La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- France et Colonies : Un an................ 40 îr. I Union postale : Un an..................... 50 fr
- — Six mois................ 20 fr. | — Six mois........................... 25 fr
- Prix du numéro : 1 franc.
- LES QUATRE-VINGT-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DÉCENNALES ( ]8y3—1912)
- — imprimerie Lmiure^ rue de Fleurus. 0.
- Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE-NEUVIÈME ANNÉE 1921 — DEUXIÈME SEMESTRE
- MASSON ET C, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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- 49° ANNÉE. — N° 2465
- 2 JUILLET 1921
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L’AVALANCHE DE LA BRENVA (1920)
- et le Mont-Blanc de P. Helbronner.
- On se rappelle l’émoi propagé par la presse quo- que la calotte du roi de l’Europe n’a pas bougé et
- tidienne, quand elle énonça froidement vers le culmine toujours à 4807 ou 4808.m. (rectification
- Fig. i. — Avalanche du col de la Brenva [2 juillet).
- Le Mont-Blanc et l’arête du Péteret depuis le sommet de la Pointe Helbronner (3462 Ta V). — t/10 du tour d’horizon, Station géodésique de P. Helbronner du g août 1920. Photo prise à 7 h. du matin.
- 25 novembre 1920, que le Mont-Blanc « avait perdu j la tête », par suite de « l’écroulement de son sommet ». Rapidement, les alpinistes, mieux renseignés, surent qu’il s’agissait d’une simple, quoique formidable, avalanche : et nous n’avons pas manqué (n° 2458, 25 déc. 1920) de remettre ce communiqué au point d’après un obligeant renseignement de M. J. Vallot.
- h'Alpine Journal de mars 1921 (n° 222, p. 455), précise, d’après M. E. Mackenzie et J. Brocherel,
- de l’ancien chiffre de 4810) : le phénomène n’eut rien d’anormal et doit être dénommé « l’avalanche de la Brenva ». Il s’est produit en deux fois, lès 14 et 19 novembre 1920; détachant d’énormes masses de roches, neiges et glaces, dé l’arête acérée qui monte du col de Péteret (5984 m.) au Mont-Blanc de Cormayeur (4755); (voir la carte du Mont-Blanc au 50 000e, d’Imfeld et Kurz, du Club Alpin Suisse, 1896).
- L’origine de la chute fut entre 4000 et 4400 m.,
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- 49e Année —' 2e Semestre,
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- 2 .— L’AVALANCHE DE LA BRENVA
- tombant de 2000 m. sur le glacier (italien) de la Brenva, et de2900 m. surleValVeni(enamontd’En-trèves). De part et d’autre de la langue terminale du glacier, les chalets de la Brenva et l’hôtel Purtud (Pertud) furent miraculeusement épargnés par le rebondissement des masses écroulées et par la démolition des séracs du glacier : mais la forêt de Purtud fut en partie emportée, et la vallée de la Doire barrée sur 500 m. Il en résulta un lac temporaire auquel on eut beaucoup de peine à procurer un écoulement artificiel, avant qu’il provoquât une redoutable débâcle.
- En résumé l’avalanche de la Brenva n’a pas causé de sinistre, mais doit être retenue comme un des plus grands, exemples contemporains de la lente, quoique sûre, dégradation des hautes montagnes (v. les photos de Ylllustrazione, italienne, du 12 décembre 1920).
- On repère d’ailleurs très aisément le siège de l’accident dans une splendide publication française, qui vient de paraître : nous saisissons avec empressement cette occasion de la signaler.
- Il s’agit de la planche III (feuille XVIII, le Mont-Blanc vu du Col du Géant), du grand album de vues et panoramas en couleurs du Mont-Blanc par Paul Ilelbronner; nous avons mentionné, en son temps (n° 1986, 17 juin 1906), l’œuvre aussi gigantesque que magnifique, entreprise en 1903 par ce savant géodésien, la Description géométrique des Alpes françaises : le tome Ier (chaîne méridienne de Savoie) a paru en 1911 (Paris, Gauthier-Yillars, 508 p.,5 pl.et 18panoramas ; ceux-ci, isolés ont fait l’objet d’un tirage à part, sans le texte).
- La guerre a, bien entendu, retardé l’apparition du tome II, d’autant plus que l’auteur y reprit alors ses galons de chef d’escadron d’artillerie, troquant vaillamment, au service de la patrie en danger, son théodolite d’alpiniste saris rival contre la jumelle de pointeur aux postes de péril.
- Mais les matériaux vont être à nouveau mis en œuvre pour la continuation du travail mathématique et photographique, qui doit définitivement fixer les nivellements précis de nos sommités alpestres.
- En 15 campagnes (1903-1920, ayant duré 57mois effectifs),M. P. Helbronner a récolté, sur 1280 stations, 6058 points trigonométriques, 10056 clichés photographiques et 500000 lectures de vernier (v. la Montagne du Club Alpin Français, n° 144, janvier 1921). Ces chiffres disent assez éloquemment ce que sera le monument des 12 ou 15 volumes prévus ainsi, pour la plus grande gloire de la géodésie française. Il faut avoir vu de près la collection de carnets annotés sur place, de photographies, et les innombrables registres ou boîtes d’épures et feuilles de calculs pour se rendre compte de l’immensité du labeur déjà exécuté et encore projeté.
- En attendant, et comme annexe (anticipée) du tome II, l’auteur vient d’éditer un chef-d’œuvre d’artiste, pour la joie des yeux et des souvenirs de tous les visiteurs du massif du Mont-Blanc. D’après ses ascensions et photographies de 1891 à 1895 (origine de son œuvre en cours), il a repeint et reproduit en splendides chromophotogravures à quatre couleurs, une représentation qui est une merveille d’esthétique et de science à la fois (Q-.
- En aucun pays, même parmi les grandioses séries de l’U. S. Geological Survey, il n’a encore rien été publié d’aussi somptueux, d’aussi exact en même temps. L’énorme taille de ces planches (dont les 92 cuivres pèsent 400 kg) permet de les contempler de fort loin : et alors on a l’illusion complète d’être au cœur même des glaciers (comme jadis, à l’exposition de 1900, avec le panorama de Schrader, pris du Tacul) ; tandis qu’à la loupe même, le fond photographique traduit fidèlement les caractères géologiques et glaciaires; ils enregistrent et fixent l’état physique du massif à la fin du xixe siècle, document d’inestimable valeur pour l’histoire des futures variations des glaciers.
- Le Mont-Blanc y est présenté sous ses diverses faces, depuis le Mont Maudit (4465 m.), le Col du Géant (5569 m.), le Belvédère des Aiguilles Rouges (2966m.), l’Aiguille du Tour (5545 m.), l’Aiguille du Moine (3412 m.).
- Quant aux 15 feuilles du tour d'horizon complet du sommet du Mont-Blanc, c’est un insurpassable tour de force, tant comme réalisation documentaire, que comme exécution typographique. On se demande avec stupeur comment pareil résultat a pu être obtenu, dans les présentes difficultés de la gravure et de la librairie : car ce panorama mesure 5 m. 90 de longueur (avec un profil-nomenclature en noir).
- Pour tous ceux qui ont eu la joie de réussir, par beau temps, l’ascension (alors facile) du mont célèbre entre tous, ce panorama fait revivre délicieusement l’extase d’avoir, en des instants trop courts, dominé tout entier le « monde des Alpes ».
- Et si jamais, pour complaire aux reporters trop avides de sensationnelles informations, le sommet du Mont-Blanc venait, contre toute vraisemblance, à s’écrouler sous les yeux de l’humanité actuelle, il survivrait dans la figuration splendide de M. llel-bronner : rendons grâces à celui-ci d’avoir si bien couronné notre cime savoisienne, que les journalistes de fin novembre avaient prétendu décapiter.
- De plus belle, elle trône sur l’Europe I
- E.-A. Martel.
- 1. Peser. géométrie] ue, etc. Annexe du tome II. Les origines iconographiques de l’œuvre géodésique, XXIII feuilles en 6 vues et panoramas en couleurs très grand in-fol (66x56). Paris, Gautluer-Yillars, 1921, prix 250 lr.
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- LE CONVERTISSEUR “ S. I. F. ”
- pour charger les accumulateurs sur courant alternatif.
- L’accumulateur, qui, dès avant la guerre, jouait dans les installations d’amateurs ou dans les laboratoires, un rôle important, tend à prendre, un peu partout, depuis le retour de la paix, une place de plus en plus considérable. Maintenant en particulier que les lampes à trois électrodes, aux propriétés si fécondes en applications pratiques, sont entrées dans le commerce et livrées à des prix relativement modiques, les amateurs de T. S. F., et ils sont légion, rêvent tous de remplacer leurs anciens postes à galène, par l’une de ces boîtes mystérieuses, grâce auxquelles, même en haut parleur, on peut enregistrer les émissions les plus lointaines.
- Mais pour donner aux plaques la tension convenable, quoique l’on puisse se contenter de piles, il est cependant préférable d’employer des batteries de petits accumulateurs. Quant au chauffage des filaments, il ne peut pratiquement s’obtenir qu’au moyen d’éléments à gros ampérage.
- Or si les accumulateurs sont des instruments précieux, indispensables, ils entraînent avec eux une servitude coûteuse: il faut les recharger souvent.
- Quand on a le bonheur d’habiter dans un pays desservi par une canalisation de courant continu, rien de plus facile que de rendre soi-même une énergie nouvelle auxbatteries épuisées : deux ou trois lampes convenablement branchées laisseront couler dans les éléments, avec une constance parfaite, comme le fait un robinet pour l’eau, la quantité d’électricité nécessaire. Mais le plus souvent, à cause en particulier des nombreux avantages qu’il présente pour son transport économique au loin, c’est du courant alternatif qui circule dans les fils dont sont surmontées nos maisons ; et alors adieu la recharge : il n’y a d’autre ressource que de confier ses accumulateurs à des industriels disposant d’un groupe électrogène, mais chez lesquels on prend souvent si peu de soin, pour un travail en somme délicat, qu’il y a tout lieu de trembler pour la vie de ses chères batteries.
- Personne, en effet, n’ignore que la durée des accumulateurs, dont le prix d’achat est en ce moment si élevé, est intimement liée aux précautions que l’on apporte soit à les manier, soit surtout à les recharger.
- Fig. i.
- Schéma du convertisseur S. I. F.
- Il existe plusieurs genres d’appareils qui, branchés sur le courant alternatif, permettent de recueillir aux bornes de sortie un courant redressé. Il y a la soupape éleclrolytique, que plusieurs appellent en souriant « un appareil pour faire bouillir de l’eau»; il est de fait que pour les charges prolongées, cet instrument est loin d’être pratique. Il y a les soupapes électriques à vibreur, de construction robuste et fonctionnant très bien ; mais l’une des phases du courant du secteur est ordinairement perdue pour la charge et cependant il faut la payer, puisqu’elle agit quand même un peu sur le compteur ; sans compter que le réglage de la lame vibrante est assez délicat si l’on veut éviter complètement les étincelles, et qu’en service, il se désaccorde toujours un peu. Il y a aussi les lampes à vapeur de mercure (i); mais on n’a pu jusqu’à ce jour réaliser des modèles à bon rendement au-dessous de 400 à 500 watts ; puis leur maniement exige certaines précautions, car elles sont encore fragiles et coûtent passablement cher. Il est vrai qu’on vient de mettre au point des redresseurs à vide d'air, parfaitement statiques, dits Tunyar (-), composés, comme les lampes employées en T. S. F., d’une plaque et d’un filament dans une atmosphère d’argon; ces ampoules paraissent fort intéressantes;
- 1. Voir dans La Nature du 18 décembre 1920, II. Viune-nox. Les redresseurs à vapeur de mercure de grande puissance, p. 390-395.
- 2. Voir dans La Nature, du 12 juillet 1919, A. Tboller. Un nouveau redresseur de courant alternatif Le Tuttgar, p. 50-32.
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- Représentation du courant alternatif.'.; II. Le collecteur et ses frotteurs.
- Fig. 2. — Le mécanisme de redressement.
- III. La distribution-..
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- : LE CONVERTISSEUR S. I. F.
- malheureusement la désagrégation électronique du filament, qu’entraîne son fonctionnement, met assez rapidement l'instrument hors d’usage, or le coût actuel d?un Tunyar est au moins de 80 francs; quant au rendement, il n’atteint pas 50 pour 100, ce qui est encore faible.
- Malgré donc toutes ces tentatives, toutes ces recherches, toutes ces réalisations, en raison des défauts qu’elles n’ont pu éviter, on entend chaque jour les nombreux amateurs aussi bien que les industriels que la question intéresse, réclamera tous les échos un bon redresseur de courant.
- C’est pour répondre à ces désirs qu’a été réalisé le Convertisseur S. I. F.
- Ce nouvel appareil se recommande tout spécialement et par le nom de son inventeur, et par ses qualités techniques, et par le soin apporté à sa construction.
- M. R. Barthélemy n’est pas un inconnu pour les nombreux radios qui dans les derniers mois de là guerre, ont été employés dans les laboratoires de l’Établissement Central du matériel radiotélégraphique (Fi. C.
- M. R). Ils se souviennent certainement du sapeur modeste qui, en peu de temps, conçut et mit sur pied un ingénieux dispositif, sur lequel nous nous proposons de revenir bientôt, qui devait remplacer, dans- les postes de T. S. F. à ondes entretenues de la zone des armées, les nombreuses et lourdes batteries destinées à charger les plaques des lampes, en vue de l’émission : six éléments de 60 AH, répartis en deux boîtes, devaient suffire à tout, c’est-à-dire fournir directement aux filaments les 4 ou 6 volts nécessaires au chauffage et indirectement à travers le « convertisseur », les 320 volts requis pour le courant filaments-plaques. Tous les détails en avaient été calculés avec soin, au moyen des formules courantes ; et le premier appareil d’essai, que nous vîmes fonctionner au Champ de Mars, réalisait toutes les espérances, au moins au point de vue du rendement.
- Il s’agissait alors de transformer du courant continu en courant coupé, pour lui permettre d’agir surun transformateur-élévateur 12volts—320 volts, puis de redresser le courant haute-tension sortant du secondaire avant de l’envoyer aux lampes.
- Cette fois le problème était inverse : il s’agissait de faire agir le courant alternatif du secteur sur un transformateur-abaisseur approprié aux exigences du demandeur, puis d’envoyer à chacune des bornes
- de sortie du circuit secondaire toujours et sans faute l’alternancede même sens, et cela d’une façon aussi nette que possible. Il fallait de plus ne prendre au secteur qu’une quantité réduite, tout en distribuant aux accumulateurs un ampérage élevé.
- Voici comment M. Barthélemy a résolu d’une façon nouvelle ce problème difficile et déjà ancien.
- Comme le représente le schéma de la figure 1, Je courant 110 volts alternatif de distribution est envoyé dans le primaire P d’un transformateur-abaisseur T. Le secondaire S aboutit directement à deux frotteursen charbon, à pression réglable, m, b, qui, au moyen de deux bagues de cuivre rouge, transmettent le courant induit au rotor II d’un petit moteur synchrone.
- L’excitation est provoquée par une bobine plate E, tangente au rotor par l’un de ses' bords; elle est en effet parcourue par une fraction du courant de la batterie à charger, ce qui fait qu’une erreur de sens dans les connections n’a pratiquement aucune importance.
- La transformation du courant alternatif en courant continu, ou plutôt redressé a lieu au moyen de deux balais spéciaux c, d, frottant sur un collecteur conçu comme le représente la figure 2. Les deux bagues extrêmes AB
- big. 3. — Ensemble du redresseur ; le capot a été enlevé pour dégager la vue des organes.
- sont les bagues d’amenée du
- courant qui sont reliées, comme nous l’avons dit, l’une B à l’entrée isolée de l’enroulement du rotor, l’autre A, par la masse, à la sortie de ce même circuit. Entre deux se trouvent 4 lames rectangulaires : deux grandes c'd', reliées par un léger tenon e, h, à l’une des deux bagues extrêmes ; deux petites E, F (F, invisible ici, se trouve de l’autre côté de la figure), complètement isolées, dont le rôle est tout simplement d’éviter que les frotteurs c, d, ne viennent toucher simultanément les lèvres des deux secteurs actifs c' d. Il est facile de comprendre que, dans ces condition?, le courant se; répartira de la sorte: toutes les de mi-périodes positives seront recueillies par exemple par le frotteur d, tandis que les demi-périodes négatives seront recueillies par le frotteur c. Le courant recueilli aux bornes CD sera donc pratiquement ducourant continu et l’on pourra y brancher des accumulateurs. .
- On remarquera en H (fig. 1) une self à noyau magnétique, dont le rôle, très important, constitue l’originalité et le mérite du Convertisseur S.I.F.Dans les appareils similaires, en effet, que l’on a tenté de
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- réalise^ et qui sont décrits dans quantités de brevets, il est indispensable de décaler les balais au fur et à mesure de la charge, ce qui est très peu pratique et complique de plus les détails de construction. Ici il n’y aura rien à retoucher en cours de travail et par suite la surveillance sera nulle. C’est que la self H, convenablement saturée par le courant de charge, offre, pour des variations de ce courant, des variations de perméabilité qui font automatiquement varier la phase de la partie alternative du courant redressé. Et ainsi ce déphasac/e électrique rend complètement inutile le décalage mécanique des balais.
- Il est bon enfin de faire remarquer que la charge se faisant à potentiel constant, il arrivera que le courant de charge deviendra pratiquement presque nul quand la | batterie sera complètement chargée, et l’appareil alors tournera à vide. Aussi un simple ampèremètre, intercalé dans le circuit des accumulateurs, informera à tout moment de l’état de la charge et surtout de sa fin.
- Telles sont, dans ses grandes lignes, les caractéristiques du Convertisseur S. I. F.
- Sa réalisation ne laisse rien à désirer. Tous les organes sont montés sur un panneau en chêne verni mesurant 555x245 mm (fig. 5) et sont enfermés sous un capot à volet muni de trous d’air pour faciliter le refroidissement. Le courant alternatif est amené aux deux bornes supérieures de gauche; de là il est dirigé, à travers un interrupteur et un fusible de sécurité, dans le primaire d’un gros transformateur statique que l’on voit au milieu. C’est un transformateur à circuit magnétique fermé, dont les bobinages primaire et secondaire sont également répartis sur les deux branches. A côté se trouve la self de déphasage, au-dessous de la manette qui permet de couper ou de mettre en charge la batterie d’accumulateurs branchés au deux bornes supérieures de droite.
- Tout le bas est occupé par le petit moteur synchrone dont le socle et les paliers sont en aluminium: c’est une pièce particulièrement réussie (fig. 4). Le rotor monté sur roulements à billes à
- Fig. 5. — A gauche, vue d’ensemble du tableau de charge qui complète le redresseur; à droite, schéma des connexions.
- Fig. 4. — Détails du petit moteur synchrone, avec la manivelle indispensable pour le lancer.
- double rangée et à rotule, porte à gauche, sur un tambour en ébonite, les deux bagues alternatives et les deux lames de redressement ; les balais correspondant aux bagues sont fixés à demeure sur le bâti, tandis que les balais du redresseur sont vissés sur une plaque articulée, ce qui permet de leur donner exactement la position convenable; l’enroulement du rotor est à navette, comme sur les magnétos ; il est surmonté de la galette d’excitation. Un double engrenage à grande multiplication permet, à cause de l’excitation bien choisie, d’accrocher le moteur, après 3 ou 4 tours de manivelle; un débrayage automatique libère aussitôt la roue d’entraînement et le moteur continue son mouvement régulier à raison de 5000 tours par minute.
- . Ce convertisseur est avantageusement complété par un petit tableau de charge (fig. 5) qui mesure 160 X 200 X 65 mm. Il est composé d’un ampèremètre avec zéro au milieu, gradué de 0 à 20 ; d’un disjoncteur polarisé fonctionnant pour un retour de 0(5 à 1 ampère, avec boulon d’enclenchement; d’un rhéostat à trois plots pour charger convenablement des batteries de faible capacité et enfin de 6 bornes de branchement : celles d’en haut, à gauche, sont reliées aux deux bornes de charge du convertisseur; celles de droite sont reliées aux accumulateurs, celles d’en bas permettent de brancher la batterie, même pendant la charge, sur les appareils d’utilisation : l’ampèremètre indique alors le courant résultant dans la batterie.
- Il a déjà été construit plusieurs séries de convertisseur S. 1. F. : 4 volts 12 ampères; 6v. 8 a. ; 12v. 8 a. ; et 24 v. 4 a. Un modèle spécial a même été prévu pour la charge des batteries de 40 à 80 volts de T. S. F., au régime de 0a,5. Dans ces appareils il n’y a plus de transformateur, mais une simple lampe, pour abaisser la tension.
- Nous employons, depuis quelque temps, l’un de ces convertisseurs ; le fonctionnement est parfait, le rendement est excellent, puisque, à pleine charge, il atteint 70 à 80 pour 100, ce qui est considérable pour un appareil dont la puissance utile normale est de.60 à 80 watts. RENÉ Di]B0SQ>
- Professeur de Sciences,
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- L’AURÉOLE MARINE
- A la veiHje de l’estival exode vers nos côtes ensoleillées, faisons part au lecteur d’un phénomène qui distraira un instant ses futures promenades et qui lui permettra d’intriguer parfois la compagnie. Nous n’avons trouvé ce phénomène consigné nulle part, évidemment non plus son explication.
- Un de nos amis, plus poète qu’homme de science, à qui nous le faisions admirer, en trouva une interprétation qui amusa beaucoup l’assistance. Dépourvue de toute valeur scientifique, cette explication aide trop à - illustrer le phénomène pour que nous la passions sous silence. Tournez le dos au soleil, ayant devant vous une eau profonde presque calme, Apollon ne tardera pas à se venger de l’incorrection dont vous vous rendez coupable envers lui et il criblera aussitôt votre nuque des flèches d’or de son inépuisable carquois. Celles-ci frappant tête obstinée rejailliront brisées en tout sens. L’air subtil les dérobe à votre vue, mais vous en verrez l’image répétée au sei n profond d’Ampbitrite. Votre ombre projetée dans l’eau s’ornera en effet d’une lumineuse auréole dont les rayons iront s’irradiant au loin sous les ondes, comme si l’ombre de votre tête était un vrai phare sous-marin.
- Un autre prétendit que les sirènes tentaient ainsi leurs élus en les canonisant avant de les appeler dans leur Paradis. Ces fantaisies poétiques eurent le mérite de définir les apparences du phénomène mieux que toute description. Nous croyons en avoir trouvé une explication qui quoique simple ne s’offre pas immédiatement à l'esprit.
- D’où peuvent provenir, en effet, ces longs rayons issus sous l’eau de l’ombre de la tête et qui tournoient autour d’elle comme une flamboyante auréole?
- Nous avons remarqué d’abord que plusieurs conditions doivent se trouver remplies pour que ce phénomène éclate dans toute sa pureté. Il faut d’abord que vous ayez dans le dos un soleil vif qui projette votre silhouette dans l’eau. Cette eau doit être profonde et légèrement trouble, rendant le fond invisible.
- Troisième et essentielle condition : la surface de l’eau doit être assez calme, non tout à fait calme, mais à peine agitée d’un léger clapotis. C’est dans ces conditions que votre chef sera auréolé d’un merveilleux panache.
- Notre explication rend bien compte de toutes les modalités du phénomène. La voici :
- Les rayons du soleil arrivent parallèles entre eux à la surface de la mer. Là ils se réfractent et pénètrent dans l’eau profonde. Mais cette réfraction n’a pas laissé les rayons dans leur ordre primitif.
- Elle les a groupés en faisceaux comme le ferait un vaste filet dans chaque maille duquel serait adaptée une
- petite loupe, convergente ici, divergente à côté, convergente plus loin et ainsi de suite.
- C’est qu’en effet la surface de la mer même calme n’est pas absolument plane comme une eau dormante. Dans l’état où nous la considérons elle est un peu agitée et il existe, superposé aux longues ondes visibles qui viennent clapoter conlrc la digue, tout un résea'u d’ondulations de plus petite amplitude. C’est ce réseau secondaire qui joue le rôle du filet tapissé de lentilles dont nous avons parlé. Chaque petit monticule d’eau fonctionne en effet vis-à-vis des rayons solaires comme une lentille convergente; chaque dépression au contraire fonctionne comme une lentille divergente.
- Les monticules convergents rassemblent les rayons | en longs pinceaux qui vont éclairer les poussières en j suspension dans l’eau. Les dépressions divergentes éparpillent au contraire les rayons qui tombent sur elles, et I l’eau sous-jacente paraît obscure. De ce fait , chaque pinceau lumineux est entouré d’une zone sombre qui le rend par contraste éminemment visible à l’observateur.
- Mais, dira-t-on, tous ces pinceaux lumineux sont parallèles entre eux, puisqu’ils proviennent de rayons incidents parallèles que la réfraction a tous brisés à peu près du même angle.
- Sont-ce bien là ces aigrettes lumineuses qui vont s’irradiant de l’ombre de la tête comme d’un phare sous-marin? Pourquoi pas. Songez donc aux lois de la perspective : n’avez-vous pas vu de ligne de chemin de fer toute droite avec ses rails qui semblent se réunir à l’horizon où votre œil les suit?
- Nos pinceaux lumineux se comportent comme eux ; parallèles en réalité, ils sont vus convergents en perspective conformément à la loi que nous venons de rappeler.
- Cette loi nous renseigne de plus sur le centre exact de leur couvergence : celle-ci doit se faire au point du tableau où passe le rayon visuel parallèle aux pinceaux considérés. Si un rayon de soleil pouvait à travers notre tête passer par notre œil, il tiendrait lieu de rayon visuel satisfaisant à la condition indiquée. C’est donc dans l’ombre de notre tête que sera le centre de convergence des pinceaux lumineux ; c’est près d’elle qu’ils seront particulièrement serrés et qu’ils donneront l'impression d’un véritable flamboiement.
- Que l’eau dorme ou que trop elle s’agite, l’auréole disparaît comme la cause qui la produit.
- | Elle fuit la tempête et le calme plat, précurseur de j l’orage. En météorologie elle est sœur du beau fixe. Aussi souhaitons-nous à nos lecteurs de l’observer souvent.
- Pu. FaDRE.
- LE LABORATOIRE DE POLICE SCIENTIFIQUE DE PARIS
- et les nouvelles méthodes d’expertise judiciaire.
- Si le nombre des assassins, des voleurs et des faussaires augmente, sans cesse, si leur intelligence dévoyée perfectionne, chaque jour, leurs armes redoutables et leur tactique diabolique, la police et les experts judiciaires savent maintenant riposter du tac au tac. Aussi rusés que le « gibier de potence », courageux et très au courant des nouvelles méthodes
- de recherches scientifico-policières, les premiers dépistent et arrêtent les malandrins en risquant parfois leur vie. Les seconds parviennent à identifier soit les criminels, soit les actes délictueux, à l’aide d’opérations préliminaires commencées d’abord sur les lieux du crime par des spécialistes habiles et surtout grâce à des séries d’examens qu’ils poursui-
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- LE LABORATOIRE DE POLICE SCIENTIFIQUE DE PARIS
- vent ultérieurement, à tête reposée, jusque sur les moindres traces recueillies en cours d’enquêtes.
- Le Service de T identité judiciaire, créé en 1885, par Alphonse Bertillon, ne se proposa pendant longtemps que d’identifier les récidivistes au moyen de mesures anthropométriques et de clichés photographiques. Puis sur la demande des parquets, le portraitiste attitré de MM. les Apaches, se changea en reporter-photographe d’un genre spécial. Bertillon et ses acolytes allèrent photographier au dehors les endroits témoins des attentats criminels ou relever sur place les empreintes digitales aux fins d’études.
- Petit à petit, l’horizon du « bertillonnage » s’élargit et le modeste atelier de mensurations humaines finit par se transformer en un Laboratoire de police scientifique, devenu très important depuis qu’un chimiste aux idées originales, M. Bayle, préside à ses destinées. Ce technicien a su donner, en effet, une orientation nouvelle aux méthodes d’expertise judiciaire, dont nous allons montrer l’extraordinaire précision !
- Pour rédiger un rapport destiné à éclairer la religion des juges, cet analyste et ses collaborateurs ne disposent, la plupart du temps, que de traces infinitésimales, de quelques gouttes d’un liquide suspect, d’une tache imperceptible, de minuscules débris de vêtements, d’un brin de cheveu ou d’une parcelle de tissu organique! Si un criminel a touché à quelque objet dans la pièce où il a accompli son forfait, les empreintes qu’il y laissa rendront son identification très! aisée. Si un escroc a modifié la simple date d’un bon de la défense nationale au moyen de réactifs chimiques, la différence de conductibilité électrique entre un coin lavé et une
- Fig. 2. — Appareil construit sur les indications de M. Bayle pour photographier à l’atelier les objets portant dés traces [digitales.
- Fig. i . —Mallette employée par le Service de l’identité judiciaire pour le transport des objets sur lesquels se trouvent des empreintes digitales.
- partie intacte du document révélera son trucage! En procédant à l’étude micro-photographique d’une poussière prise sur une hache, on pourra certifier que le prévenu a essuyé l’instrument non avec un morceau de journal trouvé à proximité mais avec un chiffon, ' que cette hache a seulement découpé un morceau de porc saléet n’a tué personne.De leur côté, les rayons ultra-violets indiqueront si des cachets de cire apposés-sur un chargement postal ont été maquillés tandis que l’analyse spectrale d’une minuscule tache de peinture', relevée sur des lacets de souliers, démontrera sans contestation possible, que le traître Almereyda se pendit dans sa cellule!
- Mais avant de grimper jusque sous les combles du Palais de Justice où les experts du Laboratoire de police scientifique accomplissent leur labeur quotidien, dans des locaux bien indignes de leur science et de leur ingéniosité, accompagnons les agents de la section technique dans une de leurs expéditions.
- Un crime vient d’être signalé à un commissariat de quartier ou à la direction de la police judiciaire. Sur un appel téléphonique, une brigade mobile de la section technique (composée généralement de 5 photographes, d’un spécialiste de la recherche des traces digitales et d’un dessinateur) part immédia-terneqt en campagne. Une fois arrivés sur les lieux, ils vont récolter les traces laissées par l’assassin, en procédant à ces diverses opérations, de façon méthodique, selon un formulaire étudié tout exprès et dont voici les principales règles.
- L’un des investigateurs examine la serrure avant d’entrer, indique l’étage tandis que ses collègues photographient l’ensemble de la pièce du crime et le cadavre.
- Pendant ce temps, le dessinateur relève le plan de l’immeuble ou de l’appartement. Dans l’examen du corps de la victime, on recommande au personnel de décrire le désordre dans les vêtements, les ntacu-‘ latures singulières du linge, de prélever cheveux ou poils en indiquant fendroit exact, de noter la cause apparente de la mort avec les particularilés intéressantes, etc. Rien n’est laissé au hasard dans le
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- Fig. 3.
- Empreintes grossies du pouce droit de l'individu soupçonné.
- formulaire que nous ne saurions analyser plus longuement. Qu’il nous suffise de noter la singulière précision des détails pour le relevé des taches de sang (faire sur place les réactions de la peroxydase, localisation, énumération des formes à noter telles que gouttes, giclures, mares, traînées, essuyures, recherches des matières étrangères comme les cheveux, poils, la matière cérébrale, les fragments d’os, etc., etc.).
- Les empreintes digitales ou traces que laisse le contact des doigts sur une surface lisse constituent effectivement aujourd’hui le procédé le plus infaillible d’identification des coupables, car il n’existe pas, dans le monde, deux doigts humains possédant des dessins épidermiques semblables. En conséquence, les enquêteurs doivent examiner avec soin les meubles, les vitres,,les verres, les bouteilles ou les papiers qu’a pu toucher le criminel. Mais pour enlever toutes ces pièces à conviction, il leur faut les saisir par des endroits où le délinquant n’a pu mettre la main.
- S’agit-il d’une bouteille, on la prend en plaçant l’index droit dans le goulot et les autres doigts dans le fond sans en poser aucun sur les côtés du récipient. Pour manipuler un débris de vitre, on le saisit par ses bords tranchants, en évitant de le maintenir par ses surfaces planes, tandis qu’on déplace un verre à boire en mettant les quatre doigts
- sous le fond et le pouce sur le bord ou inversement de façon à ne pas toucher son.pourtour.
- Pour transporter les objets porteurs d’empreintes digitales jusqu’au laboratoire, le service technique a fait construire une petite mallette (fig. 1) dans laquelle on peut assujettir les débris de vitres entre des écrous à gorges coulissant sur des glissières, les bouteilles ou les verres au moyen de vis et de tasseaux destinés à les immobiliser afin d’empc-cher tout frottement des surfaces revêtues des authentiques « signatures » du criminel. Lorsque les traces digitales se voient sur des murs, une glace d’armoire, un coffre-fort, ou des meubles intransportables, on les relève sur place de la manière suivante. Après avoir coloré l’empreinte, soit en y projetant de la céruse (carbonate de plomb), si elle se trouve sur fond noir, soit de la céruse sulfurée, si elle se dessine sur fond blanc, on enlève l’excès de poudre avec un pinceau très fin puis on la photographie, à moins qu’on ne la décalque à l’aide d’un papier gélatiné spécial.
- Quittons à présent les lieux du crime où les agents de la section technique ont faituneamplemoisson de pièces diverses, destinées à identifier l’assassin, à éclairer les circonstances du drame, à rechercher I ses complices, à aider en un mot la justice à dresser l’acte d’accusation. Nous allons donc voir mainte-
- Fig 4.
- Traces recueillies sur un coffret et reconnues, identiques aux empreintes de la fig. 3.
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- Fig. 5. — Verso d’une enveloppe munie de ses 5 cachets . , Fig. 6. — L'enveloppe de la fig. 5
- de cire intacts et telle qu'on l’envoya au Lato-atoire après dissolution des cachets
- de police scientifique. dans un mélange benzo-alcoolique.
- nant comment le Laboratoire de police scientifique de Paris utilise tous les matériaux que lui apportent les expéditions de la brigade mobile ou que lui envoient les parquets aux fins d’expertise.
- Les traces digitales, supportées par des objets de toutes sortes sont peu visibles. Aussi pour les photographier à l’atelier, M. Bayle a fait construire un appareil spécial, figuré ci-contre (fig. 2). La chambre et le porte-objet sont montés sur des alidades pouvant tourner elles-mêmes autour d’un plateau. L’éclairage comprend 2 lampes à azote (Philips) de 2000 bougies chacune. Grâce à ce système de bras tournants, on oriente à volonté, par rapport à la source lumineuse, la place des empreintes, qui viennent alors se peindre très vigoureusement sur le verre dépoli de la chambre photographique. Les images obtenues fournissent des témoignages irrécusables.
- Voici, par exemple, les empreintes agrandies du pouce droit de l’individu soupçonné (fig. 5) et à côté les traces recueillies sur les lieux du crime et agrandies également (fig. 4). La comparaison de ces deux documents montre 18 points topographiques de ressemblance entre les deux empreintes, c'est-à-dire, en définitive, leur parfaite concordance. La statistique offi-
- Fig. p. — La même enveloppe photographiée par transparence après décollage de ses plis.
- Ce document montre . traces de l’étïraction et indique que la violation a eu lieu avant l’apposition des]cachets.
- cielle ci-dessous prouve d’ailleurs l’intérêt de la méthode qui, l’an dernier, amena l’identification et l’inculpation formelle de 123 criminels.
- Année 1920.
- Appels adressés à la Section spéciale. 1.205 Nombre de traces digitales recueillies sur les lieux du crime... 2.282
- Rapprochements effectués .... 122.205
- Total des clichés développés. . . . 4.582
- Total des épreuves tirées........ G. 788
- Malfaiteurs retrouvés au moyen des
- empreintes digitales........... 123
- Le personnel technique procède donc, le plus rapidement possible, à l’examerr des traces rapportées. On en communique le résultat aux enquêteurs dans une réunion quotidienne, tenue sous la présidence du Directeur de la police judiciaire; les commissaires de quartier et les inspecteurs principaux de la Sûreté, ainsi que les inspecteurs principaux des
- Fig. 8.
- La microphotographie des raclures recueillies sur cette hache montra que l’inculpé avait essuyé l’instrument avec un chiffon et non avec un journal.
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- Fig. 9. — Fibres de coton observées dans les taches de la hache (fig. 8) et colorées en rose par le réactif de Selleger. Grossissement 3ooo diam. environ.
- Fig. 10. — Fibres de bois recueillies sur un objet essuyé avec un journal et grossies
- 3 000 fois environ.
- divers districts prennent connaissance des rapports qu’on y apporte.
- Mais là ne se borne pas l’activité de l’atelier de photographie qui, aménagé par Bertillon (a), possède un certain nombre d’instruments de précision servant à la reproduction des documents ou des objets les plus divers et pour certaines recherches d’optique physique. C’est en somme l’annexe du laboratoire de police scientifique où s’achèvent les expertises technico-judiciaires. A côté d’analyses microspec-trographiques, chimiques ou bio-chimiques, basées sur des réactions connues comme la détermination des taches de sang, M. Bayle y a récemment mis au point un ensemble de méthodes générales propres à l’identification des taches. Afin d’illustrer cette technique originale, choisissons quelques exemples typiques d’affaires criminelles qu’elle permit d é-claircir.
- Voici une enveloppe munie de 5 cachets de cire (fig. 5) et telle qu’on la confia au Laboratoire. Ce pli devait renfermer 25 000 francs en billets de banque, mais lorsque son destinataire l’ouvrit, il ne contenait 'que du papier d’emballage! En l’espèce, le rôle d’expert se bornait à circonscrire le plus possible les recherches du juge d’instruction en étudiant les traces que le vol pouvait avoir laissées sur cette pièce à conviction. Comme les cachets apparaissaient absolument intacts, M. Bayle les dissout dans un mélange benzo-alcoolique (fig. 6). Il vit alors que le papier ne portait aucune trace de déchirures à leur endroit : par conséquent, le voleur ne les avait pas soulevés. Continuant ses investigations, il plongea l’enveloppe dans l’eau, de façon à en décoller les différentes parties qu’il déplia pour photographier leur ensemble par transparence. Là se trouvait la clef du mystère. Une partie de bande arrachée par l’instrument du viol à la chair dii papier, restait collée sur l’autre côté du pli (fig. 7). En outre, l’enveloppe portait, en un point de cette déchirure, une petite parcelle de cire; donc quand
- 1. Il ne faut pas confondre cet atelier avec le service de signalement anthropométrique où s’exécutent, à l’aide d’appareils ordinaires, les portraits (profil et face) des inculpés.
- on l’avait scellée, l’effraction existait déjà. Comme, d’autre part, l’enquête put. établir le moment où l’on avait apposé les cachets, on en déduisit que le vol avait eu lieu à la maison expéditrice et dans le cabinet de tel employé.
- Belatons un autre cas que la microphotographie résolut encore, mais cette fois négativement. Un parquet envoya une hache tachée (fig. 8) au laboratoire et demanda qu’on lui dise si elle avait été essuyée par un chiffon ou un papier-journal. En détachant à la loupe, de la surface de l’instrument, quelques brindilles retenues par les stries de l’acier, et en les colorant avec le réactif de Selleger (nitrate de calcium iodé), puis en les examinant sous un grossissement de 800 diamètres environ, on les distingua aisément. Les fibres de coton apparaissent roses (fig. 9), celles du papier-journal (qui se fabrique avec de la pâte de bois) sont jaunes; de plus, les formes des premières diffèrent nettement de celles des secondes (fig. 10). Comme un assez grand nombre de prélèvements
- Fig. n. —Photograph e à la lumière ordinaire a’un bon de la Défense nationale suspect.
- La date effacée par le faussaire, reste invisible et le document paraît normal.
- du même bon de la Dépense nationale.
- Les régions lavées se distinguent à l’œil des parties intactes par une fluorescence différente, que la plaque n’a pas enregistrée, mais qui révèle à l’investigateur l’endroit des manipulations du faussaire. La date primitive « 25 août 20 » effacée par ce dernier a réapparu.
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- Fig. i3. — Appareils du Laboratoire de police scientiphique pour photographier un document sous les rayons ultra-violets afin dé faire apparaître les falsifications invisibles en lumière ordinaire.
- examinés offraient les caractères des fibres de coton, le rapport put conclure que la hache avait été essuyée avec un chiffon et non avec le journal de l’inculpé. Enfin, chose beaucoup plus importante pour innocenter le prétendu criminel, l’analysé ne révéla aucune trace de sang mais seulement une crasse humide renfermant 80 pour 100 de sel marin. L’instrument suspect n’avait tué personne : il avait simplement servi à découper un jambon salé!
- Les rayons ultra-violets permettent aussi de reconnaître certaines falsifications d’une manière très précise. Au laboratoire de police scientifique, on se sert, pour ces manipulations, de la lampe à vapeur de mercure Henri George, qui fournit une source très puissante de radiations ultraviolettes. On l’enferme dans une lanterne étanche et munie d’un écran constitué par un verre spécial opaque à la lumière visible mais transparent pour l’ultra-violet. Comme on le sait, certains corps, tels le sulfate de quinine, l’azotate d’urane ou le platino-cyanure de baryum plongés dans le rayonnement invisible émis par une telle source, deviennent fluorescents tandis qu’une tache de sang, par exemple, reste obscure. Mettant à profit ces propriétés, M. Bayle a eu l’idée de les employer comme moyen de détection. 11 suffit, en effet, d’examiner en ultra-violet une petite parcelle d’un corps, susceptible de devenir luminescent sous l’action de ces rayons pour l’identifier sans la détruire. Quoique la technique de cette nou-
- velle méthode ne soit pas encore complètement fixée, voyons les résultats qu’elle a déjà permis d’obtenir dans une expertise retentissante. Un million de Bons de la Défense nationale déjà remboursés furent volés au Trésor français. Le faussaire avait lavé les dates manuscrites et en les remplaçant par de nouvelles les présenta une seconde fois au remboursement.
- M. Bayle photographia l’un de ces Bons en lumière ordinaire (fig. Il), puis il imagina d’en prendre un autre cliché en ultra-violet et immédiatement la date effacée 25 août 20 apparut (fig. 12). On remarque que l’estampille du paiement « 25 décembre 1920 » apposée avec une encre grasse non fluorescente sous les radiations ultraviolettes a disparu également. Pour prendre les clichés de ce genre, on utilise l’appareil photographique Bertillon qui, grâce à un système d’engrenages commandés par des leviers, rend très facile l’orientation de la plaque et du document (fig. 15). On éclaire ce dernier au moyen de 2 lanternes à ultra-violet, disposées symétriquement de part et d’autre de la chambre photographique. Une cuve interposée entre l’objectif et l’objet à photographier absorbe les rayons ultra-violets réfléchis par le document et ne laisse parvenir à la plaque que la fluorescence excitée.
- D’autre part, pour préciser les circonstances du vol, le juge avait demandé au laboratoire d’établir la complicité entre l’individu chez qui on avait trouvé la liasse des Bons de la Défense nationale et un de ses complices présumé, au domicile duquel
- T1ig. 14. — Opérateur mesurant la conductibilité électrique d’une solution à l’aide du dispositif de M. Bayle.
- Il déplace un curseur glissant sur un fil de platine, tendu le long d’une règle divisée, jusqu’à ce qu’il n’entende plus aucun son dans le téléphoné. A ce moment, la résistance cherchée égale la résistance connue qu’on lui oppose.
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- Fig. i5. — Thermostat et soit moteur électrique. Les électrodes annulaires plongent dans le récipient.
- on avait saisi un paquet de papier buvard parsemé de taches. Y avait-il identité entre la substance ma-culatrice et la solution qui avait servi à laver les Bons? En d’autres termes, à un moment donné, ces buvards s’étaient-ils trouvés en contact ou dans le voisinage immédiat des Bons? Le problème, on le voit, présentait des difficultés insurmontables par les méthodes chimiques ordinaires, puisqu’il fallait non seulement pouvoir affirmer leur identité absolue, mais donner des chiffres figuratifs capables de s’appliquer à un seul et même liquide provenant d’une seule et même bouteille. M. Bayle résolut la question de façon très élégante, en s’adressant à Y électro-chimie. Sa méthode repose sur les considérations suivantes, très simples en principe. Quand on réalise un circuit comprenant un accumulateur, deux lames de cuivre plongées dans un vase plein d’eau et une sonnerie, cette dernière fonctionne seulement si on jette un peu de sel marin dans le liquide. La quantité d’électricité qui passe entre les deux lames, peut servir à mesurer le poids de sel ou substance électrolysable introduite dans le bain et croît très vite en proportion des doses salines ajoutées. Le sagace analyste utilisa donc un dispositif expérimental (fig. 14), susceptible d’apprécier de très minimes intensités électriques et de déterminer, par le fait, des teneurs infinitésimales de substances électrolytiques. Dans cette sorte de pont de Wheats-tone, à la résistance à évaluer, on offre une résistance variant de quantités connues et aussi faibles que l’on désire, grâce à un curseur se déplaçant le
- long d’un fil de platine de 1 mètre de long, soigneusement calibré et tendu sur une règle portant des divisions de 1 millimètre. Une petite bobine d’induction, actionnée par une batterie d’accumulateurs produit le courant alternatif et très rapide nécessaire pour les observations. Le silence du téléphone, introduit dans un circuit intermédiaire, indique l’équilibre. A ce moment, la résistance cherchée égale la résistance antagoniste. Un audion à 5 lampes, analogue à celui employé en télégraphie sans fil, augmente la sensibilité de la méthode en amplifiant, lors de l’équilibre, le courant de mesure. Enfin dans le bain du thermostat sis à gauche de notre photographie (fig. 15), plongent 2 électrodes constituées par 2 petits cylindres concentriques de platine et que protège une gaine de verre permettant, le cas échéant, d’expérimenter avec une vingtaine dégouttes de liquide. Quant au petit moteur électrique, qui se silhouette à côté du thermostat, il met en mouvement un agitateur à palettes destiné à uniformiser la température de l’eau maintenue constante au moyen d’un bec Bunsen.
- Pour procéder aune mesure, on envoie le courant dans la bobine, et le microphone téléphonique se met à chanter. L’opérateur déplace alors le curseur jusqu’à ce qu’il ne perçoive plus aucun son. A cet instant, la résistance ajoutée équivaut à celle que l’ont veut déterminer et le chiffre lu sur la règle lui en fournit la valeur. Ceci posé, voyons comment il va appliquer la méthode à un des Bons de la Défense nationale de tout à l’heure et pouvoir reconnaître sa falsification. 11 découpe à l’emporte-pièce une rondelle dans un endroit lavé, puis il fait avec le même outil plusieurs trous semblables dans des parties intactes du même document (fig. 16).
- Il prend alors un de ces « confettis » qu’il laisse tomber dans le bain du thermostat. Ce minuscule fragment de papier renfermant dans sa pâte un peu de matière soluble, modifie la conductibilité du liquide et rompt l’équilibre, que l’expérimentateur rétablira en déplaçant le curseur. Une fois le silence
- Fig. 16. — Bon de la Défense nationale des fig. ji et 12 après découpage de rondelles dans la région lavée et dans les parties révélées intactes par un examen sous la lumière ultra-violette.
- Les confettis ainsi réalisés possèdent des conductibilités différentes.
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- obtenu à nouveau, la lecture du chiffre lu sur la règle indiquera la quantité de matière soluble renfermée dans la rondelle de papier. En opérant de même avec un fragment de grandeur identique mais pris dans les parties intactes du document, la position d’équilibre du curseur sera différente. D’autre part, comme dans les conditions d’expérience comparables, chaque sel fournit un chiffre caractéristique et figuratif de sa molécule, on peut dresser un tableau des conductibilités moléculaires.
- Si dans la solution en expérience se trouve un mélange ou des impuretés, elles concourent à la conductibilité moyenne, et on conçoit que, dans des conditions comparables, quand on obtienfides chiffres identiques, on puisse conclure à la parfaite identité des deux liquides étudiés. Pour éclaircir ce cas particulier de falsification des Bons de la Défense nationale, M. Bayle dut effectuer une série de mesures sur les macérations de papier différemment prélevées. La comparaison des régions intactes avec les parties lavées fait apparaître des différences très suggestives. Voici, par exemple, les chiffres exprimant les résistances en ohms d’un même volume d’eau distillée ayant épuisé pendant le même temps des surfaces égales de papier lavé ou intact :
- Bondelle découpée dans la partie lavée
- (falsifiée).............. 812
- 1er rondelle de la légion intacte. . . . 464
- 2e — — .... 451
- 5e — — .... 472
- Le papier falsifié se distingue donc par une résistance deux fo:s plus forte environ que le papier intact, car une partie de ses substances solubles disparurent au cours des lavages frauduleux. Quelquefois cependant le contraire se produit par suite du manque d’habileté du faussaire, qui ne lava la pièce qu’imparfaitement. En ce cas, il reste dans le papier des traces du réactif décolorant et vu l’excès d’électrolyte à l’endroit suspect, on enregistre en ce point une résistance plus faible. Toutefois à quelque chose malheur est bon, comme dit le proverbe,
- Fig. T7- — L.iccls du trailre Almereyda, le directeur du Bonnet Rouge.
- L’analyse spectrale a permis de prouver que la tache blanche (vue sur le plus long bout) était une parcelle de peinture.
- puisque les chiffres obtenus servent à identifier le réactif employé par le faussaire.
- Grâce à cette méthode dont la précision atteint le d/'10 000 de milligramme, M. Bayle a pu conclure non seulement que les taches observées sur les buvards renfermaient de l’hypochlorite de soude (eau de Javel) — ce qu’aurait révélé une analyse chimique ordinaire •— mais que c’était le même liquide qui avait servi à falsifier les Bons de la Défense nationale. Dans d’autres affaires analogues, il reconnut formellement la provenance commune de différentes maculatures observées sur des documents saisis chez divers individus et parvint à établir leur complicité.
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- Fig. 18.— Spectrophotogrammes démontrant l’identité de la peinture du lil ul de la lâche relevée sur les lacets
- du traître Almereyda. '
- Affaire du Bonnet Rouge, avril-mai 1918.
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- 14 -........1 ..... LA GRIFFE DE
- Au Laboratoire de police scientifique, on a également adopté la méthode spectrographique et - il suffira d’ün exemple pour montrer ce qu’on peut attendre de sa sensibilité au point de vue des expertises] udiciaires. Clôturons donc par une cause célèbre, l’affaire du Bonnet Rouge. Sur les lacets du trop fameux Yigo, dit Almereyda (fig. 17), décédé subitement à l’infirmerie de la prison de Fresnes, on voyait deux petites taches. Le juge d’instruction demanda à M. Bayle de les analyser. Or, comme le montre l’illustration ci-contre (fig. 18),, le savant expert put, en comparant les spectres des taches, d’une partie intacte du lacet et de la peinture du lit occupé par le traître, avancer avec certitude : l’une des taches est de la boue (raie de l’aluminium), l’autre possède les raies caractéristiques de la peinture du lit (baryum, zinc, plomb). Cet individu s’est donc pendu dans sa cellule! Une simple tache sur des lacets de souliers avait suffi à un savant pour déterminer le genre de mort d’un triste sire !
- ACADÉMIE
- Séances de
- Le lélraiodure de tellure. — Son existence longtemps mise en doute vient d’être démontrée par M. Damiens.
- Il se présente sous l’aspect de petits cristaux noirs brillants, de 4 à 5 mm. de longueur. Sa densité à+ 15° est 5,05; peu soluble dans l’alcool et l’acétone, il est insoluble dans l’éther, le chloroforme et le sulfure de car-
- SAINT-HUBERT . r.-.. . —....--------:
- Mais achevons là notre visite du Laboratoire de police scientifique de Paris, sur les travaux duquel nous aurons sans doute l’occasion de revenir plus d’une fois, car son jeune directeur travaille sans cesse à améliorer l’œuvre de détection ultra-sensible qu’il a entreprise. Comme il nous le disait modestement lors d’un des entretiens où il nous révélait quelques-uns de ses secrets : « Tout ceci n’est qu’une ébauche ! » Nous-mêmes nous avons seulement rapporté une partie des procédés nouveaux, que cet éminent chimiste-expert a soit inventés de toutes pièces, soit adaptés aux expertises judiciaires, afin d’apprécier des grandeurs physico-chimiques infinitésimales très diverses. Il sait, en effet, aussi bien jongler avec des potentiels de l’ordre du millième de volts que retrouver quelques centièmes de milligrammes de mercure dans une tache de colle ou déceler des quantités si infimes d’énergie rayonnante qu’il se trouve très embarrassé de les traduire en unités existant actuellement ! Jacques Boyer.
- ;s SCIENCES
- mai 1921.
- bone. Résistant à l’air humide, il est lentement attaqué par l’eau froide et sa décomposition par l’eau chaude libère l’acide iodhydriquequi se décompose presque aussitôt. Il se prête à la préparation de nombreux dérivés du tellure, mais sa facile dissociation limite aux basses températures les actions chimiques à envisager. P. B.
- LA GRIFFE DE SAINT-HUBERT
- Il y a quelques années, j’ai assisté à une scène bien triste. C’était à la Plaeetle, hameau de Pommiers près Yoreppe (Isère) par un beau dimanche de septembre. Un jeune bûcheron bergamasque descendait de la montagne où il travaillait, avec quelques compatriotes, pour chercher les provisions hebdomadaires de son équipe. Et précisément, comme il franchissait le col, dit de la Placette, un chien de chasse, un braque, lui fond dessus et l’arrête. Jusque-là, rien de grave ; un simple arrêt. Mais, aux cris 'du braque, un briard s’amène, et, alors, la scène change. Le jeune bergamasque déjà arrêté, tremble, flageole, tombe et le briard le mort gravement aux mollets. Sans les jeunes gens qui se trouvaient à l’auberge du lieu, peut-être que le briard lui aurait fait beaucoup plus de mal. Le jeune blessé, transporté à l’hôtel, y fut soigné jusqu’à sa guérison. C’est alors que je me permis de dire au propriétaire du chien de la Brie qu’il ferait bien de s’en débarrasser, puisqu’il avait déjà mordu deux personnes et qu’il en mordrait certainement d’autres encore. — Je m’en garderais bien, me dit-il. — Et pourquoi, lui demandais-je? — îl est bien trop bon, il a les arpillons doubles (arpions,
- liarpions, ongles, griffes). C’est de ces arpions ou ergots, ou griffés de Saint-Hubert, que nous allons nous occuper dans cet article.
- Tous les chiens de berger étrangers et le chien français de Beauce 11’ont que quatre doigts aux membres postérieurs ;c’estd’ailleurscequirépond à la formule digitée du genre Canis. Mais certains amateurs français prétendent que notre chien de berger doit avoir un double ergot aux membres postérieurs, d’autres veulent que le chien de la Brie ait six doigts auxdits membres postérieurs. Alors on peut se demander si le chien de berger doit être comme la majorité des autres chiens, c’est-à-dire avoir cinq doigts aux membres antérieurs et quatre seulement aux membres postérieurs; ce qu’est l’ergot simple et le double ergot, si l’ergot peut être considéré comme un signe de race, ainsi qu’on le prétend; enfin, si les chiens de la Brie doivent avoir six doigts aux membres postérieurs.
- I. — D’après tous les anatomistes, la formule digitée du chien est la suivante :
- (1) 2. 5. 4. 5.
- 2.3. 4.5. '
- Ce qui signifie: 1° que, normalement, le chien a
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- cinq doigts aux membres antérieurs (chiffres au-dessus dutrait); 2° que sur ces cinq doigts, le premier (le pouce) est plus petit que les autres et non fonctionnel (il ne touche pas le sol); 3° que les 2e, 5e, 4e et 5° doigts sont tous fonctionnels (ils touchent tous le sol et participent effectivement à la station et à la locomotion) ; 4° que le chien n’a que quatre doigts, ou orteils, aux membres postérieurs (chiffres au-dessous du trait) ; 5° (que le doigt manquant aux membres postérieurs est le premier doigt, ou doigt interne, correspondant au gros orteil de l’homme; G® que les quatre orteils restants sont complètement développés et fonctionnels.
- Nous pouvons donc dire, en résumé, que l’espèce canine, abstraction faite de toute considération particulière, relative aux races, a cinq doigts et quatre orteils. Aux membres antérieurs, le pouce est rudimentaire et ne touche pas le sol; aux membres postérieurs, le gros orteil n’est pas apparent.
- La conformation extérieure de l’extrémité digitée ne nous apprend rien de plus; mais il n’en est pas de même de l’examen anatomique. La dissection nous montre, en effet, que :
- 1® Le doigt n° 1 (pouce) des membres antérieurs, si rudimentaire qu’il paraisse, n’en est pas moins complet, en ce sens qu’il possède trois phalanges parfaitement indépendantes ;
- 2° Le doigt n° 1 (gros orteil) des membres postérieurs est représenté dans le squelette, par ses pièces basilaires seulement : le premier métatarsien et le cunéiforme, petit osselet interne du tarse (base du poignet d’arrière) ;
- 3° Que le métatarsien de ce même doigt n° 1 est très rudimentaire; qu’il est nettement articulé à son extrémité proximale ou supérieure, avec le cunéiforme; qu’il ne porte aucune articulation à son extrémité distale, ou inférieure.
- 4° Qu’aucune trace de phalange n’existe à la suite de ce métatarsien rudimentaire, ce qui explique l’absence de doigt apparent.
- Or, tout doigt complet devant comprendre trois segments superposés, à savoir pour le membre postérieur, le segment tarsien, le segment métatarsien et le segment phalangien, et le doigt interne n’en comptant que deux, il est manifestement incomplet; mais on ne peut pas dire qu’il n’existe pas. Il n’est pas apparent, xroilà tout.
- II. — Vergot, simple ou double, quelquefois triple, ou griffe de Saint-Hubert, des veneurs, n’est pas autre chose que le résultat d’une poussée discrète de l’extrémité du métatarsien rudimentaire dont nous venons de parler. C’est la manifestation de l’avènement d’un pouce postérieur (gros orteil), qui surgit tout à coup, grâce à la constitution spontanée du segment phalangien, habituellement défaillant. Toutefois, ce pouce postérieur surnuméraire est moins bien pourvu que son congénère antérieur. En effet, tandis que dans le pouce antérieur la triade phalangienne est complète, bien que rudimentaire, dans le pouce postérieur, elle se trouve
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- réduite à un simple osselet styloïde. Cependant, dans l’espèce canine, très polymorphe, il y a, sur ce point, des variations intéressantes à signaler:
- 1° Le stylet osseux axial peut faire place à trois petits osselets phalangiens ;
- 2° Le doigt surnuméraire peut se dédoubler, à son extrémité libre, et se révéler sous l’aspect de double ergot ;
- , 5° La fente du dédoublement peut être plus ou moins profonde;, mais, par une sorte d.e balancement, les ongles sont d’autant plus gros, plus cintrés et plus crochus que les moignons d’attache sont plus courts (double griffe).
- Il résulte bien de ce qui précède que l'ergot est un vestige du pouce postérieur et que le double ergot est ce même pouce dichotomisé, chaque moignon de la dichotomie s’accroissant, pour son compte, dès qu’il est constitué, et portant une forte griffe très crochue.
- Que l’on compare, maintenant, le pied du chien ainsi modifié à la formule digitée fondamentale. Il est bien évident que cette modification est une aberration notable du prototype de l’espèce. Cette aberration est, en fait, une petite monstruosité\ une hémitérie. une anomalie. C’est cette anomalie qu’on appelle polydactylie ou hyperdactylie (surabondance de doigts). Elle n’est pas rare. On l’a observée, dès la plus haute antiquité, dans les diverses espèces domestiques, et aussi, dans l’espèce humaine. Dans tous les groupes, elle s’est montrée d’une fixité remarquable, c’est-à-dire qu’elle s’est transmise fidèlement, de génération en génération, pour peu que les alliances aient été combinées, dans cette intention de conservation, en dehors de la masse commune des individus invariés.
- En dehors de tout sentiment d’exagération, on peut dire que si, dans le milieu domestique, les races polydactyles sont relativement rares, c’est qu’on l’a bien voulu, parce qu’on a eu intérêt à le bien vouloir, les races polydactyles, chez les grandes espèces, excluant la bonne utilisation des animaux.
- La polydactylie, chez le chien, étant excessivement commune, il n’est pas douteux qu’on pourrait créer, dans cette espèce, un nombre considérable de races polydactyles. C’est ce qui nous amène à la troisième question : Y ergot peut-il être considéré comme un signe de race ?
- III. — Le mot signe implique deux choses : trait de conformation et estampille de supériorité Les mots caractéristique et caractère sont bien préférables.
- La caractéristique est une particularité saillante et exclusive d’une race; une particularité constante, qu’on n’est pas exposé à voir surgir, d’un moment à l’autre, dans la plupart des races d’une même espèce. Exemple : Ycilopécie, ou absence de poils; Ycinourie, ou absence de queue.
- Le caractère est une particularité d’ordre secondaire, et par cela même, incapable, à elle seule, de définir un type ; mais c’est, néanmoins, un élément
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- LA GRIFFE DE SAINT-HUBERT
- d'appoint très précieux pour authentiquer les races.
- (f Elément précieux, dit A. Faure, parce que, si on le joint à d'autres de même valeur, ou même subordonnées à sa valeur propre, on parvient à constituer un faisceau signalétique, une sorte de polycaractéristique, qui prend l’importance d’un véritable gabarit, à la lumière duquel la détermination des races est singulièrement facilitée.
- « Quand je dis, par exemple, que le Blood-hound ou Saint-Hubert a le bawsint imposant, le stop modéré, l’œil sanglant, les babines pendantes et la muqueuse découverte aux commissures, l’oreille papillotée, la crest peu accentuée, des fanons, le cat-foot, etc., etc., j'énumère toute une série de caractères — qui ne sont pas tous réunis dans d’autres races — et qui se renforcent les uns les autres, circonscrivant de mieux en mieux la race, au fur et à mesure que s’en déroule l’énonciation.
- « Ils se combinent comme peuvent se combiner les éléments d’un système de forces, appliqué à un corps solide.
- Comme ce système de forces, ils se résolvent, finalement, en une résultante unique. Et, ici, la résultante n’est autre, que la silhouelte de la race, dégagée en haut relief du plan général de l’espèce sous-jacente. • • o '
- « De même, quand je dis que le chien de Brie a des poils longs et laineux, de fines moustaches, courtes et tombantes, des sourcils broussailleux de vieux grognard, des oreilles écartées, dressées tet légèrement aigrettées aux pointes, l’ergot double, etc., etc., je mentionne des « caractères », et je mentionne d'ergot lui-même comme 'un simple caractère d’appoint dans le gabarit de la rare. Donc, les autres caractères ne se subordonnent pas à lui. Bien plus, il ne doivent pas lui être subordonnés, et c’est lui qui doit être subordonné, au contraire, à tous les autres. Cela, pour plusieurs raisons : d’abord il est le dernier venu dans la série évolutive des formes de la race, et, par ordre hiérarchique, sa place est à la suite. Ensuite, il n’est, d’après ce que nous avons dit, qu’un apanage banal, pouvant surgir dans toutes les races, »
- C’est ce qui arrive. Pourquoi donc veut-on voir dans l’ergot,, simple ou double, dans le double surtout, un signe de race, c’est-à-dire une véritable caractéristique, et mieux encore, une estampille de
- Pâlies de chien A gauche, patte antérieure;
- pureté et de prévalence ? Parce que la cynologie est un sport dont les dirigeants, tous admirablement intentionnés, assurément, sont, en général, assez mal avertis sur les choses de la biologie et, par cela même, tout disposés à subir l’emprise des suggestions, provoquées par les aberrations de la nature.
- IY. — Les chiens de Brie sont d’abord des chiens, avant d’êlre autre chose; ce sont des auxiliaires de l’homme pour la garde des troupeaux. En tant que chiens, ils doivent avoir cinq doigts et quatre orteils; autrement, ce sont des anormaux et, comme tels, plus ou moins désavantagés. Comme auxiliaires, ils doivent avoir tous les signes, propres à accentuer, au possible, les multiples références qu’on leur demande. Or, le double ergot est un
- signe dépréciateur au premier chef, quoi qu’on dise.
- Qu’est-ce en effet 1
- C’est un harpon (arpillon de notre aubergiste) qui accroche l’animal aux ronces, aux éteules, aux grandes herbes coupantes, à toutes les irrégularités ou végétations folles de la lande buissonneuse ; c’est aussi un organe très sensible qui, une fois atteint dans son intégrité, devient très douloureux, et d’autant plus que toutes les conditions se trouvent réunies, dans la vie même des chiens gardeurs de troupeaux, pour que les plaies des extrémités sçient sans cesse avivées.
- Distensions, entorses,, déchirures de chairs, arrachements d’ongles, gerçures, crevasses, plaies suppurantes, lymphangites, infections diverses : voilà, certes, un trop sombre cortège pour qu’on continue à auréoler l’ergot, simple ou double, comme un signe favorable aux races canines, Condamnons-le donc sans phrases, par droit d'humanité ! Ainsi, nous éviterons aux chiens, de Brie ou d’ailleurs, de payer la rançon de notre propre ignorance. Et, assurément, comme le dit si bien A. Faure, nous comblerons les vœux de ces nobles bêtes, dont les yeux, noyés, nous parlent avec tant d’éloquence douloureuse, quand la morsure de F aigu ail givré tenaille leurs pattes meurtries, mettant, ainsi, dans leur corps pitoyable, les teinulences désordonnées des fièvres dévorantes, dont le spectacle, .trop souvent, nous fait chavirer le cœur.
- * D1' A. PicAuii.
- ergoté double. à droite, patte postérieure.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, rue de Fleurus, 9, à Taris.
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- LA NATURE.
- N° 2466.
- 9 JUILLET 1921
- LE NATURALISTE DANS LA ZONE DES MARÉES
- A l’approche des vacances, beaucoup de personnes songent cà utiliser leur séjour au bord de la mer pour des observations d’histoire naturelle, mais ne savent comment interpréter les remarques qu’elles ont l’occasion de faire en pêchant les quelques espèces comestibles connues de tous. Mon but, est de leur donner quelques classifications générales qui les y aideront, en me limitant à la zone accessible à mer basse sur nos côtes de la Manche et de l’Océan, où les animaux et les végétaux peuvent être observés et recueillis en place, dans leurs groupements naturels. La photographie de ceux-ci a la grève est aussi une distraction qu’on ne saurait trop recommander k l’amateur, qui recueille ainsi d’excellents documents bionomiques. Il est désirable d’employer des plaques panchro- j
- matiques et anli- I
- halo, et d’avoir !
- une tête de pied permettant de photographier le sol verticalement comme dans la figure 1 ; pour faire des algues ou des animaux dans l’eau d’une flaque abandonnée par la mer, ce qui est particulièrement intéressant, des précautions spéciales sont nécessaires pour éliminer le reflet du ciel à la surface du liquide. On trouvera de nombreux exemples dans l’ouvrage que
- - ».:Vîv
- Fig.
- Plage percée de trous d'Arénicoles.
- Fig.
- Champ d’IIimanthalia lorea. Plus loin, Laminaires à demi émergées.
- Fig. 3: — Rocher isolé dans l'herbier, recouvert en haut de Chtamalus slellatus. Plus bas, Palettes et Troques. Plus bas encore, Spirorbes recouverts de Lithothamnium. Dans Veau, Zostera marina et Laminaria
- sacc-barina.
- 49* Annéa — 2* Semestre.
- j’ai écrit à la veille de la guerre et qui vient seulement d’être publié, sur les Grè-1 '' vesdeRoscoff{').
- ’ 'Les. figures de
- cet article en sont extraites.
- Le développement des algues et des animaux marins dépend au premier chef de la nature de la côte et de l’amplitude de la marée ; il est maximum sur nos côtes de Bretagne et du Cotentin, au moins pour la faune des rochers dont nous
- parlerons d’abord,, grâce à la nature granitique de celui-ci et à la grande hauteur (8 a 45 mètres) de la zone qui découvre.
- On les-a donc prises comme type et l’ouvrage cité plus haut fournira une description détaillée d’un de leurs points, qui est applicable à l’ensemble. Mais les côtes calcaires du Boulonnais, de la Saintonge, du pays basque, à un moindre degré les falaises crayeuses de Normandie, sont encore fort intéressantes et méritent d’être étudiées plus en détail qu’elles ne l’ont été, malgré la plus faible amplitude des marées. Même dans les autres d’ailleurs, l’écart extrême que nous avons indiqué correspond à des niveaux mouillés ou découverts une fois par an, souvent une fois en plusieurs années, pendant,
- 1. P. de Beauc.iiamd, Les grèves de Bosco//','81,homme, éditeur, Paris.
- ± — 17. .
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- = LE NATURALISTE DANS LA ZONE DES MARÉES
- Fig. 4. — Succession des zones supérieures d'algues brunes sur le rocher.’De haut en bas: Pelvetia cana-liculata, Fucus platycarpüs, Ascophyllum nodosum.
- quelques minutes, et l’on doit pratiquement limiter la zone des marées par les. hauteurs moyennes des hautes et basses mers de syzygies portées sur les cartes marines.
- La bande horizontale ainsi définie se décompose, au point de vue de la répartition des organismes, en quatre zones superposées déjà reconnues autrefois par Audouin et Milne Edwards, mais où le peuplement du rocher varie beaucoup suivant la composition et l’agitation des eaux. Laissant ici les eaux saumâtres de côté, nous gardons la distinction classique entre les points abrités par la configuration de la côte et ceux exposés en plein aux vagues du large.
- Aux endroits abrités, la première zone à partir du haut ne renferme guère que quelques Lichens encroûtants. Au bas apparaissent, pour recouvrir les zones II et III d’un épais manteau, les Algues Eucacées qui se succèdent darts un ordre parfaitement déterminé : Pelvetia canahculata, Fucus platycarpüs, Fucus vesiculosus (avec Ascophyllum nodosum), Fucus serratus'. Tout au bas de la zone III on observe souvent dans le Finistère une bordure formée par VIiimanthalia lorea,, curieuse Algue aux lanières de plusieurs mètres partant d’une sorte de chapeau arrondi ^fig. 5) qui est seul le thalle de la plante ; mais celle-ei, qui n’est même païTcons-tante en Bretagne, n’existe ailleurs que par pieds isolés.
- Gomme le montre la figure 5, des Algues rouges,
- notamment le Chondrus crispus qu’on récolte pour en faire des gelées alimentaires et pharmaceutiques, semêlentaux Fucacées de cette zone.
- On en trouve de plus nombreuses, très élé-. gantes par leur taille et leur forme, dans la zone IV, accessible seulement aux très grandes marées et que caractérisent les Laminaires, superbes Algues brunes aux frondes rubanées ou palmées qui oscillent mollement dans les bassins conservant de l’eau. Là se pêchent beaucoup de Poissons et .tous les grands Grustacés comestibles, mais tout un monde de Gastéropodes nus et tes-tacés, de Décapodes, d’Isopodes et d’Amphipo-des, de Vers, d'Ecbinodermes, etc., hante le fouillis des Algues à tous les niveaux qu’il revêt et fournit d’abondantes récoltes au zoologiste.
- Quand nous quittons le fond des baies et des chenaux pour nous avancer vers la côte battue, nous voyons le revêtement des algues se raréfier à partir du haut et de nouvelles associations les remplacer, qui sont surtout formées d’animaux sessiles. La zone II, rapidement abandonnée par les Fucacées qui n’y forment plus que des individus épars et rabougris, est envahie par les petites balanes du genre Chtliamalus, crustacés dégradés qui finissent par la recouvrir d’un enduit blanchâtre et remontent dans la zone I d’autant plus que la vague la lèche davantage. Plus bas les Algues, surtout les Laminaires, persistent plus longtemps, mais d’autres associations viennent aussi les concurrencer : les Moules qui couvrent les écueils d’unSmanteau noir et bleu et
- Fig. 5. — Pan de rocher vertical. E11 haut: Chonclrus crispus. Plus bas, grands individus de Himanthalia lorea, Fucus serratus, Rhodymenia palmata.
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- LE NATURALISTE DANS LA ZONE DES MAREES
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- sont la proie des grandes Étoiles de mer qu’on y voit errer, des Balanes de grande taille, et au voisinage de certaines plages les Hermelles, Annélides dont les tubes sableux forment des blocs de plusieurs mètres cubes. A ce niveau apparaît aussi en certains points (car toutes ces formes ont une distribution irrégulière dont il faudrait rechercher les causes), l’Oursin comestible cramponné par ses pieds au rocher ou noyé dans le gravier. Plus encore que le roc découvert, il aime les cuvettes ou reste toujours un peu d’eau et où l’entourent les concrétions rosées des Algues calcaires Lithothamnides. Elles
- Fig. 7. — Poulpe dans son lcrrkr.
- sonL peuplées aussi d’une série hères et d’Ariémones de mer qui forment une garniture élégante à ces aquariums naturels où évoluent une foule dë petits Poissons et de Crevettes.
- Un dernier sous-facies du faciès rocheux est formé par les grottes et fissures, y compris la face inférieure des pierres sous lesquelles on va chercher beaucoup d’animaux mobiles. Les Algues disparaissent, bien entendu, de ces retraites où la lumière pénètre peu, mais sont remplacées, surtout aux niveaux inférieurs, par des encroûtement animaux de Bryozoaires, d’Éponges et d’Ascidies simples ou composées.
- Ces dernières surtout offrent souvent les teintes les plus vives et les plus chatoyantes capricieusement combinées sur une grande étendue de paroi ; c’est un des spectacles les plu imprévus qu’offre la grève au savant et même à l’artiste qui savent le chercher (l) ; magnifiques objets aussi pour la photographie autocbrone, si l’on a la patience de surmonter les difficultés qu’ils présentent. . ,-v ^ .
- Je ne dirai qu’un mot des faciès non rocheux, moins pittoresques mais non moins riches en espèces.
- Sur la vase, le sable ou le gravier les zones I et II ne sont peuplées que d’animaux fouisseurs, Lamellibranches et Annélides surtout, qui se révèlent à la surface du sable par des tores et tortillons dont un œil exercé reconnaît les auteurs,
- I. Voir fie magnifiques représenlations en couleurs des animaux et végétaux littoraux dans leurs conditions naturelles dans l'ouvrage du peintre M. Mélieut, Etude de la Mer, Paris, 1914.
- - ’ i
- d’Algucs parlicu- |
- i.
- Fig- 8. — La mer l-asse à la pointe de Cal'lot.
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- spécialement les Palourdes, Couteaux, etc., que la bêche va chercher (fig. 1).
- Le Poulpe, grand chasseur aussi de Crabes et de Mollusques, se blottit, s’il ne trouve pas d’interstices de rocher, au fond d’un trou qu’entourent les débris de ses repas (fig. 7). Dans les zones inférieures, les sédiments peuvent être à nu aussi ou porter des herbiers de Zostères, Phanérogames marines à feuilles vertes et rubanées qui forment de véritables prairies hantées par d’autres animaux fouisseurs et par une série de formes libres dont l’observation n’est pas moins intéressante que celle de la roche.
- C’est d’ailleurs aux points où celle-ci et les herbiers s’entremêlent et se diversifient mutuellement qu’on peut faire les récoltes les plus riches.
- Un écueil de la zoologie, par rapport à la botanique, et en particulier de la zoologie marine est la difficulté pour l’amateur, et souvent pour le profes-
- sionnel, d’identifier les bêtes qu'il rencontre, faute de bons ouvrages soit élémentaires, soit plus complets où en trouver la description. Qu’il me soit permis à ce point de vue de signaler la création par la Fédération française des Sociétés de Sciences naturelles de l’Office Central de Faunistique placé sous ma direction et dont le but est précisément la publication de semblables ouvrages ; les volumes consacrés aux Echinodermes et aux Oiseaux par MM. Kœhler et Paris viennent de paraître et, en attendant les autres (car l’œuvre est de longue haleine), l’Office est aussi un bureau de renseignements qui en fournit à toute personne sur les animaux qu’elle a récoltés et prend note en même temps des données qu’elles lui apporte ainsi sur la faune, encore, très mal connue à beaucoup de points de vue, de notre pays.
- P. De Beauchamp,
- Chargé île Cours à la Faculté îles Sciences île Dijon.
- CHRONIQUE
- Pour combattre les gelées.
- M. U.-A. Kimball étudie dans le Monllily Wealhcr Review les appareils fumigateurs employés par les agriculteurs des Etats-Unis surtout dans la région du Pacifique, pour combattre les gelées. Trois types d’appareils sont utilisés :
- '1° « Uigh-stack lieater », où un courant d’air très puissant provoque la combustion complète de l’huile lourde de pétrole : il en résulte une fumée légère (peu dense).
- 2° « Lard-pail lieater », où la combustion est incomplète et la fumée qui se forme est très épaisse.
- 5° (f Short-slack lieater », dont les conditions sont intermédiaires.
- Quel est celui de ces trois types qui doit être préféré? Des expériences ont été poursuivies aux stations de Pomona, Col. et de Medlord, Oreg. En voici les résultats les plus importants :
- 1° La présence d’un épais nuage de fumée diminue en moyenne le rayonnement nocturne à raison de 0,011 calories par minute et par centimètre carré de surface, avec un minimum de 0.005 calories.
- 2° A une distance de 3 m. 5, l’intensité de la radiation est de 0,080 calories pour un « lard-pail », de 0,100 pour un « short-stack » et de 0,120 à 0,500 pour un « high-stack ».
- 5°: Comme l’intensité de radiation varie en raison inverse du carré de la distance de la source calorifique, elle sera réduite, à une distance de 7 m., à 1/4 de celle indiquée ci-dessus.
- 4° L’échauffement par radiation s’ajoute à réchauffement par conduction et convection de l’air et des gaz chauds provenant du voisinage immédiat de l’huile de pétrole en combustion.
- On doit donc en conclure que le retard apporté au rayonnement nocturne par le nuage de fumée n’a, à l’égard de la lutte contre les gelées, qu’une signification très relative. Ce qui importe, c’est la chaleur qui émane directement des radiateurs; on est donc autorisé à conseiller l’emploi des « high-stack heaters » ; ils ont aussi l’avantage de ne pas produire ces épais nuages de fumée qui peuvent même avoir des conséquences désagréables dans le voisinage des habitations.
- NOUVEAUX HÉLICOPTÈRES
- L’alérion Damblanc-Lacoin.— L’hélicoptère Oehmichen L’hélicoptère Petroczy - Karman. L’hélicoptère Lamé. — L’hélicoptère Pescara.
- - Il y a quelques mois nous présentions aux lecteurs
- de La Naturer les hélicoptères en construction de MM. Cooper-IIewitt et de MM. Damblanc et Lacoin.
- Les essais du Cooper-Hewitt se poursuivent actuellement avec diverses modifications. Quant à l’existence de l’Alérion de Damblanc et Lacoin, elle
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- paraît fortement compromise à la suite d’un accident ; en effet, au cours des premiers essais effectués par M. Damblanc, à Villacoublay, alors que les ailes tournantes commençaient à peine à prendre de la vitesse, l’une des jambés de force fléchit, se déforma, puisse rompit sous l’effet combiné delà force centrifuge et des vibrations et l’une des pales se détachant vint rompre le fuselage et blesser M. Damblanc, au côté.
- De vives polémiques s’ouvrirent entre M. Lacoin, le technicien et M. Damblanc, le réalisateur et finalement il semble que si un nouvel Alérion renaît des débris du premier, il ne sera plus dû à la collaboration de ses deux premiers auteurs.
- En ce moment, M. Damblanc étudie les poussées produites par des surfaces tournantes du genre de celles de l’Àlérion lorsqu’elles tombent en chute libre et en rotation également libre ; son espoir est d’aboutir à la résolution du problème de l’atterrissage normal d’un hélicoptère en panne de moteur en passant par l’étude et la création d’hélicoptère-parachutes qui seraient unique-
- Fig. 2. — Vue en plan de Vhélicoptère autrichien Petroczy-Karman qui s'éleva à 5o m. avec un passager (hélicoptère pur-captif).
- H, hélice; M, moteur 120 HP Rhône; S, points d’attache des 3 branehes du câble.
- ment composés d’une nacelle contenant un observateur et d’une ou de plusieurs surfaces tournantes libres servant à freiner la vitesse de descente.
- Il est certain que des engins de ce genre sont infiniment plus faciles à étudier et à réaliser que des hélicoptères complets munis d’une force motrice et, ce problème de la descente une fois résolu, il serait possible d’étudier la seconde partie du problème : celle de l’ascension.
- D’ailleurs n’a-t-on pas procédé ainsi en aviation et l’école des planeurs n’a-t-elle pas précédé celle des aéroplanes en débrouillant une partie de l’écheveau si complexe de la connaissance de l’air ?
- Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur les résultats des expériences deM. Damblanc lorsque celles-ci seront un peu plus poussées.
- Depuis ces quelques mois, l’Alérion eut de sérieux concurrents : l’un des derniers numéros de La Na-
- Fig. r. — L'hélicoptère Oehmichen en ascension.
- Cet appareil comme on le voit aisément ne se compose que d’une poutre en treillis métallique servant de support au pilote, au moteur et aux hélices. Le ballon ne sert que de stabilisateur. Les hélices sont commandées par courroies. La caractéristique intéressante de l’hélicoptère
- Oehmichen est l’admirable rendement de ses hélices.
- ivre signalait d’ailleurs, qu’un Français, M. Oehmichen, avait pu réaliser avec un appareil hélicoptère plusieurs décollages prolongés dont la durée avait souvent dépassé une minute ; il n’y a rien là de merveilleux, puisque à proprement parler il ne s’agit pas encore de vols mais bien de simples soulèvements.
- Cet hélicoptère est plutôt un appareil destiné à permettre au savant ingénieur de poursuivre des expériences sur les qualités portantes de ses hélices su s tenta tri ces ; en effet, l’appareil essayé ne comporte aucun dispositif de direction, ni de stabilisation, non plus qu’aucun permettant le retour normal au sol en cas de panne de moteur.
- Cependant un caractère de cet appareil est vraiment remarquable, c’est la faible puissance utilisée, étant donnés les résultats obtenus; M. Oehmichen n’ayant monté qu’un moteur de 25 HP a réussi à soulever 265 kg, soit 10 kg. 6 au cheval ; nous faisons, bien entendu, déduction du poids soulevé par la force sustentatrice du ballon stabilisateur (71 kg). Le rôle de ce ballon étant de stabiliser l’hélicoptère, M. Oehmichen l’avait néanmoins rempli d’hydrogène afin de faciliter ses premiers décollages.
- Nous avons assisté à la reproduction cinémato-
- Fig. 3. — Vue de l'hélicoptère Petroczy-Karman.
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- donne une sustentation de 1 kg 06 par cheval, ce qui est un rendement déplorable.
- M. Lamé, officier français, étudie un type d’appareil mixte qu’il a dénommé « avion hélicoptère » en raison de ce qu’il tient à la fois de l’avion par ses surfaces portantes fixes et de l'hélicoptère par ses hélices horizontales sustentatrices.
- La principale particularité de cet appareil est la présence d’un ballon
- Fig. 4.— Hélicoptère américain de Leioweber. Les axes des 4 hélices sont orientable?»
- graphique des essais officiels de l’appareil ; nous avons du constater les balancements très prononcés de l’armature et les rebondissements après contact au sol ; M. Oehmichen n’en est évidemment qu’au premier stade de ses recherches.
- A ce propos, revenant sur les descriptions que nous avons publiées dans notre article du n° 2414 delà Nature, nous signalons que nous avons obtenu divers renseignements sur les essais de l’appareil autrichien construit en 1916 par MM. Petroczy et Karman.
- Il s’agissait d’un hélicoptère captif soutenu par deux immenses hélices actionnées par trois moteurs rotatifs. La carcasse en tubes d’acier affectait la forme d’une étoile à trois branches ; l’axe de cette étoile servant d’axe aux deux hélices superposées et tournant en sens inverses, se terminait par une sorte de nacelle cylindrique en tôle ; nacelle dans laquelle se tenait le pilote.
- La liaison avec le sol comportait un câble se divisant pour sa fixation à l’hélicoptère en patte d’oie à trois brins fixés sur les trois sommets de l’étoile. Ainsi était réalisée une sorte de stabilité automatique.
- Cet hélicoptère pur était destiné à remplacer au front les ballons captifs fortement combattus alors par l’avènement des avions de combat à vitesse foudroyante.
- Nombre d’ascensions furent réalisées avec succès, la hauteur atteinte étant fréquemment de 50 mètres ; le retour au sol s’effectuait assez brutalement par simple réduction des gaz des moteurs, ce qui entraînait une diminution correspondante de la puissance ascensionnelle. Le montage des hélices était compris de telle sorte qu’en cas de panne d’un moteur, les deux autres avaient une puissance suffisante pour permettre un retour au sol sans dan-ger.
- Néanmoins, au cours d’un atterrissage, par suite de la rupture de la stabilité, conséquence du mollis-sement du câble, l’hélicoptère se brisa et ne fut pas reconstruit.
- Ces expériences ne présentèrent pas grand intérêt au point de vue de l’avenir delà navigation aérienne, puisque les 600 kg que pesait cet appareil étaient enlevés par une puissance de 360 HP, ce rapport
- en forme de haricot fixé sur une poutre rigide et se dressant au-dessus du fuselage et des hélices. Ce ballon a pour but d’assurer la stabilité statique de l’appareil ; partant de ce principe que tout corps plongé dans un fluide subit, de la part de ce fluide, une série de poussées qui l’équilibrent et s’opposent à ses déplacements.
- Le ballon-équilibreur de M. Lamé sera gonflé d’air, ce qui ne l’empêchera pas de bénéficier du principe d’Archimède: sa forme fuselée, pour ne pas entraver à l’excès la marche de l’appareil, sera maintenue par une poutre rigide articulée par sa base au fuselage ; cette poutre maintient le ballon vertical pendant l’essor vertical et se couche sur la trajectoire pendant le vol horizontal.
- , Cet appareil hybride semble étrange et ne correspond pas très bien à notre désir de simplicité et de bonne pénétration dans l’air ; est-il réellement
- Fig. 5.
- Avion hélicoptère Lamé.
- B, ballon stabilisateur ; P, poutre rigide maintenant la forme du ballon ; A, plan de sustentation dans le vol horizontal ; H, hélices sustentatrices; D, gouvernail de direction.
- Le ballon gonflé d’air sert de stabilisateur statique. Son centre de poussée étant plus élevé que le centre de gravité de l’appareil. En vol horizontal, le ballon s’incline sur l’arrière.
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- nécessaire pour obtenir la stabilité en vol, de traîner avec soi un ballon aussi encombrant et aussi résistant à l’avancement?
- Par contre, les milieux aéronautiques français furent véritablement émus en apprenant que l’hélicoptère Pescara était terminé et que son inventeur procédait aux essais devant une commission militaire française. En effet, les initiés savaient que l’aéronautique officielle avait fondé de grands espoirs tant sur l’alérion de Damblanc-Lacoin que sur l’hélicoptère mystérieux de Pescara ; or, les
- de l’hélicoptère et, entre autres avantages, le retour au sol en cas de panne de moteur serait assuré à une vitesse de chute telle que l’organisme humain et l’appareil ne doivent nullement en souffrir.
- Le fuselage contenant le moteur, le pilote, les organes de commande et les réservoirs de combustible, est suspendu sous les surfaces portantes absolument comme l’est le fuselage de l’hélicoptère Cooper-Heuitt que nous avons décrit dans le n° 2414 de La Nature, ce fuselage affecte la forme d’une légère voiture automobile à 4 roues.
- Fig. 6. — Vue arrière de l’hélicoptère Pescara.
- Les surfaces tournantes sont composées de 2 groupes tournant en sens inverse composés chacun de ft petites cellules biplanes.
- essais du premier n’ayant pas donné cette année de résultats effectifs, à la suite de l’accident qui détruisit partiellement ses organes principaux, on escomptait beaucoup le succès du second.
- L’hélicoptère Pescara a été construit à Barcelone et exécuté conditionnellement pour le compte de l’Aéronautique Militaire Française. On peut s’étonner qu’une invention jugée intéressante pour la défense nationale au point que sa réalisation ait été fort largement subventionnée par l’Etat français, voie le jour à l’étranger et soit forcément sous le contrôle d’une autre nation.
- Le fait tiendrait à l’aventureuse vie de Pescara qui aurait eu jadis des démêlés avec la justice française et ne pourrait résider sur notre territoire.
- Quoi qü’il en soit, cet appareil doit résoudre les différents problèmes posés par le principe même
- Les surfaces sustentatrices sont naturellement tournantes et, quoique tournant en sens inverse l’une de l’autre, elles sont fixées sur le même arbre vertical, cet appareil relève donc de la formule monoaxiale tandis/ que l’Alérion relève de la formule biaxiale et le Bréguet, par exemple, dé la formule quadriaxiale.
- Signalons en passant que M. Damblanc, d’après les dernières conversations que nous avons eues avec lui, paraît avoir reconnu les difficultés de construction de la formule biaxiale et au contraire les facilités que procure la formule monoaxiale.
- Les surfaces sont groupées en petites cellules biplanes construites et haubannées sensiblement comme des cellules d’avions. Les plans, au nombre de 24, sont groupés en 12 cellules à raison de 6 cellules pour chacun des groupes tournants.
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- NOUVEAUX HÉLICOPTÈRES
- Courant dair relatif
- Le diamètre de chaque groupe est de 0 m. 40, et k vitesse de rotation doit atteindre en ascension
- 600 tours à la minute, la vitesse périphérique sera donc voisine de 720 kilomètres à l’heure.
- Chaque cellule est montée de telle façon que l’incidence de ses plans peut être modifiée en un point quelconque de leur rotation autour de l’axe vertical..
- En somme nous retrou-
- Fig. 7. — Ascension.
- Les voilures tournantes avec incidence positive engendrent dans leur rotation forcée autour de l'axe X une force ascensionnelle P qui est plus élevée que le poids de l'hélicoptère quand les voilures sont actionnées par le moteur ou qui est suffisante pour ralentir la chute libre quand les voilures sont actionnées au moment du coup de frein par l’énergie emmagasinée dans le volant.
- vous donc le même principe que celui auquel avaient fait appel Dam-blanc et Lacoin; effectivement c’est le même procédé qui permet d’obtenir la translation et la stabilité de l’appareil dans tous les sens. Comme sur l’Alérion, les surfaces peuvent être débrayées du moteur et leur incidence étant por-
- tée négative, elles servent à soutenir l’appareil au cours de sa chute libre, ce phénomène s’explique facilement par les schémas nos 7 et 8. Jusqu’à maintenant nous ne trouvons aucun principe nou-
- veau qui n’ait été envisagé sur un appareil antérieur; mais Pescara a estimé que le freinage des surfaces en chute libre ne serait pas suffisant pour empêcher d’atteindre le sol avec une trop dangereuse vitesse, aussi a-t-il fait intervenir un nouveau principe, celui du « coup de frein » avant l’atterrissage. C’est là, la principale caractéristique de son hélicoptère.
- Voici en deux mots de quoi il s’agit : lorsque, en ascension, les surfaces tournent avec une incidence positive, elles absorbent une certaine puissance qui leur est fournie par ,1e moteur, mais produisent une poussée verticale qui lorsqu’elle dépasse au total la valeur du poids de l’hélicoptère l’enlève en l’air; lorsqu’au contraire les surfaces ont une incidence négative et qu’elles se trouvent plongées dans un violent courant d’air ascendant, tel que dans la chute libre sans moteur, ce courant d’air fait tourner ces pales et engendre une poussée verticale dont le total doit être suffisamment élevé pour retenir l’hélicoptère dans sa chute à une vitesse relativement modérée; mais si de plus, à un moment donné, par suite d’une brusque manœuvre du pilote, l’incidence des plans devient nulle ou légèrement positive la poussée sera notablement/ augmentée pendant quelques instants, les plans continuant leur rotation en vertu de leur vitesse acquise et de l’énergie qu’ils avaient emmagasinée. On comprend facilement que, si cette dernière ma-
- nœuvre est faite juste au moment d’atterrir, l’hélicoptère peut arriver à toucher le sol avec une vitesse de chute très réduite.
- Cette idée est en vérité infiniment séduisante; son application n’en reste pas moins assez dangereuse, car l’énergie ainsi emmagasinée dans la voilure tournante pendant la chute ne doit pouvoir être utilisée que durant quelques secondes. Il faudrait donc que le pilote soit assez adroit pour saisir juste le moment favorable pour exécuter la manœuvre de changement d’incidence; en effet, exécutée trop tôt, elle n’empêcherait pas l’hélicoptère en détresse de se « réaccélérer » à nouveau vers le sol, d’atteindre la vitesse de chute dangereuse et de terminer sa carrière dans un écrasement, et, exécutée quelques secondes trop tard, cette manœuvre ne suffirait pas à retarder suffisamment le mouvement descendant.
- Nous ne savons si nous avons bien pénétré le mystère Pescara; si cela est, nous craignons qu’il ne faille en définitive plus de sang froid et plus d’habileté pour donner au bon moment le coup de frein sauveur qu’il n’en faut pour atterrir à vitesse normale avec un avion courant.
- Nous ne devons pas également oublier cette aggravation de difficulté pratique provenant de ce fait que cette manœuvre d’atterrissage ne serait normalement utilisée qu’en cas de détresse de l’hélicoptère et que ce serait donc une manœuvre exceptionnelle avec laquelle les voyageurs aériens n’auraient que, rarement occasion de se familiariser et de s’entraîner.
- L’hélicoptère Pescara qui est actuellement construit est un modèle d’essai, nous croyons qu’il est à l’échelle véritable, mais que sa construction a volontairement été conçue un peu lourde pour résister aux surprises du genre de celle qui a détruit l’alérion ; le moteur qui a été monté sur ce modèle donne nominalement une puissance de 45 HP, mais il n’a été utilisé qu’à la puissance de 36 HP.
- Ces essais ont été exécutés en présence de deux envoyés de la Section Technique de l’Aéronautique.
- En elîet l’État français arersé à M. Pescara sur le vu de ses plans une somme de 150000 fr., destinée à lui permettre de construire son appareil d’essai ; celui-ci une fois réceptionné, M. Pescara doit terminer la mise au point de l’ap-
- Courant dair relatif
- Fig. 8. — Chute libre.
- Les voilures tournantes avec l’incidence négative et placée dans un courant d’air ascendant produit par la chute se mettent à tourner en rotation libre et engendrent une force ascensionnelle P qui freine la chute comme -le ferait un parachute tout en emmagasinant dans un volant une certaine quantité d’énergie.
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- LE TANK AMPHIBIE . ----- 25
- pareil de vol qui sera muni d’un moteur rotatif beaucoup plus puissant.
- Afin de permettre le contrôle de l’efficacité sus-tentatrice et stabilisatrice des voilures et de leur incidence variable, l’appareil a été posé sur des balances spéciales très précises qui permettaient de mesurer l’allègement en fonction de la puissance et de la vitesse de rotation; ainsi furent obtenus les chiffres remarquables de 360 kg soulevés par 56 HP, soit 10 kg au cheval. Ces balances permettaient aussi de mesurer le couple d’inclinaison obtenu en faisant jouer l’incidence variable sur certains points du cercle balayé par les hélices.
- Il fut possible de constater ainsi que le couple basculeur artificiellement produit, soit en avant, soit latéralement ou en tout autre point à la volonté du pilote, atteignait pour une puissance du moteur de 56 HP une valeur de 100 kg, cette force appliquée en un point quelconque de l’hélicoptère permet d’obtenir facilement la stabilité et joue absolument le même rôle que la force créée par le jeu des ailerons ou des gouvernails d’un avion courant.
- Le f onctionnemen t d e cette incidence variable et localisable a été parfait au cours des essais subis devant les représentants de notre Section technique ; ces essais eurent lieu 104 fois, représentant une durée de fonctionnement de huit heures sans aucun incident.
- Nous avons assisté à la reproduction cinématographique des essais; le film, pris exactement à hauteur du plan de rotation, permet de voir admirable-ment le jeu des incidences négatives ou positives.
- Le principe du renversement d’incidence en coup de frein amortisseur n’est d’ailleurs pas nouveau, puisque en 1906 le colonel italien Crocco avait pris un brevet d’un hélicoptère dont les surfaces tournantes munies de l’incidence variable permettaient, lorsqu’elles travaillaient négativement en chute libre, un retour amorti vers le sol; vitesse de chute elle-même freinée au moment deTatterrisage par un coup de frein aérien provenant d’un renversement d’incidence des surfaces, ces surfaces prenant leur énergie dans la force vive emmagasinée pendant la chute libre dans un pesant volant entraîné en rotation par les surfaces.
- On dit même que M. Pescara connaissait parfaitement ce brevet, ayant été le collaborateur d’un élève du colonel Crocco et qu’il a attendu pour le réaliser qu’il fût tombé dans le domaine public (1921).
- Nous voyons donc qu’il n’y a rien de nouveau en ce monde, cette cuiieuse coïncidence n’enlève d’ailleurs aucunement l’intérêt de la réalisation mécanique de M. Pescara.
- Le nouvel appareil sera prêt dans quelques mois et doit être piloté par l’un de nos meilleurs pilotes militaires qui, parti sceptique à Barcelone, en est revenu dans l’enthousiasme le plus complet.
- Ajoutons qu’un hélicoptère peut-être conçu en Italie, en tout cas construit en Espagne et commandité par la France se doit de n’être vraiment qu’un engin scientifique servant au rapprochement des nations.
- Jean-Abel Lefranc.
- Breveté Mécanicien d’avions.
- Fig-, ç. — Schéma en plan et profil de Vhélicoptère Pescara.
- LE TANK AMPHIBIE
- On a cherché depuis longtemps à se déplacer sur terre et sur l’eau avec le même véhicule. Cette idée est déjà ancienne et un inventeur, M. Ravaillier, avait réalisé un type de canot de cinq mètres de longueur qui, avec un moteur de douze chevaux, actionnait tantôt une hélice quand la voiture flottait sur l’eau
- et tantôt l’essieu arrière quand la voiture était à terre sur ses roues.
- Il existe d’ailleurs un bateau amphibie qiïi tait le service au Danemark : c’est le Svarren qui se déplace sur deux lacs et qui franchit la bande de terre .qui les sépare en empruntant une voie ferrée :
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- LE TANK AMPHIBIE
- ceci grâce à des roues qui supportent le bateau quand il est à terre.
- Il faut alors naturellement des plans inclinés et des raccordements spéciaux quand on passe d’un élément dans l’autre et souvent cela exiare l’inter-
- O
- vention d’un treuil.
- Des essais récents viennent d’être faits près de Marseille avec un tank amphibie qui peut entrer dans l’eau et en sortir malgré la pente plus ou moins accidentée de la berge.
- La présentation de l’appareil se fit au Roucas-Blanc sur un terrain dé F Aviron-Club.
- Grâce à des chenilles, le tank se déplace sur terre
- Le premier voyage d’exhibition fut fait parl’inven-teur, M. Foenquinos avec le mécanicien et cinq passagers à bord. On avait ajouté en plus trois cents kilogrammes de lest en gueuses de fonte.
- Cet engin peut paraître un peu compliqué, mais il offre le grand avantage de passer sans transition ou presque d’un élément dans l’autre et cela est particulièrement intéressant pour les pays coloniaux qui sont coupés de rivières et d’étangs sans routes bien tracées et sans berges préparées.
- Il est évident que le fait d’actionner l’arbre d’hélice et l’essieu moteur par le même moteur exige des précautions délicates d’étanchéité.
- Fig. i. — Le tank amphibie de M. Foenquinos.
- et peut descendre une pente rapide d’une bergepour se jeter à l’eau.
- En pénétrant dans l’eau, la voiture prend appui sur le fond, mais à un moment donné le véhicule se redresse et se place horizontalement en flottant comme un bateau ordinaire. Il prend alors l’aspect d’un canot vitré, car cette partie seule dépasse de l’eau.
- Le mécanicien débraye à ce moment la chenille et il embraye une hélice, ce qui a pour effet de faire avancer le bateau. Lorsque ce dernier revient près du bord, dès qu’il touche le fond et que la chenille peut prendre appui, on embraye ce mécanisme et la voiture remonte facilement la pente escarpée sans aucune difficulté.
- Cet inconvénient disparaît quand on s’adresse au mode de propulsion par hélice aérienne, car alors les roues ne constituent plus qu’un support et la caisse de la voiture peut être conçue exactement comme une coque, sans même nécessiter d’hélice immergée.
- On ne saurait évidemment dans ce cas attaquer des berges accidentées, mais la combinaison offre malgré tout beaucoup d’intérêt. Elle a d’ailleurs été réalisée par un sportsman américain qui a monté un canot sur trois roues et qui a placé une hélice aérienne propulsive à l’arrière actionnée par un moteur de motocyclette.
- E. Wf,iss.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1921.
- Le développement des Mucédinées. — M. Molliard a fait porter ses expériences sur Slérigmatocystis nigra, cultivée à 55° en milieu nutritif, comprenant : 1120 — C12 h« O11 — AzO* AzH* — SÔ*Mg— S04Fe— S0*Mg, et PO4 H2 K, milieu auquel ont été ajoutées des doses croissantes de chlorure de sodium. Il en résulte que ce dernier, à une concentration suffisante, diminue sensiblement la vitesse des réactions chimiques de la moisissure, et provoque la stérilisation du mycélium, en déterminant l’accumulation de l’acide azotique.
- La fièvre aphteuse bovine et la stomatite humaine. — L’épizootie qui sévit depuis 1919 en Normandie et l’examen de dix habitants de Caen atteints de stomatite aphteuse ont] permis à M. Charles Lebailly de s’elever contre l’affirmation, dont l’origine remonte à 1854, qui assure que la fièvre des bovins se transmeta l’homme par l’intermédiaire du lait. Des remarques faites par les médecins de la région et de deux séries d’expériences,
- on reconnaît que la fièvre bovine et la stomatite de l’homme sont absolument distinctes, car la première ne peut se transmettre à notre espèce, ni la seconde aux bovidés.
- A propos du lathyrisme. — C’est une forme d’intoxication très particulière provoquée chez l’homme et chez les animaux par l’ingestion des graines de certaines gesses, notamment du Lathyrus sativus et du L. cicera. Or, depuis 1914, on a fréquemment fait entrer de telles graines dans l’alimentation des chevaux de l’armée. A la suite des observations du vétérinaire Lège, M. Marcel Mirande a constaté qu’une substance contenue dans les cotylédons produit une fermentation avec dégagement d’acide sulfhydrique et ce gaz, s’emparant de l’oxvgène des globules sanguins, entraîne une asphyxie plus ou moins rapide qu’accompagnent des lésions des hématies.
- Paul B.
- L’ARCHITECTURE DE L’UNIVERS, ŒUVRE DES FORCES RÉPULSIVES
- Depuis moins de vingt ans, l’Astrophysique, par ses prodigieuses découvertes dans le domaine sidéral, a rénové la pensée astronomique : par l’analyse des radiations stellaires, elle nous a apporté les notions les plus précises sur les astres les plus lointains de notre Univers, sur les amas globulaires qui bordent la branche extérieure de la Voie Lactée, sur les Novæ, étoiles géantes qui rencontrent des nébuleuses obscures, sur la température, les distances et les diamètres des étoiles les plus brillantes, enfin sur la structure de la Voie Lactée et des Univers stellaires les plus proches.
- La mise en œuvre de tant de données nouvelles, ignorées de Laplace, permet aujourd’hui d’aborder et de résoudre lé problème de l’origine dés mondes sans même le limiter au système solaire.
- Là Mécanique newtonienne, si ardue qu’elle a exigé Ueirort deux fois séculaire de générations d’analystes, a habitué les astronomes à penser en mathématiciens et non en physiciens. C’est donc en partant de prémisses aprioriques traitées par la méthode déductive des sciences exactes qu’ils ont essayé de résoudre le problème cosmogonique .au lieu de lui appliquer la méthode inductive des sciences physiques qui s’appuie sur des lois empiriques tirées de la réalité.
- Victime de leur technique mathématique, ils ont oublié la méthode qui a fait le succès de l’Astronomie moderne lorsque Newton a édifié la théorie de la gravitation pour expliquer les trois lois empiriques de Képler : or inconsciemment, Newton et Képler ont appliqué la méthode de recherche des Physiciens qui a l’énorme supériorité sur l’autre de partir de formules vérifiées par l’expérience et par suite d’aboutir à des théories où les
- paramètres expriment en nombres les faits de la nature.
- *
- Les nouvelles lois empiriques du système solaire. — Il fallait donc reprendre cette méthode féconde : frappé de cette évidence, j’ai cherché à partir de 1905 si le système solaire n’obéissait pas à d’autres lois empiriques (*) que celles de Képler. J’en ai d’abord trouvé deux : la loi exponentielle des distancesXn desplanètes et satellites (Xn ~ A-bC") et la loi des rotations directes 2. L’existence de ces lois excluait pour les distances des astres le hasard d’une capture (Théorie de T. See), et pour les cotations, l’influence cosmogonique des marées à laquelle Darwin et H. Poincaré ont cru, suivis par Ghamberlin et Moulton, Jeans et tant d’autres astronomes confinés dans la mécanique newtonienne.
- Le choc de la Nova solaire. —- Ces deux lois avaient la forme additive (somme de deux termes fréquente dans les formules de la Physique lorsqu’un phénomène est la résultante de l’action de deux corps). Ainsi l’origine de chaque astre et en particulier du système solaire devait être dualiste : les deux astres générateurs d’un système (de planètes ou de satellites) devaient donc s’être rencontrés en un choc cosmique. Comme tout choc, le choc cosmique devait avoir produit de la chaleur,
- 4. Ce terme « loi empirique » n’ést pas compris de beaucoup de mathématiciens qui le confondent avec « loi arbitraire » dont la recherche occupe inutilement tant d’auteurs qui ignorent les critériums de réalité permettant d’aflirmer qu’une loi empirique présente la forme mathématique d’une loi naturelle (ex. 3e loi de Képler).
- 2. Essai de Cosmogonie tourbillonnaire (Gauthier-Yillars, 1911). Voir aussi mes notes aux Comptes rendus des 15 janvier et 2 juin 1919).
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- des vibrations, et une dispersion de la matière autour du point de choc.
- Les Novæ nous offraient une image réelle de cette induction cosmogonique basée sur les deux lois empiriques nouvelles. Les Novæ brillent subitement dans le ciel (choc cosmique avec chaleur) ; leur lumière a au début des variations périodiques de 5 à 12 jours suivant les Novæ (vibrations ou pulsations de l’un des corps choqués) ; elles s’entourent de nébulosités s’écartant d’elles avec le temps (dispersion de la matière). Voilà en raccourci les phénomènes qui se sont produits à l’origine de notre système autour de la Nova solaire. Ainsi, en première et grossière approximation, les planètes ne sont que les éclaboussures du noyau solaire primitif comme les satellites sont les éclaboussures des .noyaux planétaires.
- Mais si un choc cosmique opère la dispersion mécanique de la matière, il produit aussi une dispersion d’ordre physique par la force répulsive de radiation. La pression de radiation est énorme dans une Nova. Admettons que sa température T au début soit de 18 000ü, soit trois fois la température effective du Soleil (Nordmann a mesuré 18500 dans 8 Persée). La pression de radiation proportionnelle à T4 sera 81 fois plus grande que celle du Soleil. C’est-à-dire qu’elle repoussera en réalité, avec une vitesse de l’ordre de celle de la lumière, les particules de la nébuleuse qui ayant un petit diamètre voisin d’un micron seront les moins denses et les plus réfléchissantes ; seules les particules denses et noires continueront à obéir à l’attraction centrale malgré la force répulsive. Ainsi toute Nova et la Nova solaire en particulier se sont entourées à l’origine de nébulosités formées de matières légères et chassées à grande distance par. la pression de radiation; ces nébulosités ont été bien visibles dans la Nova de Persée 1901 et dans celle de l’Aigle 1918.
- L’origine des planètes, des astéroïdes, des co-
- mètes, de la distribution des masses. — Quelles preuves avons-nous que tout s’est passé à l’origine du système solaire suivant le processus qui vient d’être indiqué ? Le premier terme A de la loi des distances planétaires donne le rayon du soleil primitif (proto-soleil) qui était 62,5 fois plus grand que celui du Soleil actuel (Xn = 62,5 -+-1,886" en rayons solaires). Le proto-soleil, en vibrant par le choc, s’est renflé alternativement à l’Equateur et aux Pôles, les renflements équatoriaux étant, en raison de la translation vers l'apex, équidistants
- dans la nébuleuse (Zi5, Z,a, ZH sur la fig. 1). L’Equateur a émis périodiquement des nappes planétaires et les pôles, des filets de matière cométaire. Ceux-ci instables se fractionneront en noyaux de comètes comme nous constatons aujourd’hui la matière cométaire répai-due sur leurs orbites sous forme d’étoiles filantes. La masse des comètes sera beaucoup plus faible que la masse planétaire parce que celle-ci part du périmètre équatorial ayant 270 millions de kilomètres de longueur, tandis que l’autre est émise par des points polaires peu étendus. Cette origine des comètes explique aussi leurs grandes inclinaisons d’orbite et leur sens de révolution par parties égales direct et rétrograde.
- Quelle trajectoire suivront dans la nébuleuse les nappes planétaires à partir de l’Equateur du protosoleil ? Un calcul simple m’a montré qu elles décrivaient des surfaces tourbillonnaires à section presque circulaire et à méridienne logarithmique. Coupons ces surfaces par un plan parallèle à l’Equateur du proto-soleil qui sera l’écliptique primitive : les cercles d’intersection ont précisément pour rayons les distances des planètes exprimées par la loi exponentielle qui se trouve ainsi démontrée (Q. Sur la figure 2 qui donne la section des nappes plané-
- 1. Comptes rendus (8 décembre 1905), Note présentée à l’Académie des Sciences par II. Poincaré.
- Fig. i.
- B, point de choc du protosoleil sur la nébuleuse AA'; BZ, direction de translation du protosoleil vers l’apex (Bo = 88 u a); Zl5 Z12 Z{i..., Renflements équatoriaux (par pulsation du protosoleil) d’où sont émises les nappes planétaires (Z,3 Z12 = Z,2 Zti = ....= 6,28 11. a.) ; Q, Point de convergence des axes planétaires primitifs.
- NZ( Hercule)
- r. a
- Fig. 1.
- B, point de choc du protosoleil sur la nébuleuse AA'; BZ, direction de translation du protosoleil vers l’apex (Bo = 88 u a); Zl3 Z12 Z{i..., Renflements équatoriaux (par pulsation du protosoleil) d’où sont émises les nappes planétaires (Z,3 Z,2 = Z,2 Zti = ....= 6,28 u. a.) ; Q, Point de convergence des axes planétaires primitifs.
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- L’ARCHITECTURE DE L'UNIVERS, ŒUVRE DES FORCES RÉPULSIVES
- taires, apparaît une autre loi ge'ométrique de notre système, conséquence de la démonstration de la première loi, c’est la loi des inclinaisons des axes planétaires qui peut s’énoncer ainsi :
- A l'origine, tous les axes planétaires sont dans un même plan perpendiculaire à l'écliptique contenant la direction de l'apex : ils y convergent en un point Q situé sur la trajectoire de la Nova solaire.
- La direction Nord des axes planétaires (tangentes aux méridiennes des nappes) est la direction du mouvement des noyaux des planètes au moment de leur arrivée dans l’écliptique.
- Que devenait cette loi des inclinaisons pour les petites planètes?
- Il suffisait, pour le savoir, de tracer sur ce même plan la carte des 800 astéroïdes en position d’aphélies qui est l’origine de leur circulation autour du proto-soleil (]). Alors apparaissaient des traînées d’astéroïdes marquant bien la trace de leur trajectoire dans la nébuleuse et coïncidant avec les directions calculées théoriquement par la loi des inclinaisons. Mais un autre fait singulier ressortait sur la même carte, le nombre des astéroïdes doublait subitement quand on franchissait vers l’écliptique la ligne Y.C. J. (fig. 2), marquéepar les aphélies deVesta, Gérés et Junon les plus grosses des petites planètes, comme si la matière nébuleuse ayant contribué à leur formation avait présenté une discontinuité le long de cette ligne. Cette ligne qui passe aussi près de Patrocle,la petite planète de la famille de Jupiter la plus éloignée de l’écliptique, marque, comme je l’ai montré récemment (2), la limite vers le Soleil de la zone GG' de matière nébuleuse repoussée par sa pression de radiation. Cette zone devait être limitée par la surface d’un paraboloïde de révolution ayant pour axe la direction Zo de translation vers l’apex (fig. 2).
- Alors nombre de faits du système solaire restés mystérieux jusqu’ici reçoivent une explication intuitive. On n’avait jamais compris comment les planètes sont divisées en deux groupes composés l’un de 4 planètes denses de faible masse, l’autre de *4 planètes légères de grande masse. Comme ces deux groupes sont séparés par des astéroïdes, on devait, en élucidant leur origine, expliquer du même coup la distribution des masses planétaires.
- Or l’intérieur du paraboloïde GG' est dépouillé de matières légères chassées par la pression de radiation et ne contient plus que les matériaux denses continuant à graviter vers le proto-soleil : ces matériaux formeront Mars, la Terre, Vénus et Mercure. Au contraire Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune qui sont à l’extérieur du paraboloïde recevront l’apport des matières légères chassées par la pression de radiation et qui vont d’autant plus loin quelles sont plus légères (Saturne près de 2 fois moins
- 1. Comptes rendus (28 décembre 1908), Note présentée ;ï l’Académie des Sciences, par II. Poincaré.
- 2. Comptes rendus, 18 octobre 1920.
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- dense que Jupiter et ayant 5 fois moins de masse).
- Quant aux petites planètes, leur nappe CC' se brise sur la gaine GG' qui agit comme une résistance de milieu pour diminuer leurs moyennes distances (aphélies au-dessous de CC') ou comme impulsion par la matière L' pour éloigner des aphélies au delà de CC').
- Sur la même carte, on voit encore que la pulsation polaire de Jupiter et de Mars a fait émettre à leurs pôles suds des traînées de petites planètes.
- J’ai découvert celle de la famille de Mars composée d’Eros, Adalberta et Hungaria. Ces traînées
- - sont émises par les planètes exactement comme les traînées cométaires sont émises par le pôle Sud du proto-soleil.
- Mais il y a plus : négligeant lès masses des 4 planètes denses dont fait partie la Terre, on peut établir qu’il existe une quatrième loi du système solaire, la loi de distribution des grandes mqsses planétaires applicable aussi au Soleil. Ces masses sont inversement proportionnelles au carré de
- leurs distances au centre, ^m = R ex-
- primé en rayons de l’orbite terrestre, m en masses terrestres).
- La loi des masses dans la nouvelle Cosmogonie dualiste est reliée très heureusement à la loi des distances : en effet le rayon du proto-soleil est en rayons de l’orbite terrestre de 0,29 (Q. Comme dans un Soleil gazeux, sauf près du centre, la densité varie en raison inverse du carré du rayon.
- La distance moyenne de la matière proto-solaire a dû être un peu supérieure à 0,29 : 2 ou 0,145. En fait il faut donner à R la valeur 0,1607 'pour que la loi des masses donne la masse 535 432 du Soleil.
- Critérium de réalité de la Cosmogonie dualiste.
- — II n’est pas possible de donner ici les quatre tableaux de valeurs numériques correspondant aux quatre lois nouvelles du système solaire, et qui constituent le plus sûr critérium de la réalité de la Cosmogonie dualiste. Nous choisirons dans le système solaire seulement quelques faits inexpliqués jusqu’ici et qui trouvent immédiatement leur explication dans la nouvelle théorie. •
- Dans le système de Jupiter, où la loi des distances des satellites est Xn=0,814-+-1,716", on a :
- Il Satellites Calculés Observés
- 1 V 2,55 2,55 Découvert par
- o 5,759 » Barnard en
- 5 I 5,867 5,91 1892.
- 4 11 9,485 9,40
- 5 111 15,694 14,99 Ecart 0,7
- 6 IV 26,548 26,36
- Si j’avais trouvé la loi des distances quelques années plus tôt, j’aurais pu prédire l’existence à sa
- 1. Ce rayon est intermédiaire entre ceux de Bételgeuse et Aldébaran, mesurés récemment par Michelson, Roussel et Nordmann.
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- L'ARCHITECTURE DE L’UNIVERS, ŒUVRE DES FORCES RÉPULSIVES
- vraie distance du satellite V à laquelle les astronomes européens se refusèrent à croire d’abord, parce quelle ne cadrait pas avec la théorie de Laplace.
- On pourrait penser que l’écart 0,7 du satellite III est dû à l’imprécision de la loi : il n’en est rien. Les satellites I, II, III ont une libration en distance démontrée par Laplace en sorte que si I et II changent de distance, III a sa variation de distance déterminée par le calcul. Or le calcul montre que le satellite III a dû se rapprocher de 0,7 par suite du changement de position de I et IL
- Un autre critérium peut être tiré des conséquences vérifiées pour la Terre que j’ai déduites de son mouvement dans la nébuleuse dans la direction du Pôle Nord de son axe (d’après la lof des inclinaisons d’axe). lien résulte que les parties extérieures de son atmosphère primitive sont descendues vers le pôle Sud qui é-tant le pôle du froid dans cette période palœo-thermale a vu la chute du déluge austral pri-mtif d’où résulte toute l’architecture profonde des continents et des mers (*) précisée par des lois très simples en fonction de la latitude.
- Une difficulté que ni Laplace ni ses sucesseurs n’ont jamais cherché à résoudre est la position paradoxale de l’axe d’Uranus presque couché dans l’écliptique. Or la loi des inclinaisons d’axe montre qu’à la distance 21 une nappe planétaire est perpendiculaire à la direction de translation vers l’apex.
- La résistance de la nébuleuse ne peut donc que la replier en l’enroulant sur elle-même sous forme d’anneau ou tore-tourbillon. Dans un tore le plan de rotation des molécules est bien perpendiculaire au plan de l’anneau comme pour Uranus situé à la distance 19,2.
- Mais une Cosmogonie, même si elle expliquait comme la nôtre tous les détails du système solaire, serait bien incomplète si elle n’arrivait pas à rendre compte des particularités de notre Univers, c’est-à-dire de la Voie Lactée et de la formation des nébuleuses spirales ; c’est ce que nous avons pu faire facilement : car de la même hypothèse d’un choc
- 1. Origines des formes de la Terre (Gaulhier-Villars, 1918).
- d’une sphère gazeuse sur une nébuleuse et des mêmes équations dérive la formation d'un système planétaire lorsque le choc a lieu dans la région polaire de la sphère, et la formation d’une nébuleuse spirale lorsque le choc a lieu dans la région équatoriale.
- Il y a là tout un chapitre de Cosmogonie sidérale d’où l’on peut tirer avec quelque certitude l’histoire du passé du proto-soleil avant le choc qui l’a doté de sa famille planétaire.
- En résumé il n’est pas étonnant que la Mécanique newtonienne n’ait presque rien pu expliquer de l’architecture des Mondes, puisque celle-ci ne dépend pas de l’attraction, mais des forces répulsives d’ordre mécanique et physique. L’absence de la gravitation dans les équations de la Cosmogonie dualiste, qui avait presque scandalisé H. Poincaré,
- tient surtout à ce fait que les orbites spirales parcourues par les masses planétaires à l’origine sont à gravitation équilibrée (l). En tout point de ces orbites, l’attraction centrale équilibre la force centrifuge, si bien que ces deux forces équilibrées constamment sur la même masse sont comme si elles n’existaient pas.
- Est-ce une raison parce que la nouvelle théorie se passe aisément de la Mécanique newtonienne pour que celle-ci ignore les multiples preuves accumulées par la Cosmogonie dualiste sans prêter attention aux lois nouvelles du système solaire, parce qu’elles ont été trouvées empiriquement comme celles de Képler et qu’elles ne sont pas démontrables par la loi de Newton. Il faudra bien qu’en présence des progrès de la Physique et de l’Astro-physique modernes, l’école Newtonienne finisse par reconnaître que le dualisme est à l’origine des êtres cosmiques comme de tous les êtres dans la Nature et que dans la Mécanique des milieux nébuleux il faut en revenir à la Conception géniale de notre grand Descartes qui imaginait l’Univers plein de matière en mouvement et le mouvement transmis par des tourbillons dans les fluides primitifs. Emile Belot.
- Vice-Président de la Société Astronomique - “"de France.
- L. Comptes rendus (12 mai 1919).
- > Nestor ,Priam 'Achille
- Hector
- Patrocie'
- Fig. 2.
- O, protosoleil ayant pour rayon 62,3 rayons solaires ; GG' gaine de matière nébuleuse légère repoussée par la radiation du protosoleil autour de la trajectoire ZO vers l'apex: CC', nappe des petites planètes brisée sur la gaine GG' Nestor, Priam, Achille, Hector, Patrocie, petites planètes de la famille de Jupiter émises par son pôle sud après choc sur la gaine GG'.
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- LE CHAUFFAGE SANS COMBUSTIBLE
- On sait que le fonctionnement théorique d’une machine thermique se réduit au schéma suivant : un corps quelconque, un gaz de préférence, évolue suivant un certain cycle entre la température T d’une source chaude, à laquelle il emprunte une quantité de chaleur de Q calories et la température t d’une source froide à laquelle il restitue une quantité de chaleur q ; le corps effectue pendant ces opérations un travail II qui est égal à ^ A désignant
- l’équivalent mécanique de la calorie.
- Le cycle qui donnerait le rendement maximum en travail est lé cycle réversible, dit de Carnot; cycle à la vérité.irréalisable en pratique, mais dont la considération théorique permet de fixer des limites aux rendements que l’on est en droit d’attendre d’une machine thermique. Pour un tel cycle, le rendement, c’est-à-dire le rapport entre le travail effectif produit II, évalué par exemple en kilogram-
- mètres et l’énergie -r empruntée A
- T-t
- la
- chaude, est égal au rapport ^ ^ ^ ; on restitue
- obligatoirement à la source froide une certaine quantité de calories q représentant de l'énergie dégradée, puisqu’à température inférieure ; la valeur en calories de cette énergie perdue est égale au travail utile
- 273 -f-1
- produit, Ali, multiplié par le rapport ———
- Or, ce cycle étant réversible, on peut faire l’opération inverse; c’est-à-dire emprunter à la source froide une quantité de calories q, et faire évoluer le gaz de la température inférieure t à la température supérieure T en dépensant sur lui le travail mécanique Fl ; on reporte ainsi une quantité de calories Q sur la source chaude à T degrés, en ne dépensant qu’une énergie AU bien inférieure à la quantité de calories récupérées. C’est le cycle d’une machine frigorifique. Or la nature nous offre un réservoir inépuisable et gratuit de calories à basse température, énergie dégradée et pour nous sans usage.
- Mais si, avec ces calories gratuites, nous pouvons moyennant une dépense relativement faible d’énergie mécanique, obtenir un nombre beaucoup plus grand de calories à une température Utile, on voit aisément que nous aurons fait une opération extrêmement avantageuse et réalisé un mode de chauffage théoriquement très économique, à la condition, bien entendu, que nous disposions d’énergie mécanique à bon marché.
- Si cette énergie est fournie par une chute d’eau, un moulin à vent ou à marée, on a un chauffage rigoureusement sans combustible.
- Il y a fort longtemps déjà que cette idée si séduisante a été exposée par l’illustre physicien anglais lord Kelvin.
- Elle n’a pas reçu jusqu’ici toute l’attention qu’elle mérite. Mais la crise prolongée des combustibles, conséquence de la guerre, la remet aujourd’hui à l’ordre du jour et nous trouvons dans un numéro récent de la Revue B. B. C. la description d’un projet de chauffage qui s’inspire de ces vues.
- Un liquide approprié, de l’acide sulfureux par exemple, est contenu dans un serpentin évaporateur placé au milieu d’une nappe d’eau sans cesse renouvelée, un bras de mer ou une rivière; et au moyen d’un turbo-compresseur on fait le vide dans cet évaporateur.
- Le liquide s’évapore, empruntant sa chaleur de vaporisation à la nappe d’eau qui, si elle n’était pas renouvelée, se refroidirait rapidement. Le turbo-compresseur comprime les vapeurs dans un autre serpentin plongeant au mi lieu d’une chaudière ; là, grâce à la pression plus élevée, les vapeurs se condensent, en abandonnant à l’eau de la chaudière et sous une température plus élevée, la chaleur qu’elles ont empruntée à l’eau froide du bras de mer ou de la rivière.
- L’eau chaude ainsi obtenue sera envoyée dans des canalisations de chauffage, comme dans les chauffages centraux à eau chaude; l’acide sulfureux liquéfié et chaud est renvoyé à l’évaporateur après détente dans un organe de laminage quelconque; comme il sort encore chaud de la chaudière, il passe au préalable dans un réchauffeur où il se refroidit en commençant à réchauffer l’eau froide qui revient à la chaudière après avoir perdu ses calories dans les radiateurs
- ‘ En somme, il s’agit d’une véritable machine frigorifique, mais utilisée en sens inverse de ce qui se fait d’habitude.
- Le froid produit par elle est en quelque sorte un sous-produit. Et il est assez curieux de noter que si la pression dans l’évaporateur était maintenue assez faible pour que le point d’ébullition de l’açide sulfureux tombât au-dessous de zéro, l’eau à laquelle on emprunte les calories pourrait se prendre en glace.
- Notre paradoxal calorifère produirait de la glace comme résidu, du reste fort gênant, car elle collerait au serpentin évaporateur; un calorifère ordinaire a, lui aussi, ses résidus, mais c’est de la cendre et du mâchefer.
- L’auteur de l’article a calculé avec soin la dépense d’énergie necessaire pour faire fonctionner une machine de ce genre.
- Il a pris le cas d’une installation où il s’agit de chauffer de l’eau à 52° G. ; la température de l’eau courante dans laquelle on évapore l’acide sulfureux est de 5°.
- Pour produire 10 000 000 de calories par heure disponibles dans l’eau de chauffage à 52°, il faut un
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- 32 r:"1 .• LE CHAUFFAGE SANS COMBUSTIBLE
- compresseur de 2850 kilowatts. Or on sait que 1 kilowatt est équivalent à 860 calories; si on transformait directement un kilowatt en chaleur, par frottements mécaniques, ou passage d’un courant électrique dans les résistances, on ne pourrait dégager plus de 860 calories; or, ici, une simple règle de trois montre qn’avec un kilowatt on a produit 3440 calories, c’est-à-dire 4 fois l’équivalent thermique du kilowatt.
- Dans les pays d’énergie hydroélectrique, où le charbon est rare, tandis que le courant jélectriqüe est abondant et bon marché, on a été amené à envisager le chauffage des appartements au moyen du courant électrique. C'est un chauffage qui ne demande que des calories à température- relativement basse. Jusqu’ici, on n’a jamais appliqué que la méthode barbare qui consiste à transformer l’énergie électrique en énergie calorifique par passage dans des résistances.
- Dans le procédé que nous venons d’exposer, il
- données établies ci-dessus; en dépensant 1 kilowattheure dans le compresseur de notre calorifère, nous dégageons à la chaudière 4 fois son équivalent thermique, soit 3440 calories ; mais pour produire ce kilowatt-heure, il n’a pas fallu brûler moins de 750 gr. de charbon sous la grille de la chaudière.
- C’est là un chiffre bas au-dessous duquel on ne tombe que dans des centrales parfaitement équipées et brûlant d’excellent charbon. Or ces 750 gr. de charbon, même supposé de qualité assez médiocre, brûlés dans un calorifère ordinaire de chauffage central fourniraient au moins 4000 calories. Donc dans ce cas, les antiques méthodes de chauffage restent plus avantageuses.
- Il n’est pas à dire, pour cela, qu’elles soient bien satisfaisantes. N’est-il pas absurde, lorsqu’on n’a besoin que de calories à des températures comprises entre 60 et 80°, et tel est le cas de tous les chauffages d’appartements, de dépenser à cet effet
- Canalisation de chauffage-
- Chaudière
- Serpentin pour la condensation de l'acide sulfureux Compresseur rotatif ^ Canalisation d'acide
- sulfureux
- Réchauffeur
- Organe de détente
- Evaporateur d'acide sulfureux Bras de mer ou rivière
- Fig. i.
- Disposition schématique d’un chauffage sans combustible.
- suffit, pour un résultat analogue, d’une dépense 4 fois moindre que celle nécessaire dans le cas du chauffage par résistances électriques.
- Sans doute semblable méthode, pour l’instant tout au moins, ne peut être employée en tous lieux; elle exige, en effet, que l’on dispose d’une très grande quantité d’eau courante, il faut donc être à proximité d’une grande rivière ne gelant jamais ou d’un bras de mer. On a envisagé l’application du procédé pour la création de grandes stations centrales de chauffage dans les pays de houille blanche situés au voisinage delà mer. La Norvège, avec ses fjords et ses belles chutes, conviendrait particulièrement bien à un premier essai du système.
- Le procédé de chauffage de Lord Kelvin serait-il pratiquement intéressant dans d’autres régions que celles de houille blanche? Par exemple dans un centre où l’on dispose de force motrice fournie par une machine à vapeur?
- Il est facile de répondre à cette question avec les
- de l’énergie de qualité bien supérieure ; que l’on se contente de dégrader purement et simplement; alors que cette énergie bien utilisée pourrait à la fois produire du travail mécanique et du chauffage.
- Expliquons-nous. Lorsqu’on brûle 1 kg d’un combustible quelconque, on produit une température, grâce à laquelle il est possible de transformer en travail mécanique une partie de la-chaleur dégagée lors de la combustion; le reste de cette chaleur se retrouve à plus basse température et est en général perdu. Ne conviendrait-il pas, aujourd’hui où le combustible est si parcimonieusement mesuré à toute l’humanité, qu’aucune parcelle n’en fût brûlée sans produire du travail, le chauffage n’étant demandé qu’à la chaleur rejetée comme sôus-produit à la source froide de la machine thermique? Ce serait là, sans conteste, le mode d’utilisation le plus rationnel du combustible.
- A. T non, er.
- Le Gérant: P. Misson. — Imprimerie Lakvre, 9, rue deFleura*, à Pari*.
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- LA NATURE. - N° 2467.
- 16 JUILLET 1921
- Ce nom claironne dans l’histoire, et pourtant c’est peu de chose, un rocher au bord de la mer, au pied duquel se pressent les maisons d’un petit village indigène dont Henry Dugard a peint un tableau peu enchanteur.
- « Une longue rue en balcon au bord de la mer, avec trois ruelles en retrait, les koubbas de deux marabouts, des boutiques où l’on vend surtout du sucre, du café, des bougies, des cotonnades, quelques maisons privées et un sale petit recoin où des filles du dernier ordre dans des niches de troglodytes d’une saleté indescriptible... etc... »
- M. Mercié en dit davantage, je cite, car ils sont rares ceux qui sont allés à Agadir, jusqu’à ce jour fermée à la colonisation, et qui va enfin se dévoiler et ouvrir ses portes.
- « Le promontoire abrupt sur lequel se trouve la citadelle d’Agadir, dit-il, semble marquer le point terminus de la chaîne du Haut-Atlas qui, après avoir traversé le Maroc de sa longue crête rocheuse couverte de neiges, vient s’arrêter presque à pic comme cabrée devant l’Océan.
- Les couches superposées des différents terrains marquent nettement par leur direction uniforme la ligne de partage des eaux. Rongées par les vagues, elles ont été déchaussées de leurs éléments calcaires et seule, une ossature plus résistante d’origine volcanique s’enfonce dans la mer.
- On se sent à un tournant décisif derrière lequel on doit trouver un pays nouveauj, En effet, à peine sortis des chemins cahotiques des Haha, nous décou-
- 49* Année. — 2’ Semestre-
- vrons la plaine du Souss dont l’horizon se perd dans la brume.
- . Du chemin en lacet qui grimpe vers la citadelle on découvre au loin les rives verdoyantes de l’oued Souss qui, aux feux du couchant, barre la plaine comme une incrustation d’or pâle.
- A nos pieds, la rade immense dans son cercle de
- petites dunes qui descendent jusqu’à elle, comme un prolongement de sa houle.
- En rade, le Berlin et.YE-berQ). apparaissent bien minuscules et une disproportion flagrante entre leur fragilité apparente et l’importance démesurée qu’ils prennent en Europe, se révèle au voyageur.
- Après avoir lutté contre les difficultés naturelles du chemin , passé des gorges profondes, approché des cimes élevées, contemplé l’immensité de l’océan, lorsqu’on découvre ces manifestations puériles d’hommes en lutte, on est pris de pitié pour la petitesse des gestes dont ils croient remplir le Monde.
- Cependant nous approchons de 1a. citadelle. A la fois menaçante et gaie, elle a des murailles d’un joli blanc, finement crénelées, flanquées de tours et de bastions de 10 mètres de hauteur. Quelques terrasses et le minaret dominent le mur d’enceinte. A mi-côte, un bastion armé de canons de fonte semble veiller sur l’entrée de la rade.
- On arrive à Agadir par l’ouest et en prenant un étroit chemin dont les lacets autour du promontoire mènent à l’unique porte de la ville située à
- 1. Ecrit en 1911 avant l’arrivée du Faut hcr.
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- l’est dans un angle de muraille. Au-dessus de la porte, un fronton est gravé dans la pierre, représentant un cœur orné de deux palmes et surmonté d’une croix dont la branche élevée se termine en forme d’un quatre. Auprès de lui se trouve une inscription en arabe, et au-dessous, la date : 1746.
- Quelques tronçons de colonnes de marbre servent de siège à un paisible corps de garde » . (Car il n’y avait pas de garnison maghzen à Agadir).
- A cette époque il n’y avait que quelques hatdis pionniers qui luttaient pied à pied contre l’influence allemande et faisaient échec aux négociants germains.
- La ville a d’ailleurs changé. En 1911 il n’y avait que 150 arabes pêcheurs ou chameliers et 50 juifs vivant misérablement. Le typhus et la variole les décimaient d’ailleurs.
- Aujourd’hui, elle déborde des murailles, la citadelle s’est élargie et des casernements s’élève l’appel joyeux du clairon.
- Les Germains, chercheurs de mines, ou acheteurs de terrains, y sont devenus indésirables.
- Agadir n’est donc pas un coin quelconque qui vient de s’ouvrir à la colonisation, car il remplira une page dans l’histoire du Maroc et l’on y contera la chute retentissante des ambitions pangermaniques.
- Un voyage à Constantinople de l’éternel comédien Hohenzollernpour tromper l’Islam; un débarquement tintamarresque à Tanger (fig. 1) pour affirmer son intention de contrecarrer la marche de notre civilisation, et enfin, appuyant un peu plus sur l’épée « fraîche et joyeuse » dont la pointe se fixait sur le sol chérifien, l’impérial bluffeur envoyait le petit bateau de guerre P an Hier mouiller dans les eaux d’Agadir à côté de 1 ’Eber.
- Sans la clairvoyance de nos diplomates, ce fait eût déclanché dès 1911 la guerre qui ensanglanta le monde trois ans plus tard.
- L’épilogue, chacun le connaît. L’Allemagne vaincue, l’impérial imprésario du coup dfAgadir obligé d’abdiquer et de s’enfuir. Le naufrage près d’Agadir; du sous-marin allemand chargé d’armes,; de tracts et de présents pour El lliba,acheva .de discréditer les Allemands dans l'arrière-pays, porte du Souss que les Mannesman n avaient ; ouverte a leur influence. , y
- Nos colonnes en y passant firent mieux encore. Arrivée trop tard au partage de l’Afrique en zones d’influence, l’Allemagne échoua là comme partout
- dans son projet d’enfoncer à Agadir un coin brutal entre nos possessions de l’Afrique du Nord et du Sénégal, et de la Mauritanie d’autre part.
- L’endroit était-il donc mal choisi?
- Il est certain que l’arrière-pays dont le débouché naturel est Agadir n’est pas engageant au premier abord.
- Le Souss est un pays de mirages avec la rare végétation des arganiers, ses villages de terre rouge dominés par les tours des kasbahs à l’aspect babylonien ; ses oueds à sec l’été le long des derniers contreforts rocheux et arides du qjetit Atlas.
- Pourtant les Allemands avaient préparé de longue haleine leur action politique, soudoyant les caïds de cette région qui semble moins riche que l’hinterland occupé par nos troupes à cette époque plus au nord.
- Les Mannesmann la parcouraient en prospei -tant, vantant aux indigènes la Kultur germanique « l’AUemagne par dessus tout » et fes seigneurs, en lutte depuis des siècles avec l’autorité du Maghzen les écoutaient avec complaisance.
- Sans doute, la France ne se désintéressait pas du sud marocain i au point de vue politique, mais avant d'occuper et de pacifier ces tribus en révolte ouverte, il fallait assurer l’avance de notre « tache d’huile ». partie de la Chaouïa vers des régions plus prospères.
- Sans doute aussi avait-on quelques renseignements sur leurs agissements au point de vue minier, mais nous ne connûmes à proprement parler leurs intentions sur l'Anti-Atlas qu’au lendemain d’août 1914 lorsque le service du séquestre eut saisi leurs biens, leurs rapports, leurs études, leurs nombreux échantillons de minerais de toutes sortes dont ils avaient repéré les gisements et dont ils comptaient exploiter les riches filons de cuivre, de fer, d’argent, de plomb et autres métaux connexes.
- La menace constante de leur principal agent El lliba, chassé de Marrakech par nos armes, et qui nous harcelait sms cesse avec ses harkas parties de Tiznitnous obligea à en finir d’un coup. La .colonne du général de Lamothe secondée par les harkas levées par El lladj Thami, pacha de Marrakech, balaya tout le sud, occupant Tiznit, Taroudant et toute, la zone du Uraâ en rejetant les dissidents au désert, disloqués, désormais sans chef.
- El Hiba mourut peu après ayant perdu tout le prestige qu’il avait près de ses fameux hommes bleus. Et depuis,*la région est entrée dans la période
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- R A
- Fig.-2. — La nouvelle zone ouverte : Agadir et le Sous.
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- Fig. 3. — Agadir : à droite, la citadelle, le village Founli et la plage; à gauche, dans-le village Founli.
- de calme, prélude de prospérité que nos armes glorieuses et que la puissance de notre civilisation ont su répandre dans tout l'Empire chérifien.
- La quiétude est venue d’un seul coup à ces rudes populations, disait le capitaine Bourguignon, et cela en regardant défiler nos colonnes puissantes et pacificatrices qui venaient en maîtresses de si loin, sans tirer un coup de fusil, qui ne demandaient pas de rançon ni de nouveaux impôts aux habitants, qui ne voulaient pas toucher auxbiens, qui ne razziaient pas, respectant leurs maisons, leurs femmes, leur liberté, leur religion.
- A Ouijjane seulement, la résistance fut dure et quand nous nous heurtâmes à des tranchées bien défendues, on comprit que la main boche guidait ces derniers insoumis.
- Depuis, la tranquillité y est parfaite, il ne nous reste plus que la deuxième partie [du programme à exécuter, celle des administrateurs et des ingénieurs, elle se résume par ces mots : organisation administrative, construction du port d’Agadir, futur embarcadère de minerais, construction de maisons, d’hôtels, de routes et d’un chemin de fer. Et dans l’étroit cerveau de ces guerriers qui n’admiraient que la Force, la France qui a vaincu le colosse germain
- et qui leur prodigue aujourd’hui les trésors de sa bonté, se trouve placée bien haut.
- Les temps sont venus où le riche marchand sur sa mule peut parcourir les pistes en toute sécurité sans craindre les pillards. El Hadj Thami, sûr de son autorité sur cette région, peut jouir longuement des beautés de la France, Paris peut le garder plusieurs semaines sans craindre quoi que ce soit, leur loyalisme est certain.
- La région est libre, elle est ouverte à la colonisation.
- Certes notre expansion eût pu s’y établir plus tôt, mais la politique patiente et avisée du maréchal Lyautey préféra en interdire l’accès tant que nous n’aurions pas amené à nous tous les anciens protégés allemands, les tribus belliqueuses des Haha, du Mtouga et de la région de Taroudaïit. Les Ida ou Ta-nan viennent de faire leur soumission, on peut aller en automobile de Marrakech à Agadir par Imminta-nout, Yizimachou et les travaux de la piste côtière Mogador-Agadir sont poussés activement.
- Une mission conduite par M. Maître-Devallon, l’actif directeur général adjoint des Travaux Publics du Maroc, a consacré le geste; derrière elle, les colons, les commerçants peuvent entrer à Agadir.
- Un wharf y existe déjà en attendant son port et le
- 7.
- Fig. 4.
- Les jardins de Tizn 'il.
- Fig. 5. — Imminianoul : une talonne entre dans les défilés des montagnes.
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- AGADIR
- petit village de Founti ne sera bientôtjplus que les vestiges de l’ancien « Agadir n’rir », convoité parle Panther.- Bientôt les gisements cuprifères seront exploités et le commerce s’exercera surtout avec l’huile d’arganier, la vente des amandes, des noix,
- ranéennes. En môme temps cette étape favorisera l’exportation de la main-d’œuvre, xtar le Souss est un réservoir d’hommes dans lequel on a puisé largement pendant la guerre.
- Agadir sera un trait d’union entre la Tunisie,
- Fig. 6. — Taroudant. En haut, la maison du pacha; au milieu, divers aspects de la ville; en bas à gauche, le souk auxéloffes; à droite, la forêt d’arganiers.
- des olives et les produits agricoles de la vallée de l’oued Souss.
- Agadir transitera les produits du Soudan. Il ne fournira plus comme autrefois le marché de Marrakech en esclaves, mais il constituera bientôt une escale intéressante pour le cabotage comme port de liaison entre le Sénégal et nos pos'sfessiôns méditer-
- TAlgérie, le Maroc d’une part et la Mauritanie, le Sénégal, le Niger, le Sahara, la Guinée, la Côte d’ivoire, le Togoland, le Dahomey, le Cameroun, le Gabon, le Congo d’autre part, mosaïque de territoires à peine émaillée de quelques enclaves appartenant à nos alliés d’hier.
- Henri Catherine.
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- LA PROPULSION DES NAVIRES A L’AIDE DE MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Quelle que soit la puissance nécessaire à la propulsion des navires — fùt-elle de 150 000 kilowatts (Q ainsi qu’on la prévoit pour des croiseurs de bataille américains (2) ou, simplement, de 20.00 kilowatts, comme on la réalise sur de modestes cargos — la commande des arbres porte-hélices, à l’aide de moteurs électriques, est un problème dont la solution n’est pas impossible, ni difficile, ni même hasardeuse.
- En effet, l’industrie a réalisé, depuis 20 ans, des progrès considérables, soit dans les appareils qui produisent le courant électrique (alternateurs), soit dans ceux qui l’utilisent (moteurs).
- On construit couramment des génératrices à courants alternatifs, diphasés ou triphasés, de 5000, 10 000, 55 000 et même 45 000 kilowatts.
- Grâce aux turbines à vapeur qui les actionnent, ces appareils témoignent d’une endurance remarquable ; ils fonctionnent pendant des années entières, sans usure appréciable et parfois sans arrêt; ils
- 1. La toi ciu 2 avril 1019 et le Règlement d’Administration publique du 5 août 1.919, sur les unités de mesure, définissent le kilowatt comme l’unité de puissance. Les anciennés unités Lelles que kilogrammètres-secondc, cheval-vapeur, poncelel, horse-power (HP), ne sont plus admises qu’à litre transitoire. Rappelons que le kilowatt correspond à '1,358 cheval-vapeur de 75 kilogrammètres-seconde.
- 2. 5 croiseurs de bataille, type Lexington, sont actuellement en construction aux États-Unis. Ils répondent aux spécifications suivantes :
- Longueur : 266 m. Largeur : 50 m. 80.
- Tonnage : 45 000 tonnes.
- Vitesse : 55 nœuds.
- Puissance : 180 000 chevaux.
- Armement : 8 canons de 406 mm, 16 canons de 152 mm, 8 tubes lance-torpilles de 550 mm.
- La propulsion de ces bâtiments sera obtenue au moyen de moteurs électriques de 55 000 kilowatts, montés sur 4 arbres.
- Fig. 2.
- Couronne d’aube de la turbine Ljungstrom.
- subissent, sans dommages, les variations incessantes et brutales apportées dans le régime du réseau élec-
- Fig. i.
- Coupe schématique de la turbine Ljungstrom à double rotation.
- A, B, arbres de la turbine; C, D, disques portant les couronnes d’aubes; E, tuyau d’arrivée de vapeur; F, G, boîtes de vapeur; H, chambre centrale de vapeur; I, chambre circulaire d’échappement reliée au condenseur; K, L, plateaux à labyrinthes fixes et mobiles d’équilibrage longitudinal; M, N, garniture d’étanchéité.
- trique de grandes villes où chacun — à son gré et à son heure — puise ia force ou la lumière; enfin, ils sont d’un rendement très avantageux, car ils fournissent le kilowatt-heure électrique au prix très réduit de 4 kg 50(k de-vapeur, timbrée à 12 k/cm2, surchauffée à 550° C., ce qui correspond à environ 0 kg 480 de bon charbon d’Anzin (Q.
- La construction des moteurs a suivi, ou est susceptible de suivre un développement convenable ; conséquence logique et naturelle, car l’une des plus remarquables propriétés des systèmes électriques, c’est.qu’ils sont réversibles.
- En fait, la construction industrielle de moteurs électriques de 10000 à 30 000 kilowatts ne comporte pas d’aléas ; cependant, le type de ces appareils, du moins pour les grandes puissances, reste limité à la classe des moteurs alternatifs à champ tournant (synchrones ou asynchrones) dont il sera question plus loin.
- 1. Un bon charbon d’Anzin à 5 pour 100 de cendres, brûlé dans l’obus Malher, dégage environ 8200 calories par kilogramme. 1 kg de ce. charbon peut transformer en vapeur saturée à 12 k/'em2, 10 litres d’eau prise à 15° C. et vaporisée dans une chaudière à 80 pour 100 de rendement.
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- 38 = LA PROPULSION DES NAVIRES A L’AIDE DE MOTEURS ÉLECTRIQUES
- Évidemment, l’application de ees appareils à la propulsion des navires présente certaines difficultés, spéciales aux conditions d’installation, d’emplacement, de milieu et de température. En particulier, beaucoup de précautions et de soins doivent être apportés dans l’isolement, de conducteurs électriques à haute tension, logés dans des coques métalliques, au sein d’une atmosphère humide et saline (1). Il est également nécessaire de confier l’appareil aux soins d’un personnel expérimenté. Mais l’expérience a déjà établi qu’aucune de ces difficultés n’est insurmontable. La « propulsion électrique », telle qu’on
- Autant de questions sur lesquelles nous voudrions apporter quelques précisions.
- Rappelons que, vers 1900, les bâtiments à vapeur de toutes les marines du monde étaient munis de machines alternatives, à triple ou à quadruple expansion. Ces machines commandaient directement l’hélice à des allures de 60 tours (cargos), 80 tours (paquebots), 110 tours (cuirassés), 150 tours (croiseurs), 520 tours (contre-torpilleurs). Elles développaient, par arbre, des puissances qui atteignaient 12500 chevaux (croiseur Ernest-Renan) et même 22500 chevaux (paquebot Kaiiter Wilhelm II). Elles
- Fig. 3. — Turbines à engrenages à double réduction (Compagnie Electro-Mécanique du Bourget).
- vient de l’examiner, est donc réalisable. Mais est-elle nécessaire, c’est-à-dire avantageuse?
- Tant que la télémécanique, encore dans les limbes, ne saura pas concentrer, diriger et transmettre à distance et sans fil, des puissances considérables, il faudra bien, sur un navire, créer cette puissance à pied-d’œuvre, c’est-à-dire recourir à un moteur thermique.
- Or, ne peut-on pas accoupler directement ce moteur à l’hélice?
- Est-il nécessaire de recourir à l’emploi d’un transformateur? Et dans ce cas, ce transformateur doit-il être électrique?
- 1. Le principal ennemi des isolanls est l’ozone qui se produit dans l’air soumis à l’action d’effluves électriques. On évite la formation d’ozone en supprimant l’air : à cet effet, le conducteur, entouré de son isolant, est d’abord soumis à l’action du vide, puis immergé dans un goudron minéral qui comble les vides d’air.
- fournissaient le kilowatt-heure indiqué au prix de 8 kg de vapeur environ, avec un certain accroissement de ce chiffre aux grandes puissances.
- La turbine Parsons apparut en 1901, et son application fut à ce point rapide, que 600 000 chevaux étaient, en 1906, équipés avec ce dispositif, sur différents navires dont le « Dreadnought » prototype célèbre d’une classe de cuirassés, et les paquebots Lusitania, Mauretania de 68 000 chevaux sur 4 arbres.
- Les turbines Parsons (et, peu après, les turbines Curtis, Rateau, Zoelly, Bréguét) démontrèrent péremptoirement leurs belles qualités d’endurance et même, leur supériorité économique à toute puissance, par rapport à la machine alternative. Mais en même temps, trois inconvénients principaux furent mis en lumière :
- Le premier tient à la nécessité de disposer, sur
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- LA PROPULSION DES NAVIRES A L’AIDE DE MOTEURS ÉLECTRIQUES ===== 39
- un navire, des turbines spéciales de marche avant et de marche arrière,ce qui conduit, sous peinedepoids exagérés, à limiter la puissance de marche arrière.
- Le deuxième inconvénient est que, suivant l’allure du système, le rendement de la turbine à vapeur et celui de l’hélice sont en opposition ; le troisième est qu’en réduisant la vitesse d’un navire, on diminue, en même temps, le rendement des turbines de propulsion.
- Ces deux derniers inconvénients sont particulièrement sensibles, car ils ont une répercussion directe sur le rayon d’action d’un navire de combat ou sur le prix d’un voyage de cargo. Dans la Marine de guerre, on les sacrifia souvent en regard de l’avantage tactique de l’endurance à grande vitesse, mais aucun argument ne pouvait les faire-prévaloir dans le bilan d’une société commerciale. En fait, jusqu’en 1912, les cargos conservèrent la machine alternative.
- Le problème de la transformation se posa à ce
- reusement, le rendement de l’appareil variait de 0,75 à 0,80, chiffres trop faibles et largement dépassés par la transformation mécanique.
- Il est assez curieux de constater qu’on revint à l’engrenage réducteur après l’avoir déjà employé dans les anciennes machines marines, dans des conditions inverses; la première hélice, montée en 1857, sur le bâtiment anglais Archimedes, tournait à 155 tours et était commandée par un jeu d’engrenages et un moteur à vapeur à 5 cylindres indépendants, dont l’arbre donnait 25 révolutions par minute.
- Mais il s’agit aujourd’hui d’engrenages totalement différents de ceux qu’on savait faire en 1857; les perfectionnements de l’outillage permettent de construire des dentures hélicoïdales où le frottement de roulement est substitué au frottement de glissement et qui sont susceptibles d’un rendement de 99 pour 100, c'est-à-dire de transmettre sur l’arbre d’aval les 99 pour 100 du travail appliqué en amont. La
- Fig. 4. — Rotor bipolaire de Valternateur du cuirassé Maryland.
- moment; entre la turbine qui doit tourner vite(1) et l’hélice qui demande à tourner lentement — chacun des organes étant, dans ces conditions, susceptible du meilleur rendement — il fallait disposer un réducteur. Trois systèmes étaient possibles, car le transformateur pouvait être mécanique (à engrenages), hydraulique ou électrique.
- Les Sociétés Parsons et Westinghouse réalisèrent le premier type; la Marine des États-Unis vient de lancer le troisième; enfin, les Allemands avaient imaginé et essayé un transformateur hydraulique, système Fottinger dont nous dirons quelques mots.
- Le transformateur Fottinger comprenait deux turbines hydrauliques distinctes, dont l’une A, commandée par une turbine à vapeur, refoulait dans la deuxième B, montée sur l’arbre de l’hélice et qui tournait comme réceptrice. En augmentant les dimensions de B par rapport à A, on pouvait proportionnellement réduire l’allure de B et de l’hélice. Il était même possible, par un jeu de clapets convenablement installés, de renverser le sens du courant hydraulique dans B et, par suite, de modifier le sens de rotation de B pour un sens constant de A. L’ensemble de ces dispositifs était très intéressant et donnait, à la fois, la solution de la réduction de l’allure de l’hélice et celle de la marche AR ; malheu-
- t. On pourrait donner à la turbine une vitesse convenable à une faible allure, en augmentant son diamètre; mais on serait conduit à des poids et à un encombrement exagérés.
- transmission peut être simple (à 2 engrenages, rapport de vitesses : 15/1) ou double (4 engrenages, rapport de vitesses : 50/1); mais, dans ce dernier cas qui est représenté sur la figure 5 ci-jointe, de rendement mécanique, en service, descend à'95 pour 100 (1).
- Les turbines à engrenages conviennent à tous les navires, quels que soient leur tonnage et leur vitesse; elles ont procuré, par rapport aux turbines à commande directe, une économie de combustible de 10 pour 100 à toute puissance et de 30 pour 100 à marche réduite. Gn estimait, en 1920, que la puissance totale des turbines à engrenages, à simple ou à double réduction, équipées sur tous les navires du monde, de guerre ou de commerce, s’élève à 18 millions de chevaux. Or, c’est au moment même où la turbine à engrenages obtient un succès qui paraissait l’imposer sans conteste comme appareil de propulsion, que le moteur électrique se présente pour lui disputer le premier rang.
- 1. Les principaux types d’engrenages que l’on rencontre actuellement en France, en Angleterre ou en Amérique sout. :
- Les engrenages Parsons (Société Parsons et Cie, Electro-Mécanique (Bourget).
- Les engrenages Mac-Alpine (Société 'Westinghouse).
- Les engrenages Alquist (General Electric G0, Chicago).
- Les engrenages Fasl (Poole Engineering and Machine C°, Baltimore).
- Les engrenages Maag (Société Maag, Zurich).
- ( Vas set. Réducteurs de vitesse à engrenages).
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- La propulsion électrique des navires est réalisée depuis longtemps déjà, à bord des sous-marins, pour la marche en plongée, à l’aide de moteurs de 500 à 1000 chevaux par arbre, alimentés à courant continu sous 110 volts ou 220 volts, par des accumulateurs.
- Le poids, l'encombrement et le faible rayon d’action des accumulateurs ne rendent pas celte application pratique, sur des navires de surface.
- Une des premières installations de propulsion, avec turbo-alternateurs et moteurs électriques, fut eflectuée à Kiel, vers 1005, à bord du bâtiment central des sous-marins. Deux turbines à vapeur commandaient deux dynamos à l’allure de ‘2400 tours-minute; le courant fourni alimentait‘2 moteurs, placés l’extrême arrière du navire, qui commandaient directement les hélices à raison de 200 tours par minute (').
- 1. Signalons on passant que l’emploi de moteurs électriques qui donnait satisfaction pour la traction terrestre, contribua indirectement à la propulsion électrique.
- En 1896 et 1899, la maison Brown-Boveri avait équipé des locomotives suisses et italiennes avec des moteurs à courants triphasés 400 volts el 750 volts, à 40 périodes.
- En 1901, la Société Ganz construisit les locomotives du chemin de fer de la Yalteline, en employant des moteurs à courants triphasés (5000 volts, 25 périodes).
- En 1908, la Société Brown-Boveri lit une application analogue sur la ligne du Simplon avec 2 moteurs de 850 chevaux chacun par locomotive (courants triphasés 3000 volts, 16 2/3 périodes), vitesse maximum 70 km.
- En 1909, la Société Westinghouse équipa une voie électrique dans les Montagnes Rocheuses (Etats-Unis) avec des moteurs à courants triphasés, 6000 volts, 25 périodes.
- Enfin, de 1910 à 1918, le Gouvernement italien électrifia plusieurs centaines de kilomètres de voies ferrées; en général, les locomotives sont munies de moteurs à courants alternatifs monaphasés ou triphasés (tension efficace 3000 à 3700 volts).
- La Compagnie des Chemins de fer du Midi dispose actuellement de 120 km de lignes électrifiées qui fonctionnent en courant monophasé 12000 volts, 16 périodes 2/3. On sait que l’électrification se poursuit en France, sur 6000 km environ (P.-L.-M., P.-O. et Midi).
- Une Commission d’études du matériel des Chemins de fer a montré que, en l’état actuel et dans certaines conditions de trafic, le courant continu à 1500 volls serait préférable. Il en
- C’est vers 1908 qu’on lit, aux États-Unis, les premières applications de la propulsion électrique des navires, sur le cargo Frieda, le Tynmouth, navire des Grands-Lacs et enfin sur le charbonnier Jupiter de la Marine militaire américaine.
- Les essais et le service satisfaisants de ce dernier navire de 20 000 tonnes, muni de 2 alternateurs à courants triphasés et de 2 moteurs asynchrones de 5000 chevaux, ont déterminé le Gouvernement des Etats-Unis à adopter la propulsion électrique sur les navires de combat.
- Ge système a été appliqué, d’abord à une série de
- 7 cuirassés de 55 000 tonnes, 50 000 chevaux, 21 noeuds (New-Mexico, Tennessee, California, Colorado, Maryland, Washington, West-Virginia), puis à 0 bâtiments plus récents de 45000 tonnes, 50 000 chevaux, 25 nœuds (Indiana, Iowa, Massachusetts, Montana, North -Carolina, South-Dakota) et enfin, aux croiseurs de bataille de 45 000 tonnes, 180000 chevaux, 55 nœuds, type Leixington, dont il a été question plus haut. Tous ces bâtiments ont une centrale électrique à 2 ou 4 alternateurs de 15 000, 25 000 ou 55 000 kilowatts et 4 groupes moteurs asynchrones à courants, diphasés pour la première série, triphasés pour les deux autres. La tension efficace admise varie de 5000 à 5400 volts.
- Les alternateurs sont commandés par des turbines Curtis, à roues d’action et à injection partielle dans les premières roues. Les turbines du New-Mexico tournent à 1950 tours-minute. A la vitesse de 21 nœuds, les 4 moteurs électriques tournent à 166 tours-minute.
- Simultanément, la propulsion électrique a été étudiée et appliquée en Angleterre, en Suède, en Norvège et au Japon. En ce qui concerne notre pays, la Société Générale des Transports maritimes à vapeur a confié aux Forges et Chantiers de la Méditer-
- a été ainsi décidé pour l'électrification de ces 3 réseaux français.
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- LA PROPULSION DES NAVIRES A L’AIDE DE MOTEURS ÉLECTRIQUES 41
- ranée, à la Seyne (Var), la construction de 2 cargos qui seront munis d’un ensemble turbines-moteurs électriques, construit chez Sautter-Harlé, comportant 2 groupes d’alternateurs à courants triphasés, mus par des turbines à double rotation, système Ljungstrom(1) et 2 moteurs asynchrones d’une puissance de 2000 kilowatts.
- Voici quelques précisions au sujet de ces deux derniers bâtiments qui s’appelleront Talca et Sorata.
- Ce sont des navires de 5000 tonnes de port en lourd dont le déplacement en charge sera de 7850 tonnes. Leurs dimensions principales sont : longueur, 109 m. 80; largeur, 14 m. ; tirant d’eau moyen, 6 m. 50.
- Leur vitesse prévue est de 13 nœuds, pour un port en lourd de 3300 tonnes. En pleine charge et à la vitesse de 10 nœuds, la dépense de bon charbon de Cardiff ne devra pas dépasser 21 tonnes, par 24 heures, pour l’ensemble des appareils principaux et auxiliaires.
- Les appareils des deux bâtiments comprennent :
- 1° 2 groupes électrogènes distincts, formant station centrale, constitués par 2 turbo-moteurs Lj ung-strôm commandant chacun deux alternateurs, à courants triphasés.
- Chaque turbine est établie pour développer 1000 kw à 3000 tours, avec de la vapeur à 12 kg-cm2, surchauffée à 350° C.
- Les alternateurs bipolaires engendrent du courant triphasé à 1200 volts et à 50 périodes-seconde.
- 2° 2 excitatrices à courant continu, 110 volts environ, montées chacune en bout d’arbre des 2 groupes électrogènes.
- 3° 2 condenseurs, système Contraflo, disposés au-dessous des groupes électrogènes et desservis par un électeur à vapeur et un éjecteur à eau, dérivé du type Maurice Leblanc.
- 4° 2 moteurs électriques à courants triphasés, asynchrones et à bagues, l’un, AV, de 1000 kw et l’autre, AR, de 2000 kw; aux allures respectives de 125 et 165 tours par minute. Ces moteurs ont
- 1. La turbine Ljungstrom représentée ci-contre, comporte des couronnes d’aubes à réaction (fig. 2) emboîtées concentriquement et disposées alternativement sur deux plateaux placés en regard et tournant en sens contraire. La turbine est du type radial, puisque la vapeur s’écoule, en se détendant, du centre à la circonférence. Grâce à la double rotation, qui multiplie par deux la vitesse relative des au-' bages, il devient possible d’obtenir un appareil très ramassé, relativement léger et d’un rendement élevé ; les 2 arbres de la turbine commandent deux alternateurs disposés symétriquement.
- 48 et 56 pôles ; ils sont montés sur le même arbre porte-hélice; le rotor du moteur de 1000 kw est débrayé pendant la marche avec le moteur AR de 2000 kw qui, lui-même, est entraîné à vide pendant le fonctionnement avec le moteur AV de 1000 kw.
- 5° Des appareils de manœuvre, à résistance hydraulique, comme on dira plus loin; ces appareils sont munis des inverseurs de phases qui assurent le changement de marche des moteurs de propulsion.
- 6° Les appareils auxiliaires (pompes de circulation et pompes alimentaires à turbines et à moteur triphasé, dynamo à courant continu à moteur triphasé...).
- 7° 3 chaudières cylindriques à tirage Howden, à surchauffeurs Schmidt, à 3 foyers, type ondulé, d’une surface totale de chauffe de 750 m2. .
- Voici quelques rappels et détails d’électrotechnique au sujet de l’appareillage des diverses installations qui ont été signalées précédemment.
- Alternateurs. Rotor. Courants triphasés. — En général, l’alternateur est constitué par un rotor en acier, creusé de rainures taillées à la fraise, dans lesquelles on encastre des lames de cuivre soigneusement isolées et qui sont maintenues en place par des cales en bronze. Les lames de cuivre constituent un bobinage, traversé par un courant continu, à 110 volts ou 220 volts fourni par une dynamo spéciale ou excitatrice. Celle-ci est généralement commandée par le turbo-moteur lui-même.
- Le rotor, par l’action du courant continu de l’excitatrice, crée un champ magnétique à 2 pôles ou bipolaire. Celui-ci, entraîné par le mouvement du rotor, engendre dans 3 circuits distincts du stator (circuits séparés sur la figure 8, mais qui, en réalité, s’enchevêtrent, tout en étant distincts) 3 courants induits qui correspondent chacun à un des circuits ou phases. Comme les prises de courant des trois phases sont décalées de 120°, l’une par rapport à l’autre, sur la circonférence de l’induit, il en résulte que les 3 courants issus de A, de R et de C sont identiques comme voltage et période, mais que des mêmes voltages sont décalés de 1-/3 de période d’une phase à l’autre.
- Courant diphasé. — On obtiendrait deux courants alternatifs décalés de 90°, ou d’une demi-période, en employant 2 circuits induits au lieu de 5 et en disposant les prises de courant de ces circuits à 90° l’une de l’autre, sur la circonférence de l’induit. Les alternateurs du Neiv-Mexico sont à courants dipha-
- Fig. 6. — Stator
- du moteur asynchrone Sautter-Harlé.
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- ses ; mais la tendance générale porte vers l’emploi du triphasé.
- Période. — Quand un rotor bipolaire tourne à 3000 tours-minute, il balaie 50 fois par seconde le champ qu’il crée, en regard des circuits induits. Il renouvelle donc 50 fois par seconde la période des courants qui sont induits dans chacune des phases. Ces courants sont dits à 50 périodes ou à la fréquence 50. On pourrait obtenir cette même fréquence avec un rotor tétrapolaire tournant à 1500 tours, mais la construction du rotor serait plus difficile.
- Voltage. — Le voltage des courants induits est fonction de l’allure de l’alternateur et de l’ampérage du courant d’excitation.
- On a vu précédemment que les tensions de courants diphasés ou triphasés varient de 1200 volts(cargos français) à 5400 volts (croiseurs de ba-taille américains).
- On admet actuellement que 6000 volts est le maximum admissible dans des appareils de traction.
- 11 s’agit de la tension efficace du courant alternatif qui est égale à 0,707 de la tension maximum
- ^ou 0° peut fcûre "varier le voltage de la ligne
- et aux bornes des récepteurs soit en modifiant l’allure ou l’excitation de l’alternateur, soit en adoptant un montage en étoile ou en triangle pour les récepteurs.
- Moteurs asynchrones à champ tournant. — Les courants des trois phases (dans le cas du triphasé) alimentent 3 paires d’électro-aimants I, II, III, que l’on dispose, à 120° l’une de l’autre, sur la circonférence de l’inducteur du moteur (fig. 8). Chacun de ces courants crée un champ magnétique dirigé suivant l’axe des électros ; les trois champs, variables avec la tension de la phase, valent à un instant donné hi, /i2, et /i3; ils ont une certaine résultante Hj. A l’instant qui suit, le graphique montre que cette résultante est H2, que H2 et que ce flux constant tourne autour de 0 à la même vitesse que la période soit, par exemple, à 50 tours par seconde (fig. 8).
- On peut réduire cette vitesse de rotation du champ. Il suffit de disposer, sur la périphérie de l'inducteur, plusieurs secteurs ou ondes, corres-
- pondant chacun à de la circonférence, par
- exemple, chacun des secteurs comportant lui-même 3 circuits, relatifs chacun à une des trois phases.
- Dans ces conditions, la vitesse de rotation du champ est réduite à 1 /25e delà durée de la période, c’est-à-dire que l’allure du champ n’est plus que
- 2 tours par seconde.
- Le champ tournant étant ainsi créé et entretenu par l’action de l’alternateur, on dispose à l’intérieur de l’inducteur un rotor métallique qui, en principe, pourrait être un simple cylindre d’acier.
- Le champ tournant engendre dans ce rotor des courants induits qui, à leur tour, créent un champ
- magnétique. Ce dernier champ magnétique du rotor, étant attiré ou repoussé par le champ tournant du stator, détermine la rotation du rotor.
- On peut juger de la robustesse d’un tel moteur dont la partie mobile ne comporte ni collecteur, ni balai, ni même de bobine.
- La vitesse d’entraînement du rotor sera peu différente de celle du champ tournant, mais elle ne peut pas lui être égale. La différence des deux allures qui est de 1 pour 100 à 3 pour 100 constitue le glissement, proportionnel à la perte de rendement et qui augmente avec la puissance. En fait, le rotor n’est pas construit aussi simplement qu’on vient de l’exposer et, en pratique, on en distingue deux types principaux :
- 1° Le rotor à cage d’écureuil, comprenant un cylindre formé d’un noyau en tôles d’acier isolée s électriquement l’une de l’autre (afin de réduire la production des courants de Foucault) et traversées par des barres de cuivre, bien isolées du noyau. Ces barres sont disposées suivant des génératrices et des rayons de la surface extérieure du rotor.
- 2° Le rotor bobiné, dont les fils, disposés en
- 3 circuits distincts, aboutissent à 3 bagues, 3 balais et 3 résistances fixes extérieures.
- Ce dernier système élait, jusqu’ici, le plus généralement adopté, parce qu’au démarrage le circuit du rotor, encore au repos, est soumis à des intensités considérables que les résistances permettent de réduire.
- D’ailleurs, l’emploi de ces résistances est encore
- Fig. 7. — Le cuirassé américain Tennessee de 33ooo tonnes, 3oooo chevaux, à propulsion électrique.
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- utile afin d’obtenir un plus fort couple de démarrage.
- La solution du rotor bobiné a été adoptée dans l’installation de Jupiter et elle est également prévue à bord de deux cargos des Transports Maritimes. Les résistances sont constituées par un liquide électrolytique (à carbonate de chaux), dans lequel des surfaces métalliques s’enfoncent plus ou moins profondément. Sur les séries des cuirassés New-Mexico et suivantes, les constructeurs américains ont complètement renoncé à ce dispositif ; ils utilisent le rotor à double cage d’écureuil, modifié suivant un principe indiqué par M. Boucherot. A cet effet, le rotor est constitué par un double bobinage
- ment la marche à 21 nœuds ou à 14 nœuds. Les moteurs construits chez Sautter-Harlé pour les deux cargos des Transports Maritimes ont 48 pôles et 36 pôles ou 24 et 18 ondes, ce qui leur donne
- des allures de — 12d tours et - jg- = lbo tours
- pour 2950 tours de l’alternateur bipolaire.
- Moteurs synchrones. — Dans les moteurs synchrones, le stator est disposé comme celui des moteurs asynchrones et alimenté comme lui, par les phases des courants alternatifs qui créent un champ tournant.
- Mais le rotor, toujours bobiné, est alimenté par
- Courant de l'excitatrice
- Rotor bipolaire de l'alternateur
- Moteur asynchrone (triphasé; Rotor à cage d'écureuil.
- Phase I
- Phase Ijft
- Fig. 8. — Alternateur bipolaire à courants triphasés et moteur asynchrone.
- de barres disposées sur la périphérie de 2 cylindres concentriques. Les barres du cylindre extérieur sont en maillechort et présentent une assez forte résistance électrique et une faible réactance ; au contraire les barres du cylindre intérieur qui sont en cuivre, ont une faible résistance électrique, mais une forte réactance. Lors des démarrages et des renversements de marche, le circuit extérieur du rotor joue automatiquement le rôle de rhéostat.
- Renversement de marche. — On l’obtient à l’aide de commutateurs Q qui intervertissent les fils de deux phases du moteur, ce qui renverse le sens de rotation du champ tournant (fig. 8).
- Variation de l’allure. — Elle est facilement obtenue, à l’aide d’interrupteurs qui modifient la disposition des circuits, de manière à augmenter ou à diminuer le nombre à'ondes ou pôles dont il a été parlé plus haut. L’appareillage des moteurs du New-Mexico permet de connecter le circuit inducteur en 24 pôles ou en 56 pôles, qui assurent respective-
- le courant continu qui provient d’une excitatrice. Les pôles créés dans le rotor par le courant d’excitation se placent en regard des pôles de nom contraire du champ tournant. Il en résulte que le rotor est entraîné à la vitesse même du champ tournant ou vitesse de synchronisme.
- Les moteurs synchrones présentent certaines difficultés de démarrage et de réglage, mais plusieurs ingénieurs électriciens, entre autres MM. Blondel et de Coninck, ont signalé, à l’actif de ses moteurs, plusieurs avantages importants, parmi lesquels un rendement élevé, l’aptitude à recevoir un grand nombre de pôles, ce qui permet des fréquences de 80 à 100, et par suite une plus grande allure, un moindre poids, un meilleur rendement des turbines motrices.
- Conclusion. — Les opérations navales de la dernière guerre ont dégagé lumineusement les directives, fatales pourrait-on dire, qui président à l’évolution des machines marines, à savoir : la plus
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- grande endurance du lonctionnement mécanique et le rendement maximum de l’appareil.
- Tout type de machine en supplantera un autre quand, à égalité de puissance et de poids, il réunira ces qualités à un plus haut degré.
- Considérons donc la turbine à engrenages d’une part et le groupe turbo-moteurs électriques d’autre part. L’endurance des deux systèmes est du même ordre au début de la construction et, afin d’étudier le problème avec toute l’impartialité voulue, nous admettrons qu’elle subsiste indéfiniment, c’est-à-dire que les engrenages réducteurs n’éprouvent aucune altération, après une durée de 5 à 6 ans, par exemple, à la suite d’usure, de vibrations et de chocs dus aux effets de la mer.
- Au point de vue mécanique, de l’endurance, du poids et de l’encombrement les deux ensembles sont donc pratiquement équivalents. Cependant, le système électrique exige un certain noyau de personnel particulièrement soigneux et expert et, au total, un effectif un peu plus élevé.
- Par contre, une supériorité évidente, à son actif, tient à la possibilité du renversement de marche à toute puissance en arrière, avantage que la turbine à engrenages ne peut pas assurer, sous peine de conduire à des poids trop élevés. On peut dire aussi que le placement des moteurs à l’extrême APi et la latitude de disposer la centrale électrique en un point quelconque du bâtiment, permettent d'utiliser le déplacement du navire au mieux des intérêts et des objectifs, commerciaux ou militaires.
- En ce qui a trait au rendement économique (rayon d’action ou prix de revient d’une traversée), la théorie et aussi, les faits déjà connus de l’expérience, tendent à démontrer la supériorité de la propulsion électrique.
- En effet, le navire à propulsion électrique comporte une centrale de tous points analogue à celle d’une installation terrestre, c’est-à-dire munie de 1, 2, 3 ou 4 alternateurs de 2000 à 25 000 k\v chacun, tournant, par exemple, à 5000 tours-minute, débitant du triphasé à 5000 v.-50 périodes et donnant le kilowatt-heure électrique au prix très réduit de 0 kg 500 à 0 kg 600 de bon charbon.
- Or, par le fait de la constance de l'allure, les alternateurs, dont le nombre et la puissance, en action, sont proportionnés à la demande d'éner-
- gie du réseau, ont un rendement sensiblement constant ou, en pratique, peu variable. Il en est différemment d’une turbine à engrenages, dont l’allure, nécessairement liée à la vitesse du navire, détermine, quand on la réduit, une diminution inévitable de rendement (1).
- Reste à composer l’utilisation de la turbine avec celle des engrenages et des moteurs électriques.
- Le résultat global de la comparaison peut se chiffrer à l’aide des nombres proportionnels suivants :
- TURBINES ENSEMBLE
- A ENGRENAGES TUltnO-ÉLECTIUQUE
- Grande \ vitesse, j Moyenne! vitesse. / Petite ) vitesse. J Grande vitesse. J Moyenne! vitesse. ( Petite ^ vitesse, j
- Dépense du moteur par kilo-
- watt-heure (Nombres proportionnels). 1,00 1,10 1,55 1,00 1,04 1,08
- Rendement sur l’arbre porte-
- hélice 0,97 0,98 0,98 0,95 0,94 0,95
- Dépense par kilowatt-heure
- effectif (Nombres proportionnels). 1,03 1,12 1,37 1,05 1,10 1,15
- Ainsi, en dernière analyse, il apparaît que, tôt ou tard, la propulsion électrique des navires sc généralisera, à cause des raisons mêmes qui ont fait le succès des appareils terrestres dont elle dérive. En effet, malgré les particularités des applications, le principe ne change pas : il s’agit de créer l’énergie au meilleur prix, de la transporter avec la moindre perte et de l’utiliser avec le meilleur rendement. Or, il est évident que ces trois opérations, très différentes l’une de l’autre, n’admettent pas, nécessairement, un facteur mécanique commun qui est l’allure de l’hélice. Précisément, la solution électrique, en supprimant cette dépendance de la vitesse du navire au nombre de tours du moteur à vapeur, permet de spécialiser chacune des fonctions de l’appareil et d’obtenir, pour chacune d’elles, le rendement maximum.
- L. Jauch,
- Mécanicien en chef de la Marine.
- 4. La turbine à vapeur est établie sur des données ciné-matiques de vitesses relatives. Il en résulte que le meilleur rendement d’une turbine correspond à une allure déterminée, qui doit être choisie et maintenue comme allure de routé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1921.
- Corrigée par l’introduc-
- L'équation-d'Etat des gaz.
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- tion du facteur -, dans la pression intérieure, l’équation du type de Van der Waals, donne lieu à la forme réduite P + J (5 V — 1) == 8 T, qui ne convient pas aux grands volumes et qu’il importe de modifier, en l’écrivant [p+£>(4-'1)](5V-4)=8T.
- Les alcyonnaires fossiles et les minerais de fer français. — Des travaux de Clarke, et de "Wheeler, comme de ses propres recherches sur l’oolithique de Bayeux et les minerais balhoniens de Privas, M. L. Cayeux conclut, comme il le faisait prévoir dans une précédente Note, que les spiculés des alcyonnaires jurassiques, contenaient, ainsi que ceux de l’époque actuelle, de l’acide pliosphorique en proportion très notable et que le grand développement du phosphate tricalcique, dans
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- certains gites ferrugineux, est une conséquence de leur intervention. On peut d’ailleurs, du moins en se basant sur la composition des minerais de la Voulte, supposer qu’à ces mêmes alcyonnaires, on doit imputer des phénomènes de dolomitisation.
- L’existence d'une nappe de charriage dans la Tunisie septentrionale. — Signalée parMM.P. Termier, Gentilet Joleaud, elle vient d’être confirmée par un sondage profond qu’effectue, vers l’Ain-Smara, dans l’Henchir el Legouf, la Compagnie industrielle des Pétroles et qui, débutant dans le Miocène moyen, arrive rapidement dans le Trias, y reste sur une hauteur de 600 mètres, mais à 645 mètres rencontre une marne ferrugineuse, à coup sûr crétacée, riche en rhomboèdres de calcite, en coquilles de Foraminifères et en grains de magnétite et de mica. Les nappes de charriages triasiques, confirmées aussi en Algérie (Tiloüanet), se sont ainsi avancées dans les chaînes de l’Atlas, riveraines de la Méditerranée occidentale.
- La lutte contre les maladies cryptogamiques des végétaux. — On sait, parFintzen, que l’action des rayons bleus et violets a été employée contre certaines maladies de la peau. M. Robert Lance applique une méthode analogue aux végétaux et notamment à la vigne, en créant à la surface des feuilles, des tiges ou des fleurs, une sorte d’écran coloré, ne laissant passer que les couleurs les plus réfringentes du spectre. Pour cela, il pulvérise une bouillie très claire de plâtre et de chaux, dans laquelle il a versé un outremer, puis du sulfate d’alumine : il fixe ainsi le colorant à l’état de laque et l’alumine libérée agit à la façon d’un adhésif.
- A propos du virus aphteux. — M. Ch. Lebaillv a pu réussir à conserver entre — 4et — 8°, le sang d’un bovin en pleine période fébrile et à vérifier son activité, même au bout de 72 jours. Le fait est important, car il permettra de posséder au laboratoire un virus et d’en étudier l’action, hors des périodes d’épidémies qui ne fournissent pas les meilleures conditions d’expérience. Paul B.
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- C'est surtout à. l’état de sauce, coulis, purée, pulpe, extrait concentré, que l’industrie livre au commerce les conserves de tomate. Plus rarement, ce légume est présenté entier dans des boîtes stérilisées par le procédé Appert.
- Avant de décrire les principales phases de la fabrication, nous allons exposer quelques considérations d’ordre général.
- En premier lieu, on ne doit pas oublier que si l’on fait intervenir la chaleur pour la cuisson des fruits (à l’état cru, il est difficile de désagréger la chair, pour la tamiser), ou la concentration delà pulpe, une température un peu élevée altère le parfum, l’arome, la saveur, qu’apprécient les consommateurs dans l’aliment frais. De même, tout échaufîement, toute fermentation préalables des tomates, attendant leur mise en travail, sont préjudiciables à leur qualité.
- L’eau de végétation emporte, naturellement, avec elle, nombre de principes qui caractérisent leur goût, leur suavité, leur arôme, leur fraîcheur. Il faut donc chercher à l’utiliser, pour diluer la purée, concentrée, au besoin, à basse témpérature. Mais le traitement des produits dans la chaudière à vide partiel est certainement le procédé le plus perfectionné.
- On emploie,pour l’obtention des purées et extraits, des tomates très mûres, en fin de saison. Des contrats sont, généralement, passés entre cultivateurs et industriels, mais à des prix tels que, malgré la défense imposée par ces conventions, les producteurs portent au marché les premières récoltes, qu’ils vendent à des taux plus rémunérateurs.
- Tous les appareils employés pour les manipulations de la matière première, doivent être entretenus dans le plus grand état de propreté, car les acides de la tomate (elle en contient de 0,5 à 1 pour 100)
- peuvent attaquer les métaux. Dans l’industrie, on écrase le produit dans des machines en cuivre rouge, ou jaune ; le fer, sous l’influence du tanin, noircirait la préparation. Les tuyauteries dans lesquelles circule la matière, sont également en cuivre. On a essayé le bois, mais il est difficile de le tenir propre. On utilise les pompes à vinaigre, qui résistent aux acides.
- L’article 14 du décret du 15 avril 1912, qui vise principalement leA conserves de tomates en purée, interditles qualificatifs « concentré, réduit, extrait », considérés comme ayant une même signification, pour désigner des produits dont le mode de fabrication ne comporte pas une notable concentration delà pulpe. Il est exigé que l’extrait concentré, ou réduit, contienne, au moins 15 pour 100 de matière sèche. Aux Etats-Unis, les règlements fixent même le nombre de microbes que ne doit pas dépasser la pulpe.
- Il est à remarquer que les purées d’arrière-saison sont moins colorées, et de plus faible densité. Pour remédier à la décoloration due à l’oxydation de l’air chaud, ou à la lumière, on ravive la matière avec de la laque carminée, dont l’emploi est autorisé par le Service de la répression des fraudes. Et même, d’après un arrêté de la Cour de cassation, du 20 mars 1909, on peut faire usage de certaines couleurs minérales — dites inolfensives — sans qu’il soit obligatoire de l’indiquer sur l’étiquette des récipients.
- En ce qui concerne ces derniers, dans l’industrie, on ne se sert, généralement, que des boîtes métalliques ; le verre est lourd et fragile. Il est prudent d’adopter un volume tel que le produit puisse être consommé en une ou deux fois. Pour la vente au détail, on descend jusqu’à 100 gr. Mais on emploie également les boîtes de 200 à 250 gr., de 500 gr.
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- Fig. i. — Broyage et cuisson des tomates.
- et, même, d’un kilog, à l’usage des restaurants, hôtels, etc. Celles de 100, 200, 500 gr. ont une épaisseur de. fer-blanc de 1 /26e de millimètre; les autres, 1 /23e et 1 /30e. Ces boîtes sont ordinairement recouvertes d’un vernissage direct, qui ne présente pas l’inconvénient des étiquettes en papier.
- L’étain est attaqué, quand la purée est concentrée, surtout si l’on ajoute du sel marin, qui donne du chlorure d’étain. L’attaque est plus prononcée avec des fruits incomplètement mûrs, ou d’arrière-saison, moins riches en principes sucrés, en substances pectiques ou autres. Il n’est pas rare de voir, plus tard, les boites bomber, et le produit gicler à l’ouverture. Peut-être, aussi, y a-t-il fermentation alcoolique du sucre. H faut donc surveiller les purées concentrées.
- L’addition d’acide salicylique, d’acide benzoïque, d’acide borique, d’acide fluorhydrique, ou autres antiseptiques, sauf le sel marin, est interdite chez nous, pour la vente, s’entend, car on voit des ménagères mettre simplement en bouteille, des morceaux de tomate avec un peu (1 gr. par kilog) d’une poudre que livre, pour cet usage, le pharmacien voisin, et qui n’est autre, le plus souvent, que de l’acide salicylique ou du salicylate de soude. Signalons aussi qu’il arrive que l’on fraude les conserves en question avec de J a fécule, de la farine, de la pulpe de carotte, de potiron, de figue de Barbarie, etc.
- Arrivons, maintenant, à la préparation proprement dite :
- 11 importe, d’abord, que les tomates soient livrées le plus lot possible à l’usine après la récolte, et manipulées de même aussitôt rendues à pied d’œuvre, si l’on peut dire. Quand les apports sont nombreux, on fait subir à la pulpe une première cuisson, pour être travaillée ultérieurement. Pour aller vite, tout doit être organisé dans ce but.
- Le triage des fruits est très important, pour
- séparer ceux qui sont altérés, gûlés. À cet effet, dans les grandes usines, les tomates sont parfois placées sur des transporteurs à tablier, de 45 à 50 cm de largeur qui passe devant une équipe d’ouvriers trieurs. On en règle la vitesse, suivant l’habileté de ces derniers. La salle de triage est éclairée par en haut, et, quand il y a lieu, des lampes suppléent à la lumière du jour.
- Pour le nettoyage, il est préférable d’asperger les tomates avec des jets dîeau. Mais si la terre qui les souille est argileuse, on est obligé de les brosser sous le liquide.
- On cuit les fruits dans l’eau bouillante ou, mieux, dans la vapeur. Ou bien, on les écrase entre deux cylindres, d’où elles tombent dans la chaudière à cuire. Il ne faut pas dépasser 90°. La matière arrive, ensuite, dans la passoire cylindrique, à un agitateur mécanique. On a proposé aussi de séparer la purée par la force centrifuge, dans un bol garni d’un tamis. La pulpe, débarrassée des peaux et graines, est mise sur une toile, où elle s’égoutte et se concentre plus ou moins. Généralement, on obtient 50 kg de purée pour 100 kg de tomates fraîches. Enfin, on met celle-ci en boîtes pour la stérilisation. Parfois, pour l’abréger, on cuit préalablement la purée dans des chaudières.
- Quand le temps presse, en emploie de grandes boîtes de 10 kg, dont le couvercle soudé, porte en son milieu une ouverture circulaire de 7 à 8 cm de diamètre, sur laquelle on soude, à son tour, un petit couvercle, une fois le récipient plein. De pareilles boîtes, peuvent donc servir plusieurs fois. Quand on veut transvaser leur contenu dans de plus petits récipients, on fend en croix le disque central — que l’on dessoudera plus tard — et relève les quatre angles en pointe, ainsi formés.
- Ces grandes boîtes, une fois pleines et soudées, sont stérilisées deux heures au bain-marie à 100°
- Fig. 2. — Tamisage des tomates écrasées dans la passoire mécanique.
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- ou une heure et demie à 108°, à l’autoclave; celles d’un litre, trois quarts d’heure à une heure au bain-marie; d’un-demi litre, trois quarts d’heure; un quart de litre, trente minutes.Ces temps varient, d’ailleurs, avec le genre de préparation que l’on traite, la cuisson préalable qu’elle a pu subir, etc. Dans tous les cas, les récipients doivent être ensuite refroidis rapidement dans l’eau courante.
- Le matériel d’une petite usine, travaillant par les procédés que nous venons d’indiquer, avec trois hommes et huit femmes, revenait, tout installée, avant la guerre, à environ 14000 francs, avec les appareils suivants : un broyeur, une chaudière de 5000 litres, pour cuire les tomates, une passoire Navarre, quatre chaudières de 250 litres, pour la concentration de la pulpe, et la stérilisation des boîtes au bain-marie, une sertisseuse mécanique Boillat, pouvant fermer 5000 boîtes par jour, une machine à boucher les bouteilles, une machine à vapeur de 6 chevaux, actionnant successivement le broyeur, la passoire et la sertisseuse, et un moteur à essence de 4 chevaux 1/2, constituant une machine de secours.
- Il est prudent, au moment de l’installation, de s’assurer si l’on pourra avoir toujours de l’eau en abondance dans la période de travail.
- Dans les usines perfectionnées, la purée est concentrée, — il y a environ 90 pour 100 d’eau i dans la tomate fraîche — au moins vers la fin de l’opération, — dans une chaudière à vide partiel.
- Le jus est aspiré dans celle-ci, ou vacuum, avec un vidé de 60°. Quand le niveau est suffisant, on ferme le robinet d’admission, et l’on ouvre celui d’arrivée de la vapeur dans le double fond.
- On surveille l’ébullition, pour que la matière ne soit pas entraînée dans la pompe hydro-pneumatique. Il est nécessaire d’employer beaucoup d’eau fraîche, pour le fonctionnement de cette dernière. S’assurer, aussi, qu’il ne pénètre pas d’air.
- Fig. 4- — Pelage des lomales à conserver entières en boites.
- Fig. 3. — Cuisson et concentration de la pulpe.
- On diminue l’arrivée de la vapeur, au fur et à mesure de la concentration. De même, l’agitateur doit fonctionner régulièrement, pour empêcher le produit de s’attacher sur la paroi; elle devient facilement brunâtre, en prenant le goût métallique.
- Qu’il s’agisse de purée, ou d’extrait concentré, pendant l’opération, on continue à aspirer, de temps à autre, du jus, pour augmenter la matière obtenue dans un temps donné. Par exemple, dans une chaudière ordinaire, on fait passer 50 quintaux pour la purée, et le double pour l’extrait. On obtient, environ, 30 kg de purée par 100 kg de tomates fraîches.
- Quand le degré voulu de concentration est atteint, on arrête la vapeur, et l’on ouvre le robinet d’air, puis celui de décharge, qui mène la purée dans les machines emboîteuses. Les boites sont, ensuite, stérilisées à l’autoclave.
- Aux Etats-Unis, où l’on ajoute parfois du vinaigre au jus, on cuit dans une chaudière en bois de cyprès, pourvue de serpentins de vapeur, qui assurent le chauffage. Le sucre, mis au début, favorise la cuisson uniforme. Quand on emploie la chaudière en cuivre, le vinaigre n’est ajouté qu’à la fin.
- On ajoute aussi, quelquefois, des épices diverses, broyées et tamisées. A la fin, on les retrouve en petites particules noirâtres, que l’on enlève en faisant passer le produit dans une série de tamis. Après finissage, on met la sauce chaude en bouteilles. Ori y ajoute, quelquefois, du benzoate de soude, comme antiseptique. On ferme avec des bouchons stérilisés et paraffinés. Enfin, on stérilise au voisinage de 100°. Les bouchons n’étant pas retenus, on met, sur les bouteilles droites, une plaque de fer. Il arrive, aussi, que l’on ne chauffe qu’à 70u.
- Dans ce pays, on prépare une purée aromatique spéciale, dite tomato catsup, pour assaisonner les viandes bouillies ou rôties On la livre en bouteilles de 1 /4, 1/8 et 1/1(3 de gallon (le gallon —41.405).
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- Pour l’extrait concentré, on descend à 12 kg, au lieu de 30 kg, par 100 kg de tomates. On ajoute, habituellement, 2 pour 1000 de sel.
- C’est ici, surtout, que l’on doit, surveiller particulièrement la fin de l’opération, à cause du plus grand épaississement à donner à la matière. La concentration ne doit pas durer plus de dix heures. Pour la stérilisation, on chauffe l’extrait à 80° C., dans une chaudière à double fond, pourvue d’un agitateur, puis on met aussitôt en boîtes, que l’on sertit immédiatement. Mais pour une conservation d’une certaine durée, ou pour l’expédition dans les pays chauds, la stérilisation à l’autoclave s’impose. Cette opération demande une attention spéciale, à cause de la consistance de l’extrait. Les boîtes une fois dans l’autoclave à eau, sont chauffées progressivement, pour n’arriver à la température efficace qu’après un certain temps.
- En outre, il faut provoquer quelques dépressions, en déchargeant la vapeur par le robinet ad hoc. De cette façon, les petites poches d’air n’ont pas tendance à se former dans la pâte. Les boîtes de 100 à 200 gr. sont laissées une heure à 80°, ou une demi-heure à 95° ; de 500 gr., une heure à 85°, trois quarts d’heure à 95°; d’un kilogramme, une heure un quart à 85°, une heure à 95 ; de 2 à 3 kilogrammes, une heure et d’heure de 85 à 100°; de 5 kilogr. deux heures à 85°, une heure un quart de 95 à 100°; de 10 kilogr., deux heures et demie à 85°, une heure un quart de 95 à 100°. On refroidit, ensuite, rapidement.
- La préparation des tomates entières,ou, plutôt, parées, a moins d’importance, comme nous l’avons dit.
- Les fruits dépouillés de la partie‘dure qui entoure le pédoncule, sont pelés sommairement, pressés légèrement dans la main, pour en expulser les graines et l’excès de jus, puis tassés modérément dans des boîtes en fer-blanc. Dans celles d’un kilogramme, on range 4 ou 5 belles tomates, ou 8 moyennes. On peut ne rien ajouter autre, ou, simplement, un peu d’eau légèrement salée (3° Baume'). Il faut souder les couvercles et stériliser aussitôt dans le bain d’eau bouillante, une demi-heure à trois quarts d’heure. 50 kg de tomates font, environ 50 boîtes, ne pesant pas tout à fait 1 kg (sans addition de liquide). Deux ou trois femmes préparant les tomates et emplissant les boîtes, deux soudeurs et un souffleur peuvent mettre 3 h. 1/2 pour traiter le poids ci-dessus. Dans l’industrie, les boîtes de 11 kg contiennent, environ, 60 tomates et de la saumure à 5°. On les stérilise dans l’eau
- bouillante, deux heures ou trois quarts d’heure à 110°, une demi-heure à 112°, vingt minutes à 115°.
- Les Italiens emploient, pour l’exportation en Angleterre, les tomates lisses des variétés Roi Humbert et Eac hella. Blanchies une minute dans l’eau bouillante, puis pelées, elles sont mises dans des boîtes de 3 livres 1/2 ou d’une livre 1/2, avec de l’eau contenant 2 pour 100 de sel.
- Les Américains mettent dans les boîtes d’un litre de tomates pelées, deux cuillerées à thé (au ras) d’un mélange de sel (1/3) et de sucre (2/3), et une cuillerée, seulement, dans les boîtes d’un demi-litre. L’addition d’eau étant considérée comme une pratique frauduleuse, on ajoute du jus de tomate ou de la purée.
- L'Italie exporte, par ordre d’importance : tomates pelées, purée, extrait concentré, surtout aux États-Unis, en Angleterre, en Bépublique Argentine, en Belgique, en Égypte.
- La province de Parme cultive 3000 hectares de tomates, donnant, en moyenne, 300 quintaux de fruits ; 55 fabriques de conserves, ou d’extraits, préparent, chacune, 25 000 quintaux par an.
- Naples exporte aux É-tats-Unis, surtout pour la colonie italienne, des boîtes de sauce tomate, de 200 à 250 gr., emballées par 20; des tomates pelées, en boîtes de fer-blanc de 1 kg 200 à 1 kg 250, et de 600 à 625 gr.
- En Sicile, principalement à Palerme, la fabrication dure de juin à septembre. Mais les cultivateurs préparent eux-mêmes la tomate crue et salée, qu’ils livrent à des revendeurs génois. Ce pays (Bagheria, Palerme, Trabia, Catane) exporte aux États-Unis la sauce tomate en caisses de 250 boîtes de 200 gr. Mais cette provenance est moins appréciée que celle de Naples.
- En Sardaigne on cultive la tomate sur 1000 hectares (rendement, 25 à 30 quintaux à l’hectare), principalement dans le territoire d’Oristano, dans la vallée de Tirsi. Enfin, on rencontre encore la tomate en Émilie (Imola, Castelfranco), dans les provinces de Gênes (usines à Savone), de Bologne.
- En France, la préparation de ces conserves se fait surtout dans les Bouches-du-Rhône (Lambesc, Mallemort, Marignane, etc.), le Vaucluse (Cavaillon, Carpentras, Avignon, etc.) ; les Alpes-Maritimes (Antibes, etc.); l'Aude (Bram); le*Lot-et-Garonne (Agen, Aiguillon) ; la Gironde (Bordeaux) ; la Sarlhe (Le Mans), etc.
- Antoxim Bolet,
- Ingénieur agronome.
- Broyeur1
- iemie à 85°, trois quarts
- UH Panier a stériliser 1ÜJ les boîtes
- B EL
- Chaudières à Cuire fa purée
- Fig. 5. — Schéma de la préparation de la purée dans une petite usine.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- 23 JUILLET 1921
- COMMENT SE FABRIQUE UNE PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Les premiers procédés photographiques, —• daguerréotype, papier cire, collodion, — ne comportaient qu’un très court intervalle entre la préparation de la couche sensible, son exposition à la lumière et le développement de l’image latente.
- Le photographe était doue obligé de sensibiliser lui-même ses plaques, et la découverte du gélatinobromure d’argent amena, à ce point de vue, une véritable révolution en photographie. Ce ne fut pas seulement sa-rapidité qui lui valut une faveur universelle; ce fut, plus encore, sa commodité, qui affranchissait l’opérateur de manipulations fastidieuses, surtout en voyage, et faisait de la photographie un passe-temps accessible à tous, en même temps qu’elle créait une industrie nouvelle, dont l’essora dépassé toutes les prévisions.
- Pour donner .une idée du développement qu’a pris cette industrie depuis ses débuts, nous citerons l’exemple des usines Lumière. En 1880, lorsque Antoine Lumière commençait à fabriquer ses plaques, dans un petit local de la banlieue de Lyon, à Monplaisir, quartier alors dépourvu de toute industrie, il n’employait qu’une dizaine d’ouvriers et préparait 50 à 60 douzaines de plaques par jour. Aujourd’hui, malgré l’emploi de machines qui exécutent chacune le travail de plusieurs ouvriers, le personnel comprend plus de 500 femmes, des ingénieurs, des chimistes, des chefs de service, de nombreux employés, et la production quotidienne dépasse 70000 plaques. En 1883, on en avait fabriqué 18.000 douzaines; en 1886, on arrivait à 110000 douzaines; en 1890, à 550 000 douzaines, et, dix années plus lard, on atteignait le chiffre "énorme
- Fig. 2. — Découpage préliminaire du verre (usines Lumière).
- Fig.i. — Préparation de l’émulsion (usines Lumière).
- de 2 500 000 douzaines, qui représente une surface de verre recouverte d’émulsion sensible de 557 000 m2, soit presque 56 hectares.
- Les usines actuelles de Monplaisir occupent une superficie de plus de 4 hectares. Elles mettent en œuvre une force, motrice de. 580 chevaux, 10 générateurs à vapeur, 150 petits moteurs électriques absorbant 210 kilowatts, 2500 lampes à incandescence, deux niaehincs à glace qui en fabriquent 2700 kg par jour, et quantité de machines spéciales pour laver les feuilles de verre, les recouvrir d’émulsion, les transporter dans les séchoirs, les emballer, etc. De vastes laboratoires d’analyses et de recherches, des ateliers pour divers corps de métiers : mécanique, forge, zinguerie, menuiserie, magasins, traitement des résidus, complètent l’outillage industriel.
- Celte énumération pourrait faire supposer que la préparation d’une plaque au gélalinobromure est excessivement compliquée et comporte un grand nombre d’opérations. Il n’en est rien : nous allons voir qu’il est facile d’obtenir une émulsion sensible; mais, pour réaliser rapidement et économiquement une fabrication régulière, pour satisfaire aux besoins très variés des diverses applications de la photographie moderne, il a fallu créer un organisme assez complexe et sans cesse perfectionné.
- A l’origine, l’émulsion était préparée en versant une solution de nitrate d’argent dans une solution chaude de gélatine et de bromure alcalin. Il se formait ainsi du bromure d’argent insoluble et un nitrate alcalin qu'il fallait éliminer. A cet effet, on laissait refroidir le mélange, et, quand il était 4. — 49.
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- COMMENT SE FABRIQUE UNE PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Fig. J. — Machines à neltoyer les verres (usines Lumière).
- fige, on le divisait en menus fragments qu’on lavait longuement à grande eau. La gelée était alors refondue, additionnée de nouvelle gélatine, et maintenue pendant plusieurs jours à une certaine température. L’émulsion mûrissait ainsi peu à peu, c’est-à-dire devenait de plus en plus sensible, et ce n’est que lorsqu’elle avait atteint la maturité voulue qu’elle était finalement coulée sur verre.
- Ces opérations étaient longues et coûteuses; elles immobilisaient dans l’usine une grande quantité de matières premières (des sels d’argent* notamment) et nécessitaient des locaux immenses. Ce mode de préparation n’avait pas tardé à devenir incompatible avec l’extension grandissante de cette industrie, et il fallut s’ingénier à l’abréger. C’est ainsi qu’en mettant en présence, soit l’acide bromhydriquc et le carbonate d’argent, soit le bromure d’ammonium et l’oxyde d’argent dissous dans l’ammoniaque, il se produit, en même temps que du bromure d’argent, un composé volatil qui s’élimine de lui-même. Abney a proposé d’incorporer le bromure d’argent, préalablement précipité dans l’eau, à une couche de gélatine. Les frères Lumière ont breveté un procédé qui consiste à saupoudrer de bromure d’argent sec une plaque recouverte d’un enduit poisseux, après quoi la couche sensible est protégée par une membrane perméable de gélatine ou d’albumine, etc. D’autre part, la maturation de l’émulsion a été îvndue beaucoup plus rapide en l’effectuant à haute température, dans des autoclaves. Les procédés de fabrication varient d’ailleurs, suivant les usines, mais restent néanmoins partout subordonnés à certaines règles générales d’installation et d’hygiène.
- Une méticuleuse propreté, l'absence d’humidité et de poussière, une température constante et, dans plusieurs salles, un éclairage inactinique, sont les principes essentiels qui président à l’organisation di toute fabrique de plaques photographiques. Les murs et les plafonds sont peints à l’huile ou enduits*' de vernis durs ; les parquets sont souvent revêtus
- de Dustless, un produit américain qui fixe les poussières. L’aération est réalisée au moyen de ventilateurs qui aspirent l’air de l’extérieur et le filtrent en le faisant passer dans des chambres à poussières. Le chauffage est généralement obtenu à l’aide de la vapeur d’eau circulant dans des radiateurs à ailettes disposés au voisinage des prises d’air. La température est maintenue aux environs de 15°. En hiver, on a soin de ne pas la laisser descendre au-dessous de 12°; en été, il ne faut pas qu’elle dépasse 18°,'car la transpiration du personnel serait incompatible avec une bonne fabrication : la moiteur des mains suffit pour détériorer les émulsions; il faut donc/pendant la saison chaude, ventiler les ateliers avec l’air froid emprunté au séchoir, dont nous parlerons plus loin. En outre, le personnel doit revêtir un costume spécial, en étoffe qui ne peluche pas, ne produit point de poussière, et, dans certains ateliers, les ouvrières n’ont pas de jupes, mais portent des pantalons de toile.
- L’éclairage inactinique était primitivement fourni par des lanternes à verres rouges. Cette lumière a été reconnue très fatigante pour la vue et de nature à provoquer des troubles nerveux. Ces inconvénients ont disparu, depuis que l’on a adopté l’éclairage vert.
- Les salles où ne doit jamais pénétrer la lumière du jour sont précédées de doubles tambours qui empêchent absolument l’accès du moindre rayon aelinique.
- La première phase de la fabrication est la préparation des verres qui doivent recevoir l’émulsion. Ces verres sont livrés en grandes feuilles que l’on examine avec soin; on élimine celles qui présentent trop de bulles ou de stries ; les autres sont découpées en longues bandes, de largeurs variables suivant les formats à obtenir, puis nettoyées à la craie et au carbonate de soude, et enfin polies par des machines qui rappellent quelque peu l’outil 'a fourbir les lames de couteau : la feuille de verre passe entre une série de brosses et de cylindres polisseurs, et reçoit, sur le côté qui doit être sensibilisé, une couche préalable de silicate de soude ou d’infusion
- Fig. 4. — Machine de J.-H. Smilh pour couler l'émulsion sur les plaques (vue d'ensemble).
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- de parie'taire, dont, le rôle est d’assurer une meilleure adhérence à l’émulsion.
- Celle-ci est coulée sur le verre à l’aide de machines analogues à celles qu’utilise l’induslrie du papier couché. Les fabricants de plaques ont donc pu profiler des perfectionnements apportés au ba-rytage du papier. Ils ont du, cependant, modifier certains organes mécaniques, car il ne s’agit plus, ici, de faire défiler, sous les rouleaux distributeurs, une bande continue, mais des feuilles de verre plus ou moins longues et qu’il faut très soigneusement épousseter, immédiatement avant le coulage de l’émulsion. Les plaques, portées par des courroies sans fin, défilent lentement sur de longues tables où se succèdent les diverses phases du couchage. Elles passent d’abord sur des caisses chauffantes et sous des brosses douces qui les époussettent; elles arrivent alors sous la lame d’émulsion liquide, puis sur des caisses réfrigérantes, où la gélatine se fige rapidement. Le mouvement de translation se poursuivant sur de nouvelles courroies, la plaque sort de la salle de coulage et arrive au séchoir.
- Cette pièce est meublée de nombreuses étagères sur lesquelles se dressent des tiges de verre servant à maintenir les plaques presque verticales, ou un peu obliques, la couche de gélatine en dessous, afin d’éviter les poussières, qui sont d’ailleurs réduites au minimum par le filtrage de l’air. Celui-ci est, en outre, préalablement desséché; une machine soufflante l’injecte dans des tubes réfrigérants, sur lesquels se condense l’humidité; il est ensuite légèrement réchauffé et arrive au séchoir à la température de 8° environ, température reconnue la plus favorable pour concilier la rapidité de la dessiccation avic la nécessité d’empêcher le développement des micro-organismes dans les couches de gélatine.
- Les plaques retirées du séchoir sont examinées altenlivemenl et coupées aux formats voulus. Celles qui présentent des défauts localisés à une partie de la surface sont mises à part, et l’on n’en garde que
- Fig. 5. — Machine de J.-IL Smith. Organes répartiteurs de l'émulsion et rouleaux d'entraînement des plaques.
- les parties utilisables par de fausses coupes. Les plaques sans défaut sont régulièrement débitées à l’aide de machines essentiellement constituées par des planchettes à équerre d’acier sur lesquelles coulisse un diamant. Un nouveau triage, un essai de l’émulsion sur des échantillons prélevés en diverses parties du séchoir, éliminent encore quelques plaques et viennent grossir le stock des déchets;. Les plaques reconnues propres à la vente sont emballées en disposant les couches de gélatine de façon qu’elles soient en contact deux par deux. Chacun de ces couples est séparé des autres par deux petites bandes de carton mince plissé. On réunit généralement quatre ou six plaques dans la même enveloppe de papier, et la douzaine constituée par deux paquets de six plaques ou trois paquets de quatre plaques est enveloppée dans une seconde feuille. Le tout est enfin placé dans une boîte de carton autour de laquelle est collée une bande de garantie. Le papier en contact avec les plaques ne doit porter aucune inscription, car l’oxydation de l’encre créerait une image latente sur l’émulsion; il doit, en outre, êlre exempt d’hyposulfite de soude et, autant que possible, imper méable aux gaz et à l’humidité (*).
- Malgré toutes ces précautions, il arrive parfois que les plaques des meilleures marques présentent, au bout de quelques mois, un voile marginal, c’est-à-dire se couvrent, au développement, de taches noires, généralement limitées aux bords; mais, par contre, on cite d’excellents clichés obtenus suides plaques datant de plus de vingt ans et oubliées dans une armoire.
- Nous venons de suivre les phases principales de la préparation d’une plaque ordinaire. En réalité, l’installation se trouve compliquée par la diversité des émulsions que réclament, aujourd’hui, les photographes de profession et les amateurs. D’abord, la sensibilité de l’émulsion doit
- L Cf. C. Fabre, les Industries -photographiques (Gautliier-Villars, éditeur).
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- 52 = COMMENT SE FABRIQUE UNE PLAQUE PHOTOGRAPHIQUE
- varier suivant la nature des travaux auxquels elle est destinée. Il est très difficile, sinon impossible, de concilier la sensibilité d'une émulsion avec la linesse des images et la pureté de leur modelé. Au moment même de sa formation dans la gélatine, à basse température, le bromure d’argent est translucide, sans grain appréciable, et fournit des reproductions comparables à celles que donnent les procédés au collodion ou à l’albumine; mais, dans cet état, il exige une pose trop longue, dans la plupart des applications de la photographie, et c’est pourquoi l’émulsion est soumise à la maturation. A mesure qu’on la chauffe, l’émulsion devient opaline, puis laiteuse, passe du blanc au vert, et les particules de bromure d’argent, d’abord invisibles, s’agglomèrent peu à peu en grains de plus en plus apparents. Sans doute, il n’y a aucune relation nécessaire entre la sensibilité et la grosseur du grain : telle plaque très rapide pourra donner des images plus fines que te!le autre plaque de moindre sensibilité; mais enfin, d’une façon générale, on peut dire que les reproductions de précision doivent s’elfectuer à l’aide d'émulsions peu mûries et par suite peu rapides. 11 suit de li que le fabricant doit préparer plusieurs sortes d’émulsions, les unes lentes et à grain fin, pour les diapositifs et les reproductions, d’autres un peu plus rapides, pour les travaux courants, d’autres, enfin, d’une extrême sensibilité, pour les instantanés.
- Ce n’est pas tout.’ Une plaque ordinaire, une feuille de verre simplement recouverte de gélatinobromure, ne se prête pas à la reproduction des sujets comportant de fortes oppositions,. tels que paysages éclairés à contre-jour ou vues d’intérieurs dans lesquelles sont comprises des fenêtres vivement éclairées ou des lampes placées devant un fond obscur. On remarque alors, sur le cliché, que la lumière empiète sur les parties sombres et les entoure d’une sorte d’auréole, ou halo, provenant des rayons qui ont traversé de part en part la couche sensible et son support, puis se sont réfléchis sur la seconde face du verre et ont déterminé une'impression supplémentaire. Pour éviter cette réflexion nuisible, les fabricants préparent des plaques anti-halo. Certaines d’entre elles portent, au dos, une feuille enduite d’un adhésif coloré en noir. Après la pose, cette feuille est séparée du
- verre, afin de ne pas empêcher le contrôle du développement. Bans d’autres plaques, le halo est évité par l’interposition, entre le verre et l’émulsion, d’une sous-couche colorée; celle-ci est généralement constituée par une substance soluble dans l’un des bains nécessaires aux opérations photographiques, en sorte que l’emploi de ces plaques n’entraîne aucune complication : tels sont le bioxyde de manganèse et l’iodure de plomb, qui se dissolvent dans l’hyposulfite de soude.
- D’autres nécessités sont venues compliquer la besogne des fabricants. La sensibilité chromatique du bromure d’argent diffère étrangement de celle de notre œil : très vivement impressionnée par le bleu et le violet, qui nous paraissent sombres, et même par l’ultra-violet, que nous ne voyons pas, l’émulsion ordinaire reste réfractaire au rouge, au vert et même au jaune le plus éclatant. Il s’ensuit des effets choquants : la chair est reproduite plus brune qu’elle n’est en réalité, l’azur profond d’un ciel limpide est traduit par une surface uniformément blanche, tandis que le vert clair des prairies est figuré par une teinte sombre. Pour rendre les émulsions orlhochromaliques, c’est-à-dire aptes à rendre correctement les valeurs du sujet, quelle qu’en soit la couleur, on a d’abord additionné le bromure d’argent de diverses matières colorantes qui ont la propriété de le rendre sensible à telle ou telle région du spectre. C’est ainsi que l’éosine le sensibilise pour le vert, la cyanine pour le jaune, la chlorophylle pour le rouge-orangé. On a également employé, avec succès, l’érythrosine, le violet de méthyle, le vert malachite, les rhodamines, etc. Plus récemment, les chimistes ont créé des matières colorantes dont le pouvoir sensibilisateur s’étend à une grande partie et même à la totalité du spectre . visible. Tels sont le pinachrome, le pinacyanol, le pinaverdoî, l’orthochrome et le rouge d’éthyle.
- On trouve actuellement dans le commerce des plaques sensibilisées pour telle ou telle région du spectre ou pour toutes les radiations visibles : ces dernières sont appelées panchromatiques; elles conservent néanmoins un excès de sensibilité pour le bleu, le violet et l’ultra-violet, qu’il est nécessaire de compenser par l’interposition d’un verre jaune. Cependant, MM. A. et L. Lumière et H. Barbier ont dépouverf, tout dernièrement, de nouveaux colorants
- Fig. 7- — Un atelier d'emballage (usines Lumière).
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- sensibilisateurs, deux isocyanines, la Cyanime A, la Cyanine B et le Pantochrome ; ce dernier, surtout, confère aux plaques une sensibilité pratiquement uniforme, depuis le bleu jusqu’au delà de l’extrême rouge, et c’est là un progrès très marqué sur tous les sensibilisateurs connus jusqu’ici.
- Enfin, MM. Capstaff et Bullock, des laboratoires Eastman, ont réalisé la sensibilisation panchromatique sans colorants : l’immersion d’une plaque ordinaire dans une solution à 2 pour 100 de bisulfite de soude, suivie d’un lavage à grande eau pendant une trentaine d'heures, lui confère une sensibilité chromatique presque uniforme, qui se prolonge très au delà de l’extrême-rouge visible. La durée du lavage a pu d’ailleurs être réduite à quelques minutes, en passant d’abord la
- plaque dans une solution à 2 pour 1000 de bicarbonate de potasse.
- C’est, bien entendu, une émulsion panchromatique qui recouvre les plaques à réseaux trichro-mes, par lesquelles la photographie des couleurs est devenue aussi simple et aussi facile que la photographie en noir. Simple et facile pour l’opérateur, mais non pour le fabricant, si l’on en juge par les innombrables essais de réseaux colorés qui n’ont abouti qu’à de piètres résultats. Cette étude sur la fabrication des plaques photographiques serait donc incomplète si nous n’v indiquions pas comment sont préparées ces plaques autochromes, qui reproduisent avec une fidélité inespérée toutes les couleurs de la nature, jusque dans leurs plus délicates nuances.
- Les éléments sélecteurs de la plaque autochrome sont des grains de fécule de pomme de terre, que l’on tamise d’abord de façon à n’utiliser qué ceux dont le diamètre est compris entre 10 et 12 millièmes de millimètre. Ces granules, très transparents et facilement perméables aux solutions colorantes, forment
- une poudre blanche très fine que l’on divise en trois lots, respectivement colorés en violet, en vert et en rouge-orangé. Après dessiccation, les trois poudres colorées sont mélangées, en proportions telles que l’ensemble ne présente point de teinte dominante. Ce pigment, gris neutre pour qui le voit à l’œil nu, est étalé sur des plaques de verre préalablement enduites d’un vernis encore à l’état visqueux. Ce saupoudrage est exécuté de telle sorte que la surface du verre se trouve uniformément couverte de grains se touchant tous, saris aucune lacune ni superposition. Toutefois, bien que les grains de fécule se touchent, il reste inévitablement entre eux, en raison de leur forme ovoïde, des interstices qui laisseraient passer la lumière, et qu’il faut boucher, On écrase donc par laminage les grains sur leur support, et les petites lacunes qui subsistent après cette opération sont bouchées par un saupoudrage de charbon de bois en poudre impalpable. Le laminage de la fécule requiert des pressions considérables, et il a exigé l’élude de machines de grande précision pour obtenir l’éfîort nécessaire sans arracher la couche ni b’riser le verre. Le tout est ensuite protégé par
- lùg S.
- Microphotographie d’une plaque autochrome. Grossissement : i5o diamètres.
- une couche transparente de caoutchouc que l'on vulcanise à froid.
- Un vernis spécial sert enfin de liant entre cette sous-couche complexe et l’émulsion panchromatique.
- Pour ne pas trop allonger cet exposé, nous avons dû éviter d’entrer dans des détails de manipulations ; mais, en ne retenant que l’essentiel, les principes généraux de la fabrication des plaques photographiques, nous croyons avoir suffisamment montré combien s’est compliquée cette industrie moderne; encore n’avons-nous rien dit des supports souples, — papiers ou films transparents, — qui exigeraient une étude spéciale. Krnest Coi stkt. ;-
- LES JOUETS DANS LA TOMBE..
- Découverte de jouets de l’ancienne Égypte.
- Ce titre apparaîtra bien romanesque sur les pages d’une revue d’où la littérature sentimentale est sévèrement exclue. Mais nous l’avons choisi à dessein, car .il,s’agit' ici d’un roman vécu, aussi passionnant que le mieux construit des ouvrages d’imagination.
- Ce roman arcliéoloyique débute sur une note sombre, procédé cher aux auteurs qui veulent ménager léurs effets. La guerre a interrompu les tra-vaüx de l’expédition chargée par le Metropolitan Muséum of Art, de New-York, de fouiller les antiques
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- nécropoles de Thèbes. Elle s’est remise à la besogne en 1920. Mais la fortune ne sourit pas à ses efforts.
- Il est vrai, que l’un dé scs membres, M. A. Lan-sing, a fini par découvrir, dans une caverne de l’énorme falaise qui se dresse près de Deir-el-Bahri, le cercueil et la momie d’un enfant royal de la XVIIIe dynastie. Mais la trouvaille est de peu d’importance pour une expédition montée à grands frais. Le Metropolitan Muséum of Art, le premier musée du Nouveau Monde, ne saurait se contenter de résultats aussi anodins.
- Vainement, depuis des mois, les archéologues, exécutant le plan arrêté par leur chef, M. H.-E. Win-lock, ont fouillé, avec leurs 500 ouvriers, les moindres coins et les plus petites anfractuosités de la gigantesque muraille. Tantôt, ils ont noté des signes d’excavation sous des tonnes de débris, et, après le laborieux enlèvement de ces amas de sable et de roches, ont constaté que les fossoyeurs de l’époque avaient laissé leur œuvre inachevée.
- Tantôt, apres avoir encore remué des piles de débris, ils sont tombés sur des sépultures violées et pilléesde-puis des siècles.
- Lis grandes chaleurs de l’été de Haute-Égypte s’avancent, et la saison paraît irrémédiablement compromise. Leurs hommes ne sauraient continuer plus longtemps à grimper sur les rochers brûlants où les prêtres et les inspecteurs de nécropoles royales gravèrent leurs noms, bien des siècles avant notre ère (fig. 1).
- Pour occuper son équipe, M. Winlock se décide à déblayer les abords d’une gigantesque tombe de la XIe dynastie située à mi-hauteur de la falaise. Il n’ignore pas qu’elle fut exploiée en 1895 par Daressy, et, de nouveau, en 1902, par Mond, et qu’elle avait été pillée sous les dynasties suivantes, quand la faiblesse des successeurs de Ramsès III livra le royaume aux détrousseurs de tombes royales.
- Le seul espoir des savants américains est de trouver, sous les débris qui encombrent la plate-forme ou terrasse aménagée devant l’entrée de la tombe, quelques fragments de bas-reliefs. En outre, ils courent la chance de découvrir, sur les parois des deux corridors souterrains précédant les chambres funéraires, quelques inscriptions qui confirmeraient ou démentiraient la théorie d’après laquelle deux
- rois de la XIe dynastie auraient été ensevelis dans fa vallée que surplombe cette sépulture au moins trois fois profanée.
- Dans sa relation publiée par le Bulletin of the Metropolitan Muséum of Art, M. Winlock mentionne plaisamment le troisième motif qui le poussa, avec les deux premiers, à commencer des fouilles qui promettaient si peu :
- « Une sorte de conscience archéologique nous inspira la résolution de parfaire le déblaiement des corridors et des puits, commencé par nos prédécesseurs, afin de pouvoir dresser le plan de la tombe, ce qu’ils avaient négligé de faire. La vertu scientifique reçoit rarement des récompenses aussi brillantes que celle qui nous était réservée. Nous ne trouvâmes ni les importants fragments de sculpture
- sur lesquels nous comptions, ni les inscriptions qui auraient pu servir à résoudre une énigme historique. Mais les corridors, que l’on supposait vides, nous livrèrent une des plus im portantes trouvailles réalisées depuis bien des années. »
- Tandis qu’une partie de l’équipe achevait de mettre à jour la chaussée en plan incliné découverte en 1895 par Daressy, et qui reliait le fond de la vallée à l’avant-cour de la sépulture, l’autre net-loyait les corridors, profonds de près de 20 m. Les travaux étaient poussés lentement, sans enthousiasme au milieu de difficultés..inattendues. Découragé, le chef de l’expédition décida d’abandonner ce chantier à la fin de la semaine.
- « Ce mercredi soir, écrit M. Winlock, un peu avant le coucher de soleil, M. Burton, qui prenait des photographies sur le sommet de la montagne, descendit pour donner aux ouvriers le signal de la suspension des travaux jusqu’au lendemain matin. Il remarqua de suite leur surexcitation.
- « L’un d’eux, en balayant un petit amas de débris, avait remarqué que les morceaux de pierre fondaient, pour ainsi dire, sous son outil, et, en regardant de plus près, il s’était rendu compte qu’ils glissaient dans une fissure de la roche. Lui et son contremaître avaient alors poussé dans la crevasse des poignées de déblais, qui avaient disparu de la même façon.
- « Ils venaient de conclure que la crevasse devait donner sur un puits ou sur une chambre souter-
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- raine, quand arriva M. Burton. II tenta vainement d’éclairer l’intérieur du trou avec des allumettes, puis griffonna une note où il nous priait d’accourir en apporlant une torche électrique. »
- Le photographe annonçait brièvement qu'il croyait que la chance leur souriait enfin. Mais, quand M. Winlock lut la note, qu’un Arabe lui apportait en toute hâte au campement, il se demanda si cela valait bien la peine de se déranger, à l’heure du thé! Un trou dans la roche! Combien de fois ne s’était-il pas déjà penché sur de tels trous sans résultats!
- Cependant, par acquit de conscience, il se met en route vers la montagne avec plusieurs de ses compagnons. Les voici engagés dans le corridor, où M. Burton et les ouvriers les attendent avec une impatience fébrile. M. Winlock se couche à plat ventre devant ce famenx trou, y introduit l’extrémité de la torche, presse le bouton... et manifeste aussitôt son joyeux effarement !
- Le rayon électrique lui a révélé dans les ténèbres l’existence de tout un monde liliputien, qui a l’air de vaquer activement à ses affaires, un monde enseveli dans la profondeur de la montagne depuis 4000 ans, et qui semble, avoir conservé la fraîcheur de la jeunesse!
- À tour de rôle, les Améiicains s’approchent du trou magique, et s’assurent que leur chef n’a pas été la victime d’une étrange hallucination. Point de doute! C’est dans une petite chambre à laquelle fut épargnée la profanation des détrousseurs de tombes que plongent leurs regards. Elle est remplie, elle est bondée de mignonnes statuettes d’hommes et d’animaux, brillamment coloriées, et de minuscules bateaux. Et certains croient apercevoir des couvercles de cercueils sous les jolies miniatures.
- Sans s’accorder sur la nature exacte de leur trouvaille, ils en ont tous compris l’intérêt, et prennent aussitôt leurs mesures pour l’exploiter comme il
- convient. A l’aide de cordes et de cire à cacheter, ils scellent la fissure, choisissent des hommes de confiance comme gardes de nuit, et regagnent leur campement, pour y poursuivre leurs préparatifs.
- De grand matin, ils sont de retour à la sépulture, et commencent par arranger, le long du corridor, un jeu de miroirs et de réflecteurs, qui va permettre à M. Burton de prendre ses pho-
- Fig. 2. — L'aspect des jouets dans la tombe.
- lographies. Et iis s'attaquent activement au travail d’excavation, car ils savent par expérience que l’afflux de l’air frais dans la chambre souterraine, fermée presque hermétiquement depuis quarante siècles, provoquera la rapide désagrégation du plafond.
- En fouillant le sol devant la fissure, placée dans l’angle du plancher et de la paroi du corridor, ils ne tardent pas à mettre à jour un petit puits, profond de moins d’un mètre, qui fut comblé avec les propres éclats qu’en avaient tiré les tailleurs de pierre. G’est grâce à cette ruse que son existence n’a jamais été soupçonnée ni par les voleurs des temps anciens, ni par les explorateurs modernes, car son remplissage se confondait avec les menus éclats qui recouvraient le sol des corridors.
- Celle des parois du puits qui se trouve dans la fissure est construite de briques, que les archéologues enlèvent une à une, avec mille précautions, redoutant à tout instant de voir le plafond s’effondrer sur le trésor. Mais, décidément, la Fortune leur sourit. Elle leur laissera le temps de photographier in situ tous les objets renfermés dans la chambre, de dresser des plans où leur position respective sera exactement repérée, et de les transporter au lointain campement avant que la pluie de débris tombant du plafond ne soit devenue dangereuse.
- En pénétrant dans le réduit, si bas qu’ils ne peuvent s’y tenir qu’en courbant l’échine, les explorateurs se rendent enfin un compte exact de sa destination. Ce n’est point, comme ils l’avaient d’abord supposé, un caveau où aurait été enseveli quelque parent ou quelque serviteur de Mehenk-vvétré, le grand seigneur, chancelier du royaume, qu’ils ont déjà identifié comme le réel propriétaire de l’importante sépulture. C’est une chambre secrète que le puissant personnage fit construire de son vivant pour recevoir une partie des objets qui dormiraient avec lui son éternel sommeil.
- Ainsi que l’explique M. Winlock, dix siècles avant l’époque de Mehenkwétré, les riches Égyptiens avaient adopté la coutume d’adjoindre à leur tombeau une petite pièce, que les Arabes modernes appellent serdâb, où l’on emmurait la statue du défunt. Plus
- Fig. 3.
- Porteuses d’offrandes.
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- lard, on prit l'habitude de joindre à cette statue quelques modèles montrant des serviteurs préparant pour leur maître des aliments et des breuvages qui lui permettraient de « vivre dans l’au-delà ». Puis, on multiplia le nombre de ces modèles, tout en diminuant la grandeur de la statue du maître, et, finalement, à l’époque de Mehenkwélré, toutes les statuettes furent réduites à la même échelle.
- La religion des Égyptiens leur enseignait que leurs âmes conservaient dans l’éternité les prérogatives et jouissances qui leur avaient été accordées durant leur vie terrestre. Il est possible que, à l’origine, les chefs faisaient immoler sur leur tombeau des femmes et des serviteurs qui les accompagneraient dans l’autre monde, ainsi que procèdent encore les roitelets de l’Afrique Centrale. M. Herbert Lang, le savant directeur d’une expédition de Y American Muséum of N atur al Ilist.ory, revenu récemment d’un séjour de cinq années dans l’intérieur du Congo, y rencontra des témoins, voire des « rescapés », de ces cruelles hécatombes.
- Mais le Chancelier Mehenkwétré, grand propriétaire terrien, avait, comme ses contemporains, d’autres idées sur la vie future. Convaincu qu’elle serait pour lui la « réplique » de sa vie terrestre, il avait, de son vivant, pris ses dispositions pour que rien ne manquât à son confort et 'a son train d’opulent seigneur, quand son âme aurait émigré dans les régions célestes.
- Il y trouverait tout ce petit monde à son service : des femmes qui fileraient le chanvre et tisseraient
- Fig. 6. — U inspection du troupeau.
- des étoffes pour l’habiller ; des fermiers qui engraisseraient la volaille et le bétail à son intention; des bouchers qui abattraient les bœufs; des brasseurs qui fabriqueraient la bière, et ainsi de suite. Habitué qu’il était à parcourir le royaume en tournées d’inspection, en empruntant la route impériale qu’était le Nil, il comptait bien se promener encore sur l’équivalent céleste du fleuve, d’où sa précaution d’adjoindre aux modèles d’ateliers toute une flottille de galères.
- La collection comprenant plusieurs représentations de sa propre image, son âme habiterait successivement ces statuettes, selon les nécessités du moment, tandis que les âmes de ses serviteurs se logeraient dans les statuettes correspondantes. Ainsi, il reconstituait à l’avance son faste de grand propriétaire, habitué à commander à une nuée de fermiers et de domestiques.
- 11 ne fallut pas moins de trois jours aux heureux archéologues pour enlever les 24 modèles entassés dans la chambrelte. Quelques heures eussent suffi à des pillards. Mais la méthode scientifique adoptée par l’expédition américaine compliquait singulièrement sa tâche.
- M. Burton, après avoir pris un cliché montrant l’aspect de la trouvaille, telle qu’elle apparut après l’enlèvement des briques, avec un des bateaux dressé sur sa poupe, et un autre renversé sur sa quille (fig. 2), poursuivit sa prise de clichés du matin au soir, pendant ces trois journées.
- Quand’un ou deux modèles avaient clé enlevés, il
- Fig. 7. — L’étable.
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- Fig. 8. — L’abattoir. Fig. 9. — Filage et tissage.
- reprenait une vue d’ensemble. Puis, M. Vinlock et M. Lansing indiquaient sur un plan la position des objets que l’enlèvement de ces modèles révélait à leur vue, et les marquaient d’un chiffre, sur l’original comme sur le plan. Et ces laborieuses opérations, exécutées dans un réduit où les savants ne pouvaient se redresser sans se heurter au plafond, furent répétées jusqu’au dernier des 24 modèles, Ils furent aidés dans leur tâche par M. Lacau, le Directeur général du Service des Antiquités, accouru de Luxor à leur appel.
- Cette méthode minutieuse s’inspirait de différentes raisons. Il importait de savoir si la position des objets avait été déterminée par des exigences rituelles. Puis, les fragments de roche qui s’étaient détachés du plafond au cours des âges avaient abîmé certains de ces vénérables jouets. Quelques figurines, toutes taillées dans le.bois et fixées en place avec de la colle, s’étaient abattues, et les menus membres avaient été fracturés. A l’aide des photographies et du plan, il devenait facile de réparer les dégâts et de rendre à ces objets leurs formes premières.
- Plusieurs observations intriguèrent les savants : les jouets portaient des taches de mouche, des toiles d’araignée, où restaient accrochés les cadavres des tisseuses, et les marques des dents des souris qui, non contentes de grignoter çà et là, avaient poussé l’outrecuidance jusqu’à déposer dans les boîtes ce que l’on appelle en bon français des crottes. Qr, ces
- traces animales n’étaient relevées que sur les objets, et nulle part ailleurs dans la chambre.
- De déduction en déduction, les archéologues aboutirent à une conclusion curieuse. Mehenkwétré, en homme sage qu’il était, avait préparé à l’avance ses funérailles. Les modèles, exécutés par ses artisans, avaient été déposés dans quelque coin de son palais de Thèbes, probablement dans une pièce qui servait de débarras. Mais les mouches, araignées et souris n’avaient pas été les seules à en violer la solitude. Certaines cassures observées sur les statuettes font supposer que les enfants de la maison — les petits-fils du puissant personnage, sans doute — savaient se glisser dans la pièce condamnée pour y jouer avec « les joujoux de grand-papa! »
- D’autres observations ne sont pas moins curieuses. M. Winlock et M. Lansing, qui furent seuls à toucher aux objets dans l’intérieur de la chambre, prenaient la précaution de s’envelopper les mains dans des mouchoirs de soie. Quand ils les examinèrent à la lumière du jour, ils y relevèrent des empreintes digitales très nettement imprimées dans la peinture, dont la fraîcheur faisait oublitr qu’elle avait été appliquée quatre mille ans auparavant. Ces empreintes de pouces et d’index provenaient des serviteurs qui les avaient transportés solennellement de Thèbes à la sépulture, le jour des funérailles.
- Un des bateaux à la voilure développée avait été déposé en dernier. Les maçons occupés à murer la j porte avaient eu peur de l’abîmer, et l’un d’eux, le
- Fig. 10. — La menuiserie.
- Fig. 11. — La maison.
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- 58 : LES JOUETS DANS LA TOMBE...
- Fig. 12. — La pêche au filet.
- soulevant à deux mains, l’avait déposé sur le modèle de grenier à grain, imprimant ainsi sur la quille l’empreinte de ses mains enduites de mortier.
- Une partie du rapport dé M. Winlock est consacrée à la description des modèles, description qui ne sera complète qu’après que les égyptologues les auront étudiés minutieusement. La plupart retracent l’existence que mena Mehenkwélré en ce monde, et qu’il comptait bien continuer dans l’autre. L’exception est constituée par. trois objets, dont deux statues demi-grandeur nature de jeunes paysannes habillées de robes richement colorées, et qui apportent des olFrandes au défunt. Chacune tient dans une main un canard vivant. La corbeille de l’une est remplie de morceaux de viande et de pains; celle de la seconde contient des jarres de vin (fîg. 5).
- Tous les autres modèles nous fournissent de précieux détails sur l’existence d’un grand seigneur sous la XIe dynastie. Le plus important des modèles montre Mehenkwélré assistant, du seuil de sa maison de campagne, au dénombrement de ses troupeaux. Son fils et héritier est accroupi près de lui, d’un côté, tandis que, de l’autre, quatre secrétaires prennent des notes sur des rouleaux de papyrus. Des intendants se tiennent debout autour du groupe.
- Dans la cour, les bouviers brandissent leurs bâtons pour faire avancer les bœufs, qui sont roux, noirs, pies ou tachetés. Le bouvier en chef s’incline devant son maître et seigneur, comme pour attendre respeetueusement ses observations sur l’état des bestiaux. Les statuettes humaines sont hautes de 20 'à 22 cm. Leur coloris est d’une fraîcheur qui surprend, après leur séjour de quarante siècles dans le réduit souterrain (fîg. 6).
- Deux autres modèles sont encore consacrés au bétail. Dans l’un, séparé en deux compartiments, on voit l’étable et la pièce où les bœufs sont engraissés artificiellement. L’un des animaux est déjà si gras qu’il ne peut plus se tenir debout, tandis qu’un homme lui introduit dans la bouche des boulettes de fourrage. Le second de ces modèles reconstitue l’abattoir, bâtiment à deux étages. Les bœufs sont couchés pour le coup fatal. Le boucher en chef dirige l’opération, et un scribe inscrit des notes sur son papyrus. Deux hommes, accroupis dans un
- coin, fabriquent sur un brasero des « gâteaux de sang ». Des quartiers de viande sont accrochés à des cordes tendues sur un balcon (fig. 7 et 8).
- Le grenier n’est pas moins intéressant à étudier. Nous y rencontrons de nouveau les scribes et leurs rouleaux de papyrus. Les domaines de ce grand seigneur étaient décidément bien administrés! Deux hommes remplissent de grain les mesures, avant de le verser dans des sacs, que d’autres vont vider dans de vastes huches. Près de la porte d’entrée, le grainetier en chef, armé d’une canne, s’assure que personne ne quitte le travail avant l’heure (fig. 4).
- La brasserie et la boulangerie se partagent le même bâtiment. On peut y suivre les différentes opérations propres à ces deux métiers : fabrication de la farine, préparation du levain, façonnement des « pains de fantaisie » et des gâteaux, etc.
- L’atelier de tissage ne comporte que des femmes. On les voit préparer le chanvre, le dévider, le filer, ou le tisser sur deux métiers.
- L’atelier de menuiserie mériterait une description complète. On y voit une quinzaine d’ouvriers occupés à des besognes variées. L’un débite un madrier en planches, après l’avoir attaché à un poteau fiché au centre de la cour. L’autre coupe des mortaises sur le bord d’une planche, à l’aide d’un maillet et d’un ciseau à froid. Un troisième dégrossit une pièce de bois à coups d’herminette, et ainsi de suite. On remarque un petit fourneau de forge servant à réparer les outils, et, sous un hangar, un énorme coffre rempli d’outils de menuisier et de charpentier.
- Deux modèles montrent des maisons d’habitation, précédées de leurs jardinets entourant de petits bassins faits de cuivre qui continrent de l’eau. Les figuiers-sycomores sont chargés de fruits. Le portique, profond et spacieux, derrière ses colonnes peintes de couleurs gaies, donne l’impression qu’il doit y faire délicieusement frais.
- Nous regrettons que la place nous manque pour décrire la flottille, qui présente, en son ensemble comme en ses détails, un intérêt considérable. Les quatre pièces principales sont des navires équipés
- Fig. i3. — La barque de Mehenkwétré.
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- LES JOUETS DANS LA TOMBE...
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- pour les longs voyages, mesurant un peu plus d’un mètre en leur état, mais qui représentent, à en juger par les dimensions des statuettes, des galères qui avaient de 10 à 15 m. de longueur.
- Le nombre des hommes d’équipage varie entre 12 et 18, sans compter les pilotes, les vigies et les capitaines. Un des modèles est supposé voguant contre le courant, et l’on voit les matelots hissant une lourde voile, alors que, sur un autre qui descend le fleuve avec vent contraire, le mât a été ramené, et l’équipage a dû s’atteler aux lourdes rames.
- Sur chacun des navires, on aperçoit Mehenkwélré assis nonchalamment dans un fauteuil à l’entrée de sa cabine de pont, humant une fleur de lotus. Tantôt, son fils est accroupi près de lui. Tantôt, il écoute son chanteur, qui, pour donner à sa voix le trémolo que préférait sans doute le maître, se tapote les lèvres du bout de ses doigts. Dans un des
- rempli de poissons. Sur chacune, deux hommes continuent à pagayer, tandis que leurs compagnons recueillent le butin.
- Comme le lait remarquer M. II.-E. Winlock. ces réductions nous fournissent de précieuses informations sur le gréement et la voilure des bateaux de l’antique Egypte. Elles sont dans un état de conservation si parfait que les cordes et les nœuds sont intacts.
- La Fortune réservait une dernière trouvaille aux archéologues américains dans celle même sépulture que leurs devanciers avaient cru vide de ses trésors. Avec un esprit de méthode qu’il faut admirer, sans réserves, ils s’attaquèrent à l’avant-cour, malgré les nombreuses traces d’excavation qu’elle offrait.
- Or, au point précis où leurs prédécesseurs avaient arrêté leurs fouilles, ils découvrirent un tunnel de
- modèles, le troubadour est accompagné par un harpiste aveugle. A l’intérieur d’une des cabines, on voit le valet de chambre assis près de la couchette, sous laquelle sont logées deux malles.
- Les cuisines occupent un bateau plus petit, que le grand remorque. On y distingue des femmes occupées à moudre le grain, des hommes qui pétrissent la pâté en la piétinant dans des récipients, et d’autres qui façonnent les pains. Dans la soute aux provisions'’ sont rangés des morceaux de viande et des flacons de bière et de vin.
- La flottille comprend encore des yachts de plaisance, dépourvus de cabine de pont, et où le maître et son fils s’abritent simplement sous une sorte de dais, et un léger esquif servant à la chasse et à la pêche au harpon. A l’avant, un homme vient de harponner un énorme poisson. Un jeune homme et une jeune fille offrent à leurs maîtres des canards vivanls qu’ils viennent de capturer. Sur les parois extérieures de la cabine, sont rangés des perches et des filets servant à la chasse aux oiseaux aquatiques.
- Le dernier modèle nous représente une pêche à la seine. Deux pirogues de papyrus amènent le filet
- 8 m. 50 de long aboutissant à un petit caveau inviolé qui contenait le cercueil et la momie d’un certain Wah, serviteur de Mehenkwétré.
- Près du sarcophage, douze pains de forme conique, un quartier de bœuf et un broc de bière, représentaient la part du défunt dans le repas des funérailles.
- Le broc avait exactement la forme de ceux qui figurent dans le modèle de brasserie, et, comme eux, il avait été bouché avec une boule de glaise. Mais la bière avait fermenté, lançant le bouchon dans une direction, et projetant le vase dans une autre. Le liquide avait formé sur le sol une croûte dure comme la pierre.
- En accord avec la convention passée avec le Gouvernement égyptien, tous ces trésors archéologiques ont été divisés en deux parts. L’une s’ajoutera aux collections du Muséum National du Caire. L’autre a enrichi celles du Metropolitan Muséum of Art de New-York, auquel La Nature adresse ici ses très sincères remerciements pour la communication des photographies qui figurent sur ces pages.
- V. Foubix.
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- LA CRISTALLISATION EN MILIEUX GÉLATINEUX
- Nous avons, dans des articles parus précédemment ici même, décrit les principales propriétés des gels ou gelées, dont la gélatine est l’exemple le plus frappant. Mais, en dehors de leurs propriétés intrinsc-i|ues, pourrait-on dire, les gelées peuvent être le siège de phénomènes très uu-f rieux, encore inexpliqués
- | à l’heure actuelle. Nous
- voulons parler des cristallisations rythmiques, connues sous le nom de phénomène de Liesegang.
- L’importance de ce phénomène dépasse de beaucoup (elle d’une simple expérience curieuse de laboratoire. Par la variété des aspects qu’il permet de réaliser, par la simplicité avec laquelle on peut le ; reproduire et en varier les conditions, elle est certaine-mentune de celles qui mé-•3) ritent d’attirer le plus l’al-
- tention des chercheurs.
- • Sous sa forme la plus simple, voici comment on peut effectuer l’expérience. On prépare une solution à 5 pour 100 de gélatine à laquelle on ajoute quelques f gouttes de bichromate de
- potasse. Si on étend la
- £ gélatine sur un verre de
- V; montre ou une plaque de
- |C verre et qu’on dispose sur
- j sa surface avant solidifica-
- ; tion complète une goutte
- 7 d’une solution concentrée
- de nitrate d’argent, on con-^ state que le nitrate d’argent
- - - diffuse immédiatement
- Fig. i. — Cristallisation. dans la gélatine en reagis->ar plans de chromale d'argent sant avec le bichromate, en dans un tube de gélatine. donnant du chromate d’ar_
- gent rouge. Mais, et c’est là le résultat surprenant, inattendu, que l’on obtient, le chromate d’argent se forme suivant des cercles concentriques entourant la goutte, et sépares par des zones claires, dont la largeur augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre.
- Si, au lieu d’étendre la solution de bichromatée sur une lame plane, on la verse dans un tube à essai et que l’on ajoute la solution de nitrate d’argent à la partie supérieure, il se forme
- gélatine
- toute une série de plans parallèles de chromate d’argent, de plus en plus distants au fur et à mesure que l’on pénètre dans la gélatine (fig. 1).
- De même, si on verse la gélatine dans un tube en U et que le nitrate d’argent soit ajouté dans les deux branches du tube, les plans de chromate s’incurvent dans la courbure et les deux séries obtenues vont à la rencontre l’un de l’autre (fig. 2).
- En déposant sur une plaque non plus une goutte mais trois par exemple, en trois points différents, les anneaux successifs peuvent arriver à se rencontrer et semblent « interférer ».
- Les figures 1, 2, 3 montrent quelques aspects que l’on peut obtenir. Il est facile d’en imaginer un grand nombre d’autres, en variant par exemple le nombre et la disposition des gouttes de nitrate d’argent.
- On arrive d’ailleurs au même résultat si le nitrate d’argent est dans la solution de gélatine, et que le bichromate soit déposé à la surface de la gelée.
- Nous verrons un peu plus loin d’autres expériences du même ordre, mais nous signalerons dès à présent l’importance, signalée par Liesegang lui-même, de ce phénomène en ce qui concerne par exemple l’explication de la formation de l’agate, dans laquelle se rencontrent aussi des bandes blanches parallèles et qui ont une analogie frappante avec celles que l’on réalise dans la gélatine. De même, il est probable que la silice amorphe, l’acide silicique, est l’ancêtre du quartz. Dans ce milieu gélatineux, des réactions peuvent se produire, ainsi que nous le verrons, par exemple, la réduction des sels d’or donnant de petits cristaux veinant le gel qui deviendra plus tard le quartz.
- Enfin, au point de vue purement spéculatif, il est extrêmement curieux de constater qu’un phénomène aussi continu que la diffusion d’un corps dans un milieu homogène et sa réaction avec un autre composé chimique uniformément réparti dans la masse donne naissance à une formation chimique discontinue, rythmique et régulière.
- En l’absence de toute théori e acce p-table, nous en sommes réduits à la partie purement expérimentale, et celle-ci est singulièrement riche, comme nous allons
- yojp Fig. 2 —Cristallisalion du
- ' chromate d’argent à Vintérieur de
- (Jn peut pro- /j gélatine dans un tube en U.
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- LA CRISTALLISATION EN MILIEUX GÉLATINEUX
- duire le phénomène de Liesegang non seulement dans la gélatine, mais encore dans d’aulres substances gélatineuses, comme l’agar-agar ou la silice hydratée. Mais, chose curieuse, la nature du gel et, à un degré plus faible sa concentration, semblent avoir une influence spécifique sur le phénomène. Ainsi la réaction entre le bichromate de potassium et le nitrate d’argent provoque la formation de strates dans la gélatine, mais non dans l’agar-agar; tandis qu’au contraire, le nitrate de plomb et le chromale de potasse donnent des zones alternées dans l’agar-agar et rien dans la gélatine, enfin ces deux réactions ne donnent rien en milieu sili-cique.
- D’autre part, l’intervention d’un produit intermédiaire, fait réapparaître le phénomène.
- Ainsi, le nitrate d’argent réagit d’une façon continue sur le chlorure de sodium dans une solution de gélatine. Si on place, au voisinage de la goutte de nitrate d’argent, l’expérience étant faite sur une pellicule plane de gélatine, un cristal de bichromate de potassium, la stratification du chromale d’argent se produit autour, de ce cristal lorsque le nitrate d’argent a diffusé jusqu’à lui, mais le chromate d’argent se transforme rapidement en chlorure d’argent et le résultat final est une stratification de chlorure d’argent entourant le bichromate, bien que cette formation ne puisse se produire directement.
- De nombreuses expériences peuvent être faites én milieu silicique. Ôn prépare celui-ci en mélangeant rapidement et en agitant énergiquement des volumes égaux de solutions de silicate de soude et d’acide chlorhydrique. Avant que la masse ne se solidifie, on lui ajoute l’une des substances réagissantes.
- On peut, pour obtenir une coagulation plus rapide, opérer, comme le recommande H. Holmes, avec une solution de silicate de soude de densité 1,06, à laquelle on ajoute son volume d’une solution d’acide acétique contenant 180 gr. d’acide par litre : 3 N. La prise se fait alors en une heure environ- Il suffit d’ailleurs de quelques tâtonnements pour trouver, pour chaque solution de silicate particulier employé, les doses d’acide (chlorhydrique, nitrique, sulfurique, acétique, etc.) les plus convenables. Il faut ajouter une quantité d’acide au moins suffisante pour neutraliser la soude que renferme le silicate.
- Holmes a obtenu de très jolies apparences, en opérant avec une solution de silicate de soude de densité 1,16 à laquelle il ajouta une solution d’acide sulfurique contenant 294 gr. par litre (3N). Il mélangea à 25 cm3 de cette solution 1 cm3 d’une solution à 1 pour 100 de chlorure d’or, puis, après solidification partielle une solution à ,8 pour 100 d’acide oxalique. Dans tes conditions, la réduction du sel d’or se produit par l’acide oxalique et donne une série de bandes d’or colloïdal magnifiquement colorées, les premières en rouge, les suivantes en bleu, puis en vert, donnant une apparence d’arc-en-ciel à l’ensemble de la préparation.
- Non seulement on peut obtenir dans les gels des bandes alternées constituées en définitif par des cristaux microscopiques, mais encore on peut réaliser dans les milieux gélatineux, la formation de cristaux de dimensions finies, impossibles à observer dans les réactions, en milieu aqueux.'
- C’est ainsi par exemple qu’en recouvrant avec, une; solution à 1 pour ICO de chlorure d’hydroxylaminé un gel constitué par une solution de silicate de soude (cl =; 1,06) coagulée par l’acide acétique après addition de sulfate de cuivre (0,05 N), on obtient au bout d’une ou deux semaines la formation de tétraèdres de cuivre métallique absolument parfaits, dont la disposition est d’autre part analogue à celle que l’on rencontre dans les dépôts naturels.
- On peut de même réaliser, en milieu gélatineux, l’expérience classique de l’arbre de Saturne, et comme les ramifications sont englobées dans une masse compacte, la formation arborescente est beaucoup moins fragile que lorsqu’elle est développée dans une simple solution aqueuse.
- On voit, par les quelques indications précédentes, combien ces phénomènes peuvent être variés en apparence, et en même temps, combien les réactions sont en définitive mystérieuses et complexes. Lorsqu’on arrive à les ralentir, en augmentant la viscosité du milieu, on peut encore arriver, comme dans le cas observé pour la première fois par Liesegang, à avoir en milieu continu, un phénomène discon tinu et rythmique !
- Aucune théorie satisfaisante n’a même été ébauchée et le problème à l’heure actuelle reste entier.
- Fig. 3. — Anneaux obtenus en déposant 3 gouttes de nitrate d'argent sur une plaque de gélatine bichromalèe.
- II. Vigneron
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- LA TROISIÈME CAMPAGNE D’AMUNDSEN DANS L’OCÉAN GLACIAL
- Le deslin semble vouloir punir Amundsen de ses succès triomphants dans l’Antarclique. Alors que dans la conquête du Pôle Sud, l’illustre explorateur a toujours rencontré des circonstances favorables, dans sa nouvelle entreprise vers le Pèle Nord depuis trois ans il est poursuivi par une mauvaise chance constante. Comme nous l’avons exposé précédemment, Amundsen a quitté la Norvège en 1918 avec le projet de recommencer le voyage de Nansen à travers le bassin arctique, de manière à passer à proximité du Pôle Nord et pouvoir atteindre ce point, objet de tant d’ambitions. Pour cela il se proposait de gagner la partie de l’Océan Glacial située à l’est des îles de la Nouvelle..Sibérie en longeant la côte nord d’Asie, et, une fois dans ces parages désirés, de se faire prendre dans la banquise qu’une lente dérive entraîne à travers le bassin polaire en direction du nord-ouest et expulse ensuite le long de la côte orientale du Giônlund. Dans son programme, l’explorateur devait être véhiculé avec son navire captif dans les glaces par le courant portant vers le Pôle. Malheureusement, en 1918 et 1919, alors que la mer était très dégagée autour du Spitsberg, elle restait encombrée d’épaisses banquises le long de la côte de Sibérie, de telle sorte que pendant ces deux campagnes, tous les efforts de l’expédition pour parvenir dans la zone où se manifeste le courant nord-ouest demeurèrent vains et que les Norvégiens furent contraints à deux hivernages sur la côte septentrionale d’Asie. Lorsqu’en 1920 la débâcle eut rendu à Amundsen la liberté de ses mouvements, il gagna le détroit de Bering et alla se ravitailler à Nome, dans le nord de l’Alaska. Les deux insuccès qu’il avait éprouvés n’avaient pas découragé l’énergique Norvégien, et, le 8 août dernier, il quittait la côte américaine pour essayer une troisième fois d’atteindre la zone du fameux courant motear. Celte fois il avait l’intention de faire route vers Pile Wrangel située au nord-ouest du détroit de Bering, par suite à l’est de l’archipel de la Nouvelle Sibérie. Ainsi que dès l’automne dernier, des chasseurs de phoques l’avaient laissé prévoir, de nouveau un destin contraire est venu paralyser l’expédition norvégienne. Un télégramme expédié ces jours derniers de Nome par Amundsen annonce l’insuccès de sa nouvelle tentative. Après avoir quitté ce port en août 1920, l’explorateur trouva le détroit de Bering rempli de banquises; dès le lendemain de son départ il se heurtait à des masses de glace presque impénétrables. Il entama néanmoins la lutte, et, après un rude combat qui ne dura pas moins de dix-neuf jours, il réussit à sortir du goulet qui sépare l’Asie de l’Amérique et à mouiller sur la côte sibérienne, près du
- cap Serdzé-Kamcn. Faire route de là vers l’île Wrangel, il ne fallait pas y songer; à perte de vue l’Océan élait couvert de banquises serrées contre lesquelles le plus solide navire fut demeuré impuissant.
- Dans ces conditions la seule ressource élait d’hiverner encore une fois sur la côte de Sibérie. Cet hivernage a été singulièrement périlleux. La baie voisine du cap Serdzé-Kamen où le navire norvégien était mouillé se trouve sous le même parallèle que l’entrée nord de la mer Blanche. Or, à ces latitudes relativement méridionales la banquise est dépourvue de stabilité ; une tempête vient-elle à s’élever, la glace se brise et le bateau pris dans scs convulsions est exposé à être coulé. C’est ce qui est arrivé au Maud, le navire d’Amundsen. Dès le 28 septembre, tant les froids sont précoces et intenses sur la côte nord-est de Sibérie, la glace recouvrait son mouillage; mais quinze jours plus tard un furieux coup de vent disloquait celte banquise, et sous le souffle de l’ouragan le Maud élait jeté à la côle avec une masse de glaçons formidables. Pendant trois semaines' le bateau demeura dans cette situation critique, puis le 9 novembre une débâcle le ramena dans son élément.
- Le lendemain nouvelle alerte. La banquise entraînée au large revient vers la côte avec une force terrible et peu s’en faut que le navire ne soit brisé. Le 11 le calme s’établit enfin, mais il ne dure pas longtemps; le 13 un ouragan, encore plus terrible que le premier, éélate et pour la troisième fois depuis le début de sa captivité Pexpédilion est en perdition. Après cela l’hiver paraît s’être écoulé dans une tranquillité relative. Comme les précédents, il a été employé à exécuter de nombreuses observations. Etude des marées, météorologie, exploration de la haute atmosphère, magnétisme terrestre, telles sont les branches de la science qui ont occupé principalement les marins norvégiens pendant leur nouvelle détention dans les glaces. Grâce à Amundsen nos connaissances sur la côte nord de Sibérie seront singulièrement augmentées. A quelque chose malheur est bon.
- Le 22 mai dernier le chef de l’expédition a quitté le Maud toujours prisonnier dans les glaces et a gagné Nome sur un navire qui trafique dans ces parages. De là il doit se rendre à Seattle où son bateau le rejoindra au cours de l’élé. Le Maud a perdu son hélice dans sa lutte contre les banquises. Tous ces échecs n’ont pu venir à bout de la ténacité norvégienne et dans son télégramme, Amundsen annonce qu’en 1922 il reprendra le chemin de l’océan Glacial.-'
- Chaules Rabot.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai 1921.
- Le Irailement des plaies atones. — M. Bordier soumet à l’Académie les heureux résultats fournis par la d’Arsonvalisation. diathermique, sous une intensité de 1500 à 2000 milliamp. par séances de 8 à 10 m.; la plaie (ulcères variqueux, troubles cutanés) n’est pas touchée directement et la quantité de chaleur développée dans les tissus amène une réparation rapide, par suite des échanges nutritifs rendus très actifs par les courants de haute fréquence.
- La faune du Sahélien de la région d'Oran. — Jusqu’ici, le Miocène n’avait fourni, parmi les restes de poissons, que des fossiles se rattachant à sept espèces.
- M. Arambourg a pu augmenter jusqu’à.80 le nombre de celles-ci, qui se rattachent à quelques formes bathyales ou bathypélagiques. Le caractère de l’ensemble est nettement méditerranéen, malgré la présence de certains types tropicaux ou atlantiques.
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- LA TUBR1NE AÉRIENNE COSTfiS ' .... - 63
- Le sulfure d'arsenic colloïdal. — Au sujet de ce sel, JDI. Boutaric et Yuillaume se sont préoccupés d’étudier le mécanisme de la floculation en considérant les modifications qui précèdent, au sein de la solution d’anhydride arsénieux parcourue par un courant d’hydrogène sulfuré, la séparation "entre le gel et le liquide intra-micellaire. Ils ont appliqué à cette recherche le spectro-photomètre de Féry et déterminé ainsi : la variation d’absorption en fonction du temps et l’influence sur la forme de la courbe obtenue, dont l’allure rappelle les courbes de magnétisme, de la présence, dans la solution colloïdale d’un excès, soit du gaz I12S, soit de l’anhydride As2 O3.
- La frange noire de Lippich. — Pour augmenter le degré de précision des mesures polarimétriques, on augmente en pratique l’éclat de la source tandis qu’on réduit l’angle de pénombre. Mais, comme l’ont constaté Mlle Ilanot et M. Bruhat, la frange de Lippich devient visible, chacune des deux plages n’a pas un éclat uniforme et l’égalité ne peut être réalisée dans tout le champ; même en.choisissant l’orientation de la ligne de séparation, on ne peut mesurer, en se servant de niçois, une rotation de l’ordre de 20° avec une erreur inférieure à 1 minute. Il importe ainsi d’éliminer la frange noire, en munissant les polarimètres de précision de prismes à champ normal.
- L’huile de pépins de raisin. — La note de M. Emile André résume les expériences qui ont porté, tant sur jles produits fournis par une usine montée à Villefranche-sur-Saône pendant la guerre, que sur des échantillons d’origine sicilienne. Les chiffres donnés par la détermination des indices de saponification, et des indices d’iode sont extrêmement variables; il ne semble pa» qu’il soit possible de fixer aucune limite pour les constantes physiques et chimiques de l’huile de pépins. Il est de toute évidence que la vigne est une plante déformée pir plusieurs siècles de culture et le nombre de ses variétés est infini; on ne peut ainsi s’attendre à trouver, pour les sous-produits des graines, des résultats comparables entre eux.
- L’anaphylaxie chez les végétaux. — MM. Auguste Lumière et Couturier ont eu l’idée de rechercher si l’état de sensibilisation conféré aux animaux par l’injection d’une matière albuminoïde étrangère, pouvait se manifester chez les végétaux ; leurs essais ont porté sur des plants d’oseille, des jacinthes et des bulbes d’oignons, les injections étant faites avec des sérums d’âne ou de cheval. Les premiers résultats montrent nettement que l’état anaphylactique peut être créé chez les végétaux et des expériences, encore en cours, établiront le degré de spécificité de la sensibilisation et la possibilité d’administrer des doses suhintrantes. Pau, B.
- LA TURBINE AÉRIENNE COSTES
- On a déjà parlé dans La Nature (n° 2171) de la turbine aérienne Costes à axe vertical, dont les aubes sont formées de lames inclinées par rapport aux rayons de la roue.
- Le même inventeur vient d’exposer à la Foire de Paris une réalisation nouvelle et perfectionnée.
- Chaque aube est constituée par une lame et une gouttière métalliques. Ce n’est qu’après de nombreux essais successifs que l’inventeur a réussi à fixer la forme et les dimensions relatives les plus favorables.
- La disposition adoptée, bien qu’extrèmement simple, donne un rendement excellent, et l’appareil exposé ne s’est pour ainsi dire pas arrêté au cours de la Foire, bien que par moments les feuilles des arbres voisins n’aient fourni aucune indication de vent.
- La particularité de la dispositi n de M. Costes est d’utiliser le vent non seulement à l’entrée dans la turbine, mais aussi un peu à la sortie ; il en résulte que le rendement de l’appareil atteint une valeur assez élevée.
- Tous les essais d’aéro-moteur sont difficiles à effectuer avee précision; il faut de nombreuses observations et différents appareils enregistreurs delà vitesse du vent, de la puissance de l’appareil, et du nombre de tours. Il n’est pas rare que l’on trouve le plus souvent des indications de puissance manifestement fausses pour les appareils à vent.
- La turbine Costes a été soumise plusieurs mois à
- des essais en plein vent avec des appareils en grandeur naturelle et non en réduction, notamment à l’Institut Aéro-Technique de St-Cyr ; le rendement indiqué par ces essais officiels atteint plus de 50 pour 100, malgré la perte produite par des engrenages défectueux en fonte placés au bas de l’appareil .
- Ce rendement de 50 pour 100 est calculé par rapport à la puissance théorique totale du vent laquelle est exprimée par la formule :
- P - l M Y2
- A
- dans laquelle M désigne la masse d’air qui traverse le moulin en une seconde et Y la vitesse du vent en mètres par seconde.
- On voit donc que la puissance est proportionnelle au cube de la vitesse, puisque la masse elle-même est proportionnelle à cette vitesse.
- Le rendement des moteurs à vent est en général faible, et les meilleures roues éoliennes atteignent difficilement ce rendement de 50 pour 100.
- Les avantages de la turbine Costes viennent, en plus de son rendement, de sa grande simplicité de construction ; elle comporte un peu plus de voilure en tôle qu’une roue de même section, mais la suppression de tout mécanisme d’orientation, de réglage et de transformation de mouvement, permet d’arriver à un prix de revient assez bas en même temps que de réduire les frais d’entretien et de surveillance.
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- LA TURBINE AÉRIENNE COSTES
- Une roue et son mat tournent dans des crapau- | encore plus parfaite de l’énergie du vent qui est illi-dines supérieure et inférieure et la crapaudine su- | mitée et qui se trouve répandue un peu partout; il
- La turbine aérienne^Costes.
- périeure est maintenue au moyen de haubans, le mouvement de rotation est ainsi. transmis directement par l’axe vertical de la turbine.
- Ce nouvel appareil permet d’envisager l’utilisa'.ion
- permettra de multiplier les applications de ces ressources d’énergie, et il justifie pleinement l’intérêt qu’il a éveillé parmi les visiteurs de la Foire de Paris. E Weiss -
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdru, rue de FIcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2469.
- 30 JUILLET 1921
- TAPIS ROULANT POUR L’ÉTUDE DE LA MARCHE
- L’étude de la physiologie de la marche, c’est-à-dire l’étude des modifications causées par la marche dans le fonctionnement des divers organes du corps humain présente de sérieuses difficultés. One l’on veuille observer les variations des échanges respiratoires, ou se rendre compte de l’augmentation de la température, ou étudier les réactions si complexes du système circulatoire, il faudra toujours employer des appareils lourds, délicats ou encombrants qu’il
- par un tube, ou bien à suivre sur la route leur homme chargé des instruments enregistreurs. Ces méthodes sont depuis longtemps abandonnées.
- Le procédé d’observation le plus généralement employé consiste à faire marcher un sujet sur une piste et, de temps en temps, à l’arrêter pour prendre sa température, sa pression artérielle, ou recueillir un échantillon de l’air qu’il expire. Mais cette méthode est encore très défectueuse. Il est impos-
- Eig. i. — Ensemble de l’installation. Adroite, moteur du tapis roulant avec sa manette réglant la vitesse. A gauche, appareils enregistreurs des mouvements du cœur et des poumons.
- est difficile de sortir du laboratoire. Le temps n’est plus où les frères Weber avaient pour tout bagage quelques mires et une montre à secondes; l’instrumentation des physiologistes s’est, depuis eux, singulièrement compliquée. Nous disposons, à l’heure actuelle, d’appareils de plus en plus précis; et encore que ce soit une erreur de pousser les calculs jusqu’à la 5e décimale, dans des expériences au cours desquelles les réactions de l’organisme varient quelquefois du simple au double sans que nous puissions savoir pourquoi, il est cependant évident que l’on doit chercher à faire les observations dans des conditions qui permettent d’éliminer le plus possible de causes d’erreur.
- Les premiers qui s’attaquèrent à l’élude de la marche, n’eurent d’autre alternative que de faire tourner en rond leur sujet relié au spiromètre
- 49* Anné». — 2* Semestrt.
- sible dans ces conditions, d’abord d’étudier l’homme pendant la marche, ensuite d’observer le phénomène sans interruption depuis le début jusqu’à la fin; l’effort du démarrage, le phénomène si curieux connu sous le nom de « second souffle des coureurs », les réactions violentes et si rapides des toutes premières secondes qui suivent l’arrêt, tout cela risque de passer inaperçu.
- Très rapidement on se rendit compte que pour pouvoir étudier d’une façon complète la phy>ioîogie de la marche, il est indispensable d’avoir recours à un artifice qui permettrait au sujet de marcher sans se déplacer de façon appréciable dans l’espace. L’idée du cheval qui actionne une batteuse en marchant sur un plan incliné mobile, se présente immédiatement à l’esprit.
- Zuntz, en 1897, employa, pour ses expériences
- 5. — 135,
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- 66 : TAPIS ROULANT POUR L’ETUDE DE LA MARCHE
- un appareil horizontal, conçu sur le même principe. Bénédict, de Washington, construisit, en 1913, un tapis roulant mù pir un moteur électrique. L’était encore insuffisant : l’appareil de Bénédict n’a qu’une vitesse très limitée, et ne permet pas l’élude de la marche en terrain incliré.
- Le professeur Langlois, lorsqu’il entreprit ses travaux sur la marche, aperçut le très grand avantage que procurerait un appareil à pente variable suffisamment robuste et suffisamment grand pour supporter le poids de plusieurs hommes, et assez souple pour permettre d’importantes variations de vitesse ; cet appareil rendrait possible l’étude, dans un laboratoire, de la marche et de la course à toutes les vitesses et selon toutes les pentes.
- .Grâce à la subvention du Ministère de la Guerre au cours de physiologie appliquée s l'éducation physique, le professeur Langlois put tenter de réaliser cette conception. Mais, dès qu’on aborda l’étude de près, apparurent des difficultés de toutes sortes : le manque de place limite la largeur de l’appareil à 4 mètres; le réglage de la vitesse est rendu difficile par le courant électrique dont dispose la Faculté de Médecine (110 volts monophasé, 42 périodes) enfin les dépenses semblaient devoir dépasser les ressources du laboratoire.
- Le professeur Langlois s’adressa à M. l’ingénieur iiallé, particulièrement désigné pour réaliser ce tapis roulant puisque c’est lui qui a établi les tapis mobiles des grands magasins de Paris.
- Les conditions posées par les physiologistes rendaient le problème délicat; non seulement la vitesse du tapis devait varier dans des limites étendues, mais il importait de pouvoir modifier également la pente, pour pouvoir réaliser des mon fées de 0 à 35 pour 100; enfin le mouvement devait pouvoir être inversé pour l’étude de la descente. Une série de dispositifs de sécurité devait en outre permettre de supprimer toute cause de dangers au cours d’exercices variés.
- L’appareil fut construit dans les ateliers de M. Linké, et grâce à la collaboration de ces deux spécialistes en tapis roulants, le laboratoire de physiologie appliquée à l’éducation physique dispose
- aujourd’hui d’un appareil véritablement satisfaisant.
- C’est, comme nous l’avons dit, un tapis sans fin, conçu comme les tapis roulants des grands magasins; seule son utilisation sera dilïérentc : il servira non pas à aider la progression, mais bien à maintenir sur place un sujet qui- marche. Le tapis est en cuir chromé, de 25 mm d’épaisseur, formé de lanières de cuir de 25 mm de large, accolées suivant leur épaisseur et cousues toutes ensemble, de sorte que le tapis est constitué par ces lanières reposant de champ. Sa longueur totale est de 8 mètres, sa largeur, de 60 cm; il est tendu entre deux tambours de bois de 52 centimètres de diamètre, l’un fixe, l’autre libre, éloignés de 3 m. 18 d’axe en axe. La longueur utile du tapis est d’environ 2 m. 80.
- Les deux paliers de l’axe du tambour libre sont montés sur des sabots et sont commandés par deux vis qui les avancent ou les reculent à la façon des vis de réglage de la roue arrière d’une bicyclette. On peut ainsi non seulement régler la tension du tapis, mais aussi supprimer le parallélisme des axes des 2 poulies. Un tapis aussi court a forcément peu d’élasticité et il est impossible d’obtenir une tension égale des deux bords. Cette inégalité de tension tend à le faire glisser sur un côté des poulies; pour le maintenir en place il suffit défaire varier l’orientation de l’axe du tambour libre.
- Entre ces deux tambours, le tapis repose sur un plancher de chêne soigneusement poli, sur lequel le poids de l’homme l’applique durant la marche; au début, pour faciliter le glissement et diminuer la résistance, on dut répandre fréquemment de grandes quantités de talc, mais peu à peu les deux surfaces frottantes se sont mutuellement polies et actuellement le glissement se fait sans difficulté.
- Le tapis est entraîné par le tambour fixe calé sur un arbre qui repose sur deux robustes paliers. Le moteur porte, en bout d’arbre, un pignon qui attaque, par une chaîne silencieuse « varietur », une roue dentée placée sur l’axe du tambour entraîneur. Le rapport des diamètres du pignon et de la roue est de 1 à 8 . Le tout est solidement monté sur une charpente métallique d’une rigidité parfaite. Au
- Fig, 2. — Le palan permettant de faire varier la pente du tapis roulant.
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- dessus de la charpente s’élève une balustrade formant main courante ; une planche fixée à la partie supérieure de la balustrade permet d’installer les appareils nécessaires aux expériences.
- L’arbre du tambour fixe dépasse les deux paliers du bâti et repose sur deux autres paliers scellés dans le sol ; c’est autour de cet arbre que tournera tout l’appareil quand on élcvera l’extrémité mobile. Le système élévatoirc est simple : deux fortes chaînes, équilibrées par des contrepoids de 80 kg, sont boulonnées sur cette extrémité et passent sur
- 4 lignes de balais. Le moteur est tétrapolaire. Sa partie fixe porte deux enroulements. Le premier est lermé en court-circuit sur lui-mème; son axe est dirigé dans le sens normal de la ligne des balais; il sert à la compensation du champ de l’induit. Le deuxième enroulement, dont l'axe est dirigé perpendiculairement à la ligne des balais, sert à l’excitation du moteur; il est monté en séné avec l’induit.
- Le changement de marche se produit par inversion de la connexion qui relie l’enroulement d’excitation à l’induit. Quant au réglage de la vitesse il
- Fig. 3. — Expérience de marche sur une penle de 3o pour ioo. A gauche, le piofesseur Langlois étudiant la pression sanguine; au milieu, le docteur Chailley-Berl enregistrant les pulsations cardiaques.
- les pignons d’un palan scellé dans le mur à 4 mètres du sol. Le bâti se termine par un gros ergot qui glisse, pendant la montée, dans un fer en U, courbé en arc de cercle et qui donne à l’appareil une stabilité parfaite dans toutes les positions.
- Le courant monophasé est en général difficile à employer comme agent de force motrice, à moins d’utiliser des moteurs spéciaux. Dans notre cas un choix heureux du type du moteur a permis de résoudre un problème difficile, puisqu’il s’agissait de réaliser un réglage de vitesse dans de grandes limites et en même temps d’offrir la possibilité d’une inversion de marche.
- Le moteur choisi est du type série, son ionction-nement est analogue à celui d’un moteur série à courant continu. Comme ce dernier, il possède un induit muni d’un collecteur, sur lequel frottent
- est obLenu par simple décalage de l’ensemble des 4 lignes de balais au moyen d’un volant fixé sur la carcasse du moteur. Le réglage s’effectue ainsi d’une façon continue, sans à-coups, permettant, par un simple mouvement de rotation du volant, d’obtenir la vitesse voulue.
- Lin dispositif de sécurité permet au sujet en expérience d’arrêter l’appareil en tirant simplement en arrière la main-courante de droite qui agit sur un disjoncteur.
- TJn xvattmètre indique la puissance absorbée par le moteur, un tachymètre donne en permanence la vitesse du tapis, et l’inclinaison de l’appareil est indiquée par une flèche passant devant un cadran gradué.
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- On comprend facilement la diversité des éludes qu’il est possible d’entreprendre avec un appareil ainsi conçu. Nous avons déjà signalé l’intérêt capital qu’il yak observer un sujet sans un instant d’interruption, depuis le repos avant le travail jusqu’au retour au calme, qui se produit de 5 à 20 minutes après l’arrêt, et nous nous sommes attachés à appliquer celle méthode à toutes nos recherches sur le mouvement.
- Ce fut par l’examen des échanges respiratoires, c’est-à-dire la quantité d’oxygène absorbée et d’acide
- calories, étant donné l’oxygène consommé. Le rendement de la machine humaine est relativement bon; chez certains sujets bien entraînés on l’a vu atteindre 55 pour 100.
- Mais ce n’est pas seulement le prix de revient d’un travail qu’il importe de connaître; il faut aussi vérifier comment l’organisme a supporté ce travail. D’autres méthodes d’examen vont nous l’apprendre. D’abord l’étude des modifications de la pression artérielle, auxquelles les médecins attachent chaque jour plus d’importance; puis
- Fig. 4. — Portage d'un brancard sur une pente de i~ pour 100.
- carbonique rejetée que l’on commença à étudier le mouvement. Les échanges respiratoires permettent de connaître la quantité de chaleur dépensée par l’organisme, ce que le professeur Waller (de Londres) appelle le prix de revient du travail. Lorsqu’on veut connaître le rendement d’une machine à vapeur, on calcule la quantité de charbon brûlée (ce qui donne le nombre de calories produites) et la quantité de travail effectué. On peut ainsi connaître le rendement de la machine. Il est, en général, voisin de 20 pour 100. Pour la machine humaine on calcule facilement le travail, mais il est impossible de savoir directement ce que notre machine a brûlé. Pour connaître le nombre de calories produites, on a du calculer expérimentalement la chaleur dégagée par les différents aliments, en fonction de la quantité d’oxygène utilisée. On est arrivé ainsi à un chiffre moyen qui permet d’obtenir le nombre de
- l’étude des variations du rythme cardiaque, en un mot de l’état de tout le système circulatoire. C’est avec l’appareil du professeur Langlois que nous avons pu, pour la première fois, prendre, pendant la marche, un tracé de la pression artérielle et du rythme cardiaque.
- Grâce à cet appareil, nous avons pu, pendant que le sujet marche, observer l’augmentation de la température (au moyen des sondes thermo-électriques), les variations de l’état humoral et enfin par l’adjonction d’un poste radiologique, la forme même des organes, notamment l’état de dilatation ou de contraction du cœur pendant l'effort.
- Les travaux du professeur Langlois portent sur 5 catégories de sujets :
- D’abord les militaires (ce sont les fonds du Ministère de la guerre qui ont permis la construction de l’appareil). Il y a là, à vérifier, au moyen de
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- toute l'instrumentation d’un laboratoire, les données qui ont servi de base à certains règlements militaires, et qui furent établies soit empiriquement, soit d’après des méthodes essentiellement différentes de celles actuellement employées : vitesse de marche la plus économique, longueur du pas, charge maxima du fantassin, durée de la pause au cours de la marche, fréquence de la pause, etc. D’autres travaux sont à entreprendre sur le travail des brancardiers, des artilleurs portant des obus, etc., selon la vitesse, la charge, l’inclinaison et la nature môme du terrain.
- la brouette? Quelle est la charge (gueuse de fonte, madrier, sac de grain, etc.) la plus économique, étant donnés la taille et le poids de l’homme, le chemin à parcourir, la pente, etc.
- Voilà très sommairement exposées les différentes études que pormtttra d’entreprendre le nouvel appareil que le professeur Langlois a fait installer dans son laboratoire. Le cadre, déjà si vaste, de ces travaux s’élargira encore, car, au fur et à mesure que l’on travaille une question, on voit que s’y rattachent intimement des idées qui paraissaient,
- Fig. 5.— Travail à bicyclette sur une pente de 5 f'our îoo. Le sujet est coijjè d'un masque qui conduit l’air expiré dans un flacon d'analyse et un compteur spirométrique visible à droite. Au bras et au poignet, il porte des brassards reliés aux appareils enregistreurs du pouls et de la pression sanguine.
- En ce qui concerne l’éducation physique, tout est à apprendre. Si, grâce aux études de Marey et de son école, à la chronophotographie et au cinématographe, nous connaissons actuellement les différents mouvements qu’accomplit l’homme pour marcher et pour courir, nous ne savons pour ainsi dire rien des modifications physiologiques causées par la marche et la course. L’appareil du professeur Langlois rend possible l’étude de la marche, de la course et même de la bicyclette. En ce qui concerne la course on ne peut étudier que la course de fond et de demi-fond ; pour la course de vitesse le tapis est un peu trop lent, un 100 mètres se courant à l’allure de 52 à 34 km à l’heure.
- Enfin un troisième ordre d'expériences est à entreprendre : expériences sur le travail industriel : quels sont les cas où l’ouvrier doit pousser ou tirer
- de prime, abord, éloignées de l’étude entreprise.
- Ces travaux sur la physiologie du mouvement, sur le rendement du moteur humain, peuvent paraître bien théoriques, et sembler n’avoir qu’un intérêt vraiment restreint. Ce serait une erreur de le croire. Les règles déterminées par ces études deviennent de plus en plus utiles, bientôt elles seront indispensables. La guerre a montré tout le parti qu’on pouvait et qu’on devait en tirer; lorsque les alliés ont dû, en pleine guerre, élaborer ou modifier des règlements qui intéressaient des millions d’individus, c’est sur ces lois qui paraissaient si théoriques qu’ils ont été forcés de s’appuyer, et elles ont paru, du jour au lendemain, avoir une importance égale aux lois les plus connues de la chimie ou de la i mécanique.
- I)1' P. ClIAILr.EY-REFlT.
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- L’évaporation des solations tient une place importante dans de très nombreuses industries ; c’est un des proce'dés les plus employés pour faire cristalliser des substances dissoutes et les séparer des solutions dans lesquelles on les a tout d’abord fait naître;'tel est le cas, par exemple, de l’industrie du sel marin, des sels de potasse, du sucre, de la potasse et de la soude caustique, etc... ; ces seules industries ont à évaporer chaque année d’immenses poids d’eau. Ces évaporations s’opèrent par-chauffage; l’eau se sépare ainsi d’elle-même du mélange qui va en se concentrant jusqu’à ce que la précipitation s’opère. Si l’on songe que pour évaporer 1 kg d’eau à 100°, il faut lui fournir une quantité de chaleur égale à 537 calories, et que, pour produire et transmettre celte quantité de chaleur dans une excellente chaudière, il faut brûler au minimum 220 à 250 grammes de bon charbon, on se rend compte aisément que ces industries chimiques consacrent aux évaporations de tous genres des quantités considérables de combustible.
- Cette dépense ne peut-elle être, au moins en partie, évitée? La question, à notre époque de charbon cher, mérite évidemment d’être posée. Que se passe-t-il exactement lorsqu’on concentre et que l’on fait cristalliser une solution par évaporation? La vapeur d’eau enlevée par évaporation va toujours se recondenser quelque part dans l’atmosphère si l’on évapore à feu nu, en redégageant au point où elle se condense sa chaleur latente de vaporisation, On peut donc dire que celle-ci finalement ne joue aucun rôle dans l’opération. Lorsque tout est terminé, on retrouve séparés l’un de l’autre le sel cristallisé d’une part, l’eau liquide d’autre part ; et l’énergie à dépenser théoriquement pour effectuer une telle séparation est mesurée par le travail qu’effectue Je sel en se dissolvant dans cette masse d'eau, énergie considérablement moindre que celle qu’il faut dépenser pour vaporiser la même masse d’eau.
- Aussi, lorsqu’on se soucie d’économie, ne peut-on se permettre de laisser perdre la chaleur de vaporisation contenue dans la vapeur qui s’échappe delà solution chauffée.
- Dans un grand nombre d’industries, dans celle du sucre en particulier, on utilise dans ce but les appareils à multiple effet, dont le principe est bien connu.
- Dans un premier bouilleur, la solution à concentrer est chauffée par la vapeur arrivant d’une chaudière et circulant dans un faisceau tubulaire immergé dans la solution, cette vapeur se condense, cl, à travers le faisceau, abandonne à la solution sa chaleur de vaporisation, mettant ainsi en liberté dans le houilleur une quantité de vapeur sensiblement égale à celle qui vient de se condenser à l’intérieur du faisceau. Cette vapeur se rend dans un
- deuxième bouilleur où la température et la pression sont inférieures à celles qui régnent dans le premier ; elle y circule de même dans un faisceau tubulaire plongé dans une solution plus concentrée que celle qui se trouve dans le premier bouilleur; la vapeur se recondense donc en vaporisant à nouveau une quantité à peu près égale d’eau de la solution; cetœ vapeur se rend à son tour dans un troisième bouilleur dont la température est encore plus basse, s’y condense à son tour et ainsi de suite. A la sortie du dernier bouilleur, la vapeur est condensée dans un condenseur.
- S’il s’agit d’un appareil à triple effet, 1 kg de vapeur initiale aura permis de vaporiser successivement environ 3 kg d’eau de la solution à concentrer. Mais il est bien forcé, en fin de compte, d’abandonner sa chaleur de vaporisation au condenseur où elle est définitivement perdue. On a réparti la perte sur un poids de solution triple de ce qu’il est dans le cas de l’évaporation à feu nu, et on a ainsi réalisé une très grande économie. Plus il y aura d’étages, plus l’économie sera grande. Mais on ne peut multiplier indéfiniment leur nombre; car on est forcé en général d’opérer entre des limites de température assez étroites. Ainsi pour le sucre, le premier effet est à la température de 96° environ ; la température du condenseur final est celle de l’eau courante dont on dispose, i5° par exemple ; on se rend compte qu’entre ces deux températures on ne peut multiplier indéfiniment le nombre des effets; l’évaporation de la solution reste donc, à tout prendre, une opération assez coûteuse en calories, et cependant Ja plus grande partie de celles qui sont mises en œuvre n’est pas, au fond, indispensable à la séparation des constituants de la solution, puisqu’elle est restituée au condenseur, mais non utilisée. L y a donc un gaspillage de chaleur, et par suite de charbon.
- Partant de ce raisonnement, un grand nombre d’ingénieurs ont entrepris, depuis que sévit la crise de charbon, de remettre en honneur un procédé d’évaporation tout différent, bien plus ancien du reste que le multiple effet, et dans lequel on réutilise, en quelque sorte indéfiniment, la chaleur latente de vaporisation contenue dans la vapeur qu’on extrait de la solution.
- Ce procédé a été pratiqué pour la première fois par le Français Pelletan en 1833. Il n’est jamais tombé complètement dans l’oubli, mais il n’a jamais jusqu’à nos jours reçu que d’assez rares applications industrielles, nous dirons tout à l’heure pourquoi.
- Le principe de cette méthode est indiqué fig. 1. La solution à concentrer, une solution aqueuse par exemple, est contenue dans le récipient A dans lequel plonge un faisceau tubulaire B. La vapeur au-dessus de A est aspirée par un compresseur qui la recomprime dans le faisceau B. Là elle se condense et restitue sa chaleur latente de vaporisation
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- à la solution A. On voit que dans ce processus la même chaleur de vaporisation sert en quelque sorte indéfiniment.. L’eau qui s’échappe du faisceau B est de l’eau distillée pure, de sorte que le procédé peut servir aussi bien pour faire de l’eau distillée, que pour produire une concentration.
- 11 est évidemment nécessaire que le liquide qui se condense dans le faisceau B soit à une température supérieure à celle de la solution A, pour que l’échange de chaleur puisse se faire de B à A; il ne faut pas que l’excès de température soit trop grand sinon il y aurait une fraction importante de calories entraînées par l’eau d’échappement et perdues; le degré de compression du compresseur doit être calculé en conséquence; il faut tenir compte, d’autre part, du fait que quand une solution se concentre, la tension de vapeur du dissolvant s’ahaisse; autrement dit si l’on maintient une même pression à la surface de la solution, la température de celle-ci s’élèvera lorsque la concentration augmentera. Dans ces conditions, la vapeur qui se trouve au-dessus de la solution est de la vapeur surchauffée; la compression qu’elle subit ensuite augmente encore son degré de surchauffe et pour permettre sa condensation on sera amené à injecter de l’eau dans le compresseur.
- Il y a lieu de remarquer que dans ce procédé, il n’y a pour ainsi dire pas de calories perdues; celles qui proviennent des pertes du compresseur se retrouvent dans la vapeur.
- On voit que l’évaporation réalisée par ce procédé peut s’effectuer sans l’intervention d’aucun combustible. La seule dépense à faire est celle de l’énergie mécanique nécessaire pour actionner le compresseur, laquelle peut être demandée à un moteur électrique. Dans les pays de chute d’eau, généralement éloignés du charbon, et où cependant de grandes industries chimiques se sont développées, la méthode que nous venons d’exposer offre un intérêt manifeste.
- Dans une récente conférence faite à l'Institut Solvay de Bruxelles, M. Maurice Leblanc a attiré l’attention sur cet important côté de la question.
- Mais le point essentiel est de savoir si le procédé Pelletan est plus économique que les autres procédés actuellement en usage, et une première question vient naturellement à l’esprit : comment expliquer qu’une méthode si anciennement connue, mentionnée dans des ouvrages aussi répandus que le « Traité de la chaleur » de Péclet, n’ait pas fait l’objet jusqu’à nos jours d’applications importantes, et qu’elle soit
- restée assez peu appréciée dans le domaine industriel.
- La faute en est au compresseur. On n’a connu longtemps que les compresseurs à mouvement alternatif; ces machines, volumineuses, se prêtent mal à l’aspiration des volumes importants de vapeur qu’il faut ici extraire du vase évaporatoire.
- Cette difficulté avait certainement été aperçue par les premiers partisans de la méthode; car Pelletan, en particulier, envisageait l’emploi non d’un compresseur ordinaire, mais d’un éjecleur à vapeur, dans lequel la vapeur à extraire du vase évaporatoire est entraînée et comprimée par un jet de vapeur vive.
- L ejecteur est un appareil très séduisant par sa simplicité de construction, puisqu’il ne comporte que des tuyères et des tuyautages de forme particulière, sans aucune
- Compresseur
- ur comprimée
- Fig. i. — Schéma du procédé évaporatoire Pelletan, par recompression de la vapeur.
- pièce en mouvement. Mais il a un défaut capital : son rendement est très faible; il lui faut, pour cn1 rainer une faillie quantité de la vapeur de la solution, une grande quantité de vapeur vive, fournie par une chaudière spéciale; et à cause du mauvais rendement de ce genre de compresseur toute l’économie du système est compromise. Toute la chaleur latente d’évaporation de la vapeur motrice se retrouve dans le faisceau tubulaire B, et elle est évidemment pour la plus grande partie inutile 'a l’évaporation de la solution. Elle est perdue, et l’on voit aisément que sauf dans des cas très spéciaux, une disposition de ce genre sera presque toujours moins économique que les appareils à multiple effet.
- Vers la fin du siècle dernier, le compresseur rotatif a fait son apparition dans l'industrie; il s’est révélé comme une machine peu encombrante et d’un rendement très satisfaisant. Son adaptation au procédé évaporatoire Pelletan était donc tout indiquée. Et c’est ce qui a été fait. Dans une récente étude, la « Revue B. B. G. », organe delà maison Brown-Boveri de Baden, arrive à des conclusions très optimistes en ce qui concerne l’économie de la méthode. Plusieurs applications très importantes ont été faites en Allemagne pendant la guerre, notamment pour la concentration du sel marin. En France, la maison Prache et Bouillon, depuis plusieurs années déjà, a fait des efforts heureux pour développer le procédé.
- Outre l’économie de combustible, les partisans du procédé Pelletan revendiquent encore pour lui un autre avantage : celui de pouvoir opérer aisément à
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- faible pression, et par suite à basse température, ce qui peut être très précieux pour le traitement de produits facilement altérables par les élévations de température.
- Toutefois, les conditions actuelles de fonctionnement des compresseurs rotatifs limitent encore assez étroitement le domaine des applications du procédé.
- Le compresseur rotatif actuel n’est un appareil de bon rendement pratique que pour les puissances relativement élevées, de l’ordre de 50 à 100 chevaux au minimum. Il ne.peut travailler que sur des gaz à pressions relativement hautes. Dès que l’on
- donc actuellement limité aux installations très importantes d’une part, et, d’autre part, il n’est pas encore en mesure d’aborder les évaporations sous vides élevés, c’est-à-dire 'a températures basses.
- Mais ses applications se multiplieraient rapidement, si l’industrie disposait d’un compresseur rotatif à très grande vitesse, capable d’extraire les gaz sous faibles pressions. Une semblable machine n’existe pas encore : mais la fonction créant l’organe, il n’est pas interdit d’espérer qu’elle sera réalisée un jour prochain.
- Quoi qu’il en soit, le procédé évaporatoire Pelletait, semble, dès maintenant, en mesure de réa-
- 3eme Effet 2emcEffet 1or Effet
- Condenseur
- Eau condensée
- Eau condensée
- Eau condensée
- Solution concentrée
- Chaudière
- Fig. 2. — Schéma d'un triple effet.
- descend notablement au-dessous de la pression atmosphérique, l’appareil ne débite plus.
- Le domaine du procédé évaporatoire Pelletan est
- liser, dans certains cas, de notables économies de charbon. Et à ce titre, il mérite d’attirer l’attention des ingénieurs et des industriels. A. Troli.er.
- LES MAMMIFÈRES OVIPARES
- Importance de leur étude.
- Le vulgaire qui, visitant un Muséum d’histoire naturelle, ne donne qu’un coup d’œil rapide aux sujets qui y sont exposés, est loin de se douter qu’il a parfois devant les yeux certains animaux sur lesquelles plus grands savants ont pâli.
- C’est ainsi que celui qui regarde tout simplement un Ornilhorbynque, par exemple, sans chercher à connaître son histoire, rie s’imagine pas qu’il a affaire à l’un des animaux ayant suscité le plus de controverses parmi les naturalistes.
- Ce mammifère, que je prends pour exemple, est l’un des rares types de cette classe qui représentent
- encore dans la nature actuelle un stade d’organisation, sinon très inférieur, du moins des plus primitifs, au point que l’on pourrait dire qu’il est une épave des premiers âges de la nature.
- L’ornithorhynque appartient à l’ordre des mono-trêmes, sous-classe des mammifères ornithodelphes, autrement dit vertébrés ovipares à mamelles. Avec un autre genre non moins original, l’Echidné, il constitue cet ordre et cette sous-classe et tous deux, Ornithorhynque et Echidné, sont, pour celui qui cherche à comprendre Dévolution des formes animales, des sujets éminemment intéressants.
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- En effet, si la plupart des types actuels de mammifères peuvent être étudiés d’une façon qu’on peut qualifier de satisfaisante en ce sens que les archives contenues dans les assises sédimentaires renferment un certain nombre de précurseurs pouvant permettre d'établir la filiation de l’ensemble, l’ordre des monotrèmes est loin d’être dans ce cas.
- La paléontologie n’a encore révélé aucune forme pouvant être rapportée à l’Orni-thorhynque et à l’Echidné de la faune actuelle.
- Tout au plus peut-on supposer que certains vertébrés fossiles du Trias, par exemple, devaient être des formes organiquement semblables aux monotrèmes actuels.
- Je fais ici allusion à certains mammifères primitifs qui ne nous sont connus que par des restes des plus fragmentaires, premiers termes certains, cependant, de la classe ; peut-être aussi doit-on y ajouter quelques-uns des vertébrés fossiles que nous considérons, sans doute à tort, comme relevant de la classe des Reptiles.
- Quoi qu’il en soit et sans chercher à approfondir cette question d’origine, disons que les monotrèmes sont des animaux exotiques, fort peu connus du vulgaire et que leur étude est des plus attrayantes ; car si nous comprenons fort bien qu’il puisse exister des vertébrés se reproduisant simplement par des œufs, comme les poissons, la plupart des Batraciens et des Reptiles, les Oiseaux, et d’autres mettant au monde des jeunes plus ou moins formés, comme la majeure partie des mammifères, il est permis d’être étonné lorsqu’on se trouve en présence d’animaux ambigus tels que les monotrèmes qui, tout en étant ovipares, nourrissent leurs jeunes du lait de leurs mamelles
- et tiennent ainsi le milieu entre deux degrés d’organisation.
- Ceci dit, si l'on réfléchit tant soit peu sur l’évolution des formes animales, il n’y a pas lieu d’être étonné devant un tel degré d’organisation. Tout au contraire, on ne peut qu’y voir une phase transitoire, toute naturelle, par laquelle la nature a fait passer l’organisation d’un stade donné à un stade
- plus perfectionné.
- En étudiant le mécanisme intime de la reproduction de ces animaux on ne tarde pas à voir qu’il révèle des détails intéressants à noter et qui peuvent être d’un très grand poids dans la recherche de l’évolution phylogénétique des mammifères, chez lesquels le mode de reproduction présente des modalités qu'on ne remarque pas dans les autres classes de vertébrés.
- Ainsi, les mammifères actuels se répartissent en trois groupes fon-damentaux au point de vue du mode de génération : ces groupes ne sont rien moins que des stades de perfectionnement organique.
- En suivant l’ordre chronologique d’apparition des animaux de cette classe, nous avons, en premier lieu, les monotrèmes, dont je parle ici, qui se reproduisent par de véritables œufs à la manière des autres classes de l’Embranchement des Vertébrés, mais qui sont en même temps pourvus d’appareils mammaires. Ces animaux sont bien des mammifères, mais non des vivipares. Ils tiennent le milieu entre les deux types : ovipares et vivipares; c’est le stade ornilhodelphe, ainsi que le désignait de Blainville.
- Nous avons ensuite les mammifères dont les jeunes naissent vivants, mais très imparfaits et
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- obligés de compléter leur développement dans une sorte de matrice externe, la poche dite marsupiale: c’est le stade œidelphe.
- Enfin, le degré supérieur de la classe des mammifères est représenté par des types chez lesquels les jeunes viennent au monde à l’état parfait: stade monodelphe.
- Il y a là trois phases chronologiques de perfectionnement organique du mode de reproduction; mais si le premier degré, celui qui caractérise les monotrèmes, paraît et est en effet bien inférieur aux deux autres, on ne tarde pas à reconnaître, en approfondissant son étude, qu’il est très rapproché du second, c’est-à-dire du stade Didelphe. Et, au reste, comment en serait-il autrement puisqu’il y a là, avons-nous dit, trois phases successives de l’évolution d’une même fonction?
- Avant 1884, époque à laquelle on constata pour la première fois l’oviparité réelle des monotrèmes, on discutait beaucoup sur le mode de reproduction de ces animaux.
- On ne voulait pas ajouter foi aux suppositions avancées par plusieurs savants qui croyaient fermement à cette oviparité; on opinait plutôt pour l’ovoviviparité, procédé par lequel les petits naissent vivants après éclosion interne des œufs et qui se remarque chez certains Reptiles, batraciens et Poissons.
- A l’époque que je viens de mentionner, la découverte sensationnelle qui vint enfin fixer le monde scientifique fut annoncée en Europe par un télégramme d’Australie et depuis on a pu étudier tous les détails intimes de la parturiliondes monotrèmes, qu’il n’est pas inutile de faire connaître pour bien montrer l’importance de ces animaux dans les questions phylogénétiques.
- Je rapporterai ici, en résumé, ce que dit M. Méné-gaux dans la « Vie des animaux illustrée » publiée sous la direction de M. Edmond Perrier.
- Les deux seuls genres formant l’ordre actuel des monotrèmes sont, avons-nous dit, l’Ornithorhynque et l’Echidné ; le premier est semi-aquatique, à la manière des Loutres, et pond un seul œuf tous les ans ; le second est terrestre et fouisseur et pond deux œufs.
- Chez l’Echidné, voici comment les choses se passent.
- Un peu avant la ponte, une poche se forme sous le ventre, par invagination de la peau. Elle est ouverte en arrière, à l’inverse de ce qui se passe chez le plus grand nombre des marsupiaux, où elle s’ouvre donc en avant : l’Echidné étant, avons-nous dit, fouisseur, le corps est très souvent incliné sur l’avant-train et l’ouverture en arrière de la poche est la seule convenable pour le but auquel elle est destinée.
- La femelle y place l’œuf au moyen de sa bouche et l’incubation commence. Lorsque le petit sort de la coquille, il est faible et nu et complète dans cette poche son développement en tétant le lait de deux
- glandes s’ouvrant à la partie antérieure delà poche.
- Il grossit rapidement et, parvenu à une certaine taille, sa peau commençant à se garnir de piquants qui incommodent la mère (le genre Echidné est, comme notre Hérisson, auquel il ressemble assez, garni de piquants) celle-ci se débarrasse le plus qu’elle peut de son nourrisson épineux, le place dans un trou creusé en terre, en ayant soin de le reprendre pour le faire têter. A partir du moment, enfin, où le jeune est apte à se suffire à lui-même, la mère ne le reprend plus dans sa poche et celle-ci, qui a terminé son rôle, se résorbe jusqu’à la ponte suivante.
- Il y a là, on est forcé de l’avouer, un mécanisme vraiment merveilleux ; c’est le premier pas fait par la nature pour franchir l’étape séparant l’oviparité de la viviparité.
- On sait que les mammifères immédiatement supérieurs aux monotrèmes sont les Didelphes ou Marsupiaux qui, eux, sont vivipares ; chez ces derniers, la poche que nous venons de remarquer à l’état simplement périodique chez les Monotrèmes devientpermanente. Cette consolidation, si l’on peut dire, d’un organe primitivement fortuit s’explique aisément : il ne s’agit plus de conduire à l’éclosion un œuf pourvu de substances nutritives qui donneront au rejeton assez de force pour gambader de bonne heure autour de la mère. Il faut préparer à des fœtus véritables qu’aucun placenta ne relie à la mère, laissés comme flottants dans l’utérus, d’où ils sont prématurément expulsés, un réduit confortable où, greffés sur les tétines, ils parachèveront leur individualité à peine ébauchée à la naissance.
- Quand on songe quelepetit du Kangourou géant, espèce qui, à l’état adulte, atteint 1 m. 70, est un avorton informe mesurant à peine deux centimètres, on conçoit aisément qu’une seconde gestation s’impose dès la mise bas.
- Ainsi, l’étude des monotrèmes permet de comprendre non seulement l’origine de la poche ventrale des marsupiaux, successeurs des monotrèmes dans l’ordre naturel des choses, mais encore d’établir pourquoi celle des premiers n’est que temporaire, alors que celle des seconds est permanente et pourquoi aussi chez certains marsupiaux elle est bien développée, tandis que chez d’autres elle est très rudimentaire et n’existe même plus du fout chez quelques espèces.
- On conçoit aisément, répétons-le, que le jeune monotrème, sortant d’un œuf véritable dont les éléments nutritifs ont assuré la bonne constitution n’aie pas besoin de séjourner longtemps dans une poche, dont le rôle, au surplus, est de servir de couveuse naturelle à l’œuf lui-même; mais on conçoit fort bien également que, dès que la nature, perfectionnant le mode de génération et remplaçant l’oeut par une parturition vivipare très rudimentaire, tout de suite elle a dû donner à celte poche, en même temps que sa permanence nécessaire,
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- LES MAMMIFÈRES OVIPARES
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- toute l’amplitude voulue pour le logement des jeunes.
- C’est pourquoi la poche des monolrèmes n’apparaît qu’en temps opportun et disparaît ensuite et que chez certains marsupiaux (ceux chez lesquels les jeunes naissent dans l’état le plus précaire), elle est grandement développée.
- C’est pourquoi, enfin, cette même poche disparaît chez certains autres marsupiaux, où elle n’est plus représentée que par un ou deux replis cutanés cachant simplement les mamelles; (hez ces derniers, le mode de génération est certainement à un degré de perfection supérieur à celui des autres, car les jeunes, arrivant dans un état ,moins débile, se contentent de se greffer quelque temps sur les tétines, et vont de très bonne heure a-chever leur croissance sur le dos de la mère, où ils enroulent leur queue autour delà sienne.
- Ces replis cutanés représentent la dernière étape du marsupium ; ils nous conduisent aux limites extrêmes du stade Didelphe. Par un léger saut d’organisation, la nature va enfin pousser la gestation intra-utérine à un tel point de perfection que les jeunes arriveront au monde complètement formés. La bourse est désormais inutile.
- On peut donc résumer de la manière suivante l’évolution du mode de génération chez les mammifères et ce processus, qui nous est révélé par l’évolution même de la poche marsupiale que nous a permis d’établir l’étude des monotrèmes, traduit fidèlement la distribution phylogénétique fondamentale des mammifères.
- 1er Stade: stade provivipare, représenté par les monotrèmes ou Ornithodelphes = Génération ovipare, poche seulement temporaire.
- 2e Stade: stade embryopcire.
- I" Degré: Didelphes inférieurs ou plutôt primitifs = Génération vivipare très imparfaite, poche permanente ;
- 2e Degré : Didelphes supérieurs ou plutôt récents = Génération vivipare moins imparfaite, poche
- figurée par de simples replis cutanés.
- 5e Stade: stade fœtipare, auquel appartiennent seuls les monodelphes = Génération vivipare parfaite, pas de poche ni de replis cutanés.
- On voit, en définitive, que la connaissance du mode de génération des monotrèmes est indispensable pour élucider les divers états que présente cette fonction capitale dans la série mammalogi-que.
- Elle permet, en outre, de se rendre compte des processus ingénieux employés par la nature dans son travail de perfectionnement des êtres vivants.
- Et, ajouterai-je pour bien marquer l’importance de l’étude des monotrèmes, si l'Ornithorhynque et l’Echidné n’existaient plus dans la faune actuelle, il est hors de doute qu’il ne nous aurait pas été possible de déterminer aussi aisément comment la puissance créatrice a réalisé le saut d’organisation qui sépare l’oviparité pure des vertébrés inférieurs de la viviparité parfaite des vertébrés supérieurs ou mammifères placentaires.
- Alexis Bac.cialon.
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- L’INDUSTRIE DES MATIÈRES COLORANTES EN ANGLETERRE
- ET AUX ÉTATS-UNIS
- L’importance de la valeur fonctionnelle de l’Industrie des Matières colorantes.
- Si on dresse la liste, pour les différentes branches de l’activité humaine des grandes entreprises mondiales suivant l’importance du capital engagé, du tonnage des produits fabriqués, de la main-d’œuvre employée, etc., l’industrie des colorants dérivés des goudrons de houille ne figure pas dans les premiers rangs.
- Mais le rôle considérable joué par les produits qu’elle livre au commerce, dans un certain nombre d’affaires industrielles, et la facilité avec laquelle son outillage, peut servir, sans modifications fondamentales, aux fabrications de guerre, permet de dire avec M. H. Nichols (l), président de l’American Chemical Society, que sa valeur onctionnelle est beaucoup plus grande que sa valeur monétaire directe intrinsèque.
- C’est ainsi qu’en Angleterre, au cours de l’année 1915, 20 000 tonnes de colorants valant 2 millions de 1. slerl. ont servi à teindre pour 200 millions de livres sterling de marchandises. Tour être complètement manufacturés, 100 livres sterling de tissus exigeaient 1 livre sterling de colorants. '
- Aux Etats-Unis d’Amérique, 7 milliards 800 millions de francs de marchandises étaient teints annuellement avec les 20 000 tonnes de colorants que ce pays importait d’Allemagne, dans les années qui ont précédé l’ouverture des hostilités.
- Le cartel germanique des matières colorantes, maître, avant la guerre, du marché mondial des produits tinctoriaux synthétiques. — Or, cette industrie si importante, quant à l’emploi ultérieur de ses produits, véritable « clef » ou « pivot », pour employer l’expression anglaise, d’autres branches de l’activité, était presque entièrement entre les mains de l’Allemagne, avant la guerre. Les 90 centièmes de la quantité de matières colorantes artificielles consommées dans le monde sortaient des usines germaniques. La situation réelle était encore plus grave que ne l’indique ce chiffre, car l’Allemagne exerçait un véritable pouvoir discrétionnaire sur chacune des industries embryonnaires de colorants de synthèse des autres nations. Quand les usines anglaises ou américaines n’étaient pas des filiales d’entreprises allemandes, elles dépendaient de celles-ci pour la fourniture des produits intermédiaires, la fabrication de ces substances ou des matières colorantes elles-mêmes.
- Répercussion de la conflagration européenne de 1914 sur l’industrie tinctoriale de l’Angleterre et des Etats-Unis. — Le jour où les relations d’échange avec l’Allemagne, du fait de l’ouverture des hostilités, devinrent impossibles pour certains pays et très difficiles pour les autres, une véritable « famine » de colorants se fit sentir.
- En Angleterre, elle aggrava les difficultés de la situation économique de nos alliés. La guerre éclata au 'moment même où se renouvelaient habituellement les stocks de colorants pour les six derniers mois de l’année et la résolution du problème du ravitaillement en produits tinctoriaux s’imposa avec d’autant plus d’urgence
- 1. II. Niciiols L'avenir de l’industrie américaine des matières colorantes. Requête adressée à la Chambre de Commerce des Etats-Unis, Atlantic City, 1919.
- que les disponibilités du premier semestre étaient épuisées.
- Un seul pays, la Suisse, pouvait venir en aide à l’An-gelterre et c’est à lui que celle-ci s’adressa pour éviter l’arrêt de ses industries textiles et des industries diverses qui utilisent les couleurs dérivées des goudrons uehouille, arrêt qui eût été un véritable désastre national.
- Le gouvernement allemand, qui avait une notion très précise de la situation mondiale des matières colorantes, essaya de l’exploiter à son profit, soit en exerçant une pression énergique sur la Suisse, seule nation neutre capable d’alimenter partiellement le marché en colorants, et qui dépendait de l’Allemagne pour ses approvisionnements en produits de distillation de la houille, soit en proposant à l’Amérique, avec des exigences inacceptables (majoration de prix de 500 pour 100, libérables en or), des couleurs comme monnaie d’échange.
- La Suisse accepta la proposition qui lui fut faite par le gouvernement anglais, d’être ravitaillée en matières premières, en échange de colorants et tous les efforts coercitifs de l’empire germanique échouèrent.
- Toutefois, l’Angleterre ne pouvait considérer comme définitif, un arrangement qui ne faisait que déplacer la vassalité de son industrie tinctoriale et de même que les Etats-Unis d’Amérique, elle comprit la nécessité impérieuse de la création et de l’organisation d’une industrie nationale de matières colorantes dérivées des goudrons de houille, complètement indépendante.
- Etals des industries anglaises et américaines de matières colorantes synthétiques à l'ouverture des hostilités. — Dans les années qui ont précédé la guerre, l’Angleterre fabriquait seulement le dixième de la quantité de colorants synthétiques qu’elle consommait annuellement et qui se montait aux environs de 20 000 tonnes.
- Les principales usines étaient les suivantes :
- Read Hollidav et Fils, à Jluddersfield; Levinstein Lld, à Manchester; Glaus et Cie Ltd, à Manchester; British Alizarine C° Ltd, à Manchester; Clayton Aniline C° Ltd, à Manchester; II. N. Morris and C° Ltd, à Manchester.
- Mais la plupart de ces entreprises anglaises manquaient de liberté d’action, car elles étaient liées, par des dispositions contractuelles avec des firmes allemandes, et l’Allemagne s’était réservé un droit de priorité pour les préparations les plus importantes.
- Il faut ajouter à cette liste deux autres affaires qui étaient exploitées par des Sociétés allemandes, celle d’Ellesmere Port et celle de Bromborough Port.
- Aux Etats-Unis, la situation de l’industrie des matières colorantes artificielles était la même qu’en Angleterre. Dominée entièrement par la puissante organisation chimique d’oulre-Rhin, on peut dire qüe cette industrie était en réalité, avant 1914, une branche dépendant des entreprises allemandes. Les Farbenfabriken von Friedrich Bayer d’Eberfeld avaient même installé ouvertement une succursale à Albany.
- Au début de la guerre, les seules usines qui fonctionnaient encore, celles qui avaient pu résister à la crise économique de 1885, étaient : la « Schoellkopf Aniline
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- LES MATIÈRES COLORANTES EN ANGLETERRE ET AUX ÉTATS-UNIS
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- and Chemical Works », la « lleller and Merz », la Consolidated Color and Chemical C° » et la « Central Dye Works ».
- Sauf les deux premières, ces entreprises étaient en réalité des usines allemandes, et comme aucune ne fabriquait de « produits intermédiaires » elles recevaient directement d’Allemagne ces corps obtenus synthétiquement en partant des matières premières distillées des goudrons de houille et par lesquels il faut nécessairement passer pour obtenir les matières colorantes.
- La consommation des colorants synthétiques, aux États-Unis, s’élevait, en 1918, à plus de 55 millions de livres pour l’industrie textile et leur répartition peut s’établir de la façon suivante :
- 23 usines de teintures sur coton employant 10 289 0Ü01. de colorants (valeur : 1 810 582 dollars). .
- 25 usines de teintures sur laines consommant :
- 15 980 419 livres (valeur 5 128 105 dollars).
- 8 teintureries pour la soie utilisant 2 059 299 livres de colorants (valeur : 192 991 dollars).
- 21 usines s’occupant de la teinture de textiles variés consommant 5091 680 livres de colorants (valeur :
- 1 679 789 dollars, ce qui fait un total de 7 millions de dollars environ, pour la dépense en colorants, nécessitée par la teinturerie américaine. Il faut tenir compte, en outre, que l’industrie textile n’est pas la seule consommatrice de matières colorantes.
- Comme avant la guerre la production nationale n’était que 7 millions de livres, chiffre très éloigne de la consommation que nous avons déjà indiquée, les Etats-Unis étaient obligés d’être de gros importateurs de produits tinctoriaux. Les -statistiques de 1915 donnent une idée du chiffre de ces importations.
- Pays Importations américaines
- exportateurs. en dollars.
- France................................ 69 000
- Allemagne..................... 5 766 000
- Suisse............................... 880 000
- Angleterre........................... 980 000
- Total. . . . 7 695 000
- Difficultés présentées parla création (l'une industrie des matières colorantes artificielles. — Nous le disions plus haut, la guerre a montré aux Anglais et aux Américains la nécessité de posséder une industrie nationale de colorants, complètement indépendante. Mais, à notre époque, la création d’une telle industrie n’est pas sans présenter de nombreuses difficultés.
- Nous ne nous occuperons, dans cette étude, que des difficultés d’ordre technique qui ont étééprouvées parles chimistes coloristes et qui sont d’ailleurs inhérentes à toutes les synthèses de chimie organique où interviennent les molécules complexes.
- Parmi les principaux problèmes posés par la mise au point des fabrications de matières tinctoriales, l’un des plus importants est la détermination de la composition des colorants, laquelle est souvent inconnue, bien que ces produits soient couramment employés depuis un certain nombre d’années. Celte détermination ne peut être obtenue que par une série de recherches analytiques et de reconstitutions synthétiques, besogne très longue et très compliquée dont les résultats ne sont pas certains.
- Jusqu’ici, l’analyse systématique des colorants a effectué des progrès peu sensibles, contrairement à ce qui s’est produit, d’une façon générale, pour les procédés d’identification.
- Les véritables ressources clu chercheur, les seules qui soient en état de lui fournir des indications, non seulement sur la structure chimique du colorant, mais encore sur son mode de fabrication, ce sont la littérature scientifique et technique et l’étude des brevets.
- Mais de nombreuses difficultés viennent encore entraver dans cetle voie, les recherches du chimiste spécialiste. Dans la législation américaine des brevets, les appellations commerciales qui correspondent à un colorant déterminé ne sont pas indiquées par le brevet qui n’en publie que la formule schématique et le résumé de sa préparation. Plusieurs corps de composition voisine peuvent être couverts par un même brevet et les possibilités de modification du procédé peuvent être entourées, par l’inventeur, d’une série de brevets secondaires.
- La question des substances intermédiaires vient encore compliquer les études bibliographiques. Ainsi, la préparation des colorants azoïques exigeait la majeure partie des 400 produits intermédiaires, employés par l’Allemagne et la Suisse, avant la guerre, pour la fabrication des substances tinctoriales.
- C’est ainsique le recensement des colorants du Dr Norton (*) indique qu’il existe 96 matières colorantes sur 166 du groupe azoïque, dont la constitution est inconnue faute d’avoir pu déterminer les corps intermédiaires qui interviennent dans leur préparation, et les conditions de leur accouplement.
- Il est facile de se rendre compte, par cet exposé, combien délicate et laborieuse était la tâche dévolue au chimiste de recherche, dans la mise au point de la fabrication des colorants synthétiques usuels.
- Les eftorls effectués dans ce sens par les techniciens anglais et américains dans ces laboratoires d’essais dont l’organisation est indispensable dans toute industrie des matières colorantes, ont donné des résultats foi t intéressants.
- Organisation d«s industries de colorants synthétiques, en Angleterre et aux Etats-Unis. — L’œuvre du chimiste, si importante soit-elle, dans la création d’une industrie nationale, est inefficace si elle ne marche pas en parallèle avec les efforts des industriels, efforts qui doivent être rigoureusement coordonnés, aussi bien dans une même usine, qu’entre toutes les entreprises qui appartiennent à cette industrie.
- Les Anglo-Saxons ont très bien compris toute l’importance de ce travail de coordination et, pour le faciliter, ils ont fait appel à l’aide effective du Gouvernement comme en Angleterre, ou bien ils ont cherché à grouper leurs différentes,firmes en dévastés consortiums comme les États-Unis.
- Le grave problème posé par la guerre, quant à la fourniture des matières colorantes, a tout de suite fait l’objet des préoccupations du gouvernement britannique qui chargea un comité spécial de l’étudier et de lui trouver une solution. Les conclusions des travaux de ce comité amenèrent la création d’une société nouvelle la « British Dyes (Ltd) » dans laquelle la participation financière du gouvernement britannique était égale à celle du public. Des dispositions spéciales englobaient dans l’affaire la Société Itead, llolliday et fils. Création de services de recherches et de laboratoires dotés de crédits élevés, mise au point des procédés de fabrication concernant les produits intermédiaires, rien ne fut négligé par la jeune société, malgré la situation défavo-
- 1. R. Rose. Journal of Industrial and Engineering Che-nuslry, novembre 1919.'
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- rable de la main-d’œuvre et du matériel industriel, pour que de sérieux progrès fussent accomplis le plus rapidement possible.
- Ces efforts furent suivis par les autres entreprises telles que la « British Alizarine C° », maison britannique ayant 58 ans d’existence et dont l’usine déiruite par une explosion en 1917, était reconstruite et agrandie à Trafford Park-Manchester, en 1918, sur un pied tel que sa production était doublée par la firme « Levinstein » et deux autres affaires nouvelles F « Holliday and C° » et la « Solvay Dyes C° ».
- Pour augmenter le rendement général de leur industrie nationale, les Anglais distribuèrent les différentes fabrications entre leurs usines de façon à utiliser au mieux leur outillage et leur spécialisation.
- C’est ainsi que l’usine Morris, pendant la guerre, a continué à fabriquer l’aniline et ses sels, tandis que les produits intermédiaires étaient obtenus par la « Clayton Aniline C° », filiale de la Société des Produits Chimiques de Bàle.
- Quant aux deux usines allemandes d’Ellesmer Port et de Bromborough Port qui appartenaient, avant la guerre, l’une aux n Farbwerke Meister Lucius und Biiinig » de Hœchst-sur-le-Mein, l’autre » à FActiengeselLschaft fiir Anilin Fabrikation », de Berlin, elles furent vendues par l’Etat anglais, la première à la firme Levinstein Ltd de Manchester, la seconde à MM. Brotherton and C° Ltd.
- Yu l’importance technique considérable de l’usine d’Ellesmer Port qui fabriquait, avant la guerre, l’indigo synthétique, en parlant de produits intermédiaires importés d’Allemagne, l’acte du Gouvernement qui cédait à une maison privée une sorte de monopole virtuel qu’il aurait dû logiquement réserver à la British Dyes, fut vivement commente.
- L’aide reçue des manufacturiers suisses et le travail des producteurs anglais permit bientôt à la Grande-Bretagne, non seulement de subvenir à ses propres besoins en colorants, mais encore d’effectuer quelques exportations de ces articles.
- Toutefois, pour l’avenir de leur industrie nationale des matières colorantes synthétiques, ces efforts furent
- jugés insuffisants et une grande combinaison financière et industrielle susceptible de pouvoir être opposée à l’organisation allemande fut projetée et réalisée par la création d’une nouvelle société englobant la British Dyes et l’affaire Levinstein, la « British Dyesluff Corporation » au capital de 10 millions de livres.
- Aux Etats-Unis, dans l’installation de leur industrie nationale, nous retrouvons les mêmes tendances qu’en Angleterre : coordination des efforts, groupement des usines, organisation rationnelle des fabrications.
- La « National Aniline et Chemical C° », fondée en 1917, est le résultat de la fusion des entreprises suivantes : les « Beckers Aniline et Chemical Woiks », à Brooklyn, la « Benzol Products C° » et de (' East Pa » qui appartiennent à la General Chemical C°, la « Standard Aniline Products C° », à Wappinger Falls, la « Barre tt C° » à Shaclyside, la (( Century Colors Corp », à Nutley et enfin la « Schoellkopf Aniline et Chemical Works », à Buffalo, l’une des firmes indépendantes d’avant-guerre mais qui n’obtenait ses produits finis qu’en partant des produits intermédiaires germaniques.
- Pour avoir la liste des principales affaires industrielles qui s’occupent, à l’heure actuelle, aux États-Unis des matières colorantes synthétiques dérivées du goudron de houille il faut ajouter au consortium précédent les firmes suivantes : la « Cie du Pont de Nemours », la « Graselli Chemical C° », la « Dow Chemical C° », la « lleller et Merz C° », la « Scherwin Williams C° », la « Ault Wi-borg C°» , la « Central Dyestuff et Laboratoires-Metz C° », les « Newport Chemical Works, F a Union Dye et Chemical Corporation » et la « Butterworth Judson Corporation ».
- Quant aux Sociétés allemandes ou leurs filiales qui étaient installées aux États-Unis, avant la guerre, elles ont été liquidées par le gouvernemenl américain et acquises par des industriels de ce pays. C’est ainsi que l’usine d’Albany, qui appartenait à la Société allemande Bayer d’Eberfeld, a été achetée par la Graselli Chemical C°.
- (A suivre.) Ai.bert Banc et Jacques Boisseau.
- Ingénieurs-Chimistes.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de mai et juin 1921.
- Elections. — Au cours du mois de mai, ont été élus par l’Académie des Sciences : M. Georges Urbain, professeur de chimie à la Sorbonne, en qualité de membre de la Section de chimie, pour occuper le fauteuil vacant de M. Bourquelot, et M. Jean Massart, comme correspondant de la Section de Botanique, en remplacement de M. Pfcffer.
- Le rôle physiologique des anthocyanes. — La composition et la formule chimique de ces composés ont été fixées par .Willstâtter et M. Raoul Combes a établi leur origine et les conditions de leur formation ; M. Slan. Jonesco cherche aujourd’hui à déterminer leur rôle physiologique, en étudiant, en même temps, l’évolution des glucosidcs llavoniques. Il résulte de ses expériences, qui ont porté sur le blé et le sarrasin, que l’ensemble des anlhocyanes et des autres glucosides, disparait au fur et à mesure que les plantules développées à l’obscurité perdent leur pigment rouge.
- Les haricots exotiques. — On confond sous le nom de Phaseolus Mnngo, tous les haricots, le plus souvent verts, que l’on cultive et que l’on consomme dans les pays tropicaux. Par l’étude des téguments et des différentes assises de cellules qui les composent, M. Nguyen Thanh Giung a pu établir une série de déterminations et en déduire qu’il pouvait y avoir, dans un tel examen, une méthode déclassement des graines de légumineuses.
- Le peroxyde de titane. — Le traitement du sulfate de titane par l’eau oxygénée fournit une solution jaune, dont une base précipite une poudre jaune amorphe, à laquelle on s’accordait à fixer la formule TiO3. En préparant le sulfate double de titane et de potassium, M. M. Billy a pu séparer l’hydrate de peroxyde, et constater que tous les corps analogues considérés comme des sels de l’oxvde TiO3, sont des complexes d’eau oxygénée et de sels pertitariiques correspondant au peroxyde
- Ti-0->.
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- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE CINÉMATOGRAPHIE RAPIDE —= 19
- Un procédé biochimique de recherche du glucose. — La méthode de Bourquelot et de Bridel est basée, on le sait, sur la propriété que possède l’émulsine, de combiner en milieu alcoolique, le sucre à l’alcool qui la tient en dissolution. Mil. Bridel et Arnold ont essayé d’étendre le procédé à l’étude des végétaux. Ils ont pu ainsi obtenir un méthylglucoside (3 caractéristique, dont on détermine facilement le pouvoir rotatoire et qui, s’il se trouve en quantité trop faible, se décèle nettement au microscope grâce à la forme de ses cristaux.
- La flore des environs d’Avesnes. — Au nord-est de cette ville P. Gosselet a indiqué des affleurements de sables et d’argiles, dont aucun fossile ne permettait de déterminer l’âge. Deux carrières viennent d’être ouvertes qui ont permis à M. A. Carpentier de découvrir des empreintes de fougères et de gymnospermes, qui indiquent l’époque vvealdienne ; la fréquence des premières rapproche cette flore de celle de l’Allemagne du Nord de même niveau et de la flore de Bernissart (Belgique). Paul B.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE CINÉMATOGRAPHIE RAPIDE
- Les cinématographes usuels ne prennent pas beaucoup plus de 1000 photographies par minute, certains appareils dits rapides vont jusqu’à 6000 et la projection de leurs films à la vitesse normale donne une impression saisissante de ralenti. Mais pour ci-nématographier des corps à mouvements très rapides, des projectiles par exemple, les vitesses ci-dessus sont insuffisantes. Il faut aller beaucoup plus loin. Nos lecteurs se souviendront sans doute du merveilleux tour de force réalisé dans cette voie par M. Bull, directeur l’Institut Marey (v. n° 24T1) qui a réussi, par un dispositif fort simple en somme, à prendre jusqu’à 20000 photographies par seconde, soit 1 200 000 à la minute. Le nouveau procédé dû à M. Jenkins et que nous allons décrire d’après Scienlific American ne prétend pas à une pareille rapidité, il se contente d’obtenir 200000 photographies à la minute, ce qui est déjà un joli résultat. Ce résultat est obtenu par un moyen à la fois très original et très simple, qui a pour effet non seulement d’accélérer la prise de vues du cinématographe, mais encore de simplifier considérablement le mécanisme de cet instrument.
- Dans le cinématographe ordinaire, le film se meut d’un mouvement saccadé, une pellicule par exemple vient se placer dans la fenêtre où elle sera soumise à l’impression du faisceau lumineux, elle y est maintenue immobile une fraction de seconde, en même temps que s’ouvre un diaphragme : la pel-Ihule est alors impressionnée, le diaphragme se referme et le mécanisme entraîne le film de façon
- big. 2. — Le modèle le plus simple du projecteur prismatique Jenkins comportant une manivelle pour faire tourner le film, le disque à prismes, une lentille et une source lumineuse non représentée sur la figure.
- Fig. i. — Vue d’un cylindre à prismes dèviateurs système Jenkins.
- à amener la pellicule suivante dans la fenêtre et ainsi de suite.
- Les mouvements saccadés à donner au film et au diaphragme limitent la vitesse de la prise de vues, en même temps ils ont l’inconvénient d’user le film et d’exiger beaucoup de lumière pour l’impression du film.
- M. Jenkins a réalisé un appareil où le film se déplace d’un mouvement continu et dans lequel on n’utilise aucun diaphragme. En voici le principe.
- Les rayons lumineux pénètrent dans la chambre noire, comme dans des appareils ordinaires par un objectif qui projette l’image sur le plan du film. Celui-ci se déplace d’un mouvement continu devant une fenêtre dont l’ouverture a les dimensions de la fenêtre du diaphragme dans l’appareil ordinaire. Il s’agissait de trouver un moyen de forcer l’image lumineuse à accompagner en quelque sorte le mouvement du film pendant son passage devant la fenêtre, de façon que pendant ce laps de temps, l’image se forme toujours au même endroit du film; autrement dit, il s’agit de donner à l’image formée par l’objectif un mouvement rigoureusement égal à celui du film pendant un temps égal à celui que met un point du film à défiler devant la fenêtre ; l’image se déplace ainsi d’une extrémité à l’autre de la fenêtre il faut alors la ramener brusquement à l'extrémité de départ, et le mécanisme d’impression recommencera comme précédemment.
- M. Jenkins a résolu le problème en intercalant
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- 80 — UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE CINÉMATOGRAPHIE RAPIDE
- big. 3.— I.a chambre de prise de vue Jenkins.
- Le mécanisme peut être actionné par un moteur électrique de façon à obtenir une vitesse élevée et uniforme.
- entre l’objectif et le diaphragme un prisme mobile, de forme spe'ciale. Pour simplifier l’explication, représentons-nous d’abord ce prisme sous la lorme d’une lame de verre se déplaçant horizontalement en face de la fenêtre, la lame se présente d’abord sous forme d’un prisme d’angle très faible (7 degrés), le sommet vers le bas, la base en dessus; ce prisme dévie les rayons lumineux vers le haut et renvoie l’image vers le haut de la fenêtre, la lame continuant à se déplacer présente aux rayons, lumineux un angle de plus en plus faible, de sorte que l’image est projetée de plus en plus près du centre de la fenêtre, à ce moment la lame se présente sous forme d’une lame à faces parallèles, puis le déplacement continuant elle place devant les rayons un prisme d’angle croissant, mais dont le sommet est
- Fig. 4. — Autre forme du projecteur Jenkins,
- Vappareil est muni d'un cylindre tournant à prismes.
- en haut et la base en bas et qui rejette progressivement vers le bas de la fenêtre l’image donnée par l’objectif.
- Il 11e serait évidemment pas possible au moyen d’une lame rectiligne d’obtenir une projection continue. Aussi M. Jenkins dispose-t-il ces prismes spéciaux à la périphérie d’un disque entraîné dans un mouvement'de rotation correspondant à celui qui entraîne le film, ou encore il les dispose à la périphérie d’un cylindre entraîné dans un mouvement de rotation autour de son axe de figure. Le cylindre est représenté figures 1 et 5, le disque est représenté figure 6.
- Le cylindre de la figure 5 comporte 6 segments qui représentent chacun une lame déviatrice à angle variable, jouant le rôle expliqué plus haut. Lorsqu’un de ses segments en tournant se substitue à l’autre, l’image estbiusquement renvoyée de la partie inférieure à la partie supérieure de la fenêtre.
- Le cylindre ou le disque peuvent tourner à la vitesse de 8 à 9000 tours par minute; munis de 6 segments, ils permettent de projeter environ 50 000 photographies par minute; on peut augmenter le nombre de ces segments et arriver sans sérieuses difficultés à une vitesse de ‘200 000 vues par minute.
- La seule difficulté pour la réalisation de cet appa-
- Fig. 5. - Vue perspective du cylindre à prismes.
- reil réside dans la taille des disques ou cylindres déviateurs. M. Jenkins a du imaginer à cet effet une machine spéciale qu’il a construite et mise au point avec l’aide du Bureau of Standards des États-Unis.
- Il est manifeste qu’un mécanisme identique peut être employé pour projeter les films obtenus, par le procédé qui vient d’clre exposé. On aura ainsi un système de projection beaucoup plus simple que celui qui est en usage
- général aujourd’hui. , big. 6: — Vue,
- \\. VlLL ERS. du. disque à prismes.
- Le Gérant : P. Masson..— Imprimerie Lahore, rue de Fleuras, 9, a Paru».
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- Fig, r. -r- Maquereau. — Type de poisson migrateur.
- LES POISSONS
- Caractères adaptatifs de
- La mer avance et recule sur les côtes océaniques deux fois par jour. On appelle zone littorale ou intercotidale (entre les cotes de haute et de basse mer) ou encore zone des marées ou grève, l’étendue plus ou moins considérable du fond de la mer qui devient ainsi acccssib'e à marée basse.
- Tous les animaux qui y vivent habituellement ont reçu le qualificatif de littoraux. Ils sont fort nombreux et variés. Tous méritent une élude sui-
- LITTORAUX
- forme et de coloration.
- vie de leurs formes et de leurs modes d’existence, particulièrement les poissons littoraux qui feronl l’objet de cet article et d’un prochain autre.
- Nous relevons dans une liste de poissons capturés à Roscoll', à marée basse (*), une dizaine de noms qui reviendront fréquemment dans notre exposé :
- I. De Uealciiamp. Les grèves de Roscoff. Ltiomme, Paris Le Danois, Annales de 1 In&rtttT'Océanographique, t. Y
- £ JJ 4T #
- i -V. *
- Fig. 2. — Hippocampes ou chevaux marins fixés à des touffes d'algues par leur queue préhensile. 48* Anné» — 2* Stmostrr — N° 2470. — 6 UOÛt 1921. 6. —
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- LES POISSONS LITTORAUX
- Fig. 3. — Profils d'un certain nombre de poissons lilloraux : i,gonelle; 2, motelle; 3, blennie.
- Ciotlus, colle ou chabot de mer; Unos, moleile; Pholis, goncllc ; Blennius, blennie ; Gobius et Le-padogaster, suceurs, barbiers; Spinachia, épinoche de mer; Hippocampus, hippocampe ou cheval marin; Sgngnuthus et Nerophis, vipères de mer; Labrus, vieille ou perroquet de mer.
- Il serait fastidieux et sans profit de les décrire séparément. La méthode comparative est préférable, e i tant qu’elle permettra de découvrir et d’émettre quelques conclusions d’ordre général sur ce que les naturalistes sont convenus d’appeler les caractères adaptatifs des poissons littoraux.
- A plusieurs reprises (La Nature, nüs 243b, 2430 el 2451), nous nous sommes étendus sur les variations des êtres vivants sous l’action du milieu dans lequel ils vivent. Tout animal comme tout végétal est soumis aux conditions alimentaires et atmosphériques (température, humidité, lumière, etc.) qui le transforment et le modèlent dans une certaine mesure.
- Ainsi en est-il dans la zone littorale comme partout. Aussi, avant d’étudier les poissons littoraux, nous devons nous informer des eonditions de vie qui les entourent et les-façonnent.
- Étant comprise entre les niveaux de haute et de basse mers, la zone littorale n’est jamais recouverte par plus d’une dizaine de mètres d’eau. La lumière y accède donc dans toute son étendue. D’autre part, la chaleur et la salinité varient considérablement avec les heures du jour. Il est é\ident qu’à marée basse, l’eau s’étant retirée, sauf de quelques dépressions ou euvetles, le soleil y darde ses rayons et élève leur température. Or, dans ces cuvettes, se sont réfugiés presque tous les animaux de la grève qui craignent la sécheresse absolue. Ils y trouvent non seulement une température qui peut atteindre l’été 25 ou 30 degrés centigrades, mais encore une quantité de sels dissous accrue par l’évaporation de l’eau de mer ou diminuée par les apports d’eau , douce. A marée haute, au contraire, lu température s’abaisse et la salinité se rapproche de la normale.
- 11 faut tenir compte aussi dans la zone marine littorale de là nature du sol qui pi:ut être rocheuse,
- sableuse ou vaseuse (à l’embouchure des rivières). Un fond de rochers ne possède pas les mêmes animaux ni les mêmes végétaux qu’une plage de sable. D’une manière générale, celle-ci n’est habitée qiie par des animaux fouisseurs (vers marins et coquillages) ; tandis que les rochers ont une abondante végétation d’algues et recèlent dans leurs anfractuosités une multitude — une pullulation peut-on dire — d’animaux fixés ou errants. !
- Par définition, un poisson littoral est celui qui vit constamment dans la zone littorale, entre les niveaux de haute et de basse mers. Vu que son habitat est peu étendu, il n’y accomplit en nageai t que des voyages fort restreints. On dit qu’il esf sé-dentaire, par opposition aux poissons migrateurs, tels le hareng, la sardine et le maquereau, dont les voyages embrassent des centaines ou des milliers de kilomètres.
- Nous ne pouvons mieux faire que de comparer tout d’abord la structure d’un poisson sédentaire : chabot de mer, par exemple, à celle d’un poisson migrateur, tel que le maquereau. Cligny a fait* de ce dernier une1 description enthousiaste. « Tout le monde, dit-il, connaît ce poisson magnifique aux lignes élégantes et si visiblement adaptées à la natation la plut; rapide. Les nageoires dorsale et anale sont insérées dans des sillons où elles se dissimulent complètement quand elles sont rabattues, et pareillement'les nageoires pectorales et ventrales se logent dans une dépression où elles peuvent s’adapter exactement sans faire la moindre saillie sur les lignes de la carène(,). La tête est façonnée en coin. Le corps est couvert d écailles très petites, complètement noyées dans la peau et à peine visibles, surtout dans la région ventrale. La queue, énergique moteur et puissant gouvernail tout à la fois, est profondément divisée en deux lobes aigus et liés divergents; elle porte, vers sa base et sur; chaque lobe, des crêtes semblables aux quilles de roulis des bateaux. Enfin, sur le tronçon caudal et en dessous se dressent, pareilles à des fanions triangulaires, cinq ou six nageoires accessoires (pinnules) qui doivent fonctionner, elles aussi, comme quille de roulis et gouvernail supplémentaire ».
- La figure 1 permettra de se mieux rendre compte des caractères précédents auxquels nous opposerons maintenant ceux d’un chabot de mer (tig. 5). Ou ne peut imaginer de contraste plus frappant.
- Le chabot de mer (Gotluj bubalis) est un poisson d’une douzaine de centimètres de longueur. La forme du corps est massive et la lêteénornie, pourvue d’une gueul i démesurée que surmontent deux gros yeux saillants. Des aspérités de toutes sortes (épines, verrues et lambeaux de chair) ornent non seulement la tête mais aussi le tronc et les nageoires. 11 y a loin de ces saillies à la peau lisse, favorable à une natation rapide, du inaquereau et autres poi&sons migrateurs. O11 sent que le chabot est sé-
- 1. La earèuc d'uu poissoa est son corps supposé dépourvu de uügeoires.
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- LES POISSONS LITTORAUX = 83
- dentaire et que tout en lui est adapté plus à la dissimulation parmi les rochers qu’à la locomotion.
- Les nageoires dorsales et anale, au lieu d’être courtes et déliées, sont allongées et basses.
- Enfin les nageoires pectorales sont très larges et fonctionnent comme des freins. Lorsque l’animal est inquiété, il donne deux ou trois coups de queue énergiques et brefs, après quoi il se laisse filer les pectorales collées au corps. Mais, avant même que la vitesse ait diminué d’une façon sensible, le poisson étale brusquement ses nageoires pectorales ; elles agissent à la manière d’un frein qui arrête l’animal et le fait tomber au fond, parmi les pierres, où sa couleur le dissimule. Un ennemi qui le poursuivrait le dépasserait et le perdrait.
- La figure o où sont représentés les profils d’un ci rlain nombre de poissons littoraux (blennie, go-nelle, molelle) qui vivent en compagnie du chabot de mer, montrera que les caractères d’allongement et d’abaissement rclatil des nageoires dorsales et anale sont présents dans tous. Les deux nageoires dorsales, encore distinctes chez le Colt us bubalis, sont même soudées l’une à l’autre et en continuité parfaite chez Us autres poissons de la zone littorale. La gonelle (Pholis gunnellus) a le corps allongé comme celui d'une anguille. Enfin les. nageoires ventrales, presque toujours situées au-dessous ou en avant des pectorales, présentent de très curieux phénomènes de réduction et de transformation dont nous reparlerons tout à l'heure.
- Remarquons d’abord qu’il semble résulter des travaux de Houssay sur la forme, la puissance et la stabilité des poissons (1912), que toutes les particularités reconnues précédemment chez les poissons littoraux s’expliquent par leur mode de natation peu rapide. Des considérations de vitesse, de souplesse, de position du centre de gravité, de direction des courants d’eau le. long du corps, etc., conduiraient à l’énoncé d’un déterminisme précis de chacune d’entre elles.
- Parmi les transformations les plus inléressank s des nageoires ventrales est leur soudure sur la ligne médiane du corps, pour former une sorte de ventouse permettant la fixation surlesrochersfsur les [lierres ou sur les algues. Cela a lieu dans les genres Cobius, Liparis, Cyclopiervs et Lepadogasler.
- Des Gobius en grand nombre peuvent être pêches à marée basse dans les flaques d’eau. La principale espèce de nos côtes septentrionales (Manche) est Cobius niger. Non seulement ses ventrales constituent un disque adhésif, mais ses pectorales sont étalées et arrondies comme celles du chabot de mer et jouent vraisemblablement le rôle de freins. En outre, le corps des Gobius littoraux est quelque peu déprimé du dos au ventre et leur museau tronqué.
- Tous ces caractères indiquent le sédcnlarisme. Page (1915) a démontré, en effet, qu’ils s’atténuent progressivement quand on passe du Gobius niger, espèce littorale, au Gobius quadrimaculatus que l’on pêche au chalut sur des.fonds.vaseux de 10U à
- 200 m. et finalement au Gobius Lesueuri ou mieux au Crystallogobius dont l’existence se passe entièrement en haule mer. Les Crystallogobius ont le corps transparent comme du cristal, aplati latéralement (et non du dos au ventre) et ne possèdent aucune trace de ven ouse de fixation. À quoi se fixeraient-ils, vivant toujours en pleine eau?
- Tandis que lis Gobius rfont qu’une ventouse, les Lepadogasler en ont deux situées l’une derrière l’autre à la partie antérieure de leur ventre. Lien n’est plus curieux que ces petits animaux, de quelques centimètres de longueur, fixes à la paroi de verre des aquariums. En les regardant attentivement, on voit qu’ils se déplacent en rampant. La natation est presque abolie chez ces êtres auxquels les pêcheurs attribuent les sobriquets significatifs de suceurs, de ventouseurs et de barbiers (ventouse en forme de plat à barbe).
- Quelques mots des épinoches de mer (Spinachia vulgaris) pour dire que leurs nageoires ventrales, dorsales et anales sont totalement ou partiellement transformées en épines — d’où le nom d’épinoche — servant à la défense et à l’attaque.
- Et nous arrivons à tout un groupe de poissons littoraux qu’Ànthony (1912) n’hésite pas à considérer comme arboricoles, étant donné qu'ils vivent fixés aux herbes marines à la façon des singes aux arbres des forêts tropicales. Pour se les procurer, il suffit de promener un haveneau de pêcheur de crevettes dans les « herbiers » ou prairies que la mer découvre à marée basse. Sur les côtes bretonnes abondent les vipères de mer ou syngnathes, animaux parfaitement inofiensifs malgré leur nom qu’ils doivent à leur corps allongé, terminé par un museau pointu. Là Méditerranée et 1\ céan Atlantique possèdent en outre le fameux cheval marin ou hippocampe que représente une de nos-figures.
- N’oublions pas que le i cheval marin » n’a qu’uue dizaine de centimètres de hauteur. Mais il est vraiment un « abrégé des merveilles de l’Océan ». Une petite tête à angle droit sur le reste du corps; un ventre proéminent de personnage sédentaire; une queue longue et préhensible perîn cita fit la "fixation aux algues; dés yeux extrêmement vils, et mobiles comme i.lconvient à.'.un animal inquiet et redou-
- Fig. 4.
- Ventouse formée - par la réunion des nageoires ven-... traies. _d'un. Go-bius. En haut, un Gobius. -
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- 84 = LES MATIÈRES COLORANTES EN ANGLETERRE ET AUX ÉTATS-UNIS
- tant la plupart des ennemis; des nageoires enfin réduites au strict minimum... voilà-t-il pas le comble de l’adaptai ion aux conditions de vie près des côtes?
- Les syngnath s et les hippocampes n’ont pour se défendre qu'une carapace rigide et surtout leur forme qui leur permet de se dissimuler au milieu des plantes marines. Un syngnathe immobile dans une touffe de varech ne peut y être distingué que très difficilement. On a découvert dans la mer des Antilles un hippocampe (Phyllopteryz) dont le tronc et les nageoires sont pourvus de filaments découpes en feuilles, grâce auxquels il se dissimule parmi les algues (sargasses).
- On appelle mimétisme tout phénomène de ressemblance d’un être avec les objets qui l’entourent. En plus des exemples précédents, on peut citer les aspérités de la tète et des opercules du chabot de mer qui contribuent à le rendre presque invisible sur un fond rocheux.
- Un cas particulier du mimétisme a reçu le nom d'homochromie. C’est la ressemblance de couleur avec les objets environnants. Or, presque tous les poissons littoraux sont honiochromcs. Les syngnathes, les hippocampes et les épinoclies de mer ont une coloration brune, verte et jaune, analogue à celle des algues et des varechs. Le chabot de mer
- a des taches brunes sur un fond jaune verdâtre. Enfin des po:ssons dont nous n’avons pas encore eu l’occasion de parler, les labres ou vieilles, ont des couleurs à la fois très vives et très variées. Il est difficile de trouver deux individus colorés exactement de la même manière. Les teintes varient aussi avec l’habitat. Ainsi le vert domine chez les labres pêchés dans les « herbiers » ; le brun chez ceux que l’on capture à la ligne au-dessus d’un fond de rochers et d’algues. Rien d’étonnant, d’après ce que nous venons de dire, à ce que les labres aient tenté la palette des artistes. Méheut, le peintre de la mer ('), s’est extasié sur leur coloris. On donne vulgairement aux labres les noms de perroquets de mer ou de coquettes.
- Parmi les causes de variation des couleurs chez les poissons littoraux, il faudrait encore mentionner l’influence du sexe. Les mâles et les femelles n’ont pas la même coloration et celle-ci change en outre avec l’âge et l’approche de la maturité sexuelle. Mais nous reviendrons sur ces phénomènes dans un prochain article consacré aux mœurs et à la reproduction des poissons de la zone littorale.
- Leon Bertin.
- Agrégé de ITniversitè.
- 1. Méiieut. Le livre de la mer.
- Fig. 5. — En bas, Chabot de mer (Cottus bubalis), type de poisson littoral et sédentaire. Au-dessus, Èpinoche de mer (Spinachia vulgaris).
- L’INDUSTRIE DES MATIERES COLORANTES EN ANGLETERRE
- ET AUX ÉTATS-UNIS
- L’importance de la valeur fonctionnelle de
- Situation actuelle de ces industries. — Les efforts des fabricants anglais et américains, pendant la guerre et depuis l’armistice, l’inlelligence avec laquelle ils ont été coordonnés, l’aide qu’ils ont reçue en haut lieu, ont eu ce résultat de donner aux deux pays dans lesquels ils se sont exercés, une industrie de matières colorantes fortement organisée.
- En Angleterre, la production nationale a atteint 25 000 tonnes, soit les quatre cinquièmes de la cûnsom-
- ’lndustrie des Matières colorantes. (Suite.)
- malion d'avanl-guerre. (l’est du moins l’apprécialion, toutefois un peu optimiste, qui a été donnée par Lord Mouflon, représentant du Gouvernement britannique au Conseil d’Administralion de la British Dyestuff Corporation, dans un discours qu’il a prononcé récemment.
- Sans doute, si l’on compare la liste ,des colorants anglais avec ceux livrés autrefois par les Allemands, bien des lacunes apparaîtront, spécialement dans le compartiment des colorants à la cuve. La British Dyestuff Cor-
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- LES MADÈRES COLORANTES EN ANGLETERRE ET AUX ÉTATS-UNIS
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- poration fabrique bien les couleurs des séries du chlo-ranthrène, du duranthrène et du durindol tandis que celles de la série de l’indanlhrène sont obtenues par la firme L. II. Holliday and C° Ltd, et celles de la série Calédon par la Solvay Dyes Company Ltd, mais les collections présentées sont loin d’être complètes (1).
- Aux Etats-Unis, on fabriquait, en 1917, 180 colorants d’aniline différents. Sur ce total, la National Aniline C°, qui a engagé plus de 45 millions de dollars pour ses fabrications jusqu’en 1919, en a fabriqué 106 au cours de celte année 1917 et elle gardait l’exclusivité de la production pour 38 de ces colorants.
- Suivant M. Ch. Mayer (2) cette compagnie n’est pas la seule à jouer un rôle important dans la fabrication des matières colorantes dérivées des goudrons de houille aux États-Unis. La firme du Pont de Nemours dont les origines remontent à la transformation d’une exploitation agricole fondée, pendant son exil, sous la révolution par l’économiste français de l’école physiocratique, du Pont de Nemours, est un organisme également très bien outillé pour la fabrication des colorants de synthèse.
- Pour la fabrication de l’indigo, elle utilise le procédé d’Ellesmere Port (Angleterre) acheté par la Levinstein Ltd de Manchester. Sa capacité de production en indi-gotine est de 3600 livres par vingt-quatre heures. Une autre firme, la Down Chemical C°, a fabriqué, en 1917, 274 771 livres d’indigo.
- Toutefois, en ce qui concerne l'indigo, la production indigène est loin de suffire aux États-Unis et bien que les importations de cette substance diminuent graduellement, elles sont encore assez considérables. En 1918, ce pays importait 2 114 000 livres d’indigo naturel et 1 012 000 livres d’indigo synthétique, ce dernier provenant, en majeure partie de Suisse.
- Nous devons signaler, qu’en 1920, la France a été l’une des principales puissances exportatrices d’indigo vers l’Amérique (3).
- La diminution des importations des couleurs synthétiques, montrée par le tableau suivant, met en lumière les conséquences de l’effort accompli par les chimistes et industriels américains :
- En dollars :
- 51) juin "0 juin 50ji.in 50 juin 191 i 1910 1917 1918
- Alizarine. 845.000 17.000 54.000 40.000
- Indigo. . 1.093.000 8.255.000 4.109.000 3.895.000
- Couleurs
- d’aniline. 7.241.000 5.540.000 5.161.000 2.507.000
- Quand on lit ce tableau, il faut tenir compte de la hausse des prix survenue pendant la guerre qui rend moins sensible la diminution des importations. ;
- Les chiffres de production en 1914 et en 1917 sont tout à fait significatifs quand on observe l’effort américain au point de vue quantitatif.
- En 1914, 7 millions de livres décolorants étaient préparés sur le territoire des Etats-Unis, par une industrie qui dépendait, à peu près complètement de l’Allemagne. En 1917, une industrie américaine vraiment nationale produisait un tonnage de 46 millions de livres de colorants.
- 1. Times, 25 janvier 1920.
- 2. Cit. Mayeu, L'industrie chimique aux États-Unis. (I)unod. éditeur, Paris.)
- 5. Gaston Cadoux, Revue Economique internationale, août 1920.
- Avenir de ces industries. — L’une des causes du développement possible de l’industrie des colorants synthétiques d'un pays, et c’est peut-être la principale, est sa richesse en matières premières d’une façon générale et notamment de la houille dont les goudrons provenant de sa distillation sont le point de'départ de la majeure partie de la chimie organique et spécialement des matières colorantes.
- Or, en Angleterre comme en Amérique, l’abondance de la houille est considérable. M. Engler, directeur de l’Institut Minéralogique de Berlin, au Congrès de Carls-rulie (•), en 1911, estimait à 780 milliards de tonnes les réserves totales des États-Unis, en combustibles solides.
- Pendant près de 40 ans, l’extraction américaine du charbon n’a cessé d’être en progression.
- Les phénomènes sociaux qui ont un peu ralenti la vie économique des Éfafs-Unis, au cours de ccs cinq dernières années ont empêché la production moyenne, de 1915 à 1919 inclus, de dépasser 506 millions de tonnes, diminution dans l’extraction de la bouille qui n’est d’ailleurs pas spéciale aux Etits-Unis, car elle s’est manifestée d’une façon générale.
- L’abondance des gisements de houille américains, leur exploitation intensive qui fournit une production de charbon qu’il est possible d’évaluer actuellement à 40 pour 100 de celle du globe permettent d’envisager, pour les États-Unis, un très grand développement de l’industrie des matières colorantes dérivées des goudrons de houille.
- Depuis 1914, sous la pression d'une demande croissante des sous-produits de la distillation de la houille, la récupération du benzène, du toluène, du naphtalène et de l’anlhracène, commença à s’organiser dans les cokeries et les usines à gaz, qui fonctionnaient, bien souvent, avant la guerre, sans récupérateurs.
- Le développement de la production des substances initiales de l’industrie des colorants synthétiques exigeait une sérieuse augmentation dans l’appareillage et tandis qu’en 1910, 5278 fours à coke étaient pourvus de récupérateurs à goudrons, il en existait 12 000 en 1918.
- La production du benzène, dans les fours à coke et les usines à gaz passait de 2 501 000 gallons (2), en 1915, à 40 millions de gallons, en 1917, celle du toluène, de 600 000 gallons à 10 millions de gallons et celle du naphtalène, qui n’était que.de 6 millions de livres avant la guerre, atteignait 52 millions de livres en 1917.
- Quant à l’anthracène, le manque d’utilisation commerciale aux, États-Unis de son goudron résiduaire, le piieh, lui donne un prix de revient trop élevé qui handicape sérieusement la branche des colorants anthracé-niques de l’industrie des produits tinctoriaux synthétiques.
- Le problème de l’anthracène est un de ceux qui sont un des plus étudiés actuellement par les chercheurs américains.
- Néanmoins, la jeune industrie des colorants aux Etats-Unis est établie sur des bases solides, en ce qui concerne l’abondance des matières premières, et comme son organisation scientifique, industrielle et commerciale a été très soignée, que les capitaux qu’elle a à sa disposition sont importants, on ne peut douter du grand essor que lui donneront ses dirigeants.
- Ceux-ci ont fort bien compris toute l’importance des
- 1, Comité des Houillères de Franco, circulaire n° 4.555.
- 2. Le gallon vaut 5 1. 7854.
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- 86 ==: LÈS MATIÈRES COLORANTES EN ANGLETERRE ET AUX ÉTATS UNIS
- recherches scientifiques et techniques sans lesquelles une industrie chimique ne peut prospérer.
- A leurs laboratoires de recherches industrielles, ils ont adjoint des laboratoires de science pure pour lesquels ils semblent tout disposés à consacrer beaucoup de temps et d’argent. Ainsi que l’a déclaré M. Ilobert E. Rose « ce ne sont plus des recettes qu’il faut contrôler, des informations connues des autres qu’il faut recueillir, tuais par généralisation, profiter des faits connus, pour bénéficier des nouvelles rangées de faits qui viennent sc placer à notre disposition. ))
- Cette importance du service des essais dans l’industrie des matières colorantes synthétiques a été également appréciée à sa juste valeur par les dirigeants britanniques.
- Pour permettre la recherche de la nouveauté, soit connue produits, soit comme procédés d’application de produits, l'administration de la British Dyesluff Corporation a sans cesse augmenté l’état-major des techniciens de ses usines de Huddersfield, du Yorkshire, de la région de Manchester et dû Cheshire, tandis que l’organisation rationnelle du service de recherches a été l’un des principaux soucis de la direction.
- A elle seule, la British Dyestuff Corporation possède une centaine de chimistes de recherches dans ses laboratoires ('), tous de formation universitaire, rompus aux besognes de recherches et de mise au point et qui travaillent parfois sous la direction des professeurs de leurs propres universités. Les avantages de ce système dit « colonial», qui avait été instauré par la British Dyes Ltd, sont manifestes, car les échanges des conseils universitaires et de renseignement tiré de la fréquentation du personnel technique de l’usine peut donner, ainsi qu’en Allemagne, des résultats intéressants et rend effective l’association entre l’Université et l’usine, association dont on avait déploré autrefois l’absence en Angleterre.
- Protection de res industries naissantes contre la concurrence étrangère. — Pour permettre le développement en pleine sécurité commerciale des jeunes industries de matières colorantes, en Angleterre et aux Etats-Unis, jusqu’au jour où elles auront assuré leur pleine maîtrise, pour laisser aux perfectionnements projetés la possibilité de se réaliser, les industriels de ces deux pays* ont demandé la protection temporaire ou permanente de la barrière douanière.
- Mais la mise en application des projets de loi relatifs à de nouveaux tarifs douaniers vient se heurter aux intérêts divergents des producteurs et des consommateurs.
- Quelles que soient les légitimes espérances qu’offrent les entreprises biitanuiques et américaines de matières .tinctoriales synthétiques, elles ne peuvent répondre aux demandes des consommateurs, car elles ne fabriquent pas en quantité suffisante et ne fournissent pas encore tous les types de colorants.
- En Angleterre, l’augmentation des demandes, de la part des consommateurs de l’industrie textile, a été considérable depuis les derniers mois de 1910 et s’est produite d’une façon brusque.
- Bien que l’entrée des matières colorantes en Grande-Bretagne ail été prohibée par décret, un jugement célèbre, rendu par Sankey, en proclama l’illégalité, jugement qui fit l’objet de nombreuses réclamations de la part des industriels, et l’envahissement du marché anglais par les colorants étrangers en a été le résultat le
- 1, Times Trades, suppl. 29 mai 1920.
- plus évident, ainsi que lemonlrent les chiffres des importations de produits colorants en Angleterre :
- Année Tonnes de Valeur
- 1920 1016 kg. en livr. anglî
- Janvier Al 5 517.504
- Avril 580 278.891
- Juillet 672 590.863
- Août 1.088 955.159
- Septembre 1.178 978.965
- La majeure partie de ces colorants est de provenance allemande, soit qu’ils arrivent directement d’outre-Rhin, soit qu’ils passent par l’intermédiaire des Pays-Bas ou de la Belgique.
- 11 faut également tenir compte du fait que, parmi ces colorants il en est. qui proviennent de l’option de 50 pour 100 sur le stock des colorants existant en Allemagne à la date du 15 août 1919, droit que les Alliés possèdent, en exécution du traité de Versailles. Jusqu’à présent sur les 1 1 000 tonnes du stock allemand à partager, les Anglais ont reçu 1500 tonnes (').
- Toutefois, l’aggravation du chiffre de ces importations de colorants fit l’objet d’une polémique très vive entre les producteurs protectionnistes par nécessité, et les consommateurs, libre-échangistes par intérêt.
- Récemment, la Chambre des Communes estimant que « l’établissement et le maintien de l’industrie des Matières Colorantes était indispensable pour la Défense Nationale )) adopta un projet de loi qui prohibe pendant 10 années l’importation des produits intermédiaires et matières colorantes dans l’Empire britannique.
- A ce bill, qui donne satisfaction aux fabricants et a reçu l’approbation de l’Association des consommateurs, sont ajoutés des amendements qui permettent au Board of Trade d’accorder des licences, dans certains cas spéciaux, sur l’avis de la Commission consultative composée, de mandataires des producteurs et des consommateurs.
- Les mêmes tendances protectionnistes s’observent aux Etats-Unis. Prohibition d’importation, dérogations par licences sur avis d’une commission qualifiée, établissement de nouveaux tarifs douaniers, telles sont lesgrandes lignes du projet de loi qui est déjà passé devant la Chambre des Représentants et sera soumis à la prochaine session du Sénat américain.
- Par de nouvelles dispositions légales, l’Angleterre comme les Etats-Unis cherchent à empêcher que les efforts accomplis par leurs techniciens et industriels pour les doter d’une industrie nationale, ne soient annihilés par la concurrence étrangère.
- Conclusions. —- Toute l’intelligence mise en œuvre par les Anglo-Saxons pour s’assurer une indépendance effective tant au point de vue de leur situation économique qu’en ce qui concerne leur Défense Nationale, apparaît dans l’étude du développement de cette industrie prédominante des matières colorantes dérivées des goudrons de houille, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
- Servi par des conditions extrêmement favorables, comme en Amérique, aidé par une politique gouvernementale dont le réalisme, la pondération et la vigueur sont les caractères essentiels, comme en Angleterre, ce développement a bénéficié des dures leçons de la guerre et profité des avantages de la victoire commune.
- Les Anglais et les Américains ont compris qu’aux heures sombres où se joue la destinée des peuples, une
- 1. Chemical Trade Jour, and Chem. Engineer, janvier 1920.
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- :.....—UN NOUVEAU PHÉNOMÈNE
- industrie com'ipe celle des colorants synthétiques se transforme facilement en industrie chimique de guerre et ils ont apporté tous leurs soins à lui assurer une existence définitive.
- En France, toute notre histoire chimique, l’habileté de nos chimistes organiciens, les directives apportées par nos spécialistes les plus éclairés peuvent !noüs faire prévoir un essor identique pour notre industrie des substances tinctoriales.
- Sans doute aurons-nous à lutter contre la concurrence étrangère — et celle des Anglais et des Américains devien-
- D’ATTRACTION ÉLECTRIQUE 87
- dra de moins en moins négligeable — il est possible que nos exportations en colorants artificiels vers les Etats-Unis se maintiennent difficilement à leur niveau actuel, mais le talent d’investigation de nos savants et de nos techniciens et l’esprit d’entreprise que la crise économique actuelle développera chez nos industriels, espé-rons-le, pourra nous donner une suprématie nouvelle pour quelques classes de colorants.
- Ai.heiït Banc et Jacques Boisseau.
- I iiftéi i ieurs-l Ibimistcs.
- UN NOUVEAU PHÉNOMÈNE D’ATTRACTION ÉLECTRIQUE
- Deux jeunes ingénieurs danois, MM. Johnsen et Ralibek ont fait connaître il y a quelqueTemps un curieux phénomène d’attraction électrique. Il ne s’agit pas, à vrai dire, d’un phénomène absolument
- correspondant à l’attraction qui s’exerce entre les plateaux du condensateur à air. Dans le condensateur à air, l’attraction est inversement proportionnelle au carré de la distance entre les deux plateaux.
- Récepteur
- Bande métallique téléphonique
- Transformateur
- Tran smetteurl téléphonique j
- R! allant au noyau du cy/rndre
- m FU allant à Ja / mbande métallique 1—dtM
- Moteur*'
- . i. — Expérience de MM. Johnsen et Rahbeck.
- Diaphragme \Hoy au métallique
- nouveau; il a déjà été signalé il y a plus de 40 ans par Edison; mais il était tombé dans l’oubli et MM. Johnsen et Rahbeck ont eu le mérite non seulement. de le redécouvrir, mais encore de lui trouver d’intéressantes applications pratiques.
- Voici de quoi il s’agit : posons sur une pierre lithographique, corps mauvais conducteur de l’électricité, un disque de métal bon conducteur et appliquons entre ces deux corps une différence de potentiel de quelques centaines de volts ; pour cela la face arrière de la pierre lithographique sera garnie d’une électrode métallique qui assurera le passage du courant à travers la pierre ; en raison de la haute résistance de celle-ci, le courant sera extrêmement faible, et ne dépassera pas quelques micro-ampères.
- On constate alors qu’une adhérence très forte se manifeste entre la pierre lithographique et le disque conducteur. On dispose donc ainsi d’un moyen de réaliser des attractions très forles au moyen de courants très faibles.
- MM. Rahbeck et Johnsen expliquent ce phénomène comme il suit : les deux plans au contact agissent comme les plateaux d’un condensateur à air, la différence de potentiel entre les deux surfaces au contact étant due à la très haute résistance de contact. Il en résulte une attraction électrostatique
- Dans les expériences de MM. Rahbeck et Johnsen, la distance entre les deux surfaces est extrêmement faible et l’attraction est très forte.
- Comme substance semi-conductrice, on peut employer aussi la gélatine, et la recouvrir d’une feuille d’aluminium; les deux inventeurs ont également employé l’agate.
- On voit facilement que le phénomène d’attraction peut être utilisé pour instituer des relais amplificateurs; puisqu’avec des courants de très faible intensité, des,courants téléphoniques par exemple, on pourra obtenir des effets mécaniques relativement importants.
- Imaginons un cylindre taillé dans un corps semi-conducteur, pierre lithographique, agate ou gélatine, sur ce cylindre s’appuie une bande légère de métal conducteur. Une extrémité de cette bande est reliée à un ressort, l’autre à un diaphragme téléphonique. Un moteur entraîne le cylindre d’un mouvement de rotation continu.
- Lorsqu’un courant passe à travers la bande et le cylindre, il y a attraction et la bande colle sur le cylindre; l’attraction cesse quand le courant cesse. Pendant la période d’attraction, la bande est donc entraînée par le Gylindre et le ressort la rappelle à sa position initiale lorsque le courant cesse de passer. Si le courant qui impressionne le cylindre
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- 88 .: : LE FLEUVE JAUNE, “ CHAGRIN DE LA CHINE ”
- est un courant variable, par exemple celui émis par un transmetteur téléphonique sous l’influence de la voie humaine, ses alternances se traduiront donc par des mouvements alternés imprimés à la bande de métal. Et celle-ci les communiquera au diaphragme du téléphone auquel elle est reliée.
- Les petites variations du courant primitif se traduiront par un son puissant dans le téléphone récepteur. On a donc ainsi un remarquable téléphone haut parleur.
- On peut concevoir du reste bien d’autres applications de ce même phénomène. A. T,
- LE FLEUVE JAUNE, “ CHAGRIN DE LA CHINE ”
- C’est le nom sinistre, et amplement mérité, que les Célestes ont donné, depuis des siècles, au Hoang-Ho, un des plus grands fleuves de l’Asie, avec son cours de 4912 km. Scs inondations sont fréquentes et toujours redoutables. Elles ont coûté en cent ans des millions de vies humaines, et les famines qui suivent ses dévastations ne sont pas moins meurtrières. On comprend que les Chinois du Nord le maudissent, en l’appelant le « fléau des Fils de Han ».
- Si chaque fleuve a son individualité, celle du Hoang-Ho est très caractéristique. Partant du Thibet, il donne naissance à deux lacs sur un plateau de plus de 4000 m. d’altitude, pénètre dans le désert de Gobi, et, décrivant une énorme boucle de 2000 km, atteint les plaines chinoises, où il commence à charrier d’immenses quantités de limon, qui exhaussent son lit, de siècle en siècle.
- De siècle en siècle, la patience chinoise a dû sans cesse exhausser les digues qui l’enserrent, àu point que, sur des centaines de kilomètres, son niveau normal a fini par s’élever de plusieurs mètres au-dessus de la plaine. Quand ces digues crèvent, c’est la catastrophe. Et c’est parfois le cataclysme, car il lui arrive de transporter son embouchure à grande distance. Il se déverse actuellement daus le golfe de Pélchili, alors qu’il se jetait naguère dans la mer de Chine, à 900 km plus au Sud.
- Or, il serait possible de transformer ce « Crève-Cœur » de la Chine en une « Vallée du Nil », selon l’expression de M. Charles K. Edmunds, le très distingué sinologue qui dirige depuis des années le Chrisiian College de Canton, et qui consacre à ce
- passionnant sujet un article du plus haut intérêt dans la revue A sia.
- M. Edmunds y étudie un projet dont l’auteur,
- M. John IL Freeman, est le premier ingénieur hydraulique des Etats-Unis. Onlui doit de nombreux travaux de grande envergure : l’alimentation en eau potable de New-York, Los Angeles, San-Francisco ; la solution d’importants problèmes concernant le canal de Panama.
- Appelé récemment comme ingénieur - conseil par le gouvernement Chinois, et chargé d’étudier l’amélioration du Grand ,Canal, il dut Consacrer son attention au fleuve Jaune, qui traverse celte gigantesque artère. Alors qu’il poursuivait ses observations, il fut invité, par un industriel et philanthrophe chinois, à critiquer le rapport d’un comité d’ingénieurs indigènes qui s’occupaient, à ses frais, de rechercher des remèdes permanents aux inondations et aux famines qui désolent périodiquement le Chantoung et le Kiangsou. D’où l’élaboration du projet que nous allons exposer, d’après l’article de M. Charles K. Edmunds.
- Ce projet est basé sur la relation qui existe entre la rapidité du courant, d’une part, l’érosion et le transport du limon, de l’autre, relation que les collaborateurs de M. Freeman ont pu déterminer au prix de deux années d’études. M. Freeman se propose d’amener le fleuve à creuser par ses propres forces un chenal assez profond pour qu’il ne puisse plus en sortir, travail qui coûterait plus de 100 000 000 de dollars s’il fallait l’exécuter à la drague, et qui ne reviendra qu’au tiers de cette somme, grâce à la collaboration du Hoan-Ho.
- Le hardi ingénieur a pu établir ce principe : plus
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- LE FLEUVE JAUNE, ‘ CHAGRIN DE LA CHINE ’’
- grands sont le volume et la rapidité du fleuve en temps d’inondation, plus profondément il laboure le sol pour se frayer un passage vers la mer. Le problème se résume donc à augmenter celte rapidité jusqu’à la vitesse que les études préliminaires ont permis de déterminer, en l’emprisonnant dans un canal de 400 à 500 km d’une largeur calculée. Dans ces conditions de débit, le fleuve creusera son lit et transportera les déblais à la mer.
- Le projet comporte, en outre, une série de canaux reotilignes longs de 15 à 50 km, que l’on
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- lœss jaunâtre, que la moindre pluie délaie, est apporté par les torrents qui alimentent le Hoang-Ho, et le fleuve, à son tour, le déverse dans la mer.
- D’après les calculs de M. Freeman, la quantité de limon ainsi évacuée est de plus de 00 pour 100. Mais le faible pourcentage qui échappe à Faction du courant a suffi pour exhausser le lit du fleuve de 5 m. à 4 m. 50 au-dessus des plaines environnantes. En temps d’inondation, la surface de l’eau entre les digues surplombe ces plaines de 8 à 10 m.
- Quand l’inondation atteint son point culminant,
- Fig. 2. — Caravane s’embarquant pour traverser le Fleuve Jaune dans le S/iansi.
- établira entre les coudes les plus prononcés du cours supérieur du fleuve, afin de raccourcir son trajet. Les nouvelles rives seront protégées contre l’affouille-ment soit par des digues à éperon, comme en construisent les Chinois depuis des siècles, soit par des digues en ciment armé où le bambou remplacera l’acier.
- La section la plus dangereuse du Hoang-Ho, et qu’il s’agit de transformer, est celle qui traverse l’immense plaine deltaïque qui constitue la plus grande partie du Nord-Est de la Chine proprement dite. Les géologues en ont étudié la formation. Depuis la période secondaire, et c’est dire depuis des millions d’années, le vent du Nord apporte du désert de Gobi une poussière fine qui s’est accumulée sur une épaisseur considérable. Ce
- le courant, animé d’une vitesse de 5 m. par seconde, transporte une quantité de limon qui constitue 5 pour 100 du poids de l’eau, quantité qui diminue rapidement dès que la vitesse est ramenée à moins de 1 m. 50 par seconde. Dès qu’elle est supérieure à ce taux, le fleuve commence à creuser son lit plus profond. Après l’inondation, quand la vitesse est redescendue à son taux minimum, les dépôts de limon reconstituent le lit à sa profondeur normale. C’est sur ces données scientifiquement contrôlées que M. Freeman a basé son projet, dont nous allons indiquer les grandes lignes.
- Les Chinois avaient tenté de maîtriser le Hoang-Ho en élevant des digues séparées par un intervalle variant entre 8 et 10 km, et qui l’enserrent jusqu’à son embouchure sur une distance de 500 km envi-
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- 90 __ _ LE FLEUVE JAUNE/ CHAGRIN DE LA CHINE ”
- Fig. 3. — Bac traversant le Fleuve Jaune dans le nord du S/iansi.
- ron. M. Freeman propose de creuser entre ces digues deux protonds fossés parallèles, d’une largeur de 25 m. environ, séparés par une bande de terre large de 250 m.,et qui auraient la meme longueur que les digues actuelles.
- Les déblais serviraient à construire deux nouvelles digues, hautes de 8 m. sur les bords extérieurs de ces fossés, et des saules, plantés sur les talus, ajouteraient à leur résistance contre les inondations. Ces mêmes bords extérieurs, destinés à devenir les rives définitives du lleuve, seraient protégés contre l’affouillement par des piles en ciment armé.
- Dévié dans ces canaux, le lleuve en rongerait les bords non protégés avant de s’attaquer à la bande de terre qui les séparerait. Quand l’œuvre d’érosion serait accomplie, le nouveau lit artificiel du Hoang-Ho serait ainsi constitué par une tranchée large de 450 à 500 m., profondément encaissée entre deux digues infranchissables, ce qui supprimerait tous risques d’inondation.
- Ce n’est là qu’une partie du gigantesque projet, et l’autre n’est pas moins ingénieuse. M. Freeman propose de combler, avec le limon du fleuve, les deux espaces, larges de 5 à 5 km, limités de chaque coté du lit artificiel par les digues nouvelles et les digues actuelles. Ce résultat sera obtenu à l’aide de conduites en ciment armé, d’un diamètre de 4 m., qui, traversant les nouvelles digues à niveau inférieur à celui des inondations, draineront les eaux limoneuses vers ces terrains en contre-bas. Le limon s’y accumulera d'année en année, renforçant ainsi les murailles qui enserreront le fleuve, et qui l’emprisonneront pour l’éternité. L’une des conséquences de ce procédé sera d’ajouter aux terres arables de la Chine septentrionale une bande de territoire i
- d’une grande fertilité, longue de 500 km sur une largeur moyenne de 8 km.
- En son état actuel, le Hoang-Ho, suspendu au-dessus des plaines, est, comme nous l’avons vu, une constante menace. Leprojetde l’ingénieur américain ne se contente pas de supprimer les risques d’inondation, mais il transforme en outre ce destructeur devvies humaines en un créateur de richesses. Des canaux d’irrigation, percés à travers les deux-systèmes de digues, iront fertiliser des terres lointaines.
- M. Freeman appliquera ce même procède' au drainage de la vaste région deltaïque du Kiangsou, véritable dédale de rivières, de lacs et d’étangs, qui débordent périodiquement en conséquence des inondations du lleuve Jaune, détruisent les moissons et les animaux domestiques sur des étendues de centaines de kilomètres carrés, et engendrent de terribles famines. La plupart, de ces rivières, drainées par le Crand Canal, vont grossir les eaux du Vnng-Tsé-Kiang.
- Ces rivières seront détournées dans deux tranchées analogues à celles que nous venons de décrire, et qui partant du lac ’loungtzé (à quelques lieues à l’ouest du Grand Canal), se prolongeront en ligne droite, sur une distance de lofi km, jusqu’à la baie de Haïchocv, soit jusqu’au littoral de la mer Jaune. Là encore, ce seront les flots de l’inondation qui creuseront le lit rectiligne du nouveau fleuve. Certains lacs seront transformés en réservoirs pour l’irrigation des provinces avoisinantes pendant les périodes de sécheresse. Un port sera créé à l'embouchure de ce lleuve artificiel, qui sera navigable.
- Les experts sont d’opinion que ces grands travaux pourraient être exécutés en une dizaine d’années. Souhaitons que les plans de l’ingénieur américain ne restent pas seulement à l'état de projets.
- Il est manifeste que leur réalisation ouvrirait une ère de prospérité et de sécurité pour la Chine orientale.
- Y. Fniîin.x.
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- Constance du climat.
- France, des mêmes espèces végétales, depuis 15 siècles au moins, prouve que son climat ne s’est pas modifié pendant celte longue période, et que les variations que l’on constate d’une année à l’autre ne sont que des oscillations autour d'une même moyenne. On peut essayer de les démêler à l’aide d’une longue série d’observations; c’est pourquoi les observations météorologiques de Paris, faites assez régulièrement depuis le commencement du xvme siècle, ne présentent pas seulement un intérêt local, mais constituent encore un sujet de recherches scientifiques de tout premier ordre (voir le tableau ci-contre).
- Pression. — Comme nous vivons au fond de l’Océan aérien, l’air, qui est pourtant si léger, l'ait supporter à un homme de taille moyenne une pression de
- LE CLIMAT DE PARIS (1)
- a persistance, en
- Atmosphère.
- Composition de l’air Dans 100 mètres cubes d’air
- en volumes : Ozone. ... de 0roP,5 à 4m*
- Azote 0,7803 Azote ammoniacal . . 2'"'
- Oxygène .... 0,2090
- Argon 0,0094 Dans 1 mètre cube d’air :
- Acide carbonique. 0,0003 Vapeur d’eau, de 0B,5 à 20e
- Hjdtvgène . . . 0,0001 Poussières. . • de G”» à 25"'B
- Néon 0,000013 f 250 au Parc de
- Hélium 0,0000015 „ .. . y Mont souri s.
- Krypton .... Iraccs. Itncteries < . J cwO place Saint-
- Xénon 1 races. V Gnrvais.
- 15 500
- kg, equi-
- i?3C 1800 1810 1820 1800 1840 1850 1860 1810 1080 1890 1900 1810 1320
- Pig. i. — Minima barométriques annuels à Paris, depuis 220 ans, réduits à l’altitude de l'Observatoire (67"’).
- 4 le 24 décembre 1821. a pression est descendue
- librée parla pression intérieure de ses vaisseaux.
- I ne variation de
- I mm de hauteur de la colonne de mercure du baromètre équivaut à une différence de pression de 20 - kg, 4. La pression moyenne, réduite au niveau de la mer, est de 762 mm, 5. Depuis 112 ans, on observé les pressions extrêmes de 787 mm, 7 le 0 février 1821 et de 719 mm,
- II paraît qu’en 1749
- encore plus bas de 0 mm, 4. J’ai obtenu un graphique très intéressant en repliant sur elle-même la courbe des minima barométriques annuels (fig. 1 ). Considérez, en effet, la partie gauche de la courbe inférieure; si vous la tirez d’un millimètre vers la gauche, les deux courbes s’emboîtent l’une dans l’aulrc; de même, si vous tirez d’un millimètre vers la droite, la partie droite de la courbe inférieure. Or, regardez les dates : dans le premier cas, vous lirez en haut années 1720-1750, en bas 1820-1850; dans le second cas, en haut 1820-1850, en bas 1910-1920. Une liaison entre des observations barométriques qui appartiennent à trois siècles, cela mérite bien un instant d’attention.
- Vent. — La vitesse moyenne du vent à 21 m. du sol, au niveau des toits, est de 2 m. 14 par seconde ou 7 km, 7 à l’heure; le maximum de la vitesse moyenne a été de 18 m. par seconde ou
- I. D’après mon Allas mêiéorotoçjiquc de Paris M vol. in-4° carré de VI-83 p., avec 0 planches, Gaulhier-Villars, broché, 20 francs).
- 64km,8 à l’heure, le 6 septembre 1899. A 505 m. du sol, au sommet de la Tour Eiffel, la moyenne est de 8 m. 54 par seconde ou 50 km, 7 à l'heure; le maximum. de la vitesse moyenne a été de 42 m. par seconde, le 12 novembre 1894 et le 6 septembre 1899 ; le maximum absolu a dû dépasser 50m. par seconde ou 180km à l’heure.
- Température. — Dans le courant de la journée, la température passe par un minimum quelques instants a-près le lever du soleil, c’est-à-
- dire, avant 8 heures en janvier et après 4 heures en juillet, et par un maximum, dont l’heure varie bien moins, à 14 heures en janvier et à 14 h. 50m.en juillet. Le refroidissement de l’air près du sol, pendant la nuit, produit des inversions de tempera tit re en toutes saisons. Par temps calme, une inversion peut durer plusieurs jours; ainsi, le 12 et le 15 février 1919 pendant qu’il gelait en bas à —7°, la température se maintenait au sommet de la Tour Eiffel au-dessus de 0°. En absence totale du vent, un brouillard extrêmement épais remplissait la dépression de Paris, empêchant de voir parfois à une distance de 50 m. ; mais la hauteur du brouillard ne dépassait guère 200 m., de sorte que, du haut de la Tour Eiffel, on pouvait voir la mer de nuages rendant Paris absolument invisible et au-dessus un ciel clair et un soleil éclatant. La température moyenne, réduite au niveau de la mer, est de 10°,4. Le maximum absolu (58°,4) a été observé le 19 juillet 1881. On trouve bien parmi les observations anciennes 59n,0 le 20 juin 1755 et 58°,4 le 8 juillet 1795; mais ces valeurs, obtenues avec des thermomètres mal gradués, ne sont pas très sûres. Le minimum absolu (— 25°,6) a été observé le 10 décembre 1879. L'amplitude de la variation de la température est de 64°. Date moyenne de la journée la plus chaude, le 20 juillet, ücarls extrêmes : le
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- LE CLIMAT DE PARIS
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- 26 mai (1841 et 1880) et le 12 septembre (1700). Date moyenne de la journée la plus froide, le 20 janvier. Écarts extrêmes : le 9 novembre (1842) et le 17 mars (1825). La différence entre les températures moyennes de janvier (2°,6) et de juillet (18°,4) est de 16° environ; c’est la caractéristique d’un climat tempéré ou moyen.
- La marche de la température à Paris présente des anomalies, dont certaines paraissent confirmer des remarques populaires déjà anciennes; ainsi, par exemple, le réchauffement connu sous le nom d'étéde la Saint-Martin (11 novembre) et, à 6 mois d’intervalle, le refroidissement dit des Saints de glace (11 mai). On les explique par la rencontre de i’essaim d’étoiles filantes des Léonides (11 novembre). De même, il se produit un réchauffement sensible le 11 août, coïncidant avec la rencontre des Per-séides et, 'a six mois d’intervalle, le 11 février, un refroidissement considérable. Par contre, le préjugé relatif à l’influence de la Lune rousse, pendant le mois lunaire qui commence après Pâques, n’est basé que sur une apparence, car la végétation est exposée à des gelées parle refroidissement nocturne, quand le ciel est clair, et qu’on voit, par conséquent, la Lune.
- Gelées. — 11 peut geler pendant 8 mois de l’année, d’octobre à mai. H y a en moyenne 64 jours de gelée par an. La longueur de l’hiver, de la première gelée à la dernière, a été de 205 jours en 1875-1874, tandis qu’en 1885-1884 elle n’a été que de 98 jours. Date, moyenne de la première gelée de l’automne : le 25 octobre; de la dernière gelée du printemps : le 17 avril. Depuis l’hiver 1875-1874, la gelée la plus précoce s’est produite le 5 octobre (1881 et 1912) et la plus tardive le 15 mai (1897). La période de gelée la plus longue a été de 55 jours, du 15 janvier au 16 février 1917.
- Humidité relative. — La moyenne annuelle est de 79 pour 100 de la saturation. Maximum (88 pour 100) en décembre, minimum (70 pour 100) en avril. Le minimum absolu (8 pour 100) a été observé le 27 mars 1899. Par un temps de brouillard, Pair peut rester complètement saturé pendant assez longtemps, par exemple, du 15 au 19 janvier 1898 pendant 84 heures consécutives. Dans le courant de la journée, le maximum se produit avant le lever du Soleil et le minimum vers 14 ou 15 heures.
- Nébulosité. — On note à l’estime, de 0 à 10, la fraction du ciel couverte par les nuages. La moyenne, annuelle est de 6. Maximum (7,5) en décembre; minimum (5,0) en août. Dans le courant de la journée, le maximum se produit vers midi et le minimum vers minuit. En été, il existe un rapport direct entre la nébulosité et la pluie, tandis qu’en hiver on a souvent un régime de hautes pressions avec un ciel couvert, mais sans pluie.
- Insolation. — En 1920, le rapport de la durée effective de l’insolation (1820 heures) à la durée totale de la présence du Soleil au-dessus de l’horizon (4458 heures) a été de 0,41. Maximum (0,59) en octobre; minimum (0,18) en décembre.
- Brouillard. — Le brouillard est constitué par des gouttelettes d'eau pleines, ayant un diamètre de 1 /50e de millimètre. La distance moyenne des gouttelettes (2 mm) est 100 fois supérieure à leur diamètre. A Paris, il se produit parfois des brouillards très denses, mais ils sont localisés près de la Seine et dans les quartiers bas de la ville. La moyenne annuelle est de 50 jours. Maximum (8 ou 9 jours) en novembre; minimum (1 jour) de mai à juillet.
- Pluie. — Fréquence : A Paris, la pluie est un peu plus fréquente le matin et le soir, qu’à midi et à minuit. Intensité : En hiver, il tombe plus d’eau le matin que dans l’après-midi ; mais, en été, les pluies d’orage amènent le maximum dans l’après-midi. La moyenne annuelle est de 576 mm. L’année la plus humide (1878) a fourni 751 mm, tandis que l’année la plus sèche (1899) n’a donné que 418 mm. Variation annuelle : De janvier à mai nous recevons moins d’eau que ne donnerait une répartition uniforme; c’est janvier qui est le mois le plus sec, mai est sensiblement normal. La saison humide va de juin à décembre avec deux maxima sensiblement égaux, en juin et en octobre, et deux minima, en septembre et en novembre. Le mois le plus pluvieux : juin 1854 (195 mm), au début de la guerre d’Orient, a donné naissance à la théorie de Le Maout sur l’influence du canon sur la pluie; le mois le plus sec : septembre 1895 (0 mm, 1). Période sèche : du 15 mars au 8 mai 1895, soit en 55 jours, il n’est tombé que 5 mm d’eau répartis sur 6 jours. Période pluvieuse : du 1er septembre au 9 novembre 1896 avec 509 mm, 5 en 45 jours non consécutifs. Pluies de longue durée : du 12 novembre 1882 à 18ll45m jusqu’au 14 novembre à 10 heures, soit pendant 59h15m consécutives (total : 45mm, 1); du 17 octobre 1920 à 40h 15m jusqu’au 18 octobre à 21h45m, soit pendant 55h50m consécutives (total : à l’Office, 78 mm, à Vaugirard et à Versailles 85 mm, à Verrières 87 mm). Intensité des grandes averses : Le 10 juin 1905 on a recueilli près du Champ de Mars 54 mm en 48 minutes; maximum d’intensité 9 mm, 6 en 5 minutes, soit plus de 5 mm par minute. Nombre de jours de pluie : En englobant dans les jours de pluie tous les jours de précipitations, sous quelque forme que ce soit : pluie, neige, grêle, grésil, pourvu que le sol soit mouillé, on trouve à Paris, en moyenne, 165 jours par an. Il y a, en outre, une quarantaine de jours de gouttes par an. Durée de la pluie en heures : La moyenne annuelle est de 580 heures. (Maximum) 69 heures en décembre; minimum (29 heures) en août. En moyenne, il pleut 1 heure sur 15, soit environ les 7/100 du temps. Analyse de l'eau de pluie : On y trouve de l’ammoniaque, de l’acide nitrique, de l’acide nitreux, de l’acide formique, de la chaux, du chlore, de l’acide carbonique, de l’acide sulfurique et, en outre, de 5 à 10 micro-organismes par centimètre cube à Mont-souris et de 6 à 10 fois plus près de la Tour Saint-
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- Température
- Pluie
- =* Nombres | g S o ^ o| co rô Séjours ° ° o o o °r^fefa°
- « 9 g o 'TmI'
- Pression
- /'ig. 2. —• Valeurs annuelles des principaux cléments météorologiques à Paris, depuis 220ans.
- Jacques. Répartition de la pluie : Les miriima se trouvent tout le long de la Seine et les maxima sur les collines qui la bordent au Nord et au Sud.
- Neige. —La moyenne annuelles de 14 jours, plus 4 ou 5 jours de neige inappréciable. Pendant tout l’hiver 1881-1882 il n’y a eu qu’un seul jour de neige. Par contre, il y a eu 51 jours de neige pendant l’hiver 1887-1888. Il peut tomber de la neige pendant 9 mois de l'année; il n’y a que de juillet à septembre qu’on n’a pas encore constaté de chute de neige. La neige la plus précoce est tombée le 21 octobre 1880 et la plus tardive le. 9 juin 1914.
- Grêk — La moyenne annuelle est de 10 jours. Maximum en mars et en avril, minimum en août.
- Grésil. — La moyenne annuelle est de 5 jours. On n’a pas encore observé de grésil pendant les mois de juin, juillet et août.
- Orages. — La moyenne annuelle est de 27 jours. Maximum (6 jours) en juin et en juillet. Plus de la moitié des orages se produisent entre 12 heures et 18 heures. En été, une pluie d’orage amène une baisse rapiaede la température : 15°,8 le 4 juillet 1895, Joseph Lévene,
- Aide-inétéorologElc de lr“ classe à la Section des Recherches scientifiques de l'Office National Météorologique
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- L’AURÉOLE MARINE ET L’
- La lectui’e de l’intéressant article sur « l’auréole marine » paru dans La Nature (n° 2405, du 2 juillet 1921), m’engage à exposer ici certaines remarques qui^se rapportent à un phénomène analogue et dont l’explication ne paraît pas encore complètement au point.
- Je ne crois pas avoir observé le phénomène décrit par M. Ph. Fabre (n° 2405), et je me garderai bien de faire la moindre remarque sur l’explication qu’il en donne. Quelques détails complémentaires seraient toutefois fort instructifs, notamment celui concernant la distance de l’observateur à la nappe liquide. Cette distance ne doit pas être extrêmement grande, et il semble qu’une observation faite avec une simple jumelle permettrait de se rendre compte, immédiatement, de visu, qu’il s’agit bien de pinceaux lumineux formés par les parties convexes de la surface de l’eau, et éclairant jusqu’à une certaine profondeur, puisque, une des conditions requises est que cette eau soit seulement légèrement trouble.
- Voici donc un phénomène « anthélique » qui semble se produire par l’éclairement des particules en suspension dans l’eau.
- Mais il existe d’autres phénomènes de ce genre.
- Promenez-vous le matin sur une pelouse lorsque l'herbe est toute humide de rosée, en tournant le dos au soleil. Vous constaterez, ici encore, un phénomène « anthélique )) ; l’ombre de votre tète sur l’herbe sera entourée d’une auréole claire, et celte auréole sera plus nette et plus lumineuse si vous vous élevez un peu haut.
- Dans ce ca«, l’explication de l’auréole est facile. Les gouttelettes de rosce font l’office de petites lentilles qui concentrent la lumière solaire à leur loyer. En vertu du principe de la marche inverse des ,rayons lumineux, tous ces petits foyers agissent à leur tour comme source de lumière, et les rayons lumineux reviennent vers le Soleil, c’est-à-dire vers notre mil. C’est le même phénomène qui nous fait paraître lumineux, la nuit, les yeux d’un animal qui nous regarde, lorsque nous tenons par exemple une source de lumière à la main, ou que cette source se trouve juste derrière nous.
- Celte auréole visible sur le sol recouvert de rosée a de nombreux points communs avec le phénomène d’optique aérienne connu sous le nom d’ « auréole des aéro-nautes ». Tous ceux qui ont pratiqué le ballon sphérique ont etc à même d’observer les curieuses apparences dont s’entoure l’ombre du ballon.
- Flammarion, dont on se rappelle les nombreuses ascensions scientifiques, a fait une étude spéciale de ces ombres. Ecoutons-le : « En même temps que le ballon « vogue, emporté par le courant, son ombre voyage, soit « sur la campagne, soit sur les nuages. Cette ombre est « ordinairement noire, comme toute ombre. Mais il « arrive fréquemment aussi qu’elle se détache en clair « sur le fond de la campagne, et parait ainsi lumineuse.
- « En examinant cette ombre à l’aide d’une lunette, on « trouve qu’elle se compose d’ui> noyau foncé et d’une « pénombre eu forme d’auréole. Celte auréole, souvent « très large, relativement au diamètre du noyau central,
- « s’éclipse à la simple vue, de sorte que l’ombre tout « entière paraît comme une nébuleuse circulaire,
- « se projetant en jaune sur le fond vert des bois et des « prés. J’ai remarqué qu’en général celte ombre lumi-« ncuse est d’autant plus accentuée que l’humidité est « plus grande à la surface du sol('). »
- L’ombre produite par le ballon sur les nuages est parfois entourée de cercles colorés du plus bel effet : ce phénomène « anthélique » est produit par la diffraction de la lumière sur les vésicules d’eau qui constituent les nuages. C’est un phénomène différent de celui qui nous occupe et nous le signalons en passant.
- 1. Fummmuo.v : Mes voyages aeriens, o6 édilimi, p. 35ü.
- AURÉOLE DES AVIATEURS
- Théoriquement, l’ombre d'un ballon devrait être noire jusqu’au moment où son altitude serait (elle qu’il sous-tendrait, vu du point où se projette cette ombre, un angle égal au diamètre apparent du soleil. « C’est le moment « précis où, pour un spectateur qui te trouverait sur la « ligne imaginaire qui va du Soleil au ballon, celui-ci « produirait une éclipse annulaire après en avoir produit (( une totale (*). »
- L’ « auréole des aviateurs » n’est pas aulre chose que F « auréole des aéronautes ». Je puis ici en parler en connaissance de cause, ayant pu l’observer un nombre considérable d° fois, au cours d’excursions aériennes en compagnie de M. Maurice Farman.
- Quand on vole en avion au-dessus de la campagne, on voit toujours l’ombre de cet avion sur le sol entourée d’une auréole claire. Le phénomène présente des diflc-rences suivant la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon, la hauteur de l’avion au-dessus du sol, la nature des terrains où se projette l’ombre, le degré d’humidité du sol, l’état hygrométrique de l’air, etc.
- Si on vole bas, l’ombre est obscure, si on s’élève l’ombre peut disparaître et même devenir ltanineuse, suivant la remarque faite par M. Flammarion lors de ses ascensions.
- Cela ne veut pas dire que, sur le sol, l’ombre de l’avion n’est pas obscure. Elle l’est toujours, plus ou moins. En effet, pour s’en rendre compte, il suffit d'imaginer que l'on se trouve à l’endroit où se fait celle ombre. On verra, de ce point, l’avion cacher plus ou moins le soleil.
- 11 y aura diminution de lumière, c’est-à-dire, en lin de compte, tache sombre sur le sol.
- On a vu que l’ombre peut devenir lumineuse. Uans.ee cas, à sa place, on voit, de l’avion, une plage plus claire que le paysage, jaunâtre ou verdâtre, [dus haute que large, sorte de colonne lumineuse qui court sur la campagne. Celte plage est bien visible sur les terrains offrant une certaine étendue, une certaine homogénéité d’aspect, par exemple les terres labourées, les prés, les forêts même. Elle est visible sur les terres exposées au grand soleil et échauffées par lui après plusieurs heures, où aucun dépôt de rosée ne peut exister, ce qui exclut l’explication par les petites sphères d’eau comme dans le cas de la rosée matinale. Mais elle est très visible quand il y a une forte condensation au sol.
- Comment se fait-il que l’ombre, plus au moins obscure sur le sol, puisse dispaiaitre pour les aviateurs et laisser place à une plage lumineuse ?
- 11 semble que le phénomène soit produit par de la lumière revenant vers l’œil des observateurs et réfléchie ou diffusée, notamment par la colonne d’air qui sépare l’avion du point d’ombre. Cette explication n’est pas, cependant, entièrement satisfaisante, car l’ombre lumineuse n’efface pas les détails, même les plus faibles, du paysage, ni les différences de teintes même très peu accentuées du sol.
- 1! apparaît ainsi que l’on se trouve en présence, pour l’explication de celte’« auréole», de plusieurs phénomènes-' dont l’origine réside dans l’éclairement solaire, et qui tous, agissent, dans le même sens. Eu voici quelques-uns : 1” Toutes les portions de surface du sol, terres, arbres, brins d’herbe, feuilles, ect., normales au rayon visuel et aux rayons solaires, et off rant un certain poli, réfléchissent un maximum de lumière vers l’observateur ; 2° le< poussières contenues dans l’air, l’air lui même, juste à l’opposé du soleil, diffusent un maximum de lumière vers l’observateur; certaines de ces poussières, les plus grosses, peuvent produire un effet satellitaire, une phase, dont la partie la plus lumineuse regarde naturellement le soleil; 5" les moindres gouttelettes liquides
- 1. M.\cric6 Farmaü, 5000 kilomètres en ballon, p. 34.
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- GABRIEL LIPPMANN y.....95
- sur le sol renvoient uti faisceau lumineux vers le soleil, elc.
- 11 y aurait lieu d’instituer quelques expériences et une série de mesures de cette auréole étrange, ce qui est possible à présent que les voyages en avion sont entrés dans la pratique courante. Les mesures seront difiieiles parce que le phénomène, quoique très apparent, est nnil limité. On pourra les faire par estimation ou comparaison.
- Il conviendrait, clans ce cas, d’évaluer à la fois la largeur et la hauteur apparentes de la plage lumineuse, de noter la nature des terrains où elle apparaît, la hauteur de l’avion au-dessus du sol, et l’heure — cpii donne
- la hauteur angulaire du Soleil au-dessus de l’horizon, et par suite la distance de l’ombre.
- La photographie, si précieuse chaque fois qu’il s’agit de conserver la trace de phénomènes fugitifs, pourrait èlrc mise à contribution, si toutefois elle peut enregistrer un phéipymèrie : aussi faible, il y aurait avantage à faire chaque .fois les observations au-dessus des mêmes terrains, en notant les conditions hygrométriques du sol, et aussi d’en faire au-dessus des étangs et des lacs, ce qui permettrait; peut-être, dé voir et d’étudier 1’ « auréole marine » cause initiale do ces quelques remarques.
- Em. Touciiet.
- GABRIEL LIPPMANN
- Le plus illustre dos physiciens français cunlem-porains, le professeur Lippmann, vient de mourir, après quelques jours de maladie, à l’âge de 70 ans. Doué d’une santé qui lui permettait encore d’entreprendre des voyages, il avait été prié de se joindre à une mission' envoyée en Amérique pour y faire rayonner la pensée française. Frappé d’une insolation, à la veille de son retour, il a succombé sur le bateau qui le ramenait en Europe;
- Professeur, depuis 1878, à la Faculté des Sciences de Paris, et directeur, depuis 1886, du laboratoire des recherches physiques à la Sorbonne, M. Lippmann a joue un rôle considérable dans l’enseignement. Son œuvre personnelle, dont nous ne pouvons donner ici qu’un trop bref aperçu, est vaste, tant par elle-même, que par les conséquences des travaux qu’elle a permis ou suscités, car il est peu de domaines de la physique où ne se soit exercée la puissance intellectuelle du génial savant.
- La carrière de M. Lippmann a débuté par la soutenance d’une thèse qui constituait un chapitre nouveau du livre de la science. Elle établissait, en effet, la théorie mathématique de phénomènes qu’il venait de découvrir, ceux d’électrocapillarité oif rapports entre la tension superficielle d’un système de liquides et la charge élcclrique. Elle dotait, en même temps, les électriciens de L’un des appareils les plus sensibles connus : l’éléetromèlre capillaire.
- Peu après, M. Lippmann énonçait l’important principe de la conservation de l'électricité, conception si générale qu’elle a permis non seulement d’expliquer des phénomènes déjà observés, mais d’en prévoir et découvrir de nouveaux. On doit, en-outre, à M. Lippmann, la détermination de l’olim en valeur absolue et la création de nombreux appareils de mesure, L’une des applications les plus curieuses qu’il ait faites des mesures électriques est la rpé-thode imaginée par lui pour retrouver la valeur actuelle de la seconde de temps, si elle venait, à varier au cours des siècles. j ; ;
- Membre du Bureau des Longitudes, M. Lippmann a fait porter aussi ses recherches sur les déterminations horaires en astronomie et sur l’élimination des erreurs personnelles. C’est ainsi qu’il a réalisé
- un pendule entretenu électriquement dans des conditions où la durée d’oscillation n’rst pas altérée par les impulsions périodiques données à l’inslru-ment. Il a, de plus, conçu lin cœloslat, appareil donnant uiie 'image: du ciel immobile par rappoit à la Terre et trouvé une méthode directe photographique pour déterminer les coordonnées équatoriales des étoiles et du soleil.
- Parmi tous les travaux de M. Lippmann, le pins connu du publie est la solution, si longtemps cherchée en vain, du problème de la photographie des couleurs. La théorie lui ayant permis de prévoir, dans leurs moindres détails, les condilions de réussite, il est parvenu, après des annc'csd'efl'orls tenaces et conlianls, à réaliser une couche sensible, transparente et sans grain, qui, pendant la pose, est mise en contact avec une lame de mercure. Grâce à la réflexion de la lumière à la surface du mercure, et à son renvoi dans la direction de la source, il se produit des interférences dont la trace s’inscrit dans la couche sensible. Après le développement, celle-ci, éclairée par de la lumière blanche, réfléchit uniquement des radiations ayant la même longueur d’onde que celles qui l’ont frappée en ses divers points. La plaque interférentielle joue, en somme, pour les vibrations lumineuses, je même rôle que le phonographe pour le son. L'effet obtenu est saisissant, car ies différentes nuances sont repi o-duites avec une fidélité absolue. Sans aucijn doute, l’avenir verra se généraliser l’emploi et les applications de celle splendide méthode, la seule qui mérite d’être appelée un procédé de photographie directe des couleurs, et la seule qui donne des épreuves inaltérables par le fait môme qu’elle ne met en oeuvre aucune matière colorante.
- Cette remarquable découverte — vérifiant., une fois de plus,!la théorie des ondes lumineuses — valut, en 1908; à .M. Lippmann* le. prix Nobel* suprême distinction quj venait, s’ajouter à toutes eelLes îlo.nt le ùiaîtfc avait déjà^été l’ôbjetf Grand Officier delà Légiond’Honneur, membre des.principaux corps savants du monde cnlicr, docteur de plusieurs universités étrangères, il faisait partie de nombreux conseils scientifiques.
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- Les caractéristiques de l’œuvre de M. Lippmann sont la logique et l’élégante simplicité. L’idée venue, les moyens, mis en œuvre pour la réaliser étaient, la plupart du temps, rudimentaires. Une épingle à cheveux, quelques allumettes, un bâton de cire lui permettaient d’établir et d’étudier les projets d’ap-
- gnement. Sa bienveillance pour le chercheur était extrême. Jamais un conseil n’a été sollicité de lui en vain : la réponse immédiate, précise, contenait, presque toujours, une synthèse d’idées nouvelles dont l’interlocuteur saisissait l’éclosion. De même, les auditeurs de son cours avaient souvent la surprise
- Gabriel Lippmann.
- pareils les plus délicats. C’est ainsi qu’un tube de verre et un récipient contenant du mercure recouvert d’eau acidulée constituent l’électromètre capillaire, réalisable en quelques minutes et susceptible
- de déceler une différence de volt.
- Simple dans ses méthodes de travail, le maître l’était encore dans sa vie et dans ses rapports avec les nombreux élèves qui ont profité de son ensei-
- de potentiel de
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- d'une digression improvisée, amenée par la logique du raisonnement.
- Lorsque, dans la conversation, il abandonnait les questions scientifiques. M. Lippmann savait imprimer un cachet particulier aux moindres détails et, parfois, il dissimulait mal la profondeur de son jugement sous certains paradoxes apparents exprimés avec une finesse et une grâce d’autrefois. Cette gloire de la science posséda un charme inexpri-mab’e. . , C. le Wattevili.e.
- Le Gérant : P. Màssox, — Imprimerie Laiickk, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- 13 AOUT 1921
- 49e ANNÉE. — N° 2471
- LE POMPILE ET L’ARAIGNÉE
- Sur la foi de quelques curieux d’Entomologie d’un évolutionnisme convaincu mais spontané et non documenté, on a été souvent porté à attribuer à une intelligence propre, tous les mouvements vitaux des insectes.
- C’est ainsi qu’oublieux des enseignements donnés par l’éminent naturaliste qu’était Fabre, et par ses successeurs, MM. Bouvier, Feston,
- Lesne, Marchai, Rabaud, Rou-baud, pour ne citer que les plus autorisés, certains ont voulu considérer comme des manifestations de très haute intelligence l’acte par lequel certains Hyménoptères immobilisent la proie qui, vivante et paralysée, assurera la nourriture de leur postérité : Fabre1 déclarait que seul l’instinct héréditaire apprenait au Pompile la façon d’attaquer les araignées dont il remplira les logettes où ses œufs seront pondus. A. Labille y voit un acte réfléchi et l’un et l’autre discutant de l’origine psychique qui déterminait le coup d’aiguillon dirigé par le Pompile vers les centres nerveux de l’Araignée y trouvait matière à interprétation. Mais dans cette discussion sur les origines et les mobiles de l’acte, on omettait la vérification des circonstances matérielles du fait.
- Claude Bernard, le grand maître de la physiologie, formulait ce principe qu’un résultat expérimental constituait un motif à de nouvelles expériences.
- La valeur de cet enseignement demeure perma-mente, car il n’y a pas « un coup de poignard
- 1. II. Faure. Souvenirs enlomologiques. 2“ série, ch- xii. Les Pompiles.
- Fig. i.— Pompile.attaquant une Araignée.
- unique donné aux centres nerveux de l’Araignée et réitéré en cas d’échec, il y a autre chose.
- Le P1' E. Roubaud, de l’Institut Pasteur de Paris, a établi par de très belles expériences, cpie l’Hymé-noptère prédateur, Ichneumon ou Pompile, attaque la proie qui lui est habituelle comme il le peut, et lui injecte dans les tissus mous un liquide dont l’action, se prolongeant de proche en proche, atteint les centres nerveux et paralyse ainsi la proie.
- C’est ce qui explique la difficulté qu’éprouvent les Hyménoptères à introduire leur aiguillon souple et grêle dans les membranes qui unissent les pièces chilineuses lorsqu'il s’agit d’insectes durs et cuirassés, tels que sont les Coléoptères.
- Au mois de juin dernier, j’ai suivi à Janville-sur-Juine la chasse que faisait un petit Pompile aune grosse Araignée dodue, celle-ci se sauvait à toutes pattes et traversait une large allée. Le Pompile voletait derrière elle, cherchant à la saisir, il la manqua sept à huit fois sans se décourager. L’Araignée avait traversé l’allée et allait échapper en se glissant dans les herbes; curieux de voir continuer le combat, je jetais une pincée de sable devant l’Araignée qui s’arrêta, interdite. Le Pompile, tout à sa chasse, arriva sur elle, tenta de l’arrêter, et, engageant immédiatement la lutte, essaya à plusieurs reprises, de l’atteindre sous les côtés de l’abdomen et sous le ventre.
- Avec le premier coup qui porta, la résistance de l’Araignée faiblit un peu, puis, après un dernier coup, l’Araignée se détendit, abandonnant toute défense, seules, ses chélicères 7. — 97.
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- 98 .. : LES PHÉNOMÈNES SONORES DANS LA NATURE
- remuaient encore. Le Pompile, cambre sur ses pattes de derrière, passa successivement ses pattes antérieures sur ses antennes et sur sa face, brossa et lustra ainsi ses poils; puis brusquement, il saisit entre ses mâchoires une patte de l’Araignée et commença à l’entraîner avec une force et une vitesse dont je n’aurais pu le croire capable (fig.2).
- J'intervins à mon tour, et j’emportais l’Araignée, qui, mise au soleil, puis chatouillée doucement avec une herbe, resta inerte, molle et paralysée. A loisir le lendemain, je la disséquais dans mon laboratoire, les traces de quatre coups d’aiguillon étaient distinctes et présentaient l’aspect de minces traits assombris au fond, aucun d’eux, n’avait atteint la chaîne nerveuse. L’Araignée cependant restait vivante, malgré son inertie absolue, à partir du moment où elle fut disséquée, elle mourut et se
- putréfia rapidement. A. II. Hollande, complétant l’expérience de Roubaud, a démontré que malgré l’état de paralysie des chenilles et des autres diverses proies inhibées par l’Hyménoptère prédateur, les phénomènes d’élimination se manifestaient encore et décelaient ainsi l’état de vie.
- Les observations que je viens de relater ici amèneront peut-être des lecteurs à consacrer un peu de leur temps à l’étude des modalités vitales des êtres.
- Aucune recherche ne sera plus féconde en résultats, et un jour, un grand esprit pénétrera la complexité, sans doute apparente, de l’angoissant problème de la vie.
- C’est le but suprême de tous ceux que la nature passionne.
- J. Surcouf.
- (UieT dos Travaux de zoologie au Laboratoire colonial du Muséum.
- LES PHÉNOMÈNES SONORES DANS LA NATURE
- Dans une intéressante élude que pub’ie le Journal of the Franklin Institute, M. Humphreys le distingué professeur de physique météorologique du Weather Bureau des Etats-Unis, passe en revue les principaux phénomènes sonores dont la nature nous offre l’audition ; et en propose une explication.
- Nous résumons ci-dessous cet exposé.
- Crissement de la neige. — Par un temps d’hiver très froil, lors jue le sol est recouvert d’une épaisse couche de neige, on entend celle-ci « crier » sous les pas. Ce bruit disparaît, lorsque la température remonte au voisinage de zéro. C’est que, dans ce dernier cas, sous la plus légère pression la neige subit un commencement de fusion, pour se recongeler dès que la pression cesse ; tandis que dans le premier cas, la neige est trop froide pour fondre sous les pas du passant ; mais sous le poids de son corps, les cristaux dont la neige est formée se brisent en glissant les uns sur les autres et produisent le bruit caractéristique bien connu.
- Le Tonnerre. — Le tonnerre, on le sait, est le bruil qui accompagne la décharge de la foudre.
- Le long du trajet de la foudre, il se produit un échauffement brusque et intense, provoquant une dilatation brusque de l’air, analogue à une explosion. Cette dilatation produit dans l’air environnant une onde de compression qui se propage avec la vitesse du son.
- Tonnerre musical. — Il arrive parfois, qu’un observateur placé dans le voisinage du trajet de la foudre, entende le tonnerre débuter par une note musicale.
- Ce phénomène s’explique par le fait que certaines décharges sont constituées par une série d’étincelles rapides qui parfois se succèdent assez vile et avec assez de régularité pour donner naissance à un son quasi-musical.
- La longue durée du bruit du tonnerre
- a grande différence de distance
- Durée.
- est due surtout à qui sépare dans l’éclair le point le plus proche et celui le plus éloigné de l’observateur. Si cette différence est de 8 kilomètres, ce qui est très fréqucnl, la durée du tonnerre pour cette seule raison sera de 22 secondes environ. L’écho peut prolonger encore celle durée.
- Roulement du tonnerre. — Les grandes variations du son qui constituent le roulement du tonnerre ont, d’après M. Humphreys, les causes suivantes : tout d’abord l’inégalité des trajets accomplis par le son entre les divers points sonores et l’oreille de l’observateur. Le bruit du tonnerre se produit simultanément sur toute la longueur des étincelles électriques qui lui donnent naissance. Or celles-ci ont des formes brisées extrêmement irrégulières et leurs différents points sont donc à des distances inégales de l’observateur. Ainsi s’expliquent les variations d’intensité du son, notées dans le coup ^ de tonnerre; ainsi s’explique aussi le fait que deux coups de tonnerre, ne sont jamais identiques l’un à l’autre.
- Un autre phénomène peut contribuer encore au roulement ; c’est la succession rapide des décharges électriques qui s’observe dans un grand nombre de cas; alors les sons produits interfèrent plus ou moins les uns avec les autres se neutralisant en certains points, se renforçant mutuellement en d’autres, le tout se fondant dans un mouvement irrégulier.
- Enfin
- la réflexion du son sur les montagnes ou
- les collines, ou tout autre objet prolonge encore le bruit du tonnerre et accentue son roulement. Mais leur présence n’est nullement une condition indispensable.
- A quelle distance entend-on le tonnerre. — Le tonnerre est rarement entendu à plus de 24 kilo-
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- LES PHENOMENES SONORES DANS LA NATURE —"-i::_i-:_ 99
- mètres; c’est une portée beaucoup plus faible que celle observée, dans des cas très nombreux, pour le son du canon.
- Il n’y a pas lieu d’en être surpris ; les deux phénomènes sont essentiellement différents, les puissances mises en jeu et imprimées acoustiquement à l’air ambiant ne sont pas les mêmes, ni transmises de la même manière. D’autre part on tire le canon par tous les temps, et il y a des temps favorables à la transmission du son à grande distance; mais le tonnerre ne se produit que les jours d’orage en des points où l’atmosphère est troublée par des vents d’allure désordonnée : conditions aussi défavorables que possible à la propagation du son.
- Les Bronti-des. — On désigne sous ce nom ou sous celui de mislpoeffers des bruits sourds de courte durée, ressemblant au tonnerre, mais qui ne sont certainement pas le tonnerre, car ils se produisent souvent lorsque le ciel est bien clair; ces bruits donnent l’impression d’être produits à grande distance, mais dans une direction indéfinissable. On les perçoit surLout dans règne une grande activité sismique.
- Pour M. Humphreys, les bronlides sont des roulements dus à des tremblements de terre, trop faibles pour impressionner les enregistreurs.
- Hurlement du vent. — Les esprits contemplatifs ont toujours pris plaisir à écouter, dans une chambre bien close, certains jours d’hiver,le concert du vent qui souffle à l’extérieur.
- Ils se plaisent à y distinguer les voix de mille instrumentistes divers : les uns sifflent, d’autres grondent, gémissent, rugissent ou pleurent. L’or-
- chesLre sc tait un instant, puis reprend, avec rage. Àudehors, on en distingue moins bien les diverses parties, l'oreille étant assourdie par le sifflement de l’air qui la fouette.
- L’explication physique précise du phénomène parait faire encore défaut : mais il semble possible d’affirmer qu’il est du au choc du vent contre l’obstacle formé par la maison, ou plutôt aux courants tourbillonnaires qui se forment en conséquence au voisinage immédiat de l’obstacle. Il arrive que des tourbillons prennent naissance en certains points favorisés, des parois extérieures de la maison; emportés au fur c à mesure qu’ils apparaissent, ils se reforment aussitôt, et la fréquence de leurs successions peut atteindre la hauteur d’un son musical.
- Le chant des fils télégraphiques et téléphoniques. — Combien de promeneurs n’a-t-il pas intrigués et combien d'explications plus ou moins fantaisistes en sont fournies chaquejour. C’est cependant un phénomène qui a été bien étudié, il y a déjà bien longtemps, en 1878, par un physicien allemand StrOuhal, dont le travail fut publié par les Anna-len der Physilc.
- 11 montrait qu’un vent qui souffle normalement à un cylindre, tel qu’un fil tendu, fait rendre àcelui-ci des sons musicaux, même si le cjlindre lui-même ne participe pas à la vibration; la hauteur de la note produite ne dépend ni de la nature, ni de la longueur, ni de la tension du fil; elle est directement proportionnelle à la vitesse v du vent, et inversement proportionnelle au diamètre d du fil. Si on désigne par n la hauteur de la note, c’est-à-dire son
- Fig. i. — Photographies de tourbillons produits derrière un /il métallique placé dans un courant u’eau.
- les régions où
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- 100 :::.r—.......~= UN NOUVEAU CARBURATEUR
- nombre de vibrations sonores par seconde; n est donné par la formule approchée :
- v
- n = 0,185-- (v et d sont comptés en centimètres).
- Lorsque la note ainsi produite coïncide avec la note propre (fondamentale ou harmonique) que rendrait naturellement le fd s’il était mis en vibration à la façon d’une corde de violon sous l’action d’un archet, le fil se met à vibrer violemment; c’est le phénomène bien connu de la syntonie.
- On voit que le chant des fils télégraphiques n’a pas, en fait, pour cause l’élasticité du fil, comme c’e.-t le cas pour le son rendu sous l’archet par la corde de violon ; la note qu’ils donnent varie en effet graduellement avec la vitesse du vent, mais ne varie pas d’harmonique en harmonique comme les cordes du violon. Le phénomène est dû en réalité à l’instabilité des tourbillons qui naissent derrière le fil frappé par le courant d’air.
- Cette explication qui se déduit tout naturellement des expériences de Strouhal, est confirmée par des vues cinématographiques prises au National Physi-cal Laboratory d’Angleterre qui montrent les tourbillons naissant derrière un cylindre placé normalement à un courant d’eau. On voit ceux-ci se former à intervalles réguliers, alternativement au-dessus et en dessous du cylindre. La masse d’eau agitée qui se trouve en cette région (fig. 1) se trouve donc mise en vibration de même période. Le phénomène dans l’air est tout à fait analogue.
- Le murmure des arbres et de la forêt. — M. Humphreys étudie ensuite le murmure des arbres qu’il rattache au cas précédent, en traitant chaque branche, chaque tige et même chaque feuille comme un obstacle capable de donner un son dans le vent, lorsqu’il se trouve dans les conditions indiquées par la formule de Strouhal.
- Chacun a pu se rendre compte que sous le souffle du vent, chaque arbre rend un son qui lui est propre, et toute oreille exercée distingue aisément, un jour de grand vent, la voix du chêne de celle du sapin.
- M. Humphreys montre que ce phénomène est dû à l’addition de chacune des notes individuelles émises par toutes les branches et les tiges, qui constituent autant de cordes d’une gigantesque harpe éolienne. Chacune de ces notes, isolée, est imperceptible.
- Mais M. Humphreys établit que leur somme donne une note composée, dont la hauteur est approximativement la moyenne des hauteurs des notes élémentaires et dont l’intensité moyenne est la somme des intensités des notes élémentaires. Il en résulte que la hauteur de la noie émise par un arbre est essentiellement celle du rameau moyen ou de l’aiguille moyenne, dans le cas d’un pin, et l’on s’explique que, bien que chaque note élémentaire soit imperceptible, l’arbre liii-même puisse être entendu jusqu’à une certaine distance.
- De même que les notes élémentaires des myriades d’aiguilles d’un pin se composent pour donner un son net et caractérisé, de même les voix de tous les arbres d’une forêt agitée par le vent, s’ajoutent pour multiplier l’intensité de la voix de l’arbre moyen et la faire entendre jusqu’à des distances assez grandes.
- Cet aperçu rapide d’un travail fort intéressant suffira, nous l’espérons, à montrer que les phénomènes sonores dans la Nature, offrent amplematière à l’observation et à la méditation scientifiques, et que leur étude approfondie peut être riche de résultats pratiques.
- L’acoustique est la branche de la science qui possède les théories les plus simples, les plus claires, et les plus entièrement adéquates aux faits. C’est là sans doute la raison qui a éloigné d’elle la plupart des savants modernes; puisqu’elle interdit tout e>poir de découvrir dans le monde sonore quelque nouvelle vérité profonde.
- Mais les phénomènes sonores de la nature sont toujours extrêmement complexes, et il n’est pas inutile de chercher à débrouiller cette complexité.
- On s’en est bien aperçu pendant la guerre, lorsqu’il s’est agi de mettre au point, des méthodes acoustiques, théoriquement fort simples, pour le repérage des canons ou des sous-marins ennemis : Pour résoudre le problème, il n’a pas fallu moins que l’effort de toute une pléiade de physiciens éminents.
- Comme récompense, non seulement le résultat pratique cherché a été obtenu d’une façon très satisfaisante, et très efficace pour le succès de nos armes, mais encore des phénomènes très remarquables et jusque-là inaperçus ont été mis en évidence, ainsi qu’en témoignent les beaux travaux de M. Esclangon sur les infra-nom et l’acoustique des canons. A. T.
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- UN NOUVEAU CARBURATEUR
- Le carburateur Zénith à triple diffuseur.
- Tout le monde sait quel est le rôle du carburateur à bord d’une automobile. Cet organe a pour fonction de carburer l’air admis dans les cylindres du moteur, c est-à-dire de lui ajouter, en la vaporisant, la quantité d’essence nécessaire pour former le mélange
- explosif qui, une fraction de seconde plus tard, va détoner dans le cylindre sous l’action de l'étincelle et fournir en se détendant la force motrice qui propulse la voiture.
- Ce mélange est obtenu pour des proportions
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- UN NOUVEAU CARBURATEUR
- bien déterminées et invariables d’air et de gaz combustibles.
- La chose est moins aisée à réaliser qu’elle ne le semble à première vue.
- La grande majorité des carburateurs modernes sont à giclage. Le principe en est représenté très schématiquement figure 1. L’essence liquide est contenue dans un vase où son niveau est maintenu constant par un flotteur : quand le niveau tend à monter, un pointeau placé sur le flotteur vient lermer le canal qui amène l’essence du réservoir au carburateur : si le niveau baisse le pointeau découvre l’orifice du canal et l’essence retombe dans le vase jusqu’à ce que le niveau voulu soit atteint.
- Du bas du vase à niveau constant, part un tube recourbé se terminant par une pointe étroite (t débouchant dans une enveloppe reliée au cylindre et par où pénètre l’air frais appelé par le coup de pompe du piston. Lorsque celui-ci crée une dépression dans ladite enveloppe, l’essence liquide contenue dans les vases communicants formés par le vase à niveau constant et le tube recourbé, gicle à l’extrémité de ce dernier, et se répand dans l’air sous forme de petites gouttelettes qui se vaporiseront d’autant plus vite que leur volume sera plus faible.
- Un papillon placé dans l’enveloppe et dont on règle l’ouverture permet, en étranglant plus ou moins la section, de faire varier la quantité d’air aspirée par le moteur.
- Ce dispositif est fort simple; mais il donnerait sur une automobile de piètres résultats et jamais il n’est appliqué aujourd’hui sous cette forme rudimentaire.
- Un carburateur d’automobile doit, en effet, se
- Fig. 2. — Coupe schématique de l'ancien carburateur Zénith.
- plier automatiquement aux conditions de marche du moteur qui sont extrêmement variables. : lorsque le moteur tourne à grande vitesse, le piston du cylindre pendant le temps d’aspiration, se déplaçant très
- rapidement, crée une forte dépression autour du gicleur, qui va débiter plus d’essence en même temps que celle-ci se vaporisera plus vite : ainsi une
- Réservoir
- d'essence
- I vers le moteur Papillon
- Pointeau
- Vase à niveau " constant
- Flotteur
- Arrivée d'air
- Fig. i. — Schéma d'une carburation à giclage.
- cylindrée aspirée pendant la marche à pleine vitesse contiendra plus d’essence volatilisée, qu’une cylindrée aspirée pendant la marche au ralenti : si le moteur et le carburateur sont réglés comme il convient pour la première marche, ils fonctionneront mal pendant la seconde : le moteur aura de mauvaises reprises; et tous les automobilistes, forcés de changer souvent d’allures, estiment que la bonne marche au ralenti et la souplesse des reprises sont les conditions essentielles.
- Faut-il ajouter que la température du carburateur joue un rôle important. Le carburateur est une petite machine évaporatoire agissant par saccades, chacune d’une fraction très courte de secondes ; l’évaporation d’un liquide absorbe toujours une grande quantité de chaleur qui ici est empruntée à l’air ambiant; provoquant un refroidissement, d’autant plus vif que l’évaporation est plus rapide : or l’essence n’est pas un liquide homogène, mais un mélange de composants plus ou moins volatils, et la proportion de ces composants qui s’évaporent change avec la température.
- Et nous ne parlerons pas de l’influence de la pression atmosphérique.
- On voit qu’il n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire au premier abord, de faire remplir de façon satisfaisante par le carburateur son double rôie de doseur et de vaporisateur, donnant à chaque cylindrée quelle que soit l'allure du moteur, les mêmes proportions d’air et d’essence.
- Cela explique qu’un si grand nombre de solutions aient été proposées pour la carburation. Il y a tant de conditions à concilier que, ainsi qu’il arrive toujours en mécanique, les meilleurs appareils représentent toujours un compromis dans lequel on fait un sacrifice, en ce qui concerne l’économie théorique maxima, pour assurer en tout cas la sécurité de fonctionnement.
- Parmi les systèmes assez nombreux qui fonction-
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- — UN NOUVEAU CARBURATEUR
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- nent aujourd’hui à la satisfaction des automobilistes l’un des plus originaux est, sans conteste, le carburateur automatique imaginé en 1906 par M. Bave-
- Coupe schématique, du nouveau carburateur Zénith.
- Fig. 3.
- ray, et qui sous le nom de carburateur Zénith, a pris depuis lors un très grand développement, attestant sa valeur pratique.
- Depuis cette époque, les moteurs d’automobüe ont évolué; leurs vitesses de régime ont augmenté, atteignant 2500 tours par minute et davantage. Le carburateur, qui doit être en toutes circonstances le serviteur docile du moteur et se modeler sur lui, devait évoluer parallèlement. Aussi le carburateur Zénith vient-il d’être l’objet de perfectionnements ntéressants, que nous nous proposons de décrire.
- H nous faut rappeler tout d’abord la constitution du carburateur primitif de M Baveray, dont le principe, du reste, est maintenu intégralement sur le nouveau carburateur.
- Avec le carburateur à giclage schématique décrit plus haut, le moteur a sa cylindrée d’autant plus riche en combustible qu’il tourne plus vite. Il faut remédier à ce défaut et assurer, d’aussi près que possible, la constance de composition du mélange. L’idée extrêmement ingénieuse qui a présidé à la naissance du carburateur Zénith est la suivante : déterminer un deuxième ajutage dont le débit varie en sens inverse du premier, c’est-à-dire fournisse d’autant plus d’essence pendant une cylindrée, que la vitesse du moteur est plus faible. Pour cela, on dispose ce deuxième ajutage de façon qu’il donne un débit constant par unité de temps.
- La disposition du carburateur est représentée figure 2; V est le vase à niveau constant : au tube principal de giclage C est adjoint le jet compensateur H. Ce jet prend lui-même son origine au fond d’une pipe J débouchant à l’air libre et dans laquelle l’arrivée de l’essence se fait par l’orifice calibré 1,
- débouchant à l’air libre; le débit de cet orifice ne dépend, dans ces conditions, que de la hauteur du niveau d’essence dans le vase au-dessus de lui et celle-ci étant invariable, le débit en I est bien constant; il en est de même du débit du gicleur compensateur 11.
- Les deux gicleurs (1 et 1! débouchent au centre du diffuseur X, pièce métallique dans laquelle passe l’air aspiré, et dont le rétrécissement augmentant la vitesse de la veine gazeuse assure la diffusion des gouttelettes d’essence dans l’air.
- Ces dispositifs assurent l’alimentation du moteur en marche normale. Au ralenti, le papillon P étant presque fermé, la dépression est très faible sur les orifices des jets G et U qui ne débitent plus. Mais l’appareil est pourvu en outre d’un tube U en relation avec la pipe J, d’une part et débouchant d’autre part contre la tranche du papillon, lorsque celle-ci est à son point de fermeture. En marche normale le tube U ne débite rien; mais au ralenti, la dépression qui règne en U sc transmet au-dessus du petit jet de ralenti u et forme avec l’air qui entre par z une émulsion riche qui carbure l’air passant autour de la tranche du papillon. Lorsque le trou de ralenti en U est découvert en entier, la dépression se transmet sur les jets G et H qui commencent h débiter; il n’y a ainsi aucune discontinuité entre le ralenti cl l’ouverture maxima du papillon D.
- Tel est le carburateur bien connu de tous les automobilistes. Comme nous l’avons dit, les moteurs modernes ont des vitesses de rotation de plus en plus élevées; c’est-cà-dire que la carburation de l’air et le remplissage du cylindre doivent s’effectuer en des temps de plus en plus courts. Les constructeurs sont amenés à recourir à de grandes sections pour le passage du gaz : mais cela présente de gros inconvénients pour la carburation : par suite de l’insuffisance de dépression, la pulvérisation de l’essence devient imparfaite et les reprises difficiles.
- Pour remédier à ces inconvénients, le nouveau carburateur, tout en gardant le principe du tube compensateur, est muni d’un nouvel organe, du reste purement statique et automatique qui n'en
- Fig. 4 à 6. — Le correcteur du nouveau Zénith dans ses diverses positions.
- compliquera donc pas l’entretien, le triple diffuseur (fig. 5).
- Dans cette nouvelle disposition les jets G et II n’aboutissent plus directement au centre du diffuseur X; ils débouchent dans un canal horizontal C dont une extrémité communique avec la chambre
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- UN NOUVEAU CARBURATEUR
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- annulaire N encerclant le petit cône c qui représente le premier étage du dilfuseur ; l’émulsion d’essence pénètre à l’intérieur du cône par les orifices qu’on aperçoit sur la figure ; l’air aspiré par le premier cône du diffuseur a en ce point une grande vitesse et le mélange carburant commence à s’effectuer. Il est repris par un deuxième cône b où le brassage de l’air et de l’essence s’effectue à nouveau, pour venir finalement se pulve'riser une troisième lois dans l’étranglement du diffuseur proprement dit X.
- La dépression sur les orifices de giclage se trouve ainsi considéra-blementaugmrn-tée par rapporta un carburateur ordinaire.
- Le triple diffuseur permet donc d’obtenir un bon mélange il assure aux bas régimes ^ des moteurs (200 tours) des reprises instantanées, tel est le cas par exemple d’une voiture gravissant une côte en prise directe.
- En môme temps qu’on se préoccupait de mieux adapter le carburateur aux exigences des moteurs modernes, on cherchait à réduire encore la consommation de l’essence, en rendant le carburateur aisément réglable suivant les conditions de marche. Un carburateur, en effet, ne donne jamais le minimum de consommation lorsque la puissance des moteurs est maxima. Il y a un régime déterminé démarché pour lequel la consommation est minima et il peut être intéressant quand on n’a pas besoin de toute la puissance du moteur, ce qui est très fréquent en marche ordinaire sur route, de se metlre au régime deconsommationd’essenceminima, ce qui permettra de réaliser des économies sérieuses de combustible.
- Ce résultat est obtenu au moyen d’un organe supplémentaire, très simple il est vrai, le correcteur. I.es prix élevés actuellement pratiqués pour l’essence justifient amplement cette légère complication. Le correcteur permet en outre de réaliser un départ immédiat à froid.
- Le correcteur est un robinet réglable d’entrée i
- d’air à 5 voies F (fig. 4). Il permet, suivant la position de la clé R, soit de fermer la prise d’air Z du dispositif de ralenti B, soit d’introduire de l’air dans la canalisation d’émulsion C.
- L’introduction de l’air extérieur par 0 dans la canalisation C diminue la dépression sur G et II et par suite leur débit d’essence, sans rien modifier du res!e à l’automaticité du système, puisque la dépression est toujours amoindrie dans le même rapport.
- Le fonctionnement est lesuivant : la clefK élantà la position de départ (fig. 4) le boisseau du robinetF
- obture les canaux 3 et C (fig. 3), et empêche l’air d’y pénétrer, le dispositif de ralenti B n’aspire que de l’essence, ce qui permet un départ instantané à froid.
- En ramenant la clé à la position normale on met le ralenti B en communication avec l’atmosphère, le tube d’amenée 3 aspire de l’air par les entrées 0; le ralenti reprend son fonctionnement ; v est une vis de réglage d’air du ralenti, la canalisation d’émulsion C n’a toujours pas d’entrée d’air. Tout se passe comme si l’appareil de correction F n’existait pas. En tournant encore la clé K (fig. 6) on l’amène à la position « pauvre ». Le tube 3 du ralenti se met petit à petit en communication avec l’air par l’entrée 0 (le ralenti reprenant son fonctionnement normal) ; la canalisation d’émulsion C est mise également progressivement en relation avec l’atmosphère ; de cette manière le débit d’essence des gicleurs dimi-minuera peu à peu pour fournir la carburation la plus économique. On peut réaliser ainsi des économies allant jusqu’à 20 pour 100. Le correcteur se manœuvre à volonté au moyen d’un levier de commande.
- La figure 7 représente en coupe partielle le nouveau carburateur et montre son mode de construction. Les mêmes lettres désignent sur cette figure les organes précédemment figurés sur les schémas. V est la cuve à niveau constant du modèle ordinaire.
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- L’essence pénètre par le trou 0 dans la canalisation M qui alimente le compensateur I et le gicleur G. — Le compensateur débouche dans le puits J ouvert à l’air libre par les trous j. — Dans ce puits est placé un tube D, appelé tube d’émulsion. —Ce tube délimite avec la paroi intérieure du puits J un espace annulaire II fermé complètement à la partie supérieure et partiellement à sa partie inférieure par la collerette I du tube d’émulsion. — Dans cet espace annulaire, règne la dépression transmise depuis les cônes de diffusion c et b par le canal G ; le passage autour de la collerette 1 du tube d’émulsion ne permet qu’une rentrée d’air (et d’essence) trop faible pour diminuer sensiblement celte dépression ; de même à cause de ce faible passage qui correspond à la restriction de l’extrémité du tube H dans nos figures 2 et 5 aucune dépression importante ne se fait sentir dans le fond du puits J sur le compensateur I. — L’air du puits entraînant l’essence débitée par ce compensateur passe dans l’espace annulaire II autour du tube d’émulsion et va former avec l’essence du .jet principal qui s’y rajoute au niveau de l’axe.du tube C, l’émulsion qui est pulvérisée par le cône primaire ci
- Le « correcteur » F est actionné au moyen du levier k. Sur.la figure 5, nous l’avions représenté pour plus de clarté, sous la forme d’un robinet à trois voies bien que sa construction réelle fût diffé- |
- rente. L’axe, a, dans l’extrémité duquel est taillée la came r manœuvre les deux soupapes q et s, qui obturent chacune une petite chambre cylindrique communiquant avec l’atmosphère par un orifice non visible sur l’illustration.
- La soupape inférieure s règle l’entrée de l’air dans le canal d’émulsion G par l’intermédiaire du canal m et de la partie supérieure du puits J. L’air que laisse passer la soupape supérieure q par le canal n est réglé au passage par la vis v avant de former l’émulsion destinée au ralenti.
- Le ralenti est constitué par un tube B placé dans l’axe du puits J et calibré à sa partie supérieure en u. L’émulsion formée par l’essence débitée par l’orifice U et l’air que laisse passer la vis v, manœuvrable à la main va se pulvériser en U sur la tranche du papillon.
- Il y aurait encore d’autres dispositions de construction et de réglage intéressantes à signaler dans le nouveau Zénith.
- Ce qui précède suffit à montrer les fonctions variées que ses constructeurs ont voulu lui faire remplir, et à faire comprendre que l’automobiliste dispose aujourd’hui d’un appareil qui lui permet, sans difficultés non seulement d’alimenter son moteur d’une façon toujours satisfaisante, mais encore de faire fonctionner celui-ci avec plus de souplesse | et de précision que par le passé. R. Yillers.
- LE BATEAU AMPHIBIE GOLDSCHMIDT
- Fig. i. — La région des chutes du Congo, pour laquelle est réalisé le bateau amphibie.
- La Nature a récemment signalé (n° 2459) les intéressants essais d’un nouveau train-bateau dû à l’ingénieur belge R. B. Goldschmidt, faits à Petit-Willebroeck, près de Bruxelles, en présence tic M. J.-L. Breton, directeur des Recherches scientifiques et industrielles et des Inventions.
- La description de ce nouveau moyen de transport vient de paraître dans le Bulletin de cette Direction et nous pouvons ainsi exposer aujourd’hui à nos lecteurs l’ensemble de cette question, tant d’après les documents publiés que d’après les renseigne- j ments que nous avons recueillis auprès de M. Durel, j auteur de l’article qui a assisté aux expériences.
- Le train-bateau Goldschmidt a été étudié et mis au point en vue d’un service au Congo belge.
- Il suffit, en effet, de jeter les yeux sur une carte de ce pays pour être frappé par l’importance de son réseau fluvial à peu près unique au monde et en tout cas comparable à celui de l’Amazone. On con-
- naît d’autre part l’importance des richesses naturelles réparties à l’intérieur du pays : mines du Katanga, du Ilaut-Ituri, caoutchouc, noix de palme, produits forestiers du bassin équatorial, etc... Qu’a-t-il donc manqué pour que cette région devienne un second Brésil? Simplement que ces richesses, situées à l’intérieur du pays, pussent être à peu de frais transportées à la mer en vue d’un embarquement pour les métropoles européennes. On sait, en effet, que ces richesses qui se présentent sous la forme de matières premières très lourdes ne peuvent supporter les tarifs élevés des chemins de fer pour pouvoir soutenir la concurrence des colonies situées en bordure de la mer. Or si le réseau fluvial intérieur du Congo offre aux steamers un développement de
- Fig. 2. — Coupe du bateau amphibie Goldschmidt.
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- LE BATEAU AMPHIBIE GOLDSCHM1DT ..105
- plus de 14000kilomètres, soit 28000km. dérivés de premier ordre, il est malheureusement complètement séparé de la mer et présente, en outre, des solutions de continuité tout à fait fâcheuses.
- La plus importante, parce qu’elle isole le Congo de la mer, est la région des chutes et rapides, dite de Livingstone, qui sur plus de 400 km s’étend de Leopoldville-Brazzaville à Matadi, au travers des Monts de Cristal (fig. 1).
- Sur le fleuve meme, deux autres coupures, entre Stanleyville et Ponthierville d’une part, puis Kindu à Kongolo d'autre part, s’étendent respectivement sur 125 et 350 km. Sur les affluents, quelques coupures compromettent absolument le développement de régions très riches, par exemple : sur l’Ubanghi, la coupure de 20 km à Moboanga, sur l’Ucle, une série de rapides relativement courts, etc...
- demanderait maintenant et que demandera encore longtemps leur réalisation.
- Les transports par eau seront toujours infiniment plus économiques que les transports par voie de terre, aussi plusieurs projets pour rendre continu et ininterrompu le système navigable du Congo ont été envisagés.
- Le plus important est celui de l'ingénieur hydrographe anglais Wall, bien connu par ses multiples travaux dans le Sud africain. Il consiste à rendre accessible à des bateaux de 600 tonnes la section du Congo comprise entre Matadi et Leopoldville. Dans ce but l’auteur envisage : 1° le creusement d’un canal de dérivation en quelques endroits tout à fait infranchissables, ce canal présentant dans certains cas un ou plusieurs ascenseurs à plans inclinés ; 2° en I quelques autres endroits, la modification du lit du
- Fig. 3. — Le train de bateau sur lé rail, à Pelit-Willebroeck.
- Jusqu’à présent, on n’avait guère songé qu’à une seule solution pour compléter le réseau fluvial, l’établissement de chemins de fer raccordant les tronçons navigables.
- Le premier en date est le chemin de fer du Bas-Congo terminé en 1900, allant de Matadi à Leopoldville et ayant 400 km de long. Ce chemin de fer est à voie de 80 centimètres. Puis furent achevées successivement les lignes de Stanleyville à Ponthierville, Kindu à Kongolo, Kabalo à Albertville (joignant le Congo au lac de Tanganyika), et enfin, en 1918, la ligne venant du Cap et passant par Elisabethville lut poussée jusqu’à Bukama, toutes ces lignes étant à voie normale africaine de 1 m. 05.
- Cette politique des chemins de fer a donné naissance à plusieurs projets plus grandioses encore : chemin de fer du Bas Congo-Katanga (1850 km), chemin de fer de Stanleyville au Nil (850 km), chemin de fer de Kabalo à Lusambo (450) et, au Congo français, chemin de fer de Pointe-Noire à Brazzaville (580 km). D’autre part, on a envisagé la transformation du chemin de fer du Bas-Congo en vue d’augmenter sa capacité de transport.
- Tous ces projets sont actuellement suspendus, sinon abandonnés, en raison du prix exorbitant que
- fleuve en vue de détruire des seuils ou obstacles rocheux, réduire ou régulariser le courant, ce qui conduirait à l’enlèvement sous l’eau d’environ 1 500 000 m. cubes dérochés. On juge de l’importance de cës travaux et il est probable que ce projet, en raison de son prix, ne pourra également être exécuté avant longtemps.
- Dire, par exemple, que la section de Matadi-Leo-poldville est impropre à la navigation ne signifie cependant pas que sur toute cette distance, le fleuve présente une suite ininterrompue de rapides ou cataractes. En réalité, la proportion entre les sections navigables et celles qui ne le sont pas est de l’ordre de 9 contre 1 environ, si l’on se réfère au projet de Wall.
- Dès lors, une autre solution, plus économique, peut être envisagée. Au lieu de s’attaquer au fleuve pour le modifier, on peut le conserver dans son état actuel et créer un moyen de transport nouveau qui naviguera aisément dans les eaux calmes et évitera, en les contournant sur terre, les chutes, les rapides et tous autres obstacles.
- Le système généralisé au bassin entier permettrait de charger dans un endroit quelconque de la colonie une cargaison et de la transporter jusqu’au
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- port d'embarquement pour l’Europe sans aucun transbordement.
- C’est cette dernière conception qui a séduit M. Robert B. Goldsehmidt, de l’Université de Bruxelles ; elle l’a conduit à inventer un matériel auto-transbordeur pouvant se déplacer par ses propres moyens et sans aucune manœuvre autre qu’un changement d’embrayage, alternativement sur l'eau et sur terre. Avec la collaboration de l’ingénieur Yanderhacgen, l’inventeur a réussi à construire un véritable train comportant un bateau-moteur et plusieurs remorques dont nous allons donner les principales caractéristiques.
- Chaque élément du train amphibie est formé de deux coques jumelées assemblées par des poutres transversales qui les maintiennent parallèles et assurent entre elles une liaison rigide. Pour supprimer toute superstructure gênant l’accès de la cargaison, et dégager le bateau sur toute sa longueur, les poutres au nombre de 4 s’abaissent de chaque côté des trains de roues : et se continuent vers le bas dans l’ossature même des coques, rappelant chacune la forme d’un il (6g. 2).
- Chaque coque a 12 m. de longueur, 1 m. 80 de largeur, 0 m. 80 tirant d’eau à pleine charge; sa capacité utile est de 10 tonnes. Les deux coques jumelées sont écartées de 1 m. 50.
- Un train de bateaux comprend en moyenne un bateau remorqueur, de même gabarit, puissance 500 chevaux, 5 à 10 bateaux porteurs, d’une capacité de transport totale de 200 tonnes, et peut naviguer à une vitesse de 10 km à l’heure.
- Les deux régimes — aquatique et terrestre — de ce bateau-train seront aisément compris par la vue des pho-
- tographies (fig. 5 à 7) prises pendant les essais de Petit-Willebroeck.
- Sur l’eàu, la stabilité des bateaux, à double coque est très grande, et leurs qualités nautiques sont comparables à celles des bateaux à coque unique, sinon meilleures. Un déséquilibre dans la répartition du chargement sur les deux coques n’a qu’une importance très minime. Le calcul montre par exemple qi e le système flotte avec une sécurité encore suffisante lorsque l’une des coques est chargée à 10 tonnes et l’autre complètement \ide.Une différence de charge de 1 tonne, par exemple, 10 tonnes sur la coque ! abord et 9 tonnes sur la coque tribord, donne à l’ensemble une inclinaison de un degré sur le plan d’eau horizontal.
- Il n’y a donc pas de précautions spéciales à prendre pendant le chargement. Il suffit de répartir les charges sur les deux coques avec le soin que l’on apporte habituellement à l’arrimage des marchandises dans un bateau à coque unique.
- Lorsque le convoi qui Ite le lit de la rivière, il s’engage et se déplace par ses propres moyens, sur une voie monorail établie sur la berge.
- A cet effet, chacune des deux poutres transversales reliant les deux coques de chaque bateau porte en son milieu un balancier muni de deux galets de roulement.
- Le chemin de roulement commence et se termine par une pente légère (au maximums pour 100) de quelques centaines de mètres qui se prolonge assez loin dans le lit du fleuve pour être encore immergée à sa partie extrême au moment des basses eaux.
- La propulsion du train de bateaux sur le monorail est assurée à l’aide des moteurs du bateau r( mor-queur devenu locomotive. A cet effet, à l’aide d’un
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- LE BATEAU AMPHIBIE GOLDSCHMIDT 107
- dispositif mécanique approprié, les deux moteurs de 150 chevaux placés dans les' deux coques sont embrayés sur les quatre galets de roulement, tandis que les deux hélices sont débrayées.
- Sur terre, l’équilibre des charges a plus d’importance. Afin de réduire la sensibilité de la balance que constitue le bateau reposant sur son axe, on a reporté le pointée suspension aussihautquepossibleà 1 m. 50 environ au-dessus du fond de la coque. Dans ces conditions, une différence de 1 tonne dans les charges des deux coques, par exemple 10 tonnes ; dans la coque bâbord et 9 tonnes dans la coque tribord, donne à l’ensemble du bateau une inclinaison de 7 degrés sur l’horizontale. La limite extrême , d’inclinaison que peut prendre le bateau pour é\ilcr : que l’une des coques ne vienne toucher le monolithe supportant le rail est de 15° environ, dans h s courbes.
- En pratique, il faudra donc veiller soigneusement à ce que les charges soient réparties convenablement dans les deux coques, lors du chargement, mais on peut admettre qu’il n’y aura aucun danger tant que l’écart des poids ne dépassera pas une tonne, et les précautions à prendre lors du chargement ne seront donc pas supérieures à celles qui président dans un port à l’arrimage d’un cargo-boat partant pour une traversée pénible.
- D’ailleurs, des caissons sont prévus à l’avant et à l’arrière pouvant jouer le rôle de water-ballast. Chaque caisson peut contenir environ 1200 litres d’eau, ce qui représ nte, pour l’ensemble d’un bateau à deux coques, environ 5 tonnes de poids mort possible, que l’on pourra à la demande répartir en totalité ou en partie pour parfaire 1’équilibre des charges. Ces water-ballast permettent en outre de charger les coques partiellement et par suite d’augmenter leur stabilité sur le rail lorsque le bateau devra revenir avide. Lorsque l’équilibre ne pourra être assuré par la répartition des charges, si celles-ci sont disparates, il suffira de faire les corrections nécessaires 1
- %
- j/
- Fig. 6. — Détail d'un des bateaux porteurs.
- en admettant plus ou moins d’eau dansl’un des quatre water-ballast.
- Il a été prévu d’autre part, des balais-freins, qui permettent de limiter l’inclinaison trop forte que pourrait prendre accidentellement un des bateaux. Ces balais-freins, placés verticalement sur la paroi extérieure de chaque coque, seront descendus pour la marche sur monorail à l’aide d’une manœuvre simple. Ils sont constitués par un tube d’acier prolongé par un ressort courbe venant frotter éventuellement sur le ballast, garni d’un chemin de pierres plates à cet endroit. Ces balais-freins pourront surtout jouer un rôle pour limiter l’élongation du bateau si, au cours d’une tornade, un vent violent venait prendre la coque par le travers.
- La vitesse du train de bateaux sur le rail est d’environ 5 km à l’heure. La puissance de la locomotive permettrait de réaliser des vitesses plus élevées, mais la stabilité des coques sur le rail serait moins bonne.
- Cette vitesse est du reste très largement suffisante pour des bateaux de marchandises, étant donné d’autre part que la longueur totale des dérivations est faible comparativement à la longueur des biefs navigables.
- Une vitesse de 15 km à l’heure sur l’eau permet de remonter facilement la plupart des rapides.
- En admettant un poids de 50 tonnes environ pour le remorqueur : 8 tonnes pour les coques, 2 tonnes pour les boggies avec leur train d’engrenage et 20; tonnes pour les deux moteurs de 150 chevaux chacun, on arrive à la composition suivante pour un train de bateaux :
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- LE BATEAU AMPHIBIE GOLDSCHM1 DT
- Poids mort. Charge utile. Total.
- 1 remorqueur... 50 T. 0 50 T.
- 4 bateaux porteurs. 52 T. 80 T. 112 T.
- Totaux. ... 62 T. 80 f". 142 T.
- Soit un poids total de 142 tonnes pour 80 tonnes de charge utile transportée.
- Le remorqueur et les remorques sont reliés par un câble, comme cela se pratique couramment ' pour les bateaux-péniches qui naviguent sur nos canaux et sur nos fleuves.
- Chaque bateau étant pourvu d’un gouvernail, ou plutôt de deux gouvernails jumelés (un par coque) la conduite de la file de bateaux est très facile.
- A terre, sur rail, la charge, de 50 tonnes au maximum par bateau, est répartie sur 4 galets de 0 m. 70 de diamètre, groupés sur deux balanciers. On arrive ainsi à une.charge de 7500 kg par roue, ce qui est parfaitement admissible.
- La composition du train est limitée par le poids adhérent du bateau moteur : 50 tonnes, à cinq unités, dont quatre porteuses, soit 80 tonnes utiles.
- La puissance nécessaire pour remorquer une telle rame, en tablant sur un coefficient de roulement élevé, sur une pente de 5 pour 100, et en tenant compte d’autre part de l’effet des courbes et des diverses autres résistances, est au maximum de 150 chevaux. On pourra donc facilement assurer la traction sur rail avec un seul moteur à la vitesse de 5 km à l’heure.
- Pour le cheminement sur le rail, tous les bateaux sont attelés les uns aux autres, comme des wagons. Ils sont de plus pourvus de tampons à ressort. Cet attelage court réduit la longueur du convoi, lui donne de l’homogénéité dans le sens longitudinal, permet un freinage plus rationnel et réduit les oscillations pendulaires que les bateaux pourraient être tentés de prendre individuellement.
- La voie terrestre est constituée par une plateforme de 4 m. 50 de large pouvant être garnie d’une légère couche de ballast ou de gravier, afin surtout d’éviter qu’elle ne soit envahie par la brousse. Dans l’axe, est situé le support de la voie constitué par un mur en pierres, appareillées en couches horizontales ou dans le système polygonal sur champ, et recouvertes d’un enduit au ciment.
- Les dimensions du mur sont : largeur au sommet: 0 m. 40; largeur à la base : 1 m. 20 ; largeur de la fondation : 1 m 60; hauteur au-dessus du sol :
- 1 m. 50; ce qui représente environ 1,5 mètre cube de maçonnerie au mètre courant.
- La pression exercée sur le sol lors du passage du train est au maximum de 0 kg, 400 par centimètre carré, c’est-à-dire un chiffre qui reste acceptable, même dans le cas de très mauvais terrains.
- Dans d’autres cas, il sera peut-être plus économique de constituer un monolithe compact par du béton coulé dans des formes, ou bien de réaliser une succession de ponceaux en béton armé. L’établissement d une telle voie n’offre pas de terrassements bien considérables.
- Les rampes d’accès de l’eau au sol sont établies en parties sur la terre ferme et en partie dans le lit du fleuve de telle façon que le rail plonge toujours suffisamment dans l’eau, quelle que soit la hauteur du niveau des eaux.
- De chaque côté de lavoie, dans le lit du fleuve, on établit une double rangée de pilotis, de façon à constituer un chenal de 5 mètres de large dans lequel vient s’engager le train de bateaux.
- Le passage de l’eau sur le rail sera facilité par une sorte de guide ou « antenne», fixé en avant du boggie. L’écartement entre les branches de celte antenne décroît progressivement et les galets seront ainsi progressivement guidés dans l’axe du rail jusqu’à ce qu’ils reposent sur celui-ci.
- La manœuvre du passage dans l’eau sur le rail s’opère de la façon suivante :
- Le remorqueur et les bateaux porteurs étant engagés dans le chenal, tous les bateaux sont placés et amarrés les uns contre les autres, de telle façon que les tampons viennent en contact. Le remorqueur avançant, les deux branches de l’antenne viendront se placer de chaque côté du rail tandis que le bateau flotte encore. Les rebords de cette antenne allant en se rapprochant viennent finalement presque en contact avec les faces extérieures du boudin du rail et le premier galet est exaclcment guidé dans sa position de roulement. Lorsque les deux premiers galets sont sur le rail, le remorqueur flotte encore par l’arrière. A ce moment les hélices sont débrayées et les galets embrayés sur l’arbre de couche des moteurs. La mise en charge des moteurs pour la traction sur rail est donc progressive.
- Dès que les quatre galets du remorqueur sont sur le rail, il n’y a qu’à continuer la marche en avant, les galets des bateaux porteurs viendront automatiquement se placer sur le rail grâce aux antennes de guidage placées à l’avant des boggies.
- A la descente, la manœuvre n’offre aucune difficulté, il suffit de faire agir les freins pour limiter la vitesse de pénétration dans l’eau.
- La question des moteurs à employer et surtout le choix du combustible sont subordonnés aux circons tances et surtout aux ressources de la région dans laquelle le système doit être utilisé. On peut envisager l’emploi soit du charbon de bois aggloméré pour gazogène ou pulvérulent pour injection directe, soit de l’huile de palme, dont La Nature a déjà relaté les essais réalisés justement au Congo belge.
- Dès maintenant, le bateau amphibie Gold-schmidt est complètement étudié, tout à fait au point. 11 a fait ses preuves*-au cours des récentes expériences où on l’a vu descendre à l’eau, naviguer sur un canal pendant 2 km, revenir au point d’atterrissage, s’engager dans un chenal très couit (quelques mètres) de guidage monté sur un monorail, parcourir environ 500 mètres dans des terres avec la plus grande facilité et, redescendre ensuite doucement à l’eau. La simplicité et la sûreté de ces opérations furent ce qui étonna le plus les spectateurs.
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- Or, il n’y a pas que le Congo belge où la navigation est interrompue par des rapides et des chutes. Inde'pendamment du Congo français où le réseau ferroviaire est assez peu développé, il existe de nombreuses régions dans les colonies — voire même en Europe — où la solution imaginée par M. Gold-
- schmidt du problème des transports par eau serait intéressante parce que plus économique que le système actuel des canaux latéraux et de jonction dont le principe même nécessite rétablissement d’ouvrages d’art longs à construire. Elle mérite donc d’être connue et appliquée. A. B.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juin 1921.
- La palmiérite du Vésuve. — Ce minéral signalé dans les fumerolles à haute température de l’éruption vésu-vienne d’avril 1906, constitue de petites lamelles, à contour hexagonal, dont M. Ferrucio Zamhonini n’a pu reprendre l’étude. Les cristaux qui n’atteignent pas toujours 1/100 mm sont parfois englobés dans l’aphtila-lite, d’autres fois attachés à la roche ; la palmiérite est décomposée par l’eau à froid et sa reproduction est facile, en chauffant, à 1000°, un ntélange de S04K2, S04Pb, S04Na2. M. Zamhonini lui fixe là formule K*Pb (SO*)*.
- Le foie et le sucre protéidique. — Pour Claude Bernard, on le sait, le glycogène représentait la seule forme sous laquelle des hydrates de carbone s’incorporent aux tissus, et fournissait l’unique source du glucose sanguin. Or, dans certains états pathologiques, le glycogène fait complètement défaut et le sang n’en garde pas moins une teneur en glucose assez élevée. MM. Bierey et Rathery ont constaté qu’il ne faut pas se limiter au dosage du sucre libre, mais faire encore intervenir le sucre protéidique, et, de leurs expériences, résulte une nouvelle fonction du foie. À son niveau le plasma sanguin subit un remaniement et scs tissus élaborent du sucre protéidique.
- L’examen des tableaux par la lumière polarisée. — l'our supprimer les reflets superficiels qui nuisent à l’effet cherché, M; Pierre Lambert éclaire le tableau à examiner par la lumière polarisée que fournit une lampe à incandescence, munie d’une pile de glaces décomposant la lumière. En regardant au travers d’un nicol, la lumière réfléchie par la surface peut être éteinte, celle qui traverse le vernis sa dépolarise par diffusion à la surface de» produits composant les couleurs et parvient ju-qu’à l’œil. Il semble ainsi que la nature du vernis a une assez grosse influence sur le « rendu » du tableau.
- Le principe de l’équivalence. — Revenant sur une communication de M. Leduc, M. L. Décombe établit le rôle de la réversibilité dans l’application du premier théorème fondamental de la thermodynamique et modifie ainsi l’énoncé jusqu’ici classique : « Il y a toujours équivalence entre la perle de force vive du système relativement à la transformation purement mécanique correspondante et la chaleur dégagée par le système. »
- Le dosage de l’émanation du radium. — On doit dans une telle opération tenir un compte rigoureux du courant de déperdition, dû à la fuite le long des isolants et à l’ionisation par la radiation pénétrante ; avec les méthodes actuelles, on fait une mesure avant l’introduction de l’émanation et on calcule, trois heures après, l’intensité du courant maximum; or le premier facteur a, durant ce temps, subi des variations importantes. En introduisant une opération supplémentaire (vide etlavage
- par un gaz comprimé) M. Loisel peut avec précision calculer le courant de déperdition, au moment de la mesure du courant maximum.
- La trempe d'un acier. —• Celle opération si courante comprend deux phases : lors de réchauffement le carbure de fer ou cémentite Fc3C passe en so’ution dans le fer y, lors du refroidissement ; le caibone ainsi dissous se conserve en solution solide hors d’équilibre. La note de MM. Porlevin et Chevenard porte sur l’étude de courbes de dilatation différentielles et l’examen de certaines par-liculaiités, telles que des crochets parasites; d’après ces auteurs, le rôle joué dans la trempe par la température et la durée de chauffage, de même que par des traitements préliminaires, suffit à expliquer ces anomalies.
- L’essence de térébenthine française. — Des expériences de M. Dormois, on peut établir ainsi sa composition : Pinène a, 02 pour 100, PinèneJB, 08 pour 100. Par de très longs fractionnements dans le ...vide, par l’étude des réactions que fournissent de tels carbures et l’acide bromhydrique, M. Pariselle confirme les résultats donnés en 1910 parle premier savant.
- La décomposition des alcoolates et des phénales. — Les essaisde M. .1. F. Durandont porté sur les inélhylates et élhylales alcalins, sur le mélhylalc de baryum et le phénate de soude. Les produits de la décomposition qui se réalise entre 500 et 550°, ont fourni les résultats respectifs suivants : 11. CIFO Na II, C2Na2, CO5 Na2; C; 11. CILO —> II, 003K2, C, K ;
- (ÏICH20)2Ba-MI; Ba0.C03Ba,C;
- Cil3CH2 O Na-»- C2II4, Na OU, II, C ;
- C°IIS ONa—>U, NaOll,C.
- Le minerai de fer lorrain. — Certains échantillons, on l’a remarqué depuis longtemps, sont attirables par l’aimant, mais contrairement à ce qu’on avait avancé à ce sujet sur la berlhiérite, celle-ci n’est pas magnétique par elle-même, mais bien par des inclusions de fer oxydulé.De la note de M. Cayeux, ilrésulle que ce fer prend part à la formation des oolilhes, épigénise partiellement les débris organiques et se développe à l’état libre dans le ciment. Il semble enfin que, dans les minerais siluriens d’Anjou, on ne doit le rapporter qu’à des actions métamorphiques de la nature de celles qui s’exercent sur les fonds sous-marins.
- Les échanges nutritifs des animaux. — Dans la loi de proportionnalité qui lie ces échanges, avec la surface corporelle, Charles Richet, n’a pu faire entrer ni les bœufs pesant 600 hg, ni les chardonnerets de 21 gr. Pour préciser cette divergence et l’interpréter, M. Louis Lapicque a repris des essais, sur les oiseaux, depuis le pigeon jusqu’au bengali, en déterminant leurs rations d’entretien à diverses températures; ses résultats s’expriment à l’aide d’une courbe, rapportée à deux axes de
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- coordonnées, les variables étant le poids de l’animal et scséchanges nutritifs exprimés en calories (par 24 heures). La loi des. surfaces s’exprimant par une droite inclinée à 66 pour 400 sur l’axe des x, on obtient, à la température ordinaire une courbe concave vers l’axe des poids. Enfin, si on prend comme coordonnées, les calories par décimètre carré de surface et la température, toutes les. courbes tendent vers un minimum, d’autant plus rapproché de la température propre que l’espèce est plus petite ; mais la hauteur de ces minima est sensiblement la même, quelle que soit la grandeur de l’espèce.
- L’élude biologique des plongeurs. — M. Alfred Thooris a fait porter ses recherches sur deux champions
- de la durée de séjour sous l’eau, armés de ceintures pneumographiques, d’olives nasales et d’une ampoule laryngée, les mouvements manométriques se transmettant à des tambours inscripteurs. La durée du séjour sous l’eau, semble d’après les mesures faites, dépendre de la façon dont le plongeur peut satisfaire aux trois besoins qui sont : l’expansion et la rétraction du thorax, l’élimination de l’acide carbonique, l’absorption d’oxygène; enfin le procédé biologique du sujet comporte trois temps : inspiration avec fermeture du voile faisant clapet, élévation du larynx avec constriction synergique de la glotte, expiration avec détente du larynx et détente de la glotte et du voile. Paul IL
- LE DÉVELOPPEMENT PHOTOGRAPHIQUE EN PLEINE LUMIÈRE
- Les commodités offertes au photographe l’ont rendu de plus en plus exigeant. Au temps du daguerréotype et du collodion, il se résignait à s’enfermer dans un cachot parcimonieusement éclairé, pour préparer ses plaques et les développer; aujourd’hui, les émulsions au gélatinobromure sont des centaines de fois plus sensibles à la lumière, et l’on ne veut plus rester dans les ténèbres. À mesure que les fabricants mettaient en vente des plaques et des fdms de plus en plus rapides, il eût semblé naturel d’apporter à leurs manipulations des précautions de plus en plus rigoureuses, pour les soustraire au voile : or, à mesure que l’obscurité devenait plus nécessaire, le besoin de s’en affranchir se manifestait pins impérieux. Ce n’élâit pas, d’ailleurs, par simple caprice, car l’attention et les soins que le développement réclame de quiconque veut le mener à bien s’accommodent mal des conditions défectueuses dans lesquelles il fallait, jusqu’ici, le conduire. Comment reconnaître, à la lueur restreinte de la lanterne rouge ou verte, si l’image est suffisamment vigoureuse et si les détails en sont assez touillés? Presque toujours, l’amateur devait se contenter d’un local exigu, sans aération ni moyen de chauffage; il y suait en été, il y grelottait l’hiver, et n’était pas seul à pâtir des écarts de la température: : le phototype s’en ressentait aussi, car il est acquis que la plupart des révélateurs n’agissent bien qu’entre 18 et 25°. Plus froid, le bain n’est pas assez actif et l’image reste souvent incomplète; plus chaud, il risque d’occasionner des craquelures ou même de provoquer la fusion de la gélatine.
- Il y avait là de sérieux inconvénients, mais comment les éviter? Le véritable remède eût évidemment consisté à supprimer, après la pose, la sensibilité du bromure d’argent, sans cependant détruire l’image latente. Nous touchons, aujourd’hui, au but si longtemps convoité; mais, jusqu’à ces derniers mois, il avait fallu se contenter d’expédients plus ou moins ingénieux, qui ne résolvaient que très imparfaitement le problème.
- Dans les méthodes primitivement proposées, l’opérateur s’installe bien en pleine lumière, et
- c’est déjà là un avantage appréciable; mais la surface sensible demeure soustraite aux radiations ac-tiniqiies par une paroi rouge ou même complètement opaque, en sorte que la surveillance de l’image est toujours singulièrement limitée, quand elle n’est pas radicalement impossible, comme il arrive, notamment, dans le développement en machine (fig. 1) à durée fixe. Ce n’est pas qu’il faille méconnaître l’utilité de cette simplification, qui rend, au contraire, d’indéniables services aux amateurs inexpérimentés ou privés de toute installation; mais enfin, il faut bien reconnaître que c’est par un véritable abus de langage que celte combinaison a pu être qualifiée de développement en pleine lumière, puisque la couche photographique est plongée dans une nuit profonde et que l’opérateur, l’œil fixé sur sa montre, ne peut voir que l’extérieur de l’engin dans lequel il doit se passer quelque chose.
- Pour surveiller l’apparition de l’image, le moyen qui s’est d’abord offert aux photographes désireux de s’affranchir du cabinet noir est la boîte laboratoire (fig. 2), qui est du reste encore utilisée aujourd’hui par quelques amateurs. Deux ouvertures pratiquées dans les parois d'une petite caisse pliante sont munies de manches en étoffe opaque, dans lesquelles l’opérateur passe les bras. De solides bracelets de caoutchouc, serrant les poignets, empêchent toute infiltration de lumière. Und ou deux lucarnes à verres rouges permettent d’apercevoir l’intérieur, où l’on a préalablement introduit le châssis contenant la plaque, ainsi que la cuvette et les flacons contenant les éléments constitutifs du révélateur.
- Citons encore, dans le même, ordre d’idées, les ! cuvettes verticales en verre rouge, et les révélateurs colorés en rouge, par exemple arémoyen du picrate de magnésium, qui, ajouté au sulfite de soude, constituait le chrysosulfite de Mil /A. et L. Lumière. Il faut pourtant avouer qu’ici encore, comme dans le cas précédent, ce n’est qu’en jouant sur les mots que ces méthodes étaient présentées comme des opérations effectuées « en pleine lumière )) ; car, si l’opérateur est bien réellement posté au grand jour, il n’aperroit son cliché qu’à travers un liquide ou
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- LE DÉVELOPPEMENT PHOTOGRAPHIQUE EN PLEINE LUMIERE = III
- un verre coloré et se trouve, par suite, dans des conditions de contrôle aussi défectueuses, sinon plus, que celui qui s'enferme dans le classique cabinet noir.
- Il n’en est plus de meme, si l’on pratique le développement après fixage : l’immersion dans l’hyposulfite doit s’accomplir, il est vrai, à l’abri de la lumière; mais, au bout de 10 minutes, quaud le bromure d’argent non impressionné est dissous, on peut manipuler la plaque au grand jour, la développer dans un révélateur incolore et suivre très attentivement l’apparition de l’image. Malheureusement, cetle méthode exige une très forte surexposition (6 à 8 fois le temps de pose normal), malgré l’emploi des développateurs les plus énergiques. Son application devait par conséquent rester très limitée, sinon exceptionnelle. .
- On pouvait en dire autant, jusqu’à celte année, du procédé par ioduration : la plaque étant plongée dans une solution d’iodure de potassium, le bromure d’argent est transformé en iodurc insensible à la lumière, et l’image latente n’est pas complètement détruite, de telle sorte que rien n’empêcbe de la développer au grand jour. Nous avions essayé, il y a dix ans, cette opération préconisée par Piio-lographisches Wochenblalt, et nous avions remarqué qu’après 2 minutes d’immersion dans le bain d’iodure à 4 pour 100 le négatif n’était suffisamment détaillé qu’en cas de surexposition. Celte combinaison n’était donc pas plus avantageuse que le développement après fixage, et, en outre, elle exigeait une opération de plus. Aussi avions-nous
- songé à la simplifier, en introduisant 1 iodure alcalin dans le révélateur. Après quelques tâtonnements, nous avions adopté la formule suivante, publiée dans Photo-Revue du 4 juin 1911, p. 185 :
- Eau..........................100 c. c.
- Sulfite de soude anhydre . . 4 gr.
- Diamidophénol.............. 0,5
- Iodure d’ammonium.......... 0,4
- Les manipulations se trouvaient ainsi simplifiées,
- Fig. 2. —Laboratoire pliant.
- mais- il subsistait l’inconvénient de la surexposition, indispensable à l’obtention d’une image complète.
- C’est seulement ces temps derniers que M. F -F. Remvick, des laboratoires Ilford, a constaté que ce
- Fig. i. — Machine à développer les pellicules, système Kodak.
- défaut était évité en iodurant en bain faible. Voici la formule recommandée à cet effet :
- Eau.............................100 c. c.
- Iodure de potassium ..... 1 gr.
- Sulfite de soude cristallisé. . . 2 gr.
- Sulfocyanate de potassium. . . 5 gr.
- Ce bain doit être employé à une température qui nc^èépasse pas 18°. Après 10 minutes d’immersion, on lave abondamment. Le dévcloppeimnt peut, dès lors, s'effectuer au grand jour, mais il ne faut pas employer l’hydroquinone : la plaque se voilerait, dans ce révélateur, qui semble produire surl’iodurc d’argent un effet sensibilisateur particulier. M. Ren-wick préconise un révélateur très énergique, ainsi
- composé :
- Eau............................. . 100 c. ci.
- Sulfite de soude cristallisé. ... 10 gr.
- Diamidophénol..................... 0 gr. 5
- Carbonate de soude cristallisé . . 10 gr.
- Rien n’est changé aux autres opérations, fixage et lavages, qui s'effectuent comme d’habitude. L’efficacité de cette méthode a été confirmée par l’essai qui en a été fait, dernièrement, à la Société française de photographie : M. L.-P. Clerc a développé des plaques Lumière, étiquette bleue, préalablement iodurées, à quelques millimètres d’une lampe de 25 bougies, dans une salle d’ailleurs largement éclairée, et les clichés ainsi traités ne le cèdent en rien à ceux que l’on obtient d’ordinaire dans le cabinet noir.
- Un procédé plus rapide et d’une application plus générale a été trouvé presque en même temps que le précédent et parait devoir conquérir rapidement la faveur des photographes. Il consiste à plonger le cliché, pendant 1 ou 2 minutes seulement, dans certaines matières, colorantes ou non, connues depuis longtemps, mais dont le pouvoir désensibilisateur était resté, jusqu’ici, insoupçonné. M. Liippo-Cramer avait d’abord observé qu’après 1 minute d’immersion dans une solution très diluée de chlorhydrate de diamidophénol (0,05 pour L00), une
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- plaque au gélatinobromure peut être développée en éclairage jaune assez intense pour voiler complètement une plaque de même marque non soumise à ce traitement préalable. Gelui-ci semble réduire
- Fig. 3. — Manchon inactinique.
- la sensibilité de l’émulsion à 1/200 de ce qu’elle était auparavant.
- Le même expérimentateur a pu réduire la sensibilité à 1/600, en employant, dans les mêmes conditions, une solution de triamidotoluol. Il a obtenu une désensibilisation plus complète encore, avec une solution de phénosafranine à 1 pour 2000. La plaque y est plongée pendant une minute, puis sommairement rincée et plongée dans le révélateur. On peut alors surveiller le développement à la lumière d’une bougie à feu nu. Le cabinet noir n’est donc plus indispensable, car, si la plaque doit être préservée de la lumière au moment où on la plonge dans le désensibilisateur, cette opération très simple s’accomplit aisément à l’abri d’un voile ou d’un manchon inactinique (fig. 5 et 4), bien connus des amateurs qui s’en servent depuis longtemps pour charger leurs châssis en voyage.
- Le fixage s'effectue en bain acide; on lave ensuite pendant 50 minutes, au moins, et, s’il reste encore des traces de coloration rouge, on passe le cliché dans une solution d’alun à 1 pour 100.
- Une variante de la méthode précédente consiste à ajouter 10 c. c. de la solution de phénosafranine à 100 c. c. de révélateur. Le développement des plaques rapides, même orthochromatiques, peut alors s’accomplir à 1 m. 50 d’une lanterne munie d’un verre jaune clair et contenant une lampe de 5 bougies. Il faut noter que, si le révélateur con-
- Fig. 5. — Développement en lumière jaune ou orangée intense.
- tient de l’hvdroquinone, la présence de la phénoso-franine en exalte considérablement l’énergie.
- M. R. Namias a vérifié que le bromure d’argent traité par la phénosafranine acquiert une résistance considérable aux risques de voile chimique, de
- sorte que l’on peut prolonger le développement ou augmenter la dose d’alcali et obtenir ainsi des clichés très complets sur plaques sous-exposées. Cet avantage, qui se manifeste surtout quand on emploie l’hydroquinone, est à opposer à l'inconvénient que nous avons signalé plus haut, à propos du procédé par ioduration.
- D’autres colorants jouissent de propriétés analogues, et La Nature a déjà signalé/1) le désensibilisateur Calmels. Il convient, toutefois, de rectifier une indication qui résultait d’une erreur d’expérience : c’est à tort que l’on annoncé que cc traitement ne s’appliquait pas au diamidophénol en bain acide. Un réalité, tous les révélateurs peuvent être employés après la désensibilisation, qui permet de développer en lumière jaune intense les plaques les plus rapides, même quand l’émulsion en est panchromatique. Dans ce dernier cas, cependant, il sera prudent d’interposer un écran de papier translucide, jaune ou orangé, comme on le fait pour manipuler les papiers au chlorobromure, genre Velox et similaires (fig. 5).
- Tout récemment, enfin, MM. À. et L. Lumière et A. Seyewetz, qui ont soumis à des essais compara-
- Fig. 4. — Photo-chargeur.
- tifs les désensibilisateurs proposés jusqu’ici, ainsi que d’autres composés, ont finalement.adopté, pour le développement des plaques aulochromes, l’au-rantia (sel ammoniacal), en solution à 1 pour 1000. Ce bain offre sur la phénosafranine le double avantage de ne retarder en rien la durée du développement et de s’éliminer très rapidement de la gélatine, sans laisser aucune teinte résiduelle. (Il faut cependant faire remarquer que la phénosafranine est totalement décolorée dans le bain d’inversion au permanganate acide.) La désensibilisation par l’au-rantia est suffisante pour que l’on puisse s’éclairer, soit avec une bougie ou une lampe Pigeon placées à 50 cm de la cuvette, soit même avec une lampe à incandescence de 16 bougies dans une lanterne munie de six papiers jaunes Virida et éloignée à 1 m. de distance. C’est là un progrès indéniable, si Ton songe que le développement des plaques autochromes exigeait auparavant un éclairage tellement faible qu’il était pratiquement impossible d’en suivre la marche, et que beaucoup de photographes s’en tenaient au développement chronométré, afin de laisser l’émulsion dans l’obscurité complète.
- Erxest Coustet.
- I. Yoy. n° 24Cl, du 4 juin 1921, supplément, p. 180.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2472.
- 20 AOUT 1921
- PALPLANCHES ET PIEUX TUBULAIRES EN CIMENT ARMÉ
- La question, toujours difficile, qui se pose quand on veut construire un ouvrage maritime ou fluvial : quai, digue, pont, etc., est évidemment celle des fondations.
- Pour les quais on emploie souvent aujourd’hui des caissons qu’on place les uns à côté des autres; on les relie ensuite, comme cela s’est fait dernièrement pour le port de Copenhague par exemple.
- Le procédé du caisson exige le draguagedes vases, des fonds boueux, même clans la partie qui intéresse le quai lui-même. Généralement aussi on est obligé de consolider lecais-son à son pied en injectant des traînées de sable dans une bande de terrain ; ceci a pour but de renforcer l’assise.
- Sur le sommet du caisson, on vient édifier le parapet et le plancherduquai, lequel peut être simplement constitué par de la terre battue et tassée.
- Quand il s’agit de quais peu importants, on se contente d’un ouvrage en charpente, qu^ s’appuie sur des pieux en bois de dimensions et de longueurs appropriés. Ceci ne présente alors aucune difficulté d’exécution au point de vue technique, mais malheureusement, les pieux en bois sont susceptibles de se détériorer rapidement. 11 faut par suite envisager leur remplacement au bout d’une période de temps relativement courte. Indépendamment des dépenses occasionnées par celte reconstruction, les travaux, occasionnent une grande gêne dans le service des parties d’ouvrages conservées.
- On a substitué, depuis déjà un certain temps, des pieux en ciment armé aux pieux en bois. Ceci a l’avantage, en dehors des précédents déjà cités, de
- 49* Année. — 2* Semestre*
- Fig.
- permettre des longueurs de pieux qui seraient difficiles à réaliser avec le bois. Ainsi au port de Nantes, les pieux employés qui avaient une section de 40x40 cm atteignaient une longueur de 30 mètres. Ils pesaient jusqu’à 13 tonnes et ils étaient battus au moyen d’un mouton de 6 tonnes.
- Les ouvrages constitués ainsi offrent une grande
- analogie avec les ouvrages en bois. Aussi pour réaliser avec les pieux en ciment des quais importants, comme le sont ceux qui sont établis au moyen de caissons, on modifie la forme des pieux afin de les placer les uns à côtés des autres, ‘ comme le sont des palplanches de digues.
- La section du pieu présente alors des rainures sur les faces qui s’accolent aux pieux voisins. Par suite quand les pieux sont battus jointifs, on a une série de canaux verticaux qu’on bourre de ciment par injection à la lance. De cette façon on constitue une digue absolument étanche.
- Du côté delà terre, on bat d’autres pieux qui supporteront le plancher en ciment du quai (lig. 2) ; ce plancher prend son point de départ sur le bord de la digue.
- L’avantage de constituer le mur de quai de celte façon est d’économiser une bonne partie du dra-guage, car il suffit de draguer après coup les fonds devant le mur de quai seulement.
- Le battage deces pieux s’effectue également avec des sonnettes et quand le passage du pieu doit se faire à travers des terrains un peu consistants, on affouille le sol par une injection d’eau sous pression, ce qui prépare le passage du pieu.
- On a eu l’idée d’appliquer ce système de pieux
- 8. — Ho.
- i. — Billage de pieux obliques pour constituer un mur de quai le long d’un canal.
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- 114 PALPLANCHES ET PIEUX TUBULAIRES EN CIMENT ARMÉ
- en ciment armé à la constitution de fondations pour les piles de ponts. Il en résulte évidemment une
- Partie à draguer
- Caisson
- Partie à draguer
- Sabie
- Fig. 2. — Mur de quai avec caisson en ciment
- Ptate forme
- Fig. 3. — Mur de quai en palplanches.
- grande économie dans le prix de la construction, car il surfit de battre ces pieux et d’édifier les plates-formes nécessaires sur leurs têtes.
- Le procédé est commode et facile à réaliser quand il s’agit de cours d’eaux peu profonds, car les longueurs des pieux sont alors acceptables et possibles. Mais si les dimensions sont importantes, on arrive à des poids considérables, difficilement maniables même avec des engins puissants.
- iJoint en ciment
- I ig. q. — Coupe d'un assemblage de /alplançhes en béton.
- Cependant grâce à des conceptions remarquablement ingénieuses, on est arrivé à établir des pieux en ciment armé de soixante mètres de longueur; il est curieux d’étudier par quels moyens on est arrivé à ce résultat impressionnant.
- Ces pieux de grande longueur ont été utilisés dans la construction d’un pont en Suède par MM. Christian et Nielscn, ingénieurs danois.
- Le pont qui lait communiquer les deux villes
- Fer de 26 mfm
- Fer de 9 m/m
- Coffrage pow le moulage
- Armature
- Fig. 6. — Coupe d’un pieu tubulairej en ciment armé de 3o cm.
- -Tête amovib/e a ven guidages
- Ropteu et Lindigo, a une longueur de 914 mètres. Les portées ont une longueur de 15,24 mètres.
- Li profondeur de l’eau est d’environ 18 mètres. Le fond est vaseux et mou jusqu’à une profondeur d’environ 24 mètres, distance à laquelle on commence à trouver des terres, consistantes.
- Les piliers devant avoir une longueur variant de 25 à 60 mètres et une portion de ces piliers se trouvant sans soutien, il a fa'lu leur donner des dimensions tris amplement établies pour éviter les affaissements. Les circonstances exigeaient en outre que toutes les opi rations de damage fussent exécutées de la surface de l’eau. Les constructeurs eurent donc à résoudre le problème de la construction de pilotis de 60 mètres de longueur, ayant une rigidité suffisante pour résister aux opérations de manutention et de damage, tout en se laissant transporter facilement vers un mou-
- Fig. 5.
- Pieu préparé pour le battage.
- Tète du pieu
- Fig. 7. — Plan schématique de la sonnette sur quatre pontons.
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- PALPLANCHES ET PIEUX TUBULAIRES EN CIMENT ARMÉ = 115
- ton monté sur pontons. La solution, adoptée fut celle de piliers tubulaires cylindriques, de longueur appropriée suivant leur emplacement. En effet on avait relevé soigneusement le profil du bon sol des fondations le long du passage du pont. L’emplacement des pieux était marqué sur la glace du fleuve complètement gelé et on détermina exactement ainsi la longueur de chaque pilier par un sondage approprié.
- Le pieu tubulaire comportait une chemise intérieure en tôle de 65 centimètres de diamètre. L’ar-
- de manœuvrer le marteau frappeur qui pesait 10 tonnes.
- La charpenle prenait appui sur quatre caissons flottants en béton armé. Un dispositif de pompes permettait de lester chaque caisson avec de l’eau, suivant les besoins du moment pendant la manutention et le fichage des pilotis, qui pouvaient ainsi être facilement battus obliquement suivant l’angle donné par les épures (fig. 1).
- La masse tombante était manœuvrée par l’eau sous pression..
- Fig. 8. — Palplanches d’un quai avec disposition de piliers qui supportent la plate-Jorme et les poussées
- mature était constituée par des génératrices droites en fer de 25 mm. reliées par des cercles en fil de 9 mm. Un coffrage en bois permettait le moulage du ciment jusqu’au diamètre extérieur de 80 centimètres (fig. 6).
- Certains pieux, servant à des piliers de soutien, atteignaient même des diamètres voisins de l mètre. La fabrication des pieux tubulaires fut exécutée dans une cale sèche aménagée spécialement et le tube était fermé à chaque extrémité par un tampon épais en ciment (fig. 5).
- Le pieu ainsi préparé était mis à l’eau et il était conduit par flottaison jusqu’à son emplacement, où se trouvait le mouton.
- Ce dernier appareil devait être établi spécialement en vue de la manutention du pieu, il devait assurer le moyen de battre le pieu obliquement et
- Pour éviter les efforts de renversement dus au vent, on aménagea une base à assises largement conditionnées. Le poids était guidé par des glissières et pouvait descendre sous l’eau à une grande profondeur. Les piliers battus étaient guidés par des rouleaux de guidage qui les maintenaient en place.
- La tête du pieu était coiffée par un chapeau métallique qui comportait des tenons, lesquels se déplaçaient dans les glissières.
- Le pieu, amené par flottaison, était dressé contre la sonnette et une fois mis en place et battu, il était rempli de béton; on constituait aussi une série de pilotis de grand diamètre et de grande résistance Sur lesquels on édifiait la base de la pile du pont.
- Ce procédé original a été appliqué avec succès.
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- LES CARACTÈRES ADAPTATIFS DES POISSONS LITTORAUX
- L’économie réalisée sur les moyens classiques employés pour; les fondations des piles de pont est considérable, dans le cas particulier que nous venons de mentionner et de décrire. Gë système pourrait évidemment trouver son application
- dans toutes les constructions qui nécessitent un nombre élevé de pilotis de grande longueur. On pourrait alors évidemment se contenter d’une quantité restreinte de piliers d’un diamètre plus important. E. Weiss.
- Fig. 9. — Battage de pieux en ciment pour constituer un appontement. La sonnette est sur chaland.
- Fig. 10. — Sonnette pour pieux de 60 mètres, montée sur quatre pontons.
- LES CARACTERES ADAPTATIFS DES POISSONS LITTORAUX
- (Mœurs et reproduction)
- Les poissons qui vivent habituellement dans la zone des marées n’ont pas seulement des caractères communs de forme et de coloration dus aux conditions mêmes de leur existence. Au point de vue de leurs mœurs et surtout des phénomènes si importants de leur reproduction, ces poissons littoraux présentent aussi de remarquables adaptations au sédentarisme.
- Ayant une natation lente et peu soutenue, ils ne chassent pas leurs proies à eourre à la manière des maquereaux et des morues. Au contraire, ils les guettent et se tiennent patiemment à l’affût. Cela exige nécessairement des instincts supérieurs, de véritables ruses et surtout une patience extrême. Méheut, le peintre de la mer, a figuré des chabots à
- l’affût derrière quelques débris de roches. D’autres poissons littoraux s’enfouissent dans le sable et restent immobiles pendant des heures. Ainsi est la vive, sur laquelle les- baigneurs peuvent mettre le pied par mégarde ; ce qui est pour eux la cause d’une piqûre douloureuse et parfois très grave.
- Nous verrons tout à l’heure à quel degré peuvent s’élever les instincts : chezles poissons de la zone littorale. La reproduction et la nidification tiennent en effet dans leur existence' une placé énorme, à cause des multiples dangers qui assaillent les très jeunes poissons, et auxquels ils ne pourraient résister étant livrés à eux-mêmes.
- Une des preuves que la reproduction est un acte prépondérant au cours de la vie des poissons litto-
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- LES CARACTÈRES ADAPTATIFS DES POISSONS LITTORAUX
- nux est ce que les naturalistes ont appelé le dimorphisme sexuel. Les mâles et les femelles ont souvent des couleurs très différentes. En outre les mâles revêtent, au moment de la reproduction, une livrée spéciale, rehaussée des ors les plus vifs, la parure de noces ou livrée nuptiale dont nous allons maintenant donner quelques exemples.
- Des poissons très communs dans toutes les mers d’Europe, auxquels on a donné le nom scientifique de labres (Labrus) et les sobriquets de vieilles, coquettes et perroquets de mer, ont des coloris d’une variété extrême. Non seulement leurs nuances changent avec la nature des herbes marines qui les entourent, mais encore les mâles et les femelles sont différemment colorés. Ainsi dans l’espèce Labrus mixius la partie ventrale du corps est jaune orangé dans les deux sexes; mais les mâles ont le dos violet et les nageoires bordées et tachetées de bleu outremer, tandis que les femelles ont le dos rouge et les nageoires bordées de noir (fig. 1).
- Les. petits poissons appelés Gobius, dont nous avons décrit la ventouse ventrale dans un précédent article, ont un dimorphisme sexuel encore plus accentué. Il est même arrivé aux naturalistes de prendre pour deux espèces distinctes les mâles et les femelles d’une même espèce. Une des illustrations de cet article représente les deux sexes du GobiUs flavescens, si remarquablement étudié par Guitel (1895). Les différences sexuelles sont les suivantes (fig. .2)
- 1° La pupille urogénitale, par où s’écoulent l’urine et les produits génitaux, est longue et conique chez le mâle; courte et cylindrique chez la femelle.
- 2° Les nageoires dorsales du mâle sont ornées de bandés alternativement bleues et rouges, d’un éclat très vif quand l’animal est surexcité; chez la femelle, ces nageoires sont incolores et transparentes.
- 5° Les autres nageoires du mâle deviennent noirâtres quand il est excité ; celles de la femelle restent toujours transparentes.
- 4° Les mâles seuls ont une tache noire sur chaque flanc, en arrière de l’opercule.
- On pourrait multiplier les exemples de cette sorte parmi les poissons de. la faune littorale. Le dimorphisme sexuel paraît être la conséquence
- Mâle en haut, femelle en bas.
- big. i. — Labres ou Perroquets de mer.
- 'Mâle en haut, femelle en bas, pour montrer leurs dil'lé-rences de coloration.
- du sédentarisme. Il s’atténue (t finit par disparaître quand on envisage (Eage, 1915) les différentes espèces, de moins en moins liltorales et finalemeut de haute mer (G. Lesneuri), du genre Gobius: D’autre part, aucun po:sson de haute mer, sauf le Callionymus lyra, ne présente de dimorphisme sexueL Les deux sexes sont apparemment identiques chez le maquereau, le hareng, la morue et chez tous les autres migrateurs.
- Dimorphisme sexuel et parure de noces ne sont que les préludes du grand acte de la reproduction qui domine toute l’existence et règle les instincts des poissons littoraux. Voyons comment a lieu la ponte et quelles mœurs extraordinaires se révèlent à l’issue de cette évacuation des produits génitaux.
- Chez les poissons de haute mer, la femèlle pond ses œufs en pleine eau et le mâle déverse de la même façon sa laitance. La rencontre des substances séminales est livrée au hasard. Il est vrai de dire que les femelles et les mâles de toute une vaste région océanique se rassemblent par millions ou par milliards, en bancs immenses qui se dirigent en bloc jusqu’au-dessus de frayères où a lieu la ponte. Cette accumulation d’individus reproducteurs accroît les chances de fécondation. Mais il n'en reste pas moins que les jeunes qui naîtront ultérieurement n’auront eu que des pères et des mères anonymes et resteront dépourvus de toute protection pendant toute leur jeunesse. En un mot, les mœurs familiales n’existent pas chez les poissons migrateurs.
- Au contraire, elles sont très développées dans la zone littorale et l’on n’est pas peu surpris de constater chez des Gobius, des épinoches de mer et des hippocampes, l’existence de véritables instincts maternels.
- Il n’y a qu’un seul poisson littoral, la motelle, dont les œufs soient abandonnés à eux-mêmes et flottent au gré des flots en compagnie des œufs de poissons migrateurs. Or, la motelle appartient à la môme famille zoologique des Gadidés que la morue j et le merlan dont les migrations sont connues de I tous. Les jeunes motelles, peu de temps après leur
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- éclosion, vivent en bancs de haute mer et servent de îruirriture aux maquereaux dont elles sont appelées pour cette raison les « cousins ». Celles qui échappent à la voracité de leurs ennemis \iennent habiter la zone littorale quand elles ont acquis une taille de 4 centimètres environ.
- Les œufs de mo-telles sont allégés par une goutte d’huile qui leur permet de tlotter à la surface de la mer. Ce dernier caractère ne se retrouve chez aucun autre poisson littoral. Tous les œufs dont nous allons maintenant parler sont plus lourds que l’eau et tombent sur le sol où certains mêmes se fixent au moyen de crampons, ün dit que ce sont des œufs démersaux, par opposition aux œufs flottants des motelles.
- Nous sommes maintenant en mesure d’aborder Une classification des poissons littoraux, d’après les instincts qu’ils manifestent au cours de la ponte et de la toute jeunesse de leur progéniture. Il est possible de les répartir en six groupes s’échelonnant depuis le chabot de mer, aux mœurs assez peu compliquées, jusqu’à la Ctennie vivipare.
- I. — Chez le chabot de mer (Cottus bubalis) et la gonelle (Pholis gunnellus) les œufs sont pondus en tas sur le sol, parmi les rochers, mais sans soins spéciaux. Pourtant le mâle les garde jalousement jusqu’à éclosion. Il n’est pas rare, dans la saison du frai, de rencontrer à la grève quelque gonelle mâle enroulée autour de ses œufs (fig. o).
- Un autre poisson littoral à ventouse, le Cyrlo-pterns lumpus, pond dans des crevasses de rochers.
- big. 3. — Gonelle mâle enroulée autour de ses œufs.
- La garde est confiée comme précédemment au sexe mâle. Mac Intosh a décrit la posture incommode d’un mâle qui* à marée basse, pour œufs placés dans une
- dépression de rocher, n’était pas entièrement recouvert par l’eau et se plaçait pour respirer, tantôt sur un côté, tan ôt sur l’autre. Mis à l’eau à quelque distance de ses œufs, il ne tardait pas à y revenir pour reprendre sa position héroïque.
- Fig. d. — Ponte de Gobius dans une coquille vide.
- II. — Une espèce particulière de chabot de mer à laquelle les ichthyologistes ont donné le nom de Cottus scorpius, n’a pas de préférence dans le choix d'un lieu de ponte. Il dépose ses œufs aussi bien sur le sol que dans des coquilles vides ou même dans de vieilles chaussures ou des tessons de bouteilles.
- Il en est de même pour les blennies, avec cette différence que leurs œufs, au lieu d’être pondus en tas, sont juxtaposés régulièrement à la surface des objets. L’abondance des œufs en certains endroits rend extrêmement probable la collaboration de plusieurs femelles. Pourtant un seul mâle garde le nid (ou mieux le lieu de ponte), çe qui paraît indiquer une sorte de polygamie.
- Dans l’espèce Blennius Pholis, les deux sexes concourent à l’office de gardien.
- III. — La diversité des endroits que peut choisir le poisson pour y déposer sa ponte se retrouve chez les Gobius et les Lepadogaster, dont nous avons déjà signalé l’étrange ventouse formée par les nageoires ventrales. On a trouvé des œufs de Gobius sur des souches de laminaires et autres
- Fig. 5. — Œufs de Gobius. Remarquer leur réseau d’attache au substratum.
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- planles marines, sur des bouées, et des pilotis, dans de vieilles boîtes de conserves, etc. En général cependant, ils sont collés à la surface interne de coquilles vides que le mâle aménage dans ce but (fig. 4). Nous ne saurions mieux faire à ce propos que transcrire le récit que donne, de cet aménagement et de la ponte, le naturaliste Guitel (1895).
- « Le mâle s’introduit sous la coquille vide, et, par de rapides mouvements de sa queue, très souvent répétés, il chasse au dehors une grande partie du sable qu’elle contient.
- Ce sable, violemment projeté au dehors, sort avec rapidité sur tout le pourtour de la coquille....
- « Le mâle sort à chaque instant de son nid pour inviter les femelles à venir pondre chez lui. Pour cela, il s’élance vers l’une d’entre elles, ses nageoires fortement hérissées et sa gorge gonflée; il nagea ses côtés, en progressant par petits bonds rapides, et en inclinant son corps vers elle; souvent même, pour mieux sc faire comprendre, il la frôle à plusieurs reprises....
- Pendant tout le temps que dure ce manège, ses couleurs acquièrent un éclat remarquable, et lui forment une magnifique livrée....
- « Quelquefois une femelle se laisse séduire et suit le mâle jusqu’à son nid, en frétillant à son côté.
- Celui-ci, plongé dans une grande excitation, pénètre chez lui, lait plusiéurs fois
- le tour de son logis et vient
- vite se placer à l’entrée de sa maison. Son inquiétude est extrême, sa tête toute
- noire, sa respiration précipitée, et il agite rapidement ses nageoires. »
- La femelle dépose ses œufs côte à côte à la face interne de la coquille. Plnsieurs pontes sont en général juxtaposées, caries Gobius pratiquentla polygamie. Les œufs ont ceci de très remarquable qu’ils sont réunis les uns aux autres et fixés à la coquille par un réseau de filaments étroits (fig. 5). Reprenons maintenant le récit de Guital.
- « Notre petit mâle est maintenant père d’un certain nombre d’œufs sur lesquels il veille avec la plus grande sollicitude.... Pendant tout le temps (9 jours) que dure l’incubation, le mâle reste gardien de sa progéniture. Il agite constamment ses pectorales et sa queue pour créer des courants qui
- Fig. 6. — De gauche à droite ; Enlèbure et Ne-rophis mâles ayant des œufs collés sur leur ventre; Syngnathe montrant sa poche marsupia le.
- renouvellent l’eau sous la coquille, et il empêche les autres mâles de s’emparer de ses œufs. De temps à autre, il rentre dans son nid, se renverse, la face ventrale tournée vers le haut, et parcourt le plafond de son logis en palpant ses œufs au moyen de la ventouse que forment ses deux nageoires ventrales. »
- Les Gobius ont donné lieu à des recherches sur la mémoire des poissons. Si l’on chasse un mâle de sa coquille et que l’on transporte celle-ci à quelque distance de la place qu’elle occupe, le mâle ne tarde pas à revenir à l’endroit où était son nid. Surpris de ne pas l’y retrouver, il s’agite d’un air inquiet. Ses allures particulières indiquent nettement qu’il s’est aperçu de la disparition de la ponte qu’il gardait. Finalement il la retrouve au second endroit où on l’a mise (Mlle Godsmith).
- 1Y. —- Une étape nouvelle dans Dévolution des instincts reproducteurs est franchie avec les labres et les épinoches de mer. Ces animaux font un nid relativement aussi perfectionné que celui des oiseaux.
- Une espèce au moins de labres (Labrus Cergylla) est bien connue des pêcheurs peur entasser des algues dans une crevasse de rocher, à seule fin d’en constituer un nid rudimentaire de 20 centimètres de longueur, où les femelles pondent leurs œufs.
- Mais l’e'pinoche de mer à 15 épines (Spinachia vulgaris) dépasse tout cela en merveilleux. Les nids peuvent être trouvés d’avril à juin dans les herbiers du littoral. Ils ont une dizaine de centimètres de diamètre et sont formés d’algues agglutinées par une substance visqueuse (mucus). C’est le mâle uniquement qui construit son nid. Pour cela il choisit une touffe de varech ou de fucus fixée au sol, et relie les frondes les unes aux autres par des ligaments enchevêtrés. Le fil dont il se sert est une sécrétion de ses reins, distincte de l’urine, mais sortant par le même orifice que cette dernière. L’aiguille servant à coudre les algues est l’épinoche elle-même, à laquelle sa forme allongée permet de passer et de repasser sans cesse à travers les moindres interstices. Une chambre est ensuite creusée dans le nid où plusieurs femelles viennent pondie
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- successivement. L’épinoche de mer est polygame et aussi bonne gardienne de ses œufs que les Gobins. C’est le mâle qui garde le nid et le défend à grands coups d’épines. : ;
- Y. — Les poissons de ,la famille des syngnathes et des hippocampes n-ont pas besoin de nid pour assurer dans de bonnes conditions et en toute sécurité l’incubation de leurs œufs. Chez certaines espèces (Entelurus æquoreus, Nerophis lumbrici-formis) la femelle colle sa ponte sous le ventre du mâle, depuis la,gorge jusqu’à l’anus (fig. 6). Une ponte comprend une cinquantaine ou une centaine d’œufs qui sont transportés par le père, vérilable nourrice, dans toutes ses pérégrinations.
- Les vrais syngnathes (syngnalhus) et les hippocampes mâles possèdent une poche ventrale qui fait songer à la poche des marsupiaux (fig. 6). La femelle y dépose ses œufs au cours d’un véritable accouplement — mais avec inversion sexuelle — que différents auteurs ont décrit. Lafont assista àun accouplement de syngnathus acus : les individus étaient étroitement enlacés ; la poche du mâle était vide et bâillante à son extrémité antérieure.
- L’oviducte de la femelle faisait hernie au dehors sur une longueur de 6 à 8 millimètres; la femelle introduisit cette sorte de trompe dans la poche du mâle et déposa ainsi sa ponte, comprenant environ 400 œufs.
- L’incubation, l’éclosion et la toute jeunesse des syngnathes et hippocampes a lieu dans la poche de leur père où ils se nourrissent par osmose. L’impression que l’on éprouve à la vue d’une portée de jeunes, à peu près gros comme les plus fines des aiguilles à coudre et contenus dans le ventre rebondi d’un père en état de grossesse, est vraiment émouvante et sympathique.
- YI. — Enfin nous allons rencontrer chez des pois-. sons le phénomène de viviparité auquel les mammi-
- fères doivent leur élévation et leur puissance dans la nature actuelle. Qu’une femelle conserve ses œufs, que ceux-ci soient fécondés, puis éclosent à l’intérieur de son corps, que les jeunes enfin y soient nourris jusqu’à parfait développement et viennent au monde bien constitués ; telle sont les conditions de sécurité maxima pour la reproduction d’un animal. Or, elles sont réalisées chez une blennie des côtes anglaises, le Zoarces viviparus.
- L’accouplement se fait en automne et la mise bas, au printemps suivant. Chaque femelle peut contenir de 20 à 500 jeunes. Ils sont plongés dans une sécrétion albumineuse et nutritive de l’ovaire maternel. À leur naissance, les jeunes Zoarces viviparus ont de 3 à 4 centimètres de longueur et 5 mois d’âge véritable.
- Il n’y a malheureusement pas de Zoarces sur les côtes françaises, Mais tous les autres poissons dont nous avons parlé dans cet article et dans le précédent vous seront familiers après quelques semaines de séjour à la mer. Ne vous attendez pas, cela va sans dire, à pouvoir vérifier de visu leurs mœurs si extraordinaires.
- D’abord les périodes de reproduction ne coïncident pas avec celles de vos vacances (sauf les vacances de Pâques). Ensuite il a fallu des années de recherches patientes et toute l’ingéniosité des naturalistes pour avérer le moindre fait. Ce que vous pourrez faire constater à vos enfants, pourvu qu’un petit aquarium ou de simples cuvettes d'eau de mer soient susceptibles de recevoir le produit de vos pêches à la grève, ce seront les formes, les couleurs et le comportement habituel des poissons littoraux.
- Que d’enseignements vous pourrez en tirer !
- • Léon Bertin.
- Agrégé de l’Université.
- Fig. 7. — Œuf de Gobius.
- LA PHONÉTIQUE EXPÉRIMENTALE ET LÈS TRAVAUX DE L’ABBÉ ROUSSELOT
- Le projet de création d’une chaire de phonéliqiœ experimentale au Collège de France, en faveur de l’abbé Rousselot, vient de ramener l’attention sur cette science encore peu connue'dont il fut Tardent et génial initiateur malgré la pénurie des moyens mis à si disposition. Mais il avait la foi qui soulève les montagnes et négligeant les sentiers parcourus jusqu’alors par les linguistes officiels trop confinés dans l’étude des textes, il s’engagea résolument dans la voie de l’observation. Après une série d’essais méthodiques, il parvint à construire et à mettre au point d’ingénieux appareils, qui lui permirent
- de transcrire tous les sons de la voix humaine, d’explorer le larynx, le nez, les lèvres, la langue, de saisir, en un mot, les mouvements complexes des divers organes concourant à la formation de la parole. .,
- Soixante-quatorze hivers ont pu courber la taille de l’érudit phonéticien mais non diminuer son ardeur au travail, sa passion pour la recherche scientifique. Dérobant quelques heures à ses doctes occupations, il a bien voulu nous initier aux mystères des ondes sonores, auxquelles il a su arracher leurs secrets. Nous nous proposons de résumer ici la
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- « substantielle moelle » de ses entretiens comme dirait Rabelais. Du reste, en rappelant ses travaux et ceux de ses élèves, nous aurons esquissé, à grands traits, l’histoire de la phonétique expérimentale dont la naissance ne remonte pas au delà d’un demi-siècle.
- Le laboratoire de l’abbé Rousselot ne ressemble guère aux palais des universités américaines dus aux libéralités des Garneggie et des Rockefeller! C’est un pauvre baraquement installé dans une des cours du Collège de France et composé de quatre petites pièces aux murs délabrés, abritant, de-ci de-là, quelques-uns des instruments figurés ei-contrè. Mais vu l’exiguïté de ces locaux, l'habile acoustieien a du mettre les diapasons et autres instruments, dont il Se sert journellement, dans Son appartement de la rue des Fossés Saint-Jacques où s’entassent, pêle-mêle, sur des rayons, des chaises et des meubles, l’armée sans cesse grossissante des livres, des tambours inscripteurs ou des tubes de verre, des piles électriques ou des phonographes, des tracés graphiques ou des microscopes : toutes les pièces jusqu’à la chambre du 7e sont transformées en laboratoires! Voilà les outils qui permirent au Maître d’écrire ses remarquables Principes de phonétique expérimentale (1897-1908).
- Avant lui cependant un simple ouvrier typographe, Léon Scott, conçut le premier l’idée d’inscrire la parole au moyen de son phonautographe maladroitement construit par Koenig en 1864 et dont ce dernier tira ultérieurement son appareil à flammes manométriques, décrit aujourd’hui dans tous les manuels de physique élémentaire et qui utilise, d’ingénieuse façon, la propriété vibratoire des membranes. De leur côté, le téléphone (1876) et le phonographe (1878) ont, dès le début, servi de point de
- Fig. 2. — Enregistreur à poids de Weiss, modifié par Vabbé Rousselot. Inscription des vibrations buccales.
- F/g. i. — Enregistreur mû par une turbine à eau.
- Le chariot a la forme de ceux des machines à diviser. Les changements de vitesse sont commandés par des galets mobiles.
- départ pour l’enregistrement de la parole. En particulier le suisse Schneebeli, en adaptant une pointe à la membrane téléphonique, put inscrire sur des lames de verre, couvertes d’une légère couche de noir de fumée, les courbes de différentes voyelles. Plusieurs auteurs imaginèrent ensuite de transformer les creux des phonogravures en courbes planes tandis que le Dr Eoudet de Paris, grâce à l’emploi de microphones spéciaux,essaya, d’utiliser les 2 parties du téléphone pour l’inscription de la parole.
- Tous ces appareils avaient pour objet l’analyse du son alors que, dès 1876, le Dr Rosapelly, qui travaillait au laboratoire du Professeur Marey au Collège de France, appliqua la méthode graphique à la phonétique. À l’aide d’instruments inscrivant simultanément les uns les mouvements des lèvres, un autre les vibrations du larynx et un troisième la pression de l’air dans le nez, il étudia, à l’instigation de la Société de Linguistique, les groupes formés de consonnes labiales et de la voyelle a, mais il n’alla pas au delà de certaines constatations physiologiques. Une dizaine d’années plus tard, l’abbé Rousselot voulut analyser les sons de son patois qu’il avait pris pour sujet de thèse et distinguer les nuances très délicates observées, suivant les lieux et l’ordre des diverses générations. Ce fut l’origine de la phonétique expérimentale. Ses premières recherches portèrent sur le timbre, puis s’étendirent successivement à toutes les modifications phonétiques du langage. Il employa tour à tour l’enregistreur régulateur de Foucault avec le téléphone inscrivant de Roudet de Paris, le signal électrique de Deprez,
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- Fig. 3. — Enregistreur portatif à mouvement a'horlogerie.
- Les appareils inscripteurs visibles sont une olive pour le souffle nasal, deux autres pour la bouche et un diapason entretenu électriquement.
- les explorateurs du larynx et des lèvres de Rosa-pelly qu’il abandonna ou perfectionna.
- Actuellement il utilise, entre autres, Y enregistreur à turbine (fig. 1 ) dans lequel les changements de vitesse s’obtiennent à l’aide de galets mobiles. L’organe moteur est une turbine à eau et notre photographie montre, par la fenêtre ouverte sur la salle voisine, une des ailes régulatrices du mouvement. Le chariot a la forme de ceux des machines à diviser et permet les inscriptions d’une certaine étendue nécessaire pour les expériences de rythme, de hauteur musicale, etc. Pour d’autres études phonétiques, M. Rousselot préféra modifier l’ancien enregistreur à poids de ITeiss (fig. 2). Au lieu de faire agir le poids directement sur le barillet, il interposa deux rouages en vue d’en diminuer la courte et de combattre ainsi la force d'accélération, puis il ajouta un plateau à gorge pour la commande du chariot. Les ailes régulatrices sont disposées verticalement et il suffit de varier les dimensions du pignon pour modifier la vitesse de l’appareil.
- Le savant physicien fit aussi construire un enregistreur portatif à mouvement d'horlogerie (fig. 3).
- Comme organes inscripteurs, l’instrument comporte un tambour pour le souffle nasal recueilli dans les deux narines à l’aide d’olives, deux autres tambours (un petit rigide, un autre plus grand et élastique) qui reçoivent le courant d’air buccal et enfin un diapason entretenu électriquement. D’autre part, deux poulies à gorge règlent la vitesse du chariot porteur, les tambours vont inscrire leurs courbes respectives sur la surface du cylindre, pendant que le diapason enregistre le temps.
- YansYenregistreur photographique du Dv Struy-cken qu’on voit également au laboratoire de phonétique expérimentale du Collège de France, deux membranes actionnent un miroir, destiné à transmettre les oscillations des ondes sonores, au moyen du rayon lumineux qui lesagrandit et va les peindre sur une pellicule sensible. Un autre appareil de ce genre a permis à l’abbé Rousselot l’enregistrement synchronique par la photographie de plusieurs phénomènes ; par exemple les vibrations de la bouche et du nez, de la voix et des mouvements qui la produisent, etc.
- Mais, indépendamment des appareils servant à l’inscription de la parole elle-même, physiologistes et phonéticiens en ont imaginé d’autres capables d’explorer et d’inscrire les mouvements organiques dont elle se compose. Malgré leur diversité, tous ces instruments inscripteurspossèdentdeux mécanismes: l’un e.rplorateur, l’autre écrivant, mis en communication au moyen de l’air ou de l'électricité. Rosapelly improvisa d’abord un explorateur des mouvements des lèvres que l’abbé Rousselot modifia afin de le rendre plus sensible et plus commode. Aujourd’hui il se contente d’ordinaire d’une simple ampoule en caoutchouc, ronde, ovale ou allongée, grande, petite ou flexible selon la forme des organes et la nature des mouvements à étudier. De même, dès ses premières expériences, il remplaça l’infidèle et encombrant explorateur des vibrations du larynx par une simple capsule de diverses grandeurs.
- Gomme mécanisme écrivant, on s’adresse fréquemment au tambour à levier de Marey ; d’un usage courant dans les expériences physiologiques; il consiste en une cuvette large, profonde et cou-
- Fig. 4. — Transcripteur phonographique de Lioret, transformant en courbes amplifiées les tracés en creux des cylindres de phonographe.
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- verte, à sa partie supérieure, par une membrane en caoutchouc portant en son centre un disque d’aluminium muni d’une petite fourchette métallique qui s’articule avec le levier rendu mobile afin de pouvoir le, graduer suivant la puissance amplificatrice nécessaire. M. Chauveau, en ajoutant une articulation au style inscripteur, parvint à faire mouvoir à volonté le style vers la droite ou vers la gauche. I)e son côté, l’abbé Rousselot apporta au tambour de Marey de multiples changements afin de mieux l’approprier aux besoins de la phonétique expérimentale. Il simplifia d’abord les organes de réglage qu’une simple vis permet de fixer dans toutes les positions désirées. Il fit construire plusieurs cuvettes : les unes larges et profondes pour les grandes quantités d’air à emmagasiner ou petites et étroites quand on désire une grande sensibilité ou lorsque l’on a à inscrire des vibrations secondaires. Il débarrassa le levier de ses articulations, puis le remplaça par une simple paille fixée au moyen d'une eharnière à un support mobile sur la tige et attachée, par une colonnelte d'aluminium, h la membrane ou collée directement sur celle-ci.
- Mais le tambour à levier présentant plusieurs défauts comme inscripteur de la parole, l’abbé Rousselot conçut, sur le modèle de l'oreille humaine, un appareil qu’il baptisa du nom d'oreille inscrip-irice; et qui donnait, d’une façon constante, les vibrations les plus aiguës de la voix. C’est en réalité un petit tambourin inscripteur réglable. Il en construisit ensuite d’autres de plus grandes dimensions et capables d’enregistrer les bruits les plus sourds. Quant à l’inscripteur électrique de Verdin, il l’améliora notablement pour le transformer, selon ses propres paroles, en véritable microscope de la parole.
- Enfin pour finir de passer en revue les princ:paux
- Fig’. 6. — Sirène à ondes de Kœnig, permettant de r les 16 premières harmoni nés en variant l’intensité
- Fig. 5. — Silène à onde de l’abbé Rousselot.
- Au-dessus, un disque d’autre forme.
- instruments qui servent aujourd’hui aux phonéticiens, nous décrirons rapidement le transcripteur phonographique (fig. 4) inventé par Lioret et perfectionné par son constructeur, d’après les indications de l’abbé Rousselot. Cet appareil permet de transformer en courbes amplifiées les tracés en creux des cylindres de phonographe. Il comporte deux séries d’organes : 1° un mécanisme donnant le mouvement de rotation et de translation au cylindre de cire, ainsi qu’au levier amplificateur ; 2° un cadre muni de deux rouleaux sur lequel glisse le papier d’enregistrement.
- Une fois l’inscription de la parole terminée, pour transformer un phonogramme en courbe amplifiée, on soulève le recorder qu’on remplace par un mécanisme transcripteur formé d’un simple levier vertical reposant sur un support fixé à l’appareil. La petite branche de ce levier porte un saphir mousse destiné à fouiller tous les replis du sillon creux pendant que la pointe de la grande branche inscrit sur une bande de papier, recouverte de noir de fumée et mesurant 2 mètres,les longs tracés correspondants. Durant la transformation en courbes, le rouleau de cire est mû à la main et tourne très lentement (50 à 60 fois moins vile qu’au moment de l’impression). L’inertie du levier ne saurait donc entacher d’erreur les résultats graphiques.
- Maintenant que nous connaissons les appareils d’enregistrement, comment va-t-on lire, analyser ou contrôler un tracé phonétique obtenu avec l’un d’eux?
- D’une façon générale, le premier travail du phonéticien expérimenta-
- eproduire teur ^lre s’ahac^er a ^re ^es
- et la phase. tracés. Souvent l'œil ou une bonne
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- 124 LA PHONÉTIQUE EXPÉRIMENTALE ET LES TRAVAUX DE L'ABBÉ ROUSSELOT
- Fig. 7. — Tonomèlre de Kœnig, collection unique de diapasons allant de 16 à ço 000 vibrations doubles.
- loupe suffisent pour cette lecture, mais il lui faut parfois recourir à un microscope monté sur un chariot, ce qui permet de le promener sur la feuille d’expérience. On prend d’ordinaire avec un micromètre oculaire ou encore avec une loupe et une réglette spéciale divisée au 1/10 de millimètre, les mesures nécessaires.
- Après la lecture vient l’analyse qui peut.s’opérer de deux façons. La première manière ou analyse physiologique repose sur le synchronisme de plusieurs tracés et enregistre le travail organique, la seconde ou analyse physique consiste à étudier les courbes au moyen des; séries de Fourier utilisées par les acous-ticiens ou bien par la méthode graphique de l’abbé Rousselot.
- Le contrôle d’un tracé de voyelle peut se faire d’ailleurs avant l’analyse, àl’aide d’une sirène à ondes (fig. 5).
- On découpe la période sur le Lord d’un disque de zinc qu’on déplace devant la fente a air avec la vitesse voulue ; on entend alors la voyelle.
- M. Rousselot a montré même qu’en réduisant le tracé du disque au seul son, caractéristique de la voyelle, et pourvu qu’on répète celui-ci un nombre de fois suffisant dans la période,
- la voyelle se trouvait également reproduite. On réalise de la sorte un instrument d’analyse. Quand on cherche la noie caractéristique d’une voyelle, il suffit de faire varier la hauteur du disque découpé et lorsque le timbre, produit ainsi artificiellement, satisfait l’oreille, on lit sur le compteur le nombre de tours et on en déduit aisément la hauteur du son. Enfin, quand on a fait l’analyse d’une voyelle, on peut en obtenir la vérification grâce à la sirène à ondes de Kœnig (fig. 6) qui reproduit les 16 premières harmoniques avec des différences d’intensité et de phases.
- La recherche des caractéristiques s’effectue encore avec dos diavasons ou avec des résonateurs placés devant la bouche pendant l’émission sonore. Pour que les premiers de ces appareils répondent au but proposé, M. Rousselot les munit de curseurs glissants afin qu’ils donnent des tons variables à volonté et il construit des résonateurs cylindriques dont il peut faire varier la cavité vibrante à l’aide d’un piston et l’orifice au moyen d’un volet mobile et d’un tube.
- Pour ce genre d’expérimentation, le savant phonéticien dispose encore du tonomèlre de Kœnig (fig. 7),. collection unique de diapasons allant de 16 à 90 000 vibrations doubles. Au moyen de curseurs, le plus gros des 4 diapasons hors série peut faire entendre de 52 à 64 vibrations doubles, le plus petit avec curseur 4092 vibrations par seconde. Entre celte note et la suivante (4088 vibrations) existe un intervalle de 3 mm,6 suffisant pour distinguer 1 /8 de vibration et au-delà. Dans les notes graves, la marge est incomparablement plus grande. Au-dessus de 4092 vibrations, les diapasons, qui occupent le rang supérieur de la collection, rendent des sons conformes aux notes de la gamme.
- Toutes ces lectures de tracés ainsi que leur analyse minutieuse et leur contrôle expérimental, ont permis aux phonéticiens d’étudier le langage humain, d’explorer les divers organes de la parole,»
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- LE SONDAGE EN MER PAR LE SON
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- de saisir dans leurs moindres détails les émissions de voyelles ou de consonnes, d’une syllabe, d’un mot ou d’une phrase, voire même l’état d’àme d’un orateur prononçant un discours ! Les procédés de la phonétique remplacent avantageusement les impressions A'agues de l’oreille, les indications plus ou moins imprécises du sens auriculaire par des quantités mesurables, des nombres qu’on peut soumettre au calcul et ils ont déjà fourni des explications rationnelles de certains changements accomplis dans les idiomes les plus divers.
- En dehors de la linguistique, la phonétique expérimentale facilite parfois la besogne des pédagogues et des médecins. Dans l’enseignement des langues vivantes, le maître utilisera avantageusement les données qu’elle fournit pour reproduire des sons difficiles que ses élèves étrangers prononcent mal. En médecine, ses lois aideront au diagnostic de certaines affections (parésie des cordes vocales, bégaiement, surdité, etc...). En ce cas, M. Rousselot détermine d’abord le champ auditif du sujet en présentant simplement à son oreille un certain nombre de diapasons. Quand le patient n’entend plus, l’expérimentateur note le temps que lui-même perçoit encore et il marque en minutes ou
- LE SONDAGE EN
- Les progrès considérables faits pendant la guerre dans certaines branches techniques ont permis d’aborder divers problèmes qui étaient restés jusqu’ici sans solution pratique. La détermination de la hauteur d’eau en mer, en ternies maritimes le sondage, à l’aide des ondes sonores se propageant dans la masse liquide est un de ceux dans lesquels on a pu obtenir quelques résultats.
- Tout le monde sait que le sondage en mer est une opération de première importance en navigation. Les bâtiments ont en effet recours à la sonde non seulement pour être prévenus du , voisinage des hauts fonds lorsqu’ils, naviguent dans lés: parages, peu connus, mais encore pour déterminer leur .position par comparaison de la hauteur. d’eau trouvée avec la ca;rte marine lorsqu’ils sont au . large et qu’ils rie peuvent se placer ni par l’observation des, astres ni par la radiogoniométrie.) ; . ;
- : Or le sondage est .resté, dans bien des cas, une opération assez difficile. Aux petites profondeurs," si le navire esfimmobile ou à petite vitesse, on sonde au moyen d’une simple ligne graduée à l’extrémité de laquelle se trouve; fixé un plomb plus ou moins lourd.* - . ' • j v
- S’il faut sonder . en marche, on a recours à des appareils à lùbe manqmetrique indiquant la pression maxima à laquelle est descendu le plomb de sonde; mais ceè appareils ne donnent quelque précision que jusqu’aux profondeurs de 120 à 160 mètres. Pour déterminer la hauteur de l’eau
- secondes la différence entre l’oreille malade et une oreille saine. On peut alors procéder à la rééducation d’une personne sourde (fig. 10). On commence par conduire avec des tubes de caoutchouc dans l’oreille profondément atteinte, le son amplifié par des résonateurs. Puis on continue cette gymnastique sonore à l’aide de simples diapasons. Une fois l’oreille rendue capable d’entendre des sons simples, on lui propose des sons complexes et enfiri la parole.
- La rééducation auditive doit se poursuivre pendant longtemps quand la surdité est ancienne ou la santé chancelante, mais elle ne semble jamais inutile, car elle retarde les progrès du mal. ;
- On conçoit donc que vu' les services rendus par cette sciencé encore à ses débuts, de nombreùx laboratoires de phonétique expérimentale se trouvent maintenant disséminés un peu partout à travers le monde: en France (à Rennes, à Lille, à Grenoble et à Montpellier) ; en Belgique, à Louvain et à Liège; en Espagne, à Barcelone; en Allemagne, à Hairibourg et à Marbourg; à Prague (Tchéeo-Slovaquie)-où professe avec’ éclat un dés plus brillants élèves de l’abbé Rousselot, MvChlurnsky; enfin à San Francisco (Etats-Unis) et jusqu’à la' Havane et au Japon.
- Jacques Rôveii. :
- AER PAR LE SON
- dans les grandes fosses il est indispensable de stopper complètement le navire afin de pouvoir descendre au fond un plomb fixé à l’extrémité d’une fine ligne d’acier ; l’opération est fort longue : un sondage par 5000 ou 4000 m. de fond demande environ une heure.
- Il y a longtemps déjà que, ayant remarqué la grande perméabilité de l’eau aux ondes sonores, on avait proposé de sonder en mesurant le temps que met un bruit émis par le navire à descendre au fond de la mer et à remonter à la surface après réflexion sur le fond. Ce procédé, qui évite toute manœuvre extérieure au navire, paraissait en effet a priori susceptible de faciliter considérablement le sondage ; on pouvait espérer résoudre ainsi le problème du sondage en marche à toutes les profondeurs. Mais les difficultés d’ordre technique que l’on a rencontrées dans cette question ont empêché jusqu’ici la réalisation d’appareils donnant des résultats pratiques.
- La Marine française a commencé à étudier la question en 1919 et obtenu assez vite des résultats encourageants. Depuis cette époque des progrès importants ont été réalisés, affirmant de plus en plus le grand avenir de ce procédé. En particulier on peut dire que dès maintenant l’exploration des grandes profondeurs est possible, malgré la marche du navire, grâce au sondage par le son.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des appareils employés et nous nous bornerons par consé-
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- quent à donner un aperçu des conditions générales du problème.
- Les ondes sonores se propagent dans l’eau à la vitesse considérable de 1500 m. par seconde. Par conséquent, si l’on veut déterminer la hauteur de l’eau avec quelque approximation, il faut pouvoir mesurer l’intervalle de temps qui sépare l’émission d’un bruit du retour de son écho avec une très grande précision : pour avoir la hauteur d’eau au mètre près, il faut observer le temps au millième de seconde près. Il est évidemment indispensable pour cela d’avoir des instruments d’enregistrement automatique. En outre si l’on se trouve dans une région peu profonde, le temps qui s’écoule entre le départ du bruit et le retour de l’écho est très court : un dixième de seconde seulement pour une hauteur d’eau de 75 m. Pour pouvoir dans ces conditions distinguer l’écho de l’émission il faut que les bruits soient très brefs et que les instruments récepteurs soient très amortis.
- Par ailleurs la nature même du problème impose des conditions spéciales. Le roulis du navire, les bruits divers que provoque sa marche sont autant de détails qui rendent plus difficile la mise au point des appareils.
- On pourrait craindre, par analogie avec ce qui se passe dans l’air, que la propagation des ondes sonores dans l’eau ne soit un phénomène quelque peu capricieux, influencé de manière mal définie par certaines causes telles que les courants, la température, etc... Fort heureusement il n’en est rien, tout au moins en ce qui concerne la propagation du son suivant la verticale : on a affaire pour le sondage à un phénomène très constant, tant au point de vue de la vitesse à laquelle se propagent les ondes qu’au point de vue de leurs portées maxima. Les courants n’ont que des composantes verticales très faibles, absolument négligeables devant la vitesse du son. L’influence de la température est plus importante, car la vitesse du son est sensiblement plus grande dans l’eau chaude que dans l’ëau froide; mais, par suite de la formidable capacité calorifique de la mer, la température de l’eau ne varie que très lentement, et il s’ensuit que Ton peut dans la pratique adopter, pour une région déterminée, la même température pendant une saison entière. La salinité de l’eau agit aussi quelque peu sur la vitesse du son, mais elle est sensiblement constante dans une même région. Tout compte fait, même si l’on ne tient compte que grossièrement des influences de la température et de la salinité, on doit obtenir aux grandes profondeurs des hauteurs d’eau plus précises par le son que par la ligne de sonde.
- Les premières expériences ont été faites en utilisant comme source sonore l’explosif. La détonation d’une petite charge au sein de la masse liquide produit en effet dans l’eau une onde d’une violence considérable, et l’écho de cette détonation sur le fond peut être perçu par un microphone convéna-
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- blement fixé sous le navire, malgré les bruits dus à la vitesse de ce dernier. En amplifiant par quelques tubes à vide le courant électrique provenant du microphone, on peut actionner un oscillographe électromagnétique dont la plume trace sur le papier enfumé d’un enregistreur des crochets correspondants au départ du coup et au retour de l’écho. 11 ne reste plus, après l’explosion, qu’à lire sur le graphique d’enregistrement le temps qui s’est écoulé entre ces deux crochets pour pouvoir en déduire la hauteur de l’eau. Comme on l’a vu, ce temps doit être mesuré avec une très grande précision; il faut par conséquent que le papier enfumé de l’enregistreur ait une vitesse relativement grande : par exemple 0 m. 50 par seconde, de manière que l’on puisse lire facilement le millième de seconde; en outre l’oscillographe doit avoir une grande rapidité de démarrage, afin que l’on puisse définir le début des crochets de départ et d’écho avec cette même précision. Les détonations sont produites simplement en tirant dans l’eau des coups de fusil, l’arme étant complètement immergée et son canon raccourci pour éviter qu’il n’éclate sous l’effet du bourrage de l’eau; un fusil ordinaire permet de sonder jusqu’aux profondeurs de 1000 m. ; des charges plus fortes, pouvant aller jusqu’à 25 grammes, sont nécessaires pour sonder dans les très grandes fosses.
- Un matériel basé sur ce principe a été étudié au Service Hydrographique de la Marine pour le sondage aux grandes profondeurs. Ce matériel, au perfectionnement duquel on travaille encore, permet de sonder à la vitesse de 8 à 10 nœuds en effectuant un sondage toutes les deux minutes et en dépouillant le sondage à chaque fois. L’exploration des grandes fosses des océans, qui n’avait pu jusqu’ici être faite avec détail en raison du temps que demandent les sondages au fil, devient une opération vraiment aisée avec ces appareils. On peut dire que l’océanographie compte désormais un puissant moyen d’investigation de plus, qui permet d’envisager la confection de cartes des grandes profondeurs suffisamment détaillées pour que le navigateur puisse s’y placer d’après la sonde comme il le fait sur les cartes côtières.
- Aux petites profondeurs il importe de pouvoir rester en contact permanent avec le fond ; ce qu’il faut par conséquent réaliser, c’est l’appareil de sondage indiquant constamment ce qu’il y a d’eau sous le navire. L’explosif ne saurait plus être employé pour cela, car il faut pouvoir user constamment de la source sonore sans dépense appréciable. Une invention de M. le professeur Langevin, les ultrasons obtenus par des quartz piézo-électriques, trouve ici une application de première importance. L’époque , n’est peut-être pas éloignée où, grâce aux ultrasons, on pourra sonder de manière continue malgré la marche du navire.
- Le sondage par le son a sans doute un très grand ; avenir. Il est en effet tout indiqué de se servir de
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- LES PYRAMIDES A VOL D'AVION
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- Fonde sonore, la seule actuellement connue qui se propage très librement dans l’eau, pour éviter l’envoi difficile d’un objet au fond de la mer lorsque l’on veut en déterminer la profondeur. Or les résultats actuellement acquis prouvent de manière formelle la possibilité de isonder couramment par le son. L’extension du procédé est donc certaine lorsque la mise au point des instruments sera suffisante.
- Le problème comporte des exigences sévères qui nécessiteront des tâtonnements encore longs pour arriver aux appareils véritablement pratiques ; mais les moyens dont dispose la technique actuelle sont suffisamment étendus pour que l’on puisse espérer
- ACADÉMIE D
- Séances de
- Le Sahélien de la Tunisie septentrionale. — Bien que son substratum soit mal connu, le Sahélien se rencontre sur le flanc sud des collines de Menzel Üjemil, dans l’anticlinal jalonné par Dj. Beslassia, Dj. Donimis et Dj. Menzel R'oul, enfin, dans l’anticlinal de Galaat el Àndelees. De la note de MM. Ch. Deperet et M. Solignac, on doit conclure que le passage dans le nord de la Tunisie du synclinal marin de la fin du miocène supérieur constitue un fait intéressant qui permet de jalonner le trajet du bras de mer sahélien, entrera vallée du Chéliff et file de Crète.
- voir un jour des solutions très élégantes. De nouvelles sources sonores, de nouveaux procédés de mesure de temps se présenteront sans doute, et les appareils actuels seront remplacés par d’autres plus perfectionnés et plus simples. Il ne paraît 'donc pas exagéré de prédire que l’on verra un jour sur les passerelles de tous les bâtiments, à côté du baromètre qui avertit le navigateur de l’approche d’une tempêlefd’appàreil de sondage par le son fonctionnant en ;permanence, qui lui annoncera l’approche des dangers, et liii permettra de suivre sa route sur la carte.
- P. Marti,
- v-v * lugpnièur hvdrographe 'de la Marine.
- ES SCIENCES
- juillet 1921.
- Un nouveau ciment hydraulique magnésien. - En partant de la magnésie blanche de l’île d’Eubée, obtenue par calcination de la leucolithe, puis de la poncé de Sanlorin (SiO2 65 pour 100, Al2O3 15 pour 100, Oxydes fe, Mn, Ti 5 pour 100), M. Vournazos obtient un ciment (ponce 100 avec magnésie 50 et sable 35,5), inaltérable grâce à la formation de l’hydrosilicate SiO2, 2MgO -t- II2 O. En remplaçant la ponce jar de la silice amorphe, ce chimiste prépare un leucoeiment (MgO 100 Si O2 60, sable 70) qui fait prise en 40 heures, et résiste parfaitement à l’air et à l’eau. Paul B.
- LES PYRAMIDES A VOL D’AVION
- Cette photographie aérienne, remarquable par la netteté de scs moindres détails, montre un des centres « touristiques » du monde les plus fameux, mais sous un angle qui, forcément, n’est pas familier aux visiteurs de l’antique Egypte !
- On identifie aisément la Grande Pyramide, à gauche, et la seconde Pyramide, ou Pyramide de Khephren, à droite. En avant de la première on reconnaît non moins facilement le Mastabas, cimetière dit de l’Ancien Empire (4e et 5e Dynasties).
- Derrière la Grande Pyramile, vers la gauche, et près de sa base, on aperçoit deux des trois petites pyramides, où furent ensevelis des parents du Roi Khéops; d’après une inscription qui figure au Musée du Caire, la plus à droite est la tombe d’une fille du monarque, nommée Ilenouetsen; la seconde serait celle d’une autre fille, d’après une tradition recueillie par Hérodote. A la loupe, on peut voir, derrière la première de ces petites pyramides, les ruines de la Chapelle d’Isis, qui date de la 11e Dynastie.
- En projection du sommet de la Pyramide de Khephren, on distingue nettement le Sphynx, à 500 mètres de sa base orientale. Un peu plus à droite, on remarque le tombeau de la mère de Khephren, ef, derrière ce tombeau, le Temple de Granit, avec ses célèbres Propylées de Khephren.
- Au fond, se dessine non moins nettement la lisière du plateau naturel qui sert de fondations aux
- gigantesques monuments. Des deux côtés de celle ligne, le sol est couvert de tombeaux et de temples. Tout à fait au fond, vers la gauche, c’est Kafr-el-llaram, village arabe, avec ses maisons blanches et scs jardins. Plus près, en bordure de l'ombre de la Grande Pyramide, cette construction massive est le Kiosque Khédivial. L’angle vohin de cette maison est le point de départ des robustes touristes qui ti ntent l’ascension du sommet.
- La photographie permet de voir que le monument, jadis terminé en pointe, est maintenant couronné par une petite plate-forme, dont la superficie est de 10 mètres carrés. Il comportait un revêtement en pierres blanches, qui furent enlevées par des générations de pillards. On en trouve encore les débris sous forme de décombres accumulés au pied de chaque face, et que l’on distingue bien sur la photographie.
- Mieux favorisée, la seconde pyramide a conservé son revêlement dans toute la partie supérieure. Mais le sommet est légèrement ébréché. Les amas de décombres sont ici moins abondants. En avant *de cette pyramide, le sol est fouillé par des tombes creusées dans le roc. A sa droite, se dressent les ruines d’une petite pyramide, appelée la Pyramide delà Reine. A sa base même, c’est-à-dire dans la roche vive qui lui sert de fondations, 011 remarque sur la photographie une quantité de points noirs: ce sont des tombeaux de hauts fonctionnaires du
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- LES PYRAMIDES A VOL D'AVION
- Roi Khephren qui s’occupèrent de la construction du monument.
- A la gauche, et presque parallèle à la ligne d’ombre, ôn distingue une bande blanche sinueuse. C’est le chemin qui aboutit à la fente naturelle du rocher par laquelle on pénètre pour gagner lVitrée de la pyramide. L’espace compris entre les deux monuments, sur la photographie, montre des tombes en ruines, d’anciennes carrières, des murs de terrasse, et les rampes qui reliaient la vallée à la partie centrale de cette vaste nécropole.
- La rampe que l’on distingue le plus nettement
- bien le cas ici, puisque, même avec une forte loupe, il est impossible de découvrir sur ce beau cliché la silhouette d’un homme, d’un animal ou d’une voiture.
- Rappelons donc les dimensions des principaux objets renfermés dans le cadre de la photographie. La hauteur verticale de la Grande Pyramide est de 157 m. 18. (Elle était de 146 m. 59 avant la disparition de la pointe). La hauteur des plans inclinés est de 175 mètres. La longueur de chaque côté de la base est de 227 m. 50. On a calculé que 2 521000 m. c. de pierres (dont 2 352 000
- Les Pyramides à vol d'avion.
- est celle qui figure ici à gauche du Sphynx, et à la même hauteur. On peut voir qu’elle est presque complètement effacée par le sable qu’apportent les vents du Suc(-Est, en le poussant jusque sur le plateau rocheux. La statue colossale elle-même est partiellement ensablée. Elle occupe le fond d’une cuvette, vestiges des travaux exécutés en 1886 par Maspero pour la dégager. Ce fut le troisième désen-sablement historique. Le premier eut lieu sous le règne de Thoutmosis IV, vers 1418 av. J.-C., soit 14 siècles -après l’achèvement du Sphynx. Le deuxième fut exécuté en 1816 par Caviglia.
- Si les photographies aériennes ont l’avantage de présenter au regard de vastes étendues, elles offrent cet inconvénient qu’elles ne donnent aucune idée •des dimensions, en l’absence d’une échelle dé comparaison aux éléments connus et familiers. Et c’est
- sont encore en place) entrèrent dans sa construction.
- Les dimensions de la seconde Pyramide sont actuellement les suivantes : hauteur verticale, 156 m. 40; hauteur des plans incliné, 171 m. 74; longueur des côtés, 210 m. 46; pierres en place, 1 659 200 mètres cubes.
- La distance entre les deux angles des pyramides les plus voisins est de 150 mètres. L’angle d’inclinaison de la première esl de 50° 50' et celui de là seconde, de 52° 20'.
- Enfin, les dimensions du Sphynx sont données comme suit : 57 mètres entre l’extrémité des pattes de devant et la naissance de la queue; 20 mètres de hauteur entre le sommet de la tète et le pavé où reposent les pattes antérieures; largeur maximum du visage 4 m. 15, hauteur de laface 5 mètres.
- V. Foniti.w
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lamjre, rue de Fleurus, 9, à Pari?.
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- 49e ANNÉE. - —;N« 2473
- 27 AOUT 1921
- LE PROBLÈME DE LA SUSPENSION DES VOITURES AUTOMOBILES
- Les difficultés du problème de la suspension dans les voitures automobiles sont d’autant plus grandes que la voiture va plus vite et que les routes sont plus mauvaises. D’ailleurs, la vitesse est limitée bien plus par l’insuffisance des suspensions que par le manque de puissance des moteurs.
- En réalité, on a adapté dans l’automobile la suspension à ressorts des voilures à chevaux. On a fait des ressorts plus souples et on a cherché la meilleure place du centre de gravité. Enfin, on a installé des amortisseurs qui évitent les trop grandes oscillations des ressorts très souples sous l’influence des obstacles de la roule.
- Dans une conférence récente faite à l'Association
- Le châssis est alors placé en équilibre entre deux organes actifs : le premier, constitué par des ressorts très souples, a une action positive, le second a une action négative pour brider et vaincre la première. La somme algébrique de ces deux actions, si elle reste sensiblement constante, réalise la suspension que pourrait donner un ressort de flexibilité infinie.
- L’organe contre-accclératcur aura ainsi un diagramme élastique et non un diagramme d’absorption, comme les amortisseurs ordinaires. On peut le réaliser d’une manière quelconque, et le modèle actuel, présenté par M. Brouilhiet, est le 24e de la série des types étudiés au cours de ses recherches.
- Points ’dattache au châssis _ f T
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- Schéma du contre-accélérateur Brouilhiet.
- Fig. i.
- des ingénieurs des Arts et [Métiers, M. Brouilhiet a rendu compte des études qu’il a entreprises sur la suspension des voitures, études théoriques et pratiques qui l’ont conduit à l’élaboration d’un appareil spécial, dont le rôle est très différent de celui des amortisseurs généralement employés.
- Les essais faits par M. Brouilhiet l’ont amené à formuler, sur l’équilibre des voitures automobiles, des lois inattendues et originales que la pratique ancienne vérifie.
- Partant de ce principe que le ressort, en fléchissant, transmet des forces supplémentaires à la voiture, ces forces constituent les chocs ressentis.
- L’amélioration préconisée par l’inventeur consiste à employer un appareil qui travaille en parallèle avec les ressorts, mais qui donne des efforts exactement opposés aux variations de l'effort du ressort lui-même dans ses diverses élongations. Cet appareil a été appelé le « contre-accélérateur » ; son action est la « contre-accélération ».
- Son principe est de relier en son centre le pont arrière à une bielle qui est fixée à un ressort à boudin horizontal. La bielle ctb est donc assujettie à se déplacer de façon que ses extrémités s’appuient constamment sur deux axes rectangulaires (fig. o).
- Dans ces conditions, le ressort horizontal agit au maximum quand le point b est à l’origine ; ob représente ci chaque instant l’effort du ressort suivant ox, et l’effort suivant oy est mesuré par la valeur de oa. Par suite, le diagramme des efforts suivant oy est le diagramme renversé des efforts suivant ox.
- L’appareil comporte, naturellement, deux parties symétriques avec deux bielles articulées en un même point du pont, les ressorts horizontaux étant de chaque côté. Les pieds de bielle sont reliés au châssis par deux tiges suffisamment longues, pour que leur obliquité n’aient que peu d’action.
- L’ensemble du contre-accélérateur et. des ressorts équivaut à un ressort plus flexible et, parlcônsé-
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- 49’ Année — 2’ Semestre.
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- 130 LE PROBLEME DE LA SUSPENSION DES VOITURES AUTOMOBILES
- quent, si la charge varie, la voiture subira des dénivellations considérables.
- Cependant, il est nécessaire que, dans la position d’équilibre sous la charge, l'effort du ressort contre-accélérateur, soit nul et que les bielles soient horizontales.
- Le réglage consistera donc à élever ou à abaisser l’appareil par rapport au pont arrière, suivant que, sous l’influence de la charge, la voiture se sera abaissée ou qu’elle sera remontée. Ce réglage est obtenu par un vérin et des renvois de sonnette qui agissent sur les tiges verticales au moyen d’un volant situé près du conducteur de la voiture.
- Le réglage est obtenu, quand les bielles sont horizontales et lorsque le volant n’éprouve plus aucune résistance ni d’un côté, ni de l’autre. Ce volant doit toujours être actionné dans le sens de la résistance.
- Quelques détails de construction sont à signaler, notamment : les bielles télescopiques pouvant s’allonger sous un effort de traction ; la réunion des ressorts horizontaux par une pièce support commune.
- L’appareil est placé à l’arrière de la voiture, et, bien que cela soit incommode, il peut subsister avec le réservoir arrière.
- Les ressorts de suspension ont leur débattement à peu près limité aux dénivellations de la route ; ils fatiguent moins et leur cassure n’est plus à craindre, comme cela a été constaté par expérience. Enfin, l’appareil produit sur le pont arrière un effort dont le moment de flexion est de sens contraire à celui de la charge sur le pont. Celui-ci est donc ainsi très soulagé.
- D’ail'eurs, tout cela a été vérifié sur les appa-
- reils qui sont en service depuis plus de dix-huit mois, et, personnellement, nous avons éprouvé, dans une Cit roën munie du contre-accélérateur, la sensation d’ètre en bateau, alors qu'on filait à grande allure sur les routes raboteuses des fortifications.
- Nous voulons dire un mot maintenant des lois de l’équilibre de la voiture établies par M. Brouilhiet, au cours de ses recherches, lesquelles furent, au début, rendues possibles par l’intérêt qu’y prit M. Ed. Michelin.
- Les essais, conduits d’abord sur une Fiat, puis sur un autre châssis 35 HP, donnaient, avec la deuxième voiture, des résultats bizarres. Sur un coup d’accélérateur, la voiture pointait vers le ciel, et sur un coup de frein, elle s’affalait sur la route. -
- Le calcul montre que, pour que la suspension arrière soit indifférente aux efforts d’inertie, accélération ou freinage, il faut que le rapport entre le rayon de la roue motrice et la hauteur du centre de gravi:é soit le même que le rapport entre la longueur du bras de cardan et la distance des essieux. Ceci n’avait pas lieu dans le deuxième châssis, qui avait un cardan court, la boîte de vitesse étant très à l’arrière.
- Ceci explique ainsi la sensibilité des voitures à chaîne aux efforts d’inertie et on comprend pourquoi on a (sans définir la raison exacte) toujours allongé, dans les voitures, la longueur des bras de réaction. Par exemple, la première Sans-soupapes Panhard, avec bras court, a vile fait place aux modèles actuels avec un bras de cardan de 1 m. 80.
- La Citroën répond également bien à cette condition d’équilibrage longitudinal et elle a les proportions qu’exige la théorie.
- Au point de vue de l’équilibre transversal, un essai fait avec des ressorts dont la flèche de charge atteignait 60 cm, sur une voiture construite de toutes pièces, donna le résultat suivant : la voiture tour-
- Fig. 3. — Principe de la bielle glissant sur deux axes.
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- LE PROBLÈME DE LA SUSPENSION DES VOITURES AUTOMOBILES 131
- nait autour d’un axe longitudinal et s’arrêtait dans la position du métronome arrêté.
- Le calcul montre que, pour chaque position du centre de gravité am dessus du plan de la suspension de la voiture sur ses ressorts, il y a une flexibilité critique qui assure l’équilibre indifférent. i
- L’équilibre latéral parfait est obtenu quand le centre de gravité se trouve dans le plan d’appui sur les ressorts, avec un grand rayon de giration de la masse suspendue autour de l’axe d’inertie longitudinal.
- Ainsi une carrosserie large, avec organes éloignés du centre, est théoriquement et expérimentalement plus stable dans le:sens latéral. *
- Fig. 4. — Contre-accélérateur de modèle simplifié pour voitures légères.
- La manivelle sert à régler l’appareil. A gauche, l’appareil est décalé vers le bas; a droite, il est décalé vers ie haut.
- Ces conditions d’équilibre exigent une anûtémie ; spéciale de la voilure et des formes nouvelles.
- La possibilité d’augmehter la flexibilité par le contre-accélérateur a- donné l’idée à M. Brouilliiet d’étudier aussi l’influence des durées diverses des oscillations des ressorls.
- Dans les voitures courantes la durée la plus petite est de \j\i seconde et le maximum est 8/10 ; c’est celui qui donne la meilleure suspension; il se rencontre dans les Delaunay-Belleville puissantes à 5 ressorts et dans les Rolls-Royce.
- En appliquant le contre-accélérateur, on a pu réaliser des os dilations variables de 8/IOe à 2 secondes et plus.
- On a constaté qu’il était inutile d’avoir une
- durée d’oscillation supérieure à 12/10 et que. le fait d’augmenter la flexibilité du ressort supprime le coup de raquette et fait disparaître les trépidations. Pratiquement on ne peut augmenter la flexibilité des ressorls pour améliorer la suspension, car cela conduit à des flèches de charge considérables.
- L’abaissement de la voiture surchargée ne peut dépasser une certaine quantité, que le constiucteur exige pour la ligne de la voiture.
- Les suspensions les meilleures qu’on peut établir demandent que la surcharge soit pelle par rapport à la tare. Ainsi les voitures lourdes sont plus confortables que les voitures légères, et les camions, dont la surcharge est forte, présentent le maximum de non confortable.
- On 'pourrait installer des ressorts à • flèche' de1 charge très grande en empêchant par un vérin l’affaissement de la voiture ’ sous charge. C’est la suspensibn réglable suivant la charge et', ' théoriquement, le perfectionnement ne peut venir que de ce dispositif de féglage/
- En 'pratique, pbur/ réaliser cette dispositioir, on se heurte’ à de grandes difficultés!1 : -p8ids dû ressort qui est proportionnel à la flexibilité, importance du vérin de réglage si l’on. àborde'J des flèches* de charge de 50 à 40 cm.
- Néanmoins cette théorie a conduit à l’établissement de l’appareil ou contre-accélérateur qui rend le système total équivalent aux ressorts
- réglé avec bielles horizontales.
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- 132 LE PROBLÈME DE LA SUSPENSION DES VOITURES AUTOMOBILES
- Fig. ~ — Voilure d'essai de l'inventeur avec ressorts de 4 mètres.
- A l’arrière la pièce en T constitue un contre-accélérateur d’essai avec action hydraulique.
- de grande flexibilité. L'appareil étant installé dans l’axe longitudinal de la voiture, on n’a pas besoin de modifier le plan d’appui des ressorts sur la voiture pour assurer les conditions d’équilibre transversal.
- La suspension n’est alors parfaitement obtenue que pour les mouvements de tangage; elle reste la même que dans la voiture primitive pour les mouvements moins désagréables de roulis, puisque le contre-accélérateur n’agit pas pour eux.
- Ccci empêche la voiture de verser dans les virages tout en constituant une suspension à ressorts de grande flexibilité.
- Tout ce que nous venons de voir ne constitue qu’une partie du problème de la suspension de la voilure. 11 reste à étudier l’amélioration du mouvement du train roulant, pour lequel les flèches de charge sont fatalement petites, ce -qui conduit à exagérer . l’amortissement au lieu de le supprimer.
- Les bandages actuels n’ayant pas d’amortissement, c’est entre les essieux et le bandage qu'il faut appliquer des amortisseurs freins.
- Cela nous conduit à l’établiss -ment de roues élastiques et nous savons que M. Brouilhiet s’est attaqué à ce problème qu’il résoudra, nous n’en doutons pas, aussi heureusement qu’il a surmonté les difficultés de l’amélioration de la suspen-
- sion du châssis sur le train roulant.
- Une petite amélioration de détail, mais qui a son importance, est due au même auteur. Elle consiste à munir les ressorts à lames d’une gaine en caoutchouc qui les coiffe en isolant les lames les unes des autres.
- Ceci supprime les frottements dans les oscillations de peu d’amplitude, quand la voiture roule à moyenne allure, tandis que les frottements restent effectifs dans les grandes oscillations.
- Un ressort peut ainsi être amené rapidement, avec un nombre approprié de gaines, à la souplesse qui convient à la voiture sur laquelle il se trouve.
- D’ailleurs ces gaines ne s’usent pas, car la partie comprimée est à l’abri de l’air et de l’humidité.
- On voit donc que les études longues et minutieuses, dont nous avons donné un aperçu, ont conduit à l’établissement d’une théorie serrée, vérifiée par la pratique et sanctionnée par un appareil qui améliore pratiquement dans des proportions considérables la suspension des voitures automobiles.
- Nous pensons pouvoir décrire, quand le moment sera venu, les solutions imaginéis parM. Brouilhiet pour apporter le même genre de perfectionnement à la défectuosité actuelle de l’amortissement des roues et de leurs bandages.
- E. Weiss.
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- LES PARCS NATIONAUX EN ROUMANIE
- La question des parcs naturels est à l’ordre du jour dans tous les pays du monde, car partout on s’aperçoit de l’immensité du désastre causé à la nature par une exploitation dénuée de tout esprit de prévoyance. •
- Jusqu’à la guerre mondiale, le dommage occasionné par celle exploitation abusive et sans scrupules n’avait pourtant pas enlamé trop sérieusement les étendues forestières de la Roumanie et moins encore les autres richesses naturelles. Mais la grande guerre, avec ses besoins urgents et multip’es aggravés par les occupations ennemies dures et prolongées, a produit d’importantes brèches dans toutes les directions : surtout dans nos forets. Malgré ces dégâts, grâce à ses immenses réserves, la Roumanie demeure aujourd’hui encore un pays d’exportation pour le bois. Et à la cognée est dirigée avec prudence et science, le splendide revêtement forestier de nos montagnes ne s’en ressentira pas trop.
- Voilà pourquoi, jusqu’à ce jour, la question des réserves naturelles ne s’était jamais posée dans notre pays.
- Maintenant les choses ont complètement changé. Les derniers ravages de la guerre et d’après-guerre ont poussé un groupe d’intell'ectuels amis de la nature, à fonder une association puissante, dont un des buts principaux est l’organisation de la lutte pour la protection effective de la nature en Roumanie. Grâce à sa propagande active, entreprise en collaboration avec la Société des naturalistes de Roumanie, nous sommes en droit d’espérer que la création des deux premiers parcs nationaux roumains sera un fait accompli avant la fin de l’année.
- La Roumanie possède encore de nombreuses régions qui, n’ayaut subi aucune défiguration, conservent intacte leur structure géographique originale. Cette exigence primordiale des parcs naturels — qui sont de véritables sancluaires de vie — e t très importante, car ces réserves doivent offrir les conditions les plus favorables au main lien, au développement et à la dispersion de la flore et de la faune autochtone.
- Les territoires qui remplissent le mieux ces exigences sont situés dans deux grandes régions naturelles différentes : a) dans les Carpathes méridionales, et b) dans les marécages du delta et du cours inférieur danubien, que les eaux limoneuses de notre grand fleuve recouvrent, chaque printemps, sur une largeur de 5 à 9 kilomètres.
- En ce moment, les deux Sociétés luttent pour
- que.l'institution des parcs nationaux soit comacrée par une loi et les premiers territoires dévolus seront : la forêt Lelea du delta danubien, le massif des Bucegi et celui de la Piatra-Craiului. Les deux dernières réserves font partie des Carpathes méridionales que nous préférons appeler .les Alpes roumaines. Seul le territoire de Bucegi fera, en dehors des généralités, le sujet rapide du présent article.
- Dans les régions montagneuses des Alpes roumaines, la forêt vierge couvre encore de son manteau sombre la plupart des versants escarpés, et les villages, dontlescauses sont d’ordre physique, n’atteignent jamais les vallées secondaires : aucune habitation permanente n’existe au-dessus de 800 m. et même lorsqu’on trouve des localités perdues au cœur de la montagne, ce n'i-st presque jamais à une altitude supérieure, car elles occupent d’habitude le fond d’une cuvette d’effondrement. Par exemple le village Podu-Dâmbovilzei se trouve dans un véritable poljé de la Piatra-Craiului. Ceci nous démontre qu’une relation plus étroite entre le montagnard et la haute montagne n’existe pas dans les Carpathes, puisque nulle part on ne constate une prise de possession de la montagne par l’homme, aimi que cela arrive dans les Alpes.
- Les condilions biologiques de ces montagnes n’ont donc pas été altérées par la culture, par la grande ou la petite industrie, etc. Seule la transhumance était arrivée à dégrader quelques-uns des riches pâturages alpins, parfois trop encombrés de nombreux et grands troupeaux de moutons (massifs des Bucegi et de Parângu). Maintenant ces pâturages se sont reconstitués et améliorés, grâce à leur abandon forcé de d 914 à 1920. L’été dernier (1920), nous avons constaté avec satisfaction une formidable spontanéité de la flore alpine et un développement considérable de la forêt, qui en maints endroits (monts Lâptici, Oboarele, etc., du massif des Bucegi) prend à tel point de l’avance sur les pâturages, qu’elle tend à absorber complètement plusieurs clairières.
- Ces considéralions démontrent que la plupart des massifs, qui composent les Alpes roumaines, offrent de bonnes conditions pour l’établissement de grandes réserves naturelles et, si des faits économiques notoires ne s’y opposaient, toutes ces régions pourraient être transformées en réserves protectrices de la nature.
- Les Bucegi, la Piatra-Craiului, le Negoï, le Pa-
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- LES PARCS NATIONAUX EN ROUMANIE
- rângu ou le Retezat formeraient, dans la nouvelle Roumanie, une magnifique épine dorsale de merveilleux et curieux pares nationaux.
- Les Bucegi par leurs conglomérats cénomaniens enserrés à différents niveaux d’immenses paliers (brâne, sangles) courant parallèlement le long de leurs murailles à pic, laissent deviner une étonnante hi'toire géologique, dont la complexité n’est dépassée que par la richesse de formes f ' « .
- du massif cal- -
- cairc de la Pia-tra-Craiuhti.
- Celte éiroite et longue (16 km) crête, coulée d’un seul bloc, aux parois presque verticales, .dirigée du Nord au Sud, est une v ri-table région karstique où abondent les grottes, les abîmes, les canons, les doli-nes, les poljés et les pertes d’eau.
- Le Parângu, célèbre par ses cirques glaciaires grandioses, où les lacs et les cascades sont innombrables, ne demeure en rien inférieur à la m a j e.s t u e u s e chaîne alpine^du Negoï, „ ou au t massif chaotique' du Releuit.
- Nous avons dit que d’importantes considérations économiques s’opposaient à ce que de pareilles surfaces soient tout à coup amputées à la richesse nationale : gras pâturages alpins, forêts multiséculaires de hêtres et de conifères, carrières de toutes sortes, houille blanche, etc., tout se trouve eu abondance dans ces massifs.
- Pour obvier à ces empêchements, on a résolu de créer pour le moment un seul et petit parc national, à deux noyaux, dans la région qui s’est révélée, après une enquête approfondie, la mieux appropriée à la constitution d’une réserve naturelle. Deux des plus sauvages territoires du massif des Bucegi, rapprochés l’un de l’autre et qu'on espère pouvoir
- Fig. 2.
- Noyau de la Valea Jepilor : la grande cascade Caraiman. ! Cliché Michel Ilaret.
- élargir chaque année, furent jugés comme les plus convenables. Ce sont : la région calcaire qui comprend au contre la grande caverne de la Jalomitza et la région de conglomérats qu’est la Valea Jepilor.
- Le massif des Bucegi, un des plus magnifiques centres m intagneux de la Roumanie, est situé à l’intersection des distri t s Dâmbovitza, Prahova et Bra§ov, dont il occupe les trois angles qui se touchent.
- Ces montagnes, qui appartiennent à la zone. . sédimenfaire se-
- *. „ . conduire de l'Est
- de la Valachie, sont constituées par des conglomérats cénomaniens appuyés çà et là sur des calcaires jurassiques et plus rarement crélaciques.
- Cette slruiture géologique spéciale, que pas un des massifs environnants ne possède et qui pourrait se résumer en un seul mot, destruction (‘), compte parmi ses traits essentiels, spécifiques. , En dehors des caractères ci-dessus, le | arc national des Bucegi, offre encore d’autres avantages, importants.
- a) Superficie relativement peu considérable, environ 250 km2;
- b) Situation au centre même du
- pays, assez rapprochée de la capitale (150 km), car un parc national, immense laboratoire biologique où s’élabore la vie sans entraves, doit être accessible à tous ceux qui désirent s’instruire;
- c) Marquante individualité géographique en ce qui concerne sa lithologie, son hydrographie et sa, floristique; >
- t. « Par la variété des larmes des sommets, par la netteté des contrastes du relief, par la richesse des horizors géologiques, cette région, qui doit son nom au massif des Bucegi, mériterait d'être un lieu classique d’excursions pour le géographe et le géologue. » (Emm. de Martonne, La Valachie, page 'loi.)
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- d) Impeccable pureté de lignes, qui constituent les éléments principaux de sa captivante et splendide ordonnance, car ses paysages variés insultent de la grandeur même de ses phénomènes, de sa magnifique tectonique, ainsi que de.certains traits anormaux de son relief parfois étonnamment bouleversé.
- L’ensemble de ces facteurs provoque la plus merveilleuse éclosion de formes animales et surtout végétales, lesquelles par un incomparable mélange offrent un champ d’étude unique, même dans les Carpa-thes, à la végétation si riche et varice. Seule la Piatra-Craiului pourrait supporter la comparaison. II est impossible , croyons-* nous, de rencontrer plus, d’espèces d’origines différentes sur une étendue aussi restreinte. La flore . des Pyrénées (Papa ver pyrenai-çum Willd., Sa-xi fraya sëdoides L., S. ascendens L., Veronica bel-lidioidesL.,e,lc.) la flore des Alpes (Gaya simplex Gaud., Geum replansh.,Atra-gene alphia L.,.
- Juncus trifidus L. etc.), celle du Jura (Veronica aphylla L., etc.) et celle de la zone arctique(L/oî/ch'a serotina Rchb.,
- Oxyriadigyna Campdera, Viola biflora L., Epilo* bium alsinefolium Vill., Nigritella angustifolia Rchb,,Phaca frigida L., etc.), fraternisent sur ces hauts sommets avec les endémismes carpathiques.
- Le versant oriental des Bucegi, celui qui regarde la Valea Prahovei, est de beaucoup le plus opulent; c’est une véritable fête d’individus et de couleurs et sur cet étroit espace, long d’une vingtaine de kilomètres et large de 1800 m (de 700 à 2511 m. d’altitude), s’épanouissent plus de mille espèces de phanérogames et .cryptogames vasculaires, dont plus de 200 espèces sont de remarquables êndé-
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- mismes. Faute de place, nous ne citerons que Ranunculus carpaticus Ilerb., Âquüegia transsil-vanica Schur., Cardamine rivularis Schur., Saxifraga carpatica Rchb., Teleckia speciosa Baumg., Anthémis Fussii Griseb et Sch., Campa-nula carpatica Jacq., Iioeleria transsilvanica Schur., Cen tanrea Kotschyana Ileuff., Melampynmi saxosum Baumg. et Festuca Porcii Ilackel trouvée
- pour la première fois dans les Bucegi , en août 1920, par nous-même sur le Grand Bràu du Caraiman, verf sant de la Valea Jepilorà 2o25m. d’altitude et en septembre 1920 sur la Valea Calu-garuluià 1850m; d’allitude.
- La Valea Je-pilor, premier noyau du parc national des Bucegi, se trouve entièrement comprise dans ce versant orienlal.
- L’opulence de sa flore alpine et sous-alpine, dépasse l’imagination. Sur ses flancs escarpés s’accrochent jusque dans les anfractuosités les plusinaccessiblcs le Pinus pumilio Haenke et le Jn-niperus nana Willd., qui montent dans les Bucegi jusque vers 2200 m. d’altitude. Dans les espaces laissés libres par ceux-ci, poussent une multitude de raretés alpines, parmi lesquelles le : Bupienrum ranunculoides L., B. aureum Fisch , Banunculus alpeslris L , Géranium cœrulalum Schur., etc. Il semblerait que toute la flore du monde s’est donné rendez-vous dans celte rude et étroite vallée alpine, aux hautes cascades riches en eau (Cascada Caraimanului a plus de 400 m. de hauteur), avec une faune qui comprend tout ce qui vit dans les Bucegi. Les chevreuils, les chamois, les ours, les loups, les lynx, les renards, les chats sauT vages, les écureuils, les coqs de bruyère, etc. j sont
- Fig'. 3. — Noyau de la Pestera Jalomitzei. Forêt vierge cfAbies excelsa coupée en deux par la grande diaclase de la Valea Horoabei.
- Cliché Michel Ilarct.
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- 136 .——LES PARCS NATIONAUX EN ROUMANIE
- eri grand nombre et lorsqu’on parcourt cette région inhospitalière, "vierge —. vu son âpreté — d’excursionnistes mais surtout de troupeaux, on risque souvent d’avoir de désagréables rencontres.
- De cette rapide description, il ressort que le parc national de la Valea Jepilor, du point de vue biologique-surtout, est d’une importance capitale. Beaucoup d’énigmes ne pourront être résolues que grâce à lui. Les associations de plantes, l’immigration et la dispersion de la flore — dont la voie d’accès a certainement été par les vàllées Prahovei et Teme-sului — seront probablement les premiers problèmes que l’étude abordera, car de ces problèmes dépend la grande question des hauts pâturages.
- • Les caractères du territoire qui comprend la Caverne de la Jalomitza, second noyau du parc national des Bucegi, së différencient complètement de ceux, de la Yalea Jepilor.
- Ce dernier qui est un parc biologique s’échelonne en 8 km, de 900 à 2400 m. d’altitude; seuls les conglomérats cénomaniens constituent sa lithologie. Par contre, le premier qui est un parc tectonique,
- d’environ 6 km2, s’étend de 1600 à 2000 m. d’altitude et sa forme est en parallélogramme (2 et 3 km de côté). De nombreuses formations intéressantes, vrais monuments naturels, sont répandues à sa surface et dans ses flancs dont la structure entière est en calcaires tilhoniques fossilifères et néocomiens. Le long de son grand axe et dans un magnifique canon presque ininterrompu, coule avec fracas la Jalomitza, rivière torrentueuse, toute en cascades, d’un fort volume d’eau, quoique ses sour-c s premières ne soient qu’à 8 km en arrière. La Jalomitza reçoit — quelques-uns par de grandes diaclases — plusieurs affluents dont les rudes casses alpines sont couvertes d’une végétation abondante et variée.
- D’admirables forêts vierges à' Abies excelsa Poir., parsemées de nombreux exemplaires de Pinus Cembra L , de Larix sibirica Ledeb. et de L. europaea D. C. (qui atteignent parfois 1 m. 50 en diamètre et 18 m. de hauteur), couvrent la plupart de ses pentes escarpées, car ces conifères s’accrochent et prospèrent jusque dans les fissures rocheuses des plus étroits canons.
- L’hydrogéologie de ce parc national doit être particulièrement intéressante; elle est encore inconnue. Ici se trouve la célèbre caverne Pe§-tera Jalomitzei à la galerie principale explorée dépassant 500 m. de longueur, aux lacs profonds (3 m. 50) et limpides, aux rivières souterraines, aux cascades nombreuses et aux abîmes inexplorés. Son entrée cintrée (haute de 20, large de 16 m.) contient l’ermitage hypogéSchituI Peçtera Jalomitzei. Cent mètres
- big. 5. — Ermitage hypogè de la Pestera Jalomitzei. Cliché Michel Haret.
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- Fig. 6. Fig. 6. : :
- Casse alpine de la Valea Mâlinnlui. Grand lac delà Jalomitza, dans les gorges Zdnoaga:
- Cliché Michel Ilarct. ' Cliché MichélHareU.......
- plus bas il y a la petite grotte Pe§tera Pustnicului (grotte de l’Ermite) dont l’unique et basse galerie ornementée de curieuses concrétions grises et blanches a 53 m. de long. Outre ces grottes et cavernes fossilifères, ce parc national contient encore : les étroits et sauvages canons de la Jalomitza, dont les Gorges des Ours (dépassant 2 km) sont presque impraticables; une riche flore sous-alpine; une abondante faune ; des pertes d’eau ; des gorges plus petites, des cascades, etc.
- Les quelques vues du parc national des Bucegi, qui accompagnent celte brève description, laissent deviner mieux que les longues phrases la splendeur
- et les caractères de cette, intéressante . région.
- Nous regrettons que le cadre restreint de cet article ne nous ait pas permis de décrire-en détail le premier parc national de Piôumanie; mais cela aurait exigé un véritable volume. Notre regret est d’autant plus grand que nous n’avonS rien pu ajouter sur la forêt Letea et la Piatra-Cruuhii, nos se côtid et troisième parcs nationaux. -
- Michel Haret, ,
- Naturaliste et géographe. -
- Membre de la Sodélé des Naturalistes de Roumanie.
- Président de l'Association pour la création des parcs nationaux en Roumanie (Bucarest). :
- Fig. 7 et 8. — Grand canon de la Jalomitza. Fissure de Scropoasa, large de 3 à 4 mèlres, haute de 200 à 400‘mètres. Le pont représenté sur la figure de gauche a été détruit par les avalanches.
- Clichés Michél Haret.
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- LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE
- Conditions à réaliser dans les appareils photographiques pour la prise des photographies aériennes destinées aux levés de plans et à la cartographie.
- sDans son numéro du 12 mars 1921, La Nature a présenté un appareil photographique pour avion, spécialement établi pour les applications de la photographie aérienne à la cartographie, dont certaines dispositions fort heureuses constituent un premier pas vers la réalisation de l’appareil de prise des vues aériennes destinées à la rédaction de plans topographiques ou de caries.
- Disons tout de suite que l’appareil tel qu’il est réalisé sera précieux pour, la rédaction rapide sous forme d’un croquis à grande échelle d’une longue reconnaissance aérienne aux colonies, par exemple, et c’est déjà là un point fort important. - - • '
- La reconnaissance aérienne, qui ,ne dispensera pas d’ailleurs d’une reconnaissance terrestre, donnera une idée d’ensemble assez précise du pays, et en particulier de son réseau hydrographique; elle permettra de dresser un programmé précis des reconnaissances à terre, évitera èt écdnomiséra à l’explorateur beaucoup de temps et de peine, :
- Mais les- conditions de- rédaction de cartes précises en partant dé photographies aériennes sont tout autres. Sans insister sur la théorie de la « Restitution des photographies aériennes » (Voir en particulier les applications de la photographie aérienne aux levés topographiques de précision par 11. Roussilhe, Annales hydrographiques, n° 705, 1917), nous dirons seulement que pour déduire d’uhe photographie aérienne la repré-senlation du terrain photographié, il suffit de rétablir la position du cliché dansU’éspace aff moment de la prise de la photographie, au moyen de 5 points de^ repère dont ons confiait les positions exactes, dans" le système de représentation choisi pour établir le plan ; c’est le problème de géométrie qui consiste à passer d’une perspective définie par un « point de vue » (position de l’objectif au moment de la prise de la photographie) et un « tableau » (plan du cliché), à un autre système de perspective (système de projection employé pour la rédaction de la carte) qui dans l’étendue du cliché se réduit à la projection orthogonale du terrain sur le plan horizontal.
- Pour résoudre ce problème on admet donc a priori que l’image obtenue sur le cliché est une perspective géométrique de la région photographiée, ce qui malheureusement n’est pas réalisé dans les appareils photographiques d’avion à plaques, et encore moins dans les appareils à pellicules.
- En admettant qu’aucune altération appréciable ne soit apportée par l’objectif lui-même — condition en général réalisée par les bons objectifs — l’image est déformée pqr suite de la grande vitesse de l’avion et de l’emploi d’obturateur de plaques. Dans ce cas en effet, le cliché n’est pas une image instantanée ; les différentes parties dé la plaque sont découvertes à des inslants différents, pdr la fente de l’obturateur, et dans l’intervalle l’avion s’èst déplacé de quelques mètres |5 à 10 m. suivant la vitesse de l’avion et celle de la fente). Le « point de vûe » n’est plus le même.
- Ainsi dans un appareil d’avion de format 18 x 24, dont la distance focale est de. 50 centimètres environ, la fente de l’obturateur met près de 1/5 de seconde (et
- souvent plus) pour balayer toute la plaque. En admettant que l’avion ne se déplace qu’à 90 kilomètres à l’heure, soit 25 mètres à la seconde, l'avion a parcouru 4 ou 5 mètres pendant cette courte période ; i! en résulte pour l’image une déformation d’environ 1 millimètre, si l’altitude est de 2000 mètres, et cela en admettant que la fente de l’obturateur se déplace d’un mouvement uniforme; or, il n’en est pas ainsi, car en réalité le mouvement d’abord lent s’accélère de plus en plus.
- En outre, pendant le temps qui sépare l’impression de deux points différents d’un-même cliché, l’avion n’a pas subi seulement une simple translation mais sdn oriente-ment dans l’espace a'pu changer; il en résulte pour l’axe optique de l’appareil lié à l’avion un changement de direction qui bien que faible et lent, peut déformer notablement l’image sans en modifier la nelleté, c’est ainsi que pour un changement de direction de l’àxe optique de 2° à la seconde, qui n’altère pas’sensiblement la netteté de l’image, la déformation dès positions relatives des images correspondant à 2 points extrêmes de la plaque atteint près de 5 m/m.
- Dans ces conditions l’image enregistrée star Je cliché est une perspective plus ou moins déformée par contracr tion ou dilatation, et par torsion.
- Enfin, l'appareil photographique, même placé sur un support élastique, vibre plus ou moins fortement, et l’impression de 2 points différents d’un même cliché se faisant à 'des. phases, différentes de la vibration, il s’eii suit que, meme pour un mouvement de translation parfait de l’avion, l’axe optique de l’appareil ne se déplace "pas parallèlement à lüi-mème, et, bien que ce mouvement d’oscillation de l’axe optique soit assez faible pour ne produire aucun flou, il on résulte par exemple, pour une vibration de l’appareil de 1/2 millimètre d’amplitude, une déformalion supérieure à 1/2 millimètre sur les positions relatives des points extrêmes de la plaque (De Vanssay, note sur l’emploi de la photographie aérienne, Annales hydrographiques, n°7U3, 1917).
- Dans ces conditions, l’emploi de l’obturateur de plaques, si indiqué pour augmenter la netteté des clichés, est absolument à condamner. Pour la prise des photographies destinées aux levés de précision, il est nécessaire que tous les points du cliché soient impressionnés dans une période de temps suffisamment courte pour que la photographie ne soit pas déformée. D'autre part cette photographie doit rester nette, c’est-à-dire que l’image d’un point doit avoir un diamètre inférieur à 1/20 de millimètre, ce qui conduit à l’adoption d’un obturateur d’pbjeclif donnant des temps de pose compris entre le 1/150 et le 1/500 de seconde. Pour les photographies prises à 2000 mètres d’altitude avec un ^appareil de 50 centimètres de foyer sur un avion marchant à 100 kilomètres à l’heure environ, le 1/150 de seconde suffit. Pour les photographies prises à 1000. mètres, il est nécessaire de réduire le temps de pose au 1/250 de seconde.
- On rencontre de très sérieuses difficultés pour réaliser mécaniquement des temps de pose aussi courts avec des objectifs de grande dimension, tels que les objectifs d’appareils d’avion; il faut en effet que, pendant ce temps de pose, l’objectif soit découvert, fonctionne à
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- pleine ouverture et soit recouvert, cela implique, en comptant 1/3 du temps déposé pour chaque phase, une vitesse d’ouverture de l’ordre du 1/000 de seconde. Or le diamètre minimum du faisceau lumineux traversant un objectif de 50 centimètres de foyer est de 7 centimètres environ ; il faut donc que cet espace soit démasqué avec une vitesse de 0 m 7 x 000 = 42 m à la seconde.
- On ne peut songer à réaliser de pareilles vitesses avec des pièces métalliques qui seraient mises en mouvement juste au moment de li prise de la photographie, comme il est d'usage courant pour les appareils photographiques ordinaires.
- Le problème peut être résolu :
- 1° En employant un dispositif tournant à grande vitesse, laissant passer périodiquement la lumière à travers l’objectif pendant un intervalle de temps très réduit.
- 2° En utilisant, à, volonté,, un seul des éclairs ainsi produits.
- Un appafeif de cette nature est actuellemenf construit par la Société d’optiquè et de mécanique de haute précision, .64, rue Pierre Charron a Paris.
- Les déformations des images sur cliché ont été constatées expérimentalement au cours de nombreux essais faits au laboratoire de photorestitution du Service de la Reconstitution foncière et du cadastre au Ministère des régions libérées. Pour beaucoup de clichés aériens, si on essaie de faire coïncider les images de plus de 3 points du cliché avec les positions exactes des points correspondants sur un plan, on constate l’impossibilité de réa-
- | User la coïncidence générale des points de repères I choisis. Si après avoir réalisé la coïncidence sur 3 des j repères (ce qui est toujours possible), on examine les écarts des images de chacun des autres repères avec le point correspondant, on en déduit que ces écarts, compte tenu des corrections dues aux différences d’altitude entre les repères, dépassent parfois 2 millimètres (voir La Nature du 25 septembre. 1920). . - .
- L’emploi de pellicules apporte une nouvelle cause de déformation au cliché, çar l’image , oh tenue ,sur la pellicule, après développement et séchage, n’est pas identique à ce qu’elle était au moment de l’impression'danâ l’appareil. L’ensemble s’est plus ou moins contracté et/ malheureusement, la déformation n’est pas la même' dans le sens de la longueur et dans le sens de la largeur.
- Pour permettre l’utilisation de pellicules à la prise de photographies aériennes destinées au lever des plans, il est indispensable que la déformation après développement et séchage soit de même nature dans tous les sens et inférieure au 1/50 de millimètre par décimètre. Si les fabricants peuvent établir les pellicules répondant' rigoureusement à cette condition, le problème,sera ré-, solu et le magasin' à pellicule pourra être utilisé pour la photographie aérienne appliquée aux levers topographiques de précision, en le combinant," bien entendu, avec l’emploi d’un obturateur d’objectif.
- A. Guillemet.
- Capitaine d'arlillerie coloniale.
- Directeur-adjoint de là Reconstitution foncière au Ministère des Régions libérées.
- LA LUTTE CONTRE LE DÉBOISEMENT
- La Provence s’enorgueillissait autrefois d’une riche parure de-forêts, [qui la protégeait contre les excès du soleil,i contre .la sécheresse, et contre les dégradations des flancs' abrupts de ses collines et montagnes. Mais les ^étendues boisées diminuent sans arrêt; réduites au cours des siècles par le défrichement, par les dégâts de troupeaux de chèvres, par le passage des moulons transhumants, elles restent exposées de nos jours aux coups d’un ennemi non moins dangereux, l’incendie, qui chaque année en dévore des superficies considérables.
- M. L. Raybaud, doctëur es sciences, préparateur à la Faculté des Sciences de Marseille, dans une intéressante brochure (*), se préoccupe des remèdes à apporter à cette situation angoissante.- • *
- Voici les mesures qu’il préconise èt qui ne'sont pas seulement applicables à la Provence, mâis à d’autres régions boisées qui souffrent, elles aussi, des incendies.
- M. Raybaud recommande l’usage de bandes protectrices extrêmement larges, perpendiculaires au vent dominant; et de bandes beaucoup plus étroites dans le sens de sa direction (fig. 2).
- I. La lutte contre le déboisement en Provence, par L. Ravraud. 1 brochure, 50 pages, éditée par la Société Scientifique Flammarion; à Marseille, chez Dragon, libraire, 1, place des Prêcheurs, Aix-en-Provence.
- Les forêts seraient donc divisées, de cette manière, par un réseau protecteur en un certain, nombre de vastes mailles d’environ 4 km de côté.
- Les bandes proteclrices les plus itnpoi tantes comprendraient une plantation centrale, de 200 à. 300 m. de, largiur, de \égétaux peu inflamma-4 blés, c’est-à-dire autres que des résineux. ; De châ-; que côté se trouverait une zone dénudée de. 50 à 80 m. de largeur bordée vers la forêt par un’ cordon de plantes ignifuges (lierre, ' agave).s; Le':
- « pelit feu », canalisé par celles-ci, nettoierait économiquement chaque année tout l’espare qu’elles limiteraient. Il est évident que, sur une étendue si considérable, un certain nombre de plantes ignifuges auraient pu ne pas pousser et occasionner, de* distance en distancé, la présence de surfaces her-/ beuses qui seraient autant de brèches ouvertes.au « petit feu ». Mais celui-ci serait alors arrêté jpar une zone de couverture tout à fait extérieure et> nettoyée expressément en face d’elle un peu avant son passage. ^
- Les bandes proteclrices étroites (10 à 20 m.) à peu près semblables aux précédentes auraient toutefois leur partie centrale, trop exiguë, complètement déboisée.
- Pour établir ces bandes protectrices, il serait tout d’abord nécessaire de les débroussailler. Maisa
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- Arbres non résineux 200 à 300 *
- Fig. i. — Zones d’arbres peu inflammables intercalées dans les bandes protectrices larges.
- s'il fallait faire exécuter ce travail par les bûcherons, le prix de revient serait trop élevé, tandis qu’il suffirait de praliquer sur les limites du futur emplacement de la bande protectrice un ruban absolument dénude de 1 ou 2 m. de largeur et de détruire, bien avant l’été, par le feu, les végétaux compris entre les deux rubans. La tranchée, ainsi établie, serait évidemment moins propre que si on la débroussaillait dans toute sa largeur. Elle aurait l’aspect d’un bois incendié, dont les arbres incomplètement brûlés élèvent çà et là leur squelette noirci. Mais la forêt où le feu a passé est pour ainsi dire ininflammable tant que de nouvelles plantes n’y ont pas crû. La barrière que les troncs carbonisés opposeraient à l’incend'e sera't presque au-si efficace que si tout l’espace qu’ils occupent en était nettoyé. Or, si les broussailles ne sont enlevées que sur les bords de la bande protectrice, le prix de revient de celle-ci est le plus bas possible, et avec la main-d’œuvre de bûcheron, la dépense occasionnée pour débroussailler un réseau protecteur contre l’incendie dans une forêt de 100 000 hectares s’élèverait d’après M. Raybaud à 857 000 francs. Si l’on employait le tank à débroussailler, qu’il a également conçu, le mèmé,travail ne coûterait que 9000 francs, alors que si l’on procédait, comme le fait actuellement l’Administration des Eaux et Forêts pour la création des tranchées pare-feu, cette dépense atteindrait 15850000 francs.
- Quelle économie ne réaliserait-on pas !
- Ce projet très pratique préserverait nos forêts d’une destruction complète dans le cas d’un incendie attisé par un vent très violent, grâce à la largeur des bandes protectrices qui arrêteraient cet incendie de front. On ne verrait plus, comme il y a quelques
- années, un massif, tel que l’Esterel, brûler en quelques jours.
- M. Raybaud ne fait en somme dans son projet qu’appliquer sous une autre forme la vieille théorie du contre-feu. Mais au lieu de recourir à lui au dernier moment, il l’emploie à l’avance avec tout ce que la science met à notre disposition à construire les bandes protectrices et à les entretenir par le « petit feu » qui n’est également qu’un contre-feu préventif- de moindre importance. Mais le tank, à l’aide de socs disposés en série qu’il remorquerait, pourrait également, d’après M. Raybaud, aider à la reconstitution de nos forêts, en creusant sur les pentes qui lui seraient accessibles des sillons orientés suivant des lignes de niveau. Ces sillons, assez . nombreux, retiendraient les eaux et la terre végétale, et lorsqu’ils seraient comblés, ils constitueraient un milieu très favorable pour la germination des graines des essences forestières.
- Outre les applications précédemment indiquées et le transport des matériaux auquel on l'utilise déjà, le tank pourrait également servir à frayer des pistes de pénétration à travers des fourrés inextricables ou fonctionner comme force motrice volante d’une scierie momentanée ou d’un câble, en vue de l’extraction des grosses pièces de bois dans les gorges inaccessibles. Muni de citernes amovibles, il pourrait porter l’eau aux jeunes plantations pendant les périodes de grande sécheresse. Le tank désarmé, devenu tracteur à chenilles, et adapté pour ces différentes fonctions, sera donc, dans l’avenir l’auxiliaire précieux des forestiers, comme il est devenu déjà celui des agriculteurs.
- Daniki, Ci,audio.
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- protectrice ' A hnr\i
- Fig. 2. — Cloisonnement de la forêt par des bandes prolectrices.
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- UN NOUVEL ENNEMI DU PUCERON LANIGÈRE
- Le puceron lanigère (Eriosoma lanigèvum Uausm.) est un des ennemis du pommier qui commet le plus de dégâts dans les vergers d’Europe et dont on a le plus de mal à se débarrasser.
- Il se présente sous forme d'un duvet blanchâtre formé par l’enchevêtrement de longs filaments d’une matière cireuse sous laquelle l’insecte est à l’abri des insecticides aqueux. Si l’on soulève ce feutrage, on découvre l’insecte sous forme d’un petit puceron aptère brun rougeâtre, atteignant .jusqu’à 2 mm 1/4 de long. Il vit sur les jeunes rameaux mais descend aussi sur les branches et même sur les racines. Il pique le pommier, déterminant le gootlement et la déformation des tissus qui aboutissent à la croissance de loupes et de nodosités diminuant la vitalité de l’arbre et' pouvant même amener sa mort. Les individus aptères peuvent passer l’hiver sur les racines ; les individus ailés pondent à la fin de l’été des œufs qui restent dans les rameaux et éclosent au prin-iemps suivant.
- La lutte contre le puceron lanigère est difficile à mener à bien. Si l’on s’aperçoit de l’apparilion des premiers individus, le mieux est de les détruire en les écrasant et en brossant les arbres. S’ils ont déjà pullulé, on badigeonne les taches qu’ils forment, l’hiver avec du pétrole et pendant la saison de végétation avec de l’alcool à brûler ou un mélange de’ savon noir, de carbonate de soude et d’alcool. Ces traitements sont malheureusement lents et coûteux et ils n’assurent pas une réussite complète certaine.
- Divers insecles indigènes attaquent le puceron, les larves de syrphides, les coccinelles, les hémérobies, etc.., qui peuvent contribuer utilement à la lutte contre cet ennemi des pommiers.
- M. le professeur Marchai vient d’ajoiitér à celte liste d’auxiliaires un nouvel insecte américain qu’il vient d’acclimater en France. .
- Nous empruntons à sa récente communication à l’Académie d’Agriculture les détails sur ce nouvel allié.
- Le puceron lanigère étant d’otiginc américaine, M. Marchai pensa que, parmi les parantes qui le déciment aux Etats-Unis, il pouvait s’en trouver qu’on réussirait à introduire avantageusement en France. Son choix se porta sur un hyménoplère chalcidien, Aphelinus mali Hald., moucheron minuscule qui, à l’état larvaire, parasite le puceron lanigère et se multiplie abondamment en déterminant la mort des pucerons qui hébergent ses larves.
- En 1918, M. le professeur Marchai demande donc à son collègue, M. L.-O. Howard, chef du Bureau d’Ento-mologie du Département d’Agricullure de Washington, de lui envoyer des Aphelinus vivants. Le premier envoi, au printemps de 1919, n’arriva pas à bon port : les rameaux de pommier couverts de pucerons parasités furent bien envoyés de New-York, mais l’éclosion eut lieu sur le paquebot et les insectes moururent. En 1920, M. Hôward s’embarquant pour l’Europe, fit placer de nouveaux rameaux chargés d’insectes dans la chambre frigorifique du paquebot et les éclosions n’eurent ainsi lieu qu’après l’arrivée.
- Les pucerons parasités étaient facilement reconnaissables, sans feutrage, le corps noir, luisant, gonflé.
- Du 10 au 19 juin, il en sortit une centaine à’Aphelinus adultes qui furent la première génération vivant
- en France. Ils furent installés dans des sacs en mousseline sur des pommiers attaqués par le puceron lanigère, cultivés en pots à l’Institut Agronomique. La deuxième génération apparut le 1er juillet, puis les éclosions continuèrent. M. Marchai transporta les précieux insectes à Antony (Seine) dans sa propriété, àMontargis (Loiret) et à Rouen, dans deux stations du Service des Epiphyties.
- A la fin de septembre, on comptait déjà cinq générations et des milliers d'Aphelinus, si bien que de nouvelles colonies purent être envoyées aux stations ento-mologiques de Bordeaux et de Saint-Genis-Laval, près de Lyon.
- Les Aphelinus passèrent l’hiver dernier à l’état de larves ou de nymphes dans les pucerons, sans mortalité excessive, et dès la fin de mars apparurent de nouvelles éclosions. A la deuxième génération, M. Marchai disposait de centaines de mille à'Aphelinus qui se dispersèrent dans son jardin, dans les propriétés voisines et même dans la campagne à 300 ou 400 m. de là. Il en envoya dans diverses communes des environs de Paris et à de nombreuses stations dans tout le pays. Si bien que nous voilà pourvus d’un nouvel allié pour la lutte contre Ië puceron lanigère.
- Les expériences de M. le professeur Marchai montrent que la question de l’acclimatation de l’Aphelinus mali dans toute la France et même dans les divers pays de l’Europe n’est plus qu’une affaire de temps.
- « Quelles seront maintenant, se demande-t-il, les conséquences pratiques do celte acclimatation ? Il est impossible ' de se hure encore une idée précise à cet égard. Certes il serait fort exagéré d’espérer qu’elle fera rétrograder le Puceron lanigère au point d’en faire une espèce avec laquelle nous n’aurons plus à compter pour la culture du Pommier. La différence existant entre la puissance de multiplication du Puceron et celle de son parasite est trop grande pour pouvoir escompter un résultat comparable à celui que donne le Novius carcli-n ilis pour Ylcertja, Purchasi. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que l’énorme quantité de pucerons lanigères tués par Y Aphelinus et reconnaissables à leur coloration noire qui garnissent en été les rameaux de Pommier, dans un foyer bien établi tel que celui d’Antony, témoigne du rôle franchement utile de cet insecte. Pendant toute la période active de croissance des bourgeons du pommier, la multiplication du puceron lanigère l’emporte sur celle de Y Aphelinus, qui ne peut guère intervenir qu’en restreignant sa progression ; mais Iorsqu’en été la croissance de la plante, s’arrête, la multiplication du puceron lanigère se ralentit et Y Aphelinus contribue alors activement à hâter son déclin, en venant ajouter son. travail à celui de nos prédateurs indigènes dont l'intervention se fait sentir d’une façon inégale suivant les années et les localités.
- « Quelle que puisse être l’intensité de son action, le nouveau parasite'américain est appelé à jouer un rôle utile : il représente une bienfaisante recrue qui, sans que nous ayons à intervenir pour, la mettre en ligne, nous donnera indéfiniment sqn, concours dans la lutte contre l’un des plus dangereux ennemis du pommier. »
- M. Marchai avait déjà sauvé les orangers du Midi du Novius cardinalis; il vient d’aider à sauver les pommiers du puceron lanigère. Sa science entomologique nous vaut des trésors. Rene Merle.
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- CHRONIQUE
- Projet de voie navigable pour navires de haute irier du lac Ontario à Montreal. — The
- Canadian Gazette annonce qu’une Commission internationale nommée par le Canada et les États-Unis, vient d’étudier un avant-projet de voie navigable permettant aux cargos traversant l’Océan de remonter grâce au Saint-Laurent jusqu’au lac Ontario. La dépense atteindrait 250 millions de dollars (soit au change de $ 1 = 14 francs 5 milliards et demi de francs 1921). On pourrait obtenir subsidiairement 1 750 000 cnevaux-vapeur au moyen de 10 barrages.-Cette force est plus que double de ce que l’on prend à -la’-chute de Niagara. La voie aurait 192 km de Prescott et Ogdensburg,, sur les deux rives de l’extrême pointe’septentrionale du lac 'Ontario, à Montréal. Elle permettrait aux grands cargos d’atteindre Chicago et Dululh, elle leur offrirait une profondeur de- 7 m. 50 ou 9 m. La Commission préconise celte dernière. Quatre moyens permettraient d’atteindre le résultat cherché : 1° des barrages et des digues déterminant un chenal
- dans le fleuve ; 2° des barrages et des canaux latéraux ; 5° une combinaison des deux méthodes précédentes ; 4° des barrages avec utilisation des chutes. Cette voie ferait réaliser à chacun des deux pays intéressés des centaines de millions de dollars d’économie,chaque année sur le transport des marchandises. Le bénéfice provenant de l’immense force récupérée serait simplement accessoire.
- Un des projets prévoit en effet l’installation de 48 usines de 40 000 chevaux, utilisant chacune un tiers de la puissance du Saint-Laurent que l’on estime à 5 000 000 de chevaux au total.
- La Commission internationale a trois mois pour présenter son rapport sur l’aspect économique du projet d’après les rapports présentés par les ingénieurs. Si le projet est reconnu pratiquement réalisable, les deux Gouvernements après discussion dans leurs parlements, en poursuivront conjointement l’exécution.
- Que le canal de Panama avec ses deux pauvres milliards est déjà loin ! F. Chaules.
- LES NOUVELLES METHODES DE CORRESPONDANCE SECRETE EMPLOYÉES PENDANT LA GUERRE
- L’art de la correspondance secrète s’est singulièrement perfectionné au cours de la guerre. Aussi les chimistes du Service de l’identité judiciaire, à qui l’on confia l’étude de la question, durent se livrer à de nombreuses et persévérantes recherches pour dépister les astucieuses méthodes des espions allemands. Ces savants firent même plus : ils dotèrent notre contre-espionnage d’une formule absolument inviolable. Rien ne s’opposant plus à la divulgation de ces remarquables travaux, nous allons les exposer brièvement en nous tenant d’ailleurs aux généralités afin de ne pas porter le moindre préjudice ultérieur à notre sécurité nationale.
- Au début des hostilités, nos ennemis se servaient d’encres connues depuis fort longtemps. Leurs agents utilisaient n’importe quel liquide incolore aussi banal que le jus d’oignon ou de citron, voire l’urine et la salive ! Comme on le sait, ces encres sympathiques, mystérieuses ou magiques agissent en modifiant la surface du papier d’une façon plutôt physique que chimique et on les révèle aisément par des moyens simphs, soit par des bains colorants, comme l’encre noire ordinaire, soit par les vapeurs d’iode. L’action de tous ces révélateurs est identique : ils s’accrochent avec [dus d’énergie aux points du papier altérés physiquement par l’écriture.
- Puis, par la suite, la technique de l’espionnage allemand devint plus scientifique, les commissions françaises de contrôle postal virent alors apparaître les encres chimiques. Sur les documents saisis, le texte secret était écrit avec une solution d’un sel métallique ou organique et protégé contre l’iode ou autres révélateurs communs par une simple immersion soit dans l’eau pure, soit dans l’eau mor-dancée d’un peu d’ammoniaque ou additionnée d’une trace d’hyposulfile; sur les supports ainsi
- préparés, un réactif ou un groupe de composés chimiques déterminés agissent seuls'. Les experts chargés de déceler une telle écriture appliquaient donc successivement et dans l’ordre voulu, tous les réactifs analytiques. Apres de longues manipulations et en sacrifiant la propreté du document, ils parvenaientau résultat chtnhé. Mais, somme toute, les encres de celle catégorie, réalisées avec des liquides concentrés au d/10 environ, n’assuraiênt encore que d’une façon précaire la sécurité des agents germaniques.
- Durant cette période, on trouvait dans les bagages de ces peu intéressants personnages des savons au ferrocyanure de potassium et des eaux de toilette à l’acétate de plomb, qui permirent h nôtre laboratoire de contrôle de les dépister très vite et d’en envoyer un certain nombre au poteau de Vin-cennes.
- En conséquence, les techniciens teutons changèrent à nouveau leur fusil d’épaule. Ils diluèrent jusqu’à 1/50 000 et même jusqu’à 1/500 000 les liquides destinés à composer les encres secrètes de leur personnel d’espionnage. Mais nos savants surent battre encore les chimistes boches sur ce terrain. Au moment de la création du contre-espionnage du camp retranché de Paris (fin 1016) M. Bayle, Directeur du Laboratoire de l’identité judiciaire, fut chargé, en effet, de résoudre ce problème, qui présentait un si grand intérêt pour assurer le secret de nos opérations militaires. Dans les premières de ces . nouvelles encres, il constata la pïésenee de combinaisons organiques de l’argent du type pro-targol (protéinate d'argent). En l’espèce, l’analyse chimique était inopérante, le métal, se trouvant masqué à ses réactifs ordinaires non seulement à cause de son extrême dilution, mais encore par suite
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- LES NOUVELLES MÉTHODES DE
- de la nature même de la molécule dans laquelle il se trouvait engagé.
- Les espions allemands dissimulaient ces encres dans des chaussettes ou des lacets de soulier, qu’on imprégnait d’une très mince quantité de substance active. Une chaussette, par exemple, n’en renfermait que quelques milligrammes et il leur suffisait d’en tremper une partie dans un verre d’eau pour obtenir un liquide capable de tracer sur le papier des caractères invisibles. Le mystère ne fut pas percé en un jour. Le révélateur applicable à de telles écritures fut cependant découvert en s’appuyant sur les phénomènes électro-chimiques suivants :
- Si on dépose des traces infinitésimales invisibles de certains métaux à la surface d’une matière isolante — une feuille de papier par exemple — et si on plonge ce corps dans un milieu de métal naissant, ce dernier, en se fixant électrolytiquement sur les traces conductrices préalablement déposées, les rend visibles. Le type d’un tel révé’ateur le plus facile à réaliser est l’argent naissant (nitrate d’argent en présence d’un réducteur) qui se montre encore actif vis-à-vis de textes écrits avec des dissolutions au 1/100000 (cent millième) et tous les protecteurs essayés jusqu’ici paraissent inefficaces contre son action. Une remarque, en passant, ce révélateur n’est autre que le renforçateur à l’argent employé dans l’ancien procédé photographique au collodion. Il a d’ailleurs une portée très générale : un grand nombre de sels métalliques, en solution
- v *J 1 ( ' * .'-t ., . ...— fj a o o a k t
- Fig. 2. — Le texte secret écrit avec une encre provenant d'un mouchoir trouvé dans la valise de l’espion, apparaît après révélation catalytique entre les lignes de la lettre dé la figure i.
- CORRESPONDANCE SECRÉTÉ===143
- I ig. i. — Lettre d’un espion saisie en cours de 1
- transmission et que la photo ordinaire représentait comme un instrument banal.
- même extrêmement diluée, en sont tributaires ainsi que les sels organiques à acide minéral et même n’imporle quel liquide modifiant la surface du papier d’une façon suffisante. En définitive, le révélateur à l’argent paraissait s’appliquer à toutes les écritures latentes.
- Cependant, peu de temps après, on s’aperçut qu’une active correspondance secrète, s’échangeant à travers notre territoire, échappait à nos commissions de contrôle, malgré le révélateur à l’argent. A ce moment, lesJ enquêteurs du Service de conlre-•éspionn'agedu Camp retrahchcjdé Paris que^ir-igeait, a' la Préfecture de police, l’actif M. Priolet signalaient, dans, les bagages de certains personnag< s louches, là présence de lingerie et plus particulière* ment de mouchoirs dont ils semblaient prendre un soin exagéré.
- Sur ces entrefaites (Juillet 1917) on saisit un de ces mouchoirs, qu’on confia à M. llayle et au bout de 3 mois de recherches, ce savant chimiste identifia non seulement la substance active dont ledit mouchoir ne renfermait qu’une fraction de milligramme, mais, fait plus important, il découvrit le révélateur spécifique, qu’il s’empressa de transmettre immédiatement au Ministère de la Guerre. Dans les semaines suivantes, on arrêta une dizaine d’espions, car on avait réussi à déceler, à l’aide du nouveau révélateur, la partie secrète de leur correspondance. Ici le phénomène en jeu est une réaction catalytique assez sensible pour qu’on puisse abaisser les dilutions jusqu’au 1/100 000 000 (cent
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- LES NOUVELLES MÉTHODES DE CORRESPONDANCE SECRÈTE
- millionième). Il suffisait à l’espion de tremper un coin dé son mouchoir dans un verre d’eau pour obtenir l’encre invisible à employer.
- Voici,'par exemple, une lettre saisie par les agents de M. Priolet au moment où un individu signalé comme suspect et qu’ils filaient, venait de la jeter à la poste à Paris. Ce document était adressé à un correspondant qui résidait dans une ville frontière d’un pays neutre. Sa photographie ordinaire (fig. 1) le représentait comme une lettre
- de surveillance du camp retranché de Paris jusqu’à l’armistice, 1652 lettres et documents pour y dépister des textes interlinéaires et 265 objets ou produits saisis entre les mains d’individus inculpés d’espionnage afin d’y rechercher toute substance susceptible de servir à préparer une encre secrète. Enfin M. Dayle, en vue de doter à leur tour nos agents à l’étranger d’un moyen rigoureusement sûr de correspondance secrète, a inventé un procédé spécial communiqué, le 6 mai 1918, au Ministère
- Fig. 3. — Révélation d'une écriture secrète à l'aide de réactifs.
- En passant sur toute la surface du papier un tampon d’ouate imprégné du révélateur spécifique à l’argent, l’opérateur
- fait apparaître le texte latent.
- d’affaire des plus banales. Mais au Laboratoire de l’Identité judiciaire, en passant sur toute sa surface un tampon d’ouate imprégné du révélateur qu’on venait de découvrir (fig. 5), on vit aussitôt apparaître le texte secret entre les lignes (fig. 2). La quantité de substance active contenue dans les mots ainsi révélés était de l’ordre du cent, millième de milligramme !
- Après son arrestation, pratiquée immédiatement apres l’achèvement de l’opération analytique, on trouva dans la valise de l’espion une demi-douzaine de mouchoirs préparés de la sorte et dont un seul avait été déjà complètement épuisé.
- Du reste, le laboratoire spécial de l'Identité judiciaire a examiné, depuis l’organisation des services
- de la Guerre et dont ce dernier a maintenant la propriété exclusive. Cette méthode exige pour la révélalion 4 réactifs différents, à employer dans un ordre rigoureusement déterminé et qu’on nesau-sait changer sans compromettre le résultat final; elle met en jeu des phénomènes nouveaux, que son auteur ne nous a pas révélés, car ils ont fait l’objet d’un pli cacheté déposé à l’Académie des Sciences de Paris. Des textes écrits, selon ce système, n’ort pu d’ailleurs être découverts par les diverses com-n issions de contrôle auxquelles on les soumit. Ainsi pendant que nos poilus se battaient sur le front, nos savants, dans leurs laboratoires travaillaient aussi à nous défendre contre les traîtres et les espions. Jacques Dover.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie LAiumn, 9, rue de Fleuras, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2474.
- 3 SEPTEMBRE 192!
- LA CATASTROPHE DE PUEBLO
- La nature, à l’instar des sociétés humaines que la grande guerre désorienta, aurait-elle perdu son e'quilibre? Tandis qu’une bonne partie de l’Europe souffre d’une sécheresse prolongée, l’intérieur de l’Amérique du Nord est dévasté par des pluies torrentielles qui engendrent de véritables catastrophes. Telle, celle qui vient de balayer Pueblo, la seconde ville de l’État de Colorado, causant la mort de plus de 500 personnes.
- Le recensement de 1920 accordait à la jeune cité
- Chaîne de Greenhorn, qui fait partie du massif des Montagnes Rocheuses, à environ 1550 mètres au-dessus du niveau de la mer, et à 160 kilomètres à l’ouest de la ligne continentale de partage des eaux.
- La ville s’est développée autour du confluent de l’Arkansas etdeFountain Creek, qui sont des rivières torrentueuses. S’ils avaient possédé quelques notions de géologie, les fondateurs auraient pu consulter les témoins millénaires des accès de fureur de l’Arkansas.
- A 60 kilomètre» en g,mont de Pueblo, cette rivière
- Fig. i.— LJ inondation de Pueblo. Photo prise en avion.
- 42908 habitants, dont 2000 Indiens, 1500 nègres, et un millier d’émigrants originaires de T ex- Au tri-che-Ilongrie. La grande majorité de lâ population vivait de l’exploitation deriches gisements de houille et de fer appartenant aux Rockefeller. C’était devenu, depuis une dizaine d’années, un centre industriel de grande importance.
- Son origine remonte à 1840, avec la construction d’un poste fortifié où les agents de John Jacob Astor achetaient des Indiens et des trappeurs leur butin de pelleteries. En 1854, les Utes, branche de la race des Sioux, massacrèrent entièrement la population blanche, qui comptait 200 âmes. La ville actuelle fut fondée en 1859.
- On ne saurait complimenter les fondateurs sur le choix de l’emplacement. Pueblo est situé dans une vallée formée par les contreforts orientaux de la
- s’est creusé un canyon de 860 mètres de profondeur à travers une barrière de granit épaisse de 15 kilomètres, point connu sous le nom de Gorge Royale. Elle sort de cet étroit ravin sous forme de cascades et de rapides, passe en trombe à travers la ville, et atteint enfin la région des plateaux, où sa fureur se calme.
- Quant au Torrent de la Fontaine, c’est un véritable réseau de torrents alimentés par les sommets neigeux qui entourent la vallée. Ils drainent toute l’eau qu’une pluie diluvienne précipite sur ces mon-* tagnes, le sol glaiseux se refusant à l’absorber.
- Déjà, le 51 mai 1894, le débordement de la Fountain Creek avait dévasté Pueblo. Maisle nombre des morts. ne s’était élevé qu’à une trentaine, la population ayant eu le temps de se réfugier sur les collines avoisinantes. Cette fois, la catastrophe fut
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- 49* Annér — 2* Seniestr*.
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- LA CATASTROPHE DE PUEBLO
- Fig. 2. — La ville de Pueblo sous l’inondation. Photo prise en avion.
- si soudaine que beaucoup d’habitants ne purent s’enfuir.
- Le o juin., dans l’après-midi, un orage d’une rare violence s’abattait sur les montagnes, en amont de la ville. Vers 5 heures, les eaux des deux rivières commencèrent à grossir, et les pompiers firent entendre la sirène d’alarme. La plupart des familles américaines obéirent à l’avertissement, et se réfugièrent sur les hauteurs. Par contre, les étrangers hésitèrent à abandonner leurs biens. Ils ne pouvaient admettre que l’Arkansas monterait de LO mètres en quelques heures, et déborderait des digues qui l’enserrent aux abords et à la traversée de la ville.
- A 7 heures, l’avalanche liquide s’abattit brusquement, inondant caves et sous-sols. Le niveau des eaux torrentueuses monta alors avec une rapidité fantastique. A 7 h. 50, il dépassait déjà les parapets des ponts surélevés, où la population avait cru trouver un refuge. Ces ponts furent arrachés successivement, coupant la retraite à des centaines de personnes. La ville fut plongée dans les ténèbres par la destruction de l’usine d’éclairage.
- Les fils télégraphiques et téléphoniques furent aba'tus, d’où l’isolement complet de Pueblo. Deux trains express allant en sens contraires furent submergés, et beaucoup de vovageurs périrent noyés,
- L’eau continua à monter jusqu’au matin. Un orage épouvantable s’était déchaîné sur la malheureuse ville, et la foudre incendia plusieurs maisons qui, bâties sur les hauteurs, avaient
- échappé au fléau. Des milliers de personnes campaient sous la pluie torrentielle. Du sommet des collines, elles pouvaient distinguer, à la lueur des éclairs et des incendies, des chalets que le flot emportait, avec leurs habitants, qui hurlaient leur désespoir.
- Ce fut un aéroplane, piloté par M. William A. Kimsey, avec- deux intrépides reporters comme passagers, qui rapporta au monde, le lendemain, les premières nouvelles détaillées du désastre, avec des photographies aériennes dont les copies nous ont été communiquées par notre excellent confrère, le New York Times.
- Parti de grand matin dè Denver, qui est situé à 190 kilomètres de Pueblo, M. Kimsey affronta l’orage et atteignit la ville après que le flot s’était déjà retiré. Il en fit le tour plusieurs fois, pour se rendre compte du désastre, puis atterrit sur une colline, où il recueillit les récits des survivants. Il reprit aussitôt son vol vers Denver, et ce fut grâce à ce reportage tout à l’honneur de la presse américaine que l’on apprit aussitôt, dans toute l’étendue des États-Unis, l’importance de la catastrophe, et que l’on s’empressa d’organiser les secours. C’est un nouveau chapitre qui s’ajoute à l’histoire héroïque de l’aviation.
- Plusieurs des photographies que nous publions ici confirment le rapport que fit l’intrépide pilote, à son retour à Denver, et qui fut aussitôt télégraphié au New York Times :
- « D’une hauteur d’environ 500 mètres, le quartier commerçant de Pueblo me fit l’effet d’une mer
- Fig. 3. — Une rue de Pueblo après l'inondation.
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- SENSATION ET SENSIBILITÉ
- de boue. J’avais peine à le reconnaître, bien que j’eusse survolé la ville plusieurs fois déjà. La gare formait un îlot au milieu d’un lac. Mais les voies étaient submergées et les wagons flottaient çà et là... Toute la basse ville était dévastée pareillement. Sur un rayon de plusieurs kilomètres, ce n’élait qu’une étendue de boue, semée de maisons couchées sur le flanc... »
- La catastrophe ne s’est pas limilée à la destruction de Pueblo.
- D’autres localités du Colorado ont été plus ou moins éprouvées par cette formidable et soudaine inondation. Et c’est par millions de dollars qu’il faut évaluer les dommages matériels.
- X
- SENSATION ET SENSIBILITÉ
- La Nature du 4 juin résume une communication de j M. E. Rabaud, sur le tropisme, successivement positif, 1 puis négatif, au son, d’une araignée.
- De même, beaucoup d’autres auteurs (4) considèrent comme méritant une mention particulière quantité de phénomènes biologiques fort divers, évoluant tantôt dans un sens et tantôt dans le sens opposé. Mais ces auteurs n’expliquent rien, et ne relient pas ces renversements.
- Pourtant, ce ne sont là que des cas particuliers, toujours fatals, toujours prévus, d’une loi très générale, formulée, depuis longtemps, par Charles Henry. Il est . vrai que les recherches de ce savant, en psycho-physique et en énergétique; dépendent d’une préparation et d’une culture scientifiques que l’on ne pensait point, jusqu’ici, nécessaires aux psychologues et aux biologistes.
- I
- Voici, en abrégeant le plus possible, quelques points importants désormais acquis.
- La Sensation est une fonction, de deux variables principales, l'excitant, et le temps.
- La Sensibilité est une autre fonction de ces variables, qui est la dérivée partielle de la précédente, prise soit par rapport à l’excitant, soit par rapport au temps. 11 y a donc, et nous y reviendrons un peu plus loin, deux grands types de sensibilité : la sensibilité h l’excitant, et la sensibilité au temps.
- En raison des rapports connus, qui lient une fonction à sa dérivée, la connaissance d’une des deux fonctions, Sensation ou Sensibilité, permet de déterminer et de prévoir les particularités de l’autre.
- Les dérivées de différents ordres, de la fonction primitive, correspondent à des sensibilités de différents ordres, et ont des interprétations psycho-physiologiques directes, car l’individu a des réactions proportionnelles à ses diverses sensibilités.
- C’est ainsi que les réflexes ordinaires sont liés à la sensation ; les tropismes, les contrastes, les renversements élémentaires, sont liés à une sensibilité première ; le plaisir et la peine sont liés à une sensibilité seconde; le phénomène des couleurs complémentaires est lié à une sensibilité troisième, etc., etc.
- La caractéristique la plus importante et la plus générale de toutes nos réactions psycho-biologiques (2) est celle-ci : après avoir crû, elles diminuent, puis changent de signe, lorsque l’excitant, ou la durée de l’excitation (ou les deux), atteignent et dépassent certaines limites.
- 1. Par exemple Bohn. [La Forme et le Mouvement.)
- 2. C’est à dessein que nous n’onployons pas le terme, plus restreint de : psycho-physiologique.
- Cette loi est vraie, que l’agent d’excitation soit mécaT nique, physique, chimique, moral, quelconque.
- Par exemple, nos lecteurs trouveront, dans les numéros d'avril, de mai et de juin, de la revue L’Amour de l’Art, un exposé élémentaire des applications qu’on en peut faire à l’Esthétique, et ils ont lu, ici même, les applications que Charles Henry en a faites à la balnéo-thérapie. Les remarques de MM. Rabaud ou Bohn, etc., en sont d’autres encore, etc. : la loi est générale.
- Il
- Indépendamment des variations individuelles, ou, chez un même individu, des variations dues au territoire excité, il y a, nous avons dit, deux grands types de sensibilité : la sensibilité à l’excitant (lumière, son, température, etc.), et la sensibilité au temps (durée d’une excitation constante).
- Pour qu’un excitant soit perçu, il faut que l’excitaliori ait une certaine durée minima. Aux minima perceptibles, les deux sensibilités sont inséparables. Mais quand le paramètre variable atteint certaines valeurs, elles sont complémentaires, terme un peu vague, qui exprime simplement que l’une grandit lorsque l’autre diminue : que l’on pense à la photographie, et cela nous dispensera ici, d’aulres détails.
- Signalons, en passant, que la sexualité mâle est liée à une plus grande sensibilité à l’excitant, tandis que la sexualité femelle est liée à une plus grande sensibilité au temps. Tous les malentendus et tous les problèmes I de la psychologie sexuelle se rattachent à ces deux faits primordiaux.
- * ' *
- L’étude d’une sensibilité au temps ne se borne pas à l’application d'une excitation constante, pendant une durée notable, mais elle examine aussi les effets dus aux excitations interrompues et répétées, ou, comme on dit, aux trains d’excitations.
- La modalité de la fréquence du train d’excitations a, en effet, des conséquences surprenantes. Chacun se rappelle les résultats extrêmement pénibles de l’électro-cution judiciaire, qui employait des courants élevés. Or, Stéphane Leduc, de Nantes, a obtenu tous les stades possibles de l’engourdissement au sommeil, du sommeil à l’anesthésie totale, et de celle-ci à la mort, par des courants très minimes, mais interrompus d’une certaine manière.
- Dans un domaine plus familier, il y a les actions mécaniques sur nos individus. Nous voudrions ne pas employer le mot « massage », un peu galvaudé, et le terme de « kinésithérapie » n’est pas encore courant. Nous avons été témoin, depuis plusieurs mois, des
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- résultats tout à fait extraordinaires obtenus par un maître japonais des plus éminents, qui, en dehors d’actions que nous n’avons pas à examiner ici, fait exécuter, au patient, cèrtains exercices, qui consistent en des secousses, ébranlements, succussions, tapotages, trépidations, frémissements, des plus variés, et qui reviennent, en somme, à des trains d’excitations, d’une modalité et d’un rythme particuliers. Et cette action, dans son intensité très discrète, est si puissante, qu’elle est pleinement efficace, là où tous les moyens de la thérapeutique occidentale échouent.
- * * *
- Il y a un « passage » progressif et continu, entre les fréquences dont nous venons de parler, que chacun peut chronométrer directement, et les fréquences, dites (abusivement) instantanées, du son, de la lumière, etc.
- Pour ne nous entretenir que de choses nouvelles, Charles Henry a découvert récemment que notre tact était plus délié et plus étendu qu’on ne le supposait, et que nous réagissions, les uns à la durée des vibrations atomiques,, et les autres à la vitesse des vibrations atomiques,
- Il a trouvé que l’odorance et la sapidité étaient liées aux rayonnements infra-rouges, et trouvé comment on pouvait calculer leurs caractéristiques, au moyen de spectres d’extinction.
- Enfin, il a montré que notre rayonnement, à nous autres homæothermes, était sensiblement le même que celui du « corps noir » à la même température. De là, il a pu en déduire que notre longueur d’onde d’énergie maxima, à 57° C, est de l)i*,48.
- Il est à peine besoin d’indiquer de quelle importance capitale, pour la physiologie et pour la médecine, serait l’étude des variations de notre rayonnement, région par région,, à l’état normal, et à l’état pathologique.
- Et il est encore moins besoin de dire qu’à côté des facteurs d’impression directe, nous influons les uns sur les autres par nos rayonnements, et que l’étude de ceux-ci est un préliminaire indispensable à toute recherche d’ordre psychique.
- III
- Puisque nous parlons de rayonnement, peut-être sera-t-il agréable aux lecteurs de La Nature d’apprendre la nouvelle suivante.
- Au cours d’une conférence, faite dernièrement à Barcelone, Charles llenry a exposé ses recherches, encore inédites, sur l’activité chimique et sur la catalyse.
- Charles Henry s’est servi des données les plus récentes de la chimie-physique, et des beaux travaux, un peu
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- Si l’on nous cTemandait. de préciser en quelques mots quelle est actuellement la tendance prédominante dans la construction des avions d’après-guerre, et en particulier des avions commerciaux,nous n’hésiterions pas à déclarer que la plupart des constructeurs abandonnent les uns après les autres la formule biplane en faveur de la formule monoplane, au moins en ce qui concerne la création des avions
- AU MONOPLAN? z—
- oubliés, bien à tort, de Bjœrknes, sur les sphères puisantes, et il a dit ceci, en substance :
- Le rayonnement des masses atomiques, avec les « modèles » actuels de l’atome, explique l’action chimique et permet de la calculer.
- Lorsque, entre deux atomes, existe une émission réciproque des radiations, il y a, d’après une loi connue, absorption réciproque des radiations plus petites. Dans ce dernier cas, d’après la constitution de l’atome, il y a attraction, par les centres positifs de chacun des atomes, d’électrons provenant de l’autre système atomique, et, par conséquent, attraction électrostatique totale des deux systèmes en présence : d’où la combinaison chimique.
- Si l’on connaît l’intervalle de concordance des radiations émises par les corps en présence, et le même intervalle quand les corps sont combinés, on peut calculer la chaleur de formation du composé, c’est-à-dire le travail chimique.
- Le grand intérêt de celte figuration concrète est de nous faire connaître le mécanisme des facteurs d’action, température, pression, champ électrique, et du plus mystérieux de tous, la catalyse.
- Ces facteurs établissent des intervalles de concordance pour l’émission des radiations des corps réagissants : les deux premiers (température et pression) en élargissant les raies d’absorption et en les déplaçant vers les grandes longueurs d’onde; le troisième (le champ électrique), en dissociant les raies; la catalyse; en ajoutant aux corps réagissants, des rayonnements étrangers communs, dus au catalyseur.
- Tous les grands faits de la catalyse s’interprètent bien, et l’on possède, dans l’étude de l’infra-rouge, un moyen d’aborder rationnellement ces problèmes, c’est-à-dire les problèmes essentiels de la chimie industrielle et de la biologie.
- Abaisser le quantum des facteurs ordinaires d’action, c’est abaisser le prix de revient d’une réaction, et c’est imiter la vie, dont toutes les réactions se font à basse température, sous pression faible, et avec des différences de potentiel minimes, etc.
- *
- * *
- Chacun apercevra sans peine l’ère nouvelle ainsi ouverte aux recherches, et le haut mérite de celui à qui on les doit.
- Permettez-nous d’exprimer le regret de voir ces efforts rester, sauf erreur, à peu près isolés.
- Et formulons le vœu que l’étude de la physique, de l’énergétique et des mathématiques, devienne un peu plus familière à ceux qui y sont, sans s’en douter assez, les premiers intéressés ; chimistes, biologistes et psychologues. Edouard Mokod-Herze.n.
- AU MONOPLAN?
- de transport d’une capacité de 5 à 15 passagers.
- C’est là un véritable revirement de la conception aéronautique.
- Les avions (monoplans jouissaient en effet d’une extrême faveur, il y a quelque dix ans; ils sortaient vainqueurs de presque toutes les courses et de tous les concours, puis brusquement, à la suite d'une série d’accidents retentissants, ils furent considérés
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- avec méfiance et à la veille de la guerre l’armée, elle-même, alors principal client de l’industrie aéronautique, ne cachait plus ses préférences pour les solides avions biplans.
- L’idée de sécurité attachée à celle de biplan se comprend assez aisément; les deux ailes d’un monoplan sont en réalité en porte-à-faux par rapport aux deux points d’attache avec le fuselage, et pour résister aux efforts du \ol il est nécessaire de conso-
- On devine quelle résistance parasite considérable pesait ainsi sur la vitesse de ce type d’avion, et encore la robustesse obtenue était-elle médiocre puisque nombreux furent ces avions qui en piquant trop brusquement brisèrent leurs ailes.
- Lorsque furent créés des monoplans de vitesse et de légère construction, ceux-ci furent relativement libérés de cette entrave; aussi leurs fragiles plans risquaient-ils de se déformer et de se briser au
- 7
- Fig. i. — L'évolution vers la formule de surfaces cantilever.
- i et 2. Monoplan et biplan courants (début de la guerre). Le monoplan est haubanné par 12 câbles souples frappés fur une cabane c et sur le train d’atterrissage. La cellule du biplan est haubannèe par 8 mâts, 8 croisillons transversaux, 8 croisillons longitudinaux. —3et 4. Monoplan et biplan (fin de la guette). Le monoplan est haubanné par des jambes de force rigides à l’exclusion de câbles. Le biplan a 16 mâts obliques et 8 croisillons longitudinaux, la résistance à l’avancement est fortement diminuée. — 5 et 6. Monoplan et biplan cantilever. Le plan du monoplan est entièrement en porte-à-faux fixé seulement au fuselage par son centre, il en est de même des plans du biplan. L’épaisseur considérable de ces plans permet de les établir avec une suffisante solidité. — 7. L’aboutissant de cette évolution : monoplan cantilever dont le train d’atterrissage se replie dans le fuselage pendant le vol, réduisant ainsi la résistance à l’avancement au minimum du plan et de la section du fuselage (avion Dayton-Wright).
- lider ces ailes par un haubannage rigide (jambes de force) ou souple (câbles). Ce haubannage, si on le veut efficace, est assez complexe à établir et entraîne un supplément de résistance à l’avancement qui nuit considérablement à la vitesse et aux autres qualités de l’avion. L’un des types parmi les plus caractéristiques est le fameux monoplan allemand d’avant-guerre «Rumpler Tauben», dont l’envergure de 14 m. et le poids de 800 kg avaient nécessité la consolidation des plans par une véritable poutre rigide placée sous les plans et extérieurement, pendant que de nombreux câbles haubannaient la partie supérieure (fig. 2).
- cours des abattés, vrilles ou autres incidents qui ne manquaient pas d’agrémenter autrefois les vols des avions médiocrement stables. Les voilures de ces monoplans étaient minces et de ce fait leur résistance propre était très limitée.
- Au contraire, la voilure d’un biplan constituait, par le fait même de sa formule, une grande poutre rigide, quasi indéformable lorsqu’elle était hauban-née par les croisillons des câbles et maintenue par les longerons et les mâts. Cette formule d’ailleurs entraînait une considérable résistance à l’avancement qui était la rançon de la sécurité plus grande ; cette résistance s’ajoutait aux pertes de rendement
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- Fig. 2. — Avion monoplan Rumpler. Taube à haubannage rigide extérieur (rçiu).
- Croquis montrant admirablement quelles résistances à l’avancement sont ainsi produites par les câbles et les montants de la poutre rigide extérieure. — Comparer ce croquis avec les croquis d’avions monoplans modernes,
- résultant des effets nuisibles qu'avaient les uns sur les autres les plans superposés dont les remous se contrariaient (fig. 1).
- En somme, au début de la guerre, les partisans des monoplans et des biplans pouvaient se défier, et ils ne s’en privaient d’ailleurs point, avec des armes évidemment différentes (maniabilité contre sécurité), mais dont l’efficacité dans leur lutte pouvait sensiblement se balancer, et les avions monoplans se comptaient encore assez nombreux dans le ciel des armées belligérantes, la France ayant mis en ligne les avions monoplans Blériot, Morane-Saulnier, Deper-dussin, Rep, Nieuport, etc., la Grande-Bretagne les monoplans Bristol et Blackburn et l’Allemagne les Tauben, Albatros, Etrich, Fokker, L. F. W., etc.
- 'Voici comment les monoplans qui jouissaient en somme d’un bon crédit, malgré leurs inconvénients, furent rapidement détrônés par les biplans.
- Ce furent en majeure partie les nécessités tactiques de la guerre aérienne qui motivèrent celte évolution.
- En premier lieu, les avions militaires furent tenus d’enlever une charge assez importante : essence, passagers,! armement, outillage technique.de bord, etc. i.
- Or, qui dit augmentation de charge, dit aussitôt augmentation de surface portante, d’où augmentation dès dimensions de la voilure.
- En second lieu, là guerre aérienne commencée dans les baisses couches'de l’atmosphère (1000 m.) en quelques mois se poursuivit vers 2000 à 2500 m. ;
- l'augmentation du plafond tactique demandait donc aussi l’augmentation de la surface portante.
- En troisième lieu, les avions durent se défendre et attaquer, ce qui demandait la possibilité de pouvoir accomplir toutes les acrobaties imaginables et en même temps celle de se tirer d’affaire malgré un câble coupé par un éclat ou par une balle, ou malgré un longeron entaillé ; les monoplans d’alors n’offraient pas à ce point de vue la sécurité nécessaire.
- Si les légers appareils de chasse pouvaient se contenter d’une surface de 20 m2 et d’une charge de 200 kg, les avions de corps d’armée, les plus nombreux au front, demandèrent de 50 à 60 m2 et une charge de 500 à 450 kg.
- Les monoplans ne pouvaient songer à lutter avec les biplans Farman, Bréguet, etc., pour ce genre de travail ; on les cantonna donc dans la chasse. Il aurait fallu, en effet, que la technique permît de construire dés monoplans de 20 m. d’envergure, alors que les meilleurs Blériot et Nieuport
- Fig. 3. — LJévolution des profils d’ailes.
- x. Coupe de profil ancien d’avions légers. On se rend parfaitement compte que les longerons L n'ônt pas assez de hauteur pour avoir une résistance propre suffisante pour se passer d’un haubannage extérieur. — 2. Coupe d’un profil moderne. Les longerons L ont une hauteur telle que l’aile est suffisamment robuste par elle-même et qu’elle constitue une poutre indéformable sans qu’il soit besoin de la soutenir extérieurement.
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- Fig. 4. — Vue de profil du monoplan canlilever Fokker II.
- ne dépassaient guère 8 m. ; il y aurait eu en outre la difficulté de garer au front des appareils si encombrants.
- On pouvait donc croire que deux classés d’avions persisteraient à vivre : les avions légers et souples, monoplans et les avions solides et puissants, biplans. »
- Il n’en fut rien. Niéuportet Sopwith créèrent des avions biplans, admirablement bien étudiés pour l’époque qui à puissance égale étaient nettement supérieurs aux monoplans d’alors ; ces résultats techniques étaient obtenus par d’excellentes courbures d’ailes, par une excellente pénétration dans l’air et, en quelques mois, les monoplans disparurent presque complètement du ciel.
- Cependant que la France, la Grande-Bretagne et l’Italie abandonnaient toute formule monoplane, l’Allemagne ne perdait pas la question de vue et poussait l’étude des immenses monoplans marins dont nous avons étudié l’évolution au cours d’articles précédents (Nature, Nos 2450, 2445 et 2446).
- Au moment de l’armistice, l’Allemagne avait réussi à lancer dans la bataille son fameux mono-planblindéJunkers, et nous-mêmes venions de mettre au point le Gourdon Leseurre, monoplan de combat qui devait supplanter nos modèles d’avions de chasse.
- Puis l’aviation commerciale commença à naître et à vivre ; elle chercha sa voie, et la grande majorité des avions de transports publics dérivèrent nettement, quand ils n’en furènt pas de simples adaptations, des formules d’appareils de guerre dont on avait l’expérience. Les formules biplanes et tri-planes restèrent en faveur et même furent étudiées des formules plus complexes comme celle que nous avons vue en étudiant l’immense triplan tricellu-laire de Gianni Caproni. C’est du moins ce qui se passa en France, en Grande-Bretagne, en Italie et aux Etats-Unis d’Amérique.
- L’Allemagne, de son côté, suivait une toute autre voie, elle transformait le monoplan Junkers de guerre en paisible aérobus et ce fut outre-Rbin le début d’une floraison sans précédent d’appareils relevant de la même formule et possédant sensiblement les mêmes caractéristiques; nous disons bien « en vVllemagne », car en dehors d’une ou deux exceptions, tous ces avions monoplans furent conçus et construits par des ingénieurs allemands qui, dans certains cas d’ailleurs, n’hésitèrent pas, en raison des difficultés qu’ils éprouvaient du fait des clauses du traité de paix, à se transporter avec bureaux techniques et argent allemand en pays voisins et neutres, tels que la Hollande ou même
- Fig. 5. — Vue de face du nouveau monoplan canlilever Fokker III (/921).
- Le fuselage a été élargi sensiblement afin de rendre la cabine plus confortable, les lignes générales se sont encore apurées puisque^ont été supprimés les deux mâts .obliques fixant le bord d’attaque du plan qui, dans ce dernier modèle, est fixé directement sur le fuselage. Le pilote qui était derrière le moteur est maintenant placé à côté de lui, ce qui a permis de diminuer sensiblement la longueur totalè du fuselage. La cabine contient 5 passagers.
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- Fig. 6. — Monoplan Sablatnig P-3 (Allemand).
- Contient 6 passagers, peut se démonter en quelques minutes et se charge sur un camion automobile de type courant.
- en pays nettement ennemis, tels que les Etats-Unis. Ainsi virent le jour et le plein air la pléiade des Junkers, Sablatnig, Albatros, Fokker, N. A. V., Zeppelin Staaken, Zeppelin Dornier, etc. La France va posséder d’ici peu un géant de l’espèce avec le monoplan Morane Saulnier ; la Grande-Bretagne construit le fameux monoplan Handley-Page et le Blackburn Alula; les Etats-Unis ont leJacuzzi; la Tchéco-Slovaquic essaie ses nouvelles ailes avec un monoplan de tourisme et la Hollande elle-même a créé un monoplan de mer, le Van BerkeJ.
- Nous ne parlons ici que d’avions destinés au transport public de passagers, icar: nous croyons savoir que la plupart des maisons d’aviation préparent pour les courses et les concours du printemps et de l’été prochain, des monoplans de pure vitesse qui dépasseront largement la vitesse de 500 km à l’heure, précédés qu’ils ont été dans cette voie par la mise en course du monoplan américain Dayton Wright dont la conception alors quelque peu révolutionnaire a été depuis lors appréciée par tous et presque par tous adoptée.
- Celte renaissance provient de l’intervention dans la technique aéronautique de nouveaux éléments dont l’étude s’est poursuivie dans les laboratoirt s pendant la guerre et dont l’application n’a commencé à se faire que vers la fin de cette période.
- Le principal de ces éléments, précédemment inconnu, est que les ailes épaisses donnent de meilleurs rendements que les ailes minces au moins en ce qui concerne les vols à altitude moyenne ; il en est résulté comme conséquence que les plans ont pu être construits de façon à constituer eux-mêmes une poutre rigide et indéformable,sansinterveiition de haubans ou de jambes de force extérieure, leur épaisseur permettant de construire des longerons suffisamment hauts pour résister aux flexions (tig. 5). Les plans n’ont plus alors été fixés au fuselage qu’en deux ou trois points voisins de l’axe 'de l’avion, la plus grande partie des surfaces étant en porte-à-faux comme nous l’avons vu dans le monoplan Junker (Nature, N° 2452) ; c’est ce que l’on appelle des plans cantilever ou en « porte-à-faux ».
- Cette suppression du haubannage extérieur permet d’améliorer considérablement la pénétration deJ
- l’avion dans l’air et d’augmenter la vitesse et les effets sustentateurs des surfaces. Nous avons également vu que grâce à ces améliorations les monoplans Junkers jouissaient de caractéristiques exceptionnelles qui avaient enthousiasmé les Américains ; il existe maintenant d’autres avions similaires qui obtiennent d’aussi bons résultats.
- Le second de ces éléments nouveaux est l’importance que prend la construction métallique, soit en aciers spéciaux, soit en alliages légers. Elle permet d’obtenir à poids égal des organes d’avions plus homogènes et plus robustes que les organes des avions de bois. Les plans épais et métalliques peuvent résister aux efforts les plus formidables qu’on ait jamais prévus dans l’aéronautique.
- L’abandon du monoplan ayant été en partie causé par le défaut de robustesse des plans porteurs, ce défaut disparaissant, il ne reste plus que les avantages d’une formule simple. Les surfaces obtenues maintenant suivant la formule monoplane peuvent être. considérables ; les dimensions d’envergure n’étant plus un obstacle insurmontable, le monoplan Zeppelin atteint, comme nous le verrons, une surface de 106 m2 et le Morane-Saulnier 116 m2.
- Fig. 7. — Lé programme d’aviation allemand comporte l'obligation de créer des types d’avions très Jaci lement démontables.
- Les croquis ci-dessus montrent qu’un avion doit pouvoir être démonté par deux personnes en dix minutes et de plus recouvert de sa bâche de campement en un quart d’heure. Ne serait-ce pas là un avantage essentiel en cas de guerre }
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- Fig. 8. — Vue 3/4 avant de l’avion N. A. Y. (Hollandais). Noter la ressemblance singulière avec le Sablatnig allemand. Contient 4 passagers.
- Les plans de ees avions nouveaux sont généralement fixés au fuselage par quelques boulons seulement, ce qui en permet le montage et le démontage en quelques minutes; les plans, une fois boulonnés en place, sont réglés de ce fait et ne nécessitent pas des heures de tâtonnement délicat comme il est nécessaire pour mettre au point la cellule d’un biplan.
- Il est certain qu’à un autre point de vue, les constructeurs et les usagers des avions ont été très séduits par le fait que cette nouvelle méthode permet la diminution du nombre des pièces et des éléments constitutifs des avions. Moins il y aura de pièces à usiner, plus il sera facile d’abaisser le prix de revient pour les constructions en grande série. D’autre part, le ravitaillement en pièces de rechange deviendra facile ; c’est là, un grand point pour l’avenir lorsque les lignes aériennes sillonneront le monde : la bonne gestion d’une entreprise commerciale aérienne exigera que les appareils puissent-être réparés en tous points de leur route, dans le l minimum de temps et avec le < minimum de frais.
- Nous ne parlons en ce moment que des avions moyens dont l’envergure ne dépasse pas sensiblement 25 m. Il ne peut d’ailleurs manquer que la technique progresse et si un monoplan de 25 à 50 m. d’envergure est chose réalisée en 1920, cela indique qu’en dix ans les conceptions des constructeurs de 1910 ont été plus que triplées en importance, et rien ne peut nous empêcher de penser que dans quelques années les avions transocéaniques ne seront pas des monoplans d’une envergure de 100 m. Junker n’a-t-il pas publié ces derniers
- temps la maquette d’un monoplan qui justement atteint ces dimensions ?
- Nous allons rapidement examiner les nouveaux avions monoplans, ne signalant d’eux que leurs caractéristiques générales et les détails intéressants ou originaux ; nous commençons par les productions allemandes qui semblent manifester un engouement ordonné et officiel vers l’avènement de la formule monoplane.
- L'avion Junker 6 a déjà été présenté aux lecteurs de La Nature , au cours d’un article antérieur ( Nature, N° 2452). Nous rappelons seulement qu’il s’agit ici d’un monoplan purement cantilever, entièrement métallique et qui, précurseur et ancêtre d’une lignée prospère, a donné pour la première fois une idée des résultats extraordinaires qu’il est possible d’obtenir avec cette formule. ;
- Rares sont les avions sur lesquels ont été aussi radicalement supprimées toutes les résistances parasites ; aussi ses caractéristiques sont-elles exceptionnelles.
- Fig. 9. — Monoplan Zeppelin-Dornier C-3 {Allemand). Entièrement métallique.'Contient 6 passagers. Môme fuselage que le CS II. Vue de trois quarts avant.
- Fig. 10. — Vue latérale de l’hydravion Zeppelin-Dornier CS II.
- Remarquer la curieuse position du moteur placé très haut pour éviter le contact de l’hélice avec l’eau au moment de l’amerrissage. Le pilote est placé immédiatement derrière le moteur.
- uu m
- Vitesse..........180 Km-h.
- Poids vide .... 950 kg
- Charge utile. . . 690 kg
- Poids total. . . . 1640 kg.
- Puissance .... 185 IIP B. M.W.
- Charge au J\K . . 45 kg.
- Charge au HP. . . 10kg.
- La presse française a laissé entendre que les Américains, après avoir montré un enthousiasme considérable au sujet de cet avion, reviendraient sur leur premier avis et se montreraient assez déçus sur la construction métallique du Junker ; il paraîtrait, en effet, que le revête-
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- Fig. n. — Monoplan Zeppelin-Dornier CS II.
- Hydravion monomoteur entièrement métallique. Contient 6 passagers. Remarquer les deux excroissances latérales du fuselage qui servent à la stabilisation lorsque l’hydravion flotte,
- ÉF
- ment en tôle d’aluminium ondulé se fendillerait sous l’action des vibrations du moteur et que ce genre de réparation serait assez délicat; il paraîtrait aussi que sous l’influence des mêmes vibrations le duralumin qui constitue les longerons se cristallise et se brise net. Il en fut ainsi sur quelques avions qui se brisèrent en plein vol; ceci est plus grave, mais à notre sens ne touche que la question des matériaux à employer et il n’est un secret pour personne que le duralumin est encore assez mal connu et peut donner lieu à des surprises bien désagréables. Les partisans de la construction en bois en tirent argument à tort ; en effet, combien de centaines d’ailes en bois se sont-elles brisées avant que la technique de cette construction soit au point comme elle l’est maintenant.
- L'Avion Fok-ker FII (fig. 4 et 5) est un monoplan cantilever entièrement construit en bois; le plan complètement indépendant du fuselage est donc du type « parasol ».
- Cet appareil, construit en Hollande, est utilisé pour l’exploitation des lignes de navigation aérienne qui réunissent la Hollande à la Grande-Bretagne et aux Pays Scandinaves en attendant qu’elles constituent la graiide transversale aérienne, Grande-Bretagne-Russie. La cabine très confortable contient quatre passagers ; le pilote et son mécanicien sont placés entre le moteur et la cabine. Le plan est recouvert de bois contreplaqué, et pour la seconde fois nous trouvons une voilure portante à surface dure; son épaisseur est de 0 m. 60 ; on conçoit facilement qu’un élément d’avion de 0 m. 60 de
- Fig. 12. — U hydravion Zeppelin-Dornier CS III. Modification du CS II par l’adjonction an fuselage d’un nez pointu, destiné vraisemblablement à mieux isoler l’hélice de l’eau et à empêcher le capotage de l’hydravion lorsqu’il amerrit sur une surface agitée de vagues.
- hauteur puisse constituer une poutre capable de résister aux plus hauts efforts. Ce plan est fixé, c’est là une véritable innovation pour un avion de celte importance, par quatre boulons seulement, ce qui en permet le démontage en quelques minutes.
- Le Fokkcr F II a été conçu pour réaliser en exploitation commerciale le maximum d’économie; à titre d’exemple nous pouvons citer qu’il consomme 156 litres d’essence pour voler d’Amsterdam à Londres en transportant 4 voyageurs et la poste.
- Les caractéristiques sont :
- Surface : 42 m2. Poids vide : 1200 kg Charge : 700 Poids total :
- 1900
- Puissance :
- 185 B. M. W. Charge au m2 :
- 45, 05 kg Charge au IIP :
- 10 kg 27 Envergure : 1.6 m. Vitesse: 150 km, Endurance :
- 6 heures (900 km.).
- L'Avion Albatros 1920, construit en Allemagne, est un mo-
- kg
- kg
- noplan également cantilever dont la formule est aussi pure que celles des deux avions précédents.
- Son plan est d’une seule pièce et s’encastre dans la partie supérieure du fuselage et son envergure est de 14 m. 50. Le pilote et son aide sont placés presque au-dessus du moteur ; derrière eux se trouve la cabine pour 6 passagers assis côte à côte par deux. Notons que l’entrée se fait par trois portes latérales, disposition conçue vraisemblablement pour permettre la sortie rapide des passagers en cas d’accident à l’atterrissage, mais qui doitavoir pour inconvénient d’affaiblir la résistance du fuselage.
- Le plan porteur est épais de 0 m. 60 et contient les réservoirs à essence ; il forme un angle dièdre
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- Fig. i3. —: Vue d’ensemble du Zeppelin quadrimoteur construit dans les usines de Staaken. Les ouvriers et ingénieurs qui ont participé à la construction de cet avion sont groupés sous le plan. L’envergure atteint 3r mètres; La construction est entièrement métallique.
- inverse rappelant la curieuse conception anglaise que nous verrons en examinant l’Alula.
- Les caractéristiques sont :
- Surface : 55 m2 Vitesse : 152 km-h.
- Poids vide : 1052 kg Puissance: 185 HP B. M. W.
- Charge utile : 860 — Charge au M2 : 5-4 kg
- Poids total : 1912 — Charge au IIP : 10,4 kg Endurance : 4 heures.
- L'avion Sablalnig P 5/1920 (fig. 6) construit en Allemagne est un monoplan parasol, mais cette fois dont le plan est demi - cantilever et construit entièrement en bois.
- La cabine contient 6 passagers.
- La principale caractéristique de cet avion que les Allemands prisent beaucoup est d’être d’une facilité de démontage extraordinaire ; il peut être entièrement démonté en 10 minutes par le pilote et son mécanicien, le plan se démontant en deux parties et les plans horizontaux des gouvernes arrière se repliant le long du fuselage, l’appareil est logeable dans un wagon, un camion ou un hangar quelconque. Chaque appareil emporte d’ailleurs sa bâche qui, les plans démontés, permet d’abriter le tout contre les intempéries et de camper en plein champ (fig. 7).
- Le plan, d’une envergure de 16 mètres, est hau-banné rigidement de chaque côté du fuselage par deux jambes de force fixées au bas du fuselage. Le poste de pilotage, pilote et mécanicien, est placé immédiatement derrière la cabine à hauteur du plan, ce qui donne une excellente visibilité dans tous les sens.
- Chose curieuse,-le moteur et par conséquent
- l’hélice ne sont pas placés dans l’axe absolu de l’avion mais déportés légèrement à gauche dans le but de compenser le couple de réaction de l’hélice, l’incidence du plan est donc symétrique à droite et à gauche du fuselage, ce qui est un avantage très important en ce qui concerne les facilités de fabrication.
- Ses caractéristiques sont :
- Surface : 46 m. 50 Vitesse : 160 km-h.
- Puissance : 185 IIP BMW. Poids à vide : 1200 kg
- Charge utile :
- 850 kg
- Poids total :
- 2110 kg Charge au IIP :
- 11 kg
- Charge au m2 :
- 46 kg
- L’avion N. A. V. (fig. 8) de conception allemande, mais construit en Hollande par des ingénieurs des usines allemandes « Kondor » est un monoplan cantilever du type parasol à plan extrêmement épais quoique, paraît-il, d’une légèreté jamais atteinte jusqu’à ce jour. La cabine contient 4 passagers, le pilote et son mécanicien sont placés derrière la cabine et derrière le plan. Ce plan est composé curieusement de cinq parties emboîtées les unes dans les autres sans doute afin d’en faciliter les réparations et les remplacements ; néanmoins, en service courant le plan tout entier peut se démonter en une seule pièce en enlevant 4 boulons.
- Ses caractéristiques sont :
- Surface : 57 m2 Vitesse : 160 km.
- Poids à vide : 1200 kg Puissance : 220HPBenz.
- Charge utile : 500 kg Charge au M2 : 45 kg.
- Poids total : 1700 kg Charge au HP : 7 kg.
- Endurance: 800 km (?)
- Fig. 14. — Vue 3/4 avant de l'avion Zèppelin-Staaken montrant la forme du fuselage et la façon dont les moteurs sont montés en porte-à-faux sur le plan.
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- Enfin dans cette catégorie d’avions allemands ou d’origine allemande nous arrivons aux trois dernières créations datant l’une de quelques mois, l’autre de quelques semaines et la troisième de quelques jours; il s’agit de trois avions entièrement métalliques construits par les.usines Zeppelin.
- Deux des usines Zeppelin se sont adonnées à la construction métallique des avions; l’une, celle de Staaken dont l’ingénieur en chef est M. Rohrbach, a construit un immense monoplan de 1000 HP dont l’apparition fit grand bruit dans le Landerneau aéronautique, et l’autre usiue, celle de Lindau dont l’ingénieur en chef est M. Dornier, a construit deux avions moyens de 185 HP, l'un terrestre et l’autre maritime. Dans la construction de ces trois avions, il n’entre pas une miette de bois et tous les éléments utilisés doivent pouvoir être construits en grande série par l’industrie.
- L'avion Zeppelin Dornier C 3/1921 (fig. 9) est un monoplan semi-canti-lever à haubannage rigide — son plan, d’une envergure de 17 mètres, est rectangulaire et absolument rectiligne tant dans le sens latéral que longitudinal, cette simplicité de ligne a été choisie certainement, malgré la perte des avantages de stabilité que procurent les dièdres, dans le seul but de simplifier la construction industrielle ; ce plan est d’une seule pièce et encastré dans la partie supérieure du fuselage; il est haubanné de chaque côté du fuselage par deux jambes de force.
- L’armature intérieure du plan est en acier, mais le revêtement est encore en duraluminium, la profondeur en est de 3 mètres. Les gouvernes sont du type classique également « cantilever » ; le train d’atterrissage est réduit à sa plus simple expression et certainement les avions de l’avenir en retiendront la formule : les deux roues sont montées tout simplement sur deux axes articulés dans le fuselage et contenus dans deux excroissances.
- Le fuselage est de section rectangulaire et très bas sur terre ressemblant ainsi à certains essais de Gabriel Voisin (1916). La cabine à passagers située immédiatement derrière le moteur comporte 6 sièges confortables, puis en haut et derrière elle, se trouve le poste de pilotage comprenant l’emplacement du pilote et d’un mécanicien, la vue s’étend ainsi parfaitement bien au-dessus, en dessous et latéralement. Le moteur est placé extrêmement haut et au niveau du plan, les réservoirs de combustible sont fixés dans l’épaisseur du plan.
- Les caractéristiques sont :
- Surface: - 47 m2 Vitesse : 169 km-h.
- Poidsà vide : 1097 kg Puissance: 185:HPBMW.
- Cliargeutile : 725 kg Charge au m2: 40 kg.
- Poids total : 1822kg ChargeauIlP: 10 kg.
- Endurance : 650 km.
- L’hydravion Zeppelin Dornier C s II (fig. 10 et 11) est un hydravion monoplan à coque et semi-cantilever.
- Le plan est celui du Do G 5 précédemment décrit mais monté d’une manière similaire sur une coque au lieu d’un fuselage. Cette coque est véritablement curieuse; extrêmement haute, elle forme la cabine à passagers et est naturellement entièrement métallique (fig. 12).
- À la partie avant et en haut se trouve perché le moteur qui commande directement l’hélice ; l’axe de traction coïncide sensiblement avec le plan de la voilure, le moteur est ainsi surélevé pour permettre à l'hélice de tourner sans être éclaboussée par l’eau; il nous parait cependant que cet hydravion ne
- pourrait décoller de la surface de la mer à cause de la situation de cette hélice trop haute. Immédiatement derrière le moteur et en avant du plan sont logés le pilote et son mécanicien ; derrière eux et sous le plan est située la cabine largement éclairée par huit fenêtres et contenant six passagers. Les gouvernes sont du type classique et cantilever. A droite et à gauche de la coque sont deux tronçons de plans destinés à assurer la stabilité de l’hydravion lorsqu’il flotte, ces appendices jouent le rôle des flotteurs latéraux et ont l’avantage en vol de servir à la portance et d’ajouter plusieurs mètres carrés à la voilure.
- Tel qu’il est, cet appareil paraît fort avantageux pour les parcours du genre de celui de Paris-Londres, chaque passager ne nécessitant que 33 IIP à la vitesse moyenne de 130 km à l’heure alors qu’ac-tuellement les avions anglais de ce service nécessitent 90 HP par passager à la vitesse de 180 km. La vitesse en est certes bien moindre, mais aussi quelle économie de combustible !
- Les caractéristiques sont :
- Surface : 47 m2 Vitesse : 150 km-h.
- Poidsàvide: 1446kg Puissance: 1851IPBMW. Charge utile : 604 kg Charge au M2 : 43 kg.
- Poids total : 2050kg ChargeauIlP: 11 kg.
- Vavion Zeppelin Staaken 1921 (fig. 13-14-15) est de par ses dimensions, sa formule et sa méthode de construction une véritable innovation aéronautique, à la vérité très discutée, mais qui semble néanmoins fort intéressante.
- L’appareil a été conçu pour effectuer le transport
- jIL n i-A. -A-
- Fig. t5. — Coupe du plan du Zeppelin-Staaken montrant la méthode de la construction Par caisson. B. Caisson central formé par trois longerons en forme de H (i, 2, 3) assemblés par la nervure ajourée (4) et par le revêtement d’aluminium (5) lui-même renforcé par les pannes en U (O). Le passage du mécanicien est en 7. — A. Caisson avant se fixant sur le longeron r et composé d’un revêtement 8 en aluminium maintenu par des croisillons 9. — C. Caisson arrière composé identiquement à A et se fixant sur le longeron 3. Tous les assemblages sont rivés.
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- des passagers. 11 s’en faut que cet engin soit parfait, d’ailleurs son successeur en construction subira de grosses modifications.
- Les trois principaux caractères du Zeppelin Staa-ken donnent lieu aux réflexions suivantes :
- Sa construction métallique permettra d’abaisser sensiblement le prix de revient de la tonne kilométrique en donnant la possibilité de tripler la durée d’amortissement des avions qui actuellement grève cette industrie.
- L’emploi de 4 moteurs accessibles en vol et la possibilité de voler seulement avec deux d’entre eux permettra de lutter avec facilité contre l’irrégularité qui entrave les services réguliers.
- Le haut rendement aérodynamique des plans épais et presque cantilever ouvriront de nouvelles possibilités à la capacité des transports aériens.
- Cet avion est un immense monoplan terrestre, son plan d’une envergure de 51 mètres est composé de deux parties fixées de part et d’autre d’un gros fuselage. Les quatre moteurs sont placés sur le bord d’attaque des plans mais encastré en eux.
- Un passage intérieur, ménagé dans l’épaisseur du plan même, permet aux mécaniciens de se rendre en cours de vol à ces moteurs et de les surveiller et entretenir. Les réservoirs de combustible sont aussi contenus dans l’épaisseur des plans.
- La construction de chaque plan est très curieuse et à notre connaissance n’a jamais été réalisée sur aucun autre avion. Chaque plan se compose de trois parties (fig. 15) :
- 10 un caisson central formé par trois longerons en I réunis tous les mètres par des cloisons latérales ajourées; des pannes longitudinales en forme d’U s’appuient sur les cloisons et soutiennent le revêtement en duraluminium. C’est entre le premier et le deuxième longeron qu’est ménagé le passage des mécaniciens ;
- 2° un caisson avant constitué par des croisillons en treillis de poutrelles d’aluminium réunis par un revêtement de tôle épaisse ;
- 5° le caisson arrière constitué de la même façon. Les parties avant et arrière une fois montées indépendamment sont rivées sur les longerons antérieur et postérieur du caisson central.
- Cette construction très robuste donne plutôt l’impression d’une carcasse de navire, on voit que connaissant imparfaitement les caractéristiques du
- duraluminium le coefficient de sécurité a été larçe-ment calculé pour éviter les surprises. Le revêtement du plan est lisse et constitue une partie active de la robustesse des caissons, son épaisseur moyenne est d’ailleurs de 5 mm. Les plans comportent deux jambes de force fixées sur l’essieu du train d’atterrissage; on peut se demander s’il ne s’agit pas simplement de jambes de force de compression pour l’élasticité des roues ou s’il s’agit au contraire de soutenir les plans.
- Le fuselage de section rectangulaire a une longueur de 16 m. 50 et une hauteur maxima de
- 3 m. 10, l’entrée se fait par l’avant qui s’ouvre comme un couvercle et donne accès dans le couloir central de la cabine (fig. 16).
- Cette cabine éclairée par 6 fenêtres latérales et vitrées contient 18 passagers assis de part et d’autre
- du couloir. Le pilote et les mécaniciens sont logés dans un poste spécial derrière le plan à la partie supérieure du fuselage; c’est dans ce poste qu’aboutissent les passages conduisant aux moteurs.
- La partie motrice se compose de 4 moteurs Maybach fixés, comme nous l’avons vu, sur le bord d’attaque des plans et en porte-à-faux, chacun d’eux est enfermé dans un carénage spécial (fig. 15).
- Cette formule est celle de l’avion géant Sikor-sky d’avant-guerre et également, comme nous l’avons vu dans de précédents articles, d’autres avions à grande capacité : Voisin Triplan, Siemens-Schukert I, etc...
- Cette formule motrice qui était vraiment détestable dans toutes ses précédentes applications, en raison notamment de l’inaccessibilité des moteurs en cours de vol paraît avoir été très améliorée dans le Zeppelin Staaken par suite de l’existence du couloir intérieur des plans (fig. 16).
- Elle nous paraît rester néanmoins médiocre; en effet les 4 hélices en fonctionnement créent des remous qui doivent sérieusement affaiblir les qualités porteuses des plans, or dans l’avion Zeppelin considéré, cette zone de remous s’étend sur au moins la moitié du développement des plans. Evidemment avant de nous prononcer, nous devons considérer que les hélices, par suite du porte-à-faux des moteurs, sont bien à un mètre du bord d’attaque et que les plans ont une profondeur d’environ
- 4 mètres ; nous n’en croyons pas moins que de gros inconvénients doivent subsister de ce côté. . ,
- Fig. 16. — Vue intérieure d'un plan d’avion Zeppelin-Staaken montrant le couloir qui a été ménagé pour la visite des moteurs.
- Remarquer combien cette construction est robuste et combien elle ressemble à la construction navale.
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- Les hélices, grâce à celte disposition, sont montées directement sur les moteurs sans aucune interposition d’engrenages, d’arbres, et de pignons de renvoi, ce qui permet d’éviter toutes les pertes de puissance que nous constations en étudiant les formules d’avions avec moteurs concentrés dans une salle de machines et cependant on jouit de la possibilité d’accéder aux moteurs en vol, ce qui est un gros avantage. De plus les hélices ainsi placées travaillent un air vierge de tout remous et leur rendement doit être très certainement supérieur à celui des hélices arrière qui sur la plupart des avions à 4 moteurs sont placées en tandem et travaillent assez médiocrement dans les remous des hélices avant.
- La puissance totale atteint donc 1000 HP, la vitesse de l’avion était prévue à 200 km à l’heure et elle atteint aux essais 208 km-li. ; l’endurance de vol est de 6 heures, suffisante pour un voyage de 1200 km.
- D’après les dires allemands, le Zeppelin Staaken avec sa charge se maintiendrait en ligne de vol avec seulement deux moteurs en fonctionnement ; en cas de panne de 50 pour 100 de la puissance motrice; il serait donc possible de gagner l’un des ports aériens ou de réparer les moteurs défaillants tout à loisir. Nous nous demandons néanmoins ce que devient l’avion quand deux moteurs du même côté s’arrêtent, le couple de virage doit être tel, en raison de l’éloignement des moteurs extrêmes de l’axe de l’avion qu’il doit être impossible de le compenser par le gouvernail de direction. Les milieux aéronautiques se sont demandé pourquoi les Allemands, au lieu d’utiliser 4 moteurs de 250 HP, n’ont pas plutôt utilisé 2 moteurs de 500 HP ou mieux encore 5 moteurs de 550 HP, ce qui leur eût permis de gagner très sensiblement sur le poids de leurs groupes moto-propulseurs en vertu de ce fait que plus les moteurs sont puissants plus on arrive facilement à les faire peser moins lourds et en France, en Grande-Bretagne et même en Italie il existe d’excellents moteurs de ces puissances; le « Cub » Napier dépasse même à lui tout seul 1000 HP.
- La cause à notre sens est bien simple : les Allemands n’ont pas tellement voulu réaliser un avion moderne mais bien un avion « allemand » moderne, et ils ont préféré avoir recours à une solution discutable et délicate et utiliser des moteurs allemands, or les meilleurs moteurs allemands sont les May-bacli seulement de 250 I1P.
- Le train d’atterrissage est élémentaire et se compose de 4 grandes roues accouplées par deux, montées sur deux essieux articulés à la base du fuselage
- avec jambes de force s’appuyant sur les plans. La voie de ce train d’atterrissage atteint 6 mètres et le diamètre des roues 1 m. 50, ce qui permet à l’avion de rouler aisément dans d’assez mauvais terrains.
- Les gouvernes arrière sont monoplanes et du type courant.
- Voici quelles sont les caractéristiques de ce géant parmi les nouveaux monoplans :
- Surface : 106 m2 Vitesse : 200 km-li.
- Poids à vide : 5500 kg Charge au m2 : 80 kg.
- Charge utile : 5000 kg Charge au HP : 8,5 kg.
- Poids total : 8500 kg Puissance : 1000 HP
- 4/Maybach.
- Le progrès ne réside pas tellement pour un avion de cette importance dans la grande vitesse atteinte : celle-ci peut s’expliquer par l’excellente pénétration de l’appareil qui a supprimé la plupart des éléments nuisibles à l’instar des autres monoplans modernes que nous avons passé en revue, celle des caractéristiques qui nous étonne le plus est le rapport qui unirait le poids total de 8500 kg et la relativement faible surface portante de 106 m2. 11 ressort, en effet, que chaque mètre carré de surface supporterait une charge de 80 kg. Aucun avion à notre connaissance, même parmi les avions conçus spécialement pour les courses, n’atteint une pareille utilisation de ses surfaces.
- Si nous jetons, en effet, un rapide coup d’œil sur le passé, nous voyons qu’en 1908 l’avion Wright portait 12 kg, 2 au mètre carré; en 1912 l’avion Henri Farman en portait 19, en 1916 le Bréguet de bombardement en portait 54, enfin en 1920 le Handley Page de Paris-Londres en porte 44 (tableau 17).
- Nous avons choisi à dessein des avions de série non forcés, car certains avions ont été tout particulièrement chargés en vue de raids ou de performances exceptionnelles tels que le Vickers qui traversa l’Atlantique, partant avec une charge de 50 kg au mètre carré, ou le N-C 4 qui également traversa l’Atlantique, partant avec une charge de 57 kg, ou tel que le Nieuport de la coupe Gordon-Bennet qui volait avec une charge de 75 kg au mètre carré, ce qui était considéré comme un exploit d’une grande imprudence et permis tout au plus à nos champions de l’air.
- Voilà maintenant que le Zeppelin Staaken volerait avec une charge de 80 kg au mètre carré et avec la responsabilité de 18 personnes! Il se pourrait fort bien que les 5000 kg de charge se réduisent dans la pratique à 2000 kg.
- D’ailleurs, ces qualités exceptionnelles ne sont pas, comme bien l’on pense, sans présenter d’assez
- Fig. 27. — Augmentation de la portance au mètre carré depuis JÇ08à IÇ20.
- En 1908 l’avion Wright portait 12,2 kg au mètre carré de surface portante. En igi2 l’avion Henri Farman portait 19 kg. En 1916 l’avion Bréguet m en portait 3^. Em 1920 l’avion Handley-Page en portait 44. En 1921 le Zeppcün-Staaken en porterait 80.
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- graves inconvénients. Get avion si lourdement chargé ne se maintient sur l’air que si sa vitesse atteint au moins J 40 à 150 km à l’heure, aussi avant de décoller et afin de prendre celte vitesse doit-il rouler au moins sur 250 mètres et ne peut-il s’arrêter qu’après avoir roulé 150 mètres.
- Nous voyons là une source d’ennuis et de dangers qui ne sont pas très compatibles avec une aviation commerciale qui souffre déjà auprès de l’opinion publique d’une crise de méfiance.
- Pour leurs avions lourdement chargés, les Allemands avaient bien aménagé pendant la guerre des pistes cimentées en forme d’étoiles, peut-être sera-t-on forcé de les prévoir pour les avions de l’avenir, mais pour notre part nous préférons de beaucoup les éludes qui tendent au contraire à permettre aux avions de décoller avec des vitesses aussi réduites que possible.
- Ne croyons pas que l’aviation commerciale allemande se satisfasse des monoplans métalliques Zeppelin Dornier, monomoteurs terrestres et maritimes, ni du Zeppelin Slaaken quadrimoteur : en effet les mêmes usines Zeppelin viennent d’envoyer aux essais du tunnel aérodynamique deux nouveaux mo-
- dèles de bimoteurs qui continuent la lutte technique entre les usines de Staaken et de Lindau.
- Ce sont les modèles des avions allemands de demain et qui prennent la place intermédiaire entre les monomoteurs et les quadrimoteurs. L’un d’eux, dérivé du Zeppelin Staaken, aura ses deux moteurs encastrés de part et d’autre du fuselage dans le bord d’attaque du plan ; l’autre, dérivé nettement des Zeppelin-Dornier, aura ses deux moteurs fixés de part et d’autre du fuselage sur ses excroissances latérales et inférieures et juste au-dessus de chacune des roues du train d’atterrissage. Le fuselage de ce dernier appareil semble être identique à celui du Cs II précédemment décrit. Bien entendu ces deux nouveaux avions sont entièrement métalliques et il n’entre dans leur construction pas une seule parcelle de bois. Nous n’en connaissons pas encore les caractéristiques de vol, mais il semble, d’après leurs dimensions, qu’ils’agit, d’avions très rapides, très maniables et contenant une dizaine de passagers. (A suivre.)
- Jean-Abei.-Lefi’.axc.
- Breveté Mécanicien d’avions
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1921.
- L’absorption des oxydes d'azote par les acides nitrique et sulfurique.— La contradiction élevée entre les chimistes qui admettaient : les uns, un seul stade entre AzO et AzO2, les autres la formation intermédiaire de Az203, vient d’ètre élucidée, à la suite des recherches dé M. Wourlzel, par M. Sanl'ourche. Si des gaz riches en composés nitreux ont une composition d’enscmble voisine de Az203, ils ne se comportent nullement vis-à-vis de S04H2 comme un simple mélange AzO + AzO2, bien que constitués, en majeure partie, par ces deux corps. Les deux réactions sont successives : Az O -f- Az O2 ->Az203; Az203 + S04II2—>-2S04IIAz0 + I120.
- A propos du coke de la Sarre. — Entre sa température de formation et celle qu’il atteint enfin de cuisson, le coke du Bassin delà Sarre subit un retrait important, qui explique sa fissuration exagérée et par suite sa mauvaise qualité. Des essais de M. Baille-Barrelle, il résulte cependant qu’on peut obtenir un bon produit en employant un procédé de carbonisation qui consiste : 1° à pilonner les fines avant de les enfourrer dans la cornue dont la température est maintenue au-dessous de 520° jusqu’à ce que l’écart de température entre le centre et les parois du saumon de charbon atteigne son minimum, 2° à élever la température du four avec une vitesse uniforme et à la maintenir constante jusqu’à la fin de l’opération.
- La dégénérescence du lin. — Le plus souvent, on attribue au climat l’affaiblissement des variétés à longues fibres et M. L. Blaringhem a été amené à chercher une méthode de sélection basée sur le triage des lignées à pollen uniforme. Des expériences poursuivies depuis mars 1918, il résulte que 1° les hybrides des diverses variétés annuelles avec L. angustifolium sauvage et
- bisannuel, donnent des pollens partiellement avortés et des graines pleines ; 2° tous les lins cultivés pour la graine annuelle, sont précoces et fournissent un pollen uniforme ; 5° le plus grand nombre des lins à fibres est hétérogène, et l’irrégularité des grains de pollen fait croire à une ascendance lointaine hybride.
- Une nouvelle maladie des dattiers. — Depuis 1898, la marche de fépiphylie est assez lente, mais elle est continue; venue du Sud-Ouest du Maroc, elle a gagné le Tafilaleth, puis Figuig et le premier symptôme apparent est le blanchiment des folioles, d’où le nom de baïoudh donné par les indigènes. L’infection semble, ascendante des racines aux palmes ; lorsqu’elle ’ porte d’abord sur les palmes extérieures, l’arbre peut vivre encore 3 ou 4 ans et les races les plus résislantes sont l’ossiane et l'aziza, les moins~résistanles la ghars et le frovkhtijen. Il ne s’agit nullement, d’apres MM. Edm. Sergent et Béguct, d’une maladie contagieuse, de plus aucun insecte n’y semble jouer de rôle actif ; par contre, dans toutes les lésions d’arbres, atteints par le baïoudh, il est possible de mettre en évidence un champignon de couleur rose, que ses formes conidiennes rapprochent du groupe Neocosmospora vasinfecta.
- L’influence du corroyage sur la résistivité de l’acier. — Une barre d’acier laminé soumise à un étirage à froid, présente ce fait particulier : la résistance électrique décroît au fur et àmesureque la section diminue. M. Eug. Dupuy a constaté que le passage à la filière transforme les zones de ferrite et de perlite en longs filaments, mais cela 11e suffit pas à expliquer le phénomène signalé pour la conductibilité. Il est à croire que l’oxyde de fer en solution y joue lui aussi un certain rôle. Paul B.
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- EDMOND PERRIER
- (1844-1921)
- La France vient de perdre en la personne d’Edmond Perrier l’un des hommes qui, au cours de ces cinquante dernières années, ont tenu dans la science mondiale la plus vaste place. Sa réputation s’étend en effet (est-il besoin de dire) bien au delà des frontières de notre pays, en même temps qu’elle dépasse de très loin les limites du champ où s’était principalement exercée son activité.
- En possession d’une haute instruction mathématique et physique, Edmond Perrier abandonna de bonne heure ces sciences pour se consacrer exclusivement à la biologie animale. Surtout passionné pour la recherche, il accomplit, abstraction faite d’une courte interruption de quatre années comme maître de conférences à l’École normale supérieure, toute sa carrière au Muséum d’Histoire naturelle, d’abord aide-naturaliste, puis professeur, enfin directeur de cet établissement.... Nous nous bornerons ici à tracer à grands traits les principaux caractères de son œuvre.
- Sa réputation de zoologiste est avant tout fondée sur deux ordres de travaux, d’abord ceux qu’il a consacrés aux Vers en général et plus particulièrement aux Lumbriciens, ensuite ceux où il a traité des Echinodermes (Oursins, Étoiles de mer, Co-matules). Ces travaux, resteront des modèles. Examinant successivement à tous les points de vue, anatomie embryologie, éthologie, géographie zoologique, systématique, les questions qu’il abordait, Edmond Perrier ne laissait que très peu de choses à glaner après lui. Aussi l’essentiel de ce que nous savons aujourd’hui sur les Lumbriciens et les Coma-tules, est-ce encore à lui que nous le devons. Il laisse en outre un Traité de zoologie presque complètement achevé. C’est une œuvre personnelle et originale, en même temps qu’un vaste monument d’érudition et de synthèse qui représente une telle somme de travail qu’on s’émerveille qu’un seul homme ait osé l’entreprendre et ait pu parvenir à l’édifier.
- Mais ce que surtout, nous ne devons pas oublier, c’est la très grande part qu’il a prise au mouvement qui, dans la seconde moitié du dernier siècle, donna leur essor aux études de zoologie et d’anatomie comparée concernant les Invertébrés marins. Il a fondé un des premiers laboratoires maritimes qui aient existé en France et puissamment contribué à diriger les zoologistes vers les investigations de biologie marine.
- Edmond Perrier ne fut pas seulement un homme de laboratoire, un chercheur, un maître, un chef d’école dans la branche de la science qu’il a plus spécialement cultivée. Sa vaste intelligence, son esprit de généralisation servi par une instruction puissante s’étendant bien au delà des limites du champ qu’il aimait à-parcourir, lui fit aborder des problèmes de haute synthèse dont, il faut-bien le reconnaître, il était à cette époque en France presque seul à aper-
- cevoir tout l’intérêt. Comprenant le rôle essentiel des théories explicatives dans la science, il se passionna dès le début de sa carrière pour les doctrines lamarckiennes que le grand succès des ouvrages de Darwin avait éclipsées pour un moment. Il fut un de ceux qui travailla le plus en France à les tirer de l’oubli.
- Ayant à peine dépassé la trentaine, mais parvenu à cette maturité d’intelligence qui permet les vastes desseins, il conçut un grand projet dont son bel ouvrage Les Colonies animales fut la réalisation. Avant de l’entreprendre, il avait dans un livre qui, bien que paru après Les Colonies animales en est, dit-il, l’introduction, étudié tous les‘essais de synthèse antérieurs à celui qu’il devait élaborer. La Philosophie zoologique avant Darwin reste encore l’un des meilleurs livres de documentation qui existe sur l’histoire de la Biologie. Là déjà, Perrier se révèle comme un véritable écrivain.
- Certes, la théorie qu’il expose dans Les Colonies animales aura le sort commun à toutes les théories scientifiques : elle cédera la place à une autre; au point de vue qu’il envisageait en 1881, l’orientation de nos recherches (qui fut d’ailleurs aussi celles de ses propres pensées) au cours de ces vingt années dernières tendent même, à n’en pas douter, à substituer de plus en plus un autre point de vue ; il n’en restera pas moins qu’il a donné de la constitution des organes une belle et puissante théorie cohérente, consistante, explicative, remplissant en un mot toutes les conditions qu’une bonne théorie doit avoir: satisfaire l’esprit humain et ouvrir des voies de recherches. Les succès des Colonies animales ne peuvent être comparés qu’à celui que connurent en leur temps les célébrés ouvrages de Darwin : C'est à partir delà publication de ce livre que la réputation d’Edmond Perrier se répandit dans le monde entier.
- La seconde grande œuvre de synthèse que nous lui devons est son livre en collaboration avec M. Ch. Gravier (1902) sur l’ensemble des causes déterminantes de cette constante accélération des phénomènes embryogéniques qui joue dans la transformation des organismes un rôle si important (Tachygenèse). On retrouve dans cet ouvrage le même esprit philosophique travaillant sur les données d’une expérience zoologique et d une érudition incomparable.
- Enfin, dans la dernière période de sa vie, Edmond Perrier, qui ne cessa jamais d’être un lamarckien convaincu, s’attacha, dans une série d’ouvrages, à développer ses conceptions originales sur le mécanisme de constitution des types d’organisation qui définissent les grands embranchements de la zoologie.
- Savant, philosophe, écrivain de talent, Edmond Perrier a sa place marquée dans la série des grands zoologistes qui ont illustré, depuis plus de cent ans, le Muséum d’Histoire naturelle. R. Aatiioxy.
- Assistant au Muséum.
- — Imprimerie Lahohe, rue de Fleurus, y, à Pari?.
- Le Gérant : F'. Masson.
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- LA NATURE. — N° 2475.
- 10 SEPTEMBRE 1921
- LES MAMMIFÈRES FOSSILES DE TARIJA
- Tel est le sujet d’un important mémoire luxueusement édité, grâce à la générosité de M. de Créqui-Monfort, et renfermant, avec des études analjtiques, de magistrales tentatives de synthèse du plus haut intérêt (').
- L’an dernier, M. Marcellin Boule consacrait à la faune quaternaire de la France méridionale le dernier fascicule de sa remarquable Monographie géologique et paléon-tologique des grottes de Gri-maldi. L’étude de la faune mammalogique, peuplant vers la même époque l’Amérique du Sud, est non moins suggestive; D’heureuses circonstances ont permis<4 l’éminent professeur du Muséum d’entreprendre ce tra* vail.
- Dès 1602, la région de Tarija,
- en Bolivie, était signalée par Diego deÀvalo yFigue-roa comme riche en ossements pétrifiés. Un siècle et demi plus lard, Joseph de Jussieu écrivait de Lima à son frère Bernard, au Jardin des Plantes, qu’on y rencontrait en abondance, dans la terre, des os et des dents et qu’il en possédait deux molaires d’une grosseur prodigieuse. AlciJe d’Orbigny, en 1832,
- 1. M. Boule, avec la collaboration de A. Tiievesi.v. Mammifères fossiles de Tarija. Imprimerie ÏNalio-nale, 1920. Grand in-4, 255 pages, 65 fig. dans le texte, 26 pl.
- Fig. i. — Les gisements fossilifères de Tarija.
- rencontra, au cours de son voyage en Amérique du Sud, un nommé Nicolas Matron qui avait recueilli sur place toute une collection. En 1845, de Weddel y fit les premières fouilles importantes et, fructueuses qui lui permirent d’envoyer 600 ou 700 kilogrammes d’ossements au Muséum, oit P. Ger-vais les étudia. Enfin, en 1903, au cours de sa mission scientifique en Amérique du Sud, le marquis de Gréqui-Monfort ayant appris l’existence à Tarija d’une importante collection de fossiles formée par des habitants du pays,M. M.Echaz chargea un de ses collaborateurs, M. A. de Mortillet, d’en faire l’acquisition. On en remplit une centaine de caisses qui, après un voyage de 700 kilomètres à dos de
- mulet, purent prendre le chemin de la France, de Paris, du Muséum National. Celui-ci s’enrichit ainsi de restes de plusieurs centaines de Mastodontes, d’une centaine de chevaux ou animaux voisins, d’un nombre au moins égal de Lamas, sans compter les Édentés, les Bongeurs et les Carnassiers.
- C’est à la description de ces nombreux et importants fossiles qu’est consacré le volume du professeur Boule et de son regretté assistant M. Thévenin, mort pendant la guerre, au cours d’expériences dangereuses.
- Nous ne pouvons insister ici sur la partie descriptive, qui est considérable, mais nous avons pensé qu’il serait intéressant de résumer en quelques lignes l’ensemble de cette faune mammalogique et les conclusions qu’elle permet d’en tirer.
- Les Proboscidiens étaient représentés à Tarija par le Mastodon andium, Cuv. (fig. 2), dont une magnifique tête osseuse orne actuellement les galeries de Paléontologie du Muséum. Le Mastodonte, au crâne surbaissé, garde encore beaucoup de sou-
- Fig. 2. — Crâne de Mastodon andium des galeries de paléontologie du Muséum.
- 49e Année
- 2" Semestre
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- LES MAMMIFÈRES FOSSILES DE TAR1JA
- venirs de ses origines ; suivant l’élégante expression de M. le professeur M. Boule, c’est une « survivance attardée d’un vieil état de choses ». Son congénère et contemporain, Maslodon Humbjldli, qui a une répartition toute différente, était beaucoup plus évolué, plus « cléphantique ».
- Des troupes d'Équidés animaient le paysage. Certains, plus trapus, au crâne massif, propres à l’Amérique du Sud et complètement éteints, avaient une sorte de trompe. D’autres étaient de vrais Chevaux. C’est, sans doute, à une modification considérable dans le climat et la végétation qu’il faut attribuer l’extinction totale de ces animaux. On sait, en effet, que les Équidés paraissent avoir été inconnus des habitants de l’Amérique du Sud, jusqu’à la découverte de ce continent par les Espagnols au xvie siècle.
- Dans l’état actuel de nos connaissances, les Chevaux, probablement originaires de l’Amérique du Nord, ont passé dans l’Amérique du Sud, tandis qu’un autre groupe, celui de YEquus caballus, paraît être arrivé en Europe par l’Asie.
- De l’Amérique du Nord provenaient aussi des Carnassiers : Ursi-dés, Canidés, Mustéli-dés, Félidés, notamment l’un des plus évolués des grands Chats, le
- redoutable Smilodon, aux canines puissantes et crénelées (fig, 5).
- Ce gisement renferme des Pécaris de grande taille; leurs ancêtres paraissent avoir passé de l’Europe dans l’Amérique du Nord, puis dans F/Amérique du Sud.
- Parmi les Ruminants, les Lamas, actuellement cantonnés dans ce(pays,étaient déjà très abondants; on a pu distinguer à Tarija trois genres et au moins six espèces. La collection donnée au Muséum par M. le marquis de Créqui-Montfort permet de trouver tous les passages des formes fossiles aux espèces actuelles, la Vigogne et le Lama. Dans l’Amérique, du Nord, vivait dès l’Eocène le plus ancien Camélidé. Ce type, bien constitué au Pliocène, a pu être la souche commune des véritables Chameaux passés en Asie, où ils vivent actuélle-ment à l’état sauvage, et en même temps des Lamas qui ont, au contraire, immigré dans l’Amérique du Sud.
- D’autres Mammifères, à l’aspect aussi étrange que varié, donnent à cette faune un cachet spécial. L’Amérique du Sud était leur région d’origine.
- Certains Ongulés assez légers d’allure, tel le
- Fig. 3. — Crâne de Smilodon neogœus.
- curieux genre Macraiichenia, sont des types aberrants. Leurs caractères anatomiques sont si particuliers, qü’un savant argentin, Ameghina, a créé pour eux un ordre spécial.
- Il y avait de gigantesques Édentés, à la démarche pesante, munis d’énormes griffes servant surtout à fouir ou à grimper. Plusieurs genres de Paresseux gigantesques voisinaient avec d’énormes Ldentés cuirassés, les uns revêtus d’une carapace rigide, les autres pourvus d’une carapace mobile et peu différents des Tatous actuels.
- La faune était enfin complétée par divers Rongeurs, généralement de grande taille, dont un énorme Cabiai.
- De ce magnifique ouvrage se dégagent diverses conclusions d’ordres différents, les unes géologiques, les autres essrn-liellement zoologiques.
- Et, d’abord, quel est l’âge de ces dépôts ossi-fères de Tarija, qui se retrouvent en maints endroits dans l’Amérique du Sud ? — Des arguments stratigraphi-quçs, ainsi que des considérations palcontolo-giquesamènent l’auteur à conclure « que cette formation correspond à une seule époque géologique, le Pliocène supérieur ou le Pleistocène inférieur ». Sans doute, le cachet de cette faune est-il assez archaïque. Userait, toutefois, imprudent, observe M. M. Boule, « d’appliquer au-Nouveau Continent, et surtout à l’Amérique méridionale, un raisonnement tiré de ce que nous savons de l’évolution et des changemenls de faunes mammalogiqucs en Europe. »
- La région de Tarija, aujourd’hui désolée et profondément ravinée, ainsi qu’en témoigne la vue photographique de la figure 1, jouissait alors d’un climat chaud et humide favorisant une végétation vigoureuse jusqu’à de grandes altitudes. Le style de leurs dents ihdique que la plupart de ces animaux mangeaient surtout des herbages durs, des’feuillages ou des racines. Il y a, d’ailleurs, de grandes analogies avec les faunes contemporaines, mais non identiques, qui onl laissé des ossements fossiles dans les limons des pampas, ies cavernes du Brésil, de l’Équateur et du Pérou.
- L’époque où eut lien l’échange des faunes entre les deux Amériques date de la fin de l’époque tertiaire. Une terre plus large que l’isthme actuel de Panama, englobant même les Antilles, permettait alors la communication. Plus tard, la disparition de la plus grande partie de cette connexion conti-
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- nentale a probablement eu pour conséquence un changement de climat entraînant, la disparition d’une végétation luxuriante.
- L’extinction des Mammifères qui vivaient alors à Tarija peut partiellement s’expliquer ainsi. Il faut aussi remarquer que cette faune, composée d’éléments hétérogènes, était, par ce fait même, sujette à l’instabilité.
- Au point de vue zoologique, il y a à noter :
- 1° La coexistence, dans ce gisement, d’animaux immigrés de l’Amérique du Nord avec ceux dont les ancêtres ont vécu dans l’Amérique du Sud ;
- 2° L’adaptation aux mêmes conditions de vie, par exemple, ch°z plusieurs rameaux d’Équidés ;
- o° La mise en évidence de l’infinie variété des variations individuelles pour chaque espèce.
- La Paléontologie est donc une science beaucoup plus compliquée qu’on ne le pense généralement. Des conclusions certaines ne peuvent et ne doivent être étayées que par des matériaux aussi nombreux et aussi complets que possible. De magistrales études, basées sur des documents tels que. ceux rapportés par M. le marquis de Créqui-Monlfort (*) honorent grandement la science française par leur lumineuse clarté. J. Cottbeau.
- Assistant au Muséum.
- 1. Le lecteur lira avec intérêt au sujet de la mission de Créqui-Montfort un article paru dans La Nature. n° 1677, 15 juillet 1905. ' •
- NOUVEAU FOUR ÉLECTRIQUE A INDUCTION
- Le développement du chauffage électrique, aussi bien , dans l’industrie que dans les laboratoires, a conduit à généraliser l’emploi des fours électriques qui présentent sur les autres modes de chauffage des avantages nombreux : simplicité de réglage, contrôle absolu de la température, absence des gaz de chauffe qui peuvent réagir sur les matières contenues dans les creusets.
- Les modes de chauffage électrique employés peuvent se diviser en trois catégories : chauffage par arc, chauffage par résistance, chauffage par induction.
- Sauf dans certaines industries, les deux derniers modes de chauffage sont les plus employés, en particulier dans les fours à recuire, à cémenter, à fondre les aciers spéciaux et les métaux et dans les fours de laboratoire.
- Jusqu’à présent, le four à induction n’était employé que dans la métallurgie du 1er (four Roechling-Rodenhauser). On sait sur quel phénomène repose son emploi : lorsque une masse métallique conductrice forme l’armature intérieure d’un solénoïde, si celui-ci est parcouru par un couraut alternatif, par suite des courants de Foucault développés dans la masse conductrice, celle-ci s’échauffe progressivement.
- Tandis que dans les fours à résistance, la chaleur sc transmet par conduclion des éléments chauffants à damasse à travailler, dans les fours à induction, la chaleur est engendrée au sein même du creuset. II. en jésuite que dans ces fours, il n’y a théoriquement âücuiie limite.supérieure de température, tan-
- ' dis que dans les fours à résistance, la température maxima que l’on peut atteindre est celle que peuvent supporter sans fondre les éléments chauffants. S’ils sont constitués par des alliages métalliques ou des aciers spéciaux, chromel, ni-chrome, etc..., on ne peut dépasser sans inconvénient 1000 à 1100 degrés dans les laboratoires et 1200 à 1300 degrés dans les fours industriels. Si Ton emploie du platine pur, ce qui ne peut être fait que dans les fours d’analyse de laboratoire, la température maxima est de 1500 degrés. Si les éléments chauffants sont des baguettes de graphite ou des matières analogues, le maximum est un peu plus élevé. Mais dans tous les cas l’installation nécessite une surveillance attentive pour éviter les échauffcments locaux qui amènent la fusion et la rupture du circuit électrique.
- La chauffe par induction est donc beaucoup plus avantageuse, puisque le circuit électrique peut être maintenu sans inconvénient à la température ordinaire. Grâce aux travaux récents de Northrup, un perfectionnement très important a été réalisé dans cette catégorie d’appareils. Jusqu’à présent, on utilisait le courant alternatif du secteur, c’est-à-dire le courant à basse fréquence. Le professeur Northrup. au contraire se sert de courants à haute fréquence et arrive ainsi a des résultats extrêmement intéressants.
- En effet, tous les types anciens de fours à induc-t on sont constitués essentiellement par un fransfor-roateur dont le primaire enroulé sur un noyau de fer a un grand nombre de tours et est relié directement à la source du courant alternatif. Le secon-
- Fig. i. — Schéma du jour à induction système Ni rlhrup.
- Tr, primaire du transformateur alimenté par un courant alternatif quelconque; Tr', secondaire du transformateur ; C, condensateur ; G, interrupteur; F, bobine d’induction enroulée amour du creuset à chauffer et parcourue par les courants à haute fréquence; Xe, Xs, résistances réglables.
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- claire de ce transformateur est constitué par un circuit fermé d’un seul tour. La grande quantité de chaleur dégagée dans ce circuit est utilisée pour le chauffage. En général, ce circuit est constitué par un métal placé dans une enveloppe réfractaire.
- Par l’emploi de courants de haute fréquence, il devient inutile d’utiliser aucune partie en fer, ni aucun enroulement en contact avec le primaire du transformateur. Northrup emploie, pour des puissances allant jusqu’à 100 kilowatts, des courants de fréquence, environ 20000 par seconde, produits par la décharge d’une batterie de condensateurs.
- La figure 1 donné le schéma de l’installation électrique. Le courant du secteur à 110 ou 220 volts est élevé par un transformateur Tr, Tr' à une tension de 8000 volts environ. Ce courant charge une
- Masse mètaHiqi à chauffer dans le creuset.
- hoùine d'induc t/on produisan -
- tes courants de chauffage à l'intérieur du creuset
- Bornes d'entrée du courant
- spéciale. Il ne comporte aucune partie mobile et es formé de 2 ou 5 électrodes de graphite (3 électrodes lorsqu’on opère sur 2 ou 3 phases du courant) au-dessus d’un bain de mercure renfermé dans une enveloppe en fonte et dont le niveau peut varier par déplacement d’un réservoir extérieur mobile. Un autre réservoir permet de verser, à raison de 15 gouttes environ par minute, de l’alcool dans ce disjoncteur- qui fonctionne ainsi beaucoup mieux, caria surface du mercure reste propre.
- Les températures réalisées dans le four sont voisines de 2500 degrés, puisque l’on a pu fondre du molybdène dans ces appareils.
- Nous donnons ci-dessous quelques résultats obtenus avec un four électrique de 1,5 litre de capacité du creuset.
- Change ConducWZEEE&
- trice, ou non à .
- fondre
- Conducteur ou a graphite
- Isolant calorifuge —g Isolant électrique___g;
- Couvercles
- Creuset non conducteur
- Bornes du
- courant
- inducteur
- Fig. 2. — Coupe,d'un creuset pour fusion de métaux par induction.
- batterie de condensateurs C dont la capacité est d’environ 0,07 micro-farad par 1,5 kilowatt. Un dispositif de rupture G permet de décharger ces condensateurs dans une bobine d’induction F de 50 à 80 tours enroulée autoûr du creuset à chauffer.
- Malgré ce pelitnombre de tours, les elîets d’induction dans la masse renfermée dans le creuset et produits par les courants oscillatoires de la .décharge sont si intenses, que la fusion d’une masse de 15 kilogrammes de cuivre est obtenue en 22 minutes avec une dépense de 1 kilowatt par 2 kilogrammes. Il est à remarquer, de plus, que les parois du creuset seules sont chauffées par la masse en fusion et que la bobine d’induction est facilement maintenue à la température ordinaire par un courant d’eau par exemple. ’
- - Une série de résistances Xe réglables permettent de limiter l’intensité dans le primaire du transformateur, et des résistances Xs montées en shunt sur le primaire du transformateur font varier le facteur de puissance de façon à l’amener à être égal à un.
- Le système de décharge G mérite une mention
- Fig. 3. — Coupe d’un four pour fusion de matières non conductrices. '
- Temps de Kilogs fondus
- Mêlai Charge fusion par kw-h
- Acier 13,5 kg 54 minutes 0,75
- Cuivre 15 22 2
- Laiton 13 20 2,5
- Or 30 15 7
- Argent 12 14 4
- Aluminium 4 14 4
- Nickel 12 48 0,73
- Zinc 12 6 6
- Etain 12 2,5 15
- Plomb 18 2,5 25
- La figure 2 donne la coupe d’un creuset, représenté figure 4, spécialement établi pour la fusion des métaux.
- Lorsque l’on désire fondre des matières non conductrices, on emploie le dispositif représenté par la figure 3. La substance à fondre est enfermée dans un tube de quartz fermé aux deux extrémités, de façon à éviter l’entrée des gaz et en particulier de l’acide carbonique dans le creuset. La chaleur est dégagée dans un cylindre de graphite dans lequel on introduit le tube de quartz. On peut élever la
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- LA SIMULATION DE LA MORT CHEZ LES ANIMAUX
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- température jusqu’à celle de ramollissement du quartz. Si l’on ne désire pas dépasser 1125 degrés <m remplace le tube de graphite par un cylindre de nickel et comme il n’y a plus à craindre l’action de l’atmosphère gazeuse, on ptut ne pas boucher le creuset.
- ha figure 5 représente un modèle de laboratoire
- du four à induction à courant de haute fréquence se généralisera dans l’industrie aussi bien que dans
- Fig. 4.
- Vue du jour Northrup pour fusion de métaux.
- Fig. 5. — Four Northrup de 18 kilowatts produisant une température de 2600 degrés.
- capable d’absorber une puissance de 18 kilowatts et dans lequel la température peut atteindre 2600 degrés.
- Bien qu’actuellement le professeur Northrup n’ait pas réalisé d’installations d’une puissance supérieure à 100 kilowatts, il est certain que l’emploi
- les laboratoires. Nous avons vu fonctionner deux fours de 25 kilowatts au Bureau of Standards et, malgré la température élevée et les masses en opération, le travail dans le laboratoire restait extrêmement aisé.
- H. Vigneron.
- LA “ SIMULATION DE LA MORT ” CHEZ LES ANIMAUX
- Il n’est personne ignorant que certains animaux peuvent « faire le mort » à l’occasion. Une souris, par exemple, reste immobile entre les pattes d’un chat qui « joue » avec elle. De même un renard blessé, disent les chasseurs, emploie toute sa ruse à passer pour un cadavre aux yeux de ses ennemis. Nombre d’insectes ne se comportent pas autrement, au moins en apparence.
- La « simulation de la mort » n’est donc pas un phénomène rare, ni difficile à constater. Aussi, bien des naturalistes l’ont signalée dans leurs ouvrages. Mais tous, jusqu’à ces derniers temps, ont prétendu l’expliquer au moyen de vaines comparaisons anthropomorphiques.
- Les uns Qlamilton, Webster, Weir) affirment que la « simulation de la mort » est, dans tous les cas, un acte volontaire et conscient; autrement dit, une ruse ou un véritable stratagème assez compliqué, impliquant notamment la connaissance de la mort et son imitation.
- D’antres auteurs adoptent une opinion moins absolue. Holmès, par exemple, établit une distinction entre les animaux supérieurs et les inférieurs. Chez les premiers, mammifères et oiseaux, la « simuhtion de la mort » est une manifestation de l’intelligence, tandis qu’elle est tout au plus un instinct chez les insectes, les araignées, les crustacés, etc.
- La théorie de l’instinct appliquée, cette fois, à tous les animaux rallie à son tour les suffrages de Darwin et de Romanes. Mais nous pouvons remarquer qu’elle demande un éclaircissement sur le sens du mot « instinct », employé jusqu’ici à tort et à travers et « terme suffisamment imprécis pour s’appliquer à tout"».
- La terreur est pour plusieurs naturalistes (Darwin,
- Romanes, Couch, James, Mancini, Turner), la cause effective de l’immobilité cadavérique offerte par certains animaux. Ce serait une frayeur excessive qui les paralyserait en quelque sorte et les « clouerait » surplace. Darwin cite le cas d’un rouge-gorge qui se serait évanoui de terreur dans sa main.
- Ajoutons que quelle que soit l'hypothèse choisie — ruse, instinct ou terreur — les savants la compliquent de finalisme. L’immobilisation serait, d’après eux, un moyen de protection acquis par sélection naturelle ; soit 'qu’elle déroute les ennemis qui ne se nourrissent que de proies vivantes, soit qu’elle rende l’animai moins visible ou le fasse ressembler à un objet inanimé.
- Ne vous étonnez pas de la diversité des opinions qui précèdent ni des contradictions plus ou moins apparentes entre elles. Cela lient au fait essentiel qu’aucune observation méthodique, ni, a fortiori, aucune expérience, n’avait été réalisée, jusqu’à ces dix. dernières années, sur ce que nous continuerons à nommer provisoirement, faute d’une meilleure expression, la « simulation de la mort ».
- On ne peut citer que de loin en loin des observations dignes d’intérêt et qui malheureusement passèrent inaperçues de leur temps. Ainsi au xviiie siècle, Kircher qualifia d’admirable expérience (experinientum mirabile) celle qu’il réalisait sur des poules et qui réussit avec autant de facilité sur les oiseaux les plus divers. Quand on saisit un oiseau quelconque et qu’on le place brusquement ou doucement en position dorsale, il reste inerte pendant quelques minutes : son cou dans le prolongement du corps, ses yeux grands ouverts, ses pattes en partie contractées. Il n’y a ni ruse, ni instinct, ni terreur paraly:
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- santé qui puisse expliquer cette soi-disant « simulation de la mort ». En effet le même oiseau tenu dins la main en position ventrale ou tout autrement, sauf sur le dos, ne cesse pasde remuer, de griffer ni de distribuer des coups de bec. Le renversement du corps, seul, peut déclancher automatiquement l’immobilité cadavérique. Cela fait songer à des phénomènes réflexes ayant pour point de départ une excitation, par exemple, des canaux semi-circulaires de l’oiseau, affectés comme chacun sait au sens de l’équilibre.
- Le phénomène de Kircher n’avait été cité depuis sa découverte que par le physiologiste Vcnvorn, en 1900, et d’ailleurs sans commentaire. M. Rabaud, professeur à la Sorbonne, s’y est intéressé plus récemment et en a fait le point de départ d’une vaste étude sur la « simulation de la mort ». Les résultats acquis par lui de 1916 a 1921 ont jeté tant de lumière sur le problème en question que toutes les théories émises antérieurement doivent etre remplacées par une nouvelle conception plus générale et plus scientifique. M. Rabaud se défend d ailleurs d’apporter a une explication définitive d’un phénomène fort complexe ». Il n’a fait qu’ouvrir, dit-il modestement, un champ nouveau à l’exploration des biologistes. Nous allons en juger par l’analyse de deux de ses publications relatives, l’une aux vertébrés (Bulletin de la Société zoologique de France, 1916, t. 41, 8 pages), l’autre aux arthropodes (Bulletin biologique de France et Belgique, 1919, t. 53, 150 pages).
- Enumérons d’abord quelques faits précis :
- 1° L immobilisation d’une souris que l’on prend par la queue et tient suspendue la tête en bas.
- 2° L immobilisation d’un oiseau placé en position dorsale (expérience de Kircher déjà citée).
- o L immobilisation d’une grenouille ou d’un crapaud que 1 on renverse sur le dos, à condition d’exercer aussi une pression légère sur la poitrine, au niveau et à mi-disfancedes insertions d. s membres antérieurs. Il existe, en ce point précis de la ligne médiane du corps, un endroit sensible dont l’excitation provoque l’attitude cadavérique. L’immobilisation cesse, soit spontanément au bout d’une dizaine de minutes, soit après une nouvelle excitation de la peau sur la ligne médiane, mais cette fois au niveau de 1 attache des pattes postérieures. M. Rabaud en conclut à 1 existence d’un centre réflexe immobilisateur et d’un centre mobilisateur antagoniste du premier. Dans tous les cas n’intervient aucune perception sensorielle ni aucun acte volontaire.
- L étude des arthropodes (insectes, araignées, crustacés). va nous conduire à des lois plus précises. Remarquons d’ailleurs qu’elles résultent d’observations nombreuses, sur des animaux appartenant aux familles les plus diverses et capturés au hasard, sans aucune idée préconçue.
- I. Il ne faut pas confondre la a simulation de la mort » ou immobilisation avec l'immobilité pure et simple. Beaucoup d’arthropodes (phasmes, mantes, araignées à toile, etc.) restent immobiles en dehors des moments où ils cherchent leur nourriture ou pendant qu ils guettent leur proie. Mais ils restent alors sensibles (surtout dans le dernier cas) et se déplacent immédiatement quand on les touche. Au contraire, une îok immobilisés, ils sont inertes et insensibles comme des cadavres.
- IL R exploration méthodique du corps d’un arthropode permet en général d’y découvrir un ou plusieurs endroits, parfaitement localisés, dont l’excitation détermine par voie réflexe l'immobilisation et l’insensibilité de
- l’animal. Ce sont, suivant l’expression de M. Rabaud, des centres réflexes immobilisateurs.
- III. — Les centres immobilisateurs sont, les uns communs à tous les arthropodes (sternum et parties latérales du thorax), les autres particuliers à tel ou tel groupe (racine des ailes chez les papillons, antennes des crio-cères, antennes et segments anlérieurs des mvria-podes, etc.).
- IV. — Beaucoup de papillons (piérides, etc.) et a’or-thoptères (criquets, sauterelles, mantes) exigent une excitation conjuguée, c’est-à-dire simultanée de deux ou plusieurs centres immobilisateurs. Chez la piéride du chou, par exemple, il faut exciter le sternum et comprimer en même temps le thorax entre les mors d’une pince.
- Dans d’autres cas les excitations doivent être répétées ou prolongées pour sortir leur entier effet.
- ^ • — R existe aussi dans tout arthropode des centres réflexes mobilisateurs antagonistes des précédents, dont l’excitation permet de « réveiller » l’animal. « Un rien», dit Fabre, fait tomber un insecte à l’état de torpeur et « un rien l’en retire ». M. Rabaud souligne toute l’importance de cette loi générale : « tout arthropode réduit à l’immobilité par une excitation périphérique est remis en mouvement par une autre excitation périphérique ».
- VI. — Les centres mobilisateurs sont, les uns communs à tous les arthropodes (tarses et extrémité de l’abdomen), les auLres particuliers à tel ou tel groupe (antennes des papillons, rostres des charançons, etc.).
- L’excitation des tarses déterminant la reprise d’activité explique : 1° Que la libération et l’éloignement des pattes de tout support soit une condition essentielle de l’immobilisation; 2° que le renversement simple sur le dos — rendant impossible désormais l’excitation des tarses au contact des objets environnants — puisse en certains cas (demoiselles, libellules) et sans autre adjuvant suffire à déterminer l’immobilisation.
- YII. — Un même centre est parfois immobilisaleur ou mobilisateur suivant l’excitation à laquelle on le soumet. Ainsi les tarses du ver-luisant et les antennes de la crio-cère de f’asperge sont le point de départ de phénomènes différents après frottement ou après compression.
- VIII. — La durée de l’immobilisation varie entre quelques minutes et plusieurs heures (jusqu’à 5 heures chez un Bacillus gallicus).
- Les arthropodes étant des animaux à température variable, l’immobilisation persiste d’autant plus que la température est moins élevée. Ainsi pour des ranatres, insectes aquatiques, l'engourdissement dure 137 minutes à 12° G., 51 minutes à 29° et 23 minutes à 34° (expérience de Holmes).
- L’intensité de la lumière intervient aussi dans la simulation de la mort.
- IX. — Les perceptions sensorielles (visuelles, olfactives, auditives) ne jouent aucun rôle appréciable dans 1 immobilisation. Celle-ci n’est donc ni volontaire, ni consciente. Elle est un pur phénomène réflexe.
- Pas plus que dans ses causes, l’immobilisation ne peut être considérée dans ses effets comme une « simulation de la mort ». L’attitude prise par l’animal est souvent très différente d’une attitude vraiment cadavérique. Notamment l’immobilisation peut n’être que partielle et laisser constamment en état d’agitation une partie plus ou moins considérable du corps. Ce dernier fait a été observé notamment chez la criocère à douze points(Cno-ceris punctala L.). « Si longtemps, dit M. Rabaud, que l’insecte demeure paralysé, l’arrêt des mouve-
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- ments porte exclusivement sur la tête et le thorax, l’abdomen ne cessant pas un instant d’être le siège d’un rapideva-et-vient dans le sens dorso-verilral, accompagné du crissement bien connu des criocères ».
- En somme l’immobilisation n’est ni une ruse, ni un instinct, ni l’effet de la peur. Il est aussi facile de démontrer qu’elle n’est aucunement protectrice. L’attitude de l’immobilisation ne procure aucun avantage vrai. Elle est au moins inutile et ne saurait avoir donné prise à la sélection naturelle. M. Rabaud a consacré à l’établir une partie du chapitre YII de son travail sur les arthropodes.
- Tout d’abord, dit-il, un insecte immobilisé n’est pas nécessairement recroquevillé au point d’offrir le minimum de prise à l’attaque. Les pattes ou les ailes peuvent rester étendues et vulnérables.
- En second lieu, immobile ou non, un insecte vivant ne saurait être pris pour un cadavre et dédaigné par un autre animal qui le chasse. L’odorat et d’autres sens peut-être ne peuvent tromper le chasseur. Rien ne prouve, au surplus, qu’une proie morte rebute nécessairement un prédateur quelconque. Le contraire même est, observé le plus fréquemment.
- Si, d’autre part, l’immobilisation confère à certains animaux comme les phasmes une ressemblance extraordinaire avec certains objets inanimés (des ramilles d’arbres dans le cas des phasmes), cela n’est pas un fait général. Le plus souvent l’animal immobilisé ne ressemble à rien d’autre. D’ailleurs il n’est aucunement prouvé que ce qui est ressemblance parfaite pour l’œil humain frogipe aussi l’œil de tous les animaux. Des expériences nombreuses (Judd, Hess, Herrera) semblent plutôt établir que les oiseaux, notamment, discernent ce que l’homme n’aperçoit pas. Herrera constate par exemple que les poules dévorent aussi bien des insectes simulant la mort que d’autres se mouvant.
- Enfin quand l’immobilisation ne dure qu’un très court instant, qu’elle ne survit même pas à l’excitation dont elle procède comme chez les zvgènes (papillons nocturnes), on ne peut évidemment lui attribuer un rôle protecteur. Beaucoup d’autres faits peuvent encore être appliqués à la négation de ce rôle protecteur qui n’est, somme toute, que le fruit de l’imagination des natura-lisles de l’école darwinienne.
- X. — M. Rabaud s’est demandé pour finir quel peut être le mécanisme physiologique de l’immobilisation
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- réflexe chez les arthropodes. Elle résulte évidemment d’une contracture musculaire, c’cst à-dire d’une contraction durable, survivant à l’excitation et sans fatigue apparente. Mais pourquoi cette persistance après l’excitation? Les mouvements réflexes sont d’ordinaire des contractions passagères et non des contractures prolongées.
- Plusieurs auteurs et surtout Schmidt (1913) ont rapproché à ce point de vue Yimmobilisation de la catalepsie. Fabre parle d'hypnose, sans d’ailleurs y insisler. L’assimilation des trois sortes de phénomènes que nous venons de désigner ne parait pas à M. Rabaud complètement soutenable. En particulier il n’existe que rarement chez les animaux immobilisés cette aptitude à conserver (outes les positions possibles, si extraordinaires soient-elles, que les neurologistes ont qualifiée de flexibililas cerea.
- Holmes (1917) tend à rapprocher l’immobilisation réflexe d’un état tétanique de contracture violente. Le malheur est qu’on ne connaît pas jusqu’ici de télanos survivant à l’excifation qui l’a produit.
- L’immobilisation des animaux est donc en définitive un état sui yeneris en présence duquel on a une impression fort nette de nouveauté. On ne peut se hasarder qu’avec la plus exlrème prudence dans le champ des hypothèses. M. Rabaud émet la suivante : le réflexe d’immobilisation est une propriété fondamentale du système nerveux des arthropodes. Au moment de l’excitation d’un centre immobilisaleur, les ganglions nerveux emmagasinent une certaine quantité d’énergie qu’ils dispensent ensuite progressivement aux muscles, ce qui les maintient en contracture jusqu’à épuisement de la réserve énergétique. Les ganglions nerveux jouent en quelque sorte le rôle d’accumulateurs. La mobilisalion a lieu par contraction des muscles antagonistes des muscles déjà contracturés. « En se contractant, dit M. Rabaud, les muscles antagonistes étirent brusquement les muscles contracturés ; cette extension forcée produit une excitation qui, de la plaque motrice, remonte au ganglion et entraîne sa décharge ». j
- Nous ne pouvons insister davantage sur l’hypothèse précédente dont l’immense intérêt n’échappera à aucun de nos lecteurs. Il nous serait agréable d’avoir attiré leur esprit sur le vaste domaine des instincts, étudiés pa’r l’expérience et d’une manière vraiment scientifique.
- ;<v Léon Bertin 1
- Agrégé de l’Université
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- On ne saurait contester que la race annamite possède de hautes facultés artistiques, d^ont témoignent éloquemment les bronzes, les meubles, les bijoux, et maints autres objets que l’Indochine jenvoie à nos expositions coloniales.
- : D’autre part, cette vaste région, depuis les bouches du Mékong jusqu’au delta du Fleuve Rouge, abonde jen édifices dont l’archilecture sait être à la fois ^majestueuse en ses grandes lignes, et gracieuse en. ises détails.
- Mais une constatation frappe le touriste ,et l’archéologue : tous ces édifices, qu’il s’agisse de temples ou de palais, de tombeaux ou de châteaux forts,
- sont de construction plus ou moins récente. Il leur manque cette paiine des siècles qui décore la plupart des monuments de la Chine,” et enveloppe du voilé du mystère leur vénérable beauté.
- Cette absence quasi-totale de monuments historiques en Indochine s’explique par diverses raisons. La région septentrionale, qui comprend le Tonkin, a été fréquemment ravagée par les Chinois, et la guerre civile a sévi à l’état endémique dans tout le pays, au cours de ses vingt siècles d’histoire.
- Comme le fait remarquer M. II. Cosserat dans un récent numéro du Bulletin des Amis du Vieux Hue, les architectes annamites ont toujours préféré lé
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- Fig., i. — Pagode de là Maternité à Taïfoo.
- bois à la pierre dans leurs constructions ; et l’on comprend que Tinya:ion et la révolution aient eu facilement raison d’édifices qui n’étaient pas bâtis pour l’éternité, comme ceux de tant de peuples anciens.
- Enfin, quand on parcourt les annales annamites, on remarque que les souverains aimaient à transformer les édifices construits par leurs prédécesseurs.
- Fig. 2. — Entrée de là pagode des Paons.
- Il leur arrivait même souvent de les abattre jusqu’au ras du sol, pour les remplacer par des constructions qui proclameraient exclusivement leur propre gloire:
- A part, les monuments de pierre élevés par les Chams, qui précédèrent les Annamitesfdans le pays, on ne trouve donc dans l’ancien Royaume d’Annam (qui ne comprenait pas le Cambodge, et ses chefs-d’œuvre de l’architecture Kmer) que de] «-jeunes
- Fig. 3.— Dans les jardins de VEmpereur.
- Fig. 4. — Une cour de pagode au pays de Hué
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- ruines », dont les plus vieilles datent de moins de deux siècles. Si elles n’intéressent guère l’archéologue, elles sont dignes d’attirer l’attention de l’artiste et du touriste.
- C’est dans la région de Hué, la capitale du royaume, que sont groupées les plus belles pagodes, consacrées à l’une des trois religions que professent indifféremment — ou même simultanément — les Annamites : le bouddhisme, le confucianisme, le culte des ancêtres. La plus importante est le Van-Mieu, ou Temple des Lettres, dédié à Confucius.
- Sa fondation remonte aux premières années du xvne siècle. Selon l’habitude' que nous signalions a l’instant, un certain roi Minh-Vuong estima, dès la première année de son
- Fig. 5. — Porte monumentale de la citadelle de Hué.
- Fig. 6. — Stèle de l’empereur Tu-Duc.
- publie un écrivain annamite, M. Ung-Trinh.
- Pour pénétrer dans l’enceinte, on passe sous une porte monumentale où ces deux inscriptions chantent les louanges de Confucius : « Sa grandeur surpasse les mille siècles écoulés, ». —- « Sa doctrine est répandue au ciel et sur la terre ». ; ...
- Une stèle annonce que ce terrain est consacré, et son inscription ordonne : « Fermez les parasols!.Descendez de cheval! »0n se trouve alors dans l’enceinte extérieure plantée de vieux pins et bordée d’édifices aux inscriptions symboliques : « Honorer les Lettres. » — « Apprendre les Rites par l’Exercice ». : . \ .
- Dans cette enceinte sont plantées
- règne, que la pagode était indigne de la gloire de Confucius, et la fit rebâtir en entier. Un des ses successeurs prit un autre prétexte pour la transporter de la rive gauche du fleuve de Hué sur la rive droite. Le malheureux Temple des Lettres fut déplacé une seconde fois, en 1759. Enfin, en 1808, Gia-Long, premier Empereur d’Annam, le jugéa à son tour trop mesquin, et le fit reconstruire sur son emplacement actuel. On ne s’étonnera plus de la jeunesse des ruines annamites!
- Pour la description de cette pagode, nous recourrons de nouveau an Bulletin des Amis du Vieux Hue', le très intéressant magazine que dirige le R. P. Cadière, cl à l’étude qu’y
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- Fig. 8. — Tombeau de l’empereur Tien-Tri.
- sur deux rangées 50 stèles; elles immortalisent les lettrés qui, sous la dynastie régnante, ont obtenu le titre de Tan-Si, ou de docteur. On y voit aussi un pagodon dédié à Tho-Công, le Génie du Sol, et deux petits édifices appelés « la Cuisine des Génies» et « le Magasin des Génies » ; On dépèce dans le premier les animaux immolés, et Ton conserve dans le second les objetsdu culte. :
- L’enceinle intérieure, surélevée d’une quinzaine de marches, est percée de trois portes, qui ont chacune leur nom : « Célébrité éclatante comme le Son du Métal. » — « Bonté aussi pure que le Son du Jade. » — « La Grande Perfection », inscriptions qui chantent, elles aussi, les mérites de Confucius.
- Au delà de ces portes, on se trouve dans une vaste cour dallée, au centre de laquelle se dresse le temple principal, formé de sept travées et de deux appentis à pignon. La travée du milieu abrite une grande niche, en bois sculpté, doré et laqué, ou est déposée la tablette de Confucius, dont les huit caractères chinois signifient : « Siège de l’esprit de Confucius, l’ancien maître, le très saint ».
- Dans les autres travées, ainsi que dans les deux appentis, sont logés des autels ou des tablettes à la mémoire des quatre Tu-Phôi, philosophes qui furent les continuateurs du maître, des douze Triet, ou Sages, et de 120 célébrités appelées « les Illustres de jadis » et « les Lettrés d’autrefois ».
- Une fois par an, pendant la nuit qu’a fixée le service astrologique, une cérémonie est célébrée dans ce temple, soit sous la présidence du souverain, soit sous celle d’un haut mandarin. Elle est marquée par de nombreux sacrifices.
- Sur l’autel principal, dédié à Confucius, on immole les « trois victimes », ou tam sanh, qui comprennent un bœuf, un chevreau et un porc, en y joignant de nombreux plats et assiettes remplis des mets les plus variés.
- Les quatre Philosophes et les douze Sages ne sont pas oubliés ; mais les offrandes sont ici moins abondantes. Çhs lumières du confucianisme se passent
- de bœufs, et doivent se contenter de chevreaux et de porcs. La hiérarchie sacrée a ses exigences!
- L’une des plus fameuses pagodes de l’Indochine est celle des Montagnes de Marbre, que le touriste, partant de Tourane par le service des cars-automobiles, peut atteindre en moins de trois heures. Ces « montagnes » sont d’énormes masses calcaires, aux parois abruptes et déchiquetées, qui se dressent brusquement au centre d’une vaste plaine.
- La masse principale contient une immense grotte qu’éclaire doucement la lumière du jour filtrant par une fissure de la voûte. Les races qui précédèrent les Annamites furent certainement impressionnées par l’aspect mystérieux de cette vaste cavité, car on y retrouve de nombreuses sculptures datant de civilisations disparues. Il faut souhaiter que des archéologues avertis consacrent un jour ou l’autre leur attention à ces « Montagnes de Marbre », qui pourraient bien devenir une page d ins la Préhistoire de cette partie de l’Asie
- La grotte est consacrée au culte bouddhiste depuis de nombreux siècles, et le rocher où elle est creusée est habité par une confrérie de bonzes. Un magnifique escalier, taillé en plein marbre, et
- big. 9 — L’escalier souterrain de la pagode de la Grotte de Marbre, près de Tourane.
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- gardé par des statues de génies et d’animaux fabuleux conduit dans l’intérieur de. la grotte. Dans les passages souterrains, on rencontre de petites chapelles taillées, elles aussi, dans la roche vive, et qui sont, pour la plupart, de véritables "joyaux artistiques.
- Mais c’est surtout dans la nécropole royale que l’on peut admirer l’art architectural annamite. Elle s’échelonne sur les rives du Fleuve des Parfums, aux environs de Hué, et comprend les tombeaux des cinq derniers souverains de l’Annam.
- Chacune de ces sépultures constitue un vaste domaine, avec jardins, pièces d’eau, cour d’honneur peuplée de statues, pagode, maisons d’habitation pour les dignitaires chargés d’entretenir le culte de l’empereur défunt, et autres édifices. On y voit généralement un pavillon où le monarque séjournait quand il venait surveiller les travaux, ou philosopher sur les fins dernières de l’homme. La tombe proprement dite est toujours dissimulée par un haut mur de pierre, percé d’une porte de bronze, et qui enserre un tertre. C’est dans ce mamelon qu’est déposé le cercueil, et en un point qui est gardé secret.
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- Tous ces tombeaux sont des merveilles d’art et mériteraient d’amples descriptions. Celui de l’Empereur Tu-Duc, qui mourut en 1885, comporte une immense piscine, avec un somptueux pavillon dé repo: bâti sur pilotis. C’était là, près de sa tombe, que le vieux souverain prenait plaisir à se baigner, avec ce philosophique mépris de la mort qui est l’une des forces de la race jaune. On y voit aussi les mausolées de sa mère et de sa femme, et deux jolies pagodes, l’une consacrée à ses mânes, l’autre servant aux cérémonies que ses successeurs célèbrent à sa mémoire tous les trois ans.
- Ce qui ajoute un charme é-trange à la visite de cette nécropole, c’est l’étonnante variété du décor. Chaque emplacement fut choisi par le souverain, dès les premières années de son règne, et façonné prr lui selon ses goûts, planté des essences qu’il préférait, couvert -des édifices dont il avait discuté les plans.
- Et l’ensemble forme un centre de tourisme incomparable, unique au monde, et sur lequel il convenait d'attirer l’attention des Français, dont la majorité ignorent, hélas! que notre belle colonie asiatique possède de pareilles perles !
- V. Forbin.
- Fig. 10. — Le Temple du dieu de la Guerre, à Hué.
- L’ÉVOLUTION DE LA MÉTÉOROLOGIE
- Le Comité météorologique international et la Conférence internationale des Directeurs des Services et Observatoires météorologiques vont se réunir à Londres le 12 septembre 1921. La dernière session plénière de ces importants organes scientifiques date d’avant la guerre et a eu lieu à Innsbruck du 9 au 15 septembre 1905. Que de changements sont survenus depuis cette époque qui nous apparaît déjà comme bien lointaine ! La Météorologie est certainement une des sciences qui ont éprouvé les plus grandes transformations depuis dix ans, tant dans l’orientation de l’effort des chercheurs que dans ses applications pratiques et dans les moyens matériels mis à sa disposition. C’est pourquoi la réunion de Londres où se rendront non seulement les chefs des grands services météorologiques européens mais ceux des contrées les plus éloignées comme le Japon et les Iles de la Sonde se trouvera devant un
- programme chargé et devra réaliser des accords sur des sujets fort importants. C’est également pourquoi le moment semble bien choisi pour jeter un coup d’œil sur l’évolution qu’a subie la Météorologie au cours de la période tourmentée qui sépare la conférence d’Innsbruck de celle de Londres. C’est ce que nous nous proposons de faire ici sans entrer naturellement dans les détails techniques. A ceux de nos lecteurs que ces derniers intéresseraient, nous ne pouvons malheureusement indiquer encore aucun ouvrage d’ensemble où ils soient exposés. Les années que nous venons de traverser furent des années de travail fiévreux. De brèves notes jetées à la hâte dans des publications diverses marquent seules les étapes du progrès.
- Le trait caractéristique qui doit frapper dans l’évolution récente de la Météorologie, c’est une vive renaissance delà Météorologie dynamique, alors que
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- la période précédente avait été marquée par un vaste développement de la climatologie.
- La Météorologie peut se diviser assez naturellement en trois parties que nous nommons : la Météorologie descriptive, la Météorologie dynamique et la Climatologie.
- La Météorologie descriptive comprend l’étude des instruments météorologiques (construction, installation, entretien et emploi). Elle s’occupe aussi de la description et de la classification des formes nuageuses. En un mot elle est chargée de fournir aux chercheurs les matériaux indispensables à leur travail.
- La Météorologie dynamique et la Climatologie sont faciles à caractériser par deux mots que chacun comprend sans autre développement, les mots de temps et de climat. La première est la science du temps,: l’autre la science des climats. Le climat d’uriè région présente des caractères pratiquement constants. Le temps, au contraire, est sans cesse variable et ses changements peuvent être regardés comme des oscillations autour d’une situation moyenne qui représente le climat. C’est pourquoi on peut, par analogie avec les dhisions de la Mécanique, donner à la Météorologie du temps le nom de Météorologie dynamique, le rôle de la Météorologie statique étant joué par la Climatologie.
- 1. Météorologie descriptive. — La Météorologie descriptive a vu accroître considérablement scs moyens d’action et ce dans une direction qui favorise les recherches et le sertice courant (prévision du temps) dans la Météorologie dynamique. Trois points importants doivent être signalés à cet égard : «) le développement dés moyens d’exploration de la haute atmosphère; b) la création d’un réseau d’observations extrêmement dense dans l’espace et plus serré dans le temps; c) la création d’un système de communications télégraphiques, téléphoniques et radiotélégraphiques extrêmement rapides destiné à concentrer et à diffuser les observations mentionnées en b).
- Nous parlerons seulement ici des deux premiers points. Nous avons en effet déjà eu l’occasion de développer le dernier au cours d’articles antérieurs {La Nature, n°s 2439,-2455 et 2456).
- a) Exploration de la haute atmosphère. — Les éléments que l’on mesure généralement en altitude sont le vent (direction et vitesse), ia température et l’humidité. A ces mesures il faut ajouter la description de l’état du ciel (nuages, visibilité, etc.).
- 1° Le vent. — C’est vers la mesure du vent que se sont portés les plus grands efforts. D’une part on a multiplié dans une proporlion extraordinaire le nombre des postes de sondages par ballons pilotes. Prenons l’exemple de la France. En 1914, le Bureau Central Météorologique dont le budget était parcimonieusement mesuré ne disposait d’aucun matériel de sondages. Seules quelques compagnies d’aérostiers en étaient munies. Au moment de l’armistice, le Service météorologique militaire
- possédait en France 105 postes en fonctionnement et, à l’heure actuelle, l’Office national météorologique en maintient encore 59 en activité. Le réseau des sondages est presque aussi serré aujourd’hui que ne l’était le réseau télégraphique terrestre avant la guerre.
- D’autre part, on a mis en œuvre des moyens de mesure nouveaux. L’anémomètre Rothé a permis de mesurer le vent à l’altitude d’un ballon captif sans redescendre les appareils de mesure comme on le faisait autrefois. Et surtout, le sondage par le son, mis au point par les officiers du bureau météorologique militaire dans l’année 1917, a fourni pour la première fois un moyen de reconnaître par mauvais temps et par grand vent, d’une façon régulière, les mouvements des couches élevées situées au-dessus des nuages. Les recherches de la Météorologie dynamique, qui s’intéressent spécialement à ce type de temps, trouveront dans ce moyen une aide fondamentale, mais malheureusement assez coûléuse pour le moment.
- 2° La température. — La mesure dés températures à grande altitude a été beaucoup facilitée par le développement de l’aviation. Tous les appareils de guerre étaient devenus capables de s’élever à 5 ou 6000 m. On leur fait emporter des thermomètres enregistreurs. Les Pays-Bas ont installé à Sœsterberg un service de ce genre qui fonctionne pratiquement tous les jours. Les Anglais posséderont bientôt trois stations de sondages par avion, l’une en Angleterre, la deuxième en Ecosse, la dernière en Irlande. La France suivra prochainement cet exemple. Les mesures de température par ballon-sonde, qui avaient été interrompues par la guerre, vont reprendre dès l’année prochaine et sur une plus grande échelle qu’autrefois. G’est ainsi que le Service météorologique français qui, avant la guerre, ne disposait pas de ressources suffisantes pour procéder à des expériences de cet ordre se propose d’effectuer en 1922 une vingtaine de lancers aux mêmes jours que les autres pays, sans compter ceux qu’il fera pour son compte personnel.
- 5° Les nuages. —La classification internationale, actuellement en usage, date d’un quart de siècle. Depuis son adoption, nos connaissances sur les nuages ont fait de grands progrès. L’avion, qui se révèle comme devant être dans l’avenir un puissant moyen de recherches météorologiques, a permis de les étudier de près et, par ailleurs, les besoins généraux de la navigation aérienne ont exigé que l’on poussât ces études bien plus loin qu’autrefois. On a constitué d’importantes collections de photographies de nuages prises par-dessus ou à leur niveau. Ceitaines de ces photographies forment même des ensembles stéréoscopiques à grande base d’un effet saisissant. Nous donnons ci-contre la reproduction de l’un de ces ensembles (fig. 1) que l’Aéronautique française a bien voulu prendre pendant la guerre sur notre demande. Il représente un Cumulo nimbus et montre avec netteté la nature de ces bandes horizontales qui barrent les mamelons supérieurs de la
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- L’ÉVOLUTION DE LA MÉTÉOROLOGIE
- partie cumuliforme. Par ailleurs, les observateurs d’aujourd’hui ont été poussés à donner tous leurs soins à l’observation détaillée des nuages que leurs collègues de la période d’avant-guerre avaient négligée. Cette accumulation de matériaux et d’observations conduira à une réédition prochaine de l’ancien atlas et presque certainement à une réforme de la classification et de la nomenclature.
- b) Densité du réseau d'observations. — Nos lecteurs savent que les individus météorologiques (dépression et anticyclone, noyaux de variations, systèmes nuageux), possèdent de grandes dimensions (de l’ordre de plusieurs centaines et souvent
- certaine mesure, à celle qui a doté les naturalistes du microscope. Gomme toute réforme importante, elle n’a pas été accueillie sans de vives protestations.
- Préconisée en France dès le début de l’année 1916, elle y a été réalisée presque aussitôt. Le nombre des stations françaises contenues dans le radiotélégramme de la Tour Eiffel est actuellement de 24 contre 7 en 1914. L’Office national météorologique de France reçoit des télégrammes quatre fois par jour (1 h., 7 h., 13 h., 18 h., GMT), contre deux fois en 1914 (7 h. et 14 h. GMT), et il procède de plus, dans l’intervalle de ces observations,à des enquêtes téléphoniques (5 heures et 9 heures 50).
- Fig. i. — Vue stéréoscopique à grande base prise en avion (cumulo-nimbus). 4 août 1918, i5 heures. Région de Poix (Picardie).
- même de milliers de kilomètres). Toutefois il en est d’eux comme des grands mécanismes de l’industrie, il ne suffit pas, pour comprendre leur fonctionnement, leur vie, de les examiner de loin sous prétexte qu”ils sont visibles de loin. Il faut les examiner minutieusement et de près. Om conçoit donc que les recherches delà météorologie dynamique exigent des observatoires très rapprochés et dans ces observatoires des observations très fréquentes.Quelles sont la densité et la fréquence oplima ? La théorie ne saurait l’indiquer, mais l'expérience a rapidement fourni un argument péremptoire à'ceux qui prétendaient que le réseau dont on se contentait avant la guerre était très insuffisant. En multipliant systématiquement par 3 ou 4 au moins le nombre des stations télégraphiques on a, en effet, très vite découvert des lois importantes et fait faire de notables progrès à la prévision du temps. Cette réforme qui, de prime abord, pourrait paraître accessoire est donc en réalité fondamentale. On peut la comparer, dans une
- À ces transmissions effectuées à heure fixe viennent s’ajouter des avis téléphoniques éventuels d’un type particulier qui constituent le « Service d’avertissement des grains ». Ce dernier service qui avait été préconisé depuis 23 ans par un Français, Durand Gréville, n’avait jamais été l’objet de réalisations systématiques avant la guerre (voir plus loin Météorologie dynamique).
- Pour la fréquence des observations, la France, dont nous venons d’exposer le système, occupe avec la Grande-Bretagne le premier rang. Pour la densité des stations, le plus curieux effort a été réalisé par la Norvège qui compte dans son réseau télégraphique environ 200 stations au lieu dune quinzaine avant la guerre.
- II. Météorologie dynamique. — Le renouveau de la Météorologie dynamique n’a pas été provoqué par l’initiative d’un seul météorologiste. C’est une transformation générale qui a été imposée par les circonstances. La Météorologie dynamique est une
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- L'ÉVOLUTION DE
- science difficile et coûteuse. Aussi n’y a-t-il pas lieu d’être surpris si les Services météorologiques d’avant-guerre auxquels on comptait et le personnel et les crédits n’avaient pas pu lui donner un grand développement et avaient consacré la majeure partie de leurs efforts et de leurs ressources à la climatologie, plus facile et moins dispendieuse.
- Les événements de la guerre et, notamment, l’extraordinaire essor de la navigation aérienne ont fourni à la fois aux météorologistes des sujets d’études précis et urgents et des moyens matériels importants pour les approfondir. D’une façon générale, c’est, comme avant la guerre, le problème de la prévision du temps qui s’est posé, mais dans des lérmes différents, à certains égards plus restreints, à d’autres plus difficile. Comme cette simplification relative du problème marchait de pair avec un accroissement des instruments de travail, on conçoit qù’un fructueux effort scientifique ait pu être accompli, alors qu’avant la guerre certains météorologistes chargés de la prévision n’avaient pas toujours résisté aii découragement devant l’élendue de la tâche et la pauvreté de leurs moyens.
- Avant la guerre,la prévision s’étendait à une période comprise entre 24 et 36 heures et se rédigeait en termes généraux comme « temps nuageux, brumeux et frais ». La guerre a exigé des prévisions s’étendant à une période bien plus courte (généralement moins de 12 heures) et c’est en Ce sëhs quet le problème s’est simplifié. Mais la simplification : n’a été que relative, car il a fallu s’exprimer avec beaucoup plus de précision ; annoncer par exemple Fheure du début de la pluie et sa durée, le plafond (altitude de la couche nuageuse la plus basse), les variations de la visibilité, etc.
- [ A cette nouvelle position du problème a correspondu la transformation profonde de l’instrument de travail, le réseau télégraphique, que nous avons décrite plus haut. Pour étayer une prévision minutieuse il a fallu établir un réseau minutieux. Nous n’avons pas la prétention de donner ici en quelques lignes un aperçu exact des avantages que cette transformation a procurés, ni un tableau d’ensemble des travaux récents dans la Météorologie dynamique. Nous nous bornerons à citer un exemple concluant et à signaler un petit nombre de travaux accomplis chez les Alliés pendant la guerre.
- Déplacement des nappes pluvieuses. — On sait que les dépressions éprouvent le plus souvent des mouvements assez irréguliers accompagnés de déformations souvent importantes. Autrefois on cherchait à prévoir le temps en s’appuyant sur le déplacement et la transformation des dépressions. Gomme ces derniers étaient fort difficiles à annoncer, surtout 36 heures d’avance, les prévisions risquaient d’être vagues ou incertaines. En étudiant certains phénomènes comme la pluie contitfue ou les éclaircies au moyen de cartes synoptiques spéciales à un réseau très serré, on s’est aperçu qu’ils avaient des mouvements beaucoup plus réguliers que les
- LA MÉTÉOROLOGIE r-.............
- dépressions capricieuses auxquelles ils étaient liés. C’est ainsi que la série des cartes ci-contre (fig. 2, 110 série, J à 6), montre le déplacement pratiquement uniforme d’un ruban pluvieux pendant une période de 56 heures. Les points noirs indiquent les stations où il pleuvait à l’heure de 1\ bservation. Le ruban orienté de l’WSW vers l’ENE s’ avançait perpendiculairement au sens de son allongement avec une vitesse moyenne de 40 km à l’heure environ. Il a balayé successivement toutes les Iles Britanniques (t toute la France depuis le 5 janvier 1917 au matin jusqu’au soir du 6 janvier; et son passage pouvait être annoncé (il l’a été d’ailleurs) aussi sûrement que celui d’un train sur une ligne de chemin de fer. La série des cartes numérotées de 7 à 12 est destinée à démontrer la nécessité d’un réseau de stations fort dense pour l’étude de semblables phénomènes. Sur les cartes de la première série, l’existence d’un ruban pluvieux et sa propagation régulière sautent aux yeux. Sur celles de la 2e série, rien de tout cela n’apparaît. Or, elles représentent la situation des stations pluvieuses aux mêmes instants que les cartes correspondantes de la première série, mais le réseau des stations y est beaucoup moins dense. C’est celui dont disposait à la date indiquée le Bureau Central Météorologique de France tandis que le réseau serré est celui qu’avait organisé le Bureau Météorologique Militaire.
- Dans le même ordre d’idées, nous signalerons M’élude de la déformation des nappes pluvieuses quand elles rencontrent une barrière montagneuse, qui est l’œuvre des;- météorologistes norvégiens de l’Ecole de Bjerkness.
- Dans un ordre de faits différents,L mais qui ont conduit à des conclusions analogues^M.-'A, Baldit, chef de lactation météorologique du groupe des armées du centre pendant Fa guerre” a"étudié la permanence dans le temps'et dans l’espace de divers lypes d’éclaircies ainsi que leur déplacement régulier. Le colonel E. Gold, chef du Service météorologique des armées britanniques, a étudié les mouvements des nappes de brouillard d’une certaine espèce.
- III. Conclusion. — D’une manière générale, l’activité des météorologistes de la jeune génération européenne s’est consacrée presque exclusivement à la Météorologie dynamique au détriment de la Climatologie. Des résultats importants ont déjà été obtenus, mais ils ne constituent encore qu’un début. Leur caractère commun, c’cst leur précision. On a abordé avec succès l’évaluation numérique des variations de température et des variations de pression ; des heures de chute de pluie, etc,... Par voie de conséquence, l’adaptation de ces progrès à la prévision du temps a donné à celle-ci un grand degré de certitude.
- Pour poursuivre cet heureux effort des dernières années, il est indispensable, avant toute chose, d’organiser dans le monde entier, sur terre comme sur mer, un réseau d’observatoires très rapprochés,
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- UN ANCÊTRE DU TRICYCLE
- d'observations fréquentes; portant sur des éléments tuera le point le plus important du programme de nombreux, observés aussi bien dans les couches la réunion de Londres. Nous souhaitons qu’il soit
- Fig. 2. — Dépression du 6 janvier 1917. — Emplacements successifs de la pluie.
- Eu haut, ir* série, 1 à 6, résultats des observations du Bureau Météorologique Militaire qui disposait d’un réseau d’observatoires très dense. En bas, 2° série, 7 à 12, résultats d’après le Bureau Central Météorologique.
- élevées de l’atmosphère qu’à la surface du sol. Ce travail d’organisation, ne nous le dissimulons pas, est difficile, mais il est la condition sine qna non du perfectionnement de la Météorologie. Il consli-
- ACADÉMIE D
- Séances de
- Les mucilages de Laminaria flexiçaulis. —Sous le nom d'algine, on emploie dans l’industrie un mucilage comme agglomérant, ignifuge, émulsif ou détersif ; certains auteurs le considèrent comme un acide laminarique, les autres y voient un mélange complexe de fucoïdine, d’algine et de fucoïne. En partant d’algues fraîches ou traitées par la chaux, et en faisant un extrait de soude très étendue (0,5 pour 100), Mme Z. Gruzevvska précipite les mucilages par l’alcool ; elle a pu voir ainsi que le précipité fourni par un acide, dans l’extrait alcalin de
- plus tard un de ses titres à la reconnaissance des météorologistes. •
- IL oCHERESClIEYVSKY.
- Ingénieur au corps des Mines.
- Ancien chef du Service météorologique aux armées.
- iS SCIENCES
- juillet 1921.
- Laminaria flexiçaulis, contient au moins deux substances dont l’une est solubilisée !en présence de sels ; de plus le mucilage peut cire hydrolysé jusqu’au bout par des attaques successives, à condition que la substance, avant le contact avec l’acide, soit chaque fois ramenée à l’état primitif de solubilité.: Dans ce cas, l’hydrolyse présenterait des phénomènes analogues à ceux qui se produisent fors de la digestion des empois par l’amylase à basse température.
- Paul B.
- UN ANCÊTRE DU TRICYCLE
- FAUTEUIL ROULANT DU XVIIIe SIÈCLE
- De tout temps le soulagement des infirmités humaines a excité au plus haut point l’imagination des inventeurs. Les appareils de prothèse, les instruments de chirurgie sont arrivés progressivement à un tel degré de perfection qu’on peut les consL dérer comme des chefs-d’œüvre "de mécanique. On pourrait en dire autant de l’outillage destiné à faci-
- liter aux aveugles et aux mutilés toutes sortes de travaux. Le cœur et le cerveau se sont unis pour enfanter des merveilles d’ingéniosité.
- Dans cet ordre d’idées, nous sommes heureux de faire connaître aux lecteurs de La ISalure un fauteuil roulant du xviii0 siècle, dont nous reproduisons les dessins retrouvés dans un ancien Recueil de
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- 176 .....-.......... UN ANCÊTRE DU TRICYCLE
- Fig. i. — Plan d'ensemble.
- AA', grandes roues; B, roue de direction; S, siège ; FF', courroies de suspension du siège; T, tige de direction; E, pose-pieds; MM', manivelles; R, ressort-frein.
- la seule fois que nous le voyons appliqué à la locomotion.
- Les rais des grandes roues À (fig. 3) portent des galets ou poulies a a' a", etc., mobiles sur leur axe dont l’une des extrémités est supportée par un cercle concentrique H. Une croix de Malte C convenablement évidée et mue à l’aide d’une manivelle M forme engrenage avec les galets qu’elle entraîne dans le sens de la marche. Pour la marche arrière, il suffit de tourner la manivelle en sens inverse.
- Étant donné le grand diamètre des roues, la force à dépenser pour la propulsion doit être relativement peu considérable, étant donné surtout que chaque roue est munie du dispositif à manivelle que nous venons de décrire.
- La direction du véhicule est assurée par une troisième roue.B (fig. 3)de petit diamètre, retenue ,par une fourche N pouvant obliquer à droite ou à : gauche, comme la roue avant d’une bicyclette, par le moyen d’une barre T, dont l’une des extrémités aboutit en avant du siège, entre les genoux du conducteur.
- Remarquons en terminant que l’inventeur aurait pu tout aussi bien actionner son système locomoteur au moyen de pédales : le tricycle eut été inventé cent cinquante ans plus têt.
- Mais n’oublions pas qu’il destinait son fauteuil roulant à « ceux qui ne peuvent se servir de leurs jambes ».
- L’idée ne lui est pas venue qu’il pouvait avec un dispositif à pédales rendre service aux... autres.
- Il est vrai que le besoin de « rouler » ne se faisait nullement sentir au xvme siècle!...
- J. ClIATAING,
- Membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Clermont-Ferrand.
- Fig. 3. — Détails du mécanisme propulseur.
- A, grande roue; B, roue de direction; T, tige de direction ; C, croix de Malte; a, a', a", roiileaux mobiles; M, manivelle.
- j
- I
- ! ^
- planches concernant les Arts me'chaniques, publié à Genève en 1733. Le mécanisme de propulsion et divers dispositifs de cette « voiture à l’usage de ceux qui ne peuvent se servir de leurs jambes », offrent des particularités extrêmement intéressantes qui méritent de prendre place dans une Revue des sciences appliquées.
- Ce fauteuil roulant se compose d’un châssis rigide rectangulaire supporté par deux roues à Lavant et une roue de direction à l’arrière.
- Sur ce châssis sont tendues dans le sens de la longueur deux courroies sans fin en cuir FF' (fig. 2) qui supportent un siège confortable S, à dossier, protégé par un parasol contre la pluie et les ardeurs du
- soleil. • Fig. 2.—Aspect d'ensemble.
- Ces courroies, en vertu de leur du fauteuil roulant.
- élasticité verticale, forment des ressorts de suspension excellents. Déplus, en glissant sur leurs poulies respectives, elles permettent d’avancer ou de reculer le siège qu’elles entraînent avec elles, de manière à déplacer à volonté le centre de gravité, selon que le véhicule roule sur un chemin plat ou sur un plan incliné. Ce dispositif très ingénieux pourrait trouver ailleurs d’autres applications.
- 'La lame métallique recourbée (fig. 1) qu’on voit à Lavant du véhicule, joue Me rôle de frein à la descente.
- Le conducteur n’a qu’à appuyer, sur le pose-pieds E (fig. 2) pour que l’adhérence de la lame sur le sol offre une résistance suffisante pour obtenir le freinage désiré. SJ
- . Mais ce qu’il y a de plus intéressant au point de vue mécanique dans ce fauteuil roulant, c’est son système de propulsion. À notre connaissance, c’est
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9, 5 Paris.
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- LA NATURE. — N° 2476.
- 17 SEPTEMBRE 1921
- UN COUP D’ŒIL SUR L’HISTOIRE DE GENÈVE
- Lorsque, grâce à un concours de circonstances favorables, ou simplement par la force de sa volonté, un homme atteint à une célébrité même relative, ses biographes se plaisent à rechercher ce qui, dans ses antécédents et son activité passée, lui valut d’être appelé à jouer un rôle de premier plan parmi ses concitoyens.
- Ce qui est vrai eu parlant d’un homme l'est aussi lorsqu’il s’agit d’une cité, et la chose a pu être vérifiée récemment à propos de la ville où se tient actuellement la deuxième Assemblée de la Société des Nations. Le choix de Genève comme siège de cet organisme international a permis, en effet, au public cultivé de saluer l’apparition de bon nombre de monographies destinées à retracer la physionomie politique et économique de la cité, ainsi qu’à évoquer les grands événements auxquels son nom fut attaché (*).
- 1. La plus complète en même temps (|uc la plus artistique
- Mais l’histoire de Genève est-elle vraiment susceptible de retenir l’attention publique ailleurs qu’au sein de la ville elle-même? Limitée dans un
- cercle extrêmement restreint, son arlivilé semble au premier abord n’offrir à l'éLrangcr qu’un intérêt plutôt médiocre, et cependant, par ses qualités intrinsèques ainsi que par les répercussions qu’elle eut au dehors, elle présente à Féco-nomiste aussi bien qu’à l’homme politique un champ varié de recherches intéressantes. « Amour du travail et de
- est certes celle intitulée : Genève, siège de la Société des Nations, par Guillaume Falio (Genève, éditions d’art Bois-sonnas, 1921), dont sont extraites les photographies qui accompagnent cet article. Homme d’un goût très sur et d’une vaste érudition, l’autour de cet ouvrage avait déjà publié précédemment. avec la collaboration artistique de M. Frcd. Bois-sonnas, diverses œuvres qui sont devenues classiques, telles que : La Campagne genevoise, Genève à travers Les siècles, Autour du Léman, Ouvrons les yeux, etc. Celle dont nous parlons aujourd’hui, et qui constitue une sorte d’enclycopédie de Genève, sera consultée a<ec prolit par les lecteurs de l’étranger aussi bien que de Suisse.
- Fig. 2.
- Le monument de J.-J.. Rousseau.
- Fig. 3. — Le monument du, duc de Brunswick, vu de nuit.
- \ o __
- 49' Année. — 2' Semestre •
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- Fig. 4. — Les tours de Saint-Pierre.
- l’épargne », disait en 1875, l’ingénieur E.-F. Wart-mann, ci souplesse dans le choix des moyens et ardeur soutenue dans l’exécution; recherche des industries lucratives qui s’accommodent à l’exiguïté du territoire, à son climat et à scs conditions topo-graphiquês; désir intense d’instruction; préférence donnée aux occupations qui réclament de l’adresse, du coup d’œil, de la culture intellectuelle : tel a été, avec un vif sentiment de probité, l’ensemble des motifs qui ont donné à Genève sa physionomie morale, industrielle et politique.
- Faire ici un tableau, même largement brossé, des événements politiques survenus à Genève au cours des âges, nous ne pouvons y songer, aussi nous bornerons-nous à jeter un rapide coup d’œil sur son histoire économique.
- *
- * *
- Genève qui compte actuellement près de 150 000 habitants, n’en avait en 1556 que 5800, et 6490 en 1404. L’industrie de la soie, à celte époque, y était très prospère, ainsi que celle des draps nommés racella (de Raz ou Raze, petite étoffe de drap), dont l’exportation se faisait sur une vaste échelle.
- Depuis des temps très reculés déjà, des alliances unissaient Genève à Milan, Florence, Venise, Cologne et. bien d’autres cités encore, et la chose s’explique aisément par le fait des quatre foires qui, chaque année, faisaient affluer dans ses murs les trafiquants des pays les plus éloignés. Ce qui frappait le voyageur arrivant à Genève à celte époque, c’était, dit M. Fatio, « l’animation des rues basses
- cl ses échoppes. Au faîte des maisons, de grands avant-toits étaient supportés par de hautes colonnes en bois fixées sur le sol. Ces dômes, se continuant, de maison en maison, formaient de chaque côté de la rue un passage couvert sous lequel s’abritaient de petites baraques légères, utilisées comme échoppes par les artisans et les commercants; on les appelail hauts-bancs. Ces dômes et ces hauts-bancs, qui couraient tout le long des rues Basses aux noms multiples — rue des Allemands — dessus et dessous j1), rue des Marchands-drapiers, rue des Orfèvres, rue de la Poissonnerie, rue de la Groix-d’Or et ainsi de suite, subsistèrent jusqu’au xixe siècle (2). »
- Beaucoup plus utilisés que de nos jours, les moindres cours d’eau servaient à mettre en mouvement des scieries, des moulins, des foulons ou des battoirs ; en outre, le fameux pont bâti, établi sur les deux rives du Rhône et au-dessus du fleuve lui-mème, était habité par plus de 200 familles d’industriels de tous genres, couteliers, tailleurs et épingliers. Le 17 janvier 1670, à minuit, ce pont flamblait comme une torche, occasionnant la mort de 122 personnes.
- Tout près de là, dans le quartier de Saint-Gcr-vais où habita le père de Rousseau, s’était établie
- 1. Bien plutôt que la nation allemande, ce nom rappelait les relations commerciales qui unissaient Genève aux Suisses alémamiqucs; les Fribourgeois, les Bernois, les Zurichois, étaient en effet communément appelés les Allemands. En 1918, sur la demande de nombreux habitants de la cité, l’équivoque fut dissipée, et cette rue lut gratifiée du nom charmant de... rue de la Confédération. Le comble de la concision, comme 011 le voit !
- 2. Op. Cil., p. 52.
- Fig. 5.
- Le monument international de la Réforme.
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- l’industrie de la montre, apportée en 1587 par un réfugié français, Charles Cusin, originaire d’Autun en Bourgogne.
- Avec elle avaient pris racine la bijouterie, l'orfèvrerie et les autres industries connexes. Nous trouvons à ce sujet, dans l’ouvrage de M. Fatio, auquel il ne faut cesser de recourir, les renseignements suivants : « Tous ceux qui s’occupaient de ces métiers de luxe, ainsi que les graveurs, les peintres sur émail, constituèrent la fabrique, corporation genevoise qui acquit une célébrité européenne grâce à sa probité et à son travail impeccable.
- de leurs produits. Hommes intelligents et inventifs, habitués au travail de précision, ils apportaient le même souci d’exactitude dans les discussions très animées qu’ils avaient dans leurs ateliers ou ailleurs.
- Esprits ouvert', lisant autant que les heures de délassement leur en laissaient le loisir, ils parlaient de tout et principalement de la politique de leur petite république^1) n.
- Les conditions de travail ont bien changé maintenant pour l’industrie horlogère : la main a été remplacée par l’outil, et la force musculaire pari la
- Fig. 6. — La rade du port de Genève.
- N’en faisail pas partie qui voulait : protégée par des ordonnances très strictes, sans être tracassières, la fabrique n’était accessible qu’aux citoyens et bourgeois, sauf exception spéciale; chaque atelier ou cabinet ne pouvait comporter, outre le patron, plus de deux compagnons et un apprenti; des précautions étaient prises pour empêcher la divulgation des secrets de fabrication. L’apprentissage était de cinq ans et se terminait, pour devenir maître horloger, par la fabrication entièrement, personnelle d’un « chef-d’œuvre » soumis à l’examen des patrons; la fabriqueme produisait que des montres d’or à 24 carats ou d’argent. On conçoit qu’avec une organisation si remarquable, les cabinoliers fussent tiers de leur profession et missent leur point d’honneur à maintenir et à accroître le renom
- machine, mais les montres et les bijoux de Genève n’en ont pas moins gardé leur brillante réputation mondiale.
- Jusqu’au début du xixe siècle, deux autres industries importantes faisaient vivre la population genevoise : c’étaient tout d’abord les tanneries, puis la fabrication des indiennes, aux dessins desquelles travaillaient des artistes de mérite, et qui occupaient 5000 ouvriers. D’après une statistique de 1812, le rendement de chacune de ces deux branches équivalait à la moitié de ce que rapportait la bijouterie.
- En 1815, comme on le sait, les Genevois proclamèrent à nouveau leur indépendance, et leur canton forma désormais partie intégrante de la Cimfédéra-
- 1. Op. cit., p. 47.
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- tion suisse. À celle époque s’ouvre une nouvelle ère de progrès économiques et industriels, qu’accélère encore la.création, en 1820, des trois classes de la Société des Arts (Industrie, 13eaux-Àrts et Agriculture). La machine à vapeur fait son apparition vers 1840, et l’industrie, par là, voit s’étendre beaucoup le champ de son activité. Le 16 mars 1858 a lieu l’inauguration de la voie ferrée Lyon-Genève; la ville ainsi reliée à la France accuse dès lors un accroissement de population très rapide (elle n’avait à cette époque que 50 000 habitants environ).
- Mais la grande industrie cependant, rebutée par la nullité du sous-sol minier et l’insuffisance de la population ouvrière, était encore bien loin de progresser normalement à Genève. Il fallut que sut- | viennent les conditions économiques créées par la guerre mondiale pour qu’elle put prendre un essor brillant, que l’étatdu marché des changes ne tarda pas ensuite à entraver, créant ainsi pour elle une situation pour le moins aussi précaire que celle que connaissent les établissements industriels des pays à change déprécié.
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- Si, du domaine de l’industrie, nous passons à celui des arts graphiques, là encore, que de choses dignes de retenir l’attention de l’érudit! L’étude d’ensemble de ce sujet est encore à faire, et dernièrement, M. Mathias Morhardt souhaitait qu’un jeune chercheur genevois l’entreprît prochainement. Tâche considérable, sans doute, mais quel beau livre cela formerait !
- L’imprimerie fut introduite à Genève en 1478, soit par l’Allemagne — si l’on en juge par le nom d’Adam Steynschaber de Scliweinfurt, le premier imprimeur établi en cette ville — soit par la France, si l’on considère la quantité de livres français publiés à Genève dans la période de début. Le premier qui nous soit connu est le Livre des Saints Anges, « compilé par frère Francoys Exilai nés, de l’ordre des Frères mineurs, a la requeste de mes-sire Pierre Dartès, chambellan et'maistre d’hôtel du roi d’Aragon... », et achevé d’imprimer en mars 1478.
- L’an 1487, « rnestre Loys Guerlin Cruse », un Genevois établi rue de la Cité, Taisait sortir de ses
- presses le premier vocabulaire latin-lrançais connu des bibliophiles. En 1563 déjà, on comptait dans la ville vingt imprimeries et une papeterie.
- La période qui va de 1535 au début du xvnu siècle est la plus remarquable en même temps que la plus féconde dans les annales de la typographie genevoise. C’est en 1552 que Robert Estienne, désireux de se soustraire aux persécutions que lui suscitait la Sorbonne, vint se réfugier à Genève, où il ne tarda pas à obtenir le droit de bourgeoisie (1556). Il avait emporté dans son exil les précieux caractères grecs de Garamond, gravés sur l’ordre de François Ier. Ceux-ci appartenaient en propre à Robert Estienne, et c’est donc bien à tort qu’ou l’a accusé d’avoir dérobé ces matrices des plus la aux
- caractères grecs que l’on connaisse.
- A près avoir publié dans le cours de sa carrière onze éditions au moins de la Rible, et 382 ouvrages d’une correction typographique irréprochable, le grand imprimeur français mourut à Genève à l’âge de 56 ans, le 7 sepU mbre 1559, laissant trois fils, Henri, Robert et François, qui devaient continuer à marcher sur les traces glorieuses de leur père.
- Lassant sans nous y arrêter sur la période qui s’écoule jusqu’à la seconde moitié du xvnie siècle, nous arrivons à la date mémorable de 1777. C’est alors que commence à paraître l’édition genevoise de la célèbre Encyclopédie de Diderot et d’Alem-bert. Œuvre vraiment colossale, et qui ne semble pourtant pas avoir occupé pendant plus de deux ans son éditeur, l’imprimeur Pellet. On pourra juger du débit qu’eut cet ouvrage quand nous aurons dit qu’en 1778 déjà on en était à la 3e édition, annoncée en ces termes dans le prospectus : « Je connaissais, dit l’éditeur, l’utilité de l’Encjclopédie, mais je ne me serais jamais attendu que deux grandes éditions ne suffiraient pas. J’annonce donc une troisième édition. Je dois des remerciements aux personnes qui ont encouragé mon travail. J’ose espérer qu’elles seront encore plus satisfaites, lorsqu’elles auront donné au papier le temps nécessaire pour reprendre la force et le poli que l’eau lui a fait perdre. J’achèterai pour la nouvelle édition des caractères neufs et je monterai une nouvelle pressé.. •.
- Fig. 7. — Hile Rousseau.
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- LA RÉHABILITATION DE LA ROUE A AUBES :......... 18i
- Je ne fais aucune suppression à l’édition de Paris et je proteste que le libraire de Genève n’a aucune société avec M. Panckouke, le libraire de Paris. Nous observerons que la première édition de Y Encyclopédie de Paris, la seule que le public ait accueillie avec empressement, coûte plus de 1400 livres, et que la nôtre coûtera seulement 544 livres. »
- Au début du xixe siècle, dès la proclamation de l’Empire, les circonstances se modifient considérablement pour l’imprimerie genevoise. Soumise à un régime très sévère, la production littéraire ne témoigne que d’une vie chétive, en dépit des efforts de Mme de Staël et des personnes lettrées qui constituent sa société à Goppet, et l’imprimerie, de ce fait, connaît une période de stagnation.
- Mais, en 1815, voici la restauration de la République à Genève, et la presse, dès lors, recouvre sa liberté, encore accrue ensuite par la Révolution de juillet. Et c’est ensuite un essor ininterrompu qui se continue de nos jours encore, ainsi qu’en témoignent les nombreuses imprimeries de premier ordre dont Genève se fait gloire, actuellement. Une mention toute spéciale est due, au cours de celte période, à l’imprimeur Guillaume Fick, qui, reprenant les louables traditions des Eslienne — dont il possédait la plupart des bois gravés — mit au jour de fort belles rééditions d’ouvrages anciens tels que les Chroniques de Bonivard et plusieurs œuvres de Jeanne de Jussie, Froment, Calvin, etc.
- Comme bien l’on pense, l’installation à Genève du Secrétariat de la Société des Nations a eu pour conséquence un accroissement sensible de la production typographique. Au cours des assemblées annuelles qui amènent dans cette ville des diplomates venus de toutes les parties du monde, ceux des habitants de Genève qui habitent à proximité des imprimeries n’ont aucune peine à voir —la nuit surtout! — que celles-ci sont loin, en cette période tout au moins, d’être atteintes par le chômage. Un grand établissement de Lausanne — l’imprimerie de Suisse la mieux outillée pour la composition des langues orientales, hébreu et chinois y compris (*] — bénéficie également de cet afflux de commandes.
- Au reste, les imprimeurs de Suisse ne sont pas seuls à... goûter la manne, et divers établissements typographiques de Paris, Londres, Bruxelles, Lyon, La Haye, Annemasse et Bellegarde contribuent pour une large part à l’impression des nombreux ouvrages publiés par le Secrétariat de la Société des Nations et qui — honni soit qui mal y pense ! — se révèlent d’une utilité beaucoup plus immédiate que maintes productions de la littérature contemporaine.
- Marcel Trayey.
- 1. Une imprimerie privée chinoise « Atsumc Gusa », a existé à Genève dans la-rue de l’IIôtcl-de-Ville, mais elle cessa son activité à la François Turrellini.
- mort de son fondateur, 1 orientalistes
- LA RÉHABILITATION DE LA ROUE A AUBES
- Nous avons déjà signalé les résultais remarquables obtenus par l’hydrocycle de M. Yillemont qui emploie une roue à aubes et qui, par ce mode de propulsion, a obtenu des moyennes que, malgré toute prévision théorique, n’ont pas atteintes les modes de propulsion plus modernes, tels que la propulsion par hélice immergée et même par hélice aérienne.
- Tout récemment encore, avec de nouveaux flotteurs, M. Yillemont a pu réaliser avec une bicy-
- Fig. 2. — La nouvelle roue à aubes.
- dette aquatique la vitesse régulière en eau calme de 15 km a l’heure et cela sans aucune fatigue.
- Il attribue sa réussite en partie à l’adoption de la roue à aubes, chère à nos grands-pères, dit-il. L’élude expérimentale de ses raids a amené le
- Fig, i. — Principe du dislositif G. V.
- même inventeur à imaginer un dispositif simple destiné, à améliorer le rendement des roues dans de grandes proportions.
- Le dispositif G. V. consiste simplement en une boîte de tôle étanche qui effecte la forme d’un prisme droit triangulaire. Ce prisme se place sur chaque aube à l’arrière et par sa présence il empêche pendant la marche la succion ou remous, qui occasionne de 15 à 22 pour 100 de résistance suivant la vitesse de la roue. Le dièdre inférieur de ce prisme peut avoir des valeurs différentes, il est fonction de la
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- vitesse normale du bateau que doit faire avancer la roue à aubes.
- Il en résulte qu’avec la même pression, la force perdue résistante est transformée et récupérée en force utile ; la machine se trouve donc soulagée et tourne plus vite en faisant avancer très rapidement le bateau.
- Mais le propulseur tournant très vite, cela peut présenter des inconvénients car les aubes entraînent une plus grande quantité d’eau dans le carter de la roue.
- Pour remédier à cet inconvénient, on place une seconde boîte prismatique devant l’aube ou, plus simplement encore, on se contente d’obliquer l’aube afin de provoquer le jet de l’eau à l’arrière, presque au ras de l’eau, ce qui permet de récupérer encore une certaine quantité de force (fig. 1).
- Des roues ainsi établies et actionnées par des machines puissantes permettent d’atteindre de très grandes vitesses, supérieures, affirme M. Ville-mont, à celles réalisées avec les meilleures hélices.
- Dans ces conditions on peut être amené à augmenter la distance des aubes et à en disposer un nombre plus restreint sur la circonférence afin qu’elles ne puissent faire le vide les unes derrière les autres (fig. 2).
- Cette modification des roues actuelles n’exige que de la tôle et un bon tôlier. La première application pratique de ce système vient d’en être faite à Nantes et Saint-Nazaire parla Société « La Loire Fluviale » qui l’a placé sur le remorqueur « L’Arsène » bien connu dans la région de l’Ouest.
- La disposition ingénieuse et nouvelle décrite ci-dessus, semble réhabiliter la vieille roue démodée, détrônée actuellement parles roues articulées et surtout par les hélices. Ces derniers propulseurs conviennent évidemment pour la vitesse mais sont inférieurs à la roue quand il s’agit de la traction, à condition, bien entendu, que le rendement des roues à aubes soit grandement amélioré, ce que permet d’obtenir le dispositif additionnel simple dont nous venons de parler. ' Pierre Maréchal.
- CHRONIQUE
- L’industrie du noir de fumée aux États-Unis.
- — Ce n’est que depuis 1918 que l’on possède des renseignements précis sur l’industrie du noir de fumée aux Etats-Unis.
- D’après le Bureau of Mines, 56 usines ont produit 20 000 tonnes de noir de fumée en 1918 et 24000 t. en 1919.
- Le noir de fumée est pratiquement préparé en Amérique uniquement à partir des gaz naturels, dont 17 000 millions de mètres cubes ont été brûlés à cet effet, ce qui donne une production moyenne de 75 m3 de gaz par kilogramme de noir de fumée.
- Les usines sont situées en West Virginia (57 pour 100), Louisiane (27 pour 100), Wyoming (8 pour 100), Oklahoma (5 pour 100), et installées dans les régions où le gaz n’est pas utilisé pour la consommation domestique.
- Le plus ancien usage du noir de fumée est la préparation des encres d’imprimerie. Les encres au noir de fumée possèdent un grand pouvoir couvrant, sèchent très rapidement tout en étant assez fluides.
- La consommation est d’environ 1 kg de noir de fumée pour 8 kg d’encre, et cette quantité est suffisante pour imprimer 180 copies d’un volume de 300 pages in-octavo.
- Mais cet emploi n’est pas le plus important. Pendant la guerre, les importations allemandes de blanc de zinc que l’on utilisait comme charge dans la fabrication des pneumatiques d’automobiles, se sont trouvées pratiquement supprimées.
- On reconnut rapidement que le noir de fumée peut le remplacer avec avantage. Le caoutchouc acquiert une plus grande résistance, une meilleure adhérence et son usure est moindre.
- La résistance à la traction est augmentée de 25 pour 100 environ et l’élasticité de 10 pour 100 environ.
- On peut se rendre compte de l’importance de cet usage si on se rappelle qu’il y a plus de 9 200 000 automobiles de toutes marques aux Etats-Unis.
- Le noir de fumée est aussi utilisé dans les pâtes à fourneaux (10 pour 100), la fabrication des disques de phonographe (1 pour 100). 1 pour 100 est employé pour des usages variés : courroies noires, papier carbone, boulons, celluloïd, isolateurs, ciments colorés, crayons, encre de Chine, cirage, rubans de machine, à écrire, etc.
- L’exportation du noir de fumée est d’environ 15 à 20 pour 100, mais tend à diminuer par suite de l’augmentation de la consommation dans l’industrie des pneumatiques.
- Le Bureau of Mines donne la répartition suivante
- pour la production de 1919 :
- Industrie automobile. . 45 p. 100 11.000 tonnes.
- Encres d’imprimerie . 25 — 6.100 —
- Exportation .... . 17 — 4.200 —
- Pâtes à fourneaux. . . 10 — 2.400 —
- Divers . 3 — 720 —
- Total. . . 24.000
- II. V.
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- LE FER DANS LES PLANTES
- Les techci clies sur la teneur des végétaux en composés métalliques se multiplient. Dans son n" 2412 du 20 juin 1920, La Nature relatait les belles recherches de MM. Maquenne et Demoussy sur la distribution du cuivre dans les diverses parties des plantes. Les Comptes rendus de l'Académie d s Sciences nous apportent une nouvelle étude de MM. E. Maquenne et R. Ccrighelli sur le fer.
- De même que le cuivre circule dans les végétaux et se porte de préférence dans les points de plus grande vitalité : bourgeons, rameaux, feuilles, graines, comme s’il jouait un rôle actif dans les échanges nutritifs, le fer fait de même.
- On en trouve de nombreux exemples dans les tableaux d’analyses de MM. Maquenne et Cerighelli, qui indiquent la quantité de fer métallique en milligrammes par kilo-
- gramme de matière végétale sèche.
- Allante. Jeune bois écorce............................ 25
- Jeune écorce................................ 87
- Bourgeons donnants.......................... 75
- Bourgeons éclos......................... 92
- Lilas. Jeune bois écorcé.......................... 15
- Jeune écorce................................. 159
- Bourgeons éclos............................... 99
- Feuilles......................................225
- Fleurs.................................... . 194
- Marronnier. Jeune bois écorcé....................... 29
- Jeune écorce.......................Il G
- Bourgeons dormants.................159
- Bourgeons éclos.................... 45
- Feuilles (limbes)......................159
- Feuilles (pétioles) . ................. 50
- Fleurs.................................102
- Noyer. Jeune bois écorcé.............................. 17
- Jeune écorce.............................'. 46
- Bourgeons dormants.......................110
- Bourgeons éclos . ....................... 92
- Bourgeons épanouis. .....................261
- Troène. Jeune tige.................................. 50
- Vieilles feuilles. ......................... 72
- Jeunes feuilles.............................252
- Vigne vierge. Jeune tige ............................. 26
- Bourgeons éclos. . ..................116
- Aucuba. Jeune bois.................................... 50
- Jeune écorce. .............................. 58
- Bourgeons épanouis..........................162
- Graines mûres (albumen)..................... 10
- Péricarpe du fruit..........................116
- Vieilles feuilles .......................... 81
- Jeunes feuilles............................. 81
- Buisson ardent. Vieilles feuilles.....................562
- Jeunes feuilles.............. . 174
- Fusain du Japon. Vieilles feuilles ....... 52
- Jeunes feuilles. ....... 290
- Laurier-cerise. Vieilles feuilles............... . 29
- Jeunes feuilles......................159
- Lierre. Vieilles feuilles............................ 116
- Jeunes feuilles...................... ... 217
- Pommes de terre. Tubercules........................... 87
- Germes........................... 58
- Carottes. Racines..................................... 44
- Feuilles........................... ... 250
- Épinards. Feuilles.................................. 562
- Laitue. Feuilles..............................
- Romaine. Feuilles.............................
- Pois gris. Graine sèche (téguments)...........
- Graine sèche (cotylédons)..........
- Pois nain. Gousses vertes.....................
- Graines vertes...................
- Gousses desséchées...............
- Graines mûres....................
- Haricots. Gousses desséchées. .......
- . Graines mûres......................
- Haricots d’Espagne (graines). Téguments. . .
- Cotylédons. . . Embryons . . . Pois de Clam art (gra'nes). Téguments. . . .
- Cotylédons. . . . Embryons . . . .
- Fèves (graines). Téguments....................
- Cotylédons....................
- Embryons. . ..................
- Soleil (graines). Téguments...................
- Cotylédons..................
- Embryons....................
- Lupin blanc (graines). Téguments..............
- Cotylédons............
- Embryons.................
- Potiron (graines). Téguments..................
- Cotylédons . . . .... Embryons. .......
- Arachides (graines). Gousses.................. .
- Cotylédons.................
- Embryons ......
- Ricin (graines). Téguments................
- Albumen........................
- Embryons....................
- Abricots. Amande.............................. ,
- Coque du noyau.................. . .
- Cerises. Amande...........................
- Coque du noyau.....................
- Prunes. Amande............................
- Coque du noyau........................
- Pulpe du fruit.....................
- 116
- 87 65 58 75
- 88 58
- 25 58
- 26 60
- 25 120 28 28
- 140
- 26 44 60 20 28 72 20
- 14 98
- 55 75
- 174
- 44
- 5
- 15 10
- 56 140
- 25
- 6
- 55
- 26 44 17 17
- De toutes ces analyses se ^dégagent une série de faits que MM. Maquenne et Ceiighelli ont bien mis en évidence :
- 1° Le fer entre pour une faible proportion dans la composition des tissus végétaux;
- 2° La distribution du fer dans les divers organes est en tout semblable à celle du cuivre) les jeunes organès, bourgeons ou feuilles en renferment plus que les vieux ;
- 5° On n’en trouve que très peu dans le suc cellulaire et il y est presque complètement précipité à l’ébullition;
- 4° Dans la graine, c’est l’embryon qui en contient généralement le plus; chez les légumineuses, la gousse est plus riche que les cotylédons; dans les fruits à noyaux, l’amande en contient plus que la coque;
- 5° Le fer se déplace dans la plante vers les organes de vie active et de reproduction.
- Ces faits présentent un grand intérêt tant au point de vue théorique, puisqu’ils indiquent que le fer doit jouer un rôle important dans les échanges vitaux, qu’au point de vue pratique puisqu’ils montrent la nécessité de sa présence dans le sol. D. C.
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- L’HISTOIRE NATURELLE EN PANORAMAS
- Jusque vers la fin du siècle dernier, les muséums considéraient avec dédain les groupes où les taxidermistes s’étaient efforcés de donner aux animaux une attitude de vie et de mouvement. De tels pro-
- __im..
- mg^Ufsiii
- tailles, autant que le permet une classification naturelle.... »
- J’emprunte cette citation à une brochure (The S tory of Muséum Groups) publiée récemment par mon maître et ami, M. Frédéric A. Lucas, directeur de -VAmerican Muséum of Nalural History, l’établissement qui, dans le monde entier, possède désormais le plus grand choix de ces groupes panoramiques. Ce que sa brochure se garde bien de dire, c’est que M. Lucas fut un des premiers savants à encourager adoption de ce nouveau procédé d’éducation populaire. Il fut inau-
- cédés apparaissaient indignes de la Science. Elle préférait, l’austère grande dame, l’uniformité des vitrines où les « empaillés » étaient rangés en rangs d’oignons sur leurs planchettes étiquetées.
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- Fig. 3. — En haut : pélicans bruns. Au milieu : grues des dunes de la rivière Kissimmee. En bas : épervier de la rivière Hudson.
- « Cette façon de monter des aigles éployant leurs ailes, écrivaiten 1874 un savant de haute réputation, ne saurait trouver place dans une collection purement scientifique, ou destinée à 'l’instruction du public.... Ces tentatives artistiques devraient être abandonnées en faveur d’une simplicité sévère. A tous les points de vue, il est préférable d’exposer les oiseaux par rangées uniformes, et selon leurs
- guré en 1858 par un amateur de Brighton (Angleterre), M. E. T. Booth, qui commença une collection des oiseaux des lies Britanniques en les montant en des attitudes variées, et en les entourant d’accessoires qui reconstituaient, plus eu moins exactement, les lieux où ils avaient été capturés.
- La tentative fut effectuée sur une échelle modeste. Les groupes étaient arrangés dans des caisses de grandeur uniforme, et n’étaient visibles que de face. La collection fut léguée à la ville de Brighton en 1890, où elle est connue depuis lors sous le nom de Booth Muséum.
- Entre temps, un de nos compatriotes, M. Jules Verreaux, connu autant pour ses travaux ornithologiques que pour ses explorations dans l’intérieur de l’Afrique, avait fait réaliser à cette nouvelle branche de la taxidermie des progrès décisifs.
- Son groupe d’un « Courrier Arabe attaqué par des Lions » fut un des clous de l’Exposition Universelle
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- L’HISTOIRE NATURELLE EN PANORAMAS
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- de 1867, où il remporta la médaille d’or. Certains grincheux lui firent le reproche d’être « théâtral et sanguinaire », mais tout le monde convint que c’était un chef-d’œuvre de taxidermie, vibrant de vie et d’action, et de nature à capter l’attention du visiteur.
- « Et c’est là un résultat de la plus haute importance, constate avec raison M. Frédéric A. Lucas. Si vous ne pouvez pas intéresser les visiteurs d’un muséum, vous ne pouvez pas les instruire. Si vous ne leur inspirez pas le désir de savoir ce qu’est tel animal, ou à quoi sert tel objet, comment voulez-vous qu’ils prennent la peine de lire l’étiquette, avec quelque soin qu’elle ait été rédigée?... »
- Le groupe de Jules Verreaux fit école. Quelques années plus tard,
- protecteurs qui lui ouvrissent l’accès des collections publiques.
- Au British Muséum, elle eut l’appui du I> R. Bow-dler Sharpe, le célèbre ornithologue, qui triompha de l’hostilité de ses savants collègues. Des groupes d’oiseaux furent bientôt admis dans les collections
- du vénérable établissement, et leur nombre ne tarda pas à s’ multiplier.
- Aux Etats-Unis, l’Amcrica.n-
- le CrystalPalace de Londres exhiba, avec un immense succès, un « combat entre un lion et un tigre ». Yer reaux, qui avait vendu son œuvre à Y American Muséum of Natural History (elle est actuellement la propriété du Carnegie Muséum de Pitt-sburg), suggéra à un savant américain, le Professeur Henry A. Ward, l'idée de créer aux États-Unis une institution de taxidermie. Elle prit bientôt naissance à Rocliester (Etat de New York), sous le nom de Ward’s Natural Science Establishment. Plusieurs de ses élèves ont acquis une réputation universelle.
- Nous citerons M. William T. Ilorna-day, directeur du Parc Zoologique de New York, auteur d’ouvrages fort remarquables sur l’histoire naturelle, et M. Cari Akeley, qui sait être à la fois un explorateur intrépide et sagace, et un sculpteur animalier de grand talent.
- La nouvelle taxidermie dut s’assurer de puissants
- big. 4. — En haut : aigrettes de Caroline. Au milieu : pélicans dans un paysage du lac Klamath (Californie). En bas : Cormoran de Brandi (Phalacrocorax renicillatus, Brandi) sur les rochers de Californie.
- Muséum commença sa série de groupes, devenue justement fameuse, en 1880, avec le groupe d’orangs-outans monté par M. Hornaday, à son retour d’une expédition de deux années consacrées à la collection de spécimens dans l’intérieur de Bornéo.
- Enfin, en 1887, le National Muséum de Washing-
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- 186 ." L’HISTOIRE NATURELLE EN PANORAMAS
- ton se décida a exposer un premier groupe de mammifères. La cause était désormais entendue. Tous les établissements scientifiques d’Amérique suivirent l’exemple, et -les « empaillés » — ces peaux que l’on recousait grossièrement après les avoir bourrées de foin! — disparurent des collections pour céder la place aux productions à la fois artistiques et réalistes de la nouvelle école.
- Les établissements américains ont cet énorme avantage sur les nôtres : ils disposent de ressources financières quasi-illimitées. Et il leur faut de généreux budgets pour mettre sur pied ces admirables reconstitutions d’habitats, comme celles qui sont la gloire de Y American Muséum of Natural History!
- Prenons le cas de la « Colonie de Flamants », qui passe à juste titre pour un chef-d’œuvre du genre. Le public qui défile devant ce panorama ne saurait imaginer les dépenses, les fatigues et la science qu’il a coûtées.
- Le Dr Frank M. Chapman, qui en est l’auteur, en a conté l’historique dans son livre Camps and Cmises of an Ornithologist.
- Pendant plusieurs années, il tenta vainement d’étudier sur le vif les mœurs de ces grands échassiers, Enfin, dans les lies Bahamas (Antilles), il réussit, à l’aide de ruses qu’il serait intéressant d’exposer, non seulement à s’approcher d’une colonie de flamants, mais à vivre au milieu de ces craintifs oiseaux, en se cachant dans une petite tente « couleur herbe », où il se faufilait dès la tombée de la nuit.
- Il put prendre ainsi une admirable série d’instantanés, collection documentaire qu’il compléta de plusieurs nids et de plusieurs dépouilles d’oiseaux d’âges variés, et de quelques spécimens de plantes cueillies aux abords de la colonie. En outre, un de ses collaborateurs exécuta sur place une série d’aquarelles qui serviraient à la reconstitution du paysage.
- En possession de ces éléments, les artistes taxidermistes de l’American Muséum, se mirent à l’œuvre, sous la direction du Dr Chapman. Une^toile de fond recréa la lagune marécageuse des Bahamas, avec sa lointaine bordure de palmiers, ses innombrables tertres de terre battue où reposaient soit des
- œufs, soit des oisillons plus ou moins avancés en âge, et ses milliers de flamants peints dans des attitudes variées.
- Puis, des nids réels, et de réels oiseaux, montés en imitation des instantanés pris par M. Chapman, furent disposés dans les premiers plans. Pour ajouter à l’illusion, des plantes rapportées par le. savant, et habilement naturalisées, furent plantées çà et là entre les nids.
- Avec un éclairage approprié, l’ensemble forme un étonnant panorama où les plans divers se marient harmonieusement. Reproduit par la photographie, le groupe donne à ce point l’illusion du réel que plusieurs journaux illustrés d’Angleterre s’y sont trompés, et l’ont publié comme un document « pris
- sur le vif ». il est vrai que les intermédiaires peu scrupuleux qui leur présentaient la photographie avaient eu soin d’en « ca-moufler » les deux coins, qui laissent apercevoir les cloisons d’une salle de l’American Muséum !
- Il n’est pas surprenant que la vogue de ces groupes soit devenue considérable aux États-Unis. Nous avons noté déjà que leurs muséums sont richement dotés par la générosité du public.
- Une noble émulation suscite des Mécènes dans toutes les villes de quelque importance, et leurs legs et donations fournissent aux musées les moyens de rivaliser dans l’abondance et la splendeur de leurs collections. En outre, les directeurs de ers établissements, rfétant pas fonctionnaires, estiment qu’ils sont en place pour servir les intérêts du public. Us cherchent donc, de plus en plus, à écarter les stches présentations des cabinets purement scientifiques, et à donner à leurs collections l’aspect le plus attrayant, formule éminemment recommandable quand le but poursuivi est l’éducation du peuple.
- Ainsi, certains muséums provinciaux de l’Amérique du Nord n’admettent plus que des groupes, qui prennent parfois des proportions gigantesques. Le Muséum Me l’Université de Kansas a inauguré récemment un vaste « cyclorama » où se trouvent rassemblés, en des poses vivantes, tous les mammifères de l’Amérique du Nord. Ils sont disposés de telle façon qu’on aperçoit la gradation du transfor-
- Fig. i. — Aigle royal du Wyoming.
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- LA FERTILISATION CARBONIQUE DU SOL :: -----—. 187
- misme entre les animaux de la plaine et ceux des montagnes, et entre les espèces de la zone tempérée et celles des régions arctiques.
- Nous citerons encore le Muséum de l’Université d’État de l’Iowa, avec son groupe de la faune ailée de File Laysan (Pacifique), que l’on a surnommée « le Paradis des Oiseaux ». C’est un tableau inspiré par la colonie de flamants de M. Chapman. Ses dimensions sont de 46 m. de longueur sur 4 m. de hauteur. Il reconstitue une colonie d’albatros et autres espèces d’oiseaux de mer.
- Dans cet ordre d’idées, il nous faut signaler la très intéressante innovation de Y American Muséum de New York, avec ses paysages « aquatiques» ou « sous-marins ». Les artistes de cet établissement ont réalisé de pures merveilles. J’ai sous les yeux une reproduciion ph otographique de son wharf-pile group reconstituant la faune et la flore qui vnent autour des pilotis des quais dans les eaux lièdes de la Floride. A partir du niveau des plus basses marées, le s troncs sont enveloppés d’éponges, d’anémones de mer, d’hydroïdes, de mollusques d’espèces variées. D’élégantes méduses et de gracieux poissons passent et repassent à des plans verticaux différents. L’illusion du vrai doit être parfaite, à en juger par la photographie.
- Ce fut, croyons-nous, M. Frédéric A.-Lucas, qui produisit, dès 1895, le premier de ces groupes marins avec son groupe de poulpes, qui figura avec honneur à l’Exposition de Chicago, et que l’on peut voir actuellement au Muséum National de Washington.
- Il renonça catégoriquement aux dépouilles naturalisées, et les remplaça par des moulages en un composé de gélatine, que l’on pliait et tordait en des attitudes diverses. 11 adopta un arrière-plan panoramique concave et l’éclairage artificiel de haut en bas, innovations qui complétaient l’illusion. Les procédés du Directeur de l’A-merican Muséum ont été depuis portés à la perfection par Miss Mary C. Dicker-son, qui dirige avec tant de talent le très intéressant magazine qu’est Nalural IJistory,
- On a pu dire de ces groupes qu’ils sont des manifestations puériles, mieux faites pour un « Musce Grévin » que pour un muséum. Mais nous vivons en des temps démocratiques où le grand livre de la Science doit pouvoir être feuilleté par tous. Pour que le public s’intéresse aux choses de l’histoire naturelle, il faut les présenter dans un cadre attrayant, qui copie la vie aussi exactement que possible.
- V. Forbin.
- Fig. 2. — Orizaba du Mexique.
- «ai*
- LA FERTILISATION CARBONIQUE DU SOL
- On sait que les plantes vertes ont le pouvoir, quand elles sont exposées à la lumière, de décomposer l’acide carbonique en ses deux éléments : oxygène et carbone, de rejeter l’oxygène dans l’air et de fixer le carbone dans des combinaisons organiques. C’est la la fonction bien connue d’assimilation chlorophyllienne qui joue un rôle dans l’épuration de l’atmosphère aussi bien que dans
- l’utilisation de l’énergie solaire, puisque c’est à la lumière que la chlorophylle emprunte l’énergie de dissociation de l’acide carbonique.
- On peut se demander si dans l’atmosphère telle qu’elle est composée, les plantes travaillent à l’optimum et notamment si un enrichissement en acide carbonique de l’ambiance n’augmenterait pas la production des composés
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- 188 1 : :.v.:.. LA FERTILISATION CARBONIQUE DU SOL
- carbonés, et par conséquent l’utilisation de l’énergie solaire. Demoussy, le premier, l’a soutenu.
- La Nature a signalé clans son n° 2400-2401 du 2i avril 1920-, les premières expériences de M. Riedel sur la fertilisation du sol et l’augmentation des récoltes par l’injection dans la terre de l’acide carbonique provenant des hauts fourneaux et des fours à coke.
- Si la question n’a pas fait de progrès en France, en Allemagne elle a suscité toute une série d’études dont vient de rendre compte le Bulletin de Renseignements de l'Institut International d’Agriculture.
- Personne n’y met en discussion le fait que la teneur actuelle de l’atmosphère en acide carbonique : 5 dixHmil-lièmes, est au-dessous de l’optimum pour les plantes vertes, mais l’on n’y est encore d’accord ni sur les moyens de réalisation pratique de la « fumure carbonique » ni sur ses inconvénienls possibles, ni sur ses avantages comparés à ceux du fumier de ferme.
- J. Bornemann affirme que l’importance des récoltes dépend énormément de la production d’anhydride carbonique du sol et que les cultures maraîchères doivent leurs rendements élevés bien plus à l’assimilation de l’acide carbonique produit par le terrain richement fumé qu’à celle du môme gaz contenu dans l’atmosphère. Ce sont les bactéries du sol qui produisent ce gaz, lequel est ensuite transporté aux feuilles. On pourrait, en réglant l’éclairage, l’arrosage et la fourniture d’acide carbonique, modifier fortement la végétation : Une alimentation riche en CO2 exciterait la formation de réserves ou d’organes consommant beaucoup de carbone tels que les Heurs, une alimentation riche en azote provoquerait au contraire le développement des feuilles, des bourgeons, des corps chlorophylliens. Les légumes, les pommes de terre, les légumineuses, les plantes oléagineuses profiteraient spécialement bien de l’excès d’acide carbonique.
- Hugo Fischer, expérimentant dans le champ installé par Riedel, à Horst, dans la Ruhr, a obtenu avec l’acide carbonique des récoltes plus abondantes que les témoins de 1,7 et 1,4 pour les betteraves fourragères, 1,5 pour le fenouil, 1,5 pour la betterave à sucre, 1,1 à 5 pour le soja, 2,5 pour le lupin, 1,5 pour le haricot. Il constate que l’acide carbonique a un effet maximum quand tous les aulres engrais sont fournis abondamment.
- 11. Claassen admet l’action fertilisante de l’acide carbonique, mais discute la valeur pratique de son emploi. Il estime qu’on ne tient pas suffisamment compte des difficultés d’épuration et de distribution du gaz provenant de l’industrie sidérurgique, que l’augmenlation de rendement ne payera pas l’intérêt et l’amortissement des appareils, ventilateurs, tuyauteries, etc. De plus, il calcule que tout l’acide carbonique disponible en Allemagne suffirait seulement pour gazéifier 270 000 hectares, si bien qu’on ne peut en prévoir l’emploi que dans les serres et la petite culture, les fumures organiques et la préparation du sol convenant seules aux grandes cultures.
- Cette opinion pessimiste de Claassen est fort discutée :
- E. Reinau y répond que l’état peut bien contribuer aux dépenses d’installation des canalisations, comme il le fait, pour des raisons d’hygiène, lorsqu’il s'agit de l’épandage des eaux d’égout.
- Bornemann admet qu’actuellement, cette technique ne peut être appliquée qu’aux potagers et aux jardins, mais il trouve que le chiffre de 100 tonnes de .CO2 nécessaires pour gazéifier 1 hectare cité par Claassen est certainement trop grand et il conserve bon espoir en la valeur économique du procédé.
- A. Rippel soutient que la distribution d’acide carbonique est sans grande valeur, puisqu’elle n’agit que quand on enrichit le terrain en azote, phosphore, potassium et eau, et il pense qu’elle ne sera intéressante qu’après qu’on aura atteint l’optimum de ces divers corps, résultat encore fort éloigné.
- Ces discussions statistiques, théoriques ou économiques n’arrêtent pas les essais qui se poursuivent un peu par tout, tant au laboratoire que sur les champs d’expériences.
- Y. Riedel, à Horst, obtient des hauts fourneaux des gaz d’une pureté suffisante. L’établissement des tuyaux de distribution n’a pas présenté plus de difficultés que celui de tuyaux de drainage ou d’irrigation. Le champ expérimental de Horst a 50 hectares et a été équipé industriellement. 11 suffit par hectare de 400 m. de tuyaux de distribution en ciment de 10 cm de diamètre, faciles à entretenir en état.
- Bornemann assure qu’il résulte de ses. expériences qu’un terrain bien fumé et bien travaillé fournit plus de CO2 que le même terrain non préparé; en y ajoutant une distribution tubulaire de gaz carbonique, on augmente la surproduction, qu’il s’agisse de pois, d’avoine-d’orge, de pommes de terre, de choux-raves; pour l’oignon, on obtient 210 pour 100 d’augmentation.
- Pfeiffer ayant obtenu, par culture en pots, des résu!, tats négatifs, Bornemann a fait l’expérience suivante : 5 pots sont exposés, le premier à de l’air enrichi en CO2, le deuxième à de l’air normal, le troisième à de l’air appauvri en CO2. Dans le premier, les plantes croissent rapidement, accumulent précocement des hydrates de carbone, fleurissent abondamment et développent peu de racines. Dans le troisième, il n’y a ni accumulation de matériaux de réserve, ni fleurs, ni lignification de la tige ; les feuilles, plus grandes, sont fragiles, les racines sont nombreuses et très développées. Le deuxième a des caractères intermédiaires. Bornemann attribue ces différences au rapport nutritif différent de l’azote et du carbone.
- Il soutient donc que la croissance des plantes est activée par l’abondance de l’acide carbonique, que celui-ci provienne de la décomposition du fumier (carbonica-tion biologique) ou d’une distribution de gaz (carbonica-tion abiologique industrielle).
- Lemmermann et ses collaborateurs n’ont jamais observé, dans leurs expériences en pots, une plus forte production perceptible de RO2 par les pots fumés que par les pots non fumés. Dans le meilleur des cas, ils notèrent une production journalière de 578 g de CO2 rapportée à l’ha, au lieu des 9 kg que devrait produire théoriquement une fumure de 400 qx, en supposant, pour la première année, une décomposition de 25 pour 100. En plein champ, les choses se passent autrement et il n’est pas possible de déterminer avec certitude la quantité de CO2 libérée du fumier ou de l’engrais vert enterré.
- La diffusion de CO2 dans l’air est très lente, et il n’a pas été démontré combien l’alimentation carbonique végétale en utilise.
- Le résultat d’une première expérience sur des raves en pots, toutes traitées par une abondante fumure minérale complète, quelques-unes avec 400 qx de fumier ou d’engrais vert par ha, d’autres sans, ont été que ces suppléments de fumure organique n’ont pas augmenté la production.
- D’urie deuxième expérience avec 4 séries de pots plus | petits, dont chacun était rempli de terre seule ou de ! terre -f- fumier, terre + engrais vert, terre + tuyaux
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- UNE GRUE FLOTTANTE DE 200 TONNES
- conducteurs de CO2 (54 kg de CO2 par ha et par jour) et enterré, au niveau du sol, dans un autre pot plus grand, plein de la même terre, traitée abondamment par une fumure minérale complète, où les raves croissaient dans les espaces entre les petits pois, il résulta que la récolte des 4 grands pots était à peu près identique; il faut donc exclure l’action du fumier, de l’engrais vert et du CO2 des petits pots sur la synthèse organique des raves dans les grands pots.
- Des expériences en plein champ avec betteraves, pratiquées dans le même sens, ont confirmé que fumier et engrais vert n’exercent pas une influence appréciable sur la récolte en ce qui concerne l’assimilation foliaire du carbone.
- La question étant des plus importantes, Lemmermann annonce qu’il a l’intention de continuer ses recherches.
- Gerlach prend part au débat en citant de nouvelles expériences pratiquées par lui et ses collaborateurs,, à Bromberg, sous des serres, en chargeant l’air d’anhydride carbonique au moyen de bonbonnes, comme le fait Bornemann. Durant les différentes années, les augmentations ou les diminutions provoquées par la car-bonication abiologique de l’air et exprimées en pour 100 de la matière sèche produite par les pois non traités, ont
- élé les suivantes :
- 1916 Avoine...............+ 15 à 20
- 1917 Moutarde blanche ... +18
- » Carotte.............. — 4
- 1918 Lupins bleus................... +14
- » Haricots de jardin ... + G
- « Salade ........ — 51
- 1919 Tabac.......................... +5
- » Biais. .............. +7
- )) Moutarde blanche ... — 25
- » Tomates.............. . — 25
- De plus, la carboniealion ne provoque .pas toujours la précocité de la floraison.
- Tous ces résultats concordent avec ceux de Lemmer-matùi à Berlin, mais ils sont en contraste avec ceux de Bornemann à Heidelberg, ce qui amène Gerlach à nier l’importance pratique de la fumure carbonique abiolo-gique.
- Quant à l’autre opinion de Bornemann au sujet de la possibilité et de l’utilité de la carboniealion biologique que Schneidervind estime plausible, Gerlach rappelle qu’il a déjà montré que celte influence du fumier a été surfaite. Des expériences en plein champ, dans des parcelles de 1000 m2, faites en double à Dent ko wo, en terrain sablo-argileux, ont démontré que le fumier (150 qx par ha) élève la production du blé, mais qu’une plus forte dose de fumure minérale complète l’augmente tout autant et plus encore; l’action positive du fumier
- doit donc être ramenée logiquement à sa teneur en azote, phosphore et potasse et non à son approvisionnement en CO2. Pour la betterave à sucre, le remplacement de la dose de fumier (100 à 500 qx par ha) par des doses ultérieures d’engrais minéraux réduisit le rendement moyen en racines de 4,8 pour 100 et le rendement en sucre de 7 pour 100. Blais Gerlach observe que ces différences rentrent presque dans les limites des erreurs et que, de toute façon, il faut exclure l’action du CO2, parce que le rendement en feuilles fut., avec les engrais minéraux seuls, de 2 pour 100 plus élevée qu’avec une fumure mixte (fumier et engrais minéraux). Cette fumure produit, il est vrai, des rendements plus élevés pour les plantes sarclées, mais aucune expérience ne prouve que ce soit l’effet du CO2 qui s’y décompose; il est bien plus rationnel d’attribuer ces avantages de la fumure mixte, d’abord à l’azote, au phosphore et à la potasse du fumier ou de l’engrais vert et à l’amélioration des propriétés physiques du terrain, puis au réapprovisionnement graduel, lent et bienfaisant, de substances assimilables par les racines, sans courir le danger de concentrations nutritives momentanées, mais nuisibles, ou de réactions anormales du terrain.
- D’autres expériences sur l’arrière-effet du fumier dans le même champ de Pentkowo démontrent que les récoltes de pommes de terre, d’avoine, de seigle, d’orge, de froment, en 2e année, où l’on répéta seulement la fumure chimique, et qui succédaient à des cultures de l1-e année fumées ave'c ou sans fumier, donnèrent, en moyenne, par rapport aux parcelles témoins non fumées, des augmentations de récolte de 48 pour 100 pour des cultures faites sur des parcelles traitées l’année précédente avec une seule dose de fumure minérale complète, et des augmentations de 75 à- 74 pour 100 pour des cultures faites sur des parcelles traitées l’année précédente, tant avec du fumier plus une dose d’engrais minéraux, qu’avec seulement une double dose d'engrais minéraux. Gerlach ne comprend pas comment cet arrière-effet notable du fumier peut être attribué à une riche alimentation carbonique.
- Ici le fumier fut administré de la manière habituelle, mais d’ailleurs les premières expériences de Lemmermann sur la manière d’employer le fumier donnèrent des résultats contraires à ceux de Bornemann, et Gerlach conseille, à cet égard, de faire de nouvelles expériences.
- Comme on le voit, la question de la fertilisation carbonique du sol excite vivement l’intérêt de nos voisins de l’Est. Blais ils sont encore loin d’être d’accord sur son efficacité et sa valeur économique. Peut-être la question mériterait-elle d’être étudiée également en France, où nos hauts fourneaux du Nord et de Lorraine fourniraient le gaz nécessaire. Daniel Claude.
- UNE GRUE FLOTTANTE DE 200 TONNES
- Les chantiers Guslo, à Schicdam (Hollande) ont livré, dans le courant de septembre dernier, au Mersey Docks et Ilarbour, à Liverpool, une grue flottante et automotrice baptisée « Mammoth », d’une puissance de levage de 200 tonnes; les dimensions de cette grue « Mammoth » dépassent toutes celles des grues du même type déjà établies par ces constructeurs.
- Le levage d’une charge de 200 tonnes ne constitue pas par lui-même un fait unique. Nous avons
- décrit dans le numéro 2454 la grue type marteau de 550 tonnes employée aux Etats-Unis; cependant la levée des 200 tonnes se fait ici à une hauteur de 52 mètres au-dessus de l’eau et à une distance de 54 mètres à partir de l’axe de rotation 'de la grue. Cette manœuvre est certes un fait remarquable. En outre, cette grue est construite sur un ponton automoteur, elle peut faire un tour complet avec la charge de 200 tonnes sans qu’on ait besoin d’ajouter ou de déplacer un contrepoids quelconque en
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- vue de ce mouvement. Le bras, ainsi chargé, peut être levé et abaissé suivant un angle d’environ -40 degrés.
- La construction de cet appareil gigantesque a demandé beaucoup de science ainsi qu’une grande expérience.
- On se fera une idée des dimensions vraiment remarquables de cette grue et de ses parties accessoires d’après les photographies que nous reproduisons.
- L’appareil repose dans son entier sur une tourelle haute de 20 mètres fixée solidement sur le pont du ponton, d’autres attaches la retiennent au fond et aux côtés de ce même ponton. La tourelle est en forme de cône tronqué, elle porte à sa partie supérieure un palier de butée d’une construction spéciale.
- On distingue la charpente métallique et la flèche. La charpente métallique se divise en une plateforme supérieure qui repose sur le palier de butée placé au sommet de la tourelle; en une plate-forme inférieure qui contient les rouleaux qui s’appuient sur le chemin de roulement placé à la base de la tourelle, puis en une construction en acier qui relie ces deux plates-formes.
- La chambre des treuils a pour dimensions 20 mètres X 7 mètres. Elle contient les machines qui produisent les différents mouvements de la grue, elle est installée sur la plate-forme supérieure.
- Derrière celte cabine et entre la plate-forme supérieure et la plate-forme inférieure se trouvent fixés verticalement deux forts arbres à vis qui servent au levage et à la descente de la flèche, lin contrepoids qui se meut en même temps que ces arbres, entre des supports de guidage verticaux, sert à contre-balancer partiellement le poids de la flèche. A l’arrière de la charpente métallique et de la cabine, on a placé un autre contrepoids qui est destiné à compléter le contre balancement du poids de la flèche. La flèche est fixée au moyen de deux articulations horizontales à la partie avant de la plateforme supérieure, elle est reliée par deux barres d’accouplement.
- Au moyen des barres d’accouplement, la flèche peut être basculée de sa position la plus basse, notamment quand la distance de la pointe extrême de la flèche à l’axe de rotation de la grue sera de 01 mètres, jusqu’à la position la plus élevée, cas dans lequel la pointe extrême de la flèche se trouvera à 75 mètres au-dessus de l’eau.
- A la flèche sont suspendus deux jeux de palans avec crochets, à une volée maximum de 44 mètres. Chaque palan est capable de lever une charge de 100 tonnes, il peut travailler indépendamment de l’autre. Lorsqu’jl s’agit de lever le poids maximum de 200 tonnes, les deux crochets sont réunis ensemble au moyen d’un balancier qui est muni de son crochet propre. La hauteur de levage maximum de ces deux crqchets est de 52 mètres au-dessus de l’eau. La vitesse de levage était prévue de I m. 00 par minute, lors des essais on a pu atteindre une vitesse de 1 m. 50. Cette vitesse peut être plus que doublée lorsqu’il s’agit de lever des charges moins lourdes.
- Le temps prévu pour faire un tour complet était de 10 minutes; au moment des essais, cette opération n’a nécessité que 4 minutes et 52 secondes.
- La flèche ayant la charge de 200 tonnes suspendue à ses crochets peut être balancée jusqu’à sa position la plus élevée à partir de la voice de 54 mètres; chargée de 150 tonnes, ce balancement peut se faire à partir de la volée de 44 mètres.
- Outre les deux jeux de palans avec crochets destinés au levage des charges de 100 tonnes, deux autres palans avec crochets servant chacun au levage des charges de 50 tonnes ont été prévus.Ils sont suspendus à deux chariots qui roulent le long du côté inférieur de la flèche jusqu’à une distance de 57 mètres de l’axe de rotation de la grue. Chacun de ces chariots avec palan et crochet peut être mis en mouvement séparément, fis deux chariots peu vent également être reliés entre eux.
- La vitesse des chariots qui se meuvent le long de la flèche a été aux essais de 9 mètres à la minute.
- Chacun des crochets peut être levé ou descendu indépendamment de l’autre; ils peuvent être reliés ensemble au moyen d’un balancier, lorsqu’on doit lever une charge de 60 tonnes et que cette charge doit être déplacée le long de la flèche.
- La vitesse pour le levage de cette charge a pu être portée à 6 mètres. Si les charges à lever sont moins lourdes, cette vitesse est plus que doublée.
- Il va sans dire que la flèche, avec la charge de 60 tonnes suspendue aux chariots, peut être tournée et basculée dans n’importe quel sens, quelle que soit sa position à ce moment.
- On a un grand intérêt à se servir des chariots pour la manipulation rapide des charges peu lourdes, ce qui est fréquent en pratique. On évite ainsi de basculer inutilement la flèche. D’ailleurs les vitesses de levage des palans de 50 tonnes des chariots sont sensiblement supérieures à celles des palans principaux.
- Il est superflu d’ajouter que par suite des dimensions gigantesques de la flèche et des charges très lourdes qu’elle est appelée à lever, l’emploi de sections robustes a été jugé nécessaire dans la construction de cette flèche.
- Le poids total delà flèche en état de travail est de plus de 280 tonnes. Ce fut une opération très difficile de fixer cette flèche à la charpente métallique ; 5 autres grues flottantes y participèrent.
- Comme nous l’avons dit précédemment, les machines qui règlent les différents mouvements de la grue, sont placées dans la chambre des treuils.
- Tous les mouvements sont effectués par des moteurs électriques au nombre.de 10. La puissance est transmise des moteurs au moyen de vis sans fin et de roues a engrenages, avec freins électromagnétiques sur l’axe de tous les moteurs.
- Les différents mouvements à exécuter peuvent être contrôlés de la cabine de manœuvre, qui est disposée en haut dans la structure de la grue. Le conducteur a une vue nette et claire, non seulement
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- sur la charge à lever, mais aussi sur le pont du i ponton; il se trouve ainsi en état de contrôler exactement les moindres mouvements des charges qu’il doit manipuler.
- Immédiatement en face de lui, on a placé deux appareils contrôleurs dont il peut se servir soit séparément, soit simultanément et qui lui permettent de suivre l’un quelconque des moteurs qu’il doit employer pour les travaux à effectuer. Un combina-teur, placé à un endroit convenable, réalise toutes les connexions demandées en vue de n’importe quelle opération.
- Dans la cabine on a également disposé les relais
- cendue à des vitesses variables, sans qu’il soit nécessaire d’amener quelque changement dans la transmission mécanique.
- Partout où c’était possible, on a prévu des appareils de sûreté, des interrupteurs pour limiter la portée de chaque mouvement, la course des chariots, etc.; des freins électriques et un disjoncteur à maxima automatique en vue des courants trop forts ont été également installés.
- Le Gourant est fourni par des dynamos placées dans le ponton avec leur tableau de distribution. Ces dynamos sont actionnées par une machine à triple expansion. Les câbles vont des dynamos à
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- Fig. i. — La grue “ Mammoth”.
- nécessaires, les instruments de contrôle et les résistances de l’installation électrique, l’appareil servant à contrôler l’inclinaison du navire, un indicateur permettant de vérifier à tout moment la position de la flèche et la distance des crochets du ponton, des téléphones allant à la chambre des machines et à la chambre des treuils, etc. Un interrupteur spécial est prévu pour arrêter immédiatement une opération quelconque.
- Un seul homme suffit au service de la cabine de manœuvre, même lorsqu’il s’agit de manipuler les charges maxima. Cette simplicité de manœuvre est possible, grâce à l’emploi du système Ward-Leonard, qui permet notamment de lever et de descendre n’importe quelle charge avec une vitesse excessivement réduite ; ceci est d’un grand intérêt lorsqu’on doit manipuler des charges très lourdes. Ainsi toute charge peut être déplacée, levée ou des-
- l’inlérieur de la tourelle et se trouvent connectés aux bagues de frottement à l’extérieur du sommet de la tourelle De ces bagues de frottement le courant passe aux balais, il est distribué aux différents motiurs dans la chambre des treuils et à la cabine de manœuvre. La machine à triple expansion peut être réunie au moyen d’un accouplement à griffes à l’un des arbres de propulsion. Le second arbre de propulsion est actionné par un même jeu de machines. Lors du voyage d’essai sur la Meuse, on a obtenu une vitesse moyenne dé 4,85 milles à l’heure.
- Une dynamo fournit également le courant nécessaire à l’installation de l’éclairage du pont et de la grue, et cette machine avec son tableau de distribution est installée dans la chambre des machines..
- Sur le pont on a disposé des treuils, quatre cabestans actionnés par un arbre vertical et roues à engrenages avec machines motrices dans le ponton,
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- des machines à gouverner à vapeur, des bittes, un appareil télégraphique pour la chambre des machines, etc.- Le pont a une superficie d’environ 47m.x27 m ; il est renforcé afin de pouvoir rece-
- Le service de la grue nécessite trois hommes : le machiniste-chauffeur, l’homme chargé des travaux du pont et le conducteur de la grue.
- La grue a fait, toute montée, le voyage de Schi
- Fig. 2. — La grue “ Mammolh ”, à droite; au milieu, d'autres énormes instruments de levage.
- voir une charge de 200 tonnes. Sur le pont et dans le ponton même on a aménagé les cabines pour les officiers et pour l’équipage, les magasins, lalampis-terie, les W. G., de même que les soutes à charbon, les caisses à eau, les cuisines, etc.
- dam à Liverpool. Mise en service immédiatement, elle a fonctionné dans de parfaites conditions et rendu de grands services pour l’armement et la réparation des navires qui demandent des appareils de levage de plus en plus puissants. E. Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimeiie Luiuti-:, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- 49° ANNEE. — N’ 2477
- 24 SEPTEMBRE 1921
- LA RADIOTÉLÉGRAPHIE TRANSOCÉANIQUE PAR LE SYSTÈME ALEXANDERSON
- Supposons que, voulant, par exemple, réaliser l’une ou l’autre de ces belles expériences que M. Constantinesco a étudiées sous le nom de sollicité, nous ayons besoin d’un courant hydraulique alternatif, à alternances plus ou moins rapides.
- Il est assez peu probable que nous songions à recourir, pour produire ce courant, à un dispositif reproduisant hydrauliquement les dispositifs électriques à éclateur ou à arc employés, pour un objet identique, dans la radiotélégraphie électrique.
- Nous penserons bien plus
- ENROULEMENTS DE TRANSFORMATEUR
- ENROULEMENT
- PRIMAIRE
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- PLATEAU TOURNANT
- ENROULEMENT. PRIMAIRE
- ENROULEMENTS DE
- Transformateur
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- naturellement, et nous réaliserons bien mieux cette idée, à recourir à un dispositif mécanique, à piston par exemple, foulant et aspirant. alternativement le liquide et lui communiquant ainsi directement le mouvement de va-et-vient dont nous avons besoin.
- Rien ne nous empêcherait, assurément, d’imiter les appareils à éclateur ou à arc, mais nous nous rendons facilement compte, tout de suite,
- que tout dispositif hydraulique de l’espèce comportera nécessairement un écoulement de liquide représentant une perle sérieuse.
- Au contraire, le dispositif mécanique doit et peut nous permettre' de réaliser, sans difficulté, le simple mouvement hydraulique alternatif que nous recherchons, sans écoulement de liquide, sans perte, et, par conséquent, d’une façon plus rationnelle.
- Une fois connus les principes de la transmission des ondes électriques et les possibilités d’applications pratiques de ces principes remarquables, il devait assez naturellement venir à l’esprit des chercheurs de substituer aux dispositifs à éclateur, à arc, etc., des appareils purement mécaniques.
- Dans les premiers procédés, les courants alternatifs à haute fréquence, les oscillations ne sont produites que par des subterfuges, en somme, assez aléatoires et qui impliquent des pertes que l’on peut espérer, tout au moins théorique-
- *8* Année —* 2' Semestre.
- ENROULEMENT J SECONDAIRE
- .ENROULEMENT INTERMEDIAIRE
- AMPLIFICATEUR
- MAGNÉTIQUE
- Fig. i. — Schéma général de Valternateur à haute fréquence.
- ment, supprimer avec les procédés mécaniques.
- La pensée de produire mécaniquement les oscillations à haute fréquence de la radiotéléphonie est ainsi apparue, il y a plusieurs années, et différents moyens ont été préconisés pour la mettre à exécution, les uns mettant en jeu des phénomènes plus ou moins complexes, les autres utilisant purement et simplement les principes ordinaires.
- À la première catégorie appartiennent ces alternateurs qu’ont étudiés particulièrement certains de nos ingénieurs français et qui, par des artifices aussi originaux qu’élégants,amplifient, jusqu’à les rendre prépondérantes, les oscillations parasitaires qui accompagnent la production des courants alternatifs dans nos alternateurs ordinaires.
- Les appareils de la seconde catégorie sont, évidemment, en théorie du moins, les plus simples : ils consistent, tout uniment, en alternateurs ordinaires, mais conditionnés de façon à fournir, au lieu des courants alternatifs à 50 ou 60 périodes, que l’on emploie dans l’industrie, des courants à très haute fréquence de la radiotélégraphie.
- Simple à concevoir, l’idée de produire ainsi directement, au moyen d’alternateurs, les courants alternatifs à haute fréquence, indispensables pour la radiotélégraphie, n’a pu être réalisée qu’au prix des plus grands efforts, et c’cst récemment seulement que l’on est parvenu à la faire entrer en pratique.
- Le créateur de ce système a été un ingénieur américain, M. E. F. W. Alexanderson, attaché à la grande société de construction américaine « The General Electric Company », dont on connaît le rôle de tout premier plan dans le développement de l’industrie électrotechnique aux Etats-Unis.
- M. E. F. W. Alexanderson s’est adressé, pour résoudre le problème dont il avait entrepris la
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- ENROULEMENT >NTERMEDIAIR£
- • ENROULEMENT SECONDAIRE
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- LA RADIOTELEGRAPHIE TRANSOCEANIQUE
- AMPLIFICATEUR
- -MANIPULATEUR
- RHEOSTAT OE REGLAGE
- . OU COURANT D’EXlTAT/OK9
- n enroulement ....^
- O'EXITATION DE L'AMPLIFICATEUR
- ENROULEMENT A HAUTE FRÉÇUENCENCE DE L'AMPLIFICATEUR
- H
- '-SOURCE A COURANT CONTINU
- Fig. 2. — Schéma du procédé de modulation Cmanipulation dans la position de travail).
- solution, à une forme d’alternateur bien connue de tous les électriciens, quoique peu appliqué dans la pratique courante, l’alternateur à fer tournant.
- On sait quel est le principe de ce type d’alternateur : l’inducteur et l’induit y sont fixes tous deux ; l’inducteur tend à produire un tlux qu’embrasse les enroulements de l’induit et ce flux est modifié, à une fréquence plus ou moins grande, par le passage, dans l’entrefer de l’inducteur, des dents d’un fer tournant à grande vitesse.
- L’inducteur affecte donc la forme d’une série plus ou moins rapprochée d’électro-aimants disposés à la périphérie du fer tournant, dont le bord passe entre les pôles de ces électro-aimants inducteurs, tandis que les enroulements induits font logés dans ces pièces polaires et en embrassent le flux.
- -5000
- Fig. 3. —Croquis en plan d'une antenne multiple formée de 2 nappes dé fils horizontaux de i5oo m. de longueur chacune, de 3oo m. de large avec 5 prises de terre par nappe ; poste de transmission entre les 2 nappes; longueur totale : 6400 m.
- Le grand avantage de ce système, pour l'application envisagée, est que la partie tournante de la machine se compose simplement d’un plateau de fer, sans aucun organe délicat, sans contact flottant non plus, de telle sorte qu’il est possible de la faire tourner à des vitesses élevées.
- Théoriquement, la fréquence réalisable est illimitée, puisqu’il suffit, ayant atteint la vitesse périphérique limite permise par les exigences mécaniques, de ménager sur le pourtour du disque un nombre de dents suffisant pour établir et couper le flux des inducteurs à la fréquence requise.
- Dans la pratique, on s’est heurté à de grands obstacles pour atteindre la fréquence nécessaire aux transmissions radiotélégraphiques, et c’est en 1912 seulement, après plusieurs années d’études, que M. Alexanderson, secondé par la puissante Société à laquelle il appartient, a pu construire une machine pratique de 2 kw environ produisant des courants à 100 000 périodes.
- Cette machine a été décrite, en son temps, dans les publications techniques, et ce n’est pas ici le lieu d’en donner une nouvelle description ; qu’il
- nous suffise de dire qu’au point de vue électrique et électromécanique, elle mettait à profit les perfectionnements les plus récents de la tech nique.
- Paliers spéciaux à graissage sous pression et refroidissement par circulation d’eau, paliers de butée assurant le centrage parfait du système, dispositifs spéciaux corrigeant les irrégularités d’usure des paliers et maintenant le fer tournant à égale distance des pièces polaires, telles sont quelques-unes des dispositions employées.
- Presque immédiatement, cet alternateur à 100000 périodes de 2 kw a été suivi par un autre, beaucoup plus gros, établi avec les mêmes principes ; la puissance de celui-ci était de 50 kw; mais celte augmentation de puissance n’avait ôté réalisable qu’en acceptant une réduction de la fréquence, jusqu’à 50 000 périodes.
- En 1915, M. Marconi, ayant assisté aux premiers essais de cette machine, proposa de l’installer à sa grande station de New-Brunswick (N. Y.) ; elle y fut, en effet, transférée et y servit à de nombreuses expériences, jusqu’au moment où le gouvernement
- américain prit possession de la station, en 1918.
- A partir de ce moment, l’alternateur fut employé, comme machine de service régulier, pour les correspondances radiotélégraphiques échangées* notamment, avec la France; il fut enfin remplacé par une machine du même genre de 200 kwà 2000 périodes, qui fonctionne aujourd’hui.
- A l’intention de ceux de nos lecteurs que la lecture d’un SL-héma n’effraie pas, nous donnons ci-contre un croquis qui permet de se rendre compte de la disposition de cet alternateur, au point de vue, notamment, de l’arrangement des enroulements (fig. 1).
- Le système induit est constitué, comme on peut
- Fig 4. — Schéma montrant le principe de la disposition de Vantenne multiple et des appareils transmetteurs.
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- LA RADIOTÉLÉGRAPHIE TRANSOCÉANIQUE . . —: 195
- POSTE DE TRANSMISSION
- \ OAPÀClTÉsfOU CONTREPOIDS,HAUTEUR
- BOBINE D'INDUCTANCE
- AU-DESSUS OU SOL
- Fig. 5. — Croquis montrant, en élévation et eh flan,-la disposition de Vune des napfes de Vantenne type
- représentée à la figure
- s’en rendre compte, pnr deux groupes de spires disposées de part et d’autre du fer tournant ; il forme un ensemble de 64 sections indépendantes, reliées chacune à une spire primaire d’un transformateur sans fer, placé au-dessus de la machine.
- Il y a deux transformateurs de ce genre, un pour chaque face de l’enroulement ; tous les primaires agissent sur un secondaire qui en élève la tension dans le rappoit de 1 a 20, de telle sorte que les courants fournis par l’alternateur meme sous 100 volt s environ, sont portés à 2000 volts à la sorfie des transformateurs.
- La machine est actionnée par un moleurasynchro-ne de 600 HP, alimenté sous 2500 volts, 60 périodes; la transmission entre ce moteur et le générateur s’opère par une double transmission à engrenages, dans le rapport 1 : 2,97; le 1er de l’alternateur tourne ainsi à 2170 tours par minute.
- Une très grosse difficulté pour assurer le bon fomlionnemcnt de cette machine est de maintenir la vitesse parfaitement uniforme; un chifire va nous faire apprécier immédiatement l’importance du réglage indispensable : l’expérience et le calcul montrent qu’une variation de vitesse de 1/4 pour 100, correspondant à une variation de fréquence delà même grandeur, rompt l’accord entre les circuits, de telle sorte que la puissance disponible sur l’antenne tombe à 50 pour 100 de sa valeur normale.
- M. Alexanderson est parvenu à assurer le maintien de la vitesse à moins de 1/10 pour 100 près, en faisant agir le courant de l’une des sections de l’alternateur sur un circuit accordé pour une fréquence voisine de la fréquence normale et dont le courant, redressé par un redresseur à mercure, modifie une inductance insérée sur le circuit principal. Si la vitesse tend à tomber, le courant dans
- cemiicuit faiblit, l’inductance est réduite en même temps et, par le jeu de cette inductance et l’intervention d’organes accessoires appropriés, la puissance fournie au moteur augmente, la vitesse est maintenue.
- Nousn’insisteronspas s ur ce point un peu trop spécial ; mais nous signalerons encore deux ou trois particularités techniques absolument remarquables employées par M. Alexanderson, pour la manipulation de l’énergie, pour l’émission des ondes et pour la réception.
- La question revêt, à vrai dire, un caractère très technique, mais les résultats obtenus sont, tellement intéressants, qu’il n’est pas possible, nous semble-t-il, de les laisser passer inaperçus, non plus que les moyens par lesquels ils sont obtenus.
- Au point de vue de la formation des signaux ou, si l’on aime mieux, de la modulation, la caractéristique du système est l’emploi d’un dispositif spécial que l’inventeur a appelé amplificateur magnétique ; nous allons essayer de donner une idée de ce dispositif.
- Considérons, à celte fin, le schéma simplifié (lig. 2), qui montre la façon dont sont montés, d’une part, l’alternateur par rapport à l’antenne, et, d’autre part, le dispositif amplificateur et le manipulateur.
- L’amplificateur est une sorte de transformateur à noyau feuilleté, se comportant, vis-à-vis de l'alternateur, comme un shunt à impédance variable, modifiée par l’effet de l’enroulement d’excitation que commande le manipulateur.
- Les courants à haute fréquence débités par l’alternateur dans l’enroulement haute fréquence, tendent à produiredans le circuit magnétique de l’amplificateur unllux alternatif ; l’enroulement d’excitation
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- qui embrasse les deux branches du flux, sature le fer lorsque le circuit est fermé par le manipulateur.
- A ce moment, le fer étant saturé, l’amplificateur se comporte comme un dispositif sans 1er ; son impédance est minimum, une parLie de l’énergie de l’alternateur passe de ce côté, la tension aux bornes tombe et l’accord est rompu entre l’alternateur et l’antenne.
- Si l’enroulement d’excitation ne reçoit pas de courant, ce qui arrive chaque fois que le manipulateur est abaissé, l’impédance est maximum, l’alternateur débite principalement sur l’antenne, l’accord est rétabli et l’émission se produit.
- En complétant cet effet par celui de condensateurs, on arrive à commander la puissance de 200 kw de l’alternateur et les courants de 100 ampères et plus qu’elle comporte avec un courant primaire de quelques ampères seulement.
- Le système se p rête particulièrement bien à la transmission télégraphique automatique (on a réalisé des vitesses de 500 mots par minute) et de la téléphonie (transmissions jusqu’en Europe).
- Au point de vue de la transmission, M. Alexanderson a réalisé une innovation des plus intéressantes en remplaçant l’antenne simple, à prise de terre unique, par une antenne multiple à plusieurs prises de terre.
- Le but de cette disposition est de réaliser une antenne de grande capacité, permettant de mettre en service des puissances très élevées, sans avoir à recourir aux antennes de grande hauteur exigeant des tours élevées, telle que celle de Paris.
- Avec l’antenne multiple, la résistance à la terre est réduite en proportion du nombre de prises de
- terre, la puissance permise n’est plus limitée que par le développement en longueur que l’on donne à l’antenne.
- A New-Brunswick, l’antenne est formée d’une nappe de fils de 600 m. de longueur et 180 m. de largeur, sur des poteaux de 120 m. de hauteur; il y a 6 prises de terre; la résistance totale est de 0,5 ohm., contre 3,8 pour l’antenne ancienne.
- Enfin, sous le rapport de la réception, le système Alexanderson est caractérisé par l’emploi d’une antenne à ondes orientées, telles qu’on en utilise dans la radiogoniométrie, mais d’une conception nouvelle.
- Cette antenne est formée de deux fils tendus horizontalement dans des directions opposées et agissant, en opposition l’une de l’autre, sur un récepteur unique, par l’intermédiaire d’un régulateur d’induction. .
- L’effet sélecteur obtenu est tel qu’il est possible de rendre la station réceptrice sensible uniquement à une station quelconque, choisie à volonté, et de l’insensibiliser vis-à-vis de la station voisine la plus puissante, même lorsque les postes antagonistes travaillent à des fréquences presque identiques.
- Le poste récepteur de New-Brunswick peut, par exemple, recevoir les ondes de 14 200 mètres de Carnavon, tout en restant insensible aux ondes de 15 600 mètres du poste transmetteur de New-Brunswick même.
- M. Alexanderson insiste vivement sur l’avantage considérable qu’aurait l’emploi des antennes de cette espèce dans la radiotélégraphie à grande distance pour éliminer les perturbations atmosphériques et supprimer les interférences.
- H. Marchand.
- ,/ !
- Fig. 7-
- Disposition du « contrepoids
- FABRICATION DU FULMINATE DE MERCURE
- La guerre a développé formidablement la fabrication du fulminate de mercure et la préparation des amorces fulminantes. Or, on sait combien la manipulation de ce corps est dangereuse, puisqu’il explose non seulement sous le moindre choc, mais encore par simple frottement d’un corps dur : fer, acier, silex.
- Cependant, on a pu en préparer.des quantités considérables sans provoquer un nombre exagéré d’accidents, en prenant des précautions toutes particulières. M. Lenoble, inspecteur départemental du travail à Valence, qui a eu à surveiller une impor-
- tante fulrninaterie du département de la Drôme, vient de publier dans le Bulletin de l'Inspection du Travail une intéressante étude sur cette fabrication. Nous lui empruntons les détails suivants, qui nous paraissent mériter d’être connus tant comme exemple d’une industrie particulièrement dangereuse que par le fait que le fulminate a aussi de nombreuses applications en temps de paix et continue par conséquent d’être fabriqué actuellement.
- Le fulminate de mercure a pour formule (CAz)2Hg02 1120. On le prépare par réaction du nitrate acide de mercure sur l’alcool ordinaire. Le nitrate acide de
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- FABRICATION DU FULMINATE DE MERCURE
- mercure est lui-même obtenu en attaquant le mercure métallique par l’acide nitrique.
- A l’usine, l’acide nitrique à 40° B., contenu dans une cuve de grès, s’e'coule à travers un filtre d’amiante dans des ballons de verre à fond plat. Le mercure, .filtré de son côté, est ajouté dans ces ballons par doses de 400 à 900 grammes. Aussitôt en contact, l’acide et le mercure réagissent en dégageant des vapeurs de bioxyde d’azote qui, en présence de l’oxygène de l’air, deviennent rutilantes. La solution verte de nitrate acide de mercure reste dans le ballon.
- L’alcool est placé dans de grands ballons de verre
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- nate; chaque séchoir ne contient que 4 planchettes et est séparé des voisins par des murs résistants; le fond est également formé par un mur épais, tandis quelaquatrièmeface des séchoirs n’est qu’une simple paroi de toile pour canaliser le souffle en cas d’explosion.
- Pour éviter les brûlures et la respiration des vapeurs irritantes, chaque ballon (fig. 1) est calé dans un panier à deux poignées pour le transport et est surmonté d’un tube de grès avec tubulure latérale se continuant par une canalisation étanche où les vapeurs sont entraînées vers une cheminée. Les deux réactions successives se passent dans ces ballons,
- Fig. i. — Préparation chimique du fulminate de mercure.
- de 30 à 00 litres où l’on verse la solution de nitrate acide, il se produit un abondant dégagement de vapeurs blanches et, au bout d’une heure, il ne reste plus dans le hallon qu’un précipité blanc de fulminate surmonté d’un liquide acide incolore.
- On laisse refroidir, on décante, on lave le fulminate à grande eau, puis on le transporte dans des passoires en grès garnies de molleton où il subit un lavage définitif, prolongé jusqu’à ce que les eaux de sortie soient parfaitementneutres. La poudre humide est tamisée sous l’eau, filtrée sur flanelle, puis essorée dans le vide? Jusque-là, le fulminate humide a pu être manipulé sans grandes précautions.
- Il est alors étendu en couches minces sur des planchettes de bois et porté au séchoir. Les séchoirs sont chauffés par des radiateurs à eau chaude. Après une heure environ, la fulminate èn sort so.us forme de poudre blanche, particulièrement sensible au moindre choc.
- Chaque planchette porte 250: grammes de fulmi-
- . alignés sous un auvent où l’air circule librement.
- Le fulminate sec est alors tamisé sur des tamis i-,de crin pour fournir la poudre fine nécessaire aux amorces. Les tamis imaginés par IL Ileilmann, directeur de l’usine, sont maintenus par groupes de quatre dans des cercles de caoutchouc reliés à une tringle qui permet de les secouer à distance. A chaque tamis est fixé un sac conique en baudfuche dont la pointe inférieure repose dans une sébile en caoutchouc. La tringle traverse le mur de protection derrière lequel l’ouvrier met l’appareil en mouvement. Lorsque le tamisage est terminé, la poudre réunie dans le sac est versée doucement dans la sébile, sans soulever de poussière. Les tamis sont très fréquemment nettoyés pour enlever les particules qui risqueraient de provoquer une explosion.
- Le fulminate est alors mélangé à du trisulfure d’antimoine et à du salpêtre dans des sortes de boîtes à section carrée manœuvrées à travers le mur de protection. Le mélange est versé par doses de
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
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- 500 grammes dans des sébiles de caoutchouc qu’on vide sur les trémies de chargement.
- Le chargement des amorces est de beaucoup la
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- Fig. 2. — Dispositif pour le chargement des amorces
- manipulation la plus dangereuse. L’appareil employé est une trémie montée sur un support^lixe et formée de trois pièces : un auget supérieur en forme de tronc de pyramide quadrangulaire en bronze dont la petite base constituant le fond est""percée "de trous; au-dessous un tiroir percé du même nombre de trous dont le mouvement est commandé de loin par un levier; une plaque portant des alvéoles ou les tubes'des amorces. Le tiroir ayant d’abord ses trous en concordance avec ceux du fond de la trémie, une certaine quantité de poudre y 1ombe, correspondant à la charge voulue; un mouvement du levier supprime la communication du tiroir avec la tre'mie et (superpose les trous chargés de poudre aux chambres des'amorces. La composition fulminante y tombe et l’on enlève la plaque; le chargement est terminé. Ces opérations se passent dans une cabine limitée sur trois côtés par des murs de 70 cm d’épaisseur et largementouverte sur le quatrième. L’ouvrière chargée de la manœuvre bip levier se tient derrière le mur de fond. Elle y est protégée en plus par un écran de tôle d’acier. Des dispositifs de sécurité ne lui permettent de pénétrer dansMa cabine
- que lorsque le chargement est terminé. De plus, elle est habillée d’une combinaison pour ne pas soulever de poussières et chaussée de pantoufles à semelles de caoutchouc. Après deux charges, elle nettoie la trémie avec un pinceau mouillé et de plus, les trémies sont fréquemment noyées pour procéder au nettoyage sans danger.
- Les amorces chargées sont passées à la presse, sous la protection d’une caisse de tôle, puis, suivant leur forme, sont recouvertes d’une rondelle de feutre ou d’étain. Eiles sont ensuite vernies ou coiffées d’un tube intérieur d’appui que l’on sertit au-dessus de la charge à travers une vitre épaisse et un grillage. Après vérification, les amorces terminées sont mises en boîte.
- Les déchets'~ét lés amorces défectueuses sont noyés.
- Grâce à ces multiples précautions, on réussit à
- Fig 3. — Dispositif de tamisage.
- manipuler une matière aussi dangereuse que le fulminate sans risquer de graves et multiples accidents. ' A. B.
- ACADÉMIE. DES SCIENCES
- Séances de juillet 1921.
- La teneur en zinc de l'organisme du lapin. — Les nouveaux résultats acquis par MM. Gabriel Bertrand et R. Vladesco indiquent que la proportion de métal présente la valeur maximum au moment de la naissance ; durant la période de lactation, elle marque une décroissance continue et remonte dès le lendemain du sevrage. Cela indique que le jeune animal iie trouve pas dans falimenlalion lactée le zinc nécessaire à son développement ; il le demande à sa provision d’origine placentaire, jusqu’au moment où les végétaux apportent tout le métal nécessaire à la teneur normale indiquée pour l’adulte (4,5 pour 100 dans la matière fraîche, 15,2 pour 100 dans les tissus secs).
- La résistance du hanneton adulte aux diverses températures. — Les agriculteurs prétendent, en général, que les retours du froid, surtout accompagnés de gelées, causent une forte hécatombe de hannetons. MM. Foes et Slachelin se sont préoccupés de ce point de-biologie mal élucidé. Ils., ont ainsi constaté que l’insecte supporte parfaitement les températures les plus basses que viennent déterminer, dans nos contrées, les retours
- du froid en février ou en mars; il peut d’ailleurs se maintenir à l’abri en s’enfonçant sous la terre; par contre, à -j~ 45°, il succombe rapidement. Au total, on ne doit guère compter sur les variations de température printanières pour la destruction de ce coléoptère, dont la larve cause à l’agriculture, parfois les plus grands dommages.
- Le rôle du potassium dans le chimisme. — On sait que la venue des organes de reproduction, dans les cultures de bactéries et de champignons, coïncide avec l’épuisement du milieu nutritif; le même fait se retrouve d’ailleurs chez les végétaux supérieurs, puisque les plantes insuffisamment nourries ont une floraison précoce. Les dernières expériences de M. Marin Molliard établissent à propos d’une mucédinée, Slerigmalocijslis nii/ra, le rôle du potassium, employé à l’état de chlorure, dans la formation des conidies ou des périthècesdLes résultats acquis par le Doyen de la Faculté de Paris montrent, pour les éléments minéraux intervenant dans le chimisme des êtres vivants, une spécificité au point de vue de leur rôle individuel.
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- L'huile de quelques animaux marins. — En opérant par simple barbotage, dans des bains maintenus à 250° pendant 8 heures, M. Marcelet a fait porter des essais d’hydrogénation sur des huiles de morue, de hareng, de haleine, de phoque et de couronne, et constaté que le plus souvent la solidification se produit lorsque l’indice d’iode s’est abaissé de 40 à 50 pour 100.
- L'infection par voie aérienne. — MAI. Trillat et Kaneko se sont adressés au paratyphique de Danysz et au pneumocoque ; comme sujet, ils ont pris la souris qui présente vis-à-vis d’eux une grande réceptivité. La quantité d’émulsion suffisante pour amener la mort est inférieure à 0,00005gr., alors qu’il en faut delO b 800 fois plus pour obtenir le même résultat par injection sous-
- cul anée, imbibition des muqueuses, badigeonnage ou ingestion avec aliments. Il semble qu’il y a là des faits précis qui autorisent un rapprochement avec le phénomène de la contagion des maladies transmissibles par l’air expiré.
- La synthèse de quelques alcools tertiaires. — Les résultats acquis par MM. Pariselle et Simon sur la préparation d’alcools et des carbures correspondants, tirent surtout leur intérêt de ce qu’ils ramènent l’attention sur une source de méthylcélone CU3 — CO — Cil3, longtemps négligée, et qu’avaient signalée, en 1898, À. et P. Buisine : l’eau de désuintage des laines, si abondante dans certains centres de l’industrie française, tels que Roubaix et Mazamet. Paul B.
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- L’AVENIR DU SOUS=MARIN
- Le sous-marin, considère' comme arme de guerre, deviendra-t-il bientôt le navire roi ? Est-il possible d’accroître ses dimensions, sa puissance, sa vitesse, ses quaiite's diverses de façon à en faire l’arbitre des luttes navales futures et le maître des mers ?
- Des esprits très pressés, comme il en existe toujours, considèrent, dès à présent, la question comme résolue affirmativement.
- Beaucoup d’autres, parmi lesquels se placent de hautes compétences, sont beaucoup moins affirmatifs et pensent que si des progrès toujours possibles peuvent amener le sous-marin à un état de perfectionnement qui rendra son rôle de plus en plus important, dans l’état actuel de la science de la machinerie navale, ces progrès ne sont pas en vue. En un mot, tant qu’on n’aura pas inventé et réalisé le moteur puissant pour la navigation en plongée, tant que le sous-marin ne disposera pour marcher sous l'eau, que d’une machine électrique alimentée jpar des accumulateurs, il restera un outil imparfait et par conséquent incapable de s’imposer comme le dominateur des Océans.
- Ceci dit, il n’en est pas moins très intéressant de connaître les idées qui se font jour, les études qui se poursuivent un peu partout à ce sujet. Un savant allemand, le professeur Flamm, a fait savoir récemment qu’il avait réalisé (sur le.papier) un projet de sous-marin de 1440 tonnes à bord duquel il était assuré de pouvoir obtenir les perfectionnements suivants :
- Cuirassement du pont et des flancs et par conséquent protection contre l’artillerie ordinaire, contre celle des avions, 2 tourelles portant des pièces de calibre pouvant atteindre 240 mm., vitesse de 25 à 28 nœuds, accroissement de la sécurité de manœuvre, perfectionnement de l’armement en torpilles pour pouvoir tirer dans toutes les directions.
- M. Flamm, dans sa communication à l’Université technique de Charlottenbourg, a ajouté qu’il avait également préparé les plans de croiseurs sous-ma-
- rins de 5000 à 9000 tonnes, simples agrandissements du précédent (1440 tonnes), mais que tout espoir concernant leur réalisation.était prématuré tant que le sous-marin de 1440 tonnes n’aurait pas été construit et ses essais poussés à fond.
- D’ailleurs, ajoute mélancoliquement le professeur Flamm, les expériences ne pourront avoir lieu en raison du veto opposé par les vainqueurs de l’Allemagne à toute construction de sous-marins. Le savant allemand ne risque rien, on le voit, à se vanter d’avoir découvert le merle blanc !
- Voici, d’ailleurs, ce que pense de ces prétendues découvertes l’ingénieur naval français Laubeuf dont la haute autorité et la compétence s’imposent dès qu’il est question de navigation sous-marine.
- Le principal obstacle au développement du sous-marin comme arme militaire réside, comme il est dit plus haut, dans l’infirmité qui le rend podagre sous l’eau et qui pratiquement a jusqu’ici limité sa vitesse en plongée à 11 nœuds. Les sous-marins anglais du type récent baptisé Iî de 5000 tonnes, filent 25 nœuds en surface et 9 seulement sous l’eau.
- Il est à remarquer d’ailleurs que le Dr Flamm ne parle pas et pour cause, de cette question, si importante cependant, de la vitesse en plongée.
- Le cuirassement du pont et des flancs utile peut-être contre l’artillerie, ne le sera pas, à moins de devenir énorme et de constituer un poids dangereux, contre les charges puissantes des bombes de profondeur dont on envisageait déjà l’emploi à la fin des hostilités.
- En ce qui concerne les croiseurs sous-marins de 5000 à 9000 tonnes, il faut considérer qu’ils coûteraient très cher pour un armement forcément réduit, les accumulateurs dont on ne peut se passer pour la marche sous l’eau absorbant une grande partie du tonnage. De plus, la navigation en plongée pour les mastodontes sera impossible dans la mer i du Nord et la Manche, qui n’ont pas les fonds suffisants pour cacher un sous-marin de 10 àr 12 mètres de diamètre.
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- Fig. 3. — Type de monitor semi-submersible de l'ingénieur italien Nabor Soliani.
- Vue en long. Le navire à demi immergé dans sa position de combat laissant apparaître seulement les tourelles et le gaillard d’avant.
- Vue en plan.
- Coupe du monitor en demi-immersion.
- Force leur serait donc de naviguer souvent en surface ou en demi-plongée et de se trouver ainsi soumis à tous les aléas que cette position comporte, y compris la rencontre de navires de surface qui les couleront au canon et celle de sous-marins ennemis moins encombrants.
- Les monitors sous-marins du Dr Flamm porteraient des canons de 240 mm., ce qui est peu comparativement aux pièces 505 mm. dont sont armés les sous-marins anglais du type M, de 2000 tonnes seulement(*).
- Il peut être intéressant de rapprocher les soi-disant inventions du docteur allemand des travaux, toujours sur papier, présentés par l’ingénieur italien Nabor Soliani, à la Société des Architectes navals à Gênes au commencement de 1921.
- M. Soliani prône des monitors semi-submersibles de vitesse en surface relativement faible, 18 à 20 nœuds, capables de résister effectivement tant à l’attaque des mines et torpilles qu’aux projectiles de l’artillerie lancés sous de grands angles et aux bombes des navires de l’air, aéroplanes ou dirigeables.
- Ce genre de navire rie portera pas de cuirasse sur les flancs, la protection contre les obus devant être fournie par la couche d’eau sous laquelle les
- parties élevées du navire seront submergées.
- La figure 1 montre, en effet, l’aspect sous lequel les navires de l’ingénieur Soliani se présenteraient au combat, ne montrant au-dessus de l’eau que leurs deux tourelles avec 2 ou 5 pièces de 581 mm., une étroite bande de pont portant les embarcations de sauvetage, le blockhaus et l’artillerie légère et anti-aérienne, et un court gaillard d’avant. Ce pont, répétons-le, est fortement protégé et pratiquement impénétrable aux projectiles de tous genres. Les machines seraient à combustion interne. La protection de la carène contre les mines et torpilles est obtenue par l’emploi de soufflages ou double coque semblables à ceux dont ont été munis les monitors construits en Angleterre pendant la
- 1. En plongée, 1600 tonnes en surface.
- Fig. 2. — Les sous-marins anglais du type K de 265o tonnes.
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- Fig. j. — Sous-marin anglais de la classe M de 2000 tonneaux, portant un canon de 3o5 m/m.
- guerre, et aussi le grand cuirassé Hoocl achevé et rnis en service depuis la paix.
- La semi-immersion employée seulement au combat, est obtenue en introduisant la quantité d’eau nécessaire dans des water-ballast occupant les fonds du navire à l’avant et à l’arrière. Bien entendu, M. Soliani présente avec ses plans toutes les études relatives à la stabilité de ses bâtiments dans les deux cas de position normale et de semi-immersion.
- Il ne prétend pas d’ailleurs à autre chose que présenter un type de navires qui conviendrait particulièrement à la marine italienne par son coût rela-tivement peu élevé, l’excellence de sa protection et sa puissance en artillerie.
- Sans discuter à fond l’idée de M. Soliani, on peut lui présenter des objections sur les conditions défectueuses d’habitabilité et d’aération de son genre de navires, l’importance du tirant d’eau en semi-immersion (11 mètres), la difficulté de manœuvre qui en résulterait et enfin les très mauvaises conditions où ils se trouveraient pour combattre avec de la mer un peu grosse qui noierait leur artillerie.
- Pour conclure ces considérations, je ne puis mieux faire que d’indiquer ce que pense, sur les constructions navales de l’avenir, sir George Thurston, directeur des chantiers Yickers. Parlant du sous-
- Fig. 4. — Le sous-marin cuirassé de 9000 tonneaux, tel que le rêve Vingénieur allemand Flamm.
- marin il dit : « Aucun progrès n’apparaît possible « dans les qualités de surface des sous-marins, sans « un sacrifice correspondant de ces mêmes qualités « en plongée.
- « Un déplacement de 5400 tonnes, nécessaire a pour arriver à la vitesse de 50 nœuds, comportc-« rait une longueur de 150 mètres, un tirant d’eau a de 7 m. et ce sous-marin ne pourrait porter « qu’un canon de 14 cm et un de 75 mm avec « 6 tubes lance-torpilles. La vitesse en plongée ne « pourrait guère dépasser 7 nœuds 1/2.
- « Les difficultés tactiques de manœuvre d’un « bâtiment de ces dimensions seraient, pour le « commandant, une source de grande anxiété. »
- Les sous-marins anglais de la classe K (fig. 2) (*) qui ont un tirant d’eau de 4 m. 80 sont déjà d’une manœuvre difficile en eau peu profonde. Si bien qu’à la suite d’accidents nombreux qu’ils ont éprouvés, l’amirauté les a pratiquement retirés du service.
- « Combien plus difficile, ajoute sir George 0. « Thurston, serait par conséquent, la manœuvre « d’un grand bâtiment de combat submersible. En « dehors de toutes considérations sur la valeur de « l’efficacité combative d’une telle unité, les dimen-« sions d’un submersible cuirassé d’un armement « et d’une vitesse égaux à ceux d’un capital Ship moderne seraient telles que l’expert naval le plus hardi hésiterait à assumer la responsabilité d’en conseiller la construction. » Cette opinion d’un ingénieur appartenant à une nation où on n’hésite pas à sortir des sentiers battus quand il s’agit de marine, doit être la bonne.
- Elle est corroborée d’ailleurs par ce fait que les trois grandes marines que la guerre laisse en présence, celle de l’Angleterre, des Etats-Unis et du Japon, construisent à qui mieux mieux, de grands et puissants navires cuirassés.
- C4 Sauvaiue Jouudan.
- 1. De 1880 tonnes en surface et 2650 en plongée.
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- ÉLECTRIFICATION PARTIELLE DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- Les premières électrifications effectuées aux Etats-Unis ont été imposées aux Compagnies de chemins de fer par des municipalités comme celle de Chicago qui ont impitoyablement proscrit la circulation de locomotives à vapeur dans l’enceinte de la ville.
- A l’absence de fumée qui caractérise la traction électrique s’ajoutent bien d’autres avantages. En effet, la locomotive électrique, à l’inverse de la locomotive à vapeur, ne comporte aucun appareil générateur d’énergie. C’est l’usine hydro-électrique ou la centrale thermique qui fait l’office du combustible, du foyer et de la chaudière.
- La suppression de tels impedimenta a permis de construire des automotrices d’une force de plusieurs centaines de chevaux dont les moteurs sont logés sous la voiture, elle-même aménagée pour le transport des voyageurs a l’exception d’une cabine réservée au wattman.
- En insérant entre deux automotrices un certain nombre de voitures ordinaires, on constitue des trains du type de ceux du métropolilain, particulièrement appropriés à un service en navette pour la desserte de la banlieue des grandes villes. Un convoi ainsi formé, lorsqu’il arrive à destination, peut êlre renvoyé à son point de départ sans autre sujétion qu’un changement de poste du wattman qui n’a qu’à passer de l’automotrice de tête à celle de queue.
- La traction par automotrices électriques permet donc d’accélérer la rotation du matériel et"— point non moins important — d’économiser, dans les grandes gares en cul-de-sac, les nombreuses voies qui ne servent qu’à la circulation des machines ; dans les autres gares terminus, elle évite les mouvements de machines empruntant les voies principales au préjudice de la sécurité de l'exploitation.
- Dans les grandes villes, et notamment à Paris, on peut être contraint de recourir à l’électrification par suite de l’exiguïté des emplacements disponibles pour l’extension des gares. Tel est le cas des lignes de banlieue qui aboutissent à la gare Saint-Lazare,
- Sur toutes ces lignes sans exception, y compris la ligne d’Auteuil, les travaux d’électrification se poursuivent très activement.
- L’opération sera étendue aux lignes aboutissant à la gare Montparnasse.
- La banalisation des machines. — On sait que l’entretien en bon état de la locomotive à vapeur exige une attention de tous les instants, faute de quoi la moindre avarie pourrait occasionner l’immobilisation de la machine ; il n’en est pas de même de la locomotive électrique dont l’entretien est assuré dans les ateliers et non par l’équipe de conduite.
- On ne peut donc obtenir la régularité de fonc-
- tionnement de la locomotive à vapeur qu’en évitant de banaliser les machines; l’équipe doit faire corps avec l’engin, si bien que la durée du service journalier de la machine se trouve limitée par l’amplitude de la journée de travail de l’équipe.
- La banalisation, très peu recommandable avec la locomotive à vapeur, est au contraire exempte de tout inconvénient avec la locomotive électrique. Celle-ci peut d’ailleurs assurer un service ininterrompu de plusieurs journées sans nécessiter le moindre nettoyage tandis qu’il faut décrasser la locomotive à vapeur au bout d’un nombre assez limité d’heures, puis la remettre en feu, graisser certains de ses organes, etc.
- Il n’est donc pas étonnant de constater :
- 1° Qu 'une locomotive électrique peut assurer le même service que deux locomotives à vapeur au moins.
- Ll° Qu’avec le même nombre d’équipes de conduites on peut assurer le service d’un plus grand nombre de trains électriques.
- La récupération. — Une autre propriété importante de la traction électrique, c’est de permettre la descente à vitesse constante des longues et fortes pentes sans être obligé de combattre la tendance à l’emballement en faisant absorber par les freins — au prix de l’usure du métal des bandages et des sabots — l’accroissement de force vive que prendrait le train sous l’action de la pesanteur.
- Grâce à sa réversibilité, le moteur électrique peut en effet fonctionner indifféremment comme récepteur ou comme générateur et il suffit, en abordant une longue descente, de cesser d’alimenter les moteurs pour que céux-ci, entraînés par les essieux, engendrent à leur tour du courant qui peut être renvoyé ensuite à l’usine dès que son voltage dépasse celui du courant en ligne.
- Au lieu de déterminer l’emballement, la pesanteur produit du courant qui est récupéré par l’usine génératrice.
- L’électrification des lignes de montagne — grâce à la récupération — simplifiera donc, dans une très grande mesure, le problème du freinage continu des trains de marchandises en libérant les freins de l’obligation de s’opposer à l’emballement des trains sur les pentes et en réduisant leur rôle à celui d’obtenir l’arrêt du train ou de prévenir les dérives. N’importe quel système de frein continu répond à ces conditions.
- Les sous-stations di transformation. — On sait que pour transporter des courants très intenses il faut des fils très gros, comme pour capter des sources de grand débit il faut de gros tuyaux.
- Eu égard au poids et au prix du cuivre il est donc indispensable de transporter l’énergie électrique sous forme de cotirant de faible intensité et de très haute tension alors qu’on ne peut produire
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- Fig. i. — Carte montrant les projets d’électrification des chemins de jer du Midi, d’Orléans et du P.-L.-M.
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- et utiliser cette énergie qu’à des tensions moyennes.
- Fort heureusement les électriciens disposent du transformateur, véritable baguette magique qui leur permet de faire revêtir au courant les formes les plus diverses sans modifier l’énergie qu’il transporte. ün coup de cette baguette change un courant de faible tension et de grande intensité, telle une chute d’eau de faible hauteur et de grand débit, en un courant de forte tension et de faible intensité ayant l’aliure d’une haute cascade à faible débit.
- Chacun connaît le principe de la bobine de Ruhmkorff sur lequel sont basés les transformateurs statiques applicables seulement aux courants alternatifs. Lorsqu’il s’agit d’obtenir du courant continu il faut recourir soit aux convertisseurs rotatifs ou commutatrices, soit aux groupes moteurs générateurs. On arrive même aujourd’hui au même résultat à l’aide des transformateurs statiques à vapeur de mercure Brown-Boveri.
- Dans les groupes moteurs générateurs, le courant à haut potentiel actionne une dynamo réceptrice calée sur un arbre entraîné à grande vitesse. Au moyen de trains d’engrenages, par exemple, on peut réduire cette vitesse avant de la communiquer à un autre arbre sur lequel est calée une deuxième dynamo. Cette dernière tournant beaucoup moins vite produit du courant à beaucoup plus faible tension que la première, mais puisque toute l’énergie du premier arbre est transmise (au rendement des engrenages près) au second, la deuxième dynamo fournira un courant d’autant plus intense que sa tension sera moins élevée.
- Les transformateurs à vapeur de mercure sont basés sur la propriété suivante :
- On sait qu’un tube où l’on a fait le vide presque parfait et qui renferme des traces de vapeur de mercure s’illumine lorsqu’il est branché sur un courant alternatif et filtre ce courant dont il ne laisse passer que les demi-pulsations d’un même sens. En d’autres termes, il sort du tube sinon du courant continu, du moins un courant redressé qui a les mêmes propriétés.
- Ce procédé permet de transformer du courant alternatif en continu sans recourir à la complication des convertisseurs rotatifs qui exigent une surveillance constante.
- L'équipement des lignes. — Deux systèmes sont en présence : le troisième rail sur lequel un frotteur fixé à la locomotive recueille le courant et le fil aérien sur lequel roule un trolley fixé au bout d’une perche ou mieux un rouleau formant la partie supérieure d’un pantographe.
- Le troisième rail, très robuste, a l’inconvénient en hiver de se couvrir de neige et surtout de verglas et en tout temps d’offrir du danger pour le personnel appelé à circuler sur les voies.
- On est conduit par suite à réaliser le contact du frotteur non plus sur la partie supérieure du rail, mais sur sa partie latérale. Le dessus du rail peut alors être recouvert d’une planche en bois.
- Le fil aérien est supporté par une suspension dite caténaire. Entre des points fixes, éloignés d’une centaine de mètres l’un de l’autre, on tend un fil qui prend la forme d’une chaînette et au moyen de supentes verticales de longueur convenable, on y attache, de place en place, le fil de travail. Celui-ci peut alors être maintenu rigoureusement parallèle au sol.
- Bien entendu le fil de travail doit être soigneusement Uolé.
- Les divers modes de distribution. — Les SOUS-stations fournissent, sur le fil de travail, soit du courant alternatif, soit du courant continu. Le courant alternatif peut être monophasé ou triphasé. Dans ce dernier cas, on est obligé d’employer 2 fils de travail sur chacun desquels un trolley ou un pantographe spécial recueille le courant;
- Il n’est pas question d’utiliser en France le courant triphasé malgré le succès obtenu par ce système en Italie. On a hésité longtemps entre le continu et le monophasé. Ce dernier a l’avantage de n’exiger que l’emploi de transformateurs statiques dans les sous-stations et de permettre de réaliser aisément toutes les vitesses de marche désirables; mais il a l’inconvénient d’occasionner de graves perturbations sur les lignes télégraphiques et téléphoniques établies le lung du chemin de fer, perturbations que l’on ne peut qu’atténuer au prix d’installations dont la complication approche de celle des groupes convertisseurs. On ne peut même éviter de recourir à de tels groupes que si le courant est spécialement produit pour le chemin de fer ; en effet, les moteurs de traction ne peuvent utiliser que le courant monophasé à 16 ou 25 périodes par seconde, alors que les autres applications industrielles de l’électricité réclament une fréquence beaucoup plus élevée de 50 à 60 périodes.
- On est donc amené à modifier la fréquence du courant à fournir au chemin de fer, ce qui exige qu’on installe à l’usine génératrice des appareils de tout point semblables aux groupes convertisseurs ; la difficulté ne serait donc souvent que déplacée.
- Le courant continu déjà universellement employé sur les tramways, les métropolitains et les lignes de banlieue, sous une tension de 600 à 1200 volts a reçu dans ces dernières années une application éiendue aux Etats-Unis sur des lignes à grand trafic et sous les tensions de 2400 à 5000 volts pour éviter d’exagérer les dimensions du fil de travail.
- En 1919 une mission d’ingénieurs de nos grands réseaux a été envoyée en Suisse, en Italie et aux États-Unis pour visiter les principales lignes électrifiées jusqu’à ce jour. Elle s’est prononcée à l’unanimité en faveur de l’adoption en France de la traction par courant continu, sans toutefois se prononcer définitivement sur le voltage à choisir qui pourrait être comme en Amérique 2400 ou 5000 volts ou descendre jusqu’à 1500 ou même
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- 1200 volts? On ne saurait le dire avec certitude pour le moment.
- Les partisans de la plus haute tension font valoir l’économie d’installation du fil de travail, à énergie égale transportée; les partisans de moindres voltages invoquent la plus grande facilité de construction des locomotives électriques et la possibilité de remplacer le fil de travail par un 3e rail. Si l’électrification doit s’appliquer surtout aux lignes de montagnes ou voisines de la montagne qui n’ont pas à desservir un très fort trafic et sur lesquelles ne circulent pas un très grand nombre de locomotives, il semblerait qu’il faille donner la préférence à la plus haute tension. Si l’on devait au contraire électrifier surtout des lignes de plaine à fort trafic, l’avantage serait aux tensions moyennes.
- Les locomotives électriques. — Tandis que la locomotive à vapeur porte son usine génératrice d’énergie, constituée par le foyer et la chaudière, la locomotive électrique n’est qu’une réceptrice dont l’usine hydro-électrique constitue la génératrice. Or, la puissance de la chaudière est essentiellement limitée par ses dimensions et il en est forcément de même de la puissance de la locomotive à vapeur elle-même. L’usine hydro-électrique au contraire a une capacité considérable et peut à tout moment alimenter les réceptrices de la locomotive électrique.
- C’est ainsi que l’on a pu construire aux États-Unis des locomotives électriques d’une puissance continue de 3000 chevaux et plus, tandis que les plus fortes locomotives à vapeur ne peuvent fournir de semblables puissances que pendant un temps très limité.
- Les locomotives électriques actuellement en service en France sont celles à courant continu de la Compagnie d’Orléans qui circulent entre Paris-Quai d’Orsay, Paris-Austerlitz et Juvisy, les locomoteurs des chemins de fer de l’État entre Paris-Invalides et Versailles et quelques locomotives à courant monophasé de la Compagnie du Midi,
- Des automotrices sont au contraire exclusivement employées sur nos autres lignes actuellement électrifiées , du Fayet-Saint-Gcrvais à Chamonix ( P .-L. -M. ), de Perpignan à Villefranche, de Villefranche à Bourg-Madame, de Lannemezan à Arreau, de Tarbes à Bagnères-de-Bigorre et de Lourdes à Pierrefitte, soit en tout 205 km électrifiés sur le réseau du Midi, sans compter la section de 112 km de Montré-jeau à Pau sur la grande ligne de Toulouse à Bayonne dont l’installation est terminée mais est encore exploitée par locomotives à vapeur.
- Les caractéristiques principales des locomotives et des automotrices électriques actuellement en service sont les suivantes :
- Réseau d'Orléans. — Locomotive déjà ancienne d’une puissance de 500 à 750 chevaux, fournie par 4 moteurs électriques de 125 chevaux alimentés par du courant continu 'a 500 volts provenant de sous-stations où le courant triphasé à 13 000 volts pro-
- duit dans des usines thermiques est transformé par des groupes convertisseurs en courant continu à 500 volts.
- Réseau P.-L.-M. — Automotrices d’une puissance de 130 chevaux, lournie par 2 moteurs de 65 chevaux alimentés par du courant continu à 500 volts provenant de sous-stations où le courant triphasé à 12 000 volts produit dans des usines hydro-électriques est Iransformé par des convertisseurs.
- Réseau de l'Elat. — Locomotives de 500-750 chevaux (ligne de Versailles), mêmes caractéristiques que celles du P.-O.
- Automotrices de 300 chevaux, 2 moteurs de 180 chevaux (petite banlieue à électrifier).
- Réseau du Midi. — Locomotives à courant monophasé d’une puissance de 1200 à 1500 chevaux, à 3 moteurs de 400 à 500 chevaux alimentés par des sous-stations où le courant triphasé à 60 000 volts provenant d’usines hydro-électriques est transformé en monophasé à 12 000 volts (16,6 périodes).
- Automotrices à courant monophasé de 500 chevaux à 4 moteurs de 125 chevaux.
- La locomotive américaine à courant continu, dont le type Standard français ne sera qu’une réduction, a les caractéristiques suivantes :
- Puissance : 3000 chevaux fournie par 4 moteurs de 750 chevaux alimentés par du courant continu à 3000 volts provenant de sous-stations où le courant triphasé à 100 000 volts est transformé en continu 3000 volts.
- La locomotive standard française devra développer une puissance de 1500 à 2000 chevaux.
- La construction des moteurs nécessaires ne présente aucune difficulté spéciale lorsque la tension adoptée ne dépasse pas 1500 volts.
- La question du charbon. — Tous les avantages de la traction électrique ne lui permettraient néanmoins pas de détrôner rapidement la traction à vapeur, car pour se les procurer il faut tout d’abord consentir aux lourds sacrifices financiers qu’exige l’équipement électrique des voies : pose d’un troisième rail ou d’un fil aérien sur lesquels le patin ou le trolley de la locomotive prendra le courant, établissement de sous-stations où le courant à haute tension fourni par les usines se transforme en courant à basse tension avant d’être capté par la locomotive, enfin construction des usines hydro-électriques et du réseau de distribution qui doit relier ces usines aux sous-stations.
- Il s’agit là de capitaux considérables que l’on hésitera toujours à engager sans nécessité absolue, si l’opération à laquelle ils s’appliquent ne se présente pas sous un aspect suffisamment rémunérateur.
- Or, dans les conditions économiques d’avant-guerre, les dépenses qu’eût entraînées l’électrification des chemins de fer auraient été à peine équilibrées par les économies à prévoir, c’est là l’ex-
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- plication de la timidité des conceptions du passé.
- La question a pris un-tout autre aspect avec la disette de charbon dont souffre la France depuis la guerre mondiale.
- Ce combustible — que nous serons toujours contraints d’importer, même après remise en état du bassin houiller de nos régions dévastées — est aujourd’hui encore près de 10 fois plus cher qu’avant la guerre, alors que le prix des matériaux de construction et celui de la main-d’œuvre ne sont que de 5 fois plus élevés qu’en 1914. Si donc l’électrification se présentait avant la guerre sous le jour d’une opération à peu près blanche, elle apparaît maintenant comme véritablement rémunératrice.
- Comme on le verra un peu plus loin, il est facile en électrifiant seulement la partie de nos réseaux qui se trouve à bonne portée des sources d'énergie hydraulique de réaliser une économie de charbon qui dans 20 ans atteindrait près de 3 000000 de tonnes valant à 100 francs la tonne 500 000 000 de francs, l’intérêt à 6 pour 100 de 5 milliards!
- Or l’électrification de ce réseau paraît ne pas devoir entraîner une dépense supérieure à 5 millions 1/2. Elle serait donc amortie rapidement et avant tout nous libérerait d'un tribut , annuel de 300 000 000' de francs à payer à l’étranger.
- Les projets des Compagnies françaises. — Les réseaux du Midi, du P.-L.-M. et de l’Orléans ont soumis aux Pouvoirs publics des projets d’électrification partielle de leurs réseaux portant au total sur 8500 km ainsi répartis :
- P.-0.................. 5100 km
- Midi.................. 5200 —
- P.-L.-M............... 2800 —
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour se rendre compte de la posiiion relative des lignes dont l’électrification est projetée et des usines hydrauliques qui sont ou seront aménagées pour leur fournir l’énergie électrique.
- La consommation de charbon "correspondant au trafic de chacun de ces groupes de lignes en 1915 a été la suivante :
- P.-O. . 450.000 tonnes.
- Midi . . 570.000 —
- P.-L.-M. 650.000 —
- Total . 1.'470.000 tonnes.
- Il y a lieu de prévoir que pendant la période qui séparera l’année 1915 de celle où l’électrification sera achevée le trafic des lignes envisagées aura environ doublé et qu’il correspondrait alors à une consommation de charbon d’environ 3 000 000 de tonnes, soit :
- P.-O. . 900.000 tonnes.
- Midi . . 710.000 —.
- P.-L.-M. 1.500.000 —
- Total . 2.940.000 tonnes.
- Le charbon sur tender revenait déjà en 1913, dans les régions considérées, à près de 50 francs la tonne; la consommation des 3 000 000 de tonnes probable en 1955 exigerait donc une dépense de 90 000000 de francs, au prix du charbon en 1915.
- Or 1 kilowatt-heure d’énergie débitée aux sous-stations équivaut sensiblement, d’après les calculs d’un de nos grands réseaux, à 1 kg 500 de charbon brûle sur une locomotive ou, ce qui revient au même, 1 kg de charbon peut être remplacé par 0 kvv 666.
- 5 000 000 de tonnes de combustible représentent donc 2 000 000 000 de kilowatts-heure.
- Pour obtenir cette énergie de 2 milliards de kilowatts-heure à la sortie des sous-stations, il faudra aménager des usines hydro-électriques d’une puissance au moins double.
- En effet l’énergie de la chute d’eau doit être transformée tout d’abord par des turbines en énergie mécanique, puis par des dynamos en énergie électrique à basse tension ; des transformateurs statiques élèveront ensuite la tension pour permettre le transport économique du courant à la sous-station où de nouveaux transformateurs statiques abaisseront la tension du courant pour permettre de l’utiliser dans les convertisseurs d’où enfin il sort sous forme de courant continu.
- Chacune de ces transformations se paie par une perte de puissance plus ou moins grande suivant le rendeynent du transformateur, si bien qu’il faudra en définitive produire 4 milliards de kilowatts-heure par an dans les usines pour en recueillir 2 milliards à la sortie des sous-stations sur le fil de travail qui alimentera les locomotives.
- Un kilowatt valant 1,36 cheval-vapeur, les usines devront être aménagées pour fournir annuellement 1,56x4 = 5,41 milliards de chevaux-heure et si l’on suppose que le débit moyen des chutes d’eau peut se maintenir à sa valeur moyenne pendant 5000 des 8460 heures que compte une année, la puissance moyenne horaire des mines devra être de
- 5.440.600.000 /nQQ,.nft ,
- ----, -----= 1.088.000 chevaux,
- soit en nombre rond 1 100 000 chevaux.
- C’est à peu près le dixième de la puissance totale des chutes d’eau de la France entière.
- Si l’on examine maintenant comment celte puissance doit être répartie entre les 5 réseaux intéressés, on trouve pour
- L’Orléans. . 520.000 chevaux.
- Le P.-L.-M. 280.000 —
- Le Midi . . 460.000 —
- Total . . 1.060.000 chevaux.
- Les ressources d’énergie hydraulique de la Haute Dordogne fourniront au réseau d’Orléans toute l’énergie dont il a besoin.
- Les ressources des Pyrénées satisferont très largement aux besoins de la Compagnie du Midi qui a
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- UNE “ CAGE ” EN PLEIN AIR POUR LES SERPENTS
- déjà aménagé les usines de Soulom et d’Eget et c[ui en projette une série d’autres dans les vallées de la Tèt et d’Ossau. Une usine établie sur la Hautc-Dourbie, à Aumessas, alimentera la partie du réseau située dans les Gévennes.
- Le réseau P.-L.-M., en dehors de F usine-qu’il étudie sur le Haut-Tarn pour l'électrification immédiate de la section à fortes pentes d’Alais à Lan-gogne sur la grande ligne de Nîmes à Clermont-Ferrand, se propose de se procurer le courant qui lui sera ultérieurement nécessaire en l’achetant aux nombreuses usines existantes ou à créer dans la région des Alpes.
- En terminant, il convient de Remarquer que si le chemin de fer est un client idéal pour les usines hydro-électriques, puisque c’est un gros consommateur qui fonctionne jour et nuit, c’est aussi un client particulièrement exigeant parce que son service ne saurait se plier au caprice du débit des cours d’eau. C’est pour ce motif qu’il sera nécessaire d’aménager en montagne de véritables lacs artificiels où l’on aura soin de recueillir l’eau pendant les périodes de crue et qui formeront d’immenses réservoirs où l’on puisera en saison sèche. Cet artifice permet de disposer pendant toute l’année de la quantité journalière d’eau nécessaire.
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- Il ne permet pas cependant de parer aux déficits des années de grande sécheresse dans lesquelles il faudrait reprendre avec des locomotives à vapeur l’exploitation des lignes les plus difficiles si on ne voulait pas recourir au secours d’usines thermiques auxiliaires.
- Mais l’électrification de cet ensemble de lignes sera encore grandement facilité par l’organisation de vastes réseaux de lignes de transport d’énergie électrique. . ;
- Ces réseaux, alimentés- par toutes les usines d’une grande région subiront; dans une très faible mesure l’effet des variations de -débit des cours d’eau, variations-qui sont loin de se, produire simultanément dans les différentes vallées. Des ceiiT traies thermiques établies en des points judicieusement choisis pourront dès lors être remis en route assez à temps pour qu’en aucun cas le chemin de fer, pas plus que les autres tributaires des usines génératrices, n’aient à souffrir de l’arrêt momentané de quelque usine ou même des effets de la sécheresse. * 1
- La principale objection contre l’électrification totale de nos grands réseaux, celle des nécessités militaires, perdra ainsi beaucoup de son importance.
- CHRONIQUE
- Un engin de guerre navale d’un nouveau genre. — L’Amirauté anglaise se propose de faire entrer dans les rangs de la flotte de guerre, de petits bâtiments qui, jusqu’ici, n’avaient pas encore figuré parmi les unités des flottes régulières. Il s’agit d’embarcations sans équipages, chargées d’explosifs et commandées à distance, en somme de grosses torpilles automobiles de surface dirigées par télégraphie sans fil.
- L’idée n’est certes pas nouvelle. La revue N aval and Milita r y Record qui signale cette innovation, d’après le Livre blanc distribué au Parlement Britannique, rappelle qu’un premier engin avec contrôle à distance fut essayé en 1885 sur le cuirassé Vernon.
- La commande se faisait par câble; il serait juste aussi de. rappeler les essais plus récents de Gabet en
- France, pour diriger par T.'S. F. une torpille automobile.
- C’est l’emploi par les Allemands, pendant la guerre, de bâtiments de ce genre pour éloigner de la côte belge les croiseurs anglais, qui a appelé à nouveau sur eux l’attention de l’Amirauté britannique. C’étaient des embarcations à 2 moteurs, à grande vitesse, parlant de Zeebruges ou d’Ostende. Les premières étaient commandées depuis la côte au moyen d’un câble de 80 km de long, enroulé sur un tambour à l’arrière du bâtiment. Un avion accompagnant l’engin envoyait par T. S. F. à la station côtière les indications nécessaires pour diriger l’embarcation. Celle-ci portait une forte charge d’explosif qui détonait au choc. Plus tard, on se passa cle câble; le contrôle du bâtiment torpille étant exercé directement par l’avion au moyen de la T. S. F.
- UNE “ CAGE ” EN PLEIN AIR POUR LES SERPENTS
- Au cours d’une récente visite au Jardin Zoologique de llegenl's Parle, j’ai noté plusieurs innovations dont la plus curieuse m’a paru être l’enclos des vipères. Ingénicusemént construit, il donne l’impression que ces dangereux reptiles ont été lâchés dans la foule, et qu’il leur suffirait d’exécuter un bond d’une longueur médiocre pour sauter sur les visiteurs et les mordre!
- Tout a été savamment calculé pour reconstituer
- l’habitat des vipères, leur assurer une liberté relative, et mettre le public hors d’atteinte. Le centre de l’enclos est occupé par un amoncellement de rochers, où des cavités et des tunnels ont été ménagés et qui sont partiellement recouverts d’arbustes et de plantes.
- Un fossé, au fond duquel l’eau circule sur une profondeur de dix à quinze centimètres, entoure les rochers, à la base d’une muraille en encorbelle-
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- UNE » CAGE " EN PLEIN AIR POUR LES SERPENTS
- ment faite de ciment que l’on a rendu aussi lisse que le marbre. Une tablette de ciment, large de 40 centimètres, surplombe le fossé. Il serait matériellement .impossible aux dangereux hôtes de sortir de leur enclos en grimpant le long de la muraille.
- Estimant qu’on ne saurait prendre trop de précautions en un pareil cas, la direction du Zoological Garden londonien a lait placer une barre d’appui à hauteur convenable. Un écriteau indique en grosses lettres rouges « Poiso-nous Snakes » (serpents venimeux), et avise les visiteurs qu’il serait dangereux de se pencher hors de cette barre d’appui et de laisser pendre le bras dans l’intérieur de l’enclos.
- L’effet produit est réellement im-
- Big. i. Au
- pressionnant. Quand ces photographies furent prises pour La Nature par un opérateur de l’agence de presse Alfieri, le temps était chaud et le soleil radieux.
- La pierre plate qu’ on aperçoit presque au centre disparaissait sous un énorme « paquet » de reptiles, qui, malheureusement, ne sont pas très visibles sur l’épreuve.
- D’autres rampaient çà et là parmi les plantes, escaladaient les rochers, poursuivaient de menus insectes.
- Quelques-uns nageaient dans la rigole, la tête et le cou hors de l’eau. Deux ou trois s’agitaient vainement à l’assaut de la paroi de ciment. Les spectateurs suivaient attentivement leurs évolutions ; mais les femmes, en général, ne s’attardaient pas au bord de la fosse, et s’éloignaient en manifestant sinon leur effroi, au moins leur répulsion. Tant de personnes ont une horreur instinctive de « tout ce qui rampe »!
- Quoi qu’il Jen soit, cette innovation nous a paru intéressante. C’est une façon originale et rationnelle de présenter les hôtes d’un jardin zoologique, et
- voilà qui nous change des obscures cages de verre où sont enfermés généralement les reptiles.
- Nous avons eu le regret de constater combien la guerre avait appauvri les collections de Regent’s Park.
- Bien des espèces rares qui en faisaient la gloire ont disparu. Qu’est devenue la joyeuse bande de chimpanzés qui égayaient de leurs ébats l’im-
- — En haut, tes reptiles prenant un bain Je soleil. milieu, les reptiles dans la rigole pleine d’eau.
- En bas, le public devant la cage des serpents.
- merise cage du Ape Home? Ce genre n’y est plus représenté que par un individu maladif. Mais nous avons pu voir dans ce même bâtiment un énorme orang-outang, qui est considéré comme le plus grand spécimen en captivité.
- Nous a\ons admiré encore une paire de bisons américains et une paire de bisons européens, dont les mâles sont de stature colossale. Comme ils sont parqués dans des enclos limitrophes, il est facile de comparer les deux espèces et de noter les traits qui les différencient.
- Y. Eorbix.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2478.
- L’ILOT DE ROCKALL
- OCTOBRE 1921
- L’ilot de Rockall, mesurant 20 m. de diamètre sur 21 m. de hauteur, se dresse isolé, dans la partie orageuse de l’Atlantique, à 240 milles marins de la côte nord-ouest de l’Irlande; ses parois presque partout inaccessibles, l’état de la mer, qui constamment vient se briser contre elles, les remous qui en résultent, rendent le débarquement extrêmement difficile et périlleux, et il semble qu’il n’ait été effectué jusqu’ici que deux fois, en 1810 (frégate anglaise Endymion) et en 1862 (navire hydrographique britannique Porcupine) ; en 1896, une
- l’entraînement de tous mes collaborateurs (>), nous avons pu réaliser en tous points ce programme, malgré les grandes difficultés qu’il présentait.
- Le Pourquoi-Pas? appareillait de Cherbourg le 19 juin et mouillait en rade de Stornoway le 25 au soir ; il en repartit le 27 et, le 29, à 9 h. 50, il se trouvait à 400 m. de Rockall; le temps était très I beau, clair, avec vent faible de l’W-N-W et houle de cette direction. À 10 heures, la baleinière et le canot n° 1, tous deux pourvus du matériel nécessaire, poussaient du bord. Je donnai le commande-
- Fig. i. — Divers aspects de l’ilot de Rockall, d'après les dessins de M. P. Le Conte.
- expédition scientifique irlandaise a vainement tenté d’y accoster.
- M. le professeur A. Lacroix, m’ayant signalél’in-térêt que présenterait une nouvelle étude de la roche spéciale (rockallite) recueillie jadis sur ce rocher, j’ai obtenu de M. le Ministre de la Marine toutes les facilités nécessaires pour effectuer dans ces paragesune croisière à l’aide du Pourquoi-Pas ? Le but de l’entreprise était précis : « tenter un débarquement sur le rocher, y recueillir le plus possible d’échantillons de roches, examiner un détail de structure observé de loin par l’expédition irlandaise, enfin, subsidiairement, entreprendre des recherches océanographiques sur le banc de Rockall)).
- Favorisés par le temps, grâce au dévouement et à
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences, le 1er août 1921.
- ment de la baleinière disposée pour le débarquement au lieutenant de vaisseau de Tournemire et je pris celui du canot, prêt à porter secours en cas d’incident. Nous fîmes le tour de Rockall et pûmes nous rendre compie qu’à ce moment un débarquement n’était possible que sur une petite saillie de l’angle Sud-Sud-Est où la mer brisait le moins. Profitant d’un instant favorable, Môussard, matelot fonctionnaire du Muséum, bondit sur le rocher recouvert d’algues et gagna une sorte de crevasse où Le François, marin de l’Etat, le rejoignit. La baleinière se tenant à distance, un va-et-vient fut établi,
- 1. L’élat-major du Pourquoi-Pas ? se composait de MM. le lieulcnant de Tournemire, second ; Hamel, naturaliste; P. Le Conte, artiste peintre ; Y. Lecam, maître principal pilote de la Hotte, et moi-môme, capitaine de corvette de réserve, commandant. Saul' trois marins, employés du Muséum, l’cquî-page était composé de 23 matelots appartenant à la Marine nationale.
- H -
- 49' Année
- 2" Semestre
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- L’ALIMENTATION DU CANAL DU MIDI
- par lequel furent passés des marteaux, masse et ciseaux, puis évacués les échantillons dont le prélèvement fut extrêmement difficile et pénible par suite de la configuration du rocher, de sa dureté et aussi de l’instabilité de la position desdeux hommes. Pendant cette opération, le canot put accoster la paroi verticale Est de Rockall et y recueillir des algues.
- Ail h. 15, non sans difficulté, les deux hommes sautaient dans la baleinière et nous rentrions à bord, après nous être rendu compte qu’il était impossible d’approcher de la tête de roche de Hazel-vvood, située à 200 m. environ au nord de Rockall, qui, déterminant brisants et remous, ne se montre qu’entre deux ondulations de boule.
- Nous appareillâmes aussitôt pour commencer sur le Banc de Rockall des études océanographiques préalablement concertées.
- Le 1er juillet, le temps élait toujours clair et il faisait calme, mais la houle de l’Ouest était très prononcée. A 19 heures, nous étions revenus à Rockall ; la mer brisait beaucoup plus fort que précédemment ; néanmoins nous avons procédé à un nouveau débarquement. Après nous être assurés que, cette fois encore, du côté de la paroi verticale faisant face au N-E, il n’y avait ni brisants, ni remous, mais seulement une très forte levée. M. de Tournemire sortit de cet abri dans une seconde d’accalmie, et permit ainsi à M. Le Conle et au gabier Ronnichon de sauter sur un petit promontoire, situé à quelques mètres de celui où avait été-effectué le premier débarquement. De nouveaux échantillons purent être ainsi recueillis.
- Nos recherches océanographiques se sont prolongées jusqu’au 4 juillet ; nous avons pu effectuer douze stations, comprenant sondages, prises d’eau etde température, dragages et chalutages.
- En dehors des collections recueillies et préparées par le naturaliste, M. Hamel, des observations prises par M. de Tournemire, le maître-pilote Lecam et moi-même, M. Le Conte, tout en relevant les températures d’eau de mer et en prélevant les échantillons, fit un grand nombre de croquis et d’aquarelles, relevant des détails de la coloration et de la configuration du rocher, delà distribution des algues, etc.
- Bien que la description qui a été donnée de
- L’ALIMENTATION
- La suppression des tarifs, dits de concurrence, instaurés par la Compagnie des chemins de fer du Midi lorsque celle-ci se trouva, substituée à l’ancienne Société du canal du Midi, et la modernisation, vraisemblablement prochaine, de l’artère de jonction entre l’Atlantique et la Méditerranée, dont le gabarit sera accru pour recevoir des bateaux de 500 tonnes, attire particulièrement l’attention sur
- Rockall soit en général exacte, j’ai pu la compléter sur quelques détails, car, grâce à des circonstances excep'ionnellement favorables, nous l’avons étudié de fort près. La face exposée à l’Est, formant une muraille absolument verticale, est d’une coloration gris foncé; elle est martelée, comme si elle avait servi de but à des tirs à obus pleins. Certaines de ces excavations sont assez profondes pour que s’y tiennent des oiseaux (en particulier Rissa tridac-iyla). Des algues touffues et abondantes tapissent la partie de la muraille baignée par la mer. Yu de l’Ouest, Rockall ressemble à un énorme casque à pointe, dont la convexité est fournée à l’Ouest, et qui serait fendu transversalement suivant un diamètre orienté N-S. La partie basse, constituant la visière, a de 2 m. à 5 m. de hauteur au-dessus du niveau moyen de la mer ; elle est séparée de la partie supérieure du casque par un sillon plus ou moins profond. C’est danscelte partie inférieure que les explorateurs de l’expédition irlandaise avaient cru voir une stratification ; l’examen que nous avons fait de près, avec Je plus grand soin, nous conduit à constater qu’une telle stratification n’existe pas ; dJailleurs l’étude de nos échantillons faite par M. A. Lacroix montre que la constitution lithologique de cette portion du rocher ne diffère pas de celle de sa portion supérieure. Les particularités de sa forme sont certainement dues à l’action delà mer, plus violente de ce côté que sur les autres faces.
- Toute la base de Rockall, en contact continu avec la mer, est matelassée par une épaisse couche d’algues, d’un brun rouge, que M. Hamel rapporte aux Alaria. Au-dessus se trouvent, entrelenuespar l’humidité des embruns, des algues vertes et violettes. Plus haut, apparaît la roche à vif, de coloration grise ; son sommet, couvert de déjections d’oiseaux, a la blancheur et l’aspect de la neige. Rockall est habitée, en effet, par des milliers d’oiseaux dont la répartition par groupes a été soigneusement notée par M. Le Conte ; par moments, prenant leur vol en masses, ils simulent un panache de fumée. Ces oiseaux sont peu farouches et la sirène du bateau, mise en action alors que nous passions à une trentaine de mètres, les laissait complètement indifférents.
- J HA. N ÇlIAliCOT.
- J CANAL DU MIDI
- la grande voie transversale du Sud-Ouest. L’œuvre de Biquet apparaît désormais susceptible de rendre à la navigation qui tendait à la délaisser de précieux services, et il est possible d’y entrevoir un rapide et sensible développement du trafic, jusqu’ici paralysé par la rivalité du rail et l’exiguïté de la cuvette.
- Toutefois, alors que nos canaux souffrent d'une
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- L’ALJMENTATJON DU CANAL- DU MIDI ........— 2U
- insuffisance avérée de leur alimentation, à laquelle les pouvoirs publics ont le devoir de remédier sans plus attendre, il est permis de se demander si le canal du Midi répondra, à ce point de vue, aux exigences d’une navigation intensifiée. M. l’Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Lagrange, chargé du contrôle des canaux du Midi, s’est livré, à cette occasion, à des études approfondies, qu’il a portées à la connaissance du récent Congrès de la Navigation intérieure réuni à Rouen.
- L'alimentation primitive du canal et Riquet. — Bien qu’exécuté seulement durant la seconde moitié du xvup siècle, le projet de l’artère interocéanique, — on l’ignore en général — fut, originellement établi sous François Ier, repris sous Charles IX, et examiné par Louis de Foix, sur les ordres de Henri IV. En 1598, on avait songé à emprunter les eaux de l’Ariège, pour l’alimentation du futur canal, et à les détourner vers Naurouse, au bief de partage.
- lit de Lampy un autre ruisseau appelé d’Alzau, distant d’environ cinq quarts de lieues et, par conséquent, plusieurs autres eaux qui se rencontrent dans cette conduite, de sorte que jointes ensemble, étant comme elles sont toutes sources vives et de durée, elles forment une grosse rivière qui, menée au point de partage, rendra ce canal suffisamment rempli des deux côtés pendant toute l’année et jusqu’à six pieds de hauteur et neuf toises de large, si bien que la navigation de ce canal serait sans difficulté. »
- Riquet devait, ultérieurement, compléter son plan initial. Il reporta le point de partage du col de Graissens à la Fontaine de la Grave près des Pierres de Naurouse. Après examen sur place d’une commission royale (1664), Riquet fut chargé enfin d’exécuter les rigoles d’alimentation « pour faire l’essai de la pente et de la conduite des eaux ». C’est alors qu’il comprit l’intérêt qu’il y aurait à
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- Fig. i.
- Le Canal du Midi.
- Mais il eût fallu ouvrir une rigole entre le grand Lhers, tributaire de l’Ariège, et Lhers mort, affluent de la Garonne, dans des conditions qui furent jugées défavorables et trop coûteuses.
- Richelieu se préoccupa, à son tour, de réaliser la jonction des deux mers, Cependant les projets qui lui furent soumis par les ingénieurs du temps se heurtaient à la pénurie des eaux et à la difficulié de les centraliser à Naurouse, à 190 mètres d’altitude.
- Il appartenait à un fermier des gabelles, l’illustre Pierre-Paul de Riquet , de résoudre le problème en 1662. Riquet, avec l’éclair du génie, avait su reconnaître que la Montagne Noire était susceptible de fournir le cube d’eau indispensable. « Ce qui me semble le plus important, écrivait-il le 26 novembre 1662, est d’avoir d’eau à suffisance pour le remplir (le canal) et de la conduire à l’endroit même où est le pont de partage. Ce qui se peut aussi faire avec facilité, prenant la rivière de Sur près de la ville de Revel qu’on conduira par pente naturelle, puis qu’il se trouve neuf toises de descente depuis ledit Revel jusqu’au point de partage, et que le pays est uni et sans éminence ; il est encore aisé de conduire le ruisseau appelé de Lampy dans le lit de la rivière de Revel, distante d’environ 1500 pas l’une de l’autre. 11 est pareillement facile de mettre dans le
- installer un vaste réservoir, pour l’emmagasinement des eaux et leur distribution méthodique.
- Le Chevalier de Clairville, commissaire général des fortifications, reçut la mission d’élaborer un programme de travaux. Il proposa de dériver les eaux de la forêt de Ramondens non dans le Sor comme le voulait Riquet, mais dans le Landot et de créer un réservoir dans le vallon de Vaudreuille. Quant à la partie languedocienne du canal, de Trèbes à l’étang de Thau, Clairville voulait l’alimenter avec les eaux du Fresquel, de la Bretonne, du Mayrac et de la Cesse.
- Biquet apporta de profondes modifications à ce projet.
- 11 reprit son idée primitive, détourna l’Alzau dans le Sor, tandis qu’il construisit son réservoir aux Pierres de Naurouse.
- Malheureusement, les ouvrages régulateurs établis par Riquet et ses successeurs jusqu’en 1685 assuraient bien l’évacuation di s excédents; ils ne réussissaient pas à entraver l’ensablement progressif de la voie nouvelle.
- Ce fut à Vauban que Louis XIV demanda de remédier à cet inconvénient grave, puisqu’il menaçait l’existence même du canal.
- Vauban, avec son admirable clairvoyance et sa science profonde des travaux publics, recommanda-
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- d’ouvrir de nombreuses rigoles de Tuile, et de modifier 1 alimentation du canal.
- Les projets de Vauban et la modification de l’alimentation. — Riquet avait supprimé, pour raison d’économies, la rigole prévue par Clairville, pour capter la source du Landot. Vauban estima son exécution nécessaire pour renforcer l’alimentation du réservoir de Saint-Ferréol ou de Vaudreuille conçu par Clairville.
- Il préconisa l’agrandissement de cette retenue par un surélèvement des berges, l’ouverture de deux réservoirs nouveaux à Lampy, et la création d’une rigole pour drainer les eaux du Fonlils, et des ruisseaux de Souches, Dourgne et Massagent. Il envisageait même l’adduction des eaux du Thoré et de Mazamet.
- Mais, vu la pauvreté du Trésor Royal, on se contenta de l’exhaussement des digues de Saint-Ferréol, du percement du tunnel du Landot et de la construction de rigoles et d'aqueducs.
- L’alimentation de la voie de navigation fut alors assurée seulement par le détournement des eaux de la forêt de Ramondens, du Landot et du Sor, et, dans la plaine, par l’adduction du flot du Fresquel, de l’Orviel, de l’Ognon, de la Cesse, de l’Orb et de l’Hérault.
- Force fut, en 1776, d’installer le réservoir de Lampy.
- Des besoins nouveaux : irrigations et submersions. — Mais ces ressources allaient devenir insuffisantes dans la suite. Les besoins du bief atteignant 600 litres par seconde alors qu’on disposait de 675 à 1500 litres, il était impossible d’utiliser un cube d’eau important pour les irrigations.
- Or, au xixe siècle, l’agriculture se montra exigeante. En 1815, elle recevait 5877 nr sur le versant ouest. Les Compagnies du canal, puis des chemins de fer du Midi montrèrent plus de libéralité à l’égard de la terre.
- Le cube mis à la disposition de la culture varia entre 25 000 et 1 00 000 m3 par jour, mais ce fut au détriment de la batellerie, le niveau normal des biefs étant abaissé de 20 à 50 centimètres.
- À partir de 1880, toutefois une politique nouvelle prévalut. La submersion des terrains fut généralisée.
- La prise de 500 litres à l’éliage dans l’Aude, à Villedubert permit d’adjoindre aux irrigations des submersions rationnelles du vignoble phylloxéré.
- Puis, on offrit de lancer dans le canal 4500 litres supplémentaires, dont 5500 réservés aux submersions d’hiver. Une décision ministérielle du 20 janvier 1879 avait autorisé le concessionnaire à prélever à Villedubert un nouveau contingent de 500 litres. Une loi du 5 avril 1880 répartit 5095 litres par seconde aux* propriétaires du sol.
- De nouvelles prises furent admises postérieurement, et le canal du Midi devint, sur son versant occidental, une rigole d’irrigation et de submersion
- DU CANAL DU MIDI
- beaucoup plus qu'une voie de circulation balel-lière. Ceci explique, en partie, le déclin de la batellerie entre Toulouse et Cette.
- Le canal à l’époque actuelle. — Présentement, l’alimentation du canal du Midi se présente sous l’angle suivant :
- La section occidentale de Toulouse au Fresquel, longue de 110 kilomètres, et comprenant 41 biefs, dont 24 vers la Méditerranée, reçoit les eaux de la forêt de Ramondens emmagasinées au col de Nau-rouse (Lampy et Saint-Ferréol 8 050 000 m3), leré?er-voir de Riquet étant comblé depuis 150 ans. Le cube d’eau dérivé s’élève normalement à 57 millions de mètres cubes. De ce chef, le versant est reçoit 420000 m3 par kilomètre et par an, et le versant océanique 280 000 m3.
- Pendant l’été, il faut déverser dans le canal autour de 80 000 m3 par jour.
- La section centrale du Fresquel à l’Orb (100 kilomètres de longueur) s’alimente du flot du Fresquel, de l’Orviel, de la Cesse. L’Ognon a été abandonné depuis 1850.
- Les sassées de l’écluse du Fresquel lui envoient 10 000 m3 par jour, les rivières précitées 107 000 m3, l’Aude à Villedubert, 150 000 m3, soit 250 000 m3, dont 114 000 réservés à l’agriculture.
- La troisième section —Béziers à l’étang de Thau — mesure 50 kilomètres, et s’enrichit des eaux de l’Orb et de l’Hérault, ainsi que des sassées de l’amont.
- Les besoins du Canal en vue du présent et de l’avenir. — Sur la section orientale, les ressources sont suffisantes pour la transformation du canal au gabarit de 500 tonnes, et pour un trafic cinq fois plus élevé qu’à notre époque.
- Sur la section centrale, les submersions ont été supprimées; malgré les irrigations d’été, le débit apparaît assez étendu pour une augmentation sensible des transports; la prise de Villedubert pouvant recevoir de l’Aude, depuis 1878, 150000 m3 par jour.
- Par contre, la section de montagne nécessitera sous peu un énorme accroissement de l’alimentation. Il faut à la fois, en effet, remédier aux irrégularités de la consommation par l’appoint d’un volant important, et assurer de nouvelles réserves pour la navigation. La loi .du 22 décembre 1905 avait, corollairement, admis la construction d’un réservoir complémentaire de 1 800000 m3.
- En 1915, la capacité éventuelle de la retenue a été portée à 2 000 000 de m3.
- Les dernières études ont résolu le problème de son édification.
- Les ingénieurs, M. Lagrange en tête, considèrent qu’on pourrait dégager l’ancien bassin de Riquet à Naurouse (8 hectares), et y déverser les eaux qui jadis l’alimentaient, et sont aujourd’hui décantées.
- Le réservoir de 2 000 000 de m3 pourra être établi dans la vallée supérieure de l’Alzau. .Grâce à la résistance d’un sol granitique, sa capacité peut aisément être élevée à 4 000 000 de m3.
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- Mais il nous semble que si cette réserve peut répondre à des besoins accrus, il en irait tout autrement si les bateaux de 300 tonnes fréquentaient intensément la voie améliore'e. Il faudrait envisager d’autres projets, en particulier revenir au détour-
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- nement de l’Ariège. Peut-être même ne convient-il pas d’attendre plus longtemps pour étudier la question. La France n’a plus le loisir d’agir trop tard, comme autrefois.
- Auguste Pawlowski.
- LA PORCELAINE CHINOISE (f)
- Pendant longtemps, vu les difficultés de traduction et d’interprétation des textes chinois, on fut conduit à assigner à la porcelaine, une antiquité presque fabuleuse. Au cours du siècle dernier la lumière s’est faite peu à peu et il est établi aujourd’hui que les premières porcelaines ont été faites en Chine au xe siècle de notre ère, au commencement du règne de la dynastie Sony.
- Il y a lieu de remarquer toutefois, que les Chinois, ainsi que les autres peuples de l’Orient, connaissaient la poterie depuis de nombreux siècles déjà; les Annales chinoises rapportent, en effet, que l’empereur Chun, qui régnait en l’an 2255 avant Jésus-Christ, avait auparavant exercé la profession de potier.
- Mais les produits de céramique que nous désignons aujourd’hui par le terme de porcelaine ne furent fabriqués que beaucoup plus tard. On plaça d’abord leur origine vers 1800 avant Jésus-Christ [Rosettini et Davis], puis au Ier siècle de notre ère, sous la dynastie des Han [Stanislas Julien]. La date citée plus haut, et à laquelle s’arrête M. E. Gran-didier comme présentant tous les caractères d’authenticité désirables, bien que plus rapprochée de nous, donne néanmoins à la porcelaine une antiquité des plus respectables; en Europe, ce n’est qu’au xvme siècle, c’est-à-dire, huit siècles plus tard, et à la suite de longues et patientes recherches qu’on réussit à fabriquer des produits semblables aux porcelaines d’Extrême-Orient.
- 1. Stanislas Julien. Traduction du mémoire de Tching-thing-kovei. Édile en 1856, par Wallet-liachelier, 55, quai des Giands-Auguslins (Gautliier-Villars, suce.).
- Fig. 2. — Lavage et épuration de la terre de kaolin.
- Les potiers chinois, à qui revient la gloire de j * découverte de la porcelaine, se perfectionnèrent
- Fig. i. — Ouvriers d’une carrière de pelrosilex.
- rapidement dans leur art et devinrent les maîtres incontestés dans cette branche de la céramique.
- Les premières porcelaines étaient obtenues principalement par moulage, comme le prouvent certaines pièces, datant des dynasties Sony (&60-1260) et Yoven (1260-1368), qui gardent encore l’empreinte des doigts du potier. Avec la dynastie Miny (1368-1620), s’ouvre la période véritablement glorieuse de la porcelaine; le fondateur de cette dynastie, le prince Hony-^wou, établit à Kiny-te-tchin une manufacture de porcelaine dont les produits sont réservés pour les besoins du palais impérial ; au commencement du xve siècle, on compte à Iïiny-le-tchin, 58 fours appartenant à l’État, et de nombreux fours privés. Les porcelaines que l’on y fabrique sont classées parmi les plus belles, aussi ont-elles été de tous temps très recherchées.
- Sous Tchiny-Iioa (1465-1487) de nombreux perfectionnements, et surtout la découverte de l’application des émaux de couleur sur la ylaçure (ou couverte), donnent à la fabrication dé la porce-
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- Fig. 3. — Fabrication des vases au tour.
- laine un essor considérable; les produits de cette époque sont remarquables, autant par la hardiesse de leur exécution, que par la richesse de leur décoration.
- Après la période troublée qui précède l’avènement de la dynastie tartare des Tshing (1650), la fabrication de la porcelaine un moment interrompue, reprend peu à peu et elle brille à nouveau d’un vil éclat; puis, les symptômes de la décadence ne tardent pas à apparaître; celle-ci se produit vers la (in du xvuie siècle, et depuis, à part la reproduction et la copie d’ancien, on ne peut, malheureusement, noter de reprise vraiment digne d’intérêt.
- Nous avons cru utile, avant d’aborder l’étude de la fabrication de la porcelaine, de dire quelques mots sur les origines et l’histoire de cet art; d’ailleurs nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet. Nous laisserons également de côté l’étude des divers procédés de décoration employés par les artistes chinois, ayant l’intention d’y revenir dans un prochain article.
- Nous avons illustré notre texte à l’aide de planches représentant quelques phases de la fabrication de la porcelaine.
- En 1743, Thang-Ing, directeur de la douane de Kieou-kiang, fut chargé à la demande de l’empereur liien-long, d’expliquer ces planches qui appartenaient à la bibliothèque impériale. Lu description qu’il en a donnée a seryi à la rédaction de nombreux ouvrages chinois, en particulier à un mémoire écrit par Tching-thing-JiOuei et traduit par Stanislas Julien. C’est à cette traduction, à laquelle M. Salvétat a ajouté une préface des plus précieuses par les renseignements techniques qu’elle renferme, que nous empruntons en grande partie la description suivante.
- La terre servant à la fabrication de la porcelaine
- chinoise est un mélange de kaolin et de pé-tun-tsé. Le kaolin, qui forme l’élément résistant de ce mélange, est une argile provenant de la décomposition de roches granitiques ; elle était extraite primitivement de la montagne de Kaoling située à l’est de King-te-tehin ; d’où le nom de kaolin donné par extension aux terres de composition analogue. Le pé-tun-tsé est l’élément fusible, il provient de roches pétvo-siliceuses d’origine granitique.
- La préparation du kaolin et du pé-tun-tsé fait l’objet de nombreuses manipulations exécutées le plus souvent par des femmes comme on peut s’en rendre compte dans la figure 2. Le kaolin doit être exempt de mica dont la présence est des plus gênantes ; il est soigneusement lavé à l’eau et son épuration doit être faite avec soin. Par ailleurs, le pétrosilex, extrait en morceaux avec la masse, est pulvérisé finement à l’aide de mortiers, hydrauliques ou mus à la main, et la poudre ainsi obtenue est jetée dans des bassins remplis d’eau ; après avoir agité le tout avec des pelles en fer on laisse reposer, il se forme au fond un dépôt de boues. On recueille alors dans un deuxième bassin l’eau qui contient en suspension les particules les plus fines, et après avoir répété plusieurs fois cette opération, on obtient dans ce deuxième bassin une pâte que l’on raffermit entre deux épaisseurs de briques.
- Avec la pâle obtenue par mélange, en proportions convenables, de kaolin et de pé-tun-tsé, on confectionne par moulage ou au tour les pièces à exécuter. Les moules sont ordinairement en argile jaune, en un ou plusieurs morceaux; on presse contre leurs parois îa pâte à porcelaine, afin qu’elle en épouse les formes; pour les vases arrondis, ébauchés au moule, on termine le façonnage au tour. Les tours employés par les Chinois sont des plus primitifs : constitués le plus souvent par une simple roue en bois, ils sont mus par l’ouvrier tourneur lui-même, ou bien par un gamin qui se suspend à une corde pour plus de commodité.
- Lorsque les vases sont faits en plusieurs morceaux séparés, on les réunit entre eux par une
- Fig. 4. — Tournage des vases de forme arrondie.
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- sorte de colle, appelée barbotine, dont la composition est semblable à celle de la pâte du vase.
- Il s’agit maintenant de mettre en couverte les pièces que nous venons d’obtenir ; cette opération a pour but, comme son nom l’indique, de les recouvrir d’une sorte de bouillie qui, à lacuisson, donnera aux porcelaines l’aspect vitreux qu’on leur connaît. Cette couverte ou glaçure est composée de feldspath quartzeux, de chaux et de cendres de fougères. En Chine la pose de la couverte a lieu directement sur la pièce crue. En Europe, on ne procède pas tout à fait de la même laçon ; on donne, au préalable, aux porcelaines une première cuisson, ou dégourdi,
- Fig. 6. — Mise au four de la porcelaine crue.
- ayant pour but de les rendre poreuses, et d’éviter les déformations ultérieures.
- Les porcelaines ainsi préparées sont prêtes pour la cuisson au four ; cette opération est, sans contredit, une des plus délicates, surtout quand il s’agit de pièces volumineuses. Les fours,- que les Chinois appellent yao, sont construits en maçonnerie rudimentaire ; leurs dimensions sont en général les suivantes : 5 m. 50 de haut, autant de large, et 7 m. de profondeur; ils sont quelquefois groupés et adossés au flanc d’une colline.
- Pendant la cuisson, on se garde bien d’exposer directement les porcelaines à l’action des flammes; on les place dans des étuis en terre réfractaire, appelés cazettes, dont on a soin de poudrer le fond avec de la poussière de kaolin, afin que, par la chaleur, l’adhérence des pièces ne se produise pas. Les cazettes, mises en place, on mure l’entrée des fours et on allume les feux jusqu’à l’obtention de la température nécessaire. De temps en temps on prélève des échantillons, et une fois atteint le degré voulu, on cesse les feux et laisse refroidir quelques jours après avoir eu soin de boucher toutes les issues.
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- Fig. 5. — Émaillage par insufflation.
- Il va s’en dire que le défournement réserve des surprises souvent fort pénibles, car malgré toute l’attention apportée à la conduite des leux, il est des accidents que l’on ne peut prévoir et par suite éviter.
- Fig. 7. — Après cuisson, la porcelaine est retirée des fours.
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- 216 —.... -. ......: LE TRACTEUR L’HERMITE
- On peut se rendre compte par ce rapide exposé, du nombre considérable de manipulations diverses que nécessite la fabrication d’un objet en porcelaine. Encore avons-nous passé sous silence tout ce qui se rapporte à l’application des émaux et des couleurs et aux divers procédés de décoration des porcelaines.
- Ici plus que jamais, le céramiste doit faire preuve de patience et de ténacité — deux qualités heureusement développées chez le Chinois — et, de plus le sentiment artistique qu’il possède doit s’allier à une connaissance technique approfondie des matières premières qu’il emploie. M. C.
- LE TRACTEUR L’HERMITE
- Le plus souvent les tracteurs agricoles ne sont qu’une modification plus ou moins heureuse des principes appliqués dans la traction automobile. On
- régions, demande évidemment des appareils mieux étudiés en vue du but que l’on poursuit.
- Si le tracteur a la prétention de remplacer com-
- Fig. i. — Vue du Iracleur L’hermite pendant un virage.
- a adapté le plus possible les divers organes au remorquage d’appareils de motoculture, qui eux sont parfois les mêmes que ceux qui sont utilisés avec la traction animale.
- Les roues des tracteurs sont plus larges et munies d’aspérités qui augmentent l’adhérence. Le moteur est plus robuste et on supprime souvent des organes délicats tels que le changement de vitesse et le différentiel, en disposant des embrayages sur chaque roue ou en prenant une roue motrice unique. i
- Pour construire des tracteurs agricoles, on est i ainsi parti de principes connus qui ont fait depuis; longtemps leurs preuves et qui sont consacrés par ; une longue pratique. Mais le rude service des champs, surtout quand il s’agit de petite et de moyenne culture, comme cela se présente en nos
- plèlement le cheval, il ne suffit pas qu’il puisse tenir l’emploi d’un, attelage de quatre à six animaux de trait, il faut aussi qu’il puisse agir'comme le fait le cheval unique:
- Ainsi le tracteur idéal doit pouvoirf tourner sur place et la conduite des mécanismes doit être aussi simple que1 là conduite d’une voiture à traction animale, sans nécessiter des connaissances mécaniques très, spéciales.
- On en revient donc des modèles puissants du début a l’èriiplôi dû' tracteur léger et souple, qui peut passer'partout ; J niais, maigre' tôut, beaucoup dè modèles sont encore trop l’adap tatipn servile des principes dé1 la voiture.r ' J ’ i . .';.. ) ' <
- Il est ‘ Cependant assez 'logiqüe3 qùe le tracteur agricole doive s’affranchir des règles appliquées dans la construction des voitures ; celles-ci sont des-
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- LE TRA.CTEUR L'HERMITE .... ......... 217
- Fig. 2. — Tracteur vu du côté des radiateurs.
- Au centre, le carburateur; en haut, les réservoirs.
- tinées à parcourir de longues distances à allures vives sur les routes.
- On doit donc avoir des différences du même ordre que celles qui existent entre la locomotive et l’automobile. Ce dernier véhicule n’a pu faire des grands progrès qu’en se libérant des suggestions que pouvaient imposer les types alors en usage dans les chemins de fer pour les machines de traction.
- C’est en partant de ces principes qu’un ingénieur, M. L’hermite, a conçu et mis au point un nouveau modèle de tracteur qui n’a plus guère de point commun avec la voi-turé automobile que le fait d’employer lé mélange d’air carburé dans des cylindres. Les résultats obtenus sont particulièrement intéressants et laissent entrevoir le développement de la motoculture dans les petites exploitations, ‘car ce tracteur peut se substituer complètement à un cheval. :
- Le principe de ce type nouveau est d’avoir une seule grande roue motrice qui peut tourner sur place. Le moteur qui actionne la roue forme avec elle et avec les appareils secondaires un tout complet, qui péut pivoter sur lui-mêmè dans un cercle horizontal. > : -
- Ce cercle porte les pièces d’attache des appareils d’utilisation, de: la même façon que le har-nachemènt d’un cheval porte les crochets qui se fixent à une voiture.
- Les enveloppes extérieures du moteur, le carter, les collecteurs d’eau des radiateurs et les supports de roue forment mi seul bâti. Il n’y a pas d’autre organe en mouvement que la roue centrale motrice, ce qùi assure une grande robustesse à l’appareil et supprime le différentiel. La boîte de vitesses est placée dans le moyeu de la roue motrice.
- Le moteur comporte deux cylindres horizontaux opposés et les deux bielles agissent sur un seul
- maneton de manivelle, ce qui simplifie à l’extrême l’arbre vilebrequin.
- La distribution est tout à fait spéciale et elle permet de réaliser un moteur sans soupapes très robuste et d’un fonctionnement sûr. Voici comment s’effectue cette distribution. '
- Un arbre creux tourne à une vitesse moitié de celle de l’arbre moteur, comme le ferait: un arbre à cames.
- Ce cylindre creux communique en son centre avec le carburateur. A chaque extrémité il porte une cloison oblique, ce qui permet pendant la rotation de faire communiquer les conduits d’alimentation des cylindres, tantôt avec le milieu du tube, pour aspirer le mélange carburé,: tantôt avec les extrémités de l’arbre .creux qui débouchent à l’air libre : dans ce dernier cas,: on placé le cylindre en période d’échappement^ ; . : :
- Pour permettre les temps de la compression et de la détente, il faut isoler complètement le cylindre de toute communication et pour cela, un manchon annulaire entre le cylindre creux et les conduits de communication avec les cylindres peut se déplacer et jouer ainsi le rôle du tiroir d’une machine à vapeur.
- Toutes ces pièces fonctionnent sans charge c’est-à-dire sans être soumises ni à la pression des gaz, ni à leur contact chaud, il en résulte une étanchéité plus facile à réaliser et un graissage beaucoup pliis simplifié.
- La disposition de ce moteur sans soupapes est simple et elle permet d’avoir une construction robuste. Tout l’ensemble forme un bloc venu de fonderie avec une flasque et un moyeu qui supportent la grande roue centrale motrice. Pour racheter le porte-à-faux du moteur, ôn place une petite roue porteuse de faible diamètre.
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- LE TRACTEUR L'HERMITE =
- Pour permettre les réparations des radiateurs, on a prévu les chemises de circulation amovibles et facilement remplaçables, ce qui donne une remise
- Chemise d 'eau
- Presses ètoupes
- Tube distributeur
- Chemise dëau.
- Gaz frais venant du carburateur
- Vers le cylindre
- Fig- 4
- - La distribution dans le moteur du tracteur L’hermite.
- en état instantanée. Les éléments des radiateurs sont constitués par des petits tubes verticaux.
- L’arbre moteur traverse donc la roue motrice et il vient se reposer dans un roulement par l’intermédiaire d’une portée. Le roulement est monté dans une flasque qui ferme la boîte des vitesses placée dans l’intérieur du chemin de roulement de la roue motrice.
- La grande roue motrice tourne sur des roulements à rouleaux pour diminuer l’importance des frottements; elle porte un engrenage à denture intérieure qui est commandé par un pignon calé sur l’arbre intermédiaire de la boîte de vitesse. Cet arbre tourne dans là llasque du moteur et dans le couvercle de la boîte de vitesse. Il est relié à l’arbre moteur par des engrenages permettant de réaliser des vitesses différentes et on a deux vitesses pour la marche avant, comme pour la marche arrière.
- Le mécanisme d’embrayage est sensiblement le même que celui d’un moteur de voiture, mais le changement de vitesse ayant ses dents toujours en prise, on diminue les chances de bris sous l’action d’un conducteur peu soigneux.
- Nous avons vu que l’on disposait une petite roue porteuse et tout l’appareil peut tourner sur place grâce à la disposition originale suivante :
- Le bâti porte des galets horizontaux qui sont destinés à. supporter un grand cercle horizontal/ lequel entoure complètement l’appareil de la même façon que le harnachement pour un cheval. Sur ce.cercle, on vient placer les crochets d’attelage où vient s’assembler l’appareil que l’on veut remorquer.
- On comprend donc immédiatement que si la roue motrice peut ainsi, tourner sur place à l’intérieur du grand cercle, le tracteur sera susceptible de décrire des courbes d’un rayon aussi faible que l’on voudra, de la même façon qu’un cheval peut obliquer d’un angle quel-
- conque par rapport au véhicule qu’il remorque.
- Le changement de direction de la roue mobile centrale est obtenu au moyen des galets supports qui portent une denture. Cette denture engrène avec une roue dentée intérieure solidaire du cercle horizontal. Le mouvement est produit par le moteur dans un sens ou dans l’autre à volonté pour faire tourner le tracteur à droite ou à gauche. C’est un système d’embrayages qui provoque le mouvement par la manœuvre du volant de direction et le conducteur peut ainsi conduire le tracteur avec plus de facilité que s’il s’agissait de conduire un cheval, car le mécanisme a l’avantage de pouvoir être maîtrisé instantanément et d’obéir sans retard à toute manœuvre.
- Les changements de direction peuvent être aussi brusques qu’avec un animal de trait et l’appareil peut facilement passer partout. La roue motrice se conduit comme un être animé et intelligent qui se faufile au milieu des obstacles, dans les terrains les plus accidentés et sur les chemins les plus sinueux.
- Le conducteur pour la conduite dispose simplement du volant de direction qu’il manœuvre comme le volant d’une voiture automobile. Un simple levier agit sur la marche avant et la marche arrière ainsi que sur la boîte de vitesses : en le poussant en avant, le véhicule avance et en le tirant en arrière, le tracteur recule. . ;
- La conduite peut alors se faire presque d’une seule main sans fatigue et mieux qu’avec des chevaux.
- Tout virage peut être exécuté dans le rayon de un mètre, on réduit les tassements et les tournées de bout de champ et on supprime également les tassements de fond de sillon.
- Le rendement mécanique de l’ensemble est élevé en raison de la simplicité des organes et de la diminution à l’extrême du nombre de roues.
- Une application particulière intéressante et immédiate de ce tracteur est celle qui consiste à l’utiliser pour les charrues bascule, qui généralement
- Sens de ta marche
- Réservoir
- Fig. 5. — Charrue balance attelée à tut tracteur.
- sont tirées au câble quand on veut les actionner mécaniquement.
- Sur le tracteur monoroue, on dispose la roue porteuse entre les deux séries de socs, et les bâtis des deux charrues qui portent les socs sont dis-
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- LE BACTÉRIOPHAGE
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- posés symétriquement par rapport à l’axe du moteur ; cet axe constitue également l’axe de basculement.
- L’axe de déplacement de la roue motrice est l’axe longitudinal de la charrue et les bâtis sont reliés à des flasques qui peuvent osciller sans gêner en rien la rotation de la roue motrice; celle-ci agit suivant la direction de l’effort.
- Le changement de marche se fait après le basculement des socs, sans autre manœuvre que celle du levier dont nous avons parlé précédemment.
- ' Ün dispose une roue support ou un sabot à l’arrière du corps de chaque charrue pour régler
- !a profondeur du labour et l’enfoncement des socs.
- Comme on le voit, ce nouveau tracteur n’est plus seulement un mécanisme adapté aux travaux agricoles, c’est un ensemble spécialement étudié pour cet usage; il ne tient aucun compte des modèles déjà établis et il réalise un type de tracteur avec des caractéristiques bien particulières.
- 11 paraît ainsi susceptible de donner une grande extension à la motoculture dans le domaine des petites et des moyennes installations et c’est ce qui constitue le grand intérêt de cet appareil, conçu par un ingénieur français.
- Ec Weiss.
- LE BACTÉRIOPHAGE
- La Direction de La Nature me demande d’initier ses lecteurs à la question du Bactériophage : tache difficile de faire tenir en deux ou trois pages l’exposé d’un ensemble de faits d’une complexité extrême, qui s’étendent sur toute la microbiologie, sur la pathogénie et la pathologie des maladies infectieuses. Enfin, essayons, mais bien des points resteront dans l’ombre.
- Voici d’abord les faits observés dans la dysenterie bacillaire (1). Prélevons chaque jour un échantillon des déjections, depuis le début de la maladie jusqu’à la fin de la convalescence. Mélangeons chaque échantillon avec du bouillon et filtrons à la bougie Chamberland : tous les microbes visibles au microscope restent dans la bougie, le liquide qui passe, le filtrat, est limpide et, conservé aseptiquement, reste tel indéfiniment ; en apparence, il est stérile.
- Pour fixer les idées, je prends un exemple au hasard dans un cahier d’expériences.
- Le malade Victor Ker..., a été suivi pendant 50jours. Après ces 50 jours nous avons donc trente échantillons de filtrats de déjections, un par jour. Prenons 50 tubes de culture en bouillon du bacille dysentérique, et ajoutons à chaque tube une goutte de chacun des trente filtrats. Plaçons tous Ces tubes à l’étuve à 57°. Après une douzaine d’heures, voici ce que nous observons :
- Tubes 1 à 6, aucun changement ; le bouillon est trouble, comme l’est une culture normale de bacilles dysentériques; .
- Tubes 7 à 18, parfaitement limpides ;
- Tubes 19 à 50, troubles, comme les six premiers.
- Il s’est donc produit un phénomène étrange dans les tubes 7 à 18 ; les bacilles dysentériques ont été dissous, il n’en reste plus un seul. Quelle a été la cause de cette dissolution? Ce ne peut être que la.goutte de filtrat que nous avons ajoutée. Du septième au dix-huitième jour les déjections du malade contenaient donc un principe qui détruit et dissout les bacilles dysentériques.
- Si maintenant nous examinons s’il existe un rapport entre l’état du malade et la présence du principe dissolvant dans ses déjections, nous voyons qu’à partir précisément du s ptième jour le sang a disparu des selles, que l’état du patient s’est rapidement amélioré : le dix-huitième jour la guérison était complète. La présence du principe dissolvant les bacilles a coïncidé avec la guérison : l’observation d’un grand nombre de malades, m’a montré
- 1. La dysenterie bacillaire ou épidémique n’a rien dé commun avec la dysenterie amibienne,
- qu’il s’agissait d’un phénomène constant, non pas seulement dans la dysenterie bacillaire, mais encore dans la lièvre typhoïde, dans le typhose aviaire et même dans des maladies sans symptômes intestinaux, comme la septicémie hémorragique des buffles et la peste bubonique.
- Mais reprenons le filtrat qui contient le principe qui dissout les bacilles dysentériques; au lieu d’en ajouter une goutte à une culture de bacilles, ajoutons-en seulement une quantité infinitésimale : la milliardième partie d’un centimètre cube, par exemple; quelques heures après, les bacilles sont aussi bien dissous qu’avec une goutte. Quelle est donc la nature de ce principe bactéricide dont l’action est des milliers de fois plus puissante que celle des antiseptiques les plus énergiques?
- Prenons une trace de la culture du bacille dysentérique devenue limpide sous l’action du filtrat, introdui-sons-la dans une nouvelle culture, bien trouble, du même bacille; quelques heures plus tard cette seconde culture est limpide à son tour, tous les bacilles sont dissous. Introduisons une trace de cette seconde culture dissoute dans une troisième, elle est dissoute à son tour, et l’on peut continuer indéfiniment la série : une trace, par exemple, de la 999* culture dissoute, provoque la dissolution d’une 1000e. Le principe qui dissout les bactéries se reproduit donc, se cultive comme un germe vivant.
- Si l’on examine aux plus forts grossissements que peut donner le microscope la culture de bacilles dysentériques devenue limpide, on ne voit aucun microbe. Je suis pourtant parvenu, au moyen d’une expérience très simple, à montrer que le principe qui dissout les bactéries est un microbe d’une ténuité extrême, qui traverse les filtres les plus serrés, invisible au microscope, un « ultramicrobes )) en un mot, et qu’il était même possible, de compter le nombre de ces ullramicrobes invisibles contenus dans un liquide.
- Quelques mots de préambule sont ici nécessaires.
- Los milieux de culture employés en bactériologie se présentent sous deux états physiques différents : les milieux liquides (le bouillon de viande, par exemple) et les milieux solides, constitués par un milieu liquide auquel on ajoute une substance gélifiante, la gélatine ou la gélose, de manière à obtenir une gelée, analogue en somme à celle qu’on vend chez les charcutiers. Ces milieux sont chauffés vers I20n, ils sont alors stériles et peuvent se conserver tels indéfiniment.
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- Si Ton ensemence dans du bouillon quelques bacilles dysentériques,, par exemple, ces germes se reproduisent et après quelques heures le bouillon se trouble par suite de la grande quantité de bacilles présents (plusieurs centaines de millions par cemimètre cube) : on a une culture de bacilles dysentériques. Si l’on étale à la surface de la gelée, constituant un milieu solide, unegoutte d’une telle culture en milieu liquide, les bacilles se reproduisent, comme en bouillon, mais on obtient alors à la surface du milieu solide une couche crémeuse uniquement formée de bacilles. Au lieu d’étaler une goutte de culture en bouillon pure, si on la dilue préalablement dans une assez grande quantité d’eau stérile, l’étalement d’une goutte de cette dilution, qui ne contient plus qu’un petit nombre de bacilles, donne des colonies isolées, se présentant sous l’aspect de gouttelettes crémeuses. On comprend donc que si on opère sur une dilution titrée, on puisse connaître le nombre de bactéries contenues dans un milieu liquide, puisque chaque colonie isolée obtenue sur le milieu solide est issue d’une seule bactérie déposée pendant l’étalemeht. Ce procédé de numération n’est applicable qu’aux bactéries peu difficiles sur le choix des aliments et qui se multiplient sur les milieux artificiels que nous leur offrons ; les ultramicrobes en général (ultramicrobes de la vaccine, de la rage, de la rougeole, etc.) sont plus difficiles et ne se cullivent que dans l’organisme; l’ultramicrobe qui dissout les bactéries, lui non plus, ne se cultive dans aucun milieu artificiel ; il lui faut pour se développer des bactéries vivantes qui constituent son unique milieu de culture. La bactérie se développe dans le milieu artificiel et l’ultramicrobe dans la bactérie.
- Supposons, pour nous faire comprendre, qu’un mauvais génie répande sur la Terre, un à un, un certain nombre d’ultramicrobes, d’une espèce extraordinairement pathogène pour tous les êtres vivants; nous pourrions connaître après coup le nombre d’ultramicrobes répandus : chaque ultramicrobe contaminerait un être vivant, celui-ci contaminerait les êtres voisins, et il suffirait de savoir finalement le nombre de foyers épidémiques existant à la surface de la Terrepour connaître parla même le nombre d’ultramicrobes répandus par le mauvais génie.-Eh bien! cette fable, nous pouvons la réaliser avec l’ultramicrobe parasite des bactéries.
- Prenons 10 cc. d’une culture en bouillon bien trouble de bacilles dysentériques, ajoutons-y une dilution d’un filtrat renfermant le principe dissolvant, telle quelle renferme un cinquante-millième de centimètre cube de ce filtrat ; agitons vigoureusement et étalons-en de suite, bien uniformément, à la surface d’un tube du milieu solide, un centième de centimètre cube. Après incubation à l’étuve à 57°, nous aurons à la surface de milieu solide une couche de bacilles parsemée de 50 petites plages circulaires où les bacilles sont dissous. Chaque plage représente évidemment l’endroit où, pendant l’étalement, s’est déposé un ultramicrobe parasite. Nous avons, en effet, répandu à la surface du milieu solide un Irès grand nombre de bacilles (suffisants pour donner une couche continue) et très peu d’ultramicrobes (à cause de la dilution du filtrat) ; chaque ultramicrobe a d’abord parasité le bacille le plus proche, s’est reproduit à ses dépens, les jeunes ultramicrobes ont ensuite parasité les bacilles environnants, se sont reproduits à leur tour, et ainsi de suite.. Chaque ultramicrobe déposé pendant l’étalement est devenu le centre d’une véritable épidémie, et le nombre de foyers donne le nombre d’ultramicrobes primitivement déposés. Un simple calcul montre que dans l’expérience citée, il existait dans le
- filtrat deux milliards et demi d’ultramicrobes parasites par centimètre cube. Ce nombre n’est évidemment pas toujours le même pour tous les filtrats : la quantité d’ultramicrobes contenus dans un filtrat ou dans une culture est essentiellement variable suivant les conditions de l’expérience.
- J’ai insisté sur la méthode de numération, car, outre qu’il s’agit de la solution d’un problème en apparence paradoxal : le dénombrement d’êtres tellement petits qu’aucun instrument d’optique ne permettra sans doute jamais de déterminer leur forme, cette méthode est à la base de toutes les expériences qui m’ont permis d’étudier le mode d’action de l’ultramicrobe et de déterminer son rôle dans la Nature.
- Faute de place, je dois me contenter d’énumérer rapidement les résultats obtenus jusqu’ici.
- Le principe qui dissout les bactéries est un ultramicrobe d’une ténuité extrême : son volume doit être sensiblement égal à celui d’une molécule d’albumine. Je l’ai dénommé Bactêriophagum'intestinale, ou plus simplement Bactériophage. Le Bactériophage est un parasite obligé, il ne peut se développer qu’aux dépens de bactéries vivantes; il pénètre à l'intérieur des bactéries grâce à la propriété qu’il possède de sécréter des dias-tases dissolvantes. Ayant pénétré à l’intérieur d’une bactérie, l’ultramicrobe se reproduit, utilisant pour son développement h substance dissoute de la bactérie, il forme une colonie de 15 à 25 éléments; la bactérie se distend de plus en plus, prend la forme globulaire, puis éclate, libérant ainsi les jeunes ultramicrobes (*); chacun d’eux est à même de parasiter une nouvelle bactérie.
- Il n’existe qu’une seule espèce de Bactériophage, susceptible par accoutumance de s’adapter au parasitisme pour de très nombreuses espèces bactériennes, vraisemblablement pour toutes les espèces bactériennes. J’en ai, en effet, isolé jusqu’à ce jour des souches parasites pour des espèces très variées : bacilles de la dysenterie, de la typhoïde, de la peste-; staphylocoque, pour ne parler que des espèces bactériennes pathogènes pour l’Homme. La possibilité possédée par le Bactériophage de s’adapter au parasitisme pour les diverses espèces de bactéries, correspond exactement à l’acquisition d’une « virulence » qu’il est possible d’exalter ou d’atténuer in vitro.
- L’habitat normal du Bactériophage est l’intestin : je l’ai trouvé dans le contenu intestinal de tous les animaux sains chez lesquels je l’ai recherché, vertébrés et invertébrés ; il s’y maintient aux dépens des bactéries banales avec lesquelles il vit en commensalilé. Une bac-férie nouvelle vient-elle à s’introduire dans l’intestin; le Bactériophage s’accoutume plus ou moins rapidement, suivant lts conditions du moment, et devient apte à parasiter le germe envahisseur. Si ce dernier est pathogène le sort de l’individu envahi dépend de la rapidité d’accoutumance du Bactériophage ; si l’accoutumance est immédiate, la maladie avorte avant tout symptôme morbide; si elle est retardée, la maladie se déclare et la durée du retard mesure la durée de la maladie ; la convalescence ne débute que du moment où le Bactériophage domine la bactérie; si l’accoutumance ne se fait pas, l’individu succombe.
- Pourquoi l’accoutumance est-elle parfois retardée ou même empêchée? Parce que les conditions de milieu
- 1. Toutes ces données ne sont pes de simples vues de l’esprit, mais résultent d’expériences précises et en définitive aussi simples que celle qui nous a permis de compter ^des ullramicrobes invisibles.
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- LE BACTÉRIOPHAGE ~-— ...1.-.- 221
- exercent une influence sur la lutte en favorisant soill’un, soit l’autre des deux germes en présence : l’ultramicrobe batériophage, par exemple, est plus sensible que les bactéries à l’influence de la réaction du milieu ; il ne résiste pas à un degré d alcalinité ou d’acidité que supportent sans grand dommage les bactéries. Il existe encore une autre cause, primordiale, qui constitue le second, côté de la question. Le Bactériophage est susceptible d’acquérir la « virulence » vis-à-vis d’une bactérie, mais la bactérie attaquée ne reste pas passive, elle se défend et est susceptible d’acquérir l’immunité. Le processus de la lutte entre le Bactériophage et la bactérie est identiquement semblable au processus de la lutte entre la bactérie et l’organisme supérieur qu’elle parasite : la bactérie pathogène sécrète une toxine qui agit sur les cellules de l’être infecté, celui-ci répond'par une production d’anti-toxine ; le bactériophage sécrète une diastase dissolvante, une lysine, qui agit sur la bactérie, celle-ci répond par la production d’une antilysine; nous descendons seulement d’un degré dans l’ordre de grandeur des êtres en présence.
- La défense par le Bactériophage est-elle limitée aux maladies intestinales? Nullement, l’ultramicrobe est susceptible de pénétrer dans la circulation et peut exeicer son action en un point quelconque de l’organisme : j’ai isolé chez des convalescents, et cultivé, par exemple, des souches du bactériophage qui dissolvent le bacille de la peste bubonique.
- En un mot, l’histoire d’un cas de maladie contagieuse est le reflet des péripéties de la lutte engagée dans l’organisme entre une bactérie pathogène et l’ultramicrobe bactériophage. .
- Mais ce n’est pas tout : tout convalescent d’une maladie contagieuse (*) porte dans son intestin des ultramicrobes bactériophages actifs vis-à-vis de la bactérie pathogène ; ce. convalescent répand ces ultramicrobes actifs avec ses déjections et peut ainsi « contaminer » les individus voisins. L’immunité est donc contagieuse au même titre que la maladie elle-même. J’ai constaté à diverses reprises qu’à la fin d’une épidémie, tous les sujets sensibles, qui ont résisté à la contagion, abritent dans leur intestin le bactériophage actif et j’ai pu saisir le fait de la « contamination » par le Bactériophage.
- L’histoire d’une épidémie, c’est en dernière analyse l’histoire de la lutte entre deux agents : la bactérie pathogène qui au début se répand librement ; le Bactériophage exalte sa virulence pour cette bactérie chez les individus atteints présentant des conditions favorables; ces individus guérissent, répandent le Bactériophage actif, et l’épidémie cesse quand tous les individus sensibles abritent ce Bactériophage actif dans leur organisme. Ces faits ont été mis en lumière par l’étude d’épizooties diverses : typhose aviaire, maladie sévissant sur les Gallinacées ; la septicémie hémorragique des buffles et la peste murine, ces deux dernières maladies étudiées en Extrême-Orient.
- Nous voici donc en présence d’un fait nouveau : l’immunité antimicrobienne, chez l’animal sensible est hétérologue : la défense de l’organisme est assurée par un ultramicrobe, parasite des bactéries.
- Mais cet ultramicrobe est* nous l’avons vu, cultivable in vitro : on peut à volonté en obtenir des cultures en quantité aussi grande qu’on le désire. Si réellement les observations sont exactes, si chez l’animal sensible, l’im-
- 1. Je n’entends parler que des maladies contagieuses de nature bactérienne, les seules étudiées jusqu’à présent.
- munité est assurée du moment où l’ultramicrobe bactériophage s’est accoutumé au parasitisme vis-à-vis de la bactérie pathogène qui tente d’envahir l’organisme, nous devons pouvoir reproduire le phénomène à notre gré : il nous suffira d’introduire dans un organisme sensible une culture du Bactériophage doué de virulence pour une bactérie donnée pour que cet organisme devienne dès ce moment, réfractaire à la maladie causée par cette bactérie.
- C’est en effet ce que démontrent les expériences réalisées dans la typhose aviaire et la septicémie hémorragique du buffle. Ces expériences ont montré :
- Qu’en milieu épidémique, une unique injection d’une minime quantité d’une culture du Bactériophage actif pour une bactérie donnée, assurait, dès le moment de l’injection, l’immunité vis-à-vis de la maladie causée par cette bactérie ;
- Qu’en milieu non épidémique, l’immunité n’était acquise qu’après un temps d’incubation variable suivant la dose injectée. Dans le cas de la septicémie hémorragique du buffle, l’immunité est acquise après une vingtaine de jours avec une dose de un quart de centimètre cube. Après l’injection d’une seule goutte à un buffle de 250 kilogrammes, l’immunité est déjà acquise après quatre jours.
- Des expériences ont été également réalisées dans la maladie, à titre curatif : elles ont porté sur une centaine de cas de typhose aviaire, puis sur sept cas de dysenterie bacillaire humaine. Elles ont montré que l’injection ou J’ingestion d’une minime qualité d’une culture du Bactériophage développé aux dépens de la bactérie pathogène, agent de la maladie, enrayent rapidement celte maladie, à condition, cela va sans dire, que l’intervention ait lieu à un moment assez proche du début pour que les lésions organiques n’entraînent pas par elles-mêmes une issue fatale; le rôle du Bactériophage ne peut se borner qu’à détruire les bactéries.
- Nous avons vu plus haut qu’à la fin d’une épidémie tous les individus sensibles qui ont échappé à la contagion, sont « porteurs a du Bactériophage virulent pour la bactérie en cause : cette notion permet d’envisager la possibilité de mesures de protection collective. Il suffirait, semble-t-il, de répandre dans les eaux potables des cullures du Bactériophage actif (dont l’ingestion est pour tous les êtres absolument inoflensive, comme il résulte d’expériences nombreuses); on assurerait ainsi la présence du Bactériophage virulent pour l’agent de l’épidémie, dans l’organisme de tous les individus sensibles pendant la durée de la période critique.
- Une remarque pour terminer. Bien des lecteurs se demanderont : et la phagocytose, que devient-elle, en présence de ces faits nouveaux?
- L’élude des phénomènes de défense peut porter sur trois états différents :
- 1° Sur l’animal naturellement réfractaire;
- 2° Sur l’animal sensible ayant acquis l’immunité cellulaire, soit naturellement, à la suite de la maladie, soit expérimentalement, à la suite d’une vaccination.
- Ce sont les deux états qui ont été pris en considération par Metchnikoff et ses collaborateurs. Ils ont reconnu que, dans ces deux cas, la défense était assurée par phagocytose.
- Restait à étudier les moyens de défense :
- 5° Chez l’animal sensible ne jouissant pas, ou pas encore, de l’immunité cellulaire.
- U s’agissait donc de répondre à ces deux questions :
- Tous les animaux sensibles exposés à la contagion ne
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- NOUVEL ALLUMEUR-EXTINCTEUR DES BECS DE GAZ A DISTANCE
- contractent pas la maladie : quels sont les moyens de défense chez ceux qui restent indemnes?
- Un animal est atteint d’une maladie contagieuse bactérienne, il guérit, de ce fait il acquiert l’immunité cellulaire; mais entre le début de la maladie et le moment où cette immunité cellulaire est établie, quels sont ses moyens de défense? En un mot, pourquoi guérit-il?
- Voilà les questions auxquelles répondent les recherches sur le Bactériophage.
- L’immunité hétérologue par le Bactériophage ne tend pas à prendre la place de l’immunité homologue cellulaire, car elle s’exerce à un moment où cette dernière ne joue pas ; la première est prépondérante chez l’animal sensible, la seconde chez l’animal réfractaire (J).
- F. d'Hébelu-:.
- de l’Institut Pasteur de Paris.
- 1. L’ensemble des recherches touchant le Bactériophage sera prochainement exposé dans un ouvrage, actuellement sous presse, de la collection des Monographies de l’Institut Pasteur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet 1921.
- La dureté des matériaux réfractaires à haute température. — Le procédé d’essai basé sur la détermination' du point de fusion par les cônes de Séger ne donne pas des indications rigoureuses et, depuis un certain nombre d’années, on se préoccupe de déterminer la résistance à chaud, sous une charge. Pour ne pas avoir à préparer, suivant les indications de MM. Le Chatelier, Bogitch et
- Endell, dos éprouvettes taillées suivant des cotes données, MM. E. Rengade et E. Desvignes ont établi un dispositif permettant de réaliser, après chauffage au four électrique, un essai à la bille de Brinell. Les résultats soumis à l'Académie portent sur des briques d’argile et une brique de bauxite. Pour les briques de silice, aucune empreinte ne se montre avant 1600°. P. B.
- NOUVEL ALLUMEUR-EXTINCTEUR
- L’allumeur-exlincteur de MM. Paül Bernard et Barbe, présenté récemment par M. d’Arsonval à l’Académie des Sciences de Paris, est destiné à assurer l’allumage et l’extinction automatiques des becs de gaz qui éclairent une ville, par exemple, sans l’intervention des classiques allumeurs de réverbères. Il se recommande par sa robuste simplicité et la photographie ci-contre (fig. 1) en montre le modèle d’essai. Cet appareil ne comporte, ni ressort, ni clapet, ni aucun mécanisme délicat et peut fonctionner par tous les temps, même par les grands froids. 11 se compose (fig. 2) d’une cuve cylindrique A fermée par un couvercle muni d’un système de verrouillage à baïonnette ; à l’intérieur de cette enveloppe, s’en trouve une seconde B renfermant une cloche C. Cette cloche dont les mouvements de montée et de descente commandent l’arrivée et la fermeture du gaz au brûleur, plonge dans la glycé-cérine. On a choisi ce liquide pour les raisons suivantes : 1° il ne possède à la température ordinaire qu’une très faible tension de vapeur et par suite ne s’évapore que fort lentement ; 2° il ne se solidifie qu’à la température relativement basse de 20° environ ; 3° il est d’un quart plus lourd que l’eau, ce qui permet, toutes choses égales d’ailleurs, de réduire la longueur des « colonnes de garde » et en conséquence de construire des appareils moins encombrants et plus économiques.
- La cloche C se trouve partagée en deux au moyen d'une cloison horizontale D sur laquelle repose le dispositif d’accrochage E, très léger, en laiton et de forme variable selon les modèles. Sous la cloison D
- DES BECS DE GAZ A DISTANCE
- est fixé un obturateur cylindrique G plongeant dans un godet II plein de mercure jusqu’à un niveau convenable ; ce godet percé suivant son axe d’un canal J vient se visser sur l’extrémité du tube T2 de départ du gaz.
- D’autre part, cette cloche C est suspendue par l’intermédiaire du dispositif E et de l’aiguille recourbée au levier L qui oscille autour de l’axe horizontal O fixé à l’enveloppe B et supporte à ses extrémités un poids P et un contrepoids Q de valeur plus faible.
- Trois petites butées hémisphériques h, disposées à la surface interne du tube B, guident la cloche dans ses déplacements et l’empêchent de venir au contact de son enveloppe : on évité de la sorte des effets d’adhérence et de capillarité nuisibles au bon fonctionnement de l’appareil. Du reste, on a ménagé à la partie inférieure du tube B une encoche dans laquelle vient s’engager le tenon t rivé à la cloche C ; sous l’influence des vibrations, cette dernière ne peut donc prendre aucun mouvement de rotation par rapport à son enveloppe et par conséquent ne quitte pas le doigt de l'aiguille Ja suspendant au levier L.
- Les tubulures d’entrée et de sortie du gaz, sont fixées à une sorte de bride creusée de canaux et formant corps avec l’appareil ; le gaz descend par le tube extérieur et se répand sous la cloche par le conduit intérieur Tl. L’obturateur G élant supposé émergé du mercure, le gaz se rend ensuite au brûleur par les canaux J, T*.et le tube extérieur.
- L’allumeur comporte, en outre, une veilleuse permanente à débit réglable par pointeau et un disposi
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- tif de réglage à la main composé de deux tiges recourbées et entre-croisées à leurs extrémités ; l’une de ces tiges traverse le couvercle et se manœuvre à l’aide d’un bouton, la seconde est fixée à la paroi de la cloche. En soulevant le bouton, les doigts des tiges viennent en prise et on peut ainsi provoquer la montée et la descente de la cloche, pour remettre « au temps » voulu un appareil déréglé accidentellement.
- Signalons encore la présence dans le tube d’arrivée du gaz d’un filtre constitué d’un petit écouvillon analogue à celui dont se servent les fumeurs et qui a pour objet de débarrasser le gaz des traces de naphtaline qu’il pourrait encore contenir, afin d’éviter l’obstruction des canalisations.
- Les inventeurs ont réalisé deux,types d’allumeur-extineteur, qu’ils désignent sous le nom d'appareil normal et d’appareil retardé. Leurs dimensions sont minimes (hauteur 140 mm, diamètre extérieur de l’enveloppe 42 mm, poids 670 grammes à vide et 725 grammes en ordre de marche).
- L’appareil normal s’allume le soir et s’éteint à minuit. Il peut, par un réglage indiqué plus loin, donner naissance à l’appareil « décalé » ne s’allumant qu’à minuit et bridant jusqu’au jour.
- L’appareil retardé s’allume le soir et ne s’éteint que le matin. Ils fonctionnent l’un et l’autre par l’élévation progressive de la pression de distribution ; cette surpression à réaliser 5 fois en 24 heures (le soir, à minuit et le matin) n’est maintenue que le temps nécessaire à l’établissement de la haute pression dans les artères du réseau.
- Ceci dit, nous allons examiner successivement le fonctionnement de chaque genre d’allumeur.
- 1° AppareO normal. —Le soir, avant l’allumage,
- Mercure
- Glycérine
- Fig. 1. — Allumeur-extincteur de gaz à distance, système Bernard et Barbe.
- le doigt de l’aiguille a occupe la position 1 (voir coupe, fig. 5) ; l’obturateur G plonge dans le mercure jusqu’au niveau m0 n0 et intercepte l’arrivée du gaz au brûleur. La pression augmentant, la cloche se soulève en entraînant le système d’accrochage E et l’obturateur G qui sort du mercure : le gaz se rend alors au brûleur par le conduit J et s’enflamme au contact de la veilleuse. Le mouvement d’ascension de la cloche continue jusqu’au moment où le doigt de l’aiguille vient en 2 ; la cloche se trouve alors bloquée tant que dure la surpression. Puis une fois la pression ramenée à sa valeur normale, la cloche s’abaisse et le doigt passe de 2 en 5 où il maintient la cloche suspendue au levier L. Dans cette position, le dessous de l’obturateur G arrive au niveau m1 nl plus élevé que le niveau du mercure dans le godet II ; le gaz continue donc d’arriver au brûleur et l’appareil reste allumé même sous une très faible pression de distribution.
- À la seconde surpression de minuit, la cloche remonte et l’extrémité de l'aiguille passe de 5 en 4 où elle cale la cloche ; la surpression cessant, le
- Fig. 2. — Coupe verticale de l’allumeur-extincteur.
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- NOUVEL ALLUMEUR-EXTINCTEUR DES BECS DE GAZ A DISTANCE
- système redescend et le doigt vient en 5 : dans cette position, l’obturateur plonge à nouveau dans le
- décalé
- Position initiale c$ la/ç
- Fig. 3. — Coupe de Vallumeur-extincteur « normal ».
- (Allumage le soir, extinction à minuit.)
- mercure en interceptant l’arrivée du gaz et l’appareil s’éteint.
- La 3e surpression du matin fait remonter la cloche et porte l’aiguille de 5 en 6 : puis, la pression baissant, la cloche redescend et l’aiguille revient à son point de départ en 7. Au cours de ce 3° « temps », l’obturateur G plonge constamment dans le mercure et l'appareil reste éteint.
- En résumé, dans l’appareil normal, la première surpression (soir) provoque l’allumage ; la 2e surpression (minuit) détermine l’extinction ; la 3e surpression (malin) laisse l’appareil éteint et ramène l’aiguille à son point de départ.
- 2° Appareil retardé. — Cet allumeur fonctionne sur le même principe que le précédent dont il ne diffère que par la forme du dispositif d’accrochage E qui comporte 2 niches A et B au lieu d’une seule (fig- 4).
- Le soir avant le « coup de pression », le doigt de l’aiguille se trouve en 1, l’obturateur G plonge dans le mercure et l’appareil est éteint. La lre surpression soulève la cloche, porte l’aiguille de 1 à 2 et libère l’obturateur du mercure; l’appareil s’allume. La basse pression se rétablissant, l’aiguille vient en 3 où elle maintient l’obturateur émergé du mercure : l’appareil reste allumé.
- La seconde surpression (minuit) soulève de nouveau la cloche et déplace l’aiguille de 3 en 4 ; la pression redevenant normale, le doigt de l’aiguille passe de 4 en 5 ; l’obturateur demeure soulevé hors du mercure et l’appareil continue à fonctionner. Finalement la 3e surpression ramène le système à son état initial ; l’aiguille passe de 5 en 6 puis de 6 en 7 ; l’obturateur s’enfonce dans
- le mercure et la veilleuse seule reste allumée.
- En résumé, l’appareil retardé s’allume à la première surpression (soir), reste allumé « au coup de pression » de minuit et s’éteint le matin à la première surpression.
- 3° Appareil décalé. — Cet appareil n’est autre que l’appareil normal dans lequel la position initiale de l’aiguille, le soir avant l’allumage, a été décalé d’un « temps » en arrière, c’est-à-dire reportée de 7 en 5 (fig. 3).
- lia surtout pour but de remplacer l’éclairage électrique dans les voies où celui-ci fait défaut à partir de minuit.
- Il fonctionne de la manière suivante.
- Au « coup de pression » du soir, le doigt de l’aiguille se déplace de 5 en 7, mais l’obturateur ne sortant pas du mercure, l’appareil reste éteint. La seconde surpression (minuit), porte l’aiguille de 1 en 3, fait sortir l’obturateur du mercure et allume l’appareil; enfin la dernière surpression (matin) détermine l’extinction et ramène l’aiguille à son point de départ en 5.
- En définitive, grâce à ces ingénieuses modifica-
- Fbsiiion de!aiguille
- Fig. 4. — Coupe du modèle d’allumeur-extincteur « retardé ».
- (Allumage le soir, extinction le matin.)
- tions du système d’accrochage, le nouvel allumeur-extincteur Bernard et Barbe répond à tous les besoins de l’éclairage public urbain.
- Jacques Boxep.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE.
- — N° 2479. . . ; : 8 OCTOBRE 1921
- DRAINAGE DES TERRES PAR AIJJ^^AINEUSES
- m **0» i§
- Fig. i. — L’auto-draineuse Scheuchzer sur le chantier de Champagne.
- Fig. 2. — Drainage d'un terrain en pente par l'auto-draineuse Scheuchzer.
- La guerre a mis en pleine valeur toute l'importance du développement de la culture Dès lors gagner à celle-ci des terres à fond marécageux en les assainissant ou renforcer leur production en les drainant, c'est par conséquent améliorer du même coup la production générale agricole du pays. On sait, en effet, que le sol quand on lui a enlevé son excédent d’eau, s’aère, s’échauffe, devientplus actif rendant ainsi possible des récoltes meilleures, plus sûres, plus fortes, se développant plus vite au printemps et plus tard vers l’automne.
- Le facteur de dépense de beaucoup le plus élevé du drainage est, sans conteste, le creusement des tranchées destinées à recevoir les tuyaux de poterie ou drains ; c’est un travail ardu et aussi peu agréable qu’hygiénique pour les ouvriers qui le pratiquent. Et en ce moment où la main-d’œuvre est chère bien que diminuée, parce que le prix des drains a augmenté en raison des frais plus élevés de cuisson, de fabrication et de transport,on comprend combien, sur ce point encore, le machinisme peut rendre de grands services. Déjà des entreprises de drainage aussi bien en France qu’à l’étranger opèrent avec des petites dragues à tranchées ou auto-draineusës. On voit même, en raison de l’intérêt général en jeu, certains pays comme la Suisse, subventionner soit les inventeurs, soit les entreprises utilisant ce matériel.
- L’auto-draineuse (fig. 1) due à un constructeur suisse, M. Scheuchzer de Renens, se compose de deux trains du genre Caterpillar ; l’avant-train, plus fort, possède le moteur et tous les organes de commande; l’arrière-train, plus petit, porte une drague formée par une chaîne à godets, suspendue par un arbre-pivot horizontal à un bâti élevé, monté sur l’arrière-train. Le moteur d’une force de 45 II R
- et du système français Saurér, commande à la fois l’avancement du Caterpillar avant-train et la chaîne à godets ; toutefois les deux dispositifs de commande sont indépendants, c’est-à-dire que l’avancement par l’arrière-train se fait indépendamment du mouvement de la drague, dont la marche peut être arrêtée ou accélérée à volonté.
- Tout l’ensemble est automatique et entièrement sous le contrôle du mécanicien-conducteur qui, du marche-pied, commande les mouvements de montée ou de descente de la drague, d’avancement ou de direction de l’auto-draineuse.
- Grâce à son système de suspension sur pivot, la drague reste toujours verticale de sorte que la tranchée n'est jamais oblique quelle que soit la pente du terrain (fig. 2). Bien que les tranchées soient généralement tracées en ligne droite, la drague peut modifier sensiblement la direction du travail. L’appareil porteur de la drague se descend ou s’élève à volonté, et la ligne de profondeur peut être assez bien suivie par un viseur sur la ligne des jalons de profondeur.
- La machine peut fonctionner en rampe et en pente et comme elle est montée sur des roues caterpillars, elle peut c-ircu’er dans les terrains les plus mous et détrempés sans qu’un enfoncement soit à craindre. La sur-pension de chaque série des galets des caterpillars est élastique et * h balancier, ce qui permet à la chaîne dis caterpillars de suivre toutes les sinuosités du terrain.' Roulant sur le sol en avant de la tranchée, la machine n’exerce aucune pression sur les bords de celle-ci. <
- La drague peut trancher jusqu’à 2 m. 40 de profondeur et à une lâr-15. — 225.
- Amé« — S* Sensatr».
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- 226 :____T.. DRAINAGE DES TERRES PAR AUTO-DRAÏNEUSES
- geurdeOm. 50 à 0 m. 80 suivant les cas.. Les godets du brin inferieur enlèvent la terre du fond jusqu’à la surface du sol en tracé oblique; arrivés vers le haut, les godets rencontrent un racloir, se vident et la terre tombe sur des plans inclinés qui déversent la terre à volonté sur l’un ou l’autre côté de la tranchée.
- Un dispositif automatique permet l’arrêt instantané du mouvement des organes de creusement, au cas où ceux-ci rencontreraient, dans leur travail, un obstacle quelconque, par exemple, un gros bloc de pierre ou un tronc d’arbre de fortes dimensions ; tout risque de dégâls soit à la chaîne, soit au moteur, provenant d’une telle rencontre, se trouve de ce fait exclus.
- En raison de la nature diverse des terrains et des circonstances locales, il est malaisé de préciser le rendement de cette machine, cependant en conditions normales, c’est-à-dire dans un terrain ordinaire,"graveleux où sablonneux, sans grosses pierres, la garantie donnée est1 qu’elle creuse un mètre linéaire de tranchée par minute ou 60 mètres à l’heure à 0 m. 40 de largeur et 1 m. à 1 m. 50 de profondeur ou 30 m. à l’heure pour une tranchée de largeur double. La vitesse de translation à vide est de 4 km à l’heiire sur route normale, ou dë 2 km sur route à forte pente.
- Récemment des travaux ont été exécutés avec cette auto-draineuse par le Syndicat de drainage de la Champagne dans les conditions suivantes : la maehinc, la benzine et l’huile étaient misés à la disposition d’une équipe composée du conducteur-mécanicien, d’un régleur, d’un poseur et d’un rem-blayeur. Cette équipe fut payée à raison de 0 fr. CO le mètre courant de tranchée, soit collecteur ou tranchée de drainage jusqu’à 2 m. 50 de profondeur, pour le creusement des fouilles, réglage et pose des drains et remblaiement. Ces hommes firent en moyenne 180 mètres de tranchée par jour. Quant à la dépense de benzine et d’huile, elle fut en moyenne de 0 fr. 25 par mètre linéaire. Prochainement des essais doivent être faits dans les environs de Paris.
- Le drainage opéré, l’avanl-train, après qu’on en a détaché l’arrière portant la drague, peut fonctionner comme tracteur très puissant, soit pour tirer de lourdes charges, soit pour des labours profonds et le hersage, au besoin même comme chasse-neige, en un mot pour tous les travaux où un tracteur entre en ligue de compte. Pourvu d’une poulie, il peut être employé également comme moteur fixe pour actionner des machines de toutes sortes.
- Enfin le tracteur, grâce à sa grande surlace portante, passe sur des fossés assez larges et profonds qui sont parfois des obstacles insurmontables pour certains autres types de tracteurs ; de même il se meut facilement sur terre molle, en terrain incliné et sa grande prise sur le sol luf permet notamment de labourer les gazons mous, élastiques, les plus résistants, comme on en rencontre dans certains marais et qu’il est difficile et coûteux de défricher par d’autres moyens. Il tire facilement une charrue
- à quatre socs, déchire et émiette les bandes feutrées de gazon de marais entraînant de 5 à 4 herses à bêches rotatives bien chargées.
- Ces sortes de machines sont également depuis quelques années très employées aux Etats-Unis. Les figures 5 et 4 représentent un type destiné à creuser les tranchées de drainage dû à la The Parsons Company, de Newton (Iowa). Cette excavatrice peut être aussi bien actionnée par un moteur à vapeur qne par un moteur à combustion interne (essence, pétrole, huile lourde) ou encore électrique; toutefois les deux derniers genres de force motrice sont préférables parce qu’avec eux un seul homme suffit à la mise en marche et au fonctionnement de toute la machine. Tous les leviers et les rouages contrôlant la marche sont placés de telle manière qu’ils peuvent être facilement mis en action par ce même ouvrier. La direction est puissamment commandée par un embrayage actionné par le moteur, et que dirige le mécanicien-conducteur au moyen d’un volant semblable à celui des automobiles ordinaires.
- Pour faire mouvoir la machine, on peut faù*e choix de l’un des deux systèmes de traction suivants : sur roues à larges bandages métalliques ou le dispositif Caterpillar. A vide cette excavatrice peut marcher à grande vitesse, soit en avant, soit en arrière; durant le travail, on peut utiliser l’une quelconque des nombreuses vitesses (12) selon la nature de ce même travail, et ceci est un point très important, car la machine peut dès lors fonctionner de la façon la plus avantageuse sur tous les genres de sols (à l’exception, s’entend, du roc). Le poids de la machine étant porté assez en avant de la tranchée, il n’y a donc pas de crainte de voir l’excava-trice s’effondrer dans cette dernière.
- L’excavalricc Parsons peut creuser soit *en ligne droite, soit en ligne courbe jusqu’à une profondeur de 3 m. 05 des tranchées de 0 m. 50, 0 m. 58,
- 0 m. 45-et 0 m. 61 de largeur pour le n° 24 (28 HP), et jusqu’à une profondeur de 4 m. 56 dis tranchées de 0 m. 41 à 0 m. 92 de largeur pour le n° 56 (45 IIP). La vitesse d’avance sur un terrain plat pour le déjalacement est de 4 km à l’heure r celle pendant le creusement d’une tranchée varie de 0 m. 20 à 5 m. à la minute. Le mécanisme oscillant dont est muni chacun de ces deux types leur permet de faire des tranchées de différentes largeurs sans pour cela avoir à modifier ou remplacer un quelconque organe, mais seulement changer la position de deux colliers sur un levier; la chaîne des godets se meut alors d’un seul bloc, d’un côté à l’autre, et creuse la largeur désirée. Par ce dispositif, on accroît aussi l’effet utile de cet outillage mécanique comme aussi un autre dispositif permet de maintenir à un degré exact la fouille, en relevant ou en abaissant une poutre à laquelle la chaîne à godets est fixée.
- Les godets sont en acier fondu munis d’une ceinture coupante ; devant chaque godet, une autre cein-. lure est munie de dents en acier à outils, le but de
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- LAMPES ÉLECTRIQUES A DÉCHARGE DANS LE NÉON
- ces dents étant de désagréger la matière. A la par-lie supérieure de la chaîne à g-dets se trouve également placé un appareil destiné à nettoyer les godets ; ce dispositif consiste en une palette épousant la forme du godet et plaquée sur celui-ci par un fort ressort à boudin, dé cette façon les terres h s plus collantes sont arrachées des godets.
- La même lorme a aussi créé des machines à remblayer les tranchées dont la figure 5 représente le type n° 5. Celte machine dont la direction est du système automobile, ce qui assure une action rapide lorsqu’on est en route, demande pour son fonction-ment deux hommes, un sur la machine même; l’autre au racloir. La force motrice pour la traction en avant et arrière est transmise par l’intermédiaire d’une commande à chaîne ; cette traction permet à
- Fig. 4.
- Machine Parsons n° 5 à remblayer les tranchées.
- l’engin de se trouver face à son Iravail à n'importe quel moment, de façon qu’on puisse toujours effectuer une traction directe sur la corde de traction. O11 applique également la traction sur les roues d’arrière,
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- mais il y a aussi une tête de treuil de telle sorte que si les roues viennent à patiner, on soit garanti.
- Un disque multiple à griffes monté sur l’arbre du moteur permet, par suite, de transmettre ou d’arrêter le mouvement immédiatement à la volonté du conducteur ; ce disque à griffes ne peut se caler en aucun cas. La corde de traction est également guidée dans son tambour à l’aide de godets verticaux et horizontaux afin qu’un relâchement possible de la corde ne cause pas de désordre; les godets guident la corde vers le dessous du tambour, tout près du sol.
- La machine à l’exception du racloir est complètement sous le contrôle du mécanicien-conducteur,
- Fig. 5.
- Creusement d’une tranchée de drainage.
- lequel de son siège peut atteindre facilement les leviers et le volant de direction. La vitesse de traction est de 2 km 500 environ.
- M. Bousquet.
- LAMPES électriques a décharge dans le néon
- On commence à mettre sur le marché des lampes électriques qui ont l’aspect extérieur des lampes à incandescence à filament ; elles reposent cependant sur un principe entièrement différent et n’ont, du reste, pas les mêmes usages.
- La lumière dans ces nouvelles lampes est obtenue par des décharges électriques produites entre deux électrodes distantes de 5 millimètres environ l’une de l’autre. L’ampoule est remplie de néon sous une pression qui est sans doute relativement élevée, à la différence des lampes à incandescence usuelles où règne un vide poussé. La décharge électrique rend le néon luminescent et ce gaz émet alors une belle lumière rouge feu.
- Dans le modèle qife nous avons pu exami-
- Fig. 1.
- ner, construit par la Société Philipps, les électrodes sont deux petites plaques portées par 2 tiges montées chacune à l’extrémité d’un ressort à boudin qui sert en même trmps à l’amenée du courant. Nous 'n’avons pu obtenir de renseignements sur la pression du gaz, ni la nature de ces électrodes.
- La lampe que nous avons examinée a les dimensions d’une lampe ordinaire de 52 bougies, et se monte comme elle sur une prise quelconque de courant, mais elle n’a qu’une puissance lumineuse de 1 bougie. Et c’est précisément là qu’est son intérêt.
- Ces lampes nouvelles se prêtent en effet, fort bien à être employées comme lampes de nuit, ou veilleuses. On a souvent besoin
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- LES ORAGES
- de garder une lumière allumée toule la nuit, mais qui ne donne qu’un éclairage très discret: c’est le cas par exemple des chambres d’enfants, de malades, etc.
- Si l’on emploie à ce service une lampe à incandescence, il faudra la recouvrir soit d’un écran, soit d’un enduit plus ou moins opaque. Pendant ce temps, la lampe usera la meme quantité d’énergie électrique que si elle produirait un éclairage utile. De plus ne pouvant rayonner au dehors sous forme de lumière toute l’énergie lumineuse émise par son filament, el'c s’échauffera, ce qui peut être dangereux et en tout cas compromet gravement son existence. •
- La lampe de nuit à décharge, au contraire, ne
- produit que la quantité de lumière demandée ; elle use environ 1 kilowatt pour 500 heures d’éclairage ; soit 5,3 watts par bougie. Ce serait beaucoup pour une lampe destinée à éclairer réellement ; mais il est facile de voir qu’employée comme veilleuse, elle assure de sérieuses économies.
- Ces lampes fonctionnent sur courant alternatif à partir de 110 volts jusqu’à 260 volts et sur courant continu à partir de 150 volts et au-dessus. A partir de 220 volts elles peuvent être employées aussi bien sur courant continu que sur courant alternatif.
- Elles durent plusieurs milliers d’heures.
- R. V.
- PHÉNOMÈNES NATURELS
- (Noies de voyage d'un ingénieur.)
- LES ORAGES
- Pendant quelques semaines je me suis installé au-dessus de Santa Maria en Colombie, tout près des frontières du Venezuela.
- Ma case était établie sur un petit plateau à la cote 700, accroché au flanc nord de la Sierra Nevada de Santa Marta, dont le principal sommet nous dominait à l’Est avec sa cime à 5300 mètres et ses neiges éternelles par 11° de latitude. \
- Au sud-est j’avais à l’horizon la plaine basse occupée parla vaste lagune de Maracaïbo ; au nord,immédiatement au delà de l'évêché de Santa Maria, s’étendait la mer des Antilles.
- Dans ces contrées, personne n’ose sortir de sa chambre obscure avant le lever du soleil, pas plus qu’après son coucher; il n’y a dehors que les chauve-souris chassant avec ardeur les terribles moustiques, 'quoiqu’ils soient beaucoup moins abondants que près des rives de la chaude mer.
- C’était au début du mois de juin et le soleil avait passé au Zénith depuis déjà plusieurs semaines : mais àupoint de vue température les variations saisonnières sont faibles à cette station et Je thermomètre marque régulièrement 2tj° dans les chambres : probablement la température s’abaisse très sensiblement à l’extérieur pendant la nuit, mais on ne va pas le voir : on a bien assez à faire à se défendre à l’intérieur contre les agresseurs nocturnes qui passent de temps en temps par les joints des portes.
- Au lever du soleil, temps radieux, ciel d’un bleu intense, pas de vent. Mais déjà on aperçoit de légères brumes qui sê forment sur la mer à nos pieds. Elles se développent et s’élèvent par flocons peu denses, qui tous se dirigent vers le sommet glacé : au bout, de 1 h. et demie, les hautes régions de la Sierra Nevada sont entourées par une couronne de nuages épais... et l’orage éclate brusquement. Formidable artillerie'd’abord invisible, puis après 5 ou 6 minutes les éclairs apparaissent tout autour de là station au milieu des grands arbres dont nous dominons une partie. Les oiseaux bruyants se taisent brusquement et la pluie tombe avec toute la violence tropicale.
- Les ravines à sec devenues des torrents avec plus
- d’un mètre d’eau, dévasteraient tout le pays si elles n’étaient pas rendues impuissantes par la luxuriante végétation'dont les racines puissantes et serrées forment la berge dans les ravins. En quelques points seulement l’eau parvient à déraciner quelques végétaux et à commencer un travail d’érosion qui prend vite de l’importance et rend en peu de jours les pistes impraticables.
- Mais au bout d’une dizaine de minutes la fureur météorique s’est calmée : le tonnerre cesse de rugir, la pluie s’arrête, les ravins se vident et vers la fin de la. seconde heure le ciel se montre parfaitement bleu. Les pies et les perroquets reprennent leur étourdissant ramage mêlé de castagnettes.
- Et aussitôt les vapeurs reprennent leur travail de préparation d’un nouvelorage. De deux heures en deux heures j’en ai compté 8 par jour assez régulièrement parce que les derniers éclatent après le coucher du soleil.
- D’après ce que m’ont dit les Caraïbes de la station, les pluies seraient moins fréquentes et moins abondantes ici aux environs du solstice d’hiver qu’en été; probablement, le changement de direction des vents, suivant que le soleil est au nord ou au sud de l'équateur, fait varier le sens dans lequel marchent de préférence les vapeurs, et de plus celles-ci doivent être plus abondantes quand le soleil frappe d’aplomb sur la mer.
- Je sais d’autre part que le régime des pluies et des orages est très différent de l’autre côté de la Cordillère, vers Panama et sur la côte colombienne du Pacifique. Les orages sont beaucoup moins fréquents mais encore plus violents : les cours d’eau de la région de Buenaven-tura et de Timbiqui, très paisibles d’ordinaire, sont sujets à des crues instantanées de plusieurs mètres d’amplitude qui ravagent tout. Mais il pleut toutes les nuits et toute la nuit sur les côtes, en raison des apports de vapeurs arrivant du large par les brises pacifiques venant de l’Ouest.
- Les grandes hauteurs de la Cordillère occidentale atteignant 5700 mètres sont à plus de 250 kilomètres de la côte et appartiennent à un plateau, large de 200 à 300 kilomètres, à l’altitude de 4000 mètres et plus, auquel il n’arrive plus que des orages sporadiques' laissant peu d’eau pour la Cordillère orientale de Bogota qui
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- L’AVENIR EST-IL AU MONOPLAN?
- est de hauteur à peu près égale : et de là résulte que la vallée du Magdalena, située entre ces deux chaînes, a uik. régime relativement régulier.
- À Santa Marta, où les sommets de 5000 mètres sont à moins de 15 kilomètres de la mer, les phénomènes sont beaucoup plus nets et plus intéressanls à suivre.
- Le point important de ces observations de Santa Maria est l’intensité des phénomènes électriques, dont je tirerai ailleurs des conséquences spéciales.
- L’évaporation de l’eau des mers par la chaleur solaire produit une différence de potentiel, comme on le sait dès longtemps. La mer est négative par rapport aux vapeurs qui la quittent.
- Par conséquent la surface du sol doit être regardée partout comme chargée négativement en face de nuages électrisés positivement. Il devrait donc y avoir attraction, mais la force d’ascension due à réchauffement de l’atmosphère estsupéiieure à cette attraction et les nuages s’élè-
- vent. D’autre part l’électrisa lion de la mer se communique à la terre voisine et s’ajoute au potentiel négatif de celle-ci résultant du même phénomène. La différence du potentiel s’accentue vers les sommets en raison de leur forme; c’est là l’effet du « pouvoir des pointes », et les observations ont montré dès longtemps que dans un conducteur ovoïde dissymétrique le potentiel est beaucoup plus élevé à l’extrémité, où le rayon de courbure est petit,. que de l’autre côté.
- Donc le potentiel est forcément très élevé au sommet de la Sierra Neïada et il en résulte un pouvoir d’attraction relativement considérable sur les nuées électrisées positivement, puis les décharges électriques, l’orage en un mot, la rupture d’équilibre dans les nuées et les pluies torrentielles, jusqu’à ce que le potentiel se. soit équilibré et que l’eau soit tombée. Ensuite ça recommence.
- Effère.
- L’AVENIR EST-IL AU MONOPLAN ? (Suite)
- Nous continuons ci-dessous l’élude de l’évolution I L’avion Van Berkel W. B. qui vient d’être com-des monoplans commencée dans notre numéro du | mandé à un assez grand nombre d'exemplaires par
- Fig. i. — Croquis comparatifs d’un certain nombre de monoplans.
- i, Foiiker (Hollande), envergure 16 m. io. — 2, Zeppelin-Dornier C-3 (Allemagne), envergure 17 m. — 3, Albatros L-S?. (Allemagne), envergure 14 m. —4, Monoplan N. A. V., envergure 13 m. 80. — 5, Monoplan Àlltila, envergure 48 m.
- 6, Monoplan Morane-Saulnier, trimoteur.
- 3 septembre 1921. Nous allons examiner ce qui a été fait à cet égard en Hollande, aux ’uEtats-Unis, en Angleterre et en France.
- le gouvernement de la Hollande est un monoplan construit à Amsterdam; il doit être utilisé dans les colonies des Indes Orientales pour le service delà poste.
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- L’AVENIR EST-IL AU MONOPLAN?
- Fig. 2. — Vue du monoplan Jacuzzi (Américain). Cabine contenant 7 passagers.
- Cet avion est un monoplan semi-cantilever à flotteurs qui vole à 180 km à l’heure pendant 8 heures ; en dehors du pilote il ne comporte qu’un siège pour le mécanicien et un coffre pour le courrier.
- Passons maintenant aux productions américaines en fait de monoplan.
- L'avion Jacuzzi (fig. 2) est un monoplan classique à plans minces, construit en bois et toile. Nous citons cet appareil pour mémoire, car il ne paraît pas réaliser un progrès sur les conceptions européennes.
- Sa cabine contient 7 passagers qui, à en juger par les dimensions du fuselage, doivent être installés bien peu confortablement.
- Ses caractéristiques sont :
- Surface : 57 m2 Vitesse : 150 km.
- Poids à vide : 816 kg Puissance : 200 IIP 11.-S.
- Charge utile : 726 — Charge au m8 : 41 kg.
- poids total : 1542 — Charge au HP : 7,7 —
- L'avion Scout B. W. (fig. 5), construit aux Ffats-Unis, est un monoplan cantilever qui se caractérise par la forme extraordinaire de ses plans porteurs. Ceux-ci, en effet, présentent une profondeur considérable près du fuselage et diminuent vers leurs extrémités. Ces plans sont épais de 45 cm et recouverts de bois contreplaqué suivant le principe du caisson genre Zeppelin Staaken. La surface portante serait sensiblement égale à celle du Junkers mais la voilure à elle seule pèserait 200 kg de moins tout en ayant un coefficient de résistance égal au double de celui d’un biplan courant ayant une voiture d’égal poids. 11 est dommage que ce principe de construction n’ait pas été appliqué à un avion de type connu afin que des comparaisons utiles puissent être faites. Il paraîtrait que l’amirauté américaine aurait commandé 0 de ces avions destinés à transporter des torpilles marines. Quatre passagers prendraient place dans la cabine vitrée.
- Ses caractéristiques sont :
- . \
- Surface: 55 m2 44 Vitesse: 195 km-h.
- Poids à vide : 880 kg Puissance: 200 HP Packard
- Charge utile: 020 — Charge au M2 : 44 kg
- Poids total: 1500 — Charge au IIP: 7,5 kg
- - En Grande-Bretagne, les monoplans n’étaient guère étudiés jusqu'à ces temps derniers ; maintenant au moins cinq des principaux constructeurs
- ont en chantier des monoplans et notamment Hand-ley Page annonce que d’ici peu il lancera un avion de ce type muni de son nouveau système de plans dont les Anglais attendent merveille.
- L'avion Pélican Allula (fig. 4), en construction chez l’un des plus fameux constructeurs d’outre-Manche, sera un monoplan des plus curieux, du type parasol et purement cantilever. Cet appareil aura un plan d’une courbure tout à fait spéciale qui doit lui donner une portance considérable au mètre carré. Le plan aura un angle dièdre négatif au bord d’attaque et sera rectiligne au bord de fuite. Le fuselage sera de section circulaire comprenant à l’avant le poste de pilotage, puis une très vaste cabine à passagers, puis une salle de moteurs contenant 2 moteurs Napier de 450 HP.
- Les deux hélices propulsives seront fixées de part et d’autre du fuselage derrière le plan, et portées par des pylônes d’angles. Celte position des hélices paraît excellente, elles travaillent, en effet, un air vierge et ne peuvent nuire par leurs remous aux qualités porteuses des plans.
- Les gouvernes seront biplanes en profondeur et en direction.
- Les caractéristiques de cet appareil seront :
- Surface: 200 m2 Vitesse : 150 k\v
- Poids àtide: 6000 kg Puissance: 900 IIP 2 Napier
- Charge : 4000 — Charge au m2 : 50 kg
- Poids total : 10000 — Charge au HP : 11 —
- Cet appareil sera remarquable par l’envergure et les qualités aérodynamiques de son plan. Nous reviendrons ultérieurement sur celte dernière question.
- Les avions Français. — Nous en arrivons enfin à l’effort français. Bien que jusqu’à ce jour la formule monoplane d’après-guerre n’ait pas rencontré en France auprès de nos constructeurs une laveur aussi générale qu’en Allemagne, nous croyons savoir que la plupart d’entre eux ’se sont décidés à mettre à l’étude des avions monoplans à plan épais, soit que ceux-ci soient destinés aux courses, soit qu’ils soient destinés aux transports publics.
- Le problème est en effet séduisant par suite de l’économie que cette nouvelle formule parait réaliser ;
- Fig. 3. — Vue de dessous de l’étrange avion monoplan Stout (Américain).
- Remarquer la forme des plans qui permettrait de leur donner une résistance exceptionnelle.
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- L'AVENIR EST-IL AU MONOPLAN? 231
- Fig. 4. — Monoplan anglais Alula.
- Envergure de 48 mètres. Courbure d’aile spéciale permettant d’enlever de très lourdes charges au mètre carré et de voler si besoin est à de faibles
- vitesses.
- les avions monoplans allemands notamment sont équipés avec des moteurs de 185 HP seulement, construits par la Bayerische Motor Wcrke, moteurs qui d’ailleurs fournissent normalement 210 IIP et qui peuvent même au moment du décollage être poussés jusqu’à 250 ou 240 IIP.
- Toujours est-il, que leur économie est incontestable, surtout quand il s’agit de transporter 5 à 0 passagers comme le font les Junkers et Fokker à des vitesses de l’ordre de 160 à 178 km à l’heure alors que les avions anglais ou français de cette catégorie sont tous équipés avec des moteurs de 570 et 450 IIP;
- La consommation à l’heure du BMW à 185 HP est de 58 kg 55 d’essence et de 2 kg d’huile, ce qui est très peu.
- M. Eiffel, après avoir étudié pendant plusieurs années les phénomènes de la sustentation aérienne sur les centaines de modè'es que lui soumettaient les constructeurs, s’est décidé en 1916-1917 à mettre sur pied une formule d’avion monoplan, sur lequel nous ne pouvons nous étendre sans sortir du cadre que nous nous sommes imposé puisqu’il s’agit d’un avion de guerre. Cet avion, le LE 1917, jouissait d’un rendement qui devait laisser loin derrière lui tout ce qui avait été obtenu jusqu’alors (fig. 5). 11 s’agissait d’un monoplan semi-cantilever, entièrement métallique qui doit être véritablement considéré comme le précurseur de toute la pléiade d’avions monoplans que nous étudions maintenant. Le Junker, en effet, n’est qu’une copie postérieure du L E, qui, déjà, avait ses plans placés sous le fuselage et qui était déjà également entièrement métallique. Il est dommage que le LE ait été endommagé au cours de ses essais et que les commissions officielles aient dédaigné celte formule qui leur paraissait trop révolutionnaire. Notons que dans le LE, M. Eiffel s’en était tenu à la formule semi-cantilever et que les surfaces étaient soutenues par quelques jambes de force : celte disposition permettait de conserver à l’avion des plans relativement minces meilleurs
- pour les grandes vitesses tout en n’entraînant pas de résistance à l’avancement excessive. Nous n’étions qu’en 1917 et les plans épais n’étaient point ni étudiés, ni appréciés comme maintenant.
- Nous avons appris récemment qu’une maison française qui se devait, d’après ses traditions, de proclamer sa confiance dans le monoplan avait entamé la construction d’un immense monoplan qui pourra au moins rivaliser avec le Zeppelin Slaaken.
- La maison Morane-Scmlnier étudie, en effet, un monoplan entièrement métallique sauf en ce qui concerne le revêtement des plans qui reste en toile (fig. 6). ^ ; '
- Les deux plans seront fixés à la partie supérieure du fuselage et leur envergure totale sera de 31 mètres. L’armature intérieure des plans et du fuselage est constituée par une poutre en treillis de duralumi-nium ; l’épaisseur de ces plans, en raison de leur envergure et de ce qu’ils sont purement cantilever, est considérable et atteint 80 cm à hauteur des moteurs, ce qui a permis d’y ménager un passage pour le mécanicien.
- La puissance motrice sera fournie par trois moteurs de 375 I1P Lorraine Diélrich, placés l’un à l’avant du fuselage, les deux autres encastrés dans le bord d'attaque des plans et de part et d’autre du fuselage.
- D’après les déclarations du constructeur ce trimoteur pourrait décoller avec 66 pour 100 de sa puissance maxima, soit avec seulement deux moteurs; il paraît même que l’avion allégé, à la fin de ses parcours, pourrait tenir l’air avec un seul moteur, ce qui serait un magnifique résultat réduisant presque à zéro les risques d’atterrissage forcé en campagne.
- Le combustible serait emmagasiné dans des réservoirs fixés dans l’épaisseur des plans et derrière les moteurs latéraux. Le pilote et son mécanicien auront leur poste situé à l’avant du fuselage à hauteur des plans ; ainsi que dans le Zeppelin Staaken des passages sont prévus dans les plans et permettront d’accéder aux moteurs latéraux en vol, un autre passage per-
- Fig. 5 — L’avion F E 1917, précurseur des avions monoplans à tendance cantilever.
- Construction entièrement métallique en duralumin. Monoplan de chasse concu en 1917 par M. G. Eiffel. Surface : 20 mètres carré. Moteur :-i8o HP Iiispano. Ce type d’avion fut copié en 1918 par Junker' et généralisé dans l’armée allemande (Escadrilles d’infanterie).
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- L’AVENIR EST-IL AU MONOPLAN?
- Fig. 6. — Vue avant el3Lf avant du nouveau monoplan français . Morane-Saulnier.
- Comparer avec le Zeppelin Saaken quadrimoteur, avec VAllula, etc.... Remarquer l’épaisseur du plan et la simplicité générale des lignes extérieures.
- d’accéder au moteur central, section quadrangulaire, sera re-
- mettra également Le fuselage, de couvert de feuilles d’aluminium.
- A l’avant sera fixé le moteur central, puis le poste de pilotage, puis une grande cabine largement éclairée par douze fenêtres vitrées et contenant 10 fauteuils; au fond de la cabine ont été prévus le palier d’entrée, puis un
- cabinet de toilette. L^s gouvernes sont monoplanes et du type classique. Le train d’atterrissage très large est de la famille de celui des Zeppelins et a une voie d’environ 6 mètres, les essieux étant articulés sur les longerons inférieurs du
- Fig. /. — Vue du Curtiss N.-P.-i. (Américain), exemple de biplan cantilevcr présentant la plupart des avantages deç monoplans sans avoir les inconvénients d'une envergure exagérée.
- amphibie de 40 m. d’envergure, devant peser 12 tonnes, de 1500 HP et conçu suivant une formule analogue à celle du Morane-Saulnier.
- Nous voyons que la renaissance des monoplans s’est manifestée par autre chose que par des idées ou des théories mais bien par un effort matériel considérab'e. Ce mouvement étant à sa naissance, il nous est bien difficile de nous prononcer sur son avenir, d’autant qu’il nous semble bien que tous les avantages reconnus aux types exposés ei-dessus proviennent tous de l’amélioration du rendement, amélioration consécutive de l’adoption des plans porteurs épais et cantilever. Or il ne nous semble pas qu’a -priori cet avantage incontestable ne puisse se manifesier aussi heureusement pour d autres formules que pour le monoplan. Et notamment, nous
- pouvons signaler sans sortir de notre sujet, qu’il existe des biplans à voilure cantilever et qui paraissent bénéficier des mêmes avantages que les monoplans avec en plus l’avantage de posséder une envergure beaucoup moindre, à surface égale
- (fig. 7 et 8). La recherche de la moindre envergure n’a pas seulement pour but de diminuer les difficultés de garage, ce qui est une question secondaire, elle a surtout pour objet de demander aux éléments
- fuselage avec jambes de force de compression fixées aux plans à hauteur des moteurs.
- Les caractéristiques de cet avion seraient, si elles sont bien conformes aux prévisions de son constructeur et aux essais subis au Laboratoire Eiffel, les suivantes :
- Surface: 11G m2. Vitesse : 200 lun-h. Poids à vide : 4500 kg. Puissance : 1125 3 Lorraine. Charge utile: 2700kg. Charge au m2 : 55 kg. Poids total : 7000 kg. Charge au IIP : 6,2 kg. Endurance pleine charge : 1000 km.
- Un a calculé que ce trimoteur parcourrait facilement et contre tous les
- vents, le trajet de Marseille à Alger avec 10 passagers en 4 heures et demie. Dans le même ordre d’idée la maison Buscaylet étudie un monoplan
- Fig. 8. — Vue d’un biplan Albatros 1921 {Allemand).
- Formule cantilever. Ce modèle paraît être le développement du monoplan L.-Sp. La surface portante ayant été augmentée par l’adjonction de deux petits plans inférieurs décalés en avant pour ne pas nuire au plan supérieur.
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- porteurs de l’avion les plans, de ne pas travailler sous des efforts excessifs qui nécessitent une construction tellement robuste qu’elle en devient proportionnellement trop lourde et diminue le rendement économique de l’avion. Nous touchons ici au point le plus délicat de la technique aéronautique des formules monoplanes, biplanes, triplanes, etc.... Chaque formule d’avions peut être avantageuse, pour un usage déterminé et son choix dépendra de l’état de développement de la technique constructive.
- Ce problème est en effet étroitement lié à celui des dimensions. A notre avis, et vu l’état actuel de la construction aéronautique, le monoplan ne présente que des avantages pour les avions petits et moyens; au contraire il devient peut-être onéreux au point de vue du rendement économique lorsque ses dimensions d’envergure seront telles que les moments fléchissants calculés nécessiteront une poutre rigide tellement importante, que son poids au mètre carré serait très supérieur au poids par 'mètre carré d’une voilure d’un biplan de même surface,qui, conçu suivant la formule cantilever, pourrait présenter les mêmes avantages de rendement.
- La limite à partir de laquelle un biplan devient préférable au monoplan et un triplan au biplan est donc une question d’espèce et sa fixation variera avec l’évolution de la construction et les matériaux employés.
- Nous ne voyons donc actuellement aucun intérêt à concevoir, comme le fait Fokker, un monoplan colossal de 110 m. d’envergure qui nécessiterait une robustesse de plan entraînant un poids au mètre carré invraisemblable alors qu’un biplan cantilever d’une envergure de moitié moindre procurerait autant d’avantages (fig. 9).
- Citons le Curtiss N. P. 1 et l’Albatros 1920 qui paraissent être des avions biplans purement cantilever à ailes épaisses et évitent l’inconvénient des envergures excessives.
- M. Béchereau, le savant créateur des avions Spad, vient de lancer récemment sa berline Spad 35, biplane naturellement, et récemment il déclarait qu’à son avis les avions monoplans étaient a priori
- Monoplan bimoteur métallique correspondant au bimoteur ZeppelinrDornier. Les deux moteurs sont placés de part et d’autre du fuselage et considérablement en porte à faux sur les plans. Le fuselage paraît devoir être aménagé pour une douzaine de passagers. Noter la similitude générale de formule avec le Zeppelin Staaken quadrimoteur.
- Détail du train
- d'atterrissage
- Fig. g. — Croquis d'un gigantesque monoplan de 4000 HP de puissance, de 110 m. d'envergure attribue à l'ingénieur allemand Junker, projet que nous publions sous toutes réserves et à titre de curiosité. Sirait-il l'avion mystérieux allemand dont seulement quelques pièces détachées ont été trouvées dans certaines usines allemandes?
- Surface.: 1400 mètres. Poids total : 60 tonnes.
- Puissance : 4000 HP (12 moteurs).
- d’un rendement commercial inférieur à celui des biplans. Sa déclaration reposait sur ce fait que la formule monoplane exige, pour une surface portante égale, un poids mort de voilure supérieur en raison de l’exceptionnelle résistance que doit offrir un plan d’avion monoplan aux moments llé-chissanls.
- Cet excédent de poids mort entraînerait évidemment une diminution appréciable du tonnage commercialement utile. A titre d’exemple, M. Béchereau compare,sur un parcours type de 500 km avec vent contraire de 56 km à l’heure, sa berline Spad 53 avec le Fokker 111; ces deux avions sont en effet sensiblement comparables par les surfaces (42 m2), les puissances (230 et 245 HP) et la capacité en voyageurs (6 places).
- Telle qu’elle est ainsi posée, la comparaison fortifie la thèse de M. Béchereau et fait ressortir nettement le désavantage commercial du Fokker III sur le Spad 35. Nous croyons cependant que le problème n’a pas été posé avec toute la rigueur nécessaire à une comparaison de ce genre; en premier lieu, en ce qui regarde la question du poids mort des avions eu égard aux formules, ne vaudrait-il pas mieux comparer uniquement entre eux le plan du Fokker et la cellule du Spad sans faire intervenir dans la question les fuselages et moteurs ; il se pourrait bien que dans ce cas la comparaison changeât de sens; en second lieu, il nous paraît dangereux de comparer entre eux ces deux avions sans tenir compte de leurs portances respectives au mètre carré :
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- Fig. ii. — Vue de face du nouvel avion bimoteur Zeppelin Dornier 1921.
- Remarquer la position des 2 moteurs placés au-dessus des roues du train d’atterrissage dégageant parfaitement la vue de l’avant du fuselage. Si cet avion a le même fuselage et la même voilure que les avions Zeppelin-Dor-nier C-3 et C-s-III, l’excédent de puissance procurée par le deuxième moteur doit rendre cet avion extrêmement maniable et doit lui donner d’excellentes caractéristiques de vol.
- le Spad porte 48 kg et le Fokker 45. Ce que ce dernier perd en rendement de ce fait, ne le gagne-t-il pas en supplément de sécurité pour les voyageurs? En troisième lieu, M. Béchereau est apôtre de la légèreté constructive tant en ce qui regarde le moteur que l’avion et la berline Spad est réellement à ce point de vue un chef-d’œuvre de légèreté et de bonne construction, mais nous devons avouer que personnellement nous nous méfions terriblement des avions légers, notamment en ce qui concerne leur résistance aux mille aléas d’une exploitation commerciale.
- Donc ce que nous aimerions mieux, ce serait d’établir une comparaison entre le même avion équipé en biblan, puis en monoplan à surface égale bien entendu. Les Américains ont réalisé cette expérience et sont en train de transformer leurs vieux avions de guerre DH en avions postaux ou militaires plus modernes en remplaçant leurs cellules biplanes par un plan unique; les essais auraient été excellents, mais nous n’en connaissons pas encore les résultats exacts.
- Avant de terminer cet article nous allons nous permettre de signaler les quelques réflexions qui nous sont suggérées par l’examen des appareils allemands.
- Il est vraiment curieux que tous ces avions monoplans, construits par des usines différentes, voire même par des usines allemandes installées sur des territoires voisins, ou neutres, rentrent tous aussi parfaitement dans le même cadre. La plupart de ces avions utilisent le même moteur allemand quoique des moteurs étrangers leur eussent permis d’améliorer très sensiblement leurs caractéristiques de vol, ainsi le Salmson 500 HP est au moins aussi robuste, aussi économique que le B. M.W et, pesant beaucoup moins lourd, il est d’au moins 50 pour 100 plus puissant.
- Les dimensions de ces avions sont sensiblement égales ainsi que leurs caractéristiques de charge utile enlevée.
- Leurs éléments constructifs sont tous conçus pour en permettre la fabrication en grande série, même si les caractéristiques de vol devaient en souffrir.
- Enfin tous ces avions sont très aisément et rapidement démontables, qualité précieuse au point de
- Tableau récapitulatif
- des caractéristiques des avions monoplans de transport (1920-1921)
- MAUQLK 1Ji 8><S cz 0 ifi — O TZ *P S 0 -cj Sur- face. Puissance . Poids ville. ’.liargc Poids lolal. Cli a tj b au nr. Charge au HP.
- m- IIP. Kgs. ligS. Kgs- Kgs.
- Junker G 36 185 (B.M.YV.'i 950 690 1.640 45 10
- Fokker II — 111 4 5 42. 185 (B,MAY.) 1.200 700 1.900 45,6 10,2
- Albatros L. 57 6 35 185 (B.M.YV.) 1.052 800 1.912 54 10,4
- Sablating P. 3 G 46,50 185 (B,MAY.) 1.200 850 2.150 16 11
- N. A. Y. 4 37 220 (Benz) 1.200 500 1.700 45 7
- Zeppelin Dornier G 47 185 (B. MAY,) 1.097 725 1.822 10 10
- C. 3
- Zeppelin Dornier G 47 185 (B.MAY.) 1.446 604 „ 2.050 45 U
- bydrav.
- Zeppelin Staaken 18 106 1.000 ( llajbacli ) 5 500 5.000 8.500 80 8,5
- Jacuzzi 7(7) 37 200 (Hall Scott; 816 720 1.542 41 7,7
- Stout B. YY. 4 53,4 200 ( Pacqnard' 880 620 1.500 44 7,5
- Pelikan- Allula X 200 900 (Napier 6.000 4.000 10.000 50 11
- Morane- Saulniei 16 116 1.125 ( Lorraine 4.500 2.70C 7.00C 35 6,2
- Zeppelin bimoteui 8 80 370 (2IÜ1AY.1 2.34E 1.102 5.447 58 9.2
- A titre comparatif,
- caractéristiques d’avions biplans français et anglais d’importance similaire.
- Bréguet 4 40 500 980 530 1.510 31,5 5
- Aireo 4 45,5 (Itenault) 550 1.340 650 1 990 44 5,7
- YVesland 3 40,5. (Rolls) 275 1.090 525 1.015 40 6
- Spad-33 6 42 (Rolls) 215 1.050 1.000 2.050 48 8
- (Salmson)
- U
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- vue commercial, mais beaucoup plus encore au point de vue militaire.
- En réalité ne nous trouvons-nous pas en face d’études et d’essais destinés à préparer la rapide renaissance d’une aviation de guerre? Etudes et essais ont été à notre sens d’ailleurs largement subventionnés par le Reich et le programme formel en a été tracépar l’Etat-major allemand commele fut jadis celui des avions de chasse, de bombardement et de corps d’armée, programme qui laisse à peine d’initiative aux constructeurs. Cette élection soudaine et généralisée du moteur B.M.W. ne semble-l-elle pas indiquer soit qu’une grande réserve de ces moteurs existe encore en Allemagne — et on comprend que l’État-major ait obligé les constructeurs civils à le prévoir sur leurs avions de paix — soit encore que ces moteurs puissent être en bloc remplacés, le jour des hostilités, par un moteur du même genre mais plus puissant tel que le Maybach ou le Mercédès, modification qui aurait pour résultat de donner à tous ces avions commerciaux les qualités de plafond tactique et de vitesse nécessaire à des avions de guerre de premier choc.
- Tous les avions monoplans que nous avons vus feraient alors d’excellents appareils de corps d’armée et le type Zeppelin Staaken serait un excellent avion de bombardement à grande distance. Il manque évidemment à ce program me l’avion moyen, à grande puissance mais à forte maniabilité, avion destiné aux reconnaissances à grande portée et à l’offensive aérienne, aussi le trouvons-nous dans les deux derniers modèles qu’étudient, les usines Zeppelin et dont nous publions les maquettes au cours de cet article (fig. 10-11). L’établissement et la mise au point d’avions de guerre nécessitent des études très prolongées et souvent décevantes; c’est la partie la plus longue de la préparation d’une Hotte aérienne, créations des dessins, création des modèles des pièces, créations de l’outillage et des méthodes de construction, essais, etc. ; pour une nation disposant comme l’Allemagne d’une organisation industrielle aussi perfectionnée, une fois que le trav ail
- préparatoire d’un type est terminé, la construction rapide et en grande série n’est plus qu’un jeu d’enfant, surtout quand il s’agit de construction métallique et que tout a été prévu dans la conception pour simplifier le travail industriel : par exemple, avions terrestres et avions marins ayant même moteur, même fuselage, même voilure (cf. Zeppelin Dernier monomoteurs) ou avions de corps d’armée ayant même fuselage que les avions de combat (C 5 ouCs II), etc...
- Les exemples abondent en notre sens ; certes les avions allemands ne sont pas encore au-dessus de nos villes avec leurs charges de bombes, il s’en faut de beaucoup et certainement de plusieurs aimées.
- Mais étant donné qu’une nation avertie du danger en vaut deux, notre devoir est d’étudier avec soin tout ce qui se prépare outre-Rhin. Nos ennemis d’hier font incontestablement un gros effort technique, il ne peut qu’en sortir un perfectionnement
- de la science aérodynamique dont il convient que nous profitions.
- Et à ce propos rappelons l’exemple donné par les Anglais pendant la guerre ; ils ont en effet réussi le tour de force de créer, en Grande-Bretagne, en pleine guerre alors que tous les succès allaient aux avions, une puissante et habile industrie de dirigeables rigides et ils ont obtenu ce résultat en copiant, sans aucune fausse honte nationalè, les Zeppelins détruits sur leur territoire.’ En quelque 50 mois, ils ont pu rattraper en grande partie les 15 années de retard technique qu’ils s’étaient laissé prendre par les usines de Friedrichshafen.
- En ce qui concerne l’exploitation marchande de l’aviation, nous sommes encore en tête du mouvement mondial, grâce sans doute à l’appui du gouvernement français qui joue réellement en ce faisant, la plus belle partie de son rôle de gouvernement, qui est de prévoir, mais il ne faut pas perdre de vue un seul instant celle nuée de petits monoplans dont l’éclosion ne nous dit rien qui vaille.
- Jean Abel Left.anc.
- Breveté mécanicien d’avions.
- Fig. i2. — Vue latérale du nouvel avion bimoteur Zeppelin Dornier 1921.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de juillet et d’août 1921.
- La diffraction des rayons X .par les liquides. — On attribue en général les phénomènes qui accompagnent le passage de ces rayons au travers des substances cristallines, à une réflexion partielle sur les plans réticulaires de grande densité et l’interférence des ondes
- réfléchies sur les différents plans parallèles de même nature. M. Debierne a réalisé un certain nombre d’essais tendant à démontrer la formation d’anneaux de diffraction, lorsque les rayons X pénètrent dans une masse liquide sans que la surface intervienne ; il y aurait ainsi
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- des « centres » constitués, soit par des molécules dont les distances mutuelles subissent, par l’agitation thermique, de petites variations, soit par des atomes particulièrement actifs.
- Une ' nôuvèlïe réaction de Vammoniaque. — Il semble que la méthode de M. C. D. Zenghelis dépasse en sensibilité celles de Denigès et de Theodorescu : il s’agit d’une liqueur à 20 pour 100 d’azotate d’argent Az05Ag, additionnée de trois parties de formol commercial (33-37 pour 100). Le mélange doit être fait avant la réaction, et, sous l’action de traces infimes d’ammoniaque échappant au réactif de Nessler, une brillante couronne d’argent prend naissance, parfois même en trente secondes.
- La composition minéralogique de la rockallite. — L’îlot de Rockall perdu dans l’Atlantique, à égale distance entre l’Irlande et l’Islande, offre des parois à pic où, avant le Dr Charcot, seules deux croisières avaient pu (en 1810 et en 1862) débarquer quelques hommes et rapporter des échantillons de roches. L’expédition du Pourquoi pas, en juin 1921, a permis la récolte d’éléments particulièrement intéressants : l’elpidite, déjà signalée au Groenland, y forme, d’après M. Lacroix, une roche d’origine secondaire ; et l’analyse spectrographique fournit non seulement le spectre du zirconium, mais aussi celui de l’yttrium. Quant au banc même de Rockall, il présente des roches basaltiques, à structure ophitique, dépourvues de géolithes et renfermant parfois du péridot.
- La distribution du fer dans les végétaux. — Le métal actif se rencontre surtout dans les organes qui n’évaporent pas ou du moins n’évaporent que très peu ; le fer inactif au contraire domine dans les éléments tels que l’écorce. Les expériences de MM. Maquenne et Cerighelli ont porté tant sur la pulpe des fruits (prunes, abricots, cerises) que sur les graines (pois, haricots), les feuilles (marronniers, lilas, fusains), les racines (carottes), et les tubercules (pommes de terre). La distribution du fer est toute semblable à celle du cuivre et il n’existe qu’en très faible proportion à l’état dissous dans le suc cellulaire, dont il se précipite à l’ébullition. Enfin, il est évident qu’il se déplace dans les listus en se dirigeant vers les organes de vie active et de reproduction.
- L’onctuosité des corps gras. — Au point de vue mécanique, les huiles jouissent d’une qualité très recherchée qui influe sur l’efficacité lubrifiante et qui constitue la graissivilé ou onctuosité. Pour M. Paul Woog les facteurs qui la régissent sont rie coincement, la forme, la rigidité élastique, la résistance au roulement des molécules, la viscosité, enfin certaines manifestations de la tension artificielle et de l’adsorplion. La note soumise à l’Académie fournit un tableau où les huiles sont rangées par familles : h. grasses (colza, arachide, olive, etc.) pétroles (Amérique, Russie), huiles de houille, paraffines et glycérine, dans l’ordre décroissant de leur volume moléculaire moyen.
- Paul B.
- LE CHAUFFAGE CENTRAL DOMESTIQUE PAR LE GAZ D’ÉCLAIRAGE
- Parmi les procéde's employés pour le chauffage central, il faut retenir celui qui utilise une chaudière .chauffée avec le gaz d’éclairage et qui semble prendre un développement considérable, grâce aux appareils modernes qui ont été conçus pour ces systèmes de chaudière.
- Les avantages du chauffage au gaz sont de supprimer la manutention du charbon, d’avoir une mise en marche et une conduite faciles ainsi qu’un réglage très commode. Enfin, la chaudière peut se placer facilement, sans exiger l’emplacement du combustible.
- Il semble à première vue que ce système de chauffage ne soit pas le meilleur marché, nous allons montrer avec des chiffres que les chaudières spéciales, en particulier la chaudière Gabet, font que le chauffage central au gaz est le plus économique.
- Comme dans toute installation de chauffage à eau chaude, on a une"chaudière, un vase d’expansion et une nourrice d’alimentation de la chaudière. L’eau chaude circule dans des radiateurs, grâce à des conduites appropriées.
- La difficulté du chauffage au gaz vient de la condensation des eaux résiduelles, toujours très acides, qui attaquent les tubes d’évacuation, les chaudières et les cheminées. Ceci est aggravé par le tirage renversé employé pour récupérer le plus de calories possible.
- M. l’ingénieur Gabet rétablit au contraire le tirage direct et introduit même un volume d’air
- additionnel pour supprimer toute condensation. En laissant au mélange de gaz brûlés et d’air une température de 120°, on trouve, par les tables de Régnault, que 100 mètres cubes peuvent entraîner le litre d’eau fourni par un mètre cube de gaz.
- Pour obtenir ce résultat, la chaudière Gabet est placée dans une cheminée d’appartement, qui fournit l’air additionnel suffisant. Evidemment, il y a pertes de calories : celles de la vaporisation et celles de.l’air de l’appartement entraîné. Ces dernières pertes sont de 522 calories pour 100 mètres cubes, avec une différence de 17° entre les températures extérieure et intérieure.
- Cette perte n’est qu’apparente, car elle serait la même grâce à la ventilation, qui demande le renouvellement, toutes les heures, de l’air d’une pièce de 100 mètres cubes.
- La perte due à la température des gaz brûlés à la sortie est irréparable, mais grâce à un système spécial de la chaudière, le rendement est bon, malgré le sacrifice fait pour éviter la condensation.
- La chaudière est constituée par des rangées de petits tubes de 10 à 12 mm reliant deux nourrices. C’est le même principe que dans les chaudières de torpilleurs et les tubes sont en cuivre rouge, afin d’avoir un meilleur échange thermique.
- Ce qui intervient aussi pour le rendement est la vitesse élevée de l’eau dans la disposition tubulaire. En effet, en appliquant la formule établie par Ser pour la convection de l’eau, on obtient pour la va-
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- LE CHAUFFAGE CENTRAL DOMESTIQUE
- leur du coefficient de convection des valeurs qui varient de 200 à 4500, quand la vitesse de l’eau va de 1 cm à 1 m. par seconde.
- Le rendement thermique intrinsèque de la chaudière Gabet, mesuré au Laboratoire de la Société du Gaz, a dépassé 90 pour 100 et c’est ce rendement exceptionnel qui permet d’appliquerune perte à l’air additionnel et aux gaz brûlés, sans que le rendement final cesse d’être supérieur à celui des chaudières à condensation.
- La chaudière Gabet du poids de 16 kg a une puissance de 13 000 calories. Ses dimensions sont de 37 cm de large, C0 de haut et 3 seulement d’épaisseur; elle peut ainsi se placer dans une cheminée ordinaire d’appartement.
- L’eau circule avec une vitesse telle qu’elle permet, en simple thermo-siphon avec vase d’expansion, de laisser au ras des parquets les diverses tubulures, que les systèmes accélérateurs placent près des plafonds. Les tubulures ont d’ailleurs des dimensions moitié moindres que celles qualifiées normales.
- Pour chauffer un appartement de six ou sept pièces de dimensions moyennes, la consommation du gaz de la chaudière est de 2 mètres cubes à l’heure, ce qui au prix de Paris représente actuellement 1 fr. 10, soit 0 fr. 15 par pièce et par heure.
- L’installation peut être complétée avec un service d’eau chaude spécial, qui ne comporte ni serpentin, ni bac réchauffeur. Ceci est particulièrement intéressant quand on veut alimenter une salle de bain.
- Si nous voulons comparer le chauffage au gaz avec les divers autres modes de chauffage, on peut établir le tableau des différents rendements :
- Fig. j. — La chaudière Gabet.
- Elle est constituée par 2 nourrices en acier A et B entretoisées par une double rangée de tubes en cuivre C et D de diamètres différents ét cintrés suivant un profil étudié en vue d’utiliser au mieux la chaleur du foyer. La hotte E canalise les gaz.
- PAR LE GAZ D’ÉCLAIRAGE = 237
- Fig. 1. — Chaudière Gabet dans le fond d’une cheminée d’appartement. Devant sont placés les brûleurs de chauffage.
- Pour 100
- Cheminée ordinaire au bois ..... .1 à 5 Cheminée ordinaire au coke ou à la houille 3 à 5 Cheminée ordinaire avec grille. .... 5 à 10
- Cheminée ordinaire avec appareil Eondet. 15 à 20 Poêle en fonte chauffé à la houille. . . . 20 à 40 Poêle calorifère au coke ou à la houille. . 50 à 60 Poêle mobile chauffé à l’anthracite. . . 60 à 65
- Chauffage central à la houil'c..........50 à 60
- Lemèmc avec chaudièreCabct à la houille. 70 à 75
- Radiateur à gaz avec tirage.............70
- Chauffage central au gaz ordinaire. . . 75 Chauffage central au gaz chaudière Gabet. 85 à 87 Chauffage électrique................. 100
- Le chauffage électrique mis à part, ou constate que le chauffage au gaz avec la chaudière que nous avons décrite donne le meilleur rendement; les chiffres indiqués résultant de mesures précises de laboratoire,
- Le prix du chauffage électrique est prohibitif au taux actuel. En effet, le gaz qui donne à Paris 4700 calories au mètre cube coûte 0 fr. 55; le kilowatt ne donne que 860 calories et coûte 0 fr. 70. En admettant pour le gaz un rendement de 70 pour 100 seulement, soit environ 3350 calories au mètre cube, nous aurons pour 1000 calories les prix suivants :
- 1000 calories gaz. ..... 0,174
- 1000 calories électricité. . . 0,815
- ce qui montre que le chauffage électrique au prix actuel constitue un véritable gaspillage, qui se fait au détriment de la force nécessaire à l’industrie.
- En réalité, le chauffage au gaz est ratiunnel et
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- NOUVEL APPAREIL D'ESSAI DES MÉTAUX MAGNÉTIQUES
- logique, car la distillation de la houille donne, en outre du gaz, une quantité de sous-produils plus précieux les uns que les autres. •
- Par exemple, 1000 kg de houille donnent en moyenne dans les usines à gaz :
- 18.50 hectolitres de coke, soit : 5 700000 calories ;
- 75 litres d’eau ammoniacale;
- 55 kg de goudrons ;
- 500 mètres cubes de gaz, soit : 1410 000 calories.
- Le nombre total de calories est ainsi de 7170000 calories, alors que le même poids de houille, dans un foyer ordinaire, fournit 7 200000 calories avec 40 à 70 kg de cendres inutilisables. '
- On voit donc qu’au point de vue de l’intérêt général, le chauffage au gaz est préférable, car il supprime le morcellement des stocks de charbon,
- La chaudière nouvelle que nous venons d’étudier remédie à tous ces inconvénients. Elle résout également la plus grave difficulté qui limitait jusqu’alors l’extension du chauffage d’appartement, car la clientèle d’une éducation esthétique un peu raffinée hésite toujours à placer des tuyauteries coupant les tentures des appartements près des plafonds.
- La circulation d’eau plus rapide permet de réduire la surface des radiateurs et si l’on utilise une cheminée pour placer la chaudière, on supprime un radiateur dans la pièce correspondante. Les tuyauteries sont aussi plus réduites et cela se traduit par une économie non négligeable dans l’installation .
- On peut également apprécier que la disposition adoptée résout d’une façon élégante la question irritante du tube de fumée, de même que la disparition delà vue de la chaudière dans l’appartement.- Les
- SALLE
- CUISINE
- CHAMBRE
- CHAMBRE
- Alimentation
- Fig. 3. — {schéma d’une installation de chauffage central par le gaz.
- il utilise mieux le combustible, ce qui réduirait le prix d’importation et permettrait aussi à nos industries chimiques d’être moins tributaires de l’étranger.
- Sous le rapport de la consommation du gaz, la France est très en arrière sur les pays étrangers. En Angleterre notamment, on consomme plus de 5 milliards de mètres cubes, soit le quintuple de la consommation de la France. Londres à lui tout seul use autant et même plus de gaz que notre pays tout entier.
- La diffusion des appareils de chauffage central au gaz a été retardée par les inconvénients existant jusqu’alors : condensation importante, manque de ventilation et prix élevés des appareils, qui nécessitaient généralement un appareil accélérateur.
- NOUVEL APPAREIL D’ESSAI
- Dans les laboratoires sidérurgiques modernes, on se livre à de nombreux essais chimiques, mécaniques ou physiques, soit pour contrôler les étapes successives de la fabrication depuis les matières premières jusqu’aux produits finis, soit pour découvrir les causes des malformations accidentelles. Le premier genre d’épreuves met en oeuvre les procédés et
- brûleurs viennent se placer devant les tubes multiples en cuivre rouge.
- Enfin les hygiénistes ne peuvent que trouver parfaite la ventilation créée par ce système dans la pièce principale, ainsi que la suppression de la température prohibitive qui règne généralement dans le local où se place habituellement la chaudière.
- Le prix de revient du chauffage dans ces conditions étant de plus particulièrement réduit, la disposition-de la chaudière Gabet chauffée au gaz constitue un progrès sérieux dans la technique du chauffage central, spécialement pour les installations moyennes, qui sont les plus nombreuses et c’est pourquoi nous avons voulu signaler cette nouveauté à l’attention de nos lecteurs. E. Weiss.
- DES MÉTAUX MAGNÉTIQUES
- l’outillage ordinaire de la chimie minérale. Pour les examens mécaniques et physiques tantôt on utilise de puissantes machines de traction et de compression, tantôt avec l’appareil de Brinell, on évalue la dureté des métaux ou avec les moutons Charpy et Guillery, par exemple, on éprouve au choc des barreaux entaillés tandis que le microscope métal-
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- lographique Le Châtellier permet d’étudier les différents aspects d’un échantillon en les rapportant aux apparences qu’offrent des surfaces polies après attaque par des réactifs appropriés. Mais pour certains aciers spéciaux, il faut effectuer, en outre, des recherches sur leurs propriétés magnétiques et électriques dont on détermine la corrélation avec. les états allotropiques du fer et les différents traitements métallurgiques. On se sert pour cela de plusieurs instruments d’une haute précision et en particulier du magnétomètre Chevenard, qui peut '
- spires enroulées en sens contraire. Le solénoïde d’aimantation et le détecteur occupent l’un par rapport à l’autre une position invariable, mais grâce à un moteur électrique, on peut leur imprimer un mouvement de translation dans le sens de la longueur de la pièce à examiner. Lorsque le métal ne présente aucun défaut, l’homogénéité magnétique reste parfaite; alors le flux d’induction, parcourant l’une des bobines et le détecteur, égale celui qui correspond à l’autre bobine. Mais, en cas contraire, les forces électro-motrices engendrées
- Fig. i. — Essai magnétique d'un rail au moyen du dèfecloscope du Docteur Ch. Burrows.
- De gauche à droite, le solénoïde et le rail à examiner, le galvanomètre sur un trépied, et la boite de contrôle servant
- de support à l’enregistreur photographique.
- enregistrer photographiquement la courbe des variations thermiques de l’aimantation d’un métal. Toutefois l’emploi de cet appareil et aulres similaires nécessite le prélèvement d’un échantillon.
- Avec le nouveau dèfecloscope récemment imaginé par le Dr Charles W. Burrows, on n’a pas besoin de préparer des éprouvettes, on opère sur les objets eux-mêmes sans en distraire la moindre parcelle. L’installation comporte un solénoïde qu’en aperçoit vers la . droite de la photographie (fig. 1) et dans lequel on introduit la pièce à essayer (rail, barre d’acier, câble ou fil). Ce solénoïde est traversé par un courant continu, suffisamment intense pour obtenir la saturation magnétique de l’échan-tiiïon (un rail dans le cas présent). D’autre part, sur ce dernier, se trouvent placées deux petites bobines formant détecteur et ayant un nombre égal de
- dans les deux bobines d’essai deviennent inégales et, chaque fois que cela arrive, une variation de flux se produit dans le détecteur. Afin de mesurer la faible force électro-motrice engendrée dans les spires de celui-ci, on se sert d’un galvanomètre de d’Arsonval amorti (fig. 2) et on enregistre les déviations du petit miroir qu’il porte, à l’aide d’une pellicule photographique se déplaçant, d’un mouvement uniforme, devant une fente étroite à travers laquelle passe le spot lumineux. Enfin une boîte de contrôle, renfermant les rhéostats, les interrupteurs et-autres organes accessoires, supporte l’ensemble du système.
- Voyons maintenant comment on effectue un essai avec le dèfecloscope et supposons qu’il s’agisse d’un rail. On commence par réunir sur un seul chariot lo solénoïde d’aimantation, les bobines du détecteur
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- fig. 2. — Le solènoïde d’aimantation et son moteur électrique.
- et le moteur électrique permettant de déplacer l’équipage le long du rail. En ce cas, le chariot se meut sur deux galets dont l’un tourne par l’intermédiaire d’un train de roues coniques (fig. 5) sous l’action du moteur électrique fixé au bâti de support de solènoïde. Le second galet commande, à l’aide d’un pignon et d’un engrenage, deux contacts électriques qui ferment momentanément le circuit lorsque le chariot a parcouru 90 cm. Sur l’un des pieds de gauche du chariot, se voient des bornes servant à le connecter d’un côté avec le solènoïde d’aimantation et d’autre part avec les bobines du détecteur.
- Une fois le rail examiné au défectoscope sur toute sa longueur, on développe la pellicule photographique prise et sur la droite, formée par la succession des images du spot lumineux, on relève une ou plusieurs encoches, si le métal présente une ou plusieurs défectuosités dans sa composition chimique ou dans sa structure moléculaire. Chacune des dents observées correspond à une variation du flux magnétique.
- Suivant les pièces à essayer, on modifie la forme du solènoïde et le dispositif expérimental mais on observe toujours le galvanpmèlrc enregistreur et la boîte de contrôle. S’il s’agit, par exemple, d’une
- Fig. 4. -—Pour l’essai des câbles ou des fils d’acier le solènoïde est installé sur un cadre.
- barre, au lieu d’employer un chariot mobile, comme dans le cas précédent, c’est elle qui se déplace à l’intérieur du solènoïde fixe et on supprime la chambre noire.
- Il suffit de projeter le faisceau lumineux, réfléchi par le miroir du galvanomètre, sur une échelle transparente graduée.
- Le défectoscope Burrows rend également très aisés les contrôles périodiques que doivent faire subir aux câbles et aux fils d’acier les exploitants de mines, les entrepreneurs de travaux publics ou les électriciens poseurs de lignes. On installe le détecteur et l’enregistreur dans un endroit approprié, puis on fait traverser le solènoïde, plus ou moins gros et monté sur cadre, par le fil ou le câble à examiner (fig. 4). L’agent peut alors procéder, d’une façon rapide, aux enregistrements pho-
- Fig. 3. —Le galvanomètre et l’enregistreur photographique.
- tographiques. Avec un câble neuf et sans défaut, il verra sur la pellicule une simple ligne droite tandis qu’en cas de manque d’homogénéité de l’acier ou de rupture d’un des fils, le photogramme portera autant d’encoches que de défectuosités ou de ruptures. En fournissant donc une méthode d’inspection sûre et rapide des câbles de mines ou d’ascenseurs, ces épreuves magnétiques permettront d’éviter bien des accidents, dus à clés causes irrévélables par un contrôle extérieur.
- Jacques Boyer.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüiœ, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2480. :. ..... .......— 15 OCTOBRE 1921
- La guerre a singulièrement développé l’exploitation des remarquables gisements de graphite que possède Madagascar. Les exportations de cette variété de carbone par notre grande île africaine passèrent de 6514 000 kg en 1915 à 15 015050 kg en 1918.
- A la vérité, le ralentissement des affaires abaissa ce chiffre à 4 049 888 kg en 1919, dernière statistique que nous possédions, mais sans nul doute cette industrie redeviendra prospère, une fois la crise mondiale surmontée.
- Il faut toutefois, pour obtenir un tel résultat, que les Français perdent la détestable habitude d’acheter les graphites malgaches aux Etas-Unis ou meme à Francfort comme ils le fa:-saient jusqu’en 1914; nos industriels et nos commerçants devraient s’approvisionner sur place ou en tout cas exiger des certificats d’origine. Les producteurs de Madagascar se plaignent, en effet, des procédés peu délicats employés par certaines maisons étrangères qui achètent le graphite directement aux exploitants et le revendent^ en Europe après un classement ayant principalement pour objet d’éviter à Ceylan une concurrence ruineuse/Par exemple, les graphites malgaches de première qualité, c’est-à-dire titrant 90 pour 100 et plus de carbone, sont parfois vendus par ces peu honnêtes courtiers sous le nom de « graphite de Ceylan » alors qu’on réserve l’étiquette malgache aux produits pauvres, très micassés et mal raffinés !
- A Madagascar, on rencontre le graphite dans les gneiss au même titre que le mica ; en Sibérie on le trouve dans la granulite et en Bohême dans les gneiss, les micaschistes ou les calcaires cristallins. Quand, par suite de diverses causes d’al-
- Cases des ouvriers exploitant des mines de graphite à Pêrinet (Madagascar).
- lérations de ces roches, on tombe sur. des amas de graphite, on l’exploite naturellement d’une manière beaucoup plus facile que s’il est diffusé dans la roche comme cela se présente le plus généralement à Madagascar. On ne peut alors l’extraire économiquement qu’en cas de décomposition complète de sa gangue rocailleuse. A Ceylan, au Canada dont le principal centre de production existe dans le canton de Buckingham (province de Québec), aux Etats-Unis où on n’en trouve que quelques gisements dans la Géorgie, la Pennsylvanie et l’état de New-York, le graphite se présente sous deux formes principales : le graphite en paillettes plutôt sec et le graphite gras constitué par des particules onctueuses extrêmement divisées. Chacune de ces variétés s’emploie pour des usages différents et la première seule s’observe à Madagascar.
- Cependant, à côté du graphite, voisine un autre minéral qu’on confond inexactement avec lui et qui abonde dans les Alpes en Italie, en Autriche, en Hongrie et en France ainsi qu’en Bretagne, dans le Plateau Central, et les Pyrénées. On le désigne improprement jusqu’ici sous le nom de graphite amorphe. D’après un spécialiste autorisé, M. de Pritzbner, ce produit serait tout simplement de « l’anthracite qui, sous l’influence de certains phénomènes orogéniques, a subi des compressions telles que la graphitisation d’une partie ou de la totalité del’anthracite s’en est suivie ». Aussi le minerai de métamorphisme réalisé de la sorte ne possède qu’une partie des qualités du graphite; il ne saurait se substituer à lui dans beaucoup de ses applications et ce savant technicien propose d’appeler graphi-toïde, le graphite des Alpes.
- 16. — 241
- Fig. 2. — Gisements de graphite de la Compagnie Coloniale de Madagascar {à Permet).
- 49’ Année. — 2’ Semestre.
- L’EXPLOITATION DES GRAPHITES A MADAGASCAR
- Fig. i.
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- L EXPLOITATION DES GRAPHITES A MADAGASCAR
- Fig. 3. — Fabrication du chario t avec lus bois abattus pour exploiter le gisement, de graphite.
- Maintenant que nous connaissons les différentes sortes de graphites, visitons, les gisements malgaches (fig. 2), d’où ne s’extrait guère que du graphite en paillettes, utilisé principalement pour la fabrication des creusets métallurgiques. II s'y rencontre à une certaine profondeur dans la latérite, terre rougeâtre produite par la décomposition des gneiss et renfermant des concrétions ferrugineuses. Après avoir prospecté le sol et abattu les bois (fig. 5), qui surmontent les bancs de latérite, les indigènes les enlèvent à là pelle (fig. 4), comme s’il s’agissait d’une carrière de sable, et des wagonnets Decauville amènent les terres granitiques extraites, à proximité de la laverie (fig. 5), où se pratique la première opération dite debourbage. En général, les minerais ne renferment pas plus de 10 pour 100 de graphite mélangé à des feldspalhs dans lesquels l’élément potassique a disparu, ne laissant plus que l’argile, le quartz souvent réduit à l’état de sable ! des paillettes de mica et des parcelles de fer. On jette les matériaux d’extraction dans un bassin de debourbage où ils com- v - \ mencent à se délayer. De là, ils pas-sent dans une série de canaux en bois, qui séparent d’abord le sable, puis les paillettes et enfin les autres résidus et eaux boueuses. D’ordinaire, on munit les dernières rigoles de grillages métalliques aux mailles plus ou moins grandes, qui opèrent un premier classement des paillettes. Ces tamisages successifs s'effectuent sous de primitifs hangars (fig. 5), destinés à abriter le personnel du soleil ou des pluies si abondantes sous ce climat tropical, et ils amènent le graphite à une teneur de 45 à 60 pour 100 de carbone. Afin d’arriver à la concentration de 80, 85 et à l’élimination F g 4
- des impuretés tels que le fer, la chaux Les
- ou le mica, on lui fait subir des traitements ultérieurs. La présence du mica discrédita beaucoup, au début, les premiers graphites de Madagascar envoyés en Europe, car les parcelles de ce corps étranger provoquaient des éclatements dans les creusets et les mettaient rapidement hors d’usage. Aussi, au sortir de la laverie, le magma graphitique ne doit renfermer que du sable, du graphite et pas plus de 4 à 5 pour 100 de mica. Pour enlever le sable, on procède au vannage. Les paillettes de graphite tombent lentement dans une caisse au-dessus de laquelle, le travailleur malgache secoue son van tandis qu’il jette, de temps en temps, sur le sol voisin, le sable resté sur son instrument.,
- Dans les usines Suberbie, dans les établissements de la « Société des magasins généraux et entrepôts de Madagascar » et autres installations récente;, on complète mécaniquement ces traitements pour réaliser un enrichissement plus élevé. Après débour-bage, on dessèche bien le graphite, puis on le classe par grosseurs sur les tamis à secousse (nos 20, 30, 40 et 60). On le passe ensuite dans de véritables tarares analogues à ceux employés pour le nettoyage du blé et qui opèrent, somme toute, un vannage plus parfait et plus rapide (fig. 6). Selon la qualité du minerai, 3 ou 4 tonnes de graphite dé-bourbé produisent une tonne de graphite commercial.
- Du reste, depuis 1917, les exportateurs achetaient de préférence aux indigènes le graphite simplement débourbé et le raffinaient soit à Tananarive, soit en France. Mais comme le criblage mécanique ne parvenait pas à séparer le mica du graphite quand les dimensions de la paillette de mica égalent celles du
- — Chantier d'extraction dans la veine de graphite. indigènes enlèvent les bancs de latérite à la pelle.
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- graphite, on s’adressa à la chimie pour résoudre le problème dans ce cas spécial. Quoique les usines, traitant delà sorte les minerais graphitiques, gardent jalousement leur secret, M. de Pritzbuer qui a travaille personnellement la question, nous apprend que, d’une façon générale, ces procédés reposent sur l’emploi du pétrole ou des corps gras. Le graphite impur mélangé avec le pétrole, dans de certaines conditions, se sépare, en effet, de ses impuretés par flottage. Plusieurs raffineurs allemands se contentaient de faire bouillir dans de l’eau le graphite imbibé de pétrole. Par suite de l’ébullition, les impuretés tombaient au fond des cuves tandis que le graphite remontait à leur surface. Cette méthode usitée jadis à Nuremberg et à Passau donnait, parait-il, toutes satisfactions aux intéressés mais comme elle exige un matériel coûteux, du combustible et des tours de mains assez délicats, on y a renoncé depuis que l’on se prooure, à meilleur marché, du graphite de Ceylan.
- Dans les procédés chimiques actuellement employés, on met à profit la rapidité de chute plus grande du mica que du graphite ; après imbibition au moyen du pétrole, des huiles ou des matières grasses, on soumet ces deux corps à l’action d’un courant d’eau. Alors comme le graphite flotte très bien, on arrive de la sorte à le séparer du mica.
- De leur côté, les graphites gras ont des débouchés plus importants et plus variés que les graphites en paillettes. Ils entrent notamment dans la composition des crayons, des peintures au silicate, des lubrifiants, des moules de fonderie ou de verrerie, mais ils s’emploient surtout en électricité (char-
- Fig. 6. — Anosibè (Madagascar). — Vue intérieure de la salle des tarares mécaniques qui opèrent le vannage des graphites débourbês et tamisés.
- big. 5. — Exploitation de la mine de graphite de Pcrinel. — La laverie.
- Sous de primitifs hangars, se pratiquent les tamisages successifs qui amènent le graphite à une teneur de 45 à 60 pour 100 de carbone.
- bons pour arc électrique, électrodes pour fours électriques, balais pour dynamos, contacts, etc.).
- Certains graphites gras canadiens et mexicains peuvent s’utiliser tels qu’ils existent dans la nature ou nécessitent très peu de préparation ; ils titrent 92 pour 100 et même plus. Aussi on les recherche beaucoup et, partant, ils se vendent fort cher, mais la plupart des minerais sont moins riches et on doit les purifier. Les procédés de raffinage employés pour les graphites gras ne leur ont guère permisjusqu’ici de concurrencer les graphites naturels extraits du sol à la teneur voulue. En Bohême, cependant, une grande usine est parvenue à obtenir des graphites gras à haute densité en traitant les minerais sans grande valeur (45 pour 100) au moyen de carbonate de soude à chaud. Il se produit du silicate de soude, des carbonates d’aluminium et de fer ; on élimine le premier par des lavages répétés à l'eau ihaude et ensuite les seconds par l’acide chlorhydrique. Cette méthode chimique, essayée dans une exploitation de Madagascar, n’ayant fourni qu’un produit inférieur aux graphites gras de Ceylan, n’a pas été appliquée industriellement dans notre colonie. Nous n'y insisterons donc pas outre mesure.
- En revanche, il nous faut signaler le graphite fin qu’on exploite depuis peu à Madagascar. Ces minerais graphitiques, d’une très haute teneur (85 à 94) sont malheureusement ferrugineux et on n’a pu jusqu’ici enlever le fer, qui se trouve à l’état de silicate. L’élimination de cette impureté s’effectue cependant très bien à l’aide du pétrole, mais celui-ci est trop cher aujourd’hui pour permettre un raffinage économique. On cherche actuel-
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- 244 ======= L’INDUSTRIE DE
- lementà donner à ces graphites menus, grâce à un traitement électrique, certaines qualités qui leur manquent ; toutefois le procédé n’est pas encore entré dans le domaine industriel.
- Indépendamment des variétés précédentes, on fabrique aussi un graphite artificiel dit graphite Acheson, en soumettant l’anthracite à la température du four électrique. Au cours des dernières années qui précédèrent la guerre, l’emploi de ce produit se généralisa comme lubrifiant et dans l’industrie électrique à cause de sa grande conductibilité. On le prépare aujourd’hui en chauffant, dans un four électrique à compartiments, des anthracites ne renfermant pas d’autres impuretés que la silice et des traces d’alumine. La haute température provoque la disparition partielle de la silice et on obtient finalement une masse pulvérulente d’une extrême finesse renfermant au minimum 95 pour 100 de carbone graphitique. Quoique regardé comme légèrement inférieur au bon graphite de Ceylan, le graphite Àcheson le concurrence d’une manière sérieuse, dans la plupart de ses applications, vu son prix de revient moins élevé. Divers techniciens fran-
- L’INDUSTRIE DE LA
- Dè toutes les fibres textiles, la soie est la plus coûteuse, la plus recherchée bien qu’elle soit en même temps la plus simple comme structure. Aussi, depuis de longues années, les tentatives de reproduction de la soie ont-elles été extrêmement nombreuses.
- 11 semblait en effet à première vue que le problème devait être relativement simple, puisque le fil de soie est dû à la coagulation à l’air d’un liquide contenu dans les glandes du ver à soie (Sericaria mari), tandis que la fibre de colon par exemple présente une structure cellulaire impossible à reproduire.
- (l’est Réaumur qui, en 1754, expliqua le premier le mode de formation des fils de soie et eut l’idée d’obtenir artificiellement le même résultat.
- En 1855, Audemars de Lausanne reprit l’étude du problème et, mélangeant des feuilles de mûrier traitées par l’àcide nitrique, avec du caoutchouc, il prépara une substance plastique qu’il essaya de transformer en fil. Evidemment, Audemars pensait que, puisque le ver 'a Soie se nourrit exclusivement de feuilles de mûrier, il doit y avoir dans le tissu de ces feuilles, un principe particulier conférant les propriétésspéciales au fil de soie.
- Mais le résultat ne fut pas satisfaisant et ce n’est qu’en 1884 que Chardonnet arriva à préparer une soie artificielle à base de nitro-cellulose ayant une valeur commerciale.
- Actuellement, on trouve dans le commerce des soies artificielles dont le filament est fait de nitro-cellulose, de cellulose cupro-ammoniacale, d’acétate de cellulose ou enfin de viscose.
- Les filaments'produits à partir de gélatine, de caséine, de glu, etc., n’ônt aucune valeur industrielle et ont depuis longtemps disparu du marché.
- Tous les procédés actuels emploient une cellulose qui, après avoir été mise en solution, est projetée à Iravers des orifices microscopiques dans un milieu coagulant, le
- SOIE ARTIFICIELLE -...........—.......... . .
- çais, anglais et américains (Human et Tessier, Hans Karplus, Acheson, National Graphite Lubrication) ont pris également des brevets pour « défloculer » le graphite Acheson afin de réaliser des substances douées d’un très haut pouvoir lubrifiant. En principe cette opération consiste à mélanger le graphite avec des corps qui, le réduisant à l’e7a/ colloïdal, lui permettent de rester en suspension dans le liquide oléagineux. Aussi ces graphites factices incorporés à des huiles produisent des effets lubrifiants supérieurs à ceux qu’on obtiendrait avec des graisses ou des graphites naturels seuls.
- Mais les exportateurs malgaches n'ont pas beaucoup à s’inquiéter de ces modestes « ersatz ». Les gisements de Madagascar renferment des couches puissantes de graphites en paillettes, d’une extraction facile et ils se partagent presque tout le marché européen avec les mines de Ceylan, exploitées d’une façon intensive au cours des dernières années. Puisse donc l’administration française favoriser nos entreprises coloniales qui se chargent de les mettre en valeur.
- Jacques Boyer.
- SOIE ARTIFICIELLE
- filament est enroulé sur des bobines et traité ensuite par lavage, blanchiment et teinture, afin de donrer le produit marchand.
- Les premières soies artificielles, par le procédé du comte de Chardonnet étaient constituées par de la nitro-cellulose .dissoute dans un mélange alcool-éther et projetée dans l’air par des orifices ou filières de diamètre très petit. Toutes les modifications du procédé initial piésentaient le même grave inconvénient de donner un produit aussi inflammable que la nitro-cellulose dont on partait, et il a fallu, par un procédé compliqué de dénitration, retirer l’azote du fil une fuis préparé, ce qui compliquait l’opération.
- Sous le nom de foies eupro-ammoniacales, on classe les soies obtenues en dissolvant la cellulose dans une solution de cuivre ammoniacale, puis en projetant la solution par des filières dans un milieu coagulant en en régénérant ensuite la cellulose, du composé cuivrique.
- Le pi emier brevet concernant ce procédé a été pris en France par Depeissis en 1890, perfectionné en 1897 par Pauly et actuellement une grande quantité de soies (soie de Paris, soie de Givet, Artiseta, Lustra cellulose, soie Glanzstoff) sont fabriquées par ce procédé.
- Ces soies ne sont ni inflammables ni combustibles, ont la même ténacité et la même élasticité que les soies à base de nitro-cellulose. La fabrication en est moins dangereuse, et le traitement de dénitration si coûteux et qui complique considérablement le procédé de Chardonnet est évité. A côté de ces avantages, il faut signaler les multiples difficultés mécaniques qui font que leur prix de revient est comparable à celui des soies de Chardonnet.
- La fabrication de soies à base d’acétate de cellulose a été étudiée simultanément en Amérique par IL fllork, en Suisse et en Angleterre par la maison Dreyfus Frères. Ces soies diffèrent au point de vue chimique des autres
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- L’INDUSTRIE DE LA SOIE ARTIFICIELLE —- . —— 245
- soies, qui sont des celluloses hydrolysées, car ce sont des esters.
- Ces soies sont caractérisées par leur grande résistance, leur ténaeité et leur élasticité. Elles sont moins affectées par l'humidité et l’eau, mais leur teinture est très délicate par suite de l’inégalité avec laquelle elles absorbent la couleur. Néanmoins, la production journalière de ces suies est estimée a 1200 kilogrammes.
- Les soies à la viscose datent de 1892. Le terme viscose a été employé par Cross, Bevan et Beadle pour désigner les sulfocarbonates de cellulose. Ces chimistes ont traité la pulpe de bois par une solution concentrée de soude caustique. Après élimination de l’excès de soude, si on traite la cellulose alcaline ainsi préparée par le sulfure de carbone, on obtient après quelques heures un liquide visqueux homogène qui convient pour la fabrication de la soie artificielle.
- Il semble que ce soit ce procédé qui soit appelé à remplacer les autres. Les principales usines sont : en Angleterre la Courtauld Ltrl, à Covcntry ; en Belgique à Tu-bize; en Hongrie à Savar; en Pologne à Tomazoxv; à Kelsterbach près Mayence; en Amérique à Marcus llook, Roanoke (Virginia) Lewiston (New-Jersey) à Niagara River (près Buffalo). Cette dernière usine appartient à Du Pont de Nemours et au Comptoir des textiles de Paris.
- Si simple que paraisse le procédé en théorie, il n’en est pas de même en pratique, car d’innombrables difficultés ont dû être vaincues. Aussi les sociétés gardent-elles jalousement leurs procédés. On peut cependant donner une idée d’ensemble assez précise de la fabrication.
- On part de trois matières premières : la soude caustique, le sulfure de carbone et la pulpe de bois.
- La soude caustique doit répondre aux spécifications suivantes : 97 pour 100 minimum de soude, moins de 1 pour 100 de carbonate de soude, moins de 1,25p. 100 de chlorure de sodium, moins de 0,01 pour 100 de fer ou de cuivre. Le sel provoque le trouble des solutions, le carbonate, lorsqu’on force le liquide à travers les filières dans le bain acide de coagulation, donne de l’acide car-bonique dont le dégagement provoque la contorsion et l’inégalité du filament. Les sels de fer ou de cuivre bouchent les filières ou teintent les filaments.
- Le sulfure de carbone doit être exempt de soufre et de polysulfures, avoir une densité de 1,25 à 1,50, ne pas contenir plus de 0,5 pour 100 d’eau à la température ordinaire et ne pas donner plus de 0,2 pour 100 de résidus solides à l’évaporation.
- Quant à la cellulose, il n’y a pas de conditions imposées, aussi nettes que celles que l’on rencontre par exemple dans l’industrie de la nitrocellulose. L’humidii.é et la quantité d’alphacellulose doivent être faibles, les résines et les matières solubles dans l’éllicr pratiquement nulles, les cendres ne doivent pas dépasser 5 p. 100, la solubilité dans la potasse réduite au minimum; enfin il ne doit y avoir que des traces de silicates.
- On prépare d’abord une solution de soude à ! 7,5 p. 100, puis on découpe la pulpe de bois en feuilles de 50 X 40 centimètres de côté et on place 20 de ces feuilles dans des compartiments d'une grande cuve en pierre. Ces compartiments sont formés par des plaques de métal Monel perforées et fonctionnent comme les cloisons d’un filtre presse. On introduit la solution de soude et on laisse l’action se produire pendant une heure, et demie à une température que l’on maintient aussi’près que possible de 20° centigrades. On vide ensuite la cuve et on
- exprime le liquide restant à l’aide d’une presse hydraulique jusqu’à ce que le « gâteau » ait la composition approximative : un de cellulose pour trois de solution.
- Ces gâteaux sont ensuite réduits en petits fragments et portés dans une chambre de maturation où la température est maintenue à 20 degrés pendant 55 à 00 heures à l’aide d’un système de chauffage et de réfrigération.
- La viscosité de la pâte est prise fréquemment et on suit l’opération du « vieillissement » en mesurant également la solubilité dans des solutions de soude de titre connu.
- La transformation suivante a pour objet la préparation du xanthate de cellulose (viscose). Cette opération s’effectue dans une cuve hexagonale fermée, l’addition de sulfure de carboné se faisant progressivement pendant que la masse est régulièrement brassée. La durée est d’une demi-heure environ. On ajoute ensuite une certaine quantité de soude pour rendre la masse plus fluide et on laisse encore « mûrir » pendant plusieurs jours en filtrant de temps en temps le liquide. Ensuite, la masse, sous une pression de 20 kg, est forcée à travers des filières en platine montées dans des tubes de verre et comprenant en général 18 trous de 0,1 millimètie environ de diamètre. Les 18 petits filaments se forment dans une solution aqueuse d’acide sulfurique, de sulfate de soude et de glucose. L’alcali est neutralisé et le filament se transforme instantanément en un lil extrêmement solide. Ces fils passent alors sur une roue Godet tournant à 120toursà la minute et les 18 fils sont tordus de façon à former un fil unique et en même temps à chasser l’excès de solution par force centrifuge Si la viscose contenait des particules de fer ou d’autres solides, les trous des filières se boucheraient. La température du bain de coagulation est maintenue à 45 degrés.
- On place ensuite le filament dans une pièce, à la température de 75 à 78 degrés, dont l’atmosphère est saturée de vapeur d’eau afin que la coagulation soit complète et on en forme des écheveaux de 0,55 centimètres de long.
- Ces écheveaux sont lavés dans un courant d’eau pendant 10 à 25_.minutes. à une température inférieure à 50 degrés, jusqu’à ce que l’eau ne donne plus de réaction de méthylorange, puis séchés par centrifugation et aune température inférieure à PO degrés, ce qui augmente leur lustre. Ensuite la soie est désulfurée dans une solution de sulfure de sodium à 1 p. 100 pendant 15 minutes et la cellulose est régénérée sous forme de cellulose hydratée. Si -la soude utilisée dès le début de la fabrication avait contenu des sels de fer ou de cuivre, la fibre se teinterait et ne pourrait plus être colorée, car l’opération du blanchiment est trop délicate, pour enlever toutes les traces de fer ou de cuivre.
- On lave l’écheveau et on le blanchit à l’aide d’une solution contenant 0,1 p. 100 de chlore libre. Au bout d’un quart d’heure, on lave de façon à éliminer tout le chlore, on passe dans une solution à 1 p. 100 d’acide chlorhydrique, on lave et finalement on sèche par force centrifuge et torsion à 60 degrés environ.
- Telles sont les multiples opérations que l’on est forcé d’exéculer pour arriver à fabriquer la soie xiscose. Actuellement en Amérique, la production est annuellement d’environ 5000 tonnes à l’usine de Marcus Hook et de 1500 tonnes à l’usine de Roanoke, toutes deux appartenant à l’American Viscose C°. L’usine du Pont de Nemours produit environ 700 kilogrammes par jour, de sorte que la production totale de l’Amérique est d’environ 4 500 000 kilogrammes par an. L’usine anglaise de
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- 246 : LA SOUDURE ÉLECTRIQUE PAR RÉSISTANCE
- Coventry fabrique environ 5500 000 de kilogrammes annuellement.
- La production européenne est d’environ 10 000000 de kilogrammes de sorte qu’au total on fabrique 115 000 000 kilogrammes de soie viscose annuellement dans le monde.
- Il est curieux que malgré l’activité de l’industrie de la soie artificielle que révèlent les nombres ci-dessus, la production de soie naturelle au lieu de diminuer a augmenté, passant de 20000 000 de kilogrammes en 1904 à 24000 000 en 1914.
- H. Vigneron.
- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE PAR RÉSISTANCE
- La soudure électrique par résistance fut inventée par Elihu Thomson, qui prit en 1877 le premier brevet relatif à ce procédé qui nécessita de nombreuses années pour être mis entièrement au point.
- En France, la soudure électrique par résistance fut d’abord utilisée uniquement pour la soudure des chaînes pendantqu’en Amérique et en Allemagne, elle prenait un développement plus considérable.
- Actuellement, ce procédé est très répandu dans ces deux pays et il commence à prendre en France l’importance qu’il mérite.
- La soudure électrique par résistance se distingue de tout autre procédé- en ce que l’énergie thermique nécessaire est communiquée à la pièce à souder tous forme de courant électrique qui n’est transformé en chaleur qu’à l’endroit même de la soudure.
- Le principe de ce procédé, qui nécessite l’emploi de machines spéciales, est le suivant : un courant électrique d’intensité .considérable traversant un conducteur l'échauffe et cet échaulfement est proportionnel à la résistance du circuit et au carré de l’intensité du courant. Il croît donc très rapidement avec l’intensité mise en jeu.
- Si le conducteur est constitué par les pièces à souder, la plus forte résistance se trouvera au point de contact des pièces. L’intensité employée pouvant atteindre plusieurs milliers d’ampères, il se produira à cet endroit un dégagement de chaleur énorme et la résistance électrique du joint augmentera, ce qui contribuera à l'obtention du résultat cherché. Après quelques secondes ou même quelques fractions de secondes, le métal deviendra suffisamment plastique pour que, sous l’effet d’une pression convenable, les deux parties à souder s’unissent parfaitement. Si la pression exercée est
- forge
- Fig. i.
- suffisamment forle, elle produira le même effet qu’un martelage dans la soudure à la forge et provoquera le rapprochement des molécules du métal et lcür adhérence intime. On aura donc ainsi réalisé une soudure autogène sans métal d’apport ni « fondant » alors que pour la soudure dite « autogène » par les gaz on est obligé d’employer au métal d’apport et pour la soudure ' à la un a fondant ».
- On comprend facilement que cette soudure sera extrêmement résistante, car il est bien évident que l’on ne peut pas faire mieux que de souder le métal à lui-même et de refaire pour ainsi dire un seul bloc de matière. D’ailleurs, il est reconnu que la soudure à la forge doit sa supériorité au martelage qu’elle nécessite et à l’absence de tout métal d’apport. En dehors de celle-ci, la soudure électrique par résistance remplit seule ces conditions, aussi les assemblages obtenus par ce procédé possèdent-ils toutes les qualités de ceux obtenus à la forge et sont-ils remarquablement solides.
- La soudure électrique modifie très peu les propriétés du métal, car celui-ci est seulement ramolli mais non fondu et, l’opération ne durant que quelques secondes, il n’a pas le temps de s’oxyder ni de s’encrasser. Lorsqu’on soude du fer à la forge, le courant d’air qui active le feu est oxydant et lorsqu’on emploie la flamme du chalumeau à gaz, celle-ci est soit oxydante, soit réductrice et il faut un ouvrier très expérimenté pour régler les gaz'de façon à avoir une flamme neutre.
- L’emploi de la soudure électrique par résistance évite toutes ces difficultés et on peut.souder ave»1 la plus extrême facilité non seulement le fer et l’acier, mais encore le cuivre et divers autres métaux ou alliages alors que la soudure du cuivre
- Mâchoires d’une machine électrique souder par rapprochement.
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE PAR RÉSISTANCE ===== 247
- ou du laiton est à peu près impossible à la forge à cause de la précision avec laquelle doit être conduit le chauffage des pièces.
- L’expérience a montré que, non seulement on peut souder de cette façon des métaux ou alliages qui étaient insoudables par d’autres procédés, mais encore que, dans le cas du fer ou de l’acier doux, un homme inexpérimenté ou un appienti peut, après quelques heures de pratique, faire des soudures bien supérieures à celles faites par un forgeron extrêmement habile. D’ailleurs, une grande habileté manuelle n’est pas nécessaire pour employer les machines à souder électriques et l’ouvrier ou le manœuvre qui travaille dessus peut sans inconvénient être employé à d’autres travaux lorsque la machine n’est pas utilisée.
- En principe, tout métal ou alliage peut être soudé électriquement, mais l’application varie d’un métal à l’autre et une certaine expérience est nécessaire pour la mise au point des procédés de fabrication utilisant la soudure électrique.
- La soudure électrique par résistance peut être exécutée de trois façons différentes :
- 1° Soudure par rapprochement ou bout à bout.
- 2° Soudure par points.
- 3° Soudure par recouvrement ou continue.
- A chacun de ces genres de soudure correspond un type particulier de machine à souder ou soudeuse.
- Soudure bout à bout. — Les machines a souder bout à bout sont d’un emploi extrêmement simple. On place les pièces à souder dans des mâchoires en cuivre rouge qui peuvent être serrées à l’aide de vis ou de leviers à cames. Notre figure 1 représente les deux mâchoires d’une machine à souder par rapprochement. Chacune d’elles comporte une vis qui sert à régler l’ouverture de la mâchoire et un levier qui sert à serrer la pièce.
- Les pièces une fois serrées, on appuie sur une
- Fig. 3. — Machine électrique à souder par points.
- Fig. 2. — Machine à souder par rapprochement {jante d’automobile).
- pédale qui envoie le courant du réseau dans un transformateur logé daps le hâli de la machine. L'e secondaire de ce transformateur débite un courant de très forte intensité, mais de très faible tension, qui traverse les pièces à souder en passant de l’une à l’autre. Un commutateur à plots permet de régler le courant.
- En quelques secondes, le métal est porté à la température voulue à l’endroit où les deux pièces sont en contact. On agit alors sur un levier ou sur un cabestan pour comprimer le métal. Lorsqu’on veut souder de très fortes sections, on emploie des vis, l’air comprimé ou même la presse hydraulique pour réaliser la compression nécessaire à la soudure, car cette compression ne pourrait être réalisée à la main en un temps suffisamment court. Au cours de cette opération, il se produit un bourrelet qu’il est facile d’enlever ensuite soit au marteau avant que la pièce soit refroidie, soit à la meule. Certaines machines perfectionnées comportent un dispositif pour refouler ce bourrelet.
- La diminution de longueur résultant de la formation du bourrelet semble être un inconvénient. Il n’en est rien, car cette diminution de longueur peut être prévue et, pour les pièces qui doivent avoir un raccourcissement constant, il est facile de limiter le rapprochement des mâchoires et, de plus, un interrupteur automatique coupe le courant lorsque le raccourcissement prévu est atteint.
- Notre figure 2 représente une machine disposée
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE PAR RÉSISTANCE
- pour souder des jantes d’automobiles. On distingue nettement les leviers qui servent à serrer les deux extrémités à souder dans les mâchoires, la pédale qui sert à établir le courant, le grand levier qui sert à rapprocher les mâchoires et le commutateur à plots qui sert à régler le courant. Le transformateur est contenu dans le socle de la machine derrière la tôle perforée. La vis que l’on voit à gauche au-dessus du commutateur 'a plots sert à régler la course de la machine.
- On construit des machines à souder bout à bout qui peuvent souder jusqu’à 1500 millimètres carrés de section. Avec des machines de celte puissance, on peut non seulement faire toutes sortes de soudures, mais encore chauffer en quelques secondes une harre de 40 millimètres de côté pour la couder ou la refouler. Des modèles moins puissants sont apppropriés aux petites sections et on peut souder des fils de 5 millimètres de diamètre et moins. Ces petites machines sont utilisées dans des trétileries de fer de cuivre, et même d’aluminium et le. métal qu’elles ont soudé peut ensuite être étiré, ce qui montre la solidité de la soudure.
- Nous avons dit plus haut que tous les métaux pouvaient être soudés à eux-mêmes, mais on peut encore souder des métaux différents l’un sur l’autre : nickel sur acier ou sur bronze, platine sur acier.
- La soudure électrique bout à bout est une opération extrêmement rapide et économique ainsi qu’on peut s’én rendre compte par l'examen du tableau ci-après :
- Soudure par rapprochement.
- section en. m.m . ACIER DOUX DURÉE EN SECONDES CONSOMMATION POUR 1U0 SOUDURES EN KW-U
- 49 2,9 0,27
- 100 5,6 0.87
- 169 . 2.9 2 2
- 256 14 4,6
- 400 25 10.2
- 1.000 67 59
- ' ‘ Ce tableau ne comprend pas le temps nécessaire à la mise en place, mais celle-ci est très rapide surtout lorsque les machines sont disposées pour une fabrication eh série.
- En outre, la soudure électrique altère fort peu, et ep tout cas moins que tout autre procédé, les propriétés du fer,ainsi qu’en font foi les ex traits de procès-verbaux du laboratoire des essais du Conservatoire national des Arts et Métiers que nous reproduisons ci-après :
- Extrait du procès-verbal ri0 1 du 26 août 1916 ;
- du Laboratoire des Essais, au Conservatoire National 5 . des Arts et Métiers. ' . j
- Essai de traction sur 12 éprouvettes en tôle. — 'foulés \ les éprouvettes étaient formées de deux tôles assemblées par superposition par la soudure électrique; la soudure était placée au milieu de l’éprouvette.
- MARQUE DES É ROC- VETfÉS DIMENSIONS TRANSVERSALES SECTION I.OiNG de la parlie calibrée. UE U H mesure de l’allon- gement CHARGE DE RUPTURE par mm. ALLON- GEMENT
- 21 20,5x0,7 14.3 95 95 50 j 8 7,4
- 22 20,5x0,7 14.3 95 95 25,2 4.2
- 25 20,5x0,7 14,3 95 95 29,7
- 24 20,6x0,7 14.4 95 05 55,2 9,5
- 51 20,2x0,7 14.1 95 95 53,9 7,4
- 52 20,5x0,7 14,3 95 95 52,9 5,8
- 53 20,5x0,7 14,3 95 95 56.2 7,9
- 34 21,0x0.7 14,7 95 95 34,2 6.5
- 41 20,6x0,7 14,4 95 95 33,6 6,5
- 42 20,7 x0,7 14,3 95 95 54,1 5,5
- 43 20,5x0,7 14,5 1)5 95 34,2 3,4
- 44 20,5x0,7 14,4 95 95 35,7 8,4
- OissEitvAriOKs. — Toutes ces éprouvettes se sont rompues bois soudure, sauf les éprouvettes 22, 51, 34.
- Pour toutes ces éprouvettes la superposition était la suivante :
- 2 mm de largeur pour les éprouvettes 21, 22, 25, 24;
- 3 — — — 31,52,35,34;
- 4 — — — 41,42,45,44.
- Les soudures d’assemblage des plaque? de tôle ont été faites sur une longueur de 150 mm ; chacune a fourni 4 éprouvettes.
- Extrait du procès-verbal du 8 septembre 1916 du Laboratoire des Essais, au Conservatoire des Arts et Métiers.
- Essai de traction sur une éprouvette formée de deux liges d’acier soudées bout à bout par la soudure électrique. On distinguait au milieu de l’éprouvette une ligne parais-
- sant correspondre à cette soudure.
- Diamètre de leurouvelte................ 11 mm 9
- Section................................111 mm 2
- Longueur totale........................190 mm 2
- Mesure de l’allongement................ 90 mm
- Charge de rupture par mm2........... 59,7 l»g
- Allongement......................... 15 p. 100
- OasnnvATioxs. — Rupture hors de la ligne visible sur l’éprouvette.
- En ce qui concerne l’aluminium et le cuivre, leur résistance est un peu diminuée ainsi que le montre le tableau ci-après :
- Essais de traction effectués sur des fils d’aluminium — « Soudure électrique ».
- DIAMÈTRE DU FIL ÉTAT DU MÉTAL CHARGE DI Totale. : RUPTURE . Mm2. OBSERVATIONS
- Naturel 235 18,7
- 4 mm Recuit 133 10,0
- Soudé 158 10,9 Cassé en dehors et à 5 mm de la soudure.
- Naturel 510 18
- 6 mm Recuit 280 9,9
- Soudé ' 505 10,7 Cassé, à la soudure.
- Soudure par points. — I.a soudure par points remplace avantageusement le rivetage 6u le sertis-
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- LA SOUDURE ÉLECTRIQUE PAR RÉSISTANCE ====== 249
- sage des tôles. Dans ce procédé, on place les plaques superposées à réunir entre deux électrodes en pointes. Une pédale permet d’abaisser l’électrode supérieure et de produire la compression tout en fermant le courant. Celui-ci qui provient d’un transformateur logé dans le socle de la machine comme dans les soudeuses bout about est localisé entre les deux pointes. Toute la chaleur se trouve concentrée et la soudure se produit à cet endroit.
- Ce procédé est beaucoup plus rapide que le rivetage, car il supprime le perçage des trous et le maltage des rivets, ce qui permet une production plus de dix fois supérieure à celle obtenue par rivetage. En outre, on peut placer les points de soudure aussi rapprochés qu’on le veut, ce qui est impossible avec les rivets. Le tableau ci-après indique la durée de la soudure par points et la puissance nécessaire.
- Soudure par points.
- ÉPAISSEUR TOTALE EN MM ACIER DOUX DURÉE EN SECONDES CONSOMMATION POUR 100 POINTS EN RW-II
- 1 0,6 0,07
- 2 1 0,14
- 4 1,8 , 0,25
- 6 2,6 0,61
- 8 3,4 0,99
- 10 4,2 1,48
- 12 5 2,06
- Fig. 4. — Machine à souder par points soudant une jante d’automobile.
- Les applications de la soudure par points sont encore plus nombreuses que celles de la soudure bout à bout. Le point de soudure remplace non seulement le rivet en supprimant le perçage du trou, mais il a encore l’avantage de ne pas affaiblir la pièce; il ne diminue pas la section utile du fer comme le rivet.
- Enfin, après assemblage, il ne reste pas de suré-
- paisseur qui gêne pour l’émaillage ou la peinture.
- Notre figure 0 représente une machine à souder par points. Les électrodes peuvent être remplacées de façon à les approprier aux travaux à effectuer.
- La soudure par points est utilisée avantageusement pour l’assemblage de cornières et de tôles, la soudure des formes en fil de fer pour abat-jour, de queues ou anses sur des ustensiles de cuisine et dans la fabrication de meubles métalliques : vestiaires, armoires, persicnnes.
- Dans la fabrication d’articles de ménage, une femme peut fixer les queues de 600 casseroles à l’heure. Naturellement, ce résultat est obtenu par l’emploi de montages spéciaux qui permettent de placer rapidement la casserole et sa queue à l’emplacement convenable entre les électrodes de la machine.
- Notre figure 7 représente divers objets fabriqués à l’aide de soudeuses par points. Les points de soudure ont été accusés à la craie, car ils ne seraient pas visibles autrement.
- Notre figure 4 représente une machine à souder par points disposée pour souder les rayons d’une roue à la jante. Elle complète celle qui est représentée par notre figure 2 et on voit que les machines à souder peuvent cire employées sur une grande échelle dans la fabrication de roues d’automobiles, de bicyclettes, de voitures d’enfants et d’instruments agricoles.
- Fig. 5. — Machine a souder continue.
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- LA SOUDURE ELECTRIQUE.PAR RESISTANCE
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- Soudure continue. — Les deux tôles à souder sont pressées entre deux galets servant d’électrodes et reliés à un transformateur placé dans le socle de la machine comme dans les modèles précédents (voir fîg. 5). Ce procédé ne peut s’employer que pour des tôles ne dépassant pas quelques millimètres d’épaisseur. Avec des tôles minces on peut arriver à faire disparaître la surépaisseur résultant de la superposition des tôles. Une machine automatique peut effectuer en 50 secondes une soudure de 1 mètre de long pour des tôles d’une épaisseur allant jusqu’à 3 millimètres.
- Malgré la rapidité de ce procédé, le résultat est
- La soudure continue est exécutée sur des machines dont notre figure 5 donne une idée. Elle est utilisée pour la fabrication des tuyaux de poêles, des tubes soudés par rapprochement, des fûts métalliques et des boîtes métalliques. Pour celte dernière fabrication, on construit des machines différentes pour souder une génératrice de la boîte et pour souder le fond.
- Machines spéciales. — Enfin, on construit aussi des machines spéciales qui tiennent lieu soit de machines pour soudure bout à bout, et de machines à souder à point, soit de soudeuses continues et de machines à souder par point. Quelquefois, même,
- Fig. 6. — Machine pour la soudure des fuis métalliques.
- beaucoup plus propre qu’avec la soudure autogène. La solidité est aussi plus grande et un cylindre ou un cône soudés par le procédé électrique par résistance peut être après coup embouti, ce qui prouve que la liaison est parfaite.
- Le tableau ci-après fait ressortir non seulement la rapidité de l’opération, mais aussi la faible quantité d’énergie qu’elle nécessite. Il se rapporte à des machines non automatiques.
- Soudure continue.
- ÉPAISSEUR TOTALE EN MM VITESSE EN MM MINUTE SOUDURE A LA* MAIN É N E R G1E N É C E S S A1R E I*AU MÈTRE EN KW
- 1 1,4 0.05
- 2 9,7 0,14
- 5 0,4 0.53
- on construit des machines qui peuvent exécuter les trois genres de soudures. Naturellement, ces mSn chines sont d’un prix plus élevé que les machines destinées à une, seule sorte de soudure, mais dans les ateliers où l’on n’a pas beaucoup de soudures à faire, elles sont précieuses, car elles permettent de n’achetér qu’une machine au lieu de trois.
- On construit aussi des machines spéciales pour une fabrication. Notre figure 6 représente une machine spéciale pour la soudure des buts métalliques qui sont employés pour le transport du carbure de calcium et de bien d’autres produits chimiques.
- Avantages de la soudure par résistance. — Les avantages principaux de la soudure électrique par résistance sont donc les suivants :
- 1° Par toute autre méthode la chaleur est communiquée à la pièce de l’extérieur à l’intérieur si bien que la surface est chauffée plus fortement que
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- l’inferieur. En soudant par résistance, la chaleur est développée à l’intérieur de la pièce à l’endroit même de la soudure.
- 2° L’énergie calorifique est ainsi développée très économiquement alors que dans les autres procédés une grande quantité de chaleur est perdue.
- 3° L’échauffement est rapide et uniforme et il peut être facilement réglé. Il n’y a donc pas à craindre de brûler le métal et son oxydation est réduite au minimum.
- 4° 11 ne se forme pas de parties dures ni de croûtes comme dans la soudure autogène.
- 5° La résistance du métal à l’endroit de la sou-
- économique : opération rapide entraîne faible dépense de courant, implique économie d’argent.
- Ce procédé est tellement économique, que bien des industriels modifient leurs procédés de fabrication pour introduire une soudure dans les pièces que sans cela il aurait fallu décolleter ou forger. Pour fabriquer des leviers d’automobile, on soude une poignée et une douille inférieure à des tiges de longueur convenable. On soude une tête en acier au nickel sur une tige d’acier doux pour faire des soupapes d’automobiles. Enfin, en soudant bout à bout des barres de longueur trop faible pour être utilisées, on peut s’en servir au lieu de les vendre
- Fig. 7. — Objets fabriqués far soudure par points.
- dure est identique à celle du métal en tout autre point.
- 6° La soudure électrique est sans danger pour l’opérateur en raison de la faible tension employée. Le courant du secteur (110 à 500 volts) est envoyé dans le primaire du transformateur et le secondaire de celui-ci qui alimente les électrodes est construit pour une tension de 2 à 4 volts seulement, de sorte qu’en touchant les électrodes, on ne ressent aucune secousse. En outre, on n’a pas d’étincelles désagréables comme dans la soudure à l’arc électrique.
- 7° Par l’emploi de machines spéciales on peut obtenir une production énorme et un travail régulier et parfait.
- Enfin, nous ajouterons la facilité d’emploi des machines : pas de mise en marche préparatoire, pas de feu à allumer, la machine est toujours prête et n’use pas pendant les arrêts.
- Mais ce qui caractérise surtout la soudure électrique c’est que c’est un procédé extrêmement
- comme déchets, ceci pour un piix de revient très faible (12 francs environ pour 100 kg, main-d’œuvre comprise).
- Conclusions. — Le procédé de soudure électrique par résislance est très économique et peut être employé dans la plupart des industries.
- Certes il ne peut prétendre détrôner tous les autres procédés, car il ne peut s’appliquer à tout et si quelques insuccès ont pu être observés dans son emploi, on peut être assuré qu’ils proviennent de ce qu’on a cherché à exécuter par ce procédé des opérations qu’il ne peut réaliser.
- Il importe donc d’étudier sérieusement les conditions d’emploi des soudeuses électriques avant de chercher à les utiliser. De cette façon, on évitera tout déboire et on obtiendra toujours un abaissement sérieux du prix de revient des objets dans la fabrication desquels on aura employé la soudure électrique par résistance.
- R. Verdier.
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- UN NOUVEAU PHÉNOMÈNE D’ATTRACTION ÉLECTRIQUE
- A la suite de l'article que nous avons récemment publié sur. ce sujet, nous recevons de M. le
- miwmnm;
- 7lllllllllllllllllh
- Fig. i.— Section des plateaux et des collecteurs d'une machine électrostatique à influence utilisée dans la production des courants frankliniques ondulatoires.
- docteur Virgilio Machado, l'éminent savant Portugais, la communication suivante :
- Le phénomène d’attraction électrique si bien étudié par MM. Johnsen et Rabbek (*) peut être ob-
- 1. La Nature du 6 août 1921.
- serve quand on applique au corps humain, et à travers une substance semi-conductrice, voire même un diélectrique, les courants électrostatiques (ou frankliniques) ondulatoires de W. Morton (wave currents), produits par les machines électriques à influence Holtz et congénères.
- On constate très facilement et très nettement qu’il se manifeste une très forte adhérence entre la boule de l’excitateur E (fig. 1) et la surface extérieure du pied p (par exemple) sur laquelle celle-là est appliquée (la substance semi-conductrice étant, dans ce cas, le cuir de la bottine) pendant tout le temps que l’étincelle éclate entre les pôles P et N de l’électrogène franklinique.
- Il est indifférent que le sujet soumis à l’expérience soit ou non isolé, sur un tabouret à pieds de verre, parce que le circuit franklinique se complète entre P et le sujet, par l’air environnant dont la grande résistance est vaincue par la haute tension (quelques centaines de volts) des décharges électrostatiques.
- Je crois aussi, pour ma part, que la connaissance de l’intéressant phénomène sur lequel MM. Johnsen et Rabbek viennent d’appeler l’attention des physiciens sera féconde en conséquences, ainsi que les deux distingués ingénieurs ont commencé à le démontrer avec leurs expériences concernant les relais amplificateurs.
- Virgilio Machado.
- UN NOUVEL APPAREIL AMÉRICAIN : LE TÉLÉMÉGAPHONE
- Les Américains, qui sont grands amateurs de meetings et de conférences monstres,. devant des auditoires innombrables, ont mis en usage, pour permettre à leurs orateurs, à leurs artistes, etc., de se faire entendre par les foules, différents dispositifs amplificateurs de la voix.
- Ces amplificateurs, quoique leur point de départ soit le mégaphone ordinaire, se distinguent nettement de ce dispositif en ce qu’ils réalisent une véritable amplification des sons, tandis que le mégaphone ne fait que concentrer et orienter les vibrations sonores.
- Ils se rangent dans la catégorie des haut-parleurs (que l’on emploie également d’ailleurs dans nos pays pour les transmissions d’ordres dans les usines ateliers, mines, etc.) et ils comportent donc essentiellement, outre le haut-parleur proprement dit, un appareil de modulation du genre microphonique.
- Jusqu’en ces derniers temps, malgré divers artifices essayés pour les améliorer, les appareils en question n’avaient donné que des résultats modérément satisfaisants, soit que l’on ne parvînt pas à
- mettre en œuvre des courants suffisamment intenses, soit que, les courants nécessaires obtenus
- Batterie
- Bobine
- mobile
- Enroulement de la bobine
- Aimant
- Transformateur secondaire, &
- Primaire
- Réception radio ou circuit placpue dùn amplificateur
- Principe du télé-mégaphone.
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- UN NOUVEL APPAREIL AMÉRICAIN : LE TÉLÉMÉGAPHONE
- on n’eût pas de dispositif capable de les employer utilement.
- On remarquera que le problème posé est un peu différent de celui qui se présente dans la téléphonie à grande distance ou dans la télégraphie et Ja téléphonie sans fil ; dans chacun de ces derniers domaines, les couranls dont on dispose à l’arrivée sont relalivement faibles et la question est résolue lorsque l’on parvient à amplifier ces courants dans une mesure suffisante pour pouvoir les percevoir au moyen des instruments ordinaires.
- Dans le problème envisagé ci-dessus, au contraire, il faut non seulement amplifier les courants, et des courants qui ont déjà des intensités plus ou moins considérables, mais, en outre, disposer d'un appareil propre à traduire efficacement ces courants amplifiés en vibrations sonores de grande puissance.
- La première partie du problème a pu être résolue d’une façon remarquable, depuis quelques années, grâce au tube électronique ; en employant ce dispositif et en recourant aux appareils de transmission puissants, créés pour la radiotéléphonie, on est parvenu à moduler des puissances considérables.
- La seconde partie du problème n’a été résolue que récemment; la meilleure solution qu’on y a donnée paraît être le récepteur haut-parleur électro-dynamique ; le type le plus remarquable d’instrument de ce genre que Ton applique actuellement en Amérique est celui que montre schématiquement la figure ci-contre.
- Il est facile de se rendre compte que l’écouteur électro-dynamique est, dans le principe, beaucoup moins limité que l’écouteur électro-magnétique, sous le rapport des puissances réalisables, et qu’il se prête donc beaucoup plus aisément que le second à la réalisation d’appareils de grande puissance.
- Il est évident, en effet, que, dans le récepteur électro-magnétique, le système vibratoire, constitué par une plaque qui intervient dans la constitution du circuit magnétique, ne peut avoir que des dimensions très restreintes et que, d’autre part, les courants reçus agissant pour modifier l’ensemble du flux, les actions entrant en ieu restent, de toute façon, très restreintes.
- Dans le cas général de l’écouteur ordinaire à plaque métallique, forme la plus répandue parce que la plus avantageuse en pratique, on constate immédiatement que si l’on éloigne un peu la plaque, le flux magnétique qui y passe tombe à néant ; tandis que si on la met trop près des noyaux, elle xieiit s’y coller.
- On pourrait peut-être, malgré ces circonstances défavorables, trouver une disposition où le dia-phiagme garderait une puissance de vibration suffisante ; mais un autre facteur préjudiciable intervient : le diaphragme se trouvant en permanence sous tension, on est forcé de le faire d’autant plus
- 253
- rigide que le flux est plus puissant et, partant, on annule d’un côté la sensibilité que l’on a cherché à réaliser par ailleurs.
- Dans l’écouteur électro-dynamique, ces inconvénients disparaissent d’emblée parce que le système vibratoire se trouve constitué d’une petite bobine qui ne participe plus à la constitution du circuit magnétique et parce que cette bobine (et, avec elle, le diaphragme auquel elle est-fixée) n’est soumise au repos à aucune action d’attraction ou de répulsion de la part du flux.
- Cette, bobine mobile est placée dans l’entrefer de l’aimant; celui-ci peut avoir des dimensions absolument quelconques ; on peut le constituer d’un électro-aimant à circuit magnétique de grande section, fournissant un flux magnétique puissant à travers l’entrefer où est agencée la bobine; le flux, d’ailleurs, est constant.
- Les courants à déceler n’agissent pas sur le flux de leleclro aimant ; ils subissent l’action électromagnétique du flux, et, sous cette action, la bobine tout entière se déplace, dans un sens ou dans l’autre, exécutant des mouvements vibratoires, qui se communiquent au diaphragme etde celui-ci à l’air ambiant, par l’intermédiaire d’un grand pavillon.
- Le diaphragme n’intervient en rien dans le système au point de vue électrique ou électro-magnétique et on peut donc lui donner les dimensions qui répondent le mieux au rôle qui lui est assigné au point de vue acoustique ; en outre, on peut aussi le constituer de la matière qui est la plus avantageuse pour l’obtention d’une reproduction pure et fidèle des sons.
- Enfin, la bobine n’étant soumise à aucune influence lorsqu’ancun courant n’y passe, le diaphragme n’est pas non plus placé sous tension au repos, et, comme il est monté à telle distance que l’on veut du système magnétique et que la bobine est entièrement libre, les vibrations de la plaque peuvent atteindre une amplitude absolument quelconque dans les limites déterminées par l'élasticité du diaphragme.
- MM. E. S. Bridham et P. L. Jensen, à qui est due la réalisation pratique de l'écouteur électrodynamique en question, affirment, et l'expérience confirme cette déclaration, que leur appareil, le télémégaphone, comme ils l’appellent, est capable de « produire » un énorme volume de vibrations sonores, sans autres limitations que celles résultant de la puissance appliquée.
- « On peut placer sur le diaphragme d’un écouteur 'électro-dynamique un poids de 5 kilogrammes sans que les vibrations sonores en soient affectées ; il n’y a pas un écouteur électro-magnétique qui soit susceptible de fonctionner dans de pareilles conditions ; une charge d’une centaine de grammes suffit à rendre muet le téléphone électro-magnétique le plus puissant. »
- On cite de nombreux exemples étonnants de
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- 254 = : L’EXPLOSION D'USINE DE PRODUITS AZOTÉS D’OPPAU
- résultats fournis par le télémégaphone : « Parlant devant le transmetteur de leur appareil, les inventeurs ont pu se faire entendre, par des soirées calmes, des 6000 habitants de la petite ville où ils habitent; un morceau de violon a été entendu à
- près de 2 km de distance ; un des expérimentateurs jouant du piano, on eût cru entendre ' quelque gigantesque carillon manœuvré par le colosse de Rhodes... ».
- • .. H. Marchand.
- ACADÊMIÉ DES SCIENCES
- Séances d’août 1921.
- Le dosage de l’eau dans les huiles .pour transformateurs. — Les cahiers des charges exigent'une siccité parfaite qui seule permet une rigidité électrostatique et des propriétés isolantes compatibles avec l’emploi qu’on attend de ces produits. Or, les moyens jusqu’ici mis en œuvre (absence de sifflement quand on plonge un fer rouge, non coloration du sulfate cuivrique anhydre), sont des plus imparfaits. Aussi MM. Rengade et Jean Clostre viennent-ils de mettre au point un procédé de dosage extrêmement précis, bien que très simple, et qui consiste simplement à faire traverser l’huile modérément chauffée par un courant d’air sec, et à condenser ensuite la vapeur d’eau entraînée, au moyend’une réfrigération énergique.
- Le Moyen Atlas marocain. — Entre la dépression de Rabat Taza et les vallées opposées de l’Abid et de la Mlouya des reliefs tourmentés s’élèvent, qui forment un pays tabulaire ressemblant aux Gausses français et que l’on .convient de désigner sous le nom de Moyen Atlas. De la note de M. J. Savornin, il semble que ce n’est pas là une chaîne tectonique individualisée, mais bien une chaîne pyrénéenne avortée, à laquelle, seuls, les phénomènes épeirogéniques ont donné iin relief, qui ne se distingue pas des plateaux Crétacés de Bougag et Settat, ni du plateau Eocène des Gulad Delim.
- Le manganèse et le règne végétal. — En 1884, Mau-mené crut pouvoir signaler quelques exceptions à la présence, qui semblait générale, du manganèse dans les plantes. Des dernières analyses de M. G. Bertrand et de Mme Rosenblalt, on doit conclure qu’aucun des faits indiqués ne saurait être retenu ; les résultats négatifs étaient dus à l’insuffisance de la méthode analytique employée. La présence de métal est certaine dans tous les organes et,dans toutes les espèces du règne végétal.
- Un nouveau spectre du césium. — En excitant la luminescence des vapeurs par induction électro-magnétique, M. L, Dunoyer a obtenu des spectres entièrement nouveaux pour le rubidium et le césium. La dernière
- Note qu’il soumet à l’Académie donne les longueurs d’onde de 050 raies entre 2250 et 6300 unités Armstrong, alors qu’on n’en avait encore signalé que 120, dans le même intervalle. Les spectres, fournis par l’appareil de Féry que complète un régulateur de température, comprennent des raies extrêmement fines dont beaucoup sont intenses, sans aucune trace de fond continu.
- La préparation d’un pétrole à l’aide d’une huile végétale. — Associé à de la magnésie, de l’alumine ou du kaolin, le cuivre électrolytique constitue un catalyseur mixte, à la fois déshydratant et déshydrogénant. A son contact, entre 550 et 650°, M. Alphonse Mailhe, retire de l’huile de lin, des produits liquides, brun acajou, à odeur forte et à réaction acide, dont la fraction qui passé à la distillation de 'JO à 150°, se transforme par hydrogénation sur le nickel à 180°, en un mélange de carbures aromatiques, allant jusqu’au cyclohexane. De là, une essence ou pétrole lampant, soluble dans l’alcool en toutes proportions et pouvant s’employer comme carburant.
- La transformation du fer au point de Curie. — Pour certains savants, elle est essentiellement allotropique, pour d’autres elle est d’origine purement magnétique. La communication de M.:.Déjean comprend deux courbes, l’axe des. x porte, soit les champs en gauss, soit les entrefers en millimètres (un barreau monobloc, étant remplacé par celui que constitue un empilage de 120 cylindres pris dans le même lingot), alors que sur l’axe des y, on fait figurer les intensités d’aimantation. Elles permettent de constater que la température à laquelle se produit la chute brusque du magnétisme d’un corps ferromagnétique, correspond à un certain degré dans l’écartement des aimants élémentaires, mais non à leur disparition. Enfin, la discontinuité dans les propriétés magnétiques qu’indique le point de Curie s’explique soit par une transformation progressive d’une forme a en une forme p isomorphe, soit par l’écartement déjà signalé des éléments. Paul B.
- L’EXPLOSION DE L’USINE DE PRODUITS AZOTES D’OPPAU
- Nous ayons déjà parlé de cette catastrophe (voir n° 2479, ,qui, en quelques secondes, a détruit
- le 21 (septembrù derniér, l’une des plus puissantes usines de l'Allemagne. Nous reproduisons ci-dessous quelques vues caractéristiques qui mettent bien en évidence les effets de l’explosion.
- L’usine d’Oppau appartient à la Badische Anilin
- und Soda Fabrik, elle a été achevée en 191.5 et est consacrée à la fixation de l’azote de l’air par le procédé Haber. Pendant la guerre, elle a, comme on le sait, sauvé l'Allemagne de la disette de produits azotés qui eût infailliblement paralysé dès la pre^ mière année sa production en explosifs.
- Après la guerre, l’usine d’Oppau,située en terri-
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- L’EXPLOSION DE L’USINE DE PRODUITS AZOTÉS D’OPPAU —= 255
- Fig. i. — L’entrée de l’usine d’Oppau après la catastrophe. Remarquer les cheminées intactes.
- loirc occupé et contrôlée par les Alliés, s’est consacrée à la préparation de produits azotés pour l’agriculture.
- Ces produits étaient constitués essentiellement
- Fig. 3. — Un des gazogènes qui n’a pas sauté.
- par du nitrate d’ammoniaque, corps explosif dans certaines conditions et par du sulîate d’ammoniaque. Ils étaient livrés purs ou mélangés, ou encore additionnés de chlorure de potassium. Il paraît bien
- big. 5.
- La salle des moteurs à gaz.
- Fig. 2. — La salle des catalyseurs, — Au fond, les gazomètres détruits par une deuxième explosion,
- établi actuellement que l’explosion s’est produite dans un grand silo contenant près de 4000 tonnes de nitrate et de sulfate. Un gigantesque entonnoir en marque aujourd’hui la place.
- Fig. q. — Les p azogènes effondrés.
- Une seconde explosion semble setre produite quelques instants après dans les gazomètres où est emmagasiné le gaz à l’eau nécessaire aux réactions que comporte la mise en œuvre du procédé Haber.
- On ne s’explique pas encore très clairement les
- Fig. 6. —Une rue d’Oppau après l’explosion.
- Les habitants évacuent leursjnaisons à demi effondrées.
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- Fig. 7. — U emplacement des silos où était emmagasinée la production de l’usine en produits ammoniacaux. C’est là que l’explosion a pris naissance. Il s’est formé un gigantesque entonnoir.
- L’EXPLOSION D’OPPAU ===== 256
- circonstances qui ont pu provoquer l’explosion du nitrate d’ammoniaque. Ce corps à l’état sec entre bien dans la composition de nombreux explosifs; on l’emploie par exemple mélangé avec du trinitro-toluène, ou la nitroglycérine. Mais pour provoquer l’explosion de ces produits, il faut toujours un amorçage puissant; et, d’autre part, le nitrate seul n’est pas explosif ; l’on se demande encore ce qui a pu amorcer l’explosion du dépôt d’Oppau.
- Rappelons que le procédé Ilaber consiste essentiellement dans la combinaison de l’azote de l’air avecde l’hydrogène pour former de l’ammoniaque.La réaction s’effectue sous pression de 200 à 300 atmosphères à la température de 600° environ en présence de catalyseurs convenablement choisis. II a fallu de longues années d’études méthodiques pour mettre au point tous les éléments de celte fabrication et la rendre industrielle. Il n’est pas inutile de rappeler à ce sujet que dès 1901, un savant chimiste français, M. Le Chatelier, avait indiqué dans un brevet les données scientifiques fondamentales du problème. Mais un gigantesque effort technique était encore nécessaire pour en réaliser l’application dans des conditions économiques favorables. C’est cet effort qui a été accompli en 10 ans environ par le professeur Ilaber, la Badische Anilin und Soda Fabrik avec le concours de nombreux chimistes et techniciens.
- Parmi les difficultés à vaincre, signalons la préparation en grand de l’hydrogène qui doit être obtenu à l’état rigoureusement pur sous peine d’empoisonner et de rendre inactifs les catalyseurs. L’hydrogène à Oppau était obtenu à partir du gaz à l’eau.-
- Le choix et la fabrication des catalyseurs constituaient une autre difficulté; les ingénieurs de la Badische ont cherché autant qu’ils l’ont pu à en garder le secret et à le soustraire aux trop curieuses investigations des commissions alliées qui ont à maintes reprises inspecté l’usine d’Oppau.
- Autre difficulté, l’hydrogène aux température et pression exigées pour réaliser sa combinaison avec l’azote attaque rapidement l’acier qui constitue l’enveloppe des fours de catalyse, le rend poreux et lui enlève sa résistance. II a fallu remédier à ce grave inconvénient.
- Nous renvoyons nos lecteurs à la note que nous avons publiée dans notre n° 2461 (4 juin 1921, Int*. ) et qui résume, d’après le rapport du professeur Partington de Londres, les diverses opérations que comporte la mise en œuvre du procédé Haber.
- Signalons que la capacité de production des deux usines allemandes d’Oppau et de Mersebourg où est appliqué ce procédé, était estimée avant la catastrophe, correspondre à la moitié de l’extraction annuelle des nitrates du Chili. C’est dire Pimpor-tance énorme et mondiale prise en quelques années par cette nouvelle industrie chimique.
- R. Yiu.ers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lawjre, rue de Fleuius, 9, à Paris.
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- LA NATURE. - N°2481.
- 22 OCTOBRE 1921
- LES GRANDES LIGNES AERIENNES
- Les chemins de fer ont leurs indicateurs que tout le monde connaît bien et consulte fréquemment. Les avions viennent d’avoir le leur. Un indicateur général des réseaux aériens vient de paraître, sous le patronage du sous-secrétaire d’Etat de l’Aéronautique et des transports aériens (*), le premier de ce genre, que nous ne voulons pas manquer de signaler.
- Elégamment présenté, orné de cartes itinéraires
- Mais il n est pas qu’une nouveauté curieuse, un document que les bibliophiles de l’avenir collectionneront comme on recherche aujourd’hui les premiers documents sur l’aérostation, il est aussi un bilan précis de notre situation aérienne actuelle. Et c’est à ce titre, que nous désirons le résumer ici.
- Tout d’abord, pour qu’un tel indicateur soit nécessaire, il faut bien qu’il y ait une clientèle de
- Fig. i.
- Le réseau des grandes lignes aériennes.
- — Lignes en exploitation ou à l’essai.
- - - Lignes à' l’étude ou en projet.
- des principales lignes, il renferme tous les renseignements nécessaires aux voyageurs aériens : lignes, horaires, prix du voyage, tarif des messageries et de la poste, etc. On l’a agrémenté d’une rubrique de renseignements utiles, tels que les formalités de passeport, la bibliographie aéronautique, les grands éphémérides de la conquête de l’air, et même de quelques feuillets blancs où le passager peut noter ses impressions de voyage.
- î. Librairie spéciale technique et aéronautique, 7, rue Saint-Lazare, Paris.
- 49' Année — 2* Semestrt
- voyageurs aériens. Le colonel Saconney, dans préface, dégage bien le développement croissant de ce nouveau mode de transport. En moins de deux ans, dit-il, le trafic s’est décuplé, passant de 700 voyageurs et 14 tonnes de marchandises en 1919, à 0000 voyageurs et 120 tonnes de marchandises en 1920, chiffres déjà presque atteints par le trafic des premiers mois de 1921.
- Le tableau de la page suivante, extrait de Y Indicateur, montre d’ailleurs Lien cette progression pour chacune des lignes :
- 17. — 257
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- 258
- LES GRANDES LIGNES AÉRIENNES
- Nombre Kilomètres Messager. Postes.
- Lignes de voyageurs i parcourus Passagers Kg Kg
- Paris-Londres :
- 1919 365 141.930 683 8.550 73
- 1920 2.578 991.890 5.359 108,070 2.322
- Paris-Bruxelles :
- 1919 473 95.155 27 4.217 214
- 1920 387 110.970 302 1.739 225
- Bayonne-Bilbao :
- 1919 60 3 300 0 0 ' 0
- 1920 139 22.310 36 0 0
- Toulouse-Casablanca :
- 1919 241 107.650 3 67B 179
- 1920 885 566.000 126 9.900 3.420
- Paris-Cabourg :
- 1919 34 , 6.080 16 835 0
- 1920 63 11.895 41 882 0
- Total 1919 1.173 554.115 729 14.080 466
- 1920 4.052 1.503.071 5.864 121.197 5 967
- Total
- général 5.225 1.857.186 6.593 135.277 6.433
- A la fin de 1920, 6593 personnes avaient donc déjà employé la voie des airs pour leurs voyages.
- Aujourd’hui, le nombre des lignes dont on peut disposer a encore augmenté.
- Voici, extrait du nouvel Indicateur, la liste de celles qui fonctionnent régulièrement, avec fleurs horaires, la durée et le prix des voyages.
- Paris-Londres. — 4 Compagnies dont 2 françaises et 2 anglaises. 6 départs chaque jour à 9 h. 30, 12 h., 12 h. 45, 15 h. 15, 16 h , 18 h. 30. De Paris au Bourget : 1 heure en automobile ; de l’aérodrome du Bourget à celui deCroydon : 2 h. 45 en avion; de Croydon à Londres : 50 minutes en auto. Prix : 500 francs.
- Paris-Bruxelles. — 1 départ chaque jour ouvrable. Départ du Bourget à 12 h. 50; arrivée à Bruxelles-Ilaren à 14 h. 30. Prix : 175 francs.
- Bruxelles-Rotterdam-Amsterdam. — 1 départ chaque jour ouvrable. Départ de Bruxelles-Ilaren à 15 heures; arrivée a Amsterdam à 16 h. 45. Prix : 125 francs.
- Paris-Amsterdam. —3 fois par semaine. Départ du Bourget à 10 h., arrivée à Amsterdam à 15 h. 45. Prix : 500 francs.
- Paris-Strasbourg. — 5 fois par semaine. Départ du Bourget à 6 heures; arrivée à Strasbourg-Neuhot à 8 h, 50. Prix : 150 francs.
- Strasbourg-Prague. — 5 fois par semaine. Départ de Strasbourg-Neuhof à 9 h. 30 ; arrivée à Prague-Kbély à 13 heures'(heure de l’Europe Centrale). Prix : 350 francs.
- Prague-Varsovie. — 5 fois par semaine. Départ de Prague-Kbély à 14 heures; arrivée à Varsovie-Mokotovv à 18 h. 50. Prix : 500 francs.
- Toulouse-Barcelone. — 4 fois par semaine. Départ de Toulouse à 10 h. 30; arrivée à Barcelone à 15 heures. Prix : 468 francs.
- Barcelone-Alicante. — Jk fois par semaine. Départ de Barcelone à 14 h. 30; arrivée à Alicante à 18 heures. Prix : 556 pesetas.
- Alicante-Malaga. — 4 fois par semaine. Départ d’Alicante à 8 h. ; arrivée à Malaga à 11 h. 30. Prix : 536 pesetas.
- Malaga-Rabat-Casablanca. — 4 fois par semaine. Départ de Malaga à 13 heures; arrivée à Babat à 16 heures, à Casablanca à 17 h. 50. Prix : 920 francs.
- Bordeaux-Agen-Toulouse. — 1 départ chaque jour. Départ de Bordeaux-Mérignac à 17 h. 30; arrivée à Toulouse-Francazal à 19 heures. Prix : 88 francs.
- Toulouse-Carcassonne-Béziers-Montpellier. — 1 départ chaque jour. Départ de Toulouse-Francazal à 9 h. 50; arrivée à Montpellier-Villeneuve-lès-Maguelonne à 11 heures. Prix : 88 francs.
- Nîmes-Avignon. — 2 fois par semaine. Départ de Nîmes à 9 heures ; arrivée à Avignon à 9 h. 15. Prix ; 60 francs.
- Avignon-Nice. — 2 fois par semaine. Départ d’Avignon à 9 h. 20; arrivée à Nice à 11 heures. Prix : 200 francs.
- Montpellier-Nice. — 2 fois par semaine. Départ de Montpellier cà 8 h. 15 ; arrivée à Nice à 11 heures. Prix : 285 francs.
- Bayonne-Bilbao-Santander. — 1 départ chaque jour ouvrable. Départ de Bayonne à 9 h. 30; arrivée à Santander à 12 heures. Prix : 150 francs.
- À ces lignes françaises, il faut ajouter, pour avoir le réseau complet des lignes aériennes, lés lignes étrangères suivantes :
- Europe. — Allemagne. — Lignes en exploitation : Berlin-Nuremberg, Berlin-Magdebourg, Berlin-Brunswick, Berlin-Bostock, Berlin-Schneidemühle, Berlin-Kônigsberg, Berlin-Breslau, Berlin-Dresde, Berlin-Augsbourg, Magdebourg-Hambourg, Magde-bourg-Nuremberg, Nuremberg-Munich, Munich-Constance, Constance-Stutfgard, Brunswick-Dort-mund, Schneidemühle-Danlzig, Dantzig-Kônigsberg, Breme-Gelsenkirchen (Essen), Gelsenkirchen-Franc-fort, Erancfort-Bàle.
- Lignes en projet : Berlin-Londres, Hambourg-Belgrade.
- Belgique. — Lignes en exploitation : Bruxelles-Londres.
- Lignes en projet : Bruxelles-Strasbourg, Bruxelles-Colognes, Bruxelles-Copenhague.
- Danemark. — Lignes en exploitation : Co-pt nhague-Malmoc-Warnemündt-Berlin, Copenhague-Amsterdam.
- Ligne à l’essai : Copenhaguc-Hambourg-Brême-Amsterdam-Londres.
- Lignes en projet : Trondjhem-Kristiania-Co-penhague,.Pétrograd-IIelsingfors-Copenhague,Goete-borg-Copenhague-Hambourg, Copenhague-Bruxelles-Paris.
- Dantzig. — Ligne en projet : Dantzig-Newcastle-Ilull.
- Espagne. — Lignes en projet : Sainl-Sébastien-Logrono, Séville-Larache* Malaga-Mélilla, Barcelone-Palma, Bilbao-Madrid, Londres-Madrid-Lisbonne.
- Finlande. — Lignes en projet : Stockholm-Hel-singfors, Ilelsingfors-Abo-Viborg-Tammesfors-Wil-lamstrand.
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- LE SONDAGE AÉRIEN PAR LE SON
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- Grande-Bretagne. — Lignes en exploitation : Bruxelles-Londres ; Londres-Amsterdam, Londres-Copenhague.
- Ligne en projet : Hull-Newcastle-Danlzig.
- Grèce. — Ligne en projet : Alhènes-Brindisi.
- Italie. — Lignes à l’étude : Romes-Naples, Milan-Turin-Bologne, Cagliari-Sassari-Terranova, Tu-rin-Gènes-Pise-Rome-NapIes-Foggia-Brindisi.
- Lignes en projet : Rome-Milan, Brindisi-Athènes, Brindisi-Otrante-Salonique, Turin-Plaisance-Bologne-Ancône- Foggia-Brindisi, Vérone-Venise-Trieste, Rome-Campaglia-Sardaigne.
- Lithuanie. — Ligne en exploitation : Kovno-kônigsberg.
- Norvège. — Ligne en projet : Trondjhen-Rris-liania-Copenhague.
- Pays-Bas. — Lignes à l’essai : Copenhague-Amsterdam, Londres-La Haye-Amsterdam-Brême-Copenhague.
- Pologne. —Lignes en projet : Varsovie-Cracovie, Dantzig-Poznan (Posen)-Vilna, Varsovie-Plock-Poznan, Varsovie-Thorun (Thorn)-Gdansk (Dantzig), Varsovie-Luhlin-L'wow (Leopols), Varsovie-Lodz-Cracovie.
- Boumanie. — Ligne en projet : Budapest-Bucarest-Constantinople.
- Serbie. — Ligne en projet : Belgrade-Hambourg.
- Suède. — Ligne en exploitation : Malmoe-War-nemiindt-Berlin.
- Lignes en projet : Stockholm-ïIeLingfors, Gôte-Lorg-Copenhague-Hambourg.
- Tchéco-Slovaguie. — Ligne en projet : Prague-Bratislava .
- Amérique. —Antilles. — Ligne en exploitation : Key-West-La Havane.
- Argentine. — Ligne à l’étude : Buenos-Ayres-Mendoza.
- Brésil. — Lignes en projet : Rio-de-Janeiro-Sao
- Paulo-Rio-Grande-Buenos-x\ires, Sao Paulo-Santos, Pernambouc-Buenos-Aires.
- Canada. — Ligne en exploitation : Edmonton-Fort-Norman (Yukon).
- Chili. — Ligne en projet : Sanliago-Valparaiso.
- Colombie. — Ligne cà l’essai : Barraquilla-Puerto-Berrio-Girardot.
- Lignes en projet : Bogola-Baranquilla, Bogota-Pasto, Bogota-Cucuta.
- Etats-Unis. — Lignes en exploitation : New York-Washington, New York-Chicago-Salt-Lake-Gity-San Francisco, Chicago-Saint-Paul.
- Lignes en projet : New York-Seattle, New York-Los Angeles, Piltsburg-Columbia-Cincinriati, India-napolis-Saint-Louis, New York-Çhicago-Pittsburg-Port-Wayne.
- Guyane française. — Lignes en exploitation : Saint-Laurent-du-Maroni-Inini, Saint-Laurent-du -Maroni-Cayenne.
- Pérou. — Ligne en projet : Lima-Iquito.
- Afrique. — Afrique anglaise. — Ligne à l’étude : Le Caire-Le Cap.
- Afrique française. — Lignes en projet : Oran ou Alger-Tombouctou, Casablanca-Dakar, Tunis-Alger-Oran-Casablanca, Marseille-Alger.
- Tunisie. — Ligne à l’élude : Tunis-Kairouan.
- Asie. — Japon. — Ligne en exploitation : Tokio-Osaka.
- Siam. — Lignes à l’essai : Bangkok-Chanta-boum, Bangkok-Korat-Royed, Bangkok-Oudôn, Ban gkok-Na khon-Savan-R ahen g.
- Océanie. — A ustralie. — Lignes en projet : Adé-laïde-Melbourne-Sidney, Tasmanie-Nouvelle-Zélande.
- Comme on le voit par cette énumération, des aujurd’hui, un indicateur général des réseaux aériens n’est pas inutile. Et on peut, sans hésiter, lui prédire qu’il grandira et qu’il aura beaucoup d’éditions. A. B.
- LE SONDAGE AÉRIEN PAR LE SON
- Dans un récent article, M. Marti, ingénieur hydrographe de la Marine (N° 2472 du 20 août 1921) a entretenu nos lecteurs du sondage en mer par le son qui s’exécute au moyen des appareils de repérage par le son. Les appareils de ce genre servent également à exécuter des sondages aériens. Les sondages aériens sont même les premiers en date. Ils furent imaginés et mis au point dans le courant de l’année 1917. La première section de sondage par le son, mise en service sur le front, commença à fonctionner à l’occasion de l’offensive française du 24 octobre 1917 contre le Chemin des Dames.
- Enonçons d’abord le problème dont le sondage par le son fournit la solution : il s’agit de mesurer la vitesse et la direction du vent à des altitudes aussi grandes que possible. On sait que le procédé le plus simple consiste à laisser s’élever dans
- l’atmosphère un ballon de petit diamètre (0 m. 50 à 1 mètre en général). En traversant les couches aériennes successives, le ballon participe à leurs mouvements et les déviations qu’il subit permettent de déceler et de mesurer ccs mouvements. La déviation du ballon est mesurée au moyen de pointes au théodolite effectuées à intervalles réguliers (50 secondes ou 1 minute) et en faisant l’hypothèse que sa vitesse d’ascension est constante.
- " I. L«s méthodes de sondage par temps nuageux ou couvert. — La méthode précédente c st excellente quand le ciel est pur et a permis maintes fois d’effectuer des sondages à des altitudes dépassant 10 km. ; mais elle ne donne plus aucun résultat dès que le ballon échappe aux regard de l’observateur. Or, dans nos climats, le ciel est souvent voilé par des alto stratus flottant entre 2000 et 4000 m.
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- 260 LE SONDAGE AERIEN PAR LE SON
- Même par beau temps, on observe des cumulus épais dont la base se trouve aux environs de 1200 m. Le ballon risque de pénétrer à l’intérieur de ces nuages ; en tout cas, s’il réussit à passer dans l’intervalle de deux d’entre eux, il est bientôt occulté par un troisième cumulus qui s’interpose entre le théodolite et lui. Par temps de pluie les nimbus et fracto nimbus volent si bas que les sondages s’élèvent rarement à plus de 500 m. Enfin, par temps de brouillard ou de brume dense, le sondage est absolument impossible.
- Les exigences de l’artillerie pendant la guerre et les besoins de la science pendant la paix ont conduit à imaginer diverses méthodes de sondages fonctionnant malgré les obstacles que nous venons de décrire. Les unes consistent à élever dans l’atmosphère des anémomètres et des girouettes portées par des ballons captifs ou par des cerfs-volants. D’autres utilisent de façon fort ingénieuse les globes de fumée produits par l’éclatement à grande altitude des obus fusants de l’artillerie anti-aérienne : ce sont les procédés de sondages dits « par D.C.A ». Nous nous proposons de décrire ici le procédé le plus général et, nous semble-t-il,le meilleur: le sondage par le son, qui fut employé sur le front français d’une manière régulière, à l’exclusion de tout autre, lorsque le temps était complètement couvert. Le nombre des postes était en principe d’un par armée.
- IL Principe du sondage par le son. — Le principe de la méthode est le suivant : un ballon s’élève en emmenant une série de pétards. Ces pétards éclatent à intervalles réguliers et jalonnent ainsi la trajectoire du ballon. Des microphones enregistreurs sont disposés sur le sol et notent les instants où le bruit de l’explosion leur parvient. Connaissant ces instants et les coordonnées géographiques des microphones, on peut déterminer au moyen d’une épure de géométrie descriptive la position des points d’éclatement successifs dans l’espace. La trajectoire du ballon est ainsi déterminée par points absolument comme dans la méthode ordinaire par visées au théodolite. On peut dire que la visée optique a été simplement remplacée par une visée sonore.
- A certains égards, cette méthode est plus certaine que celle du sondage à un seul théodolite, puisque la construction géométrique détermine toutes les coordonnées du point d’éclatement dans l’espace, notamment la hauteur, et n’exige de ce fait aucune hypothèse sur la vitesse ascensionnelle du ballon. Il serait d’ailleurs fort peu légitime dans le cas présent d’attribuer une vitesse d’ascension constante à un ballon. Celui-ci risque, en effet, de s’alourdir en se chargeant d’eau ou de neige au passage des couches nuageuses et de s’alléger ensuite en parvenant dans les régions où le soleil brille. La méthode du sondage par le son est également supérieure à celle du sondage par D.C.A. parce qu’elle fonctionne par tous les temps, tandis
- que la première ne peut s’employer que s’il y a des éclaircies assez importantes.
- Enfin, elle présente sur celle des sondages par ballons captifs et par cerfs-volants le double avantage de s’élever a une plus grande altitude et d’être encore utilisable par des vents tempétueux. La hauteur d’ascension des ballons captifs est en effet limitée par le poids de leur câble et, par grand vent, cerf-volant comme ballon captif rompent fréquemment leurs attaches. Certes, on s’est efforcé de remédier à ces défauts : c’est ainsi qu’en employant des ballons captifs lancés en tandem, on a réussi en France à atteindre des altitudes d’environ 5000 m., par des vents d’une vitesse de 20 mètres à la seconde environ et que, par grands vents, on a pu faire des sondages par cerfs-volants en les liant avec des câbles de grand diamètre. Mais, en fait, ces perfectionnements n’ont pas permis d’atteindre les altitudes de près de 9000 m. où le sondage par le son a réussi à s’élever, non plus qu’à fonctionner normalement comme lui lorsque la vitesse du vent croissait jusqu’à 35 mètres par seconde.
- III. Quelques détails pratiques. —- En réalité, pour des raisons de commodité, on ne lance pas un ballon unique chargé d’une série de pétards. On lance successivement, à de très courts intervalles (de l’ordre de la minute), des ballons emmenant chacun un seul pétard. On est parfaitement en droit d’admettre que les trajectoires de ces ballons coïncident exactement dans leurs parties communes et que tout se passe comme si on ne lançait qu’un seul ballon. L’expérience montre, d’ailleurs, que les points d’éclatements des divers ballons sont distribués sur une courbe très régulière.
- La force ascensionnelle de chaque ballon e&t d’environ 500 gr. Si donc on veut conserver une vitesse d’ascension assez grande, il faut ne faire em porter par le ballon que de faibles charges d’explosifs. Fort heureusement, la propagation du son dans l’atmosphère libre s’effectue avec un coefficient d’amortissement beaucoup plus faible qu’à la surface du sol. C’est ainsi, par exemple, qu’en limitantlescharges à une centaine de grammes environ, on est parvenu à obtenir des enregistrements microphoniques très satisfaisants tout en faisant éclater les pétards à une distance de 48 km. de l’appareil récepteur. Encore serait-il juste d’ajouter que le vent soufflait dans le sens opposé à la propagation du son.
- Les postes microphoniques sont distribués sur le sol de manière à se trouver tous dans un même plan horizontal et sur deux axes rectangulaires, l’un des postes étant au point de rencontre de ces deux axes. Cette disposition a pour effet de simplifier grandement les épures de restitution des points d’e'clatement et, partant, d’en accélérer l’exécution.
- Les postes microphoniques sont reliés par des circuits électriques à un poste central où des galvanomètres enregistrent toutes leurs indications sur une seule bande de papier enfumé. Un chronographe
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- LE SONDAGE AERIEN PAR LE SON
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- marque directement le temps sur cette même bande. La vitesse de déroulement est. telle que l’on puisse lire aisément les cinq millièmes de seconde,intervalle de temps qui correspond à un déplacement d’environ 1 m. 50 pour un front d’onde sonore. Cette précision est largement suffisante.
- IV. Corrections et vérifications. — On démontre aisément que, pour construire le point d’éclatement dans l’espace, il faut-et il suffit que l’on connaisse les instants où le bruit de l’explosion a atteint quatre des microphones. En fait, on ne peut pas se contenter d’utiliser quatre microphones seulement : si l’un d’entre eux fonctionne mal par accident, la construction devient indéterminée. Si un observateur commet une erreur de lecture, les quatre nombres qu’il énonce déterminent bien un point, mais qui n’appartient évidemment pas à la trajectoire du ballon. On a donc dû augmenter le nombre des microphones, à la fois comme moyen de contrôler les erreurs possibles et pour se prémunir contre les défauts de f onctionnemen'.
- On en emploie généralement 7, ce qui permet d’effectuer 5 vérifications pour chaque construction dans les cir constances les plus favorables.
- D’autre part, il est nécessaire de faire subir des corrections aux instants où le bruit a atteint les microphones. Le vent en est la cause. Les ondes sonores se propagent suivant des sphères concentriques autour du point d’éclatement. Ce centre d’ébranlement est bien déterminé par rapport à l’air. Mais cet air est en mouvement par rapport au sol. Il entraîne l’ensemble des ondes et du centre d’ébranlement et, quand les ondes sonores parviennent aux microphones, elles semblent émaner du point où le vent a entraîné leur centre. Or, ce que l’on cherche, ce n’est pas ce dernier point, mais bien celui où l’éclatement a réellement eu lieu par rapport au sol.
- La correction qu’il convient de faire de ce fait paraît difficile à calculer puisqu’elle suppose connu le mouvement de l’air et que c’est justement ce que le sondage par le son se propose de mesurer. On
- Ballon
- Û^Ec/atement du pétard
- Microphi
- Microphone
- A
- démontre heureusement qu’il n’est pas utile, pour calculer la correction, de connaître le vent jusqu’à l’altitude de l’éclatement. Il est même possible de faire ce calcul ci priori avant d’avoir enregistré l’éclatement.
- En dehors de la correction du vent, il convient de pre ndre garde à ce fait que les rayons sonores ne sont pas rigoureusement rectilignes. Leur légère courbure a deux causes : l’inégalité des vitesses du vent aux diverses altitudes et l’inégalité des températures de l’air. On tient compte globalement de ces particularités et d’une manière généralement suffisante, en admettant que la variation de température avec l’altitude est celle qu’exige l’équi-
- Micropho
- Micropho
- Fier, i- — Principe du sondage aérien par le son.
- libre adiabatique de l’atmosphère. Dans les 5 premiers kilomètres, cette variation diffère très peu d’un refro:-dissement régulier d’un degré pour une élévation de 200 m.
- V. Résultats obtenus. — L’expérience montre que les corrections dont nous venons d’indiquer le principe sont très efficaces. Les lignes qui déterminent par leur intersection la projection horizontale
- du point d’éclatement devraient concourir théoriquement en un point unique qui est le point cherché. En fait, elles dessinent une petite figure que les topographes nomment un « chapeau ». Or, toutes corrections faites, ce chapeau débrminele point d’éclatement avec une approximation d’une dizaine de mètres, ce qui correspond dans les conditions normales à une erreur de 0 m. 25 sur la vitesse du vent et de 2° sur sa direction. Ces quantités sont très inférieures aux variations accidentelles que le vent subit à tout instant par rapport à sa vitesse moyenne.
- Pendant la guerre, l’emploi croissant des trajectoires à grande portée et, par conséquent, à grandes flèches avait conduit les artilleurs à exiger des météorologistes la mesure du vent à des altitudes atteignant régulièrement 4 km. Le sondage par le son a permis d’exécuter ce programme. Nous avons déjà dit précédemment que la méthode avait réussi à fonctionner même par des vents de 55 m. par
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- seconde et que, dans quelques lancers d’expérience, elle avait permis de mesurer le vent à des altitudes d’environ 9- km.
- YI. Conclusion. — Il est extrêmement probable qu’une simple mise au point de la méthode dont nous venons d’exposer le principe mettrait entre les mains des météorologistes un moyen précis et certain d’explorer les courants aériens jusqu’à une altitude de 10 km. Cette altitude marque, comme nos lecteurs le savent, un niveau particulièrement important dans la structure de l’atmosphère. C’est celui au voisinage duquel se trouve la surface de séparation de la troposphère et de la stratosphère. La troposphère est la partie de l’atmosphère qui
- SES SUCCÉDANÉS ------
- est en contact avec la surface terrestre. Elle est animée de mouvements verticaux et c’est dans son sein que flottent les nuages. La stratosphère, au contraire, ne semble pas animée de mouvements verticaux et ne contient pas de nuages.
- La méthode du sondage par le son, améliorée par une nouvelle mise au point, permettra d’explorer d’une façon complète la stratosphère qui contient tous les nuages et qui, par suite, commande d’une manière immédiate le temps qu’il fait.
- Ph. ScilEKESCHEWSKY.
- Ingénieur au corps des Mines, ancien chef du Service Météorologique aux Armées.
- L’ÉBONITE — SES SUCCÉDANÉS
- Historique. — Quand, tout jeunes, nous lisions les récits de voyage, les « Robinson Crusoé » ou autres, nous éprouvions un certain éLonnement quand on nous* décrivait un arbre dont le bois ! émoussait les haches les mieux' trempées, bois noir au grain serré, tellement dense qu’il ne flottait pas. Ce bois, l’ébene, nous le retrouvions ensuite, sous forme de porte-plumes, de manches de couteaux, et d’articles de tabletterie divers, d’articles de toilette (brosses, peignes, etc).
- L’industrie, il y a trois quarts de siècle, n’éprouvait pas le besoin, du moins, par grandes quantités, de ce bois.
- Dans les premiers temps des manifestations de l’électricité statique au laboratoire, l’industrie des machines à frottement se servit d’une matière qui venait d’apparaitre ; elle avait l’aspect extérieur de l’ébène ; bien que très cassante, elle était encore plus dure que ce dernier. C’était le caoutchouc durci, découvert par Goodyear vers 1840.
- Le nom d’ébonite lui fut donné en France, dérivée du mot anglais « ebony » qui signifie ébène.
- Rien ne faisait pressentir, il y a 75 ans, l’essor formidable qu’allait prendre, au siècle de l’électricité, cette matière nouvelle, qui pendant longtemps ne servit qu’à confectionner des manches de porte-plumes et autres menus objets de vente limitée.
- * Actuellement, l’homme avisé qui sait regarder autour de lui, verra les applications innombrables de l’ébonite ou caoutchouc durci, et il s’apercevra, que, ce qui paraissait restreint à quelques minimes applications, est devenu une matière de toute première importance, qui occupejun monde d’ouvriers, un nombre considérable d’usines, surtout en Allemagne et pays anglo-saxons.
- L industrie des isolants électriques, bacs d’accumulateurs, commutateurs, tableaux de distribution, iàbletterie, brosserie, peignes, appareils téléphoniques, de télégraphie ordinaire ou sans fil, emploie l’ébonite, soit moulée, soit en plaques usinées. Son brillant est incomparable, d’un noir profond, elle
- est facile à tourner, scier, tarauder, polir. Elle possède, quand elle est bien faite, un pouvoir d’isolement, presque égal à celui de la gomme-laque, qui est le critérium, en l’espèce.
- Aussi, celte industrie, prospère en Angleterre, aux Etats-Unis, en Allemagne surtout, commence-t-elle à prendre un certain essor chez nous ; le besoin d’articles importés d’Allemagne jusqu’alors commence à nous pousser à essayer de produire l’équivalent de ce que nous fournissait cette dernière.
- line faut pas le dissimuler : nous avons encore fort à faire pour commencer à atteindre le degré de perfection (brillant, cassure conchoïdale, usinage et polissage faciles) et le bon marché relatif surtout auxquels atteignaient les Allemands. Mais, avec un travail méthodique, nous pouvons espérer y arriver.
- Composition chimique. — Chimiquement, qu’est-ce que l’ébonite?
- Le caoutchouc débarrassé des résines naturelles qui l’accompagnaient, par épuisement à l’acétone, est constitué par un carbure (C5H8)n appelé isoprène. Nous n’entraînerons pas ici nos lecteurs dans le dédale des formules ayant trait au caoutchouc. Ce carbure est susceptible de donner des composés d’addition avec le soufre, composés qui vont de (C10Hir’)10S2 qUj esj ie terme le moins sulfuré de la série, à C10H10S2 qui est le terme le plus sulfuré de la série ; le premier de ces corps est le chef de file des caoutchoucs souples.
- Telle est du moins la théorie de Cari Otto Weber opposée à celle d’Ostwald, qui veut, elle, que le caoutchouc vulcanisé, soit un produit d’adsorption du soufre (').
- Plus la quantité de soufre augmente, plus le caoutchouc perd de sa souplesse. Il va lentement vers l’ébonite, terme ultime de la série, ou caout-
- 1. Pour nos lecteurs que la chose inlétvsse, lire l’intéressant article de M. Dubose, n° 151 du Caoutchouc et Gutta-percha du 15 septembre 1916, pages 9005-9006 au sujet des théories d’Ostwald et d’Harries sur la vulcanisation-adsorption.
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- chouc durci, en passant de la souplesse à la durete' la plus grande. Entre ces deux limites extrêmes, il passe par toutes les phases de la dureté.
- C’est ainsi qu’il y a des demi-durcis qui tiennent l’intermédiaire entre les souples et les ébonites vraies.
- En somme, le corps qui contient 52 pour 100 de soufre entièrement combiné, est de l’ébonile théorique. Comme nous le verrons ptr de nombreuses analyses que nous avons faites des ébonites les plus diverses d’origine, on trouve les teneurs les plus diverses en soufre combiné dans les produits que fournit l’industrie.
- Le vrai caoutchouc durci ou ébonite, fabriqué pour la première fois vers 1846, par Goodyear, praticien de. génie, est une masse d’un noir jaunâtre, cornée, à cassure conchoï-dale, d’autant plus belle que la proportion de gomme se rapproche le plus de la formule ci-dessus. Il résiste à l’action des acides (2) ; il est inodore ou tout au plus il exhale une odeur sui generis quand il est frotté.
- Il résiste à l’air et à la lumière ainsi qu’à l’eau.
- L’eau chaude le ramollit légèrement, la chaleur et la compression en permettent ausa le ramollissement (sous presse). La pyrogénation vers 200° le carbonise sans fusion.
- Ce qui constitue les principales qualités du caoutchouc durci, c’est sa résistance au passage des courants électriques.
- Pour fixer les idées, les bonnes ébopites résistent, sous une épaisseur de 2 millimètres, à des courants de 30000 à 50000 volts.
- 1. Les vues ci-contre ont été prises grâce à l'obligeance des apporteurs de la Société française «Isol», MM Lenglet et Desvergues.
- 2. Sauf, bien entendu, l’acide sulfurique de haute concentration.(66° Baume et 60° B.), l’acide nitrique 36° Baume; on peut dire que le caoutchouc est insensible à l’action des solutions acides* sauf, si elles sont très concentrées.
- Surtout quand les charges sont inattaquables, c’est-à-dire à peu près toutes les charges minérales, sauf les carbonates alca-lino-terreux. Ainsi un mélange à 45 pour 100 de kieselguhr résiste pratiquement et longtemps à l’acide sulfurique des accumulateurs à 20/25° Baumé.
- Mais il faut, pour cela, non seulement que les composants ne contiennent pas traces de métaux tels que le fer ou le cuivre, mais encore que les charges ajoutées à la gutta soient exemptes d’oxydes de métaux lourds.
- C’est ainsi que les vieilles ébonites (ébarbages, sciures et tournures, fraisures, etc.), sont pulvérisées, par des procédés que nous examinerons plus loin en détail, et débarrassées par un trieur magnétique de tout fer. Il importe, en outre, que les déchets contenant des traces de cuivre soient absolument éliminés, car l’élimination du cuivre, par voie chimique, coûterait trop.
- Le caoutchouc durci, bien fait, est d’un travail aisé au tour ; le copeau est souple, ni. cassant, ni poussiéreux. L’usure des outils doit être réduite au minimum.
- On peut ajouter- au caoutchouc durci diverses matières, pour développer en lui telle ou telle qualité physique, que l’on veut obtenir.
- Principaux usages. — Les applications actuelles de l’ébonite sont très nombreuses : l’appareillage électrique en consomme de grandes quantités; il est également employé pour faire des cuves et séparateurs d’accumulateurs.
- On l’utilise dans les instruments de chirurgie, dans la tabletterie fine, la boutonnerie ; on en fait des peignes, des encriers, des stylos, des tuyaux de pipes, des cuvettes photographiques, des rouleaux de machines à écrire, des revêtements de cylindres de papeterie, des pavages ébonite, mousse, etc.
- Fabrication. — L’ébonite est livrée au commerce sous la forme, soit de planches, soit de cylindres de différente grosseur, soit de tubes, soit enfin, sous la forme d’objets moulés.
- On peut employer, pour la fabrication de l’ébonite, soit le caoutchouc Para, Soit les sortes noires de Madagascar, soit les crêpes, soit les Congos.
- La confection du mélange n’a rien qui ledifféren-cie des mélanges pour souples.
- Fig. i. — Autoclave (l).
- Leurs formes, leurs dimensions varient à l’infini, depuis la presse-autoclave où l’on vulcanise les pièces moulées, en même temps qu’on les presse, jusqu’aux immenses autoclaves à axe horizontal dépassant 25 mètres de long (vulcanisation des tuyaux sur tringles), en passant par les presses-autoclaves gigantesques, oit l'on vulcanise i2. à 24 bandages d’un seul coup.
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- L’ÉBONITfi
- SES SUCCEDANES
- cédé ne vaut pas le procédé par recouvrement à la main que nous allons décrire ; il laisse dans la masse de l’ébonite, après cuisson, des bulles d’air non résorbées.
- Au contraire, si l’on veut obtenir de beaux bâtons, on roule soigneusement en spirale la feuille de 2 millimètres jusqu’à l’obtention d’un diamètre voulu. Il importe que le commencement de ce travail soit fait avec le plus grand soin, afin qu’il ne reste aucune bulle d’air dans la masse. Ce travail qui est très long, est fait par des ouvrières spéciales, et revient très cher. II ne saurait pas être remplacé, nous le répétons, par un travail fait à la boudineuse.
- Une fois le bâton fait, il est enroulé très serré, dans des toiles et ficelé comme un saucisson.
- Revenons maintenant à la feuille de mélange de 10 ou 20 millimètres d’épaisseur que nous avons laissée quelques lignes plus haut.
- On y découpe, à l’emporte-pièce
- Nous la rappelons ici pour les personnes peu fami- les articles qui doivent être moulés dans des moules
- Fi,g. 2.
- Presse. Appareil courant des industries chimiques, stéariques et autres.
- Une presse du genre de celle-ci travaille entre 75 et 100 kg de pression mécanique par centimètre carré du piston. Celui-ci a un diamètre de 3o cm. Les plateaux sont de 60 x 60 cm.
- liarisées avec l’industrie du caoutchouc.
- La gomme ayant été malaxée sur les cylindres à peine tiédis, durant un quart d’heure à 20 minutes, on y ajoute les factices, les poudrettes, si le mélange en comporte, puis les cires paraffines et brais s’il y a lieu.
- A ce mélange bien homogène on ajoute les charges, et le soufre au dernier moment, sans que le mélange s’échauffe, ce qui est primordial.
- On tire « au fin », c’est-à-dire en une feuille de 2 millimètres, après avoir homogénéisé le mélange au préalable par des reprises en bout.
- C’est cette feuille de mélange qui servira à la préparation, soit des feuilles plus épaisses, soit des bâtons, soit des objets moulés.
- Pour la préparation des feuilles destinées à l’ébonite en plaques, on part de feuilles de 2 millimètres d’épaisseur ; on en met deux l’une sur l’autre, en les humectant légèrement de benzène et en passant fortement la roulette pour obtenir l’adhérence sans cloques.
- On pratique ces recouvrements jusqu’à obtenir l’épaisseur que l’on se propose d’obtenir.
- La confection des bâtons peut se faire à la boudineuse (Stuffing machine) , mais il faut l’avouer, ce pro-
- d un poli dit « poliglace » parfois nickelés ou argen-
- Fig. 3. — Vue d'un moule de pièce d’isolateur de magnéto . d'allumage. "
- C’est dans ce moule que le mélange pour caoutchouc durci est introduit par feuilles superposées et pressées, en même temps qu’on introduit le moule entre les plateaux chauffants d’une presse. — Ces moules coûtent fort cher ; ils sont en acier fondu, usinés ensuite, puis polis. Ils doivent être maniés avec le plus grand soin. Un moule de ce genre, qui coûte 5oo francs au moins, servira à « fixer » la pièce, ce qui veut dire, à la mouler sous pression chaude pendant quelques minutes. On retire alors la pièce du moule. Cette «fixation», qui aura produit une vulcanisation superficielle, permettra ensuite de cuire des centaines de mêmes pièces pêle-mêle, à l’autoclave, sans qu’elles se déforment, d’où diminution sensible du prix de revient.
- Certaines usines ont ainsi pour plusieurs millions de francs de moules, ce qui explique les capitaux nécessaires pour le bon fonctionnement de telles industries. L'ouvrier figuré ici en avant, bourre de la feuille tirée, en entoure les vis, en met un excès et pose ensuite la seconde partie du moule. La pression expulse l’excès de matière. On donne ensuite la fixation à chaud par la vapeur entre les plateaux.
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- Cet appareil qu’on nomme aussi « masticateur », « loup », est constitué par deux cylindres, qu’on peut réchauffer ou refroidir, tournant.en' sens inverse et à des vitesses dans le rapport, soit de 2 a 1, soit .de 3. à 2 y de cette façon la gomme est à-la fois pressée et roulée; les’ ingrédients des mélanges (poudres minérales, soufre, brai, corps gras, factices, huiles, couleurs et pigments) se trouvent, de la sorte, intimement mélangés avec la gomme.
- tés, d’autres fois doublés de feuilles d’étain pour donner le poli, simplement du fait de ces surfaces extra-glacées.
- C’est du poli de ces surfaces, que dépendra, après vulcanisation, le poli de l’article obtenu. Souvent, en sortant du moule, le poli de l’article sera nul, et il faudra procéder ensuite, à un polissage en règle de l’ébonite que nous décrirons ci-après.
- D’autres fois, la pièce sortira pour ainsi dire toute polie, et ne nécessitera plus qu’un simple buffetage.
- Si l’on veut faire de l’ébonite en planches destinée à être vendue aux façonniers qui la débiteront, la tourneront, la fraiseront, la tarauderont, voici comment on procède.
- La feuille obtenue par recouvrement comme il a été dit plus haut, est mise entre des cadres, et pressée à la presse, à froid. Les bavures mises de côté, rentreront en fabrication.
- Les plaques entre lesquelles se produit la pression, sont des plaques soigneusement polies, et souvent doublées de feuille d’étain qui donneront le « poli glace ». Dans ce cas, après la vulcanisation à la presse, les feuilles d’étain seront enlevées avec une pince, l’ébonite sera prête pour le polissage.
- On passe ensuite à la vulcanisation.
- Là, une parenthèse s’impose : la réaction de la vulcanisation, réaction de fixation de soufre, par addition, doit être, pour çes'fortes teneurs en soufre, qui vont de 2(J à 46; pour 100 de soufre, évaluée sur le poids total du mélange, menée très lente-
- Fig. 5. — Calandre.
- Puissants rouleaux susceptibles d’être chauffés ou refroidis. Ces rouleaux sont tellement bien ajustés qu’ils permettent, en faisant varier l'écartement, d’obtenir des feuilles de mélanges de caoutchouc d’une épaisseur déterminée à i(io“ de millimètre près, et souvent même plùs exactement encore. Une calandre du modèle ci-contre coûte plus de ico 000 francs. Certaines grandes usines en ont des douzaines!
- ment. C’est ainsi, pour lîxer les idées, qu’il faut effectuer le « montage » (temps de durée du montage de la pression atmosphérique, c’est-à-dire de zéro kilo jusqu’à 4 kg ou parfois 5 kg qui sont 140 à 160°) en deux heures pour l’ébonite en plaques de 20 millimètres. Ce montage doit être effectué graduellement, sans à-coups, surveillé par des ouvriers consciencieux, ou mieux encore par un enregistreur automatique bien mis sous clef, afin que l’on ne puisse pas le fausser.
- Le montage effectué, on doit veiller à ce que le temps de la vulcanisation soit bien exact à la pression voulue.
- Puis, on procède à la « baisse » qui, pour le cas qui nous occupe, doit être égale au temps de la montée, et surveillée de la même façon.
- Quel, est le but de toutes ces précautions qui'peuvent paraître exagérées ? Dans les premiers temps de la vulcanisation, bien que ce ne soit qu’un processus « d’addition » de Soufre, et non de « substitution », bien qu’il ne doive pas se produire d’hydrogène sulfuré, il s’en dégage néanmoins. Le but de la presse ou du ligotage dans les toiles est de forcer ces gaz à ne pas se dégager, à se résorber dans la masse, et à ne pas produire de malencontreux « piquages » qui formant des gaz dans la masse, en détruiraient la texture et en diminueraient aussi le pouvoir diélectrique.
- En outre, la réaction procédant lentement, on évite ainsi les réactions brusques de l’addition du soufre, réactions qui sont tellement violentes, qu’il n’est pas rare de voir une
- 1. Les trois machines figurées ici sont construites par la maison Repiquet, qui nous a prêté ses clichés, et qui s’est spécialisée dans ce genre de machines depuis de longues années.
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- presse dont les montants de plusieurs décimètres de diamètre sont cisaillés comme une tige de quelques millimètres de diamètre. De graves accidents, entraînant mort d’homme, se sont parfois ainsi produits.
- Ainsi est explique ce luxe de précautions dans la vulcanisation, qui pourrait paraître puéril à première vue.
- On s’explique, en outre, le prix élevé de l’ébonite de belle qualité, en raison de la main-d’œuvre considérable qu’exige sa fabrication.
- Il n’est pas rare qu’un mélange, qui coûte seulement 5 à 6 fr. le kg (matières additionnées), soit vendu 40 ou 60 fr. le kg, une fois terminé, surtout s’il s’agit de qualités extra-brillantes, comme celles qui servent à la fabrication des collecteurs de magnétos, ou des porte-plumes réservoirs, pour citer deux articles, que j’appellerai des articles de luxe.
- Parlons un peu du polissage de l’ébonite, opération que les ouvriers cachent soigneusement, comme s’il s’agissait d’un procédé hermétique. Personnellement, nous avons dû tout improviser, en cette matière, étant donnée la mauvaise volonté que l’on mettait à nous renseigner.
- Le travail à la meule échauffe l’ébonite, qui est une matière qu’il ne faut pour ainsi dire pas brusquer. Sou vent le moulage avec des meules à éléments fins doit être effectué en présence d’un filet d’eau.
- Ensuite, s’il y a lieu, un premier polissage grossier, fait avec les « feutres » soit secs, soit enduits de pâtes ou « pain à polir » (*) (rondelles de drap ou de peaux de chamois mises côte à côte et tournant à de grandes vitesses).
- En réalité, il ne faut pas se servir du même feutre pour des travaux différents ; si un feutre est graissé, par exemple, il faut s’en servir toujours pour le même travail.
- Et pour terminer, il ne faut pas perdre de vue, que le principal, en matière de polissage d’ébonite, est que le mélange soit tel qu’il se polisse facilement du fait même de sa composition.
- 11 est des ébonites, dont la contexture, fonction du mélange, est telle que le polissage sera extrêmement facile, alors que d’autres ne se poliront pas quoi qu’on fasse.
- On a donné le nom d’ébonites à des corps préparés avec des mélanges qui n’avaient rien de l’ébonite, et que seul un souci exagéré du bon marché faisait manufacturer.
- Nous verrons plus loin ce qu’il faut comme éléments dans une ébonite pour pouvoir dire presque a priori si le polissage sera ou non facile.
- On fait aussi maintenant beaucoup de petits articles en ébonite pour le polissage desquels on opère comme il suit :
- 1. « Pain à polir » constitué de suif et de sulfate de baryte lin ou do colcolar ou rouge d’Angleterre, ou de rouge de Venise, qui sont des oxydes de fer rendus abrasifs suivant leur calcination spéciale.
- Un tambour à assez grande vitesse contient du kieselguhr ou du tripoli, mêlé de petits morceaux de papier et de carton, ou de feutre ou de déchets de cuir. Parfois on commence par un tambour avec de la ponce de différentes grosseurs.
- C’est en somme le procédé que ceux d’entre nous, qui ont servi dans la cavalerie, employaient pour nettoyer les brides encrassées, en les roulant dans un sac rempli de papier. Travail fastidieux qui ne nous rajeunit pas.
- Ce qui est aussi demandé dans l’ébonite, c’est une belle couleur noire.
- Cette couleur se produit tout naturellement; elle provient de l’action du soufre à haute température, sur des composés (ou sur des corps en donnant) à noyau benzénique.
- Chacun sait que, dans ces conditions, il se produit des noirs au soufre, ou des corps en contenant.
- C’est ce qui nous autorise à dire que le plus beau noir d’ébonite est celui qui provient de la réaction de préparation de l’ébonite elle-même. Néanmoins, on fait des adjonctions aux produits ordinairement employés de divers noirs, parmi lesquels principalement les noirs de pétrole, les noirs d’ivoire, les noirs aux stéarate ou noirs gras, etc.
- On peut faire du durci rouge avec le vermillon de mercure, qui donne les meilleurs rouges. On peut se servir aussi des « crimson » ou cramoisis d’antimoine, mais cela ne vaut pas le vermillon de mercure. (On mélange les deux.)
- Formules d’ébonite. — Expliquons d’abord ce que l’on entend par poudrettes d’ébonites ou poudres de durcis, car, à chaque instant, ces mots reviennent dans les formules.
- Quand on usine, polit, ébarbe les objets en ébonite on a des fragments (morceaux, grumeaux et poudrettes grossières), qui seraient sans emploi, si l’on n’avait trouvé que l’adjonction de ces déchets, sous une forme impalpable, avait pour effet, quand la dose en a été soigneusement calculée, de constituer un composant des meilleurs pour les ébonites. C’est ainsi qu’on arrive à constituer d’excellents ébonites en ajoutant de 40 à 50 pour 100 de ces poudrettes et parfois plus.
- Mais il est absolument nécessaire que ces poudres soient de la finesse la plus grande ; passage au tamis 150 au moins. D’une manière générale, les pou-drettes de durcis de bonne qualité, sont obtenues par moulage avec des meules ne se désagrégeant pas ou peu, et tournant à de très grandes vitesses. Le produit résultant est ensuite soufflé, c'est-à-dire soumis à l’action d’un fort courant d’air (genre cyclone).
- Pour avoir un rendement plus grand il vaut mieux opérer comme il suit :
- On commence à broyer avec des meules en acier accouplées, à axes horizontaux et parallèles, du genre de celles qui servent dans la préparation mécanique des minerais.
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- On obtient ainsi ce que l’on appelle de la « paillette », matière qui ressemble fort à de la gomme-laque en paillettes.
- Le rendement de ces appareils en paillettes est très grand.
- Mais c'est quand il s’agit de transformer celle paillette en « impalpable » que se dressent les difficultés en ce qui concerne le rendement.
- On parfait ce broyage dans des meules presque tangentes à axes dans le prolongement l’un de l’autre, qui agissent par friction énergique et de 1res près.
- Ces appareils s'échauffent très vite, et ont un rendement ridiculement faible. Ce qui fait que le prix de revient de cette pou-drette extra-fine est très élevé, surtout s’il s’agit d’impalpable.
- Nous avons d’ailleurs traité cette question en détail dans le numéro 151 du Caoutchouc et Gutta-Rercha du 15 septembre 1916 (La Vulcanisation des Gommes Résines, pages 9025 à 9027).
- On peut constituer une poudrette extra en faisant le mélange suivant :
- Soufre. ...
- Factice noir. .
- Fig. 6. — Boudincuse.
- Cet appareil qui est en somme un « choppcr » de grandes dimensions analogue aux appareils à faire de la saucisse, est un des appareils les plus importants des industries du caoutchouc manufacturé.
- Un « œil » (pièce mobile, variable avec l’article à produire) servira à l’obtention, soit de tuyaux, soit de bâtons, soit de tout autre » profil » que l’on désirera.
- Le mélang-e de caoutchouc sera réchauffé par une enveloppe, soit d’eau chaude, soit de vapeur. On facilite le « tirage » â la boudi-neuse par l’adjonction, en petites quantités, aux mélanges, de matières destinées à faciliter la sortie (brais, paraffines, factices, stéarines, corps gras en général).
- 5 usines qui faisaient des produits très beaux, très acceptables, mais, il faut l’avouer, plus chers que les produils américains et allemands.
- Mais il s’en est fondé d’autres depuis et j’ai bon espoir que, d’ici peu, nous pourrons faire bien.
- Etant donnée cette poudre de durci de belle qualité, que nous avons constituée de toutes pièces, ou que nous avons obtenue par un broyage sérieux et méticuleux de beaux déchets, comment allons-nous faire de beaux produits?
- Formule 1 :
- Para...........45
- Très beau brillant. Soufre. ... 20
- Copeau assez bon. Poudre de durci extra .... 25
- Perçage bon.
- Brai de bois ou goudron dur. 10 Doit se travailler à petite vitesse.
- Dans cette formule 1 , si nous remplaçons la moitié du goudron par des huiles telles que huile de ricin, huile de lin oxydée ou huile de bois, de façon à avoir :
- Formule 2 :
- Para.........
- Soufre. . . . Poudre de Durci extra . .
- 45
- 20
- 9r>
- Gomme Congo ordinaire
- Huile de lin cuite............
- Gomme-laque paillettes ....
- La vulcanisation est faite comme il suit
- 19,0 21,9 o 1,5 6,2 21,4
- 3 jours de suite Montée Durée Pression Descen le
- 1er Jour 5 h. 8 h. 1 k° 6 — 25 lbs. 5 h.
- 2e Jour 5 h. 8 h. 2 k° 3 = 54 lbs. 5 b.
- 5e Jour 3 h. 8 h. 2 k° 6 =39 lbs. 5 h.
- Cette ébonite grossière est ensuite soumise à la mouture comme il vient d’être dit plus haut.
- On obtient ainsi une poudre de durci de toute première qualité.
- En se servant d’une telle poudre de durci, on peut arriver à des ébonites qui ne le cèdent en rien, aux plus belles ébonites allemandes, qui sont pourtant le critérium en brillant, noir profond, belle cassure et travail aisé.
- A notre connaissance il était en France, vers 1914,
- Goudron dur . Huile précitée.
- à des produits de beau brillant, de travail mécanique parfait, qui travaillés à une bonne vitesse
- nous arrivons de copeau et peuvent être moyenne.
- Ces quatre mélanges peuvent être considérés comme à peu près semblables à des ébonites allemandes analysées par nous.
- Nous avons essayé d’introduire des noirs (noir de pétrole, noir d’ivoire, noirs fins de toutes sortes).
- Le meilleur est encore le noir de pétrole, dont le noir profond communique à l’éboni te un beau noir ; mais quel que soit- le noir employé, son introduction rend l’ébonile cassante, si l’on dépasse 5 pour 100. Même à ces teneurs (de 5 et à 5 pour 100), il a une influence néfaste sur le copeau, qui devient cassant, et sur l’ébonite, dont le noir n’a pas le beau brillant des noirs au soufre, produits d’eux-inêmes, dans la masse.
- Les gommes 'résines (gomme-laque, manille,
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- kauris, introduits directement, sont des plus néfastes pour l’ébonite. L’introduction, dans le mélange précédent, de 5 à 10 pour 100 de ces matières est la cause de piquages en blanc, dont on ignore la raison exacte. Par contre, l’introduction de cires ou matières connexes dans l’ébo-nite, mais d’une façon modérée, donne d'excellents résultats à tous les points de vue.
- C’est ainsi que la formule suivante :
- Para......................45
- Soufre....................20
- Poudre de durci extra . . 20
- Noir de pétrole............... 5
- Cérésine......................10
- donne de très bons résultats, de très bons copeaux et nuis points d’aucune espèce. Les cires employées ont été les cires de Carnauba, la cire de Candelilia, la cérésine ou ozokérite. Mais on n’en a mis jamais plus de 10 pour 100, souvent moins.
- La cire donne un bon copeau pour rendre le tournage facile; mais si l’on exagère la dose, elle fait du « terne ».
- C’est donc par une adjonction bien calculée de matières brayeuses (goudron dur, brai de stéarinerie ou de pétrole, etc.), qui donne la belle cassure et par celle de matières cireuses, qui donnent le beau copeau (travail aisé), que l’on peut arriver à de belles ébonites, suivant le but que l'on se propose.
- L’introduction des huiles (sauf l’huile de lin oxydée) doit être faite avec beaucoup de précautions, car elle provoque des piqûres dont nous ignorons les causes.
- Il en est de même de l’introduction des factices.
- Il semble, par notre pratique, qu’il ne faut pas dépasser 25 pour 100 de soufre.
- Nous avons bien analysé une ébonite américaine, qui, fait paradoxal, contenait 55-40 pour 100 de soufre et qui n’effleurissait pas. Mais, en somme, l’expérience nous a donné ce chiffre de 25 comme un maximum.
- La curiosité nous ayant poussé à examiner l’effet de l’introduction de la caséine dans le mélange, nous avons pu constater de très mauvais résultats (piqûres). Mais nous pensons que si nous avions eu le temps de partir de caséine un peu alcalinisée, nous aurions peut-être eu de meilleurs résultats, car on nous a dit qu’il y avait eu des durcis contenant de la caséine et qui avaient donné satisfaction.
- La supression des matières brayeuses dans la formule-type qui nous a servi à nos études systématiques sur l’ébonite et leur remplacement par des huiles et des cires par parties à peu près égales, nous a donné des produits beaux comme noir et comme copeaux, mais qui n’avaient pas la belle cassure des produits précédents.
- Pour essayer de diminuer le prix de revient, nous avons essayé de diminuer beaucoup la pro-
- portion des gommes en la remplaçant par de la poudre de durci extra; ainsi, au lieu de 45 de para, nous nous sommes abaissés, par étapes, jusque vers 50 de gomme ; puis, nous avons été plus bas, c’est-à-dire jusqu’à 25.
- On peut augmenter la proportion de poudrette extra, mais à la condition que ladite poudrette soit bien une poudrette extra, préparée comme nous l’avons dit plus haut.
- Si l’on croyait qu’une poudrette, de grosseur moyenne du commerce, blutée sans soin, terne, chargée, donne, par son adjonction dans un mélange pauvre en gomme, un résultat, on se tromperait grossièrement.
- Tout au plus, arrivera-t-on à une ébonite presque impossible à polir, à cassure quelconque et d’un travail difficile.
- Il est évident que si, par exemple, on cherche le bon marché, on peut parfaitement adjoindre à la gomme et au soufre des charges.
- Ainsi, pour les caisses d’accumulateurs, on arrive à adjoindre 50 pour 100 de kieselguhr, sans danger. Voici deux formules bien différentes de caisses pour accumulateurs :
- I. Para...................50
- Soufre..................24
- Kieselguhr..............26
- Et
- II. Congo ...... 40
- Soufre................ 20
- Huile de ricin . . . 1.50
- Huile de lin cuite . 1.50
- Kieselguhr .... 57
- On peut arriver, comme nous l’avons dit plus haut, à combiner des formules où l’on approchera de 45 à 50 pour 100 de charge. Mais, là, ce sont des cas tout à fait spéciaux.
- Voici une formule de belle ébonite, quoique
- assez bon marché :
- Para.........................15
- Poudrette extra..............45
- Noir de pétrole.............. 2
- Crêpes fumées............20;
- Soufre.......................15
- Huile de lin................. 1
- Cire de Candelilia. . . . 2
- Mais il est un point qu’il ne faut pas perdre de vue, c’est que la poudre de durci, que l’on ajoute, ne doit pas comporter de soufre additif, puisqu’elle est déjà vulcanisée.
- On calculera donc le soufre à ajouter, d’après la gomme vierge, que l’on introduit dans le mélange, plus un petit quantum supplémentaire, que l’expérience apprendra être le mieux pour le but que l’on se propose d’atteindre.
- Voici une formule qui nous a donné de bons résultats au laboratoire :
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- LA CHE1MATOB1E, SES
- Ceylan.....................48
- Poudre durci extra ... 20
- Soufre.....................48
- Cérésine................... 8
- Goudron dur................ 4
- Noir de pétrole............ 2
- Disons un mot, ici, de la manière d’apprécier une ébonite.
- Outre les caractères extérieurs (cassure, dureté à la bille (*), noir, travail facile ou non), il y a la densité, qui donne bien une indication, mais encore à la condition que la charge employée ne soit pas une charge extra-légère, comme le kieselguhr (densité apparente 0,50 à 0,40), ou la silice de synthèse (silice française pulvérisée, densité 0,4 à 0,5). Car, alors, la densité ne dirait rien.
- Il faudra faire les cendres quantitativement et en faire l’analyse qualitative.
- Puis, comme d’habitude, pour tout caoutchouc manufacturé :
- Extrait acélonique avec recherche et dosage, s’il y a lieu, des corps gras solubles dans l’acétone (paraffine, gomme, résine), ce qui n’est pas des plus faciles.
- Exlrait par la potasse alcoolique, qui donnera les factices, s’il y a lieu.
- 1. Appréciation des durcis par la bille de Brinncl avec une simple presse de laboratoire et une bille quelconque d’acier. Cf. Il ut in. Le caoutchouc et la gutta-percha.
- LA CHEIiYlATOBIE, SES
- La Cheimatobie (Cheimalobia brvmala) ou Phalène lliémale, appartient à la famille des Lépidoptères, tribu des Phalénites, genre Cheimatobia.
- Description. — Nous ne nous attarderons pas sur sa description, les figures accompagnant cet article étant plus significatives que les plus longs commentaires.
- Signalons pourtant qu’il y a une très grande différence entre le papillon mâle et le papillon femelle.
- Le papillon mâle a une longueur de 8 à 12 millimètres ; une envergure de 20 à 25. Gris; antennes filiées moins longues que le corps, tête petite, corselet bombé, tous deux gris bruns ; abdomen sans tarière ni aiguillon, gris-jaunâtre ; ailes supérieures veinées, délicates et arrondies, parsemées de rares écailles, d’un gris roussàtre poussiéreux, et traversées par quatre petites lignes d’une teinte plus foncée, légèrement dentées en scie; ailes inférieures plus pâles que les précédentes, presque blanches, avec l’apparence de deux petites raies obscures, assez variables de couleur et irrégulières de forme.
- Le papillon femelle a le corps plus gros que celui du mâle; longueur 8 à 12 millimètres, gris noirâtre poussiéreux, épais et raccourci, sans aucune élégance ; ressemble davantage à une vilaine-mouche qu’à un papillon.
- 1ŒURS, SES RAVAGES ===== 269
- Puis, finalement, exlrait par la pyridine, qui donnera les matières brayeuses.
- Dosage du soufre total et de celui extrait par l’acétone.
- Armé de ces divers chiffres, on peut essayer de reconstituer l’ébonite. Nous disons bien « essayer », car, de la coupe aux lèvres, il y a loin ; ce ne sont que les reconstitutions patientes, à l’atelier, au laboratoire, sur le cylindre et à la marmite de vulcanisation qui permettent d’y voir clair.
- Les Allemands ont patiemment travaillé cette question avant d’arriver aux beaux résultats qu’ils viennent nous offrir actuellement, à des prix de bon marché que nous n’atteignons pas mcore. Nul doute que nous y arriverons d’ici peu.
- La chose en vaut la peine, car il serait désastreux que nos industries électriques, si prospères, en soient toujours réduites à faire venir leurs matières isolantes d’Allemagne (*).
- Aubert lietiin.
- 1. Nous ne voudrions pas quiller ce sujet sans dire deux mots à nos lecteurs des prix actuels des différentes qualités d’ébonites mises sur le marché.
- Les qualités extra-brillantes (type des porte-plumes réservoir) pour fixer les idées, valent, en bâlons, de 50 à 60 francs le kilogramme.
- Celles en planches atteignent 40 à L0 francs.
- Les qualités un peu chargées (50 pour 100 de charge) valent de 15 à 18 francs.
- Les qualités très chargées (bacs d’accumulateurs) valent beaucoup moins (5 à 6 francs).
- MŒURS, SES RAVAGES
- Tête petite; antennes filiformes; deux yeux noirs assez gros ; trompe recourbée. Thorax petit. Aptère ou, plus exactement, ne possédant que deux très petits moignons d’ailes, grisâtres, marqués d’une petite raie noire, qui la rendent incapable de voler ; par contre, pattes très longues, annelées de blanc et de noir et munies d’épines, qui la rendent très agile et lui permettent de franchir des distance» considérables.
- La chenille, au début de sa vie, est très courte et d’un gris-brunâtre ; puis vert grisâti’e après sa première mue, la tête et l’écusson de la nuque sont noirs. Après la seconde mue, elle perd ses couleurs noires, la teinte fondamentale devient plus pure et une ligne longitudinale blanche, à peine indiquée précédemment sur le dos, s’accentue plus nettement.
- Après sa dernière mue, elle est d’un vert jaunâtre ou blanchâtre plus ou moins intense ; sa longueur, 'a ce moment, peut alors atteindre de 42 à 20 millimètres ; sa tête est d’un brun clair et luisant, sa ligne dorsale devient fine et foncée, et s’orne, de chaque coté, d’une bordure blanche; une ligne claire passe au-dessus des stigmates aériens qui font l’effet de points sombres.
- La coloration de la chenille est assez difficile à définir et celle-ci est indiquée différemment selon
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- LA CHE1MATOBJE, SES MŒURS, SES RAVAGES
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- les auteurs; elle change avec la nature du pigment renfermé dans la partie du végétal dont 'se nourrit la chenille avant ses mues.
- Cette chenille n’a que dix pattes, six en avant sous les trois premiers segments, deux sous le dixième segment et deux à l’extrémité de son corps. Elle marche en s’aidant uniquement des pattes thoraciques ou des pattes anales, ramenant ces dernières au voisinage immédiat des premières pour étendre ensuite le corps en avant : alternativement, celui-ci se reploie en boucle et s’allonge. C’est de cette particularité que vient la dénomination d’ar-penteuse, ou bien encore de géomètre, car elle semble mesurer l’espace qu’elle parcourt en y appliquant la longueur de son corps.
- Mœurs. — La Cheimalobie est un papillen crépusculaire n’ayant qu’une génération par an.
- La ponte a lieu ordinairement du 25 octobre à la fin de décembre dans la région parisienne. Toutefois, il peut y avoir des éclosions partit lies dès le 15 octobre et on trouve fréquemment, chaque année, des cheimatobies jusqu’à mi-février.
- Aussitôt sortie de son cocon, la femelle qui, pour être fécondée, est ordinairement contrainte de grimper sur les arbres, court, malgré son gros ventre plein d’œufs, à la recherche d’un sujet à sa convenance, le gravit avec la plus grande facilité et attend. Le crépuscule venu, le mâle fait son apparition ; avec une activité remarquable, on le voit voltiger autour des arbres déjà couverts de femelles et l’accouplement a lieu aussitôt.
- Alors la femelle, avec l’instinct le plus sur, gagne les parties élevées de l’arbre et choisit les pousses qui doivent fournir les bourgeons de l’an prochain.
- La ponte va commencer. Chaque femelle pond d : 200 à 250 œufs qu’elle dépose, isolément ou par petits groupes de 2 à 8, à la hase des bourgeons ainsi qu’aux revers de nés petits lichens dont tant d’arbres fruitiers sont trop abondamment pourvus. Elle les assujettit, les colle au moyen d’un mucus visqueux qu’elle sécrète, qui scche rapidement et que les pluies sont impuissantes à dissoudre. Quelques jours plus tard,ces œufs, qui ressemblent assezà d’extrêmement petites perles, se colorent en rouge orangé et restent là tout l’hiver, abrités par les lichens ou les anfractuosités des branches et des brindilles.
- Ces œufs sont d’une rusticité extraordinaire; les caustiques les plus violents, les plus grands froids n’ont sur eux aucune action. C’est ainsi qu’en Suède, notamment, où il n’est pas rare de voir, en hiver, la température s’abaisser à — 50 degrés, on peut constater que ces œufs sont absolument intacts.
- De nombreux auteurs ont écrit très catégoriquement : « La Ch. brumata est obligée de grimper sur les arbres pour s’accoupler. » C’est faux.
- Il arrive, sinon fréquemment, au moins assez souvent, que le mâle trouve moyen de s’accoupler sur le-sol, et, emportant sa femelle avec lui, la transporte, dans une hyménée aérienne..., jusque sur les cimes des arbres voisins.
- Le savant et regretté entomologiste M. A.-L. Clément, du Muséum d’flistoire naturelle de Paris, m’écrivait quelque temps avant sa mort, qu’il attachait une importance toute particulière à ces « voyages sentimentaux » qu’il considérait comme une des principales causes de propagation de la Cheimatobie. M. Clément était tout à fait dans le vrai, et je ne saurais trop appuyer cet avis, ayant pu moi-même en constater l’exaclitude.
- Nous avons vu, il y a un instant, que la ponte a lieu du 20 octobre au 10 février. Celte montée ne se fait pas d’une façon régulière. Il est bien évident que la température joue un rôle des plus importants et il est compréhensible que, par une soirée très douce, la montée soit beaucoup plus considérable que par un froid de quelques degrés au-dessous de zéro. Du reste, en règle générale, plus la température est élevée, plus les montées se font rapidement.
- Beaucoup de cultivateurs croient que, si les œufs et les dirysalides sont si résistants aux gelées, les jeunes papillons y sont, par contre, très sensibles. C’est une grosse erreur; une gelée de 6 à 8 degrés ne tue pas les papillons éclos de la veille, ils restent engourdis, cachés dans les herbes, puis reprennent vie dès que la température se radoucit.
- Les œufs commencent à éclore au printemps, fréquemment à partir du 10 au 15 avril ; si la température est clémente, l’éclosion se fait très rapidement mais, d’une manière générale, l’éclosion dure un bon mois, jusqu’au 10 mai environ.
- Elle n’est pas sitôt sortie de l’œuf que la jeune chenille attaque déjà un tendre bourgeon prêt à s’épanouir ; elle le perce et s’y installe. Que le bourgeon doive donner des fleurs ou des fcu lles, la Cheimatobie, prudente par instinct, a soin de le consolider, d’en lier l’extrémité avec quelques fils de soie bien placés, de peur de se trouver sans abri dans le cas où le bourgeon en question s’épanouirait très rapidement. C’est généralement là qu’elle effectue sa première mue.
- Mais voilà que le bourgeon est mangé ; sans perdre de temps, elle passe à un boulon à fleurs ; lorsque les pétales commencent à s’allonger, elle élit domicile dans la corolle, mais pas pour longtemps car, toujours affamée, elle la ronge jusqu’au réceptacle qui porte les organes de la fécondation. Il est bien évident que ces fleurs ainsi dévorées ne peuvent pas se nouer, et par conséquent donner des fruits.
- Si, malgré l’invasion cheimatobiquc, quelque fruit épargné par un heureux hasard, vient à se nouer, les chenilles le recherchent avec encore plus d’avidité ; elles le dévorent entièrement, à l’exception pourtant de la queue qu’elles daignent conserver pour l’arboriculteur. C’est à cette époque que la chenille de la Ch. brumata opère généralement, abritée dans une feuille roulée, sa seconde mue.
- Sa taille a augmenté, ses forces se sont accrues; heureusement pour elle, car lés jeunes bourgeons et les fleurs qui faisaient son régal ont disparu; elle se jette alors, non moins- vorace que précédemment,
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- sur les feuilles, en commençant évidemment par les plus tendres; lorsque les feuilles se font rares ou n’existent plus, elle.attaque les écorces.
- Il arrive parfois que l’invasion cheimatobique est si for.e, que tout aliment a disparu pour les infortunées chenilles qui se laissent alors pendre à un fd qui les conduit à terre, où souvent elles meurent de faim par milliers.
- Dans le cours régulier de ses habitudes, c’est vers les premiers jours de juin que la chenille atteint sa taille maximum, soit 15 à 18 mm de longueur.
- Enfin vers le 10 ou 15 juin, la chenille arrivée à son entier développement, quitte l’arbre, au crépuscule, en se laissant tomber doucement au moyen d’un fil de soie qu’elle sécrète, à la façon des araignées, jusqu’à ce qu’elle ait touché le sol. Une fois arrivée au terme de son voyage, elle pénètre en terre à une profondeur plus ou moins grande selon la compacité du terrain, mais d’une moyenne de 5 à 10 cm.
- Après quelques jours, la chenille change de peau et prend la forme d’une larve à anneaux blancs opaques, qui, quelques jours plus tard, se transforme en une chrysalide de couleur jaune cuir, longue de 1 cm, épaisse de.2 mm environ, enfermée dans un cocon de parcelles terreuses agglutinées par des fils desoie ; ce cocon ressemble à une petite boulefc de terre, ovale, ce qui le rend assez difficile à trouver, surtout parmi les radicelles de l’herbe.
- C’est dans cet état que la Cheimatobie va rester tout l’été, jusque vers le 20 octobre, époque où commencent les premières éclosions de papillons.
- Les étés chauds et secs sont très nuisibles à la Cheimatobie car, la terre devenant compacte et dure, il lui est fort difficile, au moment de la dernière métamorphose, de remonter à la surface du sol. Puisse cette année de chaleur et de sécheresse exceptionnelles, porter un coup mortel au fléau cheimatobique !
- La Cheimatobia brumata est essentiellement polyphage; on la rencontre sur quantité d’espèces d’arbres et d’arbrisseaux dont principalement : le pommier, le poirier, le cognassier, le pêcher, l'abricotier, le prunier, l’orme, le marronnier, le chêne, le frêne, le tilleul, les haies d’aubépines, les ronces, etc...
- Dégâts. — Les dégâts causés par la Cheimatobie pourraient faire l’objet à eux seuls de nombreux volumes. Nous avons vu qu’avec une avidité extraordinaire elle dévore, en somme, tous les organes aériens des arbres et arbustes sur lesquels elle vit et se propage; les bourgeons, les feuilles, les Heurs, les jeunes fruits, tout y passe; quand il ne reste plus rien, elle attaque les tendres écorces nouvellement formées.
- Les arbres ainsi dénudés paraissent avoir été brûlés par la flamme et il n’est pas rare -d’en voir mourir dès la première année. Les tristes victimes essaient bien de refaire leur parure vers la fin du mois de juin, mais elles sont épuisées, anémiées,
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- incapables de produire le moindre fruit. Du reste, en règle générale, les arbres ainsi attaqués demandent plusieurs années pour reprendre vigueur et sont dans l’impossibilité de fournir beaucoup de fruits durant les années qui suivent les désastres; de plus, il est un fait remarquable... et remarqué, c’est que jamais les arbres qui ont été ainsi dévorés ne retrouvent leur magnificence passée.
- La Cheimatobie est parmi les insectes les plus répandus. En France, l’invasion cheimatobique a été particulièrement forte, durant ces dernières années, dans les vallées du Rhône, de la Loire et le Plateau Central, la Côte-d’Or, le Lot-et-Garonne, le Loiret, en un mot, dans tout le centre de la France. Son invasion dans la région parisienne, sans être aussi forte que dans les contrées précitées, doit être cependant signalée, à l’heure actuelle, comme progressante et alarmante.
- Et pourtant les arboriculteurs français ne doivent pas se plaindre s’ils se comparent à ceux d’Allemagne ou d’Améiique, par exemple, qui ont vu des hectares et des hectares d’admirables vergers disparaître sous le flot cheimatobique.
- Destruction de la Cheimatobie. — J’ai tenu à développer, surtout dans La Nature, le côté purement entomologique de la question, me permettant de renvoyer le lecteur pour plus amples détails, à la brochure que j’ai publiée récemment à la Librairie Agricole (*).
- D’ailleurs, l’année 1921 voit de nombreux essais de destruction : le service agricole de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. s’en préoccupe; l’année prochaine, je me livrerai moi-même à de nouveaux essais, plus nombreux encore, aussi puis-je espérer que dans un an, je serai à même de renseigner les lecteurs de La Natiwe sur les moyens pratiques et certains de destruction de ce désastreux lépidoptère, qui, s’il n’est pas détruit au plus tôt, risque de ruiner à jamais l’Arboriculture française.
- Le tableau suivant résume les divers modes de destruction tentés jusqu’ici.
- /. Procédés Physiques : a) L'Engluement; b) la Caisse de Schmidberger ; c) le Cadre anti-cheimato-bique Decaux ; d) la Toile métallique; é) le Se-couage des arbres ; f) la Récolte des feuilles roulées ; g) le Mélange de cendre et de suie; h) le Tassement du sol.
- II. Procédés Chimiques : a) Les bouillies et composés arsenicaux; b) Les insecticides non arsenicaux.
- Le plus connu est l’engluement dont les premières applications ont été opérées en Allemagne dès 1777. Il est basé sur deux particularités que possèdent les papillons femelles : T) celle de n’avoir que des moignons d’ailes qui ne leur permettent pas de voler; 2°) celle d’être ordinairement obligées de grimper sur les arbres pour être fécondées. Il consiste à entourer le tronc des arbres, pendant toute la durée
- f. André Bourdin. Étude-enquête sur la Cheimatobie, ses mœurs et sa destruction. Librairie Agricole de la Maison Rustique, 26, rue Jacob, Paris. Prix : 2 francs.
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- de la montée, d’un anneau de matière gluante afin de barrer la route aux femelles qui grimpent sur les arbres et se trouvent engluées avant d’avoir pu déposer leurs œufs. Mais c’est alors qu’interviennent les
- D’où la nécessité d’employer simultanément l’engluement et les procédés chimiques, bouillies et composés arsenicaux ou insecticides non arsenicaux. Les premiers sont les plus efficaces, mais leur appli-
- Fig. i. — La Cheimatobie (Cheimatobia bruraata).
- I, Papillons femelles (grossis 5 fois) : faces dorsale, latérale et ventrale. — 11, Papillon mâle (grandeur naturelle). — III, Œuf (grossi 65 fois). — IV, Chenille. — V, La)chenille, avant de se transformer en chrysalide, quitte l’arbre sur lequel elle s’est nourrie et se laisse glisser doucement jusqu’à terre au moyen d’un fil qu’elle sécrète. — VI, ' Chrysalides en terre (grossies 5 fois) : faces dorsale, ventrale et latérale.
- observations que j’ai faites précédemment, sur les couples voyageurs.
- U engluement donne de bons résidtats, mais.reste insuffisant, non seulement à cause de ces couples voyageurs, mais encore et surtout parce que son ap-lication n’est pas pratique ; il réclame beaucoup trop de soins et beaucoup trop de main-d’œuvre.
- cation rencontre, malheureusement, de grandes difficultés tant au point de vue de la sécurité du cultivateur et du consommateur qu’au point de vue de la législation sur l’emploi des substances toxiques en Agriculture.
- ÀKDRË BOURDIIM.
- Architecte-Paysagiste.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiii>be, 9, rue de Fleuras, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2482. : : -"H.29 OCTOBRE 1921
- LE ROUISSAGE ET LE TEILLAGE DU LIN
- Fig. i. — Les moulins flamands pour le teillage du lin.
- La paille de lin se présente sous la forme d’un tube, sur la paroi extérieure duquel sont disposées les fibres textiles qu’une matière gommeuse et résineuse agglutine et maintient.
- Le rouissage consiste à dissoudre le ciment agglutinant en en laissant subsister une petite partie, qui facilitera ultérieurement le filage; en effet la filasse est constituée de brins qui ne présentent aucune aspérité leur permettant de s’accrocher entre eux pour former un fil continu.
- On emploie pour rouir le lin de nombreux procédés :
- 1° Le rouissage à terre qui consiste à étendre le lin sur pré. Une fermentation naturelle détruit les gommes.
- 2° Le rouissage à l’eau courante et dormante.
- Certaines rivières ont, pour cet usage, une réputation peut-être un peu surfaite : la Loire en France et surtout la Lys en Belgique, « la rivière d’or des Flandres » qui a localise' aux environs de Courtrai, le rouissage du lin occupant plus de 12 000 ouvriers.
- 5° Le rouissage industriel que nous nous proposons d’étudier plus particulièrement.
- Rouissage industriel. — Les procédés de rouissage industriel qui subsistent, parmi la centaine de brevets pris sur ce sujet, sont les procédés Peufaillit, Lossi et Feuillette.
- Procédé Peufaillit. — Ce procédé consiste à rouir le lin en autoclave dans un mélange d’eau et de pétrole à 5 pour 100. Les hydrocarbures agissent comme dissolvant des pectines.
- L’usine type de Sleenwoorde, dans le Nord, com-
- porte des chaudières pour la production delà vapeur, des autoclaves destinés au lessivage. Le lin est placé, soit dans des wagonnets à claire-voie, soit dans des paniers.
- Au sortir du rouissage, le lin est laminé, puis séché. Quelquefois le broyage est fait partiellement avant le rouissage, lequel s’opère alors sur des filasses demi-nettoyées.
- Ce procédé est rapide, il demande seulement 6 heures de traitement, certains praticiens lui reprochent sa rapidité même et aifirment que le rouissage ne peut se faire convenablement que dans un temps donné, dont le minimum ne peut descendre au-dessous d’une certaine limite.
- Procédé Rossi. — Ce procédé est basé sur la propriété qu’a une bactérie aérobie sporulée, le BacillusCameste de solubiliser la pec-tose qui agglutine les fibres textiles.
- Cette action est accrue par la culture de cette bactérie dans un bouillon préparé et par l’insufllation d’air dans la cuve dont l’eau est maintenue à 54 degrés.
- Là encore, on soumet les tiges à un broyage préalable qui en réduisant le volume . des tiges permet d’utiliser au mieux la capacité des cuves.
- Les tiges sont ensuite lavées après le rouissage qui ne demande que 48 heures.
- Ce procédé donne aussi de bons résultats industriels, mais il semble que pour les lins français de qualité fine, il y ait intérêt à procéder plus lentement pour le rouissage, ce. que réalise le procédé suivant.
- 18. — 275.
- tig. 2. — Alelierpour le rouissage industriel du lin suivant • le procédé Feuillette.
- 49' Année. "— V Semestre.
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- LE ROUISSAGE ET LE TEILLAGE DU LIN
- 1er Jeu
- —A,_____
- 2* Jeu
- A
- /in
- , î î î ,
- Action des outi/s
- Courroie de passage
- A c t/o/7 des outi/s
- Courroie presse fixe
- Càurro/e presse rég/a6/e
- 1 ig. 3. — Le mécanisme de la machine à leiller système Feuillette.
- En haut, vue de profil ; au milieu, décalage des jeux de courroies; en bas,• schéma des outils.
- de Goderville, se complètent d’un séchoir en forme de tunnel où circulent les wagonnets remplis de lin mouillé. La circulation est méthodique et dure 6 à 8 heures, sous l’action d’un courant d’air chaud pour le séchage.
- Teillage. — Le lin sec est laissé au repos pour lui permettre de reprendre un degré hygrométrique convenable * et on le soumet ensuite au teillage, opération qui a pour but de séparer les fibres de la paille.. . ^ ;
- Procédé Feuillette. —- Le procédé Feuillette, comme le précédent, est un rouissage biologique industriel. Il utilise Faction simultanée des bacilles aérobies et anaérobies dans des bassins munis d’une circulation d’eau maintenue à 28° par des tuyaux de vapeur.
- Le lin est placé dans des caisses à claire-voie analogues aux ballons légendaires du bord de la Lys., Ces caisses sont immergées dans les casiers et au bout de 3 jours, on les retire de l’eau pour les aérer. Oh les replonge ensuite 3 autres jours, au bout desquels le rouissage est terminé.
- On fait usage pour amorcer le rouissage d’un bouillon de culture sous forme d’eau venant d’un rouissage antérieur.
- Ce procédé a l’avantage de se rapprocher au plus près du rouissage naturel, longtemps considéré comme le seul capable de donner de bons résultats. Il permet de traiter les lins les plus fins de France, si estimés.
- Sa vitesse modérée facilite l’adaptation aux diverses compositions de gommes qui varient d’un lin à l’autre et on peut arrêter le rouissage au point précis Ou la filasse atteindra son maximum de
- Une paille de lin roui qu’on froisse dégage la filasse, pendant que le bois se brise eii fragments.
- De cette opération dépend la qualité du lin et des spécialistes font-un commerce du rachat sur les marchés des lins mal travaillés, dont ils augmentent la valeur jusqu’au double par une nouvelle manipulation.
- Jusqu’à l’année dernière, le teillage s’est fait uniquement à la main par l’outil en bois appelé écantj et par le moulin flamand qui n’est autre qu’une installation de plusieurs écangs ou baltes en
- valeur.
- Les usines qui utilisent ce procédé, comme celle
- Fig. 4. — Machine à teiller Bobbv.
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- LE ROUISSAGE ET LE TEILLAGE DU LIN
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- bois fichées dans un noyau tournant à grande vitesse.
- Des machines automatiques à teiller récentes ont cherché à remédier à la nécessité de la main-d’œuvre spécialisée. Le teillage ne consiste pas seulement dans la séparation du bois d’avec les fibres, il faut que la filasse soit aussi préparée convenablement pour la filature; les fibres doivent être parallèles et séparées, et le rendement, c’est-à-dire la quantité de filasse fournie par une quantité de paille donnée, doit naturellement être le plus élevé possible.
- La paille rouie contient 50 pour 100 du poids de
- les outils teilleurs. Los courroies, d’abord horizontales à l’entrée de la machine, subissent une tension de 90° et présentent la paille verticalement.
- Les outils teilleurs sont constitués par des lattes placées sur des chaînes sans fin formant deux tabliers roulants, dont l’un est fixe et l’autre réglable. Cette disposition permet de régler l’engrènement des lattes des deux tabliers ; les lattes ont en effet des formes d’U ou de V placées alternativement, de manière à se pénétrer l’une dans l’autre.
- L’alimentation et le transport du lin dans la machine sont aussi automatiques, et le lin posé sur le
- Fig. 5. — La machine à
- fibres, le teillage coupe une partie de ces libres en brins courts ou étoupes dont la valeur est 5 fois moindre que celle de la filasse.
- Les machines étrangères à teiller utilisent des rouleaux broyeurs et lamineurs dont l’action est évidemment utile, mais celte action se produit parfois au détriment du rendement, car elle est brutale et donne beaucoup d’éloupes.
- La seule machiné française complètement automatique est la teilleuse Feuillette, qui vient ainsi compléter heureusement le procédé de rouissage du même inventeur, grâce au parti quelle permet de tirer de la matière première.
- Dans cetfe machine, on utilise un système de courroies presses. Combinées par paires, elles saisissent le lin entre elles, et la paille ainsi maintenue sur la moitié de sa longueur, est amenée sous
- teiller système Feuillette.
- tablier d’alimentation est entraîné par les courroies. Après son passage devant les tabliers, il sort teillé sur la moitié de sa longueur.
- Pour teiller l’autre moitié, on accole symétriquement un jeu de tabliers semblable au premier. Le passage du lin de l’un à l’autre se fait automatiquement de la façon suivante : les courroies maintenant verticalement le lin à moitié teillé redeviennent horizontales et la paille teillée est soulevée par une courroie auxiliaire qui vient la placer sur un jeu de courroies-presses, décalé par rapport au premier.
- Les nouvelles courroies-presses agissent alors comme les premières et viennent présenter la partie non teillée à l’action du 2° jeu d’outils teilleurs.
- Le travail de cette machine assure un teillage complet avec un bon rendement, grâce à la forme des outils teilleurs réglables, forme résultant d’es-
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- sais patients de l’inventeur, pour arriver à ne pas fatiguer le lin outre mesure, pour assurer le travail progressif, et ne pas laisser du bois dans la filasse.
- Dans une installation complète de teillage, les bottes de lin rouies sont amenées par wagonnets et approvisionnées à l’entrée des teilleuses. Un transporteur à coui’roies sans fin recueille les déchets qui représentent 80 pour 100 du poids de paille traité. Les déchets sont conduits dans des moulins à arrô-ches qui séparent l’étoupe de la paillette. La paillette, c’est-à-dire les débris de bois tombant au teillage, est utilisée comme combustible aux chaudières.
- Des aspirateurs de poussières placés sur les machines assurent les conditions hygiéniques du travail.
- L’industrie du lin n’existait pratiquement pas en France, jusqu’en ces dernières années. La culture ensemençait 105000 hectares en 1860, et, en raison de la concurrence du coton, elle élait tombée à 18 000 en 1910. Ce lin était traité par les Belges sur les bords de la Lys et nos filatures étaient alimentées par la filasse importée de Belgique ou de Russie, pays qui à lui seul produisait 585 000 des 500 000 tonnes de la production mondiale.
- Avant la guerre, les essais d’industrialisation permettaient déjà d’envisager la prssibilité de traiter le lin en France, pour le plus grand avantage du cultivateur et du filateur.
- Actuellement, on ne peut plus compter d’ici quelque temps sur le lin russe, qui, s’il existe
- encore, ne peut servir qu’aux besoins locaux qui sont énormes.
- Il faut donc que les procédés de rouissage et de teillage industriellement menés permettent le traitement des grandes quantités de lin que nos cultivateurs devront produire, s’ils veulent s’assurer des ressources profitables. Les industries linières reprendront leur travail des la fin prochaine de la crise économique et elles devront s’approvisionner largement en filasses françaises.
- D’ailleurs en Allemagne, où le manque de filasse russe s’est fait durement sentir, un effort considérable a été fait en pleine guerre concernant l’industrie du lin.
- En 1914, les industries allemandes du rouissage et du teillage étaient inexistantes, alors qu’actuellement plus de 60 usines utilisent des procédés industriels modernes.
- La culture du lin est passée de 8000 hectares en 1914 à 85 000 en 1920, c’est-à-dire qu’elle est devenue le double de la culture française.
- Cependant la culture du lin a toujours été rémunératrice, et les filatures européennes ont préféré le lin français dont la qualité de finesse est nettement caractérisée.
- Aujourd’hui que le problème du rouissage et du teillage industriels semble complètement résolu, on peut augurer qu’en raison de la disette de lin qui se prépare dans les filatures, un essor considérable est réservé à la culture française du lin; celle-ci doit devenir à nouveau un élément de richesse pour nos régions reconstituées. E. Weiss.
- LA CONFÉRENCE GÉNÉRALE DES POIDS ET MESURES
- La 6e Conférence générale des Poids et Mesures s'est réunie à Paris le 27 septembre dernier.
- A la séance inaugurale, M. E. Picard, membre de l'Académie des sciences, aprononcéun beau discours dont nous extrayons les passages suivants :
- Dans maintes recherches scientifiques, l’àge héroïque est passé, où avec un matériel très simple on pouvait faire de grandes découvertes. Quoique tout reste possible aux hommes de génie qui, de loin en loin, ouvrent des voies nouvelles avec des moyens de fortune, le progrès scientifique résulte le plus souvent aujourd’hui de longs et patients efforts, qu’il s’agisse de laborieux calculs, ou de minutieuses observations et expériences. L’astronome trouve à peine suffisant le centième de seconde, et des mesures sur des quantités infiniment petites lui sont nécessaires pour évaluer l’infiniment grand ; le physicien apporte une extrême précision dans la recherche des densités et trouve des gaz nouveaux dans l’atmosphère; le chimiste modifie nos idées sur les éléments avec les nombreuses décimales des masses atomiques et les corps isotopes.
- Nous ne croyons plus guère au dogme de la simplicité des lois de la nature, qui enchantait nos prédécesseurs et qui a rendu tant de services aux sciences naissantes, tout en l’utilisant cependant encore de façon plus ou moins consciente. Nous accumulons approximations sur approximations, mais un des articles de notre foi scientifique est que ces approximations successives sont convergentes, comme disent les mathématiciens, et que nous approchons sans cesse d’un petit nombre de vérités toujours plus compréhensives, synthèses des nombreuses vérités partielles peu à peu découvertes.
- C’est peut-être une chimère, mais elle soutient des générations de chercheurs dans leur labeur jamais terminé.
- Où trouverait-on un plus bel exemple de la patience inlassable du savant que parmi les métrolo-gistes, en lutte tous les jours avec une matière en apparence inerte mais se transformant cependant comme un être vivant? Au milieu de l’universelle mobilité, les ; naétrologistes veulent réaliser des étalons permanents. Je suppose qu’ils ne doivent
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- LA CONFERENCE GÉNÉRALE DES POIDS ET MESURES — ..: 277
- guère être partisans de la théorie de la relativité, ni aimer à entendre dire que les dimensions de leurs règles changent avec l’orientation et que la longueur d’onde elle-même ne représente peut-être pas l’élément fixe sur lequel ils comptaient. Ces variations, si tant est qu’elles soient réelles, sont heureusement en dehors de nos mesures, et les préoccupations que peut avoir le Bureau international tiennent à d’autres causes. Je lis, parexemple, dans un des rapports qui vous ont été envoyés, que les étalons d’usage du Bureau ont subi, par rapport au prototype international et à certains prolotypes nationaux, un allongement d’environ quatre dixièmes de micron; on a suggéré que cette variation s’est peut-être produite progressivement et qu’elle provient d’une usure dissymétrique des traits, due aux nettoyages fréquents. Quoi qu’il en soit, des causes nombreuses, dont plusieurs sont sans doute bien difficiles à déterminer, peuvent ainsi modifier étalons et prototypes, et des comparaisons fréquentes et variées sont nécessaires, d’autant que l’on a parfois, comme pour l’unité de masse, la prétention d’aller jusqu'au cent-millionième.
- Ce contrôle incessant est la partie essentielle du travail que le Bureau international effectue sous la direction de M."Guillaume, l’éminent physicien, qui vient de couronner ses célèbres recherches sur les alliages par la découverte d’une nouvelle combinaison métallique, l'élinvar, précieuse pour l’horlogerie, dont le module d’élasticité est à peu près indépendant de la température.
- L’étude des étalons à bout si utiles pour l’industrie, qui touche à des questions délicates d’élasticité, a été dans ces dernières années continuée à ..Sèvres avec grand succès. On sait aussi l’intérêt que présentent les recherches. sur les matières propres à la construction des étalons ; les travaux du Bureau sur ce sujet ont conduit également à des résultats remarquables. Nous pouvons donc féliciter ceux qui collaborent à l’œuvre du Pavillon de Breteuil de l’activité dépensée dans des circonstances difficiles et des importants travaux qu’ils ont réussi à mener à bien. A lire les publications du Bureau, on pourrait croire que le nombre des travailleurs y est beaucoup plus considérable ; l’ardeur du Chef se communique à ceux qui sont autour de lui.
- Messieurs, la session de la Conférence qui s’ouvre aujourd’hui a un programme chargé et important. Jusqu’ici, comme vous le savez, l’activité du Bureau se rapporte officiellement aux seules grandeurs inscrites en 1875 dans les lois relatives aux unités, celle de longueur et celle de masse. Depuis lors, les lois sur les unités ont été, dans certains pays, quelque peu élargies, de nouvelles applications de la science réclamant des unités spéciales; ainsi une loi française récente, relative au système M. T. S., définit, outre les unités de longueur, de masse et de temps, les unités de résistance électrique et d’intensité lumineuse, considérées comme unités principales. Aussi la question a-t-elle été depuis long-
- temps soulevée d’étendre officiellement les . attributions du Bureau àl’établissement et à la conservation des étalons se rapportant à des unités intéressant les divers domaines qui exigent des mesures précises, ainsi qu’à la recherche de certaines constantes physiques.
- Il semble, en premier lieu, que l’importance de l’électricité dans l’industrie mondiale soit assez grande aujourd’hui pour que ses mesures aient, comme les longueurs et les masses, un Bureau central; on jugera, sans doute, que l’idée d’avoir deux organes distincts ne serait pas heureuse à une époque où les diverses parties de la science deviennent de plus en plus solidaires, et que le Bureau de Sèvres doit être chargé de cette fonction convenablement délimitée. Quant à la détermination des constantes physiques, elle a été de tout temps dans les attributions du Bureau ; il suffit de citer les dilatations del’eau,du mercure, du quartz et d’autres 'cristaux, des métaux et alliages, les recherches de densités, du volume du kilogramme d’eau et enfin les longueurs d’ondes lumineuses qui sont devenues le véritable micromètre de haute précision. C’est qu’en effet les problèmes de métrologie sont extrêmement complexes. Pour comparer des longueurs et des masses, il faut, en dehors de l’opération, ramener les résultats à dts conditions normales, et ceci exige la connaissance de Constantes numériques, exprimant des propriétés de la matière, qui doivent être obtenues avec une précision correspondant à celle de la comparaison elle-même. Et, comme celte précision s’accroît d’année en année, il faut de temps à autre faire une nouvelle détermination des constantes ; on peut ainsi gagner, 'a ce qu’assurent les métrologistes les plus autorisés, une décimale environ tous les cinquante ans. La détermination des constantes physiques a donc joué un grand rôle dans l’activité du Bureau depuis sa fondation. C’est pourquoi il importe que ce rôle soit indiqué d’une manière explicité dans la Convention. Tout à la fois, on sanctionnera ainsi le passé, et l’on préparera les voies de l’avenir.
- Les questions de budget sont particulièrement difficiles en ce moment. Comme tant d’autres, le budget du Bureau international des Poids et Mesures ne peut être établi aujourd’hui dans les conditions antérieures, en supposant même que rien ne soit changé dans son fonctionnement. En fixant les augmentations nécessaires, vous aurez de plus à rechercher, au moins provisoirement, la part due à l’extension des attributions du Bureau, si celle-ci est décidée. Les transformations projetées demanderont beaucoup de prudence, mais nous pouvons compter sur la sagesse et l’esprit de réalisation du Comité international dont la gestion a toujours été si heureuse. ,
- Une question se posera, quant au nombre des membres du Comité, qui était jusqu’ici de quatorze. Le nombre des Etats adhérents, primitivement de dix-huit, s’élevant maintenante vingt-huit,
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- on pourrait augmenter le nombre des membres du Comité', accroissement qui paraît d’autant plus nécessaire que l’extension des attributions du Bureau exigera des compétences nouvelles.
- Sans parler des problèmes techniques, liés aux progrès de la métrologie qui profite de plus en plus des admirables découvertes faites chaque jour en physique, problèmes qui font partie du programme courant de vos réunions, divers règlements d’ordre
- HOUILLE BLEUE ” .:: , :: v :
- financier et administratif doivent encore vous être présentés. La Conférence saura mener à bien la solution des questions très variées qui lui sont soumises, et qui sont d’une haute importance pour l’avenir de l’œuvre internationale que nous poursuivons. L’accord sera facile dans le domaine serein de la Science; c’est avec cette assurance que nous allons en toute confiance commencer nos travaux. E. Picard.
- UTILISONS LA “
- Dans un précédent article, La Nature a exposé l’importance pratique que présente pour notre pays l’utilisation rationnelle des marées. Le mécanisme de ce phénomène a été expliqué et l’on a indiqué d’une façon générale les diverses méthodes qui peuvent présider à cette mise de valeur.
- Ce problème est à l’ordre du jour et a fait naître toute une floraison d’inventions. Nous nous proposons d’en fairè connaître ici quelques-unes.
- Il existe à notre connaissance, environ 500 brevets français et étrangers relatifs à la captation de l’énergie de la « houille bleue ». Il serait fastidieux d’étudier tous ces systèmes dont certains sont d’une conccplion puérile ou peu pratique.
- Nous avons préféré réserver une description plus complète aux marémoteurs d'nne conception judicieuse ou tout au moins originale.
- Marémoteurs à flotteurs. — Ces appareils sont tous essentiellement constitués par un ou plusieurs flotteurs (fig-. 1), qui, guidés convenablement, peuvent se déplacer dans le sens vertical. Le ou les flotteurs A sont reliés à un contrepoids d’équilir brage B par un câble C, passant sur une poulie à gorge IL Chaque fois que l’appareil de flottaison est soumis à l’action d’un mouvement vertical de l’eau, que celui-ci soit provoqué lentement par le flot ou le jusant, ou brusquement par une série de vagues, la poulie est animée d’un mouvement alternatif circulaire. On se rend compte immédiatement des inconvénients de ce système rudimentaire; la force captée par ce procédé est faible et l’intensité varie à chaque instant.
- Différents inventeurs, tels MM. Mauny, Bert et Cherblanc, n’en ont pas moins préconisé son emploi, les uns accouplaient la poulie à des pompes hydrauliques ou pneumatiques, les autres n’hésitaient pas à relier ce mécanisme à des dynamos électriques. Vers 1917, : un ingénieur américain, M. Verner, reprenant les idées de nos compatriotes, voulut construire une installation comportant tous les derniers perfectionnements. Nous la décrirons brièvement à
- j y
- titre de curiosité, quoique sceptique quant à ses résultats.
- Sur un massif en béton noyé au fond de la mer, on élève (fig. 2) une tourelle d’acier, à l’intérieur de laquelle peut se déplacer verticalement (h la manière des barillets d’une longue-vue) un caisson en tôle d’acier, suivant ainsi toutes les variations de hauteur du niveau des eaux. Ce caisson, portant à Vintc-rieur toute la machinerie de l’usine, peut, de plus, tourner autour de l’axe vertical de la construction, de iaçon que les flotteurs d’utilisation soient toujours frappés normalement par des vagues, quelle que soit la direction d’où elles viennent, cette direction variant avec le régime des vents.
- Les flotteurs.sont montés aux extrémités de balanciers recourbés, répartis en deux groupes et dont les axes d’oscillation sont parallèles. Le mouvement alternatif de chaque équipage mobile est transformé en un mouvement circulaire continu à l’aide d’un secteur denté a engrenant sur un pignon b solidaire d’un arbre horizontal c par l’intermédiaire d’une roue à rochets d. A l’une des extrémités de l’arbre unique c, sur lesquelles se trouvent clavetés autant de pignons b qu’il y a de flotteurs, une roue dentée de grand diamètre actionne par chaîne une dynamo dont le courant est utilisé à l’éclairage d’un phare, placé.à la partie supérieure de la construction. D’après l’inventeur, on pourrait encore alimenter un poste transmetteur de télégraphie sans fil. De plus, une batterie d’accumulateurs et une canalisation reliant ce phare au continent permettrait d’assurer l’éclairage régulier des habitations réparties sur la côte aux abords de l’usine électrique.
- Décemment, deux inventeurs MM. Mels Walterson Aasen et Gilbert Planche ont breveté un disposilif assez original, basé sur le lonctionnement d’un piston et d’un flotteur conjugués, le premier organe agissant comme une pompe puisant de l’eau de mer et la refoulant dans un réservoir approprié tandis que le flotteur, en communication directe avec la
- big. i. — Schéma d’un marémoteur à ‘lotleur.
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- mer, lui fournit la force motrice nécessaire en montant sous la poussée des vagues et en descendant sous l’action de la pression atmosphérique et de la pesanteur. Tout l’appareil (fig. 5) est disposé à proximité de la mer, dans une falaise par exemple, à l’intérieur de laquelle a été construite une chambre en maçonnerie A, de section spéciale dans laquelle se trouvent placés deux cylindres BetC. Le corps du cylindre B est en communication d’une part avec
- est en communication directe avec la mer par la base, en L, tandis que la partie supérieure est en relation avec l’air, grâce à une conduite appropriée M.
- Le fonctionnement de Tappareil se fait comme suit : tout mouvement du flotteur K produit un effet inverse sur le piston H. C’est ainsi que lorsque le flotteur s’élève le piston s’abaisse et par l’intermédiaire des clapets I, laisse passer de l’eau dans la
- Fig. 2.
- Antenne
- Projet d’usine marémotrice J. Verner.
- USINE
- ELECTRIQUE
- Balança
- fteurs
- Tourelle
- issifen béton.
- l’océan à l’aide d’une tuyauterie d’aspiration D, et d’autre part avec un réservoir E grâce à la colonne élévatoire F garnie à sa partie inférieure d’un clapet G. C’est dans le réservoir E que s’emmagasinera l’eau élevée par la machine et qu’on utilisera par la suite à la propulsion d’une turbine.
- Dans le cylindre B se déplace un piston H, comportant à sa partie supérieure cinq clapets I. Ce piston est raccordé à l’une des extrémités d’un balancier J tandis que l’autre extrémité est raccordée à un flotteur K étanche sur les parois du cylindre C et pouvant librement s’y déplacer dans le sens vertical. Le balancier d’accouplement oscille dans des coussinets placés dans un bloc de maçonnerie qui sépare la chambre en deux parties. Le cylindre C
- chambre du dessus du clapet de retenue ; quand, le flotteur s’abaisse sous l’effet de la pesanteur et de la pression atmosphérique, le piston monte, élevant une certaine quantité d’eau dans le réservoir par l’intermédiaire de la colonne élévatoire primitivement dans la chambre.
- Cèt appareil n’a pas encore été expérimenté à notre connaissance.
- Systèmes à palettes ou jantillcs. —- Alors que dans le précédent procédé les chercheurs s’inquiétaient uniquement d’utiliser l’énergie provoquée par les déplacements verticaux de l’eau, les inventeurs qui ont imaginé des appareilss basés sur le principe des palettes se sont uniquement préoccupés de « récupérer » la force du mouvement horizontal des
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- Vue en élévation suivant Z Z
- <m Coupe verticale suivant
- Vue en plan suivant la ligne X X
- Fig. 3. — Schéma du dispositif Aasen-Planche.
- lames et de la poussée des vagues pendant le flux et le reflux.
- Une ou plusieurs jantilles (fîg. 4) montées sur un support ad hoc sont reliées par une bielle et un embrayage à billes à une poulie laquelle peut entraîner une machine quelconque. En 1917, M. Alva L. Reynolds a expérimenté à Long Beach (Californie) une installation de ce genre (fig. 5 et 6) qui lui aurait donné entière satisfaction.
- Deux aubes ou palettes A sont reliées par des chaînes, des pignons, des arbres de commande avec manivelles et bielles à quatre pompes hydrauliques B foulantes et aspirantes, réparties en deux groupes distincts.
- L’eau, refoulée à la pression de 120 livres, actionne une turbine C après avoir passé au travers d’un réservoir étanche D, aux trois quarts plein, elle est reprise ensuite par les pompes aspirantes.
- Le liquide travaille en circuit fermé, ce qui est, paràît-il, une des caractéristiques les plus heureuses de cette usine. Celle-ci, simple station d’essais primitivement, serait sur le point d’être perfectionnée et l’inventeur espère arriver à produire de l’énergie électrique à un prix peu élevé.
- Le Dr Max Albert Legrand, l’un des partisans les plus convaincus de la captation de la force des marées, et l’animateur du groupement de propagande « La Houille bleue », a imaginé un appareil qui se compose essentiellement d’un balancier A mobile autour d’un axe horizontal passant par 0 sur lequel coulisse un flotteur ou bouée B de grandes dimensions. Le balancier (fig. 7) ainsi équipé est installé dans un canal en maçonnerie dont le flotteur occupe presque entièrement la section et dont le fond est constitué par 2 plans inclinés. Sous l’action des vagues qui déferlent tout l’équipage mobile oscille autour de sa position de repos. Si l’appareil est relié par une transmission télédynamique à une pompe aspirant et refoulant l’air, la machine entrera en fonctionnement et actionnera deux turbines à air d’un principe original; nous décrivons rapidement le cycle de leur fonctionnement : quand le balancier chassé par la poussée des vagues s’avance vers la droite, le piston de l’aéro-pompe se déplace vers la gauche et comprime devant lui l’air, qui soulevant la soupape S1, pénètre dans la turbine T1 ; après avoir agi par propulsion sur les aubes de la roue pour la faire tourner dans le sens
- Fig, — Schéma d'un marémoteur à palette.
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- indiqué par les flèches, cet air s’échappe à l’extérieur. Au moment où le piston revient vers la droite, l’air tendant à se raréfier dans cette partie gauche du corps de pompe, S1 retombe tandis que S2 se soulève, car alors intervient la pression atmosphérique qui chasse l’air extérieur à travers la. turbine. Dès que cet air a agi sur les aubes de la roue pour la faire tourner dans le sens de la flèche, il rentre dans la partie gauche du corps de pompe.
- Ce sont exactement les mêmes courants d’air comprimé qui se produisent pendant tout ce temps dans la partie droite du cylindre et dans la turbine T2 avec cette différence que l’air est projeté; en T2 lorsqu’il est aspiré par la pompe en T1 et réciproquement.
- En résumé, le mouvement de rotation obtenu avec un balancier Legrand serait, pour chaque turbine, continu et toujours de même sens. L’inventeur pense même obtenir une puissance relativement fixe, car, lorsque la mer est basse, le flotteur étant descendu à l’extrémité inférieure du balancier, la pression qui fait osciller le pendule s’exerce sur un plus grand bras de levier ; quand la mer est haute, le flotteur occupe une position proche de l’axe d’oscillation. Le bras de levier sur lequel agissent les vagues est donc plus court et les violentes pressions des vagues sont atténuées.
- Système pneumatique. — Le système pneumatique est basé sur les phénomènes de compression ou de dépression de l’air, dues à l’action directe ou indirecte de la houle ou de la marée, dans des appareils hermétiques de formes variées rappelant en général la forme d’une cloche.
- Le premier inventeur qui ait songé à utiliser ce phénomène nous paraît être M. Tommasi, qui, en 1869, prit un brevet dans lequel il décrit le dispositif suivant :
- Un tuyau horizontal fait communiquer la mer avec un récipient dont la base inférieure est au même niveau que le tuyau ; ce récipient a son plafond au niveau moyen de la mer. La marée en s’élevant remplirait complètement le récipient si on donnait issue à l’air qu’il contient ; cet air est donc comprimé à une pression d’autant plus élevée que la marée est plus forte. Il s’ensuit qu’en mettant le récipient en communication avec un moteur à piston
- lig. 6. — Les canalisations, les pompes et le réservoir d'eau de l'installation Alva L. Reynolds
- Fig, 5. — Croquis en perspective de l'installation Alva L. Reynolds.
- on recueillera un certain travail; en calculant les dimensions respectives du récipient et du cylindre moteur on pouna faire fonctionner ce dernier sous une pression d’air peu variable, jusqu’à la pleine mer.
- Ensuite, si pendant que ce travail s’effectue, on laisse librement entrer l’eau de mtr dans un autre récipient superposé au premier, dont le fond est constitué par le couvercle de ce dernier, et qu’une fois plein on ferme le robinet, d’échappement de l’air, il en résultera qu’en descéndant la mer laissera ce récipient plein d’eau ; donc, en le mettant en communication avec le cylindre moteur dès que la chute sera suffisante, il se produira un vide proportionnel à [\a différence de niveau, et la pression atmosphérique agira sur l’autre face du piston. En marchant avec la même chute que lors du flot, le travail développé dans cette seconde phase sera sensiblement égal.
- Enfin, si avant que le travail cesse, ce qui arrive lorsque le récipient supérieur est vide, d’eau, on ouvre le robinet qui met en communication le récipient inférieur avec l’air extérieur, l’eau qu’il contient s’écoulera à ruer baissante jusqu’à son niveau primitif, et se trouvera prêt à recommencer son travail avec la nouvelle marée montante, et ainsi de suite.
- Ce système ne permet de îecueillir qu’une force motrice intermittente, variable et peu importante.'
- En 1910, M. Bigourdan, l’éminent astronome, a émis le principe d’un appareil fort simple, essentiellement composé d’une cloche fixe, ayant son ouverture en bas et placée de manière à être remplie graduellement par l’eau de mer lors du flux, L’air emprisonné dans la cloche va être comprimé dans la cloche d’où il résultera une force utilisable
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- Fig". 7. — Le « pneumatique à balancier » du docteur M. A. Legrand.
- soit directement, soit pour élever d'autres eaux et créer une chute.
- Ensuite, quand la marée descendra, il y aura une aspiration d’air qui pourra être utilisée encore pour élever de l’eau. Aussi la cloche serait l’organe fondamental d’une sorte de pompe dont le piston, actionné par le soleil et la lune, ferait chaque jour un peu moins de deux mouvements de va-et-vient.
- Le procédé imaginé par M. Bigourdan permettrait de transporter et d’utiliser la force des marées à une certaine distance soit dans le plan horizontal, soit en hauteur ; il présente sur les autres moyens préconisés par divers inventeurs les avantages suivants : réduction au minimum des parties exposées à l’action destructive de la mer, utilisation des réservoirs naturels, lacs ou étangs situés à des niveaux variés dont l’aménagement et l’entretien nécessiteraient des frais minimes.
- Enfin toutes les parties sont fixes et l’exploitation d’une usine « marémotrice », établie selon ce principe et constituée par un certain nombre de cloches, serait des plus simples, la manœuvre se réduisant à un jeu convenable de robinets ou de vannes
- Le D*- M. À. Legrand, dont nous avons déjà cité les travaux, a conçu un ingénieux moteur hydro-pnèumatique (fig. 8). C’est une citerne en maçonnerie A, creusée dans le sol, à proximité de la mer ou en bordure du littoral. Ce bassin couvert est en communication directe par l’ouverture B avec l’océan. Le fond de la citerne est situé au niveau des plus basses mers tandis que sa hauteur dépasse légèrement le niveau atteint par les flots lors des plus hautes marées de l’année.
- A la partie supérieure de A se trouvent disposées : une soupape C se soulevant de dedans en dehors, une conduite Ü’air D qui relie la citerne à la machine rotative et une autre conduite E s’ouvrant à l’extérieur et formée par un robinet qu’il suffit d’oüvrir si l’on veut au cours du reflux arrêter la marche de l’appareil.
- La machine rotative est d’une conception particulière. C’est en
- somme une roué métallique F parfaitement équilibrée présentant sur la circonférence de sa jante un certain nombre d’aubes a d’un profil très spécial qui laissent entre elles des espaces vides.
- Quand la roue tourne autour de son axe les arêtes mousses des aubes ou dents viennent frôler à frottement doux, comme le fait un piston à l’intérieur d’un cylindre, la gorge d’une monture métallique G pourvue d’une profonde rainure II dans lequel elle s’encastre exactement sur une partie de ses deux faces. Il en résulte qu’à ce moment les dents de la roüe forment en un point, comme indiqué sur le croquis, avec les parois et le fond arrondi de la monture G plus profond en un point, un espace clos H qui est en communication seulement avec l’intérieur de la citerne par l’intermédiaire de la conduite D.
- Quand la marée monte, elle s’élève dans le réservoir clos A, et l’air que celui-ci renferme tendant à se comprimer soulève la soupape S et s’échappe dans l’atmosphère.
- Dès que la mer commence à baisser, c’est l’effet inverse qui se produit au-dessus du niveau de l’eau à l’intérieur de A. La raréfaction de l’air qui accompagne l’abaissement du liquide détermine durant le reflux un appel d’air de l’extérieur pour permettre à l’eau de baisser en même temps que le perdant.
- Or, pareille aspiration ne peut avoir lieu que par la conduite D et à travers la machine portative F. Il se produit un vide partiel dans la chambre H. Du fait de la pression atmosphérique agissant sur la surface de la dent qui assure l’étanchéité de l’espace clos, H va mettre la roue en mouvement. L’étanchéité est détruite de ce fait, mais une autre dent vient à nouveau en contact avec la monture G. Le vide se renouvelle, la pression atmosphérique agit de nouveau, etc., la roue tournera d’un mouvement continu qui durera tout le temps que se produira le jusant.
- Depuis plus de six ans,M. Bouchaud-Praceiq s’èst attaché, lui aussi, à la solution du problème de l’utilisation de la houille bleue.
- Cet ingénieur a établi à l’embouchure de la Gironde une installation de démonstration qui fonctionne parfaitement.
- Ce dernier système se distingue de tous les procédés pneumatiques précédemment imaginés par la suppression de toute pièce ou organe mobile en contact avec l’eau et par une très grande simplicité.
- Coupe suivent X X
- ___ _ _ _Niveau des
- mm^5Se5 men
- Fig- 8. — Le moteur hydro-pneumatique du docteur M. A. Legrand.
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- Comme avec le moteur hydro-pneumatique Legrand, la transformation directe de l’énergie mécanique des vagues en un mouvement rotatif continu, permettrait d’actionner des dynamos et d’obtenir du courant électrique que l’on pourrait utiliser sur place ou transmettre à distance, selon le besoin.
- En principe, chaque élément (fig. 9) ou unité génératrice se compose essentiellement d’une chambre à air A mise en communication par sa partie inférieure avec la mer, soit par l’intermédiaire d’un puits B et d’une galerie C creusés dans le sol quand il est rocheux ou en maçonnerie dans les autres cas. L’ensemble est à demi immergé et la galerie assez vaste pour permettre à l’eau c'c pénétrer et de sortir facilement à l’intérieur de la chambre à air. La hauteur de la construction est telle qu’au niveau des plus hautes marées, l’eau ne puisse arriver jusqu’à la conduite D établie dans le sous-sol de la station génératrice : il faut également que l’ouverture de la galerie C soit établie au-dessous du niveau de l’eau à marée basse pour que son bord supérieur ne soit jamais découvert par l’eau. *
- La partie supérieure de la chambre à air est fermée par un tampon E muni d’une soupape de sûreté F servant à l'échappement de l’air lorsque la pression vient à dépasser une certaine limite et d’un renillard G permettant à l’air de pénétrer lorsque la pression à l’intérieur de la chambre devient brusquement inférieure à la pression atmosphérique. Grâce à cette double précaution on évite les dangers et les inconvénients qui pourraient résulter de coups de mer par trop violents lors d’une tempête.
- Le fonctionnement se comprend facilement : l’eau pénétrant dans la chambre à air et s’en retirant alternativement selon les variations du niveau de la mer provoquées par les vagues, il se produit une compression et une raréfaction alternatives de l’air dans le canal C et cela avec d’autant plus de force que les oscillations des ondes de la mer sont plus accentuées.
- L’air ainsi comprimé, puis raréfié, travaille sur
- . Fig. 10. ,
- Plan d'une installation marémotrice comportant deux éléments pneumatiques Bouchaud-Praceiq.
- Niveau des ptui haules mers
- Niveau_ des j>ki_s _ basses mers
- Fig. ç. — Le dispositif pneumatique de M. Bouchaud-Praceiq.
- les aubes d’un aéromoteur H, sorte de turbine disposée de telle manière que son mouvement de rotation se produise toujours dans le même sens, malgré les sens opposés de circulation de l’air successivement chassé, puis aspiré. Cet aéromoteur, ou turbine pneumatique, est constitué par un disque métallique dans lequel sont pratiquées des fenêlres disposées suivant des rayons, chacune de ces ouvertures étant fermée par des clapets fixés par un de leurs bords au disque, fixe et pouvant s’ouvrir plus ou moins suivant le degré de pression exercé par l’air. Les clapets s’ouvrent de bas en. haut pour laisser échapper l’air chassé par la montée de l’eau dans le puits, et une autre série de clapets opposés, s’ouvrant de haut en bas, sous l’action de la pression atmosphérique toutes les fois que le niveau de l'eau baisse en produisant un vide ou plus exactement un appel d’air. Tous ces clapets ont leur bord fixe placé du même côté.
- On voit que, grâce à ce dispositif, l’air chassé ou aspiré imprime au disque un mouvement de rotation dans le sens opposé à son échappement et, par conséquent, la réaction qui en résulte imprime au disque mobile un mouvement de rotation toujours dans le même sens.. Le moteur horizontal ainsi constitué est donc à double effet et fonctionne aussi bien lors de l’aspiration que du refouleqient. L’axe vertical du disque est muni à sa partie supérieure d’une poulie actionnant soit un arbre de transmission, soit une machine quelconque.
- Le système Bouchaud-Praceiq fonctionne assez régulièrement sans nécessiter aucun soin rti aucune surveillance, cependant l’inventeur n’.a. pas été entièrement satisfait de cette installation et il a imaginé un nouvel appareil d’utilisation très simple, facile à construire et que nous examinerons dans la suite de cette étude.
- Rappelons pour mémoire, les essais faits actuellement sur la côte belge par MM. Parenty et Van-damme dont il a déjà été question dans cette revue^).
- (A suivre.) H. Lémoison.
- 1. Voy. La Nature, n° 2436, Il décembre 1920.
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- LE PHOTOPHONE CINÉMATOGRAPHIQUE
- M. Edward Iiale, correspondant du grand journal anglais le Times, a été invité à assister dans le jardin recouvert d’une tente du laboratoire scientifique expérimental de Brewik, à 16 km de Stockholm, le plus grand centre savant de la Suède, à une séance cinématographique où a été expérimentée pour la première fois en public, une des plus importantes inventions de notre époque, celle du Photophone cinématographique.
- Le premier savant qui pendant une période de douze ans a cherché à obtenir la concordance parfaite entre le mouvement des lèvres d’un figurant sur l’écran et l’émission de la voix dans la salle du cinéma, a été probablement Sven Alson Bergland.
- Mais le procédé actuel comprend tant de nou velles découvertes mécaniques, électriques et chimiques qu’on ne peut le considérer que comme un premier pionnier dans cette voie. Il est aussi juste de dire que ces études longues, minutieuses, coûteuses, n’auraient pas abouti sans le généreux appui de la famille suédoise Frestadius. Comme depuis un certain temps, il a été permis à tout le monde d’assister à des séances cinématographiques où l’on pouvait entendre la voix d’un acteur en accord partiel avec ses gestes, le fait n’aurait rien eu de bien spécial.
- Mais ce qu’il y avait de réellement saisissant pour M. Haie, assis très confortablement dans un bon fauteuil entre les professeurs Svante Arrhénius et Oscar Montélius, a été d’assister à une reproduction d’une conférence scientifique faite par l’un d’eux quelques jours auparavant, devant un nombreux public et de voir l’orateur se lever, se promener, faire des gestes, prendre certaines postures et d’entendre très clairement et très distinctement les paroles prononcées en plein accord avec ces mêmes gestes.
- Les spectateurs entendaient la voix du Professeur très amplifiée et même les mots scientifiques que le phonographe ne rend pas toujours bien exactement, leur parvenaient sans le moindre brouillage. II n’est que juste de rappeler ici qu’en France, en déc. 1910, M. Louis Gaumont, le célèbre ingénieur, avait déjà présenté à l’Académie des Sciences une image ciné-matographiée et parlante avec absolue concorr dance, de M. le professeur d’Arsonval. La nouvelle invention cinématographique reproduit à la fois les scènes et les sons, elle transforme les ondes sonores en ondes lumineuses, ces dernières en impulsions électriques qui, utilisées avec beaucoup d’habileté, renvoient à l’oreille des spectateurs les sons originaux avec leurs moindres nuances.
- L’opérateur du photophone place dans le voisinage de la scène à cinématographier une double chambre cinématographique; les deux roues sur lesquelles se déroulent les bandes en celluloïd qui portent les pellicules sensibilisées sont montées sur le même arbre et par suite se présentent simultanément à la même vitesse derrière les deux objectifs des deux chambres. La première ne présente
- aucun caractère particulier, c’est dans la disposition de la deuxième que réside le secret du procédé que l’on peut décrire aujourd’hui parce qu’il a été breveté et va faire sous peu son apparition dans les cinémas.
- L’objectif de cette deuxième chambre n’est pas dirigé comme celui de la première vers le centre de l’action à reproduire, il est pointé non sur la figure de la personne dont on veut faire entendre la voix, mais sur une espèce d’embouchure téléphonique placée sur la scène et dont le fonds M est constitué par une mince plaque de cristal argenté formant miroir.
- Sur ce miroir vient tomber, après avoir passé par uné ouverture presque microscopique, un mince filet de lumière émanant d'une puissante ampoule électrique fixe A (fig. 1). M est orienté de telle manière que ce filet lumineux se réfléchissant sur la surface, pénètre dans le second objectif o par une étroite fente et après avoir traversé sa lentille convergente, vient impressionner les pellicules P sensibilisées qui se déroulent à la même vitesse derrière l’objectif, que celles de la première chambre cinématographique.
- Tant que ce miroir est immobile, le rayon lumineux marquera un trait sur chacune des pellicules successives passant devant lui, puisque son angle de réflexion étant égal à son angle d’incidence ne variera pas ; il en sera de même de son intensité lumineuse qui est d’autant plus faible que le rayon d’incidence est plus grand, c’est-à-dire plus incliné sur la 'surface du miroir, ce qui fait qu’un certain nombre de filets réfléchis s’échappent presque parallèlement à sa surface et ne parviendront pas à l’objectif.
- Mais quand les ondes sonores engendrées par la voix de l’acteur qui parle, viendront faire vibrer la mince plaque de cristal argenté placée au fond du pavillon de l’écouteur téléphonique, les palpitations minuscules de cette plaque modifieront l’angle d’incidence du pinceau lumineux et par suite sou angle de réfraction, ainsi que son intensité lumineuse et nous aurons sur les pellicules successives une série de traces plus ou moins claires.
- En résumé, nous allons obtenir sur la bande de celluloïd la reproduction photographique des vibrations de la plaque de cristal argenté et par suite des modulations de la voix de Facteur qui parle sur la scène. Il s’agit maintenant de la faire parvenir aux oreilles des spectateurs ; comment transformer ces photographies en sons de voix? On obtient ce résultat simplement au moyen d’une curieuse propriété du sélénium, qui oppose une résistance plus ou moins grande au passage d’un courant qui le traverse suivant qu’il est plus ou moins éclairé.
- Les photos de la première chambre sont projetées sur l’écran du cinéma comme d’habitude; mais au lieu de projeter les clairs et les ombres des pellicules sensibilisées de la deuxième chambre sur l’écran de la salle du cinéma, nous allons les projeter sur une plaque de sélénium S qui est traversée par le courant d’une pile électrique P'
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- Suivant que la projection des photographies de la voix sur la plaque de sélénium l’éclaireront plus ou moins, le courant de la pile à sa sortie de la plaque sera plus ou moins fort.
- Après amplification, ce courant d’intensité variable arrive à un récepteur téléphonique spécial R dont le pavillon est tourné vers les spectateurs et dont il fait vibrer la plaque en fer doux P" à l’émission des palpitations de la plaque M en cristal argenté de l’écouteur E de la scène et qui ont été créées par les modulations de la voix de Facteur F. Celte voix sera donc reproduite exactement et comme nous l’avons expliqué en parfait synchronisme
- avec le mouvement des lèvres Fig. i. — Mécanisme de l’enregistrement de la voix.
- électrodes du Dr américain Lee Forest sont tout indiqués pour cette amplification. Au début, ils amplifiaient sept fois le courant, mais d’après un journal scientifique allemand, par chaque tube employé, ils amplifient aujourd’hui 50 fois. Ainsi le premier tube amplifiera 50 fois, le second 30x30 = 900 fois, le 5e 900 x 30 = 27000 fois... ; on arrive ainsi rapidement à des chiffres de millions.
- Un emploi encore peu connu des tubes à trois électrodes a été la création en Angleterre de postes d’écoute où l’on associait en série un nombre considérable de ces mêmes tubes.
- De Londres, F Amirauté anglaise entendait très distinctement les moindres conversations échangées entre les navires de guerre allemands de Kiel et de Wilhemshafen ou entre les services à terre de ces ports et les escadres à l’aide de Buzzers, instruments auxiliaires de communications télégraphiques sans fils portant à 5 ou 6 km seulement.
- Les Allemands ne s’en doutaient pas, il y a également un fait qui a été révélé réeemmenl, c’est qu’au moyen des postes radio télégraphiques anglais, l’amiral Jtllicoe a été prévenu par l’amirauté britannique de la sorlie de la Hochseeflotte dans la nuit du 50 mai 1916.
- Avant longtemps, on finira par entendre les propos échangés par T. S. F. dans toutes les parties du monde. Cap. de vaisseau A. Poidlouë.
- de la personne qui parle.
- Il est indispensable d’amplifier le courant variable à sa sortie de la plaque de sélénium, car il est excessivement faible et ne serait même assez puissant pour faire vibrer la plaque en fer doux P" du téléphone R haut parleur, les tubes à vide et à trois
- Embouchure du haut parleur
- Plaque en Fer doux
- Bobine électrique du haut parieur
- Courant de la pile
- fl nppareiS de
- J *• projection
- Fig. 2. — Mécanisme de reproduction de la voix.
- ' Ampoule électrique fixe-placée sur la scène.
- Mince plaque de cristal argenté formant miroir et mise en mouvement / parles vibrations / 1
- Mnnnnox ^ ’ T
- Objectif de la 2?chambre
- Lentille convergente
- Bande en celluloïd portant tes pellicules sensibilisées '
- P
- LE BLÉ A GRAND RENDEMENT
- Rien ne peut intéresser un pays autant que la culture du blé et sa plus grande production : le reste vient ensuite. , . _
- Exploiter et multiplier le blé et les diverses autres céréales constitue la branche la plus importante de cette industrie qu’est l’Agriculture.
- Malheureusement, malgré le précieux concours que la science agronomique a pu, depuis un certain temps, apporter à l’agriculture pratique pour améliorer .les systèmes, augmenter , les rendements avec le moins de frais possible et favoriser les meilleures conditions de toute sorte au profit du cultivateur et, par conséquent, du
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- 286 LE BLÉ A GRAND RENDEMENT
- public intéressé, on ne voit pas, en France surtout, qu’il y ait un sensible progrès si l’on considère, notamment, la culture du blé et son rendement.
- C’est pour cela qu’on paye le pain si cher en France et même ailleurs.
- En tout cas, la France est cotée, parmi les pays civilisés, comme obtenant les moindres rendements dans la culture du blé.
- En 1914, les 80 millions de quintaux de blé que produisait la France équivalaient à un rendement moyen de 13 quintaux à l’hectare.
- C’est le double, au moins, qu’on devrait obtenir! Mais comment s’étonner de la réelle ignorance du cultivateur français à propos du blé, quand on voit les pouvoirs constitués montrer la même ignorance en la question et étaler officiellement cette ignorance jusque sur l’effigie de nos pièces de monnaie!
- Le moins instruit des cultivateurs sait, tout au moins, qu’il ne faut semer le blé ou toute autre céréale ou graine que par un temps calme, lorsqu’il n’y a pas le moindre vent; et les cultivateurs plus-instruits et mieux avisés savent qu’il est préférable et beaucoup plus avantageux de semer en lignes espacées au semoir mécanique.
- Mais, sur les pièces de monnaie française on voit une femme échevelée, la chevelure flottant au vent, l’air d’une folle échappée, qui jette la semence à pleines poignées contre le vent, à raison d’au moins 250 litres à l’hectare !
- *
- * *
- L’image de K Semeuse, popularisée par notre monnaie, consacre officiellement trois erreurs agricoles : semer quand il fait du vent, semer contre le vent et semer en excès à pleine volée.
- Ce système étonne les Chinois, eux qui emploient les semoirs mécaniques et savent pratiquer le rationnel espacement des plants de blé depuis plus de trois mille ans.
- Si, d’ailleurs, les Chinois pratiquaient la culture comme les Français et d’autres Européens, notamment les Russes, avec d’aussi faibles rendements, ce serait, la famine continuelle dans ce vaste pays de la . Chine où la population est beaucoup plus dense qu’en France.
- Le faible et infime rendement du blé en proportion de la semence employée est un sujet d’étonnqment pour ceux qui connaissent tant soit peu Y histoire naturelle du blé avec sa germination, sa végétation suivant les conditions variables et son mode de développement jusqu’à la maturité de l’épi ou du grain.
- En ce qui concerne la manière de semer le blé, Parmentier disait déjà, en 1790 : « Semez clair, vous récolterez épais ».
- Et la Convention, nationale, un peu plus tard, faisait publier une « Instruction sur les Semailles du Blé » où se lit le passage suivant : « Presque partout on prodigue la semence, et l’on n’obtient que des plants faibles, incapables de donner des produits considérables; ces plantes étiolées sont renversées par les pluies, par le vent, et leur récolte est compromise ».
- Parmentier et la Convention nationale, sur cette question du blé, consacraient hautement-la vérité de quelques vieux proverbes observés, fort heureusement, par un certain nombre de bons cultivateurs ‘.«Qui sème dru récoltera, menu ».— « Beau gazon, vilain blé ».—- « Semez clair, vous' récolterez épais ». — « Trop de semence, moins de récolte ».
- Au lieu de 12 à 15 grains de récolte qu’on obtient pour 1 grain de semence, combien donc peut donner le blé?
- Avant de citer des expériences, des faits et des exemples précis et récents, voici quelques faits et renseignements qui nous viennent de l’antiquité :
- Au temps de l’empereur Auguste, contemporain de Jésus-Christ, un proconsul d’Afrique envoya au naturaliste Pline une touffe de blé, c’est-à-dire un pied provenant d’un seul grain, et cette touffe de blé portait 400 épis. A raison de 30 grains en moyenne par épi, le nombre total des grains était de 12 000, de sorte que ce grain de blé unique, après sa végétation parfaite, fournissait un rendement de 12 000 pour 1.
- Plus lard, Néron reçut de Bysacium une autre touffe de blé portant 360 épis : cela faisait 10800 pour 1.^
- Mais, plusqjrès de nous et à des époques récentes, des agronomes connus et absolument dignes de foi tels que Duhamel, Neufchàteau, lissier et d’autres ont trouvé et présenté des pieds de blé portant 100 à 300 épis.
- On a toujours remarqué, à propos de ces pieds de blé si extraordinaires, que le grain unique de semence avait germé et pris son développement, étant bien isolé, dans une terre riche, fertile et profonde, avec l’espace et l’aération convenables tant pour la racine que pour les tiges.
- Une observation s’impose ici :
- Le cultivateur évite, par raison ou par tradition, de faire du blé dans une terre contenant du chiendent, parce que cette graminée possède des racines et radicelles tellement actives et voraces qu’elles absorbent et digèrent d’une façon complète les radicelles du blé qui se trouvent à sa portée.
- Mais le blé est aussi une graminée comme le chiendent, et avec des racines et radicelles voraces et exigeantes, quoique moins que celles du chiendent.
- Aussi arrive-t-il que les racines et radicelles du blé se font une concurrence acharnée et mortelle, quand elles sont mêlées et enchevêtrées et forment une sorte de feutrage dans la couche de terre peu profonde des labours superficiels, alors surtout que le semis a été trop abondant, ce qui est le cas général.
- Dans ces conditions, on peut dire que le plus grand ennemi du blé est le blé lui-même.
- On voit ainsi la raison et l’avantage pour le grain et pour la plante de germer et de se développer dans un certain isolement et avec de l’espace libre dans le sol et dans l’atmosphère.
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- Nous allons voir que, par certains procédés simples et à la portée de tous, on peut avec un seul grain de blé obtenir jusqu’à 23388 épis pesant ensemble 31 hilog. 795 gr., soit un rendement de 709 700 pour 1.
- Voici en quoi consiste le procédé, lequel comporte plusieurs phases de végétation et non une seule comme pour la culture ordinaire :
- Vers le 12 ou 15 juin de l’année, je fais un semis (je blé dans un terrain soigneusement préparé, profondément labouré et copieusement fumé, à la façon dont on procède pour les graines potagères destinées à fournir du plant, mais mon semis est beaucoup plus clair.
- Je sème à part vingt grains de blé dans ce même terrain, chaque grain étant isolé de son voisin à 10 cm, afin d’assurer leur meilleur développement.
- Ces 20 grains de blé sont destinés à fournir des chiffrés précis pour les observations.
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- LE BLÉ A GRAND RENDEMENT —_ _________ 287
- Le 9 aoùl, les touffes de blé sont arrachées avec précaution et divisées en un certain nombre de pieds ou plants, suivant leur état de développement el l’abondance des rejetons ou tiges supplémentaires.
- Les vingt grains de blé semés à part et plus isolés fournirent, chacun, une moyenne de 20 pieds ou plants nouveaux, lesquels furent repiqués sur le terrain approprié. Les autres fournissaient un peu moins.
- Le 8 octobre je procède encore à l’arrachage et a la division des touffes de blé, puis au repiquage des plants pour passer l’hiver.
- Et l’année suivante, le 3 mars, tous les pieds ou touffes de blé étant arrachés et divisés une dernière fois, chaque plant est mis à sa place définitive pour y végéter jusqu’à maturité.
- J’ai planté à part 604 pieds pris parmi ceux qui ont été produits par les 20 grains de blé ; ils couvraient une superficie de 50 mètres carrés à raison de 12 pieds ou plants paramètre; les autres plants en observation ou expérimentation furent répartis sur 450 m., ce qui faisait un total de 5 ares ou 500 mètres carrés.
- D’autres plants nombreux provenant du semis, mais non soumis à l’observation, furent répartis dans le terrain disponible à la suite.
- En Avril-Mai, on fit un binage qui nettoya le terrain et le rendit propre et net, en même temps que les plants furent légèrement butés.
- La végétation fut exubérante, le tallage produisant une foule de chaumes ou tiges supplémentaires qui atteignaient 1 m. 00 de hauteur, avec une grosseur proportionnelle et une densité du tissu cellulaire et fibreux qui les rendaient souples et résistantes.
- La saison étant assez'favorable, l’épiage se fit parfaitement, et la maturité complète eut lieu le 30 juillet où se fit la récolte.
- Les 5 ares ou 500 mètres carrés fournirent ensemble 515 kilos de blé en beaux grains; il y avait 564 épis en moyenne par mètre carré, les épis pesant 1 gramme 12 cg.
- C’est un rendement de 0500 kilos ou 03 quintaux de blé à l’hectare. 1
- < Les 004 pieds provenant d’un grain de blé, suivi dans ses métamorphoses et multiplications avec exacte notation, avaient fourni au bout de la végétation : 28588 épis dont les graines pesaient ensemble 31 kilog. 795 grammes.
- Rendement du blé ainsi cultivé : 709 700 pour 1.
- Et par la méthode officielle : 15 à 15 pour !...
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- En considérant la culture et la végétation du blé avec ses rendements si variables et si dissemblables, il est bien évident (et ces expériences le prouvent) que son mode de culture doit comprendre une période de végétation allant de juin d’une année à juillet, même août de l’année suivante.
- Au lieu d’une plante forte et vigoureuse, on fait une plante faible et simplement herbacée dans une période de 8 ou 9 mois parfois réduite à 4 mois.
- Lorsqu’un champ a été labouré et préparé pour la culture du blé, suivant la méthode généralement en usage, on voit le cultivateur procéder à son ensemencement par centaines [de kilogrammes à l’hectare pour obtenir une récolte de 12 à 1500 kilos (12 à 15 quintaux), alors qu’avec 5 à 6 grammes de grains de blé semés et cultivés d’une autre façon, il pourrait obtenir 2000 kilos (20 quintaux). Mais on ne se doute pas du tout de la
- puissance prolifique du blé, de l’extraordinaire production dont il est capable, comme aussi les autres céréales, s’il se trouve dans les conditions de végétation lui convenant véritablement.
- En principe, si l’on procède ainsi que cela est exposé plus haut, par la culture et végétation du blé suivant une période ou durée allant de juin d’une année à fin juillet de l’année suivante, on peut avec 6 à 8 grains de blé comme semences, et en des conditions favorables, obtenir une récolte de 200 kilos de grains.
- Si donc un cultivateur ou un campagnard quelconque, avec des enfants constituant une famille de six personnes en tout, sème au mois de juin, seulement 40 grains de blé ou plutôt 50 grains, en prévision des pertes ou accidents, les grains pesant ensemble 2 gr. 50 à 3 grammes, il adviendra qu’au mois de juillet de l’année suivante, c’est-à-dire après 14 mois de végétation, ce cultivateur obtiendra : 1500 à 1600 kilos de blé, quantité suffisante pour fournir largement le pain à toute sa famille pendant la durée d’une année, et en surplus le son, les issues et la paille pour les animaux.
- La division des touffes du blé et le piquage et repiquage de chaque pied, ou plant isolé, jouent un grand rôle pour mettre en jeu ou obtenir cette puissance prolifique du blé, pour déterminer celte végétation exubérante donnant lieu, en définitive, à des récoltes si remarquables.
- Mais il y a lieu de tenir compte aussi d’autres conditions. Ainsi pour le blé, comme d’ailleurs pour loutes les plantes cultivables, il convient de préparer la terre de telle sorte que, grâce aux profonds labours, au nettoyage parfait et aux copieuses et rationnelles fumures, la meilleure végétation se trouve bien assurée. La fumure, surtout, doit fournir au sol tous les éléments — on peut dire les aliments — tels que l’azote, l’acide phosphorique, la potasse et la chaux qui sont nécessaires à la plante pendant toute sa végétation et jusqu’à sa complète maturité.
- Et l’on sait, d’une façon précise, ce qui est nécessaire au blé, puisque l’on sait ce qu’une récolte de blé enlève au sol, comme éléments, pour former et constituer le grain et la paille.
- Si l’on considère une récolte éventuelle-de 30 quintaux de blé et la paille pour un hectare, il faudra fournir au sol :
- 95 kilos d’azote, 40 kilos d’acide phosphorique, 52 kilos de potasse, 20 kilos de chaux et 14 de magnésie, ces éléments étant essentiels et nécessaires.
- Quant aux 4850 kilos dè carbone, silice et autres éléments contenus dans la récolte totale de 50 quintaux de blé, plus la paille, ils sont naturellement fournis par le sol et par l’atmosphère.
- On pourra objecter que le piquage du blé au plantoir exige de la main-d’œuvre; mais cette main-d’œuvre est largement compensée, surtout quand la semence (ce qui est le cas aujourd’hui) coûte très cher et que la récolte paye si généreusement. Cette simple méthode, au moins dans certaines régions, permettrait de doubler ou tripler la production du blé. 11 y a aussi l’emploi des semoirs mécaniques à considérer...
- Et comme le prix du quintal de blé est le véritable étalon, le seul rationnel et mondial, pour apprécier et fixer la valeur de tout travail et de toute marchandise, le blé abondant et au meilleur marché, c’est la vie moins chère et à bôn compte : simple et heureuse conclusion de la questiôn sociale !
- E. Seurant-Bellenoux.
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- LE MARTEAU=CANON TEMPLE
- Fig. i. — Le marteau-canon Temple.
- Notre confrère Scientific American annonce l’existence d’un outil d’un type tout nouveau, imaginé par un inventeur anglais, M. Robert Temple. Cet outil ayant été soumis aux autorités militaires et navales d’Angleterre, le détail de ses dispositions
- peu pesant; il n’a aucun recul; et il ne donne lieu à aucun jet de flammes. Les moyens par lesquels ces résultats ont été obtenus n’ont pas été publiés jusqu’ici. Tout ce que l’on peut dire, dit Scientific American, c’est qu’ils reposent sur les lois de la détente des gaz et sur celle de l’inertie. Pour faire fonctionner le marteau, on appuie sa bouche sur la plaque à percer au point voulu ; une pression de la main sur la poignée du manchon dans lequel glisse le canon fait détoner la charge de poudre.
- A quoi peut servir un pareil outil? Le culot des projectiles est fileté, de sorte que l’on peut aisément boulonner sur eux des tiges métalliques. Aussi le marteau-canon paraît-il appelé à rendre de sérieux services dans les travaux à la mer et dans les travaux de sauvetage.
- Si l’on veut relever une grosse pièce métallique enfouie sous la mer, on pourra fixer sur elle une plaque métallique au moyen d’un nombre convenable de projectiles tirés par le marteau-canon et
- L ; „.Y, b ÿ : ,
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- Fig. 2. — Fixation d’une plaque métallique sur une tôle perforée au moyen des projectiles du marleau-canon.
- reste encore secret. On peut-cependant faire connaître son principe et les principales applications qui lui semblent réservées.
- L’industrie utilise aujourd’hui divers types de marteaux mécaniques ; on en connaît d’électriques ; on utilise surtout les marteaux pneumatiques. Le marteau de M. Robert Temple est mû par la poudre. C’est un véritable petit canon porlatif; il projette une balle d’un type spècial qui transperce une plaque métallique et y reste fixée. Ce canon mesure environ 4 cm de diamètre et 25 cm de long. Son projectile est en acier trempé, muni de fortes rainures hélicoïdales. Dans une expérience que relate notre confrère américain, on a implanté un certain nombre de ces projectiles dans une plaque de chaudière de 1,5 cm d’épaisseur.
- Les différents éléments internes du canon et sa charge étaient calculés de telle sorte que le projectile est resté implanté dans la plaque exactement par son milieu. -,
- Le canon-marteau est de 'faibles dimensions et
- qui viendront perforer à la fois la plaque et la pièce contre laquelle elle est mise en contact. On maintiendra solidement ce contact en fixant ensuite des boulons sur le culot fileté des projectiles. La plaque sera, bien entendu, munie de liges ou d’anneaux par lesquels on pourra effectuer aisément le
- releva^e.
- R. VlLLEIîS.
- • - " - Fig. 3. - - - - - -
- . Le projectile, du marleau-canon - - ? implanté dans, une plaque métalliquel
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahone, rue de Fleuius, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2483.
- 5 NOVEMBRE 1921
- TRANSMISSIONS ÉLECTRIQUES ET VOITURES AUTOMOBILES
- Fig. i. — Char d'assaut Sainl-Chamond à transmission Crochat.
- Tous les amoureux de la mécanique souffrent lorsqu’ils entendent crier les engrenages d’une automobile sous la manœuvre maladroite d’un mauvais conducteur ; la boîte de vitesse, terreur des débutants, demande en effet une certaine adresse pour que sa manœuvre soit correcte, et c’est une des raisons qui ont poussé les chercheurs à proposer maint système pour la remplacer. Parmi ceux-ci, celui qui est appliqué sur la voiture américaine
- Crown Maynetic est particulièrement ingénieux et par cela même séduisant ; il nous a paru intéressant d’en donner ici une description sommaire.
- Le moteur à essence est accouplé à l’arbre de transmission de l’automobile par l’intermédiaire d’une dynamo dont l’inducteur tourne avec le moteur, et l’induit avec l’arbre conduisant le mouvement aux roues. 11 se produit dans l’entrefer des réactions électro magnétiques qui tendent à entraîner l’induit, et a faire avancer la voiture, tout comme avec un embrayage à friction ; mais en même temps, la dynamo produit un courant électrique que l'on utilise pour la I propulsion dans un moteur calé lui aussi sur l’arbre de transmission
- (fig- 5)- ;
- Ce courant est d’autant plus important que le glissement de l’embrayage électro-magnétique est plus considérable ; il est donc maximum en première vitesse ; la majeure partie de l’énergie du moteur à essence est alors transmise par la dérivation électrique. D’autre part, quand le moteur et l’arbre de transmission tournent à des vitesses sensiblement 10. — 289.
- Fig. 2. — Locomotive d’artillerie lourde à g randepuissance [A. L. G. P.) à transmission électrique Crochat.
- 49* Année. — 2‘ Sam titre-
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- TRANSMISSIONS ÉLECTRIQUES ET VOITURES AUTOMOBILES
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- Fig. 3. '— Camion projecteur à transmission Crochat.
- égales, la dynamo ne produit plus aucun courant, l’entraînement est alors assuré par l’embrayage, qui ne glisse plus, et le moteur électrique, déchargé de son rôle de transmission, agit alors comme dynamo génératrice et peut charger une batterie d’accumulateurs ; c’est la grande vitesse.
- Une manette placée sur le volant permet, en shuntant d’une manière variable les champs d’induction de la génératrice et de la réceptrice, de dériver une
- quantité plus ou moins grande de l’énergie par la transmission électrique et d’obtenir par conséquent les différentes vitesses qui sont au nombre de cinq. Une position permet le démarrage en faisant fonctionner la dynamo comme réceptrice sous l’action du courant de la batterie d’accumulateurs ; cette dernière peut enfin être chargée à l’arrêt par la génératrice, mais on utilise plutôt le courant produit pendant la marche en grande vitesse.
- La conduite de la voiture est des plus aisées puisque ce dispositif remplace la manœuvre de la pédale d’embrayage et du levier des vitesses par celle d’une manette à peine plus grosse que celle des gaz ; toute fausse manœuvre est impossible et par conséquent le bruit si désagréable qui en résulte,
- Nous ne savons pas à notre con-
- Fig. 4. — Schéma de la transmission Crochat. 1 A, génératrice. — B, enroulement shunt. — C, enroulement série. — D, moteurs récepteurs en parallèle. — E, dispositif de couplage de l’enroulement série.
- naissance si ce véhicule a été expérimenté en Europe, mais il nous paraît intéressaut de rappeler que nous possédons en France un système, différent il est vrai, qui fonctionne depuis longtemps sur les poids lourds, où la continuité des efforts moteurs est primordiale, et qui a été appliqué avec succès pendant la guerre aux chars d’assaut Saint-Chamond.
- C’est la transmission Crochat, qui est constituée essentiellement par un groupe électrogène composé d’un moteur à pétrole et d’une génératrice dont le courant continu est envoyé dans deux moteurs qui actionnent indépendamment chacune des roues arrière par l’intermédiaire d’une double réduction d’engrenages et d’une chaîne. Les résistances qui sont indispensables à un véhicule comme un tramway, dont le courant d’alimentation est à voltage constant, ont pu être supprimées, puisque le générateur est sous le contrôle direct du de plus, certains dispositifs que nous allons décrire, ont permis de rendre le combinatejir extrêmement simple, et d’une manœuvre facile, puisqu’on n’y touche pas en cours de route. I
- A cet effet, les con-—‘ dùcteürs ‘ reliant la dynamo génératrice aux
- moteurs ne sont jamais interrompus; le moteur peut cependant tourner à faible vitesse sans en-, traîner la voiture, car
- la dynamo, qui est ,à excitation shunt, ne
- peut s’amorcer sur ,1a faible résistance.que constituent les, moteurs au repos. Pour démarrer, le conducteur appuie sur son accélérateur ; ce mouvement, en plus de la commande habituelle du carburateur, met en circuit,
- un enroulement série excitant la dynamo qui
- s’amorce immédiatement ; le véhicule démarre (voir schéma de la figure 4).
- Le changement de vitesse, ou plus exactement la
- conducteur
- Moteur
- Inducteur tournant de la dynamo fixé sur l'arbre du moteur sert aussi
- Induit du Inducteur fixe
- Fig. 5. — Schéma de la ti ansmission Crown-Magnetic.
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- TRANSMISSIONS ÉLECTRIQUES ET VOITURES AUTOMOBILES = 291
- Fig. 6. — Camion à transmission électrique Crochat (vue du châssis).
- variation du couple des moteurs récepteurs, est réalisé par le fait que le couple des moteurs série croit pour les faibles régimes comme le carré de l’intensité, et encore plus vite que l’intensité pour les grandes vitesses de rotation.
- Comme on a adopté, d’autre part, une génératrice shunt de caractéristiques très tombantes, le débit augmente avec la vitesse angulaire. On peut donc, en faisant varier la vitesse du moteur à pétrole, obtenir une variation d’intensité, croissant en meme temps que la vitesse angulaire, et une augmentation en-
- coie plus rapide du couple utilisable à la jante.
- On voit donc que la transmission électrique telle qu’elle est comprise, constitue un multiplicateur de couple en partie auto-régulateur, grâce :
- 1° A la rapide augmentation du couple des moteurs éleclriques en fonction de l’intensité;
- 2° Au fait que dans une dynamo shunt, le voltage baisse quand l’intensité croît ;
- 5° Au fait qu’au voisinage de la puissance maxima d’un moteur à essence, on peut avoir, pour cette puissance des vitesses de rotation différentes, et par suite des voltages de la génératrice différents.
- Comme celte auto-régulation n’est pas complète, ou peut agir sur le voltage, soit par l’addition d’un com-poundage variable, soit en couplant les moteurs en série, ou en parallèle.
- Parmi ses applications, les plus intéressantes sont évidemment celles où l’énergie électrique peut être utilisée à des besognes différentes delapropul-sion ; quand elle actionne un atelier sur le camion, ou qu’elle alimente des projecteurs, elle résout des problèmes militaires de première importance. Quand elle meut une grue ou un appareil de manutention., elle donne une idée de ce que sera peut-être le poids lourd de l’avenir, entièrement adapté à la charge qu’il transporte.
- 1\içiiaiu) Pii lusse.
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- LA CONDUITE DES NAVIRES
- Les exercices de lancement de bombes par avions que la marine des États-Unis a récemment exécutés sur un navire en marche, ont fourni des renseignements très précieux sur la possibilité de conduire et de faire naviguer un bâtiment sans équipage.
- C’est le cuirassé déclassé Iowci, à bord duquel il avait été décidé de ne laisser personne, qui avait été désigné pour subir les attaques des avions, il devait leur présenter une cible en mouvement, dont la vitesse et la route pussent être modifiées, à tout instant, au moyen d’ondes hertziennes émises par un autre navire. Ce dernier fut le cuirassé Ohio qui se tenait à une distance de 5 ou 6 milles de Ylowa.
- Voici, sur l’organisation de cette expérience, quelquts renseignements que fournit l’intéressante Revue maritime, publiée par les soins de l’Etat-Major Général de la Marine.
- h’Iowa, pendant les attaques des avions, marchait à des vitesses que l’on fit varier entre 5 nœuds et 9 nœuds 1/2. De même, on modifia sa route pissez souvent. Ces manœuvres eurent pour conséquence que, sur 80 bombes lancées en 57 attaques différentes et à des hauteurs ne dépassant pas 1500 mètres,
- 2 seulement touchèrent le but. La proportion des touchés fut donc de 3,5 pour 100, ce qui est évidemment très faible. El sans nul doute le résultat aurait été encore plus médiocre si Ylowa avait pu se défendre ou fournir des vitesses plus considérables.
- Envisagées au point de vue de la conduite d’un navire à distance, ces expériences présentent au contraire un très grand intérêt parce quelles ouvrent une voie dans laquelle les progrès peuvent être rapides et féconds.
- On sait que sur la côte belge, pendant la dernière période de la guerre, les Allemands firent usage, à plusieurs reprises, contre les navires qui circulaient au large et bombardaient leurs installations à terre, de petites embarcations sans équipage, portant 1000 kg environ d’un explosif puissant, douées d’une vitesse de 50 à 40 nœuds. Dans leur course, elles déroulaient un conducteur électrique dont leurs flancs portaient une grande longueur. Le retour du courant se faisait par la mer.
- Un poste installé à terre (à Blankenberghe) et auquel aboutissait le conducteur électrique, permettait de manœuvrer, à toute distance, le gouvernail de ces vedettes, baptisées par les Anglais Electric motor Boat, et de les conduire ainsi contre le flanc des na\ires à attaquer.
- Un avion qui suivait l’embarcation, indiquait par T. S. F. au poste à terre, les manœuvres qu’il convenait de faire exécuter au gouvernail pour atteindre le but.
- On connail deux des résultats principaux obtenus
- A DISTANCE PAR T. S. F.
- par l’emploi de cet engin qui n’est, en somme, qu’un genre de torpille manœuvréc à distance.
- Dans le premier cas, le monitor anglais Erebus, fut Louché par l’embarcation qui explosa au contact avec un bruit formidable. Mais l’enveloppe protectrice du monitor encaissa tout le mal et la coque même du navire resta indemne ou à peu près. Après quelques violents coups de roulis provoqués parla décharge, l’Erebus, comme un bon chien qui se secoue, continua sa route et gagna Dunkerque.
- Dans la seconde affaire, les Allemands furent encore moins heureux. Par suite d’on ne sait quelle fausse manœuvre, le canot-torpille, mal dirigé, s’en vint donner contre la jetée de Nieuport, au lieu d’atteindre les navires auxquels il était évidemment destiné et explosa en faisant dans la jetée une brèche de 10 mètres.
- Mais Ylowa est le premier navire sans équipage qu’on ait fait manœuvrer à distance sans aucune connexion. Le fait mérite donc d’être noté, tout d’abord pour l’intérêt intrinsèque qu’il présente, et en second lieu comme le point de départ de recherches qui ont devant elles un bel avenir. Voici comment on opéra.
- Tout étant prêt à bord, les machines principales furent mises en marche à faible vitesse. Puis on abandonna le bâtiment et le contrôle fut remis à la T. S. F. de YOhio. Les émissions reçues par l’antenne deYIowa étaient transmises à des amplificateurs, et, par des séries de relais très sensibles, arrivaient jusqu’à un circuit actionnant un moteur qui manœuvrait les robinets d’admission de la vapeur aux machines. On pouvait ainsi faire varier la vitesse en ouvrant ces robinets plus ou moins.
- Le servo-moteur du gouvernail était commandé par un autre moteur électrique auquel. les ondes hertziennes parvenaient de façon analogue. En fait, une centaine d’ordres arrivèrent ainsi au gouvernail de Ylowa et furent automatiquement exécutés avec la plus grande précision.
- On avait encore prévu qu’il faudrait stopper les machines du cuirassé pour permettre au personnel de remonter à bord. Une émission d’une durée de 10 secondes mettait en action un relai spécial manœuvrant une soupape qui fermait l’arrivée du mazout aux chaudières.
- On voit que les procédés pour faire ainsi naviguer un navire sans équipage ne comportent ni installation matérielle extraordinaire, ni mise en œuvre de méthodes scientifiques compliquées et qu’un développement important de cette application nouvelle des ondes hertziennes peut être envisagé dans un avenir pas trop éloigné.
- Commandant Sauvairf. Jourdan..
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- LA LUNE EST-ELLE UN MONDE VIVANT?
- Depuis que l’on étudie la Lune avec des instruments d’optique, la croyance s’est établie —- dans le public notamment— que notre satellite est un monde mort, où régnent à tout jamais le froid, l’immobilité, le silence ; la compagne de nos nuits ne serait, pour beaucoup, qu’une vaste nécropole.
- Et voici que des observations récentes nous engagent à soulever la dalle qui recouvre ce tombeau céleste pour nous laisser entrevoir un séjour bien différent, dans lequel des actions mécaniques, physiques, physiologiques s’opéreraient encore, où pourrait se développer une végétation particulière, où, enfin, la vie pourrait exister.
- L’astronome W. H. Pickering, astronome à l’Observatoire de Harvard College, est l’auteur de cette nouvelle théorie lunaire. Il l’a émise il y a une trentaine d’années, et développée peu à peu depuis, en l’appuyant d’observations et de faits nouveaux. Ses observations ont été faites à haute altitude,;» Aréquipa au Pérou et à la Jamaïque, choisis en raison de leurs conditions atmosphériques particulièrement favorables.
- Récemment, il a été fait grand bruit, dans la presse scientifique anglaise notamment, autour d’une communication faite par sir W.-H.-M. Christie, ancien directeur de l’observatoire de Grcemvich, à la Société royale astronomique, dans sa séance du 8 avril 1921. Au cours de cette séance, sir W.-H.-M.Christie, qui s’était rendu à la Jamaïque, à Mandeville, au mois de février dernier, auprès de M. W.-ÏI. Pickering, est venu confirmer les extraordinaires résultats obtenus par ce dernier, et qui consistent dans l’observation de changements dans
- certains cirques lunaires; l’observation de chutes de neige, de dépôts de givre ou de glace ; la fusion de la neige ; la re-
- connaissance de Aillées sombres envahies par la végétation.; l’existence d’éruptions volcaniques atteignant l’importance de celles du Vésuve dans ses plus fortes éruptions, etc.
- Nous allons essayer de résumer ici les théories de l’astronome américain.
- Aspect de la Lune au télescope.
- — Il est utile, pour la compréhension de ce qui suit, de bien nous représenter l’aspect de la Lune vue au télescope.
- Ceux de nos lecteurs qui ont pu faire cette observation savent que la Lune est couverte de hautes montagnes et de cratères ou cirques d’aspect volcanique, cirques sensiblement circulaires
- volcanique lunaire).
- Les 3 dessins ci-dessus pris respectivement en 1870, 1881, 1892 indiquent seulement remplacement des 10 cratères les plus visibles à ces époques. Les chiffres indiquent la position de ces cratères et leur ordre d’importance.
- Fig. 2. — Tache d’Albufeda e.
- au centre du disque de la Lune, et devenant de plus en plus elliptiques vers le bord, par la perspective. Ils ont pu voir en outre les plaines étendues, grises, appelées « mers » ; les rainures, immenses cassures sillonnantla surface, enfin les ombres des montagnes et des cirques sur le sol, se raccourcissant peu à peu à partir du lever du Soleil, s’allongeant au contraire, vers le coucher.
- Fig. 3. — Tache de Censorinus.
- Fig. 2 et 3. — Esquisses de variations lunaires faites par Pickering à la Jamaïque en 1 go 1.
- Les taches blanches sont attribuées à du givre ou de la neige et leur diminution d’étendue proviendrait de leur fusion sous l’influence des rayons solaires
- Enfin, ils ont été à même de constater le vif éclat des remparts des cirques, au midi lunaire (PleineLune), de certaines régions, taches ou traînées, tandis que les « mers » restent grises et que d’autres parties, au contraire, « s’assombrissent », avec l’élévation croissante du Soleil.
- Tous ces détails de la surface paraissent figés dans une immobilité absolue, ce qui d’ailleurs ne peut surprendre, mais a conduit peu à peu à cette idée que la Lune est un astre mort.
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- Fig- 4- — Le cratère Linné (L) et la région des Apennins Lunaires.
- Le grand cratère; en bas à droite, est le cirque Aristillus qui a fait l'objet d’observations récentes de MM. W.-H. Pickering et W.-H.-M. Christie (d’après un cliché pris par MM. Lœwy et Puiseux à l’Observatoire de Paris, le 6 mars iço3).
- Les astronomes, depuis l’origine des observations, ont bien signalé plusieurs changements, tels que cralères disparus et remplacés par une tache claire ; cratères identiques devenus dissemblables ; cratères non signalés, puis devenus visibles, etc. La possibilité de ces changements est admise, mais les modifications elles-mêmes n’ont jamais été tranchées d’une manière définitive.
- Physique de la surface lunaire. — La pesanteur à la surface de la Lune est le 1/6 de ce qu’elle est ici (0,164). La Lune présentant toujours la même face à la Terre offre tour à toùr ses méridiens au Soleil : l’intervalle qui sépare deux levers de soleil sur un même objet lunaire est de 29j 121' 44m. C’est, si l’on veut, à la fois la durée du jour et du mois lunaires. Le Soleil brille sans arrêt pendant la moitié de ce temps soit pendant 15 jours terrestres environ; vient ensuite la nuit lunaire, de même durée.
- Le passage du jour à la nuit se fait sans transition sur la Lune, parce qu’il n’y a pas d’atmosphère donnant lieu au phénomène du crépuscule. Il dure juste le temps de la disparition du disque solaire. Les preuves de l’absertce de cette atmosphère sont nombreuses (observations des occultations d’étoiles, spectre de la Lune, analyse spectrale de la lumière des étoiles occultées, analyse spectrale du bord de la Lune dans les éclipses de Soleil, absence d’arc crépusculaire au terminateur, etc.).
- On admet généralement que la densité de l’atmo- i sphère lunaire, si elle existe,est del’ordre de 1/10000 de l’atmosphère terrestre à 1 mile (1600 mètres) de hauteur au-dessus de la surface. Dans les bas-fonds, elle serait un peu plus forte, puisque les
- couches inférieures auraient à supporter la charge des couches situées au-dessus.
- L’absence à peu près complète, sinon totale, d’atmosphère fait que les points de la surface lunaire (notamment ceux pour lesquels le Soleil atteint le voisinage du Zénith) passent de la température du milieu interplanétaire pendant la nuit lunaire à la température que peut prendre un corps exposé normalement aux rayons solaires. Dès le lever du Soleil, il y a échaufîement et cet échauffement se continue presque jusqu’au coucher du Soleil. Ce sont, exagérées, les conditions que l’on rencontre sur Terre, au sommet des montagnes élevées. Sur celles-ci, la température descend parfois très rapidement à — 20°et au-dessous la nuit venue, alors qu’à midi le rayonnement solaire est considérable et peut faire monter un thermomètre noir à -4- 70° et plus. Qu’est-ce à dire sur la Lune où l’action solaire dure 15 jours sans arrêt ni ralentissement, où les objets ne sont pas refroidis au contact, par convection, comme ici, par l’air dans lequel ils baignent. On admet généralement que la surface lunaire passe de — 50° la nuit à +100° le jour. Ces données étaient nécessaires pour examiner en connaissance de cause les idées de l’astronome Pickering sur notre satellite.
- Hypothèses de M. W.-H. Pickering sur la Lune. — C’est à partir de 1892 que le professeur W.-H. Pickering a commencé à exposer les conclusions particulières de ses observations, très nombreuses, de notre satellite.
- 1° Activité volcanique lunaire. — Il a été amené, tout d’abord, à examiner (') l’ensemble des varia-
- 4. The Century Magazine, mai 4902. Traduction dans Bulletin de la Société belge d’Astronomie, 4902, p. 326.
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- Fig. 5. — Le cratère lunaire Aristillus {dessin de W.-H. Pickering).
- Le canal sombre bifurqué rappelant les canaux martiens est attribué par M. Pickering à une formation végétale le long d’une fissure volcanique (figure extraite de Popular Astronoiny,K)\iT).
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- tions précédemment soupçonnées sur. la Lune, en particulier dans le cratère Linné, le cirque de Platon, etc. Il a étudié spécialement ce grand cirque. Le fond est parsemé de petits cratères, des « crater-lets ». Il en porte 42 sur sa carte. Il donne (figé 1) des dessins du cirque Platon à diverses époques, et fait figurer sur ceux-ci les 10 principaux cratères visibles à chaque époque, par rang d’importance. Certains « craterlets » sont tantôt visibles, tantôt invisibles. Lorsqu’ils disparaissent à la vue, c’est qu’un nuage reste en suspension au - dessus d’eux et nous les cache. Au contraire , lorsque ce nuage ou cette fumée se dissipe, les « craterlets » apparaissent distincts et normaux. Voici donc une première m anifestation d’une activité volcanique interne.
- 2° Existence de neige ou de glace sur la Lune. — L’astronome américain expose ensuite qu’en raison, de la faible densité de l’atmosphere, l’eau ne peut pgs exister à l’état liquide sur la Lune, au-dessus de zéro elle serait entièrement gazeuse, au-dessous, elle serait en partie gazeuse, en partie solide. Cependant, dit M. Pickering, s’il existe une activité lunaire, ces volcans doivent rejeter quelque chose : vapeur d’eau, acide carbonique? Un très grand nombre de petits cratères, dit-il, sont bordés d’une substance blanche qui devient très brillante sous l’illumination du Soleil. La même substance blanche borde les parties de quelques grands cratères; on la rencontre sur quelques pics élevés. Il existe aussi d’autres régions « partiellement brillantes » : elles couvrent les pentes supérieures de certaines montagnes, le bord et parfois le pic central d’un grand nombre de cratères de dimensions
- moyennes. Ces régions apparaissent graduellement au fur et à.mesure que le Soleil se lève, elles commencent à faiblir et disparaissent complètement avant le coucher du Soleil (fig. 2 et 5). Il est vraisemblable, ajoute M.. Pickering, que ces régions a partiellement brillantes » représentent des aires couvertes par la matière blanche, quelle qu’elle soit; c,ett,e..substancc-peut être en partie fondue, et ainsi amenée à s’enfoncer dans les creux et les crevasse?.
- L’éclat des ré-i-gions polaires de la Lune , est très remarquab'e. et mérite de rete-r nir l’attention. Tout le limbe de la Lune, dit M. Pickering, èst sombre, excepté près des deux taches polaires.
- Quelle est cette matière blanche? Par le fait qu’elle se rassemble aux pôles, sur les pics élevés, sur le pourtour des cratères, il y a beaucoup à présumer que c’est du givre ou de la neige. Mais il y a d’autres faits.
- 5° La variation de la tache de Linné. — Nous avons, retracé ici autrefois (') l’histoire des variations observées dans l’aspect du petit cratère Linné, depuis les premières observations faites par Hévéîius, en 1645 jusqu’à nos jours. On sait que cet objet lunaire, qui est situé sur les bords de la mer de la Sérénité (fig. 4), est un de ceux où l’on s’accorde pour admettre le fait — à peu près sûr — d’un changement réel sur notre satellite. Linné, que l’on a vu autrefois comme un cirque de 10 km de diamètre environ, est remplacé aujourd’hui par un minuscule cratère entouré d’une tache blanche. Avec des instruments moyens, on ne voit même que la tache blanche.
- W.-H. Pickering s’est attaché à l’étude de ce 1. La Nature, n° 1785, 10 août 1907.:
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- Fig. 6 à ç. — Dessins du cirque Aristillus, pris en 1921, à Mandeville (Jamaïque) par Sir W.-H.-M. Christie, au réfracteur de o m. 28.
- Ces détails que l’on voit successivement se développer au fur et à mesure de l’arrivée du jour lunaire sont attribués par W.-H. Pickering- à une végétation spéciale (figure extraite des Monthly Notices of the Royal Astronomical Society).
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- détail énigmatique. Il a reconnu que le diamètre de la tache blanche a sa valeur maximum peu après le lever du Soleil; puis ce diamètre diminue et atteint sa valeur minimum un jour terrestre après le midi lunaire. Ensuite, il augmente à nouveau pour atteindre sensiblement, au coucher du Soleil, la valeur qu’il avait au lever.
- L’astronome américain attribue la formation de cette tache à un dépôt de givre provenant des gaz internes, et se déposant au cours de la nuit lunaire. Ce givre fondrait, se « sublimerait » lorsque les rayons solaires le frappent. Il sé reformerait dès que ces rayons diminuent d’ardeur. 1
- M. Pickering trouve dans . les éclipses de Lune la confirmation de son'hypothèse. Pendant la traversée de l’ombre de la Terre, la Lune n’est plus échauffée par le Soleil, la tache doit sé reformer. Et, en fait, ail cours des éclipses du 16 décembre 1899, du 16 octobre 1902, du 11 avril 1903, il trouve qu’à la sortie de l’ombre de la Terre la tache de Linné a augmenté.
- Cette augmentation va du simple au double (éclipse de 1902).
- 4° Météorologie lunaire. — Si donc il y a de la neige ou du givre, si ceux-ci fondent et disparaissent, c’est qu’il y a sur la Lune une circulation atmosphérique, une météorologie lunaire (*). Le fait fondamental, dit M. Pickering, sur lequel est basée la météorologie dè Mars, est la. fonte des caps polaires; toutefois la Lune n’a pas de calottes polaires aussi bien définies. Se basant sur des observations du Mont Pico, il remarque que la neige ou le givre se trouvent surtout sur le bord et non pas dans les ravins, les dépressions, comme c’est le cas sur la Terre pour les grandes accumulations de glace. C’est parce que la vapeur d’eau s’échappe de ces crevasses et vient se déposer sur les bords, sous forme de givre. Observation analogue faite pour les.arêtes de Ténériffe.
- 1. « Meteorology of the Moon », Popular Aslronomy, vol. XXIII, n° 3, mars 1915.
- « On m’a quelquefois demandé,écrit M. W .-H. Picke-« ring, quelle raison y a-t-il de croire à l’exis-« tence de la glace sur la Lune. » La réponse est :
- « Pour la même raison que nous croyons qu’il y a « de la glace sur Mars, parce que les phénomènes « observés peuvent être plus rapidement expliqués « de cette manière que par toute autre. Que la glace « soit déposée sur la surface, ou qu’elle Hotte « comme de minuscules cristaux juste au-dessus,
- « sous la forme de nua-« ges de surface ou de « brouillard, ce point « n’est pas encore élu-« cidé, mais on doit « croire qu’elle existe a sous les deux formes.
- « Là ou les limites des « objets sont nettement « accusées, la glace se « tient à la surface;
- « mais où les limites « sont indistinctes et « brumeuses, comme « par exemple dans le « cas de Linné, on ne « peut rien affirmer. « Dans le cas des brille lants rayons environ-« nant Tycho, on pense « que les. cristaux de « glace sont supportés « dans l’atmosphère lu-« naire comme nos cir-« rus terrestres aux-« quels on donne le « nom de queues de « chat. » (Fig. 14).
- 5° Les a canaux lunaires. ». — Le mot « canal », dit M. Pickering (Q, comme on l’emploie en Astronomie, s’applique à une ligne sombre, étroite, droite ou légèrement courbée de la surface de l’astre considéré.
- Ce terme ne doit pas nécessairement impliquer la présence de l’eau. M. Pickering a dessiné dans la région du cratère lunaire Eratosthènes un certain nombre de taches offrant de rapides changements et de lignes que l’on peut considérer comme des « canaux ». Il établit une comparaison entre ces « canaux lunaires » et les « canaux de Mars ». Nous ne pouvons donner ici le détail de la discussion. Nous lisons dans l’article de l’astronome de Harvard College que « les grandes parties sombres connues comme « mers » sur Mars ont leur « pen-
- 1. The Century Magazine, juin 1902. ;
- Fig. io et ii.— Photographies montrant la différence d’albedo de la Lune et de Vénus.
- (Photographies prises lors de l’occultation de Vénus par la Lune, le 2 juillet 1921, par M. Quènisset à l’Observatoire Flammarion de Juvisy.)
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- dant également dans les régions sombres environnant le cratère principal », etc.
- En 1888, M. Pickering a suggéré que les canaux de Mars, comme ses mers, sont en réalité causés par une végétation spéciale. En 1892, à Aréquipa, les observations lui ont montré que les « canaux » traversent les « mers ». M. Lowell admet également l’hypothèse d’une végétation martienne.
- 6° Végétation lunaire. — « Appliquant, dit M. Pi-« ckering, cette même hypothèse de végétation à la « Lune, nous devons cependant tenir compte que son
- Sur la Lune, par suite de la rareté de l’atmosphère, la vapeur d’eau et l’acide carbonique sortant de l’intérieur du globe par les fissures des canaux descendent le long des pentes et s’étendent sur les environs immédiats, où la végétation peut ainsi se développer (*).
- M. Pickering trouve que la végétation lunaire présente deux avantages sur la végétation terrestre (2) ; par suite de la faiblesse de la pesanteur sur la Lune, dit-il, les mêmes feuilles, frondaisons ou branches ne nécessitent que 1/6 de l’effort
- Fig. 12 et i3. — Exemple. des variations d'aspect â’ùnè même région lunaire (région de Litlrow) à 48 Heures d'intervalle ail morhent de la pleine Lune.
- Le dessin de gauche a été effectué le 22,mars 1921 de 21 hj à 21 h..i5 m. celui de droite le 24 deci h. 3o m'. à 22 h. 3om. La pleine Lune a eu lieu le 23 mars -à 20 h. 19 m: M.: P-ick'ering recommande l'observation des variations lunaires au moment de la pleine Lune et il explique ces changements d’aspect par ladusion de,1a neige ou du givre. Avant de faire cette hypothèse pour le dessin ci-dessus,, il-conviendrait dè démontrer que le jeu de;là'lumière et des ombres ne peut produire ces effets. Or ces dessins ont été pris avec un’grossissement de 280 foi s, rapprochant la Lune à 1700 kilom. environ. Peut-on à cette distance apprë'cier là part des effets de la lumière î^Ces effets se produisent sur le sol lunaire, au milieu de matériaux amoncelés de toutes'manières. Nous ne voyons’que l’intégration des effets et ne pouvons tirer aucune conclusion. (Dessins de M. Maurice Darney à l’équatorial de 0 m. 190 de l’Observatoire- de la Société Astronomique de France.) - ,
- « atmosphère est beaucoup plus raréfiée que celle « de Mars, et que l’eau ne peut y exister qu’à l’état « solide ou gazeux. Comment la végétation peut-elle « exister sans eau à l’état liquide semble, a priori, « une question plus difficile à résoudre que com-« ment elle peut exister dans une atmosphère raré-« fiée.»
- M. Pickering dit que nous trouvons sur terre des analogies. Certaines formes de végétation du désert peuvent vivre plusieurs années sans eau ; mais, dit-il, qu’elles puissent pousser sans approvisionnement de liquide paraît très douteux. Dans le continent antarctique, ajoute-t-il encore, on dit que certains lichens existent dans des lieux où la température atteint rarement 0°. Ce sont probablement, pour les deux cas ci-dessus, les conditions extrêmes de la Lune.
- qu’elles exigeraient sur Terre pour se soutenir. En outre, par suite de l’atmosphère très faible, « comme il n’y a pas de grands vents sur la Lune, « s’il y a quelque avantage pour la plante à s’élever « au-dessus de la surface du sol, elle peut le faire « en sûreté au lieu de se tenir serrée contre les ro-« chers comme notre flore arctique ou antarctique ».
- « Nous supposons, ajoute M. Pickering (3), que « ces apparences sont dues à de la végétation « parce que cette explication est plausible et parce « qu’aucune autre, de quelque sorte que ce soit, « n’a jamais été présentée. »
- 1. L’Astronomie, année 1905, p. 98.
- 2. « The canals in the Moon », The Century Magazine, juin 1902.
- 3. « Eratosthènes, a study for the amateur ». Popular Astronomy, vol. XXVII, n° 19, novembre 1919.
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- Le cratère Aristillus montre un canal sombre, bifurqué, où Pickering voit l’existence d’une végétation le long d’une fissure volcanique (fig. 5).
- M. W.-IL-M. Christie a annoncé récemment (*) comme nous le disions plus haut, au début de cet article, la confirmation des observations de M. Pickering. Ses observations ont été faites à la Jamaïque dans le courant dé février dernier, au moyen d’un réfracteur de 0 m. 28, par des circonstances atmosphériques défectueuses en général (air 9, 12 correspondant à des images parfaites). (lig. 6 à 9)'. Et, après avoir présenté ses observations à la Société Royale astronomique, il concluait ainsi : « Je croi-« rais difficilement aux résultats de M. Pickering,
- « si je ne les avais constatés moi-même. La Lune « n’est pas morte, mais est, au contraire, un monde « très vivant! »
- Discussion des hypothèses précédentes. —
- Après des affirmations aussi nettes, il peut paraître téméraire de venir discuter les hypothèses soutenues avec tant de chaleur par M. Pickering. II faut dire, tout d’abord, qu’elles sbnt loin d’être admises par l’ensemble dès astronomes et des sélénogràphes.
- Etablir une comparaison entre les calottes polaires de Mars et les régions de la Lune, ou bien entre les * canaux de Mars et ceux de la Lune, c’est se lancer dans une extrapolation très audacieuse. De Mars, nous savons que les calottes polaires fondent pendant l’été martien. Mais nous ignorons tout de ses fameux « canaux » qui, très probablement, ne sont pour la plupart qu’un phénomène d’optique physiologique. •
- Mars, dans les meilleures conditions, se trouve encore 150 fois plus éloigné de nous que la Lune. Il paraît donc plus facile de voir ce qui .se passe sur notre satellite que de passer par l’intermédiaire de notre voisine céleste, la planète Mars.
- L’activité volcanique lunaire, nous l’avons vu, a ses partisans parmi les sélénogràphes pour expliquer les. changements signalés : citons parmi les objets lunaires où l’on a cru reconnaître une activité quelconque : Linné, les deux cirques Messier, Platon; un. cratère au nord-ouest d’Hy-ginus ; un point lumineux vu par Schrœter le 26 septembre ’l 788;; revu le lei janvier 1865 par Grover ; une fumée sur un petit cratère situé au sud de Posidonius vue par Millochau, à la grande lunette de Meudon, le 28 avril 1900, etc. Cependant aucune de ces observations n’entraîne la conviction absolue, il y a doute sur la réalité d’un changement.
- L’existence permanente de glace ou de givre sur la Lune parait impossible. Du fait du manque d’atmosphère, nous avions vu que les conditions rencontrées sur Terre à très haute altitude sont encore exagérées sur la Lune. M. Puiseux, dont on connaît la haute autorité pour tout ce qui touche à notre satellite, a montré que, depuis longtemps, la glace aurait disparu, par fusion et évaporation,
- i. Monlhly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. I.XXXF, n° 6, avril 1921.
- du sommet du Gaurisankar, sans les nouveaux apports annuels.
- A basse température, l’eau a encore une tension de vapeur sensible, comme on le voit ci-dessous.
- Température Tension de la vapeur d’eau
- - 20° ; : 96 :
- 15° I -"“,45
- . • 10° ' 2,lim, 16
- - 5° 5mm, 17
- 0° 4mm,58
- Ainsi il y aurait évaporation, ou plutôt « sublimation » de la glace ou du givre presque en permanence j1). Que serait-ce pendant l’ardeur du jour lunaire?
- Parler de nuages, de neige ou de minces cristaux de glace en suspension dans l’atmosphère si rare de la Lune, n’est-ce point négliger l’expérience bien connue du duvet et de la balle de plomb qui tombent également vite dans le vide?
- « Nous chercherions vainement ici, disent « MM.Lœwy et Puiseux dans la préface du XIe fas-« cicule de Y Atlas photographique de la Lune, « des calottes polaires distinguées par un éclat « spécial comme celles que la Terre et Mars offrent « à un observateur éloigné.... Or la Lune n’a pas « de calottes polaires. La teinte blanche revêt assez « impartialement les saillies, grandes et petites, « respecte dans leur voisinage immédiat des bassins « déprimés qui sont demeurés à l’état de taches
- -« obscures____Des teintes aussi variées ne sauraient
- « appartenir à un manteau glaciaire général, etc. »
- Relativement à la variation de la tache claire de Linné, M, Puiseux, comme nous le faisions remarquer dans notre étude de 1907, rappèlee plus haut, concluait que « la variation périodique, continue, « de la tache sous l’influence dès rayons solaires « n’est pas démontrée,: ni-même; vraisemblable ».
- L’hypothèse d’une entière congélation de là Lune, ajoutait M. Puiseux, déjà soutenue par un autre astronome, M. Ph. Fauth, a contre elle Ÿalbedo relativement faible du disque lunaire, comparable à celui des roches siliceuses de notre globe (*) ;
- On désigne par Yalbedo d’un astre, d’une substance, le rapport de la quantité de lumière diffusée dans toutes les directions par ' c,et‘ astre ou cette substance à la quantité de lumière incidente. D’après Russell, l’albedo de la Lune, est de 0,15. Or, si on le compare aux divers albedos suivants :
- Astre
- Àlbedo
- Corps
- Albedo
- Lune . . . ’. . 0,15
- Vénus ..... 0,75
- Mars.........0,21
- Jupiter. . . . . 0,60
- Nuages. . . . . 0,65
- Neige ..... 0,78
- Laves, Météorites. 0,15
- Granit rouge . . 0,54
- 1. Lorsque l’on étend du linge mouillé quand il gèle, le linge gèle et devient rigide. Si on le laisse à 1 air sans qui! dégèle, il finît par sécher. La glace s’èât évaporée, « sublimée ».
- 2. \! Astronomie, p. 457. ,
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- on voit que l’albedo moyen de Ja Lune a la valeur de l’albedo de la lave. Par contre, Vénus se rapproche des nuages, de la neige. Les photographies
- serait 0.78 devraient paraître éclatantes par rapport au reste.
- ÎVI. Pickering, on l’a vu plus haut, explique que
- Fig. 14. — Photographie de la surface lunaire obtenue avec le télescope Hooker de 2 m. 5o de VObservatoire du Mont-Wilson (États-Unis).
- Le cratère elliptique avec piton central; en haut et à gauche,près du bord de la photographie, est le cirque Tyc'ho, son diamètre est de 87 kilom. De ce cirque partent de très grands rayonnements blancs qui traversent, en tous sens, le disque entier de la Lune. On en voit un ici, traversant la photographie en diagonale, entre Tycho et l’angle inférieur droit de la figure, et séparant deux grandes plages sombres, la Mer des Nuées, à gauche et la Mer des Humeurs, à droite. On alu plus haut l’explication que donne l’astronome américain W.-H. Pickering de ces curieux rayons (attribués généralement à des pluies de cendres volcaniques emportées par le vent lorsque laLune possédait une atmosphère).
- Du côté gauche de la photographie, près du bord, la ligne blanche, étroite, est le Mur Droit, longue falaise verticale. Le grand pouvoir optique du télescope Hooker a transformé le Mur Droit en un Mur irrégulier, ondulé, beaucoup plus « naturel » que l’objet rectiligne représenté dans les anciens dessins.
- (fig. 10 et 11) sont particulièrement à leur place ici. L’albedo moyen de la Lune étant de 0,15, les parties recouvertes de givre et de neige dont l’albedo
- les gaz sortant des fissures lunaires coulent le long des pentes et occupent les bas-fonds. Un gaz, même à très faible pression, s’échappant dans un milieu
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- 300 LES MICROORGANISMES ANCIENS ET LA CHRONOLOGIE GÉOLOGIQUE
- raréfié ne se comporte pas comme un liquide non volatil,.il se détend et occupe tout l’espace libre, probablement, pour la Lune, l’espace interplanétaire.
- Conclusions. — Les théories de M. Piekering soulèvent une foule d’objections. La nécessité de faire tenir cette étude en quelques pages et le souci d’exposer un peu en détail les idées de cet astronome, font que ces objections, telles qu’elles sont résumées ci-dessus, sont 1res incomplètes et on peut dire limitées à une seule mention sans aucun développement.
- La Lune présente d’un jour à l’autre, dans toutes ses parties, des variations d'aspect considérables (fig. 12 et 13). Ces variations sont dues aux effets de lumière et d'ombre que produisent les rayons solaires sur tous les matériaux qui parsèment le sol lunaire, matériaux que nous ne voyons pas. Pour affirmer l’existence de modifications certaines sur la Lune, il faut tout d’abord éliminer les effets dus à la lumière elle-même. Pour cela, il conviendrait de
- LES MICROORGANISMES ANCIENS I
- A côté de la paléontologie proprement dite, des travaux de recherches plus délicats ont été entrepris avec l’aide des appareils microscopiques pour étudier les traces laissées par des êtres organisés dans les diverses assises géologiques.
- On connaît depuis longtemps les animalcules de la craie et les nombreux foraminifères dont les carapaces font la farine fossile, accumulée en dépôts puissants au fond des cuvettes d’anciens lacs tertiaires. C’est là d’ailleurs un phénomène continu qui se reproduit aujourd’hui et qui s’est produit jadis toutes les fois que se présentaient les conditions nécessaires à la vie de ces petits êtres, algues, foraminifères et microbes.
- Aujourd’hui, on voit dans les lacs de Suède se former journellement le minerai de fer spécial et très riche, composé de carapaces de foraminifères. Dans ce minerai, il n’y a pas traces de matières organiques proprement dites, c’est-à-dire de ces composés protéiques de carbone, d’hydrogène et d’oxvgène qui constituent les tissus des êtres vivants, avec des traces d’azote et de soufre pour les animaux au moins. L’animalcule a emprunté aux eaux ferrugineuses qui alimentent ces bassins un peu de fer qui s’y trouvait probablement à l’état de crénate de protoxyde de fer et provenait de l’action réductrice des eaux de tourbières sur les roches ambiantes ; la partie hydrocarbonée a sans doute servi d’alimentation à ce petit être tandis que le fer peroxyde formait la partie solide de la carapace.
- Quoique la température de ces bassins soit très voisine de 0°, comme l’eau en est transparente et peu profonde, aussitôt que la mort a fait cesser la lutte entre l’organisme et la destruction, le soleil a détruit la matière organique, et il n’est resté au fond de l’étang que les carapaces minérales, avec quelque peu d’argiles et de sables.
- Le phénomène d’attaque des pierres chargées de fer par les eaux de tourbières, est absolument général sous tous les climats : en France notamment on peut l’observer dans les tourbières établies sur les roches granitiques, et
- 1. A propos de La Nature, 17 septembre 1921, p. 85. Informations. Moississures dévoniennes.
- prendre des photographies (ou à défaut des dessins) des régions lunaires dans des conditions d’éclairage rigoureusement identiques (même azimut et même hauteur du Soleil sur la région considérée).
- L’énorme télescope du Mont-Wilson ne peut montrer sur la Lune d’objets inférieurs à 100 mètres, à l'extrême limite de la vision.
- Vouloir expliquer tout ce que l’on voit ou tout ce que l’on croit voir par des analogies avec des phénomènes terrestres, c’est faire preuve d’un anthropomorphisme exagéré, c’est s’exposer à de graves mécomptes.
- La croyance à la pluralité des mondes et à l’existence de la vie universelle, sous quelque forme que ce soit, a conquis aujourd’hui la plupart des astronomes et de tous ceux qui lèvent les yeux vers le ciel. Il se peut que la Lune soit encore un monde vivant et nous devons tout tenter pour le savoir-Mais il est encore trop lot pour l’affirmer. ,
- Em. Tocciikt.
- ' LA CHRONOLOGIE GÉOLOGIQUE ">
- au voisinage des prairies tourbeuses dont les eaux filtrent dans les grès rouges du Trias ou du Permien. C’est à ce travail naturel que sont dues les sources ferrugineuses comme celles de Luxeuil ou de Niederbronu où nous avons eu l’occasion de les voir de près.
- Dans les lacs des Vosges, dont M. Thoulet a étudié les boues, il a constaté que celles-ci se composaient surtout de carapaces siliceuses formées par les diatomées décomposant les silicates alcalins des roches granitiques porphyrisées par le travail d’érosion des torrents. Avec ces restes, on trouve un peu d’argile kaolinique, de même origine. C’est assez exactement la même chose que la farine fossile des anciens étangs tertiaires du plateau central, exploitée comme absorbant de la nitroglycérine pour faire la dynamite ordinaire.
- Dans le fond des mers, le travail de la période crétacée semble bien se poursuivre actuellement encore sans grand changement : outre les dépôts de sable quartzeux et d’argile, on y prélève en certains fonds des particules calcaires dont le centre est occupé soit par un grain de sable, soit par une carapace d’animalcule ou de végétal microscopique.
- Cette formation de dépôts calcaires est abondante surtout dans les mers chaudes ou elle est aidée par les innombrables débris des coquilles et des madrépores; notamment aux environs des atolls du Pacifique on a conscience que l’ère du Coral Rag n’a jamais été interrompue, sauf localement, quand des phénomènes tectoniques ont porté le fond de la mer au-dessus des eaux. Très vraisemblablement les dépôts des divers genres que nous venons d’examiner sommairement ont commencé à se former dès que les conditions climatériques l’ont permis, et seulement là où ces conditions ont été convenables à la vie.
- Rien donc d’étonnant à ce que M. Renault ait pu déceler des bactéries anciennes dans la houille, ou plutôt dans les strates schisteuses accompagnant les bancs de houille ; M. Roy Le Moore vient de trouver des traces de moisissures et de bactéries dans des vacuoles de pièces osseuses laissées par des mammifères (?) dans des couches dévonniennes;M.Walcotten avaitsignalé dans les couches
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- LES MICROORGANISMES ANCIENS ET LA CHRONOLOGIE GÉOLOGIQUE 301
- précambriennes, et cette constatation a jadis donné naissance à la fallacieuse théorie de l’origine des pétroles par la distillation des minuscules êtres vivants des époques géologiques très anciennes.
- Toutes ces découvertes sont fort intéressantes, mais elles comportent une observation générale de quelque importance : la classification des terrains géologiques a été faite assez exclusivement par lesgéologuesfrançais, anglais et allemands d’après les constatations faites pendant le xixe siècle sur les terrains de ces régions, et surtout sur le bassin franco-anglais. On a pu voir là, nettement la superposition de beaucoup de couches de terrains stratifiés ; on s’est rendu compte que, depuis les Vosges et le Plateau central jusqu’à la Manche, il s’e:t fait successivement et très régulièrement des dépôts en couches bien différenciés. Les roches inférieures ne présentent pas bien nettement le caractère de strates ; ce sont les granités et les gneiss dont la cristallisation a été expliquée par une demi-fusion hydrotheimale suivie d’un refroidissement lent.
- Au-dessus de ces étages profonds s’étagent successivement des couches de grès, de schistes, de calcaires, de marnes, caractérisées chacune par des ossements, des coquilles, des empreintes d’êtres vivants, d’organisations d’autant plus compliquées qu’on s’élève davantage dans la série des étages géologiques, c’est-à-dire au fur et à mesure qu’on se rapproche de l’époque moderne :'il n’y a pas eu de bouleversements généraux de la croûte solide du globe, dans nos régions, qui puissent laisser un doute sur Page relatif des couches superposées, et quand on rencontre un accident géologique qui les dérange, on reconnaît assez les terrains pour les remettre en ordre par la pensée.
- Dans nos contrées, les couches successives dénotent un abaissement de température du climat ou plutôt des eaux de la mer. Les roches jadis fondues ou mi-fondues représentent évidemment une époque où aucune vie n’était possible, et il est naturel qu’on n’v trouve aucune trace d’êtres vivants d’aucune sorte : mais bientôt ils font leur apparition dans les schistes, comme le prouve la découverte des résidus d’organismes trouvés par M. Walcott dans les terrains qu’on a nommés précambriens; ultérieurement se sont formés d’autres dépôts avec d’autres êtres, et déjà la catégorie dite terrains houillers ressemble assez par ses végétaux terrestres à ce que nous voyons aujourd’hui dans les climats tropicaux pour qu’on puisse admettre que, dans nos régions, il y avait alors des parties émergées où le climat se. rappro-* chait beaucoup de celui de la zone torride actuelle, c’est-à-dire avec des maxima ne dépassant guère 60° au soleil et des minima supérieurs à 20°.
- Cette similitude de flore et par conséquent de températures, ne fait donc pas du tout la simultanéité dans le temps : l’époque houillère, dès longtemps terminée sous le 45e parallèle continue aujourd’hui aux environs de l’équateur,’et rien ne dit que ses débuts n’ai'ent pas été chez nous antérieurs à l’apparition de la flore correspondante et caractéristique sous l’équateur; et d’autre part on peut regarder comme certain que les terrains houillers du Spitzberg sont de beaucoup antérieurs aux couches de même nom du bassin anglo-français, peut-être contemporains d’une partie de nos roches cristallines.
- Les dicotylédonées qui ont fait leur apparition dans nos régions dès le jurassique se montrent à peine dans les pays équatoriaux et même refusent assez généralement d’y vivre ou de s’y reproduire. 11 en est d’ailleurs
- de même des végétaux tropicaux qu’on veut acclimater en pays tempérés, et qui ne peuvent fructifier un peu que dans des serres leur assurant la température de leur climat d’origine.
- La faune a des allures beaucoup plus capricieuses que la flore, en raison sans doute de la faculté d’émigration et d’acclimatation : cependant celle des pays chauds est très différente de celle des autres climats, et certains animaux tropicaux nous apparaissent comme des survivants d’époques anciennes, tels l’éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame. On doit citer le nautile comme un de ceux qui ont persisté depuis des temps fort reculés.
- Enfin, pour les petits êtres vivants, dont quelques-uns sont assez gros, les nummulites par exemple, leurs caractères sont trop variables pour qu’il y ait à chercher à en faire une classification dans le temps : leur développement et leurs variations dépendent de circonstances multiples et inconnues. Ce qui leur est spécial, c’est la prodigieuse rapidité de leur multiplication là où les 'Conditions leur sont favorables, et la rapidité aussi de leur anéantissement, ne laissant après la mort que les parties minérales qu’ils s’étaient appropriées pendant la vie. C’est celte constatation facile à faire partout, qui rend inadmissible la thèse de la production d’hydrocarbures par la distillation de ces êtres : ils ne sont jamais enfouis dans le sol avec des traces de matières vivantes. Ce qui en reste, ce sont des moulages contournant quelquefois les parties pierreuses du cadavre, et encore pas toujours, car on rencontre beaucoup de fossiles qui sont seulement des pseudomorphoses, dans lesquelles le calcaire ou le phosphate de chaux on-t été remplacés par la silice, molécule à molécu'e et qui conservent la structure des parties disparues, tandis que les vides laissés par les matières organiques ont été remplis de calcaire, d’argile ou de silice.
- L’erreur commise par les géologues sur la possibilité d’enfouissement des composés organiques parait provenir de deux causes : l’une, c’est l’odeur infecte que répandent beaucoup de marnes calcaires quand on les frappe à coups de marteau : ces marnes étant souvent fossilifères, on a attribué l’odeur à des pourritures cadavériques, bien que ce soit celle des naphtes. Mais l’odeur est la même pour les asphaltes où il n’y a pas de fossiles, et, dans les deux cas, un traitement par les essences chaudes permet d’extraire le goudron puant.
- L’autre, c’est l’examen des tourbières dans lesquelles subsiste la cellulose d’ancienne date ; mais si on pousse l’étude plus loin, ou reconnaît qu’il faut des circonstances très spéciales pour assurer cette conservation incomplète, et qu’il n’y a d’ailleurs là aucune trace des petits organismes similaires à ceux qu’on rencontre dans tous les bancs de schistes.
- Et pour nous résumer, disons que les restes de nature minérale ou les moulages et pseudomorphoses d’êtres vivants se rencontrent et doivent se rencontrer partout où la vie a été rendue possible par les circonstances ambiantes. Si on en trouve dans un terrain classé géologiquement comme cambrien, dévonien, etc., c’est que ces couches ont été formées à une époque où il y avait, par plages au moins, des localités permettant l’existence de ces êtres, et qui peuvent être contemporaines soit de nos micaschistes, soit des terrains secondaires.
- La chronologie géologique basée sur la faune et sur la flore n’a aucune valeur en dehors d’une région très restreinte, pas plus que la chronologie basée sur l’examen des rochers. Effèhe.
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- 302 :
- MONTAGE DES BANDAGES DE CAMIONS
- Fig. i.
- Préparalion^du montage d’un bandage sur une roue.
- Fig. 3. — Démontage d’un bandage.
- Fig. 2.
- Montage d’un bandage.
- On sait que pour les voitures automobiles ordinaires le montage de la chambre à air et du pneumatique est chose relativement facile, d’ailleurs l’emploi de roues et de jantes amovibles permet de faire ces opérations au garage, sans être obligé de les effectuer sur une roule, souvent à la tombée de la nuit alors qu’on est pressé de regagner sa de meure.
- Pour les poids lourds on n’utilise le pneumatique que pour des charges relativement peu élevées, à moins de recourir à des pneus monstres qui ne constituent pas une économie.
- On prend donc le bandage plein et on a cherché longtemps au début à réaliser simplement ce bandage sur la roue du camion, finalement on est arrivé à la solution actuelle qui constitue à fixer le caoutchouc sur une armature en acier, grâce à l’intermédiaire de l’ébonite qui s’encastre dans les rainures de l’anneau d’acier et qui forme corps avec le caoutchouc plein du bandage.
- Ceci constitue une jante amovible que l’on place à force sur la roue du camion, laquelle est garnie d’une fretle en acier ; il paraît assez évident que pour effectuer les opérations de démontage des bandages usés et du montage des bandages neufs, il faille recourir à des pressions formidables, qu’on ne peut obtenir que par une presse hydraulique.
- Ces presses fonctionnent suivant le principe de
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- LE PARFAIT DOMESTIQUE
- 303
- Pascalbien connu et les plateaux sont spécialement agencés ; ils comportent des rainures dans lesquelles on dispose des cales pour supporter le bandage ou la roue, suivant l’opération qu’on veut faire.
- Pour le démontage, la roue est soutenue par des mors inférieurs et le plateau supérieur appuie sur le bandage qu'il chasse de Iaroue au moyen de segments en acier et de cercles ajustables, etc...
- L’opération du montage se fait de la môme façon, le bandage est placé sur la roue et le plateau supérieur l’enfonce directement de manière qu’il soit placé tout entier sur la Irette ; pour faci-
- Mors supérieur Ym EbonitÈ ^ Ame
- Cercle de frelte
- Mors inferieur
- Fig. 4. — A gauche, montage d‘\
- liter cette opération, les parties en contact sont enduites au préalable d’un corps gras : vaseline, graisse consistante, etc...
- Généralement la presse hydraulique à bandage
- LE PARFAIT
- L’emploi judicieux du moteur électrique permet de l’appliquer à des travaux nombreux et commodes dans la maison si souvent en difficulté avec le personnel domestique. Nous avons déjà décrit plusieurs modèles d’appareils employés et tous partent naturellement d’un moteur plus ou moins puissant qui actionne des organes divers.
- Un de nos abonnés, M. Marcou, de Versailles, a étudié et mis au point un dispositif ingénieux de moteur actionnant un flexible que l’on a pu voir au concours Lépine de celte année.
- Le nom seul de l’appareil Le Parfait domestique » est tout un programme et indique dans quel
- comporte un palan qui permet de manœuvrer facilement les roues lourdes et les bandages pesants afin de les disposer sur le plateau de la presse.
- La pompe est le plus souvent spéciale pour chaque presse, même si dans une seule installation on disposait de plusieurs presses ; on évite ainsi l’emploi d’un accumulateur dépréssion. D’ailleurs un dispositif de sécurité, une soupape, permet automatiquement de supprimer l’action de la . pompe quand la pression atteint des valeurs dangereuses. Ces presses hydrauliques sont aujourd’hui indispensables pour toutes les entreprises de transports automobiles un
- ^ —Mors supérieur
- Cercle de freite
- Gomme élastique Ebonite' / Ame
- Mors inférieur—
- n bandage; à droite, démontage.
- peu importantes, pour les ateliers de réparation de poids lourds et en gënéraldans tous les endroits où le montage et le démontage des bandages de camions doit se laire fréquemment. P, Maréchal.
- DOMESTIQUE
- but il a été établi. Le moteur a une puissance de 4/8 de cheval et il comporte un rhéostat pour régler la vitesse de rotation. Placé sur une petite table, le moteur a son rhéostat actionné soit par pédale, soit par un levier qui permet em plus de stabiliser le moteur à la vitesse voulue. /
- Le moteur électrique actionne par une courroie un petit arbre au bout duquel est monté le flexible. Cette disposition pourrait surprendre, car on pourrait lui préférer le montage direct du flexible sur l’arbre du moteur; cependant elle est plus avantageuse, car de cette façon on évite la rupture du flexible et le moteur peut être utilisé seul à d’autres emplois.
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- 304 . ........ = LE PARFAIT DOMESTIQUE
- Fig. i. — Polissage d'une Jonche.
- Enfin avec un arbre intermédiaire, on peut éta- i ger des poulies de différents diamètres, on peut j aussi croiser la courroie; tout cela rend plus facile j les variations de vitesse et le changement du sens i de la marche. A l’exlrcmité mobile du flexible, on monte un porte-outil très simple qui forme poignée. Cette poignée porte à chaque extrémité un roulement à billes.
- Les deux roulements servent de paliers à un tube d’acier qui est solidaire du flexible.
- La partie libre du tube est fendue et tous les outils de travail sont munis d’une lige qui rentre exactement dans le tube. De plus cette tige est munie d’une arête qui s’ajuste dans la fente du tube, ce qui permet l’entrainement de l’outil par le flexible. Un doigt flexible articulé sur le tube peut se rapprocher de ce dernier au moyen d’une bague qui coulisse sur le tube et le doigt coudé vient se placer alors dans un trait de scie préparé sur la lige de l’outil qui, de cette façon,ne peut sortir du tube.
- Les outils ou instruments de travail sont des plus variés. Actuellement ceux employés par M. Marcou sont les suivants :
- Drosse à habits (crins). Brosse à chaussures (crins). Brosse à reluire (rondelles de draps). Brosse à argenterie (laine collée sur mandrin de bois). Brosse à couteaux (feutre collé sur mandrin de bois). Brosse à récurer les casseroles (fibre ou tapis brosse). Brosse à râper (carde collée sur mandrin de bois). Brosse à décaper (fils de cuivre). Fouet pour battre les œufs, crèmes, etc. Mandrin porte-forets avec support permettant la transformation en perceuse « sen-
- Fig. 2. — Nettoyage d'une chaussure.
- sitive ». Mandrin pour papier de verre ou toile-émeri. Meule.
- D’autres appareils sont en préparation, nous a dit l’inventeur, par exemple :
- Moulin 'a café. Hache-viande. Appareil à peler les pommes de terre. Pétris-seuse pour pâtisserie ou purées. Baratte. Appareil de massage, etc.
- Ainsi qu’on le voit, cet appareil permet de répondre à un grand nombre d’usages domestiques ou d’atelier et il mérite parfaitement le nom qui lui a été donné.
- Ce dispositif fonctionne actuellement depuis plus d’un an et donne toute satisfaction sans occasionner de bris de flexible, bien que l’appareil, au dire de M. Marcou lui-même, en ait vu de dures aux mains de son fils que l’on voit sur les photographies et qui ne tient pas toujours compte de la recommandation faite : « Soyez bon pour le parfait domestique ». E. Weiss.
- Roulement à bille
- i
- Fi! ressort
- Tube fendu
- Fig. 3.
- Dispositif pour le montage de Voutil.
- Le Gérant : P. Massok. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fieurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2484. z=================r======^ 12 NOVEMBRE 1921
- LA TAILLERIE DE DIAMANTS DE VERSAILLES
- Fig. i.
- La taillerie de diamants “ U Amsterdam ”, à Versailles.
- Le Ministre du Travail, M. Daniel Vincent, a récemment inauguré la taillerie de diamants, que MM. Joseph,
- Louis et Elie Asseher viennent de faire édifier aux portes de Versailles (fig. 1) dans le but de développer en France une industrie monopolisée jusqu’ici presque exclusivement par Anvers et Amsterdam.
- Dans cette usine, dont l’aspect extérieur ressemble à un château de style hollandais, avec ses briques roses et blanches, ses larges baies vitrées éclairant de coquets ateliers, les ouvriers trouveront les meilleures conditions d’hygiène et de confort tandis que, grâce aux machines perfectionnées mises à leur disposition, ils pourront exercer avec précision et rapidité leur lucratif métier.
- Les promoteurs de celte entreprise ne manquent ni d’audace, ni d’initiative, ni d’habileté professionnelle et ils méritent de réussir là où tant d’autres échouèrent. En effet, depuis le célèbre Hermann et ses « artificieux » confrères qui selon le chroniqueur Guillebert de Metz, taillaient les « diamants de diverses formes » à Paris dès 1407, les tentatives faites pour implanter cet art dans notre ville furent vaines bien que vers 1640 Mazarin essaya de lui redonner de l’impulsion. L’éminent homme d’état attira dans la Capitale un certain nombre de spécialistes hollandais qui travaillèrent bientôt pour toutes les cours d’Europe et auxquels il confia les’ 12 plus gros diamants de la Couronne de France afin de les retailler. Mais après la mort
- du Cardinal, l’atelier se dispersa et petit à petit la nouvelle industrie déclina, si bien qu’il restait seulement 75 spécialistes dans la région parisienne à la fin du xvmc sièole. Toutefois Calonne tenta de ressusciter l’art de la taille du diamant, grâce à un étranger nommé Schrabacq qu’il subventionna pour installer 27 meules au faubourg Saint-Antoine. Ce technicien fit quelques nouveaux élèves, mais disparut brusquement au moment des troubles révolutionnaires. Depuis lors, malgré les efforts successifs de LelongBurnet en 1848, de Philippe aîné en 1852, de Roulina en 1860 et 1872, on ne rencontra plus à Paris que quelques diamantaires isolés.
- MM. Asseher se proposent de renouer une tradition séculaire et de continuer, dans la paix, l’entente franco-hollandaise dont ils se montrèrent, durant le conflit mondial, de si chauds partisans en venant en aide à nos blessés. Ils réservent effectivement une large place, dans leur nouvelle taillerie aux orphelins de guerre. Pénétrons donc dans « l’Amsterdam » versaillais, en nous arrêtant d’abord dans le bureau des experts émérites qui examinent les diamants bruts, d’abord à l’œil nu, puis à la loupe, pour se rendre compte des « crapauds » et autres défauts susceptibles de les déprécier. Sauf les petits cristaux, rares en 20. — 505.
- Fig. 2. — Le clivage. 49' Année. — 2' Semestre-
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- Fig. 3. — Le sciage.
- effet sont les diamants qu’on peut tailler sans les scier au préalable en un certain nombre de fragments, possédant une limpidité suffisante pour leur utilisation en joaillerie. Aussi le travail des diamants comporte quatre séries d’opérations : le clivage, le sciage,, le débrulage et le polissage ou taille proprement dite.
- Nous allons suivre dans les divers ateliers de la maison Àsscher nos diamants exa-, minés,, puis marqués au pinceau de signes particuliers, destinés à fournir des indications aux cliveurs ou aux scieurs. Los premiers commencent à les cliver, c’est-à-dire à diviser mécaniquement les lamelles cristallines superposées qui constituent le dia^-mant. Pour opérer ce clivage (fig. 2), l’ouvrier doit non seulement posséder un coup d’œil remarquable, mais être un cristallographe accompli, capable de distinguer les a fils de la pierre » pour parler la langue professionnelle ou, en d’autres termes, les facettes planes suivant lesquelles s’orientèrent les molécules pendant leur cristallisation. Le clivage se pratique de la façon suivante, Après avoir assujetti, à l’aide d’un ciment fusible, un diamant très pointu à l’extrémité
- d’un manche en bois, le cliveur dispose, de la même manière, le diamant à travailler au bout d’un bâton identique au précédent, puis avec le premier il fait une entaille dans la partie de la gemme qu’il désiré détacher et il y introduit un fort couteau d’acier sur lequel il frappe un coup sec.
- Le diamant se partage en deux fet l’ouvrier répète l’opération autant de fois qu’il le faut.
- Fig. 4. — Le débrutage au tour.
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- LA TAILLERIE DE DIAMANTS DE VERSAILLES ====== 307
- Fig. 5. — Une batterie de tours' à scier le diamant.
- Cependant on scie les pierres qui renferment beaucoup de défectuosités mais que leur « sens >) ne permet pas de cliver, car le fil ou « sens » n’étant pas le même pour le clivage que pour le sciage, on rencontre parfois certaines gemmes sur lesquelles on pratique les deux opérations. On scie également des pierres qui, par suite de leur épaisseur, subiraient de trop grandes pertes au cours de la taille. On se sert pour le sciage de rondelles circulaires en bronze phosphoreux ayant 6 à 8 centimètres de diamètre et seulement quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur. On les tire de feuilles laminées qu’on débite d’abord en petits carrés, puis qu’on perce au milieu et qu’on arrondit ensuite au tour. On serrechacune de ces scies entre deux disques
- Fig. 6.
- Le polissage ou taille.
- d’acier d’un diamètre un peu moindre et qu’on monte par série de 15 sur un axe commun tournant très rapidement. Ce mouvement les met en contact avec de petits cylindres d’acier fortement imprégnés de poussière de diamant. Par suite du frottement et, vu le peu de dureté du bronze, la masse diamantaire pulvérulente pénètre légèrement la surface périphérique des scies circulaires qu’on installe alors sur des tours spéciaux destinés à maintenir la gemme 'a couper dans une position fixe. Comme la vitesse de rotation atteint 4 à 5000 tours à la minute, le sciage s’opère avec une grande régularité.
- Devant les bâtis de sciage, on voit dans cet atelier un tour à poudrer (fig. 3), sur lequel on met les scies avant usage afin qu’elles s’imprègnent de poudre de diamant sur leur pourtour. D’ailleurs l’homme préposé à la conduite des scies passe de temps en temps, sur leur pourtour, au moyen d’une molette, un peu de poudre de diamant mélangée d’huile afin de faciliter le travail de l’outil (fig.- 5).
- Après le clivage ou le sciage, les diamants subissent le débrutage. C’est un premier polissage assez grossier qui s’opère soit à la main, soit au tour. Dans le premier cas, le débruteur frotte l’un contre l’autre deux diamants, enchâssés comme pour le clivage, chacun à l’extrémité d’un manche en bois. Pour exécuter ce travail nécessitant un effort considérable, le débruteur met dessus une petite boîte, destinée à recueillir la précieuse poussière produite par l’usure des deux diamants. Mais dans la taillerie versaillaise, on l’exécute le plus souvent à la machine (fig. 4). Selon cette méthode on rend l’opération moins pénible et surtout plus rapide en montant l’un des diamants sur la tête
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- dun mandrin spécial. L ouvrière appuie l’autre diamant emmanché surun grand burin et l’approche de la gemme enchâssée sur le tour. Elle s’arrête quand son diamant a acquis un brillant mat et une forme voisine de celle que le polissage ou taille achèvera de lui donner.
- Les polisseurs ont besoin, pour cela, d’un outillage varié. Ils commencent d’abord par mettre les gemmes ébauchées dans des « dopps », petites cupules en cuivre soutenues par une tige de même métal et destinées à les maintenir dans une position fixe au cours du travail. Au moyen d’une flamme de gaz, ils chauffent dans chacune de ces coquilles métalliques un alliage de plomb et d’étain, puis, quand le bain entre en fusion, ils y enfoncent la pierre à polir de manière que la face à user émerge seule de la masse pâteuse. Dans les ateliers de l'Amsterdam, un sertisseur alimente en dopps 4 ou 5 polisseurs et il répète la'même opération, environ 200 fois par jour. Aussi les poussières de plomb qui imprègnent constamment les doigts de ces ouvriers et les vapeurs qu’ils respirent pendant le chauffage de l’alliage métallique finissent par les intoxiquer. Le luxe engendre parfois des maux insoupçonnés! Nos jolies mondaines en paradant au théâtre ou dans un salon ne se doutent certes pas que leurs rivières de diamants ont tué peut-être le pauvre sculpteur de leur étincelant bijou !
- En revanche, les polisseurs au plateau (fig. 6), ne risquent pas leur santé comme leurs camarades surtout dans les locaux spacieux, clairs, et bien ventiles de la taillerie versaillaise. Confortablement assis devant un établi appelé « moulin » en termes
- L’INDUSTRIE
- Le pétrole et ses dérivés gazeux ou solides se sont placés depuis quelques années, et notamment depuis la guerre, au premier plan de l’actualité. La France ne possède pas encore sur son territoire métropolitain d’importantes exploitations pétrolifères, mais elle occupe une place notable dans l’industrie d’un dérivé solide du pétrole que chacun connaît, nous voulons dire l’as-pliulte.
- L’asphalte, que l’on nomme parfois, mais improprement « bitume », est utilisé principalement au revêtement des chaussées et des trottoirs dans les artères principales des grandes villes. Cet usage est fort important. A Paris, le pavé de bois lutte contre la chaussée d’asphalte, mais à Londres, à Berlin, et dans mainte autre ville où la circulation des véhicules est intense* l’asphalte est employé presque seul. La consommation annuelle d’asphalte était avant la guerre de l’ordre de 400 000 tonnes. Nous nous proposons de donner quelques indications sur la nature de ce produit, 'son extraction et son emploi.
- 1 a) Nature de l’asphalte. — L’asphalte est une ‘roche calcaire naturellement imprégnée de bitume. Ou sait que le'bitume -est une matière nuire qu’un regarde généralement comme un produit d’oxydation des huiles
- DE L’ASPHALTE 1 ..
- techniques, ils commencent par fixer la lige support du dopp dans une pince à vis spéciale, puis ils pressent la face de la gemme à tailler contre une meule horizontale en fonte de fer recouverte d’huile d’olives et dépoussiéré diamantée. Ce mélange s’infiltre petit à petit dans le métal de la meule et avec la poussière microscopique provenant de l’usure de la pierre précieuse, constitue une sorte de a lime à diamant » qui, animée d’une vitesse de 2400 tours par minute, va assez vite en besogne. De temps en temps au cours de l’opération, chaque ouvrier doit vérifier les résultats obtenus ; il se sert pour cela d’une loupe qui lui permet de se rendre compte des stries produites par l’usure et qu’il lui faut faire disparaître (fig. Ü). Quand il juge le polissage d’une face achevé, il enlève le dopp de sa pince et le repasse au sertisseur. Celui-ci le porte à nouveau sur le bec Bunsen pour ramollir l’alliage qui emprisonne le diamant, puis le ressertit dans la masse pâteuse en mettant au jour un autre plan de la pierre. Cette facette subit alors un polissage identique et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait réalisé la forme désirée pour la gemme.
- Telles sont, rapidement résumées, les différentes opérations qui s’exécutent actuellement dans les ateliers de « V Amsterdam)), à laquelle nous souhaitons de devenir bientôt l’égale des puissantes tailleries néerlandaises. Puissent la plupart des diamants bruts de l’Afrique du Sud, du Brésil ou des Indes venir se débarrasser de leur gangue grossière dans la ville du Grand Roi et y raviver leurs feux, grâce à l’habileté des tailleurs versaillais.
- Jacques Boyeu.
- ; L’ASPHALTE
- de pétrole. La proportion de bitume dans les calcaires asphaltiques est toujours faible. La teneur maxima dans les chantiers actuels du gisement français de Seyssel (Ain), que nous décrirons plus loin, ne dépasse pas 8 pour 100. La teneur normale des produits marchands y est de 7 pour 100 et la teneur minima au-dessous de laquelle ne se poursuit pas l’exploitation dans les circonstances présentes est de 2 pour 100 ; dans les gisements étrangers, la teneur en bitume ne dépasse pas 10 pour 100.
- La façon dont le bitume imprègne le. calcaire varie avec les gisements. A SeysseJ,l’imprégnation est intime : le bitume est pour ainsi dire dissous d’une façon homogène dans la roche. Dans d’autres gisements, comme celui de Pont-du-Château près de Clermont-Ferrand, le calcaire est traversé par une infinité de minces fissures qui le divisent en granules et que le bitume est venu boucher. L’imprégnation, tout en restant régulière, est moins homogène. Dans d’autres mines enfin, le calcaire asphaltique est finement stratifié et les couches imprégnées sont séparées par des feuillets continus de calcaire absolument blanc.
- b) Gisements d’asphalte. — Les gisements d’asphalte exploités sont peu nombreux et se trouvent tous en Europe. Les principaux sont :
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- L’INDUSTRIE DE L’ASPHALTE
- En France : les mines de Seyssel (Ain), de Servas et de Saint-Jean-de-Marvejols (Gard), de Pont-du-Château.
- En Suisse : Les mines de Val-de-Travers (canton de Neuchâtel).
- En Italie : les mines de Ragusa (Sicile).
- L’Allemagne possède quelques mines à Limmer, dans le Hanovre, et à Lobsann, près de Mayence, assez pauvres et peu importantes. Il en est de même de l’Espagne.
- Le gisement que nous décrirons sommairement est celui des mines de Seyssel. Elles sont situées sur les rives du Rhône, à flanc de coteau, dans la partie très accidentée du cours de la rivière qui sè développe en aval de Bellegarde. A 2.km de distance, et en amont, se trouve le village de Génissiat où l’on se propose d’établir un énorme barrage de 70 m de haut pour capter l’énergie du Rhône. Les calcaires imprégnés sont d’âge secondaire (période infracrétacée) et présentent le faciès dit urgonien. Les couches imprégnées sont parallèles, peu inclinées, et séparées par des bancs du même calcaire non imprégné. L’imprégnation est assez irrégulière : sa couleur est d’un brun foncé tandis que le calcaire naturel est presque blanc. Son épaisseur varie de 2 à 12 m. En coupe verticale, elle présente l’aspect de lentilles très allongées. En projection horizontale, l’imprégnation dessine des taches de forme capricieuse, dont l’une, par exemple, dessine un fer à cheval de 300m. de diamètre environ. L’imprégnation ne s’est pas strictement limitée aux terrains calcaires. Ceux-ci sont surmontés de couches sableuses dans lesquelles se trouvent également des traînées bitumeuses. Mais ces produits n’ont pas de valeur marchande pour le moment.
- Quelle est l’origine de ces gisements ? Ont-ils été autrefois des gisements de pétrole? Ne sont-ils pas les indices révélateurs de couches pétrolifères profondes? Questions fort intéressantes; fort importantes même au point de vue pratique, mais auxquelles il est difficile de répondre autrement que par des hypothèses. Il serait indispensable pour les résoudre d’effectuer des travaux de sondages à grande profondeur, travaux d’un succès incertain et d’un prix très élevé. Les faits connus sont peu nombreux. Divers sondages ont été forés dans la région, mais plus en aval. L’un d’eux, situé à Yaux, à peu de distance d’Ambérieu en Bugey, vient même de donner lieu à un dégagement important de gaz combustibles (août 1921). D’autre part, on peut apercevoir par endroits, dans le gisement de Seyssel même, des colonnes verticales d’imprégnation qui décèlent l’origine profonde de l’asphalte.
- On n’a pas encore réussi à appuyer sur ces faits une synthèse scientifique présentant une grande certitude. Les aspects divers de l’imprégnation bitumineuse ont conduit M. Léon Malo, ancien directeur des mines de Seyssel, à formuler l’hypothèse que les gisements d’asphalte, actuellement exploités, appartiennent à deux types différents : dans les uns, l’imprégnation se serait faite à travers les’roches dans la situation qu’elles occupent actuellement. L’imprégnation y est alors homogène. M. Malo a donné à ces gisements le nom de gisement de première main. Les mines de Seyssel, de Pont-de-Château, du Val-de-Travers, de Lobsann appartiendraient à cette catégorie.
- Dans les autres, qui sont dits gisements de deuxième main, le calcaire asphaltique serait un dépôt sédimen-taire provenant de l’érosion d’un dépôt de première main. On s’explique difficilement, en effet, d’une autre façon comment des intercalations minces (quelques millimètres), de calcaire parfaitement vierge peuvent séparer
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- d’une manière continue des feuilletsfortementimprégnés.
- A cette catégorie appartiendraient les mines de Ragusa, Servas et Saint-Jean-de-Marvejols.
- Dans la concession de Seyssel, l’allure de l’exploitation est moins celle d’une mine que celle d’une carrière souterraine, Les galeries normales s’ouvrent à flanc de coteau. Elles sont larges, hautes de 2 m. et creusées à même le calcaire, sans boisage. On n’a recours au boisage que dans la traversée de travaux anciens.
- Comme dans toutes les mines dont.la clientèle est très spéciale, le tonnage extrait annuellement est variable.
- 11 s’élève notablement lorsque les municipalités entreprennent de grands travaux neufs, et s’abaisse au contraire lorsqu’elles se bornent à l’entretien ordinaire de leurs chaussées. En 1920, la production a été d’environ 5000 tonnes. Avant la guerre, elle s’était élevée jusqu’à 15 000 tonnes vers 1890 et vers 1910.
- Les mines qui avaient la plus grande production avant 1914 étaient celles de la Sicile.
- c) Traitement de 1 asphalte. — Les quartiers de roches abattus à coup de mine contiennent à la fois du calcaire asphaltique et du calcaire ordinaire non imprégné. On procède sur place à un premier tri à coups de marteau. Le calcaire ordinaire ainsi séparé sert à remblayer les vides causés par l’exploitation et empêche de la sorte les tassements du terrain surmontant la mine.
- Au sortir des galeries on procède à un deuxième tri, qui divise l’asphalte en deux catégories dites de premier choix et de deuxième choix. L’asphalte de premier choix a une teneur de 7 pour 100 en bitume. Il se distingue par sa couleur sombre d’un brun chocolat. Il est presque directement utilisable. On se contente de lui faire subir une simple, pulvérisation .et de .le. mélanger avec d’autres asphaltes un peu plus riches, mais sans lui ajouter aucun produit nouveau;
- L’asphalte de deuxième choix a une teneur de 5 à 5 pour 100 en bitume. Il se distingue par sa couleur plus claire et la présence de fragments de calcaire stérile. 11 est trop pauvre pour être utilisé sous cette forme. Il est nécessaire d’élever sa teneur en bitume. On va même dans cette voie jusqu’à un taux supérieur à celui des asphaltes de premier choix et atteignant 12 à 15 pour 100. On y parvient simplement en mélangeant intimement l’asphalte de second choix avec une quantité supplémentaire de bitume pur (10 pour 100 environ). Ce bitume provient principalement de l’ile de la'Trinité. On utilise aussi des bitumes artificiels résultant delà distillation de certains pétroles comme ceux du Mexique ou de l’Alsace (Pechelbrorin).Le bitume se présente en tout cas sous la forme d’une masse noire et solide, très facilement fusible.
- On commence par réduire l’asphalte en poudre fine au moyen de broyeurs Karr. Ces appareils sont constitués par deux cages d’écureuil concentriques, à gros barreaux, et tournant en sens inverse l’une de l’autre. On laisse tomber l’asphalte en blocs sur la surface extérieure de la plus grande cage et les barreaux frappent sur la roche comme autant de marteaux. Le mélange de la poudre de deuxième choix avec le bitume s’effectue dans des cuves cylindriques à axe horizontal, à l’intérieur desquelles tourne une palette de brassage. Le bitume liquide porté à une température de 120° environ, est versé au préalable dans la cuve et on ajoute progressivement des portions d’asphalte de deuxième choix. L’opération dure 6 heures. Le produit obtenu s’appelle le mastic d’asphalte. C’est une masse noire et fragile plus dure que le calcaire asphaltique.
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- d) Emploi de l’asphalte. — L’asphalte s’emploie sous trois formes différentes : l’asphalte comprimé, l’asphalte coulé, les carreaux d’asphalte.
- L’asphalté comprimé donne les revêtements les plus résistants et les plus élastiques. Aussi les chaussées asphaltées sont-elles toujours établies en asphalte comprimé. La matière employée est l'asphalte de premier choix. On commence par construire une couche de fondation en béton épaisse de 20 à 25 cm. Quand elle est:bien sèche, on répand sur elle une couche d’asphalte pulvérisé chaud que l’on agglomère par un damage minutieux.* : ‘ ! . . - ! -T i : '
- La poudre a été préalablement chauffée vers 120° dans des chantiers spéciaux et amenée dans des voitures sur,les lieux d’utilisation. On en dépose une couche de 9 cm environ qui est ramenée par le damage à 5 cm. L’agglomération fournit une couche monolithe imperméable et constituant un excellent intermédiaire élastique entre les véhicules et la couche rigide de béton sous-jacente. Ce travail réclame le concours d’ouvriers expérimentés munis d’un matériel spécial. Les équipes de ces spécialistes étant peu nombreuses, leur transport à pied d’œuvre est assez coûteux. Aussi l’emploi de l’asphalte comprimé n’est-il à recommander que si les surfaces à revêtir sont considérables. L’asphalte coulé et les carreaux d’asphalte ne présentent pas cet inconvénient mais, par contre, ils ne sauraient prétendre à fournir des
- chaussées comparables par leur résistance aux chaussées d’asphalte comprimé.
- L’asphalte coulé s’applique sur les trottoirs. La matière employée est du mastic d’asphalte auquel on ajoute 60 pour 100 de graviers. La matière est amenée à l’état solide et fondue sur place dans des chaudières que chacun connaît. L’application se fait sous une épaisseur de 2 cm 5 environ.
- Les carreaux d’asphalte présentent l’avantage d’une mise.en place facile. Leurs dimensions sont variables; oh'en fait couramment qui ont environ 20 cm de côté et 4 cm d’épaisseur, d’autres ont les dimensions des pavés de bois employés à Paris. Leur emploi ne s’est pas encore répandu autant que celui des deux formes précédentes de l’asphalte. On pourra voir à Paris, comme spécimen de pavage en carreaux d’asphalte, le square de l’Opéra et la rue des Italiens ainsi que certains quais des gares du Nord et de l’Est.
- Les carreaux s’obtiennent en agglomérant l’asphalte en poudre sous une forte pression. Les machines employées sont des presses présentant quelque analogie avec celles qui fabriquent les agglomérés de charbon, mais la pression y est beaucoup plus élevée et atteint, 250 kg par centimètre carré. La commande de ces presses est hydraulique. Quand les carreaux sont mis en place on coule par dessus un lait de chaux destiné à remplir les minces intervalles qui les séparent.. Ph. S.
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- Systèmes à roues, à aubes ou à turbines. — Les installations marémotrices qui utilisent soit des roues à aubes ou des turbines ont en général leur machine actionnée par une chute d’eau obtenue par accumulation des eaux de là mer dans des réservoirs de grande capacité.
- La première usine de ce genre, imaginée à Dunkerque par le maître-charpentier Perse et appelée par lui du nom de « moulin à marées », consistait essentiellement en six meules qui « tournaient par le moyen de la mer ».
- Pendant une partie du temps que durait le flot, l’eau faisait tourner la roue à aubes environ durant 4 h. 50, puis cette dernière cessait de fonctionner 1 h. 30 avant que la mer ne soit étale, pour ne recommencer à tourner que 1 h. 30 après, De nos jours, il existe encore quelques-unes de ces installations qui fournissent économiquement la force motrice à certaines petites industries, en particulier à la minoterie,^ citons par. exemple celle de M. Vincent Sado. Le moulin du Quinard, situé à Saint-Jouan-des-Guérets (Ille-et-Vilaine) à l’embouchure de la Rance, développe une puissance màxima de 70 IIP. Dans le fond d’une/.petite crique A, dépendant elle-même de ce vaste bassin où les phé-i. Voir La Nature, n° 2482.
- nomènes de la marée atteignent une grande puissance, un barrage B a été établi, formant, avec le rivage de la crique, un réservoir de grandes dimensions. À marée montante l’eau de mer pénètre dans cet « accumulateur hydraulique » par deux vantaux G disposés dans le barrage et qui s’ouvrent automatiquement de l’extérieur vers l'intérieur du réservoir. Au reflux les eaux emmagasinées dans le bassin sont rendues à la mer par une canalisation D qui les conduisent à une turbine T qui transmet sa force aux meules de la minoterie (fîg. 1 et 2).
- Ce système éminemment rustique peut convenir à un petit industriel qui se contente de travailler 6 à 8 heures par jour, par les marées de coefficient élevé, la moitié de ces heures de travail étant effectuée la nuit.
- De plus, chaque mois, durant la période des mortes-eaux, le moulin chôme pendant 5 ou 6 jours.
- Ce procédé ne saurait donc convenir à la grande industrie qui ne saurait se soumettre au caprice des marées.
- De prime abord il semble que pour obtenir cette régularité de fonctionnement des usines marémotrices, il suffise simplement de disposer de réser-
- Schèma de l'instal-
- lation à turbine Vincent Sado à simple réservoir d'accumu-. lation.
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- ; mais ce serait, à mauvais palliatif.
- voirs assez vastes notre avis, un
- Voici pourquoi. La raison d’être principale de l’utijisation de l’éner-gie des marées est son économie non seulement dans le fonctionnement de l’usine mais aussi dans son établissement
- Or, il est difficile de construire économiquement des digues ou des barrages, même lorsque ceux-ci sont disposés pour fermer un chenal de communication entre la haute mer et un golfe intérieur. Souvent il faudra obturer des failles en coulant du ciment dans celles-ci et l’on arrive immédiatement à entreprendre des travaux fort coûteux.
- De plus, si l’on peut arriver par ce procédéà augmenter de quelques heures la durée de fonctionnement des turbines pendant les mortes-eaux, les machines, au fur et à mesure que le niveau de l’eau s’abaissera dans le ou les réservoirs, tourneront à des vitesses angulaires qui iront en décroissant ; la puissance obtenue ne sera donc ni constante ni régulière. Bien des inventeurs se sont proposé de résoudre ce délicat problème, bien peu d’ingénieurs ont atteint le résultat recherché, savoir : arriver à alimenter les turbines sous des hauteurs de chutes constantes, par le déversement de l’eau dans différents réservoirs, reliés les uns aux autres par des vannes dont la manœuvre aurait lieu à certains moments de la marée. Sans cette alimentation des turbines sous hauteurs de
- ft*,
- :
- Fig. 2.— Le moulin de marée du Quinard, à Saint-Jouan des Guérets (Ille-et-Vilaine), appartenant à M. Vincent Sado, puissance ~oHP.
- chute constante, il ne peut cependant y avoir, répé-tons-le, d’utilisation pratique. Nous verrons dans un instant comment certains ingénieurs hydrauliciens ont résolu celte importante question.
- On est souvent tenté de faire un rapprochement entre le captage de la houille blanche et celui de la houille bleue. Ne s’agit-il pas dans l’un et l’autre cas d’utiliser le plus économiquement possible de l’énergie hydraulique?
- Tandis que dans les montagnes la chute d’eau est brusque, les phénomènes de la marée se succèdent lentement et progressivement. La marée
- Fig. 3. — Schéma d’une installation marémotrice comportant un réservoir d’accumulation et un bassin de vidange ou d’évacuation.
- est un moteur qui donnerait 2 coups de piston par jour. Tandis que la houille blanche est en général caractérisée par de grandes hauteurs de chute et des débits relativement réduits, pour la houille bleue il faut tabler sur des hauteurs de chutes très faibles (*) et de gros volumes d’eau.
- Une turbine pour chute d’eau en pays de montagne aura donc des caractéristiques nettement différentes de celles d’une machine à marées.
- Enfin dans ce cas, les constructeurs rencontrent quelques difficultés du fait des corrosions rapides dues aux sels et aux particules de sable contenus dans l’eau de mer. ’
- En 1918, M. Singrün, aprèsviëpatientes recherches, fit breveter un ingénieux dispositif pour l’utilisation du flux et du reflux, consistant dans le barrage d’un estuaire et l’emploi de vannes conjuguées, pour obtenir un mouvement continu et de même sens des turbines.
- Pour chaque turbine deux conduits superposés à
- 1. Le marnage à Saint-Malo, point du littoral français cependant privilégié, est de 4m. lors des plus petites marées.
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- section circulaire traversent le barrage de part en part. Le. conduit supérieur sert de canal d’amenée de l’eau à la turbine, quelle vienne du réservoir ou de la mer pour l’eau qui a agi sur la turbine.
- Aux deux extrémités des conduits superposés, il existe une vanne-papillon; ces vannes sont calées d’équerre l’une au-dessus de l’autre sur deux arbres formant même axe, l’un plein et l’autre creux, que le premier traverse; quand les deux arbres sont accouplés, les deux vannes-papillons tournent en même temps, comme si elles étaient calées sur un arbre unique ; on ferme ainsi l’orifice d’un conduit et on ouvre en même temps celui du second. Mais
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- d’une part, de maintenir pendant une partie de la marée une chute à peu près constante en réglant le mouvement du plan d’eau du réservoir par rapport au flux et au reflux de la mei^et, d’autre part, d’obtenir la rotation des turbines toujours dans le même sens ; il est, en effet, la première tentative pratique dans cette voie.
- Depuis la cessation des hostilités, le grand constructeur de turbines d’Épinal a repris ses essais; mais il considère comme prématurée la publication de la description des nouveaux appareils imaginés par lui.
- Décemment, M. A. Yromet a proposé dans la
- Fig. 5. — Schéma de l'installation Ch.-H. Talmage ; les turbines sont alimentées par siphon.
- en rendant à volonté solidaires ou indépendants chacun des deux papillons d’un groupe, on peut les manœuvrer séparément, de sorte qu’il est possible de leur faire occuper, par rapport l’un à l’autre, une position quelconque. Par suite, on peut utiliser les deux passages, soit uniquement comme canaux d’amenée ou de fuite, soit comme passages directs mettant en communication les deux faces du bar-rage.
- On obtient ainsi une rotation continue et de même; sens des turbines, et on peut augmenter à volonté la proportion qui existe entre la section des orifices qui mettent les deux faces de l’ouvrage en communication et la superficie du réservoir, ce qui permet soit de faire baisser plus vite le niveau de l’eau dans le réservoir, soit de le faire monter plus rapidement pour régler la hauteur de chute (fig. 4).
- Ce système est intéressant parce qu’il permet,
- revue Eurêka, un nouveau dispositif pour l’alimentation des turbines sous des hauteurs relativement constantes. L’emplissage et la vidange des bassins d’accumulation étant particuliers voici le cycle dans lequel se produisent les différentes opérations (fig. 3)..
- Soit deux bassins A et B indépendants, le premier appelé bassin de haute mer; l’autre, bassin de basse mer. Ces bassins, largement ouverts sur l’Océan par des porte-vannes,peuvent communiquer à volonté entre eux, selon la différence entre le niveau des marées.
- Lorsque l’installation est terminée, les deux bassins sont vidés. A marée montante le bassin A est mis en communication avec l’Océan, il va se remplir et du moment où le flot est étale, le niveau de l’eau dans ce réservoir sera légèrement inférieur à celui de là mer et s’en rapprochera d’autant plus que les
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- ouvertures de remplissage C seront plus largement pratiquées. A cet instant la communication est fermée. Si, alors, par le jeu de vannes l’eau de A se déverse en traversant des turbines T dans le réservoir B vidé jusqu’à cet instant, le niveau de ce dernier montera d’une certaine quantité.
- Au moment où le niveau de là mer est égal à celui de B, on ouvre une vanne B, mettant en relation ce bassin avec la mer, le niveau descendra, comme celui de la mer. A l’étale de basse mer le niveau de B sera légèrement supérieur à celui de la mer et s’en rapprochera d’autant plus que les ouvertures de vidanges auront été plus largement pratiquées. L’Océan étant passé par l’étale de jusant va remonter et à l’instant où le niveau de la mer atteindra celui de B la vanne est obturée. Pendant toute cette période l’eau qui se trouvait mise en réserve en A au début de l’opération n’a cessé de se déverser dans B et d’actionner sans arrêt les turbines. Le niveau de A a donc baissé régulièrement; lorsque celui dé la marée qui monte à nouveau arrive au niveau de celui du bassin A, la vanne de remplissage C est ouverte une nouvelle fois, A se remplit encore avec le flot tout en continuant à se déverser dans B, les turbines tournant toujours. La mer passant par. l’étale de flot redescend, et au moment où celui du réservoir A monte, on ferme la communication avec la mer. Le cycle se renouvelle ainsi de façon régulière. En résumé, le bassin A est mis en relation avec l’Océan avant l’étale de flot jusqu’à ce que la mer descendant atteigne de nouveau le niveau de A. A se déverse constamment dans B en Actionnant dans B, tandis que celui-ci est mis en communication avec la mer avant l’étale de jusant jusqu!à ce .que la mer montante ait atteint de nouveau le niveau de B. Là capacité des bassins est telle que l’accumulateur A devra alimenter les turbines pendant l’intervalle de deux pleines mers consécutives et que' le réservoir., B devra: assurer; la.; réception du débit de l’accumulateur hydraulique A dans l’intervalle de deux basses mers consécutives sans que le niveau de l’eau arrive jamais jusqu’à l’arbre des turbines.
- En Amérique,. M. Charles Herbert Talmage, de
- Oique
- Bassin
- K Mer
- Puits
- d'enceinte
- K Mer
- Fig. o. — Schéma d’une installation E. Maynard (d’après la Revue Générale d’Elëctncité):
- New-Bedford (Massachusetls), a fait breveter récemment un dispositif certes bien compliqué, mais cependant assez curieux quant au mode d’alimentation de la turbine (fig o).
- Une digue A sépare une baie de la mer. En certains points de ce barrage se trouvent des pertuis obturés par des batardeaux B et C qui sont établis de manière à pouvoir s’élever ou s’abaisser à la volonté de l’ingénieur qui dirigera l’installation marémotrice. En principe "les divers éléments constituant chaque batardeau coulissent verticalement les uns dans les autres, la manœuvre étant obtenue par le moyen de l’eau comprimée.
- Entre les deux batardeaux B et C est disposée une série de 5 turbines D toutes montées sur un flotteur unique E, mais alimentées séparément par cinq siphons doubles F. Lorsque la marée monte, le batardeau B est élevé, l’eau s’écoule dans le bassin d’accumulation par la branche gauche des siphons F et les turbines D entrent en fonctionnement.
- Au fur et à mesure que le niveau de l’eau s'élève dans le réservoir, le flotteur E s’élève aussi et la hauteur de chute est théoriquement constante puisque le niveau du flot s’élève d’une quantité en principe égale. Lorsque la mer est étale, la manœuvre des batardeauxB et C a lieu; C se déploie, puis la vanne B se replie \ers le bas'. Alors
- Fig. 7- — Schéma d’une installation E. Maynard (d’après la Revue Générale d’Electricité).
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- la branche droite du siphon se met à fonctionner, grâce au clapet a qui se trouve juste au-dessus de la turbine ; celle-ci après un certain temps d’arrêt se remet à tourner. L’eau du réservoir est rén-due à la mer et lorsque recommencera le flux, le réservoir étant vidé, les opérations que nous venons de décrire rapidement se renouvelleront dans l’ordre indiqué.
- M. E. Maynard, ingénieur des Ponts et Chaussées, dont nous avons déjà plusieurs fois cité le nom à propos de l’ouvrage dont il est l’auteur, a conçu un dispositif qui assurerait aux turbines une régularité de marche inconnue avec les autres procédés étudiés jusqu’ici.
- Les figures 6 et 7 représentent schématiquement les dispositions qui peuvent être adoptées ; les turbines y sont représentées en a.
- Ainsi qu’on l’a vu par les cycles, le sens de l’écoulement des eaux de la mer et des bassins change en flot et en jusant.
- Or, les turbines ne peuvent fonctionner que dans un sens, il faut donc les disposer, ainsi que leurs conduites d’amenée d et e et de fuite /' et g de telle sorte que les eaux alimentant les turbines leur arrivent, malgré l’inversion du courant, toujours dans le même sens. A cet effet les turbines a pourraient être placées à 8 m. au plus, selon l’amplitude de la marée au lieu considéré, au-dessus du niveau des basses mers.
- Du côté amont de la turbine partirait alors une conduite h qui se diviserait en deux branches d’amenée d et e, dont l’une d, déboucherait dans la mer en o, et l’autre e, dans le bassin en p, au niveau des basses mers. Chacune de ces branches porterait une vanne j, commandée mécaniquement et manœuvrée de manière à faire arriver l’eau dans la turbine a, tantôt de la mer, représentée en k, tantôt du bassin figuré en- îi et à l’écouler inversement dans le bief représenté en </, par Je trajet en croix o, d, h, i, /', r, ou dans la mer k, par le trajet p, e, h, i, g, si Du côté aval de la turbine partirait en effet le tuyau de fuite i, qui se diviserait en deux branchés f et1 g pour écouler les eaux ayant traversé la turbine a, soit dans le bief q, soit dansla mer k, au moyen des vannes u et t. On pourrait enfin écouler les eaux du bassin dans le bief par le trajet directlp, e$ h\ i, f, r.
- Dans le cas où le cycle adopté permettrait d’écouler à la fois les eaux dans le bief et dans le bassin, après l'abaissement du plan d’eau ou la'vidange de ce dernier, un troisième tuyau dé fuite, muni d’une
- vanne représentée en v, permettrait de réaliser cet écoulement. Enfin si l’alimentation de la turbine se faisait par deux ou plusieurs bassins, les tuyaux d’amenée supplémentaires seraient jonctionnés sur la conduite h.
- Chaque turbine serait ainsi placée au sommet d’une sorte de siphon à amorçage mécanique. Les orifices des conduites d’amenée o et p, et de fuite r et s, seraient munis de grillages amovibles et au besoin de clapets appropriés pour éviter l’introduction de corps étrangers dans les turbines et permettre l’amorçage facile du siphon.
- Cette disposition des turbines n’est pas obligatoire. Les turbines pourraient, en effet, être placées à un niveau quelconque entre les basses mers et la hauteur maximum de 8 m. ci-dessus indiquée, à condition de les placer dans des puits, la disposition en croix des tuyaux d’amenée et de fuite restant la même que ci-dessus. Les conduites d’amenée et de fuite peuvent être en métal, en maçonnerie, en béton armé, etc. Enfin, si la marée avait, comme à Saint-Malo, une amplitude supérieure à 8 m. les turbines seraient placées à ce niveau dans un puits étanche, ménagé dans le barrages. Les dispositions indiquées schématiquement pour une turbine, seraient simplifiées pour une batterie de ces appareils, en les jonctionnant tous sur une conduite principale d’amenée et une de fuite.
- Nous avons vu que la chute produite par l’écoulement des eaux variait à tout instant et qu’il était préférable de réaliser une hauteur de chute constante pour le fonctionnement régulier des turbines.
- Pour arriver à ce résultat, M. Maynard a imaginé le moyen suivant : les conduites d’amenée d et e des eaux de mer aux turbines, et de fuite f et g, telles qu’elles viennent d’être décrites, déboucheraient en o et p dans un petit bassin ou puits dî’équilibre de dimensions déterminées selon le débit des turbines, ayant son fond au niveau des plus basses mers, et dont les murs d’enceinte tj s’élèveraient au-dessus des plus hautes mers.
- Le plan d’eau dans ce puits régulateur serait constamment maintenu à un niveau inférieur au plan d’eau du bassin alimentant les turbines ou de la marée, quand elle les alimenterait, de la hauteur exacte H adoptée pour la chute constante. Pour que cette condition soif constamment réalisée, la paroi du puits d’équilibre serait munie d’une vanne s, dont l’ouverture et la fermeture seraient
- 1 B —: i
- 1 A : 1 Vue de colé
- Fig. 8. — Barrage tournant imaginé par M. Bouchaud-Praceiq.
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- commandées par un régulateur à flotteur ou par tout autre système de régulateur mis en action par l’usine. Le plan d’eau dans le puits d’équilibre varierait donc exactement comme celui du bassin alimentaire et delà marée; dès lors, la hauteur de chute serait maintenue rigoureusement constante et le débit serait toujours le même.
- Les eaux de la mer étant souvent agitées, il se produit contre les parois des digues d’enceinte un violent ressac qui a pour effet d’amener des dénivellations considérables et presque instantanées dans le niveau de la mer ; si donc les tuyaux de
- marée alimentant les turbines, la conduite d’ame-née d déboucherait en o dans un puits d’équilibre, et ce dernier dans un bassin régulateur de niveau figuré par le chiffre 3, communiquant par un orifice étroit-4 avec la mer, et en tout semblable au bassin de fuite to, de manière à éviter les variations, de niveau dues aux vagues et au ressac.
- Pour terminer, quelques mots sur un nouvel appareil de M. Bouchaud-Praceiq désigné par son
- Fig. ç. — Comment fonctionne le barrage tournant Bouchaud-Praceiq.
- fuite des turbines débouchaient directement dans la mer, il se produirait des variations considérables dans la hauteur de chute et le courant pourrait même changer de sens en occasionnant des coups de bélier dans les turbines. C’est pour supprimer ce grave inconvénient que M. Maynard fait écouler les eaux des turbines venant du puits d’équilibre dans un petit bassin w régulateur de niveau, ne communiquant avec la mer que par un orifice de dimensions réduites 2 placé au niveau des basses mers. De cette manière, une sorte de marche de hauteur variable M entre les niveaux de la mer et du bassin régulateur se trouverait réalisée et le plan d’eau de ce dernier ne subirait que quelques oscil— lations de très petite amplitude, sous l’effet du ressac le plus violent ou des vagues les plus fortes. Cette différence M représente à tout moment la perte de hauteur due à la régularisation de la chute.
- De même, pour maintenir constant le niveau de la
- inventeur sous le nom de « barrage tournant»;
- 11 se compose (fig. 8) d’un disque'plein A tournant autour d’un axe passant normalement par son centre, les deux faces de ce disque présentent chacune une couronne annulaire périphérique de nervures ou aubes B et C, disposées en lames de personnes toutes dirigées dans le même sens — si l’on regarde le disque par la tranche — et plus ou moins cintrées de manière à devenir, en atteignant la circonférence, tangentielle, ou presque, à cette dernière, le tout formant un ensemble de deux aubages adossés l’un à l’autre du,fait de la présence du disque plein qui fait office de séparateur.ou cloisonnement^ étanche entre eux. L’axe autour duquel tourne le barrage tournant peut être , rigide ou flexible, une chaîne ou-un câble pouvant > parfaitement servir d’axe.
- La position que doit occuper l’appareil dans le courant de l’eau doit être particulièrement étudiée
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- à cet effet, son poids spécifique est réglable par rapport à celui de l’eau, ce que l’on obtient soit en lëstant cet organe, soit en l’allégeant à l’aide de flotteurs « ad hoc ».
- Si l’appareil, réglé comme poids spécifique de façon à s’immerger entre deux eaux, avec une légère flottabilité, est amarré dans un courant, l’axe dirigé selon le fil de l’eau, il prend un mouvement de rotation continue toujours dans le même sens, quelle que soit la face frappée par le courant, le second aubage du disque coopérant à l’entretien de la rotation par utilisation des remous, lesquels ici, loin d’être nuisibles, littéralement « poussent à la roue », d’où un double effet très avantageux au point de vue augmentation du rendement.
- Si l’appareil, étant réglé comme densité de manière à être sensiblement plus lourd que l’eau, est suspendu l’axe vertical dans une eau soumise à des mouvements verticaux, tels ceux résultant de la houle ou des vagues, il tourne régulièrement toujours dans le même sens avec un rendement toujours aussi élevé.
- Si l’on réunit par leurs axes plusieurs barrages tournants de manière à faire un ou plusieurs chapelets de longueur quelconque et que les chaînes ainsi constituées soient flottantes (lorsque le poids spécifique de chaque élément est plus léger que la densité de l’eau) ou pendantes (cas dans lequel chaque barrage tournant est plus lourd que le volume d’eau déplacé) on arrive à capter des puissances proportionnelles aux nombres d’éléments associés.
- Le système permet de réaliser le captage de quantités importantes d’énergie dans les situations les plus diverses. M. Bouchaud-Praceiq envisage ainsi l’utilisation économique de tous les bateaux démodés, désaffectés ou temporairement inoccupés, lesquels peuvent être transformés en usine ou station flottante par simple amarrage du navire dans un courant quelconque, un ou plusieurs chapelets étant lancés par-dessus bord et servant d’arbre de transmission entre les « barrages tournants » et les machines électriques l’énergie ainsi produite serait transmise à terre par des câbles aériens.
- Signalons pour être complets l’analogie du projet Bouchaud-Praceiq avec la suggestion de M. La Porte
- (V. La Nature n°2443, 29 janvier 1921). Ce dernier propose de mouiller dans le lit des courants à capter, des navires spéciaux munis de roues plus ou moins analogues à celle des premiers navires à vapeur.
- L’appareil dont M. Bouchaud-Praceiq préconise l’emploi est à l’heure actuelle parfaitement au point, Cet ingénieur, retardé par la mise au point d’autres inventions, n’a pu s’occuper autant qu’il l’aurait souhaité de la construction des « barrages tournants », mais cela n’enlève rien à leurs qualités. Depuis plus de six mois, le résultat d’expériences journalières semble être la preuve que le délicat problème de l’utilisation de la houille bleue a été résolu enfin d’une manière particulièrement simple.
- En effet, avec les « barrages tournants », aisément construits par le premier charron venu, paraît-il, il n’y a pas besoin d’établir d’importants travaux d’aménagement qui à l’heure actuelle seraient très coûteux. De plus, en un certain point du littoral, il y a presque toujours régulièrement et constamment des courants maritimes ; comme l’appareil Bouchaud-Praceiq les capte tous, quel que soit leur sens de déplacement dans le plan vertical et le plan horizontal, on peut admettre rationnellement qu’une usine marémotrice équipée avec un ou plusieurs chapelets de « barrages tournants » pourra capter une énergie cinématique relativement constante et la transformer très économiquement en énergie électrique. Des essais seront prochainement entrepris sur une grande échelle dans les détroits des Dardanelles et nous ne manquerons pas de tenir nos lecteurs au courant des résultats qu’ils donneront.
- En terminant, formons le vœu que les différents projets de captage de l’énergie des courants maritimes actuellement à l’étude à la Commission des Forces Hydrauliques et de Distribution d’énergie électrique, reçoivent une prompte application.
- Au lendemain de la guerre, c’est notre devoir d’assurer à la France d’énormes disponibilités de force motrice dont elle a besoin pour le développement de son industrie.
- H. Lémonon.
- *5fi»
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- Pendant la guerre, les causes d’intoxication par l’oxyde de carbone se multiplièrent pour les combattants : gaz du tir des mitrailleuses dans les abris et les chars d’assaut, explosions.de mines dans les sapes, etc. Si les accidents graves dus à l’oxyde de carbone furent assez peu nombreux, fréquemment des hommes furent assez atteints pour perdre une partie de leur énergie, dé leur activité, de leur valeur combattiveé
- Aussi se préoccupa-t-on de trouver un appareil respiratoire capable de filtrer l’air inspiré et de retenir l’oxyde de carbone. Les masques ordinaires - sont insuffisants pour cela; l’oxyde de carbone les traverse et même quelques gaz toxiques employés par l’ennemi en produisent des traces par leur décomposition à travers le masque.
- Le problème était singulièrement difficile étant donné que l’oxyde de carbone est un gaz présentant
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- fort peu d’affinités à la température ordinaire. Or, on ne pouvait, dans un appareil respiratoire portatif, songer à chauffer l’air suffisamment pour activer le gaz toxique et réussir à le réduire ou à l’oxyder.
- A froid, les chimistes ne connaissaient qu’un réactif, le chlorure cuivreux ammoniacal dont la vite&se d’absorption est trop lente pour qu’on puisse l’utiliser pratiquement. L’anhydride iodique, employé pour l’analyse quantitative du gaz depuis Armand Gautier et Nicloux, n’entre en réaction que vers 180°. Le problème paraissait donc insoluble.
- MM. Desgrez, Guillemard et Hemmerdinger l’ont cependant résolu, et d’une façon élégante. Ayant constaté que l’anhydride iodique peut réagir à la température ordinaire, quand on l’additionne d’acide sulfurique, et qu’il transforme alors à froid l’oxyde de carboné en anhydride carbonique à une vitesse suffisante pour protéger l’homme dans les conditions de la respiration, ils mirent au point un réactif et un appareil qu’ils viennent de présenter à l’Académie des Sciences.
- Le réactif est un mélange d’anhydride iodique eL d’acide sulfurique disposé à la surface d’un support granulé. Ce dernier n’est autre que de la pierre ponce grillée, puis lavée, en grains arrondis de 4 mm de diamètre. La surface d’action est alors suffisante pour arrêter tout l’oxyde de carbone de l’air inspiré, sans offrir une résistance pénible. La pierre ponce est trempée dans l’acide sulfurique, puis agitée avec de l’anhydride iodique en poudre; on peut fixer ainsi 80 gr. d’anhydride iodique et 25 cm5 d’acide sulfurique concentré sur 270 gr. de ponce granulée. L’adhérence est suffisante pour que les réactifs restent en place, même après des chocs répétés. Leur conservation est parfaite à l’abri de l’air.
- La réaction de l’oxyde de carbone sur l’anhydride iodique met en liberté de l’iode qu’il faut arrêter avant l’arrivée de l’air au contact des voies respiratoires. MM. Desgrez, Guillemard et Hemmerdinger ont donc ajouté à la suite de leur réactif un corps fixant l’iode avec avidité.
- Ils ont ainsi abouti aux appareils suivants, dont nous reproduisons leur description.
- « A. Appareil sans soupape.
- Appareil r'espî- ~ 11 86 c"ml,0Se d'Une hoile rciioire sans filtrante, mise en relation avec
- soupapes. les voies respiratoires par l’in-
- termédiaire d’un tube de caoutchouc souple, à l’aide soit d’un masque en caoutchouc appliqué sur la figure, soit d’une embouchure que complète un pince-nez. La boîte filtrante est métallique, de forme parallélépipédique, divisée en deux compartiments inégaux par une cloison
- métallique parallèle à la grande face; ces deux com partiments, isolés par le haut, communiquent librement par le bas ; leur ensemble représente une sorte de large tube en U, à branches d’inégale capacité (fig. 1). Deux orifices b et c, munis d’ajutages métalliques, permettent : b, de puiser l’air dans l’atmosphère toxique ; c, de meLtre l’appareil en relation avec les voies respiratoires. L’air de la respiration effectue donc un mouvement de va-et-vient dans l’appareil.
- Dans le grand compartiment qui s’ouvre dans l’atmosphère, on place la ponce iodico-sulfurique. Dans le petit compartiment qui est en relation directe avec les poumons, on place de l’oxylithe granulée, exempte de poussières, qui remplit trois conditions indispensables : fixer l’eau de la respiration, absorber l’iode et le gaz carbonique dégagés par le réactif oxydant, enfin fournir une certaine quantité d’oxygène, nécessaire pour empê cher le confinement de l’air dans la boîte filtrante.
- Le fonctionnement de l’appareil est simple. La boite filtrante est maintenue sur la poitrine par une ceinture et une tresse de suspension passant autour du cou. Le masque ou l’embouchure buccale étant mis en place, il suffit de respirer librement. L’appareil est robuste; l’absence de soupape.et de mécanisme délicat en rend l’emploi Irès sûr dans toutt s les positions occupées par le sujet. La durée de la protection dépend du volume de l’appareil, de l’intensité respiratoire (repos ou travail), enfin de. la proportion d’oxyde de carbone, Une boîte filtrante de 1 1. 5 de capacité a protégé, pendant plus d’une heure, un sujet respirant dans une atmosphère renfermant 10 pour 1000 d’oxyde de carbone, c’est-à-dire à peu près cinq fois la dose mortelle.
- B. Appareil à soupapes. — U y a avantage, au point de vue de la facilité de la respiration,.à rejeter directement l’air expiré dans l’atmosphère, l’air inspiré traversant, seul les réactifs filtrants. Cette filtration, en elïet, oppose toujours au passage des gaz une résistance sensible, vaincue aisément par l’inspiration qui est la phase active de l’acte respiratoire.
- Un demi-masque M (fig. 2), en tissu imperméable, s’applique sur la partie inférieure du visage, laissant libres les yeux, condition favorable au travail dans les souterrains. Les orifices respira-
- Fig. 2. — Appareil
- respiratoire de protection contre l’oxyde de carbone avec deux soupapes.
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- toires : narines et bouche, sont ainsi mis en relation directe avec un ajutage en aluminium T, comportant,'en s, une soupape à deux valves, en feuille anglaise, s’ouvrant de dedans en dehors (air expiré) et une soupape à clapet, en aluminium, s', s’ouvrant de dehors en dedans (air inspiré). Un tube en caoutchouc souple, l, unit ce dispositif au système filtrant formé de deux boîtes cylindriques A, B, mises en communication par le tube c. Ces deux cartouches renferment l’une, B, le réactif oxydant, l’autre, À, le réactif destiné à l’absorption de l’iode et du gaz carbonique. Ce dernier réactif peut être constitué par du charbon granulé imprégné d’alcali, par un alcali granulé ou un mélange de ces deux produits. L’air aspiré passe dans la cartouche B, où se fait l’oxydation de CO, puis dans la cartouche À, où il abandonne ses composants acides, et parvient aux poumons en soulevant le clapet s'. L’air expiré
- ACADÉMIE Di
- Séances d’août et
- A propos de. la chlorophylle. — M. Lubiincnko a réussi à extraire* en totalité et simplement pàr l’eau, le pigment de YAspidistra elatior, et réalisé ainsi un assez grand nombre d’essais indiquant que la chlorophylle est intimement liée aux substances protéiques des plastes; ceux-ci ne renferment sans doute qu’un seul pigment vert qui se décompose facilement sous l’action des agents coagulants.
- Le principe antiscorbutique du jus de pomme de terre. — Alors que les tubercules crus, non broyés, ont une forte action antiscorbutique, le jus extrait à la presse ne se caractérise que par une action très faible. M. Lezssonoff a été ainsi amené à penser que l’instabilité du principe est due, en majeure partie, à la présence d’une oxydase, du genre de la laccase. Il a constaté que dans le jus extrait en présence d’acides tartrique ou citrique qui paralysent l’enzyme, aucun noircissement n’apparaît, même après plusieurs heures, alors que le jus extrait sans additjon d’acide est toujours teinté de gris, au moment de sy production, et que sa couleur est bientôt d’un noir d’épere. Enfin, lorsque le tubercule a hiverné, les essais faits sur des cobayes montrent que l’effet du jus extrait au contact d’acide tartrique est bien supérieur à celui du jus simple, et que les pommes nouvelles ont une action antiscorbutique beaucoup plus nette que celle des pommes déjà anciennes.
- A propos du choc anaphylactique. —Une expérience d’Arthus sêmblait jndiquer que la production de certains précipités dans Ije sang en circulation, n’entraîne. pas toujours des accidents d’ordre séro-anaphylactique. MM. Aug. Lumière et Couturier ont repris l’essai en ; injectant de l’émulsion de cire blanche dans le cœur de cobayes; tantôt dans le cœur gauche, tantôt dans le cœur droit. Dans le second cas, l’animal présente, au j bout de dix secondes, tous les symptômes du choc, dans le premier, aucun trouble n’est apparent. Les différences d’effet ain@i constatées ne paraissent provenir que de la forme et de la dimension des éléments figurés inso-
- ferme ce clapet, puis se trouve rejeté dans l’atmosphère par la soupape s. L’emploi de cartouches séparées, pour loger les deux réactifs oxydant et absorbant, est imposé par l’obligation de ne pas laisser en présence du réactif iodique des substances capables d’en diminuer l’activité par hydratation. » Outre que l’appareil de MM. Desgrez, Guillemard, et Hemmerdinger résoud d’une manière élégante un problème qui, jusqu’ici, avait arrêté tous les chercheurs, il présente un très grand intérêt pratique puisque les intoxications par l’oxyde de carbone ne sont malheureusement pas rares dans l’industrie. Notamment, les sapeurs-pompiers, les sauveteurs des mines, beaucoup d’ouvriers des hauts-fourneaux et des cokeries y trouveront la possibilité d’exercer leurs fonctions dans des milieux délétères sans plus redouter les accidents si fréquents qu’on avait jusqu’ici à déplorer. A. B.
- BS SCIENCES
- septembre 1921.
- lubies et de la voie par laquelle on les introduit dans l’organisme.
- Le spectre d'induction du rubidium. —Les nouveaux essais de M. Louis Dunoyer font suite aux expériences qui, sous l’action d’un champ électromagnétique de grande puissance, ont porté sur le césium. Pour le métal étudié, le rubidium, l’ippareil de, Féry a montré un spectre contenant 332 raies entre 2294 Angstrôm et 5525 et la plupart de celles qui se signalent par leur intensité, appartiennent au spectre d’étincelle mesuré par Exner et Haschek.
- Le développement de VAspergillus Niger et le glucose.— Dans le milieu de Czapek (glucose : 30 pour 100, sels de potassium : 1,5, sel de Mg : 0,5, sel ferreux: 0,01, sel de zinc : 0,01), le sucre fournit le carbone nécessaire à l’édification du microorganisme, mais il en disparaît une quantité supérieure à celle qu’indique la poids de mycélium formé. MM. Terroine et Würm-ser proposent d’appeler rapport d’utilisation, le quotient du poids sec d’Aspergiilus, par le poids de glucose disparu. Les essais faits à 22°, puis à 29 et à 38° lui donnent une valeur très voisine de 0,45, le sucre consommé étant sensiblement le double du poids de mycélium sec.
- La mesure delà dérive à bord d'un aéronef. — Quand le cap est maintenu dans une direction déterminée, la route suivie par l’avion est fixée par la vitesse et la direction des courants aériens. Jusqu’à jprésent la dérive, ou déviation par rapport à cette ligne de cap, se mesurait par les méthodes de L. Dunoyer ou-.de.- Le Prieur. MM. Barbillionet Dugit soumettent à l’Académie un appareil dont le dispositif repose sur d’observation simultanée, de deu^ images optiques, symétriques par rapport à un plan ; les mouvements de celles-ci, quand on oscille de part' ‘ et d’autre de la position sensible, traduisent la direction du déplacement des objets de part et d’autre de ce plan. ' Paul B.
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- LES MAISONS DE PAILLE
- On a songé de tout temps à utiliser la paille pour les constructions, mais il n’én pouvait résulter jusqu’à présent que des habitations précaires, des paillottes qui ne sauraient résister longtemps aux intempéries de nos climats.
- Un nouveau système dû à M. Feuillette utilise la paille comprimée ét moulée sous forme de moellons qui viennent alors former remplissage dans une ossature faite en bois de chênej mais qui peut également être prévue en fer ou en ciment armé.
- L’ossature est composée ; de mon-: tants et de fermes en bois mince, étant donnée la légèreté des murs en paille qui pèsent dix fois moins que la maçonnerie.
- Les assemblages sont rigides, et l’ossature, formée d’éléments fabriqués à part facilement en série, peut être montée sur place. On prépare pour cela des fondations en considérant la nature du terrain sur lequel on construit.
- Les blocs de paille ont 40 cm de largeur et une longueur qui est en rapport avec les écartements des montants de l’ossature.
- Les fenêtres et les portes sont construites dans des cadres fixés sur l’ossature ét des dispositions originales de l’inventeur prévoient des agencements simplifiés pour la menuiserie, la serrurerie et pour les détails divers de la construction.
- Ainsi, pour empêcher que l’eau ne puisse passer par les fenêtres, celles-ci reposent sur un bandeau en ciment avec une disposition intérieure de protection ; pour éviter que l’humidité ne monte par capillarité depuis les fondations jusqu’aux murs, on interpose clu carton bitumé entre les fondations et
- la paille pressée est beaucoup
- Fig. 2. — Montage des premiers éléments de l'ossature.
- Fig. i. — Fondations et sous-sol d une maison de paille.
- Maçonnerie remplacée par un ensemble rigide de poteaux et solives sur une semelle en béton. On peut ainsi construire en hiver.
- le premier rang de blocs. La surface extérieure est recouverte d’un enduit armé imperméable qu’il suffit d’entretenir comme celui des maisons en maçonnerie; cependant ici la chose est plus commode, car l’adhérence sur plus grande.
- A l’intérieur, on place un enduit simple qui sert à supporter les papiers et les tentures.
- La couverture est prévue en matériaux habituels : tuiles, ardoises, fibro-ciment, suivant les ressources et les habitudes de la contrée.
- Etant donné qu’on peut établir en série les éléments divers de la construction, le montage:final va très vite, et, en un mois ou deux, on peut établir une maison déjà importante; l'économie réalisée atteint 40 pour 100 par rapport aux systèmes ordinaires.
- Cette économie est encore plus élevée quand on s’adresse à des constructions agricoles ou industrielles, qui ne comportent guère que des murs sans les * accessoires décoratifs des habitations, dont le prix reste le même quel que soit le système de construction employé.
- On pourrait à première vue objecter que les murs en paille sont destinés à devenir le lieu d’habitaiion de. toute une faune entomologique ainsi| que des tribus de rongeurs. j
- L’expérience a montré que cess murs n’étaient pas plus habités que: les autres; d’ailleurs, pour les rendre complètement sains, on dispose sur le périmètre, au ras de la première assise, une tuyauterie qui permet d’injecter dans les parois des vapeurs
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- LES MAISONS DE PAILLE
- Fig. 3. — On commence le montage des blocs.
- en été et qu’en hiver il est facile d’entretenir une chaleur tempérée.
- D’ailleurs ces habitations peuvent être agencées avec tout le confort voulu le plus moderne et il y a là un remède à la crise des logements ouvriers.: .
- La matière première nécessaire, la paille, se trouve en effet partout.
- La possibilité de construire des abris durables sans maçonnerie et par conséquent sans main-d’œuvre spéciale permet d’envisager, dans les pays où la pierre est rare, d’y fixer la main-d’œuvre agricole nécessaire à la mise en valeur de leur étendue et de leur fertilité.
- Nous ne parlerons que pour mé-
- toxiques : gaz sulfureux, aldéhyde formique, etc.
- Ces gaz filtrent à travers l’enduit intérieur et désinfectent non seulement les murs, mais aussi la maison entière. Au point de vue des incendies possibles, le problème a été étudié par des experts et la conclusion a été telle que les Compagnies appliquent à ce système de construction le tarif normal.
- On trouve des modèles de maisons établies suivant le procédé Feuillette à Montargis, à Tourcoing, à Boulogne-sur-Mer et dans l’Aisne.
- Ces maisons sont propres, claires et silencieuses. L’épaisseur des murs et leur constitution isolante font que la température est fraîche
- Fig. 4. — Mise en place des blocs et des barres.
- La toiture étant finie avant le montage, on travaille à l’abri.
- Fig. 5. — Maison de paille terminée.
- Cette photographie représente une maison de paille à Tourcoing. Elle mesure i3m.5ox iom.’et comprend au sous-sol: cave, buanderie, salle de calorifère; au rez-de-chaussée : vestibule, salle à manger, salon, cuisine, bureau,lavabos et garage; à l’étage : 5 chambres et salle de bains,
- moire des régions. dévastées, où l’emploi d’un système rapide de constructions durables est trop indiqué pour que nous nous y attardions ; nous citerons l’application originale du système Feuillette aux contrées sujettes à des secousses sismiques.
- En effet, la maison en paille pressée est légère, elle présente moins d’inertie; de plus elle est rigide et souple en même temps, ce qui lui permet, bien entendu dans de certaines limites, de supporter les effets des tremblements de terre.
- Comme on le voit d’après les divers avantages que nous avons rapidement énumérés, les applications des maisons en paille sont nombreuses et il n’est pas douteux que ce système doive rapidement.se généraliser. E. Weiss.
- Le Gérant : F. Masson. — Imprimerie Lahobe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2485.
- 19 NOVEMBRE 1921
- CENTRIFUGEUSES A TRES GRANDE VITESSE
- Lorsque l’on veut séparer d’un liquide les particules solides ou les globules liquides qui y sont en suspension, on emploie soit la filtration, soit la décantation. L’un et l’autre procédé ne présentent aucune difficulté quand les particules en suspension sont assez grosses. Mais quand on aborde la séparation des grains fins, tels qu’ils se présentent, par exemple, dans les solutions colloïdales, le problème n’est plus aussi aisé.
- Dans son excellent livre sur les colloïdes, J. Du-
- pesanteur par la centrifugation. 11 suffit de faire tourner rapidement le liquide contenant les corpuscules en suspension pour les séparer en deux couches, la plus dense vers l’extérieur.
- De nombreux appareils industriels existent dans ce but : centrifugeuses, écrémeuses, etc., et aussi des appareils de laboratoire, depuis le petit centri-fugeur à main jusqu’à l’appareil actionné électriquement et tournant à plusieurs milliers de tours (4 à 6) par minute. On arrive ainsi à augmenter la
- claux fait observer que la vitesse de chute d’un corps plus dense que l’eau, plongé dans ce liquide, diminue très vite quand le diamètre des particules diminue. Ainsi, dit-il, une bille de verre de 1 millimètre de diamètre tombe dans l’eau de 20 centimètres par seconde environ, c’est-à-dire qu’elle parcourt 1 cm. en 0,05 secondes. Or,
- Une bille de :
- 0 mm. 1 parcourt 1 cm en 5 secondes.
- 0 rnm. 001 (lu) — 14 heures,
- 0 p,l — 58 jours.
- 0 ij.,01 — 10 ans.
- On ne peut donc songer à décanter un liquide contenant des particules plus petites qu’un millième de millimètre par la seule action de la pesanteur.
- Heureusement, on peut accélérer le travail de la
- ♦9* Anné». — 2*
- force centrifuge dans des proportions de 1 à 10000.
- Ces appareils sont employés journellement par les techniciens les plus divers, et l’on comprend aisément tout l’intérêt qu’il y a de les perfectionner dans le sens d’une vitesse toujours plus grande et d’une force plus intense permettant des séparations nouvelles et de plus en plus parfaites.
- La difficulté est de réaliser des appareils parfaitement équilibrés et en matériaux assez résistants pour supporter d’aussi énormes efforts.
- Les États-Unis viennent de réaliser une nouvelle centrifugeuse, qui marque un véritable progrès dans cette voie.
- Partant de cette idée qu’on gagne plus à augmenter la vitesse de rotation qu’à augmenter le diamètre de la partie tournante, puisque, la force cen-
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- 322 ===== CENTRIFUGEUSES A TRÈS GRANDE VITESSE
- trifuge est proportionnelle au diamètre et au carré de la vitesse Ç1), et, d’autre part, sachant que les efforts de tors:on du métal de l’appareil croissent rapidement avec le diamètre, les inventeurs (Sharples Specialty Co) ont abandonné les dispositifs habituels pour créer un nouvel appareil, dont la vitesse de rotation atteint, dans le modèle commercial, i 7 000 tours par minute et dans lé modèle de laboratoire 40 000 ! La force centrifuge ainsi développée est, dans le premier, 16 950 fois la force de la pesanteur, et dans lé second, 41 250 fois !
- Le vase contenant le liquide à decanter est naturellement très étroit, mais un dispositif permet de le faire travailler d’une façon continue, comme dans les écrémeuses, le mélange arrivant par le bas, les produits de séparation s’éva-cuànt par le haut.
- L’appareil de laboratoire (fig. 2) a une hauteur de 61 centimètres et pèse 25 kg; Il peut être actionné à la main, électriquement ou par une turbine à vapeur ou à air comprimé. Il peut débiter jusqu’à 120 litres à l’heure et peut aussi opérer sur 50 c. c. de liquide. Il peut séparer aisément et rapidement des précipités gélatineux, des liquides louches passant à travers les filtres, des suspensions ultra-microscopiques ou microbiennes.
- Les appareils industriels, moins rapides, mais à plus grand débit, comportent (fig. 5), comme les précédents, un cylindre de 91,5 cm. de haut sur 11 cm. 5 de diamètre suspendu verticalement à sa partie supérieure au moyen d’un axe üexible. Cet axe tourne dans un roulement à billes dans lequel toul l’ensemble est suspendu. Le cylindre est maintenu en bas, dans la verticale, par un collier-guide et y reçoit en son centre les liquides par un canal d’amenée. A sa partie supérieure, il porte périphé-riquement une série de trous de décharge par où s’échappent les-liquides séparés. Il est muni intérieurement d’une série de cloisons verticales, qui entraînent le liquide pendant la rotation et vainquent son inertie. Le liquide à traiter, provenant d’un réservoir en charge, arrive dans le cylindre par en
- 1. F = 0,0000112 X P xBxSb 1*, poids; R. rayon; N, nombre de (ours par minute.
- bas et sort, par les orifices du haut, d’une manière continue.
- Les appareils industriels peuvent fonctionner comme clarificateurs ou comme séparateurs.
- La figure 4 fait comprendre le principe du clari-ficateur. Le liquide trouble arrivant par le bas, en À, le liquide clair sort par le haut en D, tandis que les impuretés s’accumulent et s’agglomèrent sur la paroi extérieure en B, si elles sont plus denses que l'eau, ou sur la paroi intérieure en E, si elles sont plus légères. Quand elles deviennent trop abondantes, on arrête la machine, on démonte le cylindre, on en déverse le fond et on détache l’enduit. Le débit peut varier de 100 à 2500 litres à l'heure, suivant la nature du liquide à clarifier.
- La figure 5 explique le mécanisme de la centrifugeuse agissant comme séparateur. Une émulsion ou un mélange de liquides non miscibles arrivant par le bas, il se forme dans l’appareil en marche deux colonnes concentriques, l’externe G du liquide le plus lourd, l’interne H du plus léger. Les orifices de décharge, judicieusement placés D, J, conduisent les liquides séparés dans les goulottes I et K. Les particules solides en suspension s’agglomèrent sur les parois du cylindre comme dans la clarification.
- On peut aussi décanter une suspension et évacuer les solides d’une ma,nière continue au moyen d’un artifice. En ajoutant au mélange à traiter un liquide non miscible et plus lourd que les particules à séparer et en introduisant le tout dans un séparateur, on recueille d’une manière continue, d’une part, le liquide clarifié; d’autre part, les particules mélangées au liquide auxiliaire ajouté. Naturellement, on choisit celui-ci pour que la séparation ultérieure d’avec le corps qui flotte à sa surface sôit aussi aisée que possible.
- On comprend l’intérêt que peuvent présenter de semblables appareils dans toutes les industries qui emploient des solutions colloïdales ou des suspen-
- Fig.3. — A gauche, clarificateur; à droite,- décanteur à évacuation continue des solides.
- Fig. 2. — Section d’une centrifugeuse actionnés par turbine.
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- LA BOUCHE DES INSECTES ET LEUR ALIMENTATION .... 323
- sions fines qu’elles ont besoin de séparer. Ils opèrent plus vite que les centrifugeuses ordinaires, font des séparations plus parfaites et permettent de traiter des produits non séparables par tout autre moyen.
- Énumérer les opérations auxquelles on les a déjà appliquées serait établir le catalogue de toutes les clarifications et sédimentations difficiles :
- Récupération de l’huile végétale du savon d’empâtage (pâte); déshydratation des huiles de goudron ; déshydratation et récupération de naphte ; récupération de la suintine neutre dans les eaux de lavage des laines séparation de la paraffine amorphe de l’huile à cylindres; récupération des « Fuel Oils » ;
- Fig. 4. — Principe de la clarification centrifuge.
- traitement et clarification des vernis ; clarification des gelées et des jus de fruits, des vins et du cidre; déshydratation de la graisse d’os ; clarification des colles et gélatines; clarification des laques; clarification et déshydratation des huiles essentielles et de la nitrobërizine ; clarification des glycérines; épuration des lubrifiants usagés; épuration des huiles pour l’arrosage des outils de coupe ; extraction des liquides des boues de décantation ; séparation de l’huile d’olives des margines ; clarification des huiles d’olivés, de lin, de ricin; séparation et
- clarification de l’huile de poisson ; clarification et déshydratation des suifs ; clarification du beurre de cacao ; clarification des laques à base de collodion ; clarification des benzines souillées dans le dégraissage à sec; régénération des bains de teinture; séparation de l’huile d’aniline de la boue d’aniline ; clarification de l’acide sulfurique ; clarification des mélasses ; récupération des sels d’argent des solutions gélatineuses provenant des films de cinématographe usagés ; sédimentation bactériologique ; clarification des sérums sanguins, etc., elc.
- On en saisira tout le bénéfice en se rappelant qu’une particule de 1 p. de rayon, qui descend d’un
- Fig. 5. — Principe de la séparation centrifuge.
- centimètre dans l’eau en plusieurs jours, atteint les vitesses suivantes à mesure qu’on augmente la force centrifuge :
- 100 fois la pesanteur I cm en T h. 50 m. 1000 — . — — 8 1/3 m.
- 10000 — — —^ 50 sec.
- 40 000-— — — 12 —
- Aussi les centrifugeuses à très grandes vitesses Sharples nous semblent-elles appelées à prendre place dans tous les laboratoires et dans de nombreuses usines. A. B.
- LA BOUCHE DES INSECTES ET LEUR ALIMENTATION
- Il est évident a priori et facile de constater que tous les insectes n’ônt pas une bouché ni des pièces buccales construites sur un modèle unique, quelle , que soit leur façon de se nourrir. Imaginez une personne aussi éloignée que possible de l’observa-
- tion de la Nature, elle n’en sait pas moins que les puces et les moustiques sont des insectes piqueurs, tandis que les mouches communes ne le sont pas. Il y a donc des bouches faites pour piquer. D’autres sont destinées par leur conformation à sucer le
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- 324 LA BOUCHE DES INSECTES ET LEUR ALIMENTATION
- nectar des fleurs — telles les trompes des papillons. Enfin une dernière sorte est plus spécialement affectée au broyage et au découpage des aliments durs. En somme les insectes peuvent être piqueurs, suceurs ou broyeurs et ils le sont avec des outils différents. Rien d’étonnant à cela: nous prenons bien une cuillère à café pour manger un œuf et une fourchette à escargots pour extraire ces mollusques de leur coquille. A chaque besoin comme à chaque fonction correspondent des instruments ap-propriés.
- Le grand mérite d’un élève de Cuvier, H. de Sa-vigny, a été de montrer, vers le milieu du xixe siècle, que malgré leurs adaptations aux divers régimes alimentaires, les organes de la houche des insectes conservent une identité fondamentale de structure.
- Aucune famille d’insectes ne présente plus de diversité que celle des Coléoptères lamellicornes au point de vue du régime alimentaire.
- Le hanneton et ses alliés sont de francs herbivores, gros mangeurs de feuillage, souvent nuisibles aux cultivateurs. Le scarabée sacré de l’ancienne Egypte, auquel notre illustre Fabre a consacré quelques-unes de ses plus belles pages, est le chef d’une sous-fa-mille de mangeurs de bouses et d’excrérpenls.
- Les cétoines ont des goûts plus raffinés ; elles disputent aux papillons et aux mouches à miel le nectar et le pollen dts fleurs. Plus besogneux et dissimulés, de coloration plus sombre également, quelques Lamellicornes tels que les Oryctes vivent dans les matières végétales en décomposition ; parties carriées des vieux arbres, feuilles mortes et autres milieux de même nature. Enfin les Trox achèvent de diversifier les goûts culinaires chez les Lamellicornes. Ils se plaisent à ronger les parties tendineuses des cadavres de petits animaux.
- Il est naturel de penser que les mêmes pièces buccales ne conviennent pas à des appétits aussi différents; qu’un hanneton ne peut avoir exacte-tement les mêmes mandibules, les mêmes mâchoires, les mêmes lèvres qu’une cétoine. A chaque régime alimentoÂre doit correspondre un système particulier de pièces buccales. En d’autres termes
- la famille des Lamellicornes doit offrir une réduction de ce que IL de Savigny a mis en évidence pour la classe tout entière des insectes.
- . Afin de ne point nous égarer dans une foule trop vaste de Lamellicornes, nous allons faire de ceux-ci une répartition minutieuse, les classant et les subordonnant le mieux possible. D’un point de vue exclusivement éthologique, on peut distribuer les Lamellicornes en cinq groupes :
- I. Phyllophages ou mangeurs de feuilles. Le hanneton commun, type de ce premier groupe, est surtout nuisible à l’état larvaire (meunier, ver blanc), mais il occasionne parfois aussi des dégâts sous sa forme adulte, quand il est en grande abondance. Au commencement de l’été, il se jette sur tous les végétaux, s’attaquant aussi bien aux légumes qu’aux céréales et aux arbres. Le hanneton foulon, dont le corps est maculé de blanc, vit de préférence dans les grandes Tégi-ons sablonneuses couvertes de pins dont il affectionne beaucoup les aiguilles. Les landes de Gascogne le comptent parmi leurs animaux nuisibles. Aniso-pliahorlicola fut tellement abondant près de Ratis-honne, en 1804, qu’il dévasta les vergers, dépouillant les cerisiers et les pommiers de toute verdure. Anomala vilis se tient jour et nuit sur les ceps de vigne dont il dévore les feuilles et les bourgeons, au grand dam des viticulteurs. Enfin Hoplia cærulea est très abondant en été dans les prairies au bord de la Loire et ailleurs, où il a un régime mixte de feuilles et de fleurs. On verra plus tard l’importance de ce dernier fait.
- IL Xylophages ou mangeurs de bois pourri, de vermoulure d’arbres, de sciure, de tan, de terreau et autres matières végétales en décomposition. Ce sont les Oryctes, plus connus sous le nom de rhinocéros: Oryctes grypus du midi de la France et 0. nasicornis de la région parisienne. Les Oryctes africains et malgaches causent des dommages aux plantations de dattiers et de cocotiers. En Amérique, la place des Oryctes est tenue par le grand genre Dynastes —.. grand surtout par la .taille de scs individus (').
- ,1. Sur les Dynastes, voir La Sature. n° 2452., p. 319.
- Fig. i. — Pièces buccales du hanneton (Melolonthavulgaris). En haut, la lèvre supérieure-, au milieu et à gauche, la mandibule^ droite; au milieu el à droite, la mâchoire droite; en bas, la lèvre inférieure. '
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- III. Anthophages ou mangeurs de fleurs. Ces Lamellicornes se tiennent toujours sur les fleurs, ce qui a fait croire qu’ils en buvaœnt la miellée. En réalité ils attaquent les pétales, les étamines, le pollen, les fruits et les bourgeons sucrés (bourgeons de vigne au printemps). Dans le Languedoc, une cétoine est appelée « manja pera », c’est-à-dire mangeuse de poires. En Tunisie, dans les déserts de Gabès et de Gafsa, une autre espèce recherche les grains d’orge germés (riches en sucre) du crottin de cheval, et je me demande si l’on ne pourrait pas trouver l’origine des instincts des bousiers dans un cas analogue. Fabre a pu élever des cétoines, en captivité au moyen d’une alimentation en poires, prunes, melons, raisins, dattes et figues.
- Par contre il a observé qu’elles ont peu de goût pour le miel. « Elles y viennent, dit-il, sans assiduité bien marquée ». Notons ici, pour les besoins d’une discussion ultérieure, que les larves n’ont pas le même régime que les cétoines adultes. On les trouve dans le terreau comme cel les à'Oryctes.
- Les trichies ont mêmes mœurs que les cétoines et rentrent aussi dans le groupe des Anthophages.
- IV. Coprophages ou mangeurs de bouses et
- de crottins. On les appelle communément bousiers. Ils sont très nombreux en individus et en espèces. Tous les bousiers n’ont d’ailleurs pas exactement la même alimentation. Certains d’entre eux (Scara-bæns, Copris, Aphodius, etc.) choisissent les parties les plus tendres des excréments, tandis que les Geolmpes absorbent indistinctement la pâte homogène et les brins de paille ou les grains non digérés.
- V. Nécrophages ou mangeurs de cadavres. Ce sont des bousiers adaptés plus ou moins complètement à l’exploitation des cadavres de petits animaux. Fabre qui a étudié les Phanæus milan les montre se nourrissant de charognes et façonnant pour leur progéniture — au lieu d’une poire comme celle des scarabées — un véritable vol-au-vent, c’est-à-dire un pâté de viande avec croûte... en argile. A Buénos-Ayres, les P. milon vivent exclusivement des poissons morts rejetés sur les rivages de la Plata. Les Trox perlés (Trox perlalus) fréquentent les « galettes poilues » riches en bourre de lapin que dépose le renard. Ils se plaisent aussi à ronger les parties tendineuses des cadavres. Xambeu dit en
- Fig. 2. — Tête d'.Qryctes grypus vue par la face dorsale et mandibule droite du même insecte.
- avoir trouvé par centaines sous un poulet mort disposé comme appât.
- Etant donnés les cinq groupes éthologiques précédas, nous devons rechercher si les pièces buccales des Lamellicornes appartiennent à cinq types bien distincts en correspondance avec le même nombre de régimes alimentaires (').
- I. -— Le hanneton (Melolontha vulyaris) servira de point de départ pour faire connaître l’organisation et la disposition des pièces buccales chez les Lamellicornes. C'est, en effet, un insecte commun et de grande taille. En outre il est mangeur de feuillage et l’un des moins spécialisés quant à l’alimentation. Ses mandibules et ses mâchoires, comme on verra, sont du type broyeur accompli.
- La bouche de tous les Coléoptères et des hannetons en particulier, renferme de haut en bas ou d’avant en arrière une lèvre supérieure (labre), une paire de mandibules, une paire de mâchoires et une lèvre inférieure [labium). Chez le hanneton (fig. 1) toutes ces pièces sont bien développées et aucune ne l’est exagérément par rapport aux autres comme ce serait le cas pour un lucane ou une cicindèle.
- La lèvre supérieure, insérée sur le bord de la tête, est épaisse, entièrement cornée, formée de deux lobes profondément séparés et couverts de poils raides sur les deux faces.
- Lés mandibules ont la forme de pyramides triangulaires et chacune d’elles affronte la mandibule opposée par une de ses arêtes, interne ou masticatrice. L’arête masticatrice comprend deux parties : 1° Un tranchant incisif composé de deux ou trois lobes cornés fonctionnant comme des cisailles quand les deux mandibules se ferment simultanément ; 2° Une facette molaire très étendue et portant des lames parallèles analogues, toutes proportions gardées, aux replis des molaires d’éléphants. Comme ces replis, elles servent au broyage des végétaux. Les facettes molaires frottent l’une contre l’autre quand les mandibules se ferment alternativement.
- Les mâchoires, sont robustes, entièrement cornées
- 1. L. B’ertin. C. R. Ac. Sciences, 1920, t. 170, p. 1151.
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- et courtes. On peut assimiler chacune d’elles à une pyramide quadrangulaire tronquée portant sur sa troncature une pièce masticatrice nommée galea.
- Fig. 3. — Mâchoires droites de Cetonia aurata .(à gauche) et de Trichius fasciatus {à droite). Adaptation à la nourriture pollinique.
- Gelle-ci possède quatre dents fortes, aiguës, que La-treille compare à de « véritables lanières déchirant et divisant les feuilles ». En plus des dents de la galea il y a une cinquième dent ou apophyse denti-forme appartenant à la face interne delà mâchoire. La face opposée porte un palpe maxillaire.
- La lèvre inférieure est une grande plaque formée d’une piècè inférieure ou menton et d’une pièce supérieure ou languette. Le menton est articulé au bord de la bouche. La languette porte latéralement les deux palpes labiaux.
- Tous les Phyllophages ont des pièces buccales sensiblement identiques à celles du hanneton ; seuls diffèrent le nombre des lames de la facette molaire et la forme des dents maxillaires. Le genre Iloplia qui sert de transition, par son régime alimentaire, entre les mangeurs de feuilles et les mangeurs de fleurs, montre très nettement l’adaptation des pièces buccales dans une direction nouvelle que l’on retrouvera plus tard à propos des cétoines et des trichies. Faiblesse des mandibules dont les lames molaires et 1« tranchant incisif sont presque effacés, galea des mâchoires à dents faibles et ombragées d’une touffe de poils* indiquent des mangeurs de feuillage qui rie dédaignent pas a l’occasion de butiner le pollen des fleurs.
- II. — Les Lamellicornes Xylophages présentent un type nouveau de pièces buccales. Les Orycl.es se nourrissent de bois pourri ou vermoulu, c’est-à-dire d’une matière pulvérulente qu’il est à peine nécessaire de broyer mais dans laquelle il faut creuser des galeries « au moyen de la pelle et du balai », si l’on peut employer une telle comparaison. Il en résulte que la facette molaire et la galea peuvent être rudimentaires;
- que les mandibules doivent être constituées en cuille-rons et que tous les organes de la bouche doivent être abondamment garnis de longs poils. Or toutes ces déductions concordent avec la réalité. Les mandibules, en particulier, sont de volumineux raillerons dont le creux — ce qui sert de pelle pour le déblaiement des galeries creusées dans la vermoulure des vieux arbres — est tourné vers la face dorsale du corps (fig. 2). On conçoit qu’un tel dispositif soit éminemment favorable au fouissement par petits mouvements de la tête de bas en haut.
- III. — Les Lamellicornes Ânthophages : cétoines, trichies et leurs alliés, vivent des fleurs dont ils broutent les parties les plus tendres (pétales, étamines) et recueillent le pollen. En aucun cas le nectar ne peut être utilisé par ces insectes, car ils n'ont point d’organe suceur ou lécheur comme les abeilles et les papillons.
- Leurs mandibules sont faibles, très petites et invisibles à première vue, de telle sorte qu’elles ont échappé aux anciens naturalistes. Pour les obtenir intactes, tellement elles sont fragiles, il faut crever les yeux de l’animal avec une aiguille lancéolée, dégager les articulations des mandibules et faire sauter celles-ci par une pesée sur l’aiguille. Les mandibules n’ont pas de tranchant incisif ni, à plus forte raison, de cuilleron comme chez les Oryctes. Elles sont réduites à leur partie molaire qui est elle-même rudimentaire. Toute cette constitution paraît nettement appropriée à la nature des aliments habituels des Anthophages. Leur régime alimentaire consiste en substances molles ou pulvérulentes qui ont à peine besoin d’être découpées par des incisives ni broyées par des molaires.
- Les mâchoires des cétoines et des trichies (Trichius) montrent un des plus remarquables phénomènes d’adaptation, dont on peut suivre les étapes à partir du genre Hoplia qui appartient aux Lamellicornes Phyllophages. Que l’on se
- Fig. 4.
- Tête de Trichius fasciatus vue par la face dorsale.
- rappelle; Ie; début d’adaptation à la nourriture pollinique offert par ce dernier genre. Les dents de la galea y sont ombragées de poils longs et nombreux formant des touffes ou pinceaux pour
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- recueillir à l’occasion le pollen des fleurs. Chez les Anthophages la même adaptation est poussée à l’extrême (fig. 3). Les mâchoires tout entières ont tendance à se transformer en pinceaux : 1° leur corps est allongé au maximum— 2° leur articulation à la paroi buccale se fait par un long bras de levier qui permet à l’insecte d’allonger le plus possible ses mâchoires vers l’avant — 3° leur galea, appropriée au plus haut degré à la récolte du pollen, est réduite en propres termes à la forme d’un pinceau avec son manche. Les caractères si intéressants des mâchoires n’apparaissent pas seulement à l’examen microscopique. Ils sautent aux yeux de toute personne qui manipule des trichies et, à un moindre degré, des cétoines. Les pinceaux dé poils des mâchoires de trichies sortent de la bouche à l’état de repos et sont au moins égaux en longueur à la moitié des antennes. Cela explique les noms vulgaires et scientifiques donnés aux insectes en question. Trichius vient d’un mot grec signifiant poils. En Allemagne les trichies sont connues sous le nom de Pinselkâfer, c’est-à-dire de scarabées à pinceaux. Regardons une tête de trichie par la face dorsale (fig. d) et nous serons frappés, non seulement de la saillie des pinceaux, mais de l’extraordinaire allongement en avant de toute la-tête. Il semble qu’elle soit ainsi disposée pour pénétrer dans la corolle des fleurs et atteindre le pollen.
- IV. — Parmi les Coprophages, une place spéciale doit être réservée aux Geotrupes. Non seulement ces bousiers mangent la totalité des bouses et des crottins, y compris les brins de paille et les grains non digérés, mais encore ils sont de véritables mineurs creusant les sols les plus durs, voire celui d’une route, afin d’y.établir leurs terriers. Geotrupes signifie « troueur de terre ». Leurs mandibules sont à la fois masticatrices par la facette molaire et pioches de terrassiers par la pointe.
- Rien de pareil chez les autres bousiers (fig. 5).
- Fig. o. — Mandibule, et mâchoire droites du Trûx perlatus. Convergence de caractères avec les mêmes organes des nécrophores.
- Pas de pointe dure aux mandibules. « L’outil de fouille et de dépècement », dit Fabre, est le dessus de la tête ou chaperon qui est très élargi a la partie antérieure et crénelé comme un râteau. Les mandi-
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- bules sont des lamelles flexibles, en grande partie membraneuses, à large surface mais peu épaisses. La facette molaire, presque lisse, est confinée tout à la base. Le tranchant incisif est remplacé par une
- Fig. 5. — Mandibule droite et mâchoire gauche du scarabée sacré (Scarabæus saeer).
- raclette mobile, couverte d’un velouté de soies fines et bordée d’une rangée de poils raides comparables aux dents d’un peigne. La galea des mâchoires, loin' de constituer une pièce massive à dents capables de déchirer des aliments coriaces comme chez les Phyllophages, ou d’être le pinceau à cueillir le pollen qui existe dans le groupe des Anthophages, se résout en un lobe demi-circulaire frangé de poils très courts. On ne peut s’empêcher cle reconnaître qu’il s’agit là encore d’une raclette à matière ster-corale peu consistante et que mâchoires et mandibules convergent dans leur adaptation au régime alimentaire. Nulle part chez les bousiers n’existent de longs poils qui s’englueraient trop facilement au contact des matières stercorales. Partout au contraire des veloutés de soies fines.
- Y. — Ce qui domine toute l’anatomie des pièces buccales desNe'crophagesmu mangeurs de cadavres est leur convergence de caractères avec celles des nécrophores. On sait que ceux-ci — et leur réputation est faite à cet égard — sont essentiellement des mangeurs de cadavres et des fossoyeurs. Ils appartiennent d’ailleurs à un tout autre groupe que les Lamellicornes. Or cette différence d’origine entre les nécrophores et les Trox, par exemple, n’empêche pas qu’ils aient des pièces buccales analogues. Sans entrer dans des détails auxquels suppléeront les figures (fig. 6), on peut comparer leurs mandibules à des lames de faux et leurs mâchoires à des tridents, ces expressions ayant l’avantage de bien peindre les caractères essentiels de chacune des pièces buccales. Dans les mandibules il y a manifestement réduction de la partie broyante (facette molaire) au profit de la partie coupante (tranchant incisif). -
- Il apparaît que les organes de la bouche des Trox ressemblent aux mêmes organes des-nécrophores. La convergence est tout au moins ébauchée entre ces insectes appartenant à des familles distinctes. Les
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- Trox ont même à l’état vivant une odeur musquée, fétide, identique 'a celle des nécrophores.
- L’étude des Lamellicornes nôjns a révélé une coïncidence parfaite entre la classification éthologique fondée sur les régimes alimentairesœt la classification morphologique établie d’après les pièces buccales. Cela permet de conclure à une adaptation de ces
- dernières aux régimes alimentaires, c’est-à-dire à une conformité de structure des pièces buccales aux conditions dans : lesquelles elles fonctionnent. On voit que la conclusion est la même dans le cas particulier des Lamellicornes et pour l’ensemble des insectes. Léor? Bertin,
- Agrégéj (te l’Université.
- LES AVIONS BOUDES DE LA COUPE DEUTSCH DE LA MEURTHE
- Il y a quelques semaines se disputait au-dessus des plates campagnes de la Beauce,la coupe Deutsch delà Meurthe; il s’agissait de savoir quelle nation gagne-
- ques secondes sur les concurrents qui vireront moins serré, mais cela est un gain de faible importance en comparaison du rendement obtenu sur lès longues
- Fig. i. — Vue ds face de l’avion Nieuport-Delage « Sesquiplan », vainqueur de la coupe Deutsch de la Meurthe iç2i.
- rait la première manche de la grande épreuve internationale qui met annuellement aux prises, en suite de la coupe Gordon Bennett, les avions les plus rapides de toutes les nations.
- Quoique cette course tende à des fins assez éloignées de celles que nous étudions habituellement, lorsque nous présentons aux lecteurs de La Nature les phases successives du développement de la navigation aérienne marchande, nous ne pouvons la passer sous silence en raison de son grand intérêt technique. ; .
- Une course de ce genre n’a en effet rien jde comparable avec les stériles, courses de chevaux, ni même avec d’autres courses d’intérêt plus sportif que scientifique. Dans une course aérienne analogue à celle de la coupe Deutsch, l’élément sportif est en effet assez restreint et cède le pas à l’élément mécanique; il est indéniable que le pilote d’avion joue un rôle important’, mais celui-ci ne nous paraît pas, à beaucoup près; aussi prépondérant, que le rôle par exemple d’un pilote d’automobile de course. Certes l’habileté de tel ou de tel pilote aérien dans les virages aux points de contrôle, pourra lui permettre de gagner quel-
- lignes droites où le coefficient mécanique et aérodynamique joue le principal rôle.
- Nous ne devons pas passer sous silence néanmoins celles des grosses difficultés qui précèdent et qui suivent la course ou qui même se présentent encours d’épreuve; ce sont les manœuvres d’atterrissage et de décollagequi deviennent extrêmementdélicatesetdan-gereuses lorsqu’il s’agit deleselfectueravecdesavions conçus spécialement pour la vitesse et qui ne peuvent se maintenir sur l’air qu’à des vitessses très élevées. Dans ces conditions, la moindre erreur de pilotage, qui passerait inaperçue pour un avion ordinaire, ou la. moindre dénivellation du terrain, entraînent une catastrophe et, malheureusement les dernières épreuves nous en ont donné maints exemples. „ L’intérêt scientifique de la coupe Deutsch est très vif,‘disions-nous. En effet, les constructeurs'qui y prennent part sont.stimulés, énergiquement a améliorer sans cessé” le rendement aérodynamique de leurs avions. Le rendement obtenu’sur les machines volantes créées par l’homme est encore très inférieur à celui dont les oiseaux profitent à la suite d’une adaptation qui dure depuis des milliers de siècles.
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- Fig. 2. — Vue de profil du «. Sesquiplan » Nieuport-Delage.
- Ce rendement se mesure par la « finesse » des avions ; celle finesse est le rapport entre la résistance totale qu’offre l’avion à sa pénétration dans l’air et la fraction de résistance qui est transformée en force sus-tentatrice.
- On comprend facilement que toutes les qualités des avions en vol dépendent de leur finesse, aussi l’on tend, par tous les moyens imaginables, à diminuer, en premier lieu, toutes les résistances passives dont aucune fraction ne peut servir à la sustentation (un câble, un mât, etc...) et en second lieu, à diminuer la proportion des résistances passives des organesaclifs (lesplans) qui produisent des résistances dont une fraction se transforme en sustentation. La première tendance nous a conduit vers les formules monoplanes et surtout canlilever, la seconde nous fait rechercher des profils d’ailes plus avantageux que ceux qui étaient utilisés jusqu’à maintenant.
- Les courses de pure vitesse sont donc admirablement adaptées pour stimuler les constructeurs à rechercher la meilleure formule de pénétration et les formes de meilleur rendement. On nous objectera, et les ennemis des courses sont nombreux, que
- ces progrès techniques-ne s’appliquent qu’à des avions spéciaux et qu’il vaudrait mieux stimuler les constructions d’avions commerciaux; nous répondrons que le perfectionnement ainsi obtenu ne tarde pas à s’appliquer aux avions de grande série de l’aviation militaire, puis à ceux de l’aviation marchande; c’est ainsi que l’admirable monoplan, créé en 1915 par Bechereau et qui paraissait à cette époque un véritable monstre, vit tous ses caractères se reproduire chez les avions de chasse des années suivantes, puis chez les avions marchands d’aujourd’hui.
- L’an dernier, la coupé Gordon Bennett, commela coupe Deutsch de cette année, fut courue sur urie distance de 500 km, ce fut un avion « Nieuport » 500 IIP Ilispano qui en sortit vainqueur, piloté par Sàdi Lecointe; cet appareil était un biplan classique, semblable à ceux qui avaient été adoptés par l’armée au moment de l’armistice, seules quelques modifications lui avaient été apportées en vue de réduire sa surface portante et gagner ainsi de la vitesse. Sa surface était de 12 mètres carrés, son poids total en vol étant de 870 kg; la charge au/mètre carré ressortait donc à 74 kg et la charge au HP à 2,9 kg.
- Cependant deux concurrents étrangers s’étaient présentés comme redoutables; deux avions américains, l’un le fameux « Dayton-Wright »,l’autre, le puissant « Verville-Paçkard ».
- Le « Dayton-Wright» sort ait en vérité des voies habituellement suivies et incontestablement son influence s’est fait sentir sur les productions de cette année. Sa principale particularité était d’être le premier monoplan de course purement cantilever, sa seconde particularité était d’avoir un dispositif d’incidence variable qui lui permettait de décoller et d’atterrir à
- [Fig. 3. — Vue de trois quarts avant de l’avion de Monge • équipé en monoplan. . ; ;
- Remarquer la simplicité du train d’atterrissage et la position du radiateur sur le plan supérieur.
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- des vitesses non dangereuses, quoique encore élevées et lui permettait en plein vol d’aplatir le profd de son aile pour gagner de la vitesse; enfin sa troisième particularité était d’avoir un train d’atterrissage repliable en plein vol dans le fuselage, afin de diminuer sa résistance nuisible.
- (Cet avion, trop rapidement monté, n’eut pas le temps d’être suffisamment mis au point et fut forcé d’abandonner après quelques minutes de vol par suite du relâchement de ses commandes.
- Le second avion, le « Verville-Packard », était caractérisé par la grande puissance de son moteur qui atteignait 550 HP, puissance qui ne s’était pas encore vue sur un avion de course. Après quelques minutes de vol cet appareil insuffisamment au point, dut atterrir, son moteur crachait des flammes de toutes
- prévisions susindiquées, mais parce que cet avion atteignit au cours d’essais intérieurs la vitesse de 520 km à l’heure et qu’il se manifesta être un appareil souple et bien équilibré. Kirsch, son pilote, resté seul en course des trois concurrents monoplans, certain d’être vainqueur s’il pouvait terminer la course, ne vola qu’à allure relativement réduite pour ménager son moteur et vainqueur, il ne vola cependant qu’à 282 km de moyenne.
- Le « Nieuport » sesquiplan est un monoplan semi-cantilever dont le plan n’est renforcé extérieurement que par deux paires de jambes de force fixér s sur la traverse inférieure du train d’atterrissage. Les deux plans s’encastrent dans le fuselage et forment une surface portante de 10 mètres carrés à laquelle doit en réalité s’ajouter une petite surface portante de
- Fig. 4.— Vue de l'avion métallique Hanriot.
- Cet appareil n’a pu être prêt pour prendre le départ, il est un des redoutables concurrents des prochains records.
- parts comme un dragon de la fable et risquait d’enflammer l’avion tout entier.
- Cette année, la caractéristique qui domina la course Deutsch fut la manifestation bien nette d’un revirement de la construction aéronautique, revirement dont nous avons déjà examiné les conséquences dans l’aviation marchande et qui s’est affirmé par la mise en course d’avions monoplans fortement chargés au mètre carré.
- Les plus redoutables concurrents étaient, en effet, les monoplans Nieuport-Delage, de Monge et Henriot qui devaient, d’après leurs essais et leurs prévisions théoriques, dépasser largement la vitesse moyenne de 310 à 520 km à l’heure, alors que les biplans anglais Bamel et français Nieuport avaient déjà fait leurs preuves dans des courses antérieures et se montraient incapables de dépasser la vitesse de 280 km de moyenne. '
- La révélation de la coupe Deutsch fut le « Nieuport-Delage » dit ' « Sesquiplan », non pas que le résultat de la course fût en concordance avec les
- 1 m2 formée par le profilâge en forme de plan porteur du train d’atterrissage. Le poids total en vol étant de 930 kg, la charge au mètre carré ressort à 84 kg 500 et la charge au cheval, très faible, à
- 2 kg 900.
- Le fuselage est admirablement profilé, ainsi que tous les organes extérieurs, tels que les jambes de force du train d’atterrissage, etc...
- Kirsch a d’ailleurs l’intention de s’attaquer aux records du monde de vitesse et espère les battre très sensiblement.
- Le second pilote de Nieuport sesquiplan, Sadi-Lecointe, a été victime, pendant la course, d’un accident grave, son hélice ayant éclaté en plein vol: l’avion, perdant sa vitesse, s’effondra sur le sol dans de telles conditions que, malgré l’habileté exceptionnelle de son pilote, il fut entièrement brisé et Sadi-Lecointe lui-même sérieusement blessé.
- L’avion « de Monge », qui devait déjà participer, quelques semaines plus tôt au Derby aérien anglais, est un avion biplan ou monoplan, à la volonté de son pilote ; deux petits plans inférieurs sont, en effet,
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- LES AVIONS BOLIDES DE LA COUPE DEUTSCH DE LA MEURTHE
- amovibles et peuvent être supprimés sans déséquilibrer l’appareil.
- La construction du fuselage est très curieuse ; entièrement en bois, il se compose d’un tube central en planchettes de bois rainées, collées et marouflées ensemble par de la toile, ce tube est entouré de couples de bois qui supportent le revêtement extérieur, constituant la deuxième coque, celle-ci étant d’une forme admirablement fuselée pour la pénétration dans l’air. Cette formule peut donc se comparer à celle des submersibles qui possèdent deux coques : une coque intérieure, généralement de section ellipsoïdale, excellente pour la robustesse, mais mauvaise pour la navigabilité, et une
- coque extérieure en forme de carène .habituelle de navire, mauvaise pour la résistance aux pressions, mais excellente pour la navigabilité.
- La formule « de Monge » allie la robustesse, la légèreté, l’excellente pénétration dans l’air et, paraît-il, une grande facilité de construction.
- Le profil delà voilure est également original, présentant en effet une double courbure convexe ; le contour du plan est de forme trapézoïdale ; cette forme a été reconnue expérimentalement comme l’une des meilleures en ce qui concerne le bon échappement de l’air aux extrémités des plans. Le plan supérieur est renforcé extérieurement par deux jambes de force ; les plans inférieurs, fixés à la base du fuselage, sont reliés au plan supérieur par de petits mâts profilés.
- Le groupe moto-propulseur est composé d’un moteur 500 HP Hispano, et d’une hélice Lumière.
- En biplan, la surface portante est de 20 m2, la charge au mètre carré ressort à 47 kg, ce qui est l’équivalent de la charge de beaucoup d’avions commerciaux; mais en monoplan, la surface tombant à 15 m2, la charge ressort à 65 kg au mètre carré, caractéristique qui n’est d’ailleurs pas élevée pour un avion de course.
- D’après les essais antérieurs, la vitesse en biplan ne dépasserait que de peu les 300 km à l’heure, mais l’avion devait courir en monoplan, et, en partant des premiers résullats, les constructeurs attendaient la vitesse de 540 km à l’heure.
- Malheureusement, un accident terrible interrompit brutalement les essais ; le pilote de cet
- avion, Bernard de Romanet, fut victime d’un accident de matériel, alors qu’il volait à pleine allure : le revêtement de toile de la face supérieure du plan s’arracha et l’avion tomba au sol comme une masse écrasant le malheureux pilote.
- On ne connaît pas encore, actuellement, les causes de cette défaillance Bu plan, soit qu’au départ une pierre aspirée par le vent de l’hélice ait causé dans la toile un accroc dans lequel l’air se serait engouffré et, petit à petit, aurait fait céder les coutures jusqu’à l’arrachement d’un grand lambeau ; soit que tout simplement le revêtement ait été insuffisamment fixé sur les nervures et se soit arraché sous l’influence de la formidable succion que cause à de pareilles vitesses la dépression dorsale. Nous nous souvenons que ce phénomène s’est présenté, cà plusieurs reprises pendant la guerre, dans des escadrilles dont nous avions la surveillance -technique, mais à chaque fois nous avons conclu qu’il
- Hanriot
- c/e Monge
- Fig. 5. — Croquis schématique des trois avions monoplans préparés pour la Coupe.
- (L’avion de Monge était transformé en monoplan par suppression des plans inférieurs).
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- 332 : UN NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LA FABRICATION DE L’HYDROGÈNE
- s’agissait d’avions usagés, dont les toiles étaient distendues et dont les fils des coutures étaient amoindris dans leur résistance par l’eau et le soleil ; d’autre part et contrairement nous avons pu constater que des avions sont souvent revenus avec de larges accrocs dans leurs plans, sans que le revêtement ait continué à s’arracher.
- Cet accident stimulera les constructeurs vers la recherche de revêtements plus sérieux que la toile et aussi plus stables ; en effet, les toiles d’avions, si bien tendues soient-elles, se distendent sous l’influence de l’humidité, et Je rendement aérodynamique ne peut qu’en souffrir, étant donnée la production des nombreuses amorces de remous que créent les plans mous et, par contre, sous l’influence du soleil, les toiles se tendent quelquefois à en claquer aux coutures. Ne vaudrait-il pas mieux adopter un revêtement dur, en bois contreplaqué ou en métal, ce qui conduirait, sans doute, d’ailleurs, à adopter la formule de construction par caissons ; les avions y gagneraient en rendement, en résistance aux intempéries et en sécurité.
- L’avion « Ilanriot », s’il avait été prêt à temps, aurait été le « clou » de la course ; c’est un monoplan entièrement métallique, purement cantilever, et dont, enfin, la principale caractéristique est de porter plus de 100 kg par mètre carré !
- Équipé également avec un moteur Ilispano 300 IIP, le fuselage de cet avion est du type « gros ventre », analogue à celui de l’Albatros de guerre; la vitesse escomptée par les constructeurs devait dépasser 550 km à l’heure.
- La surface portante n’étant que de 7 mètres carrés et le poids en vol d’environ 800 kg, la charge au mètre carré ressort à plus de 106 kg 1 Nous craignons que cette dernière caractéristique doive entraîner de sérieuses difficultés au moment de l’atterrissage ou du décollage ; il s’agit, néan-
- moins, d’un remarquable effort technique, qui fait honneur à ceux qui l’ont conçu.
- L’avion anglais Bamel est un biplan classique muni d’un moteur Napier de 450 BP : cet avion, qui est sorti vainqueur du Derby anglais, à la vitesse moyenne de 260 km, ne paraît pas supérieur aux biplans Nieuport de l’année dernière. Le radiateur a été placé non plus à l’avant du fuselage, ce qui empêchait une bonne forme de pénétration, mais à la partie supérieure de ce fuselage, sous le plan supérieur, en un endroit où le rendement aérodynamique du plan est généia-lement assez bas du fait de la compression de l’air. Cet appareil, en qui les Anglais avaient grande confiance, a dù abandonner, pendant la course, les toiles de son plan supérieur commençant à se décoller.
- L’avion « Fiat », dont les Italiens attendaient merveille, n’a pu donner sa mesure par suite d’une fuite dans le réservoir, qui a fait tomber la pression. Équipé avec un moteur de 700 IIP, cet avion ne semble présenter, en dehors de sa grande puis-sauce, aucune particularité nouvelle pour un avion biplan classique.
- Somme toute, nous pouvons constater que tous les avions qui paraissent en progrès sont des appareils français, et encore n’ont-ils pas donné toute leur mesure ; nous n’en connaîtrons les rendements exacts qu’après les essais qui auront lieu, sous peu, pour battre les records du kilomètre.
- Pour bien apprécier le perfectionnement réalisé cette année et en pronostiquer l’application à d’utiles fins, rappelons-nous que les avions de la Navigation aérienne marchande actuelle transportent très régulièrement les voyageurs, à travers l’Europe, à des vitesses égales à celles qui étaient péniblement atteintes par les avions de course de l’an 1912.
- Juan-Abel Lefranc.
- UN NOUVEAU PROCÉDÉ POUR LA FABRICATION INDUSTRIELLE
- DE L’HYDROGÈNE
- La préparation industrielle de l’hydrogène est une opération assez difficile. Pour préparer l’hydrogène nécessaire au gonflement des ballons, on a imaginé de nombreux procédés, tous assez coûteux. Aujourd’hui, il y a pour l’hydrogène une autre application que le gonflement des ballons, c’est la fabrication de l’ammoniaque synthétique par combinaison de l’hydrogène avec l’azote de l’air. Nos lecteurs savent que cette opération fait aujourd’hui l’objet d’une puissante industrie chimique : c’est la réaction utilisée par Haber à Oppau et Mersebourg, dans les gigantesques usines consacrées pendant la guerre à la fabrication de nitrates pour explosifs, aujourd’hui à celle des engrais chimiques.
- La même industrie a élé implantée en France par M. Georges Claude, qui à Montereau a mis en œuvre des procédés plus élégants que ceux des colossales usines allemandes.
- L’hydrogène est donc aujourd’hui une matière pre-
- mière indispensable à une industrie de premier plan. Il importe de le produire abondamment et à bon marché.
- Dans le piocédé Haber, on fait du gaz à l’eau, qui, on le sait, est un mélange d’hydrogêne et d’oxyde de carbone, et d’un peu d’acide carbonique. On se débarrasse de ces deux gaz par un processus compliqué qui exige un appareillage formidable : l’acide carbonique est dissous dans l’eau, et pour cela le gaz à l’eau est comprimé à 25 atmosphères. Il est ensuite séché et comprimé à 200 atmosphères dans des tours de 9 mètres de haut où circulent du formiate de soude ammoniacal et . de la soude caustique. On absorbe ainsi l’oxyde de carbone. On recueille enfin de l’hydrogène, il faut ajouter que l’acide carbonique et l’oxyde de carbone sont ensuite récupérés.
- M. Claude, abordant à son touF le même problème, l’a résolu par une méthode extrêmement élégante. Elle consiste à séparer dans le gaz à l’eau, l’hydrogène et
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- LA. DÉCORATION DES PORCELAINES CHINOISES .... 333
- l'oxyde de carbone en liquéfiant ce dernier. Le premier de ces gaz se liquéfie en effet à — 250° ; le second devient liquide dès — 205°.
- Nom en gros comment opère M. G. Claude : le gaz à l’eau préalablement comprimé à 20 ou 25 atmosphères, épuré et desséché,, est d’abord refroidi dans un échangeur de températures par l’oxyde de carbone et l’hydrogène précédemment séparés.
- II pénètre ensuite dans un faisceau tubulaire immergé dans un bain C d’oxyde de carbone liquide à — 190°. Sous l’effet combiné de sa pression et de la température de ce bain, l’oxyde de carbone se liquéfie en majeurepartic, retombe dans le collecteur C, et par le tuyau R va remplacer le .liquide extérieur au fur et à mesure qu’il s’évapore. Les gaz restants s’élèvent dans le faisceau et se trouvent soumis, comme il va être indiqué, aune température plus basse encore qui liquéfie le reste de l’oxyde de carbone.
- C’est donc seulement de l’hydrogène comprimé et très froid qui sort du haut du faisceau; ce gaz, détendu dans le moteur A, se refroidit encore au cours de cette détente, et renvoyé par le tube T autour du faisceau, il produit la température très basse nécessaire pour liquéfier les dernières traces d’oxyde de carbone contenu dans les gaz sortant du faisceau. Rien de plus simple en théorie tout au moins. Et l’on pourrait s’étonner que les ingénieurs qui ont mis en œuvre le procédé Ilaber, et qui connaissaient les procédés Claude pour la liquéfaction de l’air., n’y aient pas songé. C’est qu’on se heurte ici à une très grave difficulté. « En fait, dit M. G. Claude dans une récente note à l’Académie des Sciences, si A est un moteur à piston (l’emploi de turbines conduirait à des volumes de gaz énormes), ce moteur marche mal, sa luhré-l'aclion n’étant plus assurée à ces températures : l’éther de pétrole (c’est le lubréfiant employé dans les machines à air liquide pendant la période de démarrage) est en effet gelé à ces températures et l'hydrogène ne peut assurer l’autolubréfaction réalisée dans les machines à air liquide.
- Que faire? A ces températures de — 205 à.— 210°,il n’y a plus que 3 corps liquides: l’oxygène, l’oxyde de carbone, l’azote. Les deux premiers doivent évidemment être rejetés; mais l’hydrogène à produire, destiné à la synthèse de l’ammoniaque, ne craint pas la présence d’un peu d’azote. C’est donc à ce lubréfiant original que M. Claude fait appel.
- Il suffit de mélangera l’hydrogène avant son arrivée au détendeur, par le canal M, une petite quantité d’azote (5 5 10 pour 100). La dépense correspondante d’énergie est infime et l’azote se résolvant en buée, à la fin de chaque détente, assure la lubréfaction.
- « Effectivement, dès qu’on envoie l’azote, la puissance du détendeur se relève et la température s’abaisse, passant par exemple de — 195° à — 207°, ce qui entraîne une diminution énorme dans la teneur en oxyde de carbone. On n’est plus limité que par la température de congélation de l’azote, soit — 210°, et cette limite est suffisante dans la pratique.
- Celte addition d’azote entraîne un autre effet technique très important. Quand rien n’est ajouté à l’hydrogène, sa masse calorifique est moindre que celle des gaz qui montent dans le faisceau, de tout ce qui correspond à l’oxvde de carbone refroidi et Liquéfié dans ces gaz sous l’influence du courant d’hydrogène'. Donc, même avec un échangeur parfait, le gaz à refroidir ne peut atteindre en haut du faisceau une température égale à celle de l’hydrogène en entrant. Ainsi, non seulement la température de détente n’est, pas bonne par suite de la mauvaise lubréfaction, mais les gaz à purifier n’en bénéficient même pas.
- Au contraire, si la masse calorifique de l’hydrogène est augmentée de celle de l’azote, elle peut dépasser celle des gaz à refroidir, et ceux-ci peuvent atteindre, à l’écart de l’échangeur près, la température de l’hydrogène entrant. Ainsi, grâce 5 l’azote et au meilleur rendement frigorifique qu’il entraîne, la température est à la fois plus basse et mieux utilisée.
- Un appareil traitant 500m3 de gaz à l’eau par heure fonctionne déjà à Montereau sous une pression voisine de 35 atm. Il fournit environ 230"'3 par heure d’hydrogène renfermant 1,5 pour 100 d’oxyde de carbone, qu’il est facile d’éliminer dans la synthèse de l’ammoniaque par les hyperpressions, et qui, d’ailleurs, sera aisément diminué par la suite.
- Un appareil de 500m3 d’hydrogène à l’heure fonctionnerait sans doute à moins de 25 atm. •
- Ce procédé achète par une dépensede 0,5 cheval-heure environ par mètre cube d’hvdrogène sa simplicité et sa puissance de production ; mais cette énergie peut être fourme 5 très bas prix par l’utilisation d’un, quart au plus de la force motrice produite par l’oxyde de carbone dans des moteurs à gaz; le reste est disponible pour la synthèse elle-même. » R. Yillehs.
- L'appareil Claude
- pour la fabrication de l’hydrogène.
- LA DÉCORATION DES PORCELAINES CHINOISES
- Nous avons décrit dans un précédent article (n° 2478) les phases diverses de la fabrication de la porcelaine en Chine : préparation de la pâte, façonnage des pièces et leur cuisson après la mise en couverte. Il nous reste à voir aujourd’hui, pour compléter cette étude, la décoration proprement dite des porcelaines.
- Nous diviserons notre exposé en deux parties : dans la première, nous donnerons quelques généralités sur les diverses sortes de couleurs employées,
- sur leur préparation, leur emploi, ainsi que sur les fours d’émaillage; dans la seconde partie, nous étudierons plus spécialement quelques-uns des nombreux procédés de décoration auxquels ont eu recours les artistes chinois.
- Le décor des porcelaines se présente à nous sous différents aspects suivant la layon dont a eu lieu l'incorporation de la matière colorante.
- On peut employer pour la fabrication des pûree-
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- 334 . LA DÉCORATION DES
- laines des pâtes déjà colorées : c’est un procédé qui ne donne que de mauvais résultats, étant donnée la difficulté d’obtenir toute l’homogénéité désirable.
- En mélangeant la matière colorante, non plus à la pâte meme, mais à la couverte, les pièces présentent une coloration plus uniforme que précédemment.
- Pour les fonds, on applique généralement la couleur avant la mise en couverte, c’est-à-dire sur le cru : dans ce procédé, ainsi que dans les deux premiers, le degré de chaleur nécessaire au parfait développement des couleurs ne peut être inférieur au degré de cuisson des pièces.
- 11 n’en est pas de même dans le procédé suivant, où les couleurs sont appliquées sur la couverte : ces couleurs qui sont de véritables émaux, n’exigent pour leur vitrification qu’une température relativement basse; aussi les fourneaux servant à l’émaillage sont-ils chauffés à un degré moindre que les fours de cuisson habituels. S’il en était autrement, il en résulterait une volatilisation partielle ou totale des couleurs, et tout le bel effet que l’on se promettait de leur délicat agencement ferait place au gâchis le plus informe.
- Nous pourrions, partant de ces considérations, établir une classification fort simple des couleurs, suivant leur degré de fusibilité, et les répartir ainsi en deux catégories : la première comprenant les couleurs ayant un degré de fusibilité élevé, plus particulièrement celles servant à la peinture sous couverte et à l’obtention des fonds, et présentant par ce fait même certaines analogies avec les couleurs de grand feu employées en Europe — la deuxième catégorie renfermant les couleurs plus tendres et se rapprochant de celles dites de moufle.
- Si cette classification a sa raison d’être en Europe où on l’opère sur des matières de composition nettement définies et dans des conditions bien déterminées, il n’en est plus de même dès qu’il s’agit de choses d’Extrême-Orient, et cette classification ne saurait présenter une rigoureuse exactitude. On connaît, en effet, l’existence de certains fonds particuliers, peints sur porcelaine déjà cuite et obtenus à l’aide de couleurs dont le degré de vitrification est intermédiaire entre celui des couleurs de grand feu et celui des couleurs de moufle.
- Néanmoins, dans l’unique but de simplifier notre exposé nous avons cru devoir adopter la classification précédente, en l’accompagnant de la remarque ci-dessus.
- D’une manière générale, qu’il 's’agisse de couleurs de l’une ou l’autre catégorie, les résultats définitifs ne dépendent pas uniquement de la composition des divers principes colorants, mais aussi de la façon dont a été opérée la conduite des feux.
- Le degré d’oxydation de l’atmosphère des fours, la croissance régulière de la température jusqu’à obtention de la chaleur nécessaire; la vitesse et le mode de refroidissement, sont autant de facteurs intervenant pour la réalisation heureuse de l’œuvre projetée.
- PORCELAINES CHINOISES ======
- Non seulement les céramistes orientaux ont su remédier par leur habileté et leur amour de l’art aux multiples inconvénients résultant de l’emploi de matières premières impures et d’outils peu perfectionnés, mais encore ils ont su mettre à profit les accidents inévitables qui se produisent en cours de fabrication et tirer des manifestations capricieuses du hasard la valeur d’un enseignement : certains procédés de décoration et non des moindres, n’ont pas d’autre origine.
- Ceci étant, donnons quelques détails sur les principales couleurs.
- Couleurs de grand feu. — Ces couleurs servent surtout, comme nous l’avons dit plus haut, à l’obtention des fonds ; parmi ceux-ci un des plus souvent rencontrés est sans contredit le fond bleu, à base de cobalt; c’est une couleur très belle, solide, résistant bien au feu. Le peroxyde de manganèse cobalti-fère ou W ou-ming-i se trouve en grande quanlilé en Chine où son exploitation est des plus aisées. Celui qui provient des montagnes du Tche-Kiang est un des plus estimés.
- Après avoir été lavées et débarrassées de leur gangue terreuse, les pierres de manganèse subissent un grillage à haute température.
- Elles sont ensuite concassées et pulvérisées finement et délayées dans l’eau; la couleur, noire tout d’abord, tourne au bleu dès que l’action du feu s’esl fait sentir.
- Un autre fond de couleur de grand feu, très répandu également, est le céladon, dont la note discrète, tirant tantôt sur le vert pâle, tantôt sur le bleu très doux, s’accommode fort bien d’une décoration ultérieure de tonalité plus riche et plus vigoureuse.
- Les céladons doivent leur coloration au fer et au cobalt.
- Les fonds rouges, plus particulièrement les sang de bœuf comptent aussi parmi les plus beaux ; ils sont à base de cuivre (rougeéclatant), de fer ou encore d’or, à l’état de chlorure : ce dernier donnant plus spécialement les carmins et les roses.
- Nous citerons encore les fonds couleur de laque ; les fonds jaunes, à base de plomb et d’antimoine, les fonds noirs dus à la superposition de plusieurs couleurs, ou encore à l’une d’entre elles, de valeur intense et se présentant sous une certaine épaisseur, etc.
- Nous ne pouvons les énumérer tous étant donné qu’on les peut multiplier à l’infini par le mélange en diverses proportions de leurs principes colorants.
- Couleurs dites de moufle. — Ces couleurs se différencient des précédentes ainsi que nous l’avons déjà dit, du fait que leur vitrification s’opère à une température relativement basse.
- Ces couleurs sont obtenues par le mélange d’un fondant, composé principalement de silice, d’oxyde de plomb et d’un alcali (soude ou potasse) et d’un oxyde colorant : ce dernier n’entre dans le mélange que pour une proportion minime : nous nous trou-
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- vons ici en présence de véritables émaux, et le nom de porcelaines émaillées donné aux porcelaines chinoises est tout à fait justifié. Ces couleurs n’ont qu’une ressemblance assez lointaine avec celles employées par les céramistes européens.
- La chimie moderne a mis à la disposition de ces derniers un nombre considérable de produits : pareilles ressources ont fait défaut aux artisans chinois qui ont su se contenter de quelques matières seulement et en quantité fort restreinte.
- Nous ferons remarquer également que les orientaux n’ayant pas de la peinture, comme d’ailleurs de tous les arts, la même conceplion que nous, la différence, dans l’aspect comme dans la présentation, qu’offrent leurs produits d’avec les nôtres s’accentue encore de ce fait, et qu’à vouloir les étudier en partant de considérations identiques, on risque fort de ne les point comprendre.
- Monsieur Salvétat, dans une préface à l’ouvrage traduit par Stanislas Julien dont nous avons parlé précédemment, nous donne une liste des principales matières servant à la préparation des émaux :
- Oxyde de cuivre.. . . vert et vert bleuâtre
- Or rouge
- Oxyde de cobalt . . . bleu
- Oxyde d’antimoine . . jaune
- Acides slannique et ar-
- sénique. ..... blanc
- Oxyde de fer rouge
- Oxyde de manganèse
- impur...... noir
- A part les deux derniers oxydes, toutes ces couleurs sont maintenues dissoutes à l’état de silicate dans le fondant ; ces couleurs sont toujours appli-
- Fig. 2. — Lavage et épuration du peroxyde de manganèse.
- Fig. i. — Broyage de la càuleur.
- quées sous une certaine épaisseur, afin de remédier par le relief à leur manque de vigueur.
- Les appareils dans lesquels s’opère la vitrification de ces couleurs, sont des fours plus petits que ceux servant à la cuisson des pièces ; les uns sont ouverts, et plus particulièrement employés pour les objets de petites dimensions ; les pièces d’importance, au contraire, sont émaillées dans des fourneaux fermés présentant une certaine ressemblance avec les moufles. On peut se rendre compte de ces diverses dispositions dans l’une de nos illustrations.
- Nous allons maintenant donner quelques détails sur divers procédés de décoration ; nous sommes malheureusement obligés à nous limiter à trois d’entre eux.
- Le sujet est si étendu, si vaste, qu’il nous faut renoncer à l’exposer en entier, même succinctement.
- Nous estimerons rempli le but que nous nous étions proposé, si par les quelques aperçus que nous donnons de cet art, nous avons réussi à éveiller chez nos lecteurs le désir d’en-pénétrer l’étude plus avant afin de le mieux connaître.
- Porcelaines flambées ou flambés. — Ces porcelaines comptent parmi les plus belles que produisirent les céramistes chinois, le principal élément de la couverte est le cuivre métal dont l’atmosphère, plus ou moins oxydante des fours, fait varier la teinte primitive.; de là, toute la gamme de couleurs chatoyantes, de tons vifs et éclatants que dispense aux porcelaines l’habileté merveilleuse de l’artisan.
- Le cuivre n’est pas le seul élément constitutif des flambés; certaines colorations particulières sont ducs à la présence d’impuretés accompagnant le ouivre ; c’est ainsi que les flambés présentent souvent des traînées et des taches de différentes couleurs : bleues, jaunes, grises, qu’il faut attribuer
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- au cobalt et au fer. Les premiers flambés datent de la dynastie Ming, et c’est au xvne siècle que les plus beaux spécimens ont été produits.
- Porcelaines craquelées. — L’émail de ces porcelaines présente un réseau de craquelures plus ou moins rapprochées, que l’on peut diversement colorer, et dont l’aspect, des plus curieux , donne aux pièces une grande valeur.
- La craquelure provient d’une différence de dilatabilité entre Ja pâte de la pièce et l’émail de la couverte ; on y arrive en mélangeant à cette dernière de la stéa-Hle broyée (Hoa-chi).
- Pendant le refroidissement, le retrait s’opère et la pièce se fendille plus ou moins sans que sa solidité soit altérée.
- Pour faire ressortir davantage ces craquelures, on trempe les pièces dans de l’eau contenant en dissolution des matières colorantes, ou bien encore on les badigeonne d’encre assez épaisse : la couleur adhère seulement aux craquelures dont le réseau acquiert ainsi une certaine intensité.
- Lorsque le réseau de craquelures est excessivement serré, il prend le nom de truités et souvent sur certaines pièces on rencontre un truité très lin englobé dans les mailles plus larges d’un craquelé.
- Les premières porcelaines craquelées ont été fabriquées au mi" siècle, sous, la dynastie des Sot ig.
- Porcelaines soufflées. — La délicatesse et la finesse de décor de ces porcelaines s’obtient de la manière suivante. On imprègne d’émail un morceau de gaze, tendu à l’extrémité d’un tuyau de bambou ; on souffle à l’autre bout, de façon à
- projeter sur le vase de fines gouttelettes et en garnir tout ou partie de sa surface ; la plus grande variété est permise tant dans la coloration de l’émail que dans sa répartition ; il faut citer les porcelaines, imitant de façon parfaite, la peau du serpent : cette fabrication qui jouit d’une grande vogue, remonte au règne de Khang-hi (1662-1723).
- Et que de choses intéressantes n’aurion s-nous pas encore à dire sur les porcelaines ajourées, sur les applications de métaux précieux, les é-maux cloisonnés, sur les multiples imitations de bois, de tissus, de métaux, de fruits, de fleurs, en un mot sur toutes les manifestations si diverses de cet art, dans lesquelles l’aimable fantaisie des céramistes orientaux s’est donnée libre cours pour la joie de nos yeux.
- Mais il nous faut terminer notre étude, et nous ne pourrons mieux faire que renvoyer ceux de nos lecteurs que le sujet intéresse aux livres spéciaux, et en particulier au bel ouvrage de M. E. Grandidier : « La céramique chinoise », qui personnellement nous a clé d’une grande utilité.
- M. C.
- ^ x\
- Fig. 3. — Fourneaux d'émaillage.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2486. .. 26 NOVEMBRE 1921
- LA FONDATION NOBEL
- Les journaux viennent d’annoncer que le prix Nobel de littérature pour 1921 est décerné à Anatole France et celui de physique à Walther Nernst. Cette attribution des prix Nobel a rappelé l’attention publique sur une institution relativement peu connue, bien que, par la puissance de ses moyens d’action, elle soit comparable aux grandes fondations américaines de Carnegie et de Rockefeller. Entrée régulièrement en fonction, il y a juste vingt ans cette année, la Fondation Nobel a toutefois un caractère nettement différent de celui des Instituts auxquels il vient d'être fait allusion. Ce n’est pas un Institut de recherches, ni une Académie de travailleurs intellectuels. C’est proprement un tribunal, un tribunal qui, au lieu d’infliger des punitions, distribuerait des récompenses. La fondation Nobel ne se propose pas d’aider ceux qui sont attelés au progrès scientifique , littéraire ou moral, elle a pour objet de consacrer les réputations acquises. Elleles consacre non seulement par des médailles d’or et des diplômes luxueux, mais par des prix en espèces de valeur fort appréciable. Ses récompenses sont solides !
- Cette solidité nous change heureusement de la parcimonie habituelle de nos prix académiques et de la vieille' et néfaste théorie d’après laquelle le travailleur de l’intelligence doit se désintéresser des biens du monde, et savoir au besoin mourir de faim sur son œuvre !
- C’est le 27 novembre 1895, qu’Alfred Bernhard Nobel écrivit le testament qui sert de charte à sa fondation. Nous donnons dans la figure 2 le fac-similé de la partie de cette pièce qui précise sa volonté. On remarquera qu’elle est datée de Paris. En voici la traduction officielle.
- « Il sera disposé comme il suit de tout le reste de la fortune réalisable que je laisserai en mourant : le^ capital réalisé en valeurs sûres par mes exécuteurs testamentaires, constituera un fonds, dont l’intérêt sera distribué annuellement comme récompenses, à ceux qui, au cours de l’année écoulée, auront rendu à l’humanité les plus grands services. Le montant sera partagé en cinq parties égales
- 49“ Année. — 2\ Semestre.
- attribuées, l’une à celui qui, dans le domaine des sciences physiques, aura fait la découverte ou l’invention la plus importante; une autre à celui qui dans la chimie aura fait la plus importante découverte ou apporté le meilleur perfectionnement; la troisième à l’auteur de la plus importante découverte dans le domaine de la physiologie ou de la médecine; la quatrième à celui qui aura produit l’ouvrage littéraire le plus remarquable dans le sens de l’idéalisme; enfin la cinquième partie à celui qui aura fait le plus ou le mieux pour l’œuvre de la fraternité des peuples, pour la suppression des armées permanentes, ainsi que pour la formation et la propagation des Congrès pour la paix. Les prix seront décernés : pour la physique et la chimie, par l’Académie suédoise des Sciences; pour les travaux de médecine et de physiologie, par l’Institut Carolin de Stockholm; pour la littérature, par l’Académie de Stockholm; enfin, pour l’œuvre de paix, par une commission de cinq membres élus par le Storting norvégien.
- C’est ma volonté expresse que, dans l’attribution des prix, il ne soit tenu aucun compte delà nationalité, de manière que le pri x revienne au plus digne, qu’il soit Scandinave ou non ».
- La fortune d’Alfred Nobel s'élevait à environ 51 millions et demi de couronnes, soit, au change légal, 43 millions et demi de francs. Elle était répartie dans de nombreuses entreprises et représentée par des valeurs suédoises, norvégiennes, anglaises, françaises, allemandes, autrichiennes, italiennes et russes. La liquidation ne fut pas une petite affaire. D’autant qu’elle se compliqua, suivant l’usage en pareil cas, de protestations et de réclamations d’une partie des héritiers naturels du testateur. Les difficultés de famille furent heureusement aplanies par des arrangements amiables intervenus en 1898. Ces arrangements fûrent facilités par le désintéressement du principal intéressé, son neveu, Emmanuel Nobel, lequel avait d’emblée déclaré qu’il entendait respecter les volontés de son oncle.
- M. Emmanuel Nobel continue d’ailleurs de porter
- 22. - 557.
- Fig. i. — Alfred Bernhard Nobel.
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- LA FONDATION NOBEL
- le plus grand intérêt hhNobehtiflelsen. En novembre dernier, par exemple, se trouvant à Paris, il s’était mis en rapport avec M. Guillaume, à qui il donna rendez-vous en cours de roule, en vue de lui faciliter, par tous les moyens, le voyage de Stockholm un peu compliqué par le temps qui court, mais
- volume, à peu près introuvable aujourd’hui, et à la rédaction duquel collaborèrent les professeurs Cleve, Ilasselberg, Morner, Virs'en et Santesson. C’est de ce volume, dont nous devons la communication à l’obligeance de M. Morand-Monteil, premr r secrétaire de la Légation de France en Suède, que nous
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- big. 2. — Fac-similé d'une page du testament de Nobel.
- obligatoire pour les lauréats, lesquels doivent donner une conférence publique sur l’objet des travaux qui leur ont valu récompense.
- Alfred Nobel était décédé le 10 décembre 1896 à San Remo. Ce fut en 1901 que la fondation distribua pour la première fois les récompenses qu’il avait instituées. Elle fit, à cette occasion, imprimer, sous le titre de Les prix Nobel de 1901, un luxueux
- extrayons le portrait de Nobel, et les reproductions de la médaille et du diplôme qui accompagnent les prix de physique (‘). Les titulaires des récompenses de cette première distribution furent, pour la physique, Rôntgen, le découvreur des rayons N ; pour la chimie, le professeur hollandais Van’t Iloff, le
- '1. Le Palais de l’Institution n’est pas encore édifié. La NobelstiI telsen occupe encore un immeuble en'location.
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- père de la chimie dynamique ; pour la médecine, Von Behring, l’initiateur de la sérumthérapie ; pour la littérature, notre Sully-Prudhomme ; enfin pour les œuvres de paix, le Suisse Henri Dunant, fédérateur des Croix-Rouges, et le Français Frédéric Passy, économiste et propagandiste pacifiste. Le montant de chacun des prix fut de 150078 couronnes.
- Au 51 décembre 1919, le montant du Fonds Nobel s’élevait à 50 066 274 couronnes 22.
- Les proclamations sont faites le 10 décembre, jour anniversaire de la mort d’Alfred Nobel. Chaque lauréat reçoit « un mandat delà valeur du prix, ainsi qu’un diplôme et une médaille d’ôr portant Tefiigie du donateur, avec une légende appropriée ». Le diplôme est très élégamment relié. Quant à la médaille, son diamètre est de 65 mm et sa valeur 500 couronnes (au pair à peu près 700 francs, aujourd’hui environ 2000 francs au cours de l’or).
- Voici la liste des lauréats de physique, de chimie et de méde cine pendant ces vingt ans.
- Fig. 3.— Remise du prix Nobel à Stockholm, le io décembre 1920.
- Années. Physique.
- Chimie.
- 1901.
- 1902.
- 1903
- 1904.
- 1905.
- 1900.
- 1907.
- 1908.
- 1909.
- 19 !0.
- 1911.
- 1912.
- 1913.
- 1914.
- 1915.
- 1916.
- 1917.
- 1918.
- 1919.
- 1920.
- Vant’ HoU. Fischer.
- Rônlgen.
- ( Lcjrentz. (
- ( Zeeman. 1 f H. A. Becquerel.)
- )Curie et MmevS vante Arrhenius. f Curie. A
- Médecine.
- Physiologie.
- Von Behring. Sir Ronald Ross.
- Finsen.
- Lord Rayleigh. Sir AV. Ramsay. P a vio w.
- Lenard. Von Bacyer. Koch.
- ( Gotgi.
- J. J. Thomson. Moissan. < Ramon y
- ( Cajal.
- Michelson. Buchner. Lavcran.
- Lippmann. E. Rulhciford^-_ 1 Ehrlich. ( Aletchnikoff.
- Marconi. ) Ostwald. Th. Kocber.
- F. Braun. $ Ahmder AYaals. AVallach. Kossel.
- W. Wicn. Aime Curie. Gullsirand.
- Dalcn. j Grignard. ) Sabatier. ) Carrel.
- Kamerlingh Alfred AYerner. Ch. .Richet.
- Onnes. Max Laue. T. AAr. Richards. Baranv.
- i W- II- Bragg. J » AV. L. Bragg. ] | AYillstaller.
- Rarkla.
- Max P la 11k.
- Stark.
- Guillaume.
- H a ber.
- Bordet.
- Ivrogh.
- La Fondation Nobel est dirigée par un Conseil de 5 membres suédois dont un, le Président, est nommé par le roi, et les quatre autres par les quatre corporations chargées de la distribution des prix (Académie des Sciences, Académie suédoise, Institut Cardin, Storting). Les membres de ce Conseil sont nommés pour deux ans. L’un d’eux remplit les fonctions de Directeur gérant.
- Pour les quatre prix suédois, les corporations compétentes constituent des Comités Nobel de trois ou cinq membres, chargés de donner leur avis sur les attributions de récompenses. Lés étrangers peuvent faire partie de ces Comités, à côté desquels fonctionnent des Instituts Nobel, chargés d’étudier les œuvres des candidats('.). Enfin la désignation
- des lauréats est faite par une Commission de 15 membres dont six nommés par l’Académie des Sciences et trois par chacune des trois autres corporations. Celle Commission est aussi nommée pour deux ans.
- En 1920, le Président du Conseil de la Fondation Nobel était M. Schuck, professeur à l’Université d’Upsal. Le Président de la Commission de 15 membres était M. Akerman.
- Lorsqu’un prix ne peut être distribué, il est réservé pour l’année suivante. Si cette année-là, if n’a pas encore de titulaire, son montant est définitivement reversé au fonds principal, à moins que la Commission ne juge préféiable d’en constituer un fonds spécial d’encouragement.
- Pour être admis au concours des prix Nobel, il faut être proposé pur écrit par une personne qualifiée à cet effet. Il n’est pas tenu compte des demandes adressées directement par un candidat.
- Pour la Physique et la Chimie, qui ressortissent 'a l’Académie des Sciences de Stockholm, le droit de présentation appartient à tous les membres de cette Société, aux membres des Comités Nobel, aux savants ayant été titulaires d’un prix, aux professeurs de physique et de chimie des Universités d’Upsal, de Lund, de Christiania, de Copenhague, d’Helsingfors, de l’Institut Carolin de médecine et
- de chirurgie, de l’École Polytechnique et de l’École
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- 1. Ces Instituts sont outillés en vue du contrôle des travaux des candidats. C'est ainsi qu'à l’un d’eux est rattaché le laboratoire du professeur Svanlo Arrhenius^ à même de répéter les expériences qui constituent le fondement de ces. travaux.
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- supérieure de Stockholm, et d’au moins six Universités étrangères. Certains savants, non compris dans l’énumération précédente, peuvent aussi être invités par l’Académie à présenter des candidats.
- La distribution des prix Nobel est pour Siockholm une sorte de fête nationale. Dès leur arrivée, les lauréats sont accueillis de façon charmante, non seulement par leurs pairs scientifiques, mais par la presse, les fonctionnaires et le peuple lui-même. Les journaux popularisent leur nom par le texte et par l’image. Ils sont l’objet des plus délicates prévenances de tous ceux avec lesquels ils ont quelque relation pendant leur séjour dans la capitale suédoise. M. Guillaume, qui a bien voulu nous faire part de ses impressions, est revenu de là-bas profondément touché de l’affabilité et de la cordialité des témoignages de sympathie dont il y fut l'objet. Ainsi, à la suite de sa conférence sur les aciers au nickel, un professeur eut l’aimable idée de faire projeter sur l’écran l’image de sa vieille maison familiale de Fleurier et celle du Pavillon deBreteuil, pendant qu’il résumait l’enfance et l’œuvre du lauréat. Cette attention est particulièrement allée au cœur de M. Guillaume.
- C’est le roi lui-même qui remet les prix aux lauréats après présentation de chacun de ceux-ci par le savant qui lui sert en quelque sorte de parrain. Le roi est entouré des membres de la famille royale, des membres du Gouvernement et d'une partie du Corps diplomatique. La cérémonie, très solennelle, se déroule dans la grande salle de l’Académie de musique. La photographie que nous reproduisons donne U physionomie de la séance du 10 décembre 1920. Au fond, on voit le buste d’Alfred Nobel dominant l’assemblée. En dessous, la tribune des discours et des présentations. A gauche, au premier rang, sur l’éstrade, les lauréats présents à la distribution, MM. Hamsun, Krogh et Guillaume. A droite, les membres du jury que constitue la Commission des Quinze, dont il vient d’être parlé.
- En bas et en face de l’estrade se tient le roi ayant à sa gauche le prince Charles, son frère, à sa droite sa belle-sœur, la toute gracieuse princesse Ingeborg.
- A l’arrivée de Sa Majesté, toute la salle se lève pour entendre l’Hymne royal suédois. Chaque couronnement est accompagné de musique et de chœurs. Tous ceux quinnt assisté à cette cérémonie ont été frappés de son incomparable grandeur. Elle se continue par un grand banquet, auquel assistent non seulement les savants et les grands fonctionnaires, mais de nombreux représentants de la haute société. Le lendemain le roi et la reine donnent un dîner en l’honneur des lauréats.
- L’an dernier, la Suisse n’avait pas encore dé légation à Stockholm lors de la distribution des prix. C’est M. Delavaud, ministre de France, qui, pour la circonstance, a représenté en quelque sorte le gouvernement officiel du lauréat de physique. Il a offert, en l’honneur de M. et de Mme Guillaume un grand dîner, qui a été l’occasion de vives manifes-
- tations de sympathie pour la France et le génie français. C’est que M. Guillaume, tout en étant de nationalité suisse, peut être à juste titre considéré comme un fds intellectuel de France. Toute sa carrière scientifique s’est en effet passée chez nous, et notre pays peut, sans exagération, inscrire son nom à côté de ceux des savants français déjà honorés d’un Nobelpris.
- Alfred Nobel appartenait à une vieille famille de souche anglaise, paraît-il, mais déjà établie en Suède au temps de Charles XII. Les Nobel s’appelaient alors Nobilius. La terminaison latine ras est encore très fréquente en Scandinavie et nous la retrouvons en particulier dans le nom d’un des plus éminents titulaires du prix Nobel, Svante Arrhenius, correspondant de notre Académie des Sciences. C’est Emmanuel Nobel, né à lietle en 1801, qui commença la réputation industrielle de la mai.-on. Il eut pour plus actif collaborateur son troisième fds Alfred Bcrnhard, le Nobel des prix.
- Entreprenant et actif, doué d’une . intelligence vive et pénétrante, Emmanuel Nobel avait trouvé moyen de se faire appointer architecte au' Caire par Méhémet Ali à l’àge de 15 ans! Bentré en Suède en 1818, il s’y occupa d’abord d’architecture et d’enseignement technique, puis se voua à l’étude dangereuse des explosifs. Une explosion qui jeta la terreur chez ses voisins le lit partir pour Pétrograd où il créa des usines et des fonderies, fabriqua des mines et des torpilles. La guerre de 1854 avec l’Angleterre et la France, donna à ses affaires une prospérité qui tomba avec la paix. Nobel lit faillite et rentra à Stockholm pendant que ses créanciers mettaient son fils Louis à la tête de ses établissements. De concert avec Alfred, il se jeta dans l'étude de la nitroglycérine. La nitroglycérine avait été découverte en 1847 par l’Italien Sobrero, à Paris, dans le laboratoire de Pelouze, dont il suivait les leçons. Les Nobel en firent une huile explosive qu’Alfred, à force de patience et de ténacité parvint à transformer en une pâte maniable et presque inoffensive, brevetée le 19 septembre 1867 sous le nom de dynamite. II n’est pas inutile de rappeler que ce fut sur la recommandation personnelle de Napoléon III, que le banquier Péreire avança à Nolrel les premiers 100 000 francs qui lui avaient permis d’entreprendre la fabrication de l’huile explosive.
- Intéressé dans les exploitations pétrolifères du Caucase de la maison Nobel frères, Alfred Nobel, devenu puissamment riche, ne s’arrêta jamais dans ses recherches. Né à Stockholm le 21 octobre 1855 il s’était établi à Paris en 1873. Il quitta la France en 1891 à la suite d’attaques de presse et fut s’installer à San llemo où il mourut 6 ans après, âgé seulement de 63 ans.
- Alfred Nobel était cosmopolite, écrit M. Clève, dans la Notice qu’il lui a consacrée. 11 se proclamait volontiers citoyen universel. « Ma patrie, ajoutait-il, est où est mon travail, et je travaille partout, b C’est
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- parce qu’il était ce cosmopolite qu’il a voulu dans l’attribution de ses prix ne tenir aucun compte de la nationalité des candidats. Il faut reconnaître que ceux qui administrent sa fondation ont scrupuleusement respecté ses intentions à cet égard.
- Nobel était resté garçon, parce que, dit-on, il craignait de ne pas trouver une épouse à sa convenance. On pourrait par suite le considérer comme un égoïste. Cependant il fut un apôtre de la paix, de la paix universelle et, écrit M. Clève, « il joignait à son génie, libre de préjugés, un cœur de philanthrope ». Il avait passé son existence à chercher des engins destructeurs et s’imaginait travailler ainsi à l’œuvre de paix et de fraternité humaines. Il disait : « Plus les moyens de destruction seront terribles, plus on évitera d’assumer la responsabilité d’une déclaration de guerre. Du jour où deux armées pourront, par la découverte d’explosifs perfec-
- tionnés s’entre-détruire complètement,toutes les nations reculeront avec effroi devant les conflits belliqueux! » L’Allemagne s’est chargée, moins de vingt ans après la mort de l’inventeur de la dynamite, de démontrer ce que valait son pronostic pacifiste et humanitaire! Nous ne songeons nullement à faire reproche à Nobel d’avoir un peu manqué de psychologie, et raisonné sans tenir compte de la nature humaine et des passions dont elle ne se défera jamais. Sous ce rapport, il est en nombreuse compagnie ! Son rêve humanitaire était noble, et ce n’est pas sa faute si l’autel de l’humanité, de la science et delà paix sur lequel il sacrifia, n’est aujourd’hui qu’un épouvantable charnier, et si nous
- semblons être aussi loin que jamais de la sublime conception du Christ, appelant, sans armes et sans explosifs, la paix sur la terre pour lès hommes de bonne volonté.
- Léopold
- Fig. 4. — La médaille Nobel pour le prix de Physique.
- Rrverchon.
- LES RAYONS X
- Les rayons N, découverts en 1895 par Roentgen, ont, dès leur apparition, attiré l’attention émerveillée du grand public et reçu d’immédiates applications pratiques. Ils ont rendu visible l’invisible et l’on sait le parti que la médecine, la chirurgie, et ensuite l’industrie ont tiré de cette précieuse propriété. Leurs qualités thérapeutiques ont été également mises à profit et ont donné naissance à la radiothérapie à qui l’humanité doit la guérison de maladies jusqu’alors incurables.
- Indépendamment de ces utiles applications, les rayons X ont pris, en ces dernières années, dans la science, une place capitale. Au début, leur production, leurs propriétés, leur nature intime échappèrent à toute explication théorique 5 rien ne semblait les rattacher à aucune des grandes classes de radiations alors connues. Il y avait là un mystère que les savants du monde entier s’acharnèrent à éclaircir. Aujourd’hui la lumière est faite : nous savons que les rayons X sont des radiations exactement de même nature que les radiations hertziennes et les radiations lumineuses, mais d’une longueur d’onde (*) extrêmement petite, bien plus petite que
- 1. La longueur d’onde d’une ondulation est la' distance qui sépare par exemple deux crêtes successives de Tondula-t ion ; on la désigne par X; la fréquence est le nombre des croies qui se succèdent en un môme point en une seconde; entre la fréquence f et la longueur d’onde X il y a la rela-
- celle des ondes lumineuses les plus courtes que nous connaissions ; on connaît dans ce domaine, au delà de la lumière visible, des radiations invisibles dites ultra-violet les y nous savons aujourd’hui que les rayons X ne sont qu’un prolongement des radiations ultra-violettes dans le domaine des courtes longueurs d’ondes. Il n’y a pas de différence fondamentale dans la nature de ces radiations qui cependant affectent nos yeux de façon différente.
- La longueur d’onde des rayons X est de l’ordre des dimensions moléculaires. Les études approfondies qui ont conduit à ce résultat ont permis en même temps d’importantes découvertes ; grâce à elles la science possède dans les rayons X un moyen d’investigation d’une singulière puissance qui lui permet de pénétrer au sein même de l’atome et d’acquérir des notions nouvelles sur la constitution intime de la matière.
- C’est l’ensemble de ces découvertes récentes que nous nous proposons de résumer ici. Il nous faut tout d’abord rappeler ce que sont les rayons X et ce que nous en ont appris les premières recherches effectuées immédiatement après leur découverte. Ce sera l’objet de ce premier article, y
- tion X = -) N désignant la vitesse dé propagation, la longueur
- d'onde ou la fréquence peuvent donc être employées indifféremment pour caractériser une ondulation. C’est ce que nousferons.
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- LES RAYONS X
- /Int/cathode
- faisceau cathodique ' Cathode concave
- Courant continu haute tension
- Fig. i. — Schéma d’un appareil producteur de rayons X.
- 1. Les rayons caihodiques. La découverte et la production des rayons X. — Les rayons X furent découverts à l’occasion de travaux sur les rayons cathodiques. Dans les dernières années du siècle dernier, les rayons cathodiques étaient l’objet des recherches passionnées des physiciens. Ils offraient en effet l’exemple d’un nouvel aspect de la matière : matière radiante de Crookes, ou matière dématérialisée de Gustave Lebon. Leur existence ébranlait tout l’édifice de la physique classique de l’époque.
- Les rayons cathodiques prennent naissance sous l’action d’un champ électrique dans des tubes à deux électrodes où règne un vide élevé; eu général dans les tubes oit on les étudie, le vide est de l’ordre de 1 /1000e de millimètre de mercure. C’est le vide de Crookes. Mais les rayons cathodiques apparaissent déjà dans des vides beaucoup moins poussés.
- Il est démontré aujourd’hui et universellement admis que les rayons cathodiques sont constitués par une projection de particules matérielles extrêmement ténues, chargées d’électricité négative ; ces particules ne sont pas de la matière au sens ordinaire du mot, ce sont des charges élémentaires d’électricité négative, des électrons, constituants essentiels et de l’électricité et de la matière. Les électrons se propagent en ligne droite. Ils sont projetés normalement à la surface de la cathode et cela quel que soit l’emplacement de l’anode ; celle-ci n’a pas d’influence sur leur direction. Ils se déplacent avec une grande vitesse et se comportent comme de véritables projectiles. Leurs vitesses dépendent notamment du vide dans l’ampoule et de la différence de potentiel entre les électrodes.
- On a observé des vitesses de corpuscules cathodiques supérieures à 60000 km à la seconde, c’est-à-dire à peine 5 fois plus petites que la vitesse de la lumière.
- Les rayons cathodiques rendent phosphorescentes toutes les substances non métalliques, en particulier le verre, ce qui permet d’observer leurs points d’impact. Ils rendent de même phosphorescents les gaz résiduels de l’ampoule, lorsque leur pression
- est encore suffisamment élevée, et c’est ce qui a permis d’observer le trajet de ces rayons.
- Enfin, ils ont une autre propriété très importante, ils sont déviés par l’aimant ; ils le sont également par un champ électrostatique.
- Les rayons cathodiques nous montrent donc des particules électrisées en mouvement rapide ; ils représentent matériellement ce que l’on appelle un courant de convection. Et leurs propriétés électriques et magnétiques sont bien celles que la théorie permet de prévoir pour les courants de convection.
- Lorsque dans un tube de Crookes ordinaire, on pousse le vide au delà d’une certaine limite, les rayons cathodiques cessent de se produire. Il semblerait donc que la présence d’un certain résidu gazeux soit nécessaire pour les engendrer. Cependant on peut aujourd’hui les faire naître dans des tubes à vide très poussé, mais à condition de munir ceux-ci d’une source indépendante d’électrons constituée par un corps porté à haute température. C’est ce qui est réalisé dans les tubes Coolidge. Si les rayons cathodiques ne naissent que dans des tubes où le vide est très élevé, on peut toutefois les observer dans l’air à la pression atmosphérique, mais le mouvement des particules est rapidement freiné par le choc contre les molécules de l’air, et les rayons ne peuvent pénétrer l’atmosphère que sur de très faibles longueurs. Lénard, qui a étudié ce point avec un soin particulier, faisait sortir les rayons cathodiques de l’ampoule de Crookes par une petite fenêtre que fermait une plaque d’aluminium mince, à travers laquelle les électrons pouvaient passer pour venir rendre phosphorescent un écran de platinocyanure de baryum placé au voisinage immédiat du tube.
- C’est en répétant cette expérience que Rœntgen découvrit, par hasard, les rayons X. 11 avait entouré son tube de Crookes d’un papier noir opaque aux rayons cathodiques, afin de pouvoir observer facilement dans l’obscurité la phosphorescence produite par les rayons sortant de la fenêtre en aluminium. Or, un jour, l’ampoule étant complètement entourée de son enveloppe en papier noir, le savant constata avec surprise que l’écran au platinocyanure de baryum, s’illuminait néanmoins et à plus de 2 mètres de l’ampoule. Sa surprise s’accrut encore lorsque plaçant la main entre le tube et l’écran, il vit l’ombre des os se dessiner-vivement sur le fond
- Fig. 2. -r- Tube focus ordinaire. :
- Ca, cathode ; An, anticathqde ; R, refroidisseur à circulation d’eau ; Re, régulateur de vide.
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- illuminé de l’écran, tandis que les chairs apparaissaient en pénombre.
- Les rayons X étaient découverts. Rœntgen établit immédiatement qu’il s’agissait d’une radiation essentiellement distincte des rayons cathodiques, car les rayons X ne sont déviés ni par l’aimant, ni par le champ électrostatique. Contrairement à ce qui se passe pour les rayons cathodiques, ils peuvent effectuer dans l’air des parcours relativement longs sans diminution considérable d’intensité.
- Il montra aussi que l’origine de cette radiation se trouvait au point où le faisceau cathodique rencontre la paroi de verre. C’est le choc des projectiles cathodiques contre un obstacle solide qui engendre les rayons X.
- On réalisa de suite des tubes à rayons X plus perfectionnés que celui qui permit leur découverte fortuite. Les rayons cathodiques, issus d’une cathode en forme de miroir concave, partent normalement à la surface de celui-ci et par suite vont converger en un foyer ; en ce point on place une anticathode faite d’un métal lourd et peu fusible (platine, tungstène ou molybdène). C’est cette anticalhode qui sous l’effet du bombardement cathodique donne naissance aux rayons X. L’anode, n’ayant, comme nous l’avons dit, aucune action directe sur le trajet des rayons cathodiques, est placée en un endroit quelconque du tube, où elle ne gêne pas (fig. 1 et 2). Ces tubes ont reçu le nom de tube s foc us. .
- II. Propriétés d«s rayons X. — Les rayons X se propagent en ligne droite, provoquent la fluorescence de certains corps, impressionnent la plaque photographique et ne sont déviés ni par l’aimant, pi par un champ électrostatique,
- Le pouvoir de pénétration. La propriété à laquelle ils doivent leur popularité, celle du reste qui a provoqué leur découverte, est qu’ils traversent
- Fig, 5. — Montage d’un tube à rayons X (Installation Coolidge).
- Le courant primaire est porté à 55ooo volts par le transformateur T. L’effet redresseur du tube Coolidg e permet de supprimer les dispositifs spéciaux nécessaires dans les tubes ordinaires pour le redressement du courant. Le transformateur T fournit le courant de chauffage du filament cathodique émetteur d’électrons.
- Fig. 3. — Tube Coolidge, modèle normal. Ca, cathode; An, anticathode.
- aisément et sans déviation la plupart des corps non métalliques, opaques à la lumière ordinaire. Le papier, le bois, le charbon, le caoutchouc, etc., sont transparents aux rayons X. Les métaux eux-mêmes, en couches minces se laissent traverser d’autant plus profondément qu’ils sont moins denses. L’aluminium est aussi transparent que le verre pour les rayons X; les métaux lourds, au contraire, tels que le plomb, les arrêtent sous une très faible épaisseur.
- La détermination de la transparence des différents corps aux rayons X, fut,
- , bien entendu,dès ledébut, l’objet de nombreux travaux. L’établissement de ces données était indispensable à la technique radiographique. On s'aperçut immédiatement qu’il y avait différentes espèces de rayons X se distinguant les uns des autres par leur pouvoir de pénétration à travers un même corps pris comme étalon. Ainsi les ampoules relativement peu vidées émettent des rayons peu pénétrants, des rayons mous, avec lesquels on obtient des radiographies à contrastes très accusés; avec les ampoules-à vide très poussé on obtient au contraire des rayons durs très pénétrants.' *
- De même on constata qu’une même ampoule émet en réalité toute une gamme de rayons X de duretés différentes.
- Dès 1896, MM. Benoist et Ilurmuzescu écrivaient : « La production des rayons X par un tube « de Crookes est un phénomène analogue à celui de « la production des rayons calorifiques et lumineux « par des sources a température plus ou moins « élevée ».
- Les recherches plus récentes que nous exposerons plus loin ont permis d’expliquer clairement la raison profonde de la complexité du rayonnement X, et la nature de son mécanisme, identique comme l’avaient pressenti MM. Benoit et Hurmuzescu, à celui des ondes lumineuses.
- La notion assez vague de dureté d’une radiation a fait place, depuis les travaux récents, à celle de longueur d’onde qui permet de caractériser avec précision une radiation X, de même qu’elle nous rénsëigne sur la couleur et la réfrangibilité d’une radiation visible/ .
- Lé pouvoir ionisant. —- Les rayons X ionisent
- Tube Coolidge à radiateur.
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- l’air ou les gaz sur leur passage; autrement dit, ils les rendent conducteurs de l’électricité, on s’en aperçoit à ce fait qu’un corps isolé et chargé d’électricité se décharge lorsqu’il est frappé par un rayon X. On admet qu’au passage de ce rayon les molécules de l’air ont été partiellement désagrégées, mettant en liberté des particules chargées électriquement, des ions, les uns positifs, les autres négatifs. Le corps électrisé attire les ions chargés d’électricité de sens contraire à celle dont il est recouvert et perd ainsi sa charge.
- Il est intéressant de noter ici que les rayons ultra-violets, tout au moins ceux de faible longueur d’onde, situés à l’extrémité du spectre qüe nous connaissons, les rayons de Schumann, produisent des effets analogues, mais d’intensité beaucoup moindre. , •
- Nous disposons de moyens très précis pour mesurer l’ionisation de l’air, et par suite le phénomène de l’ionisation de l’air par les rayons X nous offre un moyen très précis et très sensible pour mesurer l’intensité de ces rayons, laquelle est évidemment proportionnelle à l’ionisation produite.
- C’est grâce à cette méthode de me&ure qu’a pu être acquise la plus grande partie de nos connaissances récentes sur les rayons X.
- Les rayons secondaires. — M. Sagnac a découvert en 1897 que tous les corps frappés par les rayons X émettent à leur tour de nouveaux rayons, qui sont également des rayons X. Ces rayons secondaires, à leur tour, par un mécanisme semblable, peuvent engendrer des rayons tertiaires.
- (A suivre.) A. Troller.
- LA PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE
- Les débuts de la photographie sous-marine datent de 1856. A cette époque, l’inventeur d’un
- Fig. i. —Portrait sous-marin. — Un plongeur.,• (Cliché L. Boutan.)
- bateau plongeur, Guillaume Bauer, protégé du grand-duc Constantin, expérimentait, dans le port de Crôn-Stadt, son engin, le Diable-Marin, qui lui permit d’étudier diverses particularités de la vision, de l’éclairage et de la transmission du son dans Beau! Une chambre noire, installée derrière un hublot, servit à prendre quelques vues de roches et d’algues fortement éclairées par une lampe à réflecteur. Les épreuves obtenues de la sorte manquaient de nettetéj et le contraire nous surprendrait, car le procédé-âü collodion qu’employaient alors les photographes ne se prêtait guère aux poses courtes, et le traditionnel : « Ne bougeons plus ! » eût manqué d’à-propos à bord
- d’un sous-marin, « mobilis in mobili », comme l’exprimait bien la devise du capitaine Nemo.
- Cette tentative prématurée resta donc isolée, et nous n’en trouvons la suite que trente ans plus tard. En 1886, M. Louis Boutan, maître de conférences à la Faculté des sciences de Paris, avait exécuté des photographies de fonds sous-marins, à l’aide d’un appareil étanche, immergé à 5 ou 4”m. et manœuvré par un scaphandrier ou dirigé du haut d’un bateau. Les premiers clichés ainsi recueillis étaient plutôt médiocres; il avait d’ailleurs fallu, dans certains cas, prolonger l’exposition des plaques jusqu’à 50 minutes. Cependant, certains de ces documents offraient déjà un réel intérêt, par leur caractère insolite : tel ce plongeur, tout déformé par la réfraction, que reproduit la figure 1. Du reste, M. Boutan perfectionnait peu à peu son outillage et ses procédés, passant de la pose à l’instantané, des faibles profondeurs aux grands fonds, et de l’éclairage solaire à la lumière artificielle. A cet effet, il employait d’abord le magnésium, dont la combustion était entretenue par un courant d’oxygène comprimé,
- Fig. 2. — Appareil L. E.Walkins immergé.*
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- LA PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE
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- puis la lumière électrique (deux lampes à arc de Bardon, placées de chaque côté de la chambre noire, dans de grands cylindres). En 1898, il obtenait d’excellents phototypes instantanés d’assez grand format (18x24 cm). Les frais de ses dernières expériences — une dizaine de mille francs — avaient été assumés par la Société Y Optique, et un certain nombre de ses diapositifs furent projetés, à Paris, sur l’écran du Palais de l’optique, à l’Exposition de 1900 (4).
- 1 Cette même année, M. L.-E. Walkins faisait breveter un appareil de photographie sous-marine dont les figures 2 et 3 indiquent les dispositions essentielles. Deux chambres noires sont immergées, à droite et à gauche d’un phare électrique. La figure 2 représente ces engins braqués vers l’arrière d’un navire, dont on aperçoit l’hélice et le gouvernail, dessinés en pointillé. Le dessin suivant montre, en coupe, l’une des chambres noires, enfermée dans une sphère métallique percée d’une lucarne vitrée, derrière laquelle est placé l’objectif. Les manœuvres nécessaires pour armer et déclencher l’obturateur, ainsi que pour escamoter les plaques impressionnées, sont exécutées par transmissions électriques (le système d’escamotage, commandé par un électro-aimant, est représenté à part). Les deux obturateurs fonctionnant simultanément, on obtient ainsi des couples stéréoscopiques, qui fournissent des renseignements plus complets que la photographie monoculaire.
- Peu après, M. Jacob
- 1. Cf. L. Boutan. La photographiesous-marine. Pa- Fig. 4.— Actinie
- ris, Sehleiclier frères, 1900. (Cliché
- Escamotage des plaques «
- Fig. 3.
- Coupe d’une des chambres noires de l’appareil Walkins.
- Reighara, professeur de zoologie à l’Université de Michigan, exécutait de très belles photographiés ; sous -marines, dont deux. specimens j ont été reproduits dans ; Lu Nature^).
- A- la même époque, en France, avec un matériel très simple et , peu coûteux, E. Etienne Peau . formait une collection de vues sous-marines très variées. Son appareil photogra-; phique était, enfermé dans un.cylindre hori-
- épanouies et: Astéries, E. Peau.) 1
- zontal en. tôlé. d’acier, ;perçè> en face
- . de Uobjectif, .d’une ; ouverture ronde de 11; cm. de -diamètre, dans laquelle s’encastrait un disque de cristal de 10 mm d’épaisseur. En avant de cette fenêtre, un grand cône de tôle noircie éliminait les rayons lumineux étrangers au sujet, de manière à atténuer le voile qui trouble la plupart des images sous-marines (on voit d’ailleurs, par les figures 4 et 5, que la netteté des épreuves de M. Peau est déjà, très satisfaisante). Le système optique était un doublet dePetyval (objectif à portrait), choisi à cause de sa grande luminosité. On l’utilisait généralement à pleine ouverture, malgré le défaut de profon-
- Fig.5. — Paysage sous-marin. —^Actinies refermées, (Cliché E. Peau.) . u, ,
- 2, Yoy. n°j!875, du'l^mai 1909, p. 348.
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- 346 1 : LA PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE
- Fig. 6.— Atelier photographique sous-marin du D' Francis Ward.
- deur de champ qui en résultait, car on ne peut guère espérer une définition parfaite dans les reproductions de ce genre, dont les sujets sont toujours noyés (c’est bien le cas de le dire) dans une imprécision qui leur donne parfois des aspects étranges. L’escamotage des plaques s’opérait à l’aide d’une tige extérieure traversant les parois du cylindre par une garniture étanche, et l’obturateur était déclenché soit pneumatiquement, soit au moyen d’un électroaimant mis dans le circuit d’une pile sèche de quatre éléments. L’appareil contenait, en outre, deux boîtes perforées remplies de chlorure de calcium desséché, dont le rôle était d’absorber la vapeur d’eau. Sans cette précaution, l’abaissement de température qui sé produit au moment de l’immersion aurait condensé, sur le hublot et sur les lentilles de l’objectif, une buée désastreuse pour la netteté des images (1).
- Il convient également de mentionner les documents extrêmement intéressants, recueillis par M. Lucien Rudaux, bien que leur auteur se soit défendu d’avoir voulu faire là des photographies sous-marines; en intitulant simplement son procédé : « Photographie à travers l’eau ». La description qu’il en a donnée ici même (2) nous dispense d’en parler longuement. Rappelons seulement qu’un appareil photographique quelconque est posé, un peu au-dessus delà surface de l’eau, sur un large panneau horizontal percé d’une ouverture par laquelle passent les rayons lumineux venus des sujets immergés.
- Cet écran, supporté par un trépied posé au fond de l’eau, atténue suffisamment la lumière réfléchie à la surface. Nos lecteurs ont vu les beaux résultats obtenus par des moyens si simples, notamment le portrait d’une méduse nageant, qui constitue à la fois un document instructif pour le naturaliste et un sujet pittoresque pour l’artiste.
- L’inconvénient commun aux dispositifs précédents, c’est de limiter les opérations contrôlées à de très faibles
- ~ 1. E. Peau. La photographie sous-manne.
- (Annuaire général et international de la photographie, 1908, p. 531-346.)
- 2. Yoy. n° 1824, du 9 mai 1908, p. 560.
- profondeurs. En effet, d’une part, le scaphandre ne descend pas très facilement au delà d’une trentaine de mètres. Pour séjourner plus bas, un entraînement est nécessaire, et l’on ne recruterait pas aisément des opérateurs également initiés aux plongées et à lapratique de la photographie.
- D’autre part, si l’opérateur ne descend pas dans l’eau avec sa chambre noire, s’il se fie à une commande électrique dirigée du pont d’un bateau, il ne verra plus des modèles éventuels, et ce n’est qu’à la faveur d’un hasard trop rare qu’il saisira, de loin en loin, quelque sujet vraiment intéressant.
- En 1911, un naturaliste anglais, le docteur Francis Ward, faisait aménager, dans une propriété qu’il possède à Ipswich, au fond d’une petite crique, un atelier de photographie subaquatique, représenté en coupe par la figure 0. C’est une chambre souterraine, creusée au bord de l’eau, dont elle est séparée par un mur au milieu duquel s’ouvre une baie vitrée. L’opérateur se voit ainsi transporté au fond de la mer ; il en distingue les moindres détails, tandis que les sujets en expérience ne sauraient l’apercevoir, dans son studio où règne l’obscurité. Il a donc toute facilité pour les observer à loisir; sans éveiller leur attention, et déclencher sôn obturateur au moment le plus favorable. Le docteur Ward a ainsi photographié, non seulement des poissons, des crustacés et autres créaLures exclusivement aquatiques, mais aussi des amphibies (phoques, loutres, etc.) et des oiseaux plongeurs (mouettes, pingouins et cormorans), dont il a étudié les curieux procédés de pêche. Pour retenir ces sujets, un grillage ferme la petite crique, qui devient ainsi une cage. Les lecteurs de La Nature ont déjà vu quelques photographies exécutées dans ces
- - Fig. p. —Pingouin remontant à la surface de l’eau.
- La tête et le cou déjà émergés sont invisibles. (Cliché F. Ward.)
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- LA PHOTOGRAPHIE SOUS-MARINE
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- Fig. 8. — Appareil Williamson pour la prise des vues sous-marines. (Cliché Location Nationale.)
- conditions (‘). Nous en reproduisons encore un spécimen dans la figure 7, où Ton croirait, de prime abord, assister aux ébats d’un poisson, tandis qu’il s’agit d’un pingouin dont la tête et le cou, déjà sortis de l’eau, sont masqués par le phénomène de la réflexion totale des rayons lumineux obliquement dirigés vers la surface.
- Le docteur Ward ne s’est point borné à prendre des vues isolées, de simples clichés instantanés fixant une attitude, un aspect détaché d’une scène mouvementée ; il a utilisé aussi le cinématographe, et ses films lui ont permis de faire de très intéressantes constatations sur diverses particularités de la locomotion dans l’eau.
- Cependant, dans ce cadre un peu factice et toujours le même, avec des sujets en demi-captivité, le champ d’études demeure nécessairement restreint, et, si l’on envisage ces travaux au point de vue pittoresque, leur intérêt se trouve vite épuisé. Pour donner son plein essor à la photographie sous-marine, animée ou non, il fallait trouver le moyen de transporter l’atelier en pleine mer. Problème assez délicat, mais non pas insoluble, si nous en jugeons par les films qui ont été tournés dans la cabine Williamson.
- Le matériel utilisé à cet effet avait été créé par M. Charles Williamson dans le but de rechercher les éponges, les perles et les trésors engloutis dans la mer. Ses fils, MM. Ernest et Georges Williamson, l’ont ensuite appliqué à la cinématographie sous-
- 1. Voy. n° 2357, du 3 mai 1919, p. 558.
- marine. La figure 8 en donne une vue d’ensemble (1).
- Un tube vertical, extensible à la façon des accordéons, fait de fer et de matières imperméables, et assez large pour livrer passage à un homme, part du pont d’un bateau, dont il traverse la coque, et aboutit à une cabine sphérique, dans laquelle l’observateur s’installe avec son appareil. Devant l’objectif s’ouvre un large hublot de cristal épais, et un grand cône extérieur élimine les rayons nuisibles. Comme l’éclairage naturel est rarement suffisant pour les instantanés, passé dû mètres de profondeur, Je sujet est vivement illuminé à l’aide de neuf tubes à mercure de Cooper-Hewitt, dont le pouvoir éclairant total dépasse 20 000 bougies.
- L’opérateur, blotti dans son atelier obscur, voit très distinctement les scènes qu’il veut enregistrer, et il n’est pas visible de l’extérieur. Ses modèles ne sauraient donc être troublés par sa présence. En revanche, ils sont violemment mis en émoi par l’éblouissante lueur des lampes électriques, et la projection animée montre bien leur agitation insolite, au début de l’illumination. Ils s’y accoutument, du reste, assez vite, et ne tardent pas à reprendre leurs allures coutumières.
- Le système Williamson avait d’abord été appliqué à la préparation de films « truqués », pour donner une apparence de réalité à des œuvres de pure imagination. C’est ainsi que les frères Williamson avaient filmé, en 1915, pour la Company Uni-
- Fig. g. — Requin mordant à l’appât. Cliché Location Nationale.)
- 1. Les ligures 8, 9 et 10 sont, extraites des films de l'Océan, édites en France par la « Location Nationale », qui a bien voulu en tirer ces agrandissements.
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- 348 ..MOULAGE
- Fig. io.— Un duel sous-marin.—Homme contrerequin.
- versai, le célèbre roman de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, puis 'VŒU sous-mcirin et les scènes finales de la Bruyère blanche. Depuis lors, cet outillage a servi à enregistrer de très intéressantes et de très instructives vues documentaires, qui ont défilé dans les « cinés » du monde entier. Il est ainsi devenu aisé à chacun de contempler les paysages sous-marins, leurs grottes pittoresques, leur flore si curieuse, et d’y voir évoluer leurs habitants, surpris dans leur cadre naturel, au milieu des sites qui leur sont familiers.
- Nous reproduisons (fig. 9 et 10) deux épreuves d’un film tourné dans la cabine Williamson, aux abords des îles Hawaï. Ces vues isolées ne sauraient évidemment donner qu’une idée très imparfaite de l’impression produite par la projection animée. Elles sont très floues : c’est la conséquence inévitable de la violente agitation de l’eau pendant ces scènes mouvementées ; d’ailleurs, sur l’écran lumineux, le vague des images n’empêche point de suivre les péripéties du drame qui se déroule au fond de la mer, il y ajoute même une note d’impressionnante étrangeté, efiil n’est pas de sport plus émouvant que cette représentation de la chasse au requin, telle que la pratiquent les plongeurs hawaïens.
- Évidemment, un outillage tel que celui des frères Williamson ne sera jamais à la portée de l’amateur. Cependant, il ne s’ensuit pas que celui-ci doive renoncer à la photographie sous-marine. D’abord, aucune difficulté n’existe sur les côtes de la Californie, où n’importe qui peut recueillir de très pittoresques vues pélagiques, en s’embarquant,
- , MOULAGE DES
- Le géologue, le botaniste, l’entomologiste, peuvent à loisir faire des collections qui leur servent à tous moments d’aide-mémoire; le mycologue est pour ainsi dire désarmé et il doit collectionner dans sa mémoire seule ses innombrables sujets d’étude,
- CHAMPIGNONS . . y
- avec un appareil quelconque à bord d’un glassboltom boat (bateau à fond de verre). Les lecteurs de La Nature ont déjà vu des épreuves ainsi obtenues (1).
- En France, nous n’avons pas encore de bateaux de ce genre, et c’est fort regrettable; mais il n’est pas bien difficile d’y suppléer, en utilisant une autre invention américaine, qui, celle-là est à la portée de tous : le Dibos water glass, en usage dens la marine des États-Unis pour l’examen des carènes et la recherche des épaves, est constitué par un tube en tôle légère, long d’à peu près 2 mètres. Une de ses extrémités est fermée par une rondellede verre.
- L’observateur, placé dans une barque, plonge dans l’eau cette extrémité et regarde par le bout opposé. Si la lumière extérieure pénètre encore trop dans le tuyau, on s’enveloppe d’un voile noir, comme le font les photographes pour mettre au point.
- Cet instrument d’optique, le plus simple assurément qu’il soit possible d’imaginer, suffit pour éliminer complètement toute la lumière réfléchie à la surface de l’eau, et l’observateur se trouve donc dans les mêmes conditions que les passagers d’un bateau à fond de verre. En remplaçant l’œil de l’observateur par une chambre photographique (fig. 11), l’objectif ne reçoit d’autres rayons lumineux que ceux qui émanent des objets immergés, et l’on réalise ainsi, à peu de frais, un excellent appareil de prises de vues sous-marines, dont la portée n’est limitée que par la transparence de l’eau et l’intensité de la lumière.
- Ernest Coustet.
- 1. Yov. n° 2085, du 10 mai 1013, p. 575 cl suiv.
- Fig. ii. — Dibos water glass.
- CHAMPIGNONS
- il ne peut admirer longtemps chez lui ses amis les champignons dont les belles moissons sont fauchées par la pourriture. Le champignon mou ne se conserve pas à l’air. Aussi a-t-on songé déjà à mouler les champignons naturels, et bien des essais ont été
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- CHRONIQUE
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- Fig. i.
- faits dans cette voie ; il existe même des’ collections intéressantes dans différentes villes, mais aucun de ces moulages ne reproduit fidèlement les caractères presque microscopiques des différentes espèces de Champignons (détails de lamelles, hydnes ou pores fins).
- Je vais indiquer ici un procédé personnel pour mouler et reproduire les champignons supérieurs, procédé qui me donne la perfection au point de vue forme, détails et couleur.
- Comme matière moulante, je me sers exclusivement de gélatine dite blanc-manger, puis je coule du plâtre de Paris dans le creux obtenu.
- Voici succinctement comment je procède : -te coupe mon champignon en deux parties pour mouler séparément, d’une part le chapeau, d’autre part le pied (fig. 1 ).
- J’ai d’autre part confectionné de> boîtes de moulages en plâtre, boîtes pouvant par leurs dimensions s’adapter aux différentes formes de chapeaux et de pieds des champignons (fig. 2 et 5). Des points de repaire forment guides sur les bords très épais de ces boîtes, afin de garder toujours le même rapport entre le moule et le contre-moule. Le couvercle est muni d’un trou (T, fig. 2).
- Prenons donc un champignon, coupons-le comme figure 1, et enduisons-le d’un mélange : huile de lin, 2 parties; essence thérébenthine, 3 parties; talc, 1 partie, puis, un quart d’heure après, de formol à 50 pour 100.
- Ces deux badigeons ont pour but le premier, de favoriser le décollement du champignon de la gélatine ; le second, de donner de la fermeté au champignon et d’insolubiliser la gélatine qui lui fera contact.
- D’autre part on trempera des feuillets de blanc-manger pendant 1/4 d’heure dans de l’eau froide, on la pressera fortement dans les mains et on la fera fondre au bain-marie (sans l’additionner d’eau) dans une casserole à bec. Alors, on la versera à l’état visqueux dans la boite B (fig. 2), cela de façon àne pas atteindre tout à fait le bord. On coulera un peu de cette gélatine sur le chapeau (partie
- Fig. 2.
- supérieure) du champignon et on retournera brusquement celui-ci dans la partie B pendant que la gélatine est encore visqueuse, sans cependant laisser envahir les feuillets du champignon. Nous procéderons alors au moulage des feuillets. On badigeonnera toute la surface de gélatine S (fig.-2), avec du formol à 30 pour 100, on posera le couvercle A sur la partie B, et on refera fondre de la gélatine comme il a été dit plus haut, on la versera doucement à l’état visqueux par le trou T jusqu’à débordement par ce trou; On portera toute) cette masse au frais, et au bout d’une heure on pourra ouvrir la boîte, sortir délicatement le champignon naturel dont on aura une empreinte idéale. . '
- Il ne restera plus qu’à gâcher clair du plâtre de Paris, à le verser doucement (en tapotant) dans le creux de gélatine de la partie B, puis de la partie A, et l’on rejoindra ces deux parties de façon à ne pas emprisonner d’air et à obtenir entre elles un joint parfait.
- Au bout de deux heures on pourra ouvrir la boîte et, si l’on a bien procédé, on sera émerveillé de la fidélité du moulage.
- Pour mouler le pied dü champignon, ce sera le même procédé : on versera de la gélatine dans la partie D d’une boite appropriée (fig. 3), on y couchera le pied, on badigeonnera au formol, et on coulera le contre-moule par les trous T T. On aura soin, lorsqu’on coulera le plâtre dans le creux obtenu, d’v noyer une lige de cuivre qui donnera de la résistance, et qui servira par un scellement au plâtre très clair, à unir en bonne position le pied au chapeau. Voilà notre champignon entièrement en plâtre, on le fera bouillir dans une solution saturée de borax pour le durcir, on le rincera à l’eau chaude et, une fois sec, on l’encollera à la gomme arabique, ce qui permettra de le peindre suivant un modèle avec des couleurs à l’eau.
- D’après ces données succinctes, j’engage les amateurs adroits et patients à se lancer dans cet amusement scientifique, il sera nouveau et intéressant pour eux, qu’ils perfectionnent mon procédé en y ajoutant les tours de mains que la pratique seule peut donner, ils feront une collection originale et instructive et passeront de bons moments.
- A. Dacms.
- Fig. 3.
- CHRONIQUE
- Peut-on provoquer la pluie artificiellement ?
- — Depuis quelque temps, les journaux ont fait grand bruit autour d’un Américain, M. Charles M. Hatfield, qui prétend faire pleuvoir par des moyens artificiels tenus secrets. Le Times, le premier, a annoncé ses succès : pluies abondantes et versements ... de sommes respectables à l’heureux vainqueur de la sécheresse ! Toute la presse a suivi.
- Hélas, comme on pouvait d’ailleurs s’y attendre, cette magnifique découverte n’était que bluff,mirage, bulle de savon, qui vient de crever tout comme un simple nuage à pluie !
- M. Harold Jeffreys vient de publier dans ISalûre une mise au point exacte des faits et il ne reste plus rien des espoirs entrevus. Il est vrai que la pluie, naturelle cette fois, et même la neige sont venues nous consoler de celte déception.
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- L’ÉCLIPSE DE LUNE DU 16 OCTOBRE 1921
- Yoici les faits : M. Charles M. Ilatfield avait réussi à faire signer par l’Association d’Agriculture des Etats-Unis, à Medicine Hat, un contrat par lequel il s’engageait à faire pleuvoir par ses procédés, tandis que l’Association s’engageait à lui payer 4000 dollars pour 10 centimètres de pluie et 6000 pour 15.
- M. Ilatfield installa son appareil, un réservoir placé à 7 m. 50 au-dessus du sol et rempli de produits chimiques non dénommés. Ceux-ci devaient attirer tous les nuages des environs et les précipiter sur le point choisi. En trois mois, de mai à juillet dernier, il tomba à Medicine Hat 4,8 pouces d’eau (12 cm). M. Ilatfield gagnait donc 4000 dollars pour son intervention.
- Mais on s’avisa que l’on n’àvait pas observé de mouvements particuliers des nuages vers l’appareil et que la moyenne des pluies à Medicine Hat., dans les trois mois considérés, est normalement de 6,1 pouces. Le contrat avait donc été signé sans réflexion et M. Ilatfield devait gagner, môme sans intervenir efficacement.
- La même expérience répétée à Calgary (Alberta) donna 5 pouces de moins que la normale, à Edmonton 5,1 de plus, à Qu’appelle (Saskatchewan) 3,85 de plus. Il semble donc que l’invention de M. Ilatfield n’a aucun pouvoir et que son succès est soumis simplement aux lois du hasard.
- D’ailleurs, le simple bon sens permettait de le prévoir.
- Comme M. Harold Jeflreys le fait justement remarquer dans Nature, bien d’autres essais ont été tentés sans plus de résultat. Pour condenser en pluie la vapeur d’eau contenue dans l’air, il faut refroidir celui-ci au-dessous du point de saturation. On le pourrait théoriquement, d’une manière directe, par exemple en y évaporant de l’acide carbonique liquide ou indirectement en élevant la masse d’air et la détendant ainsi. Mais, pratiquement, l’opération est vraiment impossible. M. Jeflreys rappelle que pour précipiter un pouce (2 cm 5) d’eau sur une surface de 100 milles carrés, il faudrait condenser 6 millions de tonnes de vapeur et par conséquent traiter des centaines de millions de tonnes d’air. Si l’on opérait par détente, il faudrait élever cette masse d’environ un kilomètre. Qui ne voit que cette opération est impossible, matériellement et économiquement?
- On a également essayé, en France notamment, de produire une brusque agitation de l’air en tirant vers le ciel, et y faisant exploser des obus. La guerre a permis de juger ce procédé comme totalement inefficace.
- Ainsi, malgré M. Ilatfield et le bruit fait autour de lui, il nous reste, comme par le passé, à regarder le temps qu’il fait, à subir la pluie quand elle tombe et à quitter notre parapluie quand il fait beau. Peut-être, après tout, est-ce mieux ainsi!
- L’ÉCLIPSE DE LUNE
- La belle éclipse de Lune qui s’est produite dans la nuit du 16 au 17 octobre dernier, a été favorisée, sur la partie ouest de l’Europe, par un tèmps magnifique, Presque partout, sauf en Angleterre, c’est par un ciel d’une pureté idéale qu’elle a été observée.
- Cette éclipse a été ce que l’on est convenu d’appeler une éclipse claire. C’est-à-dire que la partie de la Lune plongée dans l’ombre de la Terre est restée constamment très lumineuse, apportant ainsi une précieuse confirmation à la loi de périodicité récemment découverte par M. A. Danjon, astronome à l’Observatoire de Strasbourg, et dont nous avons déjà très succinctement entretenu nos lecteurs (Bulletin Astronomique, n° 2475).
- Cette loi (J) apparaît dès à présent comme ayant une très grande importance, car elle rattache la phase de l’activité solaire à l’opacité de l’atmosphère terrestre. Un observateur qui se trouverait sur la Lune lorsque celle-ci est plongée dans l’ombre de la Terre verrait le globe terrestre entouré d'un anneau de lumière plus ou moins rouge, couleur « coucher de soleil ». Celte lumière n’est autre, en effet, que celle du Soleil réfractée par l’atmosphère terrestre et ayant traversé cette atmosphère sur une très grande épaisseur!
- M. Danjon, pour établir sa loi, a dû, tout d’abord, réunir le plus grand nombre possible de descriptions d’éclipses de Lune, ce qui a exigé une compilation considérable de documents, mémoires, etc. Les observateurs ne sont pas toujours très clairs dans leurs descriptions, et il a eu parfois à surmonter des difficultés très grandes pour interpréter les textes. Malgré tout, il a pu réunir un catalogue d’environ ,150 éclipses dont les plus anciennes
- 1. Comptes rendus de l’Académie des Sciences; t. CLXXI, séance du 6 décembre 1920.
- DU 16 OCTOBRE 1921
- remontent à Tycho-Brahé. Mais ces éclipses n’ayant pas été étudiées au point de vue de l’intensité de la lumière de la Lune dans l’ombre, il a fallu établir une échelle arbitraire de luminosité, d’après la description donnée par les observateurs eux-mêmes.
- Cinq coefficients ont été adoptés, dont voici la signification : 0 = éclipse très sombre, Lune à peu près invisible surtout au milieu de la totalité. 1 = Eclipse sombre, grise ou brunâtre. 2 == Eclipse rouge sombre ou roussâtre. 5.= Eclipse rouge brique, ombre souvent bordée d’une zone grise ou jaune assez claire. 4 — Eclipse rouge cuivre ou orange, très claire; zone extérieure très lumineuse, bleuâtre.
- Disons tout de suite que l’éclipse du 16 octobre se range dans cette dernière catégorie.
- Voici maintenant les constatations très remarquables faites par M. Danjon. En portant en abscisses la date de chaque éclipse, en ordonnées son coeffi cient d’éclat, on obtient, en joignant les points, une courbe en dents de scie. La courbe s’élève d’un minimum de taches solaires au suivant, avec une brusque chute à chaque minimum (voir fîg. 1).
- En groupant les éclipses de 1825 à 1867, puis de 1867 à 1920, suivant la période de la phase solaire, divisant la somme des coefficients d’éclat par le nombre des éclipses, on obtient l’éclat moyen. Les deux courbes de la figure I, tracées d’après le tableau suivant, révèlent la brusque chute à l’époque du minimum :
- Phase solaire.
- 0-2 ans 2-4 ans 4-6 ans 6-8 ans 8-11 ans 1823 à t Eclat moyen 1,2 2,2 2,7 5,5 3,2
- 1867 ( Nombre d'éclipses 5 5 6 4 11
- 1867 à( Eclat moyen 1,0 2,5 2,5 2,9 3,4
- 1920 ) Nombre d’éclipses 8 9 0 4 12
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- L'ECLIPSE DE LUNE DU 16 OCTOBRE 1921
- 351
- Remarque curieuse : 70 éclipses ont été utilisées pour établir ce tableau. Trois ont été exceptées des moyennes, celles des 4 octobre 1884,-30 mars et 24 septembre 1885, d’éclats relatifs O.ou 1.
- D’après la phase solaire correspondante, ces éclipses auraient dû être claires. M. Danjon fait remarquer qu’elles sont a rapprocher des lueurs crépusculaires qui ont suivi l’éruption du Krakatoa : l’atmosphère terrestre, obscurcie par les poussières lancées à haute altitude par celte éruption, n’a plus transmis les rayons solaires pendant près de deux ans.
- La loi donnée par M. Danjon s’exprime ainsi :
- l°Dans les deux années qui suivent un minimum d’activité solaire, l’ombre de la Terre est très sombre, grise ou peu colorée ;
- 2° Ensuite, à mesure que l’on s’éloigne du minimum, la Lune reste, au cours des éclipses, de plus en plus éclairée, et sa coloration est de plus en plus rouge, etc.
- M. Danjon est allé plus loin.
- Les minima solaires antérieurs à 1823 ne sont pas connus avec
- 4
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- 41
- 3-
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- 1825-1867 1-
- 1867-1320
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- minimum
- Phase solaire
- 11 a min.m
- Fig. i. — Courbes moyennes de luminosité des éclipses de Lune en fonction de la phase de l'activité solaire (d'après M.A. Danjon, astronome à l'Observatoire de Strasbourg).
- une grande précision. Connaissant l’éclat de la Lune lors des éclipses antérieures à 1823, on peut donc en déduire la phase de l’activité solaire,
- les minima se plaçant entre les époques séparant une éclipse claire d’une éclipse obscure. Il a pu ainsi donner un tableau des minima de l’activité solaire depuis 1585 (*). La.période solaire est égale, en moyenne, à 10 ans 87 et se trouve soumise à une inégalité périodique de 156 ans. Le prochain minimum solaire se produira à la date 1925 (4 mai 1925) : « D’ici là, ajoute M. Danjon, les « éclipses de Lune seront très claires ; ensuite, jus-« qu’en 1926, elles seront grises et sombres ».
- Les considérations précédentes expliquent l’impatience avec laquelle on attendait l’éclipse du 16 octobre, et l’intérêt que l’on a pris, en divers observatoires, à l’étude de cette éclipse. À l’observatoire de Strasbourg, notamment, MM. Danjon et llougier ont effectué des observations complètes. L’éclipse a été rangée dans la catégorie des éelipses très claires. Au milieu de l’éclipse, les colorations présentées par le disque de la Lune étaient les suivantes : 1° La bordure du cône d’ombre gris ardoise clair, de 6' de largeur ; 2° Une bande de 12' passant du roux clair à la teinte cuivrée ; 3° la par-
- 1. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. CLXXI, séance du 13 décembre 1920.
- tie la plus voisine du centre de l’ombre se montrait nettement rouge sang. L’observation a été faite également au moyen d’écrans colorés rouge, jaune, vert et bleu, permettant mieux que l’observation directe la délimitation des teintes. Enfin, M. Danjon a.déterminé (*), au moyen d’un photomètre spécial, la courbe d’éclairement de la Lune, à l’intérieur de l’ombre et de la pénombre, en fonction de la distance à l’axe du cône (droite Soleil-Terre). Il arrive à cette conclusion que si l’éclipse avait été centrale, la Lune aurait rayonné, en lumière rouge, autant qu’une étoile de grandeur — 2m6, soit autant que 27 étoiles de première grandeur. C’est un éclat exceptionnellement intense.
- Les photographies faites à l’observatoire Flammarion de Juvisy permettent d’avoir une bonne idée de l’éclipse observée non à la vue simple, mais avec
- une bonne lunette (fig. 2).
- La vue 4 a été prise au maximum déT éclipse. Al’exception d’un très étroit croissant qui restait au bas,‘r>.toute la Lune était dans l’ombre de" la Terre." Elle est presque entièrement visible sur la photographie, sauf la partie du haut, quidecou-
- min.m
- ze 4a 6a 8a
- Phase solaire
- na
- mwr
- leur rouge sang, n’a pas agi sur
- la plaque sensible. Les vues 5, 5, 6, faites avec une longue pose, montrent bien la netteté du bord de l’ombre de la Terre. Les détails visibles dans une bande étroite, à l’intérieur de cette ombre, pour les vues 5 et 5, correspondent à une zone bleue ou gris ardoise, qui a été vue par un grand nombre d’observateurs. La vue 1 montre le maximum d’effet de la pénombre, juste au moment de l’entrée dans l’ombre.
- Nous n’insisterons pas davantage sur les observations, extrêmement nombreuses, de celte éclipse. Il semblait que la science n’ait plus grand parti à tirer de la disparition de notre satellite dans l’ombre de la Terre. La loi remarquable qui lie l’opacité de l’atmosphère terrestre aux tachés du Soleil vient bien à point pour montrer qu’il ne faut jamais délaisser, en astronomie surtout, la moindre observation, en apparence même inutilisable. Pourquoi, à présent, y a-t-il discontinuité de la transparence de l’atmosphère au moment du minimum solaire? Il semble que, là, il y ait du nouveau sous le Soleil.
- Em. Touchet.
- 1. Comptes rendu s de l’Académie des Sciences, t. CLXX1II, séance clu 24 oclobre 1921.
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- Fig. 2. — Photographies de I Eclipse de Lune des 16-/7 octobre içar, prises à VObservatoire Flammarion,
- de Juvisy, par Mme G. Flammarion et M. F. Quènisset.
- 1. 21 h. 16 m., maximum d'effet de la pénombre, juste au moment de l’entrée dans l'ombre. — 2. 2ih.3om.,la Lune en partie dans l’ombre. —3. 22h. 28m., longue pose (10 secondes) pour obtenir le bord de l’ombre très net. Les détails visibles àl’intéiieur et au bord de l’ombre correspondent à une bande vue gris ardoise, ou gris bleu, c’est-à-dire assez photogénique. — 4.. 22 h. 53 m. à 22 h. 5ç m., pose : 6 minutes, maximum de l’éclipse. A l’œil nu il ne restait qu’un mince filet de lumière visible. La longue pose montre la Lune presque entière dans l’ombre. En haut, à droite, la partie invisible correspond à la couleur rouge sang signalée par les observateurs. — 5. 23 b. 28 m. à 23 h. 33 m , pose : 5 minutes. Meme remarque que pour 3— 6. 23 h. 37 m-, pose : 5 secondes. La pose a été assez longue pour montrer l’ombre nette, mais la pénombre est visible contre l'ombre.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuius, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2487. _.. _ __ ' ~ 3 DECEMBRE 1921
- LES VOITURETTES ET CYCLECARS AU SALON DE L’AUTOMOBILE
- Le XVI0 salon de l’automobile, qui vient de fermer ses portes, peut être à juste litre appelé le salon de la voiture utilitaire; c’est vers elle en effet que nos constructeurs, aiguillonnés par la demande du public, ont porté cette année leur principal effort, et il faut les féliciter très vivement d’avoir réalisé des véhicules capables de rendre ce mode de locomotion accessible au plus grand nombre.
- Sous l’influence des charges toujours très lourdes qui pèsent sur l’emploi des véhicules automobiles, la voiture utilitaire s’oriente nettement vers les pe'ites cylindrées dont nos constructeurs savent maintenant tirer le meilleur rendement. Nous ne nous étendrons pas sur les voitures de 10 IIP, leur cause est maintenant gagnée auprès du public et les plus grands constructeurs eux-même s’y intéressent d’une façon toute particulière.
- Nous préférons au contraire attirer l’attention des lecteurs de La Rature sur les modèles de 5 IIP que nous présentent cette année les maisons Citroën et Ariès et qui sont susceptibles de transporter confortablement deux personnes à une vitesse commerciale relativement élevée, et pour des prix que l’on peut avantageusement comparer aux tarifs les plus bas de nos chemins de fer.
- Ce résultat a été obtenu avec des châssis dont la conception diffère peu de celle des voitures de puissance moyenne et dont ils ont conservé les agréments, l’équipement électrique complet en particulier; ce sont des petites voitures, ce ne sont pas des
- Fig. i. — Moteur Benjamin.
- cyclecars. Ceux-ci appartiennent à une catégorie spe'ciale de véhicules, définis récemment par le
- service des mines. Elle comprend des véhicules à deux places pesant moins de 350 kg et dont le moteur a •une cylindrée inférieure à llitrc,l.
- Celle formule permet bien des réalisations et le dernier salon nous en a montré de telles variétés qu’il est, à l'heure actuelle, impossible de trouver des tendances communes à tous les constructeurs de cyclecars ; ceux-ci peuvent être groupés cependant en deux classes d’importance sensiblement égale. Certains constructeurs se sont inspirés de la voiturette qu’ils ont réduite et simplifiée pour qub lie satisfasse à la formule administrative ; les autres sont
- ..... partis de cette définition même et
- ont essayé de résoudre le problème directement, avec des solutions qui leur sont propres ou qu’ils ont empruntées à la motocyclette.
- La première école dérive de la voiturette dont nous trouvons le moteur à quatre cylindres avec lequel fait souvent bloc la boîte de vitesse à engrenages (Salmson, Bignan, Sigma). Au contraire, Benjamin place le changement de vitesses sur 25. — 555.
- Fig 3. — Bloc-moteur Blériot.
- Fig. 2. — Châssis Benjamin.
- +9’ Annâ* — 2’
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- LES JV^OITURETTES ET CYCLECARS AU SALON DE L’AUTOMOBILE
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- Fig. 4. — Cyclecar Blériot.
- un pont arrière à vis sans fin. Nous trouvons cette même disposition sur la quaclrillette Peugeot quiest le prototype de ce genre de construction; le différentiel est généralement supprimé.
- Nous rattachons à cette école la Mathis et l’Amil-car qui sont de véritables voituretles, l’IIinstin et le Sénéchal dont les moteurs à haut rendement semblent promettre de belles vitesses ; enfin nous avons remarqué le joli travail de fonderie et d’usinage que constitue le moteur de la Benjamin si soigné dans tous ses détails.
- En matière de suspension, le ressort transversal paraît très en faveur à l’avant de ces véhicules légers; en particulier l’E.H.P. et le Kiddy présentent ce dispositif. Toutes ces solutions sont maintenant classiques.
- L’autre école, celle du cyclecar véritablement conçu avec des moyens nouveaux, présente, au contraire, des solutions originales, qui méritent d’être étudiées avec quelque attention.
- Morgan et Cyclauto restent les champions des trois roues, le premier avec une roue molricearrière, l’autre plaçant à l'avant la roue unique qui est directrice ; dans ces véhicules, dont les trois points d’appui sont toujours dans le même plan, le châssis ne se gauchit pas. La construction par tubes est donc tout indiquée, et nous avons plaisir à signaler, à ce sujet, le beau châssis Cyclauto, entièrement soudé à l’autogène et dont la fourche avant est tout à fait remarquable et bien traitée.
- Par contre, dans les voitures à quatre roues, le châssis subit de petites déformations ; c’est pourquoi, dans sa construction, la souplesse et la légèreté du bois ont été utilisées d’une façon très rationnelle par Blériot, Françon et Bedelia. Solution correcte et ingénieuse aussi chez Jacquemont qui présente une carrosserie-châssis en tôle d’acier d’une bien jolie ligne, suspendue en deux points seulement, situés au-dessus du centre de gravité.
- La lutte se poursuit entre l’air et l'eau pour le
- refroidissement des moteurs, les partisans des deux systèmes sont en nombre presque égal; par* contre ceux du moteur à deux temps sont en légère progression, tout en restant peu nombreux. Deux nouveaux venus en effet, le Blériot, deux cylindres à air et le Francon, au cycle particulièrement étudié, viennent s’ajouter à Mourre et à Webr qui emploient tous deux le moteur « Bi-Temps » de Violet.
- Dans les moteurs à quatre temps, Jacquemont expose un gros monocylindrique, traité en moteur à haut rendement : culasse hémisphérique, larges sections de gaz, régime élevé rendu possible par un contrepoids d'équilibrage.
- Les deux cy'indres sont plus nombreux ; construit par les ateliers Lecourbe, le châssis Kiddy est actionné par un tout petit moteur a fïat-tvvin y> dont les forces d’inertie sont rigoureusement équilibrées et qui forme avec son embrayage et sa boîte de vitesse un b'oe des plus plaisants. Le G.N. de Salmsonres'e fidèle à son deux-cylindres en V à 90 degrés, tandis que Bedelia et Morgan réduisent l’encombrement en adoptant un angle moins ouvert.
- Les quatre-cylindres sont peu nombreux, mais nous devons signaler celui du Cyclauto qui est construit avec un réel souci du rendement.
- L’originalité des cyclecars proprement dits réside plus encore dans leur transmission souvent réduite à peu d’organes qui remplacent l’embrayage, la boîte de vitesse et le pont arrière. Beaucoup de constructeurs estiment, en effet, que cette simplification est indispensable pour arriver à un prix de revient suffisamment bas. Le problème a été résolu de beaucoup de manières parmi lesquelles on en distingue trois principales.
- L’essieu arrière peut être relié à l’arbre moteur par plusieurs chaînes dont une seule est en prise
- Fig. 5.— Transmission Jacquemont.
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- à la fois, et qui donnent chacune une vitesse..Morgan et Monitor avec deux chaînes, G. N. avec.ses chaînes multip'es dont l’une donne la marche ai-rière, en sont des exemples.
- La très vieille friction par plateau et galet a toujours comme partisans Mourre, Fournier et Phrixus qui ont ren lu automatique la variation de la pression du galet sur le plateau suivant le couple transmis ;
- Françon, en outre, a réalise l’indépendance complète du système qui n’est pas soumis aux ïlexions du châssis.
- Enfin, un changement de vitesses nouveau dû à notre plus ancien spécialiste du cyclecar, fait son apparition sur la Bedelia et le Jacque-mont. Il se compose de galets en fonte (fig. 5) disposés en trois trains dont l’un peut prendre trois positions le long de son axe, comme le b dladcur d’une boîte de vitesses à engrenages. Un a ainsi d’une manière
- I ce qui assure l’entraînement tout en permettant le débrayage. Deux courroies complètent la transmission en reliant l’arbre du train balladeur aux roues arrière.
- Il nous faut encore signaler la transmbsion Blé-riot qui comprend une boîte de vitesses faisant bloc
- Fig. 7. — Châssis du Cyclaulo.
- très simple les trois vitesses avant et la marche arrière qui est obtenue par l’intermédiaire d’un galet auxiliaire. Un ressort de rappel tend à rapprocher l’un de l’autre les deux arbres dont l’un est -mobile,
- Fig. 6. — Moteur du Cyclauto.
- avec le moteur et une courroie trapézoïdale quractionne l’essieu arrière.
- Nos lecteurs peuvent 10, rendre compte, par cet exposé très rapide, du’ travail considérable accompli par nos constructeurs depuis le dernier salon ; s’il est encore difficile d’en tirer une impression d’ensemble, il est facile de prévoir que l’année 3 qui vient verra à l’œuvre nos meilleurs mécaniciens, et sélectionnera rigoureusement ces véhicules dont beaucoup n’ont pas encore fait leurs preuves. Au prochain salon nous reverrons ceux qui auront triomphé des embûches de la route; alors la bataille se livrera autour des prix de revient.
- Bien au d Péiussé
- LA FABRICATION DU COKE METALLURGIQUE
- L’industrie du coke est liée intimement à la métallurgie du fer. C’est en effet au moyen de coke que s’opèrent dans les hauts-fourneaux les réduction, fusion, et carburation qui donnent naissance à la fonte. Pour produire une tonne de fonte, on dépense un peu plus d’une tonne de coke. Une grande usine métallurgique qui consomme 1000 tonnes de fonte par jour à son aciérie doit produit e un peu plus de 100Û tonnes de coke ; ce qui nécessiteFexistencc d’une importante cokerie. Le coke est obtenu par distillation du charbon dans des fours chauffés à haute température; cette, distillation est accompagnée d’un
- dégagement de gaz important; ce gaz est soumis à une épuration qui permet de recueillir du goudron, du sulfate d’ammoniaque et du benzol. Ces sous-produits se vendent facilement et font de l’industrie du coke une industrie très rémunératrice.
- Il y a beaucoup de types de cokeries ; les procédés employés varient avec la qualité du charbon employé. Nous allons décrire ici une cokerie sar-roise; la question du coke de la Sarre présente une importance toute spéciale. Le charbon de la Sarre ne sc prête pas, en effet, actuellement à laprépara-tion d’un coke métallurgique assez résistant pour
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- LA FABRICATION DU COKE MÉTALLURGIQUE
- Arrivée du charbon par transporteur aérien
- Fig. i. — Arrivée et emmagasinage du charbon brut.
- supporter de longs transports; il diffère en ce point du coke de Westphalie ou du Nord de la France; il ne peut donc être utilisé que sur place.
- C’est là une sujétion qui a des répercussions graves pour toute notre mélallurgie de l’Est. Le Traité de Versailles nous a concédé les houillères de la Sarre, mais dans l’état actuel de la technique, nous ne pouvons compter sur elles pour fournir aux hauts-lourneaux de Lorraine, notamment à ceux de la Lorraine désannexée, l’aliment qui leur est indispensable. La mélallurgie de cette région reste donc dépendante de la production cokière de Westphalie. Elle ne sera affranchie de cette dépendance que le jour où le problème delà transformation des houilles de la Sarre en coke métallurgique suffisamment résistant sera résolu ; la caractéristique de la fabrication du coke dans la Sarre est le pilonnage préalable du charbon que rend nécessaire son manque de dureté.
- La fabrication du coke métallurgique dans la Sarre présente un intérêt spécial. Des essais sont poursuivis en vue d’améliorer la qualité de ce coke; il pourrait alors concurrencer et même remplacer le coke de la Ruhr en Lorraine et dans l’Est de la France.
- Nous allons suivre le charbon depuis son arrivée à la cokerie, dans les soutes d’emmagasinage, dans le lavoir, dans la cuve à pilonner, et enfin dans le four où la transformation en coke s’opère ; après la description d’une batterie de fours, nous assisterons au déchargement, du coke et à sa manutention. Puis nous suivrons le gaz à travers l’usine à sous-produits où on lui retirera successivement le goudron, F ammoniaque et le benzol qu’il contient. Pour terminer cette étude sommaire, quelques mots sur l’utilisation des gaz épurés et quelques chiffres.
- Arrivée du charbon (lig. 1). — Le charbon que consomme la cokerie est du charbon fin, non lavé, provenant d’un criblage à travers mailles de 40 mm. La teneur en cendres est de 25 pour 100, la teneur en matières volatiles de 50 pour 100. Le charbon arrive par transporteur aérien ou par wagon.
- Le transporteur aérien est très pratique pour le transport du charbon provenant de Arrivée du charbon mines peu éloignées. Il est écono-parvoieferree mique, n’a pas à souffrir des grèves ou des pénuries de wagon, permet un déchargement facile. La benne à charbon, d’une contenance de 500 kg, roule au moyen d’un boggie à 2 galets sur un câble métallique, dit câble porteur, qui relie la mine à la cokerie; ce câble est supporté tous les 20 à 50 m. par de hauts pilônes métalliques. Le déplacement des bennes, espacées de 50 m., est assuré par un autre câble dit câble tracteur; ce câble tracteur est un câble sans lin entraîné par un moteur électrique; la benne pince le câble tracteur au moyen d’une mâchoire qui s’ouvre automatiquement lorsqu’elle arriveèbout de course; elle quitte alors le câble, un ouvrier s’en empare, la pousse sur un rail porteur et l’amène au-dessus de la soute où il la déverse. Il la ramène ensuite sur un second câble porteur et elle repart vide vers la mine. Un moteur de 50 HP suffit à assurer le transport de 00 tonnes de charbon à l’heure.-
- Le transport par wagons est rendu nécessaire lorsque les mines sont trop éloignées de la cokerie. En général on ne dispose que de wagons ordinaires que l’on décharge à la pelle du haut d’un quai surélevé dans une fosse d’où une chaîne à godets ou noria les remonte dans les soutes. C’est un travail long et onéreux; on a avantage à employer, toutes les fois qu’on le peut, les wagons-trémies qui se déchargent complètement par simple ouverture d’une trappe, mais dont les compagnies de chemins de fer ne possèdent pas un nombre suffisant. On peut aussi amener le wagon ordinaire sur un bas-culeur puissant qui lui donne une grande inclinaison et rend le déchargement très rapide.
- Lavage.du charbon (fig. 2 et 5). — Le charbon ainsi emmagasiné ne convient pas encore à la fabrication du -b y\
- coke, car sa teneur en cendres est beaucoup trop élevée; on va
- Charbon -ef—d
- Schistes
- Fig.
- Schéma d’un bac de lavage.
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- Charbon brut
- Criblage en quatre catégories du charbon brut deQ-$Q venant delà
- procéder à un lavage qui va faire tomber cette teneur à 8 pour 100. Une forte teneur en cendres a, en effet, de grands inconvénients dans l’emploi au haut-fourneau : manutention d’un poids mort, diminution de la valeur du coke comme combustible, nécessité d’une addition de chaux supplémentaire, dépense anormale de coke.
- Le principe du lavage est le suivant : le charbon brut provenant de la mine est composé de trois catégories de morceaux : 1) charbon pur; 2) charbon pur et schistes mélangés ou « mixtes » ; 3) schistes purs. Il faut recueillir toute la catégorie 1 et ce que contient de charbon la catégorie 2 ; le reste de 2 ainsi que 5 doivent être rejetés. On utilise pour le triage la différence de densité qui existe entre charbon et s< histes.
- On fait circuler le charbon brut dans un bac dont le plan d’eau subit de brusques poussées verticales; ces poussées se répercutent sur la matière à laver qui s’élève dans le bac puis retombe. Lorsque la matière s’élève, le charbon pur monte le plus haut, puis les mixtes ; le schiste pur qui est plus lourd ne s’élève que très peu ; on conçoit qu’à la sortie du bac, on puisse avoir rassemblé tout le charbon à la partie supérieure et schiste et mixtes à la partie inférieure. Le charbon pur est recueilli à part. Schiste
- et mixtes subissent un nouveau lavage à la suite duquel le schiste est rejeté; le mixte est envoyé à un broyeur qui le concasse ; ce broyage a pour effet de donner des morceaux de charbon pur et d’autres de schistes purs avec une très faible proportion de mixtes ; tout ce qui sort du broyeur retourne au circuit de lavage. Pour que le lavage s’opère dans de bonnes conditions, il faut que les morceaux lavés dans un même bac soient de dimensions analogues. Aussi le charbon brut provenant des soutes commence-t-il par passer par un crible qui le partage en 4 grosseurs ; ces 4 dimensions de charbon brut sont entraînées par caniveaux hydrauliques vers 4 bacs de lavage.
- Ilyadeux types de bacs de lavage; dans le premier,
- Fig. 3.
- de.-tiné au lavage des gros morceaux, la séparation charbon et schiste à la sortie du bac est assurée par un simple registre en tôle. Dans la dcuxiime catégorie, destinée au lavage des petils morceaux, le fond du bas est couvert d’un lit de cailloux de feldspath à travers lequel le schiste filtre, tandis que le charbon surnage.
- Les eaux de lavage décrivent un circuit fermé; elles reçoivent le charbon à la sortie du crible, le déplacent à travers les bacs, le conduisent aux tours de séchage, puis sont rassemblées dans dis bassins de décantation où elles abandonnent une boue appelée schlamme, constituée par des particules très fines de charbon. Cette boue rejoint le charbon lavé dans les tours de séchage.
- Une tour de séchage est une grande caisse en tôle de contenance 10 tonnes dans laquelle le charbon séjourne pendant 24 heures. Àubout de ce lemps l’eau s’est échappée à travers les parois perforées et l’on recueille à la base de la tour un charbon contenant 12 pour 100 d’eau et 8 pour 100 de cendres. lia tablier transporteur et une noria Je transportent vers h s broyeurs.
- Le broyage du charbon a pour but de ramener sa dimension de 40 mm à 5 mm. Le broyeur est du type lvarr;
- Charbon levé Schéma d'un lavoir à charbon.
- 2 doubles cages d’écureuil tournent
- l’une dans l’autre en sens inverse à grande vitesse.
- Pilonnage. — Pour obtenir un coke suffisamment résistant avec le charbon de la Sarre, on est obligé de pilonner ce charbon au moment d’enfourner. Le chirbon lavé, séché et broyé est emmagasiné dans des soutes d’où on le reprend avec des wagonnets au moment où l’on a à procéder à un pilonnage. C s wagonnets sont déchargés par simple manœuvre d’une trappe dans la cuve à pilonner. C’est une grande cuve verticale en acier dans laquelle on confectionne un pain de charbon ayant à peu près les dimensions d’un four, soit 0 m. 50 de largeur, 10 m. de longueur et 2 m. de hauteur. Au-dessus de celte cuve se déplace la pilonneusé. Cette pilon-neuse parcourt d’un mouvement lent toute la Ion-
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- gueur de la cuve c pendant que 2 lourds pilons retombent alternativement de tout leur poids sur le charbon que l’on introduit peu à peu. Les 2 bouts du pain de charbon sont spécialement pilonnés; on les termine en pan coupé pour éviter un éboule-ment au moment de l’enfournement. Une des parois latérales de la cuve est fixe, l’autre peut légèrement pivoter autour de son arête inférieure, ce qui facilite le décollement du pain de charbon avant enfournement. Le fond de la cuve peut coulisser horizontalement et pénétrer dans le four ; il porte à cet effet des galets qui roulent sur la sole du four. La pilonneuse est placée sur un bâti fixe, qui supporte également les petites trémies d’approvisionnement •de la cuve. La cuve elle-même est montée sur un chariot sur lequel est aussi placée une défourneuse.
- four. Une fumée très abondante se dégage au moment où le charbon humide arrive an contact de la maçonnerie rouge ; une vaporisation intense se produit ainsi qu’un commencement de distillation qui colore en jaune les volutes de vapeur d’eau. Lorsque le pain de charbon est parvenu à la place voulue, un ouvrier cale contre l’entrée du four la butée (b) qui fermait le bout de la cuve au moment du remplissage ; puis il ramène en arrière le fond mobile; le charbon, maintenu par la butée, est obligé de rester dans le four ; puis celte butée elle-même est ramenée à sa place initiale et le chariot s’éloigne.
- Il faut alors fermer les portes du four. Ces portes sont en tôle recouverte intérieurement d’on garnissage de briques réfractaires. Au moment du
- Barillet
- Cuve a pilonner
- vmmMmmmwMfmmmm.
- Défournement
- Fig. 4. — En haut, enfournement ; en bas, défournement.
- Ce chariot, au moment d’un enfournement ou d’un défournement, vient se placer contre le four.
- Batterie de fours à coke. — Les fours sont constitues en batteries de 25 à 60 cléments. La paroi qui sépare deux fours voisins est creusée d’un certain nombre de carneaux verticaux dans lesquels on brûle du gaz. Les parois sont ainsi portées à une température de 1000° à 1200°. A cette haute température, le charbon distille, c’est-à-dire qu’il abandonne tout le gaz qu’il contient. Lorsque cette distillation est termin e, toutes les matières volatiles sont parties, et à la place du pain de charbon noir et pulvérulent que l’on avait introduit, il y a dans le four un pain d’une substance qui deviendra gris-argenté en se refroidissant, qui n’est pas pulvérulente mais constitue de gros blocs fissurés, qui présente enfin une grande diminution de poids sur le charbon que l’on avait enfourné. C’est cette substance que l’on appelle le coke. La durée de distillation ici est d’environ 48 heures.
- Enfournement (fig. 4 et 7). — Le pilonnage terminé, le chariot qui supporte la cuve est amené en face du four à enfourner. Le machiniste actionne un moteur électrique et le pain de charbon supporté par le fond mobile pénètre lentement dans le
- chargement elles sont suspendues toutes deux à la chaîne de treuils qui se déplacent sur le toit de la batterie ; il suffit de dérouler la chaîne. Lorsque la porte est descendue à la hauteur du four, on l’assujettit à l’aide d’une barre de fer et d’un coin métallique. Puis on lute soigneusement tout le pourtour des portes avec de l’argile humide (fig. 8). A ce moment-là seulement on commence à recueillir dans le collecteur les gaz qui se dégageaient dans l’atmosphère.
- Cuisson du coke. — Nous avons vu que la cuisson se prolonge jusqu’au moment où aucune matière volatile ne se dégage plus, ce dont on peut se rendre compte en ouvrant des regards ménagés à la partie supérieure des portes ; ce temps de cuisson varie avec la température des fours et la qualité du charbon. La cokéfaction commence par les surfaces du pain de charbon qui sont en contact avec la maçonnerie rouge et se poursuit parallèlement à ces surfaces. Les gaz se dégagent en remontant à travers le charbon et s'échappent par une cheminée ménagée dans la voûte du four
- Chauffage des parois. — Les parois sont percées de carneaux verticaux à la partie inférieure desquels aboutissent des brûleurs à gaz. Deux systèmes de
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- Fig. 5. — Four à coke à régénération (coupe verticale d'un mur de séparation).
- chauffage suivant que l’air de combustion est chauffé ou non chauffé :
- a) Dans le système à régénération (fig. 5), l’air de combustion pénètre sous la batterie par la galerie de visite (Y) où il s’échauffe jusqu’à 70° ; l’almosphère y est suffisamment sèche pour permettre aux ouvriers qui ont de fréquentes réparations à y effectuer, d’y. séjourner sans être incommodés par cette forte température. Puis l’air pénètre par une série de trappes (t) dans le régénérateur de gauche (r) ; c’est une galerie d’empilages de briques réfractaires qui longe toute la batterie ; les empilages de briques réfractaires sont à une température d’environ 1000° ; l’air de combustion est lui-même porté à 1000°, puis se répartit entre les differents murs. A ce moment, dans les murs tous les brûleurs de gauche (b) fonctionnent, tous les brûleurs de droite {b’) sont arrêtés ; l’air réchauffé arrive au niveau des brûleurs de gauche, se mélange au gaz qui se dégage de ces brûleurs ; en raison de la haute température, ce mélange s’enflamme, remonte en brûlant dans les carneaux verticaux de gauche (c), redescend en continuant à brûler dans les carneaux de droite (c'). Puis les gaz brûlés traversent le régénérateur de droite (r' ) qu’ils réchauffent à 1000° et s’en vont par le canal (IY) à la cheminée d’où ils se répandent dans l’atmosphère. Lorsqu’ils parviennent à la cheminée, leur température ne dépasse pas 200°, par conséquent, on leur a retiré la plupart de la chaleur qu’ils renfermaient. Toutes les demi-heures,il y a inversion, c’est-à-dire que l’air de combustion se réchauffe dans le régénérateur de droite, brûle dans la partie droite du mur, redescend dans la partie gauche ; puis les gaz brûlés gagnent la cheminée après avoir traversé le régénérateur de gauche qu’ils chauffent. Cette inversion est effectuée par une simple manoeuvre de manivelle, qui par une commande spéciale ferme les brûleurs de gauche et les trappes de gauche, ouvre brûleurs de droite et trappes de droite et enfin agit sur le registre de cheminée. Ce système dépense pour le chauffage la moitié du gaz que le four produit. L’autre moitié du gaz reste donc disponible comme force motrice.
- b) Dans le système sans régénération (fig. fi), le circuit est plus simple. On ne réchauffe pas l’air
- de combustion ; tous les brûleurs du four fonctionnent en même temps ; ces brûleurs sont du type Bunsen ; ils prennent directement à la galerie de visite (V), par des ouvertures (x) pratiquées à leur base, l’air qui leur est nécessaire. Les gaz brûlés très chauds ne gagnent la cheminée qu’après avoir circulé autour des 1 haud.ères où leur chaleur se transforme en vapeur (fig. 12). L’air de combustion n’étant pas réchauffé, il parviendrait moins de calories dans les murs si on n’y envoyait pas une quantité de gaz un peu plus grande ; cette quantité peut atteindre les 2/5 ou les 5/4 du gaz produit par les fours.
- Qualité des briques des fours. — On emploie des briques silico-alumineuses qui doivent pouvoir supporter une température de 1500°, être dures, élastiques et peu dilatables.
- Défournemtnt (fig. 4). — Le pain de coke est refoulé sur l’aire de défournement par la pousseuse que porte le chariot porte-cuve. L’aire de défournement est une surface plane, généralement horizontale qui s’étend le long de la batterie, du côté où l’on défourne le coke. Elle est recouverte d’un carrelage de fonte. Le pain de coke commence àbnder dès qu’il arrive au contact de l’air atmosphérique ; dès qu’il commence à sortir du four, on l’arrose avec une lance. En même temps, des ouvriers armés de râteaux à longs manches le désagrègent et l’étalent sur l’aire de défournement; l’arrosage continue jusqu’à ce que toute combustion ait cessé. Il faut arroser modérément, car l’eau constitue un poids mort et sa vaporisation dans le haut-fourneau occasionne une dépense de coke supplémentaire.
- Enlèvement du coke (fig. 9). — Le coke éteint est chargé à la fourche sur les bennes des hauts-fourneaux ; ces bennes sont chargées à quai sur des wagons-plateforme à raison de 5 bennes par plateforme.
- Ces wagons - plate-forme sont constitués en trains qui après chargement se dirigent vers les monte-, charge des hauts-fourneaux.
- Sur Taire de défournement, on. recueille des déchets de coke qui, souslenom de petit coke, sont utilisés?
- — Four à coke sans régénération (coupe verticale d'un mur de séparation).
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- 360 ===== LA FABRICATION DU COKE MÉTALLURGIQUE
- Fig. /. — Vue de l'enfournement du charbon.
- au chauffage domestique; les déchets pins petits sont briquettés.
- Epuration du gaz (fig. 10). — Tout le. gaz provenant des fours est épuré avant toute utilisation. Il contient, en effet, différents sous-produits intéressants ; cette récupération des sous-produits commence dès la sortie du.four; sortant du four, le gaz remonte par une conduite métallique verticale vers le barillet.
- Récupération du goudron. — Le barillet est une longue conduite horizontale, à section demi-circulaire qui repose au-dessus de la batterie. Le gaz y abandonne une partie de son goudron, et aussi un peu d eau ammoniacale. Le dégoudronnage proprement dit du gaz ne se fait que plus loin, lorsqu’après avoir traversé de longues conduites et un refroidis-seur à serpentins d’eau froide, le gaz arrive dans une grande tour dans laquelle il circule, alors que, de la partie supérieure delà tour, du goudron tombe en pluie très fine.
- Cette pluie de goudron rencontre le courant gazeux, les gouttelettes de goudron descendent en grossissant, tandis que le gaz sortde la tour complètement dégoudronné. Le goudron de lavage traverse un refroidisseur, est remonté par une pompe en haut de la tour, puis recommence le même circuit.
- Eau ammoniacale. — La condensation du goudron est accompagnée d’une condensation d’eau ammoniacale. Cette condensation se produit dans le barillet, dans les conduites, dans le refroidisseur et enfin dans la tour de dégoudronnage. Cette eau est recueillie en même temps que le goudron dans une fosse ; 2 fosses voisines reliées h la première, l’une
- par trop-plein et l’autre par siphon recueillent respectivement l’eau ammoniacale et le goudron. L’eau ammoniacale ainsi séparée est distillée en présence d’un lait de chaux et les vapeurs ammoniacales ainsi libérées rejoignent le gaz avant son entrée dans le bac à sulfate d’ammoniaque.
- Récupération de l’ammoniaque. — La récupération de l’ammoniaque est directe, c’est-à-dire que l’ammoniaque contenue dans le gaz arrive directement en contact avec l’acide sulfurique qui la transforme en sulfate d’ammoniaque, alors que dans le procédé indirect un lavage du gaz par l’eau dissout toute l’ammoniaque qu’il contient; mais il faut ensuite procéder à une distillation coûteuse qui est presque entièrement évitée dans le procédé direct.
- Cette sulfatation se produit dans un appareil appelé saturateur, cuve en bois doublée intérieurement de plomb; cette cuve est à moitié remplie d’acide sulfurique étendu. Le gaz débouche au sein de l’acide, y barbote en minces filets gazeux, s’échappe à la partie supérieure à travers un séparateur d’acide, qui ramène au saturateur l’acide que le gaz a pu entraîner. Le sulfate d’ammoniaque formé se rassemble au fond de l’appareil ; on le remonte par un éjecteur à vapeur ou à air comprimé dans un bac où il se décante; lorsque la bouillie est suffisamment concentrée, on la verse dans une essoreuse. Cette essoreuse est en cuivre pour éviter une attaque trop rapide. Un moteur électrique l’entraîne à grande vitesse. Le sulfate d’ammoniaque y subit p°ndant quelques minutes l’action de la force centrifuge. Il subit en même temps un lavage rapide
- Fig. 8. — On assure l’étanchéité de la fermeture des portes des fours au moyen d'argile.
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- LA FABRICATION DU COKE MÉTALLURGIQUE :..—361
- par lance à eau. Lorsque toute trace d’eau ou d’acide a disparu, on coupe le courant, on freine l’essoreuse, puis on la vide en dégageant un orifice à la partie inférieure.
- Le sel provenant de l’essoreuse est blanc comme neige, finement cristallisé et constitue un engrais de première qualité. Les cultivateurs l’exigent très blanc ; un sel qui est jaune contient des traces de goudron ; ce goudron estaussi nocif pour l’agriculture que le sulfate d’ammoniaque est bienfaisant.
- Extracteur. — Après le saturateur, le gaz passe dans l’extracteur.
- C’est une pompe à gaz ; deux palettes tournant autour de deux axes parallèles aspirent et refoulent à chaque demi-rotation une petite quantité de gaz. Cet extracteur est destiné à aspirer le gaz dans les conduites, à travers les refroidis-seurs, dégoudronneurs, saturateurs et à le refouler dans les appareils suivants. Dans les fours, il règne une pression qui doit être légèrement positive pour éviter des rentrées d’air dangereuses. Le débit de cet appareil est facilement réglable; il suffit d’agir sur la vitesse de rolation ou bien sur les vannes de gaz.
- Refroidisseurs. — Après l’extracteur, le gaz traverse un refroidisseur destiné à l’amener à température convenable dans les tours de débenzolage. Ce refroidisseur est du même type que les précédents; le gaz y circule autour de serpentins à eau froide.
- Deberzolage. — Le gaz circule successivement
- Fig. Q. — Enlèvement du coke.
- de bas en haut dans six tours de lavage. Chaque tour a 5 mètres de diamètre, 24 mètres de hauteur. A l’intérieur sont disposées des claies en bois sur lesquelles ruisselle le liquide de lavage. Ce liquide de lavage est une huile provenant de la distillation du goudron et susceptible d’absorber jusqu’à 0 pour 100 de benzol. Cette huile décrit le circuit inverse du circuit du gaz; elle tombe en pluie du haut de chaque tour, est recueillie en bas et remontée par pompe en haut de la tour suivante. L’huile de lavage circule ainsi dans cinq des tours. Dans la sixième tombe en pluie de l’eau destinée à refroidir le gaz.
- L’huile saturée de benzol est envoyée dans une
- Chaux Acide sulfurique 60?'B AddesuHbnqùe60°B Soude
- Tours de levage du gaz
- Barillet BefrodisseurDegoudror, neur
- .Gazomètre
- Moteurs a gaz
- Soude de
- Laveur
- Distillation eat ammoniacale
- Chaudières
- - Acide sulfurique de lavage
- AnrèèiS^
- Bpnzo! récupéré
- ntrique -
- Sulfate dam- Braf résineux Benzol Toluol Xy/ol Solvent Naphta Gumaron Naphtaline Su,
- moniaque
- Fig. io. Récupération des sous-produits dans le gaz de fours à coke.
- Goudron
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- 362 ======= LA FABRICATION DU COKE MÉTALLURGIQUE
- colonne de distillation où il règne une température telle que le benzol, plus volatil, distille, tandis que l’huile de lavage est recueillie à la base de l’appareil. Celte huile est envoyée dans un refroidisseur, puis elle reprend son circuit de lavage à travers les tours. Le benzol qui distille est recueilli dans un refroidisseur à eau froide où il se condense. Il est alors très impur, de couleur jaune-clair et porte le nom d’avant-produit. 11 doit subir un certain nombre d’épurations physiques et chimiques.
- Epuration du benzol brut. — Il y a d’abord une distillation du benzol brut dans une grande chaudière calorifugée, chauffée par serpentin de vapeur et aussi par admission directe de vapeur, ce qui vers la fin de la distillation favorise le départ des produits les moins volatils. On recueille dans le refroidisseur un liquide déjà plus pur, tout à fait incolore. Dans le fond de la chaudière reste comme résidu de l’huile de lavage et de la naphtaline; ce mélange est envoyé dans un bac de décantation ; au bout de huit jours, la naphtaline s’est précipitée dans le fond du bac; elle est essorée et vendue.
- L’huile qui surnage dans le bac est renvoyée au circuit de lavage.
- Ensuite vient une épuration chimique. Le liquide qui provient de la première distillation est envoyé dans un grand bac laveur à agitateur mécanique. Dans ce bac, on introduit d’abord de l’acide sulfurique très concentré à 66° Baumé. Après avoir agité quelques minutes, on laisse l’acide s’échapper par un orifice ménagé à la base du bac ; il faut avoir soin de refermer dès que la vidange de l’acide est terminée et que le benzol à son tour commence à s’écouler. L’acide sulfurique a la propriété d’absorber la plupart des impuretés de benzol. Ce lavage à l’acide est suivi de 2 autres, puis ont lieu 5 lavages à l’eau, puis 3 lavages avec une solution de soude qui neutralise ce qui peut encore rester d’acide et enfin 2 derniers lavages à l’eau pour enlever toute trace de soude. L’ensemble des opérations de lavage dure une journée.
- L’acide provenant du lavage du benzol est noir et épais. Comme c’est un produit cher, on le régénère dans des pots en plomb où il est chauffé à vapeur directe pendant 24 heures : un peu de benzol distille et est recueilli, l’acide régénéré est encore noir
- mais beaucoup plus fluide ; on l’envoie dans le saturateur à sulfate d’ammoniaque. Dans les pots reste un dépôt important d’un brai lésineux inutilisable.
- Une seconde distillation a ensuite lieu dans une chaudière semblable à celle de la première distillation : comme résidu dans la chaudière il reste un produit appelé « résine de Cumaron » sans utilisation. Le produit qui distille est recueilli successivement dans différents récipients suivant les températures de distillation ; on recueille le benzol commercial (dit encore benzol 90, parce qu’à 400° on arrive à distiller 90 pour 100 de ce liquide) ; le loluol commercial, le xijlol commercial, et le solvent-naphta commercial. Ces différents produits ont de nombreuses utilisations, soit pour les moteurs
- d’automobiles à la place de l’essence de pétrole, soit dans les moteurs fixes, soit comme dissolvants du caoutchouc et des parfums, soit pour la fabrication des explosifs, etc.
- Une troisième distillation dans une troisième chaudière permettrait de transformer les produits commerciaux précédents en produits dits purs, c’est-à-dire en produits qui distillent entre des limites de température très rapprochées.
- Désulfuration. — Après débenzolage, une partie du gaz, 60 pour 100 environ, retourne aux batteries de fours pour en assurer le chauffage ; le reste du gaz est désulfuré par passage à traversdes claies en bois qui supportent un mélange humide d’oxyde de fer ; le soufre qui se trouve dans le gaz est retenu parce mélange; ce soufre serait dangereux dans un gaz destiné à actionner des moteurs, car il tendrait à se transformer en acide sulfurique qui attaquerait rapidement les cylindres de ces moteurs. Cette désulfuration par contre n’est pas utile pour le gaz destiné à brûler dans les murs des fours.
- Utilisation des gaz disponibles. — 40 pour 100 environ du gaz est disponible. Ce gaz donne 4000calories par mètre cube. Son pouvoir calorifique est donc très élevé et c’est pour une usine une source très précieuse de force motiice.
- Les moteurs à gaz sont à 2 temps ou à 4 temps ; leur puissance atteint couramment 5000 chevaux. Us sont accouplés sur des alternateurs et produisent de l’électricité, ou bien sur des soufflantes et four-
- Fig. il. — Batterie de chaudières chauffée par les gaz chauds d'un groupe de fours sans régénération ; une série de brûleurs permet en outre d'y brûler le gaz épuré.
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- LES RAYONS X
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- nissent aux hauts-fourneaux le « vent » qui leur est necessaire.
- Le gaz peut encore être utilisé au chauffage des fours à réchauffer des laminoirs ou encore être brûlé sous des chaudières (fig. 11).
- Quelque* chiffres. — La production journalière d’une usine de moyenne importance est la suivante :
- Consommation de charbon non lavé. 1000 tonnes
- — — — lavé. . . 750 —
- Production de coke....................... 550 —
- goudron.................... 50 —
- — sulfate d’ammoniaque 8 —
- — benzol. ...... 6 —
- P 1ERne Lf.moïne.
- LES RAYONS X (Suite)
- 111. — La nature des rayons X. — Les radiations X sont identiques aux radiations lumineuses. — Le rayonnement X indépendant. — Les rayons caractéristiques, — La découverte des rayons X sembla tout d’abord défier les explications des physiciens. Puisqu’on ne pouvait invoquer des projections de corpuscules, comme pour les rayons cathodiques, il semblait assez naturel de les assimiler à des radiations propagées par l’éther, comme celles de la lumière. Leur propagation rectiligne, l’hétérogénéité des radiations produites par un même tube évoquant l’idée d’une lumière complexe comme l’est la lumière blanche plaidaient en faveur de ce rapprochement.
- Mais l’impossibilité de réaliser au moyen de miroirs ou de lentilles la réflexion ou la réfraction des rayons X paraissait constituer une grave objection. On reconnut toutefois assez rapidement que l’absence de ces phénomènes, fondamentaux pour la lumière visible, pouvait s’expliquer en attribuant aux radiations X des longueurs d’onde beaucoup plus faibles que celles des rayons lumineux. Cette explication est aujourd’hui universellement acceptée, tous les faits connus la confirment. Elle a trouvé sa démonstration irréfutable dans deux expériences fondamentales, l’une de Barkla en 1905 mettant en évidence la polarisation complète des rayons secondaires de diffusion et par suite la nature transversale des ondulations constituant les rayons X ; l’autre de Laue en 1912, particulièrement complète, qui réalisa la diffraction des rayons X au moyen de cristaux et fournit en même temps un moyen précis de mesurer leurs longueurs d’onde.
- Ces deux physiciens, comme du reste tous ceux qui ont cru à l’identité des rayons X et de la lumière étaient guidés par une raison théorique beaucoup plus profonde qu’une simple analogie.
- Nous avons vu que des rayons X prennent naissance lorsqu’un électron, c’est-à-dire une charge électrique négative, est subitement freiné dans son
- mouvement par un obstacle matériel, autrement dit lorsque la vitesse de l’électron vient à être modifiée.
- Or c’est par un mécanisme en somme identique que la théorie électro-magnétique de la lumière explique la formation des ondes lumineuses. Cette théorie, rappelons-le, conçue par Maxwell en 1865 reçut du physicien Herlz en 1889 une confirmation expérimentale définitive par la démonstration de l’existence des ondes herlziennes. Quelques années-plus tard, au moment même de la découverte des rayons X, Marconi créait la télégraphie sans fil par ondes hertziennes. C’était en quelque sorte répéter devant le monde entier la démonstration de Herlz ; dès lors le triomphe de la théorie électromagnétique est assuré; elle se vulgarise rapidement et ne trouve plus d’adversaires. Ce n’est que dans ces toutes dernières années que de nouvelles objections ont été formulées précisément à la suite de l’étude des rayons X. Ce point sera examiné plus loin. Voici, dans ses grandes lignes, en quoi consiste la théorie électromagnétique et ce qu’elle nous apprend a priori sur les rayons X.
- Lorsqu’une charge électrique en mouvement, par exemple une charge e en mouvement autour du pointO, subit une variation de vitesse (fig. 1), elle rayonne dans l’espace de l'énergie électro-magnétique qui se propage par l’éther avec la vitesse de la lumière. A un moment donné, tous les points atteints par l’ébranlement ainsi produit sont situés sur une sphère. (Nous supposons que la propagation se fasse dans le vide.)
- En chaque point P de celte sphère, le rayonnement électro-magnétique se manifeste par l’apparition d’une force électrique C et d’une force magnétique M (ce sont les forces qui agiraient respectivement sur l’unité de charge électrique positive, et sur l’unité positive de charge magnétique, supposées placées au point P). 1
- Ces deux forces égales entre elles sont perpen-
- Fig. i. — Le freinage d'un électron rayonne en tout point P de l’espace un champ électrique C et un champ magnétique M.
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- diculaires au rayon OP, la première est située dans le méridien qui passe par le point P et la direction Ox de l'accélération de la charge O, la seconde est située dans le parallèle perpendiculaire à la direction Or. Les valeurs de ces deux forces sont les mêmes pour tous les points d’un même parallèle, mais varient quand on passe d’un parallèle à l’autre. Elles sont nulles le long de l’axe Or; elles sont maxima dans le plan équatorial qui passe par 0.
- Si la vitesse de l’électron radiateur 0 éprouve une série de variations périodiques, le point P devient le siège de forces électriques et magnétiques périodiquement variables en grandeur (et en direction, si celle du mouvement du radiateur J
- varie), mais toujours transversales au rayon OP ; pour des variations de fréquence basse, nous nous trouvons en présence des ondes hertziennes ; pour des fréquences beaucoup plus élevées en présence des ondes lumineuses.
- Revenons aux électrons du faisceau cathodique qui, frappant l’anticalhode du tube de Rœntgen, engendrent des rayons X; l’électron pénètre dans le métal de l’anticathodeet sa vitesse primitivement très grande est en un temps très court réduite à zéro. D’après la théorie précédente, cette annulation de vitesse engendre nécessairement pendant le même temps une succession de perturbations électro-magnétiques se propageant dans l’éther ; il est tout indiqué d’identifier les rayons X avec ces perturbations.
- Mais, dira-t-on, le freinage d’un, électron par la matière n’est pas un phénomène périodique, comparable à l’oscillation du radiateur électrique qui engendre les ondes hertziennes ou la lumière. Ce freinage est un phénomène qui, pour chaque électron, se manifeste une fois pour toutes dans un seul sens et ne se reproduit jamais en sens inverse’; il ne propagera donc pas une perturbation périodique, on comprendra mieux la différence entre les deux cas en se reportant à la figure 2. On a représenté par une courbe I les variations d’intensité d’une perturbation électro-magnétique de caractère périodique : en ordonnées sont portées les intensités, en abscisses les temps. La courbe est la classique sinusoïde dont les ordonnées après chaque période OH
- reprennent la même valeur. Ce sont des courbes de ce genre que l’on obtient pour une radiation hertzienne ou lumineuse de longueur d’onde déterminée.
- Par contre, la perturbation engendrée par le freinage d’un électron cathodique se réduira à une simple portion AB très courte de sinusoïde, le temps ab représentant la durée du freinage. Et comme les électrons se succèdent très rapidement sur l’anticathode , tous ceux qui y arrivent avec la même vitesœ produiront une succession serrée d’ébranlements, de pulsations, représentés par les portions de courbes telles que AB (fig. 2).
- Mais on sait qu’une fonction représentée par une portion de courbe telle que AB peut être considérée comme la somme d'un certain nombre de fonctions sinusoïdales de différentes fréquences (séries de Fourier). On doit donc s’attendre à t rou ver dans le rayonnement propagé par le freinage des électron s toute une gamme continue de radiations de longueurs d’onde differentes.
- C’est bien ce qui a été constaté, à partir du jour où la découverte de Laue nous a donné un moyen précis pour analyser un faisceau de rayons X.
- Le rayonnement provoqué par le freinage des électrons cathodiques contre une cathode donne un spectre continu, comparable au spectre d’une lumière blanche ; c’est ce que l’on appelle le rayonnement indépendant.
- La théorie précédente fait encore prévoir toute une série d’autres phénomènes importants que l’expérience a confirmés.
- On sait que les théories modernes de la matière nous représentent l’électron comme un des constituants essentiels de la matière. La chimie nous a montré dans la matière un édifice d’atomes ; elle nous a révélé jusqu’ici l’existence de 83 atomes distincts, caractérisant les différents corps simples connus.
- Mais aux yeux de la physique moderne, l’atome n’est plus l’ultime particule insécable "de la matière ; il est lui-même un composé et sa structure n’est pas continue; on le représente formé d’un noyau central, chargé positivement, autour duquel gravitent un cortège d’électrons : l’atome apparaît ainsi comme un petit système solaire en miniature; peu nous importe ici, du reste,
- Fig. 2. — La nature des rayons X.
- Le freinage d’un électron cathodique engendre une perturbation électro-magnétique, ce n’est pas une oscillation sinusoïdale comme celle représentéepnrlacourbe supérieure, mais une impulsion AB.
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- LES RAYONS X
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- Fig. 3 et 4. — Les figures de Laue.
- Épreuves photographiques obtenues au moyen des rayons X après passage à travers un cristal de blende zincifère. L’une des épreuves a été obtenue avec un cristal taillé parallèlement à l’un de scs axes, l'autre avec un cristal taillé
- parallèlement à l’autre axe.
- l’architecture intime de l’alume. Il nous suffit de savoir qu’il s’y trouve des élecirons, et que ceux-ci dans chaque atome sont libres de prendre certains mouvements périodiques privilégiés.
- Que doit-il se passer lorsque les électrons d’un faisceau cathodique frappent une substance? Le freinage de ces électrons provoque, nous venons de le voir, une série de radiations électro-magnétiques. Mais ce n’est pas tout ; les électrons de la matière frappée vont à leur tour être déplacés par le choc des électrons incidents.
- Ecartés brusquement de leur position d’équilibre ou de leur trajectoire normale, les électrons ainsi frappés ont tendance à y revenir et prendront un mouvement vibratoire, qui à son tour propagera une radiation. Etant données les liaisons qui maintiennent l’électron au sein de l’atome, l’électron ébranlé ne peut prendre que des mouvements bien déterminés, en nombre limité et caractéristiques de l’atome. Ainsi lorsque l’on frappe sur une cloche, celle-ci ne rend qu’un son quelles que soient la vigueur et la fréquence des chocs excitateurs. Les électrons catholiques doivent donc jouer vis-à-\is de ceux de
- Fig. 5. — Réseau de diffraction.
- l’anticathode bombardée le rôle du battant de la cloche ; si leur énergie de projection est suffisante, ils vont entretenir chez les électrons de l’anticathode des vibrations ; celles-ci sont de fréquence très élevée et rayonnent à leur tour l’énergie sous forme de rayons X.
- On doit donc, lorsque les conditions nécessaires d’excitation sont satisfaites, s’attendre à trouver dans le faisceau de rayons X émanant d’une anticathode, à côté du spectre continu indiqué plus haut et provenant du freinage des électrons cathodiques, un certain nombre de radiations privilégiées d’intensité plus forte que les autres, et qui proviennent de l’ébranlement des électrons mêmes de la matière bombardée.
- Ces rayons caractéristiques de chaque espèce d'atome existent en effet; Barlcla, guidé par. les considérations précédentes, a réussi à les mettre en évidence des 1908.
- Les idées qui précèdent expliquent très bien aussi la formation des rayons secondaires : une radiation électro-magnétique, nous l’avons vu, se manifeste en tout point quelle atteint par l’appari-1 ion notamment d’une force électrique variable G (voir fig. 1).
- Un rayon X qui frappe une substance quelconque va donc développer sur chacun des électrons de cette substance des forces électriques de même période que les vibrations qui entrent dans la composition de ce rayon X ; les électrons de la matière vont à leur tour entrer en mouvement, obéissant à l’action de cette force électrique qui leur imprime une accélération. Ils rayonnent donc à leur tour des rayons X, de même longueur d’onde que les rayons incidents, c’est le rayonnement secondaire de diffusion. Il coirespond aux vibra-
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- lions forcéi s d’un ressort à qui l’on imprime des impulsions de période différente de sa période propre de vibration. 11 est émis dans toutes les directions.
- En même temps, on doit s’attendre, comme dans Je cas de la fluorescence pour les vibrations lumineuses, à trouver dans l’émission du radiateur secondaire certaines radiations privilégiées plus intenses que les autres correspondant aux périodes de vibration naturelles des électrons du radiateur.
- Il faut pour cela que la radiation excitatrice ait une fréquence supérieure à celle des vibrations propres du radiateur. Ainsi l’on trouvera dans le spectre des rayons X secondaires, sous certaines condition*, les radiations caraclérb tbjues de la substance qui les émet. De môme lorsqu’on excite la fluorescence d’une substance celle-ci émet des radiations caractéristiques, toujours de même couleur quelle que soit la couleur des radiations excitatrices. L’expérience a vérifié brillamment toutes ces déductions.
- IV. — L’expérience de Laue. — La longueur d'onde des rayons X. — Les rayons X et les cristaux.
- — Un des moyens les plus simples et en même temps les plus efficaces que nous possédions pour analyser un faisceau de lumière ordinaire et mesurer les longueurs d’onde de ses radiations composantes est d’en former un spectre de diffraction au moyen d’un réseau. On désigne ainsi un ensemble de traits parallèles et équidistants tracés sur une surface mélallique ou une plaque de verre.
- La figure 5 représente une portion de réseau plan de ce type tracé par exemple sur une plaque de verre; Rj Pu R5 Rv, etc...., étant les traits régulièrement espacés d’une distance d. Si un faisceau L d’une lumière monochromatique de longueur d’onde A tombe sur le réseau sous l’angle Q0, on montre que, en rabon des jhénomènes d’interférence produits par la diffraction, la lumière sortant du réseau ne peut être aperçue que dans des directions 01? 02, 03,. etc—, définies par les rilalions :
- A, = d (siu Cq — sin 0o)
- ),2 — d (sin 0* —• sin 0„)
- A5 — d (sin 03 — sin 0o)
- Si la lumière incidente est complexe, on voit que dans chaque direction 0, à la sonie du réseau, on ne percevra qu’une radiation d’une longueur d’onde bien déterminée, toutes les autres étant éteintes. On obtient donc un spectre étalé analogue à celui que donne la déviation par un prisme, plus exactement une même source donne une succession de spectres identiques les uns aux autres, mais de plus en plus étalés et d’intensité de plus en plus faible (spectre de premier ordre, de second ordre, etc. ) dans chacun desquels les radiations incidentes sont séparées lis unes des au’res. Si le réseau, est un réseau réfléchissant, les « ondulions sont analogues.
- Pour qu’un réseau permette d’analyser une lumière dans de bonnes conditions, il faut que la distance d qui sépare deux1 traits successifs soit
- supérieure à la longueur d’onde étudiée, mais assez voisine, Ainsi la raie rouge du sodium (A = 0,0000 589 cm)
- est diffractée sous un angle de 24° par un réseau de 7000 traits au centimètre.
- Pour pouvoir diffracter une radiation X par ce procédé, il faudrait construire des réseaux de 5000 à 10 000 fois plus serrés. L’impossibilité est manifiste. L’espacement des traits devrait être de l’ordre de grandeur des distances moléculaires.
- Laue eut l’idée de chercher dans la nature même des réseaux de diffraction tout constitués. Les cristaux, suivant une théorie chère depuis longtemps aux minéralogistes, ne sont-ils pas constitués par des arrangements réguliers d’atomes ou de molécules? Si cette théorie est autre chose qu’une simple image, les cristaux doivent constituer des réseaux aptes à diffracter les rayons X.
- A vrai dire, un empilement régulier d’atomes ou de molécules est un réseau beaucoup plus compliqué que le réseau plan de traits parallèles dont nous indiquions plus haut les propriétés. Laue étudia d’abord théoriquement comment devait sc comporter lin réseau de points régulièrement répartis dans l’espace. 11 indiqua l’aspect que devait offrir une plaque photographique placée à l’arrière du cristal, perpendiculairement au faisceau de rayons X incident. Autour d’une tache centrale sombre très accusée, due aux rayons non déviés, il annonça que l’on devait observer une série de taches réparties d’une façon symétrique, dues à chacun des faisceaux dif-fractés (fig. 5 et 4).
- L’expérience réalisée par Friedrich ctKnipping on 1912 confirma d’une façon absolue les prévisions de Laue. Un progrès capital était accompli dans la physique des rayons X.
- La découverte de Laue, en eff f, tout d’abord confirme le caractère ondulatoire des rayons X ; mais, point beaucoup plus important encore, elle nous offre un moyen pratique d’analyser un faisceau complexe de rayons X, comme on analyse un faisceau de rayons lumineux ordinaires : elle nous permet de mesurer avec précision les longueurs d’onde de chacune des radiations composantes et pour caractériser une radiation de remplacer la notion purement empirique de dure’é par ccdle de longueur d’onde qui permet un classement logique, les rayons les plus durs et les plus { cin trants étant ceux qui ont la plus petite longueur d’onde. Désormais la physique des rayons X devient un prolongement de l'optique, avec cette différence toutefois, que l’optique des rayons X nous met en contact direct et intime avec le mécanisme même qui engendre les radiations et par là jette sur toute l’optique des clartés inespérées.
- En même temps, le succès de l’expérience de Laue démontre la justesse des vues de Bravais sur la structure intime des cristaux : le même procédé qui permet d’analyser un faisceau de rayons X permet aussi de révéler l'architecture’ atomique d'un
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- cristal. Déjà, cette méthode, entre les mains des physiciens anglais Bragg père et fils, a donné de précieux résultats.
- Il est intéressant d’indiquer ici la gamme des longueurs d’onde des rayons X actuellement connus et de la comparer à celle des radiations lumineuses ou hertziennes.
- Les longueurs d’ondes des radiations lumineuses visibles sont comprises entre 1 p. (partie rouge) et 0,4 u. (partie violette). Rappelons que la lettre p. désigne l’unité de longueur nommée micron qui vaut 1 millième de millimètre. Au delà du violet s’étend l’ultra-violet qui a été étudié dans ses parties extrêmes par Schuman, Lyman et Millikan; ce dernier a poussé la zone de l’ultra-violet jusqu’à des radiations de 0,0202 p. Poussons encore au delà de cet extrême ultra-violet, nous rencontrons les rayons X ; on peut dire aujourd’hui, après les travaux de Bragg, de Broglie, de Holweck sur les rayons X très mous, qu’il n’y a plus de séparation entre ces deux espèces de radiations ; les rayons X très mous ou de très grande longueur d’onde sont des rayons ultra-violets ; les rayons ultra-ultraviolets sont des rayons X.
- Les rayons caractéristiques du zinc nous permettent de réaliser assez aisément une radiation X très molle de 0,0012 p.; à l’autre extrémité Je l’échelle, les rayons les plus durs, les plus pénétrants que nous connaissons, les rayons y engendrés lors de la désintégration des corps radioactifs et qui ne sont pas autre chose que des rayons X, nous conduisent jusqu’à la longueur d’onde de 0,00000 72 p. dans le cas du radium C. '
- Si nous revenons maintenant au spectre visible; nous trouvons, en deçà des rayons rouges, une nou+ velle zone de radiations invisibles, celle de Vinfrar rouge qui a pu être explorée entre les longueurs d’onde de 1 p. et 60 p.. Puis vient une large zone encore inexplorée au delà de laquelle nous rencontrons des radiations de longueur d’onde beaucoup plus grande qui sont les ondes hertziennes; les plus rapides que l’on ait pu réaliser ont des longueurs d’onde de 6 millimètres (6000 p). Celles dont oh se sert pratiquement en T. S. F. sont comprises entre quelques centaines de mètres et plusieurs kilomètres.
- (J suivre.) A. Tkolleh.
- RÔLE DU LAPIN ET AUTRES ANIMAUX DOMESTIQUES DANS LA DÉFENSE CONTRE LES MOUSTIQUES
- « On a souvent besoin d’un plus petit que soi ». Ce dicton se vérifie une fois de plus par les recherches que moi-même et Oliveau avons entreprises sur le rôle du lapin domestique dans la protection de l’homme contre les moustiques et spécialement contre les plus dangereux d’entre eux, ceux qui inoculent la fièvre paludéenne, la malaria, disent nos amis italiens.
- En France, il existe encore quelques zones à malaria, dans la Loire-Inférieure, la Camargue et divers points du littoral méditerranéen. Le moustique qui la transmet, YAnopheles maculipennis, se trouve dans les régions les plus diverses de notre territoire : aux environs de Paris, en Bretagne, en Charente, en Champagne, dans la Somme, en Alsace, dans le Midi, etc., même dans des localités qui ne sont pas marécageuses, mais où il subsiste quelques mares, étangs, ruisseaux ou canaux aux rives herbeuses desquelles la femelle de l’anophèle confie sa ponte, car, du stade de l’œuf à celui d’insecte ailé, l’anophèle, comme les autres moustiques, mène une existence aquatique.
- Au retour dans leur pays, des mobilisés dé l’armée d’Orient où la malaria sévit avec une intem site exceptionnelle parmi les effectifs alliés, d’an4 ciens foyers de cette maladie se sont rallumés dans l’est, l’ouest et le sud de la. France, en particulier à Fréjus. En effet, si ,l’anophèle sans paludéen ou le paludéen sans anophèle n’offrent aucun danger pour l’entourage, il y a risque de contagion quand
- paludéen et anophèle se trouvent réunis, soit à la campagne, soit dans la banlieue des villes; l’intérieur des villes est exempt de malaria, l’anophèle, strictement rural, n’y pénétrant jamais.
- La fièvre paludéenne est due à la présence d’un microscopique protozoaire dans le sang de l’homme où l’anophèle le puise en se nourrissant sur lui; ce virus se conserve et se développe dans l’estomac du moustique et, quand celui-ci pique l’homme sain, il lui transmet la maladie. Le moustique devient ainsi un dangereux agent de liaison entre les personnes malades et les personnes saines.
- Lors même qu’il n’y a pas de risque de fièvre paludéenne, l’abondance des moustiques dans une localité est une cause d’incommodité, piqûres, insomnies, qu’il est bon de supprimer ou, tout au moins, d’atténuer.
- Il n’y a pas que les anophèles qui se nourrissent sur les animaux domestiques, les autres moustiques font de même avec une prédilection plus ou moins marquée pour telle espèce animale de ferme ou de basse-cour : équidés, bovidés, suidés ou rongeurs, quand ils ont le choix. Toutefois, ils ne paraissent pas aimer les oiseaux, on ne les trouve qu’excep-tionnellement dans les poulaillers, tandis qu’ils envahissent en grand nombre les logements des mammifères domestiques.
- La protection exercée à l’égard de l’homme est d’autant plus efficace que les écuries, étables et basse-cours sont plus peuplées. Toutefois, un seul
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- 368 LES ANIMAUX DOMESTIQUES ET LA DÉFENSE CONTRE LES MOUSTIQUES
- Fig. i. — Dans cette ferme vivent des lapins (à gauche), un cheval (à droite), des porcs (sur d'autres faces non visibles dans cette photographie) et un gardien. Seules, * les cages à lapins sont visitées par les Anophèles.
- porc suffit parfois à retenir les petites éclosions provenant d’une mare à purin, d’un tonneau ou autre collection d’eau peu étendue.
- Parmi les animaux domestiques, le lapin joue un rôle de premier ordre dans la protection de l’homme contre h s piqûres de moustiques, surtout contre celles de l’anophèle vis-à-vis duquel il exerce, pour le gîte et la nourriture, une attraction tout à fait remarquable. En Charente-Inférieure, dans une propriété où les anophèles avaient le choix pour leurs repas entre une jument, plusieurs vaches, des porcelets, des lapins et des poules, on les trouvait presque exclusivement dans les cages à lapins, cela en mai et juin, c’est-à-dire à leur période d’activité, de reproduction et de pullulation. On n’en » découvrait pas un dans l’habitation située à proximité.
- Au cours de l’été dernier, à Fréjus (Yar), les fermiers et autres éleveurs d’animaux de basse-cour habitant près des marais de la zone littorale ont remarqué que des essaims de moüstiques (uniquement des anophèles) fréquentaient leurs lapinières où ils piquaient leurs élèves dans les parties dépourvues de poils, à l’oreille et au museau, y provoquant de véritables plaies par démangeaisons et grattages.
- Pendant tout l'hiver, dans les dépendances des mêmes fermes et habitations, les lapinières attiraient la totalité des anophèles, qui y prenaient leurs quartiers d’hiver et délaissaient les .locaux occupés par des chevaux, des porcs et des poules.
- Sur le littoral provençal, l’anophèle vit donc toute l’année dans l’atmosphère du lapin. L’élevage de ce rongeur (le plus souvent lapin gris vulgaire) y est très répandu ; à la campagne et dans les petites villes la plupart des habitants possèdent une ou deux cabanes où on élève, ensemble ou. séparément, un lot plus ou moins important de poules et de lapins. Le lapin procure ainsi à peu de frais un écran vivant contre les moustiques.
- Des personnes habitant la campagne en été et en
- automne dans les régions à moustiques ne se doutent pas qu’il y en a, parce qu’ils sont attirés par des animaux de ferme ou de basse-cour dont ils préfèrent le sang à celui de l'homme.
- Pour se préserver des hordes avides de sang des Culex, moustiques communs, le cheval et le porc sont des voisins recommandables sur lesquels les Culex font volontiers leur saignée alimentaire, dans la proportion de 8 à 9 sur 10 pour le cheval, d’après mes observations à Fréjus.
- La côte méditerranéenne, de Marseille à Nice, est connue pour sa richesse en moustiques pendant l’été, mais en automne, pendant la saison des pluies, le nombre de ces insectes est si considérable qu’on peut dire que, s’ils étaient des abeilles, la région suffirait à fournir de miel l’Europe entière; des deux espèces de Culex en cause (G. pipiens et G. vexans) ce dernier est plus acharné que tous ses semblables des colonies.
- Les petites dimensions des cages à lapins y rendent facile la destruction des anophèles qui s’y laissent capturer en toutes saisons.
- Quoique n’exerçant pas une action aussi élective vis-à-vis des Culex, les lapins en attirent un très grand nombre, rendant ainsi à l’homme un service qui méritait d’être connu. En retour, celui-ci doit au petit rongeur et aux autres animaux de ferme et de basse-cour de les protéger contre les moustiques en attaquant ceux-ci dans l’eau pendant le stade aquatique de leur existence par les procédés classiques. Dr Jean Legenore.
- Fig. 2. — Grange d'une exploitation agricole où logent des porcs {adroite), des lapins (à gauche), des volailles (au-dessus). On ne trouve d'anophèles que dans les rages à lapins.
- Le Gérant : P. Massos. — ImpnT.e-ie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Pans.
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- LA NATURE. — N° 2488. :
- LE RÔLE DES COLLOÏDES
- Mous voudrions aujourd’hui parler de la dernière œuvre d’un savant lyonnais, membre de l’Académie des Sciences, M. Auguste Lumière.
- M. Lumière, qui n’en est pas à sa première découverte, ayant déià, parmi tant d’autres, inventé la eryogénine pour ne citer que ce nom, vient de proposer au corps médical une théorie colloïdale de la biologie, étayée sur des expériences et des vérifications minutieuses et précises, qui serait, de nature, si elle se confirmait, à apporter une révolution dans la méde-
- ................. - 10 DÉCEMBRE 1921
- CHEZ LES ÊTRES VIVANTS
- Les grandes « humeurs » vivantes, pour employer ce terme de la philosophie simpliste des campagnes, sont expressément des « colloïdes ».
- Un colloïde est un liquide dans lequel se maintiennent indéfiniment en suspension des éléments solides; l’action de la pesanteur agissant seule est incapable de rassembler ces derniers en un amas plus lourd ou plus léger que le liquide.
- Si la pesanteur, qui gouverne la gravité de toutes choses, est ici mise en défaut, on doit en conclure à
- Fig. i. — Grossissement progressif du grain d’une émulsion de bromure d'argent sous l’influence de
- la chaleur et de l’ammoniaque.
- cine générale; cette hypothèse donnerait, en même temps que l’explication de phénomènes restés jusqu’à présent incompréhensibles, le moyen curatif de plusieurs affections chroniques telles que goutte, rhumatisme et autres tares classiques de l’humanité.
- Le corps des êtres vivants est constitué d’un ensemble de tissus, de cellules fixes, baignées perpétuellement par des liquides divers ; sang (ou plus exactement sérum), lymphe, sucs organiques sécrétés par les glandes des organes vivants. Ces fluides diffèrent à la fois et des solutions salines (sel ou sucre dans l’eau) et des émulsions de deux ou plusieurs corps non miscibles (lait), et des suspensions solides au sein d’une masse liquide, ces dernières étant particulièrement caractérisées par une durée très limitée du mélange, qui au bout d’un temps relativement court se scinde à nouveau en ses deux phases distinctes : liquide et solide.
- l’existence d’une force contraire neutralisant son action, et cette force approche de bien près d’une force vivante.
- La partie solide du colloïde constitue des éléments irréguliers appelés micelles par Naegeli, qui demeurent en suspension plus ou moins stable dans le liquide micelluire.
- La micelle elle-même est composée d’un noyau ou granule principal A, entouré d’une couche très adhérente d’un corps pris dans le liquide, et qu’elle retient énergiquement, et cette dualité de la micelle çst la caractéristique de l’état colloïdal. Le granule possède une charge électrique; le revêtement est chargé d’électricité contraire; les phénomènes électriques interviennent sans doute pour une part importante dans l’état du colloïde.
- Le revêtement, bien que ne formant qu’une minime fraction en poids du solide, en constitue la
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- LE ROLE DES COLLOÏDES CHEZ LES ÊTRES VIVANTS
- Fig. 2.— Mouvement brownien d'une particule.
- (D’après Perrin.)
- partie active indispensable et joue le plus grand rôle dans les transformations à venir.
- Cberche-t-on à éliminer cette couche superficielle, par exemple par dialyse prolongée? On y réussit progressivement mais on voit alors lamicelle augmenter en même temps de grandeur; les voisines se soudent l’une à l’autre; la stabilité de la suspension diminue. Finalement, quand l’élimination de l’élément accessoire est poussée assez loin, brusquement, il s’établit entre les granules volumineux des contacts permanents; la précipitation, la « floculation » se produit; l’état colloïdal est détruit et ne reviendra plus (fig. 1).
- 11 en va de même, d’ailleurs, si l’on abandonne un colloïde à lui-même; les micelles ont une vie propre, une vie infiniment primitive sans doute, mais une vie néanmoins. Lentement, peu à peu, elles grossissent, elles mûrissent', une agitation artificielle est incapable de provoquer ce mûrissement; un repos complet ne saurait l’empêcher. La micelle veut vivre sa vie. Elle augmente, elle croit progressivement et finalement, elle flocule, elle meurt.
- Enfin, autre point capital : les micelles sont animées du mouvement Brownien. On sait que dans un liquide les molé- , <, .
- cules sont perpétuellement animées d’un mouvement intense qui les précipite, les fait rebondir les unes sur les autres et les renvoie sans cesse; ce bombardement continuel se traduit dans les gaz par la pression exercée sur les parois, confirmant ainsi l’ingénieuse hypothèse d’Avo-gadro et d’Ampère; dans les liquides, s’il se trouve en suspension des points assez petits, de masse assez minime pour être mis en mouvement par les molécules elles-mêmes, on verra ces points se déplacer et décrire des chemins fantastiques et fantaisistes, échappant à toute apparence
- de régularité. Ce phénomène, observé et expliqué par le grand physicien Brown, qui le comparait « aux mouvements rapides et désordonnés des mouches d’eau, les soirs d’été, à la surface des étangs »,a gardé le nom de celui qui l’a découvert; il est particulièrement net chez les colloïdes ; nous reproduisons les trajectoires décrites par un granule en suspension dans un liquide, dont on a enregistré (au microscope) les déplacements horizontaux toutes les 50 secondes (fig. 2, d’après Perrin).
- En résumé, les colloïdes sont constitués par un liquide dans lequel se meuvent des micelles formées d’un noyau et d’une enveloppe ; les micelles, animées d’un mouvement propre, sont en continuelle transformation par suite de la diminution progressive de leur charge et de l’épaisseur de la couche périgranulaire. Les grains, qui tendent ainsi à être libérés, grossissent de plus en plus et finissent par s’accoler en perdant leur mouvement.
- Quand la cohésion, qui agglutine, l’emporte sur l’électrisation, qui disloque et sépare, la floculation se produit et l’état colloïdal cesse.
- Dans toutes ces transformations, c’est l’impureté, si minime soit-elle, qui joue le grand rôle et tient la première place.
- On nous excusera d’avoir quelque peu insisté sur les caractères un peu arides des colloïdes; ils sont à la base des conceptions magistrales de M. Auguste Lumière, et c’est par une logique impeccable, accompagnée d’une intuition géniale, qu’il en a déduit les conséquences qui pourraient révolutionner la biologie et la médecine moderne.
- Le mot de révolution peut ne pas être trop fort, même à l’époque où les bolcheviks caractérisent violemment cet état. Si les idées nouvelles se développaient, elles ne tendraient rien moins qu’à guérir certains maux chroniques de l’humanité : goutte, ihumatisme, maladies de la nutrition, en attaquant, non plus comme on'le fait aujourd’hui la conséquence du mal, mais bien sa propre cause dans son origine ; à tempérer, àatténuer les troubles morbides consécutifs aux grandes maladies microbiennes ; à faire dispa-
- Fig. 3. — A gauche, sulfate de baryte, dispersé sous forme micellaire, qui peut être injecté dans la circulation sans provoquer de choc. A droite, sulfate de baryte floculè dont Vinjection cause invariablement des accidents de choc.
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- LE RÔLE DES COLLOÏDES CHEZ LES ETRES VIVANTS
- raître la fièvre notamment; à permettre de parer aux morsures venimeuses; à expliquer l’action des poisons, des alcaloïdes, et, mon Dieu, quand tout cela serait fait, on ne serait pas bien loin d’atteindre l’élixir de longue vie, d’éloigner la sénilité....
- Mais voyons succinctement comment la théorie colloïdale peut conduire à des possibilités d’une pareille envergure.
- Les « humeurs » d’un corps vivant, voire les tissus, sont constituées de colloïdes ; nous avons vu que tout colloïde possède une vie propre, se terminant par la floculation, la mort; la vie d’un être quelconque sera liée à la vie de ses colloïdes essentiels ; il suffit de renverser l’aphorisme ; « morte la bête, mort le venin » ; nous dirons aujourd’hui : « morts les colloïdes, morte la matière vivante ». Cela paraît très simple, et devant un trait aussi éclatant, on tente de s’écrier : N’est-ce que cela? Oui. Il suffisait d’y penser.
- Il suffisait de penser que, puisque les colloïdes se transforment constamment, les tissus qu’ils baignent et les liquides qu’ils forment se. modifieront parallèlement ; que, puisqu’ils se développent et vieillissent, les fluides qu’ils constituent vieilliront; que lorsqu’ils mourront, les processus d’échanges vitaux qu’ils animent s’éteindront avec eux.
- Et ces processus vitaux sont intimement liés à l’élatde la couche péri granulaire ; cette mince enveloppe commande l’état des mieelles; dans un colloïde très « dispersé », les mieelles sont très petites et leur nombre énorme, la surface offerte aux échanges apparaît fantastique. Les phénomènes,de chimie biologique, composés essentiellement de dédoublements ou de synthèses par hydrolyse, sont très généralement d’ordre catalytique ; une quantité pondérale très petite de ferment provoque la réaction de masses considérables; cette disproportion de la cause à l’effet est précisément un caractère du colloïde; l’action diastasique ressemble à s’y méprendre à l’action des couches périgranulaires et les enzymes procèdent vraisemblablement par l’influence
- Fig. 5. — A gauche, plante ayant reçu une injection massive après injection préparante; à droite, injection massive seule. Photographie faite 6 jours après la dernière injection.
- Fig. 4. — Photographie faite ùjours après l'injection massive dans des bulbes de jacinthe, h gauche, injection préparante seule; au milieu, injection massive sans injection préparante-, à droite, injection préparante, puis injection massive.
- qu’ils exercent sur cette couche, du même ordre pondéral de grandeur qu’eux-mêmes; après quoi, sur cet engagement d’éclaireurs, se met en branle toute la grosse cavalerie des mieelles, occasionnant des soudures, ou bien au contraire des dislocations avec fuite précipitée.
- Voici donc les causes de la vie atteintes plus inli-mement qu’on ne l’avait fait jusqu’alors : agir sur les colloïdes, c’est agir sur la vie.
- Et du même coup, on s’explique l’action mystérieuse des poisons tétaniques, des alcaloïdes; se portant sur certains colloïdes nerveux, exerçant sur eux une action sélective de mûrissement et de floculation, ils entraînent à dose très faible les tram malismes les plus graves.
- Poussant plus loin la déduction, l’hypothèse suivante se présente à l’esprit. Supposons un corps possédant une action sur un suc colloïdal déterminé. Introduisons dans l’organisme, par injection artificielle ou par accident, une petite quantité du corps en question; l’action sur le colloïde débute immédiatement : agglomération lente, insensible, continue des cellules, mûrissement progressif. Rien ne se manifeste au dehors ; l’être continue sa vie en apparence normale.
- Un beau jour, le colloïde, sans prévenir, arrive à maturation ; brusquement, la floculation se produit ; un précipité apparaît dans le sangl Immédiatement, cataclysme ; oblitération de certains vaisseaux, troubles dans la circulation, variations de pression, fièvre, etc., etc. ; ou bien si le fluide floculé est une humeur différente du sang, modifications caractéristiques dans les organes imprégnés, maladie.... Tous ces symptômes se déclanchent brutalement, sans prévenir... et le médecin s’épuise à rechercher la cause du mal; finalement, après de longs efforts, il diagnostique une maladie infectieuse; « vous avez ingéré le microbe, monsieur, il y a 21 jours; depuis, vous êtes en période d'incubation ». Voici tout à coup expliquée, mise en pleine lumière et démontrée clair comme le jour cette mystérieuse
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- période d'incubation, devant laquelle des générations de chercheurs se sont épuisées depuis l’immortelle. dét-ouverte de Pasteur! Nul n’en avait encore trouvé la cause : M. Lumière la définit. Le microbe sécrète une toxine, qui provoque un mûrissement rapide d’un colloïde déterminé; à date fixe, à l’époque de la floculation, les accidents se déclarent, la maladie se dénonce et prend la forme engendrée par la nature du colloïde altéré.
- Désirez-vous à présent savoir pourquoi, passé un certain âge, la plupart des hommes accusent des maladies chroniques, douloureuses, devant lesquelles la science demeure à peu près impuissante?
- Passons, pour les expliquer, par les phénomènes du « choc anaphylactique ».
- Supposons que l’introduction de substance active que nous avons faite plus haut soit insuffisante pour provoquer le mûrissement complet du colloïde : elle le sensibilise, simplement; un mûrissement partiel s’est produit, puis s’est arrêté : aucun phénomène ne s’est manifesté.
- Dé terminons alors une seconde inhibition. Voici le chcc qui apparaît avec tous scs symptômes alarmants et graves : prurit, paraplégie, anxiété, chute de la pression arléiielle et de la température, vomissements, hémorragies, mort (fig. 6).
- Quelle est la cause de ces accidents? Les propriétés des colloïdes la définissent. La première injection avait provoqué un commencement de maturation; la seconde achève le mûrissement et entraîne la floculation. Si l’on s’était tenu à l’injection seconde,
- « déchaînante », elle n’eût provoqué qu’une maturation parLielle, comme la première; aucun phénomène morbide n’eût apparu.
- M, Lumière et ses collaborateurs ont mis en évidence tous ces faits en déterminant des phénomènes anaphylactiques au moyen de colloïdes artificiels, composés de minéraux rigoureusement inoffensifs à l’état normal, tels que le sulfate de baryte (fig. 5). Ils les ont reproduits avec de nombreuses séries de colloïdes ; enfin, démonstration typique, ils ont réussi à provoquer un choc anaphylactique chez un végétal, en luiinjectantdusérumanïrafli, ainsi qu’en témoignent ! les curieuses photographies ci-contre (fig. 4 et h).
- On peut alors expliquer aisément les troubles chroniques cités plus haut : goutte, rhumatisme, etc.
- Par le vieillissement de l’individu, des fissures se produisent dans les parois du tube digestif ; des infiltrations se produisent, qui sensibilisent certains colloïdes organiques et provoquent un mûrissement partiel. Voilà l’individu préparé. Survienne une
- nouvelle pénétration du même agent : la floculation se produit et la crise se déclare. On trouve ainsi la relation de cause à effet, généralement observée dans ces états pathologiques, entre la nature de l’alimentation et les troubles produits : le goutteux déterminera sa crise en faisant bonne chère, et le rhumatisant en buvant du vin.
- Reste la troisième grande conséquence des idées nouvelles; on nous indique la genèse des phénomènes morbides. Comment pourra-t-on les guérir?
- Une grande part des maux qui accablent l’humanité sont dus, nous venons de le voir, au vieillissement, à la floculation des colloïdes multiples de l’organisme. Ablata causa, ciblatum effectuai, disent les livres : cet axiome capital est à peu près le seul en médecine qui demeure éternellement vrai. Datant peut-être d’Esculape, la science moderne se réfugie encore sous son égide, lorsque, forçant les remparts de drogues, pilules ou orviétans qui la
- dissimulent, on la pousse dans ses derniers retranchements.
- À la faveur des lumineuses théories précédentes, nous avons eu la bonne fortune de prendre sur le fait un criminel, une cause de mal et de misère humaine : le mûrissement d’un colloïde : la voie curative apparaît aussitôt : empêchons ce mûrissement. Conservons au fluide bienfaisant sa vitalité, son état de suspension physique : les phénomènes de nutrition et d’échange continueront à se perpétrer ; nous éviterons les ennuis ; nous éloignerons les maladies.
- Chaque fois que nous nous opposerons à la coagulation d’une humeur, nous écarterons les troubles correspondants : que ce résultat s’obtienne pour tous les fluides de l’organisme : voilà la sénilité contrariée, différée, vaincue peut-être! Sans doute nous n’en sommes pas là. Aussi bien, certains esprits chagrins diront que nous déplaçons simplement la question ; « pour conserver l’homme en vie, vous devez conserver la vie aux colloïdes : mais vous continuez à ignorer ce que c’est que la vie ». La critique comporte une part de vérité : dans son ensemble elle est pourtant inexacte, et les idées nouvelles paraissent capables de faire faire à la science médicale un énorme pas en avant..
- Ramener le problème de la vie humaine, mystérieuse, insaisissable, incommensurable, au problème de la vie d’un colloïde, constitue en fait un progrès inouï : un colloïde, nous savons ce que c’est; nous en produisons à volonté, autant que nous le désirons. En voulez-vous? En voici dans un bocal. Scrutez, examinez, étudiez comment cela se
- A AA
- mmmm
- Fig. 6. — Symptômes du choc anaphylactique.
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- LES RAYONS X
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- comporte. Passez-le an microscope, disséquez-le, détruisez-le; l’instant d’après, nous vous en présenterons à nouveau; nous l’obtiendrons instanlané-ment en mélangeant deux pauvres solutions mortes et inoffensives, du chlorure de baryum et du sulfate dé soude par exemple, ou tels autres réactifs aussi communs. Au lieu et place d’une vie humaine, voire animale, nous vous offrons l’examen d’une matière morte, que vous produirez chaque jour dans voire laboratoire. Quelle simplification!
- Ayant ouvert la porte curative, nos savants ont cherché à pénétrer, à sonder l’inconnu.
- Ils posent le problème : comment empêcher la floculation? Et, de suite, ils tentent des centaines et des centaines d’expériences. A vrai dire le succès les a peu couronnées jusqu’ici ; seule, à peu près avec le citrate, la solution d’hyposulfite de soude s’est montrée un retardateur spécifique de la floculation (l).
- Qu’importe? Ils continueront. Ils chercheront. D’autres étudieront et chercheront avec eux, après eux. C’est leur plus grand désir, formulé clairement
- 1. On sait que le mécanisme curatif merveilleux des eaux minérales de Vichy demeure dans la plus complète obscurité : l’analyse chimique ne révèle aucun principe thérapeutique spécifique; les quelques analyses physico-chimiques tentées ont indiqué la présence de colloïdes furrugineux : on attribue à ces colloïdes, à l’existence rationnellement éphémère, la vertu des eaux bues à la source.
- Ces colloïdes ne seraient-ils pas de même nature que la substance périgranulaire des colloïdes du foie? De sorte que leur ingestion, renforçant la couche augmenterait la dispersion, du milieu, et rajeunissant le colloïde, ramènerait le fonctionnement régulier de l’organe?
- dans une espèce de programme des éludes et qu'ils proposent à leurs successturs :
- 1° Synthèse des albuminoïdes, basée sur l’emploi de colloïdes de conslitution connue. (Et les travaux de Sôrensen sur l’albumine d’œuf s’éclairent d’un jour nouveau à la faveur de la théorie colloïdale) ;
- 2° Sensibilisations in vitro, en dehors de l’être vivant ;
- 5° Diagnostics par floculation ;
- 4° Floculation et empêchements à la floculation, etc., etc. Cas de la tuberculose, des maladies infectieuses, nutrilion, augmentation de la dispersion d’un colloïde.
- En résumé ; tous les tissus des êtres vivants contiennent des colloïdes, qui évoluent en tendant vers la floculation.
- Que celle-ci se produise prématurément, accidentellement, on a la maladie : fièvre commune lorsqu’elle porle sur les liquides humoraux; affection spécifique lorsqu’elle altère des cellules de propriétés déterminées.
- Qu’elle se produise enfin à son terme, normalement, au bout de son évolution régulière, on a la sénilité et la mort.
- L’état colloïdal conditionne la vie.
- La floculation détermine la maladie et la morl.
- Parvenir à l’empêcher maintiendrait l’homme en bonne santé(1). ” A. Koehler.
- 1. Les lecteurs que la question intéressrrnit trouveront dans l’ouvrage : Rôle des colloïdes chez les êtres vivants, par Auguste Lumière, Masson et Cio, 1921, toutes considérations et explications scientiliques précises dont nous avons dù nous éloigner.
- LES RAYONS X [Suite)
- V. — L«s rayons X caractéristiques — Les rayons K, L. M. — La loi de Moseley et la pa -renté des corps simples. — Ainsi que nous le fait prévoir la théorie électro-magnétique rappelée précédemment, toute substance dans des conditions d’excitation convenables émet des rayons X caractéristiques de sa composition atomique.
- Le mécanisme de freinage des électrons cathodiques fournit une émission X à spectre continu ; l’émission caractéristique rfournit au contraire un spectre discontinu, caractérisé par la présence d’un certain nombre de raies très nettes, correspondant à autant de rayons caractéristiques homogènes, de longueur d’onde bien déterminée.
- Les rayons caractéristiques s’observent de la façon suivante : on prend comme anticathode d’un tube à rayons X la substance à étudier, et on la soumet au bombardement cathodique ; si l’on a imprimé aux «projectiles cathodiques une vitésse suffisante les rayons caractéristiques apparaîtront dans la radiation X complexe qui émane de l’anticathode. Pour les mettre en évidence, on isple un fin pinceau de cette radiation et on le fait réfléchir sur un réseau cristallin. On peut alors, comme l’a fait
- M. de Broglie, recevoir sur une plaque photographique le spectre étalé qui sort du cristal ; les radiations du rayonnement indépendant qui forment une série bien continue impressionnent la plaque sensible sous forme d’une teinte plate légèrement dégradée, sur laquelle ressortent nettement en noir des raies fines séparées les unes des autres, qui constituent le spectre des rayons caractéristiques. A ces spectres se superpose le spectre d’absorption propre de la plaque photographique (fig. 4).
- Les physiciens anglais Bragg qui ont construit à cet effet un appareil très pratique et -d’une très grande utilité, le speclrogràphe à rayons X, déterminent par l’ionisation, l’intensité de chaque radiation composante, séparée au moyen du réseau cristallin. Cet appareil leur a permis d’effectuer de très précieuses déterminations qualitatives et quantitatives.
- L’étude des rayons caractéristiques a fait l’objet en ces dernières années de travaux très importants dont voici les conclusions essentielles.
- Tous les corps simples présentent un spectre d’émission caractéristique. L’origine de ces radiations caractéristiques se trouve au sein même de
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- l’atome, et n'est pas influencée par les liaisons plus ou meifts compliquées auxquelles celui-ci peut être soumis dans les combinaisons chimiques. Un corps composé n’a pas de spectre propre de rayons X ; on y trouve, simplement juxtaposés, les spectres des corps simples qui le composent.
- Barlda, le premier, a mis en évidence l’existence pour chaque corps simple de deux groupes de radiations caractéristiques, les unes relativement peu pénétrantes qu’il a nommées rayons K, les autres beaucoup plus pénétrantes dénommées rayons L.
- On a reconnu de suite que dans chacun de ces deux groupes, les rayons caractéristiques ont une ’ longueur d’onde -d’autant plus petite que le poids atomique du corps qui leur donne naissance est plus élevé.
- Cela explique qu’il n’ait pas été possible de mettre en évidence pour tous les corps les deux groupes de radiations à la fois.
- Pour les corps de poids atomique élevé, les rayons Iv sont trop durs pour pouvoir être excités par les moyens actuellement à notre disposition ; pour les corps de faible poids atomique, les rayons L sont, très peu pénétrants, et très vite absorbés; il faut des dispositifs spéciaux (tels que spectrographe dans le vide) pour les étudier et encore ne pouvons-nous descendre au-dessous d’une certaine limite.
- La série K comprend 2 raies qui sont en réalité deux fins doublets, la série L est beaucoup plus compliquée.
- Elle comprend pour les éléments lourds une vingtaine de raies que de Broglie a classées en trois groupes Lt L2 L5. Les raies d’un même groupe sont solidaires; c’est-à-dire qu’elles apparaissent toujours ensemble* et qu’il est impossible d’exciter l’une d’elles sans exciter à la fois toutes les autres.
- Plus récemment le physicien suédois Siegbahn a mis en évidence pour les éléments les plus lourds (de l’or à -l’uranium), l’existence d’une autre série
- moins pénétrante encore que la série L, qui a reçu le nom de série M. Celle-ci semble contenir 5 raies principales.
- Un jeune physicien anglais, Moseley, prématurément enlevé a la science par les balles ennemies en 1915, a étudié systématiquement les spectres d’émission de tous les corps simples connus et il a mis en évidence une loi fort importante que les recherches ultérieures ont confirmée.
- Considérons les corps simples classés suivant la classification périodique de Mendeleef, chacun y
- possède un numéro d’ordre que l’on appelle le nombre atomique ; ce nombre est en général égal à la moitié du poids, atomique, et cette classification range les éléments à peu près dans l’ordre des poids atomiques croissants; sauf deux exceptions l’Argon du poids atomique 39,88 se classe avec le n° 18 avant le potassium (39,10) et le cobalt, n° 27 (58,97), seclasse avant le Nickel (58,68). On peut démontrer que le nombre atomique est égal au nombre des électrons qui dans l’atome gravitent autour du noyau central positit et c’est ce qui fait son importance. Les corps simples apparaissent ainsi comme dérivant successivement les uns des autres par addition d’un électron.
- Moseley a prouvé pour les raies Je la série K, que lorsque l’on connaît les longueurs d’onde des radiations caractéristiques d’un corps simple, on peut calculer aisément celles de tous les autres corps? Chaque radiation du premier a une radiation correspondante dans tous les autres ; la relation qui lie les longueurs d’onde de ces radiations successives est une fonction très simple du nombre atomique :
- •V] ' .
- dans laquelle X est la longueur d’onde, N le nombre
- î
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- TT K
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- !i ,11 M
- j L L
- 10 11 12-
- lonyc/eors d’onc/e (en Ânystrom)
- Fig. i. — Graphique montrant le déplacement des raies caractéristiques K, L, M, en fonction du nombre atomique de l’atome qui les rayonne.
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- atomique du corps, a et b des coefficients constants pour tous les corps.
- Cette loi a été vérifiée avec une approximation satisfaisante pour les raies K depuis le sodium (nombre atomique 11) jusqu’au plus lourd des éléments connus, l'uranium (nombre atomique 92). Elle s’applique encore approximativement aux raies du groupe Llf mais cesse d’être vraie pour les raies L2 et L3.
- Malgré ce caractère approximatif, la loi de Mose-ley a le grand intérêt de prouver clairement, et d’une façon expérimentale, la parenté des corps simples. Au point de vue historique, elle a eu le mérite d’ouvrir la voie à une série de recherches du plus haut intérêt scientifique et philosophique; elle a fait comprendre que l’étude des rayons X caractéristiques des atomes, offrait un moyen d’investigation puissant permettant d’analyser la structure intime de l’atome.
- Le résultat de ces travaux récents sur l’atome se trouve condensé dans une conception remarquable dont nous parlerons plus loin : l’atome de Bohr. Le mécanisme de cet atome permet de prévoir avec une simplicité et une précision surprenantes toutes les radiations caractéristiques émises par un élément déterminé ; non seulement celles appartenant aux rayons X, mais encore celles du spectre lumineux usuel. Mais la complexité de ce dernier est si grande quelle eût sans doute jeté longtemps comme un voile impénétrable sur la structure du radiateur.
- Soulignons une application pratique très importante des connaissances acquises sur les radiations X caractéristiques : leur petit nombre et leur netteté permettent de déterminer aisément le corps simple qui leur a donné naissance. L’analyse spectrale, au moyen du spectre d’émission, se présente donc comme un nouvel auxiliaire de la chimie, plus maniable.et d’un usage plus facile à beaucoup d’égards que l’analyse spectralè par les radiations visibles,
- YI. — Les rayons X et les quanta. — La relation cLEinstein. L’émission électronique produite par les rayons X.— Pour résoudre certaines diffi-
- Fig. 3. — Échantillon d'un spectre K {rhodium).
- A partir de la droite, doublet a,a2, raies p et y, cette dernière est à peine visible, en raison de l’affaibiissement dû à la reproduction. (Ce cliché, ainsi que celui de la figure 4, nous a été obligeamment ccn muniqué par M.M. de Brcglie.)
- Fig. 2. — Les raies caractéristiques de la série K {d’après Moseley) pour des éléments rangés suivant l’ordre des nombres atomiques croissants du Calcium au Zinc {constituant du lailon).
- Les longueurs d’onde des raies vont en diminuant régulièrement du premier au dernier de ces éléments (Ca, calcium. — Ti, titane. - V, vanadium'. — Cr, chrome. Mn, manganèse. — Fe, fer. — Ni, nickel. — Cu, cuivre).
- cultésqui se présentent dans la théorie de l’émission de la lumière par les corps incandescents, le savant allemand Planck a introduit, vers 1900, dans la physique une hypothèse en apparence étrange, mais simple et qui a le mérite de conduire à des formules en accord avec l’expérience.
- Planck suppose que le rayonnement d’énergie électro-magnétique d’un oscillateur qui vibre à une fréquence déterminée s’efïeetue d’une façon discontinue, par éléments d’énergie s, tous identiques entre eux et indivisibles. Ce sont lés quanta. véritables atomes d’énergie.
- L’énergie d’un oscillateur est un multiple entier du quantum. D’autre part la valeur des quanta change avec la fréquence des vibrations de l’oscillateur (la fréquence est le nombre de vibrations par seconde, et est proportionnelle à l’inverse de la longueur d’onde). Le quantum s et la fréquence f sont liés par la relation e=/i/ où h est une constante universelle (Elle vaut 6,55 X 10~27 erg. par seconde). « L’hypothèse de Planck, dit Bragg, n’est pas une explication, mais la condensation de toutes les difficultés en une seule. »
- Les électrons générateurs de rayons X mettent sous nos yeux, sous une forme concrète, les oscillateurs de Planck. Il était donc tout naturel de rechercher s’ils vérifient ou contredisent la théorie des quanta. La vérification est devenue possible du jour où l’on sut mesurer les longueurs d’onde des rayons X.
- Dans un tube à rayons X, où règne entre anode et' cathode une tension Y, considérons un électron cathodique porteur de la charge électrique élêmèii-
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- taire c qui vient bombarder l’anticathode. Son énergie cinétique est égale au produit eV; elle est donc facile à calculer. Au cours du freinage de l’électron dans l’anticathode, cette énergie cinétique, nous l’avons vu, se transforme en radiation. Nous savons que les rayons engendrés par ce mécanisme, rayons qui constituent la radiation indépendante, forment un spectre continu.
- La relation <VEinstein. — On a constaté, par de nombreuses expériences, très variées, que la radiation de longueur d’onde la plus faible dans ce spectre, autrement dit celle qui a la fréquence f la plus grande, obéit toujours à la relation du quantum e\ = hf où h est la constante de Planck. C’est ce qu’on appelle la relation d'Einstein. 11 est difficile, reconnaissons-le, d’accorder cette constatation avec la théorie électro-magnétique que nous avons exposée précédemment et qui jusqu’ici rendait
- tions de longueurs d’onde plus élevées, parmi lesquelles les radiations caractéristiques de l’antica-thode, s’il peut s’en produire sous les tensions employées, offrent, naturellement, des maximad’intensité très accentués. Notons, à ce propos, que dans le spectre continu d’une anticathode, c’est-à-dire abstraction faite des radiations caractéristiques, il y a une radiation d’intensité maxima et que celle-ci se déplace vers les petites longueurs d’onde, au fur et à mesure que la tension s’élève. Un tube est d’autant plus dur qu’il travaille sous tension plus élevée.
- On a cherché aussi à déterminer la tension minima necessaire pour produire une radiation de fréquence donnée f; des déterminations très précises ont été faites, notamment aux Etats-Unis par Duané : là encore, la relation d’Einstein s’applique d’une façon très précise.
- L'émission photoélectrique. — Elle s’applique
- Fig. 4. — Photographie d’un spectre des séries\K et L émis par un tube à anticathode en tungstène, obtenue par M- M. de Broglie.
- Au spectre de raies du tungstène se superpose, vers la gauche, un spectre caractéristique d’absorption dû à la plaque photographique.
- parfaitement compte de tous les phénomènes observés. Cette dernière, en effet, ne laisse pas prévoir une limite inférieure de fréquence dans le rayonnement indépendant produit par un bombardement. D’autre part, si on admet la théorie des quanta, on est fondé à penser que l’énergie transformée en radiation par le freinage d’un électron représente un quantum, et, par suite, un rayon cathodique de vitesse déterminée ne devrait produire qu’une radiation X pure, dont la longueur d’onde serait donnée par la relation d’Einstein. Ceci n’est pas davantage vérifié. Il y a donc contradiction entre 2 théories qui expliquent chacune une partie des faits connus sans réussir à les expliquer tous. Comment conciliera-t-on ou per-fectionnera-t-on ces théories? C’est Jà un des nombreux problèmes que pose encore la physique des rayons X.
- Quoi qu’il en soit, la relation d’Einstein, dont on n’a pu encore pénétrer la signification physique profonde, offre une très grande importance. Elle nous montre que la longueur d'onde minima de la radiation émise par une anticathode ne dépend pas de la nature de celle-ci, mais uniquement de la vitesse des électrons cathodiques excitateurs ou ce qui revient au même du voltage du tube; et elle nous permet de calculer très simplement cette limite. En deçà de celle-ci, nous obtenons une gamme de radia-
- encore à une autre catégorie de phénomènes produits par les rayons X ; les rayons X, ondulations de l’éther, naissent du freinage des électrons dans la matière; le phénomène inverse : transformation du mouvement ondulatoire de l’éther en mouvement de particules matérielles existe également; des rayons X tombant sur la matière, peuvent dans certaines conditions en arracher des électrons et provoquer ainsi une émission de rayons cathodiques secondaires. L’ionisation des gaz par les rayons X, en particulier est une manifestation de cette propriété. De même les rayons ultra-violets produisent en tombant sur certains métaux une émission d’électrons : c’est l’émission photoélectrique découverte par Hertz en 1887; et les rayons de l’extrême ultra-violet, proches parents, nous le savons, des rayons X, sont susceptibles, eux 'aussi, de provoquer l’ionisation des gaz.
- IL est remarquable que ces phénomènes d’émission obéissent également à la relation d’Einstein : l’énergie communiquée à l’électron expulsé de la surface irradiée, est la somme de son énergie cinétique et du travail nécessaire pour l’arracher de la surface : la radial ion de fréquence minima qui produit cet effet obéit à la relation du quantum. On tire, de là, un certain nombre de déductions intéressantes que l’expérience vérifie; la place nous
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- LES RAYONS X .— : ..... : 377
- manque pour les développer ici. Nous retiendrons seulement ce qui suit :
- Pour tout métal, dont la surface se trouve dans des conditions bien définies, il y a une radiation de fréquence déterminée f0 qui caractérise celle surface au point de vue de l’émission photoélectrique.
- Lorsque le métal est frappé par des rayons de fréquence inférieure à f0, il n’y a pas d’émission électronique, si intense que soit la lumière. Mais dès que la fréquence est supérieure à f0, si faible que soit l’intensité de la radiation excitatrice, il se produit une émission d’électrons.
- Les conditions d'excitation des rayons car acté ristiq ues. —
- Notons encore un point important, touchant aux rayons caractéristiques : soit une anticathode ayant une raie caractéristique, de fréquence ( par exemple. Pour faire apparaître cette raie, suffira-t-il d’appliquer aux bornes du tube la tension V* déterminée par la relation du quantum ; eV1=/i/j.
- Si nous agissons ainsi, nous verrons bien en effet apparaître la radiation fi, dans le spectre continu du rayonnement indépendant, qu’elle limitera du côté des faibles longueurs d’onde, mais elle ne se manifestera nullement par une intensité privilégiée, au contraire : le spectre n’aura donc pas de raies pour la fréquence/j. L’expérience montre qu’il faut pour faire apparaître cette raie appliquer une tension V2 notablement supérieure à V4 ; alors la raie /j apparaît, au milieu d’un spectre qui s’étend jusqu’à la fréquence /2. Si l’on construit une courbe
- où les intensités de radiations du spectre sont portées en ordonnées et les longueurs d’onde en abscisses (lig. 5), les radiations caractéristiques s’y manifestent par des pointes subites et très prononcées.
- Ce sont des sommets s’érigeant brusquement sur le tracé d’une courbe d’allure régulière; jamais ces sommets ne se trouvent au départ de la cour be. C’est en somme exactement le même mécanisme que celui de la fluorescence. Mais il y a plus, la série K par exemple, est composée de 2 raies, répondant à des fréquences distinctes ; au-dessous d’une certaine limite d’excitation, ainsi que nous venons de le dire, aucune raie n’apparaît. Mais lorsque cette limite est atteinte les deux raies apparaissent à la fois, on ne peut les exciter séparément l’une de l’autre. La série L qui comprend une vingtaine de raies est beaucoup plus complexe : les raies s’y partagent en 3 groupés solidaires L15 L2,L3; le premier apparaît en bloc, lorsqu’une certaine limite d’excitation est atteinte; Lj et L2 apparaissent en bloc lorsqu’une certaine limite V2 d’excitation supérieure àYj est atteinte; enfin hL L, L3 apparaissent à la fois -au-delà de la limite d’excitation V3 supérieure à V2. Impossible de n’exciter qu’une fraction de l’un ou l’autre de ces groupes de raies; Nous verrons, à propos de l’absorption, que ces longueurs d’onde nécessaires pour provoquer l’apparition des rayons caractéristiques coïncident avec les discontinuités d’absorption.
- (A suivre.) • À.Troller.
- Longueurs donàe (en unités rfngstrom)
- Fig. 5. — Le rayonnement X d’anlicathodes en tungstène, molybdène et chrome (d’après Duane).
- En abscisses, sont portées les longueurs d’onde des radiations émises; en ordonnées, leurs intensités,Le bombardement s’effectue sous 35 ooo volts; chiffre trop faible pour faire apparaître l.es rayons caractéristiques du tungstène; les raies K du molybdène se manifestent nettement aux environs de o,6 et de 0,7 Angstrôm. Celles du chrome se trouveraient très loirn vers la droite. Remarquer que le rayonnement X indépendant commence au même point pour les 3 corps aux environs de o,_36 Angstrôm, conformément à la relation du quantum.
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- MÉLANGEUR D’ENGRAIS DE PETITE CAPACITÉ
- Fig. i. — Vue d’ensemble de l'appareil.
- L’usage des engrais composés tend de plus en plus à se généraliser dans l’agriculture. En France, le développement de l’emploi des fertilisants est un peu ralenti par suite de l’absence d’appareils simples et peu coûteux permettant de préparer les petits tonnages nécessaires dans les fermes de moyenne importance.
- L’appareil que nous allons décrire résout le problème; il est simple, nécessite une force motrice de 3 à 4 chevaux seulement et est tout indiqué à côté des batteuses et des semeuses dans le matériel agricole des syndicats et des groupements de fermiers. Cet appareil réalise en petit les mêmes opérations que celles effectuées dans les usines d’engrais; il assure le mélange en proportions rigoureusement définies de 3 ou 4 composants différents et broie à nouveau les morceaux de matière première dont la taille est trop grosse pour que l’assimilation par le sol soit complète. Il permel.de plus la mise en sacs de l’engrais composé ainsi préparé.
- La figure 1 montre la vue d’ensemble de l’appareil. Quatre trémies A reçoivent les matières premières à mélanger. Le fond de ces trémies est en communication avec un mécanisme tournant sur lequel nous reviendrons et qui permet de prélever dans chacune des trémies des quantités proportionnelles aux teneurs que l’on désire réaliser dans le mélange final. Ces diverses quantités de matière tombent dans une rigole B munie d’une vis sans fin qui les conduit à un élévateur du type ordinaire C qui
- les déverse dans un tambour D muni de palettes où s’effectue le mélange. Celui-ci étant réalisé, l’engrais composé passe à travers un tamis E et de là dans une trémie F qui permet soit de le recueillir directement, soit de le mettre en sacs.
- Les morceaux de trop grosses dimensions qui n’ont pu passer à travers le tamis sont réduits par un petit broyeur G, et ramenés à l’élévateur C par l’intermédiaire d’une vis spirale H. Ils sont ainsi remis automatiquement dans le circuit de la machine.
- Le dispositif original de cet appareil est celui qui permet le réglage automatique des différentes quantités de matière première déversées simultanément dans la gouttière B. La figure 2 montre nettement le principe du fonctionnement. Le distributeur rotatif situé en dessous de chaque trémie est constitué par une boîte dont le fond M est mobile et peut être placé à une hauteur déterminée en agissant sur la vis N. Dans ces conditions, il est facile de régler la quantité de matière qui sera enlevée de chaque trémie'à chaque rotation. Un dispositif extérieur P permet de régler le jeu entre le distributeur et son carter. La vitesse de rotation varie de 40 à 60 tours par minute et la quantité de matière que peut contenir chaque poche du distributeur est d’environ 10 kg. La production horaire de la machine est donc au tnaximum de 6 tonnes.
- La machine comporte divers accessoires de réglage, en particulier un dispositif assurant l’élimination automatique dans le broyeur G des morceaux de matière trop volumineux et des corps étrangers trop durs qui pourraient risquer de bloquer l’appareil et de briser le concasseur.
- Le poids total est d’environ 1000 kg et l’appareil se .démonte en 3 pièces pour faciliter le transport.Un homme suffit pour alimenter les trémies et assurer le fonctionnement de l’appareil.
- Grâce à sa simplicité, à sa robustesse et à son bon rendement, ce mélangeur est appelé à rendre les plus grands services à l’agriculture.
- H. Vigneron, Principe du fonctionnement
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- AMPERE
- On vient de célébrer avec éclat à la Sorbonne le centenaire des découvertes électriques d’Ampère. Eu réalité c’est l’an dernier que ce centenaire eût dû être fêté. En effet, c’est dans le mois de septembre 18*20 qu’Ampère connut, pur une communication à l’Académie des Sciences, l’expérience d’OErsled dans la-quelle une aiguille aimantée est déviée par un fil électrique parallèle que traverse un courant électrique. Après avoir médité quelques jours sur ce phénomène paradoxal, Ampère commença aussitôt à produire cette, rapide et étonnante série de découvertes célèbres qui fondèrent la science électrodynamique, et sont aujourd’hui encore la base de l’électricité industrielle. Cent ans se sont écoulés; le temps n'ci pas entamé l’œuvre d’Ampère; celle-ci continue à susciter une admiration universelle. De tous côtés affluent les hommages et les témoignages de reconnaissance. C’est ainsi que les électriciens des Etats-Unis ont, l’an dernier, organisé des solennités en l’honneur du savant français.
- Ee caractère et l’œuvre d’Ampère ont été mis en relief èh termes excellents par M. Teissier, directeur d’un important établisseme?it électrique de Lyon, dans le discours suivant prononcé en juillet dernier, à Poley-mieux, le village où Ampère passa ses vingt premières années et où, selon le mot d’Arago, « sans les excitations d’aucun maître surgirent ses hautes facultés intellectuelles ».
- Nous croyons intéressant de reproduire le discours de M. Teissier.
- I
- Je ne me dissimule pas les difficultés de la tâche qui m’incombe puisqu’il me faut parler d’Ampère dans sa petite patrie, aux lieux mêmes où son souvenir est le plus vivace et s’est matérialisé deux fois ; en parler après les savants qui l’ont célébré : Arago, Sainte-Beuve, Littré, Cornu: en parler entre les orateurs plus qualifiés que vous venez d’entendre, ou que vous allez entendre ; en parler quand mes occupations habituelles sont si étrangères à l’art de la parole ; en parler alors qu’Ampère est peut-être l’homme le plus déconcertant qui ait jamais vécu.
- En effet, mieux que Pic de la Mirandole, il aurait pu soutenir 900 thèses de omni re scibili, tellement son érudition était encyclopédique. Plus que Pascal, il fut tourmenté par les scrupules et les doutes d’une conscience exigeante et inquiète. Comme La Fontaine il était timide,' distrait, manquant d’usage, et, comme saint Viœ-cent de Paul, tendre, modeste, accueillant à tous, géné* reux bien au delà de ses ressources. Malheureux toute sa vie par son fait, celui des hommes et des circonstances, il fit preuve d’une résignation allant du sublime cornélien à la plus déprimante apathie. Puis, emporté soudain dans une féconde envolée de son imagination créatrice, il étonne l’Institut de séance en séance par des découvertes qui,, en quelques semaines, le haussent de plain-pied avec les plus grands artisans de la Science et du Progrès.
- Comment aborder un sujet si haut, si vaste et si divers dans une allocution qui ne peut être qu’à ma mesure? car « le Style, c’est l’Homme », et, malheureusement, pour Ampère et pour moi, c’est « l’homme qui parle » et non celui qu’il prétend honorer. Voilà pourquoi vous allez simplement entendre les quelques réflexions d’un
- électricien, d’un fabricant d’appareils électriques et d’un ancien élève de l’Ecole qu’Ampère honora de son enseignement.
- Il
- Ce qui frappe l’électricien, ce n’est pas seulement l’ampleur de l’œuvre accomplie par Ampère, mais encore la rapidité inouïe avec laquelle il fait ses découvertes, exécute ses expériences, établit ses théories. En effet, le , Il septembre 1820, la découveite d’Œrsted est apportée à l’Académie'des Sciences et dès le 18, Ampère expose les principes de l’électrodynamique. Sept jours lui ont suffi, pour concevoir l’action réciproque des courants, rendre mobiles des. éléments de circuit électrique, réaliser des appareils susceptibles de fonctionner et soumettre son idée capitale à une expérience décisive. Puis chaque semaine il apporte un fait nouveau ; règle du bonhomme,.première conception du télégraphe électrique, réciprocité de l’action des aimants sur les courants, action, du magnétisme terrestre sur les circuits mobiles, assimilation des courants et .des .air mants, solénoïde, électro-aimant (en collaboration avec Arago), feuillet magnétique. Dans son mémoire de décembre 1820, Ampère démontre déjà la . formule rigoureuse de la force élémentaire qui s’exerce entre deux portions infiniment petites de circuit. Dans son mémoire de 1826, il donne la théorie complète des phénomènes électro-dynamiques. Enfin, et pour être complet, dès 1832, au Collège de France, il expose les phénomènes d’induction découverts par Faraday l’année précédente et guide Pixii dans la construction de la première machine d’induction à courant continu.
- Jamais, dans l’histoire des Sciences, le progrès n’a marché d’une course si rapide.
- Mais reprenons cette œuvre, situons là dans le milieu de l’époque, suivons la marche d’Ampère, notre admiration s’affirmera encore.
- En 1820, un siècle ne s’était pas encore écoulé depuis la mort de Newton. Son empreinte dominait la science. La physique était d’autant plus newtonienne que Coulomb avait étendu aux attractions électriques et magnétiques la formule de l’attraction universelle. Depuis longtemps on connaissait quelques actions de l’électricité sur l’aiguille aimantée, notamment les perturbations de la boussole pendant les orages. Mais, si le monde scientifique fut surpris quand Œrsted démontra que(seule l’électricité en mouvement agit sur l’aiguille aimantée, il fut bien plus dérouté encore par les modalités singulières de ce phénomène.
- Quand le courant est normal à l’aiguille, il semblait que le couple exercé devait être maximum. 11 est nul. Quand le courant est parallèle à l’aiguille, on pensait que le couple serait nul. 11 est maximum. En outre la déviation varie capricieusement selon la position du circuit, son orientation, son sens, son intensité. Dans leur impuissance à se reconnaître à travers une Dareille complexité, Œrsted et ses émules invoquent l’action de tourbillons électriques. Ils revenaient à la conception astronomique de Descartes dont Newton avait fait justice et la physique allait, reculer de deux siècles, quand Ampère soudain éclaircit le mystère. 11 comprend tqut d’abord que, pour obtenir le phénomène dans toute sa pureté, il faut annuler l’action du champ de la gravitation et du champ magnétique terrestre. Et il imagine et réalise la pre-
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- AMPERE
- mière aiguille asiatique. Elle est équilibrée autour d’un axe normal à celui du couple magnétique terrestre. Les apparences observées se simplifient aussitôt. Un circuit parallèle imprime à l'aiguille aimantée une déviation rigoureusement égale à 90°, cette orientation est indépendante de l’intensité. Pour en connaître le sens, il suffit de donner une personnalité au courant. Le bonhomme d’Ampère va s’en charger. Mais ces déviations peuvent servir de signaux. Par leur répétition à chaque ouverture ou fermeture du circuit, elles peuvent représenter les lettres de l’alphabet, transmettre la pensée à distance. Ampère donne la première conception du télégraphe électrique. Ainsi donc, les courants dévient les aimants suivant une loi simple. Mais les aimants doivent réciproquement dévier un circuit électrique mobile, Ampère le conçoit, le vérifie et poussant plus avant, décèle l’action de ce grand aimant qu’est la terre. Pendant plusieurs semaines, les physiciens français et étrangers se rendent en foule dans l’humble cabinet d’Ampère pour y voir avec étonnement un circuit de platine s’orienter sous l’action du champ terrestre.
- Abordons maintenant l’électro-dynamique. Rien n’v pouvait guider le physicien", l’ignorance était complète et, même après la découverte fondamentale d’Ampère, la tâche restait écrasante. Deux courants parallèles s’attirent ou se repoussent suivant qu’ils sont de même sens ou de sens contraire, mais suivant quelle loi? Comment analyser cette action? Comment en déduire l’expression de la force élémentaire qui s’exerce entre deux éléments de circuits? Comment influe la distance de ces éléments, leur intensité, leur orientation? pour résoudre pareille énigme et la résoudre quasi instantanément, il fallait réunir ces dons qui sont rarement rassemblés, l’esprit de détail et la puissance de généralisation. Aussi quel monument d’analyse expérimentale et mathématique que le mémoire de 1826 où Ampère nous révèle la suite de ses idées, de ses méthodes, de ses expériences et de ses calculs. Sans doute, il aurait pu mesurer les actions réciproques de deux circuits dans les circonstances les plus diverses et tenter de retrouver par le calcul les résultats observés en partant d’une loi élémentaire qu’il aurait retouchée jusqu’au succès complet. Mais les déterminations exactes étaient impraticables. La balance de torsion qui mesure si précisément les attractions des masses libres exige un mode de suspension irréalisable avec des circuits à la fois mobiles et reliés aux deux pôles d’une pile.
- Ampère remarque alors qu’il atteindra le même but en réalisant quelques états d’équilibre et calculant la loi qui les justifie. Le choix de ces états est capital. L’intuition d’Ampère les réduit à quatre et sa puissance d’analyse mathématique en déduit la fameuse formule- :
- -—^—— (sinO. sin 0’. cos w —1/2 cosO. cos 0')
- Elle n’a plus qu’un intérêt théorique, nous dit M. Bouasse. Et c’est vrai de son point de vue puisque seules, les actions des circuits fermés nous intéressent. Rien ne prouve qu’elle représente la réalité, ajoute-t-il, puisqu’une infinité d’autres donneraient le même résultat pour ces mêmes actions des circuits fermés. Cependant elle ne cesse de servir, et dans les mains de M. Bouasse lui-même, pour les cas particuliers où elle Conduit4|des calculs plus simples que l’emploi des feuillets. Elle.'est encore d’actualité quoique centenaire. Mais qitSls services plus éminents n’a-t-elle pas rendus, maniée par Ampère lui-même? D’ahord elleavaitle grand
- mérite de revêtir une forme Newtonienne. C’élait à l’époque une condition nécessaire pour qu’elle fût adoptée. Sans doute, bien des physiciens contemporains étaient scandalisés par l’introduction de lignes trigono-métriques dans la formule différentielle d’une force d’attraction, même électro-magnétique. Cependant, les tourbillons d’Œrsted étaient dissipés et avec eux tout danger de marche rétrograde pour la théorie des phénomènes naturels.
- Ensuite elle ouvre à Ampère la voie de deux nouvelles découvertes d’une fécondilé prodigieuse et d’un emploi quotidien. 11 calcule l’action d’un courant rectiligne sur un courant circulaire dont le plan lui est normal et trouve que le cercle doit se ranger parallèlement à la droite. Comme vérification expérimentale il invente le solénoïde qui (avec la collaboration d’Arago) le conduit à l’éleclro-aimant, puis à sa fameuse théorie assimilant l’aimant à un système de courants circulaires orientés. Enfin, couronnement de son œuvre, sa formule lui permet de démonlrer l’identité des actions exercées par un courant fermé et une double couche polarisée. Le feuillet magnétique fait son entrée dans la science.
- Désormais, l’électricité moderne est fondée, la théorie mathématique du fluide en mouvement est établie sans conteste. Vienne l’induction (on a vu avec quelle promptitude Ampère l'accueille, l'enseigne et l’applique) et l’électro-technique va prendre son essor.
- 111
- Suivons-la dans nos usines, le souvenir d’Ampère nous accompagnera pas à pas.
- Et d’abord que de matières premières spéciales nous sont nécessaires et combien d’industries nouvelles se sont créées pour alimenter les industries électriques proprement dites ! Tôles et acier coulé spéciaux, tréfilerie, guipage, isolement, câblage, isolants divers, électrocéramique, etc..!. Tout un premier groupe d’ouvriers, de personnel de maîtrise et d’ingénieurs exploite indirectement les découvertes d’Ampère.
- Et chez nous; du petit apprenti qui apprend la règle du bonhomme à l’étudiant qui applique celle du feuillet ; de l’ouvrier quibobine : sonnerie, télégraphe, téléphone, aux ingénieurs qui calculent les enroulements des plus puissantes machines, nous travaillons chaque jour dans le sillon ouvert par le créateur du solénoïde et de l’électro-aimant. C’est grâce à lui que tant de besoins journaliers reçoivent une facile satisfaction. Nous le rencontrons dans le plus humble de nos gestes : pousser un bouton de sonnerie, monter dans une voiture publique. Les denrées de consommation courante se sont accrues d’une unité. Et si brusquement nous ne pouvions plus consommer d’ampères, la civilisation rétrograderait, car : installation, production, distribution, lumière, force motrice,chauffage, électro-chimie,électro-métallurgie, etc; après les industries de matières premières et de fabrication, combien d’industries d’utilisation doivent en' partie ou en totalité leur existence à Ampère ?
- J’aurais désiré vous apporter des chiffres : personnel, affaires, capitaux, bénéfices; j’ai reculé devant l’ampleur de l’enquête à faire. Elle embrasserait foutes les industries que je viens d’énumérer. Bref, à l’heure actuelle, tous les hommes civilisés doivent à Ampère quelque commodité de la vie. Parmi eux un grand nombre, comme nous autres électriciens, lui doivent pour une bonne part, leur pain quotidien. C’esl en leur nom que je dépose
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- AMPERE
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- aux pieds de celte statue l’expression d’une reconnaissance, | je dirais presque « alimentaire ».
- IV
- Nous venons de voir ce qu’Ampère nous a légué au point de vue intellectuel et matériel. Est-ce tout? Nullement. Cette grande figure nous donne aussi un enseignement moral. Essayons de le dégager. Et d’abord résumons sa carrière.
- Nommé professeur à Bourg, en 1802; par deux mémoires sur le calcul des probabilités et la mécanique il attira l’attention de Delambre et Laplace qui le font nommer au Lycée de Lyon en 4805 et, en 1804 répétiteur d’analyse à Polytechnique. Il devient ensuite Inspecteur général de l’Université en 1808; Professeur à Polytechnique en 1809, membre de l’Institut en 1814, et enfin Professeur au Collège de France en 1822.
- Ainsi donc, en quittant sa petite patrie, en se séparant de ce groupe d’amis auquel il rèsla si fidèlement, si étroitement attaché, en partant pour la Capitale où il se sentit toujours exilé, Ampère allait professer dans une école toute récente et qui recevait son statut définitif.
- Issue de la révolution, elle est restée démocratique par son recrutement et son esprit. Au cours de son histoire, clic a marqué publiquement son opposition à tous les régimes qui n’étaient pas de liberté. C’est pour briser son opposition qu’en 1804 Napoléon l’a militarisée, l’a cluilrée, en a fait cette école singulière où l’on est militaire, bien que l’enseignement y soit purement scientifique; interne quoique étudiant et où, vivant en plein quartier latin, on participe aux mouvements généreux mais turbulents de la jeunesse des écoles. Dans ce milieu frondeur, où les traditions se conservent fidèlement, beaucoup d’hommes illustres ont professé avec un talent didactique, une correction d’allures, une profusion d’honneurs qu’Ampère n’eut jamais. Et cependant le souvenir qu’ils ont laissé est parfois sec et glacé, tandis que la mémoire d’Ampère e.-t entourée d’une vénération absolue, rendue plus touchante encore par un sourire attendri. C’est qu’il réunissait à un degré éminent tous les traits (les plus hauts comme les plus naïfs), que l’imagination attribue volontiers aux Grands Savants Français.
- Chez nous, les hommes de science sont condamnes à l’enseignement. S’ils n’ont ni le don ni la vocation, tant pis pour eux. Us ne sauraient gagner leur vie autrement. Ampère subit la nécessité commune. Un grave accident au bras gauche pendant sa jeunesse le rendait malhabile de ses mains. Cependant il futd'abord nommé professeur de physique, chimie et astronomie, contraint d’exécuter devant un auditoire d’enfants, des manipulations et des expériences que sa maladresse accrue par sa timidité l’empêchait trop souvent de réussir. A Bourg, il faillit même perdre un œil. Puis cet autodidacte qui n’avait jamais fréquenté aucune école, qui ignorait totalement les goûts, les allures, les caprices et les travers d’une classe pleine de malice et de sagacité, dut en débarquant de sa province enseigner l’analyse à l’Ecole Polytechnique dont nous avons décrit l’esprit et où l’internat comme partout, prolonge la gaminerie. Le métier de professeur rebutait à son tempérament et absorbait au profit de la science qui s’enseigne un talent qu’il eût été plus utile de consacrer a la Science qui se crée.
- Chez nous aussi, quand la situation d’un savant grandit, entraînant des charges nouvelles, tout ce que l’on peut faire, c’est de lui donner une nouvelle fonction afin de
- pouvoir lui payer deux traitements. Je ne cite aucun nom contemporain. Us sont sur vos lèvres. Tous nos maîtres éminents traînent ainsi une double chaîne qui diminue leur activité créatrice. Et la seconde chaîne d’Ampère était particulièrement lourde : Inspecteur Général de l’Université! Se représente-t-on ces fonctions qu’il garda jusqu’à sa mort et même dont il est mort à Marseille? A son époque les inspections n’étaient pas spécialisées, Ampère devait tout voir. Et après avoir couru la province en chaise de poste, l’inventeur Je l'électro-ma-gnétisme, si étranger aux menus détails de la vie, qui ne sut jamais se faire rendre la monnaie (un postillon l’accusa même de ne pas savoir calculer), devait contrôler les dépenses des Lycées et Collèges, les comptes de literie, d’ameublement et de cuisine.
- Encore si cette pénurie d’appointements s’était rachetée par quelques largesses dans les crédits de laboratoire. Mais là encore il partage le sort traditionnel. Qui d’entre nous n’a eu l’occasion de visiter les réduits dans lesquels ont pris naissance nos plus grandes découvertes scientifiques; le petit laboratoire du grand Pasteur, le hangar de Curie et Mme Curie. Ampère se ruinait en frais d’expériences, quand un incident fortuit lui révéla les prodiges d’affectueuse lésinerie que sa sœur accomplissait pour qu’il pût travailler en paix.
- Je ne devrais même pas parler du dédain pour l’argent qu’il aurait pu tirer de ses inventions. Ce dédain est trop classique dans la Science Française. On n’y compte pas un Liebig, mais beaucoup de Chevreul.
- Quant à sa modestie, elle tranche sur son époque où des savants illustrés sollicitaient des croix, le Sénat, la pairie et même la noblesse (baron Thénard, marquis Laplace). Lui, ne cherche même pas à pénétrer dans le salon fermé où tant d’hommes de science se sont mêlés aux hommes de lettres, d’Etat, d’Eglise et du monde. L’Institut lui suffisait, l’Académie Française ne le tentait pas.
- Et cependant, quels tilres merveilleux que les siens. S’il a cultivé tant de sciences : mathématique, mécanique, physique, chimie, botanique, zoologie, il savait aussi se délasser dans l’étude des lettres. Il composait en vers français et latins. Il s’était assimilé les vingt volumes de l’Encyclopédie, il connaissait à fond la linguistique, la psychologie et la métaphysique. U faudrait presque remonter jusqu’aux grands érudits delà Renaissance pour rencontrer, concentrée en un seul homme, une somme aussi formidable de savoir. Plus encore que Poincaré, qui pourtant changea plusieurs fois de chaire dans sa carrière, il sut éviter l’étroite spécialisation.
- Ses idées furent-elles combattues? Ses expériences critiquées? Ses théories discutées ? Scs découvertes mises en doute? Certainement; car c’est aussi la loi commune. Faut-il en indigner? Arago ne le pense pas. Les critiques, même, envieuses, lui paraissent utiles. Elles forcent l’inventeur à perfectionner son œuvre, à porter là lumière jusque dans les détails. Et puis, ajoute-t-il : (( Gloire et tranquillité d'esprit marchent rarement dé «. compagnie. Celui à qui il faut une grande place « dans le monde matériel ou dans le monde des idées « doit s'attendre à y trouver pour adversaires les pre-« miers occupants. Les petites choses, les petits es-« prits ont seuls le privilège de trouver ùpoint nommé « de petites cases dont personne ne songe à leur dis-« paler la possession » Ampère n’était pas un petit esprit, l’épreuve ne lui fut pas épargnée. Mais il était soutenu et elle fut relativement courte, beaucoup plus courte que pour Lavoisier. La lutte contre le phlogis-
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- tique n’était pas terminée. Ampère y rompait encore quelques lances à propos du chlore que déjà, pour son œuvre personnelle, il n’y avait plus de contradicteurs.
- Sa-générosité? Voilà un sujet bien intime. En France nous ne l’étalons guère. Nous savons qu’elle dépissait ses ressources. Seuls ses amis auraient pu nous renseigner sur la façon dont elle s’exerçait, ils ont pieusement imité sa discrétion. Nous savons cependant comment Ozanam arrivant à Paris, jeune étudiant, fut accueilli par Ampère dans le cercle même de sa famille. Nous le savons parce que Ozanam a multiplié les preuves de sa reconnaissance. Sa délicatesse de conscience, les doutes philosophiques qui le tourmentaient si souvent, les secours qu’il trouvait dans la religion pour supporter ses malheurs, nous ont été mieux transmis. Ils rappellent irrésistiblement Pascal. Digne de Pascal le scrupule qui l’éloignait; même du théâtre Français., quoique Arago l’eût convaincu que ce délassement n’avait rien de pernicieux. Il craignait de blesser les personnes dont il partageait auparavant les convictions. Digne de Pascal cette pensée désenchantée : « Le doute est le plus grand tourment que Vhomme endure sur la terre. » Digne de Pascal, celle parole (et ce fut sa dernière), au Proviseur de Marseille, qui voulait lui dire un chapitre de l’Imitation. « Le sais ce livre par cœur ». Et son épitaphe ! Il l’avait choisie lui-même : « Tandem felix ».
- J’en arrive à mon dernier point. Il est fort délicat : ce sont les petits côtés d’Ampère. Un de ses biographes déplore la publicité donnée à ses. colères, ses distractions, son manque d’usage. Ombres bien légères pourtant et nécessaires au relief du portrait. Les vivacités d’Ampère, comment pourrait-on les lui reprocher? Il s’en accuse si humblement dans sa correspondance. Et
- il mettait dans ses retours tant de spontanéité, de candeur, d’abandon, que ses contemporains en étaient désarmés. Et d’ailleurs, n’avons-nous pas connu les impatiences d’un Pasteur ou d’un Berthelot.
- Ampère aussi vivait enfermé dans ses rêves. Il en résultait des distractions, moins nombreuses certainement que toutes celles qu’on lui a prêtées, et qui ne dépassent pas celles, moins connues pourtant, d’un Sturm ou d’un Resal.
- V
- Ne soyons donc pas si pointilleux. Et, dut notre vanité en souffrir, proclamons que les hommes de génie vivent dans un monde supérieur, monle d’idéal et de progrès, qu’ils explorent à notre profit. Pour qu’à celte haute mission ils puissent consacrer toutes leurs facultés, aplanissons leur route, dispensons-les de toute préoccupation oiseuse, comme de respecter les usages, les préjugés, les conventions de notre monde terre à terre. Trouvons tout naturel, que parfois, parmi nous, ils soient impatients, dépaysés, distraits.
- Ecoutons le poète dans sa belle fiction de l’Albatros, vaste oiseau des mers, accoutumé aux grands vols, mais qui, capturé, déposé sur le pont d’un navire, n’est plus qu’un animal inquiet, maladroit et honteux.
- Il nous apparaîtra, à nous, qui mesurons son génie, qu’à l’aise seulement dans les hautes sphères où l’entraînent les envolées de son imagination créatrice, Ampère retombé sur le sol, au milieu du vulgaire, ressemble à l’oiseau symbolique.
- « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »
- II. Teissier.
- Le spermatozoïde du Chéloptère. — Utilisé par God-lewski et suffisamment étrange pour, que de Qüatrefages en ait fait le représentant d’un sous-ordre des Anné-lides aberrants, le chétoptère a donné lieu à des descriptions contradictoires dé la part de Lespés ét de Joyeux-Laffuie. Pour M. Marc Romieu qui a eu entre les mains une série d’échantillons, provenant de dragages dans la baie de la Ilougue, il résulte que le spermatozoïde est très voisin du type courant des zoospermes d’annélides et que l’animal ne s’éloigne guère, de ce point de vue, des autres Polychètes.
- Le rôle de l'olêate de soude dans les phénomènes de choc. — Après injection, dans la veine jugulaire d’un cobaye sensibilisé, de 1 eme 35 d’une solution de ce sel alcalin, l’animal supporte facilement une dose d’antigène mortelle pour les témoins. Oh a cru longtemps pouvoir attribuer cette action protectrice à la propriété que possède Toléate de diminuer la tension superficielle des liquides auxquels on le mélange. Pour MM. Aug. Lumière et IL Couturier, il suffit d’opérer simplement avec une dose suffisamment faible et quelque temps avant l’injection déchaînante; l’olêate se comporte alors à la façon des injections subintrantes, préconisées par Besredka en accoutumant l’endothélium des vaisseaux cérébraux aux irritations par les précipités.
- Le rôle de la Terre dans la formation des taches
- solaires. — Des nombreux clichés pris par M. Luis Rodés a l’Observatoire de l’Èbre, il semble que notre planète a, comme le pensait Mrs. Maunder, une sorte d’influence tendant à atténuer le développement des taches du soleil ; celles-ci sont, en effet, plus nombreuses sur la face invisible pour nous que sur l’autre, et celles qui se forment à l’aphélie l’emportent de 10 pour 100 sur celles qui se montrent lo'-s de la périhélie. En l’état actuel de la question, il semble que cette action de la Terre n’est pas seulement fonction de la masse et de la distance, mais aussi de quelque propriété, d’ordre électrique, encore inconnue et que notre globe posséderait à un plus haut degré que Jupiter ou Vénus.
- L'onde atmosphérique produite par l'explosion d'Oppau. — M. Louis Fabry a eu l’idée d’examiner avec soin les courbes tracées le 21 septembre dernier par les baromètres enregistreurs de l’Observatoire de Marseille; à 8 h. 4 du matin correspond un crochet brusque montant d’un demi-millimètre. Si l’heure jusqu’ici indiquée pour le désastre des usines de la Badische Anilin est exacte, 7 h. 50. la différence — 54 minutes,. correspond bien au temps que mettrait le son à parcourir la distance Oppau-Marseille. Par contre, le sismographe, alors en fonctionnement normal, n’a enregistré aucune vibration du sol.
- Les dérivés polysulfonés de l'indigo. — La note de M. Grandmougin porte sur le dérivé tétrasulfoné et sem-
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- ble indiquer, d’une façon 1res nette, que la substitution se fait successivement en 5, 5' puis en 7 et 7, le processus des expériences se résumant ainsi : oxydation du produit, pour l’obtention du sel potassique de l’isatine disulfonée; action sur ce dérivé du brome, qui déplaçant le groupement SO3fl, donne d’abord la 5-7 dibromisatine, enfin la tribromaniline. Ces résultats ne permettent pas d’expliquer, en toute certitude, le rougissement de la nuance, mais on ne saurait oublier que nous ne savons encore évaluer en toute précision l’effet batbochroma-tique ou hypsochromique des chromophores et auxo-chromes ou des groupes secondaires dans une molécule organique complexe.
- L’analyse des laits altérés. — Les experts judiciaires
- sont fort souvent dans l’obligation de faire porter leurs dosages sur des produits en état de décomposition avancée; au milieu d’un sérum riche en sels minéraux et en lactose surnage un coagulum, formé surtout de matières grasses et d’albuminoïdes. Le dosage de l’azote y fournit les mêmes chiffres que celui qui porte sur la caséine, soit en moyenne 0,156. Comme l’indique M. Andoyer, suffit dans ces conditions d’en déterminer le poids, après en avoir éliminé les matières grasses, à l’éther, et de déduire la masse des cendres formées des sels insolubles. La nouvelle méthode complète celle de MM. Kling et Roy, car elle permet de doser non seulement le beurre et la caséine, mais encore les sels minéraux, dont la teneur varie de 6 à 8 pour 100. P\ul 11
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- Lorsque l’on veut manutentionner des charges lourdes que l’on peut difficilement1 saisir et qui sont fragiles, on éprouve des ennuis pour les placer sur camions ou sur wagons aussi bien que pour les r ^
- décharger. Quel-quefois on prend IhK&Î$83k8f des transporteurs à courroie ou à rouleaux, des mouorails, mais ceci n’est pas toujours applicable à la petite industrie qui ne peut également s’accommoder d’engins lourds et encombrants comme certains chariots spéciaux utilisables pour les fortes char-
- ges.
- Pour la manutention de faibles charges (quelques centaines de kilos), cas le plus fréquent, M. Brandt a proposé un appareil nouveau qui semble devoir répondre aux divers desiderata, réalisant cet idéal d’être toujours à quai, pour faire le chargement ou le déchargement d’un camion ou d’un wagon; c’est un véritable quai roulant qu’un seul homme peut utiliser avec un rendement remarquable.
- Le modèle du chariot élévateur a ainsi été étudié spécialement pour répondre à la manutention de charges ne dépassant pas 500 kg dans les ateliers, dans les gares. Il est conçu pour rouler sur un sol bitumé ou très dur, son plateau vient très près du sol. Il est d’un poids égal à celui des chariots à bagages utilisés par les Compagnies de chemins de fer. Il est entièrement métallique, et possède 4 roues, dont 2 directrices, ce qui assure une grande
- stabilité sans nuire à sa manoeuvre. Le plateau est mobile et il s’élève dans un plan qui reste toujours horizontal, grâce à un système extensible articulé
- qui constitue la si fmm partie originale
- de l’appareil. .
- Le système extensible est composé de quatre bras qui sont accouplés par un axe central, de façon à former deux croix indépendantes. Ces bras, convenablement articulés, fixés sur le châssis et sur le plateau à leur extrémité, du côté du dossier, portent à l’autre extrémité qui reste libre un galet roulant sur
- des rails qui sont montés sur le plateau et sur le châssis.
- En soulevant le plateau, on entraîne le système articulé; les galets roulent sur leurs rails respectifs, et l’horizontalité de la plate-forme est conservée. Il ne peut y avoir de coincement; l’effort au démarrage est le même que dans la suite du mouvement. Quand le plateau est au bas de sa course, le système extensible reste entièrement dissimulé.
- Le levage est obtenu simplement par un mécanisme logé dans l’épaisseur du dossier, à l’abri des chocs, et facilement accessible. -
- La traction sur le plateau se fait au moyen de deux rubans d’acier à haute résistance, fixés par une extrémité de chaque côté de la plate-forme. Ces rubans sont dissimulés dans le dossier, ils se déplacent verticalement grâce â deux petites poulies
- Fig. i. — Chargement céun colis sur un camion.
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- de^renvoi et ils s’enroulent l’iin sur l’autre sur un tambour unique. Ces rubans sont préférables aux câbles d’acier, ils donnent le maximum de sécurité avec un minimum d’encombrement.
- Le tambour d’enroulement est actionné par un train d’engrenages commandé par la’manivelle située sur le dossier, à hauteur d’homme. La sécurité du levage est obtenue par un dispositif de bloquage à friction.
- L’élévation du plateau s’obtient ainsi en tournant la manivelle dans le sens des aiguilles d’une montre, l’arrêt du mouvement produit l’arrêt du plateau. La descente se fait en tournant la manivelle en sens inverse. Un autre dispositif, comme cela existe d’ailleurs sur l’appareil représenté par les figures, permet la descente automatique, au moyen d’un bouton placé à la gauche du dossier. La chute s’opère à une vitesse toujours égale, grâce à un système de freinage, par force centrifuge, un système de débrayage empêchant la manivelle de tourner.
- Le dossier a cette particularité qu’il est constitué par des tubes très facilement saisissables.
- Le fonctionnement est donc très simple, les organes robustes, d’un entretien facile, donnent une très grande sécurité.
- Pendant le roulage ou pendant une manœuvre, à volonté et sans le moindre effort, le chariot peut être immobilisé sur place, par bloquage de ses roues, en actionnant la manette qui se trouve en haut et à droite du dossier.
- On évite ainsi toute cause d’accident, par suite d’un arrêt instantané.
- Un autre modèle de chariot élévateur a été établi pour le roulage sur un sol quelconque.
- Le levage peut être prévu hydrauliquement, il est réalisé au moyen d’une pompe de compression, fixée à la partie inférieure du dossier, actionnant une presse placée sous le plateau mobile ou sur le châssis. Un système de câbles d’acier et de poulies convenablement disposées assure l’élévation. La commande de la pompe se fait par un levier situé sur toute la hauteur du dossier.
- Plusieurs dispositifs ont été envisagés pour l’utilisation d’une force motrice au levage : soit celle d’un moteur électrique avec accumulateurs ou une prise de courant, soit celle d’un gaz comprimé ou d'un liquide, contenu dans une bouteille.
- Oa peut appliquer ce système d’élévation de la charge très facilement sur les chariots électriques qui se répandent de plus en plus et qui se contentent seulement de transporter la charge sans l’élever à une hauteur suffisante.
- Il est évident qu’un appareil de ce genre, qui peut être manoeuvré par une seule ouvrière contribue à économiser la main-d’œuvre et l’effort de travail humain.
- Par son fonctionnement même, il restreint les chances d’accidents au cours des manutentions des colis encombrants et fragiles.
- E. Weiss.
- Fig. 3. — Chargement d’un colis sur un wagon. Le Gérant : P. JIatso.n. = Imprimerie Lauum:. nie de Klcurus, 9, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2489.
- 7 DÉCEMBRE 1921
- UN NOUVEL HOMME FOSSILE
- Dans la préface de mes Hommes fossiles ('), je disais : « Il est probable — et il faut l’espérer — qu’à peine publié mon livre sera en retard ». J’avais raison de m’exprimer ainsi : Au cours de cette année 1921, nous avons eu d’abord un mémoire du D' Eugène Dubois, l’heureux découvreur du Pithécanthrope, sur deux crânes humains exhumés à Wadjak (Java) d’un terrain probablement pléisto-cène et offrant tous les caractères des crânes d’Australiens, mais avec un aspect plus robuste et plus primitif (2).
- Aujourd’hui il s’agit d’une découverte encore plus curieuse. Le journal The Times, dans ses numéros des 8,
- 9 et 11 novembre 1921, l’a révélée à ses lecteurs sous les titres sensationnels de : African Ape Man, a new human species.
- Quelques jours après, dans Nature anglaise (n° dul7novembre),
- M. Smith Wood-ward, conservateur des collections paléontolo-giques du Bri-tish Muséum, donnait de cette trouvaille la première relation vraiment scientifique. Enfin Y Illustra ted London News a consacré au nouvel Homme fossile une grande partie de son numéro du 19 novembre : deux articles accompagnés de nombreuses illustrations dont une grande page très fantaisiste.
- C’est au moyen de ces documents et surtout des notes publiées par mon savant collègue Smith Wood-ward, que je m’empresse de rédiger pour les lecteurs de La Nature le présent article.
- Il y a, dans le Nord de la Rhodesia (Afrique du Sud), à 150 kilomètres au nord de la rivière Kafue, affluent de gauche du Zambèze, une colline, la Broken Hill, exploitée à ciel ouvert par une compagnie minière qui en retire des minerais de zinc et de plomb. Cette colline est creusée d’une longue caverne signalée depuis longtemps pour sa décoration
- 1. Marcellin Botjle. Les Hommes fossiles. Eléments de Paléontologie humaine. Ua vol. in-8° de 491 pages, avec 239 lig. Paris, Masson et, Cic, 1921 (Epuisé).
- 2. Yoy. L’Anthropologie, t. XXXI, p, 181.
- ♦9* Miné». — 2* S«m«str».
- Fig. i.
- Le crâne humain de Broken Hill, vu de profil.
- D’après une photographie obligeamment communiquée par M. Smith Woodvvard.
- de stalactites et pour sa richesse en ossements d’animaux plus ou moins fossilisés et transformés en minerais.
- L’exploitation de la colline à ciel ouvert l’a déjà en partie démolie, mettant ainsi au jour la grande anfractuosité souterraine. C’est au fond, c’est-à-dire au point le plus bas de cette anfractuosité, que, vers la fin de l’été dernier, un crâne humain a été trouvé dans les mêmes conditions que les ossements d’animaux incessamment extraits. Il a été ' apporté en Angleterre et offert au British Muséum par M. Ross Macartney, le directeur de la Com-^
- pagn:e Bhodesia ^^Broken Hill ine.
- Ce crâne, mal-oureusement lépourvu de sa mâchoire inférieure, est dans un excellent état de conservation.
- Il n’est pas minéralisé, c’est-à-dire pas fossilisé; il n’a perdu que sa matière organique. Et pourtant il diffère complètement de n’importe quel crâne humain de l’Afrique actuelle. Il ressemble extraordinairement, par contre, aux crânes de l’Homme fossile
- qui vivait dans nos pays pendant la dernière époque glaciaire et que ses caractères morphologiques très spéciaux ont fait distinguer, au titre d’espèce différente, du bloc des formes humaines actuelles : l'Homo Neanderthalensis. Comparé avec les crânes les mieux conservés de cette espèce fossile (crânes de Gibraltar, de La Chapelle-aux Saints, de La Ferrassie, de La Quina), le crâne de Broken Hill présente une apparence encore plus brutale ou, si l’on veut, plus simienne (fig. 2).
- Sa boîte cérébrale est bien humaine, avec des parois peu épaisses et sa capacité crânienne — non encore mesurée d’une façon précise — est certainement au-dessus de la limite inférieure humaine. Mais les arcades orbitaires sont aussi saillantes que chez l’Homme de Néanderlhal et son front est encore plus fuyant. Le sommet de la voûte crânienne ressembleplutôtà celui du Pithécanthrope de Java, tout en étant beaucoup plus vaste.
- La longueur du crâne est de 210 millimètres
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- sa largeur maximum de 145 millimètres. 11 est donc, de forme très allongée, dolichocéphale. La hauteur de la voûte crânienne est de 131 millimètres. Ces divers chiffres concordent extraordinairement avec ceux du crâne d’Homo Neanderthalensis de La Chapelle-aux-Saints.
- La face ressemble aussi beaucoup à celle du célèbre fossile français : memes grands maxillaires plats et sans fosses canines, donc même apparence de museau, encore plus accentuée par une plus grande étendue de l’espace sous-nasal (entre le nez et la bouche). Les ouvertures nasales, larges, se perdent insensiblement sur la face, comme chez le Gorille.
- Le palais est énorme. Les dents sont cependant
- générale du corps encore imparfaitement droite, chez YHom oRh odesiensis, le trou occipital occupe une position plus avancée, plus centrale, plus normale, de sorte que le crâne devait reposer sans effort et en parfait équilibre sur la colonne vertébrale. Quelques autres ossements trouvés avec le crâne, notamment un tibia et les deux extrémités d’un fémur, viennent également à l’appui de ce h\l.Y'Homo Rhodesiensis au crâne si grossier, si bestial, aurait donc fini par acquérir une attitude droite parfaite.
- Pour essayer de tirer une conclusion de ces faits morphologiques, il faut, de toute nécessité, taire intervenir l’âge des documents extraits de la mine de Broken Hill. La profondeur à laquelle a été faite la trouvaille, et sur laquelle on a tant insisté dans
- Fig. 2.
- Crânes humains de Broken Hill (à gauche) cl de La Chapelle-aux-Saints (à droite), vus de 3/4, à peu près sous le même angle, pour faciliter les comparaisons.
- tout à fait humaines ; les canines sont normales, mais toutes les dents sont cariées et ce phénomène pathologique n’a encore jamais été observé sur des crânes européens vraiment fossiles. La mâchoire inférieure a dû être, très massive.
- Un coup d’oeil jeté sur les figures qui accom-, pagnent cet article, et qui reproduisent des photographies très obligeamment communiquées par M...Smith Woodward à côté d’une photographie à peu près similaire du crâne de La Chapelle-aux-Saints, suffit à montrer l’étroite ressemblance de ces deux pièces ostéologiques. Il n’est pas douteux que l’Homme de Broken Hill se rapproche infiniment plus def Homo Neanderthalensis'qxie de n’importe quelle race ou variété, vivante ou fossile, de l’Jïomo sapiens.
- Pourtant M. Smith Woodward, qui reconnaît parfaitement cçs similitudes, a donné au crâne qu’il vient d’étudier un nom spécial : Homo Rhodesiensis, et voici pourquoi : Tandis que chez Y Homo Neanderthalensis, le trou oecipital occupe, à la base du crâne, une position plus reculée que chez l’Homme actuel, ce qui est en relation avec une attitude
- les journaux n’a pas, dans l’espèce, une grande valeur, puisque le crâne humain a été extrait d’une caverne au fond de laquelle il a pu arriver de diverses manières et de tout temps.
- Ce crâne a fait partie d’un dépôt superficiel revêtant le plancher de la caverne et ayant livré des « tonnes » d’ossements d’animaux. Or ces ossements, accompagnés de grossiers instruments en pierre et en os, se rapportent aux espèces vivant encore dans le pays ou n’en différant que très légèrement. Il s’ensuit que l’occupation de la caverne par ces animaux et le remplissage de l’excavation par les dépôts ossifères ne sauraient remonter à l’époque pléislocène, c’est-à-dire à une époque géologique différente de l’époque actuelle. L’excellente conservation du crâne humain, non fossilisé, parle clairement dans le même sens.
- Comment concilier tout cela : D’une partj la res-, semblance étroite def Homo Rhodesiensis et del' Hofio Neanderlha lensis, d'autre part,la présence en Âfriqu e, presque au centre du continent noir, à 900 kilomètres de la côte océanique la plus voisine, d’un être humain d’âge relativement récent (dans le
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- LES RAYONS X : .... -.387
- sens géologique de ce mot, Lien entendu) et si différent de toutes les races ou variétés de Nègres africains?
- Voici la conclusion qui me paraît indiquée et qn’on peut admettre, du moins à titre provisoire.
- L’jHomo Rhodesiensis est un proche parent de l'Ucmo Nëanderthalensis. Les deux formes ont certainement une origine commune ; elles ont dû se répandre et vivre longtemps sur de vastes territoires. Chez nous, l’Homme de Ne'anderthal semble disparaître assez brusquement après la période glaciaire, mais peut-être ne s’agit-il pas d’une extinction totale. Il a pu continuer à vivre dans d’autres régions. I! semble bien que YHomo Rhodesiensis nous révèle la persistance en Afrique d’un type humain, devenu fossile en France depuis longtemps. Ce type aurait conservé, dans son crâne et dans sa face, les trait s primitifs de bestialité, mais il aurait fini, au cours des .âges, par acquérir l’attitude parfaitement droite; dans cette direction, il serait plus évolué que son vieux frère d’Europe. On est ainsi amené à penser qu’il a dû survivre longtemps,
- dans le Continent noir, comme le dernier représentant d’une très vieille forme humaine, d’une forme surannée, au milieu des races noires actuelles dont plusieurs sont elles-mêmes très archaïques et sur le point de s’éteindre.
- Les caractères physiques et pathologiques du crâne de Broken ilill semblent indiquer qüe le propriétaire de ce crâne n’est pas mort depuis très longtemps. Et peut-être trouvera-t-on un jour, dans quelque coin reculé de la mystérieuse Afrique, des exemplaires vivants des derniers représentants de Y Homo Neanderthalensis ou de sa variété Rhodesiensis. Cette découverte serait bien extraordinaire, pas plus toutefois que celle faite naguère de l’Okapi, ce grand et curieux Ruminant dont nous connaissions depuis longtemps les ancêtres directs par des ossements extraits des terrains miocènes de l’Europe (1). Marceelen Boule,
- Professeur au Muséum.
- Directeur de L’Institut de Paléontologie humaine.
- 1. M. Boule. L’Okapi. La Nature, n° 1480, 10 novembre 1001.
- LES RAYONS X (Suite)
- VU. — L'absorption des rayons X. — La matière, quelle qü’ellè soit, absorbe plus ou moins les rayons X qui la traversent. La connaissance des lois qui régissent l’absorption offre évidemment une très grande importance pour le praticien ; qu’il s’agisse de photographie ou de radiothérapie, il faut savoir dans quelles proportions seront absorbées sur leur parcours les radiations issues de tube à rayons X; et l’on en déduira le type de tube à employer pour un travail déterminé, ainsi que les précautions à prendre : ainsi dans la radiothérapie profonde du cancer, on n’a besoin que de rayons très pénétrants; et il faut éliminer les autres qui seraient absorbés en cours de route par les chairs saines et y produiraient de redoutables dégâts.
- On observe tout d’abord que pour une même substance absorbante et pour une radiation de longueur d’onde déterminée, l’absorption croît avec l’épaisseur traversée. L’intensité de la radiation est diminuée à la sortie suivant une fonction exponentielle de celte épaisseur ; cette loi s’exprime mathématiquement de la façon simple suivante : la différence entre les logarithmes des intensités à l’entrée (I0) et à la sortie (I) est proportionnelle à l’épaisseur.^,
- log I0~-log I = p.d.
- On donne au coefficient jx le nom de coefficient linéaire d’absorption; il varie avec là substance, ainsi qu’avec la longueur d’onde de la radiation absorbée; il dépend aussi de l’état physique du corps; mais
- le rapport - pour une radiation déterminée, p étant P . . _
- la densité du corps, rapport nommé coefficient massique d’absorption, est constant pour un même
- corps, quel que soit son étal physique : solide, liquide ou gazeux. L’absorption ne dépend que du nombre des atomes présents sur le trajet du rayon. C’est comme l’émission, un phénomène purement atomique.
- Il est dès lors tout naturel de rechercher comment les différents corps simples se comportent vis-à-vis d’une même radiation; nous savons déjà en gros que ceux-ci sont d’autant plus absorbants qu’ils sont plus lourds; le phénomène s’exprime exactement par une loi aussi simple qu’importante : l’absorption d’une radiation déterminée varie proportionnellement à la 4e puissance du nombre atomique du corps absorbant (cette loi présente, bien entendu, des discontinuités brusques qui se manifestent pour les corps qui ont des radiations caractéristiques de longueur d’onde égale à celle de la ra--diation choisie pour effectuer la comparaison). Ainsi, pour l’absorption, comme pour l’émission, il suffit de connaître les propriétés d’un corps simple pour en déduire celles de tous les autres corps simples.
- Si l’on se trouve en présence d’un composé chi-•mique, chacun des atomes composant la molécule se comporte comme s’il était seul; leurs pouvoirs absorbants s’ajoutent purement et simplement. Prenons un exemple emprunté à la pratique courante de la radiographie, à l’absorption par un os du squelette. L’os est composé surtout de carbonate de chaux (CCFCa) dont la moléculè; comprend un atome de carbone (nombre atomique 6), 3 atomes d’oxygène (nombre atomique 8) et I de calcium (nombre atomique 20). Le pouvoir absorbant du êâlciunï proportionnel à 20% c’est-à-dire à 160000, domine, de loin, celui des autres composants; celui de
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- LES RAYONS X
- 1 oxygène est proportionnel à 5x84, soit 12 888; celui du carbone à 2576; bref, le pouvoir absor-
- '/ongueurs c/'oncfe en i/pites dngstrôn
- Sér/e K i Série L
- Fig. i. — Les discontinuités d’absorption.
- bant de l’os est représenté approximativement par le nombre 175 000. Si un objet étranger, en fer par exemple (nombre atomique 26) se trouve dans l’os examiné, son pouvoir absorbant proportionnel à 264 sera près dé 4 fois supérieur à celui de l’os. L’objet apparaîtra donc très nettement.sur la radiographie, à plus forte raison s’il s’agit d’un métal ourd, comme le plomb (nombre atomique 82) dont le pouvoir absorbant sera 250 fois supérieur à celui de l’os.
- Il est intéressant maintenantnl’examiner comment un même corps absorbant se comporte vis-à-vis de toute'la gamme des rayonsX.Nous savons déjà en gros que les radiations X sont d’autant plus absorbables que leur longueur d’onde est plus grande : les rayons mous ou de grande longueur d’onde sont moins pénétrants, c’est-à-dire plus absorbables que les ray ns durs.
- Ce que nuus avons dit précédemment des rayons secondaires et de l'émi-sion électronique, nous permet de nous représenter suivant quel mécanisme l’énergie ondulatoire d’un faisceau de rayons X incidents est absorbée et quelles transformations elle subit lors de son passage à travers la matière : une partie est transformée cri rayonnement secondaire de diffusion de composition identique au rayonnement incident, mais renvoyé avec une inégalé intensité dans les diverses directions : c’est la dispersion ; une autre partie, lorsque les longueurs d’onde des rayons incidents le permettent,
- est employée à ébranler les électrons de la substance traversée ; les vibrations qui en résultent engendrent, nous le savons, les rayons caractéristiques de cette substance: l’énergie ainsi soustraite au faisceau incident est donc irradiée à nouveau sous forme de rayons X caractéristiques ; ce phénomène, nous l’avons dit, est identique à celui de la fluorescence; pour qu’il se manifeste, il faut, rappelons-le, que la radiation incidente, excitatrice de la fluorescence, ait une fréquence supérieure à celle des rayons caractéristiques et la différence entre les deux Iré-quences doit être supérieure à un certain minimum bien déterminé.
- Ce mode d’absorption constitue l’absorption sélective.
- Enfin une autre fraction de l’énergie incidente est employée à arracher des électrons à la matière, provoquant de l’émission photoélectrique, ou de l’ionisation. Ces processus se répètent successivement dans l’épaisseur de la matière, avec dégradation continuelle d’énergie jusqu’à ce que finalement celle-ci soit à peu près complètement dissipée sous forme calorifique.
- L’absorption par dispersion est en général très faible devant l’absorption sélective. D’autre part en vertu de la loi d’Einstein, les mêmes radiations qui donnent lieu à l’absorption sélective produisent aussi l’émission électronique, de sorte que l’on peut examiner en bloc l’effet de ces deux mécanismes d’absorption. Il permet des constatations du plus haut intérêt.
- Examinons comment varie cette absorption, lorsqu’on fait traverser le corps absorbant successivement par des radiations simples de longueurs d’onde croissante. Au début : radiations de très courte longueur, très peu absorbables; l’absorption augmente progressivement au lur et à mesure que la longueur d’onde croît : que devient la fraction d\nergie absorbée? Elle provoque une radiation secondaire dans le corps irradié et cette radiation comprend toute la série des raies caractéristiques de celui-ci. Mais la longueur d’onde augmentant toujours, nous arrivons au voisinage de la longueur d’onde limite d’excitation du groupe des raies caractéristiques K ; nous savons que cette longueur est inférieure à celle de la plus courte des raies K ;
- _____;__tJL__sLl
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- Fig. 2. — Cliché montrant la coupe effectuée par les discontinuités critiques dabsorption du cadmium, de l’antimoine et du baryum, sur.le fond continu de la bande d’argent, dans la photographie d’un spectre de rayons X.
- (Cliché de M. M. de Broglie.)
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- cette limite franchie, impossible, nous le savons, de provoquer l’apparition des raits K dans le spectre secondaire : à ce moment l’absorption de la radiation incidente diminue brusquement. Il y a discontinuité d’absorption en ce point.
- Continuons à faire croître la longueur d’onde de la radiation à absorber ; l’absorption augmente à nouveau, mais lorsque nous arrivons à la longueur limite d’excitation du groupe des raies caractéristiques L une nouvelle diminution brusque de l’absorption se manifeste; on observe ainsi trois discontinuités d’absorption au voisinage des longueurs d’onde LjL^Lg de la série L. Une autre discontinuité apparaît au voisinage de la série M.
- La courbe ci-contre (fig. Rempruntée à l’excellent ouvrage de MM. Ledoux-Lebard et Dauvillier, la Physique des Rayons X, montre très clairement le phénomène. L’élément absorbant est un élément lourd. En abscisses sont portées les longueurs d’onde (en unités Àngstrom, une unité Angstrôm vaut 1/108 cm), en ordonnées le coefficient massique d’absorption sélective. Le spectre discontinu d’émission de l’élément est égalemmt représenté et l’on
- voit bitn la liaison qui existe entre le spectre d’émission et les discontinuités d’absorption.
- On obtient les spectres d’absorption en impressionnant une plaque photographique par un faisceau continu de rayons X réfléchi au moyen d’un cristal après sa traversée de la substance absorbante. De ce qui précède on peut déduire aisément qu’ils présenteront l’aspect suivant : une série de bandes juxtaposées aux teintes régulièrement dégradées, plus foncées du côté des courtes longueurs d’ondes pâlissant progressivement et terminées de l’autre côté par uné brusque discontinuité de coloration.
- Chaque atome a un spectre d’absorption X qui le caractérise aussi nettement que son spectie d’émission. C’est là un moyen d’investigation de plus, et très précieux, mis par les rayons X au service de la chimie analytique. Les spectres d’absorption ont été particulièrement étudiés par M. de Broglie. On doit, du reste, à ce physicien français toute une série de beaux travaux qui ont grandement contribué à préciser nos connaissances sur les rayons X.
- (A suivre.) A. Troli.er.
- LES COMMUTATEURS TÉLÉPHONIQUES AUTOMANUELS
- La téléphonie, bien qu’étant une des sciences les plus jeunes, les plus vigoureuses et les plus prospères, est restée très en arrière sous un certain rapport.
- Le tissage à la- main a été depuis longtemps supplanté par le métier à tisser mécaniquement, l’écriture à la main par la machine à écrire, la composition à la main dans l’imprimerie par la machine linotype, et ainsi de suite. Mais en téléphonie la commutation à la main subsiste encore presque partout. C’est, on le sait, l’opération qui consiste à mettre en communication deux correspondants reliés à un même bureau.
- Cet état de choses ne saurait continuer. La main-d’œuvre est rare et coûteuse; il faut l’économiser comme une denrée précieuse.
- Les Américains, les maîtres actuellement incontestés en matière de téléphonie, l’ont compris. Ils se préparent à une transformation générale de leurs réseaux téléphoniques en systèmes automatiques. Des millions de dollars ont été dépensés pour acquérir les brevets et les moyens de production qui permettront, de mener cette entreprise à bonne fin. La plupart des pays d’Europe s’engagent dans la même voie.
- On est à peu près unanime à penser que le tableau manuel doit être remplacé par quelque système automatique capable de relier deux abonnés, de les couper, et d’effectuer toutes les opérations corollaires avec une célérité et une précision qu’on ne peut espérer atteindre à la main.
- L’évolution vers la commutation mécanique en
- est arrivée à un point tel qu’il serait universellement reconnu comme une faute de construire un nouveau central ou d’en rééquiper un ancien avec le système manuel.
- Dans toutes les formes de systèmes automatiques, les commutateurs mécaniques du bureau central doivent malgré tout être commandés par un cerveau humain situé quelque part.
- Pendant de nombreuses années, la tendance a été de faire commander les commutateurs du bureau central par les abonnés eux-mêmes ; il en résulta l’automatique à cadrans bien connu.
- Le système automatique à cadrans a clairement démontré la possibilité de la commutation mécanique. Mais s’il représentait un progrès énorme sur le système manuel le plus perfectionné, il possédait néanmoins certains inconvénients : l’appareil téléphonique de l’abonné devient plus coûteux, plus compliqué, plus difficile à entrettnir à cause du système délicat du cadran transmetteur de numéros ; les appels sont rendus également plus compliqués pour l’abonné, forcé de manipuler un cadran au lieu de simplement demander ce qu’il veut; enfin ce système utilise, pour la commande, la ligne même de l’abonné, c’est-à-dire la partie la plus faible de l’ensemble de l’équipement téléphonique.
- Il y a deux méthodes de commande pour les systèmes automatiques : système automatique à cadrans dans lequel les abonnés utilisent des cadrans sur leurs postes téléphoniques ; système plus moderne « automanuel » ou «’ automatique sans cadrans » où quelques téléphonistes suffisent à là
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- manipulation de simples claviers au bureau central.
- C’est par erreur, que ce système automanuel est quelquefois appelé semi-automatique. Ce nom de « semi-automatique » s’applique en réalité à ces systèmes hybrides dans lesquels une partie du travail est accomplie par des commutateurs automatiques et une autre partie par les fiches, cordons et jacks du tableau manuel ordinaire. 11 n’y a, au contraire, ni fiches, ni cordons, ni jacks dans le système automanuel.
- Fonctionnement du, système automanuel. —
- mouvement la sonnerie de l’abonné demandé. S’il s’agit d'une ligne commune à plusieurs abonnés, seule la sonnerie de l’abonné demandé sera choisie et mise en mouvement, grâce à l’emploi de la sélection absolue par appels harmoniques.
- La sonnerie continuera à fonctionner jusqu’à ce que l’abonné appelé ait répondu ou que le demandeur ait raccroché son récepteur. Si la ligne se trouve occupée, le demandeur en est automatiquement averti par le signal « pas libre ». La conversation terminée, la déconnexion est automatique et
- Fig. /. — Salle des opératrices du Central automanuel de Lima. ioooo abonnés, i3 téléphonistes aux heures les plus chargées.
- L’abonné appelle en d'eroebant son récepteur; il est aussitôt relié à une téléphoniste disponible qui écoute le numéro demandé et l’enregistre sur un clavier. Le travail de la téléphoniste pour cette communication est alors terminé. Elle est automatiquement mise hors circuit et de nouveau prête à recevoir un autre appel. Il lui est impossible de rentrer en ligne une fois qu’elle a terminé la manœuvre brève qui consiste à appuyer les touches correspondant au numéro demandé. La communication est donc secrète.
- Une fois les touches enfoncées et sans que la téléphoniste ait à s’en préoccuper, les commutateurs automatiques procèdent à la sélection de la ligne désignée, en font le test et, si elle est trouvée libre, la relient à la ligne du demandeur, puis mettent en
- instantanée, et chacun dés deux abonnés peut immédiatement faire une nouvelle demande.
- Dans les réseaux à plusieurs centraux, il est possible de disposer tous les claviers en un seul point central qui peut se trouver (sans que cela soit indispensable) à l’un des bureaux de commutation. Dans ce cas, les commutateurs mécaniques de tous les autres bureaux sont commandés par l’intermédiaire de quelques circuits de commande venant s’ajouter aux lignes auxiliaires normalement employées entre les bureaux pour les conversations.
- De petits groupements éloignés peuvent être commandés de ce même point à l’aide d’un seul circuit de commande. Les communications transmises à d’autres bureaux sont manœuvrées exactement de la même façon que les communications
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- aboutissant au bureau d’origine. L’opératrice d'arrivée est donc tout à fait supprimée, avec cet avantage supplémentaire que la rapidité et la correction d’une communication empruntant plusieurs bureaux ne sont nullement différentes de celles d’une communication entre deux lignes d’un meme central.
- La téléphoniste n’a pas à intervenir pour couper une communication terminée. L’opération est faite par les abonnés eux-mêmes; il suffît que l’un des deux raccroche pour que la communication soit automatiquement coupée. L’un ou l’autre, et même tous deux, peuvent aussitôt redemander une communication, en décrochant à nouveau..
- Lorsque la téléphoniste a composé son numéro et déclanché les commutateurs, son rôle concernant cet appel est fini et elle ne possède plus aucun moyen d’écouter, ni de rentrer en ligne. Le secret de conversation est ainsi assuré.
- Les touches d’opératrices ne sont employées que dans le système automanuel, étant évidemment inutiles dans nos systèmes automatiques à cadrans. Chaque jeu complet de touches se compose dans les modèles de la Norlh Electric Cy du nombre voulu de bandes simples.
- Le rôle électrique de chaque touche est d’une
- simplicitéextrême, consistant simplement à établir un contact ou à le rompre en abaissant ou abandonnant chacune d’elles. Chaque bande de dix touches possède un système de verrouillage commun faisant qu’une touche est verrouillée quand on l’abaisse, puis est libérée quand on abaisse ensuite n’importe quelle autre touche de la même bande. Il se produit là une action identique à celle des touches d’une machine à additionner.
- Dans le système manuel, on admet généralement qu’une opératrice de départ peut donner normalement de 100 à 250 communica-
- Fig. 2. — Pupitre d’une téléphoniste aulomanuelle. II. comporte 3 claviers à touches.
- tions à l’heure. Il est certainement possible d’atteindre un rendement plus élevé dans certaines circonstances, mais personne n’ignore que c’est toujours aux dépens de la qualité du service.En outre, dans le système manuel, toutes les communications empruntant plusieurs bureaux nécessitent l’intervention de deux téléphonistes au moins, une dans chaque bureau.
- Dans le système automanuel, le débit moyen d’une opératrice pendant les heures chargées est de 750 et dépasse fréquemment 1000 communications à l’heure.
- Dans les bureaux manuels de très grande importance, il est généralement considéré comme nécessaire de soumettre les nouvelles opératrices à un entraînement de deux à huit semaines, avant de les affecter définitivement au service. Mêine après cet entraînement préalable, il leur faut encore plusieurs mois pour devenir réellement capables ; quelques-unes ne le deviennent du reste jamais.
- Actuellement, dans certaines villes d’Amérique, la durée de service moyenne de tout le personnel opérant est inférieure à neuf mois et dans certains cas, inférieure à six mois ; il en résulte nécessairement que l’ensemble du personnel est mal enlraîné et inapte. D’ailleurs les Sociétés utilisant le tableau manuel éprouvent de telles difficultés à recruter le nombre suffisant d’opératrices qu’elles se trouvent obligées d’accepter des jeunes filles montrant peu de dispositions à jamais devenir des opératrices de premier ordre.
- Dans le système automanuel, une jeune fille quelconque de moyenne intelligence, n’ayant jamais fait de téléphonie, peut apprendre en une seule journée à manœuvrer déjà correctement et avec une certaine vitesse. Les manœuvres à accomplir sont si simples qu’après quelques minutes d’instruction
- Fig. 3. — Réglette d’organes connecteurs formant un assemblage complet et autonome qui se monte stir des bâtis de charpente en fer.
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- préalable, elle peut prendre place à l’un des claviers et commencer à manipuler des communications. Grâce à la distribution automatique des appels, ceux-ci ne parviennent à son poste, que dans la mesure où elle est capable d’y donner suite, de sorte qu’il n’y a pais, comme pour le " tableau "manuel, accumulation d’appels sans re'pome à un poste occupé par une jeune fille inexpérimentée. Nous avons pu nous rendre compte de ces avantages sur les modèles américains que nous a présentes la Société Regina.
- De plus, les quelques opératrices nécessaires à
- En une seconde ou moins.... 38,3 appels
- En deux — —- .... 58 —
- En trois — — . . . . 77,2 —
- En quatre — — .... 89,7 —
- En cinq — — .... 94,8 —
- En six — — : 97,6 —
- En sept — - - .... 98,6 —
- En huit — -—.... 99,4 —
- Eu neuf — ----- .... 99,7 —
- En dix — —-.... 100 —
- Moyenne du temps mis pour la réponse 2,4 secondes
- big. 4. — Mécanismes commutateurs du Central aulomanuel de Lima.
- l’exploitation du système automanuel peuvent travailler dans de bien meilleures conditions que celles qu’on peut réaliser dans les salles d’opérations manuelles.
- Au lieu d’être serrée et obligée de s’asseoir en face d'un panneau couvert de jacks dans lesquels elle doit introduire des fiches avec une précision tout à fait impossible à atteindre, la téléphoniste automanuelle est assise commodément devant un pupitre individuel comme dans un bureau d’affaires ou une salle d’école (fig. 1).
- Comme conséquence de cette commodité, voici les temps mis à Lima où ce système de téléphonie a été récemment installé pour répondre avec le système automanuel :
- Ceci n’est pas étonnant, car la méthode la plus rapide et la plus précise pour enregistrer des combinaisons de caractères, consiste à employer un simple clavier, comme dans la machine à additionner, la machine à écrire, la machine linotype et le système téléphonique automanuel.
- En ce qui concerne l’exactitude^ le système automanuel donne donc des résultats impossibles à atteindre avec un système manuel, dans lequel une opératrice est obligée de choisir le numéro indiqué en pointant dans un grand champ de jacks, ni par le système automatique à cadrans dans lequel les cadrans de sélection sont manipulés par des abonnés | relativement inexpérimentés et quelquefois parfaite-I ment inaptes.
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- LE CONGRÈS DE L’AMERICAN CHEMICAL SOCIETY === 393
- Comparés aux systèmes manuels, les automatiques de toutes sortes, des types à cadrans ou automanuels sont ; i ,
- considérablement, plus chers, mais on peut démontrer impartialement que le prix relativement plus élevé du système: automatique est compensé par ses économies. Pour des installations, quelque peu importantes, l’évidence est telle que toute contradiction est impossible , mais cela est vrai également pour de plus petites installations, bien que dans ce cas les économies puissent être en partie masquées par des présomptions arbitraires à leur désavantage.
- Si l’on compare les prix du système automanuel avec ceux du système automatique à cadrans, on constate que l’installation du bureau central de l’un ou de l’autre revient à peu près au même prix, à égalité de trafic et d’autres condi-
- Fig. 6. — Châssis de sélecteurs.
- tions. Le prix de première installation du système aulomanuel est en conséquence très inférieur à
- celui du système automatique a cadrans à causé de l’absence ! de cadrans.
- En somme, on peut dire ; que les irais d’achat, d’amortissement et d’entretien des cadrans d’üri système quelconque en comportant, compensent largement les ...salaires de quelques employés indispensables à Tautomanuel. y L’avantagé lé plus frappant de ce dernier ,.système est de ne modifier en rien le poste de l’ar bonne, . : \
- De. ; même le demandeur ' annonce lé numéro qu’il demande de la même façon que dans les appareils ordinaires, or tout le monde ne peut ' pas . manipuler un cadran, mais n’importe qui, s’il n’est pas muet, est toujours capable de demander un numéro.
- E. Weiss.
- LE CONGRÈS DE L’AMERICAN CHEMICAL SOCIETY
- Un important congrès a été tenu à New-York par l’American Chemical Society et l’American Society of Chemical Industry dans la semaine du 5 au 12 septembre. L’intérêt de cette réunion résidait dans la présence si-
- multanée des membres des Sociétés chimiques anglaise et canadienne qui avaient tenu quelques jours auparavant leur Congrès à Quebec.
- Parmi les discouis d’or Ire général qui ont été pro-
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- 394 --LE CONGRÈS DE L’AMERICAN CHEMICAL SCC1ETV
- nonces à cetle occasion, ceux de Sir William Pope, le président de la Société chimicpie anglaise, de Bancroft, professeur à l’Universilé de Cornell (Etats-Unis) et du Dr Little, ingénieur-conseil à Boston, méritent une mention particulière par suite des points de vue originaux qu’ils ont développés. Nous allons les résumer brièvement.
- Chimie et Vie. — Tel est le sujet du discours de Sir William Pope. Bien que la science chimique se soit développée graduellement, d’une façon continue et sans rupture apparente de la suite des idées pendant plus d’un siècle, il est possible de discerner une transformation progressive dans le caractère des méthodes employées par les chimistes. C’est en particulier le cas en chimie organique.
- Au début, les découvertes ont été surtout le résultat d’actes de violence accomplis sur les matières chimiques ; des composés organiques délicats étaient distillés à travers des tubes chauffés au rouge, et les armes ordinaires de la recherche chimique furent celles mettant en jeu l’énergie à haut potentiel. Durant les dernières cinquante années, la chimie organique s’est forgé de nouveaux outils de travail dans lesquels on emploie l’énergie à bas potentiel. Nous sommes en possession actuellement d’un certain nombre de méthodes dans lesquelles les variations de température sont faibles et qui ne mettent en jeu que de l’énergie à faible potentiel, grâce à la présence d’un agent catalytique.
- Les nouvelles méthodes, moins violentes que les anciennes, ont permis d’augmenter notre savoir dans des proportions considérables ; en plus de ce résultat, la direction dans laquelle les méthodes expérimentales se sont développées présente un autre aspect dont la signification est fondamentale.
- Les procédés que les plantes et les animaux utilisent pour conduire leurs opérations de laboratoire, suivant lesquels ils absorbent leur nourriture et élaborent des composés organiques extrêmement complexes sont invariablement des méthodes impliquant seulement des changements d’énergie à bas potentiel; aucune variation considérable de température n’est permise, et en fait, les organismes meurent pour une fluctuation de quelques degrés. La chimie organique tend à rapprocher ses méthodes de celles employées par les plantes et les animaux ; la chimie vitale s’apparente encore plus à la chimie de laboratoire quand on se rappelle que ses réactions se produisent en milieu colloïdal et sous l’action d’agents catalytiques.
- Un exemple fera mieux comprendre ce résultat. Considérons une feuille d’arbre; elle porte de minuscules tubes, les stomates, qui absorbent l’acide carbonique de l’air et restituent un égal volume d’oxygène. La lumière est nécessaire pour celle opération et l’on sait que le seul composant lumineux actif est celui absorbé par la chlorophylle. L’action catalytique de la chlorophylle est si forte que l’absorption de l’acide carbonique par les stomates est cinquante fois plus rapide que si ces stomates étaient remplis d’une solution de 'potasse caustique.
- Bien que l’on ne connaisse pas l’évolution ultérieure qui transforme l’acide carbonique, en produits végétaux, il est sur cependant que le mécanisme comprend des réactions en milieux colloïdaux, l’intervention des catalyseurs et la stimulation des changements chimiques par l’énergie à bas potentiel, sujets que la chimie moderne a déjà commencé à étudier en détail. Nos méthodes se rap-
- prochent donc de plus enplus de celles suivies parla nature, d’autant qu’une certaine similitude se constate dans les activités chimiques des plantes et des animaux; nous savons que la chlorophylle a une parenté chimique très proche avec l’hémoglobine, et l’on peut prophétiser que la plus grande découverte en chimie organique, dans un avenir prochain, aura pour résultat de permettre d’imiter avec fidélité au laboratoire, les variations chimiques produites dans la matière vivante par l’utilisation de l’énergie à bas potentiel.
- . Si nous acceptons cetle conclusion, dit Sir William Pope, nous pouvons prédire une révolution complète de la chimie. Actuellement tout se borne à la transformation de matières premières, à l’aide du labeur humain, des sources d’énergie à haut potentiel (charbon, huile, force hydraulique) en produits marchands d’un prix élevé. Dans quelques cas seulement, on a pu utiliser l’activité des organismes vivants (alcool, acide acétique, glycérine, acétone par fermentation) et même alors, le travail humain et les combustibles sont des auxiliaires nécessaires et coûteux.
- Si nous possédions tous les détails concernant la conversion par la plan te sous l’action de la lumière de l’acide carbonique et de l’eau en formaldéhyde dont les polymérisations ultérieures donnent les sucres et les amidons; si nous pouvions préparer l’indigo et la quinine par la même méthode que les plantes, la chimie technologique aurait des horizons nouveaux.
- Sir William Pope va plus loin encore dans ses déductions, et entrevoit par exemple, dans la culture intensive des plantes oléagineuses et dans la production d’alcool par fermentation dans les régions tropicales, le moyen pratique de transporter vers nos pays tempérés, l’énergie incalculable du Soleil, et d’assurer à l’humanité future les combustibles indispensables lorsque les réserves de charbon et de pétrole auront été épuisées,
- La catalyse : le nouveau facteur économique. — La guerre, dit le Pr Bancroft, a coûté aux nations alliées des pertes irréparables en hommes. Il est une autre perte à laquelle le chimiste peut remédier.
- La guerre implique une ruine financière que les nations doivent combattre si elles ne veulent pas faire faillite. Pour que l’équilibre mondial se rétablisse dans un temps raisonnable, il faut trouver une méthode pour remplacer rapidement le capital détruit.
- L’histoire nous apprend que le relèvement des peuples, après les périodes de guerre, a toujours été dû au développement du commerce avec des pays neufs. Il est malheureusement peu probable que dans un avenir prochain, le commerce avec l’Extrême-Orient ou l’Afrique puisse assurer le relèvement de l’Europe dévastée.
- Pour moi, dit le Pr Bancroft, le développement intense de la chimie est seul capable de résoudre le problème. C’est au chimiste de chercher à augmenter la production et diminuer le prix de revient. La méthode qui parait la plus sure consiste en la meilleure utilisation des possibilités présentées parles actions catalytiques.
- Comme on le sait, un agent catalytique, sans forcément modifier la réaction chimique, augmente sa vitesse, c’est-à-dire augmente la production par unité de temps et permet l’emploi de matières premières moins coûteuses.
- Nous ne savons pas comment un agent catalytique agit. M. Baskerville a dit, il y a quelques. années, que la Vie pouvait être considérée comme n’étant en dernière analyse qu’un agent catalytique, parce que c’est elle qui
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- provoque les réactions chimiques nécessaires à la croissance et au fonctionnement de la- machine humaine, parce qu’elle est très mystérieuse, et parce qu’elle cesse en présence des poisons... ce sont les caractères mêmes des agents catalytiques.
- Que la Vie soit cela ou non, les actions catalytiques jouent un rôle important dans les réactions chimiques et sont destinées à en jouer un plus important encore.
- L’emploi des sels de mercure dans la synthèse de l’indigo et du platine dans le procédé de contact pour la fabrication de l’acide sulfurique sont des exemples topiques mais non isolés. Nous ne pourrions pas préparer l’acide sulfurique par le procédé des chambres de plomb sans la catalyse par les oxydes de l’azote. Les accélérateurs dans la vulcanisation du caoutchouc ont réduit la durée de l’opération et augmenté la production. La synthèse de l’ammoniaque et celle de l’acide nitrique qui ont permis aux Allemands de prolonger la guerre, sont essentiellement fondées sur l’action des catalyseurs. Pendant la guerre le charbon de bois" et le kaolin ont été employés comme catalyseurs pour la production du gaz phosgène et du gaz moutarde, etc.
- La chimie organique commence à peine à utiliser systématiquement et en grand les catalyseurs, et nous pouvons nous attendre à chaque instant à des découvertes industrielles analogues à la récente synthèse de l’acide maléique à partir de la benzine.
- Le problème du combustible liquide pour les moteurs est extrêmement important pour l’avenir. Les uns voient la solution dans l’hydrogénation du charbon, les autres dans un rendement plus élevé des fermentations, Sir William Pope dans l’utilisation des liquides des végétations tropicales. Toutes ces solutions font intervenir des catalyseurs.
- Si nous pouvions produire la lumière froide, comme celle du ver luisant, il en résulterait une économie considérable dans l’énergie nécessaire pour l’éclairage. La lumière froide sera trouvée un jour et nous en savons assez pour dire qu’elle nécessitera l’emploid’un catalyseur.
- Je ne sais, dit Bancroft, ni quand ni comment le chimiste pourra utiliser l’énergie atomique dont les propriétés des corps radioactifs nous ont révélé l’existence, mais certainement la catalyse interviendra encore : c’est parce que nous ne savons pas accélérer la vitesse des désintégrations atomiques que nous ne pouvons utiliser l’énergie emmagasinée dans les atomes.
- Sabatier en France a montré les ’ possibilités extraordinaires que permet, en chimie organique, l’emploi des catalyseurs. J. J. Thomson a prouvé que les agents catalytiques peuvent déplacer l’équilibre, contrairement au dogme d’Ostwald et de l’école allemande, Reid de la John Hopkins Universitv en a fourni la preuve expérimentale. En faisant passer un mélange de vapeurs d’alcool éthylique et d’acide acétique pendant 24 heures sur de la silice colloïdale, il a obtenu environ 10 pour 100 d’acétate d’éthyle en plus de la quantité correspondante à l’équilibre théorique. Bien que ces .résultats extrêmement importants n’aient pas été vérifiés, ils semblent théoriquement possibles, et leurs conséquences sont incalculables.
- Personne ne se soucie de l’augmentation du rendement de l’acétate, d’éthyle, mais que l’on songe à ce que représenterait une variation de 10 pour 100 dans le bon sens pour la synthèse de l’ammoniaque par exemple !
- Un tel résultat n’est peut-être pas possible, mais il apparaît comme un rêve scientifique légitime d’aujour-
- d’hui, et les rêves scientifiques légitimes d’aujourd’hui sont les procédés techniques heureux de demain.
- L’énergie, ses sources et ses possibilités futures. — Quelles sont les sources d’énergie dont le monde pourra disposer pour satisfaire aux besoins de l’ère nouvelle au seuil de laquelle nous semblons nons trouver? C’est cette question que le Dr Arthur I). Little a traitée dans son discours.
- Nous connaissons des sources d’énergie incomparablement plus grandes que tous les besoins possibles de la race humaine. Tout d’abord, l’énergie radiante du soleil dont la Terre, d’après Lodge, ne reçoit que la cen cinquante mil ionnième partie. Il semble à première vue qu’elle soit trop faible pour être considérée : elle n’est que de trois petites calories par minute et par centimètre carré de la surface terrestre. Mais Ciamician a calculé qu’une surface de 10 000 kilomètres carrés reçoit par an. en supposant six heures de jour effectif, une quantité de chaleur qui correspond à celle produite par la combustion de 5050 millions de tonnes de charbon, c’est-à-dire plus du double de la consommation mondiale. Le désert du Sahara, avec ses six millions de kilomètres carrés reçoit en moyenne, par jour, une énergie solaire équivalente à celle de six billions de tonnes de charbon. Le monde attend le génie qui convertira l’énergie radiante en énergie électrique.
- De la petite fraction de l’énergie solaire reçue par la Terre, 1/500 seulement est emmagasiné par les plantes, ce qui n’empêche pas qu’elles produisent annuellement, d’après Ciamician, 52 billions de tonnes de matière végétale, qui, si elle était brûlée, donnerait une quantité de chaleur équivalente à la combustion de 18 billions de tonnes de charbon.
- L’énergie de rotation de la Terre n’intéresse jusqu’à présent que les astronomes, et si ceux-ci sont habitués à considérer des phénomènes de cet ordre de grandeur, ces phénomènes, pour l’ingénieur et le chimiste, représentent une énergie qui dépasse les conceptions humaines. Il n’y a guère que Sperry qui, dans ses instruments gyroscopiques, ait utilise la rotation terrestre.Rappelons-nous seulement que les Grecs en frottant un morceau d’ambre soulevaient une plume d’oiseau et que les autres développements de l’électricité ne sont'venus que mille ans plus tard.
- L’énergie du vent et l’énergie connexe des vagues sont trop incertaines pour justifier une exploitation intensive.
- En quelques lieux favorisés il est.[possible d’uliliser une fraction infime de l’énergie totale des marées et deux projets actuellement à l’étude semblent seuls avoir quelque chance [de succès : l’un est l’utilisation de la marée à Saint-Malo, l’autre l’utilisation de la marée à l’embouchure de la rivière Severn (Angleterre).
- L’énergie volcanique, pour ceux qui ont pu en admirer les manifestations, se révèle comme formidable, mais aussi comme impossible à domestiquer. Cependant, on signale qu’en Italie, une usine de force motrice de 50 000 chevaux tirerait son énergie de la vapeur sortant des flancs d’un volcan.
- Pour le chimiste, la multiplicité des preuves de l’existence d’une énergie cinétique énorme possédée, non seulement par le radium, mais aussi par tous les autres corps, présente un intérêt de tout premier ^ ordre. Heureusement pour la science, certains atomes radioactifs sont surchargés d’énergie et en perdent une fraction spontanément, résultat qui nous à forcés à modifier toutes
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- nos conceptions fondamentales sur la constitution de la matière et les relations mutuelles des éléments. Nous savons- maintenant que, dans toute matière, se trouve emmagasinée une énergie infiniment plus grande que celle mise en jeu dans les réactions chimiques. Cette énergie, d’ailleurs, est de qualité infiniment supérieure à celle que fournit la combustion du charbon ou à celle qui est libérée par l'explosif le plus puissant. Les possibilités que l’on entrevoit ainsi sont d’une portée si incalculable que l’on peut dire, avec Rutherford, que le développement de la race humaine datera de la découverte d’une méthode d’utilisation de l’énergie atomique. A notre stade de développement social, avec ses possibilités perpétuelles de frictions entre peuples, il est peut-être heureux que cette découverte n’ait pas encore été faite.
- Actuellement, notre civilisation est basée sur le charbon et le sera encore pendant de longs siècles sans doute, malgré la tendance à lui substituer le pétrole.
- Quelles sont donc les ressources actuelles en charbon et leur répartition?
- Si on prend comme unité le million de tonnes, les estimations du Douzième Congrès géographique international, en 1915, peuvent être brièvement résumées de la façon suivante.: la réserve mondiale de charbon, y compris 5 millions d’unités de lignite, est d’environ 7 400 000 unités se répartissant comme suit : 5 millions dans l’Amérique du Nord, 1 million 280 000 en Asie, 784 000 en Europe. L’Afrique n’intervient que pour une assez faible quantité (60 000 unités), et l’Australie 170000 unités. Dans ce calcul on a tenu compte des gisements de qualité très inférieure et d’extraction pratiquement impossible ; mais, malgré les divergences d’évaluation et les incertitudes, pour le sujet qui nous occupe, il nous suffit d’admettre les chiffres moitiés des précédents comme représentant les ressources de valeur certaine.
- La consommation de charbon n’est pas du tout en rapport avec les ressources des pays. La production mondiale, en 1913, était de 1478 millions de tonnes (570 millions pour les Etats-Unis, 300 pour l’Angleterre, 245 millions pour l’Allemagne).
- Le gaz naturel a pu être appelé « le bonus de la nature à l’Amérique ». Un dixième delà population des Etats-Unis, en effet, s’éclaire et se chauffe a l’aide du gaz naturel. Malgré cette énorme consommation, le gaz naturel a son plus grand débouché dans l’industrie; deux tiers de la production totale sont employés pour la génération de la force motrice, dans les opérations métallurgiques, dans les fours à ciment, les verreries et les pote-
- ries. Les qualités inférieures sont brûlées pour faire le noir de fumée. C’est d’ailleurs une ressource qui disparaît; tandis qu’en 1917 la production était d’environ 30 billions de mètres cubes, elle est tombée en 1920 à 20 billions environ. Ces quantités ne représentent que la moitié des gaz dégagés, la perte est donc de 50 p. 100, ce qui constitue un gaspillage honteux des ressources naturelles.
- La même chose est vraie pour le pétrole : les réserves diminuent rapidement en Amérique, dont les 260 000 puits ne pourront que maintenir difficilement le taux de production actuelle (70 pour 100 de la production mondiale), pendant plus de vingt ans. La moitié de l’huile reste dans le sol et moins de la moitié de ce qui est extrait arrive au « pipe line ».
- Depuis que le premier puits a été foré en 1859, environ 5 milliards de barils de pétrole ont été extraits du sol américain. On admet qu’il reste dans les gisements environ 7 milliards de barils, et l’extraction actuelle d’environ 400 millions de barils, augmente rapidement d’année en année.
- Les autres sources de pétrole sont presque toutes sous le contrôle de l’Angleterre et il est certain que les Etats-Unis perdront bientôt leur suprématie comme producteurs, tout en restant le plus gros consommateur (80 pour 100 environ). Rien que pour l’industrie automobile, le nombre des véhicules dépasse 8 millions et demi représentant 212 millions de chevauxrvapeur. L’usine Ford- à elle seule produit 94 000 chevaux par jour et Requa a estimé à 300 millions de barils la consommation américaine d’essence en 1930.
- L’augmentation du prix du charbon a amené le développement de la force motrice hydraulique. A ce point de vue, l’Amérique est encore favorisée, car elle dispose d’environ 200 millions de chevaux-vapeur sous forme de chutes d’eau, bien réparties au point de vue géographique, et dont 50 millions de chevaux-vapeur pourront être aménagés sans dépense excessive.
- Quoi qu’il en soit, le charbon restera pendant longtemps la source principale d’énergie, mais il faudra l’économiser et en faire un meilleur emploi : meilleure conduite de la chauffe, stations génératrices de grosse capacité, exploitation complète des veines dansles mines, utilisation des charbons inférieurs sous forme de combustible pulvérisé, etc.
- Il ne faudra pas perdre de vue que l’énergie, source de puissance, de chaleur, de lumière et de Iravail chimique, est la base de l’activité industrielle et du progrès social. H. Vigneron.
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- Séances d’octobre 1911.
- La part de la graine dans la plante adulte. — M. Henri Coupin s’est proposé, en faisant germer des graines dans l’eau distillée, d’étudier l’évolution d’une cinquantaine d’espèces, pour y déterminer le rôle joué par les matières en réserve, soit à l’intérieur (cotylédon), soit à l’extérieur (albumen, périsperme, etc.)! Ses expériences montrent que la contribution de la semence elle-même peut être considérable (Fève, Soja, Potiron), faible (Pois), ou très faible (Chou, Ajonc, Radis, Tomate) ; de plus, le rendement des graines, en plante adulte, dépend de leur « tempérament » spécial et de leur piace dans
- la classification, enfin les matières en réserve contribuent seulement à l’édification de la racine, de l’hypocotyle, de la tige et des feuilles. Leur rôle est nul dans la formation de la fleur.
- La protection contre l'oxyde de carbone. — MM. Des-grez et Guillemard ont déjà montré que le passage de ce gaz toxique sur un mélange d’anhydride iodique l2 O3 et d’acide sulfurique suffit à le transformer en acide carbonique. La Note qu’ils soumettent à l’Académie contient la oréparation du réactif et la description des appareils respiratoires qui permettent son usage (Voir n° 2484).
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- Un nouveau mode de préparation industrielle de l’hydrogène. — M. Georges Claude soumet à l’Académie le dispositif qu’il a adopté à son usine de Montereau pour retirer l’hydrogène du gaz à l’eau, par liquéfaction de l’oxvde CO. Une pression de 35 atmosphères permet
- d’opérer sur 500 m3 par heure et fournit 230 m3 de gaz à 15 pour 100 de CO, qu’on peut éliminer parles hyperpressions pour la synthèse de l’ammoniaque, à laquelle il est destiné (Voir n° 2485).
- Paul B.
- NOUVEAU PROCÉDÉ RAPIDE POUR DOSER L’ACIDE PHOSPHORIQUE
- Le dosage de l’acide phosphorique est une opération courante des laboratoires de chimie où on le pratique, notamment dans les terres, les engrais, les fers et aciers, l’urine, etc. C’est toujours une opération longue et délicate.
- Le plus souvent, on précipite le phosphore des produits phosphatés à l’état de phosphate ammoniaco-magné-sien qu’on décante, filtre, sèche et pèse. Le tout dure plusieurs heures et exige une longue série de manipulations.
- M. H. Copaux, professeur à l’École de Physique et Chimie de la Ville de Paris vient de faire connaître (’) un „ nouveau procédé infiniment plus simple et plus rapide, puisque toute l’opération dosimétrique ne dure guère qu’un quart d’heure. A ce titre, elle mérite d’être connue et appliquée par tous les laboratoires.
- M. Copaux a constaté que si l’on agite ensemble de l’acide phosphorique, un autre acide (sulfurique, chlorhydrique, etc.), de l’éther et un molybdate alcalin, il se forme de l’acide phos-phomolybdique qui s’unit à l’éther et à l’eau en un liquide jaune, dense, se séparant facilement et rapidement. La séparation est presque totale, en présence d’un excès d’acide et d’éther. Dans ces conditions, chaque gouttelette de liqueur jaune du volume approximatif de 0,05 cm3 renferme 1 milligr. d’anhydride phosphorique (P2O5). Un excès d’eau amène le mélange de l’éther, de l’eau et du liquide dense et empêche le titrage.
- M. Copaux a fait réaliser par M. Berlemont un appareil pour la pratique de ce dosage (6g. 1). C’est une boule de verre de 60 cm3 de capacité, surmontée d’un col court et soudée à une douille de 80 mm de haut sur 6 mm de diamètre intérieur, graduée en dixièmes de centimètre cube. La capacité de la douille est de 2 cm3.
- Les réactifs nécessaires au dosage sont :
- 1° Une solution d’acide sulfurique à 200 grammes d’acide par litre; '
- 2° Une. solution de molybdate de sodium, pré-
- 1. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 17 oc-obre 1921.
- parée en dissolvant à chaud 100 gr. d’anhydride molybdique dans 32 gr. de carbonate de sodium avec de l’eau et complétant à 1 litre ;
- 5° De l’éther exempt d’alcool;
- 4° Une solution type de phosphate d’ammoniaque POIPNH4 à 5 gr. environ par litre, vérifiée préalablement par la méthode pondérale.
- Pour faire un dosage, on opère de la manière suivante :
- On introduit dans l’ampoule 10 cm3 de la liqueur de phosphate étalon, puis 10 cm de liqueur sulfurique et de l’éther en quantité suffisante pour qu’il en surnage une couche de 3 à 4 mm.
- On bouche avec le pouce et l’on agite l’appareil, puis on y verse, en cinq à six fois, 15 cm3 de la solution de mo-lyblate de sodium, en agitant après chaque addition.
- Dans une autre ampoule, on fait les mêmes opérations avec le phosphate à doser.
- On porte les deux ampoules à la centrifugeuse (une centrifugeuse à main suffit). En une ou deux minutes, la séparation des trois couches : liquide jaune, eau, éther est complète et il ne reste plus qu’à lire le volume du premier dans la douille graduée.
- Dans le cas de dosage d’un phosphate naturel; on traite 1 gr. de substance pour 3 ou 4 cm3 d’acide nitrique et un peu d’eau pendant 10 'a 15 minutes au bain-marie.
- On évapore à sec si l’on veut un dosage très précis, on dilue ou filtre, on lave le précipité et l’on recueille tout le liquide dans une fiole jaugée de 100 cm3. Le titrage se fait sur 10 cm3 de celte liqueur.
- La méthode de M. Copaux est très suffisamment précise.' Elle n’est en défaut qu’au cas de la présence de citrates dans la liqueur; d’ailleurs il est alors facile de les détruire préalablement.
- Nous croyons utile de faire connaître ce nouveau procédé qui rendra de grands services et économisera beaucoup de temps, pour les dosages de phosphates, si nombreux dans les laboratoires indus-^ triels.
- A. B.
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- Appareil pour le dosage rapide des phosphates.
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- C’est sous ce titre*qiie nous avons publié récemment une information (n° 2481) dont nous avions emprunté les éléments au Journal des Forces hydrauliques. Par une ' coïncidence curieuse, le courrier d’Amérique nous apportait le même jour une série de belles photographies de cette cataracte, prises par un éminent savant et voyageur, M. le Dr Henry E. Crampton, au cours de l’expédition
- veille naturelle, mais sans nous bercer de l’espoir que notre description inspire aux touristes le désir de l’aller admirer de près.
- Moins imposant que le Niagara ou que les Victoria Falls qu’il dépasse de plusieurs centaines de mètres, le Kaieteur a contre lui sa situation géographique. Alors qu’on peut atteindre le voisinage immédiat des deux premières cataractes en chemin
- Fig. i. — La nappe d’eau du Kaieteur, la plus grande cataracte connue.
- qu’il conduisait pour Y American Muséum of Nalu-ral Ilistory de New York.
- Le nom de la cataractè avait été mal orthographié : c’est Kaieteur qu’il faut lire. Nous aurons lieu de rectifier, dans le cours de celle notice, écrite d’après les notes qu’a bien voulu nous adresser le distingué explorateur, plusieurs des chiffres qui figuraient dans notre information.
- Bien que le Kaieteur, la plus grande cataracte du monde, soit connu depuis plus de quarante ans, puisqu’il fut découvert en 1878, son nom n’est familier qu’aux spécialistes de la géographie — et encore! — Il ne figure ni dans les encyclopédies les plus récentes, ni dans les allas les plus complets;
- Cette indifférence est imméritée, et nous entendons bien faire ici quelque récLme à cette mer-
- de fer, il faut, pour s’approcher de la troisième, traverser les immenses forêts de la Guyane Anglaise, et affronter, en d’étroites et fragiles pirogues, les courants de l’Essequibo et de son affluent, le Potaro, coupés d’innombrables rapides.
- Et c’est bien ce qui explique pourquoi si peu de voyageurs ont pu se pencher sur le gouffre ou se précipite le Potaro, et pourquoi ces photographies soient les premières qui aient jamais été publiées en Europe. On ne peut tenter avec succès pareille entreprise qu’en organisant une véritable expédition.
- Celle que dirigeait M. le Dr Henry E. Crampton n’avait pas inscrit sur. sou programme la visite de la cataracte; elle se trouvait sur son itinéraire, simplement. Au reste, nous devons exposer brièvement en quoi consistait la mission du savant explo-
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- rateur, alors directeur (curator) du département des invertébrés à Y American Muséum.
- Pendant la -dernière période glaciaire, le Nord de l’Amérique fut recouvert d’immenses glaciers, qui détruisirent toute vie animée. Sur le territoire actuel des États-Unis, la grande majorité des espèces (mammifères, reptiles, poissons, mollusques) furent anéanties.
- Puis, les glaciers rétrogradèrent et l’immense territoire redevint habitable. On a de nombreuses preuves géologiques et paléontologiqucs qu’il fut repeuplé par des organismes originaires du Nord de l’Amérique du Sud.
- Partant de deux centres de dispersion, l’invasion emprunta deux routes. Le premier de ces centres était constitué par les Andes septentrionales,- et- l’itinéraire se déroula -le long de l’Isthme de Panama, avant de traverser l’Amérique Centrale et le Mexique. Le second foyer fut l’ensemble des hauts plateaux guyano-brésiliens, dont le MontRoraima forme comme la clef de voûte, et la route suivie par les émigrants emprunta la longue chaîne émergée que formaient alors les Antilles .et; la Floride.
- C’était l’étude de ce second foyer de dispersion qui attirait M. le Dr Crampton dans cette; région; inexplorée qu’est l’arrière-pays de la Guyane Anglaise.
- Dès son arrivée à Georgetown, la capitale de celte colonie, le savant naturaliste s’occupait du recrutement des, Indiens qui lui serviraient de guides et de porteurs. Il s’embarquait bientôt sur un vapeur qui, remontant les Ilots limoneux du Démgrafa, le conduisait a Wismar. De ce point, l’expédition gagnait, par une petite voie ferrée, le port de Rocks-tone, sur l’Essequibo, et, par chaloupe à vapeur, remontait ce fleuve jusqu’à l’embouchure du Potaro,
- Fig. 3. L’expédition Crampton atteignant le Mont Roraima.
- Fig. 2. — Les méandres et rapides du Polaro, avant sa chute'.
- pour débarquer à Tumutumari, le dernier village civilisé.
- L’expédition remontait cette rivière en pirogues indiennes. Mais elle abordait bientôt la région des cataractes et des rapides, qui l’obligeaient, plusieurs fois dans la journée, de transporter à bras d’hommes, cargaison et embarcations, sous les morsures d’un soleil de plomb, agrémentées des piqûres de myriades de moustiques.
- Les fréquentes traversées à gué de la rivière exposaient les voyageurs aux attaques des alîgators, des anguilles électriques, et d’un redoutable poisson si formidablement armé que ses mâchoires peuvent facilement trancher les doigts d’un homme. La nuit, ils avaient à se défendre contre les visites des chauve-souris vampires, qui saignent les dormeurs aux parties saillantes découvertes (nez, oreilles, extrémité des doigts).
- La multiplication des rapides les contraignaient à abandonner leurs pirogues, en un point appelé par les Indiens Tukeit, d’où ils avaient la joie d’apercevoir au loin la nappe du Kaieteur, qui étincelait sous le soleil. Pendant sept heures, ils escaladaient
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- Fig. 4. — Les foréls vierges autour du Raie leur.
- les pentes abruptes de la montagne, recouvertes d’une jungle épaisse. Enfin, ils atteignaient le plateau, et le Dr Grampton pouvait contempler de près la merveille.
- « Ni la photographie ni la plume, écrit-il, 11e sauraient décrire la magnificence du Ivaieteur et l’admirable et grandiose beauté des forêts vierges qui l’encadrent. Large de près de 400 pieds (132 m.), haute de 740 pieds (244 m.), la blanche nappe d’eau semble accrochée à l’angle d’une arête de roche, d’où l’on dirait qu’elle se balance et ondule dans le vide. »
- La hauteur des Chutes du Niagara est de 47 m. Si l’on compare ce chiffre aux 244 m. du Kaieteur, on comprend mieux l’enthousiasme du savant explorateur. Ce qui ajoute à la beauté impressionnante du spectacle, c’est que le Polaro, avant de se précipiter dans le vide, offre la surface unie d’un miroir, alors que le Niagara aborde son gouffre après que dés rochers l’ont ondulé de remous.
- Sans bruit, sans soubresaut, la nappe d’argent s’avance jusqu’à l’arête de roche grise, se ploie brusquement, en formant un angle droit, conserve, pendant une centaine de mètres, son apparence compacte, puis se dissout en nuages de vapeur et d’embrun avant d’atteindre le fond du gouffre, d’où ne s’élève qu’un mugissement sourd.
- M. Crampton consacrait une semaine à l’étude de la faune de la région, et se remettait en route, avec ses 26 porteurs indiens, dans la direction du Mont Roraima, qu’il atteignait le 15 août, après la traversée des forêts vierges brésiliennes, soit 34 jours depuis son départ de Georgetown.
- Les résultats scientifiques de cette remarquable exploration ne seront pas connus avant quelque
- temps; mais tout nous porte à croire qu’ils présenteront le plus grand intérêt. La faune de la région guyanaise est très imparfaitement connue. En explorant. quelques cours d’eau de l’arrière-pays de la Guyane anglaise, un ichtyologiste attaché au Carnegie Muséum de Pitlsburg, M. C. H. Eigenmann, y a découvert 28 genres et 127 espèces de poissons absolument nouveaux pour la science.
- Un récent numéro de Nalui'al History, organe de Y American Muséum, nous a appris que M. le Dr Henry E. Crampton était reparti en expédition, celte fois pour étudier la faune des lointaines Iles Mariannes, où les Américains, fixés à Guam, et les Japonais, accrochés à Saipan, ne sont plus séparés que par 190 km de mer bleue.
- Nul doute qu’il n’en rapporte un précieux butin d’observations. Y. Fonnix.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleurus, à Paris.
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- LA NATURE. — N° 2490.
- 24 DÉCEMBRE 1921
- ETHNOGRAPHIE INDOCHINOISE
- L’étude elhnique de notre belle colonie d’Extrême Orient est loin d’être complète, et l’on ne saurait s’en étonner. Elle comprend encore de vastes territoires montagneux et boisés, dont l’exploration géographique est à peine ébauchée, et que peuplent des tribus qui s’enfuient dans les jungles impénétrables, à la vue d’un étranger.
- Nos connaissances sont cependant assez avancées pour que nous puissions dire de l’Indochine française qu’elle présente une étonnante variété de races. C’est le cas de tous les pays traversés par les grandes routes de migration humaine : Hindou-Kouch, Oural, Caucase, Balkans, Vallée de Mexico, etc.
- En jetant les yeux sur la carte physique de cette partie du continent où certains placent le berceau de Y Homo genns, on imagine volontiers que le long couloir du Mékong fut, au cours de la Préhistoire, parcouru dans les deux sens par les hordes mongoloïdes et par les hordes malaises, chaque fois qu’un trop-plein de population ou qu’une famine mettait en mouvement l’une ou l’autre de ces grandes races prolifiques.
- Ces exodes périodiques rencontraient sur leur chemin des races autochtones qu’elles refoulaient des deux côtés de la vallée, ou devaient disputer le passage à d’autres races chassées des Indes par de grandes révolutions ethniques — comme celle qui en expulsa les hommes noirs aux cheveux laineux, futurs colons de l’Afrique et de l’Océanie, ou comme celle qui, plus récemment, repoussa les autochtones indiens vers le Sud, devant les conquêtes aryennes.
- Sans nous attarder dans la préhistoire, nous rappellerons que la race annamite est, relativement, une nouvelle venue dans la péninsule. D’après ses traditions, elle est originaire de la Chine méridionale, probablement du Yunnan, d’où elle fut refoulée par d’autres éléments mongoloïdes un siècle ou deux avant notre ère. Elle s’établit dans le Tonkin,
- Pi g. 2. —Moïs de type négroïde. 49* Année. — 2* Semestre.
- Fig. i. — Mois de type malais.
- refoulant à son tour dans les montagnes les races autochtones, qui ont survécu jusqu’à nos jours, et que les Annamites embrassent sous le nom de Moïs (barbares ou sauvages).
- Vers la même époque, une race malaise, qu’on suppose être originaire de Java, débarquait dans le delta du Mékong, et entreprenait par le Sud la conquête que les Annamites venaient de commencer parle Nord. Ces émigrants malais, les Chams, apportaient la civilisation hindoue et le brahmanisme, importés dans leur pays d’origine depuis des siècles. Exterminant, refoulant ou assimilant les autoch-' tones, ils fondaient le puissant royaume de Champa ou Campa, dont Marco Polo vanta les institutions et les richesses.
- Mais le Campa était déchu de sa puissance quand l’illustre Vénitien le décrivit, car il avait dû déjà depuis trois siècles, rétrograder vers le Sud devant la conquête annamite. La lutte se poursuivit jusqu’en 1445, et se termina par la destruction du Campa. Toute la nation périt dans le désastre, ne laissant, comme souvenir de son passé glorieux, que quelques bandes éparses dans le Sud de l’Annam et dans l'Est du Cambodge.
- Nous négligerons ici l’élément annamite, et consacrerons notre rapide étude aux Chams et aux Mois, non sans rappelei que ce dernier terme est improprement appliqué à toutes les races et peuplades dites « sauvages ».
- On peut dire des Chams que ce sont des civilisés qui sont en train, sous nos yeux, de retourner à la
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- Fig. 3. — Femme Chain allant au marché.
- barbarie. Ils forment incontestablement une race spéciale, très caractérisée par certains traits physiques. Leur stature moyenne (1 m. 70) est très supérieure à celle des Annamites (1 m. 59). M. Antoine Cabaton qui les a étudiés de près, note qu’ils sont « mieux musclés, plus dégagés, plus souples que les Annamites, dont ils n’ont pas les membres grêles, le nez trop large du haut, la tête volumineuse. »
- Un autre observateur, le docteur Ileynaud, remarque que leur profil facial rappelle l’Européen, ainsi que leur teint, qu’on confondrait avec celui d’un Français liâlé. Tout indique qu’un abîme physiologique les sépare du bloc mongoloïde, constatation qui confirme leur origine malaise.
- Le fond de leur langue est malais, ou, plus exactement, malayo-polyné-sien, avec une forte addition de mots apparentés au chinois, à l’annamite, au khmer, et de nombreux termes empruntés au sanscrit et à l’arabe.
- Us possèdent un alphabet spécial, dont ils se servent depuis seize siècles au moins, ainsi que le prouvent certaines inscriptions mises à jour
- par nos archéologues. Comme les Européens, ils écrivent horizontalement, de gauche à droite.
- Leur littérature est d’une grande richesse et, à en juger par les monuments qu’ils ont laissés en abondance dans tout le centre et le sud de l’Annam, leurs artistes (sculpteurs et architectes) avaient atteint un réel degré de perfection.
- Les Chams du Cambodge soni musulmans ; ceux de l’Annam, brahmanes. Mais dans l’un et l’autre cas, la foi s’est éteinte chez ces vaincus, et leur religion se manifeste par de vagues pratiques. Par exemple, les mahomëtans n’observent le jeune du râmadhan que pendant deux ou trois jours ; ils ont renoncé aux ablutions coraniques; mais lés simulent en creusant un petit trou dans le sable> et en faisant mine d’y'puiser l’eau nécessaire.
- Le Brahmanisme,'de son côté, a perdu toute sa pureté, et les prêtres qui renseignent enr ont même oublié l’origine, au point que le nom de l’Inde n’éveille plus en eux le moindre souvenir. Les statues des dieux hindous qui peuplent les temples ne; représentent plus a leurs yeux « qüe les images de leurs anciens rois », comme l’a constaté M. A. Cabaton. Le nom même de Çiva, qu’ils répètent au début de toutes leurs prières, est devenu pour eux lettre morte.
- Aux deux religions se sont mélangées des coutumes et superstitions qui ont été certainement empruntées des peuplades sauvages de l’Indochine. 11 serait intéressant de savoir si elles l’ont été depuis la décadence des Chams. En tout cas, ces malheureux se rapprochent de plus en plus de ces races primitives qu’ils dominèrent pendant tant de siècles. Comme elles, ils sont maintenant la proie de sorciers et de sorcières qui interviennent dans les moindres actes de leur existence.
- Il nous est impossible de dire, même approximativement, l’importance numérique actuelle de cette antique race, éparpillée en petites communautés à travers toute la péninsule. On l’évalue à quinze ou vingt mille âmes. Il faut dire, à l’honneur des fonc-
- Fig. 4.— Village Chain.
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- Fig. 5. — Peuplades primitives diverses employées sur une plantation.
- lionnaires du Gouvernement général de l'Indochine, que les Chams sont l’objet d'une protection loule spéciale, grâce à laquelle leur disparition est désormais conjurée.
- Ce n’est pas sans appréhension que nous abordons le chapitre des Mois, que nous ne saurions avoir la prétention de débrouiller, après les vains efforts tentés dans ce sens par tant d’ethnographes coloniaux. Il y a là une juxtaposition et une superposition de races qui mettent à une rude épreuve la science des anthropologistes et des philologues.
- Les races que leur isolement dans des régions inaccessibles ont conservées pures forment la minorité. Les autres se sont métissées plus ou moins, en raison surtout de la pratique, poursuivie depuis un temps immémorial, d’enlever par violence les femmes des tribus voisines et de faire des prisonniers de guerre quij lot ou tard, étaient admis à prendre femme chez les vainqueurs. Près des fron-
- tières du’« Pays-des Mois », la plupart-des peuplades ont subi des mélanges avec les Annamites, lis Chinois, les Cambodgiens, les Laotiens.
- Comme nous l'avons indiqué, trois grands courants de migrations ont contribué au peuplement de celte vaste région : un courant venant du Nord (mongoloïde); un second venant du Sud (malayo-polynésien) ; un troisième venant de l’Ouest (que nous désignerons par le très vague terme d’indien). À ces trois éléments connus dans leur masse, s’en ajoute uil quatrième, qu’il nous faut appeler l’élément X. Il comprend les races qui s’étaient fixées dans la péninsule avant celles qui l’occupent actuellement.
- On trouve toujours plus autochtone que soi. C’est une vérité que nous enseigne la paléontologie humaine. Ou’étaient ces races qui précédèrent les Mois? En attendant qu’on en découvre les fossiles, il nous est permis d’afliimer que des négroïdes figuraient dans leur nombre. C’est l’unique façon d’expliquer pourquoi les peuplades les plus primitives et arriérées de l’Indochine présentent des cas assrz nombreux de cheveux frisé-, trait que complètent parfois des bouches franchement lippues, avec la lèvre inférieure retombante, et des nez qui, presque aussi larges qué longs, rappellent étrangement ceux des Australiens.
- Nous devons renoncer à décrire les deux ou trois dizaines de races distinctes que les Annamites font entrer dans la catégorie des Mois. Mais nous pouvons leur consacrer une description d’ensemble, car leurs mœurs, coutumes et croyances ont de nombreux points en commun, ce qui s’explique par la similarité de leurs
- Cuisine ambulante chez les Chams.
- Fig. 6.
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- Fig. 7. — Jeune fille C/tam.
- habitais. 11 y a des raisons de croire, cependant, que quelques-unes de ces peuplades sauvages descendent de races qui al teignirent jadis un certain degré de ci\ilisation, puisqu’elles possédèrent une écriture.
- Les Mois sont sédentaires, mais rctouruent volontiers à un semi-nomadisme. Dans sa très intéressante relation sur Le Sud Indo-Chinois, M. Henri Mailre note que les villages sont parfois désertés du jour au lendemain, si une épidémie éclate, ou simplement menace, ou si quelque dangereux revenant erre dans le voisinage. Un nouveau village est construit à bonne distance, sans que les habitants prennent soin d’emprunter des matériaux aux maisons abandonnées.
- Ces maisons, entièrement faites de bois et de bambous, sont généralement élevées sur pilotis, et le bétail est enfermé de nuit sous le plancher. Celles des chefs et notables atteignent des proportions de palais' : on en cite qui ont plus de 200 m. de longueur. Les villages qui comprennent de dix à soixante maisons, sont parfois entourés de palissades. Chez les tribus les plus belliqueuses qui, avant notre occupation, passaient leur temps à se razzier réciproquement, les villages construits sur des crêtes de mamelons, sont défendus par trois ou quatre enceintes concentriques.
- Les Mois vivent autant de culture que de chasse. Ils cultivent surtout le riz et le maïs. Comme animaux domestiques, ils ont le buffle, le bœuf, le cochon, le chien (comestible), la poule. Les chevaux
- sont relativement rares. Les chefs de village possèdent généralement un ou deux éléphants domestiqués.
- Les chasseurs emploient des flèches de bambou, dont la pointe est de fer, de cuivre, de silex ou d’os. Dans ce dernier cas, elle est généralement trempée dans le suc vénéneux que de rares initiés savent tirer d’un arbre qui ne se rencontre qu’au plus profond de la jungle. Ils échangent leur terrible produit contre des marchandises. Ces flèches sont lancées à l’aide d’arcs ou d'arbalètes.
- Chez lesMuongs et les Jarais, tiibus chasseresses et belliqueuses, on trouve de vieux fusils à pierre, qui, à défaut de balles, lancent de longs cylindres de bois durs terminés par une pointe de fer. C’est avec un aussi primitif armement qu’ils s’attaquent au redoutable rhinocéros, mais sans oser affronter le tigre, qui pullule dans le Pays des Mois, et que l’on se contente de repoussera l’aide d’incantations. Oncj Kop (le Seigneur Tigre) est l’objet d’un culte propitiatoire.
- Tous les Mois, en enfants de la jungle qu’ils sont, savent construire habilement des pièges et des trappes pour tuer ou capturer le gibier. Tantôt, c’est un ressort végétal qui, se détendant au passage d’un cerf ou d’un sanglier, le transperce d’une petite lance; tantôt c’est une pesante bille de bois qui s’abat sur l’animal et l’assomme. Les Muongs sont experts en Part de creuser des fosses, dissimulées par des branchages, où éléphants et rhinocéros tombent sur des épieux.
- L’arme nationale est la lance, dont un Moi ne SB sépare jamais. La hampe a de 2 à 3m.de longueur, et porte un fer toujours bien affilé, dont la forme varie selon la tribu. Des sabres, des poignards, des boucliers complètent l’armement. Pour défendre l’accès des villages, on plante obliquement dans leurs parages des lancettes en bambou très effilées, longues de 30 à 40 cm, qui, dissimulées dans
- Fig. 8. — Femme Jarai.
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- l’herbe, infligent de terribles blessures aux pieds et aux jambes; d’autres, deux fois plus longues, atteignent les maraudeurs au bas-ventre. Ces lancettes percent les semelles des bottes européennes. Les Mois savent aussi construire des faisceaux de trois lancettes qu’ils sèment derrière eux, lorsqu’ils sont poursuivis.
- Le vêtement des Mois est généralement très sommaire : chez les deux sexes, il se borne à un pagne plus ou moins étoffé. Les peuplades montagnardes s’habillent de longues chemises collantes, par les temps frais. Hommes et femmes portent des boutons d’ivoire passés dans le lobe de l’oreille; chez plusieurs tribus, ces ornements atteignent, pour les femmes, un diamètre excessif, d’où résulte une déformation de l’oreille.
- Comme chez la plupart des races primitives, le sort des femmes n’est pas enviable. Les plus rudes besognes leur sont réservées, y compris le défrichement de la jungle, opération qui a lieu fréquemment, car les champs sont abandonnés après deux ou trois années de culture. Le plus souvent, les hommes se contentent de les escorter, pour les défendre au besoin, soit contre des ravisseurs, soit contre le tigre.
- L’arithmétique n’est pas le fort de ces sauvages : les plus habiles savent compter jusqu’à dix; les autres, jusqu’à cinq. Ils commencent à comprendre l’utilité de la monnaie, mais leur commerce se fait surtout, par voie d’échanges. Ils livrent aux trafiquants des peaux de buffles et de bêtes sauvages, de la cire, des cornes, et surtout des cornes de cerf, qui jouent un rôle si important dans la pharmacopée de l’Extrême-Orient. Les dépouilles du rhinocéros sont avidement recherchées par les trafiquants, qui les revendent fort cher aux Chinois. Une corne de rhinocéros, à laquelle les esculapes célestes prêtent de hautes qualités curatives, vaut 500 à 600 piastres.
- Fig. 9. — Femme Moi (type malayo-polynésien).
- Mais la plus précieuse marchandise des Mois est le célèbre et mystérieux ki-nam, que les Européens appellent « bois d’aigle » : son prix atteint jusqu’à 2000 francs le kilogramme. D’après M. A. Cabaton, ’ce bois odoriférant, qui ne croît que dans la jungle indochinoise, où il est, d’ailleurs, très rare, est mentionné dans la Bible, sous le nom de ahalot, ainsi que dans les papyrus égyptiens et chez les vieux auteurs grecs, hindous et arabes. On l'employait pour l’embaumement des corps, ou comme encens dans les cérémonies religieuses. Actuellement, il est surtout demandé par le culte bouddhique.
- En échange de ces produits, les Moïs reçoivent des gongs, qui sont pour eux la représentation de la richesse. La fortune d’un chef de village se mesure par le nombre de gongs qu’il possède, et aussi par la beauté de leur son. Insatiables buveurs, ils recherchent les belles jarres de faïence émaillée où ils conservent l’eau-de-vie de riz. Ces vases sont enterrés secrètement dans la jungle voisine, pour en être rapportés à l’occasion d’une fête.
- Parlerons-nous des croyances religieuses des sauvages d’Indochine? La question est des plus embrouillées. Très éclectiques, ces braves gens savent mélanger, en un ensemble inharmonieux, de vagues notions de bouddhisme et de confucianisme à des pratiques nettement idolâtres. Il en est qui se contentent d’adorer des pierres et des arbres. Mais tous ont la terreur des mauvais génies, et sont la proie
- Fig. jo. — Homme Muong.
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- des sorciers et des sorcières, qui s’entendent admirablement à exploiter leur crédulité.
- En somme, la religiosité des Mois se manifeste surtout sous la forme de fêtes. Comme le mot fêle est employé également pour désigner l'acte de boire (mnam), on soupçonne déjà ce que peuvent être ces solennités : de joyeuses orgies.
- Par exemple, voici en quoi consiste la fête de la nouvelle année. Elle dure sept jours, pendant lesquels on immole, soi-disant en l’honneur des génies protecteurs de la tribu, sept buffles, sept bœufs, sept cochons, sept chèvres, sept poulets, sept canards ou pigeons, que dévorent les convives, en les arrosant dé sept jarres d’eau-de-vie.
- Le calendrier moi compte sept autres fêtes analogues -/mais toutes les occasions sont bonnes pour organiser des ripailles : naissances, mariages, anniversaires funéraires, autant de prétextes pour inviter parents et amis à « boire la jarre », avec le bruyant accompagnement des tam-tams et des gongs. Des chanteurs participent à ces fêtes; leur répertoire ne connaît pas de nuances entre la chansonnette licencieuse et des rapsodies (composées en l’honneur des génies. U est curieux de constater, d’après les relations des explorateurs, que ces sauvages ignorent la idanse. Ils préfèrent, roulés dans une couverture, cuver leur ivresse et digérer leur trop-plein de nourriture.
- Ces primitifs sont-ils eivilisables ? Sur ce sujet, les opinions des explorateurs vont d’un extrême à l’autre : les Mois sont doues de toutes les vertus, ou sont affligés de tous lés vices.:Je suppose qu’il sera prudent d’attendre une génération ou deux pour les , mieux juger. La France ne les a pris sous-sa protection que depuis une vingtaine d’années, alors qu’ils étaient exploités, terrorisés, persécutés depuis des' siècles par les Annamites, tout en étant exposés aux cruautés de leurs propres roitelets et aux attaques de leurs voisins. On comprend que ces malheureux soient devenus fourb s ; paresseux, insouciants d’un lendemain sur lequel ils n’avaient pas le droit de compter. ”
- Sans lemonteraux débuts de la colonisation française, nous citerons le cas du trop fameux Mé-sao, qui, dè’s’sa jeunesse, et après avoir été esclave, sut imposer son autorité à plusieurs villages, organisa militairement ses bandes, et se proclama « Roi des Mois. » Avec l’aide de sa digne compagne, qui, pour l’épouser, avait empoisonné son mari, il mit en coupe réglée ses propres sujets et les pîeuplad-es voisines. Les notables qui lui résistaient étaient mis à mort dans- des conditions abominables : après des tortures indescriptibles, on les enterrait vivants,ou on les transportait dans la brousse, à la merci des tigres, après leur avoir rompu les membres.
- De son côté, la femme, Messaline de la jungle, empoisonnait les jeunes gens qui dédaignaient ses avances, et ceux qui avaient cessé de'Jui plaire. Les familles des victimes étaient réduites en esclavage, et leurs biens étaient confisqués.
- Ce régime dura vingt-cinq ans, jusqu’en 1905, quand la France détrôna ce monstre, qui mourut bientôt en prison. Il fut prouvé qu’il avait assassiné plus de 200 personnes, sans que soient compris dans ce nombre les meurtres accomplis par ses bandes au cours de leurs fréquentes razzias.
- L’œuvre civilisatrice de la France s’est heurtée à de nombreux obstacles. L’unité sociale chez ces peuples est le village/gouverné par un chef qui a le droit de vie et de mort sur ses « sujets ». Quand nos fonctionnaires coloniaux entreprirent la pacification de ce vaste territoire, leur premier soin fut d’abolir l’esclavage (pour dettes, ou par voie de conquête), et de mettre un frein au despotisme des chefs.'
- Les Mois ne s’étaient groupés en villages que pour mieux échapper aux risques d’enlèvement, de massacre ou de pillage. Ces risques disparaissant avec l’occupation française, leur esprit d’indépendance individualiste^ reprenait le dessus. La plupart des agglomérations sé disloquèrent^. Les familles pré* féraiênt s’établir sur leurs'terrains de culture, au lieu de revenir chaque soir uau village, presque toujours, très éloigné. Elles échappaient ainsià l’autorité des chefs.
- : Mais, quand l’administration de la colonie réclama des: bras pour la; construction des routes, les ex-tyranneaux eurent leur reyanche. Jadis, exposèrent-ils,; ils auraient pu fournir toute la main-d’œuvre; nécessaire, avec leur droit de vie et de mort. On les'avait dépouillés de leur autorité, et les hommes se moquaient de leurs ordres, Il appartenait donc aux Français: d’aller les relancer dans la brousse ! Et l’on dut rendre, aux chefs une partie de leur autorité et obliger les-Moïs à réintégrer leurs villages.
- Le lecteur me pardonnera d’ajouter quelques lignes à une étude déjà si . longue, bien qu’incomplète, pour enregistrer une curieuse légende qui a cours chez les Mois. Leur pays aurait été peuplé jadis par un éléphant de taille gigantesque, qui portait quatre défenses, et qu’ils appellent le rê-ran. Ils montrent ses empreintes, sous la forme de trous circulaires parfaitement lisses creusés dans le grès, et qui, d’après M. Maître, qui les a vus de près, ont jusqu’à un mètre de profondeur, sur un diamètre de 50 à 75 centimètres. Ce détail des quatre défenses ne correspond guère qu’à la description du mastodonte, que les ancêtres des Mois auraient bien pu connaître-,,.après tout, puisque l’espèce américaine fut la contemporaine des premières races d’hommes établies dans le Nouveau Monde.
- Il nous est permis d’espérer que la grande expédition scientifique, organisée conjointement par Y American Muséum of Natural Iiislory et la revue Asia pour rechercher, dans l’intérieur du continent asiatique, les restes fossiles des premières races humaines, éclaircira l’origine des peuplades primitives de l’Indochine.
- . . \Y Foubin.
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- LES PREMIERS VERRES D’OPTIQUE
- Newton dans son trailéd’optique (l) écrivit une proposition qui, pendant longtemps, à cause de l’autorité de ce grand savant, eut la valeur d’un dogme scientifique et fut un obstacle à toute tentative pour rendre achromatiques, lunettes ou télécospes ('-).
- « J’ai trouvé, dit Newton, que lorsque la lumière passe de l’air à travers différents; milieux contigus, réfringents, comme à travers l’eau et le verre, et repasse delà dans l’air, soit que les surfaces réfringentes soient parallèles ou inclinées l’une et l’autre, j’ai trouvé, dis-je, que toutes les fois que cette lumière est redressée par des réfractions contraires, de telle manière qu’elle sorte en lignes parallèles à celles selon lesquelles elle était tombée, elle reste ensuite toujours blanche ; mais que si les rayons émergents sont inclinés aux incidents, la blancheur de la lumière émergente devient par degré colorée dans ses-extrémités, à mesure qu’elle s’éloigne du lieu de son émersion ; c’est de quoi j’ai fait l’épreuve, en rompant la lumière avec des
- prismes de verre enchâssés dans un vase prismatique plein1 d’eau. »
- Sur cette seule expérience, le grand savant anglais affirme que la lumière est formée de couleurs homogènes indécomposables et qu’une couleur primitive a toujours une réfraction relative à sa nature. Cette couleur primitive est pour lui inaltérable à un tel point, qu’il a pu dire
- Nee variât lux fracta colorera !
- 1. Edition française, p. 405.
- 2. La déviation et la dispersion d’un prisme étant exprimées d’une manière différente, en fonction de l’angle du prisme, il est par suite possible, même en tenant pour vraie la proposition de Newton de réaliser l’achromatisme avec trois et même deux prismes d’un même verre mais d’indices différents.
- L’abbé Rochon rappelle ces faits dans un mémoire sur la nature de la lumière des Etoiles fixes présenté le 13 mars 1776 à l’Académie Royale des Sciences et Iule 20 mars, il ajoute:
- « Ainsi une expérience manquée par Newton a arrêté jusqu’en 1759 les progrès de la Dioptrique ; et ce qui n’est peut-être pas moins surprenant, c’est que Newton, si soigneux à décrire et à varier les expériences intéressantes, se sut si peu étendu
- sur celle-ci. » Euler fut le premier qui, en réfléchissant sur la nature de l’œil, soupçonna que cet organe était composé de différents milieux pour corriger l’aberration inévitable, produite par la réfringence d’un seul milieu et, en 1747, il tenta d’annuler cette aberration de réfrangibilité par l’emploi de plusieurs substances diaphanes de réfringence et de dispersion différentes, mais sans succès.
- Quelques années plus tard, mais ses premiers essais furent des plus malheureux, en 1755,Klingertia-na jeta lui aussi des doutes sur
- l’expérience de Newton et le grand opticien de Londres, Dollond, qui avait attaqué la théorie d’Euler, répéta l’expérience de Newton ; comme Klingerliana, il trouva des résultats différents de ceux de Newton et en combinant deux verres connus en Angleterre sous les noms de flint-glass et de crown-glass, c’est-à-dire le cristal ordinaire à base de plomb et le verre à vitre en couronne dont les indices de réfraetioœ différaient le plus, il réalisa la première lunette achromatique.
- Rochon pouvait donc dire, à juste titre, en parlant des travaux d’Euler :
- « Quoi qu'il en soit, l’idée de M. Euler n’en est pas moins belle, et la conséquence qu’il en a tirée a reculé bien loin les limites de la dioptrique. Ce
- Fig. i. — Portrait de Newton.
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- LES PREMIERS VERRES D'OPTJQUE
- grand géomètre partant de celte hypothèse, a connu la possibilité de détruire l’aberration de réfrangibilité dans les objectifs, en les composant de matières différemment réfringentes. Le succès le plus complet a couronné ses vues par les soins et les recherches de M. Dollond, qui doit partager aux yeux du physicien l’honneur de cette belle découverte, puisque, sans ses expériences sur la dispersion du tlint-glass comparée à celle du verre ordinaire, on aurait douté peut-être longtemps de la possibilité du projet de M. Euler, dontles premiers Essais ont été malheureux. »
- C’est donc en voulant prouver l’erreur d’Euler que Dollond se rendit compte que la combinaison du verre blanc à glace et du cristal ordinaire à base de plomb permettait de réaliser le projet d’Euler et de construire des lunettes achromatiques.
- Nos voisins avaient en effet acquis une supériorité marquée sur les verreries du continent dans la préparation du cristal, et cela par suite d’un fait très curieux, au point de vue de l’histoire de la chimie industrielle.
- En 1655, Robert Mansell, en substituant la houille au bois, acquit le monopole de l’industrie des verres de luxe. Mais ses produits étaient loin de valoir les verres de Venise. Le verre, fondu à la houille, était plus coloré que le verre fondu au bois. Pour protéger le verre contre la fumée du charbon, Mansell recouvrit les pots d’une voûte. Mais le verre ainsi protégé ne fondait plus aussi facilement ; pour l’affiner, il était nécessaire de prolonger la durée des fontes ou d’augmenter la proportion d’alcali. Dans le premier cas, la fabrication devenait dispendieuse ; dans le second cas, le verre obtenu avec un excès d’alcali s’altérait. Afin de rendre le verre plus fusible l’alcali fut remplacé par le plomb.
- Mais la substitution totale ou presque du plomb à l’alcali produisait un verre à coloration jaune. Après divers tâtonnements, les maîtres verriers anglais réussirent à obtenir vers le milieu du dix-septième
- Fig. 2 à 4. — Préparation du Jiint.
- Et, en 1758, d’après Miisschenbrock, qui attribue àj tort tout le mérite de la découverte à Dollond,; ce;,deri)ier construisit une -lunette, un télescope dioptrique, comme on l’appelait alors, formé d’une lentille plan concave en crown et d’une lentille .biconvexe en flint placée à l’intérieur. L’oculaire était constitué par cinq lentilles. Ce télescope achromatique fut bientôt amélioré. En 1759, Dollond prit une patente et présenta à la • Société Royale de Londres une lunette achromatique à triple objectif, qui fît sensation dans le monde savant.
- En France, la question fut étudiée avecsoin. Clai-rault et d’Âlembert déterminèrent les courbures sphériques des verres de forces dispersives inégales. Clairault trouva à Paris un verre dont la dispersion et la réfringence étaient supérieures à celles du flint anglais et permettait par suite de mieux réaliser l’achromatisme. Ce verre riche en plomb était préparé par l’artiste Strasser pour imiter le diamant, mais sa dureté était si faible, que l’abbé Rochon, dans un rapport fait à l’Académie, écrivait : « Ce verre est ordinairement tellement gélatineux qu’il est bien difficile de l’employer à la fabrication des objectifs achromatiques ». .
- Il fallut recourir momentanément au verreanglais.
- siècle un cristal à base de potasse renfermant assez dé plomb pour fondre en pots couverts, mais pas assez pour prendre une coloration.jaunâtre et leur cristal aurait pu lutter pour la beauté avec les verres de Venise, si un impôt très lourd; n’avait pas pesé sur la fabrication des verres et cristaux ou n’avait pas obligé a modifier la manière de préparer le cristal pour souffrir le moins possible des vexations, accompagnant et garantissant le prélèvement du droit parles agents de la Couronne.
- Ce droit représentait quelquefois au delà de trois fuis la valeur du verre lui-même. Il était perçu au poids, mais pour avoir plus de garanties, les verreries étaient exercées et dans quelles conditions, on en peut juger par ce qu’en dit un fabricant de cristaux anglais, Pellatt (*) :.
- « Pendant le règne dejjl’Exercice, aucun creusetne pouvait être déplacé de l’endroit.dans lequel il était séché pour être mis dans l’arche à cuire les pots, sans une autorisation écrite du surveillant du fisc; une seconde autorisation était exigée pour le jauger ; une troisième pour le placer dans le four ; une autre pour le remplir et une autre pour le vider. En outre, le maître de la verrerie était forcé d’obéir 1. Peligot, Le verre, p. 397, l ibrairie Masson. , .>
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- strictement à l’acte du parlement en donnant six heures à son surveillant pour formuler les autorisations concernant chacune de ces demandes compliquées et vexatoires. »
- Aussi la fusion du cristal s’opérait-elle en Angleterre dans des creusets et des fours de très grande dimension, contrairement à ce qui se passait sur le continent. Les creusets renfermaient jusqu’à 800 et
- A ces-défauts, il convenait d’ajouter un grand nombre des autres défauts qui apparaissent dans les verres, tels que : fils, filandres, bulles, bouillons, crachats, pierres, etc., et un autre sur lequel avait particulièrement insisté l’abbé Rochon au moment où il construisait des lunettes achromatiques, les tables. Elles étaient dues à ce que l’ouvrier verrier cueillait successivement des quantités de verre
- , Fig. 5 à 8. — Fabrication du Jlint par le procédé des plateaux.
- 1. Ouvrier ouvrant au grand ouvreau la bosse pour en former le plat. — 2. Ouvrier occupé .à tourner la bosse pour en faire un plat ou table de verre, et le porter sur un tas, composé de cendres et petites braises, dit pelote. — 3. Le plat est posé sur la pelote. — 4. Le plat fini est porté dans le four à recuire.
- même 1000 kg de matières premières. La fonte et l’affinage exigeaient deux jours et le cristal était utilisé pendant le reste de la semaine. L’homogénéité d’une pareille masse, laissée si longtemps en fusion, s’altérait rapidement. Aussi le cristal anglais était-il rempli de stries, dues à la chute des filets de verre retombant de la canne. Si ces stries en garantissaient l’origine et en augmentaient la valeur pour les amateurs de cristaux anglais, de telles stries avaient au point dé vue de l’optique des effets fâcheux.
- pour souffler les ballons que l’on aplatissait ensuite pour faire des plaques. Et voici comment s’exprime l’académicien qui a précisé d’une manière complète la plus grosse difficulté à vaincre dans la fabrication du flint d’optique.
- « En effet, le fïint-glass ne doit sa grande dispersion qu’au verre de plomb qui entre dans sa composition : or, lorsque ce verre est dans un état de fluidité parfaite, les parties les pluspesantes tombent au fond du creuset et les plus légères montent à la surface, par conséquent le même creuset
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- doit contenir des verres de différentes densités. Les opticiens appellent tables les couches qui n’ont ni une parfaite union, ni une égale densité. »
- L’abbé Rochon insiste également sur les filons ou filandres qui apparaissent à la réunion des diverses couches et indique le moyen qu’il imagina pour obtenir des objectifs en flint, moyen encore utilisé de nos jours.
- A partir de cette époque tous les verres de forte réfringence et de grande dispersion furent appelés flinls par analogie avec le premier verre employé et dont le nom lui-même vient de ce que ce verre au plomb est préparé en se servant du silex, flint, au lieu de sable.
- L’autre verre utilisé par Dollond était le plus beau verre à vitres préparé encore en Angleterre par le procédé des plateaux ou des couronnes ; il servit à désigner l’autre famille des verres d’optique légers à réfringence et dispersion faibles.
- La fabrication du crown par le procédé des plateaux, qui existait encore au siècle dernier en Angleterre alors que ce procédé était abandonné presque partout ailleurs, mérite d’être rappelée: Elle consiste à former sous l’action de la force centrifuge un grand disque en passant par les transformations suivantes/L’ouvrier plonge sa canne dans le creuset au milieu de l’anneau, la tourne sur elle-même pour égaliser la masse de verre cueillie et la retire pour la laisser un peu refroidir ; il cueille encore une certaine quantité de verre et quand la masse prélevée est suffisante il la roule sur un marbre de manière à lui donner la fcjrme d’un cône. Le sommet du cône forme le bouillon sur lequel se fixera la canne ou pontil qui doit communiquer à la masse distendue par souf-4 flage et ouverte le mouvement de rotation rapide. Ce bouillon doit donc être conservé dans toutes les modifications, éprouvées par la masse de verre et pour cela, un aide maintient sur le bouillon une sorte de capsule, tandis que l’ouvrier souffle et tourne le vase fermé qui grossit toujours. Pendant ce temps, l’ouvrier communique par soufflage et tournage successivement à la masse la forme d’un vàse florentin (fig. 2), d’une sphère et d’un ballon très aplati. Quand la masse de verre a pris la forme convenable, l’ouvrier prend une . barre, de fer appelée pontil, portant à son extrémité une ma«se de verre fondue et l’applique contre le bouillon ; dès que la soudure est établie, la masse de verre est détachée de la canne (fig. 3). Ellese présentealors sous la forme d’un vase très aplati à peine entrouvert (fig. 4) dont l’ouverture, s’appelle le nez. La fin de l’opération, la plus pénible, a été décrite par Chance, le grand maître verrier de Birmingham, en termes très pittoresques, qu’il convient de reproduire :
- « Le verre arrive alors à sa dernière et plus terrible épreuve. Il est placé entre les mains d’un homme, qui, un voile sur la figure, se tient droit devant un immense cercle de flamme, dans lequel il enfonce la pièce, tout en tournant rapidement son pontil. L’action de, la chaleur et de la force centri-
- fuge combinées se montre bientôt. Le nez de la pièce s’étend, les parties qui en sont proches, ne peuvent échapper à ce mouvement ; l’ouverture devient déplus en plus large; un instant la vue saisit au passage là figuré d’un cercle avec double rebord. Un instant après le spectateur étonné voit tournoyer devant ses yeux une table circulaire de verre qui, quelques minutes auparavant, gisait dans le pot de verrerie, sans que rien la distinguât du reste de la masse » (fig. 5, 6, 7 et 8).
- Amélioration des flints. — Pour toutes les raisons qui ont été exposées, et aussi parce que trop pauvre en plomb, le cristal anglais n’était pas assez réfringent, les résultats obtenus avec cette matière étaient loin d’être satisfaisants. En Angleterre, Dollond s’efforcait à en tirer parti ; en France, on chercha à faire mieux et, dès 1766, l’Académie des Sciences proposa un prix pour celui qui ferait connaître le meilleur procédé de fabrication d’un verre fortement réfringent, ayant toutes les propriétés du flint-glass, mais exempt de ses défauts. Le prix fut décerné en 1773 à Lebaude, dont le mémoire fut publié en 1774, mais ses verres pesants étaient assez défectueux et, en 1786, l’Académie des Sciences proposa un nouveau prix, d’une valeur de 12 000 livres.
- Malgré les encouragements de T Académie des Sciences, malgré les efforts de d’Artigues et de Du-fougerais à la manufacture des cristaux du Mont-Cenis (verrerie deVougles), pour résoudre le difficile problème d’obtenir régulièrement un verre fortement réfringent et par suite de. grande densité, on n’aboutissait pas à une solution pratique satisfaisante comme nous allons le voir.
- Le 30 pluviôse et le 3 floréal, an XII, d’Artigues communiquait les premiers résultats et cinq ans plus tard, de Prony, Guyton de Morvcau et Rochon présentèrent un rapport, le 30 avril 1809, sur le -flint préparé par d’Artigues. D’indice égal à 1,64 et de densité 3,588, il était supérieur au meilleur flint anglais, connu jusque-là, dont l’indice moyen n’atteignait que 1,60 et la densité 3,329. Cauchoix, le célèbre opticien de la rue du Bac, exposa des objectifs pour lunettes, construits avec le nouveau flint et Biot établit un rapport le .21 janvier 1811, qui fut reproduit dans les nos 38 et 39 du Moniteur de 1814. Le 16 décembre de la même année, un autre constructeur parisien, Lerebaurs, présenta à l’Académie douze objectifs destinés à l’Observatoire et construits avec les verres de Du Fougerais, d’Artigues-et du flint anglais.
- D’autres chercheurs étudiaientle même problème ; Delambre, Charles Burkhardt et; Gay-Lussac avaient déposé le 28 mars 1808 un rapport sur le cristal préparé en 1807 par Krumès et Lançon, dont la densité était de 3,3 et l’indice de réfraction s’élevait à 1,667. Malus avait déjà montré tout l’intérêt que présentait ce nouveau flint.
- Aucun de ces efforts n’échappait aux savants aile mands, qui les suivaient avec le plus grand intérêt. Les annales de Gilbert relataient tous, les travaux
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- exécutés en France et reproduisaient les rapports des membres de l’Académie des Sciences. En Allemagne, Fraunhofer, dont les découvertes ont eu une portée considérable, fondait à Benediktbeuren, en Bavière, le premier Institut d’optique, et tous les traités sur le calcul des instruments d’optique rappellent les propriétés des crowns nos 9 et 15 Lit. M., des flints n° 8, 15,23 ou 50 préparés par Fraunhofer, dont voici les caractéristiques;
- Crown n° 9 n D 1.529.59 y=n 57.54
- 15 1.527.98 58.41
- Lit. M 1.559.08 51.75
- Flint n° 3 1.608.49 37.46
- 13 1.655.04 34.18
- 23 1.653.67 54.06
- 50 1.650.59 35.00
- Le grand mérite de Fraunhofer et de son associé Titzsehneider, avait été en 1805, de s’adjoindre comme associé Guinand, celui qui, le premier, sut préparer des verre-d’optique et de se l’attas cher d’une manière exclusive.
- Ge fut la principale raison de la célébrité; de Fraunhofer.
- Pierre-Louis Guinand ifig. 9), le premier fabricant de verres d’optique, était un simple ouvrier suisse, né en 1748, aux Brenets, petit village des environs de Neufchâtel. Guinand débuta comme apprenti menuisier, puis il fabriqua des boîtes pour les horloges et entra ainsi en relation avec un constructeur de figures
- automatiques Droz, qui possédait un beau télescope fabriqué en Angleterre. Guinand, émerveillé de la beauté de cet instrument, n’eut de cesse qu’il n’en connût et le mode de construction et la nature des verres spéciaux avec lesquels il avait été fait. Après avoir appris l’optique, il se fit maître verrier et il réussit à reproduire un télescope semblable à celui prêté par Droz. Il apprit au cours de ces essais les difficultés éprouvées dans la préparation des flints et il réussit par un procédé, aujourd’hui encore appliqué sans grandes modifications, à obtenir des verres homogènes, Il obtint des disques parfaitement homogènes de 12 et même de 18 pouces, quand un incendie détruisit toute son usine.
- Mais la réputation des verres de Guinand était arrivée jusqu’à Fraunhofer, qui décida Guinand à
- devenir son associe. Et, à partir de 1805, pendant neuf années, Guinand travailla à Benediktbeuren.
- A 70 ans, il retourna aux Brenets avec une pension de l’établissement bavarois, maisavtc l’obligation de ne plus préparer de verres d’optique et de ne pas divulguer ses procédés. Son activité était trop grande pour supporter une telle inaction; il déchira le traité et prépara encore de remarquables lunettes achromatiques. Il mourut en 1821 (ou 1824), au moment où le gouvernement français cherchait à lui acheter ses procédés de fabrication.
- On crut pendant quelque temps qu’avec Guinand avaient disparu son secret et ses procédés, mais son fils les avait conservés et thercha à les vendre à la Société astronomique de Londres. Les négociations n’ayant pas abouti, une commission composée de Herschell, Faraday, Dollond et Roget fut chargée d’entreprendre la fabrication d’un bon flint-glass ; cent cinquante mille francs furent dépensés en pure perte.
- Eri France, on fut plus heureux et le résultat est tout à l’honneur de la Société d’En-couragement pour l’Industrie^. Nationale qui réussit à ramener en France la fabrication du verre d’optique par les procédés de Guinand. Cette Société proposa, en 1837, un prix de 10000 francs à décerner au maître verrier français qui aurait livré au commerce du flint-glass de bonne qua-
- Fig. 9 — Pierre-Louis Guinand.
- lité.
- La
- crovvn
- fabrication du était également encouragée par un prix de 4000 francs.
- Deux ans après, ces prix étaient partagés entré Guinand fils qui fit connaître et perfectionner les procédés de son père, et Bontemps qui, par les procédés mêmes indiqués par Guinand fils, et améliorés par ses soins, avaient réussi à préparer des masses importantes de flint. Lerebours avait mis en relations Guinand et Bontemps. D’autres récompenses furent accordées à la veuve Guinand, à Daguet de Soleure, à Berthet, qui, tous, avaient préparé des verres d’après les procédés de Guinand. Les efforts de ces divers industriels ont été poursuivis en France et à l’Etranger, et c’est bien à la Société d’Eneouragement pour l’Industrie Nationale que la France et les autres pays sont redevables de l’essor pris à cette époque par la fabrication des verres d’optique.
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- En Angleterre, les procédés de fabrication de Gui-nand furent apportés par Bontemps qui, en 1848, pour des raisons politiques, quitta la France et abandonna la maison de Choisy-le-Roi où, de 1828 à 1848, il avait préparé à des prix d’une modicité presque incroyable de remarquables verres d’optique. En 1844, Arago indiquait en effet à l’Académie des Sciences les chiffres suivants : Un disque de flint de 550 mm. d’ouverture, de 40 kg de poids était offert pour 550 francs (après ramollissage), alors qu’un disque semblable avait été évalué 40 000 trancs. Un
- trèrent tout l’intérêt au point de vue optique. Ces industriels avaient d’ailleurs retrouvé et beaucoup amélioré les résultats publiés déjà par Cadet et de Jeaurat, en 1758, sur la préparation des verres au borax.
- Jusqu’à la fin du siècle dernier toutes les verreries d'optique sauf celle de Schott, à Iéna, travaillaient d’après les idées de Guinand. Elles ont été groupées par von Rohr dans son histoire du verre d’optique, en voici la traduction faite par M. Tur-rieri.
- Tableau des Établissements pour verre d’optique postérieurs à Guinand-Fraunhofer.
- P.-L. Guinand seul et avec son fils aîné, A. Guinand, jusqu’à septembre 1805.
- P.-L. Guinand seul, à Benedictbeuren, septembre 1805-décembre 18U
- 1
- P.-L. Guinand collaborant avec J. Fraunhofer, à Benedictbeuren, septembre 1811 -décembre 1815.
- ' P.-L. et A. Guinand, aux Brenets, 1816-1824.
- A.' GütSAND,' aux Brenets, 1824-1848 (?)
- I .
- Th. Daguet. à-Soleure, 1-848 (?)-1870,.
- Rècherches de Ratzé,
- ’ on Brandebourg, vers .1870.
- IL Guinand collaborant avec Tiiibeaudeau et G. Bontemps, 'à Choisy-le-Roy, 1827-18^8.
- II. Guinand collaborant avec
- M. Feil, à Paris, 1832-1818.
- Ed. Feil seul, à Paris, 1848-1885.
- I
- Ep. Feil, collaborant avec E, Mantois, à Paris, 1885-1887.
- E. Mantois seul, à Paris, 1887-1900.
- N. Parra, à Paris, 1900 jusqu’à maintenant.
- Verrerie de Choisy-le-Roy sous la direction
- de G. Bontemps, 1828-1848.
- Verrerie
- de
- Choisy-le-Roy 1848- (?)
- G. Bontemps, entre au service de la
- firme Chance et introduit en Angleterre Part de la construction du verre d’optique.
- Chance,
- à
- Birmingham, depuis 1849.
- J. Fraunhofer seul, à Benedictbeuren, 1814-1820.
- La verrerie de Benedictbeuren au temps de J. Utzsciineider, sous la direction de F.-J. Mahler et de G. Merz, 1820-1840.
- Verrerie de Merz, sous la direction de G. Meiiz, 1840-1867.
- Fondation Ruedorf, à Kolhgrub, de
- courte durée,
- Sous direction S. Merz, 1867-1885. I
- Sous
- la direction de J. Merz, 1885- (?)
- dë
- disque de crovvn de 550 mm. et de 25 kg revenait a 450 francs (après ramollissage).
- Bontemps, à qui la verrerie d’optique doit tant et qui a écrit un livre remarquable, le Guide du verrier, se fixa. en 1848 en Angleterre, chez Chance, à Birmingham et les résultats qu’il obtint ont été signalés dès l’année suivante par W. Simms, le grand fabricant anglais de télescopes, qui décrit en même temps l’état lamentable de la verrerie d’optique en Angleterre avant l’arrivée de Bontemps.
- Les verres, préparés par ces diverses maisons, étaient du flint et du crown. Les recherches indépendantes de Maës et Glémandot attirèrent, dès 1848^4’attention sur les borosilicates et en mon-
- La maison Schott n’y figure pas. Mais si Guinand ni aucun de ses descendants ou associés n’a dirigé les travaux de celte maison fondée en 1882,1e mode de travail qui y est suivi est celui indiqué par Guinand.
- La véritable découverte de Guinand est d’avoir songé à agiter après affinage le verre d’optique à base de plomb à l’aide d’un doigt d’argile, appelé le Guinand, jusqu’à ce que la masse ait atteint par refroidissement une viscosité telle qu’il n’y ait plus à craindre de séparation du flint en couches de densités différentes. ' ,T .
- P. JNicolardot.
- Chargé de Conférences à l’Institut d’Optique théorique et appliquée.
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- =• = =============
- LES CRISTAUX PARLANTS
- Applications pratiques des propriétés piézo électriques du sel de Seignette.
- Comme suite à l’article très documenté de M. H. Marchand (La Nature, 8 janvier 1921), nous pensons intéresser les lecteurs de cette Revue en donnant, avec une analyse des travaux de M. A. Md Nicholson la technique complète de la préparation et de l’utilisation des cristaux parlants.
- Sans nous arrêter à l’élude des cristaux minéraux naturels de quarlz et de tourmaline fréquemment utilisés dans les laboratoires, en particulier par P. Curie et M. J.-J. Thomson, nous aborderons immédiatement l’étude des cristaux organiques de
- H OH OII II
- | | CÜ-1I — C — C - i i -CO2 II | | CO'211 — C — G — CO2 II
- 1 1 , OJI G (1) i 1 II OU (2)
- a a
- . OH; OII II 1 II
- 1 : 1 CO2 il — C-C- -CO2 H | ; 1 GO2 11 — C — G — - C*j2 11
- i i l • •W*" 1 ! 1
- Il i II (3) 011 : OII (4)
- b b
- On remarque à première vue que les formules (5)
- Fig. i. — Quelques beaux exemplaires de cristaux parlants. — A gauche, cristal de 65 mm. de hauteur pesant iyo grammes, obtenu en 6 jours (n dépôts successifs), déshydraté mais non nettoyé. — Au centre, cristal obtenu en 3 jours, non déshydraté. — A droite, cristal terminé, prêt pour le montage.
- sel de Seignette, parce que l’obtention de ces cristaux est très simple et que leurs propriétés piézoélectriques sont éminemment importantes par suite de la facilité de préparation de cristaux de grande dimension.
- Le sel de Seignette ou sel de la Rochelle, rappe-lons-le, est un tartrate double de potassium et de sodium contenant 4 molécules d’eau de cristallisation.
- Il se prépare en partant du Litartrate de potassium ou crème de tartre et se trouve facilement dans le commerce.
- Les propriétés stéréochimiques de l’acide tar-trique, dont dérivent les tartrates, ont été mises en lumière par M. Pasteur, puis par M. Gernez, enfin par mon regretté maître, le professeur Junglleish.
- La formule chimique linéaire de l’acide tartrique est CHPO0!!2; mais si l’on tient compte des 4 valences du carbone et que l’on écrive la formule développée de cet acide, on se rend compte que cette formule peut prendre 4 formes différentes.
- et (4) sont identiques, ne résultant que de la rotation de 180° de l’une par rapport à l’autre, elles sont de plus, symétriques par rapport à l’axe a b et ne sauraient par conséquent représenter que des acides ne comportant aucune asymétrie cristallographique et ne jouissant, par conséquent, d’aucune des propriétés particulières présentées par les cristaux hémiédriques (pouvoir rotatoire, qualités pyro et piézoélectriques). v
- 11 n’en est pas de même des formules (1) et (2), ne présentant aucun axe de symétrie et qui.caractérisent, l’une, l’acide droit (c’est-à-dire faisant tourner le plan de la lumière polarisée vers la droite), l’autre, l’acide gauche faisant tourner ce plan à gauche.
- C’est de l’acide droit ou « dextrogyre » que dérive le sel de Seignette; ce sel se présente sous la forme de prismes orthorhombiques comportant des troncatures hémiédriques à faces inclinées.
- Il faut se rendre compte que cette asymétrie ne se présente pas seulement dans la forme extérieure
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- 414 -- ...' LES CRISTAUX PARLANTS
- du cristal, mais qu’elle est également d’ordre moléculaire, chacune des molécules constitutives de l’ensemble de l'édifice cristallin possédant une légère asymétrie oblique; cette structure est fort différente de celle des cristaux minéraux à formule chimique simple jouissant des mêmes propriétés optiques et piézoélectriques, car dans ces derniers lés molécules ont une structure propre symétrique, mais l’édilice moléculaire présente une construction d’ensemble asymétrique à la manière de briques qui constitueraient un mur vertical mais seraient décalées, les unes par rapport aux autres d’un angle faible mais constant, l’ensemble d’une pile de ces briques constituant une colonne, les sommets des angles trièdres des éléments étant régulièrement distribués sur une courbe spirale.
- En résumé, ce que nous devons retenir au point de vue théorique, c’est, dans la construction des cristaux organiques qui nous occu- . pent, la dérivation de la fonction « forme » des qualités asymétriques possibles de la molécule de carbone, axe directeur de l’édifice.
- Ce sont ces types de cristaux à hémiédrie spéciale qui possèdent au plus haut degré les propriétés piézo-électriques.
- Nous avons vu que la structure moléculaire de ces cristaux est décelée par l’examen de leur action rotatoire du plan de la lumière polarisée.
- Toutefois, si la lumière semble ne modifier en rien l’ensemble de l’édifice moléculaire, il n’en est pas de même de l’électricité.
- Voyons d’abord l’effet de la pression; il semble que sous son influence (pressions de l’ordre d’une dizaine de kilogrammes exercées dans le sens de certains axes), les molécules asymétriques subissent une sorte de glissement dont le sens s’inverse à droite et à gauche du plan de symétrie et qui provoque dans l’ensemble du cristal une torsion analogue à celle que déterminerait l’application de couples inverses appliqués aux endroits précis où l’axe principal rencontre les faces terminales. Cette déformation, qui modifie profondément l’équilibre de l’édifice moléculaire, modifie également les tensions internes des éléments du cristal ; il en résulte l’apparition d’énergie libérée sous une forme nouvelle, sous la forme d’énergie électrique que l’on peut facilement déceler et mesurer et qui, dans le cas de cristaux de seLde Seignette d’un volume suffisant, peut atteindre la valeur d’une charge
- de plusieurs micro-coulombs et un potentiel dépassant 100 volts.
- Le phénomène est, de plus, réversible; si nous déterminons entre deux points judicieusement choisis, que nous désignerons plus loin une différence de potentiel suffisante, le cristal, réagissant en quelque sorte, se tord sur lui-même et reste déformé tant que dure le courant.
- Dès lors, si, au lieu de soumettre le cristal considéré à un courant continu, nous le soumettons aux effets d’un courant alternatif, il subira des variations de forme dont la période sera identique à celle du courant appliqué, et si la fréquence de cè courant est de même ordre que les fréquences musicales, le cristal, vibrant sous celte influence rendra un son dont la hauteur sera caractérisée par la fréquence même du courant auquel il est soumis.
- Les premières recherches portant sur les applications pratiques des curieuses propriétés du sel de Seignette ont été entreprises dans le laboratoire de recherches des téléphones et télégraphes américains et de la Compagnie Western Electrique, j Nous avons repris cette étude et conçu de nouveaux montages très différents du montage américain et qui permettent aujourd’hui de produire et utiliser ces cristaux, non seulement en téléphonie ordinaire, mais aussi dans les montages téléphoniques qu’utilise couramment la télégraphie sans fil.
- L’intérêt de ces recherches ne réside pas dans la puissance de réception obtenue, quoique avec de gros cristaux nous ayons obtenu des résultats comparables a ceux de bons écouteurs magnétiques, mais il réside dans la facilité avec laquelle chacun peut construire et utiliser les appareils que nous allons décrire ainsi que dans l’indication des voies nouvelles et fécondes que celte étude ouvre aux physiciens.
- Préparation des cristaux parlants sensibles. -— Plus le volume de ces cristaux est important, pins intenses sont les phénomènes dont ces cristaux sont le siège; il faut donc obtenir de préférence de gros cristaux. Un peu de soin et de patience sont seuls
- N
- Fig. — Vappareil monté sur un socle de bois.
- Fig. 2.
- Cristal à structure en sablier.
- Fig. 3. — Le cristal équipé.
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- LES CRISTAUX PARLANTS .....:.: -... . 415
- nécessaires pour mener à bien cette préparation.
- Faisons dissoudre 80 gr. de sel de Seignette commercial dans 54 gr. d’eau distillée portée à environ 50°, la densité d’une telle solution est de 1,33 à cette température, fdlrer à chaud sur un tampon de coton hydrophile.
- Laissons ceite solution sursaturée refroidir lentement, peu à peu se déposent de petits cristaux isolés ; sans attendre qu’ils se soudent les uns aux autres, les recueillir avec une pince et les poser sur un papier-filtre ; un examen attentif nous montrera qu’un certain nombre d’entre eux présente une structure cristalline correcte, arêtes très nettes, plans bien définis et, surtout, que l’examen de la face plane asymétrique laisse paraître le dessin régulier de l’architecture cristalline que les minéralogistes ont désignée sous le nom caractéristique de structure en « sablier » (fig. 2).
- Ges petits cristaux, qui. ne mesurent alors que quelques millimètres, seront précieusement recueillis et constitueront la « graine », le noyau autour duquel nous allons, par des opérations complémentaires, faire croître des couches successives de matière cristallisée.
- Pour cela, le meilleur moyen est de reprendre la solution mère qui nous a livré cette première graine et qui est,actuellement saturée, de la réchauffer vers 40° en y faisant dissoudre à nouveau quelques grammes de sel de Seignette, de manière à la sursaturer légèrement.
- Laissons refroidir celte nouvelle solution et lorsque sa température atteint 58°, déposons dans le cris-tallisoir qui la contient la graine précédemment sélectionnée; en quelques heures, le volume de celte graine est considérablement accru.
- Les nouveaux cristaux obtenus sont nettoyés avec un linge fin, débarrassés des petits cristaux légèrement adhérents, puis la même opération est répétée jusqu’à obtention de cristaux présentant le volume désiré. Des cristaux de 30 à 40 gr. donnent déjà de fort bons résultats, mais il est facile avec un peu de patience d’en obtenir de 100 gr. et plus.
- Un cristal ainsi obtenu n’est pas encore apte à jouer son rôle, il est nécessaire de l’amener auparavant à un état de dessiccation convenable.
- Pour ce faire, il suffit de le suspendre pendant 24 heures dans; l'alcool ,à* 05-°, le laisser enfin se dessécher peu à peu à la température ordinaire : le cristal sensible est terminé. IL faut maintenant le monter; au montage américain assez complexe, nous, préférons,, au double point de vue de la simplicité et du rendement, le montage que nous avons récemment imaginé et que nous allons décrire.
- Le cristal est tout d’abord « cerclé » de papier
- big. 6. — La lame d'aluminium.
- Fig. 5. — L'appareil monté sur un socle de bois, vu de bout.
- d’étain appliqué en plusieurs épaisseurs sur toute sa hauteur jusqu’à 3 ou 4 mm de ses bases (*) ; un conducteur métalli pie quelconque, plomb de préférence, maintient cette armature en place; ce conducteur forme l’une des électrodes du système.
- L’autre électrode a ses prises sur les plans de base et en particulier sur les extrémités quadrilatères de ces plans. Nous la constituerons par deux lames d’aluminium présentant une légère flexion, la figure 3 montre clairement ce montage.
- Il nous faut maintenant appliquer une pression suffisante en un point judicieusement choisi et compléter le montage par l’adaptation d’une membrane destinée à traduire en ondes sonores puissantes les vibrations propres du cristal.
- Le dispositif sera réalisé sur un socle de bois approprié B (fig. 4 et 5) de 30 cm de long. Sur ce socle, nous fixons d’une part deux lames métalliques (fer ou cuivre) verticales M et N de 10 cm de haut et de 1 à 2 cm de large dont l’ensemble est maintenu rigide par une entretoise supérieure.
- Vers le milieu de M, nous pratiquons un pas de vis assez fort (4 à 5 mm) dans lequel pénètre avec un peu de dur une vis Y en cuivre ou fer dont la pointe P est de préférence en acier dur (pivot de régulateur de réveil).
- Entre la lame N et cette pointe F, nous insérons dans l’ordre : un disque d’aluminium D, légèrement plié et présentant sa convexité vers N, le cristal C, puis la partie E d’une lame d’aluminium A découpée suivant la forme représentée par la figure 6 légèrement fléchie suivant a b et présentant en F un méplat obtenu par un coup de marteau léger.
- Sur cette lame d’aluminium se pose une lame d’acier S (fragment de ressort de pendule) sur laquelle vient s’appuyer l’extrémité aciérée P de la vis V, celle-ci étant serrée avec une force suffisante l'ensemble est maintenu de façon rigide et soumis à la pression nécessaire (fig. 4).
- Il est utile de signaler que si les faces de base du cristal ne sont pas parfaitement planes et parallèles, par suite de rugosités résultant d’une cristallisation incomplète ou anormale, il est bon de leqr donner le parallélisme nécessaire par usure, soit sur* une lime douce, soit sur un plan de papier verré.
- 1. O11 peut éviter ce cerclage en entourant le cristal d’un fil de plomb avant l’achèvement de sa croissance et continuer à cil'ectuer le dépôt de couches cristallines successives autour de ce lien conducteur.
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- Fig. ?. — Montage de cristaux en parallèle.
- Pour compléter l’appareil, il suffit de fixer en R, par un moyen quelconque une membrane de diamètre approprié (de 5 à 10 cm) en mica, papier fort, mince membrane mélallique, maintenue très tendue soit par collage sur un tambour, soit par fixation dans une monture ad hoc.
- Noter ici, que les dimensions que nous donnons pour fixer les idées sont celles d’un appareil réalisé, dont le fonctionnement est excellent, mais que ces dimensions, en particulier la longueur du levier de commande de la membrane vibrante, peuvent, sans inconvénient, être profondément modifiées.
- Pour terminer l’appareil, une borne X établira la liaison électrique avec la « ceinture » du cristal, une autre Y, avec les plaques terminales d’aluminium.
- L’appareil terminé aura un rendement variable suivant son application et là, nous devons noter plusieurs choses, tout d’abord le cristal a besoin d’une certaine «maturation» qu’amènent le vieillissement et surtout l’usage; le rendement s’améliore avec le temps. Le cristal peut être verni après montage afin d’éviter l’action des agents atmosphériques; puis il faut noter que la résistance électrique du cristal est d’ordre très élevé et que, présentant des analogies remarquables avec un circuit selfique à noyau de fer, elle croît énormément avec la fréquence des courants utilisés. Normalement, pour les fréquences acoustiques les plus sensibles à l’oreille (800 à 1200 périodes), cette impédance est de l’ordre de 500000 ohms.
- La constatation de cette dernière propriété nous montre qu’il est nécessaire pour obtenir les effets les plus puissants de proportionner la résistance du circuit extérieur à l’impédance du cristal et par conséquent d’utiliser des appareils de liaison de haute résistance.
- Cette condition sera particulièrement bien réalisée lors de l’emploi du cristal.comme récepteur téléphonique à la suite des amplificateurs à valve thermionique utilisés en T. S. F.
- Il peut toutefois être utilisé comme téléphone récepteur de réseau en ayant soin d’intercaler entre les bornes de réception normale et les bornes du cristal un transformateur à fer à circuit magnétique fermé dont le primaire présente une résistance ohmique de quelques centaines d’ohms et le secondaire une résistance de plusieurs milliers d’ohms.
- Il est cependant possible, par un artifice très
- simple, d’augmenter les effets mécaniques de ces cristaux tout en diminuant leur résistance électrique. il suffit, pour cela, d’en assembler plusieurs mécaniquement en série et électriquement en parallèle comme le montre la figure 7. ,
- Un tel appareil est parfaitement apte à être transformé en haut-parleur extrêmement puissant par liaison mécanique avec un microphone à granule.
- Pour, réaliser ce dispositif, nous remplaçons la membrane vibrante R par la membrane de carbone d'un microphone à granule et nous fermons le circuit microphonique sur un téléphone de faible résistance (50w) et une pile Leclanché de 3 ou 4 éléments ainsi que le montre la figure 8.
- Dans ces conditions l’écouteur définitif,muni d’un pavillon, fait office de haut-parleur et suit si fidèlement les périodes et les harmoniques des vibrations de la voix humaine qu’il permet l’écoute correcte d’une conversation téléphonique à 15 ou 20 m. du récepteur.
- Nous avons dit que ces phénomènes sont réversibles, il est en effet possible, en déformant le cristal à l’aide d’un dispositif approprié, par exemple un style fixé au cristal et suivant les sinuosités d’une inscription phonographique, de traduire ces déformations successives en courants électriques de période et d’amplitude variables susceptibles de reproduire dans un circuit téléphonique les modulations d’ondes sonores que représente l’inscription phonographique elle-même. L’étude détaillée de ce phénomène nous entraînerait aujourd’hui trop loin.
- Ces cristaux sont-ils directement utilisables en T. S. F., c’est-à-dire sont-ils susceptibles d’être employés comme détecteurs de courants de haute fréquence ou bien encore en relais amplificateurs des faibles signaux reçus?
- Notre expérience actuelle ne peut encore répondre d’une manière complète à ces desiderata, toutefois le problème semble consister surtout à diminuer la haute résistance ohmique de ces cristaux afin que leur impédance ne soit plus un obstacle au passage des courants de haute fréquence.
- Des résultats intéressants ont déjà été obtenus en substituant à l’atome sodium de la molécule du tartrate double un atome métallique monovalent et ces résultats nous autorisent à; penser que cette étude doit être poursuivie, car elle peut amener une simplification considérable des dispositifs actuels de réception de T. S. F. Roü5SEli
- Secrétaire général
- de la Société Franea se d’Etudes de T. S. F.
- [____..i.Jb........J
- Ccou/ear SOw(q)
- Fig. 8.— L'appareil monté en haut-parleur.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahübe, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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- Un motij de broderies bigoudenns. (Aquarelle de Méhcuf.)
- UN POINT D’ETHNOGRAPHIE : LES BIGOUDENN
- Nos lecteurs connaissent tous certainement le talent admirable de M. M. Méheut, soit par son exposition de 1914 au pavillon de Marsan du Musée du Louvre, soit par la reproduction des principales œuvres qui y furent présentées dans les deux volumes du « Livre de la Mer », révélation des richesses décoratives insoupçonnées du monde des eaux que nos collaborateurs naturalistes citent fréquemment, soit encore par l'article que La Nature y a consacré dans son n° 2567 du 9 août 1919.
- Au printemps dernier, M. Méheut réunissait une nouvelle série de ses œuvres au Musée des Arts décoratifs et ce fut un nouveau sujet d'admiration pour tes visiteurs. .
- Nous y remarquâmes toute une série d'études et de itonneaux décoratifs dont les sujets reproduisaient les multiples aspects du pays qui borde la pointe de Pen-marc'h, à l'extrémité de la Cornouaille bretonne : mer furieuse, écornante de l'anse de la Torche, dramatique entrée du port de Sainl-Guénolé, rives couvertes de las de goémons, triste et plate palud sans un arbre où se dressent, mystérieux témoins d'un
- Une Ligoudtnn. (Aquarelle de Méheut.)
- grand passé oublié, des chapelles et la vaste ccilhe drôle de Penmarc'h, campagne plus verdoyante de Pont-Labbé. Ces paysages si divers sont tous animés par les couleurs vives : blanc, jaune, ocre, rouge, noir, des costumes des femmes, les Bigou-denn, par leurs silhouettes massives, trapues, où les rutilances des broderies de la coiffe et du corsage se détachent sur les reflets sombres des velours noirs des jupes et des tabliers bourrelés, gonflés en cloche, qui les font paraître presque aussi larges que hautes.
- La richesse de ces costumes, se détachant sur le ciel humide du vent de mer, a déjà inspiré bien
- des peintres : Simon, Coltet, L e m or dant, pour n'en citer que quelques-uns ; elle n'a pas moins bien réussi à Méheut.
- Elle soulève aussi un curieux problème d'ethnographie, dont peu de savants jusqu'ici se sont préoccupés : quelle est l'origine de ces Bi-goudenn ? Sont-ce des blancs, comme les autres Bretons, ou bien quelque enclave de râce jaune primitive, finalement repoussée ver sl'ex-t’émité du continent! Ne peut-on retrouver dans leur si curieux costume des traces de ces origines lointaines!
- 49* Ann4. - a* s«rr.*st e - N° 2401. — 51 décembre 1921
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- Avec Méheut qui vécut de longs mois à Sciint-Guénolé, étudiant la mer, le sol, les gens, les décorations de leurs broderies, Auguste Dupoiiy, le celti-santbien connu dont le livre « Les Pêcheurs bretons » nous a déjà fait connaître maints aspects de cette côte, causait de ce mystère des . Bigoudenn dans Vatmosphère même du pays évoqué par les toiles du pavillon de Md rsan. L’éc ri vain voulut bien exposer pour La Nature'ce que sa grande connaissance dit pays lui avait permis de juger, l'artiste consentit à nous confier quelques-unes de ses études les plus caractéristiques, c’est ainsi qué nos lecteurs vont pouvoir juger, de ce point d’ethnographie.
- Y a-t-il, à l’extré- Motifs de broderies. (Aquarelles de Méheut.)
- mité sud-ouest de notre Cornouaille, une population d’origine toura-nienne, comme c’est l'opinion admise—sans grand contrôle — depuis que Mahé de la Bourdonnais, qui peut-être avait sur ce point un prédécesseur, l’a autorisée de sa plume 7
- Dc\ on s-nous apparenter les- Bigoudenn des cantons de Pont-l’Àbbe' et de Plogastel Saint-Germain aux Ivalmouks de la Sibérie, à moins que ce ne soit aux Finnois et aux Thibétains?
- On fait valoir à cette fin quelques observations courantes : l’écartement des yeux, les paupières bridées, les faces plates, les pommettes saillantes, les mâchoires fortes, les a formes d’androgynes », comme dit le poète Le Braz, des femmes bi-goudenns (car c’est surtout des femmes qu’il
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- LES BIGOUDENN —-. — . C 419
- s’agit), et aussi l’engoncement des corps, cet air de châsses ambulantes qu’on leur voit, ou plutôt qu’on leur voyait aux jours de fête, la profusion des broderies sur drap et l’aspect de ces broderies, dontMahé delà Bourdonnais assurait avoir identifié le dessin avec celui de certaines broderies thibétaines.
- Il n’est pas douteux que la population bigoudenn se présente, dans l’ensemble bas-breton, sous des dehors très accusés. Sa personnalité est remarquable. Mais, en dépit des apparences, l’hypothèse touranienne n’est-elle pas le fait d'une ethnologie un peu hâtive? En face d’une tradition plus ou moins scientifique, et à peine cinquantenaire, voici quelques simples observations à méditer :
- 1° Les caractères signalés sont principalement dus à la coiffure, aux coiffes minuscules, au bonnet en serre-tête sous lequel sont tirés, derrière lequel sont ramenés les cheveux, au lacet noué serré qui met en saillie les mâchoires. Nul encadrement au visage : ainsi, tous les reliefs s’accusent. Inutile d’aller chez les Kalmouks en quête d’une parenté. Vous verrez en foule des visages pareils dans les calvaires de pierre de la Basse-Bretagne, dans les statues de bois des églises. Aussi bien, depuis que les élégantes du pays ont transformé leur coiffure ' (soit depuis une quinzaine d’années), exagérant la coiffe proprement dite, diminuant le bonnet de drap, desserrant le lacet sous le menton et faisant bouffer les cheveux sur le front et les tempes, l’air Kal-mouk s’est bien atténué. Il sùffisait, il y vingt ou trente ans, de déguiser une bigoudenn enfouesnan-laise pour voir s’européaniser les traits asiatiques en même temps que s’arrondir, grâce à un . autre corsage, les « formes d’androgynes. » De même, la lourdeur de la bigoudenn a disparu avec les jupes à étage, le gros bourrelet et le double gilet à larges manches courtes,en drapraide. Beaucoup de jeunes bigoudenn sont sveltes.
- 2° Les caractères prétendus distinctifs sont surtout apparents au bord de la mer, dans les zones de palud, là où le vent souffle, où le soleil cuit, où l’embrun circule, où la réverbération est intense et force à grimacer, où la peau se baie. Dans les communes plus agrestes, le type bigoudenn se rapproche de types voisins.
- 5° Les mêmes caractères sont fréquents sur d’autres points pareillement exposés de là côte finis-térienne ou morbihannaise, dans la palud de Mous-terlin, de Trévignon, d’Auray.
- 4° Même sur la côte rase du pays bigoudenn, l’atténuation et l’affinement des traits donnés comme ethniques se remarquent chez les femmes qui — de plus en plus nombreuses — ont remplacé l’ancienne existence aux champs et à la grève (comme goémonnières) soit parle travail des usines, soit par les petits métiers à domicile (coulure, dentelle d’Irlande, elc.). On assiste sur place à urte évolution du type que n’expliquent ni les croisements ni la consanguinéité, mais la substitution d’un régime quasburbain à la vie au grand air. Plus de joliesse,
- plus de morbidesse, et aussi plus d’anémie et de tuberculose.
- 5° Le type louranien est surtout signalé'chez les femmes, et cela seul doit nous mettre en défiance. Les hommes, sous le chapeau de feutre à rubans, ou le béret de matelots, figurent aux yeux non prévenus d’honnêtes Celtes auxquels on peut voir, quand ils sont rasés, un visage plus particulièrement irlandais.
- 6° Quant aux broderies vertes, jaunes, orangées des corsages, et à leur dessin, il se peut qu’elles rappellent à des voyageurs des broderies thibétaines ou hindoues (et, en ce dernier cas, nous ne serions plus chez des Touraniens). Mais inutile de chercher si loin désassimilations. Sur les vieux corsages de Lanriec et Beuzec près Concarneau, sur ceux d’El-liant, on trouve des ornements très analogues. Les principaux motifs brodés à Pont-l’Àbbé s’appellent fougères, vipères et plumes de paon. En tenant compte de la stylisation nécessaire et traditionnelle,
- Une Bigoudenn. (Aquarelle de, Méheut.)
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- le dessin répond assez bien à l’appellation. Il paraît sage d’admettre que les premiers brodeurs ont simplement imité des fougères bretonnes, des reptiles bretons et des plumes de paons bretons. La truculence de ces broderies est d’ailleurs une chose très moderne. Les corsages d’il y a cinquante ans étaient brodés d’une façon beaucoup plus sobre.
- 7° J’ignore ce que peut avoir de touranien l’indice phallique de la coiffe bigoudenn. S’il a vraiment la signification qu’on lui donne, serait-il impossible de lui trouver des origines au pays même, dans certains mégalithes très armoricains dont cette côte de Penmarc’h est abondamment pourvue? Charles Le Goffic note qu’au pays de Plougastel-Daôulas, les ornemenls ont une valeur de symbole. Probablement en est-il de même en d’autres cantons.
- compte, on remarque que le breton du pays bigoudenn est l’un des plus doux qui soient, des moins scandés, des moins lourds, des moins gutturaux. Ceci contraste avec la rudesse des paludes. A noter la vocalisation de l'y. Le ya (oui) des autres dialectes s’y prononce ia. L’aspiration, dans certains cas, y est remplacée par un f, analogue au digam-ma du grec éolien. Si le digamma est considéré dans les dialectes grecs comme un signe d’antiquité, on pourrait, par analogie, voir dans le dialecte bigoudenn l’un de ceux qui ont le mieux conservé l’aspect primitif de la langue bretonne, et, en raisonnant de la langue à la race, dans le bigoudenn lui-même un des plus vieux spécimens de la race bretonne, sans la moindre intrusion de la lointaine Asie.
- Si toutefois on nous citait un lait qui militât en faveur de l’hypothèse touranienne, nous n’aurions qu’à nous incliner. Mais aucun fait de ce genre n’a jamais, à notre connaissance, été cité. Gela étant,
- Molijs de broderies. (Aquarelles de Meheut.)
- 8° Le feutre bigoudenn est analogue avec quelques particularités à tous les feutres du Léon, du Yannetais et de la Cornouaille. La coiffe bigoudenn, qui semble si spéciale, est problement la même, à l’origine, que la coiffe de la campagne quimpé-. roise. A Quimper le daléclenn s’est développé (jusqu’à ces dernières années, qui en ont vu le rapetissement graduel); à Pont-l’Abbé, il s’est réduit, sans disparaître, au profit de la coiffe de devant, proprement dite bigoudenn. Mais, il y a seulement vingt ans, la transition s’observait du côté de Peu-mérit, Tréméoc, etc., à la lisière des deux cantons, de même qu’à mi-chemin de Penmarc’h à Douar-nenez on trouvait, associée à la coiffure bigoudenn, la collerette tuyautée de la bourledenn, elle-même diminutif de la grande collerette fouesnantaise.
- Ces diverses observations tendent à établir que la population bigoudenn n’est nullement une enclave toui’anienne parmi des Aryens, à peine une enclave celtique parmi d’autres Celtes. On peut admettre qu’il y a eu superposition ou juxtaposition de tribus dans l’Armorique, distinguer, par exemple, des autochlhones et des insulaires, tous de même race fondamentale. Si l’on s’en rapporte à la langue, dont les ethnographes de l’hypothèse touranienne ne sont pas accoutumés de tenir
- d’où vient que celte hypothèse a rallié si facilement les suffrages? C’est d’abord qu’elle a un vague air scientifique, à quoi se prend volontiers le badaud f ensuite qu’elle accuse l’exotisme d’une population pleine de caractère. Depuis un grand siècle nous raffolons d’exotisme. Des Kalmouks ou des Thibé-tains en pleine France, quelle aubaine pour les littérateurs, les artistes ou, tout bonnement, les touristes! A cet égard, je crois bon d’indiquer deux témoignages : celui du peintre Lucien-Simon, qui n’est certainement pas suspect d’avoir enjolivé ses bigoudenn, etqui,interrogél’an dernier par moi, me répondit qu’à tout prendre le type lui paraissait de même race que les types circonvoisins ; /
- celui de l’auteur de Y Ame bretonne, Charles yJ^/^ Le Goffic, qui, cette année même, le K> août (jour du pardon de Notre-Dame-de-la-Joie, à Penmarc’h), m’avoua être frappé par l’élégance de la femme bigoudenn et n’y plus reconnaître la Mongole qu’il y avait cru voir, sur la foi d’écrits pseudoscientifiques, trente ans plus tôt. Auguste Dupouy.
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- LES RAYONS X ET LA STRUCTURE DE L’ATOME
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- L’atome de Bohr.
- Nous avons vu dans nos précédents articles que l’émission et l’absorption des rayons X ne dépendent que de la nature et du nombre des atomes présents dans le corps émetteur ou absorbant, ces phénomènes sont absolument indépendants et de l’état physique du corps et de la façon dont les atomes y sont groupés ou reliés entre eux. Ces constatations nous autorisent à penser que la production ou l’absorption des rayons X sont liées à la structure intime de l’atome : il devient tout naturel de nous aider des rayons X comme d’un guide pour pénétrer au sein du mystérieux édifice atomique. On peut présumer que la gradation constatée dans la gamme de rayons X caractéristiques émis par les atomes, lorsqu’on remonte l’échelle des nombres atomiques, répond à quelque variation régulière dans la disposition des. électrons.
- Dans ces dernières années; de très nombreux physiciens ont proposé des modèles d’atome, bâtis uniquement avec des électrons négatifs et un noyau positif de charge électrique égale à la somme de celle des électrons. Certains ne veulent voir dans ces efforts que la recherche de représentations mnémotechniques, commodes sans doute pour grouper et exprimer simplement le plus grand nombre possible de faits connus, mais qui n’accroissent en rien nos connaissances. Le même reproche a été adressé à certaines époques à la théorie atomique, par exemple; celle-ci en a fait justice par les découvertes éclatantes vers lesquelles elle a guidé la science.
- Nous savons aujourd’hui que l’atome est un édifice complexe construit au moyen d’un petit nombre d’éléments simples; nous savons que dans certaines circonstances, ces éléments peuvent être arrachés à leur atome ; les phénomènes d’ionisation, d’émission photoélectrique, et la radioactivité en sont la preuve. Tous ces faits nous prouvent que l’atome est un réservoir d’énergie; on sait calculer aujourd’hui les quantités d’énergie atomique emmagasinées dans la matière, autrefois qualifiée d’inerte. Elles sont formidables : une masse de 1 gramme prise au zéro absolu contient, au repos, une énergie intra-atomique qui correspond à 22 milliards de grandes calories. C’est la chaleur que dégagerait la combustion de plus de 5 millions de kilogrammes de houille. Si nous étions maîtres de cette énergie, 20 grammes de matière suffiraient à remplacer les 60 millions de tonnes de houille que la France consommait avant la guerre.
- Supposons que ce rêve se réalise quelque jour : ce sera la plus grande conquête pratique de l’humanité depuis la découverte du feu.
- Nous n’en sommes pas encore là. Mais on comprend que l’énergie intra-atomique fascine les chercheurs; avanfde songer à l’asservir, il faut connaître
- avec quelque précision le mécanisme qui l’engendre et c’est le but vers lequel tendent les constructeurs de modèles d’atomes.
- Parmi les nombreux essais de ces dernières années, l’un des plus heureux paraît être celui du physicien danois Niels Bohr. Son grand mérite, celui qui a attiré sur lui l’attention du monde savant est le suivant : partant d’hypothèses discutables sans doute, mais simples, il permet non seulement d’expliquer, mais de prévoir un grand nombre de phénomènes, relatifs surtout aux radiations.
- De ces vérifications dont certaines atteignent une précision surprenante, on est en droit de conclure qu’il y a dans les hypothèses de Bohr quelque vérité physique profonde.
- Bohr représente l’atome comme une sorte de système planétaire ; au centre un noyau porteur d’une charge électrique positive et dans lequel est concentrée presque toute la masse matérielle de l’atome; autour de ce noyau gravitent, sur des orbites à peu près circulaires, des électrons, de masse matérielle très faible vis-à-vis de celle du noyau, et tous porteurs de la charge électrique négative élémentaire — e. Chaque électron circule sur son orbite autour du noyau central avec une vitesse angulaire uniforme. La charge électrique positivé du noyau est proportionnelle au nombre atomique N.
- Cette représentation ramène les problèmes de la mécanique atomique à des problèmes assez analogues à ceux de l’astronomie newtonienne, (Il y a toutefois une différence assez notable : dans le système solaire les planètes attirées par le soleil s’attirent également entre elles; ici les électrons attirés par le noyau se repoussent les uns les autres.)
- Si l’on considère une orbite isolée en négligeant tout d’abord, comme on le fait en astronomie, les perturbations dues à l’action des autres électrons du système, on voit que sur chaque orbite il y a équilibre entre la force d’attraction électrique qui attire l’électron vers le noyau, et la force centrifuge due à la masse matérielle de l’électron et à sa rotation qui tend à le rejeter loin du noyau. La première force est exprimée par la loi électrique élémentaire de Coulomb (attraction égale au produit des charges électriques divisé par le carré de leur distance), la seconde est exprimée par une formule élémentaire de mécanique (force centrifuge égale au produit de la masse matérielle par la distance au centre et le carré de la vitesse angulaire).
- Jusqu’ici rien de particulièrement original dans les conceptions de Bohr; mais voici où il s’écarte des sentiers battus. La condition d’équilibre précédente fournit pour toute orbite une relation entre le rayon de celle-ci et la vitesse angulaire de l’électron. Et c’est tout, Rien ne nous empêcherait donc
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- de supposer que suivant les circonstances, les électrons peuvent être amenés à décrire des oçbites d’un rayon quelconque aulour du noyau. Or suivant Bohr, il n’en est rien. Guidé par la théorie des quanta, il pose comme règle, que pour toute orbite électronique, le moment de la quantité de mouvement de l’électron (c’est le produit de la masse matérielle par le rayon et le carré de la vitesse angulaire) est nécessairement un multiple du quantum de Planck.
- On déduit très simplement de cette hypothèse combinée à la loi de l'équilibre qu’il peut y avoir toute une série d’orbites électroniques autour du noyau ; mais leurs rayons ne sont pas arbitraires, ils sont proportionnels aux carrés des nombres entiers successifs : la première orbite, la plus rapprochée du centre, aura par exemple le rayon 1, la deuxième aura le rayon 22 = 4 ; le troisième le rayon52 = 9, et ainsi de suite. La durée de révolution de l’électron sur l’orbite est proportionnelle au cube des nombres entiers successifs. Si on la suppose égale à 1 sur le premier cercle, elle est égale à 8 sur le deuxième, à 27 sur le troisième, etc.
- Enfin, on montre que la présence de l’électron sur l’un de ces cercles diminue l’énergie du noyau d’une certaine quantité que nous appellerons Wn pour le cercle de rang n ; cette quantité à soustraire de l’énergie du noyau représente en même temps l’énergie qu’il faudrait fournir à l’atome pour expulser entièrement l’électron; c’est, si l’on veut, l’énergie d’ionisation. On montre qu’elle est d’autant plus faible que le rayon de l’orbite est plus grand ; elle est inversement proportionnelle au rayon. Ce qui revient à dire que l’on a W2 = 1/4 Ws= 1/9 W, et ainsi de suite. Ainsi lorsque l’électron occupe une orbite plus éloignée du noyau, l’énergie totale de l’atome est plus grande. Elle diminue lorsque l'électron se rapproche du noyau.
- Un électron, tournant sur l’une quelconque de ses orbites, est dit en équilibre dynamique.
- Bohr fait les hypothèses suivantes : 1° l’électron en équilibre dynamique ne produit aucune radiation électro-magnétique : ce physicien renonce donc délibérément à la théorie électro-magnétique ; car suivant celle-ci, comme l’électron en mouvement de rotation uniforme a une accélération constamment variable en direction, il devrait rayonner. Mais nous l’avons déjà vu, il y a incompatibilité entre la théorie électro-magnétique classique et les phénomènes des quanta. 11 fallait choisir et c’est ce que Bohr a fait.
- 2° Lorsque, pour une raison quelconque, un électron passe d’une orbite à une autre, il le fait brusquement (nous savons, en effet, qu’il ne peut occuper aucune position stable intermédiaire entre les orbites). Dans ce passage l’értergie du système change : - ' ,
- Si l’électron passe d’une orbite intérieure à une orbite plus éloignée du noyau, c’est, d’après ce qui a été dit plus haut, que l’énergie de l’atome a augmenté. Il a fallu lui fournir pour cela de l’énergie
- extérieure. L’atome aura absorbé une radiation, ou bien une impulsion provenant du choc d’un projectile extérieur, tel qu’un corpuscule cathodique.
- Si au contraire l’électron retombe d’une orbite extérieure sur une orbite intérieure, il y aura mise en liberLé d’énergie. Bohr admet que cette énergie est libérée sous forme de radiation de fréquence bien déterminée, obéissant à la loi du quantum. Il y a alors émission d’une radiation caractéristique.
- Ainsi, supposons que l’électron tombe du 2e cercle orbital, sur le premier; l’énergie libérée est la difle-rence des énergies orbitales W4 —W2, soit 5/4 W^; et la radiation produite a une fréquence / déterminée par la relation d’Einstein hf =W, — où h désigne la constante de Planck.
- Voilà une série d’hypothèses évidemment très arbitraires ; mais une fois admises elles entraînent une série de conclusions que l’expérience a vérifiées avec une extraordinaire précision.
- La première est tirée du spectre de l’hydrogène. L’atome d’hydrogène est constitué par un noyau autour duquel tourne un seul électron ; cette constitution est confirmée par toutes les données de la chimie et de l’éleçtrolyse. Nous sommes donc rigoureusement dans le cas simple étudié plus haut et nous pouvons confronter les résultats de la théorie de Bohr avec les faits, expérimentaux que nous donnent les études optiques du spectre de l’hydrogène. Celui-ci, dans les limites très larges entre lesquelles il a été étudié, contient un grand nombre de raies qui ne sont pas distribuées d’une façon arbitraire ; Balmer, le premier, puis Rydberg et Ritz ont reconnu que les fréquences de ces raies étaient reliées par une relation simple : c’est la suivante
- f= A ( —---------a I dans laquelle ni et n sont des
- 1 \n3 ni-/ 1
- nombres entiers et A une constante.
- On reconnaîtra aisément que le modèle d’atome de Bohr fournit exactement la même relation, si l’on suppose que la radiation est produite par un atome tombant de la mme orbite sur la w"ie.
- Mais ce qui est plus remarquable, c’est que le calcul poussé à fond donne pour la constante A, exactement la valeur trouvée expérimentalement par Rydberg. C’est là une de ces coïncidences qui donnent un poids singulier à une théorie.
- Si l’on passe de l’atome simple d’hydrogène à des atomes plus lourds comprenant un nombre plus ou moins grand d’électrons, l’étude dynamique de l’électron sur les bases esquissées plus haut devient fort complexe et nous ne tenterons pas de l’aborder.
- Nous retiendrons seulement que le mécanisme qui vient d’être décrit nous oflre encore une image schématique approximative pour la constitution d’un atome plus compliqué : nous y trouvons toujours un noyau positif central, et des électrons ne pouvant tourner que sur un nombre limité d’orbites séparées les unes des autres.
- On désigne par les lettres K, L, etc., ces
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- ~ LA PRODUCTION DIRECTE DE L’ACIER
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- orbites en allant du centre à la périphérie. C’est à dessein, nous allons le voir, qu’on a choisi les lettres mêmes par lesquelles on désigne les différentes catégories de rayons X caractéristiques.
- Pour arracher un électron à son orbite, l’expulser entièrement du champ atomique (c’est le cas de l’ionisation) il faut faire absorber à l’atome une certaine quantité' d’énergie d’autant plus élevée que l’orbite en question est plus 'voisine du noyau : Wk pour l’orbite K, W£ pour l’orbite L, etc.
- Inversement, quand l’atome préalablement excité reprend l’électron qui lui à été arraché, il y a dégagement d’énergie sous forme de radiation : si l’électron a été arraché à l’orbite K, il revient sur cette orbite en dégageant Pénergie WAet In produisant une radiation de fréquence f où f est donné par la loi du quantum hf=VtK.
- Mais le réarrangement atomique peut aussi se faire par la chute d’un électron de l’orbite L ou M, sur l’orbite K ; et dans ce cas les fréquences des radiations qui se produisent sont données par les relations hf—WA — \\L ou hf — WK — W>f.
- Ces radiations constituent la série K des rayons X caractéristiques. De même les rayons L s’expliquent par la chute sur Porbite L d’électrons provenant des orbites plus éloignées ou de la périphérie de l’atome, ainsi de suite.
- Ces considérations cadrent bien avec lés faits expérimentaux. On en déduit même que pour un même corps il doit exister entre les fréquences des raies de la série L et celles de la série K une relation niimérique que l’expérience a vérifiée d’une façon satisfaisante. ’
- Les électrons qui occupent Porbite K subissent plus que tous les autres l’influence de l’attraction du noyau, en lequel est concentrée une charge électrique proportionnelle au nombre atomique. Aussi, dans Pénergie afférente à cette orbite trouve-t-on que le nombre atomique intervient par son carré, et l’on s’explique ainsi la loi de Moseley pour les raies de la série K; cette loi, on s’en souvient, donne une relation simple entre la fréquence de ces raies et le nombre atomique de l’atome émetteur.
- L’influence du noyau s’atténue au fur et à mesure que l’on passe sur les orbites plus éloignées; les électrons interposés forment un écran électrique de plus en plus opaque : aussi les relations entre le nombre atomique et les fréquences des raies caractéristiques deviennent-elles de plus en plus com-
- plexes et floues au fur et a mesure qüe les radiations' intéressent des orbites plus éloignées du centre.
- Ainsi les radiations du spectre visible qui s’ex- j pliquenl par des échanges d’électrons entre les orbites ! les plus voisines de la périphérie, n’ont-elles plus de ! rapport simple avec le nombre atomique dès qu'il s’agit de corps un peu élevés dans l’échelle des nombres atomiques.
- Par là apparaît la différence profonde qui disr tingue les spectres visibles des spectres de rayons X; ces derniers naissent dans les profondeurs del’alome au voisinage et sous l’action directe du mystérieux noyau, tandis que les premiers ne sontqu’un phénomène de surface.
- Dans un atome, électriquement neutre, le noyau autour duquel les électrons forment un écran absolu n’a aucune action en dehors de l’atome ; l’action extérieure de celui-ci ne s’effectue que par les électrons présents sur l’orbite externe; c’est donc du nombre de ceux-ci que dépendront notamment les affinités chimiques de l’atome.
- Ainsi, la répartition des électrons sur les orbites les plus profondes doit expliquer les rayons X; Tes électrons des orbites suivantes expliqueront les ra-r diations du spectre visible; les électrons de l’orbite périphérique expliqueront les propriétés chimiques de l’atome et sa place dans la classification périodique de Mendeleief.
- Si le schéma de Bohr permet de représenter dans ses grandes lignes le mécanisme des rayons X caractéristiques, inversement la connaissance des radiations X caractéristiques d’un atome doit jeter une certaine lumière sur la structure de celui-ci, c’est-à-dire sur le mode de répartition des électrons autour du noyau. C’est là évidemment un problème en général très difficile. Il suffit pour s’en rendre compte de songer aux 92 électrons de l’atome d’uranium, le plus lourd des corps simples. Aussi n’a-t-il été résolu jusqu’ici que dans un tout petit nombre de cas. Mais la voie est ouverte désormais, et l’on peut entrevoir, à la lumière des découvertes de Laue, Bragg, et de théories dans le genre de celles deBohr, la naissance d’une chimie nouvelle, déduisant foutes les propriétés individuelles des corps de l’architecture de l’atome et de la molécule enfin dévoilée : cette chimie tiendra de la géométrie, de l’arithmétique et de la mécanique et ressemblera sans doute fort peu à notre actuelle chimie.
- A. Troller.
- LA PRODUCTION DIRECTE DE L’ACIER
- La production directe du fer et de l’acier à partir du minerai a toujours tenté les ingénieurs métaL lurgistes en raison de l’économie qui pourrait résulter du procédé.
- Le fer était extrait primitivement par la réduction du minerai au moyen du charbon de bois.
- Celte méthode simple demandait en charbon trois fois le poids de fer produit et l’extraction incomplète laissait perdre une fraction importante de métal du minerai riche. Lés- exploitations anciennes se décèlent par l’existence des « crassiers » que l’on a retrouvés et que l’on a exploités dans les hauts
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- LA PRODUCTION DIRECTE DE L'ACIER
- fifiig. i. — Procédé Basset. — Four rotatif-en marche.
- On voit' la buse d’air avec le tuyau coudé au-dessus qui amène- le charbon pulvérisé; un des trois trous de coulée est en bas et le métal sort par la rotation du four (3 minutes), environ 200 kg.
- fourneaux à condition que les frais de transport ne fussent pas trop onéreux.
- Cependant les forges catalanes primitives ne pouvaient assurer une production en rapport avec les besoins déplus en plus grands de la construction métallique et mécanique, concurremment avec l’économie de combustible demandée. C’est ainsi qu’on a été amené à édifier dés appareils de grandes dimensions pour mieux utiliser la chaleur; mais dans ces appareils, à partir d’une certaine capacité, le fer, sous l’effet de la température élevée, se carbure et se transforme en fonte, plus fusible, mais non forgeai)le.
- L’éconoriiie de combustible, l’extraction plus complète du métal du minerai ont justifié l’édification dès « hauts fourneaux » qui atteignent actuellement des proportions gigantesques.
- Il faut transformer la fonte en un produit for-geable et parallèlement au développement de la fonte, on crée le puddlage, opération pénible, puis le Bessemer qui traite de grandes quantités et fournit de l’acier, le four Martin qui traite la fonte et les riblons pour produire économiquement un métal de qualité, le convertisseur Thomas qui permet l’élimination du phosphore gênant dans les fontes, provenant' de minerais phosphoreux. En dernier lieu, les aciers fins' et spéciaux sont obtenus au four électrique qui consomme beaucoup d’énergie.
- L’obtention directe de l’acier à partir du minerai devait tenter les1 chercheurs en raison de la suppression dès appareils: de traitement de la fonte,1 avec leurs difficultés : choix , de ' matières, premières! complexité d’installations,s dépense supplémentaire de combustible.
- Siemens consacra un labeur considérable à cette
- question en cherchant à reproduire directement l’acier sur sole. Ghenot obtenait, en réduisant l’oxyde de fer par le charbon dans.de grandes annexes chauffées extérieurement, des éponges de fer qu’il fallait ensuite agglomérer et fondre.
- Tous les essais nombreux qui ont été tentés n’ont pu aboutir pour diverses raisons, dont la plus importante était l’impossibilité absolue d’extraire tout le métal du minerai. Il restait dans les laitiers 50 à 55 pour 100 d’oxyde de fer et cette perte de matière première enlevait tout intérêt à ces méthodes.
- La réduction incomplète du procédé Siemens sur sole, le manque de chaleur des cornues du procédé Ghenot ont empêché tout résultat industriel. Le fer se réoxydait sur la sole, l’oxyde de carbone ne pouvait réduire le silicate de fer, etc....
- Les éponges de fer obtenues dans l’un ou l’autre cas brûlaient quand on voulait les agglomérer ou les fondre. On a cherché à fondre les éponges au four électrique qui est coûteux et qui complique considérablement l’opération industrielle en anihilant son économie.
- Bans le procédé de Bourcoud on pense réduire l’oxyde de fer dans un four rotatif au moyen de gaz de gazogène et réaliser la fusion des éponges ou du poussier de fer dans un four électrique.
- Fig.2. — Four rotatif d'affinage par le procédé de Basset en service à l'usine de Dennemont.
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- Fig, 3. — Le surchauffeur d’air qui échauffe préalablement à /ooo° l'air de la combustion, au moyen des gaz encore combustibles qui s’échappent du four rotatif.
- Les gaz cheminent suivent une spirale, ce qui prolonge leur action réductrice, mais malgré cela la réduction est incomplète, car l’oxyde de carbone ne peut réduire les silicates. D’ailleurs l’action réductrice est lente en raison de l’équilibre chimique
- qui s’établit rapidement entre l’oxyde de carbone réducteur et l’acide carbonique produit. Cette opération demanderait au minimum 1200 kg de houille par tonne d'éponges de fer.
- Celles-ci sortant du four à 1000° ou 1100° de^
- Fig. 4. — Le procédé Basset est appliqué à l’usine de Dennemont dont on aperçoit ici une partie.
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- LA PRODUCTION DIRECTE DE L'ACIER
- manderaient en plus pour leur fûsion d 000 kilowatts-heure par tonne d’aeier. Cette puissance électrique consommée est disproportionnée et la méthode Bourcoud n’offre comme nouveauté que la forme particulière du four, dont l'efficacité est à démontrer.
- Nous pensons que pour obtenir un résultat réel, il faut modifier profondément la manière de faire. Pendant la réduction du métal et au cours de la fusion, l’atmosphère doit être formellement réductrice, non seulement sans oxygène libre, mais aussi sans vapeur d’eau, ni acide carbonique.
- Ces deux produits cèdent facilement tout ou partie de leur oxygène et peuvent ainsi réoxyder le fer déjà réduit et c’est leur présence dans les produits de la combustion qui a rendu impossible la réduction totale de l’oxyde de fer ou seulement la fusion du fer.
- L’action réductrice du charbon est d’autant mieux contre-balancce par l’action oxydante de l’acide carbonique et de la vapeur d’eau qu’on sè trouve en présence d’éponges de fer poreuses qui présentent une surface d’attaque considérable.
- Se basant sur ces faits, un chimiste français, Lucien Basset, a conçu une méthode absolument nouvelle. Il ne s’agit pas seulement d une simple spéculation scientifique, mais bien d’une réalité concrète puisqu’une importante usine exploite le procédé actuellement au point.
- Le caractère du procédé Basset est nettement chimique et il peut être réalisé avec n’importe quel four approprié, dans lequel agira une flamme entièrement chaude qui peut atteindre 2000° et qui ne contient ni acide carbonique, ni vapeur d’eau.
- Par suite, la réduction du minerai en feu direct n’est gênée par aucune réaction inverse et elle peut être complète. Le métal fond dans la flamme sans aucune ♦oxydation possible, puisque aucun élément ne peut céder d’oxygène au métal.
- Pour arriver à ce résultat, on brûle du charbon finement pulvérisé dans de l’air surchauffé, en quantité strictement nécessaire et suffisante pour que la combustion ne puisse produire que de l’oxyde de carbone à l’exclusion d’acide carbonique et de vapeur d’eau.
- D’habitude on s’applique à rendre complète 1a combustion du charbon, frf. Basset au contraire s’applique à arrêter cette combustion à son premier stade, c’est-à-dire à l’oxyde de carbone. 11 en résulte que seule une fraction du pouvoir calorifique du charbon est utilisée et le rendement serait désastreux si on laissait s’échapper tout simplement les gaz produits qui sont combustibles.
- Aussi, à la sortie du four, ces gaz sont captés et employés pour une fraction à la surchauffe de l’air de combustion. Cet air est porlé à 1000° et cette chaleur s’ajoute à celle de la combustion du charbon; ce qui représente plus de 4000 calories par kilogramme de combustible. Cela permet d’obtenir une flamme non oxydante d’une température voisine de 2000° qui peut se comparer àcelled’un énorme chalumeau à gaz.
- Le four employé est un four rotatif continu, rappelant les fours à ciment, qui produit 100 000 kg d’acier par jour. Le minerai mélangé de charbon de réduction et. de calcaire est introduit continuel^ lement à une extrémité, tandis qu’à l’autre, l’acier produit coule par intermittence, son élimination à partir du minerai demandant 5 heures.
- L’air chaud à 1000° est amené par un gros tuyau garni intérieurement de produits réfractaires et calorifuges et il arrive dans une buse ou tuyère en tôle d’acier munie d’une chemise à circulation d’eau pour le refroidissement afin d’éviter la destruction.
- Dans l’axe de la buse arrive un petit tuyau percé d’un grand nombre de trous par lesquels, au moyen d’un petit ventilateur, le charbon pulvérisé est projeté en quantité variable qu’on règle par les variations de vitesse d’un distributeur à vis sans fin. Le charbon réglé par ce distributeur et l’air dosé par un registre permettent d’obtenir par une combustion dans une enceinte fermée, sans intervention d’air extérieur, une flamme ayant la constitution chimique désirée.
- Le minerai est mélangé préalablement à la quantité de charbon strictement nécessaire pour réduire l’oxyde de fer. Le mélange soumis à la flamme s’échauffe et la réduction qui commence à 600°
- Fig. 5. — Le hall de coulée de l’aciérie Basset à Dennemont.
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- LE SYSTÈME MÉTRIQUE EN RUSSIE
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- devient active à 800°. Gomme la chauffe continue, le mélange entre en fusion, la gangue d’abord et le fer ensuite.
- L’élaboration du métal se fait exactement comme si elle était réalisée dans un creuset brasqué, car aucune action secondaire ne vient troubler la réduction. Celle-ci est complète et la fusion du métal se fait sans possibilité d’oxydation, car en dehors de l’oxyde de carbone, stable à cette température, il n’existe dans le four aucun composé capable de céder son oxygène.
- On a vu que la quantité de charbon est dosée pour la réduction de l’oxyde de fer seul. Gomme l’oxyde de manganèse, les phosphates et les silicates sont plus difficilement réductibles que l’oxyde de fer, on obtient un métal sans manganèse, ni phosphore, ni silicium qui n’étant pas libres ne peuvent s’incorporer au fer.
- Le soufre qui provient d’un minerai naturellement calcique ou, additionné de calcaire, passe dans les laitiers à l’état de sulfure de calcium. Le mélange liquide : laitier et acier fondu, au sortir du four; rotatif, est reçu dans un mélangeur ou four d’affinage. Les scories surnagent et.se versent par le bec. Le garnissage du four d’affinage dépend du métal, suivant qu’il contient encore du soufre ou du phosphore.
- Le procédé Basset peut traiter n’importe quelle sorte de minerai et fournit, à partir de celui-ci, un métal pratiquement pur.
- Suivant la quantité de charbon de réduction em-
- ployée, on peut obtenir le métal sous forme de fer, d’acier ou de fonte. 4
- La figure I montre le devant du four rotatif. La buse d’air chaud et de combustible pulvérisé pénètre dans l’axe du four à la partie inférieure, le bac de coulée laisse passer l’acier liquide qui touche dans un chenal le conduisant au mélangeur voisin.
- La continuité de l’opération, la température élevée de la llamme et l’emploi par lui-mème économique du charbon pulvérisé, autant d’éléments qui favorisent la consommation faible de combustible. En tenant compte du gaz non utilisé dans le surchaut-feur d’air, on arrive à ne consommer que 600 kg de charbon maigre par tonne d’acier liquide. Au haut-fourneau il faut de 1000 à 1200 kg de coke par tonne de fonte. De plus, on extrait 99 pour 100 de fer contenu dans le minerai et la réduction peut être considérée comme pratiquement tolale.
- Le procédé Basset réalisé le plus logiquement et le plus économiquement possible, est parfaitement juste au point de vue chimique et il résout le. problème de la sidérurgie directe.
- Son intérêt est considérable, car en. plus de la suppression de l’altirail compliqué de la métallurgie du fer, il nè consomme qu’une quantité faible de charbon maigre au lieu de coke métallurgique. Il permet ainsi à notre pays d’exploiter ses richesses minières inépuisables et de se placer en très bon rang parmi les grandes puissances métallurgiques sans être à la merci des exigences ou du bon vouloir des voisins. E.-H. Weiss.
- LE SYSTÈME MÉTRIQUE EN RUSSIE
- Dans article consacré à la situation du Système métrique, publié par La Nature (n° 2461 du 4 juin 1921), j’avais indiqué comme douteux, à la suite des pays ayant voté ou décrété l’obligation, la République russe. Aujourd’hui, nous possédons des renseignements suffisamment précis pour écarter le doute, et ranger définitivement la Russie parmi les contrées vouées désormais au système international des Poids et Mesures, créé par la France à la fin du xvm” siècle.
- Dès les premiers jours de la révolution russe de février 1917, une active propagande fut commencée en faveur du système métrique obligatoire. Le mouvement eut comme moteur principal la Chambre Centrale des Poids et Mesures de Pelrograd, à la tête de laquelle était alors Egoroff, depuis décédé. Il aboutit, le 14 septembre 1918 à la publication d’un décret du Conseil des Commissaires du Peuple, concernant l'mtroduclion du Système métrique décimal et international des, Poids et Mesures.
- Le premier article de ce Décret déclare en principe le système métrique fondement de toutes les Mesures exécutées en Russie.
- Le second déclare prototypes nationaux le mètre n° 28 et le Kilogramme 12, attribués à la Russie par la Première Conférence internationale des Poids et Mesures, tenue en 1889.
- Le reste du décret s’occupe des modalités de l’intro-
- duction effective du système à travers le pays. On s’imagine que ce n’est pas une petite affaire que de cha"ger de fond en comble lés mesures dans une région d’une étendue pareille â celle de la Russie. La seule fabrication des nouveaux poids exigera, paraît-il, l’emploi de soixante dix mille tonnes de fonte.
- Dès la proclamation du Décret de 1918, une Commission centrale fut créée, en vue d’en rendre l’exécution aussi rapide que possible. Elle est composée de représentants des divers départements intéressés. Son premier président fut Egoroff, auquel a succédé depuis lé Pr Eichenwald.
- On prit le parti, devant la grandeur de la tâche, de la fractionner dans le temps et dans l’espace, comme cela se fait actuellement au Siam et dans l’Empire du Japon. On avait prévu d’abord que, le 1er janvier 1921, les mesures métriques seraient partout en usage. En ce moment, le Département scientifique et technique du Conseil supérieur de l’Economie nationale, dont dépend la Commission centrale métrique, prépare un nouveau décret prorogeant cette daté, et indiquant les services et les régions qui, successivement, procéderont à l’adoption définitive et complète.
- En attendant, on est loin de demeurer inactif dans les sphères officielles. On établit des types de poids et de mesures métriques ,1 on a formulé des règles pour leur établissement et leur vérification; on publie des
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- brochures, des articles de propagande; on répand dans le monde russedes tableaux de comparaison des anciennes et nouvelles mesures, des tables détaillées pour la réduction des unes aux autres; on multiplie les leçons et les cours sur le système métrique, etc.
- A cette propagande s’attellent lesplus éminents savants du pays. C’est ainsi que le fameux physicien Chwolson a publié une brochure de 32 pages intitulée : Mètre, Hectare, Litre, Gramme, spécialement destinée à la vulgarisation.
- Actuellement c’est surtout dans les chemins de fer que l’emploi des mesures métriques est le plus généralisé. Les administrations chargées du service d’alimentation font peu à peu pénétrer dans les masses les idées métriques en employant les mesures du nouveau système dans les distributions de lait, de tabac, de pain, etc.
- On peut considérer d’ores et déjà l’adoption de ces mesures comme à peu près définitive dans les établissements scientifiques, la pharmacie et les constructions métalliques.
- Je trouve dans une brochure toute récente de M. le Pr lssakoff, membre de la Chambre centrale des Poids et Mesures, un tableau de concordance des mesures métriques et russes. J’en extrais quelques éléments, à titre de curiosité.
- 1 verste 1 kilomètre 1 archine
- 1-|-j|-) kilomètre.
- .JA
- ni/
- 1-5
- verste.
- 1 -f ) mètre.
- 2. (1 + j mètres
- 1 fout ([lied) = 0,3. ( 1 -f ) n être.
- 1 mètre
- 10
- 3
- it; y e
- |)‘ ( 1 — jJj ) archine. fouL
- 1 fount(livre) — 0,4 ^1 +kilograi
- 1 kilogramme =
- 1 poud —
- 1 zolotnik =
- 1 dolia =
- I gramme =
- 10
- T‘
- 16.
- M
- so.
- -i"
- 100
- T
- i +
- 42
- fount.
- kilogrammes.
- 1\
- 1 15/
- grammes.
- milligrammes.
- zolotnik. dolia.
- 1 deciatine 1 hectare
- 1 + —J hectare.
- 1 — ~ 'j deciatine.
- 1 veder 1 tchelverik 1 hectolitre
- 1 garnets 1 litre
- 10
- 10.
- hectolitre.
- 1 + ~ ) hectolitre.
- 1'
- veder.
- 1 — j tchelverik.
- 1 04
- litre.
- 0,5. 1
- garnets.
- L’accession de la Russie au système métrique est un heureux événement. Elle achève d’isoler le système impérial anglais, fortement battu en brèche, même en Angleterre et aux Etats-Unis, et dont l’infériorité est tellement évidente qu’on a peine à en comprendre l’emploi par des gens aussi pratiques que les Anglo-Saxons et les Yankees.
- La persistance de 1’ « Impérial System » n’est au fond qu’une manifestation d’amour-propre mal placé. Un jour ou l’autre, nous en sommes sûrs maintenant, ce « système » s’avouera enfin vaincu. On ne peut avoir raison contre tout îe mende. Léopold Revercuon.
- L’EXPÉDITION DE 1921 AU
- L’Alpine Journal de novembre 1921 (n° 223, p. 114, avec une carte et un panorama), fait connaître les remarquables résultats de l’expédition de reconnaissance entreprise cette année, par les soins et aux frais de la Geographical Society et de Y Alpine Club, — pour préparer l’ascension du mont Everest, la plus haute montagne du monde (v. La Nature, n° 2449, 19 mars 1921, inform. p. 81; et nos 2111, 8 nov. 1915 et 1095, 18 nov. 1905, etc.).
- Partie de Darjeeling le 18 mai, la mission était à Kampa-Dzong (Thibet), le 4 juin, et le 18 à Tingri-Dzong, à 65 ou 80 kilom. Nord-Ouest de l’Everest.
- M. Mailory et Bullock, constituant la section escala-deuse de la troupe, se sont employés du 23 juin au 5 octobre* à explorer les approches occidentale, septentrionale et orientale de la montagne, c’est-à-dire les vallées et les glaciers de Rongbuk, Kharfa et Eama. (On sait que l’accès du revers sud est interdit par lé
- MONT EVEREST (HIMALAYA)
- gouvernement du Népal. On a d’ailleurs pu se rendre comptequ’ilestdesplus escarpés.) Us ont gravi notamment un pic et un col (col du Nord) de plus de 7100 mètres.
- La face nord de l’Everest est un précipice inabordable de plus de 5000 mètres de haut. Trois arêtes divergent du sommet, vers l’Ouest, le Nord-Est et le Sud-Est.
- La seclion topographique, dirigée par le colonel Howard Bury, rapporte une première carte du massif : grande nouveauté géographique, car on s’est approché (au col du Nord) à 4 kilom. du sommet.
- D’après les photographies prises, il ne semble pas que les 1800 derniers mètres à gravir sur Taré te nord-est depuis le col du nord présentent des difficultés insurmontables. Mais il faudrait parvenir au col par la branche orientale du glacier de Rongbuk; et surtout se trouver à pied d’œuvre, pour l’expédition définitive de 1922, deux mois plus tôt que cette année.
- Mr. J. N. Coolie, président de T Alpine Club, espère
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- qu’en juin ou juillet de l’an prochain la montagne pourra être conquise, si le beau temps est favorable.
- Déjà la reconnaissance, qui vient de s’achever, lévèle la topographie de 10 000 miles carrés de pays connus seulement par une carte (?) chinoise d’il y a 200 ans! On a bien constaté l’existence de très hautes montagnes ignorées, à l’Ouest, sur la lisière nord du Nepol : mais il n’apparaît pas qu’elles dépassent l’Everest en élévation, contrairement à ce qu’avaient suggéré Graham et Boss en 1883. Les résultats zoologiques, botaniques et géologiques seront aussi d’importance.
- Malheureusement la mission fut, dès son début, privé d’un de ses plus utiles collaborateurs, le Dr A. M. Relias, subitement décédé d’une affection cardiaque en arrivant au Tibet : chimiste et physicien distingué, il préparait,
- depuis 1910, par ses voyages et ascensions dans le Rik-kim, le grand effort qu’on veut maintenant réaliser. Les fatigues de ses nombreuses ascensions au-dessus de 7000 mètres (et même 7300 mètres au Kamet) ont certainement contribué à sa fin prématurée. En 1917, étudiant la possibilité physiologique de grimper à l’Everest sans le secours artificiel des inhalations d’oxygène, il avait conclu à l’affirmative « pourvu que les difficultés naturelles au-dessus de 7600 mètres ne. fussent pas prohibitives. » (Alp.Jour. 223, p. 145.)
- Ajoutons enfin que l’altitude rectifiée de l’Everest serait non pas de 29 002 pieds anglais (8840 mètres), mais de29 141 pieds (8882 mètres), (ITKellas, Alp.Jour., mars 1921, p. 315.)
- E.-A. Martkl.
- LES APPLICATIONS DE LA PSYCHOLOGIE EXPÉRIMENTALE
- Si naguère la psychologie était considérée comme une discipline de luxe, à caractère purement métaphysique et spéculatif, sans applications pratiques.possibles et reléguée irrémédiablement dans le cabinet d’étude du savant et du philosophe, cet état dé'choses a complètement changé depuis quelques décades: En effet, en se rapprochant des sciences biologiques, notamment de la physiologie, et en s’engageant de plus en plus résolument dans la voie expérimentale qui représente la méthode scientifique par excellence, la psychologie est devenue une science positive dans la pleine acceptation de ce mot. Comme telle elle s’est montrée susceptible de fournir d’utiles indications à une multitude de branches de l’aclivilé humaine.
- 11 est inutile de rappeler que les applications de la psychologie aux domaines pédagogique et médical datent de plusieurs années déjà et qu’elles ont contribué largement d’une part, à établir le système d’éducation et d’instruction sur des bases solides et, d’autre part, à créer des méthodes psychothérapeutiques dont la médecine moderne peut être fière à juste titre. Toutefois ce n’est qu’au cours de ces toutes dernières années qu’on a songé à faire bénéficier d’autres domaines de la vie des découvertes de la psychologie expérimentale.
- C’est sans doute dans le domaine économique — industriel et commercial — que les méthodes de psychologie expérimentale ont trouvé, ces derniers temps, leur champ d’application le plus vaste et le plus fructueux. Et c’est en premier lieu à l’ingénieur américain F. W, Taylor et à ses disciples qu’incombe l’honneur de la diffusion dans le monde industriel, du concept de la ra-tionalnation du travail dans le but d’accroître d’une façon notable le rendement de l’ouvrier et, -par voie de conséquence, la productivité de l’industrie. Malgré le grand nombre d’imperfections et de lacunes que présente le taylorisme, malgré son caractère encore nettement empirique et la nature parfois quelque peu simpliste de scs méthodes d’investigation scientifique, les tentatives de l’ingénieur américain marquèrent le début d’un vaste mouvement dans la plupart des pays à industrialisme développé, tendant à appliquer au travail humain dans l’activité économique en général et au travail industriel en particulier des méthodes rationnelles, susceptibles de réaliser le travail « optimum », c’est-à-dire le maximum de rendement avec un minimum d’effort, de fatigue.
- Si l’application des méthodes de travail américaines se heurta en Europe à de nombreuses difficultés d’ordre technique, économique et social, si du fait de l’organisation très compliquée et fort coûteuse qu’elles exigent de
- la part des entreprises industrielles et des nombreux risques inhérents à la nouvelle organisation du travail, si enfin en raison de Fopposilion croissante de la classe ouvrière, leurs chances de succès étaient minimes, on fut néanmoins obligé-de reconnaître qu’elles contenaient un nombre remarquàblë de principes dont la réalisation, à l’aide de méthodes scientifiques plus précises, devait avoir une immense portée économique et sociale. Et l’on ne tarda pas à se rendre compte que les résultats des investigations psychologiques, poursuivies depuis de longues années déjà dans les laboratoires d’Europe, étaient de nature à apporter un concours précieux à l’étude du travail professionnel.
- Sous là puissante impulsion de la science pure, le mouvement en question a pris un essor grandiose et aujourd’hui, oip constate un peu partout des tentalives visant à l’application systématique de la psychologie expérimentale (sous le nom de psychotechnique) ainsi que de la physiologie à l’organisation rationnelle du travail.
- En premier lieu., ce fut l’élude de la technique professionnelle et des conditions de fonctionnement optimum du « moteur humain»,tels que la fatigue, l’entrainement et l’apprentissage, le rythme, lamonolonie, les influences du milieu, l’outillage automatique et semi-automatique, l’alimentation, etc., qui devint l’objet d’une sollicitude croissante de la part des savants spécialistes et du monde industriel. L’opinion se répandit de plus en plus que l’observation et le raisonnement, l’analyse et l’expérimentation qu’on avait appliqués à l’utilisation des forces de la nature pouvaient s’appliquer avec le même succès à une meilleure utilisation des forces humaines. Et la conviction gagna du terrain qu’à notre époque de science et au moment où l’esprit scientifique appliqué à l’organisation industrielle entre si puissamment en jeu, il convenait de se préoccuper davantage des forces psychiques qui sont, en fin de compte, la source où s’ali-mént les forces physiques les mieux dirigées et lès plus efficaces.
- D’autre part, il est évident qu’au moment où L’on commença à appliquer les méthodes d’expérimentation scientifique à la rationalisation du travail, l’importance capitale d’une sélection systématique des travailleurs, tendant à la réalisation du principe « the righl man in the right place » se manifesta d’une façon particulière. En effet, si le rendement de l’ouvrier devait être porté à son maximum et l’utilisation de l’appareil psycho-physiologique de celui-ci s’effectuer d’une manière iplus économique, si l’appareillage technique de la production (machinisme, outillage) devait être adapté d’une façon
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- aus.'i rationnelle que possible au moteur humain, en un mot, si une collaboration harmonieuse des moteurs animés et inanimés devait être atteinte, il était de toute nécessité dé procéder à une sélection préalable des différents individus. Sans nul doute, la besogne des réorganisateurs devait se trouver notablement facilitée s’ils avaient sous la main des ouvriers répartis enlre les différentes activités selon le principe du « plus apte ». En outre, la spécialisation et la différenciation accentuées qu’entraînent forcément les nouvelles méthodes de travail, exigent des aptitudes physiques et surtout psycho-physiologiques particulières, ce qui doit nécessairement soulever le problème de l’orientation professionnelle.
- Lorsqu’on aborde ces questions d’orientation professionnelle, on s’aperçoit immédiatement, que dans les conditions actuelles, les intéressés n’ont aucune donnée sérieuse pour motiver leur choix. Il en résulte que la répartition des individus dans les différentes professions s’effectue d’une manière très irrationnelle, au détriment aussi bien de l’individu qui souffre moralement et matériellement d’un choix malheureux, que de la société, qui n’obtient pas de lui un rendement suffisant.
- Afin d’obvier d’une manière efficace à ces inconvénients, il est de toute nécessité que, dans l’orientation professionnelle, l’empirisme soit remplacé par des méthodes scientifiques et il convient, en outre, de la faire porter sur tous les domaines de la vie : aussi bien physique qu’intellectuelle et morale.
- D’une manière générale, les deux problèmes à résoudre dans ce domaine par la psychologie expérimentale se résument à ceci :
- 1° Déterminer d’abord les exigences d’ordre physique et psycho-physiologique que chaque profession réclame des candidats.
- 2° Etablir ensuite sur cette base des méthodes scientifiques dans le but de déceler ces aptitudes chez les différents individus.
- L’étude analytique des diverses professions, la caractéristique des éléments physiques et mentaux qu’elles comportent peut se réaliser soit sur les indications de ceux qui les représentent, soit au moyen de questionnaires détaillés à remplir par ces représentants ou enfin — méthode la. plus scientifique — par l’examen minutieux des professions par rapporta leurs nécessités psychophysiologiques.
- Quant à la détermination de la supériorité professionnelle chez les différents individus, nous possédons actuellement un nombre considérable de méthodes plus ou moins compliquées, mais établissant toutes avec une grande précision les aptitudes nécessaires aux différentes professions. La pratique s’est empressée de les adopter, reconnaissant de suite la haute portée économique de la répartition des travailleurs suivant le principe, du « plus apte ». Ainti, on a procédé à la détermination des aptitudes nécessaires aux typographes, aux waltmen, aux conducteurs de locomotives, aux aviateurs, aux mécaniciens, aux télégraphistes, aux dactylographes, aux téléphonistes, etc.
- Aux Etats-Unis, en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne, psychologues et physiologistes sont à l’œuvre et procèdent activement à l’amélioration des anciennes ainsi qu’à la création de nouvelles méthodes. Dans un avenir prochain, on connaîtra certainement les aptitudes nécessaires à la grande majorité des professions ainsi que les méthodes permettant de les découvrir chez les différents individus.
- De même, des tentatives en vue de l’application des
- méthodes psychotechniques au domaine de la publicité furent couronnés de succès, ce qui ne peut étonner, les effets de celle-ci dépendant de la façon dont ses principales formes (affiches, annonces, étalages, etc.), agissent sur le mécanisme mental des personnes auxquelles elle s’adresse.
- La publicité doit en effet s’adapter à des règles qui varient suivant la mentalité ethnique, le milieu physique et le moment. Non seulement elle doit, d’une manière générale, attirer l’attention, éveiller l’intérêt et provoquer le désir d’acheter, mais sa lâche consiste en outre à rappeler périodiquement le produit à la mémoire du consommateur.
- Tous ces facteurs sont susceptibles d’être analysés d’une manière précise au moyen des procédés de la psychologie expérimentale. Les tentatives poursuivies dans ce domaine permettent d’espérer que, grâce aux méthodes psychotechniques, la publicité pourra, dans un avenir très proche, être organisée d’une manière de plus en plus rationnelle.
- Signalons en passant qu’en outre, les mêmes méthodes sont susceptibles de prêter un précieux concours à d’autres domaines de l’activité économique ; ainsi, pour ne citer qu’un exemple à la détermination des effets d’un grand nombre de produits industriels sur les consommateurs, comme l’influence des différentes marques de lampes électriques sur la fatigue visuelle, etc.
- En abandonnant le domaine économique, l’on constate que les méthodes de la psychologie expérimentale sont applicables: avec un succès marqué à la vie judiciaire et, en particulier, à l’étude du témoignage. L’analyse, par des méthodes de laboratoire du processus testimonial, en a montré clairement les vices et l’extrême faillibilité. Il résulte en effet, des recherches entreprises qu’un dixième des témoignages recueillis sous forme de rapport ne correspondent pas à là réalité. Dans l’interrogatoire, ce chiffre s’élève même à un quart. Il a été curieux de constater, qu’au; cours de l’interrogatoire les témoignages) peuvent être très précis, certains faits peuvent être relatés dans leurs moindres détails par les témoins tout eû étant complètement faux. Et cela sans que le témoin se rende compte de l’inexactitude des faits qui forment l’objet de sa déposition.
- En outre, les expériences ont démontré que les témoignages ayant trait à des personnes sont en .général plus fidèles que ceux se rapportant à des objets. D’autre part, les témoignages sur les couleurs présentent un degré élevé de fidélité, tandis que ceux ayant pour objet des chiffres sont très infidèles. Le degré de faillibilité du témoignage par rapport à son objet a été établi de la manière suivante :
- couleurs,
- lieux,
- temps,
- événements,
- textes.
- C’est la suggestion qui représente la principale source de l’infidélité du témoignage, surtout chez les enfants, et chez les femmes. A celles-ci viennent s’ajouter certaines tendances innées : surestimation des petites distances et des petits intervalles de temps d’une part, sousestimation des grandes distances et des grands intervalles de temps d’autre part, les habitudes, les préjugés, etc.
- En se basant sur les résultats des recherches de la psychologie expérimentale, on est parvenu à poser les règles de la technique de l’interrogatoire, peimetlant de
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- UTILISATION DE LA FORC£ DES VAGUES
- recueillir le témoignage dans les conditions les moins défavorables et de l'interpréter dans tous les cas. Les nouvelles méthodes ont montré comment il est possible de le contrôler, d’en apprécier l’exactitude et d’en corriger les déformations systématiques. Ici aussi, celles-ci permettent seules une analyse exacte du témoignage et des éléments qui entrent en jeu dans celui-ci : sensations, perceptions, fixations et expression.
- Il résulte de ce court.exposé sur les possibilités d’application de la psychologie expérimentale aux domaines
- 43!
- économique, industriel et judiciaire que celle-ci est appelée de plus en plus à rendre d’éminents services à l’activité humaine en permettant l’introduction de-l’esprit scientifique, de la méthode expérimentale dans une multitude de domaines où jusqu’alors régnait encore l’empirisme.
- Ji:ax W\LDiiunr.ini.
- . * Dr ès sciences économiques et sociales,
- Collaborateur au Laboratoire de Psychologie expérimentale à l’Ecole pratique des Hautes Etudes à Paris.
- UTILISATION DE LA FORCE DES VAGUES
- En attendant que les études et les travaux actuellement en cours, sur notre littoral de Bretagne; aient montré ce qu’on était en droit d’attendre de l’utilisation industrielle des marées, sur une grande échelle, un colon algérien, M. Fu-senot (de Guyot-ville), vient de réussir un tri s intéressant essai concernant la puissance de la houle et des vagues. Il y aurait, de ce côté, une énergie considérable à récupérer sur le littoral des mers qui n’ont comme la Méditerranée que des marées insignifiantes ; M. Fuse-not vient de prouver combien la chose était possible et avantageuse.
- L’un des mérites de l'inventeur, c’est d’avoir prévu, dans l’installation de ses dispositifs, les deux objections capitales que, de tout temps, on opposait aux chercheurs et aux ingénieurs qui s’évertuaient à vouloir résoudre la question : Par temps calme, immobilité de l’appareil ; par tempête, destruction certaine, sous la violence des éléments.
- Au cours de longues et patientes observations sur le littoral algérien, M. Fusenot avait constaté que le mouvement de va-et-vient continu, qui agite les Ilots de la mer, se traduisait, entre les criques ou les interstices de roches, par ce qu’il appelle dans une langue imagée : « un gonflement et un dégonflement perpétuels ». Il remarquait surtout que ce double mouvement était susceptible d’atteindre, à l’aide de constructions appropriées, une grande amplitude .C’est alors qu’il résolut de réaliser son a ppareil à flotteurs, dont les particularités sont les suivantes :
- a) Un bassin allongé, se resserrant vers le fond, d’où augmentation de la turgescence des vagues qui s’y engouffrent.
- h) Un tunnel qui fait communiquer ee bassin
- avec la mer, s’opposant ainsi à l’irruption trop abondante des eaux dans son intérieur; et, par le mur qui le surmonte, protégeant les appareils qui y sont contenus (fig. 2).
- c) Dans le bassin, des flotteurs munis de bras de levier, qui, au. « gonflement » de l’eau, sont soulevés librement, et, à son retrait, agissent en retombant de tout leur poids, pour entraîner le mécanisme à l’aide de roues à cliquets (fig. 1). ;
- La Société d’É-tudes (Société méditerranéenne de la Houille bleue), fondée à Alger, en 1920, se livra à une série d’études une fois achevés les longs et difficiles travaux entrepris à Guyotville. Il s’agissait de savoir quelle était la force produite par le soulèvement des flotteurs, puis de reconnaître la hauteur moyenne et le nombre des soulèvements. De plus, il était indispensable de se rendre compte de l’efficacité de protection réalisée pour ses flotteurs par le tunnel de M. Fusenot.
- L’avis des ingénieurs, entre autres celui de M. Darche, ingénieur des Ponts et Chaussées, chargé par le Gouvernement général d’assister aux essais et de faire un rapport sur ses constatations, a été que l’affaire et les installations de M. Fusenot «présentaient le plus haut intérêt »..
- Les ingénieurs ont constaté à l’arbre de l’appareil d’études une force de 5-6 HP* équivalant pour une installation complète avec flotteurs industriels, à 180-225 HP. Sur une superficie de 1500 mq, et sur un front de mer de 50 m, il y aura possibilité de créer une installation d’une puissance de 1000 IIP — par temps calme. Le prix d’établissement du cheval ne dépasserait pas alors un millier de francs d’après le calcul des spécialistes.
- Fig. i. — Uinstallation de M. Fusenot.
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- UTILISATION DE LA FORCE DES VAGUES
- L’avis général de tous les techniciens fut, d’autre part, que le tunnel, le mur de protection de l’installation Fusenot — faciles à renforcer d’ailleurs — offraient une résistance suffisante aux mers les plus fortes. Jamais le flotteur fonctionnant depuis des mois n’aurait subi ni la moindre avarie, ni la moindre interruption ; tous les rapports sont formels à cet égard,
- Quanta l’objection du calme absolu, de l’absence totale de mouvement de la mer, dans ces conditions elle n’existait pas. Les dispositifs Fusenot utilisent les plus faibles ondulations qu’elles amplifient. Les appareils de mesure de l’inventeur ont permis d’établir des tables d’ondulation et de fréquence des mouvements de la mer. Il en résulte que le mini- |
- d’eau, eau à utiliser en pression sur une turbine, qui tournerait régulièrement avec la vitesse voulue. Pour avoir alors une force régularisée transportable, « on transformerait celle-ci en courant électrique à l’aide d’une dynamo à courant continu, ou d’un alternateur calé directement sur l’arbre de la turbine. Le rendement du groupe hydro-électrique complet serait de 75 pour 100, soit 64 pour 100 de la force brute produite par la mer sur les appareils ». De bonnes machines thermiques ne font pas mieux.
- Depuis la publication de ce rapport, les 25, 26, 27 octobre dernier, une tempête d’une violence inimaginable s’est déchaînée sur le littoral algérien. Tout a été culbuté, renversé à Guyotville, dans le
- voisinage de l’appareil Fusenot, par les vagues prodigieusement hautes et rapides ; lui seul a résiste et na pas cessé de fonctionner régulièrement pendant la tourmente. Aussi l’inventeur va-t-il se hâter de compléter son installation qui, lorsqu’elle sera terminée, donnera une force totale de 360 I1P, calculée sur des ondulations de 0 m. 10 de hauteur, et pour laquelle on estime qu'on n’aurait pas à dépenser plus de 150 000 francs ; moinsde 500 francs par HP ! On pourra décider de créer alors une usine-type, qui servira de démonstration pratique.
- En attendant que le succès couronne complètement les efforts de l’inventeur, j’ai pensé qu’il appartenait cà celui qui avait connu ses angoisses et mesuré l’étendue de ses sacrifices, de mettre en pleine lumière le nom et l’œuvre de ce bon Français. 11 a bien mérité de nous tous en général, et des Algériens en particulier.
- Dr Max-Albert Legrand,
- Secrétaire général du groupement de propagande La Houille bleue.
- mum ordinaire d’élévation des flotteurs par temps calme est de 15-17 cm, avec une fréquence ordinaire de 15-20 soulèvements par minute.
- La moyenne, toujours par temps calme, mesurée pendant une période de beau temps (1er au 10 octobre) a même été de 25,84 pour la fréquence des ondulations, et de 37 cm pour leur hauteur.
- Or les appareils d’essai de Guyotville ont été construits pour marcher avec des ondulations de 8 cm seulement, alors que M. l’ingénieur Darche a constaté que) par temps très calme, les mouvements d’élévation atteignaient au moins 10 cm.
- Il semble probable que Vappareil Fusenot ne connaîtra jamais le « chômage ».
- a II paraît incontestable, dit M. Darche, et malgré l’inachèvement de l’installation, que l’utilisation comme force motrice des vagues de la mer, est un problème au moins.aussi intéressant que l’utilisation des marées, et bien plus facile à réaliser. » Pour lui, la force ainsi récupérée devrait servir à actionner des pompes remplissant des réservoirs
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleuras, a Paris.
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- LA NATURE
- QUARANTE-NEUVIÈME ANNÉE — 1921
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences (Comptes rendus des séances), 14, 27, 44, 62, 78, 109, 127, 159, 175, 198, 222, 255, 254, 518, 382.
- Acide carbonique : fertilisation du sol, 187.
- Acier : influence du corroyage sur la résistivité, 159.
- — : production directe, 424.
- — : trempe, 109.
- Adaptation de forme et de coloration des poissons littoraux, 81.
- Aéronef : mesure de la dérive, 318. Agadir, 33.
- Alcools tertiaires : synthèse, 199. — Alcoolates : décomposition, 109. Alimentation et bouche des insectes, 323. Allumeur-extincteur des becs de gaz à distance, 222.
- American Chemical Society : Congres, 593.
- Ammoniaque : nouvelle réaction, 236. Ampère, 379.
- Amundsen : 5e campagne dans l’Océan Glacial, 62.
- Anaphylaxie : choc, 518.
- — chez les végétaux, 65.
- Annam : belles pagodes, 167. Anlhocyanes : rôle physiologique, 78. Appareil respiratoire de protection contre l’oxyde de carbone, 516.
- Araignée et pompile, 97.
- Arsenic : sulfure colloïdal, 63. Aspcrgillus niger : développement et glucose, 318.
- Asphalte : industrie, 508.
- Atlas marocain, 254.
- Attraction électrique : nouveau phénomène, 87, 252.
- 1 *
- Auréole marine, 6.
- — et auréole des aviateurs, 94. Automobiles : problème de la suspension, 129.
- — et transmissions électriques, 289.
- — : voiturettes et cycleears au Sa-
- lon, 553.
- Avalanche de la Brenva, 1.
- Avesnes : llore des environs, 79, Aviation : grandes lignes, 257.
- — : photographie, 158.
- Avions bolides de la coupe Deutsch de la Meurthe, 328.
- Azote : absorption des oxydes par les acides nitrique et sulfurique, 159.
- B
- Bactériophage, 219.
- Bandages do camions : montage, 302. Bateau amphibie Goldschmidt, 104.
- Becs de gaz : allumeur-extincteur à distance, 222.
- Bigoudcnn, 417.
- Blé à grand rendement, 285.
- % Bouche des insectes et leur alimentation, 525.
- c
- Camions : montage des bandages, 302. Canada : projet de voie navigable du lac Ontario à Montréal, 142.
- Canal du Midi : alimentation, 210. Carburateur Zénith à triple diffuseur, 100.
- Catastrophe de Pucblo, 115. Centrifugeuses à très grande vitesse, 521.
- Césium : nouveau spectre, 254. Champignons : moulage, 348.
- — : rôle du potassium, 198.
- Chariot élévateur Brandt, 585.
- Charriage : nappe en Tunisie septentrionale, 45.
- Chauffage central domestique par le gaz, 236.
- — sans combustible, 31.
- Cheimatobie : mœurs, ravages, 269. Chemins de fer français : électrification
- partielle, 202.
- Chétoptère : spermatozoïde, 582.
- Chien : griffe de Saint-Hubert, 14. Chimie : Congrès de l’Ameriean Society, 393.
- Chlorophylle, 518.
- Choc : rôle de l’oléate de soude, 382. Chronologie géologique et microorganismes, 500.
- Chute d’eau la plus puissante du monde, 399.
- Supplément au n* 2191 de La Nature du 51 décembre 1921.
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- Cinématographie : photophone, 284.
- — rapide : nouveau procédé, 70. Climat de Paris, 91.
- Coke métallurgique : fabrication, 555.
- — de la Sarre, 159.
- Colloïdes : rôle chez les êtres vivants, 569.
- Colorants : industrie en Angleterre et aux États-Unis, 76, 84.
- Commutateurs téléphoniques automa-nuels, 389.
- Conférence générale des Poids et Mesures, 276.
- Congrès de l’Amcrican Chemical Sociely, 593.
- Conserves de tomates : préparation industrielle, 45.
- Convertisseur S. 1. F., 5. Correspondance secrète : nouvelles méthodes, 142.
- Costcs : turbine aérienne, 63. Cristallisation en milieu gélatineux, 60. Cristaux parlants, 413.
- Cryptogames : lutte contre les maladies des végétaux, 45.
- Cryptographie : nouvelles méthodes, 142. Cycleears au Salon de l’Automobile, 353.
- D
- Dattiers : nouvelle maladie, 159.
- Déboisement : lutte, 159.
- Décoration îles porcelaines chinoises, 353.
- Dérive : mesure à bord d’un aéronef, 518.
- Développement photographique en pleine lumière, MO.
- Diamants : taillerie de Versailles, 305.
- Diffraction des raypns X par les liquides, 235.
- Domestique parfait, 503.
- Drainage des terres par auto-draineuses, 225.
- Dureté des matériaux réfractaires, 222.
- B
- Ébonitc et succédanés, 262,
- Éclipse de lune du 16 octohre 1921, 350.
- Écriture secrète : nouvelles méthodes,
- _ 142.
- Egypte ancienne : découverte de jouets, 53.
- Électrification partielle des chemins de fer français, 202.
- Engin de guerre navaje d’un nouveau genre, 207.
- Engrais : mélangeur de petite capacité,
- _ 378,
- Equivalence : principe, 109.
- Essence de térébenthine française, 109.
- Ethnographie indochinoise, 401,
- Évaporations sans combustibles, 70,
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Everest : expédition, 428.
- Expédition au Mont Everest, 428. Explosion d’Oppau, 254.
- — : onde atmosphérique, 582.
- F
- Fauteuil roulant du xviue siècle, 175. Fer : distribution dans les végétaux, 230..
- — : minerai lorrain, 109.
- — : transformation au point de
- Curie, 254.
- — dans les plantes, 183. Fertilisation carbonique du sol, 187. Fièvre aphteuse bovine et stomatite
- humaine, 27.
- — aphteuse : virus, .45.
- Fleuve Jaune, chagrin de la Chine, 88. Flore des environs d’Avesnes, 79.
- Foie et sucre protéidique, 109. Fondation Nobel, 337.
- Forces répulsives et architecture de l'univers, 27.
- Four électrique à induction, 165, Frange noire de Lippich, 65.
- Fulminate de mercure : fabrication, 196.
- G
- Gabet : chauffage central par le gaz, 236.
- Gaz : équation d’état, 44.
- Gelées : pour les combattre, 20.
- Genève : histoire, 177,
- Géologie : chronologie et mjeroorga-nismes, 300.
- Glucose : recherche biochimique, 79.
- — et développement de l’Aspcrgillus niger, 518.
- Goldschmidt : bateau amphibie, 104. Graphites : exploitation à Madagascar, 241.
- Grille de Saint Hubert, 14.
- Grue Huilante de 200 Lumns, 189.
- H
- Hanneton : résistance aux tcmpéi al lires. 198.
- Haricots exotiques, 78.
- Hélicoptères nouveaux, 20.
- Histoire naturelle : panorama, 184. Homme fossile nouveau, 385.
- Houille bleue : utilisation, 278, 310. Huile d’animaux marins, 109,
- — de pépins de raisins, 63.
- Huiles des transformateurs : dosage de l’eau, 254,
- Huile végétale : préparalio.i du pétrole, 254,
- Hydrogène : nouveau procédé de fabrication industrielle, 352.
- I
- Ilot de Rockall, 209.
- Indigo : dérivés polysulfonés, 582. Indochine : ethnographie, 401. Infection par voie aérienne, 199. Insectes : bouche et alimentation, 525.
- J
- Jouets dans la tombe 5 5
- K
- Kaietcur : la plus puis .ante chute d’eau du monde, 399.
- L
- Laboratoire de police scientifique de Paris, 6
- Laits altérés : analyse, 385.
- Laniimria flepicaulis : mucilages, 175. Lampes électriques à décharge dans le néon, 227.
- Lapin : rôle dans la défense contre les moustiques, 567.
- Lathyrisme, 27.
- L’ilermite : tracteur, 216.
- Lin : dégénérescence, 159.
- — rouissage et teillage, 273, Lippmann (Gabriel), 95.
- Lorraine : minerai de fer, 109,
- Lune : éclipse du 16 octobre 1921, 350.
- — : est-elle un monde vivant? 203,
- M
- Madagascar : exploitation des graphites, 241
- Maisons de paille, 319.
- Mammifères fossiles de Tarija, 161.
- — ovipares, 72.
- Manganèse et végétaux, 254,
- Marche : élude par (apis roulant, 65. Marées : naturaliste dans la zone, 17,
- — : utilisation, 278, 510.
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- Maroc : moyeu Allas, 254.
- Marteau-canon Temple, 288.
- Matériaux réfractaires : dureté à baille température, 222.
- Mélangeur d’engrais de petite capacité, 578.
- Métaux magnétiques : appareil d’essai, 238.
- Météorologie : évolution, 171.
- Microorganismes anciens et chronologie géologique, 300.
- Monoplan : avenir, 148, 229.
- Mont Blanc : avalanche île la Brcnva, 1.
- Mont Everest : expédition, 428.
- Mort : simulation chez les animaux, 165.
- Moteurs électriques : propulsion des navires, 57.
- Moteur électrique pour usages domestiques, 503.
- Moulage des champignons, 518.
- Moustiques : rôle du lapin dans la protection. 507.
- Muccdinèes : développement, 27.
- N
- Naturaliste dans la zone des marées, 17. Navires : conduite à distance par T. S. F., 292.
- — : propulsion par moLurs élec-
- triques, 57.
- Néon : lampes électriques, 227.
- Nobel : fondation, 557.
- Noir de fumée : industrie aux États-Unis, 182.
- Nutrition : échanges des animaux, 109.
- O
- Océan Glacial : 5e campagne d’Àmund-sen, 62.
- Uléatc de soude : rôle dans les phénomènes de choc, 582.
- Onctuosité des corps gras, 230.
- Oppau : explosion, 254.
- — : onde atmosphérique produite
- par l’explosion, 582.
- Optique : premiers verres, 407. *
- Orages, 228.
- Oxyde de carbone: appareil respiratoire de protection, 316.
- P
- Pagodes de l’Annam, 107.
- Paille : maisons, 319.
- Palmiérite du Vésuve, 109. Palplanclies en ciment armé, 115. Panoramas d’histoire naturelle, 184. Parcs nationaux de Roumanie, 153, Paris : climat, 91,
- Pépins de raisin : huile, 03.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Peroxyde de titane, 78.
- Pcrrier (Edmond), 160.
- Pétrole : préparation à l'aide d’une huile végétale, 254.
- Phénates : décomposition, 109. Phonétique expérimentale, 120. Photographie aérienne, 158.
- — : développement eu pleine lu-
- mière, 110.
- — : fabrication d'une plaque, 49. Photographie sous-marine, 341. Photophone cinématographique, 284. Pieux tubulaires en ciment armé, 113. Plaies atones : traitement, 02.
- Plantes : fer, 183.
- Plaque photographique : fabrication, 49, • Plongeurs : élude biologique, 110.
- Pluie : peut-on la provoquer artificiellement? 549.
- Poids et mesures : conférence générale, 276.
- Poissons littoraux, 81, 110.
- Polarimélrie : frange noire de Lippich, 63.
- Police scientifique : laboratoire de Paris,
- 6.
- Pomme de terre : propriétés antiscor-buliqucs du jus, 518.
- Pompilc et araignée, 97.
- Porcelaine chinoise, 213.
- Porcelaines chinoises : décoration, 553. Potassium : rôle dans le chimisme, 198. Propulsion des navires par moteurs électriques, 57.
- Psvchologie expérimentale : applications, 429.
- Puceron lanigère : nouvel ennemi, 141. l'ueblo : catastrophe, 145.
- Pyramides à vol d’avion, 127.
- R
- Radiotélégraphie transocéanique par le système Alcxanderson, 193.
- Radium : dosage de l’émanation, 109.
- Raisin : huile de pépins, 63.
- Rayons N, 511, 365, 573. 587, 421.
- — : diffraction par les liquides, 235.
- Respiration : appareil de protection contre l’oxyde de carbone, 316.
- Rockall : iloi, 209.
- Rockallite : composition-minéralogique, 236.
- Roues à aubes : réhabilitation, 181.
- Rouissage du lin, 273.
- Roumanie : parcs nationaux, 133.
- Rousselot (abbé) : travaux, 120.
- Rubidium : spectre d’induction, 318.
- Russie : système métrique, 427.
- S
- Sahélien : faune dans la région cl'Oran,
- 02.
- — de la Tunisie septentrionale, 127.
- —' —— : : 435
- Sanc : coke, 159.
- Scorbut : principe anti-scorbutique du jus de pomme de terre, 318. Sensation et sensibilité, 147.
- Serpents : cage en plein air, 207. Simulation de la mort chez les animaux, 165.
- Soie artiliciellc : industrie, 244.
- Sol : fertilisation carbonique, 187.
- Soleil : rôle de la terre dans la formation des taches, 382.
- Sondage aérien par le son, 259.
- — en mer par le son, 125.
- Sonores (Phénomènes) dans la nature, 98, Soudure électrique par résistance, 216. Sous-marin : avenir, 199.
- Sous-marine (Photographie), 344. Spectre du césium, 254.
- — d’induction du rubidium, 518. Spermatozoïde du Ghéloplère, 582. Stomatite humaine et lièvre aphteuse
- bovine, 27.
- Sulfure d’arsenic colloïdal, 63. Suspension des automobiles, 129. Synthèse de quelques alcools tertiaires, 199.
- Système métrique eu Russie, 427,
- T
- Tableaux : examen par la lumière polarisée, 109.
- Taches du Soleil : rôle de la Terre dans la formation, 582.
- Taillerie de diamants de Versailles, 505. Tank amphibie, 25.
- Tapis roulant pour l’étude de la marche, 65.
- Tarija : mammifères fossiles, 161. Teillage du lin, 273.
- T. S. F. : conduite à distance des navires, 292.
- — : cristaux parlants, 413. Télémégaphone, 252.
- Téléphone : commutateurs ’automanuels, 589.
- Tellure : létraiodure, 14.
- Températures : résistance du hanneton,
- 198.
- Temple : marteau-canon, 288. Térébenthine : essence française, 109. Terre : rôle de la formation des taches du Soleil, 382.
- Titane : peroxyde, 78.
- Tomates : préparation industrielle des conserves, 45.
- Torpille commandée par T. S. F., 207. Tracteur L’IIermile, 216. Transformateurs : dosage de l’eau dans les huiles, 254.
- Transmissions électriques et voilures automobiles, 289.
- Trempe d’un acier, 109.
- Tricycle : ancêtre du xvin0 siècle, 175. Tunisie septentrionale : nappe de charriage, 45.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Tunisie septentrionale : Sahélien, 127. Turbine aérienne Costes, 63.
- U
- Univers : architecture, 27.
- V
- Vagues : utilisation de la force, 451. Végétaux : distribution du fer, 236.
- — : lutte contre les maladies cryp-
- togamiques, 45.
- Verres d'optique, 407.
- Versailles : taillerie de diamants, 505.
- Vésuve : palmiérite, 109.
- Virus aphteux, 45.
- Yoie navigable du lac Ontario à Montréal : projet, 142.
- Voituretles au Salon del'Autoinobile,555.
- Z
- Zinc : teneurde l’organisme du lapin. 198.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Anthony (IL). — Edmond Terrier, 100.
- B. (A.). — Le bateau-amphibie Goldschmidt, 10L — Fabrication du fulminate de mercure, 196. — Les grandes lignes aériennes, 267. — Appareil respiratoire de protection contre l’oxyde de carbone, 316. — Centrifugeuses à très grande vitesse, 321.
- B. (P.). — Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, 14, 27, 44, 62, 78, 109, 127, 159, 175, 198, 222, 235, 254, 318, 382.
- Baccialon (Alexis), —Les mammifères ovipares, 72.
- Beadciiamp (P. de). — Le naturaliste dans la zone des marées, 17.
- Belot (Emile). — L'architecture de l’univers, œuvre des forces répulsives, 27.
- Bertin (Léon). — Les poissons littoraux, 81, 114. — La « simulation de la mort » chez les animaux, 165. — La bouche des insectes et leur alimentation, 523.
- Boisseau (Jacques). — Voir A. Rang.
- Boule (Marcellin). — Un nouvel homme fossile, 585.
- Bourdin (André). — La Cheimatobie, scs mœurs, scs ravages, 2 >9.
- Bousquet (M.). — Drainage des terres par auto-draineuses, 225.
- Boyer (J.). — Le laboratoire de police scientifique de Paris, 6. — La phonétique expérimentale et les travaux de l’abbé Piousselet, 120. — Nouvelles méthodes de correspondance secrète employées pendant la guerre, 142. — Allumeur-extincteur de becs de gaz à distance, 222. — Nouvel appareil d’essai des métaux magnétiques, 238. — L’exploitation des graphites à Madagascar, 241. — La taillerie de diamants de Versailles, 305.
- C. (D.). — Le fer dans les plantes, 183.
- C. (M.). — La porcelaine chinoise, 215. — La décoration des porcelaines chinoises, 535.
- Catherine (Henri). — Agadir, 53.
- CiiAiLLEY-BERT (Dr P.). — Tapis roulant pour l’étude de la marche, 65.
- Charcot (Jean). — L’ilot de Rockall, 209.
- Charles (F.). — Projet de voie navigable pour navires de haute mer du lac Ontario à Montréal, 142.
- Ciiataing (J.). — Fauteuil roulant du xviii0 siècle, 195.
- Claude (Daniel). —. La lutte contre le déboisement, 139. — Fertilisation carbonique du sol, 187.
- Cottreau (J.). — Les mammifères fossiles de Tarija, 161.
- Coustkt (Ernest). — Comment se fabrique une plaque photographique, 49. — Développement photographique en pleine lumière, 110. — La photographie sous-marine, 344.
- Daclin(A.). — Moulage des champignons, 548.
- Durosq (R.). — Le convertisseur S. 1. F., 3.
- Dlt'ouy (Aug.). — Les Bigoudenn, 417.
- Eeeère. — Les orages, 228. — Les microorganismes anciens et la chronologie géologique, 300.
- Fabre (Pu.). — L’auréole marine, 6.
- Foriiin (V.). — Les jouets dans la tombe..., 53. — Le Fleuve Jaune « chagrin de la Chine », 88. — Les Pyramides à vol d’avion, 127. — Les belles pagodes de l’Annam, 107. — L’histoire naturelle en panoramas, 184. — Cage en plein air pour les serpents, 207. — La plus puissante chute d’eau du monde, 598. — Ethnographie indochinoise, 401.
- Guillemet (A.). — La photographie aérienne, 138.
- Haret (Michel). — Les parcs nationaux en Roumanie, 133.
- IIérelle (J. d’). — Le bactériophage, 219.
- Butin (A.). — L’ébonite, ses succédanés, 262.
- Jauch (L.). — La propulsion des navires par moteurs électriques, 57.
- Ivoehler (A.). — Le rôle des colloïdes chez les êtres vivants, 569.
- Leeranc (J.-A.). — Nouveaux hélicoptères, 20. — L’avenir est-il au monoplan? 148, 229. — Les avions bolides de la coupe Deutsch de la Meurlhe, 528.
- Legendre (Dr Jean). — Rôle du lapin et autres animaux domestiques dans la défense contre les moustiques, 567.
- Legrand (Max-Ai.rert) . — Utilisation de la force des vagues, 431.
- Lemoine (Pierre). — La fabrication du coke métallurgique, 555.
- Lemonon (IL). —Utilisons la « houille bleue », 278, 310.
- Lévine (Joseph). — Le climat de Paris. 91.
- Machalo (Virgilio). — Un nouveau phénomène d’attraction électrique, 252.
- Marchand (H.). — Radiotélégraphie transocéanique par le système Alexanderson, 193. — Le télémégaphone, 252.
- Maréchal (Pierre). — Réhabilitation de la roue à aubes, 188.
- — Montage des bandages de camions, 502.
- Martel (E.-A ). — L’avalanche de la Brenva, 1. — L’expédition de 1921 au Mont Everest, 428.
- Marti (P.). — Le sondage en mer par le son, 125.
- Merle (René).'—Un nouvel ennemi du puceron lanigère, 141.
- Monod-Heiizen (Edouard). — Sensation et sensibilités, 147.
- Nicolardot (P-). — Premiers verres d’optique, 407.
- Pawlowski (Auguste). — L’alimentation du canal du Midi, 200.
- Périsse (Richard). — Transmissions électriques et voitures automobiles, 289. — Yoitureltes et cyclecars au Salon de l’Automobile, 353.
- Picvud (Dr A.). — La griffe de S lint-IIubert, 14.
- Poidlouë (capitaine de vaisseau A.). — Le photophone cinématographique, 284.
- Rabot (Charles). — La 3e campagne d’Amundsen dans l’Océan Glacial, 62.
- Ranc (Albert) et Boisseau (Jacques). —• L’industrie des matières colorantes en Angleterre et aux Etats-Unis, 76, 84.
- Reverchon (Léopoi.d). — La fondation Nobel, 537. — Le système métrique en Russie, 427.
- Rolet (Antonin). — Préparation industrielle des conserves de tomates, 45.
- Roussel (Joseph).— Les cristaux parlants, 413.
- S. (Pu.). — L’industrie de l’asphalte, 508.
- Sauvaire Jourdan (Çt). — L’avenir du sous-marin, 199. — La conduite des navires à distance par T. S. F., 292.
- Schereschewsky (P.). — L’évolution de la météorologie, 171.
- — Le sondage aérien par le son, 259.
- Serrant-Bellenoux (E.). — Le blé à grand rendement, 215.
- Surcoût (J.). — Le Pompile et l’Araignée, 97.
- T. (A.). — Nouveau phénomène d’attraction électrique, 87.
- ;— Les phénomènes sonores dans la nature, 98.
- Teissier (II.). — Ampère, 379.
- Touchet (Em.). — L’auréole marine et l’auréole des aviateurs, 94. — La lune est-elle un monde vivant? 293. — L’éclipse de lune du 16 octobre 1921, 550.
- Tiiavey (Marcel). — Un coup d’œil sur l’histoire de Genève, 177.
- Troller (A.). — Le chauffage sans combustible, 51. — Evaporations sans combustible, 70. — Les rayons X, 341, 563,573,587,421.
- V. (IL). — L’industrie du noir de fumée aux Etat-Unis, 182.
- V. (R.). — Lampes électriques à décharge dans le néon, 227.
- Verdier (IL). — Soudure électrique par résistance, 246.
- Vigneron (II.). — La cristallisation en milieu gélatineux, 60. — Nouveau four électrique à induction, 163. — L’industrie de la soie artificielle, 245. — Mélangeur d’engrais de petite capacité, 378. — Le congrès de l’American Chemical Society, 595.
- Yillers (R.). — Nouveau procédé de cinématographie rapide, 79. — Un nouveau carburateur, ICO. —L’explosion de l’usine d’Oppau, 254. — Le marteau-canon Temple, 258. — Nouveau procédé de fabrication industrielle de l’hydrogène, 532.
- Walddurger (Jean). — Les applications de la psychologie expérimentale, 429.
- Watteville (C. de). — Gabriel Lippmann, 95.
- Weiss (E.). — Le tank amphibie, 25. — La turbine aérienne Costcs, 65. — Le problème de la suspension des automobiles, 129. — Grue flottante de 200 tonnes, 189. — Le tracteur I/Hennite, 216. — Chauffage central domestique par le gaz, 236. — Rouissage et teillage du lin, 273. — Le parfait domestique, 503. — Les maisons de paille, 519. — Chariot élévateur Brandt, 383. — Commutateurs téléphoniques automanuels, 589. — Production directe de l’acier. 424.
- X. — La catastrophe de Pueblo, 145.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. - ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances (P. U), 14, 27, 44, 62, 78,
- 109, 127, 159, 175, 198, 222, 255, 254, 318. .. . 582
- II. - MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- L’architecture dé l’univers, œuvre des forces répulsives
- (E. Belot).......................................... 30
- La conférence générale des Poids et Mesures (E. Picard). 276 La lune est-elle un monde vivant? (Eu. Touciiet). . . 295
- L éclipsé de Lune du 16 octobre 1921 (E. Touciiet). . 350 Le système métrique en Hussie (L. Beverciion), . . . 427
- Le rôle de la Terre dans la formation des taches solaires................................................382
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- L'aiiréole marine (P. Fabre).......................... 6
- La cristallisation en milieu gélatineux (11. Vigneron). . 60
- Nouveau phénomène d’attraction électrique (A. T.) . . 87
- L’aurore marine et l’auréole des aviateurs (E. Touciiet). 94
- Gabriel Lippmann (G. de Watteville). . . ............. 95
- Les phénomènes sonores dans la nature (À. T.). ... 98
- Nouvel appareil, d’essai des métaux magnétiques
- (J. BoïElt).......................................... 258
- Nouveau phénomène d’attraction éleclrique (V. Maciiado) 252 Les rayons X (A. Troller) . . . 341, 563, 373, 387, 421
- Ampère (11. Teissier) ................................... 379
- Les premiers verres d’optiqite (P. Nicolaruot) .... 407
- L’équation d’état des gaz................................. 44
- Frange noire de Lippich.................................. 63
- Èxatnen des tableaux par la lumière polarisée . . 109
- Principe de l’équivalence............................... 109
- Dosage de l’émanation du radium......................... 109
- Trempe d'un acier.........................................109
- Influence du corroyage sur la résistivité des aciers. 159
- Dureté des matériaux réfractaires à /tante tempéra-
- Diffraction des rayons X par les liquides.........235
- L onctuosité des corps gras..........................256
- Nouveau spectre du césium............................254
- Irons formation du fer au point de Curie..........254
- Spectre d’induction du rubidium......................318
- 2. Chimie.
- Industrie des matières colorantes en Angleterre et aux
- Etats-Unis (A. Banc et J. Boisseau)......... 71, Si
- Fabrication du fulminate de mercure (A. B.)...........196
- L’industrie de la soie artificielle (H. Vigmrok) .... 245
- L’explosion de l’usine d’Oppau (B. Yillers) ..... 254
- Nouveau procédé de fabrication industrielle de l’hydrogène (B. Yillers).....................................352
- Le congrès de l’American Chemical Society (11. Vigneron) 593
- Tétraiodure de tellure............... . . .......... 14
- Sulfure d’arsenic colloïdal............................ 65
- Peroxyde de titane.................................... 78
- Procédé biochimique de recherche du glucose ... 79
- L’essence de térébenthine française....................109
- Décomposition des alcoolales et phënales...............109
- Absorption des oxydes d’azote par li s acides nitrique
- et sulfurique......................... .... 159
- Synthèse de quelques alcools tertiaires................199
- Nouvelle réaction de l’ammoniaque......................250
- Préparation d’un pétrole à l'aide d'une huile végétale..................................................254
- Dérivés polysulfonés de l’indigo.......................382
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Catastrophe de Pucblo (X.)........................... 145
- Mammifères fossiles de Tarija (J. Cotikeau) ..... 161
- L’exploitation des graphites à Madagascar (J. Boyer). . 241
- Les microorganismes anciens et la chronologie géologique
- (Eeeère)......................................... 500
- Nappe de charriage en Tunisie septentrionale . . . 45
- Faune du Sahélien dans la région d’Oran. .... 02
- Palmiérite du Vésuve . ............................. 109
- Minerai de fer lorrain. . ............................109
- Le Sahélien de la Tunisie septentrionale. ..... 127
- Composition minéralogique de la rockallile. ... 250
- Le Moyen Allas marocain ..............................254
- L’onde atmosphérique produite par l’explosion d'Oppaa..............................................382
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- TABLE
- 2. Météorologie.
- Le climat de Paris (J. Iévink).................
- L’évolution de la météorologie (P, Sciieresciiewsky)
- Les orages (Effère)...........
- Le sondage aérien par le son (P. Schereschewsky),
- Pour combattre les gelées......................
- Peut-on -provoquer la pluie artificiellement 7. .
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- La griffe de Saint-Hubert (Dr A. Picard)............
- Le naturaliste [dans la zone des marées (P. de Beau-
- champ), ........................................
- Tapis-Coulant pour l’étude de la marche (Dr T.Ciiailley-
- Bert)............................................
- Mammifères ovipares (À. Bacciai.on).................
- Les poissons littoraux (L. Bertin)............. 81,
- Le Pompile et l’Araignée (.1. Suucoue)..............
- Phonétique expérimentale et travaux de l’abbé Rous-
- selot (J. Boyer).................................
- Un nouvel ennemi du puceron lanigère (R. Merde) . .
- Sensation et sensibilité (E. Monod-IIerzen).........
- Edmond l'erricr (R. Anthony)........................
- La « simulation de la mort » chez les animaux (L. Beu-
- ™)...............................................
- L’histoire naturelle en panoramas (V. Forbin).......
- Cage en plein air pour les serpents (V. Forbin) .... La Chcimatobic, ses mœurs, ses ravages (A. Bourrin) . La bouche des insectes et leur alimentation (L. Bertin). Le rôle des colloïdes chez les êtres vivants (A. ICehler) Les applications de la psychologie expérimentale
- (J. AValdburgeu) ................................
- La fièvre aphteuse bovine el la stomatite bovine. ,
- A propos du lathyrisme..............................
- Foie el sucre proléidique...........................
- Echanges nutritifs des animaux......................
- Elude biologique des\ plongeurs.....................
- Teneur en zinc de l'organisme du lapin..............
- Résistance du lapin adulte aux diverses températures ...............................................
- Rôle du potassium dans le chimisme des êtres
- vivants..........................................
- L'huile de (quelques animaux marins.................
- Choc anaphylactique.................................
- Le spermatozoïde du Chéloplèrc......................
- Le rôle de l’oléale de soude dans les phénomènes de choc.................................................
- 4. Botanique. — Agriculture.
- Préparation industrielle des conserves de tomates
- (A. Roi.et)......................................
- La lutte contre le déboisement [D. Ceaudk)..........
- Le fer dans les plantes (D. C.).....................
- Fertilisation carbonique du sol (D. Claude).........
- Drainage des terres par auto-draineuses (M. Bousquet). Le blé à grand rendement (E. Serrant-Bei.lkxotjx) . . ,
- Moulage des champignons (A. Daclin).................
- Le développement des Mucédinées.....................
- Lutte contre les maladies cryptogamiques des végétaux ................................................
- Huile de pépins de raisin...........................
- Anaphxylaxie chez les végétaux......................
- Rôle physiologique des anthocyanes..................
- Haricots exotiques..................................
- Flore des environs d'Avesnes........................
- Dégénérescence du lin.....................
- Nouvelle maladie des dattiers ...... . .
- Mucilages de Laminaria Flexicaulis. , . ,
- MATIÈRES ’ 439
- Distribution du fer dans les végétaux. ...... 236
- Le manganèse et le règne végétal . 254
- A propos de la chlorophylle . , ........ 318
- Développement de /’Aspergilhis niger et glucose , . , 318
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- L’avalanche de la Brenva (E.-A. Martel)................ , 1
- Agadir (II. Catherine)................................... 53
- Les jouets dans la tombe... (Y. Forbin)................ 53
- 5P campagne d’Amundsen dans l’Océan Glacial (C- Rabot), 62 Le Fleuve Jaune, « chagrin de la Chine » (Y. Forbin) . 88
- Les Pyramides à vol d’avion (Y. Forbin)................127
- Parcs nationaux en Roumanie (M. Haret).................153
- Les belles pagodes de l’Annam (Y. Forrin), ..... 167
- Un coup d’œil sur l’histoire de Gcncye (M. Travez) . . 177
- L’îlot de Rockall (J. Charcot) 209
- Un nouvel homme fossile (M. Boule). ...................585
- La plus puissante chute d’eau du momie (Y. Forbin). , 598
- Ethnographie indochinoise (V. Forbin)....................401
- Les Bigoudenn (A. Dupouy).................................417
- L’expédition de 1921 au Mont Everest (E.-A. Martel). 428
- VI. — HYGIÈNE. — MÉDECINE.
- Le laboratoire de police scientifique de Paris (J. Boyer). 6
- Le bactériophage (F. d’IIékelle)...................219
- Appareil respiratoire de protection contre l’oxyde de
- carbone (A. B.) .................... .... 516
- Rôle du lapin et autres animaux domesliques dans la défense contre les moustiques (J. Legendre)....567
- A propos du virus aphteux. ........... 45
- Traitement des plaies atones...................... 62
- Infection par voie aérienne ...................... 199
- Principe anliscorbulique du jus de pomme de terre. 313 Analyse des laits altérés. .......................383
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Le chauffage sans combustible (A. Troller)............ 51
- Evaporation sans combustible (A. Troller)............. 79
- Fauteuil roulant du xvme siècle (J. Ciiataing)........175
- Réhabilitation de la roue à aubes (P. Maréchal) . . . . 181
- La porcelaine chinoise (M. C.)........................213
- Allumeur-extincteur de becs de gaz à distance (J. Boyer). 222 Chauffage central domestique par le gaz (E. YVeiss) . . 256
- Rouissage et teillage du lin (E. Weiss)............ 273
- Le marteau-canon Temple (R. Yillars)..................288
- La taillerie de diamants de Versailles (J. Boyer) . . . 505
- L’industrie de l’asphalte (Pu. S.) . . ............ . 508
- Les maisons de paille (E. AYeiss)................... . 519
- Centrifugeuses à très grande vitesse (A. B.)..........521
- La décoration des porcelaines chinoises (M. C.). . . 333
- Fabrication du coke métallurgique (P. Lemoine). . . . 355
- Mélangeur d’engrais de petite capacité (H. Vigneron) . 578
- Chariot élévateur Brandt (II. Weiss)..................585
- Production directe de l’acier (E. AYeiss).............424
- Utilisation de la force des vagues (M.-A. Legrand). . . 431
- A propos du coke de la Sarre..........................159
- Uinduslrie du noir de fumée aux Etals-Unis . . . 182
- 2. Photographie.
- Comment se fabrique une plaque photographique
- (E. Coustet).................................... 49
- Nouveau procédé de cinématographie rapide (R. Yii-i.ehs)............................................
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- LA NATURE
- Revue des Sciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction des illustrations de « La Nature » est interdite.
- La reproduction des articles sans leurs figures est soumise à l'obligation de l’indication d’origine.
- N° 2465. — 2 Juillet 1921.
- Supplément.
- SCIENCE APPLIQUÉE
- 05^
- Automobilisme
- Freinage des remorques de camions automobiles.
- — La question délicate et importante du freinage des remorques a causé bien des soucis aux constructeurs qui ont pris part avant la guerre aux concours de poids lourds organisés par le Ministère de la Guerre. Aucun système commandé du tracteur n’ayant pu être mis au point, on en était réduit à installer un conducteur serre-frein sur un siège à l’avant de la remorque. Outre la dépense supplémentaire de main-d’œuvre occasionnée par ce serre-frein, un inconvénient plus grave encore a fait abandonner cette pratique.
- Le malheureux serre-frein était en effet aux premières loges pour avaler toute la poussière soulevée par le
- ment que le voltage de la magnéto d’éclairage peut atteindre des valeurs dangereuses pour la vie des lampes.
- On peut alors interposer une résistance de self qui produira le même effet qu’un Ferrix appliqué au fonctionnement de la sonnerie sur le iio volts continu.
- La bobine sera constituée par un noyau en fil de fer doux qui sera recouvert de fil de sonnerie, bobiné à raison de ioo à 120 tours environ sur le noyau préalablement recouvert de ruban gommé laqué.
- Cette self freine le voltage quand il a tendance à s’élever avec la vitesse de la magnéto.
- On peut d’ailleurs placer celte self dans une petite boîte en la remplissant d’une substance isolante qu’on fond et qu’on coule dans la boîte sur la bobine, en laissant seulement apparents les fils d’entrée et de sortie.
- — Freinage des remorques de camions automobiles.
- tracteur, et sur certaines routes calcaires, sa position devenait absolument intenable.
- Pendant les concours militaires, on avait essayé de palier à cet inconvénient en tendant des toiles entre la remorque et le tracteur, mais la poussière se moquait de ces toiles et l’amélioration du sort du serre-frein était illusoire.
- La maison Latil vient de donner à ce problème une très élégante solution. En effet, la difficulté que l’on éprouve à avoir un serrage continu sur la remorque, lorsque ces freins -sont commandés du tracteur, vient de ce que la remorque est attelée au tracteur par l’intermédiaire d'un ressort, qui, eu se tendant ou détendant plus ou moins, fait varier la distance entre le tracteur et la remorque. C’est ce ressort qui est la cause perturbatrice de la régularité du freinage.
- La solution de la maison Latil réside en ceci, qu’elle se sert précisément de ce ressort perturbateur comme régulateur du freinage, et ceci de la façon la plus simple; le câble actionné par le conducteur du tracteur, au lieu d’aller directement agir sur les freins de la remorque, passe sur une poulie de renvoi solidaire du crochet d’attelage du tracteur et par suite des mouvements dus au jeu du ressort.
- Le freinage de la remorque est ainsi assuré d’une façon parfaite et dans une descente, la remorque est continuellement en équilibre, entre la légère traction exercée sur elle par le crochet du tracteur et l’effort îetardeur exercé par ses freins.
- Adresse : Société Blum-Latil, quai Gallieni, Suresnes.
- Tourisme
- Petite self pour l’éclairage électrique des bicyclettes. — Quand on adopte l’éclairage électrique pour une bicyclette et qu’on produit soi-même sa lumière au moyen d’une magnéto, on est obligé d’avoir un régulateur pour ne pas griller les lampes quand on doit marcher à une grande vitesse.
- Ceci est encore plus vrai pour la motocyclette où les grandes allures sont fréquentes et où il arrive fréquem-
- Manchonnage des chambres à air. — Au bout d’un certain temps, une chambre s’allonge au point de devenir d’un montage difficile, elle forme plusieurs plis, source de nombreuses crevaisons futures. Le cycliste prend alors une paire de ciseaux, coupe sa chambre, la raccourcit et essaie de recoller les deux bouts. Pour cela, il enduit consciencieusement les extrémités d’une couche de dissolution et essaie... en vain... de les introduire l’une dans l’autre ; aussi, furieux envoie-t-il au diable la chambre détériorée et en rachète-t-il une neuve Nous nous sommes trouvés en face du problème, et nous avons cherché longtemps le tour de main suivant, bien simple, et qui pourra rendre service à bon nombre d’amateurs.
- Puisque la dissolution empêche de rentrer le tube intérieur dans le tube extérieur, il faut chercher à rabattre ce dernier.
- Yoici donc comment procéder.
- i° Retourner sur lui-même un des bouts A de la chambre à air (fig. 2) sur une longueur d’environ i5 cm. La chambre s’aplatit.
- 20 Retourner sur lui-même ce premier pli sur une longueur de 6 cm.
- 3° Retourner sur lui-même ce deuxième pli sur une Ion gueur de 3 ceniimèlres.
- 4° Recouvrir la longueur du premier pli, restée libre, par le deuxième bout B de la chambre. Nettoyer au papier de verre età l’essence, très soigneusement, les surfaces indiquées par les flèches 3, les rerouvrir de dissolution et laisser sécher. Introduire de part et d’aulre de la chambre, sur les côtés plats et dans 1 intervalle indiqué par la flèche 1, deux manches de cuiller ou deux petites planchettes très minres de 2,5 cm à 3 cm de large. Serrer la chambre entre ces manches, de la main gauche; de la main droite introduire une
- y A
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- Fig. 2.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- petite spatule de bois ou un manche de cuiller dans l’espace indiqué par la flèche 2. Par petits coups, pousser cette spatule tout en tournant autour de la chambre. Le troisième pli vient recouvrir petit à petit le bout B, la dissolution assure l'adhérence sans difficulté.
- 5° Tirer sur les deux bouts de la chambre pour dérouler les plis, et l’opération est terminée.
- Malgré son apparence compliquée, l’opération est très facile, il suffira d’essayer sur deux bouts de chambre hors d usage, sans mettre de dissolution pour être rapidement maître du procédé.
- Électricité
- Construction d’un petit relais à mercure.— Quand on veut manœuvrer à distance des interrupteurs d un courant à tension un peu élevée, on ne saurait conduire les fils du courant principal à grande distance, sans une dépense assez élevée des conducteurs. Pour éviter cela, on dispose un relais qui n’exige pour sa manœuvre qu’un courant fourni par des piles et par conséquent des fils conducteurs d’un prix peu élevé. Ce relais donne un contact qui commande le courant de grande intensité.
- Un amateur un peu habile peut construire lui-même un relai de ce genre, qui lui permettra d allumer ou d’éteindre un réseau de lampes, mêmé à une grande distance, au moyen de piles et d’un conducteur ordinaire de sonnerie.
- L’appareil se compose d’un balancier en bois dur qui sera muni en son centre d’un couteau, du même genre
- Fig. 3. — Relais à more
- que celui d’une balance. Ce couteau reposera sur deux plaques métalliques qui comportent une petite encoche pour guider le levier pendant son déplacement. Les plaquettes sont fixées par des vis sur un bloc de bois cloué sur une planchette.
- De chaque côté du balancier sont disposées deux palettes en fer doux provenant de vieilles sonneries bon marché. Ces deux palettes correspondent à deux électroaimants, qui seront également ceux de deux sonneries, à moins que l’on ne veuille en construire de spéciaux pour cet usage; il suffira alors de prendre modèle sur le type de sonnerie bon marché, car le fonctionnement du relai se fera dans les mêmes conditions que celles de la sonnerie trembleuse ordinaire (fig. 3).
- Dans le cas où l’on veut établir ces électros, on aura soin d’employer du fer doux recuit pour les noyaux des bobines et pour les culasses. Les bobines pourront être en carton que l'on vernira à la gomme laque, et sur ces carcasses de bobines ainsi préparées on enroulera du fil électrique isolé à la soie de quelques dixièmes de millimètre de diamètre, en ayant soin que les bobines soient aussi semblables que possible, et comme nombre de tours et comme sens de l'enroulement.
- Chaque couche de fil pourra être, si l’on veut, séparée de la précédente par une couche de papier, mais ce n’est pas nécessaire. Les deux fils d’entrée du bobinage dans les deux bobines d’un même électro sont réunis ensemble de façon que le courant ne circule pas dans un sens différent sur chaque bobine. On forme ainsi, sur les noyaux, un pôle nord sur le premier et un pôle nord sur le second ; la palette est attirée avec force et l’on peut à volonté monter les deux bobines en série ou en dérivation, c’est une question de résistance de circuit. '
- /er
- A l’extrémité du levier en bois, de chaque côté, on fixe deux aiguilles bornes en laiton ou en acier qui plongeront dans le mercure de deux godets en fer afin de fermer un circuit électrique.
- Les godets seront constitués par deux vieux dés à coudre que 1 on aura bien nettoyé et polis à la surface. Ils reposent dans des pinces-agrafes en laiton, qu’il est facile de fabr quer avec un croisillon que Ion aura cambré convenablement [voir n° 2433 pour la la mpe torche) .[Hg. 4]
- Si I on n’a qu’un circuit à commander, par exemple l’allumage et l’extinction à dislance, il suffît d’avoir un seul godet de fermeture de courant. Ce godet sera garni d’un peu de mercure que Ion recouvrira d’une couche de glycérine ou d’huile de vaseline. Il forme interrupteur pour le circuit d’éclairage.
- Si ce godet se trouve être celui de droite de la figure 3, en envoyant du courant dans l’électro de droite, on fait plonger laiguille dans le mercure et on établit le circuit. Pour 1 interrompre, où enverra du courant dans 1 électro de gauche et le levier basculera l’aiguille quitte le mercure et le rompu.
- On prend une petite batterie de piles pour faire fonctionner les deux électros, comme deux sonneries et le circuit ne comprendra que trois fils, car il y aura un fil de retour commun aux deux électros. Il faudra seulement deux boutons de commande (fig. 5).
- On peut utiliser ce relais pour transmettre des lettres en alphabet Morse, avec deux lampes de couleur différente; une lampe rouge correspondant aux traits de l’alphabet Morse et une lampe blanche correspondant aux points, par exemple.
- Le levier du relais aura une aiguille à chaque extrémité et on prendra également deux godets correspondants.
- Un des godets donnera l’éclairage de la lampe rouge, l’autre celui de la lampe blanche. Le manipulateur à deux touches permettra de composer les lettres en traits et points de la même façon que pour les transmissions sous-marines.
- Pour rendre le mouvement de bascule plus franc, on dispose sur le levier, à l’aplomb du couteau, une tige avec un contrepoids que l’on peut déplacer sur une tige filetée et régler suivant la sensibilité que 1 on désire obtenir.
- Bien qu’il ne faille voir dans cet appareil qu’un jouet scientifique, on peut équiper par ce moyen nombre de
- Fig. 4. —Pince-agrafe pour godet.
- en sens contraire, courant est inter-
- combinaisons amusantes. Ainsi, en utilisant des petits appareils à contacts intermittentsque nous avons décrits précédemment, on peut actionner régulièrement des circuits de lumière ou de force, mettre , en marche de petits moteurs, etc.
- Toutes ces combinaisons sont susceptibles d’ap.ph" cations pratiques, que chacun découvrira et adaptera suivant les circonstances de l’installation qu i possède.
- , E. Weiss.
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- SD
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance croissante des demandas de renseignements qui parviennent au Service de ia Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’ab-mnement [I est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent necessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu Immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Convertisseur S. /. F : Société indépendante de T. S. F., 69, rue de la Boétie, Paris.
- Réponses. — M. Félix de Forestier, comte.de Coubert. — Vous pourrez vous procurer les colorauts remplissant les couditious requises chez M. H. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris.
- Dr Craen, à Charleroi. — Il n’existe à notre connais- sauce aucun ouvrage donnant des détails sur la construction des soupapes. Ce sout des appareils qui marchent ordinairement avec un faible rendement et l’intérêt de la construction iudiquée réside dans la commodité que les soupapes peuvent donuer eu cas de charge de petites batteries. La soupape Nodon a été abandonnée par ses constructeurs. Le dépôt brun de l’anode doit être de l’oxyde puce et le dépôt blanc au fond du vase du phosphate de plomb. Pour obtenir un fonclionuement meilleur des soupapes, il y a lieu de former les plaques, ce que uous indiquerons prochainement dans un article com plémentaire.
- M. Lefebvre, à Douai. — Les fils du primaire du ti an*formateur sont isolés pour 110 volts, ce sera donc du fil sous soie ; vous n’avez qu’à demander cet isolement au fournisseur en lui indiquant la tension de 110 volts pour l’enroulement. Avec 1 i5 volts au lieu de 11 o, le secondaire donnera une différence de potentiel très peu supérieure à 3, 5 ou 8 volts. Si vous le désirez, vous pouvez diminuer le nombre de tours en proportion,
- c’est-à-dire de —-
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- L’intensité que peut donner le primaire et le secondaire est donnée par la puissance du transformateur. Il faut compter 1 ampère au secondaire environ. Nous publierons prochainement le mode de construction d’un petit coujouteur-disjoncteur.
- M. l’abbé Sorin, à Fontenay-le-Comte. — Il vaut mieux employer du phosphate neutre d’ammonium pour les soupapes en solution saturée. La soupape peut fonctionner avec un voltage relativement bas, il suffit de rapprocher les électrodes en conséquence, mais le meilleur fonctionnement est obtenu avec le 110 volts. Il faut compter approximativement une intensité de 1 ampère par décimètre carré. Les plaques d’aluminium vous seront fournies par Goupil, n5, rue Saint-Sébastien, à Paris; Thuau fils, à Rennes. Si vous voulez peu de plaques, le mieux est de vous entendre avec un petit fondeur d’aluminium qui vous procurera quelques pièces. Solubilité du phosphate à ii>ü : 20 pour 100.
- M. P. D., h Dunkerque. — Pour charger 6 accumulateurs ordinaires, il faudra un courant de 5 ampères environ, ce qui exige 75 watts pour la puissance de la dynamo, soit environ 1/10 de cheval. En vous reportant eu numéro 2877 du 18 octobre, vous y trouverez la description d’un moteur continu qui pourra faire l’affaire en montant en série une résistance susceptible de donner le voltage convenable ainsi qu’il a été indiqué dans le u° 2399. Les pièces d’une magnéto ne donneraient pas de bons résultats, car vous auriez un collecteur à faire et le courant ne serait pas très constant pour charger convenablement des accus. Ce serait en réalité du courant alternatif redressé.
- M. Vignals, à Montauban. — Il faudrait, pour donner Un renseignement précis, connaître le diamètre du robinet. D’après le débit, nous pensons qu’il doit avoir 4 mm et débiter o lit. 66 par seconde. La formule de Ifamantnous donne comme vitesse 4 m- '20 et uous avons
- n 66 X 4 20
- comme puissance disponible ..........;----X 736, soit
- environ 25 watts.
- La dynamo demande 3o watls et le courant de charge en demande environ x5à 20 si vous chargez en 10 heures. Pai’ conséquent, la dynamo est trop forte pour la turbine Possible et cette dernière doit être bien construite
- pour avoir uu bon rendement. Yous pourriez soumettre le cas à un constructeur de ces petites turbines domestiques : M. Weydert, 19, rue de Courcelles, à Levallois.
- M. Moreaux, à Issoudun. — La soupape électrolytique peut marcher avec du phosphate bibasique, mais il est néanmoins préférable de prendre du phosphate tribasique qui est le phosphate complètement neutre.
- Les solutions utilisées n’ont de spéciales que le nom. On ajoute quelquefois un peu d alun pour justifier la particularité de la substance. Les soupapes out un Irès mauvais rendement et quelques constructeurs de soupapes, parmi ceux que vous nous citez, ont abandonné leur fabrication. La soupape dont nous avons indiqué la construction peut néanmoins rendre des services, mais il ne faut pas chercher 1 économie.
- Il vaut mieux brancher un transformateur, car avec l’ampérage que vous employez vous auriez line self importante et chère à établir. Nous avons indiqué dans le n° 2408 la construction d’un petit transformateur. Avec les constantes que vous indiquez, vous prendrez la forme à deux montants, le noyau aura 20 sur a5 mm. La hauteur des branches sera de 120 extérieur et de 70 intérieur.
- Le bobinage primaire sera constitué par 720 tours de fil de 2/1 oB de diamètre et l’enroulement secondaire par 110 tours de fil de 10/10° de millimètre. Yous pourrez avoir de cette façon un voltage au secondaire de 18 volts qui vous permettra de charger la batlerie à trois ampères. Il vous faudra naturellement avoir un rhéostat de réglage.
- À. B. L. — Nous vous signalons le Dictionnaire des Sciences en 2 volumes de la librairie Delagràve, i5, rue Soufflot, Paris.
- M. J. de las Borjas, Bordeaux. — i° Adresse de la Revue générale d’Electricité, 12, place de Laborde, Paris.
- 20 Pour distinguer le courant alternatif du continu, on peut se servir d’un aimant agissant surle filament d’une lampe à incandescence (voir Recettes de 1 Atelier, p. 172, Masson, éditeur).
- 3° Enduit rouge pour lampes à incandescence : Y Recettes, n° 239!, 7 février 1920, p. 46-
- M. Ilenkel, à Toluca. — Adresse de M. IR avenue Jacqueminot, Meudon.
- M. André Giraud, à Cannes. — Votre idée < marmite est ingénieuse et ce qui le prouve es disposition est presque identique à certains n « American Electrical Dealer Company », Soc son usine à Détroit aux Etats-Unis. Ces moi les numéros 181, 172 et 145 du catalogue pouvez demander directement. * •
- 1M. Fernand Marchand, ‘à Paris. — Pour ti trentaine de duplicata il n’y a pas d’autre mo; d’employer uu duplicateur simple, étant donné nombre d’exemplaires. 11 existe des modèles iniques et nous allons publier incessamment ur sur cette question.
- M. Gilbert Carben, à Paris. — Le montage qu>; indiquez est très ingénieux, mais ce n’est autre celui qui est appliqué dans les postes téléphoniques p mettre en circuit et retirer alternativement la sonnée et le microphone au moyen du levier commutateur.
- M. Gouault, au Mans. — Vous trouverez des gâches et serrures électriques ainsi que des Clacksons électriques chez Strauss, 16, boulevard Saint-Denis, à Paris. Nous indiquerons la manière de construire un verrouillage électrique de serrure.
- M. Bassereau, à La Roche-sur-Yon. — La forme du vase importe peu pour la soupape.
- Le couvercle en bois sera avantageusement paraffiné pour éviter qu’il ne joue avec 1 humidité et qu’il ne soit un peu conducteur.
- Yous trouverez de l’aluminium chez Goupil, 25, rue Saint-Sébastien, à Paris.
- La surface des électrodes indiquée est celle qui correspond à la densité de courant que l’on a dans l’exemple choisi, l épaisseur nia d’autre influence qu en raison de l’usure et du remplacement plus ou moins fréquent.
- Le liquide peut servir longtemps.
- Cette soupape marche avec un mauvais rendement et son fonctionnement nécessite quelques précautions que
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- BOITE AUX LETTRES
- nous indiquerons prochainement pour être certain d’obtenir de bons résultats : formation de la plaque avec du courant continu et une lampe en série. La formation est terminée quand la lampe s éteint.
- M. Trottier, à Paris. — Votre idée pour apprendre la lecture au son est ingénieuse, nous allons la mettre au point et en faire l’objet d’une petite communication dans la Science appliquée.
- M. F. Lopehandia, Arica. — Le moulin à vent à axe vertical décrit en 191S est construit par M. Coste, 86, avenue Daumesnil, Paris.
- T. S- P. — G. Jeanne, à Saint-Sever. — L’accident survenu à votre amplificateur doit être imputé à vos résistances de graphite qui sont défectueuses.
- Vérifier aussi soigneusement votre batterie de plaque, huit fois sur dix le médiocre rendement d’un amplificateur tient à la détérioration de cette batterie.
- M. Waidmann, à Pont-lEvêque. — La longueur d’onde propre de votre fil téléphonique est d’environ 35oX 4 — 1400 m. Pour recevoir des longueurs d'onde supérieures à 1400 m. vous n’avez pas besoin d’introduire une capacité variable dans votre antenne; mais pour éviter le bruit de friture qui résulterait, au voisinage de la herse, de la mise à la terre du fil de ligne, nous vous conseillons de couper votre connexion de terre au moyen d’un condensateur de 2 mfd environ.
- Pour la réception des ondes au-dessous de 1400 m. il faudra utiliser de plus un condensateur variable de oo5 dans l’antenne.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- La météorologie agricole dans les pays tropicaux, en Indochine en particulier, par P. Carton. 1 broch. in-8, 49 p. Institut scientifique de l’Indochine, Saigon.
- Dans ce rapport au Gouverneur général de l’Indochine, l’auteur examine ce qui fut fait, ce qu’a créé l’Institut scientifique et ce qu il reste à faire pour doter notre colonie d’un service indispensable au développement de sa production agricole.
- /,’aluminium (Emplois industriels du métal et de ses principaux alliages), par M. Guérin i brochure illustrée, 88 p. Editeur. Librairie de l’Enseignement Technique, Paris, 1921.
- Cette brochure est la reproduction d’une substantielle couférence faite au Conservatoire des Arts et Métiers par notre distingué collaborateur, M. Guérin. Après avoir rappelé brièvement les procédés de fabrication de l’aluminium, il en examine en détail les dif-V férentes applications qui se multiplient chaque jour et il doune d’intéressants renseignements sur les di-ers alliages utilisables, que l’aluminium forme sous < es désignations diverses, avec le cuivre, le zinc, le maguésium; certains d’entre eux, comme le duralumin, ou les bronzes d’aluminium, ont pris aujourd’hui tine grande importance et ce n’est que le début d’une évolution analogue à celle de l’industrie du fer qui fournit au commerce une série aux multiples nuances d’alliages dosés suivant la destination du métal.
- Les champignons du globe, par Henri Coupin, tome III. Chez 1 auteur, b, rue de la Santé, Paris, i3e. Prix : 40 francs.
- Avec une patience de bénédictin, notre collaborateur poursuit la publication de cet ouvrage, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs. Dans ce troisième volume on fait connaissance avec d’innombrables champignons parasites des végétaux, dont certains sont fort jolis, comme les Microsphæra si communs à la face inférieure des feuilles et que l’on s’étonne de ne pas voir prendre plus souvent comme motifs décoratifs, et d’autres renommés par les dégâts qu’ils causent, comme, par exemple le Mildiou Dans le même tome, les entomologistes auront plaisir à voir la « physionomie » réelle de plusieurs parasites des insectes, notamment ceux dont on a fait le groupe des Laboulbéniacées et qui sont très fréquents sur les espèces aquatiques.
- Mammifères fossiles de Tarifa, par Marcellin Boule, avec la collaboration de A. Thevenin 1 vol. in-4, 255 p., 65 fig., 27 pl. héliogravées. Le Soudier, Paris.
- Tarija est une ville située dans le sud de la Bolivie, au centre d’une région depuis longtemps célèbre par sa richesse en ossements d’animaux fossiles. Au cours d une mission scientifique en Amérique du Sud, MM. de Créqui-Montfort et Sénéchal de la Grange y ont acquis des restes de plusieurs centaines de Mastodontes, d’une centaine de chevaux ou animaux voisins, d’un nombre au moins égal de lamas, sans compter les édentés, les rongeurs et les carnassiers. Cette superbe collection a été donnée au Muséum national où M. le professeur Boule a pu l’étudier en collaboration avec le regretté Armand Thevenin. La magnifique et luxueuse publication qui vient de paraître, grâce à l’aide du marquis de Créqui-Montfort, contient la description de ces fossiles, capitaux pour la connaissance de l’évolution des types actuels de Mammifères,
- Compte rendu des travaux au cours de Vannée 1920 de la Commission Centrale d'études relatives au coût de la vie du Ministère du Travail. 1 vol. in-8, 635 p. Imprimerie Nationale.
- La Commission instituée par décret du 19 février t 920 rassemble dans ce livre ses premiers travaux. Ils sont capitaux pour la connaissance précise de notre situation économique actuelle. Le rapport général, dû à M. March, constate les mouvements du coût de la vie dans les divers points de la France et analyse leurs causes : production, concurrence, consommation, finances; il en déduit une série de recommandations qui forment le programme complet de notre retour vers la prospérité passée. Suivent une série de rapports techniques sur l’alimentation, lhabitation, le vêtement, le charbon, les industries, les transports, le commerce, le crédit, la monnaie et le change qui fournissent un grand nombre de données numériques et en tirent de nombreuses et nécessaires conclusions. On ne peut raisonner de notre situation présente sans partir des faits établis par cette Commission d’études et rassemblés dans ce livre; c’est dire son intérêt et son importance capitale.
- Manuel pratique du Savonnier, par F. Wiltner et G. C'Lmels (Bibliothèque des Actualités industrielles). 1 vol. in 16. 204 p. 26 fig. 4° édition. Gauthier-Villars. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ecrit à l’usage des fabricants, cet ouvrage d’une technique éprouvée donne sous une forme essentiellement pratique tous les renseignements nécessaires à la fabrication des savons : notions sommaires sur les matières premières, puis fabrication des diverses sortes de savons étudiée en détail.
- Ce n’est qu’après avoir développé toutes les phases de la fabrication que l auteur doune une série de recettes pour savons de toilette : poudre, boules, savon mousseux, savon à barbe, savons transparents, etc. Le volume se termine par un chapitre sur l’analyse des savons. Le succès de cet ouvrage dont la 4* édition vient de paraître prouve l’excellence de sa documentation.
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- LANATURE
- Supplément.
- N° 2466 9 Juillet *921
- INFORMATIONS
- Curieux résultats de la photographie d’étincelles électriques. — Nous recevons du colonel Plücker la communication suivante :
- « En photographiant récemment une nouvelle machine électrostatique à influence, en même temps que les lon-
- Fig. r.
- gués étincelles produites par cette machine, j’ai obtenu les images figures i et i ci-jointes.
- La figure i a été obtenue en photographiant, dans une chambre avec fenêtre à volet, en premier lieu les étincelles dans l’obscurité, puis la machine après avoir admis la lumière du jour. A ma grande surprise, les étincelles ont été reproduites en noir au lieu de l’être en blanc.
- En renversant l’ordre des poses, c’est-à-dire en photographiant en premier lieu la machine à la lumière du
- Fig. 2.
- jour, puis les étincelles dans l’obscurité, j’ai obtenu la figure 2 sur laquelle les étincelles sont blanches.
- Comment expliquer ces résultats ?
- La figure 3 représente les étincelles photographiées dans l’obscurité. Leur longueur était de cm environ. Il est à remarquer qu’aucune de ces étincelles ne montre des zigzags à angles aigus, comme l’indiquënt des ouvrages classiques (Ganot, etc.) et comme les artistes représentent généralement la foudre. Les photographies d’éclairs reproduites dans l’intéressant ouvrage de
- Fig. 3.
- M. Camille Flammarion, Les Phénomènes de la foudre, ne montrent pas non plus d’angles aigus. »
- Le tremblement de terre de Chine du 16 décembre 1920. — Un grand tremblement de terre a ravagé la Chine en décembre dernier. Les journaux quotidiens ont signalé le; cataclysme, mais peu de détails précis ont été donnés jusqu ici. Un premier travail
- sur ce’sujet vient d’être publié par le R. P. E. Gherzi, de l’observatoire de Zi-Ka-Weï. M. Davison, le sismologue anglais bien connu, le résume dans Nature. L’étude du Père Gherzi est basée sur les sismogrammes enregistrés à Zi-Ka-Weï et sur les renseignements fournis par les missionnaires correspondants de l’observatoire ou par les journaux chinois. Le premier choc enregistré se produisit le 16 novembre; d’autres furent notés les 4» 6 et io décembre; 3 chocs se produisirent peut-être encore le 16 décembre au matin. Les ondes primaires du grand choc arrivèrent à Zi-Ka-Weï le 16 décembre à i2h9mi68, les ondes secondaires à i2h nra 45‘. Les sismographes de l’observatoire furent promptement mis hors de service ; mais les sismogrammes enregistrés ont permis de reconnaître que l’épicentre du tremblement de terre se trouvait à 1400 km de Zi-Ka-Weï et que le cataclysme avait commencé à i2h 6m 5S.
- La région la plus fortement secouée se trouve dans les provinces de Kansu et de Shensi au nord-ouest de la Chine; c’est là que prennent généralement naissance les plus redoutables séismes de la Chine. Le Père Gherzi a Iracé les courbes isosismiques suivant l’échelle de Mercalli; la courbe de degré 10 de cette échelle englobe par définition les régions dans lesquelles la destruction des bâtiments est à peu près complète. Elle comprend dans le cas présent les villes de Pingliang, Kingchow, Kuyuan, Tsingningchow, et couvre une étendue de 3oo km de long sur 100 km de large environ. Son grand axe est dirigé Nord-Nord-Ouest-Sud-Sud-Est à(peu près parallèle aux axes des grands plissements de cette région. L’épicentre se trouverait ainsi situé à environ 35,8 degrés latitude Nord, 106,a degrés longitude Est.
- La durée du cataclysme paraît avoir été d’au moins 3 minutes; l’intensité du choc a peu varié pendant ce temps. .La courbe de degré 4 de Mercalli qui marque les limites jusqu’où le tremblement de terre est légèrement perceptible par la plupart des habitants englobe une surface du même ordre que celle de l’Europe entière. Ce tremblement de terre est donc probablement le plus important de ceux qui ont été jusqu’ici étudiés systématiquement. On n’est pas encore fixé sur l’étendue des dégâts, mais ceux-ci paraissent immenses. Le Père Gherzi estime à 4°000 au minimum le nombre des morts. Le chiffre réel est sans doute très supérieur, mais ne sera probablement jamais connu. Dans ces régions où les fleuves ont taillé dans le lœss friable des vallées encaissées aux parois abruptes, les habitants vivent en troglodytes dans des espèces de caves creusées aux flancs de ces vallées. Un grand nombre de ces habitations ont été enfouies sous des avalanches de terre détachées par le cataclysme.
- Le Times publie un rapport de voyageurs étrangers qui concorde avec celui du Père Gherzi en ce qui concerne l’étendue de la zone affectée; mais estime, d’après le préfet de Pingliang, le nombre des morts à 180000 au moins. A Kuyuan, 3oooo personnes ont péri. La ville de Haï-Cheng paraît avoir été complètement ensevelie avec ses 70000 habitants sous l’éboulement des collines voisines; c’est, on le voit, une terrible catastrophe qui s’est abattue sur la Chine; l’histoire en Èrelate, heureusement, peu de comparables. Le tremblement de terre de Messine en 1908 a coûté la vie à plus de 100000 personnes; le tremblement de terre des Indes en i8g3 à 180000; celui du Japon en 1703 à 200000 et celui des Indes en 1737 à 3ooooo.
- La caféine extraite de la suie résiduaire des brûloirs à café. — L’industrie pharmaceutique s’intéresse à la récupération de la caféiüe qui reste dans la suie après torréfaction du café.
- M. G.-E. Ewe, chimiste français, s’est livré à des recherches dans ce sens, et il en a fait connaître les résultats dans Chimie et Industrie (n° d’avril 1921).
- Ayant analysé quatorze échantillons de suie déposée dans les collecteurs des brûloirs à café, M. G.-E. Ewe a constaté que la teneur en caféine de cette suie varie de o 70 à 22,70 pour 100. Il y â donc intérêt à récupérer
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- INFORMATIONS
- ces résidus en vue de les traiter pour en extraire la caféine, utilisée, on le sait, comme médicament cardiaque. Par un collecteur, dont ce chimiste donne la description, on arrive, en refroidissant le courant gazeux des brûloirs, à déterminer la condensation de la caféine sublimée pendant la torréfaction.
- La proportion de caféine contenue dans les suies des appareils dits « brûloirs à café » permet de conclure que la récupération de ces résidus n'est pas négligeable.
- L’émigration allemande aux États-Unis. — Le
- Mouvement Géographique donne sur cette question une importante étude d'où nous tirons les renseignements suivants : depuis 1606 jusqu’en 1819, aucune statistique n’existe; on estime à 3oo 000 environ le nombre des Allemands, Autrichiens et Suisses immigrés dans les colonies anglo-américaines. Depuis 1819, l’Union des Etats s’occupe de l’immigration et publie une statistique générale qui indique (en comptant les Autrichiens jusqu’en 1841) :
- Années. Allemands immij
- 1820-1829 . . . . .... 5.753
- i83o-i83g . . . . . . . 124.726
- 1840-1849 . . . . . . . 410.434
- 1850-1869 . . . . • • • 976-072
- 1860-1869 . . . . • • • 769•7 £9
- 1870-1879 . . . . . . . Ti5.437
- 1880-1869 . . . . . . . 1.533.670
- 1890-1899 . . . . . . . 6l8.022
- 1900-1909 . . . . . . . 328.722
- 1910-1919 . . . . . . . 184.227
- Total........ 5.656.782
- Très faible jusqu’en i83o, l’immigration allemande n’a commencé à prendre une réelle importance qu’à partir de l’arrivée des proscrits politiques et des réfugiés pour causes religieuses. La crise économique de 1840, la Résolution de 1848 et la crise de 1851-1854 poussèrent ensuite près de 1400 000 Allemands vers l’Union Américaine. La découverte des mines d’or de Californie agit à la même époque comme un stimulant. La guerre de Sécession, coïncidant avec une période d'accalmie sur le vieux continent, détermina un fléchissement considérable de l’immigration pacifique des agriculteurs et des artisans, bien que dès 1862 la loi fédérale du homestead eût accordé aux colons des concessions de terres presque entièrement gratuites. En revanche, un certain nombre d aventuriers, séduits par les hautes paies de l’armée fédérale, venaient prendre du service dans les armées nordistes; la lutte finie, la plupart des survivants restèrent à demeure au delà de l’Atlantique.
- Sans attendre le relèvement des Etats-Unis, de i865 à 1873, plus de g5oooo Allemands, fuyant devant la guerre, le service des trois ans, l’annexion par la Prusse et la persécution religieuse, vinrent y chercher une nouvelle patrie.
- La crise, qui éprouva les Etats-Unis en 1873, fit tomber les chiffres de l’immigration européenne au-dessous de ceux des retours en Europe, mais elle fut de courte durée. Bientôt commença le troisième grand exode des Allemands vers l’Union. La transformation de l’Empire au point de vue économique et les poursuites contre les social-démocrates et les particularités provoquèrent Farrivée, entre 1880 et i8g3, de plus de 1 i3oooo Allemands. Grises agricoles, industrielles et politiques se suivaient de telle sorte que l’on pouvait croire que l’immigration allemande ne tomberait plus guère dorénavant au-dessous de 100000 par an.
- La crise américaine de 1893-1895 et les progrès réalisés soudainement par l’Allemagne ralentirent brusquement ce courant. Désormais, les Allemands, suivant un mot très juste, ont trouvé 1 Amérique chez eux, avec en plus une organisation de la prévoyance sociale telle que les Etats-Unis ne pouvaient leur en fournir l’équivalent. Les retraites ouvrières ont fixé au sol l’ouvrier allemand. De 1894 à 1914. l’immigration allemande a continué, mais en oscillant entre 17000 et 46000. En même temps, son caractère changeait. Les Allemands avaient de plus, en plus tendance à ne pas se fixer, mais à repartir au bout de quelques années. De 1901 à 1913, 436 36g émigrants allemands sont partis par les ports du Reich et 78418 sont revenus par la même voie.
- L’immigration agricole avait pour ainsi dire cessé, par suite de la mise en culture de toutes les terres susceptibles d’être consacrées à la petite colonisation.
- La guerre générale n'a pas mis fin complètement à l’immigration allemande, mais il semble que ce soient des juifs allemands qui aient trouvé moyen de s’infiltrer, en provenance surtout des pays de l’Entente et de la Hollande. En Amérique même, la guerre a provoqué des déplacements de population. De 1914 à 1917, une vingtaine de mille de Reichsdeutsche ont quitté le Canada pour les Etats-Unis; de 1917 à 1919, un courant analogue s’est porté des Etats-Unis vers le Mexique.
- L’île d’Yap. — On en parle beaucoup en ce moment. Possession allemande, confiée par le traité de Versailles à la Société des Nations qui doit donner mandat de l’administrer à l’un de ses membres, sera-t-elle attribuée au Japon ou aux Etats-Unis? Pour comprendre l’importance de cette île, il faut connaître exactement sa situation. Justement, M. Regelsperger vient de donner dans V Océanie française des précisions géographiques à son sujet. Elle fait partie du groupe occidental des Carolines, dans l’Océan Pacifique, par 90 de latitude N. et i36° de longitude E. Sa surface est de 207 km2. Connue peut-être depuis 1625 ou 1626, elle fut visitée certainement en 1731 par le P. Cantova, des Jésuites de Manille; en 1828, Dumont d’Urville en leva le plan. Possession espagnole à peu près exclusivement nominale, elle fut cédée à l’Allemagne en 1899, après la guerre hispano-américaine, avec les autres îles Carolines. Le Dr Volkens et le capitaine Salesius l’étudièrent alors, en 1899 et 1906, et fournirent des renseignements précis sur sa géographie, son climat, sa faune et ses ressources.
- M. Regelsperger les résume ainsi : l’île d’Yap, longue d’un peu plus de 20 km, large de 10 au moins, est formée de deux noyaux inégaux réunis par un isthme étroit où se trouve à l’est la baie de Tomil ; elle se continue vers le nord par deux îlots. Différente en cela de la plupart des Carolines qui sont madréporiques, Yap est volcanique; son sommet le plus haut, le mont Kobutt, atteint 3oo m. ; son noyau volcanique montre surtout des schistes gris-vert, il est, entouré de terrains plats fertiles et habités.
- Le climat, sain, comporte une température assez égale (moyenne mensuelle de 28°), des pluies abondantes (2 m. 78 en 1900, dont o m. 53 en octobre) alternant avec une grande sécheresse, des typhons qui amènent tous les cinq ans environ des désastres.
- La population oscille de 3ooo à 8000 selon les évaluations. Les indigènes, de taille moyenne, forts, bien bâtis, sont doux et sociables. Les femmes travaillent la terre, cueillent les fruits du palmier à pain, déterrenc les patates douces; les hommes pêchent et naviguent.
- La faune terrestre ne compte que 3 mammifères, mais de nombreux oiseaux; la faune marine est des plus riches. La flore rappelle celle de Mindanao. Dans les parties basses, les cocotiers sont superbes, fournissant du coprah à l’exportation.
- La valeur de l’île d’Yap tient surtout à sa situation. Les Allemands y avaient installé une grande station de T. S. F. et des câbles sous-marins aboutissant à Shanghaï, aux Célèbes et à l’île de Guam (Mariannes), centre télégraphique américain d’où d’autres câbles partent vers Yrokohama, les Philippines, Hawaii et San Francisco. Yap est ainsi un des nœuds de communication du Pacifique.
- Don français de 10 millions pour les sciences. —
- L’Académie des Sciences vient d’apprendre de M. Edmond de Rothschild qu’il se propose de créer une fon dation dotée de 10 millions de francs, destinée à faciliter le développement de la recherche scientifique, notam ment dans l’ordre des sciences physico-chimiques. Cette œuvre, reconnue d’utilité publique, sera administrée par un conseil comprenant notamment deux membres de l’Académie des Sciences, un professeur du Collège de France, un de la Sorbonne et un du Muséum ; elle a pour but d’encourager la formation d’une élite de savants consacrant leur vie au progrès scientifique et à ses applications à l’industrie et à l’agriculture. Ses moyens se compléteront dans l’avenir par la création d’un Institut de recherches muni des laboratoires, du matériel et de la documentation nécessaires.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- JfeD
- WP
- QSL
- C^Svi, 'Electricité
- Construction d’un redresseur-vibreur pour courants alternatifs. — Nous recevons d’un de nos lecteurs, M. le Commandant de Romanie, 62, rue Auguste-Comte, à Lyon, l’intéressante communication qui suit :
- « Dans l’une des « Boîtes aux lettres » de La Nature de l’année 1920, il est dit que la construction d’un redresseur-vibreur pour courant alternatif présentait des difficultés de nature à le rendre peu à la portée des amateurs.
- Nous avons cependant tenté cette entreprise et réalisé un appareil qui nous donne toute satisfaction.
- Notre appareil est destiné à redresser le courant alternatif fourni par un transformateur que nous avons établi et qui donne soit 6 ampères sous 3 volts, 20, soit 3 ampères sous 6 volts 4»
- Il se compose a) d’un aimant permanent provenant d’un récepteur téléphonique hors d’usage.
- b) D’une armature constituée par un faisceau d’une douzaine de feuilles de tôle recuite et vernie de o,3 à 0,4 mm X 10 X 35 mm.
- c) D’un ressort en acier (pris dans une baleine de corset) de 0,4 X 14 X 60 mm.
- d) D’une lame de laiton empruntée à une vieille pile pour lampe de poche.
- e) D’un buttoir avec vis de réglage à pointe d’argent.
- p/e ce po/a/re v/ssee P )
- Fig. 1. — Redresseur-vibreur pour courauts alternatifs (coupe).
- f) D’une bobine fixe, formée d’une carcasse en carton dont le noyau présente un vide de i5 X i5 mm dans lequel passe l’armature, avec un jeu suffisant pour ne pas en gêner les vibrations.
- Le ressort c) est percé de 2 trous permettant de le fixer au moyen de 2 vis sur un support en bois, et la lame de laiton est munie à un bout d’une paillette en argent, et à l’autre d’un fil souple pour l’amenée du courant.
- Ces deux pièces, et les tôles constituant l’armature, sont assemblées au moyen d’une ligature serrée, le ressort d’acier étant préalablement ramené à la largeur de 10 mm sur la longueur insérée dans le faisceau.
- Dimension : lame de laiton (partie dépassante) 25 mm, ressort (partie dépassante) 3o mm.
- Ce dernier est fixé sur le support de manière à réduire au minimum la portion non encastrée.
- Connexions et fonctionnement. — La bobine aboutit aux deux bornes d’entrée, et est donc constamment parcourue par le courant alternatif. Elle produit dans l’armature une aimantation alternative qui provoque et entretient ses vibrations par les attractions et répulsions exercées sur elle par l’aimant permanent.
- Quand l’armature est repoussée, la lame de laiton entre en contact avec la vis de réglage reliée à l’une des bornes de sortie, et lui transmet le courant qu’elle a reçu de l’une des bornes d’entrée par l’intermédiaire du fil souple. L’autre borne de sortie étant reliée en permanence à la seconde borne d’entrée, le circuit extérieur est donc parcouru par le courant qui se partage entre lui et la bobine. Quand l’armature est attirée, le contact avec la vis de réglage est rompu et le circuit extérieur ne reçoit aucun courant.
- On voit donc que ce dernier reçoit un courant interrompu, mais toujours de même sens. La bobine absorbant une partie du courant il y a intérêt à lui donner une assez grande résistance ; la nôtre est d’une centaine d’ohms, en fil de 14/100.
- Il semble aussi utile que la lame de laiton ait une flexibilité convenable, son contact avec la vis ne devant être ni instantané ni trop prolongé, sous peine dans le
- premier cas de ne recueillir le courant convenable que partiellement, dans le second de laisser passer, outre le courant, une portion du courant de sens contraire des demi-périodes voisines. Dans l’un et l’autre cas la
- Bob/ne
- I ig. 2. —Redresseur-vibreur pour courauts alternatifs (plan).
- résultante efficace serait diminuée et pourrait même être annulée.
- On voit qu’il y a lieu à un réglage assez délicat, qui constitue la seule difficulté de l’entreprise. Ce réglage s’effectue à l’aide d’un galvanomètre à aimant, dont on cherche à obtenir la déviation maxima, le circuit extérieur ne comprenant que le galvanomètre. Ce résultat obtenu, on y introduira les appareils d’utilisation, et, en général, le fonctionnement continuera à être satisfaisant.
- Le galvanomètre à aimant permet en outre de s’assurer du sens du courant redressé, qui pourrait se trouver interverti, au cas où l’ensemble ressort-armature-lame, au lieu de vibrer normalement, présenterait un nœud du à la flexibilité de la lame du laiton. On évitera cet inconvénient en réduisant au minimum l’amplitude des oscillations, qui doivent produire, au lieu d’un ronflement, un frémissement comparable à celui de l’eau qui est près d’entrer en ébullition.
- II est à remarquer que l’intensité efficace du courant redressé aura pour limite la moitié de celle du courant fourni par le transformateur, celui-ci n’étant lancé dans le circuit extérieur que pendant la moitié au plus de chaque période.
- Nous pensons qu’on pourrait faire osciller l’armature entre les pôles d’un aimant en fer à cheval, mais que le réglage des vibrations en serait rendu plus difficile; nous préférerions, -si nous avions à employer un aimant de ce genre, n’en utiliser qu’un pôle.
- Nous croyons également devoir recommander, si l’appareil doit fonctionner sous des voltages différents, d’introduire dans le circuit de la bobine (au point R par exemple) une résistance destinée à éviter que le courant qui la traverse diffère beaucoup de celui pour lequel l’appareil a été réglé.
- Ce rhéostat peut être fort utile d ailleurs pour le réglage.
- Résultats fournis par V appareil.—1 “Alimenté sous 3 volts et 6 ampères, il transmet environ 2 ampères 3 (sur galvanomètre seul); 20 alimenté sous 6 volts et 3 ampères, il transmet environ 1 ampère 4.
- Il permet de charger des accumulateurs sous un régime qui n’est limité que par le débit de mon transformateur. Il est évident, en effet, que le même redresseur fonctionnera d’une façon identique sous n’importe quel ampérage, à voltage égal. Et si le voltage est différent, il suffira de le ramener à la valeur convenable aux bornes de la bobine par le moyen du rhéostat placé en R.
- Pour l’entretien des accumulateurs.
- — On conseille de mesurer de temps en temps avec un aréomètre la densité du liquide qui remplit les éléments d’accumulateurs. Ce conseil reste d’ailleurs purement platonique, car dans les éléments de batterie d’éclairage de voiture, il est rigoureusement impossible d’introduire un aréomètre si petit soit-il.
- Voici, d’après la Vie Automobile, un dispositif qui rend possible l’opération et permet de la réaliser d’ailleurs à peu de frais par tous les amateurs adroits.
- Fig. 3.
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- SCIENCE APPLIQUEE
- L’aréomètre est placé à l’intérieur d’un tube de verre ouvert à ses deux extrémités. A l’extrémité supérieure on fixe une poire en caoutchouc, et à l’extrémité inférieure un tube également en caoutchouc d’un diamètre assez petit pour qu’on puisse l’introduire dans l’élément d’accumulateur en expérience, par le bouchon. Eu comprimant la poire en caoutchouc, et en la relâchant ensuite, on remplit à peu près à moitié le tube avec l’électrolyte, et l’aréomètre qui plonge dans le liquide donne immédiatement la densité.
- r> Mécanique
- Appareil pour prévenir les ruptures d’équilibre des tracteurs. — Les progrès de la culture mécanique nécessitent des précautions pour donner aux ouvriers ruraux, peu familiarisés avec le maniement et la conduite des tracteurs, toute sécurité lorsqu’on leur confie ces machines.
- Si on fait déployer momentanément au tracteur un effort de traction au delà d’une certaine limite, et si la
- Fig. '|.— Appareil pour prévenir les ruptures d'équilibre des tracteurs.
- force du moteur n’est pas suffisante, ce dernier freine, est bloqué, il cale, s’arrête brusquement, et il y a détérioration de la commande du ventilateur quand celle-ci s’opère par engrenages.
- Si, au contraire, le moteur est très puissant, et que le tracteur marche en terrain relativement meuble ou humide, les roues motrices tournent sur place, les palettes ou dispositifs d ancrage creusent le sol, de sorte que les roues s’enterrent ou.se taupent très rapidement, et l’enfoncement est limité par une pièce du mécanisme de transmission ou du bâti, qui vient s’appuyer sur le sol.
- Enfin, si le sol est résistant, les roues motrices sont, pour ainsi dire, freinées, elles cessent de tourner, mais alors c'est l’ensemble du tracteur qui tend à tourner dans le plan vertical autour de l’axe des roues et la machine se cabre. Dans les trois cas, il faut défaire l’attelage, c’est-à-dire supprimer la résistance, avant de remettre le moteur en route.
- Lorsque le tracteur se cabre, il y a dauger sérieux, si le conducteur n’a pas la présence d esprit de débrayer la transmission ou d’arrêter le moteur dès qu’il s’aperçoit que le tracteur se dresse; avec des machines à moteur puissant et à avant-train léger, on a vu des renversements et le conducteur blessé grièvement. Pour prévenir ces accidents et éviter tout danger dans la conduite des tracteurs, M. Emile Feuillette, agriculteur au Perthuis, Saint-Maurice-sur-Aveyron (Loiret), a eu l’ingénieuse idée de combiner un pendule de sécurité destiné à couper automatiquement l’allumage du moteur dès que le châssis du tracteur atteint une inclinaison dangereuse.
- La figure 4 ci-contre montre le principe de cette invention fort utile.
- Un pendule B est solidaire d’un tronc de cône renversé A dont le bord supérieur a est roulé et s’appuie dans le fond d’une gorge c faisant partie de la boîte C. Ce mode de suspension constitue une sorte d’articulation momentanée du pendule AB dans un sens quelconque. Un ressort b, serré convenablement par la tige filetée D, atténue les oscillations provoquées par les vibrations du tracteur.
- La partie supérieure de la boîte G est fermée par un couvercle E, qui porte une couronne e isolée et reliée électriquement par la borne / au fil de masse de la magnéto.
- Quand l’inclinaison du pendule (et du tracteur) commence à devenir dangereuse, l’axe o du pendule venant, par exemple, en o', le rebord a a prend la position a a' indiquée en pointillé, et vient en contact avec la couronne e, en établissant ainsi la mise à la masse de la magnéto, ce qui supprime brusquement et automatiquement l’allumage en arrêtant le moteur.
- Le dispositif e f peut être remplacé par une couronne k isolée, reliée au fil de masse de la magnéto, et dont le contact est obtenu par un point de l’aire latérale du pendule B.
- L’ensemble est protégé par l’enveloppe m, que l’on fixe par les oreilles n, en un endroit quelconque du tracteur.
- On observe que ce même principe de pendule peut être employé pour agir automatiquement par leviers et tringles convenablement disposés, sur l’admission des gaz, afin de constituer un réglage automatique du moteur suivant la rampe ou la pente sur laquelle se déplace le tracteur, ce dernier nécessitant d’autant plus de puissance que la rampe à gravir est plus prononcée, et inversement lorsque la machine se déplace sur une pente (R. Dessaisaix).
- Cet appareil de sécurité est appelé à rendre de réels services dans la conduite des tracteurs. H. B.
- Un petit appareil à redresser les clous. — L’appareil ci-contre sert à redresser les clous, fils, petites barres, etc. En raison des prix élevés des matières premières, son emploi constitue une grande économie et, même lorsque les prix des matières premières seront ceux d’avant-guerre^ ce qui n’est pas encore le cas en ce moment, on y trouvera encore un grand intérêt. Généralement, les clous, après un premier usage, sont perdus parce qu’ils sont pliés ou déformés. Le redressement à la main est long et difficile.
- Par contre, en employant cet appareil, il est possible à un jeune apprenti de redresser plusieurs centaiues de pièces à l’heure et les mêmes clous peuvent servie presque indéfiniment. En général. les tiges, fils, petites barres, d une rigidité en rapport avec la force de l’appareil, courbés ou déformés, sont rendus à leur forme droite primitive, et cela presque instantanément.
- Cet appareil doit être fixé solidement sur une table, un établi ou autre base solide, au moyen de tire-fonds et de préférence au moyen de boulons.
- Si l’appareil est destiné à être déplacé assez souvent, le fixer 5. Petit appareil
- solidement sur une planche, la- a redresserles clous, quelle, au moyen de serre-joints
- ou tout autre moyen de pression, peut être adaptée à la table ou à l’établi. Placez ensuite le clou usagé entre les mâchoires de l’appareil, en ayant soin que la tête dépasse, exercez trois à quatre descentes brusques du levier et le clou sera redressé entre les mâchoires en forme de V.
- Les entailles de la mâchoire supérieure servent à redresser les clous qui sont courbés près de la tête ; dans ce cas prenez le clou par la pointe et placez la tête entre les entailles, le dos du pli vers le haut, appuyé/ légèrement sur le levier et la tête se trouvera parfaitement d’équerre avec la tige, condition essentielle pou-' que le clou, même neuf, ait une pénétration d’un aplom'1 régulier.
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- VARIÉTÉS
- 1go
- Q25Q
- GOMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS? — LES FIGUES
- Originaire des régions très chaudes du sud de l’Europe, du Nord de l’Afrique, etc., le Figuier (Ficus Carica, Artocarpées) est un arbre de la région méditerranéenne qui, avec le dattier et l’olivier, est considéré comme l’un des arbres les plus précieux au regard de l’alimentation humaine de ces contrées. En dehors du Midi, il prospère aussi dans le Centre, l’Ouest et le Sud-Ouest de la France ; le figuier de Roscoff est aussi légendaire par son grand âge que par son vaste développement. Enfin, à condition de lui accorder protection et culture particulière, il s’accommode assez bien du climat parisien où il forme de petites figueraies sur le territoire d’Argenteuil et de la Frette.
- Nature et production de la Figue. —Avant d’indiquer les variétés françaises les plus appréciées, il me paraît utile1 de donner de brèves explications sur deux points particuliers à la figue, peu connus généralement des maîtresses de maison et du grand public, je veux parler de la nature de ce fruit et de son mode de production.
- A l’encontre de la généralité des fruits, la figue n’est pas un fruit simple, mais un fruit composé résultant d’une inflorescence complète : les nombreux petits fruits sont portés sur le réceptacle creusé en forme de sac qui devient charnu et succulent à maturité, et c’est l’ensemble de tous ces petits fruits enfoncés dans la pulpe qui constitue ce qu’on nomme la figue.
- Dans les pays très châuds, la végétation du figuier est ininterrompue et l’on trouve en toute saison sur le même arbre et souvent sur le même rameau, en plus des feuilles et des boutons, des fruits aux diverses phases de leur développement. Dans les régions beaucoup moins chaudes .telles que la France, surtout plus on s’éloigne du Midi, la végétation s’arrête, les feuilles tombent et les figues qui n’ont pas eu le temps de mûrir à l’automne persistent tout l’hiver sur les rameaux, si l’on prend soin de les protéger contre ses rigueurs. Le printemps venu, elles continuent de s’accroître sur la partie de la branche qui reste dénudée et il en résulte qu elles mûrissent de bonne heure : ce sont là les figues-fleurs. En France, leur maturité a lieu au plus tôt dès la mi-juin pour le Midi et en juillet pour la région parisienne.'
- A l’aisselle des feuilles qui se développent ensuite,, il se produit successivement de nouveaux fruits qui mûrissent plus ou moins tôt à l’automne, mais en raison de la température : on les appelle figues d’automne. De sorte qu’on peut trouver sur le même rameau, au sommet des fi gués-fleurs, à la base des figues d’automne, mais ces dernières ne se rencontrent guère sous le climat parisien parce que les figues ne peuvent y mûrir que difficilement faute de chaleur. Et la conséquence naturelle est que, pour cette dernière région, les figues-fleurs constituent la récolte la plus importante tandis que ce sont les figues d’automne pour le Midi. Les figuiers produisant les deux récoltes sont dits bifères.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Le nombre des variétés de figues cultivées est très grand, on les caractérise : i° par la couleur extérieure de la peau, blanche, jaune, verte,, violette, noirâtre, de même que par la coloration de la chair, blanche, rouge ou rosée, violette; 2° par le volume des fruits, petits, moyens ou gros; 3° par la forme tantôt sphérique, tantôt piriforme, mais pour rester sur une base pratique, il y a lieu pour fa maîtresse de maison de tenir grand compte de. la contrée où les achats sont faits. En dehors de la région méditerranéenne, notamment sous le climat parisien, le choix ne peut se porter que sur quatre excellentes variétés qui font depuis longtemps la réputation des territoires d’Argenteuil et de la Frette ; en voici les principaux caractères, d’après la Section pomologique de la Société nationale d’Horticulture de France.
- Blanche d’Argenteuil (de Versailles). — Fruit moyen, allongé, aplati vers l’œil; peau jaune verdâtre, brillante, k sillons marqués; pédoncule très court; chair blanche; ’uteuse,'très sucrée, parfumée ; maturité deuxième quinzaine de juillet pour les premiers fruits ou figues-fleurs ;t septembre pour les seconds ou figues d’automne.
- Figue Barbillonne. — Fruit moyen, allongé; peau vert nrun ou violacée, vernissée, mince, se détachant bien; pédoncule court; chair blanche, légèrement rosée, sucrée,
- parfumée. Maturité comme pour la précédente; toutefois, les figues d’automne apparaissent rarement. Elle est de qualité supérieure à la Blanche d’Argenteuil, mais comme sa peau plus fine la rend plus sensible au transport, il importe de la surveiller sous ce rapport.
- Figue Dauphine (Figue rouge d’Argenteuil). — Fruit gros ou 1rès gros, large, aplati, à graines rouges; peau violacée, fine, se détachant bien; pédoncule très court; chair rose, juteuse, sucrée, parfumée; maturité, première quinzaine d’août. Elle n a qu’une récolte.
- C’est la variété la plus cultivée dans les environs de Paris. Elle se distingue des précédentes par son volume supérieur, sa structure plus ferme qui lui permet de bien supporter le transport même à de grandes distances. Pour cette raison c’est à elle que les maîtresses de maison doivent donner la préférence, quand elles veulent faire un envoi de figues.
- Figue blanche de la Frette. — Fruit gros, bien allongé, à peau blanchâtre, spéciale à cette localité.
- Figues du Midi. — On les répartit en trois groupes d’après leur coloration principale, mais comme je ne puis les décrire ici, je me contenterai de citer les plus connues d’entre elles, d’après P. Passy.
- Figues blanches. Blanquette ou Marseillaise, Col de Dames, d’Or ou Dorée, Bourjassote, etc.
- Figues rougeâtres. — Rolandine ou Blanchette, Obser-vantine (figue grise), Franciscaine, Conconrèle, etc.
- Figues noires. —— Bellone, F. de Nice, Barnissotte, Mouissonne, etc.
- Récolte et rendement. — Quand on consomme les figues sur place, leur récolte ne doit se faire que quand elles sont mûres, ce qu’on reconnaît à la teinte qui caractérise leur variété et à de fines crevasses de leur peau, mais si les figues doivent voyager, il fautles cueillir délicatement quelques jours à l’avance, le matin aussitôt la rosée tombée. Le figuier commence à rapporter entre 3 et 5 ans; à partir de io ans il est en plein rapport et donne jusqu’à 20 ans 80 à 100 kg de fruits par an.
- Quand et comment les acheter? — Les figues-fleurs n’apparaissent guère aux Halles de Paris qu’après la mi-juin; elles proviennent du Midi et notamment du Yar. Depuis la guerre, leur prix, qui a beaucoup augmenté, atteint au début i5o à 320 fr. les 100 kg, selon la qualité, et il tombe au prix moyen de i5o francs en pleine saison. Les figues de la région parisienne arrivent à leur tour en juillet, août et septembre, et se vendent de 5oo à 600 francs les 100 kilogrammes.
- En dehors de ces dernières, les figues du Midi qu’on trouve le plus souvent sont : la Célestine, dite la Grise, et Y Observantine, la Bellone et la Bourjasotte. Elles sont expédiées en petites caissettes de 12 à i5 fruits (environ 800 grammes) ou en corbeilles de 24 fruits (1 kg 5oo). En raison de leur structure fragile, les figues ne doivent être placées que sur deux rangs au plus séparés par des feuilles de figuier ou de vigne, l’œil placé en dehors comme plus séduisant.
- Dans l’achat des figues-fleurs, il faut veiller à ce qu’elles soient entières et non ouvertes ou écrasées, recouvertes d’un épiderme tout au plus finement fendillé terminé par une queue rigide et consistante, et dépourvues d’une humidité qui peut être due à un début de fermentation. On doit les surveiller étroitement, car elles ne supportent pas une garde prolongée. D’aucuns préfèrent les grosses figues blanches comme plus sucrées que les grises et plus fines que les noires et violettes, bien que celles-ci aient leurs amateurs ; les vertes sont répudiées comme amères.
- Principaux usages. — Les figues constituent un aliment de grande valeur nutritive. Consommées aussitôt cueillies ou peu après, elles laissent au palais une saveur douce, mielleuse, sucrée et fondante et forment un dessert agréable, sain et succulent. Jusqu’à présent l’art culinaire les a un peu délaissées, puisqu’on ne prépare avec elles qu’une confiture et des fruits confits. Je ne parle pas, bien entendu, des produits qu’on peut retirer des figues sèches, j’y reviendrai une autre fois.
- Voici les deux préparations avec les figues^ fraîches.
- Confiture. — On prend de belles figues à peine mûres pour qu’elles restent plus fermes, on les pique avec une
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- VARIÉTÉS
- aiguille et on les blanchit à la manière ordinaire, puis on les met sécher. D’autre part, on fait un sirop avec un poids de sucre égal à celui des fruits et un peu d’eau et, quand il est bien clarifié, on y projette les figues une à Une et l’on fait cuire à feu doux pendant une 1/2 heure ou plus jusqu’à ce que le sirop ait bien pénétré les fruits sans, toutefois, les déliter. On met en pots qu’on stérilise ou non.
- Figues confites. — On les choisit et les blanchit comme
- il vient d’être dit en ayant soin de les percer avec un poinçon de l’œil à la queue. On commence à les confire avec un sirop à i5°; le lendemain on les égoutte et on amène le sirop à a5°. On laisse reposer 24 heures et l’on continue avec du sirop à '28° ; on donne encore quelques façons qu’on termine avec du sirop à 3a° ou même à 36°. On laisse bien égoutter et l’on conserve dans des bocaux ou de petites caisses en fer-blanc, maintenues dans un endroit frais, mais sec. A. Truelle.
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- HYGIENE ET SANTE
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- Contre les morsures de vipères. — Voici les vacances; les champs, les gùérets et les bois vont se peupler encore une fois de promeneurs. Quelques-uns de nos lecteurs qui préparent en ce moment leurs excursions estivales se préoccupent de la rencontre possible de vipères et nous demandent de rappeler ,à tous ce qu’il faut faire dans le cas où par malchance on serait mordu.
- Répétons-le, en nous servant avant tout des beaux travaux du docteur Calmette (J).
- On peut rencontrer en France trois espèces de vipères : Vipera ursinii dans le sud-est, notamment les Basses-Alpes; Vipera berus, notamment dans le Plateau Central et les Alpes; Vipera aspis, la plus fréquente, notamment en forêt de Fontainebleau, en Lorraine, dans le bassin de la Loire, etc. La morsLire des deux dernières espèces peut provoquer de graves accidents et même quelquefois la mort; celle de la première est beaucoup moins dangereuse.
- Dès qu’on a été mordu, il importe d’empêcher le venin introduit dans la plaie de passer dans la circulation générale et pour cela il faut immédiatement serrer le membre mordu à l’aide d’un lien quelconque : mouchoir, cravate, ficelle, au-dessus de la plaie, entre celle-ci et le tronc, assez près de la blessure. Puis, avec un canif ou un couteau, on pratique au niveau de la morsure une incision profonde de 1 cm environ, longue de 2 ou 3, passant par la blessure dans le sens de la longueur du membre de façon qu’elle saigne abondamment pour 1. À. Calmette. Les venins, les animaux venimeux et la sérothérapie antivenimeuse. Masson, éditeur. Paris, 1907.
- éliminer la plus grande partie du venin. On peut sucer la plaie pour aspirer le sang, si la bouche ne présente pas de lésion ou d’écorchure capable d’absorber le venin.
- Ceci fait, et rapidement fait, si l’on dispose de sérum antivenimeux, on en injecte un flacon de 10 cm5 sous la peau du ventre avec les précautions habituelles : seringue bouillie, peau désinfectée à la teinture d’iode, injection lente.
- Si l’on n’a pas à sa disposition de sérum, en attendant qu’ou puisse s’en procurer, on arrose la plaie avec une solution fraîche d’hypochlorite de chaux à 2 pour 100 ou de chlorure d’or à 1 pour 1000, on lave abondamment et l’on fait ensuite un pansement avec des compresses imbibées d’hypochlorite de chaux ou d’alcool.
- On a préconisé d’aucoup d’autres traitements : injections de morphine, de strychnine, que rien ne justifie; cautérisations à l’ammoniaque, au fer rouge, à l’amadou, qui ne sont pas à recommander à cause des cicatrices. On peut stimuler l’organisme par l’ingestion de café, de thé ou d’alcool à doses modérées. Mais l’essentiel est de se procurer le plus tôt possible du sérum antivenimeux et de l’injecter.
- En résumé, en cas de morsure : ligature et incision immédiate, injection de sérum le plus tôt possible ; en l’attendant lavage à l’hypochlorite ou au chlorure d’or ; café, thé ou alcool. Dans les régions où les vipères sont nombreuses, les pharmaciens disposent presque toujours de sérum; on peut aussi s’en munir à l’avance et se promener avec un flacon et une seringue dans une trousse préparée pour cela. R. M.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- QÊL
- Vieilles formules et recettes de pâtes, savons, etc. — Le hasard a mis en nos mains un petit ouvrage, extrêmement rare, édité en 4 volumes, en 1168 et 1170 de l’hégyre (c’est-à-dire en 1754 et 1756), intitulé Abdeker ou « l'Art de conserver là Beauté ». Cet ouvrage serait la traduction par Le Camus d’un manuscrit arabe apporté à Paris en 1742. Nous y avons glané quelques recettes, pensant faire plaisir à nos aimables lectrices. Certaines de ces recettes et formules sont curieuses, singulières et parfois très naïves.
- Pâte d’amandes pour les mains. —Prenez atnandes douces,, une livre, vinaigre blanc, eau de fontaine, eau-de-vie, de chaque un demi-setier ; mie de pain, un quarteron, deux jaunes d’œufs. Il faut peler et piler les amandes, les arroser avec le vinaigre, ajouter la mie de pain humectée d’eau-de-vie, et la mêler avec les amàndes ,et les jaunes d’œufs. Faites cuire le tout à petit feu en remuant continuellement de peur que la pâte ne s’attache au fond de la bassine, ,
- Autre pâte. — Prenez amandes pelées, une livre, pignons 4 onces; pilez le tout ensemble. Ajoutez 2 onces de sucre fin, 1 once de miel blanc, autant de farine de fèves et 2 onces d’eau-de-vie. On peut aromatiser avec quelque essence comme l’essence de citron, de girofle, de bergamote, de jasmin, etc., ou bien y mettre quelques grains de musc, de civette, pour les personnes qui ne « craignent » pas cette odeur.
- Savonnettes d’agréable senteur, — Prenez de bon
- savon blanc une 1/2 livre et raclez-le avec un couteau: puis prenez 2 onces et 1/2 d’iris de Florence, 8 gros de calamus aromatique et de fleurs de sureau, 1/2 once de roses sèches et de girofle, 1 gros de coriandre, de lavande et de feuilles de laurier, 3 gros de storax, Mettez le tout en poudre très fine et faites-en une pâte avec votre savon raclé, et a joutez-y quelques grains de musc ou d’ambre gris.
- En faisant vos savonnettes, ajoutez-y encore un peu d’huile d’amandes douces pour amollir la pâte et la rendre plus adoucissante.
- Vérnis pour le teint. — Mettez dans une bouteille 12 onces de bonne eau-de-vie, 1 once de sandaraque et une 1/2 once de benjoin. Remuez souvent la bouteille et laissez ensuite reposer. Après s’être lavé le visage, on y appliquera de cette espèce de vernis qui lui donnera « le plus beau lustre » qu’on puisse imaginer.
- Mouchoir de Vénus. — Calcinez au four de la craie, ensuite détrempez-la dans de bonne eau-de-vie. Trempez-y votre toile et la laissez sécher à l’ombre. Recommencez cette opération par trois fois. Les mouchoirs faits de cette toile ne se salissent presque point.
- Sachets d’agréable senteur. — Prenez iris de FJorence. une livre 1/2, bois de rose 6 onces, calamus aromatique 1/2 livre, santal citrin 4 onces, benjoin 5 onces, clous de girofle 1/2 once, et canelle 1 once. Réduisez en poudre et emplissez vos sachets.
- Pastilles \d'une odeur fort gracieuse, — Pulvérisez
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- RECETTES .ET PROCÉDÉS UTILES
- ensemble a onces de benjoin, 1/2 once de storax, 1 gros, de bois d’aloès, 20 grains de bonne civette, un peu dé charbon de saule et de sucre lin. Faites bouillir le tout dans suffisante quantité d’eau de rose.
- Si vous désirez donner encore plus d’odeur à vos pastilles, mettez-y 12 grains d’ambre lorsque la pâte sera presque cuite. Le tout étant bien mêlé, formez vos pastilles.
- Lait virginal. — Pelez de la joubarbe dans un mortier, exprimez-en le jus, et le clarifiez. Lorsque vous voudrez vous en servir, mettez-en un peu dans un verre et jetez par-dessus quelques gouttes de bon esprit de vin : à l’instant même, il se formera un lait caillé, très propre à unir la peau et à en effacer les rougeurs.
- Secret d’un Turc pour faire un excellent carmin. — Faites tremper 3 ou 4 jours, dans un bocal plein de vinaigre blanc, une livre de bois de Brésil, de couleur d’or, après l’avoir bien brisé dans un mortier. Ensuite faites-le bouillir pendant une demi-heure, puis passez par un linge bien fort. Remettez-le sur le feu. Ayez un petit pot dans lequel seront détrempées dans du vinaigre blanc 8 onces d’alun; mêlez les deux liqueurs, et remuez bien avec une spatule. L’écume qui en sortira sera votre carmin. Recueillez-la et la faites sécher (on peut remplacer le bois de Brésil par du santal rouge).
- Pommade à la sultane contre la couperose — Se fait avec le baume de la Mecque, le blanc de baleine, l’huile d’amandes douces. Elle entretient le teint frais et est utile pour la couperose.
- Vinaigre contre les taches du visage. — Mettez un œuf frais dans du vinaigre blanc. La coquille de l’œuf s’y dissout, et on crève entièrement l’œuf pour le délayer dans la liqueur à laquelle on peut ajouter un peu d’alun. Ce vinaigre est excellent pour enlever les rousseurs et les dartres du visage.
- Blanc pour le visage. — Prenez blanc de corne de cerf, 1 livre, blanc de riz 2 livres, blanc de plomb 1/2 livre, os de sèches 2 onces, encens, mastic, gomme arabique ; détrempez le tout dans suffisante quantité d’eau de rose, et vous lavez le visage avec cette eau.
- M. B.
- Fabrication des piles sèches. — Le type de la pile sèche est la pile Leclancbé qui date de 1868. Actuellement, nous dit Y Outillage, l’industrie des piles sèches, surtout pour les besoins des moteurs à essence, a atteint un développement considérable, puisqu’on y utilise annuellement 26000 t. de pyrolusite à haute teneur en Mn, autant de coke de pétrole et de graphite, 10000 t. de Zn, sans parler du chlorure de zinc, du chlorhydrate d’ammoniaque, des électrodes de charbon, du papier et des matières isolantes à base de paraffine et de brai.
- Le récipient de zinc, généralement, a o m. 06 de diamètre et 0,16 de hauteur ; le zinc est garni intérieurement d’un papier spécial au sulfite jouant le rôle de la cellule poreuse des piles du début. Le mélange dépolarisant est fortement lassé autour de l’électrode de charbon ; ce mélange se compose de coke de pétrole finement moulu, de graphite, de pyrolusite et de l’électrolyte. Le récipient est rempli de ce mélange jusqu’à o m. o3 des bords. On replie ensuite le papier et on le garnit de sable ou de sciure de bois ; on scelle le tout avec du brai chaud.
- L’usure du zinc est presque nulle. Le papier employé doit être assez poreux pour permettre à l’électrolyte de diffuser ; mais il doit avoir des pores assez petits pour empêcher le passage des fines de carbone et de pyrolusite ; enfin il doit pouvoir absorber plusieurs fois son poids d’eau et ne pas contenir dans sa fabrication de particule métallique. Le sel ammoniac doit être pur.
- Le graphite ajouté au bioxyde de manganèse et au coke de pétrole n’a pour but que de rendre le mélange plus conducteur. Quant au coke de pétrole, résidu de la distillation du pétrole brut, il doit, pour être rendu conducteur, être calciné ; il acquiert de cette façon une bonne densité. La finesse du coke, de la pyrolusite et du graphite doit être telle que le mélange intime de ces trois éléments forme une masse poreuse solide. Le chlorure de zinc doit être exempt de cristaux lourds.
- Gravure à l’eau-forte. — Un de nos lecteurs, M. Tardy, nous écrit qu’il emploie avec succès comme pointe à graver une plume à écrire montée sur un porte-plume ordinaire. On supprime les becs !de la
- plume, et on laisse subsister une des pointes qui restent. Celle-ci sert parfaitement pour graver les traits fins et les pleins suivant les positions qu'on lui donne.
- (Cf. Recettes de VAtelier, p. 85.)
- Braises chimiques. — Nous avons indiqué dans les^ Recettes de la Maison, page 262, une façon de fabriquer soi-même des braises chimiques. OA’ place des braises de boulanger dans une bassine percée de trous et on immerge le tout pendant une demi-heure dans une solution concentrée bouillante d’acétate de plomb. On laisse égoutter et on sèche au four.
- Un de nos lecteurs, jVJL Tardy, nous signale qu’au lieu d’acétate de plomb, il ' emploie du nitrate de plomb : 20 à 3o gr. par litre d’eau. Quand le sel est dissous, on fait bouillir 10 minutes le charbon de bois ou la braise. Egoutter et sécher. Si l’on se sert d’un récipient étamé, noter que l’étamage sera sérieusement détérioré par cette préparation.
- Préparation de la cire à cacheter blanche. — On
- peut obtenir une très bonne cire à cacheter blanche en prenant :
- Gomme laque blanche..................100 gr.
- Térébenthine de Venise............... 5o —
- Blanc de bismuth.....................100 —
- Benjoin.............................. i5 —
- La gomme laque et la térébenthine ayant été amenées à fusion on y ajoute progressivement le blanc, puis au dernier moment le benjoin.
- Si I on désire une cire plus économique, on peut remplacer le blanc de bismuth (sous-nitrate) par les substances suivantes prises par ordre de qualité : blanc fixe (sulfate de baryte), blanc de zinc (oxyde de zinc), gypse (sulfate de chaux), carbonate de magnésie. L’addition d’un peu d’outremer rend la teinte du blanc plus pure.
- Lessive économique. — Le procédé suivant que nous avons eu l’occasion d’expérimenter nous a donné de très bons résultats :
- Dans 5o litres d’eau chaude on fait dissoudre Soo gr. de savon, mis squs forme de copeaux ; puis on ajoute 20 gr. d’essence de térébenthine et 3o gr. d’ammoniaque (alcali volatil).
- Le linge est mis à tremper deux heures, puis on porte à l’ébullition que l’on maintient environ une heure, ceci en se servant des lessiveuses courantes.
- Il suffit alors de frotter légèrement, sans intervention de brosse et de rincer, pour obtenir un linge parfaitement blanc.
- Adoucissement des éponges. — Les éponges fines sont habituellement blanchies au permanganate de potasse et à l’acide sulfureux, ce qui n’est pas sans fatiguer quelque peu la matière organique. Aussi constate-t-on qu’à l’usage les éponges brunes non traitées se comportent beaucoup mieux; mais elles ont l’inconvénient de contenir de petites pierres qui les rendent impropres à la toilette.
- Il est très facile de débarrasser les éponges de ces concrétions calcaires en les faisant tremper pendant deux ou trois heures dans un bain d’eau acidulée par 5 pour 100 d’acide chlorhydrique ordinaire ou acide muriatique du commerce, le carbonate de chaux se dissout très rapidement et deux ou trois lavages à grande eau donnent une éponge souple ne renfermant aucune aspérité.
- Emploi du charbon contre les empoisonnements.
- — D’après le docteur Secheyron, professeur à la Faculté de Toulouse, le charbon est un antidote efficace quelle que soit la cause des empoisonnements.
- Il suffit de faire absorber de dix minutes en dix minutes au malade de l’eau dans laquelle on aura délayé du charbon de bois ou de la braise pulvérisés par exemple au moyen d’une bouteille, cela jusqu’au moment de la cessation des douleurs.
- Le Dr Secheyron a expérimenté sur lui-même après absorption de strychnine, c’est dire quelle est refficacitë de ce remède en présence d’un poison à action rapide, il réussit, paraît-il, également fort bien dans le cas de champignons vénéneux. Tout ménage devrait avoir d’avance un flacon de braise en poudre préparée.
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- BOITE AUX LETTRES
- osl.
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres prés'entant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et 4U nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses.— T. S. P. — M. Ed. Woerlen, à Mulhouse.
- — i° La Nomenclature Officielle des Stations de T. S. F.
- — stations continentales et postes de bord — est éditée à Berne (Suisse) par les soins du Bureau International Télégraphique.
- L’indicatif U. F. Q. est celui du poste provisoire de Sainte-Assise près de Melun, ce poste trafique avec l’Espagne sur entretenues de 4^00 m.
- 20 L.P. (Kœnigs Wusterhausen) procède à des essais de téléphonie sans fil sur onde de 35oo m. de 12 h. 3o à i3 heures et de 21 h. 3o à 22 heures. OHD (Vienne) possède une émission amortie sur 35oo m.
- M. Morand, Paris, 8°. — L’appareil que vous nous signalez est le Contrôleur d’ondes simplifié qu’utilisaient pendant la guerre les petits postes à ondes entretenues de 600 à 1800 m.
- Cet instrument est composé d’un circuit oscillant formé par une bobine de self-induction variable du type variomèire et d’un condensateur fixe. Une petite lampe à incandescence à filament métallique intercalée dans le circuit sert comme indication de résonance, cette lampe est alimentée par un élément de pile sèche. Un petit électro-vibreur permet d’engendrer des oscillations amorties dans le circuit du variomètre, et permet de régler sur elles un poste de réception.
- Le variomètre est formé de deux bobines parallélépipédiques concentriques de 9 à 10 cm environ de hauteur et 6 cm de largeur pour la plus grande; les enroulements sont de sens inverse et en fil émail de 2/10 environ. L’axe de rotation de la bobine intérieure est parallèle au plan des spires.
- Les deux bobines sont reliées en série, la self-induction de 1’ensem.ble varie donc avec la position relative des deux enroulements.
- Le condensateur fixe a une capacité de .0002 mfd. tout au plus.
- Le vibreur est du modèle utilisé dans les buzzers du commerce.
- Une petite self montée dans le circuit de la pile empêche les oscillations de résonance de traverser cette dernière et les dérive vers la lampe.
- Vous devrez modifier ces données pour réaliser un contrôleur utilisable avec d’autres longueurs d’ondes. L’étalonnage devra se faire sur des émissions de longueurs d’onde connues.
- M. Chenou, à Saint-Glair-sur-Epte. — 16 Vous pouvez donner à votre cadre une surface de 4 m*.
- 20 Une chambre murée de tous côtés n’est pas un emplacement idéal pour établir une réception sur cadre, et nous préférerions de beaucoup une cabane en planches ou un grenier.
- 3° Un toit couvert d’ardoises forme bien moins écran qu un toit couvert de zinc. Vous obtiendrez certainement de bons résultats en montant votre cadre dans cette pièce mansardée.
- 4“ Voyez l’article de La T. S. F. des Amateurs consacré à l’antenne et à la prise de terre.
- 5° Nous pensons plutôt que la matière détectrice de votre appareil a besoin d’être renouvelée.
- 5° Cette disposition du cadre est très médiocre; vous avez tout avantage à adopter une suspension normale.
- 70 Nous n’avons pas expérimenté l’amplificateur dont vous nous parlez, nous ne pouvons donc vous renseigner sur les réceptions qu’il est susceptible d’assurer, mais nous pensons qu’il doit vous permettre de recevoir très bien ces trois stations.
- M. Carlos Delacroix.— i°Un des prochains chapitres de La T. S. F. des Amateurs sera consacré à la construction d’une lampe d’amateur à 3 électrodes.
- 20 II faut shunter votre bobine d’accord au moyen d’un condensateur variable de 00-26 mfd. environ.
- Ne comptez pas sur un accord précis en utilisant votre canalisation d’éclairage.
- M. Louis Masse, à Evreux. — Les dimensions à donner à votre bobine-cadre dépendent de la longueur des
- ondes à recevoir — de l’éloignement du poste-émetteur — du dispositif de réception que vous comptez utiliser. Vous ne nous donnez aucun de ces renseignements ; veuillez compléter votre demande en y ajoutant ces éléments indispensables.
- M. P. L., à Rochefort-sur-Mer. — Il n’y a aucun inconvénient à ce que vous augmentiez les dimensions du support de lampes de l’amplificateur à haute fréquence décrit dans La Nature pour y loger un rhéostat de chauffage et le petit compensateur. Cependant faites votre possible pour placer ces deux appareils sur les côtés latéraux du support afin d’éviter tout voisinage avec les connexions des lampes.
- Il n’est pas possible de loger un cadre efficace dans une boîte d’amplificateur.
- M. Q., n° 5o6i. — Adressez-vous, pour tous renseignements, à l’Ecole Spéciale de T. S. F., 69, rue Fon-dary à Paris (i5e).
- M. L. Gilles, à Caen. — Votre antenne nous paraît excellente, régulière et parfaitement isolée. Vous recevrez très certainement les postes que vous nous indiquez en utilisant le dispositif hétérodyne décrit dans La T. S. F. des Amateurs ; mais il ne faut pas espérer recevoir Annapolis avec votre petit récepteur à galène.
- L’enregistrement des radiotélégrammes compliquera sérieusement votre installation ; voyez l’article consacré à ce mode de réception, vous y trouverez les renseignements que vous nous demandez et qu’il serait trop long de vous renouveler ici.
- M. Legrand, à Paris. — Ce mode de chauffage vous occasionnera des ennuis ; adoptez de préférence une petite batterie d’accumulateurs d’une capacité de 40 à 60 ampères-heure.
- Votre schéma de montage est incomplet, il faut, en effet, shunter votre résistance de 2 mégohms par un petit condensateur de 0001 mfd.
- Vous pouvez remplacer dans votre montage en Oudin votre détecteur à cristaux par une lampe équipée en détecteur; mais vous u’aurez pas une grande amélioration de réception. Utilisée seule comme détecteur, la lampe à 3 électrodes a une sensibilité égale à celle du détecteur à cristaux, mais non pas supérieure.
- Non, il ne faut pas chauffer vos filaments au moyeu de courant alternatif, quelques amateurs le font, mais un très petit nombre se déclarent satisfaits de l’adoption de ce procédé.
- M. A. B., à Paris, 120. — i° On peut utiliser le courant continu d’une canalisation d’éclairage pour assurer la tension de plaque dans un dispositif à lampes à 3 élec trodes; on peut même utiliser ce courant à la fois pour chauffer le filament et pour charger la plaque dans un hétérodyne. Nous avons publié un schéma du montage à réaliser, dans un des courriers de la Boîte aux Lettres, mais nous donnons toute préférence à l’emploi de batteries d’accumulateurs.
- 20 La réception des postes américains les plus puis sants est réalisable sur cadre avec l’amplificateur à 4 lampes à résistances.
- 3“ Le cadre à spirale plate est préférable au cadre en tambour ; la nécessité d'une orientation précise n’est pas un inconvénient; au contraire, elle fournit des repères de direction très utiles pour déterminer exactement l’emplacement d’un poste émetteur.
- 4° Un montage à quatre lampes risque d’aboutir à des réactions parasites violentes qui compromettront votre réception si vous utilisez le montage que vous nous soumettez; mais il est possible que vous receviez très bien ainsi quelques émissions.
- 5° Votre dispositif à six lampes est bien compliqué nous vous donnerons prochainement un dispositif & 6 lampes beaucoup plus facile à réaliser et beaucoup plus stable.
- M. R. Gense, à Bolbec. — i° Vérifiez bien le montage de l’hétérodyne sur les schémas reproduits par La Nature. Portez votre attention sur la connexion de terre, isolez convenablement les batteries de chauffage et de circuit de plaque.
- 20 Toutes les fois que vous aurez besoin d’utiliser un isolant de bonne qualité, il faudra employer le vernis à la gomme laque; nous ne saurions répondre de la valeur des produits plus ou moins isolants qui entrent dans la composition des vernis du commerce à bas prix.
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- R. B., à Nîmes. —Votre transmission devrait atteindre 3 ou 4 km. Si vous ne recevez rien à i km en utilisant un amplificateur à résistances à 4 lampes, c’est que votre émission est faite sur 100 m. à peine de longueur d’onde alors que votre amplificateur ne vous permet de recevoir que des longueurs d’onde supérieures à 2000 m.
- Nous vous conseillons, en conséquence, de recevoir sur dispositif ordinaire avec détecteur à cristaux les émissions de votre correspondant sur étincelles rares, au besoin vous pourrez amplifier votre réception en basse fréquence en utilisant un amplificateur à transformateurs à noyau de fer. Quant aux émissions sur ondes entretenues, vous ne les recevrez qu’avec un hétérodyne ou un dispositif autodyne de faibles dimensions.
- Ne faites pas usage du fil d’éclairage comme antenne radiatrice.
- Nous prenons bonne note de vos desiderata pour vous donner satisfaction aussitôt que possible.
- Vous améliorerez votre réception en intercalant un condensateur variable sur votre ligne de terre, aussi bien avec votre antenne n° 1 qu’avec votre antenne n° 2.
- L’hétérodyne décrit dans La Nature permet d’atteindre la réception de Lyon, bien entendu avec une capacité convenable. Pour recevoir Bordeaux, il est nécessaire de doubler la longueur de fil sur chaque enroulement.
- L’amplificateur à 4 lampes à résistances donne une excellente réception de Lyon.
- M.Lambiotte, à Prémery. — Vous trouverez dans Eléments de T. S. F. pratique, par F. Duroquier, en vente à la librairie Masson et C'°, les renseignements complets sur la transmission quotidienne des signaux horaires.
- Les signaux horaires internationaux sont transmis par le poste de la tour Eiffel entre 9 h. Sq et 10 heures; les signaux français sont transmis par la même station à 10 h. 46, 10 h. 47 et 10 h. 49.
- M. Claude Chenavas, à Grenoble. — Le ier et le i5 de chaque mois, les stations de Paris et de Lyon émettent des signaux de réglage dont la longueur d’onde exacte est mesurée puis transmise par T. S. F. par le poste de Lyon.
- Voici l’horaire de ces signaux de mesure :
- 18 h. . Paris (FL) sur ondes entretenues de 5ooo m. :
- la lettre A suivie d’un trait de 3 minutes.
- 18 h. 10. Paris (FL) sur ondes entretenues de 7000 m. :
- la lettre B, puis trait de 3 minutes.
- 18 h. 20. Lyon (YN) sur ondes entretenues de 10 000 m. :
- la lettre C, puis trait de 3 minutes.
- 18 h. 3o. Lyon (YrN), sur ondes entretenues de i5 000 m. : la lettre D, puis trait de 3 minutes.
- Ces émissions sont écoutées par les postes de Lyon ou de Paris et la longueur d’onde exacte de chaque émission est mesurée au moyen d’un ondemètre de précision dont les indications sont transmises à 18 h. 45 ou à 19 heures sur ondes entretenues de i5ooo m. par le poste de Lyon.
- 2° L’article de M. Duroquier relatif à l’hétérodyne a paru dans les not 24i3, 24*4, 2417 et 2418 de La Nature.
- 3° L’indicatif MGZ correspond, d’après la nomenclature officielle, à la désignation du transport anglais « Khiva ».
- M. François Pasdeloup, - Les-Aix-d’Angillon. — M. Perret-Maisonneuve, juge au tribunal d’Amiens, est l’inventeur d’un parafoudre très ingénieux et très pratique; nous ne connaissons pas le constructeur de cet appareil mais vous pouvez vous adresser à l’inventeur, grand ami des amateurs de T. S. F., qui vous renseignera aimablement.
- M. Caillaux, à Orléans. — Aucun dispositif mécanique, quel qu'il soit, ne peut assurer par lui-même l’indéré-glabilité d’un détecteur à cristaux. Vous garantirez la stabilité de votre appareil en utilisant une pastille détectrice à régions sensibles très étendues, une pastille détectrice F. Duroquier, par exemple.
- Le procédé d’immobilisation de la pointe de contact du détecteur indiqué dans les Recettes de l'Atelier parues ‘ hez Masson et Cie est un des meilleurs.
- M. Eug. Thibaut, à Ilaubourdin. — Nous ne voyons iju’un remède au mal dont vous vous plaignez : alimenter votre circuit de chauffage au moyen d’un accumulateur double donnant 4 volts et d’une capacité suffisante pour un débit normal prolongé (accumulateurs de 4° à ho ampères-heure).
- M. Pierre Legrand, à Paris. — Si vous disposez d’un
- emplacement suffisamment dégagé : grenier, terrasse, etc. vous aurez tout avantage à y installer un cadre. Votre amplificateur à deux lampes vous permettra une bonne réception sur cadre, mais seulement des émissions puissantes.
- Le changement de place du téléphone, tel que vous le projetez, n’a aucune importance.
- M. Charpentier-Layon, Nancy. — Les longueurs de fil que nous avons indiquées pour la confection des différentes inductances « nids d’abeilles » conviennent pour votre antenne et votre dispositif de réception.
- R. C. G., Genève. — 1“ Les inductances à plusieurs couches de fil sont très pratiqnes, peu encombrantes et permettent avec l’appoint d’une capacité variable des réglages d’une grande précison. Les inductances, «nids 'd’abeilles » entre autres, sont actuellement presque exclusivement utilisées par les amateurs aux Etats-Unis. Ce genre de bobinage encore peu connu en France ne tardera pas à y remplacer les enroulements à spires jointives lorsque les amateurs se seront rendus compte de sa supériorité par des essais comparatifs.
- 20 Pour soustraire à l’effet d’une influence mutuelle deux antennes voisines, il faut les éloigner considérablement. M. le professeur Rothé, de Nancy, a fait à ce sujet de très intéressantes expériences : deux antennes éloignées de plus d’un km l’une de l’autre réagissaient mutuellement sur leur réglage respectif.
- M. Erhard, à Paris. — i° Le white-spirit provient de la distillation des pétroles et représente le produit distillant entre i3o° et 190°, sa densité est comprise entre 0,740 et 0,780. Le white-spirit constitue un succédané de i'essence de térébenthine et son usage s’est généralisé pendant ces dernières années, mais en réalité il ne peut la remplacer, d’où obligation de ne s’en servir que comme coupage ou pour la préparation de vernis et de siccatifs très communs. — Les différents types de white-spirit que l’on rencontre sur le marché sont connus sous les noms de white-spirit léger, white-spirit courant, white-spirit lourd dont la densité va en augmentant du premier au dernier type. 20 La cérésine se retire de l’ozokérite ou cire minérale que l’on trouve dans le sol en Galicie. La cérésine est analogue aux paraffines mais elle en diffère par la présence de produits oxygénés alors que les paraffines ne contiennent que des hydrocarbures. La cérésine fond de 74° à 8o° G.
- M. Bidault de l’Isle, à Paris. — Nous ne saurions vous conseiller de mettre un enduit quelconque sur vos instruments d’observatoire, le vernis mis par le constructeur souffrirait même des plus neutres par ramollissement des résines qui le constituent. —A notre avis, le mieux serait, apfès avoir obstrué toutes les ouvertures communiquant avec l’extérieur, de placer au milieu de la pièce une caisse de bois contenant i5 à 20 kg de chaux vive récemment préparée. Si de l’humidité pénètre dans le local, elle sera absorbée par la chaux qui se délitera au fur et à mesure, l’atmosphère restant constamment sèche, il n’y aura plus à craindre de détérioration des instruments. Bien entendu vous devrez proportionner la quantité de chaux au cubage de la pièce et à l’intervalle prévu des visites. Ce procédé aura le grand avantage de ne donner lieu à aucune émanation capable de nuire aux parties métalliques.
- M. Lavanchy, à Paris. — La gravure sur acier se pratique ainsi. Après avoir protégé par un vernis à la cire les parties à réserver, on applique le mordant suivant :
- Eau ordinaire ...........815 grammes.
- Acide nitrique.............. 65 —
- Nitrate d’argent......... 0,80 —
- Alcool à 900................120 cm3
- On laisse en contact plus ou moins prolongé suivant la morsure que l’on désire, rince à l’eau claire, sèche, puis enlève le vernis au moyen d’essence de térébenthine. Dans le cas de gravure très légère, le mordant peut être étendu de 2 à 3 fois son volume d’eau.
- M. Brunet, à Nantes. — Pour émulsionner de la paraffine vous pouvez employer les produits suivants : !” Les vasogènes qui sont des vaselines traitées par l’oxygène sous pression. 20 Les paraffines également oxydées dans des conditions analogues avec le concours d’une haute température et qui sont désignées sous le nom d’émul-sines. — 3° Le vasénol obtenu en mélangeant l’huile de vaseline avec des alcools gras retirés du spermaceti, de la cire de Chine et de la cire d’abeilles. Ces produits
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- forment avec l’eau des laits très stables, vous les trouverez chez tous les fournisseurs de pharmacies.
- M. PioLlei, à Razac-sur-l’Isle. — i° C’est en effet avant la charge )de l’accumulateur que l’on doit s’assurer si la densité du liquide est voisine de 20° B., sinon on ramène la densité à cette valeur par addition d’eau ou d'acide mis directement.
- La densité de l’électrolyte à fin de charge doit être de 28° à 32° B. au maximum et à fin de décharge d’au moins 180 B. Si elle est inférieure à ce chiffre, c’est qu’il y a très probablement sulfatage, lequel peut se produire dans plusieurs cas : à la suite de courts-circuits intérieurs ; lorsque l’élément a été rempli d’acide trop concentré ou impur; lorsque les prescriptions de charge et de décharge n’ont pas été régulièrement sui^ vies; lorsque l’élément est resté trop longtemps non chargé, au contact de l’acide. Quand l’élément est sulfaté, la matière active durcit, la couleur de la plaque positive passe du brun chocolat au brun clair, la négative devient blanche, la résistance intérieure de l’élément augmente et, comme nous le disions plus haut, la concentration en acide diminue.
- Pour remédier au sulfatage, on commence par siphonner l’acide et on plonge les plaques dans l’eau distillée, puis cette eau est également siphonnée et rejetée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 2 ou 3 pour 100 et l’on charge. Si à un moment quelconque l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate ne soit pas complètement disparu, on ajoute de nouveau de la soude jusqu’à réaction alcaline. On continue ensuite la charge jusqu’à ce que la plaque positive ait pris la teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine chargée de peroxyde de plomb. On retire alors la solution de soude et la remplace par de l’acide sulfurique à 200 B., enfin on termine en faisant passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit normalement chargé.
- MM. Capronnier-Courtois, à Gaix, Somme. — Pour récupérer l’huile ayant servi au graissage des machines à vapeur, il suffit d’envoyer les eaux de condensation dans un séparateur. Cet appareil se compose essentiellement d’un cylindre vertical séparé en deux parties, au tiers supérieur environ, par une cloison horizontale constituée au moyen de plusieurs lames de feutre superposées. Au-dessus de ce cylindre est un entonnoir qui reçoit l’émulsion d’eau et d’huile et dont la douille traversant le feutre amène le mélange dans la cavité inférieure. Par différence de densité après repos, l’huile s’établit au-dessus de l’eau ; lorsque la quantité de liquide est assez grande pour atteindre les, rondelles de feutre, par suite de la pression'exercée dails l’entonnoir, l’huile se filtre de bas en haut et passe clans la cavité supérieure d’où un robinet convenablement placé permet de la soutirer. Cette opération est rerMue facile par l’adjonction d’un tube latéral au cylindre qui fait connaître à chaque moment les positions respectives de l’huile et de l’eau.
- Bien que l’établissement de cet appareil ne présente aucune difficulté, si vous ne désirez pas l’entreprendre, vous pourrez trouver différents modèles de séparateurs d’huile dans les maisons suivantes : Kater, 39, avenue de Yilliers, 17°; Leroux et Gatinois, i5, rue de la Voûte, 12e; Pérès, 17, rue de Laucry, 10e; Genevet, 37, boulevard Malesherbes, 17e; Randegger et Nieste, 188, boulevard Voltaire, ii°. '
- Cercle du commerce de Béziers. — Deux solutions peuvent être adoptées pour coller les feuilles de cellulose de telle manière que l’eau chaude soit sans action au point de vue collage : i° se servir simplement d’une dissolution de gélatine blanche d’abord gonflée dans l’eau froide puis liquéfiée au bain-marie. Après dessiccation, tremper les deux feuilles collées dans de l’eau formolée à 5 pour 100 qui rendra la gélatine complètement insoluble; 20 dans le cas où une légère coloration jaune serait sans inconvénient, employer une dissolution de gélatine préparée comme précédemment, mais additionnée de 1 gr. par litre de bichromate de potasse^ laisser sécher, puis exposer à une vive lumière. Dans ces conditions, on obtient également une insolubilité parfaite^ sans que l’emploi du formol soit nécessaire, Ces deux préparations sont inoffensives, elles auraient même été, paraît-il, employées en Allemagne à la fabrication des boyaux artificiels pour saucisses. Quant au mode opératoire, il sera indispensable pour
- éviter la production de soufflures et le gondolage de faire passer les deux feuilles après collage entre deux rouleaux de caoutchouc suffisamment rapprochés. En ce qui concerne le marquage des feuilles, l’encre suivante vous donnera, pensons-nous, satisfaction.
- Fuchsine............... 20 grammes.
- Alcool à 900...........100 cm3
- Glycérine ....... 60 grammes.
- Eau....................200 cm3
- Sucre pulvérisé. ... 12 grammes.
- Faire dissoudre d’une part le colorant dans le mélange de glycérine et d’alcool; d’autre part le sucre dans l’eau, chauffer légèrement au besoin, puis mélanger les deux solutions.
- M. Sartorio, à Niort, Deux-Sèvres. — L’opération du zingage des tôles ne présente aucune difficulté et rentre dans la pratique de l’étamage, la précaution essentielle à observer est de décaper soigneusement le fer dans un bain d’acide sulfurique étendu, ensuite la tôle est saupoudrée de sel ammoniac, puis plongée dans le zinc fondu. Finalement la pièce est nettoyée à la sciure de bois qui enlève par action mécanique la couche légère d’oxyde de zinc qui s’est formée à la surface par oxydation. Le zingage par immersion présente le défaut de provoquer parfois un peu de gondolage, c’est pourquoi dans certains cas on lui substitue le zingage électro-lytique.
- M. Hénaull-Morel, à Alençon. — L’action de la lumière sur les couleurs comporte autant de cas particuliers qu’il y a de matières colorantes considérées. D’une manière générale, on peut admettre actuellement que les phénomènes sont de deux ordres, oxydation et polymérisation donnant naissance à des composés nouveaux qui n’ont plus de caractère colorant.
- D’après les expériences de Wolff, les radiations à grande longueur d’onde voisines du rouge (X=o,75 micron) produisent une oxydation ; au contraire, les radiations à courte longueur d’onde du violet (l — o,4o micron) ont une action polymérisante, ce sont ces considérations qui doivent guider dans la recherche de la stabilité des couleurs suivant leur constitution chimique.
- M. Robillard de Moissy, à Orléans. — Le procédé suivant réussit le plus souvent pour désodoriser les dérivés du pétrole et nous pensons que vous pourrez l’appliquer à l’essence pour auto. A un hectolitre du produit on ajoute 400 gr. de chlorure de chaux et mélange intimement à plusieurs reprises trois à quatre fois dans la journée, le lendemain on décante le liquide et on le met en contact avec une quantité de chaux vive pulvérisée correspondant également à un demi-kilogramme environ. Après brassages répétés et repos, l'essence sera inodore et n’aura rien perdu de ses propriétés.
- M. J. R. V., à Versailles. — Pour recoller des fragments d’écaille, on commence par donner à chacun d’eux une forme en biseau de 3 à 4 mm; après recouvrement des parties à joindre, on serre énergiquement dans les mors d’une pince métallique, puis plonge dans l’eau bouillante. Après refroidissement et enlèvement de la pince, l’adhérence doit être obtenue. Bien entendu une certaine expérience est nécessaire pour réussir l’opération suivant la forme et les dimensions de l’objet ic réparer,
- M. Beauquier, à Nîmes. — La formule suivante de crayons destinés à écrire sur surface polie telle que verre, métal, etc., vous donnera très probablement satisfaction :
- Blanc de baleine. ... 25 grammes.
- Suif de mouton .... 20 —
- Cire d’abeilles .... i5 —
- Bleu de Prusse .... 4° —
- Faire fondre ensemble le blanc de baleine, le suif et la cire, laisser refroidir légèrement, incorporer le bleu de Prusse en remuant jusqu’à consistance pâteuse, rouler en cylindre et envelopper dans du papier d’étain. La maison Berville, 25, rue de la Chaussée-d’Antin est en mesure de vous fournir crayons de toutes sortes.
- M. le Dr Carlos Aguire Plata, à Bogota. — L’huile de ricin de qualité inférieure est fréquemment mélangée d’huile de pignon d’Inde (Curcaspurgans) quijlui communique un goût âcre et désagréable ; quant à l’huile de belle qualité, elle est obtenue, non par épuration d’huue commune, mais par extraction dans des conditions spéciales, en utilisant la propriété de l’huile de ricin d’être
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- très soluble dans l’alcool. On délaie à froid un demi-kilogramme de pâte de graines privées de leur enveloppe corticale dans ia5 gr. d’alcool à g5° et on les soumet à la presse après avoir introduit le mélange dans un sac en coutil; après évaporation de l’alcool on obtient environ 3oo gr. d’une huile incolore, transparente, d’un goût à peine sensible et d’une odeur nulle.
- M. Barbieux, à Manage, Belgique. — D’après les renseignements que nous possédons, la shérardisation consisterait à appliquer sur les parties filetées une mixture à base de zincate de soude obtenue en faisant dissoudre de l’oxyde de zinc dans la soude caustique. Ce produit donne au contact du fer un dépôt de zinc ayant une assez grande adhérence qui le met à l’abri de l’oxydation.
- M. Alvarès de Souza, à Porto. — i° Si vous trouvez que l’encre de votre stylographe n’est pas assez noire en séchant, il vous suffira d’y ajouter un peu de nigro-sine soluble à l’alcool, 20 Pour la rendre copiante, ajouter quelques grammes de sucre, mais ce sera aux dépens de sa fluidité, car aucune encre à copier ne doit être employée dans ces instruments sans nuire à leur bon fonctionnement. 3° Les colles genre seccotines sont
- constituées par de la colle de poisson qui n’a pas été desséchée, les marchands de produits chimiques vous la livreront facilement. 4" Pour préparer un savon éco-
- nomique, prendre :
- Suif de bœuf .....................5o kg
- Huile de palme.....................10 —
- Résine en poudre . ................20 —
- Lessive de soude caustique à 20° B. 70 —
- Faire fondre les corps gras à douce chaleur, y verser leur poids de soude caustique, faire bouillir quelque temps, ajouter le complément de lessive, puis la résine par petites portions. Cuire jusqu’au moment où la masse devient fluide et transparente. Couler dans des formes et brasser jusqu’à consistance pâteuse, puis laisser refroidir. 5° Les taches de nitrate d’argent sont d’abord imbibées d’une solution d’iode dans l’iodure de potassium, puis on plonge dans de l'hyposulfite de soude à 10 pour ioo qui dissout l’iodure d’argent formé. 6° Les bouchons sont très simplement recouverts d’une pellicule imperméable en les plongeant dans le collodiou riciné officinal. 70 Vous pourrez préparer de la cire à cacheter blanche par le procédé que nous indiquons d’autre part dans les Recettes et procédés utiles.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. —- Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10% pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. '
- Pour comprendre l’arithmétique, par l’abbé Moreux. i vol. illustré in-16 de 212 p., cartonné. G. Doin, éditeur. Paris, 1921. Prix : 8 francs.
- Ce volume n’est pas un traité d’Arithmétique, c’est un rappel en un style clair, parfois pittoresque, des notions indispensables pour aborder l’étude des sciences exactes.
- Des « trucs » de métier et des tables nombreuses facilitant les calculs sont donnés à la fin du volume.
- Manuel de l'électricité (stations centrales, dynamos, alternateurs, transport d’énergie), par Adr. Curchod, i vol. in-16 de 3a8 p., avec 114 fig. (Bibliothèque professionnelle). J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1921. Prix cartonné : 8 francs.
- Après un exposé élémentaire et succinct des notions élémentaires d’électricité et de magnétisme, ce manuel donne à l’usage des artisans des notions essentielles sur la construction et le fonctionnement des dynamos, des alternateurs, accumulateurs et transformateurs; il décrit le tableau de distribution, les canalisations électriques et les postes de transformation et sous-stations.
- Stations centrales. Distributions d’énergie, par V. Neveux (Encyclopédie technique des aide-mémoire Plumon). 1 vol. in-8°, 225 p., ig5 fig., 21 tableaux. Béranger, éditeur, Paris, 1921. Prix : 16 francs.
- Ce volume résume d’une façon substantielle les principales questions relatives aux installations intérieures : compteurs, canalisations, lampes, moteurs de tous genres, accumulateurs, chauffage électrique; il contient en outre les instructions générales pour l’exécution des installations électriques établies par la Chambre syndicale des Inventeurs.
- Construction et réglage du moteur à explosions appliqué à l’automobile et à l’aviation, par L. Lacoin. 1 vol., 5o2 p., 221 fig., 8e édition, revueet augmentée. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1921. Prix : 25 francs.
- L’ouvrage de M. Lacoin est probablement le meil-
- leur traité pratique français sur la construction du moteur d’automobile. Rédigé par un ingénieur d’une expérience éprouvée qui a mis largement à profit sa propre compétence, et écrit fort clairement, il a obtenu un succès très mérité. Chacun des organes du moteur y est étudié avec soin, .et l’auteur montre comment on en calcule pratiquement les dimensions. L’auteur a fort heureusement remanié le chapitre consacré aux généralités dans la première édition et ajouté un excellent chapitre sur le moteur d’avion.
- Manuel de Constructions aéronautiques (aviation), par F.-R. Petit, i vol. in-16, 246 p., 188 fig. (Bibliothèque Professionnelle). J.-B. Baillière et fils, édit. Paris, 1921. Prix cartonné : 8 francs.
- Donner à chacun (apprenti, ouvrier, contremaître, employé) lé moyen commode, sûr, d’acquérir les connaissances pratiques, les tours de main qui rendront son travail plus intéressant et plus rémunérateur, grâce à l’enseignement des spécialistes les plus autorisés, tel est le but de la Nouvelle Bibliothèque professionnelle, publiée sous la direction de M. Dhom-mée, inspecteur général de l’Enseignement technique.
- Voici les matières traitées par le présent manuel qui inaugure cette collection.
- Considérations générales sur l’avion. Résistance de l’air. Principe de l’aéroplane. Divers types d’avions.
- Matériaux employés en constructions aéronautiques.
- Construction des ailes et plans, des fuselages.
- Dispositifs d’atterrissage. Hélices.
- Moteurs. Dispositifs de commande.
- L’année aéronautique. Deuxième année (1920-1921), par L. Hirschauer et Ch. Dolfus, i vol; 19X27 de 244 P-» 87 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1921. Prix net : 3o frs.
- Ce volume donne la description de 44 avions ou hydravions et de 6 dirigeables utilisés en 1920, ainsi que celle de la plupart des moteurs en service. On y trouve en outre le résumé des faits les plus saillants de l’année : records, courses, grands voyages, manifestations sportives, des renseignements sur l’exploitation des diverses lignes aériennes, la reproduction d’un certain nombre de documents officiels et un répertoire d’adresses aéronautiques.
- Les gazogènes, par Aimé Witz. i vol. in-16, 384 pages, 100 fig. Baillière et fils, éditeurs. Paris, 1921.
- M. Witz a consacré une partie de sa laborieuse carrière à l’étude du moteur à gaz pauvre et à celle du gazogène, sans lequel le moteur n’eût pu se développer. Ce volumejqui résume une longue expérience constitue, en même temps qu’un exposé clair et métho-
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- BIBLIOGRAPHIE
- dique de l’ensemble de la question, un recueil de renseignements pratiques précieux. Après avoir rappelé l’historique du gazogène et la part prépondérante qu’ont prise dans sa création les inventeurs français, l’auteur étudie les divers combustibles et le mécanisme de la combustion; il dresse ensuite une classification des divers types de gazogènes, il en établit les propriétés et étudie les diverses sortes de gaz fournis par ces types divers : gaz d’éclairage, de four à coke, gaz à l’air, gaz à l’eau, gaz de haut fourneau, gaz pauvre ; il montre ensuite comment on étudie le fonctionnement et le rendement d’un gazogène, et consacre de courtes monographies à la plupart des types connus dans l’industrie.
- L’ouvrage se termine par de judicieuses considérations sur l’économie des combustibles et sur le programme remarquable, mais quelque peu outrancier, préconisé par certains ingénieurs, qui consisterait à carboniser toute la houille dont nous disposons pour en récupérer le maximum de produits nobles et de force motrice.
- Le chaudronnier en cuivre, parL. Gendkon. i vol. 202 p., a3i fig. Collection : le Livre de la Profession, librairie de l’Enseignement technique. Paris, 1921.
- Exposé clair et succinct des méthodes générales de travail en chaudronnerie de cuivre, description des outils, étude du dressage, de l’étirage, de l’emboutissage, de la retreinte, notions de coupe, indications sommaires sur le décapage, le brasage, la soudure, l’agrafure, la rivure, etc. Petit livre pratique qui rendra service aux professionnels et surtout aux écoles techniques, notamment d’apprentissage. Chaque chapitre est accompagné de l’indication d’un certain nombre d’exercices d’ateliers.
- Manuel du Mécanicien frigoriste, par MM. L. Yagclin et A.-K. Long, x vol. in-16 de 276 p., 33 fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs Paris, 1921. Prix cartonné : 8 francs.
- Ce petit volume résume très nettement les connaissances indispensables au conducteur d’une installation frigorifique : api'ès le rappel des notions générales de physique utilisées dans cette branche industrielle, il décrit les diverses catégories de machines à froid, indique comment on les monte et les entretient, puis résume leurs divers emplois industriels.
- Nouveau Manuel complet de typographie, par E. Leclerc (Encyclopédie Roret). 1 vol. illustré, 656 p. et planches en couleur. Mulo, éditeur. Paris, 1921.
- Après une intéressante notice historique sur l'invention de l’imprimerie, ce manuel résume fort clairement les connaissances indispensables au typographe : composition, mise en pages, imposition, emplacement des clichés, description des divers caractères, notions sur l’imprimerie, le papier, la gravure chimique.
- A Manual of Seismology, par Ch. Davison. i vol. 256 p., 100 fig. Editeur, University Press. Cambridge, 1921. Prix : 2t shillings.
- Cè petit traité^ écrit avec un grand souci d’ordre et de clarté, et remarquablement édité comme tous les ouvrages de Cambridge, donne les connaissances essentielles nécessaires pour suivre les travaux modernes sur la sismologie : description des instruments; définition exacte des divers termes employés, description des phénomènes qui constituent ou accompagnent le tremblement de terre ; détermination du foyer du séisme et de la vitesse de propagation des ondes sismiques. L’auteur termine son substantiel traité par l’étude des tremblements de terre volcaniques et un aperçu sur les causes qui provoquent les séismes.
- Les huiles végétales, origines, procédés de préparation, caractères et emplois, par H. Jumelle, i vol. in-16, 496 p., 125 fig. Baillière et fils. Paris. Paris : i5 fr.
- Cet ouvrage est une étude essentiellement pratique des huiles végétales où l’on trouve pour chaque matière grasse les origines botaniques de ces sub-
- stances ; les contrées où poussent et sont cultivées les plantes productrices et la plus ou moins grande abondance de ces plantes ; les méthodes employées pour la récolte des fruits ou des graines; les procédés indigènes ou européens mis en œuvre sur les lieux mêmes de production pour la préparation, sur place, de certaines substances grasses; les manipulations préalables telles que cassage des noyaux ou des téguments, que beaucoup de graines nécessitent, soit en vue de l’expédition, soit au moment du traitement à l’usine; les caractéristiques générales et emplois déjà connus de toutes ces huiles. Pour les fruits ou graines qui ne sont pas encore d’un usage courant, il est rendu compte des essais, fût-ce de laboratoire, déjà faits sur ces substances grasses, et de leurs résultats au point de vue des applications variées qu elles peuvent a priori recevoir, dans l’alimentation, la savonnerie, la stéarinerie, la peinture, la fabrication des vernis ou des fastices. Aucun ouvrage ne réunissait dans son ensemble toute cette utile documentation que rendent pourtant aujourd’hui abondante les nombreuses recherches effectuées dans cet ordre de faits en ces vingt dernières années.
- Principes de biologie végétale, par Noël Bernard, x vol. in-16, 212 p. Nouvelle Collection Scientique, Félix Alcan. Paris. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage complète avec L'Evolution des plantes, paru en 1918, une série de leçons professées par Noël Bernard à la Faculté des Sciences de Caen et à celle de Poitiers. La première partie de l’ouvrage est relative à la Physiologie cellulaire : conditions physiques de la nutrition où l’auteur montre comment les lois de l’osmose interviennent, et conditions chimiques des échanges (métabolisme cellulaire); le cycle du carbone et celui de l’azote retiennent surtout l’attention. La deuxième partie s’occupe des groupements cellulaires sous le titre : coordination. Dans le chapitre sur les Thallophytes, Noël Bernard s’attache à relever la difficulté de la détermination des espèces bactériennes, les traits généraux de la reproduction et du cycle végétatif chez les champignons, les algues, les lichens. Le livre se termine par des « Remarques sur 1 immunité chez les plantes » où se révèle un parallélisme frappant entre les végétaux et les animaux, pour tout ce qui touche à la symbiose et aux réactions défensives de l’organisme.
- Hygiène sociale de l'enfance, par P. Nobécourt et G. Scxire 1 ber. i vol. in-8, 5g6 p., 129 fig. Masson et Cie. Paris. Prix : 3o francs. ,
- Les questions relatives à la protection de l’enfance sont à l’ordre du jour. Aussi ce livre sera le bienvenu qui renseigne sur tous les points où la collectivité intervient dans cette question d’hygiène sociale. Pour la première enfance, les auteurs, après avoir rappelé la mortalité trop considérable, les notions d’hygiène individuelle des nourrissons, passent en revue les œuvres protectrices : consultations de nourrissons, gouttes de lait, chambres d’allailement, crèches, pouponnières, œuvres d’assistance et mutualité maternelle, puis énumèrent les mesures législatives qui régissent actuellement ce domaine. Pour la deuxième enfance ils examinent l’inspection médicale des écoles, le rôle des médecins et infirmières scolaires l hygiène de l’école et de l’écolier, l’éducation dev, anormaux et des infirmes : aveugles, sourds-muets, idiots, enfants vicieux ou coupables, puis la question d actualité des exercices physiques et de la vie au grand air. La troisième partie est consacrée à la prophylaxie des maladies transmissibles chez l’enfant et à l’école. Une quatrième enfin étudie les grands problèmes d’assistance des enfants abandonnés et de traitement collectif des enfants malades. Très bien documenté, fournissant sur toutes les œuvres des renseignements précis, dégageant nettement le programme d’action sociale en faveur de l’enfance, ce livre est une bonne action, il apprendra aux hygiénistes, aux éducateurs, aux parents, aux administrateurs, aux collectivités, ce qu’on peut et doit faire pour les enfants depuis la naissance jusqu’à la puberté, afin de les conserver en bonne santé, il suscitera certainement de nouvelles initiatives.
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- N° 2467 16 Juillet 19 21
- Le prix Osiris au général Ferrié. — L’Institut de France, toutes sections réunies, vient de décerner le grand prix Osiris, d’une valeur de ioo ooo francs au général Ferrié, directeur de la radiotélégraphie militaire.
- Il est inutile de rappeler à nos lecteurs les immenses services rendus pâr le général Ferrié pendant la guerre ; la série des études parues ici aussitôt après l’armistice sous la signature d’ « un Radio » ont appris à tous le rôle joué par la T. S. F., sous son impulsion. Réunis,-sant autour de lui toutes les compétences en physique et en électricité, alors mal utilisées, ïl a su tirer de la lampe à 3 électrodes, encore dans l’enfance, les moyens de liaison les plus variés : T. S. F., T. P. S., téléphone sans fil, radiogonométrie par cadres, etc. Depuis l’armistice, il a su réaliser les grands postes d’émission que tous les amateurs de T. S. F. connaissent bien : Lyon, Bordeaux, Sainte-Assise, etc , qui assurent nos relations avec le monde entier et nous libèrent des câbles sous-marins. i
- La Nature est heureuse de joindre à ses félicitations celles de tous les amateurs sans-filistes qu’elle a groupés et de les présenter au savant chef de la T. S. F. française.
- Nouvelle comète Dubiago (1921 c). — Nous avons attendu un peu pour signaler la découverte de cette comète parce que les premiers renseignements la concernant exigeaient de nouvelles observations.
- Cette comète a été découverte par M. Dubiago à l’observatoire de Kasan (Russie), le 24 avril. Son éclat atteignait la io° grandeur et demie. Une première orbite a été déterminée au Bureau des calculs de Pétrograd et de nouvelles observations ont été effectuées à l’observatoire de Poulkovo. Ce réveil à la vie scientifique en Russie est un symptôme qui fera plaisir à tous ceux que • la science intéresse.
- D’après les calculs de M. Ebell, au moyen d’observations comprenant une plus grande étendue de l’orbite, la comète est passée au périhélie le 7 mai dernier. Son éclat diminue lentement et il était inférieur à la douzième grandeur à la fin de juin. Son observation est réservée aux grands instruments.
- Le rayon vert. — M. Camuset, de Brétigny-sur-Orge, nous écrit : « Je viens vous communiquer à ce sujet une observation intéressante faite le 11 juin 1921. J’étais en chemin de fer sur la ligne de Paris à Etampes à l’heure où le soleil se couchait, le ciel était bien clair. Le soleil disparut derrière les collines de la région de la tour de Montlhéry; mais à cet endroit l’horizon forme une ligne très sinueuse, de sorte que, grâce au mouvement rapide du train, je vis trois fois de suite disparaître et réapparaître le soleil. Chaque réapparition était accompagnée de la vision nette du rayon vert tandis qu’il n’était pas visible quand le soleil disparaissait à l’instant d’après. Et ceci se répéta donc 3 fois. Cette particularité du phénomène n’est pas moins surprenante que sa persistance.
- J’ai donc assisté à 3 levers de soleil successifs accompagnés du rayon vert et ceci à l’heure du coucher du soleil. » L’aluminium et les composés du mercure. — Les usages de l'aluminium se multiplient chaque jour, ainsi qu’en témoigne la très belle exposition tenue récemment à la Société d’Encouragement à l’Industrie Nationale. Il y a lieu de s’en féliciter, puisqu’il s’agit là d’une industrie essentiellement nationale qui n’emprunte pour ainsi dire aucun élément étranger à notre sol. Dans l’intérêt même de cette industrie, il est utile de rappeler au public, en vue d’éviter toute déception, que les emplois domestiques de l’aluminium Comportent certaines précautions, et en particulier qu’il faut absolument s’abstenir d’utiliser un récipient d’aluminium pour y préparer une solution d’un produit mercuriel tel que le sublimé. Voici ce que nous écrit à ce sujet un de nos lecteurs, le capitaine Mondeil, de Pau : « Gustave Le Bon avait déjà mis en relief les modifications subies par une lame d’aluminium plongée dans une fiole en contact avec du mercure ou de l’acide acétique pur cristallisable. L’expérience suivante nous montre un phénomène non moins curieux et des plus intéressants pour la santé publique : nous le signalons aux lecteurs.
- Il s’agit d’une combinaison dans laquelle le sublimé, dont 1 emploi est devenu courant partout, entre pour une part.
- Pour plus de clarté dans l’exposé qui va suivre, prenons un cas concret :
- Dans le formulaire thérapeutique de l’éminent pro^ fesseur Grasset, ayant pour titre : Consultations médicales, on lit à la page 3o2 que pour débarrasser de parasites la tête d’un enfant, il faut employer à chaud la solution suivante sublimé, 1 gr. ; vinaigre, 5oo gr. (Il n’est pas parlé de la nature du récipient.)
- Supposons que nous ayons à employer le remède, et faisons chauffer la solution dans une des casseroles d’aluminium, dont l’usage est si fréquent aujourd’hui dans les familles. Gela fait, rinçons et remettons en place notre casserole.
- Quelle ne sera pas notre stupéfaction, quelques heures plus tard, au moment d’une opération culinaire, en constatant que toute la périphérie intérieure du récipient est garnie d’une végétation grisâtre, formée de tiges perpendiculaires aux parois, longues de plus de 1 cm, et ressemblant au feuilleté connu des oronges!
- Ce phénomène, des plus intrigants pour le profane, nous l’avons obtenu de la même manière.
- Au lendemain du jour de sa production, les végétations s’étaient considérablement allongées; elles étaient devenues si profuses que toute la casserole en était remplie, tant en profondeur qu’en surface; on ny aurait pas trouvé place pour une noisette.
- Petit à petit désagrégé, le récipient qui pouvait avoir 12 cm de diamètre allait y passer en entier très probablement. Nous soufflâmes sur le feuilleté qui partit en poussière et nous rinçâmes à nouveau le contenant, avant de le mettre en place, pensant que c’était fini.
- Pas du tout! le jour suivant, pareille à l’hydre de Lerne, la végétation renaissait, et notre casserole, de nouveau, entrait en voie de dématérialisation.
- Nous répétâmes l’expérience pour une observation plus approfondie, et quand nous nous fûmes muni d’une loupe, nous vîmes très nettement et littéralement croître à vue d’œil la végétation, dont les extrémités rayonnantes, telle une génération spontanée, s’allongeaient par saccades brusques, d’environ un demi-millimètre, à intervalles réguliers de 2 ou 3 secondes. »
- Phares à acétylène pour la navigation aérienne. — Le Journal de Vacétylène annonce d’après Acetylene and Welding Journal qu’une nouvelle chaîne de phares permettra bientôt aux voyageurs se rendant de Paris à Londres par la voie des airs d’effectuer le parcours dans l’obscurité et en toute sécurité. Ces phares, qui projetteront un rayon d’une intensité lumineuse de 100000 bougies, s’allumeront et s’éteindront automatiquement au coucher et au lever du soleil.
- Il y aura trois phares principaux entre Londres et la Manche. Des phares plus petits seront également construits sur les aérodromes de Lympne et de Croydon.
- L’éclairage sera assuré par l’acétylène dissous, et leur fonctionnement étant automatiquement assuré avec laide de la soupape « Soleil », ces phares pourront rester six mois sans qu’il soit nécessaire d’y toucher. Au cas où un manchon viendrait à brûler ou serait détruit, l’appareil remplacerait automatiquement le manchon hors d’usage.
- Projet d’améjiagement des forces hydrauliques des marées de la baie du Mont Saint-Michel. —
- Un groupement de techniciens et de financiers américains soumet en ce moment à la Chambre de Commerce de Granville un vaste projet d’aménagement des forces hydrauliques des marées dans la célèbre baie du Mont Saint-Michel. Le montant de ces travaux, qui seraient exécutés sans aucune contribution de 1 Etat, est évalué à plus de 2 milliards de francs.
- D’après la revue Vie technique et industrielle, ils consisteraient dans la construction d’un barrage d’environ 20 km de long s’étendant de la pointe du Roc, du côté de Granville, au Ligouet qui est la pointe de l’île des Landes, du côté de Cancale. L’écoulement des eaux des rivières qui se jettent dans la baie serait ménagé par des issues à la mer. L’entrée et la sortie principale
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- INFORMATIONS
- de cette rade de 5oo km2, parfaitement accessible aux gros navires, se ferait parle chenal de la rivière débouchant entre l’île des Landes et la côte du côté de Can-^cale, et elle serait éclusée à l’américaine; une seconde écluse serait toutefois établie dans les environs du port de Granville.
- Afin de tirer le meilleur parti des aménagements projetés, l’installation hydro électrique se ferait au moyen d’un système de barrage porte-turbines hydrauliques de pleine mer pour station marémotrice, inventé par l’un des signataires du projet.
- Le rendement minimum des installations serait annuellement de 6 milliards de kilowatts-heure. La Société espère récolter dans les 5oo millions de francs de revenus annuels si cette formidable puissance d’énergie est distribuée à des prix ne dépassant pas o fr. o5 le kilowatt-heure. On estime que cette force pourrait trouver son emploi dans la création de multiples industries autour de la baie, industries qui auraient cet avantage d’être placées aux portes d’entrées des matières premières.
- Enfin une partie pourrait être utilisée par le réseau des chemins de fer de l’Etat.
- La sciure de bois comme aliment du bétail. — Le
- collège d’Agriculture de l’Etat de Wisconsin (Etats-Unis) a entrepris des recherches en vue d’utiliser la sciure de bois dans l’alimentation du bétail.
- Le principe consiste à transformer la cellulose en sucre par l’action hydrolysante des acides dilués.
- On fait bouillir la sciure pendant i5 minutes avec un icide dilué sous pression. Une proportion de 20 pour 100 de sciure est convertie en sucre; le reste est seulement rendu pins digestible. Le sucre est repris par l’eau chaude; l’excès d'acide est neutralisé et le liquide évaporé jusqu’à consistance sirupeuse.
- Le sirop obtenu est mélangé avec le résidiu non transformé en sucre ; on obtient un produit foncé en couleur, friable, propre à l’alimentation. Ce sont les sciures des conifères qui donnent les résultats les plus satisfaisants.
- Des vaches ont reçu, pendant une première période, une ration composée de luzerne, 'maïs ensilé, avec un mélange de farine d’orge, 55 parties; son de blé, 3o, tourteau de lin 15 ; puis, durant une égale période, avec cette même ration, dans laquelle la farine d’orge était remplacée par le produit essayé, au taux de 2 livres de celui-ci pour 1 livre d’orge et 26 pour 100 du produit dans l’ensemble de la ration.
- L’expérience fut continuée en alternant les régimes.
- Dans les deux cas, les vaches produisirent autant de lait.
- La sciure ne contient qu’une quantité négligeable de matières azotées ; sous ce rapport, elle ne peut rivaliser avec l’orge, et le déficit en azote doit se retrouver dans le reste de la ration.
- On peut rapprocher de cette tentative des essais de même ordre entrepris en Allemagne pendant la guerre. On a cherché à augmenter la digestibilité de la paille, des roseaux, de la bruyère, dubois, en les hydrolysant, soit par des bases, soit par des acides, sans aller jusqu’au sucre, mais les produits obtenus contenaient du furfurol et autres toxiques, et on dut renoncer à cette manière de traiter ces substances ligneuses.
- Néanmoins, les essais rapportés ci-dessus ne manquent pas d’intérêt et peuvent, dans cette voie, susciter des initiatives. H. B.
- Alimentation de poules sans grains. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut International d'Agriculture rapporte les expériences faites en Allemagne par M. Wieninger pour nourrir des poules pondeuses malgré la pénurie de grains. Pendant une année entière, 100 poules de race d’Italie (poulettes et poules de deux ans) ont été alimentées avec des rations journalières ainsi composées : 10 gr. de farine d’os, 40 gr. de luzerne, 3o gr. de mauvaises herbes, 20 gr. de déchets de cuisine et 3o gr. de sorbes. Ces matériaux étaient échaudés avéc de l’eau bouillante et administrés le lendemain, en état émietté. Les poules avaient libre parcours. On put constater que 62 poules continuaient la ponte, mais^avec une production inférieure de 56 pour 100 à celle de l’année précédente, où la production s’élevait à iao~œufs. Après trois semaines
- d’alimentation avec une ration contenant au moins 3o gr. de grains, les poules reprirent leur production normale. Un second essai portant sur 5o poules eut les mêmes résultats : la production ne s’éleva qu’à 6-8 œufs par jour. L’analyse chimique montra que l’alimentation avec des rations dépourvues de grains n’avait pas d’influence remarquable sur la composition des œufs ; seulement on observa que leur taux en vitamine était inférieur à celui des œufs produits par une ration contenant des grains.
- Les grains étant relativement riches en vitamines, M. Wieninger a essayé de leur substituer des aliments d’origine animale contenant des quantités relativement élevées d’amides. Des essais d’alimentation avec 19 poules pondant 4-5 œufs par jour, auxquelles on fournissait des rations dépourvues de grains, ont montré une augmentation de la production correspondant graduellement à l’augmentation des quantités de farine de viande dans la ration. En introduisant dans la ration des quantités comprises entre 10 et 60 gr., la production entre le ier février et le 21 juillet était la suivante :
- 10 gr. de farine de viande par jour
- 20 — — '
- 3o — —
- 35 — —
- 40 —
- 4o — —
- 60 — —
- .6 œufs 10 —
- .13 —
- .4 — i5 -----15 —
- 1.8 —
- La production totale pendant cette période s’éleva à 1368 œufs, de sorte que la production moyenne d’une poule était de 72 œufs en 172 jours. L’optimum de production fut atteint dans la période du 3i mars au 18 avril, avec 60 gr. de farine de viande, les poules pondant alors 345 œufs, soit 18 œufs en moyenne. En outre, 12 poules pendant cette période pondirent chacune 2 œufs; une poule atteignit ainsi une production de 35 œufs au mois d’avril, résultat que l’on doit attribuer à l’influence de la farine de viande. !
- Le jeûne d’un insecte. — M. Lambert, de Tunis, nous écrit : « Au mois de janvier 1920, ayant découvert dans une gousse d’ail une nymphe, ‘ je la plaçai dans une boîte en carton percée de trous, pour voir ce qu’il en adviendrait. Quelque temps après, l’insecte parfait apparut, de la couleur du bois sec, il a pour caractéristique quatre plissements dentelés et noirs en dessus, sur les élytres [probablement, d’après la figure, un Brachycerus (N. d. 1. R )].
- Cet insecte, d’une forme curieuse, est non moins curieux par sa résistance ; en effet, enfermé depuis et même avant sa naissance dans une boîte, il n’a jusqu’au 11 mars 1921 pris aucune nourriture; le morceau d’ail
- qui lui tenait compagnie est intact, et, d’autre part, je n’ai jamais relevé de traces d’excréments. Il passait ses journées à grimper le long des parois de sa prison et je le retrouvais souvent sur le dos les pattes en l’air, position qu’il ne pouvait quitter tout seul; ceci pour dire que cet insecte ne gardait pas une immobilité qui eût été favorable à son jeûne, et qu’il ne semblait pas incommodé de son état.
- Il est encore un fait que je tiens à signaler : tous les matins j’allais lui rendre visite et, pour savoir s’il était toujours vivant, je grattais le fond de la boîte avec l’index, l’insecte encore engourdi par le froid me répondait en levant une de ses pattes en l’air et en la rabaissant ; un second grattement m’attirait une seconde réponse.
- Mais le 26 février 1921 mon insecte faiblit, et après avoir oscillé entre la vie et la mort, il mourut le 11 mars 1921. »
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- Ly UTILISATION DES NOYAUX DES FRUITS DE TABLE
- Considérés comme des déchets négligeables, les noyaux de nos principaux fruits de table sont généralement jetés dans la poubelle, alors qu’il serait possible dans certains cas d’en tirer quelque parti, soit à un point de vue quasi alimentaire, soit surtout à un point de vue horticole, comme je vais le montrer.
- Proportion des noyaux dans la composition des fruits. — Nos principaux fruits de table sont, par ordre de maturité : les cerises, les abricots, les pèches et les prunes, dans lesquels les noyaux entrent pour une proportion peu connue^mais dont on aura une idée, d’après les chiffres que j’emprunte : i“ aux Recherches sur la composition des fruits frais, d’Aimé Girard, publiées par lVI. Lindet en 1898, dans le Bulletin du Ministère de VAgriculture ; 20 aux travaux du Dr Hotter, Die chemische Zusammensetzung steirischer Ohstfrüchte, insérés dans Landw. chemischen Landes-Versuchsstation-Graz, en 1906.
- Voici les chiffres trouvés par Aimé Girard, ils se rapportent à 100 grammes de fruits frais.
- Cerises Anglaise, Royale,
- N oyaux 6 gr. 01 8 gr. 60
- Abricots d’Auvergne, Blanc de Paris
- Noyaux 7 gr. 12 5 gr. 5o
- Pêches du Midi, de Montreuil,
- Noyaux 8 gr. 38 5 gr. 20
- Prunes Reine-Claude, Monsieur,
- Noyaux 4 gr- 07 4 gr. 77
- Montmorency, 6 gr. 01 de plein vent, 6 gr. 40 de Perpignan, 8 gr. 19 Mirabelle 5 gr. 65
- Ed. Hotter a constaté de son côté que le pourcentage des noyaux, par rapport aux fruits complets, oscillait chez les cerises de 4,4 à i5 gr., chez les abricots de 6 à 11 gr. ; chez les pêches de 8,5 à i3 gr. ; chez les prunes Reine-Claude de 5,3 à 9,1 et chez les mirabelles de 4.7 à 12 grammes.
- On voit que les écarts dans la proportion de ces noyaux sont encore plus grands pour les mêmes genres dans les fruits de Styrie que dans ceux de notre pays.; on voit aussi que, si l’on fait abstraction des variations naturelles dans ces écarts, on peut déduire de ces chiffres que ces fruits, au regard de la proportion de leurs noyaux par rapport à leur composition totale, se placent dans l’ordre croissant suivant : prunes, abricots, cerises, pêches.
- UtiHsaiion alimentaire. — Avec les noyaux, on peut fabriquer en confiserie, pâtisserie et même à la maison des crèmes, eaux distillées, esprits, essences, hypocras, ratafias, sorbets, mais parmi ces préparations, il n’y en a guère que deux qui intéressent les maîtresses de maison : 1 hypocras et le ratafia.
- Avant d’en donner une formule simple et pratique je dois dire que l’arome spécial, qui caractérise ces liqueurs et les rapproche du kirsch sur ce point, est dû, comme dans celui-ci, à une certaine quantité de deux principes très actifs, l’acide cyanhydrique et l’essence d’amandes amères résultant, au contact de l’eau, du dédoublement d’un glucoside, l’amygdaline, sous l’influence d’une diastase, l’émulsine, dont les noyaux contiennent une proportion variable. Et comme l’acide et l’essence sont vénéneux à faible dose, il importe de ne pas employer un excès de noyaux, surtout écrasés, notamment de noyaux de pêches et de cerises qni en sont plus riches que les autres.
- Hypocras. — L’antique hypocras (ou hyppocras) boisson tonique, était composé de vin rouge sucré dans lequel on faisait infuser de la cannelle, 1 hypocras aux noyaux est une sorte de ratafia de vin blanc où l’on fait entrer des noyaux frais d’abricots et de pêches, parfois de prunes, jamais de cerises. En voici une recette pour 5 litres de vin blanc.
- Prenez i5 noyaux des trois fruits précités, concassez-les sans entamer les amandes, faites-les macérer dans 25 centilitres d’eau-de-vie à 5o° durant 24 heures; ajoutez-y 3co gr. de sucre dissous dans le vin blanc; laissez en contact pendant 4® heures, passez et filtrez au papiei pour obtenir un produit limpide.
- Ratafia. — On peut le préparer de deux façons : avec les amandes seules ou avec les noyaux complets, il
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- y a lieu de préférer la première, quand il s’agit des abricots et des pêches, et la seconde, si l’on opère avec les cerises et les prunes. Voici une formule pour 1 litre d’eau-de-vie à 6o°.
- La dose des amandes doit rester comprise entre 75 et 100 gr., quel que soit le genre de noyau, s’il est employé seul, mais ce poids peut être réparti dans les trois ou quatre genres; soit, par exemple, 3o gr. d’amandes d’abricots, de pêches, de prunes et 10 gr. demandes de cerises. Dans le cas des pêches et des cerises seules, il est préférable de se contenter de la dose minimum 75 gr.
- Enlevez au moyen de l’eau bouillante la peau des amandes fraîches, jetez celles-ci dans un bocal contenant 1 litre d’eau-de-vie à 6o°, bouchez et laissez macérer pendant une dizaine de jours. Ce délai expiré, passez ou filtrez au papier, puis mélangez au liquide un sirop bien clarifié, fait à chaud avec 5oo gr. de sucre et un demi-litre d’eau. Si cette addition produisait un léger trouble, filtrez de nouveau pour obtenir une liqueur très limpide. Conservez en flacons bien bouchés placés dans un local à température moyenne.
- lltil saiion hort:cole. — Récolte. .— Lorsqu’on veut récolter des noyaux, il importe de recourir à un procédé qui ne lèse nullement leur enveloppe et les laisse absolument propres. Aussi, dans le cas où l’industrie, employant les quatre fruits en grande quantité pour la préparation des sucs, sirops ou vins, pratique le concassage ou le foulage sous quelque forme que ce soit, faut-il avoir soin de laisser dans le marc sortant de la presse tous les noyaux qui ne sont pas absolument intacts. La préférence doit aller à ceux qui proviennent du dénoyautage avec les divers petits instruments dont on se sert dans ce but en confiserie.
- Conservation. — Deux buts sont à considérer : i° la vente aux marchands grainetiers; u° les semis. Dans le premier but, on lave les noyaux aussitôt obtenus et on les met sécher sur des claies dans un courant d’air assez vif ou encore au soleil mais non à l’étuve dont la chaleur pourrait altérer leur faculté germinative. On les renferme ensuite dans des boîtes en bois ou en fer-blanc qu’on maintient dans un endroit sec et bien aéré, afin d éviter le développement des moisissures et les atteintes des insectes et des rongeurs.
- Je ne connais pas les prix d’achat de ces noyaux, lesquels varient avec le genre de fruit, la qualité, la quantité, etc., mais voici, à titre d'indication relative les prix de vente, par kilogramme, d’après le catalogue que j’ai sous les yeux : abricots 3 fr. ; cerises 3 fr. ; pêches ordinaires 5 fr. ; pêches de Montreuil 10 fr. ; prunes 2 fr. 20 à 4 ir. 5o, environ, car ces prix peuvent varier.
- Lorsque les noyaux sont conservés pour faire l’objet de semis en temps opportun, le meilleur mode de Conservation est la stratification. On nomme ainsi l’opération qui consiste à placer les noyaux par couches alternant avec des lits de sable frais ou de terre fine. Les couches ainsi formées ont, selon la grosseur des semences, 3 à 5 cm d’épaisseur. Le but qu’on se propose est non seulement de conserver les noyaux en bon état depuis leur récolte jusqu’au moment de leur semis, mais, en outre, de les préparer à la germination en ramollisant leur enveloppe et en facilitant ainsi le développement et la sortie du germe.
- A la campagne, la maîtresse de maison ou le propriétaire qui veulent obtenir un certain nombre de plants peuvent stratifier 20, 3o,.40 noyaux dans un pot à fleurs, une terrine ou une vieille poterie, mais celui qui désire créer une petite pépinière doit se servir d’une caisse ou, s’il dispose d’une grande quantité, réunir ces semences en un tas conique en plein air et les stratifier sur un terrain sec et surélevé comme il vient d’être dit.
- Il est préférable de stratifier les noyaux dès leur obtention, et il importe, l’opération terminée, de les protéger contre les intempéries et les rongeurs. On place le récipient qui les contient dans une cave ou un cellier à température basse e t régulière, et on le recouvre d’une tuile ou d’une plaque de verre, ou bien, s’il est enterré au pied d’un mur, on forme au-dessus de lui un monticule de terre de o m. 40 d’épaisseur pour éviter l’action des gelées et des pluies. Quand il s'agit d’un
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- amas de semences, l’épaisseur doit être portée à om. 5o et recevoir une couche de paille de o m io dont les brins sont maintenus au sommet par un pot de terre renversé. Un fossé circulaire autour du monticule com-
- plète ces dispositions. Dans des conditions favorables, la gerrpination se manifeste en mars, et les semis, quand la température s’y prête, ont lieu dans un sol bien préparé en mars-avril. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte anx Lettres de L,a Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Erratum. — Bulletin astronomique, n° 2464, p. 2o5. — Il faut rectifier comme suit la légende de la figure : Marche de la planète Uranus et non Vénus, comme il a été imprimé par erreur. Le texte, du reste, ne prête pas à confusion et nos lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes cette coquille.
- Réponses. — M. Ybertj, à Royat. — Sans avoir vu l’état du sol de votre salle, il est assez difficile de vous répondre, cependant nous pensons que l’application de deux ou trois couches d’une solution de silicate de soude à 3o° B., répondra à votre attente et vous permettra ensuite d'encaustiquer facilement.
- M. Bastien, à Paris. —. i° L’or gris est un alliage renfermant de 94 à 95,5 d’or et 6 à 4*5 de fer. 20 L’ouvrage les Alliages métalliques, par Ghersi, vous donnera tous renseignements sur la plupart des compositions employées, éditeur Gauthier-Villars. A consulter également Les Alliages métalliques industriels, par Guil-let, édité chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. Pour l’étude des métaux précieux, Or, argent et platine, de Billon, éditeur Bernard, 20, quai des Grands-Augustins.
- M. Cacouault, à Sermaize. — Inutile de songer à réparer une glace dont l’ensemble du tain est altéré, le phénomène est d ordre physique et ne comporte d’autre remède que la mise entre les mains d’un miroitier pour réfection. Cependant, s’il ne s’agit que de parties peu étendues, vous pourriez essayer du moyen suivant. Bien nettoyer en frottant avec du coton l’endroit où le tain est endommagé de façon qu’il n’y reste ni poussières ni matières grasses. D’autre part, découper avec la pointe d’un canif sur une vieille glace une surface de tain un peu supérieure à celle à recouvrir, verser sur ce tain une gouttelette de mercure de la valeur d’une tête d’épingle par centimètre carré. Le mercure imbibe la couche jusqu’à la limite tracée par le canif et lorsqu’elle est ramollie on l’enlève et la transporte au point que l’on veut réparer; on la fait adhérer par tamponnement léger avec une houppe de coton et laisse durcir. Si l’opération a été faite avec soin, on peut obtenir un résultat très satisfaisant.
- M. Svanstrôm, à Stockholm. — i° L’emploPdu henné en cataplasmes est peu pratique et nous lui préférons celui d’une teinture liquide obtenue par exemple par macération de :
- Poudre de henné.............. 75 grammes.
- Poudre de noix de Galle . 5o —
- Poudre defeuilles denoyer. a5 —
- Eau bouillante. ..... 5oo cm3
- On laisse quelques jours en contact, filtre et ajoute Glycérine......................... 10 grammes.
- Pour l’usage, dégraisser préalablement les cheveux en mettant gros comme une noix de carbonate de soude dans 1 litre d’eau tiède. 20 Comme ouvrage concernant les teintures pour cheveux, consulter : Manuel du Parfumeur, par Calmels, éditeur, Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins. 3“ Il n’est pas possible d’obtenir directement un liquide. alcoolique à 5o pour ioo; en effet, la fermentation s’arrête d’elle-même lorsque la richesse atteint 12 à 14 pour 100. Ce n’est doüc que par remontage que ce titre alcoolique pourrait être atteint; dans la pratique, aucun vin n’est à ce taux.
- M. Devau-Vernier, à Bougie. — A notre avis, il serait préférable de conserver les olives dans des bacs en fer qui seraient inattaquables par la soude ; si cependant
- vêus désirez utiliser des cuves en ciment existantes, vous pourriez essayer du procédé suivant : appliquer au pinceau sur le ciment bien sec une couche de fluate de magnésie, puis 12 heures après une autre couche, enfin 12 heures après celle-ci une troisième, mais étendue de 5o pour 100 d’eau, laisser sécher et mettre en service. Le fluate de magnésie est vendu par la maison Teisset Kessler, à Clermont-Ferrand, il en faut environ 65 kg pour une capacité de 1000 hectolitres.
- M. Favier, à Lyon — i° L’aluminothermie utilise la propriété de l’aluminium de s’emparer avec grande énergie de l’oxygène en produisant la mise en liberté de 7260 calories par kilogramme d’aluminium mis en œuvre. Cet oxygène peut être emprunté à la plupart des oxydes métalliques, d’où un procédé très commode pour obtenir un grand nombre de métaux, principalement ceux qui sont réfractaires. L’application principale est la soudure autogène du fer ou de l’acier en faisant un mélange d’oxyde de fer et d’aluminium, tous deux en poudre, que l’on enflamme au moyen d’une cartouche formée elle même de bioxyde de baryum et d’aluminium ; la réaction principale est la suivante :
- 2 Al -f Fe203 — ADO3 -}- 2 Fe.
- Le fer mis en liberté se soude immédiatement aux parties à joindre portées elles-mêmes à haute température par la réaction. 20 Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la question.
- M. Didier, à Chagny, Saône-et-Loire. — Par suite de l’acidité du bitartrate de potasse, l’alcalinité du silicate de soude ou de potasse est neutralisée et une partie de la silice se précipite en bouchant les pores du bois. L’emploi du silicate est des.plus simples, il suffit d’introduire dans le tonneau une solution sirupeuse, de rouler, puis laisser égoutter. Nous faisons toutes réserves sur l’application du procédé à la vaisselle vinaire car il en résultera très probablement une modification des qualités du vin.
- M. Viraut, à Paris. —- i° On a préconisé, en effet, l’emploi de différents produits tels que mélasse, dex-trine, etc., dans l’eau des radiateurs pour aveugler les fuites lorsqu’elles se produisent, mais nous ne saurions les conseiller. 2° Dans le cas que velus signalez, le mieux est de vider le radiateur pour éviter toute pression d’eau, puis d’appliquer sur l’endroit où se fait le suintement une bandelette de toile enduite de blanc de céruse broyé à 1 huile, un léger lissage avec le doigt donnera finalement un lutage bien uniforme d’une grande résistance après séchage et qui ne fera que durcir à la chaleur.
- M. le commandant Noël, à Uzès. — i° Pour éviter l’adhérence des produits de confiserie dans les moules ou sur les tables de marbre sur lesquelles a lieu la manutention, il suffit d’appliquer au préalable une couche très légère d’huile d’olives. 20 Le Manuel du confiseur, de Cardelli, édité par Mulo, 12, rue Hautefeuille, vous donnera, pensons-nous, satisfaction.
- M. Saadi, à Stamboul. — Adresse de la Société Mathématique de France, à la Sorbonne, rue des Ecoles, Paris.
- M. Guizar, à Mexico. — Ouvrages de T. S. F. : Oscillations électriques et ondes hertziennes, par Poincaré, chez Gauthiers-Villars), 55, quai des Grands-Augustins, Paris. Manuel de T. S. F., de Tissot, chez Challamel, rue Jacob, Paris. Traité de T. S. F., de Viard, Librairie de l’Enseignement technique, 'rue Thénard, Paris.
- Ouvrages sur l’aviation et l’aéronautique : Cours d’aviation, Librairie de 1 Enseignement Technique, rue Thénard, Paris. Vaviation, par Painlevé et Borel, chez Alcan, boulevard Saint-Germain, Paris. Les moteurs d'aviation, par Mjirtinot-Lagarde chez Berger-Levrault, rue des Beaux-Ar ts, Paris. L'aéronautique, par le eomm' Orthlieb, Masson, éditeur, boulevard Saint-Germain.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N» 2468 23 Juillet 1921
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- INFORMATIONS
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- Les planeurs montés. — Dans une récente conférence à l’Association française aérienne que reproduit notre nouveau confrère hebdomadaire l’Aile, M. de Pischoff appelle l’attention sur l’intérêt que présente la pratique du planement, c’est-à-dire de l’aviation sans moteur. Il rappelle avec raison que toute l’aviation à moteur a eu pour point de départ les glissades aériennes de O. Lilienthal, des frères Wright.de Ferber. Les frères Wright notamment voyaient dans le planeur un instrument d’investigation sur lequels ils comptaient pour arracher ;à la nature tous les secrets du vol de i’oiseau. Y ont-ils entièrement réussi ? Le mystère, non encore entièrement dissipé du vol à voile, nous permet de répondre par la négative et suffit à démontrer que la pratique du planeur offre, aujourd’hui encore, matière à d’utiles investigations et qu’on peut fonder sur elle de sérieuses espérances pour la réalisation de l’aviation économique. Du reste, c’est non seulement un moyen d’expérimentation précieux, mais encore un sport salubre et peu dangereux, excellente école préparatoire pour les futurs pilotes d’avions à moteur.
- Le planement est aujourd’hui à peu près délaissé en France et l’on doit le regretter. En Allemagne, on n’a pas perdu de vue ses avantages et tout un mouvement fort remarquable se développe pour en vulgariser la pratique.”
- L’intérêt attaché à cette question s’est manifesté dès l’an dernier par l’organisation du concours du Rhon, doté de 26000 marks de prix; concours qui se renouvellera au mois d’août de cette année sur une plus vaste échelle, avec 85 000 marks de prix.
- Le ïtbon est un territoire voisin de Francfort, composé d’un groupe de collines dont la plus haute, la Wasserkuppe, a son sommet à l’altitude de 959 m. au-dessus du niveau de la mer, à 35o m. environ au-dessus de la vallée de la Fulder. Des pentes douces et sans arbres permettent les vols en tous sens quelle que soit la direction du vent. Le concours comportait des prix de durée, de distance, d’économie. Celle-ci était calculée par la formule :
- P___d-\- vt
- C ~~ h
- d est la distance parcourue,
- v la vitesse du vent,
- t la durée du vol,
- h la hauteur de chute entre les points de départ et l’atterrissage.
- Un petit camp avait été organisé pour les concurrents et leurs aides, avec baraques de couchage, ateliers de réparation, bibliothèque. Une station météorologique avait été installée sur le Wasserkuppe. De nombreux professeurs avaient donné leurs concours pour le contrôle des épreuves, les mesures de distance, etc. L’épreuve réunit 24 concurrents. Pour leur permettre de se familiariser avec les sautes de vent et de s’entraîner pour le vol à voile, un pylône métallique haut de i5 m. avait été érigé et lorsque le vent était assez fort on attachait les appareils à ce pylône et ils fonctionnaient alors comme des cerfs-volants. Sur le pylône était fixée une girouette actinométrique à lecture instantanée et visible de loin, si bien que le pilote cerf-voliste pouvait constamment suivre les indications de la girouette et se préparer ensuite aux sautes et coups de vents. L’épreuve la plus remarquable a été celle du pilote Klemperer, montant l’appareil présenté par l’Association Aérotechnique d’Aix-la-Chapelle. C’était un monoplan type Junkers, sans haubans. Il a permis à son pilote d’exécuter un vol à voile d’une durée de 75 secondes dans un vent ascendant de i5 à 18 m., en parcourant une distance de 220 m., et avec hauteur effective de chute de 47 m. Dès le départ, Klemperer a réussi à s’élever de 10 m. au-dessus de son point de départ et à rpster immobile dans l’air pendant 10 secondes. Ce vol lui a valu le premier prix d’économie avec le coefficient 31 calculé par la formule indiquée plus haut. Le même pilote a réussi également le vol de la plus grande distance en parcourant i83o m. en 142 secondes avec hauteur de chute de 33o m.
- Les départs se faisaient généralement en traînant l’appareil à bras d’homme, soit en le faisant rouler sur ses roues, soit -en faisant glisser ses patins sur un chemin de planches savonnées. Pour les appareils sans train d’atterrissage, le pilote supportait lui-même son appareil en courant.
- Un accident grave s’est produit au cours des épreuves, entraînant la mort du pilote Lœssl, technicien réputé ; après avoir réussi un premier vol intéressant avec son appareil, un triplan muni des leviers ordinaires d’un avion, son gouvernail de profondeur se brisa à i5o m. au-dessus du sol, d’où chute mortelle. Aucun autre accident de personne ne se produisit.
- Les appareils présentés au prochain concours d’août 1921 devront justifier au préalable d’un vol d’au moins 3oo m. de long ou 3o secondes de durée.
- L’âge de la terre. — M. H.-N. Russel, professeur d’Astronomie à l’Université de Princeton, essaye d’établir, dans une note des Proceedings oftke Royal Society une limite supérieure de l’âge de la Terre. Il s’appuie sur des considérations relatives aux éléments radioactifs contenus dans notre globe, et il en conclut que là Terre ne peut pas exister depuis plus de 3 X io10 années, c’est-à-dire 3oooo millions d’années. Divers faits permettent, du reste, d’affirmer que l’âge réel de la Terre est. certainement moindre et M. Russel arrive finalement à l’estimation moyenne et approximative de 4X iû9 années, soit 4000 millions d’années. Par des considérations toutes différentes et d’ordre exclusivement astronomique, M. Jeffreys arrive à peu près au même résultat : 3ooo millions d’années.
- Un carburateur nouveau pour huiles légères. __________
- La recherche de l’utilisation de combustibles autres que l’essence dans le moteur à explosion conduit fatalement à l’emploi de carburateurs spéciaux.
- Un appareil nouveau dû à M. de Mauny permet l’alimentation du moteur avec les huiles de goudron, l’alcool ou un mélange des deux. Le principe consiste à alimenter par un doseur automatique à charge constante des pulvérisateurs sans aucun réchauffage du liquide au préalable.
- Le pulvérisateur agit par léchage; la dépression dans le cylindre à l’aspiration provoque l’arrivée d’air, qui lèche un cylindre à surfaces ondulées en entraînant violemment l’huile qui se pulvérise par chocs et entre dans le cylindre.
- L’admission d’air doit agir avec un certain relard, ce qui est obtenu par la modification des cames d’admission.
- L’inflammation du mélange se fait par une bougie ordinaire de moteur et la mise en marche est instantanée à l’alcool, au pétrole lampantrou aux huiles de goudron.
- Les premiers essais ont démontré l’excellence du principe qui est réalisé sans complication avec des organes simples, puisqu’on ne fait intervenir ni une pompe, ni un appareil de réchauffage quelconque.
- L’encrassement des cylindres est nul, même avec les huiles de goudron et les fumées inappréciables à l'échappement montrent que la combustion se fait dans de bonnes conditions.
- Cet appareil pouvant fonctionner à basse compression peut être appliqué sans difficulté sur la plupart des moteurs contruits pour marcher à l’essence.
- Il offre sur les systèmes Diesel et semi-Diesel l’avantage appréciable d’être beaucoup moins compliqué, moins encombrant, sans dangers, et d’un entretien nul, tout en permettant d’utiliser les combustibles inférieurs, dans des conditions de rendement presque aussi économiques, sur les moteurs à grande vitesse tout aussi bien que sur ceux à régime lent, sans qu’il soit nécessaire de faire l’achat d’un moteur spécial, à haute compression, d’un poids inévitablement considérable, d’un transport difficile, et d’un prix forcément élevé.
- Ces procédés tout nouveaux marquent une étape sérieuse dans la substitution des huiles brutes et de l’alcool à l’emploi de l’essence de pétrole, et leur application pratique offre trop d’intérêt pour ne pas se généraliser rapidement.
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- Textiles pulvérisés. — Voici deux mots qui ne semblent guère faits pour être accolés.
- Ils semblent être issus de la plume d’un fantaisiste et ne répondre à aucune réalité tangible. Semble-t-il possible qu’on arrive à pulvériser des matières aussi élastiques que la laine et le coton ?
- Et cependant,, rien de plus vrai, rien de plus actuel que cette industrie encore dans ses.débuts, mais qui semble appelée à un certain avenir.
- Actuellement, on pulvérise finement cotons et laines, pour les buts les plus divers, dont nous allons donner un bref aperçu :
- i° On se sert d’abord des cotons finement pulvérisés, comme matières filtrantes destinées à clarifier certaines solutions difficiles à filtrer telles que les collodions. Une certaine matière, appelée «Limpidex», sert pour ce but. Il en existe également d’autres.
- 2° Les fabricants de disques phonographiques introduisent cette matière dans leurs mélanges de copals, gommes laques et autres matières et charges, voire même de bakélite, en Amérique particulièrement, pour deux buts déterminés (Cf. notre article de La Nature, n° 2389, 10 janvier 1920).
- D’abord, les disques sont moins cassants; mais en outre, l’addition de coton extra-fin a, dit-on, pour effet de supprimer les vibrations secondaires, cause du nasillement. Là-dessus règne un certain mystère.
- 3° Une autre application bien plus importante des textiles pulvérisés est la suivante : on saupoudre certains papiers d'ameublement de ces poudres colorées, en certaines places, grâce à des pochoirs. La poudre de laine ou de coton se colle ainsi en certains endroits où elle produitjun velouté demandé par certains amateurs. C’est ainsi que l’on fait les papiers veloutés de couleur verte ou rouge foncé d’aspect dit « sérieux ».
- 4° Certaines toiles cirées sont ainsi enduites sur leur envers de poudres de textiles colorés.
- On a aussi comme sous-produits du rasage des toiles cirées sur leur envers, des flocons de coton ou de laine très fins, on les appelle des tontisses. Beaucoup d’autres industries textiles produisent aussi des tontisses, susceptibles d’être réduits à la finesse demandée.
- 5° Ces produits servent aussi comme charges dans la confection des matières isolantes moulées, pour en diminuer le prix de revient d’abord, pour les rendre moins cassantes ensuite, et pour les rendre isolantes.
- A notre connaissance, il y a bien cinq-à six industriels s’occupant de ces produits. La pulvérisation de ces matières est très difficile et revient relativement cher. On admet qu’on demande de 2 à 3 francs de façon de pulvérisation, par kilog de coton mis en œuvre, ce qui porte à 5 francs par kilog le prix de la matière œuvrée.
- La protection du fer par calorisation. — On désigne sous le nom de calorisation un procédé de protection des objets en fer, fonte ou acier contre l’oxydation à laquelle ils sont exposés s’ils sont soumis fréquemment à des alternatives de température les portant jusqu’à 8oo°. Tel est le cas des tubes de chaudières ou-de pyromètres.
- L’objet à protéger est placé dans une enceinte close en contact avec de la grenaille d’aluminium en mouvement. En même temps, on élève progressivement sa température. La protection paraît due à la formation, à la périphérie de l'objet, d’un alliage fer-aluminium. De plus, une couche d’alumine vient à l’extérieur fortifier cette protection.
- L’influence de l’effluve électrique sur la germination. — MM. Heim et Audubert ont poursuivi en 1919 et 1920 les expériences entreprises au cours de la guerre pour déterminer l’action de l’électricité sous ses diverses formes sur la vie végétale. Ces expériences sont pratiquées au Laboratoire de Phylotechnie de Boulogne-sur-Seine. Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions rend compte des recherches effectuées par ces savants au sujet de l’action de l’effluve électrique haute tension sur la germination. Lorsqu’une graine sort de sa période de vie latente pour entrer en germination, sa température s’élève jusqu’à une certaine valeur qui peut être parfois supérieure de quelques degrés à la température extérieure. La digestion par la graine de ses réserves entraîne un dégagement de chaleur continue, qui passe par un maximum au moment où la digestion est la plus active, puis diminue et devient nulle
- au moment où la plantule est complètement développée.
- Corrélativement, la graine en germant absorbe de l’oxygène et dégage de l’acide carbonique. Le dégagement de ces gaz durant la germination présente des variations parallèles à la libération d’énergie thermique. MM. Heim et Audubert se sont servis de ces phénomènes comme mesure de l’activité de la germination des graines étudiées. Celles-ci ont été soumises à une effluve haute tension produite par un appareillage radiologique Gaifïe dont le pôle positif du secondaire était réuni à un réseau de fil de cuivre de 1/20" de millimètre de diamètre réalisant une antenne disposée au-dessus d’une table couverte d’une plaque métallique, celle-ci réunie au pôle négatif du secondaire. La surface du réseau est de 36oo cm4 environ. Sa hauteur au-dessus de la table est réglable. Une soupape à pointe placée sur le trajet du secondaire arrête l’onde inverse.
- On a effluvé tout d’abord des graines en vie latente. Celles-ci mises ensuite en germination n’ont révélé aucune modification de leur pouvoir germinatif.
- On a effluvé ensuite pendant un certain temps des graines au début de leur germination, et l’on a mesuré alors la chaleur et l’acide carbonique dégagés par celles-ci. L’effluve électrique influe nettement sur ces dégagements : une effluve faible accroît le dégagement de chaleur, l’effluvation croissant d’intensité, le dégagement de chaleur passe par un maximum pour décroître à mesure que l’intensité d’effluvation croît. Le dégagement d’acide carbonique varie parallèlement. Il arrive un moment du reste où la décharge électrique tue la graine.
- Il y a dans l’effluve deux éléments à considérer, la tension du champ qui la produit et la densité du courant qui passe.
- Il semble résulter des mesures de MM. Heim et Audubert que le champ électrique serait le facteur intervenant d’une manière prédominante dans l’effet d’accélération des effets exothermiques caractérisant la vie germinative. La densité du courant semble avoir au contraire l’influence maxima sur l’effet de ralentissement de la vie germinative.
- Les auteurs ont constaté également que l’effet produit par une effluve d’intensité modérée croît d’abord rapidement avec la durée d’exposition, puis n’augmente plus sensiblement lorsque celle-ci dépasse 2 ou 3 heures.
- Mais la modification que produit la décharge électrique ne persiste pas indéfiniment. Que l’action de l’électricité à haute tension soit nuisible ou favorable, les modifications qui en résultent diminuent avec le temps, assez rapidement d’abord, puis plus lentement, et elles disparaissent totalement au bout de 20 heures environ.
- Au point de vue cultural, les résultats de MM. Heim et Audubert sont peu encourageants pour l’emploi de l’effluve ; on n’enregistre en effet qu’une accélération de germination assez faible et qui ne se maintient pas avec le temps.
- Yoici pour terminer quelques chiffres : un champ électrique de 24 volts par centimètre avec courant de densité 3X IO_n ampères active le dégagement de chaleur de la graine germante. L’optimum d’activation est obtenu pour un champ de 600 volts-cm avec densité de courant de i5 X io~° ampères.
- Concours de photographie. — La Revue française de photographie, en collaboration avec la Société d’excursions des amateurs de photographie et le Stéréo-Club Français a organisé un concours de photographie ouvert à tous les amateurs français. Ouvert le ior juillet dernier, ce concours sera clos le 3o novembre prochain. Il comprend les catégories suivantes : A. Epreuves sur papier ohtenues par les procédés pigmentaires (huile, gomme bichromatée, charbon, etc). B. Epreuves sur papier directes ou agrandies, obtenues par tous autres procédés. C. Diapositives monochromes sur verre stéréoscopiques. D. Diapositives monochromes sur verre pour projection. E. Diapositives en couleurs stéréoscopiques. F. Diapositives en couleurs pour projection.
- Peur chaque catégorie, les récompenses comprennent : une médaille d’or, des plaquettes et médailles d’ai’gent et de bronze, enfin des diplômes. Les noms des lauréats seront gravés sur les médailles et plaquettes. Aucun droit d’inscription n’est réclamé pour ce concours, dont le règlement détaillé est donné par la Revue française de photographie, 35, boulevard Saint-Jacques, à Paris.
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- CONSTRUCTION DE DÉTECTEURS
- DÉTECTEURS ÉLECTROLYTIQUES — DÉTECTEURS A CRISTAUX LAMPES A TROIS ÉLECTRODES
- Bornes des é/ectrodes
- E/eetrode néçef'j càfoocfe
- Bâ/n è/ectro/yùço
- Fig, i. — Détecteur électrolytique.
- Le détecteur est l’organe essentiel de tout récepteur radiotélégraphique ; son emploi est indispensable pour déceler le passage des ondes électro-magnétiques. Cet appareil possède, en effet, le pouvoir de transformer les rapides oscillations induites par les ondes réceptrices
- en courants continus seuls capables d’impressionner des appareils avertisseurs.
- Le nombre des détecteurs imaginés est considérable et le principe sur lequel est basée l’action de chacun d’eux se rattache à desphénomènesphy-siques très différents.
- Il serait cependant sans intérêt, dans une étude uniquement pratique, de passer en revue ces divers instruments ; nous nous bornerons donc à parler des plus répandus et des plus avantageux : détecteurs électrolytiques, détecteurs à cristaux et détecteurs à gaz ionisé ou tubes à vide.
- I. Détecteurs électrolytiques. — Le détecteur électrolytique a puissamment contribué au rapide développement de la télégraphie sans fil en permettant de remplacer l’enregistrement graphique au cohéreur par l’écoute téléphonique infiniment plus efficace pour la réception des messages émis aux grandes distances.
- Le détecteur électrolytique estçmployé en radiotélégraphie depuis 1900. Il est constitué par deux électrodes ou pointes métalliques plongeant dans un récipient contenant une solution conductrice d’eau acidulée. L’une des électrodes est un fil de platine de deux ou trois centièmes de millimètres de diamètre affleurant à l’extrémité d’un tube capillaire dans lequel elle est soudée ; l’autre peut être unjfil de platine, une lame de plomb ou un crayon de charbon de cornue.
- Une pile et un téléphone sont montés en série avec le détecteur, le pôle positif de la source électromotrice étant connecté à l’électrode en fil fin (anode).
- La décomposition de l’eau acidulée par le courant de la pile fait naître sans cesse à l’extrémité de l’électrode positive une bulle d’oxygène qui interrompt momentanément le courant ; mais dès qu’une oscillation dérivée de l’antenne vers l’anode vient crever la bulle, le courant traverse brusquement le liquide et passe par le téléphone qui fait entendre un bruit sec.
- Le détecteur électrolytique fonctionne régulièrement, il est très sensible, mais assez fragile ; les ondes puissantes et les décharges électriques de l’atmosphère (parasites) le mettent parfois hors de service en brûlant le cheveu de platine de l’anode.
- On trouve dans le commerce un grand nonibre de modèles de détecteurs élec-trolytiques; les plus simples sont aussi les meilleurs. Les appareils en vase clos sont tout à fait à rejeter parce qu’à l’usage le dégagement des gaz augmente considérablement la pression à l’intérieur du détecteur au détriment de la Fig. 3. — Bouchon sensibilité.
- de caoutchouc. Construction d'un détecteur électrolytique. — La figure 1 représente un détecteur électrolytique rudimentaire, mais très pratique et de grande sensibilité. Un tel appareil est facilement réalisable et n’atteint qu’un prix de revient très modique.
- Le récipient destiné à contenir la solution électrolytique est un flacon de verre à large goulot d’une capacité de i5 à 20 cm5 environ (fig. 2).
- Le bouchon est en caoutchouc, matière inattaquable par l’eau acidulée; on le choisit de dimensions conve-
- Fig. 2. — Vase pour détecteur électroly tique.
- nables pour qu’il ne pénètre pas trop avant dans le col du vase. Deux petits canaux le traversent et sont utilisés pour le passage à joint étanche des deux électrodes dtï détecteur (fig. 3). Quelque précaution doit être prise pour percer ces canaux sans détériorer le caoutchouc : une petite mèche américaine lubrifiée avec un peu d’huile, une broche à tricoter rougie au feu sont les meilleures perforatrices à employer.
- La figure 4 représente l’électrode positive du détecteur ; cette électrode est un organe délicat dont la construction demande un peu d’habileté.
- La méthode suivante est tout à fait recommandable pour obtenir une anode à fil très fin et partant très sensible. On étrangle en son milieu, en l’étirant légèrement dans la flamme d’une lampe à alcool, un tube de verre de 4 mm de diamètre et de 10 cm de longueur (fig. 5, ir° phase) et dans l’étroit canal ainsi réalisé on glisse un fragment de fil de platine de mètre (20 phase) ; en fondant, cheveu métallique et l’emprisonne étroitement. On laisse un peu refroidir; puis, provoquant sur une faible longueur de l’étranglement une demi-fusion du verre, on éloigne l’une de l’autre les mains quisoutiennentle tube, le brin de platine s’allonge en même temps que sa gaine en s’effilant comme elle et le tube se divise en deux tronçons dont chacun constitue une électrode positive ayant souvent une âme métallique de moins de i/ioo de millimètre de diamètre (3ephase).
- On présente à la flamme la pointe de chaque tronçon, la fusion du verre y détermine une demi-perle à la, surface de laquelle affleure le cheveu de platine ; on arrase enfin celui-ci en frottant légèrement Phases de fabrication
- la perle sur un morceau de pa- 1
- pier émeri très fin (n° 00000).
- Il est bon de recourber en sabot l’extrémité de l’électrode positive (fig. 5, dernière phase). Cette disposition favorise le dégagement des bulles gazeuses isolantes qui pourraient coiffer le fil de platine si le courant de la pile électromotrice dépassait légèrement la tension qui amène la décomposition de l’eau acidulée.
- Un peu de mercure versé dans le tube de verre pour en garnir le fond permet de relier électriquement et commodément le fil capillaire de l’électrode à un conducteur plus gros aboutissant à une borne ordinaire scellée à la cire sur l’orifice du tube (fig. 4)- Après cette dernière opération, l’électrbde positive est prête à être utilisée.
- L’électrode négative se construit exactement suivant le même procédé, mais le fil de platine employé doit avoir 4 à 5/to de millimètre de Fi 6 diamètre et dépasser le tube de garde de 4 à Electrode 5 mm environ (fig. 6). négative
- A la rigueur, et par économie, une simple (cathode) lame de plomb, quelques spires d’alliage fu- à fil sible (plomb pour 4 à 5 ampères) enroulées de platine, autour de l’anode (fig. 7) ; un cylindre de char-bonde cornue provenant d’un élément de pile pour lampe de poche (fig. 8) peuvent constituer une cathode de détecteur électrolytique. Quelques constructeurs se contentent même pour électrode négative d’un vase en plomb contenant le bain d’eau acidulée où plonge l’élêctrode positive,
- 3/ioo de millimétré de diale verre étiré se soude au
- Tu6e de verre
- Tj[
- 1 '
- ____Mû________-û
- fere phase
- Z phase
- J emephase
- Mern/ère phase
- ftnrne
- n/de platine
- Fig. 4- — Electrode positive ou anode.
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- Fig. 8. Electrode
- V
- Anode Cathode/
- Antenne
- 1 Té/epho + 1 Pi/es
- •J
- Il est importaüt de bien isoler entre elles les deux électrodes à leur passage à travers le bouchon, car s’il se produisait à leur partie supérieure et à la surface du bouchon un dépôt de sels grimpants reliant les bornes, le bon fonctionnement du détecteur se trouverait compromis; en conséquence avant de verser l’électrolyte dans le récipient et d’y plonger les électrodes, on badigeonnera le sommet de celles-ci et la surface du bouchon avec un peu de vaseline ou mieux avec quelques gouttes d’huile de ricin.
- Le bain d’eau aeidulée contient à peu près io pour ioo (en volume) d’acide sulfurique pur au soufre.
- L’acide doit être versé goutte à Fig. 7. goutte dans l’eau maintenue en mou-Electrode vement au moyen d’un agitateur en négative négative verre; l’opération se fait lentement en charbon en plomb, et avec précaution. La concentration de cornue.
- du bain en acide n’a pas une influence appréciable sur la sensibilité du détecteur et la solution au i/ionous semble être la plus avantageuse.
- Utilisation du détecteur électrolytique. — La figure 9 représente le montage de principe du détecteur électrolytique. Le détecteur est placé en série avec une pile et un écouteur téléphonique; l’anode est reliée à l’antenne, l’électrode négative à la terre.
- Le courant de la source électromotrice doit nécessairement traverser le détecteur dans le sens anode-cathode ; c’est pour cela que le pôle positif de la pile se trouve du côté de l’électrode à fil fin.
- Le détecteur électrolytique ne fonctionne normalement que si la force électromotrice appliquée aux électrodes' ne dépasse pas celle qui produirait l’électrolyse de l’eau acidulée ; lorsque le courant dépasse cette valeur, des bulles de gaz (oxygène à l’anode, hydrogène à la cathode) prennent sans cesse naissance sur les électrodes et troublent la réception.
- La force électromotrice favorable varie suivant la construction du détecteur, la nature et les dimensions des électrodes, la composition et la concentration de l'électrolyte, la température, etc., etc. ; mais en général la tension optima varie entre 1 v. 5 et 3 volts.
- Le débit étant extrêmement faible, on peut utiliser comme source électromotrice de vieilles piles pour lampes de poche ; en assemblant des éléments plus ou moins usés on parvient économiquement à réaliser un voltage convenable.
- Entre deux réceptions, il est inutile délaisser débiter la source électromotrice à travers le détecteur, quelque minime que soit la consommation ; en conséquence un interrupteur de courant doit être prévu dans un montage avec électrolytique.
- Le dispositif que reproduit la figure 10.est celui qui est communément adopté pour l’a-gepcement des petits - récepteurs horaires : le détecteur, la pile, le téléphone et une bobine d’accord sont montés :
- Montage d’un en série et constituent pig. — Montage récepteur horaire le circuit de réception, d’un électrolytique avec L’antenne et la terre avec
- électrolytique, sont respectivement re- bobine d’accord. , liées à un point différent de la self d’accord dont une portion se trouve ainsi insérée dans le circuit oscillant extérieur.
- Le circuit du, détecteur n’est pas modifiable; il est accordé- une fois pour toutes sur l’émission unique à recevoir, seul le circuit antenne-terre est réglable par (Replacement du curseur G ; ce circuit ne saurait en effet comme le précédent être fixé d’avance, puisque les dimensions de l’antenne, variables suivant les ressources locales, interviennent pour déterminer sa valeur.
- Suf le schéma de la figure us, Je téléphone et la
- / interrupteur
- Terre
- Fig. 9. — Montage élémentaire d’un détecteur électrolytique.
- Condensateur variable
- force électromotrice ne sont plus en série avec le détecteur, mais en dérivation sur lui. Cette nouvelle disposition diminue favorablement l’amortissement qu’apportait dans le circuit de réception la. grande résistance de l’électrolytique, mais elle exige l’emploi d’nn petit condensateur d’arrêt (de 001 de microfarad) pour empêcher la mise en court circuit de la pile par l’enroulement de la self d accord.
- Le curseur C permet d’accorder le circuit de l’antenne, le curseur D celui du circuit du détecteur; l’appareil n’est plus rivé, grâce à ce double réglage, à une seule émission.
- Le diagramme de la figure 12 ne diffère du précédent que par la présence d’un condensateur variable shuntant le détecteur et Fig. 12. —Montage classique destiné à assurer le libre pas- sur Oudin
- sage des oscillations contrarié avec électrolytique. par la résistance du détecteur
- et celle de la pile et du téléphone. La netteté et l’intensité des signaux perçus sont considérablement augmentées par l’appoint de cette capacité.
- Le schéma de la figure i3 est celui du montage classique par induction avec détecteur électrolytique. Un appareil nouveau est utilisé dans ce montage pour régler à sa valeur la plus favorable la tension de la pile ; cet instrument est un potentiomètre.
- Aux bornes d’une source électromotrice de 4 volts, par exemple, on branche une forte résistance AB de 2000 ohms environ de manière à ce que le débit de la pile à travers cette résistance reste très faible. Une chute de potentiel de 4 à o volt s’établit régulièrement le long de la résistance, de sorte qu’avec un curseur C mobile entre A et B on peut appliquer aux électrodes du détecteur une différence de potentiel comprise entre o et 4 volts en s’arrêtant au point qui fournit la meilleure réception.
- Il est facile de construire un potentiomètre (fig. 14) en bobinant à tours jointifs 100 m. de fil de maillechort de
- 15/4 00 de millimètre de diamètre, isolé à la soie sur un rouleau de bois mesurant 18 cm de longueur et 3 cm de diamètre. L’enroulement terminé est gommelaqué, puis dénudé suivant une génératrice pour permettre un bon
- Potentiomètre
- Mm i
- L-®—
- Fig. i3. — Montage classique sur Tesla et potentiomètre.
- Fig. 14.— Potentiomètre à curseur.
- contact électrique du Curseur sur chaque spire. \ ’
- Dix petites bobines garnies de fil de maillechort et commandées par une manette à plots peuvent remplacer le potentiomètre à curseur; chaque petite
- Miné de graphite
- Antenne
- Fig. i5. — Potentiomètre de fortune.
- Fig. 16. — Molatage potentiométrique.
- bobine porte environ 10 m; de fil résistant isolé à la soie ou au coton. Dans ce cas, on peut adopter un diamètre de fil très fin (1/10 de millimètre par exemple) ou augmenter la longueur du conducteur bobiné afin de réaliser une résistance totale de 2000 ohms environ, suffisante pour empêcher une polarisation trop rapide de la pile; avec une résistance faible, il est préférable
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- d’avoir comme source électromotrice des accumulateurs.
- On peut enfin confectionner un potentiomètre de fortune en utilisant la résistance d’une mine de graphite provenant d’un crayon de charpentier (fig. i5).
- Le montage que représente la figure 16 tire aussi parti de la semi-conductibilité d’une mine de crayon pour régler la tension de la pile dans un dispositif simplifié avec détecteur électrolytique.
- Il existe un type de détecteur électrolytique fonctionnant sans source électromotrice auxiliaire ; cet appareil (fig. 17) comprend une anode identique à celle du modèle courant, mais la cathode, toujours à pointe de platine, est noyée dans un amalgame spécial composé de mercure i(4cm3) dans lequel on a jeté quelques fragments de zinc (4 gi\) et d’étain pur (1 gr.).
- L’amalgame est recouvert d’électrolyte (eau acidulée au i/roe); l’électrode positive baigné seulement dans l’électrolyte, l’extrémité active de l’électrode négative plonge seulement dans l'amalgame.
- Ce détecteur se monte exactement comme un détecteur à cristaux, mais il est beaucoup moins sensible.
- Les téléphones à utiliser dans les circuits de réception comprenant un détecteur électrolytique doivent avoir une résistance ohmique en rapport avec la résistance élevée du détecteur. Un bon choix portera donc toujours
- sur des écouteurs ayant une résistance comprise entre 2000 et 10000 ohms.
- A défaut d’écouteurs spéciaux, on peut utiliser des téléphones de réseau dont la résistance s’établit entre i5o et 5oo ohms; mais le rendement de ces appareils est très inférieur à moins qu’ils ne soient branchés aux bornes secondaires d’un petit transformateur téléphonique dont le primaire de haute résistance est intercalé dans le circuit de l’électrolytique (voir les détails de construction de ce transformateur à la fin du chapitre consacré à l’amplificateur à basse fréquence).
- Réglage du détecteur électrolytique. — Le réglage du détecteur électrolytique s’effectue en cherchant la valeur de la résistance variable du potentiomètre qui convient au meilleur fonctionnement de l’appareil, ce que l’on reconnaît à la disparition du crissement que provoque dans le téléphone ledégagement debulles gazeuses sur les électrodes.
- L’intensité du son perçu pour les émissions très puissantes est d’autant plus forte avec un détecteur électrolytique que le fil de platine de l’anode est plus gros (4/100* de millimètre, par exemple); mais, par contre, un tel fil ne permet pas la réception des faibles émissions, la petite quantité d’énergie recueillie par l’antenne étant insuffisante dans ce cas pour crever la pellicule d’oxygène relativement énorme qui coiffe (polarise) l’extrémité de l’électrode positive.
- En essayant un détecteur électrolytique il y a lieu de toujours tenir compte de cette particularité pour se garder de juger la valeur de l’appareil sur la seule réception d’une émission puissante.
- (A suivre.) Franck Duroquier.
- Anode
- Fig. 17. — Détecteur à amalgaine.
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- VARIETES
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- La tenue du fruitier. — Le fruitier est ce local où l’on conserve les fruits pendant l’automne et l’hiver. Tout doit y être*organisé, agencé et combiné, de façon à suspendre le plus possible les phénomènes physiologiques et chimiques qui président à la maturation des poires, pommes, pêches, etc. Il faut, en somme, arriver à reculer à la dernière limite cet état particulier qui exige la consommation immédiate de l’aliment ayant conservé ses qualités natives. Enfin, et c’est là un corollaire obligé, les germes d’altération ne doivent pas pouvoir proliférer dans un pareil milieu; la plus grande propreté et l’emploi de fruits sains s’imposent donc ici.
- Quelques détails sommaires sur la maturation des produits qui nous occupent ne seront peut-être pas inutiles en l’occurrence.
- Tandis qu’ils sont verts, les fruits absorbent le gaz carbonique de l’air et rejettent de l’oxygène. Arrivés à une certaine période de leur développement, leur couleur pâlit, leurs tissus se ramollissent; du sucre s’est formé aux dépens des acides et de l’amidon. Puis le fruit n’absorbe plus le gaz carbonique : il prend de l’oxygène et rejette, au contraire, ce dernier gaz. Il se produit dans ses tissus des phénomènes d’oxydation, qui entraînent la disparition des acides, ceux-ci favorisant la conservation et, en dernier lieu, du sucre. La pectine, en isolant les cellules, les met à l’abri de l’oxygène.
- Des fermentations intracellulaires entrent en jeu; la fermentation alcoolique, en détruisant le sucre,' donne, aussi, du gaz carbonique, rejeté.
- La pulpe se ramollit de plus en plus, et les nèfles, poires, pommes, par exemple, peuvent arriver à cet état particulier que l’on appelle blettissement, qui ne doit pas être confondu avec la pourriture, engendrée par des microorganismes divers, dont l’intervention est favorisée par le ramollissement de la chair.
- Ainsi donc, dans une première période, le fruit agit sur les gaz de l’atmosphère, à la façon des feuilles. Il se forme du tanin et autres acides, du sucre, de la pectine, des gommes. Quand le maximum de sucre est atteint, on dit que le fruit est mûr.
- Dans une deuxième phase, ce dernier n’agit plus sur le gaz carbonique, comme lorsqu’il était vert : il absorbe de l’oxygène et donne du gaz carbonique.
- Les principes immédiats sont successivement brûlés ; le sucre est détruit en dernier lieu, lien résulte, parfois, le blettissement.
- En principe, donc, pour retarder la maturité complète, à laquelle succède la phase d’altération, par conséquent, pour conserver les fruits, il faut modérer l’activité des phénomènes qui caractérisent la première période dont nous avons parlé, et, en outre, éviter l’action de l’oxygène qui, dans la deuxième phase, détruit les principes utiles. Or, la lumière est l’agent indispensable à l’activité physiologique des tissus verts (fonction chlorophyllienne, absorption du gaz carbonique). D’autre part, les basses températures ont une action retardatrice sur les phénomènes chimiques et sur la vie des êtres microbiens. Mais il faut éviter dans la chambre de conservation les variations de calorique, qui amènent la précipitation de rosée sur les fruits, humidité qui favorise les moisissures.
- Yoilà des considérations qui doivent guider dans la construction et l’aménagement d’un fruitier, ainsi que dans les soins à donner aux produits qu’il recèle. Nous devons ajouter, cependant, que sur ce sujet les avis sont partagés.
- Ainsi, certains prétendent qu’il faut laisser entrer librement, dans le local, lumière diffuse et air, même humide (dans l’air sec les fruits peuvent se rider), invoquant que les pommes et les poires, par exemple, laissées au pied des arbres, couvertes de quelques feuilles, se conservent plus longtemps qu’au fruitier.
- Toute pièce exposée au nord peut convenir pour ce dernier. Si l’on ne regarde pas à la dépense, on s'inspirera de la construction des glacières et des chambres frigorifiques. Le local, en effet, doit être isolé, d’abord pour maintenir la température désirée, et éviter que les fruits ne gèlent. Si le terrain est humide, on doit le drainer; on établira les murs avec double paroi, ou hien ils seront très épais. On les fait, quelquefois, avec un mortier de terre et de paille. On remplace, encore, le mur intérieur par des planches ou des briques creuses, ou, plus simplement, on tapisse, en dedans, le mur unique avec des briques en liège.
- Les ouvertures seront situées au nord, avec double porte ou volet, et, si possible, croisées, rideaux (lumière), grillage (insectes). H y a avantage à n’aérer qu’avec des conduits, ou cheminées, aboutissant à la partie inférieure des murs, que l’on ouvre ou ferme à volonté.
- Installer un double plancher, ou établir le parquet à o m. 80 au-dessous du sol, s’il est sain, ou, danB le cas contraire, à un niveau supérieur, avec plancher. Plafonner
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- et couvrir avec du chaume, ou garnir le grenier de mousse, etc. Le plâtre retient l’humidité.
- Le long des murs, mais ne les touchant pas, installer des étagères de 5o à 60 cm de largeur, formées de lattes de bois dur, espacées de 2 cm. Ces étagères seront distantes, dans le sens vertical, de 3o à 4° cm (l'inférieure, à 5o cm du sol). Les border avec des liteaux faisant saillie de 3 cm. On peut établir semblable dispositif au milieu de la salle.
- Ces tablettes, ou claies, sont soutenues par des bâtons, des tringles, fixés dans le mur, des montants pourvus de traverses, etc. Les plus inférieures seront inclinées en arrière. Celles à la hauteur des yeux, horizontales. Les plus élevées pencheront en avant. On peut mieux, ainsi, examiner les fruits.
- Elles seront garnies de paille, de mousse, de frisure dé papier ou de bois, ou couvertes de feuilles de papier,
- le tout étant bien sec et sain. Mais on n’accuse pas moins ces matières de favoriser la propagation des germes de pourriture, si elles ne sont pas fréquemment renouvelées.
- Les soins de propreté sont indispensables dans un pareil milieu. Avant d’y emmagasiner les fruits, on balaie et brosse les plauches, puis brûle les détritus si on ne l’a déjà fait une fois le fruitier vidé. Des germes, d’altération, des insectes peuvent rester dans les poussières. Après avoir largement aéré, blanchir les murs à la chaux, additionnée de sulfate de cuivre. On peut aussi pulvériser, même sur les étagères, une solution de 5 gr. de ce sel par litre d’eau, ou d’un demi-kilogramme de lysol, et autant de sulfate de cuivre dans 100 litres d’eau. Il ne faut pas oublier, toutefois, dans le choix du désinfectant, que les fruits absorbent les mauvaises odeurs. On s’y prendra donc à l’avance.
- On peut brûler, également, 40 gr. de soufre par mètre cube d’air (au préalable, faire bouillir de l’eau si l’on ne badigeonne pas les murs), et tenir tout fermé pendant deux à trois jours. Avoir soin de placer les récipients à soufre en un point assez élevé, le gaz sulfureux étant plus lourd que l’air. Une large aération séchera ensuite murs et étagères.
- Autant que possible, on doit récolter les fruits entre 10 heures et 4 heures et par temps sombre; puis les laisser se ressuyer une dizaine de jours sur de la paille, dans un local sec et aéré. II ne faut porter au fruitier que les plus beaux (inutile de dépenser des soins pour une marchandise de peu de valeur), ceux qui sont parfaitement sains, non meurtris, manipulés avec précaution. Les essuyer avec un morceau de flanelle, avant de les placer sur . les étagères. Il est utile de séparer les variétés, à cause de l’époque de maturation. Ce classement rend, en outre, la surveillance plus facile.
- Espacer les fruits le plus possible, en les plaçant sur le côté le moins mûr, le moins coloré, les poires le pédoncule en haut. Cette position permet, par simple pression de l’ongle sur la partie qui entoure ce dernier, de reconnaître quelles soüt celles qui doivent être consommées.
- Les fruits à noyaux auront au contraire le pédoncule en bas.
- Il est entendu que l’on n établit qu’un lit de fruits (surveillance, tissus altérés par la pression). On a dit, cependant, que les pommes se conservent bien sur la paille, à la condition de ne pas dépasser deux ou trois lits superposés, de façon que l’air puisse circuler facilement dans la masse.
- On conseille encore d’envelopper les fruits, tout au moins ceux de luxe, dans du papier de soie, ou dans de la paille de bois inodore, surtout les poires et les pommes.
- La température du local doit rester entre -(- 5° et + 8°. Quand on craint le froid excessif, on calfeutre les ouvertures, place des paillassons, etc. Il peut être même nécessaire de chauffer la salle. A cet effet, dans les
- grandes installations, on dispose de bouches de chaleur. Un simple réchaud, qui fonctionne toute.s les deux heures, est suffisant pour un petit local. Toutefois, on doit retenir que la chaleur est plus à craindre que le froid. Il est utile de mettre un thermomètre à maxima et minima dans le fruitier, même un thermomètre avertisseur.
- Le psychromètre, ou l’hygromètre devront se tenir aux environs de 65°. On aère et chasse l’excès d’humidité, quand la température extérieure et le temps sont convenables.
- Les fruits, dit-on, doivent rester dans le gaz carbonique, mais il est plus lourd que l’air, et, d’autre part, on doit les soustraire à l’action directe des rayons solaires. Ainsi que nous l’avons déjà dit, pour certains praticiens, l’aération fréquente , le jour, comme la nuit, même par temps de pluie, ne serait pas nuisible ; il faut éviter, seulement, la gelée. De même, l’anhydride carbonique ne serait pas indispensable, au moins pour les pommes et les poires qui réclament de l’oxygène.
- Dans des expériences conduites aux Etats-Unis, avec des cerises, des pêches, des pommes, des raisins, on a conclu à l’importance d’une ventilation complète des fruitiers. Dans d’autres recherches, des poires Barlett, à maturation à peine commencée, maintenues à une température variant entre 290 et 38°, et à un degré d’humidité de 85 à q5 pour 100, conservèrent une consistance dure, et leur couleur verte, pendant trente jours, sans mûrir et sans se détériorer. Un autre lot, tenu dans un fruitier ordinaire, était bon pour la consommation après une semaine. L’expérimentateur croit qu’une humidité élevée constitue le facteur qui détermine le retard de la maturation des poires, dans les conditions exposées.
- Quoi qu’il en soit, la chaux en pierre, placée en différents' endroits du fruitier, et renouvelée quand elle est réduite en poudre, absorbe la vapeur d’eau, mais, aussi, le gaz carbonique. Le chlorure de calcium est préférable : sur une petite table, au centre de la pièce, on place une feuille de plomb, dont les bords sont relevés de quelques centimètres; cette sorte de plat est un peu incliné, pour que le produit liquéfié se déverse par un bec approprié dans un vase en poterie. La dissolution chauffée, perd son eau, et l’on peut utiliser à nouveau, la partie solide, qui reste après dessiccation.
- Les fruits doivent être inspectés une ou deux fois par semaine, pour enlever ceux qui s’altèrent. On en profile pour aérer le local, s’il y a lieu, après avoir consulté l’hygromètre.
- Les pommes et les poires péuvent être attaquées par diverses maladies, h’éclatement est dû à des causes mal connues. On suppose qu’il est, au début, provoqué par la tavelure, qui entraîne, ensuite, des craquelures, des fendillements, intéressant profondément la chair. Ce défaut est fréquent dans les années humides. Sans douté, les remèdes employés contre la tavelure (pulvérisation au sulfate de cuivre), les fruits étant encore sur l’arbre^ produiraient de bons effets au point de vue de l’éclatement.
- Le liège atteint surtout les pommes Calville blanc. On voit se former de petites taches spongieuses, qui ressemblent à des morceaux de liège, et constituées par des cellules mortifiées. D’après Mangin, ces pommes, une fois au fruitier, peuvent être piquées par des acariens. L’acide formique produit de petites taches grises, puis noirâtres, déprimées; la chair se ramollit à cet emplacement, devient spongieuse) jaune clair et amère.
- Le gras se reconnaît aux taches molles, huileuses, qui se forment sur la peau. On ne connaît pas de remède. Toutefois, d’une façon générale, pour combattre les maladies au fruitier, on a conseillé d’y produire de la fumée de bois, d’y laisser dégager des vapeurs d’alcool, de sulfure de carbone, de formol; d’y faire brûler du soufre. Mais il y a lieu de surveiller le goût des fruits.
- D’après M. F. Sestiui, de l’Université de Pise, 1 cm5 de sulfure de carbone dans 10 litres d’air a tué nombre d’insectes. Les qualités des produits, parfum, saveur, couleur, etc., n’étaient pas altérées; les fruits gagneraient même à ce traitement.
- En tout cas, se rappeler que les vapeurs d’alcool, ët surtout celles du sulfure de carbone sont très inflammables. Antonin Rolet,
- Ingénieur-agronome,
- Ecole pratique d’Antibes (A.-M.).
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- HYGIENE ET SANTÉ
- osé
- Recensement de la population française. — Le
- Journal Officiel vient de publier les premiers résultats provisoires du recensement du 6 mars dernier. Ils concernent le dénombrement de la population dans chaque département et sa répartition entre Français et étrangers. Il y manque les nombres relatifs à l’Algérie, à l’Alsace et à la Lorraine, et ceux des militaires et marins qui étaient hors de France (armées du Rhin, Haute-Silésie, Constantinople, Orient, etc.), à la date du. 6 mars.
- Nous les publions ci-dessous en comparaison avec ceux du recensement de 1911.
- Départements Population en 1921 Etrangers Population en 1911 Dillérence
- Ain 515.757 8.359 342.482 26.725
- Aisne 421.515 19.230 530.226 108.711
- Allier 570.950 1.575 406.291 35.341
- Alpes (Basses^-). 91.882 4.812 107.251 15.349
- Alpes (Hautes-). 89.275 2.423 105.083 15.808
- Alpes-Maritimes. 557.759 100.717 356.338 + 1.421
- Ardèche .... 294.508 1.050 331.801 37.493
- Ardennes.. . . 277.791 25.802 318.896 41.105
- Ariège 172.851 4.542 198.725 25 874
- Aube 227.745 3.170 240.755 13.010
- Aude 286.532 26.471 300.537 14.005
- Aveyron. . . . 332.940 5.177 369.448 36.508
- Bouc.-du-Rhône. 841.996 147.057 805.552 + 56.464
- Calvados. . . . 584.501 6.962 396.318 11.817
- Cantal 199.401 477 225.561 23.960
- Charente. . . . 316.249 1.572 346.424 30.175
- Charente-Infér. 418.510 2.162 450.871 32.561
- Cher 304.800 1.007 337.810 35.010
- Corrèze .... 273.808 324 309.646 35.838
- Corse 281.959 6.378 288.820 6.861
- Côte-d’Or . . . 321.088 4.118 550.044 28.956
- Côtes-du-Nord. . 557.824 733 605.523 * 47.699
- Creuse 228.344 444 266.188 37.844
- Dordogne . . . 596.702 1.747 437.432 40.730
- Doubs 284.975 13.997 299.935 14.960
- Drôme. .... 263.509 2.483 290.894 27.385
- Eure 303.092 8.389 525.651 • 20.559
- Eure-et-Loir . . 251.259 * 4.833 272.255 20.996
- Finistère. . . . 762.514 466 809.771 47.257
- Gard 396.169 14.149 415.458 — 17 289
- Garonne (Haute-) 424.482 10.977 432.126 7.644
- Gers 194.406 4.742 221.994 27.588
- Gironde .... 819.404 25.547 829.095 9.691
- Hérault .... 488.215 52.211 480.484 + 7.731
- Ille-et-Vilaine . 558.574 1.774 608.098 + 49.524
- Indre ...... 260.555 733 287.673 27.138
- Indre-et-Loire . 327.745 2.540 541.205 13.462
- Isère 525 522 22.353 555.911 30 389
- Jura 229.062 5.784 252.715 23.651
- Landes. . . . . 263.937 2.525 288.902 24.965
- Loir-et-Cher. . 251.528 1.639 271.231 19.703
- Loire 637.150 18.961 640.549 3.419
- Loire (Haute-) . 268.895 528 303.838 — 34.945
- Loire-Inférieure. 649.723 3.745 669.920 — 20.197
- Loiret 537.224 2.486 364.061 26.857
- Lot 176.889 750 205.769 28.880
- Lot-et-Garonne. 239.972 5.238 268.085 28.111
- Lozère. .... 108.822 9 122.738 15.916
- Maine-et-Loire . 474.786 2.182 508.149 35.363
- Manche .... 425.512 2.055 476.119 50.607
- Marne 366.734 11.073 436.310 69.576
- Marne (Haute-). 198.865 3.680 214.765 15.900
- Mayenne. . . . 262.447 544 297.732 — 35.285
- Meurtlie-et-Mos. 503.810 43.921 , 564.750 60.920
- Meuse 207.309 10.622 277.955 — 70.646
- Départements Population en 1921 Etrangers Population en 1911 Différence
- Morbihan . . . 546.047 424 578.400 — 52.553
- Nièvre 270.148 2.753 299.312 — 29.164
- Nord 1.788.518 171.746 1 .961,780 — 175.262
- Oise 587.760 17 655 411.028 — 25.268
- Orne 274.814 2.042 507.455 — 32.619
- Pas-de-Calais. . 989.967 58.372 1 .068.155 — 18.188
- Puy-de-Dôme. . 490.560 3.026 525.916 = 55.356
- Pyrénées (Basses- ). 402.981 22.102 433.318 — 30,537
- Pyrénées (Hautes -). 185.760 5.514 206.105 — 20.345
- Pyrénées-Orient. 217.503 34.435 212.986 + 4.517
- Rhin (Haut-) Ter-rit. ae Belfort. 94.338 4.748 101.386 — 7.048
- Rhône 956.566 58.609 915.581 —j— 40.985
- Saône (Haute-). 228.348 3.320 257.606 — 29.258
- Saône-et-Loire . 554.816 4.589 604.446 — 49.630
- Sarthe 389.235 1.712 419.370 — 30.135
- Savoie 225.034 13.046 247.890 — 22.856
- Savoie (Haute-). 235.668 12.146 255 137 — 19.469
- Seine 4.411.446 253.849 4 .154.042 + 257.404
- Seine-Inférieure 880.671 17.878 877.383 + 3.288
- Seine-et-Marne . 349.257 9.981 365.561 — 14.304
- Seine-et-Oise. . 921.673 34.150 817.617 + 104.056
- Sèvres (Deux-). 310.060 639 337.627 — 27.567
- Somme .... 452.624 12.422 520.161 — 67.537
- Tarn 295.588 4.736 324.090 — 28.502
- Tarn-et-Garonne. 159.559 1.435 182.537 — 22.978
- Var 322.945 52.495 350.755 — 7.810
- Vaucluse. . . . 219.602 8.757 238.656 — 19.054
- Vendée .... 597.292 696 438.520 — 41.298
- Vienne 306.248 817 352.276 — 26.028
- Vienne (Haute-). 550.225 713 384.736 — 54.501
- Vosges .... 383.684 5.837 453.914 — 50.230
- .Yonner . . . 273.118 6.650 303.889 — 30.771
- Totaux. . 37.499.394 1.415.128 39 601.509 -2.102.115
- Ces résultats ne manquent pas d’être très inquiétants. La population de la France a diminué en ces dix dernières années de plus de 2 millions d’habitants, bien que le nombre des étrangers résidant dans notre pays ait augmenté de 255 293. Même en tenant compte des morts de la guerre, on voit que notre natalité n’arrive pas à compenser la mortalité. Notre pays est donc en train de se dépeupler, la race française diminue, et si cette situation continue et s’aggrave, nous sommes menacés des pires éventualités : immigration croissante,, passage d’une partie des richesses agricoles, industrielles et commerciales aux mains des étrangers, sans compter les dangers militaires croissant à mesure que nous deviendrons moins nombreux.
- Le tableau précédent montre une diminution du nombre des habitants dans tous les départements, sauf la Seine, Seine-et-Oise, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, c’est-à-dire les grands centres. Naturellement, les départements occupés par l’ennemi pendant la guerre et soumis aux destructions sont les plus atteints. Mais les régions jusqu'ici les plus prolifiques, comme la Bretagne et le Massif Central, commencent aussi à se dépeupler.
- La situation est donc partout lamentable.
- Je laisse aux lecteurs le soin d’étudier plus en détail ce tableau et de méditer sur les problèmes actuels si complexes de la crise du logement, 'de la main-d’œuvre et du chômage, et de bien d’autres que les chiffres rapportés ici éclairent d’un jour nouveau.
- Ajoutons que notre dépopulation conduit à supprimer 96 sièges de députés aüx prochaines élections. R. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment tenir quelque chose au frais. — On a
- toujours besoin en été de tenir un plat au frais : des fruits, du beurre, des entremets ou quelque mets soigné qu’il est intéressant de goûter et de conserver très frais. On peut pour cela utiliser les propriétés bien connues des alcarazas qui sont des récipients en poterie poreuse. L’évaporation de l’eau qui se fait à la surface du récipient suffit pour rafraîchir d’une façon remarquable le contenu de l’alcarazas.
- Dans le cas qui nous occupe, nous emploierons des ustensiles plus simples encore. Supposons qu’il s’agisse
- de refroidir un pain de beurre et de le garder au frais. Nous prendrons un plat très creux que nous remplirons d’eau et nous placerons au milieu le récipient qui contient le beurre ; généralement c’est un ravier rond ou un petit plat qui tiendra parfaitement dans le premier.
- On cherchera ensuite dans le jardin un pot à fleurs en terre non vernissée et on le choisira d’un diamètre suffisant pour qu’il puisse coiffer le petit plat qui contient le beurre à conserver, mais qu’il puisse entrer dans le grand plat.
- Naturellement on prend la précaution de bien nettoyer
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- le pot à fleurs. L’eau est absorbée par la terre poreuse du pot et elle s’évapore rapidement à la surface ; ceci a pour effet de provoquer un abaissement de température et de refroidir, au bout d’un certain temps, ce qui se trouve placé à l’intérieur. Il faut avoir soin de renouveler l’eau au fur et à mesure que l’évaporation a fait baisser par trop le niveau dans le plat.
- Comment rentrer avec un pneu dégonflé au moyen d’un patin à roulettes. — Il peut arriver que, pour une course de peu d’importance, le cycliste néglige d’emporter la trousse de réparations et qu’il ait un accident à une enveloppe, ce qui l’oblige à rentrer à pied. Ceci est très ennuyeux quand on est pressé et qu’on se trouve loin de tout atelier de réparation. Voici le moyen qui a été utilisé par un jeune homme qui revenait d’un skating et qui portait sur sa machine son sac à patins.
- Ayant crevé le pneu arrière, il le plaça au lieu et place du pneu avant et réciproquement. Puis au moyen d’un patin, il fit à l’enveloppe un chemin de roulement. Le patin fut assujetti sous la roue avant et celle-ci fut immobilisée par des liens dans la fourche d'une façon rigide et sans jeu. La direction agissait ainsi par l’intermédiaire de la roue sur la semelle du patin.
- De cette façon le cycliste put rentrer, à faible allure il est vrai, mais quand même plus rapidement qu’à pied, sans craindre de détériorer complètement et le pneumatique et la jante de la roue.
- Amortisseurs de vibration pour reproductions
- photographiques et pour galvanomètres. — Lorsque, dans un atelier, il est nécessaire de photographier des plans ou de reproduire des agrandissements avec une lanterne de projection, on est obligé d’avoir des temps d’exposition souvent assez longs.
- Généralement une usine importante possède un laboratoire de photographie, avec tout l’agencement désiré. Malgré tout, les machines et les transmissions mécaniques des ateliers sont parfois susceptibles de produire des vibrations gênantes pour des temps de pose prolongés.
- On se trouvera bien alors de lutilisation d’une plateforme suspendue par quatre tirants au plafond du laboratoire. Sur cette plate-forme, on fixera l’appareil photographique ou la lanterne de projection et à l’autre extrémité, l’écran ou le plateau qui doivent recevoir le papier sensible ou le dessin à photographier.
- Pour’ empêcher que le plateau ne soit influencé par les vibrations du plafond du laboratoire, les tirants sont accrochés par l’intermédiaire de rubans ou de cordes en caoutchouc, qui amortissent suffisamment les vibrations.
- Le même procédé est appliqué pour la suspension des galvanomètres dans les laboratoires de mesures électriques soumis aux vibrations. Parfois au lieu de caoutchouc, on emploie alors des pistons amortisseurs non jointifs, qui se déplacent dans un cylindre rempli d'huile lourde. On place un dispositif de ce genre à chacun des tirants de suspension de la plate-forme qui supporte le galvanomètre..
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseigne- I ments qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- „ Rectification. — Adresses relatives aux appareils décrits, — Camions à manutention mécanique : L’adresse de M. Fouchée est 229, boulevard Pereire, Paris, et non 219, comme nous l’avons imprimé par erreur.
- Réponses. — M. Stouky, à Lausanne. — L’adresse du constructeur qui fabrique les presses Bijoliest: Shirtliff Brothers Limited à Letchworth, Herts en Angleterre.
- M. Jégoux, à Bucarest. — Les librairies Tallandier, Lemerre, Stock, Ollendorff existent toujours. La librairie Juven n’existe plus.
- M. Bernard Camus et, à Brétigny-sur-Orge. — x°Vous trouverez d’excellents objectifs à projections, soit chez Radiguet-Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire. soit chez Hermagis, 26, rue du Louvre, à Paris, a0 Pour assurer la précision de la mise au point des agrandissements, il est nécessaire d’employer le même diaphragme, pendant le réglage de la distance focale et pendant la pose. Cependant, la mise au point reste indécise, si le cliché à reproduire n’est pas très net. Il faut alors remplacer celui-ci par un autre cliché, hors d’usage, et dont on aura préalablement rayé la couche à l’aide d’un canif. On choisira pour cela un négatif très opaque ; à défaut, on prendra une plaque de rebut que l’on noircira à fond dans un révélateur quelconque. Les rayures pratiquées dans cette couche laissant passer beaucoup de lumière, la mise au point se fera très commodément. On substituera ensuite à la plaque rayée le cliché à reproduire. Le défaut de netteté peut aussi provenir dé buée ou de poussière sur les lentilles. Il faut éviter de toucher avec les doigts les surfaces des j verres et les nettoyer fréquemment. Le tissu à employer dans ce but doit être parfaitement propre, exempt de matières grasses et d’aspérités susceptibles de rayer les verres moüs qui entrent dans la fabrication des objectifs modernes. Les peaux, et spécialement la peau de chamois dont certains marchands de lunettes s’obstinent encore à se servir, sont absolument impropres à cet usage ; car non seulement elles n’enlèvent pas la graisse, mais elles tendent plutôt à en ajouter. Un linge
- de toile fraîchement lavé est de beaucoup préférable, par exemple un vieux mouchoir de batiste, sec ou très légèrement imbibé de bon alcool, de benzine pure ou d’essence de térébenthine. On achève de polir avec un peu d’éther.
- M. Panthou, à Rouen. — L’enduit de ciment peut parfaitement ne pas déceler de fissures, mais être poreux de par sa composition. Le mieux est dès lors de le piquer et de passer dessus à froid, par exemple, une émulsion d’asphalte qui est parfaitement imperméable à l’eau et aux agents externes. Un demi-kilog par mètre carré à 2 couches suffit (voir Usines alsaciennes d’émulsions à Strasbourg).
- Enfin il est possible de parer à toute contamination de la citerne proprement dite, en ceinturant les parois maçonnées par un corroi d’argile.
- Quant à l’air souillé, il y aurait lieu de faire brûler dans un récipient placé au fond du soufre, comme vous le dites, en ayant soin de faire cette opération avant celle de l’enduit asphalté. Vous pouvez encore brûler des plantes vertes comme genêt, bruyère, dont les qualités désinfectantes ont été signalées par l’hygiéniste Trillat.
- M. A. N., & Fresnay-le-long (Seine-Inférieure). — Pour prendre les essaims d'abeilles réfugiés dans les plafonds ou les planchers, il faut d’abord ménager un espace vide, en enlevant une petite partie du parquet ou du carrelage, et opérer ensuite de la manière que voici : Prendre une ruche vide, en enduire totalement l’intérieur de miel ou la frotter avec la moitié d’un citron ou de la mélisse ; placer cette ruche de manière que l’entrée couvre l’ouverture ménagée comme il est dit ci-dessus. Jeter dans un enfumoir des charbons bien rouges et des bouses de vache, absolument sèches. Projeter par un orifice laissé libre en haut ou sur le côté, entre la ruche et l’ouverture du plancher, de la fumée, de manière à atteindre le gros de la colonie; augmenter progressivement, mais doucement la dose de fumée. Avec un peu de patience et en opérant adroitement, on parvient aisément à faire prendre à l’essaim la direction de la ruche, à y monter et à s’ÿ installer. Un morceau de gâteau ou un rayon entier plein de miel hâte l’opération. A défaut de charbons ardents, employer un briquet ou des allumettes dans l’enfumoir.
- Cette méthode est en quelque sorte infaillible, quels que soient les lieux de retraite des colonies d’abeilles et les positions des essaims que l’on veut déloger. L’opé-
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- ration doit être pratiquée à chaque endroit où un essaim s’est réfugié; elle permet de déloger les abeilles sans les asphyxier, et de vendre les essaims ainsi capturés.
- Si ceux-ci se trouvent fixés en des endroits et dans des positions rendant impossible l’application de ce mode opératoire, il faut les asphyxier en introduisant, dans les endroits envahis, des vapeurs sulfureuses produites par la combustion du soufre (mèche soufrée), ou essayer de les détruire à l’aide de la chloropicrine. Avoir soin de boucher l’orifice par une planche ; renouveler l’opération si l’asphyxie n’est pas complète.
- M. S., à Stamboul-Constantinople. — i* Pour les couveuses artificielles, marques françaises, voici des* adresses : Etablissements Jersey-Farm-Avicultura, Paris, 8, rue du^Louvre, i°r; Etablissements Ravolet, Paris, 7, rue du Cher, 20^; Comptoir général de l’Elevage, Paris, 106, rue Lafayette, 106; J. Appert, Paris, 8, rue Paturle, 14e; Office d’Aviculture, Paris, 3i, rue des Martyrs, 9°; Goujon, à Langeais (Indre-et-Loire); Pascarel, 20, rue Victor-Hugo, à Tours (Indre-et-Loire);
- Sinet, à Chàtenay (Seine) ; Semet, à Houdan (Seine-et-Oise.
- 20 Ouvrages d’aviculture traitant de l’incubation artificielle -. Conseils pratiques sur l’incubation, l'élevage et Vengraissement par des procédés artificiels, par J. Rodillon, 2 vol; Aviculture, par Charles Voitellier, 1 vol. ; Instructions pratiques sur Vincubation et l'élevage artificiel des volailles, par Roullier, Arnoult, x vol. ; L'incubation artificielle et la basse-cour, par Henri Voitellier, x vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 68) ; L’incubation artificielle'et le matériel d’aviculture, par C. Maréchal, x vol. (Edmond Boquet, éditeur, Bruxelles, xx5, avenue Besme).
- M. A. Mercier, à Evreux. — Votre montage est bon, chaque résistance est montée en dérivation comme le sont les lampes dans un circuit d’éclairage. Mais il ne faut pas compter faire bouillir de l’eau dans un vase avec un courant de 3/xoe d’ampère. Avec 110 volts cela vous donnera au plus 8 calories, vous pouvez en déduire la quantité de l’eau que vous pourriez faire bouillir par résistance.
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- BIBLIOGRAPHIE
- atSL
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Travaux pratiques de l'amateur électricien, par G. Geiger. impartie, brochure 86 p., 32 fig, ; 2e partie, brochure 94 p-> 28 fig. Desforges éditeur. Paris, 1921. Prix : 2 fr. 75 chaque partie.
- La ire partie est consacrée à des notions sur le travail des métaux et du bois ; on y trouve des indications pour construire une pile et divers petits appareils : allumoirs, réchauds. Dans la 20 partie, on trouve des indications très somtnaires sur l’établissement d’un poste de T. S. F. d’amateurs et des données pour construire soi-même des sonneries, tableaux indicateurs, relais, commutateurs, contacts, rhéostats, appareils de mesure.
- Sonneries électriques, par G. Geiger, 2e édition. 1 brochure, g5 p., 52 fig. Desforges, éditeur. Paris, 1921. Prix : 2 fr. qS.
- Description des piles, des sonneries, des appareils accessoires et des divers montages que l’on peut faire avec ces divers organes.
- La Législation nouvelle des chutes d’eau (loi du 16 octobre 19x9. Règlements annexes). Le cahier des charges types, par Paul Boucault, chez Jules Rey, éditeur, 23, Grande-Rue, Grenoble, 1920. Prix : 25 francs.
- La loi du 16 octobre 1919 a complètement bouleversé les principes d’après lesquels les chutes d’eau peuvent se constituer aujourd hui et, d’autre part, elle a modifié les droits des chutes préexistantes ; le nouveau manuel de M. Bougault a été fait dans un double but :
- 1° Faire connaître à ceux qui veulent créer une dérivation les droits qu’ils peuvent revendiquer et les devoirs qui leur incombent. Il fournit ces renseignements dans de nombreux chapitres dont voici quelques titres : concessionnaires et propriétaires (occupations temporaires ou permanentes) ; concessionnaires et îûverains (usagers et non utilisants) ; les servitudes légales ; les taxes et redevances ; contrats passés par le concessionnaire et les collectivités ; stipulations imposées par la loi au cahier des charges ; formalités pour l’obtention et la mise en œuvre de l’acte de concession; considérations fiscales (enregisti’ement) ;
- a° Renseigner ceux qui ont des chutes constituées au sujet de la conservation de leurs di’oits ; redevances
- de statistique ; retour à l’Etat ; chutes ayant une existence légale, etc.
- Tous les textes qui sont susceptibles d’être invoqués, notamment les décrets donnant les formalités à accomplir pour obtenir une chute et rédiger un cahier des charges sont groupés par ordre de date et leur maniement en est facilité par les nombreux renvois qui sont indiqués dans l’ouvrage.
- Guide du tailleur, à l’usage des gens de métier et des cours professionnels, par A. Morin, i vol. in-8, iÔap., 89 figures. Dunod, Paris. Prix : 11 fr. 5o.
- Rédigé spécialement à l’intention des cours d’apprentissage, cet ouvrage, clair, précis, méthodique, et abondamment illustré, aplanira les premières difficultés rencontrées par les apprentis tailleurs et leur donnera les notions indispensables sur la technique de leur profession.
- Opérations fondamentales de la chimie des colorants, par Hans Edouard Fierz, traduit par Camille G. Ver-net, 1 vol. in-8, 327 p., \q fig., 19 pi. Attinger frères. Paris. Prix : 3o francs.
- Le livre du professeur Fierz a obtenu, dans ses éditions étrangères, un succès considérable. Les étudiants, ingénieurs, industriels, etc., trouveront dans cette traduction, un guide indispensable pour la fabrication des corps intermédiaires de la chimie dès colorants d’aniline. L’auteur ayant été de longues années dans les plus anciennes usines du continent, connaît la pratique à fond, son œuvre contient une foule de procédés considérés comme des secrets de fabrication par les fabricants intéressés. Il indique comment on fabrique les corps intermédiaires et leur transformation en colorants. Chaque exemple est accompagné de détails techniques précis. Un chapitre est consacré à la construction des usines pour matières colorantes et à l’établissement du prix de revient des produits.
- L’industrie des matières colorantes, par André Wahl, 2e édition, revue, corrigée et,augmentée. Tome Ier : Les Produits intermédiaires. 1 vol. in-16, 35o p., 24 fig. Encyclopédie scientifique. Doin, Paris, Prix broché : 10 francs; cartonné toile : 12 francs.
- La première édition de cet ouvrage, publiée en 1912, se trouvant épuisée, l’auteur en donne aujourd’hui une seconde, beaucoup plus étendue. L’ouvx'age passe d’un à deux volumes.
- Le premier est consacré aux méthodes générales utilisées par l’industrie organique pour transformer les matières premières retirées de la carbonisation de la houille, en produits intermédiaires de la fabrication des matières colorantes. Ce développement est
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- BIBLIOGRAPHIE
- justifié, d’une part par l’enseignement recueilli au cours de la guerre, qui a montré, notamment, l’importance particulière de ces produits à la fois pour la fabrication des explosifs et pour celle des matières colorantes. D’autre part, l’industrie des colorants qui était devenue le monopole des usines allemandes et suisses a suscité, pendant la guerre, un vif intérêt dans tous les pays alliés et y a pris un développement qui contraste avec le peu d’extension qu’on lui connaissait auparavant.
- De sorte que, si la première édition pouvait être considérée comme une initiation, la nouvelle, au contraire, présente plutôt le caractère d’une œuvre d’enseignement destinée aux étudiants des Universités, des Instituts techniques et des Grandes Ecoles.
- Etudes élémentaires de météorologie pratique, par A. Baldit. i vol. in-8 de ix-34o p., 118 fig. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1921. Prix net : i5 francs.
- La météorologie, science de la description et de la prévision du temps, a pris pendant la guerre une importance et un développement considérables. L’aéronautique, l’aviation, l’artillerie utilisaient à toute heure les renseignements météorologiques ; la prévision approximative du temps n’était pas moins utile dans la préparation de toutes opérations militaires ; aussi les armées organisèrent-elles bientôt un service météorologique, constitué par un réseau serré de stations toutes réunies entre elles et desservi par une véritable armée d’observateurs et de savants. Les services à attendre de la météorologie en temps de paix ne le cèdent pas à ceux rendus en temps de guerre, et il serait profondément regrettable que la précieuse expérience, acquise pendant ces 4 dures années fût aujourd’hui gaspillée. Aussi faut-il accueillir avec une particulière satisfaction l’ouvrage de M. Baldit, ancien chef du Service météorologique d’un groupe données, le premier en France, croyons-nous, qui donne un exposé complet de l’organisation du service météorologique de guerre, c’est-à-dire d’un vaste service d’observations quotidiennes fournissant les éléments d’une prévision à courte échéance en tous points des pays. L’auteur expose comment l’observateur doit équiper et organiser sa station, comment il doit conduire, rédiger et transmettre ses observations. Après cette première partie riche de renseignements pratiques de tous ordres, l’auteur aborde un certain nombre de problèmes usuels de la pression atmosphérique et du vent dont il indique la solution; enfin dans la 3° partie, d’une lecture particulièrement attachante, il traite de la prévision du temps et des règles sur lesquelles pratiquement on s’appuie aujourd'hui. Il en montre l’emploi et éclaire son exposé par de nombreux exemples empruntés à son expérience personnelle.
- Cet ouvrage contribuera certainement au!1 développement et à la diffusion de la météorologie, et par suite rendra un éminent service au pays.
- Les mouvements des végétaux. Du réveil et du sommeil des plantes, par René Dutrochet. i vol. in-16. 121 p. Collection des maîtres de la pensée scientifique. Gau-thier-Villars, Paris. Prix : 3 francs.
- Reproduction de deux importants mémoires de Dutrochet qui, adversaire du vitalisme, trouve dans les lois physiques la cause des mouvements et des fonctions des plantes. L’exposé de ses importantes découvertes est précédé d’une notice biographique due à l’éditeur de cette précieuse collection, M. Solovine.
- Studies on Arthropoda, I, par Dr H. J. Hansen, i vol. in-8, 80 p., 4 pl. Gyldendalske Boghandel, Kopen-hague.
- ’ Suite de trois mémoires sur : i° les Péripaltes, Ricinules et Opilions recueillis par M. Leonardo Foa en Afrique occidentale ; 20 la stridulation chez les Décapodes; 3* la présence post-embrÿonnaire d’un organe dorsal médian chez les Malacostracés.
- Faune de France. 2. Oiseaux, par P. Paris* i vol. in-8, 4?3 p., 490 fig. Office Central de Faunistique. Leche-valier, Paris. Prix : 40 francs.
- Suivant de près le premier volume consacré aux Echinodermes, voici les Oiseaux, traités par Paris, de Dijon, qui a consacré sa vie à leur observation attentive. Le livre débute par une courte introduction rappelant ce qu’il faut savoir de leur anatomie, de leur physiologie, la ponte, les migrations, la distribution géographique, la préparation des peaux pour les collections. Puis vient un tableau de classification par familles accompagné de nombreuses figures de becs et de pattes qui amorce les déterminations. Chaque famille est reprise ensuite séparément et de nouveaux tableaux conduisent jusqu’aux espèces. Celles-ci sont enfin l’objet de diagnoses claires et détaillées qui permettent à tous de déterminer sûrement chacun des oiseaux de France. Plusieurs tables terminent le vo-volume, en rendant l’utilisation facile.
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- Le mouvement scientifique contemporain en France. I. Les Sciences naturelles, par G. Matisse. i vol. in-18, 160 p., 25 fig. Payot, Paris. Prix cartonné : 4fr.
- Ce premier volume d’un ouvrage d’ensemble sur le mouvement scientifique contemporain en France, est consacré aux sciences naturelles. L’auteur a choisi parmi les naturalistes actuels quelques-uns de ceux qui ont fait avancer la science et a analysé leur œuvre, cherchant plus les principes et les idées générales ayant une portée philosophique.
- La forme et le mouvement. Essai de dynamique de la vie, par G. Boiin. i vol. in-16, 175 p., i5 fig. Bibliothèque de Culture générale, Flammarion, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Partant de nombreuses observations récentes, dont beaucoup lui sont personnelles, M. Bohn montre que les facteurs extérieurs ont une influence sur la marche des phénomènes biologiques et leurs changements de sens, telles la translation des animaux, la croissance des plantes, etc. Il aboutit à la conclusion que les êtres vivants sont des systèmes polarisés, tourbillonnants et vibrants. Sous cet aspect nouveau, il examine divers problèmes : dynamique de l’œuf, mécanismes de l’immunité, ferments et hormones, régénération, morphogenèse et symétrie métabolique, croissance et métamorphoses, etc. Il en donne ainsi des interprétations neuves et personnelles.
- Les indices numériques de la civilisation et du progrès, par Ali-redo Niceforo. i vol. in-16, 211 p Bibliothèque de Culture générale. Flammarion, Paris. Prix: 4fr. 5o.
- L’auteur cherche un moyen de mesure de la civilisation et du progrès et pour cela examine les « symptômes numériques d des faits sociaux. Il trouve dans les données statistiques de nombreux indices, mais dont l’interprétation est des plus délicates : variations dans l’espace et le temps de la vie collective estimées par la criminalité, la mortalité, le degré de culture, etc. De ces intéressantes recherches, il conclut que la « métrologie » de la civilisation ne peut s’appliquer à sa valeur morale; on ne peut donc chiffrer que les progrès matériels et intellectuels dans leurs formes les plus simples, sans préjuger du destin des sociétés.
- La radiologie et la guerre, par Mme Pierre Curie. 1 vol. in~i6, 144 p-, 16 pl. Nouvelle Collection scientifique. Alcan, Paris. Prix net : 8 francs.
- Depuis la découverte des rayons X, en 1895, les médecins les ont appliqués avec succès sous forme de radio-diagnostic et de radiothérapie. Les progrès réalisés sont dus, pour une grande part, à la perfection des appareils mis à la disposition des médecins par les constructeurs. Il était donc à prévoir que la radiologie serait d’un secours puissant pojir l’examen des blessés de guerre; les services qu’elle a rendus ont grandement dépassé toutes les prévisions.
- Mme Curie, professeur à la Sorbonne, s’est entièrement consacrée pendant ces années de lutte à l’organisation des services radiologiques dans les hôpitaux et à l’installation des voitures radiologiques. Elle rend compte ici des résultats obtenus et indique ce que doit être l’organisation d’après-guerre en ce qui concerne les rayons X et le radium.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2469 30 Juillet 192!
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- T. S. F. DES AMATEURS
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- CONSTRUCTION DE DÉTECTEURS
- DÉTECTEURS ÉLECTROLYTIQUES — DÉTECTEURS A CRISTAUX LAMPES A TROIS ÉLECTRODES (Suite)
- II. Détecteurs à cristaux. — Les détecteurs à cristaux sont, entre tous les révélateurs d’ondes, les plus répandus parce qu’ils sont les plus simples, les plus économiques et les plus efficaces. Plus sensibles encore que l’électrolytique, ils ont sur lui l’avantage de fonctionner sans pile et de n’exiger aucune dépense d’entretien.
- Les détecteurs à cristaux sont constitués par le contact rectifiant de deux corps de conductibilité différente,
- Co/onnef/e g/iss/ère ar/zca/ee Genou/7/ère
- Fig. 18. — Détecteur à cristaux modèle F. Duroquier.
- matière cristallisée et métal, minerai et composé semiconducteur, parfois aussi par le contact de deux minerais.
- Ces contacts ont la propriété de se laisser traverser dans un sens par les courants positifs et de rester infranchissables aux courants négatifs. Il en résulte pour les courants alternatifs de haute fréquence qui les atteignent une sélection automatique des phases négatives ou positives déterminant un courant pulsatoire direct capable d’agir sur un appareil avertisseur.
- Le seul reproche qu’on peut faire au détecteur à cristaux, c’est de se dérégler parfois sous l’influence des trépidations, encore pare-t-on à cet inconvénient en utilisant une matière détectrice à régions sensibles très étendues.
- Construction d'un détecteur à cristaux. — Les dispositifs mécaniques imaginés pour assurer le réglage et la stabilité des détecteurs à cristaux sont fort nombreux ; les moins compliqués sont les plus efficaces. Ce qu’il faut rechercher avant tout dans ces appareils, c’est la commodité d’utilisation, l’exploration rapide de toute la surface de la matière détectrice, la possibilité d’obtenir sans complication de vis micrométriques et de ressorts, des pressions de contact réglables et stables. Les détecteurs dans lesquels la matière rectifiante n’est pas visible sont toujours défectueux; il importe aussi que cette matière soit aisément accessible.
- Nous nous sommes appliqué à créer un modèle de détecteur à cristaux qui réponde à la fois par sa disposition mécanique et par la valeur de la matière détectrice employée aux exigences qui précèdent; c’est celui que représente la figuré 18 et dont plusieurs milliers d’exemplaires ont consacré l’excellence.
- L’amateur n’éprouvera aucun embarras pour confectionner lui-même un détecteur à cristaux; il trouvera dans le chapitre consacré aux petits récepteurs portatifs de T. S. F. {La Nature, n° 244S) deux ou trois types d’appareils de grande simplicité; nous y ajouterons le modèle que reproduit la figure 19 construit avec deux culots de cartouche et un petit manchon de verve.
- La matière détectrice est enchâssée dans une pastille
- 7g6 e c/e verre Co/Zerp/'ncç Ff&f/ère c/é/ectnce / \ Cu/ot cFTcartouche
- Ôouton tso/ant
- F/Z c/e conta ct\ \F/çe Fendue Ôoc/ev Fig. 19. — Détecteur d’amateur.
- Dou/ZZe
- / Cdpsu/e
- Fig.20. Fond
- de cartouche.
- d’étain coulée dans l’un des culots ; une tige cylindrique fendue portant à une extrémité un fil-ressort de contact et de l’autre un bouton isolant glisse à frottement doux dans la lumière à capsule de l’autre culot. Un tube de verre de quelques centimètres de longueur du même calibre que les culots réunit ces derniers en épousant par ses bouts une collerette de carton formée par une étroite bande de la douille sectionnée seulement à quelques millimètres du bord des culots (üg. 20).
- Deux colliers-pinces en laiton (fig. 21) maintiennent le dispositif sur un socle de bois et relient la pastille détectrice et la pointe de contact à leur borne respective.
- Comme nous le soulignions plus haut, le choix de la matière détectrice est extrêmement important pour la réalisation d’un bon détecteur à contacts solides; l'amateur devra y appliquer tous ses soins.
- Voici une liste des contacts rectifiants les plus sensibles et les plus communément employés, d’après laquelle chacun pourra établir un programme d’essais avant de fixer définitivement ses préférences.
- a) Cristaux naturels :
- Galène et fil de platine, de laiton ou pointe mousse en graphite ;
- Pyrite de fer et pointe d’acier ou de laiton;
- Pyrite de cuivre et fil de cuivre, d’or ou de platine;
- Zincite et fil de laiton ou cristal de bornite ou de chalcopyrite avec pression assez forte.
- b) Cristaux artificiels :
- Sulfure de plomb et fil de platine ou d’or ou de cuivre.
- Sulfure de cuivre et fil de platine ou pointe d’oxyde de zinc fondu, avec pression assez forte.
- Silicium fondu et fil d’or.
- Carborundum et lame de cuivre* ou de platine avec source électromotrice auxiliaire (même montage que l’électrolytique).
- Il n’est pas possible de donner des indications certaines permettant de sélectionner à vue les différents échantillons de minerais ou composés cristallisés donnant les meilleurs résultats en T. S. F.
- Pour les pyrites comme pour les galènes, il y a des variétés de cristaux très différentes d’aspect, également douées de propriétés rectifiantes ; mais, en général, les cristaux brillants et clairs, riches en soufre sont les meilleurs.
- Les galènes argentifères à cristaux menus et blancs, non orientés par couche, sont parfois excellentes. Comme elles sont assez tendres, il faut employer avec elles un fil de contact très léger et très souple ou une pointe mousse de graphite.
- Des traces de quartz dans un bloc de galène peuvent être considérées comme une présomption de sensibilité.
- Quelques échantillons de marcassite claire sont très sensibles, ils offrent l’avantage d’être très durs et peuvent rivaliser en tous points avec les minerais de plomb supérieurs. Ce sont, le plus souvent, des blocs de cristaux volumineux qu’il faut briser en petits fragments et enchâsser; la sensibilité de ces échantillons n’est pas uniquement localisée sur les faces polies des cristaux, les éclats sont parfois plus riches que les arêtes ou les faces naturelles en régions rectifiantes.
- Les meilleurs morceaux de zincite sont ceux qui contiennent dans la masse rouge dominante des traces de chaux et d’oxyde noir.
- La bornite bleue foncée ou irisée est préférable à toute autre.
- En chauffant à l’abri de l’air un morceau de galène dans un bain concentré de vapeurs sulfureuses, on améliore momentanément sa sensibilité; cette opération doit être prolongée plusieurs heures pour être vraiment efficace.
- La fabrication, dans un tube à essai, de sulfure de
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- *er3r>
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- plomb artificiel est très simple; on obtient ainsi des échantillons de cristaux très sensibles, mais friables et se sulfatant rapidement à l'air. L’extrême bon marché de ces cristaux permet de les renouveler fréquemment.
- On prépare deux volumes égaux de minces copeaux de plomb fraîchement rabotés et bien secs (pas de limaille) et de soufre en fleur qu’on mélange intimement et dont on garnit le fond d’un tube à essai.
- En portant le contenu de l’éprouvette dans la flamme d’une lampe à alcool (fig. 22), le mélange s’échauffe et fond, la masse devient subitement incandescente et la combinaison du métalloïde et du plomb s’opère avec un bruissement de poudre qui fuse. Il faut alors retirer promptement le tube de la flamme et le laisser refroidir.
- Après quelques minutes, on brise l’éprouvette de verre au fond de laquelle un dé brun de sulfure reste collé ; on brise aussi ce dé qu’on trouve plein de minuscules cristaux blancs extrêmement brillants doués de propriétés détectrices remarquables.
- Les cristaux détecteurs sont habituellement enchâssés, dans des petites cuvettes de laiton; il est indispensable d’employer pour cette opération, afin d’éviter le grillage des échantillons sélectionnés, un alliage fusible à basse température tel que l’alliage d’Arcet ou celui de Wood dont les formules sont les suivantes :
- Alliage d’Arcet :
- Plomb . . i partie )
- Etain. . . i partie > fond à 91°.
- Bismuth. . 2 parties )
- Alliage de Wood :
- Plomb . . 2 parties \
- Etain a parties ( fond à 6,o.
- Bismuth . 8 parties
- Cadmium. 2 parties /
- A défaut de ces alliages, quelques gouttes de mercure ajoutées à de l’étain fondu abaissent la température de fusion de ce métal; mais ce procédé ne saurait être fréquemment employé,. les vapeurs de mercure étant très dangereuses à respirer.
- Utilisation et réglage des détecteurs à cristaux. — Nous avons indiqué dans le chapitre spécialement consacré aux montages d’appareils de T. S. F. (n° 2387) la plupart des combinaisons auxquelles se prête le détecteur à cristaux, le lecteur voudra bien s’y reporter.
- Le réglage du détecteur à cristaux ne présente aucune difficulté; la recherche d’une région sensible s’opère par tâtonnement au cours d’une réception ou au moyen du radiateur d’essai. Dans ce dernier cas, il est prudent, si l’on veut éviter d’endommager et même de griller la matière détectrice, de ne pas mettre' le radiateur en contact immédiat avec l’appareil récepteur.
- Au voisinage d’une émission puissante, on protège les cristaux en évitant de recevoir sur un accord exact.
- Entre deux réceptions un détecteur, à cristaux doit être mis en court-circuit ou hors circuit ; la même précaution s’impose en cas d’orage ou lorsqu’on transmet à proximité de la table de réception.
- La pointe de contact des détecteurs doit être rafraîchie de temps en temps. Après un long usage la matière détectrice sera lavée très légèrement avec un tampon d’ouate fine imbibée d’éther ou d’alcool à 900.
- La valeur' de pression optima entre deux contacts rectifiants varie non seulement pour des échantillons de même nature, mais parfois pour des émissions différentes dont la réception exige une correction de réglage du détecteur; aucune règle fixe ne peut, en conséquence, être donnée à ce sujet. D une manière générale, cependant, l’extrémité du fil de contact doit appuyer à peine sur les cristaux de galène et de sulfure de plomb. Sur les pyrites, un contact plus intime est nécessaire. Une forte pression est indispensable avec les contacts zincite-bor-nite et sulfure de cuivre-oxyde de zinc fondu.
- (A suivre.) Franck Duroquier.
- Hygiène
- Petit ventilateur électrique de voyage. — Un nouveau modèle de ventilateur électrique vient d’être lancé dans le commerce, il est constitué par un petit moteur qui porte des ailes de ventilateur ordinaire, en aluminium afin d’être plus légères.
- La caractéristique originale de ce moteur, c’est qu’il
- ne comporte pas de socle, il se termine par une douille qui permet de fixer le moteur à la place d’une lampe électrique ordinaire.
- On peut utiliser de cette façon ce ventilateur dans les positions les plus diverses, on peut le fixer à la place
- Fig. 1. — Ventilateur électrique do voyage.
- d’une lampe applique, on peut même le placer sur un support de lampe de bureau, à condition qu’on tienne compte de l’équilibre de l’appareil. Enfin, ce ventilateur peut être utilisé comme ventilateur de plafond, il suffit de le mettre à la place de la lampe suspendue et de régler la hauteur à volonté. Un petit support à rotules peu élevé et particulièrement stable, permet d’orienter un ventilateur dans la direction voulue.
- En vente au Magasin d’Electricité, 171, boulevard Voltaire, et chez Brunswick, 29, rue Richelieu, Paris.
- Glacière « Omnia ». — M. le Dr L. Camus vient de communiquer à l’Académie de Médecine la description d’une nouvelle glacière cylindrique à température constante et à faible consommation qu’il a fait réaliser par l’Omnium frigorifique pour la conservation des pulpes vaccinales au laboratoire del Institut supérieur de Vaccine.
- Le nouvel appareil, spécialement étudié pour les laboratoires, permet d’obtenir de basses températures constantes, moyennant une très faible dépense de glace, par suite des particularités de sa construction. Il a donc sa place tout indiquée dans les services médicaux, pharmaceutiques, industriels, dans les hôpitaux où l’on désire conserver par le froid des substances altérables.
- Les principales améliorations apportées aux modèles habituels ont été : une forme cylindrique, plus rationnelle pour diminuer les échanges de température ; l’emplacement des orifices destinés à introduire la glace et les matières à refroidir qu’on a placés à la partie supérieure ; une paroi isolante beaucoup plus épaisse et doublée sur toute sa face interne par de la glace, qui assure une plus grande régularité de température ; le couvercle du récipient intérieur est, lui aussi, surmonté d’un bac à glace; enfin à la partie inférieure,
- un thermo-siphon évacue l’eau de .
- fusion. Glacière « Omnia ».
- On peut, au début', refroidir rapidement l’enceinte en plaçant dans le bac supérieur un mélange réfrigérant. La nouvelle glacière est construite de deux tailles différentes : la plus grande mesure 73 cm de diamètre, 85 cm de haut et a une capacité utile de 20 litres ; la plus petite mesure 55 cm sur 70 et peut contenir 4 litres.
- Lors des essais à l’Institut supérieur de Vaccine, dans une salle dont la température oscille de +18 à + 22, la température intérieure de la glacière grand modèle est restée régulièrement à o°, à quelques dixièmes de degrés près, pendant plusieurs mois, avec une consommation de 3 kg de glace environ par 24 heures. C’est dire l’économie du nouvel appareil.
- Il est construit par l’Omnium frigorifique, 23, boulevard de Sébastopol, Paris.
- Pfomb et soufre
- Préparation
- Fig. 22.
- de cristaux artificiels au sulfure de plomb.
- «*1 32 Ifr
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- ><
- 3ÈD
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- aSL.
- cs^
- LA VOUTE CÉLESTE EN SEPTEMBRE 1921 (')
- La plupart des lunettes dites « astronomiques » et les longues-vues terrestres montées sur pied possèdent deux mouvements : i° un mouvement autour d’un axe vertical permettant à l’instrument de faire le tour de l’horizon; 20 un mouvement autour d un axe horizontal, permettant de viser depuis l’horizon jusqu’au zénith.
- Le premier mouvement, pour un observateur situé au pôle même, conviendrait pour suivre une étoile aussi longtemps qu’il le voudrait. En effet, dans ce cas, le zénith se confond avec le pôle du ciel et les étoiles décrivent des petits cercles de la sphère toùs centrés autour de ce pôle. Il n’en est pas de même pour les autres lieux du globe. L’axe du monde étant plus ou moins incliné sur l’horizon, les cercles décrits par les étoiles sont obliques et, pour suivre une étoile, il faut donner à la lunette un double mouvement, à la fois autour de son axe vertical et de son axe horizontal.
- On peut cependant transformer assez facilement une lunette ordinaire en lunette équatoriale par l’artifice suivant dont la description a été donnée par M. A. Jar-son, dans le Bulletin pour i8g3 de la Société astronomique de France (p. i65). On fixe à la lunette une pièce de bois B M (fig. 1). On oriente cette pièce dans le méridien, le point M étant au Sud. Si on désigne par G le point où une parallèle A G à l’axe du monde rencontre la pièce BM, l’angle B G A est la latitude du lieu (pour Paris 48° 5o’ 11"). En C on fixe un fil que l’on attache en un point quelconque C' du tube Pour l’usage, il convient de-JÇ desserrer un peu 1 écrou et de placer en P un contre-ùfÇj, poids, qui, en rendant l ar- . rière delà lunette plus lourd, tend le fil G C'. Pratiquement, on dispose en C une pince de serrage ou bien un bouton sur lequel le fil s’enroule. Une fois l'astre amené dans le champ, le pied AB étant vertical, on immobilise le fil en C et il suffit alors, pour suivre cet astre aussi longtemps qu’on le voudra, de donner un seul mouvement à la lunette. On comprend aisément que, par suite de la longueur invariable du fil G G', la lunette décrit un cône autour de l’axe idéal AC, qui est l’axe du monde, et par conséquent elle se
- Le temps'légal à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les pendules quand le centre du Soleil passe au méridien, permet de tracer une méridienne qui sera utile pour orienter la pièce BM de la figure 1. Voici ces heures de passage du Soleil au méridien de Paris. Pour les lieux situés en dehors du méridien de Paris, il faut retrancher la longitude en temps si le lieu est à l’Est de Paris et l’ajouter s’il est à l’Ouest (voir à ce sujet le « Bulletin astronomique » n° 2447, du 26 février 1911).
- Dates.
- Septembre i‘ ~ 5
- — 10
- — i5
- Temps légal.
- ,r 1 ih 5o
- b49’
- h47“
- 4L
- 25’
- 44 s 59‘
- Dates.
- Septembre 20
- — 25
- — 3o
- Temps légal.'
- 1 ih 44” I2“ I lh 42m 27’ ixh4om47‘
- Nous donnons ici la suite de l’éphéméride pour l’orientation des dessins du Soleil :
- Dates.
- Septembre 3
- P. B0 L„
- 3 + 2 1°,69 y 0 ^ 3 824°, 16
- 8 -f- 22°,83 + 7°.25 2580,13
- i3 + 230,83 -(- 70,22 I92°,II
- 18 + 240,68 -}- 7°, 13 126°, 10
- 23 + 25°, 36 + 6°.99 6o°, 10
- 28 + 250,88 + 6°,80 354,12
- Lumière zodiacale. — La-
- lumière zodiacale est visible
- Pig. 1.
- Moyen pratique de transformer une lunette ordinaire en lunette équatoriale.
- le matin, bien avant l’aurore, dans les constellations de l’écliptique.Les observateurs doivent s’attacher à noter ses limites rapportées aux étoiles, son intensité, sa-couleur. Comparer la netteté des bords, souvent différente, surtout le soir.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, en ce mois de septembre, seront les suivantes :
- N. L. le 2, à 3b 33m P. Q. le 9, à 3h 29”
- P. L. le 17, à 7h 20“
- D. Q. le 24, à 2ih i8m Age de la Lune, à midi l le i*r septembre = 28^7; le 2 septembre = oJ,4. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 2 à midi et 0^0417-
- B\I, pièce de bois ou métal placée dans le méridien ; CA, direction par heure écoulée depuis le
- déplace en suivant un petit cercle de la sphère.
- Pour une étoile située entre le pôle et l’horizon nord, il suffira d’attacher le fil non plus en C' près de l’objectif, mais en G" près de l’oculaire et de placer le contrepoids près de l’objectif. Le dispositif ne convient guère, toutefois, pour les étoiles situées entre le zénith et le pôle. Dans l’hémisphère austral, il suffira de changer l’orientation de la pièce de bois BM, le point M étant alors au Nord du pied.
- On reconnaîtra l’avantage de ce système d’attache dans les observations planétaires notamment. Avec une lunette convenablement équilibrée, il suffira, avec un peu d’habitude, de pousser l’oculaire avec le nez pour suivre une planète pendant un très long temps. Les mains étant ainsi libérées, on peut tout à loisir dessiner ce que l’on voit.
- I. Soleil. — Le Soleil traversera l’équateur céleste le 2 3 septembre, à 14 heures. C’est Y équinoxe d'automne. A ce moment, la durée des jours et des nuits est la même, au crépuscule près. De -j- 8° 23’ le ior septembre, la déclinaison du Soleil descend à — 20 4 U le 3o et la durée du jour, de i3h25’n le icr, n’est plus que n1' 43“ le 3o.
- 1. Toutes les heures mentionnées dans ce Bulletin sont exprimées en temps moyeu légal, compté de oh à 24h à partir de minuit. Pendant la durée d'adoption de Vheure d'cic, ajouter 1 heure à tous 1rs temps indiqués ici.
- du pôle ; CC’, fil tendu par le contrepoids P.
- midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en septembre : le 9 = — 180 35' ; le 24—4- iS° 3o'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le-ier septembre, à yh. Parallaxe =61'10". Distance = 358 5oo km. Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le i3 septembre, à 2oh. Parallaxe — 54'2".. Distance — 4°5 82o . km. Périgée de la Lune, le 29 septembre, à i4h. Parallaxe =6o'3o". Distance ±= 362 45o km.
- Occultations d’étoiles par la Lune visibles à Paris. — Le 11 septembre, occultation de p Sagittaire (gr. 4,0), de i9h 1 im à 201' igra.
- Le i5 septembre, occultation de 186 B Verseau (gr. 6,1), de i8h5o™ à igh5am.
- Le 19 septembre, occultation de 0 Poissons (gr. 4,5),. de 22b 3ora à 23* 33m.
- Le 20 septembre, occultation de 3i Bélier (gr. 5,7),. de 22h 57m à oh im du 21.
- Le 22 septembre, occultation de 63 Taureau (gr. 5,7)^ de 22h 5'4m à 23h 42“.
- Le 25 septembre, occultation de 292 B. Orion (gr. 6,5), de oh34m à ih26”.
- Marées, Mascaret. — Septembre est l’époque des fortes marées. Celles-ci seront importantes au début du mois, époque de la Nouvelle Lune :
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-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Marées du matin Marées du soir
- Dates. (Brest.) Coefficient. (Brest). Coefficient.
- Sept. 1 2h 54” om,9i i5~i8“ Im,OI
- — 2 3h 41“ Im,07 i6h 4m i”, 11
- — 3 4h 27” i”,i4 i6h 4g“ i”, i5
- — 4 5h 1 1“ 1m, 14 17*1 33“ i“,ii
- — 5 5h 53m in\o7 i8h i.4“ lm,OI
- — 6 6h 35“ o”,g5 i8h54“ O”, 8 7
- — 2 9 1 t4 o“,8o 1411 11“ om,88
- — 3o 2h 36” om,95 i5h om l“,02
- Voir pour l’utilisation de ce tableau le précédent
- Bulletin.
- Heures du mascaret au moment de la Nouvelle Lune du début du mois (d’après Y Annuaire du Bureau des Longitudes) :
- Dates. Coefficient Quillcheuf. Yillequier. Caudebcc
- — de la marée — .— —
- Septembre 2 l“,07 7»' ,9“ 71'56“ 8h 5“
- — 2 I,n,I I 1911 3gm 20h16” 20h 2 5™
- — 3 1m, 14 8h 0“ 8h 37“ 8h 46“
- — 0 0 1 ”, 15 2011 a 1m 20h58” 21h 7 ”
- — 4 i”, 14 8h 43” 9h 20” gh 29”
- — 4 1 ”, 11 2111 6m 2ih 43” 21 '' 5 2 ™
- — 5 Im,07 ri 11 n r- ra 9 ioh o4ra iohi3“
- III. Planètes. — Le tableau ci- -dessous, établi au
- moyen des données fournies par Y Annuaire astronomique Flammarion pour ign, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes.
- Le signe -f- indique qu’il s’agit de la face boréale de l’anneau.
- Uranus, entre les étoiles 1 et s Verseau, est visible presque toute la nuit. On le trouvera au moyen de la carte figure i publiée au précédent Bulletin. Rappelons que l’on peut suivre Uranus avec une simple jumelle. Dans les instruments puissants, Uranus montre un petit disque bleuâtre, de 3",6 de diamètre. Son éclat est de la 6e grandeur.
- Neptune, encore trop près du Soleil, est inobservable.
- Le
- Le
- Le
- Le
- Le
- Le
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- à 22h, Mercure en conjonct. av.ec la Lune, à 3° 53' N. Jupiter
- 2
- 3, à 7\ 3, à ç^, 6, à 17h,
- 6, à i7h,
- 7, à 4\ Le i3, à i2h, Le 14, à i7h, Le 16, à ih Le 28, à U Le 29, à 8h Le 29, à 1211
- la Lune, à 3° 19' N.
- Saturne — la Lune, à 4° i5' N.
- Mercure — Jupiter, à o° 19' S.
- Mercure — (3 Vierge, à o° 6' N.
- Mercure — Saturne, à i°25'S.
- Vénus — Neptune à o° 5'N.
- Jupiter — Saturne, à i° 2'S.
- Uranus — la Lune, à 4° 27' S.
- Neptune — la Lune, à 4° 56'N.
- Vénus — la Lune, à 4° 49'N4
- Mars — la Lune, à 5° o' N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol ((3 Per-sée) visible en France : Le 14 septembre, à 3’'3om; le 17, à oh 18”; le 19, à 2ih7m.
- Etoiles filantes. — M. Denning indique les radiants suivants comme actifs pendant le mois de septembre :
- Date : Lever Passage Coacber Ascen- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. a St OD Déclinaison. et VISIBILITÉ
- Sl-PTIÀMB. Paris. P»rts. droite. apparent. étoile voisine,
- , 5 5h 1 3“ IIh 4g“25‘ i8h 25” IOh 55” + 6° 55' 3i' 45" 8 Lion
- Soleil. . . ! ï5 5 27 I I 45 59 18 4 I I 31 + 3 8 3i 52,8 Lion »
- 25 5 42 I I 42 27 i7 42 I 2 7 — 0 45 31 57,6 Vierge
- 5 6 16 t 2 34 18 5i I I 39 + 3 15 5,0 p Vierge
- Mercure. . ï5 7 9 I 2 S 2 18 35 I 2 37 — 4 15 5,2 y Vierge > Inobservable.
- 25 7 53 l3 4 18 16 i3 29 —- 10 57 5,6 a Vierge
- Vénus. . . 5 15 25 1 2 2 5o i3 39 9 9 9 25 34 42 l7 16 16 0 54 45 8 9 10 3o 18 6 + + + l8 15 12 41 59 3 1 i4,o *3,4 12,8 0 Cancer Cancer oc Lion 'Le matin, se lève plus de t 3 heures avant le soleil. |
- 5 3 12 10 3o *7 48 9 33 + 15 46 3,6 Lion Ue matin, immédiatement
- Mars . . . j 15 3 8 10 16 17 23 9 58 + i3 41 3,8 a Lion avant l’aurore.
- 25 3 4 10 0 16 57 10 2 2 + I I 3o 3,8 p Lion
- Jupiter . . 15 5 57 I 2 8 18 20 11 53 + I 54 28,6 p Vierge Inobservable.
- Saturne. . 15 5 5 2 12 8 18 24 11 53 + 2 58 14,2 p Vierge Inobservable.
- Uranus . . 15 I7 j 2 22 5o 4 n / 22 36 — 9 4o 3,6 X Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . 16 2 0 9 2 I 16 43 9 10 + 16 27 2,4 3 Cancer Un peu le matin.
- Mercure est inobservable.
- Vénus brille toujours d’un magnifique éclat dans le ciel du matin. Son diamètre diminue en même temps que le disque illuminé augmente :
- Dates. Disque illuminé. Éclat stellaire.
- Septembre 3 0,76 — 3,5
- — ' 8 0,78 — 3,5
- — 18 o,79 — 3,5
- — 18 o,8i — 3,4
- 23 0,82 -3,4
- — 28 0,84 — 3,4
- Mars devient un peu visible le matin. Son petit diamètre ne permet encore aucune observation utile.
- Jupiter est invisible, en conjonction avec le Soleil le 22 septembre à 2211.
- Saturne est également invisible, Il sera en conjonction avec Jupiter, le 14, à 1711, à i0a' N. et avec le Soleil le 21 septembre, à i3h.
- Nous donnons, pour ne pas interrompre la série, les éléments de l’anneau à la date du icr septembre :
- Grand axe extérieur....................... 35",95
- Petit axe extérieur........................... + o",9g
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................... -p i°35'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... + 20 i3'
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- 3 septembre 354° + 38° 14 Andromède.
- 3-14 — 346° + 3o p-y Poissons.
- 6-8 — 62° + 37o e Persée.
- 8-10 — 78° + 23° ç Taureau.
- i3 — 68» + 5° P. IV. 236.
- 15-20 — 10° + 35° p Andromède.
- i5 et 22 — 6° + n° y Pégase.
- 20-21 — 10 3° + 68« 42 Girafe,
- 21-22 — 74° + 44° a Cocher.
- 21 et 25 — 3o° + 36° P Triangle.
- 21 — 31° -F i8« oc Bélier.
- 29 et 3o — 24° + 170 y Bélier.
- V. Constellations. — L’aspect du ciel, le i5 septembre, à 221' 3om, est le suivant (latitude moyenne de la France).
- Au zénith : Aucune étoile brillante. Mais, l’entourant d’un brillant diadème, Céphée, Cassiopée, Andromède, Pégase, le Cygne, le Dragon; au Nord .Ta Grande Ourse, la Petite Ourse (la Polaire), Céphéè (ô, p, x, |), Cassiopée (ï), i) ; à l'Est : Andromède (y, nébuleuse); le Bélier (y), le Taureau (Pléiades) ; au Sud-Est : la Baleine {Mira, y, 37) ; au Sud : Pégase (e, tc, 1, 3), le Verseau (ç, ?, 83 h, 94), le Capricorne (a, p, p, 0); à l’Ouest : le Cygne (P, 61°), la Flèche (Ç), le Dauphin (y), l’Aigle (y, i5 //.), la Lyre (e, S, Ç, rj, oc), Hercule (M. 13, a, y, p, 95, 5) ; au Nord-Ouest : le Bouvier, la Couronne. Em. Toucüet.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- Nécrologie : Carpentier. — M. J. Carpentier, membre de l’Académie des Sciences, est mort le 29 juin des suites d’un accident d’automobile.
- M. Lemoine, président de l’Académie des Sciences, a résumé sa brillante carrière dans les termes suivants :
- « M. Carpentier avait été élu Membre de l’Académie dans la Section des Membres libres le i3 mai 1907, en remplacement du colonel Laussedat. Ingénieur-constructeur de haut mérite, il représentait ici les arts mécaniques et la fabrication des appareils de précision ; il était ainsi comme le successeur de Gambey et de Bréguet qui ont laissé de si grands souvenirs.
- M. Carpentier, né à Paris le 3o août i85i, était entré à l’Ecole Polytechnique en 1871 (*) et en était sorti dans le corps des ingénieurs des manufactures de l’Etat. Il y resta seulement quelques années et, en 1876, entra au service de la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon comme adjoint à l’ingénieur principal du matériel. Il comptait y faire sa carrière et satisfaire ainsi ses goûts très prononcés pour la construction mécanique, lorsque eut lieu la mort de Ruhmkorff. Poussé par le sentiment de sa vocation, il se rendit acquéreur de tout ce que laissait ce constructeur si renommé.
- Cette direction nouvelle se produisait au moment où la science électrique éprouvait une transformation considérable. Confinée dans le laboratoire, elle passait dans l’industrie. Il fallait des dispositifs nouveaux pour mesurer rapidement et exactement les grandeurs électriques. L’Angleterre nous avait devancés dans cette voie, sous l’inspiration de William Thomson (lord Kelvin). M. Carpentier se mit à l’œuvre en modifiant complètement l’organisation des ateliers de Ruhmkorfï. Il y introduisit surtout la division du travail et la standardisation si développée aujourd’hui.
- Bientôt sortit de ces ateliers toute une collection d’instruments de mesures électriques courantes nécessaires à l’industrie : ampèremètres et voltmètres irréprochables, galvanomètres apériodiques de M. d’Ar-sonval, appareils de Marcel Deprez, électrodynamomètres, dispositifs de M. le général Sebert pour les recherches expérimentales de balistique, et plusieurs autres appareils nouveaux. On réalisa pratiquement, avec une grande perfection, la belle invention de M. Baudot, le télégraphe multiple imprimeur.
- Dans tous ces appareils, M. Carpentier mit beaucoup de ses idées propres. En outre, il s’occupa personnellement de la photographie documentaire et de la fixation des improvisations musicales : on lui doit une chambre photographique à main, éminemment portative, la photojumelle à répétition, avec des amplificateurs qui développent et perfectionnent son emploi; les mélographes, avec le mélotrope qui permet de rejouer sur un clavier les morceaux de musique enregistrés par le mélographe. Esprit très actif, s'adonnant aux inventions les plus variées, il s’occupa beaucoup aussi, avecM. Charles Cros, de l’impression photographique appuyée sur l’emploi'de trois couleurs.
- Mais parmi les appareils sortis de ses ateliers, il faut mentionner surtout les périscopes des sous-marins qui permettent à un observateur immergé dans l’eau de voir clairement tout ce qui se passe au dehors, quoique le diamètre extérieur ne dépasse pas go mm; on sait quels services ont rendu ces appareils à la défense nationale.
- Partout, dans ces inventions multiples, on retrouve l’esprit à la fois très ingénieux et très précis qui faisait la haute valeur de M. Carpentier, et s’associait à une forte éducation scientifique. »
- N° 2470 6 Août 1921
- Tous ceux qui connaissÇrrtnïôh œuvre applaudiront la décision de l’Académie. Le général Ferrié fut, en effet, en France, le véritable pionnier de la T. S. F. Dès 1900, alors qu’il n’était que capitaine du génie, il organisait des services de transmission par T. S. F., les premiers’ qui aient fonctionné en France. C’est lui qui créa en igo3 le premier poste de la tour Eiffel. On lui doit d’importants travaux techniques. Ses études et ses efforts d’avant-guerre ont permis à notre armée d’être en mesure, dès le début des hostilités, d’utiliser les précieux services des ondes hertziennes. Elle disposait dès ce moment, grâce à lui, d’un excellent personnel de techniciens et d’un matériel déjà satisfaisant. Mais les services du général Ferrié ne se bornent pas là; il avait compris bien avant la guerre le rôle que jouerait la T. S. F.; dès que les hostilités éclatèrent, il se consacra à la tâche de multiplier les ressources des armées en matériel de T. S. F., et d’en perfectionner de toutes manières la technique. Il groupa autour de lui une pléiade de physiciens, d’ingénieurs, dont il orienta et guida les travaux ; sous sa direction éclairée, d’extraordinaires progrès s’accomplirent ; nos lecteurs en ont eu un aperçu par les anicles publiés ici-même en 1919 et 1920 : télégraphie par le sol, postes mobiles de toute puissance, perfectionnements de grands postes, protection contre les troubles parasites, téléphonie entre sol et avion, mise au point des postes à lampes de toute catégorie, direction des avions, repérage dés postes ennemis, etc., telle est l’énumération très incomplète des résultats dont nous lui sommes redevables. Ce prodigieux travail de guerre trouve aujourd’hui son application toute naturelle dans le développement pacifique des communications, et grâce à lui, la France a pu aisément et immédiatement prendre une place importante daus la nouvelle industrie qui en est issue.
- Aucun pays ne peut revendiquer l’honneur exclusif d’avoir amené la T. S. F. au point de développement merveilleux qu’elle a atteint aujourd’hui au bout de 25 ans à peine. Au physicien allemand Hertz, on doit la connaissance des ondes électriques ; à l’ingénieur italien Marconi les premiers dispositifs d’ensemble qui ont permis leur mise en œuvre. Mais nous ne devons pas oublier que c’est au savant français Branly que Marconi a emprunté le cohéreür, instrument aujourd’hui délaissé il est vrai, mais sans lequel la T. S. F. n’eût sans doute pas pris naissance. Le jeune Radio-Club de France a eu l’heureuse idée d’organiser, il y a quelques jours, une manifestation en l’honneur de M. Branly, destinée à appuyer une souscription ouverte en vue de donner à ce savant les moyens de développer son Laboratoire et de poursuivre ses travaux. Les souscriptions peuvent être adressées au Radio-Club de France, 97, rue de Monceau, Paris.
- Enfin, il serait injuste de ne pas mentionner ici le rôle important joué dans la T. S. F. par un autre savant, M. Blondel, dont les profondes éludes théoriques ont, dès le début, constamment éclairé et guidé les chercheurs et les techniciens ; il a semé généreusement les idées et, pendant la guerre, sa collaboration a rendu les plus précieux services.
- Pour terminer, nous rappellerons les noms des savants qui ont pendant la guerre collaboré si utilement avec le général Ferrié et sur l’œuvre desquels on trouvera tous détails dans les articles publiés ici sous la signature d’Un Radio : MM. Abraham, E. et L. Bloch, Beauvais, Bethe-nod, Armagnat, Jouaust, Latour, Boucherot, Gutton, Dufour, Lévy, de Bellescize, Brenot, Chaulard, Guéri-tot, etc.
- La T. S. F. en France. — L’Académie des Sciences vient de décerner au général Ferrié le prix Osiris de ioo 000 francs, destiné à récompenser «la découverte ou l’œuvre la plus remarquable dans les sciences, les lettres, les arts, l’industrie et généralement tout ce qui touche l’intérêt public ».
- Le général Fërrié, qui appartient à l’arme du génie, est un de nos plus jeunes généraux.
- r. Il était (le la même promotion que le maréchal Foch.
- Record de hauteur en avion. — Si dans la chambre manométrique de l’Institut aérolechnique de Saint-Cyr, l’aviateur Casale a pu supporter une dépression barométrique correspondant à 12000 m. d’altitude, les vols réels n’ont pas encore dépassé 10000 m. de hauteur. Le record du monde est actuellement détenu par l’aviateur américain Schrœder. avec ioog3 mètres.
- L’aviateur Kirsch vient d’atteindre, au Bourget, une altitude plus grande : 10600 m., mais les circonstances ne lui ont pas permis d’atterrir sur le terrain de départ
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- INFORMATIONS ^
- si bien que^sawprouesse ne^pourra lui donner le titre de champion du monde.
- Pilotant un avion Nieuport du type 29, de 3o m2 de surface portante, muni d’un moteur Hispano-Suiza de 3oo chevaux, Kirsch s’éleva rapidement et monta régulièrement jusque vers 10000 m., ralentissant seulement vers la fin, par suite de circonstances atmosphériques défavorables.
- Arrivé à 10600 m., il redescendit, mais la visibilité mauvaise ne lui permit pas de repérer l’aérodrome du Bourget et en outre le bouchage d’un gicleur du carburateur bloqua le moteur, si bien qu’il dut atterrir en vol plané à Champaubert.
- Le premier vol à moteur humain. L’aviette Poulain. — Le 9 juillet 1921, le prix Peugeot a été gagné par Poulain. Ce prix de xoooo francs était réservé au premier homme qui, sans le secours d’aucun moteur, franchirait deux fois de suite, une fois dans un sens, une fois dans l’autre, une distance de 10 m. sans toucher le sol. Poulain remplit largement les conditions imposées, car il franchit la première fois 11 m. 72 ; la seconde fois 12 m. 3o. L’aviette Poulain est composée d’une bicyclette à laquelle est adapté un biplan sans queue d’environ i5 m2 de surface. Les deux plans de la cellule
- sont fortement décalés. Le pilote sur sa selle est placé au centre de la machine un peu au-dessous du centre de gravité. Un dispositif spécial permet au pilote de faire varier l’angle d’incidence : celui-ci est nul lorsque l’aviette roule, elle peut atteindre alors une vitesse de 45 km à l'heure. Pour prendre son vol, le pilote donne un coup de rein qui se transmet à la voilure et donne aux plans porteurs l’incidence nécessaire pour le décollage. Le poids total de l’engin ne dépasse pas 20 kg.
- L’industrie aéronautique aux Etats-Unis. — Le
- recensement des Etats-Unis de 1920 fait ressortir l’existence de 3i établissements consacrés à la fabrication des avions. La valeur totale de la production de ces usines a dépassé en 1919 la somme de 14 millions de dollars. Les appareils construits comprennent 432 avions et a3o hydravions.
- La ligue aéronautique de France. — L’Assemblée générale de la ligue aéronautique de France s’est tenue (pour la première fois depuis le début de la guerre), le 24 juin, au siège de l’Aéro-Club, 35, rue François Ier, sous la présidence du général Bailloud, assisté du lieutenant-colonel P. Renard, de M. René Quinton, etc. Avant l’exposé de la situation matérielle de la ligue, et avant le vote pour le renouvellement du Conseil d’Admi-nistration, le Président a rendu aux victimes de l’aviation militaire l’hommage ému qui leur est dû par la patrie reconnaissante; le pourcentage des pertes de l’aviation pendant les hostilités a été de 4»9 pour 100 de l’effectif; c’est Farine qui fut la plus éprouvée (à l’exception de certains corps d’infanterie décimés à 75 pour 100), Le généi'al Bailloud en proclamant que, pour la France, « l'aviation est le salut », a insisté sur le danger qu’offre pour nous le relèvement aéronautique rapide de l’Allemagne. De 1910 à 1912 nous tenions la tête en aviation; nous la perdîmes rapidement pour la reprendre en 1918, passagèrement; pour la recouvrer une fois de
- plus, tous les moyens sont à mettre en œuvre, à commencer par la propagande. Techniquement, trois grands problèmes sont à résoudre : la forme de l’appareil, le métal, le moteur. La ligue qui avait réalisé, très peu avant la mobilisation, l’union de plusieurs associations concurrentes, a réussi à traverser la période dangereuse pour son existence même; assurément son effectif de 1914 s’est trouvé réduit de près des 2/3 en 1918; mais il a, au début de 1921, regagné presqu’un tiers. Et la ligue se trouve de nouveau en situation satisfaisante pour la reprise de ses objectifs si utiles.
- Rareté des hirondelles. — Le.Dr Walter E. Collinge signale dans Nature la diminution du nombre des hirondelles observées aux Iles Britanniques pendant ces dernières années. Cettè diminution, remarquée en 1918 et 1919, moindre en 1920, est devenue considérable cette année. Les causes en sont mal connues, mais il y a certainement une déplorable mortalité pendant l’émigration le long des côtes, bien que les hirondelles, voyageant de jour, échappent en grande partie à l’attraction des phares et des bateaux-feux, et surtout il semble y avoir concurrence entre les hirondelles et les moineaux. Ceux-ci augmentent de nombre et font leurs nids dans ceux des hirondelles qui les trouvent occupés à leur retour. Mais il y a sans doute aussi d’autres raisons, puisque les arrivées, peu nombreuses, ne furent observées qu’en juin au lieu d’avril et que les départs commencèrent au début d’août, au lieu de septembre.
- L’hirondelle étant un grand chasseur d’insectes, et de ce fait un oiseau très utile, il conviendrait de la protéger, elle et ses œufs, d’une manière toute particulière.
- Recensement en Algérie. —- Les résultats globaux du recensement de mars 1921 viennent d’être publiés au Journal Officiel. Ils se présentent de la façon suivante :
- Département d'Alger
- Européens .................... 3oi.45a
- Indigènes................... 1.461.424
- Total............... 1.762.876
- Département d'Oran
- Européens .................... 342.594
- Indigènes..................... 928.052
- Total. ............1. 270.646
- Département de Constantine
- Européens .................... 163.759
- Indigènes. . . ............. 1.199.455
- Total............... i.363.2i4
- Ensemble : 807805 Européens et 4 389o3i indigènes; soit 5 196 836 habitants.
- En dix ans, la population européenne a donc augmenté de 21,155 unités, soit 2,69 pour 100; la population indigène de 106 195 unités, soit 2,48 pour 100 ; et la population totale de l’Algérie du Nord de 127 314 habitants, soit 2,58 pour 100.
- Recensement en Cochinchine. — Le recensement général de la population de la Cochinchine, effectué en 1901, avait donné un chiffre de 2968629 habitants. Celui de 1921 a donné 3 795 6i3 habitants, 80R827 084 habitants ou 27,8 pour 100 de plus en vingt ans.
- 19° Concours Lépine. — Le 19e Concours Lépine, organisé par l’Association des Petits Fabricants et Inventeurs français, aura lieu cette année du 26 août au 4 octobre à l’Esplanade des Invalides, Paris, 70.
- Cette manifestation, tous les ans plus considérable, fournit aux inventeurs et fabricants l’occasion de faire connaître le produit de leur imagination et, par le certificat de garantie remis à ceux qui en font la demande, protège en France, les inventions sans aucun frais, pendant 12 mois, avant la prise facultative du brevet définitif.
- Fondé par M. Lépine en 1901, le Concours s’adresse à toutes les branches de l’industrie. Il est ouvert aux artisans de toutes les professions : métaux, bois, cuir, papier, céramique, tissus, etc., à l’exclusion des produits d’entretien et d’alimentation.
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- CONSTRUCTION DE DETECTEURS
- DETECTEURS ELECTROLYTIQUES — DETECTEURS A CRISTAUX LAMPES A TROIS ÉLECTRODES (Suite et fin>
- III. Lampes à trois électrodes. — Les lampes à trois électrodes constituent actuellement une des classes de
- Pointe de fermeture
- détecteurs les plus répandues, moins pour leur capacité rectifiante qui ne dépasse guère celle de fions cristaux que pour la possibilité de réaliser avec eux des amplificateurs de courant et des générateurs d’oscillations entretenues.
- Filament La figure 23 représente un modèle / Gn/k courant de lampe à 3 électrodes. Dans / P/agi/e une ampoule de cristal où l’on a fait un vide aussi parfait que possible, un filament de tungstène est tendu suivant l’axe d’une hélice métallique, elle-même entourée d’un cylindre de nickel ou d’aluminium.
- Le filament, l’hélice, le cylindre, sont
- j, ; ^ __Repré- ^es trois électrodes de la lampe, chacune
- seutation conven- aboutit à une broche de connexion fixée tionnelle ries élé- sous le culot de l'ampoule et qui permet ments d’une lampe de les relier convenablement aux diffé-à 3 électrodes. rentes parties d’un circuit d’utilisation.
- Sur les diagrammes des schémas de montage ces organes sont représentés selon les conventions de la figure 24.
- Le fonctionnement d’un tube à vide n’a rien de mystérieux ni même de très compliqué. Pour le comprendre aisément, consi-f/ux de/ectrons dérons d’abord le jeu des deux électrodes extrêmes, le filament et la plaque. Le filament de tungstène est porté au rouge blanc par une batterie d’accumulateurs, la plaque est reliée au pôle positif d’une batterie plus importante donnant de 40 à 80 volts, par exemple. La plaque se charge d’électricité positive, tandis que le filament incandescent émet Fig. ü5. — Diagramme expliquant des particules extrème-le fonctionnement d’une lampe à ment ténues chargées 3 électrodes. d’électricité négative et
- appelées électrons.
- Ces électrons, attirés par la plaque positive (deux électricités de noms contraires s’attirent), viennent la « bombarder », établissant entre le filament et la plaque une chaîne, un véritable pont (fig„ 25) grâce auquel le circuit de la batterie à haute tension se ferme dans l’ampoule. On constate en effet, en plaçant un appareil indicateur sur le circuit de la batterie, que cet appareil est traversé par un courant.
- Utilisons, maintenant, la grille placée entre le filament et la plaque. Chargeons cette grille positivement par rapport au filament en la reliant au pôle positif d’une petite source électrique dont le pôle négatif rejoindra le filament, nous constatons aussitôt, en consultant le milliampèremètre, que la grille positive renforce l’attraction exercée par la plaque sur les électrons émis par le filament. Renversons, au contraire, la polarité de la batterie de grille et nous constatons cette fois que la grille négative repousse les électrons qui, n’atteignant plus la plaque, ne permettent plus au courant de haute tension de se fermer dans l’ampoule, l’appareil indicateur n’est plus impressionné.
- En remplaçant la pile de grille par une bobine accouplée magnétiquement avec une bobine parcourue par les oscillations électriques d’une antenne réceptrice, la grille se trouvera chargée à chaque demi-oscillation d’abord positivement (cas représenté sur la figure a5), puis à la demi-oscillation suivante négativement. Le premier effet établira le courant de la batterie à haute tension, le second effet le supprimera et la lampe se comportera exactement comme un détecteur à cristaux pour ne laisser passer que dans un sens lès courants alternatifs recueillis par l’antenne.
- Construction d'un tube à vide. — Les lampes à trois électrodes s’usent assez vite en service journalier (volatilisation du filament) et celles du commerce coûtent très cher. Pouvoir renouveler presque sans frais la collection de tubes à
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- "P M A H H
- A B c B E
- Fig. 26. — Fabrication d’une ampoule pour tube à vide d’amateur.
- vide d’une table de réception équipée à la moderne est une ressource appréciable pour un amateur même fortuné, aussi essaierons-nous d’initier le lecteur aux secrets de fabrication delà «lampe merveilleuse. »
- La construction d’un tube à vide est une opération évidemment délicate et qui demande beaucoup d’application, elle exige encore plus de patience. Quelques essais malheureux ne
- décourageront point l’amateur, car sa persévérance ne peut manquer de triompher à la fin et le bénéfice des premiers succès le payera largement de ses peines.
- Les moyens de fortune dont nous devons nous contenter pour réaliser nos lampes nous obligent à renoncer à la forme sphérique de l’ampoule telle que la représente la figure 23 pour adopter celle d’un tube cylindrique beaucoup plus commode pour assurer le chauffage des électrodes pendant l’opération du vidage.
- Les petits audions ainsi construits ne sont pas inférieurs aux meilleures lampes du commerce dans les circuits de réception. Par contre, la disposition de la plaque qui s’appuie directement, en eux, sur l’enveloppe de cristal, les rend peu susceptibles d’être utilisés pour la transmission; un bombardement électronique intense, une trop haute tension appliquée à la plaque risqueraient, en effet, d’élever fortement la température de celle-ci et de faire éclater l’ampoule.
- Confection de Vampoule. — Un tube à essai de i5 mm de diamètre et 10 cm de longueur, du modèle utilisé communément pour les analyses chimiques, convient tout à fait comme enveloppe de lampe d’amateur (fig. 26 A).
- Le fond du tube est chauffé dans la flamme d’un bec Bunsen, d’une lampe à souder ou dans celle d’un réchaud à alcool activée au moyen d’un chalumeau à bouche. ;
- Lorsque le verre est suffisamment ramolli, on souffle légèrement dans l’éprouvette pour provoquer au centre du fond une protubérance conique dont le sommet écla-
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- tera de lui-même, sous la poussée de l’air, en un minuscule cratère de 2 mm à peine de diamètre (fig. 26, B). On présente légèrement de biais cette ouverture à la partie chaude de la flamme en tournant le tube lentement sur lui-même; le pourtour du cratère se régularise et se borde d’un petit bourrelet (fig. 26, C). Sans laisser refroidir le fond de l’éprouvette, on chauffe jusqu’à demi-fusion l’extrémité d’un tube de verre ou de cristal de 10 cm de longueur et 4 nam de diamètre dont on applique exactement les bords sur ceux de l’orifice à bourrelet auxquels ils doivent adhérer facilement. On maintient quelques instants sous le dard du chalumeau la région de raccord des deux || |mi
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- Fig. 28. Bague de verre
- Fig. 29.
- âsgae de verre
- -Utilisation du support précédent.
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- Fia. 3o.
- Fig. 27.—Support tubes afin d’assurer par une pour monter les fusion suffisante une soudure fils de connexion parfaite (fig. 26, D). Enfin on de la lampe. étire légèrement l’étroite tubulure pour l’étrangler en un col aminci au voisinage du fond de l’éprouvette (fig. 26, E), étranglement sur lequel on fermera la lampe après l’opération du vidage, et l’enve-Ft/s de cu/vre loppe de cristal est prête à
- recevoir les électrodes.
- Montage des électrodes. — Il faut, tout d’abord, fixer sur une base isolante les connexions qui porteront les électrodes et les maintiendront bien en place.
- Le scellement de fils-supports dans une pastille de verre qui les immobilisera comme dans un étau nous paraît l’artifice le plus pratique pour cet objet.
- Sur une réglette de bois de i5 à 20 cm de longueur, on plante deux pointes de 4 cm à 10 cm d’écartement (fig. 27); entre ces pointes on tend parallèlement, et à 2 mm les uns des autres, 4 fils de cuivre de 5/ 10e de millimètre de diamètre enfilés dans Fils do une bague de verre de 7 mm de déconnexion de la lampe mètre (fig. 28). Cet anneau est placé soudés dans la bague, sur les g]s en leur miüeu (fig. 29) et dans cette position ramolli jusqu’à demi-fusion et aplati entre les mâchoires d’une pince plate préalablement chauffées. Le dispositif réalisé est représenté par la figure 3o.
- •i i i. Il s’agit maintenant de con-
- fectionner et de monter en bonne place sur ce dispositif les 3 électrodes du tube à vide, travail assez long et certainement minutieux.
- La pastille de verre portant les quatre brochettes est fixée, pour commodité, entre j ,g 32. les mâchoires d’un petit étau Attache du fil Fig. 31.—Forme de table garni de deux tam- de tungstène et disposition des pons de cuir protecteurs. sursonsupporl fils de connexion. La mojtié supérieure de inférieur.
- chaque fil qui émerge de la pastille est alors coupée et dressée selon les dimensions et les formes indiquées par le croquis de la figure 3t.
- I e fil n° 1 est destiné à recevoir la plaque; l s fils 2 et 3, dont les extrémités sont écrasées en palettes et reployées sur elles-mêmes, serviront d’attaches au filament; le fil n" 4 portera la grille. Sous l’onglet terminal de la brochette n° 3, on fixe l’extrémité d’un fil de tungstène (fil pour 25 bougies, 110 volts) en l’enroulant deux ou trois Fig 33.-Grille £.,is autour de la palette et en aplatissant de la lampe. i’Qnglet sur les boucles d’attache à l’aide d’une pince d’horloger (fig. 32).
- On prépare ensuite la grille (fig. 33) en enroulant autour d’un crayon de 6 mm de diamètre, en une spirale de 18 mm de hauteur et comprenant u ou 12 pas, une longueur de 16 cm de fil de cuivre de 3/io° terminée par une étroite boudinette destinée à. être embrochée sur la
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- connexion n° 4 pour maintenir la grille verticalement sur son support (fig. 34). Cette boudinette doit être écrasée à la pince sur toute la longueur du fil qu elle emboîte.
- La seconde extrémité du fil de tungstène peut être maintenant fixée à son attache supérieure (fig. 35). On veillera à ce que ce fil soit convenablement tendu, mais sans excès et occupe rigoureusement l’axe de la grille.
- Une petite pince brucelle servira à corriger aisément les faibles écarts d’aplomb qui n’auraient pu être évités au cours du montage des deux premières électrodes.
- Pour confectionner la plaque, on utilise Fig. 34-un mince ruban d’aluminium de 18 mm de Fixation de la largeuret4o mm de longueur qu’on recourbe grille sur son en coquille cylindrique de i3 mm de dia- suppoit. mètre (fig. 36). Ce cylindre n’est pas complètement fermé ; un espace de 4 & 5 mm sépare les bords verticaux du rectangle de métal qui le constitue ; l’un de ses bords est replié en gouttière pour former une douille destinée à emprisonner la broche n° 1.
- La plaque doit occuper la position indiquée sur la figure 37, la broche portant l'extrémité supérieure du filament passant au milieu de l’espace séparant les bords verticaux de la coquille.
- Il importe de vérifier une dernière fois la solidité et l’aplomb des trois électrodes qui doivent être absolument concentriques ; après Fig. 35. quoi, on peut introduire le dispositif dans Attache du fil l’ampoule préparée où il pénétrera à frot- de tungstène tement doux, la plaque glissant sur la paroi sur le support du tube. Les extrémités des broches sont superieui. coupées à 2 cm 1/2 au-dessous de la pastille de verre qui les réunit et sont laissées provisoirement pendantes à l’orifice de l’ampoule.
- Il s’agit maintenant de relier chacun de ces conducteurs, destinés à rester emprisonnés dans la lampe, à une connexion extérieure par l’intermédiaire d’un petit fil de platine. Cette disposition est indispensable pour permettre la fermeture hermétique de l’ampoule par fusion du verre à la partie que traversent
- les connexions des électrodes; le platine ayant même coefficient de dilatation que le verre peut se souder intimement à lui. La jonction de deux fils de cuivre par un raccord de platine (fig. 38) ne présente aucune difficulté.
- On chauffe le pied de chaque broche dans le dard du chalumeau; le métal rougit, s’irise et fond, une goutte de cuivre perle à la pointe du conducteur; on pique alors promptement dans le globule liquide l’extrémité du cheveu de platine tenu dans des brucelles et aussitôt le contact établi on retire les fils de la flamme. Le platine a pénétré dans la perle et y reste solidement enchâssé.
- En opérant de la même façon on soude l’extrémité libre du fil de platine à la connexion de sortie qui doit avoir 3 ou 4 cm montées, de longueur.
- Lorsque les quatre raccords sont terminés, on engage un peu plus le dispositif dans l’ampoule de manière que les fils de platine se trouvent à l’intérieur du tube à 1 cm de l’ouverture et disposés en éventail.
- La partie inférieure du tube est alors chauffée progressivement, dans la flamme de la lampe à alcool ou à essence, Fig. 38—Liaison de deux fils puis SOUS le dard du chalumeau de cuivre par un cheveu (!o jusqu’à demi-fusion. platine.
- Lorsque le verre incandescent devient visqueux et se déforme naturellement, on aplatit l’ouverture du tube entre les mâchoires chaudes d’une pince à long bec. On active ensuite le chauffage autour des fils de platine pour que la pâte vitreuse adhère et se soude parfaitement aux raccords.
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- Fig. 36. — Plaque de la lampe.
- Fig. 37.
- Aspect des 3 électrodes définitivement
- F/de cu/vre F//de phùne
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- On reconnaît à l’absence de toute bulle d’air dans la masse de verre aplatie que la paroi du tube s’est scellée sur elle-même et qu’un ourlet bien homogène obture rigoureusement l’ampoule. La lampe à trois électrodes est prête alors pour l’opération du vidage.
- Le vide à l’intérieur d’un tube audion doit être très poussé; dans les meilleurs spécimens il approche du millième de millimètre de mercure. Un tel vide ne peut être obtenu qu’à l’aide d’une trompe dont un modèle économique très simple est représenté par la figure 3q; c’est ce modèle que nous utilisons pour le vidage de nos lampes ; il fonctionne régulièrement et donne un vide presque parfait.
- Un amateur habile peut construire lui-même cette trompe en s’inspirant du croquis et des mesures que
- To/nteau
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- Tube de chûfe /d/ameire /nter/eur 2
- Chambre herm/na/e
- l’jg, 3c). — Trompe a mercure simplifiée. (Les dimensions sont données en millimètres.)
- nous donnons; mais pour une trentaine de francs il en fera aussi l’acquisition chez un souffleur de verre.
- Avant d’être reliée au tube d’aspiration de la trompe au moyen d’un raccord en caoutchouc épais luté au vernis à la gomme laque à chacun de ses bouts, la lampe à 3 électrodes est placée dans un cylindre métallique de 3 cm de diamètre et 12 cm de longueur à l’intérieur duquel elle est noyée et calée dans de la bourre d’amiante. Seules les connexions des électrodes d’un côté, la tubulure étranglée de l’autre émergent de l’enveloppe.
- La lampe ainsi enrobée étant bien assujettie à la trompe, on verse dans l’entonnoir 40 à 5o cm3 de mercure et on soulève le pointeau qui ferme l’orifice du gicleur.
- Le mercure pénètre dans l’ajutage en crosse, il gicle poussé par son propre poids auquel vient s’ajouter de plus en plus, à mesure que l’opération du vidage se prolonge, la poussée de la pression atmosphérique, et vient briser son jet contre la paroi du corps de trompe pour retomber en gouttes dans l’ajutage effilé qui donne accès au tube de chute.
- Les gouttes de mercure s’allongent alors en pistons métalliques régulièrement espacés, obturant complètement le canal de descente, et entraînent dans les inter-
- stices de leur chapelet des petits volumes d’air de plus en plus pressés.
- A mesure que le vide s’accentue dans la trompe, les gouttes de mercure tombent plus brusquement, les pistons métalliques se pilonnent comme des marteaux, claquent et font vibrer le tube de chute qui risquerait de se briser si l’on n’avait pris la précaution de le retourner en boucle dans la région des chocs les plus violents. Le matelas d air qui se forme dans la partie supérieure de la boucle amortit en partie l’effet des plus fortes secousses.
- On recueille dans un réservoir de verre le mercure qui tombe de la trompe et lorsque l’entonnoir d’alimentation s’est à demi vidé, on y reverse le métal liquide qui a déjà servi.
- Il est d’extrême importance de ne pas laisser s’épuiser la réserve de mercure contenu dans l’entonnoir, car l’air s’engouffrerait dans la trompe après la dernière goutte et l’opération du vidage serait à recommencer.
- Un petit tube de Geisler monté à demeure sur le corps de trompe et communiquant avec lui per met de se rendre compte du degré d’avancement du vide.
- En reliant ses deux électrodes aux rhéophores d’une petite bobine de Ruhmkorî actionnée par un accumulateur de 4 volts, le tube témoin reste passif au début de l’opération du vidage; puis, à mesure que l’air se raréfie dans la trompe, une étincelle d’abord rougeâtre, allongée et grêle, puis plus blanche et plus volumineuse, court d’une électrode à l’autre ; quand le vide s’accentue, l’électrode négative se gaine de lueurs roses, un toupet d’effluves striées surmonte l’électrode positive; les effluves disparaissent ensuite, les parois du tube de-, viennent phosphorescentes dans l’obscurité; enfin, toute lueur s’estompe et disparaît; dans le vide parfait le tube de Geisler a recouvré sa passivité.
- Lorsque l’aigrette striée abandonne l’électrode positive du tube témoin, on fait rougir le filament de la lampe à 3 électrodes en y faisant passer un courant de 1 volts.
- L'appareil à faire le vide commence à ce moment à claquer fortement.
- On chauffe alors progressivement l’en- !>g;4o. Tuhe veloppe métallique entourant l’audion, a Vlde terrnme-en utilisant la flamme de la lampe à souder ou du bec Bunsen, pour élever sa température jusqu’au voisinage de celle de fusion du cristal et on l’y maintient jusqu’à la fin de l'opération du vidage.
- On allume et on éteint à intervalles réguliers le filament de tungstène, non plus en l’alimentant sous 2 volts mais sous 4-
- Les gouttelettes de mercure se pressent dans le tube de chute de la trompe qui vibre de plus en plus sous leur martellement sec et rapide.
- Enfin, le tube de Geisler n’émet plus aucune lueur, le vide atteint le millième de millimètre de mercure. A ce moment on cesse de chauffer l’enveloppe de l’au-dion et on éteint le filament de tungstène.
- Sans interrompre l’alimentation de la trompe en mercure, on fixe le dard du chalumeau à bouche sur la partie étranglée de la tubulure raccordant l’audion au corps de la trompe; le verre fond, l’étroit canal s’aplatit sous la pression de l’air, ses parois adhèrent et se soudent obturant l’ampoule qui se détache de son support.
- Le vidage a duré de 3o à 40 minutes.
- L’audion, encore entouré de son enveloppe brûlante, est déposé dans une cassette métallique remplie de sciure de bois très sèche où on le laisse revenir lentement à la température ambiante.
- Lorsqu’on le retire de la petite étuve norvégienne, le tube à 3 électrodes est prêt à être utilisé. La figure 40 représente l’audion à la dernière phase de sa fabrication.
- Construction d'un support. — L’amateur peut fixer l’audion dans un culot de bois ou de métal sans fond en y noyant la base du tube dans un maRtic au plâtre délayé avec un peu d’eau gommée. Les connexions-des électrodes aboutiront à quatre broches, que le plâtre maintiendra solidement en les isolaui les unes; des autres.
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- Y
- Le dispositif que représente la figure 41 est un support plus simple encore ; l’audion s’y trouve suspendu par deux câbles élastiques entre-croisés retenus par doux montants parallèles. Cet appareil offre l’avantage de soustraire la lampe aux trépidations susceptibles de
- produire des sons Tube è vide de cloches dans les
- écouteurs téléphoniques.
- Lorsque plusieurs tubes sont placés côte à côte sur un même support, il est indispensable, pour éviter des effets de capacité nuisibles, de maintenir entre chacun d’eux un écartement minimum de 4 centimètres.
- Utilisation et réglagev — La lampe à trois électrodes se prête à un nombre presque infini de montages, soit qu’on l’utilise pour détecter des oscillations de haute fréquence, soit qu’on applique son pouvoir amplificateur au renforcement des courants de résonance, soit qu’on tire enfin parti de ses propriétés génératrices pour recevoir, par interférences audibles, les émissions d’ondes entretenues ou pour transmettre des messages télégraphiques et téléphoniques sans fil.
- i° Le diagramme de la figure 42 représente un montage simple d e Résistance de îméqhom tube à vide utilisé Condensâteür~de comme détecteur. [ '°001 Ce montage ne
- 4 " 4 ' convient qu’à la
- réception des ondes amorties, mais il donne d’excellents résultats.
- Les deux enroulements qui figurent sur le dessin sont le primaire et le secondaire d’un transformateur de
- réception ordinaire; le dispositif fonctionnerait également bien avec une bobine à un ou plusieurs curseurs.
- Le condensateur de grille a une capacité de un dix-millième de microfarad ; on le réalise en collant de part et d’autre d’une mince bande de papier paraffiné deux rubans de papier d’étain de 6 mm de largeur se recouvrant sur une longueur de 4 millimètres.
- La résistance de un mégohm shuntant le condensateur précédent est faite d’un trait de crayon au graphite, ayant approximativement 1 demi-centimètre de largeur
- et 3 cm de longueur.
- Le condensateur variable relié aux bornes de la bobine secondaire est à diélectrique air, sa capacité maxima est d’environ 5/io ooo° de microfarad. Le condensateur-shunt du téléphone a même capacité, mais il est du type fixe et peut être fait de deux feuilles de papier d’é^-Fig. 43.—Variante du montage précédent tain mesurant 2 cm de assurant la réception des entretenues et largeur et 3 de lon-des amorties. gueur séparées par
- une pellicule isolante.
- L’écouteur téléphonique a une résistance de a à 3ooo ohms.
- 2° Le montage delà figure 4L à peine plus compliqué que leprëcédent, est tout à fait avantageux pour l’amateur qui ne dispose que d’une très petite antenne. Il permet, en effet, une très bonne réception amplifiée, des ondes entretenues et des ondes amorties. C’est évidemment u.ne des meilleures combinaisons qui existent et
- Utilisation d’un tube en détecteur.
- une des plus économiques. Une bobine de self est intercalée dans l’antenne ; les deux enroulements représentés au-dessous sont ceux d’un transformateur à circuits réactifs autrement dit d’un Tesla dont les deux bobines télescopiques sont enroulées en sens différent.
- 3° La figure 44 représente un dispositif de réception utilisant les oscillations interférentes d’une lampe génératrice pour rendre audible une émission sur ondes entretenues.
- Le générateur d’ondes auxiliaires, qu’on nomme aussi hétérodyne, comprend un circuit oscillant couplé avec le circuit oscillant de l’antenne; mais l’enroulement Pa de l’hétérodyne est bobiné dans un sens opposé à l’enroulement Sa de l’antenne, de sorte que les deux mouvements oscillants s’opposent et se contrarient mutuellement. Il en résulte que si l’antenne est le siège d’oscillations ayant une fréquence de 5oooo par seconde
- Générateur auxr/éarre c. d osc/Z/at/ons
- y P Z ^
- 2.0 à SO vo/ts
- Dispositii hétérodyne.
- et si l’hétérodyne est réglé pour donner des oscillations de fréquence 49 ooo, le résultat de la superposition de ces deux mouvements antagonistes sera un mouvement résiduel de iooo fréquences parfaitement perceptible dans un téléphone.
- Ce dispositif convient particulièrement à la réception des ondes entretenues de grande longueur.
- Un détecteur à cristal peut être utilisé à la place de la lampe à 3 électrodes dans le circuit de réception.
- 4e Le montage représenté sur la figure 45 est connu sous l’appellation de Circuits de Armstrong; il convient à la fois pour la réception des ondes amorties et des ondes entretenues. A l’effet détecteur ordinaire, il superpose un effet amplificateur par réaction très important.
- Ce dispositif est la reproduction du circuit délecteur de la figure 42 avec addition d’un transformateur à enroulements réactifs à couplage variable. F,8 /'5- - Clrcuifô ,<;actlts d« Armstrong.
- Les ondes amorties sont reçues en relâchant le couplage des bobines A et B de façon que B ne réagisse pas sur A. Les ondes entretenues, au contraire, sont reçues par un couplage des enroulements réactifs suffisamment serré pour que des oscillations auxiliaires prennent naissance dans le circuit de A. La note entendue dans le téléphone dépend uniquement du désaccord entre les circuits de A et de B.
- 5° La figure 46 représente un montage autodyne aussi sensible qu’il est simple et convenant à la réception des ondes amorties et des ondes entretenues.
- La bobine de self d’antenne est du modèle courant. La bobine de réaction peut comprendre une longueur de fil égale à celle de la self d’antenne, mais bobinée en sens différent; elle doit pouvoir coulisser sur cette dernière.
- 6° La figure 4v est une légère variante du schéma précédent. Le condensateur variable utilisable en série ou en parallèle dans le circuit d’antenne permet la réception des émissions amorties ou entretenues sur une échelle de longueurs d’onde allant des petits postes à lampes aux stations à arcs travaillant sur ioooo m. et plus.
- Enroulements réact/Zs
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- m
- I
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- La bobine S est un Oudin ordinaire à l’intérieur duquel coulisse une bobine de réaction R comprenant t5o à 200 spires de fil a/io réglable ou non.
- Le sens de 1 enroulement de R est inverse de celui de
- la bobine Oudin; cependant, lorsque la position des curseurs i et 2 est telle que le curseur d’antenne 1 se trouve au-dessus du curseur de grille 2, le sens de l’enroulement de R doit être le même que celui de S. Comme il n’est pas possible de changer le sens d’enroulement de la bobine de réaction une fois celui-ci établi, il y aura lieu, pour certains réglages, d’intervertir les connexions a et b.
- 70 Le diagramme de la figure 48 montre un tube à
- vide utilisé pour amplifier des oscillations à haute fréquence, transmises ensuite par l’intermédiaire d’un petit transformateur sans fer à un circuit de détection comprenant un détecteur à cristaux.
- Ce dispositif amplifie 100 fois environ le courant initial. L’appareil d’accord et de réglage est un transfor m a t e u r Tesla ordinaire.
- Le petit transformateur H. F. est constitué par deux enroulements de même sens et de même fil (fil 12/100 isolé à la soie ou à l’émail).
- Le primaire P comprend i5 couches de fil bobinées sur une largeur de 5 mm sur une carcasse de carton de 5 cm de diamètre.
- Les différentes couches sont séparées les unes des autres au moyen d’une bande de papier paraffiné. Le secondaire S qui doit
- . oooi mfd
- Commutateur à_2 directions \
- ooos m/ht
- .—-Montage en autodyne (grandes et petites longueurs d’onde).
- Le condensateur variable, de très faible capacité, intercalé entre les deux premières grilles, permet de les faire réagir l’une sur l’autre pour produire des oscillations locales interférentes assurant la réception des
- Fig. 49. — Amplification en deux étages en H. F. et détection par lampe (amorties) ou par interférences (entretenues).
- ondes entretenues. Ce dispositif fonctionne très bien sur cadre. Les transformateurs Ti et Ta sont identiques au transformateur H. F. du montage précédent.
- 90 La figure 5o représente un amplificateur en cascade à trois lampes utilisable pour la réception des ondes amorties. Les résistances indiquées sur le schéma par les
- Fig. 5o. — Amplificateur à trois étages pour ondes amorties.
- lettres Ri, R2, R3 et R4 sont du type en graphite; elles sont constituées par un trait de crayon de 2 mm et 1/2 de largeur et 3 cm de longueur (deux mégohms).
- La bobine étouffoir est faite de 10000 tours de fil isolé à la soie ou à l’émail, de 12/100 de millimètre de diamètre, bobinés sur un faisceau de fils de fer mesu-
- ÏÏAéost'at
- JL
- ’ooosmfd
- I—
- 20 à 80 vo/ts
- Transformateur t/ F.
- -L
- 7“
- H®-1
- Fig, 48.—Amplification en haute fréquence par lampe.
- Amp/i/‘°n Haute Frccjt Détection AmpT/f/cat/on Basse Fréquence Fig. 5i. — Amplificateur à 6 lampes.
- s’emboîter sur P est construit de semblable façon, mais comprend de 25 à 3o couches de fil.
- 8° Le schéma de la figure 49 reproduit un montage excellent et très pratique à deux étages d’amplification en haute fréquence et détection par la 3° lampe pour les ondes amorties.
- rant 1 centimètre de diamètre et 8 cm de longueur.
- Les condensateurs Clf C2 et C3 ont une capacité de o,oo5 de microfarad, ils peuvent être du type fixe, mais il est préférable qu’ils soient variables.
- io° Le dispositif dont la figure 51 reproduit le schéma utilise à la fois l’amplification en haute fréquence et
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- l’amplification en basse fréquence. Cette méthode évite les réactions parasites qui résultent de trop nombreux étages d’amplification de même catégorie et qui se traduisent ordinairement par des bourdonnements ou des sifflements dans les écouteurs téléphoniques ; elle permet d’atteindre une amplification énorme dépassant plusieurs'millions de fois la valeur du courant initial.
- Les trois premières lampes de l’appareil amplifient en haute fréquence les courants du circuit oscillant (elles sont en conséquence couplées au moyen de transformateurs BF sans noyau de fer) ; la quatrième lampe équipée en détecteur (condensateur de grille de 0,0001 de mfd shunté par une résistance au graphite de i mé-gohm) rectifie ensuite ces courants que les deux dernières lampes amplifient finalement en basse fréquence (ces deux lampes sont couplées au moyen de transformateurs BF à noyau de fer dont on trouvera les détails de construction au chapitre concernant l’amplificateur BF).
- La même batterie d’accumulateurs chauffe tous les filaments; une seule batterie à haute tension alimente toutes les plaques.
- Le dispositif de la figure 5i ne convient qu'à la réception des ondes amorties ; pour recevoir les ondes entretenues, il faut lui adjoindre un hétérodyne indépendant fonctionnant au voisinage du circuit oscillant. L’amplificateur à 6 lampes convient tout particulièrement à la réception sur cadre.
- ii° Il existe de nombreuses combinaisons de dispositifs d’émission à lampes, celle que reproduit le schéma de la figure 52 est la plus simple. Ce dispositif ne constitue, à vrai dire, qu’un émetteur d’expérience au moyen duquel il ne faut guère espérer dépasser une portée de 3 à 4 km; nous le signalons cependant parce qu’il fonctionne avec le tube d’amateur que nous avons décrit et que chacun peut construire, et parce qu’il n’exige qu’une batterie de plaque de 4o à 6o volts.
- Nécessairement l’antenne radiatrice à utiliser avec ce montage devra avoir une petite capacité sous peine de nôtre pas suffisamment chargée par la faible énergie mise en jeu; une antenne en Y formée par deux brins égaux de i5 m. faisant entre eux un angle de 6o° environ conviendra parfaitement.
- i2° Le schéma de la figure 53 est également celui d’un appareil de démonstration. Cet émetteur de téléphonie sans fil permet néanmoins une portée de conversation de plusieurs kilomètres lorsqu’on emploie deux ou trois lampes en parallèle.
- Fig. 5a. — Appareil d’expérience pour l’émission sur ondes entretenues.
- Le fonctionnement du dispositif s'explique très simplement; lorsqu’on parle devant le microphone, on fait varier le potentiel de grille de la valve électronique, ce qui a pour effet, nous l’avons vu au début de ce chapitre, d’en modifier la résistance intérieure et conséquemment de faire varier le débit du courant de plaque. Il en résulte que les oscillations entretenues par la lampe se trouvent affectées par les modulations de la voix et c’est la déformation rythmique que celle-ci leur imprime et qu elles conservent jusqu’au poste d’arrivée qui reproduit dans les appareils récepteurs les vibrations de la parole.
- Le microphone utilisé est du modèle ordinaire de réseau; le transformateur téléphonique par l’intermédiaire duquel ce microphone agit sur la grille est aussi du type employé sur les lignes, on en trouvera la descrip-
- ôobi ne etou/To/r
- 1—1|—1 *-VV\WV\r— »
- 4 votts
- Transformateur
- Résistance 4à 2 meçobms
- Radiophone d’amateur.
- tion détaillée à la fin du chapitre consacré à l’amplificateur à basse fréquence.
- La bobine étouffoir est différente de celle adootée pour le dispositif amplificateur de la figure 5o; elle doit posséder une grande inductance, mais une faible résistance ohmique, on la constituera donc d’une trentaine de mètres de fil i5/io isolé au coton bobinés sur un gros faisceau de fils de fer doux (noyau mesurant 3 centimètres de diamètre et n à i5 cm de longueur).
- Pour simplifier les diagrammes et en faciliter la lecture, nous n’avons fait figurer sur aucun d’eux le rhéostat de chauffage qui permet d’appliquer au filament le degré de température le plus favorable. Ce rhéostat doit toujours être utilisé, car c’est le plus souvent à une incandescence défectueuse du filament qu’il faut imputer le médiocre rendement d’un dispositif d’émission ou de réception à lampes. On réalise économiquement une résistance de chauffage, avec un fil de maillechort de io/io enroulé en 12 ou 14 spires de 1 centimètre de diamètre utilisable par plots, de 2 spires en 2 spires, dans le circuit des 4 volts, Franck Duroquier.
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- 1*SD
- HYGIENE ET SANTE
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- 33C
- L’Institut Pasteur pendant la guerre. — Le
- Dr Calmette, sous-directeur de l’Institut Pasteur, vient de publier dans la Bevue d’Hygiène et de police sanitaire, un exposé de l’œuvre de l’Institut Pasteur pendant la guerre. Resté prisonnier des Allemands à l’Institut Pasteur de Lille pendant toute la lutte, il a pu ainsi, sans fausse modestie, établir le bilan des travaux formidables et innombrables accomplis à Paris en son absence.
- Dès août 1914, l’Institut Pasteur fournit, sur la demande pressante du Service de Santé, 10 000 trousses de sérodiagnostic livrées en 3 jours et 5ooo ampoules de vaccin antityphique en 48 heures. Puis, devant la menace d’investissement de la capitale, les chevaux producteurs de sérum furent évacués à Toulouse; ils y donnèrent 670000 doses de vaccin contre la fièvre typhoïde qui servirent à immuniser tous les soldats de la classe i5.
- Le service de sérothérapie possédait en juillet 1914 223 chevaux à Garches et une cinquantaine rue d’Alle-
- magne, il produisait alors chaque mois environ 80000 fia cons de divers sérums et avait en réserve 1 x 58 litres de sérum antidiphtérique, et 1434 litres de sérum antitétanique. Tout fut employé en très peu de temps.
- Aussitôt après la Marne, on développa le service de toutes façons : installation de nouvelles machines à fla-conner et à capsuler, travail de jour et de nuit, et surtout augmentation du nombre des chevaux qui finit par atteindre le chiffre de 1462.
- Si l’on songe à tous les soins spéciaux que demande une telle cavalerie pour fournir des sérums actifs et rester en bon état de santé pendant la période d’immunisation, aux précautions de propreté et d’asepsie indispensables, on peut imaginer.le labeur dépensé dans les multiples écuries de l’Institut Pasteur. Le résultat fut la délivrance de plus de 6 millions de doses de sérum, représentant une valeur de près de 10 millions de francs, offertes gratuitement aux armées et à l’Assistance Publique. L’Institut |Pasteur fournit en outre près d’un
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- million de doses à l’Italie, ioooo à la Serbie, 70000 à la Belgique, 40 000 à la Roumanie, et 800 000 à l’armée et à la Croix-Rouge américaine.
- Lors de l’offensive allemande de mars-avril 1918, on put réussir à produire 20000 flacons de sérum antitétanique par jour!
- La toxine tétanique injectée aux chevaux pour préparer le sérum atteignit la quantité formidable de 26679 litres, celle de toxine diphtérique 7342 litres.
- Parmi les sérums ordinairement très peu employés, on prépara 390 000 flacons du sérum antiméningococcique et 518 000 de sérum contre la dysenterie bacillaire.
- Le vaccin mixte T. A. B. (contre la typhoïde et les paratyphoïdes A et B), préparé selon la formule dulpro-fesseur Widal, fournit 860000 doses aux armées françaises, 369000 à l’Italie, 14*000 à la Serbie, 22000 à l’armée américaine.
- Les armées alliées opérant aux colonies reçurent 60 000 flacons de sérum et 18 000 de vaccin antipesteux.
- Enfin, la morve ayant menacé la cavalerie des armées alliées, on décida de pratiquer sur tous les chevaux la réaction de la malléine, 1 200 000 doses de cette substance furent donc préparées.
- Il est difficile d’iôïâginer le nombre de vies humaines sauvées par cette production intensive de sérums et de vaccins ! Ajoutons que tout cet effort, l’Institut Pasteur le réalisa gratuitement, prélevant sur ses propres ressources les dépenses considérables qu’il offrit en contribution à l’œuvre de la défense nationale.
- A cela ne s’arrêta pas son activité.
- Le Dr Legroux qui, avec un sens d’organisation auquel tout le monde a rendu hommage, avait intensifié toutes les préparations dont nous venons de parler, sut créer de toutes pièces les nombreux laboratoires que le Service de Santé envoya aux armées ; il en fixa les modèles, arrêta leur composition, leur fournit les directives techniques, les ravitailla en appareils, en instruments, en milieux de culture, en réactifs et produits de toutes sortes.
- La préparation des milieux bactériologiques nécessita la création, dans des baraquements installés dans les jardins et les corridors de l’Institut, d’une véritable usine où l’on fabriquait chaque jour des hectolitres des bouillons les plus variés, les répartissait en flacons et les expédiait tout préparés aux bactériologistes qui n’avaient plus ainsi à se préoccuper que des ensemencements et des examens microscopiques.
- A la fin de 1915, les colorants manquèrent; les stocks étaient épuisés et la France n’en fabriquait pas. Le Dr Agulhon se mit à l’œuvre et réussit à préparer les couleurs indispensables : fuchsine, bleu de méthylène, azur, violet de gentiane, rouge neutre, etc., ainsi que les sucres purs; glucose, maltose, lactose, etc., nécessaires aux examens bactériologiques.
- Legroux, âme et cheville ouvrière de toutes ces organisations, rédigea aussi des instructions pour la destruction des mouches et la lutte contre les moustiques, équipa les laboratoires mobiles, créa un enseignement spécial à l’usage de l’armée d’Orient sur le typhus, le choléra, la méningite cérébro-spinale, la variole, le paludisme, etc.
- Pendant ce temps, Maurice Nicolle étudiait la préparation de certains sérums et vaccins contre la méningite, la dysenterie, la gonococcie, la fièvre de Malte, la lymphangite et la vaccination contre la pneumonie.
- Veillon, Weinberg et Séguin isolaient les microbes producteurs de la gangrène gazeuse et préparaient les sérums correspondants.
- Delezenne fabriquait les sérums antivenimeux que ne pouvait plus livrer le laboratoire de Calmette, à Lille.
- Charles Nicolle et Blaizot venaient de Tunis mettre au point un sérum nouveau contre le typhus.
- Danyscz s’occupait de la destruction des rats.
- Borrel préconisait la vaccination des troupes noires contre la pneumonie et leur protection contre la tuberculose.
- A. Martin et Pettit découvraient une maladie grave, la spirochétose ictéro-hémorragique, et en trouvaient le sérum guérisseur.
- Le service de la rage traitait 4588 personnes mordues.
- L’hôpital Pasteur recevait 442a civils et 1818 militaires atteints de maladies contagieuses. On y pratiquait 142 344 vaccinations antivarioliques.
- A l’armée d’Orient, Roubaud, Edmond et Etienne Sergent organisaient la lutte contre le paludisme.
- Et ce n’est pas encore tout.
- Gabriel Bertrand poussa à la fabrication intensive du chlore, mit au point un procédé de fabrication de la chloropicrine, un autre de l’ypérite, créa le premier modèle de lunettes protectrices contre les gaz lacrymogènes.
- Borrel fixa les caractéristiques du masque M2.
- Fourneau étudia le chlorure de méthylarsine.
- Fourneau, Bertrand et Trillat s’occupèrent des fumigènes.
- Trillat imagina un procédé pour éviter l’altération de l’aluminium, prépara industriellement le trioxyméthylène, l’urotropine, organisa, avec des équipes de prisonniers de guerre, la fabrication des thermomètres médicaux, des ampoules à rayons X, etc.
- Fembach intensifia la fabrication de l’alcool et de l’acétone.
- Et 26 membres du personnel de l’Institut Pasteur moururent sur les champs de bataille !
- On voit quel admirable effort fut fourni par notre grand établissement de la rue Dutot et quels services il put rendre. Sa gloire s’en trouve encore accrue.
- R. M.
- J&D
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Piège à mouches. — On peut constituer un piège à mouches très simplement avec un pot à fleurs renversé, posé sur des demi-bouchons qui laisseront aux mouches l’espace nécessaire pour pénétrer sous le pot. L’amorce sera constituée par des sucreries mises au centre.
- La mouche, lorsqu’elle s’envole, cherche à s’échapper par le trou qui se trouve au fond du pot et qui est lumineux.
- On dispose alors sur le pot un bocal en verre renversé et au besoin on réduit le diamètre du trou du pot à fleurs.
- Evidemment'', il est toujours possible à la mouche de sortir par où elle est entrée, mais si le trou est suffisamment petit, étant donné de plus qu’il est obscur, la mouche hésitera longtemps avant de prendre le chemin qui lui rendrait la liberté.
- Un rouleau de store économique. — Pour constituer simplement un rouleau de store léger on peut utiliser des baguettes de bois rondes mais on est obligé de protéger les extrémités afin qu’elles ne puissent se détériorer et que les axes tiennent parfaitement.
- On peut se contenter de serrer fortement sur une longueur de 1 cm l’extrémité du bâton avec un fil de laiton. Cette disposition proprement faite n’est pas trop inélégante, mais on peut obtenir beaucoup mieux en utilisant des douilles de cartouches qu’on coupe à la longueur convenable.
- Cette partie de douille vient coiffer le bâton et l’axe du rouleau est constitué de chaque côté par un clou que l’on enfonce au centre de la douille à l’emplacement de l’amorce. Il suffit ensuite de couper la tête des clous pour avoir un axe parfait.
- Bien entendu le diamètre de la douille devra correspondre à celui du bâton, mais les cartouches de chasse et les souvenirs de guerre sont suffisamment diffusés pour qu’on puisse trouver la dimension convenable, sans aller jusqu’aux modèles des douilles de 75 ou même de i55.
- 1
- Un coffre à glace pour automobilistes. — Il est possible de transporter de la glace au cours de randonnées automobiles en utilisant une petite mallette ou un coffre analogue à certains bagages de poupées.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- On peut d’ailleurs constituer une caisse avec des planches jointives qui remplira le même but. On tapisse 1 intérieur de feutre ou de drap en deux épaisseurs et on dispose entre les deux épaisseurs de tissu une couche tassée de laine minérale ou de liège en fins morceaux (vieux bouchons suffisamment divisés).
- Le compartiment ménagé à l’intérieur sera destiné à recevoir une caisse en.zinc ou en tôle galvanisée, dans
- laquelle on placera la glace. Un couvercle de métal fermera cette caisse et le couvercle de la caisse ou de la malle sera également doublé d’une garniture isolante.
- Ce coffre glacière sera placé sur la voiture, de préférence sur le côté soumis à l’action du vent et on peut compartimenter le coffre métallique pour y placer des récipients et des provisions à côté du casier qui contiendra le petit bloc de glace.
- MJ
- BOITÉ AUX LETTRES
- QSSC.,
- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches lé plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Turbine aérienne Costes (n° du 23 juillet 1921). — S’adresser : Pour la France et Colonies, à la Société des ateliers Saint-Jacques, 20, boulevard Saint-Jacques, à Paris. Pour l’exploitation à l’étranger, à M. Sebert, 25, boulevard Saint-Martin, à Paris.
- Réponses. — M. Hoorickx, à Bruxelles. — La disposition que vous voulez adopter peut donner un fonctionnement satisfaisant, mais elle a le grave inconvénient de supprimer l'action du rhéostat de démarrage et il est à craindre dans ce cas pour la sécurité de l’enroulement induit.
- Dans des dispositions de moteurs sur des groupes à fonctionnement automatique, comme le groupe Lister, le rhéostat de démarrage est manœuvré par un noyau d’électro, qui agit sur la manette du rhéostat au fur et à mesure que le moteur part.
- On ne saurait réaliser quelque chose de ce genre avec les moyens dont peut disposer un amateur. Pour juger exactement, il faut connaître l’origine et les caractéristiques exactes de la dynamo et du moteur à essence. Si cela est possible, nous pensons que le mieux est de prendre un démarreur, comme celui qui existe pour les automobiles, et de fermer le circuit sur ce démarreur par un conjoncteur quand le voltage baisse dans la batterie; la disjonction se faisant dans le sens inverse.
- Cela exige une couronne dentée sur le volant du moteur. Prochainement nous publierons dans la Science appliquée un moyen de construction d’un basculeur à mercure, qui pourrait servir pour votre installation.
- M. R. Ch., boulevard Henri-IV, à Paris. — Nous croyons comprendre — sans autres précisions dans l’exposé de votre demande — que vous recherchez des livres traitant spécialement des utilisations des pailles. Il n’existe pas, à notre connaissance, d ouvrage sur ce sujet. Mais vous pourriez, néanmoins, voir aux adresses suivantes ; Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°; E. Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augus-tins, 6°; Librairie Horticole, Paris, 84 bis, rue de Grenelle, 70; L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e; Institut scientifique et industriel, Paris, 8, rue Nouvelle, 90.
- M. G. T., à Boulogne-sur-Mer. — Pour vous documenter sur le Narrak, cucurbitacée des pays désertiques africains, vous pouvez vous adresser à M. le Directeur du Jardin Colonial de Nogent-sur-Marne (Seine). Il n’a pas été publié, jusqu’à présent, d’études spéciales sur cette plante, et nous n’avons pas connaissance que des expériences d’acclimatation aient été faites dans l’Afrique du Nord. Pour être renseigné sur ce point, vous pourriez écrire à M. le Dr Trabut, chef du Service botanique de l’Algérie, à Alger, et sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Blin, à M. Lucien Guil-lochon, attaché au Service botanique de la Régence, villa du Belvédère, route de l’Ariana, à Tunis. La direction du Musée Colonial, à Marseille, paraît indiquée également pour renseigner sur cette plante.
- ! M. Thuaud, Le Croisic. — On peut naturellement prendre des coupures d’acier pour la pile à la soude dont nous avons indiqué la construction, mais il est nécessaire que ces rognures soient sous forme de co-
- peaux; de la paille de fer serait excellente pour cet usage. Il faut aussi que ce fer ou cet acier soit bien propre et ne contienne aucune substance graisseuse qui empêcherait le contact et le fonctionnement. Il faut une solution de soude saturée et vous pourriez peut-être concentrer la liqueur que vous avez prise. Le fonctionnement sera d’autant meilleur que la solution sera plus concentrée. $
- Il ne faut pas songer à utiliser normalement cette pile, ni d’autres d’ailleurs pour l’éclairage, car on obtient un prix de revient trop élevé que ne rachète pas la commodité. Si cela est indispensable de prendre des piles, il vaut mieux adopter la pile Radiguet ou se contenter de piles au bichromate, mais l’énergie produite revient toujours vingt fois plus cher qu’avec la transformation mécanique dans les dynamos.
- M. Getaz, à Aarbourg. — Une soupape pour charger l’élément d’accumulateur dont vous parlez devrait avoir une surface faible, car on compte environ un ampère par décimètre carré de surface d’électrode d’aluminium. L’installation indiquée pourra convenir pour deux ampères environ. Il y a intérêt à abaisser la densité du courant sur les électrodes. Comme lampes de dix bougies, il en faudrait exactement 1 1/4. mais vous pourrez vous contenter d’une seule lampe. En utilisant le transformateur, vous arriverez au résultat en rapprochant les électrodes de manière que vous puissiez obtenir la tension voulue pour la charge et il ne faudra pas monter de lampe en série.
- Manufacture de Tonneins. — Voici l’adresse des constructeurs de la Presse Bijoli : Shirtliffï brothers Limited, Lechtworth à Herts en Angleterre.
- M. Carlos Simon, à Pernambuco. — Nous avons publié récemment la description d’une nouvelle turbine à vent qui vous donnera de meilleurs résultats pour la puissance qui vous est nécessaire et qui sera d’un prix moins élevé que celui de la turbine dont vous nous parlez. Son rendement n’est d’ailleurs pas très élevé. (Voir n° 2468.)
- M. A. T., à Villerupt. — Pour la culture du champignon en cave, voici les ouvrages que l’on peut consulter : Le Champignon de couche, par Lachaume, 1 vol. 2 fr. ; Le Champignon, par Laizier, 1 vol. o fr. 90; instructions pratiques sur la culture du champignon comestible, par Jacquin, 1 vol. o fr. 90; Manuel du Champignonniste, par A. Cauchois, 1 vol. 8 francs; Le Champignon cultivé, par R. de Noter, 1 vol. 1 franc (Librairie Horti-. cole, Paris, 84 bis, rue de Grenelle, 70; Manuel de la culture des Champignons, par Raymond Brunet, 1 vol. Sfr. y S (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e).
- M. H. B., à G. — i° Il n’est pas rare de constater Y éclosion des poussins avant terme, même le 19° jour au lieu du 21°. Avec des œufs très frais, l’évolution embryonnaire s’opère souvent en 21 jours et quelquefois même en 19 jours. La fréquence qui nous est citée de couvées venues avant l’expiration du temps normal nécessaire à l’incubation confirme cette observation; quant à donner l’explication certaine de l’anomalie, il faudrait, pour cela, connaître les conditions dans lesquelles, et pour chaque cas, s’est effectuée la couvaison, de nombreuses causes pouvant agir sur celle-ci. En principe, les œufs à couver ne doivent pas avoir plus de i5 jours. La cause de la mortalité des poussins dans la coquille ne peut être déterminée à distance; en tout cas, il y a corrélation entre l’anomalie et la non-réussite des couvées. Refroidissement des œufs pendant l’incubation ou trop grand nombre d’œufs confiés à la poule sont, très souvent, les principales causes de non-réussite.
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- BOITE AUX LETTRES
- a0 Les particularités que l’on croit constater sur la floraison du chèvrefeuille, dans ses variations, constituent un phénomène de fasciation que l’on remarque assez souvent chez diverses espèces. Parmi les variétés de chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium), le G. à court pédoncule et à nervure dorée présente une élégante panachure ; des branches ou des portions de branches portent, parfois, des fleurs tantôt blanches, tantôt jaunes uniformément, après avoir porté des fleurs panachées.
- Mme J. Cugnière, à Palesnes-Pierrefonds (Oise). — Les deux échantillons de toiles d'avions que vous nous avez adressés sont constitués par du coton, la toile jaune a été huilée et il vous suffira de la faire bouillir dans l’eau additionnée de 5 pour ioo de soude caustique pour la débarrasser de son apprêt. Quant à la toile blanche elle est paraffinée et l’opération sera un peu plus longue après une ébullition comme précédemment qui dégagera la plus grande partie de la paraffine et la fera monter à la surface, laisser refroidir, le linge étant maintenu au fond par des pierres et enlever la paraffine sous forme de gâteau; rincer à plusieurs eaux chaudes, puis après séchage tremper dans le tétrachlorure de carbone, vous obtiendrez ainsi un tissu parfaitement dépouillé ainsi que nous en avons fait l’expérience.
- M. le Dr Bertrand-Lauze, à Alais. — Vous trouverez de Y acétone rectifié dans les maisons de gros suivantes : Faron, 148, rue de Grenelle; Borit, 69, avenue de la République; Lambiotte, 11G, rue de Turenne; Houde et Cognât, 9, rue Dieu, à Clamecy (Nièvre).
- M. O. B. P., à Cesson. — i° L’hydrate d'alumine Al2(OH)6 ou Al2 O3, 3 H2 O est un composé instable; les travaux de Jean de Saint-Gilles ont montré en effet que, par simple ébullition, il y avait élimination d’une molécule d’eau et formation du composé Al2O3, 2H'2O, insoluble comme l’alumine calcinée dans les acides et les alcalis, le facteur temps dans le cas que vous nous signalez joue le même rôle que l’ébullition et donne naissance au même hydrate; — 20 Nous ne connaissons pas de produits sous ce nom, qui doit être un nom de spécialité dont vous ne nous indiquez pas l’usage; — 3° Il s’agit, en effet, de paraffine et stéarine pour décalquer les imprimés ; nous avons depuis longtemps signalé ce moyen très facile et peu coûteux dans nos Recettes de l’Atelier à la page 35.
- Carburateur Zénith, à Lyon. — La maison YAceloïd, 20, boulevard Saint-Denis, fabrique tous genres de celluloïd en feuilles et pourra très probablement vous donner satisfaction.
- M. Debray, à Rouen — Le mieux est d’employer des couleurs toutes préparées dont le prix ne sera pas beaucoup plus élevé que les frais d’acquisition de produits séparés, vous trouverez des couleurs instantanées pour cuirs dans les maisons suivantes : Daniel Lévy, 73, boulevard Victor-Hugo, à Clichy (Seine); Martin et Bély, à Charenton (Seine).
- M. A. B., à Fontenay-sous-Bois. — Le nettoyage des colonnades en pierre de votre perron pourra s effectuer facilement en opérant ainsi : frotter à la brosse de chiendent avec une eau tiède savonneuse additionnée d’un peu d’eau de Javel ; rincer, puis passer à l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique à raison de 5o c. c. par litre, enfin rincer à nouveau.
- M. Ménager, à Marcq-en-Bareuil. — L’acide hydrosulfureux se dose par la liqueur d’iode décinormale comme l’acide sulfureux en présence d’empois d’amidon ; la réaction est la suivante :
- SO2 H* +14 -f- 2 (H2 O) = 4 IH + S04H2
- Les hydrosulfites sont des réducteurs puissants, très employés en sucrerie sous le nom de redos pour décolorer les jus. Consultez à ce sujet la collection du Bulletin de VAssociation des chimistes de sucrerie.
- M. Lemeunier, à Paris. — Pour pouvoir vous donner un conseil précis il serait nécessaire de se rendre compte de la nature de la cicatrice et de son origine, nous vous conseillons de consulter le Formulaire cosmétique et esthétique de Gastôu, édité chez Baillière, 19, rue Hautefeuille, ouvrage qui contient un chapitre spécial sur la question.
- M. Becktoldt, à Lorient. — Dans le voisinage de son point de congélation, l’eau se comporte de la façon suivante. D’abord lorsque la température s’abaisse l’eau se contracte et subit une diminution de volume jusqu’à la température de 4°> moment où ce volume est minimum
- et par suite sa densité maxima. A partir de ce point de 4° elle subit une augmentation de volume jusqu’à o°, mais alors deux cas peuvent se présenter :
- i° L’eau restant à l’état liquide par surfusion, ce qui peut être obtenu jusqu’à — 20°, la dilatation se poursuit comme précédemment, soit d’après Desprez :
- Température de l’eau. Augmentation de 1000 c. de volume c. d’eau.
- — XO° 1 c. c. 860.
- — 5° O c. c. 698.
- o° 0 c. c. 127.
- 4° 0 c. c. OOO.
- 8« 8 c. c. 121.
- 10° 0 c. c. 268.
- S5 O O 1 c. c. 79°-
- 20 L’eau se transforme en glace et alors celle-ci ne continue pas à se dilater, mais se contracte comme les autres corps en suivant la règle générale, son coefficient de contraction entre —27° et o° étant égal à o,oooo5i8i3. Dans le cas qui vous occupe ce sera le second phénomène qui se présentera.
- M. le Dr Fargin-Fayolle, à Paris. — i°Vous donnerez très facilement au marbre blanc la patine un peu jaunâtre du marbre ancien par une immersion dans un bain très faiblement teinté par le perchlorure de fer, mais il faudra agir avec précaution pour éviter un excès de coloration, aussi devrez-vous partir d’une solution très légère, quitte à répéter l’opération si après séchage la teinte n’est pas assez sensible, essayer au besoin sur la partie cachée du socle ; — 20 Le rodage d’un bouchon émeri ne présente aucune difficulté, mais seulement un peu de patience, on mouille le bouchon et le roule dans du sable fin, puis on l’introduit dans le goulot et par une rotation alternative on produit l’usure des parties en contact, en reprenant de temps à autre de l’eau et du sable, peu à peu le bouchon s’enfonce et la fermeture devient hermétique; — 3° Vous trouverez des sabliers compte-minutes à l’Optique commerciale, 7, rue de Malte.
- M. Frotiée, à Grenoble. — Un assez grand nombre de substances d’origine animale ont la propriété de s’allonger sous Vinfluence de l'humidité, tels sont les fanons de baleine, les cheveux, les cordes à boyaux. Dans le cas que vous nous signalez, il s’agit donc d’un effet hygrométrique sur les cordes de votre raquette de tennis, l’endroit où vous l’avez laissée pendant l’hiver étant clos et sans renouvellement d’air. Il eût suffit de laisser la raquette dans une boîte avec quelques fragments de chaux vive pour que les cordes reprissent leur tension primitive, mais nous craignons que l’emploi du vernis n’ait été tout à fait nuisible et n’empêche la réussite.
- M. Le Docte, à Godinne (Belgique). — L'acide humique étant relativement abondant dans la nature, nous ne voyons pas l’intérêt que peut présenter sa fabrication synthétique, en tout cas nous ne lui connaissons pas d’applications en dehors de son utilité culturale.
- M. Broca, au Lavandou (Var). — La préparation des peaux de lézards consiste à les faire tremper pendant une dizaine de jours dans de l’eau contenant un peu de sulfate de zinc, on procède alors à l’écharnage ou raclage du côté chair avec une lame mousse, on les plonge d’abord dans un bain composé de
- 5 5o 10 25 5oo
- grammes.
- Borax.
- Acide borique . .
- Acide tartrique .
- Alumine en gelée.
- Eau.............
- Après 24 heures d’immersion on introduit les peaux dans une solution composée de :
- Benzoate d’alumine. . 10 grammes.
- Phosphate de zinc . . 10 —
- Glycérine............ 25 —
- Alcool............ . 10 —
- Eau . . . . . . . . 5oo —
- Il ne reste plus qu’à les laisser sécher doucement à
- l’ombre.
- MM. Mounesté et Bourg, à Bordeaux. — Pour enlever du mastic durci par des couches répétées de peinture, il faut commencer par ramollir celles-ci par application de soude caustique chaude, puis après grattage arroser le mastic mis à nu d’acide sulfurique étendu de moitié d’eau, les carbonates de chaux et de plomb sont décom-
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- BOITE AUX LETTRÉS
- posés avec effervescence et le mastic peut alors être enlevé sans difficulté. Les applications des produits indiqués ci-dessus doivent se faire avec précaution, vu leur causticité, en se servant d’un bâtonnet garni d’un vieux chiffon.
- M. Coren, à Salon. — Beaucoup de pétroles que l’on trouve actuellement dans le commerce ont subi l’opération du craking, laquelle donne naissance à des produits pyrogénés complexes ; dans ce cas le traitement au chlorure de chaux et à la chaux sont insuffisants pour débarrasser le pétrole de son odeur et il faut recourir à une série de traitements chimiques qui ne sont plus du domaine de l’amateur.
- Circolo filologico milanese. — La formule suivante de mastic isolant et imperméable vous donnera très probablement satisfaction :
- Soufre pulvérisé ... 5o grammes.
- Suif de mouton. . \ i gramme.
- Colophane.............. i —
- Faire fondre ensemble les produits ci-dessus de manière à amener le tout à consistance fluide, puis y ajouter en brassant de la poudre de verre jusqu'à former une pâte molle.
- Pour l’application chauffer les parties sur lesquelles on veut fixer le mastic et appliquer celui-ci très chaud.
- La poudre de verre s’obtient facilement en chauffant au rouge un débris de verre qu’on laisse tomber dans
- l’eau froide, on peut alors le porphyriser sans efforts.
- M. Jean Giraud, à Marcols-les-Eaux. — Les taches d'encre violette sur votre buvard sont très probablement à base de violet de Paris, dans ces conditions il vous suffira pour les enlever de laver d’abord avec un peu d’alcool ou d’un liquide fortement alcoolique tel que l’Eau de Cologne en pompant à mesure la solution colorée au moyen de buvard. Lorsque la tache sera ainsi très atténuée une goutte d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique la fera disparaître complètement.
- M. Bernède, à Bordeaux. — La pâte épilatoire dont nous avons donné la formule ne présente pas de danger mais elle doit être employée dans les conditions que nous avons indiquées, c’est-à-dire que l’on ne doit appliquer qu’une couche de i à 2 mm d’épaisseur, ne pas laisser plus de 2 à 3 minutes, puis après lavage à l’eau froide poudrer à l’amidon ou à l’oxyde de zinc. En outre, si on opère au-dessus des lèvres, vaseliner celles-ci préalablement ainsi que les narines. Vous pourrez trouver ce dépilatoire dans le commerce sous le nom de dépilatoire de Bondet, mais il faut s’assurer qu’il est de préparation très récente. Pour éviter tout inconvénient vous pourrez du reste faire un petit essai préalable sur le bras en observant le moment où les poils tombent en passant le doigt, vous aurez ainsi votre caractéristique personnelle qui vous fera connaître le temps exact que doit durer l’application.
- BIBLIOGRAPHIE
- a*.
- cor
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. s=======
- Les ressources du travail intellectuel en France, par Edme Tassy et Pierre Léris, préface du général Sebert, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°, 712 p. Gauthier-Villars, Paris. Prix : 5o francs.
- Cet ouvragé, dont le titre expose le programme, groupe en un seul volume un grand nombre d’annuaires, guides, bulletins et publications spéciales. Il rassemble, à l’intention de tous les travailleurs intellectuels, un ensemble d’informations précises et détaillées, depuis les indications bibliographiques aptes à les orienter et les renseignements nécessaires sur les académies et sociétés savantes de Paris et de province qui encouragent de leurs prix les œuvres méritantes, jusqu’aux détails sur les moyens matériels de réalisation, de protection et de placement des œuvres.
- Cet ouvrage sera d’un secours précieux aux savants, aux lettrés, aux inventeurs, et sera particulièrement utile aux bibliothécaires, aux archivistes et aux secrétaires de sociétés savantes en leur permettant de répondre promptement aux multiples demandes de renseignements sans avoir à entreprendre de longues et fastidieuses recherches.
- La table des matières donne un aperçu des multiples questions traitées : Renseignements généraux. Sociétés savantes. Associations professionnelles et Comités divers d’encouragement. Encouragements et aides officiels. Créations diverses pour le perfectionnement des études. Moyens de travaux pratiques. Périodiques spéciaux. Bibliothèques et dépôts d’archives. Bibliothèques circulantes d’échange, de prêt. Indications bibliographiques. Répertoire systématique des industries et commerces relatifs à l’activité scientifique.
- Manuel de vannerie, Technologie vanniers, par Eug. Leroux et R. Duciiesne. i vol. in-18 (10.5 x 16), 376 p., 271 fig. cartonné, Baillière éditeur. Paris, 1921. Prix : 10 francs.
- Après des notions générales sur l’outillage et les matières premières utilisées en vannerie, ce volume, rédigé par des auteurs d’une compétence toute particulière examine successivement le travail de la grosse vannerie, le mode d’exécution des différentes opérations, la fabrication des principaux articles, puis la vannerie fine et les meubles en vannerie de luxe.
- La croissance, par le Dr Apert. i vol. in-16, 252 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique, Flammarion, Paris. Prix : 6 fr. 75.
- Après avoir fait connaître les données numériques relatives à la croissance normale dans l’un et l’autre sexe, l’auteur étudie les diverses conditions agissant sur la croissance : ration alimentaire, quantité et qualité des aliments, importance de certaines substances telles que les graisses, le fer, les acides aminés ; il insiste sur le rôle des vitamines de croissance. Il met en relief l’influence des sécrétions internes et passe en revue les curieuses anomalies de croissance qui sont la conséquence des modifications des glandes. Enfin il montre le rôle du système nerveux, et l’influence néfaste de l’hérédité morbide. Il poursuit par une étude des maladies de croissance et conclut par une vue d’ensemble sur l’hygiène de la croissance qui ne manquera pas d’intéresser vivement tous ceux qui s’occupent de l’enfance, pédagogues, médecins, pères et mères.
- Les pierres écrites (Hadjrat Mektoubat). Gravures et inscriptions rupestres du Nord-Africain, par G. B. M. Flamand, i vol. in-4> 4^4 p-, 262 fig-> 53 pl. Masson et' Cie, Paris.
- M. Flamand, professeur à la Faculté des Sciences d’Alger, a vécu près de 4° ans en Afrique du Nord, y recueillant de nombreux documents sur les gravures rupestres, les uns sur place, les autres parmi les officiers des services indigènes. Il est mort en 1919, laissant inachevé l’important ouvrage qu’il préparait.
- M. Gsell s’est chargé de publier les trois premières parties relatives à l’historique des recherches, à la technique et aux procédés de la gravure, à la description des stations connues. Tel qu’il est, cet ouvrage est une mine de documents, la plupart inédits, sur l’art rupestre; il en fournit des descriptions et des analyses précises et, à ce titre, il a sa place dans la bibliothèque de tous les ethnographes et des Africains curieux de ce pays.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 247 J 13 Août 1921
- 1eo
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Mécanique
- Assemblage démontable composé d’un tenon à queue d’aronde pour mortaise trapézoïdale. — Le !
- procédé d’assemblage par queue d’aronde, si employé ' dans tous les travaux du bois, a des avantages bien i
- connus. Mais son emploi n’est pas,possible dans tous les cas et il faut souvent se contenter du procédé par te- , nons et mortaises. Le nouvel assemblage ima- i giné par M. Monnier î permet d’assembler une queue d’aronde dans j une mortaise grâce à la division de la queue en deux pièces.
- Cet assemblage a le grand avantage de tenir de lui-même, donc de supprimer la colle ou autre moyen de fixation puisqu’une fois en place il ne peut se séparer, mais il a surtout celui de pouvoir se démonter à volonté et instantanément.
- La forme spéciale de la pièce formant clef permet de combler parfaitement le vide de la mortaise et fait un réel bloc, sans aucun jeu possible des pièces assemblées.
- C est donc la solution du problème en apparence insoluble qui consiste à faire entrer une pièce de bois ou de métal dans une ouverture plus petite que cette pièce (fig. i), sans toutefois en compromettre la solidité.
- Le tenon à queue d’aronde est en deux pièces A et B. Pour voir comment elles sont constituées, imaginons d’abord une tige en queue d’aronde'ordinaire (fig. 2). Sur le côté traçons un arc de cercle CD et découpons le bois suivant cette ligne, nous obtenons deux morceaux : un morceau principal A et un autre plus petit B qui peut ensuite se réengager dans l’encoche circulaire que nous venons de tracer dans la queue et s’y déplacer en prenant les positions indiquées figure 1. On voit que la pièce A étant déjà engagée dans la mortaise en queue d’aronde, rien n’est plus aisé que de faire tourner la pièce B dans son encoche et de l’amener ainsi à venir occuper à son tour la partie restée libre de la mortaise. Dans cette position elle est alors coincée. Il suffit avec
- D
- une vis à bois d’empêcher tout mouvement de rotation en sens inverse.
- Cet assemblage semble devoir trouver d’intéressantes applications, par exemple dans l’industrie des meubles, surtout dans les meubles fabriqués en grandes séries.
- Il a été inventé par M. Monnier, 8, rue Etienne-Jodelle, Paris.
- Tourisme
- Habitation roulante à étages. — Voici un système de maisonnette transportable qui va remplir de joie les amateurs de camping. Les caractéristiques de cette habitation, plus confortable-qu’une tente, et qui peut être accrochée, à la façon d’une remorque, à une automobile de type quelconque, sont les suivantes : dimensions intérieures 4 m.Xa m. 35; hauteur de l’étage 2 m. 10 (Gg. 3).
- 4
- Le premier étage se télescope extérieurement en s ’abais-sant de 1 m., pour former au besoin voiture de déménagement sans que l’on soit cependant obligé d’enlever aucun meuble (il suffit de coucher sur le plancher les chaises et meubles dépassant 1 m. de hauteur).
- Les murs, plancher et couverture sont à doubles parois de bois contreplaqué en trois épaisseurs croisées. Un entoilage et goudronnage extérieur assure la conservation. Le matelas d’air des cloisons et leur jonction parfaitement hermétique garantit suffisamment contre la chaleur estivale et contre l’humidité de la mauvaise saison.
- Au point de vue ameublement, le rez-de-chaussée peut recevoir, d’un côté les meubles suivants : une table de salle à manger, deux banquettes latérales pour six places, un coffre (pour bois, charbon, etc.); un rideau de séparation avec la pièce suivante ; de l’autre côté : un support avec deux parois en ciment pour un poêle genre flamand; un buffet de cuisine à étagère; un caisson sous l'escalier genre meunier, constitue comme cave un emplacement très suffisant.
- Concernant le premier étage, on trouve, d’un côté, la chambre à coucher qui est formée par : un lit pour une ou deux personnes, avec coffre à linge de même largeur sur o m. 20 de hauteur et o m. 60 de profondeur; une table à toilette genre paquebot avec coffre intérieur pou-
- Fig. 3. — Habitation roulante à étages.
- vant recevoir un seau hygiénique, un broc et une cuvette ; de l’autre côté, c’est un petit salon avec : un meuble à trois tiroirs horizontaux de 1 m. 5o X o m. 5o x o m. 20 chacun; deux chaises ou deux fauteuils en rotin ; un rideau de séparation entre cette pièce et5la précédente. Bien entendu, ce petit salon peut être remplacé par une autre chambre à coucher.
- Le prix dé cette roulotte sur train de roues est de 13 000 francs ; les meublés ci-dessus énumérés peuvent être fournis, à la demande, pour 2000 francs.
- Constructeur : Société des maisons démontables (brevets Lafeuille et Cadel), 22, avenue de Saxe, à Paris (7*).
- **> Objets utiles
- Un imperméable pour chapeaux. — Lorsque le temps est couvert, on se demande souvent si l’on doit prendre un parapluie. Généralement on part les mains libres, ce qui est;beaucoup plus agréable. Les gens plus timorés ont la précaution de mettre sur le bras un imperméable, qui rend service si la pluie se met à tomber,
- Malheureusement le chapeau n’est,pas garanti, ,et, frappé de cette lacune, voici qu’un inventeur vient de faire breveter un couvre-chapeau imperméable qui s’applique à toute forme de chapeau d homme.
- C’est une enveloppe en tissu imperméable, que l’on place dans une pochette et qui ne tient ainsi pas plus de place qu’un foulard. Quand il pleut on recouvre le cha-
- 47 |j$r
- Fig. 1.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- peau et avec un cordon de serrage on fixe 1 enveloppe sur le chapeau en rabattant les bords.
- Cela remplace avantageusement le mouchoir que la pluie a vite fait de traverser; de cette façon on peut avec
- Fig. .4. — Chapeau recouvert de son imperméable
- un manteau imperméable se trouver complètement pro-, tégé tout en ayant les mains libres.
- C’est en réalité un deuxième chapeau qu’on met sur le premier, car le couvre-chapeau est muni d’un ruban comme un chapeau ordinaire : de loin l’illusion est complète, on a l’air d’avoir un couvre-chef absolpment normal. — Le Perméo, i3o, avenue de Paris, à Yincennes.
- Sièges et table pour balcons et fenêtres. — Yoici la saison la plus chaude. Le soir, on désirerait rester sur le balcon ou à la fenêtre, à prendre le frais. Mais souvent les sièges manquent. Ils sont trop grands pour tenir sur beaucoup de balcons, les sièges pliants habituels sont encombrants; on n’a pas de table où poser le
- Fig. 5.— Siège et table pour balcons et fenêtres.
- livre, louvrage, le jeu. La situation manque de confort. Voici une invention qui sera par conséquent la bienvenue, aussi bien à la ville qu’à la campagne ; c’est une série de sièges et de tables sans pieds, qui s’accrochent simplement à l’appui bras ou à la balustrade, Posés en un tour de main, ils se déplacent et s'enlèvent de même. Le siège mobile, se repliant sur les montants, dire le minimum d’encombrement.
- La figure ci-jointe suffit à faire comprendre les avantages de ces appareils, bien connus déjà — mais à poste fixe — dans certaines voitures et en divers endroits, ils se font en trois modèles différents : i° le « balcon-nier » formé d’un cadre à crochets et d un siège mobile (son encombrement très réduit en position verticale laisse la circulation entièrement libre, même sur les balcons les plus étroits); s° le « pratique», balconnier réduit se fixant au moyen de vis ou de crochets (indiqué pour les emplacements étroits dont on dispose dans les antichambres, cabinets de toilette, salles de bain, chambres noires de photographie, etc.) ; 3° 1’ « idéale », table mobile qui est le complément nécessaire des précédents. Les sièges et plateaux de table en bois peuvent être retirés et mis à l’abri en cas de mauvais temps.
- Tous ces objets fort utiles sont construits par les établissements Lafon, 4'2> rue de Châlon, Paris, 12°.
- Hygiène
- Nouveau procédé contre le danger d’asphyxie dans les cuves à vendange. — L’asphyxie, lors du pressurage du raisin, en fermentation dans les cuves à vendange, est un accident encore assez fréquent chaque année. L’homme est rapidement saisi par l’acide carbonique qui se dégage et il est foudroyé, et ceux qui veulent lui porter secours subissent le même sort.
- Jusqu’à présent, on n’avait trouvé, en réalité, aucun moyen —^ propre à conjurer ce danger. On
- a imaginé divers procédés de ven- *g.6. - Dispositif contre le tilation permettant de, secouer», ,lanSer d asphyxie dans les pour ainsi, dire, I acide carbonique reposant sur le raisin et
- de faire pénétrer de l’air dans la cuve. Mais ces procédés, si rationnel qu’en soit le principe, n’ont pas donné la garantie de sécurité contre ce danger.
- M. Brossette, ancien maire de Givors (Rhône), a imaginé, pour chasser le gaz carbonique, dès qu iL se dégage, un moyen d’une extrême simplicité. Grâce à ce moyen, la cuve est à peu près pleine d’air pur, le gaz carbonique ne peut arriver qu’à une très faible hauteur et, en tout cas, ne peut atteindre jusqu’à la tète de l’homme qui foule le raisin.
- Des essais effectués aux environs de Givors, lors des dernières vendanges, ont permis de constater l’efficacité de ce système peu coûteux et d application facile.
- On sait que la vendange n’est qu a demi foulée dans les bennes, afin d’éviter les fermentations tumultueuses ui, en provoquant des fermentations secondaires, nui-
- cuve que doit se faire le foulage au cours de la fermentation; c’est là que la glucose du jus de raisin se transforme en acide carbonique. Ce gaz est plus lourd que l’air _ l litre pèse 1 gr. 977 — il s’accumule à la surface du raisin; son niveau s élève rapidement, arrive au bord de la cuve et, parfois même, déborde. On s’en rend compte en approchant du bord une lumière qui s’éteint comme si on la plongeait à 1 intérieur où le gaz carbonique est accumulé.
- Yoici en quoi consiste le procédé imaginé par M. Brossette :
- On fait, en haut de la paroi de la cuve, uns encoche dans laquelle on passe un tuyau de plomb de 33 mm de diamètre, que l’on recourbe. Une extrémité du tuyau plonge dans la cuve, approchant de la surface du raisin, l’autre extrémité^ à l’extérieur, atteint le sol. On a, de cette façon, un siphon qui fait passer le gaz carbonique de fi intérieur à l’extérieur. Pour faciliter 1 amorçage du siphon, au cas où la différence de densité en ^faveui du gaz carbonique est insuffisante pour vaincre l’inertie de 1 air contenu dans la colonne extérieure, on agite 1 air dans la cuve, près de l’extrémité du tuyau; le siphon est alors amorcé et le gaz carbonique, entraîné, descend par la colonne et vient se répandre sur le sol. Une lumière, présentée à l’orifice de la colonne extérieure, s éteint^
- Le siphon expulse de la cuve non seulement 1 acide carbonique, mais aussi les éthers qui 1 accompagnent, et que les viticulteurs désignent sous le nom de « flot ».
- Parce procédé très simple, comme on le voit, sont évités les accidents mortels causés par le dégagement de-gaz carbonique dans les cuves à vendange.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Î0D
- osé
- Contre les mouches. — La chaleur actuelle favorise partout la pullulation des mouches. Aussi, nos lecteurs nous sauront-ils gré de leur indiquer à nouveau les principaux moyens dont on dispose pour se débarrasser de ces insectes désagréables et dangereux.
- Nous ne saurions mieux faire que suivre les conseils donnés par le professeur H. Bertin-Sans et le Dr M. F. Carrieu dans leur récent Manuel de prophylaxie des maladies transmissibles.
- Les mouches qui fréquentent nos habitations se multiplient avec une telle rapidité et une si grande abondance qu’il ne suffit pas de s’attaquer aux adultes ailés. Il faut en même temps entraver leur ponte et les attaquer sous toutes leurs formes, à l’état d’œufs et de larves.
- Pour cela, il faut d’abord supprimer autour de la maison les dépôts de matières en putréfaction dans les écuries, tas de fumier, fosses d’aisances. Les fosses fixes recevront a litres d’huile de schiste ou a litres de pétrole par mètre carré de surface. Flottant sur le contenu, cette huile empêchera la ponte et l’éclosion des larves déjà introduites. Les écuries seront tenues dans un état parfait de propreté. Les fosses à fumier seront construites étanches et closes; à défaut, on arrosera fréquemment les tas de fumier d’une des solutions suivantes :
- i° Grésylol sodique à 4 pour ioo obtenu en mélangeant poids égaux de crésylol officinal et de soude
- caustique liquide et en ajoutant à 4° gr. de ce mélange 960 cm3 d’eau;
- a0 Lait de chaux fraîchement préparé à 20 pour 100 obtenu en délitant 1 kg de chaux vive au moyen de 5oo gr. d’eau environ et ajoutant 4 4 litres d’eau;
- 3° Sulfate de fer en poudre ou en solution à 20 pour 100 ;
- 4° Huile verte de schiste mélangée à son volume d’eau.
- Dans la maison, on pourra détruire les mouches adultes au moyen de nasses, de papiers à la glu, etc.
- On en tuera un grand nombre en plaçant dans des assiettes le mélange suivant :
- Lait.......................25 c. c
- Formol.....................i5 —
- Eau légèrement sucrée. . . 66 —
- L’huile de ricin, seule ou additionnée de sucre, les attire encore plus sûrement. Un excellent mélange, très actif, est obtenu en ajoutant à 3o gr. d’huile de ricin 2 gouttes d’huile de croton.
- Enfin, on peut détruire celles qui pulluleraient dans un local clos en y brûlant de la poudre de pyrèthre (5 gr. par mètre cube) ou mieux du crésol (5 gr. par mètre cube également) dont on laisse agir les vapeurs pendant 4 à 6 heures.
- N’oublions pas que les oiseaux, et notamment les martinets, font une grande consommation de mouches et qu’ils méritent à ce titre notre protection. R. M.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes, de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Errata. — T. S. F. des amateurs. —Deux erreurs de dessins doivent être corrigées dans l’article de la T. S. F. des amateurs du dernier numéro :
- i° Figure 3g, la <c queue de cochon » du tube de descente de la trompe à mercure doit être placée à 3 5o mm et non pas 35 du joint rodé faisant suite au corps de pompe;
- 20 Sur le diagramme représenté par la figure 43 la connexion partant du bas de la bobine secondaire et reliée au condensateur de.001 mf doit aboutir à la plaque et non pas à la borne négative de là batterie à haute tension.
- Réponses. — M. Conesson, 8e Génie.— Pour répondre utilement à votre question il faudrait connaître le but poursuivi ; s’agit-il de murs, de planchers ou de statuettes, dans le premier cas imprégner de silicate de soude, dans le second plonger dans un mélange de cire et de stéarine fondues.
- M. Lebret, à Villejuif. — i° La bouillie bordelaise est obtenue en précipitant une solution de sulfate de cuivre par un lait de chaux; la réaction est la suivante :
- Cu SO -f- Ca (OH)2 = Cu (OH)2 + SO Ca.
- Les proportions à employer sont pour obtenir 200 litres
- de bouillie :
- Sulfate de cuivre..............2 kg
- Chaux grasse en pierreâ. ... 1 —
- La bouillie bourguignonne diffère de la précédente
- par le remplacement de la chaux par le carbonate de soude il se forme alors du carbonate de cuivre :
- Cu 'SO+ + CO3 Na* = Cu CO3 + SO4 Na2.
- Elle s’obtient en prenant également pour 100 litres de
- bouillie :
- Sulfate de cuivre...............2 kg
- Carbonate de soude Solway . . x —
- Dans les deux cas on dissout séparément le sulfate de cuivre dans 5o litres d’eau, puis la chaux ou le carbonate de soude dans les 5o autres litres et on mélange en versant toujours la solution de chaux ou de soude dans la solution de cuivre et ne faisant jamais l’inverse. On
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- emploie de 15 à 18 hectolitres de bouillie à l’hectare ^ — 2° Vous pourrez faire expertiser vos monnaies anciennes chez les experts suivants : Bourgey, 7, rue Drouot; Ciani, 54. rue Taitbout; Delaune, y3, rue La Fayette; Florange, 17, rue de la Banque; — 3° Pour la conservation des œufs consultez les nombreux procédés que nous avons indiqués dans les Recettes de la Maison, page 26 (Masson, édit.).
- M. Ortega Nunez, à Paris. — Nous ne connaissons pas de produit réalisant les qualités de la porcelaine et pouvant lui être substitué dans la fabrication des bougies d’allumage ; en aucun cas la bakélite ne conviendrait, car elle s’altère dès que la température de 2000 est atteinte.
- M. Dubs, à Mulhouse. — Le polissage de l ébonite s’effectue en montant les pièces sur le tour et en leur imprimant ainsi un mouvement rapide de rotation, on les frotte alors avec un tampon imbibé d’huile de paraffine et imprégné de chaux de Vienne (carbonate de chaux porphyrisé), l’opération ne présente aucune difficulté,, mais seulement de la patience.
- M. le Dt Garban, à Vichy. — Si vous désirez obtenir une encre stylo graphique noire, il vous suffira de remplacer dans la formule que nous avons indiquée à plusieurs reprises le bleu de méthylène par la nigrosine soluble à l’alcool; les résultats seront les mêmes, différence de teinte mise à part.
- M. Pouquet, à Paris. — Nous pensons que vous obtiendrez le résultat attendu, c’est-à-dire la coloration en rose d'articles de caoutchouc blanc vulcanisé en appliquant à la surface une mixture préparée en étendant de benzine la solution commerciale de caoutchouc pour réparation de pneumatiques, à laquelle vous incorporerez un peu de carbonate de magnésie et de carmin en pou,dre. Quelques essais préalables vous fixeront sur les proportions à observer pour obtenir le ton désiré.
- M. Arrigo, Academia filarmonica (Torino). — Si le papier est bien encollé, ce qui est la règle, aucune encre ne doit traverser de l’autre côté; sans connaître les conditions du problème que vous vous êtes posé, nous croyons que la solution sex’ait plutôt dans une perforation du papier au moyen d’un stylet à molette tel qu’on le fabrique couramment. La feuille pei'forée étant placée sur une plaque de cuivre mise en communication avec l’un des pôles de la pile un fil dénudé l'éuni à l’autre pôle établira un contact toutes les fois qu’il passex'a par
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- BOITE AUX LETTRES
- les ouvertures et vous donnera mêmes résultats qu’une encre métallique.
- Cercle civil d'Orléans ville {Algérie). — i° La recette que nous avons donnée pour le tannage des peaux de lapins peut s’appliquer sans modification aux peaux de renards et de chacals; — 2° Comme ouvrage spécial sur la question vous pourrez consulter utilement le Tanneur, corroyeur, hongroyeur de Maigne, édité par la librairie Mulo. 12, rue Haulefeuille, à Paris.
- M. Bourgade, à Béziers. — Si nous avons bien compris votre lettre, vous n’avez pas éprouvé d’insuccès, le peu de coloration de la solution vous a seul surpris. La formule que nous avons donnée nous a été indiquée par un praticien, veuillez bien en faire l’essai et acquérir les tours de main nécessaires avant de conclure.
- M. Hurtault, à Chartres. — On prépare ainsi les toiles à peindre. La toile est d’abord soigneusement fixée sur le châssis au moyen de petits clous appelés semences, puis on passe une couche de colle de peaux. Après séchage parfait on polit légèrement à la pierre ponce très fine pour enlever toutes les aspérités. Enfin on donne une couche d’impression en couleur blanche ou légèrement ocrée composée d’un tiers de teinte à l’huile courante additionnée de deux tiers d’essence de térébenthine. Quelquefois on remplace la colle de peaux par un empois d’amidon cuit obtenu en versant 25 gr. d’amidon délayé à l’eau froide dans un litre d’eau bouillante; cet encollage conserve une souplesse plus grande que celui à la gélatine. Quand on désire un ton bleuâtre, il suffit de remplacer l'ocre par un peu d’outremer.
- M. Vieutemps, à Anvers. — La formule suivante pour le glaçage du linge nous a donné de très bons résultats :
- Savon blanc.......... 10 grammes.
- Blanc de baleine... 5 —
- Gomme adraganG . . 1 —
- Eau non calcaire. . . 100 —
- Pulvériser la gomme adragante et la faire gonfler pendant 24 heures dans la moitié de l’eau, chauffer ensuite pour la dissoudre. D’autre part dissoudre à
- chaud le savon dans le reste de l’eau, y incorporer le hlanc de baleine. Mélanger enfin les deux solutions et agiter jusqu’à refroidissement qui donne une pâte fluide.
- Le produif ainsi obtenu est employé à la dose de x ou 2 cuillerées à café par litre d’amidon ordinaire, cette dose peut être augmentée sans inconvénient.
- On obtient un résultat encore plus complet en amidonnant le linge comme d’habitude, puis le repassant on délaye alors dans un peu d’eau tiède 1 ou 2 cuillerées de la préparation ci-dessus et avec une éponge ou un morceau de flanelle on humecte la surface du linge repassé, un second coup de fer bien chaud donne alors un glaçage parfait.
- M. Ed. Monod, à Herzen. — Les feuilles de caoutchouc sont livrées au commerce enduites de poudre de talc, afin d’éviter qu elles ne se collent ensemble, c’est cet enduit qui permet d écrire sur les feuilles neuves, il vous suffira donc d’appliquer du talc sur les feuilles qui en sont débarrassées pour leur faire retrouver leur qualité première.
- M. Alexandre Baillot, à Neufcbâtel. — D’après les renseignements qui nous ont été donnés, l'émaillage des fils électriques se fait par bakélisation, c’est-à-dire en les revêtant d’un enduit résultant de la condensation des aldéhydes et des phénols.
- M. Fécoux, à Bucarest. — i° Nous craignons que la stagnation des matières organiques dans votre canalisation ne soit motivée par la présence d’un corps dur étranger, tel que pierre ou objet entraîné; dans ce cas, il n’y aurait d'autre remède que le relèvement. Vous pouvez cependant essayer d’une solution très chaude de soude caustique, laquelle dissoudra les matières albuminoïdes1 et grasse^, mais il faudra peut-être attendre l’effet assez longtemps pour que la soude parvienne au point intéressé s’il n’y a pas encore une faible circulation dans la conduite; 20 Les fuites dans un réservoir d’air comprimé se décèlent facilement en enduisant la tôle d’eau de savon épaisse, il se produit des bulles à remplacement des fissures ; 3° Le repassage du linge doit toujours se faire à l’état humide pour laisser les fibres textiles prendre leur place sous l’action du fer, on évite le brillant du drap par interposition entre l’étoffe et le fer d’un linge mouillé. 4° Les lotions pour la chevelure à base de quinquina, ne peuvent avoir qu’un effet utile et ne produisent pas de blanchiment prématuré, elles sont alcoo-
- liques et par suite antiseptiques, leur seul inconvénient est de dégraisser les cheveux, d’où nécessité de compléter leur emploi par l’application d’un peu d’huile ou pommade; 5° Les soi-disants régénérateurs sont à rejeter, presque tous renferment des sels métalliques, en particulier le plomb dont l’usage prolongé provoque le saturnisme, d’après Cerbelaud, le Royal Windsor dont vous parlez est constitué par : soufre précipité 3o gr., acétate de plomb 3o gr., glycérine 25 gr., alcool 20 gr. Eau quantité suffisante pour faire un litre. 6° La réparation d'un trou de cette dimension dans une cuvette en faïence ne peut s’effectuer qu’en rapportant une pièce de même nature et en la fixant au moyen d’agrafes noyées dans le plâtre à modeler. 70 Pour la destruction des mauvaises herbes prendre :
- Chaux éteinte................. 6 kg
- Soufre en poudre.............. 1 —
- Eau ordinaire.................60 litres.
- Faire bouillir en agitant pour amener la dissolution du soufre, laisser reposer et décanter. Pour l’usage dédoubler la solution et arroser de façon à mouiller franchement les parties du sol sur lesquelles on veut détruire la végétation.
- M. P. Georges Ohagi, à Preo Saïda, Syrie. — De l’entretien que nous avons eu avec M. Boisseraud, l’inventeur du supercol, il résulte que votre insuccès dans le recollage doit être dû à un emploi défectueux; en effet, si pour le verre et la porcelaine qui ne sont pas poreux, l’applicatioQ d’une seule couche est suffisante, lorsque l’on s’adresse à la faïence, il est indispensable de boucher les pores par une première application que l’on doit presque laisser sécher, alors seulement une seconde couche intervient utilement pour le collage effectif. Sans nous divulguer sa formule, l’inventeur nous a fait connaître les constituants essentiels et leur emploi pour la confection d’un produit de ce genre nous paraît tout à fait logique, nous croyons donc à son entière bonne foi.
- M. Dubois, à Courbevoie. — Pour répondre utilement à votre question, il serait nécessaire de connaître les conditions du problème et la réalisation que vous avez en vue, savoir en particulier si aucune action électrolytique n’intervient. Au cas où le métal ne servirait qu’à la confection d’un récipient, il nous semble jusqu’à plus ample information que vous pourriez le remplacer par une substance inerte, telle que l’ébonite, le carton enduit de gutta, de caoutchouc ou même bakelisé.
- M. A. R., à Nancy. — Industriellement le cuivrage des fils de fer se pratique par voie électrolylique, soit à froid, soit à chaud; d’après Roseleur, on peut prendre comme type pour le fer et l’acier la composition suivante rapportée à 25 litres de bain :
- A froid. A ch; uid.
- Bisulfite de soude .... . . 5oo gr. 200 ër-
- Cyanure de potassium . . . 5oo — 200
- Carbonate de soude . . . . 1000 — 5 00 —
- Acétate de cuivre 475 — 5oo —
- Ammoniaque 35o — 3oo —
- On fait dissoudre l’acétate de cuivre dans 5 litres d’eau, l’ammoniaque et les autres produits dans 2 litres d’eau. On mélange, il doit se produire une décoloration ; dans le cas contraire, ajouter du cyanure jusqu’à ce résultat. Les bains les plus vieux conviennent le mieux. Déplacer les objets le plus possible. Quand le bain est trop vieux on le remonte en ajoutant de l’acétate de cuivre et du cyanure de potassium à poids égaux. Consultez pour plus amples détails : Manuel de Galvanoplastie, par Brunei, et Manuel pratique de dorure argenture, nickelage et coloration des métaux, par Ghersi et Conter; ces deux ouvrages sont édités chez Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. Bonvalet, à Rouen. — Vous ne nous donnez aucune indication sur le procédé que vous pensez appliquer à la préparation du formol et supposons qu’il s’agit du passage d’un mélange d’air et d’alcool méthylique dans un tube de cuivre chauffé au rouge; les constructeurs suivants sont susceptibles de vous établir un appareil de ce genre : Egrot, 19, rue Mathis; Deriveau, 10, rue Popincourt; Deroy, 71, rue du Théâtre.
- M. Lavanchy, à Paris. — Nous avons répondu à votre demande dans un de nos derniers numéros.
- M. Altchidjian, à Lausanne. — Nous n’avons pas connaissance d’ouvrages spéciaux sur la question.
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- LA NATURE
- Supplément,
- N° 2472 20 Août 1921
- INFORMATIONS
- Distinctions américaines à des ingénieurs et savants français. — La médaille John Fritz vient d’être décernée au grand ingénieur métallurgiste français E. Schneider.
- C’est une médaille d’or attribuée chaque année pour une œuvre notable accomplie dans les sciences appliquées. Le titulaire est choisi par les soins d’un comité recruté au sein des grandes associations techniques des Etats-Unis ; parmi les titulaires précédents, nous relevons les noms de J. Fritz, Lord Kelvin, G. Westinghouse, Graham Bell, Edison, Noble, Elihu Thompson, G. Goethals, O. Wright, sir Robert Hadfield.
- D’autre part, le 18 mai dernier, le Franklin Institute de Philadelphie a décerné la médaille Franklin au professeur Ch. Fabry de l’Université de Paris, en récompense « de ses nombreuses et importantes contributions dans le domaine de la physique, notamment la solution de problèmes optiques et spectroscopiques d’importance fondamentale ».
- La même distinction a été accordée à M. F. J. Sprague de New York, ingénieur éminent, à qui sont dus de nombreux et importants progrès dans la traction électrique.
- Sur les « étincelles électriques noires ». — En obtenant les étincelles noires de la figure i publiée au n“ 2466 de La Nature, le colonel Plücker a été victime du phénomène connu sous le nom d’ « Effet Clayden ».
- Ce phénomène photographique peut être réalisé chaque fois que l’on enregistre sur une plaque sensible une image avec une exposition de courte durée, et que l’on voile ensuite la plaque au moyen d’une faible source de lumière, avec une exposition suffisamment longue. M. Clayden a été conduit à faire, en 1889, une série d’expériences pour expliquer les apparences curieuses présentées par certains éclairs qui venaient en noir dans ses photographies. Il fit une série d’essais au moyen d’une machine de Wimshurst donnant 2 à 3 cm d’étincelle et réussit à reproduire les apparences trouvées sur ses clichés. Il arrive à cette conclusion que les éclairs sombres n’ont pas d’existence objective, et sont produits par l’exposition de la plaque photographique à un ciel illuminé après le passage de l’éclair (*).
- La question des éclairs noirs a fait récemment l’objet d’un important article)2) de M. Ferdinand Ellermann, de l’Observatoire du Mout-Wilson (Etats-Unis) à propos de photographies vraiment remarquables obtenues par ce physicien, lors d’un violent orage qui éclata sur le Mont-Wilson dans la nuit du 3o juin au Ier juillet 1918. Deux de ses photographies montrent des éclairs blancs, des éclairs noirs, des éclairs blancs bordés de noir, des éclairs qui, noirs à une extrémité, deviennent gris, puis blancs bordés de noir, etc., le tout sur un fond de nuages et de pluie illuminé. Près de certains éclairs très brillants, le brouillard illuminé est venu noir.
- Nous ne voulons pas nous étendre longuement ici sur cette question des éclairs noirs. Il nous faut cependant signaler que M. Ellermann a procédé à un certain nombre d’expériences et qu’il donne à la suite de celles-ci quelques renseignements précieux.
- Si la traînée d’une simple étincelle électrique est exposée sur une plaque sensible, et si cette plaque est ensuite voilée pendant un temps suffisamment long à la lumière d’une bougie, on obtiendra, si les-, durées de pose sont correctes, une étincelle noire.
- Si la traînée de l’étincelle a été très intense, on obtiendra seulement un renversement partiel, la traînée principale sera blanche avec les bords noirs, les petites ramifications seront noires.
- M. Ellermann admet que les simples éclairs noirs peuvent s’expliquer de cette façon; les premiers éclairs qui ont impressionné la plaque sont inversés par suite de l’illumination du ciel par tous les éclairs qui suivent. Mais cette explication ne rend pas compte de tous les phénomènes pour ces derniers éclairs, lorsqu’ils sont eux-mêmes photographiés.
- M. Ellermann, qui n’a pas eu le temps de poursuivre
- 1. Proceedîngs of the Physical Society <of London, 1889; p. 176.
- 2. 'Popular Astronomy, vol. XXtX, n° 3,. mars rgat.
- ses expériences, serait très heureux de les voir continuées par d’autres physiciens.
- Ainsi, les étincelles noires, les éclairs noirs résultent d’un phénomène photographique. Plusieurs auteurs, après M. Glayden, se sont attaqués à la solution de cette question : MM. G.-Y. Burton et William-J.-S. Lockyer, notamment. Parmi les explications possibles, nous trouvons le renversement ou le double renversement des images, conséquence de la fonction photographique (Janssen, Abney), l’action possible de rayons de grande longueur d’onde (?), les éclairs laissant parfois, après leur passage, une traînée incandescente, etc. Voir notamment pour la bibliographie de cette question : La Nature, de Londres, n° i653, vol. 60, 12 octobre 1899 ; Société française de Physique, n° 220 : Séance du 16 décembre 1904; et une étude complète sur « La photographie des Eclairs », parue dans le Bulletin de la Société astronomique de France, année igo5.
- Em. Touchet.
- Pourquoi l’eau des mers est-elle salée? — Yoici la réponse que donne à cette question la revue Ciel et Terre.
- Les quantités de sel dont il faut découvrir l’origine sont énormes. La teneur de l’eau de la mer en sels variés est de 3,5 pour 100 environ; il en résulte que l’océan, après évaporation hypothétique, donnerait une couche de sels de 60 m. d’épaisseur, recouvrant tout le globe : cette masse est équivalente à celle du relief (au-dessus du niveau des mers) des deux Amériques, ou au quart du relief terrestre total. On pourrait croire lout d’abord que ces sels ont été amenés par les eaux fluviales dissolvant les roches continentales : cette hypothèse n’est pas soutenable, car les sels en dissolution dans les eaux des fleuves sont pour 80 pour 100 du carbonate de calcium et pour 7 pour 100 des composés chlorurés, landis que l’eau de mer contient sur le total de ses sels 89 pour 100 de sel marin. D’ailleurs, lorsque les eaux de fleuve donnent lieu à des mers intérieures, qui se dessèchent ensuite (Asie centrale) on observe la formation de couches salines fort différentes en composition de sels marins.
- La salinité des eaux de l’océan doit donc, semble-t-il, être considérée comme une propriété originelle. Suess a émis l’idée que les substances minérales que l’on retrouve aujourd’hui dans les eaux des océans y ont été amenées dans les éjections volcaniques, dans les premières phases de la formation de notie globe. A chaque éruption de nos jours, la teneur de notre atmosphère en vapeur d’eau, en acide carbonique, en gaz chlorurés et sulfurés est augmentée, et finalement avec les pluies ces éléments arrivent à l’océan. Après chaque éruption du Yésuve, le cratère se recouvre d’une couche blanche et brillante de sel marin, et les volcans de l’Amérique du Sud rejettent dans l’atmosphère d’énormes quantités d’acide chlorhydrique : on l’évalue de 3oooo kg par jour pour le Puraci. Chaque éruption, peut-on dire, augmente donc la masse des eaux nouvelles qui sortent du sein de la terre chargées de sels et à l’état de vapeurs.
- Cette activité volcanique, restreinte aujourd’hui à quelques points du globe, doit avoir été générale autrefois, alors qu’aucune vie organique n’existait. Les gaz intérieurs à la carapace solidifiée se faisaient jour à la surface, et lui amenaient ces milliers de kilogrammes de chlorure que nous trouvons aujourd’hui dans les eaux des océans. Ces milliers de kilogrammes s’y trouvaient donc « dès le commencement », et c’est dans ce sens qu’il faut comprendre « l’état primitif et initial » qui ne s’est pas modifié depuis. En fait, cet apport de l’intérieur à l’extérieur est bien peu de chose, si l’on songe que, assimilant la Terre à un globe de 1 m. 72 de diamètre, hauteur de l’homme moyen, la plus grande profondeur des mers ne dépasse pas i,5 mm.!
- Auscultation par T. S. P. — Scientific American nous apprend qu’une démonstration a été faite récemment au laboratoire du « Signal Corps » de l’armée américaine, à Washington, devant un groupe de méde-
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- INFORMATIONS
- cins militaires, de l’amplification des bruits du cœur au moyen des lampes à trois électrodes. Celles-ci permettent une analyse très poussée des battements, tant à l’état normal que dans des cas pathologiques et il semble qu’on pourrait employer ce nouveau moyen d’étude à l’enseignement clinique des étudiants en médecine. Certains ont même signalé qu’on pourrait ainsi, à bord d’un bateau muni d’un poste de T. S. F. et n’ayant pas de médecin à bord, faire ausculter un malade à grande distance en transmettant au moyen de 1 antenne les bruits du coeur recueillis par le transmetteur placé sur la poitrine du patient. Yerrons-nous donc des consultations par T. S. F ?
- L’aviation et les chiens détectives. — L’emploi des bloodhounds à la recherche et à la poursuite des malfaiteurs s’est généralisé en Angleterre, et surtout aux Etats-Unis. Nous rappellerons que ces chiens, issus de deux races françaises (Saint-Hubert et Ardennes), sont doués d'une intelligence et d’un flair incomparables. Dès qu’on leur a fait sentir un objet ayant appartenu à la personne que l’on veut retrouver, ils relèvent sa piste, souvent même dans la confusion d’une grande ville, et ne s’arrêtent qu’en atteignant le but. A l’encontre des grands dogues que les Espagnols et les planteurs des
- Etats-Unis employaient à la poursuite des esclaves fugitifs, et qui mettaient à mort le gibier humain, ces bloodhounds, d’humeur débonnaire, ne portent jamais la dent sur la proie, mais se contentent de l’identifier parleurs aboiements.
- Ces fins limiers ne sont pas infaillibles. Quand le malfaiteur a pris de l’avance, sa sente a eu le temps de s’évaporer. Il convient donc de les amener sur le lieu du crime aussi rapidement que possible. Dans ce but, la police du Colorado a eu l’idée de transporter trois de ces chiens à pied d’œuvre en aéroplane. Cette première expérience aurait été couronnée de succès, si nous nous en rapportons au New York Times. Des malfaiteurs avaient pillé les coffres-forts d’une banque de Buena-Yista. La police de Colorado Springs, ville située à 200 km de distance, requit aussitôt les services de la station aérienne de Broadmore Flight Field, et un aéroplane s’envola, emmenant trois chiens et leur entraîneur.
- Un peu moins d’une heure après la perpétration du crime, les chiens avaient relevé la piste toute fraîche, qui les conduisit dans un ravin écarté, où les trois briseurs de coffres avaient mis pied à terre, bien convaincus que personne ne les découvrirait dans leur cachette. Cette nouvelle utilisation de l’aviation était intéressante à signaler.
- Le Tank-amphibie. — Comme suite à l’article n° 2466 du 9 juillet dernier que nous avons.publié sur le Tank-amphibie, l’inventeur, M. Foenquinos, nous prie de faire remarquer les particularités suivantes, ce que nous faisons bien volontiers.
- Lé navire ne comporte pas du tout d’essieu-moteur. Au passage des arbres de transmission de force motrice aux organes de locomotion terrestre au travers de la coque du navire, l’étanchéité est simplement obtenue
- par la fixation à demeure sur la coque de simples presses-étoupes des modèles les plus courants dans l’industrie et reconnus parfaitement étanches au poiut de vue naval.
- L’invention ne se limite pas à la construction de tanks-amphibies, mais elle s’adresse à la construction de navires de tout tonnage et la solution de 1 hélice immergée semble la seule convenable pour ces navires à chenilles.
- Le carburant national. — La Journée Industrielle annonce que les Transports en commun de la Région parisienne, ex-Compagnie des Omnibus, après achèvement de longs essais, vont généraliser dès le mois d’août l’usage du carburant national, constitué par un mélange à parties égales de benzol et d’alcool industriel. Les résultats des essais ont permis de constater dans les autobus une consommation kilométrique de 420 cm3 de carburant national contre 385 cm3 de benzol pur. Il n’y a pas eu à modifier le taux de compression des moteurs.
- L’utilisation des cendres des combustibles pulvérisés. — La pratique de la pulvérisation des combustibles solides se développe rapidement. Le charbon pulvérisé est employé depuis longtemps déjà dans la fabrication des ciments au four tournant; on l’utilise avantageusement aussi dans certaines usines métallurgiques pour le chauffage des fours; il permet d’obtenir des températures élevées que les modes de chauffage ordinaire ne peuvent réaliser. Aux Etats-Unis, où ce mode de chauffage a rencontré une faveur toute spéciale, on évalue à 5 millions de tonnes par an le tonnage de charbon pulvérisé employé dans les usines à ciment, à 3 ou 4 millions celui employé dans les industries du fer et de l’acier ; les industries de cuivre de leur côté en consomment un tonnage à peu près égal.
- On s’est préoccupé aussi, mais beaucoup plus tard, d’utiliser le charbon pulvérisé pour le chauffage des chaudières; ce mouvement dont les débuts ont été assez timides, semble avoir pris en 1920 une grande extension. M. Frion, dans son substantiel rapport établi pour la Commission Interministérielle des Combustibles, signale l’installation aux Etats-Unis d’une centrale de 5o.ooo chevaux, celle du Milwaukee Electric Railway, chauffée uniquement au charbon pulvérisé. En France, on monte à Bruay une centrale de 3o 000 kilowatts qui n’utilisera que le charbon pulvérisé.
- Parmi les grands avantages du charbon pulvérisé, il faut citer d’abord la simplification de la chaufferie, suppression des appareils de .chargement comme dans la chauffe au pétrole et diminution du personnel. Il est vrai qu’il faut une installation de broyage, mais celle-ci, si elle exige un matériel coûteux, peut fonctionner par contre avec un personnel très réduit.
- Un autre avantage de la pulvérisation est de permettre l’emploi de certaines classes de combustibles d’une faible valeur commerciale.
- Mais la préparation préalable du combustible pulvérisé est une opération toujours délicate, exigeant de gros frais de premier établissement. Aussi ne l’envi-sage-t-on en pratique, sauf cas spéciaux, que dans de grandes centrales de broyage traitant de très forts tonnages de combustibles.
- Un inventeur, M. Bouchaud-Praceiq, vient de préconiser un mode d’utilisation du combustible pulvérisé qui, en permettant de tirer parti de cendres obtenues, réduirait sérieusement le prix de revient de ce combustible et étendrait par suite sérieusement le domaine de ses applications, en même temps qu’il permettrait d’utiliser plus aisément les combustibles très cendreux, presque inemployables autrement.
- L’invention de M. Bouchaud-Praceiq consiste à transformer ces cendres en ciment au cours de la combustion. Au lieu de cendres encombrantes et inutiles, on recueillerait donc un produit d’une grande valeur marchande.
- Les ciments hydrauliques sont le résultat de la combustion à bonne température de mélanges convenables de calcaires et d’argiles, préparés de telle façon que, après cuisson, les éléments essentiels : la chaux d’une part et d autre part le bloc de la silice et de l’alumine s’y trouvent approximativement dans le rapport de 2 à 1. Les composants doivent être broyés aussi finement que possible.
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- INFORMATIONS
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- Or, les divers combustibles utilisables, sont selon leur provenance tantôt à cendres calcaires, c’est le cas de la majorité des tourbes, tantôt à cendres silico-alumi-neuses, c’est le cas de la plupart des houilles et de certains lignite s.
- La température atteinte lors de la combustion, par les cendres de ces combustibles pulvérisés, peut être réglée pour être celle qui convient à la formation des ciments.
- M. Bouchaud-Praceiq, guidé par ces rapprochements, préconise donc l’emploi de mélanges de combustibles, réalisés de telle façon que leurs cendres après combustion forment des poudres de véritables ciments. On pourrait évidemment adjoindre au besoin, au combustible pulvérisé une certaine quantité de l’un des constituants, si celui-ci ne se trouvait pas en quantité suffisante dans le mélange réalisé.
- Il y a là une idée à la fois ingénieuse et séduisante qui nous paraît mériter de retenir l’attention des techniciens.
- Pilots en papier. — La revue Le Papier signale les essais actuellement pratiqués avec succès à Wildming-ton, en Californie, sur des pilots pour fondation dont l’âme est faite de papier enroulé. Sur un gabarit, long cylindre en bois," on enroule une longue bande de papier goudronné, collée sur les bords; le tout est ficelé, puis on pose diagonalement à la première une autre bande étroite à la façon d’un pansement sur un bras blessé. Faisant ensuite tourner le cylindre, on enroule du fil tout autour en appliquant de la colle chaude à chaque tour. Après trois couches de papier, on retire le cylindre de bois et on assujettit autour du cylindre de papier un filet à grandes mailles destiné à le renforcer après l’avoir préalablement coiffé d’un chapeau de forme conique. Les pilots ainsi obtenus sont recouverts d’un mélangé de ciment et de sable soufflé à une pression de a kg 1/2 par centimètre carré. Après avoir ainsi enduit les pilots de ce mélange, on forme la base. Les pilots sont soudés les Uns aux autres avec du ciment que l’on souffle à la jonction et l’on obtient des pilots de 60 pieds de hauteur et d’un dianiètre de 18 à 3o pouces. On adapte une tête carrée en acier au sommet du pilot pour supporter le choc du mouton.
- Une pile terminée pèse environ 6 tonnes et les ingénieurs prétendent que ces piles sont plus solides que les piles d’un seul bloc et ne sont pas attaquées par les insectes.
- Rôle des écureuils dans la propagation des noyers.
- — Le Service Forestier des Etats-Unis a fait connaître, récemment, une constatation assez curieuse, et qui est tout en faveur des écureuils, ces hôtes des forêts.
- L’écureuil est, paraît-il, un des agents les plus actifs dans la reproduction des plants de noyers américains, à tel point que c’est le bois des noyers plantés, il y a des années, par les écureuils qui a permis d’obtenir pendant la guerre tout le noyer nécessaire à la fabrication des crosses de fusils et des hélices d’aéroplanes.
- De quelle façon les écureuils prêtent-ils leur concours à la propagation de cette essence si précieuse à tant de points de vue ?
- Le noyer, pour prospérer, ne doit pas avoir trop d’ombre ; il lui faut un sol riche et fertile, en pleine lumière. Or, l’instinct de l’écureuil lui fait enterrer des fnoix en des lieux découverts, à la lisière des forêts ou près des bords des clôtures. On peut voir, aux Etats-Unis, des forêts entières de noyers ainsi créées par les écureuils.
- La raison pour laquelle ces gracieux animaux enterrent les noix est claire. Mais pourquoi les laissent-ils pousser ? A cet égard, on n’a pas encore trouvé d’explication certaine. L’hiver rigoureux, le chasseur et l’oiseau de proie détruisent-ils le gentil thésauriseur avant qu’il ait pu profiter de son épargne ? Le printemps hâtif lui permet-il de se passer de ces réserves, ou bien par distraction, l’écureuil perd-il le souvenir de ses cachettes ? Il serait intéressant de connaître, sur ce point, les observations des naturalistes.
- Population des Etats-Unis. — La Nature a déjà donné (n° 2441) les résultats globaux du recensement effectué aux Etats-Unis en janvier 1910. Les Petermanns
- Mitteilungen complètent aujourd’hui ces chiffres par les statistiques de chaque état. On y compte :
- Etats
- tts
- Alabama. Arizona . Arkansas Colorado Connecticut Delaware Columbia Florida Georgia Idaho .
- Illinois Indiana Iowa . California Kansas . Kentucky Louisiana Maine. . Maryland Massachuse Michigan Minnesota Mississipi Missouri. Montana. Nebraska New-Hampshire New-Jersey New-Mexico New-York . Nevada . . North-Carolina North-Dakota Ohio .... %Oklahoma . . Oregon . . . Pennsylvania. Rhode Island. South-Carolina South-Dakota, Tennessee. . Texas .... Utah .... Yermont. . . Virginia . . . Washington . West-Virginia Wisconsin. . Wyoming . .
- Totaux .
- Superficie Population
- en kmq —
- 134,669 2,347,295
- 295,134 333,273
- i38,i32 1,750,995
- 269,214 939,376
- 12,859 1,38o,585
- 6,138 223,o33
- 181 437,571
- >51,939 966,296
- 03,490 2,894,683
- 217,261 431,826
- 146,756 6,485,098
- 94,>53 2,930,544
- i45,4i5 2,4o3,63o
- 409,973 3,4^6,536
- 212,780 1,769,257
- io5,i45 2,4>6,oi3
- 125,625 >,797,798
- 85,570 768,014
- 31,926 1,449,610
- 2i,408 3,852,356
- i5o.162 3,667,222
- 219,318 2,386,271
- 121,376 1,789,384
- >79,79* 3,4o3,547
- 378,5o6 547,593
- 200,768 1,295,502
- 24,192 441.o83
- 2*,299 3,15 5,374
- 317,609 36o,247
- 127,433 10,384,144
- 286,675 77,407
- 135,778 2,556,486
- 183,460 645,73o
- 106,289 5,759,368
- 181,440 2,027,564
- 250,440 783,389
- 116,872 8,720,159
- 3,233 604,397
- 80,258 1,683,662
- 201,014 635,83g
- 108,832 2,337.459
- 688,644 4,661,027
- 220,II5 449.446
- 24,770 352,421
- 110,399 2,3o6,36i
- >79,o3i 1,356,316
- 62,598 r,463,610
- i45,2o5 2,631,83g
- 253,587 >94,402
- 7,839,064 Iô5,683,108
- L augmentation par rapport à 1910 n’est que de >4.9 pour 100, tandis qu’elle avait été de ai pour 100 entre 1900 et 1910. La guerre, la diminution de l’immigration européenne et la grippe ne sont pas sans influence sur cette diminution. La dépopulation des campagnes au profit des villes, observée pour la première fois en 1910, s’accélère. La population urbaine représente 52 pour 100 du total au lieu de 46 seulement en 1910.
- Les^ villes les plus peuplées sont maintenant, par ordre décroissant : ^
- New-York, 5 621 i5i habitants ; Chicago, 2 701 705 ; Philadelphie, x 8a3 158 ; Détroit, 993789; Cleveland, 796836; Saint-Louis, 772 897 ; Boston, 748060; Baltimore, 733826; Pittsburg, 588 198; Lôs Angeles, 576 673 ; San Francisco, 508410; Buffalo, SoôyyS; Milwaukee, 457147; Washington, 437571; Newark, 414216; Cincinnati, 401247; New-Orléans, 887 219; Minneapolis, 38o582 ; Kansas City, 324 4>°; Seattle, 3x5 652 ; India-napolis, 3x4 194 habitants.
- 12 villes ont de 200000 à 3ooooo habitants; 35, de 100000 à 200000; 76 de 5o 000 à 100000 habitants.
- Le salon de l’aéronautique de 1921. — La f exposition internationale de locomotion aérienne se tiendra au Grand-Palais, du 12 au 27 novembre prochain. Cetté manifestation comportera, répartie en onze catégories, toutes les industries se rattachant à la locomotion aérienne.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Électricité
- Appareil pour réaimanter les aimants de magnétos. — Les défauts de l’allumage dans les moteurs d’automobiles sont souvent dus à une cause dont il est difficile de s’apercevoir et qui est l’aimantation insuffisante des aimants de la magnéto.
- En effet les aimants à la longue perdent leur aimantation première et il est nécessaire qu’ils soient réai-
- f/ire ou èôon/te
- Fig. i.
- mantés en les appliquant sur un appareil que l’on peut établir soi-même et qui fonctionnera sur le courant continu no volts. Ce genre d’appareil sera naturellement d’une très grande utilité dans un garage plus que chez le simple particulier où il risquerait de ne servir fatalement qu'à des intervalles assez éloignés.
- Le principe est de constituer un électro-aimant et de placer sur ses pôles convenables ceux de l’aimant que l’on veut réaimanter.
- Nous aurons donc deux bobinages comme cela se passe dans un électro de sonnerie ordinaire.
- Pour retenir l’aimantation, les armatures de cefe électro seront faites en acier doux et on prendra une plaque inférieure qui servira de socle à l’appareil, dans laquelle les noyaux des bobines seront vissés. Cette plaque de nà i5 mm d’épaisseur aura 20 cm environ sur 10 de profondeur et les trous de fixation des noyaux seront distants de 9 à 10 cm environ (fig. 1).
- Les noyaux qui auront un diamètre de 10 mm seront longs de 20 cm et taraudés à une extrémité, l’autre bout sera terminé en forme de léger épaulement. On pourra aussi y disposer des épanouissements polaires si l’on désire aimanter des aimants de dimensions très diverses.
- Les joues des bobines seront constituées par de la fibre, de l’ébonite, du mica ou par tout autre isolant approprié. Leur diamètre sera de 75 mm sur une épaisseur convenable pour qu’elles soient rigides. On les perce d’un trou suffisant pour qu’elles puissent être enfilées sur les noyaux à frottement dur et on les placera l’une juste au-dessous de l’épaulement, l’autre de manière qu’elle arrive au contact du socle quand le noyau sera vissé à sa place. On peut à ce moment les arrêter à leur place par un petit goujon ou une goupille.
- Fl8- 2‘ On entoure ensuite les noyaux -
- de plusieurs couches de papier isolant du genre de celui que l’on utilise pour faire les petits condensateurs et entre chaque couche on imprègne le papier de gomme laque. On s’applique particulièrement à bien faire la jonction de la joue sur le noyau.
- On procède ensuite au bobinage qui pourra être fait sur un tour, mais en tournant lentement pour pouvoir placer régulièrement les couches de fil. Le fil employé sera du fil isolé au coton et d’un diamètre de 11/10 environ. Chaque bobine sera garnie à peu près de 5oo m. de fil et il faut avoir soin de bobiner chaque bobine en sens inverse de l’autre pour que les polarités des épau-lements des noyaux soient de noms contraires. On rangera les couches et de temps à autre on pourra imprégner d’un peu de vernis à la gomme laque. Il est
- d’ailleurs guère plus long de faire les choses avec soin que de les bâcler sans précautions (fig. 2).
- La dernière couche de fil particulièrement sera bien garnie de gomme laque et les fils de sortie de chaque bobine se trouveront à la partie supérieure tandis que sur la plaque support les sorties des bobinages communiqueront entre elles. On pourra d’ailleurs, si on le veut, coller les fils descendants à la gomme laque sur la surface extérieure de la bobine et recouvrir celle-ci ensuite avec une couche de ficelle que l’on vernira à la gomme laque. De cette façon le fil de la bobine sera protégé des accidents ou détériorations qui pourraient provenir de chocs ultérieurs quand on se servira de l’appareil. On visse les bobines une fois terminées dans les trous taraudés de la plaque inférieure et on connecte ensuite les deux bobines.
- La plaque qui forme la base de l’appareil est fixée par deux vis à bois sur une planchette de bois que l’on peut aussi vernir à la gomme laque, mais cela n’est pas absolument nécessaire.
- Sur le devant de la plaquette bois ou mieux sur le côté pour avoir une manœuvre plus commode, on dispose un interrupteur unipolaire à couteaux et une borne séparée. Les fils de sortie des bobines viendront se fixer l’un à l’interrupteur, l’autre à la borne. De même l’arrivée du 110 volts sera faite à l’interrupteur et à la borne O. On peut par mesure de précaution intercaler un fusible si on le désire (fig. 3).
- Les aimants seront réaimantés en les plaçant sur les
- Fig. 3.
- extrémités des noyaux, mais en ayant soin que les pôles de l’aimant se trouvent en contact avec les pôles de noms contraires de l’appareil de réaimantation. Pour déterminer les pôles de l’aimant on peut employer une boussole : le pôle nord de l’aimant attirera le pôle sud de l’aiguille aimantée et inversement. De même on peut déterminer de cette façon la polarité des épaulements polaires de l’appareil, mais ceci sera fait une fois pour toutes et l’on pourra marquer le pôle nord d’un peu de peinture rouge sur la joue correspondante.
- Pour l’aimantation on fait passer le courant quand l’aimant est en position et ensuite on ouvre et on ferme l’interrupteur plusieurs fois en laissant des intervalles de 4 à 5 secondes pendant lesquelles le courant passe. Quand on juge que l’aimantation est suffisante on frappe quelques coups légers avec un petit marteau sur le*l sommet de l’aimant et on ouvre l’interrupteur.
- Pour retirer l’aimant des noyaux on a soin de ne pas le faire par arrachement, mais en le faisant glisser sur les épaulements. On essaie alors la puissance de l’aimant, un aimant de magnéto d’allumage doit pouvoir lever environ 6 kg et si la puissance est alors jugée insuffisante à la suite de cette épreuve on recommence une nouvelle opération d’aimantation comme précédemment.
- Bien entendu cet appareil malgré la simplicité de sa construction sera malgré tout d’un prix assez élevé, étant donné la quantité de fil qui est nécessaire pour son établissement, mais c’est une dépense première qui se justifie par la commodité d’emploi de l’appareil qui une fois établi ne nécessite aucun entretien ni aucune dépense autre que le prix du courant qu’il consomme.
- E. Weiss.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- "Physique ^
- mente de se répandre dans les laboratoires scientifiques et industriels.
- Pompe a vide rotative. — Les recherches de laboratoire nécessitant l’emploi du vide sont de plus en plus nombreuses et actuellement les appareils destinés à faire le vide ont une importance technique considérable. Nous avons déjà signalé et décrit ici même la pompe à vide moléculaire de Gaede, la pompe de Langmuir à vapeur de mercure, la pompe Pilon utilisée en radiogra-
- Fig. 4- — Pompe « Cenco-Nelson ».
- phie. Bien que ces pompes fassent un vide très poussé, elles nécessitent en général l’emploi de pompes auxiliaires faisant un vide préparatoire dans l’appareil.
- Une nouvelle pompe, la Cenco-Nelson, que nous allons décrire permet de faire un vide de o,o5 mm de mercure. et dans un nouveau modèle tout récent, 0,01 mm, sans nécessiter de vide préparatoire.
- Cette pompe fûnctionne sur le même principe que les pompes d’alimentation d’huile des toitures automobiles dites pompes à engrenage.
- Les figures montrent la coupe d’une pompe à deux étages, la section horizontale et la vue d’ensemble de la pompe et du moteur électrique de 1/8 de cheval suffisant pour l’actionner.
- Actuellement les modèles courants sont à trois étages, et une circulation d’eau non représentée sur la figure permet d’éviter réchauffement de l’huile. On comprend facilement le mécanisme de l’appareil.
- Deux roues d’engrenage A et B tournent dans un carter hermétique. L’une des roues A est montée folle sur un arbre, l’autre B est commandée par la poulie P qu’actionne le moteur. Cet ensemble constitue un étage de la pompe et il y en a deux ou trois semblables montés en série. Des trous convenablement disposés permettent à l’huile de passer de l’un à l’autre. Tout le dispositif est placé dans une boîte R et immergé dans l’huile jusqu’au
- niveau M. L’orifice O est en relation avec le récipient à vider. Lorsque la poulie P est actionnée, il se produit une circulation d’huile d’un étage à l’autre qui entraîne le gaz à vider, amené par la tubulure O, et le rejette à travers la masse d’huile sous forme de bulles.
- La vitesse de rotation est d’environ 800 à 900 tours par minute, et le débit de 1800 cm3 par minute. On peut faire un vide de 0,1 mm dans un récipient de x litre en a à 3 minutes. On peut obtenir des vides limites de 0,1 mm de mercure avec une pompe à deux étages, de o,65 mm avec une pompe à 3 étages et de 0,01 mm dans les derniers modèles.
- Le prix dè cet appareil est en Amérique d’environ 40 dollars, ce qui est un prix très inférieur à celui des pompes similaires. Cet avantage, joint à la simplicité et à la sécurité de fonctionnement, fait que cet appareil
- Mécanique <*
- Borne annonçant réchauffement anormal d’une machine. — Dans nombre de machines, pour ne pas dire dans toutes, il y a des pièces exposées, de parleur fonctionnement même, à des échauffements anormaux. Lorsque ceux-ci se produisent, si l’on n’intervient pas à temps, de sérieuses avaries, parfois même des accidents graves, sont à redouter.
- . Il est donc utile de disposer d’un appareil avertisseur signalant de suite le danger. Tel est le rôle de l’appareil fort simple que nous allons décrire. Extérieurement il a l’aspect d’une simple borne que l’on fixe par un filetage ou de toute autre façon au point que l’on désire surveiller.
- Sonnerie
- Cette borne connectée à un circuit électrique contient un alliage, solide à la température ordinaire, mais qui fond en cas de surchauffe et vient alors fermer le circuit électrique et mettre en branle le signal d’alarme.
- La figure ci-contre représente l’appareil en coupe : il comporte une douille A en bronze ou tout autre métal conducteur; elle se fixe par la partie B dans l’organe à surveiller. Dans la
- douille est montée ® ^ ç
- une tige conductrice C isolée de la douille au moyen du bouchon isolant D monté dans le couvercle E.
- La tige qui est filetée est maintenue en place par les deux écrous F et H.
- A l’intérieur de la douille en L e s t placé l’alliage fusible, dont la composition est choisie de manière que la fusion se produise à la température à laquelle on d ésire faire fonctionner le signal d’alarme. On pourrait prendre par exemple l’alliage connû comprenant en poids :
- 4 parties d’étain,
- 8 parties de plomb, i5 parties de bismuth, 3 parties de cadmium qui fond à 63°. On peut prendre l’alliage de Darcet qui fond à ioo°; ou tout autre produit conducteur fusible.
- L’alliage est placé dans la douille de manière à former une cavité dans laquelle pénètre l’extrémité de la tige G, sans que celle-ci soit en contact avec l’alliage comme le montre la figure. La douille est placée dans un circuit électrique comprenant un fil relié à la tige G et serré entre les écrous F et G, une pile et une sonnerie avec retour par la masse de la machine.
- Lorsque la pièce, dans laquelle est montée la borne, chauffe anormalement, l’alliage fond et se rassemble au bas de la douille établissant ainsi le contact avec la lige G et fermant le circuit électrique. La sonnerie fonctionne et donne l’alarme.
- Dans le cas de plusieurs machines à surveiller, on pourra aménager différents circuits locaux montés en parallèle ; comprenant chacun une borne d’alarme et l’on pourra se servir d’un tableau annonciateur faisant connaître immédiatement l’endroit où s’est produit réchauffement.
- Lorsqu’une borne a fonctionné, elle n’est nullement perdue. Rien de plus simple que de la remettre en état. On la retire de la machine à laquelle elle est fixée; on ôte le couvercle, le bouchon et la tige ; on porte la douille contenant encore l’alliage dans un bain suffisamment chaud pour faire fondre à nouveau l’alliage. On y introduit alors une tige quelconque et on laisse refroidir de façon à reformer, pendant la solidification, la cavité décrite plus haut.
- L’appareil est construit par M. J. Biaise, administrateur-délégué de la Compagnie Haut-Marqaise d’Electri-cité, à Roches-sur-Rognon (Haute-Marne).
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- 1m
- VARIETES
- LA PRESTIDIGITATION EN FAMILLE
- Les grandes illusions.
- L’armoire ou cabane à disparitions, apparition», substitutions. — Avec cette armoire pouvant être transformée en cabane ou pavillon, on peut représenter diverses illusions. Je vais tout d’abord vous expliquer l’effet de chacun de ces grands tours, le truc étant à peu près le même pour tous.
- ILLUSION.
- Escamotage et apparition de deun personnes. — La scène est nue. L’illusionniste apporte un tapis qu’il montre des deux côtés, chiffonne, agite et sur lequel il frappe.
- Il n’est pas truqué le moins du monde, dit-il, mais je sais que, à l’instar de la pomme cuite, le prestidigitateur n est pas cru. C’est pourquoi, si deux personnes de la société veulent bien monter sur la scène, je vais leur prouver que nous ne mentons pas toujours.
- Deux personnes étant montées sur la scène, l’illusionniste leur fait examiner le tapis, qui, en effet, n’a subi aucune préparation.
- Je l’étends sur le plancher, afin d’éloigner de votre esprit tout doute de communication avec ledit plancher. Si celui-ci est muni d’une trappe, elle ne peut maintenant être d’aucune utilité. Mais je jure, parole d’honneur, qu’il n’en est pas muni !
- On apporte ensuite l’armoire qui n’a absolument rien d’extraordinaire quant à l’aspect. On la place au milieu du tapis, on l’ouvre et on convie un spectateur à l’examiner intérieurement, un autre extérieurement.
- Deux hommes entrent dans l’armoire. On la ferme à clé, puis on l’ouvre... Les deux hommes ontdisparu. On referme l’armoire à clé pour l'ouvrir de nouveau... Les deux hommes sont dedans.
- 2e ILLUSION.
- L’évadé mystérieux.— On fait examiner des cordes et des bandes de toile blanche de diverses longueurs. Puis, avec l’aide d’un spectateur, on attache solidement les mains du sujet derrière le dos. On lui attache également les pieds. Ceci se passe dans l’armoire (fig. i).
- L’homme qui, tout à l’heure, fera preuve d’un mépris absolu de ces ligatures, est debout sur un petit banc et adossé au fond de l’armoire. On tend sur lui les bandes de toile. Les unes, horizontales, passent dans des lames de métal placées à sa droite et à sa gauche et fixées, à l aide de pointes, sur Je fond de l’armoire. Ces bandes sont nouées sur la poitrine et le ventre du ligoté ; .d’autres bandes, obliques, sont fixées à l’aide d’épingles.
- On ferme la porte à double tour... On l’ouvre aussitôt... Les bandes horizontales sont dénouées. Seules, les obliques n’ont pas changé de place. Les cordes pendent. Quant à l’homme, il a disparu.
- 3° ILLUSION.
- La cabane hantée. — Cette cabane tapissée de noir, intérieurement, est, de même que l’armoire, placée sur un tapis. Des spectateurs l’examinent intérieurement et extérieurement.
- • On présente une chaise en bois ou en métal peint en blanc. (Une chaise de jardin convient parfaitement. Son style simple éloigne toute idée de truquage). On la place dans la cabane et on fait asseoir dessus la femme mystérieuse qui sera ou ne sera pas — that is the question « pour quelque chose » dans les phénomènes qui vont s’accomplir
- Cette femme qui, vous le pensez comme moi, n’appartient pas au public, est entièrement vêtue de blaüc, ce, afin de trancher, de même que la chaise, sur tout ce fond macabre qui tapisse l’intérieur de la cabane (fig. 2).
- Avec l’aide d’un spectateur, on lui attache les mains derrière le dos, ainsi que les pieds (mais non pas derrière le dos, ceux-ci). Après quoi, on la ligote très consciencieusement et très solidement à la chaise.
- Successivement, puis en dernierlieu ensemble on posera sur les genoux de cette dame, crécelle, trompette, tambour de basque, collier de grelots. accordéon, et derrière la porte, on entendra ces instruments fonctionner. Lorsque l’on ouvrira celle-ci, ils n’auront pas changé de place, pas plus que la femme en blanc qui prendra son air le plus innocent.
- On lui mettra ensuite, sur les genoux, un li^e fermé. Evidemment, lorsque l’on ouvrira 1 livre est ouvert.
- ^ On ferme de nouveau la porte... Quel est ce bruit, à 1 intérieur de la cabane ? Ce doit être le livre qui tombe... On ouvre la porte. Le livre est, en effet, tombé et sur les genoux de la dame blanche se trouve un bouquet de fleurs, un bracelet, un collier, une bague et... un petit billet — doux, sans l’ombre d’un doute. Très gentil de la part de l’amoureux invisible. On referme la porte et, quand on l’ouvre, la ligotée a disparu avec son siège.
- C’était fatal : après tous ces cadeaux... enlèvement.
- 4° ILLUSION.
- Les mystères du pavillon hindou. — Il est facile, vous le concevez, de convertir l’armoire en un ravissant pavillon aux vives couleurs. A l’aide de tentures, lanternes, banderoles, etc., on peut obtenir un joli effet (fig. 3).
- Un homme costumé en hindou entre dans le pavillon avec une chaise et un livre. (Il va lire, vraisemblable-
- Fig. 3.
- ment). L’illusionniste allume des brûle-parfums placés à droite et.,à gauche du pavillon, puis il ouvre la porte de celui-cL L’hindou est ligoté à la chaise, mains au dos et lit (son livre, ouvert, est sur ses genoux). L’illusionniste ferme la porte à clé. Coup de tam-tam dans le pavillon magique. On ouvre... Le ligoté a dispatu. Sur le plancher, sac ficelé par le haut et qui semble en proie à de violentes convulsions. L’illusionniste l’ouvre... L’hindou est dedans, ligoté. L’illusionniste le tire par les pieds, puis le replonge dans le sac qu’il ferme. Il referme ensuite la porte, puis l’ouvre... Le sac est
- Fig. 2.^
- porte, on constatera que le
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- VARIÉTÉS
- toujours à la même place et inerte, cette fois. L’illusionniste l’ouvre... Le sac renferme une femme.
- Et les énigmes se succèdent. La femme disparaîtra avec le sac, l’illusionniste mettra la chaise dans le pavillon et posera successivement dessus, vase, bougeoir, assiette vide et, dans le vase, apparaîtra, comme par enchantement, un bouquet, dans le bougeoir une bougie et dans l’assiette fruits et gâteaux. Il refermera la porte
- sur la chaise ne portant plus rien, on entendra sifflements, bruits étranges et lorsque l’on ouvrira la porte, la chaise sera jonchée de fleurs.
- L’illusionniste enlèvera la chaise — les fleurs aussi. L’hindou apparaîtra, l’illusionniste lp ligotera, le fixera sur le fond du pavillon à l’aide de bandes de toile... Il fermera la porte et l’ouvrant presque aus-sitôt, au lieu de l’homme, ce sera la femme de toutàl’heure qui sera ligotée.
- Explication de l’escamotage de deux personnes. — Le fond de l’armoire pivote sur lui-même, à l’aide d’une vis fixée en haut et d’une vis fixée en bas, toutes deux bien au milieu. Les deux côtés du fond doivent être exactement semblables. Aucun interstice ne doit exister. Ce fond doit s’emboîter très exactement et avec une égère difficulté dans « le cadre » de l’armoire. Il doit tourner sur lui-même avec une grande aisance (fig. 4)-
- L’un des deux hommes enfermés dans l’armoire pousse le fond, soit à droite, soit à gauche. Les deux hommes passent, l’un à droite, l’autre à gauche et referment l'armoire derrière laquelle ils se cachent. Pour y entrer, même façon de procéder. t
- Cette armoire, lourde de la base, mais aux parois et dessus légers, doit pouvoir se démonter et se remonter aisément. Il est bon de posséder deux ou trois fonds, chacun d’eux préparés différemment pour diverses expériences.
- Explication de l’Evadé mystérieux. — Pour cette illusion, le fond de l’armoire, pivotant également, doit porter des deux côtés, deux lames de métal, souples, dans lesquelles on passera des bandes de toile très
- Fh
- solide. Il doit être également muni d’un petit banc posé sur deux barres de fer horizontales et parallèles, fixées également avec une grande solidité, dans ce fond mobile. Les pieds de ce banc ne devront pas toucher le plancher de l’armoire. Ils en seront élevés de 3 ou 4 mm.
- Le verso du fond de l’armoire portera des bandes de toile passées dans les lames de métal, ainsi que des bandes disposées en croix de Saint-André et dont les extrémités seront fixées avec une épingle-. Des cordes seront disposées à peu près de la façon indiquée par la figure.
- On devra ligoter l’homme avec des cordes semblables et disposer sur lui des bandes également semblables et
- placées absolument de la même façon qu’au verso du fond de l’armoire.
- Des points, de petits traits au craydn, sur le fond de l’armoire, indiqueront à l’illusionniste l’emplacement exact des bandes en croix de Saint-André.
- Après les avoir bien tendues, on devra nouer très solidement les bandes horizontales (fig. 5).
- Un compère caché derrère l’armoire se chargera, en faisant fonctionner le fond mobile, de substituer au ligoté
- Fig-. 6.
- les bandes et les cordes seules... Aussitôt après, rideau.
- Explication de la cabane hantée. — Il est facile de donner maintenant à l’armoire l’aspect d’une cabane, en y adaptant un fronton. Une étoffe noire tendue sur le fond mobile, une autre sur le côté droit, une troisième sur le côté gauche, intérieurement, à l’aide de punaises noires et les spectateurs n’y verront que... du bleu.
- La chaise ne devra porter aucun barreau, afin qu’un homme puisse se glisser dessous sans trop de difficulté. La robe de la dame en blanc devra être assez longue, afin de masquer en assez grande partie le dessous de la chaise.
- La personne assise et ligotée, on place sur ses genoux une crécelle ou un tambour de basque et l’on ferme la porte à clé. L’illusionniste doit simuler quelque difficulté à faire tourner la clé dans la serrure, afin de donner le temps à un homme costumé en rat d’hôtel — sans la cagoule — d’entrer dans l’armoire, par le fond et se cacher sous la chaise avec une petite valise noire renfermant bouquet de fleurs à ressort, collier, bracelet et billet plié. Il n’oubliera pas une étoffe noire qu’il tendra derrière les deux pieds de devant de la chaise (voir fig. 6).
- La chaise porte deux crochets et l’étoffe noire deux trous. Derrière cette étoffe qui, vu sa cou- Il leur et celle du fond, ! est invisible, l’homme agira, invisible aussi.
- Pour se saisir des objets placés sur les genoux de la femme, iljsortira l’un de ses bras ou les deux.
- Il n’est plus, nécessaire que celui qui présente la cabane hantée en ferme la porte, à clé. < /
- Enlèvement de la dame en blanc. — L’homme en maillot noir quittera sa cachette et ouvrira le fond à un ou deux hommes qui, avec lui, emporteront la chaise et la dame qui y est ficelée. Le personnage en maillot devra être, de préférence, petit, souple. On peut employer un adolescent.
- Explication des mystères du pavillon hindou. — Les brûle-parfums sont pour occuper le public, le dérouter et pour l’apparat. Tandis que l’illusionniste les allume,
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- VARIETES
- un ou deux compères entrent dans le pavillon, par le fond tournant, ligotent tant bien que mal le pseudohindou et lui posent sur les genoux son livre qu’ils n’oublient pas d’ouvrir.
- Tandis que l’illusionniste ferme la porte à clé — ou au cadenas — et ce, en simulant quelque difficulté, deux compères, l’un masculin, l’autre féminin, déligotent l’hindou et le glissent, la tête la première, dans un sac étendu sur le sol. Ce sac se déboutonne à volonté dans le bas, à l'intérieur. L’autre extrémité est ligotée.
- Profitant de ce que la porte est à nouveau close, la femme entre dans le pavillon, tandis que l’hindou sort du sac et elle prend sa place"(fig. 7).
- Un compère vêtu d’un maillot collant, noir, se glissera sous la chaise avec valise noire renfermant fleurs à ressort, bougie, pyramide de fruits et gâteaux en cartons collés l’un à l’autre. Il n’oubliera pas sifflet et autres instruments bruyants et surtout l’étoffe noire qu’il tendra derrière les deux pieds de devant de la
- chaise et qui le dissimulera. (Pour la façon de procéder, voir La cabane hantée). Les bruits entendus dans le pavillon hindou sont pour intriguer et impressionner le public. Tout en les produisant, l’homme en noir enlèvera l’étoffe qui le cachait, répandra des fleurs artificielles et se retirera.
- Quant au dernier mystère, sa clé est la même que celle de XEvadé mystérieux. Mais au lieu de substituer au ligoté cordes et bandes semblables, ce sera une femme préalablement fixée au verso du fond du pavillon.
- Afin que l’illusionniste sache bien quand il doit ouvrir la porte, le ou les compères feront bien de l en avertir par deux tintements ou bruits quelconques, perceptibles de l’illusionniste seul.
- Les quatre pieds du pavillon, posés sur un tapis, peuvent être assez élevés. Derrière le pavillon se trouvera une plate-forme de même hauteur, recouverte d’un tapis et sur laquelle se tiendrout les aides.
- Luc. Mhgket.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Comment il faut employer le cirage. — Presque toujours pour transporter le cirage de la boîte qui le contient à la chaussure, on tamponne la brosse à cirage sur la pâte, procédé qui est tout à fait défectueux, car en opérant ainsi on fait pénétrer le cirage dans l’épaisseur de la brosse qui se gorge à outrance, devient un véritable bloc, lequel ne cède au cuir que très peu du produit utile.
- Il est de beaucoup préférable de prendre un peu de cirage, la grosseur d’un pois environ au moyen d’une curette en bois et d’en mettre de place en place sur la chaussure, alors seulement intervient la petite brosse, humectée s’il s’agit d’un cirage à l’eau; qui répartit l’enduit sans l’absorber, l’extrémité des soies travaillant seule. Quelques coups de brosse à reluire amènent rapidement au brillant désiré, d’où économie de cirage, d’ustensiles et plus grande facilité dans l’opération.
- Chaussures moisies. — Il arrive parfois que les chaussures dont on ne se sert pas habituellement se couvrent d’une couche blanche ou verte de moisissures. Pour les remettre en état, il suffit de brosser d’abord énergiquement pour enlever la plus grande partie des végétations parasites, ensuite on frotte avec une flanelle imbibée d’essence de térébenthine et on termine par l’application d’une couche très légère du même produit. Les chaussures sont désormais à l’abri des cryptogames.
- Préservation des chaussures contre Peau de mer.
- — L’approche des vacances et la prévision d’un séjour au bord de la mer a motivé de la part de plusieurs lecteurs la demande d’un procédé pour imperméabiliser les chaussures; la formule suivante ieur donnera, pensons-nous, satisfaction.
- Dans un vase de fer on amène à fusion :
- Suif de mouton....................100 gr.
- Cire jaune........................ 80 —
- Résine pulvérisée ....... 20 —
- On retire alors le vase du feu et on incorpore en remuant constamment 800 gr. d’huile d’œillette ; on obtient ainsi une pâte onctueuse que l’on applique sur le cuir bien sec en se servant d’un tampon ou, ce qui est préférable, d’un pinceau à poils un peu durs, pour bien faire pénétrer la mixture dans le creux du pourtour de la chaussure entre la semelle et l’empeigne.
- Choix des bouteilles pour vins fins. — D’après les conseils d’un spécialiste, si on veut que le vin développe tout son bouquet, il est indispensable de le loger dans des bouteilles en verre teinté et non en verre blanc. On doit demander à son fournisseur le type bordelaise de particuliers dont la capacité est de 75 centil. et ne pas se laisser donner la bordelaise de marchands de vin qui n’est que de 60 à 65 et dont le fond très accentué est difficile à laver ; le prix de la bouteille étant le même, pour une quantité donnée de vin à tirer, on réalise ainsi une économie non négligeable.
- Utilisation des vieilles boîtes métalliques. — Après avoir utilisé leur contenu, les vieilles boîtes métalliques ayant renfermé du cirage, des conserves, etc., sont le plus souvent jetées parce que les étiquettes vernies qu’elles portent rappellent leur origine et on les conserverait volontiers si ces inscriptions pouvaient disparaître. Rien de plus facile cependant que d’arriver à ce résultat, quelques minutes d’ébullition dans une solution de soude caustique à 5 pour 100 et la boîte sortira du bain neuve, brillante et prête à une foule d’emplois divers. Après rinçage et séchage ou pourra même les recouvrir à nouveau d’un vernis pour métaux coloré au goût de l'amateur suivant l’utilisation qu’il aura en vue.
- Etiquettes de jardin. — On se sert habituellement de plaquettes de bois peintps en jaune, au chromate de plomb, lequel n’a qu’une faible adhérence avec le support, de sorte que l’inscription disparaît rapidement.
- Un procédé très pratique consiste à prendre un morceau de carte de visite forte sur laquelle on trace à l’encre les indications voulues, on trempe ensuite l’étiquette dans l’huile de lin et on essuie.
- Au contact de l’air l’huile se résinifie et donne un enduit protecteur inattaquable par la pluie qui permet de lire l’inscription rendue ainsi indélébile.
- Enduit calorifuge pour tuyaux de calorifères. —
- Il est parfois nécessaire de regarnir les tuyaux de calorifères à circulation d’eau chaude ou de vapeur dans les parties exposées au refroidissement sans faire venir pour cela un spécialiste, un enduit très adhérent peut être obtenu par mélange de :
- Amiante en fibres............... 400 gr.
- Terre d’infusoires..............i5oo —
- Argile........................... 5o —
- Liège en poudre.............. . i5oo —'
- Le mélange est délayé dans le silicate de soude du commerce à 36° B de façon à obtenir une pâte bien liée que l’on applique soit à la main, soit à la truelle ; on peut si on le désire terminer par un enroulement d’une bande de toile de couleur voisine du ton de la pièce, ou joindre à la pâte une couleur appropriée telle que ocre jaune ou rouge, bleu de Prusse, chromate de plomb convenablement choisie.
- Fissures dans les aquariums. — Les petits aquariums dans lesquels on élève des poissons rouges présentent souvent un léger suintement entre la glace et le bâti, au grand ennui du pisciculteur en chambre. Ces petites fuites peuvent aisément être obturées en appliquant extérieurement entre la vitre et son support une pâte semi-fluide obtenue en broyant de la litharge et de la glycérine ; ce mastic ne doit être préparé qu’au moment de l’emploi, car il durcit très vite et prend la consistance de la pierre.
- N. B. Pour la réparation il convient de vider l’aquarium.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Coupez le ventilateur en téléphonant. — Le ventilateur installé dans un bureau a la grand inconvénient de donner un bruit continuel auquel on s’habitue vite, mais cependant le potin que fait parfois le ventilateur est très gênant, quand on veut téléphoner et que la transmission n’est pas parfaite, comme cela se présente malheureusement si fréquemment.
- Une disposition ingénieuse consiste à brancher dans le circuit qui alimente le téléphone un interrupteur, qui sera commandé par le mouvement que l’on doit faire quand on prend l’appareil récepteur.
- S’il s’agit d’un poste mural, on reliera un petit interrupteur à manette au levier qui forme commutateur pour la sonnerie et auquel est suspendu le récepteur que l’on doit décrocher pour le porter à l’oreille. Enfin s’il s’agit d’un poste mobile, on peut se contenter d’agir automatiquement sur un poussoir, sur lequel l’appareil sera simplement posé.
- Tout cela peut évidemment être remplacé par un simple bouton de manoeuvre qui fonctionnera à la main et qui devra être actionné, en cas de nécessité, par celui qui emploie l’appareil téléphonique ; il suffit pour cela de faire passer près de l’appareil le circuit qui alimente le ventilateur et d’y placer un interrupteur.
- Quel que soit le moyen employé, ce sera une amélioration très simple de la communication téléphonique, mais, hélas ! il n’aura aucune action pour vous, faire obtenir un numéro plus rapidement.
- Chauffe-bains photographiques. — Il est parfois nécessaire de chauffer certains bains photographiques à une température déterminée pour obtenir le résultat parfait que doit donner ce bain.
- L’emploi du chauffage électrique est tout indiqué pour le chauffage de ces bains et si la température ne doit pas être forte, comme c’est le cas le plus fréquent, on peut se contenter d’une lampe à filament de charbon qui a déjà beaucoup d’usage et qui consomme du courant sans éclairer beaucoup. Cette lampe sera placée dans une boite à cigares garnie d’amiante sur les parois intérieures et recouverte d’un couvercle de fer-blanc double, muni de chicanes pour laisser passer la chaleur mais non la lumière.
- Le bain à chauffer est placé dans une cuvette photographique que l’on pose sur la boîte chauffante. Le courant est amené par fils souples et traverse le côté de la boîte pour venir alimenter la lampe.
- Une disposition encore plus simple, mais qui exige un tapis chauffant, consiste à placer ce dernier simplement
- ; sous la cuvette et on n’a pas à craindre alors l’action de la lumière. Il est d’ailleurs assez facile de construire un petit tapis pour cet usage, en lui donnant les dimensions convenables et nos lecteurs se reporteront pour cela au numéro 2386 de La Nature.
- Un pied d’appareil photographique de fortune. —
- On sait qu’il est à peu près impossible de faire de la pose sans pied photographique. Dans le cas où l’on en est dépourvu on est obligé de poser l’appareil sur un meuble ou sur des échafaudages plus ou moins savants de supports hétéroclites.
- On peut utiliser un pupitre à musique avec beaucoup plus de facilité. Le mieux sera évidemment d’avoir une tige filetée qui se vissera dans l’appareil et qui sera fixée dans un support en bois qui rentrera dans la tige ou dans la pince du pupitre.
- On peut substituer à la tige filetée un morceau de bois tendre ou de liège qui pourra s’immobiliser dans le filet de vis de l’appareil sans le détériorer. Un bouchon un peu long et taillé convenablement fera parfaitement l’affaire et de cette façon on pourra, sans être obligé de procéder à des déménagements compliqués, prendre des vues d’intérieur même si l’on a oublié le pie#de l’appareil photographique.
- Une montre fait un excellent petit goniomètre.
- — On peut facilement mesurer les angles sur le terrain au moyen d’un cadran de montre ou mieux encore d’horloge. On n’a pas toujours une horloge sur soi et si l’on veut on peut se contenter du cadran imprimé. Parcontre on a toujours une montre et il suffit de la poser à plat en disposant une règle sur le cadran pour servir de visée.
- De cette façon on conçoit facilement qu’on puisse mesurer des angles d’une manière évidemment très approximative. Le cadran est divisé en 60 divisions qui représentent des minutes de temps, mais qui en divisions angulaires seront la soixantième partie de 36o°, soit 6° pour une division. Il est donc très facile de calculer la valeur de l’angle de deux points que l(on vise avec la règle qui naturellement sera posée sur la montre de manière à se trouver suivant un diamètre.
- Il ne faut pas chercher évidemment une précision extrême, mais on peut néanmoins avoir une estimation grossière qui pourra rendre service dans certains cas et qui permettra notamment d’apprécier la distance d’un point éloigné en exécutant des visées de chaque extrémité d’une base étalonnée.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu Immédiatement.
- Réponses. — M. Paul Hutet, à Lyon. — Nous donnons d’autre part, dans les Recettes et procédés utiles, le moyen de débarrasser les boîtes métalliques des inscriptions vernissées qu’elles portent et les mettre ainsi en état de servir à d’autres usages.
- M. l'abbé Berland, à Gien. — Le dépolissage des lampes à incandescence peut se réaliser en préparant les deux solutions suivantes :
- A Eau ordinaire.............ioo c. c.
- Gélatine blanche. ... 8 gr. 5
- Chlorure de baryum . . 8 gr. 5
- B Eau ordinaire.............ioo c. c.
- Sulfate de soude. ... 6 gr.
- Verser goutte à goutte la solution B dans la solution A encore tiède et agiter jusqu’à obtention d’un produit bien homogène. Tremper dans ce mélange toujours tiède les lampes à dépolir et laisser sécher.
- Si on désire une coloration rouge, il suffit d’ajouter à la masse de l’éosine en proportion convenable pour obtenir la teinte désirée.
- M. Rérolle, à Lyon. — L’altération des filets de pêche servant en eau douce est d’origine bactérienne et principalement due au développement du bacillus amylobacter ; vous pourrez éviter cet inconvénient en faisant macérer les filets pendant 24 heures au moins dans une décoction de 200 gr. d’écorce de pin d’Alep par litre d’eau.
- M. de Drommaguet, à Paris. — Nous ne pouvons répondre qu’aux questions d’intérêt général et non à celles qui concernent des fabrications particulières; veuil-lez-vous adresser au Laboratoire d’analyse des Papiers de la Chambre de Commerce, Bourse du Commerce à Paris.
- Les Aisses, Ferté Saint-Aubin (Loiret). — i° Les résidus de fabrication d'acétylène constitués par de la chaux éteinte ne peuvent être utilisés pour badigeons qu’avec adjonction d’un liant, lequel peut être la caséine, la gélatine ou lé silicate de soude ; une bonne formule de peinture associant ces trois éléments est la suivante :
- Chaux éteinte .... 160 grammes
- Blanc d’Espagne. . . 160 —
- Caséine 20 —
- Colle forte . . . . . 3o —
- Alun 3o —
- Silicate de soude . . 40 —
- Faire dissoudre séparément la caséine, la colle forte et l’alun dans l’eau chaude, ajouter ensuite la chaux, le
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- BOITE AUX LETTRES
- silicate et la craie, puis amener par addition d’eau consistance convenable pour la peinture.
- a6 Servez-vous, pour fixer les chiffres d’heures sur le cadran de votre pendule, du ciment au silicate de soude et craie dont nous avons donné la recette dans le n° 2460, page 172, nous pensons qu’elle vous donnera satisfaction.
- M. Desmazieres, à Sarrebruck. — i° Le marbre a été très probablement placé dans la cendre chaude avant de frotter les parties à joindre avec de la gomme laque. 20, 3°, 4° Nous avons répondu à ces questions dans le n° 2461 ; 5° Veuillez vous reporter à la réponse faite à M. Cacouault de Sermaize dans un de nos précédents numéros pour les réparations peu étendues du tain des glaces; 6° On obtient une très bonne adhérence des étiquettes gommées sur les boîtes en fer-blanc en ayant soin de passer préalablement un peu d’eau aiguisée par l’acide chlorhydrique sur la partie qui doit recevoir l’étiquette, l’étain devient ainsi moiré, ce qui donne les aspérités nécessaires.
- M. A. Getaz, à Zurich. — On obtient facilement une limonade en préparant d’avance :
- A Bicarbonate de soude pulvérisé . 4 grammes.
- Sucre en poudre............... 4o —
- Essence de citron ....... II gouttes.
- B Acide tartrique pulvérisé. ... 4 grammes.
- Au moment de l’emploi, on introduit rapidement les poudres A et B dans une bouteille remplie d’eau, on bouche et ficelle pour éviter le départ de l’acide carbonique mis en liberté et qui doit se dissoudre dans l’eau.
- On peut à volonté remplacer l’essence de citron par toute autre essence artificielle de fruits, telle que cerise, groseille, poire, orange que l’on trouve aujourd’hui couramment dans le commerce.
- M. Couteau, à Nigues. — JJémaillage du verre ne peut être effectué que dans des fours spéciaux, travail qui n’est pas à la portée de l’amateur. Vous pourrez cependant essayer du procédé suivant qui donne un enduit insoluble dans l’eau froide, résistant à l’éponge et qui notant attaqué que par l’eau bouillante peut durer des années. Pour l’obtenir on malaxe du minium fin avec la solution commerciale de silicate de soude, de manière à avoir une consistance convenable pour l’application au pinceau ou au pochoir, il suffit ensuite de laisser sécher suffisamment de temps à l’air pour réaliser un enduit très résistant. On peut substituer au minium, suivantle but proposé, les ocres jaune ou rouge, l’oxyde de manganèse et y adjoindre le sulfate de baryte.
- M. Ch. Weibel, à Genève. — Le mieux est de remonter les eaux usées au niveau du sol par une petite pompe centrifuge mue électriquement si possible et de les écouler à l’égout. Cette manière de faire sera plus économique que d’entreprendre un travail d'épuration, nécessitant bacs de dépôt, filtration et en tout cas remontage final des boues.
- M. W., à Dunkerque.— i° Il est préférable de conserver le tétrachlorure de carbone dans des vases en verre ; 20 le chlorure de soufre employé pour la vulcanisation est le protochlorure S2 Cl2, on l’obtient en faisant passer un courant de chlore sur du soufre fondu et en rectifiant pour éliminer le soufre entraîné. On peut également le préparer en distillant un mélange de une partie de soufre et 9 de bichlorure d’étain ou la même quantité de soufre avec 8 parties de bichlorure de mercure. . Le protochlorure de soufre de densité égale-à,- 1,687, ^ bout à i36° et dissout le soufre très facilement.
- M. Gresner, à Sorgues. — Les dynamomètres destinés à l’essai de résistance des fils sont de véritables instruments de précision, les seuls croquis que nous donnons pour exécuter les travaux d’amateurs seraient insuffisants et nous ne pouvons d’autre part entrer dans la voie de fournir des plans techniques complets, ce qui ne répondrait pas aux vues de notre Journal. Nous considérons du reste que malgré l’atelier dont vous disposez, les tâtonnements inévitables pour l’exécution d’un premier modèle vous occasionneraient une dépense supérieure à l’acquisition d’un appareil sortant d’une maison spécialisée dans cette fabrication, telle que la Société Franco-Américaine, 15, rue de Paris, à Gentilly, Seine.
- Mlle Lorsignol, à Paris. — Tous renseignements sur les acides organiques vous seront donnés par) le Dictionnaire de Würtz ou le Dictionnaire de Chimie de Villon et Guichard. Sans avoir besoin de faire l’achat de ces ouvrages, vous pourrez les consulter, soit à la Biblio-
- thèque Sainte-Geneviève, place du Panthéon, soit à celle des Arts et Métiers, rue Saint-Martin.
- M. le Directeur de l’Ecole française commerciale, à Patras. — A) Vous pourriez facilement préparer des écrans inactiniques en trempant des feuilles de papier
- dans :
- Alcool méthylique...........1000 c. c.
- Auramine O M P.............. 5 gr.
- Solution alcoolique de safra-
- nine à o,5 pour xoo .... 10 c. c.
- Ces produits vous seraient fournis, soit par les Etablissements Poulenc frères (122, boulevard Saint-Germain, Paris), soit par M. H. Calmels (i5o, boulevard Montparnasse). Ce dernier pourrait également vous procurer divers genres d’écrans inactiniques spécialement préparés suivant la nature des plaques que vous employez. Nous vous signalons aussi les papiers colorés Rubra et Virida, de l’Union photographique industrielle Lumière et Jougla (82, rue de Rivoli). — B) 11 existe un grand nombre de formules constitutives d’émulsions au gélatino-bromure et à Yiodo-bromure d'argent, et nous ne pouvons vous en citer ici qu’une de chaque sorte, à titre d’exemples. Pour l’émulsion au bromure, vous pouvez employer le procédé de Székély, basé sur la volatilité du carbonate d’ammoniaque à chaud. Dans i5o c. c. d’eau, on dissout 17 gr. de nitrate d’argent que l’on précipite (à l’abri de la lumière actinique) à l’aide de 10 gr. de bicarbonate de soude dissous dans i5o c. c. d’eau. On lave sur un filtre, on rassemble le précipité dans un gobelet en verre mince, on redissout le carbonate d’argent par l’ammoniaque concentrée, environ 20 c. c., et l’on ajoute assez d’eau pour faire i5o c. c. D’autre part, on fait dissoudre 22 gr. de gélatine et 10 gr. de bromure d’ammonium dans 160 c. c. d’eau, on mélange les deux solutions, on rince avec 25 c. c. d’eau le flacon qui avait contenu la dissolution d’argent, et l’on abandonne l’émulsion pendant plusieurs heures à la température de 70°. Le bromure d’argent mûrit, en même temps que l’ammoniaque et le carbonate d’ammoniaque s’éliminent. Lorsque l’odeur d’ammoniaque n’est plus forte, on peut étendre cette émulsion sur les plaques. Pour l’émulsion additionnée d’iodure, voici la
- formule d’Eder :
- A) Bromure de potassium. . 20 gr.
- Iodure de potassium. . . 0,6 gr.
- Gélatine tendre....... 20 gr.
- Eau...................200 c. c.
- B) Nitrate d’argent. .... 3o gr.
- Acide nitrique ..... 1 ou 2 gouttes.
- Eau distillée........ ii5 c. c.
- G) Gélatine dure. ..... . 3o gr.
- Eau.....................5oo c. c.
- La gélatine est mise à gonfler à froid dans la quantité d’eau indiquée (solution A). On y ajoute les sels, et l’on fait fondre au bain-marie. On ajoute alors la solution B, en agitant le mélan^p, et l’on obtient la matu ration par une coction/ à^l’eau bouillante d’environ 20 minutes. On refroidit ensuite, et, quand la gelée s’est figée, off^â lave au canevas. On ajoute enfin la solution G, on fait chauffer, et on cou^ÿür les plaques. — C) Il n’est pas pratique- d’essayer ciè durcir la gélatine destinée à l’êm'ijl^iQji ; ^divers auteurs ont bien préconisé l’alun, inais il vaut jnieux employer des gélatines-dures. — D) Les fabricants dé plaques tiennent secrets leurs procédés de m^turat-io.d. Le plus sûr qui ait été publié est celui qü‘e nous vous indiquons ci-dessus : former l’émulsion avec une très petite quantité de gélatine tendre, faire mûrir rapidement à chaud, et n’ajouter qu’au dernier moment la gélatine dure. — Pour de plus amples renseignements pratiques sur ces divers sujets, vous pourriez utilement consulter l’ouvrag^ de M. Ris-Paquot : La préparation des plaques au gélatinobromure par l'amateur lui-même (Gautnier-Villars, éditeur, 55, quai des Grands-Augustins, Paris).
- M. le Dr Dendrino, à Bucarest. — La question est purement pharmacologique et nous ne saurions la résoudre. Le produit bien préparé est stable. Vous pourriez vous adresser à un laboratoire pharmaceutique.
- M. Lamarche, à Paris. — L’emploi du miroir élon-gateur du point de vue est basé sur les principes les plus élémentaires de l’optique (réflexion de la lumière sur les surfaces planes) que vous trouverez exposés dans les Traités de physique, par exemple ceux dé Drion et Fernet (Masson, éditeur). Vous pourrez également
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- BOITE AUX LETTRES
- consulter, sur ce sujet et sur les autres points signalés par votre lettre, les ouvrages suivants : Colson, La pers-pective en photographie-, Robinson, La photographie en plein air (2 vol.) et Les éléments d’une photographie artistique-, Dillaye, Principe et pratique d’art en photographie, tous ces livres édités chez Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. José Mendoza Guizar, à Yurecuaro, (Mexique). — Le catalogue de Messier renferme io3 amas d’étoiles et nébuleuses. Il a paru dans la Connaissance des Temps des années 1783 et 1784. M. Camille Flammarion ayant eu la bonne fortune de trouver le manuscrit de ce catalogue a procédé à une révision des objets célestes qu’il contient. Cette révision a fait l’objet d’articles mensuels dans VAstronomie (Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris) à partir de novembre 1917. Le numéro de novembre 1917 renferme la reproduction du catalogue des io3 nébuleuses et amas. Les numéros suivants, jusqu’à ce jour, en contiennent la description détaillée.
- Cartes célestes -. Il existe un grand nombre de cartes célestes, mais leur emploi dépend du genre de travaux que vous désirez entreprendre. Pour des observations courantes nous vous signalons : Grande carte céleste, contenant toutes les étoiles visibles à l’œil nu, par Flammarion et Fouché; Grand atlas céleste, de Ch. Dien, révisé par M. .Flammarion (Librairie Thomas, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris). Pour des travaux de précision : Carte photographique du Ciel (à consulter dans un observatoire officiel). Cartes célestes photographiques de Pickering (s’adresser à l’observatoire de Harvard College Cambridge, Etats-Unis). Atlas céleste d’Arge-lander contenant les étoiles de la iro à la 10e grandeur.
- Catalogues d’étoiles : Il existe des catalogues d’étoiles dans la Connaissance des Temps et dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes (Gauthier-Villars, éditeur, Paris). Autres catalogues : Dans Les étoiles et les curiosités du Ciel, de Flammarion; Catalogue d'étoiles brillantes, de Bossert (Gauthier-Villars, éditeur); Catalogue photographique du Ciel [idem] ; Bonner Durclimusterung; Revised Harvard Phoiometry (Annales de l’observatoire de Harvard College, vol. L., 1908), etc.
- M. G. Cambefort, à Monségur. — Nous avons en préparation un article sur la construction d’une lunette astronomique revenant à un très bas prix, et que tout amateur un peu habile pourra établir par ses propres moyens. Une telle lunette permettra d’observer la plupart des phénomènes décrits dans le « Bulletin astronomique ».
- M. LI. F.., à Louvain. — Vous pourrez vous procurer des appareils à prismes en vous adressant à M. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris. Cette maison vous fournira aussi l’objectif qui convient le mieux au format que vous envisagez, ainsi que les plaques et papiers nécessaires aux reproductions. Vous trouverez toutes indications utiles pour les dispositions à donner à la table porte-objet et à l’appareil de reproduction à prisme dans le Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (Librairie Delagrave, 15, rue Soufflot, Paris).
- M. G. B.Jk C. — Les bonnes maisons d’horlogerie sont à même de vous fournir une horloge dont la variation diurne n’excédera pas les limites que vous indiquez. Il vous faudra cependant étudier une telle horloge de manière à bien connaître sa marche, notamment en fonction de la température et de la pression. Si vous possédez une petite station de T. S. F., vous aurez le moyen de contrôler très exactement l’état de votre horloge au moyen des émissions horaires dont La Nature a donné le détail, et d’en déduire sa marche. Posez donc aux constructeurs dont les noms et adresses suivent la même question que vous nous avez posée, ils vous indiqueront l'horloge répondant le mieux au but que vous vous proposez. Adresses :
- L. Leroy et Ci0, 7, houlevard de la Madeleine, Paris; Paul Ditisheim, à La Chaux-de-Fonds (Suisse); J. et A. Ungerer, 16, rue de Labroque, à Strasbourg. -
- M. Pierre Gilly, à Bouffarick, Alger. — Le procédé que vous décrivez ne peut servir à mesurer le diamètre des étoiles. S’il existe un certain rapport entre le diamètre d’un corps céleste et le phénomène de la scintillation (nous voulons dire par là qu un corps ayant un diamètre apparent scintille moins qu’une étoile), ce rapport est infiniment complexe. Le phénomène de la
- scintillation est surtout produit par les inégales densités de l’air. L’atmosphère se présente un peu à nous à la manière de l’air chaud qui s’échappe d’une cheminée. Il s’y produit, sous l’influence du vent, de réchauffement inégal de l’air au contact du sol, de l’humidité, etc., un brassage continuel qui donne lieu à de multiples réfractions du rayon lumineux provenant des étoiles. Ces réfractions échappent à toute loi de périodicité rigoureuse et ne permettent pas, notamment, de remonter au diamètre de la source de lumière. Comme expérience secondaire, observer — le fait est encore assez fréquent — au fond d’une pièce l’éclairement produit par des fusées éclairantes lointaines. Alors que ces fusées scintillent très fortement, on voit au fond de la pièce les ombres mouvantes des inégalités de l’air, c’est-à-dire que l’on voit à la fois l’effet et la cause. Ce phénomène est le même que celui des « ombres volantes » des éclipses de Soleil.
- M. E. P., à Mercier-Lacourbe (Oran). — La composition des résidus ou vinasses de distillerie de vin est très variable, suivant leur provenance. Ces résidus contiennent encore de l’alcool, 3o à 5o pour 100 d’extractifs non azotés, des matières organiques et une certaine proportion d’acide phosphorique et de potasse.
- L'intérêt que nous verrions, pour vous, dans l’utilisation de ces sous-produits, serait dans ce fait que les vinasses de vin, comme les vinasses de lie, servent à l’extraction du tartre. On verse, dans la vinasse claire, ou après dépôt de lie, un lait de chaux; l’acide tar-trique libre et le bi-tartrate de potasse sont précipités à l’état de tartrate de chaux. Après décantation, la vinasse est dépouillée seulement de son tartre, mais non de son acide phosphorique et de ses matières organiques, si on a pris la précaution de laisser un peu d’acidité à la liqueur. Le résidu peut être utilisé comme engrais. Séché et calciné à l’air, il donne des cendres gravelées contenant 3 pour 100 environ d’alcali caustique. En calcinant dans un four chauffé à une haute température au lieu de calciner à l’air, en laissant refroidir, puis en aspergeant d’eau bouillante, et enfin, en filtrant et concentrant, on obtient du carbonate de potasse.
- Vous pourriez consulter le livre I^es Résidm de la vendange, par P. Goste-Floret (Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, à {Montpellier) et la Direction de la Station agronomique et œnologique, à Alger, à Bordeaux, Toulouse et Narbonne.
- M. H. G., à Boufarik. -— Sur la fabrication des vins ou moûts mutés, vins fermentés, mistelles et vins de liqueur, il y a les ouvrages suivants : Traité pratique de la préparation des vins de luxe, par Victor Sébastian, 1 volume ; L’Art de faire les vins d’imitation, par J.-F1. Audibert, 1 volume; Traité complet de la fabrication des liqueurs et des vins dits d’imitatio^., par A. Bedel, 1 volume. Voyez aux adresses suivantesippour plus amples indications : Coulet et fils, éditeurs, 5, Grand’Rue, Montpellier; Féret et fils, éditeurs,
- 15, Cours de l’Intendance, Bordeaux. Station agronomique d’Alger ; M. Mathieu, Directeur de la Station agronomique et œnologique, à Bordeaux; M. Vincens, Directeur delà Station œnologique, à Toulouse, 48, rue Roquelaine ; M. Semichon, Directeur de la Station œno-logique^Narbonne; M. Roos, directeur de la Station œnologique, Ecole nationale d’Agriculture, à Montpellier; M. Weinmann, chimiste-œnologue, à Epernay (Marne).
- M„F. W., à Lisbonne. — Voici des adresses de maisons pouvant vous fournir des chauffe-bains comme ceux que vous désirez : Blachère, 100, rue de la Roquette; Blanc, 4?> boulevard Richard-Lenoir; Prost, 102, boulevard Beaumarchais; La Flamme Bleue, 19, rue des Couronnes, Paris.
- Les inconvénients que vous signalez pour votre batterie d’accumulateurs doivent provenir tout d’abord de la densité de l’électrolyte qui ne doit pas titrer plus de 28°. Le vôtre doit être trop concentré, car le même phénomène s’est produit pour cette raison avec des accumulateurs que nous chargions. Vous devez avoir également des plaques ayant perdu une certaine quan-, tité de matière active, plaques à remplacer. Enfin, nous vous signalons aussi que la perte rapide de la charge doit venir également de ce que la boîte en bois est imprégnée d’acide étant donné l’ancienneté de la batterie; dans ce bois conducteur doit passer une partie du courant en une dérivation appréciable. Comme remède, prendre une autre boîte ou passer un vernis à base de goudron.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- L'Année Biologique. Comptes rendus des travaux de biologie générale. Publication trimestrielle de la Fédération des Sociétés de Sciences naturelles, 25e année. Nouvelle série, t. I. Masson et Cio, éditeurs. Prix d’abonnement : France 5o francs; étranger 60 francs.
- Pendant 25 ans, Yves Delage publia chaque année, avec l’aide d’un petit groupe de collaborateurs, un fort volume résumant et analysant tous les travaux parus dans le monde entier et en toutes langues concernant les grands problèmes biologiques : la cellule, la reproduction, la greffe, la mort, la forme, la biochimie, l’hérédité, la variation, l’origine des espèces, la distribution géographique, le système nerveux et les fonctions mentales. Cette collection est le meilleur instrument de travail dont on dispose en français et montre bien l’évolution des idées pendant ce dernier quart de siècle; elle a servi à documenter largement les savants et le public de langue française.
- Delage venait de faire classer l’Année Biologique comme organe bibliographique international par l’Union interalliée des Académies, quand la mort le frappa. La Fédération des Sociétés de Sciences naturelles a repris son œuvre et, pour faire connaître plus rapidement le mouvement scientifique, a décidé de publier tous les deux mois un fascicule d’une centaine de pages, plus, en fin d’année, une revue d’ensemble et une table analytique, qui formeront un exposé complet du mouvement biologique, indispensable à tous les chercheurs, utile pour tous les curieux d’histoire naturelle.
- Appareils et installations télégraphiques, par E. Mon-toriol. i vol. grand in-8, 6a5 p,, 440 fig. (Encyclopédie d’Electricité industrielle). J.-B. Baillière, éditeur. Paris, 1921. Prix : 5o francs.
- Ce volume fait partie de la collection des grandes Encyclopédies industrielles Baillière récemment inaugurée. C’est le premier volume de la section d’Elec-triuné industrielle, placée sous l’éminente direction de M. Blondel. Il est consacré à la description des principaux appareils télégraphiques ; les considérations théoriques sur la transmission des courants en sont éliminées ; elles sont réservées à un autre ouvrage de la collection. L’auteur décrit d’abord les appareils à transmission simple : le Morse, les parleurs, puis les appareils imprimeurs ; le Hughes est examiné en détail, le principe des appareils autographiques et téléphotographiques est indiqué. Sont ensuite examinés dans leur principe les divers moyens permettant d’augmenter le rendement des lignes : systèmes de décharge, courants compensés, relais, divers systèmes duplex et multiplex. Après quoi, l’auteur est en mesure de décrire les plus caractéristiques des appareils automatiques et dès systèmes àjtransmission multiplex ; le Baudot employé en France est étudié en détail. Sont décrits ensuite rapidement l’organisation des bureaux et le montage dès postes. Les descriptions toujours fort claires sont accompagnées de nombreuses figures fort bien exécutées, permettant de saisir aisément le mécanisme des appareils.
- Thermionic Tubes, in Radiotelegraphy and Telephony, par J. Scott-Taggart. i vol. illustré, 424 P- Editeur, The Wireless. Press. 12, Henrietta Street. W. C. 2. Londres, 1921. Prix : a5 sh.
- Les tubes électriques à émission thermionique ont conquis dans la science et dans’ la pratique une place de premier ordre ; en cette matière, les progrès sont
- incessants et chaque jour voit naître des combinaisons ou des applications nouvelles. M. J. Scott-Taggart s’est appliqué à exposer avec une parfaite clarté le mécanisme interne des phénomènes qui se produisent dans ces tubes, et à analyser exactement le fonctionnement de divers types de tubes en usage ; il étudie successivement la valve à 2 électrodes, puis la valve à
- 3 électrodes, employée comme détecteur, amplificateur, ou générateur d’ondes ; un très grand nombre de dispositifs de construction et de montage, dont certains très récents sont décrits ; l’ouvrage se termine par une longue liste de bibliographie et de références. C’est un excellent livre d’étude. Les publications anglaises, américaines et allemandes sur ce sujet des tubes à vide, sont fort nombreuses aujourd’hui. En France, on ne peut citer que des articles de Revue ou des livres de vulgarisation, mais aucun ouvrage d’ensemble. C’est fort regrettable, étant donné surtout la part importante qu’ont prise dans l’application de ces appareils à la T. S. F. de nombreux savants et ingénieurs français dont les travaux semblent rester maintenant ensevelis dans des dossiers de ministères.
- Manuel pratique de télégraphie sans fil, par L. Ber-ranger. 1 vol., 53 fig., 110 p. Chiron, éditeur. Paris, 1921. Prix ; 3 francs.
- Rappel sommaire des principes fondamentaux. Description à l’usage des amateurs des principaux organes d’émission et de réception, en vue de leur permettre de monter eux-mêmes un poste et de l’utiliser.
- La mémoire instantanée des signaux Morse, par Hausser.
- 1 brochure. Chiron, éditeur. Paris, 1921. Prix 6 frs.
- Contient de commodes procédés mnémotechniques et d’utiles conseils pour apprendre rapidement l’alphabet Morse. Contient en outre l’explication du radio-météorologique et les horaires des émissions de la Tour Eiffel.
- L’équipement électrique des automobiles, par J. Rosaldy. 1 vol. 164 p. Et. Chiron, éditeur. Paris, 1921. Prix :
- 4 fr. 70.
- Ce petit volume ne contient pas l’étude des combinaisons aujourd’hui innombrables proposées ou réalisées pour installer la lumière et le démarrage électrique à bord des autos ; il rappelle d’abord et d’une façon générale les caractères essentiels des principales catégories de ces appareils, montre de quoi se compose un équipement, et donne d’utiles conseils pour son entretien, ainsi que pour éviter les pannes ou y remédier.
- Les automobiles de 1920-ai, par R. Desmons et P. Jacques. i vol. illustré, i4* p- Et. Chiron, éditeur. Paris, 1921. Prix : 5 francs.
- Contient un aperçu général sur les caractères de la construction automobile de 1920, puis la liste de 90 constructeurs français ou étrangers, avec les caractéristiques de leurs voitures.
- Manuel du peintre (couleurs et vernis), par Ch. Coffi-gnieu. 1 vql. in-18 de 348 p., 3i fig. (Bibliothèque Professionnelle René Dhommée). Baillière, éditeur. Paris, 1921. Prix cartonné : 8 francs.
- Ce petit livre expose clairement la définition physique des couleurs; il explique ensuite en langage compréhensible par tous, comment sont constituées et fabriquées les couleurs de tous genres ainsi que les huiles et vernis employés par les artisans. Les modes d’emploi ainsi que diverses recettes sûres sont indiqués.
- Ce livre permettra aux ouvriers qui le liront de comprendre exactement les opérations qu’ils exécutent en pratiquant leur métier; il les aidera efficacement à s’élever au-dessus de la routine et il sera par là même un précieux agent de progrès.
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- LA NATURE
- Supplément.
- 'KM>
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- cM
- LA VOUTE CÉLESTE EN OCTOBRE \92\ (*)
- Une belle éclipse de Lune, presque totale, entière-rement visible à Paris et visible d’une grande partie de la Terre, constitue le phénomène astronomique le plus frappant de ce mois d’octobre.
- Une éclipse totale de Soleil se produira bien au début du mois, le i6r, mais la zone de totalité s’étendant du cap Horn au pôle Sud même, on peut dire que cette éclipse sera très peu suivie. Notons encore une plus grande élongation de Mercure, diverses occultations d’étoiles par la Lune, la chute des Orionides, et nous aurons ainsi un premier aperçu du caractère astronomique du mois d’octobre.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil devient de plus en plus australe, les jours diminuent de durée. La déclinaison du Soleil qui est de — 3° 5' le i'r octobre atteint — i4°2' le 3i. La durée diji jour passe de nh4°ra au début du mois à gh 55® le 3i.
- Le temps légal à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les pendules quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris, est un renseignement utile à connaître lorsqu’on veut tracer la méridienne sur une surface quelconque.
- Voici ce renseignement pour quelques dates du mois d’octobre :
- Temps légal Dales. à midi vrai =
- Octobre
- N° 2473 27 Août 1921
- j
- /+
- nversion
- dien que Greenwich, il y aura lieu' d,glaire nécessaire. ’**<,. 0
- Nous continuons le tableau pour les observations physiques du Soleil. Pour la signification des lettres P, B0, L0, voir le Bulletin astronomique du n° 2464 du a5 juin.
- Dates. P. B0 L„
- Octobre 3 + 26°,23 + 6«,56 2880,i5
- — 8 -j- 26°,40 + 6°,27 222°, l8
- — 13 + 26°,3g + 50,94 l56°,22
- — 18 + 26°, 19 + 5o,56 9°>27
- — a3 + 25°,80 + 50,i3 240,32
- — 28 -j- 25°, 22 + 4°,67 3i8,38
- ier iih 40“ 27”
- 5 111' 39” i33
- 10 nh 37" 48’
- 15 1 ih 36" 35*
- 20 nh 35" 34’
- 25 nh 34" 5 G
- 3i 111' 34" 2.23
- Pour les époques intermédiaires, une simple interpolation sera très suffisante.
- Si nous voulons connaître par exemple le temps légal à midi vrai, le i3 octobre, nous trouvons comme différence du 10 au i5 :
- nh 37’" 4B5— n’‘36m35s — imi3s = 73 secondes pour 5 jours, soit par jour : 14s,6.
- Pour le 10 octobre on a..............11
- Diminution pour 3 jours : I4s,dx 3 .
- Fig. r. — Plus grande phase (0,937) de l’éclipse partielle de Lune des 1G-17 octobre 1921.
- 37’"48s — 43s
- Pour le i3 octobre, à midi légal. . . nX^"1 4%2
- La valeur exacte d’après les éphémérides est :
- 1 ih 37m 35.
- Le temps moyen civil local du passage du Soleil au méridien est le même, à quelques secondes près, pour toute la Terre, le même jour. Par conséquent, si nous exprimons le temps légal t0 en temps local, les éléments du tableau précédent conviendront à toute la Terre. Il suffit d ajouter aux chiffres ci-dessus 9"’2is. différence entre le temps de Greenwich et le temps de Paris, pour opérer cette conversion.
- En outre, si L est la longitude du lieu considérée par rapport à Paris, et d la variation diurne de Y0, le temps local du passage du Soleil au méridien sera :
- *o + 9m 215 ± L d.
- Le temps légal à midi vrai dans le lieu de longitude ± L ( + à l’Ouest de Paris, — à l’Est) sera de : t0 ± L ± L d.
- Ce résultat sera exprimé en temps légal de France. Si le lieu considéré a un temps basé sur un autre méri-
- 1. Toutes les heures mentionnées ici sont exprimées en temps moyen légal, compté de oh à 24h à partir de minuit, c’est-à-dire en temps de Greenwich. L’heure d’été étant encore en service pendant uue partie de ce mois, augmenter, pendant son adoption, tous les temps de I heure.
- Nous pourrons, si la demande nous en est faite, donner ici des renseignements plus complets pour la détermination de la position des taches solaires au moyen de disques spéciaux que 1 on trouve dans le commerce.
- Eclipse de Soleil. — Une éclipse de Soleil, invisible à Paris, se produira le ier octobre.
- Commencement de l’éclipse générale à ioh27®, 2 par 73° 41 ' de longitude Ouest et i9°5o' de latitude Sud.
- Maximum de l’éclipse à I2,'35m,5 par 58°37’ de longitude Ouest et 66li27 de latitude Sud.
- Fin de l’éclipse générale à 14" 44"'. 1 par 5ode longitude Est et 55° i3' de latitude Sud.
- Grandeur de l’éclipse : 1,015, le diamètre du Soleil étant pris pour unité. La plus grande durée de la totalité sera de im5as.
- Cette éclipse sera visible au Sud de l’Amérique du Sud, aux îles Falkland et dans les terres polaires du Sud.
- Lumière zodiacale. — On pourra observer la lumière zodiacale le matin, avant l’arrivée du jour, s’étendant sur les constellations de l’écliptique. Nous avons donné, dans les précédents Bulletins, les conseils utiles pour l’observation de cette lueur.
- II. Lune. —Les phases de la Lune, en octobre, seront les suivantes :
- N. L. le ier, à P. Q. le 8, à 20” 12 P. L. le 16, à 23h o
- I2h26” h,
- D. Q. le 24, à N. L. le 3o, à
- 4h3 2”' a3l39"
- Age de la Lune, à midi : ier octobre = 39J,4; 2 octobre, = iJ,o. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 2 octobre à midi. Pour les époques intermédiaires, ajouter 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en octobre : le 7 = — x8° 29' ; le 21 = 4- 180 3o'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 11 octobre, à nh. Parallaxe =54' 10". Distance = 404820 km. Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre) le 27 octobre, à 6h. Parallaxe =59'39". Distance = 367610 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune (pour Paris). —
- Le 4 octobre, occultation de 32 Balance (gr. 6,9), de i7h 19® à i8h 28”. — Occultation de 34 Balance (gr. 6,0). Immersion seule visible à i8h38®.
- Le 5 octobre, occultation de x Ophiuchus (gr. 4,9). Immersion seule visible à ig11 i3m.
- Le 16 octobre, occultation de 263 B Poissons (gr. 6,4), de aoh55® à 22hom. Cette occultation se produira pendant l'éclipse de Lune.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le 22 octobre, occultation de 41 H1 Gémeaux (gr. 6,0), de a3h 3m à s3h 57™.
- Eclipse de Lune. — Une belle éclipse partielle se produira dans la nuit du 16 au 17 octobre. La grandeur maximum de la Lune dans l’ombre atteindra la valeur 0.937, le diamètre de la Lune étant pris pour unité. Voici les éléments de cette éclipse, qui sera entièrement visible à Paris :
- Lever de la Lune à Paris, le 16.............i6h52“
- Entrée de la Lune dans la pénombre..........20h im
- Entrée dans l’ombre.........................2 ih i4m
- Milieu de l’éclipse............................22h54m
- Sortie de l’ombre, le 17................. oh 34m
- Sortie de la pénombre.......................... ih46“
- Coucher de la Lune à Paris.................. 6h 34m
- La figure 1, reproduite d’après l'Annuaire astronomique, indique les points de contact et la phase maximum.
- Cette éclipse sera très probablement une éclipse très claire. M. A. Danjon, astronome à l'Observatoire de Strasbourg, a montré récemment(l) qu’il existe une relation très nette entre la luminosité de la Lune éclipsée et la phase de l’activité solaire au moment de l’éclipse. Pour établir cette relation, il a recherché dans le
- Voici le tableau des fortes marées du mois :
- Marées du matin Marées du soir
- Dates. (Brest.) Coefficient. (Brest). Coefficient
- Oct. Ie r 3h22m i“,07 i5h45“ l“,IO
- — 2 4h 6m im, 12 16h27“ i“,i3
- - 3 4h 48“ i”,ii 17'* 8” i“,o8
- —. 4 5h 28“ i“,o4 i7h 47” o“,g8
- — 3o 3h 2m °m>99 i5h24“ I“,02
- — 31 3" 45“ i“,o4 i6h 5“ i“,o4
- Voir les « Bulletins astronomiques » précédents pour l’utilisation de ce tableau.
- L'Annuaire du Bureau des Longitudes donne les heures ci-après pour l’observation du phénomène du mascaret :
- Dates. Coefficient Quillebeuf. Villequier. Caudebec
- — de la marée. — — —
- Octobre Ier X“,07 7h 2“ 7h 39” 7h 48“
- — Ier l”,IO 19“22“ xg"59“ 20h 8“
- — 2 I“,I 2 7h 4i“ 8h 18“ 8h 27“
- — 2 i“,i3 20h O” 20h87“ 20h 46“
- •— 3 Ira, t X 8h 20“ 8h 57“ gh grn
- — 3 x“,o8 20h 4o“ 2Ih 17“ 21h26m
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion, donne les principaux éléments pour l’observation des planètes pendant le mois d’octobre 1921.
- Date : Lever Passage Coucher Ascen- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. a sion Déclinaison. et VISIBILITÉ
- OCTOBRE Paris. Paris. droite. apparent. étoile voisine.
- 5 5* 56“ I ih 39” T3‘ I7h2l“ I2l 43“ — 4°38' 32' 3" 6 Vierge .
- Soleil. . . i5 6 I I 11 36 35 17 I x3 20 — 8 25 32 8,4 Vierge )>
- 25 6 27 11 34 5i 16 43 i3 58 — 12 I 3a *4,4 Vierge
- ; 5 8 26 x3 11 17 55 14 4 — 16 *9 6,4 1 Vierge Début du mois,
- Mercure. . I ï5 8 35 i3 3 17 3x 14 47 — r9 29 7>8 a Balance plus grande élongation
- 25 7 47 12 21 16 55 14 44 — 18 J9 9,6 a Balance ) le 7.
- 5 3 6 9 49 16 32 10 52 + 8 21) 12,2 xLion
- Vénus» . . i5 3 33 9 55 16 18 11 38 + 3 55 11,8 p Vierge Le matin.
- 25 4 1 10 1 x6 2 12 24 — 0 5i 11,4 y Vierge
- Mars . . . J- 3 2 0 55 9 45 9 28 16 3o x6 12 10 11 46 9 + 9 + 6 12 5o 3,8 4,o /Lion X Lion | Le matin, avant le lever du soleil.
- » 25 2 49 9 13 i5 35 I X 32 + 4 25 4,o (3 Vierge ,
- Jupiter . . i5 4 34 10 34 16 34 12 16 —• 0 34 28,8 rj Vierge Inobservable.
- Saturne. . x5 4 i4 10 24 16 33 12 6 + » 34 i4,4 r, Vierge Inobservable.
- Uranus . . 15 i5 3 2 20 48 2 4 22 33 — 10 I 3,6 a Verseau Première partie de la nuit.
- Neptune. . x6 0 6 7 26 14 46 9 i3 + 16 14 2,4 Cancer Vers la fin de la nuit.
- passé toutes les données relatives aux éclipses. Il a ainsi réuni les renseignements sur i5o éclipses et, d’après les descriptions des observateurs, leur a donné des coefficients variant de o (éclipse très sombre) à 4 (éclipse rouge cuivre ou orange, très claire). Il a pu ainsi tracer des courbes qui ont Ôomme période la période des taches solaires, mais qui offrent une discontinuité très remarquable, au moment du minimum solaire. La relation s’énonce ainsi :
- <c i” Dans les deux années qui suivent un minimum d’activité solaire, l’ombre de la Terre est très sombre, grise ou peu colorée ;
- « 20 Ensuite, à mesure que l’on s’éloigne du minimum, la Lune reste, au cours des éclipses, de plus en plus éclairée, et sa coloration est de plus en plus rouge. Dans les 3 ou 4 années qui précèdent le minimum suivant, la Lune éclipsée se montre très fortement éclairée, en rouge cuivre ou orange. »
- Le prochain minimum solaire se produira vers le milieu de 1923.
- Il est donc très probable que l’éclipse du 16 au 17 octobre sera une éclipse très claire.
- Marées, Mascaret. — Les marées du début du mois, coïncidant avec la Nouvelle Lune, offriront une forte amplitude.
- 1. Académie des Sciences, séance du 6 décembre 1910.
- Mercure pourra être recherché le soir, au début du mois, sa plus grande élongation se produisant le 7, à i8h, à 25° 14' à l’Est du Soleil. Le tableau ci-après contient, pour la période de visibilité, la phase et l’éclat
- de Mercure :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,68 + 0,2
- —* 8 0,60 -j— 0,2
- — i3 0,49 H- °,4
- — 18 o,35 + 0,6
- Vénus brille toujours d’un bel éclat dans le ciel du
- matin, son diamètre diminue de plus en plus en même
- temps que la partie illuminée du disque augmente :
- Voici le tableau de la phase et de l’éclat :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Octobre 3 0,85 — 3,4
- — 8 0/86 - 3,4
- — i3 °,87 V — 3,4
- — 18 . ' °>89 - 3,4
- — 23 0,90 — 3,4
- — 28 0,91 — 3,4
- Mars est visible le matin, avant l’arrivée du jour, son petit diamètre rend les observations pratiquement impossibles.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Jupiter et Saturne, très près du Soleil, sont inobservables.
- Nous continuons toutefois de donner ici les éléments de l’anneau, les voici pour le 3 octobre :
- Grand axe extérieur ...................... 35' ',85
- Petit axe extérieur....................... + 2",i4
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................. +3° 24'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................................... + 2° 42'
- Uraiïus est visible pendant la première partie de la nuit. On le trouvera aisément au moyen de la petite carte figure 1 du « Bulletin astronomique ». d’août 1921 (n° 2464) (dans la légende de cette figure remplacer le mot Yénus parTJranus).
- Neptune devient visible le matin. Pour le trouver, une bonne carte céleste (et mieux une monture équatoriale) est nécessaire. Sa position pour le 16 octobre est donnée plus haut au tableau général des planètes.
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le ier, à ih, Saturne en conjonct. avec la Lune, à 3° 57' N. Le Ier, à 3h, Jupiter — la Lune, à 20 46' N.
- Le 3, à 7h, Mercure — la Lune, à 4° 3' S.
- Le 3, à 12h, Vénus — Mars, à o° 11'S.
- Le 7, à 6\ Vénus — 7 Lion, à o° 8' S.
- Le 10, à 23\ Mars — 7. Lion, à o° 4/ S.
- Le x3, à 7h, Uranus — la Lune, à 4° 3a' S.
- L e22,à 8h, Vénus — Saturne, à o° 35'S.
- Le 25, à 911, Neptune — la Lune, à 4° 55'N.
- Le 25, à ié\ Vémls — Jupiter, à o°31'N.
- Le 28, à i\ Mars — la Lune, à 3° 38' N.
- Le 28, à i5h, Saturne — la Lune, à 3° 41'N.
- Le 28, à 22]‘, Jupiter — la Lune, à 20 14'N.
- Le 2$, à 4h, Vénus — la Lune, à 20 25'N.
- Le3r, à o\ Mercure — la Lune, à 2036'S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoilevariable Algol (p Persée) : Le 7 octobre, à ih 58“ ; le 9, (22h 47™) ; lé 12 (i9h 36m) ; le 27 (3h39m) ; le 3o (oh 28“).
- Etoiles filantes. — Observer principalement, du 16 au 22 octobre, les étoiles filantes Orionides. Radiant v Orion. Météores rapides, avec traînées. Voici, d’après M. Denning, les essaims actifs pendant le mois d’octobre :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine. .
- Ier au 9 octobre 2 4° + 17° y Bélier.
- 7 — 3i« -F 18° a Bélier.
- 8 — 430 4- 56° rt Persée.
- i5 et 29 -— 1080 + 23° . ô Gémeaux.
- 16 au 22 — 9°° + i5° v Orion.
- 18 au 27 — 108" -F 12° P Petit Chien
- 20 au 27 — 328° . -j- 62° a Céphée.
- 21 au 25 112° -F 3o° P Gémeaux.
- 31 43° -j- 2 2° s Bélier.
- Mois d’ — 2 90 + 80 g Baleine.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ior octobre, à 2ih, est le suivant :
- Au Nord : La Grande Ourse (ç, 23 h) ; la Petite Ourse (a); le Dragon (v, 4s 0. p).
- A l’Est : Persée (Algol, e) tj); Cassiopée (y], 1); le Bélier (y); le Taureau; la Baleine (Mira Ceti, y, 37).
- Au Sud : Pégase (e, ir, 1, 3); le Verseau (Ç, v, 83 h, 41 L 94); le Capricorne (a, (3, p, 0). Fomalhaut, a du Poisson Austral, l’étoile de ire grandeur la plus australe (déclinaison : —3o° 2') visible à Paris, glisse à l’horizon Sud.
- A l’Ouest : la Lyre (s, 6,:Ç,-t), a); l’Aigle (y, i5 h) ; la Flèche (Ç) ; le Dauphin (y) ; Hercule (M. 13, a, p, g5, ô) ; le Cygne ((3); etc. Em. Touchet.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Suspension des automobiles : Société d'Exploitation des brevets Brouilhiet, Le Rond-Point, Saint-Etienne.
- Erratum. — Le Pompile et l'Araignée. — C’est par erreur que les expériences récentes sur la piqûre de l’Araignée par lTchneumon ou le Pompile ont été attribuées au Prof. E. Roubaud, de l’Institut Pasteur. Elles sont l’œuvre du Professeur E. Rabaud, de la Sorbonne, qui les a publiées en 1917 aux Comptes Rendus de l’Académie des Sciences et dans 1 e Bulletin biologique du Nord de la France.
- Réponses. — M. J. F., h Paris. — Vous pouvez vous reporter pour des indications générales à la Science appliquée n° 24o3, mais avec du courant no volts on montera en série avec le contact variable donnant l’étincelle uae bobine de self de chaque côté. Ce sera une bobine d’une résistance de 10 à i5 ohms dont le noyau sera constitué par un faisceau de fils métalliques. La consommation ne va pas au delà de 3 à 4 ampères et la durée pendant laquelle ce courant est consommé est faible. Le court-circuit produit par l’étincelle ne sera pas dangereux et l’étincelle sera chaude et active. Il est préférable d’avoir une bobine sur chaque électrode.
- M. Denizot, à Clermont-Ferrand. — Vous n’indiquez pas quelle est la valeur de la résistanee que vous voulez monter. Puisque le crayon de menuisier vous a donné de bons résultats, vous pouvez éviter la cassure en ne le découvrant de sa gaine en bois que sur une seule face. Nous ne voyons pas de meilleure matière pour votre usage. Néanmoins, suivant la résistance ohmique que vous désirez, il y aurait peut-être possibilité de prendre du ferro-nickel d’un diamètre capable de laisser passer 1 /6e d’ampère sans fusion.
- M. J. Boutan, à Courbevoie. — i° Le sulfite de soude
- anhydre est deux fois plus actif, à poids égal, que le sulfite cristallisé. On peut donc, dans les formules photographiques, remplacer un poids déterminé de sulfite de soude cristallisé par un poids moitié moindre de sulfite anhydre. Là n’est d’ailleurs pas le seul avantage de ce dernier sel, qui est très stable à l'air et peut se conserver longtemps à l’état sec, sans altération appréciable, tandis que le sulfite cristallisé s’oxyde dans l’air humide et se transforme en sulfate, impropre à la conservation des révélateurs; — 2° On peut remplacer, dans les formules de développement, 1 gr. de carbonate de soude anhydre, par 2 gr. 698 de carbonate de soude cristallisé; inversement, 1 gr. de carbonate cristallisé peut être remplacé par o gr. 370 de carbonate anhydre ; — 3° Il n’est guère possible d’obtenir un ton rouge très vif par simple virage d’une épreuve au bromure. Le ferricyanure de cuivre, les chromogènes Lumière vous donneront des tons assez agréables et qui se rapprocheront plus ou moins de celui que vous désirez; mais, pour obtenir exactement la nuance vermillon ou toute autre teinte bien déterminée, le mieux est de recourir au procédé ozobrome, qui consiste à substituer une image pigmentaire à l’épreuve au bromure, en appliquant sur celle-ci un papier au charbon préalablement imbibé d’un mélange tel que le suivant :
- Solution de bichromate de potasse à 10 p. 100. a5 c. c„
- — ( ferricyanure de potassium à top. 100. 5o —
- — bromure de potassium à 10 p. 100 . . 10 —
- Ce bain rend la gélatine mixtionnée insoluble, au contact de l’image argentique. Le dépouillement s’effectue dans l’eau chaude, comme dans le procédé au charbon par transfert. Vous pourriez employer, à cet effet, les papiers « Inlux », fournis par là Société anonyme La Photographie française, g3, rue de Seine, à Paris, où des démonstrations gratuites sont faites le mardi et le vendredi matin.
- M. Marion, à Belvès (Dordogne). — Excepté par émaillage au four on ne peut obtenir d’enduit sur métaux résistant à une température de 3oo°; dans le cas qui vous occupe nous pensons que le vernis suivant vous donnera satisfaction :
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- BOITE AUX LETTRES
- Nigrosine W ou noir G N. . 20 grammes.
- Gomme laque................. 3o —
- Alcool à g5°...............450 c. c.
- Acide chlorhydrique .... 5 —
- Faire dissoudre la nigrosine dans la moitié de l’alcool additionné d’acide chlorhydrique, d’autre part la gomme laque dans le reste d’alcool et mélanger.
- Après séchage passer, si on le désire, rapidement dans la flamme pour glacer l’enduit par fusion, mais sans le brûler.
- M. Schwenck, à Colmar. — Annales de chimie analytique, i3, rue del’Odéon; Revue de chimie industrielle, Nolo, éditeur, 53 bis, quai des Grands-Augustins ; Revue générale de chimie pure et appliquée, 155, boulevard
- Malesherbes; Journal de l'Industrie chimique, 3a, rue Lepelletier ; Chimie et Industrie, 39, rue des Mathurins. En ce qui concerne les Revues étrangères eu égard aux événements de guerre, nous ne saurions vous garantir d’adresses exactes.
- M. H. F., à Saint-Mandé. — U alliage ci-dessous qui fond à 124° G doit répondre à votre désir :
- Bismuth.............. 14 grammes.
- Etain................33 —
- Plomb................43 —
- Les proportions dominantes d’étain et de plomb assurent à cet alliage une ductilité et malléabilité que l’on ne peut trouver dans l’alliage de Darcet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- Géologie de la France, par L. De Launay, i vol. in-8 carré (14 X 23) de x-Soi p., 64 photog. et 53 fig. dans le texte, 8 cartes hors texte en couleur. Armand Colin, éditeur, Paris, 1921. Prix : 40 francs.
- Ce livre n’est pas une description géologique détaillée de notre pays, région par région. Semblables descriptions s’adressent surtout aux spécialistes; le nouveau livre de M. de Launay peut être lu aisément par des lecteurs ignorant le langage spécial et les techniques de la géologie ; il constituera même une excellente initiation, en leur faisant sentir avec une remarquable netteté Futilité et le charme qui s’attachent aux études géologiques. Cette géologie de la France est l’histoire retracée à grands traits du passé de notre sol et de notre sous-sol.
- C’est comme un développement plus scientifique, mais non moins séduisant de la fameuse description de la France de Michelet. L’auteur nous fait assister à la succession des transformations de tous genres : soulèvements de massifs montagneux, submersions des terrains sous de vastes mers se retirant peu à peu, en laissant des couchés de sédiments, éruptions volcaniques, façonnement par l’érosion, etc., qui ont donné à notre. sol ses caractères actuels. Nous arrivons ainsi à comprendre clairement les grandes divisions naturelles de la France, et à saisir nettement leurs caractères propres. Pour ce faire, l’auteur ne fait appel qu’à un petit nombre de notions géologiques générales, qui doivent faire partie du bagage de tout homme cultivé, et qu’il expose dans un chapitre introductif. Le lecteur n’a plus ensuite qu’à se laisser conduire à travers la France par le plus éclairé et le plus agréable des guides ; il apprendra à distinguer au premier coup d’œil les caractères essentiels de l’histoire géologique de chaque région; et à comprendre comment « ce passé géologique, comment ces natures de terrain et ces formes diverses prises par leurs dépôts se traduisent à tous égards dans le présent, ou dans ce très récent passé qu’embrasse seul l’histoire humaine, dans la topographie, dans l’hydrographie, dans le paysage, dans le développement de la vie et de la culture, dans 1 industrie, dans les batailles. »
- Précis de Microscopie, par M. Langeron, 3d édition, i vol. in-16, 916 p., 293 fig. Masson et Cio, Paris. Prix : 3o francs.
- Voici la 3e édition de cet ouvrage devenu classique, indispensable à tous ceux qui s’occupent de microscopie. Ils y trouveront, clairement décrit, méthodiquement rangé, tout ce qu’il faut connaître pour utiliser un microscope : l’instrument lui-même, ses parties mécanique et optique : statif, objectifs, oculaires, appareil d’éclairage, son entretien, son emploi
- général et ses usages spéciaux : lumière polarisée, éclairage à fond noir. Puis viennent les techniques histologiques : examen à l’état frais, colorations vitales, dissociations, fixateurs et colorants, imprégnations. Enfin, les méthodes spéciales pour l'étude des protozoaires, des parasites, des animaux, des plantes. Complet, parfaitement à jour, cet ouvrage répond à tous les besoins, non seulement de l’amateur d’histoire naturelle, mais du chercheur de laboratoire le plus difficile et le plus spécialisé.
- Rayonnement (Principes scientifiques de l’Eclairage), par A. Blanc, i vol. in-16, 212 p. Armand Colin, éditeur. Paris, 1921. Prix broché : 5 francs. 4
- Les collections encyclopédiques se multiplient, et il y a lieu de s’en féliciter. Car elles témoignent du grand effort accompli en France pour mettre les sciences et la technique à la portée du plus grand nombre. Ce volume est le premier paru d’une nouvelle collection ayant pour objet la vulgarisation au sens élevé du mol : exposer complètement mais clairement et simplement une question importante, tel est le programme de chacun des volumes. Ce pro-j gramme a été parfaitement rempli par M. Blanc. Il expose et démontre avec une remarquable netteté les lois scientifiques du rayonnement en s’inspirant des travaux les plus modernes, tout en évitant cependant l’emploi d’un appareil mathématique trop complexe. II examine d’abord le rayonnement par incandescence du corps noir, on trouvera dans cette partie notamment l’exposé de la théorie des quanta de Planck, qui est absente dans la plupart des ouvrages élémentaires; puis est étudié le rayonnement par incandescence des corps non noirs, ensuite le rayonnement par luminescence. Dans une deuxième partie sont posées les règles essentielles de la photométrie, et décrits les éclairages par flammes et ceux par lumière électrique. Une bibliographie termine l’ouvrage. Il en sera de même dans tous les volumes de la collection.
- Pasteur et son œuvre, par L. Descour, i vol. in-16, 296 p., 1 portrait. Delagrave, Paris. Prix :
- Bien des livres ont déjà paru racontant la vie de Pasteur et son œuvre. En voici un de plus qui ne le cède en rien en intérêt et en sympathie pour le grand savant. Simplement écrit, il suit Pasteur à travers toute sa vie, depuis sa naissance à Dole jusqu’à sa mort, en passant par le collège, l’Ecole Normale, Dijon, Strasbourg, Lille, les grandes découvertes, les discussions, la gloire, l’apothéose. Il rappelle par sa forme la vie de Fabre publiée il y a quelques années par le Dr Legros, à la même librairie.
- Traité de dynamique, par Jean d’Alembert (Collection des Maîtres de la Science). 2 vol. in-16 double couronne (i8oXi*5). Gauthier-Villars, 1921.
- D’Alembert, un des grands mathématiciens et philosophes du xyiu* siècle, a apporté à la dynamique de très importantes contributions. Son traité, écrit avec une remarquable clarté, est aujourd’hui encore d’une lecture fructueuse et suggestive.
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- LA NATURE
- Supplément.
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- INFORMATIONS
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- N° 2474
- 3 Septembre 1921
- Comète'ou étoile nouvelle? — Un télégramme du Bureau central international d’Uccle (Belgique), en date du 8 août, est venu annoncer une très curieuse observation, faite le 7 août, au soir, d’un corps d’apparence stellaire, plus brillant que Vénus, à 3° à l’Est et à i° au Sud du Soleil.
- Voici les faits. Le 7 août, M. W. W. Campbell, directeur de l’Observatoire Lick (Etats-Unis), Mme Campbell et trois invités, dont, le professeur Henry Norris Russell, directeur de l’Observatoire de Princeton, étaient en train d’observer un remarquable coucher de Soleil de la vérandah de la maison de M. Campbell, lorsqu’un des invités attira l’attention sur une étoile dans le voisinage du Soleil, qu’il voyait déjà depuis quelques instants: il ne l’avait pas signalée plus tôt pensant qu’elle était connue, ce qui implique que celte personne n’est ni un astronome de profession, ni un astronome amateur.
- Le professeur Campbell observa- cette étoile avec une jumelle, il put la voir quelques secondes avant sa disparition derrière un nuage. Les cinq observateurs, dit M. Campbell, sont d’accord pour dire que cet astre ressemblait à une étoile. Il n’offrait pas plus de diamètre apparent à la jumelle qu’à l’œil nu. Donc son diamètre était petit. Il se trouvait au-dessous du Soleil, vers 45° à la gauche d’une ligne verticale tracée par le centre du Soleil, dont il était distant de 6 diamètres solaires, soit 3° environ. Sa position approximative pouvait donc être : Ascension droite = çjh 22“. Déclinaison -}- 16°. Latitude galactique = 4ofl environ.
- Le professeur Russell et M. Campbell s’accordent pour reconnaître que l’astre brillait plus que Vénus lorsqu’elle'se trouve daus la même position. Dans son télégramme, M. Campbell signalait que cet objet pouvait être une comète ou une étoile nouvelle.
- Il va sans dire que depuis la nuit du 7 août, un groupe spécial d’observateurs, à l’Observatoire Lick, puis dans d’autres observatoires, a scruté le ciel du coucher au lever du soleil pour retrouver la trace de cet astre énigmatique, mais sans succès.
- Que faut-il penser à présent de l’observation faite à l’Observatoire de Kônigstuhl, près Heidelberg dans la nuit du lundi 8 au mardi 9 août. Cet' observatoire rapporte que dans cette nuit-là, la Terre est passée à travers la queue d’une comète. On vit un certain nombre de bandes lumineuses s’étendant à travers un ciel clair, en forme de guirlande tendue de l’Ouest-Nord-Ouest à l’Est-Sud-Est. Ces bandes se mouvaient lentement dans une direction Nord-Nord-Est, devenant plus pâles vers l’arrivée du jour. La tête de la comète passa vers le Sud, entre la Terre et le Soleil. On suppose que ce phénomène, qu’on n’avait jamais observé auparavant, a été causé par le même corps observé le 7 août aux Etats-Unis.
- Il faut souhaiter que des observations, faites dans les observatoires de la région australe, viendront jeter quelque lumière sur cette observation aussi curieuse que celle faite par M. Campbell et ses invités.
- Ce n’est pas la première fois que la Terre passe dans la queue d’une comète. Le 3o juin j86i, elle est passée à peu près sûrement dans la queue de la comète qui était alors visible. On n’a vu qu’une faible aurore boréale. Mais cela ne veut pas dire qu’une autre comète ne produirait pas un spectacle plus important, s’il s’agissait d’une Nova ; elle aurait eu le .7 août,un épiât bien supérieur à la célèbre Nova de dont Tydao-Brahé nous a retracé l’histoire. Cependant, sa position à 40° de la Voie Lactée diminue les chances en faveur d’une Nova, la grande majorité de ces étoiles nouvelles ayant fait leur apparition dans la Voie Lactée.
- La grande autorité scientifique de MM. Campbell et. Russell et leur valeur comme observateurs font que l’on doit attacher le plus grand poids à leur observation. Si l'on ne peut parvenir à retrouver l’objet qu’ils ont vu — une Nova pourrait vite diminuer d’éclat et le mouvement du Soleil l’en rapprochait — il conviendra de classer cette observation à côté de quelques, autres que 1 Astronomie a enregistrées, mais n’a jamais pu expli-
- quer, par faute, uniquement, d’observations 'suivies {Nature, de Londres, 18 août; English Mechanic,
- 19 août 1921).
- ^Destruction du dirigeable R-38. — L’Amirauté britannique avait décidé en 1918 la construction d'un nouveau dirigeable, de dimensions non encore réalisées, le i?-38. Celui-ci devait avoir une capacité de 77 000 ms, une longueur de 212 m., un diamètre de 25 m, 5o, une force ascensionnelle de 83 tonnes. Sa propulsion était prévue par 6 moteurs de 35o .chevaux chacun pouvant donner une vitesse de 112 km à l’heure et ces données devaient en faire le plus grand croiseur aérien. En 1920, en cours de construction, l’Angleterre le vendit au gouvernement américain. Il devait être livré aussitôt après ses esais de réception et se rendre aux Etats-Unis par ses propres moyens.
- Ces jours derniers, on apprenait qu’il était terminé et les essais commencés. Une ultime épreuve de 24 heures était fixée au 23 août pour juger une dernière fois de sa vitesse, de sa force ascensionnelle et de sa maniabilité, avant que les officiers américains qui devaient le piloter en prissent livraison.
- C’est ce dernier essai qui a fini de manière tragique. Le .ff-38, ayant à bord 8 officiers et 18 soldats britanniques, 6 officiers et 11 soldats américains, 3 experts du laboratoire national de recherches et le directeur des ateliers royaux de constructions aéronautiques, en tout 47 personnes, quitta l’aérodrome de Ilowden (Yorkshire) le 23 août à 7 h. 10 du matin, évolua, puis, parvenu à 600 m. d’altitude, partit en croisière le long de la côte anglaise. Le lendemain malin, l’aérodrome était couvert de nuages, un orage y avait éclaté pendant la nuit, et le R-38 revenu vers 7 heures, préféra louvoyer plutôt que d’atterrir. 11 resta ainsi jusqu’à 5 h. 45 du soir. A ce moment, traversant Ilull à faible hauteur, au-dessus de l’Humber, on le vit brusquement sc plier en deux, puis exploser et les débris tombèrent dans la rivière. Cinq seulement des passagers purent être sauvés.
- On connaît mal encore la cause de la catastrophe qui semble due à la résistance insuffisante de la poutre longitudinale. En effet, d’après les survivants, l’accidçnt se produisit au moment où le gouvernail de direction venait d’être brusquement porté à droite, pendant un virage en pleine vitesse créant un important effort de torsion.
- L’auréole marine. — A propos de l’article de M. Ph. Fabre sur « l’auréole marine » {La Nature, n° 2465 du 2 juillet courant), M. Pierre Rambaud nous communique la note suivante : "
- « Il m’a été donné d'observer souvent au Maroc, dans la plaine du Tadla, un phénomène analogue, on pourrait dire identique, à celui que décrit M. Ph. Fabre.
- « Au printemps, lorsque lèvent les futures moissons qui couvrent le bled d’un immense tapis vert, si nous chevauchions le matin de très bonne heure, les premiers rayons du soleil projetaient notre ombre très allongée sur la jeune herbe couverte d’une infinité de gouttelettes de rosée : cette ombre était entourée, surtout vers sa partie la plus éloignée, la tête, d’une fort jolie auréole d’or vert, chaque observateur ne pouvant voir que sa propre auréole, et tout au plus, très atténuées, celles de ses voisins immédiats. Et l’un de nous suggérait que ce phénomène était pour confirmer chacun dans la bonne opinion qu’il pouvait avoir de ses propres mérites. »
- Un autre de nos lecteurs, M. Bernard, nous écrit :
- « On peut observer couramment un phénomène semblable quand, en chemin de fer et aux heures matinales: ou tardives, on traverse des prairies ou mieux encore des champs de graminées.
- « Si, le soleil passant à travers les deux portières, vous êtes encadré dans l’une d’elles, l’ombre, de votre tête vous paraît auréolée. En automobile, en bicyclette,, au repos même le phénomène peut s’apercevoir. »
- Il reconnaît la même cause ,que celle indiquée par M. Fabx-e; il s’agit de la réflexion sur une surface
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- INFORMATIONS
- moyennement et régulièrement ondulée dans la région où se projette l’ombre de la tête. Dans le cas des herbes ou des épis, il y a autant de réflexions cylindriques qu’il y a de tiges.
- « Je suis frappé comme l’auteur, que de pareils phénomènes, (si banaux, soient si peu observés. Il en est un, au moins aussi curieux et plus varié, que j’ai dû faire remarquer à des amis qui ne l’avaient jamais aperçu d’eux-mêmes. Quand on passe, en chemin de fer ou en automobile, devant deux palissades ou deux grilles parallèles mais situées à une certaine distance l’une derrière' l’autre, on voit, à leur place, une palissade unique, à pleins plus larges et fuyant avec une vitesse très réduite. C’est l’analogue des « battements » et mieux encore des effets stroboscopiques utilisés dans les laboratoires. Cette apparence variable avec les données du problème, curieuse même quand les palissades ou les grilles convergent, devrait être d’observation courante ; je, la vois ,même à pied. Un calcul minutieux, agaçant et facile, en rend compte dans le cas de palissades ou de grilles parallèles ; il m’a paru presque inextricable si les palissades convergent. »
- La sécheresse dans le Bassin de la Seine. — Une
- sécheresse extraordinaire règne en France depuis près de 9 mois et fait naître de sérieuses inquiétudes tant pour les récoltes que pour l’alimentation de la population en eau potable. Elle a aussi de très sérieuses répercussions sur la navigation. M. Sarazin, directeur du Service de la Navigation au ministère des Travaux Publics, a étudié la question pour le bassin de la Seine dans une note récemment présentée à la Société météorologique.
- Le bassin de la Seine, dont la superficie totale est de 78 65o km2, n’est constitué que pour un quart environ par des terrains imperméables; aussi les pluies qui surviendraient à la saison chaude, et jusqu’ici il en est peu survenu, ne contribueraient que dans une très faible mesure à l’alimentation des cours d’eau; elles disparaissent pour la plus grande partie par évaporation et dans les régions perméables du bassin par infiltration dans le sous-sol. Aussi la plupart des cours d’eau du bassin ne sont-ils, à la saison chaude de mars à octobre, alimentés que par les sources qui naissent à la base des nappes aquifères constituées par la masse des terrains perméables et qui écoulent les eaux accumulées par les pluies d’hiver dans ces réservoirs souterrains. Ceux-ci ne se vident que lentement suivant la perméabilité des couches qui les constituent, de sorte que le débit des sources ne suit les variations des pluies qu’avec un retard de plusieurs mois. Ce débit atteint généralement son maximum en avril, son minimum en octobre. «
- Or, la saison froide du ier novembre 1920 au 3o avril 1921, pendant laquelle auraient dû se constituer les réserves d’eau souterraines, a été d’une sécheresse exceptionnelle qui ne peut être comparée qu’à celle constatée dans l’hiver 1873-1874. Les hauteurs de pluie ont été pour tous les mois et dans toutes les parties du bassin très inférieures à la moyenne, notamment en novembre et en février où les hauteurs de pluie relevées n’atteignent que 12 à i3 pour xoo de la normale. Pour l’ensemble du bassin, la hauteur de jfluie relevée est au total de 54 pour 100 inférieure à la moyenne, alors que durant deux hivers célèbres pour leur sécheresse elle n’était descendue que de 33 pour 100 au-dessous de cette moyenne en 1869-1870, et de 45 pour 100 en 1873-1874.
- La réserve actuelle d’eaux souterraines doit donc être très faible, et les rivières accuseront d’ici au mois d’octobre un étiage très bas. On le constate déjà sur les petites rivières de. la Champagne sèche; c’est ainsi que la source de la Somme à Sommesous est à sec depuis le 20 septembre 1920. En 1870, après l’hiver exceptionnellement sec signalé plus haut, elle avait reparu vers le i5 janvier. La nappe souterraine de la craie s’est donc abaissée cette année d’une façon tout à fait exceptionnelle.
- Sur la Seine les cotes d’eau relevées en avril sont celles qui correspondent aux cotes d’étiage normal relevées habituellement en septembre. Il faut donc s’attendre pour les mois prochains à une baisse des cours d’eau d’un caractère absolument exceptionnel.
- Les bassins de la Moselle, du Rhône et de la Loire ne sont du reste pas mieux partagés que celui de la Seine.
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- La réduction du débit rend difficile l’alimentation des cours, d’eau et cause une gène très sérieuse à la navigation. Sur certains tronçons du canal de l’Est et du canal de Bourgogne la navigation est interrompue depuis plusieurs mois ; sur le canal de Briare, elle ne s’effectue que par intermittences; sur le canal du Nivernais, la traversée du bief de partage n’est possible aux grands bateaux qu’avec un tirant d’eau de 0,68. Sur une partie du canal du Rhône au Rhin il a fallu, réduire à 1 m. 46 l’enfoncement des bateaux. Et cette situation ne peut que continuer à s’aggraver jusqu’au retour de la saison pluvieuse.
- La découverte des icebergs en mer par les radiations infra-rouges. — Pendant la guerre divers chercheurs se sont préoccupés d’utiliser les radiations infrarouges comme moyen de signalisation secrète, remplaçant la télégraphie optique ordinaire. Le rayonnement infra-rouge, grâce à la sensibilité des appareils de mesure thermoélectriques, peut être aisément mesuré, il présente divers avantages sur les ondes visibles, en particulier celui d’être moins absorbé par le brouillard.
- M. Larigaldie, dans une récente communication à la Société française des Electriciens, a donné des détails sur les appareils étudiés par lui pendant la guerre dans cette voie, en collaboration avec M. Hébert-Stevens et avec l’aide de la Direction des Inventions, et indiqué comment il applique aujourd’hui la même méthode pour la recherche des icebergs en mer.
- L’appareil de signalisation par rayons infra-rouges comportait un projecteur de signalisation ordinaire; mais à la glace qui protège le miroir de ces appareils était substitué un verre spécial à base d’oxyde de manganèse, opaque aux rayons visibles et transparent seulement pour certains rayons infra-rouges. Le même appareil servait pour la réception, mais en remplaçant la lampe par un couple thermoélectrique placé dans une ampoule de verre. Le courant donné par ce couple était amplifié et écouté dans des téléphones de télégraphie sans fil. La surface réceptrice de la soudure du couple thermoélectrique était formée d’un mince disque de platine, une fine aiguille de tellure étant soudée en son centre. La surface était soigneusement noircie par des couches successives de Wir de fumée de plus en plus fin.
- La portée réalisée au cours d’expériences officielles exécutées en Méditerranée en septembre 1918 dépasse 14 km avec un miroir de 25 cm de diamètre.
- A la même époque, la marine britannique expérimentait l’appareil de Case basé sur les variations de résistance du sulfure de thallium intercalé dans le circuit d’une lampe à 3 électrodes productrice d’oscillations. Les variations de résistance provoquées par une émission infra-rouge produisaient une variation de fréquence très perceptible à l’oreille. Le même dispositif a été employé aux Etats-Unis par Coblentz, mais en utilisant les propriétés photoélectriques de la molybdénite. Aux Etats-Unis également Hoffmann essayait avec succès un couple thermoélectrique à fils de bismuth qui, combiné avec un galvanomètre à cadre mobile, permettait de repérer les guetteurs aux créneaux de la tranchée ennemie. Zeiss en Allemagne construisait pour la signalisation un appareil analogue.
- Après la guerre, M. Larigaldie se proposa d’adapter son appareil à la détection des icebergs. On sait que ces îlots de glace flottants font courir de grands dangers à la navigation dans le nord de l’Atlantique et on n’a pas oublié le drame qui coûta la vie aux i465 passagers du Titanic, éventré par un iceberg. Un appareil terminé en mai 1920 fut essayé quelque temps après au nord des bancs de pêche de Terre-Neuve à bord de l’aviso Ville d’Ys. Le problème était de déceler les radiations émises par la glace fondante. L’appareil de M. Larigaldie comporte un miroir parabolique doré pouvant osciller autour de son diamètre horizontal. Une masse de plomb le lestait et diminuait sa période d’oscillation pour le rendre insensible aux mouvements de tangage. L’axe dirigé vers l’avant du bâtiment se maintenait ainsi toujours sur la ligne d’horizon. Au foyer du miroir était placé le couple thermoélectrique platinéUellure calori-fugé avec soin et protégé par une fenêtre de sylvine. Un tikker et le transformateur d’entrée de l’amplificateur étaient compensés de façon à annuler les courants
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- INFORMATIONS
- d’induction produits par les mouvements de l’ensemble de l’appareil dans le champ terrestre.
- On constata une diminution du courant produit par le couple thermo-électrique lorsqu’un iceberg traversait le champ du miroir, depuis une distance de 6 milles marins environ, distance qui variait naturellement avec les dimensions de l’iceberg et n’était que légèrement diminuée par les temps brumeux.
- Ce ne sont là que des essais, mais très encourageants.
- Construction de pylônes en ciment armé sur les chemins de fer du Midi. — Continuant l’électrification de ses voies ferrées, la Compagnie des chemins dé fer du Midi s’occupe actuellement de la petite ligne de Pau à Laruns.
- En dehors de la question du transport électrique de la force, ces travaux présentent pour le public un certain intérêt.
- Des pylônes en ciment armé sont construits en série sur un vaste chantier sis à Pau. Ce travail présente un grand intérêt pour les techniciens. Une fois moulés, les pylônes sont chargés sur des plates-formes, un train les conduit au point où ils doivent être dressés. Ce train comporte des grues qui prennent les pylônes sur les plates-formes et les dressent au point où le terrain a été préparé pour les recevoir.
- La partie du pylône qui doit être enterrée est en forme de pyramide tronconique de section carrée. Une cavité en béton de même forme a été aménagée au point voulu; c’est de la préparation de cette cavité qu’il sera question ici.
- Un puits est creusé à l’emplacement choisi. Dans ce puits on introduit un moule en bois — une carotte en terme du métier — en forme de tronc de pyramide, et on coule du béton dans l’espace compris entre le puits et la carotte. Lorsque la prise est faite, la carotte est •extraite à l’aide de crics et transportée plus loin pour une nouvelle opération.
- Pour garnir de béton ces puits, il eût été nécessaire de créer successivement en chaque point un chantier volant où il eût fallu amener les ingrédients nécessaires, chaux, gravier, eau, etc. Or, chacun de ces trous réclame plusieurs mètres cubes de béton. L’entrepreneur, directeur des travaux, M. Thévenot a imaginé un train béton-neur qui se transporte le long de la ligne, prépare le béton et le coule au point voulu. Ce train comprend : un fourgon dans lequel un moteur à pétrole actionne une forte dynamo, un fourgon atelier de réparations, comprenant forge, étaux, établis, etc., un wagon-citerne contenant de l’eau, quelques grandes plates-formes à boggie, couvertes débâchés où sont emmagasinés sable, chaux, ciment, gravier, etc. Au centre du train, toujours sur plates-forme couvertes, on a placé deux bétonneuses rotatives actionnées électriquement à l’aide de la dynamo placée pu tête. Des tapis roulants électriques prennent les divers ingrédients nécessaires dans les wagons-magasins et les déversent dans les bétonneuses, l'eau nécessaire est amenée de la citerne aux bétonneuses par une canalisation.
- Comme la ligne est exploitée de jour, ce train ne travaille que la nuit, dans ce but il est éclairé électriquement, de fortes lampes illuminent les chantiers successifs. Le train étant couvert, les ouvriers travaillent par la pluie.
- Le train stoppe, les bétonneuses en regard du trou 4 garnir; un tapis roulant est descendu, il prend le béton au sortir des bétonneuses et l’amène au trou où deux ou trois ouvriers munis d’imperméables en cas de pluie, pilonnent. Le travail achevé ici, le train se transporte quelque 5o mètres plus loin pour recommencer l’opération, jusqu’au moment où l’approvisionnement est «puisé. Il revient alors à vide à Pau pour se ravitailler.
- Ce train aurait coûté un million de francs et l’éco-ùomie réalisée grâce à lui se chiffrerait par plusieurs millions de francs, et cela pour une petite ligne longue de 4o km à peine.
- Le ravitaillement du train est lui-même fort bien imaginé. De petites grues électriques sont disposées le long du train. Celui-ci est amené en face d’un dépôt de matériaux, les petites grues entrent en action, prennent U ce qui leur est nécessaire, une canalisation remplit à Nouveau la citerne. Le train est prêt pour une nouvelle «ampagne.
- Bovins du Tchad. — En raison du prix élevé de là viande, importer des bovins de bonne qualité à des prix très inférieurs à ceux de la France serait une oeuvre utile et rémunératrice. Notre colonie du Tchad s’est considérablement agrandie de l’Ouadaï et d’une partie du Cameroun, elle possède plus de 2 millions de têtes, l'indigène ne consomme pas de viande, ou fort peu, les Européens disséminés sur un territoire bien plus grand que la France ne sont que quelques centaines.
- Dans la région du Tchad, les taureaux (l’émasculation est inconnue dans le centre de l’Afrique) peuvent venir de Kano, non loin du Tchad, au port de Lagos en 55 heures à travers la Nigéria par le railway anglais Kano-Lagos. J’ai obtenu pendant la guerre, du gouverneur de la Nigéria, l’autorisation d’utiliser le railway ; il m’a très aimablement offert son aide pour toutes les opérations à effectuer sur son territoire. J’avais fait prix avec le directeur du railway pour le transport du bétail, il possède des wagons aménagés à cet effet. J’avais aussi négocié une entente avec une Compagnie maritime française pour le transport de Lagos à Bordeaux ou le Havre.
- L’Etat a fait pendant la guerre des essais d’importation d’Amérique et de Madagascar., Les résultats ont été déficitaires. Les animaux avaient été payés trop cher, et surtout le prix de transport était trop élevé, ia5o francs par tête pour venir de Madagascar. Les bœufs d’Amérique revinrent à un prix bien supérieur à celui des bœufs français au moment de leur débarquement. Pourtant, dans la traversée d’Amérique et de Madagascar, les bœufs avaient officiellement augmenté de 3o à 5o kg (Pour tout ce qui concerne ces deux opérations : voir le Journal Officiel du 3 juillet igr5, page 1049 °ù elles sont expliquées avec beaucoup de détails à la Chambre des Députés).
- Avant la guerre, une Compagnie française de navigation amenait des Indes des bovins reproducteurs à Anvers et les réembarquait aussitôt pour l’Amérique du Sud où ils arrivaient en bon état. Les objections au sujet de la traversée d’Afrique, du reste plus courte, sont donc à écarter.
- Les bovins du Tchad pèsent en moyenne 55o kg. Ils reviendraient à Bordeaux ou au Havre à 65o francs environ tous frais payés, y compris l’achat. Le 3o juin, à la Villette, le taureau de qualité moyenne valait 2 fr. 20 le kg. (exactement2 fr. 25), soit iaiofr. pour 55okg. Outre le transport en mer, on avait objecté que le rassemblement par terre serait déprimant, et aussi que les animaux n’étaient pas assez domestiqués. Des convois de plusieurs milliers de bœufs font annuellement des trajets de 5oo à 600 km pour ravitailler le territoh’e, chargés à i5o kg, ils sont très doux et très maniables, vivant toujours eu plein air. Un homme seul conduit facilement un troupeau. J’ai souvent monté de ces taureaux pris au hasard, pour de longues étapes, tous d’une docilité abso lue. En igi3, j’ai mené un convoi de taureaux chargés de i5o kg à des étapes moyennes de 20 km pendant 32 jours sans arrêt. Tous les animaux arrivés en parfait état ont été revendus 3 fois leur prix d’achat. De Bokaro, poste du Tchad, je m’étais rendu à Yola, poste anglais dans la Nigéria.
- Il est autrement facile de mener des bœufs à petites journées, libres et sans charge, avec repos tous les 3 ou 4 jours; peu importe le temps, dans la brousse, la nourriture ne coûte rien.
- Le gros bœuf, porteur lourd et lent, est celui qui a le moins de valeur, il est peu utilisé, c’est un avantage précieux pour l’acheteur de viande de boucherie. Bien entendu on n’achète pas au poids.
- La seule objection admissible pendant la guerre était la guerre sous-marine.
- Pendant mes quatre ans de séjour au Tchad, j’ai abattu et consommé le taureau du pays, la viande est bonne, sans aucun goût particulier, en tout semblable à celle de bonne qualité en Europe.
- Lagos, terminjis du railway, port d’embarquement, est très près de Kotonou, port de notre Dahomey où une usine frigorifique pourrait être utilement créée. La Compagnie des Chargeurs réunis transporte les bœufs par la lagune de Lagos à Kotonou au prix de 5 francs par tête.
- Il est à désirer que la Métropole tire des bovins de sa colonie du Tchad, toutes deux ont à y gagner.
- Capitaine Devedeix,
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- _ Mathématiques .««$>
- Calculateur circulaire à disque mobile Arnault-Paineau. — Les machines à calculer peuvent se diviser en deux grandes catégories : celles qui effectuent des opérations d’arithmétique pure dont tous les chiffres sont exacts et celles qui donnent des résultats approchés suffisants pour la pratique courante. Parmi ces dernières se distinguent, en particulier, les règles et cercles à calcul, outils merveilleux que les contremaîtres anglais, allemands ou américains savent manier avec dextérité et qu’on rencontre encore en trop petit nombre dans les usines françaises. Il existe pourtant aujourd’hui des modèles de cercles à calculer, pratiques et peu encombrants, qui se portent dans la poche aussi facilement qu’une montre.
- Le nouveau calculateur circulaire à disque mobile Arnault-Paineau possède des dimensions plus imposantes mais néanmoins assez restreintes pour qu’on puisse, l’emporter dans une serviette.
- C’est, en effet, un petit cadre d’ébénisterie de forme carrée, mesurant 26 cm de côté,
- 2 cm d’épaisseur et dans lequel se trouvent encastrées des graduations sur métal.
- Un ingénieur ayant à faire des opérations arithmétiques ou à coter des plans, des commërçants se proposant d’établir des prix de vente, des remises, des escomptes ou des rabais, un architecte ayant à calculer des surfaces, des volumes ou des poids; des employés de banques, devant se livrer à de fastidieux calculs d’intérêts, l’utiliseront avec avantage soit dans leurs bureaux, soit en cours de déplacement.
- Cet appareil, qui équivaut à une règle à calculer ordinaire de 1 m. de long, a, en outre, sur celle-ci le précieux avantage de pouvoir effectuer la multiplication et la division simultanées d’un nombre par un autre de plusieurs chiffres. Il comprend 3 organes essentiels : un disque mobile, une partie fixe et un curseur (fig. 1).
- Le disque mobile tourne autour de l’axe de la partie fixe ; sur son bord s’inscrit une graduation portant la flèche C divisée en parties proportionnelles aux logarithmes des nombres. Sur la surface de ce disque se trouvent disposées, intérieurement et extérieurement à une même circonférence, deux graduations logarithmiques de valeur angulaire double de celle de la flèche C ; pour la facilité du maniement du calculateur, on nomme graduation A celle intérieure à la circonférence et graduation B celle extérieure.
- La partie fixe dans laquelle tourne le disque mobile porte plusieurs graduations. On y voit d’abord, sur le bord le plus près du disque mobile, une graduation D qui porte la flèche indicatrice et dont la numération progresse en sens inverse de la graduation G du disque.
- Au-dessus de cette graduation D, on distingue une autre graduation logarithmique E disposée dans le même sens que la graduation G. Elle sert à retrouver les logarithmes qui ont seivi à son établissement et qu’on lit sur une double graduation millésimale F ne portant qu’une seule numération. La graduation millésimale permet dè lire la valeur des sinus et cosinus
- inscrits sur une même graduation G ayant deux numérations à l’inverse l’une de l’autre.
- Quant au troisième organe, le curseur, qui part du centre de l’axe du calculateur, il sert à faciliter le repérage des chiffres sur les diverses graduations.
- Voyons maintenant comment les nombres se lisent sur l'appareil. La lecture des 4 graduations logarithmiques semblables AB, C, D, F s’effectue de la façon suivante. On lit d’abord de 1 à xo les principaux chiffres en caractères gras 1, t, 3... 10, 1 (pointde départ); puis entre 1 et 2 on trouve x,x-i,2-i,9-2 ; entre 10 et 11; njet 12, etc., il y a 20 petites divisions qui se lisent i,oo5-i,ox5-... 1,200. Entre 2 et 4 figurent successivement, les chiffres 20-21-22....40 ; chacun des intervalles entre 20 et 21, 21 et 22, etc. étant divisé en 10, ces petites divisions se lisent 200-201-.... -399-400. On peut d’ailleurs multiplier ou diviser par 10 tout nombre marqué sur les 4 graduations. La double graduation millésimale n’a qu’une seule numération de 10 en 10, c’est-à-dire qu’on y lit 0-10-20-.... 1.000; chacun de ces intervalles divisionnaires se trouvant lui-même partagé entre 10 petites divisions : Otx-2.... 99g, 1000. Enfin la graduation 6 se rapporte aux sinus et cosinus des angles de o° à 90°. Chaque demi-degré est divisé de o° à 3o° en 5 parties valant chacune 6'; de 3o° à 5o° en 3 parties égales chacune à 10'; de 5o° à 700 en 2 parties de chacune-,15'. De 70° à 8o°, on a sectionné chaque degré en 2 parties égales chacune à 3o' et enfin de 8o° à 900 la division se trouve exprimée en degré.
- Montrons, par un exemple, la facilité a-vec laquelle on se sert deJ’appareil. Supposons qu’il s’agisse d’exécuter, d’un seul coup, le produit de 3 nombres. Comme pour une multiplication ordinaire, on met les deux premiers nombres, pris dans les graduations C et D 1 un sous l’autre, et sans déranger l’instrument, dans le prolongement du troisième nombre repéré sur la graduation E, on lit, avec l’aide du curseur, le résultat définitif sur la graduation G. Les opérations sur les carrés et les racines carrées, les cubes elles racines cubiques, les logarithmes ou les lignes trigonométriques ne sont guère plus compliquées avec le nouveau calculateur circulaire Arnault-Paineati dont cette courte notice laisse entrevoir les innombrables applications. ' Jacques Boter.
- Constructeurs : MM. Mathieu et Lefèvre, 2 bis, rue Fénelon, Montrouge (Seine).
- Mécanique
- Charnière économique pour châssis. — M. Julhiard nous communique un moyen simple de réaliser une charnière de châssis, qu’il utilisa pour des châssis-fenêtres, lorsque, officier du génie, il fut chargé de construü'e des baraquements pour lesquels les charnières ordinaires manquaient.
- On prend un fil de fer fort, de 4 mm de diamètre, qu’on coupe à la longueur voulue pour pouvoir lui donner la forme représentée figure 2. On le passe d’abord dans un trou pratiqué dans la partie fixe du montant du châssis, puis on le courbe en lui laissant deux branches égales. Les extrémités sont repliées à angle
- Fig. T. — Nouveau calculateur à disque mobile, système Àraault-Paineau.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- droit à 2 cm du bout et coupées obliquement de façon à se terminer en pointe. On enfonce les pointes à fond dans le bois du châssis mobile, des deux côtés du châssis et l’on y fixe les deux branches du fil de fer au moyen de deux clous cavaliers, l’un en A près de l’extrémité sur le châssis mobile, l’autre en B sur la partie fixe. Le clou A est enfoncé à fond, le clou . B seulement jusqu’à affleurement du fil de fer.
- Des dispositifs de ce genre ont pu servir dans des baraquements de troupes et faire un bon usage. Ils pourraient servir, non seulement pour des châssis s’ouvrant de bas en haut, mais aussi pour des fenêtres ou des portes encadrées de montants fixes en bois.
- Fig. 2.
- - Charnière économique pour châssis.
- 'Electricité
- Transformer une lampe à incandescence 110 volts en une lampe 90, 70, 50 volts. — Le procédé suivant nous est indiqué par M. de Boury :
- Prendre une lampe à filament métallique, genre Tantale ou Osram, à filament à V multiples. L’allumer sur
- le courant alternatif. Approcher au milieu A d’un des Y un pôle d’aimant.
- Les deux branches du Y se mettent à vibrer synchroniquement, mais en discordance de phase et finissent par se coller à hauteur des ventres en A. Le voltage de la lampe est alors réduit de x/n, si n est le nombre des V. Intercaler une résistance dans le circuit de la lampe; puis recommencer la même opération sur un autre Y, etc.
- On peut arriver ainsi à réduire à peu près de moitié le voltage de la lampe. Après réduction, le Y prend la forme de la figure 3.
- Emploi d’un transformateur de sonnerie comme survolteur. — On sait que le principe du transformateur consiste à faire passer le courant dans un enroulement monté sur un noyau en fer doux. Si le courant varie, comme le fait un courant alternatif à chaque instant, il se produit des variations de champ magnétique dues à l’aimantation variable du noyau. Ces variations de champ sont susceptibles de provoquer la naissance de courants induits dans un deuxième enroulement fixé sur le même noyau ou sur une branche différente qui fait partie du même circuit magnétique.
- Or l’intensité du courant inducteur et celle du courant induit ont des tensions respectives dans le înême rapport que le nombre de tours des enroulements qu’ils parcourent. Il ne resté plus qu’à donner aux fils conducteurs le diamètre en rapport avec l’intensité qui doit les traverser.
- Dans le transformateur de sonnerie, l’enroulement fil fin, d’un nombre de tours élevé, sera parcouru par le courant du réseau alternatif généralement à no volts. C’est le primaire. L’enroulement secondaire sera en gros fil d’un petit nombre de tours et alimentera les appareils.
- On peut naturellement appliquer le transformateur à une foule d’usages. Voici par exemple le montage qu’il faut employer pour faire servir ce petit appareil comme survolteur.
- Quand on se trouve à l’extrémité d’un réseau de distribution, il est évident que s’il s’agit d’uu pelit réseau ou d’un consommateur très éloigné, on n’a pas pris toujours toutes les dispositions nécessaires poùr assurer un voltage exactement à la tension normale et il peut arriver que, lorsque la consommation dans le secteur
- est importante, l’abonné éloigné n’a plus sur ses lampes qu’une tension réduite et que par suite les lampes éclairent mal.
- Le même inconvénient se produit évidemment quand, dans une distribution privée où l’on fait la lumière soi-même, quelques lampes forment un îlot isolé et éloigné. On a alors une perte de tension en ligne. Ceci diminue la tension devant alimenter cet îlot qu’on ne peut pas toujours simplement équilibrer.
- Si nous prenons ce cas type, nous placerons le transformateur au point d’alimentation du groupe de lampes, à 1 entrée, du courant. Le primaire ou fil fin sera monté en dérivation sur les bornes d’arrivée et on provoquera ainsi dans le secondaire un courant d’une tension de 8 volts ou même moins, si cela est suffisant. Pour cela, on prendra moins de spires au secondaire, lequel est quelquefois sectionné pour donner des tensions variables d’utilisation.
- Ce voltage secondaire sera ajouté au voltage du courant de réseau pour parfaire le total normal nécessaire. Pour obtenir ce résultat, il suffit de monter l’enroulement secondaire en série avec le circuit principal, en prenant soin que le seüs du courant dans l’un et l’autre viennent bien s’ajouter.
- Bien entendu, il faut que le secondaire du transformateur soit suffisamment bien isolé pour pouvoir supporter la tension plus élevée à laquelle il sera soumis, mais le transformateur de sonnerie ordinaire est en général suffisant, car il ne s’agit que de quelques lampes.
- On voit donc que si le courant arrive aux bornes
- 'Courant du
- secteur arec
- perte en /y ne
- Courant çÇal/fnenfotwp.
- Fig, 4. — Emploi d’un transformateur de sonnerie comme survolteur.
- d’alimentation avec une tension de 110 volts moins quelques volts, il est possible, par ce montage et cet appareil courant, de lui fournir les volts qui manquent pour que les lampes puissent donner leur éclairement normal.
- On pourra même survolter les lampes, s’il s’agit de lampes usagées qui ont besoin d'une tension un peu plus forte pour briller de leur dernier éclat.
- Cependant il ne faut pas oublier que le transformateur de sonnerie ordinaire n’est pas susceptible de laisser passer un courant d’intensité très élevée et le chiffre de deux ampères est raisonnable.
- Or, cette intensité est celle du courant qui doit alimenter tous les appareils d’utilisation qui se trouvent dans le circuit et il ne faudrait pas songer à prendre un transformateur de sonnerie pour survolter un réseau important.
- Le chiffre de deux ampères étant possible, ceci nous permet d’alimenter environ 12 lampes de 16 bougies à filament métallique ou encore 12 lampes demi-watt de 32 bougies.
- S’il s'agit de distributions plus importantes ou de survoltages assez élevés, on pourra prendre plusieurs transformateurs de sonneries, mais il sera plus facile et plus élégant de construire soi-même le transformateur nécessaire en se servant des indications qui ont été données dans des articles précédents.
- Enfin pour terminer, répétons qu’il est nécessaire que le courant soit du courant alternatif pour pouvoir faire fonctionner le transformateur.
- *> Hygiène <*|
- Thermomètre médical enregistreur. — On sait que la température du corps varie normalement pendant la journée, des environs de 87° 2 le matin à 37°,7 le soir. La fièvre élève là température, soit toute la journée, soit le soir seulement. Les thermomètres médicaux ordinaires ne permettent que des mesures isolées, à un mo-
- ^pÿri»
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- SCIENCE APPLIQUEE
- ment donné. Si cela suffit généralementau chevet du malade, il serait cependant très intéressant de suivre les variations de température d’une façon continue et automatique au moyen d’un instrument enregistreur. C'est ce qu’ont pensé de nombreux chercheurs. Le dernier en date des instruments imaginés dans ce but est celui étudié par MM. G. Sims Woodhead et P. C. Yarrier-Jones, que
- Fig. 5. — Thermomètre médical enregistreur.
- de 75o litres de gaz environ, On peut aussi chauffer à l’alcool quand on n’a pas le gaz. Une gouttière placée sous la rampe recueille les eaux de condensation.
- La partie la plus originale est le dispositif par lequel on assure le remplissage ou le vidage. La baignoire est
- Accu 4 volts
- vient de réaliser la Cambridge and Paul Instrument Co.
- L’appareil que représente la figure 5 est tout entier contenu dans une caisse vitrée. De sa base partent quatre fils ; deux sont reliés à la sonde thermométrique, les deux autres sont court-circuités au voisinage de cette sonde et servent de compensateurs. La sonde rectale est formée d’une enveloppe d argent dans laquelle une spirale de platine enroulée autour d’un cadre de mica est reliée aux deux fils.
- On comprendra le fonctionnement de ce thermomètre par l’examen de la figure 6. La spirale thermométrique forme une des brandies d’un pont de Wheatstone, dont les enroulements ont été construits sur les autres bras de façon à compenser la résistance du thermomètre à une température donnée. Les fils compensateurs ont exactement la même résistance que les conducteurs; ils sont connectés à l’autre moitié du pont, si bien que les variations de température qui peuvent se produire entre la sonde et l’enregistreur sont compensées et n’affectent pas le galvanomètre. Le courant nécessaire est fourni par un accumulateur de 4 volts. Le pont est équilibré à
- trois températures différentes, au moyen de résistances intercalées entre des prises à fiches sur une des branches. Un galvanomètre enregistreur est placé dans le pont et son aiguille se déplace devant un cylindre enregistreur tournant sur son axe, soit en 9.4 heures, soit en i heures. Chaque minute ou chaque demi-miuute, l’aiguille appuie sur un ruban encré et marque un point sur le graphique. Les points successifs, très rapprochés, forment une ligne continue. Le thermomètre médical enregistreur est exposé dans la salle de démonstration de la British Scientific Apparatus Manufacturera Ld, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- Baignoire Crystal. — Cette baignoire joint à un prix peu élevé de remarquables commodités, grâce auxquelles on peut la chauffer et la vider très simplement. On réalise ainsi une salle de bains économique et pratique, pouvant s’installer dans le plus modeste appartement.
- La baignoire est en tôle d’acier et avec son chauffe-bain ne pèse pas. plus de 20 kg, elle est montée sur deux pieds amovibles et interchangeables; on la chauffe au gaz au moyen d’une rampe que l’on glisse sous elle. Le chauffage est réalisé en 3o minutes avec une dépense
- Fig,
- La baignoire Crystal.
- munie à sa partie inférieure d’une bonde qui fait corps avec elle. Cette bonde permet à la fois le remplissage et le vidage ; elle contient deux conduits : l’eau propre arrive par l’un; l’eau sale sort par l’autre. Une poignée tournée à droite ou à gauche ouvre à volonté l’un ou l’autre de ces conduits.
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- Le premier sera relié par un tube en caoutchouc à un robinet d’eau; l’autre conduit par un deuxième tube en caoutchouc, l’eau à évacuer sur un évier par exemple ou en tout autre point.
- Si on installe, ce qui sera fréquent, la baignoire dansune cuisine ou un cabinet de toilette, il est tout indiqué de la vider sur l’évier,
- ou dans le lavabo ; mais ceux-ci seront toujours à un niveau plus élevé que la baignoire. La bonde permet cependant d’effectuer la vidange même dans ce cas difficile ; on laisse ouvert le robinet d’eau; la bonde, placée à la position de vidange, laisse s’écouler un jet puissant de cette eau qui
- Fig.
- Poignée de , ’ ' ’ Jmârœoirê_ ,
- La bonde.
- Fig. 9. — L’installation complète.
- formant trompe à eau produit une succion et entraîne l’eau de la baignoire, et lui fournit, grâce à sa vitesse, l’énergie nécessaire pour remonter jusqu’à l’évier. Il faut signaler la forme très heureuse et très ramassée de la bonde qui constitue un appareil aussi maniable que commode et peu encombrant. Il n’y a donc pour garnir ou vider la baignoire qu’à tourner des robinets. Le dispositif est à la fois commode et peu coûteux. — Constructeur : Société ano Dyme Crystal, 15, rue Hégésippe-Moreau, Paris, 180.
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- VARIETES
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- La conservation et l’emballage des ra,isins. — Pour le producteur qui fait de l’exploitation de la vigne une industrie spécialisée, de même que pour l’amateur qui, dans sa propriété, récolte les raisins de ses treilles ou de ses vignes en plein champ, la conservation et l’emballage du raisin ont une importance très grande.
- Maintes fois, des lecteurs de La Nature nous ont consulté sur le mode de conservation à employer suivant la situation et l’objectif de chacun.
- La présente étude expose les méthodes les plus rationnelles connues à ce jour, suivant les améliorations et les progrès réalisés depuis une dizaine d’années. Il va sans dire que les procédés pratiques, quoique déjà assez anciens, doivent être mentionnés, puisque l’expérience en a depuis longtemps sanctionné la valeur.
- Déjà en 1793, l’abbé Rozier conseillait de suspendre les grappes à des cordeaux ou des gaulettes de bois très sec, mais de manière qu’elles ne puissent se toucher, puis de suspendre ces cordeaux ou gaulettes dans un fût ayant contenu du bon vin, de refoncer le fût et de l’introduire dans une seconde futaille; enfin de remplir de vin tout le vide qui les sépare l’une de l’autre et de boucher hermétiquement. Par ce procédé on conserve le raisin prèsr d’une année.
- Ou a conseillé aussi la conservation du raisin dans des cendres de sarments bien tamisées ; ces cendres devaient être détrempées à l'eau et dans la bouiliie suffisamment claire ainsi obtenue, on plongeait les grappes à plusieurs reprises, jusqu’à ce que la couleur du grain ne fût plus apparente ; ensuite les grappes étaient placées par rangs, dans une caisse, et les rangs séparés entre eux par une couche de ces mêmes cendres, mais sèches.
- La caisse, une fois pleine et clouée était mise en cave. Au moment de consommer le raisin, il suffisait de plonger les grappes plusieurs fois dans l’eau fraîche pour en détacher les cendres et on avait ainsi du raisin aussi frais qu’au moment delà cueillette.
- On eut l’idée aussi de conserveries raisins en caisse couche par couche, alternant avec un lit de tourbe pulvérulente.
- La méthode de conservation dite à rafle fraîche, usitée à Thomery, pour le beau chasselas doré, permet de conserver jusqu’en mars des raisins parfaitement frais.
- Les grappes sont coupées avec une portion de leur sarment, à laquelle on laisse trois ou quatre yeux au-dessous de la grappe, et un œil au moins au-dessus. Le sarment est plongé ensuite dans un flacon ou une bouteille de petite dimension contenant de l’eau et un morceau de charbon de bois destiné à empêcher l’eau de se corrompre."
- La grappe se trouve ainsi suspendue en dehors du récipient. Les flacons sont suspendus régulièrement sur des châssis spéciaux verticaux, installés dans le local de conservation. Ils sont fixés à leurs supports de manière qu’ils soient toujours inclinés vers l’arrière et que les raisins ne les touchent pas. Plusieurs sarments peuvent être introduits dans le même flacon, l’essentiel est que les grappes demeurent isolées les unes des autres.
- IL faut avoir soin de choisir, un local en contre bas du sol, autant que possible et de veiller à ce que le degré hygrométrique de l’atmosphère de ce local ne soit pas excessif. On peut d’ailleurs combattre l’humidité en mettant du chlorure de calcium dans un récipient muni d’un entonnoir communiquant avec un vase à goulot étroit destiné à recevoir la solution aqueuse.
- A défaut de flacons en verre, on peut faire usage de tubes cubiques en zinc de i5 centimètres environ de profondeur. Ces tubes sont percés de trous à leur partie supérieure, à une distance de 10 centimètres ; on les place sur des bâtis légèrement inclinés, etleurensemble forme une sorte de serpentin, dans lequel, par une disposition très simple de robinets et d’entonnoirs, l’eau circule continuellement.
- La conservation à rafle fraîche présente un inconvénient : le dégagement constant d’humidité qui engendre une maladie du raisin dite YEurdrit (pourriture grise) qui peut causer de sérieuses pertes dans les locaux les mieux aménagés et les mieux exposés.
- La conservation à rafle sèche n’exige pas de local spécial. On peut appliquer cette méthode dans toute pièce
- non humide, pouvant être hermétiquement fermée et tenue dans une demi-obscurité.
- On cueille les raisins bien secs, complètement mûrs, et, après les avoir visités et épluchés pour enlever les grains meurtris, on arrange les grappes sur des claies, sans qu’elles se touchent, ou sur des étagères garnies de paille de seigle ou de feuilles de fougères sèches, visiter souvent les grappes pour enlever les grains atteints de pourriture.
- On peut aussi, après avoir cueilli les grappes munies d’une portion de sarment, les suspendre à des cadres, à des traverses ou à des cerceaux de manière que la queue soit tournée vers le plancher.
- Le local doit être aéré de temps à autre et la température ne pas s’abaisser à o°.
- MM. Richard, viticulteurs à Saiut-Bénézet (Gard), ont fait breveter un procédé consistant en l’emploi d’ampoules ou poires en verre, munies de manchons en caoutchouc, absolument étanches et s’adaptant à tout sarment qu elle qu’en soit la grosseur.
- On a ainsi une sorte de vase clos contenant de l’eau en petite quantité pour alimenter la grappe et assurer sa conservation parfaite pendant plusieurs mois.
- Les ampoules, munies d’un crochet, permettent de suspendre les grappes à une chaînette dans le local de conservation ou même dans une armoire spécialement aménagée en fruitier.
- Ce procédé de conservation peut s’appliquer tou taussi bien aux pommes et aux poires, en adaptant l’ampoule au pédoncule du fruit.
- Un autre procédé breveté, dû à M. Barody, de Carcassonne, est basé sur le principe alimentation d’eau et enfouissement dans une substance isolante. Il consiste en l’emploi de petits tampons d’une matière spongieuse, du coton hydrophile, par exemple. Ces tampons sont imbibés d’eau et fixés à chaque extrémité du sarment coupé, auquel adhère la grappe. La grosseur de ces tampons est en proportion directe de celle de la grappe, les grosses grappes exigeant une plus forte quantité d’eau que les petites.
- Pour maintenir les tampons et empêcher le suintement de l’eau, on les recouvre d’une feuille simple ou double de papier sulfurisé et paraffiné, puis on ligature avec de petites rondelles de caoutchouc, faisant deux ou trois tours, de manière à bien serrer le papier contre le sarment, sans faire un nœud.
- Un petit appareil en fil de fer sert à suspendre chaque grappe pour y adapter le dispositif décrit ci-dessus. Une personne peut préparer ainsi a5o à 35o grappes en une heure.
- Le raisin continue à s’alimenter, la rafle ne se dessèche que très tard et les grains restent fermes.
- Après cette préparation, les grappes sont arrimées par couches, dans une caisse en alternant avec une couche de matière isolante (son, poudre de liège, tourbe pulvérisée, etc.). Le son est préférable parce qu’il ne salit pas le raisin, laisse subsister sa couleur pruinée, prévient l’humidité, la chaleur, et préserve des chocs. Les raisins à peau épaisse sont enfouis simplement dans le son ; ceux à peau mince doivent être préalablement enveloppés dansune feuille de papier de soie, qui s'oppose à ce qu ils contractent une légère odeur de son.
- Avec x kilogramme de coton hydrophile, on fait 2.000 à 2.800 tampons.
- Ce mode de conservation et d’emballage convient surtout pour les transports à de longues distances.
- Les raisins expédiés du vignoble peuvent être conservés ainsi pendant quelques jours s’ils ne sont pas destinés à être consommés dès leur arrivée à destination.
- Ou a fait voyager pendant huit à dix jours, et plusieurs fois, du raisin ainsi conservé et emballé, il arriva à destination aussi frais et aussi ferme qu’au moment de la cueillette.
- Les marchés des grands cenlres reçoivent du Midi de la France et d’Espagne des raisins emballés dans des barils où ils sont conservés dans de la poudre (ou granulé) de liège, finement triturée et stérilisée. Dès la cueillette, les raisins sont triés et emballés dans des barriquets qui en contiennent 25 à 3o kilogr. Ces barri-quets sont conservés dans des magasins exempts d’humidité et l’expédition a lieu en janvier.
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- VARIÉTÉS
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- Cette méthode est précieuse pour la conservation et l’exportation des raisins frais pendant la mauvaise saison à un moment où les fruits sont rares ou font défaut. L’Algérie expédie ses chasselas en caissettes de 5 kilogr. dans lesquelles les raisins sont étalés par couches alternant avec des poudres de liège finement pulvérisé, en ayant soin d’éviter les vides et de terminer par une couche de liège touchant le couvercle.
- Il faut ioo kilogr de poudre de liège pour emballer ioo kilogr. de raisin.
- En Californie, on emballe le raisin dans des caisses en carton bitumé, imperméable à l’air, que l’on remplit de fruits et ferme hermétiquement, à l'exception d’une
- très petite ouverture réservée. Les caisses sont placées dans un grand récipient en métal où, après avoir fait le vide, on introduit de l’azote pur, qui prend la place de l’air dans les caisses, puis on cachette l’ouverture; les caisses sont alors retirées du récipient à azote, et emballées dans d’autres caisses en bois, pour l’expédition. Des raisins ainsi traités se sont conservés frais pendant cinq mois.
- Cet aperçu des diverses méthodes de conservation et d’emballage du raisin montre que les meilleurs résultats peuvent être obtenus, pratiquement, en tenant compte des phénomènes qui président aux lois de la physiologie végétale. Henri Blin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pour éviter l’intoxication par le tabac. — Bien des moyens ont été préconisés pour éviter les effets pernicieux du tabac chez les fumeurs endurcis ; addition de sels, pipes spéciales, etc. Le problème qui consiste à enlever à la fumée de tabac ses propriétés nocives sans modifier son arôme ne paraît pas avoir été jusqu’à ce jour résolu d’une façon satisfaisante.
- C’est pourquoi nous croyons intéressant pour les lecteurs de La Nature de leur signaler la communication du Dr Ambialet au Comité médical des Bouches-du-Rhône. L’éminent praticien affirme qu’en mêlant au tabac les étamines des fleurs du vulgaire tussilage, petite plante rencontrée partout au printemps dans nos campagnes, on fait disparaître les symptômes fâcheux que détermine l’abus du tabac, vertiges, névralgies, palpitations, etc. L’auteur a pu fumer jusqu’à trente cigarettes par jour sans éprouver aucun malaise, le tabac garde tout son arôme; sa seule modification serait de le rapprocher des tabacs d’Orient.
- Le tussilage est une plante tout à fait inoffensive souvent employée pour calmer la toux, d’où son nom, on le connaît plus couramment sous le nom de Pas-d’âne, par ressemblance de ses larges feuilles, il est facilement reconnaissable lorsqu’on l’a vu une seule fois et sa récolte ne coûte que la peine de le ramasser.
- Réparation des objets en fonte. — Prendre ;
- Soufre....................200 gr.
- Plombagiue.............. ioo gr.
- Fondre le soufre dans un creuset en terre, y incorporer la plombagine en poudre fine, puis couler le mélange sur une pierre froide et laisser prendre en masse.
- Après refroidissement broyer finement. Pour réparer, mettre dans la fente de l’objet un peu de la poudre ci-dessus, puis chauffer à feu doux, terminer par un coup de fer à souder de chaque côté pour lisser.
- Si c’est un trou qu’il faut obstruer, introduire d’abord dans ce trou un rivet que l’on matera légèrement, puis on soudera comme précédemment.
- N. B. — La plombagine n’est autre chose que la mine de plomb ou graphite. I
- Nettoyage des brosses à cheveux. — Pour nettoyer les brosses à cheveux il suffit de les plonger dans du son eï de frotter énergiquement les soies en prenant le son à poignée.
- Si les poils sont ramollis, les tremper dans de l’eau ammoniacale, rincer et laisser sécher à l’ombre.
- Comment obturer facilement les trous d’un récipient. — Les récipients tels que les casseroles, les bassinés, offt souvent des trous très petits qu’il est un peu difficile de bien obturer avec de la soudure. On peut simplifier cette réparation en employant des épingles ou même des' petites pointes en laiton que l’on place dans le trou de façon que la tête vienne déjà boucher l’ouverture. On peut couper la tige et faire une rivure si l’on veut quelque chose de très propre. On met ensuite un peu de soudure qui empêche toute fuite et la petite quantité de soudure à mettre simplifie l’opération, car on peut utiliser de la soudure en pâte préparée et l’appliquer sans fer.
- Il n’est pas nécessaire d’ailleurs de river l’épingle et on peut se contenter de souder la tête, puis de couper de l’autre côté la partie de la tige inutile. Enfin on peut parfaire la réparation en plaçant également de la soudure de ce côté.
- Comment donner de l’adhérence à une poulie. —
- Les moteurs électriques de petite puissance, comme ceux que l’on emploie pour les usages domestiques, ont en général des poulies de très petit diamètre et les courroies patinent facilement sur la surface de ces poulies, quand la puissance à transmettre devient un peu forte.
- On peut donner plus d’adhérence à la courroie en? prenant une vieille enveloppe de pneumatique et en utilisant les côtés en caoutchouc lisse, qui se trouvent sur celte enveloppe. L’épaisseur du caoutchouc est suffisamment mince pour permettre de garnir facilement la poulie avec le caoutchouc que l’on colle et que l’on assemble avec des agrafes de peu d’épaisseur.
- Si l’on est plus habile et s’il s’agit de poulies de transmission mécaniques relativement importantes, on peut employer la partie du pneumatique qui servait au roulement et les stries ou dessins qu’elle présente ne sont pas un inconvénient, au contraire, car elles contribuent à augmenter l’adhérence de la courroie sans la détériorer et sans la soumettre à des efforts trop imporf tants.
- Procédé américain de conservation des roses. —
- Ge procédé propagé depuis peu, parmi les amateurs de roses, aux Etats-Unis, est assez curieux et facile à mettre en pratique par toute personne désireuse d’avoir des roses fraîches longtemps, après la cueillette des boutons non épanouis.
- Voici comment on opère :
- Au moment où les boutons sont assez près d’éclore, mais non encore ouverts, on les cueille, en ayant soin de leur laisser leur lige. Après quoi, on fait dessécher du sel dans une petite marmite en fonte, placée sur le feu. Le sel se réduit bientôt en une poudre très fine et parfaitement sèche.
- On étend alors une couche de ce sel au fond d’une boîte en fer-blanc. Sur cette couche de/sel, on range les boutons de .roses, de façon qu’ils ne se touchent pas ; on recouvre ensuite entièrement de sel, et on ferme la boîte hermétiquement.
- Lorsqu’on veut avoir des roses fraîches, fût-ce plusieurs mois après la mise en boîte, on retire les boutons qui paraissent desséchés, puis on coupe l’extrémité de la tige qui les porte, et on les met dans un vase à fleurs rempli d’eau. Peu à peu les boutons de roses se raniment et s épanouissent.
- Le sel, bien séché, assure la conservation pendant un laps de temps très long.
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- Un crayon peut faire un allume-feu électrique. —
- Quand on dispose du courant électrique on peut allumer le gaz en faisant un petit court-circuit, qui piovoque une étincelle près du bec. L’étincelle allume le gaz et il faut naturellement prendre des dispositions pour que le court-circuit ne devienne pas dangereux pour le reste de l’installation.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Souvent on emploie des batteries de piles ou d’accus, avec une bobine de self et nous avons indiqué une installation de ce genre dans le numéro 2 4o3, en utilisant une bobine d’allumage et des bougies de moteurs à essence.
- On peut obtenir quelque chose de plus simple en prenant le courant d’éclairage, mais alors il faut que le court-circuit que l’on produira soit très court pour ne pas faire sauter les plots de l’installation. Il est parfois difficile de faire exécuter cette consigne par tous ceux qui devront employer l’allumage que vous aurez installé et vous risquez fort d’avoir à changer les fusibles plusieurs fois par jour. 11 est donc nécessaire de prendre un allumeur qui ne pourra donner automatiquement qu’une étincelle inofîensive.
- Cet allumeur sera tout simplement un crayon ordinaire et c’est la pointe taillée de ce crayon qui sera employée pour faire le court-circuit sur la masse métallique de l’appareil à gaz. Le courant sera amené à la mine du crayon par un fil qui sera connecté à l’extrémité opposée à la pointe; pour cela on enlèvera soigneusement le bois et on fera les connexions sur la mine, puis on recouvrirade ruban isolant comme s’il s’agissait d une jonction ordinaire de fils.
- L’autre fil du circuit sera relié directement à une terre en communication avec le fourneau à gaz ou avec le bec ou tout simplement au fourneau lui-même.
- On aura soin de jje pas brancher ce circuit avec terre directement sur le circuit d’éclairage, mais il faudra interposer un coupe-circuit fusible dont l’intensité sera correspondante à celle qui est seulement nécessaire pour la production de l’étincelle d’allumage : on évitera ainsi les courts-circuits dangereux, quand par accident une pièce métallique viendrait à s’interposer entre le crayon et la terre.
- La manœuvre est très simple et il suffit de frotter les becs d’arrivée du gaz ouverts avec la pointe du crayon pour produire des petites étincelles qui allumeront le
- gaz:
- Si l’on veut agir avec un excès de prudence, on pourra commander ce circuit par un interrupteur que l’on manœuvrera au moment de l’emploi. Il est d’ailleurs à peu près évident qu’on oubliera de tourner le commutateur pour couper le courant et les esprits ingénieux pourront alors imaginer des manœuvres automatiques d’interrupteur en plaçant le crayon, par exemple, dans un support à bascule simple à réaliser.
- Une lampe de piano rustique. — La boîte de conserves est un déchet qui est susceptible d’utilisations insoupçonnées et il y aurait un volume intéressant à faire sur toutes les combinaisons dans laquelle cette pièce en fer-blanc peut trouver son emploi.
- On peut par exemple constituer une lampe de piano rustique en découpant sur la partie cylindrique, une fente et en rabattant la languette qui formera réflecteur pour diriger la lumière sur la partition. Lalampe sera placée à l’intérieur de la boîte dont la surface formera un condensateur parfait.
- La douille prise de courant sera fixée sur un fond ou sur une petite planchette de bois que l’on placera au lieu de celui des fonds qui se trouve généralement absent.
- Pour supporter cette lampe au-dessus des partitions, on peut réaliser des combinaisons de fil de fer recourbé à la demande et qui viendront disposer la boîte à la hauteur voulue.
- On obtient ainsi un éclairage qui n’agit nullement sur la vue, caria lampe est complètement cachée aux yeux et elle ne dirige sa lumière que de bas en haut. Le volet de fer-blanc rabattu protège les yeux complètement.
- Cette lampe est évidemment rustique et elle a besoin d’être sérieusement décorée pour ne pas jurer avec un piano à queue, mais elle rendra d’utiles services dans les villégiatures où les raffinements du confortable n’ont pas toujours complètement pénétré.
- Mastics et joints pour futailles. — En année de ^sécheresse et par les hautes températures, le retrait du bois des douelles et des fonds, dans les futailles et les foudres, rend nécessaire un lutage ou masticage pour rétablir l’étanchéité parfaite.
- On peut, dans ce but, employer une des préparations suivantes :
- Mastic au fromage blanc.—• Yoiçi la composition de ce mastic :
- Eau. . ............... i litre.
- Chaux vive....................5 kg
- Fromage blanc.................6 kg
- On mélange avec soin, puis on applique ce mastic sur
- le bois, préalablement un peu humecté avec de l’eau. Après durcissement, on peut verser le vin dans les futailles et foudres ainsi traités.
- ; Ce mastic durci est impénétrable à l’eau et au vin - il n’exerce aucune action nuisible sur les liquides avec lesquels il est en contact.
- Mastic au soufre. Faire fondre du soufre, y ajouter une petite quantité de cidre et verser le liquide chaud dans les fissures du bois, ou l’appliquer à l’aide d’un pinceau.
- Par le refroidissement, ce mastic durcit et résiste à l’action de l’eau et du vin.
- Mastic au sang. — Mêler et pétrir fortement de la chaux vive réduite en poudre et du sang frais.
- Le mastic ainsi obtenu est très résistant, il se durcit rapidement et assure une obturation parfaite.
- Joints pour douelles. — Lorsqu’une fissure se produit ent,re les douelles d’une futaille, il est indiqué d’appliquer un joint de la manière suivante :
- On gratte d’abord à l’endroit fissuré, puis on le sèche en y appliquant un fer rouge. Cette opération étant terminée, on enfonce alors dans la fissure, au moyen d’un couteau, du colon en corde; on couvre ensuite le tout d’une couche de vaseline épaisse. Le suif ne doit pas être employé parce qu’il a l’inconvénient de donner un mauvais goût au liquide.
- Lorsqu’il s'agit de futailles destinées à voyager, il est prudent, après masticage, de recouvrir la fissure d’un morceau de toile, et de clouer par-dessus une petite plaque de fer-blanc. r
- Lorsque les fissures sont nombreuses, mais peu importantes, on peut recourir au paraffinage des parois en recouvrant celles-ci intérieurement de deux ou trois couches de paraffine fondue, appliquée à l’aide d’un pinceau. Bien entendu, le paraffinage ne peut s’appliquer qu’aux futailles devant contenir du vin ou de l eau-de-vie, et non de l’alcool à fort degré, lequel dissoudrait la paraffine.
- Une poignée improvisée pour porte-bagages. — Chacun sait que lorsque l’on a un colis un peu lourd et encombrant, on se trouve bien de garnir les courroies ou les simples ficelles avec une poignée de bois. On a toujours dans un coin de tiroir quelque article de ce genre provenant d’un magasin quelconque.
- Un monteur électricien qui avait un sac d’outils dans un paquet très lourd a eu l’idée de prendre comme poignée, pour son paquet, le vilebrequin qui lui servaitpour ses installations. On comprend aisément qu’il suffisait de passer les parties centrales de la tige sous les courroies, la poignée étant constituée par la branche du vilebrequin sur laquelle on agit pour s’en servir comme outil.
- t Cette poFgnée improvisée offrait l’avantage d’être particulièrement mobile et d’être bien en mains, car on peut dire qu’elle avait été prévue pour recevoir la prise commode et facile de la main d’un ouvrier transformé en porteur de bagages pour la circonstance.
- Compteur de tours improvisé. — Pour trouver le nombre de tours d un arbre on peut fixer un crayon sur l’arbre parallèlement à l’axe longitudinal.
- Le crayon est ficelé solidement de manière que la pointe dépasse.
- Si on prend une bande de carton que l’on appuie sur la pointe du crayon en déplaçant celte bande suivant une direction perpendiculaire à l'axe, le crayon décrit une série de courbes qui ont la figure d’une hélice vue en perspective.
- Il est facile de déterminer alors combien dans un intervalle de secondes chronométré, le crayon a décrit de ces courbes qui chacune correspond à un tour de l’arbre.
- Un procédé encore plus simple consiste à poser le crayon sur l’arbre, en le déplaçant parallèlement à l’axe de l’arbre, on trace ainsi une hélice et l’on peut compter facilement le nombre de spires, par suite le nombre de tout s en un temps donné.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,a Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. -Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Parola, àValauris (Alpes-Maritimes). — Le mica ne présente aucune résistance, il est facile de le broyer au moulin. Par un serrage approprié vous obtiendrez toutes les grosseurs désirées.
- M. Chardin, à Pantin. — Adresse du gog pour pneumatiques : MM. Guymar et Mousseau, 5i, avenue. Philippe-Auguste, Paris.
- M. Daguerre, à Arras (Hautes-Pyrénées). — Dans la fabrication des mortiers, les dosages de ciment et de sable doivent varier suivant le but poursuivi; on admet habituellement les proportions suivantes en volumes, le ciment de Portland étant pris comme type :
- i° Mortier très gras : maçonnerie de pierre de taille, coulis de ciment, dallages, pierres factices, béton de fortifications : ciment i, sable t;
- 2° Mortier gras : maçonneries compactes, enduits étanches et mouillés, travaux à la mer : ciment i, sable, 2 ;
- 3° Mortier normal : fondations très chargées, ouvrages d’art, enduits aériens : ciment 1, sable 3;
- 4° Mortier maigre : maçonnerie ordinaire en élévation, murs, petites voûtes : ciment 1, sable 5.
- Yu la proportion relativement minime d’ocre rouge à employer, vous pouvez faire entrer ce produit comme colorant de la masse sans nuire à la solidité, tout au plus serait-il bon en prévision de diminuer d’une façon presque insignifiante la quantité de sable correspondante à l’ocre employée.
- MM. Holtzer et U10, à Unieux. — Les chapeaux de feutre « genre melon » sont apprêtés à la gomme laque, il vous sera très facile d’enlever cet apprêt par ébullition dans une solution de soude caustique à 5 pour 100, un rinçage soigné à l’eau tiède devra terminer l’opération pour enlever le savon de résine formé.
- M. Blum, à Bône. — La condition essentielle pour réussir la teinture des plumes est de les dégraisser en les faisant tremper pendant 12 heures dans un bain de carbonate de soude et de savon. Quant à la teinture elle-même, elle se pratique toujours à chaud au bouillon en prenant seulement plus de précaution pour les plumes fines. Les couleurs convenant le mieux sont les diamines suivantes : noir oxydiamine 5ooo, noir jais RB, brun coton AZ (brun), brun 3 G (havane), brun B (bistre), jaune solide B, orange G, écarlate 3 B, rouge solide F, violet N, bleu BX, bleu FF, vertB. On monte le bain avec :
- Eau......................20 litres.
- Soude Solvay.............10 grammes.
- Sulfate de soude . . . . 5o —
- Colorant................. 5 à 10 —
- La moitié du colorant seulement est d’abord introduite, on porte aux environs de 40 à 5o°, puis on y plonge les plumes à teindre, on élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition; à ce moment on retire les plumes, ajoute le reste du colorant et introduit à nouveau les plumes dans le bain, puis on reporte à l’ébullition que l’on maintient 3/4 d’heure, on termine par un rinçage.
- Tenir compte que la teinte baisse en séchant, par suite la tenir au-dessus de l’effet désiré pendant l’opération de teinture. Vous ferez bien d’effectuer d’abord quelques essais sur des plumes quelconques pour vous faire la main. Si les plumes n’ont pas assez de rigidité après coloration les passer dans un bain très léger d'amidon pour les apprêter.
- M. Fichet, à Lyon. — Pour patiner votre volant en aluminium, vous pourrez employer l’un des moyens suivants : i° Polir soigneusement la pièce, puis y appliquer une légère couche d’huile d’olives, chauffer ensuite doucement par exemple au moyen d’une lampe à alcool, il se produit une teinte mordorée qu’une seconde application d’huile suivie d’un chauffage fait passer au brun, puis au noir par traitements répétés, on peut ainsi obtenir l’intensité désirée. Finalement après avoir laissé refroidir on huilé, essuie et laisse sécher ; — 20 On remplace dans le mode opératoireprécédentl’huilepar dublanc d’œuf et on procède de la même façon. Cette patine ne s’enlève que par un frottement très énergique. Dans l’ex-
- périence que vous avez effectuée avec le sulfate de cuivre il y a eu simplement mise en liberté de cuivre métallique.
- M. Loiseau, au Mans. — La recette à laquelle vous faites allusion a été recueillie par un de nos collaborateurs, malheureusement disparu pendant la guerre; personnellement nous n’avons pas eu l’occasion de l’expérimenter, nous nous proposons de le faire aussitôt que cela sera possible et vous tiendrons au courant des résultats. Quant au sable, il ne joue qu’un rôle mécanique pour faciliter la dissolution du copal dans l’éther, au même titre que des morceaux de verre ou des billes ; il convient en tout cas de l’éliminer par filtration, afin de ne se servir que d’une solution absolument limpide.
- M. Cornet, à Paris. — Vous trouverez tous les renseignements relatifs à l’apprêt des fourrures dans l’ouvrage : Industrie des poils et des fourrures, par F. Belt-zer, éditeur Dunod, 4.7j quai des Grands-Augustins.
- M. Quillet, à Paris. — Pour teinter le celluloïd, il suffit de se servir des couleurs d’aniline en solutions hydro-alcoolique telles que noir W, bleu de méthylène, jaune de chrysoïdine, vésuvine, rouge Congo, auramine, l’application se fait au pinceau sur les objets bien dégraissés par passage d’un chiffon imbibé d’acétone; suivant l’intensité désirée on se sert de solutions plus ou moins concentrées.
- M. Dubois, à Coprbevoie. — Rien ne s’oppose en principe au dépôt du vanadium par voie électrolytique, mais nous n’avons pas connaissance qu’un travail spécial ait été effectué à ce sujet, il conviendrait donc de procéder à des essais en tenant compte des considérations suivantes : i° Acidité du bain qui doit varier suivant que le métal à déposer se trouve placé avant ou après l’hydrogène dans la série des tensions; — 20 Nature du sel électrolysé, c’est-à-dire que l’on doit employer de préférence des sels doubles d’acides organiques, cyanures, tartrates, etc ; — 3° Concentration du sel électrolysé, celle-ci augmentant dans certaines limites la compacité du dépôt; — 40 Température du bain qui d’une manière générale en s’élevant agit de la même manière que la concentration; — 5° La densité de courant, laquelle ne doit pas être considérable sous peine de produire un dépôt spongieux et peu adhérent; — 6° Intervention parfois utile de corps colloïdaux tels qus gélatine, tanin qui améliorent le dépôt. En faisant varier ces différents facteurs vous pourrez mettre facilement la question au point. La maison Chenal et Douilhet, place de la Sorbonne, vous fournira le tantale et le tungstène ou leurs sels suivant votre demande.
- M. Altchidjian, à Lausanne. — i° Vous pourrez vous procurer les Notes sur les emplois industriels de la magnésie de Rigaud, chez Dunod, 47, quai des Grands-Augustins, nous ne connaissons pas d’autres ouvrages spéciaux stir la question. En ce qui concerne l’asbeste, consultez : Recherches sur l’asbeste trémolite, par H. Marlot, même librairie. Quant à l’échantillon que vous nous avez adressé, à notre avis il n’est pas constitué par de l’asbeste (hydrosilicate de magnésie et de chaux), mais par une hydrosilicate de magnésie seul, talc, stéatite, serpentine ou chrysolile. Nous pensons à l’aspect qu’il s’agit plutôt de cette dernière, mais une analyse complète serait nécessaire pour être fixé et nous ne pouvons l’entreprendre car elle ne présente pas un caractère d’intérêt général ; — 20 Pour mise en exploitation veuillez vous adresser soit.à M. Becker, ingénieur, g, rue St-Georges, soit à M. Schmidt, i35, rue de Rome; la Société des Produits magnésiens, 45, boulevard Yictor, serait peut-être susceptible de s’intéresser à l’entreprise.
- M. Grange, à Vitry-le-François. — Les ouvrages suivants sont, à notre connaissance, les plus récents et les plus complets sur la question : L’acide sulfurique, par Sorel; Production industrielle synthétique des composés nitrés et de leurs dérivés, par Escard, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. Virgilio Bedoni, à Rome. — Yoici d’après Gouilkm. une excellente formule d’encre facile à préparer -.
- A. Extrait de sumac à 200 B........2000 gr.
- Extrait liquide de campêche à 3o° B. i5o —
- Eau pour délayer les extraits . . . 8000 —
- B. Dextrine jaune.................. 25o —
- Sulfaté de fer ..................... 2Ôo —
- Acide phénique................... 10 —
- Eau pour délayer...............1000 —-
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- BOITE AUX LETTRES
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- Mélanger les deux solutions, laisser reposer à l’air pendant i5 jours pour sédimenter les impuretés, puis décanter ef mettre en bouteilles. '
- M. P. D., à Paris. — i° Pour dérouiller Içs objets nickelés, les plonger pendant quelques instants dans un bain d’alcool acidulé par i pour xoo d’acide sulfurique, rincer à l’eau, essuyer avec un morceau de flanelle; — 2° D après Omnia on peut ensuite renickeler en frottant d’abord le fer mis à nu avec une solution de sulfate de cuivre jusqu’à ce qu’il y ait un dépôt de cuivre bien visible, on applique alors une solution préparée avec :
- Limaille de fer........... i gramme.
- Copeaux d’étain........... 3
- Limaille de nickel .... 6 —
- Acide chlorhydrique. ... ioo —
- Acide sulfurique.......... 3 —
- Puis on frotte avec un nouveau tampon sur lequel on a mis de la poudre de zinc jusqu’à ce que le dépôt de nickel ait une épaisseur suffisante ; on rince à l’eau et sèche à la flanelle comme il a été dit précédemment.
- M. Theulier, à Salzaete (Belgique). — Pour faire d’excellentes gaufres sèches et croustillantes, opérer comme suit :
- Mettre dans une terrine a5o gr. de farine, faire un trou au milieu et y mettre plein une cuillère à café de sel fin, une cuillerée à bouche d’eau-de-vie, trois jaunes d’œufs et un blanc, deux cuillerées de sucre en poudre, une cuillerée d’eau de fleur d’oranger, 6o gr. de beurre fondu. Bien délayer peu à peu la farine en allant du centre à l’extérieur sans faire de grumeaux, puis ajouter par petites portions du lait jusqu’à ce que la pâte arrive à l’état de bouillie fluide, ajouter alors les deux blancs d’œufs restant mais battus en neige.
- Faire chauffer des deux côtés le gaufrier, enduire l’intérieur d’un peu de beurre, y verser de la pâte, fermer puis poser sur le feu i ou a minutes suivant l’ardeur de celui-ci en retournant le moule de temps à autre, débarrasser les bords de l’excédent de pâte au moyen d’un couteau, démouler lorsque la gaufre est blonde, la saupoudrer de sucre.
- La condition essentielle est que la pâte soit très fluide et non grasse. Il faut en outre employer un gaufrier présentant une grande masse (gaufrier double), mais faisant une gaufre très mince ; dans ces conditions la pâte rencontre de suite un moule très chaud et se trouve saisie.
- M. L. Iluart, à Yitry-sur-Seine. — La destruction de la fourmillière est la première chose à réaliser; par une observation attentive on se rend compte du chemin suivi soit à l’aller, soit au retour lorsque les bestioles sortent ou rentrent, on verse alors dans le trou une émulsion chaude de pétrole dans de l’eau de savon noir, puis on rebouche le trou au moyen de terre glaise en opérant de préférence le soir. D’autre part, pour préserver les placards de la visite des quelques sujets non rentrés, il vous suffira de badigeonner les planches avec une solution hydro-alcoolique de thymol (acide thymique) à i pour ioo. Ce procédé que nous avons expérimenté nous a donné toute satisfaction.
- M. Berchi, à Savone. — Revue générale de chimie
- pure et appliquée, 155, boulevard Malesherbes ; Revue de chimie industrielle, 53 bis, quai des Grands-Augus-tins ; Journal de .l’Industrie chimique, 32, rue Le Pele-tier; Chimie et industrie, 3g, rue des Mathurins; Revue des Produits chimiques, 54, rue Turbigo ; Revue de Physique et Chimie, io, rue Yàuquelin. Il vous suffira de demander un spécimen de chacune de ces publications pour vous rendre compte de celles qui répondent à vos intentions. La place dont nous disposons ne nous permet pas de traiter in extenso des questions aussi étendues, vous trouverez tous les renseignements désirables dans les ouvrages suivants de l'Encyclopédie Billon éditée chez Bernard, 29, quai des Grands-Augus-tins : Les explosifs, par Auguste Perret; Le bois et sa distillation ; L’industrie des gaz, du même auteur.
- Mme Voye-Coquillard, à Epernay. — Le caoutchouc employé pour la dissolution doit être le caoutchouc pur Para et non le caoutchouc vulcanisé. Les précautions à prendre consistent à placer le caoutchouc et son dissolvant dans un ballon et à relier celui-ci par un excellent bouchon de liège à un réfrigérant à reflux dans lequel circule un courant d’eau froide. Cette opération ne présente aucune difficulté, mais si vous ne désirez pas l’entreprendre, il vous suffira d’employer simplement la dissolution courante de caoutchouc qui sert pour les réparations de pneumatiques.
- M. Cahen, à Madrid. — La séparation de l’argent, de l'or et du platine s’effectue de la. façon suivante : la limaille est d’abord tràitée par l’acide azotique qui ne dissout que l’argent; après avoir étendu d’eau et filtré, celui-ci est précipité de sa dissolution par le chlorure de sodium, puis le chlorure d’argent obtenu est réduit au rouge dans un creuset par un mélange de 60 parties de craie et une de charbon.
- Le résidu insoluble dans l’acide azotique est ensuite attaqué par l’eau régale^deux parties d’acide chlorhydrique pour une d’acide azotique), on obtient ainsi des chlorures de platine et d’or. Après reprise par l’eau on ajoute du chlorhydrate d’ammoniaque qui précipite le platine à l’état de chlorure double de platine et d’ammonium, ce sel séparé par filtration donne directement après calcination du platine métallique.
- Enfin, la solution qui ne contient plus que le chlorure d’or est additionnée de sulfate ferreux, ce qui donne l’or sous forme de poudre noire que l’on recueille par filtration.
- M. H. F. n° 3-68, Paris. — Rien de plus facile que le vieillissement des objets en argent. Il suffit de les tremper quelques secondes dans une solution à 1 pour 1000 environ de sulfure de potassium (sel pour bains de Barrèges), on rince, sèche et termine par un léger brossage pour brillanter les reliefs. Quelques essais préalables, en faisant varier la concentration et le temps d’immersion, vous permettront d’acquérir le tour de main nécessaire.
- Abonné n° io85, à Dijon. — La description des appareils servant à déceler et à enregistrer les perturbations magnétiques, en relation ou non avec les taches solaires, fera, d’ici quelque temps, l’objet d’un article spécial en cette Revue.
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- BIBLIOGRAPHIE
- OtSL
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10% pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. , ....... ......
- Cinématique et mécanismes, par R.'Bricard. t vol. in-16, 212 p. (Collection Armand Colin). A. Colin, éditeur. Paris, 1921. Prix broché : 5 francs?
- Cet ouvrage est partagé en 2 parties : la première traite de la cinématique théorique, avec l’étude générale des déplacements finis, un résumé de la théorie classique supposée connue du lecteur du mouvement d’un point, puis celui du solide, la composition des
- mouvements, et l’étude géométrique des mouvements des figures planes ou solides. La seconde partie est consacrée à l’étude des principaux^mécanismes usuels : engrenage, cames et excentriques, système articulé.
- Traité de balistique extérieure, par l’ingénieur général P. Charbonnier, i vol. in-8 (a5 X 16) de ix-637 p., 265 fig. Tome I. G. Doin, éditeur, Paris et Gauthier-Yillars et Cio, Paris, 1921. Prix broché 76 francs.
- La balistique extérieure étudie le mouvement dans l’air des projectiles d’artillerie et se propose d’en ramener l’étude à une question de mécanique pure. Le phénomène en lui-piême est infiniment complexe ; il y intervient les propriétés de l’air variables avec l’altitude, les conditions météorologiques, lès formes du projectile et la pesanteur. Le problème n’èst donc abordable par le calcul que moyennant certaines hypothèses simplificatrice^. Le problème balistique
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- BIBLIOGRAPHIE
- principal consiste à étudier le mouvement d’un point matériel dans un milieu en repos, de densité constante, lui opposant une résistance tangentielle, fonction de la vitesse. On suppose la terre plane, immobile et la pesanteur constante. Ce problème résolu, le
- , balisticien étudie ensuite les perturbations que peuvent apporter les variations des éléments supposés d’abord constants. La balistique, qui est à la base de tous les progrès de l’artillerie, est. donc une science ardue; elle a progressé grâce aux efforts accumulés depuis près de deux siècles par les savants et les techniciens. La guerre a attiré vers elle toute une pléiade de savants mathématiciens qui, sans doute, n’auraient jamais songé auparavant à lui consacrer leurs travaux et il en est résulté de nouveaux progrès et sur certains points une véritable rénovation de cette science. Le moment était donc venu de faire l’inventaire des rés'ul-tats acquis. C’est cette synthèse que s’est proposé de réaliser l’auteur du présent traité; à en juger par le premier volume, l’œuvre promet d’être un véritable monument, qui fera le plus grand honneur à la science française. Ce volume consacré aux théorèmes généraux de la balistique étudie les lois de la résistance de l’air, le mouvement des projectiles et les problèmes du tir dans le vide, puis le mouvement rectiligne d’un projectile non pesant dans uu milieu non résistant, le mouvement vertical. Après ces cas particuliers, on arrive aux propriétés générales de la trajectoire atmosphérique, et à l’intégration des équations différentielles de la balistique, problèmes auxquels, au cours de la guerre, plusieurs mathématiciens ont apporté de nouvelles et remarquables contributions.
- Le Ciel, par M. Fouché, t vol. in-16, 7a fig. (Bibliothèque des Merveilles). Hachette, éditeur, Paris, 1921. Prix : 6 francs. ^
- Après avoir fait saisir, par des chiffres et des comparaisons, l’immensité des espaces sidéraux accessibles à. l’observation et la diversité des mondes qui y gravitent, l’auteur résume, dans des chapitres de lecture attrayante et accessible à tous, ce que nous savons aujourd’hui du Soleil, de la Lune, des planètes, comètes, étoiles filantes. Il passe ensuite en revue rapide les principales constellations, et donne des aperçus succincts sur la distance et la nature des étoiles, sur les étoiles temporaires et variables et sur les nébuleuses.
- La végétation \de la Champagne crayeuse. Etude de géographie botanique, par J. Laurent, i vol. in-8, 355 p., 17 fig-, 24 pi-, 9 cartes hors texte. Orlhac. Paris.
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- Jules Laurent était professeur au lycée et à l’Ecole de médecine de Reims. Depuis 1889, il parcourait les plaines champenoises, herborisant, étudiant la géologie du pays, quand il ne faisait pas d’importantes recherches botaniques au laboratoire. Il est mort en 1918, laissant à sa veuve, puis à son gendre, le soin de publier ce volume qui est un modèle de monographie régionale. L’auteur étudie d’abord tous les facteurs qui interviennent dans la répartition géographique des plantes en Champagne : température, pluies, climat, phénologie, puis le sol, la craie avec ses caractères pétrographiques, chimiques, micrographiques, ses modalités stratigraphiques, les alluvions superficielles des cours d’eau, les limons des plateaux, la nappe phréatique, les sols cultivés, Il examine ensuite les formations et associations végétales :,flore des cours d’eau; des marais e,t tourbières, des prairies, des bois, des plateaux. 1 Çes groupements lui permettent de diviser la Champagne en un certain nombre de sous-districts distincts, malgré l’uniformité apparente du pays. Laurent a réussi à exposer clairement un ënsemble de faits très complexes et à tenir compte de toutes les influences actuelles et passées qui ont donné à la Champagne son aspect caractéristique. >, . '
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- Lévolution, ses incertitudes, ses conclusions, par Ch. Ouy-Yernazobres. i vol. in-8, 93 p. L’expansion scientifique française, Paris. Prix : 5 francs.
- L’auteur examine la valeur des diverses recherches orientées par le transformisme : batybius etmouères, cellules artificielles, adaptations cellulaires et greffes,
- hérédité et variations brusques. Il en conclut que l’évolution n’a pas cessé d’être une hypothèse qui aboutit à un raccord avec le monde spirituel, l’évangile de Saint Jean de la philosophie thomiste.
- Le contrôle pratique et industriel du lait, par P. Dornic, 4° édition, 164 p. Baillière, Paris. Prix : 4 francs.
- Le but de ce volume est de montrer les procédés) les méthodes et les appareils qui peuvent servir au contrôle du lait. M. Dornic insiste tout particulièrement sur l’écart ou l’approximation à laquelle on peut arriver dans les différents cas par l’emploi des diverses méthodes de contrôle, l’analyse chimique étant prise comme point de comparaison. Il donne pour chacun des appareils décrits le maniement général, les causes d’erreur dans la pratique, la rapidité d’exécution, enfin la constance plus ou moins grande des résultats, et, comme complément, le prix de l’instrument, de même que le prix de revient de chaque dosage. Ecrit par un praticien dont la valeur et la compétence sont connues, ce livre est indispensable aux fermiers comme aux laitiers.
- Plantes à huile, par Yves Henry. A vol. in-16, 210 p., 35 fig. Armand Colin, Paris. Prix : broché 5 francs; relié 6 francs.
- Ouvrage d’une documentation sûre, écrit par un homme à qui ses nombreux séjours aux colonies ont rendu familier le sujet qu’il traite. Après un rappel des caractères généraux des corps gras végétaux, il examine successivement les plantes cultivéès et les plantes spontanées et pour chacune leur habitat, leurs conditions de vie, les propriétés des huiles qü’elles fournissent.
- La France agricole et la guerre. T. IY, par le Dr Chauveau, sénateur. 1 vol. in-16, 244 p., 7 fig.
- Nos lecteurs se rappellent 1 article du Dr Chauveau récemment paru dans La Nature sur les forêts de protection. Us le retrouveront ici, ainsi que toute une série d’études sur les sujets agricoles que Fauteur connaît bien : le remembrement de la propriété rurale qu’il préconise, la culture mécauique dont il est un des plus actifs propagateurs, le développement des forêts, l’élevage du cheval, l’utilisation des forces hydrauliques, etc.
- Rôle des Colloïdes chez les êtres vivants. Essai de hio-colloïdologie, par Auguste Lumière, i vol. in-16, 311 p., 19 fig., 14 pl. hors texte, dont 7 en photochromogra-' vure. Masson et C‘e, éditeurs, Paris. Prix : 16 francs.
- M. Auguste Lumière, le grand savant lyonnais, fait dans ce livre l’exposé d’une théorie nouvelle, qui bouleverse de fond en comble les notions, actuellement en cours, relatives à l’origine et à la nature des phénomènes physiologiques ou pathologiques chez l’être vivant, animal ou végétal. C’est par l’évolution de la micelle colloïdale que M. Auguste Lumière explique la vie, la nutrition, la croissance, la maladie et la mort. C’est par elle qu’il espère trouver le moyen de lutter contre les états pathologiques divers, de modifier la nutrition dans le sens voulu par le médecin.
- Nos lecteurs sont déjà familiers avec cette notion physique de la micelle colloïdale. La biocolloïdologie ramène à des phénomènes d’ordre physico-chimique toutes les mutations, normales ou pathologiques, qui s’accomplissent dans les humeurs et les cellules des êtres vivants, animaux et végétaux.
- La théorie d’Auguste Lumière permet de comprendre un certain nombre de phénomènes biologiques et pathologiques qui ne paraissent pas avoir reçu jusqu’ici d’explication suffisante, notamment l’augmentation de fréquence des maladies avec l’âge, la durée d’incubation nécessaire à la manifestation de certains accidents, la possibilité de déclencher des effets considérables avec des doses extrêmement faibles de produit, etc. ,
- Aux dogmes obscurs de 1 humorisme ancien ou moderne, Auguste Lumière substitue le concept logique, scientifique de l’évolution mieellaire résumée dans cette formule expressive : « L’état colloïdal conditionne la vie, la floculation détermine la maladie et la mort. »
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
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- N° 2475
- 10 Septembre 1921
- Les dirigeables allemands. — Dans une récente conférence à l'Association française de Navigation aérienne, M. le capitaine Letourneur a donné d’intéressants détails sur les dirigeables construits par l’Allemagne pendant la guerre. L’Allemagne, dans cette période, a construit 107 rigides dont 87 Zeppelins et 20 Schütte-Lanz. Durant ces 20 dernières années, elle avait dépensé 1 200000000 à 1 5oooooooo de marks or, alors que la France n’avait dépensé que 100000000 de francs.
- L’Allemagne a étudié 12 types différents de rigides dont 5 principaux. Sur les 87 ballons construits, 85 furent détruits par les Alliés, 32 par accident. Sur les 20 restants, 14 furent démontés. Les usines Zeppelin ont occupé jusqu’à 17000 ouvriers. Le conférencier signale que les ballonnets placés à l’intérieur de l’armature métallique sont faits en baudruche de bœuf fort coûteuse ; il ne faut pas moins de 900 000 baudruches par ballon.
- Le cube des Zeppelins est passé pendant la guerre de 25 000 m5 à 68 5oo et un projet de 108 000 m3 a même été étudié. On semble revenir aux ballons de 20000 à
- 22 000 m3 pour la navigation commerciale.
- L’emploi des gyroscopes stabilisateurs dans la marine. — On a beaucoup étudié en ces dernières années l’emploi des gyroscopes à bord des navires comme stabilisateurs anti-roulis. II semble que ces appareils entrent désormais dans la voie des réalisations pratiques. On construit maintenant, dit Y Engineering, des gyroscopes stabilisateurs dont les disques ont 4 m. de diamètre et pèsent près de 4^ tonnes chacun. La Sperry Gyroscope C°, société américaine qui paraît s’être fait une spécialité de ces installations, a équipé avec un gyroscope de ce type le paquebot américain Huron, ex-navire allemand Friedrich der Grosse de 18000 t. Cette société a en construction huit autres gyroscopes, dont l’un est destiné à un croiseur japonais de 10000 t.
- Les puissances navales du monde. — L’Engineering publie un résumé d’une communication faite par le Secrétaire de l’Amirauté Britannique à la Chambre des Communes sur les forces navales des diverses grandes puissances. Il en résulte que la Grande-Bretagne n’y occupe plus que le second rang; c’est dans son histoire un fait sans précédent depuis bien plus d’un siècle. Le premier rang est tenu aujourd’hui par les Etats-Unis avec une très forte avance sur l’Angleterre.
- Les Etats-Unis ont en service 36 cuirassés de bataille et 11 autres sont en construction. L’Angleterre n’a que
- 23 cuirassés en service et aucun en construction. Les plus récents sont ceux de la classe Royal Sovereign; 4 d’entre eux ont été terminés en 1916, le 5° en 1917. Aucun de ces bâtiments n’a donc pu bénéficier des enseignements de la guerre. Les Etats-Unis au contraire ont construit 4 cuirassés depuis 1917, et les n bâtiments en construction seront achevés en 1922. Six d’entre eux, ceux de la classe South-Dakota, auront un déplacement de 43 200 tonnes, une puissance de 60000 HP et porteront 12 canons de 16 pouces (environ 400 mm), 16 canons de 6 pouces (environ i5o mm), 14 canons anti-aériens et 2 tubes lance-torpilles immergés de 525 mm de calibre. En croiseurs de bataille, l’Angleterre a une escadre de 8 bâtiments en service, aucun en construction ; les Etats-Unis n’ont aucun croiseur de ce genre, mais ils en construisent 6 de la classe Lexington qui seront achevés en 1924 ; ils ont un déplacement, de 43 5oo tonnes comme les cuirassés South-Dakota, mais une machinerie de 180000 HP du type turbo-électrique. Leur armement comporte 8 canons de 400, mais 4 tubes lance-torpilles immergés et deux tubes non immergés.
- Après la Grande-Bretagne vient le Japon avec 12 cuirassés construits, dont 5 depuis la fin de la guerre, 3 en construction; 7 croiseurs de bataille construits, 2 en construction; au 4e rang est l’Italie avec 12 cuirassés, puis la France avec 11. L’Allemagne en garde 8. La Russie aurait encore i3 cuirassés, ce qui la placerait au 3e rang et l’on croit qu’elle a en construction 1 cuirassé et 4 croiseurs de bataille.
- Pour les croiseurs légers, l’Angleterre tient encore la tete avec 5i bâtiments construits, 10 en construction contre >5 construits, 10 en construction pour les Etats-Unis.. Le Japon en possède 9 et en a 8 en construction; 1 Italie en a io, 1 Allemagne 8, la France 5.
- Enfin, pour les bâtiments de faible tonnage, les Etats-Unis tiennent également la tête : ils possèdent 278 destroyers contre i85 à l’Angleterre, 44 an Japon, 70 à la France, 5a à l’Italie, 98 à la Russie, 16 à l’Allemagne. Ils possèdent de même io3 sous-marins et en construisent 46. L Angleterre en a 89 et en construit 8 ; le Japon en a 23 et en construit 15 ; l’Italie en a 64 et en construit 3; la. France en a 4$ et en construit 6; la Russie en aurait 36 et en construirait 22. Bien entendu les chiffres donnés pour la Russie le sont sous réserves!
- A..» nuLie ue commerce mondiale.
- 1 J.yg- . r ;--- --------------- ue OUUrUUL CIV
- la Marine Marchande publie l’état de la flotte de commerce au icr juillet 1921, d’après les renseignements que lui a, communiqués le Lloyd’s Register.
- Yoici ces chiffres, comparés- à ceux d’avant-guerre.
- I. Navires de plus de 100 tonnes existant ou en achèvement.
- 1" juillet 1914, 1919, 1920, 1921 Vapeurs et Navires à moteur
- Nombre Tonna se brut
- Voiliers
- Nombre Tonnase brut.
- 24.444
- 24.586
- 26.513
- 28.433
- 43.4U3.876
- 47.897.407
- 53.904.688
- 58.846.525
- 6.392
- 4.869
- 5.082
- 4.775
- 3.685.675
- 3.021.866
- 3.409.377
- 3.128.528
- Nombr
- 50.856 29.255 51.595 33.206
- IL Vapeurs des principales nations.
- Total
- Tonnage brut
- 49.089.552 50.919.275 57.314.065 61,974.653
- Pays lor juillet 191-1 1" juillet 1921
- Royaume-Uni. . Colonies britan- 18.892,000 19.320.000 +
- niques .... 1.632.000 2.26g.000 +
- Etat-Unis : Occan 2.027.000 i3,5i 1.000
- — : Grands Lacs. 2.260.000 2. i63.ooo
- Autriche-Hongrie i.o52.ooo
- Danemark . . . 770.000 O O O en CO CO +
- France 1.922.000 3.299.000 +
- Allemagne . . . 5.i35.000 654 000
- Grèce 821.000 587.000
- Hollande .... 1.472.000 2.208.000 _L.
- Italie 1.480.000 2.468.000 4-
- Japon 1.708.000 3.355.000 +
- Norvège .... 1.957.000 2.371.000
- Espagne .... 884.000 1.112.000 1
- Suède . . . . . 1.015.060 1.086.000 +
- Total. . . . 45.404.000 55.286.000 -f-
- Différence.
- 4a8.ooo
- 637 000 11.484*000 97.000
- 113.000 1.377.000 4.481.000 • 234.000 736.000 1.o38.ooo x.647-000 414.000 228.000 71.000
- 9 882.000
- On remarquera dans les deux tableaux précédents • l’augmentation du tonnage total, celle énorme des Etats-Unis, celle sensible de la France, du Japon et de l’Italie la diminution considérable du tonnage allemand. '
- La France compte aujourd’hui :
- 1339 vapeurs en acier de 2.931.i3i tonnes. i44 — fer 1 i4.5oo —.
- *79 bois 253.i64 —
- i3o voiliers en acier de 275.886 ___
- 7 — fer 10.452 —
- 245 — bois 67.116 ___
- Soit un total de 2044 navires jaugeant 3 652 240 tonneaux. j
- La mort des lampes électriques à filament métallique. Dans une intéressanle conférence à la Faraday Society que résume Y Engineering, M. Smithells directeur de la General Electric G0, à Londres, a exposé ses vues sur les phénomènes qui se produisent dans les filaments en tungstène des lampes à incandescence et en provoquent à la longue la destruction. M. Smithells signale tout d abord qu'il y a des filaments de deux sortes ; les filaments en tungstène pur et les filaments en tungstène thorié, qui contiennent i pour 100 d’oxyde de thorium ou de quelque autre terre réfractaire. Langmuir a montré en igi3 que le noircissement des ampoules est
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- INFORMATIONS
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- dû à la volatilisation du tungstène et il a indiqué en même temps le remède qui consiste à emplir la lampe d’un gaz inerte tel que l’argon ou l’azote à des pressions voisines de la pression atmosphérique. Dans cette atmosphère le filament atteint une température plus élevée que dans le vide : a3oo° G au lieu de 2000°; et le rendement est augmenté avec la lampe dite demi-watt. Dans les lampes de ce type, le filament est toujours disposé en spirale pour réduire les pertes par convection et par conductibilité; mais il est soumis à des tensions plus considérables que dans les lampes vidées ; aussi un filament qui convient à une de ces dernières lampes risque de se briser rapidement dans une ampoule demi-watt. Un filament neuf a une texture fibreuse et est ductile; lorsqu’il a été chauffé un certain temps, il finit par se briser, parce que les cristaux qui le composent ont augmenté de dimensions, faisant ainsi perdre au fil sa ductilité. Les études micro-photographiques de M. Smithells affectuées sur de nombreuses lampes lui ont montré que dans les filaments de tungstène pur, la croissance des grains cristallins s’effectue d’une façon continue jusqu’à ce qu’ils atteignent le diamètre du filament ; la taille moyenne des cristaux dès lors ne se modifie plus ; mais ils sont dans une situation instable et leur surface externe est en continuel mouvement. Les cristaux peuvent atteindre leur taille finale en i5 minutes et un filament après 600 heures de travail aura exactement le même aspect qu’un filament chauffé pendant 20 heures seulement. Mais les filaments à gros grains sont bien plus fragiles que ceux à grains fins.
- L’addition d’oxyde de thorium retarde la croissance des grains cristallins de sorte qu’après 600 heures d’éclairage, le filament montre encore une structure à grains fins. Il a perdu sa ductilité comme dans le cas précédent, mais ses déformations internes sont moins grandes et il est beaucoup moins fragile.
- Cependant, dans certains cas, les filaments thoriés peuvent, eux-aussi, prendre une structure à gros grains et devenir fragiles. C’est ce qui arrive lorsqu’on introduit dans l’ampoule du phosphore rouge ou du sodium métallique, comme on le fait pour supprimer les dernières traces d’oxygène. M. Smithells pense que ces substances qui sont de puissants réducteurs réduisent l’oxyde de thorium, et l’oxyde de phosphore formé serait volatilisé. Le thorium métallique ainsi produit par réduction n’aurait plus aucune action sur l’évolution des cristaux de tungstène qui se comporteraient comme dans le cas du tungstène pur. Les analyses chimiques exécutées par M. Smithells confirment ces vues.
- Les lampes demi-watt à atmosphère gazeuse périssent en général par noircissement : un dépôt noir apparaît sur les parois et la lampe meurt. Ce dépôt est du tungstène ou quelque composé de ce métal. M. Smithells a examiné l’influence de diverses impuretés. L’oxygène (à la pression partielle de 1 mm) attaque rapidement le filament en faisant apparaître des nuages d’oxyde jaune de tungstène (WO3) qui donnent un dépôt blanchâtre. Avec des proportions plus faibles d’oxygène, on voit se produire l’oxyde W2 O3 qui donne un dépôt bleuâtre ; l’oxyde brun WO2 ne semble pas se former directement. L’hydrogène, même dans la proportion de 10 pour xoo, est sans action; mais la. vapeur d’eau toujours très difficile à éliminer complètement a un effet extrêmement destructeur, beaucoup plus fort à proportions égales que dans les ampoules vidées. Dans ces dernières, il se forme de l’oxyde de tungstène qui se vaporise, se dépose sur le verre où il est réduit par l’hydrogène à l’état de tungstène métallique.
- Dans les lampes à atmosphère gazeuse le mécanisme de l’action de la vapeur d’eau semble différent.
- M. Smithells a fait les constatations suivantes sur une lampe demi-watt contenant une proportion relativement considérable de vapeur d’eau : le filament en spirale était supporté par des fils plus épais en molybdène; lorsque le courant passait dans la lampe, les premiers tours de la spirale, de part et d’autre du point d’attache, restaient froids à cause de la conductibilité; ils ne s’illuminaient donc pas ; or on constate que ces tours qui restent obscurs augmentent d’épaisseur ; à côté d’eux d’autres tours deviennent incandescents, mais on les voit s’amincir et s’étendre jusqu’à ce qü’ils se brisent sous la tension des tours voisins. La destruction des filaments est complète en quelques minutes. M. Smithells suppose qu’il se forme de l’oxyde de tungstène par [
- décomposition de la vapeur d’eau; cet oxyde est réduit par l’hydrogène libre et le tungstène métallique se dépose sur les parties froides du filament qui grossissent tandis que la vapeur d’eau reconstituée réagit à nouveau sur la partie incandescente du filament. La réaction a un caractère cyclique ; elle se maintient jusqu’à la rupture du filament.
- L’acide carbonique a une action analogue à celle de la vapeur d’eau; l’oxyde de carbone également quoique son effet soit moins rapide. Les hydrocarbures ont eux aussi une action destructrice très rapide sur le filament.
- Ces diverses constatations n’épargnent sans doute pas aux acheteurs de lampes demi-watts les accidents trop fréquènts auxquelles elles sont encore sujettes, mais ils auront la consolation d’y trouver des explications plausibles.
- Le champ électrique de l’atmosphère pendant les orages. — Un savant suédois, M. Norinder, poursuit à Upsala depuis 1918 des mesures sur les variations de l’état électrique de l’atmosphère au cours des orages. Il enregistre à cet effet, au moyen d’un enregistreur rapide, les différences de potentiel qui se manifestent entre 2 fils horizontaux parallèles entre eux et dont on peut régler la distance au sol, celle-ci pouvant atteindre jusqu’à 4o mètres.
- Il peut déterminer ainsi, d’après les oscillations apparaissant sur la courbe enregistrée, les variations du gradient du potentiel mesuré entre les deux fils; on appelle gradient du potentiel la différence de potentiel entre 2 points situés à 1 m. de distance. Les diagrammes obtenus permettent de distinguer deux sortes de variations dans le champ électrique au moment de l’orage ; d’abord une variation lente s’étendant sur une période d’au moins 10 secondes, et qui semble liée aux mouvements des nuages et aux décharges silencieuses; puis apparaissent des changements très rapides dans le champ électrique, liés aux décharges lumineuses qui se produisent à proximité du poste, on noté dans des intervalles de temps bien inférieurs à 1 seconde des variations du gradient comprises entre 3oooo et 60000 volts par mètre, Le gradient lui-même atteint dans certaines circonstances des valeurs très élevées. M. Norinder a noté plusieurs fois des gradients de 100000 volts par mètre et une fois même de 135 000 volts par mètre, et cela pour des observations faites à 2 km environ du point où se produit la décharge électrique. Les valeurs très différentes les unes des autres observées pour les pointes de ces diagrammes , montrent que les nuages chargés électriquement sont dans un état très instable.
- L’intérêt des mesures de M. Norinder est de montrer qu’on avait jusqu’ici sous-estimé la valeur du champ électrique de l’atmosphère pendant les orages. On croyait que le gradient maximum au voisinage du sol était de l’ordre de grandeur de 20 000 volts par mètre. On voit qu’il peut être bien supérieur, ce qui explique beaucoup d'accidents survenus sur des lignes électriques que l’on croyait suffisamment isolées. Car si les observations faites par M. Norinder à quelques kilomètres de la décharge électrique elle-même révèlent déjà des gradients de iooooo volts par mètre, on peut en conclure qu’au voisinage même du coup de foudre, le gradient atteint des valeurs formidables.
- L’écrevisse et le géologue. — La Revue Scientifique conte l’instructive anecdote suivante : les écrevisses ont permis récemment à un géologue, M. Jean Couegnas, de découvrir un gisement nouveau d’amphibolite.
- Les écrevisses, dont le tégument est imprégné d’une forte proportion de sels calcaires, doivent trouver dans l’eau, surtout au moment de la mue, une certaine quantité de sels de chaux. Ceux-ci ne peuvent provenir que des roches avoisinantes qui en possèdent. Dans le Limousin, pays réputé granitique et très pauvre en chaux, les amphibolites en renferment une proportion notable (12 à 2 3 pour 100) et les écrevisses sont effectivement cantonnées dans les régions où affleurent ces amphibolites.
- M. Jean Couegnas, un jour, aperçut des écrevisses dans une région où les cartes géologiques n’indiquent aucune amphibolite. Il pensa que la présence de ces crustacés devait être liée à la présence d’un affleurement inconnu de cette roche, et il fut ainsi amené à .découvrir près du village de Rebeyrolle un pointement nouveau de cette roche.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Imperméabilisation des capotes d’auto. — Voici un procédé qui a donné de bons résultats aux T. M. pendant la guerre et que rappelle Automobilia.
- On brosse la capote ; on la tend et on la laisse en plein soleil, on prépare un mélange de paraffine et de pétrole en comptant pour une voiture 4 places : i litre de pétrole et 5oo grammes de paraffine.
- Faire fondre la paraffine à feu doux, ou mieux dans un bain-marie. Ajouter alors lentement en remuant souvent le pétrole en ayant soin de ne pas refroidir le mélange.
- Peindre la capote (placée au soleil) avec ce mélange. Laisser au soleil une heure environ. Le pétrole s’évaporera, laissant la paraffine dans les fils de la toile. Brosser alors la toile avec une brosse grossière pour enlever l’excès de paraffine.
- La capote est prête à servir et la pluie la plus violente ne traversera pas la toile. La paraffine assurera la conservation de la toile, l’assouplira et il suffira tous les deux ans de passer une couche légère^pour avoirune capote imperméable. Ce procédé donne une imperméabilisation peu coûteuse et d’une efficacité durable.
- Brunissement du bois.—Un de nos lecteurs, M.Tardy, nous communique la recette suivante pour brunir les bois.
- Elle a l’avantage de teinter le bois sans le mouiller, et par suite il n’est pas nécessaire de repolir les pièces terminées.
- Ce procédé, qui n'est pas inédit, s’applique au chêne.
- Il suffit de placer le bois à brunir dans une caisse si la pièce n’est pas trop grande; s’il s’agit d’un meuble,.il faut évidemment une alcôve ou un réduit quelconque. Verser dans une assiette ou plusieurs de l’ammoniaque ou alcali volatil et mettre le récipient près du bois à brunir.
- Fermer la caisse ou la chambre hermétiquement et laisser quelques jours pour permettre une pénétration assez profonde.
- La teinte obtenue est d’un brun agréable, laissant paraître les mailles du bois. 11 faut remarquer que l’aubier ne brunit pas.
- Il faut huiler légèrement le bois à l’huile de lia cuite mélangée avec de l’essence de térébenthine, la teinte est un peu grise.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- La T. S. P. des Amateurs. — Construction d’une lampe (voir n° 2470).
- De nombreux lecteurs nous ont demandé des renseignements complémentaires au sujet de la construction d’une lampe audion, suivant les procédés décrits dans notre n° 247° du 6 août 1921.
- Nous croyons juste de leur signaler à ce propos que cette fort intéressante construction est due à un ingénieux amateur, M. Mignet, à l’habileté duquel elle fait honneur. M. Mignet a décrit sa méthode dans une étude fort détaillée à laquelle nous renverrons ceux de nos lecteurs qui désireraient de nouvelles précisions. Cette étude a été publiée par notre excellent confrère la T. S. F. moderne-, cette jeune Revue se consacre à éclairer et à grouper le monde, chaque jour plus nombreux des îima-teurs sans-filistes. Son adresse est 11, av. deSaxe, Paris.
- Réponses.— Bibliothèque de l'Université catholique, à Louvain. — i°Une série de cinq ou six galettes plates nous paraît indispensable pour atteindre à l’accord sur 24 000 m. de votre antenne bifilaire de 5o m., encore fau-dra-t-il shünter l’enroulement par un condensateur variable. Bobinez sur chaque «c fonds de panier » environ 5o m. de fil.
- Nous vous conseillons, pour cette réception, d’utiliser de préférence des inductances « nids d’abeilles ».
- 20 Les trois transfoi-mateurs H. F., utilisés par M. Duroquier et décrits par cet auteur dans ses Eléments de T. S. F. pratiques, doivent se placer à plat et côte à côté sur la même planchette. L’enroulement primaire de chaque transformateur comprend 65 m. de fil ; le secondaire 65 m. également. Ce métrage peut être modifié suivant la longueur des ondes à recevoir.
- 3° Les stations complétant actuellement le tableau des observatoires météorologiques dont les renseignements figurent au Bulletin météorologique de FL, sont les suivantes :
- 5i == Zurich; 52 = Berne ; 53 = Genève ; 54 = Lugano; 55 = Saëntis ; 61 = Utrecht; 62 — Le Helder; 63 =: Flessingue ; 64 = Groningue.
- M. G. Lenormand, Ecole Normale de Versailles. — i° Votre antenne transmettrice et votre antenne de réception faisant entre elles un angle droit se trouvent placées dans la condition la plus défavorable pour un échange de signaux ; voyez notre article, relatif à l’antenne et à la prise de terre.
- 20 Untposte récepteur muni d’un amplificateur recevra votre émission à plus de 5o km, s’il est accordé sur la longueur d’onde que vous utilisez pour transmettre; pour cette raison, nous vous recommandons une grande réserve dans vos expériences.
- M. Ed. Pelissier, Labastide-Rouairoüx. — Le Bulletin météorologique transmis par la station du Champ-de-Mars chaque jour à 11 h. 3o est le Météo-Europe résumant les observations de 7 heures du matin, faites par les observatoires suivants :
- 01 = Paris.
- 02 = Madrid. o3 == Vienne.
- 04 “ Stockholm. o5 = Stornoway.
- 06 = CLermond-Ferrand. 07 = San Fernando.
- 08 = Munich.
- 09 = Haparanda.
- 10 — Thorshavn. ;-
- 21 = Scilly.
- 22 = Nice.
- 23 = Dantzig.
- 24 = Tynemouth.
- 2 5' = Perpignan.
- 26 = Skudesnes.
- 27 — La Corogne.
- 28 = Florence.
- 29 = Fanœ.
- 30 — Mahon.
- 11 = Saint-Mathieu. 11= Alger.
- 13 = Varsovie.
- 14 = Broennœ.
- 15 — Blacksod.
- 16 = Biarritz.
- 17 = Tunis.
- 18 == Prague.
- 19 — Wardœ.
- 20 = Seydisfiord.
- 31 =3 Cracovie.
- 32 = Holylead.
- 33 = Berne.
- 34 = Le Helder.
- 35 = Parata.
- 36 = Londres.
- 37 — Hambourg.
- 38 = Ile d’Aix. 3q m Bruxelles 40 = Valentia.
- Chaque groupe d’observations est transmis d’après la formule suivante BBBDD FNb, qu’il faut traduire comme suit :
- BBB pression barométrique en dixièmes de millimètre (le premier chiffre 7 est supprimé).
- DD. — Direction du vent au sol.
- N . . . . 32 S ...... . 16
- N.-N.-E. . . . . . . 02 s.-s.-w. 18
- N.-E .... . . . . 04 s.-w 20
- E.-N.-E . . . . . . . 06 W.-S.-W 22
- E . . . . 08 w . 24
- E.-S.-E . . . . . . . 10 W.-N.-W 26
- S.-E .... 12 N.-W 28
- S.-S.-E f. . . . . . . 14 N.-N.-W 3o.
- F. — Force du vent.
- 0 à 1 mètre . .... 0 8 à 10 mètres .... • 5-
- 1 à 2 — .... 1 10 à 12 —. .... ‘ 6
- 2 à 4 — .... 2 12 à 15 — ...
- 4 à 6 — .... 3 i5 à 18 — . . . . à.
- 6 à 8 — .... 4 Au-dessus de 18 mètres 9
- 4è\ Si I»
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- BOITE AUX LETTRES
- N.
- Etat du ciel et tendance barométrique.
- Baromètre en hausse. O I
- Baromètre en baisse.
- 5
- 6
- 7
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- Ciel clair ...
- Ciel i/4 couvert Ciel 1/2 couvert Ciel 3/4 couvert .
- Ciel couvert . .
- b. — Valeur de la-tendance barométrique (hausse ou baissé) en demi-millimètres.
- Nota. — Lorsque le nombre traduisant la tendance à deux chiffres, b indique seulement le chiffre des unités ; le chiffre des dizaines se déduit du nombre indiquant la direction du vent auquel on ajoute 33 si le chiffre des dizaines de la tendance est 1, et auquel on ajoute 67 si te chiffre des dizaines de la tendance est 2.
- M. P. Devant0 à Paris. — Vous trouverez dans le chapitre de La T. S. F. des Amateurs consacré à la construction des détecteurs les renseignements utiles pour réaliser une bonne réception des courtes Jongueurs
- d’onde.
- Vous pouvez remplacer, dans le schéma que vous nous communiquez et qui est très clair, le transformateur à enroulements télescopiques par deux galettes plates à écartement variable. Construisez ces galettes en suivant les données de notre article sur les enroulements en
- « fonds de panier » précédemment paru.
- M. A. Bruyant, à Elbeuf. — Il n’y a aucun inconvénient à ce que vous utilisiez pour votre petit poste récepteur de T. S. F. la prise de terre de votre paratonnerre.
- M. /. Gouzon, à Lyon. — Votre observation est très juste et tout à fait fondée. Nous ne saurions tropirecom-mander aux amateurs de T. S. F. de s’abstenir de faire
- de la transmission ; cette pratique ne manquerait pas de provoquer des sanctions qui pourraient compromettre la liberté dont jouissent actuellement les amateurs officiellement autorisés à installer à leur domicile un récepteur de signaux hertziens. Les professeurs et étudiants choisiront pour leurs expériences une heure de la journée pendant laquelle ils ne risquent pas de troubler la réception des signaux horaires et des télégrammes météorologiques ; ils utiliseront de très petites antennes avec une énergie aussi faible que possible à la transmission.
- M. Jean Jou de Las B orj as, à Bordeaux. — Le « chant d’oiseau » que vous percevez avec votre amplificateur provient vraisemblablement d’un chauffage trop élevé des filaments des lampes ou d’un mauvais isolement de vos circuits de réception.
- M. J.-B. Bellicard, à Lyon.— Les cadrans de montre visibles dans l’obscurité sont recouverts d’un enduit à base de sulfure de calcium. Si la lueur émise par ce composé n’est pas suffisante pour l’application que vous avez en vue, vous pourriez employer le sulfure de zinc radifère, qui e^t beaucoup plus cher, mais dont la phosphorescence est notablement plus vive et permanente. D’autres composés de même genre vous seraient fournis par les établissements Poulenc, frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris. Les sels lumineux radifères sont vendus à l’état de poudres fines ; il est facile de préparer soi-même la pâte à appliquer sur les surfaces que l’on veut rendre lumineuses, en incorporant la poudre à un vernis incolore, tel que baume du Canada, gomme arabique dissoute dans l’eau, vernis à l’alcool ou celluloïd blanc dissous dans l’acétate d’amyle. La proportion de vernis à employer varie entre 3o et 40 pour 100 du poids de la poudre lumineuse.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir -compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .—
- Télégraphie et téléphonie sans fil, par'C. Gutton. i vol. in-16 illustré, 212 p. Collection A. Colin). Armand Colin, éditeur. Paris, 1921. Prix broché : 5 francs.
- Il n’a sans doute jamais été écrit un ouvrage plus limpide que celui-ci sur la télégraphie sans fil. C’est en grande partie la reproduction d’une notice anonyme rédigée pour les armées par l’auteur eu 1916, M. Gutton faisait alors partie comme simple sapeur de la pléiade de savants que le général Ferrié avait groupés à Paris pour faire progresser la T. S. F. Celle-ci se développait avec une rapidité extraordinaire, exigeant un personnel considérable, recruté un peu partout et qu’il fallait initier à une technique qui paraissait bien au-detesus de leur instruction. La brochure de M. Gutton réalisa ce miracle d’être comprise de tous. Elle expose sans calcul, à l’aide de quelques comparaisons bieû choisies, le mécanisme des phénomènes électriques qui interviennent en T. S. F.; elle énumère schématiquement 'les éléments essentiels de tout poste de transmission et de réception ; on y trouve la description aussi claire que précise des merveilleuses lampes-valves à 3 électrodes et des diverses façons de les utiliser : comme amplificateurs, détecteurs, ou générateurs d’onde. Un ; chapitre est consacré à la téléphonie sans fil, un autre à la radiogoniométrie et à la „T. S. F. dirigée; une annexe contient l’exposé des procédés de mesure employés en T. S. F. et des renseignements sur les signaux horaires et météorologiques émis par la Tour Eiffel et Lyon.
- La Construction du vaisseau de guerre, par E. Jammy. 1 vol. in-16, 212 p., 3 pl. hors texte (Collection Armand
- Colin). A. Colin, éditeur. Paris, 1921. Prix : broché 5 fraucs.
- L’auteur expose comment on construit, comment on lance et comment on aménage un grand navire de guerre moderne.
- La Géographie de l'Histoire, Géographie de la Paix et de la Guerre sur terre et sur mer, par Jean Brunhes et Camille Vallaux. i vol. in-8, 716 p., 36 fig. Félix Alcan, Paris. Prix : 40 francs.
- Ce livre est une synthèse où les auteurs, mettant en commun de longues^et persévérantes études, tentent de poser les bases scientifiques d’une politique générale, d’après les données fournies par la Géographie et par l'Histoire. Le livre est divisé en deux parties : la première surtout de théorie, la seconde surtout d’application. Dans la première partie, les auteurs exposent les faits généraux qui déterminent la croissance et le dépérissement des groupes humains politiquement organisés, depuis les plus lointaines origines : affinités ethniques, nécessités d’alimentation, distribution du peuplement sur le globe. Puis, ils étudient les faits essentiels de la géographie politique (territoires, routes, frontières, capitales), sans s’interdire absolument les prévisions d’avenir. La deuxième partie est consacrée d’abord à l’interprétation de la grande guerre, telle que nous pouvons la faire aujourd’hui, puis à une critique générale des traités qui l’ont terminée et à une mise au point des notions de races, de nationalités et de nations si souvent mal comprises.
- Le dessin pour Vapprenti-mécanicien, par J. Fourquet. 1 broch, illustrée 54 p- Librairie de l’Enseignement Technique, Paris, 1921. Prix : 3 francs.
- Cette brochure apprend à l’apprenti les principes et conventions sur lesquels reposent le traçage d’une pièce, l’exécution du croquis coté d’un organe de machine, ïa lecture d’un dessin établi en vue de l’usinage de cet organe..
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- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMAT] O
- N° 2476
- 17 Septembre 1921
- Une tour de 200 m. en béton armé. — On vient d achever au Japon la construction d’une tour en béton armé qui mesure 201 m. 20 de haut et 18 m. 3o de diamètre à la base. Cette tour fait partie de la nouvelle
- station de T. S. F. de Ilaranomachi et est destinée à servir de support d’antenne. Elle a la forme d’un tronc de cône creux ; la section supérieure a 1 m. 40 de diamètre. Les parois en béton ont à la base o m. 83 d’épaisseur et au sommet o m. i5. Le Japon, on le sait, se trouve en partie situé dans une zone sismique, exposée à de violents tremblements de terre. On en a tenu compte lors de l’érection de la station de Haranomachi dont l’emplacement est à plus de 200 km de la zone des tremblements de terre les plus dangereux. On a du reste mesuré avec- précision, au cours de la construction, les vibrations de la tour sous l’action des vents et l’on a pu en conclure que sa période de vibrationpropre était très supérieure à celle des tremblements de terre qui est ordinairement de 1 à 1,2 seconde; dans ces condi- ' tions il n’y à pas à craindre que les vibrations sismiques ébranlent et détruisent cette gigantesque construction.
- Notons que le Japon détenait déjà le record de la hauteur pour les constructions en béton armé avec la cheminée de l’usine de Saganoseki de plus de 165 m. de haut.
- *
- L’aviation et la gastronomie. Transport du poisson par voie aérienne. — Les homards de la mer du Nord sont particulièrement appréciés sur les tables de Copenhague, et, de fait, d’une chair fine et délicate, ils constituent un véritable régal. Fâcheusement, les communications par voies ferrées sont très lentes entre la capitale du Danemark et Frederikshavn, le port situé près de l’extrémité septentrionale du Jut-land où les pêcheurs viennent débarquer leurs prises; le trajet ne dure pas moins de 20 heures. Aussi bien, rapporte le Journal des Pêches de Norvège, un des gros marchands de poisson de Copenhague, désireux de satisfaire sa clientèle et de lui fournir des homards sortant pour ainsi dire de la mer, a traité avec un aviateur pour lui apporter tous les jours une cargaison de homards par la voie des airs. Un avion franchit en deux heures la distance séparant Frederikshavn de Copenhague. Grâce à cette organisation, les gourmets peuvent se régaler de crustacés d’une fraîcheur exquise.
- Chaules Rabot.
- Moisissures dévoniennes. — L'Année Biologique rend compte d’un travail de M. Roy L. Moore, paru dans Science où l’auteur déclare avoir découvert sur des vertébrés fossiles : Bothriolipis et Coccosteus du dévonien, des déformations de la carapace et des espaces lacunaires presque éclatés qui lui ont révélé un abondant contenu de moisissures et de bactéries. On connaît déjà par les belles recherches de Renault les bactéries de la houille et par celles de Walcott des bactéries précambriennes ; la découverte de Moore relie les deux précédentes. Moore considère ces moisissures et bactéries
- comme des agents de putréfaction ayant agi après la mort, pendant la^ décomposition, et non comme des agents pathogènes.*
- Le titane dans le sol et les plantes. — M. Geilman signale dans le Journal fur Landwirlschaft, et le Bulletin de Renseignements de VInstitut international d’Agriculture attire l’attention sur cette étude, que le titane est un des éléments les plus répandus de la croûte terrestre, dont il constituerait o,33 pour 100. On ne le dose généralement pas, le confondant dans les titrages avec l’alumine. M. Geilman l’a recherché dans les sols et en a trouvé depuis des traces dans les terrains sablo-ealcaires jusqu’à plus de t pour xoo dans les terrains argileux. Dans les plantes cultivées, il en a trouvé partout, sauf dans les graines de cacao; le maximum a été observé dans les fanes de pommes de terre; dans tous les autres cas, la teneur en oxyde de titane est inférieure à 0,1 et souvent à o,o5 pour 100 des cendres. Le titane semble s’accumuler surtout dans les organes assimilateurs des plantes où il jouerait un rôle physiologique important comme catalyseur oxydant.
- Ce que les fruits enlèvent au soi. — Le Bulletin de Renseignements de l Institut international d'Agriculture rend compte des recherches effectuées pendant plusieurs années par M. G.-E. Colb, chimiste du Département d’agriculture de l’Etat de Californie et publiées par lui dans le Uojithly Bulletin de ce département.
- Dans un. kilogramme des divers fruits récoltés en Californie, il a trouvé, en grammes :
- Anhydride
- Fruits. Cendres totales. Potasse. Ci2 0; Chaux. (Ca O; phospho- rique (P-Ür>) Azote.
- Amandes . . . 7.-^9 9>95 x,o 4 2,04 n, 0 [
- Abricots . . . 5,o8 3,o t 0,16 0.66 J K T O \
- Pommes . . . 2,64 1,40 0,11 o,33 * y 4 1 ,o5
- Bananes . . . 10.78 6,80 0,10 0,17 °>97 2,29 i, 26
- Cerises. . . . 4,82 2,77 0,20 0,72
- Châtaignes . . 9A2 3,67 1,20 i,58
- Figues . ... 7,81 4,69 o,85 0,86 2,38
- Raisin .... 5,oo 2,55 0,2 5 0,11
- Citrons. . . . 5,a6 2,54 i,55 o,58 i * 5 1
- Olives .... i3,5o 9,ii 2,43 1,25 5,6o
- Oranges . . . 4,32 »,'ii °>97 o,53 i,83
- Pêches. . . . 5,3o 3,94 0, i4 o,85 1,20
- Poires .... 2,5o 1,34 O, iq 0,84 0,90 1,82
- Prunes (à sécher) .... 4,86 ... 3,io 0, 2 2 0,68 •
- Prunes (à manger fraîches). 5,35 3,4 r 0,2 5 0,75 1,8 r
- Noix 12,98 8,18 1,55 i,47 5,4i
- Ces nombres indiquent ce qu’il faut restituer au terrain sous forme d’engrais chimiques, après chaque récolte, pour ne pas l’appauvrir.
- L’humidite du sol. — Le Bulletin de Renseignements de l Institut international d Agriculture résume une étude de M. G -J. Bouyoucos, de la Station expérimentale d’Agriculture de Michigan, parue dans Soit Science.
- Par des congélations successives, il est arrivé à séparer dans la terre :
- i° L’eau gravitante, qui, étant en excès, n’est pas retenue par le sol et coule par gravité; elle est entièrement utilisable ;
- 20 L’eau libre, qui se congèle après refroidissement à — 1 °,5; elle est également très utilisable;
- 3° L’eau capillaire, adsorbée à la surface des particules, qui gèle à — 4° et n’est que faiblement utilisable •
- 4° L’eau combinée, soit en solution solide, soit d’hydratation des composés chimiques qui ne se congèle pas même à — 78° et n’est aucunement utilisée. ’
- Cette nouvelle classification de lhumidité du sol sépare des états différents de l’eau et permet de se faire une idée plus claire et plus exacte de 1 eau réellement disponible pour la végétation. .Elle permettra d’expliquer notamment nombre de phénomènes encore obscurs tels que les déplacements de l’eau dans le sol, l’évaporation la flétrissure des plantes, etc, ’
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- INFORMATIONS
- Fourrages de guerre. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut international d’Agriculture analyse toute une série de travaux allemands, hongrois, suisses, relatifs aux succédanés employés pendant et depuis la guerre pour suppléer à la pénurie des fourrages.
- MM. Honcamps et Blanck ont essayé les sous-produits de la vinification et les marcs de pommes et de poires.
- On a beaucoup exagéré leur valeur nutritive. Les poudres de marc séchées équivalent sinon à la paille, tout au plus aux déchets de riz.
- Les mêmes auteurs, en collaboration avec M. Nolta, ont alimenté des moutons avec du foin additionné de diverses substances. L’extrait de rumen s’est montré presque égal au son grossier de froment. La gélatine mélangée de balle d’épautre, de farine de sarrasin et de condiments, n’a de valeur que comme aliment azoté, les i autres principes nutritifs sont peu digestibles. Les rafles de maïs, comparables aux balles, peuvent servir pour les ruminants, voire même les chevaux, mais n’engraissent pas les porcs. Les enveloppes de graines de betterave à sucre sont mauvaises parce que trop riches en cellulose non digestible. Les gousses de fèves ont une certaine valeur. La farine d’ortie vaut moins que la paille. Les queues de betterave à sucre sont comparables aux collets et aux feuilles de betterave.
- En Hongrie, MM. Werser et Zaitschek ont étudié la désagrégation de la paille par le procédé Lehmann, en autoclave pendant 4 heures à 4 atmosphères dans une lessive bouillante de soude caustique. Ils ont ainsi obtenu un aliment agréable, parfumé, dont la digestibilité est notablement augmentée, ce qui rend la paille comparable à un excellent foin, sauf qu’il y manque des matières azotées. Les traitements à la soude sans pression ou à l’eau bouillante sont avantageux également, mais donnent de moins bons résultats.
- En Suisse, l’administration centrale des établissements fédéraux d’essais et d’analyses agricoles a chargé le D' Schmid de rapporter les essais faits pendant la guerre avec diverses préparations. La « robustine » à base de sang sec a été refusée par les ruminants qui montrent de l’aversion pour tous les aliments contenant du sang. Les poudres de marc furent acceptées par des vaches laitières, mais les rafles de maïs séchées furent refusées. Tous les bovins consommèrent volontiers les pulpes fraîches de fruits, mais les fromages d’Emmen-thal fabriqués avec le lait de vaches alimentées avec ces pulpes avaient un goût suspect, et des observations spéciales furent communiquées, à ce sujet, aux éleveurs.
- La sciure de bois, appelée Nemolin, fut refusée avec les autres fourrages auxquels elle était mélangée. Les expériences d’alimentation avec les sous-produits de la mouture (son et remoulage) tirés d’un même froment, mouillé ou non avant la mouture, confirmèrent les résultats de Wiegner, d’où il résulte que l’on ne peut établir avec certitude si le mouillage du froment augmente les qualités alimentaires des sous-produits de la mouture.
- Le mélange de farine fourragère, composé de sous-produits de mouture et de farine de Dari, d’alpiste (Phalaris canariensis), de millet et de vesce (Vicia Ervilia), ne produisit aucun inconvénient chez les porcs quand on l’administrait cuite et immédiatement après la cuisson, à raison de o kg 7 par tête et par jour. Les tourteaux de colza et de tournesol, provenant de Roumanie, ne causèrent aucun inconvénient aux vaches, à la dose de ï kg par tête et par jour. Le tourteau de colza seul fut refusé au début. Les volatiles mangèrent les hannetons secs avec avidité, et les œufs n’en prirent aucun mauvais goût, à la dose de 3o gr. par jour. La fariné de céréales distribuée à l’état sec donne de meilleurs résultats, même pour la production du lait, qu’en barbotage. Le fromage d’Emmenthal, premier choix, fabriqué avec du lait de vaches modérément alimentées avec du tourteau de sésame et de la farine de seigle, ne présenta ni anomalies ni défauts.
- L’administration aux vaches laitières, pendant 12 semaines, de 3 gr. de chlorure de calcium par quintal de poids vif et par jour, dans l’eau d’abreuvage, n’eut aucune influence; mais, vu les résultats favorables obtenus en Allemagne, des expériences ultérieures et plus longues sont nécessaires. L’ensilage des fourrages verts a éveillé, en Suisse, une attention spéciale : le lait provenant de vaches alimentées avec le fourrage ensilé n’a pas convenu pour la fabrication du fromage Emmenthal.
- Pendant la guerre, la méthode Lehmann, relative à la
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- désagrégation de la paille par le procédé alcalin, a été perfectionnée. Le Laboratoire de chimie de l’Ecole Polytechnique de Zurich conseilla de neutraliser avec du .petit-lait aigri, avant de la réduire en fourrage, la paille déjà bouillie pendant 6 heures, en chaudière, avec de la soude alcaline. Les essais d’alimentation pratiqués sur des porcs et des bovins ont démontré que la paille ainsi traitée est bien appétée et qu’elle convient, mais qu’elle est insuffisante pour de jeunes animaux qui ont besoin d’un supplément d’albumine. L’emploi de la méthode, qu’il faut préférer en grand, est toutefois subordonnée à son coût. Dans une autre expérience, faite au Liebefeld, avec de la paille traitée à la soude caustique à froid, puis neutralisée avec de l’ensilage, le mélange était ingéré avec avidité par les vaches, mais le lait ne convenait pas à l’industrie fromagère. D’autres fourrages de guerre ont été des succédanés de l’avoine et du foin; ils se composaient de cellulose, traitée par le procédé Lehmann, additionnée de substances albuminoïdes et amylacées. L’expérience démontra que ces succédanés étaient loin de remplacer les originaux, mais qu’ils devaient être cependant considérés comme de bons aliments complémentaires en cas de disette.
- Le guano de chauve-souris en Autriche. — Une
- information du Bureau d'Etudes économiques, industrielles et agricoles fait connaître que l’Autriche allemande, étant dépourvue de phosphates pour les besoins de son agriculture, a créé un Service spécial pour la prospection des cavernes des régions alpines, dans lesquelles il n’est pas rare de trouver des dépôts importants de phosphates d’origine animale.
- Une loi récente ayant attribué ces dépôts à l’Etat autrichien et confié à un laboratoire officiel leur étude chimique, microscopique et mécanique, on a constaté que la caverne du Dragon, près de Mixintz, au nord de Gratz, en Styrie, peut fournir 5o 000 tonnes d’un phosphate granulé, très homogène et d’un épandage facile, contenant 41 pour 100 de phosphate de chaux presque entièrement soluble à l’acide citrique, 25 pour 100 de carbonate de chaux et 34 pour 100 de silicates facilement attaquables.
- Ce gisement de guano de chauve-souris est exploité et les quantités extraites sont réparties méthodiquement entre les diverses régions d’Autriche pour y être employées en remplacement de la poudre d’os et des scories de déphosphoration de la fonte qui font défaut.
- On observe que sur divers points du territoire français, notamment dans les grottes d’Arcy-sur-Cure (Yonne), furent trouvés jadis et utilisés des gisements de guano de chauve-souris.
- Ecrémeuses suédoises. — Le Bulletin de la Chambre de Commerce française en Suède attire l’attention sur l’importance de la fabrication des écrémeuses centrifuges dans ce dernier pays. C’est en 1877 que Gustaf de Laval, Suédois descendant d’une famille française, inventa la centrifugeuse qui porte son nom; il la perfectionna en rendant son chargement continu et augmentant progressivement son débit. Le succès en fut tel qu’aujourd’hui la Société Separator, ses filiales et les autres Sociétés de construction suédoises ont presque l’exclusivité du marché mondial, comme le prouvent leurs chiffres de production et d’exportation.
- Production :
- Années. Valeur.
- 1913 • . . . i5.33 1.000 couronnes
- 1914 • . . . 14.33 r.000 —
- 1915 . . . . 14.285.000 —.
- 1916 . ... 3r.480.000 —,
- » 91 7 • . . . 3/.289.298 ' —
- 1918 , • • 39.494.529 .....
- U) 19 • . . . 40.932.820 —
- Exportation
- 1913 . . . . 14.9«o.347 couronnes
- 1914 - . . . 14.538.923 —.
- 1915 • . . . 14.390.3i3 —
- 1916 . . . . 26.S25.228 .—.
- I9I7 • . . . 3i.191.887 —
- 1918 . . . . 28.812.462 —,
- 1919 . . . 37.084.077' —
- K)20 , . . , 25.755.283 —
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- INFORMATIONS
- En 1913, la France importa pour 1 219482 couronnes d’écrémeuses suédoises à bras ou au pied et i63 63i couronnes d’écrémeuses à moteur.
- Le pain, suffit-il pour se nourrir? — L'Année' biologique signale un intéressant travail de M. H.-G. Sherman publié dans le Journal of biological Chemisiry sur la valeur du pain pour satisfaire au besoin d’azote de l’homme adulte. On sait qu’on a admis longtemps que la ration alimentaire de chaque jour doit fournir 1 gr. de matières azotées par kilogramme de poids corporel, soit 70 gr, pour un homme de 70 kg. Puis diverses observations ont réduit ce besoin à des chiffres plus faibles, si bien que le minimum, égal pour l’homme et la femme, doit être d’environ o gr. 63 ou o gr. 64 par kilogramme.
- M. Sherman a nourri des sujets d’expérience uniquement avec du pain, du beurre et des pommes fournissant en tout 6 gr. à 6 gr. 9 d’azote par jour (on admet que le poids d’azote est à celui de matières azotées ou protéiques comme 1 est à 6,25). Le pain représentait 5 gr. 71 à 5 gr. 87 d’azote; le beurre o gr. i3 à o gr. 18; les pommes o gr. 09 à o gr. 12. C’était du pain blanc comme on le fabrique ordinairement à New-York. Or, les hommes peuvent se maintenir en équilibre de poids avec une telle ration.
- Un homme de 70 kg peùt©donc très bien vivre avec 33 à 40 gr. de matières azotées par jour, soit o gr. 5 par kilogramme. Il peut couvrir tous ses besoins physiologiques, simplement avec du pain et un peu de lait fournissant les vitamines et les sels minéraux indispensables. #
- Est-ce le remède à la vie chère?
- La natalité en France. — M. Lefas vient de présenter au Congrès des Commissions départementales de la Natalité un important rapport dont nous croyons* utile de reproduire le passage suivant : ®
- « Le département du Gers, par exemple, comptait, en 1790, 268800 habitants. En 1846, sa population était montée à 3 14 885, soit un accroissement de 46000 habitants en un demi-siècle, en dépitées guerres de la Révolution et de l’Empire, qui furent longues et meurtrières. C’est après 1846 que se produit le déclin. En 1872, la population de ce département n’est plus que de 284717 habitants; en 1886, de 274391; en 1911, de 221 994 habitants, soit en chiffres ronds 62000 habitants perdus dans la période de paix et de prospérité qui s’étend de 1872 à 1911.
- Le Calvados, de 5q5 420 habitants qu’il aurait compté en 1806, est descendu à 096 318 en 1911, soit une perte de 109000 habitants en moins d’un siècle, plus de 1060 par an.
- La Manche, de 594000 habitants en 1822, était passée en 1826 à 611600, soit un accroissement de 17000 habitants en 4 ans. Elle occüpait à ce moment le cinquième rang en France comme total de population. En 1831, elle est tombée à 591000; elle oscille autour de ce chiffre jusqu’en 186r ; puis c’est la dégringolade ininterrompue : 476000 habitants seulement en 1911, soit une diminution de 135 000 habitants par rapport à l’année 1826.
- D’autres statistiques, plus satisfaisantes au premier coup d’œil, se révèlent à l’analyse comme également décevantes.
- La Seine-et-Marne, par exemple, est montée de 3o3 000 habitants en 1811 à 361000 en 1911. Mais nous voyons qu’en 1861, sa population était déjà de 354 000. En 5o ans, elle n’a donc fait que de se maintenir; et de fait, les naissances, qui étaient de 33 pour 1000 habitants en iSii, sont tombées à 18 pour 1000. La mortalité s’est heureusement abaissée, de 22 par 1000 habitants, qui était son taux en 18x1, à 18 par 1000 aussi. Les naissances en période normale équilibrent donc à peine les décès. Quand la proportion est rompue pour une raison quelconque, c’est un effondrement. En 1921, le chiffre des habitants ne serait plus que de 345 000!
- Il est superflu d’allonger cette énumération.
- Le nombre des naissances françaises était, en 1859, année où il atteignait son maximum; de ioi8obo. 11 était tombé en 1918 à 745000 seulement.
- La natalité de 1913 nous classait au dernier rang de toutes les nations civilisées avant la guerre, et bien loin derrière l’Allemagne. Dans ce dernier pays, l’écart entre les naissances et les décès variait de 12 à i5 par 1000 habitants en faveur des naissances. Il était de 9 à 10 par
- 1000 dans les pays d’Europe moins prolifiques. Chez nous, il était de 1 pour 1000 habitants.
- Un grand nombre de départements se dépeuplaient même. L’équilibre n’était péniblement rattrapé que grâce à quelques départements du Nord, de Bretagne, de Lozère et d’Aveyron, de Savoie.^etc., où les familles nombreuses sont encore en honneur et atteignent à la proportion d’un tiers à un quart des familles du département.
- Pendant la guerre, les naissances sont tombées à 45oooo en 1918, c’est-à-dire à un chiffre inférieur de plus de moitié aux décès. L’augmentation du nombre des naissances en 1920-1921 a créé dans nombre d’esprits l’illusion que la race s’était enfin ressaisie. Mais, en étudiant les chiffres des mariages et des naissayees en 19T9-1920, on voit que les mariages ont été supérieurs du double, comme nombre, à la période d’avant-guerre, les naissances semblent revenues simplement aux chiffres, insuffisants, de 1913. Non seulement il n’y aurait pas de progrès, mais il y aurait encore déficit proportionnel des naissances, en 192- par rapport à la proportion déjà lamentable de 1913. »
- Changement de coloris des fleurs sous l’influence des pratiques culturales. — Pour les fioriculleurs professionnels et pour les amateurs, le changement de coloris des fleurs de telle ou telle plante, grâce à un mode de spécialisation culturale, a toujours présenté un très vif intérêt, scientifiquement et pratiquement.
- Les conditions climatériques, le forçage, le greffage, peuvent amener des changements de coloris.
- M. Hughes Gib, botaniste anglais, rapporte qu’en raison de la clémence de la température, il a vu des dahlias cactus, ordinairement de couleur rouge, donner une floraison presque orangée, ou jaune. Une variété de capucine, ordinairement d’un rouge écarlate vif, a donné, dans une serre froide, des fleurs tardives, d’un jaune clair, une bande rouge près du centre des pétales restant comme seul vestige de la couleur normale.
- Les fleurs de myosotis ordinairement d’un bleu très clair, très vif, sont devenues presque rose clair sans la moindre trace de bleu. Un Phlox, d’un blanc pur, a montré une tendance vers le jaune verdâtre.
- Des rosiers thé qui, maintenus pendant le jour à l’abri de la lumière, furent exposés tous les soirs aux rayons de la lune, donnèrent des fleurs d’un coloris fort joli, délicat, et beaucoup plus belles que celles d’un lot témoin, cultivées en plein champ.
- Le forçage hâtif du lilas donne, en général, des fleurs blanches.
- Par la greffe en écusson ou par approche, ou obtiendrait des nuances panachées.
- Ainsi, on greffe un écusson de rose sur un rosier blanc, lequel écusson, devenu branche, reçoit, à sou tour un autre écusson de rose blanche, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on obtienne des roses panachées.
- Il y a, dans cette voie, par des pratiques culturales appropriées, de nouveaux « gains » à obtenir, dignes de la sagacité des chercheurs.
- Influence de la coloration du sol sur la végétation. — Pour se rendre compte du rôle que peut jouer la couleur du sol sur la vigueur et le développement des végétaux, on a procédé à une expérience intéressante dont nous trouvons l’exposé et les résultats dans La. Traction moderne.
- On a opéré sur des parcelles complantées en vignes. La surface du sol a été légèrement bétonnée, en ayant soin de ménager un espace vide autour de chaque cep; en outre, le béton se laissait traverser partiellement par l’humidité.Un tiers de cette surface bétonnée a été peint en blanc, un autre tiers en rouge ocre, et le troisième en noir.
- On a constaté que dans les parcelles ayant reçu un badigeonnage en rouge et en noir, la souche de vigne accusait une vigueur double de celles des parcelles non colorées, et cela à première vue, sans qu’il soit néces-saii’e d’effectuer la pesée de la récolté.
- La température du sol est bien plus élevée sous la couleur rouge ou la couleur noire et l’activité de la végétation croît sensiblement comme cette température. Sans parler des terres noires de Russie et des terrés rouges du Maroc, On sait que les terres à vignes du Midi sont le plus souvent rougeâtres, et que celles des Charentes sont normalement noirâtres, d’où la productivité de la préçieuse ampélidée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- <#»& Mécanique
- L’Aéro-manège. — L’utilisation du vent comme force motrice est séduisante, puisque l'énergie du vent semble gratuite et illimitée. Cependant, en pratique, il n’est pas aussi facile qu’on le pense de réaliser des appareils qui puissent répondre parfaitement à toutes les conditions qu’exige un rendement industriel.
- Les essais et les modèles sont nombreux et même
- l’elîacement des roues se fasse à partir de vents de 10 mètres (fig. 3).
- Un régulateur ou plan d’effacement est disposé de façon que la pression du vent de io mètres oblige l’ensemble à tourner. Comme le gouvernail ne résiste plus, si la vitesse du vent augmente, tout le bâti se place de façon que les roues aient leur plan suivant la direction du vent et elles ne tournent plus. Elles reprennent leur position de travail dès que le vent redevient normal.
- Cette disposition permet d’obtenir une puissance
- Plan d'effacement
- Commande
- Passerelle
- Echelle
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- Contrepoii
- Fig. i. — L’Aéro—manège vu de face.
- souvent très variés, ce qui indique bien que l’unanimité est loin d’être faite sur le type le plus parfait qu’il convient d’adopter.
- Une combinaison nouvelle nous est communiquée par l’un de nos abonnés, M. Gautier qui, en collaboration avec M. Sauvaire a fait breveter son appareil qu’il fait actuellement construire. Comme nous le verrons ensuite, cette combinaison répond aux besoins précis d’une de nos plus riches colonies.
- L’appareil se compose d’une série de roues à vent qui agissent sur un arbre commun. Les roues se trouvent côte à côte le long d’un bâti en cornières et leurs ailes sont disposées pour qu’elles tournent en sens inverse chacune de celui des roues rroisines (fig. i).
- Les transmissions mécaniques sont naturellement prévues pour que l’action des roues sur l’arbre commun se fasse dans le même sens. Au moyen d’un système mécanique, l’arbre commun agit à son tour sur l’arbre qui doit actionner la machine d'utilisation, généralement une noria ou une pompe.
- L’ensemble des roues avec le châssis, les arbres et la passerelle d’entretien, est posé sur des galets qui roulent sur des rails en prenant comme pivot le centre
- Cgnlregoids \ Arbre
- Gouvernai!.
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- Fig. 2.— L’Aéro-manège’vu’en bout.
- du puits, le plan des roues peut.d’ailleurs sans inconvénient coïncider avec l’axe du puits.
- Il en résulte que l’arbre qui commande la noria est un diamètre de tous ces cercles décrits et à son tour les paliers qui le soutiennent de part et d’autre du puits doivent pouvoir se déplacer concentriquement au moyen dè galets sur un chemin de roulement (fig. 2).
- De même le point de déversement des eaux de la noria se déplace et on constitue une rigole circulaire qui recueille l’eau en toute position et la conduit au réservoir.
- Ce mouvement de rotation permet l’orientation des roues dans la position utile. Un gouvernail placé dans l’axe perpendiculaire au bâti est articulé, mais il est maintenu dans sa position médiane par un contrepoids formé d’un récipient plein de sable et réglé pour que
- élevée sans avoir pour les roues des dimensions prohibitives. L’équipement du bâti est comparable à celui ^d’un pylône et la disposition peut également être prévue sur un flotteur ou sur un ponton.
- Dans ces conditions, on est susceptible d’élever l’eau d’un lac, d’une rivière, d’une lagune ou d’une rade pour l’irrigation des terrains riverains.
- Il est évident quelle bâti ne saurait atteindre des hauteurs élevées sans entraîner des dépenses importantes d’établissement. Il faut des emplacements découverts et, comme nous le disions au début, cette invention a été conçue pour un but bien particulier.
- MM. Gautier et Sauvaire ont eu en vue d’irrigation des terrains qui les intéressent en Indo-Chine où se trouvent des rizières. Le pays se prête, en effet, admirablement à l’emploi d’un moteur de ce genre. Le vent y souffle toute l’année à une vitesse moyenne
- arbre '
- — Plan de l’installation.
- supérieure à celle d’Europe : 6 m. à la seconde environ.
- D’autre part, dans les régions envisagées, aucun obstacle naturel ne peut gêner l’action du vent; seuls, quelques villages isolés et protégés par des haies vertes de bambous émergent des rizières qui^ les entourent à perte de vue.
- L’eau, élément absolument nécessaire à la culture du riz, fait souvent défaut à la surface du sol. Cependant de nombreux arroyos sillonnent le pays; mais, en période de sécheresse, le niveau de l’eau se trouvé trop bas pour permettre aux indigènes d’irriguer leurs rizières avec les moyens rudimentaires dont ils disposent.
- Quelques entreprises d’irrigation à vapeur, dirigées par des Français, se sont créées ces derniers temps;
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- mais, elles exigent l’apport de capitaux importants, la présence d’un personnel coûteux, ce qui constitue des frais généraux onéreux. En'conséquence, ces entreprises prélèvent sur les récoltes une dîme qui indispose les cultivateurs indigènes.
- Il est évident que dans ces conditions, l’Aéro-manège qui est d’un prix de revient raisonnable pourra rendre d’utiles services. La démonstration sera plus effective encore le jour où les essais du modèle en grandeur actuellement en construction auront donné les résultats que l’on peut en attendre avec confiance.
- E. Weiss.
- £?> T. S, F.
- Une manière originale d’apprendre à lire au son.
- — Un de nos lecteurs nous a soumis une idée originale
- d’apprendre à lire au son en utilisant une locomotive électrique jouet.
- Il est nécessaire que la locomotive puisse marcher à des allures différentes, afin que la vitesse de lecture puisse être à volonté accélérée ou diminuée. Il n’est pas absolument nécessaire qu’elle ait la marche arrière, bien qu’en général il soit facile de l’installer.
- D’après le principe que nous a donné notre lecteur, M. Frottier, voici comment on peut réaliser le dispositif.
- La locomotive sera munie d’un bras avec un frotteur, balai métallique ou lame-ressort, qui passera sur des plots métalliques alternativement longs ou courts, de manière à reproduire dans un ronfleur alternativement des traits ou des points. Les intervalles seront constitués par des plots isolants en bois qui sépareront les plots métalliques. Naturellement ces plots en bois seront de longueur appropriée afin de marquer plus ou moins les intervalles et les temps de silence.
- Pour supporter les plots il est nécessaire de disposer concentriquement aux rails, s’ils sont circulaires, ou parallèlement, si la voie affecte une forme différente, un support en bois sur lequel on viendra fixer une armature commune formant borne.
- Cette armature pourra être faite sous la forme d’une
- laiton
- plots
- Fig 4. — Plots.
- laiton
- zi ne
- rigole en zinc
- rigole en zinc et les plots viendront se placer dans cette rigole. Il faut alors avoir soin, soit d’enchâsser les lames métalliques de plots contact dans une fourrure en bois (fig. 4) ou bien de doubler les faces de la rigole de zinc avec une garniture de carton isolant, soit du presspahn, soit du carton d’amiante (fig. 5).
- Le courant arrivera par la lame commune que constitue la rigole de zinc en venant d’un rail par 1 intermédiaire du ronfleur. Quand le frotteur arrive sur un plot métallique, le courant passe et revient à la borne correspondante de la locomotive, car on peut utiliser une dérivation du courant qui actionne la locomotive pour faire fonctionner le ronfleur (fig. 6).
- Si cette dérivation n était pas possible, il serait extrêmement simple de constituer avec une batterie de piles un circuit séparé pour le ronfleur et dans ce cas le frotteur serait formé par une pièce à deux branches dont l une frotterait sur les plots et l’autre sur une lame concentrique indépendante qui constituerait la deuxième borne générale. Le courant serait ainsi établi quand le frotteur passerait sur un plot (fig. 7).
- Si la voie de la locomotive est circulaire, ce qu’il est toujours possible de réaliser, ou peut alors utiliser
- quelque chose de plus simple et prendre un cerceau en bois de diamètre convenable (fig. 8). On dispose dans ce cerceau une petite feuillure qui servira à guider légèrement les plots différents et on montera une lame de zinc ou de laiton mince tout le long du cerceau. Les
- ronfleur
- frotteur
- locomotive
- Fig. 6. — Montage avec ronfleur en dérivation.
- frotteur
- plots viendront se placer dans la feuillure et ils formeront contact avec la lame commune.
- D’après ce que vous venons d’indiquer il est superflu de décrire la manière suivant laquelle les plots seront établis, soit simples, soit-enchâssés dans du bois si l’on emploie le dispositif avec la rigole en forme de U non garni de carton isolant.
- On conçoit donc que l’on peut avoir tous les plots formant traits, points, silences, intervalles divers et constituer à volonté les différentes combinaisons de mots, de lettres, de chiffres, d’indications quelconques. On peut imaginer toutes les particularités que l’on est exposé à rencontrer dans la réception des messages (fig. 9).
- Une fois ces plots disposés, on fera passer la locomotive électrique de manière que le frotteur agisse et on fera cheminer cette locomotive aussi lentement ou aussi vite qu’on le désire, de manière à s’exercer à la lecture plus on moins rapide et en s’entraînant d’une m£-nière aussi progressive que l’on voudra.
- Quand on sera devenu suffisamment habile, on pourra alors mélanger les plots, comme on le ferait d’un jeu de dominos, et les disposer dans la rigole ou dans l’armature en bois d’une manière absolument quelconque, au fur
- et à mesure que les plots se présentent sous la main, en ayant soin de séparer toujours bien entendu deux plots métalliques, par un ou plusieurs plots en bois.
- On peut ainsi s’exercer à déchiffrer les signes formés par suite au hasard et répéter les exercices aussi long-
- la/ton
- Fig.
- Construction d’une voie circulaire.
- trait point si/enca
- IIééÉ iHÜ B. M ÉJUIlt iÜI tel . it
- parties hachurées en laiton parties claires en bois
- Fig. 9- — Exemple de contacts pour la lecture au son.
- temps que cela est nécessaire et aussi rapidement qu’on le désire.
- La variation de vitesse sera obtenue- par un rhéostat qui agira sur le courant de fonctionnement de la locomotive et avec la marche arrière, on pourra, recommencer à donner un signal immédiatement quand on ne l’aura pas compris.
- Cette installation peut être placée dans une pièce autre
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- SCIENCE APPLIQUEE
- que celle ou se trouve l’opérateur, car on peut régler à distance l’allure de la locomotive. La présence de l’opérateur n’est nécessaire que pour disposer les plots dans leur logement.
- On peut ainsi apprendre seul la lecture au son, en répétant les exercices aussi souvent qu’on le juge utile et avec une vitesse que l’on peut régler à son gré.
- V iticulîure
- Nouvelle décavaillonneuse ou charrue inter-ceps.
- Là simplification de main-d’œuvre dans la culture de
- io. — La décavaillonneuse
- la vigne s’est heurtée, pendant longtemps, à une difficulté sérieuse par ce fait que la charrue fonctionnait bien entre les lignes de ceps, mais laissait sur les lignes mêmes, entre les ceps, une partie de terrain — appelée « cavaillon », dans les vignobles du Midi — non travaillée, ce qui nécessitait l’intervention d ouvriers pour labourer ces intervalles à l’aide de la houe à main ou de la pioche.
- Pour résoudre ce problème, on a imaginé la décavaillonneuse ou charrue inter-ceps, qui a subi de nombreux perfectionnements. Il fallait réaliser un système permettant à la charrue, grâce à un dispositif spécialement combiné à cette fin, de contourner le pied de vigne sans risquer de l’accrocher ou de le blesser. La décavaillonneuse « Idéal », inventée par MM. Picart et Labadie, satisfait aux conditions qu’exige le travail à effectuer.
- Le bâti de cette charrue inter-céps est en forme de traîneau (fig. io) ; il passe dans le sillon tracé par la charrue et présente ainsi une grande stabilité.
- L’appareil se compose essentiellement de trois socs A montés en étoile tournant autour d’un axe vertical. Une butée C commandée par.une tige en fer B fixe ou rend libre le triple soc (fig. n).
- Lorsque la tige B touche un cep, le soc devient libre, et la résistance opposée par la terre, devant lui, le fait tourner antour de son axe. La lame suivante vient prendre la position de travail et y;est maintenue par la came C, jusqu’à ce que la remontée du cep suivant par la tige B provoque une nouvelle rotation des socs.
- Chaque cep, ainsi contourné ..par le dispositif, reste donc intact, les socs travaillant dans les intervalles et évitant les pieds de vigne. ,
- La tige ou tringle Bj qui règle le mouvement, obéissant à une pression très légère (uoo gr.), ne petit ébranler les ceps, ni les échalas, ni même les jeunes plants de l’année ; elle commande seulement une butée C, tandis que dans les autres systèmes, la tige analogue commande directement le corps de Charrue, ce qui exige un effort bien plus grand et, par suite, la pression exercée sur les pieds de vigne en est augmentée d’autant.
- Une manette D, fixée à côté de l’un des mancherons, permet au conducteur de rendre les socs libres en cas de besoin.
- Les socs peuvent être remplacés par des lames plus légères ou rasettes, suivant le travail à effectuer et la profondeur du labour.
- Cette charrue n’exige qu’une faible traction. Il suffit d’un cheval marchant à allure lente, ou d’un bœuf. La conduite en est facile et ne nécessite aucun apprentissage.
- L’hélice porte-soc à trois branches effectue un travail très régulier et dans de très bonnes conditions.
- Avec la décavaillonneuse « Idéal », on peut aussi effectuer le sarclage des plantes potagères et autres cultures en lignes (choux, maïs, etc.), en faisant déclencher le porte-hélice au moyen de la manette D.
- En résumé, cette nouvelle charrue inter-ceps, à déclenchement à la fois automatique et facultatif, travaille en tous terrains et laboure entre les pieds de vigne sans exercer un effort sur ceux-ci, condition essentielle, qui est la caractéristique de la valeur pratique de ce nouveau système. H. B.
- * Tourisme
- Ventilateur pour roues pleines de voitures automobiles. — La roue pleine d’automobile est de construction plus simple que celle des autres roues; elle est aussi plus légère, mais on lui reproche quelquefois de permettre, moins facilement que les roues à rais ou à rayons, le refroidissement de la jante. Le pneumatique
- Fig. 12. — Ventilateur pour roues pleines de voitures automobiles.
- chauffe alors davantage et cela peut présenter des inconvénients.
- Un inventeur a eu l’idée de munir la roue pleine d’un dispositif de. pales en, hélice, montées sur un collier fixé sur le moyeu de la roue par simple fixation, afin qu’il ne soit pas nécessaire d’apporter une modification quelconque à la roue elle-même.
- Les différentes pales sont chantournées de manière que leur extrémité, près de la jante, soit parallèle, à la roue. Ceci a pour but d’empêcher l’air de glisser le long
- —:
- lu. — Automobile,munie, de ses ventilateurs,
- des pales âous l’action de la force centrifuge et de l’obliger à décrire un trajet circulaire contre le tambour de la roue.
- D’ailleurs, de cette façon, la roue peut approcher suffisamment des trottoirs sans craindre de fausser l’appareil.
- La circulation de l’air qui peut refroidir la jante de la roue pleine est ainsi rendue plus intense, sans grande complication, ni sans surcharge de poids considérable.
- Adresse : M. Pigeard de Gurbert à Cours-de-Pile, par Bergerac (Dordogne).
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- VARIÉTÉS
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- LES PRODUITS DU LOGANBERRY
- Hybride d’un croisement entre le framboisier et la ronce, le Loganberry est un arbuste dont la culture, largement répandue depuis io ans dans plusieurs Etats de l’Amérique du Nord, livre maintenant chaque année de notables récoltes que l’écpnomie ménagère et l’industrie transforment en plusieurs produits dont les trois principaux, baies sèches, jus et sirops, trouvent des débouchés sur les marchés régionaux.
- La réputation du Loganberry a passé des Etats-Unis en Europe, où, en Angleterre et en Allemagne, nombre de producteurs, considérant ses fruits comme un excellent dessert, s’adonnent à sa propagation. Chez nous, on s’est montré plus réservé à son égard , et on ne compte encore qu un nombre limité d’amateurs lui ayant ouvert leurs vergers. Cette réserve tient beaucoup, il est vrai, à ce que nous sommes très riches en fruits indigènes exquis, mais aussi à ce que nous ignorons l’art d’utiliser ses baies. Il y a donc là une lacune que je me propose de combler en indiquant aujourd’hui, aux producteurs et aux maîtresses de maison les procédés employés aux Etats-Unis pour les produits précités. Je commencerai par les jus et les sirops en empruntant mes renseignements au travail publié par MM. C. I. Lewis et F. R. Brown dans le Bulletin nu 117 de la Station expérimentale du Collège d’Agriculture de l’Orégon, sous le titre : Loganberry by-products (Les sous-produits du Loganberry).
- I. Les Jus et Sirops.
- Baies. — Comparées à celles du framboisier et de la ronce, ces baies sont beaucoup plus grosses et plus allongées qu’elles, d’un rouge foncé touchant parfois au noir. Leur chair est ferme, de saveur vineuse, intermédiaire entre celle des deux autres baies. Quand on les destine à la préparation du jus, il faut les récolter dans une complète maturité, car l’on a observé que c’est à ce moment qu elles renferment le maximum de sucre et le minimum d’acidité. On a noté aussi que les baies mûres conservées dans un endroit convenable augmentent de saveur et de parfum et peuvent fournir un plus grand rendement en jus que lorsqu’elles sont pressées aussitôt récoltées. Ces deux faits ont été mis en évidence par le professeur H. Y. Tartar, chimiste de la Station, dans les analyses ci-dessous.
- Composition du jus de Loganberry a différents états
- DE MATURITÉ.
- Jus obleim de baies. Densité. Acidité calculée Sucre total
- en acide sulfurique. calculé en dextrose.
- N° 1 vertes. , 1.032 2.06 % 3.5o °/0
- N“ 2 moyennement i.o3g5
- mûres . . 2,10 » 4.91 «
- N° 3 parfaitement i 1.88 )>
- mûres . . i.o45 6.40 «
- N° 4 trop mûres. 1.040 1.78» 6.46 »
- > Effet de la maturité des baies, sur la quantité
- DE JUS.
- N» île I’échan-- Etat des-baies Pourcentage , Rang d'après .
- tillon. employées. du jus. la qualité.
- N° 1 vertes ....... 5g,3 % quatrième.
- N° 2 moyennement mûres. 71,8 » troisième.
- N° 3 parfaitement mûres . 71,8 » premier.
- N° 4 trop mûres. .... 78,1 » deuxième.
- Quand on ajoute à des baies mûres une très petite quantité de baies vertes, il est à craindre que le jus ne possède une saveur astringente et ne laisse à désirer. Lorsqu’elles ont moisi sans devenir sûres, on ne doit pas s’en servir pour préparer des jus et des sirops de première qualité, mais pour fabriquer du vinaigre ou du vin. Les jus qui en proviennent peuvent, cependant, servir de base à des sirops entrant dans la confection des sorbets et des glaces; iis ne conviennent pas pour l’obtention de boissons.
- Extraction du jus. — Les auteurs se sont servis de plusieurs types de presses à main, entre autres du système Yale, et ils ont remarqué qu’on gagnait beaucoup de temps si l’on apportait l’attention nécessaire au remplissage de la presse, et surtout si l’on faisait usage
- d une toile pour empêcher la pulpe d’être entraînée avec le jus. Les couches de pulpe dans de telles presses doivent avoir au maximum 1 pouce 1/2 à 2 pouces d épaisseur (om.o38i à om.o5o8), et être séparées par des toiles grossières : duck ou canvas. C’est lé meilleur moyen d’obtenir un drainage rapide et' complet sans entraînement de pulpe. Dans les presses à claies, les couches peuvent être épaisses de 3 pouces (o m. 0762), bien que, cependant, des couches plus minces donnent de meilleurs résultats.
- „ Le temps requis pour extraire le jus dépend beaucoup de la quantité exprimée à la fois et du nombre de couches soumises à la pression, et on peut le réduire en diminuant l’épaisseur des couches et en employant davantage de claies et de toiles. En outre du broyage et de la macération des fruits, il a été trouvé avantageux de chauffer la pulpe avant de la presser, non seulement parce que le travail en est facilité, mais, de plus, parce que cela paraît augmenter le volume du jus pouvant être obtenu. Toutefois ce n’est pas indispensable quand on dispose d’un bon matériel.
- L’emploi de presses hydrauliques permet d’avoir plus de jus, plus rapidement et plus économiquement qu’avec les différents systèmes de presses à main.
- D’après leurs travaux préliminaires, les auteurs sont persuadés qu’on pourrait, par des modifications dans sa préparation, obtenir un jus qui conviendrait pour la fabrication de boissons, d’aromes, de glaces, de sorbets, de sirops concentrés servis avec les pâtisseries à la glace (ice cream sundaes), de boissons alcalines, ainsi que pour colorer ou aromatiser les gelées, les poudings, etc. Les modifications qu’ils ont apportées les ont conduits à proposer plusieurs procédés en raison de l’emploi réservé au jus. J e n’en citerai ici que deux, l’un à chaud, l’autre à froid.
- Procédé à chaud pour la préparation de boissons. — L’addition de 5 livres de sucre par gallon (2 kil. 268 pour 4 lit. 5434) a donné une très riche boisson après chauffage entre 200° et 2120 Fahrenheit (g3°3 à ioo° C.), mais sans aller jusqu’à l’ébullition. La température doit etre élevée très rapidement et le jus mis en bouteilles aussitôt que le degré désiré est atteint. Traité ainsi* le jus retient une saveur très distincte et constitue une boisson très agréable, surtout lorsqu’elle est alcalinisée (when carbonaled). Il est nécessaire de filtrer le jus, sans quoi l’on aurait un dépôt considérable au fond des bouteilles.
- Quand on désire un jus très âpre au goût, 2 livres de sucre par gallon (907 grammes par 4 lit. 543) donnent les meilleurs résultats. On doit le porter à 2120 F..et l’embouteiller aussitôt; il convient spécialement pour la confection des glaces à l’eau (water ices).
- Procédé à froid. — La dissolution à froid de 5 livres de sucre par gallon de jus a eu pour résultat un liquide qui non seulement possédait un goût qui invitait à boire (very désirable flavor), mais était entièrement' indemne de dépôt. Cette formule a donné un jus rouge, brillant et très séduisant à l’œil; si son goût n’était pas aussi distinct que celui du jus chauffé, il se plaçait, néanmoins, dans le petit nombre de ceux qui étaient supérieurs par le goût et la qualité. La mise en bouteilles de ce jus exige beaucoup d’attention. Tous les ustensiles, la presse et les bouteilles doivent être complètement stérilisés, le travail rapidement fait, le jus rester le moins possible exposé à l’air et le sucre remué avec soin pour assurer son mélange complet.
- Ces jus sont trop concentrés pour être bus ainsi, et ils constituent une boisson plus agréable quand ils sont étendus d’une à trois parties d’eau, selon la préférence du consommateur. ' ,
- Procédé pour la préparation des sirops. — Dans la préparation des sirops denses pour le commerce des eaux gazeuses, le sucre a été employé à parties égales en poids, en volume et dans là proportion de 10 livres par gallon de jus. Quand ils sont chauffés, ces Sirops deviennent peu désirables comme boisson : le goût de loganberry est modifié et il reste un jus très sucré. D’autre part, l'emploi d’une grande quantité de sucre à froid a pour résultat un jus approprié à la confection de boissons aussi bien qu’à d’autres usages. Dans ce
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- VARIETES
- dernier traitement, on obtient un sirop rouge, brillant, limpide et sans dépôt. Ces sirops concentrés sont bien adaptés à leur emploi dans le commerce des eaux gazeuses, parce qu’ils se conservent indéfiniment après débouchage des flacons.
- Mise en bouteilles. — Les jus préparés en vue de l’obtention de boissons doivent être mis dans des bouteilles, mais comme les sirops à haute densité tendent à se géléifier et à se solidifier, il vaut mieux pour cette raison se servir de plus larges récipients, tels que des jarres à fruits. Lorsque les j'is sont obtenus sur une petite échelle, les bouteilles et les jarres peuvent être facilement stérilisées en étant maintenues au bain-marie pendant i5 à 20 minutes. Aussitôt retirées, on les remplit et bouche rapidement; il est bon aussi de stériliser les bouchons complètement et d’éviter de toucher à la main la partie inférieure qui doit demeurer dans le goulot. On doit les enfoncer dans le col de la bouteille de manière à laisser au moins un quart de pouce (6 à 7 mm) au-dessous de l’ouverture et l’on remplit cet espace avec de la paraffine chaude. On peut même, quand elle est refroidie, en ajouter une nouvelle couche afin d’être sûr que la bouteille est bien bouchée.
- Les auteurs ont constaté qu’après un tel cachetage les jus de loganberry se conservent sans difficulté et mieux que les autres jus qu’ils ont étudiés et, que, à quelque moment qu’on en débouche une bouteille, on les trouve exactement aussi bons au regard de l’arome et du goût qu’au moment où ils y ont été mis.
- II. Emploi des jus pour l’aromatisation des produits glacés.
- MM. G.-J. Lewis et F.-R. Brown ont complété leurs recherches sur le Loganberry en étudiant la manière dont se comportent ses jus, ou plus justement ses sirops, quand ils sont employés pour aromatiser les produits glacés : glaces sorbets, crèmes, tels qu’on les fabrique aux Etats-Unis. Ils ont opéré sur deux catégories de jus, cuits et non cuits, obtenus comme je l’ai indiqué dans un précédent article, et voici un résumé de leurs expériences.
- Observations et conseils. — Employés seuls, les jus cuits donnent de bons résultats, mais ils sont améliorés cependant par l’addition d’uue petite quantité de jus de limon (lemon juice), tandis que les jus non cuits, à l’état de sirops denses et doux, exigent cette addition pour faire ressortir l’arome naturel des fruits frais. Celui-ci, dans ce cas, demande moins de sirop pour se produire. Je me permettrai de dire que le jus de citron agirait de même.
- Quand on ne faisait usage que de sirops denses, le mélange était trop doux après qu’on, avait ajouté assez de sirop pour développer l’arome désiré. D autre part, le jus de loganberry ajouté seul à une mixture aromatisée à la vanille ne tuait pas la saveur de la vanille et ne se fondait pas avec elle. Quant au jus de limon, il serait nécessaire de déterminer la quantité qu’on devrait ajouter à celui de loganberry pour obtenir les meilleurs résultats. C’est là un point important au regard du commerce, parce que presque tous les fabricants de crèmes glacées préparent en quautité bien proportionnée la mixture destinée à être congelée en ce produit et l’aromatisent avec de la vanille. Si l’on veut employer d’autres parfums que ce dernier, le parfum désiré doit être ajouté à la mixture vanillée. La vanille est un parfum léger qui est tué par un arôme plus fort ou par une sauce (blend) qu’on lui ajoute. Lorsque le jus de loganberry et la vanille sont associés, les deux parfums restent distincts, ce qui est un résultat qu’on ne désire pas habituellement.
- Produits glacés. — Glaces. — Le jus de loganberry convient très bien pour cette fabrication. Il leur communique une couleur riche et séduisante; son fruité naturel ressort d’une façon caractéristique par l’addition de jus de limon.
- Quand on désire maintenir sa coloration rouge avec d’autres parfums, on petit ajouter assez de jus pour la produire sans tuer les parfums plus forts.
- L’emploi du jus contenant 2 livres.de sucre (907 gr. 184) par gallon (4 lit. 543), ou dans la proportion d’une mesure de sucre pour trois mesures de jus, a donné de bons résultats d’après la formule suivante relative à un gallon (4 lit. 543).
- Eau.............
- Sucre...........
- Jus de loganberry Jus de limon. . .
- 4 tasses à thé. 2 —
- 2 —
- 2 —
- Faites un sirop en faisant bouillir l’eau et le sucre pendant 20 minutes; refroidissez, ajoutez le jus, filtrez et glacez.
- Sorbets. — Les produits obtenus avec ces jus pour la confection des sorbets à Beau et au lait étaient très agréables, tant pour leur couleur et arôme que pour leur qualité. La facilité avec laquelle on les prépare, colore et met en relief le fruité naturel, montre comment il est possible de se servir du loganberry pour aromatiser ce genre de produits glacés.
- Le jus mis en œuvre contenait parties égales en volume de sucre et de jus ; il avait été mis en bouteilles sans avoir été chauffé. Le parfum naturel était faible, mais ce n’est pas un défaut sérieux, car certaines personnes le préfèrent plutôt doux que plus accusé; la couleur était excellente. Je n’en donnerai que deux formules, l’une (A) pour le sorbet à l’eau, l’autre (B) pour le sorbet au lait; elles se rapportent à un gallon (4 lit. 543).
- A. Eau ................
- Blancs d’œufs . . .
- Sucre.............
- Jus de loganberry . Jus de limon. . . .
- 1 1 /2 gallon 2 lit. 272 n° 2 n° 2.
- 2 livres 1/4 i kil. 020. 4 onces fluides 114 c. c.
- 3 onces fluides 85 c. c.
- La préparation est la même que plus haut, sauf que les deux blancs d’œufs sont ajoutés au sirop bouillant pour le clarifier.
- Lorsque le jus contenant 10 livres de sucre par gallon a été chauffé à 2120 F. (ioo° C.) avant d’être mis en bouteilles, le sorbet possède une bonne couleur et un excellent arôme sans avoir besoin de jus de limon, tandis que celui-ci est nécessaire quand le jus n’a pas été chauffé.
- B. Lait................... 0,45 de gallon 2 lit. 045.
- Sucre............... 1 livre i/5 544 gr•
- Jus de loganberry . 6 onces fluides 170 c. c.
- L’usage du jus de limon n’est pas nécessaire pour le sorbet au lait quand on se sert de jus de loganberry cuit. Cependant, on a constaté dans tous les essais qu’il fallait moins de ce dernier jus quand on recourait au limon.
- Cr'emes glacées. — L’emploi du jus de loganberry pour aromatiser ce genre de produits a constitué pour les expérimentateurs un problème plus difficile que dans le cas des glaces et des sorbets. Entre tous leurs essais, deux seulement ont complètement réussi; les autres ont donné, cependant, des résultats comparables, avec avantage, à ceux qu’on obtient dans la fabrication commerciale des crèmes glacées avec d’autres jus de fruits et des fruits écrasés. Le jus était ajouté à la mixture avant congélation et l’acidité ne fit pas coaguler la crème. En voici une bonne formule pour un gallon.
- Crème............... 1 1/2 gallon 2 lit. 272.
- Sucre. ...... 10 onces 283 gr 4.
- Jus de loganberry . 6 onces fluides 170 c. c.
- Jus de limon ... 3 onces fluides 85 c. c.
- Le jus de loganberry contenait 10 livres de sucre par gallon et il avait été embouteillé sans avoir été chauffé.
- Il est à remarquer que toutes les formules, dont je n’ai donné ici qu'une partie, varient selon que les jus employés contiennent plus ou moins de sucre et selon aussi qu’ils ont été portés ou non à ioo° C., parce que dans ces différents cas, non seulement leur dose s’en ressent notablement, mais aussi parce que l’addition du jus de limon est nécessaire ou superflue.
- En dehors de ces formules spéciales à MM. C. I. Lewis et F. R. Brown, et relatives à l’emploi de ces jus dans les préparations sus-indiquées, le Bulletin de la Station renferme encore des recettes ménagères dues à Miss Ava B. Milam du département de la Science Domestique. Elles montrent comment on peut faire usage de ces jus pour colorer et aromatiser les crèmes, poudings, tartes et autres pâtisseries qui sont du ressort de la maîtresse de maison ; mais s’il m’est impossible de les relater ici, je puis dire qu’elles présentent pour bipartie ménagère presque autant d’intérêt que celles des auteurs américains pour le côté commercial et industriel. A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Préparation ménagère du sirop de betterave comme succédané du sucre. — Un brevet a été pris, aux Etats-Unis, pour un procédé de fabrication du sirop de betterave, appelé à remplacer très économiquement le sucre dans la consommation familiale. Ce procédé, d’après le « Bulletin des Renseignements agricoles de l’Institut international d’agriculture de Rome », a été étudié non seulement au Laboratoire, mais expérimenté par les agriculteurs, sous la direction des techniciens.
- Yoici en quoi il consiste :
- On nettoie les betteraves avec soin, en les laissant immergées dans l’eau pendant quelques minutes, puis en les lavant et brossant.
- On prend un baril posé droit sur des fonds de forme circulaire, et dont l’autre fond a été enlevé. Sur ce baril, on place un couteau destiné à découper les betteraves en fines cossettes, qui tombent dans le baril ; après quoi, on jette de l’eau bouillante sur les cossettes afin qu’elles soient bien immergées, puis le baril est couvert et entouré d'une toil# repliée plusieurs fois, et on le laisse ainsi durant une heure environ, en l’agitant de temps à autre sans le découvrir. On filtre sur toile, ou en évacue le liquide à l’aide d’un robinet adapté à la partie inférieure du tonneau.
- Le liquide filtré est évaporé à feu nu, jusqu’à ce qu’il ait une consistance sirupeuse.
- De 35 litres de betteraves, on obtient 70 litres de cossettes que l’on recouvre de 38 litres d’eau bouillante.
- Les cossettes ne doivent pas être pressurées après la macération, elles contiennent encore un peu de sucre et constituent un bon aliment pour les porcs, les volailles, etc.
- Pendant la concentration au feu, on enlève soigneusement l'écume, opération qui a pour résultat d’enlever au sirop le goût peu agréable de la betterave. Ce sirop, encore chaud, est mis en bouteilles, ou dans d’autres récipients que l’on ferme hermétiquement ensuite, afin d’empêcher la formation de moisissures.
- Ce procédé est facile à mettre en pratique dans les campagnes; il peut, dans une certaine mesure, pallier les difficultés d’approvisionnement en sucre, par suite de la crise de la production sucrière.
- Ce sirop de sucre de betterave pourrait aussi servir au sucrage de la vendange ; il permettrait aux viticulteurs de sucrer économiquement et avec un bon produit naturel les vins de seconde cuvée lorsqu’il y a disette de.sucre et que ce produit est à un prix trop élevé. On envisage, en outre, la culture de la betterave à sucre entre les rangs, dans les vignes, en vue d’obtenir à bon compte le sirop destiné à sucrer le moût du vin de seconde cuvée que le récoltant peut produire pour la consommation familiale.
- Le brevet pris aux Etats-Unis, au profit du public, présenterait donc, à bien des points de vue, un réel intérêt pratique. H. B.
- Pour rendre l’aquarelle inaltérable. — Le Bulletin de la Société d’Encouragement pour Vindustrie nationale publie un intéressant procédé imaginé par un artiste peintre, M. Juan E. Hernandez Giro, pour mettre l’aquarelle à l’abri de ses deux plus grands ennemis : l’eau et l’humidité.
- M. Giro est grand amateur de l’aquarelle qu’il trouve à juste titre un procédé de peinture très sain, offrant
- des effets brillants et présentant une stabilité plus grande que l’huile et le pastel. M. Marcel Magne, qui a examiné l’invention de M. Giro, envisage la possibilité d’employer l’aquarelle à la décoration intérieure, voire même monumentale, ce qui fournirait des effets nouveaux et présenterait un réel intérêt artistique.
- Mais pour cela, il faut protéger l’aquarelle de l’humidité et des condensations. M. Giro a résolu complètement ce problème en isolant le papier de l’air au moyen d’une couche de cire vierge.
- Yoici son procédé, tel qu’il est décrit au brevet :
- Etendre sur une surface dure et polie (marbre par exemple) l’aquarelle parfaitement sèche.
- La frotter avec de la cire blanche vierge de façon à l’en recouvrir le plus possible ; remplir les creux en passant un brunissoir légèrement chauffé.
- Régulariser et amincir la copche de cire par friction avec un tampon d’étoffe souple ou de peau de daim.
- Pour remplir complètement les petits creux restés nus, et obtenir en même temps le mat, appliquer avec le doigt, légèrement, par-dessus le tout et à froid, la préparation suivante :
- Cire blanche vierge. 1........... 12 gr.
- Essence de térébenthine distillée. 20 gr.
- L’essence s’évapore à l’air libre en cinq ou six jours et l’aquarelle peut alors être tendue humectée à l’envers, et collée par ses bords sur un carton fort; laisser sécher parfaitement.
- Recouvrir le dos et les bords du carton avec de la cire, et l’isolement devient complet : il n’y a plus contact direct entre l’aquarelle et les agents atmosphériques.
- En collant avec des bandelettes de papier les bords du carton au cadre, il n’y a pas à craindre la poussière.
- Avec ces précautions complémentaires et en laissant la surface peinte séparée du verre, comme cela se fait pour le pastel, l’aquarelle devient la plus résistante des peintures directes.
- M. Magne a constaté qu’une aquarelle ainsi protégée par de la cire peut être impunément immergée. Elle peut être frottée, salie, maculée même avec de l’encre ; un simple savonnage lui rend alors son aspect primitif.
- La cire .donne un léger brillant agréable qui d’ailleurs devient invisible quand l’aquarelle est placée sous verre.
- Une vieille lampe électrique peut faire un réchaud. — Plus une lampe est usagée, plus elle consomme de courant; par conséquent, meilleure elle sera pour constituer une résistance de chauffage.
- Suivant ce principe on placera une vieille lampe à filament de charbon dans une boîte de conserves, qui sera garnie de sable dans le fond et au besoin tapissée sur les parois extérieures d’une feuille d’amiante peu épaisse.
- Ceci constituera un excellent réchaud. Sué la partie de la boîte démunie de fond, on pourra poser le récipient que l’on veut soumettre à l’action du réchaud.
- On ne peut dire que ce réchaud soit économique comme consommation de courant, mais on peut affirmer qu’il est pratique et que sa fabrication très simple permet de le constituer partout, avec ce qu’on appelle « les moyens du bord ».
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter Strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Erratum. — L'information sur les textiles pulvérisés parue dans le n° 2468 du 23 juillet dernier est de notre collaborateur, M. A. Hulin,
- Communication. — Nous recevons de M. Moreau, professeur de physique à Issoudun, la relation suivante des procédés aussi simples qu’originaux qu’il emploie pour apprécier la valeur de ses écouteurs téléphoniques :
- ior Procédé. — Placer entre le pouce et l’index de la main gauche mouillés de salive les deux extrémités du cordon du récepteur téléphonique en évitant que ces extrémités ne se touchent; puis, frôler les deux extrémités de ce cordon en même temps sur un objet métallique (lçmq fie pouteau, tôle, fil fie çuivre) tepu entre le
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- pouce et l'index de la main droite mouillés de salive. On entend alors de forts craquements dans les écouteurs, que ceux-ci aient une résistance de 4ooo, ‘de 2000, de 5oo ou même de i5o ohms comme c’est le cas pour les écouteurs de réseau; cependant avec ces derniers une lame de fer donne un bruit beaucoup plus fort qu’une plaqjie ou un fil de cuivre.
- 20 Procédé. — Déposer une petite goutte de salive sur une des extrémités du cordon, et à l’aide d’un conducteur métallique (fil de cuivre par exemple) appuyé légèrement sur l’autre extrémité, produire un contact intermittent avec la goutte de salive. Résultats : forts craquements avec des écouteurs de 4000 w, 2000 co, Soo » et i5o w.
- 3e Procédé. — Prendre une extrémité du cordon entre le pouce et l’index de la main gauche, mouillés de salive, et frôier l’autre extrémité avec l’index de la main droite sur lequel on a déposé une petite goutte de salive, Résultats : avec un écouteur de i5o w bruit très faible, avec des écouteurs de 5oo to, 2000 m et 4000 w craquements assez forts.
- Ge dernier procédé semble préférable aux deux autres., Yu sa grande sensibilité, il permet d’apprécier la qualité d’un récepteur téléphonique et d’en faire un excellent, réglage. De plus, il n’exige aucun outil. <,
- Tous ces procédés sont basés sur l’établissement d’un couple électrique, les d£ux métaux différents constituant les électrodes de ce couple et la salivé l’électrolyse.
- Réponses. — M. Josep, à Barcelone. — i° La construction d’un milliampèremètre est un travail assez délicat, on peut néanmoins réaliser un appareil de mesure suffisamment précis en s’inspirant des directions fournies pour la construction d’un relais à cadre et en étalonnant par comparaison avec un bon appareil du commerce l’échelle de déviation du cadre.
- 20 L’emploi des lampes à faible consommation ne nous semble pas de nature à assurer une grande économie aux amatenrs qui les ont adoptées. Ces lampes se vendent assez cher et sont très fragiles, le supplément de dépense qu elles occasionnent de ce chef ne saurait être compensé par la moindre dépense du courant de chauffage. Nous vous recommandons tout particulièrement les lampes françaises des marques « Métal » ou Fotos.
- M. C., à Crosnes. — Le mauvais fonctionnement de votre appareil ne peut provenir que de votre détecteur dont la galène est défectueuse.
- Vérifiez aussi les attaches de votre écouteur téléphonique.
- M. Guillaume Clerc, à Neufchâtel. — L’extinction progressive des signaux dans votre amplificateur provient d’une alimentation insuffisante du circuit de chauffage. Utilisez un accumulateur de 4 volts d’une capacité de 3o à 60 ampères-heure et convenablement chargé. Le filament d une lampe à 3 électrodes doit être chauffé au rouge blanc, uu filament qui rougit à peine ne peut assurer aucune réception.
- M. JVeibel, à Fontainebleau. — i° Le dispositif hétérodyne décrit dans le n° 2418 de La Nature permet d’atteindre la réception de Lyon, mais, pour recevoir Bordeaux, nous vous conseillons de doubler les enroulements en longueur;
- 20 Utilisez comme condensateur une capacité variable de .0023 à laquelle pourront s’ajouter deux capacités fixes de .002 environ chacune.
- Vous pouvez adopter indifféremment le type de condensateur rotatif ou le type à tiroir.
- M. L. lîamonède, à Levallois. — i° Le but du trem-bleur dans une bobine de Ruhmkorff est de provoquer de fréquentes variations d’intensité dans le courant primaire; le courant alternatif étant par lui-même un courant à variations, il peut alimenter une bobine d’induction sans nécessiter un trembleur;
- 20 L’éclateur tournant utilisé dans quelques dispositifs d émission a pour but de multiplier la fréquence des étincelles dans le circuit d’excitation de l’antenne et de provoquer à la réception des fréquences plus nombreuses et partant plus musicales;
- 3° L’interrupteur Wenhelt permet, en effet, des interruptions fréquentes légèrement musicales ; mais le fonctionnement de ce genre d'interrupteur occasionne une grande perte de courant, et n’est pas très régulier;
- 4° Vous ne trouverez pas dans les ouvrages techniques
- les renseignements pratiques utilisables pour la confection d’appareils.
- M. C. J., à Monte-Carlo. — i° Oui, vous pouvez utiliser les courts raccords de platinite d’une vieille lampe à incandescence pour constituer l’anode d’un détecteur électrolytique;
- 20 Ce genre de fil ne convient pas du tout. Mais vous pouvez utiliser du fil de fer galvanisé pour faire votre antenne; adoptez un fil de 12 à i5 dixièmes de millimètre de diamètre environ.
- Abonné n° 4888. — i° L’autorisation d’installer à son domicile un poste récepteur de signaux horaires et de télégrammes météorologiques n’est jamais refusée, en France, à un sujet de nationalité française. Adressez une demande d’autorisation au Directeur des Postes et des Télégraphes de votre département; cette demande doit être rédigée sur papier timbré à 2 francs. En attendant qu’il soit fait droit à votre requête, vous pouvez en toute sécurité préparer votre installation ;
- 20 Cette question a déjà fait l’objet d’une réponse dans le courrier de la Boîte aux lettres.
- M. Léon Dufour, à Bordeaux. — i° ^otre dispositif de réception est bien ordonné; mais il faut adopter un autre collecteur d’ondes. Le réseau d’éclairage que vous utilisez possède une longueur d’onde propre énorme, vous devriez tout au moins intercaler entre lés appareils et le collecteur un condensateur variable, mais le mieux serait de construire, une antenne ordinaire dans le grenier ou dans la cage d’escalier de votre habitation;
- 2°<Vous trouverez dans le n° 2417 de La Nature les détails de construction d’un hétérodyne et d’un dispositif autodyne à une seule lampe qui fonctionnera parfaitement avec une petite antenne d’appartement. Vous trouverez d’excellentes lampes à 3 électrodes garanties, marque « Métal » au Bazar de l’Hôtel de Ville, 52, rue de Rivoli au prix de 16 fr. 75 l’une (franco de port et d’emballage).
- M. Simons, à Auvers. — i° Vérifiez bien l’isolement de votre nouvelle antenne, car nous ne voyons pas, d’après le croquis que vous nous soumettez, ce qui peut y avoir de défectueux dans ce collecteur d’ondes.
- Avez-vous tenu compte, pour vos réglages sur les émissions dont vous parlez, de la correction de la nouvelle longueur d’onde normale de votre antenne?
- 20 La bobine « nids d’abeille » utilisée comme secondaire à réaction doit avoir ses connexions renversées.
- Pour les très grandes longueurs d'onde, vous devez utiliser une bobine comprenant le maximum de fil indiqué sur le tableau en ajoutant encore une capacité variable en parallèle avec l’enroulement.
- M. Julien Omont, à Paris. — La Nature a publié dans son numéro 2464 du 25juin dernier un article de M. Moye traitant de l’utilisation du courant alternatif des secteurs d’é.clairage pour le chauffage des filaments des tubes à vide.
- MM. Destrian et Baert, à Bordeaux. — En dehors dès bulletins météorologiques, la Tour Eiffel transmet de nombreux télégrammes de service en langage chiffré; ces messages ne peuvent être traduits qu’à l’aide d’une clef çryptogrammique tenue secrète.
- M. Adrien Chautegros, à Limoges. — i° Anciennement plusieurs maisons d’optique effectuaient l’opération que vous envisagez. Mais nous ne pensons pas qu’elles y consentiraient aujourd’hui. Posez la question par lettre aux maisons ci-après : M. Manent, rue du Parc, La Croix-de-Berny (Seine); E. Yion, 38) rue de Turenne, Paris ; Georges Prin, 56, boulevard Arago, Paris ; Société d’Optique ' et de Mécanique, 125, boulevard Davout, Paris ; Maurice Ballot, 7, rue Suger, Paris (instruments d’occasion). A notre avis, vous obtiendriez un très bon résultat en construisant vous-même votre instrument, vous n’auriez qu’à vous procurer la partie optique. Le montage d'un tel instrument n’est pas une opération d’ajustage très compliquée. Nous avons en préparation, pour paraître dans quelque temps, un article sur la cpnstruction des instruments d’amateurs par des moyens simples.
- 20 Lisez Astronomie, Géodésie, par Gélion Towne (GrThomas), éditeur, rue N.-D.-des-Champs, 44, Paris). Les Etoiles, par Ileuroteau ; Le Soleil, par J. Bosler (O. Doin, éditeur, 8, place de l’Odéon, Paris) ; Tes Etoiles et les Curiosités du Ciel, de Flammarion, etc.
- 3° Ecrivez au trésorier de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, Paris, 16e). Il possède une
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- BOITE AUX LETTRES
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- liste d’observateurs par départements et vous renseignera sur les amateurs habitant Limoges.
- H. B., à Irigny (Rhône). — Il est plutôt difficile — ne connaissant pas les possibilités qui peuvent se présenter dans votre situation et dans votre région — de déterminer l’usage auquel peuvent servir vos appareils à vapeur autrement qu’à la distillation des essences et des liqueurs. Vous trouverez sans doute, sur place, à la Direction des Services agricoles du Rhône, à Lyon, des indications circonstanciées et des directives en rapport avec les besoins locaux. Vous pourriez aussi prendre avis du Bureau d’Etudes de la Société française de produits aromatiques (M. R.-M. Gattefossé, ingénieur-chimiste), 19, rue Camille, à Lyon.
- Peut-être y aurait-il lieu d’envisager l’une ou l’autre de ces solutions : préparation de l’eau distillée pour la pharmacie, ou préparation des alcoolats ou esprits pour la fabrication des sirops et boissons gazeuses. Il semble qu’en raison du développement de la production fruitière dans la vallée du Rhône, la préparation de jus de fruits condensés et stérilisés serait susceptible d’intéresser une usine de distillation. Enfin, il y a la rectification des alcools d’industrie, pour obtenir des alcools neutres. Les eaux-de-vie ou les alcools rectifiés et amenés à 96° ou 970 serviraient à la fabrication des liqueurs, en ramenant leur degré à 55° ou 6o° par addition d’eau distillée.
- M. F. M., à Saint-Pol (Pas-de-Calais). — Les conditions à observer pour empêcher la germination des
- pommes de terre et assurer leur conservation ne dépendent pas seulement de la température du local où on les conserve (cave, cellier ou silo) ; l’air, l’humidité et la lumière font germer les tubercules, comme la chaleur forte peut aussi les faire germer et pourrir, et la gelée les désorganiser. Il faut les soustraire à l’action de la lumière, qui les fait verdir à la surface, et leur donne une saveur âcre assez marquée pour les rendre peu propres à la nourriture de l’homme.
- Il est indiqué de les conserver dans un lieu sombre, frais et sec, sans que, cependant, la température y descende à o°, et les y étendre en couches minces. Malgré ces précautions on ne conserve les pommes de terre qu’en ayant soin de les remuer de temps eu temps, et d’enlever les tubercules qui commencent à s’altérer. Un homme peut remuer de 120 à i3o hectolitres de pommes de terre par jour.
- Les locaux convenant le mieux (caves ou celliers) sont ceux où l’air se renouvelle aisément; où il règne une température uniforme, et où le thermomètre ne descend pas au-dessous de zéro, mais indique une température moyenne de 4° à 6° ; il est préférable de s’en tenir à 4°.
- On peut assurer la conservation des pommes de terre de septembre-octobre à mars ou avril, soit une durée d’environ six mois, au maximum. Mais il est évident qu’elles ne gagnent pas en qualité; malgré tout, certains tubercules émettent des germes qui se développent aux dépensée leur substance même et, partant, de leurs propriétés alimentaires.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Qgt.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute coiiimande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io°/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .........
- Le soja et son lait végétal, par L. Rouest, i vol. in-8, 157 p. Chez l’auteur, Lucie-Grazaille, Carcassonne.
- Monographie très complète où l’auteur rappelle l’historique de la propagation du soja, ses caractères botaniques, les variétés pouvant être acclimatées, les phases de la végétation, puis la. composition de la plante et de ses parties. Il signale l’intérêt du soja comme plante améliorante, comme fourrage vert et surtout, par sa graine, comme plante oléagineuse. Il indique ensuite comment on extrait de la graine uu lait végétal, riche en caséine, qui peut servir à l’alimentation des animaux et à l’industrie. Enfin, la farine de soja et la graine entière peuvent être consommées par l'homme et fournissent un aliment complet et concentré. L’auteur termine en donnant des conseils sur la culture et l’acclimatation en France de cette plante.
- La constitution des.plantes vasculaires révélée par leur ontogénie, par Gustave Chaoveaud. i vol. in-8, i55p., 54 fig. Payot et Cie, Paris. Prix : 10 francs.
- Depuis longtemps, on discute la constitution du végétal, afin de savoir si elle provient de la subdivision indéfinie d’un tronc primitivement indivis, ou si elle résulte, au contraire, de la fusion d’unités foliaires primitivement isolées. M. Chauveaud prouve que la tige et la racine ont le même type vasculaire et dérivent d’une unité fondamentale ou phyllorhize qui permet d’expliquer la constitution des végétaux et de leurs différents membres. A l’aide de descriptions très détaillées et de dessins très exacts, il fait assister le lecteur à la formation, à partir de l’œuf, de ces phyllorhizes, justifiant la conclusion de son ouvrage, que les végétaux pourvus de racines sont formés de plantules élémentaires et que leur constitution présente l’unité de plan morphologique ainsi que l’unité de plan structural.
- Annuaire international des Lettres et des Arts de langue ou de culture française, par Jean Azaïs. i vol. in-8, 420 p. Ghjez l’auteur, 4, rue de l’Aigle-d’Or, Carcassonne et au Courrier de la Presse, 21, boulevard Montmartre, Paris, 2e.
- L’édition de 1921 qui vient de paraître contient de nombreux et précieux renseignements pour les écrivains, les artistes, les amateurs de lettres et de beaux-arts. Après un guide pratique et juridique de l’écrivain, du libraire et de l’éditeur, il donne la liste alphabétique des auteurs de langue française avec leurs pseudonymes, leur adresse, la liste de leurs ouvrages, etc., la liste des compositeurs de musique, des peintres, dessinateurs, graveurs, décorateurs, sculpteurs, artistes dramatiques et lyriques, celles des éditeurs, des associations littéraires et artistiques, des théâtres, music-halls et concerts de Paris et des départements, des concours académiques, des journaux, revues et périodiques. Bien présenté et clairement ordonné, il permet aisément la recherche de tous renseignements biographiques.
- Le nouveau contrat social ou l’organisation de la démocratie individualiste (essai de synthèse sociale), par Henri Lambert, i vol. 35u p. F. Alçan, éditeur, Paris,
- 1920.
- Pax economica, par H. Lambert, i vol. 820 p. Félix Alcan, éditeur. Paris, 1920.
- L’auteur, maître de verreries à Cbarleroi, dénonce le protectionnisme comme la cause profonde de la dernière guerre et il voit dans le libre échange le fondement nécessaire et suffisant de la paix universelle et permanente.
- L'Entrepreneur à travers les âges, par P, Gallotti. 1 vol. 542 p., 222 fig. Léon Eyrolles, éditeur, Paris,
- 1921.
- Pour bien faire son métier, il faut l’aimer et, pour le bien aimer, il faut y trouver non seulement de légitimes satisfactions matérielles, mais surtout des satisfactions morales; la plus puissante de toutes est le sentiment de participer à une œuvre noble et utile. C’est ce sentiment que M. Gallotti, après une longue carrière bien remplie d’entrepreneur et d’ingénieur, cherche à développer chez ses confrères, pn leur mon-
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- BIBLIOGRAPHIE
- traut la grandeur, l’utilité, et aussi les redoutables difficultés, du rôle de l’entrepreneur, que seuls peuvent vaincre le talent allié à l’énergie. Il retrace à grands traits, et d’une façon souvent originale, l’histoire de l’entrepreneur depuis les temps les plus reculés ; àl’origine, entrepreneur, architecte et ingénieur se confondaient en général en une seule personne à qui incombait la lourde tâche de concevoir et de mener à bien l'exécution de l’œuvre. C’est à des entrepreneurs de cette envergure, hommes de génie restés anonymes que nous devons nos merveilleuses cathédrales; dans les temps modernes, M. Gallotti met en relief avec raison la belle figure de Riquet, le créateur du Canal du Midi, grand et heureux précurseur des perceurs d’isthmes du xix° et du xx° siècle. Il est vrai que les architectes et ingénieurs pourront aussi le revendiquer comme un des leurs. Au xix° siècle, les progrès de la science et la multiplication des travaux publics obligent à spécialiser les activités; les architectes conçoivent et établissent les projets, les ingénieurs calculent et inventent; les entrepreneurs donnent la vie aux conceptions des premiers. La création des chemins de fer, avec les immenses travaux qu’elle entraîne, donne réellement naissance à l’entrepreneur moderne : d’abord artisan connaissant bien son ‘métier, sachaut manier les hommes et affronter les risques, puis perfectionnant de jour en jour sa culture technique, au point qu’aujourd’hui il serait difficile de lui dénier le titre d’ingénieur. La France, en particulier, peut être fière de ses entrepreneurs; car ceux-ci ont conquis une réputation mondiale et avant la guerre jouaient un rôle de premier plan dans tous les pays où s’exécutaient de grands travaux.
- M. Gallotti ne se contente pas d’esquisser ainsi l’évolution de cette belle profession, il esquisse en outre l’historique du perfectionnement des techniques du métier et on lira avec intérêt les chapitres d’une attrayante érudition consacrés aux fondations, à l’outillage, à la construction des ponts, routes, canaux, etc., ainsi que ceux consacrés aux salaires à travers les âges.
- La cité des Termites, par le Dr Jean Feytaud. i vol. in-16, 135 p., 10 fi g. Lhomme, Paris; Féret, Bordeaux. Prix : 3 francs.
- Directeur de la station entomologique de Bordeaux, l’auteur étudie depuis de longues années les colonies de Termites, fréquentes dans,les souches de pins maritimes des Landes et qui en sortent parfois pour attaquer les poutres des habitations, créant alors de grands ravages pouvant aboutir à de véritables désastres. Le Dr Feytaud décrit successivement les caractères morphologiques de ces insectes, leurs castes : ouvriers, soldats, rois et reines, leurs mœurs, leur essaimage et leur reproduction, leurs méfaits. Il indique comment on les dépiste et comment on peut arriver à s’en débarrasser.
- Souvenirs Entomologique s, édition définitive illustrée en ii volumes, par J.-H. Fabre, 4° série, i vol. in-8, 35 fig., 16 pi. hors texte et dessins dans le texte. Delagrave, Paris. Prix : ao francs, relié genre ancien,
- 4o francs.
- La magnifique édition des Souvenirs Entomolo-giques se poursuit.
- Le nouveau volume, qui porte le titre de 4e Série, est comme ses devanciers un ouvrage du plus haut intérêt, tant par les faits que l’illustre auteur expose avec une clarté lumineuse que par les photogravures — véritables œuvres d’art — qni montrent en action ou dans leurs diverses attitudes les bestioles observées avec tant de pénétration et de patience. Cette édition définitive est le monument durable de la gloire de Fabre d’Avignon.
- Le Rhin, politique, économique et commercial, par M. Gaston Haeli.ing, préface de M. A. Claveille. i vol. in-8 raisin, 3o4 p., 3 fig., n cartes hors texte. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 19211. Prix : 24 francs.
- La France étant redevenue puissance rhénane, elle doit se mettre en mesure de tirer parti des avantages que comporte cette situation. Il importe donc que les ressources de cette merveilleuse voie de transport
- qu est le Rhin soient parfaitement connues de tous les Français. Grâce à l’ouvrage de M. Iiaelling, aussi remarquable par le talent d’exposition que par la valeur de la documentation, la chose est aisée. Après une excellente étude géographique du Rhin et la description sommaire des régions qu’il dessert, l’auteur fait l’historique des diverses conventions qui ont régi successivement la navigation du fleuve et qui toutes ont laissé des traces dans la réglementation actuelle, héritage provisoire de la Prusse et de l’Empire allemand, que doit remanier une commission internationale créée par le Traité de Versailles. Cet exposé jette une très vive clarté sur les conditions, qui au cours du xix° et du xx° siècle ont réglé le développement du trafic rhénan et l’amélioration du fleuve. L’auteur indique ensuite les travaux de régularisation effectués sur le Rhin, il décrit le matériel de batellerie, montre comment s’effectuent les diverses opérations de transit entre la mer et Strasbourg, et étudie le fonctionnement des principaux ports rhénans. Il met alors en relief le rôle magnifique qui paraît dévolu, grâce à son retour à la France, au port de Strasbourg, que la ville de Strasbourg a su créer en pleine domination allemande malgré l’hostilité officielle et qu’elle apporte en don aujourd’hui à la mère-patrie.
- M. Haelling, indique les améliorations à apporter à ce port pour lui permettre de desservir comme il convient le vaste hinterland français qui se rattache à lui naturellement. Il étudie ensuite l’organisation commerciale actuelle du Rhin et conclut en énonçant les grands problèmes de l’heure présente : création des voies Rhin-Danube; Anvers-Mœydick, canal d’Alsace, canalisation de la Moselle, etc., et en fournissant des détails inédits sur les accords tout récents et peu connus qui ont attaché à la France une certaine partie de la flotte rhénane et des entrepôts à Rheinau, Cologne, Duisbourg et Rotterdam.
- Les peuples d'Extrême-Orient. Le Japon, par Emile Hovelaque. i vol. in-16, 344 P- Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7L 5o.
- Ce livre fait suite à celui que l’auteur a publié sur la Chine dans la même collection. Il dégage la philosophie de la civilfsation ancienne et moderne du pays et constitue une sorte de petite encyclopédie complète du Japon d’autrefois et d’aujourd’hui, que l’on sépare trop souvent artificiellement et que l’on étudie chacun de son côté comme s’ils étaient deux pays différents : il en montre au contraire l’unité foncière à travers toutes ses transformations. On y trouvera donc à la foi» l’essentiel du Japon antique — histoire, civilisation, art, — et du Japon moderne dont il expose, tous les développements récents, l’action politique et les problèmes que soulève sa prodigieuse expansion. Ce livre joint ainsi à l’attrait d’une œuvre hautement littéraire l’utilité d’un manuel indispensable à la connaissance exacte du passé et du présent de ce grand et séduisant pays qui ne ressemble à nul autre et dont le rôle en Extrême-Orient est aujourd’hui prépondérant.
- Le livre de l'amateur de T. S. F., par J. Roussel, i vol. 22 X *4 cm, 3o4 p., a5o fig. Vuibert, éditeur, Paris, 1921. Prix : i5 francs.
- Les amateurs de T. S. F. sont légion aujourd’hui. Il convient de s’en féliciter. Car cette instructive distraction est en même temps une merveilleuse école de science et d’ingéniosité. M. Roussel, qui lui-même a imaginé nombre d’appareils de T. S. F. ingénieux et utiles, fait profiter ses confrères amateurs de sa science. Il envisage uniquement le problème de la réception des ondes hertziennes, le seul domaine que la loi ouvre aux amateurs. Il décrit des appareils qui tous ont été construits par l’auteur, avec des ressources élémentaires. Il explique dans leurs grandes lignes les phénomènes mis en jeu, et met son lecteur en mesure d’établir progressivement des postes d’abord simples, puis plus perfectionnés et de comprendre le pourquoi des solutions adoptées. Le livre est complété par d’utiles renseignements pratiques : liste d’indicatifs des postes principaux, signaux horaires, dépêches météorologiques, renseignements sur les principaux bulletins mondiaux expédiés par T. S. F.
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- LA NATURE
- Supplément,
- N° 2417
- 24 Septembre 1921
- IgD
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- O0L
- LA VOUTE CÉLESTE EN NOVEMBRE \92\ (J)
- La Lune, dont l’observation est si attrayante, et qui donne un aspect si poétique à nos nuits, est parfois un astre bien gênant pour les astronomes. On sait qu’une des principales curiosités de ce mois de novembre consiste dans les chutes d’étoiles filantes Léonides, du i3 au 18 novembre, et Andromédides du 17 au 27. Cette année, la Pleine Lune tombe le i5 novembre. C’est dire que l’observation de ces deux essaims de météores est à peu près sacrifiée pour cette fois. Il reste, pour nous dédommager, une plus grande élongation de Mercure, visible dans de mauvaises conditions pour la France, et c’est à peu près tout, la plupart des autres planètes étant peu visibles, le matin ou le soir. Notons cependant d'assez nombreuses occultations et des conjonctions.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, de — i4°2i' le ier novembre, tombe à —-ai037' le ?o. Nous approchons des jours les plus courts. De 91' Sa"’ le ier, la durée du jour descend à 8ll34m le 3o (le minimum est de 8hum). Le petit tableau ci-après fait suite à ceux précédemment publiés et donne le temps légal à midi vrai (nous savons que c’est l’heure marquée par les pendules quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris).
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en novembre, se produisent comme suit :
- Dates.
- Novembre ie
- — 5
- — 10
- — 15
- Temps légal.
- 1 ih 34“ 21's 1 ih34m ai5 11" 34m 3ç)5
- \f
- 11
- "35”
- Dates.
- Novembre 20
- — a5
- — 3o
- Temps légal
- " 36 ' 37
- -11
- II1
- I lh 39"
- 1T
- 38s
- On remarquera que, puisque le Soleil passe au méridien près d’une demi-heure avant midi, le temps qui s’écoule entre midi et le coucher du Soleil est plus court que celui qui sépare le lever du Soleil de midi. Autrement dit, la nuit arrive vite et la diminution du jour est surtout sensible le soir. Dans ce cas, la conservation de « l’heure d’été » serait un précieux avantage.
- Il y a eu récemment encore de belles taches sur le Soleil, bien que l’on s’approche de plus en plus du minimum d'activité. Nous continuons la suite de l’éphé-cnéride pour l’orientation des dessins du Soleil :
- Dates. P. B0 L0
- Novembre 2
- — 12
- — 17
- — 22
- — 27
- + 240,44
- + 23°,46 -f- 22°,28 -j- 20°,gt + ig°,36 + 17°, 64
- + 4°. 17 H- 3°,63 + 3°,07 + 20,48
- + »°»87 -f- 1°,25
- 252°,45 i86°,53 1200,61 54°i70 3480,79 282,89
- P. Q. le 7, à i5h54n P. L. le 15, à i3"39n
- D. Q. le 22, à 11"41 N. L. le 29, à i3b26n
- Voir, pour l’explication de ces termes P, B0, L0, les Bulletins précédents.
- Lumière zodiacale.,— Le mois de novembre, sous la latitude de la France, est très favorable par les nuits claires et sans Lune bien entendu, à l’observation de la lumière zodiacale. On l’observera,le matin, avant l’arrivée de l’aurore, dans les constellations du zodiaque. Noter ses particularités, mesurer son intensité. Un travail photométrique suivi serait d’un très grand intérêt. La lueur anti-solaire s’observe au point du ciel situé juste à x8o° du Soleil. La rechercher lorsque l’on est dans des conditions parfaites d’observation : nuit très pure, loin de toute lumière artificielle. En novembre, les conditions, pour la France, sont favorables, parce que le Soleil étant très bas, à midi, sur l’horizon, la lueur anti-solaire est très haute, à minuit, dans le ciel.
- Voici la position de la lueur anti-solaire, en novembre :
- Age de la Lune, à midi le Ier novembre r=ii,5; le 3o — oj,g. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le i'r à midi, et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en novembre, correspondant à la plus faible et à la plus grande hauteur de la Lune sur l’horizon : le 7 =— i8°3i'; le r8
- — +i8°35'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 8 novembre, à 6". Parallaxe =54’ i4". Distance
- — 404 320 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 21 novembre, à ioh. Parallaxe — 5 9' i5". Distance = 370 090 km.
- Observations physiques. — L’observation de la surface lunaire au moyen de lunettes assez puissantes (à partir de om,io8 surtout) est remarquablement intéressante. On peut entreprendre des études suivies, qui pourront être couronnées un jour par un fait nouveau, en s’attachant à quelques régions, et en les dessinant, avec soin, pendant des années. Noter chaque fois les conditions d’éclairage.
- Pour bien faire, il faudrait noter chaque fois la hauteur et l’azimut du Soleil, hauteur et azimut séléno-graphiques, bien entendu. Quand les mêmes éléments se retrouveront réunis, l’aspect du paysage lunaire considéré devra être exactement le même... sauf le cas de changements, qui ne sont pas impossibles. On a signalé un certain nombre de régions lunaires où l’on a cru voir des changements réels.
- On devra suivre ces détails, mais s’attacher de préférence à d’autres régions, sur lesquelles l’attention n’est pas attirée.
- Occultations d'étoiles par la Lune visibles à Paris.
- novembre, occultation de i3 Poissons à 20" ira ; occultation de 14 Poissons
- Dates. Ascension droite. Déclinaison.
- Novembre 5 2" 4om -f i5°36'
- 10 3" om + 170 5'
- . 15 3" 2ï“ + i8°a6'
- 20 3h 41 + i9°38' -j- 20°42'
- 2 5 4" 3m
- — 3o r 11 / m 1 4- 2i°37'
- Toutes les heures indiquées en ce B illclin sont exprimées eD
- temps moyeu legalj compte de o a 24 c'est-à-dire en temps moyen de Greenwich.
- Le 10 (gr- 6,4), de i9h n (gr. 5,9), de 20h 18
- à 21" 121
- • +J 1 ‘ —
- Le i5 novembre, occultation de 3o B Taureau (gr. 6,4); émersion seule visible, à 171’ 2m.
- Le 20 novembre, occultation de A’ Cancer (gr. 5,5), de 22"27“ à 23b23m.
- Marées, Mascaret. — Les marées seront peu importantes en novembre, celles de plus forte amplitude se produisant au début du mois, à l’époque de la Nouvelle Lune. Le tableau ci-dessous indique, pour quelques dates du mois, l’amplitude de la marée à Brest. Voir les Bulletins antérieurs pour trouver l’heure de la pleine mer en d’autres ports que Brest.
- Dates. Marées du matin (Brest.) Coefficient. Marées du soir (Brest). Coefficient.
- Nov. 1 r 4" 26® I“,02 16"45“ i“,00
- — 2 5h 5“ °m>97 17"25“ o“,93
- — 16 4h 5m o“,93 16"25“ o”,94
- — 17 4b 44“ o“,95 17" 3“ o“,'94
- — 18 5" 24® o“,93 17"45“ o“,9o
- — 3" 27“ Om,9I i5h 48“ o“,92
- — 3o 4" 8m 0m,92 t6"28“ o“,9i
- En raison de la faible amplitude des marées, le phénomène du mascaret ne se produira pas en novembre.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1921, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes en novembre.
- Mercure, dont la conjonction inférieure avec le Soleil aura lieu le ior novembre, à nu, sera visible le matin. Sa plus grande élongation se produira le 16, à t9°i8' à l’Ouest du Soleil. Cette élongation sera peu favorable, sous nos latitudes, en raison de la déclinaison australe
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ASTRE Date : >'0VEMJ3. Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher a P»ris. Ascen » «Ion droite. Déclinaison. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine,
- 6 - 6h 46“ IIh 34m22* l6h22“ i4» 44“ — 15° 55' 32'20"4 Balance
- Soleil. . . ,6 7 2 11 35 28 16 8 15 25 — 18 41 32 24,0 Balance
- 26 7 *7 ' 11 37 57 16 59 .16 7 — 20 54 3î 28,8 Scorpion
- 6 5 38 10 49 i5 5i 14 0 — 11 9 9»2 y Vierge
- Mercure. . 16 5 8 10 22 i5 36 14 8 IO 25 6,8 y Vierge
- 26 . 5 40 10 32 i5 24' 14 55 — 14 53 5,6 a Balance
- 6 4 35 10 9 i5 43 i3 19 — 6 36 11,0 0 Vierge
- Vénus.. . 16 5 4 10 17 i5 29 14 6 — 11 11 10,8 y Vierge
- 26 6 14 10 26 i5 18 14 55 — i5 20 10,6 a Balance
- r' 1 6 2 43 8 52 i5 1 11 5g + 1 3o 4,2 (3 Vierge
- Mars. . .* 16 2 37 8 35 14 33 12 22 — 0 56 4 j 4 r; Vierge
- 26 2 3o 8 18 14 5 12 44 — 3 19 4,4 0 Vierge
- Jupiter . . 16 3 3 CO ' 14 40 12 40 - 3 4 3o,o v Vierge
- Saturne. . 16 2 27 8 3i 14 34 12 19 -f- 0 15 00 M y1 Vierge
- Uranus . . 16 i3 25 18 41 23 56 22 3i — 10 9 3,4 a Verseau
- Neptune. . i5 22 10 5 29 12 49 9 l4 + 16 9 M Cancer
- VISIBILITÉ
- B
- I
- S Le matin,
- plus grande élongation le 11.
- I
- ÎLe matin, peu visible à la fin du mois.
- ( Le matin, va devenir ,
- ( de plus en plus visible.
- Idem.
- Idem.
- Le soir,dèslanuit tombée. Seconde partie de la nuit.
- assez forte de la planète. Rechercher celle-ci du io au 20. Yoici la variation du disque illuminé :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur stellaire.
- Novembre 2 0,02 + 2,4
- — 7 0,18 + 0.9
- — 12 0,42 0,0
- — l7 0,63 — 0,4
- — 22 o,77 — o,5
- — 27 0,86 — 0,6
- Vénus est encore visible le matin, mais se rapproche
- de plus en plu s du Soleil. A la fin du mois, son obser-
- vation deviendra difficile.
- Dates. Disque iiîuminé. Éclat stellaire.
- Novembre 2 o.92 — 3,4
- — 7 0,92 — 3,4
- — 12 0,93 - 3,4
- — 17 o,94 - 3,4
- — 22 o.gS — 3,4
- — 27 . 0,95 — 3,4
- Mars devient visible le matin, avant l’arrivée du jour. Son diamètre de 4” environ ne permet guère d’observations utiles actuellement.
- Jupiter est également visible avant l’arrivée du jour, il se lève environ une demi-heure après Mars. On pourra observer déjà quelques éclipses et passages des satellites.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Novemb. Satel- lite. Phéno- mène. Heure. DATE Novemb. Satel- lite. Phéno- mène. Heure.
- 3 II E. c. 5h4o“ 16 I Em. 5h 52”
- 5 II P. f. 4 53 18 IV E. c. 5 16
- 7 * I E, c. 6 26 18 IV E. f. 6 17
- 8 I P. f. 6 3i 21 II Em. 4 36
- 11 III E. c. 6 6. 2 2' III P. f. 6 19
- I *2 II P.c. 4 59 2 4 I P. f. 4 58
- i5 > I P. c. 6 17 3° I E. c. 6 35
- E. c. on E. f. : commencement ou fin d’une éclipse d’un satellite dans l’ombre que Jupiter projette à l’opposé du Soleil; P. c. ou P. f. : commencement ou fin du passage d’un satellite devant le disque de la planète; Em. : sortie d’un satellite caché par le globe de Jupiter.
- Saturne est, lui aussi, visible le matin avant l'arrivée du jour. Yoici les éléments de l’anneau à la date du
- 4 novembre :
- Grand axe extérieur .............. 36", 62
- Petit axe extérieur. ........... + 3", 22
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau .................. + 5° 3'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau .................• . ....... 4- 3° 11 '
- Uranus, dans le Verseau, sera en quadrature Est avec
- le Soleil le 28 novembre. On le trouvera facilement au moyen de la carte publiée au Bulletin astronomique du mois d’août. On pourra l’observer dès l’arrivée de la nuit. Une bonne jumelle suffit.
- Neptunë sera en quadrature occidentale avec le Soleil le 8 novembre à 2ih. Il est visible le matin se trouvant à 900 à l’Ouest du Soleil, il se lève d’autant plus longtemps avant lui que sa déclinaison actuelle est boréale : -f i6°9/ le i5. On trouvera Neptune au moyen de ses coordonnées astronomiques. Yoici quelques positions :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Novembre 5 qhi4m -|- 16° 1 2",4
- 160 9' 2", 4
- -j- 160 9' 2",4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 3, à i5\ Yénus en conjonct. avec 0 Vierge, à o°9' S.
- 5
- i5
- 25
- qh i An
- 9h i4” 9h I4“
- Le 9, à 14h, Uranus Le 10, à io\ Yénus Le 14, à 2b, Mars Le 21, à i5h, Neptune Le 25, à 3h, Saturne Le 25, à i3h Le 25, à i4\
- Le 26, à 23h,
- Le 28, à oh
- Mars Jupiter Mars Vénus
- Le 28, à 6\ Mercure
- la Lune, à 4° 3o' S. m Vierge, à o°9' S. Saturne, à o° 53' S. la Lune, à 4° 48' N. la Lune, à 3° 25' N. la Lune, à i° 56' N. la Lune, à i° 43' N. Jupiter, à o° 10' N. la Lune, à i° 25' S. la Lune, à i° 21' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable § Per-sée (Algol) : Le ier novembre, 2ihi7m; le 4 (i8h5m); le 16 ( 5h a 1 ) ; le 19 (2h9m);le 22 (22''58”) ; le 24 (iyV^1"). Etoiles filantes. — Voici la position des principaux
- Fig. 1. — Essaim dès Léon ides.
- radiants d’étoiles filantes observables pendant le mois de novembre :
- «tël 96
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- i
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Ier au 4 Novembre 43° + 2 2° s Bélier.
- 1-8 — 58° -f- 20° a Taureau.
- 13-i4 — 53° + 320 0 Persée.
- i3-i8 — I49° + a3° Z Lion.
- 13-14 — 2790 + 56o 2348 Bradley.
- 16 — i54° + 4o° p.Grande Ourse.
- 20 et 17 — 62° -f- 22° o>2 Taureau.
- 25 au 28 — i54° + 4o° u Grande Ourse.
- 17-27 — 2 5° + 43° y Andromède.
- 28 — 3280 + 620 a Céphée.
- Ce tableau contient deux essaims importants, celui des Léonides, radiant près de Z Lion (voir fi g. i), que l’on peut observer du i3 au 18 novembre et celui des Andromédides, radiant près de y Andromède. Ce dernier a offert de très belles chutes météoriques le 27 novembre. On pourra le suivre du 17 au 27.
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel, le Ier novembre, à 2ih, est le suivant (les lettres qui suivent le nom de chaque constellation indiquent les principales curiosités visibles avec un instrument de moyenne puissance.
- Au Zénith : Cassiopée (rj, t. i}>, a) ; Andromède (y, M. 31 ) ; Persée (p, yj, e, Z. amas).
- Au Nord: La Petite Ourse (La Polaire); Céphée (8, jjl, y., £, p); le Dragon (v, 0, 9, 4o> s> P1); la Grande Ourse.
- A VEst : Les Gémeaux (a, p, Z, ô. -/., 38 e) ; le Cocher (14, 4, w) ; le Taureau (Pléiades, p, t, -/_, ç). — Orion se lève.
- Au Sud : Pégase (1, 3, 85, 1:) ; le Bélier (y, 3o, 33, 14); Le Verseau (Z, 94. 4l 12); les Poissons; la
- Baleine; le Poisson Austral (Fomalhaut).
- A VOuest : le Cygne (p, o2, 4*. p., 6i°); l’Aigle (a, i5 k, u). — la Lyre (a, s, Z, p-, M. 57). — Le Capricorne est au Sud-Ouest. Em. Touchet.
- 1go
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ast.
- Imperméabilisation des revêtements extérieurs en plâtre. — Cet enduit inventé par MM. Baudot et Givernaud, et établi dans le but d’assurer une imperméabilisation parfaite, est formé des éléments suivants :
- Sable fin.......................... 20 gr.
- Blanc de Meudon (tamisé). ... 2 —
- Minium (en poudre).................. 1 —
- Litharge............................ 1 —
- Huile de lin........................ 2 —
- Les quatre poudres sont mélangées à froid, et l’fiuile, chauffée à l’ébullition, est versée sur elles en malaxant.
- Recette Cordiliot pour la lessive. — Le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse publie une note de M. Keller-Dorian fournissant des renseignements précis sur la recette Cordiliot pour la lessive. Le bain de trempage est ainsi composé :
- Savon.................... 2 5oo grammes
- Eau........................ 100 litres
- Ammoniaque................... 4 cuillerées
- Pétrole à brûler............. 3 —
- Pour le préparer, on met dans un bassin placé le soir sur le fourneau de la cuisine, de 5 à 10 litres d’eau chaude et 25oo gr. de savon. Le lendemain ce savon est devenu mou et transparent; une partie est dissoute et l’autre se dissoudra facilement par l’agitation, dans les 100 litres d’eau à environ 6o°que l’on met dans le cuveau de lessive. Le savon étant dissous, on ajoute l’ammoniaque et le pétrole. On peut remplacer le pétrole par de l’essence de térébenthine, mais le pétrole est plus facile à trouver et fait aussi bon service. On agite le tout avec
- un balai blanc. On vérifie la température qui ne doit pas dépasser 5o° centigrades. Au-dessus de 5o°, les taches cuiraient dans le linge et ne disparaîtraient qu’après plusieurs lessives subséquentes.
- On immerge alors le linge sec dans le bain et on en met tant qu’il reste du liquide. Sur le linge, on met une toile ou un drap, que l’on enfonce entre le linge et le cuveau, pour empêcher le linge de surnager.
- On couvre le cuveau avec une couverture de laine, en double si possible, puis avec des planches, et on abandonne le tout jusqu’au lendemain. Un trempage plus long est sans aucun inconvénient, au contraire ; mais en principe, au bout de 16 à 20 heures de trempage, on prend le linge, pièce à pièce, et on le lave avec son jus de trempage et de l’eau chaude sans employer de savon. On rince à fond, on bleute légèrement et on sèche.
- On lave de même le linge de laine et réussit admirablement. C’est peut-être le rinçage qui est la partie la plus difficile de la lessive, car, comme il y a beaucoup de savon dans le bain de trempage, il faut beaucoup d’eau pour bien rincer à fond.
- En sortant le linge du cuveau, on le tord au-dessus ; à la fin de l’opération, il reste dans le cuveau une certaine quantité de bain de savon qu’on peut encore utiliser. Pour cela, on y ajoute deux cuillerées d’ammoniaque et une et demie de pétrole, après l’avoir réchauffé à 5q°, puis on y met tremper le linge de cuisine et le linge de couleur que l’on aurait à laver. Le lendemain on lave comme il a été dit plus haut.
- S’il ne restait pas assez de vieux bain pour la quantité de linge de cuisine ou de couleur que l’on aurait à laver, on préparerait une certaine quantité de bain frais que l’on ajouterait au reste du vieux.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement leâ réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Correspondance. — A propos du danger d'asphyxie des cuves à vendange (n° 2471, i3 août 1921). — Un de nos abonnés, M. Claudius Richard, de Culoz, nous écrit : « Permettez-moi de vous dire, sans pour cela diminuer en rien le mérite de M. Brossette et de son système, que depuis près de vingt ans j’utilise chez moi un procédé beaucoup plus simple et également très efficace;
- J'ai tout bonnemfent percé le long d’une douve de ma
- ’Sv —
- cuve plusieurs trous à 20 cm environ d’intervalle les uns des autres. Ces trous ont au minimum 40 mm de diamètre et sont bouchés avec de grosses bondes ordinaires.
- Quelques instants avant de fouler, je débouche tel ou tel trou suivant la hauteur atteinte par la vendange, c’est-à-dire le trùu le plus voisin au-dessus du niveau de cette dernière. L’acide cârbonique, plus lourd que l'air, s’écoule alors librement par cette ouverture. On constate facilement avec ’ une lumière que ce gaz se répand au dehors et quand il n’en reste presque plus dans la cuve ou du moins que la couche ne peut atteindre la tête de l’homme qui va fouler, ce dernier peut alors effectuer son travail dans la cuve sans aucun danger.
- L’opération terminée, on rebouche le trou si on le
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- »
- BOITE AUX LETTRES
- €
- juge utile et, si de nouveaux foulages sont nécessaires, on recommence à déboucher le trou propice quelques instants avant de descendre dans la cuve!
- Rien de plus simple! Trop simple peut-être, car, bien que connu depuis nombre d’années de tous mes voisins et de nombreux amis, je n’ai vu nulle part se répandre ce procédé ! La mentalité routinière de nos braves campagnards est ainsi faite ! Un appareil coûteux remplissant le même but aurait peut-être plus de succès î »
- Réponses. — M. P. W., à A. — i° Vous nous demandez la formule d’un anti-halo séchant vite et pouvant être préparé par un amateur. Le mélange suivant a l’avantage de sécher en 5 minutes :
- Solution épaisse de gomme arabique . 5o gr.
- Caramel............................. 5o —
- Terre de Sienne brûlée, broyée à 1 eau. 100 —
- Alcool..............................100 c. c.
- Pour enlever cet enduit avant le développement, de manière à pouvoir examiner le cliché par transparence, il suffit de placer au fond d’une cuvette des morceaux de drap imbibés d’eau. La gomme en contact avec ce drap se gonfle, et, si l’on passe ensuite un linge sec, le pigment y adhère. La plaque se trouve ainsi débarrassée de l’anti-halo, sans que la couche sensible ait été mouillée.
- M. A. N.-E., à Bucarest. — i° Pour ce qui a trait à l’industrie de fabrication du sucre de maïs, nous ne voyons, en France, que les ouvrages suivants, dans lesquels sont données, sur cette fabrication, des indications pratiques : Guide du fabricant de sucre (3e partie), i volume, 45 francs, par M. Basset ; Le Sucre, 1 volume, 21 fr. 5o, par P. Charpentier (Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augustins, 6e); Manuel du fabricant et raffineur de sucre, contenant la fabrication de
- sucres coloniaux et indigènes, de toutes substance saccharifères, par F.-S. Zoéga et G. Laurent, 2 volumes, 10 fr. 5o (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Haute-feuille, 6e).
- 2? Vous ne trouverez pas en France, croyons-nous, le vocabulaire concernant 1 idiome bengalien dans les langues indiquées. Mais vous auriez probablement quelque chance de trouver en vous adressant, en Angleterre, à Londres, notamment à une maison éditant des publications de ce genre, pour l’Inde anglaise.
- M. J. Martin, Les Bonnets. — Il entrait bien dans les vues de la Rédaction de donner, en même temps que le moyen de construire soi-même une lunette astronomique à peu de frais, la description d’une monture équatoriale très facile à exécuter. L’article donnant ces détails ne paraîtra que vers la fin de l’année.
- M. P. W., à A. — Le Bulletin astronomique, pour être suivi, n’exige que des connaissances très élémentaires d’astronomie. Il est rédigé eu supposant connues les données de Y Astronomie populaire de Flammarion, pour l’ensemble des phénomènes, et celles des Etoiles et des curiosités du ciel, du même auteur, pour l’étude plus particulière du ciel et des constellations, notamment du paragraphe Yi: l( Constellations. » Les lettres et chiffres qui figurent entre parenthèses après chacune des constellations, et qui correspondent aux principales curiosités, se retrouvent tous dans ce dernier ouvrage.
- Pour une étude plus détaillée et plus pratique de l’Astronomie, consulter : Astronomie, Géodésie, Photo-grammétrie, par Gélion Tourne (Thomas, éditeur, 44» rue Notre-Dame-des-Champs, Paris).
- Enfin, comme ouvrage extrêmement pratique, à la portée de tous les amateurs et débutants, Comment étudier les astres, par L. Rudaux (Masson et Cie, éditeurs).
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- 70D
- BIBLIOGRAPHIE
- Q^>—
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .......—
- Traité pratique de Géo^iélrie descriptive, par J. Gef-froy. i vol. in-16. Armand Colin, éditeur, Paris, 1921. Prix broché : 5 francs.
- L’ouvrage de M. Geffroy, rédigé en vue des applications pratiques, expose les éléments de la Géométrie descriptive sous une forme simple et commode ' qui convient à tous ceux qui débutent dans son étude. Les applications pratiques sont empruntées à la taille des pierres ou stéréotomie et au trait de charpente, c’est-à-dire aux arts mêmes pour lesquels Monge à créé cette branche de la géométrie appliquée.
- Ce petit volume expose ainsi clairement et sans développements excessifs tout ce qu’ont besoin desavoir ceux qui ont à utiliser la géométrie descriptive.
- Statique et Dynamique, par II. Béguin, i vol. in-16 avec figures. Armand Colin, éditeur, Paris, 1911. Prix broché : 5 francs.
- Ce livre contient l’exposé des questions fondamentales de la mécanique rationnelle, sous une forme peut-être un peu abstraite pour le/ public à qui il est destiné. Fort heureusement, un grand nombre d’exercices choisis avec soin dans les machines et appareils usuels viennent éclairer ensuite la théorie, en montrer l’utilité pratique et le maniement.
- La genèse de l’Energie psychique, par J. Danysz. i vol. in-S, 296 p., 26 fig., 3 pl. Baillière et fils, Paris. Prix 12 francs.
- M. Danysz soutient que l’univers tout entier tend vers la pensée. Il envisage la place que 1 homme occupe dans la nature et son rôle dans les transformations continuelles de toutes choses, de son propre orga-
- nisme et du milieu dans lequel il vit. D’après lui, l’intelligence de l’homme s’est d’abord développée lentement durant l’immense période de la préhistoire. Ce développement est devenu considérable et rapide depuis que les inventions se sont multipliées et, à l’heure actuelle, tout nous permet de prévoir que la conquête de l’éoergie spirituelle donnera des résultats merveilleux. L’homme actuel n’est qu’un stade dans cette conquête. Il sera dépassé, et les hommes dans l’avenir seront aussi supérieurs à l’homme actuel que celui-ci l’est à l’homme de l’époque des silex taillés. L’évolul’on intellectuelle, déjà rapide, le deviendra de plus en plus.
- Lettres du front macédono-serbe, par R.-A. Rrass 1 vol. in-16, 180 p., 24 pl. Fred. Boissonnas, Genève.
- Récit vivant, par un témoin du martyre serbe, de ïa campagne de 1916 à 1918, depuis l’évacuation de la Serbie jusqu'à la victoire finale, illustré d’intéressantes photographies de l’auteur.
- Travels of a Consular Officer in North West China, by Eric Tuchman. i vol illustré 220 p., 58 pl. photographiques, 3 cartes. University Press, Cambridge, 1921. Prix : a5 sh. net.
- Récit des voyages effectués en 1917 pa/ un agent diplomatique anglais dans les provinces chinoises du Shensi et du Ivansu.
- Ces deux provinces reculées, habitées par des populations très mélangées, sont peu connues des Européens, en raison de la longueur et de la difficulté du voyage; elles comportent des régions très pauvrps; les ruines causées par la grande insurrection des Taïpings, puis plus récemment par les troubles de la Révolution n’ont pas été relevées. L’auteur a parcouru dans cette contrée plus de 6000 km; trop rapidement pour pouvoir en analyser complètement le caractère; mais il donne d intéressants détails sur la nature du pays, ses ressources, ses habilanls, ainsi que sur le rôle joué par les étrangers, représentés ici presque exclusivement par les missions catholiques ou protestantes.
- 9B [B-
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2478
- Ier Octobre 1921
- <
- INFORMATIONS
- >«
- L’ozone dans l’atmosphère. — D’une minutieuse étude du spectre ultra-violet du soleil que publie le Journal de Physique, MM. Fabry et Buisson tirent les conclusions suivantes au sujet de la présence de l’ozone dans l’atmosphère terrestre. Celle-ci contient toujours de l’ozone, en proportions du reste variables ; l’épaisseur d’ozone traversée par les rayons verticaux, comptée sous forme de gaz à la pression atmosphérique, est en moyenne de 3 mm environ; elle subit d’un jour à l’autre des variations notables. Cette proportion d’ozone étant très supérieure aux teneurs observées dans les régions accessibles de l’atmosphère, on est amené à conclure qu’il existe une couche d’ozone à très grande altitude.
- Le centre sismique du Grônland oriental — D’après le Journal Officiel du Grônland (n° i de 1921), le centre sismique qui existe sur la côte orientale de cette imtnense île polaire, autour d’Angmagsalik, la station danoise établie par le 66° de latitude nord environ, a été moins agité pendant l'année i01" septembre i9ig-i*r septembre 1920 que pendant les années précédentes. Durant cette période, des tremblements de terre ont été enregistrés, mais moins fréquents et moins violents qu’au-paravant.
- Une locomotive à turbine. — La turbine à vapeur a depuis longtemps détrôné la machine à piston dans de nombreux domaines : centrales électriques, propulsion des navires, etc*. Mais la locomotive semblait devoir rester l’apanage incontesté de la machine alternative, en raison de la souplesse de cette dernière, et de la simplicité de l attaque des roues motrices par les bielles mêmes des pistons.
- Cependant un intéressant essai de locomotive à turbine est actuellement en cours sur les chemins de fer fédéraux suissès. Cette machine a été conçue par M. Zoelly, un des grands spécialistes de la turbine à vapeur et construite par la Société suisse de locomotives de Winterthur associée avec la maison Escber-Wyss, de Zurich, constructeur de turbines à vapeur. Le foyer et' la chaudière de la locomotive sont semblables à ceux d’une machine ordinaire A l’avant est montée la turbine, son axe orienté suivant le petit côté du châssis. Celle-ci, au moyen d’un jeu d’engrenages à double réduction, commande un arbre intermédiaire placé en travers et en dessous du châssis et celui-ci à son tour commande les roues motrices au moyen de bielles. Un condenseur à surface est placé sous la chaudière. L’eau' de circulation, qui sert à refroidir et à condenser la vapeur, doit à son tour être refroidie pour pouvoir servir constamment; ce refroidissement s’effectue en utilisant le courant d’air produit par le mouvement de la machine. L’appareil refroidisseur est monté sur le tender.
- On compte que cette locomotive consommera beaucoup moins de charbon et aura un rayon d’action beaucoup plus grand que les, locomotives ordinaires les plus perfectionnées; en effet, la présence du condenseur augmente déjà très notablement le rendement de la machine motrice, de plus on renvoie à la chaudière de l’eau déjà notablement échauffée lors de sa condensation dans le condenseur, puis par son passage dans des réchauffeurs que traversent les gaz chauds s’échappant du foyer; d’autre part, l’eau d’alimentation circule en circuit fermé ; et la locomotive n’a pas besoin de s’arrêter 'au bout d’un certain nombre de kilomètres pour refaire sa provision.
- Bref on peut espérer que l’introduction de la turbine, du condenseur et du préréchauffeur à bord de la locomotive, fera réaliser à celle-ci des progrès de même ordre que ceux que ces organes ont assurés aux machines fixes.
- La turbine à gaz. — Depuis de nombreuses années, on entend souvent prophétiser que la turbine à gaz est la machine motrice de l’avenir et qu’elle sera au moteur à explosion ou combustion interne d’aujourd’hui ce que la turbine à vapeur est à la machine à vapeur à piston. De fait, les systèmes de turbines à gaz proposés sont
- légion. Par contre les réalisations bien peu nombreuses. Le seul exemple de turbines à gaz ayant reçu des applications industrielles est le turbo-compresseur imaginé par M. Rateau pour réaliser aux hautes altitudes la surcompression de l’air dans les moteurs d’avion. Le turbocompresseur comprend une turbine à gaz actionnée par les gaz d’échappement du moteur à piston et commandant un compresseur rotatif. Cette machine, qui est appelée à rendre à la navigation aérienne de grands services et peut sans doute recevoir d’autres applications, ne peut être considérée comme représentant la solution du problème delà force motrice parla turbine à gaz, puisqu’il ne s’agit que de l’utilisation des gaz d’échappement et que le moteur principal est toujours à piston.
- Nous ne connaissons actuellement que deux tentatives pour réaliser une machine rotative utilisant directement l’énergie des gaz chauds produits par l’inflammation d’un mélange combustible. La première déjà ancienne est due aux deux Français Armengaud et Lemale; elle n’a pas réussi; et malgré tout l’intérêt qu’elle présentait, elle n’a pas été continuée après la mort de l'un des inventeurs, M. Armengaud. La seconde tentative, poussée beaucoup plus loin, a été faite par un ingénieur allemand, Holzwarth, dont les premiers essais remontent à quelques années avant la guerre. Elle a reçu le puissant appui de la maison Thyssen, de Mulheim et elle a abouti à la mise en marche de deux modèles d’études.
- Ces modèles ont fonctionné avec succès, ce qui est déjà un beau résultat, étant donné les immenses difficultés du problème, et représente même un véritable tour de force mécanique. La presse technique allemande consacre actuellement de nombreuses études à ces machines. Mais les résultats 'qu’elles ont donnés au point de vue rendement ne laissent cependant nullement espérer qu’elles soient un jour en mesure de concurrencer même la turbine à vapeur. Les rendements constatés semblent confirmer, de tous points, sur l’avenir de la turbine à gaz, les vues pessimistes exprimées en igi3 par M. Maurice Leblanc à la Société des Ingénieurs civils comme conclusions à une étude purement théorique
- de la question.
- La turbine à gaz Holzwarth est une turbine à roue unique; le mélange de gaz combustible préalablement comprimé est enflammé dans un certain nombre de chambres indépendantes, à parois refroidies par une circulation d’eau. Ces chambres fonctionnent successivement, de façon que chacune d’elles n’ait à supporter que pendant un temps très court la température très élevée développée au moment de l’inflammation du mélange.La température moyenne dans ces chambres ne doit pas dépasser 4oo°. Il a fallu renoncer à la chambre unique de combustion; il eût été impossible de maintenir en permanence à proximité immédiate d’une machine tournante un foyer où eussent régné des températures de i5oo à 2000 degrés.
- Considérons une de ces chambres : le mélange combustible qui y a été admis est enflammé, la température s’élève en un temps très court à une valeur très élevée ; aussitôt une soupape s’ouvre; le mélange s’écoule à travers une tuyère dans laquelle il se détend ; et à la sortie de celle-ci il vient frapper les aubes de la roue motrice; ce processus ne dure pas plus de 2/10 de seconde, après quoi c’est une autre chambre qui recommence le cycle et ainsi de suite, les temps de repos laissés à chaque chambre leur permettant de se refroidir.
- Au sortir des tuyères, dans lesquelles ils ont pris de la vitesse, les gaz ont encore une température très élevée de l’ordre de iooo°; ils viennent alors frapper les aubes de la roue; ce sont de véritables jets de flammes, rappelant ceux qui s’échappent du canon d’une mitrailleuse eu action. Aucun acier ne pourrait résister à semblables températures exercées dans ces conditions d’une façon continue. Mais ici comme pour les chambres de combustion, la température élevée du jet qui, au sortir d’une tuyère, vient frapper une aube ne dure qu’une fraction très courte de seconde; l’aube tourne ensuite dans un milieu plus froid qui est celui du gaz ayant travaillé sur la roue,jusqu’à ce qu’elle soit soumise sous la tuyère suivante à l’action d’un nouveau jet de flamme
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- INFORMATIONS
- La roue de la turbine Holzwarth est en acier électrique doux; qui, aux températures de 4°o ou 4^0°, garde ses qualités de résistance et d’élasticité; il peut, sans inconvénients, être soumis pendant des temps très courts à des températures de 1000 degrés;
- La turbine à gaz construite à Mülheim est un modèle de 5oo chevaux. Il a été également construit une turbine à huile de même puissance; dans les chambres de combustion on injecte de l’huile lourde, comme dans un moteur Diesel. La machine d’essai de Mülheim a bien fonctionné, sans aucun trouble aussi longtemps qu’on l’a voulu. Mais, d’après YElectro-Tecknische ' Zeitschrift, le rendement n’est pas très élevé; il est jusqu’ici très nettement inférieur à celui d’une turbine à vapeur de même puissance, a fortiori à celui d’un moteur à explosion ou d’un Diesel.
- Les constructeurs espèrent cependant, en perfectionnant leurs premiers modèles, arriver au rendement de la turbine à vapeur et réaliser une machine qui, au point de vue économique, se placerait entre celle-ci et le moteur à gaz. .
- Un nouvel hydroglisseur. — Nos lecteurs connaissent bien ce type de bateau à moteur qui a reçu le nom d’hydroglisseur, et dont l’initiateur fut le comte de Lambert. Ces embarcations ont rendu de grands services
- pendant la guerre dans les expéditions coloniales. La maison Farman, célèbre par ses avions Goliath, aborde à son tour la construction de ces bâtiments. Elle construit aujourd’hui deux types d’hydroglisseurs. L’un d’eux, muni d’un moteur i5o HP Renault, a récemment (juillet 191 r) gagné la course Paris à la mer, réalisant une vitesse de 90 km à l’heure avec une charge correspondant à 14 passagers et leurs bagages.
- La coque centrale est soutenue sur les flotteurs à l’aide d’une suspension élastique qui amortit les chocs très violents que subissent ces flotteurs lorsque l’embarcation ricoche sur l’eau à grande vitesse. Dë plus le flotteur principal est mobile et peut être baissé ou monté. Lorsqu’il est baissé l’appareil se comporte comme un glisseur à redan. Lorsqu’il est remonté le glisseur devient un simple bateau à fond plat qui peut sans difficultés naviguer à la vitesse de i5 à 20 km à l’heure. Cette disposition facilite grandement les accostages. "
- La protection du fer et dé l’acier par -zincage. —
- Dans ube communication à Y Institution of Civils Engi-Heers d’Angleterre, M. Sherard Osborn Cowper-Coles *a examiné la valeur des revêtements métalliques, plus particulièrement de ceux en zinc, comme moyen de protection du fer et de l’acier. ,
- Il a rappelé que seuls les revêtements de métaux électro-poMtifs par rapport au fer et à l’acier offrent une protection durable. Les métaux électro-négatifs n’assurent de protection que pour autant que la couche qu’ils forment reste sans solution de continuité. Qu’en un pointHe métal sous-jacent soit mis à nu, au contact de l’eau il se forme entre les deux métaux au contact un couple électrique qui décompose l’eau; l’oxygène se porte au pôle positif qui dans le cas actuel est précisément le fer ou l’acier, métal à protéger, et l’attaque rapidement; l’hydrogène se porte au pôle négatif. Dans 1î cas où le revêtement est fait d’un métal électro-
- positif par rapport au fer ou l’acier, l’oxygène se porte sur le métal de couverture, tandis que l’hydrogène réducteur se porte sur le métal à protéger. Le zinc et l’aluminium sont électro-positifs par rapport au fer et à l’acier; au contraire, le cuivre, le nickel, l’étain, le plomb sont électronégatifs. On s’explique ainsi pourquoi le zinc, qui est un métal relativement bon marché, est si employé pour la protection du fer.
- Les revêtements de zinc peuvent être produits par 4 méthodes : par trempage dans le zinc en fusion, par shérardisation, par dépôt électrolytique, par projection.
- La méthode de galvanisation par trempage dans un bain de zinc en fusion est la plus employée; c’est elle qui est exclusivement employée en chaudronnerie et pour les tôles ondulées; c’est en effet le seul procédé qui permette d’obtenir des joints étanches, de plus, il se prête à une fabrication continue; il est rapide et donne des revêtements d’une bonne épaisseur de zinc.
- M. Cowper-Coles lui voit d’autre part les inconvénients suivants : le revêtement n’est pas uni intimement au métal sous-jacent, le procédé pour être économique demande à être appliqué à des quantités importantes ; il donne lieu à de fortes pertes de zinc ; la peinture adhère mal au fer ainsi galvanisé.
- Dans le procédé par shérardisation, ainsi dénommé du nom de son inventeur Sherard Cowper-Coles, on place la pièce à recouvrir dans de la poussière ou poudre de zinc, résidu des usines où l'on prépare le zinc, et l’on chauffe le tout plusieurs heures dans un récipient bien clos à des températures très inférieures à celles qui sont nécessaires dans le procédé précédent. Le revêtement obtenu par shérardisation est très régulier, à tel point qu’on peut l’appliquer à des pièces filetées ; le zinc s’unit intimement avec le taétal à la surface duquel il est déposé; de plus, la peinture adhère bien au fer ainsi revêtu, et enfin le prix de revient serait moindre. Par contre, le procédé ne s’applique pas aux travaux de chaudronnerie, car il n’a pas la propriété de rendre les joints étanches; d’autre part, si on laisse tomber trop bas la température pendant la shérardisation, on peut n’obtenir qu’une couche de protection trop mince et par suite inefficace.
- Pour réaliser électriquement le revêtement en zinc, on place la pièce à protéger dans un réservoir contenant une solution de sulfate de zinc; la pièce de fer est réunie au pôle négatif d’une dynamo; une plaque de zinc sert d'électrode positive. Ce procédé a les avantages suivants : il peut être pratiqué à froid, il permet, de travailler sur de grandes pièces. Mais le revêtement n’est pas d’épaisseur uniforme et il faut beaucoup de soins pour éviter qu’en certains points on n’ait qu’une couche protectrice extrêmement mince.
- Le procédé par projection, au moyen d’un chalumeau, peut s’appliquer à des pièces déjà montées. Il est, selon M. Cowles, coûteux.
- Le pont de Villeneuve-sur-Lot. — On a achevé récemment à Villeneuve-sur-Lot un pont qui offre des caractéristiques remarquables. Ce pont dessiné par M. E Freyssinet est décrit en détail par son auteur dans le Génie civil. C’est un pont d’une seule arche, en béton non armé, dont la portée est d’environ 100 m., exactement 96 m. 75 au niveau de l’étiage de la rivière ; et 98 m. à a m. 5o au-dessous de l’étiage. C’est la plus grande portée nette réalisée à ce jour par une voûte en maçonnerie non armée. Ce pont avait été commencé en. 19.1,4; la construction a dû. être à peu près abandonnée pendant la guerre; il a été repris et terminé en 1919.
- Câble téléphonique détériorié par des insectes..
- — On a découvert en Californie, rapportent les Annales-dés P. T. T., un insecte qui perfore les enveloppes des câbles téléphoniques. C’est une sorte de scarabée, gros comme ,une petite coccinelle, dont les mandibules constituant des instruments perforateurs assez puissants pour lui permettre de se frayer un passage à travers les enveloppes de plomb des câbles ; par les trous que creuse cet insecte, la pluie pénètre jusqu’aux conducteurs, provoque des courts-circuits et il n’est pas rare que le travail d’un seul insecte rende inutilisables par centaines les lignes d’abonnés.
- Aucun remède nJa été trouvé jusqu’ici. Les Compagnies de téléphones ont fait appel au Kuream officiel entomologique et la question est à l'étude.
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- INFORMATIONS
- Le réseau ferré de la Mésopotamie. — Par l’effet de la guerre, la Mésopotamie est devenue un centre ferroviaire important, offrant les plus grandes possibilités d’avenir. Avant 1914 le bassin inférieur du Tigre et de l'Euphrate ne possédait qu’une ligne ferrée longue de 128 km, celle de Bagdad à Samarra, formant l’amorce de la Bagdadbahn vers le nord.
- Or, pour les besoins de ses opérations, l’armée britannique a construit pas moins de 1760 km de voie de fer, la distance de Paris à Rome par Gênes, et aujourd’hui la plus grande partie de ce réseau, soit environ i5oo km, a été livrée à l’exploitation commerciale. Depuis le i5 janvier 1920, annoncent les Commerce Reports de Washington, la ligne Bagdad-Bassorah est ouverte au trafic et aujourd’hui en 22 heures un train très confortable vous conduit du golfe Persique à la capitale de la Mésopotamie. D’autre part, une seconde voie ferrée relie Bagdad à la frontière persane, et dès maintenant son prolongement e3t envisagé en direction de Téhéran par Kermanchah et Hamadan.
- Grâce à ce réseau ferré Bagdad devient un centre de distribution de marchandises dans toute cette partie de l’Asie antérieure. Or le commerce de cette région atteint un volume qui n’est pas à dédaigner; en 1919, d’après le rapport du consul américain, le commerce extérieur de la Mésopotamie s’est élevé à 9S millions 1/2 de dollars, soit, au cours normal du dollar, pas loin d’un demi-milliard de francs, dont près 3oo millions à l’importation. Signalons que dans ce chiffre les cotonnades entrent pour 47 pour 100.
- Le pétrole en Argentine. — Le principal gisement de pétrole actuellement en exploitation dans l’Argentine se rencontre à Gomodoro Rivadavia. Il est la propriété de l’état fédéral; en 1919, dernière année pour laquelle on possède des statistiques, sa production a atteint 188 000 hectolitres.
- La même année l’Argentine a importé 4°oooo hectolitres d.e pétrole; l’extraction est donc loin de pouvoir subvenir à la consommation. Mais dans un avenir prochain cet écart diminuera. De nouveaux gisements viennent d’être découverts au sud de Gomodoro Rivadavia, ainsi que dans deux localités de la province de Mendoza, à Plaza Huencal, à i3oo km dans l’ouest-nord-ouest de Buenos-Ayres et à 20 km d’une station de chemin de fer, et dans une région voisine de la frontière du Nenguen.
- La pêche à la baleine au Canada. — The Canadian Gazette prévoit que cette industrie promet de devenir florissante. Les baleiniers de l’Ile Vancouver ont pris, en 19:0, 43o baleines. Le lieu de pêche est situé à 5o ou 60 km de la côte. Les cétacés capturés ont de 6 à 27 m. de longueur et pèsent environ 3 tonnes par mètre. Une baleine de 60 tonnes, ce qui est un poids moyen, donne : 6 tonnes d’huile, 3 tonnes 1/2 de viande, ’3 tonnes 1/2 de guano et 1 >0 kg de fanons. Un animal de ce poids vaut £ 1000 (14 000 francs au change actuel). En 1920 trois centres d’opération recevaient les animaux capturés, Kynquot-Sound et Rose Harbour dans l’Ile Vancouver et Naden Harbour, dans File de la Reine Charlotte. La viande est mise en boîtes de conserve tout comme du bœuf, a5oo tonnes de cette conserve valant 280000 francs ont été expédiées l’année passée aux Etats-Unis, aux îles Fiji et aux Samoa. Cette conservé est aussi nutritive et savoureuse que celle de bœuf ou de mouton. On taille aussi cette viande en cubes de 3o à 45 cm de côté que l’on fait congeler et vend sous cette forme au Japon où elle trouve un marché assuré.
- Les oiseaux de mer sont-ils nuisibles? — La question est discutée et discutable. MM. E. Gollinge a ouvert une enquête à ce sujet dont il a donné les résultats à notre confrèrs Nature.
- Examinant le contenu du tube digestif de très nombreux individus d’espèces variées, capturés en tous temps et en tous lieux sur les côtes anglaises, M. Col-linge aboutit aux conclusions suivantes :
- i° Les deux Cormorans (Phalacrorax carbo et P. gra-culus) sont exclusivement . ichthyophages ; pêcheurs endurcis, ils dévorent maint poisson ' apprécié par l’homme et de ce fait sont nuisibles à la pêche.
- 2° Le sterne Pierre-Garin (Sterna hirutido) vit aussi de poisson,, mais on trouve dans son estomac moitié
- d’équilles, moitié d’autres poissons sans valeur; les pêcheurs n’ont ni à l’envier, ni à le craindre.
- 3° Les autres, les plus nombreux, ne mangent pas que du poisson, à beaucoup près. Ce sont les goélands (Larus canus, L. argentatus, L. marinas, L. fuscus, la Mouette rieuse [L. ridibundus), le Risse (Rissa Cridac-tjla), le Pingouin macroptère (Alca tarda), le Guillemot (A. troïle), le Mergule (Mergulus aile), le Macareux moine (Fratercula arctica), le Plongeon (Colymbus gla-cialis). En fait, ils mangent un peu de tout : des poissons recherchés par l’homme ( 11,5 pour 100) mais aussi d’autres espèces sans valeur (9 pour 100), des crustacés (10 pour 100), des vers (18,5 pour 100), des mollusques (4 pour 100), des échinodernes (2,5 pour 100), voire aussi des vers de terre (10 pour 100), des insectes et même des grenouilles et des céréales (2,5 pour 100). On ne peut donc dire qu’ils sont nuisibles et réglementer leur destruction.
- L’amitié chez les oiseaux. — Nos deux petits articles sur les traits d’amitié entre les oiseaux et les mammifères nous ont valu une communication du professeur Pozzi-Escot, un chimiste connu, qui habite actuellement Lima, au Pérou.
- « J’ai eu autrefois, en ma possession, quand j’étais jeune, à Bergerac, nous écrit-il, un pigeon qui me suivait partout. Mes parents habitaient assez loin de la ville, à 3 km environ. Le pigeon me suivait à l’école et m’attendait à la sortie du collège; il ne mangeait que dans ma main et passait toute sa journée avec moi et ma chienne, perché, soit sur mon épaule, soit sur le dos du setter. Il y a quelques années, ici même, un autre pigeon prit en amitié un épagneul que je possédais ; il ne le quittait ni jour ni nuit et, à la promenade, il voletait tout autour de nous; les jours de chasse, il était triste et ne mangeait pas. A vrai dire, c’était plutôt une amitié « unilatérale », car le chien tolérait le pigeon plus qu’il ne l’aimait; il se fâchait même quand le pigeon lui montait sur la tête. Il est à noter que, dans les deux cas que je viens de vous rapporter, il s’agissait d'un pigeon-mâle séparé très jeune — avant' la mue — de sa femelle (par accident). » On pourrait ainsi admettre que son amour « rentré » s’était changé en amitié pour d’autres êtres vivants. H. C.
- Congrès de la Chimie appliquée. — La Société de Chimie industrielle de France tiendra son meeting annuel, les 9, 10, 11 et 12 octobre.
- Ce sera un véritable Congrès de la Chimie industrielle, il comprendra trente-quatre sections techniques correspondant aux diverses applications de la chimie :
- Chimie analytique; Outillage de l’usine ; Outillage du laboratoire ; Industrie du gaz et eokeries ; Hydrocarbures, pétroles; Distillation du bois et dérivés; Industries frigorifiques; Eaux; Métallurgie et électrométallurgie; Métaux précieux; Grande industrie chimique; Electrochimie; Chaux, ciments et matériaux de construction; Verrerie, céramique et émaillerie; Petite industrie chimique; Terres rares, corps radioactifs; Matières colorantes; Produits pharmaceutiques, produits photographiques ; Poudres et explosifs ; Essences ; Parfums naturels et synthétiques; Résines, couleurs, laques, vernis ; Cires et produits d’entretien ; Caoutchouc et succédanés ; Matières grasses, savons, bougies, glycérines; Cellulose, papier; Matières plastiques, textiles artificiels ; Blanchiment, teinture, impression et apprêts ; Extraits tinctoriaux et tannants ; Industries de la tannerie et annexes; Industries de la fermentation, œnologie, cidrerie, brasserie, distillerie ; Sucrerie ; Féculerie, amidonnerie, glucosurie ; Laiterie; Matières alimentaires; Chimie agricole, sols, utilisation des engrais.
- Le Congrès se tiendra au Conservatoire des Arts et Métiers. En outre, une exposition de chimie sera organisée au Conservatoire du 7 au 16 octobre."'
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- Congrès internationnal de Navigation aérienne
- — Un Congrès international de Navigation aérienne se réunira à Paris du i5 au 2Ô novembre 1921, sous le haut patronage de M. le Sous-Secrétaire d’Etat de l’Aéronautique et des Transports aériens, avec la collaboration des personnalités les plus compétentes.
- Les intéressés, recevront tous les renseignements utiles, sur demande adressée au Secrétaire général du Congrès, 9, rue Anatole-de-la-Forge, Paris, (XVII0).
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- Fig. i.
- c^s. Photographie
- Carte pelliculable 1’ « Isofilm » B. P. A. — Le prix actuellement très élevé des plaques et des pellicules photographiques, le poids et la fragilité du verre, l’altération et l’inflammabilité du celluloïd sont autant de motifs pour justifier un retour aux papiers pelliculables, dont les premiers spécimens remontent au temps du
- collodion (1863), mais qui ont fait, depuis lors, l’objet de nombreux perfectionnements. C'est ainsi que l’/so-film B. P. A. fournit des négatifs pelliculaires qui ne le cèdent en rien aux clichés sur celluloïd ou sur acéto-cellulose, avec le double avantage de coûter beaucoup moins cher et de se prêter à la reproduction des sujets à contre-jour sans emploi d’anti-halo spécial.
- LTsofilm est une feuille de gélatine sensibilisée au bromure d’argent et montée sur un mince carton verni. Tous les châssis ou porte-plaques peuvent servir, mais, avant d’y placer lTsofilm, il faut d’abord l’introduire dans un porte-feuille spécial (fig. i), constitué par une feuille de tôle dont trois côtés ont été repliés sur une largeur de quelques millimètres, de façon à former des rainures dans lesquelles les bords de la carte sensible seront retenus. La feuille souple glisse très aisément dans les rainures longitudinales, mais il est parfois moins facile de la faire pénétrer dans la rainure du fond. ,Pour y arriver sans mettre les doigts sur la couche sensible, voici un petit tour de main aussi simple qu’infaillible. LTsofilm étant introduit jusqu’à 3 ou 4 cm de la feuillure du fond, on place dans celle-ci un fragment de carte de visite légèrement cintré (fig. 2). Il n’y a plus, dès lors, qu’à pousser lTsofilm qui, glissant entre la tôle et la carte de visite, pénètre sans aucune difficulté jusqu’au fond de la rainure. On retire alors la carte de visite, et le porte-feuille ainsi garni est mis en châssis comme une plaque de verre.
- Le développement de lTsofilm, préalablement retiré du porte-feuille, peut s’effectuer dans tous les révélateurs usuels. Les fabricants donnent cependant la préférence à la formule suivante :
- Eau.....................
- Métol...................
- Hydroquinone............
- Sulfite de soude anhydre . . Carbonate de soude anhydre Bromure de potassium . . .
- 1000 c. c. 3 gr.
- 6 — 40 — 5o —
- 1 —
- Fig. 2.
- LTsofilm ne se roule pas dans le révélateur. Toutefois, les bords de la^ feuille pourraient se soulever légèrement en dehors du bain; aussi est-il bon de la maintenir immergée, au début du développement Celui-ci est généralement complet en 4 ou 5 minutes et, en tout cas, au bout d’un laps de temps 10 à 12 fojs supérieur au temps nécessaire pour l’apparition des premiers contours de l’image. Du reste, un négatif correctement posé reste visible par réflexion jusqu’à la fin du développement, dont on suit facilement la marche. Même en cas de surexposition, il est recommandé de ne pas sortir lTsofilm trop hâtivement du bain. Il vaut mieux attendre que le révélateur ait pénétré bien régulièrement la couche, ce que l’on reconnaît aisément à ce fait que lTsofilm reste alors sensiblement plan dans le bain.
- Le négatif développé à point est lavé à deux ou trois eaux et fixé en bain acide (pour 1 litre d’eau, a5o gr. d’hyposulfite de soude et 3o c. c. de bisulfite de soude liquide). LTsofilm est laissé dans le fixateur pendant xo minutes, puis lavé soigneusement, deux heures environ, dans l’eau courante ou fréquemment renouvelée.
- On tanne ensuite la gélatine par une immersion de 10 minutes dans :
- Eau............................1000 c. c.
- Formol......................... 100 —
- Glycérine....................... 5o —
- Au sortir de ce bain, lTsofilm est mis à sécher directement, sans lavage. Il suffit, à cet effet, de le suspendre par un angle. Ce n’est qu’après complète dessiccation que la pellicule sera détachée de son support en carton. La séparation est très facile; on l’amorce d’abord par un angle, en insérant la pointe d’un canif entre la gélatine et son support ; on tient ensuite chaque feuille par une main, et, en exerçant une légère traction, on les détache aisément. S’il reste au dos de la pellicule quelques traces pulvérulentes, on les enlèvera par frottement avec un linge fin sec (la pellicule, une fois détachée, ne doit plus être mouillée). On a ainsi un cliché pelliculaire, parfaitement transparent et sans grain, susceptible d’être retouché. L’lsofilm est en vente, à Paris, chez M. Bauchet et C‘°, 1, rue Auber.
- Agrandisseur Ecla. — Les amateurs qui pratiquent l’agrandissement emploient rarement la lanterne dont la manipulation est assez délicate; ils donnent en général la préférence à l’agrandisseur Guillon qui leur permet d’obtenir plus simplement des résultats équivalents sans chambre noire et sans réglage. Il existe cependant un système qui représente un moyen terme entre ces deux procédés : c’est l’agrandissement au moyen des appareils Eclâ. Avec ces derniers on opère dans la chambre noire, mais la lanterne devient inutile; en effet : 30 On emploie pour projeter l’image l’appareil même qui a servi à prendre la vue ; 20 Pour l’éclairage du cliché on utilise simplement un réflecteur demi-cylindrique en métal léger et de faible volume : le projecteur « Ecla ». L’amateur réalise ainsi une notable économie, évite l’achat d’une lanterne encombrante et obtient en outre de meilleurs résultats, l’optique des appareils à main — surtout lorsqu’ils sont pourvus d’anastigmats — étant généralement supérieure à celle des appareils d’agrandissement.
- Le projecteur « Ecla » est une boîte en tôle demi-cylindrique dont la paroi intérieure est revêtue d’un enduit blanc formant réflecteur ; elle contient une ou deux lampes à incandescence ordinaires comme source de lumière; un cadre en bois reçoit le cliché à agrandir, il est muni d’agrafes permettant de fixer l’appareil photographique par l’arrière. L’ « Ecla » peut être fixé par deux écrous latéraux sur un pied de forme spéciale coulissant le long d’un banc d’agrandissement portant à son extrémité un châssis en bois sur lequel on fixe le papier à impressionner. L’« Ecla » est construit en divers modèles correspondant aux principaux. types d’appareils photographiques : Fol-ding, Klapp, jumelle, vest-pocket 1 kodalc, etc.
- En vente aux établissements Tiran-ty, 91 et io3, rue La Fayette, Paris.
- ^Cyclisme c*
- Un cycle-car économique. —
- Le prix élevé des véhicules automobiles a suscité bien des combinaisons ingénieuses. En particulier, pour le moyen de transport rapide que constitue le side-car et qui coûte aussi cher aujourd’hui que la voiturette d’autrefois, beaucoup d’inventeurs ont songé à la bicyclette pour y adapter un side-car léger.
- Notre photographie montre une réalisation heureuse de ce genre. Le side-car est monté sur la bicyclette et
- Fig. 3.
- Cycle-car économique.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- celle-ci est munie d’un groupe moteur amovible qui peut être d’ailleurs d’un modèle quelconque. Sur la photographie, c’est une moto-roue qui est adaptée comme propulseur de l’ensemble et il est évident que, dans ces conditions, la moto-roue fonctionne mieux que dans son montage sur une simple bicyclette. Des câbles de commande permettent d’actionner les organes du moteur à partir du guidon.
- Construit par M. Mauclaire, 29, avenue du Grand-Yeneur, le Yésinet (Seine-et-Oise).
- Tourisme
- Fauteuil pliant pour touristes. — Les fauteuils pliants sont souvent fort encombrants pour le peu de
- confort pratique qu’ils procurent et l’on se demande parfois s’il est bien utile de s’en embarrasser pour si peu.
- Un ingénieur sou -cieux du confortable, M. Dolmetsch, a imaginé une combinaison complète du fauteuil pliant, qu’il est facile de transporter à la main par une poignée ou sur le dos par deux bretelles pour laisser les mains libres.
- Pour une personne de poids moyen, le poids de l’appareiln’est que de 3 kg 725 et il se monte en une demi-minute sans le secours de vis, crochets ou autres pièces susceptibles d’être égarées.
- Un sac entre le siège et le dossier fait que le fauteuil plié n’a que 8 cm d’épaisseur et cependant voici la liste des divers ustensiles qu’il contient :
- Sacs pour papiers et livres, tablette à des-% j sin mobile, servante,
- porte-parasol ou parapluie à manche articulé, miroir ajustable rapetissant pour panorama arrière, règle, gomme, couleurs, eau pour aquarelle, etc.
- C’est dire que cc modèle est particulièrement intéressant pour les peintres, mais il est applicable à tous, car il permet de lire, peindre, écrire, dessiner, coudre, manger, etc., ainsi que l’on peut s’en rendre compte sur les gravures que nous reproduisons.
- Adresse : M. F. Dol-metsch, 120, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine (Seine),
- &>_> Chimie
- Ün alambic moderne. — Voici un nouveau modèle d’alambic rationnel que les distillateurs de plantes à parfum, soucieux de rénovation industrielle, adoptent les uns après les autres.
- Le but poursuivi dans la construction de cet appareil est le suivant :
- i° La rapidité maxima dans le déchargement de la cucurbite ;
- 20 La réduction de la main-d'œuvre au strict minimum. D’une façon générale tout alambic doit comporter un
- Fig. 4. — Fauteuil pliant pour touristes.
- système de chauffage par vapeur dite directe (barbotage de la vapeur directement au sein de la masse à distiller et par vapeur dite indirecte (serpentin, ou double fond clos, dans lesquels on introduit de la vapeur qui entretient l’ébullition dans la masse à distiller).
- Ce chauffage s’opérant généralement par le fond de la cucurbite a retardé, pour ainsi dire, la conception d’un système de vidange, par l’ouverture totale de ce fond, système qui permettrait de rendre instantanée cette vidange.
- L’appareil décrit permet d’obtenir ce déchargement,, très rapidement, tout en tenant compte des exigences d’un chauffage normal. Il s’adapte plus particulièrement à la distillation des plantes ligneuses (géranium, lavande, citronnelle, lemongrass, etc.).
- L’alambic est un cylindre fait de plusieurs tronçons se raccordant. Le tronçon inférieur, seul, est ouvragé.
- Tronçon inférieur. — 11 est constitué par une cage perforée formée par la base cylindrique D de la cucury bite, et par un double fond B, attenant par les entretoises C, au fond de la cucurbite A, lequel est mobile autour de la charnière F, cage autour de laquelle s’opère le chauffage. Cette disposition constitue l’essentiel du principe de l’alambic. Il a été imaginé par un jeune
- Fig. G. — Coupe de l’alambic moderne.
- ingénieur de beaucoup d’avenir, M. de Tourris, à Cannes (Alpes-Maritimes), qui l’a d’ailleurs fait breveter (*).
- Le chauffage se fait :
- a) Pour la vapeur directe, par une admission dans la vanne de vidange des eaux L, donc suivant l’axe du cylindre de l’alambic, au moyen de la conduite K dont une portion est flexible au niveau de la charnière F.
- b) Pour la vapeur indirecte, par le serpentin H rejeté à la périphérie du cylindre de l’alambic, avec purgeur en O.
- L’admission de l’eau de remplissage se fait parles tubulures J, réparties au-dessus du serpentin H, et faisant douche sur lui, ce qui le nettoie automatiquement à chaque opération.
- L’étanchéité du joint M s’obtient par le moyen d’écrous de serrage d’un modèle quelconque.
- Fonctionnement. — Pour décharger l’appareil :
- La vidange des eaux ayant été faite par la vanne L, les écrous de serrage ayant été rabattus, le fond mobile ne se trouve plus maintenu que par le levier I, auquel on peut d’ailleurs substituer des câbles enro'ulés sur des tambours fixes, ce qui permet, par une détente progressive, de régler à volonté l’ouverture du fond.
- Les détritus sont ainsi déversés sur un wagonnet plate-forme, ou sur une chaîne sans fin, qui les expulse.
- Rendement. — Dans une usine bien aménagée, où la matière première arrive à l’étage supérieur, en charge sur les cucurbite's, qui s’ouvrent au niveau même de l’aire de cet étage, et où les détritus s’enlèvent soit par une chaîne san§ fin, soit par un Decauville, la matière à distiller étant rendue à pied d’œuvre, un ouvrier suffit au déchargement, de même qu’un seul suffira à la manœuvre du déchargement; en trente minutes, deux ouvriers, bien exercés, peuvent opérer le déchargement, le rechargement et la mise en route de la distillation, d’un alambic de 3ooo litres de capacité.
- 1. M. de Tuun’is, villa Gustave, boulev. d’Alsace, Cauues.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- En comptant une durée de distillation de 2 h. 3o, deux ouvriers assurent ainsi la marche de 5 alambics de 3ooo litres.
- En huit heures de temps, ils opèrent sur 48 000 litres de capacité de charge, soit 12 tonnes de matières premières environ.
- Il nous a paru intéressant de signaler ce nouvel alambic qui a déjà commencé à jouer dans l’Industrie de la Parfumerie un rôle important et qui est appelé — dans ces temps où l’économie de la main-d’œuvre et la rapidité des opérations deviennent un facteur de plus en plus important du prix de revient — à prendre une place prépondérante et se substituer progressivement aux anciens alambics quelque peu périmés, encore employés dans bien des cas, plutôt par habitude que par réflexion.
- A. KoEiir.ER.
- Physique
- Remplissage d’un baromètre à siphon. — Il arrive quelquefois que ces baromètres sont mis hors d’usage par suite de la pénétration d’air dans le tube. Nous croyons utile de signaler aux amateurs un moyen simple de remettre ces baromètres en état sans employer le procédé classique du chauffage, lequel, même lorsqu’il est manié par des personnes expertes dans le travail du verre, conduit le plus souvent à|la destruction du tube (les verres fabriqués depuis un temps assez long résistent
- l’ig. 7. Fig. 8.
- rarement à cette opération). Si l’on ne cherche pas à avoir un baromètre d’une précision très grande, mais simplement destiné aux observations courantes du temps, on pourra se contenter d’employer le procédé ci-dessous.
- On commence par vider le tube de son mercure en lui imprimant des secousses de haut en bas à la main. Secousses brusques mais sans chocs, pour lesquelles le meilleur procédé (le même qui réussit à merveille pour recoller les colonnes thermométriques sectionnées) consiste à tenir le tube de la main droite et à frapper brusquement le poignet droit sur le poing gauche fermé.
- Le mercure, convenablement filtré sur coton ou sur cornet de papier percé de fins trous d’aiguille, est alors réintroduit par petites fractions : 3 ou 4 cm de longueur dans la courbure inférieure du tube (fig 7). Celui-ci est alors retourné comme figure 8 et on frappe à l’aide du doigt une série de petits coups assez énergiques pour obliger le mercure à se diviser en gouttelettes qui vont rouler au fond du tube où elles se soudent en s’appliquant bien sur le verre. Lorsque ces 3 ou 4 cm de mercure sont parvenus au fond du tube en formant un petit miroir dont il est facile de surveiller la régularité, on relève le tube pour introduire une nouvelle quantité de mercure que l’on fait cheminer et souder à la première portion par un nouveau retournement suivi de chocs répétés.
- Dix à douze fois l’opération est à refaire jusqu’à ce que la colonne de mercure atteigne environ 80 cm de longueur. Lorsqu’on redresse le tube pour la dernière fois on constate avec satisfaction que le niveau du mercure se fixe à la hauteur correspondant à la pression atmosphérique du moment.
- On peut, comme nous nous en sommes assurés, vérifier qu’une brusque inclinaison du tube produit un petit bruit par suite du choc de la colonne de mercure contre l’extrémité fermée du tube attestant que la chambre barométrique ne contient pas d’air. C’est dire que ce procédé donne un résultat tout à fait satisfaisant pour les usages courants de ce genre de baromètres.
- Constructions d’Jhnateurs
- Turbine hydraulique d’amateur. — La Nature a déjà donné plusieurs descriptions de turbines d’amateurs. Une communication récente de notre éminent ancien maître M. Colardeau, sur lintérêtque peut avoir la multiplication des turbines hydrauliques de faible puissance, nous incite à faire connaître un dispositif extrêmement facile à construire avec des moyens dont dispose un amateur pour utiliser une partie de l’énergie que peut donner une conduite d’eau sous pression. Une turbine construite selon la description ci-dessous a permis d’actionner pendant plus de deux ans déjà une baratte d’assez fortes dimensions pour qu’on puisse la considérer comme autre chose qu’un simple jouet.
- Les matériaux employés sont les suivants : bois pour le bâti de la roue Pelton et pour les paliers, une tige de fer de i5 mm de diamètre et 5o cm de longueur pour constituer l’arbre, boîtes de lait condensé pour les autres ! Il va sans dire que suivant le débit et la pression on choisira comme matières premières des objets de dimensions appropriées. Nous attirons de suite l’attention des amateurs sur l’opportunité de construire plusieurs modèles de ces turbines : petit diamètre et aubes de très petites dimensions pour obtenir une grande vitesse, grand diamètre et aubes plus grandes pour obtenir une plus petite vitesse angulaire.
- Nous ne donnons cette description qu’à titre indicatif, l’ingéniosité de chacun pouvant se donner libre carrière sur le thème que nous donnons comme exemple.
- La roue supportant les aubes est formée d’un plateau de chêne de 5 cm d’épaisseur environ, découpé soigneusement pour obtenir un polygone régulier d’environ 3o cm de diamètre à 16 faces très bien tracées et réglées à l’équerre.
- Les aubes sont formées de boîtes de lait condensé dont on a enlevé l’un des fonds et que l’on a fendues sur une génératrice du cylindre et selon le diamètre correspondant du fond conservé. Ces boîtes ainsi préparées sont repliées suivant la génératrice opposée à celle qui a été fendue.
- On obtient un élément de forme très approchée de celui d’une turbine Pelton ordinaire.
- Il reste à adapter les aubes sur la roue de bois. Cette opération est des plus simples : un grand clou c est enfoncé suivant la direction du rayon au milieu de chaque face. Une aube y est adossée puis clouée par des pointes traversant le fond. Deux clous plus petits que les premiers c, c' sont ensuite enfoncés derrière les deux augets de l’aube pour parfaire la résistance de l’élément.
- Les paliers sont formés de pièces de bois dur percées d’un trou du diamètre de l’arbre, sciées ou non en deux, selon qu’on veut pouvoir démonter plus ou moins facilement l’installation.
- Nous ne décrirons pas les procédés nombreux de transmission que l’on peut adopter; signalons seulement le parti que l’on peut tirer d’un manchon de bois fixé à une extrémité de l’arbre et portant dans son axe un petit étau à main qui servira à serrer l’extrémité de l’arbre des machines à actionner.
- Il va sans dire que d’excellentes petites turbines peuvent être faites en découpant des boîtes de fer cylindriques assez résistantes que l’on fixe par un moyen quelconque à des arbres de dimensions appropriées. De petites meules d’émeri, de très petites dynamos peuvent être ainsi actionnées au moyen d’une lance d’arrosage et rendre quelques services. Ces petites usines miniatures provisoires conduiront souvent à organiser de véritables installations sérieuses.
- G
- Fig. 10.
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- VARIETES
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- LA COLORATION ARTIFICIELLE DES FLEURS COUPÉES
- Margré la diversité de coloris que l’on rencontre chez fl les fleurs de nos jardins, on cherche, parfois, à créer sur les corolles des fleurs coupées, des teintes différentes de celles qui se présentent naturellement. C’est ainsi que l’on peut voir, chez les fleuristes, ou dans les expositions florales, des roses bleues, des narcisses bleus, des tubéreuses roses, etc., avec des modalités qui forcent la curiosité du public. Il faut dire que si les Heurs ainsi présentées sont originales, leur fraîcheur et leur éclat n’y gagnent guère, mais elles conservent généralement leur parfum.
- Les couleurs employées sont presque toutes dérivées de l’aniline. Cne fois dissoutes dans l’eau, on y plonge l’extrémité des tiges, par où se fait leur ascension jusqu’aux pétales.
- Voici quelques types de ces colorants : pour le rouge : éosine, sulfo-fuchsine, fuchsine écarlate d’aniline ; pour le jaune : orangé II, acide picrique; pour le vert : vert brillant, vert malachite; pour le bleu : bleu de méthylène, bleu de triphényl-ro s aniline trisulfoné, indigo carmin; pour le violet, violet de méthyle, etc., etc. L’encrè ordinaire colore, par ascension, les fleurs blanches en violacé.
- Les mélanges permettent d’obtenir des panachures diverses, car les principes colorants ne suivent pas tous le même chemin dans les tissus. Ainsi, en associant l’écarlate d’aniline et l’indigo carmin, on a toutes les nuances du pourpre au violet. Avec la tartrazine et le ponceau spécial, on obtient une gamme de narcisses et de lis orangés, du jaune au rouge. On produit des fleurs violettes avec des colorants rouges et bleus. Le vert et l’éosine donnent des fleurs panachées de rose et de vert. Au lieu de mélanger les couleurs, on peut mettre les rameaux, d’abord dans une première solution, puis dans une autre.
- D’après M, Duchaussoy, les couleurs acides, seules, conviennent; les colorants basiques, diamines et d’ali- f zarine, sont absorbés par les tissus de la tige avant d’avoir atteint la corolle. On ne peut arroser les plantes elles-mêmes, à la façon d’un arrosage ordinaire, ou il faudrait, alors, sectionner les racines, et rafraîchir le chevelu, pour permettre la pénétration du liquide.
- Pour les couleurs d’aniline qui ne montent pas, on peut essayer d’y tremper directement les fleurs elles-mêmes, mais l’effet n’est pas toujours régulier.
- Il faut prendre des colorants pour laine, et, en général, les marques S, ou acides du commerce. En voici quelques-uns, qui ont été particulièrement recommandés : acide picrique, jaune acide, vert de Guinée, fuchsine acide, éosine acide, etc.
- Quant au mode d'action, on prétend que les tissus végétaux, possédant des propriétés réductrices, la matière colorante se trouve d’abord réduite à l’état de leuco-dérivée incolore dans son trajet à travers la tige, puis réoxydée par l’air en arrivant dans les pétales. Au bout de quelques heures, le bord extrême de ces derniers commence à changer de teinte, puis la coloration gagne le centre. Chez certaines fleurs, cependant, le phénomène iûverse se produit.
- D’ailleurs, l’infiltration de la couleur ne se fait pas toujours également. Tantôt le cœur de la corolle reste intact, et les pétales, seuls, se trouvent imprégnés ; tantôt 1$ coloration n’atteint que les nervures.
- Les verts acides, l'éosine, la sulfo-fuchsine, cheminent rapidement dans les vaisseaux; les bleus et les bruns, plus lentement.
- Pour ce qui concerne le mode opératoire, on doit traiter les fleurs aussitôt coupées, l’ascension de la solution étant facilitée par l’évaporation qui se produit, par les feuilles et les pétales, phénomène qui, naturellement, cesse ou se ralentit quand le rameau est plus ou moins fané. On hâte, d’ailleurs la coloration en trempant préalablement les tiges dans de l’eau à 5o°.
- 11 faut écraser l’extrémité de ces dernières par un léger coup de marteau, puis les mettre dans l’eau filtrée, seule ou additionnée d’un peu d’alcool, pour favoriser la dissolution de la matière colorante.
- La proportion de colorant est de 1 pour 1000 pour les couleurs d’aniline dites « pour laine ». En réalité, pour connaître la dose exacte, on doit procéder par
- tâtonnement. Pour un colorant forcé, il faut 2 à 3 pour 100 du poids du corps à colorer.
- Lorsque la teinte est obtenue, on coupe la partie de la tige que l’on a écrasée et l’on fait tremper le rameau dans l’eau fraîche.
- Quant à la durée de l'immersion, nous avons dit que la rapidité de l’ascension augmente avec la fonction acide du colorant. Nous devons ajouter que l’espèce des plantes influe aussi. Les narcisses, par exemple, demandent douze heures pour arriver à la teinte pourpre ; les tulipes, les cyclamens, les jacinthes bien moins de temps, les muguets, en six heures seulement se teintent en bleu et en rouge; d’autres fleurs ne réclament que quelques heures.
- Parmi celles qui se prêtent le mieux. à la coloration artificielle, citons surtout : œillet, narcisse, camélia, reine-marguerite, jasmin, muguet, jacinthe, iris, rose, chrysanthème, etc. On obtient aussi de très jolis effets avec des plantes à feuillage bariolé de blanc comuae 1 ’aucuba.
- On teinte en noir avec de l’encre : jacinthe, pâquerette, convolvulus ; avec le suc du phylolacca : gueule de loup (veiné de rouge), tubéreuse (rosé). La giroflée blanche devient bleue avec l’aniline vert lumière, la jaune est verte, la rouge violette. Le camélia devient bleu d’azur avec le bleu de méthyle; Y œillet rose se panache avec le bleu carmin Y ; le mimosa se colore en vert, en orange, avec le carmin Y, le vert acide JJ et le Bordeaux S ; le dahlia simple, à fleurs panachées de jaune et de rouge, donne des panachures nouvelles avec le bleu carmin Y et le ponceau spécial ; Yail doré, le lis de Saint-Bruno, la saxifrage granulée donnent de beaux résultats avec un noir bleu; le cyclamen à fleurs blanches, avec le violet acide R (O), Yarum Richard, avec le rouge Bordeaux S ; les iris variegata, nivéole d’été, muguet de mai, ail d’ours, avec le violet acide S R. (O); les matricaires, anthémis achillée, coréopsis, pyrèthre des jardins, avec le vert sulfo J, le violet acide R, l’azogrenadine.
- Une branche d’eucalyptus, un rameau d'échinops, une tige de typha jeune prennent des teintes curieuses dans l’éosine acide, le ponceau spécial, le vert de Guinée, le bleu de carmin; la jonquille des jardins, le trolle d'Europe, le populage des marais, le narcisse jaune, avec la fuchsine acide (By), l’azo-rubis S (A), le violet acide R, le Bordeaux S, le ponceau 3 R, le bleu carmin Y, le vert de Guinée, le vert acide J, le vert bleu S; Y ail de Naples, avec la tartrazine, le ponceau spécial, le bleu corse, le violet acide, le vert de Guinée, le Bordeaux S.
- L’ascension par les tissus de la plante n’est pas le seul procédé de coloration. On peut encore modifier la matière colorante des pétales par une action chimique externe.
- On connaît les expériences classiques qui consistent à colorer en vert des violettes avec de l’ammoniac, ou alcali volatil; en rouge, avec de l’acide azotique, par exemple; en blanc, avec le gaz sulfureux produit par la combustion du soufre.
- On peut projeter sur les corolles, à l’aide d’un pulvérisateur ordinaire, 'un liquide composé de huit parties d’éther sulfurique (éther ordinaire) et deux d’ammoniaque (opérer loin d'un corps enflammé).
- Sous l’influence de l’ammoniac, Y anémone blanche des bois devient d’un beau jaune ; les balsamines violettes, rouges, blanches, passent au vert, au chocolat, au jaune; la belle-de-jour, le coréopsis, deviennent multicolores; le géranium rouge prend la teinte bleue, les pervenche, julienne, lilas, campanule bleue, myosotis ancolie, héliotrope giroflée, passent au vert; la camomille, la reine des prés, prennent des nuances jaunes, roses, rouges, bleues; les pâquerette, pensée, phlox, primevère, së parent de couleurs diverses ; les roses rouges deviennent bleues (avec d’autres, roses plus ou moins lavées de blanc ou de jaune, on obtient de vilaines couleurs vertes). ;
- Au lieu de projeter l’ammoniac sur les corolles, on peut tremper celles-ci dans le liquide même, ou mieux, on met les tiges, la fleur en bas, au-dessus d’un verre, ou dans un bocal, contenant un peu de liquide actif.
- Le bleu des jacinthes, des bleuets, etc., devient rouge au Contact d’un acide; l’acide chlorhydrique, l’acide
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- VARIETES
- azotique donueut de meilleurs résultats que les acides faibles.
- Pour colorer la bruyère, plonger les bottes dans de l’eau contenant 2 à 3 pour 100, en volume, d’acide sulfurique (verser lentement, avec précaution, et en agitant le mélange, l'acide dans l’eau) ; rincer ensuite soigneusement dans 1 eau pure, et laisser égoutter et sécher, en suspendant les fleurs. On les colore aussi en rose avec la fuchsine.
- Quand les couleurs d’aniline ne peuvent monter par la tige, on peut essayer d’y tremper les fleurs, mais l’effet n’est pas alors aussi régulier. C’est de la sorte que l’on teint, par exemple, les immortelles après dessiccation, — qui sont naturellement jaunes, — en rouge ponceau, bleu, violet, vert, etc. On les décolore d’abord
- complètement avec le chlorure de chaux, les lave ensuite dans de l’eau acidulée, et enfin les plonge dans la couleur désirée. Les chardons sont traités de même.
- Terminons par cette remarque : sur l’initiative de la Chambre syndicale des fleuristes de Paris, la Fédération nationale des syndicats horticoles avait émis le vœu que la vente des fleurs naturelles, mais chimiquement teintes, fût interdite, et que la loi de igo5 sur les fraudes soit appliquée à ce commerce. Mais nous ignorons les résultats de l’enquête dont a été chargé le Service de la répression des fraudes du Ministère de l’Agriculture à la suite de cette réclamation.
- Antonin Rolet.
- Ingénieur-agronome, Ecole pratique d’Antibes.
- UNE NOUVELLE ENTREPRISE FORD
- Nous avons décrit dans La Nature la fabrication des automobiles dans l’usine Ford, qui constitue un exemple merveilleux du rendement que peut donner une organisation rationnelle du travail.
- Actuellement, la période de réorganisation nécessaire après la guerre est terminée (l’usine Ford s’élait transformée en vue de la fabrication des chasseurs de sous-marins), et la production journalière a repris à un taux tel que, en moyenne, il sort une automobile complètement terminée, prête à livrer, toutes les 6 secondes !
- Ce chiffre seul suffit pour montrer quelle régularité mathématique, quelle précision dans l’organisation du travail, quelle sûreté dans la division des opérations, ont été réalisées pour éviter les à-coups, les embouteillages, les pertes dé temps dans une partie quelconque de l’usine. Ajoutons encore, ce qui est à peine croyable, que ce résultat a été obtenu en diminuant le nombre total d’ouvriers, pâr une meilleure répartition des efforts.
- Mais M. Ford, car c’est bien l’œuvre personnelle d’un homme que nous venons de résumer en quelques lignes, a tout récemment donné un autre exemple de ce que peuvent donner ses méthodes de travail.
- Il existe en Amérique un réseau de chemins de fer, le Detroit, Toledo and Ironton Railroad, dont l'exploitation, depuis de longues années, ressemblait étrangement à celle, tristement célèbre, de l’Ouest-Etat.
- Ce réseau est défini d’une façon humoristique comme 4f>o milles (930 km) de rouille, allant d’un point sans importance du sud de l’Ohio à un point suffisamment près de Detroit pour que le nom de cette ville figure dans le titre du réseau. Sur cette ligne, 70 locomotives, 27 trains de voyageurs et 2800 wagons de marchandises circulent entre des stations ressemblant à des fermes pauvres, situées si loin des agglomérations qu’il semble que les constructeurs aient tenu la gageure d’éviter toutes les villes sur le tracé !
- Les finances du réseau étaient si peu florissantes que lorsqu’une banque fit connaître qu’elle avait preneur, à 60 cents pour un dollar nominal pour les actions, 5o cents pour les actions de jouissance, et 1 cent pour les obligations, 98 pour 100 des titres furent immédiatement offerts par leurs possesseurs trop heureux de réaliser, même à ce prix! Les acheteurs étaient M. Ford et son fils.
- Les débuts de leur exploitation ont été marqués par une série de mesures qui ont surpris au delà de toute limite tous les techniciens des chemins de fer : sur ce réseau en déconfiture, H. Ford a relevé tous les salaires de 20 pour 100 (6 dollars comme salaire minimum) et en même temps diminué de 20 pour 100 tous les tarifs du réseau. Le résultat paradoxal a été le suivant : tandis qu’en juin 1920, pour chaque dollar de recette, les frais d’exploitation étaient de 1,18 dollar, soit une perte notable de 18 cents par dollar, en juin 1921, sous la nouvelle direction, ils né se montaient plus qu’à 53 cents. C’est-à-dire que le réseau, au lieu de perdre de l’argent, en gagne maintenant.
- Comment ce résultat a-t-il pu être atteint ?
- Tout d’abord, H. Ford prit une mesure radicale et congédia tous les chefs de service de l’administration qu’il remplaça par des directeurs de l’usine d’automobiles. N’étant pas spécialistes, ces directeurs n’ont pas d’idées préconçues; de plus, ayant constaté par expérience les defauts des organisations ferrovériaires, ils
- sont prêts à chercher les remèdes. Au lieu de l’organisation rigide habituelle, ils ont rendu le fonctionnement plus souple et plus intelligent.
- Pour cela, il faut d’abord que la mentalité des employés soit modifiée. La première mesure a été, comme nous l’avons dit, d’augmenter leur salaire, puis de ramener à 8 heures le temps consacré au travail, enfin d’observer autant que possible le repos hebdomadaire. A cet effet, la circulation des trains est réduite le dimanche au strict minimum.
- Ayant ainsi amélioré la condition des employés, M. Ford est en droit d’exiger que la formule « 8 heures de travail » soit appliquée intégralement, et non pas seulement les deux premiers mots. En particulier, les distinctions rigides d’emplois sont abolies, èt une des principales causes de dépenses inutiles, le temps passé à ne rien faire, disparait ainsi. Un mécanicien, par exemple, s’il n’est pas occupé à sa machine, nettoiera les Wagons, si c’est ce travail qui est le plus urgent. L’employé qui distribue les billets ira aider son collègue qui fait les lettres de voiture, lorsque son guichet est fermé dans l’intervalle de deux trains. De plus à chacun est attribué une tâche qu’il peut remplir en 8 heures, mais qui l’occupera pendant ces 8 heures.
- La préoccupation constante des employés et des chefs doit être de chercher à assurer le meilleur service et à ne jamais être inactif de même que les efforts de tous les ouvriers de l’usine tendent à maintenir la production au taux de une automobile toutes les 6 secondes. C’est cet état d’esprit, si différent de celui que l’on constate en général, que H. Ford est arrivé à faire régner en quelques mois dans son réseau, preuve évidente de ce que la volonté d’un chef peut accomplir.
- Quelques chiffres feront mieux comprendre la profonde révolution, le mot n’est pas trop fort, queM. Ford a réalisée.
- Le nombre total des employés a été ramené de 2700 à iG5o, bien que le trafic pendant les trois mois de son administration ait été égal à la moitié de celui de toute l’année dernière. Les réclamations pour perles et avaries qui s’élevaient à 5ooo dollars par mois sont tombées à 2200 dollars en juin 1921 et, comme conséquence, le personnel du contentieux dont les traitements s’élevaient à 17 990 dollars en juin 1920, ont été ramenés, par suppression d’emploi, à 206,96 dollars en juin 1921.
- Les frais de bureaux et d’impression ont été réduits de 5o pour 100, les dépenses de charbon, malgré un trafic plus intense, ont diminué de i/3 à i/5. Aussi, les recettes pour juin 1921 ont-elles été de 686 355 dollars (319079 en juin 1920) et les dépenses de 376 383 dollars (478 926 en juin 1920). Le déficit de 135 920 dollars de juin 1920 s’est transformé en un profit net de 261 25g dollars. *
- M. Ford espère améliorer encore ces résultats. L’expérience qu’il tente mérite d’être suivie avec attention par tous ceux intéressés dans l’exploitation des chemins de fer.
- Les méthodes rationnelles qu'il se propose d’employer, si elles réussissent, n ont aucune raison de ne pas être appliquées en France par exemple. Il suffit de vouloir et de profiter de la belle leçon d’énergie que | donne H. Ford. H. Vigneron.
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- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Dispositif évitant le noircissement des fils souples. — Tous les électriciens et leurs clients ont remarqué le phénomène suivant : les fils souples utilisés dans les installations électriques alimentées en courant continu, noircissent rapidement ainsi que les plafonds auprès des fils.
- Ce phénomène qui ne se produit que dans les installations à courant continu, a été récemment décrit dans La Nature et expliqué comme suit : lorsqu’un courant électrique continu parcourt un circuit, il engendre un champ magnétique dont les lignes de force sont constituées par des lignes circulaires entourant le conducteur. Chacun des conducteurs d’un fil souple agit comme un véritable aimant, et ce phénomène peut être facilement observé à l’aide d’une boussole.
- De ce qui précède, on conçoit que tout fil parcouru par un courant continu crée autour de lui un champ magnétique et attire les poussières contenues dans l’atmosphère, poussières qui viennent adhérer au fil. Cette accumulation de poussières produit le noircissement des fils et inévitablement le noircissement des plafonds sur lesquels ils sont posés.
- Ajoutons en passant que le phénomène ci-dessus est même utilisé industriellement pour la précipitation et la captation des particules solides contenues dans l’air et dans les gaz industriels : gaz de hauts fourneaux, poussières de ciment, gaz de gazogène, etc....
- M. G. Tassel, 89, rue Mon-Désert, Nancy, vient d’imaginer et de faire breveter un dispositif très simple pour éviter ce noircissement. Simplement, il supprime le champ magnétique engendré par le passage du courant de telle sorte que les poussières ne sont plus attirées sur la tresse constituant la gaine extérieure. Pour cela, il interpose entre le fil conducteur et la tresse formant gaine un conducteur métallique formant écran, qui annule l’influence du corps électrisé sur les points exté^ rieurs à ce conducteur et limite ainsi le champ magnétique.
- À cet effet, le fil conducteur en cuivre, protégé par les isolants appropriés, est recouvert d’une bande d’étain de faible épaisseur, enroulée en spirale sur l’enveloppe isolante. Le fil est complété par une gaine extérieure, en coton glacé, en fil ou en soie.
- Comment tracer les trous dans les rondelles de joints. — On emploie souvent pour les joints des rondelles de papier, de fibre, de carton isolant assez mince, et dans ces rondelles, appelées garnitures, il est nécessaire de percer des trous qui serviront au passage des boulons fixant le joint et serrant les pièces en contact.
- Il est naturellement indispensable que ces passages de boulons soient bien à leur place dans la garniture et on peut les tracer exactement de la manière originale suivante.
- La rondelle est placée et maintenue à la main à l’emplacement qu’elle doit occuper. On prend ensuite une bille d’acier, d’un diamètre légèrement plus fort que celui des boulons de fixation du joint.
- On met cette bille successivement à l’endroit où se trouve un trou dans la pièce sur laquelle est maintenue la garniture. Avec un marteau, on frappe un coup léger sur la bille qui trace alors sur la rondelle un cercle correspondant au trou sur laquelle la bille est disposée.
- Evidemment on n’a pas une précision absolue, mais elle est suffisante pour qu’il soit possible de préparer convenablement les' passages des tiges de boulons dans la rondelle; ce moyen original pourra rendre des services dans bien des cas.
- Eclairage simple d’un garage. — Il est nécessaire qu’un garage soit éclairé d une façon convenable et cela est évidemment fort simple quand on dispose de l’éclairage électrique. Mais quand le garage se trouve dans une propriété, à quelque distance de la maison d’habitation, et qu’on ne dispose pas d’une installation faite, quand on a seulement le gaz, l’éclairage du garage demande des frais d’établissement assez considérables.
- On peut obtenir un éclairage suffisant en employant pour cela l’éclairage même de la voiture, lequel le plus souvent est électrique. On peint sur le mur du fond une grande surface blanche et quand la voiture rentre au garage la nuit, les phares de l’avant viendront frapper cette surface; ceci produira l'éclairage par lumière réfléchie d’une façon remarquable.
- Enfin, pour les réparations, on peut revêtir une partie du plafond avec une couleur blanche et sur cet emplacement on dirigera la lumière d’un des phares. De la même façon on peut disposer des surfaces diffusantes sur les murs de côté, de manière à pouvoir, le cas échéant, illuminer plus ou moins à volonté telle ou telle partie de la voiture.
- Ce dispositif a l’avantage de donner de la lumière diffuse qui ne produit pas d’ombres et qui n’est pas fatigante pour la vue. Bien agencées, les surfaces peintes en blanc de cette manière donnent un éclairage plus que suffisant.
- Pour empêcher les coins de tapis de se relever. — Les tapis ont tendance à se relever aux coins et quand cet inconvénient s’est une fois produit,; il est très difficile de faire perdre au tapis la mauvaise habitude qu’il a contractée.
- Généralement on fixe le coin par des pointes spéciales, s’il s’agit de tapis reposant déjà sur d’autres tapis et ces pointes viennent se fixer dans des logements aménagés, s’il s’agit de tapis reposant directement sur du parquet ou même sur de la pierre.
- Un artifice très simple, quand on n’a pas prévu de telles dispositions, consiste à armer les coins du tapis avec une équerre métallique, qu’il est facile de découper dans une feuille de métal mince, soit du zinc, soit du fer-blanc.
- Cette équerre sera percée d’un nombre de trous suffisant pour que l’on puisse passer dans ces trous du fil, afin de fixer la pièce métallique sur le coin, à l’envers du tapis.
- Bien entendu, il faut employer du métal mince et exempt de bavures, qui pourraient détériorer les parquets ou les autres tapis sur lesquels celui qu’on agence est posé.
- On peut d’ailleurs, suivant la force du tapis, proportionner l’épaisseur de la feuille métallique à employer pour confectionner l’équerre, laquelle pourra également avoir des branches de longueur variable pour assurer une meilleure action.
- Utilisation des vieux pneumatiques. — Voici encore une manière, parmi tant d’autres, d’utiliser les vieux pneumatiques.
- Quand on veut revêtir des tuyaux d’eau ou de vapeur d’une enveloppe calorifuge, on peut découper en bandes les vieilles enveloppes et en garnir les tuyaux qu’on veut isoler. On enroule en spirales jointives les bandes découpées au préalable.
- Evidemment on ne saurait ainsi protéger une canalisation importante, sous peine d’avoir des stocks considérables, mais cet emploi des vieux pneumatiques peut rendre des services pour isoler des petites tuyauteries qui présentent des coudes brusques et qui sont difficiles à garnir avec les enduits ordinaires.
- Bien entendu, comme tout revêtement, la protection agit aussi bien pour les pertes de chaleur que comme garantie contre la gelée, et à ce point de vue ce moyen servira avantageusement pour protéger les canalisations d’eau contre le gel, en particulier pour les tuyaux des, pompes ou des prises d’eau dans les cours.
- Les bandes appliquées sur les tuyauteries sont maintenues par un ligament en cordage ou même métallique que l’on applique également en hélice et qui suit la bande isolante en la maintenant en son milieu.
- Remplacement d’un balai de magnéto. — Il peut arriver que le motocycliste perde un balai de la magnéto d’allumage et comme en général on ne dispose pas du double allumage sur une machine de ce genre, on peut se trouver bêtement immobilisé.
- Généralement cette panné se répare en fabriquant un balai avec une petite longueur de fil souple à plusieurs brins de cuivre. Il est facile de préparer ces brins sous la forme d’un petit pinceau, ce qui donnera un excellent contact si le collecteur n’est pas sale. Il est d’ailleurs très facile de nettoyer cet organe au préalable.
- Il peut néanmoins arriver que l’on n’ait pas de longueur disponible de fil souple et qu’il soit impossible d’en distraire une petite partie sur les fils des bougies ou sur l’installation de la motocyclette. Nous voici donc arrêtés irrémédiablement.
- On peut encore se sortir d’affaire, car on a toujours
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- dans une poche un crayon. La mine formera un excellent balai en graphite. On en prendra une petite longueur et on l’immobilisera dans le porte-balai d’une manière convenable, ce qui permettra de repartir et d’atteindre facilement un endroit propice à une réparation plus sérieuse.
- Mais si vous n’avez pas de crayon, vous êtes véritablement trop imprévoyant et vous méritez de faire quelques kilomètres en poussant la machine à la main, à moins qu’un confrère plus sage, rencontré sur la route, ne vienne vous fournir pour votre dépannage les matières premières qui vous manquent.
- Un crayon forme un rhéostat simple. — On peut - avec un crayon de graphite ordinaire constituer un petit rhéostat.
- On coupe le crayon à chaque extrémité en taillant une entaille en forme de Y de manière à faire apparaître la mine. Ces deux Y seront entourés par les fils de connection du circuit dans lequel on veut monter le rhéostat et une fois les connections assurées avec un bon contact,
- on revêt celles-ci avec du ruban isolant quelconque.
- On intercale ainsi en série la résistance du crayon, qui sera naturellement d’autant plus faible que la mine sera plus grosse et d’autant plus grande que la mine sera plus longue. Ceci n’est qu’une application quelconque de la loi d’Ohm.
- Pour pouvoir à volonté mettre hors circuit cette petite résistance, on monte en dérivation aux bornes simple-menttun petit interrupteur. On court-circuitera le rhéostat quand l’interrupteur sera fermé et on le laissera en circuit quand cet interrupteur sera ouvert.
- • Comme application de ce dispositif, on peut envisager son installation pour la protection des lampes d’éclairage d’une voiture. Quand la batterie sera un peu sur-voltée, les filaments sont sujets à des détériorations plus fréquentes, car ils sont alors fragiles. En faisant intervenir ce rhéostat, on pourra réduire légèrement la tension appliquée aux lampes. On peut de la même façon diminuer à volonté l’éclat des lampes si on juge que cet éclat est trop intense, ce qui est également l’indice d’un voltage un peu élevé de la batterie.
- JfcD
- BOITE AUX LETTRES
- QSÎC
- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nouvel allumeur-extincteur des becs de gaz à distance : M. Paul Bernard, i, rue All'red-Laurant, Boulogne-sur-Seine.
- Erratum. — Dans notre n° 2164 du a5 juin 1921, page 210 de la Boîte aux lettres, un lapsus calami nous a fait écrire, Réactif de Tanret, alors qu’il faut lire, Réactif d’Esbach. MM. Avérons et Didier ont eu l’amabilité de nous signaler cette erreur de plume et nous les en remercions, désireux que nous sommes de conserver à La Nature son caractère d’exactitude, en méritant la confiance de ses lecteurs.
- Dans le cas du Réactif de Tanret, la formule serait la
- suivante :
- Iodure de potassium..............3 gr. 32
- Bichlorure de mercure. 1 gr. 35
- Acide acétique cristallisable . . 20 c. c.
- Eau q. s. pour faire............. 64 c. c.
- Ce réactif s’emploie comme celui d’Esbach pour la recherche de l’albumine, mais seulement qualitativement, le précipité ne doit disparaître ni à chaud, ni par addition d’alcool, conditions qui doivent être également réalisées avec le Réactif d’Esbach.
- Réponses, — M. Huré, à Neuilly-sur-Seine. — Le moyen le plus pratique de détruire les mites est d’utiliser le tétrachlorure de carbone en procédant de la façon suivante : on bourre un flacon à large col de coton hydrophile, puis on imbibe celui-ci de tétrachlorure de carbone, le tout est placé dans l’armoire ou le placard où sont rangés les vêtements. Les vapeurs qui se dégagent du flacon ouvert détruisent tous les insectes et des dégâts souvent importants sont évités par cette simple précaution, sans aucun inconvénient, l’odeur n’étant pas désagréable comme celle de la naphtaline et aucun danger d’incendie n’étant à craindre par suite de l’ininflammabi-lité du tétrachlorure de carbone.
- M. Bréon, à Semur-en-Auxois. — Nous pensons que le procédé le plus simple pour récupérer les éléments constitutifs de votre teinture d’iode altérée serait de mettre celle-ci en contact avec un excès de tournure de fer pour transformer l’iode en iodure de fer, puis de distiller au bain-marie pour recueillir l’alcool. L’iodure de fer resté dans le ballon sera alors dissous dans l’eau distillée et maintenu à l’ébullition jusqu’à ce que la liqueur soit devenue légèrement verte. Après filtration, la solution sera additionnée de carbonate de potasse jusqu’à cessation de précipité. Filtrer à nouveau, évaporer
- à siccité dans une marmite en fonte, reprendre par 4 à 5 fois le poids de l’iodure de potassium obtenu, filtrer encore et laisser évaporer jusqu’à cristallisation. Le sel résultant sera susceptible de servir directement aux usages habituels.
- M. H. Jollois, à Mirabel. — Les solutions d’acétate de cellulose vous donneront très probablement satisfaction suivant l’usage auquel vous les destinerez, vous pourrez les employer à des concentrations variant depuis 5 pour 100 jusqu'à saturation. Il vous suffira c^e faire macérer pendant quelques jours, dans un flacon bien bouché, l’acétate de cellulose dans la quantité convenable d’acétone pour obtenir un liquide sirupeux, incolore et d’usage très commode.
- M. Cugnin, à Chaumes-en-Brie. — La trempe de l’acier est une opération toujours délicate, pour laquelle le tour de main est l’essentiel, aucune description ne peut en être faite. En l’occurrence, nous n’avons pas connaissance des dispositions spéciales adoptées par la maison dont vous parlez, mais il est à supposer que cette trempe s’effectue en paquets.
- M. Ilusson, à Toul. — Le polissage de l’or s’effectue au moyen du rouge d’Angleterre et d’une peau de chamois, l’opération ne présente aucune difficulté, seulement un peu de soin lorsqu’il s’agit de bijoux portant des perles ou des pierres précieuses sur lesquelles, bien entendu, on ne doit pas agir,
- M. Soyer, au Pré-Saint-Gervais. — 'L'emploi du ciment pour constituer des cuves devant contenir des acides est contre-indiqué, et il nous paraît difficile de conserver cet usage. Cependant, vous pourriez essayer de revêtir l’intérieur des cuves de l’enduit suivant :
- Mélanger une partie d’amiante en poudre, une partie de sable fin et six à huit parties de silicate de soude du commerce à 36° B. On obtient ainsi une pâte que l’on' applique et lisse à la truelle, elle durcit rapidement à l'air et résiste bien aux acides.
- M. le Dr Grisot, à Nice. — La solidification du gaz carbonique à l’état de neige est obtenue comme suit : on prend un récipient de fer forgé contenant de l’acide carbonique liquéfié comme on le trouve dans le commerce et qui à l’une de ses extrémités est terminé par une vis qu’il suffit de tourner pour faire échapper le liquide par un ajutage latéral. Après avoir incliné légèrement le récipient vers l’ouverture, on adapte l’ajutage à un tube oblique qui traverse le couvercle d’un appareil en ébonite dit « boîte à neige » et on laisse écouler lentement le liquide ; cinq à six minutes suffisent pour avoir uçe quantité suffisante de neige, celle-ci en s’évaporant à l’air produit un froid de — 78°, on peut en mettre impunément sur la main, le dégagement de vapeurs empêchant le contact de la neige avec la peau, mais si on établit le contact réel par pression, on éprouve une sensation de brûlure. La neige carbonique est très .employée dans les laboratoires pour obtenir des froids
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- intenses, on la mélange avec de l’éther, du chlorure de méthyle ou du chloroforme pour produire un contact parfait, sèche elle peut être comprimée et moulée en bâtons solides (crayons de neige) qui, tenus au moyen d’un porte-crayon en ébonite, sont utilisés pour l’application thérapeutique du froid. Vous trouverez le matériel nécessaire chez Adnet, 26, rue Vauquelin.
- M. Pector, à Paris. — Il nous semble que le plus simple serait de vous servir de gants en caoutchouc dont la vente est courante et dont le prix est peu élevé, peut-être pourriez-vous tenter d’imperméabiliser vos vieux gants de cuir en les trempant après les avoir mis sur forme dans une dissolution benzénique de caoutchouc, mais le résultat sera certainement moins parfait.
- M. Chardin, à Pantin. — Sans avoir vu le produit dont vous nous parlez et qui est employé par les cireurs de chaussures de Madrid, il nous est bien difficile de vous indiquer sa composition ; selon toute probabilité, comme vous faites mention d’application ultérieure d’une crème, il doit s’agir d’une encaustique légère destinée à faciliter la répartition.
- M. Lerehoullet, à Cernat-Laisy. — Le cuir de Russie s’obtient en gonflant les peaux dans un bain monté avec de la farine de seigle et du levain. Le tannage s'exécute en les immergeant et les travaillant deux fois par jour pendant quinze jours dans une décoction d’écorce de saule. Enfin, on imprègne le côté de la chair avec de l’huile empyreumatique provenant de la distillation de l’écorce de bouleau, ce qui donne au cuir une odeur spéciale, le préserve de la moisissure et de la dégradation par les insectes. Question de tannage mise à part, il vous suffira d’enduire 'la partie poreuse du cuir avec l’huile empyreumatique de bouleau pour lui donner l’odeur cherchée.
- M. le Dr Malbois, à Beni-Saf. — U huile de ricin n’est pas indispensable pour préparer les papiers attrape-mouches, l’huile de lin convient tout aussi bien et est d’un prix moins élevé. Une quantité quelconque de cette huile est mise dans un vieux pot qui résiste au feu, puis chauffée longtemps en remuant de temps à autre jusqu’à ce qu’elle s'épaississe, finalement on ajoute 5o pour 100 de résine et on applique encore chaud.
- Ecole professionnelle d’Ÿverdon, Suisse. — Pour enlever la vieille peinture sur votre baromètre en bois sculpté, nous vous conseillons d’employer la mixture
- suivante :
- Acétone ....................i5 grammes.
- Benzine ....................60 —
- Alcool à brûler.............a5 —
- Paraffine................... 2 —
- Laisser en contact suivant l’ancienneté de la peinture pendant un temps suffisant, celle-ci pourra alors s’enlever facilement sous forme de pellicule.
- Cercle Algérien. — La maison Pelliot, 24, place des Vosges, pourra vous procurer la cliloropicrine nécessaire aux essais que vous voulez entreprendre pour la destruction des parasites agricoles ou domestiques.
- M. Berlin, à Nancy. — h'enlèvement de taches de nitrate d'argent sur un parquet est particulièrement difficile à cause de la pénétration dans l’épaisseur du bois, vous pourriez cependant essayer du moyen suivant. Arroser les taches d’un peu de teinture d’iode pour amener l’argent à l’état d’iodure, puis" recouvrir d’une pâte obtenue en délayant de la terre à foulon dans une solution d’hyposulfite de soude à 10 pour 100. Renouveler l’application de la pâte à plusieurs reprises jusqu’à ce que par capillarité tout l’iodure d’argent solubilisé par l’hyposulfite ait été absorbé par la terre à foulon.
- M. P. Lafaury fils, à Tain, Drôme. — Pour enlever les taches de café sur les étoffes, un procédé qui réussit généralement très bien consiste à imbiber celles-ci d’un mélange à parties égales de glycérine et de jaune d’œuf, on laisse en contact quelques heures et un lavage à l’eau tiède donne alors le résultat désiré.
- M. Lemouche, à Liège. — La peinture à l’huile ne peut donner que des résultats imparfaits sur des bois imprégnés de carbonileum ; nous vous conseillons d’essayer de la suivante à base de benzol et white-spirit. Sulfate de baryte. . . . 5700 grammes.
- Colophane...............2700 —
- Benzol à moteurs. . . , 800 c. c.
- White-spirit.............. * 800 —
- Teinter si on le désire au noir de fumée, à l’outremer ou à l’ocre.
- M. le DT D., à Mézières-Charleville. — Il y a divers procédés de conservation des champignons. Etant donné qu’il s’agit de champignons récoltés dans les prés, il y a lieu, tout d’abord, de s’assurer qu’ils appartiennent à des espèces non vénéneuses, et ensuite d’adopter un procédé de conservation en rapport avec le but que l'on se propose (procédé Appert, ou dessiccation ou salaison).
- Pour la conservation en sec, peler les champignons aussitôt cueillis, les jeter dans l'eau bouillante après avoir enlevé une partie de la queue ; au bout de deux à trois minutes les faire égoutter et ensuite les mettre en chapelets en les enfilant sur une ficelle mince ou sur du gros fil, sans qu’ils se touchent. On les fait ensuite sécher à l’air quand le temps est chaud, ou au four très modérément chauffé; enfin, on les range dans des sacs ou des boîtes que l’on place en lieu sec. Avant leur utilisation, ces champignons séchés doivent être trempés dans l’eau tiède. On conserve aussi les champignons en chapelets sous le manteau des cheminées de cuisine, où on les laisse se dessécher.
- Pour une conservation de quelques jours, on peut les mettre dans des pots à fleurs et les recouvrir de sable ou de sciure de bois. Un autre moyen consiste, après les avoir essuyés avec un linge bien fin, à les envelopper dans une serviette assez fine, et les placer dans un endroit bien sec, à l’abri des courants d’air.
- Pour une conservation de plusieurs mois, faire sauter les champignons au beu,rre, après qu’ils auront jeté, leur eau, décanter celle-ci et immerger les champignons dans une demi-gelée de viande, puis les mettre dans des pots de faïence (pots à confitures), les couvrir bien complètement de graisse fondue et consèrver les pots dans un endroit frais.
- Par le procédé Appert, les champignons épluchés comme il est dit plus haut sont soumis à la cuisson avec sel, beurre et jus de citron; on laisse refroidir, on met en bouteilles, avec 3o minutes d’ébullition au bain-marie.
- Dans le procédé par salaison, les champignons sont d’abord plongés dans de l’eau presque bouillante, pressés ensuite dans un linge absorbant, puis disposés dans des vases de grès — en tout cas non métalliques — par couches alternant avec des couches de sel.
- Le procédé suivant assure la conservation pendant plusieurs années : laver les champignons à grande eau, les mettre dans un bocal contenant de l’eau distillée aiguisée par un seizième en volume d’acide sulfurique pur; boucher le bocal très hermétiquement.
- Enfin, il y a la conservation dans du vin aigre ou de l’huile d’olive, et spécialement pour les cèpes : le bouillage, l’ensaumurage et la conservation en tonneau. ,
- M. de Geofroy, à Blois. — Les plaqueminiers (Dios-' pyros, Ebénacées) sont des arbres ou arbrisseaux des contrées chaudes dont on connaît i5o espèces environ. Les trois principales cultivées comme comestibles sont : le Diospyros Kaki spécial au Japon; le D. virginiana, particulier aux Etats-Unis; le D. Lotus répandu dans l’Europe australe et l'Italie. Le plus cultivé en France est le D. Kaki, surtout dans le Midi; il mûrit assez difficilement ses fruits dans la région parisienne, à moins d’être à une bonne exposition et en espalier. Persimmon est le nom anglais donné aux Etats-Unis aux fruits^ou plaquemines du Diospyros Virginiana.
- 11 n’y a pas de plaqueminiers à l’état sauvage en France, ni en Angleterre. Vous pouvez vous procurer des plaqueminiers japonais greffés chez les pépiniéristes ci dessous, qui en possèdent une collection de variétés : MM. Barbier et Cie à Orléans (Loiret); Levavasseur et Courant, à Angers (Maine-et-Loire); Nomblot-Bruneau, à Bourg-la-Reiue (Seine).
- M. Victor Bigot, à Paillencourt (Nord). — Il est parfaitement possible d’utiliser, pour le développement lent en cuve verticale, le révélateur au diamîdophénol acide, en solution plus ou moins diluée, par exemple :
- Eau.......................... 1000 c. c.
- Diamîdophénol................ . . 2 gr.
- Sulfite de soude anhydre ........ 8 gr.
- Bisulfite de soude liquide (sol. commerciale). 10 c. c.
- Bromure de potassium (sol. à 10 p 100). . 10 c. c.
- M. M. J., boulevard de Courcelles, Paris. — Pour obtenir des renseignements sur le Narrait ou Melon du désert, vous pourriez voir aux adresses suivantes : Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine), Journal d'A-
- HW| Î09 !»
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- griculture tropicale, Paris, 27, rue Laffitte, 90 ; Direction du musée colonial, à Marseille; M. le Dr Trabut, chef.du Service botanique de l’Algérie à Alger, et sous les auspices de notre collaborateur, M. Henri Bliu, M. Lucien Guillochon, attaché au Service botanique de la Régence, à Tunis (villa du Belvédère, route del’Ariana). A la Société nationale d’Acclimatation, vous aurez la possibilité d’être mis en rapport avec M. Jean Dybowski,
- bien placé, croyons-nous, pour vous renseigner ou pour vous aider à orienter vos recherches. Enfin, à la Société nationale d’Horticulture (Paris, 84, rue de Grenelle, 70), à la Revue Horticole et au Journal Le Jardin (Paris, 26, rue Jacob, 6e), qui a publié dans son numéro du 5 avril 1921 une note sur cette plante — point de départ de 1 information dont vous parlez — vous trouveriez sans doute aussi des renseignements circonstanciés.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10% pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- Théorie des vecteurs. Cinématique. Mécanismes, par H. Botjasse. 1 vol. illustré, 483 p., 3g5 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1921.
- Ce volume consacré à la cinématique et à ses applications est le développement des chapitres qui traitent de ces sujets dans le Traité de Mécanique rationnelle du même auteur. L’exposé théorique est à peu de chose près le même que celui que l’on trouve dans lé dernier ouvrage. Par contre, l'auteur a multiplié les études d’applications pratiques; c’est là, on le sait, un des grands charmes de tous les ouvrages de M. Bouasse : des problèmes usuels, traités rationnellement, mais toujours simplement, et à l’aide de schémas remarquablement clairs. C’est ainsi qu’on trouvera dans ce volume l’étude des courbes roulantes et des cames, celle des crémaillères, un véritable Traité des engrenages, sans oublier un chapitre sur ce modeste, mais utile autant qu’intéressant mécanisme : la serrure. Vient ensuite l’étude des systèmes articulés ; puis des embrayages, déclics, encliquetages, un chapitre sur le tracé mécanique de certaines courbes, une étude des planimètres, et enfin, nouveauté bien digne d’être signalée dans un enseignement universitaire, un chapitre sur les tissus et les machines à tisser. On en chercherait vainement l’équivalent dans tous nos traités de mécanique classique, théo-, rique ou appliquée, et pourtant l’industrie textile est de loin la plus importante de toutes les industries françaises.
- La préface traditionnelle qui précède tout nouvel ouvrage de M. Bouasse est, cette fois, consacrée aux manipulations, aux laboratoires d’enseignement et au dessin pédagogique. On y trouvera sous sa forme agressive l’exposé d’un programme d’enseignement expérimental, extrêmement judicieux et fécond.
- Aperçus théoriques sur la résistance des fluides, par H. Villat. 1 vol. in-8 écu de n-101 p., 56 fig. Gau-thier-Villars, éditeur, Paris, 1921 (Collection Scientia). Prix : 8 francs.
- Ce petit livre donne, sous une forme succincte', les résultats que l’on peut obtenir au moyen de l’analyse mathématique, en appliquant les équations de lhydro-dÿnamique des fluides parfaits à l’étude du mouvement d’un solide dans un fluide. L’ouvrage est purement théorique et destiné à faire connaître les progrès importants accomplis en ces dernières années par l’hydrodynamique théorique. Il s’adresse bien entendu à des lecteurs déjà pourvus d’une très forte culture mathématique.
- Le pétrole et son industrie, par L. Jaucïi. i vol illustré, 366 p. A. Challamel, éditeur, Paris, 1921.
- L’importance industrielle, économique, et même militaire et politique du pétrole est si grande aujourd’hui qu’il n’est plus permis à personne d’ignorer les grandes lignes de son histoire. L’ouvrage de M.Jauch résume d’une façon excellente les connaissances indis-
- pensables à cet égard. Il indique tout d’abord la nature, la constitution chimique et les propriétés essentielles des diverses espèces de pétrole; il passe ensuite en revue les principaux gisements pétrolifères du monde; des cartes fort intéressantes montrent la répartition du précieux combustible, objet de tant de convoitises et de compétitions. L’auteur montre ensuite comment s’effectue l’extraction du pétrole, il décrit et compare les principaux- systèmes en usage; il étudie les pipe-lines et les réservoirs, les conditions de sécurité à observer lors de la manutention et du magasinage du pétrole, notamment les précautions à prendre contre l’incendie. Vient ensuite l’étude de la distillation, du raffinage et du cracking, avec l’indication des divers produits que fournit le traitement des pétroles. L’auteur résume de plus les conditions de la législation douanière française, et, dans un chapitre qui sera particulièrement utile à tous les usagers du pétrole, indique comment s’effectuent les analyses et quelles sont les conditions de recette des pétroles. Ce livre fort bien documenté est en même temps d’une lecture agréable, facilitée par de très claires illustrations.
- Bibliotheca Chemica-Mathematica. 2 vol. illustrés, en tout 964 p. 'Henry Sotheran and C°, éditeur, 140, Straud W. C. 2, Londres, 1921.
- Les éditeurs de cet ouvrage se sont proposé de dresser le catalogue des principaux ouvrages connus consacrés aux sciences pures et appliquées. C’est là évidemment une tâche gigantesque et qu’ils n’ont pu remplir qu’incomplètement. Néanmoins, malgré de très graves et nombreuses lacunes, la liste qu’ils ont réussi à dresser est déjà très imposante, puisqu’elle occupe deux gros volumes et elle rendra de précieux services. Les ouvrages sont classés par auteurs et par ordre alphabétique d’auteurs ; un bref résumé accompagne parfois la reproduction du titre et des indications bibliographiques. De très belles gravures extraites de certains d’entre eux sont reproduites. Un index par catégories de matières termine l’ouvrage.
- Réglementation des distributions d’énergie électrique. Lois, décrets, arrêtés et Circulaires (Recueil publié avec l’autorisation du Ministère des Travaux publics). 1 vol. in-8 de 4^2 p. Berger-Levrault, éditeur, Paris, .1921. Prix net : 12 francs.
- La loi du i5 juin 1906, qui a organisé les distributions d’énergie électrique, a donné lieu à un grand nombre de décrets et circulaires dont la connaissance ést indispensable à tous ceux qui touchent à cette industrie. Le présent volume réunit tous les textes qui se sont succédé en cette matière : concessions d’énergie, sécurité des travailleurs, organisation du contrôle, fixation des redevances, frais de contrôle, conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les distributions d’énergie, soins à donner aux vic-
- ' times d’un contact accidentel, rédaction .des polices d’abonnement, les conditions d’approbation des compteurs, conditions d’exploitation en régie des distributions d’énergie par les communes, utilisation de l’énergie hydraulique, révision éventuelle des cahiers des charges, etc., etc. Ces documents, classés par ordre chronologique, sont réunis sous un format commode.
- Le recueil est mis à jour jusqu’au 3o mai 1921 et ne comprend pas moins de 77) actes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2479 8 Octobre 1921
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- INFORMATIONS
- Nécrologie. — P. Cooper-Hewitt. — M. Cooper-Ilervitt, qui vient de mourir à Neuilly à l’âge de 6o ans, est l’inventeur de la lampe à vapeur de mercure et des redresseurs de courant alternatif à vapeur de mercure. C’est vers 1895 qu’il aborda cette intéressante question, il a réussi à doter ainsi la technique électrique .d’un outil dont l’importance augmente chaque jour. Dans ses études sur les tubes à vide, Cooper Hewitt fut un véritable précurseur. Dans ces dernières années, il avait commencé l’étude d’un hélicoptère. M. Cooper-Hervitt était né à New-York.
- La catastrophe d’Oppau. — Une catastrophe sans précédent s’est produite le ai septembre dernier à Oppau, petite ville industrielle allemande voisine de Ludwigshafen, sur la rive gauche du Rhin; c’est là qu’est située la fameuse usine de la Badische Anilin und Soda Fabrik, dans laquelle a été réalisée pour la première fois la synthèse industrielle de l’ammoniac au moyen de l’azote de l’air par le procédé Idaber. Une explosion survenue à 7 h. 3o du matin a entièrement détruit cette usine; on compte plusieurs centaines de de morts et des milliers de blessés.
- L’usine d’Oppau, créée en igi3, avaitétépuissamment développée pendant la guerre, pour produire les composés azotés nécessaires à la fabrication des explosifs consommés par les armées allemandes. Il n’est pas exagéré de dire que le succès industriel du procédé Haber a sauvé en 1 g 15 les Empires Centraux, privés par le blocus de toute ressource en nitrate et que c’est l’usine d’Oppau qui a permis à la guerre de se prolonger jusqu’en 1918. L’usine d’Oppau a du reste, au courant de la guerre, été doublée par une autre usine plus importante encore construite à Mersebourg, près de Leipzig. La capacité de production de l’usine d’Oppau était évaluée en 1919 à a5o tonnes d’ammoniac par jour, celle de Mersebourg à 55o tonnes.
- Dans notre numéro 2461 du 4 juin dernier nous avons donné des explications détaillées sur les processus mis en œuvre dans le procédé Haber. Nous n'y reviendrons pas. Nous rappellerons seulement que l’usine d’Oppau occupait 4000 ouvriers et 35o chimistes ; après la guerre elle s’est consacrée à la fabrication des engrais azotés, et sa production, ainsi que celle de l’usine de Mersebourg, commençait à faire une rude concurrence aux importations de nitrates du Chili.
- Les causes de la catastrophe ne paraissent pas avoir été jusqu’ici élucidées, mais il n’est pas possible de dissimuler que le procédé Haber comporte de nombreux dangers d’explosion : générateurs de gaz à l’eau, compresseurs à 200 atmosphères, etc. L’un des produits fabriqués à Oppau et constituant un bon engrais était le nitrate d’ammoniac ; ce corps est explosible ; il entre dans la composition de nombreux explosifs, citons parmi eux la schneiderite, la grisoutine. Il est vrai que le nitrate d’ammoniac n’explose pas de lui-même, et qu’il faut amorcer la réaction au moyen d’un détonateur puissant. Quoi qu i! en soit, il y avait en stock à Oppau plusieurs milliers de tonnes de sels ammoniacaux et il semble que ce soit dans ces produits que l’explosion ait pris naissance.
- Les dégâts matériels sont immenses et évalués à plus de 1 milliardde francs. L’explosion a produit des dégâts aux habitations dans un rayon de plus de 3o km.
- Un fait curieux est à signaler : 2 grandes cheminées en ciment armé sont restées intactes au milieu de l’usine en ruines.
- Une curieuse innovation dans les accumulateurs électriques. — Tous ceux qui emploient les. accumulateurs électriques transportables, et leur nombre est légion aujourd’hui, sont au courant des difficultés dont s’entoure leur expédition, leur réception et leur mise en ' service.
- Sauf lorsque le destinataire habite à proximité de la fabrique, auquel cas il les reçoit tout prêts à fonctionner et remplis de leur électrolyte normal, les accumulateurs sont expédiés soit chargés et remplis d’eau distillée, soit déchargés et secs.
- On sait en effet que les plaques négatives chargées ne peuvent être laissées au contact de l’air sous peine de s’échauffer et de se décharger sous l’action de 1 oxygène de l’atmosphère.
- Si on a reçu ses accus chargés et remplis d’eau distillée, il faut vider cette eau, la remplacer par l’électrolyte acide, donner une charge complémentaire et régler enfin soigneusement le degré de la solution acidulée. Remarquons en passant que ce mode d’expédition entraîne souvent à des frais supplémentaires non négligeables, puisque l’on devra payer le transport de l’eau pure qui remplit les éléments et que, s’il s’agit d’expédition à l’étranger, la douane impitoyable prélèvera son tribut sur la même eau !
- Si les appareils sont arrivés déchargés et sans liquide, il faut procéder à la charge dite de désulfatation qui consomme une quantité de courant égal au moins à trois fois la capacité des éléments et exige toute une série de manipulations longues et fastidieuses, sous peine de n’obtenir plus tard que des résultats médiocres au point de vue capacité, durée des éléments, conservation de la charge, etc.
- La Société des Accumulateurs électriques (anciens établissements Alfred Dinin), qui détient les brevets Dinin, a mis en pratique depuis un certain temps un curieux procédé qui permet de laisser les accumulateurs chargés et vides de tout liquide pendant des mois, sans perte importante de la charge initiale. Il suffit à l’arrivée de remplir les éléments avec l’eau acidulée normale pour qu’ils soient immédiatement prêts à fonctionner. On voit immédiatement les énormes avantages et la simplification qui en résultent.
- Le procédé consiste à soumettre les plaques négatives chargées à une dessiccation complète effectuée entièrement à l’abri de l’air. Plusieurs moyens peuvent être employés ; on peut se servir d’une étuve à vide chauffée à la température convenable ; on pourrait également épuiser l’humidité contenue dans les plaques par un traitement méthodique dans des bains d’alcool; enfin, on pourrait dessécher les plaques dans un courant de gaz inerte préalablement chauffé. Le principe, comme on le voit, est fort simple ; il exige dans la pratique des installations assez complexes étant donné la quantité de plaques à traiter journellement.
- Quoi qu’il en soit, le résultat est tout à fait remarquable ; un élément remis au Laboratoire central d’Elec-tricité le 14 août 1919 a été conservé à sec jusqu’au 22 novembre 1919. Après ce laps de temps de 3 mois et 8 jours, il a été rempli d’électrolyte normal et sans aucune charge complémentaire, «mis en décharge. La capacité obtenue dans ces conditions n’a été inférieure que d’environ 10 pour 100 à la capacité normale que l’on peut obtenir d’un élément identique, déchargé immédiatement après avoir été chargé. Il est à noter que cet élément d’essai avait été préparé au laboratoire avec des moyens imparfaits ; les installations définitives, actuellement en service, permettent d’obtenir des résultats sensiblement meilleurs.
- En Amérique, on avait essayé d’obtenir un résultat analogue en bouchant hermétiquement les éléments après les avoir vidés de leur électrolyte; ce procédé simpliste est tout à fait imparfait, l’humidité qui reste dans les plaques et les bacs suffisant à provoquer une décharge assez rapide.
- Nous espérons que nos lecteurs, sans-filistes et automobilistes, nous sauront gré de leur avoir signalé cette intéressante innovation qui leur évitera désormais bien des difficultés et bien des tracas.
- Concours de réservoirs pour aéroplanes. — Le Directeur des Recherches du Ministère de 1 Air britannique, Kingsway, London W. C. 2, ouvre un concours dont les opérations commenceront le xcr décembre 1921. 11 s’agit de choisir le modèle de réservoir offrant le plus de commodité et de sécurité pour la navigation aérienne. Trois prix seront distribués, de 1400, 400 et 200 £. Les modèles présentés devront être construits de manière à prévenir autant que possible toute fuite et toute inflammation, même dans des conditions semblables à celles
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- INFORMATIONS
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- qui se produisent lors des accidents d’aviation, ou quand ils sont soumis au tir de mitrailleuses utilisant des projectiles incendiaires, perforants ou explosifs. Ils devront occuper un espace moindre que 2 pieds sur 2 pieds et sur 2 pieds 6 pouces (60 cm X 60X75). La capacité devra être de 3o gallons (i36 litres) à moins de 5 p. 100 près. Avec ses attaches, ce réservoir devra peser moins de 1,75 lb (792 gr.) par gallon de capacité; on portera la plus grande attention à sa légèreté. On tiendra compte également de la durée de son usage en l’absence d’accidents, de la manière dont il supportera les variations de température, de l’utilisation possible de ses formes pour de grandes capacités, de la simplicité de sa construction, de l’accessibilité de ses organes et de son coût de production.
- Comment préserver les couvées des effets de la foudre. — L’électricité atmosphérique mise en mouvement par les nuages orageux entraîne, lorsque son influence se manifeste dans des conditions souvent constatées, des pertes sérieuses par la non-réussite des couvées.
- Dans les campagnes, on a l’habitude de placer dans les nids des poules couveuses un morceau de fer assez gros, un fer à cheval, par exemple, que l’on enfouit sous le foin ou la paille. On attribue à cet usage la réussite des couvées.
- On a objecté que, pour admettre l’action directe de la foudre [sur l'œuf en incubation, il faudrait s’assurer qu’après un orage toutes les couvées ont été détruites dans la contrée où l’orage a éclaté.
- La perdrix, qui couve pendant une saison où les orages sont fréquents, et dont le nid est situé, le plus souvent, sur le sol, éprouverait alors beaucoup de difficulté à se reproduire.
- On s’est demandé si l’électricité atmosphérique a une influence néfaste sur l’œuf en incubation, sur l’embryon contenu dans cet œuf, et est sans aucune action sur l’œuf porté par un vivipare.
- Il faudrait observer très attentivement l’attitude des couveuses pendant un orage, afin de constater la façon dont elles se comportent quand les coups de foudre se précipitent.
- Un aviculteur de Saône-et-Loire nous signale le fait suivant : la foudre tombe au-dessus d’un couvoir où se trouve une couveuse artificielle à extincteur. Les deux fils qui devaient la faire fonctionner sont fondus par la décharge électrique qui, après avoir démoli la chambre de l’étage supérieur, pénètre dans le couvoir en crevant le tuyau d’une citerne. On ouvre quelques œufs et on constate que les poussins sont morts. Le lendemain on casse tous les œufs, et on constate que sur 104 œufs, 2 seulement contiennent des poussins vivants. De ces faits, on tira cette déduction que, sans la rupture des fils électriques, la couvée n’eût pas été détruite.
- En ce qui concerne les couvées placées à un étage ou au grenier, il y a tantôt réussite, tantôt non-réussite.
- Un médecin électrothérapeute distingué, le Dr Boisseau du Rocher, a donné des précisions fort intéressantes sur cette question : effets de la foudre sur les couvées et moyens de préserver celles-ci.
- L’œuf est formé, essentiellement, d’une partie fluide, enveloppée d’une membrane et d’une coquille isolante. Il prend un potentiel équivalent au potentiel atmosphérique, c’est-à-dire une charge égale à la charge électrique de l’atmosphère.
- Le phénomène qui se produit peut être comparé aux observations faites en électricité médicale, en employant un générateur d’électricité donnant des courants à « haute fréquence », avec des appareils servant à capter l’électricité atmosphérique. Le courant à très haut voltage, d’abord emmagasiné dans ces appareils, est transformé ensuite, par self-induction, en un courant spécial à hautes intermittences.
- Dans la composition du générateur entrent des organes qui donnent une idée très nette de ce qui se passe dans un œuf en incubation, pendant un orage.
- On observe l’effet produit par les courants à haute fréquence sur le filament des lampes à incandescence placées près du générateur, dans le champ électrique. Dès que le générateur est en marche, le filament se colle au verre et se brise, même lorsqu'on le passe dans une boucle qui l’empêche d’osciller.
- L’œuf offre, au point de vue électrique, une analogie
- frappante avec certains des organes composant le générateur d’électricité.
- Lorsqu’on place une couvée dans un nid de paille et celui-ci dans un récipient en fer, sur le sol, de même que lorsqu’on met un morceau de fer sous le nid, on provoque des phénomènes d’induction dans l’intérieur de l’œuf. Un coup de tonnerre provoque dans celui-ci une chute brusque de potentiel : la décharge électrique tue les poussins dans l’œuf.
- La réussite de couvées placées sur un lit de paille, dans un grenier, s’explique du moment que le plancher est suffisamment isolant.
- Il se produit donc, dans l’œuf, un phénomène analogue à celui qui provoque la rupture du filament des lampes à incandescence, la coquille de l’œuf jouant le rôle d’isolant.
- Pour éviter la destruction de la couvée, en temps orageux, il faudrait donc la placer sur un support isolant, et dans des conditions spéciales sans doute peu à la portée des éleveurs de volailles peu familiarisés avec les notions d’électricité.
- Le moyen le plus pratique, à la portée de tout le monde, serait le suivant :
- Placer le nid, autant que possible, sur un plancher de bois bien sec, isolant, par conséquent, et séparé du sol humide par un lit de pierres; enfermer le tout sous une cloche en treillage métallique, à mailles de 4 à 5 mm environ. Il suffirait alors de faire reposer cette cloche sur le sol humide, ou mieux, pour avoir un contact certain avec le sol, relier la cloche au moyen d’un fil métallique, soit avec la terre, soit avec le mur voisin, sur lequel ce fil serait fixé par un clou galvanisé, pour éviter l’oxydation, les oxydes n’étant pas conducteurs.
- Dans ce cas, il importe qu’aucune solution de continuité n’existe entre le fil et la cloche, ni entre le fil et le clou. Une torsion du fil, suffisante pour assurer uir contact parfait, équivaudrait à une soudure.
- Pour les soins à donner à la poule couveuse, pratiquer une ouverture dans la cloche, mais comme le nid doit être entouré de tous côtés, on fermera cette ouverture par un treillage métallique de dimensions convenables.
- Les effets de la foudre étant bien expliqués par ce fait que l’œuf, grâce à sa coquille, prend une charge électrique d’autant plus élevée que le potentiel de l’atmosphère est lui-même plus élevé, et que la foudre, en éclatant, provoque des variations brusques, des décharges à l’intérieur de l’œuf, lesquelles tuent le poussin en formation, on peut, par le moyen indiqué ci-dessus, éviter les pertes de couvées en temps orageux. Henbi Blin.
- Influence de l’ajonc et du genêt sur la croissance de l’épicéa. — On a constaté, en Belgique, l’action, peu connue, du genêt sur les boisements d’épicéa. A ce sujet, M. Pierre Buffault, spécialiste en matière forestière, signale une observation fort intéressante qu’il fit récemment en Dordogne, laquelle explique de façon précise l’influence bienfaisante que ces papilionacées exercent sur le développement de cette conifère.
- Aux environs de Nontron, le Dr Bosselut planta, il y a de cela quelque 20 ans, en épicéas et charmes mélangés, une parcelle de lande, puis cette même parcelle fut ensemencée en ajonc. Depuis l’époque de la plantation, une moitié de la parcelle a été soumise périodiquement au soutrage (ou coupe de la couverture vivante utilisée comme litière), l’autre moitié n’a subi aucune coupe. Huit ans après, sur celle-ci, épicéas et charmes dépassaient déjà 3 m. de hauteur, tandis que sur la partie fauchée, les épicéas se tenaient entre o m. 5o et 1 m. 5o et les charmes languissaient à o m. 3o. En 1 g 13, sur la partie non fauchée, ces essences dominaient jusqu’à 5 et 7 m., un fourré impénétrable d’ajoncs, tandis que sur la parcelle où ces derniers avaient été supprimés, les épicéas s’étageaient entre 1 m. 5o et 3 m. au maximum, et les charmes restaient buissonnants entre om. 40 et 1 mètre.
- Dans les landes de Gascogne, on constate de même l’influence favorable des ajoncs et des genêts sur la croissance des jeunes pins.
- Ainsi, cette influence s’exerçant sans aucun apport d’engrais doit s’expliquer par l’action des bactéries fixatrices d’azote qui se trouvent dans les nodosités des racines de l’ajonc, du genêt et autres papilionacées. Ces plantes agissent sans doute aussi comme couverture du sol, en terrain boisé.
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- VARIETES
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- COMMENT ACHETER LES FRUITS
- La vente normale de la majorité de nos fruits indigènes a lieu à l’état frais, mais il en est quelques-uns pour lesquels on l’effectue à deux stades différents de leur maturité : incomplète ou à l’état frais, complète ou à l’état sec, et de ce nombre sont les amandes dont il va être brièvement question.
- L’Amandier (Amygdalus communis), Rosacées amyg-dalées, originaire de l’Asie, est très répandu dans le bassin méditerranéen. Introduit de Rome en France vers 1548, sa culture s’y est disséminée dans 20 départements, notamment dans le Midi. D’après la statistique agricole de 1919, les 6 départements où elle revêt quelque importance sont par ordre décroissant : Bouches-du-Rhône 22 140 quintaux métriques; Corse 6000; Vaucluse 4510; Basses-Alpes 386o , Var 355o; Drôme 2040. La valeur moyenne de ce quintal a oscillé, selon ces départements, entre 210 francs (Basses-Alpes) et 5oo fr. (Vaucluse). Voici, en outre, quelques renseignements concernant le commerce de ces fruits.
- Expor tâtions. Importations.
- Quintaux M Videur. Fr. 1 Quintaux M. Valeur. Fr.
- Amandes
- fraîches. 325 23.45o 1.024 6 t. 440
- Amandes f en coques. , 38.717 6.272 i54 8(3.619 14.032.278
- et \ noisettes \ sèches. ( sans coques. 2.327 767.910 47-794 16.727 900
- On voit combien est grand l’écart entre nos exportations (Angleterre, Etats-Unis, Allemagne, Hollande, etc.) et nos importations (Espagne, Italie, Grèce, etc.), et combien la culture de l’amandier devrait être propagée pour le combler. En France, le principal marché est la ville d’Aix où la vente annuelle atteint 3 millions de francs.
- Classement des variétés. — Au point de vue commercial les amandes se divisent en deux grands groupes : i° les amandes douces ; 2° les amandes amères.
- Amandes douces. — Elles sont seules vraiment comestibles, parce que ne contenant que de l’émulsine on peut les consommer sans danger. On les répartit en deux sections principales : a) les amandes ordinaires ou à coque dure; b) les amandes à coque tendre, chacune d’elles se subdivisant en demi-dures pour la première et en demi-fines pour la seconde.
- Les amandes à coque dure comprennent les variétés suivantes d’après Charles Baltet.
- Grosse ordinaire. — Gros fruit allongé, aplati, de saveur agréable. Maturité en septembre.
- Grosse verte. -— Beau fruit de bonne qualité.
- A flots ou à trochets. — Fruits réunis par bouquets, de grosseur moyenne et saveur agréable ; elle est recherchée de préférence pour la confection des dragées.
- Matheronne. — Fruit moyen, pointu, coque demi-dure. Beau fruit spécial pour la table.
- Molière. — Fruit assez gros, allongé, coque demi-dure, facile à décortiquer ; bonne amande.
- Les amandes à coque tendre renferment, selon le même auteur, les variétés ci-dessous; les deux premières sont recommandées par la Société nationale d’IIorticul-ture de France.
- A la Dame ou des Dames, mi-fine. — Fruit petit ou assez gros, de forme oblongue, allongée un peu arquée, de très bonne qualité et très estimée. Maturité hâtive ; juillet-août.
- Princesse (Syn. Fine, Sultane, à la Reine). — Fruit assez gros ou gros, ovoïde, allongé, à épiderme gris cendré. Amande blanche, croquante, sucrée, parfumée, très bonne. Maturité hâtive, juillet. C’est la variété la plus répandue dans la région parisienne; c’est elle qui, avec la précédente, fournit les amandes consommées à l’état frais.
- Ronde fine. — Fruit moyen, arrondi; maturité moyenne. Les confiseurs préfèrent, paraît-il, cette amande à la noisette.
- Grosse tendre. — Fruit assez gros, ovoïde, bossué. Maturité tardive, septembre.
- Amandes amères. — Bien qu’il existe d’assez nombreuses plantations d’amandiers amers en bordure des chemins, les auteurs ne citent pas de variétés. La raison
- FRAIS ET SECS? — LES AMANDES
- en est due, probablement, à ce que contenant parmi leurs éléments un glucoside, l’amÿgdaline, et une dias-tase, la synaptase ou émulsine, leur réaction en présence de l’eau engendre un produit toxique; l’acide cyanhydrique, une huile essentielle, très active ainsi qu’un peu de glucose. L’acide empêche les amandes d’être comestibles.
- Récolte. — On la fait généralement en deux fois correspondant à deux phases différentes de la maturité : incomplète, quand on veut consommer les fruits en vert, terminée, quand ils sont destinés à être mangés secs. Dans le premier cas, on la pratique selon la variété et la région, de juillet en août, en recourant à un gaulage modéré ; les fruits sont expédiés pourvus de leurs coques vertes dans des sacs ou des paniers à destination des grands centres de France et de l’étranger.
- Dans le second cas, on l’effectue à la fin de l’été jusqu’au début de l’automne, quand le péricarpe, brou ou calagne, s’ouvre et que l’amande tombe. On les débarrasse aussitôt récoltées de cette enveloppe, et on les étend sur des claies ou des toiles au soleil pendant une dizaine de jours. Séchées de cette façon, elles se conservent facilement pendant un an, parfois même durant trois ans, mais comme elles sont alors exposées à rancir et à prendre un goût désagréable, il est préférable de les vendre à la fin de la première année.
- Quand et comment les acheter? — Il n’est question ici que des amandes douces. A l’état frais on peut les acheter, comme primeurs dès le mois de mai, et continuer jusqu’à la mi-août. Gomme l’amande est largement protégée par son péricarpe vert, la seule précaution à prendre est de veiller à ce qu’il soit entier et non flétri, autrement il y aurait à craindre que l’amande n’ait perdu sa fraîcheur et sa finesse primitives. Si l’on peut choisir, on donnera la préférence aux variétés Princesse et à la Dame.
- A l’état sec, elles arrivent en sacs, en paniers ou en tonneaux contenant généralement 5o kg pour la forme en coques et 100 kg pour les amandes nues ou cassées. Les maîtresses de maison doivent les acheter en coques dès les premiers arrivages qui suivent le séchage, en octobre. On doit vérifier d’abord l’état de cette enveloppe et refuser les amandes qui l’ont trop fendillée ou crevassée, puis la nature de la chair en ouvrant au hasard quelques fruits : chez ceux qui sont récents et bien conservés, la chair est blanche, sans nuance jaune, de goût franc et non huileux.
- Dans le commerce, on classe encore parfois les amandes sèches en coques en trois catégories : i° les amandes dures qui se cassent au marteau ; 20 les amandes demi-dures ou à la Dame qui se cassent à la dent; 3° les amandes fines ou Princesse qui se cassent à la main; ce sont ces dernières qu’il faut choisir.
- Comme certains négociants en gros, pour transformer les amandes à coque demi-dure en amandes à eoque tendre, les passent à la vapeur, ou bien, pour les conserver et surtout raviver l'éclat de la coque en vue d'obtenir les amandes dorées, les blanchissent au gaz sulfureux, il y a lieu de s’en défier et d’examiner l’état de la chair. Gomme on désigne parfois sous le nom d’amandes « de montagne » un mélange d’amandes douces et d’amandes amères dans lequel ces dernières entrent pour 25 pour 100, il sera prudent d’en goûter quelques-unes au hasard pour se rendre compte de leur saveur.
- Principaux usages. — Les amandes douces vertes forment d’agréables desserts telles quelles ou confites et glacées. Les amandes sèches font toujours partie des quatre mendiants : amandes, figues, noisettes, raisins, mais elles ont de multiples emplois alimentaires dans la confiserie et la pâtisserie, à l’état d’amandes cassées nues ou de débris. Elles servent à confectionner dès dragées, 'des pralines, des massepains, des nougats, des. pâtes, etc. En pharmacie, elles sont la base de laits, de loochs et du sirop d’orgeat; l’industrie en extrait une-huile très estimée en médecine et en parfumerie. Entre' toutes ces préparations, je n’en donnerai qu’une qui, à cette époque de l’année, peut intéresser les maîtresses de maison à qui elle permettra d’obtenir une boisson agréable et rafraîchissante par son mélange avec de l’eau.
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- VARIÉTÉS
- fraîche ou de l’eau de Seltz, je veux parler du sirop d’orgeat, d’après la formule du Codex.
- Amandes douces..................5oo grammes.
- amères.................i5o —
- Sucre blanc . ................... 3 kg
- Eau distillée.................... i kg 6 i 5
- Eau de fleurs d’oranger. . . . 25o grammes.
- Mondez les amandes de leurs pellicules; faites-en une pâte très fine dans un mortier de marbre avec 7Ôo gr. de sucre et en ajoutant peu à peu ia5 gr. d’eau. Délayez la pâte exactement dans les i5oo gr. d’eau restant et passez avec expression à travers une toile; reprenez au besoin le résidu avec un peu d’eau de manière à obtenir
- 2260 gr. de liquide dans lequel vous ferez dissoudre au bain-marie le reste du sucre grossièrement concassé. Versez l’eau de fleurs d’oranger à la surface du sirop quand il sera refroidi et mélangez le tout. Mettez en bouteilles que vous tiendrez au frais.
- Amandes amères. — Exclues de l’alimentation à cause de leur composition chimique, elles sont employées en thérapeutique; seules, elles fournissent une eau distillée et des lotions spéciales dont il faut se servir avec prudence ; associées aux amandes douces en petite proportion dans des loochs et sirops, elles en augmentent l’action calmante par la très faible teneur de leurs principes actifs. L’industrie en retire une huile essentielle utilisée surtout en parfumerie. A. Truelle.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance croissance des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de L,a Nature oblige à limiter strictement les réponses anx lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Communications. — La recharge des accus au moyen de soupapes électrolytiques. — M. Gouzon de Lyon nous signale qu’il a éprouvé de graves déboires en voulant recharger des batteries d’accumulateurs, avec du courant alternatif qu’il redressait au moyen de soupapes électrolytiqües achetées dans le commerce.
- Ces soupapes, quoique garanties par le constructeur et d’un prix d’achat élevé, cessaient au bout d’un certain temps de redresser le courant et les accumulateurs étaient alors purement et simplement soumis à l’effet du courant alternatif, d’où de très graves dégâts exigeant de coûteuses réparations.
- Réponses. — M. Devenu, à Bougie. — Il a été répondu à votre demande dans le n° 2467 du 16 juillet, page 20 de la Boîte aux Lettres.
- M. de Garsignies, à Beaufort. — Vous pourriez essayer de remédier à l'humidité de votre mur par la fluatation qui consiste à appliquer au pinceau une couche de fluate de magnésie, puis 12 heures après une autre couche, enfin 12 heures après la deuxième couche, en passer une troisième mais étendue de 5o pour 100 d’eau, ensuite laisser sécher. Le fluate de magnésie est vendu par la maison Teisset-Kessler, à Clermont-Ferrand.
- M. A.-G., Saint-Julien-du-Sault (Yonne). — Les badigeons sont le plus souvent livrés au commerce à l’état pâteux sous le nom de blancs gélatineux. On obtient ceux-ci en délayant du blanc d’Espagne dans de l’eau jusqu’à consistance de lait, puis en ajoutant un tiers ou un quart de colle chaude. Cette colle est préparée en faisant dissoudre dans dix litres d’eau 5 kg de colle de peaux et quelques grammes d’alun. Avant emploi, on passe la colle au tamis pour éliminer les impuretés. Dans le cas de blancs en poudre préparés d avance, on fait préalablement, dans les proportions indiquées, le mélange de craie et de colle sèche pulvérisée de sorte qu’à la dilution dans l’eau chaude on obtienne le même résultat que précédemment. En général on ajoute aux badigeons un peu d’outremer pour azurer et rendre le blanc moins cru. Comme ouvrage sur la question vous pouvez consulter le Manuel du peintre, par Coffignier, éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Auguslins.
- M. Cadet, à Casablanca, — Peut-être pourrez-vous obtenir un bon résultat dans la réparation de l’émail des baignoires en appliquant sur les parties écaillées un
- mélange de :
- Borax......................... 100 gr.
- Bioxyde d’étain . . . .... . . 100 —
- Cristal en poudre........... , 200 —
- Par chauffage progressif à la lampe à souder le mélange sera amené à fusion et si l’opération est bien conduite vous aurez un émail très résistant.
- MM. de la Villardière, à La Frette, et Devailly, à Marseille. — Le meilleur moyen de blanchir les cheveux,
- lorsque la teinte est indécise, consiste à appliquer tous les matins pendant un certain temps une solution de perborate de soude à 10 pour 100 qui se prépare très facilement en ajoutant, au moment de l’emploi, un dé à coudre de perborate dans un demi-verre d’eau froide, la solution présente ainsi le maximum d’activité ; elle est absolument inoffensive et possède des propriétés antiseptiques marquées.
- M. Adenot, à Ygrande (Allier). — L’addition de vermillon et de laque carminée vous permettra de donner à votre peinture blanche la teinte grenat, l’expérience seule vous apprendra les proportions à employer suivant le ton désiré, un peu de noir de fumée produira l’effet de rabat pour un grenat foncé.
- M. Le commandant Papillon, à Pont-de-Pette (Jura). La remise à neuf d’une peinture de carrosserie n’est pas à la portée de l’amateur, il faut en effet appliquer des couches successives, effectuer des ponçages, se servir de vernis spéciaux, avec tours de main particuliers, nous ne pouvons vous conseiller d’entreprendre ce travail.
- M. José Sellier, à La Corogne. — La préparation de la craie blanche pour queues de billard ne présente pas de difficultés : il suffit de faire un mélange de blanc d’Espagne, d’argile blanche et bleu de Prusse, puis de délayer dans un peu d’eau gommée de façon à faire une pâte que l’on moule, puis laisse sécher. Quelques essais préalables vous fixeront rapidement sur les proportions à observer, que nous ne pouvons fixer d’avance, car elles dépendent de la pureté des produits dont vous disposez.
- MM. Heymann, à Enghien. — i° Vous obtiendrez des couleurs résistant à Veau pour la peinture sur étoffes en vous servant des couleurs broyées à l’huile qui sont vendues en tubes pour la peinture des tableaux, mais il faut prendre soin de les faire dégorger sur du papier buvard jusqu’à ce qu’elles n’abandonnent plus d’huile, on les délaye alors dans l’essence de térébenthine pour leur donner la consistance voulue. 20 Pour effectuer des réserves en blanc sur une étoffe à teindre, on applique à l’endroit voulu avant teinture, au moyen de british-gum ou amidon grillé, un produit destiné à empêcher la couleur de se développer ; ce produit doit naturellement varier avec la matière colorante ; d'une manière générale on emploie : pour les couleurs immédiates le sulfate de zinc, pour les couleurs basiques le tartre émétique ou le sel d’antimoine ; pour les couleurs azoïques, le sulfite de soude, le sel d’éfain, le tanin; pour l’indigo. les sels de cuivre ; pour les couleurs d’indanthrène l’acide tartrique et le chlorate de soude; enfin pour l’alizarine l’acide citrique. 3° Ouvrages sur la teinture : La Grande Industrie tinctoriale, par Beltzer. Traité de la Teinture moderne, par Spetebroot. Couleurs et colorants dans l’industrie textile, par Yassart. La Teinture du coton, par Serre, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augus-tins. Les Matières colorantes et la Chimie de la teinture, par Tassard, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille. 4° Nous ne connaissons pas, pour la préparation des patrons à poncer, de procédé plus pratique que l’emploi de machines à piquer'telles que celle de Lemaire, i5o, rue Saint-Honoré, Plais, i83, rue des Pyrénées.
- M. Didier, à Ghagny, Saône-et-Loire. — Nous vous avons répondu dans le n° 2467 du 16 juillet, à la page 20 delà Boîte aux Lettres.
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- N° 2480
- 15 Octobre 1921
- LA NATURE *\tftgb
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- INFORMATIONS
- graphie pour cette exploration. En 1892, on connaissait déjà 33o petites planètes, et par les chiffres indiqués plus haut, on voit que le nombre a presque triplé depuis lors.
- La radioactivité des sels de potasse. — Récemment, .la Feuille d’informations du Bureau d'Etudes économiques industrielles et agricoles, qui s’occupe particulièrement de tout ce qui a trait aux engrais, appelait l’attention des agriculteurs sur les propriétés radioactives des sels de potasse, lesquels dégagent autour d’eux des émanations pouvant agir à distance, à la manière du radium, sur d’autres minéraux aussi bien que sur des tissus vivants.
- L’étude de cette curieuse propriété montre qu’elle s’étend aux roches et aux eaux qui renferment des sels de potasse; elle se manifeste également dans les tissus si riches en potasse, de certaines plantes, et Stoklasa a pu mettre en évidence et même mesurer la radioactivité de la sève du bouleau argenté.
- La radioactivité exerce son influence sur la germination, qu’elle favorise considérablement, et elle joue un rôle très important dans la. fonction chlorophyllienne, qui s’exerce dans les feuilles des plantes vertes exposées au soleil. Les petits grains verts qui colorent les feuilles absorbent les rayons lumineux et l’énergie qu’ils ont fixée ainsi est utilisée à la fabrication de l’amidon, des sucres et des matières azotées, base de notre alimentation.
- La Feuille d'Informations précitée fait remarquer que cette synthèse, comme l’a montré Stoklasa, est sous la dépendance directe des émanations des sels de potasse, particulièrement abondants dans les cellules à chlorophylle, et que le carbonate de potasse en est le point de départ.
- On trouve donc, dans ces constatations, résultant des recherches scientifiques, l’explication de l’influence bien connue des engrais potassiques sur la production des matières féculentes ou sucrées et des matières albuminoïdes dans les plantes cultivées.
- L’auréole marine observée par Benvenuto Cel-lini. — A propos des articles que nous avons publiés sur l’auréole marine dans nos nos du 2 juillet et du 3 septembre 1921, un de nos lecteurs, M. Laronde, nous écrit :
- <c Je viens d’avoir la surprise de trouver une description parfaite de ce phénomène dans les mémoires de Benvenuto Gellini (page 2 du vol. II de l’édition de la Société Littéraire de France). Il y dit :
- « Qu’on sache donc qu’après la vision que j’ai racontée, il me resta sur la tête une lueur miraculeuse qui a été parfaitement vue par le petit nombre d’amis à qui je l’ai montrée. On l’aperçoit sur mon ombre, le matin, pendant deux heures, à compter du lever du soleil, surtout quand le gazon est couvert de rosée, et le soir au coucher du soleil. Je la remarquai en France, à Paris, où on la voyait beaucoup mieux qu’en Italie, parce que dans ce pays, l’air est plus souvent chargé de vapeurs. Je puis cependant la voir et la montrer aux autres en tous lieux, mais toutefois moins distinctement qu’en France. »
- C’est exactement la description donnée dans votre n° du 27 septembre ; mais Benvenuto Cellini n’y voyait pas, lui, un phénomène banal, puisqu'il y voyait la preuve « que Dieu daigna le choisir pour confident des secrets de sa providence ».
- Les usages modernes du cadmium. — Le Geological Survey des Etats-Unis vient de publier dans son rapport annuel une monographie très intéressante sur les usages actuels du cadmium et des ses composés, que nous jugeons intéressant de, commenter ici.
- Le cadmium métal est surtout employé, actuellement, pour confectionner des pièces d’arrosoirs automatiques, qui fondent sous une élévation de température connue, dans les commencements d’incendie.
- Il sert aussi pour faire des bouchons d?àlliages fusibles, comme dispositifs de sûreté, dans des chaudières. Lorsque la température de l’eau de la chaudière atteint, disons 1600, la fusion du bouchon fait que l’eau est chassée et éteint le foyer. Ceci est déjà ancien.
- Il sert aussi dans les fusées électriques.
- Le métal des alliages employés dans les machines
- linotypes et stéréotypes en contient également de notables proportions.
- On en fait aussi des soudures, dans lesquelles tout l’étain ou une partie est remplacé par du cadmium.
- En France et en Italie, on s’en sert comme désoxydant dans la fusion des bronzes, pour les télégraphes et les téléphones. Il est vrai que, pour ces derniers emplois, le magnésium et l’aluminium sont aussi employés. Tout dépend du prix relatif du cadmium et de l'aluminium.
- Le magnésium vaut actuellement environ 20 francs le kilog et le cadmium 10.
- La plus grande partie du cadmium employé en France vient des Etats-Unis.
- On emploie aussi le cadmium dans les cartouches de fusils. Yoici comment :
- La cartouche en laiton est entourée d’une mince bande de cadmium qui par là épouse mieux et avec moins de peine les rayures du canon de telle sorte que l’arme éprouve moins d’usure.
- Electroplastie à base de cadmium. — Une couche électrolytique de cadmium est un meilleur anti-rouille qu’une couche de nickel ; il est vrai qu elle coûte plus cher. Mais le cadmium se ternit vite tandis que le nickel ne se ternit pas.
- On réunit actuellement les qualités des deux métaux en déposant d’abord une couche électrolytique de cadmium, comme meilleur anti-rouille que le nickel, ainsi que nous l’avons dit plus haut, et on dépose ensuite une couche de nickel pour empêcher le ternissement.
- La Compagnie du Procédé « Udylite » de (Kokomo) opère cette dernière façon en grand.
- Sulfure de cadmium. — Le sulfure de cadmium est vieux de plus d’un siècle. Néanmoins, nous pouvons en dire quelques mots.
- Le sulfure de cadmium présente cette propriété de n’être pas affecté par les fumées sulfureuses ou suif-hydriques des cheminées, là où les jaunes de chrome le sont.
- On protège souvent les couches de jaune de chrome par une couche légère, parce que chère, de jaune de cadmium.
- Les voitures de carrosserie, dans certains pays, sont garnies de peintures de ce genre; la céramique emploie les sels de cadmium, l’art dentaire également, ainsi que la teinture et la photographie. On nous parle aussi d'un « lithopone de zinc » ; mais là, nous avouons ne plus comprendre, car un lithopone de zinc serait plutôt, à notre avis, d’un beau jaune serin.
- D’ailleurs, les spécialistes du lithopone considèrent plutôt la présence de traces même de cadmium dans un lithopone, comme la chose la plus indésirable qui soit possible. Us donnent le nom d# lithopones « caméléon » à ce genre de lithopone, parce que, à la lumière, ces produits jaunissent fortement.
- Le sulfure de cadmium supporte des additions considérables de sulfate de baryte sans perdre sensiblement son intensité de coloration jaune, ou tout au moins presque pas.
- On dit que l’on peut obtenir par ce moyen des pigments bon marché et l’on peut obtenir une échelle de teintes allant du jaune léger jusqu’à des vermillons profonds en réglant par l’hydrogène sulfuré l’acidité de la solution de sulfate de cadmium. Mais là, nous avouons ne plus comprendre.
- Pour conclure, le cadmium, sans être abondant au point de faire espérer qu'il entrera dans un grand nombre de couleurs, existe en petites quantités, mais très répandu, surtout dans certains résidus des industries chimiques. Comme tel, il est intéressant et susceptible d’applications limitées. C’est ce que nous avons voulu signaler. A. Huutx.
- Le lithopone. — Le lithopone est un pigment parfaitement blanc, et qui, au point de vue chimique, est une combinaison de sulfure de zinc et de sulfate de baryum.
- Découvert il y a environ cinquante ans en Angleterre, il a été surtout fabriqué en Allemagne, puis ensuite en France et en Angleterre.
- Si on se rappelle que les deux autres principaux pigments, le blanc de zinc et la céruse, sont connus depuis plus de i5o ans, on comprend que le lithopone n’a pas pu être valablement expérimenté dans un grand nombre d’industries, mais son adoption extrêmement rapide montre que sa valeur est incontestable.
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- INFORMATIONS
- Le lithopone est employé non seulement dans la fabri- | cation des peintures et vernis, mais aussi dans l’industrie des pneumatiques d’automobiles, du linoléum, des I stores, et à un degré moindre dans les encres d’impri- | merie et les poudres de riz, j.
- Le lithopone convient parfaitement pour les peintures j extérieures. Pendant de longues années il ne pouvait j être utilisé dans les peintures blanches ou claires, car sous l’action de la lumière il noircissait et donnait une teinte grise uniforme. Actuellement, les perfectionnements dans la fabrication ont supprimé cette restriction dans son emploi. Ses avantages sur les autres pigments blancs sont sa plus grande miscibilité avec l’huile, il ne craque ni ne jaunit sous l’action du temps, il a un grand pouvoir couvrant et enfin coûte moins cher à préparer que la Céruse ou le blanc de zinc.
- De plus, le sulfure de zinc est plus stable chimiquement que l’oxyde et résiste parfaitement à l’action des fumées et des gaz.
- L’un des points les plus importants dans la fabrication du lithopone est la pureté des produits employés.
- On commence par préparer une solution de sulfate de zinc en dissolvant le métal dans l’acide sulfurique à 20° B., puis, après neutralisation de l’excès d’acide, filtration et élimination des résidus solides, on traite par un oxydant puissant pour précipiter le fer et les autres sulfates métalliques, puis on fait bouillir la solution avec de la poudre de zinc pour enlever le cadmium.
- Le sulfure de baryum, qui est le second constituant nécessaire, est préparé par grillage du sulfate dans des fours à réverbère en présence de charbon. Il faut éviter les rentrées d’air et de gaz qui donneraient du carbonate. Ou met le produit en solution après lavage; les solutions : sulfate de zinc et sulfure de baryum, sont alors mélangées et on obtient un précipité, le lithopone brut constitué de 3o pour xoo de sulfure de zinc et de 70 pour 100 de sulfate de baryum. On peut d’ailleurs faire varier ces proportions ; si on désire une teneur plus grande en sulfure de zinc, on ajoute du sulfure de sodium à la solution de sulfure de baryum. On obtient, lors de la précipitation, du sulfate de soude soluble qui reste dans la solution. On peut également ajouter du chlorure de zinc à la solution de sulfate ; la précipitation donne du chlorure de baryum en solution.
- Le lithopone brut est lavé soigneusement afin d’éliminer tous les sels solubles qui diminuent la valeur du produit final et on le sèche à une température peu élevée.
- Le produit sec est ensuite calciné à 8ooR environ en évitant l’oxydation qui donnerait de l’oxyde de zinc. Cette calcination enlève l’eau d’hydratation du sulfure de zinc et en même temps provoque certaines modifications chimiques ou physiques du produit, de nature d’ailleurs inconnue, mais qui ont pour résultat de transformer le lithopone brut dont les propriétés pigmentaires sont médiocres (pouvoir couvrant presque nul, immiscible avec l’huile, etc.) en un produit excellent comme pigment.
- Le lithopone est déversé directement des fours, de calcination dans l’eau et refroidi de façon à éviter l’oxydation du sulfure de zinc. Cette opération a également une influence heureuse, bien qu’inexpliquée, sur les propriétés du pigment.
- Le lithopone est ensuite broyé de façon que 98 pour 100 passent au tamis 3oo.
- Bien que théoriquement simple, cette fabrication dépend d’un certain nombre de conditions mal connues et elle nécessite une surveillance constante.
- Son développement a été extrêmement rapide, et pour ne donner qu’un exemple, en Amérique, la production a passé, de 43oo tonnes en 1906 à xoo 000 tonnes en 1920, représentant environ une consommation de 20 000 tonnes de zinc métallique.
- Pellicules pour la radiographie. — Les rayons X, tout comme la lumière, impressionnent la plaque photographique et cette précieuse propriété permet la prise de radiographies qui rendent d’immenses services à la chirurgie, à la médecine, et depuis quelque temps à l’industrie pour l’examen interne des métaux.
- On a tout d’abord utilisé presque exclusivement pour la radiographie des plaques de verre recouvertes d’une mince couche d’émulsion au gélatino-bromure d’argent. Depuis un certain temps, on commence à utiliser, comme
- en photographie, des pellicules qui ont l’avantage d’être, légères, peu encombrantes, incassables, et par suite se prêtent aisément à la constitution d’archives, leur souplesse en outre en permet l’emploi en radiographie dentaire. C’est la Société Kodak qui a réussi a mettre au point cette délicate fabrication. Cette même Société fabrique depuis peu un nouveau type de pellicule dite « Dupli-tized » recouverte sur ses deux faces d’une émulsion spéciale. On peut ainsi employer une plus grande quantité d’émulsion et par suite augmenter la rapidité de la pose ainsi que les contrastes des images, tout en abrégeant les manipulations; la durée du déve-, loppement est réduite de 20 pour 100, celle du fixage dé^ 5o pour 100.
- Le développement de l’emploi du charbon pulvérisé. — Le charbon pulvérisé est, on le sait, depuis longtemps très employé pour le chauffage de fours rotatifs des fabriques de ciment. Il l’est également pour le chauffage de certains fours métallurgiques qui exigent des températures élevées. Jusqu’à ces dernières années, il l’était beaucoup moins pour le chauffage des chaudières de machines à vapeurs, en raison sans doute de la complication introduite parle broyage préalable et peut-être le danger d’explosion de la poussière de charbon. La crise du combustible, en forçant les industriels à rechercher tous les moyens d’utiliser les charbons de médiocre qualité et de réduire la main-d’œuvre, a attiré l’attention sur le charbon pulvérisé. Le mouvement a commencé en Amérique, mais il a rapidement franchi l’Atlantique ; les installations de force motrice au charbon pulvérisé se développent actuellement en France avec une grande rapidité.
- M. Frion, dans son rapport à la Commission Interministérielle des Combustibles, donne une liste des installations en service ou en construction ; il relève 18 installations en marche, la plupart toutes récentes, et 27 en construction parmi lesquelles certaines sont très importantes.
- Population de Londres, de Grande-Bretagne et de l’Empire britannique. — Le Temps publie d’après le Registrar General les résultats du dernier recensement britannique. On y constate que de 1911 à 1921, la population de la Grande-Bretagne a augmenté de 4,7 pour 100. Dans la période de 1901 à 1911, cette augmentation était de 10,4 pour 100, et même alors ce chiffre était très inférieur à ceux de tous les recensements effectués depuis i8ox.
- Les chiffres, pour chaque section de la Grande-Bretagne, sont les suivants : Angleterre, 35 678 53o habitants ; Ecosse, 4882288; Pays de Galles, 2206712; total : 42 767 53o.
- Dans son rapport préliminaire, le Registrar General constate que le ralentissement de l’augmentation de la population en Grande-Bretagne est dû à la guerre. D’autre part, de 1915 à 1918, les chiffres de la natalité ont diminué de 20 à 25 pour 100. Un phénomène à noter, et qui est destiné à avoir des conséquencss économiques et sociales importantes, est l’augmentation du nombre des femmes. D’après le recensement de 1921, le nombre des habitants du sexe féminin dépasserait de 1720802 celui du sexe masculin. L’excédent des femmes sur les hommes, au dernier recensement, n’était que de 1 279 276. Londres etses faubourgs ontune population de 7 4^6 168 lia-bitants, en augmentation de 3,x pour 100 sur le recensement de 1911. Mais Londres proprement dit a perdu un peu plus de 38 000 habitants dans les dix dernières années. La plus grande ville de la Grande-Bretagne, après Londres, est Birmingham qui a 919 438 habitants, devan çant ainsi Liverpool et Manchester qui, au dernier recensement, se classaient immédiatement après Londres.
- Le rapport préliminaire du Registrar General donne en outre les chiffres de la population pour les autres parties de l’empire britannique, à l'exception de l’Irlande, où toute opération de recensement était impossible par suite des troubles. Cette population est répartie comme suit : Grande-Bretagne : 42 767530 (augmentation depuis 1911 de 4>7 pour 100); Australie, indigènes compris : 5426008 (augmentation depuis 1911, 21,8 pour 100) ; Nouvelle-Zélande, indigènes exclus : 1 218 270 (augmentation 1,8); Empire des Indes : 319075132 (augmentation 1,2) ; Afrique du Sud, indigènes exclus : 1 521 i35 (augmentation 19,2). On n’a pas encore les chiffres du dernier recensement du Canada.
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- Construction
- Parpaings creux économiques. — La fabrication des agglomérés à base de plâtre, de chaux hydraulique ou de ciment a pris une grande extension à cause du prix élevé des pierres et des briques. Quand on fait des
- blocs ou parpaings pleins, ils sont lourds, sèchent très lentement et exigent beaucoup de matière. Il y a donc tout intérêt à les faire creux avec le plus grand vide compatible avec leur solidité.
- Il existe un grand nombre de presses à bras, ou marchant au moteur, pour fabriquer ces parpaings creux ; mais généralement ces machines coûtent fort cher et ne sont utilisées que par de grandes entreprises.
- Nos gravures représentent une petite machine construite en bois dur, chêne ou hêtre, d’un prix de fabrication réduit et qui permet de faire trois formes de parpaings :
- Figure i : i, parpaing creux et évidé aux deux bouts; 2, parpaing creux et plein en bout; 3, demi-parpaing.
- Avec ces trois formes il est possible de construire un
- mur creux, de faire les angles de murs et de croiser les joints des rangs successifs de parpaings.
- La machine (fig. 2) se compose d’une table t sur laquelle sont assemblés quatre volets au moyen de fortes charnières ; ces volets que l’on voit
- rabattus en a, a, c, c (fig. 3), sont maintenus relevés et assemblés par 2 verrous en fer vv. Une planchette mobile s est au fond du moule.
- Au centre de la table se trouve un noyau conique et mobile n, n, commandé par un levier articulé Z qui est arrêté par une béquille fourchue b.
- La machine étant dans la position de la figure 2, l’ouvrier la remplit de béton humide qu’il tasse fortement avec le pilon p dont les têtes sont en fonte et le manche en bois de frêne. Quand le moule est plein de béton
- bien pilonné, on descend le noyau n n au moyen du levier Z, le démoulage de ce noyau étant grandement facilité par sa forme conique; puis on retire les verrous v v et on rabat les quatre côtés du moule dans la position de la
- figure 3. Le bloc creux est enlevé sur la planchette s, sur laquelle on le laisse de 24 à 48 heures, selon la saison; apres ce temps, le béton est suffisamment dur pour que le bloc puisse être posé à terre ou mis en tas ; la planchette s est utilisée indéfiniment.
- Les noyaux c c sont démontables, pour faire dans la même machine les parpaings-boutisses 2 et 3 de la figure 1.
- Cette machine à mouler fait des parpaings creux de 4o cmX^s cmXao cm, soit 55 environ au mètre cube, mais elle pourrait; aussi bien être construite pour faire
- Fig. 3.
- des blocs de plus grandes dimensions. Afin d’éviter que l’humidité ne déforme les parois en bois du moule, celles-ci sont recouvertes intérieurement de tôle, de façon que le béton humide n’est jamais en contact avec le bois.
- Voici quelques compositions de mélanges pour la fabrication des blocs creux ou pleins :
- Plâtras et mâchefer
- Chaux hydraulique et mâchefer
- Chaux hydraulique et cailloux
- Mâchefer et ciment
- Mâchefer, chaux et ciment
- Plâtre à bâtir Plâtras ou mâchefer Chaux hydraulique Mâchefer concassé Chaux hydraulique Sable de rivière ' Cailloux ou gravier Ciment Portland Sable de rivière Mâchefer concassé , Ciment Portland Chaux hydraulique ' Mâchefer concassé
- 1 volume.
- 3 à 4 volumes. 1 volume.
- 4 à 6 volumes, i volume.
- 3 volumes.
- 3 volumes.
- 200 kg.
- 400 litres. 1000 litres.
- 60 kg.
- 60 kg.
- i rtnn 1ifr*AR.
- Dans tous les mélanges ci-dessus, le mâchefer ou le gravier doivent être passés au crible à maille de 2 cm, de façon qu’il n’y ait pas de trop grosses pierres qui feraient fendre les blocs.
- Les bétons à base de chaux hydraulique ou de ciment doivent êti'e gâchés avec très peu d’eau, de façon qu’ils ne soient pas coulants ; il faut les triturer avec grand soin, bien homogènes.
- La machine ci-dessus servie par un manœuvre auquel on apporte le béton préparé peut fournir i5 blocs à l’heure. Deux machines avec chacune un pilonneur et un gâcheur pour préparer le béton, soit 3 ouvriers, peuvent fournir 3oo blocs en 10 heures de travail.
- Le prix de cette machine avec 100 planchettes est de 3oo francs (Usine de menuiserie mécanique de Saint-Ghéron, Seine-et-Oise).
- Fabrication mécanique des carreaux de plâtre au mâchefer. — C’est en substituant chaque fois que cela est possible la machine à la main-d’œuvre humaine —• devenue par le fait de la guerre fort chère parce que moindre et d’un rendement inférieur — que l’on arrivera par une production plus abondante et industrialisée à reconstruire rapidement et dans des conditions économiques meilleures les immeubles détruits ou abîmés de nos régions du Nord et de l’Est.
- Aussi voit-on se créer depuis quelque temps dans le
- but de faire face à ces besoins immenses de nouveaux matériaux artificiels, comme les agglomérés creux en béton de ciment ou en béton de mâchefer et des presses de toutes sortes en vue de leur fabrication rapide et économique.
- Un ingénieur-constructeur des environs de Paris, M. Grünfelder, a cherché à appliquer cette technique à la fabrication des carreaux de plâtre au mâchefer jusque-là fabriqués à la main. On sait que le carreau en plâtre au mâchefer s’emploie de plus en plus dans la construc*
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- tion, qu’il s’agisse de constructions provisoires, de bâtiments industriels, de remplissage de pans de bois ou de fer comme de cloisonnements intérieurs, en raison de sa faible densité, de son bon marché et de sa pose facile.
- Avant de décrire le mécanisme et le fonctionnement de cette nouvelle machine qui fut exposée au dernier Concours des Habitations à bon marché qui se tint au Jardin d’Acclimatation, il est bon de connaître de quelle façon pratique il convient de traiter le plâtre afin d’obtenir de bons résultats et éviter tous mécomptes, car il ne faut pas oublier que le plâtre est une matière qui malheureusement n’est pas toujours la même d’une carrière à l’autre. Sa prise est également subordonnée à divers facteurs : cuisson, température sèche ou humide, délai de fabrication, etc. Enfin, comme il possède un coefficient de dilatation qui varie selon l’intensité du malaxage qu’on lui fait subir,' il est dès lors nécessaire de le malaxer assez longtemps pour dissoudre aussi parfaitement que possible toutes ses molécules.
- La machine Grünfelder (fig. 4) se compose d’un tablier roulant entre deux parois-guide qui forment les moules avec des barrettes métalliques en T fixées sur deux chaînes de commande. La matière mélangée et '
- conseille le mélange mécanique à sec, du plâtre et du mâchefer, soit à l’aide d’un mélangeur biconique très précis (du même inventeur), soit au moyen d’un mélangeur spécial tubulaire. Le mâchefer employé doit être évidemment bien broyé et bien tamisé. L’eau nécessaire devra être ajoutée dans une proportion exacte, soit à la main avec gâchage dans une auge, soit automatiquement si l’on fait emploi d’un malaxeur mouilleur auquel cas ce dernier appareil débite directement dans la trémie de la machine.
- Etant donnée la grande production de la machine, il y a lieu d’organiser en conséquence l’évacuation des produits terminés, en utilisant soit un transporteur à courroie, soit des wagonnets plats sur lesquels on empile un certain nombre de carreaux que l’on peut de cette façon conduire au point de dépôt pour séchage. Ces wagonnets reviennent par une voie parallèle à la machine jusqu’en avant de celle-ci, cette fois seulement chargés de plaques de fond. Celles-ci sont établies lisses ou avec des reliefs pouvant être d’un dessin quelconque ou encore indiquer le nom du fabricant de carreaux; toutes ces plaques sont enfin munies de barrettes qui les consolident et facilitent le chargement et la reprise sur les wagonnets plats dont il est parlé plus haut.
- Malaxeur mouilleur
- Machiné Crunfelaer
- Fig. 5. — Schéma d’installation Grünfelder complète.
- gâchée est déversée dans une trémie en tôle d’où elle s’écoule pour remplir le moule et son épaisseur est déterminée par un gabarit réglable. La vitesse normale de marche du tablier étant de 4$>n. à la minute et la longueur de celui-ci étant de 12 m., il s’écoule donc 3 minutes entre le moment où le moule est rempli et l’instant où le carreau doit être démoulé ; avec du plâtre à prise rapide le carreau est suffisamment consistant pour être transporté à la main, mais pour plus de sécurité, il est préférable de le faire suivre jusqu’au chantier de séchage par sa plaque de fond. A cette vitesse de 4 m. à la minute, on obtient 10 carreaux de o m. 60 X o m. 40 X o m. 06 (soit 4 au mètre carré) par minute ou 600 par heure de marche normale (soit i5o m2 ou 7 m3). On peut également fabriquer des carreaux ayant d’autres dimensions, par exemple, o m. 5o X o m. 33 X 0.06 (6 au mètre carré) à raison de 12 à la minute ou 720 à l’heure (soit 120 m2 ou 7 m3).
- Les carreaux peuvent être produits avec une surface lisse et une surface rugueuse, ou deux surfaces lisses ou surfaces à empreintes suivant tous dessins ; à cet effet, un cylindre lamineur est monté sur la machine. La commande de l’appareil se fait par le moyen de deux poulies, fixe et folle, de o m. 5o de diamètre devant tourner à 120 tours; la démultiplication s’effectue par engrenage d’angle au 1/6; les chaînes sont du type ordinaire à maillons détachables en fonte malléable; quant aux barrettes, elles sont solidement assujetties et supportées par des galets d’acier, d’où tirage faible.
- Pour éviter l’adhérence du plâtre sur les surfaces métalliques, chaînes et barrettes passent dans un bain spécial contenu dans un récipient placé dans la machine. Les barrettes sont munies de fers donnant aux deux grands côtés des empreintes facilitant le transport et la pose. La force de la machine est très faible.
- La figure 5 représente un schéma d’installation complète pour une semblable fabrication. Pour une bonne marche, il est indispensable que le dosage des matières premières soit constant et parfaitement déterminé. On
- D’après M. Grünfelder, la fabrication horaire de 600 carreaux om6o x om4o X oMo6 reviendrait à 60 francs, soit o fr. 10 par carreau, et il suffirait de huit ouvriers et manœuvres, y compris le personnel employé au chantier de séchage et à la manutention. Gomme on le voit, cette machine, par sa simplicité, sa robustesse, d’un rendement et d’une alimentation continus, dans laquelle le dosage des matières, leur mélange ainsi que le démoulage des produits sont faits automatiquement, vient bien à son heure et ne peut que rendre de grands services à l’Entreprise.
- Sur un principe à peu près semblable, l’inventeur a également établi une machine pour la fabrication d’agglomérés déciment, pleins ou creux, sous forme de moellons et de dalles. M. B.
- . F. <1*
- Les lampes à 3 électrodes à filaments chauffés par courant alternatif. — Nous recevons d’un de nos lecteurs, M. Héroux, de Trois-Rivièrés, Canada, l’intéressante lettre qui suit :
- « Je Us dans le service de la Boîte aux Lettres de La Nature, n° 2460, une réponse au Cercle des Officiers à Limoges, au sujet de l’emploi du courant alternatif pour le chauffage des lampes’à 3 électrodes, dans laquelle vous dites qu’un grand nombre d’amateurs vous écrivent que ce procédé ne leur donne aucun résultat.
- « Si on se contenue d’amener simplement le secondaire du Ferrix dans le circuit de réception de la même manière qu’on le ferait avec des accumulateurs, il est évident que le courant de ^chauffage, qui reste toujours alternatif, produira dans les téléphones un bruit intolérable, rendant toute réception à peu près impossible.
- « Mais j’ai réussi, par un moyen très simple, à me servir du courant alternatif pour le chauffage de ma lampe avec un résultat tout aussi bon que celui que j’obtenais avec du courant continu. Comme vous pouvez le voir sur le diagramme ci-contre (fig. 6) de mon poste de
- T. S
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- réception, le seul changement à faire consiste à shunter le secondaire du Ferrix par un potentiomètre de 200 à 3oo ohms de résistance, sur le curseur duquel est connecté un.des bouts du secondaire du transformateur d’induction (celui qui va au positif des accumulateurs
- P/aque
- fi/ament
- y ~
- - Courant a/ternatrf
- Fig. 6. — Lampe à 3 électrodes montée sur coûtant alternatif.
- dans un circuit ordinaire). En amenant lentement le curseur.vers le centre, on trouve un point où l’effet nuisible du courant alternatif sur les téléphones est pratiquement annulé ; alors la réception devient aussi bonne qu’avec le courant continu. »
- Mécanique
- Une nouvelle pompe domestique. — Il est toujours intéressant de signaler une nouveauté, surtout lorsqu’elle constitue un progrès. Lorsque vous voulez doter votre maison d’habitation d’une distribution d’eau, vous avez, à l’heure actuelle, le choix entre quelques modèles de pompes rotatives et les pompes centrifuges. Les unes sont délicates, les autres ont un mauvais rendement et . ne peuvent vous donner satisfaction si la hauteur mano-métrique d’aspiration est un peu élevée. La bonne solution est la pompe à piston, mais il lui faut un régime de vitesse assez lent, et il est souvent difficile de la commander mécaniquement; les engrenages sont bruyants, encombrants et absorbent en pure perte une énergie assez coûteuse.
- Les établissements Japy frères et Cic, de Beaucourt, ont mis sur le marché un nouveau groupe électro-pompe qui apporte la solution de ce problème. Tout a été étudié pour obtenir un fonctionnement parfait avec le minimum de force et d’encombre’ment.
- En effet, ce nouveau groupe est du type mural et se fixe par 4 boulons ; il comporte une pompe à piston de 60 mm de diamètre avec une course de 60 mm. Le nombre de coups de piston est de 79 par minute, donc
- moteur d’un tiers de cheval seulement, soit, au prix de la force motrice électrique, une dépense de o fr. i5 à l’heure environ. On ne peut trouver solution plus économique.
- Les dimensions d’encombrement sont : hauteur SyS mm, largeur 5oo min. Les avantages de ce groupe sont incontestables; de plus, on peut, avec ce même dispositif, obtenir une distribution d’eau sous pression dans toutes les parties d’un immeuble, par l’adjonction d'un réservoir qui, au lieu de se trouver, comme dans la plupart des cas, dans les combles, est placé dans le sous-sol.
- *»> Divers <<%
- Le stylographe pour tous. — S’il est un instrument de travail qui s’est à peu près universalisé, c’est bien, sans contredit, le stylographe. Il ést si commode de pouvoir transporter avec soi, dans sa poche, sans crainte de tacher ses vêtements ou ses doigts, un minuscule et mignon porte-plume, qui débitera quand il le faudra, et pendant des heures et des jours, l’encre dont on a maintenant si souvent besoin. Telle est assurément la cause de son immense succès. Car, par ailleurs, c’est un instrument coûteux. Avant la guerre, son prix était déjà élevé, mais enfin pourtant abordable ; depuis quelques mois l’achat comme les réparations sont presque prohibitifs.
- Aussi nous sommes heureux de pouvoir signaler un modèle nouveau, qui, dans sa simplicité absolument rudimentaire, rassemble tous les avantages des appareils les plus réputés.
- Il comprend (fig. 7) trois pièces seulement. Un chapeau de protection A, avec son agrafe de suspension B. Une plume C, en métal inoxydable, munie du dispositif classique pour la distribution régulière de l’encre, est pincée dans l’une des extrémités d’un canal en ébonite D ; sur l’autre extrémité, en E, est collé le réservoir F, constitué tout simplement par un tube de caoutchouc fermé. Cet ensemble plume-réservoir s’engage et se fixe à frottement dur dans l’étui G. Vers son milieu ont été ménagés un évidement périphérique transversal et une fente longitudinale KL; dans l’évidement peut tourner une bague en bois H sectionnée en QQ, et dans la fente a été engagée une demi-couronne en métal I, soudée à une lame rigide MN ; c’est le dispositif de remplissage automatique.
- Supposons en effet^gue le réservoir soit en place dans son étui. Je fais tourner la bague H de façon que la coupure QQ se trouve juste au-dessus de la fente KL, puis j’enfonce la plume dans la bouteille d’encre spéciale; si à ce moment j’appuie sur la demi-couronne I, la lamelle MN comprimera le réservoir, en chassera l’air, et, quand je cesserai d’appuyer, l’encre le remplira jusqu’aux bords. Un trou d’air a été ménagé en T pour faciliter la pression.
- C’est élégant, solide et surtout bon marché. C’est que le chapeau comme l’étui ne sont pas en ébonite ou autre matière coûteuse, mais simplement en bambou séché et
- vitesse lente. Pour la commander, on a eu recours à une vis sans fin, à taille extrêmement précise, montée sur roulement à billes à rotule. L’arbre du moteur attaque directement; il en résulte une marche silencieuse et un rendement élevé.
- , En effet, avec ce petit groupe, on obtient un débit horaire de i3oo à i5oo litres, sous une hauteur rnano-métrique maximum d’élévation de 26 m.; ceci avec un
- durci à la vapeur. Toutefois, grâce au vernis qui les recouvre, il est impossible au premier coup d’œil de distinguer ce stylographe des modèles les plus perfectionnés.
- J’oubliais de dire que, de plus, le stylographe-bambou est, comme les autres, inrenversable.
- Le stylographe-bambou est en vente chez Iloriot, Fayet, Pichon et C1’, 97, rue Monge, Paris (3 frs).
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- COMMENT ACHETER NOS FRUITS FRAIS OU SECS ? — LES NOIX
- Le noyer, qu’on regarde comme originaire des montagnes de l’Orient et qu’on suppose avoir été introduit en Europe et chez nous par les Romains, croît depuis longtemps à l’état subspontané dans le Centre et le Midi de la France, et sa culture est répandue dans 83 départements. D’après la dernière Statistique agricole annuelle publiée en 1920, j’ai constaté que sa récolte dépasse 100 quintaux dans 33 départements et que les 10 où elle atteint les plus grands rendements sont, par ordre d’importance décroissante : Dordogne 5i 000 quintaux; Corrèze 4°00°; Lot 38 63o; Isère 22020; Charente 21060; Drôme 12040; Puy-de-Dôme 12040; Aveyron 10200; Nièvre 834o. Quant aux prix du quintal, ils subissent les plus grandes variations puisqu’ils oscillent entre 80 francs (Gironde, Morbihan) et 400 francs (Isère), mais il faut noter que ce sont là des prix d’après guerre.
- Cette production, qui est bien inférieure à celle indiquée par différents rapports antérieurs, résulte de ce que sa culture a beaucoup perdu de son importance dans ces dernières années, mais il est certain qu’elle va reprendre un nouvel essor, car le Congrès de la Noix que la Compagnie P.-L.-M. a organisé, en 1920, à Grenoble, a su retirer de la collaboration de toutes les compétences réunies les directives les mieux justifiées tant pour la culture du noyer que pour le commerce de la noix.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Bien que le noyer soit un de nos arbres fruitiers les plus importants, on est frappé du nombre relativement peu étendu de ses variétés, car en dehors des espèces locales, on n’en connaît guère qu’une quinzaine qui soit de réelle importance et répandue dans les grands départements nucicoles. La cause en est due, bien probablement, à ce que les noyers n’ont été propagés pendant longtemps que par le semis et non par la greffe. Dans tous les cas, les pomologues semblent s’être désintéressés d’un classement, quoiqu’il soit facile d’en établir un au point de vue commercial, en le basant soit sur la nature de la coque, tendre, demi-tendre, demi-dure ou dure, soit pour l’emploi pour la table ou l’huilerie.
- La Société nationale d’Horticulture de France, en ne faisant état, bien probablement, que de leur emploi poiir la table, ne recommande que les quatre variétés ci-dessous.
- Noix à bijoux (Syn. Gouriande). — Très gros fruit, aplati sur les côtés; coque très mince, peu remplie; maturité en octobre. Très recherchée par les confiseurs pour la préparation des noix confites.
- Noix à coque tendre (Syn. noix à Mésange). — Fruit allongé, moyen ou assez gros; coque tendre; maturité en octobre.
- Noix fertile (Juglans præparturiens). — Fruit moyen, coque bien pleine; maturité en septembre. Une des plus hâtives.
- Noix ordinaire ou commune. — Fruit moyen, allongé; coque très pleine; maturité en septembre.
- On est étonné de voir que cette Société ne mentionne pas les variétés qui, très répandues et très estimées dans les départements nucicoles, jouissent également à l’étranger d’une très grande réputation. Voici les principales :
- Mayette. — Fruit très gros, arrondi; largeur 36 à 38 mm, longueur 42 à 45 mm ; coque demi-dure pleine. Amande très savoureuse et peu huileuse, 62 à 53 pour 100 d’huile. C’est la plus estimée de toutes les noix de table, surtout en Amérique. D’après M. Achille Bernard, professeur d’agricultuhe à Saint-Marcellin (Isère), à qui j’emprunte une partie des renseignements ci-dessous, son prix est, en général, plus élevé d’une' dizaine de francs par 100 kg que ceux des autres variétés; ses cerneaux sont considérés comme marchandise supérieure.
- Franquette. — Fruit gros, très allongé, pointu au sommet; largeur 3o mm; longueur 44 à 47 mm; coque demi-dure, pleine. Elle est riche en huile, 62 à 63 pour 100. Elle fournit beaucoup de cerneaux.
- Parisienne. — Fruit assez gros, oblong; largeur 33 à
- 34 mm; longueur 38 à 42 mm ; coque demi-dure. Amande se séparant facilement. Elle est surtout utilisée pour la vente en cerneaux très beaux et très appréciés.
- Chaberte. — Fruit moyen, arrondi, mesurant 3o mm de longueur sur 33 mm de largeur; coque demi-tendre, assez pleine, mais l’amande ne se détache qu’après complet cassage; elle donne environ 60 pour 100 d’huile. C’est la plus recherchée pour la fabrication de l’huile.
- Marbot. — Fruit gros, coque fine facilement cassable à la main; amande entourée d’une peau jaune clair.
- Corne. — Fruit moyen, allongé, coque dure ; amande entourée d’une pellicule brune assez foncée.
- Quand et comment les acheter? — Les noix sont vendues fraîches ou sèches. Les premières sont récoltées en août, à la main, avant maturité complète, quand elles sont encore entourées de leur enveloppe ou brou. Dans cet état, on les appelle souvent cerneaux, mais ce nom a un double sens ou application, car il sert à désigner, d’une part, les noix précédentes et, d’autre part, les amandes entières ou les moitiés d’amandes de noix sèches dont il est fait un grand commerce pour l’exportation.
- Les cerneaux qu’on trouve sur le marché de Paris sont des noix encore revêtues de leur brou ou qui viennent d en être dépouillées, mais les maîtresses de maison ne seront absolument sûres de leur fraîcheur que dans le premier état. Quelles ne soient pas retenues par la crainte de se brunir les doigts, elles les décoloreront en les lavant à l’eau de Javel complétée, s’il y a lieu, par une solution au 1/10 de bisulfite de sodium acidulée avec 10 pour 100 d’acide chlorhydrique.
- Les noix fraîches ou vertes arrivent aux Halles de Paris jusqu’en octobre en sacs « perdus » de 12 à 16 kg. Il faut les consommer assez vite parce qu’elles peuvent moisir rapidement.
- Les noix sèches, récoltées à maturité normale par gaulage ou tombées d’elles-mêmes sur le sol, sont livrées au commerce dès le mois de novembre. Les variétés les plus appréciées à Paris sont Marbot et Corne, puis Mayette et Franquette sous la désignation de Noix de Grenoble, C’est de novembre à décembre que les maîtresses de maison peuvent faire leur provision avec le plus de sécurité; elles peuvent les acheter en sac ou en caisse de 25 à 3o kilogrammes.
- Les bonnes noix sont un peu lourdes à la main et de surface très nette; pleines à l’intérieur; l’amande est blanche, tendre, mais pas sèche ni huileuse, recouverte d’une enveloppe se détachant facilement. Il faut se défier des noix « rajeunies » malgré la belle apparence que leurs coquilles "doivent aux vapeurs d’acide sulfureux. On les reconnaît à l’humidité de leur chair et de l’intérieur de leur coque, souvent aussi au goût faiblement salé que la mince pellicule de l’amande laisse au palais.
- Pour conserver les noix sèches le plus longtemps possible en bon état, on a conseillé de les stratifier dans du sable frais mais non humide, afin d’éviter les moisissures.
- Principaux usages. — Les noix constituent, à l’état frais comme à l’état sec, des desserts très simples mais très substantiels au point de vue alimentaire ; ils deviennent plus agréables quand ils ont pour base des noix fraîches confites. La variété qui s’y prête le mieux est la Noix à Bijoux ou Gouriande. On en fait aussi des conserves à l’eau-de-vie comme en Auvergne où l’on prépare la noix blanche, sucrée, en bocal. Les cerneaux sècs sont consommés mélangés avec de la gelée de groseilles ou de cassis; on les fait même entrer dans la préparation de certains chocolats.
- La liqueur de brou de noix, stomachique plus réputée autrefois qu’aujourd’hui, se prépare soit avec l’enveloppe seule, soit avec les noix très jeunes. Le meilleur procédé consiste à prendre pour un litre d’alcool à 85° une vingtaine de noix « morveuses», c’est-à-dire dont le bois non encore formé peut être traversé facilement par une épingle. On les écrase dans un mortier de marbre en évitant tout objet en fer qui leur communiquerait un goût d’encre. On les fait brunir à l’air 24 heures pour
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- obtenir une bonne coloration et on les laisse infuser pendant 2 ou 3 mois. On passe le tout sur un tamis; on ajoute au liquide 2S0 gr. de sucre à l'état de sirop, on laisse encore reposer 3 mois, on filtre et on met en bouteilles. Cette liqueur se bonifie beaucoup avec le temps; on doit la décanter assez souvent, car elle forme
- toujours un dépôt sur les parois et au fond du récipient qui la contient. 1
- Au point de vue industriel, on extrait des noix une huile de saveur douce très appréciée des gourmets, quand elle a été obtenue à froid, mais qui rancit vite.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Imperméabilisation des étoffes par l’oxyde de cuivre. — Ce procédé que nous empruntons à un chimiste, abonné du Chasseur français, serait sans danger, sans odeur et d’une durée indéfinie. Afin de fixer l’oxyde de cuivre sur le tissu, il y a lieu de le transformer en une laque insoluble ; pour cela, on fait usage d’un tanin quelconque qui forme dès lors avec le cuivre un tannate complètement insoluble. De plus, l’oxyde de cuivre donnant avec les diverses sortes de tanin des précipités de couleurs différentes, on voit que l’on peut varier la couleur des tissus ainsi imperméabilisés ; ces teintes sont si solides qu’elles résistent même à un long séjour dans la terre humide.
- Voici le mode opératoire : passer lentement le tissu dans une solution à 2 pour 100 de tanin; chasser l’excès de liquide. Plonger ensuite l’étoffe dans une solution ammoniacale d’oxyde de cuivre, chaque partie devant y séjourner au moins 2 ou 3 minutes. Cette solution se prépare en plaçant de la limaille de cuivre dans un bocal de verre non fermé et que l’on recouvre avec de l’ammoniaque à 22°. On agite'fréquemment afin que le cuivre en présence d’air se transforme en oxyde qui se dissout dans l’ammoniaque. La liqueur, d’un bleu intense, est ensuite étendue d’eau distillée, de manière à contenir environ 140 à i5o gr. d’ammoniaque et 16 gr. de cuivre par litre.
- Emplois du fer à repasser électrique. —• Le fer à repasser électrique peut servir à d’autres usages que celui du repassage. Il suffit de le placer la poignée en bas en le faisant reposer sur un support approprié, pour constituer facilement une plaque chauffante.
- Le support pourra être établi au moyen d’un récipient de dimensions suffisantes pour recevoir le fer à l’intérieur, et sur ce récipient on dispose deux lames de couteau qui soutiendront le fer dans la position voulue.
- Sur la plaque chauffante ainsi agencée, on peut placer tout ce que l’on veut chauffer ou cuire, à condition, bien entendu, qu’il s’agisse de choses compatibles avec la consommation en watts de la résistance du fer.
- Un emploi particulièrement adapté est celui de la préparation du pain grillé; la tranche de pain placée sur le fer se dore aussi bien que devant le meilleur feu, on peut arrêter la grillade au point voulu et la préparer suivant le goût préféré du destinataire de la tartine.
- Comment employer une échelle dans un escalier.
- — Quand on veut nettoyer les murs d’une cage d’escalier, si l’on veut accéder aux parties hautes, on est obligé de prendre une échelle et la chose est très mal commode, car il est difficile de mettre l’échelle sur deux marches de l’escalier, qui ne sont fatalement pas au même niveau.
- Il est simple de modifier l’échelle pour qu’elle puisse être facilement montée dans l’escalier. Pour cela on dispose sur un des montants une rallonge à coulisse maintenue par deux brides et réglée par deux écrous, afin de pouvoir donner à cette rallonge une longueur en rapport avec la dénivellation des marches de l’escalier.
- On ne risque plus des pertes d’équilibre» qui sont particulièrement dangereuses quand on se ^trouve en haut de l’échelle placée plus ou moins de travers et mal consolidée. Avec les deux montants de longueur différente, on peut alors s’appuyer sur deux manches voisines de l’escalier sans- que l’échelle cesse d’être dans une position aussi stable que si l’on était dans les conditions habituelles.
- Nettoyage d’une bougie au jet de sable. — Quand une bougie d’allumage se trouve encrassée, on se con-
- tente souvent de la frotter avec un pinceau dur imbibé d’essence, pour enlever les parties charbonneuses se trouvant entre les pointes et à l’intérieur de la bougie.
- Si la bougie est très sale, cette opération n’est pas suffisante et on doit procéder à un véritable sablage au moyen du procédé suivant.
- Ôn prend, un étui de savon à barbe Gibbs (ou autre, la marque du savon importe peu), on le remplit au tiers avec du sable moyen et on imbibe ce sable abondamment d’essence.
- La bougie est entourée d’un peu de chiffons, afin de lui permettre de coiffer l’étui comme le ferait un bouchon de diamètre approprié.
- En secouant fortement cet ensemble, on fait agir sur la partie sale de la bougie un véritable jet de sable imbibé d’essence auquel nulle partie encrassée ne résiste.
- En un temps minime, on obtient une bougie complètement neuve, avec des pointes bien propres, qui vous permettront de repartir en toute sécurité.
- Une râpe à fromage économique. — Prendre une boîte cylindrique en fer-blanc, boîte à thé par exemple et au moyen d’un poinçon percer le fond de la boîte; en opérant de dedans en dehors, d’une trentaine de trous disposés régulièrement, de telle façon que les bavures soient extérieures.
- Lorsque l’on veut obtenir du fromage râpé, on dispose l’appareil sur une assiette creuse, en le tenant de la main gauche, puis on promène cir-culairementle morceau de fromage sur le fond rugueux de la boîte. Une partie de la râpure, la plus fine, pénètre dans celle-ci, il suffit d’enlever le cou vercle pour l’en retirer, la râpure plus grosse tombe dans l’assiette. On peut ainsi suivant besoin avoir à sa disposition deux râpures différentes.
- Cette disposition très pratique que nous avons expérimentée permet de se poser solidement sur une table, la râpure ne s’éparpille pas et on évite ainsi sa "souillure.
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- Cosmétique en bâtons pour la moustache. — Pour un bâton de 2 cm de diamètre et 7 cm de longueur,
- peser :
- Cire jaune.............20 grammes.
- Suif épuré............20 —
- Noir de fumée .... 2 —
- Faire fondre la cire et le suif au bain-marie, ajouter en remuant au moyen d’une spatule le noir de fumée de façon à rendre la masse bien' homogène, parfumer à l’odeur préférée par addition de quelques gouttes d’essence de roses, jasmin, héliotrope à volonté.
- Couler ensuite encore chaud dans un moule cylindrique obtenu par enroulement de papier fort sur un gabarit approprié : tube de verre, manche d’outil, etc.
- La partie inférieure de ce cylindre sera rabattue et garnie de cire à cacheter ainsi que l’arête latérale pour éviter les fuites.
- Après refroidissement, on déroule le carton du moule et on enveloppe le bâton de cosmétique dans du papier d’étain ou d’aluminium (papier à chocolat).
- Eau oxygénée instantanée. — L’eau oxygénée, antiseptique puissant dépourvu de propriétés toxiques, présente l’inconvénient d’être peu stable et de perdre dans un temps relativement court une grande partie de son oxygène, aussi est-il préférable de substituer au flacon d’eau oxygénée qui fait partie de la pharmacie de famille une petite provision de perborate de soude, sel
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- qui se présente à l’état solide et de longue conservation.
- La solution de perborate de soude dans l’eau donne une eau oxygénée chimiquement pure dont les propriétés sont renforcées par celles du borate de soude qui la laisse alcaline au lieu d’être acide comme l’est ordinairement l’eau oxygénée du commerce. Elle a les mêmes propriétés antiseptiques, i kg de perborate de soude donne 8 à io litres d’eau oxygénée, à ioou 12 volumes, il contient 80 litres d’oxygène actif.
- Il suffit donc, au moment de l’emploi, de faire dissoudre dans un litre d’eau 100 gr. de perborate pour obtenir une eau oxygénée qui servira avantageusement dans tous les cas où l’antiseptique ordinaire est employé.
- Vernissage des valises. — Nous avons publié récemment une recette pour le revernissage des valises et l’un de nos lecteurs nous signale que si le cuir est éraflé, ce qui est l’ordinaire, le vernis fait des taches plus foncées que l’ensemble aux endroits que les éraflures ont rendu poreux. Très aimablement, il nous indique pour remédier à cet inconvénient un tour de main qui consiste avant de vernir à faire un encollage avec de la gélatine ou tout simplement de la colle forte un peu épaisse, après séchage on polit légèrement au papier de verre, puis on vernit finalement. Grâce à cette précaution, on peut vraiment remettre à neuf la valise.
- Lissage des faux-cols empesés. — On trouve depuis quelque temps dans les grands magasins, sous forme de petits cubes ou cylindres, un produit d’aspect cireux qui, frotté sur le bord du col, en détruit les aspérités et rend ainsi plus doux le contact avec la peau. Nous avons eu la curiosité d’examiner au Laboratoire de La Nature l’un de ces échantillons et lui avons trouvé la composition suivante :
- Cire de Carnauba .... 64 p. 100
- Talc en poudre..........36 —
- Comme on le voit les produits employés sont peu coûteux et il sera facile à nos lecteurs de préparer sans grands frais un produit qui prolongera l’usage des faux cols et procurera aux cous endoloris un plus grand bien être.
- Désinfection des appartements par le formol. — Il est de toute prudence, après une maladie contagieuse, de procéder à une désinfection des pièces où a séjourné le malade. Dans les grandes villes, un service spécial est chargé de ce soin, mais à la campagne, les intéressés doivent seuls y pourvoir, aussi croyons-nous être utile à.nos lecteurs en leur indiquant comment il faut opérer pour désinfecter par le formol qui est l’antiseptique généralement employé.
- On doit savoir que les meilleures conditions de réussite sont réalisées en utilisant par 5o m3 de capacité à désinfecter, soit 400 cm3 de formol du commerce à 4o pour 100 d’aldéhdye formique, soit 125 gr. de paraforme qui porte aussi le nom de trioxyméthylène, poudre blanche représentant le formol à l’état polymérisé.
- Dans l’un ou l’autre cas on doit chauffer ces produits pour les amener à l’état
- Formo/
- de vapeurs, mais il est essentiel pour bien agir qu’elles soient mises en présence de vapeur d’eau, on doit donc vaporiser en même temps pour 5o m5 de capacité i5oo cm3 d’eau; l’appareil ci-contre, facile à construire par un amateur adroit, constitue un bon modèle de formolateur.
- Les joints des portes et fenêtres doivent être bouchés soigneusement avec des mèches d’ouate ou des bandes de papier, la durée de contact doit être de sept heures. Après ce temps on peut enlever rapidement l’odeur du formol en plaçant dans la pièce pendant une heure un demi-litre d’ammoniaque du commerce, la pièce peut ensuite être habitée.
- Comment graisser facilement en modifiant le bec d’une burette. — Les graisseurs employés sur les voitures ou sur les cycles de toute nature sont souvent fermés par un petit chapeau maintenu par un ressort. Il s’ensuit que pour graisser il est nécessaire de soulever ce chapeau afin de pouvoir introduire le bec de la burette.
- La chose est assez malaisée quand il s’agit de graisseurs situés dans des endroits très difficilement accessibles à la main.
- Il est facile de modifier légèrement le bec de la burette pour lui permettre de servir à relever le chapeau du graisseur.
- Le bec est tout simplement coupé en biseau et la pointe que forme alors le bec peut être introduite facilement sous le chapeau pour le soulever légèrement. Le biseau facilite l’introduction de la tige de la burette, en achevant de soulever le chapeau de la quantité nécessaire.
- Grâce à cet artifice, on peut graisser d’une main, même dans les parties les plus inaccessibles où vont souvent se nicher de préférence, les graisseurs sans se soucier des difficultés que cela occasionne. Beaucoup de graisseurs n’ont pas toujours leur ration normale pour cette unique raison.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. - L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la nouvelle décavaillonneuse ou charrue inter-ceps « Idéal » (du système Picart et Labadie), décrite dans le n° 2476 de La Nature, s’adresser à MM. Daureljet Cio, Comptoir agricole de Bordeaux, 22, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux (Gironde), concessionnaires pour la vente de cet instrument viticole. ,
- Erratum. — A propos de monoplans. — Un lapsus calami dontnous nous excusons nous a fait attribuer, dans notre dernier article sur les monoplans^ à M. Béchereau une thèse défavorable aux avions monoplans alors que celle-ci doit être attribuée à M. Herbemont, l’actuel directeur technique des Etablissements Spad.
- J.-A. L.
- Question à nos lecteurs. — Le D' L. C. 48. R. P. serait reconnaissant à celui de nos lecteurs qui pourra lui indiquer où se trouve le mont Fedionkina. 11 suppose que cette montagne se trouve dans le Caucase ou en Crimée.
- Communications. — Pour éviter l'intoxication par le tabac. — A propos de la note que nous avons publiée dans notre n° 2474, 3 septembre 1921 (Supplément, p. 74) et dans laquelle nous résumions la communication de M. le Dr Combialt préconisant le mélange des fleurs du tussilage avec le tabac, M. I. Maranne, pharmacien à Périgueux, nous indique que ces propriétés ont déjà été signalées par M. Verrier dans la Revue d’Histoire naturelle appliquée, ir° partie 1920, p. 96. M. Verrier préconise l’emploi des feuilles du tussilage ; celles-ci peuvent même être entièrement substituées au tabac; un bon fumeur fait, paraît-il, difficilement la différence entre ce tabac factice et le caporal.
- Lecture au son. — Procédé de réglage d’un écouteur téléphonique, — Le promoteur de l’idée de lecture au
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- son que nous avons décrite dans le n° 2476 nous fait remarquer que nous avons écrit son nom Trossier alors qu’il s’agit de M. Trottier. Nous rectifions bien volontiers cette faute d’impression.
- Le même lecteur nous indique qu’il nous avait signalé à la même époque un procédé de réglage d’un écouteur téléphonique analogue à ceux signalés par M. Moreau dans le n° 2476. Voici ce procédé original qui ne fait pas intervenir la salive du télégraphiste.
- Dans la paume de la main droite on prend une extrémité du cordon. Avec le pouce et l’index de la même main, on saisit un objet métallique qui ne doit pas venir au contact du bout du cordon déjà nommé. On pose alternativement sur l’objet métallique l’extrémité libre du deuxième cordon et on obtient ainsi les courants nécessaires au réglage du récepteur. Ces courants proviennent de l’attaque du métal par la légère transpiration de la main et ils varient d’intensité suivant l’importance de cette action.
- Réponses. — M.B., à Briantes (Indre). — Si vous ne réussissez pas à débarrasser votre pièce d’eau des Lemna ou lenticules (lentilles d’eau) qui en couvrent la surface, en enlevant ces plantes avec un râteau de bois et répétant cette opération une ou deux fois pendant l’été et l’automne, il sera nécessaire de recourir au faucardement plus complet; car lorsque l’eau repose en nappe tranquille, il se produit, particulièrement sous l’action du soleil, une quantité innombrable de conferves, de filaments et de mousses qui montent du fond à la surface et s’y attachent en nappes épaisses.
- Contrairement à ce que vous croyez, les oiseaux aquatiques peuvent détruire les lentilles d’eau; il faut employer, non pas des canards, mais des cygnes, car le cygne est le plus actif et le plus énergique destructeur de ces végétaux aquatiques. Après deux ans, il est bien rare que la surface des eaux ne soit pas nette comme un miroir. Il faut entretenir assez de cygnes pour ne pas leur donner une trop grande surface à nettoyer, et en avoir un peu plus que ce que les eaux peuvent en nourrir seules pendant l’hiver. Mettre immédiatement sur la pièce d’eau le nombre de cygnes à y entretenir, autrement les anciens feraient fuir les nouveaux venus. L’éjointage est nécessaire pour éviter les envolées. MM. de Tourville et Colcombet affirment, par expérience, que le cygne détruit toute végétation à la surface des eaux.
- Les expériences faites à New-York pour la destruction des lentilles d’eau, dans les réservoirs, ont montré qu’on parvient à les faire disparaître en employant du sulfate de cuivre, à la dose de o gr. 2 par mètre cube d’eau.
- Relativement à la classification et au mode de reproduction des plantes aquatiques, vous trouverez dans un traité de botanique des détails que, faute de place, nous ne pouvons aborder ici.
- M. F. A., à Paris-Bercy. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages traitant spécialement de l’emploi des lampes à vapeur de mercure (rayons ultra-violets) pour la stérilisation des vins, et exposant des résultats obtenus par ce procédé. Vous trouverez, à l’Institut scientifique et industriel (Paris, 8, rue Nouvelle, 9e) l’ouvrage intitulé Les Rayons ultra-violets et leurs applications-, Les lampes à vapeur de mercure, dans lequel sont traitées les diverses applications des rayons ultra-violets à la stérilisation (1 volume). D’autre part, il y aurait lieu de consulter les Comptes rendus de VAcadémie des Sciences (Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 55, quai des Grands-Augustins, 6°) et les notes publiées dans les ncs suivants de La Nature-, eu 1909 : Action des rayons ultra-violets sur les ferments : t. II, page j43; Stérilisation des boissons : 1909, t. II, page 3i5; Stérilisation des liquides : ngio, t. I. page 211. Voyez aussi chez Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, Montpellier; Féret, éditeur, i5, cours de l’Intendance, Bordeaux, et au journal Le Moniteur vini-cole, Paris, 6, rue de Beaune, 7% Des indications pourraient être obtenues en s’adressant à la Direction de l’une ou l’autre des Stations oenologiques de Bordeaux, Dijon, Montpellier, Cette, Narbonne, Angers, et au Laboratoire de la Société des Agriculteurs de France, Paris, 8, rue d’Athènes, g0.*
- M. H. Bernard, à Montbéliard. — Vous pourrez vous procurer des écrans jaunes dégradés pourphqtographie, chez M. J. Cbotard, 124, rue de Rivoli, à Paris.
- M. B. Rouvière, à Dijon. — 3° Les fabricants des
- chromo gènes ri en ont pas divulgué les formules exactes; mais vous obtiendriez des résultats peu différents en préparant les bains suivants :
- Virage sépia à l'urane. Faire dissoudre seulement au
- moment de l’emploi :
- .Acide citrique................... 2 gr. 5
- Nitrate d’urane................... i gr.
- Ferricyanure de potassium . . o gr. 8
- Eau..............................100 c. c.
- L’épreuve au gélatinobromure, très soigneusement lavée après fixage, est plongée dans ce bain, où elle prend une belle teinte sépia. On lave ensuite, dans une eau abondante, mais pas plus d’un quart d’heure, sous peine d’affaiblir l’image, qui pâlit aussi sous l'influence de l’humidité.
- Virage bleu au fer. L’épreuve est d’abord plongée
- dans :
- Eau........................100 c. c.
- Ferricyanure de potassium. . . 5 gr.
- Ammoniaque................. 5 gouttes.
- L’image y pâlit rapidement et disparaît. On lave, et
- l’on passe dans :
- Eau........................ xoo c. c.
- Perchlorure de fer......... j gr.
- Acide chlorhydrique......... 2 c. c.
- L’image reparaît, en bleu. On lave, et l’on dissout dans un bain d’hyposulfite de soude dilué le chlorure d’argent qui s’est formé dans la solution précédente. Le bleu ainsLobtenu est très intense et d’une teinte très pure.
- Virage rouge au cuivre. L’épreuve est d’abord blanchie dans la solution de ferricyanure indiquée pour le virage au fer. Après lavage, on la plonge dans une solution de sulfate de cuivre à x pour 100, où l’image reparaît en rouge. La tonalité ainsi obtenue est parfois peu agréable. On l’améliore considérablement en faisant suivre le virage précédent d’une immersion dans :
- Eau...............................100 c. c.
- Sulfate de cuivre.................. 5 gr.
- Sel de cuisine..................... 2 gr.
- Acide chlorhydrique............... 20 gouttes.
- Les épreuves prennent dans ce bain un ton rouge très pur, en moins de 5 minutes. On lave ensuite, et l’on dissout le chlorure d’argent, qui s’est formé au cours de la dernière opération, dans un bain d’hyposulfite dilué. On termine par un lavage. Les épreuves ainsi traitées supportent sans altération l’exposition en plein soleil.
- M. Bodin, à Montrilloud. — Le mieux que vous avez à faire serait de vous adresser au constructeur de votre magnéto qui vous indiquera quelle est la meilleure transformation qui convient à votre magnéto à avance fixe pour mettre l’avance automatique.
- M. Charles Vermeire, Belgique. — Ce genre de machine est vendu en France par des marchands de machines-outils et, en dehors des constructeurs de ce genre d’appareils qui ont un agent à Paris, on peut trouver des machines à essayer les métaux et les câbles dans tous les magasins importants de vente de machines. Nous pensons que vous avez l’intention de vendre des machines de votre fabrication et pour cela il vous faut un agent introduit et de la publicité bien faite.
- M. Saunier, à La Garde. — Nous ne connaissons qu’une machine à débiter les bois qui ait une avance automatique pour la marche avant, le retour en arrière se faisant par gravité. C’est une scie démontable qui est construite par les ateliers de constructions mécaniques de Langenthal à Langenthal en Suisse. Vous pourriez consulter ces fabricants qui sans doute vous proposeront quelque chose qui vous conviendra.
- M. de Blonay, à Cbâteau-de-Marin. — Vous pourrez trouver une machine à redresser les clous aux établissements Randegger et Niestlé, 188, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. Bertrand, à Mulhouse. —- Le contre-accélérateur Brouilhiet est au point. Il y a même des appareils en service depuis déjà deux ans. Vous aurez tous les renseignements à la Société des Brevets Brouilhiet, Le Rond Point à Saint-Etienne.
- M. E. P., à Nantes. .— Avec du courant continu 220 volts, vous ne pouvez songer pratiquement à faire fonctionner des sonneries. Il y a un procédé qui consiste à brancher en série avec chaque sonnerie une lampe de faible ampérage, mais cela exige des précautions dans l’isolement des circuits sonnerie et des boutons d’appel
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- robustes et bien isolés; en raison de la tension indiquée, cette installation n’est pas à conseiller. Le transformateur ne peut fonctionner qu’avec du courant alternatif ou du courant vibré.
- M. Guyot, à Creil. — Il vous faudra 5o ohms de résistance au total quand les 5 boudins seront en service, mais les sections des fils doivent être telles que les intensités qui passent ne donnent pas d’échauffement dangereux. Nous allons prochainement indiquer, dans la Science appliquée, la manière de construire un rhéostat de ce genre et on ne pourrait donner tout ce détail dans la correspondance.
- M. Dcgals-, à Puyoo. — Avec Vanhydride sulfureux, il faut compter sur 465o frigories par cheval-heure indiqué avec une température de 200 au condénseur et cela nécessite environ 6 kg de gaz.
- On compté pour le réfrigérant sur 1000 calories cédées par mètre carré et par heure. Avec de beau en pluie vous êtes dans de très bonnes conditions. Le moteur a environ 1/4 de cheval; il ne faudrait pas compter avec l’appareil sur plus de 1000 à 1200 frigories à l’heure, à la condition que l'installation fût soignée. Pour les compresseurs, adressez-vous à Ingersoll-Rand, 32, rue Réaumur à Paris.
- Crédit anversois, à Bruxelles. — 1® L'émail de la faïence blanche se compose d’oxydes de plomb et d’étain, de sable quartzeux, seî marin et carbonate de soude. On commence par oxyder dans un four spécial appelé fournette le plomb et l’étain ensemble, le mélange d’oxydes obtenu s’appelle calcine et a pour composition : oxyde d'étain 23, oxyde de plomb 77 ; on mélange alors la calcine aux produits indiqués précédemment dans les proportions suivantes :
- Email dur Email tendre
- Calcine....................44 44
- Minium..................... 2 »
- Sable blanc............... 44 47
- / Sel marin.................. 8 3
- Carbonate de soude. ... 2 3
- Le produit est fondu en une masse vitreuse qui est broyée, mise en suspension dans l’eau à l’état de bouillie claire et appliquée sur les pièces à glacer soit par immersion, soit par aspersion, puis les pièces sont cuites pour amener l’émail à fusion et le faire adhérer au support. Quant à l’émail pour faïences brunes il est constitué par :
- Minium............................5 2
- Oxyde manganèse................... 7
- Poudre de briques fusibles.........41
- L’émail blanc peut être coloré par l’addition d’oxydes métalliques, les formules suivantes peuvent servir de
- types :
- Email jaune Email bleu
- Email blanc. ... 91 Email blanc...........g5
- Oxyde d’antimoine. 9 Oxyde de cobalt ... 5
- Email vert Email violet
- Email blanc. ... g5 Email blanc...........96
- Protoxyde de cuivre 5 Peroxyde de manganèse 4
- 20 Nous ne connaissons pas de maison suisse fabricant ces produits.
- M, Van de Meerssche, à Bruxelles. — En principe, le décapage électrolytique est possible en suspendant l’objet en cuivre à la cathode dans un bain d’eau très faiblement acidulée par l’acide sulfurique pour le rendre conducteur, l’hydrogène dégagé à ce pôle réduit l’oxyde et libère le métal, mais dans la pratique, l’opération est plus longue, moins régulière que le décapage à l’acide nitrique auquel il est préférable de s’en tenir avec installation d’une hotte à bon tirage pour entraîner les vapeurs nitreuses.
- M. Joubin, à Moutaine (Jura). — Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner le produit dont vous parlez, destiné à imperméabiliser les cols ; nous pensons qu’il s’agit simplement d'une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone, vous pourriez faire quelques essais dans ce sens en ajoutant au besoin une matière blanche, inerte, telle que talc, kaolin, sulfate de baryte.
- M. Jacques Souliac, à Paris. — i° D’après Mailand qui s’est particulièrement occupé de l’étude des vernis employés par les luthiers, le meilleur vernis pour violons
- correspond à la formule suivante :
- Mastic en larmes............... 10 gr.
- Dammar blanc très tendre ... 5 —
- Essence grasse de térébenthine . 100 c. c.
- Huile de lin ordinaire ..... 5 —
- Dans une bouteille à làrge fond, on place une couche de verre pilé, puis l’essence grasse préalablement colorée par les colorants convenables, on ajoute le mastic et on abandonne 24 heures en agitant à diverses reprises. On ajoute le dammar et abandonne encore 24 heures, ensuite on verse peu à peu l’huile en agitant bien ; on laisse reposer i5 jours à l’abri de la lumière vive et filtre au coton. Il est avantageux de n’employer ce vernis que six à huit mois après la préparation. Habituellement, on donne deux couches de vernis, la première avec un vernis à l’huile de lin crue et la seconde avec un vernis à l’huile de lin siccativee qui donne le brillant.
- 20 Le moyen le plus pratique pour dégraisser vos étoffes de soie est de vous servir de tétrachlorure de carbone.
- 3° Adresse de piscine : Swimming Palace, 26, rue de Chazelles, Paris, 17e.
- Ateneo, Barcelone. — Nous n’avons pas eu en main le porte-cigare dont vous parlez; d’après vos indications, nous pensons qu’il contient deux tampons d’ouate, l’un imbibé d’acide chlorhydrique, l’autre d’ammoniaque,, ces deux produits lorsqu’ils viennent en contact donnent des vapeurs de chlorhydrate d’ammoniaque qui ressemblent beaucoup à la fumée du tabac. Quant au parfum il ne doit être là que pour l’agrément.
- M. Gaspar Tardy. — 1° Nous vous remercions de votre aimable communication que nous avons utilisée. 20 Les fils dont vous parlez ne sont pas en fulmi-coton, car leur combustion serait trop rapide ; ce sont simplement des fils de coton enrobés de pulvérin fixé par une solution de gomme arabique. 3® En ce qui concerne la puissance que doit développer une dynamo pour produire Vélectricité nécessaire à la cuisson des légumes dans une marmite de 100 litres, le calcul peut s’établir ainsi :
- .En supposant que toute la chaleur dégagée soit transmise à la masse (filaments chauffants noyés dans le liquide), que, d’autre part, le rayonnement de la marmite soit négligeable (disposition delà marmite norvégienne), en admettant enfin avec une approximation suffisante que la chaleur spécifique des légumes à cuire est identique à celle de l’eau, c’est-à-dire égale à l’unité; dans ces conditions il suffit de fournir la quantité de chaleur nécessaire pour amener 100 litres d’eau à l’ébullition en partant de la température ambiante de i5° en moyenne, soit 85oo grandes calories ou 8 5ooooo petites calories.
- Pour obtenir cette quantité de chaleur il faut, d’après le principe de l’équivalence, dépenser :
- 4.18 x 8 5oo 000 = 35 5ooooo Joules.
- Si vous désirez obtenir l’ébullition en 1 heure ou 36oo secondes la puissance nécessaire sera 35 5ooooo
- ---—-----ou environ
- 36oo
- , 10000
- 10000 watts = 1 o kw =-------— 13 H P
- 786
- Pour tenir compte des pertes il faudrait tabler sur 16 ou 17 HP.
- M. G. Ilervochon, à Paris. — Les gommes anii-rouille sont constituées par un mélange de caoutchouc, d’émeri en poudre et de rouge d’Angleterre, on termine par une vulcanisation à la manière habituelle.
- M, le Dv Ombrédanne, Paris, — Malgré notre désir, nous n’avions pu étudier la question que vous nous aviez posée, vous trouverez dans le présent numéro, aux Recettes et Procédés utiles, la composition que nous avons trouvée pour l’un des produits employés au lissage des faux cols.
- M. Limousin, à Delle. — Voici trois formules de bains de nickelage qui donnent d’excellents résultats à la condition d’employer des produits purs et de nettoyer parfaitement au préalable les pièces à nickeler :
- Pour 100 litres d eau ABC
- Sulfate de nickel........... 5 k. 3 k. 7 k.
- Sulfate d’ammoniaque. ...» » 2
- Chlorhydrate d’ammoniaque. » 3 »
- Acide citrique................. » » 0>5
- Tartrate neutre d’ammoniaque 3 » »
- Citrate d’ammoniaque. ... » 2 »
- Tanin à l’éther . . . .... 25 gr. » »
- L’intensité du courant doit varier de o.5 à 1 ampère par décimètre carré de surface à recouvrir, le bain ne doit être que très faiblement acide au tournesol, on devra donc l’amener à ce point par addition ménagée
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- d’ammoniaque s’il est trop acide, ou d’acide citrique dans le cas contraire.
- M. Chalas, à Neuilly-sur-Seine. — i° Nous ne possédons pas de données nouvelles sur l’emploi de l’alumine
- comme agent de dessiccation. 2° Pour la préparation des granulés vous trouverez une étude très complète de la question dans le Formulaire de Gerbelaud, page 198 (chez l’auteur, 89, avenue Wagram, 17e).
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- BIBLIOGRAPHIE
- osl,
- esst
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
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- Théorie cinétique des gaz, par E. Bloch. i vol. in-16, Armand Colin, éditeur. Paris 1921. Prix broché : 5 fr.
- La théorie cinétique des gaz joue un grand rôle dans toute la physique moderne. Il nous en manquait cependant un exposé systématique et complet. Cette lacune est désormais comblée par le livre de M. Bloch; la théorie cinétique y est exposée dans ses grandes lignes avec une remarquable netteté; partant de la loi fondamentale de Maxwell sur la distribution des vitesses des molécules dans un gaz à l’état de chaos moléculaire, loi statistique déduite du calcul des probabilités, l’auteur montre comment en découlent simplement diverses conséquences vérifiées par l’expérience : lois des gaz parfaits, viscosité, conductibilité thermique, diffusion; il expose ensuite la doctrine célèbre de l’équipartition de l’énergie déduite par Maxwell et Boltzmann de la théorie cinétique, il montre la signification que prennent dans cette théorie les principes fondamentaux de la thermodynamique, puis revenant sur l’équipartition de l’énergie et ses conséquences en ce qui concerne les chaleurs spéci-fiaues (démonstration de la loi de Dulong), il indique à quel moment elle s’écarte de l’expérience et comment ces écarts ont conduit à la théorie des quanta. Sont étudiés, en outre, le mouvement brownien, les propriétés pratiquement si importantes aujourd’hui des gaz très raréfiés, et la structure des raies spectrales. L’auteur a su réduire au minimum l’appareil mathématique nécessaire à l’exposé de chacune de ces questions, renonçant au besoin à des démonstrations qui eussent exigé des calculs trop savants. Aussi son livre est-il accessible à tout lecteur de culture mathématique moyenne et il constitue une excellente vue d’ensemble sur plusieurs des plus importants chapitres de la physique moderne.
- Eléments de la théorie des Vecteurs et de la Géométrie analytique, par Paul Appell. i vol. relié, Sq fig. Payot et Cie, éditeur, Paris, 1921.
- Exposé des principes fondamentaux de la théorie élémentaire des vecteurs et application de cette théorie à l’établissement simple et rapide des formules essentielles de la géométrie analytique.
- Mécanismes communs aux phénomènes disparates, par M. Petrovitch. 1 vol. in-16. Nouvelle collection Scientifique Borel. F. Alcan, éditeur, Paris, 1921. Prix : 8 frs.
- L’analogie a toujours été un mode de raisonnement très employé dans les sciences et celles-ci lui doivent de nombreuses découvertes ; de nombreux phénomènes, en effet, quoique appartenant à des domaines essentiellement différents, présentent des particularités communes de mécanisme et d’allure; autrement dit ils s’expriment par des équations de même forme ; dès lors, les résultats acquis dans l’un des domaines peuvent.immédiatement se transposer dans l’autre, à la seule condition d’être en mesure de bien définir le sens des variables transposées. M. Petrovitch donne un très grand nombre d’exemples de ces analogies, dans les domaines les plus divers : physique, chimie, biologie, sciences économiques, et il suggère ainsi des rapprochements qui ne peuvent manquer d’être fé-
- conds. Mais il faut se méfier de l’analogie employée sans précaution; on risque de sortir du domaine purement scientifique pour tomber dans celui de l’à peu près ou dans celui de la rhétorique pure. Aussi, M. Petrovitch s’efforce-t-il, et c’est la partie la plus originale de son ouvrage, de préciser avec méthode les conditions d’emploi légitime du raisonnement par analogie.
- Hydraulique industrielle et usines hydrauliques, par M. Eydoux, 1 vol. grand in-8, 55o p., 3oo fig. (Encyclopédie du Génie civil et des Travaux publics, dirigée par M. Mesnager). Grandes Encyclopédies Industrielles, J.-B. Baillière, Paris, 1921. Prix, broché : 4o francs.
- Ce volume fait suite naturelle à Y Hydraulique générale et appliquée, publiée par M. Eydoux dans la même collection.
- Il débute par un résumé de la théorie des machines hydrauliques et des turbines modernes.
- Vient ensuite une étude des pompes, des distributions d’eau sous pression, des transmissions hydrauliques et des moteurs soniques.
- La partie la plus importante est consacrée aux usines hydrauliques dont l’auteur s’est particulièrement occupé au cours de sa carrière d’ingénieur.
- M. Eydoux s’est surtout efforcé de traiter ce sujet sous une forme didactique et générale, sans entrer dans les détails qui varieront toujours avec chaque installation. Un certain nombre d’exemples bien choisis vient appuyer son exposé.
- La question des conduites forcées est ensuite étudiée à fond et l’ouvrage se termine par un examen rapide de la question des usines à marées.
- Nos ports, par A. Claveille. i vol. in-8 écu, 192 p. Plon, éditeur, Paris, 1921. Prix : 6 francs.
- L’auteur, ancien ministre des Travaux publics, décrit l’état présent de tous nos ports, résumant les travaux faits depuis la guerre, les travaux en cours, et les besoins immédiats. Il expose ensuite le mécanisme de la loi, récemment votée sur son initiative, qui organise l’autonomie des ports ; il montre les effets bienfaisants qu’elle doit produire, et il trace dans leurs grandes lignes les directions générales d’une judicieuse politique des ports.
- Le chauffage au charbon pulvérisé, par M. Frion, i brochure 32 p. (extrait de Chaleur et Industrie), 5, rue Michel-Ange, Paris, 1921.
- La revue Chaleur et Industrie édite en une brochure l’excellent rapport présenté par M/Frion. à la Commission Interministérielle des Combustibles. Il expose le développement actuel de ce mode d’emploi du charbon, indique les différents systèmes utilisés aujourd’hui, leurs conditions d’application et leurs avantages res-
- • pectifs. La liste des installations en service prouve éloquemment que, en quelques mois, le charbon pulvérisé a pris en France un développement important.
- Comment obtenir de bonnes photographies. 1 vol. illustré, i5x p. Editeur. Société anonyme française Kodak, 17, rue François-Ier, Paris, 1921. Prix : 6 francs.
- Ce petit volume est un guide à l’usage des amateurs photographes, plus particulièrement de ceux qui utilisent les appareils Kodak. Mais les conseils qu’il contient, pour les prises de vues, les temps de pose, le choix des sujets, l’emploi de magnésium, le développement des pellicules et le tirage des épreuves seront lus avec profit par tous, car ils sont le fruit d’une expérience consommée.
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- Supplément.
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- N° 2481
- 22 Octobre 1921
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- INFORMATIONS
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- La plus puissante chute d’eau du monde. — Ce n’est, d’après le Journal des Forces hydrauliques, ni celle d» Niagara, ni celle de l’Iguassu au Brésil, ni celles du Zambèze ou du Haut-Nil. Ce serait celle de Kaietanar, dans la Guyane Anglaise, découverte en 1870 par l’explorateur Brewns. Elle se trouve sur le Rio Portaro, affluent de l’Essequibo. Ses eaux se précipitent par un formidable escarpement rocheux de 120 m. de large sur a5o m. de haut sans être arrêtées, ni coupées par aucun îlot, aucune barre. La hauteur est 5 fois plus grande que celle du Niagara, et le double de celle des chutes Victoria sur le Zambèze. L’énergie disponible est évaluée à 225oooo chevaux.; celle du Niagara n’est que de i25oooo chevaux.
- Imperméabilisation de murs. — La revue Le Constructeur de ciment armé signale le dispositif suivant dû à une maison américaine en vue d’assurer l’étanchéité des murs de maisons d’habitation, tout en s’opposant à la condensation de l’humidité.
- Ce revêtement qui permet de constituer des parois régulières, par conséquent aptes à recevoir une couche finale de plâtre, consiste en une couche d’asphalte appliquée au moyen du « cement-gum » ou canon à ciment, sous une forte pression et à la température normale. Dans cette couche encore tendre, on enfonce à l’aide d’un petit appareil pneumatique à jet de sable de petits graviers de roche dure qui s’y trouvent de cette façon enrobés.
- Au bout de 36 ou 48 heures, la couche d’asphalte est devenue suffisamment dure pour que l’on puisse y appliquer l’enduit final de plâtre. L’ensemble d’asphalte et de plâtre donne une épaisseur totale de 18 à a5 millimètres.
- Pour combattre l’incendie à bord des navires. — A lExposition navale qui s’est ouverte à Londres en septembre, on a vu fonctionner un intéressant appareil qui met en mouvement un appel par cloche sonnant énergiquement dès que la température s’élève de façon anormale dans une partie quelconque d’un navire. On est ainsi prévenu d'un commencement d’incendie avant que la cale ou les soutes où il s’est déclaré soient pleines de fumée, ce qui empêche le plus souvent d’y entrer pour s’attaquer au fléau.
- Un autre système permet de combattre le feu dans un réservoir à pétrole. La chaleur développée produit alorà une sorte d’écume qui se répand sur les surfaces enflammées et les éteint. Le Board of Trade a approuvé cette innovation.
- Wagons gigantesques. — C’est aux Etats-Unis, sur le Virginian Railway, qu’on vient de les expérimenter. Il s’agit, d’après le Génie civil, de wagons destinés au transport du charbon. Ils pèsent à vide 36 tonnes environ et peuvent recevoir un chargement de 109 tonnes. Ce sont les plus grands wagons actuellement en service dans le monde entier. La caisse du wagon mesure i5 m. 10 de long et 3 m. 120 de large. Sa profondeur varie de 2 m. 265 à 2 m. 570. La capacité est de 109 m3, elle peut atteindre 126 m3, en chargeant le charbon jusqu’au dessus des bords avec un talus de 3o°. Le châssis est porté par 2 bogies à 3 essieux en acier moulé. Le Virginian Railway a commandé 1000 wagons de ce modèle.
- Le bois de fer. — L’arbre de bois de fer croît sur différents points de l’Archipel des Indes orientales, à Sumatra, à Timor, à Amboine, à Riouw, dans les Mo-luques. Il peut atteindre 80 m. d’envergure.
- Au moment où I on mène une utile campagne pour propager en France l’emploi des bois exotiques, on peut appeler l’attention de nos industriels sur ce bois lourd, qui durcit à l’usage sans arrêt et semble inusable. Par ses grandes dimensions, il est très estimé comme bois de construction. Sa couleur varie selon les espèces : il est rouge-br.un, ou jaune, ou rayé. Le bois de teinte foncée est meilleur que celui de teinte claire.
- Il se prête à de nombreux usages : construction des habitations, des ponts; fabrication des meubles, des roues, etc. D’après les renseignements émanant du con-
- sul général à Hong-Kong, ce bois est très recherché en Chine, où l’on en fait des poutres, des solives, des perches et, par millions, des baguettes pour manger. Les racines servent à faire des cadres de grandes dimensions, et des dessus de tables.
- La fibre du bois de fer est courte; son fil est grossier, néanmoins, lorsqu’il est jeune, on peut le polir au rabot ou au tour. Lorsqu’il est poli avec de la levure de bière, il reluit avec un chatoiement brun foncé et ressemble au vieux chêne bien travaillé.
- Le bois de fer est à l’épreuve du temps et du vent, mais non toujours de l’humidité. Il attaque le métal. C est surtout un bois d’une extrême solidité.
- Les méfaits du déboisement aux Etats-Unis. — On déplore avec raison en France les méfaits du déboisement. Le mal est cependant chez nous beaucoup moins grave qu’aux Etats-Unis. C’est ce qui résulte d’un article de M. Dana dans le Bulletin du Ministère de l'agriculture des Etats-Unis, article que résume et commente M. Mathey dans la Revue des Eaux et Forêts. Il est bon de noter que c’est précisément dans l’application des méthodes d’exploitation forestières mises en vigueur par notre Ecole de Nancy que M. Dana voit le remède à la situation très grave qui menace son pays.
- L’article de M. Dana vise spécialement l’Etat de Pennsylvanie. L’incendie et une exploitation intensive ont fait disparaître une grande partie des forêts qui couvraient cet Etat; l’érosion rapide du sol, l’irrégularité du débit des sources et des cours d’eau ont été là comme partout ailleurs la conséquence fatale de ce déboisement et ont jeté une grande perturbation dans la vie économique du pays.
- M. Dana signale en outre certains effets curieux des méthodes dévastatrices en usage aux Etats-Unis. L’industrie forestière occupe en Pennsylvanie 907 000 personnes, soit 13,7 pour 100 de la population ouvrière du pays et livre annuellement à la consommation 1 582000000 dollars de produits. Cette richesse risque cependant d’être éphémère, car aux Etats-Unis on considère la forêt non pas comme une source de récoltes périodiques, mais comme une miné qu’on exploite jusqu’à épuisement complet et que l’on abandonne ensuite.
- Aussi l’industrie américaine du bois est-elle essentiellement errante; elle se déplace sans cesse à la recherche de nouveaux gisements en quittant sans esprit de retour les territoires’épuisés; des villes champignons s’élèvent dans les centres d’exploitation, elles se développent rapidement, puis disparaissent aussi vite en ruinant les exploitations agricoles qui, créées pour les alimenter, se trouvent bien vite privées de débouchés.
- Dans les montagnes de Pennsylvanie le nombre des villes ainsi ruinées par le déboisement est considérable. Un exemple frappant est celui de la ville de Crossfork; elle comptait en 1893 une dizaine de familles; deux ans après c’est une ville de 3000 habitants, avec un chemin de fer, 7 hôtels, 4 églises ; elle devait ce développement à une importante scierie qui était venue s’établir dans la région. En 1909, la scierie termina ses opérations; les incendies devinrent si fréquents que les Compagnies d’assurances annulèrent toutes les polices ; le chemin de fer s’arrêta; la population finit par tomber à 60 personnes.
- L’Etat de Pennsylvanie occupait en r86o la première place dans le commerce des bois parmi les divers Etats de l’Union, il ne figure plus aujourd’hui qu’au 160 rang.
- Comme conséquence de cette décadence, on constate que dans ce même Etat, de 1900 à 1910, près de 5ooo fermes furent abandonnées ; dans ce même laps de temps l’étendue des terres désertées dépassa .780000 acres et les fermiers laissèrent plus de 53oooo acres de terres incultes.
- Dans tous les Etats-Unis, sous prétexte de favoriser le développement de l’agriculture, on a déboisé avec excès; les terrains ainsi défrichés ne sont pas tous propres à la culture, et de plus grandes superficies de bons terrains ne peuvent être cultivées faute de bras ; ainsi dans le Wisconsin on a défriché xo 000 000 d’acres de terrains propres à la culture, mais celle-ci ne peut en
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- INFORMATIONS
- utiliser plus de 5oooo par an. Il faudra donc i5o ans pour mettre en rapport tout le territoire déboisé. Mieux eût valu lui laisser jusqu’à ce moment sa parure de forêts et ne procéder que progressivement.
- La responsabilité de ce déboisement absurde revient aux gouvernements qui ont aliéné sans discernement d’immenses superficies forestières cédées comme terrains à bâtir, voies de communication, etc , et laissé aux intérêts privés le soin d’exploiter au mieux ces précieuses richesses.
- Les particuliers, cherchant à exploiter leur bien avec le minimum de frais, ont tout naturellement procédé par coupes blanches. La spéculation sur les terrains s’en est également mêlée; des terrains ont passé de main en main à des prix de plus en plus élevés; finalement le dernier acheteur, surpris par la baisse, frappé par les impôts, s’est vu obligé de réaliser en abattant coûte que coûte les bois de son terrain.
- Ce système barbare d’exploitation a en outre pour effet d’épuiser rapidement les réserves de bois des Etats-Unis. Ce pays jusqu’ici, grâce à ses formidables ressources, n’a pas souffert encore du manque de bois. Mais déjà la consommation dépasse la production et l’on peut entrevoir dès maintenant le moment où toutes les forêts vierges auront disparu. Dans certains Etats jadis très riches en forêts, les bois doivent être importés des Etats voisins. Tel est le cas de la ville de Muskegon qui fut l’une des plus grandes agglomérations de scieries du monde. En 1887,-elle produisait 665 millions de pieds de planches et 5îo millions de bardeaux. Il n’y reste plus aujourd’hui qu’une seule petite scierie et il faut y faire venir du bois des Etats du Sud.
- Les bois résistant aux ravages des tarets. — A propos de la note publiée sur la préservation des bois contre les ravages des tarets (Voir La Nature, 29 mai 1920), nous avons reçu communication des résultats d’une enquête faite par les agents consulaires américains, aux fins de rechercher les espèces de bois qui résistent aux attaques de ces ravageurs. Ces espèces ne sont pas nombreuses ; elles appartiennent généralement aux pays chauds, comme le greenheart. Dans l’île. de Cuba, on emploie les bois indigènes de Jucaro, de Jiqui et d’Acajou. Le premier dure plus de i5 ans, sans aucun traitement; les deux autres peuvent durer une douzaine d’années, tandis que le pin de Cuba est détruit par le taret en trois ans. Dans les îles Haïti et San-Domingue, on emploie, pour faire les pilotis, le bois de Palmier latani qui pourrait servir, paraît-il, durant a5 années et même au delà. A la Martinique, on fait servir au même usage le bois de Poirier, qui dure de 10 à 20 ans; c’est ordinairement la partie soumise à l’action de» vagues qui se détériore assez vite ; or, l’eau de mer semblerait le conserver.
- Dans l’île de Trinidad, on emploie le bois appelé Poni qui peut durer i5 ans sans traitement.
- Au Venezuela, on utilise le Gaïac ou Vera et le Cura-rire, mais ils ne durent guère plus de 6 ans.
- Dans l’Adriatique, les tarets causent de tels dommages qu’il faut créosoter tous les bois de marine, ou recouvrir les pièces non traitées d’un revêtement en feuilles de zinc bien soudées entre elles.
- Au Danemark, on protège les pilotis par un enduit de goudron ou de carbolineum; parfois, on a recours à une armature formée de plaques de fer battu qui résiste à la rouille pendant 12 années environ.
- Le commerce des Etats-Unis. — L'Economiste français publie une intéressante étude de M. Rouland sur la balance commerciale des Etats-Unis.
- Se basant sur les données fournies par le Bulletin mensuel de la Société de Banque suisse, il établit le bilan suivant concernant le mouvement des sorties et entrées de marchandises de 1913-1914 à 1920-1921, en millions de dollars.
- Année au 50 juin. Exportations. Importations. Excédent d'exportations.
- 1913-1914. . • 2.365 1.894 471
- 1914-1915 . . . 2,769 1.674 1.094
- 1915-1916. . . 4-333 2.198 2.136
- 1916-1917. . . 6.293 2.659 3.634
- 1917-1918. . . 5.928 2.946 2.982
- 1918-1919 . . . 7.232 3.096 4.136
- 1919-192°. . . 8.112 5.i3g 2.973
- 1920-1921 . . . 6.519 3.667 2.85z
- Ces balances se chiffrant chaque année par un important excédent des exportations sur les importations, on conçoit quel immense stock d’or a pu se constituer aux Etats-Unis.
- Le crapaud et le feu. — M. W. Woodland a conté dans Nature une bien curieuse histoire. Un ami lui avait assuré que le crapaud aime manger du charbon de bois embrasé. Ceci se passait aux Indes. M. Woodland fit l’expérience. Ayant jeté à terre de petits fragments de braise au rouge vif, il vit de petits crapauds (Bufo stomaticus), qui viennent en octobre jusque dans les maisons, s’approcher du feu, gober la braise et l’avaler sans en être incommodés; ils recommencèrent même plusieurs fois de suite comme si ce mets leur plaisait. Prenaient-ils ces charbons rouges pour des insectes phosphorescents, abondants dans le pays? M. Woodland recommença l’expérience à Allahabad avec le même succès et vit même des crapauds avaler des bouts de cigarette enflammée. M. de Varigny, qui rend compte de ces faits dans ïAnnée Biologique, se demande si le crapaud ne ressent aucun désagrément de ce repas ou s’il oublie les expériences qu’il vient de faire quand il recommence En tout cas, dit-il, le crapaud de notre pays (Bufo vulgaris) ne manifeste aucun penchant pour la braise en feu et ne lui porte même aucune attention.
- Capture d’un Carcharias à Saint-Cast. — Le requin à peau bleue (Carcharias glaucus) est un des plus grands squales qu’on rencontre sur nos côtes. Il fréquente volontiers les lieux de pêche où il chasse les poissons pour son propre compte, si bien que des pé-
- cheurs en capturent assez souvent dans leurs filets, contre leur gré et au grand dommage de ces derniers.
- M. Poirier, pharmacien à Rennes, a bien voulu nous envoyer la photographie ci-jointe qui montre un beau spécimen pris dans les filets du pêcheur Dubois, de l’île Saint-Cast, alors qu’il se trouvait au large de Saint-Brieuc. Le « Peau bleue », ramené à terre sur le pont du bateau, mesurait 2 m. 5o de la tête à la queue et pesait environ 25o kg. On remarquera sur la photographie sa dentition puissante, formée de dents pointues et acérées.
- La police américaine expérimente des grenades à gaz asphyxiants. — Le Scientific American signale que la police de Philadelphie vient d’expérimenter, pour la lutte contre les criminels, des grenades à mains chargées de gaz asphyxiants. En fait les gaz utilisés sont de deux sortes; les uns sont des gaz lacrymogènes, analogues à ceux employés à certains moments sur le front, gaz gênants pour qui les respire, mais inoffensifs ; les autres ont pour effet de faire perdre le sentiment à ceux qui les respirent, les laissant pendant quelques instants sans connaissance et sans forces, par suite hors d’état de nuire.
- La police envisagerait l’emploi de ces bombes contre les malfaiteurs en bande, contre les criminels en automobiles, etc. On ne dit pas quel en sera l’effet sur les malheureux passants qui se trouveront involontairement mêlés à ces algarades.
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- £SÜ
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- osl.
- Un tournevis d’équerre pratique. — Quand une vis est placée dans un endroit où le tournevis habituel ne peut être utilisé, on emploie le plus souvent le tournevis coudé et à chaque quart de tour il faut changer de bout, ce qui est fastidieux.
- On peut réunir en une seule pièce les deux extrémités de l’outil coudé. Ces extrémités ont chacune un biseau qui se trouve à 90° de l’autre. On préparera donc un petit morceau d’acier rond que l’on percera en son centre, et à chaque extrémité on l’amincira comme une lame de tournevis, les deux lames se trouvant dans des plans perpendiculaires.
- Il suffira de river une tige d’acier emmanchée dans le trou préparé et on munira cette tige d’un manche de tournevis ordinaire.
- La tige du tournevis sera en acier de 10 mm qu’on trempera après façonnage; la tige avec manche aura 5 mm de diamètre.
- Après chaque quart de tour de la vis, il suffit de faire tourner bout par bout le corps du tournevis, pour faire agir l’autre biseau d’un quart de tour et ainsi de suite.
- Ecrou indesserrable. — On renonce à compter les brevets pris pour des écrous indesserrables dont l’emploi s’est répandu grâce à l’automobile et au motocyclisme.
- Le prix de ces écrous n’est élevé qu'en apparence, car le desserrage provoque souvent des réparations qui reviennent beaucoup plus cher encore.
- Quoi qu’il en soit, on hésite souvent devant une dépense de premier établissement; voici donc le moyen de faiffe à peu de frais un excellent blocage d’écrou.
- On commence par fixer un prisonnier dans l’écrou, dans le sens de l’axe, près d’une arête, fcur un écrou de 10 mm, le prisonnier sera en acier de i5/io et il dépassera de 6 mm.
- On confectionne ensuite un ressort à boudin d’un diamètre inférieur à celui d’un boulon. Pour du 10 mm, la corde à piano sera en 10/10 et on l’enroulera sur une tige de 8 mm. Ce ressort portera un œil à la partie supérieure et cet œil viendra se placer dans la partie libre du prisonnier.
- Quant au ressort, il épousera le filet du boulon qui dépasse de l’écrou, et si on serre l’écrou ce mouvement tend à ouvrir le ressort maintenu pour le prisonnier; par conséquent le ressort descend avec l’écrou sans contrarier le mouvement.
- Dès que l’écrou est serré, il ne peut plus revenir en arrière, car le prisonnier entraîne le ressort et si celui-ci a un nombre de spires suffisant pour créer une résistance de frottement convenable, le ressort résiste et le prisonnier le ferme et l’applique avec encore plus de force sur la tige filetée du boulon. L’écrou ne peut donc pas pratiquement se desserrer.
- Cette disposition exige évidemment que la tige du boulon dépasse l’écrou de 6 mm au minimum pour un écrou de 10 mm fileté au pas international ou au pas français.
- Utilisation d’une vieille enveloppe de pneu. — La vieille enveloppe de pneumatique, surtout s’il s’agit
- d’une enveloppe de gros pneu d’auto, est un déchet que l’imagination fertile d’un amateur peut utiliser,
- En voici un exemple. On découpe deux pièces de bois de 2 cm d’épaisseur suivant la1 forme de la section intérieure transversale de l’enveloppe à utiliser. On coupe une longueur de la vieille enveloppe en rapport avec celle des outils ou des objets qu’on a l’intention de placer dedans.
- Les pièces de bois sont placées à chaque extrémité du morceau d’enveloppe qu’elles obturent et on clouera l’enveloppe sur le bois avec des semences.
- Cela constitue un sac à menus objets, à outils longs et minces, tels que tournevis, chasse-clous, pointeaux, lunes, etc.; on peut l’agrémenter de poignées en passant des cordelettes dans les talons de l’enveloppe.
- Le même dispositif employé avec une enveloppe de /vélo ou de moto pourra être appliqué utilement pour former un sac destiné à transporter les Fougies de rechange.
- Celles-ci seront bien à l’abri et elles ne risqueront pas de se détériorer par les chocs au cours du voyage si-on les laisse mêlées dans un coffre avec les objets les plus hétéroclites.
- Un dispositif ingénieux pour l’éclairage d’une auto à l’arrêt. — L’éclairage électrique se généralise sur les voitures automobiles. Il utilise le courant fourni par une batterie d’accumulateurs qui marche d’ailleurs comme batterie tampon.avec une petite dynamo que commande le moteur de la voiture.
- Si la voiture s’arrête, c’est alors la batterie seule qui est chargée de fournir le courant aux lampes. Généralement la capacité de la batterie est prévue pour permettre un éclairage assez long à elle toute seule.
- Cependant, on a intérêt à diminuer la consommation du courant sur la voiture à l’arrêt, surtout si elle doit rester longtemps dans cette position; par exemple, un docteur en visite, un ingénieur en inspection, etc.
- Malgré tout, il est indispensable que le véhicule ait une lumière blanche vers la direction avant et un feu rouge vers la direction arrière.
- On peut alors installer à poste fixe sur un garde-boue avant une petite lanterne munie d’une lentille blanche à l’avant et d’une rouge à l’arrière.
- Dès que la voiture est arrêtée, on met cette lanterne en dérivation sur la batterie au moyen de deux fils spéciaux allant de cette lampe aux bornes des accus et comportant un interrupteur de commande. On coupe ensuite l’allumage de la voiture.
- On peut même rendre cette manœuvre plus automatique en cachant la lentille rouge par un disque opaque quand la voiture est en marche.
- Cet écrou bascule et on le manœuvre quand la voiture est à l’arrêt pour découvrir la lanterne rouge du garde-boue. Ce mouvement de bascule est utilisé alors pour produire les connexions que doivent donner les interrupteurs dans la première méthode.
- On n'a donc plus à l’arrêt qu’une seule lampe allumée et qui répond parfaitement à tous les désirs des règlements du code de la route.
- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte ans Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres pré* sentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qn’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. P. D., à Beauvais. — i° Pour l’application du procédé de conservation des œufs par stérilisation (anhydride carbonique et azote) et réfrigération combinées, voyez M. Fernand Lescardé, ingénieur civil, 51, boulevard de la Chapelle, Paris, 10e, qui vous donnera les adresses demandées; 20 Nous indiquons, pour l’une des villes citées : M. Krebel, industriel, à Morlaix.
- M. Scherr, à Epinal. — Il existe des disjoncteurs automatiques pour arrêter la charge d’une batterie au moment voulu, mais nous ne comprenons pas très bien comment vous employez une batterie branchée sur du 220 volts. Il faudrait nous indiquer le montage exécuté pour que nous puissions répondre utilement. Nous avons donné dans la Science appliquée un appareil conjoncteur-disjoncteur qui pourrait servir à votre installation, ce n’est qu’une question de bobinage.
- Quant à la deuxième question, nous ne voyons qu’un wattmètre pouvant donner satisfaction. On pourrait peut-être réaliser un indicateur d’intensité d’éclairement en se basant sur les propriétés du sélénium, mais cet appareil n’existe pas, croyons-nous, dans le commerce. Votre idée du moteur avec sonnerie est très ingénieuse,
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- BOITE AUX LETTRES
- mais il faudrait un appareil de peu d’inertie. Nous allons étudier ce genre d’installation.
- M. Charonnat, à Paris. — Les différents systèmes employés pour remédier à l’inconvénient des trépidations et du bruit produits par les machines ou procédés de travail se ramènent en somme à deux priacipaux : disposition de fosses d’isolement vides ou pleines de matières meubles autour du massif qui supporte l’appareil vibrant ; interposition de matières antivibrantes, telles que feutre, liège, caoutchouc, etc.
- Il est bon de noter que souvent les fosses d’isolement ne peuvent pas être creusées assez profondément et que les matières antivibrantes, d’autre part, perdent assez vite leur élasticité et ainsi se mettent à transmettre à leur tour les trépidations.
- C’est ce qui a amené à essayer de supports en bois massif isolés et comme antivibrants des ressorts d’acier, cuir et bois. Les résultats en sont satisfaisants et vous pourriez vouKIadresser à M. G. Jolivet, ingénieur-constructeur, 25, boulevard de la Chapelle, à Paris, qui a bien perfectionné ce dispositif utilisé, croyons-nous, par les orfèvres du quartier Saint-Ambroise pour atténuer les vibrations occasionnées par leurs marteaux-moutons. Vous pourriez vous adresser également à l’Inspection des -établissements classés de la Seine ou à l’Inspecteur divisionnaire du Travail du département de la Seine.
- M. Maas, à Genève. — i° Le procédé de préparation des jus de cassis et framboises pour la fabrication des sirops peut se résumer à ceci : Pour les cassis : pressurage des fruits après chauffage, stérilisation en vases
- clos. Pour les framboises rouges : broyage et pressurage. La pression doit être lente et effectuée en utilisant des doubles toiles à pression, stérilisation, conservation en glacière et concentration par congélation, procédés qui donnent des jus très colorés, parfumés et très acides. Pour les framboises noires : expression après cuisson et en exerçant une pression graduelle, stérilisation. La concentration des jus par congélation ri’est pas nécessaire, il suffit de maintenir les jus stérilisés à lai température de la pièce, et, comme ils sont plutôt acides, on les adoucit par une addition de sucre;
- 20 Les jus de framboises et d’autres fruits, récemment exprimés, sont troubles à cause des matières en suspension qu’ils renferment. La filtration à travers de la pulpe de papier permet d obtenir un jus parfaitement clair. On peut aussi employer pour la filtration la terre d'infusoires ajoutée au jus dans la proportion de 2 pour îoo au minimum; on a un liquide parfaitement limpide; la terre d’infusoires s’opposant au feutrage des pores du filtre par les matières en suspension dans le jus ;
- 3° Gomme ouvrages traitant de la technique moderne relative à la préparation et à la conservation des fus de fruits, nous indiquons particulièrement : Bulletin du département de l’Agriculture des Etats-Unis, n° 241, Studies on Fruits Juices, H. C. Gore, chimiste au Fruit and Vegelable Uilisation Laboratory (Département de l’Agriculture, Washington). En France, s’adresser à la Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°, et à IL Dunod, éditeur, Paris, 47» quai des Grands-Augustins, 6°.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __
- Quelques problèmes, applications et données numériques d'exploitation des mines, par Paul Baubart. 1 vol. in-8 raisin, 160 p. Ch. Béranger, éditeur, Paris,
- , 1921: Prix net :
- Ce livre contient des applications et des données numériques se rapportant aux divers chapitres étudiés dans les cours d’exploitation des mines, calculs des explosifs, des câbles d'extraction, des cuvelages, des divers organes de la ventilation, des machines d’exhaure, exemples d’exploitation, etc.
- Les étudiants des écoles spéciales pourront y trouver l’occasion d’appliquer l’enseignement théorique, et de mettre les formules en chiffres.
- Chemins de fer d'intérêt local et tramways, par G. Cuénot. 1 vol. in-8 raisin de 295 p. Ch. Béranger, éditeur, Paris, 1921. Prix net : 25 francs.
- Cet ouvrage se divise en sept chapitres :
- I. Construction. II. Traction des véhicules. III. Exploitation technique des chemins de fer d’intérêt local. IV. Exploitations commerciales des voies ferrées d’intérêt local. V. Historique. VI. Législation, VII. Régime financier.
- De cette étude très claire, l’auteur fait nettement ressortir les conditions nécessaires au bon fonctionnement des lignes d’intérêt local; il montre les causes die la situation critique à laquelle un grand nombre d’entre eux ont actuellement à faire face et il indique les moyens d’y remédier.
- précis d’automobile, par A. Contet. i vol. 12x19 de xiv-417 p , 148 fig. Dunod, éditeur. Paris, 1921. Prix net : 20 francs.
- Ce livre est conçu avant tout dans un esprit essentiellement pratique. La description de chaque organe
- est suivie des prescriptions relatives à son entretien, des pannes qu’il peut présenter, des moyens de les découvrir et d’y remédier. Un chapitre spécial a été consacré à leur recherche méthodique. Un autre chapitre est réservé à l’examen d’une voiture d’occasion et à: la façon d’apprécier l’état de la voiture et les services qu elle peut rendre.
- Tout ce qui n’aurait qu’un intérêt historique a été rejeté et les organes des voitures sont décrits, non pas tels qu’ils furent, mais tels qu’ils sont réellement.
- Une place a été faite aux perfectionnements les plus récents, tels que le freinage sur roues avant, l’équipement électrique d’éclairage -et de démarrage, etc.
- La photographie aérienne pendant la guerre, par André H. Carlier, préface du général Duval. 1 vol. 204 p., 4o fig-» 78 photogr. hors texte. Delagrave, éditeur, Paris, 1921.
- M. Carlier, qui commanda une section de photographie aérienne aux armées, expose comment est né ce service, comment il s’est organisé, les problèmes qu’il eut à résoudre et les missions qu’il eut à remplir. Le public ne connaît que trop peu les immenses services rendus aux combattants par la photographie aérienne; bien que rien ne fût prévu en 1914 à cet égard, dès igi5, notre armée disposait d’un service photographique organisé dont les progrès furent incessants : levés et mise à jour des plans directeurs, reconnaissance des lignes et des arrières ennemis, repérage des batteries d’artillerie, telles furent les missions essentielles confiées aux observateurs photographes en avions, et accomplies chaque jour avec un héroïsme auquel l’auteur rend le plus justifié des hommages. M. Carlier nous montre comment l’observation aérienne, à partir du jour où elle fut méthodiquement organisée, bouleversa la tactique jusqu’alors en usage, notamment dans la fortification du champ de bataille; il nous montre les déchiffreurs de photographies attachés à déceler sur elles les moindres travaux de l’ennemi, les pistes les plus' ténues, et arrivant ainsi à découvrir ses projets et à les contrecarrer en temps utile. M. Carlier conclut en montrant les très grands services que la photographie aérienne peut rendre encore en temps de paix.
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- LA NATURE
- Supplément.
- AVIS A NOS ABONNÉS
- BAISSE DU PRIX DE L’ABONNEMENT
- Le icr Janvier 1921, nous avons été obligés de porter le prix de VabonnenïenT'de LA NATURE à 5o frs. pour la France et 60 frs. pour VÉtranger.
- Nos abonnés ont compris que, sans cette augmentation, nous n aurions pu continuer la publication et se sent rendu compte des sacrifices que nous devions faire pour maintenir notre prix au double de celui d’avant-guerre alors que les dépenses de fabrication avaient au moins triplé. Bien peu nombreux ont été ceux de nos anciens abonnés qui ont reculé devant un sacrifice pour conserver une Revue dont ils apprécient la valeur.
- Aujourd'hui le prix du papier descend peu à peu des hauteurs qu'il avait atteintes à la fin de 1920 et en 1921 et nous pouvons actuellement passer pour 1922 des marchés à des conditions moins onéreuses que celles que nous avions dû accepter il y a un an.
- Bien que les prix de l’impression, du brochage, des clichés, n'aient encore subi que des fléchissements insignifiants et que les tarifs postaux pour l'Étranger soient doublés à partir du icr Janvier prochain, nous tenons à faire profiter immédiatement nos abonnés de cette détente sur le prix du papier.
- A partir du 1er Janvier 1922 les prix d’abonnement sont ainsi réduits :
- ï an. 6 mois.
- FRANCE ................................. 40 francs. 20 francs.
- ÉTRANGER . . 50 francs. 25 francs.
- Les conditions très onéreuses de la vente au numéro dans les kiosques, qui comporte la rétribution d'une série d'intermédiaires, ne nous permettent pasyde fixer le prix du numéro au-dessous de 1 franc, pour la France comme pour l}Étranger. Nos Lecteurs ont donc tout intérêt à souscrire un abonnement.
- Bien que les nouveaux prix ne soient applicables qu’à dater du 1" Janvier 1922, à litre exceptionnel et pour être agréables à ceux de nos abonnés qui renouvellent leurs abonnements avant la fin de l’année, nous accepterons des abonnements aux prix nouveaux à partir du Ie* novembre 1921.
- Les Éditeurs de LA NATURE.
- N° 2482
- 29 Octobre 1921
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- INFORMATIONS
- Le poids de l’atmosphère et de ses éléments. — M. W. J. Humphreys a calculé le poids approximatif de l’atmosphère et de ses principaux éléments. En voici les résultats publiés par le Monlhly Wealher Review.
- Poids total de l'atmosphère. . . 5nXio16kg
- azote. ..... 38.722.986 X io11—
- oxygène......... 11.5g6.23g X ic*11—
- argon............... 623.925 X iou —
- vapeur d car. . . i32,6ooX R)11 — acide carbonique. 2I.658 XI011 —
- hydrogène. L . . 1.291X1011 —
- néon.................... 471 X io11 —
- krypton................... 64X1011 —
- hélium.................... 63XIC11 —
- xénon................... ii,6Xio11 —
- Le développement de la T. S. F. — Le Bureau international de l’Union télégraphique de Berne a dressé la statistique des postes de T. S. F. en service dans le monde entier. Ils atteignent en 1920 le nombre de i3 694, répartis en 977 stations terrestres et 12622 postes à bord de navires. En igi3 on ne comptait en tout que 5o8 stations, 3998 en 1918, et 6320 en 1910.
- Le caoutchouc minéral. — Au Congrès de Y American Chemical Society, Mr. C. O. North a fait une intéressante communication sur un produit appelé caou-chouc minéral, et désigné dans le commerce sous le nom de M. R. (minerai rubber).
- Ce produit fut obtenu primitivement en mélangeant à chaud de l’asphalte naturelle avec un bitume plus dur, tel que la gilsénite. Actuellement, on le prépare en chauffant à haute température un mélange de gilsénite et de résidus de distillation de pétroles du Mexique ou de l’Oklahoma, la masse étant brassée par un courant d’air.
- Bien que n’étant pas comparable au caoutchouc, qui est un produit purement végétal, le M. R. a quelques-unes de ses propriétés. Avant vulcanisation, le caoutchouc est plastique. Sous l’effet de la pression, il coule comme le goudron et les autres matières amorphes, et sa viscosité est fonction de la température. Vulcanisé, le caoutchouc devient élastique, c’est-à-dire, acquiert la propriété de reprendre sa forme primitive après déformation. Le caoutchouc non vulcanisé est très plastique et peu élastique ; vulcanisé, il est au contraire très élastique et peu plastique. Le M, R. est plastique avant et après vulcanisation. .. „
- Ce n’est pas un adultérant ni un substitut du caoutchouc, c’est strictement un composant à utiliser pour la « charge ». Son prix est très bas, 4 à 10 centimes le kilogramme. On l’emploie souvent dans la fabrication des pneumatiques et de divers articles en caoutchouc, mais la quantité ajoutée doit être soigneusement dosée. C’est ainsi que certains snowboots bon marché, dans la confection desquels la proportion de M. R. est trop forte, peuvent à peine être chaussés à l’état de neuf et i ensuite ne tiennent' plus sur la chaussure.
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- INFORMATIONS
- Ou peut ajouter jusqu’à 4o pour 100 de M. R. au caoutchouc sans diminuer sa force élastique, ni l’extension maxima qu’il peut subir. Si ces deux facteurs étaient les seuls à considérer, le M. R. serait plus employé que le blanc de zinc ou le noir de fumée. Malheureusement il n’a pas les propriétés de ces derniers. Si on ajoute plus de i5 pour 100 en volume de M R. au caoutchouc, celui-ci, après déformation, revient extrêmement lentement à sa forme primitive. Cette « paresse » est telle qu’une bande de caoutchouc, contenant une grande proportion de M. R., étirée puis abandonnée, « revient » brusquement d’une certaine quantité, puis met 24 heures pour reprendre sa longueur initiale.
- Si on pouvait diminuer l’extrême plasticité du M. R. par addition de substances convenables ou par modification de sa préparation, son emploi serait certainement beaucoup plus grand, et le prix des articles manufacturés diminuerait notablement.
- Pilots en papier. — On construit actuellement, en Californie, à Wilmingdon, des pilots dont l’âme est en papier et qui, servant pour les fondations, offrent une résistance considérable.
- Cette curieuse innovation réalise une application assez inattendue du papier dans la construction.
- Le procédé de fabrication de ces pilots est décrit par la revue Le Papier. Yoici ce que l’on nous dit de cette fabrication :
- Sur un gabarit, long cylindre en bois, on enroule une long je bande de papier goudronné, collée sur les bords; le tout est ficelé, puis on pose, diagonalement à la première, une autre bande étroite, à la façon d’un pansement sur un bras blessé. On fait tourner le cylindre et on enroule du fil tout autour, en appliquant de la colle chaude à chaque tour. Après avoir fixé ainsi trois couches de papier, on retire le cylindre de bois et on assujettit, autour du cylindre de papier, un filet à grandes mailles destiné à le renforcer lorsqu’il a été coiffé, préalablement, d’un chapeau de forme conique.
- Les pilots ainsi obtenus sont recouverts d’un mélange de ciment et de sable soufflé à une pression de 2 kg 1/2 par centimètre carré. Les pilots étant enduits de ce mélange, on forme la base en les soudant les uns aux autres avec du ciment que l’on souffle à la jonction. Ou obtient des pilots de 60 pieds de hauteur et d’un diamètre de 18 à 3o pouces. On adapte une tête carrée en acier au sommet du pilot pour supporter le choc du mouton.
- Une pile terminée pèse 6 tonnes environ. Au dire des ingénieurs, ces piles sont plus solides que les piles d’un seul bloc et ne sont pas attaquées par les insectes.
- Il y a là un progrès fort intéressant.
- Parquets en pâte de papier. — Il paraît, d’après un magazine américain, que l’on commence à employer aux Etats-Unis des parquets en pâte à papier. Ces parquets sans joints auraient l’avantage d’offrir au pied un contact très doux et de ne pas résonner dans la marche. Leur fabrication serait fort simple et rappellerait celle des parquets sans joints à base de sciure de bois. La pâte à papier, mélangée d’un peu de ciment qui sert d’aggluli-nant, serait réduite en bouillie épaisse que l’on étendrait sur le sol et que l’on comprimerait à l’aide de rouleaux. On peut leur donner n’importe quelle couleur, comme aussi les agrémenter de motifs variés.
- Maison roulante remorquée par une automobile-chenille. — Nos lecteurs connaissent la chenille Kegresse qui a fait merveille au mont Revard en se déplaçant sur la neige avec la plus grande facilité, même dans les pentes très rapides du parcours. Nous avons également décrit la maison remorque Cadel qui permet d’envisager le tourisme dans des conditions de confort suf lisantes pour permettre au voyageur de se passer d’un hôtel.
- On a eu l’idée de combiner les deux choses et d’essayer si la voiture Citroën munie de la chenille Kegresse était susceptible de remorquer une maison Cadel, dont le poids en ordre de marche est de deux tonnes et demie.
- La voiture Citroën équipée pour tous terrains légers est susceptible avec l’appareil Kegresse de pouvoir escalader une rampe de 70 pour 100 et elle peut remorquer
- la maison roulante dans les terrains, quels qu’ils soient, sablonneux ou autres.
- Bien entendu, il ne faudrait pas songer à gravir des pentes très importantes avec la remorque, mais étant
- donné que le terrain peut être à peu près quelconque, il est facile de passer à travers champs pour faire le détour nécessaire.
- Yoilà donc le moyen de faire du tourisme sans être obligé de suivre les routes et cette démonstration nou-
- velle de l’efficacitc de la cLenille souple permet d’entrevoir des applicalions encore plus intéressantes et plus utiles que le simple tourisme.
- Les sourciers en Australie. — En Australie, on croit beaucoup au pouvoir divinatoire des sourciers et à leur faculté de découvrir l’eau au moyen de leur mystérieuse baguette. Le D' Griffith Taylor a étudié les résultats ainsi obtenus sur le territoire australien et il publie ses conclusions dans les Proceedings of the Royal Society of Victoria. Elles sont peu favorables aux sourciers. L’auteur cite d’abord les cas contrôlés par lui, ils sont, il est vrai, peu nombreux; il cite un puits foré sur les indications d’un sourcier, au point choisi par lui; l’eau était annoncée à la profondeur de 56 pieds. On commença bien, en effet, à trouver l’eau à celte profondeur et, à 64 pieds, elle jaillissait en abondance. L’expérience semble donc tout en faveur du sourcier. Mais M. Taylor fait observer que sur le terrain où a été exécuté ce forage, en raison de sa constitution géologique, on aurait obtenu le même résultat en n’importe quel point. 11 cite ensuite le cas d’un autre sourcier qui avait recommandé le forage d’un puits sur un terrain schisteux et qui a éprouvé un échec complet. A la vérité ces deux observations ne constituent pas un ensemble probant ni dans un sens ni dans l’autre. Mais M. Taylor indique en outre le résultat d’une investigation plus étendue effectuée en 1920 par le New South Wales Waler Commission. L’enquête a porté sur 56 puits forés suivant les indications des sourciers : 70 pour 100 l’ont été avec succès. Mais sur 96 puits forés sans l’aide des sourciers, 87 pour 100 l’ont été avec succès.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- 'Electricité <?«$>
- Rhéostat de lampes à valeurs variables. — Le rhéostat le plus simple que puisse réaliser un amateur consiste dans l’emploi de lampes à incandescence. Il suffit de les monter dans le circuit et on peut en disposer une quantité plus ou moins grande avec des montages faciles.
- Le réglage de la résistance est possible, si 1 on applique des montages qui utilisent les lois de Kirchoff concernant les résistances montées en dérivation. On a ce qu’on appelle un arc multiple. Si x, y, z sont les résistances de chaque branche, la résistance totale de l’arc sera donnée par la formule :
- i
- R
- l + l
- x y
- - et en général
- (!)
- (2)
- (2)
- m
- (5)
- (6)
- (7)
- 1
- B
- 3 Lampe
- 1
- 3 Lampes
- 3 Lampes
- Par suite, on peut faire varier la valeur de la résistance du rhéostat des lampes en montant celles-ci tantôt en série, tantôt en dérivation, tantôt en / Lampe montage mixte.
- On voit qu’en prenant une lampe seule, on aura un rhéostat de valeur invariable,
- 2 Lampes avec deux lampes on aura trois combinaisons qui seront : une lampe seule, deux
- 2 Lampes lampes en série, deux lampes en dérivation.
- Chaque fois que dans une combinaison de lampes on en ajoutera une nouvelle, on pourra la brancher soit en série, soit en dérivation avec cette
- 3 Lampes combinaison.
- Si, pour simplifier
- le problème, nous ne prenons que des lampes toutes de même intensité, par conséquent de même résistance, nous voyons que la quantité des combinaisons électriques possibles etnou-velles, en ajoutant une lampe à un nombre n de lampes, sera donnée par le double des combinaisons comportant (n) lampes. On trouve alors que le nombre de toutes les valeurs possibles avec n -f- i lampes est égal à la somme des n puissances de 2. Si nous prenons 5 lampes par exemple nous aurons 3i valeurs différentes pour la résistance.
- Naturellement les connexions sont difficiles à réaliser automatiquement et c’est un peu un casse-tête que de combiner des commutateurs pour cet usage. En étudiant avec 3 lampes les montages possibles, qui sont au nombre de 7 (fig. 1), on peut adopter la combinaison de 3 commutateurs à quatre plots, comme le montre la figure 2 et cependant malgré la complication, on ne peut réaliser le schéma n° 7.
- La manette sur les plots O met la lampe hors circuit, les.plots D la branchent en dérivation (montage 4); S2 monte les lampes X et Y en série (montage 3) et pour Z S2 monte en dérivation sur l’arc multiple XY (montage 6). Enfin les manettes sur S3 réaliseront le montage en série des trois lampes (montage 5).
- A titre d’exemple on peut chercher à connaître les différentes valeurs de la résistance obtenue suivant les schémas possibles avec trois lampes.
- Nous supposerons les lampes de résistance ohmique égale et invariable, à filament de charbon laissant passer x ampère et ayant par conséquent une résistance de 110 ohms. Le calcul de chaque résistance est un simple exercice d’application des lois de Kirschoff et on trouvera :
- Fig. 1. —Combinaisons de trois lampes.
- Schéma 1
- Schéma 2 . . . . 55 —
- Schéma 3. . . .
- Schéma 4 . . . . 36,66 —
- Schéma 5 . . . . 33o
- Schéma 6. . . . . . . . 73,33 —
- Schéma 7 . . . . i65 —
- On voit donc que l’on peut faire varier la résistance ohmique du rhéostat dans de grandes limites et on serait encore plus maître de cette variation, si l’on faisait intervenir des lampes de résistances différentes.
- On peut alors dire qu’il est possible, avec une série suffisante de lampes, de réaliser une résistance quelconque et le calcul montre facilement que :
- i° Si avec une résistance X, on monte en série une résistance de valeur n, on obtient une augmentation de résistance égale à n ohms;
- 20 Si sur une résistance X, on branche en dérivation une résistance de valeur n, on obtient une~diminution X2
- de résistance égale à -----— ohms.
- n -1- A
- On pourra, par ces formules J déterminer la valeur de la résistance (ou de la lampe) n en ohms que l’on doit
- A
- Bornes
- *----------^-------------6-
- S
- brancher sur la résistance X, soiüen série, soit en dérivation.
- Tout ce qu’on vient de dire sur les lampes peut évidemment s’appliquer à des résistances quelconques et cette réminiscence pratique de lois connues rendra certainement service à de nombreux amateurs électriciens.
- E. Weiss.
- Sonnerie à deux appels différents. — Quand on veut appeler un poste avec deux appels différents, on peut n’avoir qu’une seule sonnerie à la condition que le nombre de pressions donné aux deux boutons d’appel soit correspondant à un code déterminé.
- On peut même de cette façon utiliser une sonnerie unique avec un nombre quelconque de boutons, car il est évident que la variété des combinaisons qu’on peut réaliser pour constituer un code d’appel est pour ainsi dire illimitée.
- Cependant ceci ne peut fonctionner qu’à la condition de connaître les appels conventionnels et de bien les exécuter.
- Pour éviter cette complication, on préfère souvent, quand on a deux appels distincts, employer deux sonneries, l’une avec un timbre, l’autre avec un grelot ou un timbre en gaïae. Quelquefois même une sonnerie est constituée par un simple vibreur.
- Il est possible, s’il s’agit d’une installation, dans un bureau sans trop de bruit, de ne prendre qu’une sonnerie unique susceptible de fournir automatiquement deux appels distincts, grâce à une modification insignifiante.
- Supposons qu’en ait deux boulons d’appel A et B agissant sur la sonnerie.
- Le circuit du bouton A sera absolument normal et la sonnerie fonctionnera comme une sonnerie ordinaire.
- «I 133 Igh
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-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le circuit du bouton B ne lancera le courant des piles que dans une seule bobine de l’électro-aimant et pour ®ela on fixera une troisième borne, qui vient communiquer avec le fil formant jonction entre les deux bobines.
- Il en résulte que lorsqu’on agit sur le bouton B,
- e à deux appels différents
- l’attraction de la palette ne se produit que sous l’action d’une seule bobine.
- On a soin de régler la palette au moyen de la vis, pour que cette attraction plus faible ne soit pas suffisante pour faire venir, au contact du timbre, la boule du marteau.
- On n’aura donc qu’une vibration seule de la palette nettement perceptible et cet appel est complètement distinct de celui donné par la sonnerie actionnée par le bouton A.
- On pourrait évidemment remplacer cette combinaison par celle de la sonnerie à un coup, combinée avec la sonnerie ordinaire; mais ceci pourrait donner lieu, rarement d’ailleurs, à des confusions d’appel., si la pression sur le bouton A est très rapidement faite.
- Enfin ou peut se dispenser d’avoir une troisième borne, il suffit de faire arriver le fil venant du bouton B sous le socle, en perçant un trou au centre pour le faire déboucher entre les deux bobines et pour le connecter à la jonction. E. W.
- *»> Chauffage <&
- Aspirateur " Aéros '
- Cheminée-collecteur de fumée et aspirateur <c Aéros ». — Cette cheminée (fig. 4), construite en bons matériaux réfractaires, a jpour but de remplacer les
- conduits de fumée actuels qui partent de chaque foyer pour déboucher au-dessus de la toiture. Pour un seul service, par exemple, les cuisines dans une maison à loyers de 6 étages, il y a actuellement 6 prises de fumée, soit 6 conduits, ce qui représente pour un bâtiment de 24 m. de hauteur environ 120 m. de boisseaux. Ces 6 conduits nécessitent sur la toiture, ou 6 souches de cheminées séparées, ou une seule avec 6 boisseaux, lesquels placés côte à côte font que l’éjection de la fumée se faisant pour chacun d’eux plus difficilement par suite d’une sorte de siphonage, le tirage est amoindri, d'où obligation de rallonger la souche par des tuyaux en tôle ou en poterie.
- De plus, ces 6 conduits prennent de la place dans les murs, gênent souvent soit pour des enchevêtrures, soit pour des appareillages de façade et nécessitent presque toujours l’établissement de trumeaux ou de refends, ce qui augmente le coût général de la bâtisse, attendu que l'on est forcé de faire cette partie en maçonnerie de briques. [
- Idg. 4- — Cheminée Àéros.
- Avec la cheminée-collecteur deMM. Gharreton etGruaz, ces ennuis disparaissent puisqu’un seul conduit part du premier foyer et va jusqu’au toit. A chaque étage, seule une prise est établie. De. cette manière on a une seule cheminée pour 6 foyers (fig. 2) et au-dessus de la toiture une seule souche demeure sur laquelle est placé, afin d’assurer le tirage et le bon fonctionnement, un chapeau-aspirateur 1’ « Aéros » d’un modèle nouveau.
- Le collecteur se faisant par pièces de o m 5o de hauteur et de o m. 44 de côté (2 briques) se monte comme un conduit ordinaire pouvant en même temps servir de pierre à maçonner car il se lie avec la maçonnerie par des pièces de liaisons qui ont o m. de plus en largeur que le montant; il en résulte encore de ce fait une sensible économie sur la maçonnerie, soit o m. ai5 sur 1 m. de hauteur. Il ne coupe, par conséquent, pas les murs et ne prend point de face.
- Enfin il possède un autre et sérieux avantage, celui de servir de conduite d’aération, comme le montrent les croquis de la figure 5. Dans les cuisines actuelles, toutes les vapeurs et buées se logent dans le local; avec le dispositif, on place une porte de ventilation et buées et humidité sont supprimées.
- On peut également utiliser les alvéoles pour l’évacuation des gaz chauds de chauffe-bains.
- Quant à 1’ « Aéros », il est formé de 5 éléments en mortier de ciment comprimé, s’emboîtant les uns dans les autres et pouvant être reliés, au besoin, par des tiges métalliques. La courbure des éléments est telle que, quelle que soit son orientation, Pair arrivant horizontalement s’engouffre dans les interstices de la cheminée, et, d’après la courbe des parois, prend la direction verticale pour s’échapper. Il se produit alors le même phénomène que dans l’appareil Giffard pour l’alimentation des chaudières; il y a aspiration de la colonne d’air qui est dans la gaine cylindrique en dessous du chapeau de cheminée et éjection par l’orifice supérieur.
- D’assez nombreuses applications de ce type de cheminées ont été faites en ces derniers temps en Suisse, son pays d’origine, et quelques-unes en France, à Paris, Lyon, etc.
- Constructeurs : Société anonyme des collecteurs de fumée et aspirateurs « Aéros », 1, rue Bourdaloue, Paris.
- Porte de
- Pièce de |gg /iaison ou ôoutisse
- Prise de fumée
- U pièce de 38 /iaison
- Fig. 5. — Coupe et plan de la cheminée Aéros.
- Objets utiles 'S'c.gp
- Blague à tabac dans un mouchoir. — Pour les fumeurs qui ont l’habitude de rouler eux-mêmes leurs cigarettes, il faut trouver à loger dans une poche l’arsenal complet : tabac, papier, allumettes. Le tabac forme un volumineux paquet qui déforme les poches et de plus, si la blague qui le renferme n’est pas étanche, il perd son humidité, tombe en poussière et n’est plus bon... qu’à priser. C’est donc un grave problème que de savoir où et comment le loger. On nous présente une nouvelle solution qui ne manque pas d’élégance. C’est un mouchoir de soie orné de dessins gracieux qui ne déparera pas la pochette du veston pour laquelle il est fait. Il est plié et cousu en forme de cornet ou de chapeau de gendarme et son fond est doublé d’une souple feuille de caoutchouc. La provision de tabac mise au fond, on plie le mouchoir dans un sens puis dans l’autre et voici la blague fermée et bien dissimulée !
- La pochette blague à tabac est en vente chez MM. Kirby, Beard et Ci0, 5, rue Auber, Paris.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
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- LA VOUTE CÉLESTE EN DÉCEMBRE \92i (*)
- Voici les longues nuits d’hiver revenues. Nuits pures et transparentes, mais bien froides, lorsque le ciel est clair. Il faut un certain courage à l’étudiant du ciel pour observer longtemps en plein air et même sous un abri, mais l’enthousiasme astronomique fait oublier la rigueur de la température.
- Il importe, toutefois, de prendre quelques précautions, à la fois pour éviter des refroidissements qui pourraient devenir dangereux et pour travailler utilement dans de bonnes conditions. On ne peut faire un dessin utile si l’on a l’onglée, on ne fait pas d’observation précise si l’on grelotte. D’une manière générale, on fait du mauvais travail quand on est dans de mauvaises conditions.
- Dans la plupart des observatoires, on ne dispose malheureusement pas du confort nécessaire et les observations -s’en ressentent. Lorsque l’on utilise de grands instruments, il faut souvent se livrer à une gymnastique épuisante pour pouvoir observer. C’est un sujet sur lequel nous aurons l’occasion de revenir un jour.
- Pour le moment, nous qui désirons profiter des heures de la belle nuit d’hiver, alors que le ciel nous offre ses plus éclatantes constellations, nous devons prendre quelques précautions. La principale est d’avoir chaud
- En plein air, dans une pièce avec baie ouverte, ou sous un abri avec ouverture du toit, si l’on reste assis, avec un instrument de petites dimensions (lunette ou télescope) devant soi, placé sur une table ou sur un pied, on a la ressource d’une chaufferette ou d’une bouillotte sous les pieds. Se couvrir d’un large manteau avec capuchon, ou d’une couverture recouvrant la tête, sauf naturellement les yeux et le nez. On pourra ainsi rester des heurés entières en ayant très chaud.
- Sous coupole, lorsque l’on est obligé de faire usage d’un marchepied plus ou moins élevé, il est plus difficile d'utiliser la chaufferette. Si l’on dispose de l’électricité, on pourra avoir recours à un tapis chauffant. Une petite lampe électrique avec fil souple, l’ampoule entourée d’une étoffe noire, que l’on met dans sa poche ou que l’on tient dans la main est une source de chaleur très appréciable. Faire l’essai prudemment, le linge noir peut brûler si la lampe est un peu poussée.
- Sous coupole, sans tous ces perfectionnements, si l’on peut dire, par une température de —6°, nous avons pu réaliser des poses photographiques de 2 h. 1/2 sans arrêt, étant recouvert simplement d’une couverture de laine entourant le corps et la tète, et sans trop souffrir du froid.
- La main, qui guMe l’équatorial, doit également être recouverte.
- Nous indiquons ici une solution très simple, il va sans dire que si l’on dispose d’équipements spéciaux, fourrures, etc., on pourra affronter les plus rudes nuits d’hiver. Mais il faut avoir les mouvements bien libres, c’est là une condition indispensable.
- Nous aurons l’occasion de revenir une autre fois sur les commodités dont doit s’entourer l’observateur du ciel s’il veut faire un travail utile, et nous donnerons quelques conseils sur son installation. Pour le moment, une fois chaudement équipés pour affronter le froid de la nuit, restons tout au plaisir du calme nocturne et des beaux tableaux qui vont surgir dans le champ de notre télescope.
- I. Soleil. — Le Soleil descend de plus en plus sur notre horizon et atteint son minimum de hauteur le 22 décembre. Le solstice d’hiver aura lieu ce jour-là, à 91'. Les jours ont diminué peu à peu de durée. De 8h3im le ier décembre, la durée du jour n’est plus que de 8hiim le 22. Elle remoute à 8h i5"' le 3r. Le temps légal à midi vrai, c’est-à-dire 1 heure marquée par les horloges quand le centre du Soleil est juste an méridien, figure dans le tableau ci-après (Ÿoir les Bulletins précédents) :
- 1. Los heures figurant dans le présent Bulletin sont toutes exprimées en temps légal, compté de oh à a/,.** à partir de minuit.
- Dates.
- Décembre
- Temps légal.
- Ie
- 5
- 10
- i5
- 1 ih 3q“ n h 41n 1 ih 43"1
- 1 h A
- 1" 4 vn 4
- 4os i5s 2 5S 465
- Dates.
- Décembre 20 —• a5
- — 3i
- Temps légal.
- 1 ih 48“ 125 1 ih 5om 4i‘ nh 53m 38*
- Voici la suite de l’éphéméride pour les observations physiques du Soleil et l’orientation des dessins (voir pour la signification des lettres P, B0, L0 les Bulletins antérieurs) :
- Dates. P. B0 Lo
- Décembre 2 + i5_°,75 + 00,62 O O 1 » ï>
- — 7 + i3°,7i — o°, 02 i51°, 11
- — 12 + ii»,55 — o°,66 85°,23
- — 17 + 90,28 — i°,3o i9°,36
- — 22 + 6°, 94 - ï°,93 3i3°,49
- — 27 + 4°, 5 4 — 2°, 54 247°,63
- Lumière zodiacale, lueur anti-solaire. — On va bien-
- tôt pouvoir observer la lumière zodiacale le soir. Dans nos régions, on pourra essayer de l’observer en décembre, mais elle est bien basse sur l’horizon.
- On pourra, au contraire, rechercher la lueur anti-solaire par les nuits très pures et sans clair de lune, loin des lumières artificielles. La rechercher dans l’écliptique au point diamétralement opposé au Soleil. Ce point passe au méridien vers minuit. Son ascension droite est égale à celle du Soleil moins 12 heures.
- Voici les coordonnées du centre de la lueur anti-solaire pour quelques dates de décembre :
- Dates.
- Ascension droite. Déclinaison.
- Occultation de l’Étoile ), Gémeaux parla Lune, lo 16 décembre 1927, de 18 h. 43 à 19 h. 38. (Image renversée comme on la voit dans une lunette astronomique.)
- décembre seront les suivantes
- Décembre r Gr 4h 28m + 21046'
- — 5 4h 46m -h 22°2l'
- 10 5h 7m -j- 22054'
- — 15 5h 29™ + 23°i6'
- — 20 5h 5 2m + 23°26'
- 25 611 i4m 4- 23025'
- — 3i 6h 40“ + 23° 7'
- IL Lune. — Les phases de la Lune en
- P. Q. le 7, à i3h2o" P. L. le 15, à 21,5i"
- iqh54m
- 5h39m
- iJ.9i le
- ajouter
- I D. Q. le 21, à 1 N. L. le 29, à
- Age de la Lune, à midi le i*r décembre =
- 29 = oJ,3. Pour les autres dates du mois,
- 1 jour par jour écoulé depuis le i*r ou le 29, et 0^,0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en décembre : le ior = — 180 37'; le i5 = + i8° 38' ; le 28 = — i8°39'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 6 décembre, à 3h. Parallaxe =54'12". Distance
- 4o3 9oo km. „
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 17 décembre, à 22h. Parallaxe — 60'2". Distance = 365 270 km.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Ce mois de décembre est caractérisé par un assez grand nombre d’orcultalions d’étoiles assez brillantes. Celle du 16 décembre est fort intéressante à suivre.
- Le 5, occultation de 137 B. Capricorne (gr. 6,2), de i5h45“ à i7him.
- Le 6, occultation de 186 B Verseau (gr. 6,1), de 2oh8m à 20h54m.
- Le 11, occultation de 0 Poissons (gr. 4,5), de oh4ira à ihi6m.
- Le 12, occultation de 3i Bélier (gr. 5,7), de oh36m à i’117“.
- Le 13, occultation de 64 Taureau (gr. 4,9), de 2 2h46m à 22h 56m. Très courte occultation, fort intéressante à observer. L’étoile semblera frôler le bord lunaire.
- Le 15, occultation de ii5 Taureau (gr. 5,3), de oh n"' à US"1. — De 124 H'Orion (gr. 5,7), de 1711 40"' à i8h27“\ — De 292 B' Orion (gr. 6,5), de 20hî9m à 2ih3'2m.
- Le 16, occultation de X Gémeaux (gr. 3,6), de i8h45m à i9h38ra (voir la figure ci-dessus, d’après l'Annuaire astronomique). La Lune sera au lendemain de la Pleine
- *ÇÎ36>
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Lune. L’étoile sera occultée par le bord éclairé et réapparaîtra derrière le limbe obscur.
- Le 20, occultation de 76 Lion (gr. 6,0), de 23h55m à oh 39” du 21.
- Marées, Mascaret. — Les marées les plus fortes se produiront au moment de la Pleine Lune du i5. Elles seront de faible amplitude, comme on peut le voir dans le tableau suivant -.
- Marées du malin Dates. (Brest.) Coefficient. Marées du soir (Brest). Coefficient.
- Déc. i5 3h 45” °m>91 i6h 7“ om,94
- — 16 4h 28” o”,96 i6h5o“ g”)98
- — 17 5h 12” o”,98 i7h 35” O S i
- — 18 5h 57” oVj5 i8h 21” 0”,92
- Le phénomène du mascaret, en raison de la faible
- amplitude des marées, sera peu sensible ou ne se produira pas en décembre.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de l'Annuaire astronomique Flammarion pour 1921, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes.
- Une petite lunette suffît pour suivre le mouvement de ces satellites.
- Saturne se lève le 16, peu après minuit et sera en quadrature occidentale le 29 décembre, c’est-à-dire que sa différence de longitude avec le Soleil sera à cette daté de 90°. Les anneaux commencent à s’ouvrir de plus en plus.
- Les éléments de l’anneau, à la date du 6 décembre,
- sont les suivants :
- Grand axe extérieur........................ 38", 19
- Petit axe extérieur........................ -(- 4", 16
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ -j- 6° i5'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ...................................... +3° 40'
- Nous voyons à présent la face nord (+) de l’anneau. Uranus se couche de bonne heure (22ho, le 16). On pourra le trouver au moyen de la carte publiée au « Bulletin astronomique » pour le mois d’août 1921. Rappelons que l’on peut suivre le déplacement d’Uranus avec une bonne jumelle.
- Date : Lever Passage Co'i cher Ascen- Diamètre Constellation
- ASTRE à au Méridien de Paris. à «ion Déclinaison. et VISIBILITÉ
- DÉCEMC. Paris. Pj rts. droite. apparent. étoile voisine,
- 6 71 3o” 1 ih 4ini 4o* i5 53“ l6h 5o” — 22° 28' 32' 3 1*2 Scorpion
- Soleil. . . ! *6 7 40 11 46 14 i5 53 »7 34 — 23 *9 32 33,6 Scorpion >}
- 26 7 45 11 5i 11 i5 57 18 18 — 23 27 32 34,8 Sagittaire
- f 6 6 26 10 5 î i5 19 i5 55 — *9 44 5,o p Scorpion
- Mercure. . 16 7 i3 11 19 i5 24 *7 0 — 23 18 4,6 0 Ophiuchusj Inobservable.
- { 26 7 53 11 48 i5 44 18 9 — 24 56 4,6 A Sagittaire
- Yénus» . . 6 16 6 6 4 32 10 37 10 5o i5 i5 10 7 15 16 45 37 — l8 — 21 5i 3o 10,4 10,2 0 Balance <0 Scorpion A peine visible, au lever ( du Soleil.
- 6 57 11 4 i5 12 l7 3i — a3 6 10,0 44 üphiuch.
- 6 2 24 8 1 i3 38 i3 9 — 5 5i 4,6 0 Vierge
- Mars . . . 16 2 18 7 44 i3 10 i3 3i — 8 5 4,8 a Vierge Vers la fin de la nuit.
- 26 2 11 7 27 12 43 i3 53 — 10 i3 5,2 y. Vierge
- Jupiter . . 16 1 32 7 12 12 5i 12 58 — 4 53 32,0 0 Vierge Idem.
- Saturne. . 16 0 42 6 41 12 42 12 28 — 0 34 i5,4 y Vierge Seconde moitié de la nuit.
- Uranus . . 16 11 28 16 44 22 0 22 33 — 9 58 3,4 X Verseau Au début de la nuit.
- Neptune. . i5 20 10 3 3i 10 5i 9 12 + 16 i3 2j4 Cancer Presque toute la nuit.
- Mercure sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 27 décembre, à i6h. Il sera inobservable pendant le mois.
- Vénus devient peu visible le matin, se levant de moins en moins tôt avant le Soleil (une heure environ le 16). Son éclat stellaire en ce mois est de — 3,4-
- Mars va bientôt devenir observable en de bonnes conditions. Il est visible avant l’arrivée du jour, son diamètre, très faible, ne permet pas encore d’observations utiles avec de petits instruments.
- Jupiter est visible dans la seconde partie delanuit. Nous recommandons expressément l’observation des curieux phénomènes auxquels donnent lieu les satellites dans leur mouvement autour de la planète et dont voici la liste :
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Décemb. Heure. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Décemb. Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I 4h 43” I P.c. *7 5h 19” I p. f.
- 1 6 56 I P. f. 17 6 42 III Im.
- 2 4 *7 I Em. 18 2 39 I Em.
- 5 5 16 II E. c. 23 4 46 II Em.
- 7 5 8 II P. f. 23 6 42 I E. c.
- 8 6 4i I P. c. 24 5 3 I P. c.
- 9 2 56 I E. c. 24 5 52 III E. c.
- 9 6 14 I Em. 24 7 14 I P. f.
- 10 3 22 I P. f. 25 4 34 I Em.
- 10 4 56 III Em. 28 3 6 III P. f.
- • 4 5 i3 II P. c. 3o 2 !9 II E. c.
- 16 4 49 I E. c. 3o 7 25 II Em.
- *7 3 7 I P. c. 3i 6 58 I P. c.
- *7 4 33 III E. f.
- Neptune est visible presque toute la nuit. Pour le
- trouver, utiliser ses coordonnées que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre
- Décembre 5 9h 14m -f 16010' 2", 4
- — t5 g!1 i3” + 160i3' 2", 4
- 2Ô 9h 12” 160 16' 2", 4
- — 3i 9h 12” -f 160 18' 2", 4
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 6, à 22h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à 4° 16' S. Le 9, à i2h, Yénus — p Scorpion, à o° 10'
- Le 18, à 2ih, Neptune Le 22, à nh, Saturne Le 23, à ah, Jupiter Le 23, à 23\ Mars Le 28, à 8h, Yénus Le 29, à 9h, Mercure
- S.
- la Lune, à 4° 36'N. la Lune, à 3° 8'N. la Lune, à i° 12' N. la Lune, à o° 8'N. la Lune, à 4° 38' S. la Lune, à 6° 45' S.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Per-sée) : Le 9, à 3h 52” ; le 12, à oh 4im ; le 14, à 2ih 3ora ; le 17, à i8h19”.
- Etoiles filantes. — M. Donning indique les radiants suivants comme actifs pendant le mois de décembre.
- Ascension Dates. droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- ior Décembre 43° + 560 y\ Persée.
- ier au 10 — 1170 + 3 2° a-p Gémeaux.
- 6 — 8o° -f- 23° ç Taureau.
- 6 -13 — i4g° + 4*° P. IX. 254.
- 9-ï2 — 107° + 33o a Gémeaux.
- 10-12 — i3o° + 46° 1 Grande Ourse.
- L’essaim ayant pour radiant a Gémeaux ou essaim des
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Géminides donne des météores rapides à trajectoire courte, assez abondants en certaines années.
- Y. Constellations. — L’aspect du ciel, le ior décembre, à 2ib est le suivant (latitude moyenne de la France).
- Au Zénith : Persée (Algol, variable; amas); Andromède (M. 31, y); Cassiopée (v), t. tjt, a).
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire, %, y); Cépbée (ô, p, p); le Dragon (o, 40, e, p) ; la Grande
- Ourse (Ç, \, v, a3 h, o).
- A l'Est : le Cocher (a, 14, 4 w) ; le Lion; le Cancer; les Gémeaux (a, p, 8, x, M. 35) ; le Petit Chien (Procyon); le Taureau (a, v, x, Pléiades); Orion (0, M. 42, ô, 4, p, t, g).
- Au Sud Le Bélier; les Poissons (a, Ç, if1* 35); la Baleine (Mira Ceii, y, 66, 37); l’Eridan; le Yerseau est au Sud-Ouest.
- A l'Ouest : Pégase (85, 3, te); le Cygne (0,61, ô) ; la Lyre est au Nord-Ouest, Em. Touchet.
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- L'INDUSTRIE DES IMMORTELLES JAUNES
- L'Immortelle jaune, ou Immortelle funéraire, Immortelle à couronnes (Ilelichrysum orientale), fait l’objet d’une culture spéciale dans cette partie littorale du département du Yar, dont le centre le plus important est Bandol, avec des régions avoisinantes à Ollioules, Sanary, Saint-Cyr, le Beausset, etc. Cette plante, originaire, dit-on, d’Afrique, trouve là des coteaux bien exposés au Midi, abrités des vents froids du Nord, et une terre calcaire des défrichements de collines, qui lui sont particulièrement favorables. Il est certainement plus d’un voyageur qui, traversant ce pays, est quelque peu intrigué de voir sur les terrasses rocheuses, où trônent les pins et les oliviers, des champs comme bouleversés par de géantes taupinières, dont quelques-unes peuvent atteindre 70 cm à 1 m. de diamètre, touffes rondes, amas de feuilles'd’un vert bleuté gris.
- La récolte des tiges fleuries a lieu en juin-juillet, quand les boutons, ayant pris leur belle couleur jaune, sont tout à fait formés, mais non entièrement épanouis; dès que les capitules s’ouvrent à peine, et laissent voir un petit trou au centre.
- Toute fleur détachée avant ou après l’apparition de ce point noir perd de sa valeur marchande. Si on la cueille trop tard, les bractées risqueront plus tard, de se détacher facilement. Ce sont des fleurs « cassiado », dit-on à Ollioules. Il est donc préférable de cueillir plutôt trop tôt. On laisse ainsi aux corymbes 25 à 3o cm de tige.
- Les fleurs, que l’on entrepose sur les chemins ou sur les murs en pierres sèches qui forment la clôture des champs, sont ramassées le soir et apportées à la maison.
- Après les avoir épluchées, débarrassées des débris de feuilles et du duvet blanchâtre, qui est aussi une de leurs caractéristiques, — certains trouvent plus aisé de faire ce travail après le séchage, — on les met en paquets, que l’on suspend la tête en bas, pour les laisser sécher, dans un local sombre, sain, sec, aéré, exposé au midi. Il importe de se méfier des rats, qui attaquent ces plantes. Les paquets une fois secs pèsent 25o à 400 gr., suivant les localités.
- On estime que la récolte est faible une année sur deux. Les rendements sont, d’ailleurs, très variables, suivant les conditions atmosphériques, la qualité du terrain, l’âge des plantations, les soins qu’on leur donne. Chaque touffe de plantes produit près de 60 tiges. On en a cité qui en ont donné i5o à 200. D’après Henzé, les 40000 touffes d’un hectare produisent 2400000 à 2800000 tiges, et en moyenne 16000 à 20000 paquets, ou, encore, 5ooo à 7000 kg, le kilogramme comprenant environ 400 tiges. Avant la guerre, avec un prix dë vente de la caisse (3i kg net) de 26 à 3o francs, on estimait le rendement pécuniaire d’un hectare à 200 à 3oo francs, alors qu’il était de 900 francs en 1815. Mais, étant donné la faible valeur du capital d’exploitation et celle des terres utilisées, ce revenu n’est pas à dédaigner.
- On emballe la marchandise en caisses en renfermant a5 kg et plus généralement 3i kg. Les fleurs y sont disposées par rangées séparées par du papier fin, pour éviter les frottements. En 1834 on payait la caisse de 3i kg i5o francs. Aussi, à celte époque, grisés par un tel prix de vente, les cultivateurs plantèrent à Ollioules 3o hectares d’immortelles, soit plus d’un million de pieds. Mais devant la surproduction, la caisse tomba à 25 fr. Autrefois, on expédiait annuellement de la région
- 8000 caisses de 3i kg, qui produisaient un revenu de 3oo 000 francs.
- Avant la guerre, la production, dans la légion d’Ol-lioules, était de 3ooo caisses; en 1919, 1200 caisses; en 1920, i55o caisses. En 1919, le prix moyen a été de 10 fr. le kilo (3i fr. la caisse de 3i kgs). Ce prix, trouvé excessif par les producteurs eux-mêmes, est dû à la rareté des perles pour couronnes funéraires.
- De la culture de cette plante sont nées la teinture des fleurs et la fabrication des couronnes funéraires, croix, bouquets divers. On fait même, avec l’Immortelle, de petits paniers de fantaisie, des bouquets colorés qui, imitant les fleurs des jardins, servent à la décoration des salles de fêtes publiques, dans les pays trop froids pour avoir des fleurs pendant l’hiver.
- La teinture en noir, vert, rouge ponceau, etc., et la fabrication des couronnes, emploient la main-d’œuvre locale, notamment à Bandol, Ollioules, Sanary. Dans cette région, jadis 3ooo personnes étaient occupées à la cueillette ou à la confection des couronnes en hiver.
- Mais 1 Immortelle jaune est concurrencée dans le commerce des objets funéraires par les fleurs naturelles, les fleurs artificielles, les couronnes en perles, etc. A ce sujet, il n’est pas sans intérêt, croyons-nous, de signaler ici, ne serait-ce que pour connaître un côté spécial de la psychologie sentimentale de certains peuples, les résultats d’une enquête faite par nos agents consulaires pour trouver des débouchés à nos producteurs varois.
- Prenons d’abord l’Allemagne. Pour l’usage funéraire, on emploie presque généralement, dans toute la Thu-ringe, comme dans une grande partie du Royaume de Saxe, des couronnes faites avec les branches et les fruits des conifères, et avec les fleurs des plantes herbacées qui croissent sur les montagnes boisées de la région, et connues sous le nom de « couronnes de Thuringe ».
- Les fleuristes du nord de l’Allemagne s’approvisionnaient rarement en fleurs d’immortelle par commandes directes transmises en France. Généralement, la matière première était d’abord dirigée sur Erfurt, Berlin, Cologne, où elle était teinte en différentes couleurs, et d’où elle était réexpédiée sur les différents points du territoire.
- Dans la région de Nuremberg, on ne dépose sur les tombes, ou dans les cérémonies funèbres, que des gerbes ou des couronnes en fleurs fraîches. Il en est de même dans les provinces du Rhin et de Westphalie.
- Cela tient à ce que, dans ces pays, les fleurs naturelles entrent presque exclusivement dans la composition des couronnes mortuaires. Or l’Immortelle, bien qu’étant une fleur naturelle, est, en fait, confondue là avec les fleurs artificielles, qui n’entrent dans la composition que des couronnes bon marché, vendues aux personnes appartenant à la classe la plus pauvre de la population. Le peu d’immortelles qui sont consommées se vendent donc, de préférence, aux fabricants de couronnes de fleurs artificielles.
- Erfurt, dans l’Allemagne du Nord, paraît seule s’intéresser, dans une certaine mesure, aux fleurs d’immortelle.
- L’usage des couronnes d’immortelles est très peu répandu dans les provinces de Prusse orientale et de Prusse occidentale. Les tombeaux sont ornés de couronnes en fleurs naturelles ou en feuillages verts, naturels ou artificiels. Les fleurs d’immortelle ne sont guère
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- employées que dans la confection d’arrangements divers de « style rococo »-, et les négociants font alors venir des maisons de gros de Berlin les produits qui leur sont nécessaires. Un des marchands de Dantzig, le plus important, a déclaré qu’un envoi de 5 kg d’immortelles suffisait aux besoins de son commerce pour plusieurs années.
- En Wurtemberg, on tend à abandonner l’antique coutume des couronnes funéraires. Les avis de décès prient généralement les parents et amis du défunt de n’envoyer ni fleurs, ni couronnes. Dans certaines familles peu fortunées, où l’usage des couronnes persiste encore, les fleurs fraîches ou les Immortelles sont remplacées par des couronnes en perles ou en métal d’un très bas prix.
- Le commerce des fleurs d’immortelle avec l’Angleterre, après avoir été relativement considérable il y a 25 à 3o ans, a diminué graduellement jusqu’au point de perdre toute importance. L’humidité qui règne dans ce pays attaque vite les fleurs en question et nuit à leur conservation. L’habitude va de plus en plus se généralisant de les remplacer par des fleurs en porcelaine disposées sous verre, en guirlandes ou en couronnes. En Irlande, l’article prédominant est la couronne en fleurs « porcelaine avec cylindre ». Il en est de même en Ecosse et en Irlande.
- A Cardiff, l’emploi des couronnes funéraires est très restreint; le char funèbre, par sa disposition et les dimensions du cercueil, en exclut l’usage lors de la cérémonie d’enterrement. Quant à la décoration des tombes, elle se fait au moyen de plantes vivaces mises en pleine terre; les couronnes n’y tiennent généralement aucune place.
- A Jersey, dans les familles riches, l’usage est d’employer des fleurs fraîches pour la garniture des tombes ; chez les pauvres on se contente de fleurs artificielles placées sous verre.
- Le commerce des fleurs d’immortelle était autrefois très prospère en Belgique ; mais il a perdu beaucoup de son importance, les couronnes de fleurs artificielles ayant les préférences du public.
- Aux Pays-Bas, les couronnes d’immortelle sont peu vendues. Le culte des morts, dans les villes de Hollande, où le protestantisme domine, est tout autre que dans les pays catholiques.
- Aux enterrements on voit, en général, beaucoup de fleurs naturelles en gerbes, parfois en couronnes, et tout se borne à ce dernier hommage. Les tombes sont rarement ornées de couronnes d’immortelles ou de métal.
- Antonin Rolet, Ingénieur agronome.
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- BOÎTE AUX LETTRES
- AVIS. - L’ abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, 11 ne peut être répondu Immédiatement.
- Erratum. — A la page 287 du numéro du 8 octobre, première colonne, lire : Le rendement thermique de la chaudière Gabet, mesuré au Laboratoire de la Société Gabet, a dépassé 80 pour 100, etc.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Marteau-canon Temple. — Temple Gox Research G”, Dacre House, Dean Farrar Street, Westminster, S. W. I. Angleterre.
- Réponses. — M. Lefèvre, à Lille. — Les différentes questions posées constituent un véritable rapport technique qu’il n’est pas possible de traiter dès lors par la voie de la « Boîte aux lettres ». Pour les résoudre, aussi bien au point de vue mécanique que chimique, il faudrait compulser les nombreux procès-verbaux de la commission internationale des matériaux de construction, le Bulletin du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris et les quelques revues qui ont trait à l’industrie du ciment, de la chaux et des agglomérés.
- Dans cet ordre d’idées, vous pourriez soumettre les dosages de vos différents bétons à M. Cellerier, chef du service des essais des matériaux au Conservatoire des Arts et Métiers, qui a particulièrement étudié certaines de vos questions en vue de leur utilisation dans la reconstruction des maisons des régions dévastées.
- Le sable 3e mer ne peut guère être employé qu’en fondation; en élévation, il y aurait à craindre des efflorescences par suite de la présence du chlorure de sodium, à moins de le bien laver et de le laisser exposer pendant quelque temps à l’air.
- Certaines usines du Nord et de l’Est fabriquent depuis quelque temps des briques et des agglomérés avec les résidus schisteux de leurs laitiers. Vous trouverez une documentation sérieuse sur ce point dans la Revue des Matériaux de Construction éditée par M. Margry, 148, boulevard de Magenta, Paris.
- Le meilleur béton de ciment armé est encore celui jusqu’ici fait avec du sable siliceux et du gravillon. Cependant ces temps derniers on a songé à utiliser du mâchefer (non sulfureux) ; bien entendu les résistances sont moindres et cela ne pourrait convenir que pour des pièces intérieures dont les parois (murs ou cloisons) ne sont en somme que du remplissage.
- M. H. Saugeron. — i° Vous pourrez vous procurer des lampes électriques à filament resserré, pour lanternes de projection ou d’agrandissement, chez M. Ti-ranty, 91 et io.3, rue La Fayette, à Paris; 20 Les bas de soie blancs, devenus jaunâtres après un certain usage, peuvent être reblanchis par immersion dans l’eau oxygénée et exposition au soleil.
- M. J. M., Argentine. — Fabricants d’appareils de mesure électriques : Chauvin et Arnoux, 186, rueCham-pionnet, Paris. Carpentier, 20, rue Deîambre, Paris. Da et Dutilh, 81, rue Saint-Maur, Paris. Roger, 7», rue Claude-Bernard, Paris. J. Richard, 25, rue Me-lingue, Paris.
- M. Widman, à Versailles. — Une solution désinfectante communément employée pour les fosses d’aisances est la suivante : sulfate de fer 5oo gr., sulfate de zinc 4°> plâtre 5oo et charbon en poudre 5oo. On jette journellement de 3o à 40 gr. de cette poudre dans la fosse, ce qui la désinfecte entièrement en peu de jours.
- S’il est possible de descendre dans la fosse, celle-ci bien ventilée ou aérée pendant quelques jours, on pourrait nettoyer ou asperger les parois, soit avec du sublimé ou du lysol, soit encore avec du sulfate de cuivre à 6 pour 1000, du chlorure de chaux à 8 pour 1000, etc.
- Il y a dans le commerce des préparations et dans cet ordre d’idées vous pourriez demander la notice à la maison Veuve Bacri, i3, boulevard Beaumarchais, Paris.
- M. Bouiihiet, La Boissière. — La profondeur et la situation de votre caniveau en pierre dont nous ignorons la qualité rendent votre question difficile à résoudre. On pourrait essayer l’acide sulfurique pour la carbonatation de la matière ligneuse. Ceci sous toutes réserves, car nous ne voyons pas cette transformation sous forme de poudre qu’une chasse d’eau pourrait par la suite entraîner et alors encore que les passages des racines constituent autant de pertes ou de fuites pour le liquide à envoyer.
- M. le comte R. d’Aldin,k Quineville.— i° L’argenture de vos couverts peut être effectuée en vous servant de la pâte ci-dessous :
- Nitrate d’argent..................12 gr.
- Sel de cuisine....................5o —
- Crème de tartre...................3o —
- Ces trois substances sont d’abord broyées finement ensemble et à sec, puis on y ajoute un peu d’eau de manière à former une pâte bien homogène que l’on conserve dans un pot fermant bien et à l’abri de la lumière. Pour l’usage on frotte l’objet en cuivre ou en laiton préalablement bien décapé avec la pâte mise sur un
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- chiffon jusqu’à ce que la couche d’argent soit suffisamment épaisse, on rince enfin à l’eau douce et frotte avec une peau de chamois. i° Nous avons décrit le Ciné Jenkins d’après le Scientific Américain; ce journal ne donne pas d’indications sur le constructeur de l’appareil.
- M. Coudray, à Louviers. — i° Le moyen, le plus simple de patiner le cuivre consiste à le soumettre à des vapeurs d’hydrogène sulfuré. Pour cela on met les objets à patiner dans une caisse en bois au fond de laquelle on a mis un vase en verre ou en grès contenant quelques morceaux de sulfure de fer, on arrose celui-ci d’un mélange à parties égales d’acide chlorhydrique ordinaire (acide muriatique) et d’eau, puis on ferme la boîte avec le couvercle. Suivant le temps de séjour on obtient une grande variété de tons depuis le bronze jusqu’au noir foncé. Avoir soin de placer la boîte en plein air, l’odeur de l’hydrogène sulfuré étant désagréable et ce gaz étant nocif s’il est respiré d’une façon continue.
- 2° L’étain se patine dans la solution suivante :
- Acétate de cuivre................40 gr.
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . . 10 —
- Vinaigre fort...................5o c. c.
- Eau............................. 1/2 litre.
- 3° Vous pourrez employer pour bourrage des creux des étains repoussés une pâte obtenue en délayant dans le silicate de soude du commerce à 36° B une quantité suffisante de bioxyde d’étain de manière à obtenir une masse semi-consistante, la préparation ne doit être faite qu’au moment de l’emploi.
- M. d'Escrienne, aux Buissons, Calvados. — Pour donner à l’ivoire la patine ancienne, on commence par le plonger dans une solution de carbonate de potasse tiède à 5 pour 100 environ de manière à bien dégraisser la surface, puis après rinçage on le plonge dans une solution légèrement teintée par du permanganate de potasse et on surveille attentivement l’action du bain pour ne pas atteindre le brun, finalement on rince à grande eau. Dans le cas où la teinte aurait été dépassée, une immersion dans le bisulfite de soude permettrait de revenir au blanc primitif et après rinçage on n’aurait qu’à recommencer l’opération avec une solution plus faible de permanganate.
- M. Marcel Vagné, à Vitry-le-François. — Afin de répondre utilement à votre question, il serait nécessaire de connaître la réalisation que vous avez en vue ; eu égard aux données de votre lettre, nous pensons qu’une dissolution d’acétate de cellulose dans l’acétone et colorée par l’éosine, la nigrosine ou le bleu de méthylène pourrait vous donner satisfaction.
- M. Salomon, à Vincennes. — Le nettoyage des statuettes en plâtre est une opération très facile ; on prépare une bouillie épaisse d’amidon et d’eau dont on enduit les statuettes à nettoyer, après séchage la croûte se détache et entraîne avec elle toutes les impuretés, un léger brossage enlève les dernières traces d’amidon retenu dans les anfractuosités.
- M. te capitaine Ferrut, à Biskra. — Le blanchiment de la laine s’effectue par l’acide sulfureux. Pour cela on suspend l’objet dans une caisse de bois fermant bien et au fond de laquelle on place un vase en terre contenant du soufre. Bien entendu ce vase doit être à une distance suffisante pour que la flamme du soufre en brûlant ne vienne pas lécher la laine. On met le feu au soufre en se servant d’un tisonnier rougi, puis on ferme hermétiquement; la combustion donne naissance à de l’acide sulfureux qui blanchit la laine ; quand on juge l’action suffisante, en général du soir au lendemain, on retire l’objet et on le lave à grande eau pour éliminer toute trace d’acide. Nous vous conseillons de faire au préalable quelques essais préliminaires pour acquérir la connaissance des conditions les plus favorables et éviter surtout une fausse manoeuvre qui gâterait la toison.
- Mlle Le Néouannic, à Lorient. — La nigrosine W soluble dans l’alcool peut être substituée sans inconvénient au bleu de méthylène pour obtenir une encre stylo-graphique selon la formule que nous avons donnée en janvier 1921, mais il ne faudrait pas, comme vous en émettez l’idée, remplacer la glycérine par de la gomme arabique : celle-ci sèche, durcit ^t obstrue le canal d’alimentation de la plume tandis que la glycérine très hygrométrique assure la fluidité.
- H. M., Provence. — La composition des eaux étant très variable, il ne peut exister une seule formule relative à l’épuration, chaque cas doit être étudié séparé-
- ment et l’analyse de l’eau s’impose avant prévision du traitement à effectuer. En général l’épuration consiste à précipiter la chaux sous une forme insoluble par un réactif approprié. Si la chaux est à l’état de bicarbonate, on sature la moitié de l’acide carbonique de ce sel par une base telle que la soude caustique, on forme ainsi un carbonate neutre de calcium complètement insoluble qui se dépose par sédimentation. Quand la chaux se rencontre sous forme de sulfate de calcium, on effectue une double décomposition avec le carbonate de sodium, ce qui donne comme précédemment du carbonate de calcium précipitable par gravité et du sulfate de sodium restant en solution dont la présence est sans inconvénient. Les résultats d’analyse vous fixeront sur les quantités de carbonate de sodium ou d’alcali caustique à employer dont la dose doit être limitée au juste nécessaire, voyez au Laboratoire de la Chambre de commerce, Bourse du Commerce, rue de Yiarmes.
- Doxi-Jalérian. — i° L’huile de lin à employer pour faire les étiquettes de jardin avec de vieilles cartes de visite doit être l'huile de lin cuite, c’est-à-dire sicca-tivée soit à la litharge, soit au manganèse, autrement il faudrait attendre trop longtemps avec l’huile crue qui resterait poisseuse. 20 Pour protéger les fiches en bois destinées au même usage, le mieux à notre avis serait de les recouvrir, après avoir inscrit les indications, d’un vernis au celluloïd, obtenu par macération de 5o gr., vieux celluloïd transparent dans un mélange de 5o gr. acétone et 5o gr. acétate d’amyle, après quelques jours de contact (flacon à l’émeri) on obtient une masse visqueuse que l’on peut au besoin rendre plus fluide par addition du même dissolvant. 3° La céruse ne présente pas le danger que vous croyez ; c’est seulement par une manipulation constante et lorsqu’il y a ingestion stomacale que le saturnisme est à craindre, mais l’emploi des peintures toutes préparées peut se faire sans inconvénient en prenant la précaution de se bien laver les mains et de bien curer les ongles.
- M. Cantemir, à Taxim-Péra Constantinople. — i° Pour être certain de ne pas modifier la forme de votre chapeau de feutre blanc, il faut en opérer le nettoyage à sec, ce que vous pourrez réaliser en frottant légèrement avec une flanelle imbibée de tétrachlorure de carbone, puis en essuyant immédiatement après imbibition avec une autre flanelle sèche qui doit pomper le liquide chargé de matières grasses. 2° Le dégraissage de fourrures blanches se pratique en les malaxant énergiquement dans du son jusqu’à ce que ce dernier ait absorbé toute la graisse, on termine par un battage au moyen d’une baguette souple et une exposition à l’air. 3° Le rétrécissement de l’étoffe doit être maintenant définitif, il est peu probable qu’une nouvelle opération apporte une modification.
- Ecole d’Agriculture Mathieu de Dombasle. — Le mieux est de recoller la pierre à aiguiser sur son support au moyen de gomme laque : chacune des pierres étant chauffée suffisamment dans la cendre chaude, verser sur les faces à réunir de la gomme laque pulvérisée, mettre en contact, charger de poids et laisser refroidir.
- M. Guérin, à Bruxelles. — Dans les conditions que vous nous indiquez de cuves en ciment devant être rendues lisses et glacées à l’intérieur et devant contenir par la suite de l’hyposulfite de soude, nous pensons que le meilleur revêtement serait la cire, soit jaune, soit blanchie suivant la perfection désirée du travail. Il vous sera facile d’effectuer l’enduisage en dissolvant la cire dans le tétrachlorure de carbone et en promenant la solution par inclinaison convenable sur les parois, l’excès de liquide étant ensuite enlevé par égouttage. Si le prix de l’opération n’a qu’une importance secondaire le blanc de baleine pourra être employé dans les mêmes conditions, bien entendu quelques essais préalables devront être effectués pour déterminer quelle devra être la concentration en cire la plus convenable de la solution suivant la porosité du ciment, ainsi que la durée du contact pour une imbibition complète.
- Mlle Charrault, à Saint-Aignan-sur-Cher. — A notre grand regret, nous ne pouvons vous donner d’autres renseignements sur la naturalisation des fleurs, que ceux que nous possédons figurant dans les Recettes de la Campagne, page 66, et qui sont conformes aux indications reproduites dans votre lettre, il faut observer minutieusement les conditions spécifiées : sable bien sec et non mouillé, température de 35 à 45°» séjour de
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- 5 à 7 heures, la disposition sur fond grillagé facilite beaucoup l’opération. Nous pensons que si les fleurs ne se sont pas conservées c’est que la dessiccation n’avait pas été complète ou qu’elles ont été tenues ultérieurement dans un milieu humide. Une fois bien privées d’eau, pour éviter toute reprise, les fleurs peuvent être trempées dans une solution de cire blanche dans le tétrachlorure de carbone à raison de i gr. de celle-ci pour ioo cm3 de solvant; par évaporation, il reste à la surface une couche protectrice suffisante qui donne en même temps un léger glacis. Enfin il faut tenir compte que l’action de la chaleur modifie certains coloris; il peut être avantageux de rehausser ceux-ci par quelques touches faites au pinceau avec une solution alcoolique d’une couleur d’aniliue appropriée.
- Manufacture des tabacs, à Morlaix. — r h’obturation des fissures dans les bacs en caoutchouc durci peut s’effectuer au moyen d’un ciment obtenu en faisant fondre 6o gr. de gomme laque avec la même quantité de gutta-percha, puis ou y ajoute en tournant 5 gr. de minium et autant de soufre préalablement fondu, ce ciment doit être employé à chaud, sur parties bien décapées par grattage, a0 S’il s’agit de bacs en celluloïd, employer la solution visqueuse dont nous donnons la formule à M. Doxi-Jalérian dans le présent numéro en épaississant celle-ci par une substance inerte appropriée à la couleur du bac, telle qu’amiante en poudre, ocre, jaune où rouge.
- M. Masson, à Bar-le-Duc. — Les vieux bouchons après lavage et stérilisation peuvent être effectivement retaillés pour fournir des bouchons de dimensions moindres, on peut aussi les transformer en une poudre, laquelle agglutinée soit par le caoutchouc, soit par la gélatine formolée donne des bouchons reconstitués. Pour l’utilisation sous forme de bouchons, voyez les maisons Demulh, i5, rue de Lyon, Paris, i a6 ; G. de Remusat, 13, rue Laborde, 8°, et pour emploi sous forme de poudre de liège (linoléum, agglomérés à l'état de briques) : Denniel et Cie, 24, rue Dauphine; Wanner, 67, avenue de la République.
- Ecole d’Horlogerie, de Fleurier (Suisse). — Le procédé le plus pratique pour l’argenture des miroirs en verre est le procédé Lumière qui consiste à préparer une dissolution de 10 gr. de nitrate d’argent dans 200 gr. d’eau, puis à saturer exactement par de l’ammoniaque, c’est-à-dire à ajouter celle-ci jusqu’à ce que le précipité qui se forme d'abord se trouve redissous. On prépare ensuite une dissolution de formol à 1 pour 100 de produit réel, comme le formol commercial est à 40 pour 100 on prendra 2 gr. 5 de formol du commerce et on l’étendra de foo cm3 d’eau pour l’amener au" titre voulu.
- Au moment d’argenter le verre, bien nettoyé, on mélange les deux solutions et on verse le tout sur la glace, la seule précaution à observer est que le liquide recouvre d’un seul coup la surface à argenter. Le dépôt argentique se fait dansTespace de cinq à six minutes, on rince ensuite à grande eau.
- M. A. Zehr, à Tarare. — i° Nous avons répondu à votre lettre du 18 novembre 1920 dans le n" 2442 de La Nature sous la rubrique Abonné 4175, Tarare, ainsi que vous nous l’aviez demandé. Avant de faire une réclamation, il eût été utile de vous assurer qu’aucune réponse ne vous avait été donnée. 20 Le remède généralement employé pour désulfater un accumulateur consiste à recharger lentement l’élément après avoir remplacé l’acide par de l’eau, puis on donne une surcharge. On peut aussi, après siphonnage de l’acide et lavage des plaques à l’eau distillée, introduire dans l’élément une solution de soude caustique à 2 ou 3 pour 100, puis charger comme d’habitude. Si à un moment quelconque 1 électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate de plomb n’ait pas complètement disparu, on ajoute de .la soude jusqu’à réaction alcaline et on continue la charge de telle manière que la plaque positive prenne une teinte chocolat caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde de plomb. Finalement on enlève la solution de soude, on la remplace par l’acide sulfurique à concentration normale et on fait passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit chargé. 3° Nous pensons que vous voulez parler des savons à détacher que nous avons signalés il y a un certain temps déjà, ils avaient la composition suivante :
- Savon de Marseille marbré bleu. 125 gr.
- Argile ou terre à foulons.... 65 —
- Chaux éteinte en poudre .... t5 —
- 4° Nous ne connaissons pas l’apprêt dit caoutchouc suisse.
- M. Hubert Ilugoud, à [Nogent-en-Bassigny. — Le dépolisssage du verre par l’acide fluorhydrique ne présente pas de difficultés notables et demande seulement un peu de précautions pour éviter le contact de l’acide soit avec la peau, soit avec les muqueuses. Dans le cas des ampoules électriques on recouvre la douille d’un vernis à l’alcool, puis on expose le verre aux vapeurs d’acide fluorhydrique que l’on obtient facilement en plaçant dans le fond d une cuvette en plomb du fluorure de calcium et arrosant celui-ci d’acide sulfurique concentré, l’ampoule peut être placée au sommet du tronc de cône, constitué également par une feuille de plomb et dont on surmonte la cuvette ; on évite ainsi dans une certaine mesure la diffusion de l’acide dans l'atmosphère, mais il est en outre de bonne précaution d’opérer au grand air. Quand on juge l’attaque du verre suffisante on rince à grande eau sèche, puis enlève le vernis recouvrant la douille par immersion dans l’alcool à brûler.
- M. Lacroix, au Mans. — i° Le Dr P. Sée s’est livré à une étude très complète des procédés de désinfection des vieux livres qui l a conduit à retenir comme meilleure méthode celle au formol gazeux obtenu par la décomposition, sous l’action de la chaleur, du trioxymélhylène ou formol poîymérisé à la dose de 10 gr. de trioxyméthy-lènepar mètre cube d’espace clos dans lequel se trouvent placés les ouvrages, que l’on a eu soin préalablement d’ouvrir pour assurer la pénétration, condition qui est essentielle; la durée du contact doit être de 24 heures au moins. Gomme dispositif on peut imaginer facilement une caisse en bois à fermeture hermétique, portant des tablettes en chicanes et sur le côté de laquelle arrivera un tube relié à un petit ballon contenant le trioxyméthy-lène que l’on chauffe lentement avec une lampe à alcool de manière à produire la dissociation. L’opération terminée, on devra conserver les livres dans un lieu sec pour éviter le développement des moisissures. 2“ Tous trouverez tous ouvrages nécessaires au classement, ainsi que fiches, répertoires, etc., à la librairie Guyot-Daubès, 166, boulevard du Montparnasse, Paris.
- M. J. Vénard, à Clamart (Seine). — Prière de vous reporter pour la fabrication de la colle pour celluloïd à la réponse que nous faisons dans le présent numéro à M. Doxi-Jalérian, une dilution convenable vous permettra d’obtenir la fluidité nécessaire, le flacon devra être bien bouché à l’émeri pour éviter l’évaporation du dissolvant, n’opérer les manipulations que de jour et non à la lumière, l’acétone étant très volatile et inflammable.
- M. Lodde, à Orléans. —Pour préparer des briquettes combustibles il suffit de faire une pâle aqueuse avec trois quarts d’argile grasse et un quart de chaux éteinte, puis d’ajouter 10 à i5 pour 100 de cette pâte à 85 ou 90 pour 100 de poussier de houille ou de coke. Après mélange on comprime fortement et laisse sécher à l’air. L’addition de chaux a pour but de rendre la combustion des briquettes plus facile.
- M. Larguier, à Tananarive. — Pratiquement il ne faut pas compter sur une résistance absolue du bois à l’action de la chaleur; quel que soit le revêtement, le bois se carbonise à l’intérieur et diminue ainsi de solidité. Tout ce que l’on peut espérer, c’est une résistance plus prolongée sans qu’il y ait combustion avec production de flammes. Dans cet ordre d idées, le moyen le plus économique consiste à badigeonner le bois à plusieurs
- reprises avec le mélange qui suit :
- Silicate de soude liquide à 36° B . 40 gr.
- Blanc de Meudon ..................... 20 —
- Colle de peaux....................... 5o —
- Eau................................ 1000 —
- Des expériences ont montré que des bois ainsi préparés résistent quarante minutes alors que le bois non traité s’enflamme au bout d’une minute.
- M. R. B., à B. — Une encre sympathique très facile à préparer s’obtient en dissolvant 1 gr. de phénolphlaléine dans 100 cm3 d’alcool à 5o° GL; une fois sèche l’écriture est absolument invisible, mais en passant un pinceau imbibé d’eau ammoniacale elle apparaît en violet, puis disparaît par évaporation, opérations que l’on peut répéter un très grand nombre de fois avec le même succès. La phénolphtaléine étant d’un prix minime, les frais de fabrication sont insignifiants.
- M. R. Duray, à Paris. — Si les taches que présente votre papier à tenture sont bien dues à des moisissures,
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- BOITE AUX LETTRES
- il vous suffira de laver celui-ci puisqu’il est vernis avec une solution de sulfate de cuivre (vitriol bleu), à 5 pour ioo environ. 20 Pour Vallumage de gaz à distance, veuillez vous reporter à l’article paru dans notre numéro 2478 du icr octobre 1921 relatif à un appareillage dont le constructeur est M. Paul Bernard, 1, rue Alfred Laurent, à Boulogne-sur-Seine.
- M. Plassard, à Youzon. — Lorsque les vêtements ou fils huilés commencent à devenir poisseux, on peut leur rendre les qualités primitives en les mettant d’abord tremper pendant 24 heures dans une solution de carbonate de soude et de savon employés à faible dose, puis on met à plat sur une table et brosse vigoureusement, enfin on rince à l’eau douce et laisse sécher dans un courant d’air. Faire sur un petit morceau un essai préalable pour juger de la concentration en carbonate de soude que le fil peut supporter sans altération de 1 huile oxydée qui l’imperméabilise.
- M. 11. Briard, à Nice. — Il est assez difficile, ne connaissant pas la composition exacte des produits que vous employez pour peindre sur étoffe, de nous prononcer d’une façon certaine ; cependant nous pensons que vous pourriez augmenter la souplesse de cette peinture par addition en proportions convenables d’une solution de caoutchouc dans l’essence de térébenthine ou la benzine complétés par 5 à i5 pour 100 d’essence d’eucalyptus qui augmente la solubilité de la gomme. Prendre toutes précautions pour éviter l’inflammation de ces dissolvants pendant la préparation.
- M.' Casassa, à Milan. — Il ne faut pas compter blanchir d’une façon convenable une fourrure fauve, tout au plus peut-on traiter les fourrures blanches présentant quelques poils teintés, on opère alors comme suit :
- On prend :
- Eau oxygénée.................. 10 litres
- Eau ordinaire..................10 —
- Ammoniaque liquide............. 5 gr.
- Les peaux préalablement mouillées sont entassées dans le bain autant que celui-ci peut en contenir, on les y laisse de trois à cinq heures en les retournant une fois ou deux dans l’intervalle. Le bain doit être dégourdi, c’est-à-dire aux environs de a5° mais non pas chaud, car il y aurait départ d’oxygène, peu à peu on voit apparaître de petites bulles indiquant que la réaction se produit. On enlève alors les peaux, laisse égoutter et expose à l’air pendant deux à trois heures avant de rincer. Finalement on lave à une seule eau, puis azuré à l’outremer, mais seulement après rinçage.
- M. le comte de Peyronnet, Calvados. — L’or blanc est un alliage d’or, d’argent et de cuivre dont les proportions habituelles sont :
- Or................................7^0 gr.
- Argent........................... 170 —
- Cuivre............................. 80 —
- Nous ne voyons aucun inconvénient dans son emploi pour la réparation des bijoux dont vous parlez.
- M. X., rue de la Noiie, à Neuilly-sur-Seine. — Les taches de goudron s’enlèvent très bien en les imprégnant d’abord d’une matière grasse telle que beurre, huile végétale, saindoux; après avoir laissé en contact une heure ou deux, on passe dans un bain tiède d’eau savonneuse et tout disparaît.
- M. Gille, au Havre. — L'imperméabilisation de votre plancher en sapin sera réalisée en l’imprégnant d’une solution de colle forte additionnée de 1 pour 100 environ de bichromate de potasse; après séchage et intervention de la lumière, la gélatine bichromatée devient insoluble. Pour le rebouchage des fentes entre les lames
- faire fondre ensemble :
- Cire jaune...................3 5o gr.
- Résine en poudre...............200 —
- Suif de mouton . . ............ 5o —
- Incorporer au mélange fondu :
- Blanc de Meudon................4oo gr.
- Ce mastic doit être versé à chaud dans les rainures, on laisse refroidir quelques heures, puis on racle l’excédent avec une lame mousse. On peut approprier la teinte à celle du parquet en remplaçant tout ou partie du blanc de Meudon par de l’ocre jaune ou rouge et en additionnant d’un peu de noir de fumée.
- Pour les cloisons exposées à la pluie, la peinture effectuée par temps sec est à préférer.
- M. le D‘ Sjostedt,k Serrières (Neufchatel).—D’après la teneur de votre lettre, nous supposons que la colle
- employée est à base de gomme arabique, laquelle sD elle est seule, une fois sèche se détache facilement des surfaces polies, nous croyons qu’il vous suffira pour donner de la souplesse d’ajouter 3o gr. de sucre par 100 gr. de gomme mise en œuvre. Vous pouvez en outre rendre la colle plus poissante en ajoutant une^quantité de farine égale au poids de la gomme, celte farine doit être bien délayée, mais non cuite, la colle est d’autant meilleure qu elle commence à fermenter et présente une légère odeur.
- M. Biquet, à Marines. — Habituellement les tuyaux de toile sont rendus imperméables par le stéarate de cuivre en préparant les deux solutions :
- A- Eau............................... 10 litres
- Savon de Marseille................25o gr.
- ® Eau............................... jo litres
- Sulfate de cuivre................. 60 gr.
- La toile ayant été mouillée puis essorée, on la plonge dans le bain A et laisse un temps suffisant pour quelle soit bien imprégnée, on égoutte alors, essore à nouveau, puis plonge dans la solution B, on fait sécher et répète l’opération deux ou trois fois suivant l’épaisseur.
- Dans le cas qui vous occupe, nous craignons que les traitements tentés à la vaseline et à la paraffine ne gênent l’imprégnation, nous croyons que le mieux serait de pratiquer l’imperméabilisation par la méthode d Elie Jourdan qui utilise ces deux produits :
- Prendre : Paraffine.................. jS gr.
- Blanc de baleine. ... 20 —
- Vaseline................... 5o —
- Benzine....................3oo cm5
- Faire fondre au bain-marie la paraffine^, le blanc de baleine et la vaseline, laisser légèrement refroidir et ajouter la benzine, puis après refroidissement complet ajouter
- Essence pour automobiles . . . 450 cm5
- Pour l’emploi, amener la solution à une température de 45 à 5o°, y immerger le tissu, le faire ensuite passer entre deux rouleaux pour enlever l'excès de liquide, sécher en chambre chaude. ^
- M. J. Guéret, à Meung-sur-Loire. — L'osier peut être teint sans difficulté par les couleurs dites diamines ou colorants substantifs qui ont l’avantage de se fixer directement sans intervention de mordant, vous pourrez prendre comme type de bain en teintes foncées :
- Eau................................ 20 litres.
- Soude rfolvay....................... 25 gr.
- Sulfate de soude................... 100 __
- Colorant....................i5 à 20 —
- Bien que l’immer&iun dans le bain à froid produise déjà une coloration, il sera préférable d’opérer à chaud sur les objets fabriqués. On monte le bain avec la moitié du colorant et le porte aux environs de 4o à 5o° C, pujs on y introduit les pièces à teindre et on élève progressivement la température jusqu’à l’ébullition ; à ce moment on retire les objets, ajoute le reste du colorant et introduit à nouveau, reporte à l’ébullition que l’on maintient trois quarts d’heure à une heure, on termine par un rinçage. Ces indications sont, bien entendu générales et quelques essais seront nécessaires pour déterminer le temps de séjour dans le bain, qui ne nuira pas à la souplesse de l’osier ainsi traité.
- Comme couleurs diamines vous pourrez employer : Jaune solide B, OraDgé G, Rouge solide F, Violet N, Benzo bleu solide B, Vert B, Noir jais RB, Brun b| Bronze B; si vous éprouvez quelques difficultés à vous procurer ces colorants, les produits genre Kabyline ou Braun pourront leur être substitués, car les diamines en forment également la base.
- M. Ph. Legrand, à Paris. — i° Nous ne connaissons pas particulièrement la marque d'extincteur dont vous parlez, mais il est fort probable que le tétrachlorure de carbone s’y trouve utilisé, ce produit vaut actuellement 4 fr. 5o le kg à la maison Chenal et Douilhet, 12 rue Lagrange, les autres produits chlorés étant d’un prix plus élevé, le remplacement n’est pas à® entrevoir. 20 Vous trouverez des vernis à l’acétate de cellulose chez Clément et Rivière, rue de la Cristallerie, à Pantin.
- M. Legrand, boulevard Péreire, à Paris. — Le polissage de fébonite s’effectue en montant la pièce sur le tour, puis en appliquant un chiffon imprégné d’un mélange de vaseline et de chaux de Vienne ; pour terminer on lisse avec une peau de chamois.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de xo°/o pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ______________
- The Détermination of Hydrogen Ionsh par.W. Mansfield Clark, i vol. in-8, 317 p., 38 fig., 1 pl. Williams et Wilkins Cy, Baltimore.
- Yoici un livre si précieux que la première édition, parue en septembre 1920, a dû être réimprimée en juillet dernier. C’est dire son succès dans les pays de langue anglaise. Une traduction française serait la bienvenue et familiariserait tous nos chimistes avec cette notion physico-chimique de la teneur en ions hydrogène des solutions, si importante tant pour les recherches théoriques que pour la culture et de très nombreuses industries.
- L’acidité ou l’alcalinité des solutions dépend de leur concentration en ions libres : H et OH. On peut la déterminer, soit par les méthodes électrométriques, au moyen d’électrodes à hydrogène, assez délicates à employer avec précision, soit plus simplement au moyen d’indicateurs colorés, étalonnés au moyen de solutions témoins de compositions nettement définies. Sôrensen a établi au laboratoire de Carlsberg une échelle de ces indicateurs que Clark a largement complétée. Dans ce volume, Clark expose la théorie de l’acidité et de sa mesure par le Pu, puis décrit les deux méthodes : électromélrique et colorimétrique. Enfin, et c’est la partie la plus suggestive du livre, sinon la plus longue, il en montre les multiples applications à l’analyse, à la bactériologie, à la brasserie, à la culture, à la physiologie, à la laiterie, etc., etc. Chaque sujet traité est suivi d’une bibliographie abondante et tenue à jour qui fait de ce livre un manuel complet et indispensable.
- Quelques notes sur les oiseaux de l’Est de la Belgique, par L. Coopmann. 1 broch. in-18, 64 p. Société ornithologique de l’Est de la Belgique, Yerviers. Prix :
- 1 franc.
- Dune plume alerte, l’auteur peint sur le vif les traits de mœurs du méchant geai, de la bonne cherche, de la bondrée apivore peu connue. Ses observations personnelles sont fprt intéressantes. Le profane lira cette brochure avec plaisir et le savant y puisera maints détails concernant la manière de vivre de ces -trois espèces.
- Dictionnaire de Biologie phjsiciste, par Albert et’ Alexandre Mary, i vol. in-8, 408 p., 72 fig. Maloine. Paris. Prix : 4o francs.
- Le Dictionnaire de MM. Mary n’est pas un glossaire aride, mais un précis dont certains articles revêtent les proportions de véritables monographies. Beaucoup de problèmes de la physicochimie biologique et de l’évolutionisme y sont discutés avec clarté, et une documentation internationale abondante. En outre, c’est un livre très personnel, abondant en vues, observations et expériences originales.
- Traité de physiologie médico-chirurgicale, par Charles Richet et Charles Richet fils, 2 vol. in-8, i4?2 p.,
- 141 fig- Alcan, Paris. Prix : 75 francs.
- L'éminent savant et son fils se sont proposé, non décrire un nouveau traité de physiologie, mais d’appliquer les connaissances de cette science à l’éducation du médecin, du chirurgien. De chaque fait, décrit sommairement, ils ont déduit les conclusions utiles à la thérapeutique, à la clinique, à l’hygiène, etc. Ils traitent ainsi successivement de la cellule et du mouvement cellulaire, du système nerveux et des
- organes des sens, des muscles, des fonctions de reproduction, de la chaleur animale, de la circulation, du sang et des organes hématopoiétiques, de la digestion, du rein, de la respiration, des glandes vasculaires sanguines, de la physiologie des différents âges de la vie. Ces deux volumes, écrits très clairement, se lisent avec plaisir; ils feront connaître aux médecins nombre de perspectives nouvelles sur la pathologie et pourront servir d’introduction facile et agréable à ceux qu’intéressent les problèmes de la vie.
- Les poisons méconnus, par MM. Marchadier et Goi> jon. 1 vol. in 16, 286 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion. Paris. Prix ; 7 fr. 5o.
- Devant les périls qui menacent la jeunesse, l’attention des éducateurs paraît être surtout concentrée sur l’alcool et la tuberculose, qui ne sont que des poisons secondaires, alors qu’une multitude d’autres poisons, plus redoutables encore dans leurs conséquences lointaines, passe presque complètement inaperçue. Nous vivons inconsciemment dans un océan de vagues toxiques : aliments, pain, lait, air, eau, etc., plus ou moins altérés.
- Ecrits dans un style simple, à la portée de tous, les Poisons méconnus seront lus par tous ceux qui attachent du prix à leur vie, et qui veulent connaître les pollutions et les fraudes qui menacent notre santé.
- Organic Evolution. Outstanding Difficultés and possible Explanalions. par le Major Leonard Darwin, i broch. iii-3, 47 P- Cambridge Universily Press. Prix : 4 sh.
- Les théories de Darwin sur la sélection et l'hérédité des caractères acquis ayant été fort critiquées, le fils de l’auteur de l’Origine des Espèces montre les difficultés que rencontrent beaucoup de théories modernes de l’évolution. Elles semblent pouvoir être surmontées en admettant l’existence de mutations très faibles et fréquentes, ce qui viendrait appuyer les théories de Darwin et conserverait intactes leurs lignes essentielles.
- La gymnastique1 sportive, par Michel Dupré. i broch. in-8, 83 p., dessins de Lig. Félix Alcan. Paris, Prix : 8 francs.
- M. Michel Dupré préconise une méthode d’éducation physique par la gymnastique associée aux sports, grâce à laquelle il développe les attitudes esthétiques. Ses exercices respiratoires, les mouvements qu’il décrit, les déplacements d’haltères paraissent très judicieusement choisis et combinés pour développer la grâce et la force par une belle harmonie des mouvements de tous les muscles.
- Guide du futur commerçant, par un groupe d’industriels et de commerçants, préface de A. Lebon, i vol. 14x20 de vni-86 p. Dunod, éditeur. Paris 1921. Prix net : 3 fr. 5o.
- Négociants ou producteurs ! par P. Durville (devant le dilemme de la liberté économique), 1 vol. 140 p., chez l’auteur à Mouy-de-l’Oise.
- Statistique générale de la France. Annuaire' statistique. XXVIe volume, 1919-1920. 1 vol. in-8, 392 p. Ministère du Travail. Imprimerie Nationale.
- On connaît l’œuvre admirable de la Statistique générale de la France. C'est une source de documents inépuisables sur le climat, la population, la production, le mouvement économique, les revenus et consommations, le gouvernement et l’administration, les colonies, etc.
- L’Annuaire qui vient de paraître contient en outre un résumé rétrospectif relatif à la France et une partie consacrée aux autres pays qui ajoutent â son intérêt et permettent les plus utiles comparaisons.
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- LA NATURE
- . Supplément.
- N° 2483
- 5 Novembre 1921
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >
- *> Mécanique
- L’utilisation d’un bâti de vieille machine à coudre. Il arrive que l’on mette au rebut une machine à coudre trop usagée et que l’on conserve la table dans un coin
- de débarras, où elle achève de se rouiller alors qu’elle pourrait rendre encore de grands services à un amateur mécanicien ingénieux.
- Le système de pédales est tout agencé et il est facile de communiquer par ce moyen le mouvement de rotation à une scie circulaire, à une machine à meuler, à une poupée de tour, à un polissoir, etc. La table de la machine à coudre offre en effet une stabilité très grande et l’on peut en constituer un bâti de machine.
- Examinons rapidement les diverses utilisations que l’on peut envisager et qui sont susceptibles de rendre des services grâce à ce moteur à pédales tout agencé.
- Petite scie circulaire. — On peut agencer la scie à la partie supérieure, mais il est plus logique d’utiliser la table en y disposant une rainure comme cela se présente dans les scies circulaires qu’on utilise dans les ateliers à bois ou à métaux tendres.
- L’arbre de la scie circulaire est constitué par un petit
- arbre en acier qui provien-Seme//e dra d’une pièce réformée
- d’automobile. Cet arbre portera un épaulement fixé par une vis ou autrement; l’é-paulement sera destiné à maintenir la scie appliquée
- ^ „ , . . , contre lui.
- Fie. 2. — Pointe portant 1 arbre. „ . , ,
- D Pour serrer fortement la
- scie, on utilisera une partie filetée sur laquelle on montera un écrou, soit un écrou à six pans, soit un écrou circulaire avec des trous ménagés pour une clé à ergot (fig. i).
- Sur l’arbre ainsi agencé, on fixera une poulie en bois qui présentera une gorge ; cette gorge reçoit la corde en cuir destinée à communiquer un mouvement de rotation.
- Pour diminuer la résistance au frottement, on fera tourner l’arbre entre pointes, c’est-à-dire que cet arbre sera soutenu par deux pointes qui viendront reposer dans des trous préparés des bouts de l’arbre.
- On peut avoir quelque chose de parfait en prenant des supports en métal avec une semelle de fixation maintenue sous la table par des boulons.
- Dans ces supports se montent des tiges filetées avec têtes moletées et écrous de blocage. Gela permet de régler la pointe sur l’arbre (fig. 2).
- On peut réaliser quelque chose de plus simple en prenant des supports en bois dur dans lesquels on montera des grosses vis à bois, comme celles qu’on emploie dans la construction des pianos. On peut même se contenter de tire-fonds, dont on aura préparé la pointe (fig. 3).
- Fig. 3. lire-fonds L’ensemble est agencé de manière 1 que la scie vienne à 1 aplomb de la
- fente préparée et que la poulie se trouve placée en regard de la roue de la machine.
- On dispose des plaques de laiton ou de fer-blanc renforçant les bords de la rainure.
- Le filetage de l’écrou fixant la scie sera prévu de manière que la rotation tende à le bloquer et non à le desserrer, sous les efforts d’inertie, quand on arrête brusquement la scie.
- Celle-ci ne pourra exécuter que des petits travaux, mais
- elle peut tout aussi bien scier du bois que des métaux tendres, suivant la forme de la denture choisie (fig. 4)*
- Machine à meuler ou à polir. — On pourrait prendre le dispositif précédent, en remplaçant la scie par une petite meule émeri ou par des disques empilés en drap, en flanelle, en toile, qui constituent ce qu’on appelle le buffle des polisseurs. Dans ce cas les disques sont pressés entre deux petites rondelles en bois.
- Pour la meule, on peut la transformer en lapidaire en collant de la toile émeri sur un disque en bois.
- Cependant il est alors plus logique de placer l’arbre au-dessus de la table de la machine, tout en gardant sa disposition entres pointes.
- L’arbre sera nécessairement très court, car cela per met d’exercer de plus grandes pressions sur l’outil meule ou buffle. Les supports seront plus surélevés et la
- Ar6re Pou/ie
- La scie circulaire montée.
- courroie de commande passera dans les trous déjà faits quand il s’agissait d’actionner la machine à coudre (fig. 5).
- On peut également monter le dispositif que nous avons décrit précédemment (n® 2400) et qui utilise les organes à billes d’un vieux pédalier de bicyclette.
- Petit tour. — La même disposition peut être prise pour constituer la poupée fixe d’un tour à bois, mais il est nécessaire que, du côté de l’outil, il n’y ait pas de support à pointe, mais un palier qui de préférence sera un palier à billes.
- L’arbre, en effet, doit pouvoir recevoir un filetage et
- meute
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- Fig. 5. — Montige d’une meule.
- un plateau afin de monter les pièces à travailler. Le support d’outil sera constitué par une pièce de bois garnie d’une feuille métallique de protection.
- On peut constituer la poupée du tour d’une manière originale èn utilisant un vieux piston d’automobile.
- L’arbre sera supporté alors par les emplacements qui servaient à l’axe de la bielle du moteur ét on enlèvera du corps du piston les parties nécessaires pour permettre le passage de la poulie et de la courroie.
- Le fond du piston sera percé afin qu’on puisse le fixer par des vis sur un bloc de bois réuni à la table. Pour supporter la poussée de l’outil, on placera une pièce d’équerre sur le piston et eette pièce servira de guide et de support à une vis qui formera butée sur le bout de l’arbre. On peut utiliser aussi un simple bloc de bois (fig. 6).
- L’autre extrémité est préparée comme un nez de tour, pour recevoir un plateau fileté ou même un petit mandrin.
- On voit donc tout le parti qu’on pourra tirer de la
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- table de la machine à coudre et toutes les ressources que ces agencements peuvent donner si l’on est un peu habile.
- Bien entendu, suivant la dimension de la poulie et suivant la vitesse du pédalage, on peut obtenir des vitesses
- P/ston
- butee
- P/ston
- Courro/e
- Fig. 6. — Utilisation dJun piston de moteur.
- de rotation, plus ou moins grandes. Elle devra être assez élevée quand on emploiera les outils de polissage.
- E. Weiss.
- Clé de serrage automatique extensible. — Cette clé très solide s’adapte immédiatement sur n’importe quelle forme (carrée, six pans, huit pans, etc.) ou diamètre d’écrou ; non seulement elle permet de serrer ou de desserrer un écrou neuf, mais encore de bloquer ou de débloquer, sans effort, un écrou soit grippé, soit arrondi, ce qui ne pouvait être fait jusqu’ici qu’au moyen de clés spéciales. Elle peut encore être utilisée comme clé à tube, clé à chaîne, etc. Peu encombrante et légère à maneuvrer, elle permet de travailler d’une seule main et dans toutes les
- Fig. 7. — Clé de serrage automatique extensible.
- positions, aussi bien par 1 /4 que par 1/8 de tour. Les mâchoires sont en acier chromé, trempées et interchangeables.
- Nul doute que cette clé qui évite le poids et l’encombrement de plusieurs séries de clés droites, à fourches, à molette, etc., ne rende dés services précieux et constants aux mécaniciens, aux automobilistes, etc. — Constructeur : Ed. Pertuiset, 4> rue Gobert, Paris (tie).
- Electricité ^*«#3
- Construction d’un tube chauffant électrique. — La construction indiquée dans un numéro précédent pour un chauffe-bain au moyen d’électrodes en charbon ne repose évidemment pas sur un principe nouveau et il
- existe dans le com-
- fficftef
- Soudure
- Charôon
- Anneau jso/ant
- merce des tubes chauffants qui ont aussi des électrodes en charbon de cornue.
- Ils sont constitués par un cylin-ou crayon dre et une baguette de charbon concentriques, la baguette est isolée du cylindre par du ciment spécial ou des rondelles de caoutchouc placées aux
- extrémités. Le vide qui reste entre le cylindre et la baguette sur le reste de la longueur est de a à 3 milli-
- Tuôe
- charbon
- perce
- Fig. 7.— Tube chauffant électrique
- mètres.
- Des trous ménagés dans le cylindre permettent l’arrivée du liquide à chauffer dans l’espace annulaire. L’ensemble est introduit dans un autre cylindre en porcelaine, également troué. L’absence de liquide interrompt également le courant.
- Un de nos lecteurs, M. Ajas, nous indique la manière de construire un de ces appareils auquel on peut donner
- Boug/e-de fr/tre'
- Fig.
- Enveloppe en bougie liltrante.
- une efficacité plus ou moins grande suivant la longueur du tube. Cette construction demande d’ailleurs de l’habileté et un certain outillage.
- Yoici comment sont prévues les différentes pièces.
- Baguette centrale. — Un petit charbon de lampe, à arc pour projection avec anneaux en caoutchouc ou garniture de ruban caoutchouté âüx extrémités (fig. 7). La prise de courant sera constituée par une tige de nickel fixée à la soudure au fer chaud dans un trou du charbon. L’adhérence est meilleure en chauffant le nickel grâce à l’emploi du fer chaud pour fixer la soudure.
- Cylindre en charbon (fig. 7).
- — Gros charbon de lampe à mèche en graphite qui sera percé de bout en bout. Le trou sera agrandi suffisamment pour obtenir l’intervalle de 2 à 3 mm nécessaire. Ce
- tube sera percé de trous, et la prise de courant sera constituée par un fil de nickel enroulé à spires jointives soudées sur le cylindre.
- Enveloppe (fig. 8). — Une bougie de filtre Chamberlain (ou un tube de radiateur à gaz) coupée à la demande et percée de trous pourra faire l’affaire et l’extrémité de sortie de l’eau servira à fixer la tige de nickel de la baguette centrale.
- Emploi. — Il est bon de prendre un manchon en nickel peu épais et contenant de l’eau dans laquelle sera l’appareil. Le manchon est placé dans le liquide à chauffer, ce qui évite que l’appareil ne prenne le goût des. différents liquides soumis à son action.
- Comme on le voit, cet appareil exige déjà un certain-choix de matière et une habileté suffisante, mais en partant de ces données on peut construire des tubes chauffants de modèles plus réduits, qui permettraient de chauffer de très petites quantités d’eau, par exemple, en vue d’obtenir rapidement l’eau chaude nécessaire à celui qui doit se raser chaque matin.
- L’attache-fil. Le Connect’Vit. — Les cas sont fréquents où l’on désire effectuer rapidement une connexion électrique, sur un conducteur, notamment sur un conducteur entouré d’une enveloppe isolante.
- M. Malleville a imaginé dans ce but un attache-fil aussi économique que pratique et efficace. C’est un manchon ouvert en cuivre, de forme légèrement conique, la partie évasée est en outre cannelée; la partie rétrécie porte un œil. On engage le conducteur dont les fils ont été préalablement dégagés et repliés sur la périphérie (fig. 9) dans la partie évasée de 1 attache-fil. Un coup de pince et le serrage est effectué; l’attache-fil forme douille et tient solidement au conducteur en même temps que le contact électrique est assuré.
- Le fil ainsi équipé doit maintenant être connecté à l’appareil générateur de courant. Le conducteur issu de celui-ci est muni à cet effet d’une petite boule vissée ;
- Ffg. 9. — Le Connect’Vit.
- il suffit d’engager l’œil de la douille sur cette boule, par simple pression, et la connexion est effectuée.
- Remarquons que cette boule filetée existe normalement sur les prises de courant de magnéto d’automobiles; sur les bougies d’autos on peut en monter aisément d’analogues; leur coût est minime; sur bien d’autres appareils on peut également monter des boules de ce genre, et l’on a alors un moyen très commode et rapide pour faire les connexions.
- Le Connect Vit est construit par M. H. Weydert, 19, rue de Courcelles, Levallois-Perret.
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- VARIETES
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- LE COMMERCE DES NOIX SECHES
- Parmi les fruits secs, les noix ont une importance commerciale notable bien qu’inférieure à celle des châtaignes, mais, malheureusement, la concurrence étrangère tend à la réduire d’année en année, apportant sur le marché mondial des produits qui, s’ils sont inférieurs aux nôtres pour la qualité, leur sont supérieurs au regard de leur présentation. m
- Production. — Avant la guerre, on estimait la production totale annuelle à un chiffre bien plus haut qu’on ne le constate aujourd’hui ; aussi je compléterai quelque peu les renseignements que j’ai donnés dans un article antérieur. J’ai relevé dans les Statistiques agricoles annuelles du Ministère de l’Agriculture les récoltes annuelles extraordinaires ci-contre. En 1885, i 690 182 quintaux; en 1888, 1 084 564 ; en 1889, i o55 95a ; en i8g3, 1349827 et en 1904, 1 048 146 atteignant les sommes correspondantes de a5 028 462 francs 521777 o85 ; 21 435 762 ; 25 gi5 958; 29 734 027.
- Les récoltes les plus faibles ont été en 1902, 331 979 qx ; en 1910, 210 54o; en igi3, 358 587 valant respectivement n 45o 755 ; 14 008 58o ; 22 711 966 francs.
- Depuis la guerre, les récoltes ont oscillé entre 494 964 et 32i 65o quintaux produisant des sommes plus élevées que lors des meilleures récoltes à cause de la plus-value considérable des prix : 23 g55 523 et 53 600 55o francs.
- Pt ùx. — De 1885 à 1913, la valeur moyenne officielle des prix du quintal a subi des fluctuations résultant surtout de l’abondance ou de la pénurie des récoltes, cette dernière étant due spécialement à la disparition successive d’un assez grand nombre de noyers à cause de leur grande valeur pour le commerce et l’industrie du bois. Au cours de ces 28 ans, on distingue deux périodes spéciales; dans la première qui va de i885 à 1901, les prix se sont maintenus entre i5 fr. 73 et a5 fr. i5; dans la seconde, ils ont oscillé entre 28 fr. 5o et 66 fr. 53 accusant ainsi un écart de près de 2 fois 1/2 le prix le plus faible. Depuis la guerre, ils ont passé de 67 francs à 216 fr. 97 en 1919, soit un écart dépassant le triple du prix le plus bas de cette nouvelle période, dépassant aussi 4 fois 1/2 le prix moyen de la dernière décade 190 4-igi3. Toutefois, ces chiffres officiels sont bien inférieurs"* à ceux qui ont été réalisés par le département de la Drôme qui, dans son exportation aux Etats-Unis, a coté le quintal des noix de table à 35o francs et celui des cerneaux à 1200 francs! (Monographie de la culture du noyer par MM. Desmoulins et Dussert).
- Commerce — La plus grande partie de la production est utilisée en France, soit à l’état de noix en coque, soit à celui de cerneaux consommés comme dessert familial ou pour la fabrication de l’huile. Le marché de Paris offre un grand débouché pour les premières et se trouve alimenté pour les 3/4 par les départements du Lot, de la Dordogne et de la Corrèze dont les produits triés et nettoyés sont mieux présentés que ceux des autres départements : leurs noix conservant des traces de brou déplaisent à la majorité des consommateurs parisiens. C’est aussi pour cette raison, d’après le dompte rendu du Congrès de la Noix, tenu à Grenoble en 1920, que les noix de l’Isère, bien que leur goût soit plus fin, sont parfois dépréciées et pas payées à leur valeur. La dépréciation est encore plus grande pour celles des Deux-Sèvres dont le prix de vente n’atteint pas la moitié de celui qu’obtiennent les produits du Dauphiné et de la Dordogne. La vente des cerneaux n’arrive pas à se créer une place sur le marché de la. capitale ; les confiseurs qui les emploient préfèrent les faire venir directement des centres producteurs spéciaux.
- Si les premiers envois de noix fraîches se font, comme je l’ai élit antérieurement, dès la fin de septembre en sacs de 12 à 16 kg, les arrivages de noix sèches ont lieu dès le commencement de novembre par caisses de 25 à 3o kg. Il se fait de Paris un assez grand nombre de réexpéditions, notamment dans les villes du Nord de la France.
- Commerce à Vétranger. — Pendant la période décennale qui précéda la guerre, la France exportait 24 à 26000 tonnes de noix qui, par ordre décroissant d’importance, se répartissaient comme suit : Angleterre 11 à 12000 tonnes; Etats-Unis 5 à 7000; Allemagne 2 à 3ooo ; Suisse 2000; Belgique i5oo; Pays-Bas i5oo. La valeur, qui dépendait de la qualité des produits, variait entre 11 à i5 millions de francs.
- Bien que, dans la dernière période des hostilités et depuis, les conditions aient été loin d’être normales, le commerce n’a pas été arrêté, et voici, à titre de document, pour en avoir une juste notion, le tonnage et la valeur de nos exportations et importations pour les trois années 1917, 1918, 1919, d’après la dernière statistique agricole officielle.
- Exportations.
- Quantités en 1917 quintaux métriques. 1918 1919 Valeur en francs. 1917 1918 1919
- i34.2q5 75'.o5 A 95.9971 22.83o. i5o 12.758.840 17.759.445
- 6 599 3;8 Importations. . 3.2o3 | 536 3po 33.460 3 1.634
- Quoique la diminution du tonnage de nos exportations soit très grande, il n’en est pas de même du montant des sommes perçues à cause de la majoration considérable du prix du quintal fixé à 170 francs en 1917 et 1918 et à i85 francs en 1919. Nos importations de Turquie et d’Espagne ne devraient pas exister, mais elles ne sont pas élevées ; le prix du quintal importé n’atteint que la moitié environ du quintal exporté.
- Exportation en Angleterre. — Ce pays nous fournit le plus grand débouché sous les deux formes, noix en coque et cerneaux. Les premières y sont vendues sous le nom de « Noix de Grenoble » ; les meilleures sont appelées les Mayettes, les autres Chabertes. Le quintal en provenance de la Dordogne se vendait l’an dernier 36o francs. Les cerneaux fabriqués surtout dans le Dauphiné, le Massjf Central et le Périgord arrivent en Angleterre par la voie de Marseille.
- Expot tation aux Etats-Unis. — Les departements de l’Isère et de la Drôme envoient la plus grande partie des noix et cerneaux qui y sont exportés et dont une fraction est reexpediee au Canada. Les expéditions sont faites pour les noix en sacs de 5o kg et, pour les cerneaux, m caisses de 25 kg. J’ai indiqué plus haut les prix obtenus pour ces deux produits.
- Concurrence étrangère. — Nous sommes fortement concurrencés sur les marchés anglais et américains. En Angleterre, l’Espagne expédie par an, environ 8000 t. de noix et de cerneaux, l’Italie 1700, la Mandchourie et la Turquie 7000 t. Aux Etats-Unis, en dehors dé la Californie qui alimente de plus en plus tous les Etats, il y arrive, d’après M. L. Causse, en moyenne et par an, de Naples 70000 sacs de 5o kg; d’Espagne 3oooo;’ de France 13 0000; de Mandchourie 100000 et du Chili 100000.
- Progrès à réaliser. — Pour que notre exportation puisse lutter avec succès contre celle de l’étranger, nos producteurs ne doivent envoyer que des produits aussi irréprochables que possible au double point de vue de la qualité et de la présentation. Voici les principales conditions à réaliser. i° Pour les noix : a) Ne livrer que des noix saines, bien pleines, triées par grosseur, très blanches et ne contenant qu’un pourcentage de noix véreuses inférieur à 10 pour 100, proportion rarement atteinte dans les lots de Californie et de Mandchourie ; b) ne mélanger exclusivement sous le nom de « Noix dé Grenoble » que les variétés Mayette, Franquette ou Parisienne; c) faire les expéditions en temps voulu pour qu’elles arrivent aux Etats-Unis pour le Jour d’actions de Grâce (Thanks giving Day), qui se célèbre le dernhr jeudi de novembre.
- 20 Pour les cerneaux. — Les trier avec grand soin afin que la proportion de brisures (invalides) ne dépasse jamais 10 pour ioo, et que les cerneaux très clairs ne soient pas mélangés avec des arlequins (cerneaux très colorés), ceux-ci donnant une très mauvaise apparence aux livraisons.
- Pour faciliter ces résultats et parvenir par des soins intelligents et constants à créer des marques commerciales connues et irréprochables, il importe, en plus, d’une part, de ne cultiver que des variétés sélectionnées et greffées et de donner aux arbres la fumure et les Irai-, tements anticryptogamiques et insecticides indispensables et, d’autre part, de créer et d’employer les appr^ reils spéciaux nécessaires pour effectuer mieux et plus rapidement les différentes opérations que doivent ènbir les noix pour être livrées dans les meilleures conditions au commerce français et à l’exportation. A- Tkuei le.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L'abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant nn caractère d’intérêt général et accompagnées d’nne bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Communication. — A propos des effets de la foudre sur les couvées (n° 2479)- — M* Ch. Marseille, ingénieur à Paris, nous écrit :
- « Je ne crois pas que la non-réussite des couvées provienne uniquement de l’électricité atmosphérique et je crois que le bruit du tonnerre a aussi une influence et en général tous les bruits violents.
- Voici à ce sujet un fait qui s’est produit il y a environ un mois pendant que j’étais en vacances.
- Ma grand’mère avait une poule qui couvait une douzaine d’œufs; un jour elle constata, ce qui était normal, que les poussins allaient éclore, elle sentait les coquilles qui commençaient à se percer et elle pensait que le lendemain et les jours suivants les poussins verraient le jour. Mais malheureusement ce jour-là, un ami vint nous rendre visite avec sa motocyclette side-car, il resta environ une heure, puis, pour s’en aller remit son moteur en marche; le démarrage se fit assez difficilement et pendant'au moins cinq minutes avant son départ, sa machine fit entendre un certain nombre de pétarades dues à l’échappement libre. Le bruit était tellement assourdissant et imprévu que l’affolement s’empara de tous les animaux du voisinage, les chats et les chiens s’enfuirent précipitamment, et même des enfants qui sortaient de l’école se sauvèrent le long des maisons tellement ils avaient été surpris par ce bruit inattendu. Le lendemain, ma grand’mère visita sa couvée comme d’habitude et constata, ainsi que les jours suivants, que tous les poussins étaient morts dans leur coquille. Comme il n’y avait pas eu d’orage pendant la durée de l’incubation, nous en avons conclu que la non-réussite de cette couvée était due uniquement au bruit provoqué par le démarrage de la motocyclette.
- Il est probable que le bruit du tonnerre doit avoir la même influence sur les couvées. »
- Réponses. — M. le Dr Ilia, Santa Coloma, Barcelone. — Vous trouverez tous les renseignements techniques sur la vulcanisation dans l’ouvrage Technologie du caoutchouc souple par R. de Fleury, éditeur Dunod, 47» quai des Grands-Augustins.
- M. F. Champ eu, à Ax-les-Thermes. — Le blanchiment des chapeaux de paille est opéré par les professionnels de la façon suivante d’après Gouillon :
- La coiffe étant enlevée ainsi que tous les accessoires du chapeau, si ce dernier est piqué par l’humidité on le fait tremper pendant deux à trois heures dans une solution d’acide oxalique à 5 g r. par litre et rince. On passe ensuite dans un bain de carbonate de soude et de savon ordinaire en brossant énergiquement, la paille devient très jaune, on la ramène au blanc par un bain d’acide oxalique préparé comme ci-dessus. Il ne reste plus qu’à mettre au soufroir qui peut être constitué par une caisse en bois suffisamment grande, fermant hermétiquement et dans laquelle on fait brûler du soufre que l’on allume .au moyen d’un tisonnier rougi, juste au moment de fermer et après avoir suspendu le chapeau de la caisse assezloin du lieu de combustion (vase en grès contenant le soufre), on laisse en contact douze heures, rince à fond pour éliminer l’acide sulfureux et l’acide sulfurique. Les pailles qui doivent avoir un reflet jaune sont ensuite nuancées au jaune naphtol. Quand la paille a besoin d’être apprêtée on termine par un enduisage à l’eau tiède gélatinée, à moins que l’on ne préfère appliquer l’un des vernis à l’alcool que l’on trouve dans le commerce, mais ceux-ci étant en général trop épais, il conviendrait d’y ajouter un tiers d’alcool pour les diluer.
- M. de Fontenay, à Luzy.—Les boiseries blanches ou claires, en particulier celles des portes et fenêtres souvent noircies par endroits au contact des mains, peuvent être -aisément nettoyées en opérant ainsi : Tremper dans du plâtre un chiffon blanc et frotter avec ce chiffon les parties encrassées, enlever finalement à l’aide d’une
- éponge ce qui reste de plâtre sur la peinture, elle aura repris son aspect primitif.
- M. Ray-Al, Alger. — i° L’embaumement pratiqué par les Anciens consistait à enlever les parties les plus corruptibles telles que viscères, cerveau, etc., et à bourrer les cavités de produits aromatiques ou baumes végétaux dont les principes aldéhydiques ont des propriétés antiseptiques marquée^ benjoin, styrax, etc. Aujourd’hui l’embaumement consiste à remplacer le sang par un liquide fortement antiseptique dont le type est la préparation de Gannal composée de :
- Sulfate d’alumine................1000 gr.
- Sel de cuisine...................1000 —
- Nitrate de potasse............... 5oo —
- Eau............................... 20 kg
- On injecte 4 à 6 litres de ce liquide au moyen d’une pompe spéciale dans l’artère sous clavière ou l’artère fémorale et on laisse en contact 12 heures pour qu’il y ait diffusion du liquide conservateur. Alors seulement on complète l'embaumement en faisant échapper à l’aide d’un trocart les gaz de l’abdomen, puis on injecte par l’ouverture faite 200 gr. de zinc colloïdal qui va solidifier la paroi de l'intestin. On introduit de même par un trocart dans chaque moitié du thorax 100 gr. du produit et dans le crâne par le canal nasal une certaine quantité de cette solution. On remplace parfois le liquide de Gannal par une solution de chlorure de zinc dans l’eau alcoolisée ou même par l’alcool amylique qui étant à la fois antiseptique et déshydratant arrête la décomposition et dessèche le cadavre, a0 La fabrication des vernis demande certains tours de mains, tels que la cuisson des gommes, moment des mélanges, etc., comme il ne s’agit très probablement d’en préparer que de petites quantités, nous vous conseillons d’acheter un vernis tout prêt de bonne qualité chez un marchand de couleurs. 3° La colle à la gomme arabique convient parfaitement pour coller des étiquettes sur boîtes de fer-blanc, mais il faut auparavant passer sur celui-ci un pinceau imbibé d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique. 4° Vous pourrez préparer une bonne cire à cacheter de la qualité courante du commerce en prenant :
- Gomme laque blonde................200 gr.
- Térébenthine suisse...............100
- Vermillon.........................100 —
- Kaolin fin........................ 5o —
- Benjoin pulvérisé................. i5 —
- 5° Une très bonne graisse consistante vous sera donnée pour le graissage d’un roulement à billes en mélangeant :
- Vaseline..........................400 gr.
- Graphite impalpable...............100 —
- M. A. Munkel, à Blida. — Nous ne pensons pas que l’altération de-votre révélateur au métol-hydroquinone résulte de l’emploi de pellicules, car ce bain est constamment utilisé dans les laboratoires cinématographiques et s’y conserve parfaitement. Il faudrait plutôt incriminer, soit la qualité de l’eau, soit celle des produits qui y sont dissous. En employant de l’eau préalablement bouillie et reposée, ainsi que des produits chimiques de provenance sûre, la formule suivante doit
- vous donner de bons résultats :
- Eau........................ ..............1000 c. c.
- Métol ou génol........................... 3 gr.
- Hydroquinone.........................r. 3 —
- Sulfite de soude anhydre................. 3o —
- Carbonate de soude anhydre................ 10 —
- Solution de bromure de potassium à 10 p. 100. 10 c. c.
- Ce bain concentré est habituellement dilué dans 3 volumes d’eau, pour les clichés normalement posés, et dans 9 volumes pour les clichés sous-exposés. Quant à la surexposition, on la corrige par addition de bain vieux ou d’une dose plus élevée de bromure.
- M. J. Z., à Barcelonnette. — Vous pouvez certainement vous procurer dèà"' maintenant, avant votre départ, un agenda de poche pour l’année prochaine. Nous vous signalons celui de la maison Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris, très pratique, composé d’un petit portefeuille où se fixent d’une manière amovible quatre carnets correspondant à chacun des trimestres et un répertoire alphabétique.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2484
- 12 Novembre 1921
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- INFORMATIONS
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- Un bolide à Bruxelles. — M. Paul Stroobant a récemment communiqué à la classe des Sciences de l’Académie royale de Belgique l’observation d’un bolide qu’il a faite le 24 mars dernier, à 9 h. 3 m. (temps de Greenwich), entre les coordonnées suivantes :
- Apparition j *ZT^ggo.
- Disparition j g “
- Il se dirigeait lentement de la queue de la Grande Ourse vers l’étoile Arcturus ; il a mis environ 3 secondes pour décrire sa trajectoire. Celle-ci a présenté une sinuosité bien marquée aux deux tiers environ de sa course. Le météore a éclaté à 28° de hauteur environ au-dessus de l’horizon; son éclat, à ce moment, était très vif, supérieur à celui de Yénus.
- Au moment de l’explosion, dont on n’a pas perçu le bruit, il a présenté une coloration très accentuée : blanc, bleu et rouge, principalement.
- Il a laissé, dans la dernière partie de sa trajectoire, une traînée qui a disparu au bout de quelques secondes.
- La Comète d’Encke. — Nous trouvons dans l’intéressante Gazette astronomique, éditée par la Société d’Astronomie d’Anvers, une information sur la célèbre comète d’Encke, dont la période est de 3ans,3. Elle a été découverte à son trente-cinquième retour, le 27 juillet 1921, à 51'i5m (T. M. G.), par MM. J.-F. Skjellerup et W. Reid, dans la constellation du sextant, par ioh8mris d’ascension droite et -|- 4058' de déclinaison. L’éclat a été estimé, suivant les observateurs, à la grandeur 9,5 et « plus grand que 8,0 ».
- La différence entre la position observée et l’éphémé-ride calculée par M. L. Matkiewicz (+ 5o5 et —n') indique que le passage au périhélie a dû avoir lieu le i3 juillet, vers ih55ra (T. M. G ). La comète s’est dirigée rapidement vers le Sud, à travers les constellations de la Coupe, du Corbeau, de la Vierge, de l’Hydre et du Scorpion, devenant très difficilement observable de nos latitudes.
- La comète d’Encke se trouve ainsi être la 4e de 1921, et a été inscrite sous la désignation 1921 d.
- L’avion sans pilote. — Nous avons déjà signalé que des expériences fort intéressantes ont été effectuées vers la fin de la guerre pour conduire un avion à distance, sans pilote. Dans l'Aéronautique, M. le capitaine Vol-merange donne des détails jusqu’ici inédits sur cette expérience; en même temps il analyse à fond le problème ainsi posé et en montre toute la complexité.
- Un groupe de savants et d’ingénieurs du plus grand mérite, parmi lesquels on relève les noms de MM. Brillouin, Gueritot,Manesco et du lieutenant-pilote Ageorges qui sacrifia sa vie à l’aboutissement de ses recherches, réussirent en quelques mois à démontrer que le vol sans pilote n’est pas une chimère.
- Avec des moyens assez réduits, ils réalisèi’ent des appareils grâce auxquels, à Etampes, en 1918, un avion Voisin fut pendant plus d’une heure dirigé au moyen d’ondes hertziennes sur un itinéraire inconnu de son pilote. La commande de direction à distance était donc réalisable. Il est évident que, dès lors, la commande à distance des gouvernails de profondeur l’est aussi. Les difficultés de départ et d'atterrissage sans pilote ne paraissaient pas insolubles et il suffisait dès lors, dit M. Volmerange, d’obtenir une bonne adaptation à l’avion d’un stabilisateur automatique sûr pour faire entrer le vol sans pilote dans le domaine de la pratique.
- La fin de la guerre rendit évidemment plus difficile la continuation des expériences et le perfectionnement des appareils ; mais si les travaux furent ralentis, ils ne furent pas suspendus. Le lieutenant Ageorges commença, sous la direction du Service technique de l’Aviation, à Villacoublay d’abord, au Grotoy ensuite, l’équipement d’un nouvel avion Voisin qui devait réunir à son bord la totalité des dispositifs dont une partie seulement avait été expérimentée à Etampes. La démobilisation enleva bientôt à l’Etat la plupart des concours qui avaient permis le succès rapide des premières expériences. Ageorges
- redoubla d’efforts pour aboutir quand même, mais il présuma trop de ses forces et mourut à la peine au début de 1920. Cependant ses études n’ont pas été abandonnées. « Nous pouvons compter, dit le capitaine Volmerange, ne pas nous laisser ravir le bénéfice des travaux dont nous avons eu l’initiative. »
- Pour réaliser le vol sans pilote, il faut tout d’abord munir l’avion d’un stabilisateur automatique; les premiers essais d’Etampes ont été effectués avec le stabilisateur automatique Sperry.
- Il faut maintenant envoyer à l’avion la quantité d’énergie suffisante pour actionner les appareils de commande du bord. Il faut évidemment à bord une source indépendante d’énergie pour manoeuvrer ces appareils, pour diriger ces manœuvres des relais actionnés par les ondes émises du sol; il faut qu’à chaque signal émis de terre corresponde sur l’avion une commande bien déterminée, il faut en outre que des signaux différents de ceux du poste émetteur ne puissent venir influencer les appareils.
- Pour réaliser cet agencement, on se rend compte aisément qu’il y a de nombreux et délicats problèmes à résoudre et que le matériel qui en résultera sera nécessairement fort compliqué, et maniable seulement par des spécialistes exercés.
- Aussi le capitaine Volmerange conclut-il : « Ce serait une erreur de croire que la télémécanique doit changer prochainement du tout au tout l’orientation de l’aviation. Un engin aérien dirigeable à distance peut devenir une arme redoutable, mais il ne supprimera pas plus les avions ordinaires que la torpille n’a éliminé de la marine les bâtiments montés. »
- Aussi le pilote automatique, aussi délicat du reste que le pilote en chair et en os, ne peut-il être considéré comme appelé à se substituer à ce dernier.
- L’avion de l’avenir. — Dans un récent discours au Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences, que publie VAérophile, M. L. Bréguet a tracé le tableau de l’aviation de demain. M. L. Bréguet est un de nos plus savants et habiles constructeurs d’avions ; son opinion a donc son poids tout particulier. Les vues que nous allons résumer peuvent paraître au premier abord des rêves de romancier imaginatif à la Jules Verne. Cependant elles s’appuient sur des calculs précis et sur une expérience consommée.
- L’avion de demain doit satisfaire aux conditions suivantes :
- i° Pouvoir effectuer sans escale des parcours de plus de 35oo km, pour traverser d’un seul vol l’Océan Atlantique, par’exemple entre Dakar et Pernambouc, ou entre l'Irlande et Terre-Neuve.
- 20 Avoir une vitesse commerciale aussi élevée que possible, 25o km à l’heure au’minimum, pour que les vents contraires ne causent pas trop de retards sur les horaires.
- 3° Posséder une installation de T. S. F. permettant de recevoir et d émettre des messages, de se diriger par la radiogoniométrie.
- 4° Assurer aux passagers un confort de l’ordre de celui des wagons-lits.
- 5° Pouvoir naviguer la nuit.
- Surc«*s bases, M. Bréguet a établi le projet d’un avion dont la réalisation est certaine et qui s’appuie sur des résultats vérifiés. Avec cet avion, avant 2 ou 3 ans,'on effectuera le trajet Paris-Buenos-Ayres en deux jours et demi et 5 escales, à un prix inférieur à celui des cabines de luxe des transatlantiques faisant le même voyage.
- Cet avion aurait une puissance de 1200 HP, une surface de 2Ôo m2 et pèserait au départ de 12 à i3 tonnes. Sa vitesse moyenne de 200 km à l’heure pourrait être portée à a5o avec un dispositif de suralimentation du moteur.
- La nacelle aurait les dimensions d’une voiture des wagons-lits et pourrait emmener 20 voyageurs et 1 tonne de bagages. L’équipage serait de 7 hommes, le poids de J combustible emporté de 4 tonnes. Le prix du passage | s’établirait au prix de 9000 francs par personne.
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- INFORMATIONS
- Ceci c’est l’avenir immédiat qui se réalisera dans un délai de quelques années, mais on peut prévoir plus loin. M. Bréguet a cherché à chiffrer les possibilités que nous laissent entrevoir les formules que nous possédons dès maintenant et les connaissances acquises grâce aux recherches expérimentales et à la science.
- M. Bréguet, d’accord avec M. Rateau, l’éminent ingénieur, estime que la réalisation de vitesses de 4oo km à l’heure est d’ores et déjà certaine à bref délai, grâce au vol à haute altitude et à l’emploi de moteurs à suralimentation gardant leur puissance malgré la raréfaction de l’air. Les essais du turbo compresseur Rateau ont montré la voie à suivre.
- La qualité des avions, déjà très améliorée depuis les débuts de l’aviation, est encore susceptible de grands progrès : l’oiseau nous offre un modèle encore inégalé, mais dont on s’est déjà beaucoup rapproché; on pourra faire mieux encore. On appelle finesse d’un appareil le rapport entre la résistance et la force portante; les avions d’avant-guerre avaient une finesse de i5à 20 pour ioj ; à la fin de la guerre la finesse était déjà améliorée jusqu’à 12 pour 100 ; dès aujourd’hui, avec les monoplans à ailes épaisses, on peut prévoir des finesses de 8 pour ioo; or, celle des bons oiseaux planeurs est de l’ordre de 4 pour ioo.
- L’emploi des métaux légers a permis de gagner considérablement sur le poids mort des avions et ici la métallurgie n’a pas dit son dernier mot.
- En ce qui touche les moteurs, les progrès du même ordre ne sont pas douteux. Dès aujourd’hui, on sait construire des moteurs pesant nus i kg par cheval et en ordre de marche i kg 4> y compris radiateur, eau, hélice et tous accessoires. Ces moteurs consomment 25o gr. d’essence par cheval-heure.
- M. Bréguet escompte d’ici à quelques années la réduction à i kg du poids du cheval en ordre de marche, la réduction de la consommation à 200 gr. par cheval-heure par l’emploi du cycle Diesel, et peut-être à i5o gr. dans une cinquantaine d’années.
- Lorsque tous ces perfectionnements qu’il est légitime de prévoir seront réalisés, que sera l’avion?
- Il pourra alors, calcule M. Bréguet, avoir un rayon d’action de 26000 km, c’est-à-dire le tour de la Terre au parallèle de Paris.
- Avec un moteur pesant 2 kg 5 par cheval, une finesse d’avion de 7,5 pour 100 et un rendement de 78 pour 100 pour les propulsions, la vitesse de l’avion pourra atteindre facilement 3i2 m. à la seconde, soit 1120 km à l’heure, c’est-à-dire la vitesse du son dans l’air. Le tour de la Terre, au parallèle de Paris, pourrait alors être effectué en moins de 24 heures, c’est-à-dire plus vite que la vitesse périphérique de la Terre le long de ce dit parallèle.
- Si donc un avion lancé à une telle vitesse suivait une route inverse de celle de la rotation de la Terre, il pourrait non seulement rester immobile par rapport au Soleil, mais même gagner sur lui et les passagers d’un tel appareil verraient alors le Soleil se lever à l’Ouest et se coucher à l’Est à l’inverse de notre jour solaire.
- L’obtention d’une telle vitesse n’est peut-être pas si lointaine qu’on pourrait le croire ; dès aujourd’hui on peut entrevoir des moteurs munis de compresseurs ! convenables conservant leur puissance jusqu’à l’altitude de 12000 m. où la densité de l’air est réduite au quart de ce qu elle est au niveau du sol.
- Si l’avion est supposé un monoplan chargé à 3oo kg par mètre cube, et si on lui applique le coefficient pratique en usage aujourd’hui on trouve qu’à 12000 m. sa vitesse sera de 25o m. à la seconde, soit 900 km à l’heure, c’est-à-dire un chiffre assez voisin de celui envisagé ci-dessus. Et ce n’est pas encore tout.
- La vitesse de 3t2 m. à la seconde qui permettra d’obtenir ces résultats étonnants n’a pas été donnée en prenant pour le rendement dë l’avion et du moteur les chiffres limites précédemment indiqués : supposons qu’on aille jusqu’au bout des perfectionnements espérés par M. Bréguet, que l'avion ait la finesse de l’oiseau, soit 5 pour 100, que le moteur ne pèse que 1 kg 5 par cheval, que le rendement de 1 hélice soit de 80 pour 100, c’est alors la vitesse de 800 m. à la seconde ou 2880 km à l'heure que l’on peut envisager.
- C’est la vitesse initiale des projectiles de canons à longue portée. Dès lors, des torpilles automobiles ! aériennes conçues comme le sont les torpilles marines, j
- lancées par des lance-torpilles aériens convenables, pourraient avoir des portées de 12000 km. Une torpille de ce genre franchirait en 2 heures les 55ooTan qui séparent Paris de New-York. La Bertha qui bombardait Paris à 120 km paraîtra alors un engin bien modeste, à reléguer aux musées à côté des bombardes, des mousquets et des arquebuses.
- La plus puissante machine électrique du monde.
- — Les dimensions des machines électriques, de même que celles des machines motrices, vont en croissant depuis quelques années avec une rapidité qui dépasse les prévisions les plus optimistes.
- Pendant la guerre, les records ont été battus sans conteste par l’industrie américaine. Mais voici que l’industrie allemande rentre à nouveau en lice. L’Electrical World signale qu’un générateur triphasé de 80000 kilowatts-ampères 7000 volts vient d’être achevé par les usines Siemens-Schückert de Berlin. Ce serait la plus puissante machine électrique existant dans le monde. Il est bon de noter que la plus puissante machine construite jusqu’alors par ce même constructeur allemand n’atteignait que 21 5oo kilowatts-ampères. La nouvelle machine représente donc un bond remarquable qui en dit long sur l’essor actuel de l’industrie allemande.
- La conservation de l’eau oxygénée. — On sait que fréquemment l’eau oxygénée en bouteille perd ses propriétés antiseptiques et blanchissantes au bout de quelque temps.
- Dans une communication à Y American Chemical Society, le docteur P. Poetschke a montré que cette altération est le plus souvent due à la qualité inférieure des verres dont sont constituées les bouteilles. L’alcali que renferment les verres bon marché se dissout rapidement dans l’eau oxygénée en quantités suffisantes pour amener sa décomposition malgré l'addition de stabilisants tels que le sulfate de quinine ou l’acétaniline. Un autre cause de destruction de la combinaison est l’action delà lumière; les verres rouges ou oranges protègent un peu, tandis que les verres bleus activent la décomposition. La meilleure solution est de conserver l’eau oxygénée à l’obscurité, et dans des bouteilles dont le verre a été choisi de façon à ne pas laisser se dissoudre d’alcalis.
- La houille blanche dans la vallée d’Ossau. — Poursuivant l’utilisation des chutes d’eau dans les Pyrénées, la Compagnie des Chemins de fer du Midi capte actuellement les gaves de la vallée d’Ossau.
- Trois usines de 35 000 chevaux environ donnant 100000 chevaux sont en construction.
- La captation débute au lac d’Artouste, altitude 1950. Le plan d’eau sera relevé de 25 m. environ par une digue barrant le déversoir. On obtiendra ainsi une retenue plus importante non seulement par l’augmentation de la profondeur, mais encore par l’inondation des plages et rives du lac. On doit également capter le lac d’Arrious. Cette opération ne semble pas très justifiée, le lac d’Arrious est un lac de crête dont le périmètre d’alimentation est très faible, l’appoint fourni sera vraisemblablement de peu d importance.
- Dans le cas où la digue d’Artouste viendrait à se rompre, le désastre serait enrayé en grande partie par la présence, dans le bas de la vallée, delà plaine de Sou-souéou, ancien lac aujourd’hui à sec où l’inondation pourrait s’épanouir et se déverser dans le gave d Ossau avec un certain freinage....
- Les canalisations sont de deux sortes :
- Une canalisation en tunnel le long des flancs des montagnes et en conduite libre, puis, au-dessus du point où doit être établie l’usine, conduite forcée dans des tuyaux en fer.
- Un tunnel sera percé au-dessous du lac d’Artouste et amènera l’eau au-dessus de Gabas où se trouvera la première usine hydroélectrique — avec une chute d’environ goo m. A sa sortie des turbines, les eaux" d’Artouste seront reprises dans une deuxième conduite. A ces eaux s’ajouteront celles des gaves de Bious et de Broussette, A hauteur de la plaine de Miegebat, deuxième usine avec chute d’environ 400 mètres.
- Dans la plaine de Miegebat, on créera un lac artificiel de trois hectares environ. En ce point, les eaux d’Aygue-bère et des vallées de Gazies et de Bitet apporteront un sérieux appoint qui sera capté avec celles précédemment
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- INFORMATIONS
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- recueillies pour entrer dans une dernière canalisation se terminant à Laruns par une chute d’environ 3oo mètres.
- L’eau empruntée aux divers torrents sera celle du débit minima. On assure que les gaves ne seront jamais à sec et que touristes et pêcheurs connaîtront encore la vallée d’Ossau avec les torrents bruyants et charmants qui rendent cette vallée si attrayante.
- Les gros tuyaux amenant l’eau aux usines et qui barrent le paysage de si fâcheuse manière seront autant que possible masqués et même camouflés. Les usines auront l’aspect de bonnes et placides granges du pays.
- Dans la Caroline du Nord existe une plante dont chaque feuille est munie de plusieurs longs filaments qui, lorsqu’ils sont touches par un insecte, provoquent la fermeture de la feuille comme une cosse de pois, immédiatement après un liquide est sécrété qui dissout l’insecte.
- Les Sarracenias ou Nephentes sont d’autres plantes que l’on trouve dans les marais de l’Amérique du Nord et du Canada. On les emploie en médecine contre la petite vérole et contre certaines maladies de l’estomac et des intestins.
- Les feuilles de cette plante ont la forme d’un petit
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- L’intention des ingénieurs est de n'utiliser en temps normal que les seules usines de Laruns et de Miegebat. Celle de Gabas serait une usine de secours.
- On disposerait ainsi de 70 000 chevaux en service courant et de 100000 en cas d’alerte.
- La population de la Belgique. — La population de la Belgique au3i décembre 1920 s’élève à 7 683998 personnes. Les villes les plus importantes sont : Bruxelles (841000 hab.), Anvers (333 000), Gand (166000), Liège (i65ooo).
- Il est à noter que Bruxelles proprement dit ne compte que 159000 habitants ; mais l’agglomération bruxelloise comprend 18 autres communes.
- Les plantes qui digèrent les animaux. — On a trouvé que certaines plantes qui dévorent les insectes sécrètent des liquides renfermant un ferment digestif énergique analogue à la pepsine, Ces recherches ont été faites par le Dr Hepburn,
- pot muni d’un couvercle qui s’ouvre au moment de la maturité.
- Les insectes attirés par le nectar peuvent bien pénétrer dans l’intérieur de la feuille, mais lorsqu’ils arrivent à une région parfaitement lisse des parois, ils glissent et tombent à la partie inférieure où ils sont humectés par un liquide sécrété préalablement par la plante.
- Ils sont empêchés de remonter et de s’échapper par de petits piquants dont les pointes sont dirigées vers le bas.
- Le Dr Hepburn a étudié le liquide sécrété par la feuille ainsi que le nectar. Ce dernier contient du sucre. Quant au liquide, ses propriétés varient suivant l’espèce de la plante ; dans certains cas il se comporte comme la pepsine, dans d’autres comme la trypsine. L’absorption par la plante des produits de la digestion a été démontrée.
- Peut-être un jour pourra-t-on retirer de ces plantes un remède contre les maladies du système digestif ?
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- SCIENCE APPLIQUÉE
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- #»> T. S, F.
- Remplacement des accumulateurs en T. S. F. par les transformateurs de courant alternatif. — A la suite de l’article de M. Moye sur l’utilisation du courant alternatif de lumière en T. S. F., et sur ses indications, la Manufacture du Transformateur Ferrix vient de réaliser un petit transformateur donnant les tensions nécessaires au chauffage des filaments des lampes et au courant de tension des grilles.
- Le primaire est construit pour les tensions et fréquences du courant des réseaux : 110-120 volts à 5o périodes, ou 42 périodes, ou 25 périodes, ou encore pour 200/220 volts.
- Un premier secondaire, un fil très fin puisqu’aucune charge ne lui est demandée, doit fournir simplement la tension à la grille. Avec 4 fils de sortie, on dispose des tensions suivantes : 20, 4°, 80, 100, 120 et 140 volts.
- Un second secondaire, enroulé concentriquement au premier, permet d’obtenir le courant à 4 volts, sous un ampère environ, nécessaire au chauffage du filament de la première lampe.
- Un troisième secondaire, identique au précédent, permet d’alimenter une seconde lampe.
- Ces trois secondaires sont parfaitement isolés les uns des autres et permettent d’effectuer tous les montages désirables.
- Le poids de l’appareil ne dépasse pas 700 gr. et le prix en est très réduit (36 francs) : on évite ainsi l’emploi de 3 transformateurs différents d’un rendement moindre et d’un prix d’achat plus élevé.
- Le transformateur, dénommé E. T. S. F. se trouve chez M. Lefèbure, 64, rue Saint-André-des-Arts, à Paris, 6e, et chez tous les électriciens dépositaires du Transformateur Ferrix.
- Ctg^sà, Travaux d’Amateurs
- Fabrication d’une pompe rustique. — On peut avec un peu d’adresse et le minimum d’outillage construire une pompe qui rendra d’utiles services dans un jardin, dans une ferme et qui pourra même, avec un peu de soin dans la construction, puiser de l’eau potable dans un puits.
- Le corps de la pompe sera constitué par des planches et, suivant le débit qu’on veut obtenir, ces planches seront plus ou moins larges. Quand il s’agira d’une pompe de dimensions ordinaires, on se trouvera bien de prendre des lames de parquet, qui ont l’avantage d’être parfaitement droites et qu’on pourra choisir en bois dur (fig. 2).
- Les quatre côtés de la pompe seront assemblés et ajustés et on ne fixera la quatrième face que lorsque les clapets auront été placés à l’intérieur.
- Quoi qu’il en soit, les assemblages seront maintenus par des vis et on pourra donner plus d’étanchéité aux joints en les suiffant et en interposant une feuille de fibre ou simplement un petit peu d’étoupe. Cela n’est cependant pas nécessaire et on peut se contenter de faire un recouvrement en zinc ou en fer-blanc.
- Le clapet de pied sera formé avec un bloc de bois de section égale à celle du corps de pompe (fig. 3). On percera un certain nombre de trous pour laisser passer l’eau et l’obturation sera obtenue par une simple plaque de cuir, qui sera clouée sur un côté et qui sera munie d’une masse de plomb, ce qui l’obligera à retomber plus facilement sur son siège.
- Le bloc de bois sera paraffiné et le cuir légèrement graissé, puis on fixera l’ensemble dans le corps de pompe à quelques centimètres de l’extrémité inférieure.
- Le piston sera aussi construit eu bois dur, mais sa
- M
- Fig. I.— Transformateur
- E. T. S. F.
- 1 Gri//âge
- Ensemble de la pompe.
- section sera plus faible que celle de la pompe, car les joints seront formés par des plaques de cuir montées sur les faces inférieure et supérieure du piston.
- Par suite, les plaques de cuir auront une dimension très légèrement plus grande que celles du corps de pompe. Elles
- devront for- fev/er
- cer un peu et pour faciliter le joint et le glissement, le cuir devra être légèrement gras
- (fig- 4).
- Le clapet sera au centre et on pourra avantageuse -ment employer une vieille soupape de mo teur à tige guidée. Le guide sera constitué par un tube fixé sur une barrette qui sera vissée dans le piston sur la face inférieure.
- Naturelle -ment on peut, si l’on n’a pas
- à sa disposition une soupape de moteur, en constituer une avec une rondelle de fer épaisse et sur la circonférence de laquelle on préparera un biseau. La tige-guide sera une tige de fer rivée au centre de la rondelle.
- Pour relier le piston à la tige de commande, on dispose un étrier en fer maintenu par des écrous sur ses branches filetées. La tige du piston viendra se fixer au centre de la branche horizontale de l’étrier.
- Cette tige doit être guidée dans la partie supérieure sur la plaque qui ferme le corps de pompe. Le guide sera un morceau de tube qui sera fileté et monté sur la pièce en bois au moyen de deux rondelles et d’un écrou de blocage (fig. 5). On termine la tige par un crochet qui vient s’agrafer sur un axe à l’extrémité du levier de manœuvre à moins qu’on se contente d’une simplepoignée pour manœuvrer le piston, mais le levier est beaucoup plus commode.
- Ce levier doit être soutenu et on dispose une jambe de force qui se fixera sur le corps de pompe, tandis que son extrémité servira d’axe au levier de manœuvre.
- Pour permettre à
- la tige de se déplacer suivant un mouvement rectiligne, la jambe de force sera articulée sur le corps de pompe au moyen d’une forte charnière et on obtiendra de cette façon la transformation de mouvement nécessaire (fig. 2).
- Bien entendu, la longueur du levier, celle de la jambe de force et celle aussi de la tige du piston seront calculées de manière que le piston puisse.décrire commodément toute la course utile. L’orifice de sortie de l’eau est un simple tube fileté qu’on pourra courber légè-
- Po/ds p/omb
- Fig. 3. — Clapet de pied.
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- rement si on le désire. Il sera fixé sur la quatrième face de la pompe comme le guide de la tige au moyen d’une partie filetée, de deux rondelles et d’un écrou (fig. 5). Pour plus de solidité et pour éviter le desserrage on peut employer deux écrous.
- Enfin la crépine de la pompe sera une simple feuille de grillage métallique qui sera rabattue et clouée sur les côtés après qu’on aura terminé le montage de la pompe, c est-à-dire vissé la quatrième face lorsque le piston aura été mis en place (fig. 2).
- Pour permettre l’accès de l’eau plus facilement, on
- montage
- Tige-guide.
- peut denteler le fond des faces du corps de pompe, dentelures que viendra recouvrir le grillage. Celui-ci pourra provenir d’un vieux garde-manger ou, si les débris sont très gros, d'un ancien panier à salade qui coiffera l’extrémité du tuyau.
- Il sera bon, avant le montage, de laisser séjourner quelque temps le piston dans l’eau et on s’assurera que les joints du corps de pompe ne fuient pas. D ailleurs avec l’humidité qui imbibera le bois par la suite, celui-ci assurera de lui-même l’étanchéité des joints.
- Avec du soin dans la construction, on pourra donner au corps de pompe une longueur très grande. Il n’est évidemment pas nécessaire que le piston se déplace jusqu’au clapet de pied. Celui-ci a pour but d’empêcher la pompe de se désamorcer et d’assurer le fonctionnement du clapet du piston. La seule condition à remplir est de ne pas avoir une trop grande hauteur d’aspiration; elle doit être au maximum de 6 m., ce qui représente alors la distance maximum du piston à la surface libre de l’eau du puits dans lequel on pompe.
- La tige peut naturellement avoir une longueur quelconque. P^lus l’orifice de sortie sera éloigné du piston en haut de sa course et plus la colonne d’eau à soulever sera grande, ce qui augmente d’autant l’effort à faire sur le levier.
- On voit donc qu’on ne saurait fixer de mesures précises pour les dimensions de la pompe, laquelle doit répondre aux conditions de chaque cas particulier. Un petit cro-
- Fig. 6. — Tube de sortie de l'eau.
- quis préalable fera connaître avec les côtes les différentes longueurs à donner aux organes de cette pompe facile à construire. E. W.
- *>> ‘Electricité <7*
- sur lequel on vient coller de la toile émeri. Ce plateau est assemblé avec une douille qui' vient coiffer l’arbre du .moteur (fig. 7). La vis de pression permet de rendre solidaire l'arbre et la douille.
- .Le lapidaire est commode pour meuler des petites pièces ou simplement pour les polir si l’on emploie du feutre.garni de rouge d’Angleterre ou d’autres produits similaires.
- La poussée exercée sur le plateau se transmet à l’induit du moteur et il est bon d’appuyer .l’autre extrémité
- P/ateau P/a teau
- Fig- 7-
- Machine à meuler e par un moteur électrique vertical.
- de l’arbre sur une crapaudine. Celle-ci sera constituée par une petite cuvette en laiton dans laquelle on placera une bille ou même deux billes superposées. C’est sur la bille supérieure que viendra buter l’arbre du moteur, ce qui rendra l’induit indépendant de toute poussée. ’
- L’interrupteur du moteur sera placé sur le socle à portée de la main pour une manœuvre facile.
- Puisque nous en sommes au moteur placé verticalement voici une utilisation originale et simple d’un moteur jouet.
- L’extrémité de l’arbre aura une aiguille qui se déplacera devant un cadran fixe (fig. 8). Celui-ci porte des secteurs avec des numéros et voilà un jeu de roulette simplement constitué.
- Le cadran sera vissé sur le montant vertical qui porte le moteur et sur deux colonnettes, qui se fixeront de part et d’autre de l’interrupteur. On pourra le peindre et le décorer à souhait.
- Généralement le moteur jouet est actionné par des piles ou des accus et on pourra placer la batterie dans uùe boîte qui formera le socle de la roulette. Un interrupteur n’est plus nécessaire, un simple bouton de sonnerie sera d’un maniement plus commode pour faire tourner l’aiguille quelques instants.
- Bien entendu ici il n’y a pas de poussée, donc la cra-
- paudine n’est pas nécessaire. Il faut prendre soin cependant que l’axe soit bien vertical, afin de ne pas favoriser les mêmes séries de numéros, ce qui serait vite découvert par les joueurs et causerait la ruine de la cagnotte.
- Quelques emplois du moteur électrique vertical.
- — Les moteurs de petite puissance tels que ceux que l’on utilise pour les applications domestiques sont toujours à axe horizontal. Pour les faire tourner avec l’axe placé verticalement, il suffit de les monter sur une équerre de bois suffisamment solide.
- Cependant il y a lieu de recourir à des pi'écaulions spéciales si l’on doit exercer une poussée assez forte dans le sens longitudinal de l’axe.
- Par exemple on peut agencer un petit lapidaire. C’est tme machine à meuler qui utilise un plateau horizontal
- Appareil de contrôle de fermeture de portes._______
- Yoici un petit montage qu’on peut employer pour contrôler rapidement la fermeture des portes d'un grand établissement.
- Supposons que le gardien veuille se rendre compte rapidement qu’après la sortie des ateliers, des bureaux, etc., toutes les portes soumises à son contrôle ont bien été refermées et appelons ces postes 1, 2, 3, et 4.
- On placera des contacts en feuillure qui seront coupés quand la porte sera ouverte et qui, au contraire, formeront contact quand la porte sera fermée.
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- Ces contacts seront montés en série dans le circuit d’une sonnerie et d’une batterie de piles et, pour que le circuit passe, il est nécessaire que toutes les portes soient fermées. La batterie sera donc reliée à la porte 4
- S onnene
- Fig. Q — Schéma de montage des contrôles,
- tourner très commodément au moyen d’un levier. Celui-ci évite tout contact entre les doigts et la molette et de plus permet de réaliser une rotation rapide qui produit infailliblement l’étincelle. Le tout est fixé sur une monture métallique à l’extrémité d’un manche en bois et constitue un outil de fonctionnement sûr et de maniement fort aisé. Ajoutons qu’il est économique; car en
- et la porte i viendra se connecter à un commutateur à manettes plot n° i.
- Si la sonnerie ne fonctionne pas, c’est qu’une porte au moins est restée ouverte. Par suite les contacts des diverses portes viendront aux plots correspondants 2, 3 et 4 du commutateur et on vérifiera de cette façon, en manœuvrant la manette, quelle est la porte qui est restée ouverte. Le plot 5 est un plot de repos (fig. 9).
- Bien entendu on n’a qu’une indicationincom-plète, car si par exemple il est necessaire de manœuvrer le commutateur jusqu’au plot 3 pour avoir le fonctionnement de la sonnerie, celaprouvequelaporte 2 est sûrement ouverte, mais rien ne peut indiquer si la porte 1 est ouverte ou fermée.
- Il faudrait employer alors un deuxième commutateur qui permettrait de brancher la batterie en un point quelconque du circuit 1, 2, 3, 4 et on pourrait essayer de cette façon les différentes portes pour localiser le contact qui est coupé. Dans le cas présentpour vérifier le contrôle de 1, il suffira de court circuiter 2 en mettant la manette sur le plot 1 et en reliant directement le fil venant de 3 au fil venant de 2 (fig. 10).
- Jn deuxième commutateur ne pourrait être intéressant que si l’on avait un grand nombre de portes à des distances très grandes. Le principe peut d’ailleurs être appliqué à la vérification de tout système mécanique autre qu’une porte, il suffira de disposer un contact qui sera établi lorsque la manœuvre à contrôler sera exécutée. E. W.
- Objets utiles
- Nouveau briquet automatique Stellor. — La régie achète à notre intention, aux quatre coins du monde, des allumettes de qualité souvent médiocre, mais qu’elle nous vend toujours fort cher. Aussi ne peut-on s’étonner de voir l’antique briquet, rajeuni par l’invention du ferrocérium, reprendre rapidement la place qu’il tenait autrefois dans l’économie domestique. Les modèles existants sont nombreux, Fig* n- En voici un déplus, fort ingénieux et très Briquet Stelii r. pratjqUe? que son inventeur, M. Miiller, a imaginé spécialement pour l usage dans la maison. Il permet d’allumer, sans essence, les réchauds à gaz, à essence, a alcool, les becs de gaz, etc.
- Il comporte bien entendu une molette dentée qui en frappant un bâtonnet de ferrocérium produit l’étincelle destinée à amorcer l’inflammation du combustible.
- Cette molette est en fait un secteur denté que l’on fait
- raison de la sûreté dans la production de l’étincelle, il est inutile de répéter plusieurs fois la manœuvre, comme cela arrive dans d’autres briquets, et ainsi l’on use beaucoup moins la pierre. Une pierre dure environ 3 mois dans un ménage moyen.
- Dans le manche en bois est en outre logée une allumette perpétuelle ; c’est un tube métallique muni d’une mèche en amiante imbibée d’essence. Son logement est garni d’une matière absorbante que l’on imprègne d’essence, ce qui maintient toujours la mèche en état de fonctionnement. Il suffit d’allumer cette allumette au moyen d’une étincelle produite par le briquet et l'on a le moyen d’enflammer ensuite aisé-mentdes combustibles non gazeux. Ou peut ainsi allumer les fourneaux de cuisine, les lampes à pétrole, etc.
- Il existe un autre modèle du même briquet (fig, i3), destiné • plus particulièrement aux cafés et que l’on peut monter sur les socles d ’anciens porte-allumettes en porcelaine. Le mécanisme est le même que précédemment; il est monté non sur un manche en bois, mais sur un tube de fonte dans lequel est placée l’allumette à mèche d’amiante.
- Le briquet Stellor est en vente chez M. Miiller, 1, rue Jos. Clerc, Le Havre. Prix : 18 fr. 60.
- Petit appareil pour nettoyer les peignes. — Pour nettoyer les dents d’un peigne, la méthode employée habituellement est fastidieuse et peu agréable. On peut réaliser un petit dispositif avec une vieille boîte à cigares en disposant sur la partie ouverte un réseau de fils parallèles et suffisamment rapprochés.
- Ces fils sont fixés sur des petites pointes sans tète ou chevilles, qui sont implantées sur le bord de la boîte. On tend des petites cordes métalliques, comme si l’on voulait fabriquer une cithare et on les rapproche suffisamment pour qu’il suffise de passer le peigne sur ce réseau, dont les fils enlèvent ce qui se trouve entre les | dents du peigne.
- j On peut prendre simplement du fil ordinaire solide et j bien tendu si l’on ne dispose pas de fil métallique. Cela i offre de plus l’avantage de pouvoir changer le fil après j chaque opération.
- j! Le nettoyage du peigne est fait en quelques minutes |i et mieux que par les procédés primitifs habituellement [j pratiqués sans aucune sorte d’outillage.
- Fig. i3. — Briquet Stellor monté sur un pyrogène.
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- VARIETES
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- LA CONSERVATION DES POMMES DE TERRE
- Lorsqu’on se propose de conserver de grandes quantités de pommes de terre en grange, cellier, cave, silo, il faut retenir que 1000 kg de ces tubercules occupent environ x m2 5o de superficie, pour être placés dans de bonnes conditions.
- Le local doit être sec, obscur, frais, aéré, mais à l’abri des gelées et des brusques variations de température, qui amènent la condensation de la vapeur d’eau. Quand on craint les basses températures, on jette sur le tas des sacs, de la paille, des feuilles de papier, pour empêcher la circulation de l’air. Même précaution, si le local est trop éclairé, pour éviter le verdissement.
- Mais pour placer les pommes de terre dans les conditions les plus favorables, il est utile de connaître quelques-uns des phénomènes physiologiques qui s’accomplissent dans leurs tissus, quand elles sont amoncelées en grande quantité.
- Les tubercules respirent en absorbant de l’oxygène et rejetant du gaz carbonique; ils évaporent aussi de l’eau. A une température favorable, ils germent en consommant une partie de leurs réserves. S ils sont à la lumière, ils verdissent en produisant une sorte de poison, un alcaloïde, la solanine. On doit retenir encore que ce travail interne élève sensiblement la température du milieu. La tubérisation, le filage, la filosité sont surtout caractérisés par des germes longs et grêles, avec, dans le premier cas, production de bulbilles. D’après M. Parisot, il faudrait incriminer une sorte d’intoxication, sous l’action du gaz carbonique.
- Si la température est suffisamment basse, les phénomènes dont nous venons de parler sont empêchés ou ralentis. En outre, les germes de maladie, en particulier ceux du mildiou (Phytophthora infestans), ne peuvent se développer. On sait qu’ils sont presque toujours suivis, dans leur œuvre de désorganisation, de bactéries liquéfiantes, qui entraînent la pourriture, ou gangrène humide. La décomposition atteint les matières albuminoïdes et les matières grasses, mais les grains de fécule sont respectés.
- La température, ne devrait pas dépasser 6 à 8°. Ainsi, c’est surtout à la fin de l’hiver, à l’approche du printemps, qu’il faut redoubler la surveillance, favoriser l’aération et le refroidissement des grands tas de tubercules. L’aération, non seulement entraîne le gaz carbonique et la vapeur d'eau, mais apporte aussi l’oxygène nuisible à beaucoup de germes. Mais si elle était exagérée, elle amènerait une perte de poids brut des pommes de terre. En silo (tas couvert de terre), où la circulation de l’air est moindre qu’en cave, cette perte est plus faible, tandis, cependant, que celle de la matière sèche est plus accentuée ; la matière albuminoïde se transforme mieux en azote amidé. Si les tubercules conservent plus de fraîcheur, leur saveur est plus aqueuse, et, quelquefois, douceâtre (transformation de la fécule en glucose, sous l’influence d’une diastase). Détail à retenir encore : comme la surveillance du silo est plus difficile, s’il est des tubercules déjà altérés par la maladie, la pourriture peut occasionner de graves dégâts.
- En automne et au printemps, on devra favoriser l’aération, surtout le matin et le soir. Pour de grands tas, on pratique, parfois, l’aération forcée (ventilateurs mécaniques), une fois par semaine, par exemple, avec de l’air préalablement refroidi sur un système frigorifique. D’après O. Busler, en abaissant la température, de g0 à 4°, on réduit de i,8 fois la perte en poids, après iao jours.
- Pour éviter la condensation de la vapeur d’eau sur les couches supérieures, qui favorise singulièrement les germes, comme nous l’avous dit, on couvre le tas de vieux sacs, par exemple. Il est des cultivateurs qui conservent leurs pommes de terre dans de simples hangars fermés, au-dessous de planchers chargés de foin, qui emmagasinent l’humidité.
- Quand on se propose d’utiliser une cave, il sera bon de la désinfecter d’abord, avec de la bouillie bordelaise (chaux et sulfate de cuivre), surtout si elle a déjà contenu des pommes de terre. Quand les murs et le sol seront encore humides, on y brûlera du soufre, et tiendra la pièce bien close, pour laisser agir le gaz sulfureux. Sur le sol on mettra un plancher à claire-voie, ou
- des fagots, des sarments ; de même, on appliquera des planches contre le mur. Si le tas de tubercules a une épaisseur supérieure à i m., on y disposera des fagots et, même, des tuyaux en poterie ou en bois, pour faciliter l’aération. De temps à autre, on visitera la masse pour enlever les pommes gâtées qui contamineraient les autres.
- Sur le littoral varois, principalement, on a eu à se plaindre de la chenille d’un minuscule papillon (teigne), appelé Phtorimæa solanella. Dans la région d’Hyères, pour empêcher la ponte, dès l’arrachage on met les pommes de terre en tas, en les couvrant d’une étoffe quelconque, puis, le soir venu, on les transporte dans un endroit frais et obscur. D’autres les entassent au pied d’un arbre et les ensevelissent sous une couche de sable ou d’algues marines. Au moment d’emmagasiner les tubercules, si l’on remarque la présence de l’insecte (amas apparents de déjections noirâtres ; tubercules minés de galeries ; mauvaise odeur), on les traite plusieurs fois de suite, dans un endroit clos, avec du sulfure de carbone (vapeurs très inflammables ; précautions d’usage), ou par l’oxyde de carbone (toxique).
- Pour la conservation en silo, on opère de la façon suivante : on établit le silo en un lieu un peu élevé, ou un peu en pente, en sol sain, léger, tufïeux ; la section trapézoïdale mesure i m. 5 à la base, et x m. de hauteur. Il peut être en partie dans le sol (40 cm au maximum), ou à la surface de celui-ci. On l’entoure d’une rigole. Au fond on étale une couche de paille, puis les tubercules. On établit des cheminées verticales (sarments, fagots, pieux) tous les 4 m., et, en outre, des caniveaux horizontaux. On couvre de paille, mais ne place la terre qu’à l’approche des froids. On laisse le sommet découvert, sur une largeur de 3o à 40 cm. Si un froid vif menace, on couvre le tout de 40 cm de terre, et plus, et, même, avec du fumier, suivant la région, puis bouche les ouvertures des caniveaux et cheminées.
- Ici, surtout, on doit laisser les tubercules bien se ressuyer d’abord ; à défaut^ on saturera l’humidité avec de la chaux. Nous avons dit que la surveillance de la masse est plus difficile qu’en cave, et il faut veiller à ne pas y mettre des tubercules de plantes malades. Dès j que l’on aperçoit quelque affaissement de la terre, on doit vérifier s’il ne provient pas de pommes de terre pourries, qu’il faudra enlever, ainsi que les parties avoisinantes.
- Le procédé suédois constitue un moyen terme entre la cave et le silo ordinaire en plein air, dont nous venons de parler.
- On creuse une fosse de 3o cm de profondeur et 2 cm. 5 de largeur; on fiche des pieux qui dépasseront le sommet du tas de tubercules, de façon que le toit du silo ne soit pas en contact avec ces derniers, et laisse un espace vide de 3o cm environ. Ce toit, fait de planchettes reposant sur les piquets, supporte une couche de paille et de feuilles sèches de 10 cm, puis une de terre de 3o cm, puis, encore, 10 cm de paille ou de feuilles, et enfin, 20 cm de terre. Dans la partie latérale du silo, on ménage une ou deux portes, situées au même niveau et que l’on peut ouvrir quand il fait beau.
- On a fort préconisé la chaux et le soufre pour la conservation des pommes de terre en (as.
- La chaux en poudre, récemment éteinte, absorbe l’humidité et le gaz carbonique; elle détruit aussi les germes malfaisants, de même que les cloportes, qui charrient ces derniers. On en répand d’abord sur le sol, puis on saupoudre les couches de tubercules (tous les 8 à 10 cm). On emploie 5 à 10 kg par 1000 kg. On se sert également de la chaux hydraulique tamisée.
- Quant au soufre, il agit sur les bactéries et les champignons, soit par l’acide sulfurique, dont il est un peu imprégné, soit par le gaz sulfureux qu’il donne à la température favorable du début de la masse. Connaissant les propriétés décolorantes de ce gaz, on comprend que les pommes de terre roses, ou rouges, perdent un peu de leur couleur. On opère comme pour la chaux, mais il n’en faut guère qu’un kilo par 1000 kg. On le projette avec un soufflet. Gerlach a, toutefois, constaté en Allemagne, qu’en silo en terre de 4° cm de profondeur, couvert de paille et de terre, si le soufre a entravé
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- VARIETES
- la diminution de poids des tubercules, il n’a pas empê-Ghé la pourriture. Schauder en a même trouvé plus que chez les tubercules non traités.
- Enfin, on a encore conseillé, en établissant le tas, d’y pulvériser légèrement de la bouillie bordelaise.
- Rappelons que pour les pommes de terre destinées aux animaux, MM. Vauchez et Marchai ont proposé de les conserver dans du maïs ensilé. Elles subissent, là, un commencement de cuisson, grâce à la chaleur dégagée par la fermentation du fourrage. Après ce traitement, on peut les laisser sécher dans un grenier bien aéré, étendues en lits superposés, séparés par des clayonnages convenablement espacés, il suffirait, au moment de les faire consommer, de les laisser d’abord tremper dans l’eau.
- Le procédé de conservation Schribaux à l’acide sulfurique (66° B) demande quelque précaution, à cause de l’action corrosive de ce dernier. On en verse lentement, en évitant les projections, i à 2 litres dans ioo litres d’eau, contenus dans un récipient en bois [ne pas verser Veau dans l’àcide). Les pommes de terre saines, et qui commencent à germer, préalablement lavées, surtout si elles ont été récoltées en terrain calcaire, sont laissées io à 12, heures dans cette solution, puis lavées, mises à sécher, et enfin conservées au grenier. Il faut d’abord faire un essai sur quelques tubercules avec, par exemple, des solutions à i pour ioo, i,5 pour ioo, a pour ioo, car suivant la saison, et, surtout la variété, l’épiderme pourrait être détruit alors que, seuls, les germes ou les yeux doivent périr.
- Pour la conservation et la consommation familiales,
- les pommes de terre doivent être disposées en petits las ne dépassant pas 6o à 70 cm de hauteur. On les pellette une fois par mois avec une pelle en bois, en dégermant les tubercules, et séparant ceux qui sont altérés; ou, encore, on les roule dans un sac pour détacher les germes. On peut tes mettre aussi sur des claies, des étagères à claire-voie, dans des paniers, des corbeilles. Pour empêcher les germes de s’allonger, on a proposé de plonger les tubercules dans l’eau bouillante durant une à deux minutes, ou de les laisser au four quelques minutes, quand ou vient de sortir le pain. On enlève aussi les yeux sur une épaisseur de 2 à 3 mm, avec un couteau, une petite gouge, la partie arrondie d’une plume à écrire, etc.
- Il est certain qu’il faut commencer d’abord par consommer les pommes de terre qui montrent leurs germes. En tout cas, la plupart des traitements qui tendent à s’opposer à la germination doivent être appliqués quand les pousses sont bien apparentes.
- Enfin, on a conseillé de tenir les tubercules dans du sable sec, de la cendre, de la sciure, de la poussière de charbon de bois, de la poudre de tourbe, ou des granules de liège, produits qui sont généralement mauvais conducteurs de la chaleur, et qui absorbent aussi l’humidité. On peut placer les tubercules et ces matières dans des tonneaux bien fermés, les premiers ne se touchant pas.
- Ce procédé ne permettant pas l’aération ne peut être appliqué qu’à une petite quantité de produit à conserver.
- Antonin Rolkt Ingénieur agronome.
- LA PRODUCTION INDUSTRIELLE DE L'ESSENCE D’ORANGE-BIGARADE
- DITE « NÉROLI ”
- L’industrie provençale des essences parfumées avait à lutter, avant la guerre, contre les produits synthétiques allemands. Elle doit s’efforcer de conserver le patrimoine dont l’a doté son doux climat si favorable à la culture des plantes à parfum ; et du moins, on ne pourra jamais lui ravir le bénéfice que lui assure l’exploitation de l’oranger.
- Les principaux centres producteurs pour l’oranger-bigaradier sont, par ordre d’importance : Yallauris, Le Cannet, Le Bar, Nice, Saint-Laurent, Antibes, Biot, Saint-Jeannet, Mougins, Gattières, Gagnes, Cannes, La Gaude, Yence, Saint-Paul et La Colle. En bonne année, le total de la production dans le département des Alpes-Maritimes atteint environ 2 225 000 kg de fleurs d’oranger. La parfumerie de Grasse absorbe les trois quarts de la récolte; le restant est travaillé à Cannes, Yallauris, Nice et Menton.
- L’espèce qui produit le Néroli estl’oranger-bigaradier, ou oranger à fruits amers, qui se distingue du bigaradier dont les fruits servent à fabriquer le curaçao. La variété dont les fleurs fournissent le Néroli authentique est celle dite « Bouquetier de Nice ».
- Les bigaraderaies sont constituées par des arbres plantés à un espacement de 6 m. sur les lignes, et de 8 m. entre les lignes, soit i5o arbres par hectare.
- Ces arbres sont taillés comme l’oranger exploité pour ses fruits ; on s’applique surtout à obtenir une floraison régulière. Les bons rameaux sont conservés et taillés à quatre ou cinq yeux. La récolte des fleurs a lieu en avril et mai tous les deux jours, soit à la main, pour les essences de haut prix et en ne choisissant que les fleurs bien épanouies, soit en recevant la récolte dans des draps ou des bâches. Une bonne ouvrière peut récolter, dans une journée, 10 kg de fleurs qui sont ensachées et livrées à la distillerie.
- Le rendement annuel d’un hectare de bigaradiers varie de 25oo à 4000 kg de fleurs, selon l’âge des sujets. Au début, alors que la fleur est peu avancée en maturité, on obtient de 1 kg de fleurs, 70 centigr. d’essence de Néroli; plus tard, du 10 au 3x mai, le kilogramme de fleurs produit 1 gr. d’essence.
- Les branchages, les feuilles et les fruits verts sont de même soumis à la distillation et fournissent l’essence dite « petit grain » ; la quantité mise en œuvre dépend de la situation du marché du Néroli et de la fleur d’oranger; elle est, en moyenne, de 1 million et demi de kilogrammes ; il en faut environ 5oo kg pour produire
- 1 kg d’essence. Les 1000 kg de feuilles donnent 3 kg de « petit grain ». Le même poids de fleurs fournit 1 kg 200 d’essence de Néroli réelle. L’essence obtenue du « brout » (jeunes branches enlevées par la taille) sert à fabriquer des produits où, seul, le Néroli devrait entrer. 11 en résulte un emploi moindre de cette essence pure.
- Les fruits du bigaradier à fruits amers sont cueillis à l’approche de la maturité et dépouillés de leur enveloppe de laquelle on extrait l'essence d'orange. Les bigarades et oranges douces fournissent l’essence dite eau de Lisbonne, eau de Portugal, obtenue par l’expression ou la distillation de l’écorce. Dans ce but, on récolte les fruits en décembre et janvier, au moment où ils jaunissent, on enlève l’écorce en lanièi-es désignées, à Grasse, sous le nom de « coulanes ». Ces lanières sont soumises au séchage et livrées ensuite à la parfumerie. L'utilisation annuelle est, en moyenne, de 2 millions et demi de fruits, dont un demi-million d’oranges douces; on retire environ 120000 kg d’écorces. Ce genre d’iu-dustrie se pratique principalement à Nice.
- L’essence de Néroli pure n’est pas le seul revenu du distillateur. Dans l’alambic, on verse avec la fleur, en chargeant la chaudière, environ i5 litres d’eau par 10 kg de fleur. Cette eau revient à peu près en totalité au sortir du serpentin; c’est l’eau de fleur d’oranger ordinaire.
- Pour fabriquer l’essence de Néroli, on verse dans l’alambic un poids d’eau sensiblement égal à celui de la fleur qui constitue la charge de l’appareil. L^eau et l’essence sortent en même temps du serpentin, mais l’essence, dont le poids spécifique n’est que 0,870 à 0,878, reste à la surface. On îa recueille à l’aide d’une pompe et on la verse dans des flacons de cuivre qui îa conservent à l’abri de la lumière.
- L’eau de fleur est versée dans de grandes cuves en cuivre ou piles, d’une contenance de 20 à 22 hectolitres.
- La Néroli est surtout employé à la fabrication de l’Eau de Cologue, mais il est loin d’y représenter seul l’oranger, ainsi qu’on en peut juger par les deux formules suivantes :
- I. — Alcool de raisin.............. 26 à 27 litres.
- Néroli...................... 87 grammes.
- Essence d'orange............ 14* —
- Essence de citron............ 141
- Essence de bergamote .... 56 —
- Essence de romarin............ 56 —
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- VARIÉTÉS
- II. — Alcool de grains............. 26 à 27 litres.
- Essence de « petit grain » . . 56 grammes.
- Néroli........................ 14 —
- Essence d’orange............... n3 —
- Essence de citron..............n3 —
- Essence de bergamote .... n3 —
- Essence de romarin............ 56 —
- Le Néroli et l’extrait de fleur d’oranger entrent aussi dans la composition de la plupart des extraits préparés pour remplacer les essences et les extraits d’autres plantes (verveine, violette, oeillet, chèvrefeuille, églantier, gaultheria, giroflée, etc.).
- L’essence de Néroli obtenue de l’oranger-bigaradier est souvent falsifiée avec des produits similaires des espèces du même genre botanique ou Gitrus, ou bien avec des huiles ou des alcools de provenance étrangère.
- Lorsque la fraude ne provient que des produits des Citrus, on peut la déceler de la manière suivante :
- On verse 5 gouttes d’essence dans un tube à essais, on ajoute 1 cm3 d’acide chlorhydrique pur et on agite à froid. La couleur passe du jaune citron au rouge brun. Au bout d’une minute, on ajoute 7 à 8 cm3 d’alcool à
- 900. La coloration, suivant la nature du produit essayé, vire au jaunâtre et passe rapidement au rose si ce produit est du Néroli pur ou Néroli amer, c’est-à-dire réel. Elle tourne au jaunâtre et devient rose franc si le produit est du Néroli doux. En outre, avec l’acide chlorhydrique, le Néroli amer est jaune orange, tandis que le Néroli doux est brun jaunâtre.
- Le « petit grain » reste incolore après addition d’alcool; il en est de même de l'essence d'orange, mais avec l’acide chlorhydrique, le « petit grain » est d’un jaune orange clair, tandis que l‘Essence de Portugal obtenue de l’écorce est jaune citron.
- Le rendement cultural de l’oranger-bigaradier est, au minimum, de 25oo kg de fleurs par hectare, soit 16 kg environ par arbre. Les frais de culture peuvent être couverts par des cultures légumières faites entre les bigaradiers et sous le couvert de leur feuillage.
- La production industrielle du Néroli ne peut que gagner en importance, surtout à la faveur du groupement coopératif qui, dans le département des Alpes-Maritimes, réunitplusde i20oproducteurs,récoltantplus de i5oooookg de fleurs, et qui doit assurer la prospérité de cette industrie essentiellement française. Henri Blin.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Encre pour stylo. — Cette recette nous est communiquée par M. Goénaga de Lyon.
- Elle consiste à faire macérer dans un flacon plein d’eau tous les vieux rubans de machines à écrire. On bourre avec la règle pour faciliter la dissolution de la matière tinctoriale.
- Les rubans bleus donnent une' teinte plus agréable à l’œil.
- L’encre obtenue coule bien et est légèrement copiante. Ce pouvoir est renforcé par quelques gouttes de glycérine.
- Le nettoyage des mains. — Nous empruntons à la Revue Française de photographie quelques conseils très utiles pour l’enlèvement des taches que les photographes peuvent avoir sur les mains : taches de révélateurs, de matières colorantes, d’argent ou d’encre grasse.
- Les taches des trois premières catégories disparaissent généralement dans l’eau de Javel concentrée; mais la peau est alors plus ou moins attaquée, et d’ailleurs l’odeur de l’hypochlorite, très tenace, est peu agréable. Le permanganate de potasse est au moins aussi actif, sans avoir les mêmes inconvénients. Pour les taches de matières organiques, révélateurs oxydés ou matières colorantes, on pourra employer une solution neutre de permanganate, obtenue, sans dosage, en faisant dissoudre quelques cristaux dans de l’eau ordinaire. Se laver les mains dans cette solution que l’on fera pénétrer sous les ongles à l’aide d’une brosse. Les mains brunissent uniformément. Après quelques secondes, rincer à l’eau pure et répéter le lavage avec une petite quantité d’une solution de bisulfite de soude (solution commerciale approximativement dédoublée). Terminer par un rinçage à l’eau pure.
- Les taches d’argent disparaissent dans une solution de permanganate acidifiée par très peu d’acide sulfurique ou par du bisulfate de soude. S’il subsistait une coloration brune, on la ferait disparaître au moyen du bisulfite, comme ci-dessus.
- L’encre grasse qui peut adhérer aux mains dans la pratique des procédés à l’huile, bromoïl ou autres, ne résiste pas au traitement suivant : se savonner d’abord les mains, de préférence au savon noir, de façon à former une mousse abondante; se faire alors verser dans le creux des mains un peu d’essence minérale ou de benzine et frotter vivement, de manière à faire circuler partout le dissolvant en même temps que la mousse de savon. L’encre est ainsi émulsionnée dans le savon et n’adhère plus à la peau. Rincer à grande eau, et, si quelques résidus d’encre subsistent encore, recommencer l’opération. On peut aussi dissoudre directement l’encre grasse dans du sulforicinate de soude. Les savons « anticambouis », vendue à un prix relativement
- élevé, ne sont généralement que des mélanges de savon noir et de sulforicinate, auxquels on incorpore parfois de la sciure de bois fine, afin de faciliter la pénétratioif dans les replis de la peau.
- Solution pour souder. — Généralement on emploie une solution acide pour souder. Voici une formule peu coûteuse qui a l’avantage de pouvoir servir pour le bronze et le cuivre et également pour la tôle galvanisée. Dans ce dernier cas, ce mode de décapage assure une adhérence parfaite.
- On prépare du chlorure de zinc en solution saturée en dissolvant ce corps à refus dans l’eau. On ajoute 1/10 de sel ammoniac pour 1 de zinc et oa agite fortement avant usage.
- Qnand on ne veut pas un décapant acide, on prend la pâte suivante :
- Chlorhydrate d’ammoniaque . a5 p. 100
- Alcool méthylique...........2 5 —
- Vaseline ordinaire..........5o —
- Ces produits sont mélangés et triturés soigneusement pour préparer la pâte qui ne se conserve qu’en boîtes avec fermeture étanche comme celle des boîtes de Ripolin.
- Entretien et rectification des pierres à huile. — Les pierres à huile qui servent à des travaux de finissage, à l’aiguisage, doivent être attentivement soignées afin de conserver leur contexture première et leur mordant. Leur surface doit rester très plane et il faut éviter leur glaçage.
- Si la pierre reste longtemps sèche ou exposée à l’air, elle tend à devenir dure; en tout cas, il faut la conserver très propre.
- Quand la pierre est neuve, on la plonge dans l’huile plusieurs jours avant de s’en servir. Si elle doit rester dans un endroit sec, on la place dans une boîte et on verse dessus quelques gouttes d’huile claire et propre.
- La réfection de la surface de la pierre se fait en la frottant avec une pierre émeri.
- Quand la surface est irrégulière, on agit de la manière suivante : un bloc de fonte à surface très plane est recouvert d’émeri en poudre et d’un peu d’eau. La pierre à huile est posée sur ce bloc et rectifiée en la faisant aller avec la main et en augmentant peu à peu la pression pour la diminuer quand le travail est près d’être terminé. Ceci s’applique à tous les grains de pierres, fins ou gros.
- Les pierres qui ont un profil particulier peuvent être obtenues en rabotant une rainure de profil complémentaire dans un bloc en fonte. On passe la pierre dans cette rainure avec interposition d’émeri et d'eau comme précédemment.
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- BOITE AUX LETTRES
- Q0Ç.,
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qni parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Rectification. — L’adresse de M. Dolmetsch, l’inventeur du fauteuil pour touristes, est i3o, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le constructeur de la chaudière pour chauffage central au gaz est M. Gabet, n, rue Mazagran, à Paris.
- Le constructeur du tracteur agricole monoroue est M. Eugène L’Hermite, place Pierre-le-Fort, à Mers-les-Bains (Somme).
- Communication. — Sur l'emploi du sulfate de cuivre pour la destruction des lentilles d'eau. — Au sujet du renseignement publié dans le n° 2480, M. Effère nous écrit : « Quand il s’agit d’une vasque sans poissons, le procédé de destruction des lentilles consistant à employer o gr. 2 de sulfate de cuivre par mètre cube d’eau peut être satisfaisant.
- Mais s’il y a des poissons que l’on veuille conserver ou développer, il y a lieu de craindre que le sulfate de cuivre les fasse disparaître.
- Dans un vivier d’une douzaine d’ares, les tanches et carpes se portaient fort bien il y aune trentaine d’années : il y a environ 20 ans les tanches ont complètement disparu, et il y a 2 ans, les carpes sont mortes à leur tour. On essaiera bientôt de remettre là des alevins, mais avec peu d’espoir.
- Il semble difficile d’attribuer ces extinctions à autre chose qu’à du sulfate de cuivre amené par les eaux de drainage depuis qu’on s’est mis à sulfater les vignes et les semences de céréales. »
- Réponses. — M. Decalf., à Lille. — Voici une formule pour la préparation de l'alcool solidifié. Pour un litre d’alcool, on ajoute 5o gr. de bougie râpée ou d’acide stéarique, 7$ gr. de savon de Marseille également réduit en poudre. On porte le tout à l’ébullition avec précaution pour ne pas laisser enflammer le mélange et quand la dissolution est complète, après avoir brassé le mélange on le coule dans des boîtes, genre boîtes à cirage. Cependant si l’on veut conserver le produit pendant quelque temps, il est nécessaire de souder le couvercle ou d’utiliser des vieilles boîtes de ripolin qui évitent l’évaporation de l’alcool.
- On peut, en augmentant la dose, se contenter de savon et supprimer la stéarine. On peut aussi3 ajouter de la filasse, du coton, qui empêche de mettre autant de savon et qui sert de véhicule à l’alcool.
- O11 ajoute aussi souvent quelques)grammes de gomme laque qui facilite la composition du mélange.
- M. Ch. Averoin, à Argenton-sur-Creuse. — Dans le cas spécial que vous nous soumettez, la méthode de renforcement la plus recommandable serait celle au bi-chlorure de mercure et à l’oxalate ferreux, qui offre le double avantage de fournir une image stable et de se prêter à plusieurs intensifications successives, en conservant la proportion initiale des valeurs du modelé. Le cliché, bien débarrassé de toute trace d’hyposulfite, est d’abord blanchi dans un bain contenant, pour 1 litre d’eau, 20 à 3o gr. de bichlorure de mercure, et 2 à 3 c. c. d’acide chlorhydrique concentré. Quand tous les noirs du négatif sont devenus blancs, on lave, d’abord dans une eau acidulée par 1 pour 100 d’acide chlorhydrique, puis à l’eau pure. L’image est alors noircie dans le révélateur préparé à l’aide des solutions suivantes
- A. — Éau.........................1000 c. c.
- Oxalate neutre de potasse. . 3oo gr.
- B. — Eau............... .... 1000 c. c.
- Sulfate de fer............... 3oo gr.
- Acide lartrique................ 5 gr.
- Employer de l’eau distillée, ou une eau peu calcaire, afin d’éviter des précipités d’oxalate de chaux. La solu-
- tion A se conserve indéfiniment; la solution B ne se conserve quelque temps qu’à la condition de rester exposée à la lumière. Au moment de développer, verser 1 partie de la solution B dans 3 parties de la solution A (Ne pas faire 1 inverse, sous peine de produire un précipité et, sur le cliché, un voile jaune pulvérulent.)
- Si l’image ainsi renforcée n’est pas encore suffisamment intense, il n’y a qu’à laver le cliché et à recommencer le même traitement : blanchiment au bichlorure et noircissement à l’oxalate. Après deux renforcements, l’argent initial aura fixé presque six fois son propre poids de mercure; après trois renforcements, à peu près quinze fois, et ainsi de suite. On comprend, dès lors, qu’une image à peine visible puisse acquérir, après plusieurs opérations semblables, une densité suffisante pour le tirage des épreuves.
- M. le baron Van Eyll, à Bruxelles. — Votre question n’a rien d’absurde, et il est tout naturel que vous nous la posiez. Les images du Kaléidoscope peuvent parfaitement se photographier ; mais la distance focale de 110 mm que vous avez utilisée est trop grande, car un tel objectif, placé tout contre l’œilleton du Kaléidoscope, se trouve trop près du modèle pour en donner une image réelle. Vous pourriez employer un objectif de prise de vues cinématographiques, en y ajoutant, au besoin, une bonnette convergente, ou bien en démontant l’arrière du Kaléidoscope et y adaptant un tube de carton, de manière à obtenir l’élongation nécessaire. Ce tube, reliant le Kaléidoscope au parasoleil de l’objectif, aurait d’ailleurs l’avantage d’éviter l’accès de toutes les radiations étrangères au sujet. Employer, de préférence., des plaques orthochromatiques et anti-halo. Les dessins symétriques formés dans le Kaléidoscope étant constitués par des éléments vus à la fois directement et par réflexion, il est bien évident que les reflets seront beaucoup plus faibles que les images directes. La surexposition vous permettra d’atténuer ces différences d’intensité, mais ne les fera pas entièrement disparaître. La reproduction sera d’ailleurs, à cet égard, conforme aux aspects qui s’offrent à l’observation visuelle.
- M. V. S., Fort-de-France. — i° Il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrages traitant spécialement de la culture en grand du tournesol (Helianthus annuus), mais quelques études éparses dans différentes publications consacrées aux cultures de plantes oléagineuses et aux industries qui font l’extraction de l’huile dans les pays chauds. Voyez notamment Journal d'Agriculture tropicale, Paris, 27, rue Laffitte, 90; les ouvrages publiés à la Librairie coloniale Challamel, Paris, 17, rue Jacob, 6°. Au cas où la Direction de l’Agriculture de la Martinique ne serait pas à même de vous donner les indications ou les directives nécessaires, voyez aux adresses suivantes : Direction du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (Seine) ; Institut Colonial de Marseille ; M. le professeur Henri Jumelle, à Marseille. 20 Pour ce qui concerne l’égreneuse, voyez les firmes construisant le matériel pour le traitement des graines oléagineuses : Société des Etablissements A. Olier, Paris, 10, rue Beaurepaire, 10"; Jouve, 42, rue Saint-Savournin, Marseille; Valette et Carreau, 34, route de Cusset, à Vichy (Allier) ; Edouard Bataille, Paris, avenue de Malakotî, i6a. En outre, vous pouvez, pour faire choix d’une machine spéciale, vous adresser à M. Max Ringelmann, directeur de la Station d’Essais de machines, Paris, 2, avenue de Saint-Mandé, 12e.
- M. Clément, à Le Valdahon. — Vous pouvez sans inconvénient mettre une lampe à filament métallique, mais il faut qu’elle puisse laisser passer l’intensité nécessaire. On prend de préférence des lampes à filament de charbon parce que celles-ci consomment davantage et sont susceptibles de laisser passer plus d’ampères dans le filament. Il vous est facile de calculer les caractéristiques de la lampe qu’il vous faut en vous rappelant que les watts sont le produit des volts par le nombre d’ampères.
- M. Giret, à Charon (Algérie). — La voiture à suspension propulsive est construite par M. Gauthier, Etablissement de F Auto-Fauteuil, à Blois. Nous ne pouvons vous donner toutes les indications que vous demandez concernant cette voiture. Adressez-vous directement au constructeur.
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- BOITE AUX LETTRES
- M. l'abbé L. Cherpin, à Docelles. — 20 Voici trois méthodes pour rendre transparent le papier des cartes postales.
- a) Diluer une partie d huile de ricin incolore dans trois parties (en volume) d’alcool à 900 et en imprégner le papier que l’on suspend ensuite à l’air. L’alcool s’évapore promptement, laissant l’huile disséminée dans la
- pâte à papier. b) Prendre :
- Alcool à 900.................260 c. c.
- Gomme laque blanche.......... 20 gr.
- Baume du Canada.............. 4 —
- Laisser digérer trois ou quatre jours, en agitant fréquemment ; filtrer ensuite sur coton, en couvrant l’entonnoir de manière à éviter l’évaporation de l’alcool, et passer au pinceau la solution limpide sur le papier. Laisser sécher, puis appliquer un fer à repasser modérément chauffé, en interposant une feuille de papier buvard. La gomme laque fond alors et donne la transparence voulue.
- c) Faire fondre dans une bassine, sur un feu très doux, de la cire blanche ou de la paraffine. Tremper le papier dans la matière en fusion, puis enlever l’excès de corps gras en plaçant la feuille imprégnée sous un papier buvard, sur lequel on passe un fer, commé dans le procédé précédent. S’il reste encore trop de cire ou de paraffine, interposer une nouvelle feuille de buvard, et recommencer le repoussage.
- Quelle que soit la méthode employée, il conviendra de prendre quelques précautions, en plaçant au foyer de votre appareil d’agrandissement le papier imprégné de matières inflammables. Il nous paraît indispensable de serrer chacune de vos épreuves entre deux plaques de verre réunies par un bordage de papier.
- M. E. Chanson, à Chailly-sur-Lausanne. — Le châssis-
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- magasin que vous désirez adapter à votre folding pourra être fabriqué et ajusté par les constructeurs suivants, avec qui vous aurez à vous entendre directement, pour le prix et le délai de livraison : A. Gaget, 13, rue du Buisson-Saint-Louis, Paris (10°) : J. Faissat, à Gourdon (Lot) ; Schrambach, ai, rue Henri-Monnier, Paris (90).
- M. A.-F. Pienovi, à Saigon. — Nous vous remercions de votre intéressante communication concernant la chute d’un aérolithe survenue le 3o juin, à i5 h. 3o, à Tuan-Tuc (Gochinchine). Cette chute d’une pierre de ciel, longue de 1 m., pesant une quarantaine de kilogs, accompagnée d’autres pierres de la grosseur d’un « bol à riz » est remarquable.
- Nous transmettons votre observation à la Société astronomique de France que ce genre de phénomènes intéresse particulièrement.
- M. Emile Sombardier, à Grenoble. — Vous avez observé de Lyon, le mardi 9 août, de 8 h. 1/2 à 9 h. du soir, des bandes lumineuses divergentes de direction moyenne E.-S.-E. à O.-N.-O. et semblant se rencontrer sous l’horizon S.-E. Nous pensons qu’il s’agit là d’une observation de nuages (stratus ou cirrus), n’ayant aucun rapport avec l’observation faite à l’observatoire de Konigstühl, dans la nuit du 8 au 9 août [La Nature, supplément, n° 2474' du 3 septembre), d’autant plus qu’au moment de votre observation, faite plus de 12 heures après la précédente, il faisait jour encore.
- La comète observée à Konigstühl, si comète il y a, a été vue en pleine nuit, et les bandes lumineuses qui traversaient le ciel ont disparu avec l’arrivée du jour. On n’a pas revu cet astre étrange, et l’on doit supposer qu’il s’agit d’une comète arrivée juste dans la direction du soleil et repartie dans la même direction, après en avoir fait le tour et avoir balayé la Terre de sa queue.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ......
- Leçons élémentaires de Physique expérimentale selon les théories modernes, par J. Tii.lieux, 2e édition, revue et augmentée. 1 vol. 220 p., 5o6 fig., 10 pl. hors texte dont 6 en couleur. François Centerik, éditeur, 60, rue Yital-Decoster, Louvain.
- Ces leçons constituent une excellente introduction à l’étude de la physique en même temps qu’une remarquable vulgarisation des fondements de la physique moderne. Elles se distinguent par la simplicité et la logique de l’exposé. L’auteur admet, dès le début, tout en spécifiant nettement leur caractère hypothétique, les notions d’atomes, de molécules, d’électron et d’éther; il admet que toutes les énergies étudiées en physique sont au fond d’origine cinétique; elles sont dues au mouvement de quelque substance ou particule matérielle. L’usage de ces notions donne au livre un caractère très net d’unité. L’auteur définit la force, étudie les lois mécaniques du mouvement, et précise les notions de travail et d’énergie. C’est l’introduction; il étudie ensuite le pondérable, il comprend sous ce titre d’abord les phénomènes de la pesanteur, puis sous le titre molécules ; la chaleur, les changements d’état, la capillarité, l’élasticité, les phénomènes essentiels de l’acoustique, et les questions relevant de la dynamique des molécules, comme la résistance de l’air. Le chapitre suivant est consacré aux atomes, c’est un résumé des lois générales de la chimie; puis vient l’étude des électrons. Une seconde partie consacrée "à l’impondérable complétera sans doute quelque jour cet excellent volume, auquel il manque l’étude des radiations.
- Les édifices physico-chimiques (t. I), par le Dr Achalme. 1 vol. in-8, 244 P-, dessins à la plume de M. R. Leclerc. Payot, éditeur, Paris, 1921. Prix : i5 francs.
- La chimie a mis en évidence l’existence de 83 corps dits simples, caractérisés par des poids atomiques, qui en apparence tout au moins ne sont pas les multiples d'un même nombre. Ce fait semblait avoir porté un coup mortel au vieux rêve de l’unité delà matière, suivant lequel toutes les substances connues seraient des édifices construits avec un seul ou tout au moins un tout petit nombre de matériaux primordiaux. Les découvertes modernes : rayons cathodiques, électrons, rayons X, radioactivité sont venues apporter un puissant renfort aux partisans de l’unité de la matière. M. Achalme montre, par un résumé net et clair de ces découvertes, comment tous les faits connus sont en faveur de cette thèse et fait justice des objections qui lui ont été opposées dans le courant du xix* siècle. Ceci posé, il reste à découvrir ou à imaginer quelle est l’architecture intime de la matière. M. Achalme admet, ce qui est parfaitement d’accord avec l’expérience, deux constituants : l’un l’électron, support d’électricité négative, l’autre qu’il appelle unité de matière, et que d’autres physiciens appellent noyau, qui est le support de l’électricité positive. Partant de là et moyennant un certain nombre d’hypothèses qui naturellement sont discutables, certaines mêmes sont eu contradiction avec des faits généralement admis, l’auteur construit des modèles d’atomes qui doivent rendre compte des propriétés des corps, de leurs affinités chimiques, etc., bref qui doivent faire de la chimie une science de déduction quasi géométrique. De nombreux physiciens ont tenté, en ces derniers temps, des efforts de synthèses dirigés dans le même esprit; le travail de M. Achalme, original à bien des égards, se caractérise surtout par la simplicité de langage accessible à tous, et la vigoureuse logique des raisonnements.
- De plus, il explique nombre de faits qui ont résisté à d’autres théories.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Les Industries chimiques régionales de la France, par Paul Baud. i vol. 244 P- G-- Doin, éditeur, Paris, 1922.
- Ce volume est la reproduction du cours libre professé par l’auteur à la Faculté des Sciences de Paris. L’industrie chimique de la France était en 1914 très prospère, quoique loin d’atteindre la puissance de l’industrie chimique allemande. Elle présentait des branches nombreuses, et dans sa variété reflétait une image harmonieuse et nuancée des aspects divers de notre pays. M. Baud nous donne un tableau très vivant et très fouillé de cette industrie, qu’il décrit région par région ; ce plan fort original est. en même temps des plus judicieux, l’industrie chimique, plus que tout autre, ne peut naître au hasard; elle est fonction des ressources mêmes de la région où elle s’installe.
- M. Paul Baud en donne une preuve frappante, en décrivant a grands traits 1 évolution de 1 industrie chimique allemande ; rivale redoutable de la notre ; elle doit sou essor au charbon et à la potasse qu.i manquent à notre sol; deux autres facteurs très importants sont mis en évidence également par l’auteur : valeur technique du personnel, concentration des capitaux. M. P. Baud termine son livre en montrant les progrès réalisés pendant la guerre et en appelant l'attention sur les ressources que notre empire colonial offre à l’industrie chimique. Ce livre écrit d'un style alerte est d’une lecture non seulement instructive et suggestive, mais encore très agréable.
- L’œuvre scientifique de Sadi Carnot (Introduction à l’étude de la thermodynamique), par E. Ariès, correspondant de l’Institut. 1 vol. relié 160 p. Collection Payot. Paris, 1921. Prix : 4 francs.
- Sadi Carnot, fils du grand conventionnel, écrivit à 28 ans en 1824 le célébré opuscule • Reflexions sur la puissance motrice du feu, qui contenait en germe toute la thermodynamique moderne, science de l’énergie et de ses transformations. Ce travail, on le sait, malgré sa clarté et sa profondeur, passa complètement inaperçu jusqu’au jour où Lord Kelvin sut le tirer de l’oubli. Sadi Carnot non seulement est le créateur de ce que l’on nomme le second principe de la thermodynamique ou principe de Carnot, il. avait également conçu le premier principe ou principe de la conservation de l’énergie, ainsi qu’en font foi des notes manuscrites qui ne furent connues qu’en 1878. Ces faits queM. Ariès relate en détail n’enlèvent rien au mérite des fondateurs de la théorie énergétique, mais ils mettent en saisissant relief la puissance intellectuelle de ce jeune savant, mort inconnu à l’âge de 36 ans. Le meilleur moyen de lui rendre l’éclatante justice qui lui est due est de montrer en quoi consistent ses découvertes et ses idées. C’est ce qu’a fait d’une façon parfaite M. Ariès; son opuscule.n’est cependant pas un simple historique; pour faire saisir quelle répercussion ont eues les idées de Carnot sur la science de nos jours, l’auteur établit un magistral résumé de l’état actuel de la thermodynamique.
- Nouveaux parfums synthétiques, par R. M. et J. Gatte-fossé. I vol. in-8, 208 p., 3, pl. Argence, Lyon.
- Suite de notes parues dans la Parfumerie Moderne, sur les procédés de fabrication des parfums de synthèse les plus communs..Cette série forme.un résumé pratique à l’usage des chimistes et des industriels, leur indiquant les formules, les moyens de dosage et d’analyse et surtout les moyens de préparation et de synthèse.
- Traité théorique et pratique de cémentation (trempe, recuit, revenu), par A. Groos et M. Varinois. i vol. 128 p., 55 fig. Albin Michel, éditeur. Paris, 1921. Prix : 12 francs.
- Les traitements thermiques des aciers connus sous le nom de cémentation, trempe, recuit, revenu, sont des opérations fort délicates, qui longtemps n’ont eu d’autres guides que l’empirisme. Leur technique s’établissait sur des recettes et tours de main, souvent tenus secrets par leurs détenteurs. Dans bien des ateliers, aujourd’hui encorerk routine préside seule à
- ces opérations. Cependant les connaissances acquises aujourd’hui sur les constituants de l’acier et la physico-chimie des alliages apportent au praticien une aide précieuse qu’il n’a plus le droit d’ignorer; les opérations thermiques exigent toujours une grande habileté professionnelle que rien ne peut remplacer; mais celle-ci trouve dans la science un guide qui lui trace la marche à suivre et lui évite, soit des tâtonnements sans fin, soit des tentatives sans issue. MM. Groos et Varinois ont fait œuvre utile en condensant sous une forme très claire et très accessible les principes essentiels de la science des alliages fer-carbone ; ils décrivent en outre les appareils de contrôle dont dispose aujourd’hui l’industrie pour préciser les qualités des aciers ou en déterminer l’exacte composition, puis les appareils les plus modernes avec lesquels s’effectuent les opérations de cémentation et de trempe; ils indiquent comment s’effectue l’indispensable contrôle des températures au cours de ces opérations, comment doivent être logiquement constitués les bains de trempe et les céments. Ce livre se recommande à tous les professionnels désireux de bien comprendre les opérations qu’ils exécutent journellement.
- Les Noirs de l’Afrique, par M. Delaeosse. i vol. in-16, 160 p. Collection Payot. Paris, 1921. Prix : 7 fr. 5o.
- Sous une forme très condensée, M. Delafosse retrace à grands traits l’histoire des Noirs Africains; histoire bien obscure encore, faute de documents anciens, mais sur laquelle on commence à avoir cependant quelques données précises ; il décrit en particulier l’évolution des puissants empires qui ont existé dans l’Afrique du Nord, les influences diverses qu’ils ont subies de la part des peuples blancs ; l’auteur fixe également les traits essentiels de la civilisation noire, très variée dans ses formes matérielles, mais présentant un grand caractère d’unité dans toute l’Afrique en ce qui concerne les coutumes sociales, les croyances religieuses, les caractères intellectuels et moraux.
- L’auteur, qui a beaucoup vécu au contact des noirs de l’Afrique Occidentale, conclut en combattant vigoureusement cette notion absurde, mais répandue, que les nègres africains forment une race intellectuellement inférieure. Il montre pour quelles raisons leurs civilisations sont restées immobiles au cours de 1ère chrétienne; ils ont, dit-il, perdu beaucoup de temps, mais leur histoire ne fait sans doute que commencer.
- On some Antiquilies in the Neighbourhood of Dunecht Ilouse, Aberdeenshire, par G.-F. Browne. i vol in-4, 170 p., 5 fig., 63 pl. University Press, Cambridge. Prix relié : 63 sh.
- Description détaillée de curieux cercles de pierre trouvés à Dunecht, dans la propriété de lord Cowdray, en 1919. Ces cercles de pierres dressées sont d’un type unique, spécial au comté d’Aberdeen, de même que les sculptures dites pietés sur pierres brutes et les plus importantes des rares inscriptions dites ogams trouvées en Ecosse. Les cercles de pierres présentent cette particularité de toucher au sud-est à une large pierre couchée, pesaut plusieurs tonnes, limitée par deux hauts piliers de pierre. Quel peuple les éleva? dans quel but? à quelle daté? par quels moyens? Le Révérend Browne cherche à répondre à ces questions en examinant tout ce qu’on sait et tout ce qu’on a dit des pierres dressées et de leurs inscriptions, et cela fait un livre très intéressant et bien documenté.
- La Chine, revue bimensuelle illustrée, publiée par un comité franco-chinois, 16, Kan Yu Kutung, Pékin.
- Ce nouveau magazine se propose d’apporter en France des informations, des précisions, des documents sur les choses d’Extrême-Orient. Au moment où les problèmes du Pacifique se posent devant l’opinion mondiale, il veut faire connaître au public français ce qui se passe en Chine, quels y sont nos intérêts, nos possibilités. Le premier numéro que nous recevons remplit ce but par ses informations variées ; politiques, économiques, littéraires,
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- LA MATURE
- Supplément.
- N° 2485
- 19 Novembre 1921
- INFORMATIONS
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- Les représentations de îa Grande Ourse, en France, à la pierre polie. — J’ai, jusqu’à présent, eu l’occasion d’observer cinq représentations de la Grande Ourse sur des pièces et monuments préhistoriques, qu’on peut dater de l’époque néolithique.
- Les deux premières pièces sont des Oursins fossiles; les étoiles y sont figurées par de très petites Cupu-lettes.
- La première a été trouvée par le professeur Mahou-deau, en place archéologique, dans des alluvions. La gravure est constituée par sept Cupulettes, situées sur la face externe entre les rayons de l’animal, reproduisant la figure classique de la constellation.
- La seconde est un Micraster breviporus, qui présente les mêmes sept Cupulettes, avec une huitième, correspondant à l’étoile Alcor. Chose curieuse, un trait gravé réunit deux des étoiles du Corps, comme sur les cartes astronomiques. La gravure est à la base; un troisième Oursin est analogue.
- Enfin, un pied humain, dit le Pas de la Vierge, de Clisson (L.-I.), sculpté sur granité et à surface très polie, montre, dans son intérieur, sept petites Cupules, disposées comme les astérismes de la « Grande Ourse », et une huitième représentant Alcor, également. Ces 3 figures sont très probantes.
- On a décrit à l’étranger des pierres à Cupules néolithiques, donnant cette constellation (1), mais je n’en ai jamais rencontré en France, au cours de mes excursions (2), malgré de très longues recherches, depuis plus de vingt ans.
- La cinquième pièce correspond au Polypier de la Constellation de Givenchy.
- On sait que les Oursins fossiles sont des symboles du Soleil, au naturel. De même les Polypiers.
- On doit conclure de la présence d’une représentation du Pôle sur les Oursins et dans un pied, que ce Pied sculpté a la même signification mythique que le fossile, et par suite le « Pied néolithique » ne peut être que celui du Soleil anthropomorphisé.
- C’est d’ailleurs à cette conclusion que m’avaient conduit précédemment mes recherches de folklore, en ce qui concerne cette curieuse manifestation de l’art religieux néolithique)5).
- L’orientation des Pieds gravés sur rochers fixes prouve qu’il s’agit tantôt du Soleil de l’Equinoxe, tantôt du Soleil des Solstices d’hiver et d’été (4).
- L’orientation delà Grande Ourse sur le rocher fixe diffère de celle de l’époque actuelle par la ligne des Gardes (5).
- Dr Marcel Baudouin.
- Propriétés magnétiques du fer en poudre comprimé.— La Revue générale de VElectricité donne d’intéressants détails sur une substance employée depuis peu dans la construction d’appareils électriques : la poudre de fer comprimée. Cette poudre, telle qu’elle est fabriquée depuis cinq ans déjà dans les usines de la Western Electric C°, à Hawthorne, Illinois, trouve son application dans la construction des noyaux de certains appareils spéciaux utilisés dans les installations téléphoniques (bobines destinées à accroître l’inductance des circuits, éléments inductifs entrant dans la constitution des filtres électriques permettant de séparer les courants de fréquences différentes, en téléphonie multiplex, bobines de réactance et transformateurs insérés dans des circuits radiotéléphoniques, etc.). Ces noyaux étaient établis, avant la guerre, avec du fil de fer étiré à froid. L’importation des filières en diamant nécessaires pour la fabrication de ce dernier étant devenue à peu près impossible au cours des hostilités, on a été conduit à
- i. Paul Pontiatine (1884), etc.
- 3. Toutefois la Pierre à cupules d'Arnac (Haute-Vienne) semble bien représenter une Grande Ourse, mais avec un « Pied de Cheval », à la place de l’étoile 7).
- 3. Marcel Baudouin. Les sculptures et gravures de Pieds humains sur rochers. A. F. A. S., 1913, Tunis, in-8°.
- 4- Ces constatations prouvent que les Cupules sculptées sur les rochers sont bien des Astres, c’est-à-dire soit des Étoiles, soit le Soleil.
- 5. En effet, celle-ci ne donne pas le Nord astronomique actuel, c’est-à-dire l’Etoile a de la Petite Ourse, mais un Nord dévié à droite, tout comme les « Pieds humains ».
- recourir à un succédané qui, à la suite d’essais.dont les détails sont exposés dans le cours de l’article, est parvenu à remplacer avantageusement la matière primitivement employée, pour les usages mentionnés ci-dessus. Il résulte, en effet, des données fournies par les auteurs, que le fer obtenu à Hawthorne, suivant les trois qualités désignées respectivement par les lettres A, B et C, possède, pour de faibles valeurs d’induction, une constance remarquable.
- En outre, les variations de la perméabilité, en courant alternatif, dans le cas où le noyau est soumis, en même temps, à la magnétisation par l’action d’un courant continu, sont beaucoup moindres pour le fer en poudre comprimé que pour le fil de fer écroui ; après suppression de la force magnétisante supplémentaire, la perméabilité reprend sa valeur primitive pour la qualité B de fer en poudre comprimé, tout au moins; tandis que, pour le fil de fer dur, la valeur acquise à nouveau n’est que les 62 pour 100 de la valeur atteinte antérieurement.
- Le métal destiné à la fabrication du fer en poudre est obtenu par électrolyse d’une solution de sulfate et de chlorure ferreux additionnée de sulfate d’ammoniaque, en utilisant des cathodes en tôle d’acier poli et avec une densité de courant de i,3 ampère par décimètre carré. Le dépôt est enlevé par intervalles, passé au broyeur et criblé.
- Une partie de la poudre est recuite, dans des caisses en fonte, à la température de 85o° et, comme une certaine agglutination s’est produite au cours de cette, opération, il est nécessaire de procéder à un second broyage et criblage. En vue de réaliser une première isolation des grains de là poudre ainsi préparée, cette dernière est, à ce moment, introduite avec du zinc en flocons, dans des tambours où elle est roulée, puis tamisée à nouveau, en vue d’en extraire le zinc qui lui a été mélangé. L’isolation est complétée par une adjonction de gomme laque, de manière à obtenir un produit possédant une résistance spécifique élevée. Cette résistance est de or6 ohm par centimètre pour la qualité A, qui est constituée uniquement par de la poudre recuite; de 0,2 ohm par centimètre pour la qualité B formée de 90 pour 100 de poudre non recuite et de 10 pour 100 de poudre recuite et de 10 ohms par centimètre pour la qualité C préparée d’après la même formule que la qualité B, mais avec une substance' de grain plus fin et avec une gomme laque plus dense.
- Les perméabilités respectives, pour de faibles inductions, sont de 55, 35, 25 dans l’ordre A, B et C.
- Avec les qualités de poudre ainsi élaborées, on façonne, par compression dans des matrices spéciales, à une pression de 14 100 kg par centimètre carré, de petits anneaux de (3 mm d’épaisseur environ et de diamètre convenablement calculés, lesquels, après étuvage, peuvent servir, par empilage d’un certain nombre d’éléments, pour la confection des noyaux.
- La maison la plus haute du globe. — Dans Nature, une controverse s’est élevée sur l’altitude maxima à laquelle on peut rencontrer actuellement une construction faite par des hommes.
- En France, on ne compte que deux villes à plus de 1000 m. d’altitude : Barcelonnette à ii32 m. et Briançon à 1204 m. Une seule commune est à plus de 1900 m.
- (La Nature, n° 2419). L’Hospice du Grand-Saint-Bernard, à la frontière, sur le versant italien, est à 2472 m. A cette même altitude, on compte au Mexique plusieurs villes importantes.
- Le professeur Bowman, dans son livre sur les Andes du sud du Pérou, cite une maison habitée à 5212 m. Les familles de bergers péruviens montent en effet jusqu’à cette altitude.
- M. W. Harcourt-Bath indique dans l’Himalaya, principalement dans le Karakoram, au nord du Ivashmir, plusieurs passes à 5400 et même 5700 m. A sa connaissance personnelle, il existe une maison habitée, au moins quelques semaines chaque été, près .du sommet de la Donkia Pass, au nord de Silckim, à la limite du Thibet, à 5516 m. d’altitude; c’est une cabane en pierres, occu-
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- INFORMATIONS
- pée par une garde thibétaine de 4 ou 5 hommes. D’ailleurs les Thibétains vivent couramment à 45oo ou 5ooo m. Celle-ci détient-elle le record de l’altitude ?
- Commerce extérieur de l’Allemagne en 1913 et
- 1920. :— Le Bulletin de la Statistique générale de la France publie le tableau ci-après, d'après les renseignements recueillis parle Wirtschaft und Statistik ( 1920) et le Monatliche Nachweise über den auswàrtigen Hàndel Deutschlands ( 1913 ).
- cours institué à cet effet, des qualités de longévité, de régularité, de facilités de démontage et d’entretien, etc., indispensables à un moteur commercial.
- Le concours sera international sous les réserves des règlements actuels de la Fédération Aéronautique Internationale, mais les constructeurs étrangers ne pourront y prendre part qu’après avoir contracté l’engagement de faire construire en France leur moteur, s’il est primé, et cela, dans des conditions qui seront déterminées par le règlement du concours.
- COMMERCE DE L’ALLEMAGNE IMPORTATIONS EXPORTAI [’IONS
- (Quantités en milliers Quantités en milliers V aleurs en millions
- de quint! aux.) de quintaux.) de marks.)
- Marchandises. Î920^ ~*1913. 1920. 1913. T9207 '''^1913.'
- Denrées alimentaires et produits agricoles
- et forestiers 65 625 266 149 i4 096 66 632 3 836 1 728
- Matières premières minérales m 399 416 022 118 480 519 049 5 041 870
- Dont :
- Terres et pierres 7 957 41 631 27 730 4i 785 457 73
- Minerais, scories 71 272 176 104 2110 29 011 99 25
- Combustibles minéraux 27 563 182 890 87 685 443 462 4 195 708
- Htiilès minérales, asphalte, etc 4 354 14 7^5 2 58 11 179 82 21
- Goudron de houille et dérivés 253 672 697 3 592 208 43
- Corps gras, paraffine, bougies, savons, etc. 412 457 82 458 I l8 5:2
- Produits chimiques et pharmaceutiques et
- matières colorantes 2 656 20 5g5 26 325 49 o33 8 958 956
- Matières et produits textiles 872 2 988 783 4 262 8 436 1 5 61
- Dont :
- Articles en laine et crin 211 597 122 753 1 866 444
- Articles en coton 435 1 o58 i43 1 i3o 2 358 535
- Cuirs et objets de cuir; fourrures .... 168 210 100 545 2 464 553
- Articles en caoutchouc 21 42 31 201 296 128
- Ouvrages tressés d’origine végétale. . . . 10 45 ' 46 67 95 8
- Balais, brosses, pinceaux, tamis 3 14 25 3o i3y 12
- Tabletterie (corne, bois, nacre, etc.) . . . 71 472 I 287 1 892 1 584 164
- Papiers, cartons et produits dérivés . . . 801 1 127 2 771 5 426 3 087 263
- Livres, gravures et tableaux 23 76 ”9 243 38o io5
- Ouvrages en pierre, plâtre et ciment . . . 236 6 684 3 184 1 181 413 34
- Poteries, faïences et porcelaines 55o 1 63i 3 824 7 788 1 115 113
- Verreries i39 166 1 184 2 458 1 768 146
- Métaux précieux et bijouterie 0,2 16 2,5 10 973 175
- Métaux et ouvrages en métaux 5 294 10 536 18 479 67 o53 16 798 1 906
- Machines 46 679 3 977 7312 5 764 678
- Appareils électrotechniques 16 60 671 1 424 2 481 290
- Véhicules !9 92 2 078 1 090 3 025 i75
- Armes à feu, montres, instruments de mu-
- sique, jouets 3 18 527 1 001 2 5gi 233
- Marchandises non dénommées ...... 2 45 26 87 143 3o
- Ensemble des marchandises i88 366 728823 198 096 787 143 69 525 10182
- Congrès d’aviation sans moteur. — L’aviation sans moteur ardemment pratiquée en Allemagne ne laisse plus la France indifférente. Un Congrès d’Aviation sans moteur, organisé par l’Association française aérienne et présidé par M. Laurent Eynac, sous-secrétaire d’Etat à l’Aéronautique, se tiendra à Paris, les 26 et 27 novembre prochains.
- Ce Congrès a pour but de fixer les bases de nouvelles recherches sur le vol sans moteur, de déterminer les possibilités de ce vol et leurs limites. En outre, il préparera le programme du Concours d’aviation sans moteur prévu pour la période du 6 au 20 juillet 1922.
- Le secrétaire du Congrès estM. Honard, 17, boulevard des Batignolles, Paris.
- Un prix de 1 million pour un moteur d’aviation. — Dans sa réunion du 3 octobre, le Conseil d’administration jdu Comité français de propagande aéronautique, considérant l’importance de l’aviation 'commerciale, considérant que le développement de l’aviation commerciale française est intimement lié à l’amélioration des moteurs actuels, a décidé :
- 1° De créer un prix de un million qui sera attribué au constructeur d’un moteur d’aviation commerciale ayant témoigné, en satisfaisant aux épreuves d’un con-
- Les moteurs devront être prêts pour les essais au plus tard le ier juin 1923.
- 20 De demander à l’Aéro-Club de France de vouloir bien charger la Commission d’Aviation de l’Aéro-Club d’établir, d’accord avec le Comité français de propagande aéronautique, le règlement du concours et d’accepter la mission de surveiller l’exécution du programme des épreuves et l’attribution du prix.
- Prix aux inventeurs. — Nous avons précédemment annoncé à nos lecteurs que M. Jean Barés, ex-directeur du Réformiste, avait doté la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des inventions d’une rente annuelle de 12 5oo francs pour attribution de deux prix annuels aux inventeurs français, pères de trois enfants, ayant fait les découvertes les plus utiles à l’industrie française.
- M. Jean Barés, dont on ne saurait trop louer la généreuse initiative, vient d’ajouter aux deux prix annoncés uh 3e prix de L5oo francs et un 4° de 1000 francs, soit quatre prix avec Un total de i5ooo francs.
- Les demandes et dossiers concernant l’attribution de ces prix pour cette année peuvent être envoyés dès maintenant et jusqu’au 3o novembre prochain à la Direction des Recherches scientifiques et industrielles et des inventions, à Bellevue (Seine-et-Oise).
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- VARIÉTÉS
- L’odeur des champignons. — Il est peu de personnes qui ne soient séduites par Fodeur exquise des champignons à chapeau, soit qu’elles l’aient perçue en flairant un de ces cryptogames, soit que le parfum s’en dégage des forêts en automne et en hiver, ce qui en constitue un des nombreux charmes. Gela, tout le monde le sait; mais ce que l’on connaît moins, c’est que certaines espèces, outre leur « odeur de champignon », possèdent un parfum spécial qui est digne de celui des fleurs ou de certains des produits odorants tirés de divers produits végétaux.
- D’une statistique à laquelle je viens de me livrer, il résulte que, dans le monde des champignons, on peut rencontrer l’odeur de fleur d’oranger [Clitopyle-à-pied-en-massue); de lavande [Clitocybe-géotrope) ; d’abricot (Girole); d’anis (Clitocybe-à-odeur-douce, Cliiocyhe-vert, Clitocybe-en-relief, Clavaire-palmée) ; de Flouve-odo-rante [Clilocybe-des-bruyères, Clitocybe-en-forme-de-coupe), de Fenu-grec (Ilydne-à-odeur-forte) ; de noisettes (Amanite d’Emile) ; de fruits (Petit-pied-bleu, Tricho-lome-Russule, Tricholome-gris-de-souris, Hébélome sinueux, Ilydne-hérisson) ; de Mousse-de-Corse (Amanite-ovoïde); de radis [Lépiote-à-moelle, Mycene-pur, Hébé-lome-bicolore, Hébélome-échaudé, Hébélome-briqueté) ; de son (Lépiote élevé)-, d’huile rance (Lépiote-de-Barla, Pleurote-de-l’olivier)-, de cresson (Lépiote-globuleuse); de farine fraîche (Armïllaire rocailleuse, Mousseron, Tricholome-strié, Tricholome fauve, Petit-gris-d’automne, Tricholome-émarginé, Tricholome-de-Besançon,Agouane, de-prairies, Clitocybe-gris-blanc, Mycène-à-spores-héris-sées, Hygrophore-virginal, Entolome-clou, Clitopile-petite-prune, Psalliote-des-jachères) ; de farine rance [Collybie-rance, Armillaire-petite) ; de concombre [Ar-millaire-robuste) ; d’ammoniaque (Mycène-en-borne, My-cène-ammoniacal) ; de nitre (Mycène alcalin) ; de gaz d’éclairage [Tricholome-couleur-de-soufre) ; de savon [Tricholome-à-odeur-de-savon) ; de melon (Crepidotus-jonquille, Collybie lustré); de raifort (Mycène denticulé) ; de bois pourri [Pholiote-écailleuse) ; de chair brûlée
- (Entolome-rose-grisâtre) ; de fleurs de châtaignier (Pieu-rote-corne-d’abondance); de poisson pourri (Phallus-impudique)-, d’immortelles [Hydne-lisse) ; de jasmin (Hygropkore-pudibond) ; de laurier-cerise (Pholiote-à-racine)-, de la larve d’un papillon appelé Cossus (Hygro-phore-blanc-d’ivoire); de mélilot (Lactaire camphré); de mirabelle Chanterelle-cendrée, Clavaire pointue)-, de poireau (Marasme-à-odeur-de-poireau) ; de pomme cuite au four [Lactaire-à-odeur-de-pommes) ; de pomme-de-rainette (Russule-agréable) -, de pomme trop mûre [Russule-rubiconde, Russule tachetée) ; de résine (Sistostrema-groupé); de sucre brûlé [Chanterelle-odorante, Hébé-lome-à-odeur-de-sucre) ; de truffe [Trompette-des-morts)-, de vin [Lactaire tachée)-, de noix [Entolome-petite-prune).
- L’odeur peut être, d’abord, agréable, puis désagréable comme celle de l’Entolome-livide, qui va jusqu’à donner des nausées. Elle peut aussi ne se développer que lorsque le champignon se dessèche [Faux-Mousseron).
- Quelques champignons n’ont aucune odeur [Amanite-tue-mouches, Lépiote écorchée, Lépiote-en-bouclier, Lépiote brune, Lépiote granuleuse, Collybie-de-Benoist, Collybie-à-chapeau-rayé, Oreille-de-chardon, Ilygro-phore-à-feuillets-soufrés, Fausse-Girole, Lmctaire-zoné, Russule-brûlée, Russule-sanguine, etc.).
- D’autres ont une odeur faible, qui est indéfinissable, mais plutôt agréable [Amanite-des-Césars, Amanite-jonquille, Amanite-épaisse, Tricholome-petite-Colombe, Collybie-à-odeur faible, etc.).
- Quelques champignons enfin ont un parfum franchement désagréable [Amanite-vireuse, Fausse-Golmotte, Amanite-élevée, Armïllaire-raclée, Armillaire-caillou-de-miel, Tricholome-à-grosse-racine, Collybie-du-Jura, Collybie-des-collines, Nyctale-porleur-d'étoiles, Lactaire-modeste, Marasme-fétide, Passe-du-Frêne, Téléphore palmé, Clathre grillagé, etc ).
- Toutes ces odeurs se perçoivent en flairant le Champignon entier ou mieux, en le brisant en fragments de manière à mettre la chair à nu. Henri Coupin.
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- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La. Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres pré« sentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits.— Société anonyme des appareils centrifuges Sharples, i, rue Taitbout, Paris, 9e.
- Communication. — Les soupapes électrolytiques. — Un de nos lecteurs, M. Lenormand, nous signale que la plupart des mécomptes éprouvés dans l’usage des soupapes électrolytiques sont dus à l’emploi du phosphate d'ammoniaque. Avec le phosphate de soude, il ne se forme aucun dépôt sur les plaques et le fonctionnement est très constant.
- Réponses. — M. Antoine de Geofroy, à Paris. — Le dispositif que vous employez [projection de l’imqge du Soleil au moyen d’une bonne jumelle) donne de bons résultats pour l’observation des taches du Soleil. Il faut, comme vous le faites, placer à l’avant de la jumelle un large carton qui porte ombre, percé d’une ouverture découvrant un des objectifs, et fixer le tout sur un pied quelconque, afin d’avoir un instrument stable. On projette l’image sur un carton blanc, en augmentant convenablement le tirage (un peu plus que pour la vision directe). Selon l’éloignement du carton formant écran, on a une image solaire plus ou moins grande. Ainsi on observe fréquemment des taches sur le Soleil. Il n’y a pas nécessairement répercussion sur le magnétisme terrestre, chaque fois qu’une tache se trouve au centre du disque. Il peut aussi y avoir action sur le magnétisme sans tache. Il n’existe
- pas de rapport bien établi entre les taches solaires et l’activité volcanique ou sismique terrestre, mais ce rapport est possible. Voyez un article sur cette question dans La Nature, n° 2460 du 18 juin 1921, p. 3g8. Nous signalerons d’ailleurs toutes les perturbations importantes qui pourraient se produire.
- VL. Jean Burin, à Vallon-en-Sully. —Vous avez observé le i5 octobre, à 4 heures du soir, vous trouvant à 2 m. 5o d’un mur blanc, sur la berge du canal du Berry, deux ombres de vous-même, très distinctes, l’une ordinaire à la base du mur, l’autre à 4 m. au moins de hauteur.
- Ainsi que vous le supposez, cette deuxième ombre ne peut être produite que par la réflexion des rayons solaires sur l’eau du canal. La surface de celui-ci devait être très calme. A 4 heures du soir, soit i5 heures (heure légale), le i5 octobre, le Soleil est à environ 17° 3o' de hauteur au-dessus de l’horizon. Avec une telle inclinaison des rayons solaires, il est facile de voir qu’à 2 m. 5o d’un mur, l’ombre d’un homme de taille moyenne (1 m. 70) aura o m. 91 et l’ombre projetée de bas en haut, par les rayons réfléchis du Soleil sur l’eau, sous un angle de i7°3o' également, aura 2 m. 5o. La. hauteur de 4 m. que vous indiquez paraît exagérée, pouvez-vous la vérifier ? Elle conduirait à une hauteur dm Soleil de 45° environ, plus grande qu’à son passage au méridien du i5 octobre.
- M. le comte de L B. — Les transformateurs Tt, Ta, Ts de la figure 5i du dernier article de M. Duroquier sont identiques au transformateur H. F. de la figure 48 du même article.
- 11 n’y a pas d’erreur sur le schéma que vous nous signalez ; mais l’écouteur téléphonique a été oublié par mégarde; il doit être inséré immédiatement sous la plaque.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de io% pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ======
- Cours de dessin industriel, par A. Drust et J.-L. Lou-bignac. i vol. illustré in-8 raisin, 208 p., 281 fig., 1 pl. en couleur. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1921. Prix : 12 fr. 5o.
- Après une description précise de l’outillage nécessaire au dessinateur et d’utiles conseils sur la manière de l’employer, les auteurs indiquent en détail les règles présidant à l’exécution des croquis cotés, puis à leur mise au net; ils montrent enfin comment on lit un dessin industriel. De très utiles renseignements sont rassemblés à la fin de l’ouvrage sous le titre Compléments : filetages à bases métriques, conventions pour les dessins de charpentes métalliques, représentations conventionnelles des appareils électriques, procédés de reproduction des dessins, etc.
- L’ajusteur-mécanicien, par J. Thibeaudeau (Collection Le Livre de la Profession. Directeur C. Caillard). 1 vol. illustré 331 p., 441 fig- Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1921. Prix : 7 francs.
- Cet ouvrage donne d’abord les notions de géométrie pratique indispensables à l’élève ajusteur, ainsi que les données nécessaires pour la lecture des dessins industriels, puis sous forme de leçons accompagnées chacune d’exercices, des notions sur les métaux et alliages usuels, sur les outils de l’ajusteur et leur emploi, ainsi que sur le mode d’exécution des principaux travaux qui relèvent de cette profession; de claires figures accompagnent le texte ; l’ensemble constitue un excellent modèle de pédagogie technique élémentaire.
- Locomotives à vapeur, par J. Nadal. i vol. in-16, cart. toile, 370 p., 78 fig. dans le texte et 9 simili-gravures hors texte. G. Doin. éditeur, Paris, 1921 (Encyclopédie Scientifique). Prix : 14 francs.
- Ce volume contient une excellente description des divers organes de la locomotive, puis l’étude précise de ses principaux mécanismes, des mouvements de la machine, et la description des divers types en usage. L’auteur, dans cette nouvelle édition, a ajouté des détails sur les foyers en acier, les boîtes à feu débordant, le chauffage au mazout, il a développé l’étude de la surchauffe aujourd’hui universellement employée. La description des types de locomotives a été également remaniée pour tenir compte de tous les progrès récents.
- Le Manuel du conducteur de machines agricoles, par A. Gougis. 1 vol. in-8, 35o p., 280 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 11 francs.
- L’outillage agricole constitue de nos jours un capital important dont le rendement et la durée sont fort variables suivant l’habileté personnelle et les connaissances des conducteurs.
- On ne se figure pas ce que quelques leçons données au conducteur d’une lieuse ou d’un tracteur améliorent le travail et la durée des outils.
- lien est de même de tous les instruments agricoles. Pour répondre au désir de la Chambre Syndicale des Constructeurs de machines agricoles, M. Gougis, familiarisé par une longue pratique personnelle avec les machines employées en agriculture, a écrit son livre dont la préface de M. le marquis de Yoguë souligne l’utilité.
- Toutes les questions techniques y sont traitées : prix de revient du travail, petites réparations, peinture, modalités d’emploi, troubles des appareils et leurs remèdes.
- Tous ceux qui emploient les différents instruments aratoires : des semoirs, des faucheuses, des moisson-
- neuses, des machines à battre, des moteurs, des instruments d’intérieurs de ferme, qu’ils aient ou non étudié la mécanique, trouveront dans ce livre, véritable innovation dans la littérature agricole, un guide sûr et des moyens certains de faire de grosses économies par la conduite rationnelle de leur outillage.
- Les disciplines d'une science. La Chimie, par G. Urbain, membre de l’Institut. 1 vol. in-16 de 34o p. avec fig. dans le texfe. Encyclopédie Scientifique. G. Doin, éditeur, Paris, 1921. Prix broché : 10 francs.
- En étudiant l’histoire des doctrines et des notations chimiques, M. G. Urbain montre le rôle très important joué par l’analogie dans le développement de la chimie. En généralisant et en précisant cette notion, il présente sa théorie de 1’ « Homéomérie », qui englobe les lois connues de la chimie et de la physicochimie et qui nous ouvre un horizon extrêmement étendu sur les directions dans lesquelles peut se développer l’étude de ces sciences. Il nous montre comment on peut concevoir une loi des états correspondants chimiques et les études qu’il y a à entreprendre pour en déterminer les constantes. Les propriétés chimiques pourront alors s’exprimer par des relations numériques, qui relieront les constantes physiques et chimiques des corps.
- Il nous montre ensuite comment la stabilité différente des corps étudiés a conduit en chimie minérale et en chimie organique à des conceptions et à des notations différentes; les complexes de la chimie minérale forment la transition entre ces deux classes de composés et leur étude emploie, à la fois, les méthodes utilisées dans ces deux parties de la chimie.
- Osiériculture, par Eugène Leroux, i vol. in-16, 352 p., 183 fig. Encyclopédie agricole, Baillière et fils, Paris. Prix : ii francs.
- Pour que la culture de l’osier soit rémunératrice, il faut qu’elle soit scientifique. Apprendre à connaître les osiers, puis à les cultiver, tels sont les buts de ce livre qui résume l’ensemble des recherches faites, tant au laboratoire que dans les champs d’expérience. Celles de l’auteur sur la torsion et la flexion sont de nature à donner à la culture de l’osier une nouvelle orientation.
- Première partie : Osiériculture.
- I. Osiériculture générale. — Etude générale des osiers, racine, rameaux, feuilles, fleur, graine.
- II. Osiériculture spéciale. — Les principaux osiers cultivés, détermination des osiers cultivés, méthode simplifiée de détermination des osiers.
- III. Culture de l'osier. — Terres qui conviennent aux osiers, préparation du sol, plantation des osiers, insectes nuisibles maladies, récolte, décorticage.
- On trouve encore dans ce livre les renseignements précis sur le Commerçe des osiers, l’osiériculture et la vannerie en France et à l’étranger, les vanneries d’osiers.
- Parasitisme et symbiose, par M. Caullery. i vol. in-16, 4oo p., 53 fig. Encyclopédie scientifique. Gaston Doin, Paris. Prix : broché 12 francs, cartonné toile 14 francs.
- Le parasitisme est un des chapitres les plus intéressants de la Biologie générale. Il offre, en particulier, une des manifestations les plus significatives de l’évolution, en nous montrant des types bien définis d’organismes profondément transformés par des conditions de vie étroitement déterminées et analysables. D’autre part, il n’est qu’un cas particulier de multiples associations d’organismes auxquelles il est relié par des transitions invisibles. Depuis les plus lâches, généralement désignées sous le nom de commensalisme jusqu’aux plus étroites appelées symbiose (auxquelles on attache généralement à tort l’idée d’une réciprocité d’avantages entre les associés) en passant par le parasitisme, ce livre montre qu’on ne peut fixer de frontières précises.
- Appuyé sur une documentation considérable et une abondante bibliographie, ce livre du professeur à la Sorbonne intéressera vivement les curieux de biologie générale.
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- LA NATUjRE
- Supplémentiv*
- N° 2486
- 26 Novembre 1921
- Nécrologie : DdjSBfe'T — Nous apprenons avec
- regret la mort de notre collaborateur, M. P. Dosne, décédé le 12 septembre dernier. M. Dosne, né le n février 1855, eut une carrière bien remplie d'ingénieur-chimiste. Spécialisé dans la question de l’impression sur tissus, on lui doit un ouvrage remarquable sur l’industrie des toiles peintes, et l’invention d’un procédé de moirage sur coton qui marqua un progrès industriel important. L’activité de M. Dosne ne se limitait pas au cadre étroit de sa profession. Nos lecteurs ont pu maintes fois apprécier son esprit inventif dans les domaines les plus divers, notamment en télégraphie sans fil. C’était un esprit original et profondément cultivé.
- Les emplois industriels de l’ozone. — L’ozone s’obtient, on le sait, lorsqu’une décharge électrique traverse de l’oxygène pur; c’est une variété allotropique de l’oxygène, en quelque sorte de l’oxygène concentré, et il possède toutes les qualités de ce dernier mais plus énergiques.
- Il existe aujourd’hui d’assez nombreux procédés pour produire industriellement l’ozone et ce gaz reçoit des applications très diverses.
- Depuis fort longtemps déjà, on l’utilise en certains endroits pour la purification des eaux potables ; on l’emploie aussi pour purifier l’atmosphère des chambres de malades; on utilise à cet effet de petits, ozonateurs. Pendant la guerre, l’ozone a reçu diverses applications thérapeutiques utilisant toujours son pouvoir désinfectant; la stérilisation des blessures au moyen d’un courant d’ozone a donné d’excellents résultats. On l’a utilisé aussi pour le traitement des inflammations pulmonaires, pour la désinfection des intestins, le traitement des affections dentaires.
- L’emploi de l’ozone dans le domaine purement industriel est plus récent; l’ozone rend dé grands services dans l’industrie des huiles et des graisses; grâce à lui, on peut dans de nombreux cas améliorer le goût, l’odeur et la couleur de ces produits ; on s’en sert pour purifier les huiles et graisses destinées à la fabrication des savons. On l’emploie également pour blanchir la cire; de même pour le blanchiment des textiles il est parfois utilisé.
- L’ozone a trouvé une application récente et importante dans l’industrie des peintures et vernis. La siccativation des huiles employées dans les peintures et vernis est une succession d’oxydations et de polymérisations lentes. Cette action peut être accélérée au moyen de siccatifs, jouant un rôle catalytique, tels que sels de plomb, manganèse, zinc, cobalt, etc. L’air ozonisé peut jouer le même rôle et les techniciens lui reconnaissent un avantage notable : une couche de peinture ou de vernis, traitée par un siccatif, sèche très rapidement à la surface, mais le durcissement de celle-ci empêche l’air de pénétrer dans la profondeur et l’intérieur reste longtemps mou. Le traitement par l’ozone donne au contraire un durcissement rapide et régulier dans toute l’épaisseur de la couche. Cette propriété, dit le Scientific American Monthly, est utilisée aujourd’hui pour le finissage des magnétos d’automobiles ; autrefois les magnétos, après montage, étaient imprégnées d’huile dans le vide, de façon que l’huile pénétrât complètement dans toutes les parties de la machine. Pendant le séchage, la surface durcit, mais à l’intérieur l’huile reste liquide, aussi lorsque la magnéto tourne, il arrive que de l’huile non encore solidifiée est rejetée à l’extérieur et le revêtement protecteur est détruit. Cet inconvénient est supprimé par le traitement à l’ozone. On insuffle par un ventilateur de l’air ozonisé dans l’huile avant de s’en servir pour l’imprégnation. Cette opération dure plusieurs heures; ensuite on plonge les magnétos dans l’huile ainsi traitée. Les magnétos en outre sont ensuite séchées dans une chambre où circule un courant d’air ozonisé.
- Des pianos, vernis au moyen d’huiles partiellement oxydées, ont été séchés de même avec succès au moyen de l’air ozonisé.
- Non seulement on peut ainsi par l’ozone blanchir, décolorer et rendre les huiles plus siccatives, on peut
- aussi dans eertains cas les épaissir et les solidifier. C’est ce que l’on peut faire avec l’huile de lin pour fabriquer du linoléum. L’huile bouillie et maintenue à une température comprise entre 65 et 900 C. s’épaissit très rapidement lorsqu’on y introduit l’air ozonisé ; elle se prend en une sorte de gelée de couleur sombre. Le traitement doit durer de 6 à 8 heures. A plus basse température, en dessous de 4°°> traitement exige de 8 à 10 heures, mais on obtient alors un produit plus clair-.
- L’ozone a été employé également pour traiter des hydrocarbures non saturés provenant de la distillation de pétrole, de la houille ou du lignite et les transformer en acides gras; en Allemagne, on retire ainsi, à Wies-baden, de 3 tonnes de goudron brut provenant de la distillation du lignite, 120 kg de graisse.
- L’ozone est utilisé dans l’industrie des parfums synthétiques : vanille, héliotrope, anis aldéhyde; en brasserie, pour empêcher le pullulement des microorganismes étrangers pendant la fermentation; dans les frigorifiques, pour empêcher de même le développement des microbes, l’ozone s’allie très heureusement à l’air froid.
- Conservation efficace des poteaux et traverses de bois par le fluorure de zinc. — Le professeur R. Novotny vient de publier dans YOesterr. Chem. Zeitschr., 1920, pages i36-i38, une étude des plus complètes sur ce sujet. Il a fait des essais sur i5 763 poteaux de bois durant huit années, en employant comme agent conservateur le fluorure de zinc, dont les principales caractéristiques sont : i* sa relativement faible solubilité ; a0 sa toxicité considérable à l’égard des champignons et moisissures des bois.
- Voici le mode d’emploi : le bois est plongé dans un mélange de chlorure de zinc et de fluorure de sodium à 1,75 pour 100 de concentration.
- On chauffe alors ce mélange à 45/6o° pour obtenir la formation du fluorure basique mélangé de fluorure neutre ; la perte, par mise hors d’usage des poteaux traités par cette méthode, est de 6 pour 100 en huit ans. Et dans aucun cas cette perte n’a excédé 1,82 pour 100, même dans les plus mauvaises années.
- Les poteaux traités par le sulfate de cuivre subissent une perte de 34 pour 100 par période de huit années. Ces chiffres sont éloquents.
- Pour avoir de bons résultats, il faut que les bois absorbent 3 kg de fluorure de zinc par pied cube. L’ennui de ce procédé est qu’il force au transport onéreux et ennuyeux du chlorure de zinc en solution ; de plus il ne faut pas que le fluorure de zinc soit préparé d’avance, il faut le préparer au moment même de l’emploi. On peut traiter la solution de fluorure de sodium soit par l’acide sulfurique, soit encore mieux par du bisulfate de sodium qui est encore plus facile à transporter, et moins cher de beaucoup que l’acide sulfurique. Le mélange ne doit pas réagir au méthylorange. On ajoute alors le chlorure de zinc au moment de l’imprégnation. Renfer and Co A. G. (Brevet suisse 75478 de 1917) emploie le sulfate de zinc au lieu et place du chlorure.
- Un autre procédé consiste à mélanger du sulfate de zinc pulvérisé, du sulfate de sodium et du bisulfate de sodium, en proportions convenables, à dissoudre le mélange au moment de l’emploi, et à ajouter la quantité de fluorure de sodium voulue. Il va sans dire que les bois qui doivent être traités sont au préalable soigneusement séchés. Al sert Mutin.
- L’action fertilisante du soufre. — M. Chanzit vient de publier dans les Comptes Rendus de l’Académie d'Agriculture les résultats de son expérimentation de plusieurs années sur l’action fertilisante du soufre :
- i° Le soufre répandu dans une terre cultivée a une action très nette, se traduisant par une augmentation de récolte variable suivant la plus ou moins grande quantité de matière organique existant dans le sol, l’étendue de la surface de contact et le temps plus ou moins long de ce contact ;
- 20 Cette action est proportionnelle à la quantité de soufre employée, quantité qui semble devqir être, économiquement et pratiquement, fixée entre 400 et 600 kg à l’hectare ;
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- INFORMATIONS
- 3° L’épandage du soufre doit être fait aussi longtemps que possible avant la période pendant laquelle les plantes ont un besoin intense d’éléments nutritifs. Autrement dit, le soufre doit être mis en terre à l’automne ou au début de l'hiver, et avec lui doivent être enfouis les fumiers ou autres fumures organiques. Alors que, répandus tôt à l’automne (avec du fumier), 200 kg de soufre par hectare donnent des résultats appréciables, ce taux doit être porté à 400 kg lorsque la fumure est faite en hiver;
- 4° Les effets constatés (augmentation de récolte, meilleur état de santé des plantes, résistance plus grande à la sécheresse, atténuation ou disparition de certaines affections) sont dus à ce que le soufre, par son action, mobilise et rend assimilables les éléments nutritifs des matières organiques et de certaines matières minérales (potasse du sol).
- Les protozoaires du sol. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut international d'Agriculture rend compte d’une série de travaux récents sur cette question.
- A Rothamsted, M. L.-U. Crump a trouvé une faune abondante de protozoaires, flagellés, amibes, thécamibes, dans les i5 cm supérieurs du sol. Leur nombre augmente avec celui des bactéries et la richesse en matières organiques. Ils sont généralement en état d’activité, quelles que soient la température et l’humidité.
- En Italie, MM. A. Cauda et G. Sangiorgi d’une part, M. A. Cauda d’autre part, ont étudié le même problème et ont abouti aux résultats suivants : de la terre étant lavée avec 10 fois son volume d’eau, celle-ci renferme par centimètre cube :
- Terrains. Amibes. Flagellés. Ciliés. Total.
- Trèfle. . . . 370.000 120.000 16.OOO 5o6.oco
- « Mar ci te » . 70 OOO 200.000 45.000 3i5.ooo
- Pré irrigué . Rizière sub- IÔO.OOO 37.000 manquent 187.000
- mergée . . Froment après 125.000 manquent — 125.000
- riz .... 17.000 — — 17.000
- Rizière sèche. 10.000 — — 10.000
- La microfaune du sol est donc beaucoup plus abondante qu’on ne le supposerait.
- A propos des écureuils enterrant des noix. —
- M. Y. Cornetz, bibliothécaire de la ville d’Alger, bien connu par ses travaux sur les fourmis, nous envoie à propos d’une information parue dans le n° 2472 de La Nature les intéressantes observations suivantes.
- Il était dit que : « La raison pour laquelle ces gracieux animaux enterrent des noix est claire. Mais pourquoi les laissent-ils pousser? A cet égard, on n’a pas encore trouvé d’explication certaine.... »
- M. Cornetz ajoute : « Il me paraît que ce fait pourrait être rapproché du suivant :
- Dans le Nord de l’Afrique on remarque fréquemment des touffes de graminées, principalement du blé, dont les tiges sont si serrées qu’il ne peut être question de blé semé. Or, on s’aperçoit que ce blé a ses racines dans des chambres à grains de la grosse fourmi noire dite Messor. Après les semailles, ou lorsque l’on apporte le blé sur les aires en plein vent, cette fourmi si bien nommée « moissonneuse » emmagasine quantité de grains de blé dans des chambres situées de 5o à 70 cm de la surface du sol. Lorsque viennent les grandes pluies d’automne, ces insectes se retirent au fond de leur cité souterraine, à 1 m. et même 1 m. ao de profondeur, s’agglomèrent en grosses boules et ne bougent plus jusqu’au printemps. Si l’eau pénètre jusqu’aux chambres à grains, et ce fait est très fréquent, les grains germent.
- Aux beaux temps du finalisme et alors que l’on croyait que les instincts des insectes devaient forcément les faire agir toujours au mieux de leurs intérêts, l’Anglais Moogridge, étudiant les Messor dans les environs de Nice, admettait a priori comme allant de soi que ces fourmis devaient avoir un moyen d’empêcher les grains de germer. C’est Bouvier, qui je crois, le premier, a observé une chambre à grains de Messor dont les grains avaient germé à la suite d’une tranchée humide faite à proximité du nid.
- On voit donc que ces fourmis, comme les écureuils en question, emmagasinent énormément plus de grains qu’il
- ne leur faudrait pour leur subsistance. Mais il y a chez elles beaucoup plus de travail inutile encore. Lorsqu’un transport de grains vers le nid a commencé, on observe, dans certaines conditions de chaleur, comme une sur-excitation d’activité ; les fourmis sont très affairées. Elles apportent alors au gîte non seulement des grains mais des petites pierres, des alvéoles vides, des brindilles, etc.... Je me suis amusé souvent à leur donner de tels petits objets marqués à l’encre que je retrouvais le jour suivant tous rejetés hors du nid par des fourmis ou plus expérimentées ou moins excitées (1).
- A mon avis, toutes ces fourmis ont une très grande surabondance d’énergie à dépenser et elles le font dans le sens de leur tendance habituelle dominante qui est celle d’approvisionner le nid. Dans certaines conditions de chaleur et d’excitation elles sont comme en proie à un automatisme de transport. Pourquoi cette surabondance ? Parce que leur force musculaire est énorme comparativement à leur poids. On peut dire qu’elles sont infatigables et c’est encore bien plus le cas chez des fourmis beaucoup plus petites que les Messor. Ces petites fourmis transportent pendant des heures des aliments pesant plusieurs fois leur poids sur la surface verticale de parois un peu rugueuses. Décuplons les dimensions d’une fourmi, toutes proportions gardées, alors l’insecte fatiguerait bien vile. Cela provient de ce que la masse, ou le poids, augmente comme le cube de la dimension, et la force musculaire comme la section du muscle, c’est-à-dire comme le carré seulement. Ce rapport constitue une loi fondamentale pour les êtres vivants. Plus un être est petit, plus, en général, le rapport entre le poids et la force musculaire est favorable à une dépense d’énergie. Les moucherons ne se fatiguent pas à danser dans la lumière chaude, mais s’ils avaient la taille de pigeons ils en auraient vile assez.
- Du moment que les fourmis font ce qui nous apparaît être du gaspillage alors qu’il ne s’agit très probablement que de la dépense d une surabondance d’énergie qui tend à s’écouler, il est fort possible qu’il en soit de même pour les écureuils, d’autant plus que ce joli animal est particulièrement bien doué en force musculaire et en agilité parmi les animaux de sa taille. S’il s’agissait d’ours, d’éléphants, etc..., il en serait tout autrement parce qu’alors le rapport entre la masse du corps et la force musculaire est bien moins favorable.
- Je suppose donc qu’un écureuil ne se fatigue pas du tout d’enterrer des noix et que la plus grande partie de ces noix germent parce que l’écureuil n’a pas plus besoin de cette partie que la fourmi Messor n’a besoin de grains pour hiverner.
- Chez les insectes qui amassent, Bouvier admet, et c’est l’opinion la plus moderne, qu’il y a eu discernement et prévoyance comme point de départ, mais que « la prévoyance elle-même finit par devenir instinctive ». L’acte une fois devenu instinctif, automatique, peut être alors même néfaste à l’être qui l’accomplit. Ainsi Buttel Reepen a constaté qup les abeilles sont incapables de modérer leur activité dans la fabrication du miel et que cette abondance excessive met la société en péril (voir Bouvier, Habitudes et métamorphoses des insectes, Paris, Flammarion, p. 242).
- Fonction lypolytique du poumon. — Le poumon dont la fonction classique est l’échange, entre l’air et le sang, des deux gaz de la respiration, l’oxygène et l’acide carbonique, se révèle depuis quelque temps comme ayant d’autres rôles infiniment plus complexes. Notamment, en ce qui concerne les matières grasses, nombre d’expériences récentes montrent qne le poumons est un organe qui les fixe avec beaucoup d’intensité. Dans le Bulletin de l1 Académie de Médecine, M. le professeur Henri Roger, doyen de la Faculté de Médecine de Paris, en collaboration avec le Dr Léon Binet, vient de publier de nouvelles recherches. fort intéressantes sur ce sujet.
- Au moment de l’assimilation, le sang se charge des produits élaborés dans le tube digestif. Les hydrates de carbone et les albuminoïdes passent dans la veine porte et vont au foie qui les arrête, les emmagasine cl les transforme. Les graisses pénètrent dans les chylifères, arrivent par le canal thoracique dans le coeur droit qui les envoie vers le poumon. Là, elles sont arrê-
- 1. Voir à ce propos l’opuscule de V. Cornet/.. Les explora-rations et les voyages dès fourmis, p. 1.I7, Paris, Flammarion.
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- INFORMATIONS
- tées et transformées, comme le montrent les diverses expériences suivantes :
- i° Sur un chien ayant fait un repas riche en matières grasses, le sang artériel contient moins de graisses que celui du cœur droit.
- a0 En mettant en contact de l’huile d’olive et du tissu pulmonaire on observe la disparition de l’huile.
- Le poumon a donc comme fonction d’arrêter les graisses du sang provenant de la digestion, de les dédoubler et de les transformer, puis de les emmagasiner.
- Guinée, archipel Bismarck, îles Marshall, îles Garolines, Mariannes et Palaos, parties des îles Salomon et Samoa) ne se prêtaient ni à une colonisation ni à une immigration étendue. La statistique de 1913 n’y recensait que 1364 Allemands.
- Aujourd’hui, le traité de Versailles a fait disparaître le pavilloo allemand du Pacifique. Fonctionnaires et missionnaires ont été expulsés. Ceux qui restent sont absorbés et assimilés. Il ne reste plus qu’un groupement commercial aux Philippines et un autre aux Indes néerlandaises, sans grande importance numérique.
- Population d« la Chine. — Notre nouveau confrère La Chine donne, d’après le recensement (très approximatif) de 1920 des postes chinoises, les chiffres suivants : La Chine se divise en deux parties distinctes. i° La Chine proprement dite, soit 20 provinces.
- 20 Les « Marches chinoises », provinces frontières, tributaires du gouvernement.
- jes 20 provinces sont
- Nombre Superficie
- Noms. d’habitants. en km2.
- Tcheli 3o.172.092 300.OOO
- Chansi il.080.827 212.OOO
- Honan ..... 3o.83i.909 176 OOO
- Chensi 9.465.558 ig 5.000
- Kansou 5-9^7-997 325.ooo
- Sinkiang .... 2.5.19.579
- Mandchourie . . i3.701.819
- Chantoung . . . 3o.8o3.245 i45.ooo
- Setchouen. . . . 49.782.810 566.000
- Houpeh. .... 27.167.244 i85.ooo
- Hounan 28.443.279 216.000
- Kiangsi 24-365.800 180.000
- Kiangsou.... 28.425.844 100.000
- Nangoei ... 19.832.665 142 000
- Tchékiang . . . 22.o43.3oo g5.000
- Foukien ... 13.157.791 120.000
- Kouangtoung . . 37.167.701 25g.000
- Kouangsi .... 12.258.335 200.000
- Yunnan 9.839.180 38o.ooo
- Koeitchéou . . . 1t.216.400 174000
- Pékin . . 3 014 6iq hab.
- Comptant en plus : j Changhai. 5 55o 200 hab.
- Soit au total, pour les 20 provinces de la Chine, une population de 427 67g 214 habitants, à laquelle il conviendrait d’ajouter, pour avoir une idée exacte des têtes ressortissant du gouvernement de Pékin, le Thibet et les « Marches » de la République (Mongolie, etc ). Aucun recensement précis n’a pu être fait dans ces régions. On les considère comme représentant respectivement :
- Thibet. . 6.43o.000 habitants 1.200.000 km2
- Mongolie. 2.600.000 — 3.543.000 kn.2
- L’émigration allemande en Océanie. — Le Mouvement, géographique publie une intéressante étude de M. René Le Conte sur ce sujet.
- De 1847 à 1914» 56249 Allemands ont émigré directement des ports de leur pays vers l’Océanie (non compris l’Insulinde et les colonies allemandes). Mais un bien plus grand nombre sont allés s’embai-quer dans les ports anglais pour les mêmes pays. Leur assimilation est très rapide et la plupart de ceux qui débarquent en Australie finissent par se faire naturaliser (1091 en 1909, 694 en 1910, 813 en 1911)- Les premiers émigrants allemands en Australie, de i836 à 1848, furent surtout des cultivateurs qui introduisirent dans la grande île la culture de la vigne. La révolution de 1848 y envoya en plus des médecins, des avocats, des artistes, des magistrats. La découverte en 1851 des champs d’or attira de nombreux mineurs, puis ce furent encore des paysans, jusqu’en 1891, quand le développement économique de l’Allemagne ralentit l’émigration. Le recensement de 1891 en Australie comptait 45 oco personnes nées en Allemagne, celui de 1901 38460, celui de 1911 32990. Leur rôle dans la vie politique et sociale est insignifiant.
- La Nouvelle-Zélande comptait en rgn 4oi5 personnes nées en Allemagne, en 1919 il n’y en avait plus que 896, les autres ayant été expulsées ou naturalisées.
- Les îles Hawaï reçoivent des Allemands depuis 1860, mais ils n’y furent nombreux qu’après 1881. En 1910, on n’en comptait plus que 905 nés en Allemagne.
- Les colonies allemandes (nord-est de la Nouvelle-
- Un Dindon blanc. — On sait que des cas d’albinisme se présentent parfois chez certains Oiseaux. Ils sont fréquents chez les Poules, les Canards, les Pigeons, etc. Ils paraissent beaucoup plus rares chez les Dindons. Me trouvant en vacances dans l’Agenais, j’ai pu observer un de ces animaux entièrement blanc, et d’un beau blanc, sauf trois petites taches brunes insignifiantes. Il n’est pas très rare que, dans certaines métairies de cette région où chaque maison a son troupeau de Dindons, quelques animaux par couvée reproduisent héréditairement les rayures blanches qui ornent les rémiges du Dindon sauvage d’Amérique, souche de notre Dindon domestique. C’est d’ailleurs le cas pour quelques-uns des frères de notre animal. Mais depuis vingt ans que
- je passe mes vacances dans cotte région, c’est la première fois que j entends parler d’un cas d’albinisme aussi complet. Ce phénomène appartient à la métairie de la Combe, à Dunes (Tarn-et-Garonne).
- y Pierre Rambaud.
- Modification à l’horaire des signaux scientifiques de la Tour Eiffel.— Le Comité international de l’Heure, présidé par M. Bigourdan, membre de l’Académie des Sciences, vient de décider de modifier les heures d’émission des signaux horaires envoyés chaque jour par les postes de T. S. F. de la tour Eilffel, de la Croix d’Hins et de Lyon.
- Yoici quelles sont les heures d’émission des signaux scientifiques de la tour Eiffel depuis le 15 novembre.
- Les signaux automatiques déclanchés par un relais situé à l’Observatoire même, émis jusqu’ici à 9 h. 55 m., sont désormais émis à 9 h. 3o.
- Les signaux semi-automatiques précédés d’une émission, préliminaire assurée par un opérateur sont émis à 10 h. 45 et 22 h. 45, au lieu de 10 h. 45 et à 23 h. 45.
- Enfin, les signaux rythmés émis précédemment à 10 h. 3o, 21 h. 10 et a3 heures sont remplacés par d’autres signaux émis à 10 heures et à 20 heures.
- Une longueur d’onde uniforme de 2600 mètres est utilisée pour tous ces signaux.
- A 12 000 mètres d’altitude en avion. — L’aviateur J. Mac Ready a atteint le 3o septembre dernier, à Dayton (Etats-Unis), l’altitude de 12 445 m., il montait un avion Lepère. Il bat ainsi le record du monde qui était de io og3 m. C’est en même temps la plus haute altitude qu’ait jamais atteinte être humain. Jusqu’ici on n’avait pas dépassé 10 800 m., limite atteinte en ballon sphérique par Berson le 3i juillet 1901.
- Ainsi l’avion plus lourd que l’air porte l’homme plus haut dans les régions où l’atmosphère est raréfiée que n’a pu le faire jusqu’ici le ballon plus léger que l’air.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- &*> Calcul <t&
- La mesure des surfaces par les planimètres. — Le planimètre est un appareil qui permet de calculer toute surface plane, quelle qu’en soit la forme ; il trouve aussi son emploi dans l’évaluation des diagrammes des appareils à enregistrement automatique, tels que ceux servant à noter les pressions, les températures, les
- Fig. I. — Planimètre polaire Amsler.
- mesures électriques, etc. Toute personne, même peu familiarisée avec les mathématiques, peut s’en servir sans difficulté et obtenir un résultat plus rapidement que le plus habile géomètre ou dessinateur employant les méthodes ordinaires.
- Il existe plusieurs types de planimètres : polaire, à disque, linéaire, enregistreur, compensateur. Le premier (fig. i) est l’un des plus simples tout en étant très exact.
- Le planimètre polaire (fig. i, système Amsler) est constitué par deux tiges : l’une P, porte le pôle représenté par l’aiguille O tandis que l’autre F porte une pointe traceuse E ; ces deux tiges sont reliées entre elles par l’intermédiaire d’une articulation G; une roulette D de rotation aisée, fixée à l’extrémité de la jtige F, repose par son bord sur le papier.
- Pour opérer, on fixe l’extrémité libre de la tige du pôle en un point quelconque dé la surface du dessin au moyen de l’aiguille O et on suit avec le traçoir E le contour de la figure à mesurer. Dans cette opération, la roulette est animée d’un mouvement, soit de glissement, soit de rotation, et ce dernier est tel qu’après la fin du contour de la figure, le chemin parcouru par un poiut de la circonférence de la roulette fournit de suite la surface cherchée.
- Si le pôle est placé à l’extérieur de la figure, la surface contournée est équivalente à l’aire d’un rectangle qui aurait pour base la longueur de la tige portant le traçoir et pour hauteur le chemin parcouru par un point de la roulette. Par conséquent, si l’on désigne par L la longueur de la tige traceuse mesurée de la pointe E à l’articulation G, par m la circonférence de la roulette D et par n le nombre de révolutions de celle-ci, on aura pour la mesure d’une surface :
- S = ml X n.
- En pratique, généralement, l’unité de mesure n’est pas la surface ml, laquelle correspond à une révolution complète de la roulette, mais seulement la millième partie de celle-ci, qu’on dénomme alors valeur absolue de l’unité du Yernier de la roulette. Autrement dit, si la roulette, en suivant le contour d une figure quelconque, tourne de n millièmes de sa circonférence, l’aire cherchée sera donnée par la relation :
- S — n a:.
- La valeur unitaire a du vernier est pour une longueur définie de la tige traceuse une grandeur constante connue, mais pouvant cependant varier à volonté de 2 à xo mm2 en changeant la longueur active de la tige portant le traçoir. Pour les planimètres donnant les résultats en centimètres carrés, ce facteur est de 0,1; il se trouve gravé sur la tige, près du poids. Une autre constante additionnelle — différant un peu pour les divers instruments — se trouve également gi'avée sur la tige ; il en est fait emploi dans le cas où le traçoir E se trouve placé à l’extérieur de la figure à métrer.
- Le nombre de révolutions de la roulette est déterminé au moyen d’un compteur relié à ladite roulette, dont on lit les indications avant et après l’opération, la première lecture étant à retrancher de la seconde. Quant
- au tracé du contour de la figure, il doit se faire dans le sens du mouvement des aiguilles d’une montre.
- Le compteur se compose d’un petit tambour T solidaire de la roulette D et comportant une graduation au 1/100°, d’un vernier B placé en regard indiquant les dixièmes des divisions du tambour et d’un disque horizontal A actionné par l’axe de la roulette, et qui pour chaque révolution complète de celle-ci, se déplace d’un dixième de tour, c’est-à-dire d’une division. Chaque lecture du compteur fournit donc un nombre à quatre chiffres.
- Exemples : x° Déterminer l’aire d’un cercle de 0 m. xo de rayon, le planimètre polaire étant réglé pour une valeur unitaire de vernier de 10 mm2.
- Supposons que la première lecture étant 1478, on obtienne comme seconde lecture 4615, le calcul se fera comme suit :
- Seconde lecture................4 615
- Première lecture...............1 473
- Différence..............3 142
- soit pour l’aire du cercle en question :
- 3142 X 0,1 = 3i4cm,2.
- 2° Déterminer l’aire d’un rectangle de o m. 60X0 m, 20.
- La première lecture étant 3438, la seconde 0370, en observant que la relation totale se fait (à cause des dimensions de la figure) en arrière, on aura dès lors :
- Première lecture............... 3 438
- Seconde lecture...............0870
- Différence...............3 068
- Constante gravée sur le poids
- (par exemple)..............i5o68
- Différence des lectures. . . . 3 068
- Différence.............12 000
- Résultat : 12 000 x 0,1 = 1200e"'2.
- Il y a lieu de noter que la proportionnalité entre le chemin parcouru par un point de la roulette et la surface comprise à l’intérieur d’une figure tracée par la pointe du planimètre est absolument indépendante de la façon dont la roulette est fixée à la tige motrice, pourvu toutefois que l’axe de la roulette et le bras du traçoir (autrement dit la droite passant par le centre de l’articulation G et la pointe du traçoir E) soient parfaitement parallèles.
- Lorsque la figure à évaluer dépasse une certaine grandeur, il n’est généralement plus possible de suivre son contour en une fois avec le pôle placé en dehors de son périmètre. La difficulté peut se tourner en décomposant la figure en d’autres surfaces plus petites au moyen de lignes transversales, que l’on mesure ensuite l’une après l’autre en faisant varier la position du pôle. Il n’y a plus qu à totaliser les résultats partiels pour obtenir le résultat définitif.
- Evidemment si cette condition mathématique n’est pas rigoureusement réalisée, soit que l’appareil ait été heurté
- Fig. 2. — Planimètre compensateur Coradi.
- ou maladroitement manipulé, toutes les mesures de surface seront entachées d’une erreur plus ou moins importante. On remédie facilement à ces erreurs si le planimètre est du type compensateur; dans un second tracé de la figure, on ne changera pas le pôle de place, mais simplement on retournera le coude formé par les deux tiges P et F du côté opposé à celui de la première opération. Dans ces conditions, la même erreur se produit une fois positive et une fois négative; en prenant la moyenne arithmétique des deux résultats, l’erreur disparaît. Dans ce type de planimètre (fig. 2), il n’est pas nécessaire d’enfoncer l’aiguille dans le papier, le poids assurant parfaitement la stabilité de l’appareil.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le planimètre à disque tournant (fig. 3) diffère du planimètre polaire en ce que la roulette se meut sur un disque recouvert de papier, ce qui augmente les indications de la roulette et l’indépendance de son action par rapport à l’état de la surface du dessin. Avec ce type, la plus grande figure qui puisse être mesurée en une fois est un rectangle de o m. 5o de long sur o m. 25 de large. L’appareil est monté sur un chariot dont les roues marchent dans la rainure du rail inférieur, tandis qu’un pignon fixé sur l’axe du disque engrène dans une crémaillère taillée dans le bord du rail supérieur.
- Fig. 3. — Planimètre à disque tournant.
- Le contrepoids visible derrière celui-ci presse le pignon contre la crémaillère. Quant à la roulette, elle repose sur le disque qui est recouvert de papier. La tige portant le traçoir commande la direction du porte-roulette. Pour faciliter la lecture de la roulette, le compteur est pourvu de deux cadrans au lieu d’un seul, ce qui fait que la lecture comporte un nombre de cinq chiffres.
- M. Bousquet.
- Mécanique
- Nouveau frein d’écrou. — Les plus grands savants et inventeurs n’ont jamais dédaigné d’appliquer, le cas échéant, les ressources de leur esprit à la résolution de ces problèmes pratiques, auxquels on accole volontiers le nom de petites inventions, sans doute parce qu’ils portent sur des objets d’usage courant. Leur importance peut cependant parfois être très grande. M. Rateau, membre de l’Institut, grand ingénieur et grand inventeur connu par „ses travaux sur les mouvements des fluides, sur les pompes, ventilateurs, turbines, hélices, inventeur du turbo-compresseur pour moteurs d’aéroplanes, rappelait récemment que l’illustre Lord Kelvin prit de nombreux brevets pour de petites inventions. M. Rateau lui-même suit cet exemple. Il vient en effet de communiquer à l’Académie des Sciences la note sui-
- A cette deuxième catégorie appartient l’écrou crénelé très employé dans les moteurs d’avions et d’automobiles. Il est fixé, comme on sait, par une goupille qui traverse la tête du boulon et qu’on engage dans les créneaux diamétralement opposés qui sont creusés sur la face externe de l’écrou. On adopte généralement six créneaux; l’écrou peut donc être fixé en place à i/6° de tour près.
- Il est possible de doubler très simplement la précision du serrage en disposant sur la tige du boulon deux trous de goupille à angle droit dont on utilise l’un ou l’autre suivant le cas. La position de l’écrou est alors assurée à 1/120 de tour près.
- Pour une application que j’avais à faire sur certaines pièces de canons, cette précision ne me suffisait pas; je désirais de plus un frein très robuste, élégant et bien mécanique.
- Voici le dispositif, probablement nouveau, que j’ai conçu.
- Il repose sur la propriété des nombres premiers entre eux, en ce qui concerne leur plus petit commun multiple, et peut être considéré comme une généralisation de l’écrou crénelé connu.
- Il est constitué par une étoile A, dont les n branches B (en particulier, sur la figure, nz=:6), symétriquement réparties autour du centre, viennent s’engager dans des encoches ou créneaux, en nombre égal, ménagés sur la face de l’écrou, et dont le centre est percé d’une ouverture polygonale de m côtés (ici m — 5) qui s’adapte sur le prisme réservé à cet effet à l’extrémité du boulon. On choisit des nombres m et n premiers entre eux. L’étoile est maintenue en place par une goupille C qui traverse la tête D du boulon.
- Le pentagone intérieur de l’étoile doit être très exactement régulier, ainsi que le prisme du boulon, de manière que les deux pièces s’emboîtent sans jeu important dans chacune des cinq positions possibles.
- Au contraire, un jeu correspondant à quelques degrés, par exemple 3°, est réservé entre les branches de l’étoile et les bords latéraux des encoches de l’écrou.
- De plus, le pentagone est placé par rapport aux branches de l’étoile de manière qu’un de ses sommets soit décalé de 3° relativement à l’un des axes de l’étoile. (Cette idée nous fut apportée par un de nos ingénieurs, M. Caron.)
- Nombre de positions possibles de l’étoile. — Les nombres 5 et 6 étant premiers entre eux, on peut placer l’étoile dans cinq positions différentes, décalées de 120 l’une par rapport à l’autre, et, en la retournant, dans cinq autres décalées de 6° par rapport aux premières. Il y a donc possibilité de trouver une position de l’étoile qui coïncide avec celle des créneaux à 6° près, et, s’il y avait un jeu de 6°, on pourrait toujours entrer l’étoile
- Nouveau frein d’écrou.
- vante sur un frein d’écrou par lui imaginé. On sait que c’est là un çroblème qui a excité l’ingéniosité d’une foule de chercheurs : ingénieurs, artisans ou ouvriers.
- « On a imaginé, dit M. Rateau, de nombreux types de freins d’écrou. On appelle ainsi les dispositifs, généralement très simples, propres à empêcher le desserrage des écrous. Ils peuvent se classer en deux catégories d’aurès le degré de sécurité qu’ils donnent. Les uns, comme le contre-écrou ou la rondelle Grover, gênent seulement le desserrage sans apporter la sécurité absolue ; d’autres, plus parfaits, fixent complètement l’écrou à la position qu’il doit occuper, sauf, parfois, la possibilité du desserrage sur une petite fraction de tour.
- dans les créneaux. Avec un jeu de 3° seulement, la probabilité pour que la mise en place soit réalisable, sans toucher à l’écrou, est de moitié.
- Dans le cas où cette mise en place ne serait pas possible, il suffirait de serrer davantage ou de desserrer légèrement l’écrou, de i°,5 au plus, c’est-à-dire de 1/240° de tour, ce qui est négligeable.
- Remarques. — La précision pourrait, au besoin, être augmentée en choisissant des nombres n et m plus grands que 6 et 5.
- Ce système ne convient bien que dans des cas spéciaux où le prix de revient n’est pas à considérer, et pour des écrous d’assez grandes dimensions. »
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- SCIENCE APPLIQUEE
- Pont démontable universel. — Le problème général à résoudre chaque jour dans la manutention est celui qui consiste à soulever les fardeaux à la place où ils se trouvent, fût-ce en pleins champs ou sur un sol à dénivellation prononcée.
- L’idéal consiste donc à installer un appareil de levage surplace, et, par suite, il est nécessaire qu’il soit léger»
- Fig. 5. — Le pont démontable en service.
- facile à transporter et qui malgré tout soit suffisamment solide et puissant.
- Yoici un modèle de pont démontable qui répond à toutes ces exigences. Il se compose de deux trépieds identiques comportant chacun trois pieds en acier profilé qui sont terminés à leur base par des bouts de pied boulonnés et à leur extrémité supérieure par des platines rivées, qui laissent passage à des axes de pivotement. Ces axes portent des écrous crénelés de serrage, avec goupilles et rondelles Belleville.
- Au-dessous du milieu des pieds se trouvent des crochets qui reçoivent des chaînes d’entretoisement. La console supérieure est en tôle emboutie et elle comporte trois platines rivées à l’endroit de passage des axes pivots.
- La surface supérieure de la platine porte deux plaquettes qui pincent les ailes de la poutre du pont, quand on veut la rendre solidaire des deux trépieds.
- La poutre est établie en treillis av^c deux poutrelles * en U qui se tournent le dos et qu sont entretoisées à chaque extrémité par un tube qui traverse un boulon muni d’écrous à oreilles, ceci pour permettre un montage rapide. Les poutrelles sont suffisamment espacées pour donner le passage du crochet du palan dans l’intervalle ou pour rendre possible la pose du palan directement à cheval sur les deux poutrelles.
- Le palan peut donc être suspendu par son crochet à un axe qui traverse les deux poutrelles, mais ses flasques sont terminées par des cornières qui le font le cas échéant reposer sur la poutre.
- Pour la première position, il est hissé tel que, au moyen d un minuscule treuil à main. Pour la seconde, on le hisse en le débarrassant au préalable de tout son équipage de chaînes et du crochet.
- Les trépieds peuvent être munis d’allonges qui sont constitués par des fers profilés avec une butée réglable à des hauteurs différentes et deux étriers suffisent pour appliquer exactement le pied contre l’allonge.
- Celle-ci permet de soulever le fardeau à une plus grande hauteur ou de rattraper une dénivellation de terrain. Un plateau en tôle jemboutie évite l’enfoncement dans un terrain mou.
- Le montage de l’appareil 'est simple et rapide. On dresse chaque pied de part* et d’autre de la charge à soulever. On entretoise les pieds avec les chaînes et on les écarte pour que la console s’abaisse à portée de la main.
- Les poutrelles sont séparées et placées sur les deux trépieds dont on a enlevé les plaquettes de pincement, qu’on remet ensuite une fois les poutrelles en place.
- On serre les écrous à oreilles et on place sur la poutre le petit treuil qui servira à hisser le palan dessus Pii dessous çniyaut çe cju’oo désire, Çeci fait, ou rap» 1
- proche les trois pieds de chaque côté alternativement ou simultanément si le montage se fait par deux hommes.
- Le même appareil peut être équipé en pont roulant qui pourra se déplacer sur un sol un peu consistant ou même sur un système de rails. Pour cela, il suffit d’ajouter des roulettes dont le support est réuni aux pieds de l’appareil et un système de triangulation qui assure la rigidité de l’ensemble. Ces additions ne modifient en rien l’appareil fixe qui peut ainsi être transformé rapidement à volonté en appareil fixe ou en appareil roulant.
- L’appareil se fait aussi à six roulettes et dans ce cas il s’adresse plus particulièrement aux manutentions d’uskies.
- Une particularité intéressante de l’appareil est le poids réduit des différentes pièces. C’est ainsi que le modèle de 1000 kg ne pèse tout complet que 34 kg et celui de i5oo kg arrive au poids total de 41 seulement. Il y a donc là une solution intéressante du problème de la manutention qui devient possible par un seul homme, même sur route ou en pleins champs.
- Cette disposition est intéressante, car les crics et les vérins ont un rôle limité et ils exigent un appui sur une surface dure.
- Les palans et les treuils réclament un point d’accrochage ou d’appui solide que l’on ne trouve pas immédiatement dans la plupart des cas et ces points sont souvent ou trop hauts ou trop éloignés.
- Les appareils fixes, tels que les grues, les monorails ont une action limitée, soit à l’atelier, soit sur la voie de transbordement qu’ils desservent.
- Les petites grues à roulettes sont malheureusement établies en porte à faux et elles ne peuvent servir que s’il y a par en dessous dégagement de la charge à soulever. Ceci élimine leur emploi dans bien des cas. Leur hauteur maxima de levée est invariable et, n’étant pas démontables, elles ne peuvent, vu leur poids, sortir d’un terrain parfaitement roulant pour être transportées utilement ailleurs.
- Quand on se trouve devant un fardeau à soulever, on est dans l’alternative suivante^.: ou bien on est dans une usine outillée et on est obligé de rouler ou de riper le fardeau jusqu’au voisinage de l’appareil de levage. 11 en résulte une perte de temps et d’argent.
- Dans un deuxième cas, on est obligé de mobiliser toute une équipe de six, huit ou dix hommes avec tout un matériel de crics, de leviers, de cordages, de rouleaux, de plans inclinés, etc.
- On a donc les mêmes inconvénients que dans le premier cas et il faut y ajouter en plus la possibilité d’ac-
- Fig. 6. — Le pont en cours de montage.
- cidents fréquents qui peuvent survenir au personnel, ainsi que d’avaries au matériel.
- D’ailleurs la manutention n’est possible dans ce dernier cas que si l’on peut disposer du personnel voulu et que si l’on se trouve à proximité d’un appareil de levage ou d’ateliers qui possèdent des eDgins de manutention suffisamment puissants.
- Un appareil du genre de celui que nous avons décrit est donc susceptible de trouver son emploi dans tous les cas. Il a pour concurrent la grue sur camion automobile, mais la question de prix lui permet d’affronter la lutte dans bien des cas. ,
- Diard, ççmstruçteur, à L*evallois,
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Q^><
- LA VOUTE CÉLESTE EN JANVIER \922 (*)
- Ce mois de janvier, si favorisé au point de vue du nombre et de l’éclat des étoiles visibles, dans les nuits pures et sans clair de Lune (voir fig. i), est, par contre, bien pauvre en événements célestes importants. Deux occultations d’étoiles de 4° grandeur, le rapprochement de Mercure et de la Lune le jour même de l’élongation maximum de Mercure, la chute des étoiles filantes Bootides, c’est bien peu pour satisfaire la curiosité scientifique des lecteurs de ce Bulletin. Mais le ciel est vaste, et l’essaim des étoiles et des nébuleuses offre un si grand nombre d’objets d’étude (étoiles colorées, étoiles doubles, variables, nébuleuses, amas, etc.), que, à les reviser, on aura encore des soirées bien remplies.
- A signaler le passage de la Terre au périhélie. le 3 janvier, à 17''.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil,” de — 23° 3' le ier janvier, atteint — 170 31 ' le 3i.
- En ce mois, le Soleil s’est donc rapproché de 5° 31' de l’Equateur.
- L’arc qu’il décrit en un jour au-dessus de l’horizon est donc plus grand à la fin du mois qu’au début et le temps mis à le parcourir est plus grand également.
- Ce temps est de 8h i6m le Ier et de ç)h 19” le 31, la différence de îM™ représentant l’augmentation de durée du jour.
- Cette augmentation est de 21m le matin et de 42“ le soir. Elle correspond au moment du lever ou du coucher du centre du Soleil.
- Ces durées sont prolongées par le phénomène du crépuscule civil, matin et soir, dont la valeur est de 38 minutes le icr et de 35 minutes le 3i.
- Le crépuscule civil prend fin quand le centre du Soleil est abaissé de 6° sous l’horizon.
- Si le ciel est clair, on voit alors apparaître ou
- disparaître les planètes brillantes et les étoiles de ire grandeur.
- Nous donnons ci-dessous, pour quelques jours du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges quand le Centre du Soleil passe au méridien. Avec l’heure exacte et l’ombre d’un style, on peut donc ainsi tracer la direction du méridien.
- Fig. 1. — Aspect du ciel (en haut, vers le Nord ; en bas, vers le Sud) pour les pays de latitude -j- i5° : Indu-Chine; Iles Philippines; Siam; Hindoustan; Basse-Arabie; Djibouti; Erythrée; Abyssinie; Soudan égyptien; Soudan français; Sénégal; Martinique ; Guadeloupe ; Jamaïque ; Haïti ; Cuba; Guatemala; Honduras; Nicaragua; Costa Rica; Bas-Mexique. Cet aspect du ciel correspond au iûI janvier, à 2 1h (heure locale) ; le l5 janvier, à 201'; le Ior février, à H)'1; le 15 décembre, à 22h ; le 1cr décembre, à 23h ; le '5 novembre, à 241'• l0 Ier novembre, à ih du matin; le i5 octobre, à 2h ; le l°r octobre, à3h; le i5 septembre, à 4h ; le lor septembre, à 5h du matin (Cartes dressées par M. A. Roger, S. A. F.).
- Dates. Temps lé, jal. Dates. Temps légal.
- Janvier i°r 1111 54m 7* Janvier 20 iah iin4>
- — 5 1 ih 55"’ 5 g5 — 25 I2h 3m 1
- — 10 i5 1 ib 58,n 1 2h om 8S 25 — 3i I 2h 4ra I 1
- Continuer l’observation journalière de la surface du Soleil en vue d’établir la statistique des taches et facules.
- Lumière zodiacale. — La lumière zodiacale devient bien visible, surtout le soir. Observer dans les nuits très pures et sans clair de Lune.
- Les observations consisteront à noter les contours de la lueur définis au moyen des étoiles visibles, à signaler
- I. Nous rappelons que les lioures données en ce Bullelin sont toutes exprimées va temps légal, compté de O1'
- minuit,' C’est le temps de Creemyirh,
- à 2 jh à partir du
- l’intensité des diverses parties, la coloration, etc. Yoir la figure du n° 23^7-2898 du 10 avril 1920 : « Bulletin astronomique ». Yoir aussi les Bulletins astronomiques suivants. La lumière zodiacale peut atteindre un éclat 4 et 5 fois celui de la Yoie lactée dans les régions où celle-ci offre son plus grand éclat.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, en janvier, seront les suivantes :
- • P. Q. le 6, à ioh24ra I D. Q. le 20, à 6ho”
- P. L. le i3, à 14h36m | N. L. le 27, à 23b4811
- Age de la Lune, à midi, le i*r janvier = 3J,3; le
- 28 = oJ,5. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le 1" ou le 28, et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en janvier, correspondant à la plus grande et à la plus faible hauteur de la Lune sur l’horizon : le 12= + 180 35'; le 25 — — x8° 32'.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 2 janvier, à 23h et le 3o à 12V Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre),lei5 janvier, àoh.
- Observations physiques. — L’observation de la surface lunaire est accessible aux plus petits instruments.Mais pour se livrer à des études vraiment utiles, il faut déjà un instrument important (voir le n° 2477, Supplément, p. 95).
- Occultations d'étoiles par la Lune visibles à Paris. — Le 2 janvier, occultation de 0 Verseau (gr 4,3), immersion seule visible, à
- 20bi8m.
- Le 3 janvier, occultation de 25i B Yerseau (gr. 5,8), émersion seule visible à i6h 24®.
- Le 11 janvier, occultation de i3o Taureau (gr. 5,6), de 17h 58m à i8h3m.
- Le 14 janvier, occultation de a Car.cer (gr. 4,3), de 20h5im à 2ih25m.
- Le i5 janvier, occultation de u Lion (gr. 4,9), de 2 ih 38m à 22b 37"1.
- Marées. — Les marées atteindront une assez forte amplitude en janvier, au moment de la Pleine Lune du i3.
- Le tableau ci-dessous donne l’heure de la marée à Brest pour les jours voisins de cette Pleine Lune.
- Pour avoir l’heure de la marée en d’autres ports que Brest, voir le « Bulletin astronomique », n° 2402, du i°r mai 1920.
- Marée du matin Coefficient.
- Dates.
- Marée du soir Coellicient.
- Janvier i3 ora,9o om,95
- — 14 im,oo im,o3
- — i5 Vn,o6 im,07
- — 16 im,o6 im,o4
- — , i7 Im,OI °m>97
- — 18 °œi92 o“,85
- III. Planètes. — Le tableau suivant, établi au n
- des données de l'Annuaire astronomique Flammarion
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- pour 1922 (1), donne les principaux renseignements pour l’observation des planètes en janvier.
- Mercure, dans le Sagittaire, puis le Capricorne, sera visible à la fin du mois, sa plus grande élongation se produisant le 29 janvier, à 23\ à i8°22' à l’Est du Soleil. On pourra le rechercher à partir du 20 janvier. Mercure sera en conjonction avec la Lune le 29, jour de sa plus grande élongation (voir aux Conjonctions).
- opposition se produisant au début du mois prochain. On le trouvera au moyen d’une bonne carte céleste et de ses coordonnées équatoriales que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 6 91' I2m -f- l6° 20' 2", 4
- — 16 9h 1 om -(- 16° 25' 2",5
- — 26 9h 9m + 160 3o' 2",6
- ASTRE Date : JANVIER Lever à Paris. Pissage au Méridien de Paris. Coucher à P»ris, Ascen- sion droite. Déclinaison. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine, VISIBILITÉ
- 5 7h46m iih 55m59‘ i6h 6m i9h 3m — 22°4o' 32'3i"8 Sagittaire
- Soleil. . .< i5 7 4i 12 0 2 16 19 19 46 21 l3 32 31,8 Sagittaire ))
- 7 32 12 3 1 16 34 20 28 —19 5 3» 3i,4 Capricorne
- 5 8 20 12 20 16 20 19 27 — 24 3 4,8 o) Sagittaire '
- Mercure. .< ! 8 29 12 5i 17 i3 20 37 — 20 3 5,2 LCapricorne>Le soir, à la fin du mois.
- 25 8 21 i3 14 18 6 21 3g — 14 48 6,2 ô Capricorne
- 5 7 16 11 20 i5 24 l8 26 23 32 10,0 X Sagittaire )
- Vénus, . .< ! *5 7 26 11 35 i5 44 19 21 — 2 2 45 10,0 p Sagittaire y Invisible.
- a5 7 29 11 49 16 9 20 l5 — 20 49 9,8 P Capricorne )
- 5 2 4 7 10 12 i5 14 i5 12 l3 5,4 X Vierge
- Mars . . . i5 1 56 6 52 11 49 14 38 — 14 4 5,8 a Balance Vers la fin de la nuit.
- u5 1 48 6 35 1123 15 0 — i5 48 6,2 a Balance
- Jupiter . . i5 23 5o 5 23 11 0 i3 10 — 5 56 35,o 0 Vierge Seconde moitié de la nuit.
- Saturne. . i5 22 48 . 4 47 10 46 12 32 — 0 48 16,2 y Vierge Idem.
- Uranus . . i5 9 32 14 5o 20 9 22 37 - 9 33 3,4 X Verseau A peine visible le soir.
- Neptune. . 16 18 5 1 26 8 48 9 i° -J- 16 25 a)4 Cancer Toute la nuit.
- Vénus, dont la conjonction avec le Soleil aura lieu au début du mois prochain, est invisible.
- Mars, dans la Vierge, puis dans la Balance, devient observable vers la fin de la nuit. Son diamètre augmente et bientôt on va pouvoir reprendre les observations.
- Jupiter se lève, le i5, avant minuit. On peut donc l’observer également vers la fin de la nuit.
- Il sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 8 janvier, à 23h.
- Continuer l’observation des phénomènes de son système de satellites.
- Saturne se lève 1 heure avant Jupiter le i5 et on peut ainsi l’observer plus tôt. Il se trouve assez près de la belle étoile double y Vierge. Il sera stationnaire le 17 janvier, à 5k.
- Les éléments de l’anneau, à la date du 7 janvier, sont les suivants :
- Grand axe extérieur . „ . . ,.............. 40",33
- Petit axe extérieur........................ + 4"» 7 4
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ + 6° 45'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ..................................... + 4° 9r
- Comme nous l’avons signalé antérieurement, nous voyons à présent la face nord de l’anneau pour i5 ans.
- Uranus, dans la constellation du Verseau, est peu visible le soir. On pourra encore l’observer dès l’arrivée de la nuit, par temps bien clair. Se servir, pour le trouver, de la petite carte publiée au « Bulletin astronomique » du mois d’août 1921 (n# 2464» du 25 juin 1921). Elle peut être encore utilisée pour ce mois-ci, en prolongeant la trajectoire d’Uranus au moyen de ses coordonnées ci-après :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètre.
- Janvier 5 22h 35m
- — i5 22h
- — 25 2 2h 39”
- — 90 43' 3",4
- — 9° 33' 3",4
- — 90 22' 3",2
- Une bonne jumelle permet de suivre Uranus dans son déplacement sur le ciel.
- Neptune, dans le Cancer, est visible toute la nuit, son
- 1. Nos remercîments s’adressent à M. Quénisset, astronome à l’Observatoire de Juvisy, qui, avec l’assentiment de M. Flammarion, nous a communiqué les renseignements de cet Annuaire avant tirage, (T,),
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions
- Le 3, à Le 15, à Le 18, à Le 19, à Le 21, à
- 7h, Uranus en conjonct. avec la Lune, à 3° 55' S.
- 5h, Neptune i8h, Saturne i2b, Jupiter1 9h, Mars Le 27, à 20h, Vénus Le 29, à ig11, Mercure Le3o, à i6h, Uranus
- la Lune, à 4° 28' N. la Lune, à 20 56'N. la Lune, à o° 49'N. la Lune, à i° 34' S. la Lune, à 5° 46' S. la Lune, à 3° i5' S. la Lune, à 3° 38' S.
- Etoiles variables. — Le 9 janvier, minimum probable de Mira Ceti (variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8). Voir la petite carte donnant la position de cette étoile au n° 2460, du 28 mai 1921 (Supplément, p. 173).
- Minimum de l’étoile Algol (p Persée) : Le i*r, à 2h34m; le 3., à 23h23m; le 6, à 2ohi2m; le 24, à ih7m; le 26, à i8h46,n.
- Etoiles filantes. — M. Denning, dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes, indique les radiants suivants comme actifs pendant le mois de janvier :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Étoile voisine.
- Janvier 2 1190 + 160 4 Cancer.
- 2-3 2 32° + 49° P Bouvier.
- 4 au 11 1800 + 35° N Chevelure.
- — 18 2 32° + 36° 4 Couronne.
- — 28 236° + 25° a Couronne.
- — (mois) io5° + 44° 63 Cocher.
- L’essaim des 2 et 3 janvier est celui des Booiides. Il
- donne lieu à des météores rapides, à longues trajec-
- loires.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le ior janvier, à 2ih3o™ ou le i5 janvier, à aoh3om, est le suivant :
- Au Zénith : Persée (vy, p, H. VI. 33 et 34).
- Au Nord : La Petite Ourse (a = Polaire) ; Le Dragon (<ji, o, v, H. IV. 3y) ; la Grande Ourse (4 = Mizar et Alcor, M. 97); Céphée (ô, p, x, 5, p, M. 5a); la Girafe; Cassiopée (i), H. VI. 3o). — Véga et les étoiles les plus boréales d’Hercule et du Bouvier rasent l’horizon Nord.
- A l'Est : le Lion (y, 54, 4, t); le Petit Lion; le Cancer (c, M. 67); les Gémeau* (a, x, 5, M. 35); l’Hydre (e, II. IV. 27).
- Au Sud : Le Taureau (Pléiades, a, 0, a, x, M. i); Orion (23 m, ô, O1, O2, X, a, M. 42) ; le Grand Chien
- 170 B*
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- (arrrSirius, ç, ô) ; l’Eridan (3a); la Baleine (Mira, 37> y) ; le Lievre (y).
- A V Ouest : Pégase (e, ir, i, 3); Andromède (y, nébu-
- leuse); les Poissons (55, 4*1. K) ; le Verseau (Ç, 94, 91); le Bélier (y, k) ; la Licorne (H. VII. a, M. 5o).
- Em. Touchet.
- .JfeD
- IgD
- VARJ ETES
- COMMENT ACHETER NOS FRUITS FRAIS OU SECS ? — LES CHATAIGNES
- Originaire des contrées méridionales de l’Europe, le châtaignier (Castanea vesca, Amentacées) est, à la fois, par ses fruits, son bois et son port, un arbre fruitier, forestier et d’ornement. Sa longévité très grande dépasserait de beaucoup celle des autres ^rbres, si l’on en croyait la légende qui raconte que, sur le mont Etna, il en existe un dit « châtaignier aux cent chevaux » dont l’âge approximatif dépasserait 4000 ans !
- Cultivé dans 65 départements, il est très répandu dans certaines parties de la Bretagne, du Maine, du Languedoc, de la Corse et spécialement de l’Auvergne et du Limousin où il forme de vastes châtaigneraies. Rappellerai-je les châtaigniers de Robinson si chers à la jeunesse de plusieurs générations?
- C’est un arbre précieux par le rôle que jouent ses fruits dans notre alimentation et parfois dans celle des animaux, sans oublier les transactions commerciales auxquelles ils donnent lieu. Malheureusement ses plantations ont été fortement diminuées depuis plusieurs années par l’industrie des extraits tanniques et la maladie de l'encre.
- Distinction entre les châtaignes et les marrons. — Nombre de gens se sont certainement demandé pourquoi on appelle ces fruits tantôt châtaignes, tantôt marrons; en voici la raison. Au point de vue botanique, l’ovaire infère de la fleur femelle est à 6 loges renfermant chacune deux ovules qui, s’ils se développaient normalement dans leur involucre (hérisson, pelon, bourde), formeraient 12 akènes ou châtaignes, mais, par suite d’avortements, cette enveloppe n’en renferme souvent que 2 ou 3 et parfois qu’une seule. Dans le premier cas, les fruits se comprimant mutuellement sont petits ou de moyenne grosseur et prennent une forme anguleuse ou aplatie caractéristique des châtaignes, tandis que dans le second, le fruit unique, qui s’est librement développé, est gros et a. pris une forme ronde qui distingue les marrons, en dehors de la suppression des cloisons intérieures si désagréables chez la châtaigne. Dans la pratique, les producteurs des petits centres donnent ces deux noms assez indistinctement, mais dans les grands centres le nom de marrons est réservé aux fruits gros et arrondis.
- Classement. — On ne peut guère citer que la division en châtaignes et en marrons dont on a essayé de faire deux races en se basant sur ce fait qu’en ue tenant compte que des caractères ci-dessus et en recourant à la sélection et au greffage, on a pu obtenir des châtaigniers produisant naturellement des marfons plutôt que des châtaignes. Toutefois, il existe des groupements commerciaux dont il sera parlé plus tard.
- Quelles variétés acheter de préférence? — Il existe un assez graud nombre de variétés propres à chacune des grandes régions de culture ; je ne puis les citer ici. J indiquerai seulement comme châtaignes ou marrons celles qu’on a le plus de chance de trouver dans maints centres en dehors de la châtaigne des bois et de la châtaigne commune qu’on rencontre partout, et dont les petits fruits sont toujours au nombre de deux dans leur coque épineuse.
- Châtaigne printanière, à fruit presque rond, à maturité précoce.
- Châtaigne pourtalonne, à fruits beaux, bons et nombreux.
- Châtaigne verte du Limousin. — Fruit gros, de bon goût et se conservant longtemps. Variété cultivée spécialement dans le Limousin et le Centre.
- Châtaigne exalade. — Beau fruit assez gros et de bon goût.
- Les deux variétés de marrons les plus connues comme les meilleures sont les suivantes, les seules recommandées par la Société nationale d Horticulture de France à laquelle j’en emprunte la description.
- Marron Nouzillard (syn. Losillarde, Osillarde, Ousil-lard, du Lude, etc.).— Fruit gros, presque rond, peau brune, brillante, chair de bonne qualité ; maturité en octobre. Cette variété, fruit d’amateur et de marché, est productive et rustique, très cultivée dans l’Ouest, notamment dans la Sarthe où elle est estimée et souvent désignée sous le nom d’Ousillarde, tandis qu’on la nomme Nouzillarde dans le Poitou.
- Marron de Lyon (Syn. du Luc, d’Agen, d’Aubray, de Saint Tropez, etc.) — Fruit presque toujours solitaire dans sa coque, arrondi, régulier, à peau fine, d’un brun clair, un peu terne, amande régulière. Chair tendre, sucrée, d’excellente qualité. Variété la plus estimée sous ce rapport. Maturité en octobre. Fruit d’amateur et de marché.
- Le marron de Lyon, le plus gros de tous, est très recherché, exporté en grand et employé de préférence pour la préparation des marrons glacés. Cette variété est abondamment cultivée dans le Var, aux environs du Luc qui en était, autrefois, l’entrepôt. Aujourd’hui, Lyon est le centre de réception et de réexpédition de ce fruit, d’où le nom qui lui a été donné.
- Quand et comment les acheter? — La récolte des châtaignes se fait à l'automne quand les « hérissons ou pelons » commencent à s’ouvrir, mais elle varie avec les régions et la température de l’été. Les premiers arrivages aux Halles de Paris ont lieu à partir de la mi-septembre en sacs ou en petits tonnelets perdus de 20 kg et plus tard dans les mêmes récipients agrandis pour eu contenir le double.
- Le choix des maîtresses de maison doit se porter de préférence sur les marrons qu elles trouveront dans le commerce sous les dénominations de marrons de Lyon, marrons d’Auvergne, marrons de l’Ardèche, etc. ; toutefois, il ne faut pas qu’elles leur accordent une confiance absolue, car, depuis quelques années, la production française, impuissante à combler les demandes du pays, recourt à l’importation. Dans tous les cas, il faut préférer des marrons gros, bien arrondis, très fermes et secs, à la robe acajou brillante bien tendue, exempte de toute tache, de moisissures et de piqûres, car celle-ci indiquerait la présence d un petit ver, larve du Carpo-capse des châtaignes (Carpocapsus splendens), qui se nourrit de l’amande qu’elle remplit de ses déjections.
- Le meilleur moyen pour les conserver entières ou décortiquées consiste à les renfermer dans des caissettes en bois ou dans des boîtes métalliques fermant hermétiquement. On peut aussi, quand elles sont pourvues de leur écorce, les stratifier dans du sable très sec; on assure qu’on arrive ainsi à les manger fraîches jusqu’au milieu de l’été suivant; c’est un délai qu’il ne faut pas dépasser à cause du goût de rance qu’elles peuvent contracter au delà.
- Principaux usages. — Les châtaignes constituent par leur composition chimique un aliment presque complet, ce qui justifie le grand emploi qu’elles trouvent dans l’alimentation de la population pauvre du Massif centrai, des Gévennes et de la Corse, où elles remplacent souvent la pomme de terre, soit entières après avoir été cuites ou grillées de différentes façons, soit à l’état de farine. C’est avec celle-ci qu’on prépare la bouillie ou la galette nommée « polenta ».
- Mais les châtaignes et surtout les marrons entrent également dans la composition de nos plus délicats desserts sous forme de marrons glacés, un des produits les plus recherchés de la confiserie, car leur préparation minutieuse ne peut être réussie que par nos plus habiles maîtresses de maison. Il n’en est pas de même de la confiture de châtaignes qui est un excellent régal, dont la confection est accessible à toute ménagère qui suivra à la lettre le procédé Cord que voici.
- Confiture de châtaignes. — Prendre des châtaignes
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- VARIETES
- (marrons de préférence, plus sucrés), leur enlever la première peau avec un couteau. Les faire cuire à l’eau environ une demi-heure ; enlever après cuisson la deuxième peau. Piler au mortier les châtaignes encore chaudes de façon à les réduire en une purée très fine (analogue à la purée de pommes de terre). Faire un sirop de i kg de sucre et d’un verre d’eau ; après ébullition, délayer i kg de pâte de châtaignes; faire bouillir une demi-heure en évitant de laisser la masse s’attacher au fond de la bassine, avoir soin de parfumer le sirop avec une demi-gousse de vanille qui donne un goût bien plus fin que le sucre vanillé. Verser la confiture toute chaude
- dans des pots en verre ou en grès. On peut aussi remplacer la vanille, en ajoutant 5 minutes avant le retrait du feu un petit verre de rhum par kilogramme de confiture.
- Elle ne peut, paraît-il, être conservée au delà du mois de mai sans moisir. Il me semble, cependant, qu’on l’éviterait en plaçant à la surface, après refroidissement, une rondelle de papier parcheminé préalablement trempée dans une solution alcoolique d’acide salicylique au centième, ou bien en mettant la confiture dans des bocaux pneumatiques et en stérilisant 3o minutes à ioo°.
- A. Truelle.
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >«
- Un moteur démarreur d’auto fait une bonne perceuse électrique. — Le garage est un atelier où l’on est obligé de chercher les combinaisons les plus ingénieuses pour remédier à l’absence de matériel et on a souvent besoin d’agencer des dispositifs bizarres quand il s'agit d aller vite dans une réparation.
- Le perçage des trous dans les pièces métalliques peut être évidemment fait avec la chignole, que l’on actionne à la main au moyen d’une manivelle; mais si l’on a beaucoup de trous à percer et si ces trous sont profonds, il est naturel de chercher à faire cela mécaniquement.
- On peut agencer un moteur électrique de démarrage pour le transformer en perceuse électrique portative.
- Tout d’abord, il faut constituer la poignée au moyen d’une bride en tôle d’acier qui sera repliée et coudée à la demande pour venir enserrer la carcasse du moteur et s’y fixer solidement.
- Le foret sera monté comme à l’ordinaire dans un petit mandrin, genre Goodell ou autre, et on fixera ce mandrin sur l’arbre du moteur soit au moyen d’un tube, soit au moyen d’un filetage si le moteur est devenu inapte au démarrage, mais s’il peut encore rendre des services définitifs comme perceuse.
- L’avantage de ce moteur est qu’il permet de percer électriquement les trous sans employer pour cela le courant du secteur ; il suffit qu’il soit actionné, comme cela se produit sur la voiture, au moyen d’une batterie d’accumulateurs.
- Ce dispositif est donc intéressant pour celui qui ne dispose pas de l’éclairage électrique et qui malgré tout veut bénéficier un peu des avantages que procure une installation de distribution de courant dans un garage.
- Pour éviter que la soudure ne coule dans les trous d’une pièce. — Il arrive fréquemment que, pendant la réparation d’une pièce par soudure, celle-ci coule dans les trous de vis ou de boulons et en général dans les ouvertures où sa présence est gênante.
- Il est d’ailleur3 assez difficile de retirer ensuite les gouttes de soudure des endroits où elles se sont solidifiées et l’on est obligé parfois de chauffer la pièce à nouveau pour faire couler la soudure; d'ailleurs il reste toujours des parties, infimes il est vrai, mais toujours gênantes.
- Pour éviter cela, il suffit de boucher les trous avec un bloc de charbon taillé et comme il s’agit en général de trous cylindriques, on peut employer pour cet usage des vieux débris de charbons de lampe à arc ou de piles électriques.
- Sous l’action de la chaleur de la lampe à souder, le charbon se consume mais il garde suffisamment sa forme pour empêcher la soudure de rentrer complètement, dans les trous et s’il se glisse quelques parties de soudure, elles ne peuvent aller au fond du trou, par conséquent il est facile de les retirer.
- Comment travailler au tour des matières spéciales. — Pour tourner l’ardoise, on emploie un tour à la même vitesse que si l’on voulait tourner la fonte, mais on protège la matière en intercalant de la fibre ou du carton entre les mors et l’ardoise. La pièce ne doit pas être centrée à l’avance et la contre-pointe doit avoir un angle faible. L’autre extrémité de l’ardoise peut être prise dans un morceau de bois dur comme du gaïae.
- Le caoutchouc se tourne à raison d’une vitesse de 60 m. par minute. Un rouleau de caoutchouc se sectionne avec un outil qu’on affûte comme un couteau qui coupe sans détruire la matière, on meule plus facilement le caoutchouc avec une meule en céramique plutôt que de le tourner à l’outil.
- La gutta-percha demande comme le bois un outil très aigu et la lubrification à l’eau de savon.
- Le cuivre se tourne avec un outil d’un angle faible de coupe à la vitesse de 60 m. et en prenant de petites passes. Le travail est fini avec du papier de verre ou d’émeri plus ou moius fin monté sur un bloc de bois.
- Le marbre se tourne à la même vitesse que la fonte, L’outil a une coupe analogue à celle du bronze, le travail du marbre au tour est délicat et difficile à bien réussir.
- Nettoyage des limes. — Voici un petit procédé pratique de nettoyage des limes. On prend un fil de cuivre que l’on aplatit à une extrémité comme si l’on voulait faire une lame de tournevis d’une épaisseur de moins de i mm. Cette partie en forme de lame est légèrement recourbée. L’autre extrémité du fil de cuivre est agencée en boucle ou placée dans un manche pour permettre une manipulation facile.
- En frottant cette arête sur la lime dans le sens des dents, celles-ci impriment rapidement leur profil et forment une sorte de râteau qui enlève facilement toutes les particules de métal qui restent entre les dents de la lime et qui l’encrassent.
- Finissage de l’ébonite. — L’ébonite se polit en frottant avec du tripoli fin et de l’huile.
- Quand on veut faire apparaître les rayures, les ornements gravés, les graduations, les chiffres, on prend du blanc de zinc en suspension dans l’eau et on passe cette mixture sur la surface à polir avec un pinceau en poils de chameau.
- Une fois sec, le blanc fait apparaître tout ce qui est en creux; quand le travail est fini, on enlève facilement l’excédent avec de l’eau.
- Protection des bords des cuves en ciment. —
- Les bords des cuves en ciment sont fragiles et peuvent être sujets à des cassures par chocs, il est difficile ensuite de les réparer.
- On peut armer le bord des cuves avec une barre de fer plate dans laquelle on perce des trous pour y passer des crampons qui seront noyés dans le ciment si possible au moment de l’édification de la cuve.
- Si un véhicule ou quelque fardeau vient heurter le bord de la cuve ainsi agencée, c’est le métal qui supporte le choc et le ciment n’est pas détériorié à moins que le choc ne soit particulièrement violent.
- ^ Masque pour motocycliste. — Voici ce qu'a imaginé un motocycliste ingénieux pour se protéger contre la pluie et contre le froid.
- Il utilise un panneau de capote de voiture garni de celluloïd et il s’entoure la tête de ce masque improvisé en 1 attachant par des cordons derrière sa tête. La partie en celluloïd arrive à la hauteur des yeux et en frot-tant au préalable le celluloïd avec un peu d’alcool ou de glycérine on évite que la pluie ou le brouillard ne vienne gêner la vision par un dépôt d’humidité sur la surface transparente.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVÎS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de L,a Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresse relative aux appareils décrits. — La machine à agglomérer les carreaux de plâtre (n° 2480) est construite par M. A. Provendier et C'°, constructeurs d’appareils broyeurs à Triel (Seine-et-Oise).
- Correspondance. — Demande de livres et revues. —
- Le sanatorium maritime de Zuydcoote, par Ghyvelde (Nord), nous prie de signaler à nos lecteurs cette belle œuvre de bienfaisance qui reçoit des malades hospitalisés au compte de collectivités administratives ou d’œuvres charitables. Le traitement des enfants les oblige à l’inaction, à l’immobilité complète pendant de longs mois, parfois pendant des années. Il est nécessaire de procurer une saine distraction à ces malades condamnés au repos forcé. La lecture peut la leur donner. Ils seront donc vivement reconnaissants à toutes les personnes qui voudront bien envoyer à l’Etablissement ouvrages et revues pouvant être lus par des enfants et par des jeunes filles.
- Réponses. — M. de Wouters, à Bruxelles. — Les machines à graver ïébonite ne sont autres que des machines à reproduire. Le guide se déplace dans des lettres en cuivre qui forment patron. La petite fraise reproduit les lettres à une échelle réduite.
- Des machines de construction américaine sont vendues par la maison Fenwick, 10, rue du Rocroy, à Paris.
- M. R. D., Paris. — Nous ignorons la technique en général assez compliquée et délicate des marbres artificiels dont vous parlez et par qui ils ont été exécutés. De nombreux brevets ont été pris au cours de ces dix dernières années concernant ces matériaux de luxe. En voici quelques-uns :
- Cappelo frères et di Giro. — Ce procédé, qui permet d’obtenir des marbres artificiels blancs ou de couleur pouvant posséder une grande transparence et une grande dureté, consiste à traiter, sans désagrégation, du sulfate de chaux naturel après l’avoir déshydraté, en le soumettant successivement à l’action d’un premier bain contenant un acide ou un mélange d’acides minéraux et organiques, composé par exemple de : acide fluosili-cique i5 parties et eau 100 parties ; puis, après égouttage, à l’action d’un second bain contenant une base, un sel ou un mélange de ces substances pouvant former, au sein de la masse, avec les substances absorbées dans le bain précédent, une combinaison déterminant le durcissement des objets et composé par exemple de 20 parties de chlorure de baryum dans 100 parties d’eau.
- Accettola. — Ce marbre artificiel est obtenu au moyen d’une composition de base consistant en ciment Portland blanc mélangé avec du spar, de la poussière de marbre ou du sable auquel on ajoute du verre broyé. Des dalles fermes sont obtenues par le coulage de la composition transformée en pâte par addition d’eau dans des moules en bois ou autres, placés sur une plaque lisse telle que du verre.
- Du marbre veiné peut être produit en colorant certaines parties du mélange et en mélangeant les matières colorées dans le moule.
- Mitats. — Marbre artificiel obtenu au moyen des matières suivantes mélangées intimement : ciment Portland, yÜo parties; poussière de marbre, iî5 parties; sable, 45o parties; couleur minérale, 25 parties; eau, 200 parties.
- Ci-dessous quelques adresses de fabricants de marbres artificiels : i° Les marbres (M. Coanda, directeur), 6, rue de Rome, Paris; 20 Société du Marbroïd, n, rue des Francs-Bourgeois, Paris; 3° Union Commerciale de Saint-Gobain et de Jeumont, 1 bis, place des Saussaies, Paris; 4° Daniel fils, 9, rue Tiphaine, Paris; 5° Société anonyme des marbres industriels de la Charité, à La Charité-sur-Loire (Nièvre) ; 6° Société anonyme de la Roquette, à La Roquette (Alpes-Maritimes).
- M. de las Borjas, à Bordeaux. — L’appareil qui a été construit par notre lecteur de Lyon est établi avec une sonnerie trembleuse modifiée. Il est bien évident que si la palette était plus longue, on aurait un jeu plus consi-
- dérable et une rupture et un établissemeut de contacts plus francs. Mais ce ne serait plus alors l’utilisation d’une sonnerie, mais un appareil nouveau à reconstruire. L’attraction ne se produit pas parce que le voltage que vous avez pour votre courant de charge n’est pas suffisant. Il faut compter ici sur la résistance des enroulements des bobines. Il est difficile, sans connaître toutes les données, de vous indiquer le montage à faire et on ne saurait insérer un schéma de montage dans la petite correspondance. Si vous nous donnez des indications très précises et des chiffres, nous verrons la possibilité de faire une communication sur ce cas dans la Science appliquée.
- M. C., à Saint-Sauveur-Leudelin (Manche). -— Il n’existe, en France, en ce qui concerne la préparation, la conservation, les usages des jus de fruits, que des études éparses dans diverses publications périodiques, notamment dans La Vie agricole et rurale (auteur :
- M. A. Truelle, éditeur Baillière, Paris). Nous ne connaissons pas d’ouvrage consacré spécialement à cette question. Mais M. H. C. Gore, chimiste au Fruit and Végétal Utilisation Laboratoiy (Département de l’Agriculture, à Washington) a publié, dans le Bulletin du Département de VAgriculture des Etats-Unis, n° 241, un travail intéressant : Studies on Fruit Juices, que vous pourriez vous procurer en vous adressant à Washington, au Département de l'Agriculture, à M. IL C. Gore, laboratoire pour l’utilisation des fruits et végétaux.
- D’autre part, consultez pour le même objet M. War-collier, directeur de la Station Pomologique, à Caen, rue de Geôle.
- M. B., Touggourt. — Adresses de constructeurs de machines à creuser et drainer :
- i° A. Scheuchzer, ancien chef des ateliers de Lausanne (Echalleur-Bercher), à Renesis, près de Lausanne (Suisse). Yoir à Paris la Société économique franco-suisse, 56, rue du Faubourg-Saint-Honoré, pour plus amples renseignements.
- 20 The Parsons Company, de Newton (Etats-Unis), F. C. Austin and CP, de Chicago (id.); Buckeye Traction Ditcher Cr, à Fendlay (id.); Keystone Driller and Cy, de Beaver Falls (id.). Voir à Paris, au besoin, M. D. L. Wadsworth, représentant de firmes américaines, 2, rue des Italiens.
- M. /. P., Vouzon. — Veuillez vous adresser pour les renseignements que vous demandez à la Société économique franco-suisse, 56, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Vous trouverez dans le même numéro de la revue des adresses de constructeurs d’excavatrices et de draineuses type américain, à la réponse à M. B., Touggourt.
- M. J. Lebet, à Zurich. — x° Une lampe « demi-watt » de 2000 bougies permet d’obtenir, avec un objectif ouvert à F : 4 et une plaque à émulsion très rapide, mais non orthochromatique, un portrait en i/3 de seconde. Le temps de pose pourrait être abrégé, en se servant de plaques panchromatiques qui utilisent d’autres radiations que le violet et le bleu. Mais, si vous désirez réduire l’exposition à une fraction de seconde, ni la lampe à incandescence ni la lampe à arc ne sauraient suffire, et il faudra alors recourir aux photopoudres. Vous trouverez des indications détaillées sur ces questions dans l’ouvrage d’Albert Londe, la Photographie à la lumière artificielle (Doin, éditeur, 8, place del’Odéon, à Paris). — 20 II n’est pas exact que les films donnent des images plus grises, moins brillantes, que les plaques, du moins quand ils sont de préparation récente. Mais l’altération de l’émulsion au contact du celluloïd n’est malheureusement que trop certaine ; elle se manifeste déjà, au bout de quelques mois, sinon de quelques semaines, par des clichés voilés ; tandis que les plaques se conservent fort longtemps (on a même obtenu d'excellents résultats avec des émulsions datant de plus de vingt ans). — 3° A part la question de conservation, rien n’empêche de couler sur les films les mêmes émulsions que sur les plaques, et, si l’on ne trouve pas sur le marché toutes les variétés désirables, c’est uniquement pour des motifs d’ordre commercial.
- M. Pierre Legrand. — Les lampes à trois électrodes à faible consommation sont très fragiles, le filament est rapidement hors de service ; nous vous déconseillons absolument ce modèle.
- Les accumulateurs Dinin et les accumulateurs Tudor
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- BOITE AUX LETTRES
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- sont des appareils excellents, vous pouvez adopter l’une ou l’autre marque.
- Les bacs en ébonite et les bacs en celluloïd sont de qualité à peu près équivalente.
- Nous ne pouvons vous renseigner sur cette marque d’accumulateurs que nous n’avons pas essayée.
- M. Baït, à Watten. — i° Vous améliorerez considéra-
- blement votre réception en utilisant des accumulateurs pour le chauffage des filaments et la charge des circuits de plaque de vos lampes. Le bourdonnement qui vient couvrir votre réception lorsque vous exagérez la réaction d’un circuit oscillant sur l’autre circuit provient de mouvements parasites à basse fréquence.
- 2° L’indicatif V 3 L est celui de la station de Vasluin.
- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. , ......
- Eléments d’analyse mathématique, cours professé à l’École Centrale par Paul Appell, membre de l’Institut, 4e édition entièrement refondue, i vol. in-8 (2.5 X 16), 716 p., 220 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921. Prix : 65 francs.
- Cet ouvrage expose les connaissances d’analyse mathématique nécessaires et suffisantes pour aborder l’étude approfondie de la mécanique et de la physique ; il est professé depuis plusieurs années à l’Ecole Centrale avec un succès éclatant qu’il doit à une merveilleuse clarté d’exposition et à une très judicieuse composition ; il traite les points essentiels du calcul différentiel et intégral, et comme applications de ce dernier, le calcul des aires, des volumes, des moments d’inertie; vient ensuite le développement de fonctions en série, l’étude des fonctions intégrales, l’étude analytique des courbes et des surfaces, l’étude des différentielles totales et leur intégration, avec application à la théorie mécanique de la chaleur, les intégrales multiples, les formules fondamentales du calcul vectoriel, l'intégration des équations différentielles et des équations aux dérivées partielles.
- Métallurgie générale, par L. Guillet. i vol. in-8 de 16x317.5, 528 p., 335 fig. Collection de l’Encyclopédie minière et métallurgique. J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1922. Prix : 40 francs.
- Ce volume traite des opérations permettant l’extraction d’un métal de son minerai et son affinage. Elles se classent en un certain nombre de méthodes générales, applicables à des catégories très diverses de minerais et de métaux. Ce sont ces grandes méthodes que M. Guillet étudie sous une forme très systématique; il examine successivement les calcinations, les fusions simples, les fusions avec réaction chimique, les opérations de vaporisation de métaux par ébullition; puis l’électrométallurgie par chauffage, l’électro-métallurgie par électrolyse ignée, ensuite viennent les opérations par voie humide : dissolution avec précipitation à froid, amalgamation et électrolyse à froid. Chacune de ces opérations est étudiée d’abord théoriquement à la lumière des lois de la physique et de la physico-chimie, très clairement exposées au préalable.
- On voit ici très nettement quel guide précieux le praticien trouve dans l’étude scientifique des phénomènes dont il doit se rendre maître, et l’on n’aperçoit pas moins clairement quel vaste et intéressant domaine offre encore l’industrie aux investigations désintéressées des savants.
- M. Guillet décrit ensuite à grands traits, pour chacune des opérations ci-dessus, les principaux types d’appareils utilisés. Cette partie descriptive a été soigneusement tenue au courant des plus récents progrès. Dans les derniers chapitrés, l’auteur montre comment les méthodes générales précédemment décrites s’appliquent aux différentes espèces de minerais : métaux natifs, oxydes, carbonates, silicates, sulfures et arseniures, il indique comment s’effectue la
- coulée des produits métallurgiques, étudie les laitiers et scories, et enfin donne quelques détails sur les gaz résiduels des fours métalliques et les moyens de les épurer et de les utiliser.
- Manuel du forgeron, par Gabriel Lagardelle. i vol. in-18 de 42° P-» *53 fig. (Bibliothèque profession nelle). Baillière, édit., Paris, 1921. Prix cart. : 10 fr.
- Ce petit livre contient en peu de pages beaucoup de substances ; il indique comment est constituée une forge, il résume ce qu’il faut savoir sur les propriétés du fer et de l’acier, et leurs traitements thermiques. Il décrit les divers outils du forgeron et les principales opérations du forgeage. Il montre, par des exemples, comment on doit opérer en pratique.
- Canons électriques, système Fauchon-Villeplée. i vol. in-8, avec 41 fig-» i3 pl. hors texte. Berger-Levrault, éditeurs, Paris, 1920. Prix net : 18 francs.
- L’auteur a conçu pendant la guerre un canon électrique dont les projectiles étaient lancés de la même façon que sont entraînés les induits de dynamo. Le projectile traversé par un courant électrique est soumis pendant le trajet dans le canon à l’action d’un champ magnétique perpendiculaire. La construction d’un modèle d’essais de ce canon commencée en 1918 a été suspendue au moment delà cessation des hostilités. L’auteur a réuni dans ce livre la description de ce modèle, les résultats des premiers essais et les éléments du calcul d’un canon à grande puissance.
- Il montre, en outre, qu’un canon n’étant pas autre chose qu’un moteur, le canon électrique empruntant son énergie, non pas à des explosifs lourds, de transport difficile, mais à un moteur, permet d’escompter des résultats extrêmement intéressants. Il est à souhaiter que cette question ne soit pas perdue de vue en haut lieu.
- L’apprenti électricien, par G. Néré (Collection Le Livre de la Profession. Directeur, C. Caillard). 1 vol. illustré, 264 p-, i38 fig. Léon Eyrolles, éditeur, Paris, 1921. Prix : 6 francs.
- Expose sous une forme simple et claire les principes généraux de l’électricité : courant continu, aimants, courant alternatif, conduction et machines électriques, appareils de mesure.
- Manuel de la sculpture sur bois, par IIippolyte Gaschet.
- 1 vol. in-18 (io,5 X 16), 206 p., 275 fig., cartonné (Bibliothèque Professionnelle). J.-B. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1921. Prix : 6 francs.
- Ce manuel résume la technique de la sculpture sur bois, donne des indications sur les différents bois, sur l’outillage, notamment sur les machines à sculpter, et des notions sur les différents styles.
- Les agents physiques et la physiothérapie, par le Dr Pierre Boulan. i vol. in-18, 160 p. Collection Payot, Paris. Prix cartonné : 14 francs.
- Les méthodes physiques : kinésithérapie, méthode de Bier, aéro-thermothérapie, cryothérapie, hydrothérapie, photothérapie, électrothérapie, Rayons X, et corps radioactifs sont étudiées dans une première partie.
- Une deuxième partie physiothérapique expose les applications de ces multiples agents dans les diverses maladies.
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- LA NATURE
- Supplément,
- 'écembre 1921
- INFORMATIONS
- La renaissance des houillères sinistrées. — On
- sait dans quel état les Allemands ont mis nos houillères du Nord et du Pas-de-Calais. Les destructions systématiques qu’ils ont opérées, jointes aux ravages de la bataille, ont paralysé pour longtemps ces exploitations autrefois si prospères, et cette paralysie a une profonde répercussion sur toute l’activité économique de la France.
- Par contre, il est consolant de constater avec quelle ardeur et quelle ténacité, couronnées de succès, sont menés dans cette branche les travaux de reconstitution. La Journée industrielle Irace un tableau saisissant de la renaissance de nos houillères.
- On sait que les houillères sinistrées se divisent en 2 bassins, l’un dit du Nord, l’autre du Pas-de-Calais. Le premier, plus éloigné des champs de bataille et exploité jusqu’au dernier moment par l’ennemi, a moins souffert; les destructions ont dû être plus hâtivement exécutées et limitées aux installations de surface. Dans le bassin du Pas-de-Calais, par contre, elles ont été conduites avec un raffinement sauvage et la remise en état est beaucoup plus laborieuse; tout est détruit aussi bien au fond qu’à la surface.
- Mais dans les deux bassins, on note des résultats intéressants : l’extraction, nulle à la fin de 1918, se montait à 60000 tonnes par mois en août 1919; à 122000 t. en janvier 1920; à 353 000 t. en janvier 1921 et à 484000 t. en août 1921. Elle était en moyenne de
- 1 555 000 t. en 1 g 13.
- Les mines du Nord ont toutes repris leur extraction, sauf celle de Flines-les-Raches. La production de ce bassin atteint 55 pour 100 de celles d’avant-guerre. Pour les mines du Pas-de-Calais la production atteint 18 pour 100 de celle d’avant-guerre.
- Dans les deux bassins, le déblaiement des décombres est à peu près terminé. Plus de la moitié des 206 chevalements détruits ont été reconstruits à neuf ou redressés et réparés, 92 ont été reconstruits provisoirement en bois suivant un modèle uniforme pour entreprendre de suite le dénoyage et la reconstruction des puits.
- La reconstitution du matériel d’extraction est poussée très activement. Il en est de même pour les centrales électriques. Le bassin du Nord dispose de 17000 kilowatts, celui du Pas-de-Calais de i5ooo. Ces chiffres vont aller en croissant rapidement par suite du doublement des centrales existantes et de la mise en service de nouvelles centrales puissantes de 3oooo à 600000 kilowatts par les Sociétés d’Anzin à Thiers, Aniche à Dechy, Courrières à Harnes, Lens à Yendin, Liévin à Liévin, Noeux à Beuvry.
- Pour le dénoyage, les mines ont constitué un groupement chargé du travail pour toutes les concessions ; il dispose de 45 pompes électriques verticales représentant
- 2 5 000 HP, 35 cabestans électriques pour la suspension des pompes et des colonnes de refoulement.
- Le dénoyage est commencé partout et achevé sur plusieurs points.
- 19 puits dont le cuvelage avait été détruit sont réparés par la méthode de la cimentation.
- Toutes les concessions, sauf deux, ont repris l’extraction, à allure plus ou moins forte bien entendu, suivant l’avancement des travaux.
- Les houillères _ sinistrées occupent actuellement 60 141 ouvriers Contre 100602 en 1913; 34000 travaillent au fond, i5 i36 à la surface et 11995 au jour, à la reconstitution. De plus les entrepreneurs emploient 12705 ouvriers. Les logements ouvriers sont tous réparés ou reconstruits dans les mines du Nord; dans le Pas-de-Calais cette reconstruction procède activement; ainsi Lens, où tout était détruit, possède déjà 1200 logements ouvriers contre 9000 avant la guerre.
- La cause de l’explosion d’Oppau. —_On ne peut dire que la lumière ait été faite complètement sur les causes de l’explosion qui a détruit partiellement l’usine d’Oppau consacrée, comme on le sait, à la mise en œuvre du procédé H$ber. Cependant on a maintenant des renseignements assez précis sur cette catastrophe. Les Directeurs de la Badische Ànilin und Soda Fabrik
- déclarent dans une Revue de chimie allemande résumée par notre confrère anglais Nature que l’explosion du 21 septembre prit naissance dans un silo contenant 45oo tonnes de sulfate-nitrate d’ammoniaque. Il s’agit là d’un sel double répondant à la formule 2(Az03AzH4) S0‘ (Az H*)2 et employé comme engrais. Il n’y avait pas, disent-ils, de nitrate d’ammoniaque pur à Oppau au moment de l’explosion; ils affirment, de plus, que, alors que les propriétés explosives du nitrate d’ammoniaque amorcé dans certaines conditions sont très connues, celles-ci peuvent être éliminées entièrement par mélange avec du chlorure de sodium ou de potassium. De même le sel double cité plus haut aurait fait au cours des essais classiques des explosifs au laboratoire ses preuves d innocuité. Le rédacteur de Nature fait remarquer que, essayé dans les mêmes conditions, le nitrate d ammoniaque ne répond, lui aussi, que faiblement.
- D autre part, le Reichstag a nommé une Commission d’enquête. Celle-ci a constaté que le procédé Haber était exploité intensivement à Oppau et sans un contrôle chimique suffisant. Pendant la préparation du sulfate nitrate d ammoniaque, le nitrate d’ammoniaque n’était pas toujours dissous, mais souvent envoyé tel quel au silo. L engrais formant dans le silo une masse durcie, pour 1 extraire on ne craignait pas de se servir d’explosifs, tout comme dans une carrière; ce trav^iLétait fait par des entrepreneurs et'les ouvriers étaientmême payés aux pièces. C est ce qui s’appelle jouer avec lé feu.
- Le Ckemiker Zeitung signale le danger suivant : l’acide contenu comme impureté dans le sulfate d’ammoniaque peut libérer l’acide nitrique de nitrate et élever la température de la masse. Aussi, actuellement, on note avec soin la température à l’intérieur des stocks restants de produits ammoniacaux; ceux-ci s’élèvent à 8000 tonnes.
- La transmission de l’énergie électrique sous la tension de I million de volts. — La General Electric G0 de Sehenectady (Etats-Unis) vient d’effectuer avec succès des expériences qui marqueront une nouvelle date dans l’histoire de l’électricité industrielle. Pour la première fois on a réalisé, à titre d’essai, une transmission d’énergie électrique sous la tension formidable de 1 million de volts.
- Il faut noter qu’il y a 10 ans seulement, la tension de 100000 volts était considérée comme très audacieuse et qu aujourd’hui encore on n’a pas dépassé pratiquement 220000 volts ; cette tension n’est du reste employée que dans deux entreprises des Etats-Unis. En France, on envisage seulement aujourd’hui l’emploi de la tension de i5oooo volts pour un certain nombre de lignes nouvelles. Il y a fort peu de distributions qui dépassent 60 000 volts.
- Pour réaliser pratiquement la tension de 1 million de volts, il y avait à résoudre de délicats problèmes pour la construction des transformateurs et celle des isolateurs ; ils ont été résolus sans difficultés spéciales. A cette tension l’intervalle d’éclatement entre pointes est de 2 m. 70; il faut pour isoler les conducteurs les suspendre à des chapelets comprenant 22 isolateurs.
- Pour éviter les effets d’effluve, il faut employer des conducteurs de 10 centimètres de diamètre au minimum. On sera donc amené à employer des tubes creux. Et c’est par là que la technique actuelle de construction des lignes sera le plus profondément modifiée.
- On aperçoit sans peine l’intérêt pratique qu’offrira quelque jour la réalisation de ces tensions; une ligne sous 1 million de volts pourrait transmettre une puissance 400 fois supérieure à celle que transmet une ligne identique-sous 5oooo volts et 25 fois supérieure à celle de la même ligne sous 200000 volts.
- Production du mercure. — Le Journal de Pharmacie et de Chimie emprunte au Chemical Druggist les renseignements suivants : Avant la guerre, l’Espagne fournissait à l’Europe la plus grande quantité de mercure, les mines d’Almaden produisant une moyenne de i5oo t. de ce métal par an. L’Italie en fournissait environ 1000 t. venant de Monte Amiata. La production de l'Autriche-
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- INFORMATIONS
- Hongrie s’élevait a 855 t. dont 90 pour 100 provenant des mines d’Idria qui sont maintenant devenues italiennes. En dehors d Europe, les mines de Californie et du Texas fournissaient, en 1913, 7x4 t. de mercure et celle du Mexique i5o t. environ.
- A la fin de 1913, la production mondiale de mercure était de 24°° tonnes.
- Les mines d’Idria sont probablement une des plus vieilles sources de mercure, étant exploitées régulièrement depuis On a calculé qu’à la fin de l’année i8g5, on en avait extrait un total de 58 000 t. de mercure. Maintenant qu’elles sont italiennes, l’Italie est le plus important producteur, avec 4° pour 100 de l’extraction du monde entier.
- Le port de Petrograd. — Le Mouvement Géographique publie l’information suivante, communiquée par la délégation commerciale russe à Londres :
- «t Depuis l’ouverture de la saison de navigation (avril) 91 steamers sont arrivés dans le port de Petrograd. Pendant la première moitié d’août, quelques navires anglais y sont entrés et y ont apporté 20000 tonnes de charbon, 468 tonnes de farine et 1800 tonnes de riz; comme fret de retour, ils ont pris des cargaisons comprenant au total 10000 mètres cubes de madriers et de pins. Pendant la même quinzaine, des navires allemands ont apporté 4280 tonnes de rails d’acier et 36o tonnes d'autre matériel de chemins de fer. Ils ont emmené du lin comme fret de retour. Pat mi les autres navires arrivés en août, on compte des steamers norvégiens qui ont amené 7000 tonnes de charbon, des steamers hollandais qui ont amené 2285 tonnes de froment et des steamers finnois qui ont amené de la farine, des haricots, des extraits de viande, etc. »
- Avant la guerre, en 19x0, on comptait 4,7 millions de tonneaux entrés et sortis du même port!
- Les incendies de forêts en 1921. — Maintenant que la pluie a reparu, on peut faire le bilan définitif des incendies de forêts de cette année d’une sécheresse exceptionnelle. La Revue des Eaux et Forêts publie les renseignements suivants recueillis auprès de l’Administration des Forêts du Ministère de l’Agriculture.
- Forêts domaniales. — Dès le 7 avril le feu détruisait 90 ha. de bois feuillus dans la forêt de Fontainebleau. Le 25 juin un nouvel incendie consumait 70 ha. (feuillus).
- Dans la forêt de Rouvray (Seine-Inférieure), le feu, le 11 avril, a parcouru 32 ha. (feuillus), et les 8 et 9 août, 187 ha. (jeunes pins).
- Dans le département des Ardennes, 83 ha. de bois feuillus de la forêt du Château (ier-2 août) et 45 ha. (résineux) de la forêt de Boux (11 juillet) ont été brûlés ; dans l’Aisne le feu a parcouru ha. de pins delà forêt de Vauclin (2 août); dans l’Orne, 44° ha. de bois résineux et feuillus de la forêt de La Trappe (10 avril); dans l’Indre-et-Loire, 86 ha. de résineux de la forêt de Chi-non (ier mai) ; dans le Cher, 25o ha. de la forêt de Vierzon (10 avril); dans la Vienne, 113 ha. de feuillus et résineux de la forêt de Vouillé (29 avril) ; dans l’Hérault, 5o ha. de résineux de la forêt de Saint-Julien (6 août) ; dans le Var, 43 ha. de feuillus de la forêt de Montrieux (i3 et 14 juillet) ; enfin dans les Alpes Maritimes le feu parcourait x5o ha. de reboisements delà forêt d’Escarène (12 août).
- Forêts communales. — Les plus grands feux furent en Meurthe-et-Moselle, 80 ha. de friches et feuillus de la forêt de Poug (1e1 avril), 5o ha. résineux et feuillus de la forêt de Pagny ; dans les Ardennes 44 ha. résineux de la forêt de Mouzonville (3x juin); dans le Jura, 108 ha. de résineux des forêts de Fraisans et Salans (i5 avril); dans la Haute-Savoie, 60 ha. de taillis sous futaie de la commune de Chaumont (3i juillet); dans le Var, 80 ha. feuillus et résineux de la commune 'de Gonfaron (16-18 juillet) ; dans l’Hérault, xoo ha. de feuillus de la commune de Courmontel (8 juillet) ; dans le Gard, 240 ha. de feuillus delà commune de Castillon (21 juillet); et 65 ha. de chêne-vert de la commune de Nîmes (14 août); dans le Cantal, 90 ha. de feuillus de la commune de Saint-Pierre (11 juillet); dans la Dordogne, 420 ha. de résineux des communes de Savanches, Saint-Michel, Liparon (i5 juillet) et 700 ha. de taillis sous futaie des communes d’Urval, Conlomir, Rouillac (6 mai).
- Forêts particulières. — Les renseignements sont plus
- incomplets. On peut signaler : dans l’Orne, 600 ha. de taillis de la forêt de Bois-l’Evèque (9 sept.); dans le Loiret et le Loir-et-Cher, 1000 ha. de bois résineux (29 avril); dans le Var xi3o ha. de bois résineux et feuillus (7 mai) ; dans la Charente-Inférieure, 172 ha. de résineux et feuillus des bois de Lafont et Flassac (3 août-7 mai) ; dans les Pyrénées Orientales, 540 ha. de taillis de chêne yeuse des bois de Yingran et Campoussy (23 juillet-8 août); dans l’Aude, 207 ha. de taillis-chêne des bois d’Arme-Mort (8-10 août); dans l’Aisne, 325 ha. et dans l’Aube, 200 ha. de taillis sous futaie (8-9 août) ; dans l’Ardèche, 160 ha. de bois résineux (ieraoût) ; dans le Cher, 460 ha. de résineux (28 juillet) et 5a ha. de taillis sous futaie (8 août,); dans les Bouches-du-Rhône, 3oo ha. de résineux (a3 juillet) ; dans l’Hérault, 60 ha. de chêne-vert; dans les Pyrénées Orientales, 100 ha.Æde taillis sous futaie (6 août); dans les Landes, ia5 ha. de futaie (28 juillel-5 août).
- Il y a eu en outre un grand nombre d’incendies moins étendus, portant sur des surfaces de 1 à 40 hectares. Au total, la statistique ne fait apparaître qu’environ 3ooo ha. de forêts domaniales ou communales incendiées et un dommage approximatif de 400000 francs. "Quant aux forêts particulières la superficie incendiée est certainement bien supérieure.
- II y a lieu de remarquer que les incendies qui, d’habitude, ravagent surtout les forêts du Midi, ont cette année parcouru presque toutes les régions du territoire français.
- L’acclimatation du renne a îa terre de Baffin. — Il y a une trentaine d’années, le gouvernement des Etats-Unis entreprit l’acclimatation du renne domestique dans le nord de l’Alaska, afin de fournir à ses habitants un animal de trait adapté au climat et en même temps des ressources alimentaires. Cet essai a obtenu le succès le plus complet. Les quelques centaines de ces animaux importés en 1892 de Laponie et de Sibérie dans ce territoire ont crû et multiplié à telle enseigne qu’actuellement leur nombre ne doit pas être loin de xoo000; déjà en 1915 leur effectif dépassait 70000. Aussi bien, aujourd’hui l’élevage du renne fournit-il aux habitants de cette partie de l’Amérique boréale non seulement leur alimentation, mais encore un important stock de viande très appréciée pour l’exportation. Sur le marché de Seattle, le renne de l’Alaska a rencontré un accueil si favorable qu’il est question de développer sur une grande échelle cette industrie pastorale dans F Alaska afin de pouvoir augmenter les expéditions de viande à destination des villes de la Colombie anglaise et dea Etats-Unis.
- En présence de ce résultat, des Canadiens ont résolu’ depoursuivre une expérience semblable à la terre de Baffin, cette immense île restée inutile, qui est située, comme on sait, entre la mer d’Hudson et le détroit de Davis. A cet effet, annonce le Tidens Tegn de Kristiania, des troupeaux de rennes ont été achetés en Norvège et des Lapons engagés pour une période de trois ans à charge par eux de diriger l’élevage projeté. A la fin de septembre six familles laponnes se sont embarquées avec leurs animaux dans un port de la Norvège septentrionale sur un bateau spécialement aménagé pour leur transport.
- Conférence de l’organisation française. — Depuis quelques années, les problèmes d’organisation scientifique du travail commercial et industriel ont pris dans l’opinion publique la place qu’ils méritent vraiment. Un grand nombre de personnes, les unes à un point de vue théorique, les autres à un point de vue pratique, se sont données à la nouvelle science du travail.
- Une association, réunissant un certain nombre d’ingénieurs, administrateurs, organisateurs, physiologistes, etc., vient de se créer.
- Elle a pour objet l’étude en commun des méthodes rationnelles de nature à procurer le meilleur rendement du travail humain, intellectuel ou matériel, au profit des employeurs, des employés et du public. Elle se propose de rechercher et d'énoneer les principes généraux sur lesquels imposent ces méthodes et de les vulgariser par tous moyens appropriés.
- Le siège de la Conféi’ence de l’Organisation française est 44, rue de Rennes, Paris.
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- VAR] ÉTÉS
- L’ozone dans la conservation des denrées alimentaires. — Des essais ont été effectués à Lorient, par la Compagnie générale de l’Ozone, en vue de déterminer les effets de l’ozone sur le poisson conservé et d'appré • cier le rôle que peut jouer cet agent dans la désodorisation des salles de conservation de la marée, où celle-ci est entreposée jusqu’à ce qu elle soit livrée à la consommation.
- A ce sujet, bon nombre d’industries alimentaires, intéressées par les expériences faites de divers côtés, recherchent les conditions rationnelles d’application de l’ozone à la conservation des denrées alimentaires.
- Jusqu’à présent, en effet, l’ozone — qui, comme on sait, est de l’oxygène condensé et électrisé — a été employé surtout comme désodorisant. Produit quand on en a besoin et selon les besoins, l’ozone peut rendre de grands services aux industries de l’alimentation. Mais, à cet égard, les industriels peu au courant de cette méthode qu’il y aurait grand intérêt à propager, ont à s’initier à son emploi.
- Le moyen vraiment pratique et industriel de produire l’ozone économiquement consiste à faire passer de l’air atmosphérique ordinaire à travers des effluves électriques. L’oxygène qui se trouve dans cet air se transforme, sous l’action des étincelles électriques, en ozone et dégage une odeur spéciale.
- Pour produire les effluves, on utilise le courant électrique, que l’on transforme en courant alternatif d’environ 5o périodes, et que l’on porte à une tension de io ooo à 20 ooo volts.
- En vertu d’un phénomène électrique bien connu, l’effluve se produit entre les surfaces intérieures de deux plaques non conductrices d’électricité, dont les surfaces extérieures sont maintenues à des voltages différents.
- Au point de vue économique, les progrès réalisés résident dans ce fait qu’on plonge les ozoneurs ou plaques métalliques dans le milieu même à ozoner.
- S’il s’agit d’ozoner de l’huile pour la blanchir, l’épurer et la désodoriser, on fait passer les effluves dans l’air introduit dans le liquide même. S’il s’agit d’ozoner l’air pour le stériliser, comme dans la conservation des viandes, des salaisons, du poisson, etc,, on place les plaques dans la chambre même où se trouvent les denrées à conserver. On réalise ainsi 45 pour ioo d’économie, par l’utilisation de l’ozone naissant, c’est-à-dire de l’ozone qu’on utilise à l’instant même de sa production, sans canalisation, sans tube, ni tuyauterie, ni réfrigérants.
- Plus intense est la circulation d’air entre les effluves, plus on produit d’ozone, la quantité d’oxygène à transformer étant plus grande, et l’ozonisation est d’autant plus complète qu’on laisse l’air plus longtemps en contact avec les effluves. On peut même obtenir un degré de concentration ozonique presque parfait si tout l’oxygène du milieu ambiant vient au contact des effluves électriques des ozonisateurs.
- Pour faire une installation d’ozonisation, il faut d’abord connaître la force du courant électrique disponible, afin de calculer la puissance des transformateurs |
- nécessaires pour obtenir un courant périodique de 5o périodes à la tension de io ooo à 16 ooo volt» ; il faut ensuite déterminer les dimensions des salles de conservation à ozoner, afin de connaître la quantité d’air à insuffler, et déterminer la puissance électrique en kilowatts requise.
- L’installation d’une station de conservation des denrées alimentaires comprend les éléments suivants : un transformateur électrique, des ozoneurs, un insufflateur d’air et un ventilateur.
- Le mécanisme fonctionne automatiquement; il suffit d’établir le contact en tournant le commutateur; le courant électrique passe et l’ozone se produit.
- L’opération d’ozonisation se renouvelle chaque jour, pendant deux ou trois heures, dans les chambres de conservation, sans manipulation, ni frais d’entretien du matériel. Il faut un ozoneur construit pratiquement, pour cet usage, et obtenir un rendement maximum en ozone pour une force minimum de consommation d’électricité.
- L’ozone n’exerce aucune action nocive sur les produits conservés. Son action antiseptique s’exerce dans l’air ambiant et non dans les substances à conserver. En dosant convenablement l’ozone dans les locaux de conservation, on détruit les agents de décomposition des matières organiques.
- La combinaison d’une température voisine, mais supérieure à celles en usage dans la réfrigération, avec une insufflation d’air ozone pas trop concentré, résout le problème d’une conservation parfaite et de très longue durée. En stérilisant l’air, l’ozone met obstacle à la décomposition de la viande, comme si celle-ci était plongée dans un bain protecteur isolant, de cire ou d’huile imputrescible; elle reste telle qu’elle était au début sans se modifier et sans subir la moindre altération.
- L’emploi de l’ozone offre le grand avantage de supprimer les réfrigérations trop énergiques, qui goufb nt la trame des tissus, détruisent les qualités phyt-iques des matières organiques et favorisent, de ce fait, leur décomposition rapide dès qu’elles sont soustraites à l’action des frigorifères, pour être exposées, quelques heures seulement, à l’influence de la température extérieure.
- Au point de vue de la désodorisation des locaux de conservation, des essais furent effectués dans les chambres de la halle-type de mareyeurs, à Morlaix, où avaient été placées à dessein des caisses contenant des déchets de poissons répandant une odeur ammoniacale irrespirable. Après enlèvement de ces caisses, quelques minutes suffirent pour faire disparaître, par ozonisation, toute mauvaise odeur. Des poissons frais, traités semblablement, ne présentèrent aucun changement particulier, ni dans l’aspect, ni dans le goût, après avoir séjourné dans un air saturé d’ozone à la température ordinaire (cas défavorable, qui ne se présente jamais).
- L’ozonisation constitue donc un réel progrès dans les méthodes de conservation des denrées alimentaires.
- Henri Blin.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qni parviennent an Service de la Boîte anx Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant an caractère d’intérêt général et accompagnées d’ane bande d’abonnement. Il est rappelé qn’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Correspondance. — M. Jean Maunand, 45, Cours Morand, Lyon, désirerait se procurer l’ouvrage suivant : Précis de Chimie minérale, par Sambuc. (Ancienne édition).
- Réponses. — JL Seherr, à Epinal. — Les lampes doivent être en nombre suffisant pour permettre le passage d’une intensité correspondant à celle qui doit charger les accumulateurs, mais cela n’a qu’une impor-
- tance relative puisque vos éléments sont branchés en permanence. Nous avons donné dans le n° 2460 la description d’un disjoncteur-conjoncteur qui coupera le courant quand les accumulateurs seront charges complètement. Vous pourriez employer également pour cet usage un conjoncteur-disjoncteur comme ceux que 1 on emploie pour l’équipement électrique des voitures automobiles et vous adresser à S. I. P. D. E., 80, boulevard Jourdan, Paris.
- Pour la vérification immédiate de l’intensité de vos lampes de tirage de photographie, nous pensons qu'un voltmètre suffisamment sensible et apériodique xons donnerait satisfaction, car l’intensité baisse dan» vos lampes à cause de la variation de la tension de disiri-
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- bution et pour que l’éclat des lampes soit variable d’une manière appréciable, la variation de tension sera sensible au voltmètre.
- M. Bruyant, à Elbeuf. — Votre petit poste récepteur doit vous permettre de recevoir quelques émissions de bord et de postes côtiers.
- La plupart des stations continentales transmettent maintenant sur ondes entretenues ; il faudrait utiliser un dispositif convenable pour recevoir ces émissions, votre dispositif à galène ne suffît pas pour cela. L’installation d’appareils récepteurs pour ondes entretenues n’est ni difficile, ni bien coûteuse.
- M. P. Ruchon, à Romans. — A moins que ce ne soit comme expérience de démonstration et tout à fait exceptionnellement, nous vous déconseillons absolument la pratique de la transmission. La transmission de signaux télégraphiques est formellement interdite par la loi.
- Une petite bobine de 2 cm d étincelle à vide, alimentée par une batterie d’accumulateurs de 4 ou 6 volts, vous permettra de franchir largement 3 ou 4 km avec une, petite antenne d’amateur.
- M. L. Tersen, Paris, 180. — Il est indispensable d’utiliser sur le même appareil des lampes identiques.
- Si vous utilisez les lampes Telefunken (à bande grise il faut employer une batterie de plaque de 80 volts. Avec des lampes « Métal » ou « Fotos », vous pouvez réduire très sensiblement le voltage de cette batterie.
- M. P. G.,kC. — i° Votre téléphone de 2000ohms sera favorablement shuuté par un condensateur de 2 millièmes de microfarad.
- 20 L’énergie emmagasinée par kilogramme de plaque varie selon la nature de l’accumulateur utilisé de 20 à n5 watts-heures.
- M. G. Jeanne, à Saint-Sever. — Nous vous conseillons de réaliser un montage autodyne en utilisant deux inductances « nids d’abeilles », selon le schéma de la figure 47 de la la T. S. F. des Amateurs, dans La Nature du 6 août dernier.
- M. R. Schlumberger. — L’article 2 de l’arrêté du 27 février 1920 subordonne en effet à l’avis de l’autorité militaire ou maritime l’autorisation d’établir un poste récepteur privé de T. S. F. dans une zone de 5o km au voisinage des frontières terrestres ou maritimes. Adressez une demande d'autorisation au général commandant votre région.
- M. L. Soissons, à Bourges. — Le poste de Scheve-ningue P. G. H. transmet un météo hollandais sur ondes amorties de 1.900 m. à 11 h. i5; c’est sans doute cette émission que vous entendez.
- M. Mulard, à Saint-Pol. — Adoptez le schéma de la figure i3 de la T. S. F. des Amateurs parue dans La Nature du 28 juillet dernier. Vous placerez votre relais à cadre à la place du téléphone.
- Abonné n° 92, à Levallois. — Vous n’avez aucun avantage à donner à votre cadre des dimensions aussi encombrantes, vous pouvez obtenir d’excellents résultats avec un cadre parallélépipédique de 1 m. seulement de côté. Les grands cadres conviennent surtout pour la réception des petites longueurs d’onde.
- Utilisez un condensateur variable à diélectrique air d’une capacité maxima de 1/2 millième de microfarad et vous compléterez ce dispositif au moyen de deux ou trois condensateurs fixes de 1/2 millième et de 1 millième de microfarad.
- M. R. M., à Nimes. — Nous ne pouvons vous garantir le bon fonctionnement d’un dispositif qu’autant que vous vous conformez à nos données et mesures. Toutefois l’écart que vous nous signalez n’est pas de nature à compromettre le rendement de votre appareil et il faut chercher une autre cause à votre insuccès.
- Vérifiez le montage de vos transformateurs, assurez-vous que vos connexions sont convenablement placées et que vos enroulements ne se trouvent pas accidentellement rompus.
- Pour la réception des grandes longueurs d’onde, nous vous conseillons l’emploi d’un hétérodyne séparé. Vous pouvez le construire exactement comme celui qui a été décrit dans La T. S. F. des Amateurs, mais en doublant, pour atteindre aisément 2 5 000 mètres de longueur d’onde, la longueur des enroulements.
- Vous pouvez utiliser des inductances « nids d’abeilles » pour confectionner votre hétérodyne en réduisant d’un tiers environ la quantité de fil bobiné ; vous pouvez utiliser aussi dès galettes plates.
- Vous pouvez utiliser un condensateur variable normal avec l’appoint facultatif de deux condensateurs fixes (condensateur variable de 1/2 millième de microfarad; condensateurs fixes de 1 /2 et de 1 millième de microfarad).
- B., Foyer de Thann. — i° Vous pourriez passer sur le ciment un lait de chaux (deux couches par exemple), puis, une fois ce dernier bien sec, une peinture au silicate (silexore, notamment), qui conserverait cet aspect de pierre blanche.
- Nous vous signalons un enduit pierreux le « stucpeint » qui imite bien la pierre, son grain et sa dureté. Fabricant: Société anonyme Tekko, 28, rue de Richelieu, Paris.
- 20 Nous ne connaissons pas de fabricants de pierres factices dans la région que vous indiquez.
- 3° Il n’existe pas à notre connaissance d’ouvrages traitant particulièrement des agglomérés et pierres factices. Ce sont surtout dans les revues spéciales que vous pourriez trouver des formules. A cet égard voyez auprès de M. Margry, éditeur de la Revue des Matériaux de construction, 148, boulevard Magenta, Paris.
- L. T., Le Greusot. — i° D’après le schéma que vous nous communiquez, la lampe de votre agrandisseur est placée sensiblement plus haut que.l’axe optique et le centre du cliché. Il est dès lors tout naturel qu’une partie de l'image soit plus foncée que le reste de la surface. Vous obtiendriez un éclairement plus uniforme en interposant un verre dépoli entre la source de lumière et le phototype. Le temps de pose s’en trouverait prolongé, mais cet inconvénient serait amplement compensé par l’amélioration des reproductions. 20 Pour établir un agrandissement, il faudrait d’abord connaître le foyer de la lentille que vous vous proposez d’utiliser. A défaut de cette indication, nous ne pouvons vous donner que des formules dans lesquelles vous remplacerez la lettre f par la distance focale principale de l’objectif. Dans le cas prévu, soit un agrandissement de deux fois, la distance du cliché au centre de l’objectif serait : /’+ 1/2 f. La distance du centre de l’objectif à l’image agrandie, 3 f. Enfin, la distance de l’original à l’image, 4 /*+/’/2. Si vous ne connaissez pas le foyer de votre objectif, vous pourrez le déterminer par le moyen suivant. Dessinez un carré ou un cercle sur une feuille de papier que vous fixerefe sur une planchette verticale. Braquez vers ce dessin votre objectif monté sur une chambre noire, en faisant varier la distance jusqu’à ce que l’image, soigneusement mise au point, ait exactement la même dimension que le modèle. Mesurez alors la distance qui sépare le dessin du verre dépoli : le quart de cette distance représentera le foyer absolu de l’objectif.
- M. Teste du Bailler, à Vienne (Isère).— Il vous sera très facile d’arrêter les ravages des vrillettes qui rongent vos meubles, mais l’opération demandera un peu de patience. Achetez chez un pharmacien de la liqueur de Van Swie-ten, puis, au moyen d’une seringue en verre, par exemple seringue de Luer à injection hypodermique, introduisez dans chaque trou quelques gouttes du produit, les insectes seront ainsi détruits radicalement; se rappeler que la liqueur de Van Swieten renferme du bichlorure de mercure et prendre par suite les précautions nécessaires pour éviter toute intoxication.
- M. le DT Peillon, à Morat. — i° Le mieux est de vous procurer quelques morceaux de linoléum d’un ton approchant et de les clouer dans les parties manquantes en prenant soin de bien raccorder les sections à vif, tout autre essai de réparation ne présenterait aucune solidité ; — 20 Si nous avons bien compris votre question, il s’agit du nettoyage d'une feuille imprimée; pour cela, il vous suffira de là plonger, après l’avoir mouillée, dans un mélange de un volume d’eau oxygénée et de deux volumes d’eau, le tout additionné de quelques gouttes d’ammoniaque. Après une immersion variant de une demi-heure à deux heures selon, le jaunissement de la feuille, On la sort du bain et on lave à grande eau.
- M. Morel, à Morez-du-Jura. — On emploie le plus souvent pour le polissage au tonneau des petites pièces en cuivre une mixture analogue à la suivante, pour un hectolitre d’eau :
- Craie pulvérisée...............5 kg
- Chaux de Vienne ....... 3 —
- Terre à foulons................4 —
- Gendres de bois tamisées ... 5 —
- Rouge d’Angleterre. . . . . . 3 —
- Savon mou. . . . . . . ... 5 —
- Il n’y a pas de règle à adopter pour la quantité de billes.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2488
- 10 Décembre 1921
- INFORMATIONS
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- La turbine à gaz Ringeîmann. — A la suite de larticle publié sur la turbine Holzwarth, un de nos lecteur, M. Peltré, nous communique les détails suivants
- —Tj v
- Fig. i. — La turbine Ringeîmann.
- sur une turbine à gaz inventée en i8g6 par M. Ringel-mann, le distingué directeur de la Station d’Essais de machines agricoles.
- Un modèle a été construit et essayé à l’indicateur avec divers combustibles (pétrole lampant, essence minérale, gaz d’éclairage, etc.); il se caractérisait parla suppression de la compression préalable et de l’eau de refroidissement indispensables aux moteurs à explosions.
- Le cycle comprenait : i° la formation, sans compression préalable du mélange tonnant dans un récipient ; a0 l’allumage ; 3° l’échappement (période d’utilisation du moteur) ; 4° la ventilation de la chambre d’explosion.
- Ces principes étant posés, voici la description de l’appareil représenté par le dessin schématique (fig. i). Un cylindre A est muni de deux soupapes Y et R s’ouvrant de dehors en dedans. La soupape V est reliée par un conduit B à un ventilateur C. La soupape R est en communication avec une cheminée D d’évacuation.
- Un conduit E F, pourvu d’une soupape permet, au moment voulu, l’introduction en A de la vapeur ou du gaz combustible. En G est figuré l’appareil d’allumage. Un tuyau H, sur le trajet duquel est placée une soupape automatique h (s’ouvrant de dedans en dehors), relie le réservoir A au moteur rotatif M constitué par une roue à aubes courbes.
- Le fonctionnement a lieu de la manière suivante :
- ire période. — Les soupapes V et R sont fermées; une certaine quantité de gaz ou de vapeur combustible
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de la turbine Ringeîmann.
- est envoyée par E F dans le réservoir A et forme avec l’air que contient ce dernier un mélange tonnant à une pression voisine de celle de l’atmosphère;
- î° période. — L’allumage s’effectue; explosion;
- 3° période. — Sous l’action de la température la pression s’élève en A (elle atteint environ 5 kg), le clapet h se soulève automatiquement, les gaz s’échappent par le tuyau H et actionnent le moteur rotatif M;
- 4° période. — La pression tombant en A, les sou-papeg Y et R s’ouvrent, le ventilateur G envoie en A un
- courant d’air qui chasse par D les produits de la combustion et les remplace par de l’air; les soupapes Y et R retombent sur leurs sièges.
- Un arbre de distribution, non figuré sur le croquis, est mis en mouvement par le moteur M pour commander les soupapes Y et R et l’allumeur G.
- Lors de l’emploi du pétrole lampant, les huiles lourdes se condensent et sont soustraites à la combustion en passant par I dans le réservoir L d’où on les retire par le robinet N. Dans les essais, le pétrole lampant, avant d’entrer dans le cylindre A, était chauffé et vaporisé par une lampe à pétrole.
- La turbine actionnée par l’échappement des gaz avait o m. i4o de diamètre extérieur.
- Les deux photographies» ci-jointes représentent : figure 2 l’appareil complet (à part le ventilateur et la turbine), tel qu’il a fonctionné aux essais et muni de quatre réservoirs comme A et d’un indicateur-enregis-
- Fig. 3. — Le rotor de la turbine Ringeîmann.
- treur de pressions ; figure 3, la turbine à une plus grande échelle.
- Une nouvelle essence pour automobiles. — La revue Les Matières grasses, signale cette innovation d’après Journal of Industries, Prétoria. Les laboratoires de chimie du Gouvernement, à Capetown, ont étudié, paraît-il, un nouveau produit découvert par M. S.-W. Blake, qui lui a donné le nom d’acétol.
- Cette substance est ajoutée à un mélange d’acétylène et d’alcool et triple ou quadruple ainsi le pouvoir d’absorption de l’alcool pour l’acétylène. On peut l’ajouter à l’alcool en toute proportion. On obtient ainsi une variété d’essences convenant pour des conditions variables d’utilisation de l’automobilisme.
- Le pétrohol. — Parmi les innovations dans l’industrie du pétrole, il convient de citer notamment celle qui a été réalisée en Amérique, et que signale la revue Les Matières grasses.
- En pyrogénant, dans des conditions déterminées, des huiles à gaz, on a pu obtenir de 5 à 6 pour too d’olé-fines qui, recueillies dans un mélange d’acide sulfurique et d’huile à gaz, donnent, par hydrolyse, de l’alcool iso-propylique.
- Les gaz perdus à la distillation se comportent de même, mais il est nécessaire d’éliminer le soufre par un procédé convenable pour éviter la formation de mercap-tans.
- Le produit obtenu, le pétrohol, est de qualité aussi bonne que les meilleurs alcools isobutyliques de fermentation ; il peut être employé dans toutes les applications de ces derniers (solvants, parfumerie, préparation de l’acétate d’isopropyle).
- D'après M. Bordas, la même opération pourrait s’appliquer aux distillais du schiste et du lignite.
- Les pétroles de Galicie. — Nos lecteurs savent tous que les champs pétrolifères de la Galicie sont parmi les plus importants du monde, abstraction faite des gigan»
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- INFORMATIONS
- tesques champs pétrolifères d’Amérique, du Mexique et s du Caucase. J
- Mais, depuis qu’ils sont revenus sous la domination J polonaise, il ne faut pas oublier l’importance qu’ils auraient au cas de conflagrations toujours à redouter dans cet Orient qui nous a coûté tant de larmes, et qui n’a pas encore dit son dernier mot, hélas !
- Le Docteur S. Janicki vient de publier sur ce sujet un opuscule, sous les auspices du Bureau de la Presse Polonaise.
- Cet opuscule est assez intéressant pour que nous ayons eu la curiosité de nous le procurer, et d’en donner ici un court résumé à nos lecteurs.
- Il est hors de doute qu’après les luttes commerciales gigantesques qui ont eu lieu récemment entre les deux formidables groupements qui se disputent l’hégémonie du commerce des pétroles, le groupe polonais a un rôle actif à jouer pour régulariser les cours des pétroles et de ses dérivés.
- De 1900 à 1910, le groupe galicien, alors sous la domination autrichienne,n’a pas craint d’engager la lutte contre les potentats du pétrole américain et connexes.
- Disons un mot rapide sur l’historique de la découverte et de la mise, en valeur des pétroles de Galicie. C’est en i852 que Ignace Lukasiewicz, aide-pharmacien au service de Mikolash à Lemberg, fit des expé-
- Ces réservoirs n’avaient pas en général la capacité voulue pour contenir la production annuelle ; et l'on peut calculer la perte de ce fait. On conçoit qu’un tel état de choses n’était pas encourageant pour ceux qui voulaient tenter de faire des sondages. La faute grave en était au Gouvernement autrichien qui a toujours mis la plus grande mauvaise volonté à venir en aide aux foreurs en quête d’un capital qui aurait été largement rémunéré.
- Les raffineries de pétroles qui s’affilièrent à la « Compagnie Petroleæ » encouragèrent la construction de réservoirs ; mais là se dresse une particularité économique curieuse et un peu comique, c’est que ces sociétés n’avaient pas d’intérêt à faire de trop grands réservoirs, pour la bonne raison que cela leur permettait d’acquérir l’excédent de la production à des prix de famine. Le manque de réservoirs exposa l’industrie pétrolifère à des ennuis très grands et à des pertes de cette matière première si précieuse et que les hommes gaspillent, alors que les lendemains sont si sombres.
- Ainsi, en 1907, des puits tels que ceux de Wilno à Tustanowice, et celui de « Oil City » au même endroit, qui produisaient 100 wagons chacun par jour, ayant manqué de réservoirs, durent déverser sur la campagne environnante, prés et terres cultivés, fertiles, l’excédent de leur production qu’ils étaient incapables d’emmagasiner
- Nnmhrp lêleuren mil- Production 1
- d’ouvriers u'onsdscouron-, en Nombre d ouvriers — —
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- riences suivies pour obtenir un pétrole lampant acceptable ; aidé des suintements qu’il observa, il fit les premiers sondages. Ensuite, après des années aux fortunes diverses, l’exploitation se fit régulière, et l’on peut voir d’après les courbes ci-contre le sort des exploitations galiciennes.
- Les lignes pleines représentent les productions en tonnes de 1900 à 1920. Les lignes pointillées leur valeur en couronnes. Naturellement, à partir de l’année 1914, il faut tenir compte de l’abaissement de la valeur de la couronne, qui actuellement est presque nulle.
- Les lignes mixtes indiquent le nombre des ouvriers employés.
- Le maximum du rendement a correspondu pour l’année 1909 avec une production de a 076 740 tonnes. Il faut noter à propos de ce chiffre extrêmement élevé qu’il n’a été dépassé que par les Etats-Unis, la Russie et le Mexique.
- De 1900 à 1912, le total de la production des puits galiciens a été de i6 5a5 104 tonnes, ce qui constitue une supériorité de 5oo 000 tonnes pour cette période sur les colonies hollandaises des Indes Orientales. A partir de 1910, la production commença à diminuer et à s’établir stable dans les environs de 3oo 000 tonnes annuellement.
- Ce n’est pas tant que la production elle-même diminuât réellement, mais c’est plutôt le manque de réservoirs et de réseaux de lignes souterraines qui obligea à cette époque à restreindre les sondages.
- Il faut aussi ajouter que les recherches commencèrent à diminuer, car les gens ne vont qu’aux gros bénéfices immédiats.
- En 1.9xi, la totalité des citernes delà Galicie avait une capacité totale de 264755 citernes (une citerne vaut environ 10000 kg)sur lesquelles 151 798 étaient propriétés privées, 86 58a appartenaient au Gouvernement autrichien, et 26 375 étaient louées par ledit Gouvernement.
- par suite de l’absence de réservoirs. Homo homini lupus.
- Quelle curieuse manière de comprendre l’intérêt commun !
- L’Autriche et la Hongrie jouèrent là un rôle qui n’est pas à leur honneur, par animosité contre la Pologne qu’ils eussent désiré voir au niveau industriel le plus bas. Il est à souhaiter que les Polonais, possesseurs de ces richesses à nulle autre pareilles, sachent éliminer les éléments nocifs de leurs anciens ennemis d hier, et qui pourraient bien devenir ceux de demain.
- Les raffineries autrichiennes et hongroises s’opposaient à tout groupement de producteurs, susceptibles de faire hausser le prix de l’huile brute. Elles étaient aussi opposées à l’établissement de toutes nouvelles raffineries ou réservoirs, qui auraient été susceptibles d’augmenter les quantités d’huiles sur le marché. Elles préféraient expédier tout excédent d’huile à l’étranger à un prix presque nominal. Leur principe directeur était de maintenir le haut prix de tout pétrole lampant pour leur propre pays.
- Elles-mêmes tiraient de gros profits de la valeur de leurs excédents d’huile, exportaient l’huile raffinée et en même temps remboursaient leur capital souscrit, aux dépens de la production du pays.
- De telle sorte que l’activité des raffineries austro-hongroises avait une influence mortelle sur la production de l’huile en Galicie.
- La productivité des zones pétrolifères en Galicie: orientale, qui fut cause d un krach à la fin du xix° siècle, diminua juste en même temps que la production annuelle totale de la Galicie passa de 5ooooo tonnes en 1902 à 2000000 de tonnes en 1909. Cette augmentation eut précisément lieu en Galicie Occidentale qui est. le berceau de l’industrie pétrolifère.
- Il faut attendre dans cette région beaucoup encore des sondages que l’on y fait et de ceux que l’on y fera.
- De 1900 à fin 1919, on peut estimer la production des puits polono-galiciens à 22620600 tonnes. L’avenir de.
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- INFORMATIONS
- la production pétrolifère galicienne dépend des travaux préliminaires de sondages.
- Elle dépend aussi de la prospection de nouvelles zones d’huiles. Il est impossible de prédire l’avenir de l’industrie pétrolifère galicienne, pas plus que celui des industries semblables de tous autres pays.
- Tous les pays pétrolifères ont montré des hauts et des bas successifs. Les puits de Tustanovice pourront encore diminuer de rendement.
- Mais, d’autre part, Dobrohostow, Bitkow, Starnina, Dzwiniacz, Manow et Pniow, donnent des espoirs des plus encourageants, par suite des nouveaux sondages qui y sont faits. Albert IIutin.
- La houille de Mandchourie, la plus puissante couche de charbon du monde. — La Revue de l’industrie minérale décrit d’après Coal Age les mines de charbon de Fushun en Mandchourie. C’est là que l’on trouve la plus puissante couche de charbon du monde : elle atteint en effet par endroits i3om. d'épaisseur avec 9 m. seulement de stériles intercalés. Ces mines se trouvent à une quarantaine de kilomètres à l’est de Moukden et appartiennent à la South Manchuria Rail-way C°. L’exploitation commencée il y a 600 ans par les Coréens, interdite pendant 2 siècles par les Chinois à cause du voisinage du mausolée de l’Empereur Taï-Tsu, a été reprise par les Russes pendant la guerre russo-japonaise et continuée par les Japonais à partir de 1907. L'extraction quotidienne, de 36o tonnes en 1907, est passée à 12000 tonnes en 1920. Ces mines se développent très rapidement.
- L’exploitation se faisait au début par la méthode des chambres et piliers et entraînait la perte de 70 pour 100 du gisement. Cette méthode a été abandonnée, à cause des éboulements, des feux qui se sont produits et enfin de l’explosion survenue en 19x8 au puits Oyama qui causa la mort de 900 personnes.
- L’exploitation souterraine se fait actuellement avec remblayage hydraulique au sable.
- En 1914 on a attaqué sur une grande étendue une exploitation à ciel ouvert où la couche a une épaisseur de 120 m. de charbon. A la fin d’octobre 1919 on avait extrait déjà 1309000 tonnes de charbon. Cette exploitation sera conduite activement jusqu’à une épaisseur égale à 3 fois l’épaisseur de la couche. On admet qu’elle durera 3o ans et fournira plus de 100 millions de tonnes de charbon.
- En 1920 on a commencé une autre exploitation à ciel ouvert d’où l’on compte extraire 372 millions de tonnes de charbon. L’excavation représentera près de cinq fois et demie le volume du canal de Panama.
- Les phosphates océaniens de Nauru. — Les phosphates des îles-Nauru (car il y en a deux), situées dans le Pacifique, près de la Nouvelle-Zélande, sont exploités en commun par l’Angleterre qui a un droit sur 42 pour 100 de la production, par l’Australie qui possède un droit égal et par la Nouvelle-Zélande qui se contente de 16 pour 100 de la production. Les phosphates des deux îles, dit le fascicule n° 379, édité par le Ministère de l’Agriculture et des Pêcheries d’Angleterre, sont de la même qualité. Ils ont pour origine le guano des oiseaux de mer qui a réagi sur les coraux qui constituent ces îles.
- Ils contiennent de 80 à 85 pour 100 de phosphate tri-calcique et très peu de fer et d’alumine, ce qui, comme chacun sait, leur donne une plus-value sur le marché des engrais. Pendant la guerre, la rareté des scories Thopias en Angletei’re a été cause de l’emploi desdits phosphates, qui, finement moulus, ont remplacé les scories absentes et même les superphosphates.
- Des expériences faites sur des terres à trèfle, suides terres de prairies naturelles riches en matières organiques et à plùies abondantes, ont donné d’excellents résultats. C’est une Compagnie fermière qui distribue aux propriétaires anglais les quantités de phosphates de Nauru qui leur sont utiles. Elle livre une matière contenant en phosphate tricalcique entre 40 pour 100 et 60 pour 100. Dans certains cas prévus, elle livre du phosphate à teneur de 80 à 85 pour 100.
- La quantité employée est de 200 à 3oo kg par acre (il y a 2 acres 1/2 dans 1 hectare) de mélange de phosphate de Nauru et de scorie basique. Cette quantité s’applique à des sols lourds et à chutes de pluie assez
- abondantes, aux sols tourbeux par exemple. Sur les terres arables ordinaires il n’en est pas de même, car il faut toujours y employer du superphosphate, au moins partiellement.
- Dans ce cas, les 200 kg de phosphates de Nauru que 1 on appliquera par acre ne serviront que comme une réserve qui n’empêchera pas l’emploi du superphosphate dont on ajoutera too kg par acre pour donner un coup de fouet à la végétation.
- L’unité de phosphate de chaux par tonne est livrée à l’agriculteur anglais au prix de 2 shillings 6 deniers à 3 shillings.
- L’unité de phosphate de chaux dans les scories Thomas vaut 4 shillings 3 deniers et dans le superphosphate 4 shillings.
- On juge ainsi de l’avantage des phosphates de Nauru.
- L’industrie des huiles hydrogénées au Japon. — Un rapport du vice-consul des Etats-Unis à Kobe fait connaître que le Japon a développé, en ces dernières années, l’industrie ayant pour objet la solidification des huiles de poisson et des huiles végétales par hydrogénation, en vue de l’utilisation de ces huiles en savonnerie.
- En 1918, le Japon a exporté 788673 livres d’huile hydrogénée. Les usines traitent principalement les huiles de baleine et de poisson, les huiles de coco et de soja.
- L’hydrogène nécessaire est obtenu par décompositiou électrolytique de l’eau, ce qui peut se faire économiquement grâce aux installations hydro-électriques procurant, le courant électrique à bas prix. On obtient aussi l’hydrc-gène comme sous-produit de la fabrication de soude caustique ou par action des acides sur les métaux.
- L’industrie des huiles hydrogénées s’est développée avec la savonnerie et sa prospérité dépend de cette dernière.
- Les quantités considérables d’huiles de poisson et d’huiles végétales dont dispose l’industrie japonaise, et les débouchés qu elle peut trouver, donnent à prévoir son grand développement dans l’avenir.
- Le rendement du bois et de la sciure en pâte à papier. — Des expériences ont été faites au Canada en vue de comparer le rendement de diverses qualités de bois en pâte à papier. L’industrie forestière canadienne s intéresse beaucoup à l’utilisation des bois pour la fabrication de la pâte de cellulose. Plus particulièrement la revue Pulp and Paper Magazine a publié un compte rendu de M. John S. Bâtes, relatif à des expériences faites très minutieusement dans une usine canadienne où on se proposait de comparer le rendement en pâte au bisulfite du bois sain, du bois endommagé et de la sciure de bois.
- Le bois endommagé était resté en chantier pendant une période yariant de x à 3 ans et était attaqué dans une proportion de 10 pour 100 environ. La sciure de bois utilisée provenait des appareils de découpage du bois. Pour le rendement, il y a lieu de distinguer la cellulose de premier jet et celle de deuxième jet, obtenue avec les déchets, notamment ceux du tamiseur.
- De 17 cordes de bois sain on a retiré 8 tonnes 46 de pàte n0 1 ; de 18 cordes de bois endommagé 7 tonnes 44. Le rendement de la sciure équivalait à celui du bois sain. La pâte obtenue en ce cas est plus fine que celle obtenue habituellement. Mais, après mélange avec la pâte ordinaire, on peut l’utiliser à la fabrication du papier-journal.
- Quant aux bois restés longtemps immergés, l’eau ayant éliminé la sève et les résines et assuré la conservation à l’abri de l’air, on aurait, paraît-il, plus de facilité pour leur traitement en vue de la fabrication de la pâte à papier qu’avec des bois venant directement des forêts.
- Voyage d’étude agricole et zootechnique en Italie. — Le Bulletin des éleveurs ,de Florence et un Comité composé des principaux éleveurs italiens organisent à travers l’Italie une visite des principaux élevages avicoles et zootechniques de la Ligurie, delà Toscane, du Latium, des Marques, de la Lombardie et de la Vénétie. Le voyage durera près de trois semaines et aura lieu au début d’avril 1922.
- Pour renseignements, s’adresser à M. Carlo Bonetti, via Fiesolana, 17, Florence, Italie.
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- *»> Physique
- Un indicateur électrique d’acide carbonique. — La conduite rationnelle d’une chaudière ou de tout autre appareil de combustion exige que l’on puisse suivre constamment la proportion d’acide carbonique contenue dans les gaz qui s’échappent du foyer. On peut ainsi se rendre compte si la combustion est complète ou non, et en régler la marche en conséquence. L’industrie dispose aujourd’hui de nombreux appareils remplissant excellemment cet office.
- En voici un de plus qui offre cette particularité que l’acide carbonique est dosé par des moyens purement électriques sans faire intervenir aucun réactif chimique, dont la manipulation peut être parfois quelque peu délicate. Cette méthode se recommande surtout à bord des navires, où l’on recherche toujours un appareillage robuste et peu sensible aux mouvements du bâtiment.
- La méthode imaginée par le Dr Shakespear, de l’Université de Birmingham, repose sur les variations de conductibilité thermique provoquées par la présence dans les gaz de proportions variables d’acide carbonique.
- pend donc plus que de la proportion d’acide carbonique.
- On peut sur ce principe construire soit des appareils simplement indicateurs, soit des appareils enregistreurs. Ces instruments sont construits par la Cambridge and
- Fig.
- Indicateur électrique d’acide carbonique.
- Sortie de!eau et des gaz ',
- Paul Instrument C° Ltd, 45, Grosvenor Place, Londres, S. W. i et 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- Photographie
- L| « Homéos », appareil stéréophotographique à pellicules. — Cet appareil (lîg. 3), dérivé du « Véras-cope », universellement connu, permet d’utiliser les films cinématographiques en bobines se chargeant en plein jour. Il se compose de deux chambres noires jumelles, munies chacune d’un objectif de 28 mm de distance focale, séparés l’un de l’autre par un intervalle de 57 mm, qui correspond assez exactement à l’écartement normal des yeux. La pellicule a 1 m. i5 de longueur et peut fournir 27 vues stéréoscopiques. Les images mesurent 19 X 24 mm, et chacune d’elles occupe quatre perforations du film sur sa largeur. L’écartement de deux points homologues des deux éléments d’un stéréo-gramme étant de mm, soit trois fois la largeur d’une épreuve, il fallait imaginer un artifice pour utiliser
- Cette méthode a été utilisée également pour vérifier la pureté d’autres gaz, par exemple celle de 1 hydrogène des ballons.
- Le compteur d’acide carbonique représenté sur la figure ci-dessus comprend 2 spirales de platine identiques enfermées dans 2 boîtes séparées à l’intérieur d’un bloc métallique, ch»-cune des spirales forme un bras d’un pont de Wheatstone. Si on fait passer un courant dans ce pont, les deux spirales s’échaufferont et rayonneront de la chaleur vers les parois des boîtes qui les contiennent. Si ces 2 boîtes contiennent des gaz de conductibilité calorifique différente, les spirales se refroidissent inégalement vite, et l’une d elles se trouvera à une température plus élevée que l’aulre. La différence de température entre ces 2 fils provoquera une déviation du galvanomètre, la valeur de cette déviation dépendant de la différence de conductibilité des deux gaz.
- La différence de conductibilité entre l’oxy- , .
- ' „ Pt l’aride rarbonioue Dermet d’utiliser °bJecUfs Vlslbles seulement; lorsque 1 obturateur est ouvert ; BB, Bonnettes ; gene et 1 acide carùomque permet a utiliser G, Levier servant à armer l’obturateur; D, Régulateur do vitesse de l’obturateur •
- cette méthode pour déterminer la proportion E, Bouton poussoir pour passer de la pose à l’instantané, ou vice versa ; K, Déclen-d’acide carbonique présent dans les gaz de la clieur de l’obturateur. Le déclencheur mécanique habituellement employé n’est combustion. L’une des deux boîtes est remplie pas représenté sur la gravure; G, Bouton de tension de la pellicule; H, Niveau d’air pur, l’autre est traversée par les gaz sphérique; I, Clef d’enroulement de la pellicule; J, Compteur; K, Viseur direct, brûlés. Ceux-ci sont formés d’azote et d’acide ouvert; L, Yiseur direct auxiliaire, fermé; M, Index pour changer les ouverte
- A NB
- Fig. 3. — Parties extérieures du mécanisme de l'llamcos.
- carbonique, mélangés à de petites quantités d’oxygène, de vapeur d’eau et parfois d’oxyde de carbone. L’oxyde de carbone, l’oxygène et l’azote ont sensiblement la même conductibilité calorifique; de petites variations dans les quantités des deux premiers gaz n’affectent donc pas les lectures. Quant à la vapeur d’eau, on neutralise son influence en saturant les deux boîtes contenant les spirales. La différence de conductibilité entre les gaz contenus dans ces deux boîtes ne dé-
- des diaphragmes.
- rtures
- toute la surface sensible du film. Ce résultat a été obtenu en faisant avancer la pellicule, après chaque exposition, d’une longueur égale à la largeur de deux épreuves. Dans ces conditions, si l’on numérote 1, 2, 3, 4... les emplacements successifs des images, les couples stéréoscopiques seront constitués par les clichés 1-4, 3-6, 5-8, 7-10, et aÎDBi de suite,
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- Le dispositif d’enroulement et de déroulement de la pellicule comprend deux bobines, manœuvrées extérieurement par des boutons, et deux rouleaux guides, dont l’un présente huit dents engrenant avec les perforations du film. Celui-ci est maintenu parfaitement plan entre une plaque de verre, derrière laquelle il s’impressionne, et une plaque métallique, montée élastiquement, qui le bloque automatiquement pendant l’exposition. Ce blocage automatique se produit par le déclenchement de la plaque montée élastiquement, à chaque tour complet du rouleau denté, c’est-à-dire chaque fois que la bande pelliculaire a avancé de huit perforations, soit de la largeur de deux épreuves. Un compteur, constitué par une roue à 25 dents, qui avance d’une dent à chaque tour du rouleau guide denté et chiffré de o à 27, donne le numéro d’ordre de chaque couple stéréoscopique impressionné. Tout le mécanisme de défilement s’ajuste dans une boîte dont la fermeture s’obtient à l’aide de petits loquets à cames, qui se manœuvrent de l’extérieur et facilitent l’ouverture de l’appareil.
- L’Homéos est en outre pourvu de deux viseurs, placés, l’un au-dessus et au milieu des chambres noires, l’autre sur le côté. L’opérateur a ainsi la faculté de viser soit à la hauteur de la poitrine, soit à la hauteur des yeux. Un niveau à bulle sphérique permet de vérifier l’horizontalité de l’appareil au moment de la prise des vues.
- En raison de la faible distance focale des objectifs (du type Tessar-Krauss), les images sont au point à partir de 1 m. 5o, même à pleine ouverture. La distance hyperfocale peut d’ailleurs être réduite à 5o cm par l’adjonction d’une paire de bonnettes. Les diaphragmes comportent cinq positions correspondant respectivement aux ouvertures F : 4> 5 ; F : 6, 3 ; F : 8 ; F : 10 et F : 20. L’obturateur, semblable à celui du vérascope, permet de faire la pose ou l’instantané. Il est pourvu d’un régulateur susceptible de graduer la vitesse dite d’instantanéité entre i/i5 et i/i5o de seconde.
- L’Homéos est actuellement l’appareil stéréoscopique qui permet d opérer le plus rapidement et de donner le maximun de vues sous le minimum de poids et d’encombrement. Il doit sa rapidité de fonctionnement à son compteur spécial qui indique instantanément et sûrement le moment où la pellicule est en place sans avoir besoin d’examiner un numéro que l’on risque de dépasser.
- Le minimum d’encombrement et de poids des vues tient à ce que la pellicule est utilisée complètement sans intervalle entre les vues et sans risque de les voir chevaucher. Une bande enroulée négative ou positive a un diamètre de 20 mm environ, 35 mm de hauteur et pèse moins de g gr. Les bobines vierges ont 23 mm de diamètre et pèsent iS gr. La sacoche qui contient l’appareil peut recevoir 14 bobines, ce qui permet de faire plus de 400 vues.
- Une tireuse spéciale, dans laquelle un film vierge de 1 m. i5 est mis en contact avec le film négatif et impressionné sous une lampe électrique, sert à tirer les images positives, correctement transposées^
- L’Homéos et sa tireuse sont construits par M. Jules Richard, 25, rue Mélingue, à Paris.
- £>_> Automobilisme
- La moto-voiture Gauthier. — Nous avons parlé précédemment (n° 2456) de la voiture Gauthier qui, munie d’une suspension propulsive, permettait de marcher à grande allure sur les plus mauvaises routes. Un des grands avantages de cette voiture est la simplicité du mécanisme, car le moteur forme un bloc, qui ae monte à l’arrière sur le châssis au moyen de six boulons. Il commande par une chaîne une roue indépendante, et par cette commande directe on supprime tout point de graissage et de frottement.
- Le mécanisme entier forme ainsi bloc sur le moteur et on peut très rapidement démonter et remonter ce bloc-moteur sur la voiture.
- Cet agencement permet de dégager complètement l’avant du châssis et il permet de constituer une moto-voiture dans des conditions d’utilisation avantageuses.
- Déjà avant la guerre, l’inventeur construisait ce genre de petites voitures dont le point de départ avait été l’établissement d’une motocyclette qu’il appelait 1’ « autofauteuil ».
- Ce dernier véhicule, avec son confortable et sa disposition du siège, rendait possible l’usage de la motocyclette aux dames, à des ecclésiastiques et il n’est pas banal de trouver là un modèle précurseur des moto-trottinettes d’aujourd’hui.
- Les perfectionnements réalisés sur celte motocyclette
- Fig. — Cette motocyclette d’avant-guerre, l’auto-fatiteuil, donne les mêmes avantages cpie la moto-trottinette actuelle dont elle est la précurseur.
- confortable intéressaient non seulement le bien-être du conducteur, mais ils simplifiaient également les différentes manœuvres, la mise en marche, les virages, l’arrêt et 1 immobilisation immédiate de la moto dans la position verticale.
- Dans le même ordre d’idées avait été conçue la voi-turette très légère à deux places, qui ne pesait que i5o kg. C’est de là qu’est née l’idée de la suspension propulsive, en rendant les quatre roues indépendantes et en mettant des amortisseurs, dont nous avons décrit précédemment le principe.
- Les roues, par la suppression de la masse non suspendue, adhèrent continuellement à la route. Les chocs sont absorbés par les ressorts dont la compression se fait horizontalement dans le sens de l’avancement.
- Il est évident que ce système s'applique merveilleusement aux petites voitures pratiques et c’est ce qu’a compris l’inventeur en se cantonnant aujourd’hui dans l'établissement de ce genre de véhicules.
- Le nouveau groupe moteur est du type hermétique, mais, comme celui d’avant-guerre, il se fixe sur l’arrière au moyen de six boulons et il commande directement l’une des roues par l’action d’une chaîne
- Il est bien évident que pour sortir des sentiers battus et lancer des innovations en matière de construction
- Fig. 5. — Le bloc-moteur se monte sur l’arrière au moyen de six boulons. Il commande une roue motrice par une chaîne.
- automobile, c’est dans le domaine du cycle-car qu’il faut travailler.
- Tant que le moteur à explosion sera ce qu’il est aujourd’hui, la forte voiture ne pourra être transformée d’une manière fondamentale. Si les moteurs changeaient, et cela sera l’œuvre des nouveaux carburants ou de l'électricité, il en résulterait des transformations fondamentales dans la voiture.
- Pour le cycle-car, au contraire, ou n’a pas encore
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- trouvé la'formule type et ce qui le prouve nettement est la diversité des types, tous meilleurs les uns que les autres.
- Adresse : La moto-voiture Gauthier est construite par les Etablissements de l’Auto-Fauteuil à Blois.
- L’économiseur Mounier. — Les prix actuels de l’essence imposent à tous les automobilistes la préoccupation d’utiliser au mieux ce combustible devenu précieux et d’obtenir du moteur la dépense minima.
- On est ainsi amené à accorder au problème de la carburation beaucoup plus d’attention qu’aux temps heureux où lessence était bon marché.
- En effet, si le mélange d’air et de vapeurs combustibles ne s'y effectue pas dans les proportions désirées, la combustion dans le cylindre du moteur sera incomplète et il en résultera une consommation exagérée. La plupart des carburateurs en usage sont à giclage ; c’est-à-dire que l’essence est projetée dans l’air par un tube à orifice étroit qui la divise en un brouillard de particules aussi ténues que possible; ces particules offrent une surface évaporatoire d’autant plus grande qu elles sont elles-mêmes plus petites. Il y a un grand intérêt à obtenir un brouillard aussi fin que possible. Mais il faut d’autre part que le diamètre de l’orifice du gicleur soit suffisant pour livrer passage pendant le temps très
- L’appareil électrique est renfermé dans le double fond de la couveuse qui est un meuble en laqué blanc d’aspect agréable ; une circulation d’air est établie par un appel d'air qui se trouve au bas de l’appareil; l’air chaud et
- Fig. 7. — Couveuse électrique pour enfants.
- 7e (e, de
- vaporisation
- Cône de détente
- Canal darrivée dpsscnce à section voriaô/e
- Bouchon de fixation
- Fig. 6. — Coupe de l’Economiseur Mounier.
- court de l’aspiration à la quantité d’essence nécessaire pour former la cylindrée.
- On se rend compte, en présence de ces deux exigences contradictoires, que le réglage exact d’un gicleur ordinaire est une opération vraiment délicate.
- M. Mounier a construit un gicleur qui permet d’effectuer ce réglage très aisément et avec toute la précision désirable.
- Le canal amenant l’essence est en deux parties; au centre est un godet dans lequel est vissé un bouton ca-libreur, muni d’un pointeau; en vissant plus ou moins ce bouton, on engage plus ou moins sa pointe dans la partie supérieure du canal et l’on règle ainsi aux essais l’arrivée de l’essence.
- Pour obtenir une pulvérisation parfaite, et en quelque sorte indépendante du diamètre de l’orifice d’amenée d’essence, le gicleur est surmonté d’une tête de vaporisation, constituée par un tronc de cône de forme divergente, à la base duquel aboutissent deux canaux amenant l’air de pulvérisation. La dépression créée au col de cet ajutage par l’aspiration du moteur provoque un appel d'air énergique, l’air arrive avec une grande vitesse dans le cône et pulvérise énergiquement l’essence qui garnit le canal au-dessus du pointeau.
- Ce gicleur peut se monter sur tout carburateur et a donné de bons résultats.
- Il est fabriqué par M. Mounier, 3a, rue des Rives, Saint-Etienne.
- Objets utiles
- Couveuse pour enfants. — Un inventeur vient de mettre au point une nouvelle application de l’électricité aux couveuses pour enfants qui laisse loin derrière elle tous les systèmes employés jusqu’alors dans ce genre d’appareil.
- Comme dans tout appareil électrique de chauffage, il y a un élément chauffant constitué par des résistances; on peut le régler au moyen de la fiche, et on obtient quatre genres de chauffage différents.
- sec monte vers l’enfant par deux petites cheminées aménagées au joint du couvercle du double fond.
- Une ouverture spéciale située dans la cloison permet d’aérer l’intérieur de la couveuse et de rectifier la température, celle-ciestindiquée par un thermomètre de précision qui est placé près de la tête de l’enfant, et qui permet de se rendre compte si le degré de chaleur est bien celui qui est exigé.
- Cet appareil est déjà en fonctionnement dans plusieurs cliniques et maternités.
- M. de Ferry, 175,boulevard de la Madeleine, à Marseille.
- Jouets aM,
- Le Pogo. — Voici un nouveau jeu qui est sportif et sain,car il impose une gymnastique générale. C’est une sorte d’échasse à ressort. Le ressort à boudin est comprimé sous l’action du poids de l'enfant qui monte sur les pédales fixes (Gg. 8). La partie mobile qui dépasse en bas et qui comprime le ressort est garnie de caoutchouc. On peut aussi sauter sur place et même de place en place si l’on est familiarisé avec l’ap-
- pareil (fig. 9). Chaque appareil a une force de ressort pour un enfant d’un poids déterminé et la hauteur du bâton creux doit également être en rapport avec la taille. C’est un peu un jouet personnel à chacun.
- Pour bien sauter avec le Pogo, il faut tenir la tête droite et l’appareil bien appuyé contre le corps.
- Adresse : Italo-Isolabella, 10, rue des Jeûneurs, Paris.
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- VARIÉTÉS
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- PRODUCTION ET COMMERCE DES CHATAIGNES
- Superficie' des plantations. — Arjare des sols granitiques, siliceux et volcaniques, le châtaignier se plaît surtout sur les montagnes et les collines qu’il garnit de ses vastes plantations dans le plus grand nombre de nos provinces. La superficie des châtaigneraies était évaluée en 1882 à 355 864 hectares et elle n’atteignait plus que 309412 hectares en 1892. On n’a pas, que je sache, publié depuis une autre évaluation qui aurait été, certainement, inférieure de beaucoup.
- Production. — Elle a varié beaucoup selon les années, souvent du simple au double. Depuis l’établissement des premières statistiques officielles concernant ces fruits, en 1885, jusqu’à l’année 1919, la production annuelle globale a eu pour termes extrêmes, au maximum, 7 570827 quintaux en 1886, au minimum 1 088 58o quintaux en 1918, mais comme dans ce dernier chiffre ne sont pas comprises les parties envahies du territoire pendant les années 1914-1918, la plus faible production en dehors d’elles n’a été que de 1249810 quintaux en 1913.
- Pendant les neuf premières années. 1885-1893, la production annuelle, sauf en 1885 où elle n’était que de 390.3 162 quintaux, s’est maintenue entre 7 millions 1/2 et 4 millions 1/2 de quintaux, en chiffres ronds, puis dans la première décade suivante, 1894-1903, elle a varié de 4 millions à 2 millions pour s’abaisser dans la seconde, 1904-1913, entre 3 millions et 1 million 1/2 et enfin descendre dans les années 1914-1919 entre 2 millions 1/2 et 1 million de quintaux.
- Ces chiffres mettent bien en relief la décadence des plantations de châtaigniers, soit fruitières, soit forestières, dont les deux causes principales sont, d’une part, la maladie de l’encre qui sévissait déjà avant qu’on ne relevât les statistiques, puisque les premières recherches scientifiques remontent, si je ne me trompe, à 1878, et, d’autre part, les déboisements opérés pour le compte de la fabrication des extraits tannifères. Mais la diminution de la production est encore plus sensible, au regard de la régularité avec laquelle elle se manifeste, si l’on envisage les moyennes données officiellement dans les Statistiques agricoles annuelles depuis 1889.
- De 1889 à i8g3, elles dépassent 5 millions de quintaux; de 1894 à 1898 elles n’atteignent plus que 4 millions; de 1899 à 1908 elles s’abaissent à 3 millions; de 1909 à 1918 elles tombent à 2 millions et, enfin, la moyenne décennale de 1919 s’écroule à 1 923 33o quintaux.
- En somme, la production annuelle a passé, depuis iS85 jusqu’à 1919, de 7570827 quintaux à i3i6 53o et la production décennale, 1885-1919, de 5 337 540 quintaux à 1 ga3 33o. Cette comparaison montre, avec l’éloquence brutale des chiffres, que notre production, sous l’influence des deux causes précitées, oscille aujourd’hui entre le i/3 et le i/4 de ce qu’elle ‘était il y a 35 ans.
- Si, maintenant, l’on veut se rendre compte de la manière dont se répartit la récolte de 1919, la dernière inscrite dans la Statistique agricole^, on trouve que, si 65 départements y figurent, on peut les classer comme suit, selon l’importance de leur production. Entre xoooo et 20000 quintaux, Alpes-Maritimes, Charente, Haute-Garonne, Isère, Lozère, Hautes-Pyrénées, Savoie, Vienne; entre 20001 et 4o°°°» Var; entre 4°001 et 5o 000, Ardèche, Gard, Hérault, Ille-et-Vilaine, Lot, Haute-Vienne, puis les départements à haut rendement; Aveyron 90680 quintaux, Corrèze 160000, Dordogne 252000, Corse 270000.
- Ce classement est sujet, évidemment, à l’influence des saisons, mais les principaux départements producteurs y sont contenus et, seule, leur place peut varier. Il est à noter, cependant, que certains départements dont la production est uniquement forestière n’y figurent pas, tels sont les Ardennes, l’Aube, les Bouches-du-Rhône, la Côte d’Or, le Doubs, l’Eure, etc.
- Valeur de la production. — Elle repose sur ses deux facteurs essentiels, le nombre de quintaux récoltés et le prix du quintal, et il arrive souvent que le dernier est presque en raison inverse du premier, car, encore bien que la réputation de la région productrice joue un rôle assez important, cette réputation régionale se trouve
- parfois amoindrie à l’égard du prix, en présence de l’abondance d’autres régions moins estimées.
- Prix du quintal. — Il convient de l’envisager d’abord dans la succession des récoltes, et il ne peut s’agir que de sa valeur moyenne qui a été comprise jusqu’en igo5 entre les deux termes extrêmes, minimum 7 fr. 16 (1900) et maximum 9 fr. 88 (1898). Ce n’est qu’à partir de 1906 | où il valait 10 fr. 53, sauf les deux années suivantes 1907-1908, qu’il a pris un mouvement ascensionnel assez régulier mais qui s’est accru d’une façon exagérée en 1918 et 1919 où il est monté à 60 et 65 francs. Toutefois, ce ne sont là que des prix moyens, car les prix réalisés dans certains départements sont très différents et presque toujours beaucoup plus élevés ; c’est ainsi qu’en 1919, ils ont varié dans leurs termes extrêmes de 35 fr. (Corse) à 200 fr. (Vaucluse) ; il faut ajouter, il est vrai, que la récolte dans le premier département s’élevait à 270 000 quintaux tandis qu’elle était réduite au chiffre insignifiant de 270 quintaux dans le second ! Les prix dans les autres départements reconnus comme grands producteurs ont été de 40 fr. Lot, 5o fr. Dordogne, 75 fr. Aveyron, 80 fr. Corrèze, 90 fr. Ardèche, 100 fr. Isère, 120 fr. Hérault, i3o fr. Var.
- Valeur totale de la récolte. — Ainsi que la production totale, la valeur globale de la récolte est sujette à de grandes variations qui s’entre-correspondent assez sensiblement. Ses termes extrêmes de 1885 à 1919 sont 18242319 fr. en 1902 et 86 320 020 fr. en 1919; elle était de 38 049713 fr. en i885. Il paraîtrait, par suite, impossible d’expliquer comment il se fait que la valeur totale s’élevait à 86 320 520 en 1919, c’est-à-dire dans le rapport entre ces deux sommes de 2, 3 à 1, alors que l’on connaît, le déboisement considérable survenu dans les plantations dans l'intervalle de ces deux années, si l’on ne savait pas quelle énorme majoration a subi le prix du quintal à cette dernière date.
- De 1886 à 1892, la valeur totale annuelle a oscillé entre 40 et 5o millions de francs (en chiffres ronds), puis elle n’a cessé de diminuer, avec des hauts et des bas, jusqu’à 18 millions en 19x2, et seule, l’élévation très notable du prix du quintal dans les années suivantes a pu compenser le déficit de la production, ramener les valeurs enregistrées 28 ans auparavant et même, par un bond prodigieux, les dépasser dans l’étendue de la proportion ci-dessus.
- Les moyennes décennales ont éprouvé les mêmes chutes et les mêmes relèvements quoique d’une manière bien moins sensible, surtout pour ces derniers, à cause de la répartition des unes et des autres pendant le cours de la décade. Ainsi les moyennes décennales de 1890 à 189.3 ont été supérieures à 43, 44 et 45 millions de francs, alors que la dernière de 1919 ne dépasse que de peu 43 millions ; on est loin ici du rapport 2, 3 à 1 constaté pour les récoltes annuelles.
- Commerce. — Les châtaignes et les marrons sont l'objet d’un commerce important en France mais un peu moindre avec l’étranger. Au point de vue commercial, la production est répartie en quatre groupes qui réunissent les fruits des régions les plus importantes sous les dénominations : marrons de Lyon, marrons de l’Auvergne, mari’ons de l’Ardèche, marrons de Redon. On peut se procurer les trois premiers à Paris, ceux de Redon étant vendus spécialement en Bretagne et dans l’intérieur de la France.
- Lyon est le grand entrepôt des marrons du Sud de la France et en partie de l’Ardèche. Ils constituent la marque la plus estimée; quanta ceux qui proviennent de Najac-, ils passent pour les meilleurs et sont expédiés à Paris et destinés spécialement à la confection des marrons glacés.
- Exportations et importations. — Nous exportons nos plus beaux marrons en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, mais nous en importons aussi, notamment d’Italie. Depuis la guerre, le chiffre n’en est pas très élevé, mais il a une tendance à augmenter dans les deux marchés, comme I on peut s'en rendre compte par le tableau ci-dessous :
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- VARIÉTÉS
- Exportations.
- Quantité* en quintaux métriques. Valeurs en francs.
- 1917 1918 "" 1919" 1917 ~19Ï8 1919
- I7.l59 4.225 78.014 774.435 20 \. 240 3.900.700
- Importations.
- 5.38i 1.438 3o.883 221,966 113.977 i.544-i5o
- Il est très regrettable que nous soyons tributaires de 1 étranger ; toutefois, nos exportations atteignent encore
- le double de nos importations, après que les besoins de notre alimentation ont été satisfaits, mais il est à espérer que le Congrès du Marron qui a été tenu à Figeac, les 3o et 3i octobre dernier, exercera une influence assez grande sur la reconstitution de nos châtaigneraies pour que leur production dans un temps peu éloigné nous mette, non seulement à l'abri de toute importation, mais nous permette aussi d’augmenter le chiffre de nos exportations. A. Truelle.
- Membre de l’Académie d’Agriculture.
- JSSD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
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- Comment supprimer le bruit du tic-tac d’une montre. — Lorsque l’on se trouve en voyage à l’hôtel, il est rare de trouver une pendule qui fonctionne et on ne pense pas toujours à prendre un réveil de voyage. On est obligé de se contenter de mettre sa montre sur la table de nuit et le tic-tac est quelquefois suffisant pour gêner le sommeil de celui qui n’est pas habitué à ce bruit ou surtout pour l’empêcher de s’endormir.
- Un moyen très simple consiste à placer la montre sur plusieurs épaisseurs de papier et, pour supprimer le bruit au maximum, on met de plus la montre sous cloche au moyen d’un simple verre retourné. Le verre n empêche pas d’observer l’heure par transparence.
- Support de scie égoïne. — Dans l’atelier d’amateur, la scie égoïne est indispensable pour le travail du bois. On ne peut toujours la suspendre au mur et, dans ce cas, au moyen de pinces à linge du modèle américain, on peut constituer un excellent support de scie.
- On fixe deux pinces sur une planchette à l’écartement demandé par la longueur de la scie qui vient reposer simplement entre les branches des pinces.
- . Comment employer un étau-limeur pour la rectification des surfaces. — La rectification des pièces est nécessaire aujourd’hui que le travail mécanique demande des précisions très grandes. D’ailleurs certains outillages, comme les matrices de découpage, demandent à être rectifiées après trempe.
- Or une machine à rectifier est coûteuse et les petits constructeurs hésitent longtemps avant de se procurer cet outil qui est malgré tout indispensable.
- On peut utiliser un étau-limeur pour lui faire remplir l’emploi de machine à rectifier.
- Il suffit pour cela de monter sur la tête de l’étau-limeur une machine à rectifier électrique, comme il en existe aujourd’hui une grande variété.
- Ces machines se composent d’un moteur et d’une meule montée sur l’arbre. Un collier de montage permet de les adapter sur le chariot d’un tour pour rectifier les pièces tournées.
- Au moyen d’une pièce appropriée en forme de collier, on assujettit cette rectiûeuse électrique sur la tête de 1 étau et en mettant celui-ci en marche, la meule décrit le même chemin que suivrait l’outil de rabotage si l’étau limeur avait sa disposition habituelle.
- On conçoit qu’il est facile de rectifier de cette manière une surface aussi rapidement qu'on la dresserait avec l’étau-limeur dans le travail habituel de celte machine.
- Bien entendu, il est nécessaire d’avoir le courant électrique pour faire tourner le moteur de la rectifieuse électrique qu’on monte sur la tête de la machine. On pourrait à la rigueur s’en passer en prenant une rectifieuse pour chariot de tour actionnée par courroie, mais cela nécessite évidemment une transmission assez particulière, qu’il est d’ailleurs facile d’établir.
- Pour conserver la chaleur d’un fer à souder. — Quand on emploie un fer à souder ordinaire, il arrive que l’on est obligé d’utiliser le fer à une certaine distance du foyer et pendant le transport que l’on fait rapidement, le fer se refroidit et cela d’autant mieux que l’on va plus vite.
- On peut remédier à ce refroidissement en préparant un capuchon en amiante pour la partie du fer à souder que l’on utilise.
- Ce capuchon sera fait avec des feuilles de carton d’amiante que l’on découpera et que l’on placera en plusieurs épaisseurs, en les assemblant avec des rivets, car le collage résisterait mal à la chaleur.
- Ce dispositif peut être employé également pendant les courtes interruptions de travail où l’on n’emploie pas le fer.
- Il suffit alors de le laisser reposer dans son enveloppe isolante pour qu’il se conserve suffisamment chaud, à condition bien entendu que le temps d’inaction ne soit pas trop prolongé.
- De cette façon une seule chauffe de fer permettra une durée plus longue d utilisation et il en résultera une économie de temps et aussi de combustible pour le chauffage du fer.
- Réparation d’une fuite de valve. — La valve d'une chambre à air fuit surtout quand les rondelles de caoutchouc qu’elle comporte sont usées et ne viennent plus faire l’obturation, comme elles devaient primitivement le faire.
- La réparation ordinaire consiste dans le remplacement de ces rondelles usées et la chose n’est possible que si l’on se trouve dans un atelier de réparations.
- On ne peut songer â réparer de cette façon à la valve dune roue de bicyclette en plein champ et cependant, quand ou se trouve à une certaine distance des agglomérations, il est peu agréable d’être obligé de descendre tous les 5oo m., pour regonfler la chambre à air sujette à caution. /
- On peut procéder à une réparation de fortune en utilisant un peu de dissolution, comme celle dont on se sert pour faire les réparations de chambres.
- On enduit la partie mobile de la valve à l’emplacement des rondelles usées avec un peu de dissolution et on laisse sécher, puis on remonte complètement la valve et, après avoir gonflé, on peut repartir pour la destination prévue, car la réparation faite tiendra bien toute une journée au moins.
- Il faut évidemment avoir un tube de dissolution et si vous êtes assez imprévoyant pour être parti sans cet accessoire indispensable au touriste, il faut attendre patiemment sur la route qu’un confrère plus sage vous porfe secours et vous fasse l’aumône d’une pression légère sur le tube de dissolution qui doit vous tirer d’embarras.
- Comment tracer les trous à percer dans les murs et cloisons. — Quand on procède à des installations de fils électriques ou autres dans des maisons, on est obligé de percer des trous à travers les plafonds, les planchers, les murs, les cloisons et il est toujours nécessaire de marquer de chaque côté l’endroit où le trou débouche.
- Ce traçage exige des calculs et des mesures quelquefois longues, alors qu’il est possible de les éviter par le procédé suivant.
- On prend une pièce d’acier aimantée, ce sera un aimant ou même une simple lime qui aura été soumise à l’aimantation et on placera une extrémité de cette pièce de métal à l’endroit exact où l’on veut percer un trou, par exemple sous un plafond.
- A 1 étage au-dessus, sur le plancher, on disposera une boussole.
- L’aiguille aimantée est influencée par la masse métallique placée à l’étage inférieur et avec un peu de tâton-
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- RECETTES ET PROCÈDES UTILES
- nements, on peut arriver facilement et rapidement à situer exactement l’endroit où viendra déboucher le trou qui devra être percé.
- On pourra par suite commencer le trou du côté où cela se trouve être le plus commode, sans aucun inconvénient pour la bonne exécution dé sinstallation.
- Poinçonnage rapide des pièces métalliques. — Les poinçons de contrôle des pièces métalliques sont gravés dans des barres d’acier et ces barres sont trempées pour pouvoir imprimer la marque dans le métal.
- Généralement on place soigneusement le poinçon sur la pièce et on frappe le poinçon avec un marteau en donnant un petit coup sec.
- Ce travail est assez fastidieux et il arrive même que certains contrôleurs, après avoir réceptionné des appareils, confient le poinçon à un ouvrier, qui quelquefois peut commettre des erreurs involontaires ou non.
- On peut agencer un marteau à poinçonner en constituant la panne en un bois très dur, comme par exemple du gaïac ou du buis.
- On a ainsi un petit maillet et on ménage, dans une extrémité de la panne, une cavité qui reçoit le poinçon, que l’on emmanche à frottement dur pour qu’il ne puisse s’échapper.
- Il suffit alors de donner un coup sec avec ce maillet, exactement à la place où l’on veut poinçonner pour que la marque s’imprime sur le métal.
- Bien entendu ce procédé est peu applicable à des pièces délicates, car un coup de maillet mal placé risquerait d’endommager l'appareil, mais le plus souvent le poinçonnage des pièces de série n’exige pas autant de précautions et on peut, au moyen de l’outil que nous venons de décrire, gagner beaucoup de temps pour les réceptions d’une grande quantité de pièces.
- Un imperméable pour piles sèches. — Les batteries de piles sèches ou de piles à liquide immobilisé se détériorent surtout quand elles sont placées dans des endroits humides, comme cela se présente quelquefois, notamment pour les piles de cette nature placées à bord des bateaux ou plus simplement pour les piles qui se trouvent situées dans la cave d’une maison.
- L’extérieur de l’enveloppe se moisit et cela diminue de beaucoup la durée de la pile.
- On peut garantir facilement la pile avec une pièce de caoutchouc qui sera empruntée à une vieille chambre à air de voiture.
- On coupe une longueur de cette chambre plus grande d’un tiers que la longueur de la pile sèche et on ferme une extrémité, soit en y rapportant un fond, soit en pinçant simplement la chambre. De toute façon il est bon de la vulcaniser, ce qui donne une meilleure fermeture qu’avec un simple enduit de dissolution.
- La pile est enfoncée dans cette sorte de chemise et les fils de connection sont soudés aux bornes pour assurer leur indéréglabilité. Puis on réunit ces fils ensemble de manière à en former un fil unique torsadé, sorte de câble à plusieurs conducteurs.
- L’extrémité ouverte du tube de caoutchouc protecteur est ligaturée sur cette sortie unique de fils et on peut également vulcaniser cette extrémité pour la rendre complètement étanche.
- On peut aussi se contenter de mettre de la dissolution ou de faire une ligature avec du ruban caoutchouté, comme celui que les électriciens utilisent pour faire les épissures de conducteurs électriques.
- La pile sèche est ainsi complètement garantie de toute humidité et de cette manière sa durée est presque indéfinie, si on l’utilise, comme c’est presque toujours le cas, pour actionner des sonneries électriques.
- BOÎTE AUX LETTRES
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- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseigne -raents qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Erratum. — Horaire des signaux scientifiques de la Tour Eiffel (n° 2480 du 26 nov.). — Au lieu de « les signaux rythmés émis précédemment à iôh3o, 2ihio et a3h sont remplacés par d’autres signaux émis à ioh et ao1' », il faut lire « sont remplacés par d’autres signaux émis à io'1 et 2T1 ».
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Chariot élévateur Brandt : Brandt, 101,boulevard Mural. Paris.
- Mélangeur d'engrais : Nitrate agencies C0, New-York.
- Réponses. — M. Lemouche, à Liège. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 2478 du ior octobre 1921,. page 109 de la <1 Boîte aux Lettres ».
- M. È. Saint, à Ouistreham (Calvados). — Pour entretenir les vêtements de cuir jaune appliquer la prépara-
- tion suivante :
- Essence de térébenthine . . . 160 grammes.
- Cire jaune.................... 3ao —
- Huile de ricin.................. 80 —
- Vaseline........................3io —
- Poudre de curcuma...............120
- Faire fondre au bain-marie avec les précautions d’usage la cire dans l’essence de térébenthine comme pour l’encaustique, laisser un peu refroidir, puis ajouter l’huile de ricin dans laquelle on a délayé la poudre de curcuma. On emploie cette crème au moyen d’un chiffon propre ou d’une brosse ne servant pas à d’autre usage, afin d’éviter des souillures du plus fâcheux effet.
- M. le comte de Perthuis, à Plagny (Nièvre). — Vous pourriez essayer à.’obturer la fissure qui s’est produite entre la culasse et le cylindre de votre moteur par l’application du ciment classique que l’on obtient en prenant :
- Limaille de fer................. 120 grammes.
- Sel ammoniac..................... 5 —
- Fleur de soufre, 5 —
- On humecte le mélange avec de l’eau contenant 5 pour 100 de vinaigre et acidulée par quelques gouttes d’acide sulfurique ; ce ciment devient très dur et vous donnèra très probablement satisfaction si les surfaces d’application sont suffisamment rugueuses et si la fissure n’est pas en forme d’entonnoir ouvert vers l’extérieur; au cas contraire il faudrait faire retourner la base du cylindre et dresser la culasse.
- M. Lepas, à Paris. — i° Rien de plus simple que de resceller une lampe électrique dans sa monture, il suffit de couler entre la lampe et le culot du plâtre à modeler, gâché clair; — 20 Pour rendre réfléchissant à la façon d’un miroir Y intérieur de la lampe, vous pouvez argenter la surface externe suivant le procédé qiie nous avons indiqué à l’Ecole d’horlogerie de Fleurier n° 2482 du 29 octobre 1921, page 140 de la « Boîte aux Lettres », recouvrir ensuite le dépôt d’un vernis à l’alcool additionné de la matière colorante appropriée, blanc d’Espagne, minium, noir de fumée pour donner de l’opacité et supprimer la diffusion.
- Cercle militaire, de Tlemcen. — Les irisations que présente la pyrite de fer sont dues à des phénomènes d’interférences par lames minces qu’il vous sera difficile de reproduire artificiellement, cependant dans cet ordre d’idée vous pourriez tenter des immersions successives de l’acier poli dans une solution plus ou moins concentrée de sulfhydrate d’ammoniaque, l’expérience seule vous permettra de déterminer les conditions optima du mode opératoire.
- M. de la Bastide, à Chabanais. —D’après la description que vous nous faites de l’article, il s’agit sans doute du bloc à coller, que l’on obtient en prenant :
- Dextrine..............10 grammes.
- Colle forte..............20 —
- Sirop de glucose ... 55 —
- Eau......................i5 —
- Faire digérer pendant 24 heures pour gonfler la gélatine puis chauffer au bain-marie et ajouter en remuant :
- Blanc de zinc......... 3 grammes.
- Couler dans des moules graissés et laisser refroidir. Pour l’usage, humecter simplement le bloc avec un pin-
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- BOITE AUX LETTRES
- ceau mouillé, ce qui délaye une quantité suffisante de colle pour obtenir l’adhérence dans les emplois courants.
- M. Bernard, à Montbéliard. — Pour remettre en état les tableaux noirs, prendre 200 gr. d’ardoise finement pulvérisée, y ajouter 3o gr. de noir de fumée et délayer dans une quantité suffisante d’une solution de silicate de soude au huitième. Appliquer sur le tableau au moyen d’une queue de morue deux ou trois couches dans le sens vertical et dans le sens horizontal en ayant soin de bien laisser sécher entre chaque application.
- M. Desniazières, ingénieur à Sarrebrück. — i° Cette colle doit effectivement être à base d’acide acétique, lequel est assez volatil, il vous suffira de la remonter par addition de vinaigre ; — 20 Vous trouverez tous renseignements utiles pour la fabrication des fils de cuivre émaillés dans l’ouvrage récent, Les Vernis isolants, par E. Piérard, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augus-tins ; — 3° Nous avons répondu à votre question il y a fort longtemps, n° 2461 du 4 juin 1921; — 4° U s’agit d’une feuille de caoutchouc para dont l’une des faces a été enduite au moyen d’une dissolution de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone; — 5° Veuillez vous reporter à la réponse que nous avons faite à M. Coudray de Louviers dans le n° 2482 du 29 octobre 1921, page i3q ; — 6° L’enduit que l’on appliqtie à l’envers des glaces pour protéger Vétamage est habituellement un vernis à base d’oxyde de fer; vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Essence de térébenthine . . . i5o grammes.
- Colophaue......................3oo —
- Rouge d’Angleterre.............55o —
- 7° Réponse vous a déjà été donnée dans le n” 2461 du 4 juin 1921, page 182; — 8° Voir également réponse que nous vous avons faite dans le n° 2472 du 20 août 1921, page 60; — 90 Vous obtiendrez un vernis noir mat pour intérieur de châssis en délayant du noir de fumée dans du vernis à l’alcool ; pour l’extérieur se servir du vernis Japon que vous aurez plus de commodité à acheter tout préparé,vu la faible consommation que vous devrez en faire.
- Abonné 8403-4.176. — i° Dans le traitement des vieux bijoux pour en retirer l’or à l’état de chlorure, il faut pour éliminer le cuivre commencer par une attaque à l’acide nitrique seul; ce n’est qu’après cette opération que l’on effectue la dissolution par l’eau régale ; — 20 L’emploi de l’eau oxygénée ou du chlorate de potasse pour la dissolution de l'or ne présente pas d’avantages sur l’eau régale, on les ajoute par petites portions à l’or et à l’acide chlorhydrique jusqu’à résultat.
- M. Vauchin, au Chalange (Orne). — On peut obtenir une soudure pour aluminium en prenant :
- Zinc .... 700 grammes.
- Etain. . . . 3oo —
- Après fusion on ajoute 45 gr. d’un alliage composé de Argent ... 80 grammes.
- Cuivre ... 20 —
- On trouve dans le commerce des soudures toutes préparées, par exemple le Stagnéol de la maison Benoît et Cie, 7, rue de Malte, qui permet l’emploi du fer à souder.
- M. Plassard, à Vouzon (Loir-et-Cher). — Une bonne fixité de tracé d’un court de tennis est obtenu en se servant de la mixture suivante. Dans 10 litres d’eau on délaye 1200 gr. de silicate de soude du commerce, puis on y ajoute peu à peu du lithopone, produit courant aujourd’hui, de façon à obtenir une bouillie claire dont on se sert pour effectuer le tracé. De préférence opérer par un temps sec afin que l’enduit ait le temps de sécher complètement avant la survenance de la pluie.
- Société des lunettiers, à'Paris. — i° Dans le cas que vous nous indiquez à’inscriptions sur verres devant aller au feu, il conviendrait de remplacer les crayons gras par une encre, nous croyons que vous obtiendrez satisfaction en vous servant d’un mélange de minium très fin et de silicate de soude sirupeux à 36° B. du commerce; l’application doit se faire avec un pinceau fin, après séchage l’inscription est très résistante et ne s’enlève que très difficilement au couteau, après passage au four il se forme un émail faisant corps avec le support ; — 20 La pâte blanche employée par les graveurs sur verre pour garnir la profondeur des traits n’est autre chose que de la céruse broyée à l’huile.
- M. Labrély, à Ghatou (Seine-et-Oise). — Le polissage fin industriel se pratique au moyen de la potée d’étain ou du ïouge d’Angleterre, la seule condition essentielle est d’obtenir une finesse de l’abrasif en rapport avec la
- perfection désirée du travail. Pour cela on procède à un classement par sédimentation en délayant le produit commercial dans l’eau, laissant reposer cinq minutes, décantant, puis sédimentant cinq autres minutes et ainsi de suite, il est évident que la matière est d’autant plus fine qu’elle met plus de temps à se déposer. L expérience vous apprendra à quel numéro d’un semblable classement vous devrez vous arrêter pour polir vos matrices de cuivre nickelé sans nuire aux sillons phonographiques.
- P. D. B., à Saint-Pierre-Quilbignon. — Le blanchiment de la toile bise que vous nous avez soumise peut s’effectuer sans difficultés en opérant ainsi : 1° Faire bouillir dans un bain de carbonate de soude à 3 pour 100, rincer; 20 Tremper dans une solution de chlorure de chaux à 1/2 degré Baumé et laisser en contact en remuant fréquemment jusqu’à obtention de blanc, rincer à nouveau ; 3° Passer en bain acidulé à l’acide chlorhydrique marquant 1/2 degré Baumé, rincer; 4° Terminer par un rinçage en eau très légèrement ammoniacale pour faire disparaître toute trace de chlore. Remarque importante : Il ne faut pas employer la solution de chlorure de chaux telle quelle, c’est-à-dire trouble, mais la laisser reposer de façon qu’elle ne tienne plus en suspension de parcelles solides qui, se déposant sur la toile, produiraient des trous par une action trop énergique. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion d’effectuer une opération analogue, nous vous conseillons d’expérimenter d’abord sur un morceau en petit pour vous faire la main.
- M. G. de Chambarlliac, à Saint-Alban, Loire. —Notre correspondant nous avait donné lui-même le nom de cet ouvrage, en nous demandant où il pourrait se le procurer; sachant que la Librairie Dunod avait édité plusieurs travaux de Rigaud, nous avons pensé qu’il en était de même pour les Notes sur les emplois industriels de la magnésie ; dans la négative nous vous conseillons de voir à la Librairie Floréal, 95, boulevard Raspail, qui pourra très probablement vous procurer cet ouvrage.
- R. G. M., à Moutiers, Savoie. — Pour effectuer la teinture en loutre des peaux de lapins, on commence par dégraisser celles-ci déjà tannées dans un bain tiède de carbonate de soude et de savon dont la température ne dépasse pas 25 à 3o° C. et on prépare pendant ce temps les deux solutions :
- A. Paramidophénol .... 100 gr.
- Carbonate de potasse. . . 4° —
- Alcool dénaturé............ 5oo cm3.
- Eau........................ 5oo —
- Le paramidophénol se dissout dans l’alcool, le carbonate de potasse dans l’eau, on réunit ensuite les deux liquides.
- B. Bichromate de potasse . . 5o gr.
- Eau chaude..............xooo cm3.
- Les solutions A et B sont mélangées à parties égales juste au moment de l'emploi et on applique au moyen d’une brosse douce sur le poil, la peau étant étendue sur une table, poil en dessus.
- La teinte se développe peu à peu au contact de l’air et atteint toute sa valeur en une demi-heure environ, il ne reste plus qu’à rincer à l’éponge. Après séchage, on lustre avec une brosse à peine graissée par un peu d’huile.
- M. A., à Saint-Trond, Belgique. — Nous ne connaissons pas ce nom commercial; d après les indications que vous nous donnez, il s’agit très probablement d’une solution de bichromate ou de permanganate de potasse destinée à éliminer par oxydation l’hydrogène phosphoré et l’acide sulfhydrique que renferme l’acétylène.
- M. Mercier, à Evreux. — i° Pour distinguer les fils de nickel pur des fils en nickel-chrome, attaquer un peu du métal par l’acide azotique; s’il s’agit de nickel pur, celui-ci se dissout facilement et en totalité, s’il reste un résidu sensible on aura affaire au nickel-chrome. 2° La distinction des fils d’argent et de nickel se fait aussi très facilement : quand la solution azotique précédente est incolore et précipite par une dissolution de sel de cuisine, sous forme d’un dépôt ressemblant à du fromage blanc, le fil sera en argent; si le fil est en nickel, il n’y aura pas de précipité et la solution sera verte.
- M. Verax, à Paris. — Votre tissu est effectivement imperméabilisé ‘au caoutchouc, il n’existe pas de procédé pratique à la portée de l’amateur pour enlever la
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- BOITE AUX LETTRES
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- gomme, seul un traitement industriel à l’autoclave aux huiles lourdes permettrait d’obtenir ce résultat.
- t ÆL Saugeron, à Imaïlia. — Le blanchiment des soieries blanches comporte les traitements suivants : i° On commence par enlever à sec les taches de graisse par le tétrachlorure de carbone ; '2° On procède au lavage dans un bain se composant simplement d’une solution de savon dans l’eau bouillante en quantité suffisante pour obtenir un liquide mousseux auquel on peut ajouter un peu de miel ou d’alcool, qu’on laissei’a refroidir jusqu’à ce que la température n’excède pas 400 G., on y plonge alors l’étoffe doucement. Il importe essentiellement de ne manier les soieries qu’avec beaucoup de précautions, car elles ont une tendance à tourner au chiffon, il ne faut pas les fouler, mais les tremper au large dans le bain; lorsqu’on les brosse, il faut toujours opérer à plat en les plaçant sur une table et ne les frotter que modérément. 3° Après avoir rincé à l’eau tiède puis à l’eau froide, on pratique le soufrage; pour cela on suspend les étoffes humides bien étalées sur une baguette dans une grande caisse fermant hermétiquement, au fond de laquelle on a placé un vase en grès contenant du soufre, vase placé à une distance suffisante pour que la flamme ne vienne pas lécher l’étoffe ; après avoir allumé le soufre avec un tisonnier rougi on ferme et laisse au contact de l’acide sulfureux pendant une heure ou deux. Ce temps écoulé on plonge l’étoffe dans un bain contenant o,5o pour 100 d’ammoniaque afin d’éliminer les acides sulfureux et sulfurique, puis on azuré dans de l’eau colorée par un peu de bleu de blanchisseuse. Finalement on laisse sécher et on brosse avec une brosse douce dans le sens de l’étoffe, jamais à rebrousse-poil.
- M. Ilanriot, à Rouen. — 1° Les vasogènes sont des vaselines traitées par l’oxygène sous pression, elles sont très employées aujourd’hui en pharmacie et en parfumerie pour la confection d’émulsions ou laits artificiels très stables; la maison Pelliot, 24, place des Vosges, pourra certainement vous les procurer. 20 La loi du 21 Germinal, an XI, art. 36, réserve aux seuls pharmaciens la vente des ;(drogues au poids médicinal, mais leur fabrication et la vente en gros à ceux-ci peuvent être effectuées par toute autre personne.
- M. Scheidegger, à Lausanne. — i° Pour coller des bandes de films il faut tenir compte de leur [nature ; dans le cas de bandes en celluloïd il faudra employer une solution de :
- Celluloïd....................... 25 gr.
- •t Acétone........................ 5o —
- Acétate d’amyle................. 5o —
- S’il s’agissait de bandes cellulosiques, employer :
- Acétate de cellulose............ a5 gr.
- Acétone.........................100 —
- 20 Comme colle de bureau prendre :
- Gomme arabique.................. 55 gr.
- Eau froide......................100 —
- Après dissolution à froid, ce qui demande au moins 24 heures, ajouter :
- Sulfate d’alumine................ 2 gr.
- Eau............................. 20 cm3
- Au bout de quelques heures, la réaction est complète, l’acide gummique, qui dans la gomme est combiné à la chaux, se porte sur l’alumine, pendant que l’acide sulfurique s’empare de la chaux et la précipite à l’état de sulfate de calcium. On laisse le dépôt se réunir au fond de la bouteille pendant un jour ou deux et on décante la masse sirupeuse limpide qui constitue une excellente colle, de longue conservation.
- M. Baccot, à Velaines, Meuse. — Sauf modifications qui auraient été apportées au modèle initial, vos bacs d“accumulateurs doivent être en ébonite et le ciment suivant doit convenir pour la réparation :
- Faire fondre 60 gr. de gomme laque avec la même quantité de gutta-percha, puis y ajouter en tournant 5 gr. de minium et autant de soufre préalablement fondu.
- Ce ciment doit être employé à chaud sur parties bien décapées par grattage, on lisse enfin au fer chaud.
- Mlle Mieg, à Mulhouse. — Le meilleur moyen d’enrayer les ravages des insectes sur les reliures de livres est d’appliquer la mixture suivante au moyen d’une
- flanelle :
- Cire jaune.................. 5o gr.
- Essence de térébenthine . 100 gr.
- Acide arsénieux............... o gr. 5o
- Faire fondre au bain-marie avec les précautions d’u-
- sage la cire dans l’essence, puis ajouter en dernier lieu l’acide arsénieux. Après séchage, donner du brillant en frottant avec un large bouchon de liège neuf et souple. M. Delsaux, à Lille. — La graisse consistante pour
- wagons est composée de :
- Savon de palme............. 6 kg
- Eau......................... 12 —
- Suif.......................... 6 —
- Huile minérale................ 2 —
- On fait dissoudre préalablement le savon dans l’eau, puis on y ajoute successivement le suif puis l’huile minérale, le mélange est coulé dans des bacs et agité avec une spatule jusqu’à solidification.
- M. le Dr Corret, à Versailles. — Nous n’avons pas encore eu l’occasion d’examiner la boisson Fruita et ne pouvons vous donner de chiffres sur sa composition eu égard à la formule que vous nous communiquez ; quant à l’arome vous pourrez très probablement en obtenir la répétition sur échantillon soumis dans les maisons suivantes spécialisées pour les essences de fruits : Barru-cand et Wackherr, 31, rue Solférino, à Billancourt, Seine; Méro et Boyveau, u5, rue des Archives; Maret, à Saint-Germain-en-Laye, Seine et-Oise ; Bourbonnais, à Marolles-en-Hurepoix, Seine-et-Oise.
- M. R. Stoecldin, à Guebwiller, Alsace. — i° Le moyen le plus px-atique pour préserver les bassines en fer de l’oxydation est l’étamage. 20 Pour marquer les caisses au pochoir, délayer simplement du noir de fumée dans de l’huile de lin cuite.
- M. le Dr Lecomte, à Sarrebourg. — Votre hypothèse était exacte, les levures dites chimiques sont à base de bicarbonate de soude et l’on peut prendre comme type :
- Amidon de riz............770 gr.
- Bicarbonate de soude. . . . i3o — Acide tartrique..........100 —
- Chacun de ces éléments est desséché à l’étuve et pulvérisé avant tout mélange, puis celui-ci est effectué aussi intimement que possible par tamisage et le produit est conservé en récipients hermétiques. On emploie cette levure chimique dans la proportion de 7 pour 100 du poids de la farine.
- M. A. T., à Prissé. — Le lithopone est un mélange de sulfate de baryte^et de sulfure de zinc complètement insoluble dans l’alcool, il n’y aurait donc rien à craindre dans son emploi comme revêtement intérieur de fûts, mais il n’en est pas de même de l’excipient tel que l’huile de lin cuite, qui constitue le second élément de la peinture et qui donnerait certainement un très mauvais résultat, peut-être un emploi de la viscose pourrait-il être envisagé. Société la Viscose, 16, rue du Louvre, Paris.
- M. Rondeaux, à Paris. — Deux procédés sont surtout employés pour reporter un dessin sur une étoffe en vue de broderie ou de tapisserie : i° Le modèle est ajouré en suivant les contours par piquage au moyen d’une aiguille ou en se servant d’une molette, cela fait on l’applique sur l’étoffe et on saupoudre ledit patron de poudre à décalquer, puis on frotte légèrement avec un tampon de coton de manière à bien faire passer la povidre par les perforations, on enlève le papier, chaque ligne est dessinée par une série de petits points rapprochés par la poudre colorée. Il suffit alors de passer un fer chaud pour fixer définitivement le pigment aux fibres du tissu.
- La poudre à décalquer se’prépare en faisant fondre de la résine ordinaire ou colophane et en y incorporant par agitation 20 pour 100 d’outremer ou de rouge de Venise suivant que l’on désire des dessins bleus ou rouges. Le mélange bien homogène est versé sur un marbre, puis pulvérisé après refroidissement. 20 On peut également opérer comme suit : Entre l’étoffe et le patron on interpose une feuille de papier chimique puis on suit les contours du dessin avec une baguette de bois taillée en pointe mousse, sans appuyer trop, fortement pour ne pas déchirer le modèle. Lorsque tous les traits ont été repassés, on enlève le papier chimique et trouve sur l’étoffe la reproduction désirée.
- Le papier chimique s’obtient sans difficultés en badigeonnant la surface d’une feuille de papier mince avec
- une mixture composée de :
- Savon mou.......................5o gr.
- Noir d’ivoire ou bleu de Prusse . 4° —
- Après étendage on laisse sécher à l’air.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour léur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 % pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ...... ... —
- La technique du mineur, par L. Martel. Tome I, i vol. 352 p., 336 fig. Tome II, i vol. 198 p., 119 fig. Duaod, éditeur, Paris, 1920.
- Le 1" volume est consacré aux notions générales, à l’abatage et au soutènement, le 2" volume au creusement des galeries et des tunnels, au fonçage des puits en tous terrains. Après des renseignements généraux sur les divers gisements, l’auteur étudie en détail les procédés d’abatage; il décrit les divers outils utilisés dans la mine, il montre comment se pratiquent les coups de mines et compare les diverses méthodes en usage, il passe ensuite à l’exécution des boisages et muraillements, puis au creusement des galeries dans les différents terrains; puis au fonçage des puits; il étudie le matériel nécessaire à ces opérations, les cuvelages et les différentes méthodes préconisées pour les fonçages en terrains aquifères : air comprimé, congélation, cimentation. Cet ouvrage est à la fois celui d’un ingénieur expérimenté et d’un professeur habitué aux exigences de l’enseignement; les descriptions y sont d’une remarquable clarté, accompagnées d’illustrations excellentes à tous égards, complétant le texte d’une manière fort heureuse. La documentation est sûre et abondante, mise au courant des progrès les plus récents. Un index bibliographique accompagne chaque chapitre.
- Le graphite, par H. P. Sdence (publication du Ministère des Mines du Canada). 1 vol. illustré, 212 p. Thomas Mulvey, éditeur, Ottawa, 1921.
- Cet ouvrage donne des renseignements très complets sur les gisements de graphite dans le monde et plus particulièrement ceux du Canada, sur les modes de traitement du graphite naturel : concentration, purification, sur la fabrication du graphite artificiel Acheson, et sur les usages du graphite : creusets réfractaires, lubrifiants, crayons, enduits, couleurs.
- Zes automobiles de 1922, par Pierre Jacques (Répertoire alphabétique de la construction automobile). 1 vol. illustré, 285 p. Chiron, éditeur, Paris, 1921. Prix : 10 francs.
- Donne les caractéristiques et les prix des diverses voitures exposées au dernier salon de l’automobile.
- Les combustibles liquides et leurs applications, publié par le Syndicat d’applications industrielles des combustibles liquides. 1 vol. 621 p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921.
- Cet ouvrage réunit la plupart des renseignements pratiques indispensables à l'industriel qui utilise les combustibles liquidés : réglementations en vigueur, origines, caractéristiques et modes de fabrication des divers combustibles liquides, statistiques de la production, procédés d’essais et d’analyse, etc.
- Manuel de menuiserie, parquetage, treillage, par M. Godeau (Bibliothèque professionnelle). 1 vol. in-18, 3oo p., 368 fig. Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1921. Prix cartonné : 10 francs.
- Après les notions indispensables sur les bois et la description de l’outillage du menuisier, cet ouvrage donne la description des travaux essentiels de la menuiserie. Il est complété par une collection d’utiles exercices pour apprentis.
- Les Meilleurs et les Pires des Champignons à chapeau, par H. Coupin (chez l’auteur, 5, rue de la Santé, Paris, i3*). Prix de souscription aux i3 fascicules : 34 francs (France) et 44 francs (étranger).
- Cet album de io3 planches représente tous les Champignons à chapeau de France et des contrées voisines, avec l’indication de leur comestibilité ou de leur nocivité. Il ne renferme que des figures en noir, réduites à la « silhouette » des champignons, de telle sorte que l’on puisse soi-même les colorier, sans aucune difficulté avec des crayons de couleur ou des pastels.
- C’est un passe-temps très agréable et très instructif, car il permet de se « mettre dans l’œil » les formes et les teintes de ces cryptogames si abondants partout et que l’on ne peut bien connaître qu’après les avoir longuement étudiés.
- On coloriera d’abord ceux qui sont reproduits dans les Albums en couleurs, aujourd’hui si nombreux (mais, malheureusement, ne comportant, pour la plupart, que quelques espèces), puis, directement, d’après nature, ceux dont on viendra à connaître les noms à l’aide de manuels spéciaux ou par les bons soins d’un amateur éclairé.
- Les teintes du chapeau, des lames, du pied, etc., sont d’ailleurs indiquées d’une manière précise dans les légendes des gravures.
- Finalement, on deviendra un mycologue averti et l’on pourra déguster d’excellents plats, sans risquer de s’empoisonner.
- Histoire d'une idée. L'œuvre de Metchnikoff, par A. Bes-redka. 1 vol. in-8, 135 p., 1 portrait, Masson, Paris, Prix : 6 francs.
- L’œuvre d’Elie Metchnikoff est aussi remarquable par la variété et l’importance des faits nouveaux qu’elle révéla que par 1 unité qu’on y découvre. Bes-redka, aujourd’hui professeur à l’Institut Pasteur, après avoir été le disciple et le collaborateur de Metchnikoff pendant ses 20 dernières années, trace la suite des idées de l’illustre savant et expose la passionnante série de ses découvertes.
- D’abord embryologiste, Metchnikoff, tout jeune, étudie la question à la mode d’alors, celle des feuillets embryonnaires ; il révèle les trois feuillets fondamentaux chez les Céphalopodes, les Insectes, les Scorpions. Puis il doute de la théorie de la gastrula d’Haeckel et y substitue celle de la parenchymula. Les transformations larvaires l’amènent bientôt à étudier la digestion des cellules mésodermiques; une expérience sur les moyens de défense de la larve bipinnaire contre les traumatismes et de la Daphnée contre l’infection lui révèle la phagocytose. Celle-ci existe chez tous les êtres; elle explique donc chez l’homme l’inflammation et voici le zoologiste brusquement transporté sur le terrain médical qu’il ne quittera plus. Successivement, il explore l’inflammation, l’immunité, la sénescence, il contribue aux recherches pathologiques sur la syphilis, le choléra, la typhoïde, jalonnant sa voie d’importantes découvertes. Et il aboutit à'ia sereine philosophie de ses derniers jours, à cette philosophie optimiste où 1 homme sain, chargé d’ans, mais non de douleurs, sent s’éveiller l’instinct de la mort et disparaît sans regrets.
- M. Besredka a pu, avec une piété fidèle, raconter cette belle vie.
- Les langages des animaux et de l'homme considérés comme un fait biologique, par F. de Fénis. i vol. in-8, 138 p. Imprimerie d’Extrême-Orient, Hanoï.
- Etude intéressante sur les langages musicaux des oiseaux, illustrée de nombreuses notations musicales des chants des diverses espèces. L’auteur rapproche ceux-ci des langages et des musiques de 1 homme et y voit une extériorisation do la manière d’être actuelle d’un organisme,
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2489
- 17 Décembre 1921
- <
- INFORMATIONS
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- L’éclipse de Soleil du 21 septembre 1922. — Une éclipse totale de Soleil se produira le 21 septembre de l’année prochaine. Elle sera invisible à Paris. Sa grandeur maximum sera de i,o34, le diamètre du Soleil étant pris pour unité, et la phase de la totalité aura une durée maximum de 6 minutes. La ligne centrale de cette éclipse débutera en Somalie, sur la côte orientale d’Afrique, traversera l’Océan Indien et se terminera au nord de la Nouvelle-Zélande.
- La Gazette astronomique publiée par la Société d’As-tronomie d’Anvers, en rappelant les données précédentes, annonce que le Comité permanent anglais des Eclipsrs et l’Observatoire royal de Greenwich ont décidé d’observer cette éclipse du ai septembre, notamment dans le but d’établir une nouvelle détermination de la déviation de la lumière des étoiles dans le champ gravifique du Soleil, déviation annoncée par Einstein et déjà vérifiée lors de l’éclipse de mai 1919.
- L’île Christmas, située à environ 3oo km au sud du détroit de la Sonde, sur une ligne de navigation de Batavia à Freemantle, a été choisie comme lieu d’observation. La totalité s’y produira un peu avant midi local.
- Les observateurs seront MM. Jones et Melotte. Ils quitteront l’Angleterre au début de 1922 et résideront pendant six mois à 1 île Christmas pour effectuer une comparaison entre les échelles photographiques des grandeurs stellaires dans les hémisphères Nord et Sud. Ainsi, dans le cas où, par suite des circonstances météorologiques, l’éclipse ne pourrait être observée, l’expédition aura, malgré tout, été extrêmement utile.
- L’instrument employé sera la lunette astrographique double de l’Observatoire de Greenwich, munie d'une nouvelle monture établie suivant la latitude de l’île Christmas. On a déjà obtenu, à Greenwich, avec cet instrument, 12 photographies du champ stellaire sur lequel se projettera le Soleil au moment même de l’éclipse dn 21 septembre 1922.
- Le plus gros télescope du monde. — On sait que le plus gros télescope existant à l’heure actuelle est celui de l’Observatoire du Mont-Wilson, à Pasadena (Californie), dont le miroir a un diamètre de 100 pouces. La Gazette astronomique publiée par la Société d’Astro-nomie d’Anvers, publie dans son numéro de novembre 1921, avec une très sage réserve d’ailleurs, une information venue d’Amérique et d’après laquelle la ville de Seattle, dans l’Etat de Washington, posséderait bientôt le plus grand télescope du monde. Ce nouvel instrument serait dû à la munificence d’un capitaliste de cette ville, M. Charles S. Frye, qui prendrait à sa charge la construction et l’outillage d’un observatoire muni d’un réflecteur de 120 pouces (3 m. o5) de diamètre. Cet énorme miroir serait coulé et taillé par un astronome canadien, M. T.-S.-H. Shearman, qui aurait inventé un nouveau procédé de recuit des grandes masses de verre d optique. Ce procédé, qui serait un secret de l’inventeur, réduirait de beaucoup le temps nécessaire à l’exécution du miroir. Nous joindrons nos réserves à celles formulées par la Gazette astronomique. Nous voudrions en dégager immédiatement une constatation : c’est qu’en Amérique l’astronomie trouve toujours dans 1 initiative privée la source de ses progrès; c’est là un bel exemple qu elle offre aux Français. Souhaitons que l’information ci-dessus soit exacte : si 1 instrument de Seattle ett réussi comme celui du Mont-Wilson, l’Astronomie fera, cette fois encore, un grand pas en avant.
- Les hydroglisseurs de « Lambert ». — Ces appareils dont nos lecteurs connaissent bien le principe ont reçu depuis peu de nouvelles intéressantes applications.
- Le Gouvernement français, frappé par les services que ces appareils pouvaient rendre, en a décidé l’emploi dans la plupart de nos colonies. On a pu voir au Salon de l’aéronautique, le modèle d’hydroglisseur destiné au service particulier des gouverneurs.
- De nombreux modèles de ce type, avec ou sans carrosserie fermée, ont accompli dans nos colonies d’importants raids.
- En Indochine. — Le voyage du capitaine Guyomar. Trajet de Saïgon à Angkor et retour en i(3 h. 47 m.
- Raid Haïphong-Monçay. Voyage en pleine mer de 480 km.
- Voyage de Pnom-Penh à Rhône à travers les fameux rapides de Rhône, distance 220 milles; ce trajet très dangereux à effectuer avec les moyens ordinaires, c’est-à-dire en chaloupe à vapeur et pirogue, demande 7 jours environ. Le capitaine Guyomar, accompagné du colonel Ibos, mit 9 h. i3 de marche pour arriver à Kong.
- En mai 1920, le lieutenant Guerteau put accomplir la
- remon'ée du Fleuve Rouge jusqu’à la frontière de Chine, trajet qu aucun bateau n’avait pu encore accomplir.
- A la suite de ces importantes explorations à travers les fleuves d’Indochine difficilement navigables, des félicitations officielles furent adressées aux pilotes et aux constructeurs.
- En Chine, plusieurs hydroglisseurs de Lambert sillonnent le Yang-Tsé et remontent à travers les fameux rapides jusqu’à Tchong-King. Le capitaine Roques, attaché de l’Air à Pékin, en fut plusieurs fois ie pilote.
- Après l’Asie, passons à l’Afrique où nous voyons les hydroglisseurs de Lambert utilisés à la Côte d’ivoire, au Dahomey et au Niger, où le capitaine Odic accompagné de M. Hirsch accomplit le voyage de Koulikono Kabara (Tombouctou) en 17 h. 40; le retour s’effectua en i5 h. 40, soit pour les 1800 km du parcours une moyenne de 57 km 400 à l’heure.
- M. Devillard, qui depuis a installé un service d’hydroglisseur sur le lac de Genève, à Evian, accomplit au Dahomey le parcours Porlo-Novo-Lagos, soit 96 km en
- 1 h. 40.
- Les services réguliers mettent 11 h.
- Sur le Congo, M. de Iversauson accomplit un voyage remarquable de i5oo km.
- En Mésopotamie, 20 hydroglisseurs de Lambert furent en service pendant toute la guerre et glissèrent sur les eaux, du Tigre et de l’Euphrate, allant de Bagdad à Badji en 5 h, 1/2 et de Bagdad à Kut-el-Amara en 6 h.
- En Argentine enfin, M. Guichard, représentant de la Société des hydroglisseurs de Lambert, sur la demande du Gouvernement argentin qui avait délégué une mission officielle, remontait le Rio-Parana et le Rio-Bermejo en 10 heures.
- Les bateaux du Gouvernement, arrêtés souvent aux basses-eaux, effectuent ce trajet (700 km) en 10 ou i5 jours.
- Pour compléter son œuvre si intéressante des transports coloniaux sur les fleuves et rivières réputés jusqu’ici comme difficilement navigables, la Société de Lambert a établi également des hydroporteurs de fort tonnage. Ces appareils propulsés par une hélice aérienne
- «ffil 191 1 fr-
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- INFORMATIONS
- sont construits en tôle d’acier et n’ont qu’un très faible tirant d’eau; ils sont conçus de façon à pouvoir être démontés en de nombreux compartiments, ce qui facilite leur transport jusqu’à l’endroit même où ils doivent être employés. Le moteur est un moteur des plus robustes du type industriel et peut marcher soit à l’essence, soit au gaz pauvre.
- Deux modèles ont été établis : un hydroporteur pouvant emporter 20 t. et un autre 5o t. ; ces appareils jaugent au maximum 4° cm; leur vitesse est de i5 km à l’heure environ.
- A l’époque des fortes eaux, ces hydroporteurs peuvent être chargés respectivement à 5o et i5o tonnes.
- Construits en plusieurs compartiments étanches, ils sont pratiquement insubmersibles et pratiquement démontables pour le transport jusqu’à la colonie où ils doivent être employés.
- Le dirigeable Vaugean à air raréfié. — L’appareil imaginé par M. l’ingénieur italien A. Yaugean offre un intérêt tout spécial parce que sa construction et ses moyens de sustentation diffèrent absolument d.e ceux employés dans les rigides allemands.
- Dans les Zeppelins qui ont servi de ùaodèles pour la construction des i?-34 et 7Î-38 anglais, l’ensemble de la construction reposait sur une énorme poutre triangulaire renforcée qui constituait l’épine dorsale du plus léger que l’air. Cette quille servait de points d’attache à des cercles ou fermes verticales en duralumin, que réunissaient entre eux des liaisons longitudinales et des croisements de fils d’acier.
- Entre ces cercles étaient répartis des ballonnets recouverts de baudruche pour les rendre étanches remplis de gaz hydrogène, le plus léger connu, mais qui a le grave inconvénient de former un mélange explosif quand il s’associe à l’air dans la proportion de deux volumes d’hydrogène pour 5 volumes d’air; sa densité est de 0,69 et le poids d’un litre de 0,089 grammes.
- Des savants, notamment M. Marey, membre de l’Institut de France, avaient cherché depuis longtemps à raréfier l’air à l’intérieur des ballons, car le vide relatif par absence presque complète de gaz, devait fournir la force ascensionnelle la plus élevée, mais on se heurtait à un inconvénient très sérieux, c’est que par suite du vide produit à l’intérieur de l’enveloppe, la pression extérieure augmentait de plus en plus et nécessitait des parois de plus en plus résistantes, donc de poids de plus en plus lourds.
- C’est le problème qu’a résolu M. Yaugean, il a trouvé le moyen d’avoir à l’intérieur de son dirigeable un air raréfié et en même temps de ne pas dépasser un poids pratiquement possible.
- Une des caractéristiques les plus intéressantes de son, appareil consiste dans le fait que son cloisonnement au lieu d'être vertical est horizontal et très robuste. Il offre donc une résistance considérable aux flexions longitudinales qui tendent à se produire forcément, quand, tournant en vitesse, le plus léger que l’air met toute sa barre. Ce sont ces flexions qui ont amené la catastrophe du i?~38; en plus, son système est plus solide que celui des Zeppelins parce qu’étant donné le système de liaisons des fermes verticales de ces derniers et la distribution des poids et du lest sur une grande longueur, la quille triangulaire renforcée ne repose pratiquement que sur deux points constitués par ses extrémités.
- En outre, comme par suite des principes adoptés, M. Vaugean n’a pas besoin d’embarquer de i5 à 20 pour 100 de la force ascensionnelle globale pour équilibrer à mesure que l’on monte le poids total de l’appareil avec celui de l’air déplacé aux différentes hauteurs il a pu avoir à sa disposition un chiffre de poids considérable pour consolidations intérieures, tous ses calculs ont été reconnus exacts et vérifiés par des Commissions techniques et on procède actuellement en Italie à la construction d’un dirigeable ayant 120 m. de long, 33 de large, 33 m. de haut, pouvant porter en plus de 23 hommes d’équipage, 90 passagers et du combustible (huile lourde au lieu de benzine ou d’essence), pour 18 heures de marche. La charge utile totale en comprenant l’air qui sert de lest est de 54 tonnes, la force motrice est placée à l’avant et les passagers à l’arrière; la vitesse au sol, d’après les prévisions, serait de 120 et, à 6 à 7000 m., de 35o kilomètres !
- L’aéronef est constitué par 3 chambres concentriques,
- la paroi extérieure étant en toile armée au moyen de fils d’acier, la seconde et la 3e chambre sont en duralumin ; l’air est raréfié progressivement de l’extérieur vers l’intérieur, de sorte que chaque paroi supporte seulement la pression résultant de la différence de raréfaction entre les deux chambres que cette paroi sépare.
- C’est ainsi que la pression sur l’enveloppe extérieure en toile est de i,5o4 nu mètre carré, celle de l’enveloppe intermédiaire 2494 kg, enfin celle de l’enveloppe intérieure de 3498 kg. De plus, cet air raréfié est porté à une haute température au moyen des gaz d’échappement des moteurs qui font tourner des aspirateurs rotatifs, voici comment le dirigeable fonctionne ; pour monter on met les moteurs en marche et ils agissent sur les aspirateurs produisant les vides partiels dans les enveloppes.
- Pour descendre, ces moteurs agissent en sens contraire et on fait ainsi appel à l’air extérieur comme lest. Une fois , au sol, les aspirateurs ou turbo-compresseurs continuent leur action et compriment l’air dansles enveloppes; en sorte ! que le dirigeable repose sur le terrain de tout son poids de 40000 kg augmenté de celui de l’air comprimé.
- Dans ces conditions, on estime que malgré ses dimensions, il n’aura besoin ni de hangars ni de mâts d’amarrage, et on sait que la plupart des accidents de Zeppelins bien construits, ce qui n’était pas le cas du R-38 anglais, ont surtout eu des accidents à leur sortie ou à leur entrée dans les hangars (déchirures et incendies).
- Nous tiendrons nos lecteurs au courant des essais de ce nouveau plus léger que l’air qui est réellement intéressant parce qu’il diffère essentiellement des Zeppelins allemands !
- Là téléphonie sur les fils de transport de force.
- — Les lignes de transport de force livrent passage à des courants puissants, sous tensions élevées, courants fort dangereux pour qui les approche. Tous les pylônes ne portent-ils pas l’inscription impressionnante : danger de mort? Il peut sembler paradoxal de vouloir utiliser ces mêmes conducteurs, sans interrompre leur service normal, pour transmettre les minuscules courants téléphoniques et actionner ensuite cet appareil fort sensible et délicat qu’est le récepteur téléphonique ; n’y aurait-il pas péril de mort à manier à la main et à approcher de l’oreille, comme on le fait d’habitude, un semblable récepteur associé à ces lignes si dangereuses ? C'est cependant ce qui se pratique aujourd’hui assez couramment, par les procédés de la téléphonie par courant de haute fréquence. Cette téléphonie est proche parente de la téléphonie sans fil à laquelle elle emprunte ses procédés de transmission et de réception. Le circuit formé par la ligne de transport de force constitue une véritable antenne réceptrice ; on l’actionne par des ondes électro-magnétiques produites par un poste émetteur analogue à celui d’une station radiotéléphonique. L’attaque de la ligne de transmission se fait soit par une antenne parallèle, soit par un transformateur; pour la réception on emploie un dispositif analogue.
- La Société Française Radioélectrique vient d’installer sur ce principe pour la Compagnie Electrique du Nord une communication téléphonique entre les centrales de Beautor et d’Hirson reliées par une ligne de transport d’énergie à courant triphasé sous 4^000 volts. La Compagnie Electrique du Nord se propose d’étendre ce mode de communication à ses nombreuses sous-stations.
- Un musée de l’Aéronautique à Chalais-Meudon.
- — On vient d’inaugurer dans le parc de Chalais-Meudon, dans l’ancien atelier du colonel Renard, un musée aéronautique. Il comprend une remarquable exposition, en modèles réduits, de tous les appareils d’aviation qui ont vu le jour depuis les premiers essais ; de même on y trouve des modèles réduits et des coupes des principaux moteurs, des modèles de ballons, d’observation et de dirigeables; à côté de ces modèles réduits, on peut voir au Musée un certain nombre d’appareils réels qui constituent de précieux documents historiques, un biplan Wright du début, un monoplan Antoinette de 1908, la Demoiselle de Santos-Dumont, etc. Enfin une collection d’estampes, gravures, dessins, complète cet ensemble des plus intéressants et qui met en évidence d’une façon frappante les étapes successives de la navigation aérienne.
- Ce musée, créé par le commandant Caquot en 1919, a été développé et amené à son état actuel par les soins de l’ingénieur en chef du génie maritime. Formant, du j capitaine Ilirschauer et de M. Ch. Dollfus..
- 1S2 II*
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- SCIENCE APPLIQUEE
- c^ns. Automobilisme
- Ceinture de roues « Guerrini ». — Tout le monde connaît, depuis l’emploi des tanks à la guerre, l’avantage des chenilles pour les tracteurs de poids lourds. Elles assurent une adhérence meilleure que n’importe quel antidérapant. M. Guerrini a imaginé un système de ceintures de roues, simples et légères, qui peuvent se fixer instantanément aux roues des véhicules automobiles, qu’elles soient pleines ou garnies de pneumatiques, simples ou jumelés. Formées d’éléments interchangeables, ces ceintures peuvent être aisément ajustées, réparées ou remplacées.
- Elles augmentent l’adhérence du véhicule au sol en approchant de l’adhérence totale et permettent d'utiliser au maximum la puissance du moteur (un camion à deux roues motrices peut ainsi remplacer un tracteur à quatre roues motrices) (fig. r); elles permettent aux véhicules J,|S- 2 de faire un service régulier par tous les temps et sur tous les terrains (sols argileux et marécageux, routes recouvertes de neige ou de verglas, terres de
- Fig. i.—Camion Fiat muni de deux ceintures de roues Gucn remorquant 12 camions d’une charge totale de 52 tonnes.
- labour, etc.) et d’affronter toutes sortes d’obstacles : montées et descentes jusqu’à 4° et même 6o pour ioo (Gg. a) suivant la puissance du moteur, fossés, ruisseaux, haies, buissons, etc., et ainsi elles sont indispensables pour les entreprises de transport, dans les colonies surtout, pour les exploitations et industries éloignées des routes (exploitations forestières et agricoles, de mines et de carrières, papeteries, sucreries, scieries, etc.), pour les transports en montagne, etc.
- Les ceintures Guerrini (fig. 3) se composent d’un certain nombre de biellettes et de tendeurs, articulés au moyen des axes à des blocs qui, par effet du serrage des tendeurs, s’appliquent fortement contre les bandages de la roue. Deux tourillons, interchangeables, sont fixés à chacun des blocs et soutiennent un sabot ou patin en acier pouvant osciller librement autour des dits tourillons, qui s’engagent dans les fenêtres à forme de triangles mixtilignes aménagées dans les deux flasques du sabot.
- Ce mode de suspension, qui constitue la principale caractéristique de ce système, et qui est applicable également aux tracteurs agricoles, permet de réaliser le roulement et l’engrènement en même temps de la roue sur les sabots. Chaque sabot, grâce au jeu existant à son articulation, se pose librement sur le sol avant que la roue ne vienne s’appuyer sur le sabot même, et il ne se soulève du sol qu’après que la roue est passée sur le sabot suivant.
- Le montage et le démontage sont très rapides puisqu’il süffit, pour le montage, d’allonger les ceintures
- — Camion chargé de 2,5 tonnes descendant une rampe de 6o o/o.
- sur le sol, derrière les roues du véhicule, et faire reculer celui-ci de manière que les roues montent sur le 2° ou le 3e sabot de chaque ceinture ; attacher ce sabot à la jante de la roue au moyen de la chaînette de manoeuvre ; continuer à faire reculer le véhicule jusqu’à l’enroulement complet des ceintures; effectuer la jonction des deux extrémités de chaque ceinture eu vissant le tendeur correspondant; serrer à bloc et de manière uniforme tous les tendeurs.
- Pour le démontage, il suffit de démonter complètement un des tendeurs et la ceinture tout entière tombe.
- Les ceintures de roues Guerrini sont construites par la Société S. A. D. A. G., n, rue Ambroise-Thomas, Paris, g°.
- **> Objets utiles -c*
- Le biberon Majic. — Tout le monde connaît aujourd’hui les merveilleux vases calorifuges, dits de Dewar, sans doute parce qu’ils ont été inventés par le savant français d’Ar-sonval : ils consistent, on le sait, en un réci-’’ pient de verre à double paroi ; la capacité
- contenue entre les 2 parois de verre, épaisse de quelques millimètres, a été soigneusement purgée d’air au moyen d’une pompe à vide qui y fait régner un vide presque parfait. Les pertes par conduc-
- tk\..Ç7
- Fa 3. —La ceinture de roues.Guerrini montée et démontée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- tibilitê à travers la paroi sont ainsi supprimées ; déplus, suivant le perfectionnement dû au savant anglais Dexvar, on supprime les pertes ou gains de chaleur par rayonnement en argentant complètement les faces internes de ces parois.
- On obtient ainsi des vases complètement imperméables à la chaleur ; c’est ainsi que dans des récipients de ce genre on peut conserver, sans autres précautions, de l’air liquide pendant plusieurs jours.
- Si ces vases rendent de précieux services au savant, ils ne sont pas moins utiles dans les circonstances usuelles de la vie pratique et voici bien longtemps déjà qu’ils ont franchi la porte du laboratoire pour conquérir la faveur du public ; ils ont pris alors le nom de bouteilles Majic ; celles-ci ne sont autre chose que des vases argentés de d’Arsonval, disposés dans une solide enve-
- Tétïne
- Molette de fermeture aluminium
- Oj Corps êbonite---
- jjj caoutchouc------
- Cône
- —d obturation
- Bouteille a . double paroi ( verre)
- .Tubulure
- Fig. 4- — Coupe schématique du biberon Majic.
- loppe métallique, garnie de cuir, et munie d’une fermeture ; ces vases, fragiles par eux-mêmes, sont ainsi mis à l’abri des chocs ; leurs usages sont multiples : ils servent aux touristes, aux voyageurs, pour conserver durant de longues heures, à telle température que l’on désire, les aliments chauds ; les mamans y trouvent un précieux auxiliaire; lorsqu’elles conduisent bébé à la promenade, grâce à la bouteille Majic, elles ont à leur disposition à tout moment du lait bien tiède tel que l’enfant le réclame.
- Il a été fait de la bouteille Majic pendant la guerre une bien curieuse application.
- Les aviateurs qui partaient pour de longues randonnées, bombardements ou reconnaissances à grande portée, ne pouvaient tenir l’air de longues heures sans prendre un réconfortant; l’effort moral et physique fourni au cours de ces dures expéditions eût vite épuisé les plus robustes, et les eût mis au moment le plus dangereux, c’est-à-dire au moment de repasser les lignes, en état d’infériorité manifeste.
- Mais comment s’alimenter à bord d’un avion en mission?
- La bouteille Majic offrait évidemment le moyen de mettre constamment à la disposition des aviateurs des boissons chaudes et reconstituantes.
- Mais cela ne suffisait pas.
- Comment transvaser ces liquides ?
- Le pilote ne peut se permettre un moment d’inattention ; la conduite de l’avion et l’observation du ciel où peut être un avion ennemi le guette absorbent tous ses moyens.
- Le lieutenant Poumet a eu l’idée de transformer simplement la bouteille Majic en biberon, suivant la disposition de la figure ci-contre.
- L'orifice du vase à double paroi est fermé au moyen d’un bouchon comportant une pièce en caoutchouc formant joint celle-ci enserre un corps en ébonite à la partie inférieure duquel est fixé un tube d’aspiration plongeant jusqu’au fond de la bouteille.
- Dans ce corps est vissée d’autre part une pièce perforée terminée par une pointe conique que l’on peut déplacer au moyen d une molette extérieure de façon à venir obturer le tube d’aspiration. Cette pièce porte à son autre extrémité la tétine.
- Ainsi la bouteille peut être placée dans toutes les positions sans risque de répandre le liquide qu’elle contient.
- Ce biberon peut évidemment rendre de grands services en dehors de l’aviation : par exemple aux chauffeurs d’automobiles, aux sportsmen, et surtout aux malades.
- Par contre, il nous paraît impossible de le recommander pour les bébés ; malgré tout l’intérêt que présenterait un biberon toujours chaud que l’on pourrait préparer au dépai't pour la promenade par exemple, celui-ci n’est pas fait pour les tout-petits.
- Il contient, en effet, un certain nombre de dispositifs rigoureusement condamnés par l’hygiène infantile, notamment le tube d’aspiration, et le bouchon fort difficiles, sinon impossibles, à maintenir rigoureusement aseptiques.
- T a-t-il un moyen de concilier les merveilleuses propriétés des vases d’Arsonval avec les exigences de la puériculture pour réaliser le biberon idéal toujours chaud ? La parole est encore aux inventeurs.
- Le biberon Majic est en vente chez Paz et Silva, 55, rue Sainte-Anne, Paris.
- Fig. 5.
- Biberon Majic.
- Coquetier bordelais. — Les coquetiers ordinaires sont faits selon un gabarit immuable. Si l’œuf est très gros, il y entre à peine; s’il est trop petit, il tombe au
- Fig. 6. — Coquetier bordelais.
- fond. Tout au plus, certains modèles ont-ils deux orifices, un de chaque côté, dont l’un plus large que l’autre
- Voici une nouveauté en matière de coquetier, qui le rend réglable à la taille de la coquille de l’œuf. Un pas de vis tournant dans le pied élève ou abaisse à volonté le support du fond.
- De plus, l’appareil de soutien est réduit à un anneau supporté par deux branches, ce qui permet de voir constamment l’œuf et d’éviter les bavures qui coulent entre la coquille et le coquetier.
- Ce coquetier bordelais est en vente chez MM. Kirby, Beard et Gi0, 5, rue Auber, Paris.
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- VARIÉTÉS
- DANGER DU
- Pour qu’il n’y ait pas de danger à s’aventurer sur la glace d’un lac, on dit ordinairement qu’il faut attendre que l’épaisseur atteigne 90 mm, ce qu on vérifie aisément par quelques sondages faciles à faire.
- Il est certain que, avec pareille épaisseur, la glace fraîche présente une résistance plus que suffisante pour supporter le passage de quelques patineurs.
- Mais cela n’est plus vrai quand la glace est formée depuis quelque temps, sauf peut-être si aucune variation de température n’est survenue pour en modifier la texture, et j’ai eu malheureusement l’occasion de constater qu’il était imprudent de s’engager sur la croûte épaisse de glace sans s’assurer par quelques coups de pilon qu’elle était restée dans son état normal de résistance au choc, et comme nous traversons en ce moment une période de variations rapides de température, je me fais un devoir de signaler le danger aux surveillants qui travaillent pour le club des patineurs.
- Des expériences ont été faites par Bertin à la Faculté des Sciences de Strasbourg vers 1858, aussitôt que le microscope polarisant a été inventé. Prélevant la mince couche de glace qui venait de se former sur une cuvette, et la portant sous l’objectif de son appareil, en plein air pour rester au-dessous de o°, Bertin a constaté que l’axe de cristallisation de sa plaquette était vertical, perpendiculaire à la surface de l’eau, c’est-à-dire que la couche de glace formée à la surface de l’eau tranquille est composée de prismes hexagonaux verticaux. Gela étonnait Bertin, parce que, au premier moment de la congélation, on voit de longues aiguilles s’élancer horizontalement sur l’eau, dans tous les sens, ce qui paraissait déceler la formation de prismes horizontaux.
- J’ai été moins surpris, en raison d’une observation que j’avais faite dix mois auparavant et que j’ai aussitôt rapportée au, professeur.
- Au milieu d’avril 1858, j’arrivais au lac de Longemer : la glace y avait été rompue peu de jours auparavant par le dégel accompagné d’une tempête et d’une courte crue des torrents.
- Toute la partie de la croûte qui était alors restée sur l’eau avait disparu : l’eau du fond du lac, où la température est constante à 4°> ramenée en surface par le vent,
- PATINAGE
- et surtout par le violent afflux des torrents, avait fondu les glaçons flottants. Mais la tempête avait jeté sur le bord de grands morceaux, mis ainsi à l’abri' des eaux chaudes, mais qui avaient subi depuis deux jours le dégel superficiel, tout en conservant une forte partie de leur épaisseur, ao à i5 centimètres.
- Ces blocs paraissaient très compacts : mais en essayant d’en ramasser un, on les brisait instantanément en baguettes, prismes hexagonaux, verticaux. Le moindre choc suffisait à déterminer ce clivage dans tout le bloc, devenu par conséquent très friable, et qui, s’il avait été sur l’eau, n’aurait pas pu soutenir un poids de quelques centaines de grammes.
- De cette constatation il résulte qu’une forte couche de glace à la surface d’une eau tranquille est composée de prismes hexagonaux verticaux, accolés les uns aux autres par des faces de clivage, et que ces clivages perdent toute cohésion par un commencement de dégel ; sans doute un peu d’eau liquéfiée s’infiltre dans les faces de jonction : si bien que la glace se trouve alors formée par la juxtaposition de prismes d’environ 10 mm de diamètre, sans liaison entre eux. Peul être aussi faut-il voir dans cette disjonction un effet de dilatation et retrait, comme cela se passe pour la division en prismes des coulées basaltiques.
- Ce qu’il y a de certain, c’est que cette fragilité de la vieille glace est un grave danger pour le patineur. Quatre ou cinq ans plus tard, au même lac de Longemer, un brave fermier jouait sur la glace avec sa femme et son beau-frère : et sans doute la glace avait subi par en dessous l’action des eaux tièdes du fond, car le malheureux s’étant un peu éloigné du bord a disparu au travers de la croûte, et son beau-frère, courant à son secours, n’a eu aucune peine à briser la nappe glacée à coups de pieds pour arriver à la victime, trop tard malheureusement. Il fallait que la glace fût bien friable pour qu’il ait pu la rompre ainsi.
- ’r Et voilà pourquoi les surveillants du patinage au Bois de Boulogne ne doivent pas se contenter de vérifier l’épaisseur avant d’ouvrir les barrières aux patineurs ; il faut en outre qu’ils s’assurent que la couche résiste à un coup de bâton ou de pilon. Effère.
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- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de L& Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’nne bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- W Communications. — Un ancêtre des sous-marins. — Un de nos lecteurs, M. de Latour, nous signale le curieux passage suivant extrait de 1’ « Art de nager » de Thévenot, paru en 1782. « Si l’on en croit M. Boyle, le célèbre Corneille Drebell a trouvé dans le xve siècle un secret bien supérieur à celui-ci. Il s’agit des cloches à plongeur. Cet alchimiste hollandais imagina, dit-on, un vaisseau propre à être conduit sous l’eau, à la rame, et une liqueur qui suppléait à l’air frais dont on était privé dans ce vaisseau. »
- Réponses. — M. Pascal, à Chassagnas, Creuse.— La remise en état de votre tissu d’argent nous paraît assez délicate, attendu que l’application de tout enduit donnera une certaine raideur; pour répondre à votre demande, voici une formule de mixture donnant un ton d’argent :
- Acétate de cellulose ...... 25 gr.
- Acétone.......................100 —
- Aluminium en poudre . . . * , 3o—
- Il serait peut-être préférable de chercher à réargenter réellement en passant sur l'étoffe un tampon humide imprégné de la poudre suivante :
- Nitrate d’argent ;.......... 12 gr.
- Sel de cuisine.............5o —
- Crème de tartre .......* 3o —
- Terminer par un rinçage, puis brosser après séchage.
- 20 Inutile d’entreprendre une teinture de chapeau de paille, il vous suffira d’appliquer un vernis de la couleur choisie tel que vous le trouverez chez tous les marchands de couleurs.
- M. Robert, à Orléansville, Algérie. — Nous avons donné dernièrement à M. Larguier de Tananarive (n° 2482, du 26 octobre 1921, page 140) une recette pour T ignifugation des bois qui donne de très bons résultats ; vous pourriez également procéder par immersion si les pièces ne sont pas de trop grandes dimen-
- sions, en laissant tremper le bois jusqu’à saturation dans le liquide suivant :
- Phosphate d’ammoniaque . . 10 kg.
- Acide borique.................. o kg. 800
- Borax.......................... 8 kg. 200
- Eau. . ,......................100 litres.
- Laisser sécher plusieurs jours, puis peindre pour éviter l’entraînement des sels par fa pluie. 7
- M. Latour, à Istre. — De bons résultats nous ont été donnés pour le nettoyage d’incrustations en cuivre par
- une mixture composée de :
- Savon de Marseille râpé .... 100 gr.
- Eau non calcaire.................5oo —
- Après dissolution à chaud laisser refroidir puis ajouter :
- Terre d’infusoires...............a5o gr.
- Ammoniaque liquide............... 5o —
- Bien entendu il faut agir avec ménagement et seule-
- ment sur les parties métalliques en se servant d’un morceau de flanelle, essuyer et encaustiquer légèrement.
- M. G. Tardy, Yougo-Slavie. — La coloration bleue
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- BOITE AUX LETTRES
- dite provisoire de l’encre, faite dans l’attente de l’oxydation à l’air, est donnée par la pâte de carmin d’indigo retiré du sulfate d’indigo et purgé d’acide. On trouve dans le commerce des pâtes de carmin d’indigo de pureté et de concentration variables, la pâte doit être molle mais ne coulant pas pour une qualité moyenne, la dose est de 20 à 3o gr. par litre d’encre. On peut également employer comme couleurs d’aniline le bleu pur de la Manufacture lyonnaise.
- M. M. Fenwich, à Paris. — Le problème posé ne comporte pas de solution, quel que soit le revêtement donné au bois, celui-ci immergé dans un bain de métal liquide à 5oo ou 6oo° sera carbonisé, aucun isolant calorifique n’existe dans ces conditions.
- M. Juan Even, à Quilmès, Argentine. — i° Un moyen très simple de patiner le cuivre est d’en provoquer la sulfuration, pour cela on trempe les objets dans une solution de sulfhydrade d’ammoniaque dont la concentration peut varier de 1 pour 1000 à 1 pour 100 suivant l’intensité de la coloration- désirée, quelques essais préalables vous fixeront à ce sujet. 20 On emploie habituellement pour patiner l’étain
- Yerdet......................... 35 gr.
- Sel ammoniac................... 10 —
- Acide acétique.................. 4 —
- Eau............................5oo —
- 3° Un mélange en proportions convenables de potée d’étain et de silicate de soude vous donnera une pâte propre au bourrage des creux de l’étain repoussé.
- M. G. Lenormand, à Versailles. — Dans la communication originale du Dr Ambialet, des Bouches-du-Rhône, il n’était question que de l’èmploi des étamines de la fleur de tussilage contre l’intoxication par le tabac ; l’un de nos abonnés, M. Maranne, pharmacien à Périgueux, nous a fait connaître que M. Verrier, dans la Revue d’histoire naturelle appliquée, avait étendu cet emploi à la feuille entière qtii pouvait être complètement substituée au tabac. Sans indications complémentaires nous pensons que la préparation doit être analogue, c’est-à-dire enlèvement des nervures, mouillage à 1 eau salée à 5 pour 100 pour assurer la conservation, découpage en filaments suffisamment fins, puis séchage à température pas trop élevée. Peut-être est-il utile d’additionner l’eau salée d’une trace de nitrate de potasse pour faciliter la combustion.
- M. Broulion, à Liège. — Pour teindre les peaux d’agneaux tannées opérer ainsi : appliquer à la brosse ou à l’éponge :
- Tanin............................. i5 gr.
- Eau............................. 1000 —
- Laisser sécher, puis enduire de la solution qui suit :
- Vésuvine........................... 5 gr.
- Fuchsine........................... 5 —
- Gélatine blanche................... 5 —
- Eau chaude.......................1000 —
- Si on désire une teinte plus foncée passer une sefconde couche au moyen d’une dissolution de violet de Paris d’une concentration variant de 1 à 5 gr. par litre.
- R. M.,k Saint-Mandé. — T Les taches de brou de noix s’enlèvent à l’hydrosulfite de soude ; on obtient celui-ci en remplissant un flacon de copeaux de zinc que l’on recouvre de bisulfite de soude liquide du commerce : au bout de deux ou trois jours le produit peut être employé, il suffit d’en imbiber la tache puis de bien rincer. Bien entendu il ne faut pas opérer sur des tissus teints qui seraient également décolorés. 20 Le Ripolin peut s'enlever par application d’un mélange de :
- Benzine.................. . . 55o cm3
- Méthylène ........................aSo —
- Acétone........................... i5o —
- Paraffine.......................... i5 gr.
- Au bout de très peu de temps la peinture se ramollit suffisamment pour être enlevée par léger grattage sous forme de pellicules. 3° Pour vieillir les dorures d’un cadre doré appliquer au pinceau une solution contenant une trace de sulfhydrate d’ammoniaque. Faire un essai -préalable sur une partie peu visible et opérer avec précaution pour éviter un noircissement trop accentué.
- A. h., à Sognolles (Seine-et-Oise). — i° Il ne peut être question d’une répétition exacte du ripolin, la fabrication des couleurs laquées comporte en effet des tours de main tel que le chauffage des gommes qui ne la mettent pas à la portée de l’amateur, pour un travail soigné il est préférable d’employer les produits tout
- préparés. 2° Si les taches que vous constatez sur votre papier sont dues au développement de moisissures, il vous sera facile d’éviter cet accident en ajoutant à la colle de pâte avant son emploi 5 pour 100 de sulfate de cuivre (vitriol bleu). 3° Débarrasser le pinceau de la plus grande partie de l'huile par trempage dans l’essence de térébenthine, pui saprès essuyage le plus parfait possible mettez-le à tremper dans une dissolution tiède de carbonate de soude à 5 pour 100, finalement rincez également à l’eau. 4° Gomme ouvrage pratique sur la fabrication des peintures, consultez le Matiwl du Peintre, de Coffignier ; éditeur, Dunod, 4 7 î quaides Grands-Augustins. 5° Même observation qu’en 1" relativement à la fabrication des vernis qu il vaut mieux, au point de vue qualité et économie, se procurer chez les spécialistes.
- M. Barre, à Amiens. — i° La formule ci-dessous voiis donnera très probablement satisfaction pour préparer un écran transparent, cependant nous croyons que vu la faible intensité dont vous disposez un écran opaque
- vous donnerait meilleur résultat :
- Huile de lin...................5oo gr.
- Cire blanche................... 3o —
- Gomme laque blanche . . . • . 40 —
- Faire fondre à feu doux et appliquer à chaud.
- 20 Pour assouplir les peaux après tannage, il faut les enduire du côté chair avec un mélange à parties égales d’eau et de glycérine, puis les corroyer sur un bâton rond dans tous les sens.
- 5. A., Mons (Belgique). — i° Nous ne connaissons pas de revue pédagogique rédigée dans le sens que vous indiquez. 20 Manipulations de chimie élémentaire, par Noble, éditeur Vuibert, 63, boulevard Saint-Germain. 3e La façon la plus pratique de couper le verre en plaque est de se servir des instruments à molette que l’on trouve partout à très bon marché. 4° Pour utiliser un pot à fleur ébréché, commencerpar tracer régulièrement à bonne hauteur sur la partie saine un trait au crayon devant servir de guide, puis au moyen d’une lime tiers point limer en suivant le trait sur tout le pourtour, sur une profondeur de 2 à 3 mm, un léger choc suffira alors pour détacher la couronne inutile. 5° Les boites à conserves peuvent effectivement recevoir des applications multiples, cueille-fruits, râpe à fromage, bain-marie, suspensions, lanternes, etc., si vous désirez le3 vendre telles quelles vous pouvez vous adresser à la Société de traitement des résidus métalliques, 97, boulevard Malesherbes, Paris, 8e.
- M. Jacquemond-Moulin, au Chambon-Feugerolles. — i° L’aluminium fondant à 6oo° et l’étain à 23o°, il ne peut être question de substituer un métal à l’autre pour avoir un alliage à même point de fusion. 20 Le plomb fond à 335° mais ne se volatilise sensiblement qu'à une température plus élevée, le mieux que vous avez à faire est d’installer des cheminées d’appel avec aspirateur genre Blackman. 3° Comme ouvrages techniques consultez : Traitement thermique des produits métallurgiques-, trempe, recuit, revenu, par Léon Guillet. La taille des métaux, par Taylor, traduction L. Descroix. La taille des métaux, par P. Massot, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins. 4° Nous réservons les indications de firmes à celles de nos nationaux. 5° La condition essentielle pour un bon anti-rouille est d’être neutre et exempt d’humidité, par conséquent il convient de s’assurer que les produits employés ne rougissent pas le tournesol et de les porter préalablement à une température assez élevée maintenue un certain temps pour que toute l’eau soit chassée. Une bonne formule est la sui-
- vante :
- Vaseline brune.................1000 gr.
- Camphre pulvérisé.............. 5o —
- Après dissolution du camphre par chauffage au bain-marie ajouter du graphite en quantité suffisante pour donner à la pâte la couleur du fer.
- A. S., à Auch. — i° L’échantillon de poudre cuivrique que vous nous avez soumis est constitué par de l’hydrate de cuivre précipité par la chaux, il est facile de l’obtenir en ajoutant à une solution de sulfate de cuivre un lait de chaux clair, jusqu’à ce que le liquide surnageant après repos soit décoloré. La couleur du produit est celle de l’hydrate de cuivre sans aucune autre intervention. 20 Le chlorure de baryum est un poison violent pour les insectes broyeurs et suceurs lorsqu’ils dévorent les feuilles qui en ont été aspergées, il remplace l’acide
- -*f IM
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- BOITE AUX LETTRES
- arsénieux dont l’emploi n’est pas autorisé en France, ' plusieurs formules ont été préconisées, l’une des plus employées^ est le chlorure de baryum cuprique, le sel cuprique étant l’ammoniure de cuivre à la dose fixe de 4 pour ioo, le chlorure de baryum variant de i,5 à 2 pour ioo. On utilise aussi le chlorure de baryum avec le verdet ou acétate de cuivre, les deux produits étant pris à parties égales de i pour ioo. Cette dernière formule réussit particulièrement lorsque l’on veut détruire à la fois les parasites animaux et végétaux.
- M. Fidon, à Béthune. — Un amateur peut parfaitement préparer les peaux de petits animaux tels que lapins, en opérant comme suit : Lorsque l’animal est dépouillé on racle la peau avec une lame mousse pour enlever les débris de chair, puis on la plonge poil en dessus dans un bain ne dépassant pas la température de 3o° contenant par litre ioo gr. d’alun et 3o gr. de sel de cuisine. On laisse immerger pendant trois ou quatre jours en remuant de temps à autre, puis les peaux sont étendues sur une planche à laquelle on les fixe par de la semence, on laisse sécher à l'ombre, puis redonne de la souplesse en les étirant dans tous les sens, au besoin pour augmenter celle-ci on enduit le côté chair d’un mélange d’eau et de glycérine à parties égales. Si vous désirez ne pas vous charger de ce travail vous pourriez vous adresser à des spécialistes de votre ville par exemple aux maisons Bar, Lebas ou Leclercq, a” Pour réparations d’objets en porcelaine de valeur, M. Boisse-rand, i, rue du Pont-de-Lodi, Paris.
- ÜL Boulay, à Sèvres. — i° Le formol ou aldéhyde formique porte aussi les noms de formaline, formaldéhyde, méthanal, à l’état pur c'est un gaz très soluble dans l’eau et l’alcool; refroidi à — 210, il se liquéfie. On trouve dans le commerce le formol à l’état de solution de .densité 1.08, c’est alors un liquide incolore à odeur irritante provoquant le larmoiement miscible à l’eau en toutes proportions. En réalité le formol commercial est un mélange de formol d’alcool méthylique et d’eau contenant environ 40 pour 100 du produit principal évaporé à l’air, il dépose sous forme de poudre cristalline du trioxyméthylène (CH2O)5, une partie du formol est combinée à l’alcool méthylique sous forme d’acétal CII2 = (OCH3)2. Evaporée en présence d’un excès d’ammoniaque la solution donne de l’hexaméthylène tétramine. Le formol possède la propriété d’insolubiliser la gélatine et l'albumine, c'est un antiseptique et désodorisant puissant, La terre à poêle est encore le meilleur lut à employer pour le garnissage des foyers en y mélangeant un peu de fibres d’amiante; vous éviterez ainsi le fissurage, mais bien entendu, il faut laisser sécher complètement sans quoi l’évaporation de l’eau produit une diminution de volume irrégulière et la masse se fendille. 3° Pour recoller la porcelaine employez une pâte formée d’oxyde de zinc délayé dans une solution concentrée de chlorure de zinc additionnée de 3 pour 100 de borax, l’emploi de la glycérine dans les formules que vous nous soumettez, nous paraît contre-indiqué. 4° La magnésie lourde ou magnésie anglaise s’obtient en faisant une pâte avec de l’eau et de l’hydrocarbonate de magnésie, puis, après séchage à l’étuve, en calcinant à haute température.
- C. J., à Bruxelles. — L’imperméabilisation de vos sachets en papier après emballage terminé ne nous paraît pas devoir être conseillée, car la présentation de l’article sera certainement défectueuse, il serait préférable d’imperméabiliser d’abord les sachets par immersion dans une solution d’environ 1 pour 100 de paraffine dans le tétrachlorure de carbone, puis après remplissage et collage de passer seulement sur la fermeture au moyen d’un pinceau une couche légère du même produit.
- N. B. La dose de paraffine peut être élevée ou abaissée suivant le degré de souplesse que l’on veut conserver au papier.
- M. Hébert, à Falaise. — Pour conserver les plantes destinées à l’ornementation, on les dessèche en opérant ainsi. On prend du sable blanc bien lavé et on le sèche ail four puis, pendant qu’il est encore chaud, on y incorpore par kilogramme 1 gr d’acide stéarique (bougie) et 1 gr. de blanc de baleine.
- D’autre part on prend une caisse en tôle à fond mobile dans laquelle on fixe un faux fond constitué par une toile métallique, le fond étant replacé on introduit une certaine quantité de sable préparé sur lequel on
- dispose la plante dans sa position naturelle, cela fait on achève de remplir la boîte de sable en le versant doucement de façon qu’il pénètre partout'et soit légèrement tassé. On ferme et porte dans un endroit où la température est de 35 à 4°° par exemple à l’entrée d’un four au bout de 5 à 6 heures on retire la caisse et laisse en repos une journée. Enfin on enlève le fond mobile, le sable s’écoule naturellement et laisse ainsi la plante dégagée qu’il suffit d’épousseter. Pour empêcher la reprise d’humidité et donner en même temps un léger glacis on se trouvera bien d’immerger le végétal presque aussitôt dans une solution composée de :
- Paraffine....................... 16 gr.
- Essence de pétrole..............5oo c. c.
- Prendre les précautions d’usage pour éviter toute inflammation, en particulier, celle de ne faire la manipulation de l’essence que pendant le jour.
- M. P. de F. de T., à Paris. — La conservation des œufs par le procédé dont il s’agit comporte l’emploi d’une substance en dissolution dans l’eau du bain conservateur. Il se forme un dépôt nécessaire à la saturation de ce bain. Les œufs se trouvent ainsi placés dans un milieu antiseptique et soustraits à l’action de l’air. Voilà le principe de la conservation. Nous ne connaissons pas la composition chimique exacte du produit employé. Mais il est bien certain que, contrairement à ce que l’on a pu vous dire, il n’est pas nécessaire que les œufs soient à une température de io° au-dessous de celle de la pièce attendu que, d’après le mode d’emploi, les œufs à conserver sont dans des récipients que l’on peut placer dans tout endroit, pièce, cellier ou cave à l’abri des gelées, ayant une température pouvant varier de 5° à -{— a5° centigrades. Il est indiqué, au cas où il y a évaporation, de verser à nouveau de l’eau fraîche dans le bain, sans le remuer, afin que les œufs soient toujours couverts par environ 10 cm de liquide.
- La pellicule formée à la surface met obstacle à l’action de l’air.
- En somme, ce procédé de conservation est analogue à ceux qui utilisent le silicate de soude ou l’eau de chaux.
- M. le comte de B., à Monaco. — Nous n’avons pas connaissance de l’étude de MM. Hutchinson et Richards de la Rothamsted experimental Station, relative à la fabrication artificielle du fumier de ferme, et vous serions obligés si vous pouviez en communiquer la traduction à notre collaborateur agricole, qui en apprécierait l’intérêt pour nos lecteurs.
- Cette fabrication artificielle du fumier de ferme n’existe pas en France, mais on peut la réaliser comme le font quelques agriculteurs, en stratifiant les pailles avec du phosphate minéral ou du phosphate d’os et en arrosant avec du purin et autres liquides fertilisants.
- Il ne faut pas s’exagérer les tendances à l’orientation vers la culture mécanique; il semble prématuré d’envisager cette orientation comme définitive, l’agriculture n’étant pas encore dotée de l’appareil de motoculture susceptible de s’adapter à la généralité des situations, au point de vue pratique, comme au point de vue économique. Il sera toujours nécessaire de recourir aux attelages (bœufs et chevaux), producteurs de fumier certains travaux ne pouvant être exécutés avec tracteurs ou motoculteurs, ces derniers devant être réservés à l’exécution des gros travaux, des labours pour lesquels le temps n’est généralement favorable que pendant un petit nombre de journées. Enfin, il restera toujours, pour produire du fumier, le bétail élevé et entretenu pour la production du lait et de la viande et comme autre système de fertilisation, la sidération (engrais verts et engrais chimiques).
- M. le comte de Charencey. — Pour assurer la précision de la mise au point de vos agrandissements, il est nécessaire d’employer le même diaphragme, pendant le réglage de la distance focale et pendant la pose. Cependant, la mise au point reste souvent indécise, si le phototype à reproduire manque de netteté ou de transparence. Il faut alors le remplacer, provisoirement, par un autre cliché, très opaque, dont la couche aura été rayée avec la pointe d’un canif. A défaut de cliché il suffira de prendre une plaque de rebut, dont la couche rayée de même, sera noircie dans un révélateur quelconque. Les rayures ainsi pratiquées laissant passer beaucoup de lumière, la mise au point se fera très commodément. Vous n’aurez ensuite qu’à substituer à la plaque rayée le cliché à reproduire.
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- BIBLIOGRAPHIE
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- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ....
- La T. S. F. des Amateurs (Manuel pour la construction et l’utilisation des appareils récepteurs de télégraphie sans fil par Ondrs amorties et par ondes entretenues), par Frank Duroquier. i vol. petit in-8° de 3o3 pages avec 315 dessins, plans et croquis originaux de l’auteur (Masson et Cie, éd.). Paris, 1921. Prix net : 10 fr.
- Les lecteurs de La Nature ont apprécié la série des articles de M. Duroquier, publiés ici même et donnant, d’une manière simple, une documentation très complète sur les appareils de télégraphie sans fil, leur construction et leur fonctionnement.
- Ils seront heureux de retrouver tous ces chapitres au complet groupés daus un petit volume élégant, d’un format de poche facile à conseiller et à transporter. Le texte en a été d’ailleurs soigneusement revu, l’auteur ayant profité des correspondances que de nombreux lecteurs de Zcs Nature entretiennent avec lui.
- Cet ouvrage, œuvre de vulgarisation sérieuse et très scientifique, contient tous les éléments nécessaires à un amateur pour monter lui-même un poste complet de télégraphie sans fil, et comprendre le fonctionnement de tous ses organes.
- Zes mathématiques de l'ouvrier moderne, par L. Vezo. I. Arithmétique et Algèbre. 1 vol. i3x 21,69 fig. Prix net : i3 francs. II. Géométrie. 1 vol. i3Xîi xv-276 p. 53o fig. Dunod, éditeur, Paris, 192t. Prix : 14 francs. Ce livre est la reproduction des leçons professées „ depuis plusieurs années au cours d’apprentissage et de perfectionnement professionnel.
- 11 est simple et pratique et mis à la portée de l’ouvrier : il ne donne de théorie que ce qui est nécessaire, mais multiplie les exemples qui se présentent journellement à l’atelier et donne des exercices se rapportant aux diverses professions.
- L’auteur introduit, en outre, la description et l’usage de la règle à calcul; il a échelonné les opérations qu’elle permet d’effectuer dans les différents chapitres auxquels elles se rattachent.
- Histoire géologique de la pluie, par Stanislas Meunier.
- 1 vol. in-8, 3t4 p., 40 fig. Vuibert, Paris.
- On dit triste, comme la pluie. Ce n est pas le cas dans ce livre du professeur du Muséum dont l’étude, clairement pensée et agréablement écrite, se lit avec un vif intérêt. L’auteur y décrit le cycle de l’eau dans la Nature. Il commence par la météorologie de la pluie qu’il montre dans l’atmosphère, soumise à la température, aux vents, condensée en nuages, tombant sur le sol. Arrivée là, elle ruisselle ou s’infiltre, attaquant les roches, les modifiant lentement, insensiblement jusqu’à modeler le terrain. On la retrouve cours d’eau, ruisseaux, rivières, fleuves, traçant leurs bassins hydrographiques, et enfin dans la mer d’où elle s’évaporera pour un nouveau voyage, un nouveau cycle.
- Le rôle de la pluie ne s’arrête pas là. Elle a collaboré à presque toutes les grandes fonctions géologiques; au soulèvement des montagnes, à l’éruption des volcans, au métamorphisme et à la concrétion des gîtes minéraux, au modelé du sol, aux dépôts marins, à l’existence des glaciers, aux vents et aussi à la répartition de la vie sur le globe.
- Si bien qu’elle apparaît comme un des plus grands facteurs géologiques, géographiques et biologiques, en attendant que la dernière pluie fasse cesser tous les phénomènes actuels du globe et le transforme en un astre mort.
- La réhabilitation de la pluie par M. Stanislas Meunier est riche d’une documentation personnelle, puisée pendant ses voyages aux points les plus variés et de ce fait prend un aspect vivant et personnel qui ajoute au charme du livre.
- Algérie-Tunisie pour tous, par Louis Cros. i vol. 495 p. Albin Michel, éditeur, Paris, 1921. Prix : 10 francs.
- Ce livre contient les renseignements indispensables à qui veut s’installer avec profit dans l’une ou l’autre de ces belles colonies, et sans s’engager à la légère : aperçu géographique rapide, renseignements sur les ressources agricoles, minérales et industrielles, ca-
- j ractère et mœurs des habitants, moyens d’obtenir des concessions, etc. On y trouvera également un petit lexique franco-arabe.
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- Album général de Diatomées marines, d’eau douce ou fossiles, par II. Coupin (chez l’auteur, 5, rue de la Santé, Paris, i3°). Prix de souscription aux 9 fascicules : a3 francs (France) et 3o francs (étranger).
- Les 'Diatomées sont de véritables merveilles, de vrais bijoux microscopiques, qui font la joie de tous les micrographes amateurs, lesquels peuvent les récolter, en abondance, dans la mer, l’eau douce ou certaines roches plus ou moins pulvérulentes, comme, par exemple, le tripoli, et celle, improprement, appelée <c terre dinfusoires », sans parler du guano, où elles pullulent. Grâce à leur carapace siliceuse, si finement sculptée, leur conservation en préparations microscopiques est des plus faciles et à la portée de tout le monde. Dans cet Album, qui représente tous les genres et leurs principales espèces, on pourra se rendre compte de la variété presque infinie de leurs formes et de leurs ornements sans avoir recours à d’autres publications analogues, qui coûtent fort cher (souvent plusieurs milliers de francs) et, de plus, sont presque introuvables dans le commerce. La comparaison des figures mettra sur la voie des noms des espèces ou, tout au moins, de ceux des genres.
- La civilisation Assyro-babylonienne, par le Dr G. Contenait. 1 vol. in-16, 144 P , 3o fig. Collection Payot. Paris. Prix cartonné : 4 francs.
- L’auteur, chargé de mission en Syrie, donne le résultat des fouilles les plus récentes et des progrès accomplis dans la résurrection de ce passé qui remonte à plus de 3ooo ans avant notre ère. Ce volume est un résumé de lecture facile et au courant des dernières découvertes, à l’usage du grand public, de ce que nous savons de l’histoire politique et économique, delà religion, des mœurs et coutumes, des institutions des peuples d’Assyrie et de Babylonie. Des illustrations reproduisent les principaux monuments décrits dans le chapitre consacré à l’art.
- Le livre des jeunes mères, par Mme Millet-Robinet, 12e édition, mise au point par Mme Le Bihan-Rollanu.
- 1 vol. in-16, 364 p-, 39 fig., 1 pl. Librairie Agricole de la Maison Rustique. Paris. Prix : 10 francs.
- Livre pratique, écrit pour les jeunes mères et les futures mamans, afin de les guider dans leur tâche trop souvent mal connue. Successivement sont expliqués le berceau, la layette, les objets de toilette, la maternité et ses soins, P allaitement, le sevrage, la dentition, l’hygiène du nourrisson, les maladies de l’enfant, son éducatiou morale.
- Auguste Duvau, professeur à l'Institut du Belvédère, traducteur, critique, biographe, naturaliste (1771-x831 ), par Charles Joret. Ouvrage posthume publié par le comte A. de Laborde. 1 vol., in-8, 341 p. Champion. Paris. Prix : 18 francs.
- Devau fut un polygraphe remarquable. Emigré à Weimar, il fut en relations avec un grand nombre d’hommes célèbres : Humbold, Cuvier, Gœthe, Schiller, Kotzebue, Mme de Staël, Benjamin Constant, Sesmondi, Lyell, etc. Il entretint avec beaucoup d’entre eux une intéressante correspondance, traduisit du français en allemand et inversement divers ouvrages et s’occupa aussi de zoologie et de botanique. M. Charles Joret fait revivre cette existence curieuse et bien remplie en suivant pas à pas son modèle, à travers sa correspondance.
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- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2490
- 24 Décembre 1921
- INFORMATIONS
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- La réfection des ouvrages d’art dans les régions dévastées. — Dans une récente conférence à la Société des ingénieurs civils, M. Leinekugel Le Gocq a exposé l’admirable effort par lequel les Compagnies de chemins de fer et le Ministère des Travaux Publics réalisèrent la réfection rapide des ouvrages d’art dans les régions dévastées par la guerre et les Allemands; l’image des destructions est encore présente à l’esprit de tous : routes et voies ferrées détruites sur des milliers de kilomètres par d’innombrables explosions de mines, rails arrachés sur toute la longueur des voies, canaux éventrés, tous les ouvrages d’art minutieusement détruits jusqu’en leur fondation. La réfection des voies de communication a été entreprise sans délai avant même la lîn des hostilités, et aujourd’hui les artères essentielles sont refaites : les voies ferrées sont rétablies, les canaux presque achevés, les routes réparées sur la moitié de leur longueur. Mais l’on pouvait craindre au début que l’activité déployée dans ces travaux ne fût paralysée par la lenteur inévitable de reconstruction des ouvrages d’art; ceux-ci exigent en effet des études minutieuses et l’exécution en est toujours délicate. Des ouvrages provisoires établis à la hâte ont remplacé en certains points, il est vrai, les ouvrages détruits, mais leur rendement est faible et influence défavorablement celui des voies restaurées.
- Fort heureusement, grâce à l’esprit de méthode et d’activité déployé par les administrateurs responsables de la reconstruction, ces craintes auront été vaines. Le rétablissement des ouvrages d’art définitifs marche avec une vitesse presque égale à celle de la restauration des voies de communication elles-mêmes. Ce résultat est dû aux programmes judicieux étudiés en pleine guerre par des ingénieurs qui ont su préparer les moyens d’y faire face.
- Tous les ponts ont été classés en un petit nombre de types, chacun de ces types étant constitué par des éléments tous semblables entre eux, ce qui permit de passer des commandes en bloc, de simplifier les approvisionnements et les transports des matériaux.
- Le chemin de fer du Nord a divisé les tabliers sous-rails en 3 catégories : la ir°, réalisée au moyen de tabliers omnibus comporte 4 types '• le type I avec 7 modèles et portées jusqu’à 7 m. fut exécuté en 3o8 exemplaires, représentant 1364 m- 3o de longueur; le type II avec 2 modèles et portées allant jusqu’à 10 m., fut exécuté eh 41 exemplaires représentant 368 m. 65 de longueur; le type III avec 5 modèles jusqu’à i5 m. fut exécuté en 42 exemplaires et représente 53 3 m. 96 de longueur; le type IV avec 3 modèles de i3 à 28 m. d’ouverture fut exécuté en 82 exemplaires représentant i63o m. de iong.
- La deuxième catégorie embrasse les ouvrages d art dont le débouché est supérieur à 28 m. ; on a adopté d’une façon à peu près générale le type de pont à grandes mailles. Cette catégorie comprend 141 tabliers d’une longueur totale de 4794 m. 65.
- La troisième catégorie comporte tous les ponts droits ou biais en béton, dont 7 en béton armé; elle comprend 244 ouvrages non compris les viaducs de 2 m. et la longueur cumulée est de 54og m.
- A signaler que l’un de ces ponts sur la ligne d’Erque-lines à Charleroi a une voûte de 63 m. d’ouverture entre les naissances. C’est le premier pont en béton armé d’aussi grande portée construit pour une voie ferrée normale à grand trafic. Il est dû à l’ingénieur Frey s-sinet. Il vient d’être terminé tout récemment.
- En plus des ponts sous-rails destinés au passage même de la voie ferrée, la Compagnie du Nord eut à exécuter la réfection de tous les ponts-routes à passage supérieur.
- Ceux-ci furent classés en 3 séries : ponts en béton ou béton armé avec voûtes, ponts en béton armé sur béquilles, ponts métalliques avec tablier enrobé ou en ciment armé.
- La classification dans chaque série fut simplifiée par les prescriptions du Service Central d’Etudes techniques du: Ministère des Travaux Publics, qui unifia les différents types de ponts-routes, en les réduisant à
- 3 largeurs : 3 m. pour les routes vicinales, 5 m. 5o pour les départementales et 8 m. pour les nationales.
- Le nombre de ponts-routes de la iro série est de 24, représentant une longueur totale de 677 m. 3o; pour la 2e série, il est de 101, représentant 2986 m. 3o; pour la 3° série, il est de 16, représentant 4*8 m. g5. Les petits viaducs de moins de 3 m. ne sont pas compris dans ce total.
- Tout cet ensemble d’ouvrages d’art est achevé aujourd’hui. C’est un véritable record de célérité rendu plus méritoire encore par les conditions difficiles' dans lesquelles il a été réalisé.
- Aux chemins de fer de l’Est, on s’est inspiré du même esprit de méthode et de direction. La tâche est un peu moins avancée qu’aux chemins de fer du Nord, mais elle est maintenant presque terminée. Le nombre total des ouvrages entièrement démolis a été de 202 ponts en maçonnerie, dont 17 grands ouvrages de 70 m. à 120 m. de longueur sur la Meuse, l’Orne, l’Aisne, la Marne et 162 ponts métalliques.
- Au i5 août 1921, le bilan de la reconstruction était le suivant :
- Ponts de chemin de fer en maçonnerie :
- 117 de x à 10 m. de portée.
- 18 de 10 à 3o m.
- 10 de 3o et au-dessus.
- Ponts métalliques :
- 126 de 1 à 10 m. de portée.
- 14 de 10 à 3o m. fi de 3o et au-dessus.
- Pour les ponts-routes à passage supérieur, sur 56 en construction 21 étaient achevés. -
- Au Ministère des Travaux publics incombe la réfection des routes; pour réaliser l’unité de direction et de méthode et assurer une économie de temps et dé prix de revient, il créa un Service Central d’études techniques sous la direction de l’inspecteur général Pigeaud, à qui l’on devait déjà pendant la guerre la création de typés de ponts simplifiés et l’organisation d’unités de construction qui ont rendu les plus éminents services.
- On s’attacha tout d’abord à franchir par des moyens provisoires les brèches situées sur les voies routières les plus importantes.
- Cette première étape franchie avec plein succès, toutes les sections des Ponts et Chaussées des départements dévastés reçurent les directives pour étudier sur place et mettre à l’adjudication restreinte^ suivant un petit nombre de types bien étudiés, la reconstruction des ouvrages de moins de 40 m. de débouché.
- Pour les autres ponts à grande portée, le Service Central coordonna les caractéristiques de chacun des ouvrages à reconstruire et lança ensuite 3 séries successives d’appels au concours entre tous les constructeurs.
- La réfection des ouvrages d’art routiers est moins avancée que celle des ouvrages de chemins de fer. La raison en est aux nécessités budgétaires; une fois la circulation possible à l’aide des ponts provisoires, on a porté tout l’effort financier sur les artères vitales, c’est-à-dire les voies ferrées. *
- Il y a 20o5 ponts routiei’s de plus de 3 m. à reconstruire : 491 sont actuellement construits ou en cours d’exécution, représentant une longueur totale de 9558 m. C’est à peu près le quart du travail total à exécuter.
- M. Leinekugel Le Coq dégage ensuite les enseignements techniques qui résultent de cet ensemble grandiose de travaux : le pi’emier est l’application du béton pour les ouvrages à grande portée, même pour les voies ferrées normales à grand trafic ; le pont du Risorgimento construit à Rome en 1912, avec 100 m. d’ouverture, avait commencé l’ère des arcs à grande portée pour les ponts-routes : les résultats remarquables obtenus par M. Freyssinet permettent d’envisager des portées Supérieures ; on construit actuellement sur les plans de cet ingénieur le pont-route de Saint-Pierre de Youvray avec | arche centrale de i3i m, et ?,5 ra. de flèche, et le viaduc
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- INFORMATIONS
- de Bernand avec arche centrale de 170 m.^et 29 m. 65 de flèche. Le pont de 63 m. sur la ligne d’Erquelines à Gharleroi représente le double de la portée qu’on avait osé franchir jusqu’ici pour une voie ferrée à grand trafic.
- Cette orientation nouvelle prendra dans l’avenir plus d’extension encore grâce à de nouveaux systèmes de coffrage qui permettront de supprimer totalement lës forêts de bois utilisées actuellement pour supporter les cintres.
- Un autre enseignement à dégager de l’expérience faite avec les ponts militaires en acier au nickel-chrome est l’intérêt que présente pour la construction des ouvrages l’emploi des aciers de choix. Malgré leur prix plus, élevé, ils permettent de réaliser de sérieuses économies, en diminuant le poids total de l’ouvrage et en réduisant les frais de transport, de manutention et de mise en œuvre.
- Ligne aérienne au Congo belge. — Comme suite à l’article intitulé : « Les grandes lignes aériennes » (n° 2481), M. Ed. de Rechter nous signale, parmi les lignes d’Afrique, une exploitée au Congo belge et dénommée « Ligne du Roi Albert ». Cette ligne longe le fleuve Congo sur une distance de 1600 km, de Kinshassa jusqu’à Stanleyville.
- « Le service, dit-il, est assuré par des hydravions triplaces Lévy-Lyen, type militaire. »
- Le trajet se fait en trois étapes d’un jour chacune.
- Kinshassa-N’Gombe (embouchure Ubanghi) ;N'Gombe-Lisala; Lisala-Stanleyville.
- Le service est assuré par la S. N. E. T. A qui exploite également les lignes en Belgique.
- En plus des quatre terminus d’étapes cités plus haut cinq lieux d’escale sont organisés sur le parcours pour permettre le dépôt et la prise du courrier, ce sont : Kwamouth (embouchure Kassaï), Bolobo, Coquilhatville, Mobeka, Basolco.
- Les hydravions transportent le courrier et 2 ou 3 passagers.
- Il y a un départ dans chaque sens tous les quinze jours. Un de ces départs correspond à l’arrivée du courrier d’Europe à Kinshassa. Ce service permet au bateau-poste belge de ramener en Europe les réponses au courrier qu’il a amené pour toutes les localités situées entre Stanleyville (2000 km du port d’embarquement) et Matadi.
- Une taxe supplémentaire de 3 francs par 20 gr. frappe les envois postaux utilisant la voie aérienne, quelle que soit la distance. Cette taxe est affranchie par l’apposition de timbres spéciaux en vente tant en Belgique qu’au Congo.
- Pour faire ressortir le service rendu par la ligne aérienne disons qu’autrefois par bateaux fluviaux le courrier mettait 20 jours pour franchir la distance Kinshassa-Stanleyville à la montée et jo à 12 jours à la descente. Si l’on ajoute 2 jours de chemins /le fer dans chaque sens pour le trajet Matadi-Kinshassa, on constate qu’il fallait au minimum 34 jours pour que les réponses au courrier de Stanleyville parviennent à Matadi.
- Fréquemment, les correspondances n’étant point parfaitement assurées, ce temps était augmenté de telle sorte que les réponses n’étaient renvoyées en Europe que par le deuxième bateau après celui qui avait amené le courrier..Une lettre Bruxelles-Stanleyville et retour demandait donc 80 à 110 jours suivant la chance des correspondances. (Il n’y a qu’un courrier régulier par mois entre la Belgique et le Congo. ) Actuellement il ne faut plus que 50 jours.
- D’autres lignes sont à l’étude, entre autres je crois, une ligne destinée à relier le bas Congo au Katanga en suivant la vallée du Kassaï.
- L’aéroplane au service de l’agriculture. - Le
- California Fisk and Game relate le fait suivant : Certaines rizières de Californie étaient visitées par des vols nombreux de canards sauvages qui y faisaient grands dégâts. On eut l’idée, pour écarter ces visiteurs importuns, de recourir à l’aéroplane. Des patrouilles d’aéroplanes devaient effrayer et faire fuir les canards ; cette méthode, inaugurée en 1919, se montra très efficace ; actuellement 5 aéroplanes sont employés à faire des patrouilles de jour et de nuit; les propriétaires des rizières sont très satisfaits de leurs services.
- Par contre, l’Association américaine pour la protection
- du gibier s’est émue des hécatombes d’oiseaux résultant des collisions avec les avions et elle a demandé l’interdiction de ce mode de protection.
- Un canal Danube-Salonique. — Le Mouvement Géographique annonce que le Gouvernement serbe projette la construction d’un canal accessible aux bateaux de fort tonnage, reliant le Danube à Salonique et assurant ainsi à la Serbie un débouché vers la mer Egée.
- Le canal partirait du village de Keverara, au confluent du Danube et de la Morava, suivrait le cours de la Mo-rava en Serbie, rejoindrait la vallée du Vardar près de Koprulu et suivrait le cours de ce fleuve, dont il se détacherait pour rejoindre Salonique. La longueur totale serait de 600 kilomètres.
- La différence de niveau entre Keverara et le point culminant du canal projeté est d’environ 3oo m. ; elle est à peu près la même entre ce point et Salonique : il faudra 65 écluses pour la racheter.
- Le pin maritime dans la fabrication de la pâte à papier et du carton. — Pour obvier aux difficultés que l’industrie papetière rencontre au point de vue des sources d’approvisionnement en pâtes à papier et à carton, le Syndicat de la Papeterie française a encouragé les initiatives des spécialistes.
- A ce sujet, on suivra, avec grand intérêt, les importantes études auxquelles l’industrie landaise d’exploitation du pin maritime prête une vive attention actuellement, Un ingénieur français, M. Moulaque, a inventé un procédé rationnel de fabrication de pâte à papier et de carton utilisant le pin maritime.
- Le procédé dont il s’agit emploie, comme agent oxydant, l’oxygène atmosphérique, par distillation fractionnée de l’air, ce qui permet, indépendamment du traitement du bois en vue de sa transformation en pâte à papier, d’utiliser l’azote pour la fertilisation des terres.
- L’exploitation du procédé Moulaque se fait industriellement, dans une usine située à Barsac (Gironde), sur le Ciron, pour la fabrication du gros carton à reliure. Une autre usine, située au même endroit, fabriquera des cartons en continu. Enfin, une cartonnerie utilisera ce même procédé pour une production journalière de 5o à 100 tonnes de carton destinées au marché de Paris. Une autre usine fabriquera en grand le papier-journal.
- L’industrie landaise d’exploitation du pin maritime voit s’ouvrir pour elle, par cette nouvelle utilisation, un débouché extrêmement intéressant.
- Capture d’un grand Céphalopode. — Natural His-tory, lejournal’du Musée américain d’Histoire naturelle, relate l'acquisition récente, par ce muséum, d’un céphalopode fort rare, Slenoteulhis ptero-pus, qui fut obtenu dans des conditions peu banales.
- On ne connaissait que deux exemplaires de cette espèce, dont le dernier capturé en 1876 au large des Bermudes.
- Le nouveau spécimen fut pris le plus simplement du monde par le captain George Biggle, commandant le Caronia, de la Cunard Line, pendant une forte tempête.
- Le Caronia se trouvait alors de jour, au large de Queenstown, par 5i° 3o' de latitude nord et i5° de longitude ouest, quand il aperçut l’énorme céphalopode. _
- Ce fut un instant d’é- ------ - '
- motion à bord.
- On put s’en emparer et l’amener sur le pont. Il mesure 1 m. 595 de l’extrémité des bras au bout postérieur du corps.
- L’American Muséum se propose d’en publier une description détaillée.
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- SCIENCE APPLIQUÉE
- aSL'
- 'Electricité
- Aimantation des aimants de magnétos d’allumage. — Nous avons indiqué dernièrement dans le n° 2472 la construction d’un petit dispositif pour réaimanter les aimants de magnéto. Ce dispositif est celui qui est employé dans les usines où l’on construit ces aimants de magnétos d’appel ou d’allumage.
- Un de nos lecteurs nous indique le procédé qu'il emploie, procédé simple qui a l’avantage de ne pas nécessiter le démontage des aimants et qui donne une bonne aimantation, car l’induit restant neutre, les lignes de force produisent un meilleur champ magnétique.
- On place l’induit dans la position de la figure ci-dessous (fig. 1) de manière que lâme du T soit dans le sens des lignes de force. Puis on fait passer pendant un temps très court le courant d’une batterie d’accumulateurs de i2 volts, batterie qui n’est autre qu’une batterie de voiture. Le courant est envoyé dans le primaire de l’induit ou enroulement gros fil et cela dans un sens quelconque.
- Pour cela ou met un pôle à la masse et l’autre pôle est la vis centrale du rupteur qui se trouve dans les maguétos S. E. Y., Bosch et analogues. Il faut éviter de
- 3 /a masse
- a la v/s du
- rupteur
- plg. i, — Dispositif pour réaimanter les aimants de magnéto.
- laisser le courant longtemps, car cela risquerait d’abîmer les isolants en raison de la grande intensité qui passe dans le fil. Un bon procédé consiste à fixer l’un des fils sur la vis centrale et d’effleurer avec l’autre fil rapidement une fois un angle quelconque des aimants que l’on aura déverni au préalable. L’étincelle qui se produit indique que le courant a bien passé.
- L’aimantation se fait instantanément sous l’action du champ puissant développé par l’électro-aimant que constitue l’induit.
- Les aimants se magnétisent à saturation et la polarité antérieure importe peu, l’aimantation nouvelle produite par l’opération a détruit l’aimantation première dans le cas où elle se trouvait être de sens contraire à la nouvelle.
- Porte-lampe électrique amortisseur. — Le seul inconvénient de la lumière électrique, en particulier dans les usines et moyens de transport, est le remplacement fréquent des lampes, tous les usagers en connaissent la cause, la très faible résistance mécanique du filament, inversement proportionnelle à sa durée d’incandescence.
- Pour remédier à cette dépense, un petit appareil vient d’être construit, transformant la douille ordinaire de façon que le culot et la baïonnette ne forment plus un ensemble rigide.
- Entre ces deux pièces se trouvent deux ressorts à boudin formant compensateur et supprimant les chocs verticaux ; un tube central supporte la baïonnette, autour de ce tube sont fixés cinq ressorts lames convenablement réglés et qui venant s’appuyer sur le tube supporté par les ressorts à boudin suppriment les chocs latéraux.
- Le branchement des fils d’arrivée se fait très facile-ment au moyen de deux écrous, il est complètement indépendant du fonctionnement de l’appareil; de ces écrous aux pistons, le courant est conduit par deux fils souples.
- Les résultats obtenus ont donné toute satisfaction ainsi qu’il ressort des chiffres suivants :
- Dans les ateliers du Métropolitain, à Saint-Ouen,
- Fig. 2. — Porte-lampe électrique amortisseur.
- dix lampes de vingt-cinq bougies monowatt à filaments métalliques ont été placées côte à côte, cinq étaient supportées par des porte-lampes amortisseurs.
- La machine a été mise en route et au bout d’un quart d’heure, les cinq lampes supportées par des douilles ordinaires avaient leur filament cassé. Au bout d’une heure, les cinq autres lampes brûlaient encore normalement.
- La mise en service de 110 porte-lampes pendant un mois sur la ligne 4 du Métropolitain a consommé seulement trois lampes tandis que le même nombre de douilles ordinaires eût exigé le remplacement de 45 lampes.
- Sur le chemin de fer de l’Etat, des essais officiels ont été également entrepris avec 'dix lampes sur la ligne Paris-Invalides. Pendant deux mois les cinq douilles ordinaires ont consommé dix lampes, alors que les douilles amortisseurs ont toujours conservé leurs lampes du début.
- Aussi c’est à juste titre que cette invention a obtenu une médaille d’or au 19e Concours Lépine. — Adresse : Hermet et Izoard, 192, rue de Tolbiac, Paris.
- Nouvelle dynamo d’éclairage pour bicyclettes. — Les dynamos d’éclairage pour cycles et pour mo-tocycles sont extrêmement nombreuses et toutes éprouvent une grande difficulté à assurer le réglage de la
- Fig. 3.
- Le Vélophare a ltapld ».
- lumière, étant donné les variations fréquentes d allure que l’on rencontre sur ce genre de véhicules.
- Un modèle récemment construit résout le problèmè d’une façon très originale, car un petit commutateur entre en, action sous 1 effort de la force centrifuge et il évite le survoltage quand la vitesse s’accélère trop. Cette combinaison est meilleure que celle qui fait intervenir la réaction d'induit.
- Pour éviter le bruit que l’on reproche souvent à ces
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- petites dynamos, la nouvelle venue, le vélophare « Rapid », est montée sur roulement à billes. Le démontage peut s'effectuer en dévissant une simple vis.
- Yoici quelques chiffres : à la vitesse d’un homme au pas on obtient un éclairage de 25 bougies et on arrive à ioo quand on marche à l’allure normale de 12 à l'heure. Grâce au dispositif de commutation l’ampoule ne peut griller même à une vitesse de 4° km, qui est bien tout à fait exceptionnelle pour un touriste. — Adresse : A. M. Comptour, 8, rue Port-Mahon, Paris.
- Objets utiles
- VInoscope de Contassot. — De nombreux appareils ont été imaginés pour déterminer la teneur du vin en alcool. Les plus sûrs sont ceux qui opèrent par distillation comme l’alcoomètre de Salleron. On emploie aussi d’autres méthodes basées sur la température d’ébullition des mélanges d’eau et d’alcool; le plus commun des appareils de ce genre est l’ébullioscope de
- Malligand. Tous obligent à se servir d’un moyen de chauffage et demandent un certain temps.
- On a cherché à avoir des indications plus rapides et immédiates, en partant d’autres principes.
- Le vinoscope correcteur de jp Contassot est un appareil uti-
- lisant la capillarité.
- L’appareil, très simple, se compose uniquement d’un entonnoir en verre terminé par un tube capillaire et d’une réglette graduée coulissant le long du tube fin. Pour s’en servir, on tient l’appareil la pointe en bas, l’entonnoir en haut (fig. 4) ; on le remplit avec de l’eau et laisse couler quelques gouttes par la pointe, on secoue au besoin le tube en fermant l’entonnoir avec le pouce si le liquide ne s’écoule pas normalement, puis on retourne l’appareil pour rejeter le liquide et le poser sur une surface horizontale comme dans la figure 5 de façon que le tube soit vertical, L’eau descend dans le tube capillaire et s’arrête à un certain niveau. A ce moment on fait glisser le curseur métallique de façon à amener le zéro de la réglette en face du point d’arrêt de l’eau.
- L’appareil est alors réglé pour le moment de l’expérience.
- On recommence la même expérience avec le vin à essayer en remplissant l’entonnoir à moitié, laissant couler une dizaine de gouttes pour chasser l’eau restant de la première opération, retournant l’appareil, comme dans la figure 5 pour rejeter le liquide et posant de nouveau l’appareil sur une surface horizontale (table). Le vin descend dans le tube capillaire et s’arrête à un certain niveau qui indique sur la réglette graduée le degré alcoolique de ce vin.
- Dans la figure 5 le liquide est arrêté en face le chiffre 10, ce qui veut dire que le vin marque approximativement 10 degrés.
- Il faut naturellement que l’eau et le vin soient à la même température à un ou deux degrés près. Il est facile de les y amener rapidement en plongeant un petit récipient contenant le vin dans l’eau qui servira au premier essai.
- Après usage, on lave le tube avec un peu d’eau. Le tube doit être toujours propre et s’il s’encrasse il est bon d’y passer un peu d’acide azotique et de le rincer ensuite à l’eau.
- Ainsi, on peut avec une grande simplicité, rapidement, et avec un appareil très peu encombrant, connaître d’une façon suffisamment précise le degré alcoolique d’un vin.
- Fig. 4. Fig. 5. Vinoscope de Contassot.
- Le balai « Sans-Gêne. » — Balayer sans soulever de poussière est certainement le desideratum le plus vif de tous les hygiénistes et de bien des ménagères. La solution qui consiste à arroser avant le balayage ne résout qu’en partie le problème : trop d’eau et l’on fait de la boue, pas assez et les poussières, ne tardant pas à se dessécher, reprennent leur vol; de plus, on ne peut songer à arroser les tapis ni les parquets cirés. Le balai « Sans-Gêne » apporte un nouveau perfectionnement qui nous paraît très remarquable. A première vue, c’est un balai en crin comme tous les autres, sauf que son manche est articulé, ce qui permet de l’incliner plus ou moins et de passer aisément dans les coins et sous les meubles. Mais ce n’est -pas en cela que réside sa principale originalité. Ce qui le distingue, c’est le corps même du balai sur lequel on aperçoit deux bouchons. Ils donnent accès à un réservoir plein de feutre au fond duquel les pinceaux de crins sont fixés. On remplit ce réservoir de pétrole, comme on ferait pour une lampe Pigeon avec de l’essence. On revisse les deux bouchons et le balai est prêt à opérer sans poussières pendant une semaine au moins. En effet, quand on balaie, les criqs chargés de pétrole par capillarité, mais ne le laissant pas couler pour la même raison, enrobent les
- grains de poussières d’une fine couche de pétrole qui suffit à les alourdir et à faciliter leur agglomération.
- Les expériences faites par le Conseil supérieur d’Hy -giène ont été concluantes, comme on peut en juger par les constatations suivantes :
- « Nous avons utilisé ce balai pendant 3 mois en l’employant chaque jour pour balayer des pièces garnies de tapis et des pièces parquetées sans tapis.
- « On constate que la poussière est en grande partie agglomérée. La partie agglomérée que l’on peut évaluer à 90 pour 100 par rapport à la poussière totale, reste agglomérée ; il est très facile de l’enlever ensuite au moyen d’une pelle. Le balai le « Sans-Gêne » est bien conditionné, son maniement facile.
- « Donc, au pointdevue du danger des poussières, l’avantage que présente le « Sans-Gêne » c’est de les agglomérer en majeure partie. Or, le fait qu’elles ne se dispersent point constitue un avantage au point de vue de l’hygiène, comparable et presque analogue au balayage humide à l’eau; mais tandis qu’en s’évaporant, l’eau redonne pour ainsi dire la liberté aux poussières légères, le pétrole au contraire redonne leur agglomération. Sous ce double rapport, le « Sans-Gêne » constitue un progrès dans le balayage. Si le pétrole ne possède qu’un faible pouvoir bactéricide, il a par contre un pouvoir insecticide marqué et, en raison de cette propriété spéciale, il permet de lutter contre le développement des larves, insectes^mites. Dans nos nombreux essais, nous n’avons relevé aucun inconvénient d’odeur ni de taches. » Une brosse a été établie sur le même principe, également avec un réservoir qu’on remplit de benzine ou d’essence. Elle nettoie d’une manière très satisfaisante les vêtements, les tentures; elle empêche leur lustrage et leur graissage.
- Balai et brosse « Sans-Gêne » sont vendus à Paris, 25, rue d’Hauteville.
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- VARIETES
- PRESTIDIGITATION D'AMATEURS
- I. - LA1LANTERNE VÉNITIENNE
- Effet. — L’illusionniste montre ses bras nus, ses mains vides et, de toutes façons, un foulard noir qu’il agite et presse entre ses doigts, afin de prouver qu'il ne contient rien. Le pliant en deux, il en sort une superbe lanterne vénitienne allumée.
- Cette apparition mystérieuse et de grand effet s’exécute les bras éloignés du corps et sans s’approcher d’une table ou d’une chaise. La lanterne peut même être produite au milieu du public.
- Préparation. — La lanterne, de préférence de forme hexagonale, se plie comme un simple lampion. A l’intérieur se trouve un petit briquet automatique.
- On attache à une pince à linge à ressort un solide fil noir muni d’une boucle à son extrémité. La pince est
- tirez sur le fil. La lanterne sort du gilet et vient pendre derrière le foulard. Vous réunissez un angle supérieur et un angle inférieur du foulard et le tenez ainsi entre le pouce et l’index de la main gauche. Plongeant la main droite entre les deux pans du foulard, vous allumez le briquet automatique et délivrez la lanterne en appuyant sur la pince. Vous prenez la lanterne par un cordon dont elle est munie et LTsortez du foulard.
- Le fil est invisible de loin, surtout si vous êtes en habit noir.
- Pour produire la lanterne dans le public, vous vous dirigez vers lui en tenant le foulard de façon qu’il cache continuellement le fil noir, ce qui est facile.
- Vous avez auparavant montré ce foulard de loin, ainsi
- Fig. i.
- La lanterne vénitienne.
- et qu’un seul angle soit en bas, les deux autres se trouvant alors au milieu. L’opérateur tire sur le fil et la lanterne sort du gilet.
- fixée à la lanterne qu’elle maintient ainsi pliée. La lanterne est cachée dans le gilet. On passe la boucle du fil dans l’index de la main droite.
- Présentation. — Après avoir montré un foulard noir de toutes façons, vous le tenez par les deux angles supérieurs, de la façon indiquée par le dessin et vous
- que vos mains. Lorsque la lanterne se trouve dans le foulard, vous pouvez vous placer au milieu du public.
- Nous aurons le plaisir de dévoiler à nos lecteurs un autre tour séduisant de magie blanche; La lampe merveilleuse d'Aladin où nous retrouverons les deux principes qui font la base de la lanterne vénitienne.
- II. — M AGIC-ÉVE NTA1L
- Effet. — L’illusionniste s’avance, bras nus, tenant un éventail mince qu’il déploie et montre de toutes façons. Soudain, l’agitant, il en sort une dizaine de banderoles multicolores qu’il lance dans le public. Une extrémité de chacune d’elles demeure fixée à l’éventail qui, toujours agité, les fait flotter gracieusement.
- Préparation. — L’éventail est muni, d’un côté seulement et au milieu de sa partie supérieure, d’une agrafe noire, invisible de loin, surtout si l’éventail multicolore est orné, au bord, d’arabesques. L’agrafe se confond avec ces arabesques et, d’ailleurs, l’éventail étant continuellement agité, il est impossible de discerner, de loin, cette préparation.
- Les banderoles, en papier™ de soie, de diverses lon-
- gueurs et toutes de couleurs chatoyantes, sont roulées séparément et collées l’une à l’autre à leur extrémité. Ce. point de réunion des banderoles est lui-même fixé à un ruban noir, élastique, dans lequel elles sont insérées. Le ruban est muni d’un petit anneau. L’extrémité d’un fil de caoutchouc, également noir, est attachée au ruban. A l’autre extrémité est fixée une épingle noire.
- Présentation. — Enfoncez l’épingle noire dans le revers de votre habit noir, passez le fil de caoutchouc sous le bras gauche, le paquet de banderoles étant caché derrière l’épaule. Prenez, à deux mains, votre éventail plié et avancez-vous ainsi vers le public. Placez-vous légèrement de côté, montrez que l’éventail n’offre rien d’anormal, quant à l’aspect et, finalement, l’ouvrant « tout
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- VARIÉTÉS
- grand », éventez-vous. Mettez aussitôt votre poing gauche sur la hanche. Le paquet de banderoles, libéré, s’élance sur votre habit, en vertu de l’élasticité du fil. L’évenlail a dissimulé aux spectateurs cette apparition.
- Approchez alors la main gauche du haut de l’éventail..
- Fig. 3. — Magic-éventail.
- Il main semble venir, à propos pour ouvrir encore l’éven-l| tail et le^prendre, taudis que vous vous éventez légère'
- Fig. 4- — Comment il est obtenu.
- Dans ce mouvement, saisissez rapidement le paquet de banderoles et suspendez-le à l’agrafe à l’aide du petit anneau cousu au ruban qui ceint les banderoles. Cette
- ment un court instant. La main droite délivre ensuite chaque banderole et la lance successivement par-dessus l’éventail. Luc Mégret.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent an Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant an caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, 11 ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — Cercle des officiers, à Colomb-Béchar. — Nous ne voyons aucune raison pour qu’un nageur en mer se sente mieux soutenu en eaux profondes que par faible fond. Peut-être cependant dans le premier cas, y a-t-il moins de remous et d’irrégularités dans les vagues.
- Adresse de M. Gabet : n, rue Mazagran, Paris.
- M'. J. Hauvette, à Clermont-Ferrand. — Il devient de plus en plus difficile de restaurer les daguerréotypes, que le temps menace d’une destruction complète. Le meilleur moyen de les raviver est le traitement au cyanure de potassium ; mais il est indispensable d’observer certaines précautions. Il faut d’abord enlever la poussière à l’aide d’un soufflet. Sous aucun prétexte on ne frottera la surface avec un pinceau ou un linge, car l’image est extrêmement fragile et se détériore au moindre attouchement. On verse ensuite, sur la plaque, de l’alcool que l’on laisse couler dans tous les sens, puis on lave sous un robinet dont le jet coule faiblement, jusqu’à ce que la surface se mouille uniformément. On prépare alors une solution aqueuse de cyanure de potassium à 5 pour ioo, dont on prend io cm3 que l’on dilue dans ao cm3 d’eau. On en arrose la plaque, en insistant particulièrement sur les zones les plus voilées. Si l’enlèvement du voile tardait trop longtemps, on ajouterait un peu de la solution primitive à 5 pour ioo. Dès que
- l’image s’est éclaircie, on lave soigneusement la plaque sous le robinet, et on la passe à l’eau distillée, renouvelée 3 ou 4 fois, afin d’éliminer toutes les impuretés qu’aurait pu laisser l’eau ordinaire. Le séchage doit ensuite se faire très attentivement. On place la plaque de biais au-dessus d’une lampe à alcool, de manière à éviter les taches, ce qui obligerait à recommencer le travail. Il faut sécher régulièrement, sans interruption et sans chauffer trop fort. Quand la plaque sera sèche, on la remettra dans son cadre, et, pour éviter l’accès de la poussière, on aura soin de boucher les jointures, en y collant des bandes de papier.
- M. Claude Deroieux, à Monte-Carlo. — Le tableau que vous communiquez, et qui contient les heures de toutes les phases de la Lune pour l’année 1921 et leurs différences successives, est exact. Vous vous étonnez qu’entre chaque phase il n’y ait pas rigoureusement le même intervalle de temps, cet intervalle, en 1921, variant entre 8J a3h54m et 6J 14l> 39“- Pour qu’il y ait le même temps, il faudrait que la Lune circulât d’un mouvement uniforme en décrivant un cercle autour de la Terre, dans le plan même que la Terre décrit autour du Soleil (écliptique). Or, il est loin d’en être ainsi. La Lune décrit autour de la Terre une ellipse dont l’excentricité est de o,o549. Elle est donc, à certains moments, plus près de la Terre (au périgée) et à d’autres, plus loin (apogée). Quand elle est près, elle est plus attirée et va plus vite ; 1 inverse a lieu quand elle est à l’apogée. Cette seule raison suffirait déjà pour expliquer, en première approximation, les intervalles irréguliers entre chaque phase. Mais l’orbite lunaire est inclinée de 5°8'43" sur l’écliptique, elle subit d’importantes pertur-
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- BOITE AUX LETTRES
- bâtions par l’action du soleil, ce sont de nouvelles irrégularités qui viennent se superposer aux précédentes et expliquent les résultats figurant dans votre tableau.
- Frère Procureur des Ecoles chrétiennes, à Namur. — i° La toile de lin convient parfaitement aux projections par transparence ; mais, comme la lumière passe entre les mailles du tissu, il est bon de faire gonfler les fils, en les mouillant, avant chaque séance, à l’aide d’un large pinceau ou même d’un balai. On atténue ainsi l’effet désagréable de la tache centrale lumineuse, que verraient surtout les spectateurs placés dans l’axe de l’écran. Pour diminuer l’évaporation de l’eau, on y ajoute un peu de glycérine (io pour 100 environ). Quand l’étoffe a été mouillée àlplusieurs reprises, il faut ajouter à l’eau de l'amidon ou de la gomme arabique, afin de faire disparaître les interstices qui se forment entre les fils. 2° La même toile ne suffirait plus aux projections par réflexion, car tous les rayons lumineux qui passent à travers sont complètement perdus. Il vaut mieux recouvrir le mur d’un enduit blanc bien mat, de blanc de zinc-ou de plâtre fin. Cependant, s’il faut absolument, dans l'application que vous envisagez, un écran démontable et susceptible d’être enroulé, il faudra préparer le tissu comme les toiles destinées à la peinture à l’huile, lesquelles reçoivent d’abord un encollage à la gélatine, puis deux ou trois couches de blanc opaque.
- Sâo Paulo Club, à Sâo Paulo (Brésil). — Les expériences sur la chute de la pluie, faites à « Table mountain », cap de Bonne-Espérance, et que rapporte la Revue Industrie italiane illustrati, consistent en ceci, dites-vous : deux pluviomètres étant placés l’un près de l’autre, l’un, muni de petites tiges de o m. 3o de hauteur, aurait donné une chute de pluie quinze fois plus grande que l’autre. Il s’agit, d’après les renseignements que vous donne aimablement M. L. Besson, directeur de l’observatoire de la Tour Saint-Jacques, à Paris, des expériences _du Dr Marloth, relatées dans Results of experiment on Table Mountain, etc. ( Transactions of the South African philosophical Society, october 190.3). Dans son étude sur « L’influence du reboisement sur les condensations occultes » paru dans l’Annuaire de la Société météorologique de France, 1920, 2e trimestre, M. P. Descombes explique que le Dr Marloth a installé côte à côte deux pluviomètres, dont l’un était surmonté d’un petit arbre artificiel, servant de récepteur aux brumes, dont il capturait la précipitation. Cet arbre artificiel était formé d’une vingtaine de branches maintenues par des toiles métalliques, de o m. 3o de hauteur environ. Le résultat de 56 jours d’expériences se traduisit par une hauteur d’eau i5 fois plus grande dans le pluviomètre avec l’arbre que dans l’autre. M. Descombes ne donne pas de détails plus précis sur la nature de l’arbre artificiel. Il est vraisemblable, sans faire intervenir l’électricité atmosphérique, que les gouttelettes du brouillard qui régnait sur la montagne presque tout le temps, ont été arrêtées d’une manière purement mécanique par l’obstacle. C’est un fait connu que, par temps de brouillard, il pleut sur les arbres, les branches de ceux-ci arrêtant les fines gouttelettes, qui bientôt réunies forment de grosses gouttes qui tombent au sol.
- M. E. L. F. à Sâo Paulo (Brésil). — Jusqu’à présent, la culture du maïs en France — où, avant la guerre, elle embrassait une superficie d’environ 5ooooo hectares — n’a eu, comme objectif, que la production du maïs-fourrage et du maïs-grains, notamment dans la région
- qui s’étend de Carcassonne à Bordeaux. On n’y exploite pas le maïs comme plante saccharifère. C’est, vraisemblablement aux Etats-Unis qu’il vous faut rechercher la variété de maïs à sucre à cultiver sous le climat 4 brésilien. A cette fin, vous pourriez vous adresser au Département de l’Agriculture, à Washington, qui, probablement, vous donnerait des adresses de productèurs pouvant fournir des semences de cette variété de-maïs. En France, la maison Vilmorin-Andrieux, Paris, 4, quai de la Mégisserie, a un catalogue de semences pour pays à climat chaud ; dans la nomenclature figure le maïs sucré. D’autre part, M. Edmond Riflard, ingénieur-chimiste de sucrerie, et agriculteur à Barjac (Gard), ayant cultivé le sorgho à sucre au Grand Chaco (République-Argentine), vous pourriez probablement obtenir, par lui, des indications concernant des adresses de négociants ou de producteurs de semences de maïs à sucre.
- Bibliothèque d’Annonay. — Pour la conservation des végétaux comestibles : plantes potagères, racines, tubercules,fruits, voiciles ouvrages quel’onpeut indiquer comme donnant les détails les plus complets sur cette question :
- La conservation des fruits, des légumes, des graines et des racines bulbeuses, par Henri Coupin, 1 vol. ;
- Procédés de conservation des produits et denrées agricoles, par Amédée Desmoulins, 1 vol. ; Traité pratique du séchage des fruits et des légumes, par J. Nanot et C.-L. Gatin, 1 vol. ; La conservation des matières alimentaires dans les ménages, à la ferme, etc., fruits et légumes, par Antonin Rolet, 2 vol. ; Les conserves alimentaires, par J. de Brévans, 1 vol. ; Le séchage des fruits et des légumes dans l’exploitation agricole, par L. Malpeaux et P. Perronne, 1 brochure (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6°); Nouveau manuel complet de l’alimentation, tome II, Conserves alimentaires, par Henri Blin, 1 vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°) ; L’art de conserver les légumes, par
- L. -Alph. Blanchon, 1 vol. ; L’art de conserver les fruits, par le même, 1 vol. ; L’art de conserver les raisins de table, par Francis Charmeux, 1 vol. ; La conservation des fruits par les procédés basés sur l’action du froid, par Léon Loiseau, 1 vol; L’art de conserver et d’employer les fruits, par P. Quentin (Librairie agricole précitée); La conservation des substances alimentaires, par Urbain,
- 1 vol. (H. Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augustin s, 6°).
- M. Auger, à Rochefort-sur-Mer. — Si les segments du piston du moteur sont gommés il faut avant de mettre en marche les dégommer en mettant un peu d’essence dans les cylindres. Un moteur de démarrage ne pourrait pas remédier à cet inconvénient et en insistant vous ne feriez que vider les accumulateurs pour n’arriver qu’à un résultat improbable. Quant aux indications que vous demandez pour construire un moteur de démarrage, il ne faut pas songer à vouloir établir vous-même un moteur de ce genre. Le mieux serait de poser la question à un spécialiste en indiquant le genre de moteur et aussi la marque de la voiture. Nous vous indiquerons volontiers une adresse si vous vous décidez dans ce sens.
- M. Martin, à Cloyes. — La Manufacture lyonnaise de matières colorantes à Lyon fabrique spécialement des couleurs solubles dans les hydrocarbures, vous pouvez vous adresser à cette maison pour obtenir des produits destinés à colorer la paraffine, voir également à la Société pour l'Industrie chimique dont le dépositaire est
- M. Huygevelde, 10, rue Alibert à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmentée de 10 °/0 pour frais de port et d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ..—
- Institutiones Cientificas de los Estados Unidos, par
- le R. P. Luis Rodks, i vol. illustré, 124 pages, Topo-grafia La Academica, de Serra y Russel, Barcelone, 1921.
- L’auteur, directeur de l’Observatoire de l’Ebre, décrit le célèbre observatoire du Mont Wilson, l’Université et l’Observatoire de Harvars, le Laboratoire de Physique Jefferson où ont été effectués les travaux de Lyman sur l’ultra-violet, l’Observatoire de Yerkes et le Bureau Météorologique des Etats-Unis,
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- BIBLIOGRAPHIE
- Nos usines métallurgiques^dévastées Mono-
- graphies de quelques grandes usines métallurgiques françaises détruites par les Allemands, rédigées par un groupe d’ingénieurs. Introduction de M. L. Guillet, i vol. in-4, 270 p., 370 fig. Editeur, Revue de Métallurgie, 5, cité Pigalle, Paris, 1921. Prix : 25 francs.
- Il y a trois ans, la France retrouvait enfin ses provinces du Nord et de l’Est, occupées quatre ans par l’ennemi; mais dans quel état; en dehors des champs de bataille naturellement bouleversés par la lutte, tous nos établissements industriels avaient été savamment saccagés de fond en comble, avec l’intention de rendre impossible même leur restauration. L’industrie métallurgique, élément vital de la prospérité et de la force du pays, était au trois quarts détruite. Ce sont là des faits et des griefs que nul Français n’a le droit d’oublier et que le monde entier doit avoir constamment à l'esprit quand il prétend se faire juge de nos revendications. La France fait actuellement un effort héroïque pour relever ses ruines, et peu à peu, les pièces à conviction des crimes allemands disparaissent, sans que les coupables aient payé le juste tribut de réparation qui leur incombe La belle publication de la Revue de Métallurgie vient à son heure pour rappeler d’une façon saisissante les faits dans toute leur brutalité. Elle décrit un certain nombre de nos établissements métallurgiques qui comptaient autrefois parmi les plus prospères du monde entier et dont certains constituaient une redoutable concurrence pour l’Allemagne : Denain-Anzin, Arbel, Cail, Ilomécourt, Micheville, de Wendel, Biache, Saint-Waast, Longwy, etc. ; elle montre avec photographies à l’appui ce qu’il restait au départ de l’envahisseur ; moins que rien, des ruines à déblayer ; dans ce douloureux tableau, une note encourageante se dégage toutefois. Tous ces établissements puissamment aidés par l’Etat se sont attelés à l’œuvre difficile de la reconstruction. Et celle-ci est partout en excellente voie.
- Pour faciliter la diffusion de cet ouvrage, Jles éditeurs ont traduit en anglais, espagnol, italien, la magistrale introduction de M. Guillet, ainsi que les légendes de toutes les figures.
- La lecture de ces monographies, si impressionnante soit-elle, ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit dans cet ouvrage que d’une faible partie des destructions qui incombent à l’Allemagne. Ce n’est, hélas ! qu’une série d’exemples, non un bilan.
- Electricité industrielle, problèmes élémentaires avec schémas, par F. Harang, vol. i3x2i de vi-261 p., avec 167 fig. et tableaux. Dunod éditeur. Paris 1921. Prix net broché, 11 fr.
- L’ouvrage donne au commencement de chaque chapitre un résumé des principaux faits théoriques, des lois fondamentales et des formules qui les traduisent. La plupart des problèmes traités ensuite sont accompagnés du sçhéma de montage des générateurs, récepteurs et appareils de mesure utilisés.
- La soudure électrique, ses divers procédés et la pratique de leur emploi, par E. Delamarre, G. Lévy. Yol. 21 X *7» de 80 p., avec 149 fig. Dunod éditeur. Paris, 1921. Prix net sans majoration ; 10 fr.
- La première partie de cet ouvrage est consacrée règles générales qui s’appliquent aux différentes méthodes de soudure électrique.
- La seconde partie traite des procédés de soudure par l’arc voltaïque qui emploient l’électrode en charbon (Bernados), l’électrode métallique (Slavienof) et ses perfectionnements (Kjellberg, Quasi-Arc, etc.).
- Des chapitres spéciaux sont consacrés à la description du matériel électrique et des accessoires, à l’instruction du personnel, à la soudure des pièces de fonte, aux résultats d’essais de résistance, et aux prix de revient comparés des différents procédés de soudure autogène.
- La troisième partie a pour objet les méthodes de soudure électrique par résistance (procédés Thomson). Des exemples d'applications illustrés montrent ce que peuvent réaliser les machines françaises ou étrangères §t |es résultats 4’éj>réUYè 4e résistance»
- Une quatrième partie traite des procédés mixtes, par résistance et percussion.
- La vie d'une armée pendant la grande guerre, parle colonel F.-L-L. Pi îllegrin, préface du général Mangin. Bibliothèque de Philosophie scientifique. 1 vol. in-18. Flammarion, éditeur, Paris, 1921. Prix : 8 fr. 5o.
- Ce livre initie ses lecteurs au travail considérable qui incombait à un état-major d’armée pendant la guerre. L’auteur a pris, on le voit, le mot Armée dans un sens fort restreint : il ne s’agit ici que du quartier général d’une armée; les divers rouages en sont consciencieusement décrits, leurs rôles respectifs et les raisons de leur existence sont clairement expliqués : utile documentation, mais qui paraîtra un peu froide et décevante en regard du titre séduisant mais vraiment un peu trompeur donné par l’auteur à cet ouvrage.
- Précis de physiologie végétale, par L. Maquenne, i vol. in-16, 172 p., 4 fig- Collection Payot. Paris. Prix cartonné : 4 fr.
- Résumé succinct des fonctions essentielles de la vie des plantes, embrassant le cycle entier de leur évolution, depuis le développement de la graine, jusqu’à la fructification en passant par la germination, l’accroissement, l’assimilation, la respiration, les mouvements de l’eau, la formation des principes immédiats.
- Un appendice traite des questions les plus nouvelles : réversibilité des diastases, réaction des sols, constitution de l’amidon et de la cellulose.
- Très clairement écrit, il rendra service aux étudiants et aux amateurs de sciences, qui, s’ils se renseignent aisément sur les questions morphologiques, disposent trop peu d’études sur les fonctions physiologiques.
- Nutrition de la plante. I. Echanges d’eau et de substances minérales, par Marin Molliard. i vol. in-16, 3g5 p., 46 fig- Encyclopédie Scientifique. Doin. Paris. Prix broché : 12 francs ; relié : 14 francs.
- Ce volume est le premier d’une série consacrée à la physiologie végétale. L’auteur y étudie les substances minérales contenues dans les végétaux, les moyens de les reconnaître, les méthodes d’expériences que sont les cultures sur milieux synthétiques, l’action toxique et antitoxique des divers éléments. Il examine ensuite le problème de l’eau : les propriétés osmotiques des cellules végétales, labsorption par les racines, la transpiration, l’ascension de la sève brute, la sudation, la formation du nectar et de la mielléè. Cette circulation de l’eau dans la plante y amène des substances minérales qu’on peut suivre dans le sol, puis dans les racines et enfin dans les cellules où elles pénètrent.
- Cet exposé, remarquablement clair, complet et au courant des acquisitions récentes, forme la première partie d’un excellent traité qui manquait à la littérature scientifique française.
- La culture générale des jeunes gens se destinant à l'industrie, par A. et L. Franchet. i vol. i3 x 21, 874 p. avec fig. et cartes. Dunod, éditeur, Paris, 1921. Prix broché : 8 francs.
- Le futur industriel, même formé dans les écoles techniques, a besoin d’une culture générale; il lui faut savoir réfléchir aux divers problèmes qui se posent dans l’exercice de sa profession, et les examiner de haut et dans leur ensemble.
- Les auteurs, pour arriver à ce résultat, emploient une méthode excellente, celle-là même qui a fait ses preuves dans l’enseignement classique. A savoir l’analyse et le commentaire des bons auteurs. Des textes très judicieusement choisis sont, ainsi rassemblés, exemples de style et de haute pensée; Descartes, Ampère, Dumas» Pasteur, Zola, Maupassant, Tissan-dier, Poincaré, et bien d’autres auteurs illustres figurent dans ce recueil; MM. Franchet leur empruntent des pages saisissantes sur la science, l’industrie, la formation morale ; un excellent chapitre est consacré aux ressources économiques de la France; un autre à l’histoire du travail, à sa législation et à sop organisation scientifique,
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- NATURE
- Supplément.
- JfcD
- IgD
- N» 249t
- 31 Décembre 1921
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN FÉVRIER 1922 (‘);
- Peu de phénomèues astronomiques importants ce mois-ci pour retenir l’attention. Une belle occultation de l’étoile/X Gémeaux, le cj, l’opposition de Neptune, le 4, et c’est à peu près tout.
- I. Soleil. — Le Soleil s’élève rapidement vers l’hémisphère boréal. Sa déclinaison, de —17° 14'le ier, n’est plus que de —8°g' le, 28. Aussi, les jours augmentent-ils fortement de durée. De g1’ 22“ le rr, l’intervalle entre le le lever et le coucher du Soleil atteint ioh52m le 28.
- Nous avons expliqué, le mois dernier, l’influence du '
- crépuscule civil sur la durée totale du jour.
- Le petit tableau ci-après donne le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire 1 heure marquée par les pendules lorsque le centre du Soleil passe le méridien. D’après cette heure, et avec l’ombre d’un filàplomb, on peut tracer très exactement la direction du méridien du lieu.
- Baies. Teinp légal.
- Février icr I2h 4m 20s
- — 5 I2h 4m 47*
- — 10 . 12" 5m 2S
- — i5 I2h 4™ 58s
- — 20 I21’ 4'" 35”
- — 2 5 I2h 3m 57"
- — • 28 I2h 3“ a6s
- Lumière zodiacale. — C’est la période favorable pour l’observation de la lumière zodiacale le soir. La rechercher dans les nuits claires, sans Lune, loin des villes éclairées.
- Dessiner la position de là lueur repérée par rapport aux étoiles, signaler l’intensité des diverses parties, la coloration, etc. Le bord sud de la lumière zodiacale, dans l’hémisphère terrestre nord (latitude de la France), paraît -généralement plus net que le bord nord. La lumière zodiacale peut atteindre un éclat 4 à 5 fois celui de la Voie lactée dans les régions où cette dernière offre sa plus grande himinosité.
- IL Lune. — la Lune, en les suivantes :
- Les phases de février, seront
- On poursuivra régulièrement l’observation physique du Soleil, notamment en vue d’établir la statistique des taches et des facules. Bien que nous nous approchions de l’époque du minimum d’activité solaire (mai igaS), il y a encore parfois de très belles taches sur le Soleil. Notamment, à la fin de novembre, un beau groupe a traversé le disque solaire; paru au bord Est du Soleil vers le 18 novembre, il était encore visible le 27. Il présentait une tache très importante de 1' environ de diamètre.
- 1. Les heures données en ce Bulletin sont exprimées en temps moyen légal, compté de oh à a/,11 à partir de minuit. Ce temps est celui du méridien de Greenwich.
- P. Q. P. L. D. Q. N. L.
- le 5, le ia, le 18, le 26,
- Fig. 1. — Occultation de l’Étoile X Gémeaux par la Lune, le 9 février 1921, de i6h i3m à i;;h 19"1. Cette ' occultation sera visible, l’immersion en plein jour, l’émersion peu après le coucher du Soleil.
- 4h52m ihiym i8hi8m i8h48“
- Age de la Lune, à midi, le Ier février = 4J,5 ; le 27. = oJ,7. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé, depuis le 1e1 ou le 27, et 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en février, c’est-à-dire époques où la Lune atteint sa plus grande hauteur et sa plus faible élévation sur l’horizon : le 8= -f i8°25/; le 21
- = — i8°2i'.
- Périgée de la Lune, le 12 février, à nh; apogée de la Lune, le 26 février, à i5hv
- Occultations d étoiles par la Lune visibles à Paris.—Le 4 fé-
- occultation de 63 Taureau (gr. 5,7), de ï 15 Taureau (gr. 5,3)., de
- vrier, occultation de 38Bélier(gr.5,2), de 22llx5m à 2211 5g Le 6 février 1711 24'" à 181' 42'“.
- Le 7 février, occultation de 2 ih 10"' à 221' 21"1.
- Le 9 février, occultation de X Gémeaux (gr.-3,6), i6ui3w à 17’'19“ (fig. 1).
- Le 10 février, occultation de o1' 5in à x1' 1m.
- de
- de 68 Gémeaux (gr. 5,2)
- ASTRE Date : FÉVRIER Lever à Paris. Passage an Méridien de Paris. Couche, a P.rts. Ascen- sion droite. Déclinaison. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine, VISIBILITÉ
- 6 7h 17“ 12h 4"5a* i6h 54m UIh18“ — i5°46' 32'28"8 Capricorne
- Soleil. . .< 16 7 0 12 4 56 17 11 21 57 — 12 3o 3 ï *2 j 2 Capricorne »
- 26 6 4'-* 12 3 47 17 27. 22 35 — 8 54 32 21,6 Verseau
- ' 6 7 35 12 57 18 18 22 9 — 8 56 6,8 9 Verseau ) Invisible,
- Mercure. . ! 6 38 I I 43 16 5g 21 35 — 10 29 10,4 Capricorne ien conjonct. avec le Soleil
- 26 5 42 10 4° i5 38 21 11 — 14 0 9,4 ^ j Verseau ; le 14.
- 6 7 57 12 37 17 18 21 16 — 17 9 9,8 Capricorne, Invisible,
- Vénus. . . 16 7 } 12 14 17 14 22 6 — i3 12 9,8 t Verseau | en conjonct. avec le Soleil
- 26 6 5 g 12 22 17 44 22 53 — 8 3g 9)8 X Verseau le 9.
- l 6 1 36 6 14 10 5 2 i5 26 — 17 33 ' 6,6 y Balance ,
- Mars . . . 16 I 25 5 56 10 27 i5 47 — 18 5t li1 0 Balance Vers la fin de la nuit.
- 26 1 12 5 87 10 2 16 8 — 19 58 1 7,8 v Scorpion
- Jupiter . . 16 21 4^ . 3 20 8 56 i3 11 — 5 55 38,4 0 Vierge Seconde partie de la nuit.
- Saturne. . 16 20 4'-* 2 43 8 43 12 2g — 0 24 17,0 ri Vierge Idem.
- Uranus . . 16 7 a9 12 5i l8 13 22 43 — 8 55 3,2 X Verseau Inobservable.
- Neptune. . 16 i5 5o 23 i3 6 36 9 7 + 16 40 ,J>4 Cancer Toute la nuit.
- 0 207|*
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Le ii février, occultation de h Lion (gr. 5,2), de
- uih 58m à 221' 2gra.
- Marées. — Les marées atteindront une plus forte amplitude en février qu’en janvier; elles se produiront au moment de la Pleine Lune du 12. On trouvera, dans le tableau ci-dessous, l’heure de la marée, à Brest, pour les jours voisins de cette Pleine Lune.
- Marée du matin Marée du soir
- l'aies Coefficient. , Coelficient.
- F évrier 11 ôm,9i 00 1.* 0
- — 12 im,o5 lm, 10
- — 13 im,i3 im,i5
- — 14 1m, 15 im,i4
- i5 Im,IO om,o5
- — 16 °m>99 a ~ 0
- III. Planètes. — Le tableau ci-contre, établi au moyen des données de VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1922, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de février.
- Mercure sera invisible pendant tout ce mois. Il sera stationnaire le 5 février, à nh, sera en conjonction inférieure avec le Soleil, le 14, à io1', et de nouveau stationnaire le 27, à 3h.
- Vénus sera également invisible, étant en conjonction supérieure avec le Soleil le 9 février, à 71'.
- Mars devient observable vers la lin de la nuit II sera en quadrature occidentale avec le Soleil, le 20 février, à 4h. Son diamètre augmente peu à peu, atteignant presque 8" à la fin du mois. Malheureusement, pour les latitudes de la France, il est bien bas sur 1 horizon. On va pouvoir commencer à l’observer avec fruit, mais des instruments puissants sont nécessaires.
- Jupiter, dans la Vierge, se lève de plus en plus tôt. On peut l’observer utilement dans la seconde partie de la nuit. Il sera stationnaire le 2 février, à 2oh. Rappelons qu’un grossissement de 45 fois montre Jupiter de la grandeur apparente de la Lune vue à l’œil nu. Un moyen pratique de s’en rendre compte est le suivant. Lorsque la Lune passe à peu de distance de Jupiter, regarder cette planète dans la lunette et, de l’autre œil, regarder la Lune. On sera étonné devoir les deux astres offrir sensiblement le même diamètre apparent.
- Yoici quelques phénomènes du système de Jupiter. On sait que les quatre principaux satellites, dans leur mouvement de révolution autour de Jupiter, donnent lieu à des éclipses, des passages, des occultations, etc., que l’on observe très bien avec une petite lunette. Le monde de Jupiter est un petit système solaire en réduction du plus haut intérêt à suivre.
- DATE Février Heure. Satel- lite. y. Phéno- mène. DATE Février Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 8 a3h24“ Il 0. c. 24 2.3h 4m II E. c.
- 9 0 8 III P. c. 24 23 58 I E. c.
- 9 23 40 I P. c. a5 23 5 I O.f.
- i5 2 3 34 III 0. c. 25 23 53 I P. f.
- Saturne se leve environ 1 heure avant Jupiter. Il est donc observable avant cette planète. L’anneau sera légèrement moins ouvert que le mois dernier, comme on peut le constater en comparant le tableau ci-dessous établi pour le 8 février, au précédent :
- Grand axe extérieur ....................... 42",48
- Petit axe extérieur.......................... -f 4",77
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau.................................. -f- 6° 27'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ......................................... + 4° 37'
- Le signe -f indique qu’il' s’agit de la face nord de l’anneau.
- Uranus sera en conjonction avec le Soleil le 28 février, à 23b. Il est donc inobservable ce mois-ci.
- Neptune, dans le Cancer, sera en opposition avec le Soleil le 4 février, à 41’.
- Il est ainsi visible toute la nuit.
- 55 Pour le trouver, une bonne carte céleste est nécessaire, sur laquelle on reportera ses coordonnées que voici :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Diamètr
- Février 6 9h 8m + 160 35’ 2",6
- — 16 qh 7“ + 16° 40' Y\4
- — 26 9b dm -f 160 45' 2",4
- Rappelons qu’un moyen de trouver Neptune consiste à photographier avec un appareil à paysage la région où il se trouve, en prenant deux clichés à quelques jours (2 ou 3) d’intervalle. En regardant ces deux clichés dans un stéréoscope, Neptune paraîtra immédiatement en avant (ou en arrière) des étoiles, par suite de son déplacement sur le ciel dans l’intervalle des deux poses. Nous reviendrons ultérieurement sur cette question de la photographie du ciel à l’aide des instruments de la photographie ordinaire.
- On peut en effet en tirer uu parti fort utile dans plusieurs applications.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 11, à i4h, Neptune en conjonct. avec la Lune, à 4° 28 N-Le i3, à 4h, Mercure . — Vénus, à 5° 16' N.
- Le i5, à 2h, Saturne Le 15, à 2o\ Jupiter Le 18, à i8\ Mars Le 22, à 2 ih, Mars
- Le 24, à 17h, Vénus Le 25, à 1b, Mercure Le 27, à 2h, Uranus Le 27, à 8h, Vénus
- Etoiles variables. — M sée) : Le 10 février, à 2.3h Etoiles filantes. — Li radiant vers a Cocher.
- la Lune, à 20 55' N. la Lune, à o° 42' N. la Lune, à 20 5q' S. P, Scorpion, à o°1'
- N.
- Uranus, à o° 46’ S. la Lune, à 10 4U' S. la Lune, à 3° 27' S. la Lune, à 3° 57' S.
- inima de 1‘étoile Algol (|3 Per-4 im ; le 18. à 20h 3om.
- 1 16 lévrier, étoiles filantes,
- V. Constellations. — Le mois de février ne le cède en rien à celui de janvier au point de vue de la richesse des constellations et du nombre des étoiles de première grandeur visibles au-dessus de l’horizon.
- Au Zénith, presque exactement, se trouve l’étoile (3 du Cocher. Le zénith est entouré par les constellations des Gémeaux, du Cocher, de Persée.
- A l Est : Le Lion s’élève; a de l’Hydre est au Sud-Est.
- Au Sud : Orion, le Grand Chien et Sirius ; le Petit Chien et Procyon, le Lièvre; la Licorne. Très près de 1 horizon sud : a Colombe.
- A VOuest : Le Bélier descend, la Baleine et Pégase se couchent; Andromède et Cassiopée brillent au Nord-Ouest.
- Au Nord : La Petite Ourse et le Dragon. Le Cygne en partie couché ne montre que les étoiles les plus boréales. Deneb frôle 1 horizon nord.
- Voici quelques-unes des curiosités accessibles à des petits instruments.
- Les Pléiades; les doubles écartées 6, a, x Taureau, Aldébaran, x et 9 Taureau.
- La grande nébuleuse d’Orion et les doubles ô, 1, a et 1 Orion. L’amas de Persée, l’étoile variable Algol (voir plus haut aux « Etoiles variables »), e et yj Persée. Ua nébuleuse et la belle étoile double colorée y Andromède.
- L’amas du Cancer, les étoiles doubles fi et t, et l’étoile triple ç. Les amas des Gémeaux, du Grand Chien. L’étoile rouge R du Lièvre.
- Régulus. Les doubles y et 54 Lion. Le Cœur de Charles (a des Chiens de Chasse) belle double colorée.
- L’étoile Mizar (Ç Grande Ourse) et sa voisine Alcor. L’étoile rouge jr Céphée, les doubles S, (3, •/., jjj Céphée et v] et 1 Cassiopée.
- La Polaire et son compagnon : c’est un couple déjà assez difficile à voir. L’étoile Polaire est de grandeur 3,1 et son compagnon de grandeur 9,5, à 18",6 de distance. La distance est grande, mais 1 éclat de l'étoile principale empêche, avec un petit instrument, de voir le petit compagnon. Une lunette de om,oy5 ou mieux de om,o8i est nécessaire pour voir ce petit astre.
- Em. Touchet.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LA TRICHINE
- La trichine, on le sait, est un ver, Trichinella spiralis, dont l’adulte vit dans l’intestin gFêle et dont les larves émigrent dans les masses musculaires où elles s’enkystent. On les rencontre chez l’homme, le porc, le sanglier et le rat.
- Chez l’homme, la trichinose se manifeste par des accidents souvent graves ou mortels. Les larves contenues dans la viande de porc ingérée sont libérées dans l’intestin et se transforment rapidement en adultes qui provoquent des phénomènes inflammatoires catarrhe intestinal, hémorragies.
- Après sept jours, les embryons provenant de ces adultes traversent la muqueuse, passent dans les lymphatiques et le péritoine et vont s’enkyster dans les muscles. Le malade maigrit alors rapidement, sa face s’œdématie, son intelligence s’affaiblit. La maladie dure de deux semaines à plusieurs mois, et est suivie d’une longue convalescence, quand la mort ne la termine pas.
- Le traitement de la trichinose se réduit à peu de chose : thymol quand les vers adultes sont dans l’intestin ; rien quand les larves sont arrivées dans les muscles.
- Aussi, toute notre défense contre cette maladie réside-t-elle dans une prophylaxie bien organisée.
- Les larves de trichine enkystées dans les muscles sont remarquablement résistantes ; elles persistent vivantes dans la viande putréfiée depuis deux mois, où après un passage de trois jours dans un frigorifique à — 22 ou — 25°. Une ébullition d’au moins une demi-heure par kilogramme de viande est nécessaire pour les détruire, si bien que le porc trichiné simplement rôti reste dangereux. Les viandes salées ou fumées ne sont pas stérilisées de ce fait.
- La conclusion à tirer de ces faits est qu’on ne doit jamais manger de porc cru (saucisse ou saucisson) ou insuffisamment cuit.
- A cette précaution individuelle qui consiste à cuire soigneusement et longtemps toute viande de porc, il faut ajouter une surveillance sanitaire des viandes aux abattoirs.
- Elle est organisée maintenant dans la plupart des pays, tout au moins pour les abattoirs publics, si les
- /
- tueries particulières y échappent. Les viandes suspectes sont examinées au microscope, après traitement à l’acide acétique faible ; les kysfes sont ainsi révélés facilement.
- Là où le contrôle sanitaire n’est pas pratiqué, les accidents sont fréquents.
- En France, la trichinose est peu répandue parmi les porcs indigènes. On n’a signalé que des cas isolés et une seule épidémie, à Crépy-en-Valois, en 1878, où
- 17 personnes furent atteintes en meme temps.
- En Belgique, en Angleterre, en Suisse, la trichinose est également rare. Elle est plus fréquente en Russie et elle l’était en Allemagne (un porc contaminé sur 2000) avant l’application des mesures prophylactiques. Elle l’était surtout aux Etats-Uunis où. en 1878, le Conseil de Santé de Chicago eslimait à 8 pour 100 le nombre des porcs contaminés.
- Aussi les recherches sur la trichinose n’ont-elles été nulle part plus nombreuses et plus suivies qu’aux Etats-Unis.
- Récemment, la Zoological Division du Bureau of Animal Iudustry du département d’Agricullure a entrepris de nouvelles recherches sur la destruction des trichines dans les viandes au moyen deà rayons X dont M. B. Schwartz vient de rendre compte dans le Journat of Agncaliural Research.
- Les résultats ne sont pas satisfaisants : dans certains cas, les larves des kystes ont subi une dégénérescence intense qui les rendait inoffensives, . mais dans d’autres elles n’ont pas été touchées ou ont simplement perdu leur pouvoir de reproduction, sans être empêchées de devenir adultes. Les rayous X ne sont donc pas le moyen prophylactique qu’on avait' espéré.
- Il y a quelques années, en 1916, MM. E.-E. Tyzzer et H.-A. Iloney avaient essayé dans le même but le radium san-i plus de succès.
- Il reste donc, pour nous préserver de la grave infection qu’est la trichinose, à surveiller les viandes de porc, soit à labatage, soit à l’importation, et surtout à ne manger cette viande, sous quelque forme que ce soit, qu’aprèsuue cuisson prolongée et complète. R. M,
- Trichinella spii'alis, d’après ISrumpt * (Précis de Parasitologie).
- 1, embryon; b, embryon à son arrivée dans un muscle; c, le même enkysté, quinze jours plus tard.
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- BOITE AUX LETTRES
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- AVIS. — î/abondance croissante des demandes de renseignements qni parviennent au Service de la Boîte aux Lettres do La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. 11 est rappelé qn’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu Immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Vinoscope de Conlassot (n° 2490) est eu vente chez M. Manoocourl. 76, boulevard Saint-Germain, Paris (M).
- Réponses. — M. M. Vagné, à Paris. — Nous avons répondu à votre demaude dans le n° 2482 du 29 octobre 1921, page i,'3g de la Boîte aux lettres.
- M. Mallet. à La Malmourgue, Marseille. — i° Le Jais ou jayet nommé aussi succin ou ambre noir est un
- lignite compact dur, d'un noir luisant et très foncé, il est susceptible d être taillé et de recevoir un très beau poli, ce qui le fait employer dans la confection des bijoux de deuil, nous ne lui connaissons pas d’autres usages eu grande quantité et ne croyons pas qu’il puisse comme diélectrique se substituer avantageusement à l’ébonile; en ce qui concerne l’exploitation, vous pourriez vous adresser aux maisons suivantes : Société centrale d’Exploitations et de recherches minières, 53, rue de Cbùteaudun. Société d’Exploitations minières, 5, rue Jules-Lefebvre, 9'-'. Société d’Exploitations minières et industrielles, 3, rue Taitbout. 20 L’essence deNiaouli ou essence de Melaleura ou Melaleucine qui porte également les noms de Melaleucol et de Goménol est un balsamique antiseptique supérieur à l'Eucalyptol. elle provient de la distillation des feuilles de Melaleuca
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- BOITE AUX LETTRES
- viridiflora, on procède à la distillation en présence d’eau dans des alambics en cuivre d’environ 5oo litres de capacité, on fait arriver en outre de la vapeur d’eau par la partie inférieure et latérale de l’alambic, ce qui permet de régler 1 entraînement de l’essence. On recueille un mélange d’eau et de niaouli, qui, par le repos, se sépare en deux couches, l’essence gagnant la surface, la séparation s’effectue d’une manière continue en se servant d’un récipient florentin, la tubulure supérieure déverse 1 essence, l’inférieure munie d’un col de cygne évacue l’eau, laquelle se trouve toujours en plus grande quantité. Après quelques jours de repos pour éclaircissement, on loge le produit en estagnons de cuivre.
- M. A. de Meens, à St-Trond, Belgique. — Le fer que vous supposez à l’état colloïdal doit être tout simplement du fer fixé par certaines algues, en particulier des Crenothrix qui retiennent énergiquement l’oxyde de fer. Ces Crenothrix forment des masses visqueuses bruues dont le développement est parfois assez abondant pour obstruer les canalisations de distribution deau; les villes de Lille, de Berliu, ont dû à cause d’elles faire des installations spéciales dépuration. On trouve ces algues, non seulement dans les eaux ferrugineuses mais dans toutes celles qui contiennent des matières organiques en décomposition. Pour les identifier, il vous suffira d’effectuer un simple examen microscopique du sédiment qui montrera la structure organisée des éléments ferrugineux.
- M. L. Goulart, à Paris. — Le meilleur moyen de rendre au cuir sa souplesse est de l’imprégner de glycérine, laquelle étant hygrométrique assure la conservation d’une humidité suifisante ; dans ce but, vous pourrez employer un mélange à parties égales d’eau et de glycérine neutre, appliqué avec une flanelle, en renouvelant l’application jusqu'à obtention du résultat cherché.
- M. Voisembert, à Paris. — Une bonne formule de Uniment aniirhumatismal est la suivante :
- Salicylate de méthyl ...... 40 grammes.
- Menthol cristallisé.......... 5 —
- Chloroforme................. 10 —
- Essence-de genévrier (bois). . 10 —
- . Huile de jusquiame......... 5o —
- Huile d’amandes douces ... 120 —
- En frotter légèrement la partie douloureuse, puis envelopper de flanelle pour éviter une évaporation trop rapide du salicylate de méthyle.
- M. C. Becchi, à Savone. — i° Le mieux est de frotter de temps à autre votre stylo avec un morceau de cire noire telle qu’on la trouve couramment dans le commerce et de polir ensuite avec un morceau de flanelle; — 2° Pour épurer votre nitrate d’argent qui contient du cuivre, opérer ainsi : évaporer la liqueur à siccité, puis maintenir en fusion, tant qu’il y a effervescence, le nitrate de cuivre se décompose en vapeurs nitreuses qui se dégagent et en oxyde de cuivre qui est insoluble, laisser . complètement refroidir, reprendre par l’eau distillée chaude qui ne dissoudra que le nitrate d’argent, filtrer, évaporer au besoin pour concentrer et laisser cristalliser.
- Laboratoire de chimie appliquée, à Besançon. — Le eorozo se teint très bien aux couleurs diamiues noir bleu E, noir oxydiamine SOOO, noir jais RB, diazo noir solide BHX ou noir Pluton CR, en adoptant les proportions suivantes :
- Eau . ....................... 10 litres.
- Soude Solvay.................. 5 grammes.
- Sulfate de soude..............ri S —
- Colorant...................... 4° —
- Faire dissoudre la moitié du colorant, puis entrer dans le bain tiède, porter à 1 ébullition, retirer du bain, ajouter l’autre moitié du colorant, entrer à nouveau et reporter à l’ébullition, que l’on maintiendra jusqu’à noir complet, rincer.
- M. R. de Bony, à Poitiers. — L'odeur que dégagent un très grand nombre de minéraux, .lorsqu’ils sont mouillés ou, simplement exposés à la vapeur d’eau, a pour origine le dégagement des gaz occlus ou résultant de l’action de l’eau sur les éléments constitutifs : sulfures, phosphores dans le cas d’argile cuite, produits de décomposition organique pour la craie. Vu la faible proportion de gaz ainsi dégagés, il n’a pas été fait à notre connaissance d’étude spéciale de cette question, le phénomène ayant été seulement signalé lorsqu’il se présentait.
- M. le Dr Peillon, à Morat. — i° Nous vous remercions de votre communication fort intéressante; — 2° Vous ne
- nous indiquez pas la nature des fibres de la mèche qui a servi à votre essai de filtration de l’huile par siphonage, nous avons signalé que le coton ne donnait pas de résultats satisfaisants, le mieux est de se servir de laine, par exemple d’une mince bande de feutre, et de l’enfermer dans un tube de verre deux fois recourbé qui donne au siphonnement une marche plus régulière.
- M. Alberto ffenkel, à Toluca. — La gélose, qui porte aussi le nom de colle du Japon, est une substance géla-tiniforme extraite de l'algue de Java, la Gelidium cor-nenin et d’une algue de Saint-Maurice, la Phearia lic-he-noïdes, elle forme la plus grande partie du produit commercial appelé mousse de Chine ou agar-agar, laquelle est employée pour la préparation de gelées alimentaires ainsi qu en bactériologie.
- Ces algues se présentent dans le commerce à l’état de bâtonnets rigides parallèles entre eux et légèrement adhérents. Pour obtenir la gélose, on traite les algues à froid successivement par l'acide acétique étendu, l’eau alcalinisée par l’ammoniaque, le résidu est repris par l’eau bouillante puis le liquide est décanté chaud, par le refroidissement il se prend en gelée.
- La gélose est une substance amorphe, se gonflant beaucoup par l’eau froide, se dissolvant dans l’eau bouillante ; lorsque par refroidissement elle se prend en gelée elle relient environ 5oo fois son poids d’eau, c’est-à-dire qu’à poids égal elle retient 10 fois plus d eau que la meilleure colle animale. Elle est insoluble dans les acides étendus, dans les alcalis faibles, dans l’ammoniure de cuivre et l’éther, elle se dissout dans les acides chlorhydrique et sulfurique concentrés en donnant une solution brune. L’agar-agar1 vaut actuellement 18 francs le kilogramme, vous en trouverez en toute quantité à la maison Pelliot, 24, place des Vosges, à Paris.
- M. Moreau, à Paris. — La plupart des extincteurs destinés aux incendies d essence, pétrole, benzine, etc., sont chargés au tétrachlorure de carbone, nous pensons qu’il doit en être de même pour la marque dont vous parlez.
- M. Driard, à Nice. — Pour remettre en état les rubans de machines à écrire, il suffit de faire une dissolution de violet de Paris dans quatre fois son poids d’un mélange à parties égales d'eau et de glycérine, le ruban est immergé dans ce mélange, puis pressé légèrement entre deux rouleaux. Si on désire une plus grande consistance on peut ajouter à la mixture une quantité de savon mou égale à celle de la matière colorante.
- M. le capitaine Vignier, à Juan-les-Pins. — Veuillez bien vous reporter à la réponse que nous avons faite précédemment à M. Vauclin dans le n° 2486.
- M. de Coubert, à La Boisnière. — i° Plonger les objets rouillés dans une solution de protochlorure d’étain à 10 pour 100, la durée du séjour dépend de l’épaisseur de la couche et peut varier de 12 à 24 heures. La solution de chlorure d’étain s’obtient en dissolvant ce métal dans l’acide chlorhydrique par léger chauffage, il faut avoir soin de mettre un excès d étain de façon que le protochlorure ne soit pas trop acide, car alors il attaquerait le fer. Au sortir du bain les objets sont rincés à l’eau ordinaire, puis à l’eau ammoniacale et rapidement séchés ; ils ont un aspect mat mais un simple polissage leur rend le brillant primitif. 20L’emploi du tétrachlorure de carbone a dû être fait dans des conditions imparfaites, ce produit est très volatil et s’il y a eu aération dé la boite ou du placard, on peut présumer que le tétrachlorure ayant disparu, aucun effet ne pouvait plus être espéré.
- M. le Dx Laisney, à Paris. — ic La dose de 4 gr- de nigrosine. est en général suffisante pour donner satisfaction dans la préparation de l’encre stylographique, mais elle peut être relevée si on désire une intensité plus accentuée. 20 Pour boucher les multiples petits trous qui se rencontrent sur votre rideau d’obturateur, vous pouvez appliquer au pinceau une mixture obtenue en délayant dans le collodion riciné officinal un peu de noir de fumée. Opérer rapidement et loin de tout foyer pour éviter l'inflammation.
- M. Clermont, à Paris. — Pour coller les étiquettes sur le fer-blanc, passer au préalable sur le métal un pinceau imbibé de :
- Acide chlorhydrique .... 8 gr.
- Eau......................... ioo —
- Laisser sécher, enduire l’étiquette de silicate de soude du commerce à 20° B., appliquer, presser et enlever l’excès de colle au moyen d un chiffon.
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- LA NATURE
- QUARANTE-NEUVIÈME ANNÉE -^1921
- DEUXIÈME SEMESTRE
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Acclimatation du renne à la Terre de Baffin..................176
- Accumulateurs électriques : curieuse innovation..............111
- Acétol...................................................... 179
- Acier : protection par zincage.......................... 100
- Aéronautique : Salon de 1921................................. 53
- Aéroplanes : concours de réservoirs.............................111
- — : au service de l’agriculture........................200
- Age de la pierre polie : représentations de la Grande Ourse. 159
- Agriculture : rôle de l’aéroplane . .........................200
- Ajonc : inllucnee sur la croissance de l’épicea..............112
- Algérie : recensement.......................................... 56
- Allemagne : commerce extérieur en 1913 et 1920 .............. 160
- — : dirigeables, ......................................... 79
- — : émigration aux États-Unis.............................. 6
- Allemands : émigration en Océanie...............................165
- Altitude la plus haute des maisons..............................159
- Aluminium et composés du mercure................................ 17
- Amérique : distinctions à des ingénieurs et savants français . 51
- Amitié chez les oiseaux....................................... 101
- Argentine : pétrole.............................................101
- Atmosphère : champ électrique pendant les orages............. 80
- — : ozone................................................ 99
- — : poids.................................................131
- Auréole marine................................................. 67
- — marine observée par Bcnvenuto Cellini................. 116
- Auscultation par T. S. F....................................... 51
- Australie : sourciers......................................... 132
- Automobile-chenille remorquant une maison roulante. . . . 132
- Automobiles : essence nouvelle. ................................179
- Aviation et chiens détectives................................... 52
- — et gastronomie.......................................... 85
- — : industrie aux États-Unis.............................. 36
- — : ligne au Congo belge................................ 200
- — : ligue aéronautique de France . ...................... 36
- — : phares à acétylène................................ 17
- — : planeurs montés ...................................... 21
- — : prix d’un million pour un moteur. . ..................160
- — sans moteur : Congrès...................................160
- Aviette Poulain................................................ 36
- Avion de l’avenir..........................................147
- — sans pilote............................................ 147
- — : record de hauteur................................. 35
- Baleine : pêche au Canada'......................................101
- Belgique : population......................................... 149
- Bétail : sciure de bois comme aliment........................ 18
- Béton armé : tour de 200 mètres.............................. 83
- Bois : conservation par le fluorure de zinc. ................165
- — de fer..................................................127
- — : rendement en pâte à papier............................181
- — résistant aux larets....................................128
- Bolide à Bruxelles.............................................147
- Bovins du Tchad.............................................. 69
- Câble téléphonique détérioré par des insectes............:. 100
- Cadmium : usages modernes..................................... H6
- Caléine extraite de la suie des brûloirs à café............... 5
- Calorisation : protection du fer............................ . 22
- Canada : pèche à la baleine........... . ,...................101
- Canal Danube-Salonique ....................................
- Caoutchouc minéral.........................................
- Carburant national.........................................
- Carburateur nouveau pour huiles légères . . .’ ............
- Carcharias : capture à Sainl-Cast.............................
- Carpentier : nécrologie....................................
- Carton : emploi du pin maritime ..............
- Catastrophe d’Oppau...........................
- Cellini (Benvenuto) : observation de l’auréole marine. . . .
- Cendres des combustibles pulvérisés : utilisation .........
- Céphalopode : capture.................................. . . .
- Champ électrique de l’atmosphère pendant les orages . ;. . . Charbon pulvérisé : développement de l’emploi . . . . . .
- Chauve-souris : guano en Autriche ...... :.................
- Chemins de fer de Mésopotamie............................. . .
- — du Midi : pylônes en ciment armé....................
- Chiens détectives et aviation............. . . . .
- Chimie appliquée : Congrès.................................
- Chine : population.........................................
- — : tremblement de terre du 16 décembre 1920 . . . .
- Chute d’eau la plus puissante du monde................. . . .
- Ciment armé : pylônes sur les chemins de fer du Midi . . .
- Cochinchine : recensement. . .................................
- Combustibles pulvérisés : utilisation des cendres.
- Comète d’Encke.......................................
- — ou étoile nouvelle..................................
- — nouvelle Dubiago (1921 c). . ;....................... .
- Commerce extérieur de l’Allemagne en 1913 et 1920. . . .
- — des États-Unis................................: . . .
- Concours Lépinc............................................. .
- — de photographie...................................
- — de réservoirs d’aéroplanes........................
- Conférence de l’organisation française. ......................
- Congo belge : ligne aérienne..............
- Congrès d’aviation sans moteur................ ............
- — de chimie appliquée ...............................
- — international de navigation aérienne. . ...............
- Cooper-IIewitt : nécrologie................................
- Couleur des Ileurs : changement sous l’intluence des pratiques
- culturales..............................................
- — du sol : influence sur la végétation...............
- Couvées : pour les préserver des effets de la foudre ....
- Crapaud et le feu..........................................
- Danube-Salonique : canal...................................
- Déboisement : méfaits aux États-Unis...................
- Dévonien : moisissures................................. . .: .
- Dindon blanc..................................................
- Dirigeables allemands......................................
- — R-54 : destruction.................................
- Don français de 10 millions pour les sciences..............
- Dosne : nécrologie.........................................
- Eau de mer : salure........................................
- — oxygénée : conservation..............'.............
- Écrémeuses suédoises.......................................
- Écrevisse et géologue......................................
- Ecureuil : rôle dans la propagation des noyers.............
- — enterrant des noix, . . . .........................
- 200 131 52 21 128 35 200 111 116 52 200 10 117 84 101 69 52 101 165 5
- 127 69 56 52
- 147
- 67
- 17
- 160
- 128 56 22
- 111
- 176
- 200
- 160
- 101
- 101
- 111
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- 79 67
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- Supplément au n* 2491 de La Nature du 51 décembre 1921.
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- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Effluve électrique : influence sur la germination..........22
- Électricité : transmission sous tension d’un million de volts. 475 Emigration allemande aux États-Unis............................. 0
- — — en Océanie..................................465
- Empire britannique : population................................417
- Énergie électrique : transmission sous 4 million de volts . . 475
- Épicéa : influence .du genêt et de l’ajonc sur la croissance . 112
- Essence nouvelle pour automobiles..............................479
- Etats-Unis : commerce......................................428
- — : émigration allemande................................ 6
- — : industrie aéronautique.............................. 56
- — : méfaits du déboisement..............................427
- — : population.......................................... 55
- Étincelles électriques noires.............................. 54
- — électriques : photographie................... . . 5
- Étoile nouvelle ou comète.................................. 67
- Explosion d’üppau : causes.................................475
- Ucr en poudre comprimé : propriélés magnétiques............459
- — : protection par calorisation......................... 22
- — : protection par zincagc..............................400
- Ferrié (général) : prix Osiris......................... . . . 47
- Fertilisation par le soufre................................465
- lueurs : changement de coloris............................. 85
- Flotte de commerce mondiale................................ 79
- Fluorure de zinc : conservation des poteaux et traverses . . 465
- Fondation Edmond de Rothschild............................. 6
- Forêts : incendies en 1924 ................................ 476
- Foudre : comment préserver les couvées.....................112
- Fourrages de guerre................................ 84
- France : natalité............................................. 85
- François-Frai ck : nécro'ogie..............................415
- Galicie : pétroles. .......................................... 179
- Gaz asphyxiants : grenades de la police américaine. ..... 428
- Genêt : influence sur la croissance de l’épicea . ...... 412
- Géologue et écrevisse...................................... 80
- Germination : influence de l’effluve électrique ...... 22
- Grande-Bretagne : population.............................. , . 117
- Grande Ourse : représentations à F fige de la pierre polie . . 459
- Grandidier : nécrologie. . . . ,...........................115
- Grenades à gaz asphyxiants de la police américaine ..... 128
- (irônland oriental : centre sismique................... , . , 99
- Guano de chauve-souris en Autriche......................... 84
- Gyroscopes stabilisateurs : emploi dans la marine. ..... 79
- Hirondelles : rareté ................................ . . . 56
- Houille blanche dans la vallée, d’Ossan .......... 148
- — de Mandchourie...................................., 481
- Houillères sinistrées ; renaissance............................475
- Huiles hydrogénées : industrie an Japon. . . ..............181
- Humidité du sol.................................................85
- Hydroglisseur nouveau ................................: • 400
- Icebergs : découverte par les“radiations infra-rouges . . ,68
- lie d’Yap . ................................................... 6
- Imperméabilisation des murs................................... 127
- Incendie a bord des. navires : pour le combattre...........427
- Incendies de forêls en 4921................... ............ 476
- Infra-rouge : découverte des icebergs. ....................68
- Insectes détériorant un câble téléphonique.....................400
- Insecte : jeûne.......................... . ................ .18
- Inventeurs : prix ..... . . ............. .................160
- Italie : voyage d’études agricoles et zootechniqucs . .... 481
- .lapon : industrie des huiles hydrogénées .................... 481
- Jeûne d’un insecte. . . . 48
- Lampes électriques à filament métallique : mort ..... 79
- Ligue aéronautique de 4'rance.......................... ... 56
- Lithopone. ............................................... '146
- Locomotive à turbine. ........................................ 99
- Londres : population . ............... . ............... • • , 117
- Machine électrique la plus puissante du monde. ...... 148
- Magnétisme du fer en poudre comprimé..................... • 159
- Maison la plus haute du globe................................. 15!)
- — roulante remorquée par une automobile-chenille. . , 152
- Mandchourie : houille....................................... 181
- Marées : projet d’utilisalion au Mont Saint-Michel 17
- Marine : puissance du monde................................... 70
- Mercure et aluminium ....... ...... 17
- ; — : production. . . ............. . . ... . . •« '. • 175
- Mésopotamie : réseau ferré .... 404
- Moisissures dévoniennes. . ......................... , • • 85
- Mont Saint-Michel : projet d’utilisation des marées . ... 47
- Moteur d'aviation : prix de 1 million. 160
- Murs ; imperméabilisation. ......................... . , . . 127
- Natalité eu France........................................... 85
- Navigation aérienne : Congrès international . 101
- Navires : pour combattre l'incendic à bord ......... 127
- Nécrologie : Carpentier. ....................................
- — : P. Cooper-llewitt..................................
- — : P. Dosne..............................................
- — : François-Franck....................................
- — : A. Grandidier............................. ...
- Noyers : rôle des écureuils dans la propagation..............
- Océanie : émigration allemande...............................
- Oiseaux : amitié.............................................
- — de mer : sont-ils nuisibles?.........................
- Oppau : catastrophe...................
- — : cause de l’explosion................................ .
- Orages : champ électrique de l’atmosphère....................
- Organisation française : conférence..........................
- Ossau : bouille blanche dans la vallée.......................
- Ouvrages d’art : réfection dlpis les régions dévastées .... Ozone dans l’atmosphère......................................
- — : emplois industriels................................
- Pain : suffit-il pour se nourrir.............................
- Papier : parquets ...........................................
- — : pilots........................................55,
- — : pin maritime.......................................
- — : rendement du bois et de la sciure en pâte..........
- Parquets en pâte de papier...................................
- Pèche à la baleine au Canada.................................
- Pellicules pour radiographie.................................
- Pelrograd : port.............................................
- Pélrohol.....................................................
- Pétrole en Argentine.........................................
- Pétroles de Galicie.....................................
- Phares à acétylène pour la navigation aérienne...............
- Photographie : concours........................................
- Pierre polie : représentations de la Grande Ourse............
- Pilots en papier.......................................... 55,
- Pin maritime : fabrication de pâle à papier et de carton . . .
- Planètes petites : nombre connu..............................
- Planeurs montés.....................................
- Plantes qui digèrent les animaux.............................
- — : ce qu’elles enlèvent au sol........................
- »- : titane. . ..................................
- Poisson : transport par voie aérienne......................
- Police américaine : grenades à gaz asphyxiants.................
- Pont de Yillencuve-sur-Lot...............................
- Population de la Belgique...............................,
- — de la Chine.........................................
- — des États-Unis.......................................
- •— de Londres, de Grande Bretagne et de l’Empire britannique .......................................... . , . .
- Port de Pétrograd...................................
- Polasse : radioactivité des sels. ...........................
- Poteaux : conservation par le lluorure de zinc...............
- Poulain : aviette............................................
- Poules : alimentation sans grains............................
- Poumon : fonction lipolyticjue...........................
- Prix aux inventeurs..........................................
- -r- Osiris au général Ferrié..............................
- Protozoaires du sol..........................................
- Pylônes en ciment armé sur les chemins de fer du-Midi. . .
- Radioactivité des sels de potasse............................ .
- Radiographie sur pellicules....................................
- Rayon vert.................
- Recensement en Algérie. .
- — en Oochinchine . . . ..................
- Record de hauteur en avion........................
- Régions dévastées : réfection des ouvrages d’art .
- Renne : acclimatation à la terre de Raffin. . . .
- Réservoirs d’aéroplanes : concours................
- Ringclmann : turbine à gaz........................
- Salon de l’Aéronautique en 1921.................
- Salonique-Danube : canal..........................
- Salure de l’eau des mers..........................
- Sciure de bois, aliment du bétail.................
- — : rendement en pâte à papier..............
- Sécheresse dans le bassin de la Seine. . . . .
- Seine : sécheresse dans le bassin. . , ........
- Séismes du Grônland oriental .....................
- Sol : ce qu’enlèvent les plantes . ...............
- : humidité...................................
- : inllucnce de la couleur sur la végétation
- — : protozoaires............................
- — : titane..................................
- Soufre : action fertilisante......................
- Sourciers en Australie . , .......................
- Suède : dérouleuses.............................. ,
- Tank amphibie. ..............................
- r.
- ou
- 111
- 165
- 115
- 445
- 55
- 165
- 101
- 101
- 111
- 175 80
- 176
- 148 499
- 99
- 465
- 85
- 152
- 152
- 200
- 181
- 152
- 101
- 117
- 176
- 179
- 404
- .479
- 47 22
- 159 152 200
- 115 21
- 449
- 83
- 83 .. ..85 .128
- 100
- 149 165
- 55
- 117
- 176
- 116 165
- 36
- 48 IGi
- 160 17
- 104
- 69
- 116
- 117
- 17
- 56 56 55
- 199 176 111 179 '
- 55
- 200
- 51
- 18 181
- 08
- 68
- .99
- 85
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- TABLE DU SUPPLEMENT
- Tarels : bots résistant à leurs ravages........................ 128
- Tchad : bovins.................................................... 69
- T. S. F. : auscultation.......................................... 51
- — : développement...........................................151
- — en France................................................. 55
- — : modification à l’horaire des signaux de la Tour Eiffel. 165
- — : prix Osiris au général Ferrie........................ 17
- Terre : âge....................................................... 21
- Textiles pulvérisés............................................... 22
- Titane dans le sol et les plantes ............................. 85
- Tour Eiffel : modification à l’horaire des signaux scientifiques. 165 Traverses : conservation par le fluorure de zinc..................165
- Tremblement de terre de Chine du 16 décembre 1920 ... 5
- Tour de 200 m. en béton armé............................... 83
- Turbine à gaz................................................. 99
- — — Ringelmann.........................................179
- Turbine : locomotion........................................ 99
- Végétation : influence de la couleur du sol................ 85
- Yilleueuvc-sur-Lot : pont .......................... ; 100
- Wagons gigantesques........................................ 127
- Yap : île...........................................• • 6
- Zinc : fluorure pour la conservation des bois .... . . 163
- Zincage du fer et de l'acier................................. 100
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accus remplacés par des transformateurs en T. S. F. . . .
- Accumulateurs : entretien..................................
- Acide carbonique : indicateur électrique...................
- Aéro-manège................... ............................
- Agrandisseur Écla..........................................
- Aimants de magnéto : appareil pour réaimanter . . . 51,
- Alambic moderne............................................
- Asphyxie dans les cuves à vendange : contre le danger . . .
- Assemblage démontable à queue d’aronde.....................
- Attache til................................................
- Auto : ventilateur pour roues pleines.........................
- Baignoire Cryslal..........................................
- balai Sans-Gène........................................ .
- baromètre à siphon : remplissage...........................
- biberon Majic.....................................
- bicyclettes : petite self pour l’éclairage électrique......
- blague à tabac dans un mouchoir. ..........................
- borne annonçant réchauffement anormal d’une machine . . .
- briquet automatique Stellor................................
- Calculateur circulaire Arnault-Paineau. ...................
- Camions automobiles : freinage des remorques...............
- Carreaux de plâtre au mâchefer fabrication mécanique . . .
- Carte pellieulable « Isofilm » B.’P. A.....................
- Ceinture de roues Giierrini ...
- Chambres à air : manchonnage...............................
- Chapeaux : imperméable ....................................
- Charnière économique pour cliàs=is ..........................
- Charrue inter-ceps.........................................
- Chcminée-collecteu? de fumée et aspirateur « Aéros » . . .
- Clé de serrage automatique extensible .....................
- Clous : appareil à redresser...............................
- Connect « Vit a............................................
- Coquetier bordelais........................................
- Couveuse pour enfants......................................
- Cuves à vendange : contre le danger d’aspbvxie.........;
- Cycle-car économique....................................... .
- Ilécavaillonneuse..........................................
- Dynamo d’éclairage pour cycles.............................
- Échauffemenl anormal d’une machine : borne annonciatrice. .
- Eclairage électrique des bicyclettes............,...
- Économiseur Mounier................ ...............A .
- Ecrou : nouveau frein......................................
- Fauteuil pliant pour touristes.............................
- Fermeture de portes : appareil de contrôle......... .
- Frein d’écrou nouveau........................ . .
- Freinage des remorques de camions automobiles..............
- Glacière « ümnia ».........................................
- 150
- 7
- 182 86 102 20! 102 48 47 l 14 88 72 202 102 193 1
- 13 1 55 152
- 70
- 1
- 118
- 102
- 193
- 1
- 47 70 88
- 134
- 14 i
- 8
- 144
- 191
- 181
- 48 102 88
- 201
- 55
- 1
- 184
- 167
- 102
- 151 167
- 1
- 32
- Habitation roulante à étages............. ................. 47
- lloméos, appareil stéréopbotographiquc à pellicules . . . . 182
- Imperméable pour chapeaux....................................... 47
- Isotilm b. P. A................................................ 102
- Lampe électrique : support amortisseur .......... 201
- Lampes à 3 électrodes chauffées par courant alternatif ... 119
- Lampe à incandescence : pour la transformer en lampe à 90,
- 70, 50 volts........................................... . . 71
- Machine à coudre : utilisation d’un vieux bâti........... . 143
- Magnétos : appareil pour réaimanter.................... 51, 201
- Manchonnage des chambres à air................ . ,..............1
- Moteur électrique vertical : quelques emplois ................ 151
- Moto-voiture Gauthier......................................... 183
- Parpaings creux économiques............................ 118
- Photographie stéréoscopique : appareil lloméos à pellicules . 182
- Planimètrcs............................................. . 166
- Pogo........................................................ .184
- Pompe domestique nouvelle......................................120,
- Pompe rustique : fabrication................................... 150
- Pompe à vide rotative ..... . . . 55
- Pont démontable universel.............................. , . . 168
- Portes : appareil de contrôle de fermeLure. . . . . . . . . 151
- Redresseur-vibreur pour courants alternatifs : construction. . 7
- bêlai à mercure : construction............................. 2
- Rhéostat de lampes à valeurs variables........................ . 133
- boues : ceinture Guerrini................................... 193
- Houes pleines d’automobile : ventilateur . . . ... . . . .88
- Self pour l’éclairage électrique des bicyclettes. . -, .... 1
- Sièges et table pour balcon.......................... 48
- Sonnerie à deux appels. ....................................... 133
- Slylographe pour tous......................................... 120
- Survolteur : transformateur de sonnerie........................ 71
- Table et sièges pour balcons................................... 48
- T. S. F. : lampes à 3 électrodes sur courant alternatif . . , 119
- — : pour lire au son . . . . . . . . . . ........... 87
- — : remplacement des accus par des transformateurs . . 150
- Thermomètre médical enregistreur ............................... 71
- Tracteurs : appareil pour prévenir les ruptures d’équilibre. . 8
- Transformateurs de courant alternatif remplaçant les accus en
- T. S. F................................! . . ........... 150
- Transformateur de sonnerie comme survolteur ....... 71
- Tube chauffant électrique : construction. . . ... . . . , 144
- Tiii binè hydraulique d’amalcur.................................102
- Vendange : contre le danger d’asphyxie dans les cuves . . ." '48
- Ventilateur électrique de voyage. . . . . ..............’. . .32
- — pour roues pleines d'automobiles ......... 88
- Yinoscope de Conlassot..........................................202
- III. — VARIÉTÉS.
- Comment acheter les fruits trais et secs? (A. Truelle).
- Les figues.................................................... 9
- Les amandes (A. Truelle). . . ................................113
- Les noix........................7 . . ...................... 121
- Les châtaignes.............................................. . . 171
- L’utilisation des noyaux des fruits de table..................... 19
- La tenue du fruitier (A. Rolet).................................. 25
- La prestidigitation en famille (Luc Mkgret)................ 56, 203
- [/i conservation et l’emballage des raisins (H. Blin). . ... 75 Les produits du Loganberry (A. Truelle).........................., 89
- La coloration artificielle des Heurs coupées (A. Rolpt) . , , 105
- Une nouvelle entreprise Ford (II. Vigneron).................106
- L’industrie des immortelles jaunes (A. Rolet)............... 157
- Le commerce des noix sèches (A. Truelle) . .................... 145
- La -conservation des pommes de terre (A. Rolet). . . . . . 155 Production industrielle de. l’essence d’orange bigarade dite
- « néroli » (II. Bijn)....................................151
- [/odeur des champignons (II. Goupin)........................161
- L’ozone dans la eonservalion des denrées alimentaires (II. Blin). 177 Production et commerce des châtaignes ..... .... 185
- Danger du patinage (Effèrr). • • • • • • 2 . •>i 195
- Contre les morsures de vipères (R. M.). , . . Recensement de la population française (R. M.) L'Institut Pasteur pcndantla guerre (lî. M.). .
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- • * » i
- 10
- 27
- 42
- Contre les mouches (R. M.) . Trichine et rayons X (li. M.)
- 49
- 269
- p.2x212 - vue 656/658
-
-
-
- TABLE DU SUPPLEMENT
- jgfjg^
- ®ss3
- V. - RECETTES ET
- Adhérence d’une poulie : pour l’augmenter .................. 74
- Allume-feu électrique fait d’un crayon.................... 74
- Amortisseurs de vibrations..................................... 28
- Aquarelle : pour la rendre inaltérable ..................... 91
- Aquariums : fissures .......................... 58
- Auto à l'arrêt : éclairage ingénieux........................129
- Autos : imperméabilisation des capotes...................... 81
- Automobile : coffre à glace................................. 45
- Balai de magnéto : remplacement.............................107
- Betterave : préparation ménagère du sirop................... 91
- Bois : brunissement............................................ 81
- Boîtes métalliques vieilles : utilisation . ................ .58
- Bougie : nettoyage au jet de sable..........................122
- Bouteilles pour vins fin*..................................... 58
- Braises chimiques........................................... Il
- Brosses à cheveux : nettoyage............................... 74
- Brunissement du bois........................................... 81
- Burette : comment graisser facilement en modifiant le bec. . 123
- Calorifère : enduit calorifuge.............................. 58
- Charbon contre les empoisonnements.......................... 11
- Chauffe-bains photographiques.................................. 59
- Chaussures moisies.......................................... 58
- — : préservation contre l’eau de mer . . ............ 58
- Cirage : comment l’employer................................. 58
- Cire à cacheter blanche : préparation. . ................. 11
- Compteur de tours improvisé ............................ 75
- Cosmétique en bâton pour la moustache.......................122
- Crayon comme allume-feu électrique............................. 74
- — formant rhéostat.................................... 108
- Cuves en ciment : protection des bords......................172
- Démarreur d’auto transformé en perceuse électrique..........172
- Désinfection des appartements par le formol.................123
- Eau de mer : protection des chaussures...................... 58
- — oxygénée instantanée..................................122
- Ebonite : finissage.................................. 172
- Echelle : comment l’employer dans un escalier...............122
- Ecrou indesserrable.........................................129
- Eclairage ingénieux d’une aulo à l’arrêt ......... 129
- — simple d’un garage................................... 107
- Égoïne : support............................................180
- Empoisonnements : emploi du charbon........................ 11
- Encre pour stylo............................................155
- Enduit calorifuge pour tuyaux de calorifère................. 58
- Éponges : adoucissement .................................. 11
- Étau limeur servant à la rectification des surfaces ..... 186
- Étiquettes de jardin........................................ 58
- Étoffes : imperméabilisation par l’oxyde de cuivre..........122
- Faux-cols empesés : lissage....................................123
- Fer à repasser électrique : emplois............................122
- — à souder : comment conserver la chaleur...............180
- Fils souples : dispositif évitant le noircissement..........107
- Fissures dans les aquariums. ................................. 58
- Fonte : réparation............................................. 74
- Formol : désinfection des appartements.........................123
- Four : travail des matières spéciales .........................172
- Fromage : râpe économique .................................122
- Futailles : mastics et joints.................................. 75
- Garage : éclairage simple......................................107
- Glace : coffre pour automobile................................ 43
- Goniomètre remplacé par une montre............................. 59
- Graissage : comment modifier le bec d’une burette ...... 123
- Gravure à l’eau-forte. ........................................ 11
- Imperméabilisation des capotes d’auto. . . ................. 81
- — des étoffes par l’oxyde de cuivre..................122
- — des revêtements extérieurs en plâtre.................. 97
- Imperméable pour piles sèches..................................187
- Jet de sable : nettoyage d’une bougie.......................' . 122
- VI. —
- Bulletin astronomique 'Em. Tougmet). 33, 63, 95, 155, 169, 207
- PROCÉDÉS UTILES
- Joints pour futailles .'...................................... 75
- — : pour tracer les trous ................................107
- Lampe de piano rustique......................................... 75
- Lessive économique............................. 11
- — : recette Cordillot.................................. . 97
- Limes': nettoyage ..............................................172
- Lissage des faux-cols empesés................................123
- Magnéto : remplacement d’un balai............................107
- Mains : nettoyage . .........................................155
- Masque pour motocycliste.....................................172
- Mastics pour futailles....................................... 75
- Montre servant de goniomèlrc . . ....................... 59
- — : suppression du tic-tac...............................18*i
- Motocycliste : masque. .........................................172
- Mouches : piège............................................... 45
- Moustache : cosmétique en bâton....................... 122
- Nettoyage d’une bougie au jet de sable.......................122
- — des brosses à cheveux.................................. 74
- — des limes............................................. 172
- — des mains.............................................. 155
- Noircissement des fils souples : pour l’éviter...............107
- Pâtes : vieilles formules et recettes........................ 10
- Patin à roulettes pour secourir pneu dégonflé................ 28
- Perceuse électrique faite d’un démarreur d’auto................172
- Photographie : chauffe-bains................................. 59
- — : pied de fortune.................................... 59
- Piano : lampe rustique......................................... 75
- Pied d’appareil photographique de fortune ................... 59
- Piège à mouches. ............................................ 43
- Pierres à huile : entretien et rectification.................155
- Piles sèches : fabrication................................... 11
- — : imperméable........................................ 187
- Plâtre : imperméabilisation des revêtements extérieurs ... 97
- Pneu dégonflé suppléé par patin à roulettes.................. 28
- Pneumatique : utilisation d’une vieille enveloppe............129
- Pneumatiques vieux : utilisation............................... 107
- Poignée improvisée pour porte-bagages........................ 75
- Poinçonnage rapide des pièces métalliques ......................187
- Poulie : comment lui donner de l’adhérence................... 74
- Bafraîchir quelque chose................ .s. .... . 27
- Râpe à fromage économique....................................122
- Réchaud avec une vieille lampe électrique.................... 91
- Réparation des objets en fonte............................... 74
- Rhéostat simple formé d’un crayon................ 108
- Rondelles de joints : pour tracer les trous .................107
- Roses : procédé américain de conservation.................... 74
- Savons : vieilles formules et recettes....................... 10
- Scie égoïne : support......................................... 186
- Sirop de betterave : préparation ménagère ................... 91
- Solution pour souder. . . . . .......................... 155
- Souder : solution...............................................155
- Soudure : pour éviter qu’elle coule.............................172
- Store : rouleau économique..................................... 43
- Stylo : encre.................................................. 155
- Support de. scie égoïne.........................................186
- Tabac : pour éviter l’intoxication..........................._.74
- Tapis : pour empêcher les coins de se relever................ . 107
- Téléphone : pour arrêter le ventilateur...................... 59
- Tic-tac d’une montre : suppression...........'...............186
- Tournevis d’équerre pratique....................................129
- Trous à percer dans les murs et cloisons.....................186
- Trous d’un récipient : pour les obturer......................... 74
- Tuyaux de calorifère : enduit calorifuge. .......... 58
- Valises : vernissage........................................ '12*2
- Valve : réparation d’une fuite............................... . 186
- Vernissage des valises................................... • • • 122
- Vibrations : amortisseurs..................................... 28
- T. S. F. des amateurs : construction de détecteurs. 23, 51, 37
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLÉMENT
- Jje Garant : P. Masson. — Imprimerie Labcre, rue de Fleur-us, 9, à Paris.
- p.2x213 - vue 657/658
-
-
-
- 440 —— . -----: ——: lTABLE DES
- Développement photographique en pleine lumière (E. Coustet) . . 110
- Le photophone cinématographique (A. Poidloué) . . . . 284 La photographié sous-marine (E. Coustet) . . . . . . 344
- 3. Electricité.
- Convertisseur S. I. F. (R.: Durosq). . . . . ... . ' 3
- Nouveau four électrique à réduction (H. Yigneiion) . . 165
- Radiotélégraphie transocéanique par lé système Àlexan-derson (II. Marchand). . ............ 193
- Lampes électriques à décharge dans le néoh (R. V.). . 227
- Soudure électrique par résistance (R. Y e rimer). . . 246
- Le télémégaphone (II. Marchand) . 252
- L’ébonite, ses succédanés (À. IIutin) . •........ . 262
- Le parfait domestique (E. Weiss). . . . . . ... . 503
- Commutateurs téléphoniques automanuels (E. Weiss). . 389
- Les cristaux parlants (J. Roussel)-. . ... . . . ..-v 413
- Dosage de l'eau dans les huiles pour transformateurs . . ................... 254
- 4. Travaux publics. — Art do l’ingénieur.
- La,turbine aérienne Costes (Ë.-Weiss).. . . . . \ . . 65
- Ciméhharmé : palplanches et pieux tubulaires .... 115
- Grue flottante de 200 tonnes (E. Weiss) . . i. . . . . 189
- L’alimentation du canal du Midi (A. Pawloyvski) . . . 210
- Utilisons la a houille bleue » (H. Lémonon) . . . 278, 310
- Projet de voie navigable du lac Ontario à Montréal. 142
- 5. Transports.
- Le tank amphibie (E. Weiss)................ ... 25
- Un nouveau carburateur (R. Yillers).................100
- Bateau amphibie Goldschmidt (À. B.) . . ............104
- MATIÈRES .
- Le problème de la suspension des automobiles (E. Weiss). 129 Electrification partielle des chemins de fer français . . 202
- Le tracteur L’ITermite (Ë. Weiss). . . ;.............216
- Transmissions électriques et voitures automobiles (R. Pe-
- • risse).- ........................................ 289
- Montage des bandages de camions (P. Maréchal) ... 502
- Yoiturettes et-cyclecars au Salon de l’Automobile (R. Pk-rissé). . . . . . . . . ..............., . . . . , . 355
- 6. Aviation et aéronautique.
- Nouveaux hélicoptères (J.-A. Lefrano)................. 20
- La photographie aérienne (A. Guillemet).. . . . . . . 159
- L’avenir est-il au monoplan? (.1.-A. Léeranc) . . 148, 229
- Les grau les lignes aériennes (A. B.). ...............257
- (J.-À. Lefranc).................... ....... 528
- Mesure de la dérive à bord d’un aéronef.............518
- 7. Marine.
- Propulsion des navires par moteurs électriques (L. Jaucii). 57 Sondage en mer par le son (P. Marti). . . . ... . .125 L’avenir du sous-marin . (Sauvaiiie-Jourdan) . ..... 199 Conduite à distance des navires par T. S. F. (S. Jourdan)..................................................292
- Un engin de guerre navale d’un nouveau genre. . . 207
- DIVERS
- Nouvelles méthodes de correspondance secrète employées
- pendant la guerre (J. Boyer)....................... 142
- La fondation Nobel (L. Reverciion)....................537
- FIN DES TABLES
- le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9, à Pans.
- p.2x214 - vue 658/658
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