre en sens contraire. Les extrémités opposées sont pins arges qqe leur milieu. Ifn ressort eiï boudin plat les, réunit en les eiituuiant. e i essor t portant sur l’une & l’autre extrémité , agit sut!
- • CiS hf ,seils contraire & tend à les éloigner; quand -il agit; le ^ n'tl * ce ut, pa.ice que la lame descendante fîntmîn<* ha i-io-is» « larmello
- . .. r , « a. , descendante entraîne la tige à laquelle | *ïxee., son efiort porte sur le talon ; quand on appuie Vn,!iCt* Slir C s, 9 e Sretend , & alors les extîétnités des deiir 1 ®e raP.Pr°cbant, agissent sur le ressort & le compris Q.^nd Sixième Cahier, Ier. Trim. Tome A F
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- on élève la ïambe , le ressort se rétablit, les extrémités des lames s’éloignent <Sc le pied se- fléchit.
- L'articulation du pied est garnie en devant & en arriére de deux
- lissent SCI
- jambe
- est contenu de devant en arrière Sc sur les côtés , de façon à ne pas varier en dedans ni en dehors & à n’ètre pas trop libre.
- Le pied est un morceau de bois solide, taillé dans la forme qui convient à ceïte partie, La jambe est creuse, & au dessus de sou tiers inférieur, elle se réduit à deux montants. Ces- deux montants parvenus à la hauteur du genou, s’articulent avec les deux montants inégaux qui accompagnent la cuisse \ tous ces montants sont garnis de coussins & entourés de courroies ou tresses qui maintiennent d’autres coussins tant en avant qu’en arrière. Le tout est disposé de manière que le point d’appui se partage suivant toute la longueur du membre, <5c que son extrémité n’est en aucune façon froissée.
- La jambe de M. Oudet est entourée d’un étui creux, fait d’un bois mince , revêtu de peau , qui se fixe aux montants de la jambe par une clavette et une cheville , et qui imite la forme du gras de la jambe naturelle. / (]
- Nous croyons que les avantages que M. Oudet s’est proposé d’obtenir, se rencontrent réellement dans la Jambe dont nous veiioTas de donner la description.
- Pour les bandages , l’objet de M. Oudet a été d’en rendre les pelotes mobiles dans tous les sens , afin de faire produire tous les degrés de pression dans toutes les directions possibles. Il se sert pour cela de deux espèces de cilindres , ou tourillons concaves dans le milieu de leurs contours , et sillonnés dans cette concavité de plusieurs Ciénelures dans le sens de leur axe ; le tareau d’une vis porte sur ces crénelures , et glisse à volonté sur le tourillon. La plaque qui soutient la pelote est mobile sur un axe qui forme l'extrémité du ressort du bandage. Un des tourillons dont nous venons de parler est fixé sur cet axe , et sa vis est fixée sur la plaque, en-sorte que par le mouvement de la vis, la plaque s’incline à volonté, de devant en arrière , par un mouvement très-doux et très-gradué.
- : Le second tourillon forme l’extrémité de l’axe sur lequel tourne la plaque à l’endroit de sa jonction avec le ressort du bandage ; sa vis fixée à l’extrémité du ressort., faisant tourner le tourillon, fait incliner l’axe et la plaque, oblige la pelote à exercer sa pression de dedans en dehors au degré qu’on desire. De la combinaison c]e ces deux mouveinens de devant en arrière, et de dedans en dehors, 4tent toutes les pressions que Von peut exercer aveç
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- avantage Sut la tumeur hémiaire, et il est impossible de rien ajouter à la précision de ce moyen.
- M. Ondet a encore imaginé de substituer au tourillon de la plaque un ressort à boudin, renfermé dans un cilindre creux, qui tient à ia plaque et tourne sur son axe ; il en résulte une pression beau-•coup plus légère et susceptible de se prêter à tous les moiiyemens du corps ; mais ce bandage ne convient qu’aux hernies les plus aisées à contenir.
- Outre cela, à l'extrémité de son bandage, M. Qùdet a disposé une coulisse, au moyen de laquelle ou allonge & on raccourcit le bandage à volonté, selon la mesure de celui auquel il est destiné. Cette précaution est surtout avantageuse pour les bandages que l’on envoie en province ou dans les pays étrangers , &z prévient les méprises lâcheuses qui pourvoient résulter des mesures mal prises.
- Ces inventions de M. Oudet nous paroissent lui assurer un rang parmi les artistes recommandables par d’utiles travaux, et lui donnent , à notre avis , des droits à l’attention du Bureau et aux récompenses qui sont remises à sa disposition.
- Fait au Bureau de Consultation des Arts et Métiers, le il avril 1792..
- HALLE , Rapporteur, LEBLANC, LOUIS.
- Nota. M. Oudet demeure rue St-André des Arts, n&. ?7*
- LISTE ALPHABÉTIQUE
- Des Membres du Bureau de Consultation des Arts, en l’année 275U 7 l’an deuxième de la République.
- Les Citoyens,
- Beaumé , Quai de la féraillé 3 aux trois Marcs« Berthoilet, Hôtel des Alonnoies.
- Borda , rue de la Sourdierc , u°. 11.
- Brisson, rue de Tournon , n°. 1 y.
- Bourru, rue des Maçons, na. it.
- Coulomb , rue Favart, n°. 4.
- Cousin, au collège de franco , place Cambray. Desaudray , rue l'Evêque, n°. 1, butte des Moulins. Desault , rue de la Harpe 3 vis-à-vis celle du foin, Desmarets, rue croix des Vetits-Champs, n°.
- Dumas rue des Morts, faubourg saint Martin, ng. ZÔi
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- Fourcroy , rue des Bourdonnois, tV. o5{, maison de la cou* ronne d’Or.
- Guirault, rue Traînée, pointe saint-Eus tache, maisoîi du grand Balcon, n9. 4-Halle , rue Tierre-sarrazin.
- Hassenfratz , rue Cadet, la deuxième porte par les boulevards» Jmnelin , rue gu éné gau d , rf. 2.2. '
- Lagrange, rue froid-Manteau , nP. 33.
- Laplace , rue ci-devant Louis le grand, près le boulevard. Lavoisier, boulevard de la Madeleine, rd. 24 3.
- Leblanc , au Département de Taris, place Vendôme , n°. 4. Leroy , aux galeries du Lùuvre.
- Miliin , rue saint- Honoré, nf. 445, /<£ convention.
- Parmentier , rue de grenelle , faubourg saint-germain , «a. p8» Pelletier, rue Jacob , d. 43- ; ’
- perler , rue du Mont-Blanc , n°. 72.
- Servières rue T Evêque, //°. 1, butte des Moulins,
- Silvestre , aux galeries du Louvre.
- Trouville , rue du faubourg saint-Denis, 7z°. 3 r.
- Yandermonde , Hôtel de charonne, rue de charenton.
- Réponse des artistes réunis de Lyon , aux trois mémoires présentés par le ml-nisre des Contributions publiques à Vassemblée législative & à la convention nationale, pour faire révoquer les deux loix des 25 août & 18 septembre 1 J$2 , qui ordonnent la fabrication des monnaies avec la pure matière des cloches.
- Cet écrit dicté par le patriotisme & l'amour des Arts, mérite l'attention la p’us sérieuse. La matière dont il tiaite intéresse à la fois la fortune publique & les fortunes privées. Il s’agit, pour le peuple , de l'émission abondante de petite mon noie ; pour l’état, d’un nouveau système monétaire & de la _refonte générale. Il sert de réponse à trois mémoires du ministre des contributions publiques, & à deux autres de la commission des monnoies, & contient beaucoup de faits, de recherches '& de dévéloppemens sur l’inexécution des deux loix qui autorisent les artistes réunis de Lyon à fabriquer des pièces de trois sois & de cinq sols avec la pure matière des cloches. Il est bien à désirer pour l'intérêt de la République & pour celui des arts que la Convention nationale termine enfin cetfe lutte entre un ministre qui opposa son système à des loix très - urgentes, & des artistes estimables qui présentent une découverte extrêmement importante Si féconde.
- U paroît deux cahiers de ces Mémoires par semaine. Le. prix de chaque cahier séparément cfi de 3 sols , et celui de la souscription pour l’année ejï de 12 liv. pour paris, et de 13 liv, pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES’DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNE ME N S DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- 2°. à l’Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cite, au Pis du Pont Notre-Dame ;
- 2°. Chle Citoyen LEFEVRE , architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N°. 19; 30. CherL le Citoyen GIRARDIN, libraireau Cabinet littéraire du Jardin de Li Révolution , ci-devant Palais- Royal, près le BaJJm , et che?L tous les libraires et directeurs deJ P odes de la République.
- Les Lettres, Projets, Mémoires, A vis et Réclamations doivent être adrtjjès 5 francs de port, q l’Imprimerie,
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- ]{apport concernant M. Suiteres-Sarcoy.
- O US avons été nommes commissaires par le Bureau de ConsriT-tation des Arts & Métiers, à I"ciIci d’examiner & de vous rendre compte de la demande de M, Suucres-Sarcey.
- Les Arts <5c Métiers, Messieurs, dont vous êtes établis juges par la loi, ont dernièrement, pu? votre organe, rendu hommage â leur mère bienfaisante , l’Agriculture : vous avez reconnu que le premier
- les combine de mille manières , pour toutes les jouissances de la vie.
- L’homme donc, qu'une étude particulière de cette même natnre , celui qu’un travail aussi constant que laborieux & pénible, celui que trente années & plus d’expériences ont consommé dans la science aussi ancienne que le monde, mais toujours si nouvelle, de l’agriculture, pourra sans doute fixer votre attention, & se flatter de mériter vos suffrages.
- Mais, Messieurs, la loi quia décerné des récompenses nationales à ceux qui s'en sont rendus dignes , a mis au nombre de leurs mérites , les voyages île long cours , les recherches ou dispendieuses ou périlleuses , les tentatives infructueuses même 5 & vos commissaires croyent sur ces différens rapports , qu’il est de leur devoir de vous exposer brièvement les époques variées de la vie de M. Sutieres-bàrcey , dont il est ici question.
- M. Sutieres embrassa de très-bonne heure l’état militaire ; il fît ses premières armes dans les campagnes d'Hanovre, en qualité d’officier au régiment de Bretagne. Un trait de bravoure , aussi singulier qu’étonnant, distingua le jeune militaire, & servit par la suite k dévopper la destinée qui le portoit vers une toute autre carrière que celle où il débutoit avec succès.
- Le 27 février 1768 , M. Sutieres - Sarcey se trouvant à Iloya , petite ville sur le Vezzer ( fleuve d’allemagne ) , fut surpris par devant & par derrière par l’ennemi, réduit, lui & cinq autres de son régiment , reste de cent quatre-vingt-dix qu’ils étoient, à passer sur un pont de cinq arches démantelées , dont les palplaïiches enlevées ne laissoicnt plus que les poutres <5c les piles dégarnies & à découvert.
- M. de Chabot, surnommé la Balafre, qui coinmandoit le détachement , se trouva alors entièrement incommodé d’un vin frelaté, sans doute, qu’il avoit bu, & absolument hors d’état de se réfugier dans une espèce de château ou m azuré qui servoit de rnagazin à foin. De cent quatre-vingt-dix hommes du régiment de Bretagne* Septième N°. lçr. Tnm. Tome /»
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- il n’en restolt plus que six. Dans cette extrémité, M. Sutieres^ inspiré par son courage comme par son. bonheur, charge sur ses épaules l’immobile Chabot, saute, sans trébucher, de poutre en poutre qu’il yoyoit à la lueur des flammes des bâtimens voisins , franchit le pont ; trop heureusernemt sage de n’avoir pas participé à la qualité ni à la quantité de ce vin perfide, qui, dans cette occasion , leur eût à tous deux coûté la vie.
- La nouvelle de cette action ne tarda pas à se répandre 3 elle parvint aux oreilles du ministre de la guerre , M. JDargenson, & frappa son attention de manière que M. de Choiseul , ministre depuis, témoigna à M. Sutieres des marques non équivoques d’estime & d’amitié, lors qu’il vint solliciter, en 1760, son remplacement en qualité île capitaine, place que venoit de lui faire perdre une réforme nouvellement faite dans le militaire, M. de Choiseul, assurant au jeune officier qu’il avait mérité qu’on se ressouvînt de lui , lui promit qu’il ne serait pas perdu de vue , <3c lui enjoignit en conséquence de ne point s’éloigner.
- M. de Sutieres se retira çliez son onele, agriculteur si connu, si célèbre , qu’aucun amateur tant soit peu versé dans l’agriculture, n'ignore le nom de Sutieres-Sarcey, dont la terre, près de Fontainebleau, étoit une véritable école publique & pratique d’agriculture.
- Ce ne fut pas impunément que la destinée du jeune Sutieres le conduisit au milieu des travaux merveilleux 8c enchanteurs de la campagne, dont le goût, nous dirons même la passion, convoie ignorée dans le cœur de celui qui devoit la manifester avec tant de succès. Ce fut là que la nature revendiqua & reprit ses droits légitimes sur les prétentions, la vanité & les convenances puériles de la société qui s’égare ; ce fut là que M. Sutieres apprit ce qu’il devoit être , pareeque ce fut là qu’il sentit ce qu’il étoit véritablement, homme. M. Sutieres puisa dans le travail journalier, dans les conversations habituelles de son oncle, dans l’attache ment qu’il lui portoit, cet amour de la vie champêtre de cette curiosité toujours active, toujours inquiet, dont la nature agite sourdement ceux qu'elle appelle à ses mystères , oc admet a ses confidences.
- Vous ne verrez plus , Messieurs, ce jeune militaire frapper la terre de désastres , f affliger de destruction 8ç de carnage j vous ne le verrez plus se teindre du sang des hommes , mais bien de la couleur purpurine que donne l’abondance, qu’exprime & que chante i.’honreuse gaîté du vendangeur : vous ne le verrez plus ambitionner dàinlres victoires , enlever d’autres dépouilles que celles qu’on recueille innocemment dans les champs cle Çérès 3 l’épée du militaire s’est courbée en faucille.
- .M. de Choiseul, ministre , accueillit lui-même favorablement les efforts naissans de l'agriculteur nouveau. Il chargea, en 1765 , M. Sutieres d’une commission secrette après de M. Griinaldy , alors premier ministre d’Bspngne , & par une lettre de recommandation à
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- M. de Durfort, ambassadeur , M. Sutieres fut invité par M. de Gri-maldy de se transporter dans la Catalogne <Sc l’Arrtigon. Il s’agis-soit dexaininer la véritable cause des disettes qu’éprouvoient trop souvent ces deux royaumes.
- M. Sutieres rat assez heureux , ou plutôt assez intelligent pour découvrir la cause du mal & y apporter un remède tel, que , depuis , le pays a été garanti du fléau qui le désoloit en x766. M. Sutieres revint en France par le Béarn., où il se livra à plusieurs travaux d'agriculture, c’est-à-dire , à son goût dominant. En 1767 , M. de Choiseul lui écrivit de se rendre en Hollande pour l'achat de graines qu’y faisoit faire le gouvernement. M. Sutieres, présenté au Statouder, est employé à des choses relatives à la correspondance qu’il avoit avec la France.
- La mort du père de M. Sutieres, arrivée à la fin de 1767? le rappelle à Lyon, son pays. Ses affaires particulières ne le distraient point de l’utilité publique ; il introduit dans son pays, tant par ses conseils que par son exemple, l’usage du plâtre, pomme engrais. Dans une partie du Dauphiné il fait connoître l’usage de la marne; dans ie Beaujolois & Lyonnois, il tente nombre d’expériences utiles-} 6111770, M. de Choiseul erivo'ye M. Sutieres dans les isles du Levant pour y observer ie genre de culture du pays, & la qualité des bleds, dont on fit Venir une grande quantité à cette époque. De retour en France, M. Sutieres se livre à différentes cultures, en faisant usage des leçons qu’il avoit, soit données, soit reçues dans le Palatinat, dans l’Allemagne, dans la Lorraine, dans la Normandie, dans la Saintonge , dans la Guyenne, dans le Languedoc; enrichi de tant de travaux , de tant d’expériences & de découvertes faites dans plusieurs pays & climats différens , M. Sutieres se pré-paroit à finir ses jours paisiblement dans une petite possession qu'il a près de Lyon • mais le sort n’y avoit pas consenti <Sc en disposoit autrement. En 1785, M. de Choiseul lui écrit de se rendre à Paris; cet ex-ministre le prie de vouloir bien se charger de la direction générale de la terre de Chanteîoup : tout est préparé pour le départ , le jour est fixé , le jour est arrivé ; mais le jour du départ est celui de la mort de M. de Choiseul.
- En. 1786, l’administration provinciale du Berry appellent un homme capable d'être à la tête de plusieurs établissetnens agricoles; M. Sn-tierés fixe les regards de l’administration. M. Charost, grand propriétaire de cette province, présente M. Sutieres; s% réputation IV voit devance dans le pays, il y fut accepté, accueilli aussitôt que présente ; quelques membres du Bureau de Consultation en ont £11 connoissanèe , entr'autres, Messieurs Bossut, Rochon & Condorcet se rappellent sans doute d’avoir tu M. Sutieres chez l’ar-cheyeqiie de Bourges, faire , à la terre de ce prélat , plusieurs expériences intéressantes d’agriculture.
- Liais que le bien est difficile à faire ! les entraves multipliée*
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- que dos raisons politiques mettoient à ce genre d’administratioîî provinciale, suspendirent les travaux des administrateurs.
- M. Sutieres revint cinq mois après a Paris; M. Lamoignon, garde-dc,s-sceaux, l’engagea de voir sa terre de B avilie. M. Sutieres, par un procédé aussi simple qu’ingénieux, y repeupla un bois, comme par enchantement. Ln reconnoissance de ce service , M. Lamoignon lit accorder à M. Sutieres le privilège de faire un journal d’agriculture ; ce ne But pas sans peine ; car antérieurement L'intrigue 6c l'avarice aboient mis à l’encan, 6c avaient vendu fort cher, à un entre particulier, le privilège exclusif de parler d’une chose vulgaire , commune à toutes les nations , de l’agriculture.
- M. de Lamoignon invita de plus M. Sutieres à faire un cours public 6c gratuit d’agriculture générale, propagation précieuse d’un mît dont il n’avoit encore existé aucune chaire publique , si ce n’est celle de jfjernard Palissy, qui, par les ordres de Sully, donna des leçons d’agriculture pendant quelque teins.
- Sur les promesses de M. de Lamoignon , que Le gouvernement -yLiidroit à l’appui de M. Sutieres, celui-ci, consultant moins ses. moyens, que son zèle, saisit avec empressement l’occasion nouvelle d’être utile au public : il ouvre son cours le 3 Mars 1787.
- Déjà grand nombre de personnes suivoient assiduemeot ce cours,., lorsque la révolution est venue en suspendre la continuation.
- M. Sutieres regrette tous les jours son cours, 6c ambitionne de. le reprendre aussitôt que des circonstances plus, favorables lui permettront d’enseigner tant de procédés, tant de résultats que lui ont acquis une longue pratique 6c une scrupuleuse observation dans une science qu’il a si notoirement, si honorablement professée.
- Si M,. Sutieres ne se présentent à la nation qu’avec, le caractère de simplicité 6ç de franchise qui toujours l'entraîna vers la simple nature , s’il 11e se présentoit au Bureau de Consultation que dans cette attitude de laboureur , qui lui sied encore mieux qu’à tout autre, la sueur au front, les mains endurcies par le travail,, maniant tour-à-1 onr 6c aussi bien la charrue, la bêche ou la serpette , vous prodigueriez , sans regrets , des éloges mérités à cet homme unique, peut être, dans son espèce ; vous le féliciteriez,, sans doute, devoir de bonne heure dédaigué les vanités de la classe prhrégiée clans laquelle il étoit né, vous applaudiriez à cette jphi-losophie naturelle 6; éclairée qui, ( dans un âge où. les passions turbulentes 6, insatiables jettent les hommes ordinaires dans le tourment de l’ambition , ou dans la volupté des villes ) , conduisit cependant M. Sutieres de chaumière en chaumière, le promena paisiblement de champ en champ, de pays en pays , 6c lui fit goûter autant que chérir, par avance,, cette égalité fraternelle, illusion alors, réalité depuis % politiquement nécessaire & nationalement enracinée aujourd’hui. Mais M. Sutieres expose sa situation présente ; riche autrefois d’une fortune, honnête, plus riche encore de cette modé-
- • “‘c" - ration *
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- ration économique qui, loin , de dissiper lp patrimoine, l'augmente toujours, M. Sutieres de voit-il s’attendre > pouvait-il même prévoir , à cent cinquante lieues d’éloignement de la ville dé Lyon , qu’en j769 , sa maison, du revenu de 7200 livres, serùit<tont-à~coup? tonie entière et par la faute d’autrui, dévorée par les'flammes ?
- Heureux du bonheur des autres , jamais , \çt dans aucune circonstance, il ne sollicita, ni ne reçut par conséquent rien du gouvernement $ jamais il ne tira aucun lucre des services particuliers qu’il rendit j si la révolution française ne lui avoit enlevé P honorable ressource du journal d’agriculture qni lui restoit , vous ne Leu tendriez pas vous dire ici, Messieurs, et vous prouver que si jamais de sa vie il n’attendit la loi bienfaisante des récompenses nationales, c’est bien elle qui par circonstance , l’attend aujourd’hui clans sa justice. ~n
- Il sait que si la nation donne, elle veut, et a le droit de vouloir qu’on lui apporte le fruit de ses travaux, de ses observations et de ses découvertes ; cet hommage, patriotique est im devoir (pii lui est cher, il dépose avec empressement entre vos mains plusieurs moyens ou pratiques d'agriculture , dont il assure avoir fait des épreuves multipliées, avec un succès constant.
- i°. Le moyen, saris frais, de prolonger la durée de la luzerne, et de la garantir des herbes parasites qui la dévorent.
- à'-. Une des origines de ia carie du bled , et le remède \ y apporter , d’après une connoissance et des observations qui lui soit particulières. f .
- 3P. Le moyen de regarnir les clairières des bois, sans niante;* ni provïgner, dont il a été parlé ci-dessus.
- 4y* Moyen de conserver le bled sans étuve , sans fourneau , et aussi long-temps qu’on voudra.
- £3. Moyen , proposé à la ville de Paris . de conserver la farire quarante ans et plus. ' .
- 6?, Moyen. d’empêcher la vigne de couler , sans 3 uct* ne .dépense duquel il résulte une excroissance .au sarment qui , jetté dans le tonneau , empoche le vin de tourner.
- y5* Moyen de faire rapporter en abondance du fruit aux arbres à pépin qui n’en ont jamais produh.
- 8°. Hemecle simple, prompt et infaillible contre la boliqùe des bestiaux.
- M. Sutieres vous prie d’agléer la première partie de sdh journal d’agriculture qu’il se propose de continuer, s’il peut en obtenir lc-s moyen1'.
- Vous avez accédé à la demande de M. Sutures; il a été introduit au milieu de vous, vous i’av,z entendu , et l’atterujon que vous lui avez prêtée est une marque non équivoque de l’intérêt que voit9 avez pris aux travaux , ,aux talons 4e Lh 0111 me courageux et utile, c}ui s’offre encore au service de la nation. M. Slitiercs ? plein de Huitième Cahier. I«r. T dm.. 1790. Tonte I.
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- ^ ;•• • • 00' - '
- vigueur, se réjouit de ce que ses années et sa robuste constitmk-a ne nécessitent pas encore le repos , la retraite , et même la consolation pëciimaire qug la loi lui accorde . à Fâge de soixante ans révoltes. Il se sent la force de bien mériter encore de la nation $ ' il le veut , il le demande * et vous n’écarterez pas les désirs d’une si louable ambition.
- Lë Bureau de Consultation, après avoir entendu M. Sutîères &. son rapporteur, lui a accordé le maximum';de la première classe ,
- & la mention honorable.
- À Paris s au Bureau de Consultation , le z5 avril vjÿT.*
- DUMAS , PARMENTIER, Commissaires•».
- TROUVILLE j Rapporteur*
- Rapport concernant M* Càrroçhez*
- Nous avons examiné , par l’ordre du Bureaii.ïîe Gonsultation> les. titres que M. Carrochez, opticien , présente au Bureau pour obtenir les récompenses nationales que l’assemblée constituante a accordées aux artistes qui ont contribué au perfectionnement de leur art.
- Parmi les înstrumens qui ont servi aux progrès des sciences, il n’en est point de plus recommandable que les instrumcns d’optique. C’est par leur secours que l’astronome atteint dans le ciel à des distances immenses j c’est à Raide des grandes lunettes , des grands thélescopes qu’il a fait & qu’il fait encore ces étonnantes découvertes qui honorent l’esprit humain.
- Les principaux titres de M. Carrocheî aux récompenses nationales^ sont: i°. le perfectionnement des grandes lunettes achromatiques, 2°. la construction des thélescopes de platine.
- Il n’est aucun artiste en France, il n’en est pas même en Angleterre qui ait entrepris de construire d’aussi longues lunettes achro-matiques que M, Carrochez 5 nous en connoissons de cet artiste, de douze, de seize & de vingt-quatre pieds& nous devons ajouter qu’il n'a été arrêté , pour en construire de plus longues , que par la difficulté de trouver de grands morceaux de flint glass assez parfaits.
- Ce sont les astronomes qui sont les juges naturels de ces grands instrumens, & M. Méchain, qui a à l’pbservatoire, depuis iong-îems , une excellente lunette de douze pieds, faite par M. Carro-phez , convient qu’il ne connoit rien * en ce genre r de meilleur £
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- & il ajoute s'qu'avec cette lunette 3 il a vu les cinq satellites de Saturne.
- Cêt artiste s’cst occupé également du perfectionnement des tlié-îescopes à réflexion 5 il y a déjà long-tems qu’il a fait preuve de son talent dans ce genre de travail , Sc l’on doit remarquer principalement son grand thélescope de deux pieds de diamètre & de vingt-quatre pieds de longueur, avec lequel M. Méchain a vu les satellites de la planette d’Herschell & beaucoup d’autres objets célestes que les meilleurs mstnxmens de l'Observatoire ne peuvent faire apperçevoir ; mais les tliélescopes à réflexion ont un grand inconvénient. Les miroirs qui sont d’un alliage de cuivre 3c d’étain se ternissent promptement à l’air. M- Carrochez a voulu éviter cet inconvénient en les faisant de platine, & c’est le second titre que cet habile opticien présente pour obtenir les récompenses nationales. La platine est un métal réfractaire , inaltérable , fort compact , de susceptible d’un beau poli Sc de la couleur de racler..
- Les opticiens qui se sont occupés de la nature des substances qui entrent comme alliage dans la composition des miroirs , savent qu’aucun. métal ou demi-métal ne peut remplacer pour cet usage i’etain^ qui a, au plus haut degré , la propriété de durcir & de rendre les autres métaux élastiques & susceptibles d’un plus beau, poli, Ce n’est cependant qu’après une infinité d’expériences que M. Car-rochez est parvenu à faire, avec de la platine Ôc de l’étain, uü métal qui ''eut toutes les qualités nécessaires pour faire un bon. miroir.
- Il a même trouvé qu’il falloit. ajouter à cet alliage, peur atteindre ail plus haut degré de perfection , un peu de cuivre rouge. Cette addition rend le métal plus compact , et donne à la lumière plus de vivacité. C’est ainsi qu’il est parvenu à faire un thélescope grégorien, qui amplifie cinq cent fois le diamètre des objets , avec la clarté et la netteté qui conviennent aux observations les plus délicates. Ce thélescope a sept pieds ; le grand miroir pèse quatorze livres , et a huit pouces de diamètre, il a été longtenis comparé à l’Observatoire à un thélescope de même grandeur de Dollond „ efe MM. Cassini et Méchain conviennent de la supériorité de celui de M. Carrochez. Enfin nous dirons que iVJ. Trudaine ayant prêté à M. Carrochez un thélescope de Herschell de sept pieds de longueur , et de construction Neutoniennedont il avoit fait l’acquisition , M. Carrochez en a fait un absolument semblable, que MM. Méchain et Cassini ont reconnu être supérieur à son modèle, qu’ensuite il en a construit un , de même dimension, en platine, qui s’est trouvé fort supérieur au premier. ( 1 )
- (1) Tous ces instrumens d’Qptique sont actuellement à l'Observatoire*,
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- ' p osé, lions croyons inutile cl'entrerdans de pins
- "longs détails sur les travaux de M. Carrochez -, nous estimons que que cet artiste, qui tient un des premiers rangs parmi ceux de l’Europe qui se sont le plus distingués dans les ouvrages d’optique * a droit aux récompenses nationales, et qu’il mérite d’être compris dans le maximum de la première classe. ( Ces conclusions ont été adoptées. J
- Paris, ce 11 Avril 1792.
- ROCHON , BORDA , LAPLÀCE.
- MM. Borda , Laplace et Roclion , nous ayant demandé de certifier les articles où nous somme cités dans le rapport ci-dessus , nous nous empressons de confirmer tout ce qu’ils ont dit à ce sujet*
- CASSINI, MÉCHAIN.
- Nota. M. Carrocliez demeure actuellement au college de France -j place Cambray, & bientôt au Louvre,
- Note relative à M. Salières.
- M. Sutieres prévient le public qu’011 trouvera dans son journal dù>gricuiture la manière de faire usage des moyens ci-dessus énoncés, avec beaucoup d’autres, 6c que ceux qui voudront se procurer les deux premiers volumes de son ouvrage, peuvent envoyer rue Bouclier , né. 35.
- Il parole deux cahiers de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque cahier séparément cjl de 3 sols , et celui de la souscription pour l’année eji de 12 lin. pour J-dois, et de 13 Ihfy pour les départe mens , franc de port.
- On souscrit, pour 'les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES
- A R ES , ou JOURNAL DES INVENTIONS découvertes et perfection-NEMENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS ,
- i°. à-CImprimerie dit Citoyen CHEMIN, rue de Glaiiguy\ N°. 7, en la Cité, aie tas du Font Noire-Dame ;
- 20. Che1 le Citoyen LEFEVRE , architecte-entrepreneur, rue S. -Sauteur, A'3. 19 ;
- ' 3°. Ckei le Citoyen. GIRARDDT, libraire, au Cabinet littéraire du Jardin delà Résolution , ci-devant Palais-'Royal, près le Bajfn , et chc\ tous les Libraires et directeurs des Pofîes de la République.
- Les Lettres , 'Projets, Mémoires, Au; et Réclamations doivent ét(t adrtjfés » fi^s de parti à l\Imprime;le,
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- GRAVURE.;
- Rapport concernant M. Magny,
- Nous, Commissaires soussignés , avons été chargés par le Bureau de Consultation clés Arts & Métiers , de lui Tendre compte de /invention que M. Magny a faite dans l’art de la gravure.
- Les peintres &; dessinateurs .désiroient eri 1 j5.6 , que les graveurs pussent trouver im moyen simple <Sc facile d’imiter les dessins au crayon , afin de multiplier facilement les originaux que les élèves doivent copier.
- Plusieurs graveurs s’occupèrent de la solution* de ce problème si utile à Part et au perfectionnement de renseignement : public, Quelques-uns, connuo M. Des marteaux , parvinrent par leurs soins & leurs travaux k multiplier, à imiter, à force d’art, avec îe§ instrumens qui étoiept employés par les, graveurs à cette époque M c’est-à-dire, avec le ,burin et la. pointe sèche , ils parvinrent à imiter le graine du crayon ; mais cette imitation n’étoit à la,.portée quq de quelques graveurs extrêmement inteiligens..
- On inventa à cette époque, des in.strumyqs nouveaux , avec lesquels tous les graveurs peuvent imiter parfaitement les dessins au crayon.
- Ces instrumens él oient de deux espèces, mobiles & immobiles.
- Les instrumens mobiles étaient formés de petites roulettes d’acier dont la surface cylindrique étoit grainée. Les’ iftstruméns immobiles «toient formés de petites surfaces d’acier de formés différentes , dont la partie inférieure, celle ayec laquelle on gravoit, étoit grainée.
- Par le moyen de ces outils & d’une forte pression sur le cuivre, on parvenoit à grainer des traits grainés defèrmes différentes / plus ou moins gros , en raison de /instrument que Poiï employoit, de ces traits imprimés' ' imitoient assez parfaitement l’effet du Cray on. Nous avons l’honneur de remettre sür le bureau des dessins exécutés avec cet instrument.
- A /époque de cette invention, plusieurs personnes voulurent s’approprier la découverte Vie ces instrumens, de parmi ces personnes , l’on distingua .pareillement MM! Magny; & Lefranqois. Ce dernier , obtint une pension du Roy pour cette invention. M. Magny présenta e’n 1762 un mémoire à l’Académie de peinture Si & de sculpture p pour qu’cllé pût prononcer sur Isa découverte, auquel elle répondit v» qu’après avoir délibéré, elle h’a pas cru « devoir entrer dans la question difficile , de d’ailleurs inutile au *> progrès de Part, de savoir quel en est en effet l’inventeur. »
- C’est pour cette invention faité ch 1756, que M. Magny reclame «a part aux récompenses nationales. Nohs ne joindrons à cettg'
- Neuvième Cahier, Rr, Trim. Mars iy^3. Tome I, J}
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- réclamation qu’une observation : c’est qu’une partie clés ïnstrumertg dont M. Magny se dit’l’inventeur , les roulettes mobiles & immo* biles sont entre les mains de tous les graveurs, & qu'ils les ont employées avec beaucoup de succès.
- A 1’époque de l’invention de ces i-ns iraniens , qui n’avoient pour objet que l’imitation des dessins au crayon , M. Magny imagina une- espèce de machine pour appuyer fortement les iustrimiens- immobiles sur le cuivre 6c graver très profondément.
- Cette machine étoit composée d’un levier attaché* air plancher par 11 ire de ses extrémités; à Fautrre, étoit emmanchée une verge de fer, qui communiquait à une pédale par le moyen de laquelle ou peut faire baisser la levier. A une certaine distance de la fixation du levier au plancher étoit emmanchée une barre de bois, à l’extrémité de laquelle on attacliok i’kistmmen8 à graver. Far ce moyen, pendant que le graveur conduisoit librement avec ses mains l’instruiTreiit sur les traits indiqués sur la planche , il faisoit passer avec son pied le levier contre son instrument, 6c gravoi-t ses* traita plus ou moins-profondément sans se fatiguera
- Cette machine exécutée,, a été vendue à M. Bachelier, directeur de l’école royale gratuite de dessin-, avec l’engagement de n’en construire pour aucun graveur. Elle ne su trouve effectivement employée par aucun d’eux , quoiqu’elle présente des facilités pour l’exécution dé la gravure imitant lé crayon.
- Nous avons été voir cette -machine., dont M. Bachelier, est le propriétaire, & qu’il a fait employer pour graver une partie des dessins de l’école; M. Bachelier nous- a assuré qu’elle remplissoit ^parfaitement le but pour lequel: elle a voit été inventée.
- A l’époque de. la. querelle entre MM.. Lefrancois & Magny Tt pour l'invention des instrumens propres à graver à. l’imitation du crayon , M. Magny. imagina 1® moyen de graver ses dessins, estompés , 6c ce moyen ne fut autre chose que de substituer, un graine plus fin au gros/grainé des roulettes, 6c l’usage de cet instrument, à la main, an, lieu, d’être à la. machine de pression,, parce que le grainé- doit être plus fin, plus doux , plus moëleux 6c plus delfcat.. Nous avons l«’h.onnenr. de remettre au Bureau , la première gravure de ce genre ,, qui détermina l’Académie de Peinture,, à accorder à M...,Magny r le rapport dans lequel elfe lui donne des éloges pour cette iiiveii*-îion.
- Ce sont ces-roulettes 6c. ce nxoy.en.de graver, qui ont été particulièrement. adoptés par tous les gjraveurs ; 6c c’est avec ces mêmes moyens, qu’ils imitent le lavis à une ou plusieurs couleurs , que le célèbre Janinet. a porté, de nos jours à un si haut point de perfection».
- r, Nous avons consulté plusieursrpersonnes qui ont suivi 6c M. Magny & le gedèaionueiiient de la grayure ,, dans le nombre desquelles
- X «b CivoX
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- jKnis pouvons citer M, Darcet j- toutes nous ont assuré que Mj Magny étoit l’inventeur de ce procédé.
- Il résulte de l’examen que nous venons de présenter au Bureau de Consultation, que M. Magny a inventé les instrumens qui ont perfectionné l’art de la gravure , que dans le nombre de ses instru-mens , plusieurs ont été adoptés par les graveurs , sont d’un usage-journalier, 5c ont contribué à l’invention 5c au perfectionnement d’une nouvelle manière de graver , celle qui imite le lavis. Enconsé-quencc, nous estimons que M. Magny mérite une récompense, & que cette récompense doit être le maximum de la deuxième classe» £ Ces conclusions ont été adoptées. )
- Fait au Bureau de Consultation, le 11 Avril 1792’.
- J. H. HASSENFRATZ, ROCHON.
- Nota. M. Magny, ingénieur Physicien,, demeure rue des^ Mathurins, aux deux Piliers d’Or, np. 14.
- ÉTOFFES CHINÉES EN S O Y E.
- Rapport sur le Citoyen Benoît Richard.
- RTons avons été chargés par le Bureau de Consultation des Arts %k Métiers , de lui rendre compte des titres que peut avoir aujî récompenses nationales le Citoyen Benoit Richard , chineur d’étoffes de soye à Lyon 5 nous allons remplir à ce sujet les intentions dû Bureau, en l’assurant que ce fabriquant a satisfait à toutes les for-* malités prescrites par la lof.-
- Le Citoyen Benoît Richard s’occupe depuis long-tems de la fabrication des étoffes chinées eii soye , depuis le taffetas jusqu’au velours , 5c à l’aide de plusieurs mécaniques de son invention , il est parvenu à donner aux contours des objets figurés 5c colorés , une pré--cision 5c une régularité fi frappantes 5c si agréables , que plusieurs ïtégoekins- ont été dans le cas d'exporter à l’étranger des velouté pour meubles, parce qu’ils se trouvaient chinés à ce dernier degré de perfection.
- L’un dp nous a vu en 1770-, une pièce de velours d’une aulne? de longueur, dans laquelle cet habile fabriquant avoit exécuté pour M. Pernon, de grands dessins courants, de la plus grande-beauté, 5c où la chinure avoit uni les nuances bien fondues de 14 à ï5 couleurs d’une fraîcheur 5c d’une vivacité frappantes. Cette piècer d’étoffe étoit destinée pour un tapis.-
- L’échantillon d’étoffe chinéo, que le même fabriquant présente au! Bureau de Consultation , est.un semblable velours d’une demie-aulne,> mais d’un tissu beaucoup plus fin 5c d’une égaie perfection , 5é-quant à la régularité des fleurs, 5c quant à la beauté des- couleurs ^
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- ainsi le Bureau pourra juger par IuLmêmé, «lu talent de Bénoiî Richard -,
- C'est par les mêmes moyens que ce fabriquant est parvenu à imiter si parfaitement la peau de tygre, que 3 pendant un grand nombre d’années, ces étoffes qui sortoient de ses mains, ont servi dans l’étranger, à couvrir des manchons, ou à former des revers de fedingottes, pour remplacer ces sortes de fourrures ; & les certifia Oats joints aux pièces du Citoyen Richard , attestent qu’il s’est vendu pour plusieurs millions de ces étoffes recherchées, d'après le degré de perfection que cet artiste leur avoit donné.
- Nous ajouterons que par cette même industrie, il a fourni pendant quelque teins aux bonnetiers , qui ont fabriqué des tricots chinés sur les nouveaux métiers de Sarraziu & de Jolivet. C’est ainsi qu'un artiste qui perfectionne son art, porte la perfection dans toutes les parties des arts , qui correspondent au sien.
- Nous pensons en conséquence que le Citoyen. Benoit Richard , chineur d’étoffes de soie de la ville de Lyon t qui par la oerfection qu’il a su donner aux procédés de son art , a contribué à une exportation considérable des produits de notre fabripation à l’étranger , & à la beauté des étoffes chinées qui ont circulé dans l’intérieur depuis les tricots , jusqu’aux velours, mérite le minimum de la première classe, c’est-à-diré, quatre mille livres; nous demandons comme une condition de ladite récompense que le Citoyen Bénoii Richard, communique aux commissaires toutes les mécaniques par le moyen desquelles cet artiste a donné à la chinure , la précision & la régularité , dont nous ayons rendu compte.
- A Paris ce jio février 179-3, lhn 2e. de la République Française»
- DESjVlAREST, SERVIÈRES
- fiota. Le Citoyen Benoît Richard demeure à Lyon, Quai du Rhône.
- Jl paroit deux cahiers de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque cahier séparément cjl de 3 sols , et celui de la souscription pour Vannée ejl de 12 lly. pour Paris, et de 75 liv, pour les départemens , franc déport.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DE$ ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES pT PpRFEÇTlON-NEMENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS ,
- i°. à V Imprimerie du- Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N9. 7, eu la Cité, au fris du Pont Notre-Dame 5
- 2°. Che\ le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, me S. .Sauveur, N°. 19$ 50. Ché^ le Citoyen GIRARDIN , libraire, ;u Cabinet littéraire du Jardin delà R évolution, ci-devant Palais-Royal, près le Baffit\, et che\ tous les libraires et directeurs des P’ofies de la République.
- L es Lettres, Projets, Mémoires, A iis (t Réclamation^ doivent être adrtjfés 9 fumes de port ^ à Vimprimerie*
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- MÉCANIQUE.
- 'Rapports concernant M. "Pelletier,
- Extrait des Registres de VAcadémie des Sciences , du 3 Mai, 178a;
- Nous ayons examiné par ordre de l’Académie, une machine présentée par M. Pelletier , ingénieur machiniste de son Altesse Royale l’infant Dom Gabriel, propre à donner aux canons de fusil une épaisseur uniforme, & que l’on peut appliquer à plusieurs autres usages utiles.
- Le corps de la machine est une espèce d’établi qui porte un châssis que iait mouvoir dans un sens ou dans l’autre à volonté une corde dont les deux parties se roulent en sens contraires sur le cylindre d’une roue garnie de chevilles, auxquelles s’applique la main. On a pratiqué sur le châssis deux poupées qu’on peut éloigner ou rapprocher selon les différentes longueurs des canons de fusil qu’on veut égaliser. Cet effet, qui est le but principal de la machine , est produit par une fraise que fait tourner un arbre porté sur deux inontans , qui tiennent à l’établi , & qu’on peut hausser ou baisser à volonté. Ôans le modèle que nous avons sous les yeux, l’arbre dont on vient de parler est mu par une manivelle ; mais il seroit facile de lui appliquer tout autre moteur, comme M. Pelletier l’a exécuté dans le dessin qu’il présente à l’Académie. On a fixé à l’une des poupées une roue cle division, qui sert à donner aux canons de fusil , tel nombre de pans que l’on veut $ plus ce nombre sera grand , plus le canon approchera d’être cylindrique , & sera facile à finir. Lorsqu’on en aura deux de finis, on en pourra exécuter un semblable avec une très grande célérité. 11 suffira de placer sur le châssis les trois canons , de manière que leurs axes soient parallèles dans le même planhorisontal, & de faire porter sur les deux canons finis, les mon-tans de l’arbre qui fait tourner la fraise , & qu’on peut hausser
- ou baisser à volonté, comme nous l’avons déjà remarqué. Enfin pour s’assurer si un canon de fusil est partout d’une épaisseur uniformet on l’assujétira de manière que les pointes des deux poupées soient dans la direction de son axe. On placera un index dont le support tient à l’établi, ôc auquel on a fixé deux montans de bois, terminés par une poulie qui portera sur le canon (qu’il s’agira d’éprouver. En faisant mouvoir le châssis, on fera parcourir à l’index les divisions d’un cadran, qui indiqueront si l’épaisseur est partout la même.
- Nous croyons que la machine présentée par M. Pelletier, peut pro* Dixième Cahier, 1er. Trim. Tome 1. K»
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- cîuife les effets dont nous venons de parler, de la manière k plus simple & la plus sûre, & qu’elle est digne par r là de ^attention & des éloses de l’Académie.
- O
- M. Pelletier a appliqué la machine que nous venons de dédire à plusieurs autres usages utiles. Il s’en sert pour refendre toutes sortes de pignons, & elle exécute avec autant de vitesse & de précision que la macliine à refendre, qui est entre les mains de beaucoup d’ouvriers $ elle a de plus l’avantage de pouvoir refendre très» droit des pignons , quand bien même ils auroient un pied de long. Il s’en sert aussi pour pousser des moulures Sc caneiures dans les différentes pièces de serrurerie.
- Nous remarquerons en passant que M. Pelletier fait usage dkne machine fort simple pour tailler les fraises qu’il emploie. La fraise étant fixée à un axe qui porte une roue de division, on les attache l’une Sc l’autre sur une espèce d’établi, de manière qu^iis puissent se mouvoir circulairement, &on taille la fraise avec un rabot convenable. Nous lui avons vu faire avec beaucoup de justesse Sc de célérité des fraises d’une dentelure considérable..
- Une des pièces de la machine dont il est toujours question, est un châssis mobile ; voici comment, M. Pelletier s-’en sert pour polir les ressorts de pendule. Il fixe à Pune des extrémités le ressort qu’il veut polir, & en faisant mouvoir les châssis , il oblige le ressort à passer entre deux planches enduites d’éméri, qu’on a bien serrées au moyen d’un étau..
- M. Pelletier a présenté dans I.e même tems, à l’Académie, plusieurs autres machines que nous allons décrire succinctement ;
- 1?. Un mouton qui a été exécuté en grand, lors de la construction du pont d’Aranjues. Chaque mouton est mu par une corde, qui, après avoir passé sur trois poulies , va s'envelopper autour du cylindre d’un cabestan. Lorsqu’ils sont tous parvenus à la hauteur qu’il faut, on lâche une detente, & ils retombent par leur propre poids. Nous ne croyons pas que cette machine ait aucun avantage sur celles de ce genre qui sont connues.
- aP. Une romaine composée d’un levier , porté sur six roues, Sc d’un cadran divisé. Cette machine ne sera susceptible d’une grande précision, qu’étant faite avec beaucoup de soin» Sc parconséquent elle ne pourra jamais devenir d’une pratique nouvelle.
- 3°. Un fusil dont la platine se démonte & se remonte instantanément par le moyen d’un ressort. N’étant point à portée de faire des expé-*. riences qui puissent nous assurer de la solidité de cette machine # nous nous abstiendrons de la juger.
- Toutes ces machines montrent beaucoup d’inyention dans JVUPel*
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- leü&t | on ne peut trop l’encourager à suivre son goût pouf les se4* câniques p & surtout à faire usage de son talent pour Futilité pu* blique.
- Ce i Mai ï?8o.
- Le Chevalier de BORDA, BOSSUT, COUSIN»
- Je certifie le présent extrait conforme à l'original & au jugement de FAcadémie, ce 3 Mai 1780.
- Le Marquis de CONDORCET , Secrétaire-Perpétuel»,
- Bureau de Consultation»
- Cette machine est portée & maintenue par un bâtis en bois de chêne, assemblé à tenons & à mortaise ; elle est composée de diverses pièces, les unes fixées, les autres mobiles en différens sens, de plusieurs roues à engrenage ou cordes de rappel, de deux pou-pées mobiles , double mouvement s’exécute de haut en bas, 6c qui soutiennent les canons de fusil ou autres objets sur lesquels on veut travailler. Le moteur est un homme appliqué à la manivelle d’une roue ; on y pourroit employer également des chevaux ou un cou-* rant d’eau.
- Voyez pour une explication plus développée , le plan de l’élévation.
- M. Pelletier a appliqué cette machine à plusieurs usages qu’il soumet à l’examen du Bureau, & dont voici une énumération sue-* cincte :
- 19. Égalisation de l’épaisseur des canons de fusil.
- Il arrive très-souvent que les canons de fusil crèvent par l'explosion de la poudre, 6c produisent les accidens les plus funestes. Une des principales causes de cette rupture c’est l’inégalité d’épaisseur du tube. Lorsque le fer est gras, homogène 6c exempt de foulures, un canon ne peut crever que par l’endroit qui 11''oppose pas une résistance suffisante à l’action de la poudre. Ce n’est pas par le poids qu’il faut juger de la force d’un canon, car rl peut être trop épais en certains endroits , 6c trop foible en d'autres. 11 est important, pour la justesse de l’arme, 6c pour éviter une surcharge inutile, de pouvoir enlever la matière excédente, en laissant d’ailleurs au tube une épaisseur suffisante dans ses différentes parties,, pour soutenir l’effort de la poudre. C’est à quoi M. Pelletier parvient par sa machine, d’une manière très-prompte 6c très-précise. Il donne une épaisseur uniforme au canon, ou il la diminue uniformément 6c graduellement depuis la cuirasse jusqu’à la bouche du tube. Il enclave par le même moyen des moulures sur le canon y il y dessine des lignes y il le polit connue l’acier y il y trace tous
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- les ornêniêïis que le luxe peut desîrer dans ces sortes d’intfttfnêtts j &cî
- 2.q. Construction de division des pignons de toutes grandeurs.
- Cet usage de la machine de M. Pelletier est très-important. En effet les pignons sont non*seulement d’une indispensable nécessité dans l’horlogerie , mais s’emploient également dans les instrumens les plus grossiers, & dans plusieurs circonstances où il faut employer des renvois de mouvemens pour produire divers effets. La machine dont il s’agit exécute les pignons avec plus de régularité que ne peut faire la main de l’ouvrier le plus exercé , & l’économie double qu’elle procure, est très-considérable ; car une simple fraise dont le prix n’excède guères celui de deux limes, fera ici ie travail d’un très-grand nombre de limes , sans avoir besoin d’être retaillée fort souvent.
- 3°. Pour fraizer ou fendre les têtes de vis. ^
- On ne peut prendre que dans les atteliers des ouvriers une idée un peu juste des divers matériaux & outils dont ils font usage. La serrurerie est surtout l’un des arts où le nombre & la forme des instrumens sont le plus variés. Le serrutier ne peut, par exemple, se passer de doux à vis , dans beaucoup de circonstances ; mais l’instrument dont U se sert pour fixer ce6 doux, leur fait souvent éprouver des acciclens, ou dumoins leur cause beaucoup d’impatience , de perte de teins Ôc d’usure d’outils. Il est presque toujours forcé préalablement d’ouvrir la fente de la tête du clou. Cette fente faite dans de grands atteliers est ordinairement inégale , oblique ou inclinée a l’axe de la vis, d’où il résulte qu’elle fait gauchir l’ouvrage sous l’effort du tourne^vis. M. Pelletier, pour remédier à cet inconvénient, fend les têtes des vis au moyen de sa machine , avec une égale justesse de profondeur ; la tête offre alors une résistance plus grande à sa déformation, & la force qui fait enfoncer la vis s’en va directement sans perte & sans produire aucune élévation dans l’ouvrage.
- 4°. perfectionnement cle l’égalité des ressorts de pendules.
- La perfection des instrumens d’horlogerie & de beaucoup cle machines de physique, dépend de la justesse d’épaisseur & de l’égalité dans l’élasticité des ressorts qu’on y employé. M. Pelletier dorme par sa machine tine égale épaisseur aux ressorts dans toute leur étendue, un poli parfait , ôç une élasticité complette & uniforme. La laine fixée sur un plan mobile peut passer avec promptitude & égalité sous un froteur fixe, ou le ressort fixé sur un plan solide peut acquérir les mêmes avantages par la pression continuelle d'un froteur môbile , qui en parcourt la superficie. Ce travail n’est pas au dessus des forces d’un homme ordinaire.
- * Nous tirons , comme on sait, beaucoup do ressorts des pays étrangers ; la machine de M. Pelletier peut à cet égard nous épar* gngr une sortie considérable de numéraire* v
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- %
- o°. Usage -pour- des régies, à rainures c3c languettes.
- 4i
- deséquerres , des assemblages de far
- L’art (2 c la serrurerie peut acquérir une nouvelle extension (|c perfection , par la fabrication des planches dé fer, des ba'ttans tlVr-moires, & uar la facilité que la machine de M. Pelletier donne de faire des rainures & languettes dans des morceaux do fer plat, avec une telle proportion & justesse , que les parties étant appliquées les unes contre les autres, se joignent parfaitement, qu’elles ont le plus beau poli , que l’assemblage peut avoir toute la solidité possible, Sic,
- Conclusions.
- En 1780, M. Pelletier soumit an jugement de l’Académie des Sciences la machine dont nous venons de parler, 6c quoiqu'elle n’eùt pas la perfection qu’il lui a donnée depuis , l’Académie en fit P éloge, ainsi que du génie de l’auteur pour la mécanique.
- D’après cette base., 6c les considérations précédentes, nous concluons que la machine de M. Pelletier, ingénieuse dans sa construction , régulière dans sa marche, 6c très-utile dans ses opérations , doit être rangée dans la classe des inventions , qui donnent aux auteurs, un titre suffisant pour prétendre aux récompenses nationales j nous croyons de plus, que M. Pelletier mérite le maximum de la seconde classe, c'est-à-dire, trois mille livres, 6c le minimum de cette même classe, c’est-à-dire, deux mille livres, à raison de son âge., qui est de plus de soixante ans. ( Conclusions
- adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 2.3 Mai 1792Pan quatrième de la Liberté.
- EOSStJT, LU COTTE,
- Nota* M. Pelletier demeure rue de l’Êperoi\ S.-André, N®, a*
- Onzième N0., 1er. Trim. Tom. 1er» w 2*
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- 4*
- FABRIQUE D'ÉTOFFES.
- Rapport concernant Af. Fouquier.
- N,,
- O US avons été nommés par le Bureau de Consultation, pour lui rendre compte des inventions 6c perfection ne mens faits par M. Pierre Fouquier , ancien entrepreneur & directeur de la fabrique royale de velours de coton, ci-devant établie a Bernay, mécanicien fabricant de rots ou peignes, manufacturier, privilégié du Roi, demeurant à Rouen, faubourg S.-Séver.
- Nous avons l’honneur d’observer au Bureau , que nous n’avons pu voir aucune des machines que M. Fouquier annonce avoir inventées, ni aucun des perfectionriemens qu’il, assure avoir faits $ nous ne pouvons juger ses travaux, que d’a,près les certificats Sç. approbations qu’il nous a donnés.
- On peut diviser en six parties les inventions 6c perfectionnemcns de M. Fouquier.
- i°. Le perfectionnement de velours 6c draps de coton à l’instar <te oeu£ d’Angleterre, faits en 1701. Çe perfectionnement est attesté par un engagement de MM. Walker 6c Louât, de faire faire à M. Fouquier des étoffes de velours de coton, conformes aux échantillons qu’il leur a remis en 1788$ par une exemption de milice 6c de logement de gens de gueire, accordée par l’intendant d’Mençoa eu J769 , co.ume récompense de ses découvertes dans la fabrication des velours de coton ; par un certificat de la manufacture de S.-Béver,, signe.7 Pierre Guiilehiut, ren .1766; par un certificat de la manufacture de Vernon, signé, Rigné, eu 1766 ; & patr dix-huit: certificats des ouvriers qui ont travaillé dans la fabrique royale de ♦velours deicoton de LUruetal, dont il a été l’entrepreneur, qui tous attestent, que M. Fouquier a fabriqué des étoffés de velours de coton , avant 4’amvée Mes Anglais , qui ont continué ses travaux.
- 2,0, L’imitation des coutils, façon de Bruxelles, faite en 1760. Cette invention est prouvée par dix certificats d’ouvriers, de différé ns métiers. Une lettre de M, Maille qui envoie à M. Fouquier le montant d’une pièce d’étoffe qu’il a reçue de lui, 6ç un mémoire présenté à M. Trudaine,
- 3Q. I/invention de faire des toiles piquées, doublées Si ouettées, trouvée en 1770. Cette invention est attestée par un certificat des fabricant toiliers & passementiers de la ville de Rouen, au bas duquel est un grand nombre de signatures,
- 4®. L’invention, en 1770, de machines pour faire, avec du feu, les *ots ou peignes, à travers lesquels passent des fils qui servent
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- à faire la chaîne des étoffes, <5c le perfectionnement , en 1778, 4e cette machine, de manière à pouvoir s:en servir sans feu; treize certificats de fabricant & d’ouvriers, attestent la bonti de cette machine, & l’académie de Rouen l'a approuvée dans un rapport qu’elle en a fait en 1754* Nous croyons inutile de transcrire ici la description de cette machine, que l’on peut lire toute entière dans ie rapport de l’Académie de Rouen.
- 5*. L’invention d’un métier pour faire une étoffe propre à rem-placer les corps de baleine. Ce métier fut inventé par M. Fouquier, en 1771. L’Académie de Rouen à laquelle celte maclone a été soumise, lui a donné son approbation en £784. On peut voir (à .description complet te de ce métier dans le rapport de l'Académie.
- 6Q. Enfin un nouveau tordoir inventé* en 1770, pour donner aux fils de coton, tous les .divers degrés de tors que l’on peut désirer. Ce tordoir a encore été soumis au jugement de l’Académie de Rouen, qui la approuva en 1784.
- Nous avotis l’honneur de remetre sur le Bureau* les échantillons des étoffés fabriquées avec les métiers inventés ou perfectionnés par M. Fouquier $ & nous allons , si le Bureau le désire , lui faire la lecture du rapport de l’Académie de Rouen , sur la machine à faire des rots , ie métier à faire des étoffes pour remplacer les corps de bauine , •& le nouveau tordoir, parce que nous avons cru qu’n étoit très-diificile de donner un extrait de ce rapport , qui puisse assez détailler ces trois objets de M. Fouquier.
- Nous ne pouvons nous dispenser de dire au Bureau , que la plus-part des .étoffes fabriquées avec les machines de M. Fouquier, le sont aussi dans beaucoup de villes de commerce & de manufactures , & que nous n’avons pas assez de données pour décider si M. Fouquier est réellement l'inventeur de ces métiers j nous ne pouvons que nous en rapporter aux différens certificats que nous avons cités.
- Quoiqu’il en soit de ces inventions, sur lesquelles nous ne pouvons pas prononcer définitivement , il nous est démontré que M. Fouquier a été utile aux fabriques de Rouen , & sous ce seul rapport, .M. Fouquier mérite des récompenses. Ce fait nous est prouvé par le plus grand nombre des certificats que nous avons cités, par la copie certifiée de la lettre que MM. les Syndics de la chambre du Commerce de Normandie, ont écrite à M. d’Ormesson , controleur général des finances, le 4 Août 178J, pour obtenir une récompense eu faveur de M. Fouquier, & nous le disons avec peine, dans un terns où l’or étoit employé avec prodigalité à des objets futiles , l’utile M, Fouquier u’a pu obtenir une récompense due à ses travaux.
- L’utilité de M. Fouquier nous est prouvée par le certificat de la vingt sixième section de Rouen, qui dit qu’il a rendu les plus grands services au commerce de çette ville , en perfectionnant les manu-
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- factures pfpr ses découvertes , que livré tout entier à ce genre de travail, il a réussi à amener à leur perfection, différentes, mécaniques j fruit d'un travail long 5c pénible., qu'il y a été porté, plus par amour du biep public que par son propre intérêt, &c. Mon utilité nous f$t prouvée par le certificat de sa municipalité à Rouen , dans lequel, après avoir attesté les découvertes de M. Fouquier, l'avantage dont ses découvertes ont été pour la ville de Rouen , edie dit ; J» fidèle à sa patrie & toujours rempli du noble désir de ». la faire jouir du fruit de son génie , M. Fouquier a pousse le 35 désintéressement jusqu'à, refuser les avantages qui lui ont été «souvent offerts par une nation voisine 5c rivale , 5cc.- »
- Les commissaires , après avoir examiné les certificats de M. Fouquier , le rapport d.v l’Académie de Rouen, la copie de la lettre de MM. les syndics de la chambre du commerce de Normandie , les certificats des maîtres passementiers de la ville de Rouen, 5c enfin les certificats des corps administratifs de ce Département, estiment que M. Fouquier a été utile à la ville de Rouen par ses travaux > que ces travaux ont exigé des dépenses, 5c qu’il mérite le medium de la première classe des récompenses nationales,
- bes commissaires observent que M. Fouquier est né en .172.9, il a par conséquent 6.3 ans. ( Conclusions adoptées. J
- Fait au Bureau de Consultation, le 2 mai, r.792, l’an quatrième de la liberté. . • .. \
- HÀSSENFRÀTZ, VANDERMONPE, COULOMB , SERVIERE5. Nota. M. Fouquier demeure Faubourg St. Séyer, à Rouen*.
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- PLATINE DE FUSIL.
- Rapport concernant M. Feuillet, Arquebusier.
- MIVÎ. Leroy , Meusnief , Leblanc & Brissori ayant été nommés par le Bureau de Consultation des Arts & Métiers, pour examiner la platine de fusil qui lui a été présentée par M. Feuillet, arquebusier , & cet artiste ayant satisfait à tout ce qu’exige la loi, nous commissaires, allons rendre compte au bureau de ce que non s ayons observé.
- Cette platine nous a paru avoir plusieurs avantages majeurs sur les précédentes platines. *
- Le premier avantage qu’on y remarque, est sa grande simplicité : elle n’est composée que de neuf pièces & trois vis -, tandis que les platines ordinaires sont composées de onze pièces & neuf vis. Il y a donc nuit pièces de supprimées.
- Cette simplicité fournit une commodité précieuse & jusqu’ici inconnue. C’est que cette platine peut être démontée & remontée en moins de deux minutes , en tous lieux, de presque par toutes sortes de personnes, sains avoir besoin d’autres outils qu’un simple tournevis j il ne^ faut donc ni étau , ni monte-ressort. L’auteur a démonté oc remonte devant nous cette platine en une minute, quinze secondes ; oc pour faire la même opération sur une platine ordinaire, après avoir réuni autour de lui tous les outils qui lui étoient nécessaires, il lui a fallu six minutes-, quinze secondes, tems cinq fois aussi long que pour la sienne. Il suit delà qu’on peut avec la plus grande facilité Sc beaucoup de promptitude, nettoyer cette platine , qui dè plus est beaucoup moins sujette que les autres à s’encrasser,
- • grand ressort de cette platine, qui fait en même tenis fonc* tion du ressort de batterie, produit ce double effet avec des avantages qui ne peuvent avoir lieu dans deux ressorts qui agissent «eparement. JLe grand ressort, aU moment où il fait partir le chien, de renverse la batterie , recevant nécessairement à une de ses extrémités un degré de tension qui porte son action sur l’autre extrémité, acquiert un accroissement de force„ équivalent à l’accroissement de résistance que lui fait éprouver la batterie dans le moment où elle est soulevee , compensation qu’on ne peut obtenir aveé deux ressorts qui agissent séparément, & que pour cette raison il faut rendre plus forts $ au lieu que le ressort unique de M. Feuillet peut etre en lui-meme beaucoup plus foible, & cependant produire les memes effets. '
- Le grand effort du ressort charge fortement les crans de là noix oc le bec de la gâchette; inconvénient majeur & très-dangereux dans les fusils ordinaires f puisqu’il contribue à produire les aepart$ accidentels, & les malheurs qui trop souvent en résultent. L’auteur
- Deuxième Cahier. 1er, Trim. Tome /. M
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- est parvenu à remédier à cet inconvénient, en observant que ces crans font l’office de bras de levier opposé à celui par lequel agit le grand ressort, <Sc qu’on est contraint de les faire minces & courts , ainsi que le bec de la gâchette, vu le peu d’espace qu’il y a dans l’arc du petit cercle où ils sont pratiqués : car si ces crans étoient grands & profonds , il faudroit un trop grand effort de la part du doigt & du poignet du tireur , ce qui lui dérangeroit la main. & î/ernpêcheroit de tirer juste. Pour aggrandir ces crans , ainsi que le bec de la gâchette, sans exiger ce grand effort de la part du tireur, l’auteur a cherché le moyen d’aggrandir la noix.; On voit en effet que dans sa nouvelle platine , la partie du chien qui tient lieu de noix, a un diamètre double des noix ordinaires : le grand ressort qui agit alors par un bras de levier une fois plus long , peut encore être diminué de forces , sans devenir insuffisant ; les crans pratiqués dans un arc d’un plus grand cercle, peuvent être plus larges & plus profonds , & recevoir un bec de gâchette plus épais & plus long. Ces pièces ayant donc plus de consistance , sont moins fatiguées par l’effort qu’elles soutiennent, ne sont plus si sujettes à casser ; & à cause de leur longueur ne peuvent pas s’écha-per , lorsque le chien est dans son repos , d’où resuite la sûreté de Parme.
- Pour faciliter la fabrication, & diminuer la main-dœuvre, on étoït dans l’usage de faire ces pièces , de fer simplement trempé en paquet ; mais comme dans cette opération il, ne peut y avoir qu’une portion très-mince de la surface convertie en acier, les coups de lime & le poli qu’il faut donner aux crans de la noix pour régler & faciliter le départ, usent cette pellicule d’acier, tandisque la bec de la gâchette, qui vu son peu d’épaisseur , est entièrement convertie en acier, reste assez, dur pour ronger la noix & en dégrader les crans , & est souvent sujet à se casser. Pour parer à. tous ces înconvéniens , M, Feuillet fait ces pièces ,, d’acier treripé d’une manière convenable-, de sorte qu’elles ont, toute la dureté nécessaire sans être cassantes..
- Dans cçtte. nouvelle platine , le chien & la gâchette tournent sur deux pivots qui leur sont fixés, & qui leur servent d’axe au lieu d’être enfilés par dps vis comme dans les anciennes platines. Ces pivots assez menus, entrant juste dans les trous qui les reçoivent , & portant au fond des trous v donnent au chien & à la gâchette une mobilité qui ne peut être altérée par la pression d’aucune vis , & leur conserve une position constante suivant leur plan : tandis, que dans les platines ordinaires , ces deux pièces prennent dp l’obliquité, par Fçffort qui se fait en sens contraire, par le grand ressort & le bec de la gâchette , vu souvent le peu de justesse des vis qni leur servent d’axe,. ce qui ajoute encore aux causes qui font périr les crans de la nobç & le bec de la gâchette , incon,-véniens qui ne sont point.à craindre dans la. platine de M. Feuillet,.
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- En ayant du cbicn * est une espèce de bras de levier assez don* qui le soutient dans sa chûte, & le met preSqu’entièrément à I’abS des cassures qui arrivent fréquemment à ceux de la construction; ordinaire.' . : ' ; -
- La charnière de la batterie est disposée beaucoup plus solidement , & de manière à ne pouvoir en audun cas être gênée par la pression de sa vis. Cette disposition donne le moyen de faire un bassinet beaucoup plus étendu & capable de recevoir un plus grand nombre''d'étincelles , ce qui expose niôins souvent l’arme à ratter. Il est aussi plus facile à amorcer , & est construit de manière à bien conserver son amorce.
- Si l’on examine attentivement la position de la batterie, on voit que non seulement la pierre la heurte , mais aussi qu’elle la frotte dans une assez grande étendue ; ce qui est très-favorable pour produire plus sûrement des étincelles.
- Il suit de tout ce que ilotes venons de d,ire, que cette platiné est la meilleure de toutes celles qui ont été construites jusqu’à présent ; qu’elle est d’une grande simplicité , d’une grande solidité'* & d’une grande sûreté , qu’elle est très-ingénieuse, très-bien exécutée & d’une facile exécution.
- Pour parvenir à cette excellente & constante exécution , M. Feuillet a imaginé & construit un grand nombre d’outils nouveaux & inconnus jusqu’ici, au moyen desquels il peut faire toutes les pièces essentielles analogues d’un grand nombre de platines parfaitement semblables cntr’elles. Non seulement ces outils sont propret à faire les pièces essentielles . analogues, semblables entr’elles * mais nous sommes assurés que , par leur moyen , il est impossible de ne les pas faire telles ; de sorte qu’un ouvrier le premier venu les feroit malgré lui aussi semblables, que les feroit M. Feuillet lui même.
- Des 1782, M. Feuillet a commencé à simplifier la platine ;! il avoit diminué le nombre de ses pièces fil avoit augmenté le diamètre de la noix & la profondeur de ses crans. Ce 11’a été que peu-à-peu de par des essais réitérés un grand nombre de fois , qu’il est parvenu au degré de perfection où il l’a portée. Il ne travaille pas au hasard ; dans tous les changernens qu’il a cru devoir faire, il est toujours parti de principes connus, toutes les fois qu'il a ajouté à sa platine un degré de perfection de plus* quelques--uns- de scs outils sont devenus inutiles; il a fallu les remplacer par d’autres, ce qui lui a occasionné une dépense assez forte. De plus, tous les essais infructueux ont exigé beaucoup de teins *, <3c par conséquent beaucoup de dépenses ; car pour un artiste, c’est faire beaucoup de dépenses , que de travailler longtems sans être paye..
- Ces considérations font penser aux commissaires, que M. Feuillet ©st. dans le cas d’être placé clans,la première classe des récompenses nationales ; & que vu le grand nombre de perfectionnemens qu’il'a ajoutés à sa platine! il mérite le maximum de cette classe,, c’est?--
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- à.-dire, six mille livres. En conséquence les commissaires proposent au Bureau l’arrêté suivant:
- Le Bureau de Consultation des Arts & Métiers , après avoir entendu le rapport de ses commissaires sur la platine de M. Feuillet, tjui s’est présenté .pour avoir [part aux . récompenses nationales 9 pensé que cet artiste est, d’après l’article 3, de la loi du 12. septembre 1791 , dans le cas d’etre placé dans la première classe > & que , vu le grand nombre de perfectionnemens qu’il a ajoutés à sa platine ^ il mérite le maximum de cette classe > c’est-à-dire, six mille livrez & la mention honorable. ( 'Conclusions adoptées. )
- Au Bureau de Consultation des Arts & Métiers , ce 9 May 1792» 1. B. MEUSNIER, LEROY, LEBLANC , BRLSSON.
- Nota. Le Citoyen Feuillet demeure rue Geoffroi-l’Asnier , NQ. 22V
- Notes extraites d’une pétition présentée à la Convention , le 7.7 Février, par ta
- Société libre des inventions & découvertes, fur les moy ens de défense .de là patrie.
- 13. Au garde-meuble national, (doit fe trouver un fufil préfenté , en 1768 , à Louis XV, par Bouillet. Ce fufil qui ne pèse que sept livres, peut tirer 24 coups de suite 4 volonté, même en deux minutes.
- 14. Le même artifla ’a confirait des platines couvertes & impénétrables à Peau, qui peuvent devenir de la plus grande utilité dans les pays humides & terris pluvieux.
- 15. FEUILLET a perfectionné & simplifié les platines de fufil qu'il a rendues plus sures & plus commodes» Il promet de conftruire des fufiis ex empts de tous inconvéniens attachés à la manière ordinaire de les charger, (en leur donnant une portée plus jufte & plus ét-endue.)
- Avis aux Souscripteurs.
- Nous recevons fréquemment de la part de nos souscripteurs des lettres, par le quelles ils nous prient de les instruire sur l’époque de iexpiration de leur abonnement. Les souscripteurs sont priés de se souvenir qu'il y a eu trois trimestres complets du journal des Sciences, Arts & Métiers, & plusieurs numéros dn quatrième , qui ne seront pas comptés à cause de l’interruption 3 qu’en conséquence les Citoyens dont l’abonnement devoit expirera la jih du quatrième trimestre du journal des Sciences, c’est-à-dire , au mois de Janvier *793 , n’auront à renoueeller leur abonnement qm’au premier May pix>chain * époque à laquelle le premier trimestre des Mémoires du Bureau de Consult ation sera complet.
- Il pàroit deux cahiers de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque çafiîer séparément ejl de 3 sols, et celui de la souscription pour l’année ejl de 12 liv. pour Paris, et de 13 liv, pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNEMENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- i°. à l'Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rite de Glatlgny, N°. 7, en la Cité} au bas du Pont Notre-Dame»
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- aa wr .ytatacj
- ARTILLERIE NAUTIQUE.
- Extrait du Rapport concernant le C. Eurosel
- MM. Borda , Meunier ,. Guirault & Hassenfratz ont été nommés par le Bureau de Consultation pour lui rendre compte d’une instruction abrégée & méthodique , concernant l'art de manœuvrer & ' de servir le canon nautique , ou exercice de combat , suivie de la théorie de la manœuvre & du service du canon de gros calibre â bord des vaisseaux , & d’un traité élémentaire des évolutions C nwu-vemcns concernant les escouades & sections de canonniers dans les batteries des vaisseaux y pour se battre des deux bords à la fois , lorsqu’on se trouve entre deux feux , ouvrages présentés par M.. du Rosel.
- . Rien n’est plus intéressant à une nation commerçante entourée de1 puissances avec lesquelles des intérêts particuliers peuvent la forcer de soutenir la guerre , rien n’est plus essentiel , d’après les chan-gemens que l’invention de la poudre a apportés à la tactique militaire f, que d’avoir des moyens de manoeuvrer les canons avec célérité justesse & précision,
- L’art de manœuvrer les canons sur terre ,, a été porté en france à un si haut degré de perfection que l'artillerie française est regardée par toutes les nations , comme la première artillerie de l’Europe.
- Les principes en sont exacts 6c rigoureux , lés ordonnances les instructions sont simples 6c précises, & les écoles continuel- ,
- leinent en activité , sont.dirigées par des hommes éclairés qui font: marcher rapidement leurs élèves..
- Autant on s’est occupé du perfectionnement de l'artillerie de' terre, autant il semble que l’on ait négligé l'artillerie de mer, qui; n’est pas moins essentielle à. la France que celle-là»
- Les canonniers marins ont pour toute méthode deux extraits- . d’ordonnances pour l’instruction des canonniers en mer, c'est-à-dire, un petit exercice abrégé du canon, imprimé en cinq pages En 4P- , qui contient les instructions sommaires de cet exercice , ou Bien une nouvelle instruction pour le service du canon à bord des "vaisseaux,, publiée sous le ministère de M. Castries^, 6c imprimée; en seize pages in-12, (dont huit ne contiennent que des choses absolument inutiles à la mer ) & n’est de même qu’une instruction; sommaire, très irrégulière, de ce que doivent savoir lès canonniers..
- Il pourra paroître extraordinaire au premier instant, qu’il existe des instructions simples ,. précises 6c exactes sur la manœuvre dup
- Treizième & quatorzième Cahiers, 1er. Trim. Tome !.. JSf
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- -canon de terre, 5c qu’il y en ait d’aussi xncompîettes pour le canoii de mer.
- Cette différence dans les artilleries de terre 5c de mer paroît dépendre de deux considérations , la première de ce que les canonniers de mer devant être marins 5c canonniers , on ne les tient pas continuellement occupés de la manœuvre du canon , comme les artilleurs de terre j la seconde est la très-grande différence qui «xiste entre les manœuvres des canons de terre 5c de mer.
- On peut diviser en trois parties la manœuvre du canon de terre.
- l°. la manœuvre du canon à cheval.
- 2°. La manœuvre du canon de bataille, ou de siège.
- 3°. La manœuvre du canon de place.
- La manœuvre du canon à cheval n’a aucune relation avec la manœuvre du canon à bord des vaisseaux.
- Les affûts des canons de bataille ou de siège , construits pour les transporter avec facilité , et le changement de place continuel auquel ces canons sont exposés , nécessitent- pour leur service , une sorte de manoeuvre qui diffère essentiellement de celle des canons de mer.
- Les canons de place , tant par la forme de leurs affûts , que par leur sorte de stabilité , 5c par les embrasures dans lesquelles on les dirige , sont les seuls qui paroissent avoir quelque rapport avec les canons de mer, 5c dont il sembleroit que les manœuvres de-vroient se rapprocher. Cependant deux circonstances empêchent ce rapprochement $ la première, est les balancemens continuels du roulis 5c du tangage du vaisseau , comparés avec la stabilité des plates-formes des canons de place ; la seconde , le rapprochement des canons de mer , les uns à côté des autres, lé peu d’emplacement que les canonniers ont pour manœuvrer, l'embarras des plans , 5c hragues 8c autres gréemens du canon dans l’action , 5c le danger de son recul, ainsi que les précautions qu’ils ont à prendre , afin de se garantir des fâcheux accidens qui surviennent de la subtilité du feu. Ces différences de positions , de situations, d’espaces , sont telles, qu’il ne peut y avoir , 8c qu’il n’y a , en effet, que peu de rapport dans la manœuvre entre les canons de place 5c les canons de mer.
- C'est ce peu de rapport entre les manœuvres des canons de terre , 5c les manœuvres 5c imperfections de l’instruction pour le service des canons à bord des vaisseaux, imprimée en 1786, qui a déterminé M. du Rosel à présenter son instruction , sur l’art de* manœuvrer 5c de servir le canon maritime , qui étoit au porte-feuille depuis l’année 1759 , 5c qui, comme ajoute l’auteur, n’auroit peut-iêtre jamais vu le jour, sans la révolution.
- J^ous allons en rendre compte au bureau»
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- ^instruction, eri usage actuellement r Si qui a été faite sons îe ministère de M. de Castries , est tellement défectueuse & insuffisante^, les principes si erronés, 6c est si difficile à exécuter , que dans une adresse présentée par les députés des cinq divisions du corps des canonniers-matelots du département de Brest, à l’Assemblée nationale constituante, imprimée à Paris chez Devaux, N°. 181 , au Palaia-Hoyal, les officiers, sous-ofEciers, 6c canonniers des cinq divisions , disent, article 17, école du canon,. >» nous demandons que pour le « bien de Pétât 6c le succès de nos armes , l’ordonnance, concer-» nant la manœuvre actuelle du canon , reconnue impraticable à la » mer , rentre dans le néant ; elle ne peut servir qu’à faire voir , >> jusqu'à quels écarts, l’audace, l'ambition, 6c la fureur d’inno*. » yer , portent l’esprit humain. »
- Cet article de la pétition d’hommes qui exercent 6c manœuvrent habituellement le canon en mer , poruyenfc la nécessité de réformer les instructions qui existent, 6c de leur en substituer de nouvelles;.
- Sur la Manœuvre du Canon en Mer*.
- Les deux instructions connues des canonniers marins , l’ancienne & la nouvelle , ne contiennent absolument que de simples notions ,, sans règles ni méthodes. M. du Rosel ,. dans son exercice , dont 1er f titre aitaonce l’excellence de sa méthode, entre dans tous les. dc*-tails utiles , 6c qu’aucun canonnier marin ne doit ignorer, 6c an-contraire qu’il doit, savoir indispensablement, s’il veut arriver à lai perfection de son art.
- Indépendamment de ces instructions , il dbnne la théorie du pointage du canon, plus des manœuvres de détail,. 6c un tr ailé d’évolutions , concernant les canonniers dans les batteries, pour se battre des deux bords , en même tems, lorsqu’on se trouve entre deux feux».
- L’ancien exercice abrégé du canon , en y comprenant Pamarage 6e le démarage du dit canon , est composé de dix-sept commandemens*
- La nouvelle instruction i est. composée: aussi de dix*sept coim*-m an demens..
- Celle de M. du Rosel contient six commandemens 6c un avertissement y quatre: commandemens pour l’exercice,, ou pour le combat y un commandement pour démarer les canons , 6c pour les tenir préparés à l’instant de faire l’exercice ou de combattre y un autre commandement , pour amarer 6c saisir les canons à demeure ,, lorsque l’exercice est fini ou que le combat cesse , 6c l'avertissement qui précède les six commandemens pour que les canonniers. se rangent sur les canons à l’approche de l’ennemi, ou pour faire l’exercice.
- I^ous a’allûjis comparer içi que les manosuyres des pièces dè fout-
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- ckns les trois instructions afin de mettre le bureau à même de juger de la 'différence.
- Les pièces de huit sont servies par sept personnes, tant dans l'ancienne que dans la nouvelle instruction.
- M. du Ilosel n’adrnet pour servir ces canons , qu’une escouade de cinq honnies , savoir, un chef de pièce, un premier de un second servant de droite de la pièce , & un premier & un second servant de gauche, nombre suffisant pour manœuvrer un de ces canons , selon le but qu’on se propose dans cette instruction , lequel est d’enseigner aux canonniers marins à faire bien distinctement un exercice du canon par principe , où tout soit régulier de uniforme , en faisant disparoître tout ce qui pourroit être incertain de arbitraire , dans lequel lesdits canonniers soient occupés sans relâche, pendant le cours de la dite instruction y de leur faire exécuter avec activité, mais sans confusion ni désordre, tous les tems, inouyernens, de toutes les opérations les plus difficiles de la manœuvre de du service du canon. Cette réduction d’hommes sur chaque canon , est d’un très-grand avantage, lorsqu’il faut manœuvrer avec célérité dans un lieu où il y a peu d’emplacement.
- L’ancienne instruction de celle de M. du Rosel supposent, avec raison, que les canons sont chargés à l'instant où l’on commence la manœuvre d’exercice , ou le combat $ la nouvelle ordonnance suppose , -rans beaucoup de raison , que les canons sont vuides 9 ce qui établit une différence dans l’ordre des commandeinens.
- Mais pour comparer positivement les trois exercices, il nous faudroit rapporter les comraandemens analogues, de ç’est ce que nous ne pouvons faire dans cet extrait du rapport »
- On apperçoit dabord en examinant les trois instructions, que celle de M. du Rosel se réduit à six coinmanclemens , quatre pour ]a manœuvre de le service du canon dans le combat , qui sont , i®. pointer le canon, suivant les différentes manières de dispositions dont il est susceptible, de que l’occurrence exige 5 2,0. le tirer, lé P écouvillonner. 3°. Le charger, selon la charge usitée ou ordonnée. 4Q. Le mettre en batterie, & l'amorcer. Les deux autres commandeinens sont : préparez vos canons, avant de commencer la manœuvre , ou le combat $ l’autre commandement est celui de amarez vos canons ; ce qui s'exécute à la fin de la manoeuvre , pu lorsque le combat cesse. Les deux autres instructions ont chacune dix-$ept commandeinens., de comme il est évidemment prouvé que la multiplicité ne peut servir qu’à allonger de faire languir l’exercice,, retarder les opérations, ralentir l’action , ce qui devient parcon-séquent superflu de môme nuisible dans une instruction , qui ne doit avoir directement d’autre objet, que d’accélérer l’exécution de la manœuvre de du service du canon , de rendre le feu plus vif, & po# fffet plus certain de plus destructeur j aussi est-il prouvé y
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- que moins il se fait de commandemens, & plus on accélère la manœuvre, surtout,, lorsqu’il n’y a pas de confusion; & il nous a paru qu’il n’y en ayoit pas dans Inexécution de chacun des com-xnandemens dans le traité de M. du Rosel , mais au contraire P beaucoup de régularité & d’harmonie ; il s'ensuit que son instruction a un avantage réel sur les instructions qui existent.
- En comparant ensuite les trois instructions sur la manœuvre du canon maritime, nous avons apperçu, que celle de M. du Iloscl donne toute les explications nécessaires, qui ont été omises, ou ignorées clans les deux autres, qu’il s’est appliqué à éloigner la routine, pour y substituer les élémens & les principes d’une tactique éclairée ; bon remarque encore que la description des exécutions des commandemens, que M. du Rosel présente dans sa nouvelle méthode, (résultat de dix-huit années d’expériences, ) est plus simple, plus exacte , plus juste & plus précise que celle des deux autres ordonnances.
- Nous avons déjà annoncé que M. du Rosel avoit ajouté à son instruction sur la manœuvre du canon , plusieurs autres instructions, principalement, une théorie du pointage du canon, des manœuvres de détail, & un traité d’évolutions pour les canonniers, pour se battre des deux bords dans les batteries.
- Ces trois nouvelles parties sont traitées avec beaucoup de soin de de précision , les principes en sont constans & bien démontrés , âç ne peuvent qu’ajouter à l'Instruction des canonniers.
- La théorie du pointage est divisée en six parties., i°. Pointer en chasse ou en avant.
- Pointer en retraite ou en arrière.
- 3y. Pointer en belle ou en plein bois^1 4°. Pointer a démâter.
- 5°. Pointer à couler bas.
- 6°. Pointer à Phorison.
- Ces dispositions pour pointer le canon , ont leur usage particulier , on le sent aisément dans la pratique ; elles ont toujours été regardées comme essentielles. Les anciens maîtres canonniers entretenus s’en occupoient beaucoup , & ne les oublioient pas dans leurs exercices routiniers.
- Les manœuvres de détail apprennent 'a chaque servant ce qu’il a à faire à chaque commandement qu’on lui fait ; M. du Rosel avoit déjà indique l’ensemble de l’ex'écution à chaque commandement eu désignant l’exécution de chacun ; maïs cette partie est un détail qui indique a chaque homme séparément ce qu’il a à faire pour prévenir la confusion & le désordre.
- Enfin le traité des évolutions de M. du Roselqui nous paroît très bien entendu, fera exécuter ayec plus de méthode & beaucoup
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- jihis d’emsemble des rilouvemens particuliers qui étoient générale^ ment exécutés sans méthode de avec embarras , & cet ordre & cet emsemble d’execution ne peuvent être trop recommandés , par l’avantage qu’ils procurent toutes, les fois, qu’on est dans, le cas do manœuvrer dans un petit espace.
- La charge du canon étant une partie essentielle de l’exercice , vu que cette , arme perd ses propriétés , du moment qu’elle a tiré ,, qu’elle tombe alors dans un, état d’impuissance , qui dure jusqu’à ce qu’étant rechargée % on lui redonne son activité, le tems qu’exige cette recharge étant un tems de foiblesse, il étoit donc important de donner une méthode prompte & sure , pour en accélérer, la manœuvre ,, afin que les seryans., & surtout le chargeur na fussent que très-peu de tems exposés au sabord au feu de l’ennemi^ de c’est ce que l’auteur dans sou instruction fuit exécuter de la manière , la plus expéditive»
- Après avoir examiné l’instruction de M. du Rosel, concernant l’art de manœuvrer le canon nautique , de analyzé attentivement tout l’ouvrage , nous nous croyons fondés à le regarder comme un traité complet de la manœuvre de du, service du canon sur les vaisseaux £ on sait combien cet art. est utile à la guerre, par l’ordre, de l’harmonie si essentiels à conserver dans le combat.
- Il seroijt à désirer , ainsi que l’a demandé le Corps-royal d’Artillerie du Port de Brest, dans sa pétition à l’Asseemblée nationale , qus ce traité fût substitué à celui contre lequel ce corps a réclamé \ il lui deviendroit d’une utilité d’autant plus grande , que ce qui a paru, jusqu’ici , sur ce sujet , a manqué tout-à-fait son but , & que çet ouvrage-ci rassemble tous les détails nécessaires aux connois-sances théoriques de pratiques qui conviennent aux canonniers, pour exercer avec succès leur état.
- En conséquence le Bureau de Consultation, considérant que M* du Rosel avait écrit une instruction pour la manœuvre du canon, meilleure que celles qui existoient, a estimé qu’on pouvoit accorder à M,. du Rosel 1$. récompense nationale de quatre mille livres»
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 18 Avril 1792.
- BORDA, MEUNIER, GXJIRAULT, HASSpNFRATZ.
- Yôy.ez lé rapport de la Société libre du Point-Central des Arts ^ page 42 du Journal des Sciences , Arts & Métiers.
- Nota. Le Citoyen du Rosel demeure rue de Poitou au Marais *
- 3*,.
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- OBSERVATIONS.
- On entend sans cesse répéter que la marine a besoin dbm exer* cice écrit , qu’il ne paroît aucune instruction propre à éclairer & à iixer les principes de la manœuvre du canon , qu’elle a été livrée aux lenteurs, aux anciens préjugés & aux tàtonnemens de la routine , & depuis 1786 , à l’erreur <3c à l’audace de la cliarlatanerie ! Il reste donc à faire voir qu’on a senti tous les vices des anciens exercices , & puisque la vérité a repris ses formes antiques & naïves j’userai de ses droits pour dire que ces anciens préjugés & ces manœuvres routinières sont reconnues puériles & même nuisibles par tous les marins réfléchis , qu'ils ont formé des vœux pour que quelque homme courageux voulût s’occuper d’en donner un dont les principes fussent exposés ingénieusement & réduits à des notion» rigoureusement exactes.
- On a vu dans le rapport ci-dessus ce que l'on doit penser de l'instruction qui existe actuellement, & qui a été faite sous le ministère de M. de Castries , & comment s’expriment à son sujet , dans leur adresse présentée h. l’Assemblée nationale constituante, les officiers, sous- officiers, & canonniers des cinq divisions, du Département de Brest , »> nous demandons que pour le bien
- » de Vétat & le succès de nos armes , l’ordonnance concernant la » manœuvre actuelle du canon , reconnue impraticable à la mer > » rentre dans le néant ÿ elle ne peut servir qu’à faire voir jus-* » qu’à quels écarts l’audace, l'ambition & la fureur d’innover , » portent Vesprit humain. »
- Cet article de la pétition d’hommes qui exercent <îc manœuvrent habituellement le canon en mer , prouve la nécessité de réformer les instructions qui existent , &z de leur en substituer de nouvelles»
- Dans un mémoire du ci-devant comte le Begue, officier-général de la marine, imprimé chez Boulard , rue neuve S.-Iloch , on y trouve cette note : »» un officier digne de foi a reproché à l’auteur Vim-» perfection de son exercice, c’est-à-dire, la manœuvre actuelle y> du canon, disant qu’il ne pouvoit s’exécuter ni sur terre ni sur »» mer, que L’officier général qui commandoit l’escadre en la rade p de Brest, feroit suivre l’ancienne méthode. » Ce témoignage d'un officier-général de la marine, qui a toujours été attaché à l'artillerie de mer , ne peut être suspect-
- Un autre Officier-général de la marine, M. de Fautras, parlant de cette production amphibie , ( l’exercice actuel du canon ) dont Bun des auteurs n’avoit jamais vu le mât d'un vaissseau, de son adjoint avoit tout au plus vu le Goulet de Brest, & voulant faire observer à ces Messieurs, ( lesquels étoiejit venus s’établir professeurs
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- arbitraires dans la Marine, où ils dévoient être tont-'à-fait étrangers-} le peu de rapport de leur manœuvre de terre avec celle de mer, ajoute 55 qu’il n’y a entr’elles que cette seule ressemblance , que les canons y 55 sont également creux, 6c les boulets ronds ; que les charges desdits, >5 canons, les affûts, les exercices les manœuvres ,. tout, en un ?> mot , jusqu’au langage 6c à la nomenclature, sont entièrement a» dilférens pour les deux services. 55 Page 4_9 de la réponse de M... de Fautras , de VImprimerie de Migneret, rue Jacob , N°. 4°» M. de Fautras étoit capitaine dans l’artillerie de terre quand il en fut tiré pour entrer major dans la brigade d’artillerie de Morogue , à; 33rest. Étant consommé dans les deux services , son jugement ne peut être partial,
- M. Tcxier de Norbec,, capitaine dé vaisseau , chef de division 6c directeur de l’artillerie de marine au port de Toulon,, dans un mémoire où il parle de l’artillerie de mer , dit : Aucune ordonnaTice 11e mit plus de trouble <S’ d’incohérence par les disparates , que celle de i/HS. M. de Norbec a servi 14 ans dans l’artillerie de terre, 6c 30 ans dans, celle de mer.
- On voit par ces réclamations non équivoques , faites par des gens de Fart, 6c par le cri général des trois Ports , 6c ainsi que l’ont manifesté les vrais marins qui s’intéressent à la gloire 6c à la prospérité de la marine, la nécessité de supprimer dans la manœuvre du canon, d’anciens principes, ( principes faux, qui enchaînent le talent 6c mettent des entraves au génie ) d’en adopter de nouveaux, de déterminer ladite manœuvre du canon , afin qu’on m’y puisse rien changer ni innover, d’avoir des réglemens sur ces objets , pour en faciliter la parfaite exécution,., niais ils doivent être clairs, précis , positifs,, 6c mis. dans une forme méthodique 6c motivée, qui remplisse à la fois le double objet de perfectionner l’école du canonier, 6c détendre ses idées sur. cette partie.
- IL paraît, deux, cahiers de ces Mémoires par semaine. Le prix dé chaque cahier séparément e/l d: 3 sols , et celui dé la souscription pour Vannée cjl de 12 liv. pour tÿaris, et de 15 liv, pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BURE AU DE CONSULTATION DES-, ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTION^ NEMENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- i* i * * 4 * * * * 9. à. l’Imprimerie du - Citoyen CHEMIN ,, rue de GlatignyN°. 7, en la Cité, ai&c lias du Pont. Notre-Dame..
- 2°. Che\ le Citoyen LEFEVRE , architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N°. 19; :
- 3°. C he\ le Citoyen GIRARDIN , libraire, au Cabinet littéraire du Jardin delà> Révolution, ci-devant Palais- Royal, prés, le BaJJin., et ch.e^ tous les libraires, es-directeurs des P o/te s de la République.
- 40. Che\ la Citoyenne LESCLAPART, Libraire, rue dû Roule, Nos* il Sc
- & fous le vestibule de la Convention , vis-à-vis le Centre-Seing.
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- francs de von•, à VImprime rie.
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- samssvsemxiagaseEg^^st&usisxamma^mmaxfSK^^.
- MÉCANIQUE.
- Rapport concernant le C. Richet.
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- Nous avons examiné par ordre du Bureau de Consultation , un mémoire présenté par M. Richer, ingénieur mécanicien, breveté de l’Académie. Ce mémoire renferme une description succincte de trois machines exécutées par cet artiste , dont les talens sont avantageusement connus de l'Académie depuis longtems.
- La première de ces machines est destinée à opérer les plus petites subdivisions. La seconde machine, présentée par M. Richer , sert, à calibrer les corps d’un petit diamètre.
- La troisième machine dont nous avons à rendre compte, subdivise en parties inégales , selon une loi quelconque , des espaces du grandeur déterminée..
- Nous avons examiné attentivement les trois instrumens présentés, par M. Richer.. Nous avons vu dans le premier, la ligne divisée en douze cent parties égales , ( 1 ) & ces divisions étoient tracées avec un diamant sur la surface d’un verre. C’est le microscope qui qui nous a servi à faire cet examen , de certes , la moindre inégalité n’auroit pas échappé au grossissement considérable que nous-avons employé..
- L’instrument à calibrer des corps de différentes formes , <5c de grosseurs inégales , mérite encore l’attention du Bureau. M. Ricber mesure avec son calibre depuis les cheveux & le cocon de ver-à-soye, jusqu’aux objets qui ont plus de six lignes de diamètre, de la différence d’un centième de ligne est perceptible par un espace; d’une ligne de un quart.
- M. Richer nous a enfin montré un instrument qui lui a servî à diviser une règle selon la loi des sinus. La machine pouvoir s’appliquer avec le même succès, à toute autre espèce de série, mais, cette méthode ingénieuse a déjà contribué à faire obtenir à soit auteur, un prix de deux mille quatre cent livres, fondé par 1\1.. Raynal, de laissé au jugement de l’Académie..
- L'on voit par eet exposé, les titres que présente M. Richer à l’obtention des grâces nationales. Il est peu d’artistes qui puissent présenter des inventions plus utiles de plus usuelles.. Nous avons-vu le bureau des longitudes accorder une gratification de mille livres, sterling au célèbre Ramsden ,. pour l'invention d’une machine à diviser le cercle y de certes cet exemple nous montre combien nous.
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- £*) Le Citoyen Richer a pouffé la division de la ligne jusqu'à i(ce> parties ég^es*
- Quinzième CaJùer, 1er. Tcim> Tome L>
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- devons chercher à encourager , en France , l’art des divisions.' M. Richer nous en forirnit je moyen, il s’est distingué dans cet art j il y a trouvé des choses de nouvelles & utiles. En conséquence nous pensons que M. Richer a droit aux récompenses nationales accordées aux artistes inventeurs , de qu’il nous paroît digne d’obtenir le maximum des récompenses de la première classe.
- DUMAS, ROCHON.
- Le Bureau de Consultation, par son arrêté du 2,3 May, a accordé au Citoyen Richer le maximum de la première classe & la mention honorable.
- Nota. Le Citoyen Richer demeure rue de la Calandre, N°. 17 , paffage du Marché neuf.
- INSTRUMENT DE MATHÉMATIQUES.
- Nous avons été chargés par le Bureau de Consultation des Arts de Métiers de lui rendre compte des droits que peut avoir aux .récompenses nationales le Citoyen Haupoix, ingénieur en instru^ mens de mathématiques. Ce citoyen, qui a rempli toutes les formalités prescrites par la loi du douze Septembre 1791 , présente au Bureau un équatorial qui réunit aux avantages qm sont propres à ce genre d’instrument, ceux du cercle astronomique à lunettes mo-r biles de ceux de la lunette méridienne.
- De tous les instrumens dont l'astronomie fait usage, il n’en est aucun qui présente autant de difficultés d’exécution, & qui exige plus d’intelligence & de combinaisons que Véquatorial : plusieurs artistes se sont occupés à perfectionner sa construction. Parmi les Anglais, le célèbre Ramsden en a exécuté plusieurs qui sont re-marquables par la précision du travail ; & parmi nous, le Citoyen Meignié en a fait un, dont la composition paroit avoir quelque avantage sur celle de Ramsden. Le Citoyen Haupoix a suivi à très-peu-près la construction de Meignié , mais il a rendu son équatorial susceptible d’un plus grand nombre de vérifications , & en substituant le cercle astronomique à lunettes mobiles au cercle de déclinaison , il a étendu Pusage de son instrument,
- Nous mettons sous les yeux du Bureau de Consultation l’équatorial du Citoyen Haupoix , & nous allons en peu de mots faire yemarq uerses différentes parties.
- On y voit d’abord le cercle supérieur qni , lorsqu’on fait les observations , doit être placé dans un plan parallèle à l’équateur ensuite un second cercle perpendiculaire au premier qui porte deux lunettes mobiles autour du centre , avec un niveau fixé sur une des deux lunettes , <3c est semblable aux cercles astronomiques dont pn feit actuellement usage dans les opérations relatives aux poids &
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- mesures : c’est ce cercle que le Citoyen Haupoix a substitué â celui qui dans les autres équatoriaux sert seulement à mesurer la déclinaison. Sur le côté du cercle représentant l’équateur, est la grande lunette d’observation , enarbrée à un axe fort '6c solide qui porte sur le cercle 6c aboutit au cercle astronomique. Cette lunette a deux mouvemens ; l’un se fait autour du centre de l’équateur , 6c alors le cercle astronomique tourne avec e;le , l’autre se fait dans un plan perpendiculaire à l’équateur , 6c alors un index fixé à l'extrémité de son axe , marque sur la limbe du cercle astronomique l’arc de déclinaison que la lunette a parcouru. Au dessous du cercle supérieur, est un quart de cercle représentant le méridien qui sert à placer le premier cercle dans le plan de l’équateur ; ce quart de cercle porte à sa circonférence des contre-poids qui servent à balancer les parties supérieures.
- On voit par cette construction , que l’instrument est susceptible d’un grand nombre de positions différentes. Le cercle supérieur peut être placé , non seulement dans le plan de l’équateur, mais encore dans un plan vertical, le cercle astronomique qui, dans les observations ordinaires , a une position verticale , & qui alors peut servir à mesurer les hauteurs des astres, devient horisontal, si l’on veut, 6c peut alors être employé comme cercle géodésique, 6c mesurer des angles terrestres par des observations croisées.
- C’est par cette variété de positions que l’instrument du Citoyen. Haupoix a de l’avantage sur celui du Citoyen Meignié ; il en a aussi par le nombre de ses vérifications, 6c par les diflérëns rappels qui servent à mettre la lunette exactement d’équerre avec son axe , à faire tourner cet axe dans le plan de l’équateur , 6c enfin à corriger les petites erreurs de position , inévitables dans un instrument compliqué. Cette partie difficile de l'équatorial, nous a paru traitée avec beaucoup d’intelligence par le Citoyen Haupoix , 6c nous ayons trouvé d'ailleurs que , dans la disposition générais des pièces 6c dans leur exécution, il a fait preuve de beaucoup de talens 6c de connaissances dans son art.
- D’après le compte que nous venons de rendre, nous pensons que le Citoyen Haupoix doit être regardé comme un artiste distingué , 6c qu’il a des droits aux récompenses nationales, 6c Comme ses travaux sont d’un genre qui exige beaucoup de teins , de soins & de dépenses, nous sommes d’avis qu’il doit être compris dans la première classe de ces récompenses , 6c nous demandons pour lui , le medium de la première classe, ou cinq mille livres.
- Au Louvre , le 20 Mars 1793 , l’an deuxième de la République Française. BORDA, LAGRANGB.
- Prononcé du Bureau.
- Le Bureau de Consultation des Arts 6c Métiers, après avoir entendu le rapport fait par ses commissaires sur P instrument équato-
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- rial présenté pat* le Citoyen Haupoix •, cônsidérant que cet artise a fait preuve de beaucoup de talens & d’habileté, tant dans la disposition de toutes les parties de son instrument , que dans leur exécution , de qu’il l’a rendu susceptible de plusieurs genres d’observations, en substituant au cercle de déclinaison un cercle astronomique à lunettes mobiles ; considérant encore que les travaux qui ont pour objet le perfectionnement des instrumens d’astronomie, exigent beaucoup de tems, d’essais & de dépenses, est d’avis, conformément à la loi du ix Septembre 1791 , que le Citoyen, Haupoix mérite , quant à présent, le medium de la première classe des récompenses nationales, c’est-à-dire, cinq mille, livres, se reservant le bureau de completter à ce jeune artiste le maximum de cette première classe, lorsque l’instrument du Citoyen Haupoix ayant été soumis à l’obsc* vation , il en sera rendu compte au Bureau* L’instrument que le Citoyen Haupoix a soumis au jugement du Bureau de Consultation des Arts <5c Métiers, du prix de six mille livres , est comme équatorial, par la construction qu’il lui a donnée ,, le plus parfait que l’on ait fait jusqu’à présent. Toutes les vérifications qne l’on peut désirer y sont réunies , comme cercle astronomique & géodésique 5 on ne peut en voir un plus commode , puisqu’il a tous les mouvemens nécessaires , & peut s’incliner du côté que l’on veut, eômme lunette méridienne ou instrument des passages, on peut chaque fois le vérifier en faisant deux observations, une à droite, l’autre à gauche, & parconséquent être toujours sûr d’une bonne observation ; enfin comme lunette achromatique , il peut servir avec la plus grande facilité. Maintenant si Ton considère le rapport des prixon verra qu’un équatoriàl de la grandeur de celui en question, ne pourroit être fait suivant la construction anglaise, à moins de cinq à six mille livres, que le cercle astronomique ayant dix-huit, pouces de diamètre, monté: sur un cercle azimutal de dix-huit pouces, avec tous ses mouve-mens, ne pourroit être fait à moins de deux mille quatre cent: livres , l’instrument des passages avec la monture en proportion, d’une lunette de trois pouces d’ouverture , ne pourroit être fait à moins de 1800 livres ; la lunette achromatique ne pourroit être faite à moins de mille livres on voit par cet apperçu que les sommes, réunies forment un capital de dix mille deux cent livres , en ne supposant l’équatorial qu’à cinq mille livres * ce qui donne au moins quatre mille livrée do bénéfice à l’acquéreur y envain objecteroit-on, que les instrumens réunis sont incommodes : au contraire , ils se prêtent des secours mutuels puisque l’un peut servir sans embarras , de vérificateur à l’autre ; d’ailleurs la difficulté de se procü-in emplacement assez grand, pour pouvoir y placer trois ou quatre instrumens , est encore à considérer.,
- JVenz. Le Citoyen Haupoix demeure rue Bourg-l’abbé, N° do.
- 3Qe. f’IuigriiBçfip. du journal où l’on s’abonne ? rue, de, Glatigny No, 7 , en la Cité*
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- ÉTOFFES DE SOIE.
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- Rapport concernant M. Tauleî 3 Fabricant d* étoffes.
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- Les commissaires soussignés nommés par le Bureau de Consultation des Arts & Métiers , pour examiner la demande formée par par M. Jean Paulet, Citoyen domicilié à Paris , d'une récompense nationale , pour les services qu’il a rendus dans l’art du fabricant d’étoffes de soie, ont l’honneur d'exposer au Bureau, que M. Paulet est l’auteur de la description de cet art, insérée dans la collection entreprise par l’Académie des Sciences.
- Les huit parties qu’il a déjà publiées, forment un total d’environ trois cent soixante feuilles d'impression , accompagnées de deux cent douze planches in-foiio,1 dont un tiers environ est de double grandeur. A peine y a-t-il vin^t planches dans ce nombre qui n’ayent été dessinées par l’auteur meme. Le total de la rétribution qui lui a été payée par l’imprimeur à raison de son double travail, peut-elle en être regardée comme la récompense ? C’est un point sur lequel il suffira de dire que ce total , depuis vingt ans que la première partie de l’ouvrage a été publiée, s’est à peine monté à une somme de mille neuf cent livres , suivant la déclaration de M, Paulet , à laquelle nous ne faisons aucune difficulté de croire.
- Cette première partie contient l’art de dévider les soies teintes pour les disposer h la confection, des étoffes. Elle est précédée d’une préface générale de l’ouvrage & d'une introduction où l’on trouve des idées succinctes sur la conduite des mûriers, l’éducation des vers'à-soie, le tirage des cocons, le moulinage ,, enfin sur les opérations qui précèdent la. teinture des soies.
- La seconde partie traite de l’art d’ourdir les chaînes & les poils qui entrent dans la fabrication des étoffes de soie.
- x La troisième, est l’art de les plier sur les ensuples , après les avoir ourdies..
- La quatrième , est celui de faire îes canettes & les espolins qui sont chargés des fils de soie d'or ou d’argent qui sont destinés à former la trame ou le broché des étoffes.
- La cinquième partie traite de l’art du rétnisseur ou du faiseur de lisses y cette partie s’étend à1 tous les tissus qui dépendent du passage d’une traîne dans une chaîne, quelle qu'en soit ia matière.
- Seizième Cahier. 1er Trim» Tom. J. £
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- Dans îa sixième partie , M, Paulet a donné les détails de l’art de faire les peignes d’étoffes suivant la méthode usitée en France „ soit en canne , soit en acier. L’auteur s'étoit proposé d'y joindre des recherches dont il s’étoit occupé sur les peignes dits d’acier fondu à l’anglaise \ la modicité de sa fortune ne lui permettant pas alors de completter les essais qu’il avoit entrepris, & qu’il communiqua des lors à l’Académie des Sciences sur la fabrication de ces sortes de peignes, il en remit la publication à un autr® teins,
- La septième partie contient *. iQ. l'art de fabriquer les trois classes d’étoffes de soie unies , les taffetas , les serges Ôc les satins. 2.®. L’art d’apprêter les satins ôc toutes las étoffes de soie susceptibles d’apprêt,
- 3°, L’art de fabriquer toutes les étoffes de soie , or ou argent, qui n’exigent que le secours des marches.
- Enfin dans la huitième, la dernière qui ait paru, M. Paulet donne l’art de disposer les métiers à la fabrication de toutes les étoffes façonnées par les trois différons systèmes de tire, la grande tire , la tire courante ôc la petite tire. Il y décrit la disposition des cordes ôc de toiis les ustensiles employés à l’exécution des dessins / dans les étoffes façonnées ; l’art de dessiner pour ces étoffes , do
- Dans îa sixième partie , M, Paulet a donné les details de l’art de faire les peignes d’étoffes suivant la méthode usitée en France „ soit en canne, soit en acier. L’auteur s'étoit proposé d’y joindre des recherches dont il s’étoit occupé sur les peignes dits d’acier fondu à l’anglaise ; la modicité de sa fortune ne lui permettant pas alors de completter les essais qu’il avoit entrepris, ôc qu’il communiqua des lors à F Académie des Sciences sur la fabrication de ces sortes de peignes, il en remit la publication, à un autr® teins,
- La septième partie contient *. iQ. l’art de fabriquer les trois classes d’étoffes de soie unies, les taffetas , les serges Ôc les satins. 2.®. L’art d’apprêter les 6atins ôc toutes les étoffes de soie susceptibles d’apprêt, 3°. L’art de fabriquer toutes les étoffes de soie, or ou argent, qui n’exigent que le secours des marches.
- Enfin dans la huitième, la dernière qui ait paru, M. Paulet donne Part de disposer les métiers à la fabrication de toutes les étoffes façonnées par les trois différens systèmes de tire, la grande tire , îa tire courante Sc la petite tire. Il y décrit la disposition des cordes ôc de tous les ustensiles employés à l’exécution des dessins dans les étoffes façonnées ; l’art de dessiner pour ces étoffes , de •'ïnettre les dessins en carte, de les tire, de faire les lais, &c.
- Tels sont les objets des volumes déjà publiés de la description entreprise par l’auteur.
- La neuvième partie qui est terminée , mais qui n’existe encore
- qu’en manuscrit, contient la description des étoffes brochées où l’usage des espolins est associé à celui des navettes.' L’auteur y a joint quatorze planches de dessins qu’il ne s’agiroit plus que de faire graver.
- L’S autres parties-, sur lesquelles M. paulet a rassemblé des matériaux dont la nécessité de pourvoir à ses besoins d’une autre manière , l’a empêché d’entreprendre la rédaction depuis que l’impression de l’ouvrage a été suspendu, & dont la publication seroit nécessaire pour completter la descrieption de l’art du fabricant d’étoffes de soie , sont :
- Dixièmement, une troisième partie de Fart du peigne, contenant des recherches sur les peignes d’étoffe en acier fondu à la manière anglaise, que Fauteur croit être parvenir à imiter parfaitement.
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- Douzièmement , Part de fabriquer tous les genres de velours de soie. Cette description sera divisée en cinq parties distinctes.
- i°. Les pluches de tous les genres, 2°. les velours unis frisés ou ras j ceux d’Italie, d’Angleterre , &c. 3°. les velours coupés , unis ou à bandes, &c. Ôc ceux façonnés par la marche, soit frisés , soit coupés. Les velours à jardin ou ciselés , soit à dessins
- pleins , soit à bordures. 5°. Les velours mignatures de ces deux memes genres.
- Treizièmement, Part de fabriquer tous les genres de gazes , précédé de celui de dévider les sinus ôc les autres genres de soies wqui leur sont affectés, ôc de celui d'ourdir Ôc de plier leurs chaînes, leurs linteaux , &c.
- Quatorzièmement enfin , la description des procédés employés pour chiner les chaînes destinées aux étoffes flambées, aux velours ôc aux peluches chinées, &c.
- Tel seroit l’ensemble de la description que M. Paulet a entrepris de donner de son art , & qu/une récompense nationale peut seule le mettre à portée de terminer. Si on venoit à perdre cet artiste distingué avant qu’il eût completté ses manuscrits & ses dessins , ôc en supposant qu’il trouvât un successeur capable de terminer cet ouvrage, ôc qui, à des connoissances aussi étendues sur toutes les parties de ce genre de fabrication, joignît autant de zàle , de patience & d’habitude à les décrire, n’y manqueroit-il pas toujours la correspondance entre les parties, (ju’on ne peut attendre que de celui qui s’occupe depuis si longtems de leur ensemble ?
- Nous ne croyons donc pas devoir insister pour intéresser le Bu* reau en faveur de cet artiste, sur différentes inventions d’étoffes , d’outils ôc de procédés , par lesquelles il s’est fait remarquer dès sa jeunesse à Nismes , sa patrie, puis à Lyon où il a obtenu un brevet gratuit de fabricant , & enfin à Paris, où il s’est fait '. connoitre avantageusement de l'Académie des Sciences.
- Nous nous contenterons de mentionner , i°. un mécanisme pour exécuter la tire, connu sous le nom de ta main de fer > qui s’est répandu en 1776 à Paris parmi les ouvriers en gaze , suivant les certificats qu’eu ont donnés à M. Paulet , les jurés gardes des fabri-cans de Paris.
- Un moulin à tordre, décrit dans Part des peignes , (page 443 ) ôc dont M. Paulet n’a point réclamé alors l’invention, mais qu’il assure cependant avoir fait exécuter le premier.
- 3°. Les peignes en acier fondu , dont nous avons parlé plus haut,
- Ôc dont M. Paulet doit s’occuper incessamment à perfectionner Pin-vention, si le Bureau, en lui accordant la récompense qu’il sol*»
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- licite , lui ert procure les moyens.
- 4°. Un métier pour la gaze qui est en usage dans les faubourgs, de Paris, & qui est connu sous le nom de métier à la Paulet.
- 5°. Enfin , un mécanisme nouveau pour abréger le tirage dans ht tire à boutons, dont il a communiqué les plans 6c fait voir les premiers essais aux commissaires , & dont il s’empressera de rér pandre l’usage parmi les ouvriers , aussitôt que l’argent de la récompense qu’il se flatte d’obtenir, l’aura mis à porté de tirer de cette invention le parti qu’il a lieu d’en espérer. Ce projet d’emploi ne peut devenir qu’un motif de plus pour déterminer le Bureau. Au surplus les services que M. Paulet a rendus aux arts , par l'exécution de son grand ouvrage qui a consommé vingt ans de sa -.vie, sans qu’il en ait reçu , nous ne dirons pas une récompense, mais un véritable salaire , ces services nous paroissent suffir pour fixer Popinion du Bureau. Nous avons en conséquence l’honneur de lui proposer le projet d’arrêté suivant :
- Vu par le Bureau de Consultation des Arts Sz Métiers.
- i°: Le certificat de résidence en bonne forme de M. Jean Paulet dessinateur à Paris, section du Louvre, rue Etienne, Np. 15.
- a°. Son extrait baptistaire légalisé , par lequel il est prouvé qu’il est né à. Nismes le 2.5 Avril 1732.
- 3°. L’attestation du directoire du Département de Paris, qu’il n’a connoissance d’aucune réclamation sur sa demande.
- 4Q- Un mémoire signé de cet artiste, & adressé au Bureau ayec les autres pièces par M. le Ministre de l’intérieur.
- Oui le rapport de ses commissaires,
- Le Bureau de Consultation des Arts & Métiers, considérant que M* Jean Paulet a employé vingt années à la publication de Part du fabricant, d’étoffes de soie 5 considérant qu’il est auteur ds diverses inventions utiles & répandues , eutr’autres d’un mécanisme propre à exécuter la tire, connu &ous le nom delà main de fer 3 de d’un métier pour la gaze , qui porte le nom* de cet artiste , considérant-qu’il s’est occupé avec succès de lu perfection des peignes d’acier fondu 7 est d’avis, conformément à la loi du 12 Septembre 1791 , que M. Jean Paulet mérite cPavoir part aux récompenses nationales, 6c d’obtenir le maximum, de la première classe, Ôè qu’attendu qu’il est âgé de plus dé soixante ans , îl, est dans le cas de recevoir en outre , aux termes de la loi, le minimum de cette même classe , ce qui portera à la somme de dix mille livres, la récompense nationale que le Bureau croit devoir lui assigner.
- Fait au Bureau de Consultation des Arts Sc Métiers , le %5 JuilleS 17^2, l’an quatrième de la Liberté.é Conclusions adoptées.)
- VAN UE R MONDE, SE RV 1ÈRE S, B O S S JJ T*
- Nota. Le Citoyen Paulet demeure rue Étienne , N° i,j.
- De 1 Imprimerie de C H E M IN, od l’on s’abonne pour le Journal; des Art* «L Métiers, moyennant, ta liv. pour Pans, jj üv. ptmr les Dép., friint de port,.
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- FABRIQUE DE COTON.
- Rapport provisoire y concernant M. John Macloude.
- L E S commissaires soussignés ont été nommés par le Bureau de Consultation, pour lui rendre compte des travaux de M. John Macloude.
- M. John Macloude est ouvrier en fabrication de coton , de Manchester.
- Désirant être utile à la Nation Française, il a quitté son pays, après y avoir appris tout ce que Fou y savoit d’intéressant sur la fabrication des étoffes de coton.
- Il a proposé au gouvernement de parcourir toutes les manufactures françaises, 6c d’enseigner à chacune d’elles, les moyens de perfectionner la fabrication des mousselines, mousselinettes , velours de coton , mousselines à mouches 6c à ramages de différentes couleurs , étoffes piquées, courtepointes à fleurs ou matelatiers de différentes grandeurs , étoffes de crin , 6;c., telles que ces fabrications se font en Angleterre.
- M. John Macloude a été envoyé à Amiens , à Abbeville 6c à Sens, où il a monté différens métiers pour fabriquer des mousselines; il est revenu ensuite à Paris , 6c a monté aux Quinze-vingt un métier nouveau. M. Desmarets, de l’Académie des Sciences qui a vu ces métiers; M. Massey à qui appartiennent ceux d’Amiens; MM. Richard, Barbelin , Robillard, directeurs des manufactures de Sens, 6c M. Pajot, ci-devant inspecteur des manufactures à Abbeville, en rendent le meilleur témoignage, 6c avouent que M. John Macloude leur a été d’une très-grande utilité.
- M. John Macloude, étant sur le point de retourner en Angleterre, désireroit laisser en France un grand nombre de connoissances de détails nécessaires au perfectionnement des fabrications d’étoffes de coton , détails qui donnent aux fabriques anglaises un si grand avantage sur les fabriques françaises , 6c dont il n’a pu faire con-noitre dans les fabriques d’Amiens, d'Abbeville, de Sens 6c des Quinze-vingt, que des cas tout-à-fait particuliers.
- M. John Macloude se propose de faire construire à Paris, 6c de laisser dans tel dépôt que l’on déterminera, les trois métiers que l’on employé à Manchester pour la fabrication des étoffes de coton , 6c qui ne sont point connus en France. iQ, Pour les petites étoffes de coton, nankin rayé, velours de coton. , 6cc. 2°. pour les mousselines, mousselinettes , étoffes piquées, 6cc. 3°. Pour les cou-
- Dix-septième Cahier. Avril, 1er. T/im. Torn. J, Q
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- Vertures de coton, &c. Sur ce troisième métier, on fabrique ordinairement trois pièces de nankin à la fois. Ces métiers sont tous à un très-petit nombre de marches ; les métiers les plus composés ne sont qu’à cinq marches , 6c ceux-ià font l'effet des métiers à seize marches.
- L’Art de monter les métiers pour fabriquer les étoffes de coton, est un art peu connu en France. Dans le nombre des métiers que M. Macloude a montés à Amiens, Abbeville & Sens, il n’a pu em-, ployer que quelques cas particuliers du problème général dont la solution conduit à seize mille montages différées. Cet artiste se propose de faire eonnoître cette solution générale, telle que tous les ouvriers puissent monter facilement celui des cas ([ni se présentera."
- M. Macloude a apporté en France la navette volante, dont 011 ée sert en Angleterre; c'est une navette que l’on fait mouvoir avec une corde, au lieu de la faire mouvoir avec la main, elle fait à peu près le double d'ouvrage que la navette à la main , & économise la vingtième partie de la trame. M. Macloude se propose de faire cette navette, & de la joindre à ses métiers.
- • • , r [' .••••:», " J 4 .
- On se sert dans les fabriques anglaises d’un grand nombre d’apprêts inconnus en France, qui contribuent à donner à leurs mousselines 6c a leurs étoffes de coton , un uni ôc une blancheur qui leur procurent un avantage considérable sur les étoffes françaises. M. Macloude se propose de faire eonnoître ces différeus procédés, 6c d'en enrichir lcr fabrique de France.
- Telles sont les propositions que M. John Macloude a faites aux commissaires, que le Bureau de Consultation a nommés pour examiner les demandes de cet artiste.
- - Les commissaires, après s’être assurés par des conversations particulières, des cohnoissances de iyi. Macloude dans l'art de fabriquer des étoffes de coton; après avoir comparé les descriptions qu'il leur a faites de ses procédé?, avec les procédés connus; après avoir cal cil lé l’avantage de ces procédés sur ceux qui sont en usage dans les fabriques de France ; après avoir lu les certificats qui lui Ont été donnés par les intendins du commerce, par des fabricans de Sens & çJ’ÀbbeVille 5 après avoir lu le rapport que'M. Desinarçts a fait de Futilité des pocédés de M. Macloude pour les fabriques françaises ; les commissaires estiment qu’il seroit extrêmement avan-génx d’obtenir que cet artiste réalisât des- propositions qu'il fait, 6c que de Bureau doit, eu vertu de.l'article six, du titre premier de fv loi sur la distribution des récompenses accordées à l'industrieert tout genre, que' le Bureau peut accorder quinze cent libres a M. Macloude, pour constrire les trois métiers qu'il propose * les outils qui eu ihependkmtq cauunc uavQftü volante , ;&c. 3 & faite comuutre à
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- MM. les comiriissaifes tous les détails des apprêts, la manière géné^ raie de monter les métiers , &c. , pour mettre ensuite le Bureau à même de déterminer la récompense qui pourra être accordée à M* John Macloude, en raison de l’avantage que procureront à la Nation les perfêctionnernens qu’il publie. ( Conclusions adoptées. J
- Fait au Bareau de Consutation des Arts & Métiers, le 11 Juillet 17^2, , l’an quatrième de la Liberté.
- J. H, H A S S E N F R A T Z.
- HUILE A BRULER
- Rapport concernant M. Charles Marie Canalès Oglou.
- M • Charles Marie Canalès Oglou sollicite, par le mémoire qu’il a présenté au Ministre de l'Intérieur , de qui a été renvoyé au Bureau de Consultation , une somme sur les fonds destinés à l’encouragement des arts & de l’industrie, pour l’employer à former en France une fabrique d’huile à brûler , qui, suivant lui , 11e répand ni odeur, ui fumée, &z donne une lumière aussi belle que la bougie*
- M. Oglou nous a communiqué son secret, & en effet, il est constant que la matière qu’il se propose d’employer est absolument perdue, & que l’huile qu’on pourroit en tirer viendroit au secours des autres combustibles qui renchérissent de plus en plus en France.
- Il est également constant que cette huile est en usage dans le Levant ; q°u’oii a proposé plusieurs fois d’en établir la fabrication en France ; qu’il a même été imprimé un mémoire sur cet obj-t. Mai» soit, que celte huile lut plus chere que les autres huiles a bruier analogues en qualité j soit que les loix fiscales qui existaient alors dans le plus grand nombre des provinces de France se fussent opposées au succès d’un semblable etablissement, les propositions qui 01.1t été faites sont restées sans suite.
- Il seroit extrêmement difficile de calculer, d’après des expériences en petit, à combien reviendroit cette huile, oc les counnissiares d ailleurs 11’auroient pu se procurer les matières premières , nécessaires pour en fabriquer 5 mais si le bureau de. consultation croyoït devoir prendre cet objet en considération, 6c s’il étoit d’avis d’accorder un encouragement à M. Oglou, il pourroit y mettre la condition que
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- les premiers essais qui seroient faits avec les fonds nationaux , s@-roient employas sous l’inspection de commissaires qui seroient nommés par le Bureau de Consultation, qui en feroient leur rapport, 6c qui constateroient le prix 6c la qualité de l’huile.
- Les commissaires soussignés ne se dissimulent pas que les récompenses nationales doivent être principalement accordées à des découvertes nouvelles, 6c M. Oglou ne présente que des choses connues. Il est encore certain qu’il ne propose qu’un projet $ mais ce projet ne sera peut-être pas réalisé de long-tems, s’il n'est secouru ; 6c c’est d’après cette considération 6c l’utilité que cet objet présente pour la société , qu’ils concluent à ce que le Bureau fixe la quotité de l’encouragement dont M. Canalès Oglou lui paroîtra susceptible.
- Fait au Bureau de Consultation des Arts 6c Métiers, le 12 Septembre 1792, l’an quatrième de la Liberté.
- SERVIÈRES, LAVOISIER..
- Le Bureau a accordé à M. Canalès Oglou, à titre d'encouragement , deux mille livres , pour faire cette année des essais en grand. Les commissaires du Bureau demeurent chargés de suivre avec soin les expériences dont il s'agit, afin que, sur le rapport circonstancié qu’ils en feront au Bureau, il soit par lui statué, s’il y a lieu, sur la récompense que pourra mériter M. Canalès Oglou. Voyez ci-après rapport le définitif.
- Nota. M. Oglou demeure à Picpus, N°. 3a.
- Il parole deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque numéro féparément ejl de 2 sols 6 déniers, et celui de la souscription pour Vannée ejl de 1 » liv. pour Paris, et de 15 liv. pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNERONS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS,
- A l'Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cité, au bas du Pont Notre-Dame.
- g0, Che\ le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N*, ig.
- 30. Cht\ le Citoyen AUBRY, Libraire, rue de la Monnoie , NJ. f.
- Lers Lettres, Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adrejfés francs de port à l'Imprimerie.
- On peut foafcrirc pour un an oufix mois, mais toujours à dater du commencement d’un irimejlre.
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- M É C A N I Q U E.
- 'Rapport concernant M. Charpentier*
- Chargés par le Bureau de Consultation de lui rendre compte des droits que M. Charpentier peut avoir aux récompenses nationales , nous ferons précéder ce rapport par rémunération des pièces qua produites cet Artiste à l’appui de sa demande.
- i9. Certificat de résidence sur la section des Gobelins, en date du 8 février 1792’, vu par la municipalité^ le 9.
- 2°. Certificat des administrateurs composant le directoire du département de Paris, en date du 16 février 1792.
- 3y. Une notice des inventions & découvertes de M. Charpentier.
- 4°. Un rapport de l’Académie des sciences, du 6 Avril 1770, sur mi instrument pour arracher les dents.
- 5®. U11 rapport de l’Académie de Peinture Sculpture , du y Août 1779 , sur un échaffâud volant.
- 6°. Un rapport de l'Académie d’Architecture, du 9 août 1779 y sur le même objet.
- 70. Un rapport de l’Académie d’Architecture , du i3 Août 1781^ sur une nouvelle pompe. >
- 8V. Un rapport de l’Académie des Sciencesdu 28 novembre 1781,; sur le même objet.
- 9®. Un arrêt du Conseil, du Sodécemclre 1788, qui aeorde aux Sieurs Chapentîer ôz Lobreaux, un privilège exclusif pour fabriquer des tuyaux de plomb laminé sans soudure ni reprise de moule , dans la longueur de douze à quin&e pieds.
- io°. Un dessin en perspective de la monture de la lentille diî jardin de l’Infante.
- 119. Des épreuves de brides ou résaux , gravés au moyen .d’une machine , pour les manufactures de dentelles d'Argentan, d’Alençon , <kc.
- AL Charpentier imagina en 1762 > la gravure à l’imitation du lavis r que le ATereure de France du mois d’Àoût , ( page 155 ) qualifiait; de nouvelle & heureuse découverte*
- Les procédés de M. Charpentier. , à ce qu’il assure, n'ont rien de commun avec ceux de MM. Magny, Barabé ,, Leblond y Leprince , Janinet & autres graveurs dans le même genre.
- Quoiqu’il ait crû devoir se réserver ses procédés, ce qu’il nous en a dit suffira pour que le Bureau puisse en prendre une idée.
- La planche vernie par des moyens particuliers., reçoit une préparation par une machine semblable à une calandre : après quoi ÿ l’on couvre les clairs , les teintes * les demies teintes sur le chevalet,, Dix* huitième Cahier* 1er, T tint* TomI> H
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- & Pou fait mordre cliaqme fois l’eau forte au point désiré. Les clairs sont très-purs , & les teintes franches. Cette gravure est infiniment plus solide & aussi expéditive que ceile par la méthode de M. Leprince } M. Charpentier affirme avoir tiré jusqu’à cinq cent, tandis.que M. Leprince ne passoit pas soixante épreuves sans une retouche.
- Nous avons l’honneur de mettre sous les yeux du Bureau plusieurs estampes de M. Charpentier, d’après lesquelles le Bureau, pourra juger le mérite de cette espèce de gravure.
- Les frais qu’exigeoit cette invention étant au dessus des forces de M.’ Charpentier, il fut obligé de s'associer avec un Suédois, nommé Floding , qui 11e lui fit des avances qu’à certaines conditions.
- M. de Marigny, auquel M. Charpentier avoit dédié une de ses estampes , accorda à cet artiste un attelier au Louvre ; quelque tems après , il y ajouta un logement, ou plutôt la place d’un logement ; car M. Charpentier , pour le rendre habitable, fut obligé d’y dér penser environ huit mille livres, ce qui le mit à la gêne pour bien des années. Il en a joui jusqu’en mil sept cent quatre vingt liait, que M. d’Angevilliers le lui ôta, pour aggrandir l’appartement de Madame de Flahaut, sa belle-sœur. M. Charpentier fut relégué aux Gobelins. Ce déplacement lui causa le plus grand préjudice , en Péloignant du centre des travaux, <3c lui occasionna une nouvelle dépense de cent lou^.
- Cette invention, précteuse n’a rien produit à son auteur, tandis que la nièce de M. Leprince a été gratifiée d’une pension de douze cent livres, pour un procédé que cet académicien n’a présenté que plusieurs années après M. Charpentier. ( Journal de Paris du 27 Juillet, 1780.)
- En mil sept cent soixante-dix , M. Charpentier imagina un nouvel instrument pour arracher les dents. MM. Morana & Tenon , dans leur rapport à l’Académie , regardent cet instrument comme très ingénieux, d’un usage simple, fort étendu, recommandable èri ce qu’il n’exige d’autre mouvement que celui de serrer, enfui comme très-utile dans les campagnes , où il peut suppléer au défaut d’habiles dentistes. Il est gravé sous le nom de griffon dans l’art du coutelier,,
- Vers la même époque , M. Charpentier exécuta la monture de la fumeuse lentille* du jardin de l’Infante. ( En voir la description dans l’esprit des journaux. Année 1770. Janvier , page 072. )
- M. Charpentier inventa , en 1779, un échafaud volant, au moyen duquel on s’élève soi-même à la hauteur que l’on désire. Cztte ri} a chine peut être mue dans toutes les directions, sans que l’on soit obligé d’en descendre ; & dans les cas où les cordes qui la soutiennent yiendroient à rompre , 011 ne court aucun danger 3
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- la ca<y« dans laquelle est placée la personne , s’arrêtant aussitôt «Pelle-même. Cette invention est propre aux grandes bibliothèques , aux vastes galeries , aux églises , 6cc. L’Académie de Peinture & de Sculpture & celle d’Agriculture ont reconnu cet échafaud bon , utile Ci’ commode.
- En mil sept cent quatre vingt-un , M. Charpentier présenter aux Académies des Sciences 6c d’Architecture, une pompe à incendies , dont le piston est un vrai corps de pompe mobile , 6c qui au moyen d’un réservoir d’air construit vers le haut du principal corps de pompe, produit un jet continu. Cette pompe, d'un très-petit volume, donne aisément trois rouids par heure, avec une élévation de l’eau à plus de trente pieds , sur toutes sortes de directions 6c d’inclinaisons.
- M. Charpentier obtint en mil sept cent quatre-vingt-trois, avec M. Lôbreaiix, un privilège exclusif pour fabriquer des tuyaux de plomb laminé., sans soudure ni reprise de moule, dans la longueur de douze à quinze pieds. Cette machine existe dans les atteiiers de Chaillou,
- Il obtint aussi en mil sept cent quatre-vingt-sept, avec MM; John Garnett 6c William Nuiton , un privilège exclusif pour substituer dans les axes des roues 6c des poulies, les frottemens de la seconde espèce à ceux de la première.
- Nous en mettons le dessin sous les yeux du Bureau.
- Une autre invention de M. Charpentier, est celle d’une machine qui grave les brides ou réseaux pour les dentelles. L’auteur a désiré que cette machine ne fut point encore divulguée, mais elle est fort simple 6c très-expéditive j car l’artiste assure qu’en moins de .deux heures, il grave une des planches dont nous présentons les épreuves au Bureau.
- Dès l’année mil sept cent soixante-onze ^ M. Charpentier avoit imaginé une espèce de trépan , pour percer à froid 6c facilement îe fer 6c les autres métaux. Cet outil est de la plus grande commodité pour le percement des murs, dans la pose des sonnettes , pouvant s’approcher le plus possible des angles , il sert aussi aux sculpteurs.
- M. Charpentier avoit construit dans la rue de MénibMontanty une machine à broyer, le plâtre., dont le prix a été un procès qui qui n’est pas encore terminé. Cette machine à la vérité n’existe plus , mais il résulte d’un precès-yerbai d’expériences faites en présence des juges de la chambre royale des batimens , qu’eile pul-vérisoit quarante-huit muids de plâtre en six heures de travail.
- Cet artiste a exécuté à Essonne pour M. Didofc, 6c à Paris pour M. François ? Brasseur rue de P Arbalète f <3c pour M. ALioLe ,
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- aussi Brasseur, nie Mouffetard , -une pompe aspirante, qui, si elle iEofire rien de particulier , a le mérite rare d’une parfaite exécutions Celles, de Paris, mues par un seul cheval, élèvent Peau à soixante-dix pieds, dans un corps de pompe d’environ sept pouces & rendent quarante muids par heure.
- Pnfin, M. Charpentier a inventé pour accélérer les opérations mécaniques, nombre d’outils dont il seroit trop long de rendre dompte en détail.
- Trois choses caractérisent essentiellement les ouvrages de M. Charpentier, simplicité dans les moyens, conceptions hardies & justesse d’exécution.
- Y os commissaires, qui ont apporté beaucoup de soin dans l'examen des inventions de M. Charpentier , sont d’avis .que les travaux de cet artiste qui a le malheur d’être presque sexagénaire , ne peuvent être placés que dans la première classe des récompenses nationales , & ils croyent devoir lui assigner le maximum de la première classe des récompenses nationales, r En conséquence , ils ont l’honneur de vûu$ proposer le projet
- d’arrêté suivant ( qui a été adopté. )
- Le Bureau de Consultation, après avoir entendu le rapport de ses commissaires sur M- Charpentier, considérant que cet artiste laborieux & presque sexagénaire, a employé toute sa vie, qu’il a sacrifie son premier état, & consommé sa fortune en recherches. & 'travaux mécaniques de divers genres , dont l’utilité est constatée par le succès y considérant que dès l’année mil sept cent soixante-deux , il a inventé la gravure imitant le lavis \ considérant que la chirurgie lui doit un nouveau davier précieux pour les campagnes ,* considérant qu'il est l'auteur d’un échafaud volant9, où les hommes sont à l’abri de tout danger 5 considérant qu’il a exécuté la monture de la fameuse lentille du jardin de l’Infante y considérant que par un moyen aussi simple qu’expéditif, il peut fournir des planches pour les brides ou réseaux , à toutes les manufactures de dentelles y considérant enfin que les inventions & le zèle de cet artiste très-distingué sont jusqu’ici demeurés sans récompense , est d’avis , conformément à la loi du 12 septembre 37^1 ^ que M. Charpentier mérite le maximum de la première classe clés récompenses nationales, c’est-à-dire, six mille livres, & de plus la. mention honorable.
- A Paris , au Bureau de Consultation des Arts & Métier*., le 3© Mai , 1792, Pan quatrième de la Liberté.
- SERYIÈRE.S, LEROY, DUMAS.
- Nom. M Charpentier demeure aux G'obclinfc
- De l'Imprimerie de C H E M I N, où l’on s'abonne pour ce Journal, moyennaaS liy, pour Paris, & i£. liv. pour le* ©cp., ftàuo de port,
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- C H A R PENTERIE.
- Rapport concernant M. Tourneau»
- Nous ayons été nommés par le Bureau fie Consultation , MM, ÏVbbé Bossut, Desmarets & Hassenfratz, pour lui rendre compte des travaux de M. Fourneau , <5c de la classe & du degré üe récompense opu’il a droit d’attendre sur les- trois cent mille livrés-destinées à gratifier les artistes-
- Pour bien sentir les travaux auxquels M.. Fourreau a du ss‘ livrer & les difficultés qu’il a eues à vaincre , i) est nécessaire de1 faire- connaître l’état où étoit l’art d’e la charpenterie , à L’époqute ©ù M. Fourneau s’en est occupé d’une manière utile.
- Avant que Part du trait de la charpenterie de Nicolas Fourneau parût, on ne connoissolt que tro-s ou quatre traités incomplets, dont le plus célèbre étoit celui Màthnrin Jousse, en uït volume in folio j ce que les^ charpentiers coniiolssoierit de plus-ils se le coimri uni quoi eut les uns aux autres. Les plus sa vans clonnoient à leurs camarades des leçons publiques & particulières du trait de la charpente , & parmi ces professeurs pratiques-,, Nicolas Fourneau a, de très-bonne heure,, c coupé- le premier rang.
- L’art de la charpenterie , à cette époque ,, se réduisoit à des solutions particulières, de clifférens problèmes du pavillon quatre,,, dès noulets quarrés ,, des cinq épis quarrés , du pavillon- bixis des noulets biais ,, des- cinq épis Liais à bois délardé, dé plusieurs escaliers , de quelques tours rondes guittardes , &c. Les solutions de ces clifférens problèmes , les manières d’y arriver ayant été trouvées par des hommes-sans principes r abandonnés à la seule ressource de leur génie ^ qui. a voient suivi des routes essentiellement différentes, les unes simples,, les autres compliquées présentoient dans l’art du trait une sorte d’incohérence qui ce» rendoit, l’enseignement extrêmement difficile ,, &z obligeoit de faire une étude particulière & séparée de la solution de chaque pro? blême.
- Cependant, l’art du trait de Ia< charpente rie se réduisoit à deux principes généraux., projection ôt développement y il paroissuit simple & naturel de. ramener tous les problèmes qui en dépen-doient à des solutions générales. Nicolas Fourneau parut, il.conçut ee projet , ôc sans autres études que les résultats des combinaisons de ses idées, il présenta en 1.766 l’ensemble complet de Fart du trait de la charpenterie.
- JJ-ite-neuvième Cahier» 1er. T ri ni. fom* ié
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- On peut diviser en deux parties l’art du trait de îa cliarpeii® terie : celle du- bois courbe & celle du bois droit.
- La partie de l'art du trait du bois courbe , comprend un grand nombre d’escaliers, des tours rondes, des dômes, des impériales, des guitlardes, & en général tout ce qui a rapport à la pénétration des corps. Nicolas Fourneau a augmenté considérablement les connoissances des charpentiers dans cette partie, il a ajouté, en partant de ses principes généraux, un grand nombre de solutions de problèmes qui n’avoient pas encore été conçus par eux. Nous ne.citerons ici que la lunule d'Hypocrùte de Scio , espèce de gui tarde placée sur Couverture cl’une croisée faite à une tour ronde & qui suit la pente de l’escalier.
- Lorsque cette pièce parut, lorsque Nicolas Fourneau l’enseigna pour la première fois , elle recul l’accueil distingué qu'elle méritoit.
- La partie de Part du trait des bois droits & qui comprend lea combles droits , les pavillons , les noulets , les cinq épis , &c, doivent à Nicolas Fourneau un accroissement considérable.
- L’objet particulier qu'un charpentier doit se proposer , est de disposer ses bois de manière qu’il emploie toutes leurs forces , &
- que , réunis ensemble , ils concourent également à la résistance pour laquelle ils sont disposés. Ce concours parfait entre l'effort & la résistance, & la disposition bien entendue des bois ,
- fait la partie lapins essentielle de l’art du charpentier, & laplus économique de l’usage des bois.
- On étoit dans l'habitude, dans les pavillons de cinq épis biais, d’opérer absolument de la même manière que pour les pavillons ,£c cinq épis quarrés , & de délarder ensuite chaque pièce pour lui faire suivre la direction déterminée par le biais» Ce délar-dement qui affoiblissoit les pièces de bois, obligeoit nécessaire^ ment à en employer de plus grosses. Nicolas Fourneau imagina de déverser ses bois , de les employer sans dé larde ment 6c de diminuer, par ce moyen, & la grosseur du bois, 6c le travail nécessaire pour le délarder $ il appelia cette disposition : coupe-d- tout devers.
- L’iti vôntion des coupes-à-tout devers a concouru à rendre toutes les antres coupes extrêmement simples , $c a conduit naturellement è des solutions très-élégantes des autres problèmes de la coupe des bois.
- Pendant que Nicoîr.s Fourneau s’oejeupoit de son art du trait de la charpenterie , pendant qu’il cherchoit à faire dépendre des principes généraux s.es différentes solutions', il donnoit des leçons
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- de la coupe des bois aux charpentiers , St il essayoit près d’eux ; en les instruisant , à rendre plus faciles <5c plus simples des solutions très-compliquées. C/est ainsi qu’il est parvenu, dans l’espace de seize ans, à faire un ouvrage élémentaire sur un art difficile, <Sc que , par l’habitude qu'il avoit de manier les homme* qui n’avoient aucune instruction préliminaire, il a mis à leur portée un ouvrage très-instructif.
- Nicolas Fourneau fit imprimer son ouvrage , étant maipre char-
- Ï(entier , à Rouen, êt vint ensuite à Pans enseigner publiquement art de la coupe des bois.
- Il existe depuis longtems parmi les charpentiers une association, de fraternité St de secours , dont les membres portent le titre de compagnons djA devoir. Les connoissances de l’art du trait parois-sent être concentrées dans cette société ; à son arrivée à Paris , Nicolas Fourneau osa le premier rompre la barrière qui séparoit les ’ compagnons du devoir des autres charpentiers. Il ouvrit un cours public où il reçut indistinctement les charpentiers de toutes les classes. L’émulation s’établit aussitôt entre les deux partis ; il s’éleva parmi eux des maitres très-habiles, St il se forma un grand nombre de profeseurs publics de l’art du trait. Depuis mil sept cent soixante-treize jusqu’à ce jour, Nicolas Fourneau n’a cessé de travailler pour augmenter ôt améliorer l’art du* trait de la charpente , St il est parvenu , malgré scs infirmités & ®a vieillesse, car il est âgé de soixante six ans, à ajouter trois non-vaux volumes in folio aux, quatre qu’il avoit déjà publiés.. La grande analogie qui existe entre les principes généraux de la coupe des pierres & la coupe des bois courbes , a déterminé Nicolas Fourneau à écrire un nouvel ouvrage sur la coupe des pierres ; cet ouvrage , qui s’imprime actuellement chez Firmin Didot, remplit à la fois le double avantage d’être complet St parfaitement à la portée des ouvriers. L’Assemblée Nationale ayant décrété » que les travaux pour les quels il pourra être 3) accordé des récompenses Nationales, seront divisés en deux classes principales , ceux qui ont pu exiger des sacrifices, de 3» quelque genre que ce soit , «3c ceux qui par leur nature n’en exigent point ; >» nous croyons qu'un homme qui a passé quarante neuf-années de sa yie à perfectionner un art difficile , St de première nécessité dans la société, qui a inventé plusieurs coupes nouvellesqui a sacrifié le produit de son travail pendant ce long intervalle de tems à faire faire des modèles pour mettre ses inventions à la portée des hommes les moins instruits; à donner des leçons publiques ; à former un grand nombre d’ouvriers intel-ligens ; à écrire St faire imprimer sept volumes in folio qui contien* vient le développement le plus complet, en même tems le plu*
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- simple de la coupe des bois , mérite d'être placé dans la classe des inventeurs qui ont fait des sacrifices, & qu’il doit occuper îâe première division de cette classe. En conséquence, nous estimons-que Nicolas Fourneau mérite le maximum de la première classe des récompenses attribuées aux, artistes. ( Conclusions adoptées. }
- Au Bureau de Consultation ,„le z5 Janvier 1792, . l’au. quatrième de la Liberté,.
- P ES MA RETS,. BOSSU T, H A S S E N E R A T Z.
- Nota. Nicolas Fourneau est mort au mois de Juin ,,17^2.
- Journal d'éducation, rédigé par la Société Académique d'Ec? d l ture & d'Institution , feuille, in 88 qui parok toutes le*, semaines.-
- Dans l’instant où la Convention Nationale est pénétrée de la nécessité de procurer aux Citoyens une éducation saine,, la Société-Académique croit, devoir préparer. les voies de l’instruction publique, en offrant, à tous ceux qui se proposent cHy travailler, un Journal d’Education, Les Mathématiquesla Logique, la GraiiLp ijiaire , l'Écriture , la Littérature , la Physique, l’Histoire, Je Commerce & la vérification y sont traités avec élégance Ce clarté,.
- Chaque article est rédigé par un homme pro fou dé meut instruit dans sa partie. Les professeurs trouveront chaque semaine de ku matière suffisante pour occuper leurs élèves.
- On s’abonne chez le C. C HA R L EM AON E,, Fils, rue de : C 1erj } au coin de celle du G ras-Chenet;
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- II. -par oît deux cahiers de ces * Mémoires par semaine.. Le prix de. chaque' cahier séparément ejl.de 3 sols, et celui de. la souscription pour U année ejl.de 12 liv. peur efraris, et.de 13 liv, pour les dé par terne ns , franc de pore..
- On souscrit., pour Les MÉMOIRES DU BUREAU DS CONSULTATION DES, ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES. ET. PEREECTiON-•KEMENS DANS LES. SCIENCES , ARTS ET MÉT.iERS ,
- 2°, à. V Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cité, au-t fus du Pont Notre-Dame.
- 2®. Ch(\ le. Citoyen LEFEVRE , architecte-entrepreneur, rue- S. Sauveur, N9, igj;
- 3*. Che\ le Citoyen GIRARDIN , libraire, au Cabinet littéraire du Jardin de kir Révolution , ci-devant Palais- Royal, près le B.aJJJm } et çh°\ tous les. lihnuf.es .eu du «leurs des PoJiés de là K èp uhïiqiH%
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- T E I N T U 11 E.
- Rapport concernant M, Dimo Stéphanopoly,.
- Le Bureau de Consultation des Arts & Métiers nous a chargés de lui rendre compte des titres aux récompenses nationales , que lui a présentés M. Dimo Stéphanopoly , pour avoir substitué i’é-eorc-e de chêne à la noix de Galle , clans des bains de noir.
- Dès 178a , L’auteur s’annonça au Gouvernement comme ayant découvert un moyen de teindre les étoffés de laine &z de soie en employant une matière très-commune , qui donnoit un noir' lustré & solide , sans altérer la qualité du tissu , outre que , selon1 lui , cette matière suppléoit avantageusement la noix de Galle par la beauté de la teinte du noir ,. elle méritoit la préférence par soit1 bas prix , qui étoit tel qu’avec une livre de cetce matière, on ob-tenoit le même effet qu’avec 2 liv. & demie de noix de Galle, c’est-à-dire , qu’avec une dépense d’un sol, on remplaçoit celle de 7 1. 10s, prappé de cette considération , le Gouvernement chargea M. Macquer d’apprécier la valeur du moyen proposé; Il paroit que la réponse lui fut favorable, puisque sur le compte que A'I. de Mon* taran en rendit à IVL Dormessori, alors Contrôleur-Général , ce' Ministre ordonna que M. Dimo proposeront les conditions aux quelles il consentent à publier son procédé 5 mais cette affaire n’a pu être consommée, à cause de la retraite' inopinée de M. Dor-messon.. Son successeur, ( M. de Galonné) à qui l’auteur fit part de sa découverte , lui promit que si les- expériences continuoient-de lui être favorables , il lui assureroit une récompense proportionnée aux avantages que l’art de la teinture en retireroit; C’est sur cette
- Î>romesse verbale que M. Dimo s’est livré à- de nouveaux essais, jes résultats en furent contestés par la raison que bi noix de Galle fournissant huit fois plus de précipité que l’écorce de chêne , l’un; ne paroissoit pas pouvoir être suppléé par l’autre darls le cas indiqué.
- Cependant le Ministre , d’après les- sollicitations de M. Dimo ordonna que les expériences seroient faites en grand par les gens de Part, que les teinturiers & les chapeliers se réuniroient pour vérifier si l’écorce de chêne.étoit véritablement susceptible,,ou non,, de suppléer la noix de Galle , jusqu’à quel point ce supplément: pouvoit avoir lieu & devenir utile à- nos fabriques. L’expérience a été faite d’une manière on ne peut pas plus authentique , chez MM. Beaujolin & Morel, fabricans de chapeaux, & teinturiers ils connoissoient déjà, par un usage de plusieurs moi3, les bons, effets & les avantages du nouveau moyen que l’auteur avoit fourni;
- Vingtième 0 vingt-unième Cahiers* 1er* Xrirn,» Xorn. L T
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- sons forme de décoction. Les commissaires s’étant réunis dans i’attelier de M. Bcaujolin, il fut résolu que l’on feroit deux bains de teinture en noir, l’im à la noix de Galle, l’autre à la décoction de l’écorce de chêne, & qu’on tiendroit dans chacun d’eux cent vingt chapeaux. Dix de ces chapeaux destinés pour le bain de noix de Galle , furent marqués d’un plomb particulier ; il en fut de même de ceux qui dévoient être soumis au bain dans lequel entrait la décoction de chêne , fournie par M. Dinio , 6c dont on marqua dix autres chapeaux.
- Après que les chapeaux teints eurent été séchés, préparés , passés au 1er, il fallut reconnoître 6c décider quels étaient les plus noirs , 6c pour que cette reconnaissance se.ht franchement, on eut soin de couvrir avec des papillotes les plombs qu'on y avoit attachés. Les commissaires 6c plusieurs chapeliers qui avoient été appelles , les prirent les uns après les autres , 6e firent un tas de ceux qu’ils trouvèrent d'un noir inférieur. On reconnut que ceux du premier tas, teints par le procédé de M. Dimo, 6c que ceux placés dans l’autre tas, comme étant d’un noir inférieur, avoient été teints dans le bain de noix de Galle. Comme quelques-uns des teinturiers 6c des chapeliers appelles à la vérification , arrivèrent après cette opération , on crut devoir la recommencer avec toutes les précautions observées dans la première : on eut un semblable résultat , excepté pour un serti chapeau".
- On poussa plus loin l’examen; il s'agissoit de savoir si le noir qui paroissoit supérieur pour la teinte , étoit aussi solide qu’il avoit d’éclat 6c de lustre, En conséquence on coupa deux morceaux de feutre., dont l’un détaché d’un chapeau teint à la noix de Galle , 6c l’autre d’un chapeau teint suivant le procédé de M. Dimo, On eut l’attention que les feutres fassent égaux , ainsi que les débouillis ou on les mit. Cette nouvelle épreuve fut faite en présence des teinturiers, .plus en état que personne, sans doute, de saisir les nuances après le débouilli ; tous.décidèrent unanimement que le morceau teint au procédé de M. Dimo avoit conservé beaucoup plus de plein que celui teint à la noix de Galle qui étoit affamé, Iis trouvèrent la différence très-grande entre les deux teintes, Ces commissaires furent donc à portée de voir que la bonté 6c la solidité du noir cosrrespondoient à la beauté. Ils en dressèrent procès-verbal qu'ils ont signé. Cependant l'auteur de l’objection n’en continua pas moins de voir , dans l’abondance du précipité de la noix de Galle , l’insuffisance du supplément proposé. C’est cette contrariété dans les opinions qui suspendit la décision du Ministre , la publication du nouveau moyen ce la récompense promise à M. Dimo par M. de Galonné.
- Dans ces cirsconstancês , M. Dimo crut devoir recourir à l’Aca-des Sciences de Paiis. C$tte compagnie pensa qu'il convenoit
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- île charger tonte la classe cle Chyrnie de cet examen. Nous nous dispenserons d’entrer dans le détail de ce qui fut agité dans les premières conférences que tinrent les liuit commissaires nommés ; nous observerons seulement que les opinions ayant été partagées , il y eut deux rapports évidemment contradictoires quant aux résultats j le premier tend visiblement à présenter le moyen de l’auteur comme insuffisant & déjà connu. L’autre au contraire en recoimeit la nouveauté., la bonté & l’utilité.
- Dans le rapport qui exclut le procédé, les commissaires parois-sent s’être déterminés , moins d’après les expériences en grand > que par l’analyse chymique qu’ils ont faite de la noix do Galle & de l’écorce de chêne. Ayant obtenu une différence énorme dans les précipités des deux substances , il n’est pas étonnant qu’ils ayenü concu que l’écorce de chêne, qui en fournissoit huit fois moins , ne pouvoit être substituée à la noix de Galle , ni la remplacer dans une proportion beaucoup moindre.
- Cependant ces recherches analytiques n'ont pas échappé aux commissaires du second rapport ; après avoir donné une solution des difficultés qui ont an été les auteurs du premier, ils se sont attachés à suivre des expériences tant sur le feutre que sur le drap , Ôc enfin sur la soye, & ils ont obtenu le plus grand succès.
- M. Dimo , voyant à regret le partage de l’Académie, crut devoir s’adresser à M, Lambert, alors Contrôleur général , pour lui demander avec instance de faire prononcer définitivement sur Ja valeur de son moyen. Le Ministre renvoya cette affaire au Collège de Pharmacie qui nomma quatre commissaires pour suivre les expériences en grand, de concert avec les teinturiers & les chapeliers.
- Le moyen proposé par M. Dimo étant Te résultat du mélange de; l’écorce. de chêne avec la couperose, & la nature du précipité faisant l’objet de la contestation , les commissaires du Collège de Pharmacie ont commencé par s’assurer dans leur laboratoire,, de la qualité du noir produit par l’écorce de chêne , & de celui résultant de la noix de Galle. Ayant donc-préparé deux décoctions d’écorce dè chêne & de Galle dans des proportions semblables ,. ils ont ajouté à chacune, & par parties, une même quantité de. dissolution de couperose j du commencement à la fin du mélange ,, la décoction de l’écorce n’a laissé appercevoir que du noir qui' se fonçoit de plus en.plus. La décoction de la noix de Galle a pris d’abord une teinte violette suivie de bleu, auquel a succédé le noir. Ces teintures abandonnées à elles-mêmes, il s’y est formé un précipité dans la décoction de l’écorce de chêne ; ce précipité a été,, pour ainsi dire, instantané & a laissé la liqueur presque sans couleur. Dans la décoction de noix de Galle, ce précipité fut long-tems à se déposer, & au bout de huit jours, la liqueur n’étoit pas encore décolorée.
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- Ces précipités ayant été recueillis, celui du à Pécorce de chêne étoit d’un noir franc Sc foncé , exempt de toute teinte étrangère. Le précipité du à la noix de Galle , conservoit une nuance violette qu’il coirimuniquoit à l’eau , étoit d’un noir plus luisant , ëc en beaucoup plus grande quantité que l’autre.
- Si cette opération préliminaire eût été faite par les commissaires qui ont contesté les avantages du moyen de M. Dimo , sans doute Ils auroient reconnu que si la noix de Galle donne huit fois plus de précipité que l'écorce de chêne , c’est que la première de ces deux substances est presque entièrement soluble dans l’eau ; qu’elle est composée d’une fécule à laquelle le principe teignant adhère fortement , Sc avec laquelle ce principe se précipite dans le bain de noir , dont elle augmente le volume Sc le poids, sans augmenter l’intensité de la couleur ; ils auroient vu que c’est à cette matière différente de la couleur qu’est due la grande quantité de poussière que rejettent les chapeaux baguetés , teints avec La noix de Galle, qui, suivant l’observation judicieuse de M. Ber-tîiolet, est toujours employée par surabondance dans la teinture § enfin iis auroient vu que le précipité de la noix de Galle, est plutôt .une matière teinte qu’une matière teignante. Les conséquences à tirer de ces phénomènes demanderoient des développe-meus chy iniques qui se r oient déplacés dans ce rapport. Ils sont la matière d^in mémoire particulier très-propre à répandre du jour sur la noix de Galle, substance si souvent analysée & encore fort peu connue. Les commissaires du Collège de Pharmacie se sont interdits avec raison de publier leur travail, jusqu’à ce que M. J)imo, qui y a donné lieu, soit récompensé en proportion du service rendu.
- La teinture des chapeaux en noir a été le premier objet du travail des commissaires du College du Pharmacie ; iis ont suivi i deux reprises différentes les détails de cette teinture dans les attôliers de MM. Baujolin , Morel ,& Jeannin , tenant fabrique de chapeaux qu’ils teignent eux mêmes,. Chez M. Beau joiin , deux cent vingt chapeaux furent mis dans la chaudière à teindre, où deux sceaux de décoction d’écorce de chêne, faisant environ trente deux pintes , remplaçcient les vingt livres de noix de Galle qu’il eut fallu mettre pour ce même nombre de chapeaux.
- Chez M. Jeannin , deux cent quatre-vingt chapeaux furent mis dans la chaudière, & la décoction d’écorce qui, chez MM. Beaujoliu Sc Morel, avoit été fournie toute faite par M. Dimo, les commissaires du Collège de Pharmacie voulurent la préparer Sc la fournir eux mêmes; au bout de trois jours, que dura 1 ^opération , ils virent retirer les chapeaux de la chaudière , apprêtés pour la vente, Sc les trouvèrent d’un noir parfait.
- A l’égard de l’expérience de la teinture en laine Sc en soye , ®l)f jg. été dirigée dans les mêmes yeu$ Si sur le même plan ? che&
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- M. Duvivier, en présence de ses confrères, qui , ainsi que lui , ne dissimulèrent point une prévention décidée contre l’emploi de l’écorce de chêne , excepté néanmoins M. Henri qui en prit même la défense, en disant qu’il s’en servoit avec succès, ôç qu’il venoît de teindre suivant ce procédé , soixante livres de poil de chèvre , dont la couleur s’étoit trouvée d’un très-beau noir. Le résultat de l’expérience ne laissa pas de doute sur la propriété cle l’écorce de chêne, relativement à la teinture en soie & en laine, si ce n’est dans la teinture, dite pesante, demandée souvent aux teinturiers par les marchands, la quelle teinture semble exiger la présence de la noix de Galle , qui ajoute une augmentation de poids à l’objet teint, & n?est à proprement parler, qu'une spéculation purement mercantile.
- Après avoir suivi avec soin les effets de l’écorce de chêne dans les trois grandes branches de la teinture en noir , chez les plus habiles maîtres en ce genre ; après s’être assuré, par des faits incontestable», de la possibilité de substituer son usage h celui de la noix de Galle., les Commissaires du Collège de Pharmacie terminent leur rapport par déclarer, que M. Dimo a rendu un véritable service à la teinture, en lui procurant la connoissance d’une matière qui donne un noir plus beau , plus solide , & infiniment moins coûteux. Les expériences auxquelles ils se sont livrés , semblent mériter d’autant plus de confiance, qu’elles ont été faites concurremment avec les teinturiers <$t les chapeliers les plus accrédités de la Capitale , que les résultats & la conclusion en «ont entièrement conformes au second rapport des commissaires de l’Académie ; les uns & les autres présentent donc une masse de faits qui ne laisse subsister aucun doute , aucune incertitude.
- Jamais procédé de teinture n’a été mieux constaté que celui de M. Dimo; jamais aussi Artiste n’a employé une persévérance plus courageuse .pour la faire adopter.
- Indépendamment de ces témoignages irréprochables , noua croyons devoir faire remarquer au Bureau,, que M. Lambert, instruit par le rapport que l’un de nous a fait au Bureau du commerce, sur le secours important rendu aux Arts, par M. Dimo, en introduisant sa méthode dans la chapellerie , le Ministre écrivit à l’auteur, le 12 Août 1790, une lettre dont voici l’extrait :
- 35 J’ai reconnu par tous ces rapports & par le compte qui m’a i» été rendu de cette affaire , que votre découverte peut être fort <33 utile pour le commerce du Royaume; qu’elle procure une grande » économie aux manufactures, particulièrement a la chapellerie ; 33 qu’il en résulte un nouvel avantage , en ce qu’on ne sera plus v> obligé de tirer de l’étranger delà noix de Galle , de qu’avec huit sols 33 d’écorce de chêne, on produit un effet équivalent à celui dune 33 quantité de noix de Galle qui coûteroit p5 liv. <3e pense qu il f serait fort utile cle ce&uxe c*Ue découverte publique $ & e*i
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- *> même-tems, je crois qu’il est juste de vous indemniser du 35 tems que vous avez employé à vos recherches & anx expé-3> rîences qui ont été ordonnées , ainsi que des frais que vous 35 avez pu faire pour perfectionner votre nouvelle méthode.
- 55 Les circonstances actuelles m’ôtent, quant à présent, la 35 possibilité de pourvoir à la récompense que vous avez droit 35 d’attendre du Gouvernement, soit à titre de gratification, soit 35 à titre de pension. Je sais cependant que cette récompense 35 vous seroit nécessaire , & que son retard vous retient dans. 35 un état de détresse & de peine, que je vous épargnerais avec 35 empressement, dans un tems moins difficile. Je désire beau-3? coup , Monsieur , que les difficultés qui arrêtent ma bonne volonté 33 s’applanissent , & je saisirai le premier moyen dont je pourrai 33 avoir la disposition , pour vous procurer la récompense que 3» mérite la communication que vous avez donneé de votre décou-33 verte , dont je sais que le commerce est déjà en possession 3> & se sert utilement. »
- Qubl nous soit permis, avant de terminer ce rapport , défaire au bureau l’exposé de quelques considérations générales* pour fixer son jugement sur les services que la nouvelle méthode de teindre au moyen de Lëcorce de chêne, a déjà rendus, & qu’elle peut rendre par la suite, dès que le procédé en sera connu dans toutes nos fabriques d’étoffes de laine & de chapeaux* Leur plus grand intérêt est sans contredit de se mettre au niveau des teinturiers de chapeliers de Paris, dans un tems surtout où, la chèreté de la noix de Galle en rend, l’usage si dispendieux, dans les bains de noir.
- On a objecté que le procédé dont il s’agit n’étoît pas nouveau ;; mais il suffira de faire remarquer qu’aucun des auteurs français-qui ont traité de la teinture, n’a parlé de l’éeorce de chêne, comme propre à remplacer la noix de Galle. la plupart disert au contraire , que de toutes les productions de cet arbre , la noix? seule possède la faculté de faire un beau noir. A la vérité SchœJJe/\, d.ans un essai sur la teinture, traduit depuis peu, dit que les teinturiers Suédois étoient en possession d’un pied de noir pour la soye , dans laquelle, il n’entre que l’écorce de chêne , avec la-, couperose & la limaille de fer , observation qui n'empêche pas que la proposition de M. Dirno, ne fut une chose toute neuve clan s.-nos at eliers de teinturiers. Combien de procédés relégués dans les--immenses compilations dont le siècle abonde , auraient été entièrement perdus pour nos besoins réels ?. si de» mains habiles n’en avoient fait une application heureuse ! Lorsque par ia suite, on en a dé o vert- la source, s’est-on jamais avisé de contester à ceux qui les o t fat connoître & adopter, le tribut d’estime &; de recçn«; noissanee ' qu’ils méritent.?
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- On a encore objecté que "Lewis , dans son recueil d’expérieces physiques & chimiques , avoit fait mention des effets de l’écorce de chêne dans la teinture $ mais cet auteur Anglais s’exprime à cet égard avec une telle défaveur, qu’il n’a pas hésité à la" proscrire, parce qu'elle donne trop peu de précipité , comparativement à la noix de Galle, circonstance qui en a toujours imposé à des savais s distingués, dont les talens & la pureté des intentions sont au dessus de nos éloges , comme de tout reproche.
- Le moyen de M. Dimo étoit donc inconnu dans nos fabriques , & son adoption est un véritable bienfait,, si l’on considère cinq ans cle préoccupation ; l’économie qu’elle apporte dans les frais de teinture que faisoiei t les chapeliers & teinturiers, lorsqu’ils employ-oient la noix de Galle. Le prix courant de cette substance étoit en 1788, de 3 livres la livre , & il en faut vingt-cinq livres pour teindre vingt-trois douzaines de chapeaux, ce qui fait une dépense de <j5 livres, au lieu que pour teindre la même quantité de chapeaux, avec-de l’écorce de chêne, il ne faut que huit livres d’écorce à un sol, c’est-à-dire, huit sols de dépense.
- Cette économie est telle , qu’un teinturier de Paris , sur le point de quitter son état, vu le peu de profit qu’il faisoît en employant la noix de Galle , a repris ses affaires depuis que M. Dimo lui fournit la décoction à un très-bas prix & par des motifs d’honnêteté. Moyennant cette ressource , il fait autant de profit qu'il éprouvoit de pertes & de désavantage ; c'est lui-même qui s’est empressé d’sn faire l’aveu. De plus une expérience heureuse, soutenue pendant cinq années consécutives, a fait reconnoître aux chapeliers que l’emploi de i’écorce de chêne leur procure uns teinte aussi solide , qu’elle a d'éclat & de lustre , qu’ils ont un plus beau noir & des feutres plus moelleux que par l’usage de la noix de Galle. Pénétrés de recoimoissance pour l’auteur de cette découverte , ces honnêtes fabricans, quoiqu’ils commissent parfaitement le moyen de M. Dimo, n’en continuent pas moins d’aller le prendre chez lui, jusqu’à ce qu’il ait fini avec le ^Gouvernement, ( ce sont leurs termes ) ils ajoutent même que tous leurs correspondais, soit regnicoles , 'soit étrangers, ne cessent de leur faire l’éloge du noir qui résulte du procédé de M. Dimo, parcequ’il réunit la beauté à la solidité. Le vœu qu’ils forment pour le voir rendu public , est exprimé dans un certificat signé par MM. Huant, Jeaniiin , Bcaujoli'i , Molard & Morel. Nous nous sommes rendus chez les signataires pour les interroger & apprendre de le^| bouche des détails qu’on ne peut consigner dans des certificats; tous nous ont déclaré formellement que quand on leur donneroit ia noix de Galle , qui coûte aujourd’hui quatre francs la livre, pour cinq sols, on ne les forceroit jamais de revenir sur leurs pas , ni d’employer une matière que i’écorce de .chêne remplace si avantageusement ôç avec tant d'épargnes.
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- M. Jèannin déclare qu’il teint par mois îooo chapeaux p.M'L Beaujolin reconnoit de même qu'il fait par mois sept teintures de deux cent vingt chapeaux , chacune y M. Huaut certifie pareillement qu’il teint par semaine pour le moins neuf cent chapeaux, le tout selon le procédé de M. Dimo. Nous sommes même autorisés à croire que plusieurs autres teinturiers 6c chapeliers de Paris en font égale ment usage, sans l’avoir fait connoitre à hauteur „ comme ceux-ci ; 6c c’est une justice que nous ne saurions refuser à M. Dimo : jamais il ne s’est caché pour préparer sa. décoction rfi pour apprendre en quoi elle consista itq jamais il ne s’est enveloppé du mystère familier aux hommes à secret, de dont les formes 6c le langage sont si fatiguans pour leurs juges, .
- On ne saurait douter non plus , que le moyen de M. Dimo ne soit utile à l’Etat, puisqu’il tend à circonscrire infiniment l'emploi de la noix de Galle ; cette espèce de coque ligneuse que fait naître sur la feuille de chêne la piqûre d’uii insecte, se recueille vers le Midi de la France ; mais la majeure partie de ce qui s’en consomme dans nos fabriques , est tirée de l’Etranger qui nous la vend fort cher ; la consommation ne laissoit pas d’être un objet assez considérable avant la proposition de M. Dimo. Enfin une dernière considération qui ne sera pas, sans doute, la moins importante aux yeux du Bureau , c’est que l’emploi de l’écorce de chêne a déba-rassé les chapeliers d’un grand inconvénient qu’ils éprouvoient de la part de la noix de Galle. Cette substance se fondant dans la chaudière imprégnoit l’étoffe des chapeaux d’une bouillie épaisse qui, à l’étuve, se réduisoit en poussière , 6c cette poussière , pour être entièrement enlevée, exigeait un baguetage lcngtems continué &c nuisible à la santé des ouvriers.
- C’est ainsi qu’en éclairant les arts , on parviendrait insensiblement à soustraire de leurs procédés certains ingrédieaas employés souvent en pure perte , dont* la présence, concourrait quelques fois à rendre leur application coûteuse , malsaine 6c leurs résultats moins parfaits. On sait que chhque teinturier a sa recette particulière ou qu’il croit telle ; ils sont dans l’habitude de ne point» s’expliquer sans rétention ; c’est leur mot 3 mais on connoit en général ces recettes, 6c M. Manquer,, dans son art de la teinture en.: soye, a eu le courage d’en transcrire une seule. Ce quelle présente aux, yeux de tout chymiste , est un amas monstrueux, superflu,, 6c ridicule. L'omtrage publié dans ces vues, par M. Bertholçt, est, donc un non verra présent que les Sciences ont fait aux Arts.
- Le En rca n a accordé à M. Dimo Stéphanopoly. le maximum de la première classe des récompenses nationales , c’est-à-dire, 6*000 liv» Le ci> Avril , 1752 , l’an quatrième de la Liberté.
- CARPENTIER, PELLETIER.
- Nota. Le C. Dimo Stéphanopoly, demeure rue des Deux-Portes-S. Sauveur, N". 2-6*
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- MACHINE POUR APPRENDRE A LIRE, CHAUFFAGE DES FOURS.;
- Rapport concernant M. Brun.
- L ES commissaires que vous avez chargés de vous rendre compte des titres de M. Brun aux récompenses nationales , viennent vous présenter leur opinion sur les travaux de cet artiste.
- Deux'inventions les ont frappés dans l’examen c|es pièces qui leur eut été soumises ; la première est une boëte à transparent pour faciliter la première éducation de l’enfance , la connoissance des lettres alphabétiques. La deuxième, est un moyen de chauffer les fours des boulangers avec du charbon de terre natif/: nous allons vous exposer l’une & l’autre de ces inventions.
- Il est sans doute inutile de vous rappeller les nombreuses difficultés qui font pour les enfans un devoir si long & si fastidieux de la lecture. C’est peut-être une des études les plus pénibles de la vie humaine , & c’est aussi l’instant où l’homme par sa délicatesse morale & physique , demande le plus ^d’indulgence, de soins & de ménagemens. Il est donc bien louable sous ce double rapport de s'occuper à soulager la foiblesse de l’enfance , & à faciliter sa première marche, soit en la lui rendant agréable , soit en abrégeant les méthodes1 en usage , soit en fixant presque malgré lui* même une attention fugitive , & qui cependant peut seule graver dans sa mémoire des noms si éloignés des idées habituelles des enfans & si peu susceptibles de. plaire à leur imagination. Nous devons à M. Brun d’avoir rempli cette dernière condition. En effet dans la machine que nous mettons sous les yeux du Bureau , l’attention est fixée d’une manière certaine par un moyen qu’indique la physique & l'observation; les lettres, syllabes ou mots paroissent sur un transparent seul éclairé dans une salie obscure , & Btmfant dont les yeux sont plus attirés par la lumière que par les objets qu’elle lui trace, nef quitte pas le tableau qui présente sa leçon, & fixe dans sa mémoire les signes fréquemment répétés qu’il lui offre. Vos commissaires ont fait plusieurs fois l’essai de cette machine , & le succès a répondu à leurs espérances ; ils croyent donc que ce moyen doit remplir les vues de M. B rugi , il a de plus l’avantage de pouvoir montrer à plusieurs élèves à*la fois les mêmes objets 5 tous également attentifs , sont tour-à-tour maîtres & élèves, & un teins considérable est épargné , (quand même on se borneront a comparer ce moyen à celui d’appliquer tous les élèves l’un après l’autre. Quant à la méthode qui est indépendante delà machine y nous n’en ferons pas mention; tout système peut y être adopïé , mai#' Vingt-deusçièmç Cahier* 1er* Trm, Tom* y,
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- il le syllabique a quel qu’avantage, il en. acquerra un doutant plus prononcé avec ce procédé. Nous observerons que la machine en parton dont on peut varier la grandeur à volonté , semble n’être qu’un modèle qui se détracte facilement, & qui présente dans son emploi de légères difficultés s qui ne se trouveroient pas dans une machine en bois, dont toutes les parties seroient rapportées avec soin. Vos commissaires pensent aussi qu’elle pourroit être avantageuse dans les écoles primaires , <3c que leur établissement prochain rendroit peut-être utile la communication prompte du procédé de hauteur , qui pourroit aussi être employé pour montrer les principes des langues , ceux de la Géographie , les éléinens de la Géométrie , de la Physique, quelques parties de l’Histoire naturelle de les principes des sciences des corps en general, surtout ceux dans la démonstration desquels on se sert beaucoup de gravures & de dessins.
- Une foule de pièces authentiques atteste les avantages éprouvés de cette machine , de fait mention du zèle éclairé , de des travaux nombreux de M. Lebrun \ vos commissaires se bornent à yous citer des certificats très-favorables, i°. Des régisseurs des écoles de filatures de S.-Paul de Lyon, pour en avoir fait d’heureux essais. %Q. De M. Çarréard, Officier municipal de la même ville. 3°. Des administrateurs du district de Lyon. 4*3 Un rapport étendu fait au Département de Rhône de Loire , avec la sanction de ce Département. 5°, Enfin l'approbation la plus flatteuse, du directoire qui loue ]VL Brun de sa découverte, & lui en reconnoit la propriété,
- La seconde invention consiste dans un moyen d’appliquer le pharbon de terre non épuré, au chauffage des fours des boulait? gers. Plusieurs personnes se sont déjà occupées de cet objet $ ainsi, Sans entrer dans le détail de toutes les expériences qui ont été faites de tous les moyens par lesquels il a été démontré que le charbon de terre ne communiquoit aucun goût aux pâtés même les plus susceptibles, nous devons rechercher si M. Brun est le premier qui ait établi cette vérité, ou. bien si cette méthode lui est particulière, La première assertion semble établie par une lettre de M. Parmentier , insérée dans le Journal de paris ^ du 3o Juillet, 1787. Ce savant, après avoir rendu compte, environ vingt jours auparavant , des essais multipliés qui avoient été faits dans le four de PE'cole de la boulangerie de Paris, en présence de plusieurs sayans de du. contrôleur-général, expose dans ce numéro que,, M. .Brun paroït être le premier dont le travail ait constaté » de la manière*la plus authentique que la vapeur du charbon ne . f communiquoit aucune odeur au pain -, ce qu'avolt déjà entrevu jj Verte U ajoute M? Parmentier, mais ce que M. Brun a très-heureusement appliqué ans fours ordinaires t en mettant brûler s» le çharbpq- snf ckj§ grilles portatives » «
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- Le procédé de M. Brun a en effet le grand avantage de pouvoir s’appliquer aux fours ordinaires , ce qu’aucun autre artiste -n’a encore proposé. Il paroit que la première expérience que l’auteur ait faite de son procédé, est en 1784, en présence des commissaires de la Société d’Agriculture de Lyon ; 6c leur rapport qui constate que le pain enfourné se trouva bien cuit, sans ocleur, sans saveur, 6c sans couleur particulières, fut fait à la même Société,, 6c mérita ces éloges à M. Brun. Dans plusieurs fours déjà construits pour cet usage, tels que celui de M. Holsch à Berlin, qui est chauffé par la surface extérieure, & qui est décrit dans le journal de Physique de Décembre 1780 ; ceux de MM. Lanoix, lierens 6c Barlensehlag, dont les formes d’une construction ingénieuse 6c particulière, leur ont mérité un prix ou des mentions honorables de la Société d’Agriculture de Lyon, le charbon s’y emploie épuré. On a cherché à éviter le contact de la fumée, d’après le préjugé généralement répandu de' son action sur le pain, 6c on a eu recours à des constructions dispendieuses 6c compliquées pour surmonter un être de raison. Vend, sans annoncer d’expériences faites, avoit présumé que le charbon ne communiquoit pas d’odeur j il avoit proposé de changer les fours ordinaires en fourneaux de réverbères avec une grille posée sur le cendrier, 6c une die min ee ou tuyau diamétralement opposé à la bouche du four. Il ne parait pas que ce projet qui exige aussi une construction particulière , ait été mis à exécution , avant les expériences de Paris où ï.1 a été construit au Gros-Caillou. Dans ces expériences qui sont postérieures à celles de M. Brun, on s’est servi aussi d’un procédé usité dans le Bas-Languedoc, qui consiste à mettre le charbon à plat «tir Pâtre d’un four ordinairej plusieurs inconvéniens accompagnent ,cette pratique, la difficulté d’allumer le charbon (pii n’a pas de courant d’air, la grande consommation du combustible, l’inégalité du chauffage ; Pâtre brûlant chnrbonne le pain , tandis que la voûte 31 est pas suffisamment échauffée , 6c il se détruit par l’action des charbons ardens qui le ruinent en peu de teins. Le procédé de M. Brun ne présente aucun de ces inconvéniens. Il pose son charbon tel qu’il sort de la mine, sur des grilles rondes d’environ 18 pieds de diamètre, garnies de 1/1 ou i5 barreaux da fer, de quatre lignes d équarrissage. Les grilles sont portées sur trois pieds de trois à quatre pouces de haut, -posées sur de petites roulettes, pour .etre remuées plus facilement. Ces pieds qui s’élèvent de cinq pouces au dessus des grilles, supportent deux ou trois cercles de fer qui forment un rVbo-rd à jour pour contenir le charbon dont on les charge ; on commence par y mettre deux ou trois pouces de charbon recuit, en insérant au milieu quelques copeaux avec du meme bois, on recouvre ensuite le tout de charbons de toute grosseur ; 6c pour laisser le plus possible un passage a. l’air entr’eux, M. Brun y met quelques petits morceaux de fer qui empêchent le
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- charbon d’étouffer la flamme ; on allume les grilles 8c on les pousse clans le four , ou mieux on les pousse à la place qu’elles doivent occuper, 5c on les allume avec de la paille enflammée: le four n’est chaud qu’au bout d’environ deux heures,, <5c il faut remuer & attiser ce feu avec un peu plus de soiu que dans le chauffage ordinaire. Ce procédé semble présenter une grande économie dans les Départemens qui contiennent beaucoup de mines de charbon ; M. Brun atteste avoir chauffé à S. Chaumont, un four de boulanger, avec quatre sols de charbon, tandis qu’il failoi't douze sols - de bois pour en chauffer un semblable. Ce calcul ne pourroit convenir à notre position, où il a été démontré que le prix du chauffage des fours avec du charbon étoit fort supérieur à celui du bois; mais cette première denrée devenant de jour en
- Î'our plus nécessaire, pourra devenir aussi plus abondante, & alors e procédé de M. Brun sera d’une application encore plus générale.
- Nous ne devons pas cacher au Bureau que ce combustible employé ainsi tel qu’il sort de la mine, exale une odeur forte 5c pénétrante; mais ce défaut qu’on peut diminuer avec d,es précautions ^ n’est point assez fort pour faire rejetter cette méthode* surtout dans les lieux où la proximité du combustible la rend précieuse, & ne doit pas faire perdre le mérite de la découverte de M. Brun., qui d'ailleurs a consacré sa vie à l’étude des sciences êc à i ‘instruction publique, & qui, après avoir contribué long' tems à l’établissement & au soutien d'une Société libre des Sciences à Lyon, est maintenant un des principaux fondateurs de l'éducation provisoire que le Département de Rhône Ôc Loire s’est liâté d’y former, <5c où déjà les Chaires de sciences utiles sont remplies par des hommes généralement estimés. Vos commissaires appréciant le mérite distingué de M. Brun, son zèle éclairé pour les sciences & la propagation des lumières, «5c particulièrement les. deux découvertes dont ils viennent de vous mettre les détails sous les yeux , sont d’avis que M. Brun doit être placé dans la seconde classe des récompenses nationales , 5c qu’il en mérite le minimum > c’est-à-dire deux mille livres. ( Conclusions adoptées. )
- SILVESTRE, DELAPLACE.
- Fait au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le 27 Février 1793^ l’an deuxième de la République Française. -
- Nota.. Le C. Sébastien Brun est Membre de la Société-Philosophique des Sciences 5c Arts utiles de Lyon,,, & Principal du Collège Notre-Dame de la même Ville..
- On s’abonne che\ Chemin, Imprimeur, Rue de Glatigtiy , N9. 7, en la cité, & çhe\ LEFEVRE , Architeéiè-Entrepreneur , Rue S.-Sauveur , N®. rp.
- Le prix'-de la jfoujcript.ion ejl de 11 liv. par an pour Paris , C de. i j liv. pour les. D.,
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- B O N N E TERIE.
- FABRICATION D’ÉTOFFES.
- Rappart concernant M. Rivey.
- N OU s avons été nommés par le B are an de Consultation , MM. Dumas, Varidermonde et moi , pour lui rendre compté des titres aux récompenses nationales que lui a présentés M- Rivey. Nous allons faire connoître ces àifférens titres , de manière à mettre le Bureau en état de les apprécier.
- Ces titres concernent trois objets intéressans sur lesquels l'esprit d'invention de M. Rivey s’est exercé depuis 1776. Le premier consiste en plusieurs additions faites au métier à bas ordinaire dans U vue de faciliter <Sc de perfectionner la fabrication des tricots à fleurs. Le deuxième est un nouveau métier pour les étoffes brochées , dans la construction duquel l’auteur s’est principalement proposé de supprimer le tireur des cordes & le grand nombre des marches. Enfin le troisième est un second métier plus complet que le premier $ il est destinera la fabrication des étoffes à fond & façonnées. Nous allons présenter successivement chacune de ces inventions dans le même ordre, qui est celui des dates.
- Nous nous occuperons d’abord des additions faites par M. Rl~ Vey au métier à bas , en 1776 , dans la vue de distribuer des fleurs en miniature sur le fond- des.tricots. En décrivant ces nouvelles pièces ajoutées au métier , nous aurons soin de démontrer les applications heureuses que l’auteur en a faites, à l'effet de modifier le jeu des pièces ordinaires , & de simplifier les anciens procédés en usage jusqu’à cette époque. Ceci nous entraînera dans des détails peut-être trop étendus ; mais ils nous ont paru nécessaires pour faire connoître au Bureau les ressources de l’inventeur & l’adresse qu'il a eue d’écarter les différens obstacles qui s’oppos-soient au succès entier de ses nouveaux mécanismes. En présentant ces manoeuvres , nous supposerons que l’on connoisse les principales pièces du métier à bas ordinaire , & le jeu des équipages qui concourent à ,1a formation des mailles.
- Le métier destiné à la fabrication des étoffes brochées r & par lequel l’auteur s’est proposé de mettre l’ouvrier dans le cas de se passer de'tireur de cordes, & de diminuer en> même teins le-nombre des marches , est le second objet dont nous ferons une mention succincte au Bureau. Ce métier , dont quelques détails furent trouvés fort ingénieux par les Commissaires de l’Académie des Sciences, Mivl. Vaucanson , Montigny & Vandermonde, l'un
- Vingt-troisième & ving-quap ième Cahiers. 1er. Trim. Tom. L 3*
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- de nous, & furent jugés dignes en même-tems de l'approbation de cette compagnie 8c des encourageinens du gouvernement, parut cependant à ces Commissaires trop compliqué , & d’une dépense trop considérable dans l’exécution, pour être adopté par le commun des fabricans. Ces inconvéniéhs frappèrent l’auteur, 8c dans un séjour qu’il fit à Lyon , il exécuta des réformes considérables $ mais comme nous n’avons pas été à portée d'en examiner la construction ni d’en suivre le travail , nous nous bornerons à dire ici que quelques fabricans de Lyon paroissent en faire cas , dans des certificats que présente M. Rivey.
- D’ailleurs , comme la plus part des réformes que l’auteur a faites à ce premier métier, reparoissent dans le second, dont nous avons eu la facilité d’examiner la construction <5c de suivre le travail, nous croyons qu’en présentant au Bureau ce troisième objet , nous le mettrons à portée de juger le mérite de M. Rivey dans ce genre d’invention, & d’appliquer les récompenses dont ce travail peut être digne.
- Le troisième objet dont nous sommes chargés de rendre compte 8c d’apprécier le mérite , est un métier propre à fabriquer des étoffes de soye à fond 8c façonnées , dont M. Rivey a terminé la construction en 1790 , & que l’Academie des Sciences a approuvé la même année. Nous allons donner une. idée succincte de ce métier , en discutant les principaux avantages que l’industrie française peut en retirer.
- Nous distinguerons d’abord ce qui concerne la fabrication du fond des étoffes, d’avec ce qui peut avoir pour objet le façonné, & nous ferons connoitre successivement les nouveaux moyens que M. Rivey met en œuvre pour exécuter l'une 8c l’autre opé-ration, de manière que leurs résultats soient intimement unis 8c concourent à former un même tissu.
- Le principal changement que M. Rivey a fait à l’ancien métier , e^t la suppression des marches qui sont si multipliées , sur-tout pour les fonds variés des étoffes. Cet artiste les a réduites à une seule dont les mouvemens peuvent satisfaire à toutes les combinaisons des lisses qu’exigent les fonds les plus chargés 8c les plus riches.
- Nous 11’entrerons pas ici dans le détail de toutes les pièces que M. Rivey ajoute à la marche seule pour concourir avec le simple moteur au jeu des lacs du fond 8c. à l’élévation successive des lisses j nous dirons seulement que la marche , en baissant, rencontre les dents dont une poulie est garnie à sa circonférence , 8c la fait tourner ainsi que l’axe sur lequel Citte poulie est montée ; que cet axe , au moyen d’un limaçon , fait avancer à chaque pas , un bras de fer qui va chercher les extrémités des tringles verticales aUaeuées aux lacs du fonds do l’etoffe > 8c à l’aide d’une corde &
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- fieux poulies Je renvoi , le bras Je fer tire en bas les tringles verticales & y produit le soulèvement des lisses & Jes fils Je la chaîne , comme il convient au dessin du fond.
- Lorsque l’axe & le limaçon ont fait leur révolution , toutes les combinaisons des lisses ont été soulevées successivement par le bras de fer qui reprend sa première position pour parcourir de nouveau la rangée des mêmes tringles verticales attachées aux lacs du fond , & faire la répétition de leur jeu ; c’est par ce moyen que M. Rivey suplée aux vingt-quatre marches qu’il a supprimées. Ce n’est pas seulement à la simplification du mécanisme qui opère la fabrication du tissu du fond des étoffes , que la suppression des marches nous a paru utile ; mais nous la croyons principalement avantageuse aux ouvriers qui travaillent sur le métier, parcequ’elle les soulage infiniment.il suffit de suivre quelque tems les ouvriers à fabriquer les étoffes qui exigent un. certain nombre de lisses & de marches dans le système ordinaire , pour être convaincu de la double fatigue qu’ils éprouvent , êc par l’attention continuelle qu’ils doivent avoir aux diverses combinaisons des marches , & par le déplacement des pieds , qui vont chercher à chaque pas de souvent fort loin des marches différentes. Ces efforts pénibles produisent dans ces ouvriers des infirmités fort graves , qui les mettent hors d'état de travailler.
- Ces inconvéniens de l'ancien métier Si les avantages qui peuvent résu’tcr de f introduction du nouveau mécanisme , nous font désirer que M. Rivey applique ses moyens à beaucoup d’autres métiers qu’à ceux qui fabriquent clés étoffes d,e soye , & qui sont également susceptibles Je cette utile réforme.
- Si nous passons maintenant à ce qui concerne le façonné ou les dessins qui sont distribués sur le fond des étoffes, nous trouverons que M. Ilivey a fait dans cette partie des changemens également importans. Comme il s’est d’abord proposé de supprimer Le tireur à bouton , il y a suppléé fort ingénieusement par un mécanisme semblable à celui qui remplace les marches par le fond , & qui a de même pour principe de ses mouvernens la seule marche qu’il ait conservée, oc c’est ainsi que les opérations de la fabrication du fond se trouvent liées, comme nous l’avons déjà observé , à celles du façonné. Lorsque l’ouvrier fait baisser- la marche , la poulie garnie de dents à sa circonférence tourne à chaque pas d’une certaiue quantité , & fait avancer par une crémaillère un bras de fer qui se présente successivement à l’extrémité des tringles verticales attachées aux lacs du dessin ; puis ^ par le moyen d’une corde & de deux poulies de renvoi , le bras de fer eit balancé de manière à tirer chacune des tringles en bas , & à soulever les cordes d’area de & les fils de la chaîne , suivant que le dessin l’txige. M- Rivey & distribué , comme à l’ordinaire , les lacs & les tringles verticales» qui leur correspondent sur différentes lignes, & les a fait passui
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- clans les trous cïhme planche qui se meut en avant par des progrès réglés , mais qui recule ensuite rapidement par une détente & un contre-poids.
- En supposant une centaine de lacs 5c autant de tringles passées dans les trous d’une planche sur dix rangées de dix tringles chacune , la crémaillère poussera les bras de la tire, de manière à lui faire abaisser successivement les dix tringles de la première rangée ; après quoi , au moyen d’une détente 6c d'un contre-poids, la crérnailjère & le bras de tire sont reportés en arrière , & par une suite des mêmes mouvemens , la planche trouée se porte en avant , ôc présente la deuxième rangée des tringles au bras de tire qui les fait baisser successivement à chaque pas de la marche. Tous ces mouvemens s’exécutent ainsi de rangée en rangée, jusqu’à ce que les cent tringles correspondantes aux lacs du dessin aient été abaissées 6c que le dessin se trouve totalement porté sur l’étoffe; mais ensuite- il faut recommencer les répétitions du dessin autant de fois que le comporte la longueur de l’étoffe; c’est ce qu’on peut exécuter sans difficulté , si la planche trouée qui s’est portée en avant de rangée en rangée 6c à plusieurs reprises , se retire en arrière dans la première position qu’elle avoit d’abord. M. Iiivey nous a fait voir que ces déplaceinens périodiques a voient lieu très-ponctuellement au moyen d’une détente qui chemine , pendant que toutes les rangées des tringles s’abaissent , & d’un contre-poids qui joue librement, dès que la détente est déplacée entièrement.
- On voit par ces détails comment s’exécute la suppression du tireur à bouton dans le nouveau métier de M. Rivey, dont nous rendons compte maintenant. Il est aisé d’en faire sentir les avantages : outre l'économie d’un ouvrier qu'il est toujours utile de faire9 6c qui ne sera plus continuellement debout, condamné à porter les bras élevés sur les boutons pour en tirer les lacs , il y aura de moins aussi l’inconvénient qu’occasionnoit assez souvent le peu d’accord du tireur à bouton avec l'ouvrier qui a le plus grand interet a ce que le bouton soit tiré précisément avant qu’il lance s-.i navette , ce qui ne s'exécute pas toujours dans le métier ordinaire avec une exacte précision. Par la réforme de M. Rivey, ces iuconvéniens disparoissent8c l'ouvrier étant le maître de tous ces mouvemens , peut les subordonner les uns aux autres} dans l’ordre qui leur convient.
- Nous passons maintenant à plusieurs autres réformes que M. Rivey a frites dans la manière de monter le métier, 6c nous les trouvons d’abord dans la suppression totale du cassin 6c dans le changement de disposition des cordes du rame. Il attache d'abord le rame au dessus & en travers du métier par ses deux extrémités à deux boutons de bois , 6c le soutient dans son milieu par un rouleau qui peut tourner sur ses deux bouts ; à côté de ce row-
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- îeatt, sont attachées aux rames , les cordes correspondantes aux lacs du façonne , 6c de l’autre les cordes d’arcades : ainsi les lacsr du dessin étant tirés par le bras , les cordes d’arcades se trouvent soulevées , eu conséquence de la substitution du rouleau aux poulies du cassin , 6t il nous paroît que dans cette nouvelle disposition des cordes , elles sont soulevées bien plus facilement que dans l’ancien cassin.
- Cette même disposition du rame & des deux systèmes de cordes qu’il soutient, & dont il proc ire le jeu régulier 6c facile , donne à M. Rivey le moyen de substituer très-promptement an nouveau dessin à l’ancien. Cette opération s'exécute en attachant tout le système des cordes des lacs du dessin à un rame particulier, de en liant ensuite chacun des lies que comporte le dessin, à ce nouvel équipage qu’il monte sur le métier; mais auparavant il enlève les cordes du rame ainsi que les paquets des lacs qui appartiennent à l’ancien dessin , & qui tiennent au rame invariablement, lisuf-. fit pour cela de détacher les deux extrémités du rame des boutons de bois, de séparer les cordes des lacs des tringles verticales de la tire, qui n’y tiennent que par des crochets, & ce changement s’opère très-promptement. Il ne reste plus que les cordes d'arcades à détacher du raine, 6c comme M. Rivey a eu soin en montant son ' dessin sur le métier, de passer les cordes du rame dans les boucles lâches qui sont aux extrémités des cordes d’arcades, il les en dégage aisément. La facilite' avec laquelle on enlève les équipages qui servent aux dessins, prouve également celle qu’on doit avoir à monter ceux qu’on leur substitue, 6c dont nous venons d’indiquer les opérations préliminaires.
- Nous trouvons plusieurs avantages dans la célérité’ des change-mens des dessins suivant cette nouvelle méthode. Nous y voyons d'abord, pour les ouvriers qui travaillent sur un métier, la certitude d'une occupation suivie, 6c no® interrompue par les longues opérations qu’exige la méthode ordinaire; en second lieu, nous y voyons pour le fabricant, l'épargne du tems 6c des frais occasionnés par ces opérations, la satisfaRion de remplir les «commissions aussi promptement qu’il est possible, 6c que l’exigent souvent les besoins du commerce.
- M. Rivey n’est pas le premier qui ait eu la pensée 6c trouvé le moyen de faire lire à part un dessin, 6c de monter promptement sur le métier l’équipage propre au nouveau dessin,
- En 1776, l’Académie des Sciences donna son approbation à la méthode ingénieuse de M. de la Salle , par laquelle cet habile fabricant étoit parvenu à monter dans un instant les exemples les plus considérables, 6c particulièrement ceux destinés pour les étoffe» brochées. O11 a pu voir par ce que nous avons dit ci-dessus, que l’auteur du nouveau métier qui nous occupe, a suivi une méthode diiiérente, 6c qui nous paroît applicable à tous les cas possibles*
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- Iî ne nous reste plus qu’à rendre compte an Bureau d’une innovation fort simple, que M. Rivey a faite & introduite dans plusieurs parties de son métier, en substituant aux nœuds par lesquels on lie dans l’usage ordinaire des systèmes de cordes , autant de crochets, qui produisant les mêmes effets., donnent la plus grande facilité de séparer en un instant ces assemblages de cordes , de les combiner différemment pour en changer ou en modifier les fonctions ; nous le répétons , ce moyen est si simple qu’il nous paroît être de ceux qui se présentent facilement à l’esprit, & qu’on auroît du employer depuis longtems ; mais si l’on en juge par les effets, il n’en est pas moins précieux , relativement aux avantages qu’on peut en tirer dès qu’on a su l’employer.
- Ces crochets, sont construits dans les mêmes principes' que les aiguilles du métier à bas. Les deux extrémités repliées, & qui sont destinées à recevoir les boucles des cordes dont ils procurent la réunion ^ entrent par leur bec dans la tige du crochet qui est creusée pour les recevoir, ensorte que soulevant le bec replié du crochet par un très-foible effort, on peut introduire dans l’œil du crochet ou en dégager les boucles des différentes cordes , suivant le besoin.
- M. Rivey applique ses crochets dans trois circonstances , où ils sont également utiles : il s’en sert d’abord pour réunir les tringles verticales aux lacs du fonds de l’étoffe, & pour changer le jeu de ces lacs, suivant qu’il juge à propos.de varier les fonds de l’étoffe. Il les employé aussi avantageusement pour réunir les lacs du façonné aux tringles verticales de la tire, toutes les fois qu’on monte l’équipage du dessin sur le métier. On conçoit que ces crochets lui servent de même , lorsqu’il enlève cet équipage pour en substituer un autrv».
- Enfin, la troisième application qu’il en a faîte aux fils d’arcades nous paroît très-avantageuse ; car au moyen de ccs crochets il réunit sur le champ , ou sépare les fils d’arcades qu’il a jugé à propos de réunir ou séparer , suivant qu’il est nécessaire de faire des chan-gemens au dessin, soit en réduisant le nombre des chemins, soit en les augmentant. Il suffit pour cela d’enlever ou d’ajouter autant de fils d’arcades que l’exige le dessin, pour former le nombre de colonnes qui le composent, à mesure qu’il détache les fils d’arcades. M. Rivey les met en relais sur des rangées de crochets qui sont a leur portée 3- c’est là où il les laisse pour les reprendre au besoin. Au moyen de cette disposition , les additions ou soustractions de fils d’arcades nécessaires aux changemcns qu’on est obligé de faire au dessin , ne nuisent en aucune sorte au jeu des cordes qui restent, ni à la continuation du travail. Avec ces mêmes crochets , on peut aussi changer le dessin sur la longueur , en sup-. primant au milieu ou aux extrémités du système des CGrdes d’#r*
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- cades, les fils qui ne doivent plus figurer dans le travail des lacs. On sent aisément que tous ces différens changemens s’exécutent facilement 5c promptement par ces nouveaux moyens ; au lieu que dans le système ordinaire des nœuds , on est obligé de les faire 5c défaire fort longuement, en déplaçant beaucoup de cordes Sç de plombs suspendus à ces cordes. *
- Quoique plusieurs artistes ^ avant M. Rivey, se soient occupés en différens tems, ainsi que nous l’avons remarqué au sujet de l’invention de M. de la Salle <, à faire au métier ordinaire des changemens 5c des améliorations dans les mêmes vues que lui ^ qu’ils trient trouvé 5c même employé des moyens aussi utiles qu’ingénieux ; qu’ils soient même parvenus à simplifier la tire à bouton de à réduire le nombre des marches , soit du fond, soit du façonné, nous distinguerons tous ces moyens, de ceux que nous donne M. Rivey, en ce que les premiers ne sont gucres applicables qu’à des cas particuliers 5c très-peu étendus. Ce qui caracté* rise le nouveau métier de M. Rivey , c’est que les principes qui ont présidé aux différentes parties de sa construction 5c de son travail, se prêtent à l’exécution des fonds 5c des façonnés les plus variés , 5c parconséquent à tous les besoins des fabricans dans cette partie. D'ailleurs nous devons observer que plusieurs des moyens que l'auteur employé , peuvent en être facilement détachés, & s’appliquer très-utilement à d’autres métiers, & soulager un grand nombre d’ouvriers , en perfectionnant, par des manœuvres simples 5c beaucoup moins pénibles que les manœuvres ordinaires , la fabrication des petites étoffes en soie 5c coton, & même en fil 5c coton , qui sont d’une grande consommation.
- Si nous rapprochons maintenant les avantages qui résultent de la construction du nouveau métier, en indiquant sommairement les réformes que M. Rivey a faites à l’ancien , nous y trouverons i
- iy. La multiplicité des marches, soit du fond , soit du façonné , réduites à une seule.
- 2°. La supression du tireur à bouton. }
- 3Q. La suppression du cassin de des poulies qui soutiennent les cordes du rame.
- 4°. La plus grande facilité de changer les dessins ou de les varier seulement.
- 5Q. La facilité de changer très-promptement le rame 5c ses attaches , les lacs du fond, les lacs du façonné > les fils d’arcade , le tout en substituant des crochets aux nœuds.
- -En conséquence, nous pensons que ce nouveau métier, tantpar les dépenses que sa construction 5c son travail soutenu ont occasionnées à l’auteur , que par l’esprit d’invention qu’il annonce dans toutes ses parties, mérite les récompenses nationales que distribue le Bureau de Consultation.
- Nous avons présenté dans la partie de notre rapport qui pré*
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- cède , les titrés de M. Rivey aux récompenses nationales, & non® avons taché de faire connoitie les additions qu’il a faites au métier à bas, & les nouveaux métiers destinés à la fabrication des étoffés brochées, & à fonds, & façonnées, tant relativement à l’esprit d'invention qui y règne, qu'aux avantages qui peuvent en résulter pour la perfection de la bonneterie & pour celle des tissus. Nous ajouterons que les éloges que nous ayons faits de ses découvertes se trouvent confirmés par les certificats des artistes de Lyon & de Paris , qui ont pu voir & examiner le travail des tricots à fleurs sur le nouveau métier à bas, <5e le métier destiné aux étoffes dont nous avons parlé.
- Le Bureau ayant désiré que nous terminassions notre rapport par un apperçu de la somme à laquelle nous estimons que toutes ces inventions peuvent être appréciées , nous dirons d'abord que les additions faites au métier à bas ont été récompensées par une gratification de six mille francs , qui , en 1776, fut accordée à l’auteur par M. Turgot, Contrôleur-général , sur le compte que l’un de de nous lui rendit des avantages que la bonneterie pouvoit retirer de l’introduction de ce métier dans les grandes fabriques du Royaume, ^où l'on s’occupoit de ce travail de tricot. Le second objet , c’est-à-dire , le nouveau métier propre aux étoffes brochées , a été gratifié par une pension de six cent livres que nous croyons pio-portionnée au mérite de la construction de ce métier encore très-compliqué , malgré les réformes que l’auteur y a 'faites à Lyon y d’ailleurs, les frais de cette construction ont été , en grande partie , remboursés à M. Rivey, tant à Paris, par la société d’émulation, qu’à Lyon , par la caisse dè commerce.
- Enfin , pour le troisième objet , qui est le métier propre aux étoffes à fonds & façonnées , comme il est plus simplifié que le premier , & qu’il peut être d’une utilité plus étendue ,,nons proposons au Bureau d’accorder à l’auteur le maximum de la première classe des récompenses nationales. Nous dirons cependant que la. somme de six mille livres est un foîble dédomagemment des dépenses & des pertes de teins , des courses & des peines que ce -second métier a occasionnées à M.. Rivey, depuis trois ou quatre ans y mais après cette observation que nous abandonnons au Bureau, nous nous bornons toujours à lui proposer seulement ce que la loi prescrit, parceqif il nous semble qu’elie aecqrde plutôt des récompenses que des dédommagent en s. ( Conclusions adoptéesJ)
- BESM ARETS, VANDERMONDE, DUMAS.
- Nota. Ce dernier a fait précéder sa signature des mots sui-vans : « dans la supposition que M. Rivey ait reçu la somme 3° de 6doo liv. ci-dessus pour récompense de son premier métier % 33 j’approuve le rapport. « A Paris , le 8 Février, 1792.
- Le Citoyen Rivey demeure Rue Richer, Faubourg Montmartre.
- JCin du premier Trimestre.
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- DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS,
- ou
- JOURNAL
- DES INVENTIONS. DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNEMENS
- Dans les Sciences, Arts et Métiers.
- DEUXIÈME TRIMESTRE.
- Mai , Juin & Juillet Tjfb , Van deuxième de la République
- Ft ançaise.
- AGRICULTURE.
- RECETTE de VEau qui a Ict propriété de faire périr les 1ji~ sectes , les Chenilles , Pucerons, Punaises , Fourmis , &c. , de la Composition & Invention du C. Patin , Md. Grainetier Fleuriste , Place du Quai de VÉcole , à Paris. (Voyez le troisième numéro du premier trimestre, pages 9 ? 10 11 fk 12.)
- SavoN-noir , de la .meilleuriJPqualité . .il. 3 quarts.
- FleUr-de-soüfre . . . . . 1 3 quarts*
- Champignons , des bois , de couclies ou autres , 3.
- Eau coulante ou de pluie . 60 pintes.
- PARTAGEZ l’eau en deux portions égales : versez-en une partie , Ced-à-dire , trente pintes , dans un tonneau , grand ou petit, qui ne servira qu’à cet usage délayez-y le savon noir, & ajoutez-y les charn-pign ons, après les avoir écrasés légèrement.
- Faites bouillir dans une chaudière la moitié ou le reste de l’eau j mettez tout le soufre dans un torchon ou toile claire , qu’on liera avec une ficelle, en forme de paquet, & attachez-y une pierre ou un poids de quatre livres, afin de le faire descendre au fond. Si Ja chaudière est trop petite , & qu’il faille partager les trente pintes d’eau , . on partagera de même le soufre. Pendant vingt minutes , teins que doit durer l’ébulition , remuez avec un bâton f soit pour foulée Mos. 26 * 2.7, 28 & 29. 2e. ttim* Mai 27513. Pont, 1. Z>
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- le paquet de soufre & le faire tamiser , soit pour en faire prendre ii l’eau toute la force 6c la couleur. Si l’on augmente la dose des ingrédiens , les effets de cette eau, ainsi préparée , n’en seront que plus sûrs 6c plus marqués.
- On versera l’eau sortant du feu dans le tonneau , où on la remuera un instant avec un bâton. 'Chaque jour on agitera ce mélange, jusqu’à ce qu’il acquierre le pins haut dégré de fétidité : l’expérience prouve que plus la composition est fétide 6c ancienne, plus son. action est prompte. Il faut avoir la précaution de bien boucher le tonneau chaque fois que l’on remuera l’eau.
- Quand on veut faire usage de cette eau, U suffit d’en verser sur certaines plantes ou de les en arroser , d’y plonger leurs branches ; mais la meilleure manière de s'en servir est de faire des injections avec une Seringue ordinaire, à laquelle on adapte une canule semblable à ceiie qu'on employé tous les jours , avec la différence qu’elle doit avoir à son. extrémité une tête d’un pouce & demi de diamètre, percée, sur sa partie horizontale, de petits trous comme des trous d’épingles , pour les plantes délicates, 6c un peu plus grands pour les arbres. Ces canules se trouvent chez le Citoyen La pl a cE, Potier d'étain,, rue S.-Honoré, près la Barrière des Sergens.
- Nota. Comme il faut pousser la seringue avec force pour que l’eau jaillisse , & qu’il s’en perd toujours trop , il est bon d’avoir plusieurs canules percées de trous de diamètres diffërens.
- Les chenilles, les scarabées, les. pucerons , punaises de lits, d’orangers ,• ou la cloque, 6c autres insectes ^périssent à la première injection, (LeSvinsectes qui vivent sous terfe , ceux qui ont une écaille dure, les freloms, guêpes, fourmis, 6cc., demandent à être injectée doucement 6c. conViaiu elle ment, jusqu'à ce que l’Eau pénètre jusqu’au, fond de leur demeurts*X.es fourmilières, sur-tout, exigent 2,4» (j à 8 pintes d’Eau , suivant levolu^p. 6c l'étendue de la fourmilière, à laquelle il ne faut pas même toucher pendant 24, heures. Si les fourpils absentes se rassemblent 6c reforme ni une autre fourmilière , il faut les traiter de la même manière : c’est ainsi qu’on parviendra à les détruire 5 mais il ne faut pas trop les tourmenter avec un bâton ; au contraire , il faut continuer les injections , jusqu’à ce qu’il n’en paroisse plus à la surface de la -terre, & qu'elles soient toutes détruites 6ç mortes.
- Ort peut ajouter, avec beaucoup de succès, deux onces de noix vomique , que l’on fera bouillir avec le soufre: l’Eau en acquerra plus (le force , sur-tout quand il s’agira de faire mourir des fourmis.
- Quand on aura employé toute l’Eau , il faudra jetter le marc dans un trou eïi terre . pour que les- volailles , ou ,autres animaiix domestiques ne soient pas dans le cas de le manger.
- Na/à. On vend , a Paris, rue des Lombards, au Marc-d’or, la Fleur-de-soufré, 8 sols la livre, 6c la noix vomique râpée, 4° sols..
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- FEÜTRÏSATION DES DRAPS.
- Happons concernant M. Antheaume.
- Nous commissaires soussignés avons été nommés par le Bureau de Consultation des Arts & Métiers ^ pour lui rendre compte d’un procédé de M. Antheaume pour faire des draps feutrés & indiquer l’espèce de récompense qu’il a droit d’attendre sur les 000,000 liv. accordées aux artistes inventeurs.
- L’art de la feutrisatïon pour les étoffes est une invention ancienne j les Tartares font depuis longtems usage d’étoffes feutrées. M. Chatrain maître chapelier p.ésenta à M. le Cardinal de Fleury des camisoles de laine feutrées sans coutures. M. Antheaume présenta en 1768 au Iloi Louis XV une pièce de drap feutré avec du poil de castor de cinq aunes de long sur trois quarts de large , 6< il lui présenta depuis un habit sans coutures de la même étoffe. AL Troussier maître chapelier , rue Planche-Mibray a fabriqué 6c vendu des étoffes feutrées , de poil de castor , dont il nous a fait voir des échantillons, <3c M. Vera a obtenu de la Société d’Agriculture deux rapports sur des étoffes de laine feutrées, l'un en 1789 «5c l’autre en 1790.
- Nous ne connoissons- les étoffes de laine feutrées.,, fabriquées par les Tartares , que par les relations que nous en ont laissées quelques voyageurs ; & ces relations sont telles , qu’il nous est impossible d’établir aucune comparaison entre les étoffes tartares Sc celles qui ont été fabriquées par M. Chatrain, M. Vera ôc M. Antheaume.
- Les camisoles de laine fabriquées par M. Chatrain , 6c présentées à M.. le Cardinal de I leury , n’eurent aucun succès, parcequ’elieâ a voient le défaut de se pelotonner sur le corps , en s’épaissisarit d’un coté ôz s-’amincissant de l’autre.
- Les étoffes de draps de castor feutrées, de M, Antheaume & de Mv Troussier, quoique très - finesavaient l'inconvénient de coûter extrêmement cher ,, à cause du haut prix du poil de castor , & de n’avoir point de force, de durée & de finesse proportionnées à leur val eur ; aussi l’usage 11’en fut-il point continué , 6c MM.. Antheaume de Troussier abandonnèrent-ils cette espèce de fabrication*
- Il ne reste donc plus à examiner & à soumettre au jugement du Bureau de' Consultation que les travaux comparés sur lê& draps feutrés de MAI. Antheaume 6c Vera..
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- Pour bien saisir les tra\;anx comparés de ME Àntlieaume & Vera, & mettre le Bureau à même de porter un jugement sur leur découverte, il est nécessaire de dire un mot sur les principes généraux dé la l’eutrlsation.
- 1 Tous les poils & laines des animaux., ainsi que M. Monge l’a fait voir dans un mémoire imprimé dans le sixième volume des annales de Chyrnie , page 3oo , sont composés ou de lamelles qui se recouvrent les unes aux autres comme des écailles de poissons , ou de .zones superposées , comme on l’observe dans les cornes.
- Cette conformation des poils & des laines leur donne la propriété de s'accrocher seulement , & de prendre une contexture serrée, lorsqu’on les a réunis en masse, 6c qu’on lès a pressés^ foulés les uns contre les autres.
- Les poils & les laines, ayant différons dégrés de roideur, ont naturellement des propriétés de l'eutrisatioti différentes , de telles qu’il paroissoit impossible , sans préparation particulière, de feutrer certains poils ensemble.
- Pour feutrer différens poils , le liazard fait a découvrir le secrétage. C’est une opération par laquelle ou passe légèrement sur les poils du mitrate mercuriel étendu d’eau. Cette opération diminue la 'roideur des poils , leur donne la propriété rie se crisper sur eux'-mêmes , en forme de tirehouchon , & s’accrocher & se lier bien 'rpins fàcilement lors de la feutrisation. M. Antheaume nous a a»urés qu’une infusion de morelle produirait, un effet semblable. X.
- Depuis , M. Goy a découvert que l’acide muriatique étendu d’eau prouuisoit le même effet-
- Pour que les poils secrétés puissent se lier plus intimement &z former une étoffe parfaitement égale , il faut qu’ils soient posés les uns sur les autres dans plusieurs sens di lié rens , de manière à .ce que l'étoffe préparée ait une épaisseur à-peu-près égale & que les poils puisse >t se lier dans tous les sens. L'est ce que l’on obtient par l’aiçonuage.
- L’étoffe ainsi préparée , se plonge dans la lie de vin , dans la dissolution de tartrite acidulé de potasse, dans de Peau foible-ment acidulée d’acide sulphurique , clans des infusions de plantes *111 peu aigries, & en général dans une eau faiblement aciduléej il faut que ces bains soient plus ou moins échauffes.
- Lorsque l’étoffe est plongée dans ce bain échauffé , on la fouie j les poils se feutrent & l’étofiè se perfectionne plus ou moins , en raison du travail plus ou moins continu.
- IL est aisé d'apperceyoir que la perfection du. travail de la
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- §. § # 97
- feiitrisation tient à ces trois objets principaux : i°. qne le poil ait le degré de secrétage propre à l’espèce de feutre cpie l’on yeut obtenir. ML Que les poils soient arrangés de manière qu’ils conservent entr’eux le moins de parallélisme possible; & 3°. que la fabrication soit amenée au point que les poils ayent entr’eux une adhérence , telle , qu’ils rompent plutôt (pie de se séparer , sans cependant rendre le feutre assez dur pour se casser en se pliant.
- Tout ceci posé <3c bien entendu , nous allons soumettre au Bureau ce que nous avons appris des deux procédés de MM, Antheaume & Yera.
- M. Viera fait carder sa laine sans autres préparations , fait arranger les cardées séparées les unes sur les autres, & feutre. Nous ne connaissons point le moyen qu’il employé pour feutrer, mais il nous a fait voir de très-grandes pièces d’étoffe obtenues de sa fabrication.
- On voit que M. Yera se sert de toute la propriété feutrante de la laine, qu'il n’augmente ni ne diminue par aucune préparation t & que quelque bien arrangées que soient ses cardées de laine, iî est extrêmement difficile qu’une portion considérable de poils dans chaque cardée ne soient parallèles entr’eux.
- M. A utile: mine s'étant apperçu que la laine étoit trop crispée Sur elle-même, qu’elle se pelotonnoit, se feutroit trop facilement, & que l’ouviier avoit trop de difficultés à la maîtriser dans son-travail, a fait subir à sa laine un secrétage qui décrispe , redresse la laine, & permet de la feutrer plus facilement & plus cornaiodément.
- Après cette préparation, M. Antheaume arçonne sa laine , & en arrange les poils plus diversement & avec le moins de parallélisme possible.
- La laine arçonnée , l’étoffe préparée, M. Antheaume la feutre Mans de l’eau acidulée d’acide sulplmrique & par les procédés connus.
- Il est aisé de voir que , par cet arrangement, M. Antheaume doit obtenir un feutre plus égal, plus fin & plus résistant que M. Vera , Sc le Bureau peut juger de la différence par les deux échantillons que nous avons l’honneur de lui présenter.
- Nous ne pouvons cependant nous dispenser d’observer que le procédé de M. Vera a cet avantage sur celui de M. Antheaume, qu il peut faire usage de laines de toutes longueurs , & 'que le second, à cause de l’arçonnâge , ne peut employer que des laines d'un à trois pouces de longueur, & que la praride longueur de la laine influe beaucoup, à travail égal, sur la solidité de l’etoffe.
- Après avoir examiné la différence des procédés, de MM. A 1-îtheaume & Yera pour obtenir des étoffes feutrées , nous avons cru Me voir comparer ces étoffes à des draps tissus, afin d’etre à même
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- de prononcer sur l'Avantage que la fabrication de ces draps pourvoit avoir pour la Nation Française ; de afin d’avoir des termes de comparaison extrêmes , nous nous sommes servis 'de draps dé Vire de de draps d'Elbeuf.
- 11 nous a semblé que les étoffes de drap , avoient par rapport ti leur usage, quatre manières d’être considérées. i°. Relativement à leur résistance. 2°. Relativement à leur usé. 3U. Relativement a leur perméabilité à l’eau. 4°* Relativement enfin à leur raccourcissement pendant leur usage ; en conséquence , nous nous sommes déterminés à faire des expériences qui puissent bien établir une comparaison.
- Nous avons d’abord pesé ees draps comparativement , de nous avons trouvé de cent pouces quarrés de drap de :
- 4% de M. Vera pésorent.............. 6 gros 27 grains.
- /p5‘ de Vire pesaient.. 5 4^
- 024 d’Elbeuf pésoient. .4 36
- .72,4 de M.. Aiitheaume'. ...... ... ... 4 36.
- Qu’ainsi les rapports des laines étant dans les- proportions de~ ces poids /}59. , 4°6 , 024, 3a4 , pour déterminer la résistance des» draps nous avons soumis pendant dix minutes des bandes de 80 lignes de long sur i5 de large avec poids de le. drap de
- Vire s?cst allongé de 1 ligne i5 , celui d’Elbeuf de 5 lignes 5, celui' de M. Vera de 6 , & celui de M. Antlieaume de 9 lignes. Ainsi l’allongement des draps tissus a été moins considérable que celui des draps feutrés. Celui de M. Vera a éprouvé un moins grand allongement que celui de M. Antlieaume..
- Si Pon y prend garde, cet allongement dans les deux espèces de fabrication est en raison inverse des quantités de laine ; car le-drap dé Vire contient par 100 pouces quarrés 81 grains de laine de
- plus qu
- iheanme, 3< l'allongement de ce dernier a été de 3 lignes de plus..
- Nous avons- cherché, après ces expériences, les rapports de force nécessaire pour rompre chacun des draps, 3c comme nous- 11’a-vions pas d.‘instruirions pour faire ces. expériences avec des forças variables, nous avons cherché, quel étoit le rapport des largeurs des quatre draps qui rompoient sons un même poids, 3k. en riens-servant de bandes de 80 lignes de long, nous avons trouvé qire le poids qui rempoit une bande de drap de M. Vera dé 4 ligues, 5 de largo , en rompait une de drap de \ ire de 6 lignes délarge. „ en rom périt une de drap de M. Antlieaume de 9 lignes de. la ge , en rompoit une enfin de drap d’Elbeuf. de 9 lignes de. la rge.
- Nous observerons ici que la rupture d’n drap d'Elbe 11 f a été essayée sur la chaîne & sur- h tramé , que le poids rompoit litre-
- ban du
- r
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- bande cle 9 lignes, j5 de large, la trame'prise clans le sens delà
- de large, la t rame prise clans
- longueur & une bande à 8 ligne
- le sens de la largeur, ce cjui dorme pour moyenne 9 lignes.
- Comme le rapport des résistances des draps est en raison inverse des largeurs rompues par le même poids, ou voit clairement que le rapport des résistances est: i°. le drap feutré cle M» Vera ; 20. le drap tissu cle Vire ; 30. le drap feutré de M. Apthe-a-utne \ 4°• Ie drap tissu cEElbeuf.
- Si l’on y prend garde , l'on verra que ces résistances sont en raison directe des quantités de laine contenues dans chaque drap, & qu’elles ne paroissent avoir aucun rapport avec la manière dont les draps sont fabriqués ; car le drap de M. Vera est celui qui contient le plus de laine, ensuite celui de Vire, puis ceux cle M. Antheaume de d’Elbeuf , & la résistance a non seulement suivi cet ordre, mais encore elle a été égale pour les draps de M. Antheaume de d’Elbeuf qui ont des quantités de laines égales , de cela , quoique l’un soit feutré de l’autre tissu.
- Nous nous sommes d’abord servis dans nos expériences sur la durée comparée des étoffes, d’une brosse' extrêmement rude, avec’ laquelle nous frottions les quatre espèces cle cbaps que nous comparions 5 mais comme cette manière d’expérience n’auroit donné de résultats qu’après un très-long terris , nous avons cherché une manière plus expéditive , & nous nous sommes servis pour cela de la pierre ponce. Nous observerons seulement ici que , pendant deux heures que nous avons soumis les draps à l’action cle la brosse rude , il s’est séparé une petite portion de la laine du drap de M. Vera, de une infiniment plus petite de celui de Vire, ÔC qu’il ne s’est point séparé de laine de celui de M. Antheaume ni de celui d’Elbeuf.
- Pour soumettre les draps à l’action de la pierre ponce , nous les avons cloués sur une planche en les tendant également, de passant un bâton rond entre la planche & le drap , afin cle former une petite élévation , sur laquelle la pierre ponce portoit entièrement.
- Au bout de 20 coups, le drap de Vire a montré la corde.
- Au bout cle 26 coups, le drap d’Elbeuf a montré la corde.
- Au bout de 5o coups , le drap cle Vire s’est coupé.
- Au bout cle 70 coups , le drap d’Elbeuf s'est coupé.
- Au-bout cle 80 coups, le drap cle M. Antheaume s’est rompu.
- Au bout cle 100 coups, le drap do M. Vera s’est rompu.
- D ’oii il suit qu’aux deux cinquièmes environ cle leur usé les draps tissus commencent déjà à montrer la corde , tandis que les draps feutrés sont toujours cle la même beauté , ce qui pourroit donner tin avantage aux draps feutrés sur les draps tissus.
- Il suit encore cle ces expériences que le drap qui résiste le moins à iTusé , est 1 q drap de Vire, ensuite celui d’Elbeuf, puis ceiu]
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- do M. Antheaume, & que le plus résistant est celui de M. Vera > & que dans cette expérience, comme dans les précédentes, le drap de M. Antheaume se comporte assez comme celui d’Ëlbeuf.
- Nous ayons fait deux sortes d’expériences pour déterminer le rapport de perméabilité à l’eau des difïérens draps; d’abord , nous ayons soumis les draps secs à l’humidité dans une cave,& nous ayons examiné leur augmentation de poids réciproque , puis nous avons mouillé complètement des morceaux de draps , nous lçs avons suspendus en l’air, ôc nous ayons examiné la marche réciproque de l'évaporation.
- i Les draps secs pésoient :
- Celui de M. Vera. . ................178 grains»
- Celui de Vire. . . . . . » . . . . . i63
- Celui de M. Antheaume. . .........12.0
- Et celui d’Ëlbeuf...................12.S
- Ils pésoient , après trois heures :
- Celui de M. Vera. . . . . . . . . , . 180 différence
- de Vire. ........... *63 . . .
- de M. Antlieaume. ....... 123 ...
- d’Ëlbeuf. ...........................120 ...
- Après six heures d’exposition dans une cave, ils pésoient :
- Celui de M. Vera. ........ . 18 4 différence 6
- de Vire . 180 . id. 17
- de M. Antheaume . i3a id. 9
- d’Ëlbeuf. ........ . i3a . ici. 9
- Après douze heures d’exposition dans une cave , ils pésoient :
- Celui de M. Vera . 198 difïeren ce iS
- de Vire. . . . . . . » . . . . 1 tij. . id. . 24
- de M. Antheaume i3 6 id. i3
- d’Ëlbeuf. . . i36 . id. i3
- Le résultat de ce$ observations a été que le drap qui a pris le plus d’humidité est celui de Vire, ensuite celui de M- Aéra, puis , ceux de M. Antheaume <3t d’Ëlbeuf , qui marchent toujours parallèlement»
- Les draps pésoient avant de les mouiller :
- Celui de M. Vera. y 0 t % 0 ô » 204
- île Vire. » 0 0 , a . 170
- de M. Antheaume. « © 0 0 s. 0 144
- d’Ëlbeuf. 0 J • 144
- Les draps ii uprégnés d’eau pésoient . \
- Celui de M. Vera. ; 900 • © diffère ne
- de Vire. • . ? ?
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- ÏOÎ
- cle M. Antheaume. . . 64? 1 a* Si ki
- •d’Elbeuf. • 498 • » ; •
- Après dix-neuf heures d’exposition , ils pésoient :
- Celui de M. Vera. . . . 804 . il avoit perdu
- de Vire. . 54o 0 c e *
- de M. Antheaume. . . 576 0 e c C
- d’Elbeuf. . 444 • 0 . . »
- Après trente heures d .'exposition, ils pésoient :
- Celui de M. Vera. . A48 . idem.
- de Vire. . 516 0 0 0 • «
- de M. Antheaume. . 373 % • « y •
- d’Elbeuf. . . . . 324
- Après cinquante-cinq heures d’exposition , ils pésoient:
- Celui de M. Aéra. . 456 . idem.
- de d ire. . 3q8 • • • • •
- de M. Antheaume. . 348 • , » . »
- d’Elbeuf. i54 •
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- 7-'
- M
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- lies expériences sur l'évaporation de l’eau dort les draps sont imbibés ne présentant qu’une suite de nombres difficiles à relever, nous avons cru devoir tracer, d’après ces expériences, la courbe d'évaporation de l’eau dans les draps , que nous présentons au Bureau. On y appereevra que les draps feutrés s’imbibent d’une plus grande quantité d’eau que les draps tissus , & que dans l’un: & l’a.u.tre cas , l’imbibition suit à-peu-près le rapport de la quantité de laine que ces draps contiennent.
- On y verra de plus, que la marche de l’évaporation dans les .quatre espèces de draps sur lesquels nous avons fait des expériences, est telle, que l’évaporation est d’abord lente ; sa vitesse augmente ensuite jusqu’à un certain peint , & elle finit par diminuer successivement. On verra de plus , dans ce tableau, que le drap d’Elbeuf est celui dont l’évaporation est la plus rapide ; que le drgp :de M. Vera est celui qui a l’évaporation la plus lente , & que la marche de l’évaporation du drap de M. Antheaume suit en quelque sorte celle du drap de Vire.
- Nous avons soumis les quatre étoffes a un nouveau feutrage ; le drap d’Elbeuf s’est un peu raccourci f celui de Vire , un peu davantage ; & ceux de MM. Ver^ de Âjitheamne ont conservé leurs longueurs primitives.
- Telle est la série d'expériences que nous .avons faites pour établir un rapport entre le drap qui étoit soumis à nos expériences de les draps connus, d’où il suit que le drap de M. Antheaume a le même poids, la même forse, qu’il prend l'humidité dans la même proportion que celui d’Elbeuf, qu’il s’nsc moins facilement, que lorsqu’il est imbibé d’eau, il suit pour l'évaporation la ni ait lie
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- du drap de Vire, qu'il s’allonge facilement, 6z qu'il revient sur lui-même, après s’être allongé, 6c qu’il ne se raccourcit pas comme les Habits ordinaires.
- Comme nous n’avons pas assisté à la fabrication du drap que nous avons soumis a nos expériences , M. Antheaume nous a assurés qu’une pièce de drap de 60 pouces de long sur 60 de large , qui est la
- 2 hv. b onces de inné de Berry, a 2 iiv. 17 sols 6 deniers . .ci
- Une livre de laine de Bretagne , a 2 liv. Cardage des 3 liv., 8 onces , à 3 sols la liv. Arçonnage de foulage ,
- Bois , charbon 6c apprêts
- Teinture eu bleu . . , . . . 1
- Bénéfice ., . . . »
- sols la . 6 1. liv. , 17 s.
- ,. z
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- 6 d. 6
- Que du drap pluebé , première qualité ,
- 2 liv. de laine Berry , à 2 liv. 16 sols <. . . 5 1. 1 liv. de laine de Hambourg, à 4 üv. ... 4
- Cardage
- Bâtissage 6c foulage .
- Bois , charbon 6c apprêts Teinture ......
- Bénéfice ......
- jo s .-
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- 16
- 20 J. i5
- Que du drap inférieur de troisième qualité, en grande laine d’Abafc
- couteroit :
- 4 liv. de laine d’Abat , à 10 1. 10 s. . . . 6 1.
- Cardage .... 12 s.
- Arçonnage 6c foulage . . . . » , .
- Bois , charbon 6c apprêts .......
- Teintun
- Bénéfice
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- i3 5
- Et qu’enfin du drap en laine 8c bourre coûteroit 2 livres de laine d’Abat, à 1 liy. 10 s. . 3 1.
- 4 livres de bourre à 3 s..
- Cardage ,
- Arçonnage 6c foulage , .
- Bois, Charbon 6c apprêts,.
- Teinture, .. . .
- Bénéfice.- ,. . . ,
- 12 s..
- 15 10. i5«
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- AL. Antheaume.
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- M. Àiitlieaume propose encore dans son mémoire de fabriquer des chaussons, des bas sans couture • ; &c. mais comme il ne nous a pas remis d’échantillons, & (pie rions «'aurions pu, prononcer, que par analogie, nous ayons cru ne devoir rien bazarder , <fk nous en tenir au seul rapport de’, l’étoffe que nous avons examinée.
- Le Bureau de Consultation doit avoir uppercut, dans le cours du rapport que nous avons fh.it, que M. Antheaurne paroît être l’artiste qui ait le plus perfectionné l’art de la feu tris ati on des draps , <Sc qu'il est parvenu a obtenir un drap feutré qui a beaucoup d’analogie avec le drap d’Libeuf, que l’on peut mettre dans le commerce à très-bon marché. Comme cette espèce de drap est avantageuse par .la perfection où M. Antlieaume l’a amenée , elle peut êtfô utile à la Nation française par la nouvelle branche de commerce qu’elle peut ouvrir , .& être d’un grand secours pour la classe peu fortunée qui pourroit se vêtir à un prix modique,
- Nous estimons que cet artiste mérite d’avoir une part aux récompenses nationales , & que cette part doit être le maximum de la première classe des récompenses nationales, c'est-à-dire ,^ 6000 liv.
- Fait au Bureau de Consultation , le 29 février 1792, , l’an quatrième de la Liberté.
- «T. H. fl A S S E N F R A T Z , SERVIÈRES, BERTIIOL-LET, PELLETIER, PARMENTIER.
- Les Commissaires que vous avez chargés d’examiner les draps feutrés de M. Antlieaume, vont vous présenter les résultats des expériences que vous avez désiré qu’ils fissent faire sous leurs yeux.
- Un cardeur a commencé à carder quatre livres de laine de Berry, le Vendredi, 24 Février 1792, à cinq heures du soir. M. Antlieaume J’épluclioit grossièrement à fur & mesure qu’il la remettoit au candeur ; à dix-heures du soir, c’est-à-dire, après cinq heures de travail , l’ouvrier a quitté le cardage , qui n’étoit point achevé.
- Le lendemain il a repris le cardage, à sept heures du matin, & à neuf heures, la totalité des quatre livres étoit cardée; ainsi l’ouvrier a mis sept heures pour carder les quatre livres de laine.
- La laine pésée après le cardage, s’est trouvée du poids de trois livres quatre onces & demie; ce déchet est considérable, mais nous devons observer qu’il est du à ce que la laine se trouvoit mélangée de laine abattue par la chaux qui, en terme de fabrique, se nomme , laine morte.
- Le déchet ordinaire est au plus, d’une once <3t demie par livre 8 ce que l’ouvrier cardeur a attesté, & ce que M. Antlieaume nous a confirmé.
- Nous ne parlerons point de ce que nous avons été obligés dg?
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- donner au cardeur pour son travail: l’on jugera, d’après ce que nous avons dit plus haut, que nous avons occupé l’ouvrier deux journées , cinq heures dans l’une, de deux heures dans l’autre.
- M. Ântheaume nous a assurés, qu’il ne payoit le cordage de cette laine que quatre sols par livre, non compris le déchet : mais que pour l’avoir bien cardée de bien propre, il se proposoit dé payer le car d âge, a raison de six sols la livre, ce qui sera bien payé, sur-tout dans un pays où la main d’œuvre est à meilleur compte. Ce prix nous a paru proportionné ; ainsi , la laine de Berry ayant coûté deux livres quatorze sols, & perdant dans le cordage u*ie once dc demie par livre, elle revient alors à environ trois livres, de avec le cardage à trois livres six sols la livre.
- Suite du Travail.
- Afin de procéder à la fabrication du drap feutré sous les yeux des Commissaires, M, Antheaume s’esk.procuré une claye, un clayon de un arçon monté de sa corde à boyau ;; il s'est adjoint deux de ses ouvriers ) c'est dans 1® laboratoire d’un de nous que l’on a monté l'usine propre à ce travail.
- Le cardage ayant été fini à neuf heures , comme nous l’avons observé , il s’est écoulé environ deux heures avant que l’arcon en fût posé.
- A onze heures, on a pesé quatre onces de laine , qu’un des om vriers a commencé à arçonner, de il en a fait une capade de deux pieds de large, sur trois pieds de demi de long j l'on a continué
- arçonner & à former deux autres eapades, dans le. même diamètre de du même poids.
- Les trois eapades ont été réunies les unes aux autres dans leur largeur, a l’aide d'une grande table que l’on nomme Bassin à froid, sur la quelle étoit posé un drap, lequel se nomme feutrière : les trois eapades réunies de cette manière formoiènt une pièce de six pieds de long, sur trois pieds de large, Nous devons observer que cette disposition, en plus, sur la largeur, vient de ce que les eapades s’étendent à la première pression ; nous n’avons pas d’augmentation dans la longueur, parce que celle qui a eu lieu, se trouve .confondue par les recouvremens nécessaires pour faire adhérer les capade,s les unes aux autres.
- M, Autheamne n’ayant pas jugé l’épaisseur des premières eapades suffisante, il en a fait former trois autres de deux onces chaque, mais sur le même diamètre, & il les a appliquées sur la pièce, de manière qu’elles ne recouvroient point les jonctions des premières. Ce second assemblage n’a rien donné en rentrance, & if îfa point souffert non plus d’écartement 5 les pièces ont seulement pris une ad itérer] c.e réciproque dans le travail. L’on a observé d’arroser les eapades h mesuré qu’on les appliquait, avec de l’eau , pfin d’aider la crispation , suite du feutrage.
- Ççtte pièce ainsi disposée, a été portée sur une plaque de feç
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- que Port tenoît chaude, à l’aide d’un réchaud placé an dessous^ on la nomrfte, Bassin, à chaud. Là la pièce enveloppée dans les draps nommés feutrières, a été roulée par un ouvrier, dans des sens transversaux, sur toutes* les.faces : l’on nomme cette opération , marcher la pièce. Ici commence, à proprement parler, le premier feutrage, & lorsque la pièce a été suffisamment marchée, elle avoit acquis un peu de solidité, & elle sembloit s’approcher du molleton ; quant à son aspect extérieur, nous avons désigné cette pièce par le nom de petite pièce, parceque M. Antheaume a jugé que celle qu’il devoit préparer pour la réunir à celle-ci, deVoit être plus grande, afin d’avoir une longueur de dix pieds en drap bien feutré, nécessaire pour faire un habit.
- On a donc continué à faire de nouvelles capades avec quatre onces de laine, au nombre de quatre dans le même diamètre , •& quatre autres capades du poids de deux onces, Elles ont été réunies avec le> prie infi nis que l’on a suivies pour la première pièce, & comme l’on a employé quatre oapades, elles ont formé par leur assemblage huit pieds de long, sur trois pieds quatre pouces de large. Cette pièce ayant été marchée comme la précédente, M. Antheaume les a réunies pour n’avoir qu’une pièce de quatorze pieds de long ; &> pour que leur union fût parfaite , on l’a soumise de nouveau au bassin à chaud.
- Les diverses manipulations ont duré huit heures. En résumant la quantité de laine employée pour former la pièce, nous avons i°. 7 capades de 4 onces, ou 1 1. 12 onces
- 2°. y capades de 2 onces, ci i4
- Total al- 10 onces.
- Tendant que Ton marchoit la pièce, M. Antheaurne avait préparé un bain avec Sain-doux, 2 onces
- Potasse, 4
- Eau de rivière, 3o pintes.
- Le tout chauffé de 60 à 70 dégrés ; c’est avec cette liqueur que l’on a commencé à fouler la pièce, & elle nous a paru y prendre une égalité sensible. L'on a foulé la pièce avec la liqueur de ce bain pendant environ trois quarts-d'heure 5 l’on a eu soin de Lien ménager la pièce, de ensuite on l’a roulée, & alors maintenu® à l’aide d’une corde, on l’a totalement plongée dans C3 bain & çn l’y a laissée l’espace d’une heure , ( hors du feu. ) C’est pendant ce terris que les ouvriers ont été manger un morceau.
- Pendant que les ouvriers étoient à souper, & que la pièce trem-poit dans le bain, M. Antheaume en a composé un nouveau avec
- Eau de rivière, environ 3o pintes
- Acide vitriolique A onces
- Le bain chauffé de 3e à 4° degrés, la pièce ayant été bien lavéef
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- a été foulée & finie dans îè bain ; le foulage a duré trois heures & demie, la rentrance a été sensible à chaque croisée, de enfin la pièce étant achevée, a été réduite à dix pieds sur trente pouces. L'on a porté la pièce dans une étuve, & le lendemain , on i a soumise à la ponce, afin de débourrer le jarre qui s’est détache de la laine.
- Nous allons présenter les dépenses dont ce genre de travail nous paroit susceptible, d’après fapperçu de Inexpérience qui a été faite sous nas yeux.
- Ce travail nous paroît nécessiter la réunion de deux ouvriers, vu les difficultés qu’un seul éprûuveroit à bâtir la pièce & à la fouler ; alors deux ouvriers réunis pourront très-aisément faire trois pièces.* chacune pour un habit, dans deux jours j & en les payant a raison de deux livres par jour, ( qui est ce que 1 ouvrier d’une manufacture de province gagne le plus par jour , cela nous donne une dépense effective pour la fabrication de huit livres, pour les trois pièces, chacune d'un habit*
- II. nous reste à mettre un prix aux divers articles que le feutrage nécessite , ainsi qu’aux frais de régie , &c.
- Chaque pièce de dix pieds de longueur sur trente pouces de large qui est nécessaire pour un habit d’homme de cinq pieds six pouces & même neuf pouces, nous a paru nécessiter dvs iri-grédiens dont nous évaluerons le prix, pour chaque pièce à cinq sols, ci 5 s
- Bois pour chauffer les chaudières à feutrer pour le babillage , une livre cinq sols, ci i h d s.
- Récapitulation de diverses dépenses, pour chaque pièce de dix. pieds de long sur trente pouces de. large, savoir , deux livres huit onces de laine, y compris le cardage & ie dccliet à trois livres six sols fa livre., ci ° 1 r
- Prix de fabrication pour les fouleurs %
- Cpmpofition du feutrage,
- Bois , Charbon , &c._
- Brais de régie,,
- & h
- y
- S s;.
- o 5 £ 15
- i 3 1.
- IO s.
- XI nous reste h déterminer un prix pour la teinture5 nous croyons pouvoir l’évaluer Lune dans l'autre,. à. quatre liv. la. pièce„
- fei
- 4. h
- Bénéfice supposé pour le Manufacturier à raison de iS p. iqo , 2I. 10 s., ci
- T O
- 2 0 L
- Total général
- 11 résulte donc que ce drap feutré , ne reviendra qu’à 7 liv. ia C l’aune t puisque la pièççt de drap portant 3o pouces- de large,
- ou près
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- ©u près de 3 quarts sur 2, aunes 3 quarts, ou 10 pieds de long , ne revient qu’à 20 liv.
- Avant de finir, nous devons faire observer que les draps feutrés viennent à être mis en activité de fabrication , Ton pourra faire des draps d’une largeur bien plus considérable que celle de cinq quarts, qui est la largeur que portent nos pins beaux draps 5 iL suffira pour cela d’étendre les capades, & d’avoir des feutrières plus étendues. D’après cela il sera facile de faire des tapis d’une seule pièce pour les grands billards , ainsi que des couvertures de lits , &c.
- Vos commissaires vous rappelleront, Messieurs , qu’il y a longtemî que M. Antheaume s’occupe de l’amélioration de son art. En janvier 1786 , il présenta à l'Academie trois habits faits par le feutrage, de d’une seule pièce, ils étoient en poil de castor. L’Académie considéra ces habits comme un nouvel effort de l’industrie nationale „ & elle engagea M. Antheaume à en faire en laine pure, afin do les mettre a portée d’un plus grand nombre de consommateurs. M. Antheaume y a parfaitement réussi , comme vous l’avez vu par les essais qu’il vous a présentés, & par la piè::e qu’il a faite devant vos commissaires dans une perfection que l’on ne p on voit attendre du défaut d’emplacement , & particulièrement du défaut
- des ustenciies. (Nous vous avons observé, Messieurs, que c’est chez l’-iin de nous que M. Antheaume a travaillé. ) Nous sommes donc d’avis que M. Antheaume mérite d’autant plus d’avoir part aux récompenses* nationales , qu’il a perfectionné un travail que DAcadémie l’avoit engagé de suivre, & comme le sieur Antheaume n’est parvenu à ce genre de perfection, qu'après avoir fait beaucoup d’essais, le Bureau ne peut classer les travaux de M. Antheaume que parmi ceux qui ont exigé des sacrifices , c’est-à-dire dans la première classe ; vos commissaires vou3 proposent donc d’accorder à M. Antheaume le maximum de cette classe, & voici l’avis qu’ils proposent en conséquence au Bureau.
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de ses commissaires , tendant à accorder, à M. Antheaume* le maximum de la première classe des récompenses nationales , à raison des pièces de drap feutré qu’il est-parvenu à faire , l’objet rnis en délibération, le Bureau considérant que cette perfection dans le feutrage peut procurer à une infinité d’individus des habits d’un bon usé, de d’un prix médiocre, est d’avis, conformément à la loi du ix Septembre, 1791, que M. Antheaume mérite le maximum de la première classe.
- A Paris, le zq Février, 179a, l’an quatrième de la Liberté.
- P A R ME NT IER , J. H. HA S S E N F R A T Z , SERVIE BES , BERTHOLET, PELLETIER.
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- Extrait du Procès-verbal du Bureau de Consultation, du 25? Février 175)2 , Van quatrième de la Liberté.
- On continue le rapport cle l’affaire de M. Antlieanrne. Apres quelques discussions sur la conclusion de ce rapport, tendante à accorder à M. Antheaume le maximum de la première classe , le bureau consulté par M. le Président , est d’avis que cet artiste mérite le maximum de la première classe, c’est-à-dire dooo liy.
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- Certificat relatif au C. Pelletier. ( Voyez les Cahiers 11 & 12. ) Je soussigné, entrepreneur de la manufacture d’armes de Moulins , certifie que le C. Pelletier m’a fait six modèles des machinés ci-après , savoir :
- iQ. Une pour dresser à la fraise quatre canons de Fusil en grand. Une pour tailler les limes.
- ?j°. Une pour fendre les têtes de vis.
- 4q. Une pour tailler des fraises au marteau.
- 5°. Une pour tailler les fraises à la lime.
- 6°. Une pour tailler régulièrement les scies de toutes grandeurs, J’estiine & j’espère que ces machines étant exécutées en grand ôt convenablement , auront un très-bon effet , en foi de quoi j’ai donné le présent certificat, à la réquisition du C. Pelletier , dont le talent est déjà fort connu , même de l'Académie. A Paris, le 24
- Janvier , 1798 , l’an deuxième dé la République.
- MARION-BRILLÀNTAIK.
- AVIS.
- Les Soufcripteurs dont l’abonnement ell expiré,, font priés de le renouveller à l’Im-primerfe du Direâeur , ru; de Glatigmy, N°. 7, en la Citéau bas du Pont Notre-Dame. Nous- répondons à toutes les réclamations faites ou à faire fur les retards qui ont pu ou qui pourroient furver.ir , que nous en éprouvons nous-mêmes quelque-fois dans la comm unicati'n des rappo:ls, ce qui en nccelîile dans l’émiflîon des numéros $ qu’au te-.e, s il nous-arrive de ne donner qu’un numéro dans une femaine , nous répaions ce retard , en en donnant trois ou quatre dans une autre femaine ; & que dans tous les cas-nos engagemens enveis les abonnés sont rigoureufement jemplispuisque noos comptons nos U-imeftres plus par le nombre des numéros, que par le nombre des mois, c’est-à-dire, que nous- ne comptons l’expiration d’un trimeftre , qu’après vingt-quatre numéros. Quoiqu’il en foitnous ferons toujours févères fur l’émiflion régulière de deux numéros par femaine, autant que la prompte communication des rapports nous le permettra.
- Les frais d’enregiftrement , d’impreflïon d’adrelïes , &c., nous obligent de ne plus îexew tcojr de fousciii tion s pour moins de iix mois.
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- HORLOGERIE.*
- Rapport concernant le Citoyen d’Ivernois.
- I' ous commissaires soussignés, avons été chargés par le Bureau de Consultation d’examiner les titres que peut avoir aux récompenses nationales le C. d’Ivernois, Horloger.
- Nous allons en rendre compte au Bureau , & quant aux formalités prescrites par la loi pour pouvoir concourir à ces récompenses 9 nous l'assurerons que cet artiste les a pleinement remplies.
- Le C. d’Ivernois fonde ses titres aux récompenses nationales sur ses divers travaux & ses diverses inventions en Horlogerie. Nous allons faire connoître au Bureau en quoi ils consistent.
- Pour peu qu’on soit instruit dans l’histoire des Arts & des Sciences , on sait que rarement les inventeurs portent du premier coup leur* découvertes, telles complettes qu’elles paroissent d’abord , au point de perfection où elles parviennent ensuite.
- Parmi les nouveautés dont l'Horlogerie a été enrichie depuis un demi-siècle., on peut regarder l’échappement à virgule du C. Beaumarchais ( bien connu par ses succès dans une autre carrière }l celle dramatique ) comme une des plus ingénieuses productions en ce genre.
- En effet cet échappement ayant les propriétés de l’échappement à repos ou à cilindre du célèbre Graham , n’en a point les inconvé-niens , les repos s’y faisant sensiblement plus près de l’axe que dan# le premier, & cet échappement n’étant point.sujet à l’usure par la nature de ses levées comme celui-ci." Mais cet échappement , dan* son origine , n’a voit point toute la perfection où l’on pouyoit 3e porter. Le diamètre du cilindre ou la distance de l’axe anx points de ce cilindre sur lesquels se faisoit le repos étoit trop grande, on parvint ù la diminuer , & par là à réduire encore le frottement qui se faisoit sur ces parties. Il restoit encore un point important a déterminer : savoir la forme & la courbure des virgules ou des levées de cet échappement. On donnoit à toutes les deux la même courbure , comme on l’avoit fait dès le commencement. On n’dvoit pas assez remarqué que par la nature de l'arc décrit par la roue d'échappement qu’on ne pouvoit regarder comme une ligne droite à cause de son étendue , la virgule extérieure ne devoir, pas avoir 1a. même courbure que l’intérieure ; or, e’est à quoi ïe C. d’Ivernois entreprit de remédier, & à quoi il réussit pleinement.- En effet il parvint à donner à chacune de ces virgules , la courbure
- * C’eft par erreur qu’on Nos. z6 > 2,7 , z$ , & Zÿ.
- K*s. 2C) & 3o. IL
- a imprimé au bas Lisez : Nos. 15 ,
- Trim• Tonu
- de la première 26 , 17 8c 2.8,
- page
- du dernier cahier ’
- D dy ,
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- propre levée o
- à rendre parfaitement égale dans ses différents points la evée ou l’arc décrit par le balancier , en vertu de la dent de la roue d’échappement, sur une de ses virgules.
- Par là , si l'on suppose qu’en parcourant un certain espace , la dent par son action sur une des virgules , fasse décrire au balancier un arc , par exemple , de dix dégrcs, cette dent lui en fera décrire un tout semblable , en parcourant le meme espace sur l'autre virgule. Or les repos se faisant très-près de l’axe du cilindre & les arcs de levées étant uniformes, dans l’action de la dent sur les deux virgules , cet échappement avoit par la toute la perfection qu’on pouvoit -lui désirer. Le C. d’Ivernois en avoit besoin, ayant dessein de l'employer , vu tous ses avantages, dans une montre à secondes qu’il se proposoit de faire dans une bague du diamètre d’une pièce de six sols. Cette entreprise si difficile par rapport à l’exécution , surtout relativement à l'échappement qu’il comptoit employer dans cette montre , lui réussit parfaitement. Car quelle que fût la petitesse de son volume, cette montre alla avec une justesse qui étonna tout le inonde. Encouragé par ce succès , il en fit une autre aussi petite mais à répétition , qui réussit de même. Or quoique dans ces sortes d’ouvrages , l’habileté dans la pratique concoure beaucoup à leur perfection , cependant ils exigent , pour parer autant qu’il est possible aux iuconvéniens qui résultent de leur petitesse , une intelligence dans la construction, qui n’est pas commune, & qui suppose toujours une grande connoissance de tous les moyens qui peuvent donner aux montres la plus grande justesse. Il n’est pas. inutile d’ajouter , que personne avant cet artiste. , iPavoit fait de montres à répétition d’un si petit volume, 5c que personne n’en a fait depuis.
- Plusieurs années après cette époque, le C. d’Ivernois a fait deux montres d’une nouvelle composition , l’une à répétition & à secondes,, battant par une disposition nouvelle , ces secondes, par un coup sec,, comme les pendules à secondes , à échappemens, à repos. L’autre qui, par une mécanique particulière, marque les mois, leurs quantièmes les heures 5c les minutes sur différens cadrans demi-circulaires , afin d’éviter les inconvénient de la multiplici;tésdes aiguilles partant d'un même centre.
- Les montres qui battent les secondes le font en général d’une manière peu précise , soit par la nature de leur échappemeut lorsqu’il n’est pas à repos , soit pareeque les battemens de cet échappement ne se font pas en teins qui soient parties aliquotes de la seconde.
- On a cherché depuis longtems à remédier à cet inconvénient , surtout dans les montres à secondes concentriques, ou dont l’aiguille qui les marque est au centre du cadran. Mais jusqu'ici on n’a pu y réussir complètement par les frottemens resultans du
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- mécanisme qu’on y a employé. Voici comment le C. d’Ivernois s'y *st pris pour diminuer considérablement les frottemens, & faire que Paiguille des secondes les batte avec précision <5c d’un coup sec.
- Il y a sur la petite platine ou la platine de dessus & au centre de la montre une roiie en rochet dont la tige prolongée en dessous, passe au delà de la platine du cadran. Cette tige porte à cette extrémité , un pignon qui est mené par une roue à canon portée sur ce que les horlogers appellent la petits roue jnoyenne. A la surface supérieure de cette roue sont placées de champ ou perpendiculairement des chevilles , de distance en distance , contre lesquelles agit un léger ressort destiné uniquement à empêcher l’espèce de vacillation qu’éprouve cette roue par le mouvement de l’échappement. Le rochet dont nous venons de parler agit sur une petite ancre, qui par ses deux leviers ou bras, forme à chaque pulsation de la roue, deux repos parfaits de décidés ; enfin il y a de l’autre coté de ces deux leviers une espèce de bras qui offre deux plans inclinés, l’un du côté droit, l’autre du côté gauche, contre lesquels agit alternativement une espèce de pignon à trois aîles, adapté à l’extrémité supérieure de la tige de la roue d’échappement. Telle est la mécanique que M. d’Ivernois employé pour faire marquer à sa montre les secondes exactement & d’un coup sec. On voit en effet que la roue en rochet étant menée par la petite roue moyenne de manière que chacune de ses dents saute dans l’intervalle d’une seconde, ce saut se fait d’une manière précise’; pareequ’il ne peut avoir lieu que lorsque la dent du rochet a écarté le bras de l’ancre, & que le tnouvement de ce bras est réglé par le pignon de trois, porté par la roue d’échappement. Pour ne point interrompre l'exposé du mécanisme au moyen du quel cette montre bat les secondes , nons n’avons point parlé de la manière dont la tige de la roue en rochet passe de la platine de dessus au cadran, afin de porter l’aiguille des secondes.
- Nous nous contenterons d’ajouter , pour ne pas entrer dans de trop grands détails , que cette partie qui demande à la vérité beaucoup de précision dans l’exécution , est parfaitement bien entendue , & que l’auteur est parvenu par cette disposition à diminuer beaucoup les frottemens qui résultent de la manière ordinaire dont on fait marquer les secondes concentriquement. Après avoir fait connoî-tre les moyens que le C. d’Ivernois employé pour faire marquer les secondes par un coup sec , il faut passer à la montre à cadran demi-circulaire. Les montres dont les aiguilles indiquent différentes parties du tems , & qui les marquent concentriquement sur différens cercles du même cadran , ont plusieurs inconveniens : il en résuit# souvent de la confusion, & ces aiguilles, lorsqu’on veut ménager la hauteur, se nuisent par leur proximité & se frottent même quelque fois au point de faire arrêter la montre. C'est pour éviter ces 1 P d 2
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- incôiivénieîîs que le C. d’ïvernois a fait dans la sienfle’les difïefentes aiguilles sur des cadrans demi-circulaires, comme nous allons rexpliquer.
- Le plus grand destiné aux Heures 6t aux minutes, & qui forme la moitié de la plaque générale , où se trouvent ces demi-cadrans ^ en occupe toute la partie supérieure-. L'arc de ce demi-cadran est divisé en douze parties qui forment les différentes heures du jour , & dont les nombres sont èn chiffres arabes, placés au dessous verticalement ou sans renversement. Cet arc est aussi divisé en soixante parties ou minutes, désignées par des chiffres arabes placés au dessus.
- Du côté gauche, au dessus de ce cadran demi-circulaire, il y en a un autre plus petit 6c qui porte la division des douze mois de l'année. Enfin de l’autre côté 6c à la partie droite, il y en a un troisième sur lequel se trouvent les quantièmes du mois. Nous ne devons pas oublier de dire que cette montre qui est à secondes , les marque sur un petit cadran formant un cercle entier qui est au milieu du grand cadran demi-circulaire. Les cadrans de cette montre, excepté celui des secondes , n’offrant qu’une demie-circonférence , il faut, quand l’aiguille est arrivée à une de ses extrémités , qu'elle retourne par un saut brusque 6c précis en arrière au point d’où elle étoit partie , afin de recommencer ensuite une autre révolution. Or comme cet effet est l’effet général de toutes ces aiguilles, il suffira d’expliquer comment il s’exécute pour une d’entre elles , pour qu’on conçoive sans peine comment il s’exécute pour les autres $ nous prendrons pour exemple l’aiguille des minutes. La chaussée ordinaire qni fait son tour , comme on sait , en une heure, porte un limaçon sur lequel s’appuie constamment une bascule qui est portée par un rateau qui engraine dans un pignon qui tourne sur cette chaussée 6c qui porte l'aiguille, des minutes. Ce rateau tend continuellement, au moyen d’un léger ressort, à ramener l'aiguille dans lé sens opposé à celui dans lequel il se meut. Il résulte de là qu’à l’instant où la bascule échappe de dessus le limaçon , elle tombe sar la tête de ce limaçon 6c ramène dans ce mouvement, par l’effet du ressort qui pousse le rateau , l’aiguille au point d’où elle étoit partie, 6c son mouvement recommence ensuite 6c se fait de même qu’auparavaut. Or, comme cet effet se produit d’une manière très-prompte 6c très-instantanée , il n’y a en quelque façon aucun tems perdu. Il est facile d’imaginer que par la disposition de la quadrature , l’aiguille des heures 6c celle des quantièmes 6c du mois , sautent de même à l'époque où elles doiveut retourner en afnerf pour recommencer leur course; il y*a même ujce disposition ingénieuse , par rapport au mois de Février, pour que les aiguilles sautent en arrière 6c qu’elles marquent l’une le mois de ô£ars 6c F autre* le premier de ce mois ; mais nous craindrions
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- d'être tfop longs en entrant dans tons les détails nécessaires pour expliquer comment ces effets se font. Nous ajouterons au surplus qu’on a déjà employé dans l’Horlogerie, en plusieurs occasions, des moyens pour faire revenir en arrière des aiguilles qui avoierit une course demi-circulaire»
- Ces deux montres ayant été présentées à l’Academie des Sciences en 1791 , voici comment s’expliquèrent dans leurs conclusions les •commissaires chargés d’en faire le rapport :
- « Nous concluons de tout ce que nous venons d’exposer: que
- la manière dont le C. d’ïvernois fait revenir en arrière les aiguilles dans sa montre à cadrans demi-circulaires que nous venons de décrire , est simple <5c que les effets en sont sûrs. 2U. Que sa montre à secondes concentriques , les battans par un coup sec & avec une précision nouvelle, enfin par un mécanisme qui entraîne moins dé frotternens que la méthode employée ordinairement, nous paroit mériter par ces divers avantages , d’être approuvée par l’Académie» D’ailleurs, ces deux montres sont parfaitement bien exécutées. »
- Toujours occupé de son art, le C. d’ïvernois a joint aux différentes pièces qu’il a présentées au Bureau de Consultation un mémoire intitulé : Exposé succinct de l’Horlogerie en général, de ses prin-/ cipes, de ses règles & des moyens dont on peut parvenir au per-fectionnement de cet art.
- Quoique la partie de l’Horlogerie qui s’occupe particulièrement de l’Isochronisme soit la plus importante de cet art, & que ce soit pour elle qu’on ait porté les pendules <5c les montres marines au degré de perfection où elles sont aujourd’hui, cependant cet art est si étendu qu’on ne peut trop s’appliquer à en perfectionner toutes les parties, & surtout les montres ordinaires , dont l’usage est si général. En effet il y a mille occasions dans la vie, où quoiqu’on n’ait pas besoin de toute la précision des montres marines, il est avantageux d’avoir des montres qui aillent avec une certaine justesse, & c’est rendre un véiitable service à la société qfte de multiplier les moyens d’en faire , sans parler des grands avantages qui peuvent en résulter pour le commerce de l’Horlogerie.
- Nous avons lu ce mémoire avec attention , & nous entrerions dans le détail, pour le faire mieux connoître, si nous ne craignions pas d’étendre ce rapport au delà de ses justes bornes j il nous suffira de dire que ce mémoire nous a paru contenir en général des vues justes sur les moyens de perfectionner les montres ordinaires.
- Nous venons de faire connoître au Bureau de Consultation les différens travaux du C. d’ïvernois , ce qu’il a fait pour perfectionner l’échappement à double virgule, sa montre battant les secondes exactement & par un seul coup sec , & celle dont les cadrans sont demi-circulaires , pour éviter la confusion des aiguilles réunies dans un même centre, approuvées par l’Académie des Sciences. On a vu
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- que versé clans la théorie de son art, li n’est pas moins habile dans la pratique, ayant exécuté lui-même en entier les deux montres de bague à répétition & à secondes, dont nous ayons parlé. De tout ce que nous venons d’exposer, nous concluons que cet artiste, qui s’occupe depuis plus de quarante ans de la perfection de son ’art , est dans le cas , vu ses inventions 5c ses efforts pour perfectionner l’Horlogerie, de mériter le maximum de la seconde classe des récompenses nationales.
- Nous avons l’honneur en conséquence de proposer au Bureau de Consultation d’accorder au C. d’Ivernois le maximum de la seconde classe des récompenses nationales , c’est-à-dire , 3ooo livres , à cause de ses travaux 5c découvertes en Horlogerie, & le minimum il raison de son âge de plus de soixante ans.
- (Conclusions adoptées. ) DETROUVILLE, LEROY.
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le 11 Mai 1793, Pan deuxième de la République française.
- Nota. Le C. d’Ivernois demeure rue du Paon , Hôtel Notre-Dame.
- ART DU CARDIER.
- Raüport concernant le C. Hache.
- N O U S avons été chargés par le Bureau de Consultation de lui rendre compte des titres que le C. Hache , Cardier à Louviers , pouvait avoir aux récompenses nationales 5 nous allons remplir ses intentions à ce sujet, après avoir remarqué qu’il a satisfait à toutes les formalités que la loi prescrit.
- Le C. J. J. IJ a ch e frappé de l'état d’imperfection où se trou-voit l’art du Cardier en France, malgré son importance pour toutes nos liiatures de faine 5c coton , informé de tous les moyens que les Anglais a voient imaginés pour en rendre les résultats plus réguliers & plus propres à toutes les opérations du cardage , s’est occupé depuis plusieurs armées, avec autant d’activité 5c d’intelligence que de dépenses, a se procurer ces moyens 5c à les mettre en activité dans son attelier.
- Il a commencé d’abord par faire construire , d’après des modèles qu’il a trouvés à Troÿes , les ingénieuses machines de Kay pour piquer régulièrement les cuirs , 5c pour plier les dents des cardes. Il fit plus’, il suivit dans l’attejier du C. Méard, Cardier à Troyes , 5c fort habile dans son art, toutes les manœuvres raisonnées que l’usage de ces machines exigeoit. Enfui par une étude survie de leurs
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- îîicmvemens, Il est parvenu à en obtenir les plus beaux résultats. Mais on sent qu’il n’auroit pu satisfaire aux besoins des grandes manufactures qui l’environnoient , s’il eût été borné a son seul travail. Il forma donc des ouvriers auquels il inspira le goût des opérations raisonnées qu’il substituoit chaque jour à la routine ; on sent que cette entreprise exigea de lui deux sacrifices , celui du tems perdu 6c celui des matières que des ouvriers novices - détruisent, avant de pouvoir en faire un emploi utile.
- A mesure que le C. Haclie montoit ainsi ses atteliers , en y introduisant les machines de Kay , 6c en formant des ouvriers à leurs raouvemens, il étoit encore attentif à ce qui se passoit ailleurs : ayant appris qu’il y avoit dans une ville fort éloignée de bouviers une machine propre à faire les dents tles cardes , plus parfaite 6c plus simple que la première, il eut soin de se la procurer. Ou sent qu’il perfectionnoit aussi les procédés qui dépendent de la main-d’œuvre, à mesure que ses machines lui offroient des élé-mens plus parfaits pour la composition des cardes. Nous comprenons dans ce genre de travail les cardes plus fines 6c celles qu’il fallut faire pour garnir les rouleaux ou cilindres des nouvelles machines à carder , qui se construi3oient pour lors à Paris , à Rouen 6c dans d’autres fabriques où l’on faisoit des entreprises de grandes filatures ; 6c suivant les certificats de tous les entrepreneurs , il pa-roit que les cardes fournies par cet artiste étoient les plus propres qu’ils eussent pu se procurer pour remplacer les cardes anglaises dont on avoit prohibé la sottie.
- Nous devons dire ici que le C. Hache n’a pu obtenir de si grands 6c de si prompts succès qu’en mettant à contribution deux arts qui doivent concourir avec tous les moyens industrieux qu’il avoit mis en activité dans son attelier. Le premier est l'art de la Trifilerie : on sait que la qualité des cardes dépend surtout de celle du fil de fer qu’on employé dans les dents , 6c qui doit avoir différent degrés de force 6c de finesse , suivant la destination des cardes. C’est dans les vues de se procurer tous ces avantages, que le C. Hache fit venir d’Orléans ün habile ouvrier qui a tiré sous ses yeux à la filière, tout le fil dont il a fait usage , 6c lui a donné la force 6c la finesse convenables.
- Le second art est celui de la préparation des cuirs qui servent de base aux cardes. Cette préparation consiste dans un apprêt qu’un habile corroyeur donne à ces cuirs , 6c qui leur communique le dég’é d’assouplissement nécessaire sans nuire à leur force. Far ce moyen les dents des cardes sont solidement établies dans leur base, sans cependant conserver une roideur qui déchireroit les brins de laine ou de coton, plutôt que de les entr’ouvrir.
- Telle est l’exposition succincte des différens travaux entrepris 6c
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- Suivis depuis huit ans, avec le plus grand zèle & Pintelîigence lai plus active par le C. Hache, pour établir à Louyiers le nouvel art du Cardier. C’est tomme on a vu , en redoublant chaque jour de soins , d’industrie & de dépenses, qu’il s’est mis en état de satisfaire aux besoins de toutes les manufactures de filature de Louviers„ de Rouen, de Paris & des environs, par des fournitures de cardes , dont la qualité & les différentes formes ont remplacé celles des meilleures fabriques étrangères : en conséquence nous pensons que le C. Hache mérite le maximum de la seconde classe, c’est-à-dire, trois mille livres» (Conclusions adoptées.')
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts de Métiers, le 17 Avril 1793 j l’an deuxième de la République française.
- P E S MA, R E S T, TR OUVILLE.
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- BOUGIES ET AMIDON.
- Rapport concernant le Citoyen Marchant»
- Jtaf.Ë Comité d^agriçulture St de commerce de la Convention nationale, a envoyé au Bureau un mémoire du Ç. Marchant, de la section du Finistère, sur les moyens de faire avec des fèces d’huile de poisson , de la bougie, qui ne, re vieil droit qu’à douze sols la livre, de sur l’emploi de la farine gâtée pour en faire de l’amidon» Ces deux procédés sont communs St. pratiqués en France depuis long-tems y. mais la bougie faite avec les fèces d’huile , dont il existe plusieurs établissemens à Rouen St à Paris , doit revenir à beaucoup plus de douze sels , à. moins que par la suite de ses travaux P 3e C» Marchant ne pr Tnt réellement à, mettre dans le commerce, des bougies de fèces d’huile, à douze sols la livre, la livre de matière première en coûtant au moins vingt-quatre sois à Paris.
- Nous joignons à. ce rapport, une bougie faite par, le Cf Marchant, qui paroit exercé dans cet art, de qui pourra peut-être par la suite y ajouter quelque degré d’économie ou de perfection. Quant à la farine gâtée, on connoit bien la manière d’en faire l’amidon,^ & on ne néglige point de la mettre en pratique. Ainsi en applau-. dissant au zèle de l’auteur, nous pensons que son mémoire & les expériences, qu’il a faites en présence de vos Commissaires , ne présentent rien de nouveau qui puisse attirer, un regard particulier.du
- Comité.
- A- Paris, au Bureau, de Consultation, le 27-Mars. 1790, l’an deuxième de la République française»
- DESMAREST, SILVESTRE, FOüRCROY»
- On s’abonne che\ Chemin, Imprimeur, Rue de Glatigny-, N°. 7, cl)e^ Lefefre , Archhefle-Eut repreneur , Rue S .-Sauveur , N9. 19•
- Le prisa de U: foujeription ejl de iz liv.par an pour Paris, & de 1J liv
- en la cité, & .
- . pour les JD& .
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- Rapport concernant M. Bastide
- JL ^ O U S ayons été chargés par le Bureau de Consultation , MM. Vandermonde , Hassenfratz & moi, de lui rendre compte des titres que M. Bastide , forgeur de métiers à bas j peut avoir aux récompenses nationales , 6c nous allons remplir à ce sujet les intentions du Bureau.
- M. Bastide avoit exécuté dès l’année 174^, les presses à guillocher,, ou du moins il est constaté par plusieurs témoignages authentiques qu’il les a fait councître vers ce teins dans les Cevennes , à Nîsmes 6c surtout à Lyon , où il les porta à un tel dégré de perfection que par leur moyen on y fabrique les bas doubles 6c les tricots en dorure. Nous pouvons assurer même que M. Riyey tira de ces presses mêmes de grands secours dans la fabrication de ses tricots à mouches pour habits..
- En 1766 , M. Bastide trouva un moyen simple d’empêcher le bruit que fait le contre-poids qui relève la presse , en le remplaçant par un tambour à ressort qui supprime ce bruit , 6c surtout la commotion qui résultoit dans les apparteinens de la chûte précipitée 6c fréquente du contre-poids.
- Ce fut à peu-près dans le même tems qu’il changea la forme du grand ressort 6c qu’il en modéra les effets, suivant qu’il eon-venoit, pour que ouvriers ne fissent pas de trop grands efforts dans l’assemblage..
- Toujours dans les mêmes vues de simplifier les opérations du métier à bas ordinaire , 6c de les rendre plus faciles , M. Bastide supprima les roulettes 6c les gorges de loup en faisant mouvoir le principal équipage qui se meut devant en arrière ou d’arrière en avant sur deux points d'appui qui en rendent les manœuvres très-douces 6c fort faciles à exécuter par des jeunes gens de treize à quatorze ans. Plusieurs fabricants témoignent dans les certificats qu’ils ont donnés à M. Bastide, leur reconnoissance pour les sou* lagemens qu’eux 6c leurs familles ont trouvés dans ce changement, 6c pour la perfection des ouvrages qui fut naturellement l’effet de ce soulagement.
- Nous devons placer sur la même ligne une réforme importante que M. Bastide fit au métier à bas , à peu-près dans le meme-tems , en exécutant deux équerres qui forment la barre mouvante , en supprimant les marmouzets 6c leur substituant des ressorts qui relèvent la bascule ; enfin en remplaçant les pièces qui portent lu barre à chevalet paj des supports mouyans.
- •N*. 3u IL Trim, Tenu I. E ©
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- Ën 1789, M. Bastide fut occupe de la construction du ratéaù dont M. Caiilon avoit rapporte la première idée de l’Angleterre , 5c qu’il fit exécuter sans aucun modèle. M. Caiilon avoue généreusement, dans le certificat qu’il a donné à M. Bastide, les obligations qu’il lui a pour avoir construit ce rateau , & l’avoir adapté avec autant d’adresse que d’intelligence aux métiers ordinaires : c’est aussi par le secours du même artiste que plusieurs fabri-cans industrieux , de Paris de de Lyon , ont tiré de si grands avantages du râteau de M. Caiilon pour la fabrication de plusieurs sortes de tricots qu'ils ont exécutés d’après des échantillons.
- Vers le même terris* M. Bastide donna un moyen fort simple & fort expéditif pour fabriquer des tricots à trames de soye & de dorure, eh construisant une barre à aiguilles qui s’introduisoit entre les mailles ordinaires, 5c qu’un contre-poids retiroit promptement de l’ouvrage.
- . C’est au même artiste qüe nous devons la connoissance 5c la perfection de la machine à fabriquer les mailles renversées conjointement avec le métier à bas ordinaire , oc dont la première idée est de M. Sarrazin , habile aitiste dans le même genre que M. Bastide. C’est avec cette machine, que Pan a long-tems exécuté , soit à Paris , soit dans les provinces , les bas à côtes , surtout avant que d'être en possession des nouveaux métiers anglais, sur lesquels iis se fabriquent avec plus d’avantage.
- En 1788 , toutes*ces additions 5c réformes que M. Bastide avoit faites au métier à bas ordinaire* pendant environ a5 ans * 5c dont il avoit enrichi , comme on voit , l’industrie ^ançaise , ce même artiste fut jaloux de les adapter au métier de l’Académie des Sciem ces* 5c il Pa fait avec autant d’adresse que d'intelligence, 5c de manière que toutes les nouvelles combinaisons de mailles qui ont eu lieu dans ces différentes sortes de tricots inventés depuis cette époque , se peuvent fabriquer sucessivement sur ce métier, en changeant de très-petites pièces.
- Nous sommes en état cle montrer dans une suite d’échantillons qui sont exécutés avec une grande précision, les ré ultats de toutes les opérations du métier à bas de l’Academie des Sciences, qu’on a varié par tous les moyens dont nous venons de rendre compte.
- Si l’on résume bien tous ces moyens , on trouvera que presque tous les mouvemens qui complettent les mailles nouvelles, oC leur introduction dans les anciennes, ont été rendus plus faciles 5c plua prompts par tous les ehan.gemens que Bastide a faits au métier à. bas : ces formes , suivant les certificats des plus habiles bonnetier de Paris & de Lyon, ont contribué antapt à soulager le* ouvrier qu’a perfectionner le* ouvrages, en les doublant même dans certains cas.
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- D’après tons les détails, qui précèdent, le Bureau de Consultation doit sentir quelles obligations la Bonneterie française d.oit avoir à M. Bastide $ avec quel zèle & talent non-seulement il a fait des améliorations & des réformes importantes au nietier a bas, mais encore il a contribué; à rendre utiles les découvertes des autres artistes qui ont travaillé dans cette partie.
- Le Bureau de Consultation a accordé à M. Bastide le minimum. de la première classe, c’est-à-dire, 4°°° livres, & pareille somme à raison de son âge de plus de 6e ans.
- A Paris , au Bureau de Consultation , le 19 Septembre , 1792 »
- HASSENFRATZ , DESMARETS , VANDERMONDE.
- M. Bastide demeure rue de la Jouaillerie , Apport-Paris.
- Rapport concernant le Citoyen Barthélémy.
- Ï-J * A S S E M B L É E nationale avoit renvoyé au Bureau de Consultation l’examen des procédés du C. Barthélémy , relativement à la purification du salpêtre & à la fabrication de la poudre à tirer. Les commissaires qui furent chargés par le Bureau de Consultation de suivre ces procédés, firent au Bureau un rapport qu’il approuva, & qui fut reavoyé à l’Assemblée nationale.
- Le C. Barthélémy ayant perdu l’espérance d’obtenir de l’Assemblée nationale une récompense, ou même une indemnité , quoique le rapport qui a été fait par le député Garreau , ait été très favorable , il s’est présenté au Bureau de Consultation, en remplissant les conditions prescrites par la loi, pour les récompenses des* tinées aux artistes.
- Le Bureau a chargé de l’examen de sa demande les mêmes Commissaires qui lui avoierçt fait le premier rapport , & comme
- dans ce rapport ils ont présenté le résultat des expériences qu’ils ont suivies avec une exactitude scrupuleuse, iis vont le remettre sous les yeux du Bureau, & ils se borneront à y ajouter leur opinion sur l’espèce de récompense qu’ils croient devoir être adjugée au C. Barthélémy.
- Vos commissaires pensent qu’indépendarnment du. mérite des procédés du C. Barthélémy pour la fabrication de la poudre , vous devez prendre en considération la perte qu’il a éprouvée , en négligeant les avantages de son industrie , pendant plus de deux ans qu'il Vest flatté de fausses espérances , & les dépenses qu’il a faites , non seulement pour établir son procédé, mais pour les longues épreuves qu’il a faites a ses frais , & à deux reprises , devant le« commissaires qui lui ont été donnés.
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- Ils tous proposent donc de lui accorder le maximum de la première classe, c’est-à-dire 6000 livres. (Conclusions adoptées.')
- A Paris , au Bureau de Consultatisn des Arts de Métier® , le 20 Mars 1793 , Pan deuxième de la République française.
- COULOMB, PELLETIER, BERTHOLET.
- Le CT Barthélemy demeure rue S.-Antoine, au calé de Maltlie.;
- Rapport concernant le C. Boileau.
- ï L a été adressé par le Ministre de la guerre , au Bureau de Consultation , un .mémoire du C. Boileau , dont le Bureau a chargé les Commissaires soussignés de lui rendre compte.
- Le mémoire du C. Boileau , ne contient qu’un projet de réglement pour établir des signaux depuis Huningue par Betfords ôz Blamont, jusqu’à Besançon. Ces signaux sont destinés à faire connoi-Ire en peu de minutes , dans ces différentes places, les tentatives que l’ennemi pourront faire sur quelque 'point de la partie de frontière qui y correspond.
- Nous observerons au Bureau que ce mémoire ne présentant qu’une application particulière des signaux en usage depuis long-tems dans les guerres de terre , de surtout de mer, ne peut être apprécié que par les personnes qui sont au fait des circonstances locales du pays où le C. Renie au propose d’établir les pavillons de signaux $
- Que le.réglement d’ordre & de police proposé par le même Citoyen,, ne peut être admis , qu'autant qu’il pourra l’adapter avec le plan général de défense, de l’Oificier qui commande sur cette frontière y
- Qü’ainsi, sous aucun point de vue, le projet du C. Boileau n’a de rapport avec les objets sur lesquels le Bureau de Consultation; puisse donner son avis.
- A Paris , au Bureau de Consultation des Arts St Métiers, le 3 Avril I790, l’an deuxième de la République française.
- BORDA, COULOMB.
- On s’abonne cht\ Chemin Imprimeur,, Rue de Glati g ny , NQ. y, en la tice, & <cfie\ LtFEVRE , A rc h ne tle-Entrepreneur , Rue S .-Sauveur , N®. ip.
- Le prix de la Joujcript\on ejl de 11 la', par an pour Paris , de 1 y liv pour les £L.
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- PISTOLET
- ,A SEPT COUPS.
- Kajjjjort concernant le CV Gass , Chymiste.
- JL L n’est pas nécessaire d'avoir de grandes comioissancës eu Pyrothecriie , pour savoir comment les parties d’un feu d’artifice , soit qu’elles ne fassent que fuser, soit qu’elles éclatent avec fracas, so transmettent successivement le feu que la première tient de la main de l'artificier. On sait qu’elles-sont composées de réservoirs pleins deaé matières , dont la déflagration doit offrir les effets que l’auteur a. désiré produire, & que leur combustion finie, le feu ayant atteint le fond du réservoir , allume une mèclie qui le porte au réservoir voisin, & ainsi de suite. Ceg réservoirs sont faciles à établir avec; ordre, si l’on est maître de choisir l’espace ; il n’en est pas ainsi si l'on est force de placer près les unes des autres des matières t'tès4iifi.ammables, & qui détonnent avec violence. On connoit la. pièce d'artifice appellée chandelle romaine y c'est un composé de-plusieurs lits de poudre à canon , & de poudre médiocrement inflammable,. placés alternativement les uns sur les autres dans un tube destiné à cet effet. La première charge étant brûlée, laisse le f u au second lit , qui le transmet au troisième , & ainsi ds suite-On sent aisément combien une telle composition est sujette à manquer, sans même que les explosions éprouvent de résistance, 6c: si la chose avoit lieu , si elles chassoient des balles , par «exemple les' charges inférieures' seroient comprimées avec violence <$c dérangées d'autant plus facilement que les balles devroiènt être ensevelies au milieu du lit de communication.
- De ces considérations, il suit que pour mettre avec sticçès , dans ttn seul canon, plusieurs charges les unes sur les autres, d>: dont le départ se fasse successivement & avec ordre en chassant des ’ halles, on a ces conditions à remplir que le feu soit transmis-
- invariablement' d’une charge à l’autre dans un instant sensible. 2®, Que la compression qu’éprouyent les charges inférieures 1;s puisse ’ Ds déranger.
- Ces di acuités ont été levées par lé C. Gass , d’une manière aussi ®ùnplo qu’ingénieuse. - Le moyen qu’il a employé dépend tout entier de là structure de ses balles ; elles consistent erT un ciîindrè de
- plomb portant sur le milieu' d’une de ses bases une queue ou appendice , percée, dans toute sa longueur , ainsi que 1e corps ue Halle. Ce petit canal se remplit de pulverin, &• sert de .meclie communication entre les charges' : ciiacùn cej alppénuices toinnè^ Vers la lialie inférieure, qu’il né touche pAS à cause- ce .. éparssen*' M. Sa. 11. Xnm. T-om. l.>-• F fi
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- de îa charge;1 établît à î’œil une espèce etc colonne rndentée^ dont les étranglemens forment les réservoirs de la pondre , & les tambours des cloisons qui séparent les charges les unes des autres , d’autant plus exactement que Gass enveloppe de futaire leur pourtour. D’après cet exposé , tout le monde saisit comment 3a communication du feu est invariable en terris déterminés , oc comment les charges ne peuvent être dérangées par la compression.
- Pour faire l’épreuve de cette méthode de charger une arme à feu , on peut employer la première qui tombe sons la main, pourvu cependant qu'on ouvre une lumière à l’enclroit qui correspond à la dernière charge ; mais pour tirer tout le parti possible de cette invention, il seroit nécessaire d’avoir, des armes à canons brisés , auxquelles en pût adapter aisément des tonnères de rechange , qu’on auroit soin de donner tout chargés , en certain nombre, aux hommes qu'on voudroit armer de la sorte. Cette idée n’a pas échappé au C. Gass , comme le prouve la structure du pistolet dont il a lait ses essais , oc qui lui a servi pour les expériences qu’il a réitérées en notre présence , & dont nous allons vous rendre compte.
- Ce pistolet a été constamment chargé de sept coups : dans le premier essai , il en est parti cinq , & deux sont restés au fond
- du canon; dans le second essai, après cinq explosions, le canon ç’est trouvé vuide ; dans le troisième essai six coups se sont faits entendre , Si rien n’est resté dans le canon. Nous avons repris l’expérience quelques jours après, deux décharges ont été faites , de dans chacune on n’a entendu que six coups, quoique toutes les charges eussent été brûlées. Enfin dans une troisième reprise les sept '"coups ont parti régulièrement; il faut observer que les coups se succedoient à-peu-près à la distance d’une seconde l’un de l’autre, de que les décharges finies, le canon étoit médiocrement chaud.
- Il résulte cle ces expériences qu’une arme dans laquelle on svoit mis sept charges suivant le procédé du C. Gass, a constamment tiré cinq coups , & plus souvent six, <Sc quelque fois sept coups. Ce succès suffiroit pour nous faire dire qu’il a rempli l’objet promis , qui est de faire tirer dans une décharge d’un seul canon plusieurs coups de suite.
- Mais il a observé que lorsqu’il se servoit d’excellente poudre , ou bien que si , n’en ayant que de mauvaise , il augmentait sa quantité , il obtenoit constamment un succès complet ; ceci tient à des causes physiques très-curieuses, mais qu'il seroit trop iong de rapporter ici.
- On objectera que la forme sphérique est la meilleure pour les balles, & que celles de Gass, exceptée celle de la première charge , sont privées de cet avantage. En convenant du fait, nous observerons que, quoique les .charges de son pistolet fussent très-foibles;
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- Vs balles ônt percé à vingt-cinq pas des plan clics de plus d’un ponce d’épaisseur, de se sont écrasées contre le mur voisin.
- L’objet qui nous occupe nous a été transmis par deux voies différentes : l’une est celle du Comité militaire de la Convention, nationale , & 1 •'autre celle du Ministre de l'intérieur : nous devons donc deux réponses.
- Quant au Comité militaire , nous croyons qu’on doit lui répondre que l’invention du C. Gass réussit, qu’on pourroit l’appliquer, peut-être, aux canons, mais bien sûrement aux pistolets <5c aux fusils , de qu’on pourroit munir les soldats à qui on donneroit ces armes., de chacun au moins six tonnères de rechange chargés , savoir ceux des pistolets, de six coups , & ceux des fusils, de douze. Ou doit ajouter cependant que, pour prononcer définitivement sur cette invention, quoique bien des raisons militent en sa faveur, il fau-droit (pue l’essai en eût été fait en présence de l’ennemi. Les raisons favorables à cette découverte sont que suivant la méthode ordinaire, une très-grande partie des fusils sont mal chargés dans la chaleur du combat, que d'usage trop fréquent use les batteries, détruit les ] ierres, & fait rater l’instrument ; que les charges
- souvent répétées fatiguent le soldat, <5c qu’il n’est plus si frais ni si dispos après une fusillade, pour donner'à l’arme blanche, au lieu qu’iei les charges seroient toujours parfaitement bien mises , les batteries rie seroient point fatiguées , & le soldat n’auroit presqu’au-tre chose à faire qu’a tenir son fusil tourné vers l’ennemi , £c l’effet des premiers coups lui serviront même à diriger les autres.
- "Le premier essai d’armes nouvelles a presque toujours décidé le gain d’une bataille. L’épouvantable fracas que feroit celle ci , la pluie de balles dont elle couvriroit l’ennemi, en portant fréquemment la mort dans ses rangs , y jetteroient la terreur , l’effroi de le désordre qui en est inséparable.
- On pourroit proposer dé faire fabriquer de ces fusils pour eu armer d’abord un ou deux régimens d’infanterie , & des pistolets , pour autant d’escadrons de cavalerie ; il nous semble qu’ils seroient très-utiles sur les vaisseaux pour l'abordage.
- Quant ai? Ministre de l’intérieur , qui vous a envoyé la demande du C. Gass , revêtue de toutes les formalités prescrites par la loi à ceux qui aspirent aux récompenses qu’elle décerne aux inventions utiles , votre réponse sera le prononcé sur la récompense que mérite cet objet, récompense, que, vû la simplicité du procédé, l’utilité dont il peut être, surtout dans les circonstances présentes, de vu principalement le génie & le caractère de l’auteur qui ne manquera .pas de la faire tourner à l’avantage de la République , nous estimons devoir être le maximum de la 2e. classe des ré-/compenses nationales, c’est-à-dire trois mille livres.
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- A Paris; au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, îe jf Mai 1793, l’an 2e. de la République française une de indivisible,.
- TROUVILLE, JUMEL1N, DUMAS.
- De Bureau de Consultation des Arts de Métiers , après avoir entendu le rapport de ses Commissaires sur l’exécution d’un pistolet a sept coups de suite de sans interruption, inventé par le C. Cass, considérant que cette arme est simple de ingénieuse dans sa combinaison , de qu’elle^ peut être fort utile dans plusieurs circonstances,, est cl avis, conformément à la loi du 12 Septembre 1791, que le C. Gass mérité le maximum de la seconde classe des récompenses nationales f c est-à-dire 3ooo livres.
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts de Métiers, le 4 Mai 1790 , i an 2e. de la République française , une de indivisible.
- B E R TII O L E T , Président, T RO U VILLE, Secrétaire,
- A N N ONCE S.
- Manuel des Goutteux & des Rhumaùstes , ou V Art de se traiter sol-meme de la Goutte,, du Rhumatisme, & de leur complication5 avec a manière de s’en préserver, de s?çn guérir 8c d'en éviter la récidive. Troisième édition.
- Par M. CACHET, Doéieur en Médecine, Membre de l’Académie des arcade* de Rome, du Ma fée de Paris, 8cc. Porte S.-Denis, rue Beauregard , N°. 50$ vo-lmne uiT : 2 , broché, 3 livres 10 fols port franc par la polie, en s’aurellant à l'Auteur p„r lettres affranchies.
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- Il paroii deux cahiers de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque cahier séparément ejl de 3 sols, et celui de la souscription pour l'année ejl de 12 Civ. pour ’ Paris y et de 13 liv, pour les dèpanemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES-WRTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS DÉCOUVERTES ET PERFECTION-ME MENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- lç, à * V Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. y, en Là Cité, au Mis du Pont Notre-Dame.
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- Rapport concernant le C. Raoul.
- O U S ayons été chargés par le Bureau cle Consultation de lui rendre compte des travaux du C. Raoul dans l’art de fabriquer des limes.
- Presque toutes les limes employées dans la République française se tirent d’Allemagne & d’Angleterre j très-peu sont fabriquées en France , c’est une espèce d’industrie que les étrangers nous ont toujours enlevée.
- Des tentatives ont été faites dans divers endroits , de toujours sans succès. Il est à désirer cependant de sortir de la dépendance des autres Puissances pour cette fabrication , de d’entrer en concurrence avec elles , pour fournir les autres peuples de l’Europe..
- Les limes se fabriquent à la main ou avec des machines dans les: manufactures les plus considérables de l’Allemagne de de l'Angleterre. Les limes y sont fabriquées à la main , très-peu le sont avec des machines.
- Un grand nombre de ces machines ont été faites , plusieurs ont été employées j il y en a en Allemagne , il y en a en Angleterre „ on en a même employé en France.
- Elles se réduisent toutes à maintenir sur un chariot , l’acier qui doit être taillé ^ à placé dessus un ciseau oblique de incliner, à faire frapper un marteau sur le ciseau , à faire marcher le chariot à pas égal de à faire relever le ciseau après chaque coup de marteau.
- Ces machines construites en grand, peuvent être mues par Peau,, par des animaux, ou par des hommes, de un grand nombre de limes peuvent être fabriquées à la fois par la même machine.
- Dans la plupart de ces machines, de particulièrement dans toutes celles que nous avons vues, soit en Allemagne, soit en France, le ciseau étoit séparé du marteau, restant constamment à la même place de étoic soulevé à chaque coup par un ressort qui lui étoit; adapté.
- Le mécanisme que présente Raoul , a cela de différent k la plupart des machines connues, que le ciseau tient par son seul frot-~t» tement après le marteau , de qu’il économise par là une complication de machines destinées à séparer le ciseau du marteau , qu’amortiroit le coup du marteau par le ressort employé pour *ou*~ lever le ciseau.
- #°. 33. Juin. 2e. Trim. Tom. I. G £'•
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- lie Bureau pourra voir !a machine de Raoul déposée dans Ta-galle de ses conférences, cet artiste- a désiré qsdelle ne tït.t vue que
- Ear les membres du Bureau de Consultation, parce qu'elle est.
- eaucoup plus simple que les machines ordinaires 6c qu il ciésireroit profiter des avantages qu’elle peut procurer.
- Nous présentons au Bureau plusieurs limes fabriquées par Raoul; la pluspart de ces limes sont fabriquées à la main , quelques unes seulement, les plus fines , les plus délicates 6c les plus régulières , sont fabriquées a la machine.
- Il est facile dVppercevoir que ces limes sont au moins aussi parfaites que les limes anglaises ; aussi en vend-il beaucoup à des marchands qui exigent qu’il y mette le T, que portent les meilleures limes dés fabriques de ce pays , 6c qui les débitent comme en provenant.
- Les limes fines 6c délicates employées dans l’horlogerie, fabriquées par Raoul, paroissent avoir une plus grande perfection que celles que les horlogers tirent d’Angleterre.
- Depuis longtems , les limes des horlogers se fabriquent à Paris : deux artistes se sont succédés dans ce genre de fabrication , Carra 6c Jaques Lefort; le premier fabriquoit ses limes avec une machine, le second les fabriquoit à la main.
- Raoul réunit ces deux genres de fabrication, 6c les limes qu’il fabrique par ces deux moyens, sont estimées des artistes : beaucoup les préfèrent aux limes anglaises.
- Nous joignons à ce rapport des certificats d’ingénieurs en instru-t’rumens de mathématiques, d’horlogers, 6c de fabriquans de ressorts de montres , qui ont employé des limes de Raoul.
- Quoique Raoul employé pour la fabrication de ses limes, des limes anciennes 6c usées, ou de l’acier tout fait > il n’en possède pas moins l’art de fabriquer des cémentations, 6c s’il n’en fait pas directement, c’est que son établissement n’est pas assez considérable, 6c que sa consommation n’est pas assez forte.
- Cet artiste a cémenté devant nous du fer des forges du département du Cher, avec de la poussière de charbon , pure & sans mélange, 6c en a obtenu d’excellent acier; nous en présentons un échantillon au Bureau.
- Nous avons observé* que sa cémentation étoit de la poussière de charbon , pure 6c sans mélange, afin de faire connoître que cette substance seule suffit pour obtenir de bon acier, 6c que l’art consiste plus dans la conduite du feu pendant la cémentation que dans les composants du cément,
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- Kaouî n’à à Paris qu’un très-petit atteller pour , fabriquer des li-mes , mais il est possible que le débit qu’il en fait, réuni à quelques encouragemens, augmente sa fabrique & contribue à diminuer d autant la consommation des limes étrangères.
- Sq le Bureau de Consultation doit encourager des artistes , c’est particulièrement ceux dont l’industrie est dirigée sur des fabrications d objets., que les autres peuples nous fournissent, de la fabrication des limes est dans cette classe.
- La fabrication des limes de Raoul, réunissant un perfectionnement de machine de un perfectionnement de travail d’objets importés de l’étranger , de concourant déjà avec avantage sur les objets importés, mérite d’avoir part aux récompenses nationales, de les Commissaires proposent au Bureau de lui accorder le maximu ?n de la seconde classe des récompenses nationales, c’est-à-dire 3ooo livres. ( Conclusions adoptées. )
- Fait au Bureau de Consultation, le i5 Mai, 1798, Pan deuxième de la République Française une de indivisible.
- J. II. HASSENFRATZ, LEROY.
- Le C. Raoul demeure Place Dauphine, NC 31.
- HUILE A BRULER. '
- Rapport concernant le C. Canalès Oglou.
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- JLj E C. Charles Marie Canalès Oglou a sollicité l’année dernière ; une somme sur les fonds destinés à l’encouragement des Arts de de l’Industrie , pour l’employer à élever en France une fabrique d'Huile à brûler, de pépins de raisins ; cette Huile ne répand suivant lut ni odeur, ni fuinée, de donne une lumière aussi belle que la bougie.
- Dans un premier rapport qui a été fait de cette demande, dedans la discussion qui l’a suivie , il a été observé que la proposition du C. Oglou, ne présentoit rien que de connu , que les procédés qu’il iadiqnoit, étoient pratiqués dans quelques parties de l’Italie de dans le Levant, qu’ils ayoient été imprimés dans le Journal de Physique de 1772, Torn. premier, Page 302, dans l’Avant-coureur de la même année, Page 726, de dans la Feuille du Cultivateur, NQ. 127, du 21 Décembre, 1791-
- « Cependant le Bureau, par son arrêté du 26 Septembre dernier, 3* considérant qu’encore que les procédés qu’annonce Canalès
- * Voyez le pren.ier rapport, dix-feptiètnc cahier, pa^e 67»
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- ^ Oglou pour extraire de l’huile des pépins de raisin , se trouvent consignés dans divers ouvrages , néam moins cette méthode econo-?> inique qui se pratique avec succès en Piémont, en Italie oc dans y? tout le Levant n’a point encore été adoptée en France , & qu’il est intéressant de l’y accréditer par la voie efficace de l'exemple, 35 est de l’avis , conformément à la loi du 12. Septembre 1791, qu’il 37 soit accordé au C. Canalès Oglou , & à titre d’encouragement, ure 3? somme de deux mille livres , pour faire cette année des essais. 35 en grand. Les commissaires demeurent toutes fois chargés de sui-35 vre avec soin les expériences dont il s’agit, afin que, sur le rap-port circonstancié qu’ils en feront au Bureau, il soit par lui ?? statué, s’il y a lieu, sur les récompenses que pourra mériter le C, >2 Canalès Oglou. 33
- Le vœu du Bureau a été rempli : des expériences en grand ont été faites, & deux commissaires,, les Citoyens Servières & Jumeliii ,, en ont été témoins; mais l’immaturité des raisins de cette année, 4 empêché qu’elles n’eussent un succès complet ; les dépenses ont été grandes & les produits médiocres, le C. Canalès Oglou assure avoir dépensé une somme de 8000 livres , de il demande avec instance que le Bureau prononce définitivement sur la récompense h laquelle il croit avoir droit , &, sur laquelle le Bureau s’est réservé de statuer».
- D’après cet exposé , le Bureau a a examiner : i°. jusqu’à quel point la loi lui permet de décerner des récompenses pour des objets publiquement établis à l’étranger, & déjà connus en France par des ouvrages, imprimés.,
- z°, S’il n’est pas. contraire à Pesprit de la loi d’employer à favoriser des étabüssemens de fabrique, les fonds destinés à récompenser les découvertes faites par les artistes.
- 3y. Enfin s’il est permis au Bureau de récompenser des projets de fabrique, proposés , mais non encore réalisés.
- Le Bureau voudra bien , avant de prononcer sur ces questions se faire relire les dispositions de la loi*
- A Paris , au Bureau de Consultation des Arts & Métiers , le i5 Mai 179^ ,, l’an, deuxième de la République française.
- J U M E LIN,, L A V O I S IE R.
- Nota, Le G. Gàss , dont îe rapport a été imprimé dans le numéro précédent ^em,eu,e,, rae Fontaine.-au-roi, à.:la Manufacture de Porcelaine.,
- On s’abonne chei Chemin , Imprimeur, Rue de Glaelgny , N°. 7, en la cite, & Lefefre , Architefie-Entrepteneur , Rue S .-Sauveur, NQ.
- JLe prix de la foujeription efi de 11 liv. par an, pour Paris s 6' de. i| liv peur ksS>
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- jRapport concernant le C, Hébert la Tleigmcre.
- -t-i E premier but où doit aspirer l’éçuyer novice, est de se tenir ferme sur sa monture, de se lier tellement avec elle, que les mou* vemens les plus brusques 6c ies moins prévus soient incapables de l’eu séparer. Une fois parvenu à ce point capital, il pourra se livrer tout entier à un exercice dont il ne craint plus ies dangers, 6c cet abandon total avancera extrêmement scs progrès. Il ne tardera pas à manier son cheval avec grâce 6c facilité , à pouvoir, étant dessus, frapper sûrement en tous sens, à saisir avec force les objets qui l’environnent, à les ramasser à terre, en un mot à exécuter tous les tours de force 6c d’adresse dont est capable l’écuyer le plus habile.
- Dans les allures ordinaires , le cavalier n’employe g itères pour se tenir, que l'équilibre combiné avec les mouvemens du cheval j mais il n’en est pas ainsi , si Panimal se livre à des bourasques inopinées, si par des mouvemens de tangage, il élance en l’air celui qui le monte ; s’il se dérobe de dessous lui par des écarts impétueux; dans tous ces cas dangereux, le seul moyen de se garantir d’une çliûte violente, est de se lier fortement à la monture.
- Pour concevoir comment un homme peut s’attacher à l’animal qu’il monte, il faut observer que si l’on fait une section verticale de la poitrine du cheval debout , cette section présente un ovale dont le petit diamètre est horizontal : si Pon affourché dessus un squelette humain , on voit qu'il pose sur les tubérosités des ischions que les cppdiles internes des fémurs appuient à peu près sur les extrémités du polit axe de l’ovale, 6c que ces peints de liaison fortifiés , si les os sont revêtus de chair par les parties supérieures des molets, font l’effet, quand on rapproche les cuisses, de serres dont les extrémités recourbées embrasseroient un corps arrondi, 6c le retiendroient en raison de leur courbure 6c de leur pression.
- A ces moyens naturels de se tenir fermement à cheval , l’art peut en ajouter d’autres; la selle orne le cheval, met à l’aise le cavalier , mais en même-tems lui fournit une assurance plus ou moins grande. C’est cet objet que nous avons à examiner.
- On peut envisager sous deux rapports l’assurance que le cavalier reçoit de la selle ; car il peut se faire que ce ne soit que par enclavement, 6: alors il est saisi comme un corps passif, sans pouvoir modifier à son s\ré la tenue qu’elle lui donne ; ou Lien les moyens: A*. 34* £e* Tri ni. Tarn. I, ii h
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- qu'elle lui offre sont subordonnés à sa volonté , il peut s’en servir ou les négliger quand il lui plaît. C’est sur ce premier principe qu’est faite la sel!e , appellée selle à piquer, 8c qui jusqu’à présent a passé pour procurer la plus grande sûreté ; cette selle a des quartiers très-bombés ôc des battes devant 8c derrière, élevées de quatre pouces au dessus de l’arçon , à dessein de fixer solidement les aines 8c l’extrémité du tronc ; mais outre que la forme de cette selle ouvre trop les caisses , que l'élévation des battes en rend la sortie 8>c l’entrée difficile., qu’elle échauffe prodigieusement la cein-ture du cavalier en empêchant l’air de rafraîchir son epfourchure, elle a l’inconvénient essentiel d’assimiler un être actif à un être pasif : car le corps de l’homme est pris dedans , à-peu-près comme un tenondlans une mortaise. S’il est retenu dans sa position , c’est moins par le secours de ses aides que par l'encaissement qui l’y assujettit; or, on conçoit aisément combien ces entraves, dont-ii ne peut modifier l’action à son gré, peuvent être ' pernicieuses dans des mouvemens violens. En effet il n’est pas rare que dans les hou-rasques ou contre-tems du cheval , cette selle blesse le pubis ou las bombes de celui qui s’en sert , sans le mettre entièrement à l'abri d'être désarçonné.
- C’est en réfléchissant sur tous ces défauts de la selle à piquer , que le C. la Pleignicre à conçu l’idée de celle qu’il vous présente. La forme de chacune de ses parties est raisonnée avec justesse, les quartiers sont applatis 8c permettent aux genoux de se coler aisément contre le cheval. Nous avons oublié de dire en exposant les .défauts de la selle à piquer, que ses battes de devant qui montent trop haut au dessus du pommeau ne descendent pas assez bas , laissent les genoux se porter trop en avant, ce qui diminue d’autant l’enveloppe & la liaison nécessaire pour la tenue du cavalier 8c la justesse de ses aides. Dans celle du C. la Pieignière qui n’a point de battes de derrière, celles de devant ne montent pas jusqu’au pommeau , mais elles descendent au bas des quartiers, tiennent les jambes dans l’allongement convenable, fournissent aux genoux un point d’appui <5c mettent tout d’un coup le Cavalier en position.
- Mais l’invention principale du C. la Pieignière consiste dans deux petits rouleaux qu’il appelle tuteurs , 8c qui se trouvent logés sons le pli du jarret. Pour les- établir solidement, il a fixé dans la partie supérieure des sangles, deux plaques de fer portant chacune un écrou dans lequel ces rouleaux se vissent à volonté. Ces plaques peuvent se hausser, se baisser, se porter en devant ou en. arrière au moyen de courroies disposées pour cet effet, suivant que l'exige la longueur ou l’épaisseur des cuisses du. cavalier.
- On conçoit sans peine comment , dans cette position ,-le cavalier en fléchissant tant soit peu les genox, s'accrociie fermemejat aux
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- tuteurs & se procure une assurance d’autant plus solide que les muscles qui font ce mouvement sont très-forts, que la résistance touche la puissance dans ce levier du troisième ordre, que ces points de fixité sont les plus éloignés que puisse saisir le cavalier de ià ligne du milieu de son corps êc qu’il peut les saisir de le; quitter à volonté dans un instant imperceptible.
- Ces avantagés de Pinventlau du C. la. Pleignière sont confirmés put l’expérience j il est muni de certificats tant de novices que d’experts dans l’art de l’équitation , qui tous attestent * pour s'en être servis, qu’a Ve e sa selle , l’écolier le moins habile ne peut être désarçonné, que cet avantage lui permettant de se livrer tout entier aux leçons qu’on lui donné, le fait profiter infiniment plus que celui qui est obligé d’employer sans cesse la moitié de son attention à se tenir, que même le cavalier habile peut en tirer un grand ptrti dans les cas qui demandent de lui un violent exercice extérieur, comme dans les combats où il est obligé de s’employer tout entier, à attaquer, à se défendre, à secourir ses frères d’armes , ôcc.
- A tous ces témoignages nous avons voulu joindre celui de notre propre expérience , & pour cela nous nous sommes rassemblés au manège du C. Franco ni , où le C. la Pleignière donne des leçons , de profitant de la complaisance du C. P rançon! qui a fait seller trois chevaux , un d’une selle anglaise, un second d’une selle à piquer , de enfin un troisième de la selle d’assurance, nous avons essayé successivement ces trois selles, afin d’établir autant qu’il seroit en nous, des points de comparaison ÿ Sc le résultat de ces essais a été de nous affermir dans la bonne opinion que nous avions déjà conçue de l’invention du C. la Pleignière sur la foi d’autrui.
- Nous ne nous arrêterons pas à caresser les fantaisies des petits maîtres à qui les deux rouleaux dont nous venons de parler pour-roient blesser la vue, ni aux objections qu’on pourroit faire que ces rouleaux peuvent nuire, dans les escadrons , puisqu’on peut les faire d’une longueur moindre que l’épaisseur du genou , sans diminuer leur utilité, excepté pourtant que quand iis ont toute son épaisseur , ils ont encore par dessus l’avantage que nous venons d’assigner, celui de garantir dans les chûtes du cheval, conjointement avec les battes prolongées jusqu’au bas des quartiers , la fracture des cuisses & le froissement des genoux.
- Il suit de tout ce que nous venons de dire que- le C. Hébert la Pleignière est l'inventeur d’un, moyen très-utile pour se tenir a cheval, que ce moyen est si simple qu’il peut bien ne pas frapper le vulgaire , mais qu’il n’en a que plus de prix aux yeux de l’ob-.servnteiir éclairé : te Citoyen d’ailleurs brûle d’envie de consacrer su service d,e la patrie de son invention & ses talens dans fuit
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- Réquitatiôn, dévouement auquel les circonstances présentes ajou* tent un nouveau mérite : en conséquence nous sommes d’avis qua ce Citoyen mérite le minimum de la seconde ' classe des récoimpenses nationales , c’est-à-dire deux mille livres, qui jointe à pareille somme que la loi lui accorde à raison de son âge , fait celle de quatre mille livres.
- A Paris, au Pureau de Consultation des Arts & Métiers , le
- Mai. 1790, l’an ze. de la République française, une & indivisible*
- SERVIÈRES, JUMELIN, TROU VILLE* Prononce du Bureau.
- Le -Bureau de Consultation des Arts & Métiers, après avoir-entendu le rapport de ses commissaires sur une selle mécanique de l’invention du C. Hébert la Phignière, considérant que cette selle réunit au mérite de .la solidité ôz de la simplicité l’avantage de donner au cavalier une position plus commode Sc d’augmenter sa tenue , aussi bien que de hâter les progrès des élèves ; considérant que l’utilité de cette selle est constaté par un grand nombre de certificats dont plusieurs ont été délivrés par les hommes reconnus les plus habiles dans l’art de monter à cheval $ considérant enfin que depuis l’année 1760, le C. la. Pldgnière a dirigé avec les plus grands succès l’école d’équitation de Caen, & que dès l’année 1740 il a commencé à s’occuper de la perfection de son art, est d’avis , conformément à la loi du 12, Septembre 1791 , que le C. Hébert la Pleignière mérite le minimum de la seconde classe des récompenses nationales , c’est-à-dire deux mille livres , de de plus deux mille livres à. raison de son âge de soix.aute-onze ans, ce qui forme la somme de quatre mille livres.
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le B Mai 379q , l’an 2e. de la République française, une ôz indivisible,. B E R TH O LE T, Président, T R O U V 1 L L E , Secrétaire.
- Le C. Elébert demeure Rue du Faubourg du Temple chez le C. vigne,., Md. de vin, N° 7, vis-à-vis le manège de Francom.
- fi U R E AU GÉNÉRAL d’Abonnement de Joarna.ixt, fi tu é à Paris, au Cabinet Bibliographique , rue de la Monnoie, N°, 5,, & meBaillet, N°, 2, près celle ias-nommée.
- Cet utile É.tahlHUment,, placé' au centre de P iris pour la commodité de c uxq ionjt des abonnemîns-i faire ou à lenoayiéller, en nombre, eft p rti .ulièrefinent néctfhire aux Sociétés populaires &' littéraires des Départemeds', qu’il dispensé d’échre à chaque Dite & ur de Journal , atnfi. qu’aoix Libraires '& Direàeurs des Pojles de ch.qua ville, qu'il facilite hir u îèreme.it dans celte dp h", non.
- ;1 fufifi't de Lt e char.gér a la Pôft; les billots & aFgnats qae l'on envoie, pour être Bi vi yVec la. plus grande célérité.
- •dérfir fes lettres, franches déport, au- C. è UB7?Y , rue Bas lie t, No. 2.
- On s'adonne cVe\ r kemiv, Imprimeur, rue d: Glatigny , A0, y-, en-la Cite, & che\ Lifevhe , Arcl,itecli-Entrepreneur , rue S.-Sauveur, N°. ic>.
- Le, prix de la foujcription.ejl de iz liv. par an p oui Paris , & de i ) liv. pour les,
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- E R IE.
- ' Rapport concernant M. Georget.
- T
- JL O U T E S les formalités precrites par la loi du 11 Février dernier ont été remplies par M. Georget , des recherches & des travaux duquel le Bureau nous a changés , le 15 février , de lui rendre compte.
- M. Georget s’est constamment occupé , avec un zèle & une in-tel 1 i gence rares y de la perfection d’un des arts mécaniques les plus précieux à la société , celui de la serrurerie.
- Depuis l’année 1776 , cet artiste ingénieux autant que fécond s’est distingué par des inventions toutes utiles , & dont le mérite essentiel est d’opérer la certitude des effets par la simplicité des moyens. Soumises au jugement de la société libre d’JËmulation , de l’Academie d’Arcliitccture & de l’Academie des Sciences , ces inventions ont mérité à l’auteur les rapports les plus favorables, un léger prix d’encouragement & une médaille d-’ori.
- Les descriptions les plus exactes laissant toujours beaucoup à désirer, & les résultats seuls devant servir de base à l’opinion du Bureau , nous exposons sous ses yeux les modèles a découvert de M. Georget. En conséquence , il suffira que nous donnions une idée générale & rapide de chacune des inventions de cet artiste.
- La première consiste en des verroux fermant à clef par dehors; non seulement ces clefs peuvent être variées k l'infini & présenter des figures telles qu’aucune espèce de crochet ne sauroit pénétrer dans l’entrée , à moins quil n’en ait tous les contours, mais encore la- véritable entrée de la serrure est entièrement couverte ou masquée, & n’offre à l’extérieur qu’une ouverture rectangulaire suffisante pour admettre le panneton dans une direction perpendiculaire à la tige de la clef, dont le corps doit être incliné en devant. On redresse alors la clef,. lui faisant faire un quart de tour à droite, le panneton entre dans l’ouverture qui lui convient 7 parvenu à la garniture du verrouil , il le fait aisément marcher. ( Voyez les rapports de l’Académie d’Architecture , du 11 Aoust 177j 6c du 5 Avril 1785 , & ceux de l’Académie des Sciences, du 9 Mai 177$? de du 8 Juin 1785 .)
- La seconde invention de M. Georget a été d’ajouter à ses verroux. une bascule dont l’extrémité supérieure qui est applatie , masque ou découvre à l’intérieur, la serrure, en avançant ou reculant,.d’apres le mouvement que l’on imprime au verrouil y par ce moyen il’ est impossible qu’aucune tentative pour forcer la serrure ait le moindre succès; on peut même, en fermant le yçrrouil. laisser la clef à \%i
- AQ., 3p. zc. Tri/n* Tom, L. 1 L
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- porte , elle s’y trouve emprisonnée de manière à ce que personne ne puisse ouvrir la porte ainsi fermée. Ce mécanisme s’applique , à peu de frais, à toutes sortes de vieilles serrures. ( Voyez les rap* ports cités dans l’aticle précédent. )
- La troisième invention est celle de serrures ayant des entrées occultes , comme celles des verroux , 2vec un mécanisme qui empêche de retirer d’une porte la clef que l’on pourroit y avoir oubliée. L’artiste a de plus trouvé le moyen d’attacher ces serrures aux portes, ainsi que L'entrée & la gâche, sans que l’on puisse apperce-voir comment elles sont posées . ( Voyez les mêmes rapports. )
- E11 1779 , il exécuta & présenta au Roi une serrure vernie au four, laquelle est attachée sur la porte, sans que l’on y découvre aucune trace de clous ni de vis, mais d’une manière si solide que l’auteur seul, ou le propriétaire qui en auroit le secret , peuvent la démonter. L’entrée de l’intérieur est fermée par une porte à deux vanteaux , qui ne s’ouvre que par un moyen difficile à découvrir. L’anneau de la clef est aux armes de France & de l’Empire , le panneton a la ligure des trois lettres R. D. F.
- M. Georget désire avoir l'honneur de faire au Bureau la démonstration d’une serrure de ce genre qu’il a placée à la porte du grand cabinet de l’Academie. On n'y voit aucune apparence de clous ni de vis , la clef peut être emprisonnée dans la serrure sans le secours de la bascule dépendante du verrouil ; lorsque le troisième tour est fermé , les pênes mobiles sont fixés de telle sorte qu’on ne peut les faire mouvoir , quoiqu’on tourne la clef en tout sens 5 celle-ci est à l’abri d’être cassée , parce qu’elle roule librement & sans toucher à rien. Cette superbe serrure dont le fini le dispute à un morceau d'horlogerie , se détache magiquement de la porte par le seul coup dhme clef auxiliaire.
- La quatrième invention a été d’adapter aux serrures ordinaires une plaque ronde mobile circulairement, qui sert à masquer en plein les entrées occultes desdites serrures, lorsqu’elles sont fermées. Ce cache-entrée qui procure une entière sûreté contre les rossignols , les crochets & les fausses clefs , ne peut tourner qu’à l’aide d’une petite clef auxiliaire, pour le prix modique de neuf livres. Ce moyen simple peut être appliqué à toutes espèces de serrures qui seroient déjà en place, & rendre les plus foibles aussi sûres que celles beaucoup plus chères Sc plus compliquées. (Voyez les rapports ci-dessus , une serrure de ce genre fut présentée au R.oi le 2,9 Septembre 1777. )
- La cinquième invention , encore récente , a été d'ajuster aux serrures ordinaires , un mécanisme , au moyen duquel on peut faire mouvoir du dehors au dedans , deux , quatre ou six verroux qui ferment à la fois le liant & le bas de la porte , le côté de l'entrée „& des gonds $ ce qui, joint à la fausse ouverture , en cache
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- Ventrée, donne toute la sûreté que Pou pèût désirer. À l'extérieur de la porte est attaché un. cadre en fer carillon , de huit à neuf livres , qui masque les joints des feuillures , de manière à empêcher toute introduction de pinces ôz leviers. ( Voyez le rapport de 1''Académie des Sciences , du 3 Septembre 1791. ) *
- La sixième invention de M, Georget est une serrure de sûreté , garnie de six clefs différentes , dont il n’y en a jamais qu’une à la. fois qui puisse être utile, parceque, quoique toutes ces clefs entrent dans la serrure par le même orifice rectangulaire , chacune d’elles néanmoins a son entrée particulière , & qui lui est parfaitement conforme. Toutes ces entrées sont ajustées sur une rosette , qui , au moyen de la petite clef auxiliaire, tourne de façon à ne présenter que l’entrée convenable à la figure de la clef dont on veut faire usage. Ainsi , on peut sans aucune inquiétude, perdre jusqu’à cinq ciels ; lorsqu’une des clefs à été volée ou perdue , on peut , à la minute même , de nuit comme de jour , ouvrir la porte , sans être obligé d’appeller un serrurier ; & le propriétaire seul change la. garniture. y toutes choses demeurantes en place. (Voyez le rapport du 3 Octobre 1791. )
- La petite clef auxiliaire, qui fait tourner la rosette , eu sont découpées les six entrées, peut aussi servir à masquer lesdites entrées , de manière qu'aucune des clefs ne puisse y pénétrer. Il suffit pour cela de graduer la marche de la rosette, tellement que l’intervalle plein qui sépare les» entrées de deu£ en deux , se trouve conduit sur le vuide où l’une desdites entrées doit être placée, pour admettre la tige & le panneton de la clef correspondante.
- Par cet exposé sommaire , & surtout d'après l’examen des modèles , le Bureau doit avoir reconnu que les inventions de M. Georget, réunissent tous les caractères d’intérêt général: simplicité, solidité , sûreté , économie , & de plus une parfaite exécution. Qu’il nous soit seulement permis d'ajouter que cet artiste touche au terme de soixante années , que le législateur > par respect pour la vieillesse, a voulu favoriser 5 qu’il n’est pas riche, qu’il est chargé d’une nombreuse famille ; qu’il n’a jamais sollicité ni reçu la moindre récompense , enfin qu’il a la gloire & le malheur de se voir copié de tous côtés , & par ses propres ouvriers , ce qui lui a ravi presque tout le fruit ds ses diverses inventions.
- En pésant tous ces motifs , vos commissaires ont senti que M. Georget mente d’être placé dans la première classe des récompenses nationales , & ils croient devoir lui en attribuer le maximum , c'est-à-dire six mille livres. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Louvre, au Bureau de Consultation , le 27 Juin 1793* Lan quatrième de la Liberté.
- LEROI, TROUVILLE, SERVIÈRE.
- Nota. Le C. Georget demeure rue S.-Denis, N?. 19 , Fontaine du Fcrieau,
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- PHYSIQUE.
- L Phénomène.
- 'EXPLOSION qui se fit entendre du coté (le Rouen , le* Mai dernier , vers les sept heures du soir, effraya plusieurs personnes, d’autres crurent que c’étoit un tremblement de terre , &c. &c. Les craintes & b*s erreurs en ce genre viennent de l’ignorance dans laquelle nous vivons ; i’être le plus instruit est nécessairement le moins timide ; venons à la cause du Phénomène.
- Celui dont il s agit ici est 1 effet de 1''inflammation d'üne grande quantité d’air inflammable , ou gaz hydrogène , par le moyen de l'électricité aerienne. Ce gaz est le produit‘de la décomposition des végétaux qui périssent sur les bords des rivières, des étangs, ou des marais; en pourrissant, ces végétaux se mêlent aux vases, & les gaz qu’ils contiennent, sont retenus par les boues & Peau qui les recouvrent. Lorsque dans des teins de. socheresse , les boues restent à découvert par la vaporisation des eaux, le gaz inflammable se dégage de la boue échauffée par le soleil , & s'élève dans l’atmosphère, plus ou moins haut , selon qu’il est mêlé à d’antres gaz plus pésans que lui. Si le gaz s’élève sans être très-agité par les courans d'air, il ne se mêle point alors au gaz vital de l'atmos-jdïère, & l'inflammation a lieu sans bruit, sans détonation. C’est alors que les phénomènes, sont vus sous la forme de boules de feu, Sc toujours la nuit ou le soir, parce que le peu d’intensité de ces feux empêche qu'ils ne soient vus dans le jour, la lumière du soleil effaçant toute autre lumière , même celle de l'incendie.
- Quand ce gaz s’élève, & que l’agitation de l’air se mêle avec le gaz vital qu'il contient, alors l’inflammation a lieu avec bruit & détonation plus ou moins violente selon que le mélange se fait dans de justes proportions. Ces météores auroient lieu dans presque tous, les mois de l’année, si les circonstances nécessaires à leur inflammation se réunissoient ; mais il faut un tems calme. Dans cet état, de choses, le gaz inflaœmab e s’élève , sans se délayer, dans Pair.atmosphérique; il se prolonge dan s, le sens du. mouvement.de l’air „ ce gaz alors peut- souvent s'étendre sur une Longueur de plusieurs lieues sans solution de continuité souvent aussi cette trainée. de gaz jaflanuBsble est divisée dans sa longueur; Si dans le premier cas une étincelle électrique allume cette colonne inflammable par une dh ses. extrémités-, l'inflammation sa propage rapidement, comme en verroit se continuer une traînée de poudre à tirer. Si ce gaz est pur, on ne voit qu’une boule de feu ; s’il, est mêlé au gaz vital de l’atmosphère, il produit, des détonations successives , on une détonation continuée selon que cette traînée de gaz est dans toute çal longueur mêlée à Pair vital , ou qu'elle ne. l’est que clans quel-rucs-ni-.es, de ses parties g telle est la cause de ces sortes dé plié-îîQinènes. L. P. Professeur d’Hydrographie , & membre de
- Ta société cl émulation de la ville de Pcouen . plirpiimeric de CHEMIN rue de Glati^ny en la Cité , où ion s’abonne, 111. par an»,
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- ÉTOFFES ET MÉTIER A GAZE.
- ^Rapport concernant le C. Morel.
- N O US avons été chargés, les C. Leroi, Trouville de moi, par le Bureau de Consultation des Arts de Métiers , de lui rendre compte des titres que le C. François Morel, ancien fabricant de Lyon , avoit aux récompenses nationales ; nous allons remplir à ce sujet les intentions du Bureau..
- En 1778 , le C. Morel présenta à l’administration des manufactures de du commerce, des échantillons d'étoiles de soie, de spin de coton de de laine. Quoiqu'ils ne méritassent pas mie égale attention , cependant tous annonçaient un fabricant consommé dans le choix de la préparation des matières ainsi (pie dans la meilleure méthode d’en régler les tissus ; deux échantillons surtout furent pour lors distingués de furent envoyés à Abbeville avec leur devis pour être exécutés aussi soigneusement qu’il étoit possible. Ces échantillons étoient des Baraçans de la plus grande beauté; ils a voient été fabriqués sur deux systèmes raisonnes très-differents. Dans les premiers , le C. Morel avoit employé une chaîne forte en compte ,de fine , qui avoit reçu ficilement une trame moins tordue de plus ouverte , d’où il étoit résulté une étoffe souple d’un grain fin de garnie en poils k la surface, à travers lesquels la chaîne marquoit encore assez bien..
- Dans les échantillons du second système de tissus, la chaîne moins en compte^ mais composée de fils plus ronds , étoit susceptible de prendre une trame plus tordue : en conséquence Pétoffe av.it plus de fermeté, un grain plus prononcé, des rayures très-nettes, enfin une surface glacée. Avec ces échantillons nous pouvions nous soutenir vis-à-vis les baracans anglais..
- Nous devons faire remarquer ici, comme une vue d’amélioration essentielle dansiez devis de ces tissus , que les fils retords de la chaîne doivent être composés de trois fils réunis, de qu’eu cet état ils formoient des liis ronds qui servoient en général à nettoyer le grain des baracans. Le C. Morel eut la satisfaction de voir que ses vues de réforme: étoient accueillies avec succès par les fiibricans qu’elles pouvoientt iri té presser..
- L’année suivante , le même artiste présenta à la même administra-' tion du commerce un métier propre à fabriquer 1rs gazes, de auquel*, il avoit fait trois change mens qui fixèrent Inattention des plus habile gaziers de Paris , curieux d’en suivre les bons effets, & de les> mettre a profit,
- 3G. Juin. 2°. Trim. Tenu, Ü.
- IL. &
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- Le premier changement que le C. Morel a fait au métier à gaz.es , est une nouvelle manière de suspendre les poids qui tendent & qui maintiennent l’ensuble de derrière : on sait que dans ces métiers la chaîne roulée sur l’ensuble de derrière , est tendue p$r deux poids suspendus aux deux extrémités de cet ensuble , de que la corde qui suspend ces poids, après avoir fait plusieurs tours, est fixée à un boulon de fer qui porte la circonférence de ce oilindre , à mesure que l’ouvrier fabrique l’étoffe, de qu'il la roule sur l'ensuble de devant, la chaîne se déroule de dessus l’en-suhle de derrière , les poids remontent , de par le progrès du travail, ces poids atteignent la chaîne, de coupent les fils voisins des lisières, à moins que l’ouvrier n’ait le soin de décrocher, les poids de de dérouler la corde qui les tient suspendus.
- C’est à cet inconvénient que le C. Morel a voulu remédier en dé harassant l’ouvrier d’une attention qu’il n’,1 pas le plus souvent. Pour cela il a détaché du boulon de fer placé à la circonférence de l’ensuble , l’extrémité de la corde qui soutient les poids, de il l’a fixée à la traverse du talon des marches. En conséquence de cette nouvelle disposition , la corde tenant à un point invariable de ne participant plus au mouvement de circonvolution de l’ensuble, les poids ne montent plus, la chaîne se trouve alors tendue par le seul frottement de la corde roulée autour de serrée par les poids.
- Par cette réforme , le C. Morel remédie à l’inconvénient qu’il s’étoit proposé de lever, de surtout dans les cas où l’ouvrier n'a besoin de faire mouvoir l’ensuble que par un mouvement lent.
- Le second changement que le C. Morel a fait au métier à gazes est celui de la position des marches. Dans tous les métiers où l'on fabrique des étoffes de soie , à Nismes , à Lyon , à Tours , à Paris , &c. , le talon des marches est attaché à une traverse placée presqu’au dessous de l’ensuble de derrière; l’extrémité opposée se relève de s’étend jusqu’au pied de l’ouvrier qui foule par cette extrémité, de c’est dans l’intervalle que sont attachées les armures des lisses.
- Cette forme de marches est sans contredit la plus avantageuse quant à son effet; car la puissance est appliquée à une extrémité , pendant que le point d’appui réside à l’autre , de que la résistance s’exerce presque dans le milieu. Mais la facilité de la célérité du foulage par cette sorte de levier se trouvent réunies à des incon-véniens considérables. L’ouvrier ne pouvant par exemple trouver sur ces marches trop mobiles un point d’appui suffisant, est obligé de s’appuyer en partie sur l’ensuble de en partie sur un de ses pieds qu’il pose à terre, pendant que l’autre parcourt successivement, à mesure que la fabrication de l’étoffe l’exige , les différentes marches qui font jouer les lisses , & s’il ne change pas souvent le pied qui foule , il devient œdémateux à la fin de la journée.
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- Dans les métiers pour la draperie oc la toilerie où il semble qus l’on auroit besoin de marches qui foulassent avec plus d'avantage , on donne à ces marches une disposition tout-à-fait contraire : U est visible que dans cette disposition du levier, l’effort de TculVriet produit un effet moitié moindre que dans la première ; maison revanche il y trouve un point d’appui plus favorable de la facilité de fouler alternativement avec les deux pieds ; c’est cette forme de marche que le G. iVjLirel a proposé d'adapter au métier à gazes, & l’on peut sentir, d'après ce que nous ayons dit, les iriconvéaiens de l’autre forme de quel peut être l’avantage de cette substitution pour le soulagement des ouvriers.
- Au reste si les marches disposées de cette manière ne jou oient pas avec assez de facilité, le C. Morel propôSoit d’augmenter cette facilité en plaçant au dehors du métier la traverse du talon des marches.
- Le troisième changement cjue proposoit le C. Morel & qu’il a fait exécuter , est le plus important de tous. Il consiste à supprimer le bâton rond dans le pas dur, de à lui sub.tituer le jeu d'une ou deux lisses, qui s’abaissent en înême-tèrns que le tour de perles s'opère. Dans le métier' à gazes ordinaire, lorsque les perles jouent pour détourner la moitié des fils de la chaîne de former le fond à jour de la gaze ou du marly, on contient de on abaisse par le raoye& du bâton rond placé à peu de distance des perles, la totalité de la chaîne, afin d’ouvrir le passage à la trame & de donner de la régularité de de la netteté dans les jours. Ce bâton qui flotte à la surface de la chaîne , est suspendu par les deux extrémités à un levier des carettes ; on l’abaisse contre la chaîne par une marche de on l’élève an dessus de la chaîne par une autre marche. Le jeu de ce bâton qui ne peut être que très-incommode , sort emplacement entre les lisses de le tour de perles, l’équipage d’un levier , d’une double corde de de deux marches nécessaires pour exécuter tous ses mouvemens, avoient fait désirer depuis longtems qu'on, pût le supprimer de mettre à sa place quelqu’agent plus simple qui ne surchargeât pas le métier de qui produisît le meme effet.
- C’est ce qu’a proposé le C. Morel : il substitue au bâton rond le jeu d’une ou deux lisses, qu’il arme avec la. marche du pas dur; ensorte que le même levier qui opère le tour de perles, abaisse ces lisses qui entraînent la totalité de la chaîne ; par ce changement toutes les pièces de l’équipage du bâton rond ont disparu , de l’on n'ajouta à la place que l’armure ou la corde qui attache les deux lisses à la marche du tour de perles ; il est visible que le jeu de ces lisses ne doit pas fatiguer autant la chaîne que le bâton rond.
- Le C. Morel prévint ceux qui, par la considération des avantages dont nous venons de parler, adoptèrent ce changement, qu’une lisse à
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- simple» maillons,, telle qu’elle est en usage dans le métier à gazes; (ordinaire, ne po.u voit suffire à l’abaissement delà totalité de la chaîné ou du moins soutenir cet effort pendant quelque teins., car les mailles simples s’ouvrent par le progrès du travail, 6c pour lors la chaîne n’est pas abaissée au point convenable; il fit donc employer des lisses à maillons doubles , dans lesquelles il fit passer les fils de la chaîne, 6c dont le jeu fut pour lors invariable.
- Lire à'ntre condition encore qu’il eut soin de remplir , 6c qui est essentielle pour le succès de ce changement, c’est que les lisses qui abaifsoient la totalité de la chaîne ne dévoient pas être fort éloignées de la lisse des perles ; sans cela les fiis de la chaîne pliés ik ouverts dans le tour de perles, ne s*ouv ri noient pas sons un angle assez aigu pour que les lisses poduisissent leur effet 6c que le passage de la traîne fut bien libre. On voit dans tous les détails qui précèdent, que les cliangemens proposés en ,1777 , par le G. Morel 6c adaptés pour lors au métier à gazes ordinaire, atoient propres à simplifier ,6c faciliter les’ manœuvres de ce métier, en sou la géant'1 surtout les ouvriers.
- Tels sont les titres que le (T Morel peut faire valoir en sa faveur. y 6: qui se trouvent consignés eu deux rapports qui furent faits en 1777 6c 1778. Le C. Morel les a tirés du dépôt des ci-devant intendans du commerce , 6c ils sont certifiés véritables par le G. Va-îiond chargé maintenant de ce dépôt. Lorsque le fabricant de Lyon fit part de toutes ces réformes éc de tous >ces cliangemens à l’ad-ininistratioi,3 ,du Commerce,, il le fit sans aucune vue de récompense, seulement il sollicita 6c obtint le remboursement de quelques, dépenses qui montoient a cent écus. L’état de sa fortune luis permettoit d’enrichir, sans, aucune rétribution , fin du strie nationale de ce que ses expériences lui a voient appris». -Ma-is aujourd’hui, âgé de 78 ans 6c tourmenté par les plus grands1 besoins , il a cru pouvoir faire revivre .des droits contre lesquels le tems ne prescrit 3 as , 6c dont le Bureau de 'Consultation se trouve juge, au moyen des t très dont nous .avons les preuves les plus autîientiques. En, conséquence nous croyons que le G. Morel est dans le cas. cBobtenir iè medium de la seconde classe, c’est-à-dire, deux mille cinq* cents livres. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts 6c Métiers, le;
- Janvier 1798, l’an 26. de la République française.
- ; TROUVILLL, LEROY, D E S M A R E T S.J
- JUlttuéfe Gi JYbùcl den.eure rué. Satlc-au-Comtc , N°. 19.
- On s'abonne ch erp Imprimeur, t rue de GJatigny -, A7°. 7, en la Cité , &>•
- cK*\ Lff.ev.Se , A' chitecïe^Entrepreneur , rue S.-Sauveur, N°. 19. /
- J+e pux. de la jcmji .x tion ejl de iz-llv. par an pour Paris., & de i-.lïv-pour les. LE
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- Pièces concernant le C. Crachet.
- Municipalité de Nielles-Lez-Bléquin , District de St.- Orner,
- Département du Pas-de-Calais.
- L I. C TU R E faite du discours préliminaire d’un manuscrit ( i ) ayant pour titre : Instructions populaires concernant les maladies tes plus fréquentes des c devance, des vaches, aes brebis S des cochons, par i ierre-Marie Crachet, Agriculteur, Maire de la Municipalité de ÎNiclles-Lczi- .B 1 équin , district de St.-Orner , ouvrage compose sur tes mémoires posthumes de Hubert Crachet, son pèie , de sou vivant Maréchal & Laboureur au meme Village 5 de sur ce qui a été exposé par ledit lierre Marie Crachet, que d'après ies J ois. des 7 Janvier de 12 Septembre 1791 , devant s’adresser au Gouvernement, pour confier son manuscrit, démontrer, par la voie décisive de l'examen de des expériences , de la réalité des découvertes majeures qui y sont consignées, de l’utilité générale de tout l’ouvrage, en solliciter la publication aux Irais du trésor public, de la distribution gratuite dans les campagnes, de obtenir "rôné récompense, il lui fallait, selon la deuxième de ces loix, un certiiicai de la Municipalité , confirmé de appuyé par les attestations des directoires du LisLrict de du Département, pour être remis au ministre de l’intérieur j
- Nous, . . . convaincus que concourir autant qu’il est en nous, dans -notre splière d’activité légale, à ouvrir la voie à l’appréciation d’un ouvrage dont l’objet est si intéressant , de à fixer l’attention de la surveillance d’un gouvernement juste, sur des travaux
- ( T ) Le litre étendu de ce manuscrit peut en faire connoitre la nature & l’objet, le voici: LE VÉTÉRINAIRE RUSTIQUE, ou -Instructions populaires concernant les principales maladies des Chevaux, des Caches, des Brebis & des Codions/ Apec la manière de connoitre, de traiter & de guérit pli peurs de ces maladies, qui par le voile dont elles se sont jusqu’ici couvertes, par L'incurabilité quon leur c. tcu-jours supposée , par la fréquence & l’universalité de leur invasion, <6* par la violence ou ta malignité de leur marche, intéressent essentiellement l’économie publique.
- L’auteur , malgré son peu de fortune , a fait imprimer à ses fiais le partie de cet ouvrage qui traite de la morve ues chevaux , sous le titre de Exposition d’une nouvelle doctrine, fur la médecine, des chevaux, offrant les moyens de prévenir avec certitude, de guérir malgré leur violence ou Leur malignité, des maladies, &c. Prix , 25 sois, ci ez Croulle-bois, Roe des Mathurins, N°. 32, & chez Aubry, Rue Eaillet, N 0. 2.
- On en trouvera des exemplaires au Bureau des -Mémoires du Bureau de Confiât a-tien des P rts, rue de Glatigny , No. 7, t n la Cité.
- 0$. V
- Tritn.
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- \ K suivis avec dévouement, c’est remplir un devoir d'humanité de do civisme $
- N’entendant pas néanmoins que nous puissions rien préjuge! sur le fondées prêt en lions de l’exposant, mais souhaitant qu'il soit admis à les soumettre au tribunal établi par la loi pour les juger , au Bureau de Consultation pour les arts ;
- Certifions que Ilqbert Crachet, quoiqu'il n’ait en d’autre éducation que l’éducation villageoise , d'autre guide , dans l’art d’observer, que la nature de.son jugement, passoit pour avoir acquis 'une expérience consommée, des connaissances nouvelles sur les maladies des animaux domestiques \ notamment qu’il semble , d’après la notoriété publique, qu’il savoit -prévenir de guérir la morve des chevaux ÿ de qu’entraîné à la pratique de l’art vétérinaire par un go et tellement vif, qu'il lui avoit fait fermer sa forge, ressource unique de suffisante dans sa ccndition , de très-peu payé de scs démarches de de ses soins dans cette nouvelle carrière , il s’est vu successivement obéré dans ses affaires , de au point que lui de sa femme, d’un Lien d’une quarantaine de mesures de terre qu’ils possédaient, n’ont laissé que trois mesures à leur mort pour le patrimoine de deux enfans j
- Certifions enfin que tout îe tems qu’a du employer Pierre Marie Crachet à former son ouvrage , d’après les mémoires de son père, de que tor^, celui qu'il devroit encore passer à l'occasion de cet ouvrage jusqu’à ce qu’il parroisse , il 11’a pu de 11e pourrait subsister que d’une manière précaire, vu la pénurie de ses moyens actuels.
- Avons en pleine connoissance de cause, de suivant l’impulsion de notre conscience, expédié ce certificat motivé, pour servir où-besoin sera.
- Fait à Nielles*Lez-Bîéquîn , en Chambre commune , le dix Juin 179a, l’an 4e de la L berté. Signés Idiome l , Ilengot, b ouvrir t, Misrnaque, R. Fiant, de L. Vigreux, Secrétaire- Greffier.
- Yn au directoire du district de S.-Orner de certifié les faits ci-dessus sincères de véritables.
- Fait au directoire du district de S.-Orner, le i3 Juin 1752, l’an quatrième die la Liberté.
- Signés Those, Rose, Leroy, de F. Boubert*
- Vu le certifient délivré le 10 Juin 1792, , par la municipalité de de Nieiles-lez-Bîéquin , relatif au manuscrit ayant pour titre , instructions populaires concernant les maladies les plus fréquentes des chevaux 3 des vaches ^ des brebis & des cochonsy
- r . . '
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- Vu ledit manuscrit, & l’attestation du directoire du district de St.-Omer $
- Les administrateurs, composant le directoire du département du Pas-de-Calais, ouï 'Vf, de St.-Amour, remplissant momentanément les fonctions de procureur général syndic j considérant que Poudrage susdit contient des méthodes propres à guérir les bestiaux , tient 1 usage a ])u constater l’utilité, & qu'il seroit très-intéressant de les rendre publiques , mais qu’il ne paroît ])as que les facultés de l’auteur lui permettent de leur donner cette publicité , estiment que cet ouvrage pourroit être dans le cas prévu par les loix des 7 Janvier ex 12 Septembre 1791.
- l ait en directoire' , à Arras, le i5 Juin 1792, l’an quatrième de la Liberté.
- Signé G AL AND , Secrétaire-général,
- v ......
- Extrait des Registres aux arrêtés du Conseil général d’adntinis-
- t ration du iJég artenien t du R as-de- Calais.
- Séance publique du 8 Octobre 1792 9 Pan premier de la
- République.
- Un citoyen, paroît à la barre $ il rappelle que le directoire a donné son approbation à un ouvrage qui traite des maladies des chevaux , des vaches , des brebis & des cochons ; il représente ce même ouvrage sons le titre du Vétérinaire rustique : il fait lecture de quelques fragmens ; ensuite il observe que déjà le ministre de l’intérieur l’a fait examiner par une commission , mais qu’il 11’a encore lien été statué à cet égard.
- Le citoyen demande que l'ouvrage soit imprimé aux frais de la République , distribué à toutes les rnuncipajitcs de la République $ & que Rassemblée touchée des malheurs que lui &
- son père ont éprouvés , & du délabrement de leur fortune , depuis qu’ils se sont livrés aux expériences qu’ils ont du faire pour obtenir les résultats contenus dans ledit ouvrage , veuille bien solliciter la récompense pécuniaire que la république a promise à tous Ceux qui feroient quelques découvertes utiles à leurs concitoyens.
- Cette proposition convertie en motion par un membre est mise aux voix & adoptée, après avoir entendu le procureur général syndic. L’assemblée arrête au surplus qu’elle écrira au ministre de l’intérieur en faveur du C. Crachet, pétitionnaire.
- Signé GALAND, Secrétaire-général
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- \Arras , 4? 11 Octobre .'79?-, Van premier ds la République Française.
- Ministre de l’Intérieu r ,
- Nous croyons devoir recommander à votre attention l’ouvrage intéressant dont le porteur de cette lettre est l’auteur , & sur lequel nous venons de prendre un nouvel arrêté. Cet ouvrage paroît mériter tons les encouràgemens du Gou vernement, puisqu’il intéresse cic 6 propriétés bien utiles aux cultivateurs, les bestiaux nécessaires à l’agriculture. Vous verrez, Ministre de l’Intérieur, que le pèie de ce citoyen, a perdu une partie de sa fortune, de que lui-même a consacré beaucoup de teins à la confection de cet ouvrage destiné à futilité publique ; de prenant ces circonstances en grande considération , vous lui procurerez sans doute les récompenses que la Ici assure aux .citoyens qui ont bien mérité de la patrie.
- Le conseil général d’administration du Département du Pas-de-
- Calais.
- LUE OIS ^ Président, CALAND , Secrétaire-général,
- Premier Rapport concernant le Citoyen Crachet.
- On a proposé dans la dernière scancé d’accorder un secours an C. Crachet . auteui infortuné-d’un ouvrage populaire sur la médecine vétérinaire , peur l'impression duquel il demande les avantages que la loi promet aux auteurs d’ouvrages utiles à l’avancement des arts.
- On a douté non seulement que le jugemnt d’un pareil ouvrage appartînt au Bureau de Consultation ; mais même que l’auteur prie être mis dans la classe de ceux auxquels le Bureau de Consultation a droit d'accorder des secours, aux termes de la loi. On a renvoyé cette question , comme question de compétence , à l’Assemblée d’aujourd’hui, pareeque la dernière s’est trouvée trop peu nombreuse au moment ou la question à été proposée. Voici quelles sont les raisons qui pourroient rendre le Bureau favorable au C. Crachet.
- L’ouvrage qu’il offre est le fruit des travaux de son père, aux services duquel le Département clu Pas-de-Calais rend un témoi-hnage honorable , fondé sur la notoriété publique. Entraîné par l’ascendant d’un goût dominaut , il avoit abandonné une forge qui faisoit la base de sa fortune, pour se livrer à une etude peu lucrative, à laquelle il a fait de grands sacrifices dans l’intention de se jrçndre utile, de où il a trouvé le sort trop ordinaire de§ hpinmes utiles , T infortune.
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- Voici dans quels tremes ce Département s'exprime au sujet du C. Crachet.
- » Certifions.......le patrimoine de deux en fa-ns. »
- 'Voici ce que disent les administrateurs touchant le fils.
- » Certifions enfin.........vu la pénurie de ses moyens actuels,
- (Voyez l’attestation, ci-devant. )
- À l’égard de l’ouvrage, nous n’en porterons pas un jugement qui n’appartient qu’au ternis , à l’expérience & aux suffrages des artistes, 6c même si l’on exigeoit que nous donnassions a ce sujet quelques présomptions, nous aurions besoin d’un plus long teins pour les recueillir de la comparaison des ouvrages du même genre , 6c de l’avis des personnes plus instruites que nous clans ces matières.
- Cependant nous croyons pouvoir dire que cet ouvrage,.si l’on eu excepte quelques pratiques populaires rapportées plutôt historiquement que dogmatiquement, nous a paru traité avec raison , simplicité, clarté, 6c même avec quelque philosophie 6c un éloignement remarquable des préjugés, qui, dans cette partie, n’ont que trop infecté l'art, sous le-nom de l’expérience.
- Un des objets auquel l’auteur attache le plus de prix , 6c qui en mériteroit réellement si l’expérience se trouvoit d’accord avec ce qu'il annonce, est le traitement préservatif 6c curatif d’une maladie réputée incurable, appellée vulgairement morve, 6c à la quelle il préfère donner le nom composé de courbature maligie & conta-gieu.se. Peu de personnes seront peut-être disposées a croire à de tels succès. Cependant si les conjectures pouvoient suppléer i’expé-rience , nous oserions croire que quelques analogies semblent favoriser les assertions du C. Crachet. Et où l’épreuve de sa méthode pourroit aisément se faire ? Dans les écuries de la cavalerie nationale. L'Opium fait la base du traitement qu’il propose ; mais ce n’est pas ici le lieu de discuter ce qu’il peut y avoir de neuf ou de réel dans cette méthode.
- Nous prions le Bureau de décider,
- i°, Si le C. Crachet fils, est dans le cas de la loi relativement aux sommes destinées au soulagement des artistes.
- 2.°. Si l’ouvrage du C. Crachet est du nombre de ceux sur lesquel le Bureau peut définitivement donner un avis motivé.
- 3°. Dans le cas où le Bureau ne le juger eût pas de sa compétence , s’il seroit a propos d’engager le Ministre à donner à fauteur d’autres juges 6c des moyens de prouver par expériences suffisantes, la vérité de ses assertions 6c futilité de la publication de son traite,
- A l’égard du premier article, nous ne voyons pas pourquoi
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- un artiste malheureux , qui présente des témoignages honorables ] qui attestent l’utilité de ses travaux qui ont plongé sa famille 6e lui dans l’infortune, ne recevroit pas un secours qui malheureusement sera toujours au dessous de ses besoins , 6c qu’il ne peut recevoir d’aucun autre établissement légal.
- Pour le second-objet, il nous paroît difficile que le Bureau s’occupe _ de ce qui concerne la partie conjecturale de la médecine tant liumairte que vétérinaire.
- Pour ce qui est de la troisième question , comme un grand nombre de citoyens 6c d’artistes utiles , notamment ceux qui s’occupent de l’avancement des sciences physiques 6c naturelles, se trouvent sans tribunal 6c sans récompenses, est-il entièrement étranger aux fonctions du Bureau de consultation, de fixer l’attention du Gouvernement sur un objet important qui manque à la loi sur les récompenses nationales?
- HALLE, PARMENTIER, SILVESTRE,
- Avis motivé du Bureau.
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de ses commissaires concernant le C. Crachet , considérant que cet artiste, par suite de ses travaux 6c ceux de son père , qui s’est dévoué! à l’avantage des Agriculteurs 6c aux soins des bestiaux, au détriment de sa fortune, se trouve dans une situation pénible 6ç urgente, est d’avis., conformément à la loi du 12 Septembre 1791, qu'il est à propos de lui accorder, comme secours , la somme de duo livres.
- Au B.ireau. de Consultation , le 7 Novembre 1792-, l’an premier de la République française,
- PRÉLONG Secrétaire- Greffier
- Second rapport concernant le C, Crachet.
- T .
- ij E Bureau de Consultation , lorsque nous lui avons présenté nos réflexions sur l’ouvrage du C. Crachet., en lui accordant un secours provisoire , a ajourné deux autres questions que nous lui avions soumises en même-tems.
- La première étoit une question de compétence. Elle a ete decidee : les ouvrages relatifs à l’exercice de la Médecine ayant été regardés comme étrangers à la compétence du Bureau de Consultation , celui du C. Crachet concernant la Médecine vétérinaire , 6c particulièrement le traitement de la morve, se trouve nécessairement .hors d,e la sphère qui lui est attribues.
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- La -deuxième était , et.1:13 le cas où la première scroit ainsi décidée, si en renvoyant l’ouvrage au ministre de l’intérieur, on y joinclroit la recommandation de faire examiner par des commissaires compétens la réalité des succès qu'il annonce dans le traitement d’mne maladie désastreuse & réputée incurable.
- L’importance de cet objet , quinze années d’expériences assîdue-ment continuées par son père, une espèce de notoriété publique constatée par les témoignages honorables des administrateurs du département du Pas-de-Calais, les ta 1er s . qu’annonce dans le fils , encore très-jeune, la rédaction de cet ouvrage, nous font croire que le Bureau peut inviter le ministre à le soumettre à l’examen des artistes instruits dans l’art vétérinaire.
- L’absence de ce citoyen nous a fait différer de renouveller au Bureau cette proposition , qui peut avoir pour lui des suites plus avantageuses aujourd’hui qu’il est de retour , & qu’il sera à portée de suivre le sort de sa production , à laquelle il se propose de faire encore de nombreuses corrections.
- BERTHOLLET, Président, A. L. MILLIN, Secrétaire.
- Extrait du Registre des Procès-verbaux du Bureau de Consultation des Arts & Métiers , séance du 29 Mai, 1793 , Pan ap.
- de la République.
- Les commissaires du C. Crachet font un nouveau rapport sur cet artiste. Ils persistent à penser que l'ouvrage du C. Crachet sur les maladies des chevaux & autres animaux n’est pas de la compétence du Bureau , mais qu'il mérite d'être recommandé au ministre : r-n conséquence le Bureau décide que l’ouvrage du C, Crachet sera envoyé an ministre de l’intérieur, avec une lettre pour l'inviter à le soumettre à l’examen des artistes instruits dans l’art vétérinaire.
- BERTHOLLET, Président, A. L. MILLIN, Secrétaire.
- Le Bureau de Consultation des Arts & Métiers , au Ministre de
- P Intérieur.
- Le Bureau de Consultation, dans sa séance du 29 Mai, après avoir entendu un nouveau rapport de ses commissaires sur un ouvrage manuscrit du C. Crachet, concernant l'art vétérinaire , a persisté à penser que l’ouvrage de ce citoyen n’étoit pas de sa compétence , mais qu’il méritait d’être renvoyé & recommandé au ministre, avec invitation de le soumettre à l’examen des artistes instruits dans l’art vétérinaire. /"
- BERTHOLLET, Président, A. L. MILLIN, Sçcrétaiie
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- INSTRUCTION abrégée & méthodique concernant Vart de manœuvrer & de servir le canon nautique , ou Exercice du combat à Vusage des corsaires de la République Française , présentée à la Convention nationale , par le C. UUROSEL , ancien marin , membre fie la Société libre du Point central des Arts, 6c de celle des Inventions 6c Découvertes, avec cette épigraphe ; le véritable honneur est d'être utile à sa Patrie.
- A Paris , chez Guillaume, Libraire, Quai des Augustin s, N°. 4* 1 2 3-
- Nous ne pouvons faire un plus bel éloge de cet ouvrage, que de renvoyer au rapport qui en a été fait au Bureau de Consultation des Arts, 6c qui se trouve imprimé, page 49 6c suivantes de ce journal, ainsi qu’aux observations dont ce rapport est suivi. On y verra, combien le C. Durosel , par cette instruction meilleure que celles qui existent jusqu’à présent, a travaillé utilement pour la Nation Française. Le mérité de cet ouvrage a été senti par différentes sociétés savantes auquelles il a été soumis, 6c qui lui ont donné l’approbation la plus complette, 6c a valu à son auteur la recompense que la nation a destinée aux hommes précieux qui préparent la prospérité publique, en perfectionnant les arts. Nous ne doutons pas que tous les marins 11e s'empressent de se le procurer.
- Avis au os Artistes.
- La société des artistes réunis de Peinture , Sculpture, Architecture 6c Gravure , séante au Palais national , ayant obtenu du ministre de l’intérieur qu’il y auroit le 10 Août prochain, une exposition de leurs ouvrages au salon dudit Pal. is, s’empresse d'en prévenir ses frères les artistes des Départemens, afin de les engager à y envoyer leurs productions , pour concourir aux récompenses décrétées par l’Assemblée.
- PETIT-COUPRAY, Président.
- U paroît deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque numéros séparément cjl de 2 sols 6 déniers, et celui de la souscription pour Vannée ejl de 12 liv. pour Paris, et de 15 liv, pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ART S, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNEMENTS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- 1 V.A l’Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cité, au tas du Pont Notre-Dame.
- 2°. Cht\ le Citoyen LEFEVRE, architecte- entrepreneur, rue S.-Sauveur, N*, /p
- 30. Che\ le Citoyen GIRARDIN , libraire, au Cabinet littéraire du Jardin de la Révolution, ci-divant Palais-Royal, près le JJaJfui} et ch(\ tous les libraires & éïuEuts des Pojïis de la République,
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- BAINS MÉDICINAUX.
- Rapport concernant M. Laugier.
- "V ous nous ayez chargés d’examiner les objets qui vous ont été présentés par M. Laugier , docteur en médecine , relativement à des bains qu’il appelé Hydrauliques, Les titres sur lesquels M. Leu-gier s’appuye pour réclamer une part aux récompenses nationales , n’est pas l’invention de ces sortes de bains , mais leur renouvellement dans un teins où ils étoient tombés en désuétude , l’invention d’un mécanisme qui rend leur administration plus commode pour ceux qui en font usage.
- Pour fixer vos idées d’une manière précise , nous avons cru , Messieurs , qu’il falloit diviser ce rapport en deux parties 6c déterminer dans la première quelle est l'utilité des bains de vapeurs ; car c’est ainsi qu’on doit, nommer ceux dont il sagit , 6c faire voir dans la seconde jusqu’à quel point nous sommes redevables à M. Laugier de la connoissance 6c de l’emploi de ce genre de bains.
- Les bains agissent immédiatement sur la peau. Leur action , il est vrai, se répand dans toute l’économie animale , mais ce n’est que par l’entremise de cette enveloppe commune dont ils affectent le tissu 6c modifient les diverses facultés.
- La peau est Je siège du toucher , elle est encore l’organe de deux •autres fonctions qui sembleraient devoir s’excure mutuellement, je veux dire,, de la transpiration 6c de l’ahsorbtion d’une partie de l’air ambiant chargé des corpuscules qu’il tient en dissolution.
- La peau, comme organe du toucher, joue dans l’économie animale , un bien plus, grand idle qu’on ne le croiroit d’abord. Il est d'expérience que la sensibilité de l'homme, au moral Sç au Physique, se monte à l’unisson de celle de la peau , quMn peut affoiblir ou fortifier les viscères , animer ou amortir les passions , en aiguisant ou en émoussant la sensibilité des papilles nerveuses qui , disséminées srr la superficie du corps , constituent le sens du toucher, bi nn homme passe d’une vie dure 6c laborieuse aux douceurs du repos , si, d’exposé qu’il étoit à l’intempérie des saisons , il s'enferme dans un appartement d’une température toujours modérée, sa peau tannée 6c endurcie par les injures de l’air 6c par le travail , deviendra bientôt souple 6c délicate. L’Lpiderme s’amincit , les houppes nerveuses à moitié découvertes 6c rendu.s plus vibratiles par la délicatesse , sont ébranlées au moindre contact. Cette mobilité se communique à toute la machine , 6c cet homme deviendra vaporeux, craintif, pusillanime 6c fcible , de brave, ferme & robuste qui! étoit auparavant.
- R[°s. 3^ 6’’ 40. 2e. Trini. Tom* i»
- M m
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- Considérée comme deux couloirs que la nature fait agir sans cesse en sens contraire , la peau remplit des fonctions non moins essentielles que celles dont nous venons de parler, & dont le trouble peut occasionner les maladies les plus graves, mais dont l’action bien réglée entretient la santé, & peut même la rétablir si elle étoit dérangée, soit eu donnant issue anxdiumeurs morbifiques, soit en faisant passer dans le sang des fluides salubres dont les bénignes influences vivifient les solides 6c rafraîchissent les humeurs.
- Ceâ réflexions nous mènent droit à l’opinion de cenx qui ont assimilé les fonctions de la peau à celles du canal intestinal ; en effet quand on analyse Scrupuleusement cette idée, on ia trouve si juste 6c si frappante , qu’on est forcé d’y souscrire. En conséquence les médicamens qu’on veut faire agir sur la peau peuvent se diviser comme ceux qu’on prend par la bouche; il y a longtems que les médecins ont fait de ceux-ci deux classes generales sous les noms de médicamens altérant , 6c de médicamens évacuans ; 6c ces deux classes ont été subdivisées en beaucoup d’autres , mais il seroit trop long 6c superflu d’entrer dans ces détails; c’est pourquoi sans faire mention d’autres médicamens , même externes , nous passons tout de suite aux bains , qui est le seul objet dont il s’agit maintenant.
- Les bains évacuans sont ceux qui, en ouvrant les vaisseaux excrétoires de la peau , donnent lieu à une transpiration plus abondante.'
- Les bains altérans sont ceux, i°. qui rétablissent l’équilibre dans le système nerveux , quand il est dérangé , soit en diminuant sa vibrabilitê, si elle est trop grande , soit en l’éveillant , si elle est assoupie; 2°. qui présentent aux bouches des vaisseaux absorbant, des fluides dont l’intromission doit refaire la îm.sse du sang.
- Le mot Baigner, pris strictement, exprime l’immersion d’un corps dan s un liquide ; mais dans une acception plus étendue , il peut exprimer faction par laquelle un corps est enveloppé d’un amas de molécules solides , mobiles les unes sur les autres presqn’à la manière des fluides, tels sont le sable, la cendre , la poussière, le son, la farine, 6c c. Quelque soit la matière d’un bain, il agit toujours sur celui qui en fait usage en vertu cPun. principe commun auquel sont subordonnées ses autres propriétés , s’il en a de particulières. Ce principe , à qui des physiciens ont refusé une place parmi le. êtres , est celui de la chaleur. Pénétrez, un animal de chaleur , les fibres de tout son corps perdant leur ton , il devient affaissé , sa peau participe au relâchement général , ses pors s’ouvrent 6c versent une sueur abondante. Si le calorique agit seul, après avoir produit plus ou moins les effets dont je viens de parler , ii laisse sur la peau 6c dans toute la machine , une agitation qui ressemble assez à celle que produisent certains amers aromatiques pris par la bouche.
- Si l’abondance du principe de la chaleur relâche, affaiblit, fait transpirer, augmente l’irritabilité, sa diminution produit des effets; contraires ,, comme nous l’avons déjà dit,
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- La théorie de l'administration du calorique , nous offre plusieurs moyens d'augmenter , d'affoiblir, de mitiger même, de décomposer son action ; si vous voulez l'augmenter , joignez-y celle de certains corps âcres & volatils, tels que des huiles essentielles, des sels, <Scc. On la décompose en détruisant sa faculté irritante par l'association de l’eau en masse ou en vapeur , on la modifie en corrigeant la vertu trop relâchante de ce dernier composé par le mélange de la partie balsamique des plantes, d’esprits fermentés, par la dissolution de quelques minéraux. Ces compositions inventées dans les mêmes vues que celles qu’on nomme theïfbrmcs, qui se prennent par la bouche, se rencontrent dans'les bains par effervescence, par fermentation , dans les bains d’eaux minérales , de leur boue , etc. , toutes ces sortes de bains, comme l’on voit, sont surcomposés.
- Ceux dont l’usage est le plus general & peut être le plus utile, sont ceux qui résultent de l’union du calorique avec l’eau, surtout lorsqu'elle est réduite en vapeurs } ils nettoyant la peau , détruisent son irritation, tout le corps participant à cet heureux - calme se trouve frais & dispos , dans un état de propreté dont la seule idée fait plaisir. Ajoutez à ces avantages précieux des bains de vapeurs, la faculté qu’ils ont de faire , sans les irriter, dégorger abondamment les vaisseaux transpiratoirs , d’entraîner avec la sueur les humeurs morbifiques nichées dans le voisinage de la peau, & vous conviendrez qu’on ne peut trop en faire l’éloge.
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- Nous observerons, en passant , que d’après le peu que nous avons dit sur les effets du calorique, on explique aisément pourquoi les peuples du Midi ont des passions si vives , tandis que les sauvages qui vont muls & peu couverts dans des climats froids, ressentent à peine l’atteinte de celles qui tourmentent ces premiers , pourquoi ces mêmes sauvages sont presqu’insensibles aux souffrances &c à la mort même , &c.
- Le physicien qui consacre ses travaux à la conservation de ses semblables , doit être sans relâche à la quête des moyens qui ag-grandissent la puissance de l’art qu’il professe ; il doit applaudir au nom de l’humanité , à ceux qui en découvrent de nouveaux , il doit les offrir, autant qu’il est en son pouvoir , à la recoruioissance publique. C'est ce que nous faisons en louant les auteurs des bains de vapeurs. Quiconque réfléchira sur ce que nous avons dit de leur utilité, conviendra sans peine que le nom de leur auteur doit être inscrit parmi ceux des bienfaiteurs de l'humanité. Voyons maintenant quelle en est l’origine.
- Ces bains, depuis un tems immémorial, sont usités dans tout 1 O* rient, <5c même dans une partie du Nord de l’Europe. Leur usige est un précepte de religion chez les Musulmans, ils s’en servent pour satisfaire leur goût pour ce genre de propreté, ils les prennent
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- aussi quelquefois par le conseil des médecins. Dans le Nord , en Russie de en Pologne, on est dans l’habitude d’en prendre assez fréquemment de préparés de la manière que je yais dire plus bas.
- Les bains Orientaux se prennent dans une' grande salle ronde , dont la voûte est terminée par un petit dôme plfreré d’une quantité d’ouvertures fermées chacune par une calotte de verre. Un grand fourneau construit artistement sous le pavé, échauffe la salle 5 on y entre, quand elle est à la température requise ; après avoir sué quelque teins, 011 se fait masser, épiler, savonner, comme 011 le voit décrit par beaucoup de voyageurs.
- Partout où il se trouve des eaux thermales, les Turcs ont eu grand soin d'y faire construire des salles de bains. On en voit de magnifiques près de Brousse qui est l’ancienne Pruse 5 le Mont-Olimpe de Bitbimë au pied duquel cette ville est bâtie , fournit des ruisseaux dont la chaleur de quelques-uns fait monter à 85 degrés le Thermomètre de Réasmur. Ces diverses eaux presque bouillantes sont versées dans des bassins de marbre blanc de quatre pieds de profondeur & de plus de 2,0 de diamètre, situés chacun au milieu d’une salle superbe , dont la forme est la même que celle dont nous venons de parler. Cette masse d’eau remplit la pièce de vapeurs épaisses, on règle la chaleur de ces bains, au moyen d’un ruisseau d’eau froide qui se rend au même b assin , oc qu'on grossit ou diminue suivant les circonstances. Les Turcs se servent de ces bains comme des premiers , mais ils sont surtout en grande réputation pour l’usage de la médecine.
- Les bains Russes s'échauffent par le moyen de boulets de fer ou de pierres qu’on fait rougir, & sur lesquels on jette de l’eau, après les avoir entassés au milieu de la salie ; les deux sexes, parfaitement nuds , entrent pêle-mêle dans ce lieu plein de vapeurs. Chacun tient une poignée de verges de Bouleau dont il frappe légèrement, en se promenant, sur le dos de ses voisins! On introduit aussi des enfans dont l'occupation est de frapper les baigneurs. Un de nous a vu ôc éprouvé souvent les effets de tous les bains dont nous venons de parler.
- Il n’y a pas plus de i5 ans qu'on ne connoissoit à Paris que des bains simples. Un médecin Arabe y avoit voulu autrefois établir des bains de vapeurs. La dénomination de quelques rues prouve assez qu’il y a eu jadis des étuves à la manière des Orientaux, mais nous 11’avons là dessus rien qui nous intéiesse.
- En 1750 , un chirugien de Montpellier, nommé Guérin, vint établir à Paris des bains de vapeurs qu’il faisait prendre dans une boëte dont la faculté de Médecine de l’Académie des Sciences nous ont donné une description qui se trouve dans les approbations que lui donnèrent ccs corps savans. C’étoit une caisse doublée de fayance capable de contenir à l'aise le corps d’un homme assis, excepté la tête i le
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- Vase cl’ou sortoit la vapeur étoit à côté de cette caisse & commum-cjuûit avec elle par un tuyau. Cette construction est facile à se figurer ; mais soit que les nouveaux, établissemens ayent toujours peine à prendre , quoique bons, parceque l’habitude en empêche la vogue , soit quelqu’autre raison, les bains de Guérin ne survécurent pas à leur auteur.
- En 1769, M. Albert présenta à la faculté de Médecine le projet d’uii établissement où bon de Voit administrer des bains simples de composés* des bains de vapeurs, des douches , des fumigations sèçlies & humides , mais ce projet n’a eu son exécution qu'en 1780 , & les approbations avantageuses que la Faculté , la Société de Médecine de l’Academie de Chirurgie ont données à cet établissement qui existe Quai d’Orsai, prouvent' que M. Albert a bien rempli son projet.
- A peu près un an avant l’établissement de M. Albert, il s1en étoit formé un au Gros-Caillou pour des bains de vapeurs, dont M. Fauz£ de Beaufort passoit dans le public pour être l’auteur. Mais il paroit par les pièces que nous a comurriquées M. Laugier qu’il avait pour adjoints M. firuna (Se surtout M. Laugier, qu’on avait fait venir de Marseille, comme ayant des connoissances particulières dans cette partie dont il s’occupoit depuis dix ans, de parconséquent comme plus propre à conduire cet établissement. M. Laugier , quelque teins après, se sépara de la société, de fit des démarches pour obtenir un privilège exclusif toujours pour le même objet. L’arrangement des co-associés , dont trois étoient médecins, avoit été fait de manière que dans le public on pouvok croire qu’ils y avoient tous co-operé. M. Laugier tâcha de prouver que lui seul en étoit fauteur. Les raisons qu'il donna nous paroissent plausibles, sans pourtant être peremptoires. Mais, Messieurs ce qu'on ne lui conteste pas, est le mécanisme pouf faire hausser de baisser le siège de les coudoirs de ses boëtes-bai-gnoires , au reste assez semblables à celles de M. Guérin dont nous avons parié plus haut.................
- M. Laugier paroit avoir mené une vie laborieuse, de s’être toujours empressé de rendre service à l’fiutnanité. En 1769 une épi-demie désolait -Marseille $ l’envie d’êire utile lui fit affronter les dangers d’aller respirer cet air pestilentiel. 11 donna des conseils avantageux pour faire cesser ce fléau, comme il conste par des certificats de de l’Intendant de la Provence, & des Administrateurs de l’Hôpital de cette Ville.
- A paris , au Bureau de Consultation , le 18 Juillet 1792 , l’an IV de la Liberté.
- Le Bureau a accordé à M. Laugier le maximum des gratifications.
- LEBLANC, BOURU, JUMELIN.
- Nota. Le Citoyen Laugier demeure Rue du Marché neuf, NA
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- CIRE A CACHETER.
- Rapport àoncernant le C. Graffe.
- Ï.J E Citoyen Graffe se présente pour obtenir une récompense nationale, muni des pièces ' prétextés par la loi.
- Depuis longtems il s’est occupé de la perfection des cires à cacheter ; il a surmonté les obstacles qu’il a rencontrés , pour leur donner toutes les qualités que l’on pouvoit y désirer , de lorsqu’il étoit sur le point de recueillir le fruit de ses tiayaux , la révolution a renversé sa fortune de ses espérances.
- Quoiqu’on général la préparation de la cire à cacheter ne soit point un secret , ceux qui la préparent ont cependant des recettes de des manipulations particulières qu’ils ne communiquent à personne, de en effet on observe une différence considérable entre les cires à cacheter qui sont préparées par les différens artistes. On sait que celle qui vient de Hollande est préférable à celle qu’on prépare dans ce pays, de qu’elle se vend à un prix fort supérieur.
- Dès 1781, le C. Graffe présenta à l’Académie des Sciences une cire à cacheter, qui fut reconnue par Maker de Montigny, nommés commissaires , pour être d’une excellente qualité , & compara.*, ble aux meilleures cires connues, Elle s’allume & se fond facile-menti disent les commissaires, sans avoir le défaut ordinaire des belles cires , qui est çfêt e si coulantes qu’elles tombent en gouttes , aussitôt qu’elles sont allumées, dè ne donnent point le tems de les porter à l’endroit ou. l'on veut appliquer le cachet. Elle est exempte aussi d’un autre défaut de beaucoup d’espèces de cire à cacheter , même des plus belles & des plus éclatantes, savoir 4e ne pas conserver leur flamme , ce qui oblige de les porter plusieurs lois à la bougie pour achever un cachet. Celle de Graffe çonserve sa flamme jusqu’à ce qu’on l’éteigne , se parfond <$' se purifie très-bien sur le papier, prend à merveille Vempreinte du cachet , reste d’un beau lisse & d’une belle couleur, quand elle est refroidie, & enfin demeure attachée ait papier, de manière qu’on ne peut l’enlever sans déchirer.
- Ils remarquent encore que Graffe fait de la. cire à cacheter qui a la dureté de la fragilité ordinaires de celle de Hollande; mais qu’il peut, quand on le désire, la proportionner de manière, que, sans perdre aucune de ses bonnes qualités , elle conserve à froid un certain degré de mollesse de de flexibilité , ce qui la rend moins cassante.
- Enfin ils observeront qu’on avoit introduit dans la cire à cacheter différentes matières odorantes, telles que le benjoin de autres
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- de ce genre ; mais qu’il n’en étoit résulté que des odeurs d’encens, qui ne plaisent pas à beaucoup de personnes ; mais que Graffe a perfectionné ce genre d’agrément, en introduisant dans sa cir« les odeurs les plus fines, comme de Eergamotte, de Jasmin, de Rose, de fleurs d’Orarige , d’Oeil let, en un mot toutes les odeurs délicates de la Parfumerie.
- Depuis cette époque le C. Graffe a continué à s’occuper de l’objet de son industrie , il a cherché les moyens de lui donner d’autres qualités qu’on n'avoit point encore réussi à lui donner.
- On se rappelle la futile importance de la science héraldique qui vient de disparoitre devant la sainte Egalité : les couleurs fkisoient partie essentielle de ses hyérogyphes , & il étoit bien intéressant d’en donner au cachet une , qui annonçât un cordon bleu , il falloit donc une cire bleue. Le deuil des despotes qui ont régi la France étoit violet, il leur falloit donc uue cire violette.
- Cependant on n’avoit rien pu se procurer de satisfaisant, jusqu’à Graffe, qui vint à bout de surmonter toutes les difficultés, & qui fit des cires à cacheter, de différentes couleurs , sans porter atteinte à leurs qualités essentielles.
- I). présenta , en ly88 , des cires à cacheter , dites alors bleu de roi, d’un bleu pâle <5c de couleur violette, à l'Académie des Sciences, qui chargea les Citoyens Desmarest 6c Beaumé de lui en rendre compte. Ces commissaires prirent cl’abdrd des renseignemens auprès des différens fabricans de cire à cacheter, qui leur assurèrent qu’il étoit impossible de faire de bonne cire à cacheter bleue , qu’on n’avoit pu en faire que de si mauvaise qualité , qu’on avoit absolument renoncé à en faire usage. Ils virent après cela préparer celle de Graffe , qui conserva toutes ses bonnes qualités. Ils pensent que l'obstacle qu’ont éproi-ivé ceux qui ont voulu faire de la cire sous cette couleur , vient spécialement de la difficulté qu’il y a d'introduire la substance colorante bleue , substance qui exige une manipulation différente de celle employée pour incorporer le vermillon dans la cire à cacheter rouge. Ils trouvent ingénieuse cette manipulation , que Graffe leur a communiquée sous le secret, 6c c'est la même qu’il employé pour préparer toutes les autres cires de couleur , excepté la rouge.
- On voit que le C. Graffe s’est occupé avec beaucoup de constance 6c avec succès , des moyens de perfectionner l’art de préparer la cire à cacheter, 6c de lui donner les qualités qu'on y désiroit. Ses succès lui promettaient des dédommagera en s de fortune qui auroient satisfait son ambition , si un établissement qu’il avoit fait; à Sèves n’avoit été renversé par les suites de la révolution»
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- Nous prions le Bureau de Consultation de prendre en considé ration , non seulement la longueur des recherches du C. Graffe le succès dont elle ont été suivies dans un art , qui , sans avoi une grande importance, mérite cependant attention , par le commerc dont il est l’objet , & en même tems les pertes qu'il a éprouvées & qui le privent de tout le fruit de ses travaux. Nous proposons d e lui accorder le medium de a seconde classe 3 c’est-à-dire, 20© o li y
- ( Conclusions adoptées. )
- Fait à Paris, au Bureau de Consultation, le 9 Février 175)3, l’an 2e. de la République Française.
- EEAUMÉ , DESMAREST , BE11THOLLET.
- Nota. Le Citoyen Graffe demeure à Paris , Rue St.-Tomas du Louvre, N°. 264 & à Sèves, près St.-Cloud, à la Manufacture de Cire d'Espagne.
- DEMAND E.
- Un homme marié , trés-au fait du Commerce & de la Geftion des grandes manu faâures , ayant d’ailleurs quelques connoiffances des mécaniques, défireroit s’intéreffer dans un objet quelconque de première .néceffité , foit à Paris, foit dans quelqu’autre Département, à la ville ou à la campagne. Sa partie feroit celle des écritures. Il y verferoit des fonds , si befoin cft.
- S’adreff’er au C. Hugand, Rue Sc.-Honore, Place Égalité, N\ 135$, a Paris>
- Il paraît deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le. prix de chaque numéros séparément cfi de 2 sols 6 deniers, et celui de la souscription pour Pannée ejl de 12 llv. pour Paris, et de 75 liv, pour les départemens , franc de port..
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTiON-NEM ENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- 1°. À P Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cité, au bas du Pont Notre-Dame.
- 2e.. Chei le Citoyen LEFEVRE , architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N°. ijj
- 5 N Chc{ le Citoyen AUBRY, Libraire, rus de la Monhoi.e , No. 5.
- Les Lettres , Projets, Mémoires, Avis et Réclamations doivent être adrejjcs francs de vort. <à VImprimerie.
- On peut f&uscrlre pour un an, ou Jlx mois, mats toujours a datter du commencement d’un mm.ejtn>
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- DE MATHÉMATIQUES ET DE PHYSIQUE.
- Rapport concernant\ le C. Fortin
- ILj E S commissaires soussignés, chargés par le Bureau de Consultation d’examiner différens Instrmnens de Mathématiques 6c de Physique, présentés par le C. Fortin , pour concourir aux récompenses nationales , vont lui rendre compte du résultat de cet examen.
- Les principaux articles présentés par cet artiste, sont deux pompes pneumatiques, une machine à diviser les lignes droites , une. balance, un enduit pour rendre les étoffes impénétrables à l’air; différens cylindres de cuivre exécutés avec le plus grand soin & des-, tinés à déterminer le poids d’un volume donné d'eau distillée ; enfin un instrument pour mesurer avec beaucoup de précision', les di-înenshpns de ces cylindres ou d’un antre corps. ^
- Nous allons présenter au Bureau un détail succinct de ces différons objets., en nous appliquant surtout à faire connaître la méthode que suit l’artiste dans la construction des différens iustru-, mens dont il est cliargé. •••. -,
- Tompcs Pneumatiques
- Les pompes pneumatiques, après avoir passé par plusieurs for*-mes, sont à présent ordinairement composées de deux corps de pompe , dont les pistons sont manœuvres par une roue dentée , qui engraine deux crémaillères verticales qui forment la tige des pistons;* en sorte que dans le teins qu’un des pistons fait le vide, dans un corps de pompe , l'autre chasse l’air contenu clans l’autre corps de pompe, ie trou du canal de communication entre les pompes de le récipient , est placé au fond de chaque corps de pompe , 60 fermé par un morceau de vessie qui se soulève entre ses attaches,, lorsqu’on fait le vide, en ouvrant la communication entre le corps; de pompe 6c le récipient, 6c s’applique sur le même trou en formant une espèce de soupape , lorsque l’on comprime l’air dans le corps de pompe; cet air comprimé s’échappe par une autre soupape ordinairement pratiquée dans le corps du piston. JJans le canal qui établit la communication entre les pompes 6c le récipient, l’on pratique un robinet conformé de manière à ouvrir ou fermer ^volonté une communication entre les corps de posiipe, le réci-piem 6c l’air extérieur.
- iV°s. 4/, ^ z & 43* Juillet, 2.p. Trim. Tom.^ /. Nu
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- Mais clans Pusage de cette pompe., l'on s'apperqoit bientôt que la soupape placée au fond des pompes, soit par sa pesanteur, soit par le ressort de ses parties , soit par l’adhérence qu’elle contracte avec le fond de la pompe , exige une certaine force pour être soulevée. Ainsi lorsque ;cette résistance fait équilibre au ressort de Pair raréiié dans le récipient , l’on est parvenu à la limite de l'évacuation, 6c il n’est pas possible d’approcher davantage du vide parfait. . . ’ .
- Un antre inconvénient que l’on éprouve encore dans l’nsage de ces pompes, c’est qu’aprcs avoir garni le piston , l’on est obligé de le faire entrer de force dans le corps de pompe, en sorte que le pins souvent, lorsque le piston, en expulsant l’air, arrivé au fond de Ja pompe , il ne peut toucher ce fond que parmi Sehl point, 6c il reste un petit espace rempli d’air, dont la densité est un peu plus grande que celle de l’air atmosphérique. Le premier défaut qui provient des &oupapés a été corrigé par le C. Fortin , en substituant au fragment de vessie qui ouvre 6c ferme la communication des pompes avec le récipient, un petit piston qui a une tige cylindrique ; cette tige parallèle à l’axe des pompes, traverse le piston, 6c peut y couler à frottement dans des colliers dé cuir; l'extrémité supérieure de là tige est retenue de'fnanière que le petit piston, qui ferme le trou du canal de communication entre la pompe 6c le récipient, ne peut qu’être soulevé suffisamment pour que Vair du récipient passe dans le corps de pompe qui fait le vide. L’on voit d’après cette construction, que la communication entre le corps de pompe 6c le récipient s’ouvre 6c se ferme alternativement, quelque foible que soit le degré de raréfaction de l’air du récipient, au moment précis où il faut que celte communication soit ouverte ou fermée.
- Mais outre le vice des soupapes, il y en avoit d’autres à corriger dans les machines pneumatiques. L’est ce qui a déterminé l'artiste à en propose!? 6c exécuter une d’une forme nouvelle, qui paroi t laisser peu à désirer, bon intention dans la construction de 4> Lte nouvelle machine a été, iQ.qu’il n’y eût aucune soupape intermédiaire entre le récipient 6c le corps de pompe qui fait Je vide ; 3,'“. que l’antre corps de pompe , qui déc harge extérieurement l’air tiré du récipient, nVut, dans ce moment, aucune communication, pas même par des filtrations de soupapes intermédiaires, avec le 'même récipient; f8a. que la base des. pistons joignit très-exactement k platine qui sert de fond au corps de pompe, lorsque le piston a évacué extérieurement l’air contenu dans le corps de pompe, VAiçl Ifs moyens qu’il a employés pour remplir ccs indications. Les deux corps de pompe 6c la platine qui les termine perpendiculairement à leurs axes, sont fondus ensemble. Cette platine est polie avec soin
- percée de deux trous , chacun égaux au diamètre intérieur des.
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- sous la garniture du piston. Pour empêcher les pistons (Pébranler
- -£orps de pompe. Au dessus de cette'première platine ,, P artiste en pose une seconde qui peut glisser librement sur la première. Cette deuxième platine exactement polie & dressée par dessus & par dessous , est percée de trois trous, un de cinq lignes placé au milieu de la platine, & deux tiès-petits placés aux extrémités. Ces. deux derniers sont fermés par deux petits pistons fqriiKint soupapes. Cette seconde platine est destinée à glisser sur la première, de manière que dans les çlifférgns mouvemens alternatifs qui lui sont imprimés par la manivelle qui fiait agir les pistons des pompes , le trou du milieu se trouve placé sur l’ouverture de la pompe qui fait le vide, tandis qu'un des petits trous à soupape se trouve sur la poinp^ qui vide extérieurement l’air qu’elle contient. Le p,oli & l’étendue des platines entre les trous est telle, qu’il n’y a pour lors aucune communication , ni meme aucune soupape entre le récipient ôz la pompe qui évacue extérieurement l’air. Pour être sûr qu’il i1ë reste point d’air cantonné dans les eprps de pointe, lorsque les pistons arrivent à la platine qui sert de fond, l'on commerce par garnir les pistons, en les enfonçant dans le corps de pompe, ou les amène à plusieurs reprises, à joindre la platine qui les termine, & l'on donne en même-tems le dernier coup de poli à la première platine & à la base du piston , qui par là se trouvent nécessairement dressés dans un même plan.
- Au dessus de la deuxième platine que nous venons de décrire , l’artiste en a placé une troisième surmontée d’un carré , & percée au milieu d’un trou vertical de cinq ou six lignes , qui se termine en gouttière sous la platine ; comme cette pièce est fixé j cette gouttière s’étend de quelques lignes en dedans des corps de pompe. Le carré de cette platine est arrêté dans le sens horizontal, q>ar une bride qui l'enveloppe , & dans le sens vertical , par deux ressorts placés sous 1a même bride , & qui pressent cefle troisième platine sur la seconde , pour rendre leur contact plus immédiat. Dans le carré qui surmonte cette troisième platine, l’on a pratiqué des gorges à pas de yis , qui doivent joindre à cet appareil la platine du récipient.
- Telle est à-peu-près la ‘construction de l’ingénieuse machine dont nous rendons compte, 8c dont le piston peut être uir peu gonfle , lorsqu’il ne. joint pas parfaitement le corps de pompé , au moyen
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- qui fixe l’étendue de leur mouvement, & ils joignent trcs-exacte-ment la platine , au moyen d’un petit ressort qui leur permet un Wouveinent élastique à-peu-près d’une demie-ligne.
- Le mouvement des différentes parties de la machine est produit par un balancier ou une manivelle dorçt l’axe mène deux roues
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- concentriques ; la roue intérieure peut se mouvoir librement Sotfl un angle de quarante à cinquante dégrés, & c’est pour lorsqu’au moyen d’une cheville , elle agit sur un pied de biche qui est joint, & entraîne une crémaillère' à-peu-près verticale. Cette première cré^ mail 1ère fait mouvoir à la hauteur de la première platine un pignon qui fait marcher la deuxième platine, au moyen d’une seconde crémaillère horizontale. [Lorsque par ce mouvement , la deuxième platine se trouve placée convenablement, relativement aux deux corps de pompe, le pied de biche échappe, la deuxième platine S’arrête, & pour lors une coche de la roue intérieure 'saisit la Voue extérieure qui est dentée sur toute sa circonférence , & agit à l’ordinaire sur les crémaillères qui meuvent les pistons.
- Cette machine exécutée avec le plus .grand soin fut présentée à l’Académie des Sciences, en 1779 j les commissaires qui l’exami-ïièrent, firent des expériences comparatives entr’ehe & les meilleures machines anglaises. Celle du C. Fortin leur parut très-supérieure, soit pour approcher du vide parfait , soit pour le conserver.
- Machine à diviser les lignes droites.
- Le C. Fortin présente ensuite'une machine destinée à diviser les lignes droites en parties 'égaies, Cette machine5, comme presque toutes celles qui ont le même objet, est formée de deux parties principales, savoir, une vis qui mène successivetUefnt le traçoir le long de la ligne que l’on veut diviser, ’êc un traçoir qui a un mou veinent indépendant de la yis & perpendiculaire à son axe. A une des extrémités de l’axe de la vis , i on place un cadran que l’on divise en un très-grand nombre de parties égales. Le tour du cadran fait parcourir an traçoir une division égale au pas de la vis., Av si l'inclinaison du pus de vis est uniforme dans tout son développement, au moyen des divisions du cadran , l’on pourra diviser la placée sous le tracelet, en parties aussi petites que l’on voudra.
- C’est donc principalement de l’exécution d’une vis dont les pas soient égaux, & rihclinatsôn parfaitement uniforme dans tous leurs contours, que dépend ^exactitude d’une machine. à diviser. Le C. Fortin, se sert d’uno méthode pratique d’approximation , an moyeu de laquelle il peut, avec une vis qui lui est donnée , eh faire une seconde plus régulière que la préfutère, & avec cette seconde, il en peut faire une troisième plus régulière que 1& seconde, L’expérience lui a déjà appris cftté la troisième vis 'exécutée par sa méthode , est aussi parfaite que l’état actuel de Fart & les inégalités des parties des métaux peuvent le permettre. Outre la Vis de la jnaobijiie à diviser doin le pas est.d’une, ligne , nous «n présentons •tuiet seconde au bureau:, exécutée par le mêxne artiste, dont lé
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- pas est d'une demie-ligne , & il paroit difficile de parvenir dans l’exécution à un plus grand degré de régularité.
- Nous ne donnons pas ici la méthode du C. Fortin. Il ne la rendra publique., cpie lorsqu’il sera parvenu au dernier degré d’exactitude dont elle lui paroit susceptible $ ce qui dépend principalement de quelques manipulations de trempe, sur lesquelles il lui reste encore quelque chose à désirer.
- Le traçoir de la machine à diviser dont nous rendons compte , est contenu entre deux règles perpendiculaires à l’axe de la vis. Son plan s'étend de quelques lignes au dessous de ces deux règles, il est retenu dans le sens horizontal , d’un côté par deux talons qui y sont fixés 6c qui glissent contre le champ d'une des règles , de l’autre côté, il est retenu par un ressort à deux branches , garni à ses extrémités de petites roulettes qui portent contre le champ de la deuxième règle ; ce traçoir est retenu dans le sens vertical au dessous des deux règles, par son plan , comme nous venons de le dire , 6c au dessus, au moyen de deux ressorts à deux branches , garnis de roulettes, comme celui que nous avons déjà décrit*
- L’on- sent que d’après cette construction , les accidens, les inégalités de la matière qui tendroient à forcer le traçoir d’un côté ou d’un autre , ne peuvent produire qu’un dérangement instantané, que les règles, d’après la flexibilité des ressorts, éprouvent toujours une pression constante, sans aucun déchirement, comme il doit nécessairement arriver entre des corps qui glissent entre des parties inflexibles.
- Le tracelet placé vers le milieu du traçoir a un mouvement des rotation dans le sens vertical sur deux pointes très-fines, 6c il est presse par un ressort sur la règle que l’on veut diviser $ il peut en outre, au moyen d'une vis, s’élever plus ou moins, suivant l’épaisseur de cette règle. Une verge mène le traçoir $ à une desextrémités de cette verge est un crochet, dont le plan incliné soulève le tracelet à peu-près d’un quart de ligne au dessus de la règle, lorsqu’on le tire dans un sens, 6c 3e laisse en entier eous l’action du ressort qui le presse contre la règle que l’on divise , lorsqu’il est tiré dans l’autre sens. C’est pour lors que le tracelet imprime les divisions.
- Le C. Fortin nous a présenté plusieurs verniers ou la ligne est divisée en plus de cent parties ; la marche régulière des divisions observées à la loupe dans le mouvement du honius ou vernier, ex* certifie Inexactitude.
- Dans la machine dont nous venons de rendre compte, nous nw pouvons attribuer la précision des résultats qu'à l’intelligence de l'ar*
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- liste a en combiner les différentes parties ; car dans cet instrument exécuté depuis plus de 14 ans , l’auteur a été obligé de proportionner ses matériaux & son travail à l’état de,sa bourse, & il a fallu que l’art suppléât à Purgent.
- Balance.
- Le quatrième objet présenté par le C. Fortin est une balance très-sûre & très-sensible. L’intelligence des détails , l’habitude de manier les métaux,.la précision dans l’exécution est plus nécessaire dans la construction de ces sortes d'inst.umens (pie l’esprit d’invention. La forme ordinaire des balances les plus exactes paroit à présent se réduire à deuxbras parfaitement égaux, suspendus sur un couteau d’acier fondu. Ce couteau est porté à ses extrémités par son tranchant- sur deux platines d’acier poli, 6c dressées avec le plus grand soin dans un mome plan. Pour que le couteau ne s’émousse pas sous le poids continu de la balance ou par quelque secousse accidentelle, le fléau doit être porté par ses extrémités sur deux appuis qui le soutiennent dans une position horizontale : pour élever le fléau 6c faire la pesée, l’on pratique deux colonnes creuses , concentriques oc verticales; la colonne extérieure est fixée, la colonne intérieure qui porte le fléau de la balance , peut s élever de quelques lignes & dégager le fléau des deux soutiens horizontaux, au moyen d’un plan incliné, eu yis manœüvrée par un levier.
- L’on taille en couteaux les soutiens des crochets qui doivent porter les chaînes des bassins , ainsi que les crochets eux-mêmes. Enfin il faut que dans le moment de la pesée , le fléau soit dans une position horizontale , ce qui s’obtient facilement au moyen d’un aplomb donné de quelques vis, pour caler le pied de la balance, de enfin d’une aiguille perpendiculaire sur le fléau de la balance , quJ peut parcourir dans le mouvement du fléau un arc de cercle divisé en parties égales. Le point où l’aiguille répond au milieu de cet arc est celui où le fléau est horizontal, Si où se fait la pesée, Ici l’artiste dont nous détaillons les travaux, a fait un petit changement , il a trouvé que l’aiguille placée sur le fléau etoit une surcharge, que d’ailleurs un accident pouvoit la courber 6c, changer le système d'équilibré de la balance-. Il y a substitué deux petits crochets fixés par une extrémité vers le bout des bras de la balance, 6c dont l’autre extrémité taillée en pointe doit répondre dans le moment de la pesée à un point fixe.
- lia encore cru nécessaire de faire un petit changement dans la petite pièce à couteau de l’extrémité du fléau qui soutient les bassins de la balance. Çes parties dans les balances ordinaires sont fixées au fléau 'd’une manière invariable : notre artiste les a construites de maniéré que le petit cylindre qui leur sert d’axe, peut au
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- moyen cle deux vis boit tantes, tourner & se fixer à volonté, sans que le centre cle gravité du petit solide , taillé en couteau , soit déplacé ; par là on peut, sans changer le système d'équilibre de la balance, rapprocher ou éloigner un peu, du milieu clu fléau, le taillant du couteau qui soutient le crochet des bassins , <3t chacun , parce moyen, peut rétablir, lui-môme , l'égalité des bras, si elle étoit altérée.
- Tel est à peu- près l’esprit d’après lequel le C. Fortin a construit les balances qu’il nous a présentées. L’expérience seule peut .apprécier la justesse de la position de leurs différentes parties, & l’expérience a prononcé en sa faveur. Le C."Lavoisier, qui se sert de-depuis longtems avec succès d’une des balances de notre artiste , assure que, sous un poids .cle dix-sept livres dans chaque bassin , elle trébuche sûrement de sensiblement avec un demi-grain.
- Vernis pour rendre les étoffes impénétrables à l’air.
- Le cinquième objet présenté par le C. Fortin , est un vernis qui rend les étoffes cle soie impénétrables à l’air. Au moment cle la découverte des balons , l’on crut que pour pouvoir rendre ces machines utiles, il fàllôit principalement y conserver l’air inflammable, le plus longtems possible, sans qu’il s’échappât à travers les mailles de l’étoffe. A cette époque, le C. Fortin exécuta un balon-de cinq pieds de diamètre, rempli d’air inflammable , & enduit d’un vernis de sa composition. Ce balon est resté élevé pendant cinq mois dans la salle des séances de l’Académie des Sciences, agissant par un peson pour soulever un bloc cle marbre. L’action du balon pour s’élever vers le plafond de la salle n’a été diminué que de quelques onces pendant la durée de cinq mois.
- Cylindre & Instrument pour mesurer les dimensions des Corps.
- Lorsque, d’après un décret de l’Assemblée Constituante, l’Académie des Sciences eut nommé une commission pour fixer une unité clé poids de cle mesures, unie des sections cle cette commission fut chargée de déterminer le poids d’un volume donné d’une matière très-homogène : l’on prit pour matière homogène l'eau distillée; & pour en déterminer le poids, un cylindre creux de cuivre, de neuf pouces, dans tous les sens. Ce cylindre, en supposant ses dimensions, de par conséqnent son volume parfaitement connu, étant successivement pesé dans l’eau & dans le vide, donneroit le poids d’un pareil volume d’eau. Le C. Fortin fût chargé par les commissaires de faire trois cylindres cle cuivre de neuf pouces cle longueur, & cle neuf pouces de diamètre à peu près du même jpoids qu’un, pareil volume d’eau. Ou lui demanda en mêine-tecis
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- que les dimensions fussent aussi exactes" que l’art pmirroit le permettre. Il est impossible de détailler dans ce rapport les différentes méthodes pratiquées, & les différens instrumens imaginés & mis en usage par l’artiste, pour dresser le plan des deux bases, les rendre exactement parallèles & établir une parfaite égalité entre tous les diamètres. Il croit être parvenu à pouvoir répondre de l’égalité de toutes les dimensions à un cinquantième de ligne près. Mais comme une pareille erreur pouvoit en produire une trois fois plus grande dans le rapport des volumes; comme d’ailleurs les cylindres, ainsi que toute autre ligure de métal que l’on d^stineroit à une opération de ce genre , doivent être creux , pour que leur piésanteur soit à peu près égale à celle de l’eau , il faut nécessairement sou-
- sant plus promptement sur les surfaces, que sur les parties intérieures , il en résulte une défiguration dans la surface du cylindre. C’est d’après ces réflexions que le C. Fortin a imaginé & exécute un instrument qui est destiné à mesurer & à vérifier dans tous, les instans les dimensions actuelles d’un corps.
- Dans cet instrument , la dimension que Fon veut mesurer se place entre deux blocs de marbre , posés sur un autre bloc qui leur sert de base : le premier bloc est fixé sur cette base & garni de plusieurs boutons de cuivre , dont la tête plane est dressée avec soin dans un plan perpendiculaire à la base. Le second bloc est mobile, & son mouvement ou sa distance au premier bloc est mesuré par un vernier placé à la base , qui donne très-exactement les centièmes de ligne. Au dessus de ce bloc mobile , est posée une équerre dont les branches sont comme dix est à un , & peuvent tourner sur un axe placé à la réunion des deux branches. A l’extrémité de la grande branche est un vernier qui donne les deux-centièmes de ligne sur un arc très-petit, & qui peut être consi-
- déré; comme une ligne droite ; en sorte que quand l’extrémité de la petite branche parcourt un deux-millième de ligne , le vernier de la grande branche parcourt un deux-centième de ligne ou une division..
- Lorsque Fon veut comparer des dimensions sensiblement égales ,, on les place entre le bloc de marbre fixe, & le bloc mobile, en sorte que la ligne que l’on veut mesurer se trouve porter d’un côté contre les clous du bloc fixe, ou contre un équipage de cuivre parfaitement dressé , qui s'y appuyé , & de l'autre côté , contre l'extrémité du crochet pointu de la petite branche de l’équerre. Jfia longueur totale se mesure en centième de ligne, au moyen du grand vernier place à la base du bloc mobile , <5c les très-petites; différences s’apprécient au moyen du vernier qui donne les deux*-millièmes, de ligne s gu petit arç du çadraiu
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- ’Tete sont ks principaux objets présentés an Bureau de Cojtsuï-»-v tation par le C. Fortin ; il est peu de machines de physique qui n’ayent éto exécutées par cet artiste , & où il n'ait fait des clian-geinens utiles. Dans les machines nouvelles dont l'exécution lui a été confiée, il a souvent éclairé le physicien sur des difficultés d’exécution, & sur les moyens de les éviter, en rendant presque* toujours la machine plus exacte , plus simple de plus ingénieuse.
- Conclusions.
- D’après ces considérations , les commissaires soussignés sont d'avis que le C, Fortin , placé par son talent au rang des meilleurs artistes de l’Europe, doit être compris dans la première classe des récompenses nationales pour le maximum , c’est à-dire }. 6000 liv. «vec mention honorable.
- Fait au Bureau de Consultation , le 19 Décembre 17^2, l’an premier de la République Française.
- BORDA, COULOMB, LEROY.
- A vis 'du Bureau de Consultation.
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de scs commissaires, tendant à accorder au C. Fortin le ntaccimum de la première classe, c’est-à-dire 6000 livres , avec la mention honorable; l’objet mis en délibération, le Bureau est d’avis que les dif’férens clmngemens , aussi ingénieux qu’utiles , faits par le C, Fortin, dans presque toutes les machines & instrumens de pliysiqin , que la perfection, la précision de l’intelligence qu’il a portées dans leur exécution , & notamment dans les machines pneumatiques , dans les instrumens destinés à diviser les lignes droites, dans les balances , dans une nouvelle machine qui mesure les dimensions des corps au moyen d'un nonius ou vernier qui donne les deux-millièmes de ligne; le Bureau prenant d’ailleurs en considération les dépenses occasionnées à cet artiste par les essais qu'il 11e cesse de faire pour perfectionner son art, est d’avis , conformément à la loi du 12, Septembre 1791 , que le C. Fortin mérite le maximum, de la première classe des récompenses nationales, c’est-à-dire six mille livres, avec la mention honorable.
- Fait au Bureau de Consultation, le 19 Décembre 1792, l’an premier de la République Française.
- SERVIÈRLS , Président, TROUVILLE , Secrétaire.
- Nota. Le C. Fortin, Ingén’eur «n infhumens de Phyûçuc, demeure rue Neuve de _ Richelieu , eu face de la Sucboûue.
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- MENUISERIE.
- Rapport concernant M. Lardé.
- Îj E S commissaires soussignés ont été nommés par le Bureau de Consultation , pour lui rendre compte des travaux de M. Lardé , menuisier & mécanicien.
- On peut diviser en trois ctases les ouvrages que M. Lardé soumet au jugement du Bureau, iQ. ouvrages mécaniques ; 2°. pièces de trait, <5t description d'ouvrages de menuiserie exécutés , 3°. description de construction de charpente en planches, exécutée,, & projet de construction semblable.
- Déjà MM. Lucotte & Perrier, ont fait part des ouvrages de mécanique de M. Lardé, dont les objets principaux sont, i°. un carosse mécanique, chargé de cinq personnes, & allant sans chevaux, formant tous les rnouvemens en général $ 2Q. un mouton pour battre des pieux j au moyen de la mécanique deux hommes font l’ouvrage de trente-six. 3P. un bateau dont le mécanisme facilite pour remonter le courant d’une rivière | 40. un banc de jardin pouvant former à volonté un lit de repos , un canapé & un coffre ; ce banc est pour être exposé à toutes les injures du teins , sank que les objets qu'il contient au dedans soient aucunement gâtés $ 60. un coffre-fort, dont d'ouverture est difficile à trouver , &c. Nous croyons inutile de nous étendre sur différens détails de pièces de trait, comme arrière-voussure , escalier, abat-jour, niche, corne-de-hæuf, éventail, <5cc., dont les rnodè* lès sont sous les yeux du Bureau. Nous observerons seulement que ces pièces de trait nous ont paru parfaitement entendues , que plusieurs contiennent des solutions de problèmes de menuiserie très-difficiles, tels que les arrière-voussures, queue de paon , les arrière-voussures de Marseille , les arrière-voussures d’oreilles d'âne , &c.
- Ces pièces de trait ont pour l’artiste , l’avantage de faire connoître au. Bureau , qu’il possède parfaitement les constructions difficiles , que d’ailleurs on peut eriGore reçonnoitre dans les différens objets qu’il a conduits.
- M,* Lardé a exécuté en planches la voûte de la grande salle de l’iiotél ^ de Bulliou , rue J. J. Rousseau , qui a 5o pieds de longueur , sur 38 pieds de largeur , éclairée par le haut par une lanterne de 2.5 pied* de longueur,, sur i3 pieds de largeur.
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- Cet artiste a conduit le comble cii planches delà halle aux draps, le celui de la fontaine du marché des inné cens.
- lia construit à Sceau , chez, M. Corancé, un comble en planches, sur une tour ronde, ouverte par la croisées.
- Chez M. de l’Epine, horloger, place des Victoires, il a transformé la cour en salle à minier, éclairée par le haut.
- Il a construit en planches , les combles des bâiimens de M. de Lamoignon , rue de Grenelle.
- Il a fait en planches , les combles de Photel de Mar-bœuf, Faubourg* S lint-Honoré.
- Il a construit le dôme du pavillon de M. de Cubièrcs à Versailles, en planches de six pouces de largeur sur un pouce d’épaisseur, en sapin, dont les combes ne sont que posées bout-à-bout, 6c n’ont pas un poinçon ou trompion pour se réunir.
- Il a construit le comble du corps-de-garde de la halle , à la pointe des nuisons , entre II rue du Puits , 6c la rue de la petite Fripperie , en planches de sapin de bateau, d’un pouce d’épaisseur, sur 6 pouces de largeur , formant deux croupes, & éclairé de six croisées, le tout relevé par lignes biaixes , causées par l’emplacement.
- Dans le nombre des pièces exécutées en planches par M. Lardé-, il s’en trouve plusieurs qui ont présenté de grandes difficultés , 6c que cet artiste est parvenu à vaincre. C’est ici que M. Lardé est sorti des moyens connus , 6c qu’il a été obligé de perfectionner l’art nouveau de construire des combles en planches. Dans le nom-bre des difficultés vaincues par M. Lardé, nous ne citerons au Bureau que celle qui s’est présentée à Dhôtel de Bullion.
- Pour racheter l’ouverture supérieure par laquelle la voûte de la salie de l’hôtel de Bullion est terminée, M, Lardé devoit fermer le châssis do l'ouverture de pièces de bois qui puissent soutenir les courbes qui s’adossent contre. Désirant cependant , que tonte la construction fût faite en planches , cet. artiste a formé son châssis de quatre planches verticales ; pour empêcher que ces planches ne ployent , par l’effort (pie les courbes exercent dessus , il a assemblé coi tre chacune de ces planches , une planche horizontale qui en Soutient l’effort , ainsi qu’on peut le voir dans le dessin que nous remettons au Bureau. Par ce moyen , les deux planches résistent autant qu’une pièce de bois qui uuroit pour largeur une des planches, 6c l’autre pour hauteur.
- Parmi les artistes qui se sont occupés de construire en planches, d n’en est point qui y ait mis autant de. suite, qui ait construit autant d’édifices, qui ait vaincu autant de difficultés, que M. Lardé. D’après cela, les commissaires estiment que M. Lardé mérite d’avoir part aux récompenses nationales.
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- Indépendamment des objets construits, de dont nous avons entretenu le Bureau , M. Lardé fait la proposition de construire en planches , un comble qui puisse couvrir le marché des Innocents , la pince de la halle aux veaux , de de construire deux ponts , l’un vis-à-vis le Jardin des Plantes , de l’autre vis-à-vis l’Hôtel des Invalides. Dans ces deux ponts il a ingénieusement léuni le gros bois de les planches. Cet artiste nous a communiqué les plans qu’il a faits pour ces ponts ; ces plans nous, ont paru, parfaitement bien entendus, de il nous a semblé que ce,s ponts construits d’après ces principes , seroient beaucoup plus économiques de beaucoup plus solides que toute autre construction en bois.
- Fait au Bureau de Consultation des. Arts & Métiers., le 6 Juin 1792, l’an quatrième de la Liberté.
- Le Bureau a accordé à M. Lardé le minimum des récompenses nationales, c’est-à-dire, deux mille livres.
- LUCOTTE , COULOMB , J. H. , HASSENERATEh
- Nota. M. Lardé demeure rue de Sèves , vis-à-vis les Incurables.
- OUVRAGE NOUVEAU.
- Trincipes d*Otontotechnie , ou Rcjlearions sur la conservation des /dents & des Gencives 5 par liicci , Dentiste agrégé k l’Académie de Cbirurgié de Reims , de successeur de son père , quai de la Me gisserie , auprès do l’arche Marion. (Chez Maquignon l’aîné, Libraire, quai des Augnstins. Broché, 1 liv. 5 sols.
- L’Auteur s’étant beaucoup appliqué à la partie médicinale relative aux maladies qui affectent les dents dc'les gencives , a enrichi la Pharmacie de son art de plusieurs découvertes intéressantes.
- A V I S.
- Nos Souscripteurs qui sont abonnis depuis le premier numéro; de la présente collection in , recevront avec le prochain envoi, 11 né demie feuille , pour être placée en tête du volume , quand il y aura assez de numéros pour faire brocher ou relier le tome premier.
- ït paraît deux: numéros de ces Mémoires par semainet Le prix de chaque numéro? fépardment cfl de 2 s ods 6 dénias,'et celui de la souscription pour l’année cjl de 12 liv. pour Paris, et de 15 liv pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, o.u JOURNAL DES INVENTION', DÉCOUVERTES ET PERFECTlON-NEMENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- 70. /I l'Imprimerie du Citoyen CHpMlN , rue de. Glatigny, N°. 7, en la Cité, au fois du Font Notre-Dame.
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- MECANIQUE.
- Rapport concernant le C. Zacharie t Horloger,
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- 1 y ou s , commissaires soussignés, avons été chargés par le Bureau de Consultation d’examiner les titres du C. Zacharie , Horloger de Lyon , aux récompenses nationales ; nous allons en rendre compte à la compagnie, 6c nous lui dirons, quant aux formalités prescrites par la loi, pour pouvoir concourir à ces récompenses, que cet artiste les a entièrement remp ies.
- Le C. Zacharie est déjà avantageusement connu par des chaînes élastiques destinées à servir de soupentes aux voitures; ces chaînes simples 6c économiques., obtinrent en 1761, les suffrages de l'Académie des Sciences , 6c un rapport favorable.
- L’Auteur en a fait faire beaucoup , surtout pour les pays étrangers. Ses nouveaux titres aux récompenses nationales, Sont différentes machines, au nombre de huit. Nous allons en entretenir le Bureau; mais comme elles ne sont pas toutes également nouvelles ou utiles, nous commencerons parcelles qui nous ont paru être le plus dans le cas de mériter son attention ; nous dirons ensuite un mot des autres.
- On sait combien l’eau douce , destinée à l’usage des équipages des vaisseaux*-6c-qui est renfermée dans des barriques, s’altèr corrompt avec le tems. Ou sait qu’elle devient jaunâtre, verdâtre, qu’elle se trouble, qu’il s'y forme des vers, &
- toutes
- qu’elle est quelquefois tellement dégoûtante, que l’on a toutes les peines du monde a en boire. Ma pureté cependant est très-im-
- portante à la conservation des équipages, 6c même encore plus qu’on ne l’avoit cm jusqu'ici. E11 effet il paroit tres-proiné aujourd’hui que, si le Capitaine Cook préserva ses gens du scorbut, dans ses longues 6c périlleuses navigations , ce fut en grande partie par le soin qu’il avoit d’aller à terre toutes les fois qu'il en trouvoit l’occasion , pour renouYelier Beau douce de ses vaisseaux.
- Le célèbre docteur Haies, a proposé dans son ouvrage sur les ventilateurs, de ventiler l’eau pour la purifier, 6c il rapporte dans cet ouvrage nombre d’expériences qui prouvent les avantages de cette‘méthode ; on a proposé depuis , plusieurs autres moyens pour parvenir au même but. Le C. Bouel entr’autres, chirurgien major d'un régiment suisse , proposa, il y a quelques années, une espèce de filtre qui éroit formé par une barrique de six à sept pieds de haut, divisée intérieurement en trois espèces de chambres, situées les une#
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- Trim. Tetn* i* 0 9
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- âu dessus des autres. On mettoit Veau dans îa première, elle se fit* troit dais la seconde en passant à travers différentes couches de matières filtrantes; la 3°. servoil à recevoir l’eau épurée. Ce ii'tre comme on voit n’étôit autre chose qu’une fontaine sablée. Nous n’avons pas appris qu’il ait été adopté sur les vaisseaux. Le C. Zacharie propose aujourd'hui aussi un filtre, mais d’une construction différente de celle qu’avoit imaginée le C. Bouel.
- Pour se former une idée de cette machine à filtrer, si cela peut se dire , il faut se représenter une fontaine ronde verticalement située au dessus de au bout d’une caisse horisontale qui fait corps avec elle; c’est dans cette fontaine que Von met l'eau qu’on veut fdtrer ; elle passe ensuite en descendant à travers une espèce de paquet formé d’un grand nombre de tours d’une toile claire, afin d’arrêter d’abord les impuretés les plus grossières. L’eau ayant traversé ce premier filtre , elle remonte dans une petite fontaine , située en avant de la première, de traverse dans son passage un® sorte de gros paquet ou de matelas de ci in de des chaînes de fer , pour, après, en descendant, traverser de petits disques ou tamis, au nombre de douze, situés les uns au dessus des autres, mais à très-peu de distance. L’eau étant sortie de cette fontaine secondaire , passe dans la caisse située en avant de subdivisée en cases ou cornpartimon s latéraux. Ces comparlimens se trouvent successivement plus bas les uns que les autres, mais d’une petite quantité, afin que l’eau en passant de l’un dans l’autre , ne le fasse qu’avec le moins de vitesse possible, pour pouvoir déposer encore les petites parties hétérogènes qui pourraient y être restés, après son passage à tra-
- Cs les premiers filtres. Ces différens eompartimmrs sont remplis filoutages de graviers, de petites pierres de roches, dcc., propres âleniir encore le mouvement de l’eau, pour qu’elle se clarifie en*r core d’avantage. Enfin le tout est terminé par une espèce d’urne remplie de toile de d’un cornet dans lequel il y a une éponge.. Cette description de la machine à filtrer du C. Zacharie suffit pour en donner une idée, & pour faire voir qu’il l’a composée d’unè matière très-propre à dégager l’eau dans son passage, de toutes ses impuretés , de la clarifier le plus qu’il est possible : mais malheureusement cela ne suffît pas ; cette eau corrompue de devenue dégoûtante, peut être rendue très-claire, sans que pour cela ont ait
- lesj, ou en la battant de l’agitant fortement, comme le font les* marins. Ainsi quoique nous applaudissions aux efforts du C. Zacharie , outre que sa machine nous paroit devoir occuper trop de place dans les vaisseaux, elle ne pourroit remplir son objet qu’en y ajoutant un moyen de bien battre de agiter l’eau f après qu’elle filtrée*
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- Cet Artiste propose un moyen du. même genre, c’est-à- !... pou clarifier l’eau, non pas pour les vaisseaux, mais pour 'es villes & les lieux où passe une rivière. Ce moyen qui nous a paru facile k mettre en pratique, est destiné particulièrement à pouvoir dans tous les teins, & lorsque l’eau delà rivière est la puis trouble & la plus sale, en puiser, 5c en avoir cependant qui soit claire 6c pure ; à la vérité ce moyen demande un petit établissement, mai À il ne nous paroit pas devoir être coûteux.
- Il propose de placer a quelque distance du bord de la rivière, une espèce de petit plancher ou de radeau , sur lequel les personnes iront puiser Peau. Or pour qu’elles puissent la puiser toujours claire , bien qu’elle soit trouble ou sale , comme nous Païens dit 9 voici comme les choses sont disposées :
- i> y a au dessous de ce radeau , à une certaine profondeur , rrrt kuyau coulé qui s'avance horizontalement dans la rivière pour aller prendre l’eau à une plus grande distance du bord. Dans la partie de ce tuyau, qui est immédiatement au dessous du radeau , se t’ou-ve le filtre au travers duquel Peau doit passer pour arriver dans un réservoir au dessus , qui communique avec i’ouverture dans laquelle on va la puiser t on concevra facilement que l’eau, dans C3 réservoir, se trouvera toujours au niveau de ci-lie de la rivière. Or ii résulte de cette'disposition que ce petit radeau , en supposant que le filtre d’au dessous fasse bien ses fonctions , donnera,toujours une eau claire & pure, 6c d’une façon simple & commode. Cette manière d’avoir une eau claire, dans tous les teins,'peut encore s’a ne, piquer, 5c mèmg^u vec beaucoup plus d’avantages , à ces batca établis pour \hs "porteurs d’eau , sur la Seine dans Paris , depr' Certain nombre d’années. En effet ces bateaux qui sont av vers le milieu de la rivière, 5c où il y a par conséquent une as& grande profondeur au dessous, fourniront le moyen de donner au filtre une hauteur suffisante pour que l’eau puisse , en le traversant, y déposer tontes ses impuretés ; car la seule objection qu’on puisse faire contre ce moyen ingénieux, d’avoir une eau claire dans tons les teins, en la puisant dans la rivièret c’est le peu de hauteur du filtre.
- Au nombre des objets que le C. Zacharie a présentés au Bureau de Consultation , on en trouve un troisième qui est un perfectionnement de ses chaînes élastiques destinées à servir de soupentes aux Voitures. Ici les différons anneaux formant les chaînes élastiques se trouvent réunis ensemble d’une manière plus parfaite , ôc le tout est monté dans une espèce de bâtis en fer, qui permet à ses anneaux tout leur jeu, au moyen duquel ces soupentes ont un mouvement très-doux 5c très-liant. Tout cet appareil est si solide 5c si durable, que des soupentes de cette espèce, faites il y a plus de aa ans ,
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- sont encore presque dans le même état que le premier jour. Il pa~ roit, d’après cela, que ces soupentes pourroient encore être employées très-avantageusement pour les diligences 8c autres grosses voitures d’une construction simple & tout-à-fait nouvelle.
- Pour en concevoir la construction , il faut se représenter une espèce de pineette ou de fer recourbé comme là passe d’un Billard, âc que cette passe porte en bas une forte plaque de fer rivée perpendiculairement à chacune de scs branches ; qu’à travers un trou fait au milieu de cette plaque , s’élève &c monte dans la passe une tige ou tyran de fer, dont l'extrémité supérieure est terminée en vis, 6c l’extrémité inférieure par une main qui doit porter la caisse de la voiture ; que ce tyran porte, perpendiculairement à son extrémité supérieure, une plaque de fer maintenue dans cette position par un écrou qui entre & se monte sur la vis de ce tyran , enfin, que cette plaque faisant comine un chapeau , s'appuye sur une suite de petits ressorts placés les uns au dessous des autres, 6c contenus dans cette passe, de telle manière qu’ils puissent en s’ouvrant, y monter, «5c en se fermant, descendre librement. Or il faut dire que les ressorts, dont nous venons de parler , ne sont autre chose que de petites plaques minces pliées en forme de V ou d’U consonne ; mais dont les jambages forment entr’eux un très-petit angle. Tout ceci bien entendu , on concevra sans péine le jeu de cette nouvelle soupente, & que la passe tenant par en haut au mouton , & le tyran par en bas à la caisse, ce tyran descendant par le mouvement ue la caisse en en bas , remontra , par l’action ou l’élasticité de tous ces petits *~»^sorts, de façon qu’on aura par là une soupente très-liante 6c
- ^simple. De plus ces petis ressorts s’ôtent ettent avec
- bière facilité. Ainsi supposé qu’il en casse iinoni plusieurs,
- . ffènt en. substituer d'autres dans l’instant, sans la moindre difficulté , & en avoir plusieurs de rechange dans une route , pour ne pas être arrêté. La simplicité de ces soupentes 6c la facilité de les raccommoder, nous font penser qu’elles pourroient être employées avec avantage clans les voitures destinées au transport des malades dans les armées. Cette disposition de soupente pourvoit paroitre avoir un rapport éloigné avec celle en ressort à boudin, d.e M. Thomas, qu’on trouve clans le second volume du recueil des machines de l’Académie des Sciences. Maïs dans cette supposition, la différence? éeroit toute à l’avantage de celle du C. Zacharie, par la simplicité &ia manière facile de la réparer, s’il y manque quelque chose.
- La cinquième machine du C. Zacharie est une machine pour élever les fardeaux, qui se meut au moyen d’une espèce de levier de la garouste, mais dont nous croyons que l’effét seroit trop lent.
- La sixième ri’est autre chose que la machine de M. J£raiaicine, connue depuis plusieurs siècles,
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- La septième, qui n’en est proprement pas une, sert à empêcher eU verser les voitures à quatre roues, lorsqu’un essieu vient à casser, ou une de ces roues à manquer. Elle ne consiste que dans un» clavette que l’on met par dessous à la cheville ouvrière, pour que lorsqu’un de ces accttiens arrive, l’avant-tiain faisant toujours corps avec le reste du carosse , il ne puisse s’en détacher , & par conséquent tomber comme dans les autres voitures. Au reste ce moyen, de sûreté a été imaginé , il y a déjà long-teins, par ie C. Zacharie; car il en est parlé dans le rapport de l’Académie des Sciences sur ses chaînes élastiques , qui date de 1761.
- La huitième machine enfin sert à mettre d'aplomb la caisse d’une voiture à quatre roues dans les chemins rapides , soit en montant soit en descendant, pour des personnes délicates ou malades qui ne peuvent pas soutenir d’être trop panchées d’un sens ou de l’autre.
- On voit par tout ce que nous venons de di e que le C. Zacharie âgé de plus de 7.5 ans, 11’a cessé de travailler pour se rendre utile , qu’il a inventé différentes machines avantageuses, que ses soupentes de chaînes ont particulièrement mérité lVpprobati.m de l’Académie des Sciences, il y a plus de 01 ans qu'il les a encore perfectionnées , qu’il en a imaginé d’antres depuis, .également simples Sc ingénieuses ; que sa machine à filtrer l’eau douce dans les vaisseaux à la mer , montre du zèle , quoiqu’elle ne satisfasse pas à tout ce que cet objet demande ; que le moyen qu’il propose pour puiser de l’eau à la rivière, Sc l’avoir cependant claire & pure dans tous les terns de l’année, quoique cette eau soit trouble & sale, est bien imaginé, Sc peut être très-avantageusement employé sur la.Seine ù Paris ; enfin qu>... ces différentes machines ont du iui coûter beaucoup de frais & de dépenses.
- De tout ce que nous venons d’exposer des travaux du C. Zacharie Sc des machines qu’il a imaginées , nous concluons que cet artiste, qui a constat nént travaillé pendant sa longue carrière à se rendre utile dans la partie qu’il a embrassée, est dans le cas de mériter le minimum de la première classe ; en demandant au Bureau cette récompense pour «et artiste, nous le prions de considérer toutes les dépenses qu’a du entraîner , comme nous l’avons dit, l’exécution de ces différentes machines; enfin que ce sont ici les travaux de sa via entière qu'il récompensera.
- Nous avons eu conséquence l’honneur de proposer au Bureau de Consultation d’accorder au C. Zacharie, pour prix de ses longs travaux Sc de ses efforts dans les machines, notamment pour les différentes soupentes qu'il a imaginées, dont les premières ont ete approuvées par l’Académie des Sciences, & pour les secondes qui sont aussi simples qu’ingénieuses, & méritent d’être également appr 1-
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- tées, & enfin pour ses machines à filtrer l’eau , le minimum de ,v première classe des récompenses nationales se montant à quatre mille livres, qui avec le minimum de cette classe, attendu son âge de soixante-quinze ans, formeront une somme de huit mille livres.
- A Paris, au Pureau de Consultation des Arts 5c Métiers, le îd Janvier 1793, l’an 2e. delà République Française.
- DUMAS, LE ROY.
- Nota. Le C. Zackavie demeure à Lyon, 5c à Paris, rue St.-Louis, près le Palais, chez le C. Acloque , Limonadier.
- Rapport cencernant M. Garnelt.
- FILATURE
- N OUS avons été nommés pnr le Bureau de Consultation pour examiner les machines de M. Carnett, mécanicien anglais, 5c donner notre avis sur les récompenses nationales qu’il sollicite.
- Ces machines, dont l’objet est de filer la lahae peignée, nous ont paru très-ingénieuses, & remplir parfaitement leur objet. Elles ”-fcïfeht de trois e.sj*èces : la première élire la lai e 5c forme le ruban; la seconde lui donnant un peu de tors, fait ce qu’on appc-lle la mèche; la troisième file enfin.
- On peut par le moyen de ces mécaniques, 5c à l’instar des filatures de coton qui se multiplient de jour en jour eu France, établir des filatures de laine, mues par des cours d’eau, ou par totite autre puissance. Cette espèce de filature , qui e.vt propre à la bonneterie , aux étoffés rases de laine, 5c à faire la chaîne des draps, alimenteroit nos manufactures, 5c les mettroit à portée, attendu l’économie de cette, première main-d’œuvre, de soutenir avec avantage la concurrence de l’Angleterre, 5c d étendre avec rapidité notre commerce de ce genre.
- M. Garnett, par son expérience , a su réunir ces trois machines en une seule , afin de pouvoir leur donner à toutes le mouvement par une seule manivelle , & rassembler dans une seule mécanique les trois opérations qui deyroient êtro séparées dans une manufacture.
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- D’après les expériences qui ont été faites, 6c dont les proces-verbaux nous ont été remis , & celles que nous avons répétées nous-mêmes, il paraît, que cinq enfans fiierbient, k l'aide de ces machines, en un jour, autant que quarante {lieuses , en observant qu'un enfant. peut aisément soigner vingt-quatre broches.
- Nous mettons sous les yeux du Bureau les différons résultat* de ces mécaniques, 6c un échantillon de bas que non/ avons fait fabriquer avec le produit de cette filature.
- D’après les pièces qui nous ont été remises,, nous voyons que, dès l’année 1787 , M. Garnett avoit obtenu du Gouvernement ta jvroinesse d’une récompense de Pente mille livres , si ces machine* avoient le succès qu’ii annonçoît.
- Nous ne nous arrêterons pas aux petites imperfections qui peu» vent se rencontrer dans l’exécution de ces machines j il faut considérer qu’un étranger, un Anglais surtout, ne trouve pas en France ces ressources de tnain-d’o'uvre dont il jouit dans son pays,, 6c c’est avec des peines infinies que l’on parvient ici à construire des machines.
- Si 1 'on eut jugé rigoureusement MM. Mylne sur les premières machines qu'ils ont présentées, 6c qu’on leur eût refusé les justes encouragemens qu’ils ont reçus, peut-être la France ne jouiroit-elle pas encore de ces utiles machines à filer le coton. MM. Mylne, a l’aide des récompenses qu’on leur a accordées, ont perfectionné leurs machines , <3c dans ce moment , il ont déjà enrichi nos X briques & notre commerce des moyens de filer plus d* cent N ^ quante mille livres de coton par année.
- Nous regrettons de ne pouvoir proposer au Bureau d’accorder à M. G arnett les encouragemens qu’il mérite , mais les 3oooo livres qu’il réclame, excèdent nos pouvoirs , &. nous ne pouvons que le renvoyer au Ministre qui peut prononcer sur cette réclamation.
- Nous nous bornons donc à dire que les machines k filer la laine , de M. G truett , peuvent être infiniment utiles en France ; qu’il est à désirer qu’elles soient mises en activité 6c multipliées promptement, 6c que leur auteur mérite les encouragemens du Gouvernement.
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 5 Septembre 1792, Ban -4e* de la liberté, 6c le premier de l’égalité.
- LE ROY, P&UER.
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- Le Bureau n'a pu prononcer sur les objets présentes par l'artiste Garnett , les articles 9 de 11 de la loi du 12, Septembre 1791 , ne lui permettant de rien proposer , par rapport à des traités ou marchés passés entre des artistes & l’administration du commerce. Il s’est borné à déclarer , d’après le rapport des commissaires , de les laines filées par les machines de cet artiste , qui lui ont été présentées , que ces machines sont fort ingénieuses , qu'elles peuvent être fort miles en France, que par là, elles méritent d’être employées de mises en activité clans la République.
- Le C. Garnett demeure Hôtel de Provence, Rue du Temple.
- GRAVURE.
- Deux médaillons de trois pouces de diamètre chaque, gravés en couleurs, par Allais, représentant, l’un la constitution républicaine, qui, semblable aux tables de Moyse , sort de la montagne au milieu de la foudre de des éclairs ; J'autre le Faisceau départe**-mental enveloppé de branches d’olivier de de myrthe. ( Chez l’auteur, rue de la Barilierie, maison du C. Lecler, apothicaire, 1 liw
- ERRATA.*
- Dans le dernier cahier faisant les numéros ï, 42 de * lise» * < première page, 15y j au lieu de 168, de à la dernière 168 ,
- \«'lieu de 167.
- Il paroît deux n micros de ces Mémoires par semaine. Le. prix de chaque numéro féparément tft de 2 sols 6 deniers, et celui de La souscription pour F année ejl de ta liv. pour taris, et de 15 liv. pour les dé par terriens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS DÉCOUVERTES ET PERFECTION-KEM ENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS,
- J®. A VImprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, Nc. 7, en la Cité, *U las du Pont Notre-Dame.
- 8?* Che\ le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N** i<y,
- 30. Che\ le Citoyen AUBRY, Libraire, rue de la Monnoie, N°. f.
- Les Lettres, Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adrejfés francs de port à l'Imprimerie.
- On peut fou rire pour un an ou fin mois, mais toujours à dater du commencement *m trimejin,
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- Rapport concernant le Citoyen Matins. ( 1 )
- L E Citoyen Matins , fabricant de bas , obtint au .commencement de cette année , du Bureau de Consultation , une récompense nationale de 3,ooo liv. pour avoir inventé un nouvel équipage qu’il adapte au métier a bas ordinaire, et au moyen duquel il lubrique des tricots fourrés qui peuvent garantir des plus grands froids. Depuis ce teins, il a employé cette somme à perfectionner son invention , et ses recherciies ont eu un plein succès. 11 est parvenu à en’simplifier tellement les procétlés , qui! suffit de voir son nouvel équipage , pour le comprendre et le copier. En conséquence M. Matins a sollicité auprès du Ministre de l’Intérieur une nouvelle récompense, à l’effet, tant de le dédommager des dépenses qu'il a faites pour perfectionner ses machines, que de lui tenir lieu des bénéfices de son invention , a la quelle il est disposé à donner une entière publicité. C’est dans cette double intention que le Ministre a renvoyé l’examen de la nouvelle demande de M. Matins , au Bureau, lequel a nommé MM. Trouville , Cousin <St moi pour lui en rendre compte. Comme le Bureau de Consultation connoît la nouvelle méthode, découverte par M. Matfiis, pour fabriquer les tricots fourrés, nous ne parlerons ici que des améliorations qu’il y a faites. Nous observerons d’abord qu'il a donné i la boëte dans laquelle il renferme les matières cardées, qu’il introduit entre les mailles, une largeur de 6 pouces, au lieu de. deux,' qu'a voit la première, ce qui dipense l’ouvrier de charger aussi souvent la boëte.
- 2° Il a tellement perfectionné les cordes et ses cardages , qufil charge sa l/dëte avec une seule cardée , au lieu de quatre qu'il étoit obligé d'employer pour charger la première boëte, quoiqu’elle n’cxl-g- ât que le tiers de matière.
- oü. Pour que les cardées soient maintenues également entre les deux lames de la boëte dans toute leur longueur , et de manière qu’elles fournissent par-tout la même quantité de matière pour la garniture des mailles, M. Mathis assujettit ces lames vers l'extrémité antérieure de la bocte , par le moyen cVun double ressort qui les comprime dans toutes leurs parties.
- r p
- ( i ) Voyez le numéro z , pages f , 6 , 7 & 3,
- 2V°. 46. 2M T liai. ' To ni. 2.
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- 4°. Le premier équipage étoit suspendu par des cordons de soie qui s’usoient très-promptement contre la presse. M. Matliis remédie à cet inconvénient , en substituant des chaînes aux cordons ; et pour en faciliter le jeu , il a mis aux deux extrémités de la presse, dont la mobilité diminue le frottement, des rouleaux , lorsque l’équipage hausse ou baisse.
- Nous passons maintenant à ce qne M. Mathis se propose de faire pour procurer l’entière publicité de ses moyens , tels qu’il les a perfectionnés. Il fera exécuter quatre équipages, nouveaux par M. Bastide , il en déposera un au Cabinet de l’Académie de Sciences. Il en portera deux autres., un à Troyes , l’autre à Rouen, qu’il fera manœuvrer en présence des principaux fabricans de bas de ces deux vihes. Enfin il formera à Paris tous les élèves qui s’adresseront à lui.
- Le Bureau de Consultation est en état de juger ce qu’il convient d’accorder à M.. Mathis, pour les deux objets dont nous venons de lui rendre compte, cest-à-dire , pour les améliorations qu’il a faites à ses équipages , et pour le sacrifice qu’il fait au public des bénéfices de son invention ; mus croyons devoir proposer au Bureau d'accorder d'abord mille écus pour le dédommager de pareilie somme qu’il a déjà reçue, et qu’il a employée à perfectionner ses moyens de fabrication.
- En second lieu , de lui fournir mille écus pour les dépenses que lui occasionnera la publication de son invention dans nos fabriques de Troyes, de Rouen et autres.
- Le Bureau de Consultation considérant que M. Mathis, fabricant' de bas, a singulièrement bien employé la première récompense nationale qu’avoient méritée scs travaux, en se portant avec émulation aux perfectionnemens dont les machines à fabriquer les bas pluches étoient susceptibles j considérant que cet artiste est parvenu à de nouveaux succès, à des observations heureuses oc économiques, en conséquence est d’avis que M. Mathis mérite trois mille livres en eus de ce qu’il avoit précédemment obtenu. Le bureau de Consultation, sur la demande de mille écus pour la publication des procédés de M. Mathis en plusieurs endroits, fabriques, <3c villes de France, telles que Troyes, Rouen , &£., est d’avis d’ajourner cette décision jusqu'à ce que , conformément: à la loi, il puisse donner son avis sur la demande expresse des corps administratifs des départemens , &c.
- Fait au Bureau de Consultation des Arts Sc Métiers , le 2,1 Novembre, 17^2, l’an premier de la République Française.
- DESMARLST ç DETROUYIL1E,
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- Second Rapport.
- Le 21 Mars 1792,, sur un rapport fort étendu , le Bureau rie Consultation accorda le maximum de la deuxième classe des récompenses nationales a'u C. Pierre Ange Mathis , fabricant de bas à Paris , pour avoir inventéVm équipage qui s’adapte aisément à tous les métiers,
- & à t’aide duquel, à chaque rangée de mailles, il introduit dans le bec des aiguilles une quantité de matières déterminées, dont il garnit les tricots, qui, malgré cette fourrure , o. firent au dehors des mailles aussi nettes que solides.
- Depuis cette époque jusqu’au mois de Novembre de l’année dernière, cet habile .fabricant employa la récompense qu'il a voit obtenue, à perfectionner le nouvel équipage, tant en simplifiant sa construction , qu’en rendant ses manœuvres plus aisées & plus expédi’tives.
- En conséquence il sollicita auprès du ministre de l’Intérieur , dé nouvelles récompenses, tant pour le dédommager des dépenses que lui avoient occasionnées ces améliorations, que pour lui tenir lieu du bénéfice de son invention, à laquelle il étoit-disposé à donner une entière publicité. C’est donc dans cette double intention, que le ministre de l’Intérieur renvoya l’examen des demandes du C. Mutins au Bureau de Consultation, qui nomma les Citoyens Trouville, Cousin <Sc moi, pour lui en rendre compte. Le 21 Novembre de l’année dernière, nous exposâmes dans un rapport, non seulement les aîné Paradons que le C. Mathis avoit faites à ses premières machines , mais encore nou§ fîmes part des arrangemens qui nous parurent convenir, pour procurer la publication des moyens que cet habile fabricant yen oit de perfectionner.
- Quant au premier objet, le Bureau de Consultation voulut bien accorder trois mille francs au C. Mathis pour les améliorations qu’il avoit faites à ses machines, & que le Bureau trouva aussi utiles qu'ingénieuses.
- Quant au second , qui consistoit dans la publication des procédés du C. Mathis, & pour laquelle, suivant les arrangemens proposés, il devoit faire construire de nouveaux équipages, les déposer chez des fabricans de Troyes & de Rouen, & les faire manœuvrer devant eux, les commissaires avoient proposé mille écus 5 mais le Bureau crut devoir suspendre la gratification, jusqu’à ce que les autorités constituées de Troyes & de Rouen , ainsi que les fabricans de cés villes, eussent montré le désir d’aclopter les nouvelles machines; il me chargea en conséquence de suivre ces opérations, qu’il considéra comme ne pouvant être utiles à Textension de notre industrie & de notre \ commerce, qu’autant que les équipages nouveaux aufoient reçu le sceau d'approbation des bonnetiers de Rouen & de Troyes. Chargé par le
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- Bureau de. suivre toutes les. démarches concertées avec le C. Matliis pour introduire dans les villes de Troyes & de Rouen ses nouveaux équipages & leur travail, j’ai cru qu'il convcnoit, avant d’en rendre compte, de rappel 1er an Bureau tous les détails qui précèdent, & qui concernent ce qu’il a fait en diiféreiis teins, relativeinent à ces machines.
- Le C. Matliis s’est occupé d’abord à faire construire deux équipages entiers, l’uh pour la ville de Troyes,.<5c l’autre pour la ville de Rouen. Pendant que ce travail s’exécutoit, ii adressoit aux Corps administratifs de ces deux villes, ainsi qu’aux fbbricans , des mémoires sur la construction do ses machines , sur leur usage & les avantages qui pouvoient en résulter pour leur commerce , &. il appuyait ses offres par l’envoi des échantillons de ses tricots fourrés.
- A la suite de ces premières tentatives, le C. Matliis s’étant présenté à Troyes & a Rouen avec ses machines , les Corps administratifs, après avoir pris l’avis des fabricans , ont accueilli avec la plus grande recoirnoissance cet habile fabricant, & tous ses moyens nouveaux de_fabrication , comme aussi utiles qu’ingéirieux, & enfin comme très-avantageux à l’augmentation de leur industrie, en donnant la facilité d’ouvrir dans ces deux villes une nouvelle branche de commerce.
- J ai entre les mains, &z je mets sous les yeux du Bureau les procès-verbaux des différons Corps constitués, ainsi que ceux des fabricans, qui constatent outre cela le travail du C. Matins, eu présence des principaux bonnetiers, avec ses nouveaux équipages, ainsi que le dépôt qu'il en a fait chez un de ces fabriçans , à condition qu’il les lit connoitre à ceux qui désireroient les adopter.
- Il suffit de lire le réquisitoire du Procureur Général Syndic du Département de la Seine Inférieure , de le procès-verbal du Conseil Général du Département de l’Aube, pour être convaincu que ces Corps savent le plus grand gré au Bureau de Consultation sur le parti qu'il a pris d'introduire dans ces deux grands atteliers de bonneterie des machines qui y auraient été longtems inconnues. Je pense donc que, d’après le succès qu’a eue la mission du C. Matliis à Rouen & à Troyes, & les dépenses que ces machines lui ont occasionnées, on lui accorde l’encouragement de trois mille livres, qui a été suspendu le 2.1 Novembre dernier. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le 31 Juillet 17o3, l’an zv. de la République française
- DES M A R EST.
- Le C. Mathis demeure actuel’emcnt rue du Faubourg Saint-Jacques, maison des ci-devant Feuillantines.
- On souscrit pour la colh.tîon de ces mémoires che\ le C. CHEMIN* bd:leur , Hue GLitigny, A7° 7 , en la cité , au pas du Font i\ otre-Dame ; et che\ le C.. LEFEVRE , sirchitïcte-jEntrepreneur, Hue Se. Sauveur, N9. i£ , prés celle des Deux-Fortes.
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- LYCEE DES ARES,
- Au Cirque du jardin de l'Égalité.
- ARTILLERIE NAUTIQUE
- EXTRAIT des délibérations du Lycée des Arts .
- I L paroîtra sans doute inconcevable qu’à côté de l’artillerie de terre, dont la méthode de manœuvrer & de servir le canon est portée au plus liant degré de perfection, celle de l’artillerie de mer soir tellement défectueuse, qu’elle a excité de tout teins les plus fortes réclamati ons.
- L'instruction, actuellement en usage, publiée en 1786, sous le ministère de Castries est tellement insuffisante , les principes en sont si eironnés, elle est tellement impraticable, que le corps entier de la marine n’a cessé'de s'élever contre elle. Mais un ministre protégeoit les auteurs, & tant qu'il régnoit, nulle main n'auruiE pu y toucher, sous peine d’être déclarée sacrilège.
- Le C. Durozel , élevé dans cet art difficile & qui demande tarÊ de courage & de constance, ayoit, depuis 1759, d'apiès l’expérience profondément réfléchie & calculée , composé une nouvelle instruction, tellement simple & si sûre, qu’elle avoit obtenu le suffrage de quantité de chefs instruits , de en état de l'apprécier. Mais il falloit la révolution pour qu’il osât la mettre nu jour, de il falloit un ministre voulant le bien , pour chercher de bonne foi les moyens de ia faire adopter. Depuis quatre ans, Durozel écou.-? duit , rebuté dans les bureaux, avoit cependant obtenu l’approbation de la société libre du Point-Centarl des Arts, & du Bureau de Consultation , qui lui avoit adjugé une récompense nationale : mais une récompense n’est pas ce qui satisfait l’ame brûlante d’un artiste qui est embrasé du désir d’être utile. C’étoit l’exécution de son exercice , & le bien de 1a. Marine qu’il vouloit, en bon citoyen ; c’est avec cette volonté méritant# qu’il s’est présenté chez Dalbarade, ministre de la marine, qui frappé de l’importance de ce travail , enfin , ne la pas renvoyé à ses commis j & le Citoyen Dnrosel, nous a rapporté avec l’expression de l’enthousiasme, ces paroles précieuses, qui se sentent enfin du règne de la liberté : Je verrai cet objet, a dit le ministre Dalbarade, je l’examinerai moi-même avec attention, & sous peu vous aurez ma réponse, Durosel , après tant d'années d’attente & de souffrance* a.
- AQ. 47’ Trim. Tarn. 1er# Q q
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- Îrn goûter enfin les douceurs de l’eipoifr. & cet espoir n*a pas été
- ong à se réaliser. * .
- Le ministre juste & capable de voir par lui-même , vient de lui donner unê commission pour aller à Rochefort établir sa nouvelle manœuvre , 6c constater par des épreuves suffisantes, le bien'qu’une théorie déjà réfléchie 5c dictée par l’expérience a voit si heureusement démontré.
- Sur la demande du C. Durosel , le directoire ayant examiné avec attention cette nouvelle instruction sur, l’artillerie , a reconnu , comme i’avoit fait le Point Central , 6c le Bureau de Consultation , que cette nouvelle méthode de manoeuvrer le canon en -mer , est infiniment plus exacte 6c plus précise , qu’elle se réduit à sept com-tnandemens , au lieu de dix-sept que l’instruction actuelle compte qu’enfin elle exige deux hommes de moins , par chaque calibre , pour le service des pièces : elle présente donc économie 6c sûreté, & r on ne peut concevoir que le plus heureux espoir de cette méthode mise en pratique j elle' épargnera le teins , les dangers , les dépenses 6c les hommes, ce qui est infiniment précieux, & mérite la plus sérieuse attention.
- En conséquence le Directoire a arrêté d’en faire la mention la plus honorable, 6c de décerner au. C. Durosel une médaille , en-lui délivrant extrait de la présente délibération.
- A Paris, ce 29 Aùot 1793, l’an 2e. de la République.
- LEROY , Président.
- ' Certifié véritable & conforme aux registres.
- CHARLES DE SAUDRAY.
- POZZOLANE FACTICE.
- Rapport concernant le Citoyen Dodun.
- Le C. Dodun, Ingénieur en chef des Ponts 6c Chaussées, demande à participer aux récompenses que la Nation accorde aux inventions utiles.
- Le titre que présente le C. Dodun est la découverte d’una poz-zolane factice , qui remplace la pozzolane naturelle , principalement pour les ouvrages qui doivent être recouverts d’eau , 5c cela avec une économie considérable, 5c avec l’avantage de conserver le numéraire qui scr /iroit pour faire arriver la pozzolane d’Italie.
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- Le Directoire du Département du Tarn atteste que la pozzoîand factice du C. Dodun a été employée avec succès dans les ouvrages publics du Département , & il se réfère , sur les avantages qu’eue présente, à un procès-verbal, des c;-devant états de Languedoc , attesté par le district et la municipalité de la ville d'Aiby.
- Ce procès-verbal fait mention d'un -mémoire dans lequel le O Dodun expose qu'il a fait avec succès des expériences sur les matières non volcaniques, qui peuvent être réduites en pozzoiane; qu’il a trouvé une si grande quantité de ces matières dans* une partie delà montagne noire, que sans avoir recours à l’étranger , la province pourra fournir toute la pozzoiane nécessaire à ses ouvrage- public^ même à ceux du reste de la France, que Saget, directeur des travaux publics, Pin et Chaussade , directeurs du canal des deux mers, en ont fait di fié rens essais heureux, qui constatent que cette nouvelle pozzoiane acquiert en l'employant autant de ténacité et > de dureté que celle d’Italie, êc qu'elle a au dessus de cette dernière l’avantage intéressant de ne point se gercer à l'air.
- A l’exposé dont nous présentons l’extrait , le C. Dodun avoit joint des échantillons de sa pozzoiane préparée , et de plus un bloci de maçonnerie , fait avec la même pozzoiane , et retiré de l’eau où il paroissoit avoir acquis une dureté extrême.
- La commission, sur le compte qui lui fut rendu par deux membres, ordonna de lui faire payer 600 L pour le dédommager des frais de ses expériences, et conclut à proposer aux états d'accueillir cette découverte, et de donner appui à son auteur.
- Cest sans doute d’après les expériences dont on vient de parler que hauteur se détermina à faire, dans la montagne noire, un établissement où il prépara sa pozzoiane, la réduisit en poudre , et il la mit en vente dans deux entrepôts.
- Il publia à cett@ occasion un mémoire instructif sur les procédés à -mettre en usage dans l’emploi de la pozzoiane factice , soit qu’on Veuille l’employer à l’air , soit qu’on s'en serve dans l’eau,
- Nous ne suivrons pas l’auteur dans les manipulations qu’il prescrit selon l’objet que l’on se propose ; nous observerons seulement qu’il met beaucoup de soin dans le choix de la chaux qu’il fait entrer dans son ciment, & dans la manière de l'éteindre 5 il choisit de préférence la pierre à chaux, dure & pesante, dont la texture est mêlée de parties hétérogènes, ferrugineuses, & surtout de rnan-ganèze , qui se décèle à l’œil par une teinte & des filets noirâtres. Des expériences que Guiton a consignées dans les mémoires de l'Académie de Dijon , prouvent que l'acide de Manganèze contribue singulièrement à la bonté de la chaux. Relativement à l’extinç-
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- tion de la chaux, le C. Dodun suit la méthode qué l’on doit à Delà fa gne , ôc qu’il nomme chaux éteinte à la Romaine.
- Nous trouvons dans le certificat des administrateurs du Département du Tarn , que la substance ocreuse qui forme la pozzolane factice, contient sur 100 parties, ^3 parties de silice, 35 de fer, 17 d’alumine, un peu de manganèse , &c. , ce qui sü rapproche beaucoup des principes de la pozzolane naturelle, déterminés par l’analyse de Bergmann. On annonce encore qu'il a trouvé une matière semblable dans d’autres lieux que la montagne noire.
- Un échantillon de cette substance brute est jointe aux pièces , ainsi qu’un échantillon de celte substance convertie en pozzolane*
- La pozzolane est sur-tout remarquable par la propriété qu’elle a de faire une prise prompte avec la chaux , sans se délayer dans l’eau, de durcir de plus en plus au milieu de l’eau ; Chaptal, professeur à Montpellier, a prouvé dans un ouvrage qiTil a publié, il y a plusieurs années, que les ocres calcinées avoient le même avantage. Il a décrit le procédé par lequel on les prépare dans des fours de poterie, & depuis que ses procédés sont connus, on a fait usage des pozzolanes artificielles dans la plu spart des ouvrages publics du ci-devant Languedoc, & meme quelques chaufourniers en préparent comme on fait la chaux, par le charbon da terre; dans plusieurs endroits du Nord-, on substitue la brique pilée à. la pozzolane.
- Nous pensons donc que c’est Chaptal qui doit être regardé comme i'inventeur de la pozzolane artificielle ; mais le C. Dodun parcit avoir fait des observations utiles sur sa préparation , & sur-tout sur la manière de l’employer ; il en a établi une fabrique , & par là il a contribué à en propager les avantages. Nous estimons que, sous ce point de vue, il mérite d’avoir part aux récompenses nationales, destinées aux arts utiles; 6c comme il a reçu 600 liv. pour ses frais d’expérience , c’est dans la deuxième classe des récompenses qu'il nous parait devoir être placé. Nous proposons doue au Bureau de lui accorder le minimum de cette classe, c’est-à-dire 2000 livres.
- ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 2 Janvier 1793, l’an 2e. de la République Française.
- FOURCROY, BERTIiOLLET.
- Le C. Dodun demeure à Alby.
- Nota. On trouve riiez Aubry, Libraire, RueBai’Fet, N3. 2 , l’Instruction abrégée & méthodique, concernant Van de manœuvrer & de servir te canon ^ à l'usage des cor~ sains de la République , par le C. Durosel, Prix 1 lir. pour paris, & 1 liv. 5 sols pour les Dépariemens, franc de port*
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- OBSERVATIONS
- Sur les travaux du Bureau de Consultation des Arts & Métiers.
- J’ai reçu, sur la rédaction rie cet ouvrage, des observations, qui s’adressent au Bureau de Consultation , plus qu’à Vnoi, puisque je rie suis que L'éditeur des rapports faits dans son sein. Je crois qu’il est utile au progrès des arts de rendre ces observations publiques.
- Une des plus générales, qui m’a été même presque toujours adressée comme une plainte grave contre le Bureau & contre ses rapports, c’est que la pluspart ne présentent que l’historique de l’invention , quelquefois même uniquement l’éloge de l’inventeur, sans instruire sur les procédés , ce qui seul seroit utile. Est-ce la faute du Bureau de Consultation , qui distribue les récompeses nationales à des hommes qui prennent l’argent de la nation, & gardent en inême-tems leurs secrets? Ou faut-il attribuer cette incon: équence au silence de la loi? Quoiqu’il en soit, il est terns que l’on décide s'il faut récompenser, pour ainsi dire sur parole , des hommes qui ne veulent pas que la nation profite des découvertes qu’elle paye.
- Lorsque j’imprimai, N°. 3, pages 9 , lo , 11 & 12, le rapport du C. Tatin, auteur d’une eau destructive. des insectes, chenilles, pucerons, vStc. , dont la recette se trouve au N°. 25, p. 93, un ami de l’humanité m’adressa ses plaintes , sur ce que le Bureau avoit récompensé cet agriculteur, quoiqu’il se réservât de ne publier la recette de son eau que plusieurs mois après; & yoici comme il s'exprimait à ce sujet : ( le ton de ses réclamations est a peu-près celui de toutes les autres de ce genre que j'ai reçues. )
- » Le Bureau au roi t pu, je pense, différer de récompenser le C. *> Tatin , jusqu’à ce qu’il eût rendu publique sa recette. Celui qui 55 n’est pas assez généreux pour mettre au grand jour un secret qui » favorise le genre humain, est un véritable égoïste, un indigne » monopoleur; & un homme de ce caractère ne mérite pas une » récompense, mais une correction. Son monopole ne doit-il pas æ lui tenir lien de. dédommagement ? Il ne pouvoit en bonne justice » être récompensé , que lorsqu’il auroit rendu publique sa recette. »
- Encore le C. Tatin 11’a-t-il différé la publication de sa précieuse recette que de quelques mois ; mais beaucoup se présentent scanda* leusein mt au Bureau, en annonçant la résolution de tenir, absolument & indéfini aient secrètes, les inventions pour lesquelles ils demandent des récompenses. Il en est même qui portent l'esprit .d’eg./imi * & de mystère, au point de 11e pas vouloir qu’il soit fait W. 48. a*. Fi in. Ton. L Kï
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- des gravures de leurs machines , qui s’opposent même à la publication. des rapports faits en leur faveur , quelque discrets que soient ces rapports. Qu'on juge si les récompenses nationales sont bien placées en de pareilles mains !
- Cet abus a fait dire à un homme recommandable par ses con-ïioissances & par son zèle pour les arts , que le Bureau de Consultation devroit plutôt s’appeller bureau de mendicité, attendu qu’un très-grand nombre des recomposes qu’il donne , ne sont utiles qu'aux individus qui les usurpent, de pruinent peu ou point du tout à ia Képublique.
- La manière dont le Bureau prononce en certaines occasions sur sa compétence, a aussi excité plus d'une plainte.
- >* Le jeune de modeste Gtachet , m’u-t-on écrit en s’adressant au » Bureau, fait imprimer à ses Irais un ouvrage d’autant plus pré->3 cieux, qu’il contient le fruit des expériences de feu son père, 3» de des siennes, snr les maladies qui enlèvent aux campagnes les » chevaux, vaches , brebis, cochons, &c. , de vous renvoyez ce m digne citoyen de Ckïphe à Pilate , avec un secours de 3oo liv. , » qui n’est pas capable de le défrayer des dépenses qu’il a du faire, » seulement dans ses voyages, pour se présenter au Bureau. Vous « avez allégué à ce jeune homme que son ouvrage n’etoit pas de 33 votre compétence; de l’eau de Tarin en étoit-el le plies , puisque vous
- y» n’en conrioissiez pas encore la recette ?.‘Si l’ouvrage de
- >» Crachet n’est pas de votre compétence , quittez donc le titre de
- 33 Bureau des Arts, puisque vous ne voulez rien comprendre à un m livre qui traite de lé Art si nécessaire du maréchal. Contentez-» vous de prendre le titre de Bureau des Métiers, puisque vous » rendez un compte si détaillé du travail du C. Duhenca , pour
- >3 la sûreté des voitures. Au Bureau qui s’intéresse si fort pour les
- >3 gens allant en voiture , salut. Intéressez vous du moins un peu 3» pour ceux qui vont à pied , de le respectable Crachet est de ce >» nombre, lui qui a tant fait de voyages pédestres pour venir à » votre barre.
- D’après ces considérations, ne seroit-il pas utile que le comité d’instruction publique, que le Bureau de Consultation lui-même, qui, par ses lumières de son zèle, a déjà si bien métité dés arts, que" les différentes sociétés de savans & artistes s'occupassent des questions suivantes : ’ ,
- i°t Les prétendans aux récompenses nationales ne doivent-ils pas être obligés de communiquer au Bureau , qui devra les rendre pur biies , leurs procédés, secrets, dcc . ?
- a0. Les prétendans pour inventions ou perfectionnemens de machines , ne doivent-ils pas être également obligés de remettre au
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- Bureau , qui les conservera clans ses archives , clos modèles ou dessins de leurs machines? Et pour cela, ne doit-il pas y avoir auprès du Bureau un dessinateur, pour exécuter les dessins des machinés présentées, & les communiquer à ceux qui voudront les rendre publics par la voie de la gravure ?
- 3°. Ne doit-il pas être mis à la disposition du ministre de l’intérieur, pour être distribuée sur l’avis clu Bureau de Consultation, une somme plus forte, que celle de trois cent mille livres' par an , déjà affectée pour l’encouragement des arts, afin que les artistes, qui communiqueront leurs procédés, secrets, machines, 6cc. , reçoivent , suivant l’importance de leurs découvertes ou perfectionse-mens, une récompense, plus forte que six mille livres, qui est le maximum fixé jusqu’à présent par ia loi?
- Il est superflu de dire combien les manufactures , le commerce, l’industrie gagneraient à la publication des inveiilions utiles-, 6: combien, par conséquent seroit avantageux à .la nation ce mode de distribution des récompenses , quand même on y employèrent bien au elelà de cent mille écus par an , au lieu que cette somme , qui est distribuée à beaucoup de gens qui veulent mourir avec ifcv<.rs secrets, est presque perdue pour la République.
- Je s omnets à tous ceux qui veulent sincèrement le bonheur de la Nation Française, que les arts peuvent élever au plus haut dé* gré , ces questions, 6c les observations qui les précèdent, moins comme le fruit de mon opinion particulière, qui n’est rien, que comine le résultat général des observations nombreuses qui m'ont été adressées, soit par écrit, soit de vive voix, depuis que je m’occupe du recueil des mémoires du Bureau de Consultation , recueil déjà précieux , 6c qui le sera bieu davantage , quand l’argent de la nation ne sera plus donné qu’à des hommes qui voudront bien que la nation profite de leurs découvertes, ce qui, j’espère, ne tardera pas. Car, sous le règne bienfaisant de la 1 berté , les grands principes d’utilité publique triomphent toujours des petites vues de l’intérêt personnel.
- ; CHEMIN, Éditeur.
- . ''oimHrtaiam'twi—.
- Voilà pour h fonds de cet ouvrage , et cette partie attend sa perfection de la loi elle-même ; je dois dire un mot sur quelques objets de direction, qui août également inponans.
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- toutes les parties de la République, on m’a demandé de joindre des gravures aux rapports qui contiennent des descriptions de machines. J'annonce , avec e plus gJand pia si , qu’incessamment ce vœu, qui paroit être celui de la totalité des souscripte^ sera rempli. Piofiiant de l’accueil que le public fait à cet ouvrage, je y °cCl ’ Actuellement des dispositions nécessaires poui lui donner ce mérite de plus, D aprv- cC
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- qui a et: dit dans les observations , on voit que j’aurai des difficultés à surmonter ; mais s il ne fut que du courage et du aele pour les app'anir , j’en viendrai a bout . Le Bureau de Consultation, tant par les lumières cie ses membies, que par son existence lega'c , méritoit que ses mémoire s fussent recueillis dans un ouvrage qui lui fût particulièrement consacréj mais j'ai annoncé dans mon prospeems que je ne ref*>sero:S pas d insérer dans ce recueil les mémoires intéressans des différentes sociétés de savans ou d’artistes, et même quelques mémoires paticuliers. J’ai déjà imprimé un rapport du Lycée des Ans, et j’en imprimerai beaucoup d’autres, quand je serai un peu pus au courant des mémoires du Bureau, dont les travaux ont commencé un an avant que je ne les rendisse publics.
- On voudra bien se rappeller que je me suis eagagé à fournir c:tte collection, à raison de dux numéros par semaine, de quatie pages chacun. Ainsi quand je donne un cahier, qui porte deux, trois, quatie numéros , ou plus , c’est que j’aime mieux, au risque de faire un peu attendre, e ,voyer plusieurs numéros a la fois, daas un même cahier, que de couper un rapport en deux ou trois numéros j & je crois qu il n’est aucun souscripteur qui ne me sache gré de celte oisposition.
- Jusqu’à présent l’ordre des numéros' avoit été indiqué au bas de la première page de chaque cahier. Comme je me suis apperçu que plusieurs personnes n’avoient pas remarqué ce numérotage, & qu’elles étoient embarassées pour metîte en ordre la séri* des numéros , je les marquerai désormais en tête des cahiers.
- Je répète que je su veil'e avec une attention scrupu'euse Vexpédition & la rem.se à la poste despaq ets ; mais que ne pouvant répondre aussi personnellement de l'exactitude de la poste , qui souvent a donné iç.u à beaucoup de réclamations, il est possible que des souscripteurs aient des collections incomplettes. Je ne puis mieux réparer cette î,.ute» qui n’est pas de mon fait, qu’en les invitant, t°. a réclamer auprès de leurs directeurs de postes- z°. à m’adresser leurs réclamations , afin que je les renvoyé au Bureau de Paris, & que je complett.e leurs collections, en leur expédiant les numéros qui leur manquent. "
- Les ouvrages de l’esprit étant une des inventions les plus utiles , je les annoncerai » particulièrement ceux qui concerneront les Sciences, Arts et Métiers, a nsi que les’ gravures nouvelles. O-î pourra s’adressera mon bureau pour tous les objets que ce journal annoncera.
- Les souscripteurs, dont Vabonnement expire à lu fin de ce trimestre , i ont priés de le Ttnouvelkr, soit à mon bureau , soit à celui du G Lefevre , Architecte-Entrepreneur ÿ rue Saint - Sauveur, N° i<J. On trouvera a chacun de ces bureaux aes collection* Compleites
- Tomes lettres non affranchies seront refusees*
- M—ÇggBPP»B
- Fin du deuxieme Trimestre•
- Le prix de la fouferî ptlon efi de t r ’liv. par an pour Paris y & de if Viv. pour les IL Or. s'abonne che\ CHEMIN , imprimeur, Rue de GLatigny , iV°. 7, en la cite, & che\ Lsx&vrs. , Architede-Entrepreneur, Rue S.-Suuvtur, NQ, ip.
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- MEMOIRES
- DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS ,
- O U
- JOURNAL
- DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNE MENS DANS LES SCIENCES, J RTS ET MÉTIERS.
- TROISIEME
- TRIMESTRE.
- Août > Septembre & Octobre H93 > b an deuxième de la République
- Française.
- Nota. Le recueil des Mémoires du Bureau de Consultation des Arts & Métiers auroit du naturellement commencer par la loi qui a donné l’existence à cette Société : les questions fréquentes qui nous ont été faites sur son organisation nous font un devoir de placer en tête de ce trimestre une loi que les artistes sont souvent obligés de consulter.
- Du 12, Septembre 1791 ,
- Relative aux Gratifications & Secours à accorder aux Artistes.
- L’ASSEMBLÉE N A T I 0 N A L E, ouï le rapport de son comité d’Agriculture & de Commerce, décrète ce qui suit :
- S &
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- 19°
- TITRE PREMIER.
- Distribution des Récompenses Nationales.
- Article premier.
- Sur le fonds de deux millions destinés par le décret du 3 Août 1:790, à être .annuellement employé en dons, gratifications & en-couragemens , il sera distribué une somme de trois cent mille livres , selon le mode ci-après déterminé, en gratifications & secours aux artistes, qui, par leur découvertes, leurs travaux & leurs recherches clans les arts utiles, auront mérité d’avoir part aux récompenses nationales.
- I I.
- Lesdites récompenses seront accordées, d’après les instructions envoyées au sujet des différons artistes, par le directoire du département de leur domicile ordinaire , ensuite de l’attestation de leur district & du certificat de leur municipalité.
- Il suffira cependant à ces artistes d’un certificat des corps administratifs de leur domicile actuel , lorsque ces corps se trouveront suffisamment instruits pour le leur délivrer.
- I I I.
- Les travaux poir lesquels il pourra être accordé des récompenses nationales , seront divisés en deux classes principales $ ceux qui ont pu exiger des sacrifices, de quelque genre que ce soit,& ceux qui par Lur nature n’en exigent point.
- Dans les récompenses affectées à chacune de ces classes , il sera établi tï ois degrés , sous les noms de minimum , medium & maximum y applicable en proportion du mérite des objets, d'après l’avis motivé d’un Bureau de Consultation pour les Arts , qui sera établi à cet effet à Paris , & dont la composition sera déterminée dans le titre I I du présent décret.
- Le medium sera d’un quart, & le m a xi m uni d’une moitié eu sus clu minimum.
- Dans la première classe, la minimum, sera de quatre mille livres, le medium de cinq mille livres, & le maximum de six mille livres.
- Dans la seconde classe , le minimum sera de deux mille livres , le medium de deux mille c.nq cent livres , 6c le maximum de troii mille livres.
- C~ux des artistes qui auront passé l’âge de soixante ans , obtiendront en sus de la récompense qui leur aura été fixée, une sommç é^ale au minimum de leur classe.
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- I V.
- Indépendamment de ces deux classes , il pourra être accordé des gratifications particulières aux artistes iridigens, dont les taiens auront été reconnus par des approbations de corps savans , 6c dont l’honorable pauvreté sera certifiée par les Corps administratifs.
- Le minimum, de ces gratifications sera dé ..... 20o liv.
- Le medium de.............................................2^0.
- Le maximum de ..........................................3oo.
- Ceux de ces artistes récompensés , qui auront passé l’âge de soixante ans, obtiendront, conformément à l’article III, une somme égale au minimum de leur classe.
- Y.
- Le Ministre de l’intérieur sera néanmoins autorisé h proposer à l’Ass emblee nationale, d’accorder un supplément de récompense pour les découvertes d’une importance majeure, faites dans le royaume , ou importés des pays étrangers, particulièrement lorsque ces découvertes seront dues a des travaux pénibles, ou a des voyages longs 6c périlleux.
- V I.
- Partie des mêmes fonds pourra aussi être employée, d’après les instructions des Corps administratifs , soit à la publication d’ouvrages qui auroient été ug :s utiles aux progrès des arts, soit en expériences , essais et constructions de modèles , ou même de machines dont ies avantages 6c la possibilité seroient vérifiés par le Bureau de Consultation , mais dont les frais excéderoient ies facultés de leurs auteurs.
- V I I.
- Il sera publié tous les ans , par la voie de l’impression 4 un état nominatif des artistes qui, dans le cours de l’année, auront obtenu des récompenses nationales, avec le compte des sommes employées à ces récompenses , ainsi qu’aux publications d’ouvrages 5c aux frais d’expériences 6c de construction , ordonnées par le Ministre de l’intérieur , u après les avis du Bureau de Consultation.
- VIII.
- Les pensions assurées par un brevet signé du Roi , aux artistes qui, à ce prix, ont ci-devant cédé à Petat leurs inventions , de-couvertes ou importations légalement constatées , seront regardées comme faisant partie de la dette publique, 6c en conséquence renvoyées à la liquidation.
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- I X.
- Les artistes avec lesquels l’adq:iinistration du commerce a ci-devant contracté des engagement conditionnels , & qui justifieront avoir satisfait aux conditions stipulées, seront aussi regardés comme créanciers de l’état pour les sommes qui ne leur auroient point encore été payées, & en cette qualité renvoyés à la liquidation.
- X.
- Les artistes dont les machines importées de l’étranger, ou nouvellement construites d’après les demandes de Padmini tration du commerce , auroient été détruites lors des troubles populaires survenus en quelque partie du royaume, seront indemnisés de leurs pertes , sur une attestation des Corps administratifs desdits lieux , à laquelle devra être jointe une évaluation faite par des hommes à ce connoissâns. Ces attestations tiendront lieu de titres, & seront comine tels, reçues à la liquidation.
- X I.
- Les objets déjà récompensés ou achetés par le Gouvernement, ou pour lesquels les artistes auroient acquis des brevets d’invention9 ne seront point susceptibles des récompenses nationales.
- X J I.
- Nul artiste, quelsqu’ayent été .ses travaux, ne pourra être admis dans la même année à recevoir au delà du maximum de la première classe 5 mais il en sera fait une mention honorable lors de la publication de la liste des récompensés, de il pourra y être admis l'annee d’après. ...
- TITRE II.
- Article I.
- , Pour cette année seulement, le Bureau de Consultation sera composé d’une section de quinze membres de l’Académie des Sciences, au choix de cette société , & de nombre légal d’hommes instruits dans différens genres d’industrie , & choisis dans d'autres sociétés savantes, par le rninistte de l’Intérieur.
- I I.
- Les fonctions des membres de ce Bureau, indiquées au titre précédent, seront absolument gratuites; mais le ministre de Pinte* rieur demeure autorisé à y employer le nombre de commis nécessaires , dont il présentera incessamment l’état à T'Assemblée Nationale ; & ces frais , ainsi que ceux du Bureau , seront, acquittés au moyeu d’une retenue d’un sol pour livre sur les récompenses nationales.
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- DES BOIS,
- N*. 49, 5o , 51 & £*.
- ET NOUVEAU SYSTÈME DE CONSTRUCTION.
- - Rapport concernant le Citoyen Migneron.
- T
- J- L a été satisfait à toutes les formalités que la loi exige , par la-C. Migneron , dont le Bureau de Consultation nous a charges d'examiner les titres & les droits aux récompenses nationales.
- Cet artiste est très-avantageusement connu par sa belle découverte pour l’amélioration & ie ceintrage des bois de toutes espèces.
- Le Bureau, pour asseoir son jugement, n’a besoin que de résultats. Ainsi nous croyons d. voir borner notre travail à un extrait soinm ire dus pièces nombreuses & authentiques qui nous ont été.' remises.
- ARTICLE PREMIER.
- AMÉLIORATION DES BOIS.
- Les premières expériences du C. Migneron remontent à l’année 1781, il les fit sous les yeux de MM. Heaume, Macquer & de Fontaiiieu , Commissaires de l'Académie des Sciences.
- Une expériences comparative fut répétée deux fois sur des morceaux d’Orme, de- Chêne , de Hêtre , de Frêne & de Noyer, chacun, de 3o ponces de iôn&eur , sur a pouces d’équarissage ; ks uns furent soumis queupie tems à l’ébullition dans une eau préparée, dont le C. tyligneron s’est réserve le secitt,. Les morceaux analogues ne-furent point ebullis. y. Triai. Tout. 1er.,
- , Tt
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- Tableau du résultat de deux expériences faîtes par le Citoyen Miyneron , en présence des commissaires de VAcadémie des Sciences. ^ Première expérience du y Juillet lySi.
- *»"— .Espèce de Bois. Pesanteur du Bois naturel. Bois naturels , ébullis ont Cassé sous le poids de Force nc-qui-se des . Bois ébullis. (
- orme verd. Chêne tiêtre ^ secs. Frêne j ; Noyer 3 l- *3 1 £• 3 8 6 4 6 2 3 H 6 2 2 2 65o liv. ibyS liv. iqoo j2250 i85q 2200 1800 ) 2700 135o 1 1460 i6po 36 0 85 0 000 i5o
- Une autre expérience faite sur fie pareils morceaux de bois ébullis à Xeau pure avoit pour objet de déterminer ce que les bois perdaient de leur force par ce procédé.
- Seconde expérience faite en Juillet ij8t.
- Résultat de la vérification faite sur les Pois ébullis à Peau pure, 6’ ce qu'ils ont perdu de force.
- E-ipèce Bois. î diminution
- de . naturels , ébullis de
- Bois. ont cassés sous le poids de force.
- Ciléne , tXPer'en e îôbd i. oc demie. 1280 i. & demie. 400
- v sur deux 1435I. i5 0
- °rme - idc chaque ' i685 1. & demie. 1445 1. c< demie. 240
- espece. i385 1. & demie. 3oo
- Comme il est preuve par cette expérience que les bois ébullis à l’eau pure perdent jusqu’au quart dfe leur force, on doit proscrire les méthodes pour courber & amollir les bois par la chaleur des étuves & des bains de sable ^ puisqu’elles ne tendent qu’à affoi-1)1 ir les bois.
- D’après toutes ces. expériences , les commissaires de l’Académie reconnurent:
- i°. Que les bois bouillis dans l’eau préparée par Migneron acqaéroient depuis 12,5 jusqu’à 1800 liv. de force.
- 2e'. Que ceux bouillis à l’eau pure avant de les employer ( usage pratiqué en Angleterre & dans quelques autres pays ) perdent jusqu’au quart de leur force.
- 3N Que le Chêne bouilli dans Peau pure comme dans l’eau préparée., a perdu quelques onces de son poids , & qu’au contraire celui de l’Grine a un peu augmenté.
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- 4°. Que le Chérie bouilli à l’eau pure 6c à l'eau préparée , nprèà avoir un peu plié , sous une charge considérable , a cassé subitement, & que l’Orme avoit plié deux minutes avant cte rompre.
- S®. Que les outils , que le ciseau 6c le fermoir des menuisiers
- mordoient plus difficilement sur les bois bouillis à l’eau préparée , 6c qu’ils avoient besoin d’être affûtés plus souvent ; enfin que les
- copeaux enlevés par le rabot étoient bien unis 6c d’un beau lisse.
- Nous devons ajouter que les bois durcis sont plus forts & plus durables que les bois naturels. Le procédé de Migneron a d’ailleurs l’avantage d’extraire des bois verds la sève qui en occasionne la prompte destruction , comme on ne l’a que trop malheureusemant éprouvé à 1 'égard des poutres employées, il y a longtems, à l’école militaire, plus récemment au garde-meuble, 6c en beaucoup d’autre» endroits.
- Pour preuve , nous présentons au Bureau un morceau de poutre du garde-meuble , tellement j^'-éré , qu’il étoit devenu fort léger ,6s tout-à-fait friable, 6c un autre morceau de la même poutre, auquel le procédé de Migneron, en le t'établissant, a donné un poids 6c une dureté véritablement extraordinaires. ( Rapport de l’Académie d’Architecture , du 3 Mai 1784. )
- Cet artiste, exécuta il y a plus de 10 ans , dans le jardin de Tria-non 6c dans ceux de Relie-vue, des ponts Anglais, à Versailles , des caisses d’orangers , 6c aux anciennes écuries dhirtois , rue d’Anjou St.-Honoré , une terrasse, le tout en bois amélioré > qui, loin d’avoir éprouvé ia moindre altération , sont presque aussi durs que le fers
- CEINTRAGE DES BOIS.
- M. Aubry, ancien Inspecteur général des türeies 6c levées, dans tin beau mémoire sur un pont de bois, de 400 pieds , 6c d’une
- seule arche , qui a remporté en 1786 le prix de l’Académie de Tou-
- louse , conseille d’employer les moyens de Migneron pour améliorer les bois.
- Migneron tenoit une fabrique de voitures , 6c fit ses premiers
- essais de ceintrage sur des roues de carosse. I! en fournit de gran-
- des 6c de petites au ci-devant duc d’Orléans 6c à plusieurs au.res particuliers. ( Rapport fait a l’Académie des Sciences, le 4 S p-tembre 1780. )
- Le jourrul de Paris, du i5 Mars 1783, rendit compte d’une expérience en grand.
- Migneron avoit fait construire exprès une chaudière de 20 pieds 6c demi de longueur dans œuvre , sur 4% pouces de largeur 6c de hauteur. Dans ce vase énorme , il mit à ébahir une pièce de bois de chêne de 20 pieds de longueur sur 6 pouces d’équarissage. La pièce étant restée dans la chaudière le leurs convenable, l’artiste
- if t'Jf
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- lui fit prendre le peintre sur un moule de fer de 7 pieds de diamètre.' Cette expérience faite en public eue le plus grand succès.
- Il fut soumis cette même année à l’examen de l’Académie des Sciences, le modèle d’une petite arche de 9 pieds 6 pouces d’ouverture, afin de faire connoître l’avantage que l’on pourroit tirer des bois courbés de durcis pour la construction des arches de plus grande ouverture , ou des voûtes de des dômes des bâtimens.
- MM. Perronet de Bo'ssut, dans un rapport du 4 .Septembre, rendirent compte des expériences qu’ils aboient faites à ce sujet.
- Pour connoitre la force des courbures de ce modèle , on suspendit avec des cordes, une roue servant de plateau de balance snr le milieu de l’assemblage, de l’on chargea successivement ce plateau de différent poids. ,
- L’assemblage des courbes s’affaissa de 3 pouces de demi sous une charge de 1*0, 640 liv. , mais un des poteaux servant de culée j s'étant acculé subitement d\*’i pouce, on fut obligé de discontinuer l’expérience ; tout ayant été rétabli, on la recommença; alors l’assemblage des courbes s’affaissa de trois pouces neuf lignes, sous la charge de cinq milliers, de dans les cinq minutes suivantes, il baissa encore de quelques lignes ; mais le même poteau ayant encore consenti d’un pouce, on cessa l’expérience,
- *> Si l’on considère maintenant, disoient les commissaires , que 33 de parti.les pièces de bois de Chêne,'de dix pieds de lon-v> gueur de de 4 pouces de grosseur , portant de 6 pouces sur cha-y> que point d’appui, étant chaigées horisontalement dans leur >3 milieu , d’après les expériences moyennes faites par M. Buf’fon , de » rapportées dans la 6e. table des mémoires de VAcadémie des Sciences 33 de 1741, ont porté, avant de se rompre, un poids de 36i2. liv. 3> de que d’après les principes de Galilée, adoptés par tous les 33 mathématiciens de par M. Buffon, de pareilles pièces de bois >* de Chêne de .4 pouces de demi en quarré , devroient porter 614^ 33 livres , on reconnoitra que l’assemblage de la courbe de M. Mi-33 gneron a été capable d’une résistance qui est à peu-près du dou-33 ble , quoique composé de neuf morceaux ( de 18 lignes d’équa-33 rissage , ) dont les fibres étoient tranchées, de qu’elle fût aussi 33 pins longue de 6 pouces, même d’après la corde entre ses points 33 d’appui, que la pièce d’un seul morceau, mise horisontalement 33 en expérience par M. Billion.
- 33 II résulte de ce que nous venons de dire , qu’indépendamraent 33 de l’avantage qu’il y aura à durcir les bois pour les rendre 33 plus forts de plus durables, la courbure de ces bois ajoutera 33 encore beaucoup à leur force , de pourra devenir très-utile de éco-33 nomiqtte dans l’ehiploi que l’on en voudra faire, soit pour la 3» construction - des ponts ou pour celle des bâtimens,
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- Reprenons le fil des expériences de Migneron/
- Désirant joindre aux suffrages de VAcadémie des Sciences celui de 'Académie d’Architecture, iL demanda des commissaires, on Jui nomma MM. Franque, Guillaumot, Flazon , Mandait 5c Clierpitel > qui firent le 3 Mai 1784, un rapport dont voici l'extrait :
- » M. Migneron a fait courber, en présence des commissaires 5c « en assez peu de teins, plusieurs pièces de bois de vingt-deux 3» pieds de longueur chacune sur 5 pouces d'équarrissage; la souplesse 33 que ces bois ont acquise par leur ébullition dans la chaudière, les 3» rendoient susceptibles de se plier à la courbure des ceintreà 3> sur lesquels ils ont été assujettis.
- 3» D’après ces faits , il a été reconnu que la méthode de courber » les bois de toutes sortes de dimensions 5c de longueurs sur des 3> ceintres quelconques, présente de très-grands avantages dans les 33 différentes constructions en charpente , telles que les planchers >3 ceintrés, les coupoles, les voûtes 5c les ponts de bois.
- 33 L’Académie a vu ensuite avec plaisir le modèle d’un pont de >3 cette espèce. Ces moyens ont paru tendre également à la solb-33 dité 5c à l’économie, 5c elle a reconnu que vu la rareté des 33 bois , leur prix excessif, la destruction rapide 5c effrayante 33 des bois employés encore verds, on ne devoit négliger aucuns 33 des moyens qui peuvent conduire cette opération à la plus grande « perfection,
- 33 Jusques la, Migneron n’avoit encore ceintré que des bois de 33 Chêne 5c de Hêtre de 3 5c de 6 pouces d’équarrissage , lorsqu’il 33 reçut ordre de faire des essais sur de gros bois ; ou va voir ses 33 procédés à cet égard , 5c ses succès pour ceintrer trois poutres 33 de 18 pieds de longueur 5c d’un pied d’équarrissage, pesant cha-33 curie 1080 livres. 33
- Ces expériences furent faites aux -mois de Janvier 5c de Février 1785, en présence de personnes distinguées, entr’autres de MM, de Fleurieu , de Borda , Perro.net , de Chesy 5c de Cessar.
- Les trois poutres faisant chacune six solives ou dix-huit pieds cubes avoient été attachées au liazard dans un chantier. Ces bois qui ont été flottes jusqu’à Paris , peuvent être restés six mois dans l’eau; on a estimé qu’ils pouvaient avoir 100 ans. Elles furent mises le 17 Janvier dans la chaudière , afin de recevoir l’ébullition pendant huit jours, l'eau étant à 115 degrés de chaleur : quand la chau-di ère est disposée de façon à y mettre le feu en trois endroits , alors on porte la chaleur jusqu'au degré de l'eau bouillante , 5c il ne faut que quatre jours, ce qui abrège l’opération de moitié, 5c épargne beaucoup de combustible.
- Expérience sur la première poutre : elle a été retirée de la chaudière le 2,2. Jauvier , à 8 heures du matin, 5c à 4 heures 5c.,de-.
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- mie du soir ; on a commencé a la ceintrer sur un moule de charpente qui avoit été construit à cet effet ; à 6 heures elle étoit déjà ceintrée de \ pouces ; mais il fallut cesser l’expérience parcequ’il n’y avoit que 200 milliers de poids, ce qui éïoit insuffisant de beaucoup , puisqu’il en falloit 640 milliers. Cette circonstance-obligea d’ôter la poutre du moule ; elle fut remise le 24 dans la chaudière, où elle se redressa totalement, après quoi l’on se procura la quantité suffisante de poids.
- Le 3 Février, étant restée 7 jours dans la chaudière , elle en fut retirée & remise sur le moule; ainsi posée elle fut garnie en dessus d’un madrier de 3 ponces d’épaisseur, que l’on arrêta avec des liens de fer pour l’empêcher d’éclater ; ensuite elle fut ceintrée de 4 pouces, le 4 Février de 6 pouces, le 5 de 7 pouces, les 6 , 7, 8 & 9 , de 9 pouces; à 1 pied le 10, & à i3 pouces, le xx Février. Elle resta i5 jours en cet état.
- Expérience sur la seconde poutre.
- Retirée de la chaudière le 24 Janvier , elle fut posée sur le moule ôc ceintrée de 8 pouces le même jour en cinq heures ; mais' on discontinua de la ceintrer, paicequ’on reconnut au dessus de la poutre un éclat provenant d’un trou tranversal St plusieurs fibres désunis par une maraude ou trou pratiqué exprès pour attacher les bois, lorsqu’on construit les trains pour les flotter, dans la crainte que ces défauts n’occasionnent une rupture.
- La poutre fut remise le même jour dans la chaudière où elle se redressa. Le 29 on la retira , & de suite on la remit sur le moule, après quoi, elle fut garnie d’une semelle de l’épaisseur d’un madrier dans la partie supérieure qui avoit éclaté par les défauts des bois dont on a parlé ; précaution nécessaire pour la contenir Sç l’empêcher de rompre subitement.
- A ii heures on commença de la ceintrer, & à 3 heures du soir elle l’étoit à i3 pouces.
- Après avoir été' dégagée du madrier , elle fut mise à terre le même jour , St quoiqu’elle ne se trouvât retenue par aucuns liens de fer , elle conserva cependant une courbure de six pouces. La désunion des fibres ligneuses empêcha que la pièce ne redevînt droite.
- On fit scier à l’un des bouts un pied de cette poutre, St l’on reconnut que l’ébullition avoit pénétré jusqu’au centre.
- Expérience sur la tioisième poutre.
- Cette poutre fut retirée de la chaudière le 2.5 Janvier, Sc posée sur le moule , ensuite on la garnit par précaution d'une semelle.
- Le même jour , elle fut ceintrée de 12 pouces jusqu’à 5 heures du soif. Xi n'arriva dans cette expérience aucun événement fâcheux , sinon que les fibres ligneusse tranchées par l’équarrissage St la veiaç
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- d’aubier qui étoît restée , occasionnèrent sur la partie latérale une fente ; mais contenue par la semelle , elle prit la forme du moule.
- On la remit le même jour dans la chaudière, afin de l’assouplir & de la ceintrer encore davantage, elle se redressa totalement : on la sortit de la chaudière le 3i, & on la replaça sur le moule 5 ensuite elle fut garnie d’une semelle, & depuis midi jusqu’à minuit, elle fut ceintrée de 14 pouces. Le lendemain elle fut ceintrée de 17 pouces ; , comme cela paroissoit suffisant, on l'arrêta en place, après l’avoir dégagée de la semelle 5 seulement on la fixa sur le moule avec un. demi lien de fer , & elle y resta quinze jours : après quoi n’ayant point d'objets pour conserver cette pièce céintrée à 17 pouces, on l’dta du moule, <5c comme elle n’y étoit pas restée assez longtems, elle ne garda qu’un ceintre de 10 pouces.
- Au mois de Mars de la même année, M. Telles d’Acosta, grand maître des Eaux & Forêts, fit dans l’attelier du G Migneron de nouvelles expériences sur 18 espèces de bois de brin débités eu chevrons de 3 pouces d’équarrissage 3c de six pieds de longueur*
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- Tableau des expériences faites chez le Citoyen Mîgneron 9 les 8 & 9 Mars, 1784.
- ! Espèce de Bois. âge Pesanteur d’un chevron. Bois naturels., cbullis ont caffé fous le poids de Force acquise
- Chêne • i3 3o 1. 4v 2 707 liv. 3 707 liv. 1000 liv
- Frêne. Ciiatai- 45 23 5 2487 3.87 680
- ^nier. 2.7 22 12 2487 3 87 600
- Orme. Siccom oie : a perdu de 4 S 34 2t)3v> 20 3o 100
- sa force. 1.3 2S 10 3 080 2,980 100
- Noyer. Tic mb'e à grande 40 21 _ 2600 2.780 22.0
- feuilic. 22 ?4 14 2180 2600 , 4^0
- Charme. A7 28 9 1880 2880 700
- Ara b le . ?4 29 8 2-3 CJO 2880 14°
- Hêtre. .44 .29 1 2200 f .2500 3oo
- Bouleau. J,9 27 4 i987 2437 480
- '1 illeul. Peuplier 85. r9 l66o i960 400
- de France. .5 2.4 3 3 » 760 '900 200
- Maronnier. Peuplier .35, 26 i3 1860 ; 680 200
- d’Italie.. *4 17 i5d4 8)4 8o
- Aulne. 22 24 l 1 CO 15oo 400
- Saule. 20 2S ; 1480 1280 200
- Marsault. i4- 21 9 1100 880 880
- En comparant + dit M. Telles, ( * ) les résultats des expériences faîtes devant MM. les commissaires de l’Académie des Sciences en iySi , avec celles que j'ai faites au mois de Mars 1780, il se trouve l'es différences ci- après sur la iorce acquise à ces deux époques sur les cinq espèces de bois durs qui ont été soumises à Inexpérience..
- - * Second iupplémtnt à rinftr.uôioji fur les hors de manne & autres, Paris, 17S69 gages, 32 Si 3/,,.
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- *01
- Savoir :
- Le frêne amélioré en 178;, a acquis moitié Je force, & celui •> de brin non scié en 1785, seulement un tiers.
- » L’orme de sciage amélioré, a acquis à-peu-près un tiers de force s» de plus, & en 178.3, celui non scié <k de biin , seuLem ut un » vingt-neuvième.
- 35 Le hêtre de sciage amélioré, a acquis en 1701 , plus u’un cin-
- quième, en 1786, un peu plus d'un huitième. .
- 35 Le noyer de sciage en 1701, a acquis un huitième de force, 35 ôz en 1785, celui de sciage, seulement un douzième.
- 33 Les différences d’amélioration , ou le plus de force acquise à >3 ces deux époques, peuvent provenir vraisemblablement,
- 33 iç. De la différence d’âge. >
- 33 s,Q. l)e ce que les bois en 1781 avoient été gardés dix ans,
- »3 que ceux de 1786 étoient abattus depuis trois mois.
- 33 3°. De ce que les dimensions des morceaux de bois des. deux 33 expériences n’étoient pas* les mêmes.
- 33 qp. De ce qu’en 1781 les bois étoient de sciage, & peut-être 33 venus sur souche, Sz qu’en 1786’ ils étoient de brin de équarris 33 à vive arrête.
- 33 <5°. De ce qu’il est impossible qu’on n’ait pas fait attention 33 si les morceaux de bois avoient été pris du côté du pied eu de 33 la tête de l'arbre, ce qui fait une grande différence y celui du. » pied qui est plus âgé , ayant environ un tiers de plus,
- 33 D'après la différence de force qui s’est trouvée dans les ejepé-33 riences do 1781 ôz dans la première frite en ma présence, le huit 33 Mars 1785, j’ai cru qu’il étoit convenable de recommencer celle 33 de chêne pour en découvrir la cause y voici le détail, d'après ce 33 que j’ai appris.
- Expérience du 15 Mar\ iy35.
- 3» Ayant préparé chez moi le même appareil que chez M. Migncroît
- 33 pour faire rompre deux morceaux de bois de chêne, il s’est 33 trouvé que le bois naturel avait été cassé par un poids de 3o6G
- (
- » liv. quoique celui de même dimension, de l’expérience du 8 Mars,
- 33 eût rompu sous la charge de 2700 livres.
- >3 Le chêne amélioré a été cassé le i5 Mars par un poids de >» 33p5 livres, quoique celui de l’expérience du 8 Mars, de même di-mension oz amélioré, 11’eût rompu que-sous la charge de 0737 IL res. 33 j’ai cherché la raison pour laquelle il y avoit une si grande di£-» ference à deux époques si rapprochées, & je me suis apperçu » .qu’on avoit pris indistinctement un des morceaux de bois de che-33 vron de 12 pieds de longueur, qui avoit été scié en deux morceaux » du 6 pieds , lesquels par cette réduction de dimension coirqjosoiont 33 deux morceaux de différentes forces, pareeque le côté des rqeines;
- opposer plus de résistance que 1 aarre-
- ou du pied de rare
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- :» morceau qui étoît de bois plus jeune & du côte de la tête, atï 53 moyen de quoi P expérience du 8 Mars a été faite sur des mor-33 ceaux de bois naturel ou côté des racines , qui a été mis en compa-33 raison avec le morceau amélioré qui étoit du côté de la tête.
- Au contraire Inexpérience du 15 Mars a été faite avec un morceau » naturel du côté de la tête & un morceau amélioré du côté des 33 racines. Cette circonstance est cause qu’on a été dans l’erreur sur 53 le degré de force que le chêne avoit acquis.
- 33 En comparant à présent les mêmes morceaux de bois naturels » & de bois améliorés , c’est-à-dire en rapportant les poids qui 33 ont fait rompre les morceaux de bois des deux expériences, soit 53 du cô:é du pied de 1 •'arbre ou de la tête , on yoit la force ac-*
- 33 quise de ces morceaux mal assortis, savoir,
- Bois naturels ^ De la tête D 2e. expérience ..... 3c66.
- de cliêne, j du pied, j ire......................2787.
- j Force des morceaux mal assortis..........., 829.
- En assortissant à présent les morceaux du pied , de la tête ensemble , c’est-à-dire, en les mettant dans l’ordre qu’on auroit du suivre, on verra réellement le vrai degré de force acquise dans les deux expériences des 8 <Sc iô Mars.
- Bois amélioré du pied de Parbre.
- première expérience du 3 Mars..................^7^7-
- . Bois naturel du pied.
- deuxième expérience du i5 Mars.............3c66.
- Vraie fo rce acquise........................ 671.
- ♦ - - -
- Bois amélioré de la tête de Parbre. deuxième expérience du 1ç Mars. ..... 33py.
- Bois naturel de la tête.
- première expérience du 8 Mars. ..... 2737.
- Vraie force acquise.................. 658.
- Voici le résultat de la force acquise par l’amé.ioration ; cette >* force est dans la proportion de l’expérience de 1781 , faite eu p présence de MM. les commissaires de L'Académie des Sciences. 3>
- 33 Ob no pouvoit prévoir qu’il y au r oit une si grande différence a» entre les bois du côté du pied de Parbre & celui de la tête. 33 De mette heureuse faute d’attention, Si de cette différence sin-33 çpilitre, on doit tirer une conséquence, 8c en faire son profit « dans l’emploi des gros bois. Il sera donc à propos pour égaliser
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- So3
- » la fores d’une poutre sciée en deux parties à-peu-près de même 33 grosseur, de faire ce qui va Être prescrit. 33
- « Lors de l’assemblage des deux morceaux, il faut avoir soir*. » de mettre le coté du pied du côté de la tête ; cela doit être ob-^ serve aussi.dans l’arrangement des planchers, c’est-à-dire, qu'il 33 faudra placer les solives de façon , que si le bout de la pre-31 niière solive présente le côté de la tête , la suivante doit pré-35 senter le côté du pied , <5c ainsi de suite. Ces deux cotés sont 35 aisés à connoitre pour les bois équarris par les cercles de la sève 3’ qui sont plus nombreux & plus serrés du côté du pied $ en ob-33 servant cet ordre ^ il est certain que le plancher supportera par-33 tout la même charge. Il est possible que le déversement qui 33 arrive très-souvent dans les planchers , puisse venir de ces défauts 3> d’attention. 3?
- 33 Jai encore fait le 24 Mars, des expériences sur des morceaux 3» de hêtre de 3 pieds de lo ng, & de 4 pouces 4 lignes d’équju'-33 rissage; le résultat a été à-peu-près le même que celui des expériences >» de 1.781, le hêtre amélioré ayant acquis environ un quart de force. »
- On peut conclure d’après toutes les expériences de 1781 , de ip8à, de 175*4., & de 175*6’ , maigre les variations reconnues dans l’amélioration des bois trempés & bouillis, que le procédé de M. Migneron devroit être mis en usage, surtout pour les bois verds & même les bois flottés, puisqu’il est démontré que le séjour dans l’eau pure en diminue la force, & que l’on peut tirer un grand parti de la méthode de ceintrer les bois , soit pour les planchers en. voussure, pour les coupoles à plein eeintre, & principalement pour la construction des ponts de bois avec des arches soutenues seulement sur des culées de pierres. A ccs avantages il faut compter pour beaucoup l’économie dans les dépenses, soit pareequ’on 11’est pas obligé d’employer, tant de charpente ni de gros bois dans la construction des ponts de bois , en les faisant en arches comme ceux de pierres , ce qui dispenserait de mettre des pilliérs qu’on -est obligé de rétablir , & faire souvent , parceqne ces bois hors de l’eau se pourrissent, ou se détruisent par l’alternative de l'humidité <Sc de la chaleur du soleil. On trouverait encore une grande économie dans la construction des planchers , en proportionnant •les dimensions des solives & des poutres à l’étendue de leur svr-fhee, puisqu'il est démontré que les bois améliorés acquièrent plus de force,
- ARTICLE III.
- Construction nouvelle de charpente en bois améliorés & eeintrés.
- En 1 786, le C. Migneron obtint un accessit à l'Academie de de Toulouse pour la construction d'un pont de charpente de 24 pieds de voye & d’un seul jet ? sur une riviàre de pi&ds de largeur.
- Y v 2.
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- L’année suivante, d’après l’exposé fait par le C. Lafond Là débat nu Musée de Bordeaux, de Futilité de la découverte du Citoyen. Migneron , & sur un rapport très-favorable de l’Académie de Peinturé, Sculpture & Architecture civile <$c navale de Bordeaux , en datte du 26 Février 1787 , Migneron fut chargé par les Jnrats de construire par sa méthode un pont sur le ruisseau, appelle Les ley Majou , près de son embouchure dans la Garonne , afin de lier un des faubourgs avec la paroisse de Bégle, & de procurer une communication indispensable pour le service du carénage.
- Ce pont qui porte le nom -de Brienne a 6a pieds 1 ponce 3 lignes de longueur de tète en tête, 2.2 pieds de largeur de dehors en dehors, & 7 pieds 9 pouces 6 lignes de flèche ou d’élévation de ceintre ; il est composé de 6 fermes ou arceaux espacés entr’eux de 3 pieds 9 pouces 7 lignes , des moi.ses horizontales les lient ensemble par le bas & des couchis par le haut.
- Nous mettons sous les yeux du Bureau une gravure qui représente l’élévation de ce pont, & nous regrettons beaucoup de ne pouvoir entrer dans les détails d'art qui feroient sentir tout le mérite de ce nouveau système de construction. Il nous suffira lde dire que MM. Perronnet & Bossut l’ont honoré cle leurs suffrages, oc que l’Académie de Bordeaux en fit clans le tems un rapport t r èsray a n t a ge u x.
- f ini le 9 Septembre 1787 , ce pont resta jusqu'au 9 Janvier suivant sans être pavé. Il le fut alors, de il supporta, depuis le 9
- jusqu’au i4> une charge de 678, 691 livres, y compris le poids du pavé.
- a’ Cette expérience étoit nécessaire pour éprouver la force de 3» l’assemblage, & pour connoître plutôt lés efforts que le teins
- 33 seul anroit pu causer. Le surbaissement dans son milieu étoit de
- 33 3 pouces de demi lorsqu'on l’a déchargé, la lisse n'a point re-33 monté, 1a. pression a été uniforme dans tous les bois. Il n’y a eu 33 aucune pièce de cassée ni de forcée. Une des culées a. cédé à 33 l’effort qu’elle a éprouvé, a produit ce surbaissement qui n’auroit 33 pas été sensible, si l’artiste avoh donné 4 à- 5 pouces d’élévation
- 33 au milieu de ce pont. On doit observer que si le pont avoit été
- 33 construit en pierres, le dérangemeut de cette culee auroit suffi 33 pour entraîner ia chûte de l’arche.
- 33 Le relèvement du pont a été frit a peu de frais , à l’aide de
- 33 trois leviers à vis en bois. IL a été relevé aussi dans son entier ,
- 33 & l’on a posé des fourrures aux points d'appui ; ce relèvement »» a été de 18 pouces. Ainsi le pont a été élevé de 14 ponces au 33 dessus de la ligne horizontale. O11 a cru nécessaire de lui don-33 Hcr 4 ou 5 pouces de plus qu'il ne deyoit avoir , à cause du
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- M
- »
- tassement qu’il tant qu’il peut
- pourrait encore éprouver , supporter , soit par l'effet
- soit par le 001J3 du tains,
- corn»
- jj Ce pont de bois a coûté 00 , 000 livres , l’artiste assure que » sans de faux frais accidentels, la dépense aurait été réduite fort jj au dessous de ce prix. Construit en pierres, il auroit coûté 1.5, 000 jj livres, jj
- jj La construction des ponts de bois, n’est pas, disoit Migriemn dans un écrit !.
- écrit publié alors , le seul objet utile auquel puisse s’ap-le cciutrase & l’amélioration des bois. Je viens d'-exécute2
- p 11 ipier ie
- lïospïc
- jj sous le *titre de Alaisen de La Providence.
- un lrosmce pour
- -S tenues erp
- jj La pièce principale est construite en arceaux courbés en demi j» cercles qui forment la voûte. Cette pièce a 64 pieds de long , 33 j» de large & 33 de hauteur j des niaises pendantes , tenues par les » arceaux, supportent deux rangs de galerie, l’une sur l’autre. Le jj premier rang sert à mettre les lits des enfin s, au nombre de jj de 3 3, eelie d’en haut sert de magasin. Cette pièce est vaste , jj aérée, claire, un seul poêle peut réchauffer , une seule lampe jj l’éclairer, c’est à la fois le laboratoire, le réfectoire & le dortoir, jj sans qu’on y apperçoive les lits, jj
- On met sous les yeux du Bureau les coupes de cet édifice.
- D!> La coupole de. la halle de Paris est sans doute un chef-d’œuvre ; jj le système de Phiubert de Lorrne , connu depuis long-tems , a été jj exécuté par deux architectes avec tout le succès qu’on pouvoit jj attendre des talons de ces artistes. Quatre planches de'sapin de Jj i3 lignes d’épiissear , & d'un pied de largeur, clouées l'une jj sur l’autre, forment la grosseur de chaque pièce ou ferme. Ces jj planches sont ajustées jointive ment les unes sur les autres pour jj conduire cette ferme à la hauteur nécessaire. Toutes les fermes jj ainsi disposées supportent une lanterne, & font ensemble une jj coupole qui est admirée par tous les gens de Part, jj
- jj Par les procédés du ceintrage, il n’y a pas de doute qu’on jj obtînt plus de force avec autant de légèreté. Les bois de chêne jo courbés auraient bien plus de solidité que des planches de sapin jj réunies, jj
- Migneron avoit projette une semblable couverture pour la cour de la bourse de Bordeaux \ nous en produisons ia coupe en longueur.
- Encouragé par les succès, il proposa en 1788 de construire à Dax un pont de 3 30 pieds en 3 arches , ce à Bergerac un pont da Û33, aussi en 3 arches; nous présentons le plan & l'élévation de oe dernier.
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- Enfin , cet artiste a projette pour le remplacement du pont ronge \ un pont en bois u’une seule arche à plein ceintre de 192 pieds " chou-vertu re , de yo pieds de largeur, de de 19 pieds de flèche. JJ Académie, d'Architecture à. laquelle il Tavoit soumis, en a l'ait le 23 Janvier 1792 un rapport très-avantageux, dans lequel les commissaires louent la simplicité des moyens, la sagacité de l’auteur , & les vues d utilité publique qui ont toujours dirigé jusqu’ici les travaux du C. Migneron.
- Le comité des finances de celui des ponts & chaussées s'occupent de l'adoption prochaine de ce projet, sons tous les rapports si intéressant pour la ville de Paris ; voici le jugement qu’en a porté le comité des ponts de chaussées ;
- EXTRAIT du procès-verbal des séances du comité des ponts & chaussées.
- séance du premier Juillet îyqo , l’an deuxième de la République Française, une de indivisible,
- Le .Comité assemblé, dcc,
- t> Le C. Marragon a présenté une pétition des propriétaires des deux isîes de la Fraternité & du Valais , tendante à obtenir la ?» reconstruction d’un pont sur le bras de la Seine qui les sépare; 35 cette pétition est appuyée de l’avis de la municipalité de du dé-
- 35 parlement de Paris; elle est accompagnée d’un détail des biens
- 35 nationaux situés dans ces deux isles ; d’un rapport fait au corps 33 municipal par !e département des travaux publics , avec les plans, » coupes & élévations d'un projet de pont en bois d’une seule arche 33 de 19,2 pieds d’ouverture, de ^.o pieds de largeur, 33
- 33 Le comité , après avoir examiné 1 esclites pétition , rapport dç
- 33 plans du projet dudit pont, adopte Paris proposé par les artistes
- >3 commissaires appelles au jugement des différons projets qui avoient 30 été proposés, duquel avis il résulte que le projet présenté par y> le C. Migneron a obtenu à runaniinité des suffrages la profé-33 rence sur quinze projets présentés à ladite' commission , en ce >3 qu’il réunit tous les avantages de la forme heureuse , de la coriccq)-33 tion, de la hardiesse de l’exécution , & celle de 11’opposer au->3 cime entrave au cours de Peau , de n’offrir presque point 33 d’aliment à la destruction , de de présenter les moyens faciles 33 d’en réparer les attérmités,
- 33 Quant aux fonds réclamés pour cette exécution , cet objet ^st P étranger au comité des ponts & chaussées, ôç concerne spécial^ n le comité des finances,
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- 5^ Nous mettons sons les yeux du Euroan , le plan , la. coupe & 53 l’élévation de ce projet dont nous avons vu l'épreuve chea w l'artiste.
- RÉSUMÉ.
- Par la richesse &z la beauté du sujet , ce rapport a pris beaucoup plus de développement que nous n’avions cru d’abord lui en donner: nous allons en offrir les principaux résultats.
- i°. Le procédé pour améliorer toute espèce de bois , & même les bois yerds , en double la force & prolonge leur durée.
- 2°. Le ceintrage y ajoute une nouvelle force , suivant les expériences de l’artiste & celles de l’ingénieur Aubry.
- 3°. Le nouveau système de construction à tous les genres , réunit économie , célérité , légèreté , solidité <k facilité de réparer les ouvrages pièce à pièce.
- D’après cet exposé fidèle , nous pensons que le C. Migneron doit etre placé dans la première classe des récompenses nationales, de qu’il en mérite le maximum , c’est-à-dire six mille livres.
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le îy Juillet, 1790, l'an deuxième de la République Française, une de indivisible,
- DESERVIÈRES, LEBLANC , Avis motivé.
- Le Bureau de Consultation des Arts de Métiers , après avoir entendu le rapport de ses commissaires sur les travaux du Citoyen Migneron , considérant que cet artiste a trouvé par l'amélioration des bois de toute espèce, des procédés dont la supériorité sur ceux connus jusqu’ici, a été constatée par un grand nombre d’expériences^ qu’il est heureusement parvenu à soumettre des pièces de fortes dimensions à la courbure qui jusqu’alors n’avoit été employée depuis les Grecs jusqu’aux Anglais, qu’à de petits objets; considérant que de la réunion de ces deux moyens, il a su tirer un nouveau système de construction , qui présente à la fois économie , célérité , solidité , légèreté & facilité de réparer pièce k pièce les divers-ouvrages , système dont les avantages ont été prouvés par un pont dune seule arche de 60 pieds d’ouverture , exécuté à Bordeaux en *7^7 > & que fauteur, dans un projet qui a obtenu la préférence sur quinze autres. , au jugement d’une commission d’artistes , offre de faire servir au remplacement du pont rouge par une seule arche de itp pieds d’ouverture, considérant enfin que les recherches . $
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- les expériences pendant cinq années, 6c les vo'yages de cet artiste,! ont exigé de grands sacrifices, est d’avis, conformément à la loi du 12 Septembre 175)1 , que le C. Migneron mérite le maximum de la première classe des récompenses nationales , c’est-à-dire , six mille livres.
- SILV ESTRE , Président, JUMELIN, Secrétaire,
- Notez. Le Citoyen Migneron Ingénieur de la République , demeure Zsle de la Fraternité, Quai de l'Egalité, Np. 3.
- Il paraît deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque numéro* Jeparement eft ‘de 2 sols 6 deniers, et celui de la souscription pour Vannée ejî de i% i .pour Paris, et de 15 liv. pour les dé pat terne ns franc de port.
- Cn souscrit r pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNE MENS DANS LES SCIENCES , ARTS-ET METIERS,
- 7e. A l’Imprimerie du. Citoyen CHEMIN , rue de Glangny, N°. 7, en ta Cite * au bas du Pont Notre-Dame.
- 2°.. Ch:\ le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, me S.-Sauveur, Na. i$-,
- 50. Che\ le Citoyen AUBRY, Libraire , rue de ta Monnoïe , NJ. 5.
- Les Lettres. Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent etre adrejjes francs de port à l’Imprimerie.
- On peut fn ufrire pour un cinoujix: mois f mais toujours a dater du commencements d'an tr.mejlr.it
- r
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- NQ. *4
- ETOFFE DE COTON,
- Rapport concernant le Citoyen John Macloud, Anglais. jN 1783 , John Macloud, fa.bric.mr d’étoffes de coton, fut attire
- en France par des entrepreneurs de manufactures d’Amiens & de Sens, pour monter des métiers 6c fabriquer des étoffes de coton., suivant tous les procédés d’Angleterre, et sur tout en faisant usage de la navette volante. L’un de nous ayant été témoin de ses suc* cès et des avantages qui pouvaient résulter pour l’industrie,nationale
- des méthodes qu il avait introduites chez dés particuliers , crut qu’il étoit de l’intérêt général de nos fabriques de se procurer une con-
- naissance- raisonnée des métiers qu’a voit construits John Macloud , de la manière de les armer , de préparer et de mon tel les chaînes,
- et de don ner certains apprêts aux étoffes , engagea cet artiste Anglais
- à. se présenterai! bureau de Consultation, pour , suivant l'intention, de fart. VI. de la loi qui réglé les fondions du Bureau, faire sous les yeux de ses commissaires toutes les expériences relatives à ces objets de fabrication. Le Bureau ayant été instruit et convaincu de l •'importance de ces expériences, voulut bien accorder à Macloud, le 11 Juillet dernier, une avance de i5oo 1. pour la construction de trois métiers à navettes volantes, dont l’un devoit servir à fabriquer des couvertures dé coton à duites relevées> Je second à fabriquer des piqu*as , avec réduction des marches , au nombre de cinq , le troisième pour la fabrication des petites étoffes de coton, comme mousselines , mouseîinettes , et autres à rayures variées.
- John Macloud s’obligea en mêmotems, au moyen de cette avance provisoire, de fabriquer un grand nombre d’échantillons, et de fuir®
- connaître Ses divers apprêts qu'on donne aux chaînes et aux étoiles fabriquées dans les diverses manufactures Anglaises. Le Bureau char-
- gea l’un de nous de surveiller l’emploi de cette somme, et de se concerter avec Je C. Mo lard, pour diriger toutes les dépenses et toutes les opérations qu’on vient de désigner. Aujourd’hui, a^rès quatre mois et demi, tout est exécuté, suivant les vues du Bureau, et ses commissaires peuvent lui rendre témoignage que le C. Mo lard a suivi tous les travaux, tt les a même partages avec tout le zèle et toute 1 intelligence qu’on pou voit ait mire de ses connoissances dans les arts et de son patriotisme. Ce sont doi c les résultats de ces travaux que nous allons présenter au Bureau , comme les titres que
- John Macloud peut faire valoir pour avoir part aux récompense*
- nationales. 3e. Tri.
- Xx
- Tout. /,
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- ÜTÔ
- Préparation des chaînes.
- Nous parlerons d'abord de la préparation des chaîne!*.
- Le rouet dont Macioud fait usage pour mettre 1rs fds des chaînes eu bobines , renferme deux broches ajustées de manière que la me me ouvrière peut envider deux bobines à la fois. Dans ce dévidage, les fils ne sont point ménagés quant à leur force,, et l’on peut s assurer par cette opération, s’ils ont le tors convenable et nécessaire pour les fils de chaînes. Lorsqu’ils ont passé pur cette épreuve , en peut être sûr qu’ils seront moins sujets à se casser pendant le tissage, qu’en conséquence l’étoffe aura moins de défauts, et que l’ouvrier^ moins distrait par le renouage des fils , fera plus d’ouvrage.
- Avant de monter les chaînes sur les métiers, Mncloud 1rs colle, ce qu’il exécute en les faisant tr< mper dans une colle, ce farine , < ù l’on a fait fondre un peu de colle forte. Ce mélange doit être très-ciair et bouillant, avant qu’on y plonge les chaînesj on les en retire quelque te ms après, lorsqu’elles sont imbibées de colle, et en les fait passer à travers des trous ronds, pratiques dans un madrhr de bois dur, pour exprimer, dans cette espèce de filière, la colle surabondante. Cette opération est beaucoup plus facile , et ren piit beaucoup mieux son objet que le torduge des chaînes à la main , comme cela se pratique assez généralement dans nos manufactures ; car outre que ce tordage exprime inégalement la colle , il donne une extension inégale aux Lis.
- Du paré des chaînes.
- Lorsque les chaînes sont montées sur le métier, on prend des brosses a longs poils, à l’aide desquelles on ptend de la coile de farine sur la partie des fils de la chaîne qui se trouve entre l’ensuble de de rière et les lames. Cest ce qu’on appelle paré des chaînes : au lieu de Lisser sécher à l’air cette espèce d’apprêt , Macioud passe, sur les fils nouvellement imbibes de colle, un 1er rouge qui les sèche promptement, et donne à ces fils la roi leur c iiiveiiàbm pour le tissagv égal et uni. Ce fer d’ailleurs brûle en même-teins tous les poils des fils de la chaîne, ce qui netiOye infiniment le grain des toiles de coton ; et ce qui compiette ce bon effet, c’est que l’ouvrier fait usage du même fer rouge pour brûler le poil des fils de la trame à mesure qu’il fabri-q ie son étoffe. La fer qu’on employé à cette double opération est par dessous en forme de bateau et très-uni$ une des extrémités est (allongée pour servir de manche;
- Navettes Vêlantes.
- o", • ' . é - I
- Nous passons maintenant aux trois métiers que J lin Macioud ai f il construire dans l’attciier du C. Mo lard. Comme dans ces trois métiers on fait mage de la navette vidante, il convient de faire Cwüii.oxtre les principes ue sa construction»
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- an
- Cette navette diffère clés autres, en ce qu'on la lance avec une main mécanique, placée à droite & à gauche de la chasse , & qu’on fait mouvoir avec deux cordes qui se réunissent à un même manche, que l’ouvrier tient de la main droite, tandis que de la gauche il donne le coup de chasse à la chiite. On fait ordinairement un tiers d’ouvrage de plus, avec la navette volante, qu'en faisant usage de la navette ordinaire: & d’ailleurs on économise environ un vingtième de là trame , qui est mieux tendue d’une hsiere a l’autre. John Macloud , en montrant la construction & l’usage ce la navette volante , dans tous les atteliers où il a été employé depuis 1788 jusqu'à présent , a été à portée de constater par des succès soutenus, les bénéfices que nous annonçons.
- Métier pour la fabrication des Couvertures.
- Le métier qui sert à la fabrication des couvertures dans l’atteîicr du C. Molard , ne diffère des autres métiers, dont on fait* usage pour fabriquer les toiles, que par la largeur de .cinq quarts, & par par une pièce de bois qui a la forme d’une flèche, de qui tient alternativement les marches abaissées, pendant que l'ouviier passa la grosse trame, & qu'il lui fait former des plis, comme le comportent les compartniic ns dessinés sur la chaîne. D’ailleurs la construction de ce métier est telle , qu’on y fabrique des draps 6c des tuiles de cinq quarts , 6c par un seul ouvrier , au moyen de la navette volante, ce qui diminue les frais de moitié, outre le tiers de plus qu'on obtient sur la fabrication.
- Métier à faire des piqués.
- Les piqués en coton , comme en soie , sont des étoffes composées de deux toiles, dont l’une est doublure de l’autre, & qui sont assujetties l’une sur l’autre , par des fils qui forment un certuii système de dessin dans Les piqûres.
- On voit qu’on a du s'occuper dans un métier propre à fabriquer le piqué, iu. de faire mouvoir deux navettes j our les duite* des doux toiles 5 en second lieu, défaire lever ou 'abaisser certains Jais des chaînes, pour exécuter les piqûres. Or ces deux sortes d'o-perations se trouvent faites par des moyens perfectionnés très-inté-r.eçsans : l’ouvrier a la plus grande facilite de changer de navette > dont une contient la trame de la toile qui fait doublure, 6c l’autre la trame la plus fine pour la toile du dessus. Pour concevoir comment s’opère le changement des navettes, il faut imaginer qu’elles sont placées dans une boëte à deux étages , 6c fixées à l'extrémité de la chasse , de manière qu’elle peut monter ou descendre toutes les fois qu’on foule l'une ou l'autre des m; relies qui ouvrent la chaîne des toiles, 6c enfin que la même main mécanique lance la navett© qui se présente, soit pour l’allée, soit pour le retour.
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- Le second moyen, qui a pour objet le mouvement dos fils qu’on lève ou qu’on abaisse pour opérer les piqûres , a été tellement exécuté , qu'il réduit les marches au nombre de cinq , tandis que les métiers ordinaires, qui servent à la fabrication de ces étoffés, cil contiennent au moins onze, de quelquefois dix-huit.
- Le mécanisme , qui sert à la réduction des marches , consistè^en quatre crochets qui correspondent aux quatre lances du piqué. Cha-cun de ces crochets se présente dans l’ordre qui convient a une contre-marche particulière, que la première marche du métier fait agir pour unir au point du piqué les deux toiles qui forment le fond de l’étoffe. Nous devons faire observer que ces deux moyens peuvent avoir beaucoup d’application dans la fabrication de plusieurs autres étoffes , & particulièrement de celles où l’on fait entrer les trames de plusieurs couleurs.
- Nous finirons par dire aussi que czs deux moyens contribuent , r.on seulement à soulager les ouvriers qui n’ont que cinq marches à faire mouvoir , mais encore à augmenter consi ierablement leur ouvrage : car il est certain qu’avec ce métier, John iviacloude a fabriqué au moins un pied de piqué par heure; ainsi l’on peut compter que son travail montoit à trois aunes en douze heures, pendant que sur nos métiers, les ouvriers se fatiguent beaucoup la tête & les jambes pour ne fab iquer que cinq quarts d’aune , en pareil teins*
- JSïîtier pour fabriquer les petites étoffes de coton à rayures variées.
- Ce métier est composé de vingt lames qu’on fait mouvoir avîc deux marches & deux contre-marches, pour le façonné de l’étoffe, & à la tire à bouton pour le fond. Nous nous bornons à ces simples détails, parce que le reste de l’armure du métier & de ce qui concerne soft travail, ne peut être bien conçu que par des figures. N'ous donnerons line idée des ressources que l’industrie nationale peut trouver dans l’usage de ce métier , en mettant sous les yeux du Bureau les principaux échantillons qu’on a fab iqués , en changeant les armures.
- D’après ces détails, nous proposons d’accorder à John Macloud , fabricant de Manchester, le medium delà première classe, sans de-dnctJon des i/p5 liv. qui ont été accordées pour les frais de construction des métiers, & les dépensés des expériences faites sous nos yeux , & dans les atteliers du C. Molard. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris , au Bureau de Consultation, ce 2 Janvier 1790, l’an %e. de la République!
- DESMAREST, LEROY.
- Nota. Les métiers qui ont servi aux expériences énoncées dans le présent rapport, sont conserves dans les atteliers du C. Molard , rue Charonne ,N°. 21, i au bourg Saine-Antoine , qui se fera un vrai plojb tir d’en, donner connoissauce à ceux qui le délireront.
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- ATP- SS
- CASQUES
- A L’EPREUVE DU COUP DE SABRE.
- POINT CENTRAL DES ARTS ET METIERS,
- Séant au Palais National.
- EXT R A 1 T dn procès-verbal de la Société libre du J oint Central
- des Arts & Ateliers , du Dimanche, 18 Août tjÿÿ > éan XA. de La
- République Française , une & indivisible.
- L A Société libre du Point Central des Arts & Métiers , nous ayant chargés d’examiner des casques en feutre, du Citoyen Gérin, nous allons lui rendre compte du résultat de nos observations.
- Le Cit: y n Gérin désirant procurer aux braves défenseurs de la patrie une coêiïure plus durable & plus commode, a imaginé de construire des casques en laines feutrées, qui réunissant le s a vintages de ceux connus jusqu’à présent, n’en eussent pas les incouvérin ns.
- Les casques du C. Gérin, que nous mettons sous les yeux de l’assemblée, sont compo es d’un feutre d’une boule pièce. Leur forme est à peu-près cube des casques ordinaires.
- Nous n’entrerons dans aucuns détails sur la fabrication de l’étoffe, l’auteur nous ayant déclaré ne suivre (pie les procédés ordinaires, et (pii sont assez connus pour nous uiqitnser d’en parler ici. Nous obs. rverons seulement à l’assemblée qu il n’t inploye que ces laines d une qualité supérieure , & sans aucun mélange.
- Mais nous croyons devoir donner un lége r a ) perçu de la composition d..s casqrns, actuellement en usagt dans les armées, afin de faire sentir plus particulièrement les avantages qui doivent nécessairement résulter dans l'tmploi Ue Ceux proposés par le1 C. Gérin.
- 3e. Tri/n, T qui. /» Z a
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- *.i4
- Les casqnés que tiotls donnoissoits jusqti’à présent, sont composés du menil ou de matières animales , ou partie de l’un 5c partie de l’-utr. . Ceux, de métal ont le désavantage d'être très-lourds , 5c pur conséquent de charger, excessivement la tête du soldat. L’inflexi-boite du métal, qui ne leur permet pas d’en prendre la forme, les rend -presque insupportables, quoique garnis intérieurement ; d’aiileurs h est impossible au soldat de supporter la chaleur qu’ils occasionnent , sur-tout lorsque le soleil dardant ses rayons sur les parties métalliques , leur communique une chaleur considérable en raison de leur densité. Déplus l’imperméabilité de la matière qui ne permet pas à la transpiration insensible de s’échapper par ses pores, peut procurer des maux de tête et autres maladies , dont il est quelquefois dilficüe de guérir, parce qu’on n’en connoit pas la cause.
- L’autre espèce de casques , dont on fait usage > ns les armées, est composée d’une calotte en feutre de poil de veaux 5c de laines communes; cette calotte est enduite de colle forte, pour lui donner de la consistance, recouverte d’un vernis. Cest sur cette calotte que l’on adapte toutes les parties qui constituent le casque; aussi ji est-il pas rare de les voir se détacher au bout de très-peu de teins et déparer ainsi la tête du soldat. Au surplus, ces casques ont une partie des désavantages de ceux de meta . Sans être aussi pesans, la calotte en est autant inflexible, elle est également imperméable, et iis exilent de plus une odeur désagréable.
- Les casques du G. Gérin nous ont paru remplir parfaitement le but qu’il s’étoit proposé ; ils coëffent avec grâce 5c légèreté , ils ^garantissent la tête 5c le cou du soldat des injures du froid et de ]« pluie ; ils ont l’avantage délaisser passer librement à travers les pores de l’étoffé , la transpiration insensible de la tête, et ne retiennent point, ou presque point, la chaleur. La souplesse de l’étoffé fait qu’ils prennent la forme de la tête sans la blesser; enfin ils garantissent également du coup de sabre , au moyen d’un coussin de crin, introduit dans la forme, & reposant sgir la tête du soldat. Nous observerons même à cet égard que ce moyen est plus efficace1 , que celui d’appliquer sur l’extérieur de la forme , des lames métalliques , lesquelles se trouvent souvent coupées par la violence du coup, 5c n’empêchent pas la laine du sabre de pénétrer jusques dans la tête. Au surplus le coussin de crin n’exclut pas les bandes de métal qui peuvent s’appliquer également sur lesdits casques,
- Q mit à leur durée, nous ne doutons pas qu’elle ne soit plus longue que celle des casques en usage, ceux de métal exceptés. Tout concourt à nous le faire croire, la nature de l’étoile, 5c, comme nous l’avons observé plus haut, la continuité de cette même étoffé , pour former es parties qui caractérisent le casque , telles que la yki^re, la mentonnière, 5cc. , parties qui, dans les casques ordinaires ,
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- sont qu'attachées h la. calotte , et finissent bientôt par s’en séparer," Cette coëffure nous a paru convenir parfaitement aux guerriers 5 avec la légèreté du chapeau , elle n’en a point les inconvénier.s, ne gênant en aucune manière les évolutions militaires.
- Toutes ces considérations , Citoyens, ont porté vos commissaires à croire que les casques du C. Gérin, montent l’approbation de la Société.
- LAUGIER, VÀRËNNES, RUBY , Commissaires.
- Pour copie conforme , RUB Y , Secrétaire-Greffier.
- MACHINE A CARDER.
- I
- Rau jort concernant le Citoyen Tournier.
- N OUS avons été chargés, le C. Leroi 8c moi, par le Bureau de Consultation , de lui rendre compte des titres que le C. Fournier peut avoir aux récompenses nationales* Nous allons remplir à ce sujet ses intentions.
- Eu 1788, le C. Fournier fît exécuter une machine à carderie coton, qui fut approuvée par l’Académie des Sciences. Depuis**ce teins il s’est occupé de la perfection de cette même machine , qui a reçu, d’après un rapport fait le ^ Septembre dernier, une ^approbation, 8c plus étendue & plus coinplette de cette compagnie j en conséquence nous 11e croyons pas pouvoir en mieux faire qonnoître le mérite 8c les avantages au Bureau , q’taen lui pr ooû 1 î lÿîlC v~>U î ci •
- il résulte des détails précédons que la machine à carder, du C. Fournier, est incontestablement celle des machines à carder, d’un petit volume, dont la constrution a été la mieux raisonnée, que par conséquent elle réunit les plus grands avantages , 8c que l'industrie nationale doit en retirer le plus de profit.
- C’est d’après ces considérations, que, pour nous assurer encore plus de l’exactitude 8c de la bonté de soncardage, nous avons cru devoir suivre Remploi des loquettes dans la filature, 8c celui du fil dans la fabrication des toiles. Nous avons reconnu d’abord que les loquettes» faites avec des cotons de qualité inférieure, cardées à la machine du C. Fournier, donnoient des fils en gros, bien unis, & sans aucune inégalité ni bourgeons, ni poils éparpillés à la surface ; qu’ensuite les mêmes fils, filés en fin ont conservé les mêmes qualités, ayant acquis par xni dégrossissement facile, autant de force que de souplesse. Xi n e4
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- donc pas étonnant qtte Jettes en trames entre les chaînes des toiles, ou sur les becs des aiguilles, pour la fabrication des tricots , ils aient donné aux tissus & aux mailles un beau grain fort net. En annonçant au Bureau ces résultats, nous croyons compîetter le compterendu sur les premiers apprêts du cardage, en suivant les succès des opérations des seconds apprêts.
- Le Bureau de Consultation a déjà récompensé une machine h carder, faite à peu-près dans les mêmes vues 3 mais comme celle-ci est beaucoup plus avantageuse, & qu’elle est antérieure à cclle-ià , nous croyons devoir proposer au bureau d’accorder au C. Fournier le maximum de Ja première classe , qu’a eue aussi l’auteur de ctlle qui a été examinée il y a quelques mois. Ceile-ci carde un tiers de plus, coûte beaucoup moins, <Sc ne carde le coton, qu’autant qu'il faut pour qu’il soit bien ouvertj aussi est-elle réduite au moindre nombre de cylindres possible ; le coton n’est r i eiervé, ni déchiré , comme on le remarque, dorsque les cylindres sont trop multipliés. ( Conclusions adopîces. )
- A Paris, ce so Janvier 1798, Pan 2e. de la République.
- DES MAE EST, LE ROI.
- Le C. Fournier demeure aux Quinze-vingt, rue de Charenton.
- , 'Almanach parisien , en faveur des Etrangers & des Voyageurs , indiquant, par ordre alphabétique, 1!J. tous les Monumens des Beaux- Arts répandus dans la ville de Par$*; iv• les Spectacles, les i romenades, (s généralement tous les endroits dignes de curiosité; 30. les Châteaux , l ares & Maisons de plaisance ..qui environnent Paris , à 15 & ; 8 lieues ; 4 . tout ce qui peut être mile & nécessaire à savoir pour un Voyageur qui séjourne à ji uns ; 5's un recueil cî*Anecdotes intéressantes & plaisantes , de 1 raits piquans , d‘Epitaphes, &c. &c. , le tout relatif aux différais Établissemehs, Monunieus & Edifices de Paris. Nouvelle édition, ornée de gravures, pour L'année 11£3 , 2 part 2 l. I o s. & rel. en un vol. 3 l.
- Il paroît deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque numéro féparément ejl de 2 sols 6 deniers, et celui de la souscrijnion pour Vannée ejl de 1 % liv. pour Paris, et de 15 lïv pour les dé par terne ns , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, eu JOURNAL DES INVENTION , DÉCOUVERTES ET PERFECTION-NEMENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTÆRS ,
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- 2®. Che\ le Citoyen LEFE'/RE, architecte-entrepreneur, rue S.-Sauveur, Na. tg.. Les Lettres, Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adreÿés francs de porc à l'Imprimerie.
- On peut fqufrïre pour un ar.êufix moist mais toujours à dater du commencement
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- Nos. 56 et S'y*
- -<^r~Aas3aaac
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- Rapport concernant le titoyen Hessen,
- N eus commissaires soussignés, avons été chargés par le Bureauf de Consultation d’examiner les titres que peut avoir aux récompenses nationales y M. Hessen, horloger; nous allons lui en rendre compte, & quant aux formalités prescrites par la loi, pour pouvoir concourir à ces récompenses , nous pouvons assurer le Bureau que cet artiste les a entièrement remplies»
- M. Hessen fonde ses titres , pour prétendre aux récompenses nationales , particulièrement sur les divers changemens qu’il a faits dans les montres à roues de rencontre, simples ou à répétition, pour en rendre la construction moins imparfaite, lorsqu’elles sont' plus plates qu’à l'ordinaire. Ces changemens sont exposés dans un écrit imprimé , qui est joint aux pièces de cet artiste , & qui est intitulé , Mémoire sur l’horlogerie, contenant une nouvelle construction de montres simples & à répétition , à roues de rencontre. Dan» cet écrit , l’auteur, après avoir donné quelques détails sur l’histoire de l’horlogerie, & sur les obstacles qui s'opposent encore à sa perfection , passe à l’examen de la construction des montres. Il observe que les montres simples, bien disposées, relativement aux dimensions qu’on leur do mort autrefois, perdent une partie de leur® avantages, lorsqu’on les fait beaucoup plus plates, en leur conservant la même grandeur p en effet rien de plus contraire que cette forme à la justesse des montres. Mais la mode a tant d'empire, elle régné si universellement sur toutes les choses, que les sciences & les arts qui en parois sent le moins susceptibles, n’en sont pas exempts $ on l’a vue en effet décider , contre toutes les loix de la mécanique D & de la forme & de la grosseur des montres. Ur, à cette époque c'est-à-dire, en- 1784» elle vouloi't des. montres piates , & l’horloger ‘ habile, qui en sentoit tons les inconvénient, étoifc forcé d’en faire,> parce qu’enfm il faut (pue l’artiste vive de son talent. M. Hessen. tâcha d’en faite au moins qui 11e fussent pas aussi mauvaises, car c est le mot propre, que celles que l’on' faisoit alors.' Yoiei les change mens qu’il fit en conséquence dans la construction ordinaire des marches.-
- Il tint là roue du centre , appellée vulgairement grande roue rtioÿenne, un peu plus petite qu’à l’ordinaire > il noya la troisième fti’on nomme petite roue moyenne y dans la platine des piiiiers. Il1-
- 3v Ti'inis jÇome /. Septembre 17$%*
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- fit, dam îa platine de dessus ou du balancier de dessus , une ou ver* Itire, à travers laquelle il lit passer le barillet, de manière que par' là il lui donna non seulement toute la hauteur des barillets des montres plates, mais encore en sus, l’épaisseur de la platine de dessus; il pratiqua une creusuro dans cette même platine pour loger le crochet de la l'usée. Il donna enfin h la potence une plus grande hauteur, en la faisant même passer à travers la platine des pilliers , parce que La diminution du diamètre de la roue du centre lui en donne la facilité.
- Il résulte de ces différer)s changement , i°. que le barillet ayant plus de hauteur, le ressort en a aussi davantage, & que sa f'orc» motrice en est augmentée en proportion ; aQ. que la fusée étant aussi plue haute , la chaîne en a plus d’épaisseur & plus de force. 3°. Que la potence descendant jusques dans la platine des pillurs,* donne tout à la fois, & le moyen d’avoir une roue de rencontre, beaucoup plus grande que dans les montres plates ordinaires, & celui de donner au tigeron de la palette d’en bas du balancier, une assez grande hauteur pour que l’huile ne puisse pas monter à cette' palette. 40. Enfin que par îa position do la potence dans cette construction , la roue de rencontre se trouve entièrement à l'abri-des accidens qui arrivent dans la construction ordinaire, quand la chaîne casse; car dans cette construction, cette chaîne va souvent-briser les dents de la roue de rencontre. Un autre avantage de cette position de la potence, c’est que M. Hessen a pu y employer ingénieusement un moyen qu’il a imaginé pour affoiblir ou renforcer l’engrenage de la roue de rencontre, avec les palettes du balancier. Pour peu qu’on ait connoissance de la pratique de l’horlogerie , ont sait que dans l’exécution de l’échappement à roues de rencontre , il y n deux choses qu’on doit déterminer avec précision. La première, Légalité des chiites des dents de'cette roue sur les palettes du balan--fier, ou, en d’autres termes, Légalité de l’espace que parcourt chacune de ces dents, en échappant de dessus' une palette, pour niu son poposite aille tomber sur la palette opposée; ta seconde, la quantité de l’engrenage de la roue de rencontre avec les palettes, pour qu’elle ne soit ni trop grande ni trop petite,- Dans le premier cas la roue de rencontre est sujette à accrocher, dans le second, 1© balancier n’a pas assez de branle, c’est-à-dire, ne parcourt pas des arcs assez considérables pour pouvoir régler avec avantage les mou-vemens de la montre Julien Leroy, par la vis de rappel qu’il sut appliquer à la picce qui porte le pivot intérieur de la roue de rencontre, & qu’on appelle le lardon, procura le moyen de régler, même lorsque îa montre est remontée, Légalité des chûtes des dents de îa roue de rencontre; & M. Hessen, par Un® autre via de rappel que la construction de sa potence lui permet d’employer, peut de même, k. montre étant remontée, régler aussi jusqu’à un certain point, la quantité de l’engrenage de la roue de reneomre ayec le#
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- fràletteS, Cela s’eïécute par im effet de ressort qu'il donne au lar~ don, 6c qui le fait tendre constamment à s'appiatir, de sorte que le bout de la vis de rappel s’y opposant continuellement', il résulte de là qu’en tournant cette vis d’un sens ou de l’autre , le lardon tantôt se bombe ou s’applatit ; de manière que par là on diminue ou ôn augmente à volonté l'engrenage de la roue de rencontre avec les palettes du balancier.
- Nous venons de décrire les différens changeniens qui se trouvent dans la nouvelle construction de montres plates de M. Hessen , 6c nous avons fait connoître en même-te ms les divers avantages qui en résultent, comme d’avoir une force motrice plus considérable que dans la construction ordinaire, par la hauteur du barillet, d'avoir, par celle de la potence , une roue de rencontre beaucoup plus grande , 6c le moyen de donner au tigeron d’en bas de la verge du balancier, toute la longueur nécessaire pour que l’huilé du pivot ne puisse pas monter à la palette, avantages vraiment importans $ enfin nous avons dit que, par la position de cette potence, l’auteur avoit pu employer un moyen ingénieux pour pouvoir, la montre étant montés, augmenter ou diminuer à volonté la quantité de l'engrenage de la roue de rencontre avec les palettes du balancier. Or par ces divers change mens , les montres plates fie M. Hessen ayant sur-tcut une plus grande force motrice & une plus .grande roue de rencontre que les autres, on voit évidemment, partout ce que nous avons dit, 6c sans que nous soyons obligés d’entrer dans de plus grands développement à-ce sujet, que leur marche ne doit pas être sujette aux mêmes irrégularités que celles des montres plates ordinaires, & par conséquent qu’elles leur -sont de beaucoup préférables.
- Après avoir mis sous les yeux du Bureau fie Consultation les avantages des montres places dè M, Hesseïi sur les autres de ce genre , nous devons , pour le mettre plus à portée de juger de ses titres aux récompenses nationales , lui faire connoître ce que l’on a déjà fait dans ce genre en horlogerie, 6c qui peut y avoir quelque rapport.
- Nous remarquons d’abord, que dans les montres où l’on voit tout l’intérieur du mouvement à découvert, la platine de dessus étant pour cet effet entièrement découpée, le barillet a, comme dans les montres plates de M. Iiessen , toute la hauteur qu'il gagne par la suppression de cette partie de cette platine. Nous observerons de même qu’il y a long-teins que l’on a creusé cette même platine pour y loger le crochet de la fusée, 6c qu’on a de même noyé la petite roue moyenne dans la platine des pilliers $ enfin qu’on a fait passer la potence jusqties dans cette derniere platine, car cela se pratiquoitî dans les anciennes montres 5 mais pour être justes, nous devons dire aussi qu’.on n’ayoit pas , avant M. Hessen , pensé à réunir ensem« Jble ces différens moyens pour tâcher de diminuer autant qu il étoit
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- possible tous les ineonvéniens des montres plates; oc a ce sujet, o& ne peut que lui savoir gré de seà eliorts. Dans tout ce que nous Tenons de dire, nous n•'ayons point parié des. montres, jdajps.à répétition de M Hessen , parce qu’elles sont , quant à la paille du mouvement, entièrement semblables à scs montres plates simples. Mais comme Je petit rouage, ou celui de la répétition de ces montres, a 'quelque chose de particulier, ainsi que la quadrature, nous allons en parler. Dans ce petit rouage, il n'y a que quatre roues & deux pignons de délai, le rochet des heures étant dans la quadra^ Ænre. Ces dispositions étoient nécessaires pour avoir plus de place pour les parties du mouvement ; mais ce qui mérite une attention particulière,, c’est la pièce des quarts de cette répétition, parce qu'elle différé beaucoup de celles des répétitions ordinaires.
- Cette piece formée d’un rateau , composé de quatre dents, mais qui , au lieu d’être en dehors à la circonférence , sont ménagées en dedans ou dans l’intérieur de la piece , est terminée par un totus , qui par son mouvement circulaire, replie ou renverse la levée du marteau, lorsque les quarts sont sonnés, ou lorsqu’elle n’en doit pas faire sonner. Cette piece porte encore un bras brisé qui a le même centre , de. qui va tomber sur le limaçon des quarts pour régler le nombre que la montre en doit sonner. Enfin il y a sur le rochet des heures une cheville, qui sert à ramener cette piece des quarts, tantôt par l’une de ses dents, tantôt par. l’autre, afin, de renverser la levée plutôt ou plus tard, selon (pie l’exige le nombre de quarts que la répétition doit sonner. On doit ajouter que, comme on i'a pratiqué déjà depuis Ion g-teins, cette répétition n’a qidun seul snarteau ; cette construction de la piece des quarts nous a paru simple & propre à en assurer les effets.
- Pour terminer tout ce que nous venons de dire sur la construction des montres plates simples Ôc à,répétition , de M. Hessen , nous •jouterons que cet artiste ayant présenté cës montres à l'Academie des Sciences en. 1784, & les commissaires qu'allé nomma , en ayant fait leur rapport, ils conclurent en disant, : « que l’Académie devait » savoir gré à M. Hessen du travail qu’il a fait pour remédier aux » principaux défauts des montres plates, & pour simplifier l.es répé-## titions, que les pièces qu’il a présentées à l’appui de son mé-t» moire, étoient exécutées avec exactitude, & qu’on, ne pouvait » trop l’engager à continuer ses recherches sur l’horlogerie, à la w perfection de laquelle il a paru en état de travailler arec succès. ^ ,
- Nous concluons de tout ce que nous venons d’exposer, tant sur les difiérens moyens que M. Hessen a employés dans la construction de ses montres plates, simples ou à répétition, pour leur don-$ber une justesse que la construction- ordinaire des montres plates comporte pas, que sur ceux par lesquels il a tâché de sim?
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- ;pHËar la qtfaârature clos mantres à répétition , que cet artiste est dans le cas de mériter le minimum de la seconde classe des récompenses nationales, se montant à deux mille livres.
- Nous avons l'honneur de proposer en conséquence an Bureau de Consultation, d’accorder à M. Kessen le minimum de la seconde classe des récompenses nationales, se montant a deux mille livres, pour les diffère ns moyens qu’il a su employer & réunir dans ses montres plates, soit simples , soit à répétition, pour leur donner une justesse que la construction ordinaire de ces montres ne comportent pas , ainsi que pour les efforts qu’il fl faits pour simplifier la quadrature des montres à répétition. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le Ch ...Janvier, 1790, Fan deuxième de la République Française.
- TROU VILLE 9 LE ROY.
- ;3Le C. Hessen demeure rue Froid-Manteau, N®. 16.
- N
- Rapport concernant le Citoyen Venin.
- OU S devons rendre compte au Bureau de Consultation, le C. Servières St moi, des titres que le C. Perrin peut avoir aux récompenses nationales, & nous allons remplir à ce sujet les intentions du Bureau.
- Dès l’année 1782,1e C. Perrin s’occupa des recherches qui étoient ^nécessaires pour établir à Paris la fabrication de toiles de fiis de laiton, qu’on, tirait de l'étranger,, pour différons usages. Par son. industrieuse activité, St avec des frais considérables, il parvint à monter un métier , où il fabriqua lui-même des échantillons de toile fort fine, qu’il présenta, le 16 Juillet 1783 , à l’Académie des Sciences, qui chargea des commissaires de suivre les travaux du C. Perrin : ces premiers tissus étoient fort irréguliers, <5c de beaucoup inférieurs aux toiles de laiton qu’on tiroir pour lors d.’Angleterre . pour la fabrication des formes propres au papier Vélin. ou sans ver jure , depuis sur-tout qu’on eut trouve les moyens d’imiter les formes Anglaises.
- Malgré cette concurrence si désavantageuse au C. Perrin , il ne se rebuta pas, & en 1785, ayant eu quelque secours, ii consacra toutes ses ressources à perfectionner ses moyens. Ce fut alors qu’il se présenta a F Académie avec une piece de toile de laiton, de 36 pieds de longueur, sur 28 pouces delargenr, de 70 Bis en chaîne
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- par pouce. Cette toile étoit bien frappée, fort régulière i 6: soutenant fort bien le travail de la papeterie. Nous citons cet emploi, parce que l’un de nous en fut témoin , ainsi que des ressources que le débit des divers coupons que fabriqua pour lors le C. Perrin , lui procura, mais qui étoient toujours au dessous de ses avances ôc de ses besoins.
- Ce fut cependant dans cette circonstance qu’il s’occupa de perfectionner ses outils, 6c qu’il parvint à se procurer un ourdissoir qui put aussi servir aux grosses toiles. C’est au moyen de cet ourdissoir qu’il fut en état d’assortir les numéros des fils de laiton, au degré de force 6c de finesse que dévoient avoir les tissus. Depuis cette époque, nous de vons dire que l’art de la fabrication des toiles métalliques, acquit entre les mains de l’artiste une perfection très-importante.
- C’est avec le secours de cet outil qu’il exécuta en 1786, un tarare où il étoit si essentiel de graduer la finesse 6c les intervalle» des fils de laiton ; aussi la société d’Angleterre accueillit-elle ce travail en lui accordant son approbation. Nous croyons devoir lire la conclusion du rapport que M. Tidet 6c moi finies à cette compagnie.
- Par ce que nous venons de dire , on voit que le C. Perrin ne s’est point borné à un seul genre de travail , comme beaucoup d’autres artistes , dans la fabrication des toiles métalliques. Il en a fait qui s'appliquent , non seulement, comme nous l’avons dit, aux formes du papier vélin, mais encore aux cribles, aux tamis Solides de toutes sortes, aux gardes-feux, aux bibliothèques , aux lanternes , aux cages , aux voberes , aux différentes croisées, soit de laiterie , soit de fruiterie.
- On peut juger des ressources de Part qu’a créé 6c perfectionné en France, à grands frais, le C. Perrin , par la suite d’échantillons que nous offrons au Bureau,
- L’un de nous doit dire que c’est à l’industrieuse activité de ce Citoyen qu’on doit des papiers de sûreté , qui exigeoient la combinaison de ces tissus, & qu’il n’a rien épargné pour satisfaire pleine» ment aux vues 6c aux besoins de ceux qui ont en recours à lui.
- Nous terminerons ce rapport en faisant observer qu’après des succès bien constans, 6c avec la faveur du public qu'il sert bien , le C. Perrin 11’est pas à son aise , 6c se trouve actuellement arrêté par des obstacles qu’il ne peut vaincre qu’avec des frais considérables, C’est le besoin qu’il a de former dans son attelier le tirage des fils de la derniere finesse , ce qu’il espere pouvoir établir avec le secours de son épouse , occupée depuis long-tems du tirage des fils d’or et d’argent , et avec les récompenses nationales qu’il a lieu d’attendre du Bureau} en conséquence nous proposons au Bureau de lui accorder medium de la première classe ; c’est-à-dire dooo 1,
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- À Paris , ce 2.3 Janvier 1793 , l’an 2e. cle la République Française»
- DESMAREST, SUR VIBRES.
- Avis motivé.
- Le Bureau cle Consultation des Arts & Métiers , après avoir entendu le rapport de ses commisaires sur les travaux du C. Perrin, fabricant de toiles métalliques, considérant qu’il est le seul qui, à force de recherches et de dépenses, soit parvenu à établir en "ranci cette espece de fabrication, <5c pour ainsi dire, à créer en France cet art cpii fournit aux besoins de plusieurs autres , considérant que l’industrie élu C. Perrin a été fort utile pour les papiers de sûreté ;
- Considérant que ce citoyen se propose de former dans son atte-lier, le tirage des fils de la derniere finesse , et voulant lui en faciliter les moyens, afin, d’enlever aux étrangers cette branche de commerce y le Bureau de Consultation est d’avis , conformément à la loi du 12 Septembre 1791 , que le C. Perrin doit être placé dans la première classe des récompenses nationales , et qu’il mérite le maximumr c’est-à-dire six mille libres.
- A Paris , le 3o Janvier 1793,. Pan deuxième de la République Française.
- SERVIERES , F résident. TROU V ILLE , Secrétaire,
- Le C. Perrin .demeure iae Mouffetard , N°. 137.
- CANON PORT
- Rapport concernant le C. Au vrai.
- JLj E Bureau de Consultation nous a chargés de î’eXamen cl’urï Canon portatif, du calibre de 4, qui fût .présenté le u5 Septembre dernier , par le C. Auvrai, à la Convention nationale , 6c qu’il a présenté ensuite au Bureau, après avoir rempli toutes les formalités prescrites par la loi. Nous allons lui rendre compte de la construction de cette pièce , 6c de l’épreuve qui en a été faite.
- Il nous suffira de dire , pour expliquer sa construction , qu’elle c'on sis toit en un tuyau de cuivre, d’une ligne d’épaisseur seulement, recouvert extérieurement, par des cordes fortement serrées 6c enduites de goudron ou de matières résineuses : son diamètre extérieur , ainsi grossi par plusieurs tours de cordes, étoit un peu plus grand que celui des canons ordinaires de même calibre. Le poids de la pièce étoit de 80 livres , celui de l’affût de livres, & le poids total de i55' livres.
- D’après ce seul exposé, îe Bureau doit juger que la pièce présentée par le C. Auvrai n’étoit pas d’un usage bien sûr, 6c c’est aussi ce qui a été prouvé par Inexpérience.
- ^ L’épreuye de ee canon a été faite auprès du Mont-Parnasse f
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- deux premiers coups ayant d'abord été tirés , à poudre seulement,^ la charge n’étant que d'une demie livre , la picce a résisté $ elle a encore résisté au troisième coup, tiré avec une livre de poudre & une bourre , mais sa grande légèreté l’a fait reculer de i5 pieds 5 enfin ayant été tiré à boulet & avec la charge d’une livre de poudre , qui n’est que les deux tiers de la charge ordinaire de combat , le canon a crevé , la culasse s’est détachée de la volée, & l’affût a été brisé.
- Nous ferons remarquer au Bureau que' la pièce du C. Auvray n’est pas la première de ce genre qui ait été faite ; il en a été présenté de pareilles à l’Académie des Sciences , qui,/quoique plus solides , n'ont pas eu un meilleur succès ; ces cordes étant par leur nature susceptibles-d’une grande extension, quand-même elles sent serrées avec une grande force, n’ont jamais cette roideur dè résistance qu’opposent les métaux, & ne peuvent par conséquent les remplacer dans l’usage auquel le C. Auvray les a employées. Nous remarquerons encore que s’il est avantageux de diminuer le poids des pièces de campagne,, afin d’en faciliter le transport, • cette diminution a des-bornes, &'même assez étroites , parce que les pièces légères ayant beaucoup de recul, tourmentent 6c détruisent leurs affûts ,, ôç que leur manoeuvre est embarassante. •
- D’après ces réflexions , & d’après le résultat de l’épreuve que nous Tenons de rapporter, nous ne proposerons point au Bureau de donner une récompense an G. Auvray ; mais comme nous savons que le C. Auvray a employé beaucoup de teins, • de soins 6t de travail pour l’exécution de son canon , & qu’il a fait des dépenses considérables , qui excédent ses facultés, nous croyons qu’il est dans le cas des artistes auxquels la loi: dit 12 Septembre accorde des secours , 6c nous proposons ail Bureau l’arrêté suivant', ( qui a été adopté : )
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de ses commisaifes-sur la construction d'un canon ' portatif, • du calibre de 4 , présenté par le G/Auvray ,. &• sur l’épreuve à laquelle ce canon -beaucoup trop foible n’a pu résister, considérant que le G. Auvray a employé beaucoup de teins & de travail pour exécuter sa pièce (3ç qu’il a fait'une dépense considérable qui excédé ses facultés, considérant' encore qu’auiant il seroit- impolitiqiîe de payer- aux- artistes -là. totalité des dépenses’' qu’ils pourroient faire en tentatives infructueuses , autant il est juste 6c humain de leur accorder une légers1 indemnité pour ces dépenses r lors même que le succès ne répond pas à. leur zele 6e k> leurs travaux, le Bureau de Consultation est d’avis d'acorder an G, Auvray , à titre d’indemnité- 6c de secours , une somme de Soc livres r c’ètd-dire , la gratification' dé la. première classe.
- A Paris au: Bureau’de Consultation des Arts & Métiers , le 16J Kévrier; 1^3, Pan'de la République Française.'
- TROUV-ILLE,.. BORDA,, COULOMB.-
- On s'abonne.' ch'e^ Chtêmiv, • Imprimeur ; rué de Glatigny ', NQ. y., en la Çitê3,&y df^LfirsvaB AFchitefie-Entrtpjmeur t/rue Si-Sauveur 3 N°,
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- Nos. 58
- et 59.'
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- INSTRUMENS
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- Rapport concernant le Citoyen Renoir, Ingénieur.
- V Ous nous avez chargés d’examiner une machine à diviser ïe cerele , inventée de présentée au Bureau de Consultation par M„ Lenoir, Ingénieur en instruirions de mathématiques- Ce diviseur est composé de deux pièces : la première est un cercle de 6 pieds 4 pouces de diamètre , fortifié par des rayons qui se réunissent à une grande plaque située au milieu; la seconde consiste en une réglé double, portant un traçoir qui peut parcourir toute sa longueur; uns des extrémités de cette réglé est percée d’un trou destiné à recevoir un axe ou pivot fixé au centre du cercle dont nous venons de parler, tandis que l’autre bout pose de glisse sur son limbe, autour duquel il tourne à volonté. M. Lenoir s’est servi pour déterminer les arcs principaux de son cercle , d’un moyen mécanique très-ingénieux, qui ne peut manquer de leur avoir donné une justesse extrême ; les autres divisions sont au compas.
- D Ans la description de cet instrument , nous passons sous silence une piece très-sim pie. qui fait son principal avantage. M. Lencir nous a cxpo.,é franchement ses procédés , mais il désireroit les tenir secrets, à moins que le Bureau n’exige qu’il les publie : c’est pourquoi , Messieurs , nous nous bornerons à vous les faire connoiLre par leurs effets , a moins que vous n’en ordonniez autrement.
- Le coin de voile laissé sur l’exposition de cette machine , fait qu’elle n’offre rien de plus que celle des plates-formes ordinaires , & cependant, tisons nous, la piece omise est de la plus grande simplicité. Que ceux qui trouveroient que notre exposé doit prévenir contre les avantages nouveaux de cet instrument, songent.que le cercle de réflexion inventé par M. Borda , n’a, dans sou organisation rien qui différé essentiellement des autres ins t rumen s qui ont la mesure de l’angle pour objet, & que cependant, dans la pratique, cette facilité qu’ii offre de vérifier la même opération un très-grand nombre de fois sur des divisions différentes, lui fait atteindre une ptécision où nul autre ne peut parvenir. Eli bien , le diviseur de M.-Lenoir est , dans l’usage qufil en fait, aux autres instrumens de son genre, comme le cercte de réflexion de M. Borda est aux sextans
- £e. Trini. T cm. I„ B b b
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- ordinaires. Pour donner des garans de notre -assertion , nous avûn* à choisir parmi les ouvrages de cet artiste; mais sans aller plus loin, nous pouvons prendre pour exemple les divisions qu’il a faites du cercle dont nous venons de parler.
- Ce fut vers l’année 1773 ou 17que M. Borda détermina le principe de cet instrument précieux ; mais malgré son grand talent pour fournir d^s méthodes aux artistes & les conduire dans i’exé-^ cution des choses difficiles, ce dont ils conviennent tous, il ne put alors en trouver à Paris qui sussent mettre dans leurs divisions l’exactitude qu’il Youloit. Ce n’est pas qu’à la rigueur son cercle ne put se passer d’une si grande précision , parce qu’il a la propriété de corriger les erreurs par la multiplication des observations ; mais un instrument médiocrement divisé, en exigeant un plug grand nombre d’observations , seroit d’une pratique moins commode , & M. Borda vouloit éviter cet inconvénient. Rebuté par les tentatives in-fructeuses faites en France , il envoya» diviser les instrumens en Angleterre, d'on l’on a continué long-te ms de les tirer sans essayer de nouveau ded^s faire diviser à Paris, dans la persuasion où l'on étoit sans doute que les Français n’atteindroient jamais la perfection où Ptainaden étoit parvenu depuis l’invention de sa machine.
- Eri 17831 M. Borda s’adressa à M. Lenoir pour lui faire fabriquer ces mêmes cercles, en se réservant de les faire diviser comme il jugeroit à propos. Celui-ci piqué d’une noble émulation répondit avec une fierté louable que nul autre que lui ne diviseroit les instrumens qu’il auroit exécutés. Cette réponse devoit être soutenue par des faits remarquables , autrement elle 11’auroit été qu'une jactance ridicule. C’est alors que son honneur engagé mit viveinement en action toutes les ressources de son génie; le succès couronna ses efforts , il trouva un moyen très-simple qui l’éleva du premièr coup à la hauteur des Anglais. Il divisa de suite plusieurs cercles pour le moins aussi bien qu'eux; encouragé par îs succès, il présenta son sixième à l'Académie des Sciences. Cette compagnie chargea M. Méchain d’examiner cet instrument & de lui en faire son rapport; il ne paroit pas qu’il se soit jamais acquitté de la seconde partie de cette commission , quoiqu’il s’y fût disposé par l’examen prescrit, dont le résultat fut qu’en comparant beaucoup de divisions sur un arc de 6o degrés, 011 ne trou voit jamais entr’elles plus de là secondes de différence. Plusieurs membres de l’Académie qui n’ignorent pas ce fait, savent très-bien aussi que cette erreur se trouve quelquefois aller jusqu’à 80 secondes , sur un arc de trente degrés , dans ces memes instrumens divisés en Angleterre.
- D’après ces faits , il paroissoit juste d’affirùier que M. Lenoir avoit surpassé les Anglais ; mais il s'y est opposé lui-même par délicatesse, disant que si l’artiste Anglais avoit su que son ouvrage dût être coin-
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- _,T(S ;i t'anroit fait avec plus'dé soin ; mais observez , Messieurs , qn» L- u i. n’en IWreauo».. qui n’ait ie degré de perlée.ton de, «lin fontnoZ venons de parlerque l'équité veut qu’on <1qu on peut mieux compter dans le commerce sur ceux qui torven. de «
- dlfeû^ent beaucoup plus cher, Ajoute» encore que Présenta à l’Académie étoil son sixième , « que depn... H en m 5‘, & l’on sait combien la répétition du meme ouvrage recuire
- le coup-û’œil & perfectioue la mam-d œuvre.
- a o ni in né à toutes les opérations u awrommu* ~ geo . Leiioiv en a fait plusieurs de montés a lunettes, depuis »o J “«FM 16 pouces de diamètre ; ces derniers sur-tout, ou cto artiste „ est surpassé dans la division, poumne.it diihcile^nt trouver ^ m Mn is nnurrioiis àpporter un grand nombre de faits a 1 appui ne noue Lerüir, & UnI?sera pas tors de propos d'en citer quelques-uns.
- En 1787, il fut arrêté entre le gouvernement de France & celui d’Espagne do fixer les limites respectives des deux états , & pour cela de tirer une ligne droite dans les Pyrénées, en partant d un oint déterminé, Sc allant dans une direction convenue. Les dtujc puissances envoyèrent chacune de leur coté des Ingénieur, pour procéder a l’exécution de ce projet; les Espagnols s eraient pourvus d’insuumens Anglais & Français, dont us se servirent dans leur premiers campagne»
- On-int aux ingénieurs Français, soit que les quarts de cercle dont iks’étoient munis eussent souffert dans le transport ou nu en les examinant de plus près, les divisions leur en parussent fautives, ils ne voulurent pas en faire usage. S’ctant lait donner des ceiues exécuté? par M. Lenoir , la base qu’ils déterminèrent mtr Wmoyeu au bout ‘de 8 ou 10 lieues, s’ecartoit d un espace t.ts-co... utraliu. de celle déjà tracée par les Espagnols. Ceux-c., convaincus ce l txac tirade de l’opération des français, résolurent de se proimrer cercles de M. Ltenoir, & de. recommencer leur travail. AU s 4 opérations de part & d’autre se correspondirent avec une exactitude
- sür prenante.
- En 1-7=58 il fut question de déterminer par des opérations geo-* désiques U position Lpective des observatoirs de Pari, &.deLo„^ C> travail fut exécuté en même-tera» par des astronomes -Anglais de Français. Les premiers employèrent, pour .mesurer leurs ang.es, uu cercle de trois pieds de diamètre quoi, regarde comme le chef, d’œuvre de M. Bawsdea. Les Français ne se servirent pour Usleuis,
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- que d’un cercle de M. Lenoir qui ayoît seulement tnx piecl de dîn» métré j cependant il parait que les observations faites avec le petit instrument, eurent au moins autant -de précision que celles qui furent faites avec le grand. A la vérité on doit remarquer que est avantage étoit du en partie à l'espece d'observation «.l'ont le ceicie de M. Lenoir était susceptible , Sc que celui de M. Ramsden ne pouroit exécuter -, mais ,1a perfection du travail, y avait aussi une grande part.
- Enfin M. Lenoir vient d’exécuter, pour l'opération des poids & mesures, des cercles de 16 pouces de diamètre , qui serviront à la plus grande mesure géodés'ique qui ait jamais été faite , celle de l’arc terrestre compris, entre Dunkerque Sc la. partie Méridionale de l’isle Majorque. Ces instruinens clans lesquels l’artiste s’est surpassé lui-même , ont déjà été essayés par M. de Lambre , un des académiciens chargés de l’opération ; dans le premier triangle mesuré par cet astronome, la somme des trois angles s’est trouvée à un dixième de seconde près, égale à 180 degrés. Sans cloute, on pourvoit y présumer du hazard , mais, d’après les essais faits -précédé ni m eut , on peut espérer que clans les autres triangles , l’erreur des trois triangles n'excéder», guéres une seconde , Sc c’est un degré de perfection dont en n’avoit point ladée.
- On devoit s’attendre qu’un artiste aussi jaloux de la perfection de ses ouvrages, & si habile pour l’atteindre, porteroit l’extrême précision qui le distingue , le diviseur à la main , dans la confection de tous les instruinens dont la justesse fait le mérite principal : aussi yoyons-nous tous les observateurs qui se servent de ses micromètres à fil, de ses niveaux de toute espece, à bulle d’air, à deux lunettes, à fil à plomb , à penJules, ne point tarir en faisant son éloge. Mais nous ne nous arrêtons qu’à la supériorité de ses divisions du cercle , comme à l'objet qui distingue éminemment les artistes de sa profession, Sc le seul qu’il ait présenté. Autrement nous ne passerions pas sous silence la perfection de ia main-d’œuvre, ni les moyens ingénieux qn’il a inventés pour donner à ses divers ouvrages plus cle solidité, plus de simplicité Sc plus de commodité à s’en servir , qu’ils u'avoient eu jusqu’à lors, ce dont on se convaincra aisément , en. jettant uu coup-d oeil sur trois especes de support-s à genouil Sc à vis de rappel , de son invention , sur le mécanisme des quarts de cercle , des graphpinetres , des montures de lunettes méridiennes, de lunettes équatoriales , que cet artiste a. exécutées en grand nombre, Sc qui lui doivent tous clés corrections très-avantageuses.
- Le meilleur moyen de bien apprécier le mérite d’un artiste , est de voir comment ses ouvrages sont accueillis, s’ils sont répandus êc recherchés de toutes parts ; cette approbation du public vaut mieux celle de tous les savane.
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- On a fmirrauré avec raison des récompenses données à des inventions dont l’expérience n’a point constaté la valeur, de ce qui est encore plus criant, à celles qui, malgré les belles promesses de 1» théorie;, sont tombées dans l’oubli après une existence éphémère j envahi , dira-t-on, ces auteurs, quoique leurs efforts ayent été iaü-tiles , n’y avoient pas moins consommé leurs peines 5c leur
- .... Chaque homme a sa place marqué® par la nature, c’est
- lui désobéir que de vouloir changer ses décrets ; celui qui s’obstine dans ce projet insensé ne mérite que des réprimandés de ce qu’il se fait tort à lui-même en se livrant à une occupation où il n’est point appelle, 5c de ce qu’il prive la société des services qu’il au-roît pu lui rendre , s’il avoit embrassé la profession qui lui conve-noit. Le dédommager de ses peines, l’en plaindre même, c’est partager sa faute, c’est l’entretenir dans son erreur.
- Avant que l’Académie eût reconnu authentiquement les talens de M. Lenoir, ses ouvrages l’avoient déjà mis en vogue dans le public, 5c depuis ce tems , ses succès ont hautement confirmé le jugement de cette compagnie , comme en font foi les commissions importantes dont il a été chargé successivement an dedans 5c au dehors.
- Ces dernières sont d’autant plus frappantes, que les Anglais jouissent dans toute l’Europe , d’une réputation justement acquise , Sc cjpic les étrangers s’adressent plus volontiers à eux pour ces sortes de commandes 3 cela n’a point empêché qu’on ait fait faire à M. Lenoir, sur-tout depuis quelque tems, une quantité considérable d’objets pour les états voisins j entr’autres pièces, nous citerons deux quarts de cercle de deux pieds de rayon, l’un pour l’ob-sé.ryatoir de Madrid , l'autre pour celui de Pétersbourg.
- Quant aux commissions du dedans, depuis dix ans, l’Académie lui a fait faire tous les grands instrument dont elle a eu besoin.
- Il a été également chargé par le Roi, depuis le même tems, sous les auspices de cette compagnie, de l’exécution des instrument de la marine Française, & en 1788, de ceux qui ont servi à déterminer la position des observatoire de Londres 5c de Paris,
- Comme nous l’ayons dit précédemment, il a eu par la même recommandation, la commission nationale pour l’exécution des ins-truinens qui vont servir k régler les poids 5c les mesures , 5c tout le mécanisme pour l'expérience du pendule est son ouvrage.
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- Maïs il n’est point de genre d’industrie qui soit aussi soumis â son action immédiate , que celle d’opticien & d’ingénieur en instrn-mens de mathématiques; presque toutes les productions importantes de ces deux arts sont commandées par îe gouvernement, & lui seul fait exécuter le plus grand nombre des instrument d’une valeur médiocre.
- Indépendamment de son intérêt, l’honneur d’une nation puissante de éclairée veut que les arté d’où dépt;* .1 une partie de l’a-vancemenf des hautes sciences géométriques, soient portés chez elle à un degré de perfection qui ne le code à aucun de ses voisins. Il faut pour cela qu’il se forme dans son sein des artistes excellons, ce qui ne peut arriver, si cette profession n’est point embrassée par des sujets choisis, qui, après un apprentissage long & soigné, peuvent se pourvoir d’outils matrices, qui, abrégeant le travail,' des mettent à portée de soutenir la concurrence du prix avec les étrangers ; si enfin ils ne sont suffisamment entretenus d’ouvrages assez lucratifs pour leur procurer pune honnête aisance,les mettre à même de former de» entreprises étendues. Un ministre vigilant ue manquerait pas de porter un coup-d’oéif attentif sur les sujets qui se distinguent ; il détermineroit leurs succès par des gratifications faites à propos, il se donnero'it bien de garde d’employer des étrangers au détriment des ouvriers nationaux. Les Anglais enten-dent parfaitement bien o?$ maximes, et les mettent soigneusement en œuvre,- on sait quelles récompenses ils ont données dans le te ms à Ramsden , Harisson & à tant d’autres ; on voit aussi de quels briilans succès a été suivie une conduite si sage.
- Notre ancien gouvernement , l-o^i de faire des avances à ceux à qui il ne falloir qu/un léger secours pour les porter à la perfection où la nature les avoit destinés, ne daigneit pas même les occuper; il faisoit faire en Ànglcrre la très-grande partie des instruinens de marine <3t d’astronomie. L’artiste Français découragé , faute d’occupation , languissoit abandonné à de petits ouvrages qui ne pouvoient lui procurer un bien-être, qui multiplie les moyens & donne de l’énergie , ni l’occasion de porter son art à un certain dé-gré de perfection.
- C’est dans ces circon'tances qu'est venu M. Lenoir ; quoiqu’il n’eût que ses talens pour lutter contre tant d'obstacles , à la fin sou énergique & opiniâtre constance est venue à bout de les renverser. Maintenant au milieu de sa laborieuse carrière , il vendroit en bon citoyen parcourir le reste, en faisant germer des talens Requis au prix de tarit de peines; il désireroit faire des élèves , former des entreprises qui missent pour toujours, dans l’art qu’il professe , la Nation Française , pour le moins au pair des peuples les plus industrieux ; mais ses souhaits qui font l’éloge de sort
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- cceur 5c de son âcvitité, 5c qui mériteroiertt sans doute .d'être pris en grande considération par le gouvernement, ne sont pas de notre sujet.
- Nous concluons , Messieurs, d’après l’examen de la méthode 5c delà machine à diviser, de M. Lenoir , 5c sur-tout d’après leurs effets, qu’il a porté Part de diviber le cercle au plus haut degré de perfection connu , que seul il nous a soustraits au besoin que nous avions de recourir aux Anglais., 5c que cet art s’étendant par ses soins, peut nous ouvrir une branche de commerce à a l’étranger $ 5c comme il a été obligé de faire des dépenses considérables, pour parvenir à ses fins, nous sommes d’avis, Messieurs, qu’il mérite le maximum des récompenses nationales , c’est-à-dire six mille Uy. , 5e la mention honorable. ( Conclusions adoptées. )
- Fait au Bureau de Consultation.
- JUMELIN.
- Le C. Lenoir demeure rue Basse-dcs-Ursins, N'5, i , en h CUL
- OUVRAGES NOUVEAUX,
- Corrispondance secrets de la cour, pendant le régné de Louis XFd, ci-devant Roi des Français. Paris, 17^3, 3 vol. in-12,, S 1. br.
- Entretiens entre un honnête homme & un prêtre, avec cette épigraphe : Je suis -homme , & tout ce qui intérefle mes femblabies, ne fauroit m’etre indifférent. 1 1,
- Géodésie , ou Art de partager les champs , à l’usage des Arpenteurs & des personnes qui, avec les premières conncissances de la Géométrie, voudraient procéder à la divi$[on des Terreins ; par A. A. Lalmand. Volume in-8Q. 4 t. broche.
- La Pâtisserie de Santé, ou Moyens faciles & économiques de préparer tous les genres de Pâtisseries, de h manière la plus délicate & lapins salutaire , p*r ' M. Jourdan t Lecointe, ouvrage destiné à l'instruction des gens de l'art, a l’amusement des amateurs, & particulièrement à la conservation de la santé, z voi. in- ï de 500 pages chacun , ornés d'une grande carte, p 1. brochés.
- Ce cri de la Nature en faveur des F.nfans nouveaux-nes ; ouvrage dans lequel on expose les diétectiques 1 que les femmes doivent suivre pendant leur grossese & pendant leurs couches , les avantages & les douceurs quelles trouveront à nourrir leurs eitfans : & les dangers qu elles courront en rie se soumettant ras à cette loi naturelle ,• on y a joint un Précis historique de l’Inoculation , & plusieurs autres objets d'utilité publique, par le C. Nicolas, Docteur en philosophie &'<en n:è^ decine , de l’Université de Lorraine , &c. ééc. 1 Vol. de z 15 pag. 1 1. 10 s. broc.
- Quelques- doutes sur la théorie des Marées par les Glaces polaires , ou Lettre à M. B. H. de S. Pijrre, par A. V il le turque ; aiec cette épigraphe :
- Quand de l’immensité Dieu peupla Tcs deserts,
- Alluma des sol, ils & souleva des mers,
- Demeurezj leur dit-il , dans vos bornes prescrites:
- .Tons Içs Mondes naissons reconnurent leurs limites, VoltairS»
- g liv.
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- La théorie des Marées, sur laquelle on a tant écrit, & dont en pouroit croire la question k peu-près résolue, a fourni à Bernardin de S. Pierre le sujet dune dissertation très-profonde dans ses Études de la Nature : ce philosophe y adopte absolument le système de la fusion des glaces polaires 3 c'est-à-dire, que l'amas éfiorme d'eau, hxé par le froid de l’hyvcr sur notre hémisphère, au-dessus du niveau de l’Océan , lui pareit si considérable , qu'il se -croit fondé d’attnbuer à sa fusion • périodique le mouvement général de notre mer & celui de nos marées. Ce système , appuyé de tout ce qu'un homme instruit peut fournir de preuves pour lui donner de la vraisemblance , a paru si nouveau ata C. Villeterque, qu'il a pris la plume dans i’intention de le réfuter; & Ton peut dire qu’il y a souvent réussi , quoique sa modestie , qui se manifeste jüiques dans le titre de sa lettre, 11e lui ait pas permis de se servir de tous les avantages que lui donnoit son propre système, celui de l’influence des astres sur les mrrees par la fo;c.e centrifuge , système appuyé jusqu’à présent par une foule de savans distingués. O11 sent qu’une disscussion aussi profonde que celle qui fait le sujet de la lettre du C. Villeterque, 11e peut être susceptible d’une analyse , toujoars seche , resserrée & incomplet te dans un Journal: nous ne la hasarderons point; mais nous pensons que les Physiciens, les Astronomes les plus distingués, liront son Ouvrage avec intérêt, peut-êlie même avancerons nous qu’ris donnenont la préférence à ses raisonnements sur ceux de l’estimable Auteur des Etudes de la nature.
- LIVRES mis au rabais pour trois mois , à dater du premier Octobre.
- fessai sur VArchitecture théâtrale , ou de VOrdonnance la plus avantageuse à une Salle de spectacle, relativement aux principes de l’optique & de l'acoustique ; avec un examen des principaux Théâtres de l'Europe, & une analyse des écrits les plus importuns sur cette mature: pat M. Patte, Architecte. Paris, 1781 ; 1 vol. m-8°. de 112 pages, avec 3 planches, 2, lir. , au lieu de 3 liv.
- Manuel sur les propriétés de Veau, particulièrement dans Vart de guérir; par M. Macquart , Docteur régent de la Faculté de Médecine , &c. Paris, 1783 ; 1 vol» in-8°. d’environ 500 pag. 1 liv. lo s. , au lieu de 4 liv.
- GRAVURES.
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- Collection des portraits des Députés à VAssemblée nationale de 1789. Paris, t 7 0 3^ 3 vol. in-40. , composés chacun de 100 portrais. Le prix de chaque vol. est de 14© liv. en maroquin , 120 liv. en veau doré sur tranche, & 100 liv, en feuille. Chaque gravure, séparée , coûte 1 liv.
- Le quatrième voisine de cet Ouvrage est commencé.
- Canes intéressantes & très-exactes , propres à suivre ô à diriger la marche & les campement' des armées patriotes se portant vers le Nord; savoir, celles des anciennes provinces de Flandres , d'Artois, de Picardie & d’isle-de-France. 1 l 5 s. Fénelon , ou les Religieuses de Camhray , deux estampes représentant les deux premières scènes de la tragédie dt Chénier, le commencement d’une suite de six planches , dont les quatre autres paraîtront de mois en mois , gravées dans la manière anglaise inipriméis en couleur. 6 liv: ,.
- Portrait de Ray-nal, gravé au lavis 6 en couleur, par P. M. Alix, & peint par Garne-rcy , forme ovale de g pouces sur .7 pouces p lignes , faisant suite à ceux de Voltaire . J. J. Rousseau, Mahly , Mi Ciel Montaigne, Charles Linné, Mirabeau Vaine', Fénelon,, Buffon , Helvétius , & Diderot, gravés par le meme d’après dif-férens Maures. 6 Liv.
- S’adresser , pour tous ces objets r au Bureau du €. Chemin.
- Ou s’abonne che\ Chemin, Imprimeur, rue de Glatigny , N®. 7 3 en la Cité & Che\ Leïuvrjs , Krchitecle-Faure v teneur , rue S.-Sauveur * N°* iÿ*
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- Nos. 6o et 6i*
- Ilappoit concernant le Citoyen Thouvcrcz.
- _.^T O TT S commissaires soussignés , ayons été chargés par le Bureau de Consultation des Arts & Métiers, d’examiner les titres du C. Thou-verez , horloger, aux récompenses nationales: rions allons loi en rendre compte , <3: noirs lui dirons quant aux formalités prescrites car la loi, qu’il les a toutes remplies.
- Le C. Thouverez fonde ses titres aux récompenses nationales, sur différentes machines de son invention.
- Là première est un Planétaire réduit au plus petit volume , car il est contenu dans une montre de poche.
- La seconde est une pendule d’une espece nouvelle. Cette pendule marque non seulement les jours du mois , les heures , les minutes <3c les secondes, comme beaucoup d’autres, mais encore toutes les différentes époques de la révolution, depuis le 24 Juillet 2780, ensorte qu'on pourroit l’appcdler Pendule de la révolution.
- La troisième est. une serrure à secret «3c fort simple, dans laquelle le propriétaire peut laisser sa clef sans craindre qu’une autre personne que lui puisse l’ouvrir, cette clef pouvant tourner d'un côté ou de l’autre , sans qu’il en résulte aucun effet de aucun dommage dans la serrure.
- La quatr ième ru r. ch lue consiste en un moyen très-simple d’empêcher qu’on ne tire un porte-feuille de la poche, dans la foule ou dans un lieu public.
- La cinquième est un petit peson pour peser des objets précieux, dans le goût de ceux du C. Hannin ; mais dans celui du C. 1 h cuverez , on ne trouve pas feu grenage qui est cLns ceux de cet artiste, ce qui évite toute espece de jeu.
- Enfin la sixième est un calibre qui , sans engrena ce , sert à deter-miner avec précision les grosseurs des pivots des montres Sz des pendules’, & en même te ms, iis sont exactement cylindriques, ce qui est très-utile «5c très,- n écossa ire dans !a pratique de l'horlogerie.
- Nous allons faire çonnoître an Bureau de Consultation la construction de ces différentes machines, à la réserve cependant de la machine pour défendre les porte-feuilles d’une main étrangère , ,& a la serrure où a clef tourne toujours , l’auteur ayant désiré que les commissaires n’en parlassent pas dans leur rapport. Mais pour ire leur rien cacher , il leur en a donne la description , pour être déposée? cachetée au secrétariat du Bureau de Consultation , «5c pour y avoir recours clans l’occasion.
- On sait assez qu'il y a déjà longteins que l’on fait des plané-3e. Trlm. Ton. /. C c c
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- taires pour démontrer d’ime maniéré sensible & facile à saisir, le mouvement des corps célestes. On leur a donné différentes formes ; mais ces planétaires ont toujours été d’un volume considérable. Jamais on n’en avoit fait, comme nous l’avons observé, d’un aussi petit volume que celui du C. Thouverez , & qui est sous les yeux du Bureau de Consultation. En effet ce, planétaire renfermé dans une montre de pocbe , n’a que 26 lignes de diamètre , Sc cependant on y yoit le système du monde Si tous les mouvernens des planètes , ce qui n/avoit pas encore été fait. Car quoique la mode -sur la Grosseur des montres se trouve aujourd’hui d’accord avec la raison & les principes de la mécanique , & que par là on ait la possibilité de leur faire marquer plus de différées mouvernens qu’on ne le fais oit autrefois , cependant personne n’a voit tenté jusqu’ici d’y renfermer toutes les planètes ou le système du monde en entier. Nous avons examiné cette machine avec attention , nous y avons trouvé beaucoup- d’intelligence dans sa construction , 6c qu« les nombres des rouages sont exactement tels qu'ils doivent être pour -<[ue les révolutions de planètes se fassent dans les teras requis ; point essentiel dans ces sortes de machines. I/auteur a. mis un foin particulier ù donner aux mouvernens de la terre & de la lune la plus grande liberté,. Enfin nous devons ajouter qu’il n/a rien négligé de tout ce qui pouvoit. assurer les effets de son planétaire » & l’on concevra facilement les soins qu’il a du exiger dans son exécution , pour qu’il remplît bien son objet.
- La seconde machine est, comme nous l’avons dit, une pendule qu’on peut app*ller pendule de la révolution. Nous voudrions pouvoir l’exposer comme la machine précédente, aux yeux du Bureau$> mais le C. Thouverez Pa vendue il y a quelque teras à un Anglais qui l’a emportée en Angleterre, de façon que nous ne pouvons la faire connaître autrement que par sa description : nous avons dit que cette pendule marquait les jours du mois, les heures , &c. y mais comme à cet égard, elle n’a rien de nouveau, nous ne nous-y arrêterons pas , nous passerons à ce qui la caractérise particulièrement , 6c qui fait que nous l’avons appellée pendule de la révolution.
- Au milieu des trois, cadrans qui appartiennent aux quantièmes r aux ligures, &c., il y a une case dans laquelle il y a une piece ou un petit tableau représentant la prise de la bastille, par le mouvement de la pendule celte pièce tombe exactement le 14 de juillet de l’année où l’on se trouve, 6c laisse voir derrière elle le récit des principaux évenemens de qette mémorable journée. Ce jour passé, la pièce reprend sa place pour tomber de nouveau aux autres époques de la révolution , 6: laisser voir de même successivement le récit des autres évèuemens remarquables , qui vient sé présenter pareillement devant la case ou Couverture dont nous venons
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- de parler. Par là on voit que cette pendule devient une espece d'almanach de la révolution , mais qui 11e sera complet, que lorsque l’on pourra être assuré que tous les évènemens de cette mémorable révolution. seront consommés eu arrivés à leur dernier terme. Quoiqu'il en soit, l'idée de cette pendule est nouvelle 5c ingénieuse, 5c pourroit 5c même devrait être consacrée dans une grande horloge, clans une place publique, pour rup pelle r sans cesse à la nation les évènemens remarquables de la plus grande révolution qui fut. jamais. La mécanique d’ailleurs par laquelle cett.cj pendule présente successivement les difierens récits dont nous venons de parler, nous a paru très-bien entendue.
- L’auteur ayant désiré se réserver la construction de la troisième, machine , ( la serrure à secret, ) ainsi que celle de la quatrième, qui empêche qii’on ne t;re de la poche un porte-feuille dans une foule ou ailleurs, nous n’en parlerons pas; nous nous .contenterons de dire que i i construction de la serrure nous a paru très-propre à bien remplir sou objet, 5c qu’il en résulte nécessairement que bien que la clef reste dans la serrure & qu’on puisse la tourner en tout sens , on ne peut jamais parvenir à l'ouvrir , si l’on n’en connoir pas le secret. Quant à la machine pour les porte-feuilles, elle est également bien entendue, étant très-simple dans sa construction.
- La cinquième machine, ou le petit peson à ressort pour avoir le poids des objets précieux , et qui ressemble par sa forme à une montre , est construit de la maniéré suivante.
- Un grand ressort en forme d’anneau prend tout le contour intérieur de la bqëte du peson et a une petite tige qui sert à travers la boëte pour y attacher et suspendre les objets que l’on veut peser. Au dessus de la partie où est la petite tige dont nous venons de parler , on voit une piece qui a une espece de branche ou de tige qui s’élève près qu’à la hauteur du diamètre horizontal de la boëte , en ja supposant soutenue par le pendant.
- Cette piece mobile autour d'une vis qui est à son extrémité, a une queue qui repose constamment contre le g^acd ressort. De l'autre coté 5c à une égale distance du ceinTre, ii y a un petit ressort qui s’eleve comme la tige de la première piece, 5c qui par sa bande 5c sa courbure tend continuellement à s’éloigner du centre; enfin un fil très-délié , après avoir passé sur l’arbre de l’index , en y faisant deux tours , vient s’attacher par un bout à ce petit ressort, 5c par l'autre à la piece de enivre. Or la queue ou le talon de cette dernière reposant constamment sur le grand ressort, on voit qu’il y a une action entre lui et le petit, de maniéré qu’à l’instant où ce grand ressort est tiré en en bas par l’objet, qu’on veut peser , le petit ressort exerçant son action, sur le fil, le tire avec lui 5c fait tourner l’index qui marque sur le cadran situé de l'autre côté. Par cette
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- co nstnictiôn , ce petit peson est exempt du jeu qu’il an roi t avec un engrenas® . Nous disons bien', parce ou'il y a des attentions à ayoir
- O O ' u > . . 4 . w ,
- pour (pi’il y ait un partait équilibré entre les deux ressorts , & que dans les differentes temperatu-res l'index reste invariablement au meme point.
- La sixième & dernière machine est destinée , comme nous l’avons dit, à déterminer a vecprécision la grosseur des pivots des roues des montres & îles pendules, & leur exacte eylindrieité , si cela se peut uire. Cette machine est composée, comme on le voit, d’un cadran Ce d’un index dont le mouvement est déterminé par un ressor t ôe une espece rie mâchoire en cuir, dans lapurelte on innoduit ou on fait entrer le pivot dont on ycut avoir la. grosseur ou vérifier la ciiindriche». Cette machine n'em pas absolument nouvelle. On en trouve une de ce pente dans l’essai sur l'horlogerie , du C. lierthoud. Mais celle (rue nous venons de décrire a j’avantage de pouvoir déterminer des diamètres beaucoup plus petits que ce Le de l'artiste que üuuj venons de citer,
- Le C. Thonverez ayant soumis-ces différentes machines au jugement de l’Académie des Sciences, les commissaires conclurent leur rapport en disant (pièces machines munir oient dans leur auteur beaucoup d’in tehigence dans la mécanique, oc qu’elles leur par ois oient mériter des éloges.
- D'après tout ce que nous venons d’exposer des machines du C. Thouverez , qui annoncent de l'invention de des ressources dans l’esprit pour la mécanique , nous croyons qu'il est dans ie cas de mériter le minimum de la seconde classe, c’est-à-dire 2.000 iiv.
- Nous observerons à ce sujet que dans les récompenses que le Bureau de Consultation décerne aux artistes, il récompense les découvertes de les travaux qu’il ont faits, de ceux que leurs talens annoncent, lorsque leurs titres à cet égard sont suffisamment bien constatés par des machines qui ont obtenu, les suffrages des compagnies savantes.
- Nous avons l’honneur de proposer en conséquence au Bureau d’accorder au C. Thouverez le minimum- de la seconde classe des récompenses nationales, se montant à deux mille livres, pour son planétaire réduit au volume d’une montre de poche, & dont la construction est Lieu entendue de les nombres bien calculés, pour que les planètes fassent leurs révolutions dans les teins prescrits par i’i.b-seryation , pour la nouvelle pendule qui marque aux différentes époques de l’année les divers événemens de la révolution , pour sa serrure à secret, ingénieusement imaginée, de pour ses autres ma?-eLiiies.
- A Palis, au Bureau de Consultation des Arts de Métiers, le huit Jylaf 4 jfj6, Lan n”. de la République Française, une & indivisible,
- LEflO Y, Rapporteur.
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- Avis motive.
- Le Bureau de Consultation ayant entendu le rapport concernant: les différentes machines qui lui ont été présentées par le C. Thou-verez^ Loriog. ;r , consistant «n un planétaire réunit au volume d'une montre de poche , &z dont la construction est bien entendue <x les-nombres bien calcules, en une pendule .d’une construction nouvelle, marquant dans, les d nie rems te ms de l’aimée Iss ci if te renies époques
- vent elle utiles dans plusieurs arts; le Bureau est d’avis, coalor-mément à la loi du 12, Septembre 179.1, d’accorder au C. Thou-vertz , horloger, la somme de deux mille livres, ou le minimum d«* récompenses nation* les.
- Fait au Bu 1790, l’aii 2S
- CoxisultAtion des Arts de Métiers , le 8 Mai République Française une de indivisible.
- _’a u de de' la
- Vrésident, DETROU VIL
- jLE ^ Secrétaire*
- R a ri port concernant le C. Rojjémont, 'Railleur de corps.
- Ij ONG-TE MS avant que Rousseau se fut élevé contre l’abus des corps, les Médecins de les Anatomistes en avoient lait connoî-tre les dangers. Mais il manquoit à leur discours ce ton que produit
- Il en est de l’usage des corps ^ comme de celui des remedes ; l’borame sain de bien constitué ne doit point en faire usage ; de même le très-petit nombre de ceux qui ont vraiment besoin d’y recourir, 11e doivent pas s’en servir indistinctement, mais seulement dans la proportion & la mesure qui conviennent à leurs besoins. Il en résulte que l’art du faiseur de corps, 11’est point un art indifférent ; que son habileté consiste à servir la nature sans la contrarier j que par conséquent cet art assez commun , est cependant un art assez dif-
- ficile.
- M. Doffemont, si l’on en juge par les approbations des corps sayans, de la faculté de médecine , de l'académie de çhirurg-e, tU
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- celle des sciences 6c de la société de médecine, est iin des premiers qui ait senti les difficultés de cet art, 6c qui se soit occupé d’en corriger les nombreux défauts.
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- En 17.54, il présenta à l’académie de chirurgie ses premiers essais qui y furent accueillis* Eu 1730, il présenta à la faculté de médecine , à l’académie de chirurgie 6c à celle des sciences, des corps destines à corriger les défauts de la tailie dans les en fa ns , Sc des bottines construites pour redresser les courbures des extrémités inférieures. Ces compagnies lui accordèrent leur approbation, 6c il est à remarquer que c’est après avoir rappelle les excellons mémoires de Winslou sur l’abus des corps, que les commissaires de l'académie des sciences , MM. Hérissant 6c Guettasd donnèrent des éloges aux travaux de M. IDoffsiiiOiit. En 1774, le même artiste présenta a L’académie de chirurgie ôc à la faculté de médecine, des corps propres à soutenir les seins des femmes sans les gêner , 6c des. ceintures pour contenir 6c maintenir le bas ventre, surtout dans les violons exercices; 6c ces nouveaux essai# furent également approuvés. En 1781,1! soumit à l'examen de la société de médecine, des épaulettes destinées à maintenir les épaules, 6c des ceintures pour soutenir la taille dans les différons âges. On a jugé ces ouvrages dignes d’éloges, enfirv, en 1788, l’académie de chirurgie a encore approuvé des ouvrages de la jiiéme nature , qui lui ont été présentés par M. Do fie mont.
- Ge que nous avons observé de plus remarquable dans les ouvrages de M. Duifemont, n’est pas seulement leur souplesse , leur élasticité, la facilité de les retourner de dehors en dedans > mérites qu’il partage avec plusieurs autres habiles tailleurs de corps, mais encore le soin qu’il a pris de former ses épaulettes , de maniéré à ne porter aucune pression sur les vaisseaux 6c les nerfs axillaires, celui de donner sur-tout de la souplesse 6c du développement à la partie de ses corps, qui .enveloppe la poitrine, ou qui repousse aux seins , en sorte qu’ils n’ont point l’inconvénient ordinaire des corps les mieux faits , qui s’étrécissent 6c s’évasent en sens inverse de l’évasement das parties osseuses de la poitrine, enfin le moyen qui n’est pas indifférent pour le même objet, délacer les corps sur les chvux côtés , & d’en multiplier les crevées pour l’adapter avec plus de précision aux formes naturelles jpious ne suivrons pas ces avantages dans la pratique 6c clans l’application eue Ivï. Do fie mon t en a fait© a différentes circonstances. On conçoit combien les moyens principaux doivent varier suivant les besoins des personnes auxquelles on est obligé de les adapter,
- Il résulte toujours de ce que nous venons d’exposer , que M. Dofr fernout, âgé de 77 ans, infirme 6c presqu’en ti çrrMien t privé de la vue, a travaillé avec utilité dans Davt auquel il s’est adonné, que ses premiers essais approuves par les corps- savans , datent de près
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- (le 4° ftTIS > Tie depuis ce tems il n’a cessé de s’occuper de perfectionner son art, & que ses derniers travaux également pipés dignes d’éloges ^ n^ont pas plus de 4 ans de date, que par conséquent il est un des premiers qui ait senti l’importance des réformes à faire dans la structure des corps de baleine, & ((mil y a travaillé avec succès & utilité pendant un grand nombre d'années.
- Nous pensons qu’il peut être admis à la deuxieme classe dos récompenses nationales , & qu'on peut lui accorder le troUieme dé-gré de cés récompenses qui est de 2000 liv. , qui jointes au supplément que la loi lui accorde h raison de son agp , fourniroient un tot.d de 4°°° liv. sur lesquelles, outre la déduction du sol pour livre , stipulé par la loi , il faudra encore déduire 5oo liv. ou 4p5 liv. de secours provisoire, déjà accordée au même artiste par délibération du Bureau.
- A Paris, au Bureau de Consultation > le 12 Septembre 17021 l’an 4(’* de la Liberté , & de l’Égalité le premier.
- HALLE, BOURRU,
- OUVRAGES NOUVEAUX,
- Histoire générale & particulière des Religions & du Culte de tous les peuples dil monde, tant anciens que modernes ; par Delau'naye, Ouvrage philosophique, proposé par souscription libre, & orné de plus de g 00 ligures gravées sur les dessins de Moreau le /eune, par les meilleurs Artistes de Paris ; première & seconde livraisons. Paris 1 ÿ3 ; 12 vol. in grand papier.
- Cet ouvrage , entièrement différent de celui connu sous le nom de Cérémonies 7?e-> ugieuscs , qui n'embrasse que les Cultes modernes, est conçu sur le plan le plus vaste &. le plus propre à des rapprochemenS utiles. L'Auteur ne se contente pas d'y décriies avec une exactitude scrupuleuse-les rites & les dogmes des peuples de tous les tenu Si de tous -es lieux • il les analyse , les compare entr’eux ; s’attache à saisir leurs rapports & leurs différences, afin de déterminer avec plus de facilité l erigine. & As révolutions successives des cultes établis sur la terre.
- Chaque volume de bKistoife des Religions sera d:visé én quatre livraisons 4e lad1 pages, & de 6 à 7 estampes chacuve. Chaque livraison sera du prix de 14 liv. pour le papi.-r grand raisin fin ; & de 36 liv. pour le nom-de-Jésus vélin, figures avant lai lettre , dont il ne .era tiré que ico exemplaires.
- La perfection des gravures & l'exécution typographique' rie laisseront rien à dés’rer. Ce ttc dernière partie est confiée aux soins de Didot le jeune, dont les talens n'ont pas besont d’éloge.
- Li première & la seconde livraison sent actuellement en vente. Elles contiennent, outre :e R.'scour •: préliminaire & le Frotvispice, un expo.e' succinct du système hicro-astrono-«fique ' des Egyptiens , & quelques notions sur l’Astrologie judiciaire & sur l'Iatriqr.e astrologique. On remarque parmi les planchas un Planisphère curieux , diverses Jconologias d'Isd , 3c une estampe de quadruple grandeur, représentant une fête en fbonnesr clé cette Déesse, d'après la description que nous en a donnée Apulée,
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- La troisième livraison paroîtra clan? 4 mois, & les suivantes seront autant rapprochées •que le pourront permettre l’immess.té des recherches nécessaires pour la confection rie l’ouvrage, & la perfection de l’exécution.
- Nouvelle méthode d’enseigner VA B C, & à épeler, aux enfin s, en les amusant per 100 figures en taille-douce, agréables & propres à leur faire faire des progrès dans la lecture «S* l’écriture , presque sans maître. Paris 1793 ; I vol. in-16' de 36" pag. 1 liy.
- Ce petit ouvrage pourra plaire aux enfans par les images qu'il renferme. On sait que de tous terris ils en ont été avides.
- Description de Pégu & de l’IJle de Ceylati, renfermant des détails exacts <!v neufs sur le c/imat, les productions , le commerce , le gouvernement, les mœurs o- 1er, usages de ces contrées ; par W. Hunter, Chr. Wolf & Eschelskroon , traduite de l’Anglais & de l'Allemand , L L***. 1 vol. in-cO. 1 1.
- On doit savoir gié .au Traducteur de ces trois Ouvrages, réunis en un, de nous avoir procuré de nouveaux reiiseignemeus sur de-; contrées lointaines & intéressantes , que l’adroite & politique avarice des Portugais, d!S Hollandais & des Anglais a toujours voulu dérober à la connoissance de leurs voisins, Sc dons nous n’avons eu, jusqu'à pré-j£nt, que des descriptions à peu-près inoomplettes. Celle qve nous annonçons aujourd’hui ajoutera beaucoup à nos foibles notions ; elle nous donnera aussi une idée des immenses entreprises dès Anglais & de l’adroite conduite des Hollandais, naTotm qui, depuis quelque te ms , semblent s’être partagé le commerce des Indes orientales. L’Auteur prétend que notre caractère frivole & incapable d’une longue tenue, 2 tou ours nui à toutes nos opérations commerciales ou politiques : il indique raj idement , dans sa prêt; ce , les causes des progrès des Anglais & des Hollandais dans l’Inde,, & la supériorité de leur politique sur tes autres Européens , particulièrement sur nous, quoique notre intérêt ait été te les rivaliser , & que la nature &: les circonstances nous en fournisenr fréquemment les moyens. Cependant il pense que la situation avantageuse de nos ports, l’état imposant de notre marine, la multitude de nos comptoirs, les différentes^ productions de notre sol & de nos manufactures . enfin l’alliance du puissant Nabab'/ y pou, ne seront jamais que d’un# foible utilité pour notre commerce , tant que nous n’exigerons pas ,' de nos agens di-plomati ques sur-tout, la connoissance plus ou moins profonde de la géographie, de la po’itique & des langues des pays t»ù ils résident.
- S'adresser, pour tous ces objets, au Bureau du C. C lie ru in.
- ïl paraît deux numéros de ces Mémoires par semaine. Le prix de chaque numéro fé purement ejt ds a sels 6 déniers, et celui de la souscription pour Vannée efl de 1 ?. Itv. pour Paris, et de 15 liv. pour les départerriens , franc de port.
- On toutedt, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTION-NEMENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉTIERS ,
- I®, A l’Imprimerie Au Citoyen CHEMIN, rue ds Glatigny, N9. 7, en la Cité, au èas du Para Not’t-üams.
- 2*. Cfv'i le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, rue S.-Sauveur, N°. ij?»
- Les Li ttres, Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adnfifés francs de port à C imprimerie.
- On peur foujlrire pour un anôujix mois, mais toujours à dater du commencement d'un trimejlrz* k
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- Nos. 62 et 63,
- Rapport concernant le C. Sarrazin.
- L E S commissaires soussignés, nommés par le Bureau de Consultation à l'effet d’examiner les travaux & inventions de M. Sarrazin, tailleur costumier des menus-plaisirs, <Sc de lui rendre compte des titres que peut avoir cet artiste aux récompenses nationales, ont 1 honneur de vous exposer que les titres , pièces & demandes de M. Sarrazin sont dans les formes prescrites par la loi.
- Ce n’est pas une découverte seulement que présente M. Sarrazin, c’est une science nouvelle en principes & en pratique, c’est un art qu'il prétend avoir tiré du néant, c’est-à-dire, l’art routinier , incertain & mystérieux du tailleur , qu’il assujettit à des réflexions justes, à des réglés fixes , & à une bonne foi jusqu’ici fort rare dans l’économie des étoffés.
- Cet art est appelle par l’auteur, l’art de V Arc JiLw ester, ou du tailleur par excellence. On verra par la suite comment l’artiste justifie ce titre pompeux d’Archiwester, en élevant le métier de tailleur à des compositions nobles', brillantes, variées & savantes à l’infini , mais sur-tout utiles à l’espece humaine, par une étude méthodique de l'anatomie Sz des monvemens habituels du corps humain dans ses fonctions principales. *"
- Nous suivrons le plus qu’il nous sera possible l’auteur lui-mêtne clans le développement de l’art d’Arrhiwester , qu’on peut diviser en deux parties \ i°. ia partie scientifique ou théorique ; a° j la partie pratique dé l’Archiwestèr \ mais nous croyons devoir tracer rapidement au Bureau les circonstances singulières ainsi que la maniéré originale Sz piquante.de l’auteur, qui l’ont amené pendant l’espace de 3a années , à devenir le créateur de son ai t. Ce n’est point satisfaire une curiosité vaine <Sc mutile que d’apprendre aux hommes comment ceux qui se clistin gîtent parmi eux , sont développés par l’impulsion des événeméiis , Sz comme ils sont conduits au terme de leurs destinées.
- M. Sarrazin, natif de Longwi, Département de la Mozelle, fils d’un Ingénieur Français , passa dès sa tendre enfance à Pondichéry, -oii son pere fut s’établir. Fa mort de son pere & son peu de fortune ne permirent ptas à M. Sarazin de choisir par goût, l’état convenable à l’éducation qu'il avoit-reçue • le hazard ou plutôt la nécessité le força de prendre le métier de tailleur.
- Dtld
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- Après trois ans, M. Sarrazin passa en Chine, sur un vaisseau rjui allait à Canton ; en y portant son métier , cet artiste y portoit aussi son esprit de curiosité 5c d’observation qu’avoit fait germer son éducation , & bon devine bien qu'il recueillit avidement 5c
- médita les habillernens 5c le costume dhme nation qui offre' tant de singularités, tant de bizarreries dans tous les genres , parce que chaque état, dans ce pays, a son costume distinctif 5c sa couleur particulière; delà , il passa en Tartarie avec un riche négociant , muni de coutumes de l’Inde. M. Sarrazin mit tant d’art, de justesse oc de commodité dans les habillernens qu’il combina alors , qu’il fut en partie cause de la fortune du marchand qu’il accompagrioit, oc qu’enfin une compagnie s’avisa de faire très-lucrativement, le commerce des vête mens Chinois , Ta r tare s, Japonais 5c autres peuples.
- Ce fut à une si riche école , que M. Sarrazin se forma dans la coupe 5c dans la combinaison variée des habillernens: ce fut dans cette école extraordinaire , (pie M. Sarrazin puisa les élémens de la science qu’il devoit développer en France où il revint en 1706.
- MM. les Maréchaux d’Étrées 5c de Richelieu qui a voient reçu les premières notions de Fart 'militaire'du pere de M. Sarrazin, placèrent le fils, soldat volontaire dans le régiment de Ronaraff; le meme esprit de curiosité 5c d’observation suivoit par-tout notre artiste, 6c le porta à composer de nouveaux modèles «d’uniformes qu’il exécuta pour les troupes Françaises, 5c du consentement du Roi.
- Le goût, la facilité, 5c sur-tout l'économie ' rm-’il mit dans Ta construction de ses modèles , lui mérita la confiance du ministre de la guerre; il fut appelle à la Cour, c’est-à-dire à de nouveaux succès : il fit pour le Roi plusieurs habits, très-peu connus quant ii leurs coupes, mais qui laissoîerit une extrême liberté de se mouvoir^ ils étou.-nt de costume Hongrois , 5c le Roi en fit présent à tous les Colonels de Hussads : cette espece de vêtement a éré omise dans R Encyclopédie, parmi pur oubli des éditeurs de cet ouvrage.
- Le sieur Sarrazin encouragé par les, succès, commença à sentir toute l'étendue de l’art du costumier, il sentit le besoin de s’inst;uir® avec ls besoin de se distinguer dans son art. En conséquence il sollicita 5c obtint du Roi d’thre inscrit dans le nombre des artistes employés dans les menus-plaisirs.
- Cette nouvelle école fit faire de nouveaux progrès à M. Sarrazin,. il y perfectionna les notions de géométrie qu'il avoit eues de son pere ; il parvint sans peine à perfectionner aussi la coupe des habits lié caractère , qui dans ce teins lu c. ù oit 2, Hv. à sols de plus qu’il joe falloit , par le défaut de connaissance de cause. M. Sarrazia % épi i ma également l’avidité de ouvriers faux , qui s’appiiquoient &
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- ce genre, en leur faisant sentir qu'il étoît de l’honneur des artistes de ménager le trésor public, & que la prodigalité qu’üs mettoient dans leurs ouvrages, éloignoit les occasions de travailler vour les etrangers , ddninuoit l'industrie du royaume , en tarissant une source abondante de commerce.
- M. Sarrazin passa en Sue de ; les concourts ouverts sur la forme d’un costume national l’y attirèrent ; il réussit , les modules lui furent commandés , il les exécuta , tels qu’ils sont encore à présent en usage dans le pays.
- M. de Choiseul, ministre de la guerre alors, instruit de la capacité de M. Sarrazin dans la coupe des habits, l'invita à faire de nouveaux modèles pour les troupes de France, ce qu'il exécuta avec. avantage & économie prouvée par une épargne de quantité de retaillas fausses que lus tailleurs des régi mens fuis oient mal-à-propos. M. Sarrazin fit dus planches pour les coupes d’habits ci-dessus, qui furent envoyées pour modèles à tous les tailleurs des régiméns*
- Il manquent à Londres , un ordonnateur ou chef d’attelier dans les travaux d’habits de costumes , du théâtre de l’Opéra de culte ville. M. Sarrazin fut mandé pour 'conduire cette partie si intéressante 6c à la fois si difficile par les counoissances différentes qu’elle nécessite. Ce fut là que Tartine développant la redite, d’un talent peu commun, apprit aux Anglais à habiller les Dieux, les Rois , lus Nations de la plus haute antiquité : ce fut là qu’il s’étudia en recherches profondes pour faire reparoîlre des personnages que le teins avoit effacés , 6c dont il ne restoit qu’un souvenir assez vague.
- M. Sarrazin en avoit assez vu, en avoit assez fait pour concevoir un projet digne de lui , celui de décrire les éiémens d’un métier qu’il, avoit transformé en art véritable. Il désira par forme de supplément du tailleur entrepris par l’Académie royale des Sciences, d’instruire gratuitement des professeurs sur cette partie, qui reverser oit sur tous les en fa ns pauvres qui se destineroient à la profession de tailleur. Pour complettor sa propre instruction , M. Sarrazin voulut parcourir l’Italie, consulter les' înonuineris publics , 6c les cabinets riches des curieux, des amateurs} c’est ce qu’il ht avec avantage 6c profit.
- De retour en France , il proposa, en 177a, P établissement d’une .école gratuite des arts usuels, parconséqnent les plus utiles. Versailles fut ie lieu choisi 6c désigné par le Roi (pii accueillit le projet.
- Le Roi ordonna à M. Sarrazin de faire plusieurs habits de caractère 6c de métamorphose pour les bals de la Cour. L’iiahih te de cet artiste se développa dans ce genre imaginaire , où Timagin i.ioa 6c le jugement travaillèrent de concert, avec singularité 6c succès.
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- Il inventa un Pygmée, qui se transforma tout de suite en géant, •qui lui-môme se convertit en. moulin à vent, tournant à tous vents: cette mécanique simple & ingénieuse parut nn petit chef-d'œuvre de combinaison & de contraste $ je Roi de Prusse voulut en avoir un. C’est ainsi que l'Àrchiwester Sarrazin sut se jouer des formes des coupes , & de toutes les richesses des vêlemens ,, tantôt pour plaire, tantôt pour être utile.
- En 1774, M. Sarrazin commença à former une collection cPhahil* lemens d’armes offensives & défensives de toutes les nations. Son principal but étnit de la faire servir à la démonstration dans les cours publics qu'il se proposoit de faire sur la théorie <Sc la pratique de l’art ou de la science du costume universel. Les papiers publics annoncèrent dans le te ms ce cours , & les pièces précieuses qu’avoit recueillies pour cet effet M. Sarrazin.
- Plusieurs savans , artistes , amateurs, visitèrent cette collection qui faisoit la fortune de M. Sarrazin, lorsque la jalousie des armuriers, fourbisseurs & tailleurs d’habits , dans un terris où la liberté des arts n’existoit pas, vint saisir ce que chacune des différentes professions disoit être relatif à son obj_t.
- M. Turgot, contrôleur général alors, sentit avec indignation la rivalité & la destruction que se porteient entr'eux les arts & métiers , & tenta de les abolir tous , pour leur donner à tous l’essorl de la liberté.
- Quelques restes de la collection précieuse de M. Sarrazin étoient encore consultés par plusieurs peintres , sculpteurs, &c. , lorsque la révolution des i3 <Sc 14 Juillet 1789, par la nécessité de se pourvoir d’armes, dépouilla M. Sarrazin de ce qui lui restoit, & le ruina sans ressource , ce qui est attesté par plusieurs certificats de districts & de citoyens "qui ont été témoins, lesquelles pièces sont jointes à celles que produit au Bureau M. Sarrazin.
- D’après tout ce que nous venons, Messieurs, de vous réciter, vous pourrez facilement comprendre combien il étoit plus aisé à M. Sar-razin qu’à tout autre d’établir Jes principes, les réglés & les éiérnens de l’art du tailleur, dont l'imperfection avoit été observée par ceux mêmes qui avoient déjà traité cette matière, MM. Roland de la Pla-tiere , Garsaiit de de Bnf-fon , dans l’Encyclopédie, article Tailleur.
- La science générale du tailleur ou de l’archiwester, consiste donc dans la connoissance de tous les costumés diffère ns des différentes nations qui ont habité de habitent la terre , dans, la -cohnoisr sauce de toutes les révolutions qui ont eu lieu périodiquement chez les peuples , dans leurs modes , habits, vêtemens de guerre, &c. , dans les différentes restaures des dieux, des divinités du premier êç du second rang de la Fable.
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- En sorte qu’iin Grec ne'soit pas représenté par un Konmin , • mt Perse, un Chinois, un Turc, un Polonais par un Russe ou un Allemandj, ni un Français par un Espagnol, «5cc.
- . En sorte que Jupiter ne soit pas vêtu comme Mercure , Junon comme une des Grâces, ni Vénus comme la Pudeur, la Prudence, ou comme Minerve. M. Sarrazin ne veut pas que la Reine de Carthage soit expirante au milieu d’une Garde-Suisse.
- On sent quelle confusion, dans les momimens historiques ou dans les, représentations • jetterait l’ignorance ou l’inobservance des attributs conventionnels pour chaque personnage qu’il f au droit designer ou exprimer.
- On sent quel anachronisme on commettroit de représenter Phara-mond ou Henri IV sous le costume d’un Grec, ou d’un Chinois .ou d’un César. La science de Farchiwester est encore de connoître suffisamment l’anatomie , pour laisser à tous les membres la facilité de leurs mouvemens. M. Sarrazin sur cet objet, fait ou ne peut pas mieux remarquer combien un soldat est déjà vaincu par les ligatures, les étrangUmens de son vêlement, qui le plus souvent empêchent ia libre circulation de son sang, en gênant toutes çes articulations , empêchent l’activité de la marche ou la continuité de ses évolutions.
- La connoissance de tous draps, étoffes & tissus , leur largeur proportionnelle, la solidité de leur teinture , fait partie de la science de Parcliiwester , comme la connoissance des matériaux, est du ressort de l'architecte. C’est cette science que possédé <5c propose d’enseigner M. Sarrazin dan.3 toute son étendue.
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- Quant à la pratique , elle consiste dans l’usage, & le juste & raisonnable emploi des matières qui entrent dans la composition des ye te mens.
- Pour subvenir a cette pratique raisonnée, M. Sarrazin a imaginé de diviser par carreaux, l’étendue d’une piece d’étoffe, de manière que l’art du tailleur ne soit plus asservi à une routine aveugle, mais guidé par une méthode générale & conventionnelle, par laquelle tous les tailleurs du monde puissent s’entendre & s* retrouver par la désignation juste & précise de tel ou tel carreau. Ce moyen approuvé par l’Académie des Sciences, donne encore une économie prouvée sur chaque façon d’habit , puisqu’il est facile de calculer par carreaux ce qu’il faut d’étoffe pour un habit d’une grandeur déterminée. Il résulte, par ce moyen de diviser par carreaux les étoffes , que M. Sarrazin a fait plus de So essais de différentes coupes pour découvrir celle qui emporte le moins de perte. Il ré-
- sulte encore de ce moyen, ainsi que Fa reconnu l’Académie des Sciences, que M. Sarrazin peut, avec des étoffes qui n’ont que demi - aune de large, peut, disons-nous, faire avec six aunes deux tiers , ce que les tailleurs ne font ordinairement qu’avec 8 aunes oc demie , avantage considérable, ou équivalent, qu’il trouve
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- également dans la coupe d’étoffes pins larges, en observant ce que jamais le tailleur ne doit oublier , que toutes les pièces de l’habit se trouvent dans le sens de l’étoffe où elles doivent être. Cette économie est incalculable pour l’iiabillement des troupes sur-tout.
- On peut dire que par ce moyen, M. Sarrazin a soulevé le voile impénétrable qui couvroit jusqu’ici les opérations mystérieuses des tailleurs, & qu’il a révélé au profit de la société , le secret d’un intérêt de la plus grande conséquence.
- Si l’on multiplie pour tons les habits qui se fabriquent eu France, & notamment pour tous les habits de troupes, , L’économie procurée par- M. Sarrasinon calculera l’avantage immense que procure à la Nation, la méthode claire, ouverte & économique des carreaux de M. Sarrazin , qui sont un véritable coin pas dans les deux dimensions d'une étoile. Le rapport de l’Académie dit à ce sujet, qu’aucune méthode préférable à celle de M. Sarrazin, n’avoit paru jusqu'à ce jour, & qu'elle mérite des éloges & des en cour a-gemens à son auteur. On peut, tk l’on doit l’en croire à ce sujet.
- M. Sarrazin a fait aussi connoîcre un nouvel habit.de guerre pour le soldat, qui le met à l’abri des intempéries des saisons, qui font périr autant de soldats que le fer & le Lu des ennemis.
- Cet habit est détroussé à plusieurs pans ou basses tailles, dont la réunion forme une espece de tonnelet qui couvre les cuisses, & sert de double culotte, sans gêner dans la marche.
- De plus il enveloppe le buste , boutonne tout le long du corps , jusqu’à la ceinture ; ainsi il est double sur la poitrine , sur le ventre,
- par là même, il préserve ces deux viscères des influences de l’air & de l’eau. Le doublement se fait au moyen de deux revers qui n’ont aucune couture depuis le col jusqu’à la taille ; la coupe de ces deux revers du haut en bas, leur donne la forme d’une cuirasse , lorsqu’ils sont déployés, ce qui ajoute une grâce vraiment martiale à la commodité de cet uniforme.
- Il est une multiplicité de choses dans les pièces produites par M. Sarrazin, dont vos commissaires ont senti le mérite, mais n’ont pu vous faire l’énumération, qui eut été trop longue à détailler ; ils finiront leur rapport par vous certifier que M. Sarrazin eat un tailleur qui a médité , approfondi son métier dans toutes ses relations, que cet artiste après 3o années de travail & de dépenses considérables, est en état de nous donner L.ut complet de l'archiyvester , ôc que les • cUfiërens objets qu’il présente a la Nation , méritent la récompense.
- En conséquence vos commissaires , Messieurs , sont d’avis que M. Sarrazin mérite par toutes les dépenses qu’il a faites pour parvenir à la parfaite connoissance de son art, d’être placé dans la première classe des récompenses nationales , & que comme le premier de aop.
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- 0.rt, il mérite le maximum de nette même classe , c’est-à-dire, six. mille livres. ( Conclusions adoptons. )
- TROUVILLE , DUMAS , LE ROY»
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- Le C. Sarrnin demeure rue de la Clianverrene , No,
- T
- Rapport concernant le Citoyen Rachelier.
- O US nous avez nommés pour vous rendre compte du vernie de cire, ii;venté, il y a plus de 3o ans, par M. J. J. Bachelier ,, peintre de l’Académie , directeur des Ecoles gratuite* de Dessin.
- Celte invention utile aux arts, en nous rappellent la peinture à î‘en caustique des anciens, A conservatrice delà santé des citoyens , en détruisant l’odeur des huiles employées à la peinture des appar-terriens, était restée sans récompense. M. Bachelier désirant au jour-cl’lmi participer aux récompenses que B Assemblée na tionale a. décernées aux artistes qui ont iu.it des découvertes utiles à i’iiumaiiilé, a lait passer au Bureau :
- iQ. Un certificat des administrateurs , composant le directoire du département de Paris , par lequel il consté que M. Bachelier s’étant déclaré être l'inventeur d’une nouvelle maniéré de peindre les appartenions , pour éviter les dangers de la peinture à l’huile , il n’est parvenu auxdits administrateurs- aucune réclamation sur cette invention.
- 2°. Un extrait des registres de baptêmes, mariages & sépuhrires de l'église paroissiale de St.-Étienije-du-Mont à Paris, par' lequel il appert que J. J. Bachelier étant né le 7 Mai 172.4, R se trouvé maintenant âgé de 66 ans.
- 3°, Un certificat de résidence en bonne forme.
- 4°- Eauin, un me noire dans lequel M. Bachelier donne l’historinne de sa découverte, & les pro cédés pour faire son vernis de cirev Nous allons , Messieurs, vous entretenir quelques instans de ce que contient cet le dernière pièce. /
- ( Nous croyons inutile de rappel 1er à votre esprit les dangers que I on ^ court , en habitant des appartenions nouvellement peints à-1 huile. Vous savez tous que rien 31 est plus pernicieux pour la santés soit que les parties métalliques se volatilisent & s’introduisent dans-.le corps par la respiration ou par les pores de la peau soit que; i oucui oCluc ucs huiles employées a la peinture ^ aRecte le gcur.©;
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- le genre nerf eux ; toujours est-il constant qu’un ê multitude de personnes ont été les victimes de la précipitation avec laquelle elles ont voulu habiter des appartenions nouvellement peints à l’huile , ou dont les peintures avoient été récemment enduites de vernis fins ou communs ; elles ont été attaquées de coliques longues & rebelles, de douleurs., de maux de tête, de vertiges, plusieurs en ont perdu Pusage de la raison, quelques-unes memes la vie.
- En 1753, M. Bachelier fut invité à s’occuper des moyens de mettre les appartenions en couleur , sans qu’il y eût aucun de ces risques à courir. Il y travailla, & au bout de deux années de tentatives d'expériences- diverses , il imagina enfin, son vernis de cire, qui est inodore, dans lequel 011 peut broyer les substances employées à la peinture , & dont on peut également revêtir les parties peintes en huile à la maniéré ordinaire , pour en réprimer les exhalaisons nuisibles à la santé. Cette préparation fut employée par ordre de Louis XV , dans le château de Choisy ; tous ses appartemens furent peints en cire , même la chambre à coucher, qu’il continua d’habiter, jusqu’à la fin des travaux.
- M. Bachelier a rendu sa découverte publique , tant dans une brochure particulière, imprimée chez Lebreton , que dans l’Encyclopédie T. 5, page 612, oc suivantes, Art. Encaustique, pour voir réaliser ries récompenses qui lui avoient été promises, mais qui 11e vinrent pas.
- Quelques peintres en bâtimens en font usage , Sz il seroit fort à désirer pour la santé des citoyens , que cette maniéré de peindre les appartemens , devînt beaucoup plus en vogue.
- Nous laissons , Messieurs , à votre jugement à apprécier quelle espece de récompense , parmi celles qui sont accordées aux artistes par la loi du 12 Septembre 1791 , vous jugerez applicable à la découverte de M. Bachelier. Nous nous contenterons de vous faire observer que ses travaux ayant été de nature à exiger des sacrifices par des expériences multipliées & longues , que cet habile artiste a ecé obligé de faire , ils doivent être rangés dans ceux de la première classe. Le mérite de son invention est très-grand , puisque sa découverte tend à assurer la santé , qui est le bien le plus précieux de chaque citoyen ; d’un autre côté, M. Bachelier a passé l'âge de 60 ans , & par cette considération , il doit obtenir suivant la loi , en sus de la récompense qui lui aura été fixée, une somme égalé au minhnvm de sa classe. Balancez, Messieurs, selon votre prudence ik votre équité toutes ces raisons , & jugez.
- A Paris, an 'Bureau de Consultation, le 2.3 Mai, l’an quatrième de la Liberté.
- BOURRU, BERTEOLLET.
- On s'abonne che\ Chemin, Imprimeur, rus de Glatighy , A6. 7, en la Cite & LlfbvrE} Architeck-Entrepteneur , rut S.-Sauveur, A°.
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- * v Rapport concernant le C... IDelliëu a ..
- O U S avons,,été chargés., par le Bureau; de Consul U !:ipn de lui rpi?d r e\toni|).te • des: titres que peut ay< ir M. Dellip aux récompenses' nationales, 6c nous allons.remplir a ce, sujet, les intentions du Lu--
- l '.'.iU .
- j, Dès l’annéç 1707, M. De H le. imagina une machine propre à faire1 les peignes ou rots, pour les Etoiles de toutes largeurs & de toutes especes. , & au moyen 4e, Laquelle les rots se fabriquent beaucoup ji jus prompte nient oc puis régulièrement que par la méthode ordinaire. L’Abadémie des Sciences a Pexamen de laquelle*cette machine 'fut pré entée de soumise celle meme armée , non seulement l’apprdnÿa mais meme Crut devoir ' l’annôncer avec éloge clans sfés médicirées : il ésü 'vrai que le Gouvernement jugea à propos, pour récompenser fauteur, de lui accorder k. ,faveur d’exercc* à Reims la proies .ion de s erg le r fabricant, sans payer des lettres de maîtrise. & sans être tenu, de faire un apprentissage. Mais cette faveur qui ne lui auroit coûté .que 80 ipv. étoii un fuibie dédommar gement des dépenses que M. Del lié a.voit faites jpyuir. construire & p riectiouner sa rnacli ne j elle n’avoij pas plus de proportion avec les services que sou travail rendqit chaque joiqq supc iabricans de la manufacture de Reims, qui par son moyen s’étopent insensiblement meublés .de rots aussi solides qu’exacts, ainsi que l’ilxi de nous a. été à portée de s’eu, assurer dès l’année 1771..
- En 17^7, M. Dellié étant venu -à Paris, il exécuta pour î’hotel de Môrt'âgno , cfetté même 'machine & plusieurs autres de son invention, dont M.. Vandermonde crut devoir enrichir la- collection qui lui est confiée : ceci prouve lé cas qu’on doit faire des inventions de M. : Dellié qui ont e. (te distinction. La première de ces machines est fai e pour arroser les draps lorsqu’on leur donne les apprêts elle a été établie en grand chez M. Prin , apprëteur, ,me Tire-Çjiapps. On . peut par son moyen donner d'apprêt par dessus & par dessous , ;à"la lois .ou séparément. M. Vaiidermodde- regarde le modèle qu’il a de cette machine comme un des objets nouveaux 5c utiles de sa .'collection;.
- Il met au même rang six autres machines qu’il a fait exécuter' d’après le plan & sons j/es yeux de M. Dellié, savoir ;
- rQ. Un modèle de dépeüssoir pour raser les petites étoffes de laine' par le moyen de la flamme,. à l’esprit de vin,.
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- a°. Le métier d’AÎImond pour la fabrication des petites étuffes de laine.
- 3°. Une petite frise potir ratiner les mêmes étoffes..
- 4°. Un petit modèle de dégraissoir des laines,
- £e. Un modèle de châssis pour le battage des laines.
- Après avoir vu & examine ces machines, nous pensons que quatre de ces sept articles sont assez important, de qu’on peut les regarder comme des preuves du talent de M. Dellié, ainsi que M. Vacder-monde l’a témoigné dans le teins au gouvernement.
- Nous ajouterons à toutes ces productions, i4*. Un moulin à retordre les fils de laine $ il nous a paru très-bien approprié à son objet.
- 2°. Un petit métier à rubans, approprié d'une maniéré ingénieuse & neuve à la fabrication des cordons de sonnettes. Par la méthode ordinaire, un bon ouvrier ne peut faire que 3o .aunes par jour de ces cordons. M. Dellié qui a. travaillé sur sa machine assidue ment, puisqu’il faiaoit de son travail un objet de commerce de de subfisr tance, en a fabriqué de 38o à 4°° aunes par jour.
- M. Dellié a exécuté outre cela des machines à filer le cctnn en gros «5c en fin , dans lesquelles il a fait plusieurs changeur en s au système de M, Mi lue. ; d’abord il a simplifié considérablement les rouages qui concourent au'mouvement des cylindres extenseurs des fils $ il a écarté ces cylindres par des cent-soixante-liuitiemes de ligue jusqu'à la concurrence de trois pouces ; outre cela ces machines ont été garnies de cÿlirilrés cannelés dans la plus grande perfection, par fcme nouvelle machine que l’auteur a imaginée pour cet objet important. Enfin il a changé la situation des brr cites qui sont dans cet état plas à portée de recevoir les fils qui s’enroulent dessus , ce qui diminue beaucoup le nombre des fils qui cassent dans la disposition ordinaire J M. Leroy regarde ce changement comme très-avantageux par toutes ces considérations.
- Nous terminerons cette liste des travaux de M. Dédié, que nous pourrions allonger encore, par dire que cet artiste s’est occupé à filer sur te# jermis les laines cardées , & qu’il a eti des succès d’après lesquels il doit être encourage à suivre un travail aussi important.
- Nous finirons cecte notice des inventions de iVL. Déifié, par une réflexion que leur examen nous a. donne lieu de faire : comme il est rare de trouver des artistes aussi instruits, de toutes les manœuvres de la fabrication des étoffés de laine, & qui joignent a cette cormois-sunce celle dos moyens mécaniques qu'on peut employer ou combiner utilement pour les rendre plus sûres, plus souples ôc plus promptes, il n’tst pas étonnant que toutes les machines nouvelles do M. Ddllé remplissent avantagea^euieut les vues qu’il s'est pro-
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- posées : nous croyons donc qu’avec ces t'aîens, il doit être encouragé à suivre l’impulsion, de son génie, en continuant à perfectionner la partie des arts dont il a fait une étude approfondie.
- En conséquence des détails qui precedent, & de ces dernieros considérations, nous nous croyons autorisés à proposer au Bureau de Consultation d’accorder à M. Dédié le medium de la première classe, c’est-à-dire cinq mille livres. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 26 Septembre 1792 ^ 1 an ae. de la République Française.
- BE5MARETS.
- Le C. Delîîé demeure au Temple.
- Rapport concernant le C. Mayer.
- “1 o
- IL il m.' JL
- JtL
- l'I DUS avons été nommés par le Bureau pour lui rendre compte des travaux de M. Mayer, sexagénaire infortuné.
- M. Mayer s’est occupé de l’art de lier ensemble un grand nombre de lettres, & de donner à cette liaison une forme agréable, sans rien ôter à leur lisibilité.
- On connoit depuis Iong-tems Part de lier ensemble quelques lettres. On voit encore de nos jours des chiffres formés de lettres initiales & liées entr’elles ; mais on ne s’étoit pas encore occupé , d’une maniéré aussi efficace, de lier un aussi grand nombre de lettres entr’eUes.
- M. Mayer qui a poussé cette liaison agréable de plusieurs lettres à un très-haut degré de perfection, n’a pu soumet; re sous les yeux du Bureau que le mot patrie Sc celui liberté. 11 a fait un très-grand nombre d’études qui indiquent ia marche qu’il a suivie clans ia perfection de cet art. Ces études gravées sont entre les mains uè M. litigen , Horloger, qui pnroit ne pas vouloir en confier des exemplaires à M. Mayer, leur auteur. Comme il âe-roit intéressant , pour bien juger le mérite de M. Mayer, & l’avantagé de ton invention , que le Bureau pût voir celte suite d’études extrêmement utiles aux progrès de Part, eu conséquence les commissaires soussignés prient M. ie Président d'écrire à M. Hügen pour l'inviter à présenter au Bureau de Consultation, les études, les dessins & les gravmes de M. Mayer, & en attendant que le Bureau puisse jug.er la récompensa que Pua accordera à M. Mayer, les commissaires défiteroient, en
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- céiYsideratlofl. de l’extrême'in Fortune cle M. Mayer , de lui accorder une gratification provisoire de trois cent livres , avec le riiînïnnuri de cette classe, -qui doit lui être accordé parceqa’il est sexagénaire.
- ( Conclusions adoptées. )
- A Paris , "au Bureau de Consultation , le 3o Mai 1792., l’an 4*? de la Liberté.
- SILVESTRE, HÀSSERIRATS.
- Le C. ‘Mayer est mort.
- -------^^wgEgaaEgnt»—— " 1
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- La loi naturelle, Catéchisme du çitôyen Français, Ch.F,„ Voiirey. i Ht. ? -
- Le Code de Morale 6 de Politique, mis à • la portée des jeunes Républicains par ' demandes & par réponses.
- La République Française . ou {a France affranchie de. toute Féodalité3 Poème pnitiutique en 3 chants, 15 s. v
- Mémoires Historiques & Politiques sur la Révolution de la Belgique & du pays de Liege, en tjÿ3 , car Publicola Chaussard, envoyé dans ces contrées en qualité de Commissaire National , par le Conseil exécutif provisoire de la République Française.
- I vol. in-80. 5 tiv. bioc. & 6 liv. franc de port.
- Observations sur le Muséum national, par le citoyen 'Lebrun, Peintre & Marchand de Tableaux, pour seivir de suite aux Réflexions qu’il a déjà publiées sur le même objet. 10 s.
- Fs s ai sur la morale, suivi d’un plan d’éducation nationale, par Jacques Mignard, avec ces épigraphes :
- H n’y a pas d’antre enfer que les remords.
- Il <dy a pas d’autre paradis que les jouissances du cœur.
- Dans l’état de société.
- La prison , ou la mort, est la punition du riloyen coupable.
- L'estime & l’amour, des. homme-s sont la rtoom^ei-ise du bon citoyen.
- Br. de 36 p a g. 15 s:
- Des icïées fortes & saines sur la véiirable morale de l’homme libre./ uue haine puissante contre les préjugés , des armes , toujours prises dans la raison pour les combattre : enfin ri Excellent “S idées sur l'éducation n'iionale , voila ce, qui lait- le mérite de l’ouvrage de Jacques Mignard’, ouvrage qui a mérite l’apnrobàticn de la Convention nationale , Sç qu, doit avoir ce le de tous les h cm me s éclairés.
- SVtircsser, pour tous c&s objets , au Bureau du C. Chemin.
- * ' “ ' 'VAÇ'* • . u“f:’ *.u : J ’ - ; -- :
- II prteoît de nos numéros de ces Mémoires par. semaine. Le prix de chaque numéro fépure 'ment c/l dre 2 sols 6 deniers, et celui de 'la' souscription pour Vannée ejî de 12 Uv. pour Pâtis, et de liv pour les départe me ns y frotte de port.
- On-souscrit, pour les MÉMOIRES Dû- BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS, ou JOURNAL DES INVENTION' , DÉCOUVERTES ET PERFECTION-N EM ENS DANS LES SCIENCES , ARTS ET MÉT ..ERS ,
- • ' H. A l’Imprimerie dit Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N9. J,, en la Cité„ Auras du Font RotrCrDame,
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- Noi. 65 , 66 & 07
- Rapport concernant le Citoyen le Masson.
- U mois d’Avril -dernier, M. je Masson , apres avoir rempli les formalités exigées par la loi, se présenta au Bureau de Consultation, pour obtenir une part aux récompenses nationales. Le perfectionnement delà poterie en général , Si celui de la porcelaine en particulier, étoient les titres sur lesquels il fond oit son droit * il présentoir à l'appui plusieurs pièces de terre cuite de de fragmens de porcelaine , qu’il assuroit être le produit de ses nouveaux moyens. Les commissaires que. vous nommâtes pour examiner ces divers objets & vous en rendre compte , jugèrent, d’après un apperçu général, que ces essais méritoient considération 5 mais en concluant toutefois que pour qu’ils pussent porter un jugement définitif, il falioit que M. le Masson fit constater la découverte qu'ii av- ;it laite des matières dont il se sert , qu’il leur en fournît des échantillons , sur lesquels ils pussent faire les expériences nécessaires pour s’assurer de leur nature, qu'il les travaillât & lés mélangeât devant eux, & qu’en fin il poursuivi, en leur présence ses opérations. jusqu'à leur dernier résultat. Vous fûtes de cet avis* Messieurs, & vous files donner h. M. le Masson des avances nécessaires pour le mettre en état de faire ûn voyage dans le département de la Manche, où sont les substances exigées par les commissaires.
- Après quelques mois d’absence, M. îe Masson nous a remis à son retour à Paris, 10. un arreté du département de la Manche, d’après lequel les directoires des di.st iets de Valogn.es Si de Cherbourg dévoient nommer chacun uir commissaire, pour s’assurer de l'existence, clans leurs ressorts respectifs, des matières annoncées par 1V1. le Masson* 2°. des procès-verbaux des commissaires nommés par les directoires des districts susdits.
- Le commissaire nommé parle directoire du district de Cherbourg, dit en subtàncë , dans un procès verbal très-detaille & fort bien fait, qu’il s’est transporte dans l’endroit d’où M. le Masson tire une terre blanche dont il fait sa poterie, qu’il a visité lui-même le fond du trou , Si qu’après il en a fait tirer a deux reprises une certaine quantité de terre qu’il a fait renfermer dans deux sacs, dont ii s’est saisi après les avoir scellés soigneusement sur la ligature Si sur les coutures pour les déposer a son district.
- -A cette piece. est. joint un cert ificat de ce district, qui atteste que les sacs lui sont parvenus eu bonne forme* ensuite se trouve une
- 2.°. Tiim. Octobre jpyd, 2bm. I, F if
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- mention de quelques préparations, que M. le Masson a Fait subir S. une portion de sa terre , 6c de son envoi à Paris , après qu’elle a été enfermée dans une boëte, 6c dans différens sacs , le tout exactement scellé du cachet de cette administration.
- Le procès-verbal du commissaire nommé par le directoire du district cîe Valognes, porte aussi en substance, qu’il s’est transporté, à la réquisition de M. le Masson , dans différens endroits de ce district, où il lui a montré diverses argiles qu’il désigne par leurs qualités apparentes , 6c des pierres qui s'e trouvent en grande quantité , dessous 6c dessus terre, dans un espace assez considérable, qu’il a Fait renfermer des échantillons de toutes ces matières dans des sacs qu’il a scellés, 6c fait mettre dans une caisse qui a été égalé-* ment scellée du cachet de ce district.
- Tous ces objets nous sont parvenus dans l’éfat spécifié par les commissaires susdits ; nous avons examiné les cachets a vec attention, 6c nous les avons tous trouvés .dans une parfaite intégrité.
- Cette vérification faite , nous avons été procéder à l’examen des substances en question. Nous nous sommes assurés que la terre blanche , prise dans le district de Cherbourg, est une argile ( a ) propre
- (a) L’argile est une terre particulière, qui sert.de base aux sels alumineux, & qu’on ne peut obtenir pure, q^e par la décomposition de ce se', c’est pourquoi la nouvelle nomenclature.Tàppelle alumine , mais l’usage a prévalu qu’on nommât argile en général les nombreux composés dont cette terre fait partie- Plusieurs portent des noms tirés de leur usage, comme de terre à foulon, de terre à potier de terre , à four , de terre de pipe, &c. On pourroit nommer celle-ci terre a porcelaine. On 1 appelle ordinairement kaolin, nom emprunté des Chinois, Toutes ces terres contiennent de l’argile , d s sables, & quelques autres substances qui souvent les colorent comme des métaux, des bitumes, &c- S’ils contiennent de la terre calcaire , on les appelle marnes.
- Il existoit autrefois une grande dispute entre M. Guettard, qui à ce qu’il nous paroit, avec raison nioit l’existence de la terre calcaire dans le kaolin, & M. Valmont de Bomare , qui soutenoit le contraire. L’e^prh de nitre versé sur celui de M. le iVlasson ne nous a do nné aucun signe d’eiïervescrnce. Nous avons obtenu de sa dissolution dans l’acide vitriolique , de l’alun , du sable & quelques pailletés de mica.
- L’argile absorbe l’eau qui la gond:, l’amollit & la rend liante, ductile, & propre à recevoir & à garder toutes les formes qu’on veut lui donner. L’eau qui en s’introduisant entre les parties d’une masse d’argile , 'es écarte & en augmente le volume j leur permet , en sévaporant. de sa rapprocher, & à la masse de reprendre son premier état } si dans ce mouvement, qu’on nomme retraite , ces parties se suivoient uniformément, un morceau d’argile pourroit alternativement passer de l’état sec à l’état humide, & réciproquement, sans aucune altération dans sa forme; mais comme il est difficile que le mouvement de chaque point soit simultané, souvent il se sépare, Sc jl s3 forme des fentes , dont la fréquence Sc la grandeur est en raison de celle de «a te traite Sc de l’inégalité de la dissicatioK,
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- à faire de la porcelaine , le vrai kaolin des Chinois ; nous avons observé dans cette terre, telle que la nature la donne , une grande quantité de sable quartreux très-lin & intimement mêlé avec elle ; nous l’avons ensuite comparée aux autres argiles qui passent pour les plus belles, sur-tout à celles qui viennent du Limousin , où il paroit que toutes les manufactures de porcelaines de France s’alimentent. Nous avons trouvé que celle de M. le Masson n"’en différé que par une teinte légèrement jaune , que le feu fait disparoitre , & que, par l'etat des sables que l’une & l’autre contiennent , celle de Limoges est parsemée de graviers & de peu de sable fin , tandis que l’inverse a lieu dans celle de M. le Masson, au moins dans les échantillons que nous avons entre les mains.
- Les substances prises dans le district de Yalognes sont différentes especes d’argiles teintes de diverses couleurs plus ou moins foncées. Quant aux pierres, nous les avons reconnues pour être du Spath pesant. ( b )
- Tontes ces reconnoissances faites , il falloit travailler ces matières, & voir si l’expérience coniirmeroit les propositions avancées par M. le Masson.
- On sait que l’art de la poterie se réduit à deux opérations principales, à composer la pâte, & à la cuire, après lui avoir donné les
- L’argile bien desséchée prend une dureté considérable , mais qui ne lui ôte pas la faculté de se détremper de nouveau ; si on l’expose à un certain degré de feu } Sa dureté augmente, & l’eau ne peut plus la dissoudre , quoiqu’elle continue à l’absorber.
- Si on la pousse a un feu plus violent , elle se durcit , par degrés , au point de jetter des étincelles sous les coups du briquet. Dans cet état, elle cesse d’absorber l’humidité , sans'toufefris , si elle est pure , laisser appercevoîr des marques sensibles de vitrification. Si on lui associe des corps fusibles , tels que les sels , les métaux , des quarts , des spaths , des sables , elle devient vitrifiable , elle contracte même cette faculté par 1 uni. n de la craie, du gips, &c. , qui seuls sont réfractaires, mais qui traités avec el e , forment un mélange plus ou moins fusible,
- (B) Spath en allemand signifie carré; de là vient cette dénomination donnée au* pierres qui se présentent sous cette forme , quoiqu’elles n’ayent presqu’aucune analogie dans leur composition. Le spath pesant est composé de souffre, si l’on n’aime mieux dire, d’acide vitriojique uni aune plus ou moins grande quantité de principe inflammable , & d’une espece particulière de terre calcaire. Suivant M. Monnet , on la regarde à présent comme une combinaison de l’acide sulphurique avee uns terre particulière qu’on a nc-mmée d’abord terre pesante, & que la nouvelle nomenclature appelle bargte. La pierre à laquelle l’a substituée M. le Masson , se nomme seld-spath, & est composée, suivant M. Monnet, d’argile de quart, de terre calcaire, & de magnésie. Il est certain que toutes les pierres du genre des vitrifiables, peuvent la remplacer , & faire tvec l’argile pure, de bonne porcelaine, comme l’a judicieusement observé M. Guettard. La substance qui joue dans cette opération le rôle principal , est là teuç siliceuse & elle produit toujours son effet, quelques soient ses co-associés.
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- formes convenables. Les qualités requises pour la pâte sont, *Q. qu'ellè soit assez maigre pour ne pas prendre en sécliant, trop de retraite qui feroit immanquablement gercer les ouvrages qu’on en aurait composés , & assez grasse pour se laisser travailler facilement; 2.0. qu’elle ait assez de soutien , pour ne pas nécessiter des étais de toutes parts dans l’intérieur des gazettes; 3g. que les corps insensibles à l’action de l'eau, qu’elle contient naturellement, ou qu'on lui ajoute, soient broyés très-fin, 6c soient de nature à 11e la rendre fusible qu’à un dégré de feu déterminé. -
- Quant à la cuisson., plus une pâte est réfractaire , plus la poterie qui en résulte est dure 6c parfaite; mais aussi la quantité de combustible pour la cuire comme il convient, étant en raison de cette ré-fractibilité , 6c l’économie étant une des perfections de l’art, il s’en-suit que le but qu’on doit se proposer en faisant la pâte , n’est pas d’avoir la pins réfractaire possible , ce qui est très-aisé * quand on a une argile peu mélangée de matières fusibles, mais bien plutôt d’obtenir un ouvrage excellent pour les usages auxquels 011 le destine , 6c qui se fasse à moins de frais possibles.
- On juge aisément de tout ce qui vient d’être dit, que l’économie seule & la difficulté de trouver des argiles réfractaires, ont pu faire adopter les ouvrages en terre' cuite 6c en grès fendre ; autrement on n’en auroit jamais fait qu'en grès le plus dur , qui , d'après les principes connus <3ç l’expérience , est la plus parfaite de toutes les poteries. La terre cuite la plus soignée n’est jamais qu’un magma «de sable mal empâté , poreux 6c perméable à l’eau. Pour qu’il la contienne , il faut le couvrir d’une laine vitreuse, qu’on nomme vernis à potier, celle" qu’on couvre d’émail blanc 6c qui se nomme fayance, est propre 6c agréable à l'oeil ; mais l’in égalité de la retraite de la terre 6c de la couverte , fait qu’elle se casse , si on la fait passer brusquement du chaud au froid, ou du froid au chaud,
- Les principes que nous venons d’exposer sont connus de tous teins; pour reposer votre attention fatiguée par l’aridité de ces détails , nous allons , en deux mots , rappeller l’origine 6c les progrès de Part delà poterie dans les siècles qui nous'ont précédés, 6c dire comment celui où nous vivons l’a vu porter au dégré de perfection où il est maintenant, 6c alors nous serons plus à même d'assigner ce que M, le Masson croit avoir ajouté à ses progrès.
- Les livres, des Hébreux parlent souvent cle vases de terre. Il sem^ 1)1 e que les Egyptiens dont ils teïioient toutes leurs connoissances s’en servoient bien avant le tems où ces livres ont été écrits; en effet il est à présumer que dès que les hommes se rassembleront en sociétés , ils cherchèrent à préparer des alimens par l’ébulition ; ils eurent besoin de transporter des liquides ; pour cela il leur fallut se procurer
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- (les vases. O.i peut supposer que le bois, des pierres grossièrement. creusées fournirent les premiers 5 mais les hommes s^etant apperçus de la -acuité qiEon avoit de donner à l’argile détrempée toutes sortes de formes , & après, de lui faire contracter par l’action du feu , une dureté solide, ils ne manquèrent pas de profiler de cette heureuse découverte. Aussi la poterie de terre a, connue nous l’avons déjà dit, été gomme de toute antiquité. 11 paroit q.u’en Grèce, son usage , étoit fort ancien , dès la fondation du Royaume d’Argos, nous dirions meme de celui de Scycionne, si l’histoire trop fabuleuse de ce dernier pouvoit être citée en témoignage. O11 dit que les Égyptiens répandirent cet art dans l’Asie Mineure, <Sc que leurs Colonies venant peupler le-Péloponaise & P Altique ,.Rapportèrent dans ces contrées aussi parfait pour les qualités de la matière , qu’il étuifc chez nous dans le siecle dernier, quoique peu avancé pour la beauté des formes 5 mais en se naturalisant dans ces climats où sont nées les Grâces, il partagea bientôt les effets, de ce sentiment, du beau que l’influence ^lu Ciel pur de la Grece, verse dans l’imagination des hommes. Il fit des progrès rapides quant à l’élégance des formes & à la richesse des orneiuens. Une chose frappante sur l’influence que nous attribuons au ciel de cette partie des beaux arts, c’est que la Colonie qui sortit de cette contrée pour aller fonder le .royaume d’Etrurie, cultiva pendant plusieurs siècles cet art, comme elle l’avoit apporté de la Mere Patrie, sans le perfectionner en aucune maniéré.- Ces productions parvenues jusqu’à .nous, & qui meublent les cabinets des antiquaires, sous le nom de vases Etrusques, prouvent , que , tandis qu/en Grece les formes continueient a s'embellir, cet art étoit resté stationnaire aux pieds des Apennins, .
- Dans* une fouille faite récemment au Cap Sigéé dans la Troade g d’un môle de terre de 22 pieds de haut, visiblement élevé par la main, des hommes, & que-d’après-la description eP Ho mere, 011 reconnoit pour être le tombeau d’Achille, on a trouvé parmi d’autres objets r des tessons de pj nsieurs- vases , qui rajustés-sur des noyaux.de plâtre ont donné des formes.étrusques. U f uit - remarquer que l’émigration, de cette colonie avoit eu lieu peu de teins avant le siégé de iroyes. On voit sur ces tessons des caractères <5c même des figures humaines faites en vernis à potier, preuve qu’on s’en servoit alors.
- L’art de la poterie a passé au travers de plus de 40 siècles, sans recevoir aucun changement. du coté de la matière , ce n’est que-depuis peu de teins-qu’on a songé à son perfectionnement..
- En rapportant les progrès de Part de la poterie parmi nous , il serait naturel de commencer par les ouvrages en terre Cuite, puisque le gros passe d’abord par cet état, mais une circonstance particulière fit en premier lieu travailler à la perfection de celui-ci.
- On nous apporta des Indes Orientales, immédiatement après la de-couverte qu’eJù. firent les Portpgaiijfc des. vases d’un, superbe grès.
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- blanc > connu sons le nom de porcelaine ; mais ce n'est que vers ces derniers teins qu'on a taché d'imiter en Europe cette belle poterie; ou y possédoit pourtant les belles matières qui la composent, qui sont de l’argile blanche de des pierres fusibles ; mais soit que trompés par la demi-transparence , les artistes , au lieu de suivre les principes que nous venons d’exposer sur la confection de la poterie de grès, voulussent trop rapprocher leurs ouvrages de l’état vitreux , 6: missent dans leur composition sur une quantité donnée d’argile , trop de matière fusible , le résultat de ce mélange ne donnoit au feu qu’unè fritte presqu'aussi fragile que le verre. En Saxe, le Lazard révéla le secret de faire cette poterie aussi parfaite que celle de la Chine Sc du Japon, & ce pays faisoit le commerce d’une superbe porcelaine, tandis que nos savans les plus éclairés s’effor-çoient, îuais en vain, d’atteindre ce qu'avoient produit les jeux de l’aveugle hazard ; iis étoient pourtant aidés de renseignemens nombreux , envoyés par nos missionnaires, & sur-tout par, le mémoire du père d’Antrecolles , où l’on trouve des détails assez bien faits, il quelques erreurs près, faciles à Corriger pour des savans. La porcelaine n’étant qu’une poterie dé grès , en tout semblable au nôtre, si l’on en excepte la blancheur 6c la finesse , il est incroyable que fa manier© de la faire parfaite ait été trouvée si tard , nous ne dirons pas, par nos habiles chimistes, mais par le premier potier de terfe , intelligent. Ou avoit en France les deux matières composantes, oil en. avoit même des échantillons apportés des Indes, il ne res-toit plus qu’à les mêler ensemble dans une juste proportion, qui pouvoit se trouver par le simple tâtonnement. Il n’y a cependant gueres plus de 20 ans, que MM. M&cquer & Mentigny sont venus à bout de mettre en Usage la pâte dont on se sert pour faire*la porcelaine dure de Sèves, qui a toutes les qualités de la plus belle qu’on connoissô, & qui est composée d’après les principes déduits ci-degsus,
- Il faut pourtant convenir que M. Lauragais fit en 1765 ou 1 j66 9 cle belle porcelaine; mais il Cacha son procédé. M. Guettard qui avant lui , avoit également bien réussi, ne fit pas mystère de sa* découverte , il la donna franchement au public, accompagnée de remarques dignes de la réputation de ce savant physicien 3 mais on n’introduisit de fait ces progrès de l’art dans les manufactures, qu’au tems que nous venons d’assigner. M. de Réaumur , qui avant eux avoit fait des recherches sur cette matière , avoit laissé son ouvrage imparfait.
- Le perfectionnement de la terre cuite est établi sur les mêmes principes, & a suivi de près celui de la porcelaine 3 la pâte de celle-ci réduite en biscuit ferait -avec une couverte, une terre cuite superbe. Les ouvrages qu’on nomme de terre fine , faits eri Angle-* £erre & ailleurs, dont les uns?ont pour couverte un émail blanc
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- Ott entre le plomb , les autres un vernis qui n’est qu’une fusion: superficielle i occasionnée par le sel marin , toutes ces • poteries , disons nous , sont faites par des procédés analogues à ceux de la porcelaine, excepte que, quoique assez dures, elles sont moins cuites j argile plus ou moins blanche, bien lavée , fondant qui est ordinairement un silex calciné 6c broyé avec soin , voilà ce qui les composé.
- Nous ne parlerons point des ehjolivemens que les .Anglais se sont appliqués à. donner à leurs vases, des teintes diverses avec la tnan-gaiiaise, avec ie cobalt, &c$ des sculptures de différentes especes qui -rendent leurs ouvrages vraiment très-àgréabies ) mais ces minuties s’éloignent de notre sujet.
- Ce n’est qu’après s’être bien instruit de tout ce que nous venons de rapporter que M. le Masson a cherché à perfectionner les procédés ^ pour faire la porcelaine. Il est le premier que nous sachions, qui se soit servi de spath pesant, il est bien mention dans un mémoire de M. Monnet sur cette pierre, inséré dans le journal de physique, année 1776', d'un projet d’en faire usage à la manufacture de Sèves , mais il ne psroit pas qu'il se soit effectué. Ce Spath rend la pâte belle, 6c par un liant qui lui est propre , facile à se travailler 5 enfin M* le Masson a trouvé le moyen de se servir de son kaolin , seul sans addition d’aucune autre substance. Cette simplifieition, qui épargne une partie du hrqyement , est. très-précieuse , 6c doit mériter beaucoup d’éloges à son auteur.
- Pour nous assurer par nous-mêmes de tous ces faits, nous l’avons fait travailler en notre présence , 6c pour nous assurer de son savoir faire, nous lui en avons demandé une très-réfractaire, une autre d’une quantité moyenne, telle qu’011 l’employe ordinairement, 6c enfin une troisième plus fusible, Il s’est mis a l’ouvrage, 6c il a fait les trois compositions demandées, il 11e restoit plus qu’à cuire les objets préparés.
- Paris offre une quantité de manufactures de porcelaine} mais outre que les entrepreneurs ne permettent pas aisément de disposer d'une petite place dans leur four, il seroit presqu’impossible de composer une pâte justement au même degré de. réfractibilité , diurne autre faite séparément, par des procédés diffère ns condition sans laquelle l’expérience ne peut réussir. Nous avons donc été obligés de recourir à d’autres expédions , d’employer le feu de forge.
- Le feu animé par le vent, prend une énergie infiniment supérieure à celui qui manque de cet agent, fut-il en grande masse. Nous nous sommes convaincus par l’expérience ‘qu’un feu de forge de trois heures , bien alimenté , produisoit plus d’effet qu'un chauffage de quarante heures, dans "les fours de porcelaines ordinaires $
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- rorti-s il a l'inconvénient de se distribuer mai, il est difficile par~ conséquent d’échauffer également dans tous ses points l’objét qu’on j expose , accident très-;défavorable à notre opération. Un autre inconvénient peut-être plus pernicieux, c’est que la pâte, pour prendre un grain serré & .régulier , doit s’affaisser par degrés lents , ce qui ne peut avoir lieu, si elle est saisie par un agent brusque qui la tourmente avec violence, pour l’entraîner à'Pétat où l’on veut la réduire , tandis que le feu des fours l’y conduit, pour ainsi dire, en la caressant*
- C’est avec ce désavantage que nous avons commencé nos essais. Dans les premiers, M. le Masson a voit renfermé les pièces qu'il vouloit cuire, dans un creuset de Hesse ; mais Poxide de fer doit ils sont remplis, s’est déchargé -sur ce qu'il contcnoit, Sc la cuite a été gâtée.
- Pour obvier à cet inconvénient , il a pris le parti de faire des creusets de sa pâte, d'enfermer dedans les objets qu’il vouloit avoir purs, Sc de faire cuire en même-tems le contenant Sc le contenu. Ce moyen a réussi, à quelques aceidcos près, qui nous ont obligés de recommencer plusieurs fois la même opération. Nous n’en citerons que trois. La première, après un feu très-actif de trois heures, le creuset exposé à feu nud -, présentent dans ses cassures un grain fin Sc serré, analogue à celui de la porcelaine du Japon; les objets renfermés Sc d’une pâte plus tendre, étoient cuits en porcelaine d’une*grande blancheur Sc d’une belle transparence; un de ces objets a été mis dans un des fours de porcelaine de, Paris ; mais il n’a pas cui davantage , & nous sommes, sûrs que le degré de cuisson qu’il avoit, étoit supérieur à celui que ce four peut donner.
- Pour la 2,e. expérience , nous avons mis dans un creuset des médaillons de pâte réfractaire, avec des tessons de porcelaine de la Chiné , de Sèves & de plusieurs autres manufactures de France. Le feu a été poussé avec vigueur. Les deux premières seules ont résisté , le reste a été fondu ; les médaillons n’étoîent pas bien cuits. "Quand nous disons que. les premières *onf résisté, c’est-à-dire, qu’elles ne sont pas entrées dans une fusion parfaite , mais elles ont donné des signes d’un très-grand ramollissement.
- lia' 3°. expérience a été faite pour comparer entr’eîles les différentes préparations de AL le Masson. Nous avons mis la plus réfractaire avec lès plus tendres, Sc dans un fen violent; ces dernieres' ont été tondues , Sc la première 11’étoit pas suffisamment cuite.
- Il résulte de cet exposé, Messieurs, que M. le Masson a fait, par des moyens économiques, une pâte de porcelaine , qui se.comporte parfaitement "bien au travail, & qu’il sait rendre à volonté ou très fusible^ ou si réfractaire, qu’aucun feu connu ne peut la.
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- fondre , que cette, pâte se convertit par l’action de cet agent en' une très* belle & très-bonne porcelaine. 8
- Le manque de creusets fait le désespoir des chimistes ; ceux de liesse altèrent la couleur des substances qu’on leur confie, ils les laissent quelquefois transuder au travers de leurs pores , ou se fondent avec elles. Ceux de porcelaine extrêmement réfractaire, seuls obvient à ces inconvenions ; mais ils ont celui d’être trop chers. M. le Masson en a fait qui , soumis aux plus rudes épreuves par nous <3c par MM, Vauquelin oc Fourcroy, ont été trouvés excellens, Sc la simplicité des procédés de M. le Masson fait qu’il pourra les donner à un prix raisonnable.
- M. le Masson a aussi porté ses vues sur le perfectionnement économique des poteries plus communes $ il en a fait une d’un genre excellent, & assez agréable à l’oeil, du mélangé de son kaolin avec une argile ordinaire, c’est une espece de porcelaine grossière qu’il pourra donner à bon marché.
- Son travail sur les terres fines tend à épargner le broyement des matières qu’il employé, <Sc à varier la couleur de ses vases par le seul mélange des argiles , sans employer les matières colorantes , dont se servent les Anglais 5 il a de plus- inventé des instrumens , au moyen desquels il les couvre en un instant d'ornemens. Tous ces procédés qui ont l’économie pour objet, lui ont fort bien réussi dans la pratique.
- Ces travaux ingénieux faisoient honneur sans doute à un homme pourvu de toutes les ressources qu'exigent ces recherches difficiles, mais ils décelent bien plus de génie dans celui qui, comme M. le Masson, dénué de tous secours , est parvenu sans aidé à franchir l'es obstacles qui ont du nécessairement l’arrêter dans sa marche.
- Mais, Messieurs, de tous les objets présentés par cet artiste, celui où nous attachons le plus de prix, est la découverte qu’il a -faite de son kaolin. Il faudroit, pour profiter des richesses dont la surface de la terre est parsemé^ & qu’elle renferme dans ses entrailles , l’éplucher pour ainsi dire grain à grain, ou la creuser dans tous ses points-; les naturalistes qui de têtus à autres ,ont parcouru rapidement nos provinces, n’ont, pu faire attention qu’aux objets les plus apparens, ou qu’un cas fortuit mettoit sous leurs yeux. Il n’y a que ceux qui habitent constamment une contrée, qui soient en état de faire des recherches minutieuses qui ne laissent rien à désirer, sur les objets d'histoire naturelle que chaque canton peut produire, mais malheureusement, il est rare de trouver au milieu des campagnes , des personnes qui ayent assez d’intelligence ôc de connoissariée pour faire ces' recherches avec fruit. Comme elles demandent beaucoup d’attention , de tems, de peine & de constance,
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- il faut de plus que ceux qui s’y livrent soient animés d’une pas-' sion qui les rende insensibles à la fatigue & à l’inclémence des saisons; il faut que le génie qui les possédé dans la veille ou le sommeil, ne les1 laisse jamais perdre de vue leur objet favori. De tels hommes. Messieurs, sont précieux pour les arts , & M. le Masson doit occuper un rang distingué dans cette classe ; une ardeur violente pour les recherches dont il s’est occupé , lui ont fait abandonner un état lucratif qui suffisoit à sa subsistance*, il a eu le bonheur de voir ses peines couronnées d’un heureux succès, & les avantages qu'il a obtenus rendent probables ceux que la société pourra retirer par la suite de la continuation de ses travaux , dont le genre est un des plus précieux pour elle. En effet la poterie de terre est un de ces arts dont on ne peut trop faire l’éloge, il étend ses bienfaits sur l’humanité toute entière. L’homme vit au milieu de ses productions , le toit qui le couvre, les murailles qui l’environnent, les carreaux qu’il foule aux pieds sont souvent son ouvrage, Sous une humble forme , il fournit à peu de frais au pauvre les ustenciles dont il ne peut se passer. Tout en les servant, il releve le faste des riches ; quand il veut plaire, il n’est point d’art plus séduisant, il enchante par la finesse de la matière , l’élégance des formes & les grâces du dessin, il éblouit par l’éclat des couleurs. Il n’est pas jusqu’aux sciences <5c aux arts qui n’ayent besoin de ce^ secours, il leur fournit divers instrumens , & sur-tout les creusets/que rien ne peut remplacer. Nous devons vous faire observer que M. le Masson embrasse cet art précieux, presque sous tous ses rapports.
- De cet exposé, il suit, Messieurs, que M. le Masson doit avoir part aux récompenses nationales, & que vu l’importance de l'objet & les dépenses qu’il a faites^ en perte de tems ou essais, il doit obtenir le maximum de la première classe, c’est-à-dire 6ooa liv. , en conséquence , Messieurs , nous vous proposons de prendre l'arrêté suivant, ( qui a été adopté. )
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport des commissaires, tendant à accorder à M. le Masson le maximum de la première classe des récompenses nationales , à raison de 6000 1. ; l’objet mis en délibération, le Bureau considérant que M. le Masson a trouvé un très-beau kaolin dans un pays où l’on n’en soupçonnoit pas l’existence ; qu’il en a fait de belle & bonne porcelaine par des moyens plus simples que ceux qu’on a voit employés jusqu’à présent; qu’en mêlant son kaolin avec une argile plus commune , il a fait une porcelaine moins belle, mais d’une très-bonne qualité, & qu’il pourra donner à.un prix médiocre; que par divers autres mélanges d’argile , il est parvenu à faire , par des moyens économiques, des vases de terre cuite, fort agréables parla forme, par la finesse de la pâte & par la couleur , qu’il a inventé des instrumens propres à couvrir en un instant ces vases d’ornemen^; considérant que ces travaux qui
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- •ont exigé des dépenses de la part de l’artiste, tendent à multiplier tous ces genres de poteries & à en diminuer le prix , est d’avis que M. le Masson mérite le maximum de la première classe.
- A Paris, ce 3i Octobre, l’an premier de la République Française.
- JUMELIN.
- GRAVURES.
- I ’Êgall té, estampe gravée avec espiit & caractère , représentant 1a dépo Itions des croix de Si -Louis, & médailles des charbonniers , marques ai tinctives de l’ancien régime , inscrites sur le même registre , & déposées au secrétariat de la Municipalité, ï 1. au bistre & noir, beau papier, & i 1. to s. pour les départemens bien enveloppée.
- Carte de France , divisée en 84 Départemens, dres é? d' près les observations de l’Académie des Sciences. On y a tracé les routes que renferme chaque Département. Cette carte est dédiée aux voyageurs, deux autres dont l’une eat enluminée de maniéré à faire voir la position des onze armées de la République Française , & l’autre pour suivre la marche des armées dans l’AÜemage & les pays-bas. Ces trois cartes, pliées & encaiionnées , avec le tableau des 84 Dépaatemens & Districts, format in-80 , pour être mis en poche, se vendent To liv.
- Mémoires secrets & critiques des cours , des gouvernemens & des mœurs des principaux états de l'Italie, par Joseph Gorani. 3 vol.
- Tout est peint dans cet ouvrage avec des expressions fortes & vraies, histoire naturelle , art militaire , commerce, etablissemens d'éducation, de bienfaisance , administration , .tout y est relevé avec les désordres qui dans les gouvernemens corrompus s’attachent à ces grands objets d’utilité générale.
- Cartes des Postes de France , divisée en 8,3 Département, avec deux Cartes, Odographi-que s, ou tableau des distances des principales villes de la République , ports de Mer, é’ autres villes de l’F.urope , relié & cartonné, par Desnots, chr-z lequel on trouve toutes les Cartes relatives à la guerre présente.
- Constitution Française , acceptée le 10 Août 1 793 , gravée avec soin, grandeur de S pouces sur 6 pouces , ainsi que la nouvelle Déclaration des Droits de l’homme, même grandeur & meme prix. 1 b.
- Nor<z. Le g-areur ayant employé le meme format que pour la Déclaration des Droits de l’homme , les amateurs seront très flattés d’en orner leurs cabinets.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Ce que je crois être la vérité, ou Réflexions impartiales, applicables à la Révolution, «a suggérées par elle; par le cit. J. A. R. D. 77 pu g. d’impression. 1 1.
- Rapports de la Commission des finances , & Loix sur la dette publique , sur sa consolidation , snr l'emprunt volontaire & sur l'emprunt forcé ; suivis de l'Instruction sur '-l’emprunt forcé ; imprimés par ordre de la Convention nationale. Paris, 1793,* 1 V<)1» in-8°. de 130 pag. aveç deux tableaux. ( Imprimerie nationale. ) 4 R
- .Tablettes d’un curieux, ou Variéiétés historiques, littéraires & morales. 1 L 16 sa
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- Une personne qui cuttivoît les lettres & qui les a'mo't, ave't contura.e 4e nieïrô part le petit nombre de broch res & feuilles volantes qui lui sambloient dignes d'étrè conservées, & de faire transcrire , dans div rs ouvrages périodiques, les morceaux les plus estimables : ce sont ces mélanges qu’on a réunis , & qu’on offre au Public sous le titre de Tablettes d’un curieux : on verra que ce curi ux avoir que'que discernement dans le choix des débris qu’il. voaloit sauver de l'oubli j on trou, era aussi dans ce Recueil quelques pièces qui n’ont jamais été imprimées.
- Les bizarreries du destin, ou Mémoires de Miladi Kihnar, vol..in-ii , nouvelle édition*
- 3 1. io s.
- Cet ouvrage est fait pour être, distingué de cette foule de rom ns dont nous somme® inondés journellement : on n’y rencontre point de ces événemens qu : l’imagination, enfanee pour tâcher d’intéresser les esprits avides du merveilleux j mais ce qui est p éférable , on y tioirve beaucoup de situations pathétiques, amenées par les événemens, & qui saisissent & affectent d'autant plus le cœur quelles peignent la nature & portent le sceau ,cie la v -rite, ctes sentimens & des caract'res pop tes a faire admirer la vertu & a eu ir-spir r lo goût.
- Voyages en Guinée & dans les Isles Caraibes en Amérique , par Paul Eïdman Isert , c.i-devant Médecin’, Inspecteur de possédions en Afrique, tirés de sa c :>rresr on • dance avec ses amis , traduits de l’allemand, r vol. in-8°. de plus de 400 pages avec'figures , 5 I.
- Le principal motif qui a conduit 1 Auteur de ces Voyages en Guinée, & ensuite en Amérique, a été l’étude de la nature. A son arrivée dans e s contrées, il trouva mille objets nouveaux qui , sans appartenir proprement à l’eistoire naturelle, méritoient cl cire i\ cherchés ; ses lettres en sont le fruit. O11 ne trouvera pa- dans son ouvrage une description cosmologique , géographique ou topographique des pays qu’il a parcourus : l’histoire de la nature & de 1 homme, voilà quel a été son principal but. 11 s’es: attaché à faire conno tre l’IÜstoiié , les moeurs & les usages d.s peuples sauvages : il y développe, avec une sag cité rare, les trats qui caractérisent les Negrn’s de 1 À-frique de l’Amérique 5 leur courage dans la guerre & leurs travaux dans la paix, y sout tracés avec la plus grande fidélité: en un rnor, cet ouvrage piquant doit être recherché "de tous ceux qui désirent connoitre à fond la Guinée, la Martinique & les ï s ! e s Caraïbes* contrées sur lesquelles nous avons déjà beaucoup de relations, mais qui paraissent nouvelles sous la plume G F. r dam Isert.
- Essai sur les subsistances , les cqntriibutions-publiques & Véducation.
- Dans la première partie , sous le titre d’essai sur les subsistances , le droit de la propriété y est défini selon les loix de la raison & de l’éternelle justice. L’ .ùteur y prouve non-seulement la.nécessité, mais la possibilité de taxer les matières premières.
- Dans la deuxieme partie , il offre un svstême nouveau de contributions , qui concilie parfaitement l’intérêt particulier ave g le bien général.
- Dans la t roi si, me , intitulée sur l’éducation, l’auteur y développe des principes 'îé-mentaires , & prouve que c’est par l’oubli de ces principes, & les difficultés, do t on a toujours entravé l’instruction publique, que l’ignorance & l’esclavage se sont perpétués si long-temps.
- .L auteu , membre dû departement de Paris, en a fait hommage au conseil-général, qui en a ordonné la mention civique sur ; es registres , & les membres du .directoire ' nt unanimemen approuvé les principes & les sentimens qui ont dicté cet intéressant ouvrage,
- S adresser , pour tons ces objets, au Bureau du C. Chemin.
- On s'abonne chez Chemin, Imprimeur, Rue de Glatigny 9. E9. yj, en la cité > & Lerevre , Architecte-Entrepreneur 3 Rue S.-Sauveur fE9i 19?
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- MACHINE
- A BATTRE LE BLED!
- Rapport concernant le C. Prudon.
- I-i'EPI de bled est composé de cellules que les botanistes ont nommées balles. Ces cellules qui renferment chacune un grain de semence, sont disposées en quatre rangées autour de l’extrémité de la tige , qui leur sert d’axe ou de support. Si la balle qui est composée de paillettes minces & coriaces vient à s’ouvrir, le grain qu’elle contient n’ayant plus rien qui le lie au chaume qui Pa nourri , la quitte spontanément. Cet effet est à peu-prés tout ce qu’on se propose dans le battage des bleds ; il peut s’opérer com-
- Flettement , soit en pressant, soit en frappant, soit en tortillant épi. llien de si aisé que de faire sortir le grain de la balle , quand on opéré sur une petite quantité de bled / mais si, pour expédier promptement , on soumet aux agens qu’on employé 9 une couche de 3 ou 4 pouces d’épaisseur , il faut alors une secousse violente , ou une pression très-forte, pour atteindre tous les épis enveloppés dans cette masse.
- Les moyens pratiqués pour faire sortir le grain de bled , de son enveloppe, sont la pression & le battage. Le premier se pratique dans tout POrient ; l’agent dont on se sert dans ces contrées sont les pieds des animaux. Après avoir disposé une aire en forme de manege , on couvre sa circonférence d’une couclie de bled de 3 ou 4 pouces d’épaisseur , & l’on fait promener sur les épis des bœufs ou des chevaux , jusqu’à ce que tout le grain en soit dégagé.
- Le battage proprement dit, est la méthode usitée dans le vNord, Le moyen le plus simple dont on se soit servi jusqu’à présent pour cette opération, sont les coups de fléau, instrument dont personne n’ignore la forme & l’usage.
- Le battage au fléau se fait avec beaucoup de peine. Il occupe une grande quantité de bras dans les campagnes ; pour économiser le tems <Sc la fatigue des hommes, on a tenté plusieurs fois de lui substituer des machines qui fissent l’ouvrage plus vite de à moins de frais : c’est dans cette vue qu’a été imaginée celle qui fait le sujet de ce rapport. Comme cette machine n’est pas à beaucoup près la première de son espece, il ne suffira pas d’apprécier sa valeur relativement au fléau j car elle pourrait avoir swr ^
- 3e. Triai, Tom. I, ^ S 5
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- avantages, & être encore inutile., ce qui seroit en effet s’il en existait une autre du même genre , qui lui fût préférable. Polit' éclaircir & simplifier la question., nous allons comparer au fléau , d’abord toutes les: machines à battre le bled , qui sont venues à notre counoissance% <5c ensuite, nous comparerons à celles-ci, le battoir du C. Pmdon.
- La Simplicité ésr un des premiers attributs de la perfection. Sous ce rapport , le fléau l’emporte d® beaucoup sur toutes machines qu’on pourront ftii comparer $ mais'pourtant il seroit aussi dérai-sonable de se laister séduire par cet avantage, quelque précieux qu’il soit, que d’adrnirer comme .le font beaucoup de • gens , un objet , par cela seul qu’il est compliqué. Sans chercher de ce fait des exemples hors de notre sujet , la plupart de ceux qui verront un homme seul faite mouvoir une demie douzaine de fléaux à la fois , étonnés &' étourdis par le bruit & le mouvement de cette machine , croiront sans savoir pourquoi , mais sans que rien puisse les en dissuader, que celui-ci, avec tout son fracas, produit plus d’effet qu’un autre qui travaille de toutes ses forces avec un fléau ordinaire.
- Toutes les fois que Pjiomme peut appliquer, sans risque, immédiatement ou à l’aide crun simple instrument , son action à l’efiet qu’il veut produire, il ne doit jamais faire usage de machines , si lion dans les cas énoncés ci-après.
- i°. Quand par la position d.es objets, Faction musculaire se fait .dans un sens qui lui est défavorable, lorsqu’elle est dirigée, par exemple, de bas en haut, de cote, &c.
- nü. Quand la résistance, surpassant la puissance,, oblige de coq* vertir la vitesse en force , de recourir au levier ou au plan mcune> eu bien quand la résistance qui doit être vaincue pendant long-tems, est fort au dessous de îa puissance de l’homme, alors pour sauver le teins , on a inventé de mettre, du mouvement, pou;* ainsi eHre , dans un réser/oir, chou il s’écoule lentement ôc par degrés uniformes. Tel est le but du tourne-broche , &c.
- Ou bien , l’cm rassemble plusieurs de ces résistances , pour les vaincre toutes à la fois j de là l'invention des machines, a filer x à dévider, &c. ;
- Si l’on applique ces piincipes à l’usage du fléau , on se convaincra aisément qu’ils sont en laveur de cet instrument. Il demande une forte action de haut en bas, & c’est précisément la direction îa plus favorable aux. muscles des extrémités supérieures, il peut employer la force d’un homme toute entière , & cette force lui suffit.
- Mais il nous reste encore 'a examiner deux cas, où ’es machines peuvent être d’un usage très-avantageux 3 dans le premier, on les
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- êjtipîoye pour donner a un- mouvement irrégulier ou .d’accès-, tin cours uniforme & constant, on gagne, par la la perte qu’occasionné l’intermittence. On doit ranger dans la classe des machines qui produisant cet effet, celles qui ont été inventées pour battre le bled. Enfin I’ on doit avoir recours à certaines iimchin.es,- quand on veut obtenir, avec célérité-, une précision qui surpasse l’adresse .de l’ai> tiste le plus habile, tel est le tour, <3cc.
- Après avoir donné les machines à battre le bled, pour un exemple particulier, d’un cas où les machines en général sont utiles, il semblerait que nous ayons pour elles une prédilection spéciale. Nous croyons en effet qu’il serait possible d'en établir qui obtins* sent une approbation générale'- Celles qui existent onf bien , il est vrai, l’avantage de rendre uniforme la quantité -tlè'mouvement- eue le fia au n’exerce que par intermittence $ car le batteur passe la moitié de son teins à élever son fléau qui ne pess que quelques" livres. Cet effort n’équivaut pas au quart de la quantitémle mouvement qu’il pourroit produire sans interruption , oc l’usage d’une machine sauve cette perte', comme nous allons le voir dans un instant. Mais cfet avantage est fortement balancé par •'d’autres que possédé le fléau. i;
- Si le batteur n’employe constamment toute sa force, il se fatigue moins, se conserve davantage, <Sc peut travailler plus long-tems. P’aiileurs son ouvrage, toutes choses étant égales, est plus profi-tab.e que celui des machines ; son fléau donne un coup de fouet qui lui est propre. Ce mouvement fait rebondir la paille qui, soulevée & éparpillée, reçoit, pour ainsi dire en l’air, le coup qui succédé , avantage précieux dont les machines sont absolument privées. Ajoute» encore que l’œil du batteur dirige, ses coups vers les endroits de Caire qui en ont besoin.
- Après cet examen général des raisons qui doivent faire admettre ou rejet ter l’usage des machines dans le battage des bleds, passons à hexamen particulier de celles qui ont été inventées pour cet effet, 6c qui sont parvenues à notre connoissance.
- Ce? machines doivent être distinguées en celles qui foulent le bled , comme les piecls des animaux, & en celles qui le frappent à la maniéré du fléau. Nous n’en connoi-ssons qu’une de la première espece : c’est un chariot à quatorze roues de fer fondu ; on le fait alier Sc venir au moyen d’un cheval , sur deux couches de bled rangées dans une aire, fort longue. Rozier , Mans son cours complet d’agriculture, en attribue l’invention à un laboureur Suédois, nommé Péperson , du village de Niunndal, de la province de Ma-delpadel. Le C. le Roy, qui a eu la complaisance de nous communiquer un rapport fait autrefois par lui à l’Académie des Sciences,
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- sur l’objet qui nous occupe, en fait honneur à M. Sctiîsef* Ait reste cette machine fut présentée à l’Académie de Stockolm , en 1761.
- Les machinas inventées pour frapper sur le bled à la maniéré du fléau, sont assez nombreuses. La plus ancienne fut présentée à l’Académie des Sciences en 1722, par M. Duguet $ Le dessin que vous avez sous les yeux, qui est tiré du 4e. volume des machines de cette compagnie, en donne une idée assez exacte. On voit que quand l’arbre a fait des demi-tours, au moyen d'une mécanique convenable, les leviers B tombent avec accélération , alternativement de chaque côté , sur les épis étendus sous leurs coups. Ces leviers implantés sur un emboîtage qui glisse sur l’arbre A, changent à chaque coup de position, de ne frappent jamais de suite dans le même endroit.
- La seconde de ces machines, dans l’ordre des tems, fut présentée à la même Académie , par M. Malanagny. C’est pour elle que le C. le Roy a fait le rapport que nous avons cité plus haut. Cette machine consiste en une cage de bois , dont la forme est un carre oblong, qui porte sur chacun de ses longs côtés une rangée de 5 pilons ou maillets. Ces pilons sont mus au moyen d'un arbre horizontal, à peu-près comme ceux des moulins à poudre ou à foulon, & frappent sur deux couches de bled, étendues des deux côtés de la machine, qui, montée sur des rouleaux, reçoit un mouvement progressif de l'arbre qui fait lever les piloris, en sorte qu’elle se promene d’elle-même pendant le travail.
- Les deux machines présentées, figures 3 & 4 » la première de Han* sen , la deuxieme de Forestier, sont décrites dans le cours complet d’Agriculture de Rozier, au mot fléau. L’inspection du dessin suffit peule popr en. donner une idée, sur-tout de la seconde, Pans la première les fléaux sont abaissés par l’élasticité des cordes qui les sour tiennent , & soulevés par les mentonets de l’arbre , qu’on apperçoit derrière le châssis qui porte tout cet équipage.
- Pour ne rien oublier sur ce qui concerne les machines à battre , nous rapporterons l’annonce d’un ouvrage qui se trouve dans 1(3 journal de Rozier. Cette annonce est ainsi conçue :
- 'une à battre les grains, par M. lley de Planezu, Juillet
- 1786.
- 3» Deux hommes, sans se fatiguer, font autant d'ouvrage, avec *> cette machine, que 64 par le procédé ordinaire. Cette machine » est composée de plusieurs fléaux mus par un cylindre garni d’al-»> ludions. Un homme , par le moyen d’une manivelle, fait mouvoir » le cylindre ÿ tandis quhm second pousse les gerbes sous les fléaux. »
- II
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- 2.6 9
- Enfin, tmô sixième machine de cette espece Ait présentée à la société d’agriculture en 1789 , il est à propos de rapporter le jugement de cette compagnie.
- EXTRAIT des registres de la Société d’Agriculture, du 2.7 Août
- ‘7S9
- La société a nommé M. Tillet & moi, pour lui rendre compte d’un battoir à grains , présenté & imaginé par M. Brun de Condàmine. Il y a 18 mois (pie ce citoyen en avoit déjà présenté un autre , de ce dernier n’en différé que parce qu’il est propre à être rnu par un cheval. La société pensa alors que M. Brun de Condàmine devoit s’occuper de faire faire un battoir en grand, pour juger de ses effets qu’il est difficile d’apprécier ou prévoir , en 11e voyant que des modèles en petit. M. Brun s’y détermina, & des commissaires furent nommés pour assister à l’expérience, qui étoit publique dans le jardin de l’Infante.
- Les commissaires parurent satisfaits du développement des fléaux, de la facilité à mouvoir à bras la manivelle; mais l’auteur n’ayant pu essayer son battoir que sur de la paille , de laquelle néanmoins il sortit encore beaucoup de grains, ils ne crurent pas devoir présenter à la société leur rapport, jusqu’à ce qu’il fût possible à M. Brun de Condàmine de comparer l’effet de son battoir avec ceux produits par un batteur avec le fléau. Diverses circonstances empêchèrent alors M. Brun de Condàmine de faire cet essai comparatif. Il fut d’ailleurs arrêté par les avertissement de plusieurs laboureurs qui préféroient que le battoir fût mu par un cheval plutôt que par des hommes. C’est pour satisfaire à ces cultivateurs , que M. Brun de Condàmine a adapté à son battoir, une machine simple & ingénieuse, au moyen de laquelle un cheval peut facilement faire battre les grains.
- La première décision de la société nous détermine & nous trace celle que nous avons aujourd’hui à lui demander. C’est que M. Brun, de Condàmine s’occupe de faire faire un battoir en grand , au moyen duquel on pourra juger des effets comparés avec le résultat d’un batteur avec le fléau, sur une même quantité de gerbes égales en corps, en poids ôç en qualité ; alors la société pourra juger avec connois-sance du degré d’utilité de ce battoir.
- Nous deyons à M. Brun de Condàmine le double témoignage d’un zélé actif & éclairé pour l’économie rurale , & d’une industrie à perfectionner ce battoir à grains, dont les dispositions & l’organisation nous portent à pressentir les plus heureux effets pour le battage des grains*
- Signés TILLET , DE LA BERGERIE,
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- Je certifie cet extrait conforme à l’original & au jugement -d« la société , à Paris, le 2,8 Août 1789.
- Signé BB.OUSSONET , Secrétaire perpétuel.
- Relies sont les machines à battre le bled les plus marquantes. Toutes ces machines ont l’inconvénient majeur, si on en excepte peut-être celle de Hansen, de frapper un coup qui meurt sur le nlcd, sans produire ce trémoussement avantageux qui se fait sous le fléau , mais là dessus écoutons l’agriculteur lluzier, juge des plus expérimentés sur cette rnatiere. -
- Plusieurs de ces machines à battre , sont très-ingénieuses & assez simples , mais elles pèchent toujours par un point essentiel , celui de donner un coup sec , sous lequel la paille n’éprouve aucun soubresaut. D’après la combinaison de plusieurs de ces machines , j’en fis Construire une. Les fléaux tomboient fort bien P'un après l’autre , les coups étoient réglés & forts. Un seul homme sans beaucoup de peine fais oit mouvoir 6 fléaux. U11 autre homme par le moyen d’un tourniquet & d’une poulie attachée à un piquet placé aux deux extrémités opposées de- l’aire, promenoit la machine sur tonte sa longueur : en un mot, elle alloit venoit très-bien , &c. , mais nul soubresauts & l’amour-propre de hauteur fut déconcerté par ce seul & véritable inconvénient. C’est bien pis lorsque tous les fléaux tombent à la fois. Je crois qu’à bien prendre, il faut encore revenir à l'ancien ne méthode, quoique lente & dispendieuse, d’ailleurs une machine entre les mains des paysans , tant simple soit elle , est bientôt détraquée.
- Il ajoute un peu plus bas,
- Je 11e connoissois pas la machine de M. Hansen lorsque je fis construire la mienne en 1766, Il falloit la force d’un homme & non celle d’un enfant ou d’un chien pour la faire mouvoir. Les hérissons de l’arbre portoient toujours sur les fléaux, attendu qu’ils étoient placés sur une double spirale, de maniéré que deux fléaux ffap-p oient par intermittence Lorsque les deux voisins venaient de s’élever , & les deux derniers étoient prêts à frapper. Leur action étoit rapide & bien intermittente, & malgré cela, je préfère l’usagé du fléau ordinaire. 3 e ne vois g urnes comment M. Hansen peut faire battre une grosse gerbe à la fois 5 car quoique les cordes da ma machine fussent bien tendues , je ne pouvais séparer le grain que d’un lit de paille de trois pouces de hauteur environ ou à peu de chose près, égal à celui des aires. Il falloit toujours être à raccourcir ou à ralonger les cordes. La fraîcheur de la nuit , la rosée, les faisoient enfler & souvent casser $ l'ardeur du soleil les distendait de sorte qu’on perdait beaucoup de tems. Somme totale, la machine a. été reléguée sous le hangard. Comme depuis lors je n’ai
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- exécuté acane des machines nue je décris , je ne puis 1rs anpré-.cier. On assure qu’en Dannemarck on fait uspge de celle de »M. Hansen,, & qu’on s’en trouve bien.
- Cet inconvénient qui a paru si grave à Rozler , clans le moment même qu’il faisoit ses expériences , paroit devoir assurer la préférence au fléau, sur tontes les machines qui ont été proposées jusqu'à présent pour le remplacer, & la machine du C. Prudon n’est pas exempte de ce défaut*. Pour s’en convaincre il suffît d’examiner le modèle. Chaque fléau., quand on tourne l’arbre, est soulevé par le mentonet qui lui correspond & reste en tombant posé sur l’endroit qu'il a frappé. Cette machiné a l’avantage de tourner sur son centre , & de présenter successivement ses fléaux à tous les points de 1’ aire sur laquelle est étendu le bled qu’on veut battre $ mais celle de Daguet ^ de Malassigny , celles qu’avqit fait construire Rosier se meuvent aussi le long des rangées de bled.
- On dira que celle de Prudon est plus aisée à mouvoir, mais qu’on fasse attention qu’il y a toujours une partie des fléaux qui posent & qui gênent beaucoup ce mouvement sur le centre au reste le moyen de Prudon est peut-être mieux entendu que tout ce qui a été fait jusqu’à présent pour remplir cet objet.
- Il suit de ce que nous venons de dire que les machines qui orrt été inventées pour dégager le grain de l’épi de bled , ne paroissént pas préférables au fléau. Nous observerons pourtant que le travail des animaux étant moins précieux que celui des hommes , & que pouvant servir à mettre ces machines en mouvement, il y auroi-t sans doute de l'économie à choisir la meilleure qu’on connoisse pour s’en servir, en la faisant aller avec des bœufs ou des chevaux.
- Au Bureau, le 2 Octobre 1793, l’an 2e. de la République Française , une & indivisible.
- COULOMB , JUMELINo.
- Avis motivé«•
- » Le Bureau estime que dans un ob:et de cette importance, il » seroit à propos que l’expérience lut faite en grand. Il pense que » c’e.t le moyen le plus sûr pour juger définitivement de cette ma-» chine & de toutes celles de la même espece qui pourroient etc a» présentées par la suite. »
- - Collationné & trouvé conforme à l’original , par moi secrétaire: du Bureau de Consultation des Arts & Métiers. Paris, le 5 Octobre' Xjqh} l’an 2e. de la République une & indivisible- JUMELDU
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- ASTRONOMIE.
- Le C. J. Perny, Directeur temporaire de l’Observâtoïre de la République, a découvert une Comete, le 24 Septembre dernier, proche de l’étoile E de Cassiopée. Elle étoit alors très-petite & sa lumière foible. Le noyau assez brillant ; la nébulosité qui l’environ-noit, rare & sans aucune apparence de queue. Elle n’est encore visible que dans les lunettes qui grossissent peu les objets. Il l’observe avec soin, pour déduire des observations, les élémens de l’orbite. Comme le C. Perny a fait cette découverte à l’observatoire de la République, deux jours après le renouvellement de l’Ere de la République , il a cru devoir la désigner sous le nom de Comete Républicaine , afin que ceux qui l’observeront à son retour, se ressouviennent du tems & du lieu de la découverte.
- AVIS.
- XjES frereî Danglas & Brouillard, chimistes, inventeurs & fabricans du savon eir liqueur, ( suivant acte légal, ) demeurans rue du Fouare , N°. 19 , place Maubert, à Paris, donnent avis au public , qu’étant accablés de ports de lettres, & surchargés de commandes, ils ne recevront plus que les lettres qui seront affranchies , &
- n’enverront rien en province, qu’ils n’jûcnt reçu les fonds d’avance, par la poste ou
- autrement- ___
- Nom. Ce savon ne coûte que 5 sols la livre ou chopine , & s’étend sur beaucoup d’eau, ainsi qu’il est expliqué dans une inftruction imprimée qui se donne à tout le
- monde : suivant le rapport des blanchisseuses & des savans, ce savon vaut mieux que
- tous les savons connus jusqu’à présent ; il est propre à toutes sortes de savonage^ sans jamais faire de mal aux mains, ai à la dentelle, ni au linge fin ou gros , lessivé ou non 3 ni aux hardes blanches ou de couleur, comme Perses, Indiennes, ou cotons; car if révivifie les couleurs. Il remplace avantageusement la soude dans la lessive, & à peu de frais, sans tacher le linge, comme fait souvent la soude. Il est encore essentiel aux blanchisseuses de bas de soye te aux dégraisseurs d’habits , aux fabricans de drap & aux bonnetiers, pour dégraisser les laines qu’il rend douces comme de la soie. Enfin le savon en liqueur%st d’une économie étonnante , il se garde si long-tems que l’on veut au chaud comme au froid, & s’envoye en barils ou tonneaux, à telle distasc* que ce soit. Les marchands qui voudront tenir vm dépôt de ce savon, dans les villes ou il n’y en a pas encore, seront traités favorablement , mais toujours ci* payant d’avance.
- Il paraît huit numéros de r'css Mémoires par mois. Le prix de chaque numéro /épurement efk de 2 suis 6 deniers, et celui de la souscription pour V'année e/l de tz liv. pour Paris, et de 15 liv. pour les départemens , franc de port.
- On souscrit, pour les MÉMOIRES DU BUREAU DE CONSULTATION DES AB T S, ou JOURNAL DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNEE ENS DANS LES SCIENCES, ARTS ET MÉTIERS,
- lç. A VImprimerie du Citoyen CHEMIN , rue de Glatigny, N9. 7, en la Cité, au Pas du Font Notre-Dame.
- â®. Che\ le Citoyen LEFEVRE, architecte-entrepreneur, rue S. -Sauveur, N°. ifr» Les Lettres, Projets, Mémoires, Avis & Réclamations doivent être adrefés francs de port à l’Imprimerie.
- On peut fa ujcrise pour un an ou fix mois 9 mais toujours à dater du. commencement 4uu trimefre*
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- Nos, rjo & <7lt
- A BATTRE LE BLE D,
- Rapport concernant le Ç, Brun.
- N E grande partie de ce que nous ayons dit dernièrement dans notre rapport sur une machine de cette espece , présentée par le C. Prudon , peut s’appliquer à celle-ci. Ce que nous allons ajouter n’est qu’un supplément de ce premier rapport.
- La machine du C- Brun est composée d/un arbre tournant .horizontalement , sur lequel sont implantés 16 fléaux ordinaires disposés en 4 rangées longitudinales, également distantes les unes des autres, le mouvement de l’arbre tournant est accéléré au moyen d’un engraiuage ajusté de maniéré que la grande roue peut être mue par un animal, L’aire où l’on étend le bled est à la hauteur de l’axe de l’arbre, & distant de sa circonférence d’un peu plus de la longueur du manche des fléaux $ un simple coup-d’œii sur le modèle donne une idée exacte de cette machine & de son usage.
- Dans notre premier rapport, nous nous sommes attachés à comparer les machines à battre le bled, quant à leurs effets, avec le fléau ordinaire, nous avons observé qu’elles ont toutes sur lui un avantage assez grand , celui de gagner le teins & la peine perdue dans chacune de ses élévations. Nous avons fait voir, en même tems, que ce défaut du fléau étoit racheté par des qualités qui lui sont propres, & que si on peut lui reprocher un défaut qu’elles n’ont pas , en revanche elles en ont beaucoup dont il est exempt.
- II. paroitrôit que l’organisation des fléaux de la machine du C. Brun, semblable à celle des fléaux ordinaires, dût lui sauver un
- des principaux reproches, fait bien légitimement à toutes les autres, celui de ne point faire bondir de éparpiller la paille $ mais cet effet étant du principalement à la transversalèité du coup, n’aura qu’irn-parfaitement lieu , si la verge qui frappe est paraîlelle à la paille. La machine du C. Brun a un défaut qui lui est particulier. Les verges de ses fléaux ayant frappé , sont obligées de se replier brusquement pour descendre au dessous de l’aire, ce qui clans la rapidité du mouvement ne laisse pas d’en occasionner une perte assez grande. Telles sont les réflexions que nous a fait faire l'examen de la machine du C. Brun, qui, surtout étant disposée pour être mue par la force des animaux, doit être mise au nombre de celles pour lesquelles nous avons demandé des expériences dans notre premier rapport.
- 3e. trimestre\ ï* & fi
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- Quelques personne® ont pensé que la question qui nous occupe pouvoit être résolue par la ..simple théorie , quand il 11e s'agissoit d’employer que Faction des hommes. Nous ne sommes pas entièrement de leur avis. Si le géomètre peut porterie flambeau de l’analyse clans les recoins les plus obscurs d’une question purement mathématique, il n’en est pas de même quand des causes physiques , toujours plus ou moins incertaines , viennent compliquer l’objet de ses recherches. Dans ce s cas difficiles , l’expérience la mieux suivie ne suffit pas quelquefois pour lever tous ses cloutes ; & clans les-cas plus aises, ce serait une grande imprudence. • de prononcer sans l’avoir consultée de toutes les maniérés possibles.
- Soient deux forces égales de deux hommes, l’une appliquée au fléau, & l’autre à un battoir , celui du C. brun, par exemple', en supposant, ce qui est à peu-près . la vérité, que hf premier frappe deax coups , pendant que l’autre fait une révolution de manivelle qui en produit seize-, il s’en suit qu’un seul coup du batteur- , si ces,deux travailleurs employant l’un l’autre constamment la même action, équivaut à 8 coups frappés par la machine. Mais , comme nous l’a vous déjà observé , le batteur employant la moitié de son terns en pure perte, & le tourneur de manivelle agissant uniformément, produira un double effet du premier. Ainsi chaque coup de fléau ordinaire correspond seulement a 4 coups de battoir. Nous avons précédemment dit comment le batteur ga-gnoit du tems avenir en perdant le présent. Feu importe qu’il fasse son ouvrage en iD heures ou eh 6-, pourvu qu’il ]misse , dans l’un, Sc l’autre cas, en fournir constamment tous ht s. .jours la même «quantité. Quant à la forme , s’il doit y avoir de la- préférence., c’est pour le premier cas. Car la nature s’accommode mieux de tout ce qui est modéré , sur-tout quand il s’agit du mouvement musculaire.
- 11 est vrai qu’on objectera toujours cette fatigue de 1 élévation du fléau qui se fait apure perte ; mais les autres avantages balancent ce défaut, comme nous Favoris démontré.
- Ne cet expose, il suit que-, pour prononcer définitivement sur le fléau compare aux machines a battre , il faudrait d’abord avoir résolu cetie question : pour battre le bled, doit-on frapper des coups forts, ou bien , . vaut-il mieux distribuer Faction de chacun de ces Coups en plusieurs parties ?
- ^ Tc>ut le inonde sait que LeiImita distingua le premier les forces o.es corps en mouvement, de celles de ceux tend ans à s’y- mettre* Il nomma les premières forces mortes , & les secondes forces vives , & voulut qu’on estimât celles-ci;-par le produit de la masse multipliée par le carré de la vitesse. (Dix cç-nrioit les dévteloppemens que Jean hernoniili a donnés à cette idée , Ôç les disputes qu’aîors elle occasionna parmi les savons. Ces disputes ne.sont qu’mmj-^raiti logomachie , comme l’observe très-bienD’alembert, dans la pré lace de son traité de plasmique , puisque pour Cdra d’uc.çord, il 'ne
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- s’agit que de cnn venir de la • signification des. mots. Car.si on r-stime li vitesse, comme le font M. de Mairan et ceux de son parti, par l’espace parcouru, divise par le te ni s , la quantité de mouvement d’un corps se trouvera en multipliant directement sa masse par sa vitesse. Si on estime la vitesse d’un mobile par les obstacles qu’il peut vaincre, il faut en revenir à l’idée de Leibnitz. Mais quoique cette définition soit , comme nous l’avons dit, une dispute de mots , il n’est pas moins réel que les effets qui y ont donné lieu sont constans, qu’ils doivent être pris en grande considération par les-mécaniciens.
- Si on a quatre ressorts à fariner qui demandent chacun l’effort d’un choc, comme un par exemple, on gagnera la moitié de la peine, si au lieu d’employer quatre chocs, on employé dans le même instant contre tous ces ressorts à la fois un choc comme deux, qui produira le même effet des quatre efforts isolés , <3:c.
- 11 est à présumer que si un coup comme un , traverse une couché’ de bled donnée , un coup comme deux traversera un autre couche quadruple en épaisseur, êt ainsi de suite, en sorte qu’on gngneroit toujours en augmentant l’épaisseur de la couche' de bled, & propor-tioneîiement la violence des coups , jusqu’au point où ils, éeraseroieut le bled situé à la partie supérieure de la couche.
- D’après ces observations, on est porté à croire qu’au lieu qu’il faille affaiblir la force du fléau en la partageant, il faudroit au contraire chercher à la concentrer , & que bien loin d’ôter un fléau des mains du batteur pour lui en faire mouvoir plusieurs a la fois , il faudrait plutôt réunir la force de plusieurs hommes sur un seul fléau , ôt c’est sur quoi l’expérience seule peut- prononcer.
- Pour que ces expériences fussent faites avec tout le fruit possible ? il faudroit prendre les précautions suivantes :
- D’abord il faudroit établir toutes les machines à battre qui parois-sent de quelque valeur. Ces machines, au moi-rts celles qui nous sont connues, sont celles de Duqnet , de Malassagny , de P ru-don , de Hanssen ,. de Pépcrson. Celles de Le- Brun St de Foester se ressemblent beaucoup. Au même mécanisme on pourvoit aisément adapter l’un ou l’autre appareil proposé par Tces auteurs.
- Comme la h tire du C. Ministre annonce le besoin qu’on a dans la .République- de se servir de ces sortes de machines, dans le cas où elles seront jugées plus avantageuses que le fléau, nous ne nous sortîmes pas b unes à apprécier seulement le mérite de celles qiùil nous proposoit, ni à examiner celui des autres déjà connues $ nous avons fait un rapport général sur cette matière, & nous nous sommes appliqués à chercher tout ce qui a été inventé en France & chez nos voisins, concernant cet objet. Nos soins n’ont pas été in-fructueux. Nous avons découvert que depuis deux ans ou à peu-
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- près, on a constuii en Angleterre un battoir à grains, dont l’usage a paru si avantageux qu’il a été adopté sur le champ par nombre de cultivateurs, & on dit que dans ce moment il est en grande activité.
- Cette machine , dont nous avons découvert un modèle très-bien fait, apporté d’Angleterre par le C. Guillobé, qui a voyagé long-tems dans ce pays à dessein d’y suivre les progrès des arts, pour enrichir sa patrie , est composée de deux cylindres crénelés de fer fondu, tournant horizontalement l’un sur l’autre à la maniéré des laminoirs , Le cylindre supérieur est brisé , ou plutôt es n’est qu’une rangée de plusieurs anneaux enfilés sur un axe tournant qui ne remplît pas à beaucoup près le trou dont ils sont percés dans leur centre , en sorte qu’ils appuyent seulement de leur poids sur le cylindre inférieur, ou sur ce qui est interposé. Devant ces cylindres, est une table, sur laquelle on étend le bled qui s’engage à peu-près à la manière des cannes dans les moulins à sucre, Le bled commençant à passer est frappé par les ailes d’un volant, qui tourne avec une grande rapidité. Le tout est disposé pour être îrm par des animaux.
- Nous avons engagé le C. Guillobé à présenter sou modèle au comité d’agrigulture de la Convention Nationale ; il a déjà lait plusieurs démarches à cet effet ; mais comme le teins presse , nous nous hâtons de le faire connoitre au ministre, afin qu’il puisse faire entrer cette machine dans les expériences comparatives que nous demandons.
- Ces expériences pour être profitables , devroient être confiées à des hommes inteliigens , & faites avec beaucoup de soin..Pour cela nous croyons qu’il laudroit, i°. choisir des hommes de forces égales, autant que faire se pourra. a°. Les machines étant bien préparées, êc tous les travailleurs rassemblés , on devra commencer par appliquer à chaque machine le nombre d’hommes nécessaire pour les faire aller. Oïl aura disposé à côté de tout cet appareil au moins deux aires, où seront employés des batteurs au fléau ordiuaire. 3Q. On commencera l’expérience par constater les difitérens effets des divers dégrés des forces vives, appliquées au fléau en général. ,(°. On mettra en plein mouvement tous les laboratoires, ayant grand soin de tenir tous les produits séparés , Sc d’examiner l’action des hommes, c’est-à-dire la résistance des manivelles, leur espace parcouru & la durée de leurs révolutions , & le tems que chaque homme pourroit travailler dans une journée à cesdifférens exercices. 5a. Le lendemain on changeroit les occupations des travailleurs soie en les faisant passer d’une machine à une autre , soit en faisant battre ceux qui auroient tourné les manivelles, soit en faisant tourner les manivelles à ceux qui auroient battu. On auroit grand soin d’interroger' ces hommes sur la préférence qu’ils donneroient à ces différens travaux, & d’en tenir un compte exact. 6V. Le troisième jour on feroit rebattre la
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- paille , en croisant ces battages, c’est-à-dire qiCon feroit battre an fléau la paille déjà battue par les machines , 6c aux machines celle qui auroit etc battue par les fléaux , ou bien celle qui auroit été battue par une machine seroit rebattue par une autre d’un système différent.
- Pour comparer l’effet des machines mues par des chevaux, on auroit recours à l’instruction faite depuis long-tems du travail des animaux comparativement à celui de l’homme , 6cc.
- Fait au bureau de Consultation des Arts 6c Métiers, le 9 de la troisième décade du premier mois de Pan 2r. de la .République Française , une 6c indivisible.
- JUMELIN,
- Avis motivé.
- Le Bureau de Consultation des Arts 6c Métiers, après avoir en* tendu le rapport de ses commissaires sur une machine à battre le bled, de l'invention du C. Brun , est d’avis que le fléau ordinaire dirigé par l’intelligence du batteur qui porte ses coups sur les endroits "qui paroissent en avoir besoin, 6c qui modifie sa force suivant les effets qu'il veut produire, est le meilleur instrument dont on puisse se servir dans le battage des bleds, quand ou veut employer la force de l’homme.
- Ce qui confirme le Bureau dans cet avis, c’est que depuis qu’on s’occupe de machines, il n'y a point eu d’année où l’on n’en ait présenté quelques-unes pour battre le bled , lesquelles dans la pra~ tique n’ont jamais été adoptées.
- Cependant comme dans un objet si intéressant, il est necessaire d'avoir les résultats d’une expérience décisive, le Bureau, dans le dernier arrêté qu’il a adressé au ministre à ce sujet, a été d’avis qu’on devroit faire l’essai de la machine du C. Prudon, 6c il croit que l’on doit s’en tenir là, avant de passer à l’examen d’autres machines du même genre, mues par les forces des hommes.
- Mais comme il pourroit y avoir quelques avantages à se servir de ces machines , en employant la force des animaux , le Bureau est d’avis, pour lors, de faire l’essai de celle du C. Bruîi, comparativement avec une machine, qui n’est pas du genre du fléau, laquelle paroit avoir eu du succès en Angleterre, 6c qu’on fera exécuter sur un modèle qu’il est facile de se procurer.
- JC MELIN , Secrétaires
- Le C, Brus demeure rue Neuve S.-Étienne, N°.
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- Rapport concernant le C. Bonne chose , Sculpteur:
- 1 j E Bureau cle Consultation m’a chargé de lui rendre compte de la demande de M. Bonnecliose, Sculpteur, tendante à participer aux recoin pesos nationales.
- Cet artiste a produit, les pièces suivantes.
- ip. Un certificat de M. Cochin, Secrétaire perpétuel de l’académie de Peinture & Sculpture de Paris , en date du 2,2 juillet 1771 , portant que M. Bonnecliose est éleve de ladite Académie , en laquelle il a gagné les médailles qui sont accordées auxdits éleves.
- 2,q. Un certificat de réception de M. Bonnecliose dans l’école académique de Tours, en date du i5 Avril 1785.
- 3Q. Un certificat des Maire & Officiers Municipaux de la ville de Tours, @11 date du premier Septembre 1780, qui attestent que cet artiste a exécuté , sous la conduite du Sieur Dupasquet , l'écusson 8c lew fronton du nouvel hôtel de ville ^ & qu’il s'est acquis par sa conduite l'estime publique <5c la confiance la plus marquée.
- g°. Un mémoire présenté le 9 Octobre 1791, aux administrateurs de Departement du Calvados, par M. Bonnecliose, où après avoir exposé son état d’infortune, ii demande qu’on le fasse participer aux secours accordés par la loi du 12 Septembre 1791 aux artistes indigens.
- Au pied de cette adresse se trouve un avis favorable des administrateurs du Département, à la date du 2.0 Septembre 1791.
- 5Q. Enfin une lettre de. ces administrateurs , en date du 10 Février 1792 f à M. Cahier, Ministre de l’Intérieur, par laquelle ils le prient d’accorder à cet artiste le maximum des secours ou gratifications.
- Les certificats énoncés ci-dessus prouvent que M. Bonnecliose est. un artiste intéressant & malheureux. Aussi j’épreuve un sentiment pénible de ne pouvoir le placer dans aucune classe des récompenses dont la distribution est confiée au bureau. Mais l’article premier de la loi du 12 Septembre 1791 s’y oppose invinciblement , Sc c’est d’après cet article que le Bureau s'est vu forcé de prononcer le 34 Septembre 1791, que M. Guichard , sculpteur, n’étoit poiùt susceptible de ce genre de iéçompense,, & depuis les 22 Août Sc 1» Septembre 1793, que M. Carpentier, peintre, ne pouvoit non plus y être ‘ admis.
- Heureusement il reste à M. Bonnecliose la ressource de profiter du bénéfice du décret du 17 Septembre 1791 , qui a consacré une somme annuelle de cent mille livres pour le soutien des arts de peinture , sculpture & gravure, & à cct effet il pourra, s’adresser au ministre ,de l'intérieur,
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- .D’après cet exposé, je crois devoir proposer au Eureaü le projet d'arrêté suivant.
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de son commissaire sur la demande de M. Bonne-chose , sculpteur, tendante à obtenir une part dans les récompenses nationales , considérant que le fonds de 3oo mille livres est spécialement consacré aux arts utiles, est d’avis que M. Bonne- clrose ne s sur oit participer auxdites récompenses, & que les secours, qu’il reclame ne peuvent lui être accordés s’il y a lieu , que sur le fonds de cent mille livres., destine par le décret du 17 Septembre 1791, au soutien des arts de peinture, sculpture & gravure. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 19 Septembre 1792 , l’an quatrième de la liberté , de le premier de l’égalité.
- SERVIES ES.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Maniai militaire, ou nouvelle tactique française , avec une instruction détaillée des manœuvres & évolutions militaires les plus essentielles, avec deux tableaux, l’an pour les appointemens , solde & masse de la gendarmerie nationale à pied, à cbeval , 5c l’autre- partie pour un régiment d’infanterie de ligne.
- Cet ouvrage utile à tous ceux qui désirent apprendre en peu de teins l’art de la .guerre, colite z liv. 10 sels & 3 liv. 10 sols, fraiic de port'
- Les crimes àes Empereurs d'Allemagne depuis Lothaiye I, jusqu'à Léopold II, avec cinq gravures. 4 liv. 10 sols.
- Nouveau calendrier républicain , 8 sols en forme d’almanach de poche , Sc 6 sols en ferme d’almanach de cabinet.
- Catéchisme sui l'art des accouche mens, pour les sages-femmes, & les jeunes chirurgiens , par Augier du Pot , docteur en médecine , professeur de l’art des accouchemen§*
- émoire sur lia recherche des moyens que Von pohrroit employer pour construire de grandes arches de pierres , de zoo, 300, 400, jusqu'à 500 pieds d’ouverture, qui seraient destinées à franchir de profondes vallées, des rochers escarpés, par le Citoyen Perronét, premier ingénieur des ponts & chaussées. 1 liv. 10 sos. Table générale , par ordte chronologique , des loix ou décrets promulgués, proclamations, instructions & autres actes du pouvoir executif, année 1892. 10 liv. Histoire delà galanterie che\ les différens peuples, 1 vol. petit in 11 , avec figures, 3 B
- Ce n’ est point ici une histoire didactique & raisonnée de la galanterie chez les anciens; c’est un recueil piquant de tonies, de romans, de noüvelîes arabes, gauloises, françaises, grecques, &c. &c. On y trouve aussi des réflextions sur plusieurs sujets de' morale. En un mot , c’est l’ouvrage d’une imagination vive & d’uryphtlo-sophe qui a réuni ses bu ©cliques sous un seul titre. Il >y a de la grâce , de l’intérêt & d* ftile dans cette petite collection , qui peut procurer une lecture agréable 8c utile tôut-à-la-fois.
- Précis-historique du siège de NaknçUwiCS, par solé*t du bat&ite dç, la Charente;
- 1 livre 10 «ois.
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- Histoire de deux célébrés législateurs du dix-h ait ie me slecle , contenant plusieurs anecdotes curieuses & intéressantes. 100 p. in 8\ i lit’. 10 sols.
- Les deux célébrés législateurs dont on donne ici la vie , sont.' Pierre Manuel,.ci-devant procureur-syn lie de la commune de Paris & député à la convention nationale ; & Jérome Pétion , ci devant maire de Paris. On y a joint leurs portraits.
- Au bas de celui de Manuel , on. lit ces vers :
- Je ne suis point né délicat,
- J’ai l’a me sordide & commune,
- J’ai pillé les autels , & j’ai trahi l’état.
- Pour accélérer ma fortune.
- L’épigraphe: crïmine ah uno dltce omnes.
- Au bas de celui de Pétion, sont ceux-ci:
- En deux mots, voici mon histoire.
- Dans Paris jélois adoré: iTout y retenlissoic de ma gloire :
- Aujourd’hui j’y suis abhorré!
- L’épigraphe ; Quantum mutants ab illo !
- ’Jtlas] national de France à Vusage particulier de la convention nationale & de tous les corps administratifs de II république. & 17i?3•
- Cet ouvrage fait pour être distingué de tous ceux du même genre & par son exactitude & par la beauté de son exécution, vient d’être entièrement acleve par 1res soins du citoyen Dume\, artiste patriote. 11 est composé d’autan{ de cartes grand in-folio qu’il existe de Départ emens. Chaque Carte contient toutes les Municipalités désignées dans le pro.ès-verbal déposé au Comité de Constitution , ainsi que le^ bois , montagnes, routes, ruisseaux, étangs & généralement toute la topographie au pays.
- L'échelle efl d’une ligne pour 300 toises, & commî elle est la même pour tous les Départemens, au besoin on peut les réunir. , _ , , *
- Pour la commodité des Voyageurs, on a dressé un Atlas in-40. compose du meme «ombre de Cartes, & auquel on a joint 6 Cartes generales, ainsi que 2 Cartes, cas Liys & Colonies Françaises j il est accompagné d’un préers élémentaire de, la Géographie française, ainsi que dune nomenalature de tous les chefs-lieux de Departemens, ue districts & de Cantons.
- Les prix de cct Atlas sont ceux qui suivent: . ,
- Four Tin-folio en panier ordinaire, 3 1* chaque Carte & 285 1. la co eetro,. co at sut onglet & brochée en carton, & en papier dé Hollande 4 l. iq s. chaque Garte oc 410 1. la collection pareillement conditionnée.
- Pour Vin 40. papier ordinaire 15 s. chaque Carte & 84 1- la collection brochee , & en papier d'Hollande 1 1. y s. chaque Carte & 84 1- la collection rehee en veau dore sur tranche. Le précis élémentaire accompagné seulement des 6 Cartes generales, coûte séparément 6 1. broché & § 1. relié. - . • .
- La Carte générale in-folio coûte séparément j I. 10 s, en papier ordinaire & y i, ea papier d'Hollande.
- Hbrêgé de la république du C. Bodin. 2 vol. in ix. 7 hbreches,
- Voeu d'un Citoyen sur la nouvelle constitution, un vol. de 32 p. 10 S.
- les égare mens de Vamour, ou lettres de Faneli & de Mdfort , par ïmbert. 3 vol# iu 16 avec fig. 4L 10 s.
- S'adresser, pour tous ces objets , au Bureau du C. Chemin,
- On sanscrit à Paris, chez l’Éditeur, rus Glatigny, N°. 7> ^ Cite, au bas dtfr
- Font Noue-Dame.
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- INSTRUMENTS DE MATHEMATIQUES
- CONVENTION ' N AT ION A L E.
- Rapport fait au nom du Comité de Marine, lè tj ^Février p)3 concernant Le Citoyen Le gu in.
- jLj E Corps Législatif renvoya , clés le mois de Février dernier à son Comité de marine, l'examen de la pétition du citoyen Leguin , inventeur de plusieurs machines & instrumens. Cet artiste , occupé dès sa plus tendre jeunesse à faire une application utile des facultés morales dont l’a doué la nature , offroit à la patrie l’hommage de ses travaux , & soliicitoit alors un encouragement qui , en
- rindeinnisant d’une partie des frais qu’ils ont nécessités, pût le mettre en état de rendre ses services de pins en plus utiles à la perfection des arts. Le Comité de marine de l’Assemblée législative a soigneusement examiné les détails des diverses inventions de ce citoyen ; je les ai de nouveau présentés à votre Comité , qui m’a chargé, comme ancien rapporteur, de you;s soumettre le résultat de ses délibérations.
- Les inventions présentées par le citoyen Leguin , qui ont plus particulièrement fixé l’allünlion de votre comité, sont au nombre dç quatre.
- La première est destinée à l’éducation des jeunes-gens , en leur facilitant les moyens de se représenter le système du monde avec un globe de vc-rre sur lequel sont marquées les constellations ou les étoiles dont elles sont formées. Au centre de ce globe sont placées les planètes dans l’ordre où elles se trouyent dans le ciel. Elles sont mises en mouvement, <Sc font leurs révolutions par le moyeu d’une pendule située au dehors.
- Par cette disposition , un spectateur qui regarde à travers ce globe , y >it les planètes qu’il renferme, comme il verroit notre système planétaire, si , transporté au delà de la région des étoiles , il jejto.it ses regards sur—ce système. -
- On sait N qu’on a fait, depuis long-tems, des planétaires pour démontrer le mouvement des astres ; mais le citoyen Leguin paroit être le premier qui ait mis en exécution ce firmament transparent, cm recouvrant son planétaire d’un globe de yerre sur lequel le$ 3e. Tnmç$\re. J i i
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- de ses travaux , de soliicitoit alors un encouragement qui , en
- soigneusement examiné les détails des diverses inventions de ce citoyen ; je les ai de nouveau présentés à votre Comité , qui m’a chargé, comme ancien rapporteur, de you;s soumettre le résultat de ses délibérations.
- Les inventions présentées par le citoyen Leguin , qui ont plus particulièrement fixé l’allünlion de votre comité, sont au nombre dç quatre.
- La prenucre est destinée à l’éducation clés jeunes-gens , en leur facilitant les moyens de se représenter le système du monde avec un globe de verre sur lequel sont marquées les constellations ou les étoiles dont elles sont formées. Au centre de ce globe sont placées les planètes dans l’ordre où elles se trouyent dans le ciel. Elles sont mises en mouvement, <Sc font leurs révolutions par le moyeu d’une pendule située au dehors.
- Par cette disposition , un spectateur qui regarde à travers ce globe , y >it les planètes qu’il renferme, comme il verroit notre système planétaire, si , transporté au delà de la région des étoiles , il jejto.it ses regards sur—ce système. -
- On sait N qu’on a fait, depuis long-tems, des planétaires pour démontrer le mouvement des astres ; mais le citoyen Leguin paroit être le premier qui ait mis en exécution ce firmament transparent, eu recouvrant son planétaire d’un globe de yerre sur lequel le$ 3e. Tnmf$fre.t J i i
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- constellations sont masquées , ce qui , .en rendant Tes objets pi iis sensibles, donne aux jeunes-gens plus de facilité pour les saisir.
- La seconde machine sert à trouver d’une maniéré prompte les étoiles que l’on cherche', <$: beaucoup plus facilement qu’en comparant leurs configurations dans le ciel avec celles qu’elles ont dans nofr cartes & nos planisphères , comme cela se fait dans la méthode ordinaire.
- La troisième est un siliiomêtre r ou machine à mesurer le chemins d’un vaisseau
- Enfin la quatrième sert à déterminer r par des opérations graphiques , la longitude en mer , d’après les observations des angles que font entr’eux le Soleil de la Lune, ou cette derniere planete „ de une étoile..
- Le Comité de marine, fidele à ses principes, n’a pas cru qu’il lui appartint de prononcer sur le mérite intrinsèque de ces diverses inventions, quoique la pluspart de ses membres,, en état de les apprécier , aient vu opérer l’auteur ,. qui leur a présenté les détails les plus satisfaisans & les certificats authentiques des académiciens, de astronomes les plus connus,, ainsi- que d'un très grand' nombre de professeurs d’hydrographie des principaux ports , qui tous s’accordent à faire une mention très-honorable des ta le ns du-
- citoyen Leguin , & à? penser que Pus âge de ses méthodes doit être;
- enseigné dans les ecoies de marine..
- Malgré toutes ces attestations, dont l’autorité est irréfragable, la-Coinite a- désiré eonnoitre Pavfs du Bureau de Consultation d^s, arts, institué pour juger du mérite des découvertes,, & a. engagé le ^pétitionnaire à. lui soumettre les siennes».
- Le rapport du Bureau de Consultation est entièrement conforme a l’opinion des académiciens, & il- a particulièrement distingué le moyen? mécanique q-ui donne ie résultat des. calculs difficiles qu’on-- est obligé de faire pour obtenir la longitude en yier par la résolution, dès triangles sphériques. Voici comme il s’explique à cet égard ,, » après avoir sommairement exposé da méthode du citoyen Leguin? *> pour avoir, au moyen de son double coin pas & de son demi-cercle: » ht longitude graphiquement : d’après les observations , nous de->0 vous ajouter quelle donne cette longitude avec une telle préei->i sion qu’elle ne différé pas de celle qu'on obtient en la déterminant 35 par les calculs usités. Nous- pourrions- ajouter- à notre témoignage
- ni rl<a ti! nci/iiiro co\nr»e iiirnc noue wmic rnntfntHrnns dfl
- îea
- . _ _ U
- as celui de plusieurs savans t mais nous nous contenterons de » rapporter celui de M. Vari-Swinden, bien connu dans toute l’Europe , qui , dans le rapport qu'il fut chargé de faire a l’amirauté » de Hollande, de la méthode du citoyen Leguin, dit qu’a près a voir » suivi pas à pas, les opérations qu'il prescrit pour avoir la longitude.*
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- » il est parvenu à des résultats si exacts qu’il ne s’y scroit » pas attendu. » ^ ^ 1 '
- Le Comité ne doit pas vous dissimuler que si les eonnoissaneef qu’on tâche de répandre parmi les pilotes & les marins étoient plus générales , les moyens graphiques que propose le citoyen Le g* in ne stroient pas si nécessaires; mais avant qu’ils aient acquis toutes ces cjnnoissances, il se passera encore un long teins ; & personne n’ignore les inconvéniens que peut entraîner la pins légère erreur de calcul dans l’appréciation de la route tPun vaisseau. Combien ne pourroit-on pas en citer de fâcheux exemples! Une méthode simple & graphique , qui constate l’exactitude des calculs très-longs & très-abstraits- qu’exige la détermination des longitudes, est donc d’une utilité sensible. Votre Comité «fc pensé qu’elle devoit être enseignée dans les écoles de marine , & que son inventeur mé-
- ritoit une récompense nationale. Le Comité de l’Assemblée législative' avoit arrêté, clans la séance du 2,2 juin dernier , qu’il seroi-t proposé d’accorder au citoyen Leguin une somme de 10, 000 livres,, tant
- Îioui- le récompenser du mérite de son invention ,. que pour’ 'indemniser des avances par lui faites pour les antres travaux auxquels it s’est livré; mais cet artiste estimable, par un m pu veinent de patriotisme bien digne ' d’éloges r a craint que’ dans( les moinens-dUHcïies où se trouve la République, ce sacrifice ne lui fut onéreux,. & il se borne, en attendant qu’il ait encore pins mérité drelle par de nouveaux efforts r à demander que la somme que le Comité’ avoit pensé pouvoir lui être allouée, soit employée à procurer aux écoles de marine son compas avec ses accessoires pour1 résoudre les triangles sphériques. Eu conséquence , votre Comité de marine,, bien convaincu de la nécessité d’ad pter tous les moyens qui tendent à ia perfection des arts de à la sûreté de la navigation y n’a pas* balancé à vous proposer le projet de décret suivant t
- JD £ C R £ t:
- La Convention nationale,, après avoir entendu Te rapport de ses Comités de marine & des finances, sur le mérite des diverses inventions 'présentées parle citoyen Leguin , Sa particulièrement d’nn compas- propre à déterminer la. longitude en mer par des opérations! graphiques , décrété ce qui suit
- À fi ï I e L E $ IL Ë ÜYT r E. H».
- R sera fait mention honorable, dans son procès-verbal, du zele avec lequel le citoyen Leguin a concouru à la perfection dis arts par plusieurs découvertes reconnues. d’une utilité générale*
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- Art. II. La trésorerie nationale tiendra provisoirement a ta disposition du ministre de la marine jusqu'à la concurrence de la somme de 10, ooo livres, destinée à procurer
- ÎO, ooo aux vaisseaux pourvoir, le
- de la République .qu'il compas inventé par le
- aux écoles de marine , &
- Vérifier grapliiq-uement le calcul des longitudes
- jugera cite yi n &
- ci'en
- sera chargé o
- île surveiller l’exécution.
- convenable I canin, pour dont ledit citoyen
- **--------------------2-------:----------------------—- • —
- OUVRAGE NOUVEAU.
- Alphabet 'Républicain, avec lequel on apprend à lire aux en/ans, en les amusant par des figures agréables , suivi de Conversations simples & à leur portée , propres à leur inspirer lJ amour de la Liberté , de l'il gaulé, & de toutes les venus Républicaines , & à les meme en état de bien entendre la Déclaration des Droits , 6 la Constitution , par Chemin jPs. Prix, 1z. sols.
- L'accueil ejue ret Ouvrage a reçu du Conseil Général de la Commune de Paris , de celai de Ja Commune de Bellevile , et des sections 8c sociétés populaires auxquelles il a été envoyé, prouve que l’auteur a remj 1 i son titre.
- Le Conseil Général de la Commune de Paris, l’a jugé si utile , qu’il en a ordonne l’insemon dans se? alÜehes ^ l’inyijation à tous les journalistes patriotes de Pannoucef.
- AVIS.
- Nos souscripteurs sont prévenus qu'à compter du prochain Trimestre , iL y aura des gravures à tous les rapports qui en demanderont pour être mieux entendus. Nous en donnerons même pour l'intelligence des rapports imprimés dans les trois trimestres qui ont paru jusqu’à présent. Nous n’en ferons pas moins paroître vingt-quatre numéros par trimestre , ou huit par mois. Mais les retards qu’entraînent sonvent les expéditions de rapports , dessins , gravures, &c. , l’inconvénient qu’il y auroit de ployer des gravures en quatre dans de petits envois partiels, nous cht rminerit à envoyer. plusieurs numéros a la fois- On recevra un paquet de quatre numéros toutes les Décades ôç demie. Cette augmentation considérable de dépense nous oblige d’augmenter le prix de la souscription. Il sera fixé à 21 liv. par an , pour Paris, ôç à 25 livras polir' les pépirtetnens , et cette augmentation remontra , pour ceux qui voudront avoir les gravures des rapports qui ont paru jusqu’à présent, au commencement de leur abonnement. Ils voudront bien eu conséquence envoyer au Bureau ce qu’ils doivent , à raison dps prix ci-dessus fixés. Les trimestres suivront, à compter du quatrième, l’année Républicaine.
- Vin du Troisième Trimestre.
- De rinij>. du journal , rue de Glali|ny , N°. 7 ? en Ja Ci-té, au bas du Poat de la Rais®ua
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- MEMOIRES
- DU BUREAU DE CONSULTATION DES ARTS»
- Et autres Sociétés Savantes s
- JOURNAL
- DES INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET PERFECTIONNÉ,MENS-
- DANS LES SCIENCES y ARTS ET MÉTIERS.
- Q U A T R I E M E T R I M E S T R E.
- *%T0
- Ai vos«
- Tla viôses Ventôse' y cm douane me' Française , une & indivisible;
- T que'
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- LITS
- Rapport concernant le Citoyen Mathieu
- >T
- ' OU S prions le Bureau de Consultation',- en Commençant ee rapport , de nous permettre quelques réfLexions générales.
- iy. Quelques éloges- qu’on -ait donnés h- un artiste qui par un moyen ingénieux, a résolu quelque problème utile, il est bon de se souvenr qti’ll n’est pas moins- important d’aceucil'i-r ceux qui par d’autres exp.édiens se sont efforcés de remplir le même objet» Chaque méthode a son avantage , & n’y eut-il entre plusieurs inventions semblables , que celui d’avoir à choisir entre plusieurs moyens , la possibilité même de ce choix est un grand Lien.
- Quatrième., trim. tfivâse % au ai».
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- %0. Entre plusieurs auteurs d’un même genre d'invention , il est encore un égard particulier du à celui qui s’est occupé le premier d’un objet utile quoique souvent ceux qui sont venus depuis n’aient eu aucune communication des travaux antérieurs , la société doit savoir quelque gré à ceux qui les premiers , l’ont fait jouir des avantages d’une construction commode.
- 3h. Voici encore une considération qui doit avoir quel qu’in fluence sur les jugemèns du Bureau : quand un même artiste s’cst occupé d’un objet & a rempli son problème de plusieurs façons différentes, dont chacune peut avoir son avantage, il y a certai-irient un mérite particulier ; il représente , pour ainsi-dire à lui seul , plusieurs coucurrens , & cette espece de lutte entre un artiste & lui-même , atteste les ressources, de son génie , & ce que Bon peut attendre de ses talens.
- 4°. Enfin quand le même homme étendant ses réflexions à plusieurs objets- différons , semble tourmenté de l’impatience de produire & d inventer, & que cette impatience , loin d’être une
- démangeaison stérile, donne naissance à des instrmnens nouveaux , susceptibles de concourir avec avantage à divers produits utiles , alors on doit regarder l’artiste comme un de ces hommes dont ou doit encourager les efforts & les essais ; fussent-ils encore imparfaits aux yeux des gens instruits, ils sont des germes dont il est bon dé favoriser le développement, en multipliant les ressources de hauteur & en aiguillonnant son. zele.
- C'est sous ces divers points de vue que nous présenterons le Citoyen Mathieu au Bureau .de Consultation : il est auteur de fcreis-îits mécaniques; ces lits tous trois , d’une structure différente , sont susceptibles d’être adaptés à différentes circonstances & à des besoins divers , il les a imaginés bien avant que le C. lie mi eût construit le lit qui a déjà été examiné & soumis au jugement du Bureau p enfin , entr’autres ouvrages, il æcomposé le modèle d’un nouveau inanege qu’il se propose de perfectionner & où le mouvement progressif de deux chevaux, de concert avec leur poids & celui d’une-voiture chargée font naiire un mouvement composé , propre à produire plusieurs effets avantageux.
- Nous ne mettrons aujourd'hui sous les yeux du Bureau que les trois lits mécaniques dont ce Citoyen est l’inventeur..
- Le premier a déjà été exposé comme un objet de comparaison avec ledit du C. Rcmiy que le Bureau a jugé digne d’une récompense*
- Le Bureau reconnut alors eue ces deux.inventions ayoient chacune leur avantage.
- Le lit du C. Mathieu est un lit à colonnes , supportant un çhassis d’impérial y au dessus de la garniture ordinaire, s'adapte f
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- entre les quatre colonnes, tin châssis, horizontal posé sur deux barres,’ l’une au pied, l’autre a la tête du lit 5 ccs deux barres se haussent & se baissent à volonté , selon la hauteur de la garni tu 1 e sur laquelle repose le châssis Le châssis lui-même se brise en plusieurs endroits : i°. dans sa longueur, 6c k peu-près au tiers de cette longueur a partir du chevet 5 ag. dans sa largeur 6c vers le mibeu de cette largeur , tant au pied qu’au chevet. Ces brisures se fixent, à volonté au moyen de verra upc 6c de clavettes.
- Sur les cotés de ce châssis sont vissés de distance en distance de petits boutons de fer , auxquels s’attachent, dans toute leur longueur , deux sangles, qui n’ont chacune que la moitié de la largeur du lit. *
- Les deux barres par lesquelles ces' sangles se correspondent , sont garnies de petites poulies dans lesquelles passe une petite corde qui lace ensemble les de-x sangles 6c les unit en les serrant l’une contre l’autre. Les bouts de c.tte ce rde viennent se fixer sur les bords du châssis , elorit une vis ele pression pour éviter les mentis ; ainsi ou lace 6c l’on délacé , l’on unit ou désunit à volonté , les sangles, selon le besoin.
- A ces sangles sont fixées de ux moitiés de matelats, 6c aux matelats deux moitiés de drap , an milieu desquelles est pratiqué un demi’ Ct.rcie sur chacune , une échancrure, qui formé dans leur réunion un cercle complet, répondant au si ge , 6c dans lequel peut cire reçu un bassin.
- On conçoit que de cette maniéré le châssis brisé peut se plier de façon à se ru h ver vers le duvet, mettre le malade sur son séant y & • qu j.i peut également se plier de gauche à droite ou de droite à ga uche , pour tourner le malade sur l’un 6c l’autre côté. Voici maintenant comment on exécute ces mou venions.
- Au pied jdu lit est attache dans toute s.a largeur nn axe de fer , qui porte à ses deux extrémités deux cylindres de cuivre ; à ces cylindre se fixent à volonté des cordes au nombre de quatre: elles montent le long des colonnes, passent par des poulies fixées au .châssis de Limperds 1, & redescendent pour s’attacher aux quatre coins du châssis mobile ; une manivelle fait tourner l’axe , 6c selon qu’ioiL a fixé sur les cylindres telles ou telles cordes ou toutes ensemble , le ehasis se ployé en divers sens, ou s’élève tout entier • une dentée 6c un cliquet donnent les moyens d’arrêter le mouvement au point 6c dans la situation ou l’on veut maintenir le malade.
- Qu’on veuille changer de draps 6c de matelats , on délace les sangles en dégageant les cordes de leurs attaches 6c les tirant de leurs poulies. Alors on éleve les .châssis ; les sangl.es, h s matelats 6c les draps qui y tiennent, s’écartent à mesure que le châssis s’élève , 6c le malade se trouve posé sur de nouveaux matelats 6c de nouveaux draps qu’ort y. çu lu liberté de disposer au dessous tics autres, oü détaché les sangles
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- ï-os mat cl aïs <5c les draps sales du châssis qu’on redescend à la lianteur des garnitures , & nu quel on boutonne & attache les nouvelles sangles» Sz par conséquent les inatelats & les draps propres qui les garnissent & sur lesquels est alors couché le malade.
- C’est en 1777 , que la société libre d’émulation a applaudi à ce Ht, a accordé à l’auteur un de ses pi ix, de a jugé son mécanisme préférable à éelui proposé par le C. Carat, parce qu’il évite le froissement des sangles qui rendoit l’autre fort incommode ; l’Académie de Chirurgie en a été également satisfaite & a donné son approbation au C. Mathieu en 1779.
- Le deuxieme lit inventé par le C. Mathieu est destiné aux appartenions lias, où l’on ne peut placer des lits à colonnes. Il est garni d’un châssis absolument semblable à celui du premier lit , mais le cylindre qui lui fait exécuter ses mouvemens ne s’élève pas 8c n’opere sur lui que les différons mou veine ns, tant un chevet en avant que des côtés de gauche à droite ou de droite à gauche , selon les. brisures qu’on, laisse libres : les cordes qui communiquent ces mouverrieng divers, au lien de monter dans les poulies fixées à l’impérial, connue dans le premier lit, descendent au contraire , elles s’attachent à l’extrémité des tringles fixées verticalement aux quatre coins du. châssis.j ces tringles descendent presque jusqu'à terre, ôz quand elles «ont élevées par l'action des cylindres & des cordes, elles communiquent aux différentes parties du châssis brisé tous les mou verrions qu’on, désire ; les .cylindres 8c i’-axs qui font exécuter ces mouvemens sont placés au chevet du lit. Un autre axe Jk d’autres cylindres «ont adaptés au pied , & servent à opérer le changement des draps & des inatelats , & tout ce qui dans le lit à colonnes se fait eu élevant ou abaissant le châssis brisé» Ici ce châssis reste en place, & c’est au contraire la garniture du lit 8c le châssis sanglé sur lequel elle porte , qui descendent 8c qui s’éloignent du châssis brisé St des inatelats sur lesquels repose le malade. Voici comment cela s’opère. Le châssis inférieur qui porte toute la garniture, monte & descend dans des coulisses pratiquées dans les mon tans, & ces mouvemens lui sont communiqués par les cordes que portent les cylindres placés au pied du lit. Quand la garniture est ainsi descendue, le malade demeure suspendu sur le châssis brisé qui reste £xe , 8c l’on peut lui passer un bassin, 8c lui rendre d'autres services essentiels. Veut-on changer le malade ? On y parvient de la maniéré suivante : le châssis inférieur mobile de bas en haut & de huit en bas , comme nous l’avons dit, est garni d’un double à fonds sanglé qui porte le sommier, jes matelats, &c. Quand la garniture du lit est baissée, on tire le double châssis au milieu de la chambre, pour remuer les inatelats , établir dessus les sangles , les matelats & les draps de rechange $ on le remet à sa place, 011 remonte le tout à la fauteur du châssis frisé 5 alors on délace les sangles 3 on redescend encore le chassi?
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- inférieur, & le malade, abandon né à son poids Jk suivant le même mouvement , quitte ses matelats 6c ses draps sales, au travers desquels il passe sans être aucunement dérangé, Pour lors en remettant tout cri place, on attache les nouveaux matelats avec leurs sangles ou châssis , 6c le malade se trouve changé.
- ' <J
- Telle est la méthode ingénieuse dont le C. Mathieu s’est servi pour adapter le. mécanisme de son lit à tous les lieux 6e à tonies J es circonstances.
- Un. nuire lit est encore présenté par le même artiste , (5: celui-ci réunit tous les avantages d’un lit, d/un fauteuil . d’un lit de misère , Sa s'accommode avec une souplesse parfaite à toutes les jouissances auxquelles un homme infirme peut: aspirer , au milieu des tourmens d’nue vie languissante.
- Des axes garnis dé cylindres , ces cylindres garnis de cordes, ces cor J es attachées a des tringles , ces tringles répondant aux différentes parties mobiles du lit-fauteuil , forment tout le mécanisme de cette ingénieuse invention. Des clavettes ou de petits ver roux arrêtent, ces cylindres au point ou l’on désire, 6c ii n’est pas de mouvemens auxquels ne se prête cette machine arlistement exécutée.
- Cet ensemble se divise en 3 parties piincijpalés, qui lorsqu’elles sont toutes trois maintenues horizontalement sur un même plan, forment un lit.
- De ces trois parties, la première répond nu dos 6c à la tête, la deuxieme au siégé , la troisième aux jambes 6c aux pieds.
- La première est garnie d’un dossier 6c de deux joues pour soutenir 6c contenir les oreilles6c les traversins, 6c quelque situation qu’on donne à cette partie horizontale inclinée ou perpendiculaire, le dossier conserve toujours la direction perpendiculaire, à l’aide d’une tringle fixée d’une part au siégé 6c de l’autre au dossier, 6c qui se coude ou se redresse selon les mouvemens variés de cette première partie du fauteuil.
- Cette première partie est encore brisée en deux endroits, vers le col 6: vers les reins du malade, 6c dans ces brisures, elle s’incline ;flu degré que l’on désire à l’aide d’un quart de cercle percé dan § sa circonférence de trous dans lesquels on fixe une clavette.
- Ainsi le malade assis peut porter sa tête en arriéré , 6c reposer élans cette situation. Les reins peuvent être soutenus, élevés ou portés en avant , comme il est souvent utile aux asthmatiques & nécessaire aux femmes en travail $ la garniture à l’endroit de la tête se détache à gauche 6c à droite, 6c peut à l’aide de cordons se relever 6c recevoir la tête du malade , soit qu’il veuille la reposer à droite , ou à gauche , selon son besoin.
- La deuxieme partie du lit, celle qui répondant au siégé, est garnie à droite 6c à gauche de feras qui se posent 6c s’eiueyentà
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- volonté. Une sangle percée , attachée de côté & d’antre à des tringles transversales, coudées à angles droits & verticalement, est étendue sur celte partie. Ces tringles, s’élevant des deux'cotés à la fois , ou d’un côte seulement , soulèvent le malade en diffé^ens sens pour qu’on puisse lui passer le bassin & lui procurer les commodités qu'exigent des régions souvent malades & qui , portant le poids du corps, sont suj ttes ou à être froissées douloureusement, ou à s'échauffer beaucoup par le repos. Le milieu du sitge s’enfonce aussi & s'élève à diffère us,degrés, soit pour recevoir le bassin,-soit pour' ménager ou soutenir les parties qui reposent sur cet endroit.
- C'est aussi à cette deuxieme partie du lit-fauteuil , que peuvent s’adapter une table, un punit.e , un baldaquin , &c,
- La troisième partie de cette machine ingénieuse s'élève on s'abaisse à volonté & au dé gré nécessaire, tantôt pour soutenir tes jambes lu ri a ont al ment , cüinme.ilaïis le lit, ou la phaise longue, tantôt pour les tenir inclinées ., comme dans le Ht de mLerc , tantôt pour les laisser pendre tout-à-fait, comme clans un fauteuil.
- Les rebords qui entourent c< Ue - partie sVgrafL rit & se maintiennent rele vés à l’aide de croche ts, mais ils se rabattent quand on veut ,& donnent alôr la liberté de [)<vriser les maux des jambes, de soigner leurs fractures, de défaire ou de rétablir les appareils qui les conti* nu eût , &c.
- Toute la. machine portée sur -des roulettes est susceptible d’être mue en tous sens, d’être changée de lieu & promenée a volonté dans tous les endroits ru le malade désir,e être transporté.
- Telle est la construction du iic présenté par le C. Mathieu.. En le composant, cet artiste semblé avoir écouté toutes les plaintes étudie, tous les souhaits des malades , & a tte utile ni a chine, docile à tous leurs ordres , semble se partager eu autant d’iiistruineiis consolateurs qu'ils ont de membres souffrais , de douleurs ou dç délits.
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- Conclusion des Commissaires
- D’après cala, recormoissant dans les ouvrages de l'artiste dont nous Tenons de parler-, une utilité réelle, j.ointe à une ingénieuse exécution , observant encore que divers autres travaux dont il s’occupe , & qu’il ne soumet pals encore au jugeaient du Bureau , annoncent en lui un talent susceptible de s’exercer dans plus d’un' genre, nous pensons qu’il doit être admis -à participer aux récompenses nationales.
- Â Paris *7 93
- Paris, au Louvre , au Bureau de Consultation, le 11 Septembre , l’an deuxieme de la République Française, une & indivisible.
- H AL LÉ, J U/ME LIN.
- Le Bureau a accordé au C. Mathieu le maximum de la deuxie^ me classe c’est-à-dire 3 , ooo livres.
- Nota. Le Ci oyen Mathieu demeure ru: Haute-Feuille, N>. £„
- OUVRAGES NOUVEAUX-
- Œuvres complettes de J. J. Rousseau , 18 vol. in-40. grand papier, nom de Je'sus vélin , imprimée Spar ' Didôt , fils jeune, arec tzs caractères gravés par son frère', & ornés de 36 Estampes , d'après les Dessins de Cocltin, O les Tableaux de Vincent, p.egnau’t & M-otuiau-, Peintres des FJcaèéiaie.
- Il est te ms enfin d’élever à la gloire de J. J. Rousse., u un monument digne de lui. On doit a sa mémoire, au goûl des amateurs dès beuux-aits, une magnifique codec-tion de s.s (Envies..
- Jaloux' d-e porter l'exécution dé cette édition au ; l"s haut degré de perfection-, Dictai fils jeune est chaigé de. 1 impression , les citoyens Jo/iaiinot, d’Ani ©nay , fabriquent le papier , & las meilleurs Graveurs.de Pari - se fiotit une g‘o*rc d’employer leurs burins i rendre tés magnilknms dessins de feu Lochin, & les tableaux .des citoyens Vincent, Régnault & Mondait.
- On suivra l’Édition in-40. de Genève 1781 , faite rprès la mort de mousseau sur tm exemplaire retouché clesa main , sans aucuns commentaires ni notes.
- Cette édition, d’un seul format grand in-40.' >• IlC scra ihèe qu’à y CO exemplaires »ur papier vélin d’a'nr.ouay. »
- Il y en aura cent exemplaires dont les figures seront avant la lettre, la distribution s’en fera par ouvrage complet, soit en \m ou deux v<*L à îa fois, 3c iiix époques les- plus rapprochées lès uses des autres qu’il xera possible.
- Le tome premier,-qui .a d» paroitre su mois d’Ocfobre, contiendra la Politique , sera orné d * un superbe portrait de Rousseau, gravé par L, G . Langlois , Sc de- t.ois Estampes d’après Çochirt et Monsiau*
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- Ce ui du volume t'ont les nguies seiont ayant la lettre. ....... 150 1. brochés-.
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- 1Albert moderne, ou nouveaux secrets & procédés utiles & curieux , pour Ventre tien de La bciHué (S- de La santé, La gué-tison des maux & maladies, La conservationt <§ les diverses préparations des ali mens & des boissons, les diverses punies de-l-économie-, tant civile que rurale, les Arts & Métiers des villes & des campagnes , &c. $*r édition , augmentée de conseils & avis pour apprécier ce
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- Çompere (le.) Mathieu , ou le s Bigarrures de L’esprit humain-, avec cette épigraphe : Tout ce qui est au-dessus de l’intelii^eta e du vulgahe, est a ses yeux, ou sncié ,, ou. profane., ou abominable.. Nouv, édit, Paris, J723. 4 v.oL in-a peut fournit*. );
- o) 1. br*.
- 7/ paraît huit numéros de ces Mémoires par mois. Le prix de lu sous 'r'"tr car l’année cjl de 21 üv. pour Paris, et de 2g liv pour les département VJ \ lires.
- pour r année cjt.......
- de port, camp ris les gravures. * * ' J ’
- On. souscrit, pour les MÉMOIRES DTJ BUREAU DE CONSU7 TATirtM t> â*TS, ou JOURNAL DES INVENTlO-bUDÉCOUVERTES *T PFRviï^X N EM ENS. DANS LES SCIENCES-, ARTS ET MÉTIERS , ~ ~ ‘u^liU i°. Al?Imprimerie du-Citoyen CHEMIN, rue de Glatitm-v N° n / n- Ris du Font Notre-Dame. 6 J ’ ' 7‘> 1L U
- Ai Chct Le Citoyen LEFEVRE, archiiect^ entrepreneur, rue S.-Sauveur N9 Les Lettres, Projets-, Mémoires-, Avis & Réclamations doivent être adrePét f de port à P imprime rie. ‘ -pes jra.
- On peut fouf,ire pour un an ou. foc mois d dater du commencement monta,,;»»
- d'un u une lire* ' J
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- Kes. y$ à 7C.
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- 2.^3
- INSTRUMENT DE MATHÉMATIQUES.
- Ilap.o ort concernant le Citoyen Fréville.
- ï
- E C, Fréville, professeur de mathématiques a Abbeville, est auteur d’un n >uvel instrument de trigonométrie , que d'abord il appelloit longichnographe, & auquel il a donné depuis le nom plus exact d>agrichnographe.
- Au mois d’An ut dernier , il en. fit hommage à la Convention. Nationale. Le comité d’agriculture renvoya cet instrument au ministre de l’intérieur , avec invitation d’en faire faire l’examen , le plutôt possible, & de lui en faire passer le rapport.
- Postérieurement à cette époque , le Ç. Fréville a rempli toutes les forma ités prescrites par la loi du 12, Septembre 1791 $ & les
- pièces ont été transmises au Bureau par le Ministre de l'intérieur»
- De tous les instrumens que l’on a imaginés pour la levée des plans & l’arpentage la planchette est sans contredit lé plus simple, mais le plus sujet à diverses erreurs. Aussi Gardiner, ditnt l’autorité dans cette matière est d’un si grand poids , bornoit-il l’usage de la planchette aux plans d’une fort petite étendue & sur un terreur de niveau. ( géomctfical and graphie al essays By George Adams D London 1791 , page 2,26. )
- Parmi ceux qui se sont, occupés à perfectionner la planchette Cugnot est celui qui a le mieux réussi. ( méthode d’élever les, plans par Ozanam , édition d’Audierne, > page 3^3, & suivantes. )
- Plus anciennement on avoit imaginé l'instrument universel\ espece de planchette propre à un plus grand nombre d’opérations de » géométrie pratique sur le terrein , & à laquelle Ozanam avoit doii«' né beaucoup de vogué.
- L’usaee de cet instrument a été abandonné.*
- Quant à la planchette , tous le* reproches qu’on peut lui faire ont été très-brièvement exposes par un habile praticien , le Citoyen Baud ssnn.
- Quatrième trinu üklé*
- .(
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- , 294
- » Si cet Instrument clit-il> a quelques avantages, il a tant d’au* » très inconvéniens, qu’on est souvent obligé de s’en passer, ou 53 de revenir au grap ko mètre.
- 3> ip. Cette machine est si embarassante , qu’elle ne peut être » transportée qu’avec peine , sur-tout lorsqu’on va faire des » opérations un peu éloignées.
- 3» 2°. Il faut assujettir le papier dessus pour opérer. Souvent la >3 pluie, un coup dp vent, ou autres accidens semblables gâtent le 53 plan, ou empêchent de continuer les opérations.
- 33 3°. La perte du tems qu’on employé , soit à placer l’instru->3 ment, y assujettir le papier, à poser & diriger l'alidade en »» sens contraire, est cause qu’on ne fait pas la moitié de l’ouvrage
- qu’on feroit avec le grap homêtre.
- 33 Ces inconvéniens m’ayant fait rejetter la planchette , je me suis 33 servi depuis, avec beaucoup plus d’avantage , dugraphomêtre, en 3o faisant usage des tables des cordes avec une échelle de mille 3> parties égales s au lieu de rapporteur. ( Le rapporteur exact par' 33 Baudusson, préface , pages 4 ôc 5 ) 33.
- Le C. Fréville , auquel une longue pratique éclairée par la théorie , avoit fait connoître les avantages & les défauts de la planchette , s'est proposé , de a très-heureusement résolu le problème de construire un nouvel instrument trigonométrique t tel :
- iQ. Qu'il mesure les angles avec la même exactitude que le graphomêtre.
- 2y. Qu’il donne, comme # la planchette , & sans calcul, la con-noissance de tous les côtés , avec la facilité de faire d’une maniéré' très-expéditive , sur les lieux même , le cannevas du plan , afirï d’être en état de le comparer avec la Jlgure du terrain.
- 3°. Qu’il dispense absolument de l’usage des tables de sinus 8c de logarithmes , &*même des tables de Baudusson , destinées à remplacer l’insuflisance du rapporteur pour la construction des plans*
- description de l’Àgrichnographe*
- Cet instrument est composé :
- i°. D'un demi-cercle , sur lequel, au moyen d’un nonius ,' on ob* tient les minutes de deux en deux,
- 2°, De deux réglés ou branches., dont l’une est fixe, longue» chacune d’un pied, de réunies comme un compas de proportion
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- par une charnier® placée an centre même clu demi-cercle. Le pafalélisme de la partie intérieure de chaque branche est excentrique , tant a la charnière qu’au demi-cercle.
- 3°. De deux platines sur chaque branche. Ces platines se meuvent librement à coulisse le long des règles, & peuvent être fixées à volonté par une vis de pression.
- 4°. Sur trois de ces platines, est adaptée une pinule, dont le centre répond à celui du demi-cercle, & a l’un des côtés de la platine taillé en biseau. Elles tournent sur elles-mêmes , sans perdre leur propre centre , ni celui de l’instrument ; ce qui leur procure un double mouvement $ le premier d’avancer ou de s’éloigner du centre commun , et toujours dans la même direction paralellement aux branches qui les supportent $ le second de tourner sur leur centre.
- 5Q. A la qnatrième platine , est adapté un quart de cercle garni d'une alidade, avec un nonius y donnant les minutes de trois en trois, une pinule an centre , qui tourne sur elfe-même , et une pinule auxiliaire , élevée au dessus du nonius.
- 6m Au milieu du demi-cercle, se trouve un cadran universel9 accompagné d’une boussole.
- 70. Au diamètre du demi-cercle, est attaché un niveau à bulle d'air .y qui peut s'ouvrir à angle droit.
- 8m L'instr miment est supporté par un genou comme les grap ho mètres.
- échelles tracées sur les branches.
- *
- im Chacune des branches , à compter du centre , porte une échelle de deux mille parties, donnant dans chaque division , sur toute pa longueur , au moyen de transversales, les dixièmes et les centièmes. *
- sm La seconde échelle occupe presque toute la longueur des deux br anches ouvertes , de maniéré à ne former qu’une seule régie. Cette échelle contient les logarithmes tabulaires depuis 1 jusqu’à 100 ; au moyen des tansversales, elle donne les \ dixièmes et les centièmes. Avec cette échelle , on fait toutes les opérations qu’embrassent let tables et logarithmes.
- 3m Sur le rayon, vers la droite du demi-cercle, est tracée une échelle de corde qui donne les minutes de quatre en quatre. Cette échelle remplace avantageusement le rapporteur, le compas de proportion çt les tables de Baudusson.
- Kkks,
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- 4*• dessus sc trouve une échelle des 32 rhunibs de vent# pour orienter les plans.
- Usage et propriétés du nouvel instrument.
- ia» On prend pour hase, (quand cela se peut) un des côtés de la pièce de terre qu'il sagit de mesurer. A défaut, on choisit la hase dans un autre endroit commode , hors de la piece.
- 2°. Ayant déterminé à l’une des extrémités de la base, les angles sur différens objets, et mesuré la longueur de celle-ci, on se transporte avec l’instrument , a l’autre extrémité de la base. On fait glisser sur la branche fixe la platine qui po.rte le quart de cercle, jusqu’à ce que le biseau côincide avec la division dont le nombre exprime celui des chaînes de la base.
- 3o. A l’aide du quart de cercle, on prend les angles formés par les objets sur lesquels on avoit visé dans la première station,
- 4°. On fait glisser sur la réglé mobile une quelconqe des platines , jqsqu’à ce que le fil de sa pinule se trouve exactement dans la ligne visuelle, entre l’objet et les pinides du quart de cercle.
- Par cette suite d’opérations simples, on a, sur l’instrument même, deux angles mesurés , le troisième conclu , et les trois côtés conclus ; puisque déjà la base a été rapportée sur la branche fixe ; que le second côté se trouve déterminé par la division, de la régie mobile, sur laquelle tombe le biseau de la pinule que l’on a fait glisser jusqu’à la collimation avec l’objet et les piaules du quart de cerle. Quant au troisième côté, on mesure sa longueur en prenant avec un compas l’intervalle du centre de la pinule de collimation à celui de la pinule placée au centre du quart de cercle ; portant cette ouverture de compas sur la ligne des parties dgales , on a le nombre de chaînes.
- Les propriétés de iagrichnographe se réduisent, comme on vient de le voir, à former sur l'instrument même des triangles semblables à ceux sur le terrein : de sorte que dans plusieurs cas, on peut, avec deux stations seulement, déterminer sur le local? la continence de deux, trois, quatre, et d’un plus grand nombre de possessions différentes.
- Cet instrument jouit encore dAme propriété précieuse que n’a point legraphomêire ; celle de pouvoir, sans être obligé de changer cie station , vérifier les angles obsêrvés. Elle est fondée sur ce que les angles dont le sommet est à la circonférence , ont pour mesura ta moitié de l’arc compris entre leurs côtés.
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- Voici comment îe C, Fréville procédé avec la plus grande ^facilité à cette vérification des angles.
- Ayant mesuré avec le demi-cercle, un angle quelconque, il regarde sur quelle division de la branche mobile tombe le biseau de l’une des deux piaules à volonté. Cela fait , il place le biseau de la platine à quart de cercle, sn r la division de la brandie fixe correspondante à celle trouvée sur la branche mobile ; alors , il fait mouvoir l’alidade du quart de cercle, jusqu’à ce que les fils de ses deux pinules soient dans la même direction que le fil de la pinule de la branche mobile. L’angle indiqué par le nonîus du quart de cercle doit, être la moitié de l’angle de supplément à celui qui avoit d’abord été mesuré avec le demi-cercle. Il résulte de cette propriété , que le demi-cercle se réduit , au besoin , à un quart de cercle.'
- Les avantages que l’instrument du C. Fréville présente dans la •pratique , sont :
- l°. De s’affranchir de l’embarras de porter avec soi des tables de Logarithmes , dont l’usage est pénible sur le terreln , et devient Impossible lorsqu'il pleut ou qu’il fait du vent.
- 2°. D’éviter de porter la chaîne ailleurs que sur la hase , comme .©n y est assujetti en opérant avec la planchette.
- 3°. De conserver les grains, lorsqu’on est obligé de mesurer l’espace qu’ils occupent, dans une saison où le dommage seroit irréparable. ; '
- 4L De faire aisément en un seul jour ce qu’à peine on ponrroît faire en deux jours , par la méthode ordinaire, et avec un nombre double d’aides.
- Les officiers municipaux de Villers, canton d'Àilly, Département de la Somme , attestent, dans un certificat, quùls ont été témoins .et très-satisfaits de la justesse et de la célérité des opérations exécutées par le C. Fréville, sur une étendue considérable de terreia entièrement couvert de bled.
- 5L De diminuer tellement le prix , que l’on peut faire pour trois sols par arpent, ce qui en coûtait au moins dix par l’ancienne méthode.
- Jusqu’ici, nous n’avons envisagé le C. Fréville que comme Vauteur théoricien et praticien de son instrument. Nous ajouterons, que quoiqu’il ne soit pas artiste, il l’a construit lui-même, ce qui fui a coûté beaucoup de tems et de peine. .11 se propose de le fait©
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- wm&m
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- I 111111
- ail
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- exécuter avec soin sous ses yeux , par un artiste habile , en pro* fitant des vues et des conseils du C. Prony , qui a dessein de s’eu servir concurremment avec la planchette pour les opérations de dé* tail du cadastre de la République,
- D’après cet exposé , nous pensons que le C. Fréville a de justes droits aux récompenses nationales ; et. nous croyons pouvoir pro--poser au Bureau de lui assigner le maximum de la seconde classe, c^est-à-dire , trois mille ivres.
- P iris, le quatorze Brum lire , l’an deuxieme de la République Française, une et indivisible,. ^ -
- SERVIÈRES , COUSIN.
- Pour copie conforme a Poriginal, Paris , le 2,3 Brumaire , l’ail ae. de la République Française une et indivisible.
- JUMELFN , Secrétaire.
- Avis du Bureau>
- » Le Bureau de Consultation des arts et métiers, après avoir s» entendu le rapport de ses commissaires sur un nouvel instrument a» de trigonométrie, inventé, exécuté et mis en usage par le C, s» Fréville , Professeur de mathématiques à Abbeville , qui lui a don-r >3 né le nom d’Agrickno graphe ; considérant que cet instrument
- réunit en partie les avantages de la planchette et du graphometre , •» est d’avis, conformément à la loi du douçe Septembre mil sept x> cent quatre-vingt-onze, que le C. Frévibe a des droits aux rér >?• compenses nationales, et qu’il mérite le maximum de la secon* a» de classe, c’est-à-dire , trois mille livres 33.
- LAVOISIER, Président, JUMELIN, Secrétaire.
- Rapport concernant le C. Jdoffemont, Tailleur de Corps.
- Xj ON G-TE MS avant que R uisseau se fut élevé conrre l’abus des corps, les médecins et les anatomistes en avoient lait connoî-tre les dangers. Mais il manquoit à leurs discours , ce ton que produit l'enthousiasme, et qui prête à la raison des forces, sans lesquel-* les elle ne peut triompher de l’habitude.
- Il en est de l’usage des corps comme de celui des remedes $ Plu un me sain et bien constitué, ne doit point en faire usage. Et mime le très- petit nombre de ceux qui ont vraiment besoin d’y
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- fecoitrîr, lie doivent pas s’en servir indistinctement, mais seulement dans la proportion et la mesure qui conviennent à leurs besoins. Il en résulte que l’art de faiseur de corps, n’est point un art indifférent $ que son habileté consiste à servir la nature sans la contrarier , que par conséquent cet art assez commun , est cependant un art difficile.
- M. Doffeinont, si l’on en juge par les approbations des Corps savans de la Faculté de Médecine, de l’Academie de Chirurgie, de celle des Sciences et de la Société de Médecine , est un des premiers , qui ait senti les difficultés de cet art, et qui se soit occu» pé d’en corriger les défauts.
- En 1754, d présenta à l’Académie de Chirurgie, ses premiers essais qui y furent accueillis. En 1758 , il présenta à la Faculté de Médecine , à l’Academie de Chirurgie et à celle des Sciences, des corps destinés à corriger les défauts de la taille dans les enfans, et des bottines construites pour redresser les courbures des extrémités inférieures. Ces compagnies lui accordèrent leur approbation , et ii est à remarquer que c’est après avoir rappelé les excellons mémoires de winflou sur l’abus des corps , que les commissaires de l'Academie des Sciences , M M. Hérissant <5t Guettard , donnèrent des éloges aux travaux de M. Doffemont. En 1774 , le même artiste présenta à l’Académie de Chirurgie et à la Faculté de Médecine , des corps propres a soutenir les seins des femmes , sans les gêner -, et des ceintures pour contenir et maintenir le bas-ventre , sur-tout dans les yiolens exercices , & ces nouveaux essais furent également approuvés. En 1781 , il soumit â l’examen de la Société de Médecine , des épaulettes destinées à maintenir les épaules, et des ceintures , pour soutenir la taille dans les différens âges j on a jugé ces ouvrages dignes d’éloges. Enfin en 1788, l’Académie de Chirurgie, a encore approuvé des ouvrages de la même nature , qui lui ont été présen-tés par M, Doffemont,
- Ce que nous avons observé de plus remarquable dans les ouvrages de M, Doffemont, n’est pas seulement, leur souplesse , leur élasticité , la facilité de les retourner de dehors eu dedans, mérite qu’il partage avec plusieurs autres habiles tailleurs de corps , mais encore , le soin qu'il a pris de former ses épaulette.s de maniéré à ne porter aucune pression sur les vaisseaux et les nerfs axillaires, celui de donner sur-tout de la souplesse, & du développement à la partie de ses corps qui enveloppe la poitrine, ou qni répond aux seins, en sorte qu’ils n’ont point l’inconvénient ordinaire des corps les mieux Hits, qui s’étrécissent 6c s’éyasens en sens inverse QQ
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- l’évasenifliit', des" parties osseuses delà poitrine $ enfïrf ïb moyen qui n’est pas in différent'pour U môme objet, de lacer les corps sur les deux côtés , et d'en multiplier les crevees pour l’adapter avec plus de préri > n aux for nés naturelles. N >us ne suivrons pas c.S' avantages dans la pratique < t dans l'application que M. Doffemont; en a laite à différentes cir distances. On c nçoit combn n les moyens principaux doîvf-nt Varier suivai t les besoins des1 2 * * * personnes aux-qrtlles m est < b-igé de lés adapter.
- Il résulte toujours de ce que nous venons d’exposer, que M. JDcffeinont, âge de 77 ans 9 infirma & près u’enrièr mmit privé dt la" vue, a travaillé avec uti ne dans l’art auquel il s’est adonné 5-que ses premiers essais approuvés parles corps sa vans , datent de près de 4o ans j «pue depuis ce teins , il n’a cessé' de s’occuper de perfectionner son art5 que ses derniers travaux également jugés dignes d’éloges, n’ont pas plus de quatre ans de date \ que par conséquent , il est un des premiers qui aient senti l’importance des réformes h faire dans la structure des corps de baleine , et qu’il y a travaillé avec succès et utilité pendant un grand nombre d’années.
- Nous pensons qu’il peut être admis à la seconde classe .des récompenses nationales, & <ju’on peut lui accorder le troisième degré de ces récompenses , qui est de 2,000 liv. , qui jointes au supplément que la loi lui accorde à raison de son âge , fourniroient un total de 4» 000 liv. , sur lesquelles, outre la déduction du sol pour livre stipulé par la loi-, il faudra encore déduire 5oo ou 4oo liv. de secours provisoire, déjà accordées au même artiste par délibérai ion du Bureau. ( conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation, le 12 septembre 1792 p l’an quatrième de la liberté , ôc de l’égalité le premier.
- HALLE, BOURRU.
- Il paroît huit numéros de ces Mémoires par' mois. Le prix de la souscription pour l’année Jf de 21 liv. pour Paris, et de 25 liv. pour les départ&mens , franc de port, compris les gravures.
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- 1°. A r Imprimerie du Citoyen CHEMIN, rue de Glatigny, N°. 7, en la Cité, au las du 1 ont de la R nsOiiï
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- Les Lettres, Projets, Mémoires, - Avis & Réclamations doivent être adrefés francs
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- Ami trimejirev
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- np. 77:
- ( 3o1 )
- MÉCANIQUE.
- Rapport concernant le citoyen Montpetit.
- J -J E Bureau cle Consultation des Arts de Métiers nous a charges de lui rendre compte des travaux du C. Montpetit, Dans le cours d’une très-longue carrière, toutes les vues du C. Montpetit ont été tourné es vers Futilité publique $ mais nous ne fixerons votre attention que sur le poêle hydraulique qui lui a mérité un rapport très-favorable de la faculté de médecin e ; sur la machine à arrondit, ( pour parler en termes de l’art ), ou à donner aux dents des roues de montres, la courbure qu’elles doivent avoir, machine dont on. a tiré depuis, de très-grands avantages ; enfin sur un pont de 1er, q u’il a proposé Ion g-teins avant celui de Thomas-René, approuvé en 1787, par la ci-devant Académie des sciences.
- Le poêle hydraulique est composé d’un fourneau 3c d’une cheminée droite , donnant une issue à la fumée , mais qu’on peut 1er-mer au moyen d’une soupape. Lorsqu’elle est fermée , la flamme qui sort du fourneau , est forcée de parcourir un espace de i5 à j6 pieds , dans une galerie en vis , enveloppée d’une double cuvette de fer-blanc qui contient un certain volume d’eau. Cette cuvette est construite de maniéré que la vapeur de l’eau ne peut se répandre au dehors ou dans l’appartement , que quand on le juge nécessaire. Au dessus de l’ouverture qui donne passage à la vapeur , est un matras renversé, qui sert à fournir de l’eau à la cuvette , à mesure qu’elle en dépense ; enfla à la surface de l’eau , est un thermomètre simple, qui indique le degré de chaleur.
- La description de la machine à arrondir, qui ne' peut être' abrégée , est si longue, qu’elle 11e peut entrer dans ce rapport# Nous la déposons sur. le bureau; mais cette seule invention donnereit au C. Montpetit, un droit aux récompenses nationales , qu’on ne pourroit lui contester. Elle a été employée dans plusieurs manufactures, & elle a été le modèle d’autres machines à arrondir, dont on fait continuellement usage. Quant à son pont de fer , nous n’entrerons dans aucuns détails sur sa construction ; nous nous contenterons de dire qu’elle nous a paru ingénieuse. .
- » Le Bureau considérant que le citoyen Montpetit, dans le cours » -d’une ’ très-longue carrière, s’est occupé constamment des choses b» qui pou voient être utiles ; considérant que son poêle hydraulique » peut avoir des avantages ; qu’il a fait, le premier en France , une » machine à arrondir, on à donner aux dents des montres, la coursa bure qu’elles doivent ayoir?& que cette machine a servi de modèle à Quatrième TrUn^ k i i
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- v plusieurs autres Ju meme genre , dont on Fait continuellement usage J >» que le pont de fer qu’il a proposé long-tems ayant celui de Thomas-' si René, approuvé par l’Académie des sciences, est d’pne construction P ingénieuse , est d’avis qu’il sera donné au citoyen Monfepetit le mi-P niiiium de la première classe , c’est-à-dire , quatre mille livres.
- SILVESTRE , Président y JUMELIN, Secrétaire«
- Au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le 18 septembre ijyà , l’an second de la République française , une & indivisible.
- LEROY , COUSIN , LAGRAN GE.
- Pour copie conforme à l’original, à Paris , le 18 septembre 1798 ç l’an second de la République française , une & indivisible»
- l’an second de la République française , une & indivisible»
- Observations sur les Machines à finir, les dentures des rpues de
- me ntres *
- I L a existé , depuis le commencement de ce siecle, des machines sécrétés , à Londres, qui atrondissoient, finissojent de polissoienl les dentures des roues démontrés; machines qui ont contribué à R réputation des horlogers d'Angleterre, & à l’extension de cette partie de leur commerce, Il pianquoit aux artistes français, les secours de pareilles machines , pour aphever de rivaliser les Anglais.
- En 1793, le Ç. Montpetit présenta à l’Académie des Sciences des modèles de machines tendantes à remplir cet objet: l’exécution en fut achevée en 17^8; & pendant plusieurs années , elles furent en activité à Paris, au profit de beaucoup dlhorlogers , qui y envoyoieut leurs rouages à finir , usage qui fut d’un secours inappréciable a peux dont la foifilegse de la vue , ne leur permettoit plus cette opéra-ration délicate.
- Des circon6tanc.es ont fait passer p.es machines eyitre les mains des freres Goiffoi? ^ horlogers à Bourg en Bresse , qui se les réservent pour leur compte : jl seroit g, désirer qu’il y en eût un établissement à Paris , pour'la commodité des artistes &; l’avantage du commerce d’horlogerie,
- Les machines du C. Montpetit ayant toujours été sécrétés, elles n’ont pu qu’ex-eveer le génie des artistes qui ont cherché , sur l’idée de l’existence de cës machines , les moyens d’en établir qui eussent les mêmes avantages ; mais de toutes celles qui ont paru , il en est trés-peu qui en aient approché ; car pour remplir fiobjet désiré , il faut qu’elles rendent les effets dans le genre de celles d’Angleterre , où tout au moins, qu’elles puissent suppléer à la main du plus habile fini$seuri Quelque artiste ingénieux & adroit aura pu se fabriquer un outil qui remplisse ses vues ; mais l’avantage en est pour lui geul, & l’horlogerie en général n’y gagne pas beaucoup ; an Heu que les machines établies à Londres servoient tous les Horlogers de France , & fournissoient, de plus, des rpuages tout achevés , même enar- < brés , qui se débitoient, non seulement dans toute l’Angleterre , mais encore danç ce pays.
- T! y a quelques ouvriers à Paris qui se sont procuré des outils, pour ar-ptidjr les deftlures des roues' des montres, qu’ils font servir au public} comrn^
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- feÊüi à reîcïiÆre ; mais la plupart sent irréguliers , ne peuvent se prêter a Mus! les arrondissements possibles, encore moins à ce beau fini 8e poli , dernier terin e de la main-d’œuvre : de façon que l’ouvrier jaloux de la perfection , est obligé de passer les dentures à fia main, afin de les rectifier, les finir et les polir ; au lieu que par les machines du C. Montpetit , toutes les dentures , quelque petites qu’elles soient, sont rendues aussi parfaites que celles d’une grande pendule bien achevée t & si polies, que l’artiste rie pourroit les retoucher, sans les gâter , & l’exécution s’en fait avec la plus grande diligence,
- -On peut juger de l’effet de .ces machines , par la déclaration qu’en ont faite les frères Goiff’on, dans leur certificat communiqué au Bureau de consultation, qui porte en substance , que , depuis le teins qu’ils ont été directeurs de la manufacture d’horlogerie établie à Eourg-cn-Bresse, ils possèdent, sous le secret, des machines à arrondir , finir & polir les dentures des roues des montres , cédées à la manufacture par le citoyen, Vincent filonIpetit ; qu.e par l’usage journalier qu’ils en font, elles leur proqurent toujours, dans tous les rouages , des dentuj-es uniformes , finies .& polies dans la plus grande perfection, sur toutes les courbures, désirées 8c avec la plus grande célérité ; car en trente minutes, le rouage d’un mouvement de montre peut être achevé ; fia roue à travailler étant fixée, il suffit de tourner une manivelle sans interruption , les dents s’exécutent jusqu’à la derrière , dont la solution s’annonce par un tout' ou rien, qui arrête précisément au nombre demandé , de maniéré que l'opération peut se faire pa.r un enfant , même aveugle , pu par un poids : ce tout, ou rien , a un avantage précieux , en ce que , dans le cas où un atome , ou quelque cause accidentelle , empêcheroit que la dent à finir ne se présentât dans la place vraie & précise qui lui est fixée pour être travaillée , ou même si elle l’eût déjà été , la machine s’arrête roi t sans secousse, & sans qu’elle pût être forcée ^ quelque augmentation qiue l’on fasse à la force motrice.
- Note au sujet du poêle hydraulique»
- Les avantages du poêle hydraulique sont détaillés dans le décret de la Faculté de médecine , qui en conseille l’usage dans beaucoup de maladies, aux poitrinaires, aux gens de cabinet , aux personnes délicates , &c. &c.
- L’original existe depuis quinze à seize ans , chez l’auteur , Jduç du gros Chenet-, Ne. 3, où il règne , en hiver , une chaleur de printems , sam odeur d’empireume. Cç poé * le a en outre la faculté d’être promené dans la chambre, sans interrompre 1q cours de la fumée. ( Articles communiqués- )
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- Rapport concernant le citoyen ffiatel, Graveur-Emaillcur»
- ''S/'O S commissaires se sont transportés Vendredi, loFéviier, dtea M. Wateï, Graveur-Emàilleui' en bijoux , et ont examiné des morceaux qu’il youloit soumettre au Bureau de Consultation ? pour avoir p^rt aux récompenses nationales , ou plutôt aux ençauiagemens et secours qui sont destinés aux artistes intelligens , honnêtes Sc peu fortunés» Celui-ci joint une famille nombreuse à une pauvreté honorable qui Fa réduit, l’année derniepe , à s’employer dans les jÊpavaux publics, Quoique n’ayons rien trouyé de neuf dans
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- les pièces en érriait, et dont nous mettons îïtle partie "sons yo& yeux , nous ^croyons devoir rendre justice à L'adresse de cet artiste 9 qui joint à ce talent celui de graver avec distinction sur le cuivre et l’acier, et de faire lui-même ses instrument , qui sont d’un travail très-fini. Nous pouvons ajouter qu’il a fait quelques dépenses pour les poinçons d'une médaille et d'un bouton , relatifs à la. Fédération du 14 Juillet , et pour lesquels plusieurs membres dô l’Assemblée Constituante , lui ont donné de vive voix des encou-ragernens t mais dont il a trouvé peu de débit.
- Logé de la maniéré la plus modeste , il peut à peine acquitter son loyer ; et dans ce moment même , sa réputation de probité seule détermine son propriétaire, à le garder. Ces diverses considérations , jointes aux malheurs des tems qui ne lui laissent aucun; ouvrage , nous font croire que le bureau doit appliquer en sa faveur l’article XX, du titre premier du décret sur la distribution des récompenses nationales, et .voter pour lui en conséquence, une somme de trois cents livres , qui est le maximum de cettte elase^ M. Watel a rempli toutes les formalités-, en obtenant de sa section ^ des- certificats d'honorable pauvreté. ( Conclusions adoptées. )
- DESAUDRAY , SfLVESTRE,
- Paris, le 16 Février, 1792,
- OUVRAGE NOUVEAU.-
- Méritoire sur les établissemens publics de bienfaisance, de travail b de correction , considérés sens les rapports politiques et commerciaux , présenté atr. comité des secours publics de la convention nationale , le 28 brumaire dernier, par Jacques DILLON,. artiste hydràulicien et mécanicien, favorablement accueillie par la convention , & imprimé par ses ordres9ur le rapport du même comité.
- dissertation sur la surdité, les succès répétés die l’eau céphalique& injectioie> contre cette maladie, même invétérée.-
- AVIS.-
- Le prochain envoi sera accompagné des- gravures de quelques-uns des rapports imprimés ,& successivement de tous ceux qui en sont susceptibles, & qui sont déjà imprimés ou qui le seront par la suite : en conséquence , nos souscripteurs', voudront bien faire passer le supplément de leur abonnement, à compter du premier trimestre, à raison de 21 liv. par an, pour Paris , & 25 Ii-v. poul-
- ies départemens.
- U paraît huit numéros deces Mémoires par mois. Le prix de ta souscription pour rannée ejl de 21 liv. pour Paris, et de 25 Liv, pour les départemens , franc de port, compiis les gravures.
- i On peut feufcrin pour un anoujix mois i mais toujours à dater du commencement d’un trïineJlrCu
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- No. 78.
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- SATINAGE.
- Rapport concernant le citoyen Lebrun.
- N O US, commissaires soussignés, ayant été chargés par le Bu* reau de Consultation des Arts & Métiers d’examiner les titras que peut avoir aux récompenses nationales le C. Lebrun , mécanicien , nous allons lui en rendre compte j & nous observerons , quant aux formalites prescrites par la loi, pour pouvoir concourir aux récompenses nationales , qu’il les a toutes remplies.
- Le C. Lebrun fonde ses titres aux récompenses nationales sur une machine qn’il a imaginée pour faciliter l’opération qu’on appelé, dans les manufactures de toiles peintes , le satinage, & pour en diminuer considérablement le travail. Selon lui, deux hommes peuvent % au moyen de cette machine, satiner de 4° ù 4^ pièces par jour* selon le plus ou le moins de largeur cj.es indiennes.
- Pour mieux juger de cette machine , il faut observer que le satinage se fait ordinairement au moyen d’une perche maintenue presque perpendiculairement, & armée par en bas d’une piece qu’on appelé ,le lustroir. L’homme cjui satine fait aller & venir le lusiroir de la main droite, tandis qu’il conduit l’indienne transversalement. Or le mouvement du bras qui satine fatigue l’homme considérablement. Il résulte delà qu’il y a beaucoup d'inégalité dans la maniéré dont les pièces sont satinées j &, que souvent des raies entières de la piece ne le sont pas.
- Pour obvier à ce travail fatigant de l’homme cjui satine , on a cherché à y employer des machines \ mais toutes ces machines satinent en travers, & il a été reconnu , par nombre d’épreuves , que cette maniéré de satiner ne produit pas un si bon effet, que celle qui se fait en long ; cette clerniere donnant à la piece un lustre plus égal et plus flatteur pour l’œil.
- Ces diverses considérations ont engagé différens mécaniciens , à tâcher de substituer aux machines, qui satinent en travers, des machines cjui satinent en long ; mais ils y ont peu réussi, soit par la difficulté de donner à ces machines les inouvemens nécessaires, soit par 1 embarras de soulever les perches des lustroirs pour faire /’enveloppeinent sur les rouleaux ou les ensubles. Quoiqu’il en soit, le C. Lebrun a cru (pie le peu de succès des autres ne devoit pas le décourager , & il a imaginé la machine que nous allons faire connoître au Bureau.
- Pour qu’il puisse s’en faire plus facilement une idée , il ne sera pas inutile de lui présenter auparavant , les différens inouvemens qu’elle doit avoir, pour bien remplir son objet.
- quatrième Trim.
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- Les ïustroirs doivent, i°. se mouvoir selon la longnêUr de la toile pour la satiner, et 2.0. porter successivement leur action sur toute sa largeur ; effet qui ne peut avoir Heu que de deux maniérés , ou par un autre mouvement des lustroirs, transversal, ou par un mouvement de la partie qui dans la machine, doit porter la toile. 3Q. Enfin, il faut que les lustroirs, ouïes perches qui les portent puissent être poussés ou soulevés dans l’occasion pour faire successivement l’enveloppement de la toile , après qu’il y en a une certaine longueur de satinée. La machine du C. Lebrun est construite de la maniéré suivante , afin d’exécuter ces différent mouvemens.
- Pour faire mouvoir les lustroirs, ou les perches , il y a un équipage qui est représenté dans la planche première des dessins qui sont sons les yeux du Bureau. Dans cet équipage, il y a une manivelle A , que deux hommes font tourner , et qui par le moyen du va-et-vient, mu par un engrenage, fait avancer et reculer les lustroirs , représentés en H H H. On imaginera facilement qu’il y en a autant que la force des hommes peut en faire agir en tournant la manivelle ; leur nombre est ici de 8. Les détails de la planche font voir comment ces lustroirs, ou les perches qui les portent sont suspendues, Elles sont établies comme celles qui servent à satiner à bras. Les toiles sont p>ortées par des rouleaux, ou ensables qui sont établies sur un chariot divisé en deux parties qu’on voit représentées en profil, dans la planche première, de de toute leur longueur , dans les planches 2, & 3. Or comme il faut un mouvement transversal pour que le lustroir parcoure toute la longueur de la toile, cet effet, comme nous l’avons dit, se fait ici par le mouvement longitudinal du chariot \ mouvemement qui est de 33 pouces , conformément à la largeur ordinaire des toiles.
- Pour communiquer au chariot ce mouvemement, l’arbre qui porte la roue , qui fait aller Le va- &- vient, porte en même-tems une roue G, planche , qui fait tourner un arbre III. Cet arbre porte une vis sans fiii, au moyen de laquelle, il fait tourner une roue montée sur un arbre , qui est coudé en manivelle, comme en peut le voir dans la planche 3e. Cette manivelle porte un tiran T planche 3e. qui, par l’extrémité d’un levier S, représenté dans la plan*, clie 2e. , communique au moyen d’un autre petit tiran brisé Y , avec le chariot. Enfin l’équipage des perches qui portent ces lustroirs , est suspendu de façon, qu’en faisant faire en bas un mouvement au tiran T , delà planche ie. , de le plaçant à demeure en V , même planche les lustroirs sont relevés de soutenus , de maniéré qu’on peut faire alors mouvoir les toiles comme on veut.
- D’après cet exposé, on concevra sans peine le jeu de cette machine.
- En tournant la manivelle, on fait aller le va-&-vient, et le va~
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- &-vient fait mouvoir les lustroirs.. La manivelle , en. tournant, fait mouvoir la roue C , qui par sa vis sans fin et le mécanisme intermédiaire , fait à son tour moaivoir et avancer le chariot, qui , d’après les proportions données aux pièces, avance précisément de la quantité qu’il faut, pour que les toiles parcourent, sous les lustroirs , toute leur largeur. Cette opération faite, en déplaçant le tiran T , indiqué dans la planche première , & l’amenant, comme nous l’avons dit, dans la position Y, on soulevé par cette opération tous les lustroirs , & on est en état de pouvoir faire l’enveloppe-rnent sur les ensubles, enveloppement qui est de deux pieds, c’est-à-dire , à peu-près de la distance qu’il y a entre deux ensubles , ou de l'espace que parcourent les lustroirs.
- Cette manœuvre finie, on prend le petit levier A , planche première , & au moyen du treuil B , sur lequel est fixée une roue D qui porte une chaîne sans fin, dans le goût de celle de feu M. Vancanson, on fait tourner les quatre ensubles S S S S , planche z & 5 , de cette partie du chariot , et on enveloppe, sur ces ensubles , les toiles qui ont été satinées. Une autre chaîne sans fin communique le mouvement aux quatre autres ensubles, de l’autre partie du chariot. Les toiles satinées ayant été enveloppées ainsi sut les rouleaux ou ensubles, ou recommence l’opération en remettant le tiran T, dans sa première position , de maniéré que tout est par là disposé pour satiner de nouveau. Il faut observer que pour que la toile soit toujours bien ferme , le petit levier A est chargé d’un poids H, qui fait continuellement effort pour la tendre } enfin, il est comme inutile d’ajouter qu’il y a une table dont on voit les parties dans les planches 2 & 3, pour porter les toiles , lorsque les lissoirs appuient dessus pour les satiner.
- On pourroit objecter que dans cette machine , le chariot portant les 16 ensubles & tout leur équipage, se mouvra difficilement par le frottement résultant de son poids : mais si l'on considéré que ce chariot ne se meut que de 4 lignes par tour de la manivelle, Sc qu’il en faut 99 pour lui faire parcourir 33 pouces , largeur de la toile ; enfin que ce chariot est soutenu sur des rouleaux , on verra que cette objection 11e peut être d’aucun poids contre cette disposition. Une autre considération regarde Iss lustroirs ; il est important qu’ils reçoivent bien tous exactement le même mouvement, «& que leur pression sur la toile soit parfaitement la même, afin qu’il 11’y ait pas d’inégalité dans le satinage ; mais il paroît , par la disposition- que l’auteur a donnée à ces parties , & par la facilité qu’il a de rendre, par des poids, la pression des différens lustroirs toujours égale, qu’il sera constamment en état de remplir cette condition essentielle à cette machine.
- Nous venons d’exposer au Bureau la construction de la machine du C. Le Brun, pour satiner^ en long, plusieurs pièces de
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- toile à la fois ; tiôiis avons fait voir qu'elle a tous les mouve-mens propres à une machine de cette espece., 5c qu’elle les exécute d’une maniéré simple & facile ; nous croyons en conséquence j, que cette machine, qui remplit un objet auquel on avoit tenté vainement de réussir jusqu’ici, mérite que son auteur ait part aux récompenses nationales, & qu’il a de justes titres au Medium, de la seconde classe.
- Nous ne dissimulerons pas qu’un de nous s’étant transporté à Joui, pour voir les opérations de cette belle manufacture , le C. Obislarnpff, qui en est le propriétaire , lui a observé que la mode , qui décide de tout , a beaucoup diminué le satinage des indiennes $ & qu’on se contente en général aujourd’hui, de l’apprêt qn’on leur donne , en les faisant passer sous le cylindre. Cependant comme la mode peut ramener cet usage de satiner, & que la machine du C. Le brun est bien construite pour remplir cet objet, nous pensons que cet artiste n’en est pas moins digne de la récompense que nous demandons pour lui., l’ayant imaginée dans un tems où le satinage étoit fort en usage dans les manufactures ., 5c où une machine de ce genre étoit fort désirée.
- Au Bureau de Consultation , au Louvre, le 4 Septembre 1793, l’an 2 de la République française une 5c indivisible.
- J. B. LEROY, & le Républicain J. H. IiASSENFRATZ.
- * Collationné 5c trouvé conforme à l’original par moi , Secrétaire du Bureau de Consultation des Arts 5c Métiers, à Paris le 16 Septembre 1793, l’an 2 de la République française une 5c indivisible.
- JUMEUN , Secrétaire,
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Décades des Cultivateurs, ou Précis historique des évènemens révolutionnaires de la République Française, Cours de morale naturelle , pour chaque mo.s de Cannée, VAgriculture pratique, la Médecine rurale & vétérinaire , 12 volumes avec
- figures, par souscription. Prix là liv. pour les départemeus, 8c 12 liv. pour Paris. •" ’
- L’Intérieur d’un ménage républicain opéra comique en un acte, 3c en vaudevilles, par le C. Chastenet. Prix, 1 livre 5 sols.
- U' paroit huit numéros de ces Mémoires par mois. Le. prix de la souscription pjj-ur l'année e/l de 21 liv. pour Paris, et de 25 liv, pour Les départemeus , franc de port, compris les gravures.
- On peut foufcrire pour un an ou Jix mois} mais toujours à dater du commencement
- Fur. t idiéjlre»
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- MACHINES DIVERSES.
- Rapport concernant le Citoyen Merklein Vaînè.
- OUS nous avez chargés <l'examiner les titres sur lesquels s’appuie le citoyen Merklein l'aîné , pour demander pne part aux récompenses nationales. Ces titres sont méthodiquement exposés dans le mémoire qu’il a présenté au bureau. Il suffira de vous en donner lecture , pour vous les faire connoître. ( Lecture du mémoire. )
- Le premier fait présenté dans ce mémoire, ( la transmutation dti fer en acier ) , n’annonce rien de plus que ce qui a été lait long-tons avant par Réaumur ; il n’y a ni perfectionnement, ni découverte dans cette opération.
- Le menton artificiel , composé pour le matelot Postel , a été examiné par l'académie de chirurgie , qui en a rendu le témoignage suivant : ( lecture de l’extrait des registres , etc. etc. )
- D’après ce certificat approbatif, cet ouvrage du citoyen Merkleiri est ingénieusement exécuté , remplit bien son objet, et est d’autant plus louable , qu'il tend immédiatement à soulager un malheureux , qui ne l'est que par son dévouement aù service de sa patrie ; mais la récompense regardercit plutôt un établissement de bienfaisance, que le bureau de consultation , qui ne considère , dans ce qu’on lui présenté que îe génie de l’invention j et son utilité générale.
- L’invention des nouvelles trappes , pour couvrir les ouvertures des égouts et des regards des conduits d’eàU répandus dans Paris , paroî> tra peitt-êtrè à bien des gens moins importante que les autres objets présentés par Merklein. En effet , rien de si simple que d'imaginer une trappe de fer pour couvrir un trou j mais cette imagination, queL que simple qu’elle soit , si l’on considéré son utilité générale et les accidens auxquels elle obvie , on ne peut refuser à son auteur un droit à la reconnoissance publique. Tout le monde connoît les anciennes trappes de bois traversées de bandes de fer , arrêtées par des boutons de même métal à grosses têtes sphériques , et dont malheureusement il existe encore quelques-unes dans cette ville $ on sait aussi quels nombreux accidens a occasionnés en tons terns cette vicieuse construction , Sur-tout en hiver , et principalement pendant la gelée. Le C. Merklein paroît être le premier qui ait proposé de substituer à ces couvercles incommodes et dangereux d’autres , dont 3a surface n’eut d’inégalités , qu’au tant qu'il en faut pour servir de -prise aux pieds des chevaux. Ce fait est constaté par le mémoire qu’il présenta en 1784 au bureau de la ville de Paris, et par le marché passé entre lui , le prévôt des marchands et les échevins de cette ville, et enfin par la mise en, place de deux trappes qu’il fit exé-quatriame Trimestre. !Si nn
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- cuter d’après son nouveau projet, et poser près de la maison commune, au dessus de l’arcade S. Jean, où elles existent encore $ il est vrai que Merklein n’eut point L’entreprise de la fourniture de ces trappes , que la justice sembloit vouloir réclamer pour lui ; mais on peut assurer que , quelque soit la cause qui le frustra de Cet avantage , ce 11’est pas le vice des plaques qu’il soumit à l’essai ; car ses plaques sont fort bien entendues.
- Ses machines, pour la marque des cuirs , qui , au jugement de l’académie des sciences , ont été mieux entendues que celles des autres artistes , quoique devenues inutiles par les circonstances , n’annoncent pas moins l’heureuse conception de leur auteur.
- Le châssis divisé en carreaux , pour la vérification des assignats f d’une identité parfaite , seroit très-heureusement imaginé, si le papier n’étoit pas si sensible aux effets de l'humidité ; mais cet inconvénient fait évanouir , presqu/en entier , tout ce que cette méthode peut avoir d’utile.
- 11 résulte de cet examen que le C. Merklein , rangé depuis L ng-jfceins au nombre des mécaniciens distingues , est auteur de plusieurs machines ingénieuses et utiles j qu’il a bien servi inclivi ..iiielienient l'humanité clans la personne du matelot Postel, auquel il a remplacé la mâchoire naturelle emportée d’un coup de canon , par une artificielle qui a obtenu l'approbation de l’académie de chirurgie $ qu'en-fin il a rendu à la société un service d’une utilité générale , en inventant et proposant cle nouvelles trappes qui mettent le public à l’abri des acckleny fâcheux , qu’occasiounoient souvent celles usitées anciennement, pour fermer l’ouverture des égouts et des conduits d’eau répandus dans Paris. Le bureau considérant ces divers avantages , est d’avis que le G. Merklein mérite le maximum de la 2,e. classe des récompenses nationales, c’est-à-diré^B, ooo liv. , ce qui , joint au minimum de cette même classe, c’est-à-dire a, ooo liv. à cause de son âge de 60 ans passés , formera une somme de &9 ooo / liv.
- A Paris, au bureau de consultation des arts et métiers , le 4 septembre 1793 , l’an deuxième de la République Française une et indivisible.
- JUMELIN , LAVOISIER , LE ROY.
- £X LF? AIT du rapport fait par les citoyens Darcet et Dey eux, Professeurs dit p/ütnie , et Duhamel , professeur à l'École des Mines, sur la découverte des moyens employés par le citoyen Àrchidet, pour lu cure de lu Goutte , des Rhumatismes *t du Rachitis.
- Le ministre de l’intérieur nous avoit chargés, les citoyens Deyeux, Duhamel et moi , d’examiner un remede de la composition du citoyen Archidet, & de
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- déclarer si l’usage de ce spécifique, considéré comme composition nouvelle et’ comme reraede, pouvoit être d’un usage d’arigereux.
- Nous avons tout lieu de croire que le citoyen Archidet nous a communiqué avec candeur la préparation de ce remede. D’après les connoissances qu’il nous en a données, il est le produit d’une opération chimique, & nous pensons qu’il n’est pas possible qu’il puisse nuire; qu’il y a, au contraire, lieu de s’étonner, d’après ce qu'd en fait prendre., qu’il opéré d’une maniéré aussi.salutaire cl aussi prompte, que l’attestent unanimement les malades que nous ayons vus et interrogés.
- Le premier .effet qu’il produit , c’est de calmer les douleurs , et toujours assez promptement, quelque cruelles qu’elles soient ; et l’usage des parties, affectées ne tarde pas à suivre. Nous citerons , entr’autres', une lettre très circonstanciée du citoyen Àugramel , âgé de 67 ans , homme instruit , d’un sens droit et d’une trempe d’esprit à donner peu dans l’enthousiasme ni dans les écarts de l’imagination. Il fut pris de la. goutte à l’âge de 22 ans ; les attaques ont été e,n croissant , jusqu’à l’âge de 45 ans. Alors elles devinrent universelles aux pieds, aux mains, aux coudes , aux épaules , aux mâchoires même ; tout étoit également entrepris à la fois. Telle étoit sa situation , lorsqu’en 1 790 , il lit usage du remede du citoyen Archidet. l e premier jour., il fut soulagé ; le lendemain , il put faire quelques pas avec ses béquilles ; le sur -lendemain , plusieurs tours dans sa chambre ; deux jours après ,, aller à la messe; le cinquième jour , il commença à reprendre le cours de ses occupations. Il n’a éprouvé depuis , que deux ou trois attaques légères, & avec des douleurs supportables ; ses jambes ne sont plus aussi enflées ; elles ont repris assez .de forces pour faire de longues courses ; tandis qu’auparavant et depuis plusieurs années, il ne pouvoit sortir qu’en voiture : cette déclaration, donnée par écrit, nous a été confirmée de vive voix.
- Telle est encore la déclaration par écrit & de vive voix , du citoyen Absii sculpteur , âgé de 68 ans , attaqué de la goutte depuis l’âge de trente ans , & pour, ainsi dire ; guéri depuis 1789. (a ) Il faut l’avouer, il seroit difficile de croire que le hasard eût assemblé dans ces maladies , des circonstances telles qu’un soulagement .& une guérison qu’auroit opéré la puissance seule de la nature , ait ainsi coïncidé miraculeusement avec l’usage de ce remede ; mais çomme nous ignorons jusqu’où peuvent aller ses forces et ses ressources , nous nous contenterons de dire que nous ne voyons rien qui puisse le faire redouter , rien qui empêche de lui donner la-confiance qu’il appelé ; enfin , d’en faire usage contre la goutte & les rhumatismes , qui sont les deux cas où ce remede a présenté le plus de succès.
- Nous n’avons pas remarqué des effets aussi frappans dans le traitement du Ra-chit-is, ou moudre des enfin s, dans lequel le citoyen Archidet nous a dit avoir observé journellement d’heureux effets ;, cependant comme mous sommes bien convaincus que ce traitement ne peut point nuire , nous désirons que l’auteur continue de l’appliquer dans cette cruelle maladie.
- Quant au remede & à sa nouveauté , nous croyons en effet qu’il est de la composition du Citoyen Archidet.
- Enfin, nous pensons que les moyens du Citoyen Archidet sont appropriés aux maladies indiquées : nous croyons que la manière de les administrer est nouvelle, & propre à l’auteur qui la propose ; qu’elle est conforme aux réglés de l’art, auquel elle annonce que l’auteur n’est' pas étranger , & qu’enfin il joint aux connoiasances fnédicales , celles qui caractérisent le pharmacien.
- ( a ) Ce citoyen n'a pas eu d’attaque f par la précaution qu’il a prise de se traiter avant l’epoque de l’accès.
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- Nota. Comme il existe différentes especes de gouttes 8c de rhumatismes , 8c queles méprises ne sont pas indifférentes ,1e C. Archidet invite les personnes qui vou-droient faire usage de ses moyens , à le faire demander , ou à lui écrire , en affranchissant les lettres.
- A Paris , rue Notre-Dame -des- Victoires , N°. ip.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
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- MAGHINES HYDRAULIQUES
- Rapport concernant le C- À moult.
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- ^Sf OUS nous avez chargés d’examiner une machine hydraulique*'
- {présentée au Bureau de Consultation par M. Nicolas Arnoult, lior-oger à Nancy. A peine avons-nous commencé à lire la description que l’auteur à jointe aux pièces, qui constatent qu’il a rempli les formalités exigées par la loi , que nous avons reconnu sa machine pour être la même que celle qui est présentée, ligure 38 , de l’ouvrage de Ramelly in-folio de la bibliothèque nationale, marqué Y , N°. Ou.
- Pour vous mettra à portée , messieurs, de juger l’identité de ces deux machines , nous avons cru qu’un dessin vaudroit mieux qu’une description, de en conséquence , nous avons exécuté ceux que Vous avez sous les yeux. La ligure première est celle de Rameiy $ là seconde représente la machine de M. Arnoult : au moins telle est l’idée que nous en a donnée sa description.
- Les machines établies sur ce principe, ont l’avantage de pouvoir pousser , sans interruption , la colonne d’eau en avant $ car si l’on lait tourner au moyen de son axe B , le cylindre intérieur A , qui d’un côté frotte en D, contre le cylindre creux C ,. ou contre une pièce qui lui est jointe, & de l’autre présente toujours une aile G * eteadue , au moyen d’un ressort qui la lance hors de sa rainure , dès que rien ne la contraint plus d’y rester , on voit , par la-seule inspection de la figure , qu’il, s’établit deux cavités , fume E , de l’autre F , où se fait constamment l’aspiration & le rafinement , suivant le sens dans lequel on trouve le cylindre A. La figure troisième est la trënte-nenyieme de Ramelly : en la voyant, on juge assez des effets de la machine qu’elle représente. Il n’est pas nécessaire de; dire que les extrémités, des cylindres creux C , sont fermées par de& fonds au travers desquels, passent les axes B>,
- Ces; sortes de pompes n’ont pas besoin de soupape >’ mais cet avantage considérable est détruit, i°. par le soin que demande leur
- queues présenté m. ue oien lermer la cloison qui pdation éc le refoulement, à cause du jeu des coulisses & du peu de largeur des contacts , accident très-grave, sur-tout quand la colonne-de liquide est d’une grande hauteur. 3°. enfin, comme les pièces; sont ne métal , & qu’elles frottent immédiatement les unes contre Quatrième.
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- les autres, les sables que charie beau, doivent lés user très-promptê* ment ? & s’il se rencontre des graviers , sons l'extrémité des ailes» ils y occasionnent les mêmes açcidens qne sous les soupapes des pompes à piston.
- On a tâché, dans différens tems, de faire revivre ta machine qui est repré entée N°. soit en conservant les cylindres excentriques, comme ils sont dans Kainelly , soit en les rendant concentriques, <xunine l’a fait M. Arnoult. Cette derniere construction a ? sur la première, l’avantage de rendre l’action uniforme, & de faciliter la rentrée des ailes $ mais ces diverses tentatives ont toujours été sans succès. Il y a environ .12, à 15 ans, qu’çm présenta à P Académie des sciences , une eje Ces machinés de l’espece 3 ; dans celle-ci # lorsque l’aîle est chargée , les frottemens deviennent très-grands.
- Nous ne parlons point de l’union que M. Arnoult a faite de demc de çes machines, qu’il fait mouvoir ensemble , au moyen d’un eqgrainage , ni de quelques autres petits accessoirs, qui ne changent rien à l’essence de l’organisation, il résulte de ces observations, que le principe sur lequel IvL Arnoult a établi sa machine , n’est pas nouveau , 6c que ce principe n’a pas été heureux dans les diverses applications qu’on en a faites j elles n’ont ritn produit qui
- Îmisse seulement soutenir la concurrence avec les machines hydrau-iques ordinaires : ainsi nous sommes d’avis que M. Arnoult n’est pas clans le pas d’être admis à participer aux récompenses natio-pales.
- Fait à Paris, au Bureau de Consultation , le treize Février 1793, J’an deuxieme de la Républiquesfrançaise.
- COULOMB , JUMELIN , Commissaires,
- Pour copie conforme à l’original déposé au secrétariat dudit Bureau.
- PET R OU VILLE , Secrétaire.
- Rapport concernant la Citoyenne Forrç.
- Conformément au voeu du Bureau de consultation , les commissaires soussignés ont examiné les titres de mademoiselle inagdelaine Porro # en vertu desquels elle a cru pouvoir concourir aux récompensés nationales, accordées aux artistes , par la loi du 12 septembre 1791» La dite Porro est munie :
- $?? 4 w cert4icat de résidence j obtenu à la section du Luxera-
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- bonrg, 3c visé à la îmimcrpallté.
- 2.q. d’un extrait de baptême , extrait des regitres de la paroisse! de St.-Pierre de la Cite royale de Besançon, qui constate que mademoiselle Porro est née le 17 août 1721.
- 3°* d’un avis du Bureau de l’hôtel de ville de Paris, pour la prorogation du privilège de mademoiselle Porro.
- 4q. de la copie d’un arrêt du conseil du roi, rendu le 17 Juillet » à Dunkerque $ cet arrêt accorde à M. François Porro ,1111 privilège exclusif pour la conversion, de la tourbe en charbon & le commerce de ce combustible, dans l’étendue de 5 lieues, pour tous les environs de Paris.
- 5°. Une copie de partie du rapport de l’Académie des sciences de Paris, sur les expériences de MM. Hellot & Geoffroy, commissaires .
- 6®. Enfin, d’un certificat du Directoire du Département de Paris * qui constate qu’aucune réclamation n’a été faite sur la propriété de la découverte du sieur Porro.
- Nous venons d’indiquer que, le 17 Juillet 17 44 > M. Porro, pere de la réclamante, obtint par arrêt du conseil d’état du roi, un privilège exclusif pour la conversion de la tourbe en charbon ; au mois de Janvier précédent, MM. Geoffroy & Hellot avoient été nommés par l’Académie des sciences, pour faire au Bureau de Phôtel-de-ville de Paris, des expériences comparatives sur le charbon de M. Porro „ qui donnèrent des résultats satisfaisais pour cette nouvelle entreprise. De semblables succès av.oient été obtenus dans des expériences faites en 1787 , par M. Botar , propriétaire de forges & fonderies , à More t sur du charbon de tourbe de M. Porro.
- E11 attendant que le Bureau puisse prononcer sur les cas particuliers des héritiers des artistes , nous avons cm pouvoir lui présenter un précis , dans lequel les objets relatifs aux droits de M. Porro seront éclaircis. L’usage de la tourbe , comme combustible, est très-ancien. Différens auteurs rapportent que cet usage est très-établi en Hollande , depuis plus de 4 siècles. Charles Patin, qui donna en 1666 , un traité des tourbes combustibles , dit que déjà la Conversion «toit pratiquée dans les pays bas : cependant , Lambetvilîe, chargé par le gourvernement de France, fit dans le commencement du dix-neuvieme siecle , des voyages dans les pays du Nord , pour des approvisionnemens de bois j il y trouva l’usage de la tourbe établi , revint plein de l’idée que son pays devoit présenter des ressources sur ce même combustible , & ses recherches ne tardèrent pas à confirmer son opinion. Ce même Lamberville donna en 1716 , un ouvragé snr les tourbes , intitulé , traité politique & économique, dans lequel il n’est aucunement parlé du charbon. Lamberville étoit actif & très-instruit; 5 il obtint la confiance du gouvernement, & fut
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- pourvu de l’office dç contrôleur-général des tourbières de France,' avec la liberté de pouvoir faire exploiter , dans toute l’étendue du Royaume , les tourbières qu’il jugeroit à propos. „
- Charles Patin, que nous avons déjà cité , rapporte encore , qu’un Chambré obtint en 1 ?58, un privilège exclusif, pour 1''exploitation des tourbières , dans une étendue de z5 lieues de tous les environs de Paris , privilège qui fut enregistré au parlement en 1662 , après un rapport de la faculté de médecine, <Sç de plusieurs bourgeois de la Ville de Paris,
- Un siecls s’est écoulé sans qu’aucun auteur , au moins que nous sachions, ait traité catte nouvelle branche de production natale.. Ln 1761, M. Guettard , de l’Académie des. sciences, donna, un excellent mémoire sur les tourbières de Villeroi : cet auteur rapporte qu’il a vu sur ces, mêmes, tourbières , au moins une vingtaine de fours en activité , pour la conversion de la tourbe en charbon. Il paroît que; cet établissement étoit la. suite des travaux de M. Porro.
- Une lettre de M- D.iétrich, insérée dans la traduction qu’il nous a donnée * des observations.de Trebra , sur l’intérieur des montagnes ,, fournit quelques, remarques, sur la maniéré de convertir la tourbe en charbon. La méthode de cliarbonner la tourbe , par la distribution, étoit pratiquée en Allemagne depuis long-tems. Pleiffer donna en XJ7J , un ouvrage, dans lequel il rendoit compte d’un travail sur la conversion de la tourbe en charbon , par l’appareil, distïlatoiro çn grand , procédé mis en. usage avant lui, & dont (drainer & Schesibert nvoient déjà parlé;. Pleiffer recueillit les produits de la distillation ^ ainsi qu’il l’avoit déjà fait du charbon de terre, &. détermina quelques-uns des usages, de ees mêmes, produits..
- IL résulte de nos recherches, que François Porro pourront être lia premier qui, en France ,a proposé de convertir la tourbe en charbon*. Il est certain qu’il s’en est occupé une grande partie de sa vie :: ton courage lui fit faire de grands efforts,ymais, les. entreprises lès. plus utiles,, 11e sont pas toujours exemptes de revers,.. Celle de M, Porro en éprouva : il perdit sa fortune , & Magdelaine Porro , fille dudit François .Porro , âgée de 70 ans , accablée d’infirmités , vit dan% l’iiidigence.
- Fait au Bureau de Consultation , le tz Mai 1752, Pan quatrième-de la libertés
- LEBLANC,.
- 'Nota. La citoyenne Porro demeure place de Ta croix-rouge, maison du notaire. Elle a obtenu une gratification, provisoire de 000 liv. 8c 200 liv. à raison de _ son âge, en al.tç».ilant que la Ici. ait statué sur ie,s droits des. heritiers deys, artistes.
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- Nos. 81 & 8x1
- OPTIQUE.
- N
- "Rapport concernant le C. Grateloup.
- OUS avons été chargés par le Bureau cle Consultation d’examiner les droits que peut avoir aux récompenses nationales , le C. Grateloup , inventeur de la maniéré de coller les objectifs des lunettes achromatiques : nous allons lui en rendre compte , après avoir assuré le Bureau que ce citoyen a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- L’optique a acquis dans ce siecle, un grand dégré de perfection , par l’invention des lunettes achromatiques, due au célébré Dollond. Cet opticien avoit observé cette propriété singulière, du verre appelé par les Anglais fiintglass , que la dispersion des couleurs prismatiques qui a lieu dans ce verre, est beaucoup plus grande que Celle qui a lieu dans le verre ordinaire , tandis que la réfraction moyenne est à peu près la même dans l’un & dans 1''autre. De cette observation, Dollond avoit conclu qu’en ajoutant à une lentille de verre ordinaire, dont la distance focale seroit positive , une seconde lentille de fiintglass , dont la distance focale Seroit négative , & plus grande que la première , dans le rapport des dispersions des deux verres, il en résulteroit un objectif composé, qui détruiroit les couleurs. Cette belle idée mise en exécution, par son auteur, eut tout le succès qu’on devoit en attendre : les rayons différemment réfrangibles , dispersés par le premier verre, se trouveront réunis par le second, & produisirent au foyer, une lumière blanche & distincte, au lieu des images colorées qui ont toujours lieu au foyer d’un objectif simple, & qui se nuisent réciproquement. De cette maniéré , Dollond parvint à faire des lunettes , qu> étoient fort supérieures aux lunettes anciennes , & sa découverte devint une époque remarquable dans l’optique, .lais ces lunettes ont , par leur composition, quelques inconvéniens qui en diminuent un peu les avantages; elles sont d’une exécution plus difficile, parce qu’il faut travailler quatre surfaces , au heu de deux , ce qui multip ie les erreurs qui proviennent des petits défauts de sphéricité , dont ses surfaces ne peuvent être exemptes $ outre cela, la lumière , en traversant les deux verres , éprouve quatre réflexions , au lien de deux., & elle est encore un peu diminuée, par l’épaisseur des deux verres réunis.
- C’étoit, sans doute, umservice à rendre à l’optique , 8c un nouveau perfectionnement à ajouter aux lunettes achromatiques, que de détruire ou de diminuer ces inconvéniens, & c’est ce que vient de faire le C. Grateloup , en dormant sa maniéré de coller lés objectifs. quatrième Tri. Qqq
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- A vant d’expliquer en quoi consiste ce collage, nous devons dire qu’il y a environ 2,0 ans, que le C. Roclion, membre de la ci-devant Académie des sciences , avoit remarqué qu’un fluide interposé entre deux objectifs, diminuent en grande partie les défauts de leurs surlaces intérieures 6c contribuoit à rendre les images plus distinctes ; mais l’auteur n’avoit pas cloru é de suite à cetie idée, qui d’ailleurs, ne présente pas les avantages du collage proposé, 6c qui, outre cela , ne p iroît pas avoir été connue du C. Gratefmp. C’est-d’un art étranger à l’optique , que celui-ci a emprunté sa maniéré de coller les objectifs : écoutons l’auteur lui-même, d n.s le compte qu’il en a rendu dans un mémoire imprimé , lu à l’Académie des sciences en. 1787,6c conservons lui le mériie de la modestie, avec laquelle il parle du moyen qu’il a employé.
- » Je dois, dit il, la première idée de ce moyen , aux jouailliers , »» 6c je n’ai, d’autre mérite que d’avoir appliqué à l’optique, ce qu’ils 5* font depuis un tenu* immémorial, pour unir des pierres de mé-» diocre qualité , 6c leur faire produire le jeu des pierres | récieuses. Ils » se servent, pour cela, du mastic en larmes , belle espece de résiné >3 provenant du léberintbe. Ces pierres étant collées, conservent » leur transparence, avec une telle perfection, qu'il est impossible de » se douter qu’il y ait une matière interposée entre elles , & qu’on,
- 3® ne peut s’en appercevoir qu’en examinant la tranche , avec une ?» extrême attention. Jl étoit aisé d’en conclure que le mastic , en. x» larmes, consçrveroit également la transparence des deux verres » collés l’un contre l’autre, 6c c’est ce qui m’a d’abord conduit à » en faire des essais. »
- L’auteur parle ensuite de ces essais qu’il a entrepris , avec le C. Putois , habile opticien, qui, le premier, a fait de très-bonnes lunettes , dont les objectifs etoient collés. Enfin , il rend compte des procédés qu’il a employés, pour appliquer le mastic en larmes, au collage des verres.
- Nous n’entrerons point ici dans le détail de ces procédés , qui nous paroissent suffisamment expliqués dans le mémoire du C. Gra-» teloup, ôc nous nous bornerons à parler de l’effet du collage Ôç des avantages qui en résultent.
- Nous dirons d’abord, qu’afin de diminuer autant qu’il est possible , l’épaisseur du mastic qui est mis entre les objectifs , on donne un même rayon de courbure aux deux surfaces intérieures , qui étant l’une concave 6c l’autre convexe , peuvent s’appliquer exactement l’une contre l’antre. De cette maniéré, la couche de mastic interposée étant extrêmement mince , 6c le mastic étant par lui-mêm« fort transparent, lorsqu’on le choisit bien pur, la quantité de lumière perdue peut être regardée comme nulle.
- Maintenant , pour faire entendre comment ce mastic corrige le* defauts des surfaces intérieure» ? nous remarquerons que si on sup*-
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- posoit qu'une dei surfaces, par exemple , celle de flintgîass , fût exactement conformée , et que celle de verre ordinaire , eût quelque défaut , c’est-à-dire , que dans quelqu’une de ses parties , le rayon de courbure fût un peu différent de ce qu’il devrait être , il est clair qn’une matière qu’on interposeroit entre les deux surfaces , en l’appliquant immédiatement contre l’une & l’autre , <Sc qui auroit ex nettement la même réfraction que le verre or..inaire , détruiroit entièrement ce defaut, puisqu’alors cette matière jointe au verre ordinaire , produiroit le meme effet qu’une seule lentille de ce verre , appliquée contre la surface de flintgîass qu’on suppose avoir dans toutes ses
- {parties , la courbure convenable : il suit de là , qu’en général, plus a réfraction de cette matière approchera de celle clu verre , plus le défaut sera corrige; or, on va voir par le résultat de l’expérience que nous allons rapporter, que la réfr.iction du mastic employé par le C. Grateloup, est à très-peu près la même que celle du verre ordinaire.
- Dans un objectif achromatique , qui avoit 12 pouces de distance focale , & dont les deux surfaces intérieures <5c contiguës , a voient trois ponces de rayon ,.(on a creuse au milieu de la surface convexe de la lentille antérieure , qui étoit de verre ordinaire , une surface concave, qui occupoit,à peu près , la moitié delà surface entière de l’objectif , & dont le rayon de courbure étoit également de trois pouces : de cette maniéré, il y avoit au milieu de l’objectif, un espace vnide , dont la forme étoit une lentille bi-convexe, iso-celle de 5 pouces de rayon ; on a rempli ce vuide de mastic en larmes , tel qu’il est einpl yé dans le collage , tk alors l’objectif s’est trouvé partage en deux objectifs différens ; celui des bords , composé des deux lentilles de Y objectif primitif, & celui du centre composé de lentilh s de verre , & d’une lentille de mastic qui tenoit la place d’une lentille pareille de verre ordinaire : on a pris les foyers de l’un & de l’autre : la distance focale de l’objectif des bords s’est trouvée de 11 pouces , comme avant l’expérience , & celle de l’objectif du centre s’est trouvée de 7 lignes pins courte seulement, ou de 11 pouces a lignes ; ce qui prouve déjà que la réfraction du mastic approche beaucoup de celle du verre ordinaire , parce que la lentille de mastic étant de très-court foyer , une petite différence dans les réfractions en auroit donné u e considérable dans les distances focales.
- Appliquant le calcul à cette expérience , pour connoître exactement le rapport exact de ces réfractions , de supposant avec DoLond que d ns le verre ordinaire le sinu^de l’angle d’incidence est au sinus de l’angle de réfraction comme 164 est à 100, on trouvera que dans le mastic £es deux sinus sont entre eux comme 164 doux tiers est à 100.
- Les deux refractions étant ainsi très peu différentes entre elles, il en resuite que l’interposition du mastic entre les surfaces intérieures d’un objectif achromatique, doit corriger presque totalement les défauts de sphéricité de la surface du verre ordinaire ; & en effet on
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- trouve d’après les rapports qu’on vient de déterminer , que ces défauts^ seront réduits à environ un 8oc. de ce qu’ils auroient été , si les surfaces n’avoient pas été collées. A la vérité la correction n'est pas à beaucoup près aussi grande pour les défauts qui pourroient se trouver dans la surface de flintglass. Cependant elle est encore fort considérable; & les défauts de cette snrface seroient réduits à un i3e. de ce qu’ils auroient été sans ce collage. Ainsi on peut dire que le moyen employé, par le C. Grateloup corrige presqu’entièrëment les défauLs des deux surfaces intérieures des objectifs achromatiques.
- Indépendamment de ce que noirs venons de conclure de l’expérience rapportée , on a une preuve frappante de l’effet de ce collage, par celui qu’il produit sur les surfaces qui ne sont pas encore polies, & qui n’ont reçu que le duuci, nous mettons sons les yeux clu Bureau un petit objectif, dans lequel les surfaces intérieures sont clans l’état que nous venons de dire, & dont une partie seulement est collée. On voit que la partie collée est delà plus belle transparence ; tandis que celle qui ne l’est pas , ne laisse passer que des images confuses , de ne permet de distinguer aucun objet.
- Cet effet paroît même si grand au C. Grateloup, qu’il est d’avis qu’on peut se dispenser de polir les surfaces, avant de les coller , & qu’il suffit de leur donner un beau douci. .Nous n’oserions assurer que son opinion à cet égard soit bien fondée ; mais nous devons dire que le C. Putois a fait plusieurs objectifs de ce genre, dans lesquel^ les surfaces intérieures ne sont pas polies , <3c qui ont eu un grand Succès.
- Au reste, soit qu’il suffise de doucir les surfaces avant de les coller ; soit que pour être plus sûr de leur effet, il convienne de les polir, il est clair , d’après tout ce que nous ayons dit , qu’il n’est pas nécessaire de leur donner à beaucoup près la perfection de travail qu’exigent les surfaces extérieures : nous remarquerons même que le collage facilite ce dernier travail ; parce que les deux lentilles étant une fois collées île faisant plus qu’un seul corps , qui est plus épais <k plus solide que chaque lentille séparée ; on peut retoucher les surfaces extérieures , sans craindre de les déformer par la pression de la main. Enfin , nous dirons que cette réunion des deux lentilles en une seule t permettra de diminuer un peu l’épaisseur de la matière , en conservant toujours à l’objectif la même solidité qu’ont les objectifs non collés,
- Nous n’avons parlé jusqu’ici que de la correction des défauts des surfaces , par l’interposition du mastic , & c’est , sans doute , l’avantage le plus important que présente l'emploi du collage ; mai® il en a encore un autre qui est très-remarquable , celui de détruire les réflexions des surfaces.
- Lorsqu’on met l’un sur l’autre deux verres plans, & que l’on fait réfléchir la lumière sur leurs surfaçes, on apper^oit trois ré*
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- flexions , dont celle du milieu est réellement composée des réflexions réunies des deux surlaces intérieures , ainsi qu’on peut s’en convaincre , en séparant d’abord les deux Yerres , de les rapprochant ensuite insensiblement. Cet eifet a toujours lieu , quelque perfection de travail que l’on donne aux surfaces intérieures , sans doute, parce que le contact n’est jamais suffisamment exact ; mais lorsque les deux verres sont collés avec le mastic en larmes , ces réflexions sont détruites ainsi qu’on le voit dans les deux morceaux de verre , qui sont sous les yeux du i ureau , & dont une partie qui est collée , ne donne que deux refl* xions , tandis que celle qui ne l’est pas', en donne trois , qui sont l’équivalent de quatre. Le Bureau a encore sous les yeux, trois autres morceaux collés l’un sur l’autre, qui ne donnent également que deux réflexions , au lieu de six, qui auroient lieu , s’il îi’y avoit pas de collage.
- Nous observerons ici, que de l’eau mise entre les deux verres , détruit aussi les réflexions , mais en partie seulement, parce que , sans doute, il y a une trop grande différence entre les forces réfractives de i’eau & du verre, peur ôter toute apparence de réflexion.
- D’après toutee que nous venons de dire sur les avantagesdu collage , soit pour corriger les défauts provenant de la non sphéricité des surfaces, «oit pour détruire les réflexions , & enfin , pour faciliter le travail des objectifs, en les réduisant à celui des deux surfaces extérieures, on doit voir que le moyen employé par le C. Grateloup est une invention précieuse pour l’optique : aussi nos habiles artistes ont eu le bon esprit de faire usage de ce moyen, aussitôt qu’il a été connu ; & il en est résulté que nous possédons maintenant un grand nombre d’excellentes lunettes à objectifs de grande ouverture 3 tandis qu’il étoit très-rare d’en avoir de bonnes de ce genre , lorsque les objectifs n’étoient pas collés. Nous avons déjà dit que le C. Putois a fait les premières qui aient été collées , & c’est leur succès qui a réveillé l’attention des opticiens; le C.Le rebours s’est ensuite distingué dans ce travail, ainsi que le C. Rochette dont on a nue excellente lunette à l'Observatoire ; enfin le C. Carochez est celui qui paroît avoir collé les plus grands objectifs : l’Observatoire en a deux, faits par cet artiste , dont l’un a 6 ponces de diamètre, & l’autres 7 pouces & demi. Il seroit fort à désirer qu’ils fussent montés , pour qu’on put comparer leur effet à ceux des grands télescopes.
- Il resteroit maintenant, pour donner un nouveau perfectionne-!' ment à nos lunettes achromatiques , d’essayer le collage sur les objectifs à trois verres : nous ne pouvons qu’exhorter nos habiles artistes à tenter cet essai qui , exigera au reste quelques recherche* de calcul sur les courbures les plus convenables à donner à ces verres.
- D’après le compte que nous venons de rendre des grands avantagea que procure à l’optique le moyen de coller les objectiis açhra-
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- marques, donné par le C. Grateloup, nous croyons que ce citoyen a des droits bien mérités anx premières recompenses nationales , accordées par le Bureau de Consultation, & nous lui proposons de prendre l'arrêté suivant.
- » Le Bureau de Consultation des arts & métiers, après avoir n entendu le compte rendu par ses commissaires sur les droits du C, Grateloup aux récompenses nationales $ considérant les avance tages qui résultent , pour l’optique , du Gollage des objectifs » achromatiques avec le mastic en larmes , tant pour corriger les » défauts des surfaces intérieures, que pour détruire les reflexions » de. ces surfaces, & pour réduire le travail des objectifs achroma-y> tiques à celui des deux surfaces extérieures, est d’avis, confor-» me ment à la loi du J2 septembre 1791 , que le C. Grateloup mérite » le màxim umdes récompenses nationales , c’est-à-dire six-mille livres , » 6c la mention honorable. ( Conclusions adoptées. )
- Paris , le 4 Frimaire , Fan 2 de la République française , une &
- indivisisle.
- BORDA, COUSIN, DETROUVILLE.
- Pour , copie conforme à l’original.
- Paris, le 17 Frimaire , l’an 2 de la République française, une &
- indivisible.
- HALLE , Secrétaire
- Nota, le C. Grateloup demeure rue du cimetiere S.-André, au coin de celle de
- l’Eperon.
- SELLE PLOYANTE, ÉLASTIQUE.
- Rapport sur René Perrin.
- TT-t
- X ORT peu de tems après que le Bureau de consultation nous eût chargés d'examiner les travaux de René Perrin , Sellier , cet artiste octogénaire mourut. Cette circonstance détruisit les mesures que nous avions prises j our essayer la selle ployante élastique , dont il est l'inventeur. A défaut des épreuves que nous projetions , un grand nombre de certificats authentiques prouvent l'utilité de l’invention cle feu Perrin. . N
- Cet artiste s'etoit occupé avec ardeur de la perfection de son art. À l'époque du^carnp de Ceinpiegne , il fût appelé & consulté. La selle fût reconnue supérieure aux selles 'dites à écrevisse , dont les arçons étoient en fer , & à quatre modelés venus de Besançon. Ces dernieres avoient estropié la plupart des chevaux du régiment dont étoit Colonel M* de Scrent. Il proposa donc à René Perrin
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- 4e «e transporter à Verdun , pour reparer toutes les selles. Quoique ce déplacement lui fût très-préjudiciable , l’artiste y consentit, sur la promesse d’une récompense qu’il n’eut point. Aidé d’un de se* fils , il exécuta cette réparation avec tant de soins & de succès , que ce régiment fit la route de Verdun à Coaipiegne , sans avoir un seul cheval blessé.
- Perrin fut successivement employé par plusieurs régi mens de cavalerie' & de dragons,. Les certificats qui lui ont été délivrés , portent qu’au bout de dix années , on ressentait encore les bons effets de ses réparations.
- Parmi les divers certificats , nous nous bornerons à transcrire celui de M. ,1) nivergne , dont Plia bile té dans l’équitation, rend le suffrage d’un grand poids.
- » Nous , Lieutenant-Colonel de cavalerie , Chevalier de l’ordre » royal militaire de S. Louis , commandant l’équitation à l’Ecole *• royale militaire , certifions que le sieur Perrin , Sellier , connu » depuis long-tems pour être un excellent artiste dans ce genre ,
- a imaginé d’adapter aux arçons des selles , des bandes élastiques ,
- *» lesquelles font par la» poicL du cavalier , porter toutes les parties » de ces bandes sur le dos du cheval , & font par ce moyen , que » les arçons de devant & de cerriere , qui, dans les autres selles,
- *» portent tout le poids du cavalier , sont soulagés , & que ce sont « les bandes qui portent toute la pesanteur , que les épaules du » cheval ne sont point gênées , <5c que les arçons ne les blessent » point. Ces bandes ont encore l’avantage de rapprocher infiniment » le cavalier du cheval, avantage précieux pour l’équitation. >*
- Depuis cette découverte, le sieur Perrin a été appelé per diffé-» rens régimens de cavalerie , pour réparer les selles de ces régi-» mens , notamment ceux du roi, de .Berry , de rayai , &c. ; que » ces réparations faites denuis îo ou 12 ans, ont été tellement bien » faites , que MM. les inspecteurs conviennent encore aujourd’hui » que ces régimens sont les mieux sellés de la cavalerie.
- » Depuis ce tems , le sieur Perrin a perfectionné son invention , en s* construisant une selle de cavalier qui réunit solidité , légèreté Sc »> commodité , qni blessera infiniment moins de chevaux , ce qui h procureroit au roi un plus grand nombre de cavalerie montée , & y» un bénéfice , puisque ces selles dureraient plus long-tems, & bles-s» seraient moins de chevaux.
- » Le raccommodage des selles du régiment du roi, dontM. Puiber-$» neau etoit Major , a prouvé ce que j’expose ici $ & ce régiment ?» a fait une route de Flandre en Franche-Comté , est arrivé avec » trois chevaux éclopés, Le Sr. Perrin avoit passé quatre mois à ce » régiment, pour lors en quartier à Provins, où Mr. de Puiberneau ,
- » d’après mes conseils » employa utilement le Sr, Perrin pour le bien
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- » «lu service du roi. J’ai à l’école militaire “ son dernier chef-d’œuvre 5 » qui réunit tous les avantages que l’on cherche depuis long-tems.
- » Je n’ai pu refuser au Sr, Perrin le présent certificat , d’autant >3 mieux que l’expérience de plus de 30 ans m’a trop bien démon->3 tré l’utilité de son invention pour le bien du service du roi. Fait >3 à l’école royale militaire, le 18 Août 1785. ( signé ) D AUVERGNE.
- Réné Perrin a laissé deux fils compagnons de ses travaux & héritiers de ses talens. Ces artistes ont donc un double droit à la récompense nationale qu’a méritée leur pere.
- En Conséquence, nous croyons devoir proposer au Burean d’assigner à l’eu René Perrin le minimum de la deuxieme classe des récompenses nationales , c’est-à-dire , deux mille livres , qui jointes à deux mille livres pour le bénéfice de l’âge, forment la somme de quatre mille livres.
- Fait au Louvre, le 19 Nivôse, l’an 2e. de la République française f une & indivisible. ( conclusions adoptées )
- SERVIERES , TROUVILLE , JUMELÏN.
- pour copie conforme à l’original. HALLÉ.
- Les citoyens Perrin demeurent rue Honoré, Hôtel d’Aligre.
- GRAVURE. i
- Tables de l’Acte Constitutionnel, servant de pendant à celles des droits del’hom-me , gravées & imprimées en gros caractère, par les citoyens. Daguet, fabricans de papiers peints. Elles ont sept pieds de haut, sur trois pieds & demi de large»
- La mort glorieuse du jeune Barra, par le C. Sombret.il est représenté an momenf où, assailli par les brigands , il se defend seul contre cette-horde furieuse
- préféré la mort à la honte de leur abandonner son cheval & celui de son colonel 9
- confié à sa garde. On lit au bas de l’estampe les dernieres paroles qu’il prononça
- *n expirant; d toi, f.. . brigand, le cheval de mon celontl & le mien ! Ah ! bien .. «
- LITTÉRATURE.
- Conduite scandaleuse du clergé, depuis les derniers siècles jusqu’à nos jours , ouvrage enrichi de notes & de preuves historiques , servant de suite aux crimes de® papes, in 18. Prix 4 liv. & 5 liv. franc de port.
- Cours moral fondé sur la nature de l’homme : 2 vol, iu i8» Prix g 8l
- ïî liv. franc de port’
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- Np. 83
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- MACHINES DIVERSES.
- Rapport sur le Citoyen JSlonchaux.
- _>E Bureau de Consultation nous a chargés de lui rendre compte des droits que peut avoir aux récompenses Nationales k C. Gouault de Mondiaux , fils , qui a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- En 1783 , ce jeune artiste , alors âvé de 20 ans , frappé des ac-cidens funestes qu’occasionne , presque tous les jours , la rupture subite des essieux des voitures , <5c sur-tout de celles destinées au transport des pierres dans la ville de Paris , s’occupa des moyens de remédier , sinon à la rupture , du moins aux accidens terribles qui en sont la suite.
- Il présenta , le 4 Février , 1754 , à l’Académie des sciences, un modèle de charette à moëlons , garnie d’une Jante de support, propre à soutenir la voiture en cas de rupture de i’essieu. L’abbé d& Gua & le C. Brisson , nommés commissaires , en firent leur rapport le i3 Mars suivant. Ils applaudirent à la simplicité du moyen , & proposèrent qu’il en fut fait des expériences en grand.
- La fortune de l’artiste ne lui permit pas de faire les frais de ces expériences. Il obtint de M. de Calonne, qu’ils seroient fournis par le Gouvernement.
- - En conséquence , il Et exécuter , à Mont-rouge, une grande charette à moëlons , armée de jante de support , & à laquelle il adapta un essièu. de son invention , propre à opérer la rupture à volonté, afin de mettre en état de juger de l’utilité de son moyen.
- Une première expérience , avec une charge de sept milliers d* pierres , fut faite dans la cour du Contrôle - général , en présence de M. de Calonne , du Lieutenant de police , & du C. Brisson. Elle réussit complettement. Répétée , le 24 Novembre , dans la Cour du Louvre , elle eut le même succès.
- Les citoyens Cousin , Brisson 6c Monge , témoins de l’épreuve , terminoient ainsi un rapport fait à l’Académie , le 15 Janvier , 1785.
- » En conséquence , les commissaires soussignés certifient avoir vu » cette épreuve réussir complettement, en sorte que , lors de la rup-y> ture de l’essieu , il n’en résulte autre chose , si ce n’est que la » charette 6c les chevaux sont subitement arrêtés , effet qui est causé » par la Jante d’arrêt qui, tombant sur la roue , la retient au moins » aussi fortement que si elle étoit enrayée. Cet effet est si peu sen-» sible, qu’on ne s’en apperçoit que parce qu’011 voit que les chevaux v donnent vainement le coup de collier.
- quatrième Trim. , Q q q
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- Nous mettons sous les yeux du Bureau le modèle de cette cha-rette , & du mécanisme simple qui procure, à volonté , la désunion de l'essieu. La vue de ce modèle en dira plus que ne pourroit faire la meilleure description.
- Le jeune artiste plein de zèle , se donna beaucoup de mal pour faire adopter son moyen pour les messageries , & pour les petites écuries du ci-devant tyran. Il en fut pour ses peines , ses dessins de ses modèles.
- Toujours occupé de son objet , il imagina de remplacer la che-ville ouvrière par un genou. Cette heureuse application ménage à l’avant-train la facilité de s’élever d’un coté pour franchir un obstacle aussi haut que la petite roue , sans que l’aplomb de la voiture en soit aucunement dérangé , ni qu’elle devienne plus versante.
- On met le modèle d’une diligence de cette espece sous les yeux du Bureau. Plus récemment , il a imaginé une poulie mécanique pour tirer l’eau d’url puits. Au moyen de deux roues à rocher , de de leurs cliquets , cette poulie ne tourne successivement que d’un côté , ce qui empêche que la personne qui monte le seau plein _, ne se fatigue à prévenir la descente, Le poids du seau vuide , & l’adhérence de la corde dans la gorge-de la poulie , forment un contre-poids suffisant, ce qui donne la facilité à une femme , même à un enfant, cle tirer l’eau , sans courir le risque d’être entraîné par le seau plein. Ce moyen peut aussi mettre à même d’employer des seaux plus grands, & qui contiennent de 12,0 à i3o livres, poids moyen d’un homme ? au lieu de 60 livres qu’ils contiennent ordinairement.
- Ces avantages ont été constatés sur une poulie de cette espece 9 que l’auteur a fait exécuter en grand , chez un de ses oncles , à Marne , près S.-Cloud.
- Le modèle est présenté au Bureau.
- Tels sont les travaux de cet artiste : ses recherches , comme on le v°it , tendent toutes vers un but d’utilité publique , ses moyens sont simples , & leurs effets infaillibles.
- D’après cet exposé , nous pensons que le C. Gouault de Mon-chaux doit être placé dans la seconde classe des récompenses nationales , de qu’il en mérite le maximum , c’est-à-dire trois mille livres.
- A Paris , au Bureau de Consultation des Arts de Métiers , le 31 Juillet 17^3 , l’an deuxieme de la République Française mie de indivisible.
- S E R VIÈ R E S , TROUVILLE, Commissaires,
- Jugement du Bureau de Consultation des Arts & Métiers.
- Le Bureau de Consultation des Arts de Métiers , après avoir en»
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- tendu lç rapport cle ses commissaires sur les travaux du C. Gouaiilt de Mondiaux , fils : considérant que , dès l’année. ij83 , cet artiste y pour prévenir les accidens funestes qui résultent de la rupture subite des essieux des grosses voitures, a proposé un moyen simple dont l’efficacité a été constatée par des expériences en grand , faites sous les yeux des commissaires de l'Académie des sciences $ que, depuis, il .a imaginé de remplacer la cheville ouvrière par un (genou qui diminue l’effet des caîios ; considérant qu’il a exécuté une poulie mécanique , très-utile pour les besoins domestiques & le jardinage ; considérant, enfin , que le zèle de ce jeune artiste , est digne d'éloges & (Reiicouragemens ; est d’avis ; conformément à la 1 oi du in Septembre , 1791, que le C. Gouault de Mondiaux, fils, doit être placé dans la seconde classe des récompenses nationales, & qu’il en mérite le maximum , c'est-à-dire trois mille livres.
- Fait au Louvre, le 3i Juillet 1793 , l’an deuxième delà République Française une & indivisible,.
- Nota. Le C. Mondiaux, fils, demeure rue S.-Rodi - Poissoniere , N°. 7,
- >— . . ' ----------------T------------------------------?----—----—-------
- AVIS AUX ARTISTES.
- Extrait des Registres des procès - verbaux du Bureau de Consultation des Arts Ô;
- Métiers y du iÿ Nivôse, l’an deuxieme de la République Française une & inïivisible.
- Le Bureau de Consultation des arts & métiers v, après avoir entendu la lecture d’une circulaire de la Commission des poids & mesures , par laquelle tous les artistes sont appelés à s’occuper de la fabrication des nouvelles mesures , dont l’usage sera de rigueur a l’époque dü i3 Messidor de l’année courante , (premier Juillet 179a , vieux style ) , & que tous les citoyens sont néanmoins invités à employer dès-à-présent; considérant que les moyens qui peuvent accélérer l’adoption générale de toutes les parties du nouveau système métrique , sont , dans les circonstances , un des objets qui , sous tous les rapports , intéressent le plus essentiellement l’utilité publique , & réclament le concours des efforts & du zelô des artistes habiles dans ce genre-ffle fabrication, considérant que le fonds annuel de trois cept mille livres, dont la distribution est confiée au Bureau , par la Loi du 12 Septembre 1791 , se trouve destiné aux artistes qui, par leurs découvertes , leurs travaux & leurs recherches dans les arts utiles , auront mérité d’avoir part aux récompenses nationales ; considérant enfin , que déjà le Bureau s’est empressé d’accprder un encouragement au premier artiste qui ait construit des Mètres pour l’usage, public ;
- Arrête , qu’il invite tous les artistes à diriger leurs vues vers nette branche urgente d’industrie , & qu’il sera décerné des récompenses à ceux principalement qui, avant la susdite époque du premier Messidor , seront parvenus , au moyen de machines, & d’outils-matrices, à fabriquer eu grande quantité , de nouveaux poids 8c mesures , qui soient conf ormes aux étalons originaux (a) , en réunissant célérité, perfection
- (æ) Les artistes qui voudront se livrer à ce travail , peuvent s’adresser, pour avoir très-exactement’les dimensions des nouveaux poids & mesures, à la Commission des poids et mesures , dans la salle de la ci-devant Academie d’Architecture
- au Louvre.
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- 3 oS
- 8c bas prix, afin que toutes les classes de citoyens puissent aisément s’en pourvoir
- ad besoin.
- Le présent Arreté sera adressé au Comité d’instruction Publique de la Convention bv ahonaîé , à la Commission des poids & mesures, & rendu public par la voie d® l’impression.
- Pour copie conforme à l’original,
- HALLE , Secrétaire.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Alphabet Républicain T avec gravures, par Chemin fils , seconde édition , 12 sols & i4 sols, franc de port. — Le même avec une seule gravure, représentant Barra t Couronné par la liberté , 5 sols & 6 sols.
- L’Ami des jeunes patriotes , en Cathéchisme Républicain , avec gravures , par le même , 25 sols & 3o sols. Ces deux ouvrages ont été approuvés par le Conseil-général delà Commune de Paris. Tous les exemplaires sont signés de l’Auteur y à son. imprimerie , rue de Glatigny , en la Cité.
- Ces deux petits ouvrages sont à portée de la jeunesse , & portent avec eux leur
- recommandation , en remplissant le but moral de l’instruction publique. ( Extrait de
- la feuille de salut pub ic. )
- Effrayante histoire des crimes horribles qui ne sont communs qu’entre les familles des rois , depuis le commencement de l’ère vulgaire , jusqu’à la fin du dix-hui-lieme siecle ; suivie d’observations historiques sur l’origine des rois , & sur les crimes qui soutiennent leur existence, & de quelques remarques sur la conduite du clergé de France , sous le règne de chaque roi : par Mopinot j 1 vol. in-8p« de 3o5 pages y prix, 3 liv. & 4 liv. franc de port.
- Almanach des bergers , pour l’an deuxieme de la République Française , commençant le 22 Septembre 1793 , anniversaire de la fondation dé cette République, & finissant le 21 Septembre, 1794. Prix, 1 liv. 10 sols.
- Procès de Marie Antoinette , dite Lorraine d’Autriche , veuve de Louis Capet,. condamnée & exécutée le mercredi 16 Octobre 1793, (vieux stile ), 1 vol. in- 18. Prix , 1 liv. 5 sols.
- Vie privée et politique de Brissot, avec cette épigraphe , cui ffdas cave. 48 pages in -80. prix ,1 liv. 5 sols.
- Culte philosophique , par le C. Labartays , physicien & philosophe ; 8 pages d’impression : prix , 6 sols.
- • Vie de L. P. J. Capet ci-devant duc d’Orléans , ou mémoires pour servir à l’histoire de la révolution Française , 1 vol. in-8q. de 56 pages, avec le portrait 3 prix, 1 liv. 5 sols.
- MUSIQUE.
- Le triomphe de la république , ou le camp de Grandpré , divertissement lyrique en un acte , paroles du citoyen Chénier , musique du citoyen Gosse t les ballets diï
- ciloytn Gardel. Prix 25 liv.
- Hymne ci la Liberté , paroles de Chénier , musique de Porro , prix i4 sols. Hymne religieux et patriotique , paroles de F. Delamolhe , musique de P. Porro , prix i5 sols. La prise de 'Toulon , paroles de Chenier , musique de Plezel, ayee ae-compagnement de piano.
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- N°. 84
- (3î9 ^
- £2*<î
- TONTE D’ÉTOFFES.
- Il apport sur le citoyen DelarcJie , fils.
- JL E Bureau de Consultation des Arts 5c Métiers nous a chargés «d'examiner les droits aux récompenses nationales du C. Adrien De-larche, fils , qui a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- En 1781 , cet artiste établit à Amiens des mécaniques propres à tondre les pannes , Les peluches , 5c autres étoffes étroites , au moyen, d’un courant d’eau, ou de tout autre moteur.
- Ces mécaniques 11’ont cessé, depuis cette époque , de travailler à la satisfaction des négocians qui lés ont mises en usage.
- Leur succès bien constaté valut à l’auteur en 1786 le prix des arts de /’Académie d’Amiens.
- Depuis , Adrien Delarche s’occupa d’étendre l’utilité de cette invention , en la rendant applicable à la tonte des -draps & autres étoiles larges.
- Sur la demande des citoyens Pajot, Descharmes 5c Villard, inspecteurs des manufacturas, le ministre des finances destina une somme de six cent livres à la construction du modèle en grand de cette mécanique exécutée par l’auteur , avec autant de zele que d’économie, sons la surveillance du C. Villarcl. Elle fut soumise dans le mois de Février 1791 , par le directoire du département de la Somme , à l’examen des iabricans 5c gens de l’art.
- Le procès-verbal, 5c les témoignages des commissaires sont très-favorables à cette invention. Ils déclarent que la machine est bien imaginée , qu’elle peut être fort utile 5c avantageuse pour le commerce ; cp e construite en grand, 5c même par ua courant d’eau , la régularité de ses mouvemens procurera une tonte plus égale que celle faite à la main , 5c une économie importante de main-d’œuvre , puisqu’une seule de ces machines pourra, sous la conduite d’un seul laineur, tondre à la fois 5 à 6 pièces. Ils concluent que l’artiste mérite louanges, indemnité & récompense. C’est aussi l’avis des administrateurs du district d’Amiens, 5c de ceux du département de la Somme.
- Pour épargner au Bureau un tems précieux , 5c lui sauver l’ennui des descriptions toujours insuffisantes, Inous avons l’iionneur de mettre sous les yeux -du Bureau, des dessins qui représentent l’en-
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- semble , êc les détails de la machine. Nous donnerons de vive voix les explications nécessaires à son intelligence.
- L’usage des machines de cette espece, s’est beaucoup répandu en Angleterre, & il auroit pu se répandre en France avec le même succès & la même rapidité , si le gouvernement avoit fait ce qui clépendok de lui. Le teins présent doit réparer les erreurs & les injustices de l’ancien.
- Nous ajouterons que la malveillance & la jalousie des tondeurs ont empêché jusqu’ici, que cette utile invention ne fût adoptée dans la ville d’Amiens. L’artiste consent à sa publicité ; il la désire même.
- En conséqence , nous pensons que le Bureau doit inviter le ministre de l’intérieur , à faire transporter le plutôt possible , au dépôt nationale des machines , le modèle qui a été construit aux frais de l’Etat, Ôc dont il faut éviter la perte ou le dépérissement.
- A. l’égard du C. Delarche , nous croyons que son invention , ses sacrifices , son zele & son honorable indigence lui assurent de justes droits aux récompenses nationales , & qu’il inerite le medium de la première classe , c’est-à-dire , cinq mille livres. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, le 3i Juillet î790, l’an deuxieme de la République Française , une & indivisible.
- Le républicain FIÀSSENFRATZ, DESERVIERES , commissaires.
- Pour copie conforme à l’original, JUMELIN , Secrétaire,
- Rota. le C. Adrien Delarclie, fils, demeure à Amiens,
- MACHINE A NÉTOYER LES TOILES.
- Rapport concernant le citoyen Martainboc.
- Le Bureau de Consultation nous a chargés de lui rendre compte des droits que peut avoir aux récompenses nationales , le C. Martainboc , qui a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- Cet artiste a imaginé & construit une machine propre à nétoyer les toiles , indiennes & draps. Un modèle de cette machine est mis sous les yeux du Bureau , ce qui nous dispense d’en faire la description , qui se trouve , d’ailleurs , consignée dans un rapport de l’Académie des sciences , que nous croyons devoir lire en totalité.
- Nous avons examiné , par ordre de l’Académie , une machine pour nétoyer les toiles, indiennes, draps, présentée par M. Martainboc.,
- Elle est composée de deux cylindres : l’un est uni, horisontal, & tourne au moyen d’une manivelle , dans des tourillons portés par des montant fixés à verticaux. Ces montans servent de coulisses à un
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- châssis qui porte les tourillons d’un second cylindre cannelé dans sa longueur , & appuyé immédiatement sur le premier. Cela posé :
- On établit la machine .sur un courant d’eau ; on passe entre les deux cylindres la pièce d’etoffe qu’on se propose de nétoyer ; on rapproche <5c on coud ensemble les extrémités de la piece.
- La machine doit être disposée de maniéré que la piece trempe dans l’eau; on tourne la manivelle du cylindre uni; alors la piece passe continuellement entre les deux cylindres , à cause du frottement , ôc parce que les cannelures du second cylindre lui font faire des sonore-sauts , sur-tout, le châssis étant très - mobde dans sa coulisse , la piece est frappée a cliaque instant & fort également. Onia fait passer ainsi , jusqu’à ce que la partie d’eau , dans laquelle elle trempe , soit devenue claire & limpide ; alors elle est parfaitement nétoyée.
- Il est facile de concevoir , qu’en donnant une longueur suffisante aux cylindres , on peut netoyer plusieurs pièces en meme-ternis : oii en nétoye sept avec la machine dont l’auteur a présenté le modèle à l’Académie. Pour que les pièces ne se gênent pas dans leurs mou-vemens , & ne puissént pas s’entre-mêler , soit sur le cylindre, soit dans l’eau , il applique immédiatement sous le cylindre une traverse entre les deux montans , qui portent cinq chevilles horisontales. Ces chevilles divisent l’espace correspondant à la longueur du cylin dre en sept parties , dans chacune desquelles on fait passer une piece. Il établit, dans l’eau, des planches verticales correspondantes aux chevilles , ce qui donne aussi sept divisions correspondantes aux premières , 8c propres à recevoir les pièces ; ainsi elles ne peuvent se toucher.
- L’avantage. de cette machine consiste à frapper les pièces d’étoffes plus également que par la méthode ordinaire , dans laquelle on se sert de fléaux ou de battoirs. Effectivement , avec les battoirs on est exposé à ne pas frapper assez certaines parties de la piece , ôc à en frapper d’autres jusqu’à l’endommager. D'ailleurs , on gagne beaucoup de vitesse , puisqu'un seul homme peut nétoyer plusieurs pièces à la fois.
- L’auteur nous a dit avoir construit deux de ces machines , qui sont maintenant établies à S. Denis , & qui remplissent très-bien leur
- objet.
- Cette machine a du rapport avec quelques autres déjà courues , mais elle nous par oit neuve pour le même objet, à quelques s égards , sur-tout par l’application, qu’en a faite le S. Mar-tain hoc, Ainÿi, nous croyons qu’elle mérite l’approbation de l’Académie,
- An Louvre , ce 9 Juillet, 1780,
- TILLLT , CHARLES,
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- Je certifie le présent extrait conforme à son original, & au juge* ment de l’Académie.
- À Paris, le 27 Juillet, 1785.
- DEFOUCHY.
- Nous ajouterons que l’artiste, a non seulement déposé un modèle à l’PIÔtel de Mortagne , & un autre dans le Cabinet de l’Académie , mais qu’il en a livré à divers particuliers ; ce qui a contribué à répandre l’usage de cette machine. Il en existe une à Corbeil , deux à Jouy, dans la manufacture d’Oberckamp , & qtfatre à Beauvais , dans celle de Thevart. ' . _ 't k ' ' '
- L’adoption de cette machine ingénieuse prouve assez sa grande utilité j & [le désintéressement avec lequel l’auteur l’a propagée, lui donne un nouveau titre aux récompenses nationales.
- D’après cet exposé, nous pensons que le C. Martainboc doit être placé dans la seconde classe des récompenses nationales , & qu’il en mérite le medium, c’est-à-dire, deux mille cinq cents livres.
- A Paris , au Bureau de Consultation des Arts & Métiers , le 2.4 Avril, 1793, l’an deuxieme de la République Française une & indivisible.
- SERVIÈRES, BERTHOLET.
- [Avis du Bureau.
- Le Bureau de Consultation des Arts & Métiers , après avoir en-tendu le rapport de ses commissaires sur les travaux mécaniques du C. Martainboc ; considérant que cet artiste a imaginé, construit de propagé une machine simple , laquelle est propre à nétoyer les toiles & les indiennes, & que l’adoption de cette machine dans plusieurs manufactures en prouve toute l’utilité , est d’avis que, conformément à la loi du 12 Septembre 1791, le C. Martainboc mérite le medium delà seconde classe des récompenses nationales, c’est-à-dire, deux mille cinq cents livres.
- Du 14 Avril, 1793 , Pan deuxieme de la Ptépublique Française une & indivisible.
- BERTHOLET, Président, DETROUVILLE , Secrétaire:
- Nota. Le C. Martainboc demeure rue du Faubourg S.-Antoine , près celle Sie-Marguerite, maison du C. Lemair, Grainier.
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- N®. 85
- £
- (333 )
- LA COMMISSION
- DES*
- POIDS ET MESURES RÉPUBLICAINES,
- AUX ARTISTES CONSTRUCTEURS DES MESURES DE
- CAPACITÉ.
- L
- A commission temporaire des poids & mesures républicaines, considérant qu’il est important , pour l’intérêt du commerce & pour la facilité des talonnages & de fa vérification, d’imprimer au sistêine des mesu es républicaines , tous les caractères d’uniformité dont il
- mesure une dans son en-fixant pareillement le nombre & 1. s capacités relatives des mesures intermédiaires, qui seront des sous divisions ou des multiples de celles que dorme immédiatement le système ; apr's s’êti e réunie avec les artistes de Paris, qui ont bien voulu, l’aider de leurs observations, & avec quelques artistes des autres districts de la République, qui se sont trouvés à Paris, a. arrêté ce qui mit , relativement aux firmes & aux diruen ions des différentes mesurés de capacité , tant pour les liquides que pour les solides.
- I. Mesures de liquides.
- La forme de toutes les mesures de liquide, destinées pour les usages journalie s, sera celle d’un cylindre creux, qui aura une ïiauteuf double du diamètre de la base , avec un bec , pour faciliter le versement. L’unité de mesure usuelle , d’après le décret de la convention nationale, est le cadil, qui contient à tres-peu-] rè s une peinte & un vingtième , mesure de paris. Les dimensions qui résultent du rapport de deux à un , évaluées soit en parties du mètre ou de l’unité usuelle des mesures linéaires républicaines, soit en parties de l’ancien pied, sont :
- Qual/iemé Tripi, S 8 8
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- i0, P O U R LE C A D I U
- Diamètre de la base.
- o, 035 ( a ) liv. 38 , ikj > ou 3 pouces deux lignes, &un peu plus d’uat huitième.
- HAUTEUR*
- Diamètre de la base.
- o, ij2. Uy. 76, 294, ou 6 pouces 4 lignes, & un peu plus d’un quart,
- a°\ POUR LE demi-cadil
- Diamètre de la base.
- o , 068 , liv. 3o, 377 , ou deux pouces 6 ligues , & un peu moins de trois dixièmes.
- H AUTEUR.
- Diamètre de la base.
- o, i36. liv. 60,554, ou 5 pouces, & un peu moins de trois cinquièmes do ligne.
- 3°. POUR LE CINQUIEME DU C A D I L,
- * Diamètre de la base.
- o , o5. liv. 22 , 3o8 , ou 1 pouce. 10 lignes & un peu plus de trois
- dixièmes.
- HAUTEUR.'
- Diamètre de la base.
- <0,1. liv 44,616 , ou 3 pouces 8 lignes, &. un peu plus de trois cinquièmes,
- 4Q. POUR LE DIXIEME DU CADIL.
- Diamètre de la base.
- c4. liv. 17, 706 ( ou un pouce 5 lignes, & un peu plus de 7 dixièmes^
- HAUTEUR.
- Diamètre de la base,
- O, 08. liv. 35, 4i2, ou 2 pouces 11 lignes, & un peu plus de deux cinquièmes,,
- ( a ) Celte expression se lit ainsi : \éro métré, zéro decimetre , 8 centnmetres, 6 millimétrés, ou 86 millimétrés ; la suivante exprime trente-huit lignes, 147 millièmes de ligne j la troisième donne les mêmes valeurs en pouces & en lignes, avec une fraction tres-simple de la ligne , qui n’estqu’un à-peu-près, mais qui suffira pour la pratique.
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- î*. POUR LE VINGTIEME DU CADIL;
- Diamètre de la base.
- I 00^2, liv» l4, o53, ou 1 pouce 2 lignes & un peu plus d’un vingtième»
- HAUTEUR.
- Diamètre de la base.
- 0;064, liv, 28; 108, ou 2 pouces 4 lignes, 8c un peu plus d’un dixième»
- II. Mesures de grains.
- L' forme de toutes les mesures de grains, destinées à remplacer le boisseau , le litron &c , sera aussi celle d’un cylindre , mais q ai aura le diamètre de la ba*e égale à la hauteur. Les évaluations suivantes se rapportent au renticade qui est égal à dix fois le cadil, Si q ii contient euviron seize livres de bled.
- RALEURS DU DIAMETRE DE LA BASE ET DE LA HAUTEUR.
- 1®. POUR LE QUADRUPLE CENTICADE.
- 91 36i. liv. i64 372, ou i3 pouces 8 lignes & un peu plus d’un tiers.
- a0. POUR LE DOUBLE CENTICADE.
- Oj 2g4. liv. j3o,46;ou 10 pouces 10 lignes ; & un peu moins d'une demie.
- 3o. POUR LE CENTICADE.
- 0} 234. liv. îo3, 548 , ou 8 pouces 7 lignes., 8c un peu plus d’une demie.
- 4°. POUR LE D EM I-C ENTICADE.
- O, i85, liv. 82, 186, ou 6 pouces 10 lignes, 8c un peu moins d’un cinquième.
- 5°. POUR LE CINQUIEME DU CENTICADE.
- o, 137. liv. 60, 555 , ou 5 pouces 8c un peu moins de trois cinquièmes de
- ligne,
- 6*. POUR LE CADIL.
- O, 108. liv. 48,062, ou 4 pouces, 8c un peu plus d'un seizième de ligue.
- r. POUK 1. E D EM I C ADI L
- 5>, 086* liv, 38, 147, ou 3 pouces deux lignes ,& un peu plus d’un ' Iiuiiiemc,
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- 8QPOUR LE CINQUIEME DU C ADI L
- 0,060. liv. 28, 107, ou 2 pouces 4 lignes, & un peu plus d’un dixième
- 9*.’ FOUR LE DIXIEME DUCADIL.
- o, oj. liv. 22 ; 008, ou i pouce 10 lignes, & un peu plus de trois dixièmes,
- ico. POUR LE VINGTIEME DU CAD IL.
- °>°4. Hv- 17, 7o6> ou uh Pouce 5 lignes, & un peu plus de sept dixièmes.
- Toutes les. mesures exécutées en bois, seront renforcées par deux cercles de 1er extérieurs , l’un au bord , l’autre près de la base.
- La commission publiera incessamment de nouveaux avis, relatifs aux mesures linéaires ôc aux poids.
- OUVRAGES NOUVEAUX.
- Les délassement ch amp tires d’un, homme sensible, ydille en prose St en ver«, j vol. in-ïS*’. crué d’une gravure, prix 2 liv. broché.
- Gode révohitlonaire provisoire , précédé du rapport de Eillaud-Varcimes, décré té le 28 Brumaire : petit format, i5 sels flanc de port.
- Félix & Pauline, ou le tombeau au pied du mont-jura , per P. Blanchard , 2 vol. in-J. 8 , prix 3 liv.
- Les nuits d’young, en vers français , avec le texte de Letoumeir, en 4 voh in-12; 8c 1éLtmacjUî , aussi en a ers françois , avec le texte de Fci elcn, notes 8c
- citations, en 6 vol. in-ta , papier vélin, presse de P. Lidct , Faine.
- Mémoire contenant la description d’un échappement libre, ou a detenle ; les details de son exécution , & ses avantages ; quelques réflexions sur les montres décimales , des nombres convenables pour en construire de bonnes : les moyens de faire
- des montres actuelles avec, cette division , en ne changeant 1 resque rien au
- rjoiîveinéïit, par Robert Robin, horloger au Louvre, galerie des artisLes.
- Pensje sur la nature de l'esprit, où il prend, sen origine & ce qu’il devient après la séparation du corps , par le citoyen Rapiïi.
- Lissai sur la justice primitive , peur servir de principe générateur au seul ordre social , qui peut assurer à l’homme tous ses droits, & tous ses moyens de bonheur, par Bolivier, ci-devant cure de Mau champ.
- Le C. Gayot auteur d’un livme intitulé Pratique des négociant, prévient L public que l’édition étant épuisée, la cherté du papier est cause qu il 11e a ait
- réimprimer que pai extrait & eu petit nombre, mais de jaaanierc è servait
- même que l’ancien.
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- Nos. 86 & 8j.
- <
- HORL
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- Rapport concernant le citoyen Sandos Legendre , horloger.
- N O US , Commissaires soussignés , ayant été nommés par le Eure au de Consultation , pour examiner les titres que peut avoir aux récompenses nationales, le citoyen Sandos Legendre, horloger , nous allons lui en rendre compte , & nous observerons , quant aux formalités prescrites parla loi, que ce citoyen les a complettement remplies.
- Cet ârtbte fonde ses titres aux récompenses nationales , sur les différentes machines qu’il a imaginées; mais comme les principales appartiennent à l’horlogerie , & que cet art peut être considéré sous différens points de vue , il ne sera pas inutile de dire un mot à. ce sujet y avant d’entretenir le Bureau de ces machines.
- On ne peut avoir réfléchi sur l’art de l’horlogerie , qu’on n’ait reconnu que cet art, quelqu’étendu qu’il soit , peut être divisé en deux parties : l’une qui s’occupe de l’isochronisme , ou des moyens de procurer la plus grande justesse aux machines , servant à mesurer le tems ; & l’autre qui s’occupe des moyens de produire les différens effets mécaniques , qu’on demande dans ces machines. Ces deux "parties sont tellement distinctes dans leur objet, qu’on a vu plus d’une fois des artistes très-habiles dans la première, ne l’être pas également dans la seconde. Le C. Sandos s’est particulièrement appliqué à celle-ci, en tant qu’elle regarde les montres à répétition , à réveil, à sonnerie , &c.
- Or, on ne peut connoître ces diverses machines si ingénieuses & si compliquées, par la nature de leurs effets, qu’on ne sente quel champ elles offrent à l’invention , lorsque par la nature des effets demandés on est forcé de s’éloigner des constructions simples, en usage , & qu’on est obligé d’en imaginer de nouvelles qui comportent souvent d’autant plus de difficultés , que gêné par le peu d’espace , l’artiste est dans la nécessité de soiunettre ses constructions à cette nouvelle difficulté. Après ces observations préliminaires , nous allons passer à l’exposition des différentes machines <5s inventions du citoyen Sandos. Nous commencerons par celles qui regardent l’horrlogeie. Elles sont au nombre de 7 : 2®. rm petit Qua trième Trim. T 11
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- appnreil que l’auteur appelle im réveil à halle % 5c dont la détente est produite par le moyen d’une montre.
- a°. Un autre réveil du même genre qui produit lui-même-, le bruit nécessaire pour réveiller.
- 3°. Une cadrature de montres à trois parties.
- 4°• Une cadrature de montre à répétition, allant un mois sans être montée.
- P?. Une montre à répétition, â secondes , à équation à quantieme. *
- 6^- Une construction de cadrature fort simple, d’une nouvelle invention * répétant les, heures 5c les minutes de 5 en S.
- 7cr. Enfin une autre cadrature, faisant les mêmes effets que îa précédenté ; mais avec une construction différente.
- Quant aux inventions relatives à d’autres parties, nous ne parlerons que de celles qui suivent, comme étant les principales.
- i*. Une serrure à compteur , d’une construction nouvelle, & differente de celle qui a mérité à l’auteur les suffrages de f Académie des sciences.
- 2°. Un affût de canon d’une construction particulière , 5c où lea canons sont montés sur un chariot.
- 3°. Hue chaîne sans fin, qui étoit destinée par l’auteur , à suppléer à l’archet dans un instrument à cordes , d’une construction, nouvelle , que l’auteur avoit imaginé , mais qu’il n’a pas achevé.
- Nous allons faire connoître au Bureau ce que chacune de ces machines a de particulier , en tâchant cependant d’éviter des détails de construction , oui pourroient donner à ce rapport, une trop grande étendue,
- La première machine, ou le petit appareil dont mous avons parlé , n’est point une montre à réveil , mais une petite machine qui, au moyen d’une montre , en fait les fonctions. L’auteur l’a appelée réveil à halle, comme nous l’avons dit , parce que son effet est produit par la chûte d’une balle d’une certaine hauteur : il a voulu imiter en cela, la méthode qu'Aristote employoit la nuit, dans ses études, pour ne pas se laisser aller au sommeil.
- L’espace est si précieux dans les montres par la petitesse de leur volume , que dès que vous ajoutez à ce que les horlogers appellent le mouvement j qui sert à mesurer le tems, quelque partie dans l’intérieur , ou que vous retranchez de l’espace ordinaire , qui se trouve sous le cadran, il faut que l’artiste employa toute son industrie, pour prévenir les mauvais effets qui peuvent résulter de ces retranchement dans l’espace que doivent occuper le mouvement ou If? cadrature,
- Gï*, la construction d’un réveil demandant ua ressort, un ba*
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- rfllet, ic plusieurs autres pièces pour produire son effet, il s’en soit qu’il est précisément dans le cas dont nous Tenons de parler. Aussi les plus habiles horlogers , 5c notamment Julien Leroy, se sont-ils fort appliqués à simplifier êc perfectionner ces sortes de montres. Mais malgré leurs efforts , nomme elles ne laissent pas d’être encore assez composées , & dfrm. certain prix , le C. San dos a pensé qu’on pourroit produire le même effet d’une maniéré simple , 5c à beaucoup moins de frais ; que pour cela, il suifisoit d’employer une petite mécanique qui, par le moyen d’une montre k laquelle elle s’adapteroit, pourroit détendre 5c faire les fonctions de réveil.
- On concevra sans peine, d’après cet exposé , que , comme l’objet de ce petit appareil n’est qne de faire tomber une » balle , lorsque la montre marque une certaine heure ou l’heure déterminée, il doit être disposé en conséquence ; aussi est-il construit de maniéré , q-u’à l’instant oh l’aiguille des minutes a fait le nombre de tours requis , elle produit l’élévation d'une bascule , r]ui , par ce mouvement , laisse échapper la balle qui roule 5c tombe en bas , avec asseâ de force , pour réveiller un homme.
- Eu effet , cet artiste assure qu’en tombant de quatre pieds 5c demi de haut , une Italie d’ivoire fait un tel bruit, qu’elle peut réveiller une personne dormant du sommeil le plus profond.
- Pour que cet appareil fasse bien corps avec la montre, il porte trois petites colonnes ou griffes, au moyen desquelles on peut l’y appliquer 5c l’y faire tenir fortement ; enfin la montre, y est placée dans ces griffes., de manière que le cadran se trouve en dessous, afin que, la lunette étant ouverte, l’aiguille des minutes puisse faire sauter , à chaque tour , une petite étoile qui fait lever la bascule dont nous avons parlé.
- L’appareil tenant, comme bous venons de le dire , avec la montre, on la suspend par le cordon, 5c la machine est prête pour produire son effet.
- Cette maniéré de se procurer un réveil , est, comme on voit, simple & ingénieuse. Le citoyen Sandos auroit bien souhaité de pouvoir montrer au Bureau, ce petit appareil , du ce reveil auxiliaire ; mais Lun de ceux qu’il a faits , est en Allemagne , 5c l’autre' a été emporté en Amérique , par l’illustre Franklin. Il étoit bien naturel que ce grand homme , qui saisissoit si bien , dans toutes les circonstances , les idées 5c les moyens les plus simples, eût un réveil fait à si peu de frais.
- Nous n’avons dit qu’un mot de la construction de ce réveil auxiliaire, parce que celui crue l’artiste Sandos va vous montrer, vous fera facilement comprendre ce que nous n'âvons pas expliqué : celui-ci, comme le Bureau peut le voir , produit lui-même l’effet du réveil, contenant dans son intérieur un marteau Ypû frappe contre la boëte
- S s s a
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- J
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- qui le met en mouvement; dureste,la détente s’y fait comme danft le précédent.
- Nous avons déjà fait observer dans un autre rapport, combien les montres à trois parties sont compliquées, & combien leur construction exige de soins & d’attention , pour que les effets en soient sûrs, & que la pie ce ne manque pas , pour parler comme les gens de Part. Julien Leroy dont nous avons déjà parlé , s'en étol£ fort occupé dans les dernieres années de sa vie , & il avoit employa utilement le citoyen Sandos dans ses efforts, pour perfectionner ces curieuses machines. Le Bureau a sous les yeux, dans le dessin NQ* 7,1a cadrature d’une montre de cette espece, qui produit des effets plus nombreux encore , que les montres à trois parties ordinaires ; car non seulement elle sonne les heures, & les répété comme ces montres , mais encore aulieu des quarts , elle sonne & répété les minutes de 5 en 5. Il falloit faire des cbangemens considérables dans la cadrature de ces sortes de montres , pour produire ces derniers effets; mais nous pouvons dire , qu’après avoir examiné avec attention les moyens que l'auteur y a employés, ils nous ont paru très-propres à les exécuter & à prévenir les défauts dont nous avons parlé , & qu’on reproche si souvent à ces sortes de montres.
- La troisième machine est , comme nous l’avons dit, une montre à répétition , allant un mois sans être montée. On sentira facilement que ce qne nous avons fait observer sur les dispositions nouvelles de variées que demandent les cadratures des montres, lorsque le nombre des pièces se multiplie dans leur intérieur , s’applique parfaitement ici ; aussi l’auteur , au lieu de laisser le rochet des heures dans laçage, l’a-t-il transporté dans la cadrature, en le plaçant sur la grande poulie , & il en a fait de même de la grande levée, en l’a faisant servir au double coup, par son engrenage , avec la piece des quarts : il obtient par là, le moyen de supprimer plusieurs pièces. Une cheville qu’il a placée sur le grand rochet , sert de doigt pour ramener la piece des quarts à son repos, ôc produit par là , le tout ou rien, d’une maniéré fort simple , bien que différente de la méthode ordinaire,
- Dans le dessin N° 7, appartenant à une montre à secondes, à répétition, qui est en même-tems à équation & à quantièmes, on voit les* pièces d'une cadrature où une grande partie de l’espace est occupée par celles qui sont destinées à représenter cette équation & les quantièmes ; il a fallu en conséquence , que l’artiste trouvât des ressources dans son esprit, pour placer dans le peu d’espace qui restoit, ces pièces de la cadrature ; mais si on examine avec attention la forme 5c la position qu’il leur a données, on verra qu’elles sont très-propres à leur faire produire leur effets d’un© maniéré sûre»
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- Enfin, le N<?. 5 des tableaux représente le plan d’une nouvelle Cadrature , fort simple , d’une montre à répétition , sonnant les heures & toutes les minutes, de cinq en cinq, en suivant la division ordinaire du cadran 5, îo , lâ, &c.
- Les montres nous donnent bien, pour la vue, la division du tems , en très-petites parties , puisqu'elles vont jusqu’à nous indiquer les secondes, ou la trois mille six centième partie de l'heure ; mais elles sont bien loin d’être arrivées à cette perfection pour l’organe de l’ouie. Les anglais ont à la vérité , fait des montres qui répètent les heures , les quarts & les minutes jusqu’à 14 ; mais ces sortes de montres non seulement sont très-cheres , mais encore sont sujettes à beaucoup d’inconvéniens , & sur-tout, à cet accident dont nous avons parlé, qui est le plus fâcheux de ces machines, c'est-à-dire , d manquer.
- Pour avoir des répétitions exemptes de ces défauts, & qui cependant donnent l’heure, pour l'organe de l’ouie , au moins a cinq minutes , l’auteur a imaginé cette nouvelle construction , dans laquelle à la vérité, on n’a pasles minutes avec les quarts, comme dans les montres anglaises j mais on a aumoins, une subdivision du teins trois fois plus petite qüe celle des quarts. Ainsi, par exemple, à midi & demi, cette montre sonne 12 coups forts, pour indiquer l’heure , <& 6 plus foibles pour faire connoître la demie, ou qu’il y a 6 fois 5 minutes d’écoulées en sus de l’heure. Il résulte de là , que cette répétition donnera toujours l’heure par le son, au moins avec trois fois plus de précision que les répétitions ordinaires , éc que par la suppression des quarts , on retranche neuf ou dix pièces.
- Le dessin N». 6, offre une autre construction de cadrature de répétition qui, remplit le même objet, en répétant les minutes de cinq en cinq. Examinée avec une attention particulière , elle nous paroît même avoir quelqu’avantage sur la précédente.
- Nous terminerons tout ce que nous venons de dire , pour faire connoître ces différentes cadratures & machines d’horlogerie du citoyen Sandos, en observant que des horlogers très-distingués de la capitale, concourent avec nous dans le jugement favorable que nous en avons porté. C’est ce que le Bureau peut voir par leurs certificats que nous déposons ici. Nous le prions même , de considérer à ce sujet , que l’unanimité des artistes dans l’éloge qu’ils font des travaux du citoyen Sandos, donne à ces certificats une force en sa faveur, toute différente de celle qu’on leur suppose ordinairement. Nous passons aux autres inventions du citoyen Sandos.
- La première est, comme nous l’avons dit, une serrure à compteur, c’est à-dire, qui ne peut s’ouvrir qu’après un certain nombre de petits coups déterminés par celui qui en a le secret. L’artiste Sandos est le pre-pûer qui ait conçu l’idée d’introduire ainsi dans une serrure, une
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- partie animée, si celasse peut dire, on qui ait un môuvément propre & indépendant de celui que la main peut imprimer dans
- l’intérieur.
- Pour se former donc une idée de cette serrure, il faut se la représenter comme composée de différentes parties; l’une formée d’un rouage d’horlogerie , mu par un ressort, l’autre de tout ce qui regarde le mouvement du pêne.
- Dans la première , la grande roue du rouage a un encliquetage & est mue par le ressort. Celte grande roue porte sur son arbre une plaque qui y tient par un frottement dur, et qui a d’un côté 3o à 40 chevillés, servant à lever le petit marteau du compteur t et de l'autre trois autres chevilles détachées , & placées à des distances inégales, qui doiyent agir en tournant sur un cliquet, dont nous parlerons dans un moment.
- Dans la seconde partie , se trouve le pêne. Ce pêne a une queue formant espece de crémaillère , dans laquelle s’engage un fort cliquet, qui est celui dont nous venons de parler ; enfin l’arbre sur lequel entre la clef qui sert à ouvrir la serrure, a deux fortes ailes, qui prennent dans les dents d’un rateau, que porte ce pêne : on concevra facilement, d’après cette courte description , le jeu de cette serrure. On verra qu’ayant monté le ressnrt du rouage , il se mettra en mouvement, 6c que la roue qui porte les chevilles fera lever en tournant, le marteau & sonner les petits coups dont nous avons parlé ; qu’en même-tems, les chevilles qui sont de l’autre côté de la plaque , en pressant sur la queue du cliquet, qui prend dans la crémaillère , l’en dégagera ; de maniéré que si, avec la clef, qui sert à faire mouvoir îe pêne , on saisit le moment où il est libre , on le fera avancer ou reculer à volonté, au moyen des ailes que porte l’arbre de son carré ; mais comme le dégagement du cliquet par l’action de la cheville, n’est que l’affaire d’un instant, on verra encore que ce moment passé , il sera impossible de communiquer aucun mouvement au pêne : or , comme la planche qui porte ces chevilles tient sur son arbre, par un frottement dur, on sentira sans peine qu’on peut leur donner telles positions qu’on voudra : positions qui formeront autant de nouvelles combinaisons , pour i’ouverrture de cette serrure. Nous n/avons pas dit , mais on s’en doutera, aisément , que le canon de la plaque eux chevilles , passe de l’autre côté de la plaque de la serrure du fond, & que l’extrémité de ce canon porte un index qui marque un petit cadran , au revers de cette plaque , la position relative de ses chevilles.
- Comme cette serrure doit présenter en dehors , deux ouvertures l’une pour remonter le ressort du rouage, l’autre pour introduire la clef pour faire tourner le pêne, l’auteur n’a pas manqué de cacher ces entrées par des vis , placées symétriquement, en sorte
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- que par là , cette serrure offre une première difficulté , qu’il faut vaincre, avant de parvenir à celle que présente la serrure même.
- Le Citoyen Sanclos se trouve encore 7 dans le même embarras, pour faire voir cette serrure au Bureau. De trois serrures qu’il a faites en ce genre , la première appartient au ci-devant duc d'Oriéans; la deuxieme au comte de Merçy d’Argenteau , ci-devant Ambassadeur en France, et la troisième avec d’autres' objets , est restée entre les mains du lieutenant de police, qui, après beaucoup de vaines promesses , de récompensés, a fini par 'emporter le tout.
- Quant à l’affût de canon du C. Sandos formé en chariot , nous} dirons que ce qu’il a de particulier, c’est que cet artiste monte ainsi deux canons ensemble , sur un même train 5 et que ces deux canons sont séparés par des merlons , faits de madriers , et recouverts pour amortir l’effet des balles > enfin que la hauteur à laquelle sont placés ces canons sur ce chariot, est telle, qu’on peut en les élevant, et les dressant, y mettre la charge &c , de maniéré que par là, les canonniers sont moins exposés au feu de l’ennemi, il faut ajouter que les tourillons de ces canons , ne sont retenus dans leurs places que par de puissans ressorts, au moyen, desquels, selon l’auteur, on pourra éviter le recul, toute son action se passant contre les ressorts, qui en soutiennent l’effort.
- Nous aurions plusieurs observations à faire sur cette espece d’affût , & notamment sur ce que le C. Sandos avance, au sujet du recul, qui ne peut être admis : mais nous n’arrêterons pas le Bureau par ces observations , d’autant plus qu’il a déclaré dans plusieurs circonstances qu’il n’étoit pas clans le cas de donner des avis motivés sur ces sortes d’objets. Nons n’avons parlé de cet affût , que pour faire voir au Bureau que cet artiste avoit cherché à se rendre utile dans plus d’un genre.
- La derniere machine dont nous ayons à parler, est une chaîne sans fin. On sait qu’on a déjà fait plusieurs chaînes de cette espece, êc tout le monde connoît celle de M. Vaucanson. La chaîne sans fin du citoyen Sandos différé de celle de ce célébré académicien, comme on peut le voir par le dessin, en ce que cette chaîne porte des dents qui doivent mener les pignons, au lieu que dans celle de M. Vaucanson, ce sont les côtés intérieurs des anneaux de la machine , qui mènent ces pignons. D’ailleurs les maillons de celle du citoyen Sandos ressemblent à ceux des chaînes de montres : ce qui la ren-droit beaucoup plus cliere, mais qui cependant lui clonncroit l’avantage d’avoir beaucoup plus de consistance, & mobns de flottement, de façon qu’on pourroit par là, l’employer dans les occasions où on auroit besoin d'une menée plus ferme & moins vacillante. On voit ainsi que cette chaîne étant fort appropriée à l’objet auquel cet artiste la destinoit , servoit , comme nous Payons dit, à suppléer $ l'archet dans un instrument à cordes.
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- Nous venons d’exposer au Bureau de Consultation les travaux du citoyen Sandos, en lui faisant connoître les différentes machines qu’il a inventées, tant en horlogerie que dans d’autres parties , & les avantages qui résultent de ses constructions dans cette partie curieuse de l’horlogerie qui regarde les cadratures de différente» montres à sonnerie , à répétition , &c. Nous ajouterons que , né avec un esprit inventif, il n’a cessé de s’appliquer à la mécanique. Ces différentes machines sont le fruit de près de 5o années de travaux j enfin que des artistes des plus habiles de la capitale, s’accordent tous à réconnoître la nouveauté de l’utilité de ces diverses contruc-tiens de cadrature dont nous avons parlé , ainsi qu’il jésuite des certificats mis sous les yeux du Bureau. Nous croyons en consé-qence , que cet artiste est dans le cas de mériteT le medium de la première classe, comme justement due à ses efforts & à ses travaux pendant une longue carrière. ( Conclusions adoptées. )
- A Paris, au Bureau de Consultation des Arts & Métiers, au Louvre , le 2,8 Aôut 1798 , l’an second de la République française , une & indivisible.
- TROUVILLE , LEROY.
- Collationné de trouvé conforme à l’original, par moi Secrétaire du Bureau de consultation des Arts & Métiers. Paris , le 14 Septembre , 1793 t l’an second de la République française, une de indivisible.
- JUMELIN.
- Picours sur Pabolition de ^esclavage, prononcé par Anaxagoras Chaumette, m nom de la commune. Prix i5 sols pour Paris, & 20 sols franc de port.
- Mémoires sur les moyens de parvenir à la plus grande perfection de la culure & de la suppression des jaclieres, par A-J. Belair , général de divisipn.
- Vocabulaires de nouveaux privatifs français, imités des langues latine, italienne r espagnole, portugaise, allemande & anglaise, suivis d’un catalogue raisonné des écrivains les plus célébrés en ces cinq langues , propre à servir d’instructions pour une bibliothèque choisie ; ouvrage utile aux orateurs & aux poètes : par Pougens, auteur de la Religieuse de Nismes, des essais sur les révolutions du globe, &c.
- Eliot ou le généreux Américain. 2 voT.
- Guide des contribuables, par P. V. chef du bureau des contributions du district du bourg de l’Egalité ; prix 25 sols.
- El°gc de 7.-P. Marat, député , prononcé dans le temple de la ’ raison à Schistig-helm, & a Strasbourg, par le citoyen Morel, capitaine au premier bataillon du Jura.
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- Rapport sur le citoyen Louis Bertlioud.
- N°. 88
- N OUS, commissaires soussignés avons été chargés par le Bureau cle Consultation, d’examiner les titres de M. Louis Bertlioud. , horloger, aux récompenses nationales. Nous allons lui en rendre compte , après l’avoir assuré que cet artiste a rempli toutes les formalités prescrites par la loi.
- Les travaux de M. Louis Bertlioud, dont nous allons entretenir le Bureau de Consultation , ont eu pour objet la construction & l’exécution de montres propres à donner la longitude à la mer. L’importance de cet' objet voue est trop .connue, messieurs, pour que nous nous arrêtions à vous les faire connaître On détail ; cependant il nous a paru utile , Sc même nécessaire , avant de vous parler des travaux de M. Bertlioud , de vous remettre sous les yeux un petit précis historique de ce qui a été lait à ce sujet , pour que vous puissiez mieux juger les efforts & les succès de cet artiste dans cette' partie de l’horlogerie , si essentielle à la conservation & au salut des navigateurs.
- Tout le monde commît les efforts que fit pendant plus de quarante ans Harris on , pour faire des horloges marines , capables de donner , par leur justesse , la longitude à la mer. On sait, qn’après plusieurs épreuves de ses horloges à la mer, de sur terre, il y pan in t eii 1767, & (ju’ii obtint enfin en 1770, la totalité du payement du fameux prix de 20, 000 livres Sterling', ou de 4°° &• tant de mille livres promis par le parlement d’Angleterre, à celui qui icroit cette heureuse découverte.
- Plusieurs horlogers anglais, MM. Ârnolde & Mudge , coururent ha même carrière , de pendant ce tems , MM, Leroy Taine «St Ferdinand Bèrthoud , artistes célébrés de la capitale , faisoient. aussi des horloges marines , qui donnèrent dans différens voyages de long cours , la longitude avec beaucoup de précision. Cependant , quoique par ies efforts de Ha frison , & de ces différens artistes , le problème des longitudes eût été résolu , par le moyen le plus simple, c’est-à-dire, par 1 horlogerie , il résultoit néanmoins du. volume des horloges avec lesquelles on étoit parvenu à le résoudre, plusieurs iiiconvéniens qui faisoient dés rer qu’on pût en faire d’un volume plus petit , ôc qui par là, ne fussent pas sujettes à ces inconvéniens. En effet, le transport dans les ports où on.devoit les embarquer, en étoit emharassant & difficile. Ces horloges éprouvoient dans les grands* roulis & les angages , des dérangemens dans leur marche. La même chose arrivoit dans des vircmens de bord précipités ; enfin Quatrième Trim. Vv v
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- lorsque le vaisseau faisoît de grandes décharges de ses canons. Cela alloit même quelquefois, jusqu’à les faire] arrêter. Ces raisons , & plusieurs!- autres encore , faisoient donc désirer , comme nous 1 a/ons dit, qu’on put arriver an même but , obtenir la même justesse avec des horloges d’un moindre volume, enfin avec des montres qu’on pût porter dans la poche , comme les autres. Mais il paroissoit comme impossible de parvenir à ce degré de perfection dans les montrés, St de renoncer au volume que les habiles artistes , que nous avons cités , avoient cru devoir donner à leurs horloges m oines. Cependant M. Mudge, dont nous avons déjà parlé, ayant suivi des voies nouvelles, parvint à faire de ces horloges qui annonçoient une justesse supérieure à celle des horloges çie Hyrrisojp, St ayant communiqué les principes de leur construction à M. Emerit, horloger de Londres , celui-ci en fit une application si heureuse dans les montres , qu’il parvint à en faire qui étonnèrent par leur justesse , St la régularité de leur marche, hiusieurs membres du Bureau ont connoissance de la précision avec laquelle une montre de cet artiste r qui appartient à M. Desarron de l’ Académie des sciences , va. depuis nombre d’années qu’elle est entre ses mains. On sait encore qu’une de ses montres , appartenant au comte de Bruhi, ministre de Saxe à la cour d’Angleterre , a été dans un voyage qu’il fit en Allemagne , avec une telle justesse que , dans son retour , il s’en servit avec beaucoup de succès pour déterminer la longitude des différentes villes de cet empire. 11 n’est pas inutile d’ajouter à ce que nous venons de dire des montres de M. Emerit, qu’il fait un mystère de leur construction, St qu'il y a un secret pour les ouvrir, que peu de gens sont en état de découvrir.
- Cependant, bien qu’on eût fait quelques tentatives en France, pour diminuer le volume des horloges marines , ou pour faire des montres qui pussent avoir la justesse que doivent avoir ces horloges, on n’y étoit pas encore parvenu , lorsque M. Louis Berthoud entreprit de suppléer à ce qui nous manquoit, de procurer à la Fiance l’avantage inestimable d'avoir des 'montres qui pussent aller avec la justesse nécessaire pour donner la longitude à la mer. Animé de ce noble dessein, ce ne fut qu’après s’être assuré par Beaucoup d’expériences St de recherches de la sûreté des moyens qu’il comptoit employer , qu’il fit une montre de cette espece pour M. Chastenet de Puységur , capitaine des vaisseaux de l’état. C’est sur la perfection de cette montre , St sur la justesse avec laquelle elle a été dans les différentes épreuves qu’on en a laites , que M. Bcrlhoittl fende ses titres aux récompenses nationales. Nous voudrions pouvoir en donner ici la construction ; mais l’auteur se l’est reservee , St, poiU\îâchér de la perfectionner encore , s'il étoit possible, St pour pouvoir jp dédommager des grandes dépenses qu’il, a faites pour parvenir à la porter tau. point de perfection où elle est déjà. Cependant } comme dans des ouvrages de cette espeçe 3 ou la théorie
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- tte suffit pas , c’est Inexpérience & l’observation seules , qui peuvent nous faire connoître à quel point on a obtenu ]a justesse requise , nous allons rendre compte en peu de mots, du résultat des observations qui en ont été faites à 1 Observatoire , par M. Nouât, fort versé dans la conduite des horloges marines, & dans ces sortes de comparaisons.
- Cet habile observateur a commencé par s’assurer, par ses expériences , de la maniéré dont cette montre sa comportoit dans les différentes températures qu’il lui faisoit éprouver, cet objet étant de la plus grande importance relativement à la justesse constante de la marche de ces montres j (Sc il a reconnu que , bien, qu’il eût fait varier dans ses expériences, la température de 16 degrés, les plus grands écarts de la montre de M. Eerthoud n’avoient pas été , d’un jour à l’autre , de plus de deux secondes. Après ces expériences , commencées en Mars 1789 , de finies le 16 Mai suivant, la montre est restée constamment en expérience, dans une chambre exposée à la température naturelle qui changeait peu d’un jour à l’autre, bien qu’elle ait varié de 11 degrés, depuis cette époque jusqu’au 12, Décembre. ( a ) Nous n’arrêterons pas le Bureau par le détail de toutes les observations de M. Nouct, pendant cet intervalle de teins * nous nous contenterons d’en rapporter le résultat. Or d’après un tableau de cet observateur, partagé en péiiodes de 18 jours, dont on a fait 12 combinaisons particulières , d’autant d’intervalles, de 64 jours, tems égal, à peu près, à celui d’un voyage aux îles, on a pris la marche majeure de la montre, déduite de huit jours de comparaison, avant le commencement de chaqtie intervalle, & en calculant ensuite l’heure qu’elle de voit marquer au bout de 54 jours. On en a conclu la différence avec lueure que cette montre a réellement donnée au midi observé le cinquante-quatrième jour ; par là , on a reconnu que , dans ces douze combinaisons , la différence s’est trouvée huit fois entre 10 & 28 secondes , de teins , quatre fois entre 43 & 54 secondes. On voit, en conséquence ,
- * 1 regardant la marche de la montre comme constante durant
- deux
- on n'auroit jamais ete expose qu'à une erreur d'un
- mois ,
- Extrait des Registres de VAcadémie des Sciences, du 10 Mai 1 j$o,
- ( a, ) Le citoyen Nouet a commencé ses expériences le i4 Mars 1789 ; il a d’abord laissé la montre exposée pendant 19 jours .à une température de Fatmosphere, de 9 degrés environ ; ensuite il l’a tenue pendant 8 jours dans une étuve, où i! a entretenu une chaleur constante de 25 degrés ; après quoi ij l’a fait passer durant 8 autres jours, à une température de 17 degrés & demi. Fendant la durée de ces trois épreuves , le mouvement diurne dç la montre , relativement au tems moyen , conclu pour un milieu par chaque intervalle , n’a varié que de quelques centièmes de secondes, quoique la variation de la température, ait été de 16 degrés de la première à la deuxieme épreuve , & de 7 degrés & demi de la deuxieme à la troisième épreuve. Les plus grands écarts d'un jour à l’autre , n’ont point passé deux secondes , & il n’y a aucun indice dans le tableau des comparaisons diurnes , de l’influence de la température sur ces écarls,
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- quart de degré , sur la longitude , ainsi déterminée ; & que lè plus souvent , on l’auroit obtenue à un huitième de degrés pèrs, d’où il résulte évidemment que la marche de Ja montre de M. Befthoud , n toute la justesse requise pour donner la longitude , avec l’exactitude suffisante pour les besoins de la navigation. Mais cette conséquence suppose (iue cette montre iroit avec la même justesse à la mer qu’elle a été à terre , & sans être portée. Or nous observerons à ce sujet, que M. Puységur Payant emportée dans un voyage qu’il fit dans la Méditérannee , avant les épreuves dont nous venons de piirler, il trouva qu’elle donnoit la longitude en mer, avec beaucoup de précision. Cependant , extrêmement jaloux que cette montre ne laissât rien à désirer , pour remplir son objet, l’auteur , an retour de M. Puységur, y a fait une addition propre a lui donner encore plus de régularité , addition résultant des nouvelles recherches qu’il a faites; en conséquence, en construisant d’autres montres du même genre. Cette addition avoit été faite à cette montre , ayant de là. soumettre aux épreuves de M. Nouet.
- Enfin , nous ter initierons ce rapport, en disant que M. Berthoud ayant présenté sa montre à P Académie des sciences , le rapport des observations dont nous venons de parler, en ayant été fait a cette compagnie , les commissaires conclurent en disant que les^ résultats de ces observations faisoient beaucoup cl'honneur aux talens de oct artiste y & qu’ils pensoient qu’en applaudissant à ses succès, P Académie l’encourager oit à redoubler ses efforts pour en mériter de nouveaux. Ils üespéroient d’autant plus , que , s'appliquant particulièrement à la perfection des montres de poche , il en a construit plusieurs depuis celle qui fait Vobjet de leur rapport, dont ils ont été à portée de connoître la régularité.
- Après cet „exposé , nous nous hâtons de conclure que , vû les travaux & les recherches de M. Berthoud , qui lui ont coûté beaucoup de frais & de dépenses , pour porter ses montres an point de perfection où il les a portées , la justesse avec laquelle a été pendant neuf mois , celle qui a été soumise à l’Observatoire , aux expériences & aux observations de M. Nouet, il est dans le cas de mériter le maximum de la première class* des récompenses nationales , se montant k six mille livres , & vu la grande importance de l’objet, en outre la mention honorable.
- Nous avons donc l’honneur de proposer au Bureau de Consultation , vu tout ceqne nous venons de lui exposer , sur les traveaux & les succès de M. Louis Berthoud, dans la construction $ & l’exécution des montres propres à donner la longitude à la mer , de lui accorder le maximum de la première classe, avec la mention honorable. (conclusions adoptées )
- A Paris, ce 19 Août 1792, l’an.quatrième de la liberté, & le premier de I*égalité. BORDA , LEROY.
- (Nota. ) J,e citoyen Berthond demeure rue du Harlay, quai des orfèvres,
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- Rapport concernant le citoyen Etienne Charles TDelalande , ancien Trofesseur de mathémaiques , à Vécole militaire.
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- OU S avons été-chargés par le. Bureau de Consultation , d’examiner les droits que petit avoir aux récompenses nationales , le citoyen. DelaUin.de , ancien professeur à l’école militaire , & nous allons lui en rendre compte, après Pav/oir assure que ce citoyen a rempli toutes les formalités prescrites par la loi du 12 Septembre 1791.
- Le citoyen Delalande présente au Bureau un cabestan de son invention , qui a l’avantage de viser sans choquer. Nous allons d’abord expliquer le sens de cette expression.
- Lorsqu’on éleve un poids ou un fardeau quelconque , au moyen d’un cabestan ordinaire , la corde , à mesure- qu’elle vient se rouler sur la cloche ou tambour du cabestan , se place au dessous des tours qui y sont déjà, & par conséquent à chaque révolu tion , elle descend d’une quantité égale à son diamètre. Il arrive de là, qu*après 1111 certain nombre de révolutions , elle parvient à la partie inférieure de la cloche, & qu’alors elle sortiroit du cabestan où elle clié-vauclieroit sur les tours déjà placés , si on ne suspendoit pour un teins , l’action de la machine , afin tic remonter les tours de cordes vers la partie supérieure de la cloche. Pour cela , on arrête d ’abord la cqrde dans un de ses points extérieurs , pour empêcher le fardeau de retomber, ensuite, on dévire un peu le cabestan , afin de donner du mou à la corde , 6c alors on a la facilité d’en remonter les tours vers la partie supérieure, 6c de reprendre le mouvement. C’est cette opération qu’on appelé en général, choquer.
- Les fréquentes interruptions occasionnées par la-nécessité où l’on est de choquer, sont, comme l’on voit, un inconvénient majeur du cabestan ordinaire , 6c il seroit intéressant de l’éviter , sur-tout clans les vaisseaux où toutes les manœuvres sont presque toujours commandées par le mouvement , 6c où une petite perte de teins peut' causer de fâcheux événemens.
- Les mécaniciens ont imaginé pour cela, différons moyens qu’on peut partager en deux classes : dans l’une, la corde qui se roule autour de Ijl cloche, glisse en remontant sur la cloche depuis le bas du cabestan jusqu’en haut, comme cela a lieu dans le cabestan
- Ojiaîrievie T fini. Xxs,
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- du citoyen Des!rayes des Vallons , qui a servi à la remorque des cônes des digues de Cherbourg, & dans celui du citoyen Du val ) dans l’autre lassre sont ceux où, le cabestan étant composé de deux tambours ou cloches , la corde en passant d’un tambour sur l’autre s’élève d’une quantité égale à son diamètre , de parvient ainsi à la partie supérieure, sans avoir glissé sur aucun des tambours, de sans avoir éprouvé .de frottement ; de ce dernier genre est lé cabestan de Ludot, qui dernièrement a été simplifié de perfectionné par le citoyen Marcel Cardinet.
- Le cabestan du citoyen Delniïànde se rapporte au premier genre , c’est-à-dire , à celui dans lequel on réemploie .qu’un seul tambour. Il consiste en une hélice qni est placée autour du cabestan, de dont les £i;ets qui forment une espece de peigne, ne sont éloignés delà cloche que d’environ trois lignes. Le modèle qui est sous les yeux du Bureau , fait voir la disposition de ces filets d’hélice $ ils sont portés par quatre pièces montantes , qui forment autour du cabestan un petit bâtis de charpente à quatre faces : ces pièces sont fortement maintenues dans leur position3 par des chapeaux qui les assemblent , eu les recouvrant , & qu’on peut démonter de remonter aisément, ainsi que les filets de l’hélice, Voici maintenant l’effet de cette machine.
- Lorsque la corde arrive au cabestan , elle entre dans le bâtis de charpente , par la partie inférieure de l'hélice , de en même-tems qu’elle vient s'appliquer sur la circonférence de la cloche, elle pose snr le filet inferieur5 alors le cabestan venant à tourner, la corde se trouve soulevée par le plan incliné de l’hélice , de est forcée de remonter en glissant sur la surface du cabestan. Chaque partie de la corde passe ainsi de la partie de l’hélice qui est dans une piece montante, jusqu’à celle qui est dans la piece voisine , de après avoir parcouru successivement tous les filets , elle sort par la partie supérieure du cabestan.
- Cherchons d'abord à évaluer l’effort qu’ont à soutenir les filets des hélices de la quantité de frottement qui en résulte. L’expérience a appris que , lorsqu’il y .a quatre tours de corde passés au tour de la cloche d’un cabestan, on n’a point à craindre qne la corde glisse sur la surface de cette cloche , de parconséqnent alors la résistance du frottement se trouve plus considérable que. le poids du fardeau. Supposons ^qu’elle soit égale à une fois de demi ce poids, il s’en suivra que les filets des hélices auront à vaincre une résistance qui sera par rapport au poids comme 3 est à 2 ; mais ces filets agissent par des plans inclinés,, de la tangente de l’inclinaison de ces plans se trouve à peu-près égale à un vingt-deuxieme ; par conséquent l’effort réel de l’hélice sera égal à un trois quarante-quatrieme , ou à peu-près un quinzième du poids du fardeau , & ce sera la quantité de frottement résultant du glissement de la corde sur la surface du cabestan.
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- Quant à la force que doivent avoir les filets des hélices , nous remarquerons , qu’en supposant quatre tours de corde, sur le,cabestan , cette corde sera supportée par 16 filets; d’après cela, prenant un terme moyen , chacun de ces filets fera un effort égal à la seixleme partie de leur action totale , c’est-à-dire , à un deux cen t-qu'arantieme du poids clu fardeau. Ainsi , en supposant que le poids ou là .force motrice soit égale à dix mille livres , comme cela a lieu quelque fois sur nos grands vaisseaux , l’effort moyen de chaque filet sera de 4Z livres ; mais les filets inférieurs ont une plus grande résistance à vaincre, par ce que la corde contre la quelle iis agissent, est serrée avec plus de force , & que d’ailleurs dans les mouvement du vaisseau , pendant qu on leve un ancie , le cafesi-tiri éprouvé* de fortes secousses par intervalles. Nous pensons donc que les filets inférieurs doivent être assez forts pour pouvoir porter 100 livres $ or, nous remarquerons que par la disposition & les dimensions que leur donne le citoyen Lalande , ils sont capables d’une résistance bien plus grande encore.
- D’après ce que nous venons d’exposer , on voit que le cabestan du citoyen Delalande doit produire d’une maniéré très-sûre , l’effet principal qu’on doit se proposer dans cette machine , celui de virer sans choquer. Nous ferons d’ailleurs observer au Bureau que toutes les parties de ce cabestan sont construites avec beaucoup d’art «5c d’intelligence, & que l’assemblage du bâtis de ‘charpente qui environne la cloche est simple , bien entendu , <5c d’une grande solidité. On peut, à la vérité , reprocher à cette machine , l'inconvénient du frottement de la corde sur la cloche , frottement qui est toujours aux dépens de la force motrice ; mais indépendamment de ce que ce défaut est commun à tous les cabestans dans lesquels il n’y a qn’un seul tambour, nous avons déjà dît que ce frottement n’est que le quinzième de l’effort total, ce qui est peu considérable , & nous ferons remarquer que celui que la meclie du cabestan éprouve dans l’étambrai qu’elle traverse, est au moins deux fois plus grand.
- Le citoyen Delalande ne s’est pas borné à donner à son cabestan la propriété principale de virer sans choquer. Il a cherché aussi à perfectionner la maniéré d’arrêter le cabestan, pour l’empêcher de dévirer quand le poids du fardeau l’emporte sur l’action de la force motrice. On se sert ordinairement pour cela d’un linguet ou cliquet qui est placé sur le pont, auprès du cabestan, 6c qu’on fuit arc-bouter contre de* adens pratiqués dans la circonférence inferieure de la cloche. Ce moyen a le désavantaga d’obliger à veiller le mouvement du cabestan pour pouvoir placer le cliquet au besoin , & éviter les aocidens qui pourroieut résulter d’un dé virement força. Pour éviter cet inconvénient, on a proposé d’employer un ressort qui, agissant continuellement sur le cliquet, le force d’entrer successivement dans tous les adens. Mais le citoyen Delalande a
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- pensé qu’il valoit mieux employer un cliqtietage dont l’effet serolt produit par le poids morne du cliquet. Pour cela, il fait les a-tiens au dessous de la cloche du cabestan, en forme de rochet , 6c le cliquet ou loquet qui tourne verticalement sur un axe hori-sontal , a une queue assez pesante pour obliger le bout intérieur d’entrer dans tous les adens qui se présentent. Le rochet a 6 aclens, 6c il y a deux cliquets qui sont disposés de maniéré que lorsque l’un entre dans un adent, l’autre se trouve au milieu de l’intervalle , entre deux adens voisins ; par conséquent, le dévirement du cabestan ne peut jamais être que de la douzième partie de la circonférence, 6c on ne peut plus craindre aucun accident.
- Paris, le 9 Germinal , an second de la République française une 6c indivisible.
- BORDA*
- AVIS DU B U R E A U.
- Le Bureau de Consultation des arts 6c métiers , après avoir entendu le rapport de ses commissaires , sur le cabestan présenté par e citoyen Lalande , ancien professeur à l’école militaire , considérant que ce cabestan remplit d’une maniéré neuve 6c ingénieuse l’objec principal qu’011 doit se proposer dans cette machine, celui de pouvoir viser sans interruption \ que l’hélice qui environne le cabestan, 6c dont les filets' agissant en forme de peigne, relèvent insensiblement la corde vers la partie supérieure de la cloche , doit produire son effet avec beauoup de sûreté, & peu de frottement, que le bâtis de charpente qui porte cette hélice , est construit avec beaucoup d’art & d’intelligence, 6c que son assemblage est simple , bien entendu 6c d’une grande solidité , considérant encore que l’encliquetage à rochet que le citoyen Delalaiide subtitue an cliquet ordinaire , peut éviter beaucoup d’accidens auxquels on est exposé dans l’usagé du cabestan sur les vaisseaux, le Bureau est d’avis d’accorder au citoyen Delaiande le minimum de la première classe des récompenses nationales, c’est-à-dire , quatre mille livres , lesquelles avec le minimum de cette même classe, qui lui est accordé par la toi, à cause de son âge qui excede soixante ans,,, fera au total la somme de huit mille livres.
- Collationné 6c trouvé conforme à i’originaL
- SILVESTRE , Secrétairel
- Nota. Le citoyen, Delalaade demeure rue neuve-Sauveur, N*. 33^, section de Bonne nouvelle.
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- NOUVELLES MESURES DE CAPACITÉ
- Rapport concernant le Citoyen Tournant.
- N OU S Commissaires soussignés , chargés par le Bureau de Consultation d’examiner un mémoire & des dessins présentés par le Citoyen Tournant, pour la formation d’un atelier destiné à exécuter d’une maniéré simple , prompte & uniforme , les étalons des nouvelles mesures de capacité , allons rendre compte au Bureau de cet examen.
- id. le Citoyen Tournant a rempli les formalités prescrites par la loi.
- 2.0. Les détails soumis à l’examen du Bureau , ont été approuvés par le Département de l’Aisne, le 29 septembre 1793 ( vieux stile. ) Ainsi les détails de ce projet sont , à ce qu’il paroit, antérieurs aux dilfirens ateliers formés à Paris pour exécuter les nouvelles mesures de capacité.
- Voici la marche des opérations proposées par le C. Tournant.
- Il fait couper par bandes égales , mais un peu plus larges que la hauteur des mesures qu’il veut construire, des lames de cuivre jaune laminées , sur un peu plus de deux lignes d’épaisseur. Il soude ensemble les extrémités de chaque lame , après les avoir pliées en manchon sur un cylindre d’un diamètre un peu plus petit que celui des mesures ; il assure là jonction au moyen d’une lame de 4 & 5 lignes de large , souciée sur le joint.
- Il fait tourner avec soin plusieurs cylindres solides de fer , dont un est exactement du même diamètre , que la mesure que Pon se propose d'exécuter, & les autres par degrés d’un diamètre plus petit. Il pose ensuite verticalement Panneau sur le manchon qui doit former la mesure, sur une piece de bois très-solide, & au moyen d’une vis , manœuvrée comme dans les presses ordinaires , il fa.t descendre successivement dans le manchon , différens cylindres ; l’opération se termine par le cylindre dont le dinmétré est exactement égal à celui de la mesure ; les cylindres sont guidés de maniéré qu’ils ne peuvent qu’élargir le manchon , sans le déplacer ni le faire vaciller.
- Il s'agit à présent de dresser suivant un plan très-exact le cercle de cuivre cpii doit former le fond de la mesure. Cette opération s’exécute sur le tour. L’on peut se figurer pour cela un mandrin qui aura la forme d’un couvercle de tabatière; niais l’on au a dressé avec le plus grand soin, suivant un plan, le bord extérieur Quatrième T Tint. Y y -y
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- de la saillie de ce couvercle, en sorte qu’une réglé , qui porte perpendiculairement , &l d’une maniéré tres-soîide un outil qui entre dans le couvercle, i & qui est destiné à dresser le fond de la mesure glissant sur le bord du couvercle , sera toujours dans un même plan. Il en sera par conséquent de même de l’extrémité de l’outil, ainsi que du fond de la mesure , après que l’outil en aura parcouru tous les points. Cette réglé portée sur le suport du tour est manœuvrée p>ar une vis. Un arrêt fixe le chemin de la réglé & l’étendue du. fond.
- L’on monte ensuite le cylindre destiné à former la mesure successivement sur deux autres mandrins. Le premier qui se loge dans l’intérieur du cylindre, sert à tracer au moyen du tour, le biseau dans lequel s’encadre le fond de la mesure : après cela l’on place & r on soude le fond.
- L’on place ensuite la mesure dans un autre mandrin qui la renferme , & présentant à l’outil le bord supérieur de la mesure , on la réduit à sa véritable hauteur, que l’on corrige ensuite autant qu’il est'nécessaire , en usant ce bord peu-à-peu.
- Enfin pour mettre les capacités des mesures à l’abri des accidens , le C. T ournant propose une seconde enveloppe placée à quelques lignes de la première. Il remplit l’entre-deux avec du plâtre affoi-l)li, pour que le gonflement ne soit pas à craindre , ou avec quel-qu’autre moyen équivalent.
- Tels sont les procédés d’après lesquels le C. Tournant proposoit, il y a plus cle sept mois , d’établir un atelier pour exécuter les mesures de capacité. Son domicile éloigné de Paris , ne lui a pas permis de se réunir avec les meilleurs artistes cle cette ville , qui , d’après les instructions de la commission des poids & mesures, ont formé différens ateliers où ils exécutent ces mesures par des moyens pratiques qui different probablement de ceux du C. Tournant f moyen que nous ne sommes pas en état de comparer. Nous devons seulement observer cjue les nouvelles mesures , formées d’après un mode qui doit les rendre universelles, & qui les destine à passer de siècles en siècles , en éprouvant le moins d’altération possible, peut exiger dans la construction de ces mesures des renforts vers Ta bouche, & d’éviter toute espece de soudure, sur-tout le long des cylindres , & sous ce point de vite , les moyens proposés par le C. tournant ne peuvent pas être adoptés dans la construction des étalons ; mais il n’en a pas moins le mérite d’avoir proposé une njéthode très-simple <$c très-peu dispendieuse , pour exécuter promptement un très-grand nombre de mesures, en approchant le plus possible de 1’unifbrmité, & d’avoir prouvé , en en discutant les détails , qu’il était en état de faire exécuter son projet.
- Nous devons ajouter que le C. Tournant vient de faire un voyage à Paris, pour expliquer ses procédés à vos commissaires $
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- que le Bureau de Consultation , regardant comme un objet de la plus grande importance , toutes les recherches qui peuvent avoir rapport aux nouvelles mesures, à excité par une délibération & un affiche les artistes à s’en occuper.
- Le C. Tournant est le premier qui soumet au Bureau ses vues sur cet objet.
- Nous croyons donc que le C. Tournant est dans le cas de con“ courir aux récompenses nationales.
- Fait au Louvre , Le 4 Floréal, an deuxieme de la République Française une & indivisible.
- COULOMB , LAGRANGE.
- AVIS DU BUREAU.
- Le Bureau de Consultation , après avoir entendu le rapport de ses commissaires , considérant que les moyens proposés par le C Tournant pour exécuter les nouvelles mesures de capacité, sont simples, économiques & ingénieuses, qu’il doit en résulter une grande uniformité dans les dimensions ; considérant de plus, qu’il est du plu» grand intérêt pour la République', que. les artistes s’occupent de cet objet important, est d’avis que le C. Tournant, qui est d’ailleurs connu par des talens de différées genres , mérite le maximum de la deuxieme classe , c’est à dire , trots mille livres , & deux mille livres à cause de son âge de plus de soixante ans.
- LAGRANGE , Président. SILVESTRE , Secrétaire.
- Pour copie conforme à l’original, déposé au Secrétariat du bureau.
- SILVESTRE , Secrétaire.
- OUVRAGES.
- Junius Brufus, portrait gravé en couleur par Angélique Briceau , femme Allais , faisant suite à ceux de Lepelletier , Rousseau , Marat & Chàlier du même artiste, ovale de neuf pouces trois lignes de haut sur huit pouces de large. Prix 5 liv.
- Deux estampes en médaillons , qui peuvent servir de pendant, l’une intitulée. Unité & l’autre Fraternité, dessinée & gravée par Debucourt , peintre & graveur.
- Othello ou le More de Venise , tragédie représentée pour la première fois sur le théâtre de la République , le 26 Novembre , 1792 ; par Ducis. Paris , l’an 2. 2 liv.
- Dissertation historique sur l’ancienne constitution des Germains , Saxons â habitons de la grande Bretagne 5 ouvrage contenant des recherches sur l’ancienneté des Jurés & des délibérations des Communes , traduit de feu Gilbert Stuart , par A. M. H. B. Paris , l’an 2. 1 vol. in-8°. de 254 pag*s. 3 liv.
- Lts élément du Républicanisme, par le C. Billaud-Varennes, Député à la Convention
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- 3 5£
- Nationale ; 1. vol. in-8°. de i3a pcages; 3o sols pour Paris, 8c 4o sols, franc de
- port , pour les Bépartemens.
- Traits de La religion naturelle 8c des mensonges odieux qui ont prévalu sur elle , suivi des portraits du parfait citoyen & du monstre contraire; par Pitliou ; l Vol. de 7S pages; prix , 1 liv; 5 sols.
- Le Magicien Républicain , ou oracles politiques & philosophiques des évènemens prévus devoir arriver en Europe, dans le cours de l’année i7g4 , deuxieme de la République Française , seconde édition ; ofî'ert àla Convention Nationale , par Rouy l’aîné , auteur du Magicien Républicain de 1793.
- Annuaire du Républicain , ou legende pliysico - économique , avec l’explication des O72 noms imposés aux mois & aux jours, par Cleothérophile Millin , Professeur de Zoologie , à la société d’histoire naturelle & au lycée des arts. Prix . 4 liv.
- Essai politique sur les puissances navales dans la guerre de la République , par le citoyen Barbant-R oyer , Indien , Secrétaire-garde de* archives des Isle* du Vent.
- Essai sur la morale , suivi d’un nouveau plan d’éducation nationale , par Jacques Mi gnafd.
- Vérification nationale des assignats , contenant tous les signes caractéristiques auxquels on peut reconnoitre la fabrication des assignats depuis a,000 liv. jusqu’à 5 liv. Extraits des procès-verbaux qui les constatent , avec un tarif pour faciliter fes payemens en assignats ; seconde édition vérifiée par le citoyen Depercy , vérificateur en chef des assignats, augmentés des procès-verbaux de 4oo 8c autre» qui ont paru jusqu’à ce jour.
- L’esprit du contrat social, suivi de l’esprit du sens commun de Thomas Paine , présenté à lu Convention nationale par le citoyen Boinvilliers, instituteur. Prix, i5 sols.
- Instruction sur l’établissement des nitriers . 8c sur la fabrication du salpêtre,
- Nouveaux principes d’arithmétique.
- La science sans-culottisée , premier essai sur les moyens de faciliter l’étude de l’astronomie , tant aux amateurs 8c aux gens de lettres , qu’aux marin* de la République , p.ar le citoyen Decrèmps , auteur de la magie blanche dévoilée.
- Le salpêtre révolutionnaire, ou essai méthodique à la portée de tous les citoyens , pour fa.re promptement du salpêtre.,, adopté 8c suivi par les membres de la commission des salpêtres de la maison des gardes Françaises*
- Le Faucon , comédie en un acte 8c en vaudevilles , par le citoyen Radet. Prix , 1 liv. 10 sols avec la musique.
- Manuel de la cavalerie, concernant l’exercice 8c les manœuvres des troupes à cheval, au service de la République , orné de planches qui représentent les premiers principes pour monter à cheval , 8c toutes les évolutions de la cavalerie , I vol. in-12.
- Instruction sur les mesures déduites de la grandeur de la terre , uniforme pour tou te Ha République , 8c sur les calculs relatifs à leur division décimale , par la commission temporaire des poids 8c mesures républicaines.
- Dissertation sur une fabrication de salpêtre, par deux voies , la première , par la mécanique d’une pyramide de terre salpêtrée ; la deuxieme , par une voie unique , qui est la séparation du sel marin, d’avec le salpêtre qu’il contient, 8c la transmutation do ce même sel restant en nitre. l5 sols broché.
- Chansons patriotiques par le citoyen P iis, chantées tant à la section des Tuileries,
- a u /• le théâtre du Vaudeville ; prix, i liv. 10 sols avec la musique,
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- Rapport sur le citoyen Putois.
- N 0 U S , commissaires soussignés , ayant été nommés par le Bureau de Consultation pour examiner les titres que peut avoir aux récompenses nationales , le citoyen Putois, opticien, nous allons lui en rendre compte. Nous observerons seulement auparavant par rapport aux 'formalités prescrites par la loi, à ceux quiconcourent pour ces récompenses , que cet. artiste les a toutes parfaitement remplies.
- Le citoyen Putois fonde ses titres aux récompenses nationales : i°. Sur ses travaux dans l'optique , pour perfectionner la pratique rte cet art important ; ac. sur la maniéré dont il a. coopéré , avec le citoyen Grateloup , pour rendre, par un procédé nouveau , les objectifs achromatiques plus parfaits j 3«. sur les dépenses qu’il a faites, 5c les peines qu’il s’est, données pour faire cbiinoître, dans ce pays-ci , les objectifs achromatiques du docteur Blair , écos<ois , qui sont construits d’iine maniéré différente des autres. En effet, ce savant opticien a trouvé le moyen de substituer au Jlint-ghlss , une liqueur de sa composition , dont la réfringence égale ceile de ce verre si important pour la perfection des lunettes , 6c devenue si rare aujourd'hui. Mais il faut entrer dans les détails , pour mieux faire connaître les droits . que cet artiste peut avoir aux récompenses nationales.
- Jaloux d’égaler les anglais dans l’exécution des objectifs achromatiques, le citoyen Putois est parvenu a en faire, il y a déjà dix on douze ans , qui , aux yeux des connoisseurs , ont soutenu parfaitement la comparaison avec ceux des plus habiles opticiens de Londres.
- L' -Le citoyen Grateloup, ayant entendu parler des miens de cet artiste , s'adressa à lui pour l’aider k 'tirer partie de l’idée qu’il a voit eue d’après la pratique des joua.ib.iers, d’introduire du mastic en larmes entre les verres , composant les ohjéctiis achromatiques pour les. coller ensemble , ôc augmenter parla, leur transpafénee, & en faire disparoître les défauts.
- Mais le citoyen Grateloup , non moins estimable par ses son timons que par vos cpmioissances , s’étant empressé de faire coimoître la part que lé citoyen Putois a eue dans ses tfavrfux , il faut l’entendre lui-mème dans ce qu’il (jiii dit, page 5 ôc suivantes ' d’un petit écrit sur sa découverte, qsi il a publié en lyidh Cet écrit est intitulé : Mémoire sur L'optiijne. Moyens ae perjeçtiàhner les objectifs des lunettes >. a ch rom a. I/y u es.
- >> Je fie part, dit-il , de mes essais 5c de mes idées surTiniroduc-jd ticat du mastic en larmes, &e. , vers ht jfi'n de à iï; Putois . habile » a-tiüte , déjà avantageusement connu de l’Académie , & à qui j a il ois •» mutes les connu Usances que jàu sur la pratique de sah art; De nou.vel-ijuut:ieiuc Triai. Z ~a é z.
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- PTIOUE.
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- » -les expériences /qui réussirent an delà de notre attente, nous firent voir « bientôt qu’on pounoit tirer le plus grand parti de remploi du mastic » en larmes, &c. <3c dès le commençeaient de 1786, M. Putois lit, sur » ce principe ; plusieurs objectifs aeBromaVupn « qui produisirent un *» grand effbt. Il construisit dans le mois de juillet delà meme an-• » née , ime lunette achromatique. à rbud.de objectif, ou plutôt'avec » 1111 objectif, à deux verres , ayant 27 lignes d’ouverture 6c 38 princes » de foyer : 6c peu de temps après, une autre pour le college de Forés *» ( près de Toulouse) de 4° lignes d’ouverture & de 47 pouces <!e » foyer , qui lut examinée & .comparée avec une lune.te de Dollond *» iiieiue ouverture , par IVl. Méoliain. Les témoignages avantageux ’» qufeii a rendus ce célébré m auémicien , constatent en mèlne-térns » 6c ia. bonté de cette découverte 6c l’babil été de M. Putois qui a con-» tribué par son talent à en assurer le succès. »
- Il n’est pas inutile d’ajouter à ce que nous venons de rapporter, ce que mandait , en août «787 , à cet artiste , le C. Reboul, professeur, de mathématiques ' au college de . Forés, relative meut à la lunette faite pour ice college 6c dont on vient de parier, *> Je vous réitéré bien >*, sincerorqènt, monsieur , les éloges que je dois à l’excellente lunette » achromatique que vous m’avez faite. Je ne me suis point a p perçu » que ses effets soient moindres qu'i's n’ét oient à Paris, 6c que l’ob->» jeetlf en fût collé , 6c à coup sur , je. ne l’ai dit à per: cime, ne l'ayant » pas meme soupçonné. J’ai répété à tous les connoisséurs qui ont « visite mon observatoire , les éloges que M. Méchain avoit donnés » à votre objectif, 6c j’ai montre à quelques-uns la lettre où cet j». astronome semble, d’après ]) lu.sieurs comparaisons, donner quelque « préférence à votre lunette sur .la sienne 6c sur quelques autres. » Nous mettons cette lettre sous les yeux du bureau.
- Mous avons rapporté au long ces difiérens témoignages en faveur des litimttes faites par le 0. Putois , oç dont les verres , 'composant les objectifs achromatiques, ont: été collés avec le mastic en larmes, parce qu’il étoit important de faire connoître à quel point de perfection il avoit su portei ces lunettes dès 1786.
- On ne peut ainsi contester à cet artiste d’avoir, en travaillant ave® le C. Giadloup, réalisé 6c mis en exécution, le premier, l’ingénieuse niée de celui-ci , pour donner aux objectifs achromatique* une nouvelle perfection. Aussi avant le mois de Mars 1788 , époque de ia publication du petit écrit du C. Grateloup, dont nous avons fait mention, personne n’avoit des objectifs achromatiques, en en collant les verres ^vec du mastic en larmes , que l’artiste Putois. Et ceux qui en ont fait depuis, 6c qui ont’ su , par leurs succès, mériter les récompenses que le bureau de Consultation décerne , n’y sont parvenus qu’en suivant les procédés exposes dans cet écrit.
- Àu resté -nous ne nous arrêterons pas à prouver ici le mérite qu’a eu l’artiste putois à réaliser l’idée du citoyen Grateioup, Le Bureau de Consultation sa:t mieux que personne combien on rencontre d’obstacles f pour mettre en pratique une chose qui souvent semble on ne peut pas plus simple dans la théorie.
- On a voulu élever des doutes sur l’utilité de cette découverte en
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- avançant qu’au bout d’un certain teins le mastic se desséche & lés verres se décollent ; d’où il résulte que l’objectif perd de sa transparence &. n’é t plus même aussi bon que s’il n’avoit pas été collé. Mais si cela est arrivé à quelques-uns , c’est qu’on n’avoit fuis apporté les soins neeess m\ s en les collant. Et une preuve que cela tient à cette cause, &. qui établit sans réjwique les avantages de ce codage desr verres des objectifs achromatiques, c’est l'usage qu’en font les opticiens jaloux de -donner à ces objectifs toute la perfection possible. Il faut actuellement passer au troisième objet des titres du C. Putois.
- Un artiste passionné pour ce qui intéresse les progrès de son art, saisit toutes les occasions qui lui offrent quelques moyens de le perfectionner. Le C. Putois ayant entendu parler en 1791 , d’une nouvelle espece d’objectifs qu’on avoit taite a Londres , résolut de s’en assurer par lui-meme, & de faire un voyage à ce sujet en A'eg'eterrô.
- £k-s espérances ne furent point trompées, & il trouva chezM. Adams, célébré artiste de Londres, un lunette dont l’objectif achromatique , comparé avec un autre objectif d’un foyer double, se trouva donner à peu-près le même grossissement de la même intensité de lumière. Il lit dès lors tout ce qu’il put pour avoir de emporter à Pari* une ce ces lu nettes; mais tous ses efforts furent inutiles, Si ce ne lut que quelque teins après son retour ici qu’il parvint à en avoir une qu’on lui envoya d’Angleterre. O11 conçoit son impatience de l’exa-rriner $ il la trouva toute semblable à celle qu’il avoit vue à Londres cliez M. Adams j mais ce qui excitoit davantage sa curiosité , c’étoit de connaître la composition de l’objectif de cette nouvelle lunette. Après l’avoir démonté, si cela se peut dire , il le trouva composé de deux verres convexes de d’un yerre ménisque , tous de Crown glass. Ces verres étoient placés les uns par rapport aux autres , comme on. le voit dans ce même objectif que nous présentons au bureau. Et dans Pin ter va! le, entre le verre le plus convexe de le verre ménisque, se trouvoit la liqueur acide réfringente , faisant fonction du flint-glass. Elle y étoit contenue dans un anneau de verre, parce qu’un anneau de cuivre n’eût pu lésister à son action corrosive. Cette liqueur , qui est une esipece de beurre d’antimoine , avec plus ou moins d’acide muriatique, a été précieusement recueillie par le C. Putois.
- Il en a donné a différens chimistes pour en déterminer plus particulièrement la composition. Mais différentes circonstances ont empêché jusqu’ici qui on en ait fait l’analyse. Il observe avec juste raison que ce seroit une chose bien intéressante pour les progrès de l’optique , si l’on pouvoit trouver une liqueur qu’on pût ainsi substituer au flint-glass, de qui n’eùt pas l’inconvenient fâcheux d’être aussi corrosive que celle qu’emploie le docteur Blair dans sts objectifs. En effet ce seroit une decouverte bien digne d’occuper nos plus habiles chimistes, que celle d’une pareille liqueur.
- Le docteur Blair qui paroit s’être profondément occupe des moyens de pouvoir faire des objectifs vraiment achromatiques, en substituant au flint-g.fass différentes liqueurs réfringentes , a fait sur ce sujet un mémoire intitulé : expériences & observations sur C inégale rêj'tangibilité de lu,.lumière* ' (Je mémoire, qui est inséré dans tes transaction*
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- tle la société royale cl.’Edinbourg ,& atisssi imprimé à part, renferme , ei! eiftH ïtn grand nombre d’expériences nouvelles sur la réfrangibilité cie la. lumière, en passant au travers de différens milieux, on y trouve plusieurs moyens ingénieux pour déterminer avec une nouvelle précision les divers degrés de réfringence des liqueurs &. les raisons qui l ont déterminé dans la courbure & la disposition des verres qui corn-po ent ses objectifs. Ce mémoire nom paroît être lin des plus inté-re. sans qu’on ait publiés depuis long-teins sur cette importante matière. Or nous en devons la conriuissance au C. Putois qui crut ne pouvoir mieux f.ire, en cherchant à avoir la nouvelle lunette de ce savant opticien , que d'importer avec lui le mémoire ou il rend compte des expériences qui l’ont conduit à la construction de cette lunette. Nous ne pouvons , à cette occasion , que faire des voeux pour que ce mémoire soit promptement traduit, afin que les personnes qui s’occupent avec zcle de l’optique , puissent profiter de tout ce que ce mémoire renferme de curieux & d’intéressant.
- Nous venons de faire connoître au bureau de consultation les dif-férens travaux du C. Putois, & les titres sur lesquels il se fonde pour prétendre aux récompenses nationales On a vu : iu. qu’il y a. déjaiùx ou douze ans qu’il étoit parvenu à faire des objectifs achromatiques selon la coustruction ordinaire, qui le disputoient à ceux des plus habiles opticiens de Londres. 2.0. Que le C. Grateloup lui ayant fait part de son ingénieuse idée de coller les verres des objectifs achromatiques avec du mastic pour en augmenter la transparence & t n faire disparaître les défauts, il avoit tellement coopéré à l’exécution de cette idée, que dans peu de tems il avoit su faire des lunettes armées de ces objectifs, avec une grande précision. Enfin qu’aucun art h te 21’en a fait qu’après que cette découverte a été rendue publique en 1 & en suivant les procédés qui y sont décrits.
- Nous pensons en conséquence & d’après ce que noue venons d’exposer, que cet artiste mérite le medium de la première classe des récompenses nationales: î0. par, ses travaux en optique j par la maniéré jdont il a sû réaliser la découverte du C. Grateloup y enfin p^r les pennes qu’il s’est données pour importer tk faire connoître en France la nouvelle lunette achromatique du docteur Blair, dont l’objectif a i’a-nvanîâge particulier & nouveau d’être parfaitement achromatique , quoiqu’on n’ait point employé dans sa composition de Jl'àit glas s x mais
- une liqueur réfringente.
- L O
- Nous avons l’honneur de vous proposer en conséquence d’accorder au C. Putois le medium de la première classe* des récompenses nationales, comme un prix justement dû à ses travaux, à ses efforts- .& à son zcle pour tout ce qui peut tendre à perfectionner l'optique. atteins ions adoptées. )
- Fait au Bureau de Consultation des arts & métiers, ce 1 cg Germinal, an 2/'. de la République, une de indivisible.
- J. B. LEROI, BORD A.
- Pour copie conforme à i original, S I E V L S T. R R-, Secrétaire»
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- N&. j)2.
- Rapport concernant le Citoyen Blanc , se disant auteur de divers rente de s efficaces,• & Réflexions sur celle question: quels sont les objets relatifs à la Médecine, dont le Bureau peut & doit
- s’occuper.
- Le Bureau de consultation ne peut, s’occuper dans les Arts que de ce qui est susceptible d’une démonstration exacte, ou d’une preuve évidente.
- En médecine, c’est-à-dire , en général dans l’art de guérir , il n’y a d’exact ou d’évident que ,
- ip. Les moyens mécaniques applicables extérieurement.
- ê°. Les changemens très-remarquables que produisent certaines substances dans l’économie animale.
- 3°. Les observations physiques qui démontrent les loix constantes & générales de cette économie.
- Ce sont là les données de l’art de guérir. Les conséquences que Bon tire de ces données sont , plus ou moins, conjecturales.
- Les moins conjecturales de ces conséquences, confirmées par une longue suite d’observations, sont devenues des principes , & (pnelqu'é-videns que soient réputés ces principes, leur application aux circonstances , application dans laquelle consiste l’art pratique de la méde-* cine , est toujours soumise à une double incertitude, celle (pii peut rester sur l’exactitude du principe, & celle qui doit résulter de la difficulté d’apprécier les cirçonstances , ce qui forme un second degré de conjectures.
- Celui qui connoit le plus de données certaines , qui de ces données a déduit les principes les moins équivoques, qui enfin a reçu de l’expérience les moyens d’estimer le plus exactement la nature des circonstances, est celui qui conjecture le mieux, c'est-à-dire, le meilleur médecin, il en résulte que l’art de guérir n’est point un art imaginaire, puisqu’il repose sur des données certaines : mais qu’il est toujours, plus ou moins, selon le degré dévié en ce des principes applicables, & selon les degrés de complication des circonstances auxquelles s’en fait l’application , un art conjectural.
- Le Bureau n/est point appelé à juger des opérations conjecturales, mais des choses susceptibles de démonstration.
- Quarieme Tri, À a a a
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- Il n’y a donc que les données certaines , qui servent de Vase à l’art de guérir, qui puissent attirer notre attention, Celui qui augmentera ces données certaines , rendra, soit à l’art, en diminuant l’incertitude de ses conjectures , soit à l’humanité , un véritable service. Il méritera donc à beaucoup do titres les récompenses nationales.
- Nous avons déjà plusieurs exemples de découvertes mécaniques applicables à la médecine Sc soumises au jugement du Bureau dê Consultation. Déjà il a accordé des récompenses à plusieurs artistes qui par des mécanismes plus ou moins ingénieux , ont contribué au soulagement de l’humanité. Tels sont les Citoyens Oudet & Legrqs, l’un pour avoir construit une jambe mécanique fort simple & des Bandages extrêmement commodes & susceptibles de tous les degrés d’in fl exions ; l’autre , pour avoir imaginé de communiquer à une main artificielle les mouvemens les plus commodes & h s plus utiles par les moyens les plus simples Sc les plus adroitement exécutés. Le Bureau a distingué parmi les inventions du Citoyen H-ldebrand des machines fmnigatoires , portatives & susceptibles d’être appliquées à volonté à tout le corps , ou à tel point du corps qu’on juge à propos , par une disposition qui donne , à ce moyen utile, toute Pactiyité Sc tous les degrés d’activité qu’on désire, avec un succès attesté par des médecins rççpmTnandables 5 & cette invention n’avoit avant lui , été conduite par personne , à ce degré de perfection. ;
- Enfin on a récompensé justement une tentative ingénieuse du Citoyen Leconte , pour consolider les plaies des artères , sans en anéantir le calibre ; Sc quoique le succès n’en ait été complet que sur les animaux, le Bureau a regardé ce premier essai comme assez important pour être encouragé , quoiqu’il restât douteux si l’on pou-voit s’en promettre , sur les hommes, de pareils avantages.
- Tons ces objets appartiennent à la première classe des choses susceptibles d'une démonstration exacte, c’est-à-dire , aux moyens mécaniques applicables extérieurement. Or , à cet égard , il 11’y a aucune équivoque ) le Bureau de Consultation peut Sc doit s’en occuper,
- Quant à la seconde classe, c'est-à-dire aux substances qui produisent des change me ns très-remarquables dans /’économie animale , (5* susceptibles d'une preuve évidente , prenons pour exemple le A inkina „ l'Opium & le Met cure.
- Le KinVina a une vertu anti-périodique évidente , c’est-à-dire qu’il a évidemment la propriété de suspendre le retour périodique & régulier des mouvemens fébriles Sc de certaines affections spasmodique» êc douloureuses.
- IJ Opium a une action évidente sur la sensibilité : il la suspend, il suspend l'exercice des sens externes , êz porte au sommeil.
- Le Mercure , quelque soit sa maniéré d’agir, entr’autres propriétés , a celle d’anéantir promptement les effets sensibles du virus vénérien,
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- Voilà des effets évidens, faciles à vérifier , & que l’expérience a si souvent constatés / qu’on peut en regarder la démonstration comme complette.
- Mais si ces propriétés sont évidentes , l'application en est conjecturale.
- Eu effet, la propriété anti-périodique du Kinkina une fois constatée, qu’a fait le médecin ? 11 s’en est servi pour arrêter le cours périodique des fievres , des douleurs , des spasmes. Mais , i<?. il est des cas où cette propriété anti-périodique n’a pas son effet. 2.0. Il en est d’autres où , ayant tout son effet, elle est, par cela même, devenue dangereuse. Il faut donc , & l’appliquer à propos , et s’en servir où ne pas s’en servir suivant les circonstances. Or ici tout consiste dans l’étude des circonstances , & dès lors tout est conjecturai.
- Il en est de même de l’Opium ) il en est de même du Mercure , &c.
- Qu’en conclure ?
- S’il se présentoit aujourdhui un homme qui eut découvert les propriétés du K-inkina , ou de l’Opium, ou du Mercure , il faudrait le récompenser , & ce soin appartiendrait au Bureau de Consultation. En effet, il aurait donné au médecin un instrument de plus , il aurait ajouté à l’art de guérir , une donnée nouvelle.
- Certainement le médecin sage & instruit , qui emploie ce nouvel instrument, fait quelque chose de plus que celui qui l’a découvert ; puisqu’il l’applique à propos, & qu’il discerne les cas dans lesquels il est applicable , de ceux dans lesquels il est nuisible. Mais quelqu’utile que soit cet art , quelque confiance cju’il mérite , le médecin différé en cela de l’inventeur, que ses operations, toutes fondées sur des analogies plus ou moins imparfaites & dépendantes d’une foule de combinaisons , & d’une multitude de circonstances, sont nécessairement toujours conjecturales , c’est-à-dire , incapables d’être complettement amenées à une démonstration exacte, & à une preuve évidente.
- Il en résulte que l’inventeur peut être jugé par le Bureau , comme nous venons de le dire , mais que le médecin ne peut pas l’être.
- Ces réflexions en font naître une autre qu’il est bon que le Bureau ne perde pas de vue : elle est relative aux remedes secrets.
- Quelque bon que l’on suppose un remede , dès lors qu’il est secret, il est toujours plus dangereux qû'utile ; parce que le secret met une incertitude de plus dans un art qui n’a assurément pas besoin de les multiplier j & si l'emploi des remedes les mieux connus & doués de propriétés évidentes , est déjà rempli de difficultés , combien plus celui d’un remede dont on ignore la composition ! Car ce n’est pas à des gens instruits & sensés qu’il faut se donner la peine de démontrer combien est ridiculô cette proclamation banale des gens à secret, qui tous les jours vantent les grands effets de leurs mcdicâmeiis, en
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- ajoutant qne ces substances si efficaces sont, outre cela, absolument exemptes d’inconvéniens.
- j
- J’en conclus que le Bureau de Consultation doit, en ce genre , rejetter ions les inventeurs qui se réservent le secret de leurs etécou-vertes.
- Je passe à la troisième classe d’objets relatifs à Part de guérir, & susceptibles d’une démonstration & d’une preuve évidente. Ce sont les ohserv’àtiohs physiques qui contribuent eu propre* de la médecine , en donnant une connaissance ou une intelligence plus parfaite de divers phénomènes de Véconomie animale.
- Il est probable qu’on considérera ce genre de découverte comme appartenant aux spéculations des sciences, beaucoup plus qu’aux arts. Les avantages qu’en retire la médecine seront probablement considérés sous le même point de vue que ceux que divers arts retirent de Lliistoire naturelle , de la physique 8c de la chimie.
- Le Bureau a déjà pensé qu’il ne devoit s’occuper des découvertes faites dans les sciences, qu’autant qu’elles deviendroient la matière de quelques procédés des arts chimiques ou mécaniques , dont il s'cocu pe principalement.
- Nous aurions désiré ranger cette classe de découvertes au nombre de celles qui sont de la compétence du Bureau de Consultation ; mais il a déjà décidé qu’il ne s’occuperoit point de ce qui appartient aux sciences spéculatives. Or quelque regret que nous ayons de voir que des travaux qui enrichissent les sciences 8c qui contribuent au bien de l’humanité , 8c à la gloire de la nation , restent sans aucun genre de récompense qui leur soit affecté , ainsi qu’aux arts utiles Sc agréables , nous n’irons pas contre la décision du Bureau qui a reconnu , d’après la loi, que cet objet n’étoit absolument pointcle son ressort.
- a r égard des ouvrages qui peuvent servir au progrès des arts , & pour lesquels il est dans la loi un article particulier, ceux qui concernent la médecine , présentent la même difficulté que Fart lui-même. Ou ils appartiennent à la pratique, 5c alors ils sont plus ou moins conjecturaux , ou ils sont du ressort de la théorie , 5c alors ce sont ou des principes déjà reconnus , 8c qui par conséquent n’appartiennent point à l’auteur, ou des principes nouveaux ajoutés aux prend ers} 5c alors quelque précieux qu’ils puissent être, ils ont besoin de recevoir du terris & de l’assentiment des observateurs une confirmation toujours tardive. En effet, les observations médicales , pour prendre le caractère de loi , ont besoin de la sanction des siècles. La pin spart des ouvrages de médecine ne sont donc point du ressort du Bureau de Consultation. Si nous en proposions quelques-uns , ce serait sur-tout ceux qui contribueroient à introduire dans la médecine la marche exacte & démonstrative des sciences physiques êc chimiques, ou ceux qui propageroient des connoissances certaines , propres à abolir les préjugés , à détruire les erreurs.
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- Nous nous abstiendrons d’un plus grand nombre de réflexion'# sur un sujet qui seroit susceptible d’être traité avec une assez grande étendue ; mais qu’on ne pourroit présenter dans ses dévélop-pemens . sans avoir à se reprocher d’avoir rempli le teins précieux du Bureau de Consultation par des considérations étrangères aux objets auxquels il désire consacrer tous ses mnmens. Il suffisent de présenter les seules idées absolument nécessaires à la démonstration des propositions suivantes.
- Ces propositions sont :
- iQ. Que le Bureau ne peut s’occuper en médecine que de ce qui est susceptible d'une démonstration immédiate 6c exacte , 6c d’une preuve évidente.
- 2.u\ Qu’il ne peut s'occuper par conséquent ni des princip es de guérir, ni de son exercice, puisque l'un est toujours plus ou moins conjectural ; les autres ont besoin d’être consacrés par de longues suites d’observations, 6c par le concert d’un grand nombre d'observateurs.
- 3°. Que s’étant interdit l’examen des objets qui appartiennent seulement à Ja partie spéculative des sciences, cette partie de la médecine qui consiste dans l’étude des propriétés de l’économie animale, se trouve encore hors de la compétence du Bureau de Consultation. ( a. )
- 4<x. Que les seuls objets dont son institution lui permette de s’occuper sont i°. les moyens mécaniques d'un effet démontré applicables extérieurement : 2.w. la découverte des substances qui , par des effets très-évidens, & des propriétés incontestables ., peuvent devenir des instrumens utiles entre les mains d’un médecin Labile.
- 5». Enfin le Bureau doit rejetter absolument toute découverte en ce genre , dont l’auteur se réservoit le secret.
- C’est en conséquence de ces réflexions que nous avons pensé qu’on ne pouvoit admettre aux récompenses nationales le citoyen Fabre, qui présentant un remède secret pour la guérison radicale des hernies. Ce remede cous’stoit dans un opiat , dont il conseilïoit l’usage tant interné qu’externe. Il a senti nos raisons , 6c s’est désisté de sa 4emaride.
- Le citoyen Blanc, botaniste, chimiste 6c marchand droguiste à Séz'anne en Brie présente des certificats multipliés de cures très-
- Nota. Le Bureau de Consultation a depuis' fait nu comité d’instruction publique ", la demande d’être autorisé à s’occuper des ouvrages de sciences meme spéculatives ; Futilité que les arts eux-mêmes en retirent y & le silence des lois sur cet objet, ont motivé sa proposition. Il aUe.ad avec impatience la repense du comité.
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- intéressantes ( ce sont ses propres expressions ) opérées par lui dans toutes sortes de maladies , par des remettes doux & simples , tirés des végétaux, toujours employés avec succès dans les maladies internes & externes les plus sérieuses , & sur-tout d'un topique qui y en très-peu de te vis, fond & dissoud les humeurs , telle O si ancienne qupait été leur fixité.
- Il demande en dedomagement des voyages & dépenses nécessitées par des travaux si importans , des cures gratuites qu'il a opérées , d’être admis aux récompenses nationales. Nous ne nous occuperons pas de prouver au Bureau de Consultation le peu de valeur de cette îbule de certificats qui sont de tous les titres ceux que l’on acquiert plus facilement. Nous n’arrêterons pas son attention sur les éloges que le citoyen Blanc prodigue à ses propres inventions dans une affiche imprimée. Nous proposons de ne le point admettre aux récompenses nationales. Les réflexions que nous avons exposées sur fes objets relatifs à la médecine, qui sont du ressort du Bureau de Consultation, nous semblent suffisantes pour motiver cette décision.
- HALLE, JUMELIN.
- Du .2,7 Mars 1793, l’ail second de la République française.
- Fait au Bureau de Consultation des arts & métiers.
- DETROUVILLE, Secrétaire,
- SEL DIT ALKALI.
- Rapport sur le citoyen Rolland.
- Le ci-devant ministre de l’intérieur a envoyé au bureau de Consultation un mémoire du C. Holland, chirurgien à morlaix, avec une boëte contenant un sel que ce citoyen dit avoir découvert Sc retiré de plusieurs substances végétales & animales, & qu’il regarde comme de nature aika ine. Les administrateurs du département du Finistère , qui ont fait passer au ci-devant ministre de l’intérieur le mémoire & le sel préparé par le C. Rolland , croyent » qjfil seroit très-avantageux pour leur département de mettre ce chymiste en. état de former un établissement en grand , pour l’ex-traction de ce sel, d’après les procédés, de avec les substances » qui le fournissent, attendu , disent les administrateurs du dépar-* tement du Finistère , que le C. Rolland, annonce que par cette 3? découverte on pourroit se procurer facilement une grande quan-ï* tiré de salpêtre, sans le rechercher dans les terres & les plâtras.' » Une pareille découverte a paru au ci-devant ministre de l’intérieur pouvoir mériter un encouiagement, sous le rapport des Ni-»
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- trieres artificielles que le décret du 8 Brumaire invite à former. Le Bureau de Consultation ayant à donner son avis sur cet objet, ii a chargé les citoyens Bertliollet 6c Pelletier de l’examen du sel du C. Rolland, ainsi que du mémoire qui l’accompagnoit.
- Le C. Rolland n’indique point positivement dans son mémoire de quelles substances il a retiré le sel soumis à l’examen du Bureau de Consultation , il se contente d’annoncer qu’il l’a extrait de substances animales & végétales, dans les quelles ces dernières entrent en-grande quantité.
- Pour obtenir ce sel, il y a deux préparations à suivre : la pre mière de ces préparations, dit toujours le C. Rolland, exige une manipulation particulière , mais il ne la détaille point dans son mémoire. Nous présumons qu’elle doit consister dans la combustion t ou incinération des substances des quelles il retire ce sel ; nous le présumons d’autant plus, que le C. Rolland dit dans un art.c do son mémoire qu’il a besoin de fourneaux préparés à Pusage de la première opération , 6c qu’il lui faut encore des bras, mais non ea quantité , pour aller recueillir sans acquisition les matériaux qui se trouvent en quantité dans ce département.
- Le C- Rolland ne donne point non plus des détails sur la deuxieme préparation ; il dit seulement que des cuves 6c des chaudières lui sont nécessaires. '
- Il ne paroit point que le citoyen Rolland ait tenté de préparer de grandes quantités du sel qu’il a fait parvenir au Bureau de Consultation ; l’expérience, cependant dont il repd compte dans son mémoire , laisse entrevoir que son exploitation pourroit être considérable, si toutes fois les substances dont il le tire, se trouvent en abondance aux environs de Morlaix. Voici ce qu’annonce le citoyen Rolland à cet égard : » jai pesé six livres de la matière sur laquelle il a été jetté douze livres d’eau de riviere , 6c la liqueur à été décantée au bout de 24 heures. Cette opération a été répétée trois fois avec la même quantité de nouvelle eau, 6c à la même distance , ce qui fait trente six livres d’eau sur les six livrés de matière. L’on a fait ensuite bouillir le tout 5 la liqueur ayant été décantéeA filtrée 6c évaporée dans un chaudron de fer , a fourni par la cristallisation, trois livres de sel dont la plus grande partie étoit en cristaux ; il restoit 9 livres d’eau mere, non susceptible de cristallisation , mais chargeé de sel marin. Le citoyen Rolland a déposé sur le Bureau du département du Finistère , une livre de ce sel qu’il dit être de l’alkaii. Ce sel a été ensuite envoyé au cidevant ministre de l’intérieur qui vous l’a fait parvenir.
- Nous en avons fait l’analyse, 6c nous nous sommes assurés de sa nature ; il ne fait point effervescence avec les acides ; il ne verdit point la teinture de violettes ; il ne peut donc être regardé comme de l’alckali,
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- ÏNons en Avons fait dissoudre une once Sc 2,4 grains ou 60© grains clans de l’eau distillée ; 5c par des cristallisations suivies nous en avons retiré séparément une once 36 grains de Salf’àte de soude, & 3 gros de Muriate de Soude : l’on sera frappé de voir une augmentation dans les produits ; nous observerons qu’elle est due. à ce que le sel du C. Rolland, tel que nous l’avons fait dissoudre, a voit perdu' l’eau de • cristallisation, 5c qu’il en a repris dans la dissolution que nous en avons faite : le sel du C, Rolland1 n’est donc point de i’alkali comme il l’a annoncé ; c’est un mélange d’environ deux parties cle Sulfate de Soude ( sel de Glati ber ) sur une de Muriate de S -Ude j 5c comme ni l’un ni l’autre de ces deux sels ne peuven t servir dans les travaux du salpêtre , l’on ne peut accorder à ce citoyen un encouragement sous le rapport des nitrières artificielles.
- rions observerons cependant au Bureau de Consultation que, clans ce moment, toutes les potasses se trouvant en réquisition pour les salpêtresil est dit plus grand intérêt de multiplier les fabriques de soude j 5c comme le sulfate de soude pourra 'être employé très-utilement pour ce travail , il convrendroit de faire demander an C. Holland des renseignentfiris positifs sur les substances dont il a extrait celui cj^uil a fait parvenir au Bureau de Consultation , sur les quantités que le département dti Finistère pourroit en fournir j sur les dépenses que cette exploitation pourroit èxiger &c.
- C’est d’après ces renseignemens,. 5c en considérant ce sel sous le rapport de là fabrication de la sonde, que l’on pourra déterminer 5c établir les droits du C. Rolland aux récompenses nationales..
- "Vos commissaires concluent donc a ce qu’il soit répondu au dé--parlement du Finistère, pour l’inviter â demander au C, Rolland les renseignemens que nous venons d’indiquer.
- Paris ce j 4 Prairial, An deuxieme de la République Française: 'jure 5c indivisible.
- BERTHQLET. PELLETIER.
- Pour copie conforme à l’original, SF.RVÏERE, Secrétaire.
- O ü Vil AGES,
- La for h ou /’ abbaye" de S.-Clair, 4 vol. in^i8 avec figures ; prix , broché 6 liv.
- Code des èmigris condamnés & déportés, ou recueil des décrets rendus pur Tas assemblées cônstituaritey législative & conventionnelle , concerhant la-poursuite & le jugement des émigrés condamnés & déportés , le séquestre, la vente 8c L’administration de leurs, biens, la Liquidation de leurs dettes 8c. creances- , avec table® ehronorogiques des matières
- Histoire d’Hyppolite }) Comte de Du g las T par
- la citoyenne
- Duujuoy. 3 vol, iri-xS ,
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- Rapport présente, au nom du Comité d'agriculture , sot les des sèche me ns des marais, par le citoyen. Escliasseriaux.
- Citoyens,
- Ce sera un besoin désormais pour les orateurs qui monteront à cette tribune, de vous parler souvent de l’agriculture, parce que c’est sur la prospérité de cet art que se fondent le bonheur & la durée delà République. Les nations libres ont besoin de labourer la terre, pour devenir puissantes & robustes: c’est dans les chamn§ que naissent les forces & les vertus qui défendent la raphe. Nous . allons vous entretenir de ses plus pressa ns intérêts, clans le rapport que nous vous présentons. Les de^ecnèmens ne sont point entrés dans celui que nous vous itVoils fait sur les autres parties de .1 'agriculture ; cet objet en est un des plus essentiels: sous le rapport politique, il CS i fin de ceux dont nous devons le plus sérieusement nous Occuper.
- La République a dans ses mains une nouvelle richesse. Arracher du sein des eaux des terres immenses , créer de nouveaux domaines à la culture, c’est la plus utile conquête qu’il lui reste à faire sur la nature, après avoir conquis sa liberté sur les tyrans.
- Si une nation devient libre, si elle régénéré ses mœurs quand elle le veut\ pour régénérer aussi son territoire, elle n ’a qu’à le vouloir. La puissance & la volonté d’un grand peuple sont le point d'appui 6c le levier que demandoit Archimède pour soulever la terre.
- Votre comité vient donc vous parler des desséchemens : c’est vous présenter les besoins de la salubrité de l'air , de l’agriculture , du commerce , & des arts.
- La France renferme beaucoup de marais. Là position topographique de son sol, sa forme physique qui se compose'de grands 6c petits bassins, sa proximité des mers dans une vaste étendue, la rendent susceptible de recevoir, pendant les hivers, une grande Quatrième Triai. Ï3 b b b
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- quantité d’eaux, qui croupissent pendant îes chaleurs de l’été sur les lieux où elles ont été répandues. Telles sont les premières causes physiques des marais. La féodalité , qui a.voit usurpé & asservi jusques aux élémens, en est une autre aussi funeste. Par-tout, la tyrannique avidité des seigneurs, en élevant sur les lits des rivières cette multitude de digues de de moulins que l’on apperçoit encore, avoit interrompu le cours des eaux: de-la les inondations continuelles de les marais. (Test dans ces eaux empoisonnées de croupissantes, que vivent, meurent, de se décomposent une infinité de substances animales de végétales ; c’est dans leur sein que se forment ces exhalaisons meurtrières qui dévastent de corrompent au loin les moissons ; les terreins qu’elles couvrent sont perdus pour l’agriculture, de sont devenus un foyer de putridité pour l’homme de pour les animaux; des maladies sans cesse renaissantes , une mortalité accélérée , sont les suites invariables de cet ordre ' d’accider.s de la nature. L’observateur lit par-tout sur le terroire des marais la preuve frappante de cette vérité terrible. Des bourgs n’offrant plus que des ruines de des débris ; des habituas portant sur leur visage paie l’empreinte de Ffiir qui les dévore, de les signes d’une mort prématurée; voilà l’image de CCS lieux, où régné, pour ainsi dire, une peste continuelle.
- Il faut donc se bâter de détruire la cause de cette influence de l’air sur la vie humaine, de régénérer en entier ces vastes terreins qui couvrent la surface de plusieurs départcuvens.
- La Législation veille à la liberté, à la sûreté, à la propriété des hommes : quel plus grand bienfait peut-elle leur rendre , que de s’occuper de purifier l’air qu’ils respirent, de le soi sur lequel leur destinée les a placés?
- Si nous considérons les avantages résultant du dessèchement des marais, nous verrons des terres immenses propres à toute espece de cultures, rendues tout-à-coup à l’industrie de l’homme, de nouveaux pâturages aux troupeaux , un atteiier de travaux publics ouvert à l’indigence , ' des canaux à la navigation, au commerce , aux transports des denrées , aux communications des diverses contrées • nous verrons des bourgs, des hameaux , jadis ravagés par les épidémies & tombés en ruine , rebâtis de vivifies ; la population s’accroissant des progrès de la culture , le commerce de l'intérieur devenu plus florissant; notre numéraire obligé de s’expatrier pour aller chercher chez l’étranger une foule de productions de de matières que notre sol peut produire, rentrant au sein de la République ; la balance du commerce extérieur penchant insensiblement pour nous, par la faveur des exportations ; la République, enfin, devenue plus riche dépopulation, de territoire,de matières premières. Telle est
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- nne partie clés avantages du dessèchement des marais, que nous ne fa isons qu’indiquer ici.
- Leur destruction -sera le dernier coup porté à la féodalité ; elle rendra un libre cours à ces eaux que l’intérêt de quelques hommes a voit tenues enchaînées; elle rendra la nature à elle même.
- Avant la révolution, des écrivains éclairés, le succès des entreprises de beaucoup de desséchemens , l’exemple de plusieurs contrées devenues plus fertiles & plus salubres, nous en avoient déjà fait sentir l’importance. Mais depuis que la révolution a fait sortir du sein de la législation toutes les idées d’utilité & de bonheur publics , que le génie, de la'République tait un devoir aux Representans du peuple , de chercher & répandre tous les germes de prospérité nationale ; c’est depuis ce moment de lumière, qui rapproche aux regards du législateur tout le bien qu’il peut faire, que l’on a.p-perçoit combien la régénération de son territoire peut rendre une nation plus puissante.
- Mais , citoyens, pour arriver à des desséchemens parfaits , il y a bien des difficultés à vaincre : ce n’est pas assez d’indiquer le bien , il faut l’opérer ; l’exécution est toujours la plus difficile. En général , ce que l’on a fait jusqu’ici paroît avoir été dirigé sur de mauvais systèmes ; jusqu’ici les entreprises des desséchemens ont été livrés aux particuliers, à des compagnies de dessécheurs, ou à des commissaires. L’état d’imperfection où sont restés la plupart des desséchemens, les contestations que les moyens employés ont fait naître entre les parties intéressées, l’interruption des travaux déjà commencés, n’ont servi qu’à prouver l’impuissance des dessécheurs & l’impossibilité de leurs moyens.
- Les décrets de l’assemblée constituante sur cette matière prouvent encore qu’elle voulait quelque fois le bien, mais quelle n’apper-çevoit pas toujours clairement la maniéré de l’opérer : son décret du 6 Septembre 1790 est tantôt une invitation foihle , tantôt une loi injuste. Les desséchemens y semblent abandonnés tour-à-tour, au gré des particuliers, des corps administratifs & des entrepreneurs1 infidèles, à la lutte des intérêts de tous. Rien n’est précis; chaque article produit une difficulté dans l’exécution : on ne voit aucun, grand agent diriger, presser l’ouvrage ; on 11e prévoit pas le temps où peut commencer , le terme où peut finir une entreprise : on semble avoir un but ; on fait mille circuits pour l’atteindre , <5t 011 ne l’atteint pas.
- Votre comité a cru devoir prendre une autre marche dans le dessèchement des marais. Si en politique il a fallu de Funité & de la vigueur pour opérer une révolution dans les loix & dans les mœurs d’un grand peuple, il faut aussi de Funité & de la vigueur
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- pour faire , par des desséchemens, une autre révolution sur son territoire, Dans une entreprise aussi vaste, aussi salutaire à l’agriculture &à la. population , on ne doit rien laisser à l’arbitraire , à l'indolence ôi aux prises des intérêts privés. 11 n’y a qu’un agent actif de . puissant qui puisse opérer le dessèchement des marais de la République , c’est le gouvernement: lui seul a. les bras de les. talens à sa disposition ; lui seul a des ressources immenses pour de grands travaux. Il faut que le gouvernement, qui agit pour la nation, mette toute sa puissance à faire le bien , de force tous les intérêts particuliers- à marcher à l’intérêt général.
- En jetant les yeux sur les marais de la République, nous en avons vu de trois sottes : les uns appartenant à la nation ; les autres à des communes $ d’autres à des particuliers.
- Si , parmi des marais , il en est qui ne demandent, pour que leur dessèchement s'opère , que la rupture des digues qui s’opposent à l’écoulement des eaux, le redressement du lit des petites rivières qui les inondent, & U construction de quelques légers ouvrages pour assurer le dessèchement , il en est d’autres dont le dessèchement exige des ouvrages d'art considérables il faut, pour en chasser les eaux , des canaux vastes de profonds , des écluses pour les retenir ; il faut construire de fortes digues , ouvrir des fossés , jeter des ponts de communication , établir des nivellemens que l’art seul de de grandes dépenses peuvent atteindre, saisir enfin un grand ensemble, dans la direction des eaux : tels sont les travaux des desséchemens.
- Après avoir examiné l’art de la nature des marais, nous avons dû examiner aussi les principes de le système qu’on avoit suivis jusqu’ici pour les rendre à la culture \ nous avons dû les comparer avec ceux qui dévoient nous diriger dans une République, voir enfin ce qu'on avoit fait avant nous.
- En examinant les principes, nous en avons vu d’arbitraires de d’injustes, violant la propriété du pauvre. Il en est qui ne pouvoient convenir à un gouvernement avide & dévorateur qui demandoit sans mesure, mais qui 11e peuvent point aller avec une administration, populaire qui dépense avec sagesse : il est quelques uns de ces principes qui présentent, sons un aspect particulier, une apparence de justice rigide, mais qui doivent changer de nature sous un gouvernement paternel & républicain, de qui ne doit pas faire payer trop chèrement aux citoyens le bien qu’il leur procure, quand c’est pour l’intérêt général sur-tout qu’il l’opère. Nous avons pensé que le bien même devoit suivre de porter le caractère généreux du gouvernement.
- Sous le règne des tyrans, quand on avoit résolu l’entreprise d’un dessèchement, un arrêt de parlement ordonnent aussitôt une imposition sur les possesseurs du marais ; Thideux fisc parc iss oit par-tout.
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- Le Lien qu’on vouloit faire étoit toujours précédé de terreur & d’alarmes ; on le faisoit liaïr. L’assemblée constituante , qui touclioit à la monarchie , qui s’arrachoit avec effort cle l’ancien régime, a mis dans ses lois sur les clessécliëmens les maximes d. les principes des parlemens de du conseil ; avec tontes les forces de la nation , elle n’a pas su, frapper de précipiter dans l’abyme l’affreux génie de la fiscalité de des cours. En jouissant du bien qu’elle a fait avec quelques hommes courageux , la postérité lui demandera toujours celui qu’elle auroit pu faire. Mais les temps de les principes sont changés depuis qu’on a parlé de dessèchement de marais dans l’assemblée constituante. La République , d’une main sévèrement paternelle, a tracé plus énergiquement les droits du peuple de les devoirs de ses représentai : les erreurs de tout ce qui est contraire à l’intérêt général de la nation doivent disparoître ; il 11e doit plus rester que le bonheur public Si les bienfaits.
- Placés ici, citoyens, pour réparer, s’il est possible, le mal 011 les fautes qui ont pu se commettre avant vous , pour réviser l’ancienne législation, il faut que vous étendiez un sistême de bienfaisance sur une terre opprimée ou abandonnée de toutes les manières par l'ancien gouvernements Alors on faisoit acheter aux hommes, même aux malheureux, le bien qu’on se proposent de leur faire: Je gouvernement ressemblo.it à un planteur d’Amérique ; il n’cstlmoit les hommes qu’au tant qu’ils ét oient les instruments de sa richesse de de son. avarice ; il se soucioit peu qu’ils fussent heureux de fortunés, pourvu qu’ils fussent asservis.
- Le gouvernement Républicain doit être une seconde providence ; son âme de son génie doivent embrasser sans cesse toute la République : par-tout où il y a un bien à faire, il faut qu’il y porto ce bien ; par-tout cù il y à d’anciens malheurs â soulager , il faut qu’il les adoucisse de les répare; il faut même qu’il projette ses bienfaits clans les générations futures.
- Los gouvernemens despotiques sacrifient tout a eux-mêmes , tous les biens de les hommes ; ils ne pensent qu’à enchaîner les esclaves qui viendront après eux : semblables aux bêtes féroces, les despotes songent à dévorer encore lorsqu’ils expirent.
- La République 11e vit pas seulement pour elle ; comme une mère tendre, elle vit aussi pour sa postérité; elle se complaît à la voir heureuse. Le bonheur d'un âge d’hommes libres est aussi tout entier clans le bonheur de ceux qui doivent venir dans un autre siècle. La République est l’amour des hommes , la tyrannie en est la haine.
- Tel est le caractère sacré des Républicains-, que la rage des tyrans ne pourra jamais effacer de dessus la terre ; ce sont ces principes £<: ces sentirnens qui doivent éternellement conduire la législation ôz ^administration d’un peuple libre, soit qu’elles- agissent sur le moral des hommes, soit qu’elles agissent sur son territoire.
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- C’est particulièrement au sujet que nous discutons ici, que doiyen s’appliquer ces principes. Ce n’est pas pour quelques particuliers, pour une commune , pour un district , que vous allez entreprendre le dessèchement des marais ; c’est pour la République entière c’est pour nos descendans qui viendront recueillir nos héritages : c’est pour eux que vous aurez rendu iéconds 6c salubres les champs qu’ils viendront habiter : chaque siecle a droit de demander à celui à qui il a succédé , un compte moral du bien qu’il a du faire : c’est de ces principes que nous avons pris l’opinion que nous avons adoptée sur les dessécheinens.
- La loi sur le partage des communaux est une loi bienfaisante ; elle fait rentrer les citoyens indigens 6c les comlhuncs dans leur ancien héritage ; elle dote en quelque façon l’indigence. Mais vous n’anriez rendu aux campagnes qu’un bienfait stérile , si vous ne les mettiez à même de cultiver ces terreins que vous leur avez partagés , dont vous avez voulu leur faire un patrimoine utile , en les tirant de dessous les eaux qui les couvrent.
- Dans beaucoup d’endroits , les communaux sont des marais fangeux , impraticables à la culture : comment voulez-vous que des communes composées d’habitans peu fortunés , sans art de sans moyens pour diriger les opérations d’un dessèchement, puissent améliorer le sol que leur a rendu votre loi? Sans doute nous pensons qu’il ne faut pas en général que le gouvernement éteigne l’industrie particulière, la rende indolente, en faisant eles travaux qu’elle cle-vroit exécuter elle même ; mais il ne faut pas , lorsque ces travaux sont au-dessus de ses forces, que le défaut de ressources , le désespoir du succès la découragent, & lui fassent abandonner un bien qu’elle pourroit atteindre. Dans un siecle d’ici , votre loi n’auroit pas produit le salutaire effet que vous devez attendre j 6c telle contrée de la République auroit peut-être encore son marais communal , si la République ne consacre des sommes à des desséchemens qui encouragent l’industrie des communes.
- Indépendamment de ces réflexions qui ont servi de bases à l’opinion que nous allons vous soumettre , il est un principe général sur lequel nous la faisons encore reposer : c’est que si on doit laisser agir librement l’intérêt 6c l’industrie particulière , lorsqu’ils peuvent agir avec succès 6c arriver à leur but, il faut, lorsque cette industrie manque de moyens, on n’a que des ressources insuffisantes pour opérer un bien, il faut nécessairement , 6c l’intérêt général le demande , que le gouvernement vienne à son secours 6c lui donne l’impulsion : c’est une vérité de politique 6c un sentiment de bienfaisance , que ^administration d’une Republique ne doit jamais oublier.
- Rejetant donc, pour le dessèchement des marais communaux, tout sacrifice onéreux, tout système qui feroit acheter aux communes le bien qu’on pourroit leur rendre, votre comité vous proposera de
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- compléter le bienfait de la loi du 10 Juin 1790, en faisant dessécher aux frais du gouvernement , ces ter reins que vous leur auriez envain partagés, 6c dont elles ne pourraient jamais jouir, s’ils dévoient toujours rester sous les eaux qui les couvrent ; c’est alors que vous aurez rendu les citoyens de ces communes, vraiment propriétaires ; c’est alors qu’ils béniront la législation , de leur avoir préparé les moyens de subsistances 6c de prospérité ! Quel courage chaque citoyen , chaque famille , qui aura reconnu son nouveau domaine , ne portera-1-elle pas à le fertiliser / Quels progrès ne fera pas bientôt sur les terreins neufs l’industrie des communes !
- Citoyens , ces communes des campagnes méritent tout l’intérêt de ha patrie : attachés à l’art le plus pénible delà société, éloignés chs jouissances des autres arts , empoisonnés par les marais placés par la nature dans leur voisinage , que le gouvernement leur rende au moins, puisqu’il le peut, un sol fertile j que les grandes villes s’enorgueillissent dejeurs raonumens 5 elles ne les envient pas j la fécondité est le seul qu’elles demandent à la République.
- C’est donc moins une loi de dessèchement qu’un bienfait a rendre, que votre comité vous propose pour les marais communaux , dont vous leur avez laissé le partage.
- Mais si la République doit être bienfaisante à 1 •'égard des commîmes dont elle aura déjà secouru l’indigence, elle doit adopter un système de justice respective dans le dessèchement des marais des particuliers j si la politique 6c l’intérêt général exigent que le gouvernement se charge de l’entreprise du dessèchement des marais , la justice , en respectant la propriété, veut aussi qu’il demande aux citoyens aisés , dont il aura desséché les possessions, une indemnité proportionée à ses avances. N’est-il pas juste que chaque propriétaire , dont la fortune aura été améliorée , paye une partie de cette amélioration r Une portion de terrein ou une somme déterminée , est le système d’indemnité pour le gouvernement que nous avons embrassé , parce qu’il nous a paru le moins arbitraire 6c le plus conforme aux intérêts de la République «Si des particuliers, qui doivent marcher ensemble.
- Tels sont les principes que votre comité a cru devoir suivre dans le dessèchement des marais appelés communaux, 6c de ceux des particuliers.
- Nous ne vous proposerons rien pour les marais nationaux : ils sont à la nation ; il est de son intérêt de les dessécher pour enrichir son territoire. Ces marais sont aujourd’hui les plus considérables de la République ; ils appartenoient à cette multitude de communautés que la Révolution a fait disparoître , 6c à ces nobles contre-révolutionnaires, dont l’émigration nous a délivrés , mais il importe à la nation, en rentrant dans des biens que la superstition 6c la tyrannie lui usurpèrent,
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- cPeri tirer à présent le plus grand avantage. C’est dans ces vues que voire comité vous proposera de suspendre la vente des marais devenus nationaux , jusqu’à leur dessèchement : soit qu’elle se décide alors avec la valeur nouvelle qu’ils auront acquise , à les concéder ou les vendre , elle assurera un bienfait réel aux citoyens dont elle secourra l’indigence, ou elle augmentera la masse de son hypotèque. La vente dans ce moment pourvoit les mettre à modique prix dans les mains des riches , 6c ôteroit pour jamais les moyens de soulager la pauvreté & multiplier lés propriétaires. Il est donc d’un intérêt pressant de commencer le plutôt; qu’il sera possible le dessèchement des marais nationaux.
- Dans le système général qu’il vous a proposé , votre comité est Lien confirmé dans cette vérité démontrée par i’expérience, que la main 6c les ressources seules du gouvernement peuvent opérer avec succès un ensemble de travaux immenses , dont Inexécution est aussi difficile que dispendieuse , & où il faut lutter contre les éiémens.
- La fortune 6c l’industrie des particuliers ont presque toujours succombé sous le fardeau des grandes entreprises. L’impossibilité de rallier 6c concilier tous les esprits , rattacher tousles intérêts les faire marcher ensemble, a presque toujours été un obstacle invincible dans l’exécution des grands projets : il y a des marais dans la République, dont on a tenté vingt- fois le dessèchement , 6c qui sont couverts encore par les eaux : la foiblesse 6c la discordance des moyens a été une difficulté plus insurmontable que celle qu’a pu opposer la nature. Jamais la Hollande n’auroit pu combattre 6c maîtriser la mer, lui opposer ces digues qui l’ont sauvée des flots 6c immortalisé son industrie, si elle n’eût employé les fonds de la nation , 6c les ressources de son gouvernement a créer son territoire. C’est à sa puissance, à l’industrie nationale qu'elle doit ces travaux qui ont préservé scs rivages, qu’elle doit ses beaux ouvrages d’art, ses canaux 6c la fertilité de son sol, mais c’est elle même qui a présidé à ces entreprises hardies.
- Cinq cents quarante villages, l’établissement de plus de quarante mille familles , sont sortis depuis un siecle, des desséchemens 6c des défrichemens du petit territoire de la Prusse : 6c jamais on n’auroit vu une création aussi soudaine , si les travaux qui l’ont opérée eussent été livrés aux foibles moyens 6c à l’industrie des particuliers, si le gouvernement n’en eût commandé l’exécution , n’eût presque tout fait.
- C’est par la même puissance , que se sont élevés ou construits chez plusieurs peuples , ces mpnumens de travail qui les ont rendus célébrés. C’est par les mêmes moyens que vous pourrez espérer de vaincre les mêmes obstacles ; dans les desséchemens des marais qui peuvent être comptés aussi parmi les travaux d’imej nation. Quand on commence un ouvrage ? il faut calculer ses forces: les petits moyens ont échoué jusqu’à présent; la prudence 6c le génie appel-
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- lent des ngens plus puissans. Vous les trouverez, citoyens, dans'le gouvernement: c’est lui qui, voulant rendre un véritable bienfait à. la nation , & la faire jouir promptement des améliorations de -son. territoire, accroître la subsistance du peuple par la culture de nouveaux domaines, déploiera tonte son énergie pour exécuter descles-séchemens demandés de toutes les parties de la République. Ce ne sont point quelques fends , quelques avances qu’il doit consacrer à des travaux immenses & difficiles $ ce seroît consumer en vain dans des entreprises au-dessus de leurs forces , les secours que vous accorderiez aux communes ; il ne sortirait de leurs tentatives que des dessécliemens imparfaits ou peut-être abandonnés. Il faut que le gouvernement fisse , en faveur de ces communes indigentes , le sacrifice entier; il faut qu’il agisse comme un pere qui améliore le domaine de ses en fan s : c’est un bienfait national qu’il versera sur la République pour en recueillir un jour les fruits.
- Lorsque les dessécliemens seront finis, que la nation aura fait exécuter à ses frais les grands travaux nécessaires pour leur donner la perfection , ce sera alors qu’en remettant entre les mains des propriétaires les terrains qu,elle aura desséchés, elle leur imposera l’obligation d’entretenir à leurs dépens les ouvrages & les travaux qu ’elle aura faits $ c’est alors que leur industrie deviendra responsable envers le gouvernement ; c’est alors que la loi établira une peine pour celui qui laisseroit périr le. bienfait que lui aura rendu la nation ; c’est alors que la perte de ses revenus , de son terrain même , devra punir le possesseur réfractaire aux engagemens qu’il aura contractés avec elle, & que la surveillance des corps
- administratifs , toujours les yeux ouverts sur le territoire des communes , sera tenue de prévenir toutes les dégradations qui pourraient détruire les ouvrages des dessécliemens & nuire aux cultures.
- Voilà, citoyens, les principes qui nous ont dirigés dans cette partie essentielle de l’agriculture, & les moyens que nous avons crus indispensables, pour franchir toutes les difficultés qui se rencontrent dans les grandes entreprises, pour arriver au but. Il est un autre obstacle dont on pourrait s'effrayer peut-être : ce sont les dépenses. Mais quelles sont les dépenses qu’une nation pourrait craindre , quand c’est pour elle même qu’elle travaille? C’est pour elle qu’elle travaille & dépense, en faisant la guerre aux tyrans pour sa liberté ; c’est pour elle qu’elle dépensera en améliorant son territoire: la plupart des marais ne sont-ils pas déjà devenus nationaux? Si, par hasard quelques citoyens deviennent un peu plus aisés , c’est la République, en dernier résultat, qui en retirera tous les avantages: c’est de l’aisance des particuliers que se compose la fortune publique.
- Et pourrons nous craindre la dépense , quand la défaite des despotes , & le retour de la paix nous rendront les fonds absorbés
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- par fa guerre ; quand la destruction du despotisme & de la supers-stition nous a déjà rendu l’or que le peuple trompé consumoit à sala rier clés prêtres & des tyrans ; quand l’émigration <$c la vengeance des loix ont remis dans les mains de la nation les biens des traîtres ; quand l'affermissement de la république & de l’égalité auront imposé un frein à toutes les ambitions , êc à toutes les avidités ; quand le trésor publique sera enrichi des vertus des fonctionnaires publics & du peuple ; quand toutes les extravagances de l’ancien régime, la raison <3c la politique républicaines, nous auront mieux lait apprécier la nature des dépenses que doit faire un peuple libre pour conserver sa liberté, pour être heureux ?
- De vastes palais, des parcs immenses où habitoient le crime & la stérilité, étoient l’orgueil des despotes & de la monarchie : une agriculture florissante , des champs heureux habités par la ve;tu , doivent être l’orgueil cl’un peuple républicain. Il semble qu’011 11e voulut rien faire autrefois pour le bonheur public : l’or du peuple abandonnent les vrais canaux de la prospérité nationale, pour couler dans ceux de la frivolité 8c du luxe ; on songeoit peu à ce qui pou-voit améliorer le sort de l’homme pauvre ; la richesse alloit se confondre dans la richesse ; l’art alloit chercher à grands frais le marbre dans les carrières où l’avoit caché la nature, pour embellir le repaire d’un tyran., où pour élever des trophées criminels à sa gloire : on transportoit sur un arpent de terre plus de richesses qu’il n’en auroit fallu pour fertiliser dix provinces , pour nourrir à leur aise deux millions d’homines de plus : les champs étoient livrés à la stérilité, à l’indigence.
- Tandis qu’un gouvernement despotique pompant 8c consacrant pour lui une partie de la fortune publique, ne s'occupent que de bâtir & de décorer des palais, le goût bizarre 8c l’or des hommes riches, à son exemple, bâiissoient aussi des palais, créoient mille folies inutiles 5 la frivolité enfantoit ces jardins où un art burlesque surcliar-geoit la terre par des imitations stériles de la nature : voilà le cours que la monarchie donnoit aux dépenses publiques, 8c celui que pre-«oit la richesse des hommes opulens.
- On compte des milliers de brigands privilégiés, qui usurpèrent sur le peuple des fortunes immenses ; pas un seul n’a pensé à expier ses crimes dans des établissemens d’agriculture. L’affreux génie de l’agiotage a enfanté un million de banques , 8c n’a pas fait défricher un champ : la terre esclave sembloit être là toujours pour obéir à celui qui avoit de l’or , 8c les sueurs 8c les travaux de la pauvreté semblaient toujours en réquisition pour l’opulence oisive.
- Tel est 1 "esprit qui s'est opposé toujours aux grands travaux d’agriculture ; il faut le détruire enfin ; il faut rompre ce cours que le despotisme donnoit à la richesse nationale pour en faire un
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- instrument de sa puissance. Il faut verser sur l’agriculture, une portion de ces revenus publics qui alloient s’engloutir tout entiers près d’un trône corrompu , & dans les mains d’une foule de scélérats qui enchaînoient le peuple au nom du tyran qui y étoit assis.»
- C’est au génie de la république à indiquer maintenant à la fortune , l’emploi qu’elle peut faire de ses moyens.
- Citoyens , en parlant en faveur de l’agriculture , en voulant attacher à cet art les affections du gouvernement, loin denousl’im-politique idée d’allarmer les autres arts ! ils sont utiles à toute société civilisée ; ils lui procurent de douces jouissances : ils ont souvent consolé les infortunes de l’espece humaine dans les fers j ils ont quelque fois calmé la férocité de la tyrannie. L’agriculture, le commerce & les arts doivent être inséparables ; ils sont dans le corps social ce que sont le sang & les nerfs dans le corps humain , le mouvement ëc la vie. La République aussi aura un jour ses monuinens , la grandeur de ses arts : mais il faut que les bases en soient jetées sur la prospérité nationale \ mais ils seront austères comme les mœurs , majestueux comme les loix \ mais ils seront consacrés aux vertus & à la gloire de la nation. Que le luxe frivole aille flatter la vanité des esclaves & des despotes , ils en ont besoin pour cacher leurs fers : pour nous , des bras nerveux armés de fer , conduisant le bronze & la mort aux tyrans , voilà le luxe des républicains, jusqu’à ce que la tyrannie soit anéantie.
- Votre comité ne fera plus que quelques réflexions , pour prouver la nécessité de commencer ia régénération de l’agriculture par le dessèchement , & de remettre dans les mains du gouvernement la prompte exécution de ces grands travaux ; ces réflexions seront des calculs. Il existe dans la république quinze cents mille arpens de marais à dessécher : avec trente millions vous pourriez achever cet ouvrage. On fait monter à plus de trente millions de produit net, les productions diverses que pourroient donner tous les ans , ces terreiros rendus une fois à la culture, à plus d’un million de piece le bétail de tout espece que produiroit bientôt cette nouvelle étendue de domaines, à plus de cinq cents mille individus , dont elle *
- accroîtroit bientôt la population ; ajoutez à ces avantages cinquante millions qui resteroient dans la République , & que le besoin nous force d’exporter tous les ans chez l’étranger , pour acheter des matières que nous donneroient, dans peu d’années, nos nouveaux domaines. Citoyens , voilà les richesses que vous offrent les dessé-chemens.
- Depuis deux cents ans , votre or coule dans les mains des étrangers, pour aller chercher au loin des productions que la nature a placées près de vous $ 3c on n’a pas pensé encore à changer cette direction du commerce , en dirigeant l’industrie sur les améliorations du territoire de la France î Combien de milliards n^auroit-elle pas épargnés,
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- si les intérêts de la nation eussent reposés clans les mains d’un gouvernement éclairé & bienfaisant / Combien la politique 11’auroit-elle pas puisé d’avantages dans les clessécliemens / L’hypocrite humanité des tyrans a hivérité mille moyens d’éteindre la mendicité j el le a pensé à tous, excepté à celui qu’elle ne vouloit pas employer ; elle a bâti des, hôpitaux pour y renfermer des bras qui demandoient du travail, parce qu’elle étoit sûr d/y trouver des esclaves.
- Citoyens représentans , le génie de la nation , l'énergie de la liberté , vos travaux, le tems rétabliront tout. 11 ne reste plus à votre comité qu’à vous parler de l’époque où les travaux des dessé-chemens pourront commencer dans la république • l’époque la plus prochaine serait la plus convenable, si les bras ne manquoiènt pas à l’exécution; mais la politique, qui nous commande de préparer l’ouvrage , vous prescrit d’attendre le retour de la paix pour l’entreprendre. C’est alors que des milliers de braves français , qui combattent maintenant pour la liberté sur les frontières , vous demanclront les moyens d’être utiles encore à leur patrie ; c’est alors que vous pourrez employer à donner à la nature les mêmes courages qui auront vaincu la tyrannie ; c’est alors que l’agriculture sera l’honorable de précieux atelier ouvert par la nation à tout guerrier qui aura terminé sa glorieuse carrière, de que la paix rappellera clans ses foyers.
- L I T T É R A T U R E.
- Le Lie ch de la raison , ou recïiercTies sur la vraie théologie Sc sur la théologie fabuleuse , traduit (le l’Anglais, de Thomas Paine: par Lanthenas, 1 vol. in-8°. de 102 pages.
- Table des droits Ct des devoirs de l’homme et du citoyen ; ouvrage destiné aux salles d’instruction , & présenté en un tableau de 4 pieds de hauteur sur 3 8c demie de largeur , encadré 8c orné des emblèmes de la liberté & de l’égalité , en très-gros caractères.
- G R A V U R E.
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- J Ù Ü R N A t
- Ces Inventions^
- DECOUVERTES ËT PERFECTIONNEMENT 'QÀNS LES SCIENCES-, ARTS ET MÉTIERS-.
- I ____________
- DERNIER CAHIER DU PREMIER VO.LU ME.
- Nota. Ce cahier Complète le p'reriiier Volume j & le* Quatre premiers trimestres. D’àprès le décret dû 19 Vendémiaire dernier:, qui charge la commission d’agriculture & des &rt s, & celle d’instruction publique , de faire imprimer dans le plus côürt délai, les inventions consignées dans les rapports dit Bureau de Consultation des arts, du Lycée des arts , dans les cartons de la ci-devant Académie des sciences, de l’ancienne adihinistration de commerce &c. , nous suspendrons ïa collection dont nous avons déjà donné deux cahiers sur Je second volume f 3c qui remplissent une partie des vues de celle ordonnée pàr la Convention , jusqu’à ce que les deux commissions ayent organisé le travail important & étendu jfont elles sont chargées ; 3c nous nous engageons à imprimer ayec soin, de la maniéré & dans la forme qui seîront déterminées par les commissions * le texte 3c les gravures de ce recueil national, <k de le fournir à ceux qui ont déjà souscrit, & qui souscriront parla suite.
- On trouve à notre Bureau, rue Glatigny, N°. 10 , en la 'Cité, au bas du pont de la Raison, le premier volume broché f & les deux premiers cahiers du second volume. Presque tous les rapports étant imprimés séparément, les artistes peuvent aussi se proeprer les parties qui leur conviennent. ^
- Les souscripteurs qui redoivent quelque chose sur la première année , sont priés d'envoyer payer au Bugpau , avec le premier mois de la seconde année , a raison de 21 livres par an, pour Paris, 3c de 25 livres pour les départemens.
- Lies souscriptions sont ouvertes pour le recueil dont les-deuxeommissions sont chargées* à raison du même prix, qui ne Varieroit qu’autant que les livraisons serment beaucoup* plus fortes que celles du mois dernier, ou plus fréquentes.
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- PREMIER SUPPLEMENT
- Pour V explication des planches.
- PLANCHE PREMIERE.
- Les figures de la partie supérieure de cette planche ' appartiennentau rapport2 py 3 13 , & suiv. sur la machine hydraulique du G. Arnould ,* le rapport suffira pour l’eiplic.a--trou de ces figures. Ce genre de machines hydrauliques, quoiqu’ancîennement découvert, n'est pas très-connu • & il arrive qu’on le reproduit de tems • en tems , comme une invention, nouvelle: c’est ce qui a déterminé à faire graver çes machines dans cette collection. Le bas de la planche représente la machine à satiner les indiennes, tîu Ç, Lebrun , vue de fa.çe,
- PLANCHE DEUXIEME.
- Cette planche représente la: machine à satiner les indiennes , du C. Lebrun , vue de profil»
- PLANCHE TROISIEME.
- Cette planche représente la machine du C. Lebrun, vue eu, dessus.. Le plan de cette machine, ainsi que les deux precedentes , sont suffisamment expliquées dans le rapport qui la concerne. Voyez Nc,. 78 , p. 3 0$ , & suiv.
- PLANCHE QUATRIEME...
- La figure première représente la boëte du C. Laugier,, propre à prendre des bains de vapeurs. On l’a dessinée aussi
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- simple qu’elle peut têre supposée. Le dedans offre un siégé & un accoudoir, qui peuvent se lever & se baisser à volonté. On voit au bas une grille par où passe la vapeur; & au haut, une échancrure destinee à recevoir le cou du baigneur.
- Figure z : une petite piece de bois destinee à fermer le haut de la baignoire, quand le cou est en place Figure j : la selle du G. Lapleigniere. A , la cheville logée sous le pli du jarret que Lapieigniére nomme Tuteur. Voyez les N°s. 34,39 & 40.
- Les autres figures qui complètent cette planche , sont des pièces des serrures duC. Georget. Voyez lera.: pprt,Ne.3J, Jig. 1 % \ entrée de la clef, Fig. ri ; canon qui reçoit la clef, coupee en bizot. Fig. 3 : cache-entree qu on fait tourner au moyen de la petite clef, fig. 8, Fig. 7 : ressort placé sous le cache-entrée, & dont la petite tête s’introduit dans un des trous de ce cache-entrée , lorsqu’il est à son repaire. Fig. 4: verrouil simple, qui est suppose muni d’un cache-entrée : ce vcrrouil fait mouvoir une bascule , dont l’extrémité ferme l’emree d’une serrure ordinaire representee fig. 10, Fig.9 : pièce tournante , ayant six entrées de clefs differentes. Fig. 6 : la piece ci-dessus mise en place & recouverte par la plaque A , qui est échancree , E, pour donner passage à la clef, & pour permettre à la petite clef, fig. 8 , de faire la même operation que dans le cache-entrée simple. Par le moyen de cette petite clef, on arn^ne à volonté une des ouvertures de la piece mobile devant l’entrée de la serrure , & alors il n y a que la 'clef qui a cette forme , qui puisse l’ouvrir.
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- 'PLANCHE CINQUIEME. ' i:'
- Figure i représente une des machines pneumatiques de Fortin. E É, les deux corps de pompe ouverts dans leur longueur, D D , les pistons divises par la moitié , & portant leur cramaiileïe. F, la roue qui engraine dans les cramailleres des pistons, & les met en mouvement, quand on la fait tourner. B , coulisse. qui va & vient, & sert de fond au corps de pompe. Cette piece percee dans son milieu, d’un trou qui, quand on la fait glisser, établit alternativement la communication entre les deux corps de pompe, ëc le récipient. A A, deux soupapes fermées par un ressort à boudin, qui donne issue à l’air renferme dans les corps de pompe , quand on leve le piston ; alors elles établissent la communication du dehors au dedans. K, roue dentee qui engraine d’un côté dans une cramailiere appartenant à la coulisse B , & de l’autre à la cramailiere I. H , dent mobile que porte la cramailiere I. Cette dent a un léger mouvement à charnière , & elle est maintenue dans une position déterminée par le ressort qu’on voit attaché à la cramailiere.
- La figure i représente un cercle qui porte une dent A, & deux chevilles BB, & un axe terminé par le quatre G9 destiné à recevoir une manivelle. Ce cercle, figure i , s’applique sur la roue F, en sorte que Taxe passe par le trou du cenfre de cette roue , & les deux chevilles £ B sent logées dans les rainures G G. Derrière les cramailleres , sont des rouleaux pour les maintenir, qui ne sont pas figures ici ; le tout est établi sur une monture convenable & solide.
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- La fi gure 3 représente un autre corps de pompe A , aussi de Fortin , ouvert dans sa longueur: B le piston: P l’eu-^
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- verture qui établit; la communication du Corps de pompe avec le récipient : C, soupape ou bouchon destiné à fermer cette ouverture. Le manche de ce bouchon traverse le piston dans lequel il ghsse à frottement : B, soupape pressée par un ressort à boudin , semblable aux soupapes A A de la figure x , logée dans le corps du piston , & destinée à éta-. blir la communication entre la partie inférieure & la partie supérieure.
- Voyez. k rapport, Nos. 41, 41 x & 4j* FLANCHE SIXIEME.
- Voyez îe rapport N°. f. Figure 17 , serrure du C. Koch y ï garniture tournante. Figures x & 3 , clefs dont le panneton est evide dans sa longueur, pour servir aux garnitures, tournantes. Figure'4, garniture tournante, détachée, de la, serrure.,
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- SECOND SUPPLEMENT
- Pour V explication des planches.
- PLANCHE SEPTIEME.
- “Voyez le rapport sur la machine à battre le blé, de Prudon,’ N°s,68 & 69. Cette planche est tirée du cours complet d’agriculture du C. Rozier, & représente trois machines à battre le blé. L’explication donnée par Rozier est beaucoup trop longue, & pour la faire , il a surchargé sa planche d’une grande* quantité de lettres qui, par inadvertance, ont été copiées sur celle-ci. Fig. 1 , machine de Foester. Fig. z , machine de Hansen. Fig. 3 , machine de Peperson. Fig. 4, une des roues de la machine de Peperson. L’inspection des figures suffit pour faire concevoir l’organisation de ces machines.
- PLANCHE HUITIEME.
- Figure première, machine à battre le blé, du C. Prudon, voyez le rapport N°6. 68 & 69. Cette machine est composée d’uneforte cagede bois, posée sur unplateau C, au centre duquel est un pivot, surlequei cette machine peut tourner facilement. A volant fixé sur l’axe du cylindre B : ce cylindre est garni de deux rangées de mentoncts de cinq chacune. Ces rangées, dont une est cachée derrière le cylindre, sont disposées au tour de ce cylindre , en forme de spirale. Ces mentonets appuient successivement sur les queues des fléaux D. Ces queues sont cachées par la barre antérieure de la cage., à mesure que chaque mentonet presse sur la queue du fléau
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- correspondant, et fait lever ce fléau, comme on îe voit dans la figure.
- Figure *1 : machine à Battre le blé, du C. Brun , ( voyez le rapport, n°s. 70 & 71. ) Cette fgure offre un échaffaudage sur lequel tourne le cylindre ou tambour A. Ce tambour qui n’a pas besoin d’être entier, comme on le conçoit aisément, porte quatre rangées de fléaux, qui dans sa révolution vont frapper l’aire B , sur laquelle on pose le blé. E , traverse à laquelle on attache un cheval , pour mouvoir la roue d’entrée D , qui fait tourner le pignon C.
- Figure 3 : machine à battre le blé , de Duquet : on voit un aire fermée et couverte de deux rangées de blé, dont les épis se touchent. Le milieu de cette aire efl: traversé par un arbre C, sur lequel sont fixés les trois leviers ou fléaux A A À. Cet emboîtage glille librement sur l’axe C, et à chacun de ses bouts sont attachées deux cordes , dont une va passer sur la poulie de renvoi D, traverse l’aire, & vient passer sur la poulie I , pour aller gagner l’arbre qui porte les roues G. L’autre corde attachée à l’autre extrémité dudit emboitage , passe sur la poulie K, pour gagner aussi le même axe où la première va se rendre. 1 & 2 , cordes qui enveloppent sur les poulies G , & qui tirées alternativement par un cheval, font tourner l’axe sur lequel ces poulies sont fixées. Cet axe porte un coude ou manivelle, qui passe au travers de la piece de bois F, &' la fait aller & venir dans sa révolution. A cette piece de bois est attachée par les deux bouts la corde H, qui entoure l’arbre C, & lui fait faire un demi-tour dans chaque allée & chaque venue de la piece de bois. Comme les cordes I & K vont &; viennent aussi, elles font glisser l’emboîtage B sur l’arbre Cg & changent les fléaux de place*
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- PLANCHE NEUVIEME.
- Voyez le rapport sur la machine du C. Brun.
- Figure i : vue perspective de Ja machines battre le blé, inventée en Angleterre. Elle consiste en une cage de bois fermée de trois côtés. On la représente ici ouverte de toutes parts ; & même on a rompu quelques-uns des montants , afin de faire voir les pièces de l’intérieur K, table sur laquelle on pose le blé. D, rangée d’anneaux crénelés, de fer fondu. Au travers de ces anneaux passe un axe de fer carré , dont une des extrémités porte une petite roue dentée F. E , cylindre crénelé, de fer fondu , sur lequel pose la rangée
- d’anneaux , & dont l’extrémité d’un des axes porte la petite roue dentée H, qui engraine dans la roue F, & qui est
- recouverte par la poulie ou roue à gorge' G , que porte
- aussi ce même axe. L , boëte fermée dans la partie antérieure par des pièces de fer, mobiles & pressées par des ressorts. B , volant qui occupe le milieu de la cage et qui porte à une des extrémités de son axe la roue à gorge C. À , plan incliné en bois où l’on voit de distance en distance des ouvertures transversales. N , axe carré qui porte la roue dentée M ; est une autre roue de bois à gorge, qui est cachée par la roue M. Cette roue de bois porte une corde qui va passer sur la roue G. O, petite roue dentée qui engraine dans la roue M, & qui est portée sur l’axe de la roue à gorge P , laquelle roue P , porte une corde qui passe sur la roue C.
- La figure x représente une bâtisse composée de 4 forts montants , dont la partie inférieure est assemblée à tenons & à mortaise aux quatre bras d’une croix.
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- Ces quatre montants se lèvent & se munissent ensemble par leur partie supérieure. Cette charpente ainsi assemblée présente l’image d’une pyramide carrée. Cette pyramide est occupée dans sa partie inférieure par une grande roue dentée B, dont l’axe E , ajusté comme on le voit dans la figure, porte à son extrémité supérieure une traverse C , où l’on attache un cheval. La grande roue B engraine dans le pignon D , & fait tourner l’axe A , qui- est la continuité de l’axe N de la première figure. Le cheval, mettant en mouvement la roue B , fait tourner la roue M de la première figure, & la roue à gorge qui est par derrière la roue M , au moyen de l’engrainage , fait tourner la roue P, qui donne son mouvement à la roue C, & par conséquent au volant B. La roue à gorge cachée pat la roue M , fait tourner la roue G , & par conséquent le cylindre crénelé E , qui communique son mouvement circulaire à la rangée D d’anneaux qu’il supporte en même- tems. L’axe carré qui passe dans les anneaux est mû par la petite roue H , qui engraine daus la roue F. Si la machine étant ainsi en mouvement , l’on pose une gerbe déliée sur la table K , en sorte que les épis s’engagent entre le cylindre & les anneaux , elle passera progressivement, & quand elle sera parvenue à déborder la petite table L, les épis, & la paille seront frappés par les ailes du volant qui tourne avec une grande rapidité. Le grain , par ce moyen dégagé de l’épi , coule le long du plan incliné A , & passe au travers par les fentes tiansversales dont il est rempli , tandis que la paille est poussée hors de la machine,
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- TROISIEME SUPPLEMENT
- Pour l’explication des planches.
- PLANCHE DIXIEME.
- Figure, première.
- Plangeométral de la machine à battre , anglaise , vue de face ( voyez les différens rapports , N^s 68 9 6^ 70 , et $ 71 ). D , la rangée d’anneanx. E , le cilindre crénelé sur lequel pose la rangée d’anneaux. C’est entre lui et les a»-neaux que s’engage le bled posé sur la table K de la figure 10, laquelle table n’a point été figurée ici peur de confufion. L, la partie poftërieure de la boëte qui eft vue par devant, & marquée de la même lettre L, pl. y9 fig. 1. F , la petite roue dentée que porte l’axe qui pafie àu travers de la . rangée d’anneaux. D, cette petite roue engraine dans l’autre petite roue dentée ,H que porte l’axe du cylindre crénelé^ E. G . poulie également portée fur l’axe du cylindre E. P, grande roue qui fait mouvoir le volant. O, pignon porté fur l’axe de la roue P, & qui engraine dans la rOue M, portée fur l’arbre N , qui eft 'mis en mouvement' par le cheval j cet arbre N porte aufii la poulie X.
- Figuie i : coupe de la même machiné) vue de coté. B, le volant. C , la poulie portée fur Faxe du volant. D , coupe d’un des anneaux & de l’axe qui les trayerfe. E, cdupe du cylindre crénelé. G, poulie, qui porte le cylindre crénelé. B 3
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- coupe Je la boëte. A, plan incliné le long duquel doit gîis-la paille , & au travers duquel doit passer le blé. K, la table fur laquelle on pofe le blé. P, la grande roue qui fait tourner le volant. M, la roue dentée qui engraine dans le pignon qui fait tourner cette grande roue. X, roue qui communique le mouvement au cylindre crénelé E. on doit remarquer que les lettres dont On s’est fervi pour déligner les pièces de la machiné anglaife , font exactement les mêmes dans les trois figures, & qu’on peut aller d’une figure à l’autre ou l’on retrouve la même pièce fous une autre forme, marquée de la même lettre. Ces deux figures de la planche io , font de huit lignes pour pied.
- PLANCHE ONZIEME,
- Figure i : cadrature nouvelle , répétant les heures & les minutes , de 5 en 5 , fuivant la divilion naturelle du cadran fans quart, & avec un feul marteau ; calibre , 16 lignes. ( Voyez pour cette planche & la fuivante , le rapport du ci^ toyen Sandos-leGendre, p. 337.)
- Figure % : cadrature qui forme les heures & las minutes de 5 en 5, & qui répété à volonté, montre dite en conséquence , à trois parties, Figure 3 : vue de l'intérieur du calibre, avec/ toutes les roues êc le marteau de la sonnerie placée dans la cage. Figure 4 : le grand rochet des heures & des cinq minutes, avec le pignon du rateau , ôc une portion du limaçon divifé en onze parties, qui répond aux 5 minutes. Figure 5* : vue du grand rocliet renverfé des heures & des minutes, joint au rochet intermédiaire de détente, Figure 6 : grand rochet de détente, placé fur la deuxieme roue de fonnerie. Figure 7 : l’encliquetage vu par deffous, qui répond au rochet intermédiaire , adhérant au grand rochet de détente. Figure 8 : le limaçon des 5 minutes $
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- rivé fur te pignon de la chauffée, joint au petit rochet de quatre^ qui leve la détente , marquée A , de la fonnerie.
- DO ÜZIEME,
- PLANCHE
- Figure i : nouveau plan d’une cadrature très-fimple, à répé« tition d’heures, 6c toutes minutes de 5 en 5, à un feui marteau 6c fupreflion des quarts*
- Figure n : cadrature pour une montre à équation, avec plu* fieurs quantièmes.
- Figure 3 : cadrature pour une montre , allant un mois fans être montée.
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- 12
- TABLE ALPHABÉTIQUE ;
- des rapports & mémoires contenus dans ce volume.
- « f. ci 1 K U Swmr' ^
- ÀbtaL Lés lettres C. N. indiquent les rapports faîts: à:Ia convention nationale : les lettres B. C>, .ceux faits au fyu-reap. de consultation des arts : les lettres A. S. ceux faits à la ci -devant académie des scienees : les lettres P. C. , ceux faits au point - central des arts et j^étiers le^, lettrée À*,-,. .çgux :£aifS' a»u d^cee; des-arts, r, : ;
- Agriculture B, C, Sutieres Sarcey , 2}
- Idem , eau destructive des Infectes , idem: , T atin , 9& 9%
- Amélioration des bois, & nouveau JyJlême de confruâion r
- idem, Migneron , *93
- Art du Cordier , idem, Hache y
- Artillerie nautique , idem , Durofel, 4 9
- Item, L, A,- 181
- Bains médicinaux cl vapeurs , B. C , Laugier, il 49
- Bandages mécaniques, idem, Oudet, Al
- Bonneterie g idem , Baftide ' 117
- Item y idem , Rivey , g *ï
- Bougies & amidon, idem, Marchant, 116
- Canon portatif y idem , Auvray , 221
- Cafques en feutres , P. C. Gçrin , , ai j
- Charpenterie B. C, , Fourneau, 73
- Chauffage de fours , idem , Brun , 81
- Cire à cacheter, idem , Graffe , *54
- Corps de femmes, idem y Doffemont, i«37 & 29%
- Cof urnes , idem , Sarrafin , -j 541
- Def'échement des marais , C. N , 3^9
- économie rurale, B. O , Crachet , 141
- étoffes & métiers à gavées , idem , Morel, *37
- étoffes de foie , idem, Paul et, 61
- étoffes chinées en foie, idem , Benoit Richard, SS
- Fabrique d’étoffes, idem , Fouquier , 4a
- V
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- Fabrique de coton, idem > Macloud, tfy et 209
- Fabrication d*étoffes, idem 3 Rivey , 8 y
- Feutrifation de draps * idem, Antheaume , 1 SS
- Filature3 idem, Garnelt, * 174;
- ' Gravure 3 idem Magny^ 3 3
- Item y idem Watel, : 3°3
- Horlogerie , idem y J3£rthoud,’ ’ 34f
- Jtètn j idem .Dîvernois, 109
- Item 3 idem , Hèfferi, 217
- zV^/tz Sandos-le gendre, . 337
- Jiuile à brûler , idem 3 Canalès-oglotr , 67 Ôè 127
- Tnfirumens de mathématiques * idem y Fréville , 29 3
- îtem 3 idem Haupoix, . 58
- ^üém3C, N. Leguin, ? > ^8 i
- 'Übem y B. C, Le noir ^ > 22y
- Ihstrumens de physique, idem j Fortiny 1 y 7
- Jambes artificielles idem y Gûdet j s i
- Lettres en chiffres 3 idem 3 Mayer , 2 $ 1
- Limes, idem, Raoul, * i^y
- Jrifle alphabétique des membres du bureau de confultatlon 3 23
- mécaniques B, C., Mathieu, 28 y
- Loi fur les gratifications & fecoiirs à accorder aux arti(les% 189
- Machine pour apprendre a lire, idem ^ Brun , 81
- Machine à battre le bled> idem 3 Brun, ; 273
- Item 3 idem y Prudon, ;;s 26y
- Machine à nétoyer les toiles, idem 3 Martainboc, 330
- Machine à carder idem 3 Fournier2* y Machines1 j idem Dellié, , . 1 ^49
- Item , idem Thouverez, \ 233
- Machines diverfes 3 idem 3 Mon chaux • 323
- Michines diverfes > idem, Merklein , 1 rainé, 309
- Machines hydrauliques 3 idem 3 Arnoult, 31 3
- Mécanique 3 idem j Berthelot, 13
- Mécanique j idem 3 Charpentier y - ^ ‘ ’ 6g
- Mécanique, idemvJ Delaiande * • Tv , 349
- Mécanique, ildcmè M'ônt-jtecit, 301,
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- Mécanique, À. S, , Pelletier, Mécanique , B* C, , Pelletier,
- 'Mécanique , idem , Ri cher , Mecumque , idem, Charpentier,
- *4
- 57 & 10S 39 57
- 'v ; 69
- Mécanique , idem , zacharie, *69
- Médecine y idem y Blanc, 5 61
- Menu/frie , idem y Lardé , 15(5
- Mefures de capacité( nouvelles ) , Tournant, $5$
- Obfervations fur les travaux du bureau de consultation des arts & métiers, ^
- Optique, idem, Carrochez 9 Optique, idem , Grateloup,
- Optique , idem , Putois,
- Fijlolet à fept coups, idem, Gaffe ,
- Platine de fufil s idem, Feuillet,
- Phyfîque, phénomène dé une explofion dans Pair,
- Poids & mejures, ( commiffion ) ,
- Item , ai i.v du Bureau de confultation aux artiftes ,
- Poudre à tirer , idem , Barthélémy ,
- PoTpqolane faâice, , Dodun,
- Poteries , Lemaffon,
- Satinage y idem , Lebrun, " &
- </ir alkali9 idem , Rolland,
- «SV//c mécanique , zVe/æ , Hébert la plaigniere ,
- Selle ployante , diadique , idem, Perrin ,
- Serrurerie , idem , Georget,
- Serrures de fureté, idem , Koch ,
- Signaux, idem, Boileau,
- Teinture, i</e77z, Dimo ftéphanopolî,
- Toiles métalliques, idem , Perrin ,
- Tonte à* étoffes , idem , Delarche, fils 4 Tourbe , idem, citoyenne Porro ,
- Tricots fourrés y A. S. Mathis,
- Item , 2?. C idem ,
- Vernis de Cire9 idem, Bachelier,
- Fuy /a raifc & ia premier volume^
- i85
- 30
- 3l7
- 3^7
- 15*
- 45
- 13^
- 33$
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- 221
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