La Nature
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- p.n.n. - vue 1/620
-
-
-
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS ^922)
- . . 40 fr. I Union postait : Un an.
- . . ‘20 fr. | — Six mois...........
- Prix do numéro : i franc.
- France et Colonies : Un an. .
- — Six mois .
- LES QUATRE-VINGT-NEUF VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC QUATRE TABLES DECENNALES (I8^3-1912)
- 50 fr 25 fr
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
- p.n.n. - vue 2/620
-
-
-
- û « ^
- CINQUANTIÈME ANNÉE 1922 — PREMIER SEMESTRE
- MASSON ET C% ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- PARIS, 120, BOULEVARD SAINT' GER MAIN
- Page de titre n.n. - vue 3/620
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2492.
- 7 JANVIER 1922
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- LES SOURCES DE GAZ NATUREL DU BUGEY
- presse quotidienne a signalé, il y a quelques semaines, l’intéressante découverte qui venait d’être faite à Yaux-en-Bugey, village situé au voisinage du Rhône, à une cinquantaine de kilomètres en amont
- L’importance du fait précédent est très réelle. La prospection active des pétroles et, d’une manière générale, de tous les carbures naturels est actuellement indispensable. On comprendra aisément pour-.
- Fig. i. — 3 sondages de la région de Vaux-en-Bugey. Échelle: i mm. pour 3 m.
- On aperçoit en A et B les ombres portées sur le sol par les derricks qui surmontent les trous de sonde. En C, emplacement,' aujourd’hui abandonné, d’un sondage exécuté avant la guerre.
- Le sondage A est celui qui a rencontré en août 1921 une importante source de gaz naturel.
- de Lyon : un trou de sonde, foré dans le but de rechercher des hydrocarbures, avait percé brusquement, au mois d’août 1921, des assises de terrains d’où s’était échappé un jet violent de gaz parfaitement combustibles. Depuis lors, le dégagement n’avait pas cessé de se poursuivre avec une grande abondance : une mesure effectuée peu de temps après la découverte avait constaté qu’il s’élevait à une centaine de milliers de mèires cultes par jour.
- 50e Année. — 1er. Semestre.
- quoi. Dans Lous les pays du monde, les moteurs à combustion interne ne cessent de croître en nombre. La France, qui n’est pourtant pas le pays où la locomotion automobile a pris le plus grand développement, ne compte pas moins de 200 000 automobiles, en service. Or, les gisements'pétrolifères qui ont la tache d’alimenter ces innombrables moteurs sont peu. nombreux. Qui plus est, ils donnent pour la plupart des signes d’épuisement; et, fait plus grave,
- 1. — I.
- p.1 - vue 5/620
-
-
-
- 2
- LES SOURCES DE GAZ NATUREL DU BUGEY
- leur nature même empêche de calculer avec une probabilité suffisante les quantités de liquide qu’ils recèlent encore et qui constituent les réservés de l’avenir. L’industrie automobile qui, pour le moment, ne saurait se passer du pétrole et de ses dérivés, ignore si, dans 20 ans, elle pourra s’en procurer les quantités nécessaires, à supposer même que la puissance totale des moteurs en service n’augmente pas.
- Nous nous proposons de donner ici, après quelques détails sur les sondages exécutés dans la région de
- Yaux-en-Bugcy, certaines indications sur les autres gisements de gaz naturels et sur les méthodes employées pour résoudre le problème difficile de la recherche des hydrocarbures, problème dont nous venons de montrer l’importance.
- I. Les sondages de la région lyonnaise et les sources de gaz de Vaux-en-Bugey. Peu de régions ont été percées d’un aussi grand nombre de Irons de sonde que celle qui s’étend à l’Est et au Sud de Lyon, le long de la vallée du Rhône, et plus particulièrement sur la rive gauche du fleuve. C’est ainsi qu’en 1914, au moment oit la guerre arrêta tous les travaux, il n’y avait pas moins de 10 sondages en cours d’exécution. A. la vérité, la plupart des explorateurs se souciaient peu de découvrir des pétroles. Leurs travaux visaient à retrouver, sous le manteau des terrains tertiaires ou secondaires qui avoisinent le Rhône, les couches carbonifères qui arrivent au jour dans la région de Saint-Etienne et y constituent un-magnifique gisement houiller.
- 11 y a une quinzaine d’années, un prospecteur, qui se proposait principalement de découvrir du sel gemme, vint placer une sonde à 5 kilomètres au Sud-Est d’Ambérieu, sur le territoire de Yaux-en-Bugey, au bord d’un sous-affluent de l’Ain, le ruisseau du Ruisin. Il traversa les couches jurassiques et Iriasiquos de la région sans rencontrer de sel, mais son sondage fut in terrompu à une profondeur d’environ 200 mètres par des irruptions violentes de gaz. Ces irruptions étaient irrégulières, à peu près périodiques comme celles d’un geyser et rejetaient un gaz combustible, présentant assez d’analogies avec le gaz d’éclairage. Le sondage fut abandonné et les habitants du pays continuèrent à observer des dégagements’ de bulles gazeuses qui se poursuivent encore actuellement.
- Pendant la guerre, l’attention générale fut attirée vivement s.ur la question des pétroles. Des recherches furent entreprises en maints endroits sur le territoire de la Métropole et dans nos possessions d’outre-mer. Ou se souvint des trouvailles de Vaux et de nouveaux sondages y furent entrepris dans le but de découvrir du pétrole ou tout au moins des gaz naturels combustibles. C’esM’im de ces sondages qui vient d’aboutir avec succès, eh rencontrant la source de gaz que nous avons signalée, au début
- de noire article.
- Le gaz que l’on recueille à Yaux présente comme bien des gaz naturels deux caractères intéressants qui
- sont sa haute pression et son grand pouvoir calorifique.
- Un fait montrera combien est forte la pression du gaz au sortir de son gisement : quand les sondeurs de 1906 rencontrèrent les gaz, le trou de sonde était plein d’eau et la pression qu’exerçait cette colonne d’eau haute d’environ 200 mètres seules terrains qu’elle venait d’atteindre était donc d’une vingtaine d’atmosphères.
- La pression des gaz fut suffisante pour vaincre cette résistance et projeter violemment foule l’eau du sondage à l’extérieur. .Ce phénomène ne fut pas isolé : les interruptions périodiques que nous avons citées plus haut présentaient le même caractère.
- Dans le sondage actuel, qui produit un dégagement gazeux régulier et non plus intermittent, une installation beaucoup plus moderne a permis de faire- des mesures directes de la pression du gaz et de vérifier qu’elle est de l’ordre- de quelques dizaines de kg par centimètre carré. Ces mesures exigent naturellement qu’on empêche les gaz de sortir du giseme-nt en fermant le trou de sonde au moyen d’un dispositif parfaitement étanche et muni cl’im manomètre.
- La manifestation de cette pression élevée conduit à se demander sous quelle forme les gaz sont enfermés datis le gisement : l’existence d’une poche pleine de gaz que les sondeurs seraient venus crever semble fort improbable. Le débit d’un orifice large comme un trou de sonde (15 à 50 centimètres en général), sous une pression de plus de 20 kg par centimètre carré, serait en effet incomparablement supérieur au débit maximum qui fut mesuré au début des récentes découvertes. La disproportion entre la pression des gaz et leur débit semble indiquer qu’ils ont à vaincre des frottements considérables avant de parvenir au trou de sonde. Ces frottements peuvent être causés par leur déplacement à travers des terrains poreux finement fissurés dans la masse desquels ils se glisseraient, L’hypothèse qui rend assez aisément compte de ces faits serait celle d’une imprégnation des gaz dans des couches de sables plus ou moins compactes et fissurées. Sous quelle forme précise cette imprégnation est-elle réalisée ? Il est bien difficile de donner des éclaircissements sur ce point. Nos connaissances sur l’état homogène des gaz répartis dans les solides sont en effet embryonnaires.
- Le grand pouvoir calorifique des gaz est en relation avec leur composition chimique : celle-ci est simple et analogue à celle qu’on observe dans les importantes sources naturelles des Etats-Unis : le gaz est presque entièrement combustible puisque les gaz inertes occupent à peine le dixième de son volume. Le méthane'en est le composant fondamental (70 pour 100 du volume total). On peut dire que le gaz naturel de Yaux est un mélange de méthane avec quelques impuretés dont la plupart sdnt d’ailleurs elles-mêmes parfaitement combustibles.
- p.2 - vue 6/620
-
-
-
- LES SOURCES DE GAZ NATUREL DU BUGEY
- Comparons ce gaz au gaz d’éclairage : Un sail cpie ce dernier a une composition analogue à celle du gaz de Vaux à cette différence près que la proportion relative du méthane y est moindre et que l’hydrogène est le constituant principal. De plus il est chargé d’impuretés, nuisibles à certains égards, comme des produits sulfurés ou ammoniacaux dont le gaz naturel est exempt. La différence de composition que nous venons de signaler explique que le gaz d’éclairage ait, à volume égal, un pouvoir calorifique nettement, moindre que le gaz naturel.
- Sous quelle forme le gaz sera-t-il utilisé? Des canalisations l’amèneront-elles jusque dans la région Lyonnaise, distante d’une cinquantaine de kilo-mètes? Ou bien, au contraire, une centrale électrique transformera-t-elle sur place leur énergie en courant? La découverte du gisement est trop récente pour que l’on puisse fournir dès maintenant des précisions à cet égard. Un point parait clair : c’est que la quantité d’énergie, qui sort sans effort du sol sous forme de gaz naturel, est considérable. Si nous supposons, en effet, que par un système de vannes, on se contente de prélever sur le gisement 12000 m3 de gaz par jour, il sera possible d’alimenter nuit et jour un moteur à gaz d’environ 2000 chevaux, sans forer pour le moment aucun nouveau sondage.
- H. Les sources de gaz naturels à l’étranger. — Les sources de gaz naturels sont connues depuis fort longtemps. Ils se dégagent naturellement du sol dans la région des gisements pétrolifères du Caucase et l’on prétend que l’antique secte persane des « adorateurs du feu » plaçait dans cette région l’origine de ses croyances et son activité. Figuier, le célèbre vulgarisateur, rapporte que les Chinois captent de temps immémorial les gaz naturels de certains puits et s’en servent pour chauffer les usines où ils extraient le sel des sources salées.
- Sans s’arrêter à ces faits, qui n’ont guère qu’un intérêt anecdotique, il faut rappeler, d’une part, que tous les gisements de pétrole actuellement exploités sont en même temps des gisements de gaz naturels. D’autre part, il existe aux Etats-Unis notamment, de riches gisements de gaz naturels qui ne sont pas forcément dépendants de’s gisements pétrolifères.
- Parmi les gisements du premier type, on peut citer ceux de la Roumanie, où l’on recueille une certaine partie des gaz dégagés par les sondages de pétrole. Ces gaz sont employés sur place, soit à chauffer les raffineries de pétrole brut, soit à mouvoir les moteurs à explosions qui commandent les appareils de forage. Les dégagements gazeux signalés jusqu’à présent paraissent tous notablement inférieurs en débit à celui de Yaux-en-Rugey et l’on considère comme très remarquables les soudages.qui fournissent plus de 10000 m3 de gaz naturels par jour. Les pressions observées ont été parfois très fortes : une des plus violentes fut celle qui eut lieu en 1904 dans la région de la Dambovita à Draganeasa : les
- 3
- gaz rencontrés à plus de 450 mètres de profondeur projetèrent l’eau qui remplissait le trou de sonde, à une cinquantaine de mètres de hauteur au-dessus du niveau du sol.
- Les gisements des Etats-Unis appartiennent en bonne partie au 2e type et sont de beaucoup les plus importants du monde. Les plus connus sont situés dans la région de Pittsburgh et dans l’état de l’Okla-homa. Une statistique publiée avant la guerre donnait à cet égard les chiffres suivants qui parlent d’eux-mêmes. Elle évaluait à une, vingtaine de mille le nombre des forages qui exploitaient des gaz naturels dans l’Amérique, du Nord; à 4 millions 1/2 le nombre des personnes que, ces gaz chauffaient et éclairaient; à 8000 le nombre des établissements industriels qu’ils faisaient vivre; et enfin à près de 5 milliards de m5, la consommation qui en était faite annuellement. Le nombre de calories que fournissait la combustion de cet énorme volume de gaz équivalait à celui d’environ 6 millions de tonnes de charbon.
- Les débits des sources de gaz naturels des Etats-Unis sont parfois considérables : on en cite qui auraient donné jusqu’à 700000 m3 de gaz par jour. La composition de ces gaz est la suivante : le méthane est toujours le constituant principal (75 p. 100 en volume environ). L’hydrogène vient généralement ensuite, mais ses proportions sont beaucoup moins constantes que celles du méthane. Elles varient entre 5 et 20 pour 100. On trouve ensuite de 10 à 25 pour 100 de gaz incombustibles (principalement de l’azote) et des quantités très minimes de carbures éthyléniques, acétyléniqucs ou benzéniques ainsi que d’oxyde de carbone. La densité des gaz dépasse1, légèrement 0,600. Leur pouvoir calorifique est de l’ordre de 15000 grandes calories par kilogramme, chiffre très élevé, qui dépasse de, 50 pour 100 celui du pétrole et est. égal au double de celui de la houille. C’est ce qui explique que des spécialistes considèrent aux Etats-Unis le gaz naturel comme le combustible idéal.
- Quelle est la durée probable des sources de gaz naturels? C’est une question qui vient tout naturellement à l’esprit et dont la réponse présente une importance pratique fondamentale. Il serait en effet imprudent d’immobiliser des capitaux pour exploiter un gisement susceptible de se tarir d’un moment à l’autre. Dans l’ensemble, les faits connus actuellement sont rassurants à dot égard et, pour autant qu’un raisonnement par analogie soit légitime en ces matières, ils sont d’un bon augure pour l’avenir de la source qui vient, d’être découverte à Yaiix-en-Bugey. On cite aux Etats-Unis un forage qui fut exécuté en 1858 et fournit du gaz sans discontinuer pendant un demi-siècle. Nombreux sont ceux qui ont eu une profthetion constante pendant une vingtaine d’années. 'Encore l’appauvrissement du débit semble-t-il, dans bien des cas, causé non pas par l’épuisement complet du gisement, mais par la difficulté qu’éprouvent les gaz à se frayer un chemin
- p.3 - vue 7/620
-
-
-
- 4 ======= LES SOURCES DE GAZ
- à travers les terrains jusqu’au trou de sonde et par les sables ou argiles qui viennent obstruer ce dernier. On a réussi maintes fois, en elï’et, à ranimer la production d’un sondage en descendant au fond une charge d’explosifs et en la faisant détoner. Cet artifice qui porte le nom de « torpillage », a pour effet et d’agrandir le trou de sonde et de provoquer dans les terrains voisins des fissurations facilitant l’arrivée des gaz.
- L’industrie du gaz naturel est déjà ancienne aux Etats-Unis : sa première manifestation importante parait avoir été l’installation de l’éclairage au gaz -dans la petite ville de Fredonia (Etat de New-York)', qui fut exécutée il y a exactement un siècle. A partir de 1875, le développement devint beaucoup plus rapide et l’on se mit à construire des canalisations transportant le gaz à grande distance. Dès 1875 une conduite de 27 kilomètres de longueur et 17 cm. 5 de diamètre était mise en place pour alimenter l’Altena Iron Company, établissement métallurgique voisin de Pittsburg. En 1885, la longueur totale des conduites atteignait 122 km. L’essor de cette industrie ne cessa plus dès lors et, dans le courant de la seule année 1904, on creusa plus de 5000 sondages pour l’exploitation du gaz.
- 111. La recherche des gisements d’hydrocarbures. — La conduite rationnelle de la prospection des hydrocarbures de toute espèce (notamment des hydrocarbures liquides et gazeux) est une affaire très délicate. Sans vouloir entrer dans le détail, nous exposerons sommairement certains faits et quelques hypothèses paraissant avoir une valeur assez générale.
- Signalons tout d’abord que les conditions de gisement du pétrole sont fort différentes de celle de l’autre grand combustible naturel : la houille, et qu’elles rendent sa recherche nettement plus difficile. On sait que l’immense majorité des gisements houillers sont contenus dans des terrains d’àge bien défini, appartenant à l’époque primaire et qui ont reçu, de ce fait, le nom de terrains carbonifères. Une condition nécessaire dans des prospections de bouille est donc la découverte systématique des terrains carbonifères. Il en va tout autrement du pétrole. Les couches pétrolifères sont d’àges très divers : les unes sont très récentes, comme celles de la Roumanie qui appartiennent aux couches miocènes des terrains tertiaires (étage pontien). Les autres s’abritent dans des terrains qui sont parmi les plus anciens que l’on connaisse : tels sont ceux de l’Amérique du Nord qui imprègnent des sables et des grès dévoniens (milieu de l’époque primaire). En un mot la recherche de la houille est une recherche de terrains d’àge connu, c’est un problème slratigraphique. La recherche du pétrole n’en est pas un.
- A) Conditions locales. — Le caractère qui ressort le mieux de l’examen des gisements pétrolifères c'est que le pétrole est éminemment mobile. Les
- NATUREL DU BUGEY....................
- roches dans lesquelles on le découvre aujourd’hui ne sont donc généralement pas celles 'où il a pris naissance. On exprime ce fait en disant que les gisements actuels sont pour la plupart des gisements secondaires. Le pétrole y est parvenu à la faveur de la porosité des terrains perméables et des fissures traversant les terrains imperméables. Le sens de ces migrations du pétrole parait être constant : c’est celui qui le fait remonter des couches profondes vers la surface du sol. Quant au moteur de ces déplacements, il parait être la pression élevée à laquelle le -liquide est soumis et dont nous avons signalé précédemment les manifestations.
- Au cours de son ascension, le pétrole subit des transformations : il s'épaissit jusqu’à devenir solide, très probablement parce qu’il se combine à l’oxygène qui imprègne les terrains voisins de la surface : c’est ainsi que l’on explique la formation de l’asphalte, du bitume et de l’ozokérite ou cire minérale qui seraient simplement des pétroles oxydés.
- Dans les régions pétrolifères, on remarque très souvent que les sondages productifs se groupent dans la région des axes anticlinaux. On sait qu’on désigne sous ce nom la ligne de crête des plissements, ligne qui est généralement sans aucun rapport avec la ligne de crête des collines ou montagnes constituant le relief actuel, la figure 2 explique ce que nous disons,
- Elle représente la coupe transversale d’un pli anticlinal. Les plis des couches géologiques ont été en partie détruits par l’érosion (partie dessinée en pointillé). Les crêtes des couches se trouvent sur la ligne indiquée par la flèche. C’est au voisinage de cette ligne que l’on trouve généralement le pétrole. Dans le cas de la figure, ce point n’est pas un sommet du relief actuel, mais bien un fond de vallée. Cette règle, que l’on désigne parfois sous le nom de théorie antielinale, n’est d’ailleurs pas absolue.
- Un autre caractère des gisements pétrolifères, c’est leur fréquente irégularité. Des puits creusés à peu de distance peuvent avoir une production très différente. Il arrive même qu’on en rencontre d’improductifs.
- On explique ces analogies par différentes théories : a) Dans certains cas, si le terrain ne livre passage au pétrole que par des fissures, on attribue la différence qui sépare deux puits voisins à ce qu’ils ont rencontré des fissures 'd’importance très différente. h) Lorsque la.. couche pétrolifère est sablonneuse, il peut arriver que sa compacité varie beaucoup en des points peu éloignés les uns des autres. Si le trou de soude pénètre dans une partie très compacte, le pétrole a beaucoup de peine à arriver jusqu’à lui et.la sonde peut être très pauvre de ce fait, c) On a vu une troisième cause d’irrégularité dans les variations d’épaisseur que. peuvent subir certaines assises géologiques sur des distances relativement faibles et on a pu dire que les sondages qui avaient rencontré les parties amincies de la
- p.4 - vue 8/620
-
-
-
- LES SOURCES DE GAZ NATUREL DU BUGEY
- 5
- couche pétrolifère, avaient eu, par là mèmè, une production inférieure à celle des autres. C’est ainsi par exemple, que sur la photographie'de la ligure I, qui représente une vue prise en avion des sondages de Vaux-en-Bugey, le puits marqué C ira rencontré que de faibles venues de gaz, le puits marqué B des venues de gaz notables mais intermittentes, le puits marqué A une venue de gaz importante : c’est à ce dernier que nous avons fait allusion an début, de la présente note.
- B) Conditions générales. — Les observations que nous venons de faire ont trait à la distribution du pétrole dans une région que l’on sait être pétrolifère. Encore est-il nécessaire de pouvoir reconnaître a priori quelles sont les régions pétrolifères. D’une manière assez générale, on a remarqué les deux faits suivants :
- a) les gisements pétrolifères sont en rapport avec les grands soulèvements montagneux. C’est ainsi que les gisements roumains et galiciens sont sur le bord des Carpathes, les gisements russes à proximité immédiate du Caucase. À croire cette règle, les gisements du
- Est de Besançon et de Chatonod près de Bellev.
- C) Exécution des travaux de recherches. — L’exécution des sondages deslinés à la découverte du pétrole" et des gaz est autrement difficile que celle des sondages qui recherchent des corps solides, comme la houille. C’est la fluidité du produit recherché qui est la cause de ces difficultés, et il peut fort bien arriver que le chercheur traverse une riche couche, pétrolifère sans s’en apercevoir.
- Dans les méthodes de forage, on laisse généralement le trou de sonde se remplir d’eau. Quand la profondeur du trou atteint 5 ou 400 mètres, la pression exercée sur le fond du trou, par la colonne d’eau qui le remplit, atteint 50 ou 40 atmosphères. Le pétrole, nous l’avons vu précédemment, se trouve sous pression dans le sein de la terre; mais sa pression peut être inférieure à celle de l’eau qui remplit, le trou de sonde. Dans ces conditions ce
- n’est, pas le pétrole qui viendra nager à la surface et déceler ainsi sa présence, c’est l’eau qui ei> vahira la couche pétrolifère en chassant le produit précieux devant elle. Il pourra même arriver que l’eau détruise ainsi coin-
- Crête Bnfic/ina/e
- gaz du Bugey sont assez heureusementplacés pour
- Fig. 2. — Anticlinal entre deux synclinaux. Les sondages productifs sont généralement dans l'anticlinal.
- plètement le gisement, pétrolifère. C’est ce qui se produira si le trou désonde
- laisser espérer la découverte dè pétrole liquide, puisqu’ils se trouvent à proximité du soulèvement alpin.
- h) Les gisements pétrolifères se trouvent dans des régions fortement fracturées et l’on suppose que c’est à la faveur de ces fractures que le pétrole se serait élevé des profondeurs delà terre jusqu’aux couches danslesquelles nous l’exploitons aujourd’hui.
- Sans vouloir accorder une créance absolue à ces règles, il faut reconnaître qu’elles sont fréquemment vérifiées, mais jusqu’à présent on ne peut pas dire qu’elles aient suffi à faire découvrir d’importants gisements nouveaux. Heureusement, les gisements pétrolifères les plus riches, quand ils sont à une grande profondeur, sont décelés à la surface du sol par des manifestations diverses : suintements bitumineux, imprégnations asphaltiques, gisements d’ozokérite. Sans sortir de France, on peut citer le gisement alsacien de Pechelbronn, où le pétrole liquide se trouve en profondeur, mais où il existe des suintements, qui ont donné son nom à la petite ville de Pechelbronn (fontaine de poix).
- À cet égard, on rencontre dans le Jura méridional quelques manifestations pétrolifères intéressantes dans des localités1 assez peu éloignées de la source de gaz naturels de Yaux-en-Bugey. Ce sont les calcaires asphaltiques de Seyssel près de Bellegarde, les schistes bitumineux de Bolandoz, au Sud-
- a traversé d’importantes nappes aquifères souterraines. Ces nappes, mises en communication avec la couche pétrolifère, l’envahiront, entièrement. Il est donc essentiel lorsqu’on recherche du pétrole de creuser un trou de sonde étanche dans lequel les nappes souterraines ne puissent absolument pas pénétrer.
- Ce que. nous venons de dire s’applique à la recherche du pétrole, liquide. La recherche dès carbures gazeux, présente une nouvelle difficulté causée, par la pression considérable que les gaz peuvent atteindre. Pour empêcher leur fuite dans l’atmosphère, il est indispensable de fermer le trou de sonde au moyen de vannes très résistantes et d’empêcher que les gaz ne puissent s’infiltrer entre les tubes métalliques qui rendent le* trou de sonde, étanche.
- IV. Conclusions. — Les considérations, qui précèdent ont montré les difficultés que doivent vaincre les prospecteurs du pétrole. Les règles générales déjà connues leur permettent néanmoins de travailler d’une manière judicieuse et parfois même scientifique. Enfin l’importance économique du problème qu’ils s’efforcent de résoudre doit donner à chaque nation la volonté d’engager les dépenses nécessaires pour encourager et multiplier les travaux de recherche des hydrocarbures solides, liquides et gazeux. Pu. Scufreschfavsky.
- p.5 - vue 9/620
-
-
-
- LES CITÉS MÉGALITHIQUES DE LTLE DE MALTE
- En paraphrasant un vieux dicton français, on pourrait dire de Malte : petit pays, grande histoire. Sa superficie est inférieure à la moitié de celle du Département de la Seine, mais ses annales sont d’une richesse exceptionnelle.
- Sa situation géographique explique sa longue histoire : elle est, avec Gibraltar, Tune des deux clés de la Méditerranée Occidentale, et possède, avec La Valette, un port naturel de toute beauté. On comprend donc que tous les peuples navigateurs de l'Antiquité en aient ardemment cherché la possession.
- J)ôs le xme siècle av. J.-C., elle était conquise par lés Phéniciens, que les Grecs eh chassaient 600 ans -plus tard. Successive-' meut, elle passait au " pouvoir des Carthaginois; des Domains, des Vandales, des Gothsy des Byzantins, des Arabes, des Normands, des Espagnols, des Chevaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem, des Français, pour devenir finalement colonie anglaise.
- Cela, c’est la partie historique, 'fort, respectable, avec ses 55 siècles de durée, mais qui prend lés allures d’un simple^ chapitre auprès de la préhistoire de Pile. Son sol est un livre qui, feuilleté par des mains averties, expose les secrets des âges géologiques, et reconstitue l’existence des premières races humaines qui peuplèrent le littoral méditerranéen.
- L’histoire géologique de Malte est fertile en aventures. Elle débute modestement, comme un vulgaire îlot de la Micronésie, par l’intervention de madrépores, qui, .patiemment, édifient leurs bancs corallins. Un abaissement général du sol de l’Europe fait descendre ces assises dans les profondeurs de la mer, comme l’indiquent les innombrables dents, longues de 12 à 15 cm, que l’on trouve dans les fouilles, et qui furent déposées par des requins gigantesques, dont l’espèce est éteinte depuis des âges.
- Quand Malte revoit le jour, c’est en compagnie d’une vaste terre qui soude l’Europe à l’Afrique. Des fleuves d’eau douce serpentent dans ses parages, et la recouvrent d’alluvions. Nouvel affaissement; File est recouverte de sable, s’enfonce davantage, regagne la surface grâce à une seconde intervention 'des madrépores, puis de nouveau, est enclavée
- dans un continent où l’ancienne mer n’est plus rappelée que par des lacs d’eau douce. G’est l’Éocène; les mammifères se répandent sur la terre habitable. Eléphants, hippopotames, cervidés, ours, loups, enfouissent leurs squelettes dans le sol de Malte.
- Bientôt, apparaît l’homme, avec ses rudes armes de silex. Il assiste à la renaissance de la Méditerranée, qui perce les isthmes, isole la Sicile delà Tunisie, et commence à en séparer les deux îles sœurs, Gozo et Malte. Mais cette transformation est si lente qu’il poursuit tranquillement son évolution. Et les traces que sa primitive civilisation imprime dans le sol de la jeune île ouvrent le premier chapitre de la préhistoire de Malte.
- Depuis le xvme siècle, les, observateurs avaient été intrigués par l’existence de sillons creusés partout oîi“la roche nue constituait le sol de l’ilc. Accouplées par lignes parallèles, ces marques serpentaient dans diverses directions, mais sans tenir compte des a g gl o m érations actuelles. Le mystère, a été éclairci depuis peu, soit depuis les découvertes de cités mégalithiques que, nous exposerons dans un instant.
- Ces sillons sont les ornières de chariots. Répandus dans presque toute l’étendue de l’ile, ils forment un réseau dont les archéologues s’efforcent de dresser le plan, avec l’espoir que son étude révélera Remplacement des cités préhistoriques entre lesquelles circulaient ces véhicules. Mais le problème apparaît d’une complication inouïe, car les ornières se coupent et s’enlrecoupent en un fouillis inextricable. Certaines conduisent directement au rebord des falaises, et d’autres se continuent ;sow$ la mer, preuve indéniable que les premiers habitants assistèrent à l’affaissement qui refit de-Malte une île. Il en est qui ont été coupées par une faille géologique ou sismique; elles- se continuent à des niveaux différents. Enfin, beaucoup d’ornièresésoht ensevelies sous une épaisse couche de terre arable, et c’est un autre indice de leur grand âge. ’ : \
- Dans les parages de la baie de Marsa.Seiroeeo, aü S.-E. de l’ile, on a découvert une soixantaine ide grandes citernes, taillées en forme de bouteille renversée dans la roche qui borde le rivage ; plusieurs d’entre elles sont maintenant recouvertes par
- p.6 - vue 10/620
-
-
-
- 7
- LES CITÉS MÉGALITHIQUES DE L’ILE DE MALTE
- Fig, 2. — Mnaidra : Vue de la façade.
- la mer. Des ornières passent entre leurs orifices, traversent un bras de. mer, et réapparaissent sur la rive opposée. On a supposé que ces citernes avaient été creusées pour recevoir l’eau fraîche, l’huile ou le grain que les galères étrangères venaient embarquer. Mais la découverte de citernes analogues sur les sommets de hautes falaises dans d’autres parties de l’ile ne saurait confirmer cette explication.
- En l’état actuel des études archéologiques maltaises, nous ignorons encore si les charretiers dont les roues limèrent ces sillons dans la roche, et les ouvriers qui creusèrent des citernes, appartenaient à la meme race que les architectes qui édifièrent les remarquables, monuments dont nous allons parler. En interrompant les travaux entrepris par M. le Professeur T. Zammit, l’éminent archéologue
- Fig: 3. — Statuettes de femmes stéatopyges découvertes dans les fouilles [de Hagar Kim.
- qui dirige^ le Muséum de La Valette, la guerre a retardé la solution du problème. ' •
- Mais la variété même de ces monuments démontre bien, selon nous, que les deux périodes du Paléolithique et du Néolithique virent se succéder différentes races sur les rivages de Malte. Il est possible-que ces races fussent apparentées,; car la plupart des squelettes néolithiques retrouvés jusqu’à ce jour présentent certaines analogies.
- Les plus simples de ces monuments —- et c’est dire les plus anciens — sont des menhirs et des dolmens, dont plusieurs, faits de pierres brutes, sont identiques à nos mégalithes du Morbihan. D’autres, dont les hlocs sont grossièrement taillés, rappellent les fameux alignements de Stonehcnge (Angleterre méridionale). Mais les temples préhistoriques de Malte et de l’ile sœur sont certainement, uniques dans le monde. .
- On en connaît actuellement cinq, dont; Gigantia à Gozo, Ilagar Kim(fig.l), Mnaidra (fig. 2,-4ct5), Corra-dino.et Hal-Tarxien(lîg. 6) à Malte. Ce dernier, qui parait être le plus important, fut découvert pendant la guerre, et son excavation, entreprise par M. le Professeur Zammit,. grâce au dévouement de nombreux étudiants transformés en terrassiers, est loin d’être achevée. D’une façon générale, ces temples _ comprennent une série d’absides, déformé ovale ou elliptique, communiquant entre elles par des passages qui s’ouvrent en face d’un autel. Ces passages étaient plafonnés de pierres plates, comme nos « allées couvertes » du Morbihan, alors que les chambres ovales s’abritaient sous une sorte de dôme. .
- p.7 - vue 11/620
-
-
-
- 8
- LES CITES MEGALITHIQUES DE L’ILE DE MALTE
- À l’encontre de ce que l’on avait tout d’abord supposé en se basant sur les mégalithes de Bretagne et d’Angleterre, ces monuments ne sont pas orientés sur des lignes astronomiques, mais paraissent avoir été construits- selon les exigences de la topographie locale.
- Le premier de ces temples qui fut exploré est Hagar Kim (l’équivalent, en langue arabo-maltaise, de menhir, ou Pierres Debout). Il couronne une colline rocheuse qui se dresse, dans le Sud de l’ile, à I km et demi du rivage, en face de Pilot" de Filll a.
- Ses murailles cyrlopéennes sont constituées par
- dorf », attribuée à la lin de la période aurigna-cienne. Presque toutes sont nues; deux portent des jupons plissés. Toutes sont décapitées ; mais le cou offre une alvéole où se fixait une tête détachable (fig.o).
- Mnaidra est un autre temple néolithique, voisin de Ilagar Ivim, mais mieux conservé, et, très probablement, à en juger par sa décoration, d’une époque postérieure. Les monolithes des portes et des autels sont finement polis, ou ornés de pointillés. Le « style dolmen » en commande l’architecture, et l’on croit comprendre que les trilithes y étaient l’objet d’un culte spécial. Peut-être symbolisaient-ils le passage dans la vie future, ou l’entrée
- Fig. 4. — Mnaidra
- d’énormes blocs de grès ajustés les uns aux autres avec une habileté consommée, et sans aucune trace de ciment. Des pierres plates, adroitement mortai-sécs, forment la toiture. Les ruines sont dominées par un énorme pilier, au pied duquel un autel se dresse devant une pierre sacrée. Le] sommet 'du pilier est évidé en forme de tombe. Des archéologues supposent qu’on y sacrifiait des enfants, et d’autres imaginent qui on y plaçait les morts, que; les oiseaux de proie venaient dévorer.
- Les fouilles de Ilagar Kim ont mis à jour, de nombreuses reliques du plus haut intérêt.1 Nous, citerons une pierre d’autel où est gravée unie plante aux nombreuses feuilles, ce serait, supposer!-on,-une chapelle dédiée à l’Arbre de Vie. Mais la trouvaille la plus remarquable est celle de sept statuettes de femmes stéatopyges, qui sont de la même facture que la célèbre « Vénus de Willen-
- : La salle principale.
- dans le monde des esprits? Près de Mnaidra, à Borg-en-Nadur, se trouve une tombe, en forme de dolmen fermé (1 e cist-ven du Morbihan), dont le; linteau est percé d’un trou rond en sa partie centrale. On suppose que la table de pierre servait a1 des sacrifices, et que le sang de la victime s’écou-; lait en arrosant la sépulture. Dans les mêmes parages, une grotte a livré les ossements fossiles d’un-éléphant d’espèce inconnue jusqu'alors, ofupii g. reçu le, nom iY'Elephm tnhaulrensia.
- La découverte la plus récente est celle du Temple de Tarxien. A la veille de la guerre, les autorités de Malte décidèrent de faire établir un cimetière spécial pour lés condamnés à mortel les criminels morts en'prison. Un ..-emplacement fut choisi sur le plateau qui domine les docks de La Valette. Dès lé commencement des travaux, les ouvriers qui creusaient les fondations de la chapelle funéraire, ren-
- p.8 - vue 12/620
-
-
-
- LES CITÉS MÉGALITHIQUES DE L’ILE DE MALTE - - 9
- contrèrent de la terre rapportée, mélangée de pierres travaillées. Leur curiosité fut d’autant plus éveillée que, peu d’années auparavant, à quelques centaines de mètres de distance, on avait découvert par hasard, en forant un puits sur les confins du village de Sasa Paula, une ville souterraine taillée dans le roc; le fameux hypogée de liai Saflieni.
- Aussitôt averti, M. le Professeur T. Zammit accourait sur les lieux.
- Mais la guerre éclatait presque aussitôt, et ce ne fut qu’en juillet 1915 qu’il put, avec P aide; de ses élèves de l’Université, commencer les travaux de déblaiement. Les couches de terres superficielles livrèrent d’innombrables fragments/ de poteries romaines et puniques. Plus bas, on découvrit d’autres objets (statuettes d’animaux, colliers, os travaillés, etc.) dont on put fixer Page, grâce à la présence d’une' dague en bronze.
- Dans cette même couche, on trouva des quantités d’urnes de facture grossière contenant des ossements humains calcinés, de menus bijoux en bronze ou en os, ou encore de la nourriture (grains de blé, haricots, etc.). Ces objets prouvaient què les races qui avaient envahi Malte au cours de l’Age du Bronzé avaient été impressionnées par l’aspect grandiose de ce temple déserté, et qu’elles avaient pris la coutume d’y déposer ou d’v brûler leurs morts, comme en un lieu sacré.
- Quand elles le transformèrent ainsi en cimetière, à une époque qui remonte certainement à 2000 ou 5000 ans avant, l’è.re chrétienne, ses constructeurs avaient disparu depuis d’innombrables siècles, , eux et leur descendance. Cette page des annales maltaises est clairement lisible; sous la couche de déblais correspondant cà l’âge du bronze, M. Zammit
- Fig. 5.— Un coin pittoresque de Mnaidra. . :
- a rencontré, sous une épaisseur de plus d’un mètre, une couche de sable fin, vierge de tout contact humain, et que les vents n’ont pu amasser qu’au cours d’une période de temps considérable.
- C’est.après, avoir . enlevé. cette couche de sable que; les élèves du professeur Zammit ont enfin atteint les dalles de pierre formant le plancher du temple. Le travail avait. été compliqué par ce fait que.les- déblais no pouvaient être enlevés que durant la saison sèche. Pendant la saison des'pluies, les menus objets .qu'ils r enferra aient eussent échappé à l’attention dos explorateurs.
- Bien que les fouilles soient loin d’être.terminées, M. Zammit a pu dresser le plan de ces ruinés imposantes, dont l’ensemble mesure environ 50.m. de longueur; le niveau du plancher est inférieur de 2 m. 10 à celui des champs.environnants, ; A ;
- En rappelant le plan de Tarxién; avec l’autorisation de l’éminent, Directeur du Muséum de La Valette, nous pourrons abréger notre description.
- Le seuil du temple est formé par une énorme pierre semi-circulaire, percée de deux trous réunis par leurs fonds. On suppose que les prêtres y passaient la corde qui attachait,P animal offert en sacrifice. Non loin du seuil, se trouve une grande pierre creusée de cinq cuvettes, qui servait peut-être aux ablutions des fidèles.
- Le seuil franchi, on pénètre dans une première [enceinte elliptique divisée en une cour et en deux chapelles. Une de celles-ci renferme la partie inférieure d’une statue de femme, dont la hauteur dépassait 2 m., et qui devait représenter la déesse de la Vie et de la Fertilité, caisson socle est orné d’œufs symboliques, et un cône sacré, symbole phallique, est placé près de ses pieds.
- Fig. 6. — Tarxien : Les. murailles de U cité.
- p.9 - vue 13/620
-
-
-
- 10
- LES CITES MÉGALITHIQUES DE L’ILE DE MALTE
- Fig. 7. — Tarxien : Pierre de l’autel, décorée de spirales en relief.
- Ail-centre de la cour, la pierre est profondément calcinée, conséquence des innombrables feux de sacrifice qui furent allumés en ce point. En face de la statue brisée, se dresse un autel en forme de dolmen, dont les pierres sont décorées de spirales en relief admirablement exécutées (lig. 7).
- Fig, 8. — Poterie'ornée de dessins découverte dans l’hypogée de liai-Sa/lient.
- Le temple se conlinue en un labyrinthe de couloirs, de cours et de chapelles, où l’on rencontre d’autres autels dolméniques, des plates-formes du haut desquelles les prêtres parlaient sans doute à la foule, des monolithes décorés de naïfs reliefs représentant des taureaux, des béliers, des boucs.
- La présence de nombreux outils de silex poli dans ces ruines indique nettement leur âge; (‘lies appartiennent, sans conteste, à la période néolithique.
- Mais, quelle race édifia ces temples imposants? dans quelles circonstances disparut-elle? comment l'ile, malgré sa position géographique, put-elle rester inoccupée pendant tant de siècles entre Page de la pierre polie et Page du bronze? Autant de questions, autant d’énigmes. Prenons patience.
- La paléontologie humaine est la plus jeune des sciences, et ce n’est que depuis quelques années que l’on commence à soupçonner que l’ile pourrait
- Fig. 9. — Ornements découverts à Tarxien.
- bien être une des stations préhistoriques les plus importantes du monde.
- La preuve nous en est fournie par l’abondance extraordinaire de ses ruines mégalithiques.
- A Tarxien même, en procédant au déblaiement extérieur du temple, on vient de mettre à jour les premières murailles d’une cité dont les édifices, au lieu d’être elliptiques ou ovales, sont rectangulaires, et l’on suppose qu’il s’agit là de la « ville laïque », qui s’étendait près dé la « ville religieuse ».
- Il est grand dommage que le maigre budget de Malte ne permette pas de subventionner largement M. le Professeur Zammit, qui, par manque de fonds, n’a pas pu reprendre ses travaux d’excavation. L’étude méthodique des ruines néolithiques maltaises nous apporterait pertainement de précieux renseignements sur l’origine des races méditerranéennes.
- gspérons qiie M-. le professeur Zammit, dont les ypeberdiPS oui déjà obtenu de si beaux résultats, parviendra à trouver les moyens nécessaires à l’achèvement de son œuvre. V.. Fou dix.
- p.10 - vue 14/620
-
-
-
- II
- EINSTEIN ET LES THÉORIES DE LA RELATIVITÉ
- Un nom voie actuellement sur toutes les bouches, celui du physicien allemand Einstein. On lui doit des théories de la relativité qui constituent tout d’abord une puissante synthèse des faits acquis par la science moderne; ceux-ci sont par lui condensés en un petit nombre de formules et lois générales. Ces théories comportent aussi de profondes modifications aux concepts d’espace et de temps, tels qu’ils sont généralement, employés dans l’expression des laits physiques : c’est, là sans doute la raison pour 1 îquclle les théories d’Einstein provoquent aujourd’hui un si vif intérêt dans le monde non seulement des savants, mais dans celui des philosophes, et aussi auprès d’un public nombreux mais peu initié aux spéculations de la science pure et que les seuls mots de relativité et d’espace à 4 dimensions suffisent à secouer, suivant le mot d’Einstein, d’un « frisson mystique ».
- Faut-il dire qu’il n’v a dans l’œuvre d’Einstein aucun mysticisme ? Bien au contraire, le savant allemand prétend montrer que si certaines de nos théories scientifiques, comme la mécanique, l’électrodynamique et l’optique aboutissent à d’insolubles antinomies, c’est que les physiciens, inconsciemment, ont introduit dans leurs équations une notion purement métaphysique, celle du temps absolu, universel, identique: en tous points de l’espace. Cette notion échappe entièrement à l’expérience, qui ne nous révèle rien de tel : ainsi le physicien ne peut observer, noter et compter que des temps relatifs, n’avant de valeur (que pour le lieu où il se trouve, ou pour mieux dire, pour le système mobile particulier auquel il est lié;, mais sous, l’influence d’habitudes séculaires, il inscrit ces temps comme l’expression d’une grandeur universelle et: absolue. De là des confusions et des contradictions. C’est ce concept métaphysique':du temps qu’Einsteîtt s’est attaché à extirper de la physique, pour n’y laisser subsister que le temps, tel que nous le révèle l’expérience.
- Bien de surprenant à ce que ses théories heurtent violemment nos habitudes de langage et de pensée.
- Il est pénible de renoncer brusquement à des formes intellectuelles qui ont fait leurs preuves d’utilité et de fécondité au cours de deux siècles de production scientifique, comme le monde n’en a jamais connu; il est dur de se sentir contraint à refaire un examen critique des notions fondamentales sur lesquelles nos sciences se sont bâties, et de rebâtir sur table rase comme l’a fait Descartes au xvn° siècle.
- Aussi les physiciens eussent-ils volontiers relégué ces théories nouvelles et gênantes parmi les spéculations purement abstraites, sans intérêt pratique, comme le furent longtemps les géométries non euclidiennes. Mais Einstein ne s’est pas contenté de condenser autour du minimum d’hypothèses l’ensemble des faits physiques connus ; il a prévu des faits nouveaux non encore observés. Et l’expérience a confirmé les prophéties de la théorie. Dès lors la'physique n’avait plus le droit de négliger celle-ci. Elle s’y attache au contraire avec un intérêt passionné, et nous voyons s’oimir une ère de grandes controverses qui rappelle celles qui ont marqué le triomphe du Cartésianisme et plus tard celui des idées .Newtoniennes.
- La plus brillante confirmation des théories d’Einstein, celle qui lui a rallié le plus grand nombre de partisans, a été fournie par les observations faites ail cours de l’éclipse dé
- soleil du 20 mai 1010, qui à ce titre restera célèbre dans l’histoire des Sciences. Einstein avait annoncé que. les rayons lumineux subissent au voisinage du soleil une déviation dont il avait calculé la valeur. Les observations faites au cours de l’écfiqise ont paru confirmer d’une façon précise les résultats du calcul.
- C’est, donc à partir de 1010 que les théories d’Einstein se sont impérieusement imposées à la méditation des savants, mais elles.prennent leurs racines dans des observations et des théories beaucoup plus anciennes.
- On sait le développement pris au cours du xix° siècle par les sciences de l’optique-et de l’électricité ; après les découvertes expé rimentales de Faraday, Maxwell réussit à confondre l’optique physique créée par Fresnel et l’élec-trodynamiqüe ; mais malgré les efforts de théoriciens de génie comme Hertz, Lorentz, Poincaré, l’éleclro-optique se,refuse à entrer dans les cadres de la mécanique classique ou Newtonienne; cependant , cette mécanique classique, issue de Newton, développée par les grands mathématiciens de la fin du xvm® siècle, incessamment soumise, par mille expériences diverses, au contrôle de la pratique, n’a connu jusqu’alors que des succès. Quel parti prendre ? Comment renoncer aux théories électromagnétiques qui viennent de se montrer si fécondes, et qui elles aussi sont appuyées par un impressionnant cortège de découvertes faites grâce à elles, ne lut-ce que les ondes hertziennes ? Mais comment abandonner une mécanique qui a permis de prévoir les mouvements des planètes, les marées, les éclipses, qui a identifié ces phénomènes au premier abord sans lien : la chute des corps à la surface de notre globe, et les mouvements des astres?
- C’est alors, en 1905, qu’Einstein intervient et donne sa théorie de la relativité resfreiufa qui marque un progrès déjà fort important sur celles de Lorentz et Fitz Gerald.
- En 1915 et 1910, il établit sa théorie de la relativité généralisée, celle qui fait couler tant d’encre aujourd’hui.
- Dans une série d’articles dont nous commençons aujourd’hui la publication, M. Lafond exposera la genèse, les principes essentiels et les preuves.-de la théorie dé la relativité restreinte. •
- Achevons celte introduction par quelques détails biographiques sur le savant qui en si peu de temps- et- par des travaux en apparence sr accessibles au grand nombre, a réüssi à conquérir une renommée universelle.
- Einstein est né à Ulm en 1879, d’une famille juive. Il passa son. enface à Munich, puis vint en Suisse à 15 ans, fit ses études du Polytechnicum de Zurich-où ses aptitudes mathématiques le firent remarquer et où il eut sans doute comme maître le mathématicien Minkow-ski. Celui-ci‘est connu par un mémoire sur la théorie de la relativité, où intervient l’espace à 4 dimensions. Ce travail, publié en 1908, et inspiré par la première publication d’Einstein exerça’à son tour une grande influence sur les travaux ultérieurs du jeune 'savant. En 1902, Einstein est, attaché au; bureau desrbrevets de, Berne, c’est dans cet emploi modeste- et si éloigné, semble-t-il, des rechei’çhes de pure science, loin, des laboratoires et des milieux scientifiques qu’il trouve1' cependant le loisir de méditer, sur les plus hautes questions scientifiques de son temps. Nous avons vu qu’en 1905, à 26 ans, il donne sa première et puissante ébauche dG la théorie de la relativité.- La même année, il publié un très
- p.11 - vue 15/620
-
-
-
- 12
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- beau travail théorique sur le mouvement brownien.
- Plus tard, il apporte une très importante crntribution a'la théorie des quanta et il établit la relation du quantum qui règle la longueur d’onde maxima des rayons X émis par une excitation cathodique, ou inversement la vitesse des électrons émis, par les corps sous l’action de la 1 umière ou des rayons X.
- En 1901), Einstein est nommé professeur à l’Université
- de Zurich, en 1911 à Prague, puis en 1912 au Polytech-nicuin de Zurich ; enfin en 1914, il est appelé à Berlin, à la Direction de l’Institut Kaiser-Wilhelm pour la physique. Les laveurs, dont il est alors comblé parle gouvernement impérial, ne purent le décider, au moment où la guerre mondiale éclata, à signer le manifeste des intellectuels allemands, dit des 95, et il sut résister dignement à de pressantes sollicitations. A. Tiîoi.lfiï.
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- La théorie de la Relativité est de date toute récente. En 1905, Einstein publiait un mémoire qui a stupéfié par son audace. Depuis, la stupéfaction a disparu et la théorie de la relativité a marché à pas de géants.
- Nous n’avons pas l’intention — ni la prétention — de donner un exposé définitif de la question. Le but que nous poursuivons ici est de rappeler les idées essentielles qu’il n’est plus à l’heure actuelle permis d’ignorer.
- Cette étude comprendra quatre articles :
- 1° L’échec de la mécanique rationnelle;
- 2° Les hases fondamentales de la théorie d’Einstein ;
- 5° La théorie d’Einstein et le principe de relativité ;
- 4° Vérifications expérimentales.
- Il sera question ici uniquement de la théorie de. la relativité restreinte. Nous demandons au lecteur de rejeter délibérément toute idée préconçue tirée de la signification qu’ont ces deux mots dans la conversation courante. S’il est vrai que d’une manière générale, un mot n’existe que par sa signification précise, cette condition est particulièrement obligatoire en matière scientifique.
- L’échec de la mécanique rationnelle. — C’est mal s’exprimer ou ne pas comprendre la manière dont procède la Mécanique rationnelle que de donner une de ses lois pour fausse. Notre mécanique comprend deux parties d’importance très inégale : les postulats et le développement mathématique.
- Les postulats servent en quelque sorte à définir les phénomènes que l’on va étudier; on examinera par exemple ce qui se passe dans un domaine où le principe de l’inertie est vérifié. Dans cet ordre d’idées où le mécanicien a l’indépendance la plus absolue, nous n’exigerons que deux choses :
- 1° Que les postulats soient nettement énoncés. C’est une question de clarté et aussi de. probité scientifique.
- 2° Que les postulats ne s’excluent pas mutuellement. Nous aimerons également que le nombre en soit aussi faible que possible.
- Ces postulats sont développés par l’intermédiaire du raisonnement mathématique qui ne crée pas mais transforme. Tout ce qüe nous trouverons dans le cours du développement est enfermé dans les postulats et en est une conséquence plus ou moins immédiate, mais logique et certaine.
- Il reste alors la ressource de dire que les lois de la mécanique sont vraies ou fausses dans la mesure où les postulats b' sont. Cette expression est encore imprécise : les lois de la mécanique sont inattaquables, mais ('lies intéressent seulement le domaine défini par les postulats.
- Il va sans dire qu’une mécanique nous intéressera d’autant plus que ce domaine se rapprochera pins du monde que nous habitons. En faisant passer cette préoccupation en premier lieu — et c’est ce que nous ferons maintenant — nous apportons en même temps qu’une restriction à la liberté du mécanicien dans le choix de ses postulats, un critérium qui nous permettra de porter un jugement définitif sur une mécanique : les postulats devront être caractéristiques de notre univers. Mais, ici, se présente une double difficulté :
- 1° Il faut d’abord que nos postulats énoncent des propriétés que possède' effectivement notre univers. 11 semble que cette condition soit aisée à remplir. Il n’en est rien. Le souci de ramener au minimum le nombre des postulats a conduit à des énoncés de propriétés très générales et inaccessibles à l’expérience. Rappelons cà ce point de vue les postulats de noire mécanique rationnelle, d’après Mach, qui a éloigné des assises fondamentales la notion un peu métaphysique de force :
- a) Principe d'inertie. Un point matériel noie sc nient d'une manière rectiligne et uniforme.
- b) Deux points matériels déterminent l'un sur l’autre des accélérations dirigées suivant la droite qui les joint et en sens contraire.
- c) Le rapport des valeurs numériques des accélérations que deux points matériels quelconques déterminent l'un sur l'autre est constant.
- On définit ainsi un coefficient la masse, invariable et caractérisant chacun des corps.
- Ces deux derniers principes sont équivalents-à la définition de la force et au principe de l’égalité de l’action et de la réaction.
- d) L'accélération que détermine sur un point matériel quelconque /’ensemble de plusieurs systèmes s’obtient en composant, d’après les règles de composition des vecteurs, les accélérations que donnerait isolément chacun des systèmes agissant sur le point matériel.
- Nous ne reviendrons pas sur la discussion de ces principes. Au surplus, elle est inutile du point de vue où nous nous plaçons. Il suffit de constater que
- p.12 - vue 16/620
-
-
-
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- ces postulats sont inaccessibles à l’expérience. Nous signalerons cependant deux autres postulats extrêmement importants et trop peu souvent explicites ;
- e) L’étude du mouvement est rapportée à un système d’axes particuliers, dit absolument fixe. Les principes cessent d’être exacts dans le cas où on emploie un système d’axes quelconques. Le choix de ce système d’axes a subi au fur et à mesure des découvertes scientifiques des lluctuations assez nombreuses. Actuellement, les axes fixes ont leur centre au centre de gravité du système solaire et sont reliés aux étoiles fixes.
- f) Le temps utilisé est dit temps absolu, c'est-à-dire qu’il est le même pour tous les observateurs ; plus exactement, si un observateur voit simultanés deux événements en deux points différents, tous les observateurs quels qu’ils soient verront ces deux événements simultanés. Nous verrons prochainement que cette conception-est liée à l’existence d’un moyen de communication instantané.
- Newton s’était d’ailleurs bien aperçu de ce que la question avait besoin d’être précisée, puisqu’il prend soin de définir le temps qu’il emploie : le temps absolu, vrai et mathématique pris en soi et sans relation à aucun objet extérieur, coule uniformément par sa propre nature.
- Signalons enfin pour mémoire que les propriétés de l’espace sont régies par la géométrie euclidienne.
- 2° En admettant cependant que l’on se propose de construire une mécanique sur des postulats uniquement expérimentaux (et nous venons de voir que ce n’est pas le cas), supposant même que ces expériences premières ne soient jamais infirmées, il faudrait être sur que les postulats choisis caractérisent complètement notre univers. Et cette difficulté semble insurmontable. Nous n’aurons jamais la certitude de ne pas avoir omis — par ignorance — une des propriétés fondamentales du domaine que nous, étudions, auquel cas la mécanique ainsi construite s’étendrait à un univers plus général que le nôtre.
- En definitive, nous nous trouvons dans la situation suivante : Une mécanique ne vaut que par ses postulats et l’examen de ces derniers ne nous permet pas de porter un jugement sur la convenance de cette mécanique.
- Nous sommes bien obligés de rechercher un autre critérium et nous le trouverons évidemment dans l’exacte correspondance entre les lois issues de cette mécanique et les faits expérimentaux.
- Ge n’est malheureusement qu’un pis-aller, car le jugement que nous porterons ne pourra pas être définitif. Chaque fait expérimental nouveau sera une question posée à la mécanique. Une seule défaillance, toujours possible demain, mettra son existence en jeu.
- Notre attitude se traduit donc ainsi : Nous acceptons aveuglément les postulats, sous réserve qu'ils soient explicites et compatibles, mais en revanche
- 13
- nous demandons à la mécanique de nous fournir l'explication des faits expérimentaux.
- Il est inutile de dire à nouveau avec quel génie ont été choisis les postulats de notre mécanique. Les succès de l’Astronomie au xvme siècle ont poussé les mécaniciens à travailler toujours plus avant et il faut bien dire que l’Astronomie qui fut pendant longtemps la plus précise des sciences d’observation a été une preuve éclatante et continue de la juste adaptation des postulats à notre univers. Toute la physique s’appuyait sur une théorie mécaniste. Coulomb en électricité, Ampère en électromagnétisme, continuent cette tradition par l’emploi des forces instantanées à distance, s’inspirant de la gravitation, newtonienne. Mais bientôt des fissures se produisent. La théorie de l’émission s’avère impuissante, les théories électrique et électromagnétique insuffisantes. Alors Fresnel en optique, développant les idées de Huyghcns, Faraday en électricité, donnent un nouvel élan sans remarquer cependant qu’ils s’écartent irrémédiablement des théories anciennes, en considérant des actions qui se propagent de proche en proche à une vitesse finie. C’est déjà, si on y regarde de près, la renonciation à la transmission instantanée et au temps absolu. Enfin, Maxwell, Herz et Lorentz, développant l’idée de Faraday, aboutissent à la théorie électromagnétique de la lumière, la plus parfaite peut-être des théories physiques, tant au point de vue de son unité que des vérifications expérimentales. On a longtemps espéré concilier la théorie électromagnétique et la mécanique rationnelle; ces espoirs ont été déçus, et ils devaient l’être comme nous aurons l’occasion de le voir.
- Enfin, apparait la goutte qui fait déborder le vase, ce qu’on a appelé les « mauvaises expériences )), celles qui restaient inexplicables. Nous citerons seulement l’expérience de1 Fizeau et surtout celle de Michelson, qui est un. événement historique ; elle a été l’occasion du déclenchement de la crise actuelle, mais l’occasion seulement, les causes véritables en sont autrement importantes et profondes.
- Expérience de Fizeau. — Elle peut se schématiser de la manière suivante (fig. 1) : deux tubes T* et T2 sont remplis d’eau. Deux rayons lumineux, issus d’une même source SS* et SS2 interfèrent à la sortie. Retenons seulement de la technique de l’interférence qu’elle sert à mesurer les chemins optiques parcourus. A un certain moment, on fait s’écouler l’eau, par exemple dans le sens, indiqué par la flèche, avec une vitesse v. Le déplacement des raies d’interférence montre que le rayon S* va plus vite que le rayon S2.-Si c est la vitesse delà lumière dans le vide, n l’indice de réfraction de l’eau, on pourrait croire que les vitesses de St et S2 sont respectivement :
- c - c
- --f-e et--------v-
- n n
- 11 n’en est rien. L’expérience montre que la vitesse du rayon SS*, est
- p.13 - vue 17/620
-
-
-
- 14
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- S
- OT
- 3
- s,
- ->-Æ
- vwmwmmmmÆ
- Fig. i- — Expérience de Fizeau.
- C
- - + v n
- I 1
- w-
- <l)
- ce qui, en langage mi'canisle, ne peut, s’exprimer autrement que Fizeau l’a fait : un corps réfringent en mouvement, à vitesse v entraîne avec lui partiellement l’éther de la quantité v
- La conclusion expérimentale est donc la suivante : la vitesse de la lumière dans un milieu réfringent dépend du mouvement de ce dernier, elle est donné»' par l’expression ( I ) et non pas par la loi mécaniqu»' de composition d»ls vitesses.
- Expérience de Michelson. — L’idée qui avait présidé à la conception de cette expérience était de mettre en évidence le mouvement de translation de la ti'rre au milieu de l’éther immobile, de se rendre compte de ce « vent d’éther » comme dit Einstein.
- Le princip»1 on est le suivant (lîg. 2) : un rayon lumi-ni'ux i ssu deS est envoyé par l’intermédiaire d’une glace mi-argentée O à ta fois sur deux miroirs M et M' placés dans deux directions rectangulaires. Ces rayons se réfléchissent et viennent interférer en K, l'interférence ayant encore pour objet, la mesure précise dos chemins optiques parcourus. Ces chemins parcourus sont identiques pour les deux rayons, sauf en ce qui concerne h's trajets 0M0, OM'O. Soit v la vitesse de la terre, c celle d<‘ la lumière et supposons que OM' soit placé dans le sens de la vitesse c (11g'. 5). Soit enlin d' la distance OM'. Le temps mis par la lumière pour aller de. 0 en M' est
- <V . 1
- ~---le -temps mis pour revenir de M' en 0 est
- soit au total pour le trajet OM'O
- »/' d' __ 2»/'
- c — v c-\-v~ T, v2
- O1 :
- La direction OM sc trouve au contraire perpendiculaire à la vitesse v (fig.4). Le rayon partant deO rencontrera le miroir en un point Mj tel que le temps mis par la lumière pour aller de 0 en Mt soit égal au temps mis par le miroir pour aller de M en Mj. Soit t ce temps et d la distance OM.
- On a :
- / — 0M* - MM' — ^(W ~ _ d
- c v \/F v* ' y/r3 —~ ï»2
- Cour revenir de Mj à O' nouvelle position du point 0, le temps nécessaire sera encore t, soit donc, au total pour4 OMO
- Réglons l’appareil pour que ces temps soiimt égaux, on a alors :
- c
- M M
- ou »/' = d
- 1
- F1
- c'1
- L’appareil étant ainsi réglé, faisons-lui elïecluer une rotation de 90° de manière à amener M on M', les temps de parcours des trajets OM'O et OMO deviennent :
- 2»/
- et
- %V
- 2»/
- es/
- Leur rapport est :
- F
- _v*
- C-
- et
- 2 d
- Les temps de parcours ne seront plus égaux, ce qui se traduira par un déplacement des franges d’interférence. On aura bien mis en évidence le mouvement de la terre et on pourra même mesurer la vitesse v.
- Michelson a trouvé que les franges ne se déplaçaient. pas.
- Cette expérience a été rééditée un très grand nombre de fois, avec des dispositifs expérimentaux très variés. Elle a toujours donné un résultat rigoureusement négatif, évidemment, si on se souvient de ce que v = 50 km/sec. et c = 500 000 km/sec.
- -î = 10-8, le déplacement dont il s’agit est faible.
- Si faible qu’il soit, il était exactement calculé et les dispositifs expérimentaux auraient permis de déceler le 1/500 du déplacement prévu.
- Conservant donc l’attitude que nous avons définie, nous fermons les yeux sur l»‘s postulats de la mécanique, mais nous lui demandons expressément
- Fig. 2. — Expérience de Michelson.
- p.14 - vue 18/620
-
-
-
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- 15
- — ('litre autres choses — d’expliquer les expériences de Fizeau et Michelson.
- Ces deux expériences cinématiques sont, il faut le dire, de nature un peu spéciale puisqu’elles mettent en jeu la transmission des ondes par un éther hypothétique. Cette1 circonstance semble compliquer la question. Il est possible cependant d’en dégager les deux points essentiels :
- 1° Hypothèse physique sur le phénomène le ramenant à l’intérieur du domaine de la mécanique ;
- 2° Résolution par la mécanique rationnelle du problème qui lui est nettement posé.
- Ces deux facteurs sont seuls responsables de l’impuissance où nous sommes d’expliquer les faits expérimentaux.
- La mécanique rationnelle a fait, ses preuves, elle a pour elle la stabilité des grandes institutions, il était naturel de la respecter et de chercher à déformer l’hypothèse première pour la contraindre à fournir l’explication demandée. Les tentatives ont été nombreuses et couronnées d’un succès à peu près constant dans sa médiocrité.
- 1° Fizeau a déduit lui-même les conclusions de
- son expérience : les corps réfringents en mouvement entraînent partiellement l’éther d’une quantité égale
- a v J-------- • Cet. entrainement à vitesse réduite
- IV
- est difficile à imaginer, de lumière (pii traverse le corps radiation). 'Enfin l’expérience inexpliquée.
- il varie avec la n est fonction de la de Michelson reste
- 2° Stokes s’est arreté à un entrainement total de l’éther par les corps en mouvement. Celle hypothèse prévoit bien un résultat négatif pour l’expérience de Michelson, mais elle ne tient pas compte des observations de Fizeau.
- o° Fitzgerald et Lorentz considèrent un éther immobile. Us ont montré que l’expérience de Fizeau pouvait s’interpréter dans leur hypothèse. De plus, ils admettent que les corps en mouvement de translation se contractent dans le sens du mouve-
- ment de \/l —i’*/c2- On vérifie aisément que l’expérience de Michelson se trouve expliquée. Cette contraction ne peut d’ailleurs être mise en évidence par nos mesures habituelles puisqu’elle s’exerce également sur nos unités de longueur. Cette hypothèse a fait jeter les hauts cris au nom du bon sens, mais n’oublions pas que le bon sens est ici la résultante des idées imposées par la mécanique.
- rationnelle. Lorentz est donc capable de répondre à nos deux questions; mais il a été obligé d’appauvrir son postulat de l’immobilité de l’éther par une seconde hypothèse : la contraction. De plus, l’inlroduction de cette contraction dans le domaine de l’électro-ma-
- gnétisme est la source de complications extrêmes et nous voudrions bien cependant qu’une théorie fut commode. Enfin Poincaré a montré que la théorie de Lorentz n’était pas compatible avec le principe d’égalité de l’action et de la réaction, que Lorentz était en désaccord avec cette mécanique qu’il voulait sauver.
- M’
- y.
- cT
- v
- En résumé, ces diverses tentatives se montrent imparfaites et incom- O modes. Poincaré dit à ce propos Fig. 3. dans « La Science et l’Hypothèse » :
- « On a fait des expériences qui auraient du déceler les termes du premier ordre (y) ; les résultats ont été négatifs; cela pouvait-il être par hasard? Personne ne l’a admis; on a cherché une explication générale et Lorentz l’a trouvée; il a montré que les termes du premier ordre’devaient se détruire; mais il n'en était pas de même de ceux du second (2). Alors on a fait des expériences plus précises; elles ont été aussi négatives; ce ne pouvait non plus être l’effet, du hasard; il fallait une explication, on l’a trouvée ; on en trouve toujours ; les hypothèses, c’est le fonds qui manque le moins.
- « Mais ce n’est pas assez; qui ne sent que c’est
- encore là laisser au hasard un trop grand rôle? Ne serait-ce pas aussi un hasard que ce singulier concours qui ferait qu’une certaine circonstance viendrait juste à point, pour détruire les termes du premier ordre et qu’une autre circonstance tout à fait différente, mais tout aussi opportune se chargerait de détruire ceux du second ordre? Non, il faut trouver une même explication pour les uns et pour les autres, et alors tout nous porte à penser que cette explication vaudra également pour les termes d’ordre supérieur, et que la destruction mutuelle de ces termes sera rigoureuse et absolue. » Cette explication unique, Einstein l’a donnée. Il a eu l’idée de s’attaquer au second de nos facteurs responsables : la mécanique rationnelle. Il est ainsi parvenu à mettre sur pied une théorie qui, en faisant table rase de certains principes fondamentaux, donne une explication des expériences, simplement, sans hypothèses accessoires, en un mot sans torture. Ajoutons que cette théorie possède une qualité d’ordre tout à fait supérieur : elle est harmonieuse et belle.
- Il est évident que la théorie d’Einstein ne s’impose pas. Dans le domaine de la physique, une seule chose s’impose à tous : ce sont les faits expérimentaux. De toutes les interprétations possibles — et elles peuvent être nombreuses — aucune n’a un caractère d’obligation. Mais nous sommes tous disposés à choisir la plus complète, la plus séduisante et la plus commode. Ce sont trois des qualités de la nouvelle théorie dont nous étudierons les hases dans le prochain article. II. Lxfoxd,
- Ingénieur au Corps des Mines.
- 1. Les termes en vjc décelant la vitesse de translation v.
- 2. Les termes en i,a/e2 de t expérience de Miclielson
- p.15 - vue 19/620
-
-
-
- 16
- MACHINE A ECRIRE ÉLECTRIQUE
- Il est assez curieux de constater que l'électricité n'ait, pas été pratiquement employée plus tôt pour la
- Fig. i.
- La machine à écrire électrique Heady.
- A gauche, son clavier fixe surmonté du slylel.
- constitution des machines à écrire, dépendant, xoici qu’un nouveau modèle de fabrication spéciale utilise Faction du courant électrique pour imprimer les caractères.
- dette machine comporte un stylet qui se déplace au-dessus d’un bloc sur lequel sont gravés lettres, chiffres, signes quelconques, etc.... des memes signes se reproduisent sur une sorte, de barillet qui se trouve disposé au-dessus de la feuille de
- papier.
- Quand on maneuvre le stylet pour venir le placer sur un des caractères quelconques^ le mouvement du stylet entraîne une crémaillère qui fait tourner un pignon et ce mouvement de rotation est transmis par une tige au barillet. Far suite, ce dernier place au-dessus de la feuille de papier le caractère qui correspond au signe indiqué par le stylet sur la tablette. Four réaliser l’impression, le caractère doit frapper sur une feuille avec l’interposition d’une bande encrée ou d’un ruban.
- Four obtenir cette frappe, la tige peut osciller autour du centre du pignon et un déplacement est
- quelconque, il suffit de saisir le boulon interrupteur qui comprend le stylet et de l’entraîner pour placer le stylet au-dessus du signe ou de la lettre désirée. Dès que le stylet est bien en position, on exerce une pression sur le bouton, ce qui inscrit le caractère, sur la feuille.
- On pourrait penser que ce mécanisme est moins rapide, que celui de la machine à écrire ordinaire avec clavier. Cependant, avec un peu d’habitude, qu’il est d’ailleurs facile d’acquérir rapidement, on peut atteindre et meme dépasser 500 signes par minute. On n’a pas à craindre d’ailleurs la rencontre des leviers qui se produit assez fréquemment dans l’emploi des machines du système ordinaire; quand on veut écrire très vite, cet inconvénient limite évidemment la vitesse de fonctionnement de la machine à écrire.
- L’alignement des caractères est absolument indéréglable, car ceux-ci se trouvent sur un même cylindre.
- L’apprentissage de la machine est très simple, on n’a pour ainsi dire pas besoin de leçon.
- Une propriété également intéressante de ce système, c’est la force de frappe que l’on peut réaliser, ce qui donne la possibilité de produire un grand nombre de copies; on peut arriver avec un pou de soin, avec des papiers carbone suffisamment propres à taper jusqu’à 18 copies en une seule fois; ceci présente un avantage très marqué sur la machine à écrire ordinaire à clavier.
- La figure 1 ci-dessus montre l'aspect extérieur de celle nouvelle machine. Le schéma de la figure 2 fera comprendre son fonctionnement très simple.
- Nous avons cru intéressant de signaler ici cette
- qui provoque le mouvement de la tige au moyen cl’un levier. L’électro-aimant fait partie d’un circuit électrique qui comprend une source de courant et un bouton interrupteur. Quand on appuie sur le bouton, le circuit est fermé, F électro-aimant attire l’armature et la frappe se produit ; dès que la pression cesse, le courant est coupé, l’attraction n’existe plus et un ressort de rappel ramène à leur position primitive : la tige, le barillet et l’armature i
- Far suite, pour obtenir l’impression d’un signe
- Fig. 2.
- Schéma de la machine à écrire électrique.
- machine, d’un type si dillérent de tous ceux réalisés jusqu’ici.
- L. 'Weiss
- Le Gérant : P. Massox. — Imprimerie I.Aiiuim, 9, rue île Fleurus, à l’uris.
- p.16 - vue 20/620
-
-
-
- LA NATURE. — N” 2493.
- 14 JANVIER 1922
- LE LABORATOIRE ET L’AQUARIUM DE MIAMI (FLORIDE)
- L’anniversaire do l’in augurât ion dos Miami Aquarium and bioiogical Laboratorg viendra bientôt rappeler au monde savant l’origine et l'importance de celte institution unique au monde pour l’étude des poissons et autres habitants des mers chaudes.
- C’est au mois de janvier 11)21 que Ja Station biologique1 de Miami a été ouverte aux travailleurs scientifiques du monde entier. Rappeler sa situation exceptionnelle, son organisation intérieure, les éludes qu’elle permettra d’elTeetuer; en un mot la faire connaître non seulement aux spécialistes mais au grand publie, est le but de cet article', II aura notamment l’avantage de montrer ce que peuvent l'initiative privée et l’accord entre savants et financiers ou industriels pour la réalisation de grandes œuvres en matière scientifique. Compter trop sur un gouvernement parait cire une mauvaise méthode, de laquelle^ ont su se dégager de tous temps les savants américains.
- L’Aquarium et le Laboratoire de Miami sont situés sur la côte orientale de la Floride. Us ont vue sur l’admirable baie de Biscayne et sont protégés contre les mauvaises tempêtes de l’Océan par une presqu’île. Le voisinage de Miami, ville de 50 000 âmes, leur procure les avantages de la civilisation. En un mot, bien que se trouvant à une énorme distance (2000 km environ) de la capitale des Etats-Unis, les nouveaux établissements scientifiques américains pourront devenir en peu d’années un des grands centres de recherches du monde.
- Et quel admirable pays est la Floride! Toutes les parties abritées de la côte ont vu grandir rapidement des stations balnéaires de premier ordre. Les richissimes yankees, les milliardaires, les rois du pétrole ou de l’acier se donnent rendez-vous chaque année à Palm Beach, la plage des palmiers de Miami. Le territoire de celte ville, à lui seul,
- iSPHS
- mlÊÊ8ll
- Fig. i. — Les Miami Aquarium and bioiogical Laboratory » situés dans la baie de Biscayne et séparés de F Océan par une presqu’île qui les protège contre tes tempêtes.
- Fig. 2. — Un couloir de l’Aquarium montrant les vastes bacs alimentés par les eaux mêmes du Gulf Stream.
- produit le tiers de la récolte totale des raisins de l’Amérique du Nord.
- Du fait de ses coordonnées géographiques — 25° de latitude septentrionale — Miami devrait avoir le climat de la Mauritanie saharienne. Mais heureusement intervient le Gulf Stream. Ce courant marin, né dans le golfe du Mexique, longe les côtes de la Floride. Il joue le rôle de régulateur de température, l’élevant en hiver et l’adoucissant en été. Quand on aura dit que l’eau de mer à Miami ne descend jamais au-dessous de 15" centigrades, et qu’en été la température s’élève à 50°, il sera devenu possiblç de faire comprendre en quoi les recherches de sciences naturelles seront plus captivantes là que partout ailleurs.
- Miami, d’autre part, est à la limite des zones tropicale et tempérée et bénéficie à la fois des avantages de l’une et de l’autre. Sa faune et sa llore, tant marines que terrestres, sont extrêmement riches. Des statistiques récentes ont établi que les eaux du Gulf Stream recèlent un cinquième des Tanimaux aquatiques de l’Amérique du Nord. Elles apportent à Miami une quantité providentielle, sinon [miraculeuse, d’êtres vivants de toutes natures.
- | Non seulement ils sont nombreux, mais leur •' variété et leur intérêt scientifique dépassent ce que | l’on peut concevoir sur les côtes européennes, à i Roscoff par exemple, et même dans le golfe de (Naples. La chaleur constante de la mer favorise le [développement des polypiers constructeurs de récifs (Coraux et Madrépores). Les Anémones de mer forment d’immenses tapis multicolores. Les Hippocampes ou Chevaux marins habitent les herbiers d’algues et de varech. Un grand esturgeon, le Barracuda ou Tigre de mer, ainsi que plusieurs espèces f de requins, répandent la terreur parmi la gent * aquatique. A la surface des flots viennent « faire la planche » ces fameux Poissons-coffres qui se gon-
- 2. — 17.
- 50” Année — 1" Semestre
- p.17 - vue 21/620
-
-
-
- J 8 z==z"LE LABORATOIRE ET L’AQUARIUM DE MIAMI (FLORIDE)
- Fig. 3. — Une scène sous-marine à Miami. Des poissons J'uyanl à l’approche d’un .Barracuda.
- ili'iit à volonté et se hérissent de pointes; tandis que des essaims de • Poissons volants (Exocets), pour échapper à la poursuite de quelque monstre marin, accomplissent au-dessus de l’eau des bonds d’une centaine de mètres; Leurs nageoires pectorales ont acquis une grande surface et servent de parachute, sinon de véritables ailes, dans ce nouveau mode de locomotion.
- . Bien curieuses ces mœurs, et pourtant elles ne sont pas ce qu’il y a de plus extraordinaire à Miami. L’œil et l’esprit y restent séduits par la magnificence et la somptuosité des couleurs qui se déploient chez tous les êtres vivants. Des peintres épuisent leurs palettes à reproduire ce qu’ils voient dans les aquariums du Laboratoire. Nous avons sous les yeux des reproductions en couleurs de leurs peintures et nous regrettons seulement de ne pouvoir en faire profiter nos lecteurs. Traduites en noir, elles perdent leur valeur essentielle.
- Sur nos cotes les seuls poissons brillamment et diversement colorés sont les Maquereaux et les Vieilles ou Perroquets de mer. À Miami, tous les poissons revêtent une livrée étincelante. Les Chélo-dons, notamment, que les Chinois élèvent avec amour, se complaisent clans les eaux du Gulf Stream. Même les- plus austères naturalistes ne peuvent rester indifférents à tant de beauté répandue autour d’eux; aussi donnent-ils aux animaux de Miami les noms plus ou moins latinisés ou grécisés de Prince, Heine, Etoile, lliibis, Emeraude, etc....
- * # , sis -Ï
- Placés au sein d’une végétation et d’une faune Luxuriantes, l’Aquarium et le Laboratoire biolo-
- gique de Miami se sont organisés pour en faire l’étude et en préparer l’exploitation intensive. Le but de la station est double ou même triple : 1° permet Ire aux savants du monde entier de se familiariser avec les habitants des mer s chaudes, lesquels ne. pourraient supporter le transport à l’état vivant dans les laboratoires européens ou de l’Amérique du Nord. Le Miami Aquarium offre une occasion unique d’observer à l’état de nature les animaux et les plantes.de la zone tropicale. Il est en zoologie ce que le magnifique jardin de Buitenzorg (Java), appartenant aux Hollandais, est en botanique.
- 2° Faire connaître au public tout un monde insoupçonne'Aj’humnnité attache un profond intérêt aux cires vivants. Une preuve frappante en est que chaque année les visiteurs de l’Aquarium de New-York sont deux fois plus nombreux que ceux du musée d’art de la même ville. Or, attirer l’attention du public sur les choses de la nature a d’autant plus d’importance que le public dont il s’agit est composé de millionnaires et de milliardaires. L’Aquarium de Miami sera une dés grandes attractions de la station balnéaire et l’argent y affluera.
- 5° Développer l'utilisation de tous les produits animaux et végétaux des régions chaudes de l’océan. Nous avons déjà dit l’exubérance de vie dans les eaux du Gulf Stream. Tandis qu’on ne découvre qu’à de très rares intervalles une nouvelle espèce de mammifères ou d’oiseaux à la surface de la Terre, les découvertes d’animaux marins sont fréquentes et parfois d’un intérêt pratique assez considérable. Non seulement les poissons fournissent leur chair, 'ainsi que la plupart des mollusques, mais les cétacés et les phoques sont une richesse à qui sait les exploiter. Toutes les huiles d’éclairage et les huiles siccatives employées en peinture, actuellement extraites des végétaux, peuvent l’être aussi des animaux marins. La peau des haleines, des phoques et des requins fournit un excellent cuir à chaussures. La peau de l’estomac des haleines est
- Fig. 4. — Un Barracuda ou Tigre de mer, sorte d'esturgeon, photographié dans l’eau.
- Ou voit l’ombre portée par le-poisson sur le sol sous-marin.
- p.18 - vue 22/620
-
-
-
- LE LABORATOIRE ET L’AQUARIUM DE MIAMI (FLORIDE) r-—.— 19
- luule désignée pour la confection des gants.... On ne finirait pas d’énumérer tous les usages de la faune océanique. Et les algues en offrent un aussi grand nombre.... La mer est vraiment nourricière pour l'homme.
- Aussi le plus cher désir de M. J.-A. Allison, président de la Miami Aquarium Association, est-il de développer le coté pratique de l’océanographie. Les recherches accomplies à Miami, sur la valeur industrielle ou alimentaire des animaux et des plantes, seront ensuites livrées au public et aux pécheurs sous une forme claire et précise. Comme le dit la brochure de propagande que nous avons en ce moment sous les yeux, la Station de Miami est « dédiée à l’accroissement et à la vulgarisation des connaissances relatives à la vie dans les mers chaudes ». Une lettre de M. .1.-0. La Gorce, secrétaire de l’Association, précise en ces termes : « L’étude de la valeur nutritive des poissons des mers chaudes est d’une grande importance; et nous croyons qu’en l’espace de quelques années, la Station de Miami, grâce à sa situation et. à son organisation, prendra place à ce point de vue parmi les plus grandes stations maritimes du monde ».
- îjî
- * *
- Le moment est venu de décrire les Miami Aquarium and Laboratorij et d’insister sur leur mode d’organisation administrative, si différent de ce que les Français sont habitués à concevoir.
- Le Laboratoire est une construction légère comme il convient au climat de la Floride. 11 est susceptible d’agrandissements et de transformations rapides selon les besoins. 18 places sont actuellement ins-
- Fig. 6. — Une superbe Raie des mers chaudes capturée à Miami.
- Qu remarquera la magnificence de sa robe.
- Fig. 5. —Anémones de mer ou Actinies dans un des bacs de VAquarium de Miami.
- tallées pour les travailleurs et pourvues de tout le confort moderne : éclairage électrique, adduction d’eau douce et d’eau de mer, microscopes et appareils photographiques ou microphoLographiques les plus perfectionnés.
- Plusieurs bateaux à vapeur rendent aisée l’exploration méthodique des fonds sous-marins au moyen de la drague, de la nasse et du faubert.
- Enfin l’Aquarium lui-mème est une merveille, en ce sens que les animaux les plus variés y existent à peu près à l’état de nature. C’est probablement le plus grand aquarium du monde. Une cinquantaine de bacs vitrés, dont certains atteignent les dimensions fantastiques de 10 m. de longueur sur 5 de largeur et o de profondeur, sont répartis de chaque côté de larges couloirs oïl la lumière du jour ne pénètre qu’après avoir traversé l’eau de mer des bacs latéraux. Ainsi filtrée, la lumière est verdâtre et donne aux visiteurs l'illusion de se trouver au fond de l’eau, et de regarder les poissons à travers les vitres d’un scaphandre ou d’un nouveau Nau-tilus. Pour compléter la fantasmagorie, les bacs sont ornés de corail rouge et d’algues géantes au milieu desquelles évolue toute la population rutilante des mers chaudes. L’eau qui traverse les bacs est l’eau même du Gulf Stream. On peut dire sans • emphase que l’on ouvre des robinets pour faire pénétrer le Gulf Stream dans, les aquariums. 2500 spécimens de poissons y prospèrent grâce à ces conditions de vie éminemment favorables.
- Au point de vue administratif les établissements j de Miami appartiennent à la Miami Aquarium | Association. Ce sont donc, des établissements privés, ne se rattachant à aucun Ministère ni à aucune Université. A leur tête est un Conseil d’administration composé de hautes personnalités financières et scientifiques. Le président'est M. J.-A. Allison. Le directeur technique est M. L.-L. Mowbrav, ancien
- p.19 - vue 23/620
-
-
-
- 20: LA SECHERESSE EN 1921
- .directeur de l’aquarium des Bermudes, puis associé aux travaux des laboratoires de Boston et de New-•York. Le Gouvernement américain ne manque pas de s’intéresser à la Station biologique de Miami. Tout récemment l’Aquarium a été .honoré de la visite de l’honorable Warren Harding,’président des Etats-Unis, assisté du Secrétaire de l’Intérieur et de l'Attorney-General.
- Nés sous de pareils auspices, dotés de millions et si parfaitement situés sur une des côtes les plus riches _de l’univers, l’Aquarium et le Laboratoire biologique de Miami ne peuvent que grandir et mener à terme les projets multiples pour lesquels ils furent créés.
- . Léo?) Bektix,
- Agrégé de l’Université.
- LA SÉCHERESSE EN 1921
- i
- | 'Comme nous venons de traverser une période remarquable par sa grande sécheresse et par sa ‘température élevée, j’ai formé le projet d’en entretenir les lecteurs de La Nature, tout en leur évitant la, fatigue de suivre le raisonnement sur des tableaux de chiffres, qui parlent peu à l’esprit, .l’ai composé, par conséquent, avec des graphiques un tableau synoptique, qui, je l’espère, pourra servir de modèle dans des cas analogues, ce qui évitera des oublis, des tâtonnements et les pertes de temps qui en résultent.
- Seulement, au lieu de faire figurer les valeurs Monnaies en traits continus et les valeurs de l’année 1920-1921 en
- pointillé, il vaudra mieux, je crois, faire l’inverse : tracer les dernières valeurs en traits continus et les normales en pointillé.
- Mes graphiques me paraissent exiger peu d’expli-
- Wi! ,
- SlmJ kit 1 1 î
- vin Miühnit£ 911. , U’1 1
- TütAtoMi *t , 1 •••• 1
- Station mi,
- mi ,
- JtwAiW mi .
- Fig. i.
- des plaines de l’Allemagne, qui a remplacé trop souvent le vent de SW, qui nous apporte d’ordinaire de l’humidité du golfe de Gascogne (fig. 5).
- Le tableau de la figure 1 représente les pourcentages des différents éléments par rapport aux normales : ainsi, il n’est tombé que les 47 pour 100 de la pluie normale ; c’est l’insolation qui a présenté l’excès le
- plus notable : elle a dépassé la normale de 17 pour 100. La pression appelle une explication spéciale. L’excès apparent parait bien minime, puisqu’il n’est que de 0,5 pour cent, mais il H faut se rappeler que dans la colonne de mercure du baromètre ce n’est que l’extrême pointe qui parait osciller, car l'amplitude des variations des moyennes annuelles depuis 165 ans n’a été que" de 7 mm sur les 756 mm de la hauteur moyenne du baromètre à l’altitude de l’Observatoire
- — Pourcentage des divers éléments par rapport à la normale.
- cations :
- La hauteur de la pluie a été constamment inférieure à la normale, sauf en août.
- Au sujet du nombre de jours de pluie, on remarquera que la pointe de janvier est plus haute que celle du mois d’août, mais les pluies d’hiver, quoique plus fréquentes que celles de l’été, fournissent moins d’eau.
- L'humidité de l’air a été constamment inférieure a la normale, sauf la petit)' pointe du mois de mai.
- La nébulosité a présenté plusieurs minima très prononcés.
- 1/insolation a été extrêmement forte en mars, en juillet, en octobre.
- Depuis janvier, la température a été constamment supérieure à la normale. Le 28 juillet dernier, on a observé une température ~de 58°4, qu’on n’avait notée jusqu’ici qu’une seule fois depuis 50 ans, le 19 juillet 18$J.
- La pression a été très élevée, de sorte que l’appel d’air extérieur, élément troublant par excellence, a été moindre. De plus, comme on peut le voir sur les roses des fréquences des directions des vents, c’est le vent de NE, le vent sec, venant de la Belgique et
- de Paris (67 ni.), soit de 1 pour 100 seulement. La pression a donc été proportionnellement très liante, comme nous l’avons déjà vu sur le tableau des valeurs mensuelles, qui ne représente les pressions qu’entre 756 mm et 764 mm, à l’altitude de l’Observatoire du Parc Saint-Maur (50 m. 5).
- Maintenant que nous nous sommes rendu compte; par l’examen des graphiques, de la grande sécheresse et de la température élevée de cette période, nous sommes tentés de chercher des analogies parmi les observations antérieures pour déterminer' la périodicité du phénomène et en prévoir le retour. Ges recherches seraient illusoires. Il ne saurait y avoir de périodicité pure et simple, de répétition tout d’une pièce d’un phénomène aussi complexe que le temps. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la succession absolument irrégulière des signes positifs et négatifs des écarts à la moyenne générale et des variations d’une année à l’autre des tableaux numériques de mon Atlas météorologique de Paris, pour se rendre compte que la période de Briickner et tout ce qu’on pourrait proposer d’analogue n’a aucune valeur réelle; Bien plus, faire croire qu’il V a déjà là un fait acquis présente le grave incon-
- p.20 - vue 24/620
-
-
-
- LA SECHERESSE EN 1921
- 21,
- “ht Ui pur. Sén. ii) W ii
- lit tU. jw Æt J|I| ri Jte fai
- fan-
- «Y-
- Jlr
- K
- Jloït.
- Oddw
- Fig. 2.
- Les caractéristiques météorologiques de Vannée 792/.
- Fig, 3.
- Roses de fréquences des directions des vents aux divers mois de 792/.
- p.21 - vue 25/620
-
-
-
- .22
- MOTEURS A NAPHTALINE
- vénient d’en écarter les chercheurs. Dans quelle voie faul-il alors poursuivre les recherches V - Il peut, paraître hanal de dire qu’il faut s’occuper des dépressions, mais, en fait, nous ignorons jusqu’ici leur nature, leur lieu d'origine et les causes qui déterminent, leurs trajectoires. Puisque la théorie1 thermique et les différentes théories mécaniques se sont, montrées incontestablement, insuffisantes, et qu’on ne saurait se passer d’une hypothèse pour diriger les recherches, je me permets de signaler qu’on n’a pas tenu compte jusqu’ici de l’électricité atmosphérique. Or, les effluves électriques, qui nous sont, rendues visibles par les aurores polaires, et. le froid, qui règne dans les hautes régions de l’atmosphère, présentent des conditions extrêmement favorables pour la condensation de l’oxygène en ozone ; il en résulte un vide partiel, qui constitue la cause première d’appel d’air qu’on a vainement cherchée ailleurs. J’imagine donc qu’on peut assimiler la marche d’une dépression à la propagation d'une effluve électrique ozonisante. Le passage d’un grain a, d’ailleurs, toujours apporté de l’ozone. Dans cette hypothèse, le lieu d’origine principal des dépressions se trouverait suivant l’ellipse du maximum de fréquence des aurores polaires, vers le 80° de latitude, d’où elles nous arriveraient, soit directement, soit après avoir fait un crochet par le golfe du Mexique. Ainsi que je l’ai signalé à la dernière séance de la Société Météorologique, Slipher en Californie et lord Rayleigh en Angleterre, c’est-à-dire sensiblement sous nos latitudes, ont, réussi à photographier la raie caractéristique de l'aurore polaire. C’est là un moyen précieux pour avoir des renseignements sur l’état électrique des couches supérieures'"'de l’atmosphère et peut-être, suivant l’hypothèse, indiquée ci-dessus, sur la production des dépressions. D’autre part, le Comité Météorologique International, qui s’est réuni à Londres en septembre dernier, a recommandé d’organiser des observations dans un certain nombre de stations polaires, pendant, le prochain voyage d’exploration d’Amundsen.. Il y aura là des documents précieux pour l’étude, des dépressions.
- La sécheresse, dont la France a tant soufïert, s’est fait sentir surtout, dans le Nord-Ouest et dans l’Est de l’Europe : France, Angleterre, Belgique, Suisse, Russie. Le, 28 juillet, le jour du maximum de température à Paris, on a obesrvéà Cenève 57°, 7,
- la température la plus éle'vée depuis 50 ans. Il parait qu’en Mésopotamie on aurait noté, sous l’abri, le 16 juillet, une température de f),r>n,8 qui constituerait le maximum absolu observé jusqu’ici à la surface du globe. Rar contre, l'année a été extrêmement pluvieuse dans h1 sud des Etats-Unis.
- De nombreux incendies de forêts ont été signalés dans tous les pays qui ont 'souffert de la sécheresse.
- Voici les premiers résultats des récoltes en France.
- Si l'KHFIOIH PKORL'CIIOX
- en milliers d'heclurcs. en milliers i le qninlrmx.
- i:>2i 1920 1921 1920
- Blé. . . . . . 5.2-24 4.896 85.905 62.706
- Seigle. .... 850 810 10.648 8.427
- Orge 620 587 7.505 7.707
- Avoine .... 5.255 5.505 54.465 42.228
- Les pommes de terre n’ont donné, en général, qu’une, récolte déficitaire ; il en est de même du vin, mais il est de qualité supérieure.
- La récolte de betteraves à sacre parait un peu inférieure à la moyenne.
- La récolte d'olives est bonne.
- L’ensemencement des céréales d’automne s’est effectué, en général, dans de bonnes conditions.
- Les fourrages ont beaucoup souffert, de la sécheresse, et les paysans ont été obligés de se défaire d’une partie de leur bétail, ce qui a amené une baisse, qui a atteint et même dépassé souvent 60 pour 100 sur les marchés de production; pourtant, dans les grandes villes, le prix de la viande en détail s’est maintenu ferme, même avec une tendance,à la hausse. Comme l’a dit, au Sénat, le sous-secrétaire d’Etat, au Ravitaillement, en réponse à une question, qui lui a été posée par un sénateur de la Normandie : il y a là des mystères qu’il est bien difficile de percer.
- S’il y a sur la terre des mystères difficiles à percer, on admettra bien qu’il puisse en rester encore quelques-uns dans le ciel ; en tout cas, les recherches continuent.
- Jo kpii Lkvixe,
- Aide-mél.ém'ologist.e de, lre dusse à lu section des recherches scientifiques de l’Oriice niHioied méléorologique.
- $§'ïsS*'S'C&>
- MOTEURS A NAPHTALINE
- On a cherché depuis longtemps à remplacer l’essence par des dérivés d’un prix d’achat, moins élevé. Les huiles lourdes ont attiré les premières recherches, certains envisagent l’acétylène et enfin on n’a pas hésité à s’adresser également aux hydrocarbures solides tels que la .naphtaline.
- Déjà, avant la guerre, on trouvait, de petites locomotives de mines ou de chantiers alimentées par les huiles lourdes et munies d’un dispositif spécial pour fonctionner avec de la naphtaline.
- Le principe d’emploi de ce carburant était de. le fondre au bain-marie à 100° (la température de
- p.22 - vue 26/620
-
-
-
- MOTEURS A NAPHTALINE
- 23
- fusion est en. effet de 79°). La naphtaline fondue est élevée par une pompe dans un réservoir supérieur et elle se dirige dans un carburateur spécial.
- La complexité de cette installation ne pouvait la faire envisager que pour des puissances et pour des machines particulières, surtout dans les endroits où l’on veut supprimer des risques d’incendie.
- L’augmentation continuelle du prix- de l'essence et aussi de ses dérivés a donné encore plus d’importance à la recherche d’appareils capables d’employer les combustibles les plus économiques, en utilisant le principe du moteur à explosion. La création d’un moteur industriel de faible puissance était particulièrement intéressante à la condition qu’il fut d’un mécanisme simple et d’un fonctionnement très sur.
- Dans un modèle tout récent, on vaporise le combustible, en le gazéifiant à basse température, ce qui évite la dissociation des hydrocarbures et donne au moteur une marche très douce. Voici comment ce moteur fonctionne.
- On introduit la naphtaline à l’état solide par l’ouverture d e chargement du réservoir, qui se
- trouve cà gauche du moteur sur la figure et la liquéfaction de la naphtaline se produit par une dérivation des gaz d’échappement. Naturellement, le démarrage du moteur se fait obligatoirement à l’essence ou au benzol par un petit réservoir auxiliaire.
- Le moteur à naphtaline.
- Dès que la naphtaline est liquéfiée, elle se rend au gazéificaleur par une tuyauterie qui longe F échappement.
- . Elle se vaporise, et se mélange avec l’air surchauffé, dans un diffuseur spécial. Dès que. le moteur est alimenté en naphtaline, on ferme l’essence dont l’emploi devient inutile.
- D’autre part,, le gazéificateur est muni d’une prise d’air • avec compensateur qui est. destiné à doser parfaitement le mélange carburé et à assurer
- des reprises ins-
- ... lantanées à tous
- les régimes de charge du moteur.
- ' * La consomma-
- tion indiquée par les inventeurs de ce moteur est de 500 grammes
- par cheval-heure, ce qui donne la dépense de combustible égale, à 10 centimes par cheval-heure environ.
- On ne saurait, pour le moment du moins, envisager l’adoption de ce système dans les moteurs de voiture, mais le champ des applications est suffisamment vaste et intéressant pour le moteur fixe et les modèles établis dès maintenant, qui comportent des puissances respectives de 8 et, de 15 chevaux, peuvent trouver leur dans les
- exploitations agricoles, dans les petits ateliers où la dépense de force motrice demande encore plus qu’ailleurs à être- réduite pour arriver, à un prix de revient économique au cheval-heure.
- D. Markciiaj.
- p.23 - vue 27/620
-
-
-
- 24
- LE PONT EN BETON ARME DE SAINT=PIERRE~DU~VAUVRAY
- An début, les constructions en béton armé ont été I 60 à 70 mètres. Petit à petit., au fur et à mesure timides et, pour les ponts en particulier, on n’osait | des progrès de la technique du béton armé, on a
- pas prévoir des portées considérables pour les arcs. I envisagé desconstructions audacieuses, qui d’ailleurs Les ponts les plus grands qui ont été construits se | se sont parfaitement bien comportées. En 1914, le
- Fig. 7. — Levage d’une pigue du transbordeur.
- trouvèrent longtemps dans le Luxembourg, et il I record était détenu par le pont en béton armé de paraissait extraordinaire d’atteindre des portées de | Rome dont l’arche mesure 100 m. de portée.
- p.24 - vue 28/620
-
-
-
- LE PONT EN BÉTON ARMÉ DE SAINT-PIERRE DU VAUVRAY = 25
- Fig. 3. — Mise en place au moyen du transbordeur des piliers supportant le cintre.
- Il y a en cours d’édification, à Saint-Picrre-du-Yauvray, un pont qui sera le plus grand pont en béton armé du monde. Sa conception est due à l’ingénieur Freyssinet. Ce pont doit servir au passage sur la Seine du chemin de grande communication de Saint-Pierre-du-Vauvray.
- Il est constitué par deux arcs creux qui ont une
- section rectangulaire et la portée réelle du pont est de 151 mètres. La largeur de chacun des deux trottoirs est de 1 m. 50 et la largeur de la chaussée atteints m. 80. Les pièces du pont sonl moulées à terre et elles seront mises par la suite en place. Les tiges de suspension de ces pièces de, pont, sont constituées par 40 tirants en acier de 10 mm qui ont
- |Fig. 4. — Mise en place du cintre.
- p.25 - vue 29/620
-
-
-
- 26 LE VOLUMETRE ACOUSTIQUE CHARRON-GODET
- une section deO ni. 14x0 ni. 14 et qui sont noyés dans du béton.
- - Les arcs ont une forme parabolique et ils sont encastrés dans deux culées. Ces culées sont constituées par des caissons qui ont la forme d’un triangle à angles arrondis, la hauteur des caissons est de 15 m. 80. Ils sont fondés sur la roche qui a une profondeur de 14 mètres au-dessous du niveau des pièces, soit 12 m. 50 au-dessous du niveau des eaux.
- Les procédés de construction en arcs sont assez originaux. Cette construction est faite par la maison Limousin et Cie, qui est spécialisée dans les travaux publics en béton armé. Le fonçage des caissons se fait naturellement à l’air comprimé et pour permettre le libre passage de la rivière, on a prévu d’une façon spéciale le montage des arcs ou plutôt le montage des coffrages dans lesquels les arcs seront moulés sur place.
- Pour cela, on a battu en rivière des piéux servant de culées provisoires, sur ces pieux on dresse des
- sortes do poutres qui viendront supporter les col' frages de l’arc du pont.
- Pour dresser facilement ces poutres qui sont constituées en béton armé, on a prévu, de chaque côté de la rive du fleuve, des bigues qui soutiennent un câble avec un appareil transporteur ou « blon-din y. Cet appareil transporteur se déplace le long du câble d’une rive à l’autre et il permet d’exécuter le levage des poutres en les soutenant jusqu’à ce que chacune vienne se monter sur les autres poutres voisines.
- On réalise de cette façon un support parfait pour la mise en place des pièces des arcs paraboliques du pont, sans gêner en rien la navigation. Les coffrages sont d’ailleurs préparés à terre et ils sont mis en place aussitôt que les supports sont montés.
- Il y a là un procédé très original de construction, d’une belle hardiesse, étant donnée la longueur inusitée de ce pont en béton armé, actuellement le plus grand pont du monde construit en ce genre.
- E. Weiss.
- LE VOLUMETRE ACOUSTIQUE CHARRON-GODET
- Pourquoi un moteur boite et pourquoi il cogne.
- Comment on peut savoir en quelques instants si les chambres de compression sont égales ou inégales, propres ou encrassées.
- Les moteurs de nos automobiles modernes ont des chambres de compression minuscules. On améliore ainsi leur rendement ; mais on est allé dans cette voie aussi loin que possible, de telle sorte que le volume de ces chambres ne souffre plus d’irrégularités ou de réductions nouvelles, sinon des désordres apparaissent.
- Pourquoi un moteur boite? — Un moteur poly-cylindrique soigneusement réglé doit faire entendre un ronronnement bien uniforme dans lequel aucune explosion ne se distingue des autres. Or, très souvent, on saisit dans la succession de ces explosions, un rythme qui indique précisément leur inégale force. Il n’en faut pas davantage pour provoquer des vibrations gênantes pouvant amener, par synchronisme, la rupture d’une pièce.
- Une inégalité dans, le volume des chambres de compression suffit à produire un tel boitement, puisque dans la chambre la plus petite, l’explosion sèra plus violente. Quiconque s’occupe de moteurs doit pouvoir se rendre compte si les chambres de compression d’un polycylindrique sont égales.
- Or, il suffit d’une irrégularité dans la fonte, d’un encrassement plus accentué, pour qu’une chambre ait une capacité différente de celle de ses voisines.
- 4 Pourquoi un moteur cogne? — Tous les moteurs s’encrassent, c’est un fait d’expérience. La couche de charbon peut provenir d’un excès d’essence, d’une décomposition de la molécule du carburant
- appelée « cracking », ou de combustion d’huile en excès. Une épaisseur d’un millimètre est chose courante; on peut se rendre compte que la diminution de volume qui en résulte pour la chambre peut aisément atteindre une dizaine de centimètres cubes. Gela suffit pour augmenter exagérément la compression et faire cogner le moteur.
- Là encore, un procédé de mesure commode et précis permettant de constater la diminution progressive du volume de la chambre, au fur et à mesure de l’encrassement, serait extrêmement précieux.
- Principe de la méthode nouvelle. —- Il n’existait jusqu’ici qu’un moyen des plus primitifs, c’est le jaugeage à l’huile, consistant à remplir chaque chambre de ce liquide, à l’aide d’une éprouvette graduée. Outre la lenteur et la malpropreté de cette méthode, on peut douter de son exactitude; car qui peut répondre que l’huile introduite dans une chambre, quelquefois bizarrement contournée, en chasse tout l’air, et qu’il ne reste pas de-ci de-là quelques bulles obstinément logées en des recoins ou des soufflures ?
- On comprend aisément que ce n’est pas à l’aide d’un pareil moyen qu’un automobiliste s’amusera (?) à vérifier si les chambres de son moteur sont inégales ou si elles diminuent lentement de jour en jour.
- 11 v avait lieu de chercher nuire chose. M. F. Char-
- p.26 - vue 30/620
-
-
-
- LE VOLUMÈTRE ACOUSTIQUE CHARRON-GODET ; .- • .—— 27
- ron-Godet, docteur ès sciences, professeur de physique à l’Université catholique d’Angers,"résolut le problème à l’occasion de recherches relatives à des phénomènes d’acoustique. Il fut conduit à réaliser un appareil extrêmement original et non moins pratique qu'il appela « volumètre acoustique ». En voici le principe :
- Sur la paroi d’une cavité à mesurer remplie d’air à la pression atmosphérique, montons un petit bout de tuyau cylindrique muni d’un piston. L’air enfermé ainsi dans la cavité forme ressort, de telle sorte que si nous donnons une petite impulsion à ce minuscule piston, il exécutera quelques vibrations. Or ce ressort est d’autant plus dur, et par suite les vibrations d’aütant plus rapides que la cavité est plus petite.
- L’emploi d’un piston solide est inutile, l’air même que contient la tubulure peut constituer un excellent piston gazeux et entrer en vibration sous l’influence d’un courant d’air judicieusement, lancé. Alors la cavité chante », rendant un son caractéristique de son volume et dont la fréquence est inversement proportionnelle à la racine carrée du dit volume. La forme n’intervient pas sensiblement pourvu que la longueur d’onde du son rendu soit assez grande par .rapport aux dimensions de la cavité.
- Imaginons que l’on monte une seconde tubulure identique sur une cavité-mesure étalonnée, constituée par un corps de pompe et son piston dont la tige est graduée. Un même courant d’air fait chanter les deux cavités qui, en général, rendent chacune un son différent. La figure 1 représente la disposition des appareils.
- On devine maintenant la suite. Si, en effet, on amène les deux notes à l’unisson, en modifiant le volume de la cavité-mesure, on a la certitude que les deux volumes sont égaux. La capacité inconnue se lit donc sur la tige graduée de la cavité-mesure.
- Une circonstance singulièrement heureuse va permettre d’obtenir l’accord avec grande précision : On sait que deux sons de fréquence légèrement différente interfèrent et produisent des battements. L’oreille perçoit donc généralement des redondances, des trémolos très accusés. En déplaçant le piston, dans un sens, les battements se précipitent ; dans l’autre sens, ils s’espacent, puis disparaissent
- Fig. 2. — Mesure d'un volume quelconque.
- La clocha tubulèe I, mesurée au volumètre, accusej par exemple un volume de 340 centimètres cubes. Après introduction du corps, en II, la capacité n’est plus que de i3o centimètres cubes. — Conclusion : le volume du ccrps est 3qo— i3o = 2io cc.
- Fig. 1. —Principe du volumètre acoustique.
- A et B, tubes de même section et de même longueur dans lesquels jouent les pistons gazeux. — C, cavitc-mesurc dont on lait varier le volume au moyen du piston P. — R, cavité à mesurer. — T, tube de caoutchouc dirigeant-l’air vers les petits tuyaux sonores A et B. —t, tige graduée en centimètres cubes.
- complètement. A ce moment la mesure est faite. On a bien compris qu’il ne s’agissait nullement d’un phénomène d’ordre musical, n’importe qui entend immédiatement s’il y a trémolo ou non.
- Il est bon d’ajouter que le courant gazeux ne détermine aucune surpression dans la cavité dont l’air reste, en moyenne, à la pression atmosphérique, et dont, par suite, l’étanchéité rigoureuse n’est pas requise. Ceci est très important.
- Emploi.du volumètre acoustique. — Il résulte de cc qui précède que cet appareil est d’un emploi simple et rapide et qu’il ne nécessite aucune habileté spéciale.
- 11 se présente sous la forme d’une boite en acajou dont une moitié renferme le corps de pompe, son piston et la tige graduée qui en repère la position ; l’autre moitié contient les accessoires néces saires à l’opération.
- Pour mesurer la chambre d’explosion d’un cylindre, on commence par mettre le piston au point mort supérieur en fin de compression, les deux soupapes sont alors fermées. O11 enlève la bougie et l’on met k sa place le sifflet à raccord fileté livré dans la boite. Une canalisation en Y est reliée à la soufflerie et le courant d’air se partage entre le sifflet-bougie et un autre identique, à demeure dans l’appareil. On peut utiliser comme source d’air comprimé, soit.! une bouteille d’air, soit une pompe et une nourrice régulatrice dont le rôle est de transformer en courant gazeux continu le flux saccadé envoyé par la pompe. Le jaugeage s’exécute comme la figure o Findique.
- On a vu que l’étanchéité rigoureuse de la chambre était inutile. Les légères fuites que les segments et soupapes présentent toujours sont sans influence.
- La sensibilité de la méthode est grande. SFaprès avoir mesuré une chambre, on y introduit 1 ou 2 cm3 d’huile et que l’on recommence un essai, on s’aperçoit que l’indication précédente ne subsiste
- p.27 - vue 31/620
-
-
-
- 28 r—.....=rr LES ULTRARADIATIONS ÉMISES PAR LE SOLEIL
- pas. Il faut repousser la réglette d’une quantité correspondante au volume d’huile introduite.
- Applications. — Le volumètre acoustique est sorti de la période des essais, il est exploité industriellement par la « Société des Accessoires routiers ». M. Baudry de Saunier, dont on connaît la compétence en matière d’automobile, l’a personnellement adopté et l’a présenté aux lecteurs de sa revue Omnia. De nombreux constructeurs et garagistes
- mode de se servir d’une petite cloche tubulée à bords rodés posée sur une glace légèrement suiffée. Cette méthode est indiquée dans le cas de corps irréguliers ou pulvérulents et que l’on désire ne pas mouiller. Tout particulièrement dans l’industrie automobile, il y a Là une nouveauté qui ne tardera pas à s’imposer au constructeur, au mécanicien spécialiste à l’affût des méthodes scientifiques qui peuvent l’aider dans la solution de certaines difficultés. Le
- Piston au point mort de fin décompression.
- Nourrice
- 1 Ondes èmananü kdeJaboite de if \\ mesure [I
- Pompe à main
- Réglette graduée déplacée jusqu'à ce que les deux séries d'ondes soient à l'unisson
- Fig. 3. — Schéma du fonctionnement du volumètre acoustique.
- le possèdent actuellement, et il s’est introduit dans divers laboratoires.
- En effet, les applications en sont nombreuses. D’un premier point de vue très général, c’est un volumètre, et, à ce titre, il permet non seulement de déterminer le volume des cavités, mais aussi d’un corps quelconque en mesurant la différence des volumes que présente une même enceinte avant et après l’introduction du solide (fig. 2). Il est eom-
- garagiste avisé aura récupéré à brève échéance le prix d’ailleurs fort peu élevé de l’appareil, en donnant à sa clientèle des « consultations » sur la cause d’une boiterie du moteur ou sur l’importance d’un encrassement. Même le simple automobiliste ou motocycliste qui soigne sa machine et veut tirer le meilleur parti de son moteur aura sons la main un procédé d’ « auscultation » vraiment intéressant.
- R. Yillkrs.
- LES ULTRARADIATIONS ÉMISES PAR LE SOLEIL ET LEUR ACTION SUR LA TERRE
- Le Soleil est le foyer de multiples radiations dont nous ne connaissons qu’un nombre restreint, telles que les radiations calorifiques, lumineuses et ultraviolettes. Mais il en existe certainement d’autres, qu’on n’avait pu encore mettre en évidence, bien qu’on en soupçonnât l’existence.
- On a cru à la possibilité d’une émission de rayons cathodiques, peut-être même de rayons X, tout au moins pendant les époques d’activité solaire. Cette hypothèse avait permis d’expliquer une partie des troubles qui se manifestent alors, dans la haute atmosphère.
- De récentes recherches viennent de mettre en
- lumière l’émission solaire, très probable, de nouvelles radiations comparables, dans une certaine mesure, aux rayons X et y, mais douées d’une énergie et d’un pouvoir de pénétration beaucoup plus considérables.
- Xous avons désigné provisoirement ces ondulations, qui ont très probablement une vitesse vibratoire extrêmement rapide, sous le nom d'ultra-radiations.
- Ces ultraràdiations, très pénétrantes, traversent avec la plus grande facilité les murailles les plus épaisses, des bâtisses tout entières, des plaques métalliques. Elles possèdent, au plus haut degré,
- p.28 - vue 32/620
-
-
-
- LES U LTRAR ADI ATI ONS ÉMISES PAR LE SOLEIL --- - 20
- la faculté de décharger les corps électrisés (').
- C’est, du reste, cette propriété qui a permis de les mettre en évidence et de les mesurer.
- On utilise, dans ce but, un électromètre h feuille d’or ou à quadrants, chargé d’une façon permanente par une pile sèche à colonne. La feuille métallique •ou l’aiguille de l’électromètrc sont mises en communication permanente avec le pôle négatif de la
- mettent d’observer les déviations intérieures de l’instrument et de les mesurer.
- Lorsque l’électromètrc est installé dans une pièce parfaitement close, on constate, avec quelque surprise, que son aiguille est constamment en mouvement et que. cette agitation est particulièrement vive pendant les périodes de grande activité solaire et de troubles atmosphériques. Nous avions observé, de-
- Orages Beau Orages Beau
- M
- %ji2 \
- XJ 5 \ v//\ ... V-' P'
- ; \ I •
- Septembre /g2f
- 16 17 18 !9 20 2/ 22 23 24 25
- r- [M . Passaqe au méridien centra/. (Augmentation)..a
- J F°yers \W. bord Ouest-. * ............. J
- 60 famés jgg' Recrudescence d'activité du foyer. .......__
- 2 Charge, de t'é/ectromètre ; décroissance de ta charge __.... f
- Jnégative correspondant à f'accroissf des Ultra-radiations. ^
- 3 Composante horizontale. (Diminution)......................|
- ...,••••... Courant tellurique Nord-Sud. (Diminution)...............
- § „ „.*-•-—i Conduction terrestre Nord-Sud. (Diminution). ______________
- Schémas comparatifs des intensités iss ultraraMations, du magnétisme, du courant tellurique NS., de la conduction NS, des foyers solaires et de l’état de Vaimosphèt‘e, du 16 au 25 septembre içai.
- pile, par l’intermédiaire d’un mince ruban de clinquant qui remplit, en môme temps, le rôle de bifilaire.
- L’électromètrc cf sa'pile de charge sont enfermés dans une caisse métallique parfaitement close, qui les met à l’abri de toute influence électrique extérieure.
- On prend le soiu de ménager dans la caisse de métal deux petites ouvertures opposées qui per-
- 1. Note présentée à l’Acadmie des Sciences par M. Bigourdau dans sa séance du 17 octobre 19‘21.
- puis longtemps déjà, qu’un électromètre chargé, disposé dans une cage de Faraday, subissait une décharge rapide pendant les périodes d’activité •solaire, et que cette décharge se manifestait surtout sur l’électricité négative.
- Ces effets sont du reste analogues à ceux que produirait une puissante source de rayons \ ou de rayons y, placée à l’extérieur et au voisinage de la paroi métallique de l’électromètre.
- C’est également le même phénomène que nous avions découvert (antérieurement aux recherches de
- p.29 - vue 33/620
-
-
-
- 3C : ,------------- LES ULTRARADIATIONS
- Hertz), dans nos premières éludes sur ce sujet., à la Sorbonne et au Collège de France, dès l’année 1884 (').
- Nous avions observé, à cette époque déjà lointaine, qu’une plaque conductrice isolée, exposée au soleil, prenait une charge positive. Cette charge était due aux radiations lumineuses et aux ultraradiations, qui provoquent une ionisation à la surface de la plaque, Les ions négatifs très mobiles disparaissaient dans l’air et les ions positifs, séjournant sur le conducteur, lui communiquaient une charge positive variable suivant le degré d’activité solaire.
- Dans le modèle d’électromètre que nous avions adopté dans nos dernières recherches une pile sèche, constamment chargée, permettait à l’instrument de se recharger au fur et à mesure qu’il subissait l’action des ultraradiations. Cette action se manifeste par une décharge continuelle de F électromètre qui est d’autant plus rapide que les ultraradiations sont plus intenses. La mesure de cette intensité est donnée par la grandeur de la déviation de l’aiguille de l’éleetromètre.
- Les mesures ainsi effectuées permirent de tracer des graphiques reproduisant les variations d'intensité des ultraradiations. L’émission de ces radiations par la haute atmosphère se manifeste aussi bien le jour que la nuit : les radiations contournent les hautes couches atmosphériques et les' enveloppent entièrement.
- Les ultraradiations se propagent ensuite à travers les couches inférieures de l’atmosphère ; elles y subissent une absorption variable, dépendant de sa transparence. Elles parviennent à la surface du sol, plus ou moins affaiblies suivant le degré de perméabilité des couches atmosphériques.
- Lorsque le ciel est clair, les ultraradiations sont plus intenses que lorsque le ciel est nuageux ; elles subissent des variations incessantes provenant de l’état d’agitation continuelle des couches atmosphériques.
- Le passage des nuages les affaiblit, et l’interposition d’un épais manteau de nuées, pendant les périodes de troubles, diminue d’une façon très sensible leur intensité ; elle en régularise l’émission.
- Lorsque l’activité ultraradiante du soleil augmente, il se produit une rapide diminution de la charge négative, dans l’électromètre ; on constate que cette diminution est susceptible de grandes variations, meme en l’absence de tout foyer à la surface du soleil. '
- La formation des taches solaires parait résulter d’une très grande activité de l’astre, particulièrement dans les régions où naissent ces taches, qui seraient la conséquence et non la cause de l’activité solaire .«< .
- i. Note à 1 Académie ces Sciences, Etude sur tes phénomènes électriques produits par les radiations solaires, présentée par M. Mascarl le 5 août 1889, Lu Nature, n° 851, 21 septembre 1889, p. 267.
- ÉMISES PAR LE SOLEIL ................::.
- Nous avons pu tracer de nombreux graphiques, représentant au même instant, les intensités respectives des ultraradiations, du magnétisme, des courants telluriques, de la conduction terrestre, des foyers solaires et de l’état de l’atmosphère
- L’étude de ces graphiques fait ressortir d’étroiles relations entre les divers phénomènes ; elle permet également de constater que les périodes où les taches solaires présentent un développement maximum, et celles où elles passent au voisinage du méridien central, sont également celles où l’action ultraradiante est maxima, ainsi que tous les autres phénomènes électromagnétiques. Tandis qu’aux époques où le soleil est privé de taches, on observe un accroissement général dans l’intensité de tous ces phénomènes.
- L’étude des graphiques ci-joints, donnés à titre d’exemple, permet de se rendre compte de quelques-uns des faits précédents. Ceux-ci résument quelques observations faites pendant l’été dernier, remarquable par sa température élevée et par sa sécheresse.
- La surface solaire y resta presque constamment sans taches et les instruments de mesure indiquèrent, durant cette période, une constance remarquable dans les divers 'phénomènes électromagnétiques, tels que l’action ultraradiante, l’intensité magnétique et les courants telluriques. Ces faits furent du reste la conséquence du calmé solaire.
- Toutefois, on observa le 15 septembre, un retour de gros foyer à l’est de l’astre; celui-ci était placé au voisinage du plan équatorial.
- On sait que les gros foyers de forme régulière, qui sont entraînés dans l’hémisphère visible par la rotation solaire, ne produisent généralement pas de troubles sensibles; tel fut le cas du foyer du 15 septembre dernier. '
- Les courbes représentatives des divers phénomènes terrestres aux mêmes dates, montrent que, dès le 16 septembre, la charge négative de l’électomètre augmente progressivement, ce qui revient à dire que les ultraradiations diminuent constamment; d’autre part, la composante horizontale (intensité du magnétisme) diminue également, ainsi que le courant tellurique nord-sud et la conduction terrestre N.S. Ce fut précisément à l’époque du passage du foyer au voisinage du méridien central, que toutes les actions terrestres présentèrent un minimum d’intensité. On observa, en outre-, du 22 au 25 septembre, lorsque le foyer disparut à l’ouest du soleil, un accroissement général dans l’intensité de tous les phénomènes électromagnétiques.
- Il se produisit, le 17 et le l22 septembre, de légères variations dans le foyer solaire, qui provoquèrent des variations correspondantes dans les actions terrestres.
- On observa, à par tir* du 25 septembre, une nouvelle formation de foyers à l’Est de l’astre, qui pro-
- p.30 - vue 34/620
-
-
-
- ACADEMIE DES SCIENCES
- voqua une diminution progressive des actions électromagnétiques à distance.
- Notons, en outre, que les périodes d’accroissement on de diminution rapides dans l’activité solaire, accompagnées de variations secondaires, comme il s’en produisit du 17 au 20 et du 22 au 2o septembre, furent accompagnées de beau temps.
- L’état de l’atmosphère fut également beau pendant les périodes de formation progressive et régulière de nouveaux foyers, telle que celle qui débuta le 2 septembre.
- Des résultats analogues furent constatés plus récemment, du 14 au 21 novembre dernier, pendant le passage d’un gros foyer solaire, suivi de l’apparition, à la date du 22, d'un autre foyer important provenant d’un retour.
- Sans nous étendre davantage sur ces résultats, il semble qu’on en pourrait conclure que les taches solaires jouent le rôle d’écrans absorbants vis-à-vis des ultraradiations émises par le noyau de l’astre; et que la disparition progressive de ces taches
- 31
- amène une recrudescence dans l’acitivté ultraradiante du Soleil.
- Les périodes de variations rapides dans l’activité ultraradiante du Soleil seraient] celles où se produiraient des troubles dans l’atmosphère ; tandis que les périodes de variations lentes et progressives correspondraient au calme atmosphérique.
- L’ensemble de ces résultats parait présenter u:i intérêt immédiat pour la physique du globe, la météorologie et la prévision du temps.
- Ceux-ci nous permettront probablement de donner une explication plus rationnelle de divers phénomènes terrestres, tels que l’électricité atmosphérique; les aurores polaires; les cyclones ; l’état atmosphérique ; les courants telluriques, etc.
- Nous reviendrons, du reste, dans une prochaine étude, sur les causes des courants telluriques et sur leurs relations avec l’activité solaire.
- Albeut No»-f,
- Docteur ès sciences, Président de la Société astronomique de Bordeaux.
- cjg'5-V^-C/gî}
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances d’octobre et novembre 1921.
- Le pétrole préparé avec l'huile de colza. — M. Alphonse Mailhe poui’suit ses essais sur la décomposition des huiles en présence d’un catalyseur mixte, le liquide obtenu devant subir l’hydrogénation. La note qu’il soumet à l’Académie résume des expériences qui ont porté sur l’huile de colza. Celle-ci fut traitée sur un catalyseur cuivre-alumine, à 550-650° et donna ainsi un gaz éclairant mélange des différents carbures (G" U-" ^ 2, CaHi"), d’oxvde de carbone et d’anhydride carbonique, enfin un liquide de couleur brun acajou, se partageant en deux fractions. l’une bouillant jusqu’à 150°, l’autre jusqu’à 250°, et se prêtant chacune, après lavage à la soude et à l’eau, à l’action du gaz hydrogène sur le nickel à 180°.
- Il résulte de ces expériences,et décollés qui ont porté sur l’huile de lin, qu’en dirigeant la réaction d’hydrogénation sur un nickel plus ou moins actif,,on produit tel ou tel pétrole renfermant surtout des carbures cycliques (aromatiques et cycloforméniques) ou simplement cyclo-forméniques. • -s •
- L’influence de la température sur les propriétés absorbantes des sols. — M. Stoquer s’est préoccupé de rechercher si les variations de .température qui, pour un même sol, atteignent parfois 24° aux environs de Paris, influent sur le pouvoir de fixation de certains principes fertilisants; il a fait choix de quatre terres de compositions dilïércnteSj pour étudier leurs propriétés absor-
- bantes vis-à-vis du sulfate d’ammoniaqué“à U°, 16° et 55°. L’ensemble des résultats indique que ce pouvoir de fixation augmente avec la concentration des liqueurs et qu’il diminue quand la température s’élève.
- Les diurétiquesinterstitiels. Dans le traitement des hydropisies, on associe un régime pauvre en chlorure' de sodium et en eau, à une médication cardiotonique ou rénale, mais on voit souvent la méthode rester inefficace., M. Léon Blum préconise alors l’administration à fortes doses de sels de potassium et de calcium. La réduction est ainsi très rapide de certains œdèmes brigthiques, d’épanchements pleuraux ou ascitiques, enfin d’hvdropisiès cardiaques rebelles à la digitale. 11 semblé que dans ce cas, les métaux K et Ca agissent en déplaçant dans les humeurs l’ion sodium.
- Eleclro-andhjse rapide du laiton. —- M. et Mme Las-sieur sont arrivés à réaliser l’électrolvse en milieu nitrique pour déposer le cuivre, puis à réduire,l’acide à l’étatd’ammoniaque, sous l’influence du courant, dé façon à pouvoir doser le zinc. On opère cl’abord avec un appareil à électrodes. rotatives, en employant un courant de 4 à 5 amp., puis on électrolyse la liqueur débarrassée du cuivre et additionnée de fluorure de sodium, en utilisant, pour une densité de courant analogue, une cathode cuivrée.
- Paix B.
- p.31 - vue 35/620
-
-
-
- 32 .. ~~r.— 1-^sr• --
- UN POISSON LUMINEUX FOSSILE
- Fig. i. — Empreinte de Myctophum prolaternatum (longueur sans caudale : 58 millimètres).
- Le Bulletin de la Société géologique de France \ient de publier un très intéressant mémoire de M. Camille Arambourg, signalant, parmi les poissons fossiles du Sahélien des environs d’Oran, la présence des petits Scopélidés qui montrent cette particularité de posséder des traces, parfaitement conservées par la fossilisation, d’organes lumineux spéciaux au genre Myctophum dont ils font partie.
- Les Myctophum actuels possèdent, régulièrement distribués le long du bord ventral et sur quelques autres parties du tronc, une série de petits granules hémisphériques accolés chacun à la face interne d’une écaille dont le centre, épaissi en forme de lentille, joue le rôle de condensateur lumineux.
- Or, chez un échantillon provenant du ravin de Raz-el-Aïn, près d’Oran, M. Arambourg a trouvé des traces des memes organes, semblablement placés et remarquablement conservés. Il a pu ainsi déterminer les affinités étroites de cette espèce qu’il a appelée Myctophum prolaternatum avec le M. laternalum actuel qu’on connaît dans l’Océan Indien, entre le golfe du Bengale, Ceylan, Sumatra, les Ghagos, Zanzibar, les Seychelles et le golfe d’Adon, sur la côte ouest d’Afrique, du golfe de Guinée, du Maroc, sur lès côtes de la Californie et celles pacifiques dè l’Amérique Centrale.
- C’est, croyons-nous, la première fois qu’on découvre des organes lumineux chez des espèces fossiles. Ils ne doivent cependant pas être exceptionnels, puisque M. Arambourg, examinant dans la galerie de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle les poissons de Licat.a (Sicile) décrits en 1875 par Sauvage, a constaté sur plusieurs des photophores parfaitement reconnaissables.
- Il semble donc possible, comme le fait remarquer M. Arambourg, que le groupe des Myctophum ait joué un rôle important dans la faune ichtyo-logique du bassin occidental de la Méditerranée, à l’époque du miocène supérieur.
- Ces Poissons sont mélangés dans la plupart de leurs gisements à des espèces franchement littorales : Clu-péidés (Aloses), Gobiidés, Sparidés, Blenniidés; etc. C’est par exemple le cas pour Oran et ses environs.
- Leurs gisements eux-mèmes sont principalement des tripolis à Diatomées (Licata, Oran, Toscane).
- Ces dépôts ne paraissent pas s’ètre formés très loin d’une côte, car on y rencontre parfois des traces végétales : c’est le cas de Gabbro en Toscane et de Saint-Denis-du-Sig près d’Oran, où M. Arambourg a meme rencontré, dans ce dernier gisement, une empreinte de plume d’Oiseau.
- Les Myctophum sont des espèces bathypéla-giques, sujettes par conséquent, en ce qui concerne leur habitat, à des oscillations dans le sens vertical, notamment la nuit, où ils remontent des profondeurs vers la surface. Leur mélange à des formes littorales a donc pu s’effectuer sous l’inlluence de courants les ayant entraînés, au moment de leur montée, vers les côtes près desquelles se déposaient les sédiments qui renferment aujourd’hui leurs débris.
- Il nous a paru intéressant de signaler cette curieuse découverte paléontologique.
- • Rem: Mi-nu:.
- Fig. 3. — Photophores antérieurs de la région anale {AD ant.).
- Fig. 2. —Emplacement des photophores sur le fossile précédent.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiübe, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.32 - vue 36/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2494.
- 21 JANVIER 1922
- LE SOUS-MARIN A LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE
- Pourquoi l’Angleterre n’en veut pas aujourd’hui encore.
- C’est, pour bien des gens, une prétention tout à fait inattendue que l’Amirauté anglaise a émise à Washington, en cherchant à imposer au .monde la suppression du sous-marin comme arme de guerre.
- Elle ne fait cependant que suivre une ligne de conduite qu’elle s’est tracée dès l’apparition de ce genre de navires, et sans nous incliner aucunement devant une requête inadmissible en ce qui nous
- Unis). Doué d’un extraordinaire génie inventif qui se manifestait dans toutes les voies, il fut appelé en France en 1796) patv le Ministre des Etats-Unis et proposa tout d’abord au Gouvernement un système de canalisations et d’écluses, puis installa à Paris le premier panorama, qui représentait une vue de la capitale (*). Mais ces travaux ne constituaient pour lui qu’un passe-temps. Son esprit poursuivait la
- O I 2 3.4 S
- Echelle en mètres (
- Fig. i. — Le Nautilus, bateau sous-marin de Fulton.
- concerne, nous devons reconnaître qu’elle reste logique avec elle-même et avec sa manière d’envisager la suprématie navale à laquelle elle pense avoir droit.
- La contro verse qui s’est établie à Washington sur ce point particulier du désarmement naval remet en effet en mémoire F attitude que prit T Angleterre, en 1800 lorsque Fui ton vint lui apporter les plans de son Nautilus. Et c’est l’occasion de rappeler ici comment la navigation sous-marine, amenée à un point remarquable de réalisation pratique par ce grand génie, faillit à cette époque provoquer dans la situation maritime,.une révolution dont la France aurait été la bénéficiaire si elle avait su distinguer son intérêt et mieux accueillir les idées nouvelles que Fulton lui apportait. . / ,
- Fulton était né en 1705 en Dennsytvanip (Etats-
- solution pratique du problème de la' navigation sous-marine, dans la recherche de laquelle, c’est un devoir de le proclamer, il était uniquement guidé par cette haute idée morale mais utopique, que la réalisation d’une arme sous-marine marquerait le terme des guerres sur mer et instaurerait celte « liberté des mers qui assurera le bonheur de la terre .» (!).
- Le 15 décembre 1797, Fulton proposait au Directoire national de construire à ses frais un « Nautilus mécanique » destiné à anéantir la puissance des
- .1.1. Tiré, comme beaucoup d’autres renseignements de cet article, du volume : La Navigation sous-marine à travers les siècles du lieutenant de vaisseau îIaiiuce Deoteucii. Félix luven, éditeur.
- 2. Inscrit par Fulton eu tète d’une brochure publiée par lui eii 1810 sur les expériences de torpilles.
- 50° Année.
- 1" Serr.eotre,
- O
- p.33 - vue 37/620
-
-
-
- 34
- LE SOUS-MARIN A LA FIN DU XVIIIe SIECLE
- Hottes anglaises qui bloquaient les côtes de France. Dans son projet de traité, le patriote qu’il était stipulait que son invention ne serait pas employée par la France contre les Etats d’Amérique. Cette première démarche fut rejetée.
- Sans se décourager, Fui ton revint à la charge lorsque l’amiral Bruix fut nommé ministre de la marine (1798). Celui-ci soumit le projet de l’inven-teur à une Commission composée de : Adet pour la partie chimique, amiral de Hosily pour la partie nautique, Périer pour la mécanique, Pronv pour l’hydrostatique, et l’ingénieur Forfait pour la construction.
- Cette Commission remit un rapport très favorable, concluant à « donner au citoyen Fulton l’autorisation et les moyens nécessaires pour exécuter sa machine en enveloppant le tout d’un mystère impénétrable ». Mais il fallut encore près de deux ans pour vaincre des difficultés d’ordre sentimental ou administratif et c’est en juillet 1800 seulement que le Nautiles, construit à Rouen, fut mis à l’eau. Cinq jours après il commençait ses expériences.
- En voici une description sommaire avec renvoi à la figure 1, extraite du volume de Delpeuch.
- La carène en bois A B avait 6 m. 48 de longueur et 1 m. 94 dans sa plus grande largeur. Au-dessous était clouée une carène en fer C 1) de 52 cm de hauteur, qui épousait les formes inférieures de la carène en bois. Elle contenait du lest et servait, en fait, de waterballast. Une pompe aspirante et foulante E permettait d’y introduire de Peau ou de l’en rejeter, d’ailleurs en faible quantité, puisque la llottabilité du Nautilus n’était que de 5 kg. On avait ainsi l’appareil permettant de plonger ou de remonter à la surface.
- Dans la calotte sphérique P se trouvait un trou d’homme pour le passage des marins au nombre de o qui composaient tout l’équipage. Des hublots garnis de verres épais donnaient un éclairage suffisant. A I m. de l’avant existait une cloison en fer C qui formait avec la partie avant de la coque un petit compartiment étanche, dans lequel se trouvait l’appareil de manœuvre de l’ancre X et celui A de l’appareil militaire.
- On obtenait la marche sous l'eau en mettant en mouvement une véritable hélice II renouvelée de celle que l’Américain Bushnell avait inventée en 1775 pour mouvoir un sous-marin.
- L’hélice de Fujton tournait sous l’effort d’une roue à manivelle e et d’un engrenage.
- Un gouvernail de forme ordinaire L était également manœuvré par un treuil d et une série d’engrenages.
- Il y avait encore un gouvernail de plongée I fixé par un pivot M sur le gouvernail vertical et pouvant se mouvoir de 50° sous l’effort d’un treuil spécial G.
- Enfin une petite voilure, pour les traversées de quelques longueurs, était installée sur le pont avec un màt qui pouvait se rabattre sur la coque avec la voile qu’il portait, le tout se recouvrant automati-
- quement de deux enveloppes disposées « comme les ailes cornées des moucherons » .
- Cette voilure, se matait ou se repliait de l’intérieur au moyen du treuil C.
- Voyons maintenant ce qui constituait l’apparail militaire du navire de Fulton. Il est extrêmement ingénieux.
- Un cylindre de cuivre P (fig. o), contenant 50 kg de poudre et muni d’une batterie de fusils partant au choc était traîné à la remorque du sous-marin, par une corde partant du petit treuil A (fig. 2) placé dans le compartiment de. l’avant et passant ensuite dans le trou ménagé à la base d’un gros clou barbelé O (fig. 2), vissé lui-même à l’extrémité d’une tige F qui traversait la calotte sphérique de la coque. Ce clou était appelé par Fulton la corne du sous-
- marm.
- La manœuvre d’attaque d’un navire consistait en ceci. Le INautilus venait se placer sous la coque du navire à faire sauter, de façon que la corne touchât la carène. Par quelques coups de masse, on enfonçait la corne que l’on dévissait ensuite de l’intérieur.
- Le Nautilus s’éloignait ensuite d’une distance suffisante pour n’avoir rien à craindre lui-même de l’explosion ; en s’écartant ainsi il dévidait le treuil A et la remorque de la torpille qui y était enroulée.
- Lorsqu’on se jugeait suffisamment loin, on cessait de dévider la remorque et le Nautilus continuait sa route. La remorque se raidissait alors et toujours passée dans le trou du clou O (fig. 2), attirait la torpille contre la carène (fig. o) où elle faisait explosion au choc.
- Telle était, dans ses grandes lignes, l’invention de Fulton, très imparfaite saiis doute, mais capable, comme les essais le démontrèrent, d’atteindre les buts que l’inventeur se proposait, capable, très certainement aussi, de provoquer dans la tactique de nos ennemis d’alors un trouble profond et de nécessiter dans leur système politique des modifications
- très importantes.
- Les essais se firent à Rouen, puis au Havre, et donnèrent des résultats très satisfaisants. Fulton avec ses deux marins resta sous l’eau plus de deux heures, déplaça son navire immergé de 70 toises ou 140 m. en 4 minutes et procéda à quelques essais d’explosion de sa torpille qui convertirent les plus incrédules,- à la puissance de destruction de cet
- engin. .mu p.. ,
- Puis, tout de suite, Fulton prend la mer et quitte le Havre pour Cherbourg. Le Nautilus se comporte très bien, mais doit relâcher près d’Isigny, à cause d’une tempête.
- La croisière anglaise sur cette partie de la côte ayant appris sa présence s’éloigne à lire-d’ailes I Pendant une tentative que fait Fulton pour l’approcher, le Nautilus reste 6 heures sous l’eau. Fulton
- rentra alors à Paris pour.-faire connaître les résultats obtenus par son premier sous-marin.
- Malgré l’avis défavorable du ministre de la marine Decrès (1800), Bonaparte, sollicité vivement
- p.34 - vue 38/620
-
-
-
- LES BASES FONDAMENTALES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- 35
- par les grands savants, Monge et Laplac-é très attachés aux idées de Fulton, autorisa la construction d’un second nautilus amélioré, dont les essais se liront à Brest en juillet 1801. On atteignit la profondeur de 8 m., ce qui prouve là perfection vraiment remarquable de la construction. Bref le nouveau sous-marin promettait d’ètre une arme 1res redoutable.
- Mais à ce moment sé produisit un phénomène bien curieux. L’attention du ministre de la marine se, détourna complètement du sous-marin pour se porter sur des essais de destruction de la croisière anglaise au moyen de torpilles remorquées par des embarcations, à la suggestion de Fulton lui-même. Du pauvre Naulilus 11, il ne fut plus queslion, pas plus ([ne s’il n’avait jamais existé, et du pauvre Fulton pas davantage, en dépit de la belle expérience de navigation à vapeur qu’il exécuta sur Seine en 1805.
- Si bien que, dégoûté, le génial inventeur quitta la France et passa en Angleterre en mai 1804. Y
- Pitt, alors premier ministre et les lords de son entourage, furent vivement frappés par les explications que Fulton leur donna sur le fonctionnement de son sous-marin et l'utilisation de son système de torpilles remorquées. 11 terre «ne grande incrédulité sur les effets que l’explosion d’une torpille pouvait produire sur la coque bâtiment. Mais ce scepticisme ne résista pas à une expérience dans laquelle Fulton lit sauter et détruisit par une seule torpille, le brick Dorothée, en présence de Pitt et de toute l’amirauté.
- Ce succès cependant tourna contre l’inventeur. Un puissant mouvement d’opinion publique se
- régnait alors
- en Angle-
- dressa contre lui, ses inventions et les hauts personnages qui l’avaient tout d’abord encouragé.
- La raison de cette volte-face est tout entière dans ces mots que Pitt n’avait pu retenir lorsqu’il eut pris connaissance des plans du Nautilus : « Si ce moyen de combattre était employé, c’en serait fait des marines militaires ».
- Et mieux encore dans cette déclaration de l’amiral Lord Saint-Vincent : M. Pitt. est le plus grand sot qui ait jamais existé, d’encourager un genre de guerre inutile ci ceux qui sont les maîtres de la mer et qui, s’il réussit, les privera de cette supériorité.
- Ce fut sans autres phrases la condamnation de
- Fulton et de son 'Nautilus. La conspiration du silence s’organisa autour de lui, et tout comme en France, mais pour de bien meilleures raisons, on ensevelit dans l’oubli, et sous une indifférence affectée cet engin qui ne pouvait que nuire à l'Angleterre en menaçant sa supériorité sur les mers !
- Et voilà comment la conférence de 'Washington nous ramène, en ce qui concerne le sous-marin, à 117 ans en arrière.
- Quant à Fulton, pour .plus de sûreté, l’Amirauté essaya de lui acheter ses inventions, qu’on n’aurait plus eu ainsi à redouter. Mais elle trouva alors devant elle le patriote qui répondit : « Soyez assurés que quels (t que puissent être vos desseins, je ne consentirai « jamais à cacher mes inventions, lorsque l’Amé-« rique en aura besoin! Vous me feriez en vain « une pension de 20000 livres sterling ! Je sacri-« lierai tout à l’indépendance et à la sûreté de ma « patrie !»
- Commandant Salvahik-Joltidax.
- Fig, 2. — Impremière expérience de mine sous-marine en Angleterre f/ooî), d'après un tableau peint par Fulton représentant la destruction du brick Dorothée.
- LES BASES FONDAMENTALES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ (*)
- Les quatre idées essentielles qui sont à la base de la nouvelle théorie sont les suivantes :
- 1° Relativité du mouvement rectiligne et uniforme .
- 2° Inexistence — expérimentalement parlait* — d’un moyen de. transmission à vitesse supérieure à celle de la lumicCe.
- 1, Voir La Nature•, a0 2492.
- 5° Renonciation au temps absolu.
- •4° Constance de la vitesse de la lumière.
- Ces idées ne soiit pas toutes neuves, tant s’en faut; mais s'il est intéressant de connaître quelles suggestions nouvelles nous apporte la relativité,' il est aii ihoins aussi intéressaiît de noter les affirmations anciennes qu’elle conserve. u •• Nous nous proposons dans ce qui suit de déve-
- p.35 - vue 39/620
-
-
-
- 36
- LES BASES FONDAMENTALES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- lopper ces quatre idées et de montrer comment elles surlisent à édifier la nouvelle théorie.
- Avant, d’aborder cette étude, nous définirons le « temps » dont nous aurons à parler. Il est en elï’et
- recommandable de connaître la signification des
- mots que l’on emploie. Il ne s’agit pas ici de recherches sur la notion de temps prise du point de. vue1 psychologique, métaphysique ou biologique. Nous nous gardons d’ailleurs bien de contester l’intérêt de ce triple point de vue, mais il constitue une toute autre question et ce serait faire trop grave injure à Descartes qu’apporter des difficultés supplémentaires là où elles n’ont que faire. Nous n’avons à considérer le temps que du point de vue mécanique, où il est inséparable de la notion de mou veinent. Si en effet nous imaginons un système où tous les points sont au repos les uns par rapport aux autres, dans lequel rien ne varie, la notion de temps peut parfaitement se concevoir à l’extérieur de ce système, mais à l’intérieur elle est inopérante et inutile. Elle ne prend sa valeur que par l’existence d’un mouvement. Et alors si on rapporte à trois axes de coordonnées la position d’un point mobile, on exprime qu’il v a mouvement en disant que les coordonnées x, y, z varient avec le temps. Mais ce n’est pas suffisant ; il faut, pour déterminer le mouvement, exprimer comment .r, y, z varient avec le temps, ce qui est facjy#;(le mouvement étant connu) à condition de pomxéj? g^fectuer une mesure du temps. Moyennant quoi, îi sej'a possible de dire : à l’époque l = t0 le point mobije est . en #0, //„, z0, de même en etc., c’est-à-dipe 4’4eæire x — f\ (t), V — tW)^ 2 = /s(0- Les ftttiicj^pas f\, /'-étant connues, le mouvement sera déterminé.
- Il faut donc mesurer le temps. Mais puisque pour nous, la durée est inséparable de l’idée de mouvement, il faut s’attendre à ne pouvoir définir une mesure du temps que par t intermédiaire d’un mouvement. Remarquons que ce n’est pas un cercle vicieux, car cela reviendra à comparer tous les mouvements à l’un d’entre eux. Si, par exemple, nous considérons un point mobile sur une courbe suivant, une loi physiquement déterminée, rien ne nous empêche de dire : lorsque le mobile sera en À, le temps sera noté 1, il sera noté 2 quand Je mobile sera en B, 5 enC..., etc. (tig. l ). 11 eslévidentque l’on n’a pas; choisi d’une manière quelconque ce mouvement de référence; on l’a assujetti à rendre, compte de l’homogénéité du temps, c’est-à-dire à satisfaire à cette condition qu’un même phénomène physiquement déterminé, évoluant dans les mêmes conditions à deux époques différentes ail. dans chacun des cas une durée identique. C’est évidemment là une question de commodité. Ce choix s’est porté — tout naturellement d’ailleurs — sur le mouvement de rotation de la terre ou s* l'on veut sur le
- mouvement apparent de rotation de la sphère céleste. Ce phénomène est physiquement déterminé. En outre, comme il est périodique et accompagné de l’alternance des jours et des nuits, il ne faut pas s’étonner qu’il ait été choisi par les hommes, et, comme on le pense bien, indépendamment de toutes questions mécaniques.
- On s’est aperçu plus tard que les périodes d’un mouvement pendulaire étaient à un multiple près identiques aux périodes de la rotation terrestre. D’où l’emploi des horloges pour la subdivision du temps.
- Le temps est donc mesuré pur les battements d'une horloge convenablement réglée, le mot convenablement se rapportant au mouvement particulier que nous avons choisi pour définir la mesure du temps.
- Supposons donc, un observateur0(fig. 2), numide l’horloge et montrons qu’il est possible à cet observateur de donner l’heure, ou, si l’on veut, de permettre une mesure du temps, en tous les points de l’espace. Soit 0' l’horloge à régler à une distance d de O. A chacun d#s battements, 0 envoie un signal lumineux (ou par T. S. F.). Ces signaux mettent tous le même temps à parcourir la distance d, leur équidistance est la même en (Y qu’en 0. Après réglage les horloges 0 et O' auront donc « même marche ». Il reste à leur donner une marche concordante. 0 envoie un signal à l’instant t (heure de 0), 0' le reçoit à l’instant f (heure de 0'). Ce signal se réfléchit en O' et revient en 0 à l’instant tx (heure de 0). Les vitesses de la lumière étant les mêmes dans le sens 00' et O'O, l’horloge 0 marquait
- Lilli quand 0' marquait Il suffît donc à 0'
- t-Y-l,
- r.
- d’avancer son horloge de la quantité
- Retenons seulement de ce simple exposé que :
- Le temps dont nous parlerons est mesuré, et il est possible à une horloge-mère de donner l’heure à tout le système de référence qu’elle commande.
- Revenons maintenant à Eexamen des quatre propositions énoncées :
- 1° Relativité du mouvement rectiligne et uniforme.
- L'expérience a prouvé qu’il était impossible de mettre en évidence le mouvement rectiligne et uniforme d’un système par des expériences faites à l'intérieur de ce système. Ceci appartient d’ailleurs au domaine de la mécanique rationnelle et n’est, contesté par personne. Il est évident que cette proposition est fausse si on l’applique à un mouvement différent : ainsi le voyageur confortablement assis dans Un wagon, et qui va-subitement heurter la cloison qui lui fait face, s’aperçoit nettement qu’il entre dans une phase de"mouvement retardé.
- p.36 - vue 40/620
-
-
-
- LES BASES FONDAMENTALES DE LA
- En conséquence, dire qu’un système est animé d’un mouvement rectiligne et'uniforme n’a aucun sens. Seule, a une signification l’expression : A est animé d’un mouvement rectiligne et uniforme par rapport à B. Mais alors, il revient exactement au meme de dire que B est en mouvement par rapport à A. On ne trouvera pas de critérium pour dire quel est celui de A ou de B qui est en mouvement, ou au repos. C’est ce que l’on entend par l’expression de relativité du mouvement rectiligne et uniforme.
- 2° On ne connaît pas de moyen de transmission à vitesse supérieure à celle de la lumière.
- Il n’est guère besoin d’explications : c’est un fait expérimental. La vitesse de propagation des ondes électromagnétiques est celle de la lumière et les vitesses les plus grandes que l’on ait pu observer avec les rayons cathodiques s'approchent asymptotiquement de la vitesse de la lumière sans l’atteindre. Signalons cependant la gravitation qui d’après Newton et donc d’après notre mécanique rationnelle procède par action instantanée à distance. C’est là une hypothèse qu’aucune expérience n’est venue vérifier.
- 0° Renonciation au temps absolu.
- Le temps est dit absolu lorsqu’il est mesuré de la même manière par tous les observateurs, quel que soit leur état de repos et de mouvement les uns par rapport aux autres. C’est le temps utilisé en Mécanique rationnelle et la propriété d'être absolu avait été spécifiée par Newton. Le fait qu’il pourrait en être autrement va être mis en évidence, par le dispositif suivant :
- Supposons qu’en deux points A et B se produisent deux événements, parexemple l’envoi de deux signaux lumineux (11g. o). Comment fera un observateur 0 pour savoir si ces deux événements sont, simultanés? Il se transportera au milieu M de A B et regardera à la fois les deux points A et B (au moyen de deux miroirs à 45° par exemple) ; les deux événements seront simultanés si 0 perçoit en M les deux signaux en même temps.
- Soit maintenant, un observateur 0' en mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport à 0. S’il se pose la même question au sujet des mêmes signaux (qui se sont produits en deux points À' et B’ de son système de référence) son diagnostic sera le même. Il se transportera au milieu M' 'de À'B' et percevra les signaux. Prévenons tout de
- V
- --->
- A'________M"__________B’
- Â ~M û
- Fig. 3.
- suite une remarque qui vient d’elle-même à l’esprit : puisque 0' est en mouvement, il a tort d’employer le même critérium que 0 qui est au repos. Il faut bien avouer que cette proposition n’a pas plus de
- THÉORIE DE LA RELATIVITÉ :--------------- 37
- sens que les. mots quelle renferme : au repos et en mouvement. 0' ne peut pas savoir s’il est au repos ou en mouvement. C’est ici qu’intervient l’idée de
- ---1----------------;--1---
- O .. O'
- Fig. 2.
- relativité de mouvement rectiligne, et uniforme et c’est pourquoi nous l’avons placée dans les bases fondamentales.
- 0' vient donc en M'. Mais il est bien évident que M' va au-devant du rayon lumineux issu de B'et fuit devant celui de AC II percevra celui-là avant celui-ci et conclura à la non-simultanéité.
- Donc : les deux signaux lumineux seront déclarés simultanés par (3 et non simultanés par 0'. Les deux observateurs 0 et 0' qui ne sont pas d’accord sur la simultanéité de deux mêmes événements ne peuvent donc pas mesurer le temps de la même, manière et leurs horloges différeront non pas par une avance ou un retard constant, mais bien plus profondément.
- La cause de cette divergence d’interprétation de la simultanéité réside dans le fait que la transmission des signaux lumineux nécessite une certaine durée. La divergence disparaîtrait; si cette durée était nulle. Elle peut l’être de deux manières :.
- a) A, M, B, A', M', B' coïncident. Les deux événements sont alors simultanés dans l’espace et dans le temps et en effet cette propriété possède un sens absolu. Par exemple, la rencontre de deux trains en un même point d’une voie ferrée a un sens bien déterminé, aussi bien pour les voyageurs que pour le garde-barrière.
- b) La transmission du signal de A . vers M est instantanée (ce ne serait plus alors un signal lumineux). C’est, là qu’intervient notre deuxième proposition : il n’existe pas de tel signal. Remarquons que cela n’empêche pas du tout d’en imaginer un. Et l’on construira alors une Mécanique susceptible de développements logiques, mais qui ne devra pas avoir la prétention de s’appliquer à notre univers. Si notre mécanique: rationnelle a eu cependant cette prétention, cela est dû uniquement à ce que la vitesse de la, lumière est effectivement.-très grande et que les divergences entre la théorie et l’expérience, provenant de ce fait, ont été longtemps trop petites pour être décelées.
- Mais supprimer la transmission instantanée nous permettra. peut-être de créer une mécanique plus proche de notre univers.
- Ces deux alternatives examinées, il ne nous reste plus qu’à enregistrer la divergence entre 0 et 0', donc la mesure différente du temps par des observateurs en mouvement rectiligne et uniforme les uns par rapport aux autres.
- Il y avait cependant un moyen de conserver
- p.37 - vue 41/620
-
-
-
- 38
- LES BASES FONDAMENTALES DE LA THÉORIE DE LA RELATIVITE
- l’unité de temps, un peu draconien il est vrai. On a dit : tant pis pour les observateurs 0\ 0".... ; le seul observateur 0 est maitre du temps, il va peupler l’espace de petites horloges et lorsqu’un observateur quelconque voudra noter l’heure d’un événement se produisant en un point P, il consultera l’horloge qui se trouve justement en P. C’est, le « temps impérial », pour employer l’expression de M. Langevin. Cela revient en somme dans l’expérience que nous avons exposée à interdire aux observateurs 0', 0"..., l’emploi du critérium réservé à 0 (se placer au milieu de AB pour apprécier la simultanéité des deux événements). Nous avons déjà prévenu contre cette idée en montrant qu’oile ne pouvait logiquement s’exprimer. En outre, pourquoi choisir 0 plutôt que 0' ouO '... pour ce rôle un peu tyrannique. Et pourtant cela a été la théorie admise jusqu’aujourd’hui; on a créé l’élher dont la seule propriété était on définitive d’élre immobile, au repos absolu, détenteur du temps impérial. Si illogique qu’elle soit, cette opération peut d’ailleurs se concevoir, mais elle n’a môme pas le mérite d’être commode. L’emploi du temps absolu ainsi défini et de la contraction de Lo-rentz, dont nous avons déjà parlé, est une source de complications inextricables. Et l’on n’a meme pas pu arguer que l’éther se dislin-
- Dans ces conditions ,r0 = y{) = = la:==. J o
- y
- t'n
- o.
- z'
- V
- Fig.
- de référence : l’expérience de Michelson a montré que le principe de relativité du mouvement réel digne et uniforme s’étendait également à cet. éther un peu mystérieux.
- En résumé, nous reposant sur les deux premières propositions énoncées — toutes les deux expérimentales et non contestées — nous avons été, logiquement conduits au fait que des observateurs en mouvement rectiligne et uniforme les uns par rapport aux autres doivent mesurer le temps de manière différente.
- Ce n’est pas tout que détruire : la nouvelle théorie doit nous indiquer quelles sont les relations qui lient les mesures faites par 0 et 0'. Autrement dit, mathématiquement parlant (puisqu’il faut bien en arriver là pour être précis) un événement étant noté x, y, z, dans l’espace, t dans le temps par l’observation 0 (origine x0, y0, z0, t0) et x', y', z', t' par 0' (origine x\, y'0, z'.0, quelles relations existe-t-il
- entre x
- y'—y'o,
- y —y o* *
- t — L
- t'
- 1 o
- Nous supposerons en vue de simplification d’écriture que l’observateur 0' est animé d’une vitesse constante v dirigée dans le sens commun -des x et des x1, et également que 0 et 0' ont choisi comme événement origine le passage de 0' en 0 (fig. 4).
- La question posée est donc la suivante : pour un événement déterminé quelles relations existe-t-il entre x, y, z, I, ,r\ y', z',
- Jusqu’ici rien ne*, nous permet de répondre à une telle question. La solution nous sera donnée par la quatrième proposition.
- 4° La vitesse de la lumière est constante (c — 500.000 km-sec) et indépendante du mouvement de translation rectiligne et uniforme du système de référence.
- Cet énoncé est une véritable révolution. Voyons bien ci1 qu’il veut dire : Un observateur 0 voit s’éloigner un rayon lumineux à la vitesse c, un autre observateur 0' poursuit ce rayon lumineux, il le voir fuir devant lui à la même vitesse c. Il est évident que cette affirmation ne nous parait pas acceptable au premier abord, niais il ne faut pas oublier que nous jugeons ainsi grâce aux idées reçues de la mécanique rationnelle. Si nous voulons bien penser que les observateurs 0 et 0' ne mesurent pas le temps de là même manière, nous ne savons pas encore pourquoi ils trouvent . la même vitesse c, mais cela ne nous semble plus illogique.
- Nous pouvons donc — ayant rejeté le temps absolu — admettre ce postulat que la vitesse de la lumière est c, indépendante du mouvement de translation rectiligne et uniforme du système de référence.. Mais nous ferons mieux que l’admettre : nous en chercherons la source qui se trouve dans l’expérience de Michelson. Cette expérience montre, en effet, que la vitesse de la lumière par rapport à la terre c est indépendante de la vitesse de la terre v. Ce à quoi on a objecté—-car on a tellement élevé d’objections à cette nouvelle théorie — : la vitesse de la lumière par rapport à la terre ne dépend pas de v parce que justement au moment de l’expérience, cette vitesse v était telle que la terre se trouvait au repos par rapport à l’éther. Il a bien fallu répondre pour supprimer cette dernière chance. L’expérience a été refaite six mois plus tard, époque à laquelle la vitesse de la terre eût été alors 2 v par rapport à l’éther, dans le cas où cette curieuse coïncidence se fût produite. Et six mois plus tard, l’expérience inexorable a donné le même résultat rigoureusement négatif.
- Quoi qu’il soit d’ailleurs de cette base expérimentale, cette affirmation constitue le troisième de nos postulats. ......
- Il n’y a pas lieu de nous effrayer en trouvant déjà trois postulats avant, même que la nouvelle
- p.38 - vue 42/620
-
-
-
- LE GUIDAGE DES AVIONS PAR TEMPS BRUMEUX ET PENDANT LA NUIT 39
- mécanique soit née. Notre mécanique rationnelle n’en est pas exempte (celui du temps absolu, par exemple), mais on a généralement le soin de les passer sous silence à cause de leur évidence (!).'
- Ce troisième postulat permet de répondre à la question posée. Nous ne ferons pas le calcul qui est simple, mais n’apporte aucune suggestion nouvelle. Disons simplement qu’il suffit de chiffrer un problème tout à fait analogue à celui que nous avons exposé en exprimant, que la vitesse de la lumière est la meme dans les deux systèmes.
- Les relations cherchées sont les suivantes qui constituent le groupe de transformation dit de Lorentz
- (2)
- (3)
- W
- oîi
- vt
- v/i-P*
- y' —y
- 1
- s/ i -P*L
- vx
- Puisque nous n’avons pas établi ces équations, vérifions du moins quelles renferment nos postulats :
- 1° Les relations inverses
- x vt'
- s/ i - P*
- s’obtiennent en changeant v en—v et traduisent ainsi la relativité du mouvement de translation.
- 2° Le radical .y/1 — (ü2 devient imaginaire pour ^ > 1, c’est-à-dire v > c : aucune vitesse ne peut être supérieure à celle de la lumière.
- 5° La relation (4) montre que 0 et 0' ne mesurent pas le temps de la meme manière et qu’il ne s’agit pas d’une avance ou d’un retard constants. Ceci est, à vrai dire, plutôt la négation d’un postulat de la mécanique rationnelle.
- 4° Enfin supposons que l’on considère la suite d’événements que constitue la propagation d’un rayon lumineux, on aura pour ces”événements x et. Les relations (1) et (4) donnent alors x' — et'. La vitesse de la lumière est la meme pour les deux observateurs.
- Traitant la .meme question, la mécanique ration-
- nelle résoud le problème (avec les mêmes simplifications) par les équations bien connues
- x' = x. — vt y'— y z'—.z t' = t
- qui sont désignées sous le nom de groupe de Galilée.
- Nous avons eu’ -l’occasion de voir que la divergence dans la mesure du temps disparaîtrait dans le cas où la vitesse de la lumière serait infinie. Si nous faisons croître indéfiniment c dans le groupe de Loréntz, nous retrouvons justement le groupe de Galilée.
- Bornons là ces considérations sur le groupe de Lorentz : nous aurons d’ailleurs à y revenir plus longuement. Remarquons qu’il donne la manière', dont s’effectuent les mesures d’espace et de temps par différents observateurs : c’est dire qu’il définit la nouvelle cinématique.
- Le précédent article nous avait montré la nécessité de remplacer la Mécanique rationnelle. Aujourd’hui une théorie nouvelle est présentée reposant sur trois postulats que nous rappelons :
- Relativité du mouvement de translation rectiligne et uniforme.
- Inexistence d’un moyen de transmission à vitesse supérieure à celle de la lumière.
- Constance de la vitesse de la lumière pour tous les observateurs en mouvement rectiligne et uniforme les uns par rapport aux autres.
- Ces postulats répondent aux deux conditions que nous avons imposées : ils sont exprimés et compatibles. De plus, le second directement comparable à l’expérience est en concordance avec les faits.
- À ce point de vue, la nouvelle cinématique nous satisfait complètement. Pour avoir notre agrément, il lui faudra encore nous rendre compte des faits expérimentaux, et en particulier des expériences de Fizeau et de Michelson. Nous examinerons celle question, mais auparavant nous présenterons un nouvel aspect dé cette nouvelle théorie.
- Si nous avons préféré faire d’abord connaissance avec l’espace et le temps du point de vue nouveau, il faut bien dire que ce n’est pas sous cette forme que la question s’est d’abord posée, ni surtout non plus que la théorie est le plus féconde. Ce sera î’ohjct de l’étude du {principe de Relativité.
- II. Lafomi.
- Ingénieur au Corps- des Mines. -
- LE GUIDAGE DES AVIONS PAR TEMPS BRUMEUX ET PENDANT LA NUIT
- Dans le but de faciliter aux navires l’entrée de certains ports ou le franchissement de passes semées d’écueils, M. William Loth poursuivit d’abord dans un laboratoire en 1914, puis en rade de Brest de juillet à septembre 1919, de nombreuses expériences qui lui permirent de mettre au point une originale
- méthode de pilotage maritime. Le système consiste à immerger, sur le fond du chenal que doivent suivre les bateaux, uri câble parcouru par un courant alternatif à fréquence musicale et destiné à Créer autour de lui un champ magnétique, servant à influencer des cadres récepteurs installés à bord.
- p.39 - vue 43/620
-
-
-
- 40
- LE GUIDAGE DES AVIONS PAR TEMPS BRUMEUX ET PENDANT LA NUIT
- Fig. i. — Poste d'émission de Yillctcoublay. (Groupe alternateur 600 périodes et moteur d’entrainement.)
- Grâce à des communications téléphoniques entre ces derniers et un poste d’écoute disposé sur la passerelle, on y perçoit des sons musicaux induits dont les variations permettent, au capitaine dé déterminer exactement la position de son batiment par rapport au râble-guide et de le conduire au port par la route repérée connue la plus sûre.
- Sur la demande du Sous-Secrétaire d’état de l'Aéronautique, M. luth entreprit une série de nouvelles recherches, de 1920 à la tin de l’année 1921, pour appliquer son procédé de pilotage maritime à la navigation aérienne. L’inventeur nous avant aimablement convié à suivre ses essais de guidage des avions par temps brumeux ou pendant la nuit à l’aérodrome de Yillacoublay, nous allons pouvoir en exposer la genèse et montrer leur intérêt, pratique.
- Constatons tout d’abord que, guider les aéronefs avec une certitude mathématique quand les nuages, le brouillard ou l’obscurité leur cachent la terre, est une tache singulièrement
- par un courant alternatif communiquant avec la terre à ses deux extrémités.
- Le poste d’émission (fig. J), qu’il employa pour cela, comprend un alternateur 000 périodes, entraîné par un moteur qu’alimente le réseau électrique et débitant de 2 à 4 ampères sous 165 volts. On peut faire varier à volonté la fréquence de 10 à 5000 par seconde et au delà. La place vide, auprès du moteur déjà placé, attend un alternateur de fréquence très différente qu’on y installera bientôt.
- L’instrument, qui servit aux déterminations des lignes de force (lig. 2), se compose d’un cadre monté à la cardan sur un bâti en bois et comprenant plusieurs tours de fd isolé. On met cet enroulement en liaison, par un amplificateur accordé, soit avec un téléphone (comme sur notre illustration), soit avec un instrument de mesure.
- L’inclinaison du plan du cadre donne l’angle des lignes de force en un point. Effectivement le flux traversant le cadre s’annule quand le plan de ce dernier est langent aux lignes de force du champ. A ce moment, on perçoit un son minimum au téléphone ou on enregistre une déviation minima au galvanomètre. M. Loth déplaça ce. cadre, de mètre en mètre, jusqu'à de grandes distances du fil (1500 m. à droite et à gauche) et, poussa ses mesures jusqu’à 15 km. Il se rendit compte alors que le champ magnétique du courant parcourant le câble affecte la forme d’une double lenmiscate ayant pour
- ardue. Les magnétos d’allumage des moteurs d’aviation viennent gêner, en effet, le fonctionnement normal des organes récepteurs, en superposant leur champ magnétique variable à celui du câble pilote installé sur le sol. Nous indiquerons plus loin comment M. Loth parvint à éliminer ces bruits parasites, mais relatons auparavant les expériences préliminaires auxquelles il dut se livrer pour trouver la solution générale du problème. -
- Il commença donc par étudier le champ magnétique du fil parcouru
- fÿféy.!
- Fig. 2. — Appareil pour la mesure du champ magnétique» * (Recherche des lignes de force autour des magnétos de l’avion.)
- p.40 - vue 44/620
-
-
-
- LE GUIDAGE DES AVIONS PAR TEMPS BRUMEUX ET PENDANT LA NUIT
- 41
- Fig. 3. — Les 3 cidres longitudinaux, transversaux et horizontaux de réception installés sur /’ai’/oH^Nieuport.
- origine un point double. Cette courbe provient du champ magnétique du fil proprement dit, du champ magnétique des courants de retour et du champ magnétique des courants induits dans la masse conductrice, champs soumis à deux déphasages ; l’im suivant le sens du lil, l’autre perpendiculaire à sa direction.
- Après avoir déterminé ainsi la forme du champ magnétique du câble de pilotage, l’habile électricien équipa son avion afin de pouvoir recueillir les ondes émises. Il installa donc, sur la queue d’un Nicuport (fig. 3), trois cadres formés chacun de spires de cuivre isolées : deux pour la direction (vcrtical-longitudi-nal C et vertical-transversal B) et un horizontal A, pour la recherche du fil guide aux hautes altitudes ainsi que pour l’atterrissage (fig. 4).
- . La réception s'effectue au moyen d’un téléphone branché sur ces cadres qu’on peut à volonté séparer les uns des autres ou relier entre eux d’une façon appropriée. Les variations sonores enregistrées par l’oreille du pilote lui permettraient de guider sûrement son avion à l’écoute (fig. 5) si des bruits parasites très intenses ne venaient gêner leur audition. M. Loth dut donc déterminer les champs magnétiques des magnétos avant de poursuivre plus loin ses recherches. Il reprit alors son appareil de tout à l’heure e-t procéda à peu près de la même façon que ci-dessus, en recevant en basse fréquence d’abord puis en hante fréquence. 11 déplaça le cadre récepteur sur des cercles de rayons croissants centrés
- Js:GG.'xL.i Kli-r. L'il
- sur l’axe de la magnéto.. Il opérait dans deux positions de celle-ci, de manière à recevoir, à haute et basse fréquence, dans un plan vertical et dans un plan horizontal.
- Lue fois ce long travail achevé, l’habile physicien se livra à une nouvelle série de déterminations concernant le champ magnétique des magnétos, montées celte fois sur l’aéronef. 11 s’adressa encore à la même méthode. Dans ce but, après avoir enlevé les ailes, il mettait le moteur en marche afin d’entraîner les magnétos. Ces expériences l’amenèrent à distinguer divers cas quant à l’inlluence du champ des magnétos sur les cadres récepteurs (avions mono-moteurs, bi et poly-moteurs, avions-ayant les axes des magnétos parallèles ou perpendiculaires à l’axe de route). L’inventeur vit également qu’on pourrait simplifier beaucoup le problème, en orientant de façon convenable les magnétos à bord des aéronefs.
- Grâce aux enseignements qu’il a pu tirer des constatations faites au cours de ses nombreux essais, M. Loth a presque totalement supprimé, pour le pilote en écoute, les bruits des magnétos. Pour cela, il dispose auprès de ces dernières un petit cadre de réception dont il calcule la surface, l’impédance et la self afin
- le cadre
- récepteur plus éloigné, annule les courants induits développés dans les-dits cadres par les champs magnétiques variables des magnétos* L’ensemble de ce dispositif, qui pèse seulement ! quelques kilogrammes*
- Fig. 4. — Vue arrière de liavion Njeuport-qw a servi aux essais .... de M. Loth.
- On aperçoit les 3 cadres récepteurs : A, cadre horizontal ; B, transversal ; G, longitudinal.
- que sa mise en sériés, avec
- p.41 - vue 45/620
-
-
-
- 42
- LE GUIDAGE DES AVIONS PAR TEMPS BRUMEUX ET PENDANT LA NUIT
- permet le guidage de l’avion et d’autre part il débarrasse complètement les réceptions radiotélégra-phiqucs ou radiotéléphoniques des sons parasites. Examinons effectivement la marche d’un aéronef par rapport au fil-guide et voyons ce qui va se passer dans les appareils récepteurs du‘bord. Lorsque l’axe de route de l’aéroplane est parallèle au fil électrique, le cadre vertical-longitudinal perçoit les sons au maximum, puis ceux-ci diminuent d’intensité au fur et à mesure de l’inclinaison de l’avion
- ces conditions défectueuses, il a obtenu des résultats absolument probants. La conduite des avions en pleine obscurité n’offre plus maintenant la moindre difficulté. La prise de contact avec le cadre horizontal se produit à 5000 m. de hauteur environ; elle a lieu à 2500 m. avec les cadres verticaux. A une altitude de 2000 m., le pilote entend sur l’ensemble de l’appareillage et peut guider son avion sans que les bruits du bord ou des magnétos le gênent. A lôÔO m., il perçoit très nettement les
- sur le fil de guidage ; ils finissent même par s’annuler complètement quand l’aéronef devient perpendiculaire à ladite ligne.
- On observe d’ailleurs des phénomènes inverses sur le cadre transversal, qui amplifie les sons au maximum lorsque l’avion suit une route normale au fil-guide, tandis qu’il devient silencieux si l’aéronef parcourt un chemin parallèle à ce dernier.
- Du reste, l’examen des lignes de force montre qu’on peut remplacer le cadre longitudinal et le cadre transversal par 2 cadres verticaux situés à 45° de l’axe du fuselage.
- Quant au cadre horizontal, la théorie comme l’observation indiquent qu’il entre aussi en fonctionnement, si l’avion est lui-même influencé par le champ magnétique variable delà ligne de pilotage et que sa réception s’annule juste au moment où il passe au-dessus d’elle. D’autre part, lorsque le pilote dispose le cadre longitudinal et le cadre transversal successivement en série et de deux manières opposées, il se rend compte de l'inclinaison de son aéronef vers la gauche ou vers la droite.
- Fig. 5.
- sons musicaux du poste d’émission.
- Après m’avoir fourni les explications techniques
- ci-dessus dans le hangar de l’aérodrome de Villa cou blay, lors d’une récente visite, M. Loth m’offrit d’en vérifier l'authenticité en montant à bord de son N i e u port, j’acceptai aussitôt avec empressement .
- Déjà un général chinois et son aide de camp avaient pris place dans l’avion pendant q u e notre pilote, M. Lasnc, examinait son moteur. Je m’installe à côté du savant technicien, qui me passe le casque téléphonique et nous décollons.
- J’entends alors la voix lointaine de l’alternateur du poste d'émission, qui s’enfle plus ou moins, selon notre plus ou moins grand éloigne-du cii ble-guide.
- - Pilote revêtu de son casque téléphonique pour guider son avion à l’écoute.
- ment
- Puis notre randonnée se poursuit au-dessus des bois de Meudon, de Chaville, de Vélizy et des environs de Versailles. Nous virons, nous prenons de l’altitude, nous contournons l’aérodrome, nous coupons et, recoupons le càble-guide à plusieurs reprises afin de nous rendre compte du fonctionnement du système. Chaque fois que nous passons au-dessus de ce
- Pour atterrir sur un aérodrome, l’aviateur met en série, de deux façons successives et opposées, le cadre transversal et le cadre horizontal. Cette même manœuvre lui-indique automatiquement l’angle suivant lequel il monte ou il descend, par rapport au fil-guide, soit aux flancs d’une montagne, soit au fond d’une vallée et cela, par là nuit là plus noire ou par le brouillard le plus épais.
- À l’aérodrome de Villacouhlay, M. Loth appliqua sa méthode .sur une ligne sinueuse de 2990 m. de longueur présentant 8 coudes. La plus grande portion droite y atteint 565 m. seulement et malgré
- nouveau fil d’Ariane, la voix de l’alternateur s’arrête. Puis, après ce silence, le son s’enfle ou s’affaiblit selon que nous montons ou que nous descendons, suivant notre inclinaison sur la direction de la ligne et suivant que nous nous approchons ou que nous nous éloignons dudit câble électrique. Enfin Y « as » qui nous conduit ramène son avion à l’écouté et nous atterrissons juste au point désigné, avec une précision véritablement mathématique. .
- Aussi vu les encourageants résultats obtenus par M. Loth, le Sous-Secrétariat d’État de l’Aéronautique se propose, d’équiper de la sorte l’aéro-gare du
- p.42 - vue 46/620
-
-
-
- 43
- LES ALLUMETTES INALTÉRABLES A L’HUMIDITÉ
- Bourget et le trajet Paris-Londres ou tout au moins, pour l’instant, le tronçon Paris-Beauvais.
- D’ici quelque temps, on établira, dans chaque aérodrome, dos fils disposés suivant les rayons d’un cercle englobant, son périmètre pour que les avions puissent toujours atterrir face au vent. En outre, on jalonnera les lignes aériennes, à l’aide de poteaux
- plantés suivant le plus court chemin de ville à ville et que parcoureront des courants de fréquences diverses. Ainsi les ondes lancées dans ces câbles (très différentes d’ailleurs des ondes hertziennes) ne tarderont pas à assurer, par les jours les plus sombres et pendant les nuits plus obscures, la sécurité des voyages en avion. Jacques Boveii.
- LES ALLUMETTES INALTÉRABLES A L’HUMIDITÉ
- .Les bureaux de tabac mettent en vente depuis quelque temps des allumettes désignées sous le nom poétique de « Naïades ». Elles ont la propriété précieuse d’ètrc insensibles à l’humidité. Elles se distinguent, en outre, de la plupart des allumettes actuellement vendues en France, parce qu’elles sont d’invention et de fabrication françaises. Elles ont été imaginées par M. Dubrisay, ingénieur des manufactures de l’Etat; l’inventeur en décrit la fabrication dans le Mémorial des manufactures. de l’Etat dont nous extrayons les détails qui suivent :
- La pâte d’allumettes, d’une façon générale, s’obtient, en mêlant par broyage 5 sortes d’éléments :
- Des matières actives (chlorate de. potasse,.bichromate, sesquisullure de phosphore etc.). .
- Des matières inertes (verre en poudre, blanc de zinc, ocres, etc.). "
- Des matières agglutinantes (solution de colle ou de gomme).
- Ces. dernières substances sont .indispensables, non seulement pour assurer après Séchage l’adhérence du bouton à la tige, mais aussi pour donner -à la pâte la consistance voulue et enfin, surtout dans la fabrication des allumettes ordinaires, pour modérer la violence de la déflagration au moment de l’allumage.' ' ' i, i
- Malheureusement, les colles et les gommes sont allé- . râbles par l’eau. Dans les atmosphères' humides, il y a, en raison de cette propriété, gonflement, puis ramollissement du bouton, qu’il devient impossible d’enflammer par frottement.. C’est là la cause, principale de l’altération des allumettes avec le temps. Pour les produits du type S. C., il peut bien y avoir en outre oxydation lente du sesquisulfure de phosphore; mais pour les allumettes amorphes l’hydratation des colles entre seule en jeu. 11 n’existe, en effet, dans la pâte amorphe ou dans la pâte suédoise aucun autre élément sensible à l’action des agents atmosphériques, puisque le chlorate de potasse peu soluble dans l’eau n’est, pas hvgroscopique.
- Un progrès considérable serait donc réalisé si l’on pouvait, aux agglutinants habituels, substituer des substances insensibles à l’action de l’humidité ;. niais c’est, un problème difficile à résoudre. On ne peut songer à faire usage des dissolutions de résine ou de gomme-résine dans les solvants organiques. Le broyage du phosphore et du 'chlorate dans de semblables milieux risquerait d’entraîner les plus graves accidents. On ne peut pas non plus broyer les éléments actifs dans des solutions de silicate de soude, car après durcissement les pellicules de silice sont ignifuges, de sorte qu’il est à peu près impossible d’enflammer par frottement les allumettes ainsi préparées. On se heurte à la même difficulté en partant des solutions aqueuses de chlorure de zinc ou de chlorure de magnésium, susceptibles de durcir en donnant naissance à des oxy-chlorures insolubles (enduit de Sorel).
- M. Dubrisay a résolu le problème en employant
- comme matières agglutinantes les résines artificielles connues aujourd’hui sous la dénomination de bakélites, du nom de leur inventeur le chimiste américain liake-land.
- Rappelons ce que sont les bakélites.
- On met en présence du phénol fondu, de l’aldéhvde formique et un catalyseur (acide ou alcali). Sous l’influence de la chaleur, une réaction se produit ; on obtient tout d’abord'un liquide visqueux soluble dans les alcools, l’acétone, la glycérine. On chauffe à nouveau à 160°.sous pression et l’on obtient finalement une masse dure, infusible, insoluble, résistant, à la plupart des réactifs et pouvant être chauffée à 500° sans décomposition.
- 11 était naturel de songer à employer ces corps comme agglutinants dans la fabrication des pâtes d’allumettes, niais à condition toutefois de surmonter une difficulté sérieuse..La bakélite se forme à température élevée et son durcissement, nous venons de le voir, ne s’obtient que par chauffage sous pression à 160°. C’est une. température rédhibitoire pour la. fabrication des allumettes.
- M. Dubrisay est .venu à bout de cette difficulté, en remplaçant dans les éléments constitutifs de la bakélite, le phénol par de la résorcine (métadiphénol). Le durcissement se produit alors rapidement et à température peu élevée. Dé plus, la. résorcine est très soluble dans l’eau. On peut, donc dans le mélange primitif introduire un excès, d’eau .arbitraire, ce qui facilite le broyage des éléments constitutifs de la pâte.
- La préparation de la pâte se fait en deux temps. Dans un premier mélange, on broie du chlorate, de la résorcine et de la lessive de soude (jouant le rôle de catalyseur). Le second mélange est constitué par du bioxyde de manganèse, du phosphore et du formol. Après broyage séparé, ces deux mélanges sont mêlés à la spatule : la pâte obtenue est prête à être employée suivant les procédés ordinaires. Le durcissement est réalisé en une séance à la température des ateliers et en une demi-heure si l’on porte les presses dans des séchoirs à -40-50°.
- Dos allumettes de ce type s’allument encore sans difficulté après avoir séjourné près d’un an sous une cloche en présence d’un cristallisoir plein d’eau.
- Les allumettes « Naïades » s’enflamment également si on les laisse quelques instants dans de l’eau douce ou dans de l’eau de mer et qu’on prenne soin d’essuyer les tiges, ou simplement de les laisser sécher à l’air. Ces diverses conditions correspondent aux qualités de résistance qu’on peut dans la pratique, demander à des allumettes.
- Le frottoir des boites qui contiennent les « Naïades » est également insensible à l’action de l’humidité.
- Sa composition est à base de phosphore amorphe, identique à celle des gratins des boîtes ordinaires ; la substance agglutinante est une solution de silicate de soude que l’on peut ici employer sans inconvénient.
- R. Ailler?,
- p.43 - vue 47/620
-
-
-
- 44
- CHRONIQUE
- Le réveil des musées d’histoire naturelle de province. — Les Conservateurs des collections publiques de France viennent de former une Association sous la haute autorité du Musée du Louvre et. du Muséum National d’Histoire naturelle. Depuis 52 ans, en Angleterre, et depuis de nombreuses années dans d’autres pays, existent des Associations des Conservateurs des Musées d’art, et des Muséums, tics sociétés ont. été le signal du réveil de ces institutions qui jouent un rôle et sont un organe important dans l’engrenage de, l’administration économique de grands pavs.
- Pendant la guerre, au moment, des attaques des sous-marins, le conservateur d’un Muséum anglais, celui de Leicester, fut adjoint au Ministre du Ravitaillement pour
- organiser, par l’intermédiaire des Muséums, l’enseignement des restrictions alimentaires. Ce fait est une preuve de la pluralité des moyens d’action des Muséums.
- 11 est regrettable de constater que l’on n’a jamais songé à les utiliser ainsi chez nous.
- Nous avons dans nos Muséums de province un capital intellectuel en puissance et il ne demande qu’à se déverser; mais pour arriver à ce but, il faudrait que le contenu des Muséums fût utilisé soit pour l’enseignement des jeunes, soit, pour celui de la foule des adultes. C’est ce que les Conservateurs des collections publiques de France viennent de comprendre en se formant en une association dont le but est d’attirer l’attention sur ces richesses trop méconnues.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances dé novembre 1921.
- Un - nouveau type d'eaux minérales. — M.: Charles Lcpierre signale à l’Académie, l’eau d’une.petite ville portugaise, Ericeiia, eau méso-saline, chlorurée sodique, bicarbonatée calcique, iodurée, bromurée enfin, tenant 0 gr. 68fi de nitrates au litre, soit 18,8 pour 100 de la minéralisation. La radioactivité en est. assez prononcée, soit 82,2 millimicrocuries par 10 litres, et c’est à peine si on y trouve quelques bactéries banales; ce dernier point indique que les azotates ne proviennent point d’une contamination par des matières animales avant subi des transformations successives : azote albuminoïde, az. amidé, az. ammoniacal, az. nitreux, az. nitrique. La présence des nitrates ramène ainsi l’attention sur les différentes [hypothèses qui ont été présentées pour expliquer la formation de ces sels (théories d’Ochese-nius, th. de Nochlaers, th. microbiennes, etc.), et cela d’autant mieux que. toutes les conditions de la nitrification se trouvaienta'éunies à Erieeira.
- Le noyau des perles fines. — M. Louis lloutan s’est préoccupé de savoir si le noyau (corps étranger ou vacuole) a une influence sur les qualités superficielles des perles. De ses essais qui ont porté, sur une perle de culture, on peut conclure que les qualités de surface ne sont nullement modifiées par la présence d’un « noyau » à leur intérieur, l’éclairage direct, étant d’ailleurs le seul possible dans les perles plus ou moins sphériques, et: non transparentes.
- Les microbes producteurs d'acétone. — La préparation de cette cétone CH3. CO. CH3, est devenue une
- opération industrielle depuis les travaux de M. A. Fernbach sur certains germes anaérobies attaquant les hydrates de carbone. La note de M. A. Berthelet et de Mlle Ossart indique qu’un assez grand nombre de microbes aérobies, du genre B. subtilis et B. mesentericus ont un pouvoir acétonogène, d’ailleurs très sensible à l’influence des changements de milieu,
- Un nouveau procédé de dosage du fluor. — Jusqu’ici deux méthodes étaient seules mises en œuvre, le métalloïde étant évalué à l’état Ca Fâ (Berzélius) ou à l’état Si F4 (Frésénius, Carnot, etc..). M. Travers indique un modo opératoire, dans lequel le fluor amené à l’état, de sel alcalin soluble, est transformé en Si F6 K2 et ce composé titré volumétriquement par la suite, avec une liqueur de potasse.
- La greffe Soleil-Topinambour. —• Bien que ces deux plantes diffèrent notablement par leur composition chimique, il est extrêmement facile de greffer le Soleil annuel sur le Topinambour, cependant le suc est dextrogyre, dans la tige et la racine de VHclianthus annuus et lévogyre dans la tige, la racine et les tubercules de FHelianthus tuberosus. M. H. Colin en vient à conclure que le saccharose et le sucre réducteur du greffon Soleil peuvent servir de matière première à l’inuline de la tige et des tubercules du sujet Topinambour ; dans ses dernières expériences, en effet, dépourvu de son appareil assimi'ateur, l’hypobiote Topinambour se trouvait sous la dépendance exclusive de -l’épibiote Soleil, et tous les topinambours greffés ont ainsi donné des tubercules remplis d’inuline. Paui, B,
- LES PROCÉDÉS DE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA TUBERCULOSE
- Peu de maladies sont aussi importantes à dépister précocement que la tuberculose et peu sont aussi difficiles. Ce n’est pas quand le malade a déjà perdu sa résistance, quand il tousse et crache constamment, quand la fièvre le prend tous les soirs, quand les
- hémoptysies apparaissent qu’on doit commencer à intervenir. Il faut deviner la maladie à ses débuts, alors que des soins, des précautions, au besoin un séjour à la campagne suffiront à enrayer le mal.
- Il faut donc pouvoir établir le diagnostic aussi
- p.44 - vue 48/620
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA TUBERCULOSE :-- 45
- précocement que possible. Si l’on y réussit, on est sûr de la victoire d’abord et aussi de ne pas contaminer l’entourage. La tuberculose né compterait plus comme fléau social si on savait la dépister à temps.,
- Dans l’armée, le problème est aussi capital. On ne peut songer à réformer tous les conscrits douteux ou faibles de constitution; les effectifs se réduiraient trop. Mais si l’on introduit dans le contingent des jeunes tuberculeux, à la faveur des fatigues physiques et de la cohabitation dans les chambrées, ils vont essaimer leurs bacilles et contaminer une partie des soldats sains. La caserne deviendra ainsi un foyer de tuberculose.
- Cette utilité du diagnostic précoce n’échappc à aucun médecin et l’on s’est ingénié à imaginer les meilleures méthodes dans ce but. Elles sont actuellement assez nombreuses pour que nous songions à les rappeler ici.
- Nos lecteurs que la question intéresse trouveront de plus amples détails dans l’ouvrage de Calmette : l'Infection bacillaire et la tuberculose.
- Recherche du* bacille tuberculeux. — Le tuberculeux élimine des bacilles de Koch par toutes ses sécrétions et excrétions. On peut donc en rencontrer dans le lait, l’urine, les fèces, la sueur, quand la maladie est avancée et que des lésions existent dans les glandes mammaires, les reins, le tube digestif, etc. La tuberculose se localisant le plus souvent dans les poumons, oit en trouve surtout dans les crachats.
- Pour les y mettre en évidence, on utilise cette particularité du bacille de Koch d’être entouré d’une enveloppe cireuse qui le, rend difficilement colorable et aussi peu déeolprablc quand on a réussi à le colorer.
- . La recherche se fait de la manière suivante : on choisit dans le crachat une parcelle purulente jaunâtre ou même sanguinolente et on l’étale au moyen d’un fil de platine sur une lame de verre bien propre ; on laisse sécher à l’air, puis on passe la lame dans la flamme d’une lampe à alcool ou d’un bec Bunsen pour déshydrater complètement la préparation. On arrose celle-ci de quelques gouttes de liquide de Ziehl composé de :
- Fuchsine ou rubine. . . I gramme Acide phénique neigeux. o —
- Alcool à 90°. . . . . 10 —
- Eau distillée . .... 100 —
- On chauffe jusqu’à dégagement de vapeurs pendant une minute environ. La préparation égouttée a pris une couleur rouge foncé. Sans la laver, on la plonge deux minutes dans un mélange d’acide nitrique (l partie) et eau (2 parties) où elle sê décolore. Pour plus de sûreté, on peut assurer la décoloration complète par un passage de cinq minutes dans l’alcool à 60° (technique de Bezaneon et Philibert). On s’arrête quand le frottis est devenu presque incolore, à peine gris violacé. On lave abondamment à l’eau, puis on sèche. Seuls, les bacilles de Koch restent colorés en rouge. Pour mieux les voir, on peut passer la préparation dans une solution de bleu de méthylène à 1 pour 100 qui teinte
- tout le reste en bleu. Après lavage et séchage, on porte la lame sous le microscope muni d’un objectif à immersion.
- Quand les lésions pulmonaires sont ouvertes et que le malade expectore des bacilles, cet examen donne la preuve certaine de la maladie.
- Il arrive qu’un tuberculeux ne crache pas constamment des bacilles; si un premier examen est négatif, il est donc sage de le renouveler à quelques jours d’intervalle et de ne conclure qu’après recherches répétées.
- Il arrive aussi qu’au moment de l’examen, les bacilles sont peu nombreux dans les crachats et peuvent passer inaperçus. On les rassemble aisément en traitant une certaine quantité de crachats, additionnée de deux fois son volume d’eau par de la lessive de soude (1 goutte par centimètre euhe de crachat) à chaud pendant 10 minutes, puis centrifugeant.
- Les bacilles sont rassemblés dans le culot de centrifugation qu’on traite et colore comme précédemment.
- On peut aussi laver les crachats dans de l’eau salée à 9 pour 1000 et Stérilisée et les inoculer sous la peau d’un cobaye, animal très sensible au bacille de Koch. Quinze jours après, on aperçoit une adénite marquée, et, deux ou trois mois plus tard à l’autopsie, des ganglions caséeux dans lesquels on trouve en abondance des bacilles de Koch.
- Ces méthodes 1res simples et très sûres sont malheureusement en défaut quand les expectorations sont nulles ou non bacillifères. C’est le cas notamment pour les tuberculoses infantiles et les
- p.45 - vue 49/620
-
-
-
- 46
- LES PROCÉDÉS DE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA TUBERCULOSE
- manifestations osseuses, ganglionnaires ou cutanées tfe la maladie chez l’adulte.
- Assez souvent, l’examen radiologique révèle alors au sommet des périmons une ombre suspecte ou une chaîne ganglionnaire thoracique engorgée mais parfois aussi, le médecin ne trouve aucun indice probant pour expliquer l’amaigrissement, la fièvre, les sueurs du malade. Il reste alors incertain de son diagnostic, qui ne sera confirmé que pfos tard, trop tard, quand la maladie se sera dangereusement développée.
- On a donc cherché à révéler dans ces cas difficiles l’infection tuberculeuse en mettant en évidence dans l’organisme les modifications biologiques apportées par la présence de l’agent pathogène, comme on le fait aujourd’hui avec succès dans maintes autres infections.
- De nombreux procédés ont été proposés dans ce but.
- Albumino-réaction. — En 1909, le Pr H. Roger a signalé la présence quasi-constante de l’albumine dans les crachats des tuberculeux. La technique de recherche est simple et rapide. Elle permet de différencier les bronchites simples et l’asthme où la réaction est négative, de la tuberculose, où elle est positive. Mais l’on trouve aussi de l’albumine dans les pneumonies et broncho-pneumonies, gangrène, anthracose. Et surtout, cette réaction n’apparaît qu’après les lésions et ne peut servir à dépister la tuberculose au début, au moment où le diagnostic est le plus utile.
- Réaction d’Abderhalden. — En 1912, Abderhal-den a signalé un fait fort intéressant : un organe malade déverse dans le sang des produits particuliers incomplètement élaborés, qui obligent l’organisme à sécréter à son tour des ferments spéciaux, dits ferments de défense. On peut mettre ces derniers en évidence de plusieurs façons et révéler ainsi l'état pathologique. Appliquée à la tuberculose, la réaction d’Abderhalden ne s’est pas montrée jusqu’ici suffisamment spécifique.
- Réactions des lécithines. — En 1902, Calmctte avait montré que le venin de cobra n’attaque pas les globules rouges quand ils sont débarrassés de toute trace de sérum, mais que ceux-ci sont hémolvsés dès qu’on ajoute un peu de sérum chauffé à 55° contenant des lécithines. Or, le sérum des tuberculeux en contient des quantités anormalement grandes, d’où la possibilité d’un procédé de diagnostic qui malheureusement n’est pas suffisamment spécifique, tous les organes riches en lécithine : système nerveux, surrénales, etc., déchargeant dans le sang les memes produits dès qu’ils sont malades.
- Réaction à l’iodure de potassium. — Eli |891, Sticker a signalé qu’une injection sous-cutanée de 0 gr. 50 à 1 gramme d’iodure de potassium suffit à provoquer chez un tuberculeux une élévation‘de température, suivie de râles pulmonaires humides et d’expectoration de bacilles. C’est donc un moyen de réveiller les lésions et de'les révéler,; niais
- l’iodure a les même effets chez les lépreux et dans quelques autres maladies qui simulent parfois justement la tuberculose.
- Réactions urinaires. — Les tuberculeux se démb néralisent et rendent par leurs urines des quantités anormales de phosphates et de chaux, bien que ces modifications de l’urine ne soient pas constantes, on a basé sur elles plusieurs procédés de diagnostic.
- Maiméjac a signalé en 1909 que tandis que les urines normales deviennent, rapidement alcalines quand on les conserve à l’air, simplement à l’abri dès.poussières, celles des tuberculeux restent acides trèsl@**jgUmps, d’autant plus que la maladie est plus avancée.
- En 1910, Mmùz-Weiss a découvert dans l’urine des tuberculeux le» chromogène d’un pigment jaune qu’on peut révéler .'ùsêwien I •
- Ces réactions, fort simples, ne sont pas sans intérêt pour établir le pronostic de l’évolution chez un malade donné, mais elles ne permettent pas de dépister la maladie au début.
- Or, le grave problème, celui qui préoccupe tous les cliniciens, est d’établir avec certitude le diagnostic de tuberculose au début, avant qu’elle, ait produit des ravages tels qu’elle soit, trop difficilement et lentement curable.
- Ce n’est pas quand le poumon devient cavitaire qu’il faudrait commencer le traitement, mais bien, chez l’enfant, dès les premières attaques, alors que les ganglions sont encore en réaction dé défense et que les bacilles ne les ont pas encore franchis.
- Pour qu’un procédé de diagnostic soit précieux, il ne faut pas qu’il soit sensible seulement après que l’auscultation a révélé des cavernes ou les rayons X des opacités, ou la bactériologie des bacilles dans les crachats. A ce moment, il est trop tard.
- Le diagnostic doit être porté avant toute lésion irréparable et, de plus, il doit être suffisamment spécifique pour éviter des erreurs ou des confusions avec d’autres maladies.
- Nous indiquerons ici les seules méthodes qui semblent répondre, jusqu’ici à ce besoin.
- Réaction à là tuberculine. — Elle est basée sur ce fait qu’un organisme ayant déjà subi une infection tuberculeuse, reste sensible à l’action des poisons tuberculeux, et notamment dé la tuberculine, provenant de la culture de bacilles tuberculeux.
- Un individu sain ne réagit pas, même à de fortes doses de tuberculine ; un individu contaminé présente des réactions très visibles, mèmè à de petites doses.
- Une, goutte de tuberculine diluée au centième, instillée sur l’œil, provoque, au bout de 5 à 6 heures, une rougeur de la conjonctive qui va croissant jusqu’au deuxième jour, puis*disparaît sans laisser de trace (fig. 2).
- On préfère le plus souvent, tant pour ne pas effrayer'le malade que pour éviter le risque d’infection de l'œil, la eutîréuction ou l’intradermo-réaetion à cette ophtalmo-réaction.
- p.46 - vue 50/620
-
-
-
- LES PROCÉDÉS DE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA TUBERCULOSE
- 47
- Inj celée à la dose d’un centième de milligramme sous, la peau ou dans le derme,, par exemple à la lace externe de la cuisse, la tuberculine provoque après deux jours une « cocarde » rose ou rouge entourée d’une auréole plus pale (fig. 5). Chez le sujet sain, la piqûre disparait sans aucune manifestation.
- C’est donc une réaction très sensible. Malheureusement, elle l’est trop. Chez le jeune enfant, non encore contaminé, elle est précieuse pour dépister la première attaque des bacilles de Koch. Mais chez l’adulte, comme elle est très sensible, elle est positive chez presque tous, qu’ils soient réellement tuberculeux ou qu’ils aient seulement présenté autrefois des lésions, même minimes et complètement guéries.
- C'est ainsi qu’on arrive, dans certaines statistiques, à trouver dans une population de 80 ou 90 pour 100 de tuberculeux.
- Séro-agglutination.—Arloing et Courmont ont appliqué à , la tuberculose la méthode d’agglutination qui réussit si bien pour le typhoïde et des sines.
- Son principe est le suivant : si l’on met en présence d’une culture de bacilles du sérum d’un homme normal, les bacilles restent épars , isolés; si c’est du sérum d’un malade contaminé par des mi-, erobes de même sorte, les bacilles s’agglutinent, se rassemblent en. flocons, en paquets. On peut faire varier la quantité de sérum dans la réaction et déterminer ainsi sa puissance d’agglutination.
- Si la réaction négative, équivaut à un certificat de lionne santé, la réaction positive n’est pas toujours une preuve de tuberculose agissante; elle indique aussi bien une lésion très minime ou déjà guérie, et même parfois une toute autre maladie infectieuse : pneumonie, typhoïde, érysipèle, rhumatisme, etc.
- Réaction de fixation. — La réaction de fixation, découverte par Bordet et Gengou, est basée sur l’expérience suivante (fig. 4) Si l’on ajoute à des globules rouges de lapin du sérum humain, les globules ne tardent pas à être détruits, laissant échapper leur hémoglobine qui colore le liquide en rouge; on dit qu’il y a hémolyse. Si l’on fait la même réaction avec du sérum humain préalablement chauffé un certain temps à 56°, les globules restent intacts, le liquide se maintient incolore, on dit que le sérum est inactif.
- Enfin, si au mélange de globules et de sérum inactif, on ajoute du sérum frais de n’importe quelle espèce, il y a de nouveau hémolyse. Cette hémolyse ne se produit que si les globules ont été traités d'abord par une substance spécifique, la
- sensibilisatrice, résistante à la température de 56°, puis par une autre substance plus banale, le complément, (ou alexine) détruite à 56°. Le groupement : globules -+- sensibilisatrice -+- complément constitue le système hémolytique. Il a l’avantage de révéler par une réaction très visible, l’hémolyse, c’est-à-dire la coloration rouge du mélange, la présence d’un corps très délicat et très particulier, la sensibilisatrice.
- Les mêmes réactions s’appliquent à la bactériolyse comme à l’hémolyse. Si l’on met dans un tube une culture microbienne déterminée (antigène), puis du sérum chauffé d’homme atteint de la maladie causée par ces microbes, et enfin un complément quelconque, ,1a sensibilisatrice du sérum chauffé et le complément sont fixés par les microbes. Si l’on opère de même avec du sérum chauffé d’homme sain, la sensibilisatrice manque et le complément n’est pas fixé.
- Bordet et Gengou les premiers ont montré qu’on peut révéler dans ces tubes la présence ou l’absence de ce complément libre en ajoutant des globules rouges.
- Si le complément avait été fixé par la culture microbienne, les globules rouges restent
- intacts ; si le complément
- était disponible, il y a hémolyse.
- On peut résumer ces réactions de la façon suivante :
- Bacilles typhique-f- sang de typhique -)- sérum globules = Bien chauffé à 56° j
- —---------------------y
- sensibilisatrice complément spécifique
- Bacilles typhiques sang normal -j- sérum -f- globules == Réchauffé à 56° V molysc
- complément
- On voit que cette réaction de la déviation du complément permet de faire le diagnostic d’une, maladie déterminée. Employée d’abord dans la
- fièvre typhoïde, elle s’est généralisée sous le nom de réaction de Wassermann pour le diagnostic de la syphilis. .......
- Dès 1901, Widal et Lesourd avaient appliqué cette réaction au diagnostic de la. tuberculose, en employant comme antigène des corps de bacilles de Koch.; Jean Camus et Pagniez avaient choisi dans le même but de la tuberculine.
- On dispose couramment aujourd’hui, de trois antigènes très précis : .
- L’antigène B2 de Galmette ou antigène peptené ;
- Llantigène de Besredka; .
- L’antigène méthylique de Nègre et Boquet.
- L’antigène de Galmette est préparé en faisant macérer pendant quarante-huit heures, à 65?, 5 gr.-de bacilles tuberculeux secs dans 100 gr. d’une
- diagnostic de la fièvre infections voi-
- Fig. 2. — OphlaUno-rèaclion à la tuberculine (œil droit, à gauche de la figure). D'après Galmette.
- p.47 - vue 51/620
-
-
-
- 48
- LES PROCEDES DE DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE DE LA TUBERCULOSE
- solution de peptonc de Witte à 10 pour 100, puis en filtrant la macération obtenue. Les bacilles
- tuberculeux a-bandonnentdans l’eau peptonée les éléments d’un excellent anti-pêne .
- L’antigène de Besredka est fabriqué à partir d’une culture obtenue dans le milieu à l’œuf de Besredka.
- D’après Rubin-stein, cet antigène se conserve très bien, à la température de la chambre, et même pendant une durée de quatre années.
- L’antigène mé-thylique de jNègre et Boquet s’obtient en faisant agir sur des bacilles tuberculeux successivement l’acétone et l’alcool méthylique à 99°. 11 se conserve indéfiniment, maintenu à l’abri de l’humidité, de l’air et de la lumière.
- La réaction est conduite d’une façon très précise. On ajoute à l’antigène tuberculeux d’abord le sérum du malade suspect dont on veut établir le diagnostic, puis le complément, puis les globules. S’il y a hémolyse, la réaction est négative; si le mélange reste incolore, la réaction est positive, le malade est tuberculeux. On peut même évaluer l’intensité de la réaction en faisant varier les doses de sérum suspect contenant la sensibilisatrice.
- Cette réaction est beaucoup plus spécifique que celles dont nous avons précédemment parlé ; sa valeur clinique est donc d’autant plus grande. Elle ne peut provoquer de confusions que dans certains cas de syphilis ou de paludisme et ne manque de sensibilité que pour les infections tuberculeuses toutes récentes ou celles à marche très rapide.
- Récemment les Drs J. Rieux et Ch. Zoellcr, le premier professeur au Val-de-Gràce, ont publié dans la Presse Médicale leur opinion sur le procédé de diagnostic par fixation basée sur une large expérience qui a porté sur 500 jeunes soldats, au moyen de l'antigène de Besredka.
- On comprend l’intérêt qu’ils ont porté à cette étude en songeant-à l’importance qu’il y a de ne pas admettre dans J’armée des jeunes gens suspects de
- tuberculose, dont la maladie évoluera brusquement dès les premières fatigues de la vie de régiment. Si l’on ne peut exempter du service militaire tous les jeunes gens un peu « faibles de constitution » sous peine de voir fondre les effectifs, on ne doit pas non plus laisser entrer à la caserne des prétuberculeux dont l’état s’aggravera pendant leur service actif, qui deviendront alors une source de contami-tion pour les autres et qu’il faudra finalement réformer avec pension.
- De l’avis des l),s Rieux et Zoellcr :
- « Par comparaison avec les autres méthodes de diagnostic scientifique de la tuberculose : d’une part, la réaction de la tuberculine (cuti-, iutra-dermo- et ophtalmo-réactions) et de l’autre, la recherche du bacille de Koch (recherche directe, inoculations, etc. ), la réaction de fixation se présente comme intermédiaire : moins étendue, moins banale et plus spécifique que la première ; plus sensible, plus précoce et aussi plus spécifique que la seconde. Sa portée comme sa valeur dans l’étude de l’évolution tuberculeuse chez l’homme apparaissent dès lors comme plus grandes. »
- Le seul défaut de la méthode est la délicatesse de préparation des divers réactifs.
- Comme on le voit, par ce rapide exposé des conquêtes récentes du laboratoire dans le domaine de la tuberculose, on commence à disposer aujourd’hui de moyens très sensibles et très surs de dépister la terrible maladie sociale, dès ses premières manifestations. Et c’est déjà beaucoup pour la clinique et l’hygiène, en attendant la découverte tant espérée du vaccin ou du sérum curatif qui nous rendra définitivement maîtres d’un des plus graves fléaux. R. M.
- Fig. _f. — Schéma de la réaction de déviation du complément (d'après Guy Laroche, Examens de laboratoire du praticien).
- Dans le tube I, le sérum humain détruit les globules rouges du lapin ; il y a hémolyse. Dans le tube II, le sérum humain, préalablement chauffé à 56°, est devenu inactif; les globules restent intacts. Dans le tube III, le sérum humain, chauffé inactif, est réactivé par du sérum frais de cobaye (complément); il y a hémolyse.
- Le Gérant. ; P. Masson. — Imprimerie Laiiuhi:, 9, rue de Mourus, à Paris.
- p.48 - vue 52/620
-
-
-
- LA NATURE — N° 2495.
- 28 JANVIER 1922
- L’INDUSTRIE DES TISSUS IMPRIMES
- L’antique cité de Mulhouse qui, après.avoir, tout d'abord, appartenu aux Jivêques de Strasbourg, lut érigée en ville impériale en 1275, puis se. rendit indépendante au xve sièele, et s’allia aux Cantons suisses, avait, été, sur sa demande, réunie à la France en J 798. Cédée à l’Allemagne après la guerre néfaste de 1870, elle est enfin rentrée au sein de la Patrie* française. Mulhouse est, aujourd’hui, le centre manufacturier le plus important. de la Haute-Alsace.
- Celte importance,, elle la doit, notamment, à l’industrie des tissus imprimés pour laquelle, peut-être, elle n’a pas de concurrente au monde.
- Si, d’après R. Forcer : « Die Jvunsl des Zeugdrucks vom Mitlelalter bis zur Empirezeit » l’impression des tissus était déjà connue des Egyptiens, des Grecs et des Romains, elle ne se développa guère en Europe, et notamment en Alsace, qu’au xvue siècle. Encore ne fut-elle guère encouragée à ses débuts, en France tout au moins, si l’on en juge par cet « Arrest » du roi Louis le Quatorzième, en date du 25 octobre 1080. a A partir du jour de la publication, toutes les fabriques établies dans le royaume pour peindre, les toiles de coton blanches cesseront, et les moules servant à l’impression d’icelles seront rompus et brisés, sous les peines y portées. » On craignait en efièl, à cette époque, que l’industrie nouvelle ne nuisit à l’industrie de la laine.
- C’est à Neufchàtel (Suisse) où existaient déjà plusieurs fabriques d’indienne, que s’inspirèrent les premiers pionniers de cette industrie, qui, au nombre de trois: Samuel Koechlin, J. ,1. Sehmalzer
- J:ig. 2. — Sortie d’iiit wagonnet de la chaudière à lessiver sous pression.
- 50' Année. — 1" Semestre.
- JFig. i. — Dans le fond, au milieu : pièces en boyau, imprégnées et empilées pour désagréger le parement. Les pièces sont ensuite lavées sur la machine de gauche et empilées dans un des wagonnets de droite pour le lessivage.
- et le peintre J. H. Dollfus, fondèrent le premier établissement de ce genre, en 1716, à Mulhouse, sous la raison sociale Koechlin-Schmalzer et Cie. Cette industrie des toiles peintes est à l’origine de l’industrie des tissus imprimés, et la maison fondée en 1746 a toujours conservé le nom de Koechlin. En 1851, elle prenait le nom de Frères Koechlin. Elle existe encore et est. universellement connue sous cette même, raison sociale. C’est dans les vastes ateliers appartenant à celte Société, c’est-à-dire au berceau même de l’impression alsacienne, que nous conduirons nos lecteurs pour leur faire connaître, grâce à la bienveillante et très précieuse collaboration des directeurs de celte maison, sans qui nous n’aurions pu mener ce travail à bonne fin, les procédés employés aujourd’hui dans celte industrie.
- D’autres fabriques de toiles peintes se créèrent bientôt. Elles entraînèrent, la création de filatures, tissages, ateliers de construction de machines, de gravure*, de fabriques de produits chimiques, à Mulhouse et dans la région. Le travail fécond, les innovations d’une phalange d’ingénieurs, dechimisl.es, d’industriels et d’artistes alsaciens ont acquis à Mulhouse, qui compte aujourd’hui près de 100 000 habitants, à sa Société industrielle et à son Ecole de chimie,’ une réputation de supériorité sur les autres centres de l’impression des tissus en France et à l’étranger.
- L’impression des tissus est une industrie infiniment complexe dont 4. — 49.
- p.49 - vue 53/620
-
-
-
- 50
- L’INDUSTRIE DES TISSUS IMPRIMÉS EN ALSACE
- nous ne pouvons donner qu’un aperçu en ce court, article, et nous nous contenterons de parler du coton, ce, textile s’imprimant, à lui seul, sur une plus vaste échelle que tous les autres réunis.
- : Pour en faciliter la compréhension, nous indiquerons succinctement, dans l’ordre, les différentes phases de ce travail, en parlant du tissu écru sortant du tissage.
- Opérations préliminaires. Blanchiment. — Le [tissage du coton a produit un duvet qui empêcherait que impression nette. L’étoffe, de plus, est chargée .de matières étrangères : parement et corps gras. [Enfin,' le coton renferme toujours, à l’état naturel, lune matière colorante et, une résine. La première (opération ' à lui faire subir est celle tdu « grillage » ou « flambage ».
- Les pièces é-! crues venant du
- sues bout à bout et passent rapidement et sans pli au-dessus d’une ou plusieurs rampes de gaz horizontales ou de plaques de métal chauffées au rouge. Suivant la disposition adoptée, le duvet est grillé sur les deux faces du tissu ou sur,Lune d’elles seulement, qui portera le nom d’« endroit ».
- Fig. 3. —; Par un passage sur des vapeur, le tissu blanchi esl séché el pour aller à l’impression.
- il s’agit maintenant de débarrasser le coton de la légère coloration écrite due aux matières colorantes naturelles qui lui sont propres et qui ne sont pas encore entièrement détruites. Le « blanc » lui est donné par un traitement au « chlore », solution d’hypochlorite de chaux ou de soude à Oa,2-1 ,0° Baume et un acidage consécutif [à l’acide sulfurique ou mieux chlorhydrique h l°-î2° Baume. Le tissu est laissé en contact avec ces agents pendant plusieurs heures, soit immergé dans des cuves, soit simplement imprégné et empilé dans des dépôts ad hic.
- L’acidage est suivi d'un très sérieux rinçage, d’un exprimage, de la mise en large du tissu par
- un batteur élargisseur et enfin du séchage, qui
- st* fait généralement sur tambours (fig. 5).
- Les opérations de blanchiment, beaucoup plus longues et; plus compliquées autrefois, ne donnaient pas .de meilleurs résultats. Avec les nouvelles méthodes de travail, le tissu sort d’un blanc presque parfait et il ne lui manque qu’un léger azurage (outremer) pour pouvoir être vendu en blanc.
- Le tissu est ensuite -brossé, parfois tondu, mis à fil droit et
- tambours en cuivre chauffés à la abattu en plis sur des charrelLès
- Après le grillage, les pièces passent généralement. dans un anneau ou « lunette » et subissent, les opérations de blanchiment proprement dites à l’état de hoyau.
- Le parement du tissu écru est désagrégé par imprégnation avec un acide minéral dilué, une solution alcaline ou une. liqueur renfermant des diaslases (extrait de malt), il se produit alors une fermentation qui dissout l’amidon du parement.
- Le tissu est alors lavé à grande eau et empilé, imprégné ou non de « lessive », dans des chariots qui seront introduits dans une chaudière à lessiver (fig. J et 2).
- Généralement, la lessive employée est une solution de carbonate de soude ou de soude caustique à concentration variable suivant l’article traité, la construction de la chaudière,'la durée et la pression à laquelle s’opère le lessivage ou « débouillissage ». Une circulation intense de la lessive, passant e! repassant à l’aide d’une pompe, assure, la pénétration complète du tissu et débarrasse le colon des cires et des matières grasses et ligneuses.
- à largeur égale el finalement enroulé (fig. 4). Il est prêt, maintenant à passer à la machine à imprimer.
- Mercerisage. — Nous ne pouvons passer sous silence un traitement très curieux qui s’intercale entre certaines opérations du blanchiment. Nous voulons parler du « mercerisage » qui a pour but d’augmenter dans de très fortes proportions ,1e brillant de la fibre du coton.
- Un 1844, l’anglais Mereer avait observé que le fil de coton, en contact avec une solution concentrée et froide de soude caustique, se gonfle et se raccourcit et qu’il reste dans cet état lorsque l’on a de nouveau éliminé, cette soude caustique par neutralisation (acidage) et lavage énergiques. Ce phénomène est encore utilisé pour produire des effets de crépon par impression.
- Mereer avait également constaté que le coton ainsi traité se teint d’une façon plus corsée avec certains colorants, ce qui a aussi trouvé son application en impression pour l’obtention des teintures en camaïeu.
- Mais on n’avait pas remarqué, à l’époque, qu’en
- p.50 - vue 54/620
-
-
-
- 51
- L’INDUSTRIE DES TISSUS IMPRIMÉS EN ALSACE
- empêchant le rétrécissement du lil par dus moyens mécaniques-, tout particuliérement lorsque ce lil est formé -de coton à longue libre (Jumelle, Long Island) le coton acquérait un brûlant inattendu et très durable. Cette qualité du colon a trouvé depuis environ 25 ans une vaste application pratique, tant pour les filés que pour les tissus. La maison Frères^ Koechlin a perfectionné grandement cette trouvaille, et, grâce à ces perfectionnements, elle a obtenu des étoilés : satins lumière, .chatoyantes, opalines qui, par leur brillant et leur souplesse,
- albumine, caséine, cellulose solubilisée, vernis, etc.
- En outre, dans le genre « enluminage » les effets blancs ou multicolores sont obtenus de deux façons différentes : par « enlevage » ou par « réservage ». Nous verrons dans un prochain article, la signification çle ces mots.
- Pour réaliser les divers effets d’impression que nous venons d’énumérer, les matières colorantes et, los'hgenls nécessaires doivent être déposés sous une forme convenable sur le tissu. Il faut, pour cela, épaissir judicieusement ces mélanges qui, liquides
- Fig. 4. — Avant de passer à la machine à imprimer,. le tissu est mis à fil droit sur des ëlargisseuseS
- à pince et il est enroulé.
- imitent à s'y méprendre les articlesanalogues obtenus avec la soie véritable. . ’ e -
- Impression des tissus. — Au sens le plus large idu mot, imprimer une étoffe, c’est y reproduire, au (moyen d’empreintes, un dessin donné se répétant à iintervalles réguliers. D’une façon générale, suivant jlÿspect final du tissu, on peut distinguer :
- |/: 1° L’article fond blanc avec effets en une ou plusieurs couleurs (genre impression directe) et, 2° l’article fond coloré avec effets blancs ou colorés Ise détachant du fond (genre enluminage).
- Dans l’un comme dans l’autre cas, il importe •que la matière colorante, à un état aussi stable que possible, fasse corp^vec la fibre : j Soit, par combinaison ou pénétration directe ;
- Soit à l’aide d’adjuvants chimiques : mordants, oxydants, réducteurs ;
- Soit enfin à l’aide d’agents, lixateurs, tels que
- pour la plupart, ne seraient ni assez adhérents ni assez visqueux pour se maintenir sur les empreintes appliquées sur le tissu et, d’autre part, auraient de fortes tendances à « couler » une fois en contact avec la fibre.
- , D’où l’emploi des « épaississants » : solution de gomme, empois d’amidon, mucilage d’adraga'nle, 'd ex tri ne, amidon grillé, etc. (O11 incorpore à ces épaississants les matières colorantes et produits nécessaires : (dissolvants, mordants et autres). On obtient ainsi des « couleurs », nom usité même lorsque le mélange 11e renferme aucun colorant, d’une viscosité et d'une adhérence [convenant à l’emploi voulu.
- L’application de ces couleurs sur le tissu, aujourd’hui, a lieu soit à la main, soit à l’aide de 'la"machine à imprimer.
- L’application à la main, ou travail «à la planche»
- p.51 - vue 55/620
-
-
-
- 52 :........ L’INDUSTRIE DES TISSUS IMPRIMES EN ALSACE
- Fig. 5. — Machine à imprimer à 12 couleurs.
- A droite, la chambre de séchage. — On en voit ressortir le doublier et le coursier. La sortie de la pièce imprimée est du côté opposé au séchoir.
- seul connu aux débuis de l'industrie des toiles peintes, se pratique encore, comme autrefois, à l’aide de « planches » généralement en bois et gravées, dont les parties en relief constituent le dessin et sont enduites de couleur. Ce travail convient surtout pour une faible production et des dessins ne présentant pas des détails trop lins et dont les motifs ne se répètent qu’à de grands intervalles, ainsi que pour certains genres spéciaux.
- Il a, d’autre part, sur l’impression au rouleau, d’incontestables avantages qu’il serait trop long d’énumérer.
- Mais, pour obtenir une grosse production à bon marché, il est fait usage, et depuis J 785 déjà, de la..machine à imprimer, munie de rouleaux en cuivre gravés en creux, qui a été constamment perfectionnée, et qui est aujourd'hui répandue et utilisée partout..’'Cette machine est analogue à celle qui est employée pour l’impression du papier peint. Elle en dilï’ère par la gravure des rouleaux qui est en relief pour le papier.
- Il existe diverses autres manières de reproduire sur un tissu des dessins plus ou moins réguliers :
- bal tic, plus, à p pression.
- Machine à imprimer. — La machine à imprimer, machine rotative, est dite (jusqu'à T2,
- qu’elle est agencée pour recevoir un ou plusieurs rouleaux d’impression (lig. 5).
- Elle comprend un grand cylindre central, dit « presseur » recouvert de plusieurs couches de tissu élastique
- constituant le « bombage » sur lequel viennent appuyer avec une forte pression des rouleaux imprimeurs en cuivre convenablement gravés et correspondant chacun à une nuance du coloris à reproduire.
- Chacun de ces rouleaux est aliment)' de « couleur » par frottement contre un cylindre élastique qui baigne dans la couleur contenue dans une petite auge Un dispositif spécial assure la conduite du tissu, sou séchage (ainsi que celui du « coursier, et du « doublier » dont nous allons 'parler).' Le tout est actionné par un moteur à vitesses variables.
- Pour que le rouleau imprégné ne dépose sur le tissu que la quantité de couleur nécessaire à l’impression, toute la couleur qui ne peut se loger dans les hachures en creux de la gravure, est retenue à l’aide d’une «racle», lame en acier al'lilée comme un racloir de menuisier et qui est appliquée contre le rouleau gravé.
- Mais le tissu étant toujours plus étroit que la partie gravée du rouleau, pour permettre notamment l’impression de tissus de différentes laizes, ce rouleau imprimeur déposerait sur le bombage du presseur, là où le tissu à imprimer 11e le recouvre pas, une couclie.de couleur augmentant d’épaisseur à chaque tour du presseur et qui souillerait bientôt la pièce à imprimer.
- Pour obvier à cet inconvénient, on fait passer un drap sans lin, épais, caoutchouté, et souple, de la largeur du presseur, et nommé « Coursier » ainsi qu’un autre tissu, de coton, [dus mince, le « doublier » entre le tissu à imprimer et le presseur. La majeure partie de la bavure latérale est ainsi absorbée par le doublier, et ce qui le traverse est retenu par le coursier.
- aérographe, etc. Ce n est parler de l’im-
- à une ou plusieurs couleurs 1 ou même 10) suivant
- Fig. O. — Vue d’une calandre à 5 cylindres.
- p.52 - vue 56/620
-
-
-
- 53
- L’INDUSTRIE DES TISSUS IMPRIMÉS EN ALSACE
- Le lissa prêt pour l'impression est d’ordinaire enroulé par 5 pièces de 100 mètres. 11 s’engage avec le coursier et le doublier à l’arrière de la machine à imprimer et reçoit au passage, successivement, l’impression des rouleaux gravés. Tissu, doublier et drap sans tin, guidés alors par un système de roulettes, sont séchés en passant au-dessus de plaques chauffées. Pour éviter le « coulage » et le « rapplicage » il importe de sécher à fond le tissu imprimé, ce qui est réalisé dans un séchoir chauffé par des radiateurs ou à l’air chaud. Le
- allons passer immédiatement aux opérations qui suivent l’impression du tissu.
- Finissage. Le Iissu venant de la machine à imprimer» et qui a subi tous les traitements subséquents, passe ensuite • au finissage, ou dernières phases de la fabrication. Elles consistent en de nouveaux traitements qui ont pour but, principalement, d’augmenter la solidité des couleurs et d’aviver les blancs. A ces traitements s’ajoute « l’apprêt », à l’aide d’amidon, fécule, dextrine, glycérine, corps gras, savon, etc. Pour cet apprêt, on
- do.ublier, lui aussi, parcourt une partie du séchoir et. peut servir plusieurs fois au besoin avant d’être lavé. Le coursier sans fin peut servir beaucoup plus longtemps.
- . L’établissement et le maintien du « rapport » ou juxtaposition correcte dès différentes; couleurs pour reproduire lé dessin convenablement et sans superpositions inopportunes, retiennent particulièrement l’attention du conducteur de la machine : une première et. grossièremise au point, s’obtient a l’aidé de points de repère établis sur le bord des rouleaux gravés, et» pendant la marche, ce-rapport est,"établi et maintenu très exacterhent à l’aide d’un 'agencement spécial.
- Laissant de côté pour l’instant l’élude des matières colorantes et produits divers employés dans l’impression du coton, ainsi que celle des divers procédés, études qui feront l’objet d’un prochain article, nous
- se sert, de différentes machines. La figure 7 nous en montre une, vue du côté de l’entrée du tissu.
- De plus, et suivant les articles, on peut donner au tissu un aspect mat, brillant, glacé, moiré, ou un. gaufrage, à l’aide de calandres (fig. fi) et par d’autres traitements appropriés.
- Enfin, certains articles sont imperméabilisés. .D’antres, comme les pilous et, veloutines, acquièrent leur aspect duveté et feutré par un passage répété sur des machines à gratter munies de cardes.
- Les tissus terminés passent enfin an métrage et au pliage qui clôturent la longue suite de ces opérations multiples.
- Telle est, étudiée beaucoup trop brièvement, cette curieuse industrie pratiquée, en France, non seulement en Alsace, mais dans les Vosges, en Normandie, et aux alentours de Lyon.
- L’Alsace en étant le plus grand centre, son retour
- p.53 - vue 57/620
-
-
-
- 54 z:::::.. . LA NOUVELLE GARE FRIGORIFIQUE DE PAR1S-1VRY
- à la France a plus que doublé le nombre des machines à imprimer les tissus dont dispose notre Patrie. La majeure partie de la production alsacienne, avant la guerre, était absorbée par P Allemagne.
- Le traité de Versailles a fort, sapement imposé à celle-ci, pour une durée de cinq ans. Feutrée en
- franchise des produits textiles manufacturés dans l’ancienne « Terre d’Empire » alin de permettre à l’industrie cotonnière alsacienne de se créer de nouveaux débouchés sur le marché mondial. Nous lui souhaitons, en terminant, d’y réussir pleinement.
- Georges Lan on yi lu;.
- LA NOUVELLE GARE FRIGORIFIQUE DE PARIS-IVRY
- Après les Anglais et les Américains, les compatriotes de Charles Tellier, le « Péri1 du Froid », comme le surnommèrent de trop tardifs admirateurs,' ont fini par comprendre l’intérêt de son invention. Aussi de nombreux entrepôts Frigorifiques s’édifient ou sont déjà installés, un peu partout en France : à Bordeaux, à la üochelle, à Lorient, à Lyon, et à Paris, pour ne citer que les principaux dVotre eux.
- Aujourd’hui nous allons visiter la nouvelle Gare frigorifique de Paris-Ivry (fig. 4),'qui fonctionne depuis quelques mois. Ce remarquable établissement, construit sur l’initiative de la Compagnie* du Chemin de fer d’Orléans, à proximité de sa gare de marchandises de Paris-lvry, comprend 24 chambres froides réparties en cinq étages et un rez-de-chaussée. La Compagnie de:s* transports frigorifiques exploite cet entrepôt de. façon rationnelle et dans les meilleures conditions de rapidité, grâce, à un embranchement particulier à douille voie, qui le relie au réseau principal. Les wagons frigorifiques arrivent dans un hall refroidi, à parois isolantes (lig. 2). Le chargement et le déchargement des denrées périssables, qu’on emmagasine dans les salles soit à l’état frais, soit à l’état congelé, s’opèrent donc à l’abri des intempéries et de la chaleur. On peut, en outre, réfrigérer les wagons avant le chargement des marchandises.
- Les chambres froides de la nouvelle gare frigorifique ont une surface utilisable de 5000 m2, un volume de 17 000 ne et une capacité de 5 à
- 0000 tonnes (lig. 5). Quant, aux manutentions intérieures, 4 monte-charge et. une ligne de rails
- aériens les assurent avec divers types de cha-
- riots.
- Enfin, à chaque étage, de larges couloirs refroidis et. éclairés par des baies vitrées isolantes, à triple épaisseur de verre précèdent les chambres froides, que des travées permettent de fractionner à la volonté, des clients. Telle est l’économie générale de ce magasin frigorifique, dont, l’édification a conté 0 millions et est actuellement un des plus vastes d’Europe.
- Entrons maintenant dans quelques détails dignes d’intérêt sur l’entrepôt lui-même et les machines à froid qui y fonctionnent,.
- L’édifice comprend deux corps de batiments : l’entrepôt proprement dit et le pavillon de l’admi-
- nis.tration à l'extrémité duquel se trouve la salle des machines. A l’angle de jonction des deux constructions, une tourelle abrite un escalier, un ascenseur, un réservoir d’eau et donne à l’ensemble un aspect, extérieur moins massif.
- Le bâtiment à b étages, qui forme le sloek-yard proprement dit, mesure 50 m. de* long sur 50 m. de large; ses planchers et ses piliers sont en béton armé et ses murs extérieurs en briques de mâchefer. Afin d’éviter les déperditions externes ou de-chambre à chambre, on a particulièrement soigné Yisolation des murs, planchers et cloisons. Los murs extérieurs sont formés de 2 murettes, l’une de 22 cm et l’autre de 12 cm séparées par une
- couche de, 10 cm de liège
- aggloméré et autant
- de
- liège granulé. Four les planchers intermédiaires, on a disposé sur le béton 12 cm de liège qu’on a surmonté d’un dallage de 10 cm; pour le plafond du cinquième étage, on a même porté l’épaisseur de liège à 20 cm et pour les cloisons entre chambres ou antichambres, on a intercalé 12 à 15 cm de liège aggloméré entre 2 murettes de* I l centi-
- mètres.
- Indépendamment des escaliers, bureaux, monte-charge, voies ferrées, quais de réception et d’expédition (fig. 4), la pièce principale du rez-de-chaussée est la salle,des machines que surmonte, une terrasse, destinée à abriter le condenseur et son bac. Dans ce local, si* voient les deux compresseurs d'ammoniaque type Sulzer (fig. 0) qui produisent, le froid nécessaire à toute la gare et on a calculé leur force pour que l’un d’eux, puisse rester toujours en réserve quand l’autre marche. Pour obtenir un tel résultat, en supposant une introduction journalière de 100 tonnes de -marchandises diverses réparties dans les diverses chambres et entrant à une température moyenne de 20°, chaque machine doit posséder une puissance d’environ 300 000 frigories-heure, l’évaporation de l’ammoniaque se faisant à — 47° et la liquéfaction à -— 50°. Comme on le sait, les techniciens comptent 120 fri-gories par kilogramme de glace produite. ; donc chacun des compresseurs, de là gare d’Ivry est capable de fournir 2 tonnes 1/2 de glace par heure. Leur, commande s’effectue au moyen d’un moteur
- électrique et d’un enrouleur. * • .....
- Le condenseur ou liquéfacleur est du type dit à ruissellement et, comme nous l’avons noté plus haut,
- p.54 - vue 58/620
-
-
-
- 2 55
- LA NOUVELLE GARE FRIGORIFIQUE DE PARIS-1VRY
- Fig. i. — La gare frigorifique de Paris-lvry.
- Au premier plan, une rame de wagons frigorifiques en cours de déchargement.
- on l’a installé sur la toiture du pavillon des machines. Il comprend une série de tuyaux horizontaux.
- L'eau froide, sortant d’une gouttière sise au-dessus de ces derniers, ruisselle le long des spires et à l’exception de la petite quantité qui se perd en s’évaporant, va se rassembler dans une cuve, disposée à la partie inférieure du condenseur.
- Une pompe la remonte ensuite dans la gouttière supérieure. I)c son côté, l’ammoniaque, venant du compresseur pénètre dans le tuyau le plus élevé tandis que l’on recueille, dans les spires les plus basses, le liquide refroidi. La mise du condenseur sur la terrasse a pojjr but de, favoriser l’évaporation et par suite le refroidissement de l’eau de réfrigération, en utilisant l’action du vent.
- Il faut naturellement remplacer, par de l’eau fraîche, l’eau ainsi évaporée, soit quelques mètres cubes par heure de travail normal.
- D’autre part, les compresseurs marchent à surchauffe. De la sorte, le nombre de frigo ries produites dans l’évaporatcur par cheval-heure est plus grand que si la machine fonctionnait en régime humide.
- La vapeur surchauffée, au moment de la compression, donne, en effet, une supériorité de rendement de 12 pour 100.
- Le constructeur a également appliqué la surchauffe au régime extérieur en intercalant, à l’étage supérieur dans la conduite d’aspiration, un séparateur destiné à retenir le liquide entraîné, qui retourne ensuite par pesanteur dans les évaporateurs des étages inférieurs. Il faut, en outre, que pendant la marche des machines au voisinage des soupapes de refoulement, les tuyaux restent chauds (80° à 100°), tandis que près des
- soupapes d’aspiration, les conduites correspondantes se recouvrent, de givre.
- Quittons maintenant, la salle des machines pour jeter un rapide coup d’œil sur le hall refroidi à parois isolantes (fig. 2), qui permet l’accès direct des marchandises aux monte-charge. L’embranchement du P.-O. pénètre jusqu’aux quais de livraison et de réception. Sur les deux voies de ce hangar peuvent circuler 25 wagons dont 15 en chargement ou en déchargement et, 12 en attente. Des rails aériens facilitent la manutention des viandes entreposées dans une des chambres froides du rez-de-chaussée et se raccordent aux 4 monte-charge qui, avec des chariots spéciaux, desservent les 5 étages de l’entrepôt. Chacun de ces ascenseurs enlève une charge utile de 1500 kg à la vitesse de 0 m. 10 à la seconde.
- En montant, au premier étage, nous trouverons d’abord aine antichambre centrale de 15 m. de long et de 4 m. de large et une antichambre transversale de 16_m. de long sur 4 m. de large, dans lesquelles accèdent les 4 monte-charge; puis 5 chambres froides pour viandes congelées, de 800 à 1000 m3 de capacité et réfrigérées à — 6° ou à —12°; ensuite une chambre spéciale pour la conservation du poisson congelé d’une contenance de 900 m3 et dans laquelle on maintient la température de — 12°. ;
- On accède des antichambres aux salles par des portes spéciales isolantes à fermeture hermétique, qu’on manœuvre à volonté de l’intérieur ou de .l’extérieur.
- p.55 - vue 59/620
-
-
-
- 56 V- LA NOUVELLE GARE FRIGORIFIQUE DE PARIS-1VRY
- Fig. — Une chambre froide, contenant des viandes congelées.
- temperal urc dési rée. principal plac*é dan
- renverser iliaque,' autrement dit, à
- En continuant l’ascension du bâtiment, nous rencontrerons aux autres étapes des dispositions à peu près analogues. Cependant au cinquième, deux des chambres n’ont qu’une capacité de 600 né par suite dès 2 salles de réchauffage qui leur sont annexées. On utilise ces locaux, refroidis également par îrigo-rifères à circulation d’air et par ventilateur, pour conserver des .œufs, '.les 2 petites salles auxiliaires servant à les réchauffer, lors de leur ‘.expédition;.'
- .'" Le-refroidissement des chambres de .la gare frigorifique s'opère d’une manière complètement indépendante, chacune d’elles possédant son frigorifère: De la sorte, on donne à chaque chambre, selon les marchandises qu’elle renferme', le régime convenable sous le rapport de la température, du degré hygrométrique, et. du renouvellement d’air.
- Lin ventilateur fait circuler l’air de la chambre à travers le frigorifère où il passe, pour se refroidir et se dessécher, sur les serpentins de ses évapora-teurs à détente directe. En outre, dans l’antichambre de chaque étage, on a installé une station
- de réglage (üg. 5) pour mesurer le débit de l’ammoniaque à envoyer dans chacun des frigorifères de l'étage, et ayant pour objet, de réaliser dans chaque chambre la Enlin un poste la salle des machines permet d’ailleurs un premier réglage,
- . D’autre part, comme il faut- au bout d’un-certain temps de-marche, débarrasser les serpentins des éva-porateurs du givre déposé à leur surface et qui joue le rôle; d’isolant., on doit procéder aü dégivrage.
- • Un dispositif ad hoc servant, à le courant d’amrao-envoyer
- les gaz comprimés chauds dans les serpentins, facilite'beaucoup cette opération. La manœuvre s'effectue rapidement et. aisément, au moyen d’une - robinetterie spéciale, .placée; dans les antichambres auprès ' des sous-stations de réglage.
- On a soin, au préalable, d’interrompre toute communication d’air entre le frigorifère et sa chambre, au moyen de papillons.;-»
- En outre, comme les marchandises einmagasinées peuvent dégager des odeurs,; on ellèctue, si besoin est, le renouvellement de lbilmosphèré- des salles en évacuant leur air'vicié et en puisant,, à l’aide de gaines; spéciales, l’air pur venant de l’extérieur.
- Aussi, grâce à cette organisation rationnelle, la gare frigorifique de Paris-Ivry rendra de grands services non seulement aux agriculteurs et aux éleveurs, mais aux commerçants et aux consommateurs en évitant les pertes de denrées, qui s’altéraient jadis en été ou se perdaient sans prolit pour personne et qui désormais se conserveront, dans ces vastes chambres froides, à l'abri de toute altération. Enlin, plusieurs centaines de wagons frigorifiques,
- p.56 - vue 60/620
-
-
-
- LE PRINCIPE DE LA RELATIVITÉ
- 57
- circulant sur tous les réseaux français, complètent Toutilla£*o de la Compagnie, qui peut ainsi transporter et stocker pour ses clients des viandes fraîches, réfrigérées et congelées, du poisson,
- du beurre, des fromages, des œufs, des fruits et des légumes frais ou congelés, sans crainte de les voir s’altérer en cours de route ou dans ses entrepôts. Jacques 'Royer. ..
- Fig. 6. — Salle des machines frigorifiques.
- Chaque convertisseur type Sulzer a une puissance utile de 3'xjooo frigorics-heure.
- LE PRINCIPE DE LA RELATIVITÉ
- Nous avons vu (nos 2492 e t 2494) comment la nouvelle théorie s’édifie sur des postulats qui nous ont conduits à la révision de nos notions premières. Sous cette forme, elle semble, toute logique qu’elle soit, quelque peu révolutionnaire. G’est à cet égard, un aspect trompeur, caria théorie de la relativité restreinte a largement usé des recherches antérieures. Et d’ailleurs comment pourrait-il en être autrement? Personne ne croit dans la science à un bouleversement soudain. - En tout temps, L’éclosion d’une « idée nouvelle » n’est que la conclusion d’une longue suite -d'efforts qui ont pu sembler vains et stériles. Et. si l’honneur revient à un seul homme d’avoir exprimé lumineusement cette idée, il faut bien dire que l’époqué était mûre pour cette éclosion. La relativité restreinte est ainsi -l’avanhdernier stade —i le- dernier étant la : relativité : ‘généralisée ’ de ce perpétuel perfectionnement qu’est la science.
- Nous nous proposons de montrer aujourd’hui un nouvel aspect de la théorie d’Einstein, le véritable.
- si l’on pouvait dire d’un aspect qu’il est plus vrai qu’un autre.
- Nous avons déjà exprimé l’impossibilité de déceler le mouvement rectiligne et uniforme d’un système par des : expériences^ faites a l’intérieur de ce système. C’est .une vérité ancienne, vérifiée, par un nom bre con sidéra file d'expériences et non contestée. Remarquons qu’il s’agit là d’une propriété intrinsèque de cette catégorie de. mouvements. Elit* n’esl aucunement en relation, comme on le pense souvent . avec le fait que la vitesse est constante, indépendante,du temps.'Si en effet, nous avions choisi comme mouvement-référence,’ définissant la mesure du temps, la chute des corps, pesants vers le cénIre de la terre, les mouvements rectilignes considérés plus haut ne seraient plus uniformes (déplacements proportionnels au temps), mais uniformément retardés. Ils n’en garderaient pas moins leur propriété spéciale. C’est uniquement un fait digne de remarque que le mouvement-référence choisi (rota
- p.57 - vue 61/620
-
-
-
- 58 ...-—.....-.-.. LE PRINCIPE DE; LA RELATIVITÉ
- tion de. la terre) donne à cette catégorie l’expression mathématique la plus simple. -
- En résumé, le groupe de mouvements que nous appelons rectilignes et uniformes possède intrinsèquement la propriété que nous avons énoncée, et, de plus, la mesure du temps que les hommes ont choisie est telle que ces mouvements sont à vitesse constante. Ce sont là deux choses distinctes, inégalement importantes : la première constitue un fait, une des propriétés de notre univers, la seconde intervient seulement pour rendre plus simples nos calculs, et ce n’est pas peu de chose.
- Cette propriété du mouvement rectiligne et uniforme, si on veut rutiliser, demande à être précisée. Les expériences que l’on peut entreprendre à l’intérieur d’un système, comportent des mesures faites dans des conditions déterminées et qui doivent vérifier certaines relations (formules mathématiques qui sont l’expression des lois régissant les phénomènes étudiés). Par exemple, on mesurera les yntés d’un triangle rectangle qu’on trouvera respectivement égaux à o, 4 et 5. Et ces mesures vérifieront la relation exprimant le théorème du carré de l’hypoténuse, qui, pris sous cet aspect expérimental, constitue une loi.
- Pour pouvoir déceler par de telles expériences un mouvement rectiligne et uniforme, il faudrait que l’expression mathématique des lois ne lut pas la même lorsque le système où l’on opère possède telle ou telle vitesse constante. Et au contraire, pour qu’il soit impossible de déceler un tel mouvement, il faut et il suffit que l’expression des lois conserve une forme indépendante du mouvement de translation. En d’autres termes : les lois de la nature doivent rester invariantes dans le changement de variables qui fait passer d'un système de référence à un autre, en mouvement de translation rectiligne et uniforme par rapport au premier.
- Cet énoncé constitue le principe de relativité restreinte. Sans avoir été explicité, il est presque aussi vieux que les mathématiques. Examinons en effet comment il est incorporé à nos idées actuelles et contenu dans l’énoncé de toutes nos lois,.
- La relativité, en géométrie. — Soient deux systèmes d’axes trirectangulaires 0 et 0', ce dernier animé d’un mouvement de translation rectiligne à vitesse v, constante par rapport à 0. En supposant que les directions v, Ox, O'x' coïncident, le changement de variables qui permet de passer de 0 à 0' est le groupe de Galilée :
- x1 = x — vt y — y — 2 f — t.
- Il est aisé dé vérifier que les lois de la Géométrie restent invariantes dans cette transformation. Prenons par exemple le théorème du carré de l'hypoténuse, il s’exprime dans le système 0 :
- • (*V — ^)2r - {x- — ay,)2 4- (#*- ~ 'x'i)2
- (2/3 — (2/3 y2)? -+~ {y%~ -*/i)2
- k — (zs ^a)2 +* {zs ~ -sO2.
- y u 'zi> i/2, 2a. .r3, 3/_, z5 étant les coor
- données dans le système 0 des sommets A, B, C d’un triangle rectangle. La transformation de Galilée substitue simplement les x' aux x et laisse donc invariante la loi qui peut d’ailleurs être énoncée intrinsèquement AC2 = AB2 -f- BC2.
- Mais cette vérification est un peu enfantine, et nous ne sommes pas obligés de soumettre les relations métriques à cette épreuve. En effet, les lois de la Géométrie peuvent toutes s’exprimer par des relations entre vecteurs, angles, surfaces, volumes..., toutes grandeurs laissées invariantes par la transformation de Galilée. Il est alors évident que le principe de la relativité est obligatoirement satisfait.
- La relativité en mécanique. — On sait parfaitement que la loi du mouvement d’un pendule, par exemple, est indépendante du mouvement de translation rectiligne et uniforme. On peut le vérifier, mais là encore, il est inutile de s’astreindre à pareil exercice : les lois de la mécanique sont exprimées par des relations entre les invariants de la Géométrie, auxquels est adjointe la masse, invariante par définition. (On sait que les forces se transforment comme des vecteurs.)
- La relativité en physique. — Ici encore, les lois satisfont au principe de relativité parce qu’elles constituent des relations entre quantités invariantes de la transformation de Galilée, avec quelques réserves cependant concernant l’Electromagnétisme dont nous parlerons tout à l’heure et que nous négligerons pour le moment.
- En définitive, toutes nos lois satisfont au principe de relativité. Il est peut-être permis de penser que cette propriété est une condition sine qua non de l’exactitude des lois. Et puis, si le principe de relativité est une vérité expérimentale, il faudra bien que nos lois y satisfassent. De ces considérations et de cette remarque, l’idée peut venir d’énoncer ce postulat : les lois de la nature sont les mêmes quand on rapporte les phénomènes à des systèmes de référence en mouvement de translation rectiligne et uniforme les uns par rapport aux autres. C’est prendre le principe de relativité comme postulat.
- Jusqu’ici, rien de changé au fond. C’est tout simplement un renversement des termes. Puisque nos lois et le principe de relativité vont de pair, il n’est peut-être pas très intéressant de dire que nos lois sont exactes parce qu’elles satisfont au principe ou que le principe est juste parce qu’il est contenu dan's les lois. Ce n’est pas là le caractère original de l’œuvre d’Einstein. Ce postulat avait déjà été énoncé par bien des physiciens et des mathématiciens, Poincaré et Lorentz pour ne citer qu’eux.
- Ce qui donne à la question tout son intérêt — qui devient alors très grand — c’est la discordance qui s’est montrée dans le domaine de l’Electro-magnétisme. : les équations de Maxwell ne restent pas invariantes dans la transformation de Galilée.
- Cette situation présente à première vue trois issues :
- p.58 - vue 62/620
-
-
-
- = 59
- LE PRINCIPE DE LA RELATIVITÉ
- 1° Les équations de Maxwell sont inexactes.
- 2° Le principe de relativité doit être abandonné : les lois ne sont plus, invariantes.
- o° La Mécanique ne s’applique pas dans le domaine de l’jidectromagnétisme, autrement dit.,'le groupe de Galilée n’est, pas l’épreuve à laquelle doivent être soumises les lois pour manifester leur invariance.
- Examinons ces diverses alternatives et nous verrons qu’elles se réduisent seulement à deux,
- 1° Que les équations de Maxwell soient inexactes serait évidemment le plus simple. Le conflit serait retardé, sinon supprimé, et nous pourHons en toute quiétude conserver nos lois physiques, la-mécanique rationnelle, et le principe de relativité. Mais ces équations ne s’v prêtent guère?.
- On sait, en effet, qu’elles sont à la base de la théorie électromagnétique, théorie qui forme actuellement un édifice imposant,-et le plus satisfaisant sans doute de la Physique. Ce n’est guère là, à dire vrai, qu’un argument, sentimental, car les grandes théories ne sont pas éternelles et leur mort marque chaque lois un progrès nouveau.
- Aussi il y a autre chose. Les équations'de Maxwell permettent, d’établir des relations entre quantités mesurables; en d’autres termes, leurs conséquences sont accessibles à l’expérience qui les vérifie sans ambiguïté. Les lois de l’iiilectroma-gnétisme doivent donc être acceptées au même titre par exemple que les lois du mouvement des planètes. Mais il va plus encore. Si, à la vérité, en considération de l’infirmité de nos vérifications expérimentales, puisque nous ne pouvons que des choses imparfaites, l’on peut dire qu’il existe seulement des lois plus ou moins exactes, les lois de l’Eleetromagnétismo sont et de'beaucoup les plus exactes de toutes. Les expériences faites dans ce domaine sont d’une précision qui laisse bien loin derrière celle que l’on rencontre partout ailleurs. Dans ces conditions, les lois de Maxwell reposent sur des bases expérimentales extrêmement solides et elles seront les dernières à devoir être abandonnées.
- 2° Négation du principe de relativité. Cela revient à dire que, parmi tous les systèmes de référence en mouvement rectiligne et uniforme les uns par rapport aux autres, il en existe un, K, favorisé, par rapport auquel les lois ont une expression particulièrement. simple, et pour tous les autres l’expression de ces lois contiendra la vitesse v de translation du système par rapport à K. Aucune expérience, jusques et y compris celle de Michelson n’a jamais fait apparaître cette fonction de v. On pourrait cependant, dans l’attente de l’expérience qui décèlera enfin le système favorisé K, supposer que ce dernier existe et abandonner le principe de
- relativité. Mais cela ne résoudra même pas la difficulté. Nous conserverons les équations de Maxwell, nous conserverons la mécanique rationnelle et le système K, l’éther, bien ne sera changé dans l’état actuel des choses.
- Et souvenons-nous de ce qu’il -faudrait bien que la Mécanique nous expliquât les expériences de Fizeau et de Michelson. Et puis, il faudrait bien aussi que ces deux éléments qui nous restent : la théorie électromagnétique et la mécanique rationnelle, ne fussent pas étrangers l’un à l’autre. Or, les équations de la Mécanique se conservent dans la transformation de Galilée; de quelque manière qu’on les traite, on n’obtiendra pas des relations qui ne possèdent pas la même invariance, celles"de Maxwell.
- Donc le sacrificé, pénible pourtant, du principe de relativité, n’apaise pas le conflit.
- F>° Dans nos deux tentatives précédentes, nous nous sommes heurtés à des fins de non recevoir, faute de trouver quelque chose qui satisfasse. Il faudrait bien que la mécanique rationnelle que nous examinerons maintenant se défendit avec moins d’énergie. Dans les circonstances présentes, elle n’apporte aucun argument nouveau. Et. la question, sera facilement réso: lue lorsqu’on aura dit que le domaine de la mécanique ne comprend pas VElectromagnétisme. Ce n’est cependant pas complètement suffisant. Il faut dire quelle sera dans ces conditions la cinématique de l’Electromagnétisme. Puisque nous avons éliminé toute ingérence de la Mécanique rationnelle, rien ne nous empêche plus de conserver à la fois les équations de Maxwell et le principe de relativité, circonstance doublement heureuse, à une condition cependant, c’est qu’il existe un groupe de transformation qui laisse invariantes ces équations. Ce groupe, en admettant qu’il existe, caractérisera la mécanique de l’Électromagnétisme, comme le groupe de Galilée caractérise la mécanique rationnelle. Et s’il n’existe pas, la situation sera bien critique. Lorentzl’a cherché et il a trouvé. C’est le groupe qui porte son nom
- , x — vt
- X = —==.
- V'i“P2
- ÿ = y z' = z
- différent du groupe de Galilée et que nous reconnaissons. . _ :
- Remarquons que cette transformation s’introduit ici par une voie toute mathématique, sans signification évidente sur son contenu physique, ce qui n’a d’ailleurs pas facilité la tâche de Lorentz. Celui-
- Fig. i.
- p.59 - vue 63/620
-
-
-
- 60
- LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SESJA ET LEUR FAUNE
- ci a cependant donné en même temps que Fitzgerald, la traduction de la première équation : contraction des corps en mouvement; mais il s’est heurté à la dernière qui représente ce qu’il appelle le « temps local » et qu’il considère au fond comme une sorte d’opérateur mathématique.
- C’est alors qu’Einstein intervient. Il a l’audace de s’attaquer à la notion de temps et interprète alors le groupe de Lorentz comme nous l’avons vu précédemment : disparition du temps impérial.
- Ce premier pas franchi, Einstein va poursuivre impitoyablement sa marche avec la logique la plus serrée. Le conflit créé par les équations de Maxwell est apaisé; les équations de Maxwell subsistent, le principe de relativité est un postulat fondamental et une mécanique nouvelle, caractérisée par le groupe de Lorentz, est née.
- Un second conflit s’élève immédiatement, inévitable. Nous avons vu que les lois de la géométrie, de la mécanique, de la physique sont invariantes dans la transformation de Galilée ; elles ne le seront plus dans la transformation de Lorentz; elles n’appartiennent pas au domaine de la nouvelle mécanique. Aurons-nous alors une mécanique pour F Electromagnétisme et une autre pour les autres phénomènes? Cette dualité est inconcevable, car l’Electromagnétisme ne forme pas un domaine isolé de la Physique, il en pénètre profondément toutes les branches. Einstein n’hésite pas. Si nous nous sommes contentés jusqu’ici de la mécanique rationnelle, c’est que nos moyens d’investigation sont trop grossiers. Il n’y a qu'une mécanique, celle de l’Electromagnétisme vérifiée par les expériences les plus précises. Les lois actuelles sont inexactes, elles ne constituent qu’une première approximation dont nous ne pouvons plus nous contenter.
- L’unité est donc rétablie par la Mécanique de la Relativité dont nous avons vu deux aspects : le premier montre comment élit' envisage le temps et l’espace, le second la présente comme conséquence d’un grand principe traditionnel et lui assure une grande fécondité. Il suffira à Einstein d’étendre ce
- principe aux systèmes de référence quelconques en mouvement quelconque — ce qui constitue une nouvelle idée — pour parvenir à la plus .formidable et aussi la plus séduisante synthèse qui ait jamais été présentée : la théorie de la relativité généralisée.
- Nous voudrions, en terminant, insister à nouveau sur ce fait que la relativité restreinte est bien loin de se présenter comme uni1 révolution. Son origine, le principe de relativité, est dans notre plus lointaine tradition scientifique, tacite ou exprimée. Ses conclusions ne font point fi de nos connaissances présentes. Les lois actuelles pour les systèmes dits « au repos » restent vraies pour un observateur lié au système de référence. Celles qui se rapportent à des systèmes « en mouvement » si elles ne sont plus exactes, restent une première approximation déjà très précise, puisque nos expériences ne parviennent généralement pas à les mettre en défaut; dans la vie courante, les termes en ne sont pas accessibles. Mais il y a aussi le bouleversement de nos idées coutumières sur le temps! Remarquons cependant que ce bouleversement n’atteint pas chaque observateur qui, dans son système de référence, continue comme par le passé.
- La différence n’apparait que dans le passage d’un système de référence à un autre. Et vraiment, c’est un effort d’adaptation bien faible qu’on nous réclame. Newton a demandé bien plus de ses contemporains. Et nous serons même heureux de fournir cet effort en considérant quel véritable soulagement nous apporte la théorie nouvelle. Les questions qu’elle résoud, y compris la mesure du temps, se posaient avec un tel degré d’acuité qu’en toute vérité, il fallait que cette théorie fût créée. .
- Après avoir suivi les deux chemins si différents qui nous ont conduits au même groupe de Lorentz, il nous restera à montrer jusqu’à quel point la théorie nouvelle est capable de traduire les faits expérimentaux. q jAF0Nr)
- Ingénieur nu Corps dos niinosi
- LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SESIA ET LEUR FAUNE
- Le touriste qui visite les petits lacs répandus sur les Alpes pour jouir du pittoresque et, du charme que leur présence donne au paysage, sans chercher d’en savoir davantage, est loin de se douter de quel intérêt ces lacs ont été l’objet, parmi les naturalistes dans ces derniers temps, soit qu’ils aient envisagé la question de leur origine géologique, soit qu’ils aient discuté la provenance de la faune spéciale qu’ils renferment.
- Les géologues sont d’accord pour admettre que les petits lacs répandus sur nos montagnes et appelés lacs de cirque, doivent leur formation à l’œuvre
- des anciens glaciers, qui, à la période quaternaire, recouvraient plus ou moins les vallées alpines. L’origine de leur microplancton au contraire a été discutée plus longuement par les zoologistes, et les opinions exprimées à ce sujet, ont été des plus controversées.
- Je ne puis ici entrer dans l’exposé des recherches et dans la discussion des théories qui précédèrent l’hypothèse la plus acceptable de nos jours; il me suffira de rappeler en quelques mots,, qu’elle a été, à cet égard, jusqu’à quelques dizaines d’années d’ici, l’idée prédominante.
- p.60 - vue 64/620
-
-
-
- LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SES1A ET LEUR FAUNE
- 61
- Ku retenant qui1 les grands lacs du nord de l'Italie sont des anciens fjords marins, on a cru que la faillie des bassins d’eau douce, même de ceux placés en haute, montagne, était dérivée des restes de l’ancienne faune marine (hypothèse de Pavcsi, d’Imhof), et on a admis ainsi que le développement et la conservation de beaucoup d’organismes étaient possibles même sous les glaces.
- Les recherches de Forel, De Guerne, Zschokke, Zacharias, Garbini, R. Monti, etc., ont opposé de sérieuses objections à cette hypothèse, et de nos jours on est porté à croire que l’origine des faunes lacustres est due, généralement, aux migrations actives ou passives.
- Pour les lacs placés sur le versant méridional des Alpes. Mlle Rina Monti donna une plus grande importance à la d i s s é m i n a t i on par voie passive (transport des germes par les oiseaux migrateurs, par les insectes volants, par la force des vents et par le soulèvement de la poussière, etc.), sans cela on ne pourrait pas expliquer la présence d’un riche plancton dansdes lacs qui sont de formation récente, comme celui d’Antrona en Italie. D’autre part il faut noter aussi que ces organismes vivants dans les eaux douces, ont subi des adaptations très singulières pour pouvoir survivre aux conditions les plus défavorables, car personne n’ignore combien la vie est précaire dans les lacs de haute montagne aussi bien que dans les mares de tous les pays.
- La congélation ou le froid, intense en hiver, la dessiccation- en été, ou la température excessivement chaude de l’eau, ont dû nécessairement, avoir une influence sur la biologie des êtres vivants. Leurs germes ont etc obligés'd’acquérir de la résistance aux intempéries et aux rudes variations de saison, aussi les individus mêmes sont devenus aptes à se reproduire promptement, quelquefois
- par voie parthénogénétique (Gladocères, Rotifères) aussitôt survenu le moment favorable.
- Parcourons une zone des Alpes où ces lacs soient abondants pour en observer la faune.
- Dans ce but, je ne saurais choisir mieux que la ; haute région de la vallée Sesia en Italie, où les lacs au sommet des Alpes, sont en grand nombre (une : trentaine environ) et réunis dans un espace très restreint, les uns en groupes, les autres isolés, et . situés à une altitude variant entre 1800 et 2800 m. au voisinage des grands glaciers du Mont Rose.
- celle-ci forme des
- paliers; et souvent ils sont entourés sur leurs bords, de rochers moutonnés ou polis, de décombres, de blocs et de pierres de toute taille. Des précipices d’aspect terrifiant à leur voisinage, contribuent à donner au paysage un aspect sombre et horrible. Leurs cuvettes sont.presque toujours remplies par les écoulements des glaciers ou de la neige tassée en grande quantité , aux environs, et l’eau est généralement très froide, ayant une température variable, en été, entre 4° et 11° centigrades (fig. 4 à 41}.
- Ges conditions ne sont pas très favorables au point de vue biologique et la faune est tout à fait spéciale.
- Dans presque tous, j’ai trouvé des Gladocères pour lesquels, nous l’avons dit, la parthénogenèse
- La carte, géographique de la figure I indique-! ra mieux qu’une description la disposition de ces bassins. Il y en a à l’extrémité des Vallées secondaires de l’Olen, de l’Otro, de la Yogna, d’Artogna et de Rassa. Ces petits lacs répondent bien par leurs caractères et leur physionomie à la classification des lacs appelés de cirque, d’origine glaciaire. Tous ont le même aspect. Rlacés, le plus souvent, au pied de cimes élevées et escarpées, au bout de quelques vallons, ils se présentent comme des concavités en roche compacte là où
- p.61 - vue 65/620
-
-
-
- 62
- LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SES1Â ET LEUR FAUNE
- Fig. 2. — Le lac du col d’Ole-n cl l'Institut scientifique international. (Photo Brian.)
- est «ne adaptation remarquable'. En printemps et en été on ne voit que des femelles qui produisent une série de générations asexuées (œufs d’été); les mâles apparaissent généralement ep automne quand les conditions biologiques deviennent mauvaises. Les genres Sida et Daphnia (fig. 12), y ont quelques représentants. Très abondants aussi sont les Copé-podes appartenant au genre très commun de Çyclops et les espèces C. serrulatus Fischer et C. si venu us Fischer (fig. 12) ne manquent presque jamais dans leur faune.
- Mais c’est, surtout par les Calanides que notre attention a été attirée, car leur vie pélagique et leur extrême abondance les rendent particulièrement intéressants. Ce sont eux qui font partie du vrai plancton. L’espèce prédominante dans presque tous ces lacs est le Diapfomus bacillifer Fœlhel, d’une jolie coloration rouge vif, provenant d’une carotine qui a été l’objet d’étude de la part du regretté professeur R. Blanchard.
- J’ai rencontré encore dans les eaux de ces bassins des coléoptères aquatiques, des larves de Phryga-nides, quelques espèces d’Ostraeodes, et une ilorulc limnétique composée d’algues monocellulaires et de Dcsmidiées (Microsterias).
- Aucun poisson ne vit dans les lacs du haut Val Sesia et seulement quelques spécimens de Batraciens adultes (Rana) et de têtards se trouvent dans le lac Larecchio et dans celui de Macagno.
- Mlle Bina Monti qui récolta grand nombre d’espèces de tout ordre dans les petits lacs de la Vallée d’Aoste, nous a fourni une classification de ces organismes; elle les classe en espèces cosmopolites eurythermes et en espèces sténothermes nordieo-glaciales. Ces dernières sont le résidu d’une faune glaciale faisant partie d’espèces émigrées vers le sud, quand toute l’Europe était recouverte par les glaces, mais sans doute leur présence dans les lacs italiens s’explique par la migration passive.
- Parmides formes de provenance nordico-glaciale ou orientale il faut évidemment placer le Diaptomus bacillifer que nous venons d’enregistrer pour la Vallée
- de Sesia. Les recherches d’imhof, de Blanchard, de, Wierzeiski et de Richard dans les Alpes et dans les monts Tatras, montrent que c’est, un Calanide qui vit surtout à de grandes hauteurs et dans des eaux très froides.
- Le Cyclops sfrenuus est aussi une forme, probablement sténothermique. Schmeii et Richard l’ont trouvé en France et en Allemagne en grand nombre en hiver et sous la glace. Èt il parait cpi’il manque tout à fait, ou qu’il est en petit nombre en été dans ces mêmes cuvettes où ce Copépodc foisonne pendant la mauvaise saison. Au contraire une forme extrêmement cosmopolite, et eurytherme. est le Cyclops serrulatus qui vit partout, que je viens de recueillir en été dans un ruisseau près du bord de la mer à Gènes, et qui se trouve aussi dans les eaux froides du Val Sesia, avec cette seule différence que les femelles provenant des hautes montagnes, selon mes observations, ont des sacs ovifères ' remplis d’une plus grande quantité d’œufs.
- La migration passive, nous le répétons, joua certainement un grand rôle dans la colonisation de ces lacs du versant méridional des Alpes. Gette gigantesque chaîne de montagnes partageant les eaux, a été assurément un obstacle à la migration active; les cascades surtout ont empêché les animaux aquatiques de passer d’une cuvette à une autre. Peut-être, parmi les vers, la Planaria alpina gst la seiile espèce qui peut arriver à coloniser un ïae de haute montagne en grimpant par les émissaires; les' coléoptères et les autres insectes aquatiques diisàl’-'peuyçnt rejoindre de nouveaux lacs en
- Fig. 3. — Le deuxième lac du cul d’Oleu et le Mont-Rose. (Photo Brian.)
- p.62 - vue 66/620
-
-
-
- LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SES!'A ET LEUR FAUNE
- = 63
- partant de bassins plus anciens, mais parmi les petits crustacés cela n’est pas possible.
- Les germes de ces derniers ayant une endurance extrême pour la sécheresse, comme les rotifères, ont été probablement transportés par le vent, par les insectes volants ou par les oiseaux.
- La colonisation des lacs alpins, suivant Mlle Monti,
- Cladocères qui se nourrissent des Copépodes. Les lacs qui contiennent les Cladocères pélagiques possèdent déjà une faune complexe et montrent des conditions particulièrement favorables pour l’introduction des poissons.
- La facilité d’adaptation à des milieux différents jointe à la résistance aux températures extrêmes èt
- Fig. 12. — De gauche à droite : Cyclops strenuus F., deux Cladocères, Diaptomus bacillifer K.
- doit avoir eu lieu par degrés : d’abord ce sont les algues qui s'introduisent et se développent dans un lac d’origine récente, puis les protozoaires et successivement les rotifères et les copépodes qui se nourrissent les uns des autres. Voilà la première société pélagique, mais on arrive à un degré .plus élevé de colonisation caractérisé par l’apparition des
- à la dissémination par migrations passives, contribuent donc à expliquer la vaste et surprenante répartition géographique des petits crustacés d’eau douce et leur présence dans les lacs des hautes montagnes.
- Le tableau ci-dessous résume les particularités de ceux-ci. Dr Alexandre Brian.
- i .. : NOMS DES LACS Ï)E LA HAUTE VAL SESIA (Itlllilî) ALTITUDE EN MÈTRES 1 Long. DIMENSIONS kn mètres Largeur. -Il •£ *-2 —i. JJf INDICATION IHJ JOUR DE LA VISITE FAUNE (crcstacés) Récolte et détermination par le Dr A. Brian.
- É L. du Coriio Stolîul. . . 2150? 75 48 Centigr. 110,5 28 août 1920 Cladocères, Cyclops, Diaptomus bacil-
- 2. L. du Col d’Ülen, près do ! l'Institut international. . 2896 58 47 ' 00,5 13 septembre 1921 lifer K. Cladocères, C.streiums, D. bacillifer K
- 3. L. de Cimulegiia 2800? 81 40 environ 7o 13 septembre 1921 Id. Id. Id. ,
- 4. L, Tailly majeur 2390 450 150 40,5 19 août 1920 Cyclops.
- 5. L. Tailly mineur .... 2482 150 70 40 19 août 1920
- é. L. Bianeo (Corno Bianeo). 2337 250 Périmètre 050 6°, 5 4 septembre 1920 Cladocères, Ostracodes, Cyclops, D. ba-
- !.. 7. L. Nero (Corno Bianeo) . 2072 750 Profondeur 17 5° 4 septembre 1920 cillifcr K. Id. Id. Id.
- 8. t. de la Bahna ..... 2517 225 — 80 26 août 1921 Cladocères, Cyclops slreiwus.
- à. L. de la Plaida. 2403 92 Profondeur 14 70 26 août 1921 Cladocères, jeunes Cyclops.
- 10. L. Lareeeliio .... . . 1907 50 Périmètre 150 — 7 septembre 1920. Cladocères, Cyclops serrulalus.
- il. L. Stella. . . . . . . 1885 — — — 50 juillet 1921 Cyclops serrulalus.
- 12. L.. Gianoiia. ... 1950 — — 2 août 1921 Cyclops serntlalus.
- 13. L. Gortese. . . . . .... 2194. 100 08. . 8° 30 août 1921 Cladocères, C. serrulalus, D. bacilli-
- 14. L. Maeagno majeur . . . 2193 122 90 17 août 1921 fer K. u Cyclops serrulalus, C. slrenuus.
- 15. L. du Yiàreeeio. . . . . 2313' 150 — ‘ O» 27 août 1921 Cyclops slrenuus.
- 10. L. di Fondo (Artogna).. 2230 171 10° 8 septembre 1921 Cladocères, Cyclops serrulalus.
- 17.. L. di Mezzo (Artogna) .. . 2280 173 Superf. .50.000 10» 8 septembre 1921 Cladocères, Cyclops, Diaptomus.
- 18. L. di Cima (Artogna) . . 2426 193 — - lOo 8 septembre 1921 Cladocères, C. serrulalus, D. bacillifer.
- 19. L. Gabiel ....... 2359 500 200 —— — — —.
- p.63 - vue 67/620
-
-
-
- 64 —-—: LES PETITS LACS DE LA HAUTE VALLÉE SESIA ET LEUR FAUNE
- Fig. 4 à il. — Quelques aspects des lacs de. la haute vallée Sesia. (Photos Brian.)
- 4- Petit lac du Coi;no Stoffel (Major).. — 5. Lac Tailly Major, vallée d'Otro. —’ 6. Lac Biaiico, vallée Vogua. — 7. Lac Lareechio, vallée Vogna. ~ 8.- Lac'dc la Balnia, col de Valddbbia. — 9. Lac Cortcsc, vallée Yogna. — 10. Lac de Cima,
- vallée Artogna. — 11. Lac de Cima, vu du côté nord.
- — Imprimerie Lmivuk. 9, rue de Fleùnis, à Pans.
- f.e Gérrrul : P. Massov.
- p.64 - vue 68/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2496.
- 4 FÉVRIER 1922
- LA CORNEILLE CHOUCAS
- Mœurs de Choucas.
- Tous les citadins, hôtes des villes où subsistent des constructions au style tourmenté qui disent la splendeur des temps jadis, où tours an laite aigu, dômes ajourés, monuments massifs tout crénelés se profilent, pittoresques, sur les horizons bleutés,
- connaissent, de vue tout, au moins, les- corneilles choucas, locataires turbulents des vieilles bâtisses.
- Tout de noir vêtu, des reflets de pourpre et
- d’émeraude se jouant sur son
- habit sombre, encapuclioné de cendré, l'œil clair, dur et
- froid, qui brille, le choucas est du décor de tous les édifices vétustes, l’accessoire obligé des gargouilles grimaçantes, des clochetons effilés, de l'enchevêtrée ornementation dont s’enorgueillit architectural de nos aïeux.
- Toujours haut perché, il est inséparable des girouettes qui grincent, des « roses des vents» mobiles, du coq pivotant des églises, autour desquels, dans le calme des clairs matins, leurs folles sarabandes se déroulent, tumultueuses, animant les vieilles pierres et leurs creux moussus.
- C’est surtout au printemps, alors qu’une vie nouvelle s’infuse en tout ce qui est la nature, que les choucas témoignent du plus d'exubérance. Le soleil luit, le ciel resplendit et la joie de vivre s’extériorise chez eux, extraordinairement. Aussi bien, la saison nuptiale qui, pour eux, est précoce, est également pour une part dans ces manifestations débordantes. Avec les merles, ils sont parmi nos oiseaux sédentaires, de ceux qui mettent le plus d’empressement, à préparer le home qui abritera l'espoir de leur race.
- Vous n’avez certes pas été sans remarquer l’une ou l’autre fois, aux premiers beaux jours, cette extrême agitation qui se manifeste au sein des colo-
- nies de choucas qui ont cherché gîte dans les crevasses des vieilles tours, des clochers, des hauts bâtiments des cités, les anfractuosités des châteaux branlants qui, pierre à pierre, s’effritent mélancoliquement.
- Mars revenu, 1rs corneilles choucas commencent à voltiger, affairées, de la croix de l’église à la girouette du toit voisin, de la haute cheminée de
- J’usine au faîte d’un grand bâtiment proche.
- Elles se poursuivent, rageuses, sur la crête des toitures les plus élevées, se houspillant, se querellant, bataillant à grands coups d’ailes et à vigoureux coups de bec, pour là-haut sur les sommets où elles se complaisent s’assurer la possession des meilleures places, des endroits les plus ensoleillés.
- Après quelques jours de ce manège, nos choucas, en des joutes de coutume plus bruyantes que dangereuses, se disputent enfin les faveurs de la compagne qu’ils ambitionnent conquérir. En des rondes échevelées, vous les voyez alors voleter, par petites troupes, tournoyant sans trêve, les uns à la suite des autres, criaillant, caquetant, décrivant dans les airs les arabesques les plus fantaisistes et les plus imprévues, la moitié de la colonie si1 mettant en branle dès que deux ou trois de ses membres font mine d’en venir aux prises.
- Puis, un beau matin tournois et farandoles cessent.
- Dame choucas a fait choix de son époux à moins que celui-ci se soit imposé, ou que plus simplement la folie de l’heure se soit apaisée, car il nous a paru, observant les mœurs de ces oiseaux au cours de l’hiver, que male et femelle demeurent toute l’année fidèles l’un à l’autre. Tout ce remue-ménage ne serait donc qu’innocents jeux de fian
- 5. — «5.
- Fig. /. — La corneille choucas.
- 50* Année. — 1*' Semestre.
- p.65 - vue 69/620
-
-
-
- l’honneur du renouveau.
- Mais voici que le soleil luit, plus vif. Les couples ont adopté une anfractuosité propice pour y installer leur nid. Pour les uns, le logis sera, une cheminée sans usage; d’autres préféreront un trou d’air du grenier d’une ancienne hàlisse. Ceux-ci iront résider dans les crevasses d’un antique manoir tandis qu’à ceux-là une corniche largement évenlrée paraîtra plus hospitalière. Il en est meme, qui, en des régions diverses, en Ardennes, par exemple, se choisiront, un abri familial dans le creux d’un arbre. Habitude qui n’est pas sans surprendre celui qui n’a observé ces oiseaux que dans certains endroits où jamais, bien que les anfractuosités ne fassent pas défaut dans les arbres des forets, ils ne nichent ailleurs que; dans les crevasses des édifices. C’est ici question d’hérédité vraisemblablement, les rejetons se conformant aux usages de*leurs ascendants.
- Bref, les époux ont, chaque couple de son côté, sans cependant s’écarter beaucoup de leurs congénères si les lieux se'prêtent à une cohabitation plus ou moins proche, fait élection de domicile, et nos oiseaux s’occupent 'bientôt ‘de l’aménagement du logis qui abritera leur descendance.
- C’est plus lourde besogne qu’on imagine et ..on ne soupçonne guère la quantité de matériaux, disparates et bizarres, qui entrent parfois dans la construction d’un nid de choucas, si la crevasse choisie leur permet par son ampleur, d’en agir à leur guise et selon leurs goûts. Comme base de ce nid, des ramilles, non pas récoltées indifféremment au pied des arbres, sur le sol, mais de coutume, cueillies à môme la branche.
- Précautionneux, les choucas craignent probablement l’excès d’humidité que contiendraient les brindilles ayant clm des -branches durant l’hiver et ayant trop longtemps séjourné sur l’humus.
- C’est spectacle assez curieux que-de-voir nos oiseaux s’employer à celle récolte. Se posant au bout d’une branche, le choucas a tôt discerné le rameau qui lui convient et les extrémités des frênes les tentent particulièrement lorsque des arbres de celte essence croissent dans les environs des édifices oîi ils ont cherché gîte.
- Notre corneille qui a le coup d’œil juste, sait parfaitement saisir la branchette à l’endroit voulu et de ses mandibules solides, la briser net. A tire-d’aile, elle remporte aussitôt vers le creux où elle a élu domicile.
- r La grosse affaire est à présent, d’introduire ce rameau au logis. En l’occurence, l’oiseau semble manquer d’initiative et de jugement. Si lé choucas a saisi la branchette par une extrémité, il l’engage aisément dans l’ouverture de la crevasse. Mais il se fait parfois qu’il Fait happée par le milieu ou que” des brindilles latérales s’opposent à son entrée dans la fissure.
- En jpe cas, l’oiseau ne songera pas à disposer
- pétulant volatile, limitée, l’introduire tel, dans efforts demeurent-ils vains, il ne s’obstine pas longtemps. Une dernière tentative accompagnée de mouvements saccadés qui dénotent à suffisance sa colère, ne réussit-elle pas, notre corneille laisse choir la, branchette sur le sol et sans plus s’en soucier, retourne aussitôt, sur un arbre proche, en quérir une nouvelle. Cet apport de matériaux se continue, avec ses alternatives diverses, jusqu’à ce que- l’oiseau juge son approvisionnement suffisant.
- Nous disions que ce n’était pas mince besogne pour le choucas que d’amasser son stock de branchettes, ce surtout en raison de son peu de persévérance quand il s’agit de Us introduire en son home. Il existait, il y a quelques années, dans les diverses cavités des bâtiments du Palais de Justice d’une vieille cité, une nombreuse colonie de choucas, aujourd’hui fort réduite en raison des mesures qui durent être prises contre eux, tant ils devenaient encombrants
- Or, au pied d’un mur, dont une fissure abritait un nid de ces oiseaux, on emplissait quelquefois, dans la matinée, une demi-manne dé branchettes apportées par le couple qui jamais ne -'prenait la peine de ramasser la moindre brindille'dès qu’elle avait chu sur le pavé. Et ceci se reproduisait quotidiennement tant que durait la construction du nid. On récoltait ainsi, au cours d’une huitaine de jours, des matériaux suffisants pour construire plusieurs nids.
- > Certains trous d’aérage de la même bâtisse, où des choucas nichaient, avaient jour intérieurement dans les greniers de l’édifice et c’était de petits fagots que l’on recueillait sur les planchers. Que la branchette tombât au dehors ou au dedans, elle était invariablement abandonnée. On fut finalement obligé de murer ces-or.ifîces. .
- Mais il n’est point que des* branchettes qui servent à la ''construction du nid du choucas. Les herbes sèches sont encore, pour l’intérieur de la coupe, des 'matériaux recherchés par les corvidés qui savent fort bien s’en approvisionner.
- Ce n’est pas, comme de vulgaires passereaux, brin à brin, qu’ils vont quérir ces herbages desséchés.
- Les choucas qui sont observateurs, se rendent dans les prés en pente raide, exposés au midi, dont le sol est rocailleux et où le gazon plus fin, d’une variété spéciale étant donné la nature du terrain, soumis plus fortement à l’action du soleil ou de la gelée, s’est flétri plus rapidement. Saisissant du bec une touffe sèche, parfois volumineuse, l’oiseau se met en devoir de l’arracher. S’arc-boutant de toutes ses forces sur ses pattes, se trémoussant comme un beau diable, se propulsant en arrière de tonte la vigueur de ses ailes, il fait tant et si bien que tout le morceau finit par lui.rester dans le bec.
- 66
- LA CORNEILLE CHOUCAS
- cailles nouvelles et exubérantes évolutions en
- plus rationnellement son butin. Le dont la patience paraît en l’occurence fort s’acharne à vouloir, de force, l’orifice de la crevasse. Ses
- p.66 - vue 70/620
-
-
-
- r LA CORNEILLE CHOUCAS
- 67
- Cette touffe transportée au nid, il revient à la charge jusqu’à complète satisfaction.
- Les vieux papiers, les chiffons de tous genres, lambeaux d’étoffes, vieilles chaussettes, débris de chapeaux de feutre, etc., complètent en beaucoup de cas la garniture intérieure du home du volatile, dont l’aménagement sera finalement parachevé à l’aide de touffes de poils, de laine, de cheveux de temps à autre, de matières moelleuses de toutes espèces qui en feront une couche douillette pour leurs rejetons.
- Dans ces nids, nous avons trouvé de tout ce que l’industrie humaine et la nature peuvent fournir d’utilisable pour cet usage, employé soit comme matériel fondamental, soit comme rembourrage.
- Tout ce travail préliminaire à la nidification proprement dite, s’effectue surtout aux heures matinales. Le choucas durant la journée préférera somnoler au soleil , dans un chenal bien exposé, sur la crête d’un toit, sur une des branches de la croix d’une église, le haut d'un mur, une
- ville dont nous parlions tout à l’heure. Jadis les choucas de cette colonie nichaient volontiers dans les cheminées, purement décoratives au reste, desdits bâtiments. L’obstruction des conduits n’avait pas grande importance; les foyers ne servaient pas, une chaufferie à vapeur étant installée dans l’édi-iiee. Mais il se ht qu’à maintes reprises de jeunes corneilles prêtes à prendre l’essor, mais dont l’aile
- était toujours quelque peu faible, en sautillant sur les bords du nid,vinrentchoir au fond des cheminées en question d’où elles ne purent s’échapper.
- On imagine quel concert peu harmonieux on pouvait alors ouïr lorsque la faim les tenaillait : les infortunés oiseaux poussaient sans répit, leur désagréable cri d’appel, troublant fort mal à propos la solennité des audiences. Au surplus, il était malaisé souvent de les retirer de leur critique situation.
- Finalement pour mettre la majesté de la Justice à l’abri de ces inconvénients, on dut grillager le haut de lous les conduits.
- Fitr. 2. — L’habilal ordinaire des choucas.
- girouette, variant ses loisirs en se livrant, par intervalles, autour des clochers, en compagnie de ses congénères, à des jeux bruyants et animés auxquels toute la tribu prend part. Naturellement, comme les choucas sont d’humeur querelleuse, ces jeux dégénèrent souventes fois en bataille où coups de bec et d’ailes sont échangés à profusion, mais généralement sans grand dommage pour les adversaires, experts dans les parades de l’aile et les retraits du corps qui leur évitent les horions.
- Les choucas sont aussi des pensionnaires encombrants, tout au moins en certaines circonstances.
- On en fit l’expérience au Palais de Justice de la
- Signalons encore l’esprit de solidarité qui existe chez les choucas.
- Quand un jeune avait fait la culbute au fond d’une cheminée, ses cris avaient tôt averti., ses parents. Ne comprenant pas trop l’accident survenu à leur rejeton, mais le soupçonnant fort en danger, ceux-ci lançaient?, aussitôt un cri d’alarme auquel répondaient instantanément tous les membres de la colonie. Poussant des clameurs discordantes, toutes nos corneilles se mettaient alors en mouvement, s’affairant, en proie à une agitation d’autant plus considérable qu’elles ignoraient à quel péril elles devaient faire face.
- p.67 - vue 71/620
-
-
-
- LA LEWISITE
- 68
- Renseignées sur la nature de l’accident dont était victime l’une des leurs, elles survenaient à* tire-d’aile, tourbillonnant dans les airs, rasant, rapides, le faite . de la cheminée au fond de laquelle le prisonnier gisait, s’v posant parfois un instant pour repartir aussitôt en criaillant de plus belle.
- Parfois aussi, le clan en rumeur se posait en groupe sur là crête des toits proches, tenant de bruyants conciliabules. Ce manège se poursuivait souvent des heures durant, au grand dam des habitants du voisinage, fort incommodés par tout ce déplaisant charivari.
- Nos oiseaux, par leur vacarme, ne remédiaient évidemment en aucune façon à la situation du jeune choucas, mais semblaient par ce remue-ménage,
- témoigner de la part qu’ils prenaient à l’angoisse des parents.
- Ajoutons que les choucas agissent à peu près de même sorte lorsqu’un ennemi menace un des leurs, par exemple lorsqu’un dénicheur s’approche des nids contenant des jeunes. Par leurs cris, elles tentent d’effrayer l’intrus et quand la cause de leurs alarmes est un animal, un chat par exemple, elles y réussissent généralement, le matou se souciant très peu d’entrer en contact avec des adversaires que l’amour paternel ou maternel rend fort entreprenants et singulièrement agressifs et ce d’autant moins que nos oiseaux sont nantis d’un bec puissant qu’ils manient avec une dextérité et une vigueur qui donnent cà réfléchir au malfaisant quadrupède.
- E. Cooinux
- LA LEWISITE
- Une invention de guerre qui arriva trop tard.
- Les Allemands se basaient autant pour gagner la guerre sur la supériorité présumée de leurs savants, que sur la supériorité incontestée de leur armée au point de vue préparation et armement.
- Ils n’auraient jamais pu croire que l’esprit d’invention et l'ingéniosité dès ingénieurs alliés pussent lutter et même surpasser leurs conceptions techniques meurtrières.
- L’Amérique contribua puissamment à la défaite germanique par les ressources de ses laboratoires et les travaux de , ses savants, mais ce qu’on avait réalisé au moment de l’armistice n’était rien comparé à ce qu’on allait appliquer si la paix n’avait pas été signée.
- En premier lieu, se trouvait la Lewisite qui est un gaz si meurtrier, qu’il a 70 l'ois le pouvoir de tuer des gaz les plus dangereux utilisés pendant la guerre. Au moment de l’armistice l’armée américaine en possédait en quantité suffisante pour anéantir l’armée allemande et pouvait en fabriquer plus dé 10 tonnes par jour.
- • Fait bizarre, l’Amérique était la seule des 25 puissances ayant participé à la conférence de La (lave qui n’eut pas voulu se lier par convention contre l’emploi des gaz toxiques et cela sur les conseils du capitaine de vaisseau Maham; à plusieurs reprises on a cherché à démontrer aux Etats-Unis que les gaz étaient moins cruels que les torpilles par exemple, c’est qu’alors on n’avait pas encore découvert celui dont nous allons parler, ni le moyen de manufacturer des appareils automatiques pour laisser tomber des récipients contenant le nouveau poison à des. distances de (dus de 100 miles (I mile — 1001) m.) dé leur base de préparation, (.(‘ secret chimique de la lewisite n’a pas été révélé; c’est l’invention du professeur Lewis qui abandonna sa chaire à l’Université de la Nouvelle-Orléans pour entrer au service comme capitaine d’artillerie et s’occupa spécialement de chimie dans le Bureau des Mines où on fit les premiers essais'.' ' ' ~
- Jamais secret ne fut plus soigneusement gardé que celui de cette découverte; dans lés registres officiels;la substance était seulement connue comme la G.-54.
- On avait raconté qu’elle comprenait du méthyl, ce qui était inexact ; seuls quelques officiers,attachés aux bureaux du Service chimique, savaient quelque chose à son sujet et rien de sa puissance, ni de sa destination. La Lewisite est décrite comme un liquide huileux d’une1 couleur d’ambre, ayant vaguement l'odeur de fleurs de géranium ; il est hautement explosif, s’enflammant au contact de l’eau.
- Libéré dans l’air, il se diffuse en un gaz qui, dès l’inhalation de la moindre quantité mesurable, tue instantanément. ,
- Une simple goutte sur la main amène la mort en quelques heures, la victime subissant une atroce agonie.
- Sous sa forme gazeuse, il affecte les poumons, empoisonnant le sang, attaquant tour à tour la trachée, le cœur, les reins.
- Quand l’armistice fut signé, l’Amérique en possédait environ 150 tonnes, quantité suffisante pour anéantir la moitié de la population d’un gr.md pays, si les récipients avaient été lancés aux endroits les mieux choisis.
- A l’heure actuelle il n’en reste plus que\, quelques exemplaires .soigneusement cachés au Ministère de la (pierre ; même les bâtiments de l’usine où on le fabriquait, ont été entièrement démolis.
- La lewisite était manufacturée à Wilougsbv, un faubourg de C!eveland,dans un établissement que ses ouvriers avaient baptisé « piégé à souris -j). Les hommes qui y entrèrent n’en sortirent que lorsque la guerre fut terminée et chacun des 800 volontaires qu’ils comptaient, avait signé un engagement, d’emprisonnement volontaire, avanl d’aller au travail.
- Ils pouvaient écrire des lettres,' mais ne pouvaient donner d’autre adresse que celle du Cleveland Postoffice et leurs télégrammes étaient expédiés après vérification, par la Compagnie générale d’Electricilê.
- Les heures étaient longues, le travail très dur, les risques effroyables, aucun masque eonnu ne pouvant protéger les ouvriers, il avait fallu adopter' des costumes spéciaux; il n’y eut cependant qu’une seule mort, due à Finfluenza. -
- p.68 - vue 72/620
-
-
-
- — NOUVEAUX MONOPLANS DE TRANSPORT
- Qaand la guerre se ternnna,tout ce travail fut perdu, sauf la connaissance d’un terrible secret d’offensive cl de défensive le plus meurtrier connu.
- Les produits emmagasinés furent placés sous garde spéciale dans un train ne contenant que des soldats et des mécaniciens; a lîaltimore on embarqua les récipients a bord d’un navire et ils furent immergés à 80 km de terre et par une profondeur de 9000 m.
- Pour lancer cette Jewisite, deux solutions avaient été proposées et adoptées ; l’une consistant à l’envoyer sur 1 ennemi dans des obus au moyen de canons de 20 cm placés sur des trucs de chemin de fer et avant une portée de 24 km.
- D’après le WorUls Work auquel nous empruntons ces
- 69
- details intéressants, Orville Wright, à son aérodrome de Davlon, avait réussi à mettre au point un aéroplane automatique dirigé par les rayons hertziens et si ingénieux qu’on pouvait même lui faire contourner des montagnes sur sa route pour aller tomber sur un ennemi se crovant à l’abri.
- 11 est probable que d’ici quelques années, nous n’aurons pas.l’occasion de nous servir de moyens aussi épouvantablement destructeurs, mais il peut y avoir des gens moins scrupuleux et nous devons, en France plus que partout ailleurs, avoir à portée de la main les gaz les plus meurtriers non pour nous en servir les premiers, mais pour ne pas être dominés par un adversaire ayant le bénéfice de la surprise, Capit. de vaisseau A. Pointeuë.
- NOUVEAUX MONOPLANS DE TRANSPORT
- A peine nos derniers articles des numéros 2474 et 2479 de La Nature venaient-ils de paraître, que simultanément un grand constructeur anglais et le plps savant des constructeurs allemands lançaient chacun, sur les routes de l’air, un type extrêmement intéressant de monoplan de transport public pour voyageurs. Ces deux exemples ne font que fortifier notre constatation précédemment exposée sur l’évolution actuelle des formules d’avions.
- L’avion de Havilland 29 fut construit en grand secret et I Amirauté anglaise interdit encore d’en laisser publier les caractéristiques; quant à l’avion Fokker IV, son constructeur semblait avoir attendu le lancement de son rival anglais pour faire prendre l’essor à sa dernière production.
- Le Le Havilland 29 est un immense monoplan purement cantilever et construit entièrement en bois, Son fuselage ventru est analogue à celui des D. IJ biplans qui assurent actuellement, en partie, les relations aériennes entre Paris et Londres; le plan, unique, est fixé à la partie supérieure du fuselage; son envergure est de 16 m. 40, son épaisseur exceptionnelle est égale au 1 /o de sa profondeur et atteint au-dessus du fuselage 0 m. 90. Cette caractéristique indique que de Havilland s’est entièrement rallié à la formule des plans épais et que même il a dépassé en cette voie tout ce qui avait été précédemment réalisé ; le contour du plan est celui d’un parallélogramme allongé et conforme aux nouvelles tendances qui sont , l’aboutissement de longues recherches de laboratoires, sa profondeur maxima atteint 4 m. 40!
- Nous ne voyons rien de particulier à signaler en ce qui concerne les gouvernes qui sont classiques et cantilever ; le moteur est un 450 HP Napier placé très haut comme dans tous les avions D. H; le moteur, son radiateur et ses accessoires constituent un ensemble qui se démonte en un bloc, ceci en vue de permettre le changement rapide et facile du groupe motopropulseur sans immobiliser inutilement l’avion tout entier.
- . Le poste de pilotage, très dégagé, est placé aussitôt après le moteur et au-dessus de lui; la cabine des passagers qui contient confortablement 10 personnes est située sous le plan et son accès a lieu par une porte latérale; deux larges baies tenant toute la longueur de la cabine permettent aux passagers de ne pas avoir l’impression si" fàchèusc d être enfermes dans une boite sans issue; derrière la cabine a été ménagé un compartiment à bagages.
- Irès simple, le train d’atterrissage parait d’une solidité à toute épreuve, le dispositif amortisseur est situé au milieu des jambes de force de compression et permet, sans rupture d’équilibre, un jeu élastique important en cas d’atterrissage brusque. Nous ne connaissons comme caractéristiques de cet appareil que sa surface : 89 m-, sa puissance : 450 HP (Napier) et sa vitesse : 180 km à l’heure.
- Nous nous trouvons en face d’un avion construit par l’un des plus expérimentés constructeurs en fait d avions de transport qui a cherché à réunir tous les perfectionnements possibles et qui, pour ce faire, a abandonné résolument la-formule biplane, de laquelle il était autrefois l’un des plus actifs champions, en faveur de l’aile monoplane. Le même avion, mais conçu suivant des visées militaires, a été présenté à l’Amirauté anglaise équipé pour effectuer des bombardements de jour à grande distance.
- Quelques jours après les premiers essais du D-H 29, Fokker, notre ancien et terrible adversaire, lançait a Amsterdam son type Fokker IV, sérieux agrandissement du F. III (La Nature n° 2474) et qui correspond sensiblement par ses caractéristiques au I). II29. ; >, .
- Le lokker IV est en effet aussi un monoplan purement cantilever, mais cette fois construit entièrement en métal à l’exception du plan.
- Son fuselage est analogue en beaucoup plus grand à celui du F III. Le plan porteur d’une seule pièce est fixé à la partie supérieure du fuselage et son envergure atteint 24 m. 60 en deux porte-à-faux ; son épaisseur, proportionnellement moins importante
- p.69 - vue 73/620
-
-
-
- 70
- NOUVEAUX MONOPLANS DE TRANSPORT
- Fig. i. —7 Vue latérale du nouvel avion monoplan de Havilland-29. La cabine contient 10 passagers.
- que celle' du D. II 29, est de 75 cm; sa forme est celle d’un double trapèze et est doue moins eflilée que celle du D. Il 29; les gouvernes sont classiques et cantilever; le moteur est un 400 IIP Liberty.
- Le poste de pilotage est à coté et au-dessus du moteur; la cabine des passagers est. située sous le plan et son accès a lieu par deux portes latérales; divisée en deux parties, celte cabine est aménagée pour contenir dix passagers assis comme dans un wagon sur deux rangées de 4, face à la route et dans deux fauteuils pullmann; 10 fenêtres donnent une large vue au dehors.
- Le train d’atterrissage est du système courant à doubles Y et à amortisseurs par sandows, les roues sont jumelées.
- Les caractéristiques de cet avion sont :
- Surface portante : 92 m2 50 Puissance : -400 HP Liberty.
- Poids à vide : 2150 kg Vitesse : 170 km.
- Charge utile : 1000 kg Charge au ma : 40 kg.
- Poids total : 5750 kg Charge au IIP : 9 kg.
- (Consommation 152 litres par heure.)
- À titre, de référence, rappelons que le plus grand avion monoplan est actuellement, le Zeppelin Staaken dont la surface atteint 106 ni2 mais qui paraissait plutôt: avoir été un avion d’étude.
- Nous venons d’apprendre, et nous sommes heureux de l’annoncer à nos lecteurs, que quelques constructeurs, français viennent de mettre en chantier des avions monoplans métalliques qui doivent ne le céder en rien aux types que. nous venons do présenter.-
- Nous ne parlons plus du Morane Saulnier .'dont-nous avons précédemment, présenté le projet ( Va Na-.
- L'envergure du plan encastré dans la partie supérieure du fuselage atteint. 22 m.; l’aile, épaisse de 0 cm.90, a un contour assez particulier, son bord d’attaque, rectiligne, doit procurer des facilités de construction qui manquent au Faillie r 11 et au De Haiilland 29, cependant la profondeur du plan qui est au maximum de 4 m. 50 diminuant vers les extrémités procure les mêmes avantages aérodynamiques..
- La finesse du Fat ma 2 serait telle deux moteurs de 250 HP lui procurereraient une. l’avion pouvant, faei-140 km avec un seid
- que ses Salin son
- vitesse de 204 km à l’heure lemenl voler à la vitesse de moteur.
- Les caractéristiques du Fat ma. 2
- sont
- Surface : (i5 nr Puissance : 501) HP.
- Poids à vide : 1650 kg(?) Vitesse : 180 km.
- Charge utile : 1560 kg Charge au m2 : 55 kg.
- Poids total : 2500 kg Charge au IIP : 4 kg 6.
- (Le poids à vide nous parait avoir été quelque peu, sous-estimé.)
- Quoique cet avion paraisse devoir être très en progrès sur tous les autres types de même catégorie, nous nous demandons s’il répond bien aux nécessités modernes du transport, aérien. La formule du monomoteur, qui présente de grands avantages de simplicité et d’économie, souffre sans aucun doute de la précarité de sa puissance motrice; or on croyait, jusqu’alors possible' de réaliser des bimoteurs pouvant voler avec un seul moteur et diminuant ainsi très sérieusement les risques et les conséquences des pannes. Si la chose est possible théoriquement et militairement, il faut abandonner cet espoir en ce qui concerne l’aviation marchande, tout au moins en l’état actuel des moteurs; en effet l’avion marchand volant le plus souvent, avec sa pleine charge, un seul moteur ne-suffit pas pratiquement pour continuer le voyage et l’avion doit dans ce cas atterrir, la présence de deux moteurs ne fait donc • souvent-qu'augmenter les risques de panne.
- ; ' Nous restons donc quelque peu sceptique sur la j faculté dn'Fatma: ~2-de continuer son voyage dans
- tare, n° 2479) ; un autre constructeur français, tërnoul, organisateur de la ligne aérienne Bordeaux-Toulouse-Montpellier, fait construire pour l’exploiter et la prolonger sur Marseille, un type de. monoplan cantile-ver le Fat ma 2, bimoteur et dont la silhouette générale ressemble à celle du bimoteur Dornier (La Nature, nu 2479), les deux moteurs étant placés extérieurement au fuselage, latéralement et au-dessus du train d’atterrissage; son vaste fuselage contient 8 ou 10 passagers.
- ->v
- p.70 - vue 74/620
-
-
-
- 71
- NOUVEAUX MONOPLANS DE TRANSPORT
- Fig. 3. •— Le Fokker IV. — Vue Irois-quarls avant du fuselage externe.
- Remarquer l’épaisseur considérable de l'aile en bois contreplaqué (o m. p5) et la place du pilote à côté du moteur. — On voit au-dessus des portes des cabines deux des 4 boulons qui seuls fixent l’aile sur le fuselage. — L’avion en vol
- pèse 3750 kg.
- d'aussi, bonnes conditions que celles que nous annoncions plus haut quoique cependant sa charge au cheval soit très avantageuse.
- Autre question que soulève cet avion : est-il vraiment avantageux de placer les moteurs extérieurement au fuselage? Cette disposition offre deux sortes d'inconvénients contre lesquels nous 11c cessons de batailler : d’abord elle entraine l’impossibilité de surveiller et de réparer les moteurs en plein vol ou du moins elle rend ces réparations très aléatoires et nous ne saurions trop insister sur ce fait que la plupart des pannes sont évitables quand -un mécanicien peut les soigner dès leurs premiers symptômes; ensuite la position de ces moteurs entraîne un supplément de résistance à l’avancement qui est nettement contraire aux tendances actuelles d’améliorer la finesse des avions, le schéma de face du Fatum 2 fait bien ressortir cette augmentation de résistance et il fait deviner toute une série de remous très nuisibles causés par les proximités du fuselage de l’avion et des carlingues des moteurs. La présence de ces remous doit entraîner une sérieuse augmentation
- de la résistance à l’avancement d’autant qu’ils se trouvent dans les zones de refoulement des hélices.
- Tant pour obvier aux graves inconvénients qui résultent de l’empêchement de pouvoir facilement surveiller les moteurs en cours de vol que pour éviter le supplément de résistance k l’avancement et par conséquent la perte de vitesse qu’entraînent les carlingues extérieures des moteurs, nous eussions préféré que les moteurs fussent groupés dans l’avant du fuselage et qu’ils actionnent par de courtes transmissions les hélices placées latéralement.
- Tel que, le Fatma 2 est un excellent avion qui sera très sensiblement en progrès sur les avions actuels de transport en commun.
- Un autre type d’avion monoplan, de la famille des amphibies cette fois, va être sous peu mis en chantier par la maison Buscaylet; cet appareil, dont la conception et l’étude seraient dues à la collaboration de plusieurs ingénieurs spécialisés, est, bien entendu, du type à coque-cabine et entièrement de la formule cantilever; la coque, très large pour procurer les qualités de navigabilité indispensables cà un avion transocéanique, s’amincit dans sa partie supérieure pour constituer une grande cabine aménagée pour contenir une cinquantaine de passagers. Le plan unique, très épais, affecte la forme générale d’une sorte de losange à sommets coupés, son épaisseur atteindrait 1,74, soit le 1/5 de sa profondeur maxima, l’envergure serait de 41 m.
- Trois groupes motopropulseurs de chacun 500 IIP seraient répartis : l’un à l’avant du fuselage, les deux autres latéralement et défilés dans l’épaisseur du plan; l’avion volerait habituellement avec seulement deux moteurs.
- Les caractéristiques que nous en connaissons sont les suivantes :
- Fig. 4. — Le nouveau monoplan Fokker IV (type 1922).
- Les 2 compartiments contiennent 10 passagers.
- Cet avion va remplacer le F-III sur la ligne Londres-Amsterdam.
- p.71 - vue 75/620
-
-
-
- 72 . --_ NOUVEAUX MONOPLANS DE TRANSPORT
- Surface : m) m* Puissance : I d00 IIP. lion d’un monoplan de transport pour 10 passagers
- Poids à vide : ti 400 kg Vitesse ISO km. qui préseï île de nombreuses et intéressantes parti-
- Charge utile : 5 liOO kg Charge au ni2 : 4d kg 7». cularités. 11 s’agit, bien entendu, d’une nouvelle
- Poids total : 12 000 kg Charge au IIP : • 8 kg. applieatio n de la formule à la mode, cet appareil est
- Fokker
- Emou/
- De Havilland
- Fig. 5. — Schémas d'aéroplanes : Fokker, Havilland, Handasyde, Ernoul, Buscaylet.
- Cet avion amphibie pourrait assurer dans de bonnes conditions économiques la traversée de l’Atlantique avec une quinzaine de passagers.
- Enfin nous apprenons de Grande-Bretagne que M. Handasyde, le constructeur du fameux avion de course Semi Quaver, vient d’entamer la coristruc-
- en efi'et cantilever et l’envergure de l’aile, quoique moindre que celle du Fokker ou du de Havilland, atteint néanmoins 17 m. 57.
- Le fuselage en contreplaqué est du type « gros ventre à terre », sa partie avant est entièrement amovible et contient le groupe motopropulseur complet à
- p.72 - vue 76/620
-
-
-
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- r 73
- l'exception des réservoirs d’essence placés dans les ailes ; celle disposition permet de changer rapidement le moteur en cas d’avarie et elle nous paraît très avantageuse pour un avion de transport comme celle du I). // 21). Le plan, placé, à la partie supérieure du fuselage, est d’une forme en double trapèze, son épaisseur est grande ; mais il se distingue particulièrement par sa construction en caisson, comportant six longerons longitudinaux et une épaisse couverture de contreplaqué qui assemble le tout. Voici quelles sont les caractéristiques que nous avons pu obtenir:
- Surface : 41) m2 Puissance : 450 HP Napier.
- Poids total : 5187 kg Charge au m8 : 05 kg.
- Passagers : 10 dans la cabine Vitesse : 180 kin.
- Nous voyons donc par ces quelques exemples que la formule monoplane bénéficie bien d’une véritable vogue auprès des constructeurs et nous en connaissons d’autres qui étudient de nouveaux modèles. Avant de terminer, nous signalerons que la maison française Wibaut, l’une de: celles qui s’est le plus vite ralliée aux avantages des ailes épaisses, construit. un monoplan de chasse entièrement cantilevcr et métallique, que les usines Lioré-Olivier et que les usines Latecoire ont également en chantier des monoplans de chasse ou de corps d’armée, que le grand monoplan Lochemig.américain, hydravion semi-eau-tilevcr, vient de subir des essais très réussis, que la: première, application de l’aile Alula, dont nous avons parlé au moment de l’exposé des monoplans construits en Angleterre, vient également d’être matérialisée en équipant en monoplan un avion Martinsyde habituellement biplan dont les caractéristiques de vol auraient été du fait de cette transformation très
- améliorées. Enfin le professeur allemand Junkers vient, de publier les croquis d’un immense hydravion monoplan de 50 tonnes, de, 4000 IIP de puissance et de 1000 m2. Nous nouspermeltonsde préciser encore une fois qu'en somme ce n’est point tant le triomphe de la formule monoplane que nous constatons en opposition avec celle du biplan ou du multiplan, mais bien le triomphe du principe des surfaces portantes cantilever qui entraîne tous les avantages d’une pénétration très améliorée. Nous voyons par les exemples précédents. que la technique ..constructive envisage dès maintenant des monoplans de 500 m2 et même de i 000 m2. Comme nous l’avone vu au cours d’articles antérieurs, il est possible de concevoir des avions biplans également cantilever qui bénéficieraient des mêmes avantages que les monoplans de 500 m2 et plus. Cependant de graves difficultés pratiques seraient à résoudre et notamment en ce qui concerne la hauteur des appareils ; il est en effet démontré que pour éviter, les;influence-s.-: néfastes qu’ont les uns sur les autres les plans superposés il faut au minimum prévoir entre eux un intervalle égal à leur profondeur. Comme, par exemple, la profondeur du plan de l’avion Buscaylet atteint une dizaine de mètres, à supposer, qu’on dût le concevoir biplan, il faudrait prévoir une cellule de 10 m. de hauteur d’entre-plans ! ce qui soulève des problèmes techniques irrésolus actuellement. C’est une raison de plus pour que. les constructeurs désirant bénéficier des avantages aujourd’hui incontestables des plans épais, très profonds et cantilever, soient
- amenés irrésistiblement à la formule monoplane. . Jean-Abel Liniia.nc.
- Biwotc înéciuiicicn d'avions.
- LA THEORIE DE LA RELATIVITE
- Quelques résultats et quelques expériences
- Deux chemins bien différents dans l’aspect, et la méthode, nous ont. conduits au groupe de transformations de Lorentz
- (0
- (2)
- (3)
- I
- /' =
- n/i — P
- y'=y
- Z = z
- 1
- te?
- (,r — (./)
- ,_g
- c2
- v
- où fi — -, v est, june vitesse, c est la vitesse constante de la lumière. Rappelons’[que:1a signification de ce groupe est la suivante : Si deux systèmes d’axes trirectangulaires Oxyz et O'x'y'z' sont, liés à des observateurs O et 0' (ce dernier en mouvement de translation rectiligne et uniforme de vitesse v par rapport à O dans le sens commun des x et des x’) et si enfin, les trièdres étant orientés de la même manière, ces deux observateurs ont -choisi la même origine, le groupe de Lorentz donne les relations qui relient les coordonnées d’un même événe-
- i, Voir La Nature, n°* 2492, 2494 et 2495.
- ment noté xr y, z, t par O et x', y , z, (' par O'.
- La mécanique rationnelle résoud le même problème par le groupe de Galilée :
- x' = x — vt y' — y z' = z i' = t et nous avons fait remarquer que pour c infini,, ces deux groupes coïncident.
- Etudions quelques-unes des propriétés de transformation de Lorentz. Nous ne reviendrons pas sur la relativité du .-temps, qui est apparue dans l’étude de la simultanéité. Au reste, l’équation (4) montre qu’un événement noté vr et t par O, est, repéré C par O', et V est en général différent de t. On trouvera un peu partout des spéculations. sur cette équation (4), en particulier l’exemple de ce voyageur, quittant la terre à une vitesse voisine de la lumière, se réfléchissant (!) sur une étoile lointaine et revenant sur terre, ayant vieilli de deux heures pendant que notre planète aura vieilli de cent ans. On peut d’ailleurs se livrer h ce petit calcul qui manque autant de difficulté que d’intérêt. Le malheur est que l’on se borne souvent a livrer au grand public des résultats de ce genre qui, non
- p.73 - vue 77/620
-
-
-
- 74
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- seulement sont, dépourvus de signification, mais encore sont capables de jeter le désarroi dans les esprits et, de Tain1 considérer la théorie nouvelle comme une sorte de monstre. On ne réagira jamais trop contre cette tendance.
- Relativité des longueurs. — Supposons que sur l’axe des x' soit marqué un point A' et soit il’ la distance 0' A' mesurée par 0'. Quelle sera la distance de ces deux points mesurée par 0? Pour répondre, F observateur 0 va prendre une sorte de cliché instantané : autrement dit, à un instant donné t, il pointera sur Taxe des x les positions occupées par 0' et A' et mesurera ensuite la distance cherchée. Supposons que cette opération se produise à l’instant f = (F (ce qui est absolument indifférent quant au résultat) 0' coïncide alors avec 0 et À' avec un point A. La distance OA = d cherchée est donc l’abscisse x de l’événement constitué par le passage en A du point A' au temps t = O.Cet événement est noté par 0' x' — il' et t'. Il faut bien remarquer que nous ne savons rien a priori sur t'. Le passage de 0' en 0 a bien lieu pour l’observateur 0' à l’instant zéro; mais le passage de A' en A et celui de 0' en 0, ayant lieu simultanément pour 0 n’auront pas le meme [caractère pour 0'. Donc t’ est inconnu et d' est donné. Ce
- -j-----------------------------1------X '
- --------------------------------------X-
- O A
- Fig. i-
- même événement est noté par 0, x = d, l’inconnue cherchée, et / = 0. Nous avons donc deux inconnues x ~d et /' entre lesquelles les équations (I) et (4) donnent deux relations.
- ./• ''
- \/i— P1 v/i -pL I
- Donc : '
- (S) ,1 d\\ y (fi) 1' = -%.
- Cette équation (5) montre que la distance 0'' A' est plus courte pour 0 qu’elle ne l’est pour ()'. Cela correspond à la contraction de Lorontz. Mais il faut bien remarquer qu’il ne s’agit pas là d’une véritable contraction de la matière : c’est tout simplement une divergence d’interprétation entre les deux observateurs qui a son origine dans la relativité de la simultanéité. L’équation (6) montre, en effet, .que pour 0', le passage de A' en A avait eu lieu avant le passage de 0' en 0. Tout ceci est parfaitement logique et la contraction est bien loin d’être la chose ténébreuse et inconcevable que présentait Lorentz.
- Si nous examinons la proposition inverse, c’est-à-dire si nous cherchons quelle distance d'sépare pour 0' deux points 0 et A de 0,r à distance d pour 0, l’équation (5). n’est plus valable : la mesure a lieu en effet au temps t'— 0 et on obtient d' — d\J 1 — (T. Autrement dit, la distance OA est
- plus courte pour 0', qu’elle ne l’est, pour 0. Ici encore, il y a contraction, bien ne permet donc de dire que 1 un des deux observateurs plutôt que l’autre est en mouvement, ce qui est en accord avec le principe de relativité.
- Voilà cette mystérieuse, contraction. Dépétons-le il ne sagit pas du tout d’un phénomène physique intéressant la matière : par exemple une barri' d’acier ne subira aucune compression de ce fait. Et il y aura intérêt à ce point de vue à ne plus employer ici ce mot de contraction qui n’est pas pris, comme on le voit, dans son acception courante. Parlons plutôt de la relativité des longueurs, sachant que celte expression signifie qu’une distance est mesurée de manière différente par des observateurs en mouvement les uns par rapport aux autres, et que la mesure lapins grande est effectuée par l’observateur au repos par rapport à la distance à mesurer.
- Composition des vitesses. - Reprenons nos observateurs 0 et 0' —: nous nous excusons de ne pas prendre pour 0 et 0' les classiques mais vraiment un peu enfantins talus de voie ferrée et train de chemin de fer — et supposons que par rapport à 0' un mobile M soit animé d’une vitesse w' dans le sens des 0' x , quelle sera la vitesse w de M par rapport àO? La mécanique rationnelle n’hésite pas, ce sera la somme de la vitesse de M par rapport à (T et, de 0' par rapport à 0.
- (7) tv = v-hu>'.
- Mais, d’après ce que nous savons déjà, nous nous doutons bien que, si la vitesse de M est, u>’ par rapport à 0', cette grandeur ne sera pas appréciée' de la même manière par 0, et que la formule (7) ne conviendra pas.
- On pourra sur cette question reprendre les raisonnements déjà ébauchés et l’on verra que cette expression (7) correspond à une transmission instantanée des signaux lumineux.
- Mais plus rapidement nous retrouverons la formule d’Einstein par le groupe de Lorentz et ceci par deux méthodes differentes, la seconde utilisant la propriété des formules de Lorentz de constituer un groupe.
- 1° Si x, t, x’, t' sont les coordonnées du point mobile, on a x' — w’ t' et la vitesse de M par rapport , ~ dx
- Les équations de Lorentz s’écrivent aussi comme nous l’avons vu
- (8).
- (0)
- D’où
- X--
- dx
- dx'
- <nr + l
- v/i-p’
- 1 r- vx‘
- L'+^
- w -+- V
- dt . v dx' . vw‘
- 1 H—; “m 1 H----t
- ca dt c2
- p.74 - vue 78/620
-
-
-
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- = 75
- Donc
- (10)
- xv
- XV
- vw
- c2
- C’est l’expression cherchée qui pour c infini donne la formule (7) classique.
- 12° Les équations de Lorenlz constituent un groupe : deux transformations successives sont remplacahles par une seule. Soient donc x et i les coordonnées d’un événement (négligeons les y et z) pour un observateur 0, a:' et /'les coordonnées pour un observateur 0' animé d’une vitesse v par rapport à 0, on a
- Soient x" et t" les coordonnées pour Tin observateur 0" animé d’une vitesse xv' par rapport à 0', on a
- La propriété de celte transformation de former un groupe s’exprime en disant que l’on a également
- xv étant la vitesse de 0" par rapport à 0. Les équa-Iions (11), (12), (15), (14) donnent x" et t" en fonction de x et 1 et par identification avec (15) et (16), on retrouve aisément la formule (10) que nous utiliserons tout à l’heure.
- examinons avant toute autre chose l’attitude de la théorie nouvelle en lace des expériences de Michelson et Fizeau.
- Expérience de Michelson. — Il est. bien inutile de refaire les calculs relatifs à cette question. Un postulat affirme que la vitesse de la lumière est indépendante du mouvement de translation du système de référence. Peu nous importe alors le mouvement de translation de la terre : l’expérience doit donner un résultat négatif. Ne nous étonnons pas de cette explication si aisée : nous avons eu l’occasion de dire que l’expérience de Michelson a présidé au développement de la théorie nouvelle.
- Expérience de Fizeau. — Mais ici rien de semblable. Rien de ce qui concerne les résultats de Fizeau n’est intervenu dans les principes fondamen taux. Le problème se pose neuf et entier. On se souvient que Fizeau avait trouvé que la vitesse de
- la lumière dans un milieu réfringent en mouvement est donnée par
- où v est la vitesse du milieu réfringent et n son indice de réfraction.
- Soit, xv' la vitesse de la lumière dans le milieu réfringent au repos. Cette vitesse reste xv' pour un observateur 0' lié au milieu réfringent, en mouvement. Pour un observateur 0, par rapport, auquel le milieu se déplace à vitesse v, la vitesse de propagation des ondes lumineuses dans le milieu réfringent est mesurée xv, donné par la formule (10) de composition des vitesses
- c2
- i n (t vw'\
- ou W = ( v -t- XV ) f 1---— J
- V-
- aux termes en — près c'2 1
- ou
- xv
- XV
- au même ordre d’approximation
- xv 2 c'-
- en enfin
- xv :
- -+ 1
- puisque l’on
- apprend en optique élémentaire que xv' = -ce qui donne la formule trouvée expérimentalement, par Fizeau : les termes en — ne sont pas accessibles
- dans cette expérience. On ne peut, pas ne pas être frappé de la facilité avec laquelle l’expérience de Fizeau est interprétée; il ne s’agit plus ici de faire des hypothèses plus ou moins inconcevables, de mettre son imagination à.la torture; l’application pure et simple de la nouvelle formule de composition des vitesses traduit le résultat expérimental,
- La confrontation avec l’expérience. — La théorie nouvelle.nous apparaît logique; elle satisfait l’esprit, elle nous débarrasse des axes absolus et du temps impérial, bien gênants, elle explique, enfin les deux expériences réfractaires de Michelson et Fizeau, satisfaisant ainsi à la condition imposée. Encore faut-il que cette même théorie soit en accord avec tous les autres faits expérimentaux, traduits déjà par la mécanique, rationnelle.
- Précisons d’abord ce que l’on entend par là. Supposons que la théorie donne dans une expérience déterminée une relation
- (17) f( A,B,C,...) = 0.
- entre des quantités mesurables A, B, C.... On mesurera 'effectivement ces quantités et on calculera le premier membre de l’équation (17). Et il faudra trouver non pas zéro, mais une quantité inférieure à un certain nombre a. donné par la théorie des erreurs et dépendant de la précision des mesures. Or, nous l’avons vu, la nouvelle cinématique ne
- i2
- diffère de l’ancienne que par des termes en —•
- p.75 - vue 79/620
-
-
-
- LA THÉORIE DE LA RELATIVITÉ
- 76
- Ces-termes no sont pas décelables dans la 1res grande majorité do nos expériences. La nouvelle cinématique est de ce l'ait d’accord avec tous les laits expérimentaux qui appartiennent au-'domainede la mécanique rationnelle. (Lest à vrai dire tout ce (pie nous lui demandons.
- Maison a fait plus: on a cherché des expériences . cruciales, capables de trancher entre la mécanique rationnelle et la théorie d’Einslein. Les expériences de Michelson et de Fizean rentrent dans cette catégorie et c’est à peu près là tout ce qu’on a trouvé dans le domaine de -la relativité restreinte.
- "Nous ne pouvons passer sous silence un certain nombre d’observations et d’expériences qui ont lait grand bruit. Malgré qu’elles intéressent la seconde synthèse d’Einstein, la théorie de la relativité généralisée, elles ne sont pas étrangères à la question qui nous occupe ici. La relativité généralisée comprend en effet la théorie restreinte et «autre chose ». Les vérifications que l’on tentera seront donc des vérifications, dans ses conséquences, de la théorie restreinte. Remarquons cependant que cette dernière ne serait pas obligatoirement atteinte par le manque de concordance entre la théorie généralisée et les faits. Il serait toujours possible de dire que cet « autre chose » est seul responsable. Nous n’aurons même pas besoin, en aucune circonstance, de recourir à un.tel artifice.
- Mouvement de Mercure. — D’après la théorie de;.Newton, la trajectoire, d’une planète, seule en présence du soleil, serait une ellipse fixe. La trajectoire réelle est évidemment différente puisque les autres planètes apportent des perturbations au mouvement. Mais on sait calculer ces perturbations et retrouver ainsi l’ellipse de Newton Or; on sait depuislongtemps que l’orbite de Mercure; la planète la plus proche du soleil, devient, après cette correction, une ellipse tournant lentement dans son plan de 45 secondes d’aiV par siècle. C’est le mouvement du périhélie de Mercure. Ce déplacement a fait l’objet d’hypothèses nombreuses et impuissantes pour en permettre l’explication par la mécanique rationnelle. Einstein abordant l’étude du mouvement planétaire trouve que les trajectoires sont effectivement des ellipses tournant dans leur plan et ceci non seulement pour Mercure, mais pour toutes les planètes. Le calcul donne pour Mercure, tout naturellement, sans addition dùmcune constante arbitraire, le résultat signalé plus haut et pour’les autres planètes plus éloignées du soleil des chiffres beaucoup trop faibles pour être décelés dans l’état actuel de nos observations. Ce fut le premier succès éclatant de la théorie d’Einstein.
- Déviation des rayons lumineux dans un champ de gravitation. —La théorie de la relativité généralisée montre que les rayons lumineux ne se propagent en ligne droite qu’en dehors de tout champ de gravitation. En particulier, la trajectoire d’un rayon lumineux issu d’une étoile et passant au voisinage du soleil ne sera pas rectiligne, tout comme celle d’un projectile sur la terre. Le calcul donne pour
- cette déviation 1.7 i seconde. Admirons la confiance d’Einstein qui publie ce'résultat alors qu’il n’avail jamais été mis en évidence et sans trop se soucier d'ailleurs de la possibilité de faire uni1 telle observation. C'est .qu’en effet' les rayons lumineux issus des étoiles et passant au voisinage du soleil ne nous sont'pas 'perceptibles. Dans le cas d’une éclipse totale, cependant, où l’éclat du soleil est fortement diminué, les étoiles deviennent visibles à sa périphérie. l.ne étoilé déterminée envoie alors des rayons
- Fig. 2. — Le SoleilS dévie le rayon lumineux R émané de l’étoile E Celui-ci, au lieu de suivre la trajectoire rectiligne E R O, s'incurve suivant Rv L’observateur Oy voit l’étoile en Eu au lieu de E:
- lumineux qui, lorsque le soleil n’est pas sur. leur trajectoire, se propagent en ligne droite et définissent ci1 <[ue nous pourrons appeler la position réelle de l’étoile. Si, au contraire, ces rayons lumineux passent près du globe solaire, Einstein déclare que ces rayons seront déviés de 1,74 seconde et que la « position apparente » de l'étoile sera plus éloignée' du centre solaire que la position réelle.
- C’est ce que montre la figure 2.
- Lors de l'éclipse totale du 50 mai 1010, deux missions furent envoyées 'par la Royal Society de Londres, qui prirent des photographies du ciel au moment, de l’éclipse, et par comparaison avec des clichés pris en l’absence du soleil, décelèrent respectivement des déviations de 1,61 et J ,98 secondes, encadrant: les résultats prévus par Einstein.
- Déplacement des raies du spectre. — Enfin, Einstein a montré que les raies du spectre solaire doivent-être déplacées vers le rougi' par rapport à la situation que ces memes raies occuperaient dans une lumière terrestre, le-rapport des longueurs d’onde devant être de b,000002.Ici, encore Einstein a. publié ce résultat sans se soucier de le vérifier lui-même.
- Des expériences viennent d’être faites à l’Observatoire de Meudon, par M. Pérot, professeur de Physique à l’Ecole-Polytechnique. Il a comparé des longueurs d’onde des raies b du magnésium (£'. h. de. Y Académie des Sciences du 7 mars 1021), prises dans la lumière solaire et an. laboratoire. Cette comparaison est d’ailleurs très délicate. Il y a lieu en effet de tenir compte de l’effet Doppler bien connu, du phénomène de chute des vapeurs sur le soleil que M. Pérot avait étudié de longue date et enfin de la pression. En 1011, M. Pérot avait déjà remarqué que la longueur d’onde terrestre était plus petite que la longueur d’onde solaire de 1,15,10“° en valeur relative. Mais il fallait tenir compte de la pression dans la région d’absorption des raies b, les longueurs d’onde variant en effet avec la pression. Heureusement, toutes les raies ne sont pas affectées de.la même manière et il se trouve que les raies
- p.76 - vue 80/620
-
-
-
- 1
- Position 4 4= Position réelle \ \ apparente
- \ \ de i Etoile
- de i 'Etoile
- \ \
- \ \
- \ s \ \
- N \
- \ \
- N \
- \ \-V \
- \ \
- \ \
- \ '
- \ '
- kA.
- R
- R
- AA.poG/lion apparente
- AA,
- R*
- <..«
- A R
- r 1
- *5 ' o/e II
- L À
- R.poô/t/on réelle (la, valeur du déplacement est- exagérée environ ô00 fois)
- Le Soleil
- i Eclipsé totale au cours de s laquelle des
- \ Etoiles sont
- visibles dans le voisinage immédiat du Soleil J
- /?«
- 'Fig. 3.— 1, Observation de la déviation des rayons lumineux au voisinage du Soleil pendant Véclipse du 3o mai iqiq. — 2, Croquis montrant les déviations apparentes des étoiles voisines du Soleil. Ces déviations sont d'autant plus grandes que les étoiles sont plus près du Soleil.
- bi et- b% du magnésium avaient des « coefficients de pression » différents (pie M. (Y1 roi détermina par une série d’expériences au laboratoire. Cet ensemble de deux raies constituait donc un
- véritable manomètre au moyen, duquel M. Pérot a trouvé que la pression était sensiblement nulle dans la région d”absorption des raies b. En ramenant alors la longueur terrestre à la pression nulle, la
- p.77 - vue 81/620
-
-
-
- 78 . ~ UNE NOUVELLE EXPLORATION DANOISE DANS L’ATLANTIQUE
- différence avec la longueur d’onde solaire s’accentuait en valeur relative de 1,55,iO-0, soit au total 2,5:10~6 avec une approximation de 0,5.10-6, résultat concordant avec les calculs d’Einstein.
- On a beaucoup épilogue sur ces diverses vérifications. On a discuté leur intérêt, on a voulu y voir des coïncidences. À dire vrai, elles ne suffisent évi-dejtmnent pas à imposer la théorie de la relativité, car les seules expériences intéressantes sont celles qui donnent un résultat en désaccord avec une théorie ; dans le cas présent, elles sont encore à venir. Même si ces expériences n’avaient pas été tentées, la théorie delà relativité n’en resterait pas moins séduisante par son eflort de logique et de synthèse. Mais puisque aussi bien des vérifications ont donné de bons résultats, c’est tant mieux. S’il s’agit là d’un concours de circonstances, il faut avouer que la théorie dé la relativité est singulièrement favorisée des dieux.
- La France n’a fait à la nouvelle théorie qu’un accueil réservé tout au moins au début. M. Lange-vin y consacre depuis deux ans au Collège de France un cours dont leloge n’est plus à faire. Par contre, dés objections ont été soulevées. Les unes ont été réduites à néant, d’autres, celles deM. Paintevé,par exemple, sont à l’ordre du jour. Ajoutons d’ailleurs qu’elles ne visent pas la théorie restreinte que personne ne conteste. Cé qui caractérisa plutôt l’attitude du monde savant fut"l’indifférence, tout surprenant que cela paraisse, car enfin la question vaut qu’on s’y intéresse. Il y avait à la base de cette résistance deux causes principales : la puissance des habitudes acquises et le fait que le bérceau de la théorie nouvelle était outre-Rhin. Ces raisons ont peut-être leur valeur, mais ceci est une autre histoire, dirait Kipling.
- A l’heure actuelle, les choses ont changé. La relativité est à la mode, tout à fait à la mode. Le mot court les salons, les grands quotidiens lui consacrent des colonnes, les historiographes de Landru appellent Einstein à leur secours. Tout cela n’est pas bien grave ; mais, à quelques heureuses exceptions près, procède de deux tendances : la première, légère et bien légitime, pousse à parler de la relativité dans le même esprit qui anime les revuistes de fin d’année contre les bandes rouges des boulevards ; la seconde, bien moins anodine, parce que capable d’être prise au sérieux, consiste à parler de la question *bn parfaite méconnaissance de cause, et à faire allusion
- à la théorie d’Einstein dans des domaines on elle est bien étonnée de se trouver. Rvidemment, le fait que la notion du temps y est revisée et que le mol" de relativité a malheureusement donné son nom à la théorie, peut expliquer la confusion, mais ne peut l’excuser. La théorie d’Einstein est purement mathématique et physique. Son ambition se borne là, et ce n’est d’ailleurs pas faire preuve de modestie exagérée. Donc n’y faisons pas appel dans les spéculations sur la « relativité » des jugements et des sentiments.... Mais ne faisons pas de citation. La tâche serait trop facile. Il n’v a qu’à pêcher au hasard.
- Quoi qu’il en soit, la théorie de la relativité a maintenant droit de cité, non pas sans discussions passées, présentes et futures. Il est probable, en effet, que ces controverses se poursuivront pendant longtemps encore et qu’aucune d’elles ne sera close immédiatement et d’une manière nette et définitive. C’est qu’il ne s’agit pas là d’un fait expérimental nouveau devant lequel chacun, après constatation, est bien obligé de s’incliner, mais d’une théorie qui se propose d’interpréter l’ensemble des faits expérimentaux. Entre plusieurs synthèses qui poursuivent ce même but, quel sera le critérium de notre choix? Notre préférence ira assurément à la plus complète, la plus séduisante et la plus commode d’entre elles. Mais qui ne sent que ce sont là des qualités assez mal définies laissant la porte ouverte à toutes les compétitions. Dans le cas actuel cependant, il semble bien que le choix ne peut rester indécis, Malheureusement la théorie nouvelle a contre elle un ennemi sournois et terrible : l’inertie; la peur de rompre avec des habitudes de penser. Il en est ainsi.
- Nous n’entendons pas préjuger du sort que l’avenir lui réserve. Elle restera dans tous les cas une page qu’il sera impossible de négliger et même, si elle ne conserve pas sa forme actuelle, ce n’est pas en vain qu’auront été agitées les idées fécondes qui en forment la base. 1
- Appelée à survivre, elle ne constituera pour bien longtemps encore — et ce n’est pas lui enlever de sa valeur — qu’une seconde approximation inutile dans la vie courante : les candidats au baccalauréat seront eucore pendant de nombreuses sessions autorisés à l’emploi du « temps impérial ».
- Il Laiono
- Ingénieur nu Corps (les Mines.
- UNE NOUVELLE EXPLORATION DANOISE DANS L’ATLANTIQUE
- Le Danemark vient d’entreprendre une expédition océanographique d’une importance considérable. Depuis le début du xxe siècle, ce petit pays a pris une place de premier rang daiis l’exploration des mers. Non seulement ses savants se sont appliqués à l’étude des détroits baltiques et de l’Atlantique nord autour des Faeroer et de l’Islande, régions qui forment en quelque sorte leur domaine natio-
- nal, mais encore ils ont étendu leur activité aux mers de l’Europe occidentale et méridionale, encouragés dans cette entreprise par l’indifférence des grandes puissances pour les recherches de cette nature. Ainsi on trouve des naturalistes danois travaillant en 1905 et 1906 au large des côtes de Grande-Bretagne et de France, puis en 1908, 1909 et 1910 effectuant la première exploration de la
- p.78 - vue 82/620
-
-
-
- UNE NOUVELLE EXPLORATION DANOISE DANS L’ATLANTIQUE
- 79
- Méditerranée qui ait été accomplie ( ') suivant les méthodes modernes, enfin en 1920, parcourant l’Atlantique jusqu’aux Bermudes en passant par Madère, les Canaries et les Antilles. La nouvelle expédition qui a quitté Copenhague à la Un d’août est la continuation et l’extension de la précédente campagne. Son programme comporte en effet l’exploration de tout l’Atlantique d’une rive à l’autre, depuis l’Équateur jusqu’à 50° de latitude nord au douille point de vue physique et biologique. Los océanographes danois s’attacheront spécialement à l'étude delà circulation océanique cpii, au nord de la Ligne, affecte, comme on sait, un mouvement tourbillonnaire dans le sens des aiguilles d’une montre. Pour cela, ils traceront une série de profils à travers l’Atlantique, en rayonnant de la mer des Sagesses, comme le montre le schéma ci-joint indiquant les itinéraires probables de leur navire ( lig. 1). Dans chaque station, on déterminera les conditions physiques des différentes couches d’eau et on recueillera des échantillons de la faune pélagique qui les calai luise. Ci tt( yr/jr. i, — Itinéraire du Dana dans partie du pro- de U)21
- gramme eompor- ------- Trajet effectué ;
- te l’étude de la
- question très importante de l’échange des nappes liquides entre l’Atlantique sud et l’Atlantique nord. D’après les observations thermométriques on incline à penser que l’eau de fond de l’Atlantique nord provient de l'Océan antarctique. La détermination de ses conditions physiques, notamment de sa teneur en oxygène, permettra peut-être de résoudre celte question d’origine. Dans le domaine de la zoologie, parmi les problèmes les plus intéressants auxquels s’attachera la mission danoise, signalons l’étude des migrations des alevins de l’anguille.
- Le commandement de l’expédition a été confiée au D' .lobs Schmidt, directeur du laboratoire de physiologie "du célèbre Institut Carlsberg à Copenhague. Aucun choix ne pouvait être meilleur. Non seulement, le D1' Jolis Schmidt est un naturaliste (•minent dont les travaux sur la biologie de la morue et, de l’anguille font autorité, mais encore il' possède une rare expérience des recherches à la mer, pour avoir dirigé toutes les expéditions oc,éauq-
- 1. Jons Schmidt. — Report on llie Dauish Oceauograpliiral Expéditions A008-191() to Iho Medilerranean and adjacent Seas. Andr. Fml. llost and son, Kopenlingen.
- graphiques danoises depuis 1904, tant dans le nord, qu’en Méditerranée et dans l’Atlantique ; il a été en un mot le principal artisan de l’œuvre accomplie par le Danemark dans ce domaine, depuis quinze ans.
- Autour de lui, le I)1' Jolis Schmidt a groupé un état-major de spécialistes : trois zoologistes, MM. P. Jespersen, A. Y. Tanirtg, et K. Stephensen, un hydrographe, M. Joli. Olsen. De plus, le Dr J. N Nielsen, dont les travaux sur l’océanographie de l’Atlantique nord sont devenus classiques, et, le professeur C. H. Ostenfeld, spécialiste pour le plankton, rejoindront, en cours de route et participeront à une partie du voyage.
- L’expédition est montée sur le Dana (fig. 5), un ancien dragueur de mines de la marine britannique, que la Commission danoise d’exploration de la mer
- a acquis et fait modifier pour sa nouvelle destination. Cette unité jauge 525 tonnes brutes et mesure 42 m. environ entre les perpen-d i c u 1 a i r e s ; sa machine à vapeur développe une force de 600 chevaux; ajoutons que scs soutes peuvent emmagasiner 165 tonnes de charbon. Aménagé sous la direction d’hommes compétents et pratiques, le nouveau bateau de la Commission danoise réalise le.type le plus parfait du navire de recherches. Un roof qui occupe la plus grande partie du pont renferme un vaste laboratoire biologique, un second, plus petit, pour les recherches océanographiques, un carré pour l’état-major scientifique et une salle de lecture.
- A l’avant, un Ireuil à vapeur de la force, de 40 INC, actionne deux bobines; sur celle de bâbord sont enroulés 4000 m. de cable de 0 m. 014 de diamètre et sur celle de tribord 10000 m. de câble de 0 m. 007. Toutes deux sont destinées à la manœuvre des chaluts dont un poste de levage se trouve à tribord, et un autre dans la partie arrière sur le même bord. A bâbord sont installés les appareils pour les sondages thermométriques, les prises d’eau et. les récoltes de plankton suivant une même verticale ; ce sont : dans la partie avant un sondeur Lucas avec 1.0000 m. de corde à piano (20 000 sont en réserve) et une bobine de 6000 m. de câble pouf la prise des échantillons d’eau aux profondeurs moyennes ; puis vers l’arrière une nouvelle bobine avec 10000 m. de câble de 0 m. 004 pour les opé-
- /’Atlantique pendant la campagne
- -I(J22.
- ....... trajet projeté.
- p.79 - vue 83/620
-
-
-
- 80 rrr—r UNE NOUVELLE EXPLORATION DANOISE DANS L’ATLANTIQUE
- /o Mètres
- Fig. 2. — L’équipement océanographique du Dana.
- Sur le pont : A, grand treuil et bobines pour le chalut (4000 et 10000 ni. de câble ; B, B, poulies de renvoi et bossoirs du chalut; C, petit treuil du sondeur et bobine pour les opérations à profondeur moyenne (10000 et 6000 m. de câble); D, treuil à main pour les opérations en surface; E, treuil.'el bobine pour les opérations à grandes profondeurs (10000 ni. de câble); F, bossoir du câble du treuil à l’arrière; G, roof des laboratoires.
- rations hydrographiques aux grandes profondeurs et pour le levage des filets à plankton dans les coupes verticales. Tous ces appareils sont mus à la vapeur. Au total, le Dana porte 70 km. de câble. Nous aurons achevé la description sommaire de son équipement, en signalant qu’à bâbord dans la partie centrale du bateau, se trouve un petit treuil à mains pour les opérations dans les couches superficielles.
- Plusieurs aquariums ont été installés dans. la cale; une machine réfrigérante permet de maintenir leurs eaux à une température convenable et une pompe centrifuge actionnée par l’électricité d’assurer leur aération.
- Le Dana est muni d’une installation de T. S. F. Les naturalistes français qui 11c réussissent à obtenir que de misérables subventions et au prix de combien de démarches apprendront avec intérêt que leurs collègues danois trouvent pour toutes leurs entreprises de généreux concours dans l’initiative privée. Ainsi la campagne de 1920 dans l’Atlantique a été elïéctuée toute entière, grâce à la libéralité delà puissante compagnie de navigation de Copenhague, Y Est Asiatique danois. Son directeur, M. H. N. Andersen, a mis pour cette croisière, un grand navire à moteur à la disposition de la Commission danoise d’exploration de la mer et en a assumé l’entretien pendant les quatre mois du voyage. Le Dana a été acheté et armé par l’Etat, mais la plus grande partie des. dépenses considérables qu’enlraine cette exploration sont couvertes par des mécènes de la science. Il a suffi qu’au nom du comité de patronage de l’expédition, le prince Yaldemar, l’amiral Wandel, le commandeur C. F. Drechsel, etc., s’adressassent à l’opinion publique pour recueillir les fonds nécessaires au voyage du Dana.
- L’expédition, quittant Copenhague à la fin d’août dernier, a fait sa première escale à Swansea pour compléter son approvisionnement de charbon ; de
- là, passant au large des cotes de France et d’Espagne, elle est venue à Gibraltar et a entrepris une courte croisière en Méditerranée jusqu’à la hauteur d’Alger. Revenant dans l’Atlantique, le D1' Johs Schmidt s’est, dirigé vers Madère, puis vers Saint-Vincent (des du Cap Vert), et entre ces deux groupes d’îles a poursuivi ses recherches jusqu’à des profondeurs de 7000 m. — Après cela, faisant route dans l’ouest, il a exécuté une coupe en travers de l’Atlantique de Saint-Vincent à Cayenne. Le Dana a ensuite remonté vers la Barbade et Saint-Thomas, puis traversant le canal de Panama, a pénétré dans le Pacifique.
- Le U1' Johs Schmidt compte étendre ses investigations dans la région de cet océan voisine du Canal, afin de reconnaître si les faunes des deux mers situées de part et d’autre'de l’isthme de l’Amérique centrale ne présentent pas entre elles des analogies intéressantes.
- Nous tiendrons les lecteurs de La Nature au courant de celle grande entreprise scientifique.
- Chaules Rabot.
- Fig. 3. — Le Dana, ancré à-Vïle. M adore.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.80 - vue 84/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2497.
- 11 FÉVRIER 1922
- MATIERES COLORANTES ET PROCÉDÉS D’IMPRESSION DANS L’INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMÉES
- Nous avons vu, dans une précédente élude, (n° 2495), par quelle suite d’opérations, aussi nombreuses que complexes, le tissu de coton écru, venant des usines de tissage, devait passer, avant et après 1 impression, avant de pouvoir être vendu au public. Nous nous proposons, dans ce second article, d étudier plus spécialement les matières colorantes utilisées dans l’impression du coton et les procédés
- 1° Les colorations dites « substanlives » ;
- 2° Les colorations « adjectives ».
- Parmi les premières, nous rangeons celles qui sont réalisées à l’aide de certains extraits végétait1; (curcuma, cachou) et des colorants artificiels dits directs : sulfurés, indigoïdes, azoïques insolubles formés sur la fibre, noir d’aniline, etc.
- Les secondes comprennent toutes celles dont le
- Fig. i. —Dans cette vaste salle qui mesure 2co mètres de long, 26 machines à imprimer peuvent imprimer
- jusqu’à 100000 mètres de tissu par jour.
- employés pour l’impression et le fixage sur la fibre de ces divers colorants.
- Aux usines des frères Kçechlin, les machines à imprimer, au nombre de 26, sont alignée^ dans une immense salle et peuvent imprimer jusqu’à 100000 mètres de tissu par. jour (fig. 1). Nous avons décrit sommairement une de ces machines. Nous n’v reviendrons donc pas et aborderons immédiatement la question des colorants.
- Matières colorantes. Mordants. —Pour faciliter au lecteur la compréhension des divers procédés chimiques d’application des matières colorantes et tinctoriales sur le coton, nous subdiviserons celles-ci en deux grandes catégories et distinguerons, en employant ces appellations dans leur sens le plus large :
- 50” Année. — 1*r Semestre
- substratum n’est pas uniquement la fibre, et qui sont principalement réalisées à l’aide de « mordants ». On entend par mordants des substances qui sont à meme d’abandonner à la fibre certains éléments ou produits insolubles qui ont la propriété de se combiner avec elle et avec la matière colorante en formant des « laques » colorées, également insolubles elles-mêmes. Certaines laques peuvent être obtenues en dehors de la fibre et appliquées sur celle-ci, en impression, à l’aide d’albumine, caséine, séricose, vernis, etc., enrobant à la fois fibre et laque et rendus insolubles par traitement convenable.
- C’est de cette même façon que certains pigments minéraux ; outremer, rouille, vert Guignet, noir de fumée et poudres métalliques peuvent être
- G.— 81.
- p.81 - vue 85/620
-
-
-
- 82 :---- PROCÉDÉS D’IMPRESSION DANS L’INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMÉES
- imprimés sur tissu. Toutes les colorations ainsi obtenues sont appelées colorations « adjcctives ».
- Les mordants servent encore à fixer deux grandes catégories de colorants, les « phénoliques » et les « basiques ». Les mordants employés pour les premiers sont principalement les sels de chrome, d’aluminium et de fer. Les seconds se fixent à l’aide du tanin combiné aux sels d’antimoine (émétique).
- Les grands représentants des colorants « phénoliques » sont l’alizarine (principe colorant de la garance), l’extrait de campèche, l’extrait de graine de Perse et toute une série de dérivés de l’alizarine ainsi que d’autres colorants synthétiques possédant des groupes phénoliques (hydroxvles, carboxyles).
- Les colorants « basiques» sont tous des dérivés du goudron de houille et caractérisés par la vivacité de leurs colorations (rho-damine, a r a-mine, bleu de méthylène, violet de méthyle).
- Fixation des matières colorantes sur le coton. — Les matières colorantes provenant, d’extraits . végétaux donnantdes colorations directes sont pratiquement abandonnées de nos jours, nous ne nous y arrêterons pas. La fixation des colorants « directs » se produit, directement en solution aqueuse à chaud ou par la vapeur d’eau et est favorisée par la présence de faibles quantités de sels alcalins. Ainsi se comportent ces produits vendus en sachets par les droguistes et dont nos ménagères font usage pour la teinture des tissus de coton. Ces teintures substanlives sont en général d’une solidité médiocre, surtout au lavage.
- Les colorants « sulfurés », produits artificiels, (cachou de Laval, noir Vidal, vert et bleu Immédial, etc.) sont bien plus solides et d’une fixation analogue, sauf qu’il leur faut l’adjonction de substances réductrices (sulfure de sodium, glucose) pour leur solubilisation et une action oxydante pour les rendre ensuite insolubles sur la fibre.
- Une famille de colorants particulièrement intéressante est celle de l’indigo, des « indigoïdes » ou analogues (colorants indanthrène, algol, cibanone, (de.). Ils sont les derniers découverts parmi les colorants synthétiques et doivent leur vogue à leurs remarquables qualités de solidité, (il parait qu’ils servent à la confection des billets de la Banque de
- France, sans doute pour une bonne partie à cause de leur résistance à toutes sortes d’agents.) Les grandes maisons d’Alsace les ont adoptés tant en teinture qu’en impression pour la fabrication de leurs articles extra-solides. Ainsi, les célèbres cretonnes pour chemises d’hommes de la maison Frères Kœchlin sont imprimées à l’aide de ces colorants.
- Dans l’état où ils sont reçus à l’usine, ils sont insolubles. Il faut les transformer sous une forme soluble avant ou après l’impression. Ceci est obtenu à l’aide d’énergiques réducteurs, notamment de l’hydrosulfite, qui modifient leur nature chimique et permettent l’intime pénétration du colorant qui vire de ton tant qu’il est à l’état réduit. Un lavage
- et un traitement oxydant rétablissent la nuance primitive du colorant qui se trouve maintenant intimement fixé, sur le coton dans un état de solidité à toute épreuve.
- Dans la pratique, pour fixer les impressions à base des 5 sortes de colorants envisagés ci-dessus, on fait passer le tissu imprimé sur un système de roulettes au travers de chambres ou vastes boites traversées par un fort courant de vapeur d’eau à environ 100°. La durée du passage est de 5 à 10 minutes.
- Les colorants « azoïques insolubles » produits sur la fibre (rouge Para, grenat à la glace), se comportent tout différemment. Ils n’ont besoin d’aucun vaporisage. Bien au contraire, leur formation et leur fixation sur le colon ne réussissent qu’à basse température (réfrigération à la glace) en faisant réagir sur le tissu imprégné de béta-naphtol (solution incolore) des combinaisons peu stables à base d’al-pha-naphtylamine, para-nitraniline, etc. C’est ainsi et avec ce dernier corps que sont fabriquées les andrinoples à bon marché qui ne valent pas, à beaucoup près, le rouge turc à l’alizarine (autrefois garance).
- Le « noir d’aniline », très solide et très répandu, se développe et se fixe plutôt comme l’indigo. On charge la fibre d’aniline acidulée et de certains oxydants et on la soumet à l’action de la vapeur d’eau dans une atmosphère chaude (oxygène de l’air). En passant du vert d’eau jaunâtre par le vert sombre, le tissu prend une coloration noire qui est encore
- — Tambour à 2 chefs pour la mise en large el le séchage après savonnage du tissu en boyau. .
- p.82 - vue 86/620
-
-
-
- PROCÉDÉS D’IMPRESSION DANS L’INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMÉES —-- 83
- corsée et rendue indestructible par un passage en solution de bichromate.
- Nous avons entrevu, par ce qui précède, le rôle important que joue l’action de la vapeur d’eau pour la fixation ou le développement des couleurs. Ce «vaporisage » est indispensable,- en matière d’impression, pour la fixation des colorants à mordants « phénoliques » ou « basiques ».
- Les tissus imprimés avec ces couleurs sont vaporisés pendant 1 à 2 heures ou en cuves fermées (travail intermittent donnant une faible production) ou, mieux encore, en continu, dans de vastes
- plus vives en sortant du vaporisage. Ainsi, le rouge d’alizarinc, tout jaune avant le vaporisage, et le bleu d’alizarine, de brun qu’il était, obtiennent leur coloration définitive, leur vivacité et leur éclat par ce traitement.
- Pour les teintures, l’élévation de la température du bain au bouillon remplace le vaporisage.
- Lavage des pièces imprimées. - Après le vaporisage, exception faite pour les impressions de colorants basiques qui nécessitent pour leur bonne fixation un passage en solution d’émétique, il ne reste plus guère qu’à bien laver et au besoin savon-
- Fig. 3. — Machine à laver en large el à sécher les pièces imprimées désormais prêles pour le finissage.
- cuves : 8 à 10 mètres de haut, 10 à 12 mètres de long, 1 m. 50 à 2 mètres de large, munies, au plafond, de deux ouvertures très étroites pour laisser passer le tissu à Centrée et à la sortie. Celui-ci entre par l’ouverture arrière et vient former des plis ou sacs soutenus par des traverses placées sous le plafond de la cuve et conduites très lentement par un mécanisme spécial de l’arrière à l’avant, d’où il sort de la cuve. Le mécanisme est un peu analogue à celui qui est employé dans la fabrication du papier couché, dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs (*), 11 va sans dire que, dans le cas spécial qui nous occupe, la cuve est abondamment alimentée en vapeur.
- Les impressions, ainsi fixées, sont- en général 1. La Natiu c, nü 2t)5<S, 2 novembre 1912, page 554.
- lier le tissu pour le débarrasser des substances inertes (épaississants) qui sont entrées dans la composition de la « couleur » d’impression. Nous voyons (lig. 2) une machine qui permet d’atteindre ce but, tout en maintenant le tissu en large, et même de le sécher sur des tambours sans qu’il y ait arrêt entre le lavage et le séchage.
- On a besoin parfois d’un lavage ou savonnage plus énergique. Le tissu ramené en boyau traverse des machines à laver et savonner analogues à celles qui sont employées pour le blanchiment. La mise en large et le séchage s’opèrent de la même façon (fig. o). Ces procédés conviennent particulièrement au genre « impression directe ». Mais il est d’autres genres.
- Teinture sur mordant. -— Ln article très intéressant et permettant, en partie, d'obtenir des colora-
- p.83 - vue 87/620
-
-
-
- 84 ==r PROCÉDÉS D’IMPRESSION DANS L’INDUSTRIE DES TOILES IMPRIMEES
- lions très solides, est le genre dit « teinture sur mordant imprimé » ou « sur mordant rongé ».
- Pour le genre teinture sur mordant imprimé, on imprime un ou plusieurs mordants (par exemple, acétate d’alumine ou de fer, bisulfite de chrome) seuls ou en mélanges, souvent à différentes concentrations, et on les fixe sur la libre par vaporisage ou simple étendage à l’air. On complète la fixation du mordant par un passage dans un bain de phosphate de soude ou de craie lévigée (autrefois, on « garnissait » ce bain avec de la bouse de vache!). Après un sérieux lavage, le tissu est traité pendant une heure environ dans un bain bouillant contenant la matière colorante ou un mélange (colorants phénoliques : alizarine, etc.). On peut ainsi réaliser des dessins se composant de plusieurs nuances : rose, rouge, violet, bleu, noir, en une seule teinture.
- De même qu’un mordant peut être imprimé localement, on peut en imprégner uniformément le tissu par « foulardage », (passage en large dans un bain et exprimage entre des cylindres élastiques), et séchage.
- Si l’on imprime maintenant une dissolution épaissie d’un acide organique fixe : citrique, tartriquc, le ; mordant ne s’insoluhilisera pas aux endroits imprimés pendant les vaporisage et fixage. Enfin, ces endroits imprimés resteront blancs après teinture, alors que le reste du tissu se teindra uniformément, le mordant ayant pu se fixer.
- Tel est le genre « Teinture sur mordant rongé » ; il est un représentant de l’article « enlevage ».
- Un autre, très analogue, est l’article « tanin rongé » lancé en son temps par la maison Frères Kœchlin.
- Nous savons que les colorants basiques nécessitent pour leur fixation un mordant de tanin-émétique.
- Pour l’article en question, le mordant est produit sur les pièces par foulardage en solution de tanin, passage en émétique, lavage et séchage. On imprime alors de la soude caustique épaissie pour dissoudre le mordant. Un court vaporisage déclanche cette réaction qui est achevée par un faible acid âge et un énergique lavage. Les endroits « rongés » parla soude caustique sont ainsi nettoyés et le tissu passe alors à la teinture (en colorants basiques) qui laisse en blanc ies motifs, imprimés.
- Indigo rongé. — Cet article, si répandu, se classe dans la même catégorie, avec cette différence que le tissu est d’abord uniformément teint en large on bleu indigo dans des cuves à roulettes contenant le célèbre colorant, - - naturel ou synthétique — solubilisé à l’état réduit en milieu alcalin. Ce bain porte lui aussi le nom de « cuve » d’où la dénomi-
- nation « bleu cuvé ». La fixation ou « déverdissage» s’obtient par l’action de l’air sur le tissu imprégné du bain de teinture. Ensuite, on lave, on sèche, et on imprime un mélange qui, par oxydation ou réduction (déclanchés après impression) détruit le colorant, On produit ainsi des effets blancs sur fond bleu.
- Outre l’indigo, toute une série de colorants, notamment de la famille des colorants directs, se prêtent au genre « rongé » et cela d’autant mieux que depuis la découverte des hydrosulfites, sulfoxy-late de soude-formaldéhyde, le chimiste a en mains un réducteur des plus précieux qui a fait époque dans l’indiennerie.
- Réserves. — On peut encore, contrairement au genre « enlevage », procéder par « réservage ». Ce procédé consiste à imprimer sur le tissu blanc ou bien des corps inertes : cire, kaolin, ou bien certains agents chimiques, suivant le cas particulier, et soumettre ensuite à la teinture le tissu qui ne prendra la couleur qu’aux endroits qui n’auront pas été touchés par l’impression protectrice.
- Ce procédé est employé pour le bleu cuvé et surtout pour les colorants au soufre qui permettent l’obtention non seulement de bleus, mais encore de nuances vertes> marron, khaki, etc., toutes très solides.
- Les dessins blancs sur fond noir, article « deuil » si répandus partout sur coton, sont obtenus également au moyen de réserves imprimées sur le tissu préalablement foulardé en bain d’aniline, comme il est dit ci-dessus, et séché. Grâce à la composition alcaline et réductrice de la réserve, le noir ne pourra se développer aux endroits touchés par l’impression.
- Enluminage. — Pour terminer cet exposé un peu technique, ajoutons que les coloriages multicolores de fonds, généralement obtenus par teintures, les « cnluminages », se font tant par réservage que par enlevage d’après des procédés dont les principes ont. été exposés précédemment, mais dont les détails sont trop complexes pour être exposés ici.
- Nous n’avons étudié, dans tout ce qui précède, que ce qui se rapporte à l’impression du coton. Les antres textiles, la laine et la'soie tout particulièrement, nécessitent des traitements préparatoires très différents avant de passer à la machine à imprimer.
- D’autres. catégories de colorants sont encore employés pour ces textiles, mais, en général, si le « .chimisme » diffère en partielle « mécanisme » reste sensiblement le même.
- Gcorges Lanouviue.
- p.84 - vue 88/620
-
-
-
- 85
- LA PILE A CHARBON
- L’avantage le plus important de l’électricité est de se prêter avec une aisance merveilleuse à toutes les opérations de transmission et de transformation que l’on peut avoir à réaliser dans la pratique courante.
- Qu’il s’agisse de transporter de l’énergie à une distance quelconque, ou de la distribuer entre des appareils récepteurs, ou de la rendre disponible sous l’une ou l’autre forme : force motrice, lumière, chaleur, chimie, etc., l’électricité s’y prête d’une façon que ne peut égaler aucun autre agent de transmission, de distribution ou de transformation.
- 11 est certain, dans ces conditions, qu’elle aurait des applications bien plus nombreuses et répandues que nous ne pouvons même le concevoir à l’heure présente, malgré les innombrables exemples de succès que nous avons journellement sous les yeux, si nous possédions un moyen simple, pratique et économique de la produire en grande quantité.
- A vrai dire, nous avons déjà quelques procédés de production intéressants : ceux, par exemple, qui nous permettent de transformer l’énergie des cours d’eau ou l’énergie des vents en énergie électrique et de la transporter du lieu de production à un endroit absolument quelconque pour l’y utiliser au gré de nos caprices.
- Mais ces modes de production, connue les sources d’énergie sur l’utilisation desquelles ils sont basés, n’ont encore qu’un caractère exceptionnel et il est peu probable qu’ils- aient jamais la première place dans nos procédés -de travail, malgré l’intérêt qui s’v attache et l’attention qu’il importe de consacrer à leur mise en oeuvre.
- Pendant longtemps encore, sans'doute, jusqu’à l’époque où nous serons parvenus à emprunter directement l’électricité à la nature, nous serons tributaires de cette énergie que les' phénomènes grandioses des époques primaires de la vie des mondes ont accumulée dans les substances auxquelles nous avons donné la dénomination générique de combustibles.
- La transformation de l’énergie dissimulée dans ces substances en énergie électrique susceptible de servir à nos besoins quotidiens implique malheureusement des opérations extrêmement compliquées et dispendieuses, exigeant un outillage complexe et coûteux et entraînant des pertes d’énergie nombreuses et onéreuses.
- Pour produire de l’électricité au moyen d’un combustible : il faut brider celui-ci sur la grille d’un foyer ; faire passer la chaleur ainsi produite à l’eau d’une chaudière, vaporiser cette eau, puis, l’envoyant dans une machine appropriée, la mettre à l’état d’énergie mécanique, par un artifice, ingénieux certainement, mais néanmoins rudimentaire, enfin, procéder à une nouvelle transformation, à l’aide d’un groupe électrogène.
- Pertes dans le foyer, pertes dans la chaudière, pertes dans les conduites, pertes dans la machine motrice, pertes dans la machine génératrice : tel est, pour ainsi dire, le bilan de ce système de production, qui aboutit à nous rendre tout au plus, en fait, le dixième de l’énergie initiale du combustible, et ce malgré l’emploi I d’un outillage extraordinaire.
- Il y a, à dire vrai, d’autres procédés de transformation des combustibles en énergie électrique, un peu meilleurs, à coup sûr, mais encore tellement imparfaits et, par surcroît , si peu perfectibles, que seuls des praticiens, des industriels, ou, disons le mot, des opportunistes :
- seuls ceux qui se contentent du petit triomphe immédiat peuvent s’en satisfaire.
- À l’esprit de celui qui, épris de grandes choses et rêvant de conquêtes décisives, s’inquiète de rechercher un moyen véritablement rationnel et efficace de produire l’électricité, un seul procédé paraît pouvoir donner satisfaction : c’est celui qui transformerait directement le combustible en électricité, dans un appareil simple et bon marché, dans un élément voltaïque.
- La pile à charbon ! Imagine-t-on ce que deviendrait notre monde industriel, quelle avance réaliserait tout à coup notre vie technique et scientifique si quelque chercheur de génie arrivait à créer cet appareil, sous une forme pratique et avec un rendement satisfaisant, fût-ce seulement comparable à celui des piles ordinaires.
- Que de bouleversements en résulteraient immédiatement pour nous : au rancart nos chaufferies, nos machines à vapeur, nos gazogènes, nos moteurs à gaz, nos locomotives, nos génératrices : des piles remplacent.le tout, simples, non encombrantes, robustes, peu coûteuses et puissamment efficientes; et nous voilà dotés enfin de trains, de tramways, d’autos, d’avions, vraiment électriques.
- En quelque endroit et pour quelque objet que nous ayons besoin de force, de lumière, de chaleur : une pile électrique à charbon, un moteur électrique, une lampe électrique, un radiateur électrique et, entre la pile et le récepteur, les conducteurs nécessaires, avec les.dispositifs de commande et de .contrôle usuels : c’est tout.
- L’idée de réaliser une pile à charbon est donc extrême-met attirante et il n’est pas étonnant que de nombreux chercheurs aient essayé de résoudre le problème : plus nombreux probablement que ne l’indiquent les travaux liv rés à la publicité, car celle idée a certainement séduit, à quelque, moment de leur vie, tous les électriciens èt seule la nullité des résultats de leurs tentatives est cause qu’ils n’en ont pas parlé davantage.
- La disposition la plus séduisante serait évidemment celle des piles hydroélectriques ordinaires : un électrolyte approprié, deux électrodes, l’une en charbon, l’autre.... L’autre?
- Et quel électrolyte? Pour qu’il y ait pile, pile à charbon avec production d’électricité au détriment du charbon, il faut un électrolyte qui attaque cet élément etj par contre, une seconde électrode, inattaquable dans l’électrolyte en question.
- A ces deux points de vue, la réalisation de la pile à charbon se heurte à de grandes difficultés, par suite de ce que le charbon est 1° électronégatif par rapport, à presque tous les corps et 2° insoluble dans les dissolvants ordinaires ; en termes plus conformes à la phraséologie moderne : il ne s’ionise pas et il est dès lors incapable de devenir dans les conditions ordinaires la source du courant électrique.
- Ajoutons, à titre accessoire, qu’il n’est pas conducteur de l’électricité et que l’on ne peut songer à l’employer qu’après l’avoir converti en coke ; ceci n’est pas une difficulté, mais implique tout de même une opération préparatoire qui, de toute façon, nuit à la simplicité du système.
- Ces circonstances adverses ont conduit les. chercheurs à envisager des compromis qui, s’ils permettent plus ou moins de tourner les difficultés rencontrées, n’y arrivent qu’en abandonnant l’agencement élégant de la pile hydroélectrique ordinaire.
- p.85 - vue 89/620
-
-
-
- 86 :. LA PILE A CHARBON
- Dans cet ordre d’idées, on pourrait évidemment, jusqu’à un certain point, considérer comme réalisant partiellement la production directe de l’électricité au moyen du charbon : en premier lieu, les piles thermo-électriques, telles que Seebeck les créa en 1822 par la découverte de l’effet, qui porte son nom ; ou, en deuxième lieu, la machine hydroélectrique de Segbill (1810) ou encore la pile pyromagnétique d’Edison (1887).
- Il n’est pas impossible que ces dispositions soient reprises et perfectionnées dans l’avenir (la pile thermo-électrique, en particulier, ma'gré les perfectionnements qui y ont été apportés par quelques inventeurs, n’a probablement pas dit son dernier mot) ; mais ce n’est pas de combinaisons de ce genre que l’on attend la solution réelle de la question de la pile à charbon.
- Reed, L. J., a décrit, en 1896, une disposition qu’il estimait pouvoir constituer une pile à charbon : au-dessus d’un foyer chaulhf au soufre, et dont le fonctionnement produit donc du gaz sulfureux SU2, est placée une cornue contenant, en tas.séparés, du soufre, du. charbon et des cailloux; un tube pénétrant dans la cornue y laisse tomber, par petites quantités, sur les cai'loux, de l’eau provenant d’un réservoir extérieur.
- .L’anhydride sulfureux provenant du foyer est dirigé sur un récipient contenant de l’eau et. s’v dissout ; dans la cornue se produit du sulfure de carbone,, par l’action du soufre sur le charbon et, en présence de la vapeur d’eau produite sur les cailloux chauds, de l’hydrogène sulfuré • Sllg et de l’anhydride carbonique. C02 ; 'ces gaz passent sur un réservoir à eau ; le Sfl2 s’v dissout .
- On obtient ainsi deux solutions, de KIL et de S02 ; on les charge dans un récipient partagé en deux compartiments par une cloison poreuse; dans chacun des compartiments est placée une électrode en charbon ; les deux électrodes étant, reliées métalliquoment, on constate qu’un courant se produit,avec, un dégagement d’eau dans le récipient et un dépôt de soufre qui peut, rentrer dans la fabrication, la force électromotrice est de 0,56 volt.
- Cette disposition est peut-être ingénieuse; on ne peut dire qu’elle soit heureuse : nous avons cerl.aincine.nL beaucoup de formes de pile qui, sans prétendre réaliser la pile à charbon, n’en sont pas plus éloignées que. celle-ci ; il y a une consommation de soufre dispendieuse; les jierles.sont importantes.
- Jacques, en 1896 également, a donné 'une forme de pile qui se rapproche davantage de la disposition idéale ; elle comportait : une cornue en fer, chauffée par un foyer extérieur ; dans cette cornue, une électrode centrale, en charbon également, et un bain de soude caustique en fusion; une conduite introduite dans la cornue et se terminant par une pomme d’arrosage, au milieu du bain, sous le charbon, y insufflait de l’air.
- • Le fonctionnement est le suivant : l’oxvgène de l’air introduit dans le bain s’v combine avec le charbon central, en présence de la soude ; le charbon est ainsi brûlé à l’état d’anhvdridide carbonique, C02; reliant la cornue et le charbon par un conducteur électrique, on y constate un courant : la force électromotrice est de 1 volt.
- Théoriquement, la soude devrait rester- inaltérée et pouvoir servir indéfiniment ; pratiquement, il y. a néanmoins une formalion de carbonate de soude qui. tend à arrêter le fonctionnement, de l’élément ; celui-ci a 'd’ailleurs l’inconvénient d’exiger une source de chaleur extérieure; la nécessité d’une pompe pour faire circuler l’air est aussi un inconvénient.
- S’il n’y avait, que cela, les choses n’iraient pas trop mal; mais il a été démontré en outre que lé courant
- obtenu n’est, nullement dû à l’oxydation du carbone : il provient uniquement de ce que la réaction entre la soude et, le fer détermine un dégagement d’hydrogène, et c’est la combinaison de celui-ci avec l’oxvgène de l’air qui fournit la force électromotrice ; le charbon est, en fait, brûlé en pure perle.
- Une variante de la pile de Jacques, proposée par Shu-menberg, tout en étant un peu plus simple, a les mêmes défauts : l’agencement cri est, le même que dans la disposition précédente, avec cette différence cependant qu’au lieu d’air on fait arriver dans la cornue de la vapeur d’eau produite par une chaudière, annulaire entourant le foyer; la cornue est en fer ou en cuivre; la soude est additionnée, de chaux ou de cryolifbe; on peut aussi employer le borax.
- Tartelbaum, qui a expérimenté ces divers genres de pile prétendument, à charbon, soit sous la forme originale, soit sous des formes modifiées, est arrivé à celle conclusion, confirmant les observations de Ilaber et Brunner, qu’elles ne sont en fait que des piles à gaz, d-’une construction inutilement compliquée et. qu’elles souffrent toutes d’une polarisation rapide.
- Les travaux les plus récents qui aient été consacrés à l’étude de la pile à charbon sont ceux poursuivis, jusqu’à la veille de la guerre, mais non repris depuis, par les physiciens anglais E. R. Rideal et V. R. Evans; les auteurs en ont donné le compte rendu il y a quelques mois seulement.
- Leur pile se compose d’un récipient partagé en deux compartiments par.un diaphragme; dans, un des compartiments, contenant une solution de soude caustique aqueuse ou de l’acide; chlorhydrique dilué, est introduite une électrode en étain ou en plomb ; dans l’autre compartiment,, conlenant.de l’acide chlorhydrique est placée une-électrode en charbon, avec du chlorure de fer ou dubioxvde de manganèse.
- MM..Rideal et Evans affirment que, sans ouvrir de très vastes perspectives, cet, élément leur a donné dns résultats dignes d’attention; on a peine à croire pourtant, que les réactions y soient suffisamment actives pour pouvoir fournir jamais , une source d’énergie électrique vraiment, pratique.
- En somme, jusqu’à présent, le succès ne se dessine guère et à moins d’une innovation absolument tranchante il. ne paraît pas que Ton soit, bien près de résoudre le problème posé; peut-être cependant, la situation changerait-elle brusquement si Ton substituait aux électrolytes expérimentés dans le passé des gaz liquéfiés.
- Notre compatriote M. Certifier., dans une belle étude publiée il y a quelques années, a appelé l’attention sur les propriétés éminemment. intéressantes que les gaz liquéfiés présentent, au point de vue électrique, et il a signalé l'opportunité qu’il y aurait, :» les étudier.pour la réalisation de piles à gaz.
- Nous n’avons, pas cru devoir parier ici de ces piles (encore qu’elles puissent devenir une forme heureuse de la pile à charbon), parce qu’elles sont généralement connues (et parce qu’elles ne représentent pas une solution directe du problème) ; Remploi des gaz liquéfiés donnerait, ainsi que M. Berthier Ta noté, le moyen de les améliorer de façon considérable. r
- L’énergie de leurs . affinités chimiques semble égale -men t, de. nature à laisser espérer qu’en y recourant dans des conditions convenables, on parviendrait à constituer un élément brûlant directement le charbon et fournissant sous la forme électrique toute l’énergie, ou presque, dégagée par cette combustion. Henri Marchand.
- p.86 - vue 90/620
-
-
-
- L’UNIVERS STELLAIRE
- à la lumière de la Cosmogonie dualiste comparée.
- En abordant l’élude de notre Univers stellaire et des autres Univers, l’esprit perd pied dans ces réalités immenses, hier encore à peine connues. Saisi par le vertige de l’infini, il s’abandonne à des conceptions irréelles et nébuleuses auxquelles n’ont pas échappé un physicien comme Arrhenius et même l’illustre explorateur dé la Voie lactée, l’astronome Shapley. Gomment affranchir l’imagination de ce genre nouveau de folie des grandeurs? Par une vue synthétique. de_ l’Univers et l’application d’une méthode précise, qui, mutatis mutandis, a déjà rendu d’immenses services aux sciences naturelles : c’est celle de la Cosmogonie comparée qui compare les systèmes cosmiques de dimensions très différentes et recherche les éléments communs de leur architecture ; connaissant bien le système, solaire, nous devrons retrouver ses caractéristiques de structure dans le plus grand système cosmique, celui où les étoiles remplacent les planètes.
- Qu’est-ce que l’Univers stellaire? — Trop d’astro nomes cherchent l’origine de la Voie lactée sans parler de son noyait : un naturaliste peut-il expliquer un organisme sans connaître le coeur et sa fonction, un astronome comprendre le système planétaire sans le Soleil? L’Univers stellaire, c’est le tout cosmique, formé par le noyau de la Voie lactée et les nuées galactiques qui s’en échappent. Si cet Univers est, Comme on le croit, une nébuleuse spirale, il suffît, pour en comprendre la structure générale, de regarder les photographies d’un de ces astres à deux spires où, comme dans la nébuleuse spiralé HY 21 (chevelure de Bérénice), on distingue la forme ellipsoïdale.du noyau et la forme plane des spires qui, dans certaines nébuleuses, présentent au milieu de leur épaisseur une ligne sombre de vapeurs absorbant la lumière centrale.
- Ici une première difficulté nous arrête dans la comparaison dès systèmes cosmiques : qu’il s’agisse de planète entourée de satellites, ou du Soleil entouré de planètes, il y a toujours au centre une masse unique. Comment ne s’eii trouve-t-il pas au centre de l’Univers stellaire et pourquoi le noyau d’une nébuleuse spirale, comme la Voie lactée, est-il formé d’un amas d’étoiles? Eddington a donné
- Fig. i. — Nébuleuse spirale IIV 21. Chevelure de Bérénice.
- récemment l'explication de ce fait. : si une masse stellaire dépasse notablement 20 fois celle du Soleil, la radiation à son intérieur est tellement, puissante que la force répulsive engendrée lutte à égalité avec la pesanteur. La matière cosmique au delà d’une certaine masse agglomérée n’obéit plus à la gravitation. Les 86 amas globulaires d’étoiles nous donnent une image réelle, mais réduite de ce qu’est le noyau stellaire d’un Univers.
- L’illusion qui nous empêche de voir le noyau de la Voie lactée est facile à comprendre : nous sommes à son intérieur très près du centre, à une distance de 300 aimées de lumière d’après Charlier. Les étoiles distinctes qui paraissent dispersées très loin les unes des autres dans toutes les directions, il faut, par un effort dominant la petitesse de nos vuc s anthropocentriques, les estimer très près les unes des autres au regard des dimensions de notre Univers. L’étoile la plus proche (a du Centaure) est à 272 000 fois la distance . du Soleil à la Terre : et cette distance est environ 15 000 fois plus petite que le rayon moyen de la Voie lactée. Les étoiles qui entourent le Soleil sont 15 fois plus tassées que dans l’ensemble du noyau, et notre système qui s’éloigne du centre, de la Voie lactée vers Véga à la vitesse de 20 km par seconde mettra peut-être 85 millions d’années à atteindre seulement le bord du noyau central.
- L’unité de plan géométrique et dynamique des systèmes cosmiques. — Partant de ces notions précises sur la Voie lactée et son noyau, la cosmogonie dualiste comparée peut montrer l’unité de plan géométrique. et dynamique de tous lés systèmes cosmiques, d’où elle déduira les caractéristiques de. l’Univers.
- Les satellites sont à peu près dans le plan équat torial de leur planète, comme les planètes à peu près dans le plan de l’écliptique., comme les étoiles à peu près dans le plan de la Voie lactée. Les amas d'étoiles ont aussi leur écliptique comme les atomes, systèmes solaires en miniature où les électrons remplacent les planètes d’après la belle conception de Rutherford.
- Mais la géométrie plane commune à tous ces
- p.87 - vue 91/620
-
-
-
- 88
- L’UNIVERS STELLAIRE
- •«fcv
- 'rorx
- fercu/e
- •pOphiu
- - La forme de\ la Voie lactée 'en plan identifiée avec la nébuleuse des Chiens de chasse.
- sites, et de grandes masses, puisqu’on estime leur éclat à 100 fois celui du Soleil.
- La faible densité des grosses planètes est due(') au fait quelles ont recueilli les masses nébuleuses lé-: gères repoussées par la pression de radiation de la Nova solaire,. Dans : l'immense Nova de notre Univers, les radiations ont du produire le même ' .'effet : c’est ainsi que les étoiles du N type B et les Géphéides sont; des étoiles géantes, et de très faible densité. Il v a plus, grâce à la lenteur de y révolution de notre Univers, ces matières légères repoussées. au loin dans la nébuleuse, existent encore sous , forme . de nuages obscurs .et stationnaires de vapeurs de calcium et sodium interposées à grande distance entré les Novæ et le Soleil. '
- systèmes.est l’effet d’un même dynamisme : la rotation de leur, noyau, central. Un choc sur un noyau' tournant - (choc .cl’ùne 'Nova sur. une nébuleuse) en; détache des nappes qui restent dans le q'ffan de UÉquatéur :: nappes: planétaires quand le choc.. a. lieu: dans:'la : région polaire du noyau et spires: .diamétralement : opposées quand le choc a lieu :dahs le plan équatorial du noyau ( l).
- Ainsi , ptàrcè ’que F Univers stellaire est sensiblement plan et que la Yoie:lactée a un noyau central, la eosnaogUnie: comparée'; noiis impose la notion que:.ce.:noÿau"ést efl.rétation et qu’un choc originel en a.'.détaché:dans soh'Equateur les nappes d’étoiles quidormentTa. .Yoiéèlactée. Cette induction est confirmée; par deux vérifications. -
- 19 Tout-astre tournant a la forme d’un ellipsoïde aplati aiix qxUés : or le nOyau de la Voie lactée est fortement aplati.: Son crayon équatorial a environ 6000- années de lumière èt son rayon polaire 5500 ;
- 2-° Utanli dans le noyaiiprès, du centré, nous devons voir les étoilés qui nous entourent participer à des mouvements en moyenne .parallèles au plan de la Voie lactée, c’esUA-dire convergeant vers deux points; opposés- de notre-horizon : galactique et, en effets Tes'étoilés: appartiennent à; deux 'courants découverts ; pàr,:Kapteyn :qui : convergent -vers deux points-(vèrticèi) de Ta' Yoiè Tactéé. situés l’un dans le Sagittaire^ l’autre dans les-Géïneahx,.' ' -
- Maiâ.;èeèn’est: pas. tout. : .dans notre - système les planètes de faible densité, de grande masse et.dé faible Lvitessè vorbitale sont"loin dir centre.' Il doit en être de même dans notre Univers stellaire et, en effet, les étoiles du type B à hélium (et à un moindre degré les étoiles du type A) fortement concentrées dans le plan galactique, sont à grande distance (1500 années de lumière d’après Charlier), avec de faibles mouvements propres, de faibles den-
- 1. Voir notre article publié dans La Nature du 9 juillet 1921.
- Dans.le système solaire les petites, masses, sont celles qui voyagent le plus loin du centre sur des orbites très excentrées; pour les .comètes; et satellites, il y. a deux sens dé 'révolution direct;et rétrograde. Dans l’Univers. stellaire nous trouverons donc des Soleils de petite masse , venus de très loin sur des orbites très excentrées ayant; aussi deux sens de révolution autour du noyau. Précisément le Soleil est une étoile de faible masse, environ o fois plus petite que la moyenne des étoiles visibles.;, il est entouré d’étoiles naines. : dont; lunes ,ef Banïard viennent d’eiydécouvrir deux, nos voisines, pfesque éteintes. Les. étoiles,du typé. solaire jaune; ou ;d.’évolution très avancée abondent; dans le hoyau de;;la Voie lactée alors que les étoiles blanches et bleues à évolution lente; sont, loin du eenIre ; et on a reconnu qu’il en est de même dans: les autres 'nébuleuses spirales. Un autre point commun entre ; ces, dèr-nières eI notre Univers est qu’on y a déjà observé dés étoiles , nouve l les : :oh .compte ; déj à une quinzaine; de Novæ dans la nébuleuse spirale d’Andrômèdei Au point de vite de la sLriicture générale .et des::mouvements'- d'ensemble, nous connaissons mieux;les
- 1 ; 'Note de 1VI. E. Belot (Comptes. rchiliis, 18 octobre 1.920).
- VL'
- N
- Courank H V;
- Amas
- 3. — Schéma de formation des amas globulaires G et ouverts O' et des courants d’étoiles I et II. .
- p.88 - vue 92/620
-
-
-
- L’UNIVERS STELLAIRE -..:.::: ---------— » 89
- nébuleuses spirales que la Voie lactée ; c’est ainsi que Van Maanen, en 1916, a pu mesurer la rotation de la nébuleuse de la Grande Ourse. Elle s’effectue de telle manière que les rayons vecteurs
- La nébuleuse spirale de la Voie lactée. — Une dernière comparaison va nous livrer le secret de la Voie lactée. Toutes les nébuleuses spirales se ressemblent : prenons comme type la plus belle, celle
- Fig. 4. —r Nébuleuse spirale d'Andromède.
- augmentent dans le sens de la rotation du noyau; et 7 ans avant cette découverte, j’avais, par la cosmogonie dualiste, trouvé en 1909 que c’était bien là le sens de la rotation alors que tous les astronomes faisaient tourner ces astres en sens inverse de la réalité.
- des Chiens de chasse et proposons-nous d’en identifier la forme à celle de la Voie lactée. Il faut d’abord la rabattre sur un plan perpendiculaire au rayon visuel, ce qui la fera paraître.plus ronde que sur la photographie. Il faut ensuite observer que nous voyons la nébuleuse des Chiens de chasse par
- p.89 - vue 93/620
-
-
-
- 90 :...... .............. L’UNIVERS
- son pôle sud ; elle tourne donc dans le sens direct (comme notre, système), bien qu’en apparence la rotation soit rétrograde.
- Plaçons le Soleil S (fig. 2), près du centre du' noyau de manière à le voir dans la direction du Navire (direction déterminée par Charlier). En traçant autour de S comme centre, les constellations galactiques, nous verrons que la direction SX passant par le milieu de" la nébuleuse secondaire des Chiens de chasse, correspond au Sagittaire. Or d’après Bohlin cette constellation est le pôle de la concentration unilatérale des amas globulaires. En expliquant la cause de la nébuleuse secondaire des Chiens de chasse, nous comprendrons du meme coup la singulière concentration des amas.
- Faisons maintenant le tour d’horizon de la Voie lactée vue du point solaire S. Une spire nous apparaîtra plus proche, c’est-à-dire plus brillante que lès autres dans la direction du Cygne : de Cassiopée aux Gémeaux nous ne verrons qu’une spire très distante, puis en apparaîtront deux ou même trois avec une allure plus compliquée du Centaure à Ophiuchus. Car les spires peuvent n’èlre pas dans un même plan et se projeter les unes sur les autres. C'e sont bien toutes les apparences que l’on observe dans la Voie lactée.
- ; Comment la cosmogonie dualiste explique-t-elle t^ès simplement la formation des deux spires d’une spirale et par suite la condensation des amas dans une seule spire? Supposons une nébuleuse amorphe N ayant sa vitesse de translàtion Y dans le plan de la figure dirigée du Sagittaire vers le centre 0. Le choc dé cette nébuleuse à une vitesse de l’ordre de 1000 km par seconde sur l’Equateur du noyau 0 y détermine deux bourrelets aux extrémités d’un diamètre perpendiculaire à SX. Mais ces bourrelets tournent tout en s’élançant radialcment 'dans la nébuleuse : voilà les deux spires formées. Que l’une d’elles vienne, après avoir réduit sa vitesse tangentielle, traverser la nébuleuse dans une direction à peu près opposée à son mouvement comme dans le Sagittaire; la spire sera rebroussée par la vitesse Y de la nébuleuse et sa matière refoulée vers le centre comme on le voit nettement dans la nébuleuse des Chiens de chasse. Ce n’est pas autrement que se sont formés les amas qui doivent tourner dans le même sens que le noyau (Q de même que les planètes tournent dans le même sens que le Soleil. Ainsi les amas globulaires sont les planètes de la Voie lactée, en nombre limité (86) comme les planètes, car dans la cosmogonie dualiste les planètes se forment aussi d’un même côté du Soleil à cause de la translation de la nébuleuse primitive, et la trace de cette dissymétrie existe encore dans notre système où toutes les aphélies (sauf celle d’Uranus) sont dans le même demi-cercle de longitude.
- i. On ne tardera pas sans doute à pouvoir vérifier cette induction par les mesures spectroscopiques faites avec les puissants instruments dr lMount Wilson.
- STELLAIRE . . ...........
- A l’eneon1re de cette concentration dans une des spires, l’autre spire (du côté de Cassiopée) est comme diluée dans l’espace par la vitesse Y et cette structure singulière se retrouve dans nombre de nébuleuses spirales.
- Reconstituons maintenant l’histoire primitive du proto-soleil avant que son choc sur une concentration nébuleuse l’ait doté de sa famille planétaire (fig. 5). La vitesse V de la nébuleuse universelle est. capable d’arracher à l’attraction des amas globulaires les Soleils de faible masse comme le nôtre qui seront précipités sur des orbites quasi-comé-taires vers le centre 0 qu’ils contourneront. Mais dans ce voyage le protosoleil aura rencontré la spire interne; c’est là sans doute qu’aura lieu le choc de la Nova solaire et que se sont formés les amas ouverts 0' plus proches et moins denses que les amas globulaires 1,2, 5....
- Quels mouvements constaterons-nous dans les étoiles-qui nous entourent en S? Un courant dirigé vers le Sagittaire et un courant en sens opposé à celui des étoiles du noyau auxquelles s’ajoutent sàns doute les étoiles avant contourné le noyau en sens inverse du Soleil. Voilà comment s’expliquent très simplement les deux courants d’étoiles de Kapheyn.
- Admettons que la vitesse de 20 km du système solaire dans une direction radiale soit due à l’attraction d’un noyau stellaire de rayon OS (500 années de lumière). Ce noyau contiendra 4 220000 étoiles:de même masse que le Soleil. Le noyau tout entier qui contient d’après Shapman et Melotte 1,5 milliard d’étoiles aura, en tenant compte de la décroissance de la densité stellaire quand on s’éloigne de la région du Soleil, un rayon moyen de 5200 années de lumière. C’est bien ce que.des mesures indépendantes ont confirmé. De plus on trouve que la vitesse relative des deux courants de Kaptèyn est 54 km, chiffre très voisin de , celui que donne l’observation.
- Comparons enfin le rayon du noyau de la nébuleuse des Chiens :de chasse au rayon de sa sRire extrême qui est 10 fois plus grand. La spire des amas globulaires, comparée au noyau de la Ypie lactée, devrait avoir au plus un rayon de 60 000 années de lumière alors que Shapley a trouvé près.; de 5 fois plus. C’est dans la mesure de ces énormes distances par des méthodes assez incertaines que réside actuellement le principal mystère de la Yoie lactée ; il suffirait d’un. peu de poussière cosmique interposée pour réduire l’éclat des Céphéides des amas et obliger à diminuer notablement les distances estimées par Shapley. Le diamètre de la Yoie lactée serait alors plus en rapport avec celui de la nébuleuse spirale d’Andromède estimée par Lundmark à 25 000 années-lumière.
- Comment s’étonner maintenant qn’.Arrhénius ait trouvé tant d’énigmes dans la Yoie lactée, puisque, renouvelant l’erreur d’Easton, il ne s’est pas rendu compte que le Soleil est dans son noyau qu’il a cru voir dans les nuées stellaires du Cygne alors
- p.90 - vue 94/620
-
-
-
- r BRIQUES CRUES ET BRIQUES CUITES
- que son centre est, d’après Charlier, dans le Navire, .constellation diamétralement opposée'?
- Et que dire aussi des galaxies primaire et secondaire imaginées par Shapley qui croit que le centre de notre Univers est à 60 000 années de lumière dans la direction du Sagittaire? Il a confondu le centre des moyennes distances ou centre de gravité apparent avec le centre dynamique qui est bien le centre du noyau de la Voit1 lactée déterminé par Charlier; c’est comme si dans le système solaire on prenait , la moyenne 8,4 des distances planétaires
- 91
- pour distance du centre du système alors que le centre dynamique qui lui a conféré le mouvement est celui du Soleil.
- Pour éviter de telles erreurs dans un problème aussi complexe, il faut que l’imagination soit guidée et endiguée par l’esprit synthétique et une méthode sûre. Cette méthode est celle de la cosmogonie dualiste comparée qui met à profit l’unité de plan des divers systèmes sidéraux aussi admirable dans le règne cosmique que l’anatomie comparée I l’a révélée dans les êtres vivants. Emile Belot
- BRIQUES CRUES ET BRIQUES CUITES
- Leur résistance comparée contre les tremblements de terre
- Dans la section « Informations » de La Nature du n° 2426, 2 octobre 1920, on a pu lire une apologie des a (lobes ou briques cuites au soleil, quant à leur résistance contre les tremblements de terre. C’est là une opinion tout à fait erronée et d’autant plus dangereuse que cette estimable revue a plus de vogue dans les pays hispano-américains si instables et où ce vieux matériel de constructions est d’un emploi courant, il y a donc lieu de réfuter l'information incriminée et dans ce but s’impose une étude basée sur l’expérience et de la substituer à l’expression d’une légende pure et simple qui, en effet, règne dans certains de ces pays, du moins parmi des personnes dénuées de toute compétence à cet égard.
- L’emploi des adobes est extrêmement ancien et, si l’on s’en tient aux documents écrits, il a pris naissance en Chaldée, si bien que les vieilles et énormes constructions de ce pays se présentent maintenant à nos yeux sous la forme de Tells, c’est-à-dire de collines arrondies qui résultent de la lente destruction dés monuments par l’action prolongée du temps, de l’érosion et du vent, bien plus que des ruines intentionnelles des invasions barbares de ces temps reculés.
- De très bonne heure, la fragilité de ce matériau de construction a été reconnue, cela même dans ces régions mésopolamiennes où le danger sismique est relativement peu à redouter. Cela est si vrai qu’à propos de la Tour de Babel, on lit dans la Bible, qu’on y employa des briques cuites au feu. Pour que la Genèse ait pris la peine de parler ainsi, il a fallu que la cuisson des adobes ait été considérée tout de suite et à bon droit comme une invention de premier ordre.
- De ces pays, l’emploi des adobes s’est répandu vers l’ouest et on l’a vu dès d’antiquité envahir l’orient méditerranéen, puis tout le pourtour de la- mer intérieure jusqu’à l’Espagne. Les Conquistadors l’ont ensuite importé dans leurs immenses possessions d’outremer, de sorte que ce matériau règne encore en maître dans les régions hispano-américaines.
- La question présente deux aspects qu’il est utile d’examiner. Ce seront d’abord la fabrication des adobes, puis leur résistance contre .les tremblements de terre comparée à celle des briques, ou adobes soumis à une forte cuisson.
- La fabrication des adobes ne consiste pas seulement à fouler avec les pieds une boue plus ou moins visqueuse et à la comprimer à la main en parallélépipèdes au
- moyen d’un simple cadre de bois, placé à même le sol; puis on soulève le cadre des dimensions voulues et on laisse le soleil agir plus ou moins longtemps. Là où l’art de cette fabrication n’est pas tombé en décadence, ce qui est malheureusement assez général, on ne se préoccupe guère du choix de la terre et au lieu de l’exiger argileuse comme on le devrait, on se contente le plus souvent de prendre la terre végétale occupant le sol à bâtir. On prétend la renforcer au moyen de paille ou mieux, pense-t-on, de fumier de cheval, ce qui est éminemment antihygiénique. C’est, pourquoi l’on voit des végétations variées envahir les murailles en leur donnant un aspect inattendu.
- De très bons adobes demandent plus de soins. La durée de l’insolation doit être prolongée et il paraît qu’au Pérou, on n’y exige pas moins de six mois, pendant lesquels les adobes sont fréquemment retournés en tous sens pour uniformiser la dessiccation. Au surplus, déjà, Pline avait insisté sur lés précautions à prendre.
- Passons maintenant à la pernicieuse croyance que les adobes résistent bien aux tremblements de terre et pour cela, à une arbitraire opinion, opposons le sûr critérium de l’expérience des grands séismes.
- Déjà au vi6 siècle de notre ère, le chroniqueur byzantin Agathias le Scolastique, passant à l’ile de Cos très peu de temps après le désastre de 554 et voulant rendre compte de sa violence, fit observer que les grands édifices de pierres de taille n’avaient pas mieux résisté que les humbles demeures construites en briques cuites au soleil.
- Alors, ainsi qu’il est loin d’arriver toujours, les riches avaient autant que les pauvres pâti du phénomène naturel. Plus tard, un très grand nombre des historiens de l’Italie méridionale : Calabres et Sicile, ont attribué à l’emploi des adobes la grandeur des dommages sismiques si souvent éprouvés dans ces . régions. Mais leur incompétence scientifique pouvant être invoquée, allons jusqu’à la fameuse catastrophe de 1785. Dans un remarquable ouvrage, un savant "architecte et ingénieur, Yivenzio, commissionné à cet effet par l’Académie de Naples, donna à la remarque d’Agathias la consécration scientifique qui lui manquait. Notons en passant qu’il fut le premier à présenter un règlement d’édilité antisismique qui, promulgué par le Gouvernement des Deux-Siciles, comme tant d’autres postérieurs, tomba rapidement en désuétude. Et l’on put au désastre du 28 décembre 1908
- p.91 - vue 95/620
-
-
-
- 92 : BRIQUES CRUES ET BRIQUES CUITES
- regretter vivement l’oubli de telle ou telle de ses prescriptions.
- Mais, diront les imprudents et incompétents partisans des adobes dans les pays instables, Yivenzio ne nous présente lui aussi qu’une opinion puisque son travail n’est accompagné d’aucune statistique comparée des résistances des briques cuites au soleil ou au feu. Cela serait nécessaire pour vaincre toute objection. Heureusement un hasard fortuit nous en a fait découvrir une et l’on va voir combien elle est probante.
- Le 20 février 1835 un violent tremblement de terre détruisait au Chili la ville de La Concepcién. La première préoccupation de l’intendant de la province fut de faire enlever des rues les tas de décombres qui les obstruaient. Pour cela il fallait préalablement cuber le volume des matériaux, soin dont il chargea les trois personnes les plus instruites de la ville et ce furent trois médecins, car, en ces temps-là, au moins dans les petites villes, une éducation scientifique, encore que bien peu développée, était avec l’état ecclésiastique, l’apanage presque exclusif de la profession médicale. Outre le problème pratique du cubage et de l’évaluation des frais, ces commissaires avaient aussi à examiner celui du transfert éventuel de la ville en quelque autre point moins exposé aux tremblements de terre, La Conception étant alors, comme aujourd’hui, bâtie sur les incohérentes alluvions du delta du fleuve Bio-Bio, le transfert ne fut point accepté des habitants. Le très intéressant rapport des commissaires est resté inédit jusqu’en 1913, époque à laquelle il nous fut signalé parmi les manuscrits de la Bibliothèque nationale de Santiago et nous nous empressâmes de le publier 'dans le Bulletin du Service sismologique du Chili. Très judicieusement, on cuba séparément les décombres suivant qu’ils provenaient de murailles d’adobes ou de briques. Du travail détaillé, nous avons pu tirer la statistique générale qui suit.
- Murailles très endommagées et devenues inservables, quoique restées dcboüt : de briques, 71 pour 100, d’adobes, 25 pour 100 ; Murailles renversées : de briques, 28 pour 100; d’adobes, 72 pour 100.
- Sans doute, cette approximation si exacte par rapport à la proporlion du tiers est un effet du hasard, mais le résultat ne saurait être plus probant. En un mot les briques résistent deux fois plus au mouvement sismique que les adobes, conclusion contraire à celle dont nous nous occupons. Cela n’en demande pas moins un commentaire.
- Au tremblement de terre de Valparaiso du 16 août 1906, on vit cependant quelques exemples de murailles d’adobes rester debout à côté de murailles de briques renversées. Celte observation iuattendue frappa l’opinion publique et produisit immédiatement, grâce à une généralisation intempestive, cette légende que les adobes résistent mieux que les. briques, D’où peut bien provenir cette différence de résultats en 1835 et en 1906 ? A» commencement du xixa siècle, la fabrication des briques était tout à fait soignée et cela est si “vrai qu’il y a une trentaine d’années, on eut 4e très grandes difficultés pour détruire à Santiago un ancienT pont 4e briques jeté sur le Mapocho et qui datait des temps de la colonie espagnole, tant à cette époque on employait des maté-
- riaux, briques et mortier, d'excellente qualité. C’est qu’autrefois n’avaient émigré au Chili que des maçons originaires d’Andalousie, pays où s’étaient conservées les bonnes traditions des excellents constructeurs qu’étaient les Arabes, comme l’attestent leurs anciens et magnifiques monuments restés encore debout, malgré l’effort du temps et de nombreux tremblements de ferre violents. Mais peu à peu l’art de bâtir a subi au Chili une véritable décadence, tellement bien qu’au début du xxe siècle, comme nous avons pu nous en convaincre de visu, les briques étaient assez mal cuites pour devoir être considérées comme des adobes déguisés. En outre le mortier était aussi mauvais que possible. Ces défauts capitaux ont été mis en évidence dans le rapport officiel sur le tremblement de terre de 1906 qu’à cette époque le Directeur des Travaux publics présenta au Gouvernement. Avec beaucoup de raison, cet ingénieur attribua la grandeur des dommages à la très mauvaise qualité des matériaux et à leur combinaison souvent fautive. On doit dire que ces circonstances ont suffi pour transformer en catastrophe un tremblement de terre qui sismologiquemen t parlant ne fut que d’une violence relativement médiocre.
- D’autre part et cunctis paribus. il peut arriver et il est effectivement arrivé qu’une muraille d’adobes a résisté mieux qu’une autre de briques très mal cuites et de mortier tout aussi mauvais, parce qu’en principe la première étant beaucoup plus épaisse —jusqu’à 50 cm, dit l’auteur anonyme de l’information, du moins à Mendoza en 1861 — a toujours beaucoup plus d’assiette que la seconde, surtout s’il s’agit d’un galandage. Ainsi s’explique l’assertion que nous, combattons ici en conséquence d’une généralisation non justifiée de quelques cas particuliers.
- Quant au tremblement de terre désastreux de Mendoza du 20 mars 1861, la meilleure description scientifique qu’on en possède est celle rédigée par le Dr Wen-ceslao Diaz, président de la Commission de secours envoyée à cette ville par le Gouvernement chilien, et qui a été publiée in extenso en 1906; elle est aussi bonne que pouvait le permettre l’état des connaissances sismologiques de l’époque. Du silence complet de cet observateur consciencieux au sujet du problème qui nous occupe, il faut conclure qu’il n’eut rien à noter dans le sens de l’information de La Nature. Il est donc inexact qu’à ce désastre on ait « remarqué que les maisons construites en briques crues résistaient fort bien aux secousses sismiques ». Il est à supposer que pour Mendoza, cette opinion est non seulement très postérieure à 1861, mais qu’elle se sera propagée du Chili à l’Argentine après les observations non étudiées faites en ! 906 dans le premier de ces deux pays.
- De tout cela résulte que pour diminuer dans une cerr laine mesure, non négligeable d’ailleurs, les dommages sismiques dans les pays méditerranéens et hispano-américains, si sujets aux grands tremblements de terre, il faut y interdire absolument l’emploi dés adobes. C’est là une mesure dont la nécessité s’est imposée à notre conviction après vingt années d’observations sismologiques au Salvador et au Cbili, où nous avons pu observer la résistance nulle des adobes contre le mouvement sismique.
- De Moxtessus de Ballokk.
- : . r Directeur (lu Service sismologique <lu Chili.
- p.92 - vue 96/620
-
-
-
- 93
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre J921.
- Une nouvelle machine d'essais pour les métaux. — Los dispositifs jusqu’ici employés donnent le plus souvent une indication approximative de la limite élastique, mais ne tiennent aucun compte du module d’élasticité. Dès qu’ils permettent une mesure des allongements proportionnels, leurs organes sont extrêmement délicats et les essais ne portent que • sur ’es aciers recuits ou revenus. La machine construite par M. R. Guillory permet l’étude des aciers trempés et détermine la puissance vive élastique des métaux, celle-ci étant directement proportionnelle au carré de la limite élastique et inversement proportionnelle au module d’élasticité.
- Les propriétés oxydantes de. certains éléments radioactifs. — Demarçav et. Pierre Curie ont vérifié l’action des rayons X sur l’oxygène qu’ils transforment en ozone. MM. Lemav et Jaloustre se demandent si les éléments radioactifs provoquent des phénomènes d'oxydation,, .par la formation d’oxygène ozonisé ou par une action comparable à celle des oxydases naturelles ou artificielles. Leurs essais ont porté sur les bromures de mésothorium, de radiothorium, de thorium X et de radium; ils montrèrent que ces sels sont des catalyseurs d’oxydation, que leur action ne dépend nullement d’une formation intermédiaire d’ozone et que, due probablement aux rayons a, elle e§i la même pour chacun des corps étudiés. .
- Les variations des eaux atlantiques au large des côtes françaises. — La campagne du chalutier Tanche a permis à M. Le Danois de faire un grand nombre d’observations pour arriver à connaître le régime des eaux atlantiques, au point de vue de la température. On en peut conclure que le plateau continental, à l’entrée de la Manche, correspond au banc de Terre Neuve sur la côte américaine, en ce sens qu’il est le siège d’un heurt marqué des eaux froides et chaudes ; ce phénomène est plus intense à l’ouest,, par suite de la grande accumulation d’eaux froides venues des régions polaires et d’eaux chaudes sorties du Golfe du Mexique, mais il garde son caractère essentiel de l’autre côté de l’Océan,
- Le traitement thermique de certains alliages complexes d'aluminium. — Leurs expériences précédentes
- ont montré à MM. LéonGuillet, Jean Durand et Galibourd que la haute résistance présentée par les duralumins est due à un revenu fait à la température ordinaire. M. Guillet s’est alors proposé de chercher le rôle joué par chacun des corps entrant dans la composition normale des alliages en question, en étudiant d’abord des composés binaires : Al-Cu, Al-Si, puis des composés ternaires Al-Si-Cu, Al-Mg-Si, enfin l’alliage quaternaire Al-Mg-Cu-Si. Les essais ont montré que la présence simultanée de silicium, magnésium et cuivre est indispensable pour obtenir les résultats donnés par la trempe et le revenu des alliages du métal aluminium à haute température.
- L'action corrosive des racines sur le marbre. —Sachs a montré, voici une soixantaine d’années, que des racines se développant sur du marbre blanc, de la dolomie, de la magnésite et de l’ostéolilhe parfaitement pôhs, y laissent leur trace sous la forme de lignes de corrosion nettement marquées et rugueuses à l’ongle. M. E. Chemin a cherché à voir si l’action est bien duc, comme le croit Coupin, au suc cellulaire et ses expériences ont porté sur des haricots, des pois et des grains de sarrasin. Il en conclut que les racines n’excrètent pas d’une manière sensible d'autre acide que l’acide carbonique et que celui-ci suffit pour attaquer le carbonate; le nouveau sel formé, lé bicarbonate,’ étant vraisemblablement absorbé par la plante.
- La biologie du thon blanc.— Animal des eaux chaudes, nettement sténotherme, le germon, vient vers le nord pour manger et il fréquente en été, à l’ouest des côtes françaises, les couches d’eau superficielles quand leur température à 50 m. de profondeur est supérieure à 1-4°. Seules, des variations dans la position des nappes chaudes modifient les migrations de ce poisson et comme le pense M. Le Danois, il étend ses pérégrinations suivant l’abondance de sa nourriture préférée, un crustacé du genre Enthemisto, puis il revient graduellement vers le sud en surface, quand l’approche de l’hiver modifie les conditions thermométriques des eaux superficielles, sans jamais emprunter des zones d’une température inférieure
- LA VISION CRÉPUSCULAIRE
- Le renforcement du contraste et la sensibilisation de la rétine.
- Les nécessités-'de-la vie crépusculaire ont développé dans l’œil des vertébrés une certaine capacité d’adaptation aux éclairages faibles, qui comprend, outre la dilatation de l'orifice du diaphragme, des modifications dont la rétine elle-même est le siège, et qui ont pour elïét d’augmenter la sensibilité à la lumière.
- Ces -, phénomènes sont bien connus, et nous ne ferons que les passer rapidement en revue, en guise de préambule ; mais notre dessein actuel est de signaler à l’attention quelques notions plus spéciales, qui se sont fait jour dans des travaux moins répandus, et qui semblent établir qu’à côté de ce mécanisme d’adaptation à la lumière faible il existe chez
- p.93 - vue 97/620
-
-
-
- 94
- LA VISION CRÉPUSCULAIRE
- certains animaux des dispositifs de renforcement de la lumière, et qu’en outre de l’exaltation de la sensibilité rétinienne il peut se produire une véritable sensibilisation de cette membrane.
- L’écran rétinien, nous n’apprendrons rien à personne, est formé d’une infinité de cellules allongées, étroitement serrées les unes contre lés autres (fig. 1) ; elles sont sensibles à la lumière, et ont pour effet d’analyser les images formées par l’objectif de l’œil. Du côté du monde extérieur, en avant, elles sont séparées des milieux optiques par l’épaisseur des parties conductrices de la rétine, qui sont pratiquement transparentes.
- L’autre extrémité des cellules perceptrices repose sur une membrane, également rétinienne embryo-logiquement, faite d’une couche de cellules plates entièrement chargées d’un pigment extrêmement foncé. Quand l’éclairage est intense, dans le jour, le pigment s’infiltre également entre les éléments rétiniens, qui se trouvent ainsi protégés et mieux individualisés.
- On décrit dans la rétine deux sortes de cellules : les unes appelées cônes, d’après leur forme, sont particulièrement nombreuses dans les parties centrales, beaucoup plus rares à la périphérie; leur rôle semble être plus spécialement l’analyse des formes et la perception des couleurs; les autres sont les bâtonnets, plus uniformément répandus sur le fond de. l’œil ; ceux-ci contiennent une substance photolabile, le pourpre rétinien, dont la destruction entraîne la sensation de lumière; en plus dé cette perception lumineuse proprement dite, les bâtonnets président aussi à la perception du mouvement.
- Quand l’éclairage diminue, le rôle des cônes se réduit de plus en plus ; celui des bâtonnets, seuls pourvus de pourpre, subsiste au contraire. Cela est si vrai que dans les espèces animales à vie normalement crépusculaire, les bâtonnets dominent de beaucoup, comme nombre et comme dimensions, alors que les cônes diminuent, ou font même complètement défaut, comme l’ont montré les recherches si intéressantes de M. Rochon-Duvigneaud.
- Pour fuir un ennemi, dans la nuit, pour saisir une proie dont l’allure est connue, plus n’est besoin de distinguer avec netteté, il faut avant tout y voir, tant bien que mal ; il est indispensable de profiter de toute la lumière que peuvent renvoyer les objets du monde extérieur. La pupille s’ouvre donc au maximum; tant pis si les rayons périphériques viennent brouiller l’image formée par le faisceau axial, seul admis pendant le jour. Le pigment infiltré entre les éléments rétiniens se rétracte, tant pis si la lumière qui pénètre l’un des bâtonnets empiète sur les voisins, il ne s’agit plus d’analyse subtile, le principal est d’exposer la plus grande surface possible. Enfin le pourpre rétinien se reproduit eh abondance, pour se décomposer au moindre rayon lumineux.
- Au moindre rayon lumineux.... est-ce bien exact?
- Non; car la lumière’, pour provoquer une sensation, doit avoir déjà une certaine intensité. Ici intervient la notion du seuil de la sensibilité, commune à tous les organes des sens. Tant que la lumière reste au-dessous d’une certaine intensité, que nous appellerons I, elle n’est pas perçue. Tous les phénomènes que nous venons de décrire n’amènent la rétine qu’à son état de réceptivité oplima, mais si l’éclairement ambiant, si la lumière venue d’un objet restent inférieurs à I, l’animal ne verra rien. Quel grand avantage n’y aurait-il pas si la rétine pouvait recevoir à ce moment un surcroît de lumière !
- Gr, c’est ce qui a lieu chez certains animaux des profondeurs marines, du moins d’après l’hypothèse de Putter.
- L’œil de Pterotrachea coronata, un Gasté-ropode prosobranche de l’océan Indien, comme celui de Car inaria mediterranea, qui appartient au même ordre, mais est plus répandu, au lieu d’être, comme tous les yeux, complètement clos par la membrane pigmentée qui fait chambre noire, présente dans sa paroi des lacunes dans le pigment, de vraies fenêtres, qui laissent pénétrer de la lumière adventice dans l'intérieur de l’œil.
- Quelques bourrelets intérieurs empêchent d’ailleurs ces rayons accessoires de frapper directement la rétine principale, qui n’en reçoit que de la lumière diffuse.
- Supposons que celle-cifsoit inférieure à I, soit
- 51
- 4
- par exemple ;
- elle ne fera aucune impression
- par elle-même, elle sera comme inexistante; mais qu’en un point de la rétine un objet vienne à se peindre, avec une luminosité inférieure de son côté
- à I, de ^ également si Ton veut, les deux impressions s’additionneront, et la vision deviendra effective en ce point. Les parties claires auront une
- luminosité qui dépassera de ^ le minimum indis-
- pensable pour exciter les éléments nerveux, et se détacheront sur le fond noir. La lumière adventice aura abaissé le seuil de la sensation ; elle aura, en somme, sensibilisé la rétine.
- La chose est-elle admissible ? pour ma part je ne répugne pas à le croire ; d’autant plus qu’il est connu des photographes que, dans certaines conditions, il est possible d’obtenir un cliché malgré un éclairage insuffisant quand on laisse pénétrer un peu de lumière accessoire dans la chambré de l’appareil.
- Chez certains poissons, les choses se passeraient de façon plus simple. Le diamètre de l'orifice pupillaire d’un assez grand nombre d’espèces se trouve être plus grand que celui du cristallin, soit dans la totalité de la circonférence, soit en certains points seulement, quelquefois en haut, le plus souvent du côté nasal.
- La rétine reçoit donc, à côté des rayons réfractés qui forment l’image, des rayons non réfractés qui
- p.94 - vue 98/620
-
-
-
- 95
- LA VISION CRÉPUSCULAIRE
- ne peuvent que « voiler la plaque », mais cela sans doute avec un effet favorable à la vision crépusculaire. 11 en serait de même chez quelques reptiles.
- Enfin, de l’étude des dimensions de l’iris des cétacés, et de la musculature particulièrement puissante de cette membrane, Putler a voulu conclure que, là aussi, la pupillle dilatée au maximum par l’obscurité doit dépasser le diamètre du cristallin, et donner passade à des rayons nécessairement non réfractés.
- Couche pigi
- imentaire
- Cellules visuelles cônes et bâtonnets
- _______ . _ polaires
- intermédiaires
- Cellules
- Fig. t. — Coupe schématique à travers la rétine.
- Je dois faire remarquer que cette dilatation n’a jamais été constatée directement chez les Cétacés, et qu’il ne s’agit dans ce dernier cas que d’une hypothèse.
- Pour ce qui est des poissons à pupille trop grande je ne puis me retenir de faire également quelques réserves, car si certains d’entre eux, comme les Scopélidés, appartiennent bien à la faune des profondeurs — et de la pénombre — l’Exocet ou poisson volant est incontestablement un poisson de surface, et même un poisson très actif pendant le jour. Enfin Dryophis mycterizam (fig. 4) dont nous figurons ici la pupille d’après Beer, et qu’on nous donne comme un exemple, semble être un animal plutôt diurne. Ce petit serpent vit dans les arbres, qu’il ne quitte pour ainsi dire jamais, et De Grijs, qui l’a observé en captivité, nous apprend qu’à l’état normal il ne circule pas la nuit. Pourtant sa pupille réduite dans le jour à une mince ligne,
- Fig. 2. — Coupe verticale d’un œil humain montrant de gauche à droite l’appareil optique avec la cornée transparente, la chambre antérieure, le diaphragme pupillaire, le cristallin, le corps vitré, la rétine, exposée aux rayons lumineux, repose sur les couches pigmentées qui forment chambre noire.
- est bien en accord avec une vie crépusculaire.
- Il me paraît plus simple d’admettre que cet espace aphake a pour premier résultat d’étendre le champ visuel, car il laisse passer des rayons très tangents qui seraient déviés ou réfléchis par le cristallin. (Pour Pterotrachea, ce gastéropode nageur constamment en chasse, il est hors de doute, à mon avis, que l’effet principal des lacunes du pigment est P augmentation du champ de vision.)
- Il ne convient pas, peut-être, d’attribuer trop de poids à ces quelques objections. Du fait qu’un animal mène une vie principalement diurne, il ne s’ensuit pas qu’il ne puisse être pourvu d’un dispositif adjuvant pour la vision crépusculaire. L’Exocet vole beaucoup la nuit, et nous verrons plus loin que les yeux de bon nombre de mammifères tout à fait diurnes sont incontestablement organisés en vue du renforcement des contrastes quand l’éclairage est faible.
- Un autre mécanisme de sensibilisation, extrêmement curieux et que sa bizarrerie même semble rendre indiscutable, nous est donné par d’autres groupes de poissons abyssaux. On sait que la faune des profondeurs est riche eu organes photogènes; ces appareils, si bien étudiés depuis bientôt trente ans par M. le P1'Joubin, peuvent se renconter en différentes régions du corps de l’animal, en particulier au voisinage des yeux; mais alors que, le plus ordinairement, ils sont disposés de façon à éclairer le monde ambiant, on a constaté, chez une dizaine d’espèces, ce fait en apparence paradoxal que le petit phare, situé contre la cornée, est orienté vers celle-ci, et que les couches pigmentées qui l’entourent ne laissent d’autre issue à la lumière que du côté de l’intérieur de l’œil. Il faut bien admettre que, là encore, il s’agit d’amener la rétine au seuil de sa sensibilité, ou d’ajouter quelque chose aux images insuffisamment lumineuses (fig. 5).
- D’un ordre différent sont les processus de renforcement que l’on rencontre de façon plus commune chez les vertébrés. Beaucoup de ces animaux possèdent ce que l’on appelle un Tapétum lucidum. Chez certains Téléostéens et Reptiles la couche de
- p.95 - vue 99/620
-
-
-
- 96
- LA VISION CRÉPUSCULAIRE
- Fig. 3. — Œil de CycioUione, d'après Brauer (').
- Co, cornée; Cr, cristallin: R, rétine; O, organe photogène ; E, écran pigmenté ; P, direction de la lumière principale ; A, lumière accessoire.
- Fig. 4.
- Œil de Dryophis Mycterizans, d’après Beer.
- cellules sur laquelle reposent les extrémités des éléments nerveux de la rétine, est totalement dépourvue de pigment, mais se charge de fins cristaux très réfringents. Chez d’autres animaux — dans presque toutes les classes de mammifères — celle couche est transparente sur une étendue plus ou moins grande, et démasque la choroïde sous-jacente (lîg. 5) : celle-ci se différencie en un tissu fibreux particulièrement dense et régulier qui devient chatoyant. Dans les deux cas, le résultat est la production d’une couche réfléchissante, une sorte de miroir, que l’on voit luire la nuit quand on se trouve en face de l’animal et le dos tourné à une source lumineuse.
- La lumière, qui a traversé la rétine d'avant en arrière, est renvoyée par cette couche spécialisée, et traverse la membrane une seconde fois d’arrière en avant. 11 ne s’agit pas d’une véritable réflexion, et la lumière de retour est diffusée, donc atténuée; mais, en tout état de cause, elle vient s’additionner avec la lumière inci-
- La vision nocturne est surtout une vision de silhouettes, l’exagération des contrastes, qui éclaircit le fond sur lequel se détachent les objets, est donc d’une utilité évidente.
- Pour souligner l’importance du rôle du Ta-pefum, il est intéressant de remarquer qu’il est situé dans la région du fond de l’œil qui semble correspondre à la vision optima, la plus sensible. D’autre part signalons que, parmi les Mammifères, les Tnjiela les plus étendus se rencontrent chez ceux qui vivent, constamment ou passagèrement sous l’eau, les Cétacés et les Pinnipèdes.
- La sensibilisation se fait de façon analogue chez certains Articulés, beaucoup de Décapodes par exemple, qui possèdent de petits cristaux très réfringents. Chez les Papillons nocturnes, dont tout le inonde a vu luire les yeux, la diffusion infra-oculaire de la lumière est produite fort probablement par les tubes remplis d’air qui entourent les éléments de leurs yeux composés.
- En résumé, nous avons vu que chez les animaux vivant dans un milieu oii l’éclairage est précaire, des dispositifs convergents se sont développés, dont le résultat commun est de répandre sur la rétine une certaine quantité de lumière diffuse. On rencontre tantôt une lacune latérale dans l'enveloppe opaque de l’œil, ou encore une couche reflétante au niveau môme de la rétine, voire un petit organe producteur de lumière orienté de façon convenable.
- Cet éclairement accessoire qui, au point de vue strictement physique, semblerait devoir voiler l’image, produit au contraire, quand on le considère au point de vue de la physiologie', une exagération des contrastes et doit constituer un adjuvant fort appréciable pour la vision crépusculaire.
- I)1' M.vr,C Landolt.
- Oculiste de l'Institution .Nationale des Jeunes Aveugles.
- dente.
- Si elle est inférieure à 1, elle n’impressionnera en rien la rétine au niveau des parties noires de l’image où elle pourrait se diffuser par voisinage, tout en renforçant les parties claires ou môme, comme dans notre premier exemple, en donnant à ces dernières le complément d’intensité nécessaire pour les rendre perceptibles.
- 1. lu Caulleiîï. Les yeux et .l'adaptation au milieu des animaux abyssaux. Revue générale des Sciences, 1905.
- Fig. 5. — Rétine et choroïde de Renard; à gauche, dans la région du tapétum; à droite, dans le reste de leur étendue {schéma d’après une préparation obligeamment prêtée par M. Rochon-Duvigneaud).
- S, sclérotique; Ch, choroïde ; T, tapétum; C. P., couche pigmentée ; C.V., cellules visuelles.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiciie, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.96 - vue 100/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2498-
- LA MEMOIRE DES CONVOLUTA
- 18 FEVRIER 1922
- Parler de mémoire chez les animaux offre quelque danger, en ce sens qu’il sera toujours impossible au plus perspicace des psychologues d’affirmer l’analogie, sinon l’identité, de certains phénomènes psychologiques chez l’homme et chez les êtres vivants qui l’entourent. Le danger des mots en biologie réside essentiellement dans l’anthropomorphisme auquel conduit leur emploi. Imaginer de « petits hommes » dans les animaux, les personnifier est une tendance néfaste pour le progrès des recherches scientifiques.
- Ces précautions oratoires une fois prises, nous emploierons le mot « mémoire » (entre guillemets) pour désigner ce qui ressemble chez les Convoluta à la mémoire humaine. Nous ne supposerons rien de commun, hormis cette ressemblance toute superficielle, entre les deux phénomènes en question.
- Les Convoluta sont tellement différentes del’homme qu’une telle remarque est à peine nécessaire. Elles occupent dans la classification zoologique une place très inférieure. Ce sont les plus simples des vers marins. Les savants en constituent un groupe des Turbellariés, ainsi nommés en raison des cils vibra-tilcs qui recouvrent leur corps et déterminent par leur mouvement incessant de légers tourbillons.
- Delage (1886) et Gcorgévitch (1899) qui ont étudié la structure et le développement des Convoluta à partir de l’œuf sont arrivés aux conclusions suivantes. Ces animaux ont au plus o mm de longueur. Ils sont plats, d’où le nom de Planaires qui est synonyme de Turbellariés. Ils ne possèdent de tube digestif à aucune période. de leur développement, de telle sorte que leur alimentation ne se fait jamais comme celle des autres animaux par l’ingestion et la digestion de particules solides. Nous verrons dans un instant comment les Convoluta suppléent à la privation de cavité digestive. Leur système nerveux, qui a été découvert par Delage sur des préparations microscopiques, consiste en une masse étoilée jouant vraisemblablement le rôle de
- cerveau centralisateur des sensations. De ce cerveau ou mieux de cet organe céré-broïde (fig. 1 ) partent un certain nombre de filets nerveux longitudi-
- naux réunis les uns «aux autres par des commissures transversales irrégulières. Tout au voisinage du
- Fig. 2. — Station de Convoluta sur la plage de Roscoff.
- « cerveau » se trouvent des organes sensoriels et
- notamment un statocyste, dont nous concevrons mieux le rôle après avoir étudié les mœurs si extraordinaires des Convoluta.
- Il n’est pas très difficile de se procurer ces animaux en grand nombre quand on est au bord de la mer.
- Toute plage de sable en renferme dans la zone qui est découverte deux fois par jour à marée basse (zone des marées).
- Les Convoluta forment à la surface du sol de larges taches vertes, d’aspect changeant, diminuant ou augmentant de superficie à vue d’œil suivant qu’elles s’enfoncent plus ou moins dans le sable. Chaque tache verte est une
- colonie de Convoluta, formée de milliers d’individus à tous les ages(1), et dont la situation topographique reste constante pendant plusieurs années. 11 y avait sur la plage de Roscoff (lîg. 2), au pied du premier poteau des bains, une tache de Convoluta qui avait fourni des matériaux d’études à Martin en 1909; elle était encore visible en 1919 à la même place. Maintenant elle a disparu à cause du piétinement continuel des baigneurs qui sont de plus en plus nombreux à Roscoff depuis la guerre.
- Nous avons dit que. les Convoluta sont vertes. Elles doivent cette coloration à des algues microscopiques (Zoochlorelles) qui vivent, implantées dans leurs tissus. L’association mérite le nom de symbiose (vie en commun) car elle parait utile autant à l’algue qu’à la Convoluta. Celle-ci n’ayant pas de tube digestif est obligée d’emprunter sa nourriture à la petite plante verte, dont la chlorophylle permet T utilisation du carbone atmosphérique. L’algue, par contre, utilise certains excréments (urates) de la Convoluta et vit à l’abri de ses tissus. Il y a en zoologie plusieurs exemples de symbioses d’animaux et d’algues. Celui que nous étudions en ce moment
- 1. Environ 5000 par dècimcire carré.
- ( ( & ' CO
- -01/
- -:'q i ^irssoj
- BfJ*>
- *
- —«il
- Fig. i.
- Convoluta très grossie.
- C, masse cèrèbroïde; N, filets nerveux; S, statocyste;' O, taches oculaires.
- 50" Année. — l" Semestre
- 97.
- p.97 - vue 101/620
-
-
-
- 98 r— LA MEMOIRE DES CONVOLUTA
- Fig. 3. — Expériences sur les Convolula. (voir le texte).
- est sans contredit le plus intéressant. -Toutes les mœurs des Convoluta sont en effet dominées par la présence de l’algue symbiotique.
- Voyons en quoi consistent ces mœurs qui ont donné lieu depuis 1905 à des travaux d’un grand intérêt^).
- Les premières recherches éLhologiques sur les Convoluta datent de 1905. Simultanément en Angleterre, Gamble et Keeble, et en France, Bohn, s’aperçurent que les mouvements des Convoluta sur la plage coïncident avec les mouvements de la mer.
- Gamble et Keeble commencèrent leurs recherches à RoscofF (Finistère) en 1901, les poursuivirent sur la plage de Trégastel (Côtes-du-Nord) en 1902 et les achevèrent à Manchester. Ils expriment leurs conclusions en les termes suivants : les stations de Convoluta sont remarquablement constantes. Files ont toujours la meme place pendant des mois. Néanmoins elles subissent des variations quotidiennes de taille en accord avec les marées (diurnal tidal variations).
- Chaque tache verte atteint son maximum d’épanouissement à la surface du sable aussitôt après que l’endroit où elle se trouve est abandonné par la mer descendante. File reste en surface pendant la' plus grande partie de la marée basse. Ensuite elle s’enfonce et diminue peu à peu de taille jusqu’à ce que le llux menace de l’atteindre. A mer haute, les Convoluta sont toutes cachées dans le sable et soustraites. ainsi à l’action des vagues.
- En‘ plus des variations précédentes, les Convoluta oirt des variations bimensuelles en correspondance avec les phases de la Lune ou, d'une manière plus directe, avec les- périodes de morte-eau et de vive-eau. Gamble et Keeble attribuent ces fortnightly lunar variations à une pure coïncidence entre les mois lunaires de 28 jours et les phénomènes de reproduction des Convoluta.
- Quoi qu’il en soit, les colonies de ces animaux ne présentent de variations qu’en oscillant verticalement de bas en haut et de haut en Bas dans les
- i. Les principaux de ces travaux sont : Gamble et Keeble (1904, Quart. Journ. Microsc. Sc., !.. 47) ; Bolm (depuis 1905, nombreuses notes aux Comptes rendus Acad. Sc., Comptes rendus Soc. Biologie et Bulletin du Muséum) ; Martin (1909, L ,a Mémoire chez Convoluta, Thèse de Doctorat, Paris.). Goldsinilb (1921, La Convoluta. Roscoffensis et ses réactions).
- couches de sable. On peut donc parler d'oscillations verticales des Convoluta — oscillations rythmiques -— et se demander à quoi elles sont dues.
- Elles ne tiennent pas à des conditions de vie locales. En effet, on peut les observer sur toutes les plages; aussi bien à Roscoff et à Trégastel comme ont fait Gamble et Keeble, qu’à Saint-Yaast-la Hougue (Manche), à Saint-Jacut-de-la-Mer (Côtes-du-Nord), à Concarneau (Finistère) où Bohn a poursuivi ses remarquables études.
- L’analyse des oscillations verticales observées sur la plage conduit à distinguer trois facteurs auxquels paraissent obéir les Convoluta :
- 1° La « crainte des chocs » et plus particulièrement du choc des vagues. Le moindre choc sur le sable fait disparaître les taches vertes en moins d’une minute. Bohn met des Convoluta dans un tube de verre rempli de sable humide. Elles y constituent un anneau verdâtre qui se déplace rapidement vers le fond dès qu’on imprime une secousse au tube.
- La « crainte des chocs » suffit à expliquer la disparition des Convoluta bien avant qu’elles ne soient atteintes par le flot. Il existe des trépidations du sol qu’elles perçoivent et auxquelles elles réagissent, en quelque sorte, par mesure de. précaution. Si la mer est excessivement calme, par les plus beaux jours de l’été ; si elle s’élève doucement et monte vers le rivage avec la plus extrême lenteur ; alors les Convoluta, qui n’ont, pas été averties par l’ébranlement du sol, se laissent toucher par la mer et ne disparaissent que tardivement.
- Nous avons vu que l’influence des marées se réduit à une action mécanique. Si les Convoluta s’ensablent à marée haute, c’est uniquement pour éviter les chocs et l’entrainement par les vagues. On peut donc à peine parler, comme a fait Martin, d’oscillations palirriques, c’est-à-dire sous la dépendance du llux et du reflux. S’il n’y avait en jeu que la « crainte des chocs » et les marées, les Convoluta resteraient peut-être toujours dans le sable et n’accompliraient aucune oscillation verticale.
- < t t •> s e j 13.»
- hJ. » "t ” '} ' 1
- ii i, i. r, « u i
- Fig. 4. — Oscillations de la nier (trait plein) et oscillations des Convoluta.--(trait- discontinu). *
- A, une seule basse mer diurne; une seule montée;
- B, deux basses mers diurnes, deux montées.
- p.98 - vue 102/620
-
-
-
- LA MÉMOIRE DES CONVOLUTA
- 99
- 2° Mais le « besoin de lumière » pour l’accomplissement de l’assimilation chlorophyllienne des algues symbiotiques (Zoochlorelles) est un second facteur intervenant dans les mœurs des Convoluta.
- La lumière est nécessaire à l’existence de ces animaux. Si on les maintient à l’obscurité, on assiste à leur dégénérescence suivie de mort! Les Convoluta cessent de se mouvoir, deviennent de plus en plus petites et se décolorent. Les algues symbiotiques meurent les premières.
- On peut réaliser une autre expérience encore plus instructive. Lorsque, au laboratoire, on tient des Convoluta dans un vase de verre (boite de Piétri par exemple) contenant du sable humide, si on place le vase à l’obscurité (fig. 5 d), les Convoluta se répartissent uniformément à la surface ; si au contraire le vase est éclairé par une fenêtre, on voit les Convoluta se diriger vers la lumière et se localiser dans un secteur du récipient (e).
- L’attraction par la lumière explique que les Convoluta montent à la surface du sable dès quelles le peuvent, c’est-à-dire à mer basse. Elles semblent d’ailleurs se comporter de deux façons différentes suivant les points de notre littoral.
- D’après Gamble et Keeble (Trégastel, Roscoff) et Martin (Roseoff), les Convoluta ne montent pas la nuit, sauf pendant les belles nuits de clair de lune
- (fig- *)•
- Au contraire Bohn (Saint-Jacut-de-la-Mcr) et Martin (même endroit) ont observé les mouvements des Convoluta, en accord avec la marée, aussi bien la nuit que le jour. D’après Bohn le phénomène serait même beaucoup plus régulier la nuit que le jour. Car dans le jour toute variation d’éclairement (nuage passant devant le soleil) produit un arrêt ou un recul momentané des Convoluta. Il en résulte que dans le « comportement » de ces animaux, Bohn attribue un faible frôle à la lumière, mais, par contre, une influence prépondérante aux chocs des vagues et à un troisième facteur dont nous allons maintenant parler.
- o° « Le besoin d'humidité », s’ajoutant aux deux autres facteurs, complique leur action. Lorsque les Convoluta sont remontées à la surface du sol à marée basse, il semblerait qu’elles dussent conserver cette situation jusqu’au retour du flot. Nous avons déjà dit que les trépidations du sol les enga-
- A
- B
- C
- Fig. 6. — Amnésie progressive des Convoluta.
- A,'mémoire complète; B, mémoire des oscillations nycthémérales; C, Amnésie complète.
- I it
- I Convoita. |
- Fig. 5 — Bac à marées artificielles (voir le texte).
- gent au contraire à disparaître quelque temps auparavant. En outre intervient dans le même sens la dessiccation du sable sous l’ardeur du soleil. A mesure que les couches supérieures se dessèchent, les Convoluta s’enfoncent, tout en restant à la limite supérieure de la zone saturée d’eau. Ce dernier fait peut être mis en évidence au moyen d’un bac à marées artificielles (*) ; quand le niveau de l’eau est AB, on voit très bien, par transparence, la ligne verte des Convoluta, dans le sable, au même niveau BC. De même une ligne verte BD marque la limite de l’eau sur le sable (fig. 5).
- En résumé, les oscillations verticales des Convoluta, en apparence si compliquées et si extraordinaires, se ramènent aux faits suivants. Quand la mer se retire, les Convoluta, qui ont besoin de lumière, viennent s’épanouir à la surface du sable. Au bout de quelques heures le sable se dessèche et les Convoluta, qui ont autant besoin, d’eau que de lumière mais ont déjà pris leur « bain de soleil », s’enfoncent dans le sable. Cette descente coïncide d’ailleurs avec le retour offensif de la mer.
- *
- ïf. #
- Dans la première partie de cet article, nous avons montré que les Convoluta accomplissent des oscillations verticales, s’enfoncent dans le sable ou remontent à la surface, suivant les conditions d’existence qui leur sont faites par le milieu ambiant. Lumière, humidité, choc des vagues combinent leurs actions pour déterminer le « comportement » des Convoluta.
- Tous les observateurs sont du même avis à ce sujet. Ils reconnaissent seulement que les oscillations verticales sont plus ou moins amples d’un endroit à un autre et, vraisemblablement, suivant les races de Convoluta étudiées. Elles sont plus
- 1. Les bacs à marées ont été utilisés à RoseotV par Mlle (iohlsmitli. l'n dispositif règle le débit, de l’eau de façon (pie le liquide monte pendant plusieurs lmures puis s’abaisse pendant un même nombre d’heures. Le sable à Convoluta est disposé en pente (fig.
- p.99 - vue 103/620
-
-
-
- 100
- LA MÉMOIRE DES CONVOLUTA
- considérables et plus nettes à Concarneau qu’à Ros-coff; plus nettes encore à Saint-Jacut-dc-la-Mer.
- Cependant une note discordante surgit d’un travail tout récent de Bille Goldsmith. Relatant ses observations à l’ilc de Batz, en face de Roscoff, cet auteur décrit des oscillations verticales des Convoluta absolument contraires aux oscillations dont nous'avons parlé jusqu’ici. Les Convoluta de l’île de Batz — sans doute par esprit de contradiction — s’enfoncent à marée basse et s’élèvent pour s’épanouir en surface quand la nier monte. Si on a le courage de rester dans l’eau, en costume de bain, on les voit toutes étalées, aussi longtemps que l’œil peut les suivre. Sous une couche d’eau qui ne dépasse jamais quelques mètres, les Convoluta trouvent à la fois lumière et humidilé qui leur sont favorables. Blais elles ne craignent pas le choc des vagues; ce qui est l’inverse de ce que nous ont appris les autres observations et les expériences de laboratoire.
- Nous ne chercherons pas à expliquer l’exception présentée par les Convoluta de Balz. Elle est plus étonnante Georgévitch, qui travaillait sur le même sujet en 1899, a écrit : « Mon matériel provenait de l'ile de Batz située en face du laboratoire de Roscoff, où les Convoluta se trouvent en grandes plaques à marée basse » . Qui a mal vu de Georgévitch ou de Bille Goldsmith ? PeuL-êlrcnil’un ni l’autre, à supposer que les mœurs des Convoluta batziennes'aient changé de 1899 à 1920.
- Laissons de côté la controverse précédente et revenons aux Convoluta qui « font comme tout le monde d. Eh bien! leurs oscillations verticales ne sont pas seulement visibles sur la plage ou dans le bac à marées artificielles; elles sont encore apparentes chez les Convoluta que l’on conserve dans un bocal d’eau tranquille. Loin de la mer et des marées, dans un milieu toujours humide et calme, les Convoluta continuent, pendant plusieurs jours (une dizaine) après leur capture, à monter quand là mer est basse du dehors, et à descendre quand la mer est haute. Voilà en quoi consiste la « mémoire » des Convoluta; phénomène extrêmement intéressant et troublant.
- C’est Bohn qui a découvert la « mémoire » des Convoluta. Je suppose qu’il prenne de ces animaux, sur la plage de 8aint-JaCut-dc-1 a-Blcr, le 10 septembre 1905; il les met dans un tube de verre i contenant du sable humide. Nous savons que dans . ces conditions, les Convoluta forment un anneau J
- vert qui descend au moindre choc. Blais Bohn laisse le tube parfaitement immobile dans sa chambre. Or il observe que l’anneau vert se déplace cependant aux heures des marées. Ses oscillations verticales persistent environ pendant 7 jours, soit pendant 14 marées consécutives (jusqu’au 17- septembre dans l’exemple choisi). Passé ce temps, les Convoluta ont perdu la mémoire des marées. Blais elles continuent à monter plus ou moins nettement pendant le jour et à s’enfoncer dans le sable pendant la nuit; et cela même si on les maintient toujours à l’obscurité ou toujours à la lumière artilirielle, Donc, la mémoire des oscillations nycthéméraies (sous la dépendance du jour et de la nuit) subsiste plus longtemps que celle des oscillations pulirriques. Elle-même finit d’ailleurs par disparaître un peu
- plus tard et les Convoluta restent alors constamment en surface (fig. G).
- On sait que les marées de jours successifs ne se produisent pas aux mêmes heures.
- L’Horaire des marées indique un retard moyen de 50 minutes par jour, pouvant se réduire à 50 minutes dans les périodes de vive-eau ou s’élever à une heure et demie et davantage dans les périodes de morte-eau. La figure 7 indique (en trait plein) les variations du retard des marées à Saint-Jacut-de-la-Bler du 1 1 au 25 septembre 1905. D’abord égal à 50 minutes par jour, il s’élève à 92 minutes le 17 septembre puis s’abaisse à nouveau jusqu’à 55 minutes le 25 septembre.
- Or les oscillations des Convoluta gardées en aquarium, loin de la mer, présentent aussi un retard d’un jour à l’autre. Ce retard varie parallèlement au retard des marées. Il est représenté par une ligne pointillée sur la figure 7. En plus de la « mémoire » des marées les Convoluta ont donc aussi une « mémoire » du retard des marées. Ce nouvel aspect de leur psychisme n’est pas le moins extraordinaire. Il paraîtrait même mystérieux si l’on posait la question suivante : comment des Convoluta mises en aquarium le 15 septembre 1905, par exemple, peuvent-elles savoir le 17 du même mois que les marées, sur la plage voisine, ont un retard de 92 minutes? Elles se conforment pourtant à ce retard puisque leurs propres oscillations ont un retard du même ordre.
- Bohn a proposé l’explication suivante de la mémoire du retard des marées et de la mémoire des Convoluta en général.
- Dans l’un et l’autre cas il ne s’agit pas de « mé-
- l’ile de d’autant que
- Fig. p. — Mémoire du retard des marées à Sainl-Jacut-de-la-Mer, du il au 25 septembre njo3 (d’après Bohn).
- p.100 - vue 104/620
-
-
-
- L’ÉLECTRIFICATION DE LA BELGIQUE 101
- moire » ni de « souvenir » au sens psychologique de ces mots. Les oscillations verticales sont en rapport avec des modifications rythmiques et de nature physico-chimique de l’organisme des Convoluta. Elles ont certes été imprimées par le milieu, mais elles peuvent se continuer en l’absence des causes qui leur ont donné naissance (causes ayant cessé d’agir).
- « Les mouvements périodiques du cœur, dit Bohn, ne sont considérés par aucun physiologiste comme des mouvements volontaires. Pourquoi con-sidérerait-on comme tels les mouvements des Convoluta? Un cœur de grenouille détaché de l’organisme, continue, dans un verre de montre contenant de l’eau salée, à battre pendant plusieurs jours jusqu’à ce qu’il meure. Une Convoluta, soustraite à son milieu naturel, continue, dans un cristallisoir contenant de l’eau de mer, à osciller pendant quinze jours, jusqu’à ce qu’elle meure. L’un des phénomènes n’est, pas plus mystérieux que l’autre. »
- Si l’on admet que les alternances du jour et de la nuit, ainsi que les oscillations de la mer, s’impriment dans la substance des Convoluta, on n’aura plus de peine à expliquer la « mémoire » du retard des marées. En effet, le retard des marées est dû à la superposition d’une oscillation à courte période (12 h. 25 m.) et d’une autre à longue période (14 jours). Si l’une, s’imprime dans la matière vivante, l’autre aussi.
- Il nous resterait encore à donner bien des détails curieux sur la « mémoire » des Convoluta. Martin, notamment, a étudié les maladies de cette mémoire. Il a pu rééduquer des Convoluta devenues amnésiques. Il a constaté que les jeunes Convoluta n’acquièrent l’habitude des oscillations verticales qu’au contact de leurs parents.
- D’autre part des observations multiples ont mis en évidence la « mémoire » des marées chez toutes sortes d’autres animaux marins : Littorines, Pagures, Actinies, etc. Léon Bertin,
- Am'-gé <lo lTnivorsilé.
- L’ÉLECTRIFICATION DE LA BELGIQUE
- Malgré la situation peu favorable qui lui est faite par le régime de réseaux se prêtant peu à la création de centrales activées par la houille blanche, la Belgique donne en ce moment un essor considérable à l'industrie électrique. Ce qu’elle ne peut obtenir de la force hydraulique, elle le demande à la bouille fout court, dont elle possède des gisements généreux et répartis dans quatre des principales provinces du pays. Au surplus, le peu d’étendue du territoire, la multiplicité de centres populeux se touchant presque, la densité des populations et l’extraordinaire activité économique du pays, favorisent singulièrement ce développement de l’industrie électrique.
- En sorte qu’aujourd’hui, la fée étincelle règne en maîtresse non seulement dans les centres industriels et les cités, mais encore dans nombre de régions de culture et de bourgades agricoles de quelques centaines d’habitants. Il y a des pays de fermes dans le Hainaut, l’Ar-denne, le Limbourg, le Brabant, etc., qui ont adopté depuis quelques années l’électricité. Celle-ci n’éclaire pas seulement l’humble maison du paysan; elle donne sa puissance à des moteurs installés à même la terre battue et qui actionnent la baratte, la turbine,le hache-paille,etc.
- Evidemment, il ne s’agit pas d’installations établies avec une science consommée, mais elles font singulièrement progresser la vie de cette formidable industrie qu’est l’agriculture. Au sommet des mâts de bois ou de béton armé, les fils aériens transmetteurs d’énergie ou de lumière ont fait plus, pour bouleverser l’existence collective, que des années d’éducation et d’instruction.
- Mais si des progrès aussi intéressants sont réalisés dans les pays agricoles, à l’occasion de quelques modestes centrales installées au centre d’un groupe de villages et de hameaux, que ne trouve-t-on pas dans les pays industriels ?
- Le développement de l’industrie électrique a commencé par se manifester avant la guerre, mais surtout après l’armisüce dans les grandes industries de la métallurgie, de la céramique, des charbons, etc. A présent, lés moindres usines sont équipées électriquement, soit avec raccordement à des centrales collectives, soit avec alimentation particulière. C’est ainsi que dans les cinq bassins charbonniers de Belgique il n’y a plus une seule exploitation dépourvue d’installation ” électrique. Avant peu même, les moteurs de l’extraction seront remplacés par des dynamos partout, absolument partout.
- Celte électrificatiou des industries s’est manifestée dans toutes les branches de l’activité 'économique belge et c’est ainsi que se sont multipliées les centrales assurant, en même temps que l’éclairage, la répartition de la force motrice à toutes les industries, voire, aux plus modestes. Et à ce propos on peut assurer que la Belgique y a trouvé une des raisons essentielles du développement industriel et commercial dont elle peut aujourd’hui tirer quelque vanité et surtout quelque profit.
- Mais il y a plus important.
- Les pouvoirs publics ne veulent pas rester en arrière. Sous l’empire des tendances démocratiques et presque collectivistes, qui se manifestent dans les trois formes de pouvoir établies en Belgique, l’Etat, la Province, la Commune, on voit se multiplier les entreprises électriques dont les fonctionnements sont assurés par les budgets publics. Et la question sera même posée en 1922, assure-t-on, de savoir si les services d’éclairage et de force motrice utilisant les voies publiques ne doivent pas constituer des domaines collectifs.
- L’Etat, le premier, œuvre dans ce sens.
- Le Gouvernement,' par la voie du département des chemins de fer, a décidé l’électrification des voies ferrées.
- Les études de cette dernière et vaste entreprise sont activement poussées.
- Déjà, certains rapports ont été remis aux autorités et il paraît certain que l’on pourra entamer les premiers travaux en 1922.
- Comme on l’annonçait récemment, c’est le courant continu qui semble avoir les préférences de la commission technique, en raison des avantages quél’on peut attribuer aujourd’hui aux moteurs et aux génératrices à courant continu. La puissance serait transmise par un troisième rail à voltage de 1500, système que semble devoir adopter la France. Or, il y a avantage, sinon nécessité, à établir le même système dans les deux pays, en vue d’assu-ser sur deux réseaux voisins le passage aisé et continuel des trains et la juxtaposition des services.
- L’électrification de la ligne de Bruxelles-Anvers sera entreprise d’abord. Elle se fera en trois étapes : la première comportant l’électrification du service des voyageurs, la deuxième l’intensification du même service, la troisième l’intensification simultanée des services de voyageurs.et de marchandises.
- La première de ces étapes ne souffre pas de difficultés.
- p.101 - vue 105/620
-
-
-
- 102 LES JETONS MONÉTAIRES
- Ce n’est qu’une question de matériel. Or, en fait de matériel, on a décidé la’mise en .construction^ de. 42 Toitures à voyageurs, construites de manière à-pouvoir être utilisées sur le réseau électrique, comme- elles pourront l’être par traction à. vapeur. Ces voitures seront assez semblables à celles des trains-blocs de la ligne Bruxelles-Anvers, sauf toutefois qu’elles auront, outré les portes de sortie aux extrémités, des parles de sortie au centre.
- Evidemment, il y a de grosses difficultés à vaincre résultant de la traversée de certaines régions, des croisements à des endroits dangereux, du fameux pont de Malines et, du projet de création, à Louvain, d’un port de mer. Mais ce ne sont pas des obstacles insurmontables, pas plus que ceux qui prennent leurs causes dans le prix élevé des. travaux à entreprendre.
- Après la ligne de Bruxelles-Anvers, viendront les lignes du Luxembourg, et. d’autres partant de Bruxelles. Le reste suivra, tout naturellement; Et il n’est pas douteux que le succès des premières réalisations montrera les avantages économiques de la généralisation de l’électrification générale.
- Les'provinces suivent cet exemple de l’Etat. Le Lim-hourg.et le Brabant ont décidé l’électrification générale de leurs territoires. En 1922, un projet sera adopté par le Brabant et sa réalisation aura pour effet d’assurer à une vaste région, au centre du pays, la dispersion de la force et de l’éclairage électriques.
- Dans le Limbourg on est plus avancé.. Il y a quelques jours en effet on a procédé à l’inauguration des travaux d’électrification de la province, décrétée par le Conseil provincial.
- Cette électrification doit comporter un réseau global de 600 à 700 kilomètres et pour la réaliser, le Conseil a prévu une dépense de 15 millions environ, à répartir sur plusieurs exercices. Un total de 216 communes comportant environ 230000 habitants est compris dans ce réseau.
- Ce sont les puissantes centrales établies par les nouveaux charbonnages du Limbourg qui fourniront le courant, à des conditions déterminées par des contrats. Mais l’œuvre est provinciale exclusivement. Elle appartient donc-àja collectivité, ; '
- EN BRONZE D’ALUMINIUM nzr=
- Le réseau sera alimenté par trois points où se trouvent des centrales : Genck, Beeringen et Evsden Sainte-Barbe. C’est le premier tronçon que l’on construit en ce moment. La ligne dont on vient d’entamer la construction aura un développement de 60 kilomètres. Le second tronçon de 60 à 70 kilomètres sera mis en adjudication sous peu. Les autres suivront de façon à assurer l’achèvement de toute l’électrification en 1922.
- Evidemment, il s’agit d’une grosse dépense. Mais la province de Limbourg ne redoute pas les sacrifices parce qu’elle sait l’importance de l’œuvre qu’elle entreprend. Elle a même décidé un emprunt de six millions dans ce but.
- Et pour terminer, nous dirons que la Flandre orientale s’efforce elle aussi d’entrer dans le mouvement. Comme il n’est pas possible, en raison du caractère agricole de la région, d’organiser un système général de canalisation comme dans le Limbourg, il est probable qu’elle interviendra dans les déficits d’exploitation des communes pauvres. D’autre part, elle a mis à l’étude des contrats-types et divers autres moyens en vue de généraliser l’emploi de l’électricité, voire dans les plus modestes centres.
- A ces exemples, il faut ajouter les décisions prises par les grandes communes du pays, à commencer par celles de l’agglomération bruxelloise qui marchent résolument dans la voie de l’électrification sous la forme de la régie communale, en dehors même de toute participation des entreprises particulières. C’est ainsi que des contrats liant les communes à des sociétés exploitantes sont de moins en moins renouvelés.
- Tel est, dans ses grandes lignes — et pour s’en tenir à des généralités — l’état de la question de l’électrification en Belgique. On remarquera qu’à l’inverse de ce qui se produit dans beaucoup d’autres pays, les solutions que l’on propose sont souvent guidées par le souci d’assurer à la collectivité le bénéfice de cette transformation. Il y a là un fait d’ordre. social, il faut le reconnaître, qui marque un esprit tout à fait nouveau et qui a bien son importance: . . , 1 Mutas Bkna.u»,
- - Directeur des Arts -et Métiers du Ilaiiiaut .
- LES JETONS MONETAIRES EN BRONZE D’ALUMINIUM
- Nos jetons monétaires ont conquis maintenant j sert à les réaliser, car un alliage monétaire doit les faveurs du public,'qui souhaite de les voir rempla- j réunir un Certain nombre de conditions entre lesquelles il faut, comme on dit vulgairement, établir;- une cote mal taillée. Ainsi, à égalité de résistance et de valeur, un métal léger remportera sur un concurrent plus lourd. En tout cas,. quelles que soient les ; causes déter-; minantes de son adop-
- cer sans retard les’im mondés billets actuellement en circulation.
- Pimpantes comme les louis' d’or dont le sou-' venir nous semble si lointain - déjà,: presque inoxydables- et d’une fabrication aséeiz difficile poii r " " .ytéequ rager '.lés
- coùtrefacieiii's:, les nou- ., Posim„s rapeciiVeS « la toclte - :
- velles t'piecettés pdssè- .''etdelalingotièrapenda^nlla'coïiléedeVàlliagè.-denThfltëêtlvèment ”tOU-l position initiale ; B, position jintermèdiairej G, position finale, taire doit pdiridir se tesdes qualités exigibles1 ' (Pendant; toute là . durée;dû transvasement, lé niveau du baiil laminer. ; aisépicnt, ' • se
- d une.:obonne monnaie' - j r ;;.c : > ; . irapper a iroid, avoir
- métallique. • ; ; : ' * j : ; - - ; G, ; - -, une dureté suffisante,
- Nos chimistes' ét! nos ingénieurs ne découvrirent résister aux attaqués de l’iiir, .dé l’humidité.,; des pas,; du premier coup, le -bronze (F aluminïûm{tyqui acides gras, des, sels, et cb particulier, m pas s’al-
- 1. Voir dans La Nature n°2428, 16 octobre:l920;p. 251-5; an^bôrthdedæmer: fiÆ'i -v::; ! . ;
- l’article sur les propriétés des bron%es d’aluminium. • Les spécialistes peinèrent longtemps dans les la-
- tion', lin alliagej nioné-
- p.102 - vue 106/620
-
-
-
- LES JETONS MONÉTAIRES EN BRONZE D’ALUMINIUM 103
- boratoires, exécutèrent de nombreux essais industriels avant de mettre la main sur ce fameux alliage d’aluminium que Sainte-Claire Deville, entrevoyant son brillant avenir voilà plus de soixante ans, avait justement surnommé le métal français. Les plus riches gisements d’où on extrait l’aluminium se trouvent, en elTet, dans notre pavs. Quant aux bronzes d’aluminium, depuis leur découverte jusqu’à leur choix comme métal monétaire par les techniciens de la Monnaie en 1920, ils furent presque exclusivement étudiés par des savants de France.
- En 1909, le Ministre des Finances chargea une commission, présidée par M. Yiolle, de proposer un métal susceptible de remplacer nos vieux sous. On essaya alors d’employer les alliages légers d’aluminium blancs et peu durs, avec lesquels la Monnaie frappa; un modèle de jeton qu’on appela familièrement le bouton de culotte. Sur ces entrefaitès, un des membres les plus éminents de ladite commis-sioïf, M. Henri Le Châtelier demanda à un ingénieur spécialisé dans' là ; question des alliages, P. H. Gaston Durvillep de lui’préparer des bronzes d’aluminium se rapprochant autant que possible . du métal Sainte-Claire Deville afin de l’essayer au point de vue monétaire. Cet habile technicien rencontra les plus grandes difficultés pour résoudre le problème.
- Les alliages d’aluminium se fondent malaisé
- Fig. 2. — Creuset de f usion chauffé au mazout.
- Usine de la Société des Alliages et bronzes forgeablcs à Mouv-Bury.
- Fig. 3. —- Coulée de bronze d’aluminium dans la poche.
- p.103 - vue 107/620
-
-
-
- 104 LES JETONS MONÉTAIRES EN BRONZE D'ALUMINIUM
- Fig. -] — Transvasement de l'alliage dans les 4 cases de la lingotière.
- mont. Ils sc solidifient avec un retrait important, des dégagements gazeux se produisent au cours de leur fusion et on obtient rarement des lingots exempts d'alumine; aussi M. Durville ne put monter à temps leur fabrication industrielle. De son côté, le Parlement impatient adopta le nickel pour le remplacement de la monnaie de billon, en dépit des conclusions de la Commission, favorables au bronze d’aluminium (1912).
- Toutefois le sagace métallurgiste ne sc découragea pas, mais fondant, l’année suivante, la Société des alliages et bronzes forgeables, il continua ses recherches sur une plus vaste échelle. Avec l’aide du chimiste Hanriot et grâce à sa persévérance inlassable, il réussit à produire industriellement un type d’alliage, très dur, sous forme de flans propres aux opérations de frappe. Si bien qu’en septembre 1920, M. Bouvier, Directeur de la Monnaie, put conclure à l’adoption du bronze d’aluminium pour remplacer nos crasseuses coupures,
- M. Durville prépare maintenant des lingots homogènes possédant une jolie couleur d’or vert et se polissant aussi bien que les aciers les plus durs. En outre, ces bronzes ne contiennent plus les inclusions d’alumine, qui les discréditaient jadis et qui se révélaient en stries allongées quand on les laminait. Le savant chimiste parvint à éliminer les impuretés, grâce tà un ingénieux système de coulée qu’il fît breveter à la fin de 1915 et qui réalisait un important progrès technique.
- Avant l’invention du procédé jDurville, on versait, sans prendre aucune précaution, l’alliage
- liquéfié dans -le moule. Or, villes différences dé hauteur qui: existent entre les niveaux respectifs du métal fondu dans la poche et dans la lingotière, dos tourbillonnements se produisaient dans la masse en fusion. Aussi il n’était guère possible d’empècher des scories, des. bulles d’air et d’autres corps oxydés de venir souiller les lingots. Sans compter que la lenteur de l’opération entraînait, très souvent, une solidification partielle du jet liquide, d’oii nouvelles oxydations et nouvelles occlusions d’air dans la masse métallique.
- Pour remédier à ces graves inconvénients, M. Durville eut une idée simple en théorie, mais d'exécution assez -difficile en fonderie. Il s’arrangea pour que, durant le transvasement de l’alliage de la poche dans le moule ou lingotière, le niveau du bain métallique fondu reste toujours dans le même plan horizontal. De cette façon, la coulée s’effectue rapidement, mais néanmoins, comme il n’y a pas de chute, la masse métallique ne se mélange ni avec des scories, ni avec l’air, ni avec d’autres corps oxydés, d’autant plus que la couche superficielle d’alumine forméè la protège également de toute altération.
- En principe, le dispositif Durville, dont la gravure ci-contre (fîg. 1 A) représente une coupe schématique dans sa position initiale, se compose, donc d’une lingotière 1 et d’une poche de coulée 2, reliées rigidement entre elles par un canal de communication 5. Ces trois éléments 1, 2 et 0, se trouvent en ligne droite suivant une génératrice intérieure
- Fig. 5. — Démoulage des 4 plaques de bronze d’aluminium par le procédé Durville.
- p.104 - vue 108/620
-
-
-
- LES JETONS MONETAIRES EN BRONZE D’ALUMINIUM
- 105
- fusion; sa
- Fig. 6. — Plaques de bronze d’aluminium prèles pour le laminage. Les lingots qu’on aperçoit rassemblés ici pèsent environ' 10000 .kilogrammes, soit la matière nécessaire pour i'abr-iquer,2'5ooooo jetons.
- quand on les abouche ensemble. En outre, le col de coulée et la poche sont garnis d’un revêtement 4 en matière réfractaire.
- À l’usine de Mouy-Bury où la Société des Alliages et. Bronzes forgea-bles met en oeuvre la méthode de Durville, on jette dans un creuset (lig. 2), un mélange de 91 à 91,5 parties de cuivre et 8,5 à 9 parties d’aluminium, puis on le chaude au mazout jusqu’à environ 1055 degrés. La masse métallique entre alors en surface libre s’oxyde et se recouvre d’une pellicule d’alumine qui protège d’une oxydation ultérieure les parties du bain situées au-dessous d’elle.
- Lnc fois l’alliage fondu, il s’agit d’opérer le transvasement sans la moindre agitation. Pour cela, on amène à pied d’œuvre la poche de coulée mise sur un chariot spécial.
- Puis deux hommes, grâce à un système de leviers et d’engrenages actionnés par une manivelle, inclinent le creuset afin d’introduire dans la poche, le bronze d’aluminium en fusion (lig. 5). Ensuite d’autres ouvriers retirent le chariot en arrière et le poussant, sur les rails d’une petite voie ferrée, le dirigent rapidement vers la lingotière, aiin d’aboucher avec elle la poche pleine du métal fondu. Des crochets latéraux permettent d’assurer la liaison rigide de ces 2 organes et quand cette manœuvre est achevée, les métallurgistes font pivoter l’ensemble de l’appareil de J 80“ environ autour d’un axe.
- Pendant le basculage, la surface métallique pâteuse s’étend comme un caoutchouc très mince et la masse en fusion .s’écoule doucement de la poche de. coulée dans lés : 4 cases de la lingotière. Les schémas (Lig. 1 A.; B, -G) et la ligure 4- rendent
- exactement compte des diverses manœuvres effectuées au cours du basculage.. Comme on le voit-, la surface du bronze liquide conserve l’horizontalité pendant toute l’opération. L’alliage occupe, simplement et sans le moindre heurt, des positions successives jusqu’à son arrivée dans la lingotière où il sc solidifie. Son passage de l’une à l’autre s’accomplit tranquillement et très régulièrement malgré la rapidité de la coulée.
- Dès que la solidification des lingots est opérée, un système d’accrochage permet de démouler aisément et d’un seul coup, les 4 plaques de bronze d’aluminium (fig. 5). On les couche, encore incandescentes, sur le sol de la fonderie. À ce moment, un homme casse au marteau les bavures qui, ayant adhéré à la poche pendant la coulée, maintiennent ces 4 plaques entre elles. Quand elles sont refroidies. on les emporte à l’atelier d'é-barbage où on scie les têtes de chacune d’elles afin de leur donner meilleur aspect. Notons, en outre, qu’à chaque coulée, on prend des éprouvettes aux fins d’analyse, car la Monnaie n’accorde pas grande tolérance sur la composition de l’alliage.
- Finalement, le bronze d’aluminium sort de l’usine de Mouy-Bury sous forme de plateaux rectangulaires (11g. 6) pesant chacun 60 à 70 kg et qu’on expédie chez divers lamineurs: Ceux-ci les transforment en bandes, qu’ils découpent ultérieurement en flans ou rondelles d’épaisseur convenable.
- Les plateaux de bronze d’aluminium doivent subir plusieurs opérations de laminage d’abord à chaud, les dernières passes étant données à
- Fig. 7. — Réception el pesage des pians à leur arrivée à l’Hôtel des Monnaies.
- p.105 - vue 109/620
-
-
-
- 106 : LES JETONS MONETAIRES EN BRONZE D’ALUMINIUM
- Fig. 8. — Salle des balances aulonialiques Schmitt, pour la pesée des jetons monétaires.
- froid, de façon à réaliser des Landes à l’étal écroui.
- L’alliage.offre alors Une 1res grande dureté, nécessaire 'en'" L'occurence.. Sinon, lors du découpage, les flans au. lieu d’offrir une surface plane seraient bombés comme un verre de montre.
- Chez, la plupart des fabricants auxquels l'Administration des Monnaies achète les flans en bronze d’aluminium, les lingots passent d’abord dans un premier laminoir, lîliss dit. « de. dégrossissage », qui' leur donne approximativement l’épaisseur désirée. On fait ensuite repasser les bandes ainsi aplaties dans le.laminoir de finissage. Cette machine, munie d’un dispositif de. réglage très précis, possède dés rouleaux en fonte trempée extra-dure; elle fournit un ruban métallique d’une épaisseur uniforme et d’une parfaite homogénéiLé, d'où on tirera ultérieurement' des pièces de poids voulu-
- Mais à leur sortie du laminoir de finissage, les bandes d’aluminium ont des longueurs différentes et surtout des extrémités très irrégulières. On rogne donc ces dernières, à l’aide d’une presse Sliles à engrenages.
- Quelques lamineurs, en plus de cette opération de rognage, sectionnent les bandes en deux avant de les porter au four à recuire.
- Après quoi, les bandes sont découpées à la presse Bliss en flans de la grandeur requise. Puis comme ces laminages et cisaillages successifs ont trop durci le métal, on l’adoucit par un recuit, prolongé vers 850°. Pour cela, on introduit les flans par le petit côté d’un four à moufle, chauffé d’ordinaire par des brûleurs à gaz.
- Les flans se recuisent en cheminant lentement dans les spires du moufle
- et tombent à l’autre extrémité, du four dans un chariot.
- A ce moment, ils subissent un nettoyage sommaire avant de passer dans une machine spéciale, destinée à refouler et à épaissir leur bord préalablement à la frappe. Grâce à deux tubes d’alimentation et à deux disques de refoulement, cette ma chine travaille, à raison de 400 à 500 flans par minute ; entre autres organes perfectionnés, elle porte un dispositif à friction qui provoque instantanément son arrêt, au cas où un flan imparfait et par suite capable de fausser un des rouages, se présenterait aux disques de refoulement. L’ouvrier peut ainsi retirer la pièce défectueuse et continuer sa besogne sans crainte d’avaries à sa machine.
- Les [flans, recuits et cordonnés sur leurs bords ne sont pas encore dignes
- ____ri .1, faut les nettoyer'à.nouveau, en les
- plongeant pendant un très court instant dans un bain d’acide azotique pur. Cet avivage leur donne une jolie patine dorée et les . lamineurs peuvent maintenant les livrer à l'administration des Monnaies.
- 'Les flans en bronze d’aluminium arrivent à l'hôtel du quai Conti par sacs de 25 kg. On les vide dans des paniers et dans des seaux, qu’on pèse soigneusement avec une bascule automatique (lig. 7) avant dp les donner aux ateliers de fabrication. On prélève ensuite 100 pièces sur 4000 comme échantillons, dont on vérifie les poids très rapidement au moyen de balances automatiques Schmitt (lig. 8) réunies dans une salle au nombre d’une centaine. Ces ingénieux appareils sont d’une remarquable sensibilité. Les hommes n’ont qu’à mettre chaque lot de 100 jetons dans une goulotte,
- p.106 - vue 110/620
-
-
-
- 107
- LES JETONS MONETAIRES EN BRONZE D’ALUMINIUM
- puis un levier les pousse successivement sur le plateau et les rejette latéralement, un à un, dans l’une des trois boites placées sous le bâti des balances. Si le flan est trop léger, le fléau se soulève et il tombe dans la première caisse; quand il est trop lourd, l’intelligente machine le verse dans la seconde et enfin lorsqu’il possède le poids normal, elle le dirige vers la troisième.
- Les bons jetons passent alors au comptage (fig. !)). Là des ouvriers les étalent sur des planches rainées, qui peuvent en contenir 100 chacune. A l’aide de ce primitif appareil, ils les comptent très
- leur confèrent leur valeur nominale. Chacune de ces machines comprime, les llans entre deux coins d’acier portant les effigies voulues : l’un le Mercure de Homard avec les mots « Commerce et Industrie » et le millésime de la frappe; l’autre la devise « Chambres de Commerce de France » et les indications de leurs valeurs fiduciaires. « Bon pour 2 francs, 1 franc pu 50 centimes ». Un dispositif d’amenage automatique à pinces fait avancer successivement., sous les poinçons, les flans que l’ouvrier a soin d’empiler au préalable dans un tube en cuivre situé à peu . près au milieu de la machine.
- F/if. 70. —• Nouvelle, fresse Bliss pour la frappe, des jetons à la Monnaie.
- vite, puis les déversent dans des mannes d’osier. Celles-ci sont ensuite pesées à nouveau, avant la frappe.
- Entre temps, le laboratoire-do la Monnaie prélève, ; sur chaque lot, quelques flans pour les analyser, j Cette opération s’exécute en électrolvsant l’alliage. L’appareil employé se compose de 20 fioles, contenant chacune. I gramme, d’alliage dissous-dans-un acide ' approprié . et au travers desquelles on fait, passer le meme courant électrique pendant un certain, temps. Après quoi, on n’a plus qu’à peser le cuivre pur, déposé .sur chaque anode' pour titrer le bronze correspondant.
- Après tous ces, pesages, , vérifications-et- essais, ; les flans peuvent passer à, Fàteliér de frappe où-des I presses Bliss à volant (fig. 10), spécialement étudiées pour leur monnayage automatique et rapide,
- Une fois la piécette estampée, un mécanisme ingénieux l’éjecte dans un autre conduit, qu’on aperçoit à l’extrémité inférieure de la presse à proximité du panier en vannerie, destiné à recueillir les jetons frappés.
- De la sorte, le travail s’cffeeluc sans arrêt. La .besogne de-l'homme, préposé à la conduite de la machine, consiste à alimenter constamment le tube dedescente des flans. En outre si, par hasard, un de ces derniers se présentait mal sous les coins, il n’a pas à s’inquiéter, car la presse s’arrête aussitôt et- les pinces d’amenage pas plus que les poinçons ne se trouvent endommagés. Aussi, grâce à ces presses perfectionnées, dont chacune frappe environ 100 piécettes à la minute, il sort actuellement de la Monnaie une moyenne de 500 000 jetons en bronze d’aluminium par jour et bientôt un atelier.
- p.107 - vue 111/620
-
-
-
- 108
- RÉACTIONS RÉVERSIBLES DU HAUT FOURNEAU
- qu’on aménage à Yincennes, doublera cette production.
- Mais avant de livrer à la circulation les jetons monétaires, on leur l'ait encore subir un certain nombre d’épreuves. D’abord ils repassent tous sur le plateau de l’une des 100 balances automatiques Schmitt. On examine ensuite ceux déclarés bons, quant au poids, pour se rendre compte s’ils ne présentent pas des irrégularités de frappe. Les gens, chargés de cette vérification, disposent les jetons par 100, sur un carton perforé, puis après avoir examiné l’une des faces des piécettes, ils retournent leur tableau pour en regarder l’envers, éliminant, chaque fois, les monnaies défectueuses.
- Enfin, après quelques ultimes formalités admi-
- nistratives, les jetons monétaires sont mis en sacs et portés à la banque de France, qui les livre au public. Puissent-ils bientôt être assez nombreux pour remplacer la totalité de nos crasseux petits billets! On peut espérer, du reste, qu’ils fourniront une « brillante a carrière, car vu les difficultés de-préparation du bronze d’aluminium, les soins que réclament les laminages successifs, les délicates opérations de l’avivage et la puissances des presses nécessaires pour frapper un alliage aussi dur, ils resteront sans doute à l’abri des contrefaçons comme nous le faisions déjà remarquer au début de cet article, tandis que leur propreté, la beauté et la solidité de leur couleur leur vaudront longtemps de chauds partisans. Jacques Boyi-p
- REACTIONS REVERSIBLES DU HAUT FOURNEAU
- Les livres élémentaires de pression que les réactions
- chimie donnent Tim-réversihles sont excep-
- rai, le fondant de la gangue du minerai et du coke. À la partie inférieure, débouchent les tuyères par tionnelles, alors que, dans les traitements que nous lesquelles arrive de l’air ; au-dessous des tuyères se devons faire subir trouve le. creuset
- Coke te) + fondant (COaCa)+minerait Fcg03Si02.AI£03)
- Oxyde ferrique
- Fee03
- Air (02*tAzz)
- aux composes naturels, pour en extraire les métaux, les acides, les sels utilisables, nous rencontrons à chaque instant des équilibres chimiques qui limitent le rendement des opérations.
- Au point dé vue-industriel, il est de la plus haute importance de connaître les conditions de ces rendements. Les lois des équilibres chimiques permettent dé les établir; aussi depuis leur découverte nous assistons à une transformation rapide de l’industrie minérale.
- L’industrie métallurgique, en particulier, pose un grand nombre de problèmes. Nous montrerons dans cet article la complexité des phénomènes d’équilibres dans le haut fourneau, et comment, en étudiant une à une les différentes réactions au laboratoire, on est arrivé à se rendre compte des conditions réglant la marche de la réduction des oxydes de fer.
- Tout le monde sait que le haut fourneau se compose d’une cuve en forme de double cône, dans laquelle on introduit par couches alternées.,.le mine-
- Az?CO.CO\ (Mélange de gaz combustible envoyé dans les récupéra-teurs de chaleur ou dans les moteurs à explosion
- 3Fez03 + C0 =* 2 Fe30<-t CO2 ( A)
- Fe30* +4C0 5=± 3 Fe + VCO2 (B)
- Fe30* + CO 5=i 3FeO+COe (C>
- FeO+CO 5=t Fe + CO2 CD)
- 2CO 3=* C+CO2 < E)
- 3 Fe + ZCO
- tCémentite)
- **Fe3C+CQ2<F)
- Fig. J.
- dans lequel viennent s’accumuler la fonte liquide et le laitier fondu.
- La succession des phénomènes chimiques se passant dans le haut fourneau est connue depuis les études du métallurgiste anglais Sir L o w t h i a n Bell.
- Il avait transformé l’un de ses hauts fourneaux en appareil d’études, en ménageant sur toute la hauteur des ouvertures permettant de faire
- des prises de gaz et de matières solides.
- À la partie inférieure, aux tuyères, se produit la combustion du carbone avec excès d’air, donc formation d’dnhydride carbonique (CO2) ; mais à une faible distânee. tout le gaz C02 est transformé, par le carbone eh excès, en oxyde de carbone C0. Ce gaz monte dans le haut fourneau, où il réduit les oxydes de fer; de plus cet oxyde de carbone, dans les parties supérieures du haut fourneau se dissocie en carbone pulvérulent et gaz carbonique.
- Sur le dessin (fîg. 1) nous représentons les différentes transformations des matières introduites dans l’appareil ; les gaz cheminent du bas vers le
- ( Laitiers (sih'co.aluminates de chaux )
- ^ (Fonte (Alliage de fer et cémentite Fe3C)
- Les transformations qui s’accomplissent dans le haut fourneau.
- p.108 - vue 112/620
-
-
-
- 109
- RÉACTIONS RÉVERSIBLES DU HAUT FOURNEAU
- Fig. 2. — Dispositif d'étude des réactions FeO -j- CO.
- haut tandis que les matières solides descendent vers les zones de plus en plus chaudes et disparaissent par fusion dans le creuset.
- Nous voyons, en ne considérant que les réactions intéressant la réduction des oxydes de fer, que nous sommes en présence d’un grand nombre de phénomènes se passant souvent simultanément. Dans les laboratoires, on s’est efforcé à les étudier séparément, de façon à voir les conditions de chaque réaction élémentaire.
- Par exemple, soit à mesurer les équilibres produits par l’action de l’anhydride carbonique sur le fer, suivant la réaction :
- Fe-F-CO2 £ FeO 4-CO.
- Nous mettons du fer et de l’anhydride carbonique
- .1000° '
- 10 10 30 W 50 60 70 80 90 100% CO
- Fig. 3. — Diagramme des réactions.
- dans une enceinte à température constante. Au bout d’un certain temps, nous effectuons l’analyse du mélange gazeux qui donnera une certaine proportion d’oxyde de carbone. On fera ainsi des analyses après des temps tv fs, t-, et nous trouverons des compositions xx, x%, x5. Après un certain temps, l’équilibre sera atteint, le fer ne sera plus oxydé par l’anhydride carbonique et les analyses donneront alors des résultats constants.
- Pour vérifier si l’on est bien arrivé à l’équilibre, on fera l’opération inverse : on chauffera l’oxyde de fer FeO avec de l’oxyde de carbone, et après un certain temps, à la même température, on devra retrouver la meme composition du mélange CO, CO2. C’est-à-dire, que pour chaque température il y a une composition du mélange d’oxyde de carbone et d’anhydrique carbonique qui n’oxyde pas le fer et ne réduit pas le protoxyde.On dit alors que ce mélange gazeux est en équilibre avec les corps solides fer et protoxyde de fer pour.la température des mesures.
- Nous indiquerons un dispositif ayant servi aux éludes récentes (l) faites sur ces équilibres.Ce dispositif permet de suivre d’une manière continue la marche des réactions, de façon à effectuer les mesures au moment où les réactions sont pratiquement arrêtées.
- Dans la figure 2 on voit à droite, dans un four électrique à résistance, un tube dans lequel on plaçait les oxydes. On se servait d’un four électrique à résistance parce qu’il est facile ainsi de maintenir le tube à température constante. Ce tube était rempli d’oxyde de carbone qui réagissait sur les oxydes de fer. Le mélange de gaz était aspiré par une chute de mercure et ces gaz se dégageaient sous
- 1. Etude des réactions réversibles de Vhydrogène et de l’oxyde de carbone sur les oxydes métalliques, par G. Ciiau-dhon. Thèse de doctoral.' Mussou, éditeur, 1921. •
- p.109 - vue 113/620
-
-
-
- 110
- LA GREFFE HÉTÉROGÈNE CHEZ LES ANCIENS
- une cloche en communication avec le tube d’un réfractomètre interférentiel. Ensuite les gaz revenaient dans le tube laboratoire ; ils parcouraient donc un circuit de façon à pouvoir les analyser au passage dans le tube du réfractomètre.
- On sait en quoi consiste ce réfractomètre : ce sont deux tubes accolés fermés par des glaces à lames parallèles, l’un contient le mélange des gaz à analyser, l’autre contient de l’air.
- On fait interférer deux rayons lumineux ayant traversé les cuves, le déplacement des franges d’interférence donne l’indice du mélange de gaz et par suite sa composition. Les gaz dans les deux tubes sont à la même pression et h la meme température.
- Par cette méthode furent étudiées les différentes réactions dont les résultats sont résumés dans le diagramme de la ligure 5.
- Chaque réaction est caractérisée par une courbe sur ce diagramme. Les températures sont indiquées en ordonnées et les compositions des mélanges gazeux en équilibre avec les solides, en aheisses.
- Ainsi nous voyons les réactions possibles aux différentes hauteurs dans le liant fourneau, la courbe marquée K indique les compositions du mélange gazeux mesurées au haut fourneau.
- Par suite de l’ascension trop rapide des gaz, cette courbe ne suit pas les courbes d’équilibre.
- Le point correspondant à la sortie des gaz est voisin de 50 pour 100, c’est l’indice de marche du
- haut fourneau, il permettra de suivre la marche d’une opération.
- Les gaz sortant de la partie supérieure du haut fourneau sont encore à une température élevée et ils contiennent, d’après ce que nous venons de dire, une forte proportion d’oxyde de carbone, d’où une certaine quantité de chaleur inutilisée. Souvent on s’était posé la question de savoir s’il ne serait pas possible de prolonger le contact des gaz avec le minerai et l’on s’appliquait à augmenter les dimensions du haut fourneau pour atteindre ce but. Tous ces essais fort coûteux furent négatifs.
- La courbe en S, sur le diagramme, correspond à l’équation
- 2C0-Ch-C02 + 0
- or cette dissociation dégage de la chaleur, les gaz sortiront donc toujours sensiblement à la même température et par suite les compositions du mélange gazeux seront toujours les mêmes.
- Nous n’avons pas parlé dans ces quelques ligues des phénomènes d’équilibres des autres réactions très importantes se passant dans le haut fourneau; la dissociation du carbonate de chaux, l’action de la vapeur d’eau sur les oxydes de fer, la formation des laitiers, les réactions de carburation du fer, les réactions d’affinage. Tous ces phénomènes posent aux physico-chimistes un grand nombre de problèmes à résoudre du plus haut intérêt pratique.
- Chaudron.
- Sous-Directeur de Laboratoire au Collège de France.
- LA GREFFE HÉTÉROGÈNE CHEZ LES ANCIENS
- Bien qu’on .ait écrit que l’art de la greffe se perdait dans la nuit des temps et que les Phéniciens Payaient pratiqué, il semble que les anciens auteurs grecs ne l’ont pas connu. Homère et Hésiode (IX0 siècle avant Jésus-Christ) n’en disent rien. Ce fut après eux que les Grecs ont greffé la vigne, seule greffe qui parait avoir été longtemps en usage.
- « L’art de la greffe, écrit Lucrèce (Ier-siècle de notre ère) dans le De Natura rerum fut révélé à l’homme par la Nature qui, environnant les arbres de baies et de graines, les changeait au retour de la saison nouvelle en une foule d’arbrisseaux. Guidé par cet exemple, on inséra dans la fente d’un jeune arbre une branche étrangère qui se nourrit sur le tronc adoptif. Ainsi, chaque jour l’homme tenta de soumettre le sol à de fertiles et douces conquêtes. )) (De Natura rerum, Livre V. vers 1565 et sq.). Théophraste, Pline et Macrobe attribuent la greffe au hasard ou au dieu Saturne (Macrobe, Satur. I, 17), ce qui indique que son auteur leur était inconnu.
- La greffe hétérogène dont on fait aujourd’hui tant d’essais était déjà pratiquée par les Anciens. Pline, qui au premier siècle, de. notre ère a écrit une Histoire naturelle en 57 volumes, véritable encyclopédie de la science de son époque, cite les faits suivants : (( Depuis longtemps, la culture des fruits a été portée au plus haut point par les nombreuses expériences de l’homme.
- Virgile atteste que, de son temps, on greffait le noyer sur l’arbousier, le pommier sur le platane et le cerisier sur l’orme. Que peut-on imaginer de plus? » Pline, liist. nul., Livre XY, chap. 17). Nous lisons, en effet, dans Virgile (Géorgiques II, 69) :
- (( Inseritur vero et nucis arbulus horricla fétu;
- Et stériles platini malos gessere valentes;
- Castaneæ fagus, ornusque incanuit albo.
- Flore piri; glandemque sues fregere sub uimis ».
- Au livre XVII, chap, 26, Pline déclare que (( de tous les arbres, le plus apte à recevoir toute espèce de greffes est le platane, ensuite vient le. chêne, mais, ajoute-t-il, tous deux détériorent le goût des fruits. »
- Au chap. 28, il écrit « De peur de la foudre, on n’ose greffer le mûrier sur l’orme. »
- Columelle, que nous citerons plus loin, indique aussi un certain nombre de greffes que l’on peut faire sans scrupule. Il dit « sans scrupule » par allusion à une croyance de son temps.
- A Rome, en effet, c’était offenser les dieux que de greffer sur certains arbres certaines espèces de fruits. Ainsi il n’était pas permis de placer une greffe sur l’aubépine « parce qu’il serait difficile d’en écarter la foudre et que d’un seul coup il se formerait autant de foudres qu’il y aurait d’arbres entés ainsi», écrit Pline au livre NV, chap. 17. C’était une des mille superstitions du
- p.110 - vue 114/620
-
-
-
- 111
- LE CLOISONNÉ CHINOIS
- paganisme. Au chap. 26 du livre XVII, Pline décrit une greffe multiple. Peut-être ne serait-elle que le rapprochement de divers pieds des espèces indiquées, nous dit un de ses commentateurs de 1851, M. Fée, qui ne croit pas d’ailleurs à la possibilité de la greffe hétérogène : « j’ai vu, écrit Pline, près de Tullies de Tibur, un arbre enté selon toutes les méthodes que je viens de décrire et chargé de toutes sortes'de fruits : une branche portait des noix, une autre des baies, d’autres des raisins, des figues, des poires, des grenades et diverses espèces de pomme, mais cet arbre ne vécut pas longtemps. Au reste, conclut-il, toutes nos tentatives n’imitent qu’impar--l’aitement la nature. ».
- Un célèbre agronome du règne de Néron, Columelle, qui nous a laissé un très intéressant traité sur l’agriculture (De Re rustica), déclare lui aussi que la greffe hétérogène n’est pas un fait isolé et rare. 11 donne même au livre V, chap. XI les règles à observer pour réussir toutes les greffes hétérogènes : « On' peut, dit-il, enter toute espèce d’arbres pourvu que la greffe ne diffère point par son écorce de l’arbre sur lequel on l’insère; on peut aussi greffer l’un sur l’autre avec succès et sans scrupule les arbres qui donnent un fruit semblable et mûrissent à la même époque. » Le terme « sans scrupule » fait allusion à la croyance que nous avons rappelée plus haut.
- Plus loin il insiste encore sur la possibilité de faire toutes les greffes hétérogènes : « Comme les anciens, écrit-il, ont contesté la possibilité de faire prospérer toutes sortes de greffes sur toute espèce d’arbres et. qu’ils ont sanctionné comme une espèce de loi cette règle que nous avons déterminée un peu plus haut que la seule greffe qui puisse réussir est celle qui ressemble pour l’écorce, le liber et le fruit aux arbres qui la
- reçoivent, nous avons pensé qu’il fallait dissiper l’erreur de cette opinion et donner à nos descendants la méthode qui rend possible sur toute espèce d’arbres, toute espèce de greffes. Pour ne pas fatiguer le lecteur par un trop long préambule, nous allons lui donner comme exemple le moyen de pratiquer cette opération sur tous les arbres en général.
- « Creusez une fosse de quatre pieds en tous sens à distance telle d’un olivier que les extrémités de ses branches puissent y atteindre. Plantez dans cette fosse un jeune liguier que vous aurez soin de choisir vigoureux et franc. Après trois ans, quand il aura pris assez d’accroissement, courbez un rameau d’olivier de belle venue et liez-le au pied du figuier; retranchez ensuite tous les autres jets et conservez seulement les rameaux que vous destinez à la greffe. Etêtez alors le' figuier, polissez la plaie, et, au moyen d’un coin, fendez cet arbre au milieu. Raclez des deux côtés les rameaux de l’olivier et, sans les détacher de la tige-mère, insérez-les dans la fente du figuier, ôtez le coin et liez avec soin ces rameaux afin qu’aucune force ne les déplace.
- « Ainsi pendant trois ans le figuier croîtra avec l’olivier et enfin à la quatrième année, quand leur union sera complète, vous séparerez les rameaux d’olivier du tronc maternel comme on le fait pour le marcottage. Par ce procédé vous grefferez toute espèce cl’arbre sur quelque autre espèce' que ce puisse être. »
- L’assertion’ de Columelle nous parait exagérée dans sa généralité, mais il est intéressant de constater que la greffe hétérogène n’est pas d’origine récente.
- Ces bons anciens, nos maîtres en littérature, peuvent ainsi réclamer un droit de" priorité .même pour nos
- greffes hétérogènes.
- Abbé L. Parcot,
- licencie ès sciences.
- LE CLOISONNÉ CHINOIS
- L’art chinois est très .apprécié en France et les vieux cloisonnés y sont très recherchés des amateurs.
- La méthode de fabrication de ces émaux n’a guère varié depuis des siècles et l’atelier d’un maître cloisonneur de Pékin, aujourd’hui, est sensiblement pareil à celui d’un artiste du.xve siècle, Mais l’art s’est industrialisé. Le Chinois exporte pas mal de cloisonnés, les produit en série et les fabriques s’en tiennent à un nombre assez limité de types, connue formes cl comme décors.
- En considérant un cloisonné, un Européen est toujours un peu surpris et se demande comment une. intelligence humaine a pu concevoir l’art, sous des formes aussi compliquées et aussi , minutieuses. Et pourtant, ce vase ou ce brûle-parfum, couvert de minces cloisons dorées, qui limitent des alvéoles nombreux, irréguliers, harmonieusement enchevêtrés, a nécessité, peut-être, plus de patience que d’art véritable. Patience, agilité des doigts, sûreté de mains sont les qualités requises chez le cloisonneur. Il n’est guère qu’un copiste en fil de cuivre et émaux polychromes.
- Pour faire un cloisonné, il faut d’abord un modèle, dessiné sur papier, puis un support pour les cloisons, des cloisons et de l’émail pour garnir les alvéoles qu’elles déterminent et enfin du feu.
- Le support est en cuivre rouge : un vase, un brûle-parfum, un plateau, etc. Le plus souvent, un léger trait de burin esquisse, à sa surface, les sinuosités des cloisons. Celles-ci sont faites de petites lames de cuivre rouge, épaisses d’un quart de millimétré,' hautes de un millimètre, très malléables et pouvant se plier à toutes les fantaisies de l’agilité des doigts souples et fuselés de' l’ouvrier, dont l’instrumentation est faite d’une pince line à longs mors et d’une paire de ciseaux. S’inspirant du dessin placé sous ses yeux ou des tracés déjà portés sur le vase de cuivre, il incurve ses fils, les coupe de dimension et les colle par leur tranche, en suivant les'mouvements du dessin.
- Les fils de cuivre, sommairement fixés avec une colle végétale, sont ensuite intimement unis au support par une soudure à l'argent. Le procédé utilisé est très'vieux'. Toute la pièce est saupoudrée d’un mélange pulvérulent d’argent, d’un peu de
- p.111 - vue 115/620
-
-
-
- 112
- LE CLOISONNÉ CHINOIS
- cuivre el de borax, puis portée à haute température dans un moufle. L’argent et le enivre pulvérulents entrent en fusion et se répandent en couche mince sur toutes les parties à souder. Au sortir du moufle, la pièce est décapée dans- un bain assez original, fait d'une macération d'abricots tapés, bouillant dans de l’eau et qui agissent par leurs sels de soude et de potasse. La pièce’, bien lavée, paraît
- d’un cylindre en fonte dans'lequel on dispose l’objet à cuire. Ce cylindre est, à son tour, placé au centre d’un simple fourneau à charbon de bois dont l’activité est entretenue, non avec un soufflet, mais à coups d’éventail.
- Après une première cuisson, la pièce paraît quelque chose d’assez informe ;. les cloisons font saillie par plaça1, l’émail s’étant contracté en cui-
- argentée.
- On procède alors au garni.s-sage des alvéoles avec la poudre d’émail.
- Celle-ci s’obtient par pulvérisation de grès silicieux et schisteux , auxquels on mélange des oxydes métalliques pour obtenir les diverses couleurs.
- Ces poudres sont utilisées sous forme de pâtes un peu fluides par addition d’eau de riz un peu é-paisse.
- Ce travail de garnissage e s t fait, le plus sou vent, par un enfant.
- S’inspirant du dessin ou d’un modèle placé devant ses yeux, le jeune artiste puise au moyen d’une microscopique cuillère, les couleurs dans une série de soucoupes et garnit rapidement les alvéoles.
- La pâte déborde souvent de celles-ci; il n’en a cure.
- Le garnissage terminé, beaucoup de cloisons sont masquées par un havage polychrome de pâte d’émail.
- La pièce va maintenant être mise à la cuisson qui vitrifiera la poudre d’émail et lui donnera son homogénéité.
- Cette opération est la seule qui demande un vrai tour de main, car le nioufle employé par les Chinois est très rudimentaire. 11 est formé
- a des défauts : soufflures, craquelures qui seront comblées par de la pâte d’émail, après un premier polissage sommaire à la lime.
- La pièce est remise au moufle et, après cette seconde cuisson, a lieu un nouveau polissage qui montre encore certains petits défauts dans la répartition de l’émail et qui sont aussitôt corrigés et, pour une troisième fois, la pièce est mise à recuire. On procède alors au polissage, définitif, à la pierre ponce d’abord, à la poudre de charbon ensuite.
- Pour être marchand, l’objet n’a plus qu’à subir la dorure des cloisons. Celle-ci se faisait jadis au mercure. Aujourd’hui, cette opération se fait à la pile.
- Dans les cloisonnés primitifs, plus appréciés des Chinois que des amateurs européens, les alvéoles, au lieu d’être formés par des fils dé cuivre très ténus, rapportés puis soudés sur le support, étaient creusés à même la pièce de cuivre. Les cloisons avaient moins de régularité et moins de finesse. Mais le travail en était autrement difficile : c’était le champ levé chinois.
- Pjkrre-A. Matignon, '
- sauf.
- Photos d’une collection de cloisonnés du Lr J.-J. Matignon.
- i. Le support. — 2. Les cloisons après collage. — 3. Les cloisons après soudure à l’argent. — 4. Les cloisons garnies de pâte. — 5, Après la première cuisson. 6. Après la dernière cuisson et polissage.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuius, 9, rue de Fleuras,'à Paris.
- p.112 - vue 116/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2499. -- 1 . ...' - 25 FÉVRIER 1922
- L’ACHÈVEMENT DU TUNNEL DU SIMPLON
- Le tunnel du Simplon, commencé en 1898, a été complètement achevé le 4 décembre 1921. Il comporte deux souterrains parallèles; chacun d’eux devant donner passage à une voie de chemin de fer ; le premier a été achevé en octobre 1905; c’est le second, commencé en 1912, qui vient d’ètre terminé. Ainsi a été menée à bonne lin une des œuvres les plus audacieuses qu’ait tentée l’art de l’ingénieur.
- Le tunnel du Simplon est destiné à assurer le
- tionnelles dont on ne vint à bout que grâce à beaucoup de prudence et à la mise en œuvre de moyens très perfectionnés.
- Le tunnel du Gothard mesure 14 984 m. de long, et l’altitude de son point culminant est 1054 m. Le tunnel de Lotschberg mesure 14 556 m. de long et son altitude maxima est à 1242 m. Le tunnel du Mont-Cenis mesure 12 849 m. de long et son altitude maxima est à 1294 m. 70. Le tunnel de l’Arlberg
- raccordement entre le réseau ferré italien et l’ouest de la Suisse ; il livre en outre passage à une grande voie internationale reliant l’Italie et le Levant au nord de la France et à l’Angleterre;
- Il a son entrée septentrionale en Suisse, à 2 km 5 de Brigue dans la vallée supérieure du Rhône. Il se dirige en ligne droite vers le1 sud-est et débouche dans la vallée italienne de la Divcria, à 1 km. à l’est du village d’fselle. .
- Sa longiieur totale est de 19 825 m., dont 9075 m. sur le territoire suisse et 10 752 sur territoire.italien. L’altitude de son point culminant est 704 m. 70..
- Si on'le compare aux autres grandes percées des Alpes, on constate que le Simplon a la plus grande longueur et la plus faible altitude. C’est le souterrain qui traverse la plus grande, épaisseur de terrains; de là résultèrent des difficultés de construction excep-
- mesure 10240 m. de long et son altitude maxima est à 1510 m.
- Grâce à sa faible altitude, le Simplon a des lignes d’accès sans déclivités excessives; aussi se prète-t-il au passage des convois de fort tonnage ; il est celui des tunnels alpins qui a la plus grande puissance de transport.
- Lorsque la construction du tunnel fut décidée, on s’arrêta au mode d’exécution suivant destiné à tourner les difficultés auxquelles ne manquerait pas de se heurter la ventilation dans un si long souterrain, traversant des régions à température certainement élevée.
- Au lieu d’un souterrain unique à double voie, on se décida à deux tunnels parallèles à simple voie, à une distance de 17 m. d’axe en axe. Les galeries d'avancement devaient marcher de. pair et être re-
- 8. — 115.
- 50’ Année
- 1" Semestre.
- p.113 - vue 117/620
-
-
-
- 114
- = L’ACHEVEMENT DU TUNNEL DU S1MPL0N
- Fig. 2. -- L’entrée nord du Simplon el l'installation ds ventilation.
- liées de 200 m. en 200 m. par des galeries transversales; mais on ne devait tout d’abord excaver complètement qu’une seule des galeries et achever la seconde plus tard lorsque l’accroissement du trafic l’exigerait.
- La seconde galerie devait, pendant la construction, servir de canal de! ventilation, et à vie puissants ventilateurs, débiter dans les chantiers les énormes quantités d’air nécessaires non seulement pour renouveler l’air respirable, mais surtout pour le maintenir à une le mpéra turc supportable.
- Le système de la double galerie eut en outre l'avantage de fa-cibler et de simplifier l’évacuation des déblais et celle des eaux.
- De grandes difficultés se présentèrent au cours des travaux : la température s’est élevée jusqu’à 56° G. Des sources à fort débit, et parfois à haute température ont jailli au moment où l’on s’y attendait le moins. Gà et là des couches de roches'soumises à une pression formidable barraient le chemin. Ailleurs des pans de rochers éclataient.
- Le premier tunnel exécuté par l’entreprise Brandt-Brandau et Cie était achevé en 1905; en 1911, les chemins de fer fédéraux suisses décidèrent d’entreprendre la construction du second en transformant la galerie, de service en souterrain identique au premier. Cette décision s’imposait non seulement pour faire face à l’augmentation du trafic, mais encore pour assurer la conservation du tunnel déjà construit, dont la solidité aurait pu être à la longue compromise par le voisinage de la cavité formée par la galerie de service non maçonnée. Il y avait lieu de craindre de dangereux mouvements de terrains, sus-
- ceptibles de détruire la galerie et d’endommager le tunnel. Déjà en certains points, des mouvements inquiétants s’étaient produits. Le travail entrepris en régie commença fin décembre 1912 sur le côté nord, en mars 1915 du côté sud. On utilisa en partie le matériel qui avait servi à la construction du premier tunnel en le complétant par du matériel plus moderne et à.plus grand rendement : perforatrices rotatives hydrauliques, marteaux à air comprimé, locomotives à air comprimé ou à accumulateur pour l’enlèvement des déblais, ventilateurs puissants.
- La guerre mondiale, éclatant en août 1914, provoqua immédiatement la mobilisation générale en Suisse, puis en mai 1915 l’entrée en guerre de l’Italie. Ges événements apportèrent au .programme des travaux les plus graves bouleversements : d’abord un ralentissement général dû à la pénurie de main-d’œuvre; puis fin mars 1917, il fallut se résoudre à suspendre le travail sur le chantier sud, du côté italien, à démolir et vendre les installations et à poursuivre le percement uniquement par le côté suisse ;
- à ce moment le tunnel était construit sur urte longueur de 8178 métrés à partir de l’entrée sud.
- Sur le chantier nord, l’avancement, retardé par la pénurie croissante de personnel et la raréfaction des matériaux, se poursuivait lentement. En mai 1918, eeito section était enfin achevée; on essaya alors de reprendre l’avancement sur le chantier sud et 400 m. de tunnel furent construits, mais en juillet 1918 il fallut à nouveau y renoncer ; le travail fut alors interrompu complètement; il restait 1800 m. de tunnel à achever. En juin 1919, le passage des frontières étant devenu plus aisé, on se
- Fig. 4. — Posle de signaux, au milieu du tunnel, à 9ooo m. du portail sud et 2000 m. sous terre.
- Fig. 3. — Station d’évitement et poste de bloc au milieu du tunnel.
- p.114 - vue 118/620
-
-
-
- UN MOTEUR D’AUTOMOBILE A HUILE LOURDE
- remit à latiiche; on réorganisa les chantiers, on renouvela en partie le matériel de perforation et, le 4 décembre 1921, l’on procédait enfin à la pose delà dernière clef de voûte.
- A côté des difficultés dues à la période agitée pendant laquelle s’effectuait la construction, on eut à vaincre de sérieuses difficultés techniques, du meme ordre que celles rencontrées pendant l’exécution du premier tunnel, mais aggravées encore par la proximité de celui-ci dont la solidité pouvait être mise à l’épreuve par les mouvements de terrain que provoquait l'excavation du tunnel voisin. Grâce à des méthodes de travail prudentes et judicieusement adaptées à la nature des roches traversées, grâce à de solides cuirassements d’aciers appliqués aux endroits dangereux, on en vint à bout. Le premier tunnel n’aura besoin que de quelques réparations, en somme peu importantes.
- Parmi les incidents survenus, signalons de fréquents éclatements de rochers : des morceaux de roc en forme de coquilles et de grandeur variable se
- 115
- détachaient subitement de la roche saine, avec un bruit d’explosion et étaient projetés avec une grande violence à l’intérieur de la galerie. Il fallut, bien entendu, prendre des mesures de précaution pour protéger les ouvriers. Dans les mêmes parcours où l’on eut à noter ces explosions, on constata fréquemment des secousses analogues à des tremblements de terre. Ces secousses provoquèrent des déformations et des fissures dans la maçonnerie du premier tunnel. ' \
- Signalons également l’emploi systématique des injections de ciment liquide à l’aide de l’air comprimé soit pour aveugler autant que possible les fissures du rocher dans les parties très crevassées, soit pour consolider les portions ébranlées de la maçonnerie du premier tunnel.
- La Direction des chemins de fer fédéraux suisses, justement fîère de l’œuvre qu’elle vient de mener ainsi à bonne fin, contre vents et marées, l’a exposée fort clairement dans une jolie brochure récemment publiée à Neuchâtel. Nous en avons extrait les détails qui précèdent. IL Vu,cens.
- UN MOTEUR D’AUTOMOBILE A HUILE LOURDE
- Le moteur PEUGEOT
- Le dernier Salon de l'Automobile offrait à ses visiteurs une remarquable vue d’ensemble de toute l’industrie automobile et des progrès qu’elle a réalisés depuis la guerre. Parmi ces progrès, il convient de faire deux parts : dans la première se rangent ceux qui améliorent le fonctionnement de l’automobile et plus particulièrement de son moteur sans modifier le principe des solutions adoptées depuis plusieurs années déjà. Dans la deuxième se rangent, ceux qui ne visent à rien moins qu’à apporter une transformation importante dans les principes mêmes sur lesquels sont fondées les conceptions des constructeurs d’automobiles.
- Cette deuxième catégorie de progrès est assurément la plus intéressante : c’est de l’un d’eux que nous voulons parler ici, de celui qui est réalisé par le moteur d’automobile à huile lourde qu’exposaient les établissements Peugeot.
- Nous allons successivement énoncer le problème que ce moteur s’esl proposé de résoudre et indiquer les dispositions pratiques qu’il comporte à cet effet.
- 1. Les combustibles des moteurs d’automobiles.
- Depuis plus d’un quart de siècle que l’industrie automobile construit des moteurs, elle a, à la lumière de l’expérience, perfectionné la plupart île ses organes mécaniques et jusqu’à la conception thermodynamique de son fonctionnement. Pourtant un seul élément est resté pratiquement incontesté : c’est la nature du combustible employé, l’essence de pétrole. Sans nier l’importance ni l’intérêt des
- essais qui ont été tentés pour substituer à l’essence soit l’alcool, soit surtout le benzol, il fautreconnaitro qu’ils n’ont pas réussi à lui arracher la suprématie. Ce n’est pas que l’essence soit un combustible parfait : le principal défaut qu’elle a en France réside dans son prix élevé qui est encore à l’heure actuelle de l’ordre de 2 francs par litre. Ceci rend la calorie d’essence environ 15 fois plus coûteuse que la calorie de charbon. L’insuccès relatif du benzol dans sa lutte contre l’essence provient en partie de ce que son prix n’est pas assez inférieur à celui de sa rivale.
- Le nouveau moteur Peugeot substitue à l’essence des combustibles comme le pétrole lampant ou même de préférence le mazout et les huiles végé taies, produits dont la plupart sont au moins quatre lois moins chers que l’essence. Dans, ces conditions la suprématie de l'essence peut être menacée d’une manière sérieuse, d'autant •plus que la consomma-Iion de combustible du" mnfe'ur-.12eugeot parait inférieure à celle des moteurs à essence normaux.
- Sans aller jusqu’à annoncer imprudemment dès maintenant l’élimination de l’essence dans les transports automobiles, il faut reconnaître que le moteur Peugeot constitue une innovation digne de la plus grande attention et devant laquelle s’ouvre Un bel avenir.
- 11. Les moteurs à huile lourde Diesel et semi-Diesel et l’automobile.
- Les moteurs à huile lourde existent de longue date, ce sont les moteurs Diesel et. ceux auxquels
- p.115 - vue 119/620
-
-
-
- 116 ........UN MOTEUR D’AUTOMOBILE A HUILE LOURDE
- les constructeurs continuent, malgré les polémiques, à donner le nom de moteurs semi-Diesel. Ces types de moteurs sont fort répandus dans la marine de commerce, dans la marine de guerre, sur les sous-marins, et dans un grand nombre d’installations à terre. Certaines tentatives ont été faites pour les employer à la propulsion des locomotives, mais ils n’ônt jamais été adaptés à celle des automobiles, malgré les nombreux avantages qu’ils présentent.
- La cause de ce dernier fait doit être presque exclusivement recherchée dans leurs poids élevé : le poids des deux types de moteurs tant Diesel que semi-Diesel de puissance modeste (20 à 60 HP effectifs correspondant à une puissance fiscale de 10 à 20 HP) ne descend pas beaucoup au-dessous de 100 kg. par cheval. Ce poids n’offre pas d’inconvénients dans les installations à terre, ni généralement dans la marine de commerce. Sur les sous-marins, où tout est calculé pour économiser la place et par conséquent le tonnage, il n’en est plus de même.
- Aussi les moteurs Diesel pour sous-ma-rins sont-ils allégés dans toute la mesure du possible, et, pour les unités puissantes (5000 HP) les constructeurs sont parvenus à réduire le poids à une trentaine dè kg par cheval. Sur les automobiles, un tel poids est encore absolument prohibitif. Un moteur Diesel ou semi-Diesel de 15 HP fiscaux pèserait dans ces conditions au moins aussi lourd qu’un camion ordinaire en ordre de marche. Le poids des moLeurs d’automobiles à essence est de l’ordre de 5 kg par cheval indiqué.
- On voit quel gain de poids considérable il fallait réaliser dans la construction des moteurs à huile lourde pour les adapter aux voilures automobiles.
- ]]]. Les traits principaux du moteur Peugeot.
- La vitesse de rotation des moteurs Diesel ou semi-Diesel est actuellement de l’ordre de 250 tours par minute. Le moteur Peugeot à huile lourde est du type dit semi-Diesel, mais il a été organisé de manière à tourner à une vitesse beaucoup plus grande et c’est là son caractère fondamental ; les moteurs réalisés tournent déjà à une vitesse maxima de 1200 tours, ce qui correspond à une vitesse de régime de 1000 tours environ. Les résultats obtenus ont été tels qu’il y a actuellement à l’étude un moteur destiné à tourner à 1600 tours par minute. On conçoit qu’en faisant travailler le même cylindre 6 fois plus souvent que dans les moteurs à huile' lourde ordinaires, on parvienne à réaliser des
- moteurs qui soient, de ce seul fait, environ 6 fois plus légers.
- Il s’en faut d’ailleurs que cet' accroissement considérable de la vitesse de rotation soit chose aisée à réaliser. Le moteur construit par les établissements Peugeot a été étudié et mçs au point par M. Tartrais à qui sont/ducs déjà/de nombreuses inventions fort ingénieuses* ' ^
- La difficulté essentielle qu’il a fallu vaincre a été de provoquer la combustion de l’huile lourde d’une façon complète et dans un temps 6 fois plus court que celui dont on dispose dans les moteurs à huile lourde ordinaires. La difficulté a été encore augmentée par la circonstance suivante : les moteurs-, qu’il voulait construire étant des moteurs automobiles, c’est-à-dire des moteurs de faible puissance, l’inventeur s’est interdit d’employer les procédés perfectionnés mais compliqués comme la pulvérisation par l’air comprimé qui favorisent la combustion dans les moteurs Diesel puissants.
- D’autres difficultés qui, sans être des conséquences du principe même de l’invention, n’ont pas exigé pour cela moins de peine et d’ingéniosité, ont été causées soit par ce fait que le moteur Tartrais est, comme nous le verrons, un moteur à deux temps, soit parce que c’est un moteur d’automobile et qu’il est indispensable, par suite, qu’il se mette en marche instantanément et sans produire aucune fumée.
- IV. Réalisation d’une combustion complète et rapide.
- La résolution de ce problème est une affaire délicate.
- Elle, a déjà préoccupé les constructeurs des moteurs à essence et les difficultés que ceux-ci oui à vaincre sont bien moindres que celles que l’on rencontre dans le cas présent. Au moment où le piston d’un moteur à essence parvient à l’extrémité de sa course de compression, le produit gazeux qui est renfermé dans la chambre d’explosion est un mélange parfaitement homogène et qui était déjà homogène au moment où il a pénétré dans le cylindre. Dans les moteurs Diesel et semi-Diesel, et notamment dans le moteur Peugeot , il n’en est rien. Le piston ne comprime que de l’air pur : à la fin dit temps de compression le mélange reste encore à faire et il est d’autant plus difficile à réaliser que le combustible employé est beaucoup moins volatil que l’essence.
- Quand les constructeurs ont, au cours des dernières années, augmenté la vitesse de rotation des
- Entrée de l'huile lourde
- Fig', i. — Schéma de la pompe à combustible el de la soupape d'injection de l'huile lourde.
- A, pompe à combustible ; U, tuyau amenant l’huile lourde à la soupape d'injection ; C, came commandant le piston plongeur; P, piston plongeur; R, ressort de la soupape d'injection;
- S, soupape d'injection :
- T. tube à bords tranchants, siège de la soupape S.
- p.116 - vue 120/620
-
-
-
- UN MOTEUR D’AUTOMOBILE A HUILE LOURDE- - 117
- moteurs à essence, ils ont observé que l’explosion, généralement regardée jusqu’alors comme pratiquement instantanée, avait en réalité une durée qu’on ne pouvait plus négliger. Dans les cylindres de grandes dimensions, l’explosion provoquée par l’étincelle de la bougie d’allumage n’avait plus le temps de s’étendre ajoute la masse combustible et les gaz dé l'échappement contenaient encore des vapeurs d’essence non brûlées. Le fait était particulièrement sensible dans les moteurs d’aviation dont les cylindres étaient parfois assez volumineux pour développer une puissance de 50 chevaux. Le remède consista à employer 2 bougies d’allumage au lieu d’une : l’explosion en se propageant à partir de 2 points envahit plus rapidement toute la masse. Le gain de puissance ainsi réalisé dans les moteurs d’aviation est de 5 à 10 pour 100.
- Les considérations précédentes montrent- combien il devait être délicat de provoquer la combustion complète de produits beaucoup moins inilammables que l’essence comme le sont les huiles lourdes, dans un moteur semi-Diesel à grande vitesse du type du moteur Peugeot. M. Tartrais y est parvenu d’une part en créant un pulvérisateur efficace, d’autre part en provoquant un brassage violent et méthodique des gouttelettes avec l’air de combustion.
- a) Le pulvérisateur. — Cet appareil joue le même rôle que l’aiguille d’injection des moteurs Diesel. Il projette l’huile lourde dans la chambre de combustion remplie d’air comprimé en la divisant en gouttelettes extrêmement fines. Il est naturellement fixé dans la culasse. Il se compose essentiellement, comme le montre la figure 1, d’une soupape S appuyée sur un tube à bords tranchants T qui joue le rôle de siège, au moyen d’un ressort R et de la pression des gaz du cylindre. Il diffère de l’aiguille d’injection des Diesel par son mode de fonctionnement : Dans les moteurs Diesel, l’huile pour pénétrer dans le cylindre en vainquant la pression élevée qui Y règne (55 kg par cm2 environ) est poussée par de l’air comprimé à haute pression (50 à 80 kg par centimètre carré). La production de cet air comprimé exige l’adjonction au moteur d’un compresseur spécial. Le moteur Peugeot a évité cette complication de construction. k
- La pulvérisation s’obtient en faisant gicler l’huile lourde, sous l’action d’une forte pression, entre la soupage S qui se soulève alors légèrement et son siège T, Elle est favorisée par un violent courant gazeux dont il sera question plus loin.
- La forte pression nécessaire est produite par une pompe À munie d’un piston plongeur P que commande un arbre à cames U. La pompe d’injection A,
- la canalisation B et le pulvérisateur sont entièrement remplis d’huile. On évite ainsi d’avoir recours à l’air comprimé.
- Nous n’insisterons pas ici sur les détails de construction de l’appareil dont la mise au point a réclamé beaucoup de travail.
- Signalons seulement qu’on peut modifier en cours de marche la quantité d’huile injectée à chaque tour et l’instant où commence l’injection. Ces dispositions correspondent à celles qui permettent de régler dans les moteurs à essence l’admission des gaz et l’avance à l’allumage.
- Dans les moteurs Diesel, l’aiguille d’injection est toujours un organe délicat, construit en aciers spéciaux et exigeant non seulement une construction soignée, mais encore une surveillance attentive.
- b) Le brassage de l'air et de l'huile lourde. — Cette opération fondamentale est effectuée autQ-matiquement et d’une manière très énergique grâce à une disposition spéciale de la chambre de combustion et du piston. Les détails en sont représentés sur la figure 2.
- Le but de cette disposition est de créer un violent courant gazeux qui s’empare des gouttelettes d’huile lourde au moment où elles sortent du pulvérisateur pour les mélanger méthodiquement et très rapidement avec l’air comprimé dans la chambre de combustion.
- Voici comment on crée le courant gazeux : la chambre de combustion C ne communique avec le cylindre que par un tube assez étroit T. Le piston de son côté est muni sur sa face supérieure et en son centre d’une protubérance cylindrique P dont le diamètre est légèrement inférieur à celui du tube T.
- Un peu avant d’arriver au sommet de sa course, quand il se trouve dans la position représentée sur la figure 2, le piston engage lé cylindre P dans le tube T. Dans ces conditions, la pression de Pair contenu dans l’espace annulaire A tend à augmenter beaucoup plus rapidement que celle de l’air de la chambre C. Gomme le diamètre de P est légèrement inférieur à celui de T, l’air de A s’échappe avec une grande vitesse comme l’indiquent les llèches f en formant un jet annulaire violent. Le piston plongeur de la pompe d’injection est commandé de telle façon qu’à ce moment il commence à faire gicler l’huile lourde dans la chambre de combustion à travers le pulvérisateur. D’après la forme de la soupape S (lîg. 1), on voit que l’huile jaillit sous forme d’une mince nappe horizontale (fig. 2). Le jet annulaire rencontre cette nappe, s’en empare et l’entraîne-. La chambre de combustion a la forme d’un tore. Le jet ff en suit les parois comme l’in-
- Fig. 2. provoquant
- la
- Schéma du système combustion accélérée.
- p.117 - vue 121/620
-
-
-
- UN MOTEUR D AUTOMOBILE A HUILE LOURDE
- 118
- diquenl les flèches gg. Un conçoit aisément que, de celte manière, le brassage soit méthodiquement et complètement effectué dans un temps très court. Pour que le trajet des filets gazeux soit bien régulier et qu’il se produise le moins possible de tourbillons secondaires, les parois de la chambre torique sont nassées à l’alésoir.
- J
- 11 va sans dire que le jet gazeux ff gg favorise en même temps la pulvérisation.
- e) Combustion. — Les développements qui précèdent ont trait exclusivement aux particularités fondamentales du moteur Peugeot, à celles qui ont permis de transformer le moteur à huile lourde ordinaire en un moteur à régime de rotation rapide. Ils ne supposent rien ni sur le nombre des temps du cycle ni sur la valeur de la pression de l’air k la fin delà compression, quantité qui permet de classer les moteurs soit dans la catégorie des Diesel, soit dans celle des semi-Diesel. Ces détails seront traités plus bas. Disons seulement ici, pour compléter ce qui touche à la combustion du mélange, que, le moteur Peugeot étant du type semi-Diesel, l’allumage est provoqué par la température élevée des parois latérales de la chambre torique, qui sont maintenues au rouge dans la période de fonctionnement normal.
- V. Description générale du moteur Peugeot.
- Le moteur Peugeot est un moteur à deux temps, à deux cylindres et qui fonctionne pratiquement suivant un cycle de combustion à volume constant.
- Examinons successivement sa conception thermodynamique et les grands traits de sa réalisation.
- a) Conception thermodynamique. — Le cycle de combustion à volume constant a été préféré au cycle à pression constante. Il a un rendement théorique un peu supérieur. On sait que le cycle à pression constante est celui du moteur Diesel. Il convient d’ailleurs de remarquer que la réalisation du cycle à volume constant n’a été pratiquement permise au moteur Peugeot que grâce aux dispositions adoptées pour provoquer une combustion presque instantanée et assimilable en fait à une explosion.
- La pression dans la culasse à la fin du temps de compression est de l’ordre de 22 kg par centimètre carré. Elle correspond à une compression volumétrique de 10. Comme on le sait, on désigne sous ce nom le rapport des volumes qu’occupent les gaz dans le cylindre quand le piston est au bas de sa course et quand il est au sommet de sa course.
- Cette valeur de la compression volumétrique est extrêmement élevée. Dans les moteurs à essence des automobiles, on ne dépasse guère une compression de 4,5. Il en est de même pour les moteurs du type semi-Diesel classique. Il serait d’ailleurs matériellement impossible de comprimer aussi fortement les gaz dans un moteur d’automobile. Le mélange
- eombuslible serait en efTot porlé à une température élevée qui suffirait à provocpier des explosions avant que le piston soit remonté jusqu’au point mort d’allumage. C’est parce que le moteur Peugeot ne comprime que de l’air pur qu'il peut employer une compression volumétrique aussi élevée.
- Or, on démontre dans les cours de thermodynamique que le rendement théorique des moteurs à combustion interne pour le cycle de combustion à volume constant est une fonction Croissante de la compression volumétrique. Le moteur Peugeot est donc bien conçu à cet égard. Seuls les moteurs Diesel ont une compression volumétrique supérieure : la pression à la fin de la compression y atteint, en effet, oo kg par centimètre carré; mais leur cycle, de combustion est à pression constante et ils perdent en partie de ce fait l’avantage théorique que tend à leur conférer leur forte; compression.
- En résumé le moteur Peugeot promet d’atteindre, grâce à sa combustion accélérée et à sa forte compression volumétrique, des rendements élevés, que ni le moteur à explosion ordinaire, ni le moteur semi-Diesel classique n’obtiennent et où le moteur Diesel n’arrive qu’au prix de compressions initiales bien plus élevées et qui sont loin d’être sans inconvénients.
- b) Réalisation matérielle du moteur. — Le moteur Peugeot est un moteur à deux temps, comme tous les moteurs du type semi-Diesel. Les modèles actuellement réalisés ont deux cylindres. Au point de vue de la régularité du couple moteur, ils sont donc équivalents aux moteurs d’automobiles à quatre cylindres fonctionnant suivant le cycle à quatre temps.
- Le moteur Peugeot ne doit pas néanmoins être regardé comme identique aux moteurs semi-Diesel courants. Un article assez récent (LaNature, n° 2465 du 18 juin 1921) a exposé <à nos lecteurs les grands traits des moteurs dits semi-Diesel. Ces moteurs compriment de l’air pur, comme les Diesel et injectent dans cet air des combustibles lourds, comme les Diesel. Mais ils diffèrent de ces derniers d’une part par le mode d’allumage, d’autre part par les dispositions mécaniques.
- L’allumage n’est pas automatique, car la compression volumétrique y est insuffisante pour porter l’air à une température de 500°. La combustion de l’huile s’obtient en la projetant contre la paroi de la culasse qui est maintenue à l’incandescence. A cet égard, le moteur Peugeot peut être classé dans la catégorie des semi-Diesel.
- Les dispositions mécaniques des moteurs semi-Diesel sont volontairement réduites à leur plus simple expression : ils ne comportent notamment ni arbre à cames, ni soupapes, ni compresseur auxiliaire d’air, alors que les moteurs Diesel en sont munis. A cet égard le moteur Peugeot se différencie nettement des semi-Diesel. Son constructeur n’a pas sacrifié tout, notamment l’économie de combustible, à la simplicité : on y rencontre des organes
- p.118 - vue 122/620
-
-
-
- UN MOTEUR D’AUTOMOBILE A HUILE LOURDE
- équivalant à dos soupapes ainsi qu’un compresseur de balayage.
- Le schéma général du moteur est représenté par la figure 5. Nous supposons connues les conditions générales de construction et de fonctionnement des moteurs à deux temps.
- Les orifices servant à l’admission de l’air dans le cylindre et à l’échappement des gaz brûlés sont, comme dans tous les moteurs à deux temps situés à la partie inférieure du cylindre et découverts par le piston un instant avant qu’il parvienne au bas de sa course. Les orifices d’admission sont disposés sur toute la circonférence du cylindre en AAÀ. Les orifices d’échappement forment de même une couronne EEE située au-dessus de la précédente.
- L’admission de l’air pur se fait dans le moteur Peugeot comme dans les semi-Diesel sous une certaine pression de balayage, qui est meme assez élevée dans le moteur Peugeot ( I kg 400 par centimètre carré, contre 1 kg 250 dans les scmi-Diesel courants). Mais, tandis que dans les scmi-Diesel, on se con tente de produire la pression de balayage par l’action du piston comprimant l’air du carter par sa face inférieure, le moteur Peugeot emploie à cet. effet un compresseur spécial. Ce compresseur sert d’ailleurs pour les deux cylindres.
- 11 est représenté en C sur la figure 5 et commandé directement par l’arbre moteur. Nous expliquerons plus loin pourquoi on a renoncé ici à la compression dans le, carter.
- Dès l’instant où l’on emploie un compresseur unique pour les deux cylindres, il convient de construire un système de distribution envoyant successivement l’air comprimé à chacun d’eux. C’est en ce sens que nous avons dit précédemment que le moteur Peugeot, bien qu’il fût à deux temps, était pourvu d’un organe équivalant à une soupage d’admission*-Cet organe est un boisseau cylindrique glissant, figuré en B sur la figure 5, et commandé directement par l’arbre moteur, mais indépendamment du compresseur.
- Passons à l’échappement. C’est un fait bien connu que, dans les moteurs à deux temps, les gaz brûlés, en s’échappant avec une grande vitesse, produisent derrière eux dans le cylindre une notable dépression. L’air pur qui pénètre au même instant dans le cylindre subit l’effet de cette dépression et, au lieu de le remplir à la pression de l’air de balayage, y prend une pression nettement inférieure. Cet air raréfié est alors incapable de brûler une grande quantité de combustible, et, dans ces conditions, le
- 119
- cylindre ne développe qu’une puissance réduite. Cet inconvénient est particulièrement grave dans le cas présent. Nous avons dit, en effet, dès le début, que la préoccupation essentielle des constructeurs du moteur Peugeot était de réaliser un moleur aussi léger que possible-, e’osf-à-dire faisant produire à un cylindre donné le maximum de travail. On voit combien la dépression produite par les gaz d’échappement va à l’encontre de ce but.
- Comment remédiera cet inconvénient? La dépression est provoquée par la grande vitesse des gaz à la sortie du cylindre. Pour la diminuer, il suffit de diminuer cette vitesse, principalement. au moment où le cylindre achève de se remplir d’air, c’est-à-dire quand le piston commence à remonter. A cet effet, la conduite par où s’échappent les gaz est fermée au moment voulu par un boisseau cylindrique tournant. Ce boisseau est commandé directement par l’arbre moteur.
- Il joue le rôle d’une véritable soupape d’échappement, de même que le boisseau glissant joue celui d’une soupape d’admission.
- Revenons à la raison pour laquelle on a renoncé à la compression de l’air dans le carter : C’est encore principalement la recherche d’un rendement thermo-dynamique élevé. L’inconvénient essentiel de la compression dans le carter provient de ce que le volume du carter est, dans tous les moteurs, supérieur à celui de la cylindrée. Le piston comprime donc à chaque tour une masse d’air exagérée, 4 fois trop grande, par exemple. Comme tout compresseur, le piston n’a pas un rendement parfait. Les pertes de rendement dépendent avant tout de la quantité d’air comprimé et non pas de la quantité utilisée. Si on n’utilise que le quart de l’air qui a été comprimé, les pertes de rendement prennent une importance considérable. Il est donc nécessaire de ne comprimer que la quantité d’air strictement suffisante. On y parvient en employant le compresseur indépendant dont nous avons parlé plus haut.
- VI. Quelques détails pratiques.
- a) Commande du compresseur. — Le compresseur est à piston et à double effet. Chaque face du piston est reliée à un cylindre du moteur. Le piston est commandé non pas par bielle et manivelle, mais par un maneton M coulissant dans une glissière G (fig. 4). Le but de cette disposition est de donner à la descente du piston le même mouvement sinusoïdal qu’à sa remontée, afin de remplir les deux cylindres du moteur dans les mêmes conditions. On
- Fig. 3. — Schéma d’ensemble du moteur Peugeot.
- A, lumière d’admission; B, boisseau commandant l’admission de l’airdansles 2 cylindres; C, pompe de balayage à double ell'et; E, lumière d’echappement.
- p.119 - vue 123/620
-
-
-
- 120
- LE COLIN OU MERLU
- sait, que, dans les commandes par hielle, l’obliquité de cette pièce empêche de réaliser rigoureusement la condition-précédente.
- b) Emploi des aciers spéciaux. — La culasse torique et le pulvérisateur travaillent dans des conditions difficiles (température élevée). Ces organes sont construits en acier au nickel chrome.
- La tête cylindrique P du piston (fig. 1) doit également être exécutée en acier spécial. En effet le jet annulaire ff tend à la corroder très rapidement. 11 se produit là un phénomène analogue à la corrosion des tubes de canon par les filets gazeux qui se glissent malgré la présence de la ceinture, entre l’obus et le tube.
- c) Dispositif de mise en marche. —
- La mise en marche des moteurs semi-Diesel s’effectue en portant préalablement la culasse au rouge, au moyen d’une lampe à souder. Cette opération, qui dure plusieurs minutes, est inadmissible sur une automobile. Le moteur Peugeot possède donc un dispositif de mise en marche instantanée qui est constitué par une sorte de bougie d’allumage fixée dans la culasse torique . C’est une simple spirale de platine que l’on fait rougir au moyen d’un courant à basse tension (quelques volts) pendant les premières minutes de fonctionnement. .
- La mise, au point de cette bougie a exigé beaucoup de soins. Car, si elle ne sert à rien pendant la plus grande partie de temps •où fonctionne le moteur, elle n’en reste pas moins soumise au contact des gaz incandescents de la culasse. En lait, le moteur Peugeot peut, grâce à elle, démarrer à froid, par un simple tour de manivelle, comme un moteur à essence ordinaire.
- La combustion des huiles lourdes est provoquée par cette petite spirale rougie d’une manière forcément moins parfaite que par les parois incandescentes de la culasse. Aussi y a-t-il tendance au départ du moteur à la production de fumée. C’est
- G
- un inconvénient réel pour un moteur d’automobile, mais contre lequel on a pris des précautions,
- VIL Conclusion.
- Au point de vue pratique la locomotion automobile, qui se plaint en France, à si juste titre, du prix exagéré de l’essence, trouvera, nous le souhaitons, dans le nouveau moteur Peugeot, un moyen de remédier à cet inconvénient et, par conséquent, de poursuivre son brillant développement.
- A un point de vue plus général, la conception du moteur Peugeot représente une. étape intéressante dans l’évolution des moteurs à combustion interne.
- Depuis leur création, les moteurs d’automobiles à essence, ont, à travers mille variations, subi une évolution géné-
- Fig. 4. — Commande de la pompe de balayage.
- a commande est réalisée par une manivelle et bouton M coulissant dans une glissière G et non par bielle et manivelle.
- I.
- raie très claire qu’on peut exprimer par ces mots : accroissement de la puissance spécifique ; du même bloc de fonte et d’acier on s’est efforcé de faire sortir en une seconde le plus grand nombre possible de kilogrammètres.
- Les deux moyens fondamentaux que les constructeurs ont employés à cet effet ont été l’augmentation delà compression volumétrique et l’augmentation de la vitesse de rotation.
- Le moteur d’aviation, qui est né après le moteur automobile, a, pour des -raisons impérieuses et évidentes, subi la même évolution et avec une rapidité extraordinaire.
- Le moteur dit semi-Diescl enfin, qui est pratiquement le dernier venu des moteurs à combustion interne, en était encore à l’étape préliminaire, à la forme lourde si l’on peut dire.
- Le moteur Peugeot vient, en une seule transformation, de multiplier la vitesse de rotation du moteur semi-Diesel par 5, sa compression volumétrique par 5 et de le faire ainsi progresser rapidement dans la voie même où ses aînés se sont déjà engagés et toujours maintenus. Pu. S.
- LE COLIN OU MERLU
- (Merlucius merluccius L.).
- On vend dé plus en plus dans les poissonneries des villes de l’intérieur du pays, sous le nom de Colin, des tranches d’un gros poisson dont le vrai nom français est Merlu, correspondant exactement à la dénomination latine de l’espèce : Merlucius mer-lucçius Linné.
- Le vrai nom. de Colin appartient sur la côte au lieu noir (Gcidus virens) qui n’apparait que rarement sur les marchés de l’intérieur.
- Le Merlu, qui a accaparé le surnom de Colin,
- n’était guère connu, il y a seulement vingt ans, sur les tables parisiennes; c’est aujourd’hui l’un des poissons les plus communs et les plus goûtés. Il doit son succès certainement à son prix d’abord, lié à l’abondance de sa pêche, et aussi à la manière particulièrement appétissante dont on le présente : écaillé, vidé, sans autres arêtes que la colonne vertébrale, si bien qu’il n’y a qu’à le cuire, sans préparation.
- Son importance économique croissante vient de
- p.120 - vue 124/620
-
-
-
- LE COLIN OU MERLU
- provoquer deux intéressantes études : celle de M. Le Danois, de l'Office scientifique et technique des Pêches maritimes qui est un « résumé pratique de nos connaissances sur ce poisson » (*), celle de M. G. C. L. Howel en trois chapitres dans son récent livre : Océan Research and the great Fishe-ries. Le moment nous semble donc opportun de faire connaître aux lecteurs de La Nature ce qu’on sait actuellement de ce poisson.
- Le merlu est un Gadidé, proche parent de la morue, de l’églefin, du tacaud, du merlan, du lieu, de la lbte.
- On le • reconnaît aisément (fig. 2) à ses deux nageoires dorsales, à son anale unique, au manque de barbillon à la mandibule. Les rayons postérieurs de l’anale et de la seconde dorsale sont plus grands que les antérieurs. L’anale commence plus en arrière que la seconde dorsale. Le poisson est gris brunâtre sur le dos et les flancs, blanc sous le ventre;, ses nageoires sont gris sombre; la ligne latérale forme deux longs traits noirs de chaque côté. L’œil éclate sur cet ensemble comme une boule d’or.
- Devant la bouche tapissée d’un épithélium noir, se montrent les
- dents longues et . :-
- bien rangées aux deux mâchoires (fig. 1).
- L’ensembl c donne l’impression d’un poisson
- agile et vorace. „ ^ _ _ „ ,iBfi
- Et cette impression n’est pas 2-
- nouvelle, puisque
- son nom latin est né par contraction de celui de Maris lucius, brochet de mer, que lui avait donné Pierre Belon en 1555.
- Les merlus vivent par troupes abondantes, chas-
- 1. Notes et mémoires. ' N° 2 de Y Office scientifique et technique des Pêches maritimes,. 5, avenue Octave Gréard, Paris.
- 2. Clarendon Press, Oxford.
- Fisc. i.
- Tête de colin, d’après Le Danois.
- Le colin ou
- Fig. 3. — Le développement du merlu i larve récemment éclose de 2 mm. 5, d’après Meek; larve plus grande de 4 mm. 5, d’après Lebour; jeune de i5 millimètres, d’après Meek.
- sant le plus souvent les bancs de maquereaux, de harengs et d’autres clupéidés. On les rencontre depuis les iles Féroé et le Trondjhemsîjord, sur la côte de Norvège jusqu’au Cap Blanc, en Afrique. Ils abondent dans la mer du Nord, les détroits danois, mais n’entrent guère dans la Baltique. Ils se rencontrent tout autour des Iles Britanniques, notamment sur la côte ouest d’Ecosse et d’Irlande et au sud de celle-ci. Assez abondants dans la Manche, ils sont communs dans tout le golfe de Gascogne. On les trouve en Méditerranée jusque vers les côtes grecques. Ils sont fréquents sur les côtes espagnole, portugaise et marocaine jusqu’au Sénégal.
- On pêchait le - merlu autrefois "i près des côtes. Certains points étaient remarquablement favorisés, tels la baie de Galway, au sud de l’Irlande qui reçut de ce
- merlu, d’après Day. fait le nom de
- baie des Merlus,
- telle la pointe de Penmarc’h en France, où l’on conserve encore le souvenir de pêches miraculeuses de ce poisson.
- Depuis une vingtaine d’années, la pêche est devenue beaucoup plus régulière et productive en employant les chalutiers à vapeur sur le bord du plateau continental, entre 100 et 200 m. de profondeur, et même plus.
- Le merlu peut en effet être défini, au point de vue de la pêche, un poisson océanique, des zones tempérées, des profondeurs moyennes (Le Danois).
- On ne le pêche pas partout au même moment, mais bien en suivant ses migrations dans l’aire de dispersion que nous venons de définir.
- Le Danois, se basant sur les travaux de d’Arcy Thompson, de Damas, de Johs. Schmidt, de Holt, a précisé le cycle de ces migrations.
- . Le merlu pond presque toute l’année dans une région profonde de 100 à 200 m. située sur le bord du- plateau continental entre le nord des Iles Britanniques et le Maroc.
- Chaque femelle émet en une semaine de 2 à 7 millions d’œufs.
- Les œufs mesurent moins d’un millimètre etpos-
- p.121 - vue 125/620
-
-
-
- \2 2
- LE COLIN OU MERLU
- sèdent un globule huileux. Raffaele, à Naples, a pu en recueillir au mois de mai, les fertiliser et assister à la sortie de l’embryon. A ce moment, la larve mesure 5 mm.; elle consomme d’abord sa vésicule vitelline et atteint ainsi 4 mm. Les jeunes se nourrissent alors de copépodes et de larves de ceux-ci, d’après Lebour qui en a recueilli près d’Eddystone. En grandissant, ils prennent une forme plus allongée comme l’a vu Schmidt (fig. 5). Arrivés à la
- taille de 20 cm., ________
- ils deviennent adultes et le poisson peut alors se reproduire.
- On a maintes fois trouvé des œufs et des jeunes larves bottant en mer, précieuses indications sur les lieux et les époques de ponte.
- En tenant également compte des poissons adultes qujon pèche en période de reproduction, on arrive ainsi à établir la situation suivante de la ponte du merlu ;
- Côte du Maroc : décembre-janvier
- Méditerranée : janvier
- Golfe de Gascogne :
- mars - septembre 4-
- Manche : avril-juin
- Entrée de la Manche. Cote sud d’Irlande.
- mars septembre, avril-septembre
- ,,y i i ( mai-septembre (Le Danois)
- Cote ouest d Irlande. J aofttK,|cémbre (Howell)
- ~C iuin-septembre (Le Danois) Cote nord d Ecosse. • j j,Wer (|,0Kell)
- En dehors de ces lieux, on ne connaît qu’un point du Cattégat, près de Gôteborg où le merlu pond en juillet-août; il s’agit probablement d’un groupe distinct de poissons, isolés des autres.
- Sauf cette exception, on peut dire avec Damas que le merlu ne se reproduit pas d’une façon intensive à l’est de la Grande-Bretagne. Ceci ne veut pas dire qu’on ne l’v trouve pas.
- Il semble, au contraire, qu’après avoir pondu à l’ouest des Iles Britanniques, les merlus pénètrent dans la mer du Nord et s’y dispersent à la recherche de la nourriture. On les y pèche au maximum dans les mois suivants :
- Iles Orcades. ..................juin et novembre
- Mer du Nord : Middle Grounds et
- Wïtch Grounds............juin et novembre
- Côte est d’Ecosse............juillet-août
- ________________________________Côte sud : octobre.
- Les merlus venant de l’Atlantique semblent donc entrer en juin dans la mer du Nord entre les Orcades et les Shetlands, y descendre le long de la côte d’Écosse et à l’ouest des Witch Grounds en juillet et août, se répandre dans le sud jusqu’en octobre, puis remonter par les Middle Grounds et les Orcades en novembre. Que deviennent-ils ensuite?
- On l’ignore.' On ne pêche le merlu que pendant sa période de reproduction, dans des eaux ayant une température de 9 à 10° et une salinité supérieure à35,2 p. 1000. Son apparition, des côtes du Maroc au nord de l’Ecosse suit la progression des eaux océaniques ayant ces caractères de température et de salinité. De même, sa migration dans la mer du Nord coïncide avec l’arrivée dans celle-ci de l’influx atlantique et cesse avec lui, quand les eaux froides norvégiennes reprennent le dessus.
- On a pêché le merlu de tous temps, et notamment sur nos côtes de Bretagne, mais ce n’est que depuis l’emploi des chalutiers que cette pêche est devenue intensive, et surtout depuis 1903.
- Les barques bretonnes capturaient les merlus, entre autres près de Groix et surtout pendant. le carême; le merlu remplaçait alors sur les tables la morue qu’on n’allait pas encore chercher à Terre-
- Lieux de ponte et migrations du merlu, d'après Le Danois.
- p.122 - vue 126/620
-
-
-
- LE COLIN OU MERLU
- 123
- Neuve. L'histoire locale raconte qu’au xve siècle, une tempête détruisit en une nuit toute la Hotte des pêcheurs de merlus. Au xvnie siècle, Duhamel du Monceau décrit cette pêche, au tramail ou aux hameçons, faites par des bateaux de 2 à 5 tonnes et plus, montés par 5 à 10 hommes, armés à Brest, à Audierne, à à l’ile de Sein, aux Sables d’Olonne, en Gascogne.
- Actuellement, la pêche du merlu est le lot des chalutiers à vapeur de Lorient, La Rochelle, Arcachon, des chalutiers à voile d’Élaples et d’Hon-lleur, des pêcheurs au tramail et aux lignes de Fécamp, Saint-Vaast-la-Hougue, Saint-Brieuc, Tréguier.
- En Grande-Bretagne, ce sont les chalutiers à vapeur d’Hull, Grimsby, Midlforhaven, Aberdeen et un petit nombre de cordiers sur la côte ouest d’Ecosse qui pratiquent cette pêche. Dans le Cattc-gat, elle est faite surtout par des chalutiers allemands et Scandinaves.
- Les dates de pêche sont sensiblement celles de la reproduction du poisson,que nous avons précédemment indiquées. Cependant, on prend aussi des jeunes pendant les mois qui précèdent la ponte et des adultes après la ponte au moment de leur dispersion .
- Généralement, on pêche le merlu sur les côtes d’Espagne et du Maroc de novembre à février et dans le golfe de Gascogne jusqu’en mai. D’avril à juin, les meilleurs parages sont sur le bord du plateau continental, au sud delà Bretagne en juin vers Penmarç’h; à l’entrée de la Manche, d’avril à septembre, particulièrement sur les bancs de la Grande et de la Petite Sole; en juillet à l’ouest de l’Irlande; dans la mer du Nord en octobre.
- M. Le Danois a relevé dans les statistiques d’avant-
- guerre les quantités de merlus pêchées, qui donnent une idée de l’importance de cette pêche.
- En France, les chiffres manquent, par suite de l’insuffîsanee de nos statistiques.
- M. Le Danois estime à environ 2000 tonnes la pêche des années précédant 1914, se répartissant ainsi :
- Ports
- Boulogne........................ . 50 pour 100
- La Rochelle........................50 —
- Lorient. ..........................20 —
- Autres ports.......................20 —
- Lieux de, pèche
- Mer du Nord.....................20 pour 100
- Manche.............................10 —
- Entrée de la Manche............... 50 —
- Golfe de Gascogne..................50 —
- Méditerranée.......................10 —
- En Grande-Bretagne, les statistiques indiquent 55 000 tonnes (2) dont 95 pour 100 débarquées sur la côte ouest d’Angleterre et du Pays de Galles, principalement à Milfordhaven. 60 pour 100 étaient capturés sur la côte sud d’Irlande, 14 pour 100 sur la côte ouest d’Ecosse, 9 pour 100 sur la côte ouest d’Irlande.
- L’Allemagne pêchait environ 900 tonnes de merlu dont moitié environ débarquées à Geeste-münde.
- En totalisant tous ces chiffres, on arrive, pour tous les pays d’Europe, à évaluer la pêche annuelle du merlu à environ 40 000 tonnes, se répartissant ainsi :
- 1. Les deux photographies de chalutiers sont (Vies à l’obligeance de M. Oscar Dabi, armateur à La Rochelle.
- 2. M. Howell indique pour 1920, 45 285 tonnes valant 2 051 706 livres sterling, dont 42436 tonnes pour l’Angleterre et 849 pour l’Écosse.
- frig. 6, — Là poche du chalut déversant les merlus sur le pont.
- p.123 - vue 127/620
-
-
-
- 124 ===== SUR L’AUTOXYDATION : LES ANTIOXYGÈNES
- Angle- France Écosse Aile- Pays- Irlande Total
- terre magne Bas
- Mer du Nord 400 400 900 900 400 — 5000
- Côte ouest d’Ecosse 5 700 — 100 285 6000
- Côte ouestd'Irlande 5 000 Côte sud d’Irlande — __ — — 9 5000
- et entrée de la Manche 20 000 600 6 20600
- Manche 100 200 — 500
- Golfe de Gascogne 500 Espagne,- Maroc, 600 — — — — 1100
- Méditerranée 5000 200 5700
- Autres régions 2000
- Totaux 55000 2000 1000 900 400 O O LO 40000
- De ce tableau, il ressort :
- 1° Qu’avant la guerre, la Grande-Bretagne pêchait plus de 90 pour 100 des merlus débarqués dans les ports d’Europe.
- 2° Que la France venait la seconde avec 5 p. 100
- seulement, puis l’Allemagne avec 2 pour 100, la Hollande et l’Irlande, chacune avec 1 pour 100 de la pêche totale.
- 5° Que 50 pour 100 du poisson provenait de la côte sud d’Irlande et de l’entrée de la Manche.
- Ces quelques chiffres indiquent l’avenir réservé à nos chalutiers... si les transports et la consommation du poisson sont développés suffisamment en France.
- La monographie de M. le Danois a le mérite de nous faire toucher du doigt notre situation et notre avenir. Elle est aussi riche de renseignements précieux sur la biologie du merlu, indispensables aux entreprises de pêche. Nous sommes heureux de la signaler ici comme un modèle qu’il faudrait imiter pour chacune de nos pèches maritimes.
- R en fi Merle.
- SUR L’AUTOXYDATION : LES ANTIOXYGÈNES
- MM. Charles Moureu et Charles Dufraisse viennent
- de présenter à VAcadémie des Sciences l'intéressante
- communication suivante (l) :
- Au cours de nos récentes recherches sur l’acroléine, un examen attentif des conditions de l’altération de cette matière éminemment instable nous a conduits, de proche en proche, à envisager des problèmes d’ordre très général, et, en particulier, celui de l’autoxydation (oxydation spontanée, par l’oxygène libre, dans les conditions ordinaires de température et de pression), dont on connaît toute l’importance en chimie et en biologie. Une découverte bien inattendue résulte de nos investigations : l’autoxydation d’un grand nombre de substances peut - être entravée par la présence de traces de certains corps (2). Nous appelons ces corps des antioxygènes. Les faits rapportés ci-dessous établiront que la propriété antioxygène appartient, d’une manière générale, à la fonction phénol.
- 1. Expérience fondamentale. — Soit un tube barométrique terminé, à sa partie supérieure deux fois recourbée, par unpetit réservoir contenant, par exemple, de l’aldéhyde benzoïque, corps qui, comme on sait, s’oxyde rapidement à l’air. Introduisons dans ce tube de l’oxygène pur jusqu’à ce que le mercure soit au même niveau à l’intérieur'et àc l’extérieur. On ne tarde pas à voir le mercure s’élever progressivement; en quelques heures, la colonne a atteint une hauteur correspondant à une pression intérieure de 5 cm à 6 cm ; l’ascension est de plus en plus lente ; et, après 24 heures, la pression est encore de 2 cm à 5 cm. Ce phénomène est dû à la transformation, par fixation d’oxygène, de l’aldéhyde benzoïque en peroxyde, puis en acide benzoïque.
- Répétons la même expérience avec de l’aldéhyde benzoïque additionné d’une très faible proportion d’hy-droquinone de (l’ordre de f/1000). Cette fois on rie voit plus monter le mercure ; l’absorption de l’oxygène ne se
- 1. Comptes Rendus, t. 174, 50 janvier 1922.
- 2. U convient de rappeler que l’on savait depuis longtemps, dans le même ordre de faits, que des traces de certains gaz ou vapeurs (hydrogène sulfuré, éthylène, alcool, éther, essence de térébenthine, pétrole, etc.) empêchaient la luminescence du phosphore.
- fait plus. Des traces d’hydroquinone empêchent donc l’aldéhyde benzoïque de fixer l’oxygène. Tel est le fait fondamental nouveau qui est à la base de nos recherches.
- Nous remarquerons, accessoirement, qu’une autre conclusion intéressante peut être tirée de la même expérience : l’aldéhyde benzoïque en vapeur ne subit pas l’autoxydation.
- Ajoutons que, si l’on prolonge l’observation, un phénomène particulier se produit (nous y reviendrons plus loin), qui nous prive du moyen de reconnaître par cette simple expérience si la fixation d’oxvgène est complètement supprimée ou si elle n’est que considérablement ralentie.
- 2. Nous avons constaté des résultats analogues en opérant avec différentes autres substances autoxydables et une série d’autres phénols, les corps des deux catégories étant conjugués deux à deux, à savoir : acétaldéhyde, chloral, aldéhyde propylique, acroléine, aldéhyde ani-sique, aldéhyde cinnamique, aldéhyde hydrocinnamique, furfurol, styrolène, essence de térébenthine, huile de lin, huile de noix, beurre, d’une part ; phénol ordinaire, thymol, gaïacol, eugénol, naphtol ce, naphtol p, pvro-catéchine. résorcine, pyrogallol, acide gallique, tanin, aldéhyde salicylique (aldéhyde à fonction phénol), vanil-line (aldéhyde à fonction phénol), orlhonitrophénol, orthoaminophénol, d’autre part, s,
- Les effets observés peuvent varier dans des limites assez étendues suivant la nature et les proportions respectives des deux substances antagonistes, surtout en ce qui concerne le produit phénolique. L’hydroquinone (paradiphénol), la pyrocatéchine (orthodiphénol) et le pyrogallol (triphénol 1.2.3) se montrent tout particulièrement actifs^ le phénol ordinaire et la résorcine le sont peu, le gaïacol et les naphtols le sont beaucoup plus (’).
- 1. Parmi les phénols, nous devons réserver le cas de la phloroglucinc (phénol 1.5. 5). Ce corps, en effet, opposé à l’acroléine, non seulement n’a pas empêché l’autoxydation, mais il a paru même la favoriser. 11 convient, du reste, de rappeler que la phloroglucine réagit souvent comme une tricétone.
- Comme il était à prévoir, l’aldéhyde salicylique et la vanil-line, à 1 inverse des autres aldéhydes, ne s’autoxydent pas, la fonction phénol protégeant la fonction aldéhyde contre l’action de l’oxygène.
- p.124 - vue 128/620
-
-
-
- .— ...... SUR L’AUTOXYDATION
- 5. Nous dirons d’ailleurs, dès maintenant, par raison d’analogie, qu’il nous parait vraisemblable qu’il ne s’agit jamais, même quand la vitesse d’absorption de l’oxygène parait être nulle,"que d’un ralentissement et non d’une suppression totale de l’autoxydation.
- Il semblerait, a priori, qu’il est facile de s’assurer, d’une manière précise, si l’oxydation, lorsqu’elle paraît nulle, l’est réellement ou si elle est seulement très ralentie : il devrait suffire de prolonger assez longtemps les observations. Malheureusement, un phénomène parasite (celui annoncé ci-dessus) vient fausser les indications. Si nous continuons à observer les tubes barométriques où les substances autoxvdables ont été additionnées de phénols, nous noterons toujours, au bout d’un temps variant, suivant les cas, de quelques jours à quelques semaines (voii'e même à quelques mois et quelques années), une ascension appréciable de la colonne mercurielle, qui prouve indubitablement une certaine absorption d’oxygène. En étudiant le phénomène cle plus près, nous constaterons une condensation progressive du corps autoxydable sur les parois de la chambre barométrique et jusque sur la surface du mercure, où il se rassemble peu à peu. Et c’est cette fraction du corps ainsi soustraite à la protection de l’antioxygène qui a manifestement absorbé l’oxygène dont on a constaté la disparition, homme on le voit, le phénomène limite la durée des observations et nous prive du moyen de savoir si la substance autoxydable additionnée d’antioxygène ne subit pas une oxydation d’allure très ralentie.
- 4. Il serait peut-être prématuré, dans l’état actuel de nos expériences, de chercher à exprimer les activités relatives par des valeurs numériques. Il est naturel de penser, toutefois, que l’on peut, en première approximation, considérer ces activités comme étant, toutes choses égales d’ailleurs, en raison inverse des proportions de corps phénoliques produisant un effet déterminé. Ainsi envisagé, le pouvoir antioxygène peut atteindre parfois un degré très élevé. L’bydroquinone semble empêcher toute autoxydation de l’acroléine à la dose de 1/2000, et l’on constate encore une certaine action retardatrice à la dose de 1/1 000 000.
- 5. En outre des essais en tube barométrique, nous en avons exécuté aussi dans les conditions ordinaires de conservation des produits au laboratoire, c’est-à-dire en llacons bouchés sans précautions spéciales. Les résultats ont été trouvés semblables aux précédents, sauf toutefois qu’ici le phénomène parasite dont il a été question pouvait être négligé, (l’est ainsi que de l’aldéhyde benzoïque, additionné de 1/1000 d’hydroquinone et contenu dans un flacon à moitié rempli, qu’on débouchait de temps en temps, a été reconnu sensiblement inaltéré au bout de deux années, alors qu’un échantillon témoin était pris en masse (acide benzoïque).
- 0. Quelle peut être la durée de l’action protectrice? Si aucun phénomène spécial ne se produit, si, en particulier, l’antioxygène demeure intact, elle devrait être illimitée. En fait, ayant soigneusement, éliminé par distillation l’acroléine de ! litre de solution d’hydroquinone au millième dans cet aldéhyde, nous avons, après six mois, retrouvé le poids presque intégral de l’antioxygène inaltéré, et deux observations analogues, cette fois portant sur deux ans et sur deux ans et demi, ont été faites également avec l’aldéhyde benzoïque et avec le styrolène. 11 est possible qu’à la longue l’antioxygène. se transforme, par réaction chimique sur la substance autoxydable, surtout si de nouvelles quantités d’oxygène sont fréquemment amenées au contact du Système. En
- : LES ANT1 OXYGÈNES ====== 125
- tout cas, la transformation, si elle s’effectue, doit être très lente. Si nous ajoutons, d’autre part, que nous avons des résultats positifs fournis par des observations pratiques qui durent depuis déjà trois années, nous sommes autorisés à conclure que l’on peut, dans beaucoup de cas, considérer la conservation comme étant pratiquement indéfinie.
- 7. Les antioxygènes et les phénomènes secondaires de l'autoxydation. — On sait que, très souvent, les réactions d’autoxydation sont accompagnées de phénomènes secondaires, généralement liés à des côndènsa-tions moléculaires, qui se manifestent par des colorations, des précipités, des épaississements, du rancissement, etc. En même temps que nos antioxvgènes entravent la fixation d’oxvgène, nous avons constaté, ainsi qu’on pouvait le prévoir, qu’ils entravent aussi la production de ces divers phénomènes. Ainsi le furfurol, au lieu de se colorer fortement en noir, demeure presque incolore ; l’acroléine ne se trouble plus par la précipitation de disacryle ; le styrolène reste fluide et ne donne plus la résine soluble dite métaslyrolène; l’huile de lin peut être exposée à l’air en couches minces sans perdre de sa fluidité (trois ans d’observations) ; le beurre conserve ses propriétés organoleptiques, et, d’une manière générale, les corps gras ne rancissent pas, etc.
- 8. Mécanisme de l’action antioxygène. — Nous nous sommes naturellement préoccupés de pénétrer lè mécanisme de l’action antioxygène. Diverses hypothèses ont été envisagées, qui sont actuellement soumises au contrôle expérimental. Dès maintenant, étant donné que, d’une part, les antioxvgènes agissent à très faible dose, et que, d’autre part, ils paraissent rester sensiblement intacts, il nous semble hors de doute que le phénomène est de nature catalytique. Et cette catalyse peut atteindre un degré d’activité considérable, puisque, comme on l’a vu plus haut, 1 partie d’hydroquinone protège 20000 parties d’acroléine, soit, en gros, 1 molécule d’antioxygène préservant 40 000 molécules de corps autoxydable.
- Quant aux modalités de l’action catalytique, des expériences variées sont en cours, qui nous ont déjà donné d’utiles indications. Ayant été amenés à supposer que des substances autres que les phénols pouvaient avoir également la propriété antioxvgène, nous avons reconnu, notamment, que la quinone jouissait de cette propriété.
- D’ailleurs, l’étude du mécanisme de l’action antioxygène appelle aussi et surtout, des expériences sur la généralité des matières autoxvdables, tant minérales qu’organiques. Déjà nous avons envisagé de ce point de vue des corps extrêmement auloxydabîes, tels les cétènes (nos premiers résultats, effectués sur le diphénylcétène, ont été négatifs, nous poursuivons les essais), le triphénylméthyle, les phosphines, etc. Déjà également nous sommes en mesure d’annoncer que des composés purement minéraux, comme le sulfite et même l’hydrosulfite de soude, sont sensibles à l’action des antioxygènes.
- 9. Une réflexion générale trouvera ici sa place. Les
- phénols, substances facilement auloxydabîes en liqueur alcaline, entravent, à des doses minimes et en l’absence d’alcalis, l’autoxydation d’autres substances, sans s’au-toxvder sensiblement eux-mêmes. Et il est remarquable de voir ainsi des traces de pyrogai loi, corps couramment employé comme réactif absorbant de l’oxygène, s’opposer à l’action de ce gaz. •
- C’est en vérité, une catalyse bien curieuse que celle qui caractérise l’action antioxygène. .
- 10. Considérations biologiques. —Etant donné.l’inté-
- p.125 - vue 129/620
-
-
-
- 126 . .. ACADÉMIE DES SCIENCES
- rêt primordial cle l’autoxydation dans les phénomènes vitaux, nous avons de bonne heure envisagé la répercussion que pourraient avoir les faits et observations que nous venons de résumer sur quelques conceptions générales de la Biologie.
- On remarquera, tout d’abord, que les êtres vivants contiennent des phénols. Mais, à ce point de vue, ils se séparent en deux catégories bien tranchées : ceux chez qui les phénols sont couramment répandus et ceux chez qui, au contraire, ils sont rares. Le premier groupe est constitué par les végétaux, où l’on rencontre, quelques-uns en abondance, les composés phénoliques les plus variés : mono- et polvphénols et leurs dérivés, parmi lesquels les tanins méritent une ïRention spéciale, en raison de leur dissémination très générale et de leurs proportions élevées. Les animaux constituent le second groupe : on y trouve, en effet, très peu de phénols, et toujours en minime proportion. Or, les végétaux sont précisément des êtres à vie ralentie, où les phénomènes d’autoxydation n’ont pas la même intensité que chez les animaux, et il est naturel de supposer que les phénols y jouent le rôle d’agents de protection contre une action trop vive de l’oxygène. Et comment, au surplus, ne pas être frappé par le fait que les tanins, composés phénoliques très actifs, abondent de préférence dans les parties du. végétal où la vie est le moins intense ?
- Parmi les expériences que pouvait suggérer la considération du pouvoir antioxygène, la plus séduisante était, sans contredit, celle relative à l’autoxydation de l’hémoglobine, vecteur principal d’oxygène chez les animaux supérieurs. Nous avons effectuév à ce propos de nombreux essais, d’abord sur le sang hémolvsé, puis sur une liqueur résultant de l’hémolyse de globules rouges préalablement lavés avec une solution isoionique, et enfin sur des solutions d’hémoglobine purifiée par cristallisation. Les résultats ont été négatifs avec les divers phénols que nous avons mis en œuvre : phénol ordinaire, naphtols, pvroeatéchine, gaïacol, résorcine, bydroqumone, pyrogallol, acide gallique. L’hémoglobine, préalablement réduite par l’action du vide à 40°, a paru s’oxyder aussi facilement en présence qu’en l’absence de ces phénols. En répétant les alternatives de réduction et d’oxydation, nous avons constaté, en outre, qu’il y avait destruction mutuelle des phénols et de l’hémoglobine, les phénols semblant s’altérer beaucoup plus rapidement.
- Faut-il conclure de ces essais que l’action des" composés phénoliques sur l’autoxydation de l’hémoglobinc est nulle ? On ne saurait l’affirmer. En effet, la vitesse d’autoxydation de l’hémoglobine est vraiment prodigieuse, peut-être est-elle comparable à celle de la neutralisation d’un acide fort par une base forte; et il est dès lors pos-
- sible que l’action antagoniste des phénols soit trop lente pour pouvoir être perçue dans les conditions actuelles de nos expériences.
- Quoi qu’il en soit, il est vraisemblable que les phénols doivent agir énergiquement sur quelque stade des processus d’oxydation chez les animaux 'supérieurs. On peut en voir une preuve dans leur toxicité, les phénols les plus actifs comme antioxygènes se trouvant être en même temps les plus toxiques, et les symptômes de l’intoxication rappelant généralement ceux de l’asphvxic.
- N’est-cc pas également à l’action anlioxygène que doit être rapporté le pouvoir antiseptique des phénols, qui agiraient peut-être sur les microbes en entravant les processus d’oxydation ?
- Si l’on songe, d’autre part,, aux doses extraordinairement faibles auxquelles peuvent agir parfois les antioxygènes (voir ci-dessus), on ne peut s’empêcher de rapprocher ces actions de celles des toxines et des venins, dont il en est qui causent la mort par asphyxie, ce qui laisse supposer qu’ils agissent peut-être comme anlioxy-• gènes. Une telle, manière de voir trouverait quelque appui dans le fait que la quinone, dont nous avons reconnu les propriétés antioxygènes, a été rencontrée dans certains venins.
- Enfin, nous ne saurions omettre de souligner les conséquences qui peuvent résulter de la notion nouvelle d’anlioxygène pour la Pharmacologie. Il est remarquable, en particulier, que les phénols sont des antithermiques, et sans doute le sont-ils parce qu’ils atténuent l’intensité des oxydations dans l’économie. N’v aurait-il pas là la clé de l’action physiologique des antilhermiques en général? Il se trouve, en effet, que les antithermiques utilisés en thérapeutique sont des substances aromatiques, et l’on a constaté que les corps de cette série" s’oxydaient dans l’organisme en donnant des composés phénoliques.
- On voit ainsi que la connaissance de la propriété anti-oxvgène des phénols sera peut-être de nature à modifier l’interprétation de certains effets thérapeutiques observés lors de l’administration des phénols. Dans cet ordre d’idées, l’on ne peut qu’être frappé des résultats favorables souvent obtenus par l’emploi de produits phénoliques (créosote, gaïacol et dérivés, etc.) dans le traitement d’une maladie qui louche précisément île très près aux processus d’oxydation de l’organisme, à savoir la forme pulmonaire de la tuberculose. 11 appartiendra aux techniciens de rechercher si ces substances, en dehors de leur action antiseptique sur le bacille, n’agiraient pas en tempérant l’hyperactivité respiratoire.
- I Lu miles Mouueu et Chaules Dufilusse.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et décembre 1921.
- Le réacHj de Kaüle Meyer pour la recherche du cuivre. — En solution alcaline,la phénolphlaléinc constitue, depuis une vingtaine d’années, le réactif chimique le plus employé pour déceler la présence du sang. Or MM. Pierre Thomas et Georges Carpentier viennent de constater que le même produit donne une coloration rose perceptible, avec une solution contenait I0~s Cu, soit une partie de métal pour 100 millions d’eau. Ce fait
- semble expliquer le grand nombre de singularités et de sources d’erreurs que certains savants ont mis au compte de la phtaléine-alcali ; il est en effet, hors de doute que la plupart des appareils industriels sont construits en cuivre et que l’eau distillée, employée à la fabrication du réactif, conlient des traces de métal; de plus, dans-une telle eau cuprifère, on fait cristalliser des produits vendus ensuite, comme chimiquement « purs r:
- p.126 - vue 130/620
-
-
-
- SCIE PORTATIVE POUR DÉBITER DES PLANCHES EN MONTAGNE
- 127
- Une nouvelle émanation radioactive dans les eaux de Bagnoles-de-iOrne. — L'élude des gaz dissous dans certaines sources de celte région thermale (Saint-Ursin, Bézier, Lignon, Yiel-Etre, Joly), a été entreprise par le Dr Loisel et ce savant croit se trouver, depuis ses expériences de juillet et d’août 1921, devant un nouveau corps simple, radioactif, auquel il propose de donner le nom à’étnilium.
- Les lichens vitricoles et leur action mécanique sur les vitraux d'église. — Miss Ethel Mellor a pu déterminer 22 variétés attaquant les vitraux, au point d’y provoquer des érosions d’une largeur de 5 mm pour une profondeur de 1. mm 6. De plus, l’action mécanique de ces végétaux est telle, sur le verre altéré par l’eau chargée de gaz carbonique, qu’elle explique l’incorporation de minces plaquettes dans leurs propres tissus; elle est d’ailleurs accélérée par la croissance et la vie des lichens. Par extension d’une telle conclusion, Miss Mellor croit que les lichens saxicoles exercent une action assez puissante sur leurs ‘ supports et contribuent ainsi à la désagrégation des roches.
- La composition des laminaires. — La nouvelle note de M. Freundler et de Mlles Ménager et Laurent établit les conditions dans lesquelles s’effectue le retour à la mer de l’iode retenu dans les cellules des laminaires et la relation qui lie leur teneur en iode à la teneur en composés organiques. Il résulte des essais de ces savants que les teneurs maxima en iode, en hydrates de carbone de réserve et en pigments bruns, coïncident avec l’époque de la plus grande insolalion. -? % \
- Fécondité et longévité de la mouche, domestique, — La fécondité de cet insecte est influencée par les conditions d’alimentation et de milieu ; le régime azoté prédominant favorise la ponte et la longévité est très diminué?-par le défaut de vol; de plus, la fécondité s’épuisf^ïrès vite lorsque les ailes sont lésées. De l’étude^QgReprise par- M’. Roubaiid, on-peut estimerjSi: un Minimum de 000 œufs, la production mouche normale en
- 40 à 00 jours, au cours de l’été. En comptant seulement pour chaque insecte nouvellement éclos, une capacité de ponte de 100 œufs à la première semaine de son existence, enfin, en fixant à 18 jours la durée d’évolution de l’œuf à la ponte, du 1CI mai au 50 septembre, une seule mouche peut donner naissance à 4000 trillions d’individus.
- Elections. — Le mois de novembre a été marqué par l’élection de M.. Marcel Brillouin, professeur au Collège de France dans la section de Physique générale, en remplacement de M. Gabriel Lippmann, et M. J. Andrade a été élu Correspondant pour occuper le siège rendu vacant par le décès de M. Yallier.
- Le guidage des mobiles aériens. — M. William Loth . soumet à l’Académie le résultat des expériences faites sur le champ d’aviation de Yillacoublay; les lecteurs de La Nature trouveront, à ce sujet, les documents les plus complets dans l’article de M. J. Boyer que contient le numéro 2494.
- L’Iujdrosulfite formaldéhyde.— Les dérivés de l’acide hydrosulfureux ont une grande importance dans l’industrie des teintures, où ils agissent comme agents de décharge. En faisant absorber des vapeurs de gaz SO2 à du formol commercial (ll.CHO 40 °/0), MM. Malvezin et Granchamp obtiennent l’acide méthanal sulfureux H.Cil (OH) SOMI .et, par addition de poudre de zinc, ils arrivent à une solution concentrée d’hydrosulfite-de-zinc formaldéhyde qui, par refroidissement, laisse déposer de fines aiguilles, blanches, très stables et jouissant d’un pouvoir rongeant extrêmement grand sur les fibres teintes.
- La curite, nouveau minerai radioactif. — De Ivasolo (Congo belge), M. Alfred Schoep a reçu des cristaux aciculaires, implantés sur de la chalcolite, translucides et brun rougeâtre, dont l’analyse donne : PbO, 24,52 °/0 — UO3 74,22 — H2 0 4 — Fe2^ 0,47. Ce minéral répond à la formule 2 PbO, 5U03; 4J12Ü ; soluble même à froid, dans l’acide Az03H>il fournit, par traitement à l’acide chlorhydrique chaud,.*'des cristaux blancs (PbCl-). Enfin, il est extrêmement radioactif, d’où le nom que M. À. Schoe'p a cru devoir lui donner en l’honneur du savant français qui isola le Radium.
- Le phénomène de la double réfraction dans le verre trempé. — Dans le cas d’un verre épais, un peu coloré, la mesure de la biréfringence exige l’emploi d’un compensateur sensible permettant de, mesurer de faibles différences de marche. M. Taffin soumet à l’Académie un dispositif, qui rend sensible, par un tison, la différence 6; il suffit alors de mesurer le chemin E parcouru par lu Lumière, et d’appliquer la formule
- X=.g.qui donne la valeur absolue de la biréfringence.
- ; * ' ; -Paul'B. :
- SCIE PORTATIVE POUR DÉBITER DES PLANCHES EN MONTAGNE
- Un éprouve beaucoup de difficultés à exploiter les forêts en montagne. Dans beaucoup de cas, il y aurait intérêt h débiter les arbres.et à éviter ainsi des transports onéreux.
- Il est utile, à cet effet, d’employer des scieries portatives.
- Celles-ci doivent être simples, facilement transportables, d’un maniement facile, d’un entretien nul. Elles doivent n’exiger que des moteurs faibles et légers et ne demander ni terrassement, ni maçonnerie.
- La machinerie doit être démontable en pièces détachées suffisamment légères en vue d’un transport à dos d’homme ou de mulet.
- Une scierie intéressante à ce point de vue. est celle qui utilise comme bâti un arbre sur pied. Quand on dispose d’un emplacement convenable on la monte contre un sapin ou contre un arbre suffisamment droit. ......
- La planche - qui porte .le•mécanisme, est alors vissée solidement' dans l’arbre au moyen de tire-fonds. L’arbre en acier qui porte la poulie ou arbre
- p.127 - vue 131/620
-
-
-
- 128
- SCIE PORTATIVE POUR DÉBITER [DES PLANCHES EN MONTAGNE
- Fig. i. — Montage d’une scie portative en montagne pour débiter des planches dans les trous d’arbres abattus.
- déplacent sur rails en forme de T robustes, rapprochés autant que possible de la lame de scie et vissés sur des traverses en bois fixées elles-mêmes sur des pieux.
- Quand on ne peut enfoncer les pieux on les remplace par de fortes traverses en bois.
- On a donc deux ou trois chariots légers que l’on place à volonté sur la longueur du tronc d’arbre que . l’on veut débiter. On donne aux rails une pente légère pour faciliter le retour des chariots à vide. Si les rails ont une longueur convenable on peut débiter des arbres de 10 mètres et plus.
- On dispose sur les chariots des supports qui fixent le tronc et qui s’ajustent, verticalement et latéralement, au moyen de manivelles.
- L’avance des chariots se faitpar des cliquets qui sont clavctés sur un arbre reposant dans deux paliers fixés sur des pieux. Sur cet arbre on a un tambour destiné à l’enroulement de la corde ou de la chaîne de traction qui fait avancer le chariot d’arrière.
- L’avance est réglable même quand la machine est en marche. Pour cela on déplace la manivelle de commande sur l’arbre principal.
- Tous les paliers sont à billes, ce qui permet un montage facile et rapide.
- Le volant et les poulies sont en deux pièces et chaque pièce a un poids inférieur à 80 kg pour le transport facile en montagne. Le montage simplifié demande une journée et la vitesse de coupe est de 50 à 40 mètres à l’heure. Pierre Marécuai..
- manivelle est placé dans un trou qui traversera l’arbre de part en part.
- Du côté opposé à la planche du mécanisme, on a un palier qui est, monté également sur une pièce de bois qu’on fixe sur l’arbre par des tire-fonds.
- On monte les poulies qui reçoivent la courroie du moteur en porte-à-faux sur ce palier. On installe également en ce point une petite manivelle qui commande l’appareil d’avancement des chariots portant l’arbre à débiter.
- Si on ne dispose pas d’un arbre pour monter la scie, on installe deux poteaux à 1 m. 50 de profondeur, on les consolide comme s’il s’agissait de poteaux télégraphiques.
- Les poteaux sont assemblés à la partie supérieure par une chaîne ou par des boulons.
- De chaque côté deux contre-fiches évitent tout ébranlement.
- La scie a un mouvement, vertical de va-et-vient. Les guides cl le palier supérieur sont boulonnés sur la planche.
- Toutes les parties sont facilement démontables.
- Pour avoir un fonctionnement sans jeu, deux des guides sur les quatre sont réglables. La lame est portée par un châssis guidé par des glissières fixées sur le luiti bois avec un boulon.
- La commande du châssis se fait par une bielle dont le point d’attaque est à la partie inférieure. La bielle est actionnée par une manivelle montée sur un volant.
- L’arbre à débiter en planches
- est mis sur des chariots qui se Fig. 2. — Détail du montage de la scie sur un arbr
- e qui sert de bâti.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.128 - vue 132/620
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2500.
- 4 MARS 1922
- LES ANCETRES DES ECHINODERMES
- Rappel des théories transformistes. —; Tous les êtres vivants sont susceptibles de variations, de transformations, d’adaptations ('). Il en résulte que les savants sont arrivés peu h peu à une conception évolutive des animaux et des plantes. Loin de les considérer comme fixes et immuables dans leur forme et leur structure, ils ont imaginé l'hypothèse de la descendance (expression de Darwin) ou, comme on dit encore, des enchaînements (expression de Gaudry). Cela veut dire que les espèces animales — pour nous en tenir cà la zoologie — sont issues les unes des autres au cours des millions d’années qui nous séparent des premiers âges de la Terre.
- Certaines espèces vivent encore actuellement. D’antres sont éteintes et ne peuvent être connues que par l’examen de leurs fossiles. Mais si l’on pouvait réunir en un même lieu des représentants de toutes les espèces actuelles et faire revivre les espèces disparues, on verrait qu’ils passent de l’un à l’autre comme les anneaux d’une chaîne ou comme les branches et. les rameaux d’un grand arbre généa-
- Fig.
- A gauche, fragilis) ;
- Parmi les preuves du Transformisme sont la Paléontologie et l’Embryologie. La première de ces sciences peut fournir, quand elle en a l’occasion, 1. La Nature, nrs 2455, 2450, 2451, 2470, 2472, 2485.
- Fig. 2. — Un type de Crinoïde : Antédon.
- i. — Quelques types d’Echinodermes de nos côtes:
- Oursin (Paracentrotus lividus)-, en haut, Ophiure (Ophiolhrix au-dessous, Holothurie (Cucumariaplanci)\ en bas, Astérie (Asterias rubens).
- des preuves irréfutables. Malheureusement les découvertes de fossiles nouveaux, servant de passage entre des espèces animales déjà connues, sont excessivement rares et soumises aux hasards de l’exploitation du sous-sol.
- D’autre part l’Embryologie a des résultats moins fortuits que ceux de la Paléontologie; mais aussi moins capables d’entraîner la conviction au sujet de la descendance. En effet les preuves tirées du développement des embryons se ramènent toutes à la loi de pairogonie. Nous dirons plus simplement que tout animal affecte, au cours de son développement embryonnaire (ontogenèse), un certain nombre de formes qui disparaissent ensuite. On suppose que ces aspects éphémères sont des rappels ancestraux. L’ontogenèse serait comme une sorte de film cinématographique qui nous ferait voir, d’un mouvement accéléré, la généalogie ou phyllogenèse de l’espèce à laquelle appartient l’animal considéré. L’ontogenèse reproduit la phyllogenèse, a-t-on dit en style lapidaire.
- Mais la loi de pairogonie n’est pas d’application constante ni toujours aisée. Il arrive que le développement embryonnaire soit très rapide, ce qui entraîne la suppression de tout ou partie des formes transitoires ancestrales. Tout se passe comme si le lilm dont nous parlions tout à l’heure avait des coupures et des ratés.
- Enfin la plupart des animaux marins qui éclosent
- 9. — 129.
- 50' Année. — 1" Semestre.
- p.129 - vue 133/620
-
-
-
- 130
- LES ANCETRES DES ECHINODERMES
- Bbu-ciae
- Fig. 3. — Système nerveux d’un Oursin.
- dans la tner et s’y développent librement possèdent “des organes (surtout sensoriels et locomoteurs) qui leur sont nécessaires à l’état jeune et ne subsistent pas à l’état adulte. Ces organes larvaires ne doivent pas être confondus avec des rappels d’organes ancestraux.
- Présentation des Echinodermes. — Les naturalistes ont réuni dans ce groupe un certain nombre d’animaux marins dont les plus connus sont l’Etoile de mer et l’Oursin. La série complète des Echinodermes comprend cinq classes : 1° les Astéries (Etoiles de mer) ayant cinq bras triangulaires réunis à un centre par leur base ; 2° les Ophiures, sortes d’Etoiles de mer à liras grêles et cylindriques ; 5° les Oursins dont le corps est globuleux et recouvert de piquants ; 4° lès Holothuries en forme de boudins*; 5° les Encrines ou Lis de mer, ainsi nommés à cause de leur ressemblance avec des Heurs. Tandis que les classes précédentes sont'formées d’animaux libres, les Encrines sont fixées au sol par un pédoncule et constituent de véritables prairies sous-marines.
- Supposons que l’on transperce une Etoile de mer en son centre au moyen d’une aiguille. Autour de Taxe ainsi formé nous pourrons faire tourner l’Etoile (comme une roue), ce qui aura pour effet d’amener successivement ses cinq bras au même endroit (comme les rayons de la roue). On exprime cela en disant qüe les Astéries ont une symétrie rayonnée et du type cinq ou pentamère. Les Ophiures et les Encrines se prêteraient à une expérience et à une remarque analogues.
- L’Oursin est recouvert de longs piquants dont il est facile de le priver en le brossant énergiquement avec une brosse de chiendent sous un robinet d’eau.
- La toilette de l’Oursin étant achevée, on est tout surpris de découvrir une carapace globuleuse formée de petites plaques calcaires disposées en mosaïque.
- Or la disposition des plaques n’est pas quelconque. Elles dessinent dix fuseaux alternativement larges et étroits. Les cinq fuseaux étroits correspondent aux bras de l’Etoile de mer. Donc les Oursins ont aussi une symétrie rayonnée pentamère. On pourrait établir que les Holothuries ont une symétrie analogue. C’est un caractère commun à tous les Echinodermes.
- La symétrie rayonnée existe également à l’intérieur du corps des Echinodermes. La plupart de leur organes se répètent cinq fois autour de l’axe passant par la bouche et par l’anus. Ainsi les glandes génitales qui sont la partie comestible des Oursins. Ainsi les vaisseaux et les sinus qui rayonnent autour d’un vaisseau et d’un sinus circulaire faisant le Hour"de'la bouche. Ainsi les nerfs et tout le système nerveux dont la disposition est représentée par la ligure 5.
- Cependant la symétrie rayonnée n’est pas parfaite chez les Echinodermes. L’observateur attentif peut distinguer quelques dérogations à la règle générale. En particulier il existe autour de l’anus des Oursins une rosette (rosette apicale) de plaques calcaires qui ne sont pas toutes semblables les unes aux autres (fig. 4). Une de ces plaques présente des granulations et un orifice; c’est la madréporite.. Elle n’a pas sa pareille dans les autres secteurs de l’animal. L’anus lui-même ne se trouve pas dans Taxe, mais un peu en dehors, à l’opposé de la madréporite,
- Il existe un groupe d’Oursins ayant encore plus perdu la symétrie rayonnée. On les appelle à tort Oursins irréguliers ; il vaudrait mieux dire Oursins cà symétrie bilatérale, bien que celle-ci ne soit pas encore prépondérante. L’anus des Oursins en question se rapproche de la bouche ; leur rosette apicale se déforme et tout leur corps s’aplatit ou s’allonge
- Fig. 4. — Rosette apicale d’un Oursin. A, anus; M, madréporite.
- p.130 - vue 134/620
-
-
-
- LES ANCÊTRES DES ÉCHINODERMES --— - 1.31
- en revêtant les aspects les plus inattendus. Citons quelques Oursins irréguliers : les Spatangues, les Scutelles, les Clypéastres.
- Enlm les Holothuries ont une symétrie rayonnée si obscure que certains d’entre eux (Synaptes) ressemblent à des vers. Il faut regarder de très près pour s’apercevoir de l’existence des cinq secteurs analogues à ceux des Oursins et des Etoiles de mer. Nous verrons que cela tient au genre de vie des Holothuries et à leur façon de ramper sur le sol. Les Holothuries sont comme des Oursins modiliés par la reptation.
- Nous venons de voir que l’anatomie comparée des Eehinodermes conduit à leur attribuer une symétrie radiaire à laquelle se surajoute plus ou moins une symétrie bilatérale: L’étude du développement embryonnaire va nous montrer l’inverse : une symétrie rayonnée se substituant peu à peu, au cours de l'ontogenèse, cà une symétrie bilatérale primitive. Nous devrons en conclure que les Eehinodermes proviennent d’ancêtres bilatéraux et retournent à des formes bilatérales. En cela consiste leur originalité.
- La première larve de tous les Eehinodermes, peu de temps après l’éclosion, est un petit être nageant librement dans l’eau au moyen de cils vibratiles. Son corps est légèrement incurvé du côté ventral et présente une ou deux bandes ciliées avoisinant la bouche. L’anus est du môme côté que cette dernière. À l’intérieur du corps, entre la peau et la paroi du tube digestif, se sont constituées quatre vésicules closes (hydrocœles et splanchnocoeles) destinées à devenir la cavité générale et les systèmes vasculaire et sinusaire. Mais à cet âge aucune différenciation ne s’est encore produite : la symétrie est nettement bilatérale; il y a un côté droit et un côté gauche (flg. 5).
- Plus tard apparaissent des organes larvaires (sensoriels et locomoteurs) dont nous ne devrons tenir aucun compte dans la recherche des ancêtres des Eehinodermes. La ligure 6 a pour but de mettre en évidence l’extrême variété des larves d’Astéries
- Fig-. 6. — Larves d’Echinodermes.
- A, Bipinnaria; B, Pluteus; C, Echinopluteus; D, Ophiopluteus E, Auricularia; F, .Doliolaria.
- Fig. 5. — Larve primitive des Eehinodermes.
- A, anus ' B, bouche; C, bande ciliée V, vésicules internes
- (.Bipinnaria, Brackiolaria), d’Ophiures (Ophio-pluleus), d’Oursins (Echinopluteus) et d’Holothuries (Auricularia, Doliolaria). On voit qu’elles possèdent de longs bras llexibles et ciliés qui leur permettent de mener une existence pélagique à la surface de la mer. Les Auriculaires ont comme des oreilles — d’où leur nom — et les Doliolaires ressemblent à des tonnelets.
- Nous devons maintenant dire quelques mots de l’embryogénie des Encrines. Au sortir de l’œuf ou plutôt de la cavité incubatricc maternelle, les très jeunes Encrines ressemblent aux larves Doliolaria des Holothuries : corps en tonnelet, cinq couronnes ciliées locomotrices. En avant et au-dessus de la bouche se dresse une touffe de longs cils sensoriels en rapport avec une masse nerveuse sous-jacente.' Au bout d’une semaine le petit animal se fixe au sol par sa région frontale et devient immobile (fig. 7). Les cils sensoriels et locomoteurs, désormais sans usage, disparaissent. La bouche s’est fermée quelque temps auparavant et l’on est tout surpris de la voir s’ouvrir à nouveau, non plus à l’ancienne extrémité antérieure de la larve, maintenant contre le sol, mais à l’autre bout. Entre temps se constitue un pédoncule.
- Sans pénétrer davantage dans les détails de l’embryogénie des Eehinodermes, il nous est déjà possible de constater l’existence de métamorphoses chez ces êtres. La disparition des organes larvaires.des Bipinnaria, Pluteus, Auricularia et formes analogues; la fixation des jeunes Encrines et les modifications de leur tube digestif, sans compter beaucoup d’autres transformations importantes, sont autant de crises de croissance que doit expliquer la généalogie des Eehinodermes.
- 11 n’a pas été question jusqu’ici delà substitution, à la symétrie bilatérale primitive des larves, de la symétrie rayonnée définitive des adultes. En particulier nous ne savons pas comment apparaissent les çiqq bras des Etoiles de mer-, des Ophiures et des Encrines. Comblons cette lacune. Les bras se forment tardivement, en une région circonscrite de la larve, à la manière de cinq petits bourgeons creux venant
- p.131 - vue 135/620
-
-
-
- 132 — LES ANCÊTRES DES ÉCHINODERMES
- Fig. •j. — A gauche, larve U’Encrine; à droite, larve de Cirripède.
- de l'intérieur. Le nouvel axe de symétrie est tantôt perpendiculaire au plan de symétrie bilatérale larvaire (Astéries, Oursins) et tantôt contenu dans ce meme plan (Ophiures).
- Avant d’aborder la recherche des ancêtres des Echinodermes, il nous reste à dire un mot de leur Paléontologie. Les Echinodermes sont apparus très tôt à la surface de la Terre. Au Précambrien, c’est-à-dire dans les couches sédimentaires les plus anciennes, existaient déjà la plupart des classes. Des Etoiles de mer, des Ophiures, des Oursins, des En-crines sans bras, ou Cystidés habitaient les mers de cette époque. On à même retrouvé les spiculés calcaires d’Holothuries précambriennes. Ce dernier fait, assez inattendu en raison des caractères de haute évolution des Holothuries, montre suffisamment à quel point la Paléontologie nous laisse dans le doute sur la généalogie des Echinodermes. Si les plus évolués d’entre eux existaient déjà au début des temps primaires, il est évident que les ancêtres des moins évolués se perdent dans la nuit des temps et que leurs fossiles n’ont pu se conserver jusqu’à nous.
- &
- * *
- Conception coloniale des Echinodermes. — La plus ancienne théorie émise sur l’origine de ces animaux est due à De Blainville (1818), Dugès (1851) et Duvernoy (1837). LesEtoiles denier et les Ophiures sont formés de cinq vers soudés par la tête. Le mot Ophiure vient de deux termes grecs signifiant ensemble « queues de serpents ». Rien de plus ressemblant en effet à des vers ou à des serpents que les bras grêles et onduleux d’un Ophiure. Les Eri-crines sont des Ophiures portés au bout d’un pédoncule. Enfin les Oursins et les Holothuries proviennent de la soudure complète des cinq vers composant la colonie. Ilæckel a repris et complété la même théorie coloniale. Ses principaux arguments sont les suivants : 1° si les Echinodermes sont bien des colonies d’animaux vermiformes, le nombre des individus associés, c’est-à-dire le nombre des bras, doit être susceptible de variations. Or telle est bien la réalité. On eoniiait des Astéries à 10, 20, 50, 40 bras èt plus. Lorsque le nombre est grand, il
- varie même de quelques unités entre Etoiles de mer proches parentes ; 2° les bras des Astéries sont eu quelque mesure indépendants puisqu’ils peuvent se détacher les uns des autres et continuer à vivre. H suffit pour cela qu’ils emportent un morceau du disque central de la colonie. En aquarium, à Ros-coff, il n’est pas rare de rencontrer un bras d’Aste-rias glacialis (la plus grande Etoile de nos côtes) se promenant tout seul, après s’être détaché des autres bras. La figure 8 représente des bras de Linckia (Astérie des mers chaudes) en voie de régénération.
- Si les Echinodermes sont des colonies animales, on peut expliquer leur formation de deux manières. Ou bien des animaux d’abord indépendants sont venus se souder par la tète; ou bien un animal primitif a produit les autres par bourgeonnement et les a conservés sous sa dépendance. La première explication ne s’appuie sur aucun argument. Au contraire, la seconde a été soutenue par Hæckel et par Edmond Derrier (1881). La seule différence entre ces deux auteurs est que celui-là parle de cinq vers naissant par bourgeonnement sur un ver central, tandis que celui-ci, beaucoup plus prudent et rationnel, parle seulement d’un individu central nourricier et de cinq individus rayonnants reproducteurs — ce qui n’implique aucun rapprochement avec les Vers. D’après E. Perrier la généalogie des Echinodermes s’exprime de la sorte :
- Holothuries
- Astéries Ophiures Oursins
- \ I. /
- Encrmes
- I. ,
- Cystidés
- Procgslis hypothétique
- Autres conceptions des Echinodermes. — La théorie coloniale, sous la forme que lui a donnée E. Perrier, est séduisante et vraisemblable. Cependant d’autres théories ont été émises dans le but de rattacher les Echinodermes à des groupes zoologiques connus, tels que les Cœlentérés, les Vers, les
- Fig. 8. — Bras de Linckia en voie de régénération.
- p.132 - vue 136/620
-
-
-
- LES ANCETRES DES ECHINODERMES ==================== 133
- Crustacés et. les Vertébrés. Nous allqns dire quelques mots de chacune d’entre elles.
- I. Les naturalistes ont depuis longtemps distingué, sous les noms de Rayonnés, de Zoophytes ou de Phytozoaires, un ensemble d’animaux comprenant à la fois les Cœlentérés (Anémones de mer, Méduses, Madrépores) et les Echinodermes. De là à conclure que les Echinodermes sont apparentés aux Cœlen-lérés il n’y avait qu’un pas. Agassiz (1864) et Metch-nikoff (1869) l’ont franchi. Aujourd’hui cette opinion est complètement abandonnée à cause des différences fondamentales de structure entre les deux groupes d’ètrcs énumérés ci-dessus. Nous n’en avons parlé que pour mémoire.
- II. La descendancedesJEchinodermes à partir des Vers a été soutenue par Hæckel, conjointement à sa théorie coloniale. Leuckart (1848) l’a aussi développée en s’appuyant sur la ressemblance entre les Synaptes, qui sont des Holothuries, et les Sipon-cles qui sont des Vers.
- Synaptes et Siponcles ont à peu près le même genre de vie fouisseuse. On les trouve dans le sable découvert à marée basse sur nos côtes. La forme générale est à peu près la même. Cependant là s’arrêtent les analogies. .
- Un professeur hollandais, Dekhuyzen, a cru voir il y a une dizaine d’années, sur un Siponcle de Loquemau (près de Roscoff), une rosette apicale de plaques semblable à celle des Echinodermes. Malheureusement il n’a pas conservé l’échantillon et n’a pu en découvrir d’autres présentant la même, particularité. On peut donc supposer que le savant professeur a été le jouet d’une illusion.
- La première larve des Echinodermes a quelque similitude avec celle des Vers (larve Trochosphère). Cependant on ne peut en déduire, un lien de parenté indiscutable parce que la même larve pélagique se retrouve, assez peu modifiée, chez les Mollusques, les Brachiopodes, les Bryozoaires et encore d’autres animaux très différents pour tout le reste.
- III. Récemment, au mois de juillet dernier, Clark a exposé l’hypothèse que les Echinodermes sont des Crustacés aberrants. Il a été précédé dans la même voie par son compatriote Patten (1910). Les raisons données de ce rapprochement sont les suivantes : 1° le test, des Echinodermes ressemble à la carapace des Crustacés et plus particulièrement des Cirripèdes (Balanes, Anatifes des côtes rocheuses) ; 2° les cirres qui se trouvent le long du pédoncule des Encrines et leurs bras bifurqués rappellent les antennes et les appendices thoraciques des Cirripèdes ; 5° le développement embryonnaire des Encrines, aussi bien
- que celui des Cirripèdes, comporte une phase de fixation dont nous avons déjà parlé. Or, dans les deux groupes, la fixation a lieu par une région frontale (fig. 7), antérieure par rapport à la bouche. La bouche sé déplace ensuite et se rapproche de l’anus. Clark en conclut qu’ « il y - a moins dé différences entre les Encrines et les Cirripèdes qu’entre les premières et un autre animal quelconque ».
- Nous ne serons pas aussi affirmatifs et nous nous permettrons même de, douter de la valeur des arguments qui précèdent. Tout zoologiste reconnaîtra que la similitude entre les Cirripèdes et les Echinodermes est superficielle et évidemment non primitive.
- IV. Venons au rapprochement avec les Vertébrés tel qu’il fut énoncé par Hérouard, en 1904.
- La larve primitive de tous les Echinodermes a une symétrie, bilatérale. On peut donc l’appeler, avec certains auteurs, Dipleu-ræa. Son tube digestif émet latéralement des diverticules qui s’isolent, en quatre vésicules closes, origine, avons-nous dit, de la cavité générale et des systèmes vasculaire et sinusaire. Or la Dipleuræa est tout à fait analogue à une larve d'Amphioxus (vertébré le moins élevé coorganisation). Elle, n’en diffère, au cours de l’embryogénie, que par une atrophie de sa face dorsale et de son côté gauche. La figure 9 montre une Dipleuræa (A) qui se transforme en Pentasomæa (B) par chevauchement de sa vésicule inférieure droite sur sa vésicule supérieure du même côté. Enfin sous la lettre C est représentée l’incurvation de la Pentasomæa et l’apparition de la symétrie radiairc déterminées par l’atrophie de la face dorsale. Le système nerveux dorsal, si caractéristique des Vertébrés, n’apparaît pas chez les Echinodermes en raison de la même atrophie. « En résumé, dit Hérouard, les Vertébrés et les Echinodermes ont eu un ancêtre commun; un descendant de cet ancêtre, frappé d’atrophie de sa face dorsale et de son côté gauche, a fourni la lignée des Echinodermes. » Rappelons que tout cela a du se passer aux premiers âges de la Terre, avant le Précambrien. Dès lors on peut se demander s’il ne serait pas plus prudent d’admettre, avec Bather (1902) et avec Delage et Hérouard (1905), que la lignée des Echinodermes s’est séparée extrêmement tôt de la souche commune à tous les animaux ayant une symétrie bilatérale. Elle ne pourrait être rattachée directement à aucune autre lignée. Quant à la symétrie radiaire, elle serait apparue tardivement, par exemple sous l’influence de la fixation. Rkon Bkutin.
- Affrété île l’Universilp.
- A. B. C.
- - d —
- 'Fig. g. — A, Dipleuræa; B, Pentasomæa; C, la même larve acquérant une symétrie rayonnée par atrophie de sa face dorsale, d’après Hérouard.
- p.133 - vue 137/620
-
-
-
- 9UOf}8ÜJUJ09UOJ
- 134
- L'EMPLOI ECONOMIQUE DU GAZ D’ÉCLAIRAGE
- La combustion complète du gaz par son mélange préalable incomplet avec de l’air.
- C’est un fait économique bien acquis que la consommation de gaz, dit d’éclairage, pour les chauffages culinaires, domestiques et industriels
- — sans même compter le chauffage des fours Martin par le gaz de fours à coke — croît rapidement. Les consommations pour l’éclairage privé et industriel, pour la force motrice
- — si l’on met de côté les applications de gaz de houille à la production d’énergie mécanique ou électrique dans les grandes centrales
- Kà
- $ f 1
- r
- ?
- Y
- é f'
- Eo vrai e nrivê /et pub Yc~
- £>1l v—
- Force m otric
- Fig. x. — Progression des différentes consommations de gaz.
- attenantes aux fours à coke — sont, au contraire, plutôt stationnaires. Pour illustrer ces constatations, nous reproduirons un graphique (fig. 1) que nous empruntons à M. G rebel, ingénieur spécialiste de la production et de l’utilisation des hydrocarbures et sous-produits de la houille, qui vient de donner (l) une étude intéressante sur les nouveaux appareils de réalisation et d’emploi d’un mélange préalable de gaz et d’air de la Société fran-
- \. Chaleur et Industrie, décembre 1921
- çaise d’incandescence par le gaz (système Auer).
- L’étude de l’évolution de cette société de construction de brûleurs à gaz, parallèle à l’évolution des applications du gaz serait, à elle seule, très instructive. Après s’être adonnée presque exclusivement à la fabrication des becs peu à peu perfectionnés à basse et haute pression (‘) et des manchons à incandescence, cette Société a construit : des radiateurs Delage-Auer destinés au chauffage rapide et surtout par chaleur radiée des pièces habitées; des réchauds, fourneaux, cuisinières de plus en plus perfectionnés au point de vue commodité et rendement; des appareils au « gaz mélangé » dont nous allons nous occuper et qui trouvent leur emploi dans les fabrications alimentaires, vestimentaires, etc., comme dans l’industrie proprement dite, grande ou petite ; des chaudières à eau chaude, à vapeur haute ou basse pression, servant au chauffage central des immeubles, appartements et. bureaux.
- Surtout s’il s’agit d’obtenir de hautes températures, la pratique a montré que le plus haut rendement calorifique est atteint quand le gaz combustible, est mélangé avant son inflammation à la quantité d’air comburant juste nécessaire à sa combustion complète (2). Avec les bunsens ordinaires, la quan-
- 1. Voir au sujet île l’éclairage au gaz surpressé La Nature u° 1936, 2 juillet 1910.
- 2. Cette quantité est une caractéristique Hu gaz que M. Grebel appelle pouvoir condmrirnre.
- Entréedu_gaz__
- Entrée. dejhjr__
- -E.QyPApe_de__
- retour
- Fig. 2. — Groupe mélangeur surpresseur
- p.134 - vue 138/620
-
-
-
- 135
- L’EMPLOI ECONOMIQUE DU GAZ
- tilé d’air correspondant au «pouvoir comburivore » ne peut être entraînée par le jet de gaz, comme air primaire, c’est-à-dire passant à l’intérieur du brûleur, que si la pression est supérieure à 50 et même à '100 mm. en colonne d’eau. Avec des bunsens bien étudiés, dont les formes rationnelles rappellent celles des trompes ou électeurs, il suffit d’une pression de 25 à 50 mm. Mais les filets d’air et de gaz entraînés l’un par l’autre ne sont pas encore mélangés intimement, ce qui est la condition de la combustion optima. Pour obtenir ce mélange intime, il faut brasser l’air et le gaz, ce qui nécessite de la force vive supplémentaire ; on l’apporte soit par la surpression du gaz, soit par l’injection d’air soufllé, soit par la préparation d’un mélange préalable incomplet d’air et de gaz sous pression.
- Le premier procédé qui conduit à adopter des pressions relativement élevées (1 m. 400 de colonne d’eau), est très employé pour l’éclairage intensif par incandescence au gaz surpressé où la question de dimensionnement des injecteurs' ne crée pas de difficulté en raison de l’importance des foyers adoptés.
- Le deuxième, qui ne met aussi en œuvre que des moyens mécaniques simples, exempts de gros dangers, puisqu’il consiste à véhiculer, parallèlement au gaz, de l’air sous pression, est très employé pour les fours industriels, bien qu’il nécessite la complication et la dépense d’une double canalisation.
- Le troisième permet de réaliser un mélange intime du gaz combustible et d’une partie du gaz comburant par des procédés mécaniques et l’on n’a plus guère à , craindre dans les brûleurs les déréglages de l’entraînement d’un fluide par l’autre. On se tient évidemment, pour le mélange préalable, en dessous des limites d’explosibilité ou plutôt d’in-
- Air
- Fig. 3. — Injecieur à chambre de mélange pour brûleur à gaz.
- flammabilité du mélange air et gaz. On sait qu’on admet que la limite inférieure est en volume de 8 pour 100 de gaz de houille pour 92 pour 100 d’air, soit 11,5 d’air pour 1 de gaz. Les auteurs diffèrent davantage sur la limite supérieure : Eit-ner, qui opéra avec un tube de 19 mm. de diamètre donne 19 pour 100 de gaz pour 81 pour 100 d’air, soit 4,26 d’air pour 1 de gaz ; Le Chatelier donne 25 pour 100 de gaz pour 75 pour 100 d’air, soit 5,55 d’air pour 1 de gaz. Comme à partir de 500-400°, les limites se resserrent beaucoup, il est prudent de ne pas dépasser, ainsi que l’ont décidé les constructeurs, 2 volumes, et mêmel volume 1/2 d’air pour 1 volume de gaz. On laisse aux brûleurs le soin de parfaire le mélange définitif correspondant à la combustion parfaite.
- Il est facile de constater que le rôle de l’injcc-teur du brûleur (fig. 5) est, de la sorte, doublement facilité : d’une part, en raison de ce que la quantité de fluide comburant restant à injecter est notablement réduite, d’autre part, en ce que le fluide moteur est, alors, d’une densité beaucoup plus voisine de celle du fluide à injecter.
- La densité du gaz d’éclairage, en effet, étant d’environ 0,42 par rapport à l’air et la proportion d’air nécessaire à la combustion complète étant d’environ 5,5 volumes d’air, pour un volume de gaz, on voit ’qu’en préparant un mélange préalable de 1 1/2 volume d’air et 1 volume de gaz par exemple, ce mélange aura une densité de 0,77, soit près du double de celle du gaz initial, et n’aura plus à entraîner que- 4 volumes d’air pour chaque
- Fig. 4. — Coupe el plan d'un four à creuset.
- p.135 - vue 139/620
-
-
-
- 136 —:........ : L’EMPLOI ÉCONOMIQUE DU GAZ
- volume de gaz véhiculé, c’.est-à-diré -4 : 2,5 ou I ,C> volume d’air-par volume du mélange préalable.
- M.* (irebel a calculé que les pressions les plus couramment-adoptées : 1 m. 40 pour le gaz sur-pressé, Onx. .50 pour l’air isoufllé, 0,50 pour le « gaz mélangé », représentent sensiblement la anemé quantité d’énergie vive utilisable pour brasser l’air elle gaz et leur communiquer une vitesse d’écoulement suffisante. Cependant ces chiffres n’ont rien de fatidique. Il va là un problème technique qui n’a pas encore-été étudié systématiquement au point de
- tendent à éteindre la llamme et s'opposent ainsi à sa rétrogradation vers l’injecteur, quand le débit de gaz est très réduit. Ces mêmes dispositifs freinent jusqu’à un certain point l’écoulement du mélange, quand la pression et le débit de gaz dépassent beaucoup la normale.
- Quand il s’agit de chauffages industriels à haute température, on ne peut éviter que le nez et même le corps du brûleur ne s’échauffent notablement. Les grilles métalliques deviennent de nul effet, quand elles ne favorisent pas le retour de llamme.
- Fig. 5. — Différents types de brûleurs.
- a, bec pour Tour à sole, à recuire, à cémenter, tremper; b, four à moufle; c, four à émaux; d, biscuiterie, confiserie; e, four à pâtisserie, torréfacteurs de café, cacao; /, chauffage de chaudière à vapeur; g, étuve à sécher les moules de fonderie; h, four à recuire ; i, lessiveuse-chaudière, bassine à sirop ; k, grande bassine, chaudière verticale ronde ;
- l, chaudière à vapeur verticale ronde.
- vue expérimental. La vitesse de propagation de la flamme qui tend à faire rentrer celle-ci dans le corps du bunsen augmente certainement avec la température du mélange dans le diffuseur du bunsen et la température du milieu où débouche le mélange. Des constatation s pratiques un peu éparses permettent de l’affirmer.
- Il est une autre question qu’on ne peut pas séparer de celle de la vitesse de propagation de la flamme, c’est la question de la dimension de la tête ou du nez du brûleur. Dans les becs à basse pression, c’est-à-dire à mélange primaire incomplet, on peut faire varier dans d’assez grandes limites le débit de gaz sans que la flamme se souffle ni rentre jusqu’à l’injecteur. Les têtes des becs sont, en effet, munies de grilles, toiles métalliques, nids d’abeilles, etc., qui par leurs petites sections de passage et leur grande surface de refroidissement
- Des têtes en stéatite à trous ou fentes multiples résistent mieux, mais, étant peu conductrices de la chaleur, elles, ne peuvent remplir, le même rôle. On réduit la section de sortie, de façon que le mélange soit soufflé. du nez du brûleur et ne puisse s’enflammer que plus loin quand il a perdu de sa force vive. Remarquons en passant que le procédé qui consiste à briser le jet de mélange sur un amas de matériaux réfractaires qui refroidissent considérablement la flamme par conduction et radiation, n’est pas à recommander. Même quand on opère ainsi à haute température* la combustion se trouve gênée. Rien ne vaut, pour obtenir la combustion complète, le libre développement de la flamme dans une enceinte chaude. * 1
- Dans tous les brûleurs en usage, le ou les orifices de sortie du mélange restent invariables, quel que
- p.136 - vue 140/620
-
-
-
- 137
- L’EMPLOI ECONOMIQUE DU GAZ
- soit le débit qu’on est bien obligé de faire varier en général avec le degré d’avancement de l’opération thermique. La solution la plus courante consiste à multiplier les brûleurs.
- Il serait plus rationnel de rendre la section de sortie du mélange variable à la demande, c’est-à-dire suivant le débit et la vitesse de propagation de 11 anime.
- Il n’est pas logique, en effet,, que le mélange quitte le brûleur avec dos vitesses aussi différentes que celles qui correspondent à ces pressions.
- Au moment de l'allumage à froid, s’il s’agit d’un four à haute tempéra-, lure de régime, il faut évidemment réduire considérablement la vitesse d’écoulement du mélange; mais à chaud, quand, la température étant atteinte, il y a lieu de réduire débit de calories dans le laboratoire, la vitesse , de sortie. devrait être maintenue malgré la diminution de la dépense de gaz. Il serait nécessaire d’avoir la. possibilité d’étrangler l’oriliee de sortie. .
- Enfin, dernière question, la forme de la flamme devrait toujours être appropriée; à son utilisation. Nous n’y insisterons pas, car nous allons voir plus .loin comment elle a été heureusement résolue par la Société française d’incandescence par le ;gaz I Système Auer).
- L’exposé ; général qui précède nous a permis de voir que l’intermédiaire du mélange préalable incomplet de gaz et d’air est un moyen de réaliser de façon
- — Four à vilrile fonclionnanl au gaz mélangé.
- certaine la combustion intégrale du gaz, soit pour les chauffages industriels, soit pour l’éclairage intensif. Ce principe a déjà été mis en œuvre plusieurs fois.
- Sans vouloir établir ici un historique de ce mode d’emploi du gaz, rappelons succinctement que l’amélioration de l’incandescence par la surpression, a été innovée en 1900. Dès 1895, Denavrouze proposait l’emploi d’un petit ventilateur pour obtenir un meilleur mélange de gaz et d’air dans le bec à incandescence. M. Yanderpol présentait en 1910. parallèlement à celui de MM. Bouvier et Collon, un doseur-mélangeur-sur presseur dont il envisageait surtout l’application au chauffage (repassage en particulier).
- Quelques années avant la guerre, une firme allemande importa chez nous les appareils « Selas » qui se. répandirent surtout dans la région du Rhône et dans le Nord.
- Il fut ainsi amplement démontré que le principe du mélange . préa-
- Fig. 6.
- p.137 - vue 141/620
-
-
-
- 138 ..: L’EMPLOI ECONOMIQUE DU GAZ
- labié se prête bien aux emplois industriels du gaz.
- La Société française d’incandescence par le gaz (Système Àuer), a de même été amenée à établir des groupes mélangeurs-compresseurs et des appareils d’utilisation (becs, brûleurs et fours).
- Groupe mélangeur-compresseur. — Pour obtenir un mélange de composition constante, il est indispensable que les deux gaz : air et gaz d’éclairage soient aspirés à la même pression. Le gaz est ramené à la pression atmosphérique par un régulateur automatique constitué comme suit (fig. 2) : Une membrane, allégée par un contrepoids C et subissant la pression atmosphérique, entraîne, dans ses mouvements, un obturateur qui détermine un laminage plus ou moins grand du gaz introduit.
- La proportionnalité du mélange est assurée par deux pistons solidaires D, E qui obturent ou démasquent plus ou moins les orifices d’admission de l’air et du gaz (ramené à la pression atmosphérique). La position de ces pistons est commandée par une deuxième membrane placée dans la partie inférieure de l’appareil. La quantité du mélange est d’ailleurs contrôlée par un petit brûleur témoin.
- C’est un ventilateur rotatif à palettes ou surpres-seur qui aspire les deux fluides, les brasse vigoureusement et les refoule, sous une pression qu’on peut fixer suivant les applications entre 0 m. 50, 0 m. 40 et 0 m. 80, voire même un mètre en colonne d’eau. Un régulateur de retour maintient l’uniformité de la pression adoptée. Un graisseur assure la lubrification du surpresseur.
- L’aspirateur-surpresseur se fait actuellement en quatre grandeurs, dont les principales caractéristiques sont les suivantes :
- Débit Orifice recommandé Calibre pour tuyau d’arrivée
- Nos horaire en gaz. du compteur-. du gaz.
- 0 10 à 15 m* 60 à 80 becs 45 m/m
- 1 20 à- 25 m3 100 à 150 » 55 »
- 2 50 à 60 m3 200 à 500 » 100 »
- 5 80 à 100 m3 400 à 500 » 125 »
- Un cinquième type, d’une puissance de 200 m5, à l’heure est en construction.
- Appareils d’utilisation. — En ce qui concerne le chauffage, beaucoup de constructeurs se sont contentés d’agrandir les dimensions de leur brûleur-type et d’en multiplier le nombre pour résoudre les différents problèmes qui leur étaient posés. Au contraire, la Société Française d’incandescence a étudié, pour chaque cas qui peut se présenter, la forme et les dimensions des flammes les plus convenables.
- Les nombreux modèles qui répondent aux besoins propres à des applications différentes (fig. 5) possèdent tous un injecteur comme celui de la figure 5. Tandis que, dans la plupart des brûleurs anciens ou modernes, l’entrée d’air aspiré se fait perpendiculairement à la direction du jet gazeux, cette entrée se fait, dans le nouveau brûleur, parallèlement au jet gazeux lui-même, ce qui réduit les pertes de
- charges inutiles. Le curseur C permet de régler le volume d’air entraîné par aspiration.
- Plusieurs des brûleurs représentés sont à flammes lamellaires multiples ; la surface chauffante peut alors épouser les formes les plus adéquates au but visé; l’emploi des fentes a encore l’avantage d’éviter le retour de flamme.
- Pour donner une idée des applications presque innombrables de ces brûleurs, nous donnons (fig. (i et 7) deux photographies prises entre cent et rions citerons :
- Les fours à recuire, cémenter, tremper, embattre, les fours à émailler, les creusets et cuves à fondre les métaux, les forges, les fers à souder, les chalumeaux de brassages, soudage, pour le soufflage du verre ; les fours de verriers, de céramistes, à vitrite, à recuire les goulots de bouteilles, les gobelets, pour fabrication des lampes à incandescence; les étuves de toutes natures ; les cylindres et calandres pour blanchisseries et teintureries, pour fabrication du carton ondulé, les fers pour apprêteurs, blanchisseurs et confectionneurs, les machines à gazer les fils, les étolfes; les torréfacteurs de café et cacao, les machines cà biscuits et gaufrettes, les bassines de confiseurs, etc., etc.
- Comme l’a fait remarquer M. Payet (]), ingénieur gazier, l’industriel peut être amené, s’il emploie le gaz pour le chauffage de ses appareils, à éclairer ses ateliers avec le « gaz mélangé » qui permet de réaliser des petits liées de 80 bougies aussi bien que des grosses unités de 2000 bougies. En effet, s’il est obligé de produire de la vapeur, l’industriel fabrique ordinairement son courant lui-même, ce qui l’entraîne à avoir un supplément de force motrice correspondant à l’éclairage, supplément très mal utilisé. L’éclairage intensif au gaz supporte, d’ailleurs, comme fixité, aspect agréable, la comparaison (on peut le constater dans les voies parisiennes) avec l’éclairage électrique.
- La Société Française d’incandescence par le gaz (Système Auer) poursuit, particulièrement avec le concours de la Compagnie du Bourbonnais, qui exploite les brevets de Lachomette et Cie et Brodin, l’établissement de fours puissants pour des traitements thermiques industriels de toutes natures.
- Tous ces appareils, agencements et fours, mis au point méthodiquement avec le plus grand soin, constituent, a dit M. Payet : « une nouveauté, tant par la conception de certains détails que par la réalisation pratique des principes sur lesquels ils reposent ». Ils contribueront au relèvement du rendement thermique national, objectif que le marasme industriel actuel ne doit pas nous faire perdre de vue. Un des [meilleurs correctifs au manque de combustible autochtone-réside, en effet, dans l’emploi du gaz au moyen d’appareils perfectionnés : bien brûler le gaz, c'est économiser de la houille. B. Villers.
- 1. Communication au Congres de juin 1921 de la Société Technique de l'Industrie du Gaz en France.
- p.138 - vue 142/620
-
-
-
- — —..........— 139
- LA SAVEUR DES CHAMPIGNONS
- Pour distinguer les diverses espèces de champignons à chapeau — il y en a bien 2060, il ne faut pas se contenter d’examiner leurs caractères extérieurs et leurs innombrables teintes; il faut aussi noter leur odeur, qui, ainsi que nous l’avons vu dans un précédent article (n° 2485), est très variée, et leur saveur. Pour percevoir celle-ci, — M. de la Palisse en dirait autant, — il faut en mâcher un fragment; il n’v a aucune crainte d’être empoisonné, même par les espèces les plus vénéneuses, si l’on a soin de n’en goûter qu’une parcelle et de la rejeter, de suite, après l’avoir mastiquée un instant. On se rendra compte ainsi que la saveur des Champignons est beaucoup plus variée qu’on le croit généralement.
- 11 est un bon nombre cependant dont le goût est nul (A manite-tue-mouches, Cloune.au, Russule-h-feuillels-inégaux (ce qui ne l'empêche pas d’être comestible), Plate us-couleur-de-cerf, etc.) ou presque nulle (Ar miliaire-dès-pins).
- D’autres, très nombreux aussi, ont une saveur simplement « agréable», sans qu’on puisse bien la définir, sauf qu’elle a, en général, le « goût de champignon ». C’est le cas, par exemple, de VOronge-vraie, du T richolome-Rus-sule, du Muscat, du Collybie-à-pied-en-fuseau, du Pleurote-terrestre, de Y Hygrophore attaché, du Lactaire-h-lciit-abondant, du Russule-jaune, du Palomet, du Clito-pile-petite-p'rune, du Pholiote-du-peuplier, du Cèpe-comestible, de YHydne-coraltoïde, etc., pour n’en citer que quelques-uns, presque au hasard.
- Plus souvent, on exprime cette saveur non désagréable des champignons, en disant qu’elle est « douceâtre )) (Lactaire-doux) ou « douce » (Tricholome-prétentieux, Tri-cholome-imbriqué, Collybie-h-pied-détendu, Pleurote-en-forme-ddimtre, Hygrophore-pudibond, Hygrophore-des-prés, Bygrophorc-à-feuillets-soufrés,. Faux-Mousseron, Charnpignon-de-couche, Bolet-des-bœufs, etc,.).
- Quelquefois, la nature de la saveur, peut être plus ou moins vaguement qualifiée. On perçoit, par exemple, dans de rares cas, le goût des amandes (Tricholome-Panæole, Croquette-des-sapinières)', des noisettes (Russule-agréable, Russule-rosée, Russule-jolie, — à saveur de noisettes un peu acerbe, — Bolet-châtain) ; de l’orange (Russule-sans-lait —qu’il ne faut pas trop mâcher parce que la saveur devient rapidement âcre).
- Pour éviter toute désillusion, je dois prévenir les futurs amateurs de champignons crus, que la saveur de ceux-ci est plus souvent mauvaise que bonne. Parfois, cependant, on peut se contenter de dire qu’elle est « peu agréable » (Gollybie-a-chapeau-rayé), Collybicnébuleux, Chanterelle-orangée), mais, bien des fois, elle est, franchement « désagréable » (Mycène-en-casque, Bolet-h-gros-pied, etc.).
- Cette impression désagréable peut, dans quelques cas, être spécifiée d’une manière plus précise. On peut dire que la. saveur est acerbe chez les Tricholome-acerbe ; acidulée chez la Langue-de-bœuf; légèrement acide chez le Peüt-pied-bleu, le Gollybie-tacheté, le CUtocybe-retourné, l’Hygrophore-brûlant; aigre chez YHébélome-bicolore et YHéMlome-échaudé; aigrelette chez la Chanterelle-de-Fries, le Cortinaire-des-montagnes, le Bolet-jaune, le Bolet-un-peu-amer, le Bolet-granulé,
- Ces saveurs, qüoique peu agréables, sont cependant tolérables. 1)«mires sont si mauvaises qu’on ne tarde pas à cracher les fragments que l’on mange. Ainsi arrive-t-il pour les champignons « âcres » (T richolome-g ris-de-
- souris, Lactaire-h-lait-jaune-soufre, Lactaire-humide, Lactaire-trivial, Lactaire-vénéneux, Lactaire-âcre, Lac-taire-gris-de-plomb, Russule-tachetée, Russule-rouge-noirâtre, Russule-blanc-ocracé, Pane-styptique) ou très âcres (Lactaire-zoné, Lactaire-roux, Russule-émétique, Russule-fétide, Cortinaire-caustique, Cortinaire-ocre-rouge) ; un peu amers (Tricholome-h-odeur-de-viande-rôtie, Tricholome-roux, Tricholome-lerreux, Marasme-mignon, Pholiote-a-racine, Hydne-bosselé) ; amers (Tri-cholome-strié, Tricholom,e-érn(irginé,Tricliolome-h-odeur-de-savon, Collybie-bronzé, Pleurote-de-Volivier, Russule-émeraude, Russule-brun-fauve, Marasme-adhérent, Volvaire-violacé, Clitopile-umer, Pholioie-doré, Cortinaire-a-bords-rompus, H y dne-imbriqué). ou très amers (Triclio-lome-amer, Hypholome-en-touffe, Cèpe-chicotin) ; un peu piquants (Gyrôle, Lactaire-à-fossettes) ; poivrés (Lactaire-poivré, Lactaire-h-sang-rouge, Lactaire-Vert, Russule-noircissante, Marasme-brûlant, Bolet-poivré) ou très poivrés (Russule-violette, Russule-de-Quélet).
- Les choses se gâtent encore plus avec les champignons dont la saveur est styptique, c’est-à-dire à goût d’encre (.Armillaire-couleur-de-miel), dont le mauvais goût disparaît, en partie, à la cuisson) : brûlante (Lactaire-caustique, Russule-rouge) ; vireuse (Amanite-viveuse, Stro-phaire-vert-de-gris) ou même, donne des nausées (Russule-sanguine) .
- La saveur des champignons peut, d’ailleurs, varier avec leur âge ; ainsi, chez Y Amanite-phalloïde, cette espèce mortelle si connue, elle est peu marquée chez les jeunes, mais tourne à Décrété chez les vieux). Elle peut aussi varier d’un exemplaire à l’autre ; par exemple, le Lépiote-en-boucliera une saveur tantôt nulle, tantôt nauséabonde; et YArmillaire-robuste a une saveur tantôt douce* tantôt un peu amère.
- La saveur peut enfin ne pas être la même, suivant le temps que l’on met à les mâcher, sans doute parce que, par une mastication prolongée, des substances chimiques distinctes dans le corps du champignon, viennent au contact et réagissent l’une sur l’autre, donnant ainsi naissance à d’autres substances, celles-ci plus ou moins sa-pides. Par exemple, mastiquée un moment, la chair peut se montrer : d’abord salée, puis poivrée (Tricholome-grossier) ; douce, puis âcre (Russule-dorée) ; douce, puis plus ou moins âcre ou poivrée (Russule-brûlante, Russule-nauséeuse, Russule-rubiconde, Russule-ocracée, Pho-liote-deslr licteur).
- Remarquons, en terminant, que, de leur saveur à l’état cru, on ne peut rien préjuger de leur comestibilité. C’est ainsi que, parmi les champignons comestibles, on en trouve sans saveur (Clouneau, Russule-h-feuillets inégaux, ou à saveur agréable (Oronge-vraie, Palomet), douce (Faux-mousseron, Cliampignon-de-couche), à goût d’amande (Croquette-des-sapinières), un peu acide Petit-pied-bleu), acidulée (Langue-de-bœuf), piquante (Gy-role), etc. et que, parmi les champignons vénéneux, on en trouve saris saveur (Amanite-tue-mouches), etc. Toutefois, a priori, on doit considérer —jusqu’à plus , ample informé — comme « suspects » les champignons à saveur brûlante, poivrée, amère, et, d’une manière générale, désagréable. Dans le doute, d’ailleurs, il est toujours bon de s’abstenir, ainsi que le dit la sagesse des nations, qui n’a pas été toujours si bien inspirée dans le choix de ses proverbes.
- Henki Coupin.
- p.139 - vue 143/620
-
-
-
- uo : æmmximasm&mxi
- LES EMPLOIS DE LA SILICE COLLOÏDALE
- L’atlenlion des chimistes est actuellement sollicitée en Amériqu.e par un nouvel adsorbant; le silica-gel (ou silice colloïdale).
- Ce corps est préparé par la coagulation d’une solution colloïdale d’acide silicique obtenue par précipitation par l’acide sulfurique ou chlorhydrique d’une solution de silicate de soude. Il est livré dans l’industrie sous la forme d’une substance granulée, semi transparente, contenant 5 à 7 0/0 d’eau. Avant usage, on chauffe le produit pour (t l’activer » en chassant l’eau qu’il renferme.
- La puissance d'adsorption de ce corps pour les gaz dépend à la fois de la concentration du gaz à adsorber et de la température à laquelle-on opère. Les résultats suivants relatifs à l’anhydride sulfurique montrent la variation de la quantité de gaz adsorbé en fonction de ces deux facteurs. ‘
- Si on prend un mélange d’air renfermant 4 0/0 en volume d’anhydride sulfureux (pression partielle 50 mm. environ), les quantités àdsorbées sont en poids 4, 6, 8,2, 11 pour cent, à 40, 50, 20 et 10 degrés. Si on opère à une température de 50 degrés, le gel adsorbe 2,5, 0, 7,1, 18 pour cent en poids de mélanges renfermant respectivement 1, 4, 6, 8 pour cent d’anhydride sulfureux.
- Il résulte de ces propriétés que pour récupérer les gaz adsorbés, il suffit de diminuer la pression et d’élever la température.
- Nous décrirons quelques applications pratiques de la silice colloïdale qui ont été récemment mises au point en Amérique.
- L’une des plus importantes est l’adsorption de l’anhydride sulfureux. On sait que dans la fabrication de l’acide sulfurique, la quantité de gaz perdue par suite de sa faible teneur (1 à 4 0/0) est presque égale à la quantité totale transformée dans les chambres de plomb. La concentration maxima que l’on peut obtenir dans les installations actuelles est d’environ 8 0/0 et, si les gaz vont directement du four à pyrite dans les chambres, elle ne doit pas dépasser 15,9 0/0 si on veut que la transformation soit complète.
- Par l’emploi du silica-gel, on peut élever ce maximum à 28 0/0 et en même temps récupérer le gaz sulfureux à faible concentration et le restituer à la teneur convenable dans le circuit des chambres de plomb. De même les pertes d’oxydes d’azote qui se produisent à la tour de Gay-Lussac peuvent aussi être évitées. On peut alors opérer avec une plus forte concentration de ces oxydes dans les chambres, augmenter parallèlement la concentration du gaz sulfureux, et par suite le rendement en acide sulfurique.
- On peut également utiliser la silice colloïdale polir préparer l’acide sulfureux liquide. Actuellement, on part d’un mélange d’air et de gaz renfermant de 4 à 8 0/0 d’anhydride sulfureux. On fait dissoudre - à saturation le gaz dans l’eau .froide, puis on évapore l’anhydride à chaud dans le vide pour le liquéfier ensuite. .
- Si on se rappelle que la chaleur spécifique de la silice colloïdale est d’environ 1/5 de celle de l’eau, et que, à poids égal, elle adsorbe 5 fois plus d’anhydride, on conçoit facilement les avantages que présente l’emploi de la silice colloïdale comme adsorbant au lieu de l’eau.
- Là silice colloïdale a pour l’eau uneaffinifé comparable à celle de l’acide sulfurique et un certain nombre d’applications sont basées sur cette propriété.
- Gayley a montré aue si l’on dessèche partiellement
- l’air des tuyères des hauts fourneaux, on augmente la production de fonte et on diminue la consommation de charbon. L’accroissement de la production de la fonte a été trouvé de 20 0/0 dans une série d’expériences et la diminution de la quantité de charbon de 5 0/0. Jusqu’à présent, le seul moyen connu de dessécher l’air était de le refroidir; la silice colloïdale fournit une autre solution du problème. Dans certaines usines à glace, au lieu d’employer l’évaporation rapide dans le vide d’une partie de l’eau, le vide élevé est maintenu grâce à l’absorption delà vapeur d’eau par l’acide sulfurique concentré, et l’élimination de l’air par une pompe. Le procédé serait, plus économique que celui à l’ammoniaque s’il n’y avait pas à renouveler fréquemment l’acide sulfurique dilué par l’eau qu’il absorbe.
- Les expériences ont montré que la silice colloïdale sèche peut remplacer avantageusement l’acide sulfurique et est facilement régénérée par chauffage à 100°.
- La silice colloïdale adsorbe également sélectivement un grand nombre de liquides, particulièrement ceux à bas point d’ébullition. Aussi peut-elle être employée pour le raffinage de la gazoline, du kérosène, des huiles, etc,
- La gazoline brute, par exemple, doit être lavée à l’acide sulfurique concentré pour éliminer les goudrons et les produits sulfurés. Après emploi, l’acide sulfurique n’a plus aucune videur marchande et en même temps, a détruit les hydrocarbures non saturés de la gazoline. Dans certains cas, pétroles du Mexique par exemple, la perte résultant de cette destruction est très importante. j
- La gazoline après traitement à l’acide est lavée, pour éliminer l’acide sulfurique et les traces non enlevées sont neutralisées par lavage à la soude, additionnée parfois d’oxyde de plomb.
- Toutes ces opérations peuvent être simphfiées par l’emploi de la silice colloïdale. En agitant la gazoline brute avec le gel solidifié réduit en grains de dimensions convenables, on sépare facilement la gazoline des impuretés. La gazoline qui a été adsorbée par la silice est déplacée par l’eau et il suffit ensuite de chauffer la silice pour la rendre de nouveau active.
- Enfin la silice colloïdale constitue un support particulièrement avantageux pour les catalyseurs. On sait que les métaux e t les oxydes finement divisés employés comme catalyseurs sont le plus souvent déposés sur des corps inertes présentant une grande surface, tels que l’amiante ou le sulfate anhydre de magnésium.
- Des essais avec la silice, colloïdale platinée dans la fabrication de l’acide sulfurique par le procédé de contact, ont montré que non seulement ,1a préparation de la masse catalysante est plus simple, mais encore que sa manutention ne demande pas autant de précautions et qu’elle résiste mieux aux causes ' de destruction de la propriété catalytique. C’est ainsi que les traces de vapeur d’eau qui détruisent le catalyseur platiné sur support d’amiante, ne provoquent qu’une diminution passagère de l’activité de la silice platinée.
- La seule question qui reste, à résoudre pour que l’emploi de la silice colloïdale se développe industriellement est d’ordre mécanique (construction de tours, constitution des lits absorbants, etc...) et ne présente pas de difficultés techniques spéciales.
- Cet exemple des services que peuvent rendre les corps colloïdaux à l’étal de gels, ouvre aux recherches un nouveau domaine qui promet d’être extrêmement fertile en découvertes. H. Vigneron.
- p.140 - vue 144/620
-
-
-
- 141
- sfr, .fr, .Vir, sfr, sfr, sfr, sfr, sfr, sfr, sfr, sfr,
- V/Ov/LVyA \\i//Av/^Av'y Av/L V1/' Av/'.'v/-'Av/'.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de novembre et décembre 1921.
- La périodicité de l’agitation microsismique. — Les sismographes enregistrent un mouvement ininterrompu de l’écorce terrestre, se traduisant par une succession d’ondes, d’amplitude extrêmement variable et de période comprise entre 4et 8 secondes.Par des mesures effectuées à l’observatoire du Parc Saint-Maur, M. L. Eblé a montré que l’agitation microsismique, différente avec la saison, subit une variation semi-diurne, à peu près constante, à laquelle se superpose une variation diurne, deux fois plus grande en hiver qu’en été et se produisant environ trois heures plus tôt dans la dernière saison que dans la première.
- A propos de l'héliothérapie. — M. H. Roger a montré que pour apprécier l’intensité du pouvoir réducteur des tissus animaux, on peut utiliser le bleu de méthylène et mesurer le temps nécessaire à sa décoloration. A l’aide de ce réactif, M. .1. Vallol indique que l’action thérapeutique de la radiation solaire est due à la très forte augmentation de l’activité réductrice que subissent les
- tissus. Or, cette progression ne saurait se produire par ciel couvert; ceci indique que Yaérothérapie sans soleil peut avoir une heureuse influence sur certaines maladies sans devoir, pour cela, être confondue avec Vhéliothérapie.
- La dilatation de quelques produits réfractaires. — Un grand nombre de fours industriels demandent aujourd’hui des températures s’échelonnant entre 1800 et 2000°, il importe donc d’ètre fixé sur le mode de dilatation des matériaux employés à leur construction, M. IL. Bogitch a été amené à étudier ainsi la silice, la magnésie, la cromite, l’argile et la bauxite fondue. Ce dernier produit convient aux appareils à allure brutale, tels que ceux'qui utilisent les huiles lourdes; pour les fours revêtus de briques de silice (Siü2 présente une courbe avec deux points d’inflexion), la mise au feu doit, être progressive, enfin, l’argile convient aux fours à marche discontinue, la magnésie et la chromite aux appareils à marche continue. Paul B.
- NETTOYAGE ET RESTAURATION DES OBJETS DE COLLECTION
- En 1919, le British Muséum 'demanda au Département des Recherches scientifiques et industrielles d’étudier les moyens de nettoyer, de restaurer et de préserver les objets exposés dans ce Musée. Le l)1' Alexander Scott fut chargé de ce travail ; il vient de publier les premiers résultats de ses recherches (1) en une brochure qui renferme nombre de recettes nouvelles, toutes sûres et efficaces. Nous en extrayons les renseignements suivants qui intéresseront certainement nombre de lecteurs de La Nature.
- Imprimés, estampes, gravures. — Nombre de dessins et gravures présentent des taches colorées, le plus souvent en brun, qu’on est d’autant plus embarrassé pour traiter, qu’on ignore la nature des pigments employés par l’artiste.
- Quand il s’agit de gravures ou d’eaux-fortes, dont l’impression a été faite d’encre d’imprimerie ou de carbone fixé par une substance grasse ou huileuse, les agents de blanchiment peuvent servir pour éclaircir le papier.
- Afin d’éviter de détruire ou d’affaiblir le papier, les solutions employées doivent toujours être très diluées : 0,5 ou 1 pour 100. Si l’on emploie du chlorure de chaux et de l’eau de Javel, 25 cm5 de solution concentrée d’acide hypochloreux par litre d’eau et 7 à 14 grammes de bon chlorure de chaux suffisent'généralement. La solution de chlorure de chaux n’a pas besoin d’être filtrée.
- Le mieux-est de plonger les papiers dans la so-
- 1. Bulletin n° 5 of Uie Départment of Seientific and Industrial Research, llis Majestv’s Staticmcry Office, London,
- 1921. .
- lution d’eau de Javel pendant 10 à 20 minutes, puis, sans laver, de les passer dans la solution de chlorure de chaux un temps égal et de les replonger, toujours sans laver, dans la solution d’eau de Javel. Si le blanchiment n’est pas suffisant, on répète les mêmes bains. On lave ensuite plusieurs heures dans l’eau ordinaire, à laquelle on peut ajouter, vers la fin, une petite quantité de sulfite de soude pour enlever les dernières traces de chlore.
- Les taches colorées sont presque toujours dues au développement de moisissures dont les spores existaient dans le papier depuis sa fabrication ou ont été apportées par l’air. Ces spores ont germé en se nourrissant principalement d’albumine, de gélaLine ayant servi à l’encollage. 11 faut pour cette germination une grande humidité, si bien que les papiers les plus abimés sont ceux qu’on a conservés au bord de la mer ou dans des sous-sols humides. Le retour à l’atmosphère sèche suffit généralement pour arrêter le développement des moisissures, mais ne les détruit pas. Il y faudrait l’emploi d’un antiseptique qui n’est pas encore trouvé. Le sublimé est inadmissible dans le cas de couleurs délicates ; le formol se transforme trop aisément en acide formique, attaquant de nombreuses couleurs; des essais faits à l’aide de thymol et d’autres substances similaires, associés à un léger chauffage, sont plus encourageants.
- Dans beaucoup de gravures et de tableaux, les blancs ont été obtenus ou renforcés par du blanc de cérusc; Dans l’atmosphère d’une ville, où existent toujours des traces d’hy drogène sulfuré, ces parties
- p.141 - vue 145/620
-
-
-
- 142 —— NETTOYAGE ET RESTAURATION DES OBJETS DE COLLECTION
- blanches noircissent lentement par suite de la transformation du carbonate de plomb en sulfure.
- On a préconisé le traitement par l’eau oxygénée qui oxyde le sulfure de plomb noir, pour en faire du sulfate blanc. Une telle application, sur la plupart des dessins et des aquarelles, aurait un résultat désastreux, même si l’eau oxygénée était pure. Généralement, les solutions d’eau oxygénée renferment de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et des sels de baryum, toutes impuretés dangereuses. On peut les éviter en préparant avec du plâtre de Paris un bloc qu’on laisse sécher; on l’arrose alors d’une petite quanLité d’eau oxygénée répartie uniformément sur toute la surface et l’on place à très petite distance au-dessus, la face imprimée tournée vers le plâtre, l’estampe . à nettoyer. Elle blanchit en quelques heures (fig. 1).
- Ce traitement est également efficace pour de nombreuses taches de moisissures qui blanchissent et deviennent moins apparentes. Ce blanchiment est plus lent à se produire que celui de la céruse.'
- Les dessins et gravures sont assez souvent tachés d'huile ou de vernis qui, primitivement transparents, brunissent et s’assombrissent peu à peu. Ces taches contenant surtout des huiles oxydées, on essaya une base forte et anhydre, la pyridine. Etendue sur les taches avec un pinceau de fibres de verre, puis absorbée après très peu de temps avec du papier buvard blanc, la pyridine affaiblit ces taches. Après plusieurs applications, celles-ci deviennent presque invisibles. La pyridine s’évapore rapidement et n’altère pas le papier; quand son odeur a disparu, elle est certainement évaporée en totalité (fig. 5).
- Emaux. - ; lin ;émail. pour durer, doit avoir sensiblement lé même coefficient de ' dilatation que le métal sur lequel il est fondu. Smon, il craque et se détache de son support,
- C’est, le cas notamment de certains émaux sien-nois, conservés au BritishiMuséum, dont certaines parties sont détachées de la plaque d’argent qui les supporte et laissent voir celle-ci oxydée et noircie.
- Pour arrêter ces craquelures, on employa le procédé suivant : l’émail est placé dans un vase à fond large fermé par un bouchon de caoutchouc à tra-
- vers lequel passent un tube relié à une pompe à vide et un entonnoir à robinet. Dans l’entonnoir est une solution de baume de Canada dans le benzol. On fait le vide, puis on fait couler sur l’émail la solution de baume. On laisse ensuite rentrer l’air qui fait pénétrer le baume dans toutes les fissures. Il ne reste plus qu’à laisser égoutter l’émail placé verticalement, jusqu’à ce que le baume en excès ait coulé et que celui restant ait séché.
- Les émaux ainsi traités reprennent leur aspect brillant, du fait que le ciment introduit sous la couverte a sensiblement le même indice de réfraction que le verre. La surface des pièces peut être nettoyée au benzol, mais il vaut mieux laisser une mince couche de baume qui préservera l’émail des
- vapeurs acides de l’air et de l’humidité.
- Objets d’argent. — Les médailles et les objets d’argent sont g énér alement faits d’un alliage où entre du cuivre, en vue de diminuer la malléabilité de l’argent. Exposé à l’air humide, en contact avec du chlorure de sodium, l’argent est attaqué; il se forme du chlorure d’argent et de la soude qui ne tarde pas à se transformer en carbonate de sodium. Dans un alliage d’argent et de cuivre, le cuivre, réduit à son tour le chlorure d’argent, devient du chlorure cuivreux, tandis que l’argent régénère sous forme de poudre informe. Dans l’un et l’autre cas, la forme de l’objet finit par disparaître.
- Pour nettoyer des pièces ainsi attaquées, il faut choisir un produit qui enlève le composé cuivreux sans attaquer l’argent ou l’alliage. L’acide formique, employé à chaud en solution pas trop concentrée, est l’idéal dans ce cas. Avec l’argent, il forme un formiaLe très instable qui se décompose rapidement en argent métallique et acide carbonique; avec le-eu ivre,, il forme un sel stable et très soluble. En outre, avec le plomb, s’il y en a, l’acide formique forme aussi tin sel soluble. De nombreux essais faits avec une solution d’acide de 5 à 25 pour 100 ont donné toute satisfaction (fig. 4).
- Sur des coupes péruviennes anciennes faites d’argent à 95 pour 100, on essaya avec succès :
- lu Uné solulio'u de sulfite d’ammoniaque et d’am m'oniaque contenant une certaine quantité de sulfite de cuivre ;
- Fig. i. — Gravure allemande de i65i dont certaines parties (notamment la face et les ailes de range) avaient été blanchies à la céruse. Résultat du traitement à Veau oxygénée, dans les conditions indiquées par
- le texte.
- p.142 - vue 146/620
-
-
-
- NETTOYAGE ET RESTAURATION DES ORJETS DE COLLECTION r= 143
- !2° Une solution d’ammoniaque et de formiate d’ammonium ;
- o° De la poudre de zinc imbibée d’acide sulfurique très dilué.
- La première formule, employée à chaud, est précieuse quand on dpit éviter l’emploi d’un acide. On peut aussi bien lui substituer une solution de sulfite de soude additionnée d’un peu de sulfate de cuivré à laquelle on ajoute assez d’ammoniaque pour lui donner une teinte bleu intense. Un léger excès d’ammoniaque n’est pas dangereux.
- La deuxième formule est obtenue en versant dans une solution diluée d’acide formique assez d’ammoniaque pour que le liquide devienne fortement alcalin et sente nettement Tarn-
- .Fig. 2. — Dessin de Walleau. traité à l'eau oxygénée.
- moniaque. bile n’est pas aussi efficace
- que. la première, mais peut servir quand la présence
- de cuivre dans le réactif n’est pas désirable.
- La troisième formule est de grande valeur pour décomposer le chlorure d’argent et enlever les taches dues à la lumière et aux matières organiques.
- L’ammoniaque est un bon agent de nettoyage de l’argent et du cuivre, à condition d’opérer à l’abri de l’air; c’est pourquoi dn sulfite de soude ou d’ammoniaque doit toujours être ajouté à la solution.
- Les objets sont ensuite soigneusement lavés à l’eau ordinaire, puis à l’eau distillée et séchés.
- Ce nettoyage est beaucoup facilité par un trempage préalable de plusieurs heures dans une solution de bicarbonate de soude, suivi d’un rinçage.
- Objets de plomb. — Bien que le plomb soit inattaquable par la plupart des acides, les objets de plomb s’altèrent facilement en se recouvrant d’une couche de carbonate basique. Par exemple, on ne peut garder des médailles ou de petits. objets de plomb dans des vitrines de chêne, tandis que celles d’acajou conviennent parfaitement. Il est probable que le chêne dégage des traces d’acides volatils. En tout, cas, des traces d’acide acétique dans une atmosphère humide et chargée d’acide carbonique
- attaquent le plomb. Les acides organiques'semblent être lès principaux agents de l’altération. C’est d’ailleurs la base du procédé hollandais de fabrication du blanc de céruse.
- Le problème, pour les: musées, est d’empêcher l’attaque, initiale qui se continue ensuite sans arrêt. Les graisses et huiles, étant probablement les principales causes de corrosion,: on a employé l’une des deux solutions suivantes :
- 1° Une solution de soude caustique avec une certaine quantité d’alcool méthylique ;
- 2° Une solution d’acétate de plomb basique.
- Les objets sont chauffés dans un de ces liquides, puis lavés soigneusement. On peut avantageusement les traiter ensuite à chaud par une solution diluée d’acétate de plomb contenant de l’acide acétique libre, puis les laver très soigneusement.
- La poudre de zinc mouillée d’acide acétique dilué est souvent préeieuse pour nettoyer les incrustations profondes.
- Rouille du fer. — La rouille des objets de fer et d’acier doit être empêchée à tout prix, à cause de sa rapidité d’action. La cause la plus banale est
- Fig. 3, — Dessin de Watteau, traité a la pyridine.
- p.143 - vue 147/620
-
-
-
- la présence de chlorure de sodium dont le chlore, en présence d’eau, d’acide carbonique ou de substances organiques acides, transforme le fer en chlorure ferreux. Les objets enfouis dans le sol sont attaqués par les chlorures présents dans la terre, et cette corrosion continue ensuite dans les salles de musée sous l’action de l’humidité.
- Il ne suffit pas pour l’arrêter de sécher les objets par la chaleur après les avoir soigneusement lavés. Si les chlorures solubles sont bien ainsi enlevés, les chlorures basiques insolubles restent qui redonneront du chlore actif. Il faut donc décomposer ces derniers par la soude caustique, le carbonate ou le bicarbonate de soude en solution assez peu diluée, puis laver à l’eau distillée bouillante jusqu’à ce qu’aucune matière soluble ne se dissolve plus dans l’eau.
- Le chauffage dans un bain de paraffine à 140 ou 150° préserve les objets pour assez longtemps, mais n’enlève pas sûrement les chlorures basiques qui pourront [par la suite entrer pu 'action .
- On a essayé avec succès, après traitement par la soude bouillante, d’un bain électrolytique où l’objet de fer forme la cathode, l’anode étant en zinc et le liquide une solution diluée de soude caustique.
- Cuivre et ses alliages. — Les objets de cuivre, de bronze, de laiton et d’autres alliages sont parfois entièrement convertis en oxydes, carbonates et oxychlorures des métaux qui les constituent.
- On ne peut recommander aucun procédé spécifique satisfaisant, mais quelques réactifs, qui semblent généralement peu connus, ont donné des résultats encourageants.
- Les solutions d’ammoniaque di-
- luée sont bien connues et très utiles, mais elles attaquent le cuivre en présence de l’air. Le chlorure d’ammonium, soit seul, soit additionné de chlorure d’étain et d’un peu d’acide hydrochlorique, semble être très efficace.
- Une solution alcaline de sel de Seigriette, telle qu’elle est employée dans la liqueur de Fehling, s’est montrée aussi heureuse.
- Enfin, les acides formique et acétique mêlés de poudre de zinc permettent un brossage vigoureux .
- Peintures préhistoriques sur roches. — Des roches de nature feldspalbique, contenant un peu de carbonate de chaux, provenant de la Rhodésie du nord, étaient couvertes de lichens qui en masquaient les dessins.
- Tous les essais pour enlever ces lichens avaient été vains.
- On réussit à les gélatiniser et à les ramollir par une solution diluée d’ammoniaque, agissant quelques minutes, après quoi, ils purent être détachés aisément à la brosse. On lava ensuite soigneusement les pièces à l’eau distillée, puis à l’alcool absolu. Le résultat est montré par la figure 5.
- Tels sont les résultats auxquels a abouti actuellement le l)r Scott. Ils seront très précieux pour tous les musées et les collectionneurs. Il faut souhaiter que le Département des Recherches scientifiques et industrielles continuera ces essais et nous donnera bientôt de nouvelles recettes pour le nettoyage, la restauration et la conservation des multiples pièces de musée.
- A. IL
- L(Ti}érant : P. Masson. — Imprimerie Lahüre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.144 - vue 148/620
-
-
-
- LA NATURE. -- N° 2501.
- H MARS 1922
- Transport de troncs d'arbre avec un camTt à gazogène.
- LE GAZOGÈNE “ CAZES ” POUR CAMION AUTOMOBILE
- Le gaz pauvre a toujours la répu- ^ ' ~ ~ ~
- talion d’exiger des appareils encombrants et compliqués, de présenter des dangers d’explosions et des insécurités de fonctionnement. Ces idées préconçues ont constamment nui au développement du gaz pauvre. Il a fallu les crises récentes de combustible, la nécessité de l’obtention de la force motrice à bon marché pour rappeler l’attention sur ce moyen économique d’obtenir de la force motrice.
- Etant donné l'encombrement et la multiplicité des appareils nécessaires à une installation de gaz pauvre, il semble paradoxal de vouloir installer ce système sur un châssis'automobile où l’emplacement dont on dispose est particulièrement réduit.
- Cependant, cette difficulté n’a pas découragé les inventeurs. Pour notre pays en particulier l’emploi du gaz pauvre sur les voitures automobiles est d’une très grande importance. En effet, en cas de conflit nouveau, on pourrait craindre que les communications par mer fussent rendues difficiles, et ceci aurait pour conséquence une pénurie de combustible liquide sous forme d’huile lourde et d’essence.
- L’alcool pourrait évidemment nous rendre des services, mais le gaz pauvre qui ne demande comme combustible que du charbon, soit du charbon de terre, soit du charbon de bois, soit meme tout simplement du bois, pourra trouver sur place les approvisionnements nécessaires à la mise en marche de nombreux châssis et spécialement de camions.
- Parmi les systèmes de gazogène qui ont donné des résultats, on peut noter le gazogène Gazes. Ce gazogène, comporte un générateur dans lequel on charge le combustible à la partie supérieure par une trémie. Le combustible est; allumé par la porte
- [ - 1 - ...
- £>'; S ?h:
- Fig. 2. — Traction d'une charrue.
- située à la partie inférieure du générateur en se servant d’un chiffon imbibé de pétrole ou d’huile ou simplement d’un bout de papier, un petit ventilateur à main aide à la propagation de l’allumage. Cette manoeuvre, depuis le début jusqu’à la mise en route du moteur,demande 10minutes environ; elle n’a d’ailleurs lieu qu’une fois dans la journée, car le générateur peut être mis en veilleuse pendant les arrêts; sa consommation est alors presque inappréciable et le départ du moteur se fait rapidement après les arrêts ; on peut d’ailleurs prévoir un dispositif supplémentaire d’alimentation à l’essence qui permet de partir immédiatement, puis de passer au fonctionnement à gaz pauvre par une simple commande de robinet. ' -
- La charge du générateur assure un.parcours de 45 km pour un camion de 4 tonnes ; on peut charger en cours de route grâce à un dispositif spécial de sécurité..
- Les gaz produits par la combustion du charbon de bois sont épurés soigneusement dans des appareils laveurs de manière qu’il n’y ait pas à craindre d’encrassement ni de détériorations d’organes. Avec le charbon de bois, on a l’avantage de ne pas avoir de mâchefer comme avec l’anthracite ou avec le coke. Les cendriers ont des formes spéciales qui permettent la condensation et la vaporisation de l’eau dans la chemise d’aspiration d’air, l’eau passe à travers la masse incandescente. La prise de gaz se fait à une hauteur convenable au moyen d’un dispositif circulaire qui provoque toujours une épuration du gaz, celle-ci se complète dans des appareils réfrigérants, filtreurs, et sécheurs de manière à avoir un gaz 10. — 145.
- 50* Année. — 1" Semestre
- p.145 - vue 149/620
-
-
-
- 146
- LE GAZOGENE “ CAZES ” POUR CAMION AUTOMOBILE
- aspiré complètement propre.: L’eau est distribuée automatiquement à la .vaporisation, en tenant compte du-débit demandé à chaque instant par le moteur. L’appareil dépoussiéreur qui se trouve en dernier lieu offre de grands avantages, car il ne produit pas de brouillards humides qui ne soient pas condensés.
- Un organe régulateur de chaleur permet d’employer la chaleur perdue à réchauffement de l’air; on obtient ainsi une augmentation de rendement 'volumique du moteur, en abaissant la température :du gaz. Le gazogène fonctionne par aspiration, c’est-à-dire que c’est le moteur lui-même qui.provoque la circulation du gaz et de l’air en faisant l’aspiration dans ses cylindres. La chaudière est à ^vaporisation par caléfaction, elle est insensible aux |variations d’inclinaison et on évite que le mélange d’air hydraté soit sursaturé.
- Les rendements obtenus par ce système sont particulièrement intéressants. La consommation de combustible est de 400 à 500 gr. de charbon de bois par cheval heure. Le charbon de bois dur donne la consommation la plus réduite, ceci représente pour un camion de 4 tonnes de charge utile 80 à 100 kg de charbon de bois aux 100 km. L’eau nécessaire à la vaporisation et au lavage des gaz demande un total de 5/4 à 1 litre d’eau par kg de combustible; la consommation d’huile de graissage reste la même que. celle des moteurs habituels.
- On peut adapter le gazogène à tous moteurs construits pour marcher à l’essence sans aucune modification, le moteur présente seulement un abaissement de puissance de 10 pour 100, mais cette diminution est compensée par la grande souplesse de fonctionnement qui résulte. de la combustion lente du mélange gazeux.
- Le gazogène de 50-40 HP qui est le type le plus courant pèse 540 kg. Les divers appareils sont groupés et leur fixation est étudiée de manière à ne pas présenter de pertes de capacité carrossable appréciable, Tous ces appareils ne comportent aucune pièce mécanique, leur entretien est nul ou à peu près et demande, simplement le nettoyage des organes laveurs dans des parties facilement accessibles.
- Des essais récents ont montré par des chiffres les résultats pratiques obtenus par le gazogène à charbons de bois sur des camions.
- Par exemple ayec un tracteur Latil de 20 tonnes
- Fig. 3. — Transport d’une pièce de fonte.
- monté avec gazogène Gazes, on a véhiculé des bois en grume depuis la forêt d’Oyonnax jusqu’aux scieries de Maillat dans l’Ain. La distance aller et retour était de 52 km dans un chemin très accidenté, car les bois se chargeaient dans la forêt même; ce chargement durait 1 h. 1/2 environ. Le transport par bouviers coûtait 26 fr. le mètre cube réel ; par tracteur au benzol on brûlait 90 litres de benzol pour 26 m3 de bois, ce qui représente environ 7 fr. 50 de benzol par mètre cube. Avec le gazogène à charbon de bois, le voyage aller et retour et la durée du chargement n’ont donné qu’une consommation de 60 kg de charbon de bois, le chargement très complet comportait 55 m3 de bois en grume, ce qui représentait en chiffres ronds 25 tonnes et qui donnait comme prix de revient du transport 0 fr. 40 par mètre cube.
- En calculant l’économie réalisée par année sur 250 jours de travail, on constate qu’avec un seul appareil on arrive à économiser 40 000 francs par an. tout en ayant la même force, la même vitesse et moins d’usure puisque le fonctionnement est plus souple.
- Cet essai a été fait au mois d’août dernier.
- Un mois avant, à Lyon, on avait transporté depuis l’usine Robatel et Buflàud jusqu’à la gare de Lyon Part-Dieu une pièce en fonte de près de 12 tonnes, qui était installée sur une Remorque en fer pesant 5 tonnes et comportant un échafaudage en bois de deux tonnes; le tracteur Latil était Chargé de trois tonnes pour avoir une adhérence suffisante. Les roues avant de la remorque cerclées en fer avaient 55 cm de diamètre, la remorque légèrement située en contre-bas du seuil du portail et disposée obliquement par rapport à l’axe du passage ; le tracteur a enlevé cette remorque sans hésitation au premier démarrage. La charge a été remorquée jusqu’à la gare en deuxième vitesse et on aurait pu marcher en troisième, mais il fallait compter avec l’ébranlement produit sur les pavés. La consommation mesurée exactement a été de 485 gr. de charbon de bois par cheval-heure.
- „ Ces chiffres montrent T’avantage que l’on peut retirer de l’utilisation des gazogènes à. charbon de bois pour actionner les camions automobiles, spécialement pour les très gros charrois ; la sécurité du fonctionnement est d’ailleurs très grande, oïl n’a pits' de risque d’incendie puisque la partie ed combustion est entourée de terre réfractaire, et elle n’est jamais en contact avec l’air extérieur; l’explo-
- p.146 - vue 150/620
-
-
-
- L’ÉLECTRON, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA MATIÈRE = 147
- sion n'est pas à craindre, car l’appareil.ne produit que du gaz pur qui ne peut s’enllammer que dans des conditions très rigoureuses de mélange intime avec l’air. Il n’y a tirage que lorsque le moteur est en marche, par conséquent on n’a pas de risques d’asphyxie. À l’arrêt ou pendant la mise en route on n’obtient qu’un dégagement d’acide carbonique et non d’oxyde de carbone.
- La reprise est facile, car la composition du gaz
- est favorable suivant le degré d’aspiration, et elle procure une plus grande quantité d’hydrogène pendant la reprise avec essais de vapeur d’eau.
- On peut évidemment prévoir des installations de ce système de gazogène sur des groupes moteurs électrogènes ou sur des groupes moto-pompes, que l’on peut monter très facilement sur place ou sur un chariot.
- E. Weiss.
- L’ÉLECTRON, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA MATIERE
- Il existe, entre l’évolution de la théorie atomique de la inalière et celle de la théorie granulaire de l’électricité, un parallélisme remarquable qu’il est intéressant de signaler.
- Dans les deux cas, les conceptions que la science moderne a confirmées ont élé énoncées dès le début de la découverte des phénomènes. Dans les deux cas, elles sont restées stériles jusqu’au moment où, par suite des perfectionnements des moyens de recherche, il a été possible d’effectuer des mesures quantitatives des grandeurs s qu’elles font intervenir. Dans les deux cas, sitôt que ces ; Ihcories ont été fécondées .par d’expérience, elles se sont ; rapprochées l’une de l’autre, si bien qu’actuellement, elles apparaissent comme deux aspects différents d’un ; même phénomène, justifiant ainsi scientifiquement la j théorie purement, philosophique et spéculative de P (mité ; de la matière énoncée par Thaïes de Milet il y a plus de deux mille ans.
- 11.est curieux que Thaïes, qui découvrit l’électrisation de l’ambre, ait émis en même temps la théorie que malgré l’apparente diversité des corps matériels il existe un élément primordial, un constituant fondamental, dont les aspects multiples de la matière ne sont que les transformations infiniment variées, et que la recherche de cet élément fondamental doit être le but ultime de toutes les sciences naturelles.
- % #
- La. conception atomistique du monde fut clairement énoncée par Démocrite, Epicure et Lucrèce, bien avant Père chrétienne, mais c’est seulement en 1851 que Joule détermina la première grandeur moléculaire : la vitesse des molécules gazeuses, et, en 1860, que Maxwell calcula leur libre parcours moyen. Actuellement, la • structure moléculaire de la matière est irréfutablement 1 établie, et, Lien que les molécules échapperont toujours 1 à l’observation directe, nous pouvons calculer par exemple leur nombre dans un volume donné, avec une précision j lus grande que celle des statisticiens faisant le recensement des habitants d’un pays. Signalons que les conceptions initiales de Démocrite étaient si parfaites que la science mederpe n’a fait que 1rs confirmer.
- La théorie granulaire de l’électricité ne peut; revendiquer une origine aussi lointaine. Cependant, elle a été formulée dès 1750 par Benjamin Franklin, c’est-à-dire dès le début du développement moderne de l’électricité. ,
- Aucune découverte touchant le domaine de l’électricité n’avait été faite, aucune théorie n’avait été proposée entre 000 avant Jésus-Christ, époque à laquelle Thalès de Milet signala la propriété de l’ambre, et le début du xvii" siècle, A cette date, Gilbert, chirurgien de la reine Elisabeth d’Angleterre, trouva que le verre et un certain nombre d’autres substances se comportent comme Cambre et peuvent acquérir l’électrisation « résineuse ».
- II . nous faut franchir une nouvelle période de p’us de 100 ans avant de rencontrer un fait nouveau : en 1755, Dufày, physicien français, découvre une nouvelle espèce d’électricité, l’électricité « .vitreuse ». En 1747, Benjamin Franklin introduisit lès termes d’électricité positive et d’électricité négative, et établit les fondements de la théorie dite des- deux -fluides-)). En même temps, il émitThÿpolhèse très nette que « la matière électrique est formée cle particules cxtrêrhement subtiles, puisqu’elles peuvent pénélrer la matière ordinaire, même la plus dense, avec une telle liberté et une telle facilité qu’elles ne rencontrent aucune résistance appréciable ».
- Cette conception de Franklin n’avait pas plus dé fondement que Pbypothèse métaphysique de Démocrite ; mais, en 1855, Faraday fournit la première indication de son exactitude, lorsqu’il établit que, dans l’électrolyse, les atomes des divers éléments univalents transportent la même quantité d’électricité, et que les atomes di, tri-» valents, etc..., transportent des quantités d’électricité exactement doubles, triples, etc...
- 11 est remarquable que ce résultat n’ait pas été apprécié à sa juste valeur, et que de 1855 à 1900 environ; l’attention des savants se soit complètement détournée de l’étude de la charge électrique. La raison de cette attitude doit être recherchée dans les travaux mêmes de Faraday. Ceux-ci ont mis, en effet, en évidence le rôle joué par le milieu environnant les corps électrisés, par l’éther, et « l’état de tension » dans lequel il se trouve fut pris comme équivalent mathématiquement à l’existence des charges. Mais, comme le dit Millikan dans un petit volume extrêmement intéressant sur les (( électrons », ce sont deux choses entièrement différentes que dé dire qu’une charge électrique sur un corps « produit » üne tension électrique dans le milieu environnant, ou au contraire de dire qu’une charge électrique « consiste » simplement en un état de tension du milieu extérieur. Millikan donne la comparaison humoristique suivante de cette Tendance d’esprit : un homme sur une passerelle, provoque un état de tension dans la matière de cette passerelle, mais il ne revient pas au même de dire qu’un homme est équivalent à une tension d’une passerelle. Dans le premier cas, on conserve la-possibilité de tenir
- p.147 - vue 151/620
-
-
-
- 148 == L’ÉLECTRON, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA MATIERE
- compte de propriétés différentes de celle considérée, ce que l’on s’interdit dans le second cas.
- C'est cependant une attitude analogue qui a prévalu dans la science jusque vers 1900. Quand les physiciens étudiaient le passage du courant dans les solutions, ils considéraient, suivant la conception de Faraday, lé phénomène comme dû au transport d’atomes d’électricité à travers la solution, chaque atome chimique portant un multiple exact d’une charge élémentaire. Au contraire, lorsqu’il s’agissait d’un courant parcourant un conducteur métallique, abandonnant l’hypothèse atomique, les savants cherchaient à représenter le phénomène comme la résultante d’un état de tension dans la matière du conducteur. En un mot, on admettait l’existence de deux types de conduction électrique : la conduction électrolytique et la conduction métallique.
- 11 est juste de signaler que Maxwell, Weber, llelmhollz ont cependant indiqué dans plusieurs de leurs mémoires la possibilité de la structure granulaire de l’électricité, et que, en 1874, Johnstone Stonev, physicien anglais, le premier, non seulement énonça clairement la théorie granulaire de l’électricité, proposant le nom d’électron pour désigner la charge élémentaire, c’est-à-dire la quantité d’électricité qui doit- passer dans une solution pour libérer à un des pôles un atome d’un corps mono -valent, mais il donna même la valeur de cette charge, en s’appuyant sur les lois de l’électrolvse de Faraday.
- *
- * *
- Voici comment on peut raisonner. Lorsqu’un sel, par exemple, est mis en solution dans l’eau, chaque molécule se décompose, on ne sait d’ailleurs ni de quelle manière ni sous quelle influence, en deux parties chargées l'une positivement, l’autre négativement, ,et que l’on appelle ions. Le courant, électrique qui passe dans la solution est « transporté )) uniquement par les ions, suivant un mécanisme qu’a expliqué Arrhenius.
- On sait que, ppur libérer électrolyliquement un équivalent gramme d’un ion, il faut faire passer dans la solution 96 540 coulombs d’électricité. D’autre part, le nombre des molécules dans une molécule-gramme, le nombre d’Àvogaclro, est égal à 6,02 X1023, 11 en résulte que chaque ion (en admettant que toutes les molécules se soient séparées en deux ions, c’est-à-dire que la dissociation soit totale) aura transporté une charge égale à 96 540/6,02 x 1023. Si on se rappelle que le coulomb est le 1/10 de l’unité C. G. S, et que l’unité électromagnétique d’électricité vaut 5xl010 unités C. G. S. électrostatiques, on trouve, pour la charge d’un ion monovalent, 4,77 xlO-10 unités électrostatiques d’électricité.
- Comme nous le verrons plus loin, cette charge de l’ion électrolytique monovalent est la meme que celle de l’électron en valeur absolue.
- Le raisonnement de Johnstone Stoney était légèrement différent. On ne connaissait pas exactement à cette époque le nombre d’Avogadro, mais on savait que la molécule-gramme d’un gaz parfait occupe 22 412 cm5 à 0 degré sous 760 mm. de mercure. Dans ces conditions, si n est le nombre (inconnu)- de molécules dans un centimètre cube à 15 degrés et sous 760 mm. de mercure* on calcule facilement que, si e est la charge d’un ion, ori a : t
- ne =1*225 1010 unités C. G. S. électrostatiques.-
- Il est probable que nos connaissances sur la structure granulaire de l’électricité n’auraient pas pu être plus profondes, si la découverte des rayons X n’était venue nous fournir un moyen d’action sur la matière extrêmement puissant.
- F n effet, grâce aux rayons X, nous pouvons pénétrer à l’intérieur de l’édifice que constitue la molécule, y produire des perturbations profondes allant même jusqu’à la destruction partielle, à l’arrachement de certains de scs constituants dont la nature nous est ainsi révélée. L’un des phénomènes les plus intéressants au point de vue qui nous occupe et dont les rayons X ont fourni l’explication, est l’ionisation des gaz que nous allons rapidement étudier.
- *
- On avait constaté depuis longtemps que les corps électrisés perdaient spontanément leur charge dans certaines conditions d’ailleurs mal définies. Suivant Coulomb, le phénomène est dû à l’électrisation des molécules d’air, hypothèse qui est inacceptable, bien qu’elle ait été généralement admise jusque vers 1900. En effet, l’allure du phénomène est impossible à interpréter d’une façon satisfaisante dans cette hypothèse : en particulier, le fait que lorsqu’un corps est chargé à un très haut potentiel, il commence par perdre sa charge très rapidement, puis, quand son potentiel a atteint une certaine valeur critique, il ne se décharge plus que très lentement. > .
- En 1872, XVarburg attribua la décharge des corps électrisés à la présence clans l’air de poussières, mais ce n’est qu’en 1896 que J. J. Thomson, mettant’à profit la découverte récente des rayons X (1895), montra que la conductibilité des gaz est due à l’existence de . particules électrisées dont on peut provoquer l’apparition dans le gaz en le faisant traverser par des rayons X. En un mot, la Conductibilité des gaz est semblable à la conductibilité électrolytique : elle est produite par des « ions ».
- * -* *
- Quelle est alors la charge des ions et comment sont-ils produits? La réponse a été fournie par J. J. Thomson. Ce physicien a calculé la valeur de l’expression ne, n étant le nombre de molécules dans un centimètre cube (à 15 degrés et sous 760 mm.), en fonction de deux grandeurs accessibles à l’expérience et qui sont : la (( mobilité » clés ions gazeux v0, et leur « coefficient de diffusion » D, (Rappelons que la mobilité cl’un ion est la vitesse de déplacement de cet ion sous l’action cl’un champ électrostatique de 1 volt par centimètre, et que le coefficient de ' diffusion est la quantité d’ions traversant *en une seconde une surface de 1 cm2 quand la concentration des ions varie de 1 lorsque l’on se déplace de 1 cm normalement à la surface).
- On trouve que :
- P étant la pression.
- On arrive ainsi, pour ne à la valeur 1,23 1010 unités C. G. S. électrostatiques, que les ions négatifs aient été produits clans les gaz par l’action des rayons X, ou par celle des rayons du' radium ou par la lumière ultraviolette. r '
- i 11 résulte clés expériences que l’on peut conclure avec certitude que la charge moyenne portée par . les ions
- *
- * *
- p.148 - vue 152/620
-
-
-
- 149
- - L’ÉLECTRON, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA MATIÈRE
- négatifs des gaz ionisés est la même que celle des ions univalents des solutions, et que la charge des ions positifs des gaz a aussi sensiblement la même valeur.
- *
- * *
- Un autre résultat extrêmement important a été obtenu par l’étude des rayons X. Jusqu’alors, on ne connaissait qu’un seul type d’ionisation, celui qui se produit en solution, lorsque la molécule se décompose en ions. Mais, dans le cas des rayons X, l’ionisation a un caractère différent :*elle se produit dans les gaz purs, azote, oxygène, argon, hélium, oxygène, etc., et met ainsi en évidence e fait quêtons les atomes doivent constituer un édifice plus ou moins complexe, mais dans lequel, comme élément commun à tous les atomes, entrent des petites charges électrisées qui, sous l’action des rayons X, révèlent leur présence en étant expulsés de l’édifice. Ainsi, non seulement l’atome cesse d’être le constituant ultime et inséparable de la matière, mais encore, nous avons acquis la certitude que les atomes renferment Iles corpuscules électriques identiques dam? tous les corps.
- Quelle est la valeur de la charge électrique de ces corpuscules? Quelle est leur masse ? C’est ce que nous allons chercher maintenant.
- * ‘H
- J. J. Thomson et Wicehert ont trouvé, dès 1807, que la valeur de ejm (e charge électrique portée par un corpuscule de masse m) est égale à 1,8 107 unités C. G. S. électromagnétiques, soit environ 4/100 de la valeur de ejm pour l’ion hydrogène. Comme nous avons vu que le produit ne a la même valeur dans les gaz et les solu-' tions, c’est-à-dire que la charge e est la même clans les deux cas, il‘s'ensuit que la masse ni du corpuscule est 1800 fois plus petite que celle de l’atome chimique le plus léger connu, l’atome d’hydrogène.
- La valeur de ehn a été également trouvée être la même, quelle que soit la nature du gaz ionisé. On a ainsi une vérification expérimentale précise du fait que le corpuscule est bien le même dans tous les cas. En un mot, l’ionisation des gaz consiste en l’arrachement d’un ou plusieurs corpuscules, le résidu de l’atome étant chargé positivement et ayant sensiblement une masse égale à celle de l’atome originel.
- *
- * *
- Les expériences que nous allons résdmer dans les lignes qui vont suivre ont eu pour but de préciser encore plus les résultats précédents en déterminant directement, non plus le rapport ejm, mais' la valeur même de la charge e.
- *
- * • *
- Le premier travail expérimental est dû à Townsencl. Comme les recherches plus récentes sont fondées sur l’utilisation du même phénomène que Townsencl a mis à profit, nous commencerons par en dire quelques mots.
- Lorsque l’on prépare l’hydrogène, soit par action d’un acide sur un métal, soit par électrolÿse d’une solution acide ou basique, on constate qu’un certain nombre des bulles qui se dégagent sont chargées électriquement. Townsencl a constaté que si ces bulles, passent à travers une solution d’acide sulfurique, elles restent absolument transparentes, tandis qu’elles forment un J..-brouillard
- lorsqu’elles passent à travers un barboteur à eau. Townseod a déduit de cette expérience, que lésions condensent la vapeur d’eau lorsqu’ils se trouvent clans une atmosphère saturée d’humidité, et l’on a ainsi un moyen très simple de rendre ces ions transparents à l’observateur. En un mot les ions agissent comme centres de condensation pour la vapeur d’eau.
- Dans ces conditions, il devient possible de déterminer la charge individuelle clés ions, en supposant toutefois, que chaque ion agit effectivement et que le nombre des ions est égal au nombre des gouttelettes du brouillard.
- Un électromètre permet en effet de mesurer la charge électrique totale transportée par centimètre cube'du gaz; d’autre part, le poids total d’humidité, c’est-à-dire la masse totale des gouttelettes, est donné par détermination de la variation de poids de tubes absorbants dans lesquels on fait passer le gaz; enfin, le volume des gouttelettes est calculé, par application de la loi de Stokes, d’après leur vitesse de chute clans l’air.
- Par suite, si toutes les gouttelettes ont la même dimension, en divisant le poids d’eau condensée par le poids d’une gouttelette calculé d’après le volume, on a leur nombre, c’est-à-dire le nombre d’ions qui ont porté la charge mesurée à l’éleclromètre.
- Finalement, le quotient de ces deux nombres donne la valeur de la charge e portée par chacun d’eux.
- Une autre méthode cle condensation de la vapeur d’eau sur les ions a été proposée par Wilson. Il a constaté que lorsqu’une atmosphère saturée de vapeur d’eau est ionisée par le passage d’un faisceau cle rayons X, si on abaisse brusquement la température, par une légère détente, la vapeur* d’eau se condense uniquement sur les ions. Suivant l’importance cle la détente, on peut avoir condensation soit sur les ions négatifs seuls, soit sur les ions positifs et négatifs simultanément.
- Il est évident que malgré leur ingéniosité, ces méthodes rte peuvent fournir cle résultats très exacts. En effet, la supposition cpie chaque gouttelette ne condense qu’un ion est absolument gratuite ; d’autre part, la loi de Stokes n’est qu’une loi approchée, enfin le volume des gouttelettes n’est certainement pas uniforme. Quoi qu’il en soit, les résultats expérimentaux donnent pour l’ordre de grandeur de la charge, la valeur de 3 10-10 unités G. G. S. électrostatiques.
- Nous ne dirons rien des expériences de J. J. Thomson (1898-1903) car, bien que présentant d’importantes modifications par rapport aux expériences initiales de Towsencl et Wilson, elles n’ont pas une précision plus grande.
- En 1903, Wilson effectua une série d’expériences clans lesquelles il n’était plus nécessaire cle supposer que le nombre des ions est égal au nombre des gouttelettes, mais il était obligé d’opérer plusieurs détentes successives et d’admettre que les dimensions des gouttelettes étaient les mêmes dans les divers «brouillards » formés. Ses résultats ne présentent pas une concordance plus grande cpie ceux des observateurs précéclehts, les valeurs de la charge variant de, 4,4 à 2 10-10 unités C. G. S. électrostatiques.
- *
- * *
- C’est Millikin qui, en 1908, proposa une méthode éliminant toups les hypothèses et lès .incertitudes des méthodes précédentes, et donna avec une précision remarquable la valeur cle la charge du corpuscule.
- Le principe des expériences consiste à produire un brouillard, par détente" d’une atmosphère saturée d’humi-
- p.149 - vue 153/620
-
-
-
- 150 L’ELECTRON, ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA MATIERE
- dite et ionisée. On observe, à l’aide d’un oculaire micro-métrique, une région de l’espace compris entre deux plaques métalliques entre lesquelles on établit une différence de potentiel. Dans ces conditions, suivant le signe, la charge et la dimension des gouttelettes, leur chute vers la plaque inférieure, ou leur attraction par la plaque supérieure, sera plus ou moins rapide, et, au bout de quelques secondes, le brouillard se sera éclairci. 11 ne restera plus dans le champ de l’oculaire que les gouttelettes dont le rapport ejm est tel que l’action du champ électrostatique compense exactement l’action de la pesanteur. Ces gouttelettes sont en équilibre et peuvent être observées pendant une minute dans certains cas. En supprimant ensuite le champ et observant le temps mis par la gouttelette pour parcourir la distance séparant les deux fils du micromètre, on déduit, par application de la loi de Stokes, le rayon de la goutte, et par suite sa masse.
- 11 est alors facile, puisque la force électrique Fc (F étant la valeur du champ) équilibrait la pesanteur nuj (m masse de la gouttelette déterminée par la loi de Stokes), de calculer la valeur de e.
- Millikan a ainsi obtenu la valeur e = 4,05 1(M? unités C. G. S. électrostatiques.
- Millikan a perfectionné ensuite son dispositif expérimental, de façon à éliminer encore une des causes d’imprécision; nous voulons parler de l’évaporation des gouttelettes qui est notable, et empêche de poursuivre les observations pendant p’us d’une minute. L’idée très simple a été de remplacer l’eau par un liquide qui ne s’évapore pas : l’huile. Naturellement, on ne peut plus compter sur une détente pour former le brouillard, et celui-ci est simplement produit par un vaporisateur du type ordinaire.
- L’un des grands avantages de cette façon d’opérer a été de mettre à profit un phénomène observé au cours des premières expériences, mais qui n’avait pu être utilisé alors, par suite de la courte vie des gouttelettes d’eau. Ce phénomène est le suivant : parfois, une gouttelette, qui depuis quelques secondes était immobile dans le champ électrostatique, se met brusquement en mouvement. La raison est que la goutte vient de capter un corpuscule dont la charge, modifiant celle qu’elle portait, détruit son état d’équilibre.
- Le grand avantage que présente l’utilisation de ce fait est que', en opérant deux mesures de vitesse sur une même gouttelette, avant et après qu’elle a capté un corpuscule; on élimine entièrement les propriétés de la gouttelette et du milieu dans lequel elle se déplace. 11 n’entre plus dans les équations, comme inconnue, que la charge que l’on veut déterminer.
- Le dispositif expérimental de Millikan est le suivant. Un vaporisateur pulvérise un nuage d’huile dans un large cylindre clos, produisant un brouillard qui peu à peu descend vers la partie inférieure à laquelle se trouvent disposées deux lames métalliques, distantes de quelques millimètres et en relation avec une source de potentiel à 10 000 volts. La lame supérieure est percée d’un petit trou. Deux ouvertures diamétrales dans la paroi du cylindre, fermées dans des lames de verre, permettent d’observer l’intervalle entre ces deux lames. Une troisième ouverture sert à réaliser un éclairage latéral rendant les petites gouttelettes d’huile visibles,
- points brillants sur fond noir, comme dans l’ultramicroscope.
- Quand le nuage de gouttelettes d’huile tombe, quelques-unes d’entre elles pénètrent par le petit orifice de la plaque supérieure dans l’espace compris entre les deux plateaux. Ces gouttelettes sont en général très fortement électrisées par suite du frottement énergique dans l’appareil de pulvérisation. En reliant les deux lames métalliques avec les pôles de la batterie, sous l’influence du champ électrique qui s’établit entre elles, la gouttelette que l’on observe se mettra en mouvement. Elle sera par exemple attirée par la plaque supérieure. On suit son mouvement, puis, lorsqu’elle est prête de toucher la plaque supérieure, on supprime le champ électrostatique, et on observe sa chute sous l’influence de la pesanteur. Quand elle vient au voisinage de l’autre plaque, en rétablissant le champ électrique, on la remet en mouvement vers la plaque supérieure, et ainsi de suite.
- Quand la gouttelette, au cours de son déplacement sous l’influence du champ électriqvie, rencontre un ion, c’est-à-dire acquiert une nouvelle charge électrique, ce fait se traduit par une variation brusque de sa vitesse, dont la mesure permet de calculer la va'eur de la charge électrique captée.
- Millikan a pu suivre pendant p’usieures heures la même gouttelette, enregistrer la capture de plusieurs centaines d’ions, les uns positifs, les autres négatifs, et déterminer leur charge. 11 a ainsi démontré d’une façon abso'ument irréfutable que la charge e d’un électron; que nous avons déduite précédemment comme la valeur « moyenne » de la charge, n’est pas une charge « statistique moyenne ». Les charges électriques que l’on trouve sur les ions, ont toutes soit exactement la même valeur, soit des valeurs multiples exactes de cette valeur.
- *
- * *
- Les expériences de Millikan ont une autre conséquence extrêmement importante. Nous avons vu que la charge initiale des gouttelettes lorsqu’elles pénètrent dans le champ compris entre les plateaux, c’est-à-dire avant qu’elles n’aient capté des ions de l’air, est une électrisation de frottement d’origine purement électrostatique. On a constaté que cette charge initiale était toujours un multiple entier de la charge élémentaire e. Ainsi donc, l’électricité statique se révèle comme constituée d’électrons, tout comme les charges des ions de l’électrolyse et. de l’ionisation gazeuse. - - -
- Quel que .soit le pi'océdé d’électrisation employé, quelle que soit la matière de la gouttelette, huile, glycérine, mercure,etc..., on a trouvé que, dans tous les cas, la charge initiale développée sur ces gouttelettes était un multiple de la charge de l’électron.
- Or, on a démontré sans incertitude possible que le courant électrique n’est autre chose que le déplacement d’une charge électrique le long d’un conducteur. En d’autres termes, une charge électrique en mouvement est équivalente à un courant. Par conséquent, les expériences que nous- venons de relater montrent non seulement que toutes les charges électriques, quelle que soit leur origine (statique ou ionique), sont constituées par un nombre plus ou moins grand d’électrons, c’est-à-dire à partir du même élément fondamental, mais que les courants électriques consistent simplement dans le I transport de ces électrons à travers les corps conduc-
- p.150 - vue 154/620
-
-
-
- LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DES IMAGES ======== 151
- teurs. Ainsi se trouve établie expérimentalement la structure granulaire de l’électricité.
- On a, pour la charge e fondamentale de l’électron la valeur :
- e = 4,774 ± 0,005 X 10~10 unités 0. G. S. électrostatiques.
- Remarquons immédiatement que, si nous nous reportons à ce que nous avons dit de la première détermination de la valeur de e par l’électrolvse, nous pouvons, maintenant que nous connaissons e avec une grande précision et par des mtéhodes absolument indépendantes
- de toute hypothèse moléculaire, calculer la constante d’Avogadro N avec la même précision. On a vu.en effet que, par définition, on a Ne = 96.540 coulombs. On en tire immédiatement N = 6,062 X 1023. Cè.tte valeur est plus exacte que toutes valeurs déduites ' d’autres méthodes.
- 11 est intéressant de remarquer combien l’accord • est bon entre toutes ces déterminations, et par suite quelle certitude ces « recoupements » nous permettent d’avoir dans les hypothèses fondamentales de la conception moderne de la constitution de la matière.
- 11. Vigneron.
- LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DES IMAGES
- Les procédés Belin avec et sans fils.
- Au cours des années 1920-1921, M. Édouard Belin se livra à de nombreuses expériences de transmission, avec et sans fil, des images, soit entre Paris et Lyon, soit entre Paris et Bordeaux ou Nice, soit sur des circuits internationaux. Il effectua, entre autres, sur la ligne Paris-Anvers, le premier reportage t é lé p hotograp hique (14 août 1920) que le Malin et le Daily Mail publiaient, le lendemain même. Enfin, au cours de la Conférence de Washington (octobre 1921), ses téléstéréo-graphes installés aux États-Unis réussirent à recevoir divers messages expédiés de France ou à en transmettre en Europe. Examinons à quels progrès techniques sont dus ces remarquables résultats.
- Le fonctionnement des téléstéréographes Belin repose sur les propriétés que possède la gélatine bichromatée. On sait que dans la méthode de photographie dite « au charbon », inventée par Poitevin, les épreuves s’obtiennent avec du papier sensibilisé à la gélatine bichromatée, qui devient insoluble lorsqu’on l’expose au jour. Une fois sorties 'du châssis-presse, on les lave à l’eau chaude, et la gélatine se dissout plus ou moins selon le degré d’opacité des différentes parties du cliché. Finalement, on a des épreuves présentant des creux et des reliefs, qui correspondent respectivement aux blancs et aux noirs du négatif original. Les demi-teintes se traduisent par des hauteurs intermédiaires et rigoureusement proportionnelles à leurs intensités. On transforme ensuite les épaisseurs correspondantes aux valeiirs lumineuses d’une épreuve à transmettre en variations électriques équivalentes sur une ligne télégraphique et le
- récepteur change, cà nouveau, ces variations électriques en différences lumineuses, de façon à imprimer sur une surface sensibilisée l’exacte
- reproduction du document du poste de départ.
- Théoriquement, la transmission d'un dessin au trait s’effectue de la même façon qu’une0 'photogrqphie, mais il existe cependant des modifications pratiques, selon qu’il s’agit de documents de l’une ou de l’autre catégorie.
- Si l’on considère, en effet, les choses de plus près, .on voit, qu’au point de vue graphique, une image au trait est un monochrome ne possédant aucune modalité dans scs nuances et constitué par un ensemble de'lignes noires identiques sur un fond blanc uniforme. Tels sont, par exemple, les dessins à la plume, la musique, les caractères typographiques ou les empreintes digitales. Dans ce dernier ordre d’idées, le téléstéréographe Belin rendra les plus grands services à la police internationale pour faciliter la recherche des criminels. Témoin la fiche reproduite figure 1, transmise récemment de Paris à Lyon. Nous croyons savoir que les postes de douane et certaines gares frontières se proposent également d’utiliser cet appareil dans un but analogue.
- D’autre part, l’examen des demi-teintes montre qu’en ce cas, les images sont formées de nuances Continues plates ou fondues correspondant soit à ,un nombre limité de tonalités croissantes (dessins au lavis), soit à de très nombreuses zones dégradées (peintures, aquarelles ou photographies).
- Ces définitions posées, comment télégraphierons-nous ou téléphonerons-nous une image au trait, qui, en définitive, comporte seulement 2 valeurs de
- âidiXa£es ci-de5^
- Fig. i. — Fiche anthropométrique transmise récemment de Paris à Lyon par te téléstéréographe Belin.
- p.151 - vue 155/620
-
-
-
- 152 rz=: ,.^_z LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DES IMAGES
- tonalilés; celle du tracé lui-même et celle du fond.
- Pour opérer son transfert électrique, on pourra donc recourir à l’une des 5 combinaisons suivantes :
- 1° Traduire les 2 valeurs de tonalité par des courants d’intensité différentes, mais de même sens.
- 2° Traduire une valeur par un courant d’un sens déterminé et T autre par un courant de sens opposé.
- o° Traduire une valeur par un courant d’un sens et supprimer tout courant pour la seconde.
- En d’autres termes, la transmission lointaine d’un dessin au trait est assimilable, en tous points, à l’envoi d’une dépêche télégraphique ordinaire.
- repose sur un chariot, qui se déplace le long du cylindre, sur deux glissières parallèles. Une vis-mère assure les déplacements dudit chariot, que commande une démultiplication convenable iixée sur Taxe du cylindre. Quand celui-ci tourne, il entraîne la vis-mère tandis que le traducteur se déplace suivant une génératrice et que, par suite, sa pointe P décrit une hélice en explorant la surface cylindrique.
- À chaque relief, c’est-à dire chaque fois qu’un trait passe devant la pointe du traducteur, la lame L flexible s’écarte de son support rigide ; le courant
- Fig. 2. — Grand poste léléstèréographique fixe Belin (station réceptrice).
- Pour transmettre des textes ou des dessins au trait avec le nouveau modèle du téléstéréographe Belin (fig. 2 et schéma 5), on les trace sur un papier quelconque avec une encre susceptible dé laisser après séchage un dépôt solide constituant un léger relief. Une fois le document ainsi établi, on lé tend sur un cylindre, muni de 2 barrettes de rdtc: nue et disposé sur un organe capable de le fairé tourner régulièrement. Dans, le modèle fixe, un moteur à courant continu, alimenté par une batterie d’accumulateurs, lui imprime la rotation voulue et dans l'appareil portatif (fig. 4) c’est un mécanisme d’horlogerie. Au cours de ce mouvement, Tes reliefs du tracé rencontrent une pointe P (schéma 3) fixée à l’extrémité d’une lame très légère, constituant l’une des deux parties essentielles d’un interrupteur minuscule, dont tous les éléments sont réglables au moyen de vis micrométriques. Ce « traducteur »
- qui la traverse se trouve brusquement interrompu et se rétablit aussitôt que Te trait a franchi le style inscripteur, car.lès éléments de P interrupteur re-yiennènt alors en contact. - . ' '1 ; . . ‘..
- Evidemment, si. on niiettait purement et . simplement le traducteur eif série avec une batterie de piles et la ligne L'L", on recevrait, à l’arrivée, des émissions considérablement déformées, par suite des 'constantes du circuit télégraphique ou- téléphonique. Aussi, au lieu de laisser la ligné en charge pendant tous les intervalles séparant Tés_émissions, M. Belin préfère faire passer le fluide seulement au moment de l’émission des signaux. .11. obtient ce résultat en montant en série les piles. P'P",'la ligne et une résistance convenable 11. Il met, d’autre part, le traducteur en dérivation sur la ligne.
- Au poste d’arrivée (fig. 5 et schéma 3), on reçoit les émissions successives de courant dans l’équi-
- p.152 - vue 156/620
-
-
-
- LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DES IMAGES ======= 153
- Pointe exploratrice
- Ligne -ligne O Galvanomék
- i " rs~_______ /
- ^:P Travè'l
- ^ P Synchro ~
- Camé )C
- Emission
- Fig. 3. -— Schéma du léléslcréograpJie Belin.
- page d’un galvanomètre G d’une'rapidité et d’une sensibilité extrêmes. Pour'la réception du trait et des demi-teintes, on emploie comme galvanomètre, l’oscillographe de Blondel en raison de son parfait amortissement, de sâ fréquence beaucoup plus élevée et des avantages qde' présente son dispositif optique. Pour la transmission des textes et.dessins au trait, avec lil ou.par sans fil, M. Belin lui préfère le galvanomètre (VEinthoven ffig. fl) à cause de sa plus grande sensibilité. ’ ' .
- On utilisé comme source lumineuse S (schéma 7) de l’oscillographe, la lampe « Ediswan » qui est fixeV très constante' et dont le foyer punctiforme a une surface' géométrique régulière. On la placé
- dans une boite métallique à Pavant de laquelle se trouve une lentille condénsatrice G portant à sa face antérieure un diaphragme Ihloiil la fente verticale se règle au moyen de 2 joues commandées par une vis micrométrique. Une lentille convergente B condense sur le miroir M les rayons issus de la source lumineuse et, grâce à des 'réglages successifs, on s’arrange pour qiie l’image de là sphère incandescente se forme exactement sur le miroir de l'oscillographe.
- Les faisceaux incident et réfléchi sont daus le même plan vertical, mais l’oscillographe se trouve orienté de manière que les ondes lumineuses du dernier; vibrent horizontalement;: Ge-faisceau réfléchi par le miroir M traverse d’abord une ouverture étroite, percée dans un écran J, puis une lentille aplanétique convergente L et vient former l’image du miroir au point ML Là, se tend sur un cylindre F analogue à celui du poste de départ, le film ou le papier photographique au bromure chargé de l’enregistrement graphique. On abrite ce cylindre dans un châssis spécial H affectant la forme d’un prisme droit octogonal et susceptible de s’ouvrir en 2 parties égales, suivant une charnière disposée dans le sens de . sa longueur^ (fig- 8). En outre-, un volet, de même longueur que le châssis lui-même, permet en se soulevant, lorsque ce dernier est placé, l’introduction d’un petit tuyau cylindrique I. Ce tube se termine, à son extrémité, par une plaque d’ar-
- p.153 - vue 157/620
-
-
-
- Fig. 5. — Dispositif de synchronisme et traducteur du poste d’arrivée du grand tëlëslëréographe fixe Belin.
- gent, percée elle-même d’une ouverture dont le diamètre égale le pas de déplacement hélicoïdal du cylindre. De cette façon, une fois le châssis mis en place, la lumière passe à travers un trou circulaire de dimension convenable pour tomber sur la préparation photographique sensible, au contact immédiat de laquelle on amène la lame d’argent afin de réduire au minimum les inconvénients de la diffraction.
- Contrairement ce qui se passe à la station de départ, où généralement le traducteur chemine le long du cylindre, dans le nouvel appareil de réception Belin, c’est le cylindre qui se déplace d’un mouvement semblable derrière l’orifice d’arrivée de la lumière. On ne saurait, en effet, songer à réaliser un système optique se mouvant de façon régulière et sans aberration.
- A chaque émission du courant, le miroir passe de sa position de repos à une autre bien déterminée dite « position de travail ». D’autre part, puisque le point M' est le foyer conjugué du miroir par rapport à la lentille L, ses déplacements n’exercent aucune influence sur l’intensité de la lumière, qui agirait constamment sur le fdm ou le papier photographique, si le sagace inventeur n’avait eu soin de placer un écran opaque J percé d’un trou rectangulaire vertical et de largeur réglable, devant la lentille aplanétique. Quand on veut une épreuve positive, on règle la position du diaphragme de façon que le spot tombe exactement sur son ouverture à chaque émission du courant et qu’en tout autre temps, la lumière rencontre la surface opaque afin d’avoir un blanc photographique après développement. Au contraire, si on désire une épreuve négative, on opère le réglage d’une façon inverse.
- Mais pour que toutes les conditions, énumérées ci-dessus et indispensables au bon fonctionnement des appareils, se trouvent remplies, les cylindres de transmission et de réception doivent tourner en
- synchronisme. Il faut pour cela que leurs vitesses angulaires soient absolument isochrones et que deux points homologues coupent au même instant la verticale passant par l’axe de rotation. M. Belin a essayé d’obtenir ce résultat par divers moyens mécaniques et aujourd’hui il a adopté un système de remise h l’heure. On imprime intentionnellement au poste de départ et au poste d’arrivée des vitesses un peu différentes, le second tournant toujours un peu plus vite que le premier. De son côté, l’appareil de réception porte (fig. 5) un dispositif accessoire A, qui arrête le cylindre après chaque: révolution et ne lui permet de recommencer un nouveau tour que quand le cylindre de transmission, un peu retardataire lui-même, arrive à une position identique. Ce dernier continue alors sa rotation librement.
- , D’autre part, une pièce mobile, ou fourchette Y, Y', formée de 2 lames légèrement flexibles, établit les communications entre la ligne télégraphique ou téléphonique de l’appareil. Ces 2 lames peuvent osciller entre 5 contacts en agissant, en somme,
- Fig. 6. — Galvanomètre à cordes d’Einlhoven qui remplace l’oscillographe Blondel pour la réception des textes et dessins au trail.
- p.154 - vue 158/620
-
-
-
- LA TRANSMISSION ELECTRIQUE DES IMAGES
- 155
- comme un minuscule inverseur de courant. Les 2 premiers contacts se relient à la batterie centrale, le second et le troisième à une batterie de sens contraire, dite de synchronisme. ' '
- En outre, l’arbre, qui commande le mouvement du cylindre, porte une'cerne X orientée de manière que la fourchetle oscille d’un mouvement brusque et d’une très courte durée, juste au moment précis où le cylindre présente, en lace de la pointe du traducteur, les régions inutiles d’attache du papier sensible. Il eh résulte que, pendant:un tour entier, le courant de travail garde un sons déterminé ; entre 2 tours successifs, il passe sur la ligne une brusque émission de sens contraire, chargée d’agir sur le relai du poste d’arrivée.
- À la: station réceptrice,, l’arbre commandant. le mouvement du cylindre, porté ünc; saillie, qui vient buter, à la lin de chaque tour, contre le bec A fixé sur l’armature de l’électro-aimant, qu’un circuit de pile unit au relais. Entre le moteur électrique de commande et l’arbre moteur, se place un organe de friction, qui permet à la dynamo de continuer sa rotation malgré le brusque arrêt du cylindre. Enfin la fourchette d’arrivée agit aussi sur 5 contacts dont les 2 premiers sont rattachés à l’oscillographe
- Fig. .8. — Transmission avec le nouveau, téléstêréographe Belin {type Radio pour sans fil).
- Au milieu de la table le galvanomètre à cordes d’Einthoven ; à gauche, le châssis prismatique abritant le cylindre sur lequel se tend le film ou papier photographique ; à droite, la source lumineuse.
- Fig. Y- — Schéma de la marche des rayons lumineux : dans Voscillographe récepteur.
- ..Ces rayons, réfléchis par un miroir que porte le galva-; nomètre de l'oscillographe et plus ou moins déviés sui-: vaut le courant qui. traverse celui-ci, retracent sur un papier photographique le dessin primitif.
- tandis que les deuxième et troisième sont reliés aux bobines du relais.
- Après cette description minutieuse, le fonctionnement du système se comprend aisément. Quand les 2 cylindres se mettent en marche, le courant de travail actionne l’oscillographe, puis le cylindre de réception s’arrête brusquement lorsque la saillie de l’arbre moteur heurte le bec de l’armature. Mais à ce moment la came de la fourchette étant diamétralement opposée, cette dernière bascule et substitue à l’oscillographe les bobines du relais polarisé qui prend alors la position a en attente ». Un cinquantième de seconde environ plus tard, la fourchette du poste de départ envoie sur la ligne le courant de sens contraire au courant de synchronisme. Le relais entre en action, ferme le circuit local de l’électro-ai-mant et l’armature brusquement attirée libère l’arbre moteur, qui repart pour recommencer un nouveau tour et ainsi de suite jusqu’à ce que l’explo-rationentière del’image soit achevée.
- Quand on désire télégraphier ou téléphoner une, photographie (fig. 9), on tire une épreuve du cliché original sur papier au charbon puis on la transfère, par les procédés habituels, directement sur un cylindre de cuivre et elle fournit, après séchage, une image légèrement en relief. La transr mission et la réception du document s’exécutent ensuite avec les mêmes appareils que pour les dessins an trait ou en demi-teinte
- An cours de ces dernières années, M. Belin a également perfectionné son .téléstêréographe ou phototélégraphe portatif, dont le modèle actuel avec caisse en aluminium est d’un poids minime (fig. 10).
- Il constitue un poste transmetteur complet qu’on peuUbrancher sur une
- p.155 - vue 159/620
-
-
-
- 156
- LA TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DES IMAGES
- Fig. g. — Photographie d'un cliché transmis patte têlésléréographe Belin.
- ligne téléphonique aboutissant à la station éloignée dont nous verrons tout h l’heure les organes de réception. La transmission repose encore sur les propriétés que possède la gélatine bichromatée.
- On tend alors cette épreuve sans la coller sur le cylindre du phototélégraphe portatif, mis en mouvement par un ressort puissant contenu dans un barillet. Ce mécanisme, qui se remonte de l’extérieur au moyen d’une vis, actionne également, par l’intermédiaire de roues multiplicatrices, un régulateur assurant au cylindre une vitesse constante, qu’on contrôle d’ailleurs à l’aide de l’index gradué vu sur le devant de l’appareil.
- Dans sa rotation, la vis provoque le déplacement de la pointe exploratrice d’un microphone, composé d’un cadre formant comme les côtés d’ur.e boîte dont une plaque isolante constitue le fond et dont le couvercle est une lame flexible conductrice en charbon, destinée à traduire les variations de relief de l’image en
- courants d’intensité différente dans la ligne.
- Nous n’entrerons pas dans plus de détails au sujet des organes du phototélégraphe portatif, d’un maniement aisé et sûr. Ajoutons seulement que des mécanismes convenables assurent un synchronisme parfait des cylindres et un réglage rapide du microphone.
- Rendons-nous compte maintenant de la façon dont un reporter photographe va pouvoir l’utiliser.
- Après avoir pris une vue avec son Kodak ou son détective, il en tirera une épreuve h la gélatine bichromatée, qu’avant séchage il disposera sur le cylindre du phototélégraphe; puis il entrera dans une cabine téléphonique ou chez un abonné quelconque et mettra son appareil en communication avec la ligne. A la station d’arrivée, son correspondant reliera l’extrémité des memes fils téléphoniques au poste récepteur d’un grand téléstéréo-graphe Belin, sur le cylindre duquel se trouvera mis le papier à impressionner, protégé contre la lumière extérieure par une sorte de châssis photographique hexagonal.
- Tout est prêt alors pour l’envoi de la photographie. Les opérateurs, après avoir échangé les signaux nécessaires et synchronisé leurs appareils, opèrent la transmission. Il faut remarquer, du reste, que la mise du phototélégraphe en dérivation sur la ligne ne nuit d’aucune manière an fonctionnement simultané du poste téléphonique.
- A la station d’arrivée, se trouve un poste télésté-réographique complet identique à celui de tout à l’heure et on y reçoit une épreuve entièrement conforme à l’original. C’est ainsi que pendant l’été et l’automne 1921, M. Belin a pu échanger des photographies ou des messages manuscrits entre les bureaux du World à New-York et ceux du Journal Post Dispatch à Saint-Louis. Il a même télégraphié avec ou sans fil des textes ou des photographies d’Amérique en Europe.
- HH
- ÊMiÊmÊSsllm
- Fig. io. — Transmission d’un document sur ligne téléphonique avec le téléstéréographe Belin.
- p.156 - vue 160/620
-
-
-
- 157
- L’ORIGINE ET L'ÉVOLUTION DE LA VIE
- Enfin tout récemment, le savant physicien a annexé j à ses appareils divers dispositifs lui permettant de j transmettre sur courant alternatif. En excitant j convenablement un circuit oscillant au moyen d’un j vibreur, baptisé du pittoresque nom de couineur j parce qu’il possède une fréquence musicale, il j recueille aux bornes de ce circuit un courant régulièrement alterné dont la courbe tend vers la forme sinusoïdale. Il adopte pour le circuit oscillant une ! période propre très basse et notablement inférieure ; à celle du vibreur, de façon à se trouver suffi- i samment éloigné des conditions de résonance.
- Le schéma suivant (fig. il) indique le montage adopté par M. Belin. Il met le vibreur V en série avec une résistance R de valeur appropriée et une pile P de tension constante, le circuit oscillant étant lui-même composé par le primaire d’un transformateur T et de deux condensateurs, l’un placé en série et l’autre en dérivation.
- D’autre part, il forme un second circuit constitué de la manière suivante : le secondaire de T1? un mi c-rophone M de faible résistance et le primaire d’un second transformateur T2. Quant au secondaire de T2, on le monte directement sur la ligne. De la sorte, les variations de résistance du microphone M donnent
- des variations d’amplitude de même sens, qu’on pourrait inverser par un montage en dérivation. D’ailleurs la période propre du circuit oscillant est de l’ordre désiré, car la
- Plot repos
- P -=r
- fourchette
- jrçrmnmjmnntnit^
- (TVTOVCTOTOTOVfTOOTSTOS
- Ligne i
- Transformateur
- torroidal
- Fig-. 12. .
- Dispositif de synchronisation j
- capacité C placée en série avec le primaire du transformateur Tt évite le débit cons tant de la pile dans le primaire. En outre, la résistance R, '
- Montage du vibreur sur courants alternatifs. ' , '
- intercalée dans le circuit du vibreur, le rend pratiquement insensible aux variations d’intensité de la ligne dues au microphone.
- La synchronisation s’obtient de façon originale. On monte en série sur la ligne téléphonique une pile auxiliaire P (schéma 12) avec une résistance R fermée sur celle-ci quand le relais B se trouve en arrêt et que, par conséquent, son annature bute sur le.taquet de repos, Naturellement la tension de cette pile doit être assez faible pour ne pas actionner les relais de « fin de conversation » du central téléphonique auquel se raccorde le reporter qui transmet. Pour remédier à la faible intensité^ du courant reçu et obtenir par suite le • synchronisme, on s’assure que lit courant de la pile P se trouve dérivé, dans la butée de repos et dans lé bobinage, du relais lui-même, proportionnellement aux impulsions reçues. Grâce à ce surcroît d’énergie électrique, l'armature passe normalement sur le plot « travail » et s’y maintient jusqu’à ce qu’une fourchette, ayant oscillé par suite de là libération du mobile synchronisé, isole le circuit de relais, qui retombe alors dans la position « repos ».
- Grâce à tous les nouveaux perfectionnements ainsi apportés par M. Belin à ses modèles de télésté-réographes, véritables bijoux électro-mécaniques aussi délicats que précis, la transmission lointaine des images avec ou sans fil, n’est plus actuellement un simple rêve d’inventeur mais la plus tangible des réalités. Jacques Boyer.
- L’ORIGINE ET L’EVOLUTION DE LA VIE
- G’est avec autant de plaisir que; d’émoi que j’ai entrepris, à l’inteiition des lecteurs de La Nature, le compte rendu; de l’œuvre majestueuse de M. le Pr Henry Eàirfield Osbôrn, dont l’édition fran- i eaise vient de paraître sous la forme d’une fidèle et lu- I eide traduction due à la plume deM . Félix Sarti aux !1:) . I L’œuvre’est majestueuse par l’imménsité ; de son j programmé) comme parPélëvation. des idées expo- I sées et HdisGutées; mais elle, esf aussi palpitante j d’intérêt.' Fut-elle ••• conçue et écrite pour desTsavants j spécialisés, ôu pour cetté partie ?dti grand public qiri suit avec attention les progrès de la Science ? Pour employer ici une expression vulgaire, j’ai l’impres-1. Masson et Cio, éditeurs,
- sion .que « chacun y trouve son compte », et sa pâture intellectuelle. Et j’irai même plus loin, au risque d’être accusé de prendre d’excessives libertés avec la plus haute des sciences : L'Origine et l’évolution de la Vie se lit comme un roman — ..précisons ! — comme un bon roman bien charpenté eq .biemécrit; On en feuillette les premières pages avec curiosité :; on est de suite « empoigné » ; on ne referme lé volume qu’en atteignant la table dès matières. Encore ne le referme-t-on que pour le rouvrir bientôt.
- Nous avons fréquemment mentionné le nom de l’auteur dans La Nature. Mais il convient, en cette occasion, de le présenter « en détails » aux lecteurs français. La tâche me sera d’autant plus agréable
- p.157 - vue 161/620
-
-
-
- 158 :---------— L’ORIGINE ET L’EVOLUTION DE LA VIE
- que l’illustre savant américain veut bien honorer de son amitié le modeste écrivain que je suis.
- M. Henry Fairfield Osborn, né en 1857 dans le Connecticut, est l’honneur et la gloire de la science américaine. Dans sa remarquable préface de l’édition françaisede l'Origine et l'Evolution de ta Vie,
- M. F. Sartiaux lui consacre quelques notes biographiques . qui nous, rappellent que, dès Page de vingt ans, il organisait dirigea une grande expédition paléontologi-què dans le Far-\Yest. 11 ne tarda pas à acquérir une réputation mondiale par ses travaux et découvertes dans les domaines de la géologie, de la paléontologie et de la ' biologie.
- On lui doit l’identification et la reconstitution d’innombrables espèces fossiles,, une nouvelle clas sifieation des reptiles, de nouvelles méthodes d’od ontologie comparée.
- Ce grand savant est un écrivain incomparable. Il m’est impossible d’énumérer ici ses ouvrages. Mais je ne puis résister au désir de consacrer quelques lignes à son avant-dernière œuvre, Me a of ihe Old Stone Age, dédiée au regretté Cartailhac et à M. l’abbé Henri Breuil, œuvre éloquente et passionnante consacrée aux premières races humaines, et qui fait revivre sous nos yeux la rude existence des hommes de-' Crô-Magnon,..ces ! magnifiques artistes qui sont nos ancêtres-directs ! à nous autres, Français. Il ésf regrettable que cet ; ouvrage n’ait pas encore été traduit en notre langue.. |
- Je notérai encore que M. Osborn préside aux des>- | tinées dè plusieurs institutions scientifiques :de .très j grande importance, et citerai la Société-Zoologique J de New-York, et le Muséuïiï Américain d’Histoire i naturelle. Sous Sa direction, cet établissement est devenu le premier du genre dans le monde entier, et ses collections s’enrichissent sans cesse, grâce aux
- apports d’expéditions qui vont explorer toutes les régions de la Terre.
- On me permettra d’ajouter que M. Osborn ne laisse jamais échapper une occasion de proclamer son amitié pour la France — « notre éternelle amie et alliée », comme il l’a dit et écrit — et sa reconnaissance envers la science française, cà laquelle il a rendu maintes fois d’éclatants hommages.
- Son nouvel ouvrage reprend pour ainsi dire à
- pied d’œuvre le grand problème de l’Evolution, dont il s’efforce de rechercher les causes et le mécanisme. Dès sa préface, il nous fait toucher du doigt le point d’interrogation qui domine ce problème en nous rappelant que (( l’évolution du héréditaire est le phénomène le plus i n c o m p réhensi-ble qui ait été ' découvert, car la plus grande par-I ie de ce que nous voyons dans la forme des a-nimaux et des plantes n’est que l’expression visible de l’évolution invisible du germe héréditaire ».
- Personne ne conteste désormais que Dévolution soit ç une loi universelle dans lanature». Grâce aux progrès dé la biologié-çt de. la paléontologie, nous .pouyons cri. suivre les phases à: Travers les àges.çAu contraire, le germe héréditaire «. échappe encore;.-à •l’analyse de. ces trois modalités. : T'organisme qui .en est issu ; les cellules germinatives, qui en; dérivent ; sa propre évolution aü,-cours- dU-temps’-»:s••mi,./T ; i T En d-autres termes, nous; savons,: dans une certaine mesurecomment :les. plantes, les animaux et les hommes évoluent,mais nous ne savoris.pas,pourquoi, Jusqu’ici, Fétude du problème ri;avaib-été abordée que sur le terrain morphologique (qui n’envisage que Ja forme des organismes).. M. Osborn l’aborde eri se plaçant sur le terrain physicochimique. Il ne prétend pas apporter une. soin-
- p.158 - vue 162/620
-
-
-
- L’ORIGINE ET L’ÉVOLUTION DE LA VIE -....-.....: 159
- Ling'u.lella Linffula Lingulella Terebratulà
- (cambrien) ' (actuel) (cambrien) (actuel)
- Fig. 2. — Brachiopodes d’époque cambrienne et d’époque actuelle.
- lion définitive ; mais il en prépare la venue, avec l’espoir qu’une « constellation de génies, formée d’un physicien, d’un chimisteetd’un biologiste, associés dans des recherches de laboratoire, résoudra un jour le problème de la vie. a
- L’auteur, se sous ce point de vue physico-chimique, étudie l’Evolution dès son origine, c’est-à-dire dès la formation de notre planète. Il montre ensuite l’apparition de la vie sous forme de bactéries, ces « êtres microscopiques et -ultra-microscopiques dont la constitution chimique est certainement d’une très grande complexité » . - Et- il - nous communique son admiration pour ces infiniment petits en parlant du Nitrosmonas d’Europe, « dont l’unique cellule constitue un petit laboratoire chimique puissant, qui contient des catalyseurs oxydants ».
- Après avoir suivi les phases de l’Evolution dans le monde des algues et des plantes, l’auteur les étudie dans le règne animal, en donnant pour préface à ce chapitre les lignes suivantes :
- « En caractère biochimique primordial de la vie animale est qu’elle ne dérive pas directement de son énergie, comme le font les bactéries les plus, primitives, de l’eau, de la terre et de la chaleur terrestre et solaire ; elle ne la dérive pas non plus du soleil, comme les plantes chlorophylliennes. Elle l’emprunte aux réserves que constitue le monde bactérien et végétal. Toute la vie animale est dans la dépendance de la vie des bactéries et des plantes. » -y. Partant des animauxuni'cellulaircs (Protozoaires), dont la cellule unique consiste en une petite masse
- mâtine héréditaire, l’auteur nous promène à travers les innombrables , transformations qui relient ces créatures unicellulaires aux animaux supérieurs. À mesure que nous descendons dans les âges géologiques, nous voyons ces organismes rudimentaires acquérir les fonctions que les. générations se lèguent par l’action de la chromatine héréditaire, et dq,venir des animaux pluricellulaires capables de se déplacer pour la, recherche et la préhension de la nourriture, comme aussi pour la fuite.
- C’est maintenant l’Age des Invertébrés, dont les formes innombrables peuplent les mers Cambriennes. Il est du plus haut intérêt de rappeler que certaines de ces formes, qui évoluèrent voici quelque treille millions d'années, se sont perpétuées jusqu’à nos jours sans, aucun changement essentiel. Parmi les deux centsillustrations, qui ornent l’ouvrage., les lecteurs s’arrêteront aux. photographies (fig. 1) d’un Lingulella fossile, et- d’un Lingula vivant, et ils admireront, cette étonnante stabilité de formes à travers les Ages.
- Le règne ...animal est maintenant doté d’organes de. locomotion et de préhension. Jusqu’ici, les
- mers forment son ha1-bïtat exclusif. Mais l’époque dévonienne, qui voit se produire le développement de la flore terrestre, favorise l’invasion des continents par les invertébrés, qui, sans sortir de leur milieu aquatique, se sont déjà spécialisés sous forme de groupes nettement distincts. Et nous voyons quatre de ces groupes, les Scorpions, les Crusta-les In-envahir peu à
- de protoplasme avec un noy.au contenant la chro-
- Moiaria " "Li-mûlos * Burpfcssia 1 Apus , ,
- cambrien) (actuel). . (cambrien) i - (actuel) . ..CCS, ICS Vers et
- Fig. 5. — Crustacés cambriens et actuels, sectes,
- p.159 - vue 163/620
-
-
-
- 160
- L’ORIGINE ET L’ÉVOLUTION DE LA VIE
- Fig. 4. — Adaptation convergente de trois vertébrés : requin {poisson actuel); ichtyosaure {reptile fossile); dauphin {mammifère actuel) à la natation {d’après Osborn).
- peu les continents à la recherche de nourriture.
- Un autre groupe, celui des poissons, avait fait son apparition dès l'époque ordovicienne, qui fait suite à l’époque cambrienne. Nous voyons leurs squelettes cartilagineux s’ossifier progressivement, et nous amener à l’ère des vertébrés. Partant d’un type fusiforme, les poissons poursuivent leur évolution pendant la période silurienne. Les replis tégu-mentaires qu’ils acquièrent sur les côtés se transforment en nageoires, qui seront utilisées plus tard pour la locomotion sur les surfaces boueuses des plages. Simultanément, l’appareil respiratoire s’adaptera à l’air libre, et les premiers Amphibiens s’aventureront sur les continents dès la fin de l’époque dévonienne, pour s’y multiplier durant l’époque carbonifère, et atteindre leur apogée pendant l’époque permienne.
- Au cours de cette même époque, apparaissent les premiers reptiles, dont les descendants vont conquérir le monde. M. Osborn consacre à leur évolution un chapitre d’un intérêt passionnant. Il nous montre leurs divers ordres s’adaptant aux milieux les plus variés. Renonçant aux conquêtes de leurs ancêtres, certains abandonnent l’habitat terrestre pour l’habitat aquatique, en passant successivement
- Fig. 5. — Squelette de l’Archæopterrx et du Pigeon (d’après Osborn).
- par les phases palustre et marécageuse, fluvio-littorale, littorale-marine, et en aboutissant à la phase pélagique de haute mer. En cette évolution régressive, ils voient leurs pattes perdre leurs doigts, et se transformer en nageoires. D’autres s’adaptent à l’habitat aérien, et acquièrent le pouvoir de voler, et même de voler au loin, par-dessus les océans. Mais ces reptiles volants s’éleindront sans postérité, car l’ancêtre reptilien des oiseaux était un petit lézard, qui abandonna la vie exclusivement terrestre, pour une existence arboréo-terrestre, au cours de laquelle les écailles recouvrant les quatre pattes se transformèrent en plumes, qui faisaient fonctions de parachute, quand l’animal s’élancait * d’une branche sur le sol.
- . Le grand savant américain consacre son dernier chapitre à l’Evolution des Mammifères, qui se détachèrent de leur souche reptilienne à l’époque permienne. Cette parenté est établie par la survivance d’un ordre unique de mammifères ovipares, celui des Monotrèmes (Echidnés, Ornithorhynques) de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée. Un autre ordre,
- Fig. 6. — Tupaia, musaraigne arboricole actuelle.
- celui des Marsupiaux, forme transition entre les ovipares et les vivipares placentaires.
- Dans ce chapitre, M. le Pr Henry Fairfield Osborn cite, à l’appui de ces théories, des faits qui apparaissent surprenants. Ainsi, au cours de son évolution, un mammifère africain, « dont le corps avait les proportions du loup et du chien, et qui était lui-même le descendant d’un ancêtre arboréal très éloigné », a pris successivement les apparences d’un poisson et d’une anguille, pour devenir le Zenylodon, baleine primitive pourvue de dents. Un autre fait non moins étrange est l’étroite parenté qui existe entre la petite musaraigne •africaine Tupaia et la gigantesque haleine boréale.
- Mais, tout serait à citer de ce livre — et j’ai bien peur d’avoir déjà largement dépassé les limites que je voidais donner à ce compte rendu ! L’intérêt passionnant qui s’attache, même pour Un profane, à la lecture de L'Origine et T Evolution de la Vie, sera mon excuse. î -
- Y. Foubin.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lajiure, 9, rue de FJeurus, à Paris.
- p.160 - vue 164/620
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2502.
- S\.
- LES L É Z A Rfls'^C 0 R N U S DE L’ARIZONA
- 18 MARS 1922
- L’Arizona est l’uir des pays les plus déshérités et les moins peuplés des Etats-Unis, ce qui fait qu’en dehors de ses minerais et de ses pins séculaires, nous ignorons en Europe la plupart de ses productions naturelles, ainsi que les caractéristiques de sa lïore et Aussi, tout ce que le hasard et les circonstances heureuses nous apportent de ce pays éveille-t-il notre curiosité et excite-t-il notre interet.
- Chevauchant sur le 55e parallèle N. qui le divise en deux zones d’inégale étendue, l’Arizona est en outre traversé en diagonale du S. E. au N. 0. par de hautes chaînes calcaires qui s’élèvent jusqu’à 5000 mètres. Dans son ensemble, il n’est qu’insuffisammcnt irrigué : au Nord et à l’Ouest par le Rio Colorado, qui forme dans l’angle N. 0. de l’état celle merveille du grand canon, devenu aujourd’hui un parc national, région élevée et froide qui déverse ses vents glacés vers le Sud, le bassin du Rio Gila, sans parvenir à tempérer l’ardeur de quelques-unes de ses régions comme le Yuma.
- Au Sud le Rio Gila irrigue assez mal le désert du meme nom, où abonde en particulier le seul lézard actuellement reconnu venimeux, l’Héloderme, que les habitants du pays appellent Gila rnonster.
- Des forets de pins séculaires, restes de la grande forêt primitive, se rencontrent encore dans les régions suffisamment irriguées, et leur exploitation a commencé ; on y rencontre aussi des steppes herbeuses, où ce qui reste de la belle race indigène (50 000 environ, soit le dixième de la population totale, pour une étendue grande comme la moitié de la France) mène une vie pastorale, et s’adonne à peu près exclusivement à l’élevage des bestiaux.
- Tout le reste n’est que désert où l’on voit, à intervalles éloignés, s’élever les bâtiments.des concessions minières, dont les plus anciennes ont servi de
- Fig. i. — Le lézard cornu de VArizona.
- noyaux de cristallisation à des villes de quelques milliers d’habitants, telles que Prescott, Flagstoff, Winslow, Phoenix et Tucson, l’actuelle capitale.
- Au dire des colons qui les ont habités et des voyageurs qui les ont visités, ces petits centres miniers sont privés de toute culture intellectuelle ; outre les travailleurs même, il y faut importer tout ce qui est indispensable à la vie courante, restreinte et âpre du désert environnant.
- En hiver, un manteau de glace et de neige s’étend sur l’Arizona ; mais dès les premiers beaux jours, plus ou moins toi suivant les régions, généralement au mois de mai, aux environs de Prescott, la nature se réveille : en l’espace de quelques jours, le désert reverdit et se pare de Heurs éclatantes; dans la brousse circulent des animaux, dont quelques-uns sans doute peuvent être des immigrés saisonniers, comme la population minière, mais dont beaucoup aussi, sinon la plupart, comme les Reptiles, ont dù, aux premières atteintes du froid, s’enfouir profondément dans le sol, pour ne reparaître qu’au moment où les rayons du soleil réchaufi’ent les couches superficielles, qu’ils ne tardent pas à calciner.
- On conçoit qu’un pays aussi mal t partagé, par la rudesse extrême et
- Fig. 2. — Autre aspect du même animal.
- les écarts de. son climat, la pauvreté relative de ses productions, l’étendue de ses régions désertiques, n’ait pu nourrir qu’un nombre restreint d’indigènes, ne tenter que bien tardivement les colons et ne favoriser que bien peu les explorations scientifiques.
- Cependant un centre d’études est parvenu à s’installer il y a quelques années à Tucson. ^ '
- U’histoirc biologique de l’Arizona est donc encore dans tVnfanee, ce qui justifie l’attention que nous ap-
- 11. — 161.
- 50* Année
- 1" Semestre.
- p.161 - vue 165/620
-
-
-
- LES LEZARDS CORNUS DE L’ARIZONA
- 162
- portons à tout ce qui en provient d’une façon directe et authentique.
- C’est le cas pour ces Iguanidés d’allures et d’aspect étranges,-les lézards cornus ou Phrynosomes dont nous avons pu observer à loisir deux couples vivants, rapportés de I'rescott au mois de mai dernier par Mlle Baudaius.
- Le genre exclusivement américain auquel ils appartiennent, est composé d’une vingtaine d’espèces, cantonnées dans la moitié Ouest du Mexique et des Etats-Unis (Texas, Arizona, Californie). Une même région possède souvent plusieurs de ces espèces.
- Les noms populaires de llorned Tonds, ou de Pxed horned Lizards, de même que les noms génériques de Batrachosoma, donné par F'itzinger, ou de Phrynosomci proposé par Wiegmann, rappellent les caractères les plus apparents de leur complexion, assez spéciale parmi les lézards; leur corps trapu, élargi et ramassé, leur tète courte et élargie, ornée d’une collerette de cornes, développées parfois en longues épines.
- Girard a proposé un troisième nom de genre, celui de Tapaya ou Tapayaxin, fréquemment usité par les auteurs américains, et conservé par Bocourt dans sa belle histoire des animaux du Mexique, superbement illustrée.
- Quant à l’espèce que nous avons eue en observation, elle existe un peu partout au Mexique où, dès IC)48, Hernandez en a signalé la présence, en même temps que celle de lTléloderme. Le Muséum d’tlis-toire naturelle de Paris en possède dans ses collections de beaux spécimens ayant cette provenance, mais n’en avait pas encore venant de l’Arizona.
- Dans les descriptions des auteurs, on rencontre ce curieux lézard sous les désignations suivantes : Lacer la orbicularis L., Tapaya orbicularis Fit-zinger, Bocourt, Phrynosoma orbiculare Wiegmann.
- Cette dernière désignation est celle qui est le plus couramment adoptée dans les ouvrages les plus récents; mais nous avons indiqué les autres pour ne rien perdre du peu qui est relaté dans les divers auteurs sur la biologie de ce lézard.
- La livrée du Phynosonie orbiculaire est des plus ornementales, tant par les saillies cornées de son épiderme que par son coloris, dont les tons, les uns vifs, les autres dégradés, rappellent ceux d’une vieille armure japonaise, partiellement envahie par le vert-de-gris. Les contrastes s’en exaltent à la lumière artificielle.
- La face ventrale est lisse, d’un blanc jaunâtre vcrmiculé de gris ou de noir, avec la gorge 'couleur terre de Sienne brûlée. Cette couleur forme aussi le fond de la teinte générale de la face dorsale; mais, sur celle-ci, des couleurs, les unes plus claires, les autres plus sombres, viennent se surajouter.
- La tète relativement petite, courte, mais large, est surmontée d’un casque passant sur le front, limite en avant par les narines, n’atteignant pas
- l’occiput en arrière, et terminé latéralement par deux petites cornes.
- En arrière de celles-ci, huit autres cornes d’un ton rose cuivré symétriques deux à deux, forment une élégante collerette à bord légèrement relevé, qui allège la tète et en amplifie les mouvements, en la détachant du cou.
- Les joues et le front, un peu plus sombres, sont relevés d’ocre rouge, line double collerette incomplète et finement dentelée forme sur les portions latérales et supérieures du cou comme un diminutif de la collerette temporale, et par son coloris bleu verdâtre fait ressortir le ton cuivré de cette dernière.
- Quatre bandes d’un noir velouté s’étendent transversalement sur le dos, bordées en arrière d’un liseré clair, dont le ton varie de l’ocre jaune à l’ocre rouge, suivant les individus. Elles sont divisées eu 2 parties symétriques par une zone médiane longitudinale aux tons variés de noir, de brun et d’ocre. Des mouchetures couleur vert-de-gris se montrent çà et là sur la face dorsale. Les mêmes bandes alternantes se retrouvent sur la face dorsale de la queue et des membres, avec les mêmes coloris et le même aspect velouté.
- Une élégante frange claire, formée de denlicula-tions planes, souples et disposées en une seule rangée un peu sinueuse, borde le corps, en sépare les deux faces en soulignant l’aplatissement. Cette frange se continue sur les portions latérales de la queue par des épines de même couleur, mais un peu plus espacées et un peu plus Hgides, qui se relrouve.nl aussi sur la face dorsale du corps et des membres (voir les figures).
- La queue, large à la base, se rétrécit brusquement et se termine en pointe fine. La longueur totale n’atteint pas la moitié de la longueur du corps, variant elle-même de J2 à 15 centimètres; ce qui est encore une caractéristique de ce lézard.
- Sumichrsat qui a eu l’occasion de l’observer en liberté au Mexique, nous donne les indications suivantes, dans l’ouvrage de Bocourt, et dans une note parue en 1880 au Bulletin de la Société Zoologique de France : « le Tapaya orbiculaire, dit-il, habite les endroits sablonneux et exposés au soleil, le bord des chemins et des collines arides, où la couleur terreuse de son corps le dérobe facilement aux regards. Mal bâti pour la course, à le voir cheminer péniblement, on devine que le pauvre diable aura bien du mal à se procurer le pain quotidien. Sa langue épaisse ne lui permet pas de la darder sur les insectes qui passent à sa portée. Son ventre large et traînant l’empêchera d’attraper une proie à la course ou une mouche au vol, ainsi que lés impétueux Ànolis. Pour qu’il soupe, il faudra qu’un de cés lourds coléoptères des sables, aussi mal organisé que lui pour la locomotion vienne, pour ainsi dire, chatouiller les dents de ce mélancolique chasseur. Celte sobriété forcée lui a valu de la part des indigènes la réputation de se nourrir d’air »
- p.162 - vue 166/620
-
-
-
- .........- ' LES VARI ATIONS DE L’
- En Arizona, on le rencontre de préférence dans les régions montagneuses et désertiques, où-les écarts de température sont excessifs. Il passe l’hiver profondément enfoui dans le sol, et pendant l’été meme, qui correspond à sa vie active, on ne le voit que par les jours de grand soleil et de grande lumière, tolérant une température de 40°, faisant de longues siestes au grand soleil, et s’enfouissant à nouveau avant que celui-ci ne disparaisse à l’horizon.
- Ces indications sont en rapport étroit avec les allures de l’animal en captivité : torpide et indifférent à tout ce qui l’entoure par les temps frais et couverts, on le voit au contraire s’animer sous les rayons du soleil ou d’une source lumineuse de chaleur; sa petite tète tourne alors de droite à gauche, ou fait de petits hochements de satisfaction du plus haut comique, répéLés ou exécutés simultanément par les voisins, et qui témoignent d’un grand bien-être physique et d’un contentement général.
- Ce geste est d’ailleurs assez habituel chez certains lézards, et a été observé chez YAgama colonorum.
- Bien réchauffé et bien éclairé, le Phrynosome chasse spontanément; nous l’avons vu courir à la poursuite de’ mouches et de divers insectes, de larves de ténébrions; grimper agilement sur des obstacles pour chercher la place la mieux exposée au rayon du soleil. 11 est alors curieux d’observer à quel degré d’aplatissement peut atteindre son corps; le dos en calotte surbaissée, le ventre en voûte correspondante, on cherche vainement les saillies qui devraient correspondre aux organes internes : il est alors tout en peau et tout en piquants.
- Dès que le soleil disparait, ou que la température s’abaisse, ou quand l’idée lui prend d’aller dormir, il pique du nez dans le sable, exécute sur place de petits mouvements latéraux et alternatifs de la tète et du corps, chaque côté servant successivement de pelle, et finit en quelques instants par se trouver complètement ensablé.
- Lorsqu’il reparaît, ce sont fréquemment les petites cornes post-orbitaires qu’on aperçoit les premières, puis le museau, puis la tète tout entière, et progressivement Unit le corps et la queue; mais le
- LES VARIATIONS DE
- La composition de l’air atmosphérique est-elle constante ou bien subit-elle de légères variations! Question délicate à élucider, parce que nécessitant des analyses de haute précision. MM. A. Jaquerod et Ch. Corel s’y sont appliqués et viennent de faire connaître les résultats de leurs recherches dans le Journal de Chimie physique.
- Déjà, en. 1875, Loomis avait démontré l’existence de courants descendants au centre d’un anticyclone et en avait conclu que cet apport d’air des hautes
- ]R ATMOSPHÉRIQUE z== 163
- lever ne se fait qu’un certain temps après celui du soleil, quand la surface du sable est déjà suflisam-ment réchauffée.
- Ce petit lézard est tout à fait sociable ; il lui suf-iit de quelques jours de pratique pour faire connaissance avec ceux qui le soignent, et venir à l’appel se réfugier dans les mains qui lui sont tendues, où il ne tarde pas à s’étaler le plus possible et à s’endormir.
- Hernandez prétend que lorsqu’il est fortement excité, notamment par la vue d’objets brillants, il est capable d’émettre par les yeux un très lin jet de sang. Cette particularité signalée en 1651 a été observée à nouveau par plusieurs ailleurs plus modernes ; Wallace, et plus récemment Alf. Dugès, qui a longtemps habité le Mexique, Cunningham vers 1891 en auraient été témoins chez le Phryno-soma cornulum ; Ditmars (1910) aflirme à nouveau le fait, confirmé également par le professeur Under-wood et par M. Diguet.
- Ce jet viendrait de la paupière extrêmement congestionnée et se contractant brusquement, et non du globe oculaire lui-même; mais nous, n’avons pu reproduire ce phénomène, en tout cas curieux, ni môme en être témoin. Peut-être nos sujets d’observation étaient-ils trop apprivoisés pour manifester aucune réaction de défense.
- Nous avons pu néanmoins vérifier un fait déjà signalé par d’autres auteurs : c’est que les Phryno-somes ne vivent pas très longtemps en captivité ; les derniers de ceux qui avaient été capturés en avril sont inorls en septembre, quelques précautions que nous ayions prises pour les tenir au chaud, leur fournir une épaisse couche de sable, les exposer au soleil chaque fois que celui-ci donnait et les alimenter suffisamment ; et sans que d’autre part l’autopsie ait permis de soupçonner le mécanisme de la mort.
- Tous les Phrynosomes sont vivipares, ce qui est une exception chez les Iguanidés ; les jeunes naissent avec leurs petites cornes roses développées; mais il est très difficile d’élever ces jeunes, dans l’ignorance où l’on est des conditions nécessaires à leur première enfance et à leur alimentation.
- 1)' Mais il-: Phisai.ix.
- 5AIR ATMOSPHÉRIQUE
- régions de l’atmosphère devait abaisser la teneur en oxygène.
- En 1879, Morley avait constatélefait. Mais lord Piay leigh, puisM. Leduc, attribuèrent les faibles différences constatées à des écarts d’analyses non systématiques. Ce n’est qu’en 1910, que Ph.-A. Guye, Kovaes et Woui'tzel reconnurent la réalité de ces variations, confirmées depuis par Jaquerod et Przemyski à Neuchâtel en 1912 et par Germann et Both à Cleve-land en 1910.
- p.163 - vue 167/620
-
-
-
- 164
- LES VARIATIONS DE L’AIR ATMOSPHERIQUE
- Les vai iations extrêmes de la densité atteignent 0 milligr. 22 à Terling Place (lord Rayleigh), 0,0 à Genève et 0,9 a Neuchâtel.
- A quoi faut-il les aLtribuer?
- Est-ce à une diminution de la teneur en oxygène aux hautes altitudes? Les analyses de Morley et Bcnedict montrent des variations extrêmes de 0,07 pour 100 d’oxygène en volume, correspondant à une variation de densité de 0'milligr. 06 seulement.
- Est-ce à une augmentation de la teneur en gaz léger tel que l’azote? Mais, l’air des hautes altitudes est tellement brassé avant d’arriver au sol que l’inégale répartition en hauteur des gaz communs, d’après leur densité, est bien improbable.
- Est-ce à l’existence d’un gaz très léger et encore inconnu? MM. Jacquerod et Corel l’ont cherché en vain, même par l’analyse spectrale.
- M. l’h.-A. Guye avait émis l’hypothèse de la présence de poussières ultra-microscopiques qui ne seraient pas arrêtées par les filtres en coton habituellement employés. La présence des poussières visibles est bien connue : on les aperçoit communément dans un rayon de soleil et l’on en a compté jusqu’à 100000 et plus dans 1 cm3 de l’air des grandes villes. Mais pour que des poussières non visibles à l’iilLramicroscopc modifient la densité de 0 milligr. 1, il en faudrait au moins 10 millions de particules par centimètre cube. Or, on ne les voit pas optiquement et de plus la -détente de cet air ne provoque pas la formation de brouillard, ce qui semble bien exclure la présence de particules aussi nombreuses.
- On pourrait encore supposer que les dépressions barométriques provoquent le dégagement hors du sol
- de gaz plus lourds que l’air. Mais rien de tel n’apparaît, même quand on traite de très grandes quantités d’air pour les liquéfier.
- La cause des variations de densité de l’air atmosphérique reste donc inconnue.
- Mais ces variations sont évidentes quand on opère avec une rigoureuse exactitude.
- MM. Jacquerod et Borel ont réalisé pour leurs mesures le dispositif suivant (fig. 1).
- Une pompe à mercure P, actionnée par un moteur électrique, aspire l’air extérieur par l’orifice O, situé à 1 m. 20 du sol. L’air traverse un tube T, rempli d’ouate, puis un tube desséchant à chlorure de calcium Cj. Si l’on opère sur des échantillons d’air recueillis en avion dans une bouteille B, celui-ci peut être introduit dans l’appareil par le robinet IL Si l’on veut précipiter les poussières qu’on suppose traverser le filtre de coton, ou intercale dans le circuit en ouvrant les robinets III et IV un dépous-siéreur électrique I) et un four F2 qui détruit l’ozone formé par l’effluve du dépoussiéreur.
- L’air passe ensuite dans deux flacons laveurs à potasse caustique Lj et L2, un tube à chlorure de calcium C2, un tube à anhydride phosphorique P1} un tube T2 rempli de perles de verre plongeant dans un réfrigérant à acide carbonique solide ou à air liquide, un nouveau tube à anhydride phosphorique P2 et arrive dans le récipient F.j.
- Un manomètre très sensible M placé en dérivation mesure la poussée dynamique due au courant d’air.
- Dans la chambre F,, isolée thermiquement, pend un cylindre de silice d’environ 500 c. c. servant de flotteur, suspendu par un fil de platine à l’un des plateaux d’une balance. L’autre plateau porte un
- Fig. 2. — Quelques variations observées.
- p.164 - vue 168/620
-
-
-
- LE DERNIER SALON DE L’AERONAUTIQUE - 165
- cylindre de verre rempli de plomb qui fait équilibre. La balance est très sensible, puisqu’un poids d’un milligramme provoque un déplacement de l’aiguille de 45 divisions.
- On tient compte, pour les corrections, de la température mesuré); au cenlièmc de degré et de la pression baromélriqnc mesurée à I ou 2 centièmes de millimètre de mercure.
- Les mesures faites dans ces conditions présenténl un haut degré de précision.
- MM. Jacquerod et Borel ont traduit; certains des résultats qu’ils ont obtenus en des graphiques que
- nous reproduisons ligure 2, les variations de densité de l’air As étant exprimées en milligrammes par une ligne pleine et les variations barométriques A/i en millimètres par une ligne pointillée. On voit que si les variations de densité ne sont pas proportionnelles et de signe contraire aux variations de pression, les maxima de pression correspondent, cependant à des minima de densité et inversement.
- La règle de Loomis-Morlev est ainsi vérifiée.
- Il reste à expliquer la cause de ces variations, dont aucune des hypothèses envisagées jusqu’ici n’a pu être vérifiée par l’expérience. A. IL
- LE DERNIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- L’année aéronautique 1921 s’est décidément montrée de plu s. en plus favorable au développement de l’aviation marchande; ses derniers jours ont été en effet marqués par une série d’événements heureux : le brillant Salon de l’Aéronautique, la fructueuse réu-
- d’ouvrir, pour le début du mois de juillet prochain, au trafic public et quotidien la ligne Paris-Constantinople par Strasbourg, Prague, Vienne, Budapesl, Belgrade, Bucarest.
- Seront ainsi touchées par des avions français
- Fig. i. — Exemple de la tendance dite de l’agrandissement homothétique. L'avion de chasse Spad-3o, représenté à la même échelle que l’avion de gros transport Spad-^5.
- nion à Paris du Premier Congrès International de la Navigation, aérienne, le magnifique voyage d’étude qu’ont effectué Deullin et de Marmier sur l’itinéraire Paris-Constantinople et enfin le vote généreux par le Parlement des crédits nécessaires à l’extension internationale de nos lignes aériennes.
- Ce ne fut ’ que le 50 décembre que le Sénat adopta le budget de l’Aéronautique prévoyant quelque 45 millions destinés à subventionner les compagnies aériennes qui se sont lancées hardiment à la conquête des routes de l’air. Nous comprenons bien qu’en présence des difficultés financières traversées actuellement par la France, de nombreux parlementaires se soient demandé s’il était bien logique de dépenser plusieurs millions pour soutenir des exploitations inaptes à vivre par leurs seules ressources et cependant, ces crédits accordés sont vraiment de la bonne graine semée dont la moisson se récoltera dans quelques années. Il en est ainsi notamment pour les grandes voies aériennes internationales qui constituent des lignes de stratégie politique de tout premier ordre ;
- Nous n’insisterons pas sur ce sujet, sinon pour signaler le beau programme que s’est donné la Compagnie Franco-Roumaine de Navigation aérienne
- les capitales de la Tehéco-SIovaquie, de l'Autriche, de la Hongrie, de la Yougoslavie, de la Roumanie, et enfin de la Turquie ! N’est-ce point là une voie de propagande française merveilleuse qui met les rives du Bosphore à 17.heu res de vol de Paris!
- En pratique, le voyage s’effectuera en deux étapes d’une journée chacune, Paris-Budapest et Budapest-Constantinople alors que le chemin de fer demande actuellement dans les circonstances les plus favorables 5 jours et 5 nuits.
- Quant au Congrès international, il réunit les délégués de 25 nations différentes qui discutèrent les principaux problèmes législatifs, administratifs et techniques qui touchent à la Navigation Aérienne Internationale. Il était en effet indispensable que des directives communes, soient adoptées par toutes les nations traversées par les voies aériennes ; la ligne de Paris-Constantinople, par exemple, traversera ainsi 9 états indépendants dont les législations sont, différentes, ce qui était de nature à entraver sérieusement les progrès de l’aviation marchande. Les délégués étrangers n’ont d’ailleurs pas caché leur émerveillement devant notre organisation actuelle et devant les résultats qui ont été atteints au cours de la dernière année.
- p.165 - vue 169/620
-
-
-
- 166
- LE DERNIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- de moindre résistance. C
- Fig. 2. — La ligne aérienne Paris-Varsovie et l’amorce de la ligne Paris-Moscou qui mettra la capitale russe à i5 heures de vol de Paris.
- La ligne Paris-Constantinople relie entre elles et à Paris les 6 capitales
- balkaniques.
- Le Salon de F Aéronautique a été très satisfaisant, en effet; de nombreuses tendances s’y sont manifestées qui indiquent l’abandon par la plupart des constructeurs de formules issues de la guerre, mais maintenant périmées, pour aborder l’étude d’avions modernes adaptés aux transports publics et au progrès de la science aérodynamique.
- Celle des tendances qui nous a le plus frappé est l’amélioration générale de la finesse des avions; nous rappelons qu’on entend par ce terme le rapport qui existe entre l’ensemble des poussées sus-tentatrices produites par les voilures et l’ensemble des résistances à la pénétration dans l’air qu’opposent ces mêmes voilures et tous les autres éléments des avions qui se. trouvent dans le vent.
- Nous avons déjà montré antérieurement (La Nature, n° 2485, 19 novembre 1921) quels progrès avaient été réalisés dans cette voie par les avions de la fin de la guerre et par les avions'plus modernes de chasse et de course et nous avons expliqué que pour une poussée donnée, moins forte était la traînée ou résistanceàl’avancement, plus l’avion gagnait en vitesse ou en économie de force motrice ; nous avons également vu que c’était ce gain précieux en finesse dont jouissent tout particulièrement les avions cantilever qui portait de préférence vers cette nouvelle formule de construction la plupart des .études actuelles des çons-, tracteurs français et étrangers,
- Le dernier Salon de l’Aéronautique . a donc clairement manifesté cette tendance vers la meilleure finesse. Il était aisé, en effet, de constater que la
- presque totalité des avions biplans modernes avaient été conçus suivant les directives si fructueuses que donnent les essais préalables des maquettes au tunnel aérodynamique,c’est-à-dire que l’armature des cellules a été simplifiée à l’extrême, comportant le moins grand nombre possible de mâts et de haubans, quel que fut leur importance, que les fuselages cabines et que les fuselages moteurs étaient profilés rigoureusement suivant des formes est ainsi que
- certains des avions présentés au Salon se manifestaient comme des merveilles de finesse, tels que les petits avions Nieuport, Hanriot, Lioré-Olivier, les avions moyens : Berline Spad 55, Bréguet 19, Fok-ker III et l’avion de gros transport Blériot Spad 45.
- Cette recherche de la finesse a entrainé deux conséquences : la première fut que les constructeurs ont été poussés à adopter les ailes les plus favorables à ce point de vue, c’est-à-dire les ailes épaisses qui permettent, par leur robustesse propre, de supprimer presque tous les renforts extérieurs et qui, avec des traînées sensiblement égales à celle des ailes minces, procurent des poussées très supérieures ; le prototype du genre fut au Salon l’aile du Fokker III que nos lecteurs connaissent déjà ; et les ailes des Wibaut, Lioré-Olivier, Hanriot ont adopté plus ou moins cette formule. Nous avons d’ailleurs décrit dernièrement les projets des constructeurs français et étrangers dans cette voie.
- La deuxième conséquence fut que les constructeurs ont cherché à faire bénéficier les gros avions des formules extra-simples de cellules, qui jusqu’alors n’avaient été appliquées qu’aux seuls petits avions; cette tendance peut s’appeler l’« agrandissement homothétique » et elle se manifeste sur presque tous les avions de conception moderne (fig. 1).
- En effet, il y a 4 ou 5 ans, seuls les avions de chasse ou de course de quelque 20 m2 de surface
- rt' f a
- • ' Fig: 3: — Coupe du fuselage Blériot Spad-45. •
- A, poste du navigateur ; B, poste de pilotage ; C, poste du mécanicien; D, cabine pour 17 passagers; E, toilette, à coté 2 places à l’air libre pour passagers; F, soute à bagages; R, rèservoiràessencesurrailesupèrieure.
- p.166 - vue 170/620
-
-
-
- LE DERNIER SALON DE L AÉRONAUTIQlfF.----- ---- 167
- Fig. 4. — Vue intérieure de la cabine du Blériot Spad-45. Au fond, les 2 places à l'air libre.
- portante pouvaient jouir d'une cellule composée de 2 plans réunis par 2 paires de mats en tout, et 4 croisillons de haubans, alors que des avions de 94 ma comportaient normalement 8 paires de mats et IC croisillons de haubans, solution qui entraînait poulies moyens et gros avions une finesse déplorable.
- Actuellement, les constructeurs ont créé des cellules de 50, 100 et 150 m2 qui jouissent des memes avantages de linesse que les avions de 10 ou 15 m2.
- C’est l’aile semi-épaisse ou épaisse qui a permis d’arriver à ce résultat.
- Le Bréguet 19, le Wibaid B N et surtout le Blériot 45 présentent des silhouettes identiques aux petits avions, c’est donc là un gros progrès réalisé, d’ailleurs notons que les Goliath Farman, Uandley-Page et les avions géants allemands avaient été des précurseurs dans cette voie.
- La seconde tendance générale qui nous a frappé, est celle que manifestent les constructeurs français vers la construction métallique. Alors qu’à la tin de la guerre, seuls les Bréguet et Voisin se montraient partisans du métal, nous devons maintenant leur ajouter les Farman, Hanriot, Wibaut, Lioré-Olivier, Laleeoère, etc., qui ontexposé des avions métalliques.
- Nous savons que la construction métallique permet d’obtenir des avions stables, c’est-à-dire qui ne sont pas affectés par les variations de température ou d’hygrométrie et qui peuvent voler sous tous les climats; ces avions sont de plus susceptibles d’assurer un service aérien d’une durée incomparablement plus longue que les avions en bois, les dangers d’incendie sont presque totalement supprimés et l’interchangeabilité des diverses pièces des avions est assurée.
- Par contre, on objecte à cette méthode certains
- inconvénients comme la cristallisation moléculaire du métal entraînant des risques de rupture, et aussi le haut prix de revient de sa fabrication et son poids quelquefois excessif.
- Mais heureusement, d’une part, les inconvénients de cristallisation moléculaire provenant des vibrations des moteurs, seront aisémen t vaincus dès que l’étude des métaux utilisés sera plus avancée et d’autre part, le prix de revient élevé s’abaissera considérablement dés que la construction métallique cessera de procéder suivant les anciennes formules des poutres à treillis pour adopter la formule du caisson, par exemple. Enfin l’objection de poids ne tient plus, depuis que Wibaut a obtenu pour ses voilures métalliques complètes le poids de 6 kg au mètre carré de surface portante, c’est-à-dire le poids habituel des voilures construites en bois.
- Certaines carcasses métalliques, telles que celle du Latecoère 6 se révèlent, en effet, comme vraiment trop délicates à usiner, elles paraissent néces-
- Fig. 5. — L’avion Wibaut-1922, 600 IIP.
- p.167 - vue 171/620
-
-
-
- 16K - LE DERNIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- siter une précision de travail excessive et ne favorisent pas la construction en grande série.
- La troisième tendance qui s’est manifestée est le désir qu'iont eii les constructeurs de compenser les inconvénients de fragilité que présentent les moteurs actuels par l’adoption de plus en plus générale des formules multimoleurs, au moins en ce qui concerne les avions dont la puissance motrice atteint ou dépasse 450 à 550 HP.
- Cette tendance a d’ailleurs été causée en partie, il faut l’avouer, par le manque de moteurs français éprouvés dont la puissance dépasse 450 HP. Les avions de gros transport ont fait appel à trois et quatre moteurs ; en effet, il parait prouvé que les bimoteurs actuels sont 'généralement dans l’impos-
- du Danube aux Portes de Fer, l’arrivée sur le Bosphore, ou tout simplement la traversée de la Manche étant des spectacles admirables qui procurent aux voyages aériens un attrait supplémentaire.
- Nous regrettons que la question des silencieux ait été quelque peu négligée ; il nous parait en effet absolument anticommercial d'infliger aux passagers le fracas des moteurs pendant les 7 ou 8 heures de voyage journalier. Nous croyons savoir d’ailleurs qu’une des lignes anglaises va utiliser un silencieux suisse conçu de telle sorte qu’il n’entraîne aucune perte de puissance du moteur et seulement une petite augmentation de résistance à l’avancement; nous, espérons vivement que, si les résultats pratiques sont concluants, les compagnies françaises
- Fig. 6. Carcasse métallique d’une aile de l’avion Wibaut (a'ie èfaisxe ijq).
- sibilité de continuer leur voyage avec un seul moteur sur deux.
- Le Blériot 45, le Farman BN-A, et le Besson de haute mer comportent 4 moteurs chacun, le Potez X, le Latecoère 4 et le Baudron 61 en ont 5,1e Bréguet 19, le Goliath Farman et la maquette de YErnoul FATMA en ont 2. Particulièrement intéressant était le fuselage du Leviathan-Bréguet enfermant dans ses vastes flancs 4 moteurs groupés sur une même hélice par l’intermédiaire d’un embrayage central (La Nature, n° 2446, 19 février 1921), ce dispositif, après de longs et difficul-tueux essais, serait maintenant bien au point.
- Enfin, nous avons pu constater qu’un effort très sérieux avait été fait pour améliorer les avions sous le point de vue du transport des passagers ; de spacieuses cabines ont été aménagées, permettant aux voyageurs de se déplacer au cours des voyages avec autant* d’aisance que dans un wagon à couloirs; tous les gros avions comportent un cabinet de toilette, ce qui n’est pas à négliger lorsqu’il s’agit de vol de 3 à 4 heures.
- La visibilité a été améliorée et les cabines comportent de nombreuses fenêtres; les passagers apprécieront cette amélioration distrayante, la vue
- n’hésiteront pas à adopter sans tarder ce dispositif.
- Nous'donnons la coupe de la vaste coque cabine du Blériot 45 qui nous paraît être un modèle du genre (fig. 4).
- Avions de transport. — Ceux-ci constituent naturellement la classe la plus importante des avions exposés ; les constructeurs comprennent que les lignes aeriennes françaises vont devenir de gros consommateurs d’avions, la seule ligne Paris-Varsovie demande environ 80 avions ; de plus, de nombreuses nations étrangères envisagent la création * de grandes lignes et les avions français pourraient devenir l’objet d’une exportation très profitable.
- Notons d’ailleurs que la plupart des avions de bombardement sont susceptibles, moyennant de faibles modifications, d’être utilisés comme avions de transport public ( Wibaut, Farman Goliath et BN-4, etc.). '
- Le plus important des avions de transport est sans contredit le nouveau Blériot Spad 45 très en progrès sur les précédentes créations de Blériot dans cet ordre d’idées (Blériot Mamouth I. II. III). Sa cellule, malgré une surface portante comparable à celle du Goliath (145 et 160 m2), présente au plus haut point le caractère d’homothétie avec les petits avions
- p.168 - vue 172/620
-
-
-
- LE DERNIER SALON DE L’AERONAUTIQUE , . — 169
- douchasse ou de course, ne comportant qu’un seul mât de chaque côté du fuselage. Son fuselage cabine relève de la formule monocoque en bois et dépasse singulièrement ies dimensions habituelles des fuselages similaires puisqu’il constitue un corps parfaitement fuselé de \ 5 m. 30 de long sur 2 m. 80 de maître-couple; cette conception hardie !â permis d’aménager une cabine d’un confort absolu pour 1 7 passagers, avec couloir, toilette, places extérieures, soute à bagages, communication avec les postes de pilotage, de navigation et dc^ mécaniciens. Regrettons seulement que la construction monocoque ne permette pas de ménager de plus larges fenêtres sans que sa robustesse en souffre.
- Les 4 moteurs sont disposés deux par deux en
- reil soit d’une formule un peu périmée et que le réel effort qu’il manifeste n’ait pas été soutenu par une conception plus moderne de la pénétration. Nous avons vu que l’Angleterre et la Hollande ont construit des monoplans monomoteurs de même capacité en passagers, 9, de même surface sensiblement et dont l’exploitation parait devoir être plus économique.
- Le Vickers anglais (traversée de l’Atlantique) dont la licence vient d’être acquise par une Compagnie Française est d’une conception trop ancienne en ce qui regarde la cellule et les groupes motopropulseurs, par contre la cabine fuselage monocoque en est des plus réussies comme confort et contient 12 passagers.
- Signalons enfin les limousines ou berlines Spad 33,
- Fig. Z- — Berline Spad-33 de la ligne Paris-Varsovie, 5 places, 25o HP., 180 km. à l’heure.
- tandem dans deux fuselages latéraux soigneusement profilés et fixés directement sur les plans inférieurs ; le train d’atterrissage assez curieux se compose de 4 roues disposées deux par deux en tandem pour améliorer la pénétration.
- Si les caractéristiques de cet appareil correspondent à celles qui ont été calculées, les compagnies aériennes comptent en équiper les lignes Paris-Constantinople et Londres-Paris-Marseille.
- L’Avion Latecoère trimoteur, d’une importance sensiblement égale à celle du Blériot, possède une cabine très confortable pour 18 passagers. Le moteur central, de 5001IP, est placé à l’avant du fuselage, c’est un double Salmson; les deux moteurs latéraux de 250 HP chacun, également de Salmson, sont placés dans la cellule. Très robuste, cet appareil conviendra aux longs raids lorsque ses groupes moto-propulseurs seront tout à fait au point.
- Le Votez trimoteur, moins important (surface 94 m2), paraît avoir été la réalisation d’un constructeur très au fait des nécessités marchandes actuelles ; sa formule est simple, ses moteurs, des 180 HP Hispano, sont d’un type éprouvé et toute la construction est bien étudiée. Nous regrettons que cet appa-
- Potez, Ansaldo, Bréguet et Fokker III qui ne présentent rien de particulier que nous ne connaissions.
- Des quantités d’autres avions ont été exposés qui répondent cà des besoins spéciaux, les avions de course, les avions sanitaires et les avions de guerre.-
- En particulier nous pouvons annoncer que les avions sanitaires types Bréguet ont permis en quelques mois de transporter quelque 700 blessés des champs de bataille ou embuscades du Maroc et de Syrie jusque dans les hôpitaux de nos bases alors que les colonnes militaires ne disposaient point de facilités suffisantes pour soigner convenablement ces blessés.
- Parmi les avions de guerre, nous devons citer en premier plan le mastodonte Farman BN-4, comparable par ses dimensions et sa formule aux avions Zeppelins de la guerre ; sa surface portante atteint 300 m2, sa puissance répartie en 4 moteurs latéraux en tandem est de 1500 HP, son rayon d’action serait de 800 km avec 1500 kg de bombes.
- Sa construction en bois remarquablement étudiée lui permet d’enlever 42 pour 100 en charge utile de son poids total, alors que les avions allemands similaires n’enlevaient que 29 pour 100. Cet appareil
- p.169 - vue 173/620
-
-
-
- 170
- LE DERNIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- Fig. 8. — Ensemble d’un poste de téléphonie sans fil, système S. F. R. à bord d’un'avioif Goliath-Farman.
- est destiné au bombardement de nuit à grande dislance.
- Figurail également dans-la meme catégorie l’avion de bombardement classique Goliath équipé pour les . vols de nuit.
- L’aviation de bombardement de jour devait être représentée par l’avion entièrement métallique Wi-bault dont les essais viennent de se terminer avec grand succès. C’est une des plus remarquables réalisations de l’année. Sa cellule très pure présente, en raison de son importance alaire de 1)6 m2 de surface, le caractère d’homothétie que nous signalions plus haut, car elle ne comporte, en effet, qu’une paire de mats de chaque côté du fuselage. Celui-ci admirablement profdé forme une vaste cabine qui pourra être aménagée très facilement pour le transport de nombreux passagers. Le poids de l’avion à vide est de 2100 kg et il peut emporter 2200 kg de charge utile, ce qui est un rendement exceptionnel. A l'avant se trouve un moteur de 600 HP auquel on peut accéder facilement de l’intérieur du fuselage. Les ailes sont du type nettement épais; c’est le premier avion français qui a recours à cette formule ; il sera donc très intéressant d’en suivre l’exploitation ultérieure.
- Parmi les nouveaux avions de corps d’armée se trouvait l’avion Bréguet-\9 entièrement métallique dont la cellule est également très pure et qui possède comme particularité un groupe motopropulseur composé de 2 moteurs Bugatti-Bréguet groupés sur une seule hélice par l’intermédiaire d’un embrayage
- commun; leur puissance totale est de 460 IIP.
- La participation marine se manifestait par un petit hydravion triplan à coque destiné aux services postaux, une coque d’hydravion F.B.A. pourvue d’un dispositif amphibie à roues, par les llolteurs métalliques Bréguet destinés aux colonies et par une maquette de l’énorme hydravion à coque de haute mer Besson actuellement en construction; quadruplai!, quadrimoteur, comportant, une vaste cabine indépendante de la coque, ce dernier appareil a été créé pour assurer les liaisons entre ports éloignés de 800 à 1000 km comme Marseille-Alger.
- Deux modèles d’avions torpilleurs, étaient aussi exposés, un Farman et un Levasseur conçus spécialement pour transporter à bonne portée des cuirassés les énormes torpilles marines qui pèsent 800 kg.
- Le salon comportait également quelques avions de sport et de tourisme, les petits avions tri-plans Bicci, sortes de motocyclettes aériennes, un Spad biplan côte à côte et enfin l’avion Levasseur entièrement en bois dont la construction très économique a été réduite à un minimum d’éléments très simples, ce qui permet d’obtenir un prix de revient comparable à celui d’une automobile.
- Deux cadres plats ajourés constituent la membrure fondamentale de cet avion et tiennent lieu de train d'atterrissage* de fuselage, de cabanes sup-
- Fig. g. — Le poste du navigateur d'un avion moderne de transport (Spad-45).
- A gauclie, l’appareil de T. S. F. ; à droite, le dérivomètre, sous le siège les accumulateurs ; à l’extérieur, la génératrice électrique.
- p.170 - vue 174/620
-
-
-
- LE DERNIER SALON DE L’AÉRONAUTIQUE
- 171
- port des plans et de support de moteur. Cette solution du plus haut intérêt mériterait de retenir sérieusement l’attention des autorités militaires en raison de sa facilité de construction en grande série.
- Bans cette classe, ajoutons l’avion Tampier susceptible de voler et de rouler sur les routes, actionné soit par un moteur d’avion de 500 HP, soit par un moteur d’automobile. Deux roues amovibles se déploient et les plans se replient à la volonté du pilote qui peut ainsi gagner l’aérodrome par ses propres moyens.
- Parmi les appareils d’essais, signalons l’hélicoptère Pescara (La Nature, n° 2466,
- 9 juillet 1921) et le dirigeable Vau-(jean et Gargiulo.
- C e dernier engin est particulièrement curieux en ce qu’il produit la force ascensionnelle au moyen de la dépression produite à l’intérieur d’une triple carcasse rigide au lieu de l’usage d’un gaz plus léger que l’air ambiant. Cette conception séduisante supprimerait radicalement les risques d’in- -cendie dus à ' la présence d ’un gaz combustible, simplifierait les questions de ravitaillement et abaisserait notablement le prix de revient de la tonne transportée par air.
- La maquette de l’avion Ernoul que nous avons décrite dans un article précédent était voisine de la maquette d’un autre avion monoplan conçu par le même constructeur mais avec un seul moteur.
- Les moteurs. — Au point de vue des moteurs, le Salon ne nous a rien révélé de bien nouveau et fort malheureusement, car plus que jamais, à mesure que s,e développe la navigation aérienne marchande, cette question devient angoissante, Nous ne pouvons, que renvoyer nos lecteurs à notre précédent compte rendu de Salon qui décrivait déjà tous les moteurs exposés à la fin de l’an dernier sauf quatre exceptions.
- La maison Salmson a sorti, en effet, un moteur de 500 HP en étoile conçu exactement sur la même formule que le 250 HP mais étudié spécialement
- essais ne sont pas
- m o n t a g e
- Fig.ro.
- A l’arrière se voit le turbovenlilateur qui alimente les cylindres en air comprimé au sol et "ch air surcomprimè à haute altitude, puissance 35o HP.
- pour l’aviation marchande, ses encore entièrement terminés.
- L’Angleterre nous a envoyé un moteur de 400 HP en étoile qui présente cette particularité d’être à refroidissement par air bien que chacun de ses 9 cylindres fournisse 44 HP. Ce moteur a traversé brillamment les dures épreuves du concours du Ministère de l’air anglais et a soutenu avantageusement la .comparaison avec les deux autres types de moteurs également primés mais qui étaient à refroidissement par eau. Son poids en ordre de marche n’est que de,550 kg, soit 0 kg800 par IIP. T)e par sa
- formule il jouit d’une sérieuse supériorité sur les moteurs à eau en ce qui concerne la sim-de dé-le
- poids et l’accessibilité.
- Son prochain montage sur des avions bimoteurs effectuant le trajet Londres-Paris nous permettra de juger ses qualités.
- Mais le grand mouvement de curiosité est allé au moteur italien Garuffa-Gargiulo qui réaliserait le rêve de tous les techjniciens • moteur à deux temps, brûlant des huiles lourdes, utilisant le cycle Diesel et pourvu d’un compresseur pour vol aux hautes altitudes.
- Ses essais, antérieurs au Salon, auraient été concluants au cours de plus de 20 heures de marche ; les établissements officiels français viennent de commencer avec le 500 HP Garuffa-Gargiulo une série d’essais; si ceux-ci sont satisfaisants nous publierons aussitôt une étude de ce moteur révolutionnaire.
- Un autre moteur à deux temps a été exposé, nous n’en parlerons qu’après ses essais officiels.
- Signalons enfin le très intéressant démarreur d’avion Bristol qui parait sensiblement en progrès sur les dispositifs antérieurs . en ce qu’il est autonome et peut servir pour lancer un ou plusieurs moteurs du même avion. Il s’agit d’un petit moteur à essence à deux temps et à deux cylindres dont l’un de ceux-ci est moteur et l’autre compresseur ; par
- Moteur Garuffa, g cylindres en étoile, cycle Diesel . à- huiles lourdes.
- p.171 - vue 175/620
-
-
-
- 172
- LES USAGES MODERNES DE L’ANTIMOINE
- l’intermédiaire d’un distributeur d’air fixé au moteur meme, celui-ci est lancé à l’air comprimé pendant que le petit groupe motocompresseur, comportant une magnéto de départWdeux plots, allume les cylindres. Cette installation a été réalisée pour lancer le moteur Bristol de 400 HP et elle ne pèse au total que 18kg; elle pourrait d’ailleurs servir pour un avion multi-moteurs avec autant de facilité et sans augmentation sensible de poids.
- Le Sous-Secrétariat de YAéron autique avait organisé une exposition parfaite de vulgarisation montrant au public désireux de s’initier aux choses aériennes ce qu’est un bureau d’études aéronautiques, combien tous les éléments d’un avion sont maintenant calculés avec précision, quels sont les essais des maquettes au tunnel aérodynamique, quels sont les essais statiques que doivent subir les avions destinés à l’armée ou à l’aviation marchande, ce qu’est un port aérien moderne, quelle est l’organisation de la météorologie, quels services rend l’aviation au.point de vue cartographique, etc. II serait souhaitable que cette exposition si instructive soit réorganisée à Paris d’une manière permanente et dans des locaux un peu plus vastes, ce serait là une œuvre de vulgarisation excellente.
- Ainsi que certains de nos articles sur les monoplans à l’étude l’ont laissé deviner, l’année 1921 a été une période de gestation -et de coordination des enseignements récents de la jeune science aérodynamique, mais l’année 1922 sera une période de production qui marquera une profonde évolution de la technique aérodynamique. Et nous prenons en terminant la permission d’indiquer ce que nous aimerions voir apparaitre sans trop tarder, au moins en ce qui concerne les avions commerciaux de moyen tonnage et aussi les avions militaires : un fuselage-cabine sur lequel un seul plan ne serait fixé que par 4 boulons (Fokker), dont la partie avant contenant le groupe moto-propulseur serait amovible et ne serait fixée également que par 4 boulons (DH-52), le tout reposant sur un train d’atterrissage fixé aussi par 4 boulons en tout (DH-18), etc., c’est-à-dire un avion extrêmement simple, presque schématique et qui faciliterait grandement l’exploitation de nos compagnies aériennes.
- Grâce à une hardie conception et à une grande foi dans l’aviation marchande, la France, a réussi, au cours des dernières années, à se constituer une situation exceptionnelle, notamment dans l’Europe centrale : la route aérienne vers la Russie est à nous, la route aérienne vers le proche Orient est également à nous et garantie par de solides monopoles et notre organisation aérienne passe pour la plus parfaite du monde. Ne nous endormons cependant pas sur ces lauriers: à partir du 1er Janvier 192o, l’Allemagne aérienne aura le droit de donner à son aviation marchande le développement qu’elle jugera bon et dès maintenant il ne se passe pas de semaines que nous n’apprenions que ses bureaux techniques entament l’étude d’avions nouveaux et nous pouvons avouer notre inquiétude lorsque nous voyons des personnalités aéronautiques allemandes comme le professeur Junkers étudier avec toute sa science réelle des avions monoplans métalliques de 1000 m2 de surface, de 4000 HP de puissance et d’un poids total en vol de 48 000 kg. Il serait véritablement puéril de nier ce danger.
- Jean-Abel Lefranc.
- Breveté Mécanicien d’Avions.
- Caractéristiques comparées de quelques avions (1921-1922)
- MARQUES ET TYPES Surface. 1 | Puissance. Poids il vide Charge utile Poids total. X tf: Cg • '!= fi ZC in « c-
- Ms Bp «g Kg Kg Km Kg Kg
- Farman Goliath. . 161 520 2500 2000 4500 130 28 8.6 12
- Berline Spad 53. 42 250 1150 1000 2050 180 48 8 5
- Nieuport de coùrse. 20 300 840 60 900 350 45 .3 0
- Blériot Spad 45 . 145 1100 3500 3500 7000 200 48,2 6,5 18
- Latecoère 4. . . 158 1000 4500 2705 7205 180 45,5 .7,2 18
- Potez X. ... 94 540 2250 1250 5500 170 37,2 6,4 9
- Besson 290 1100 4000 4000 8000 150 32 8,3 18
- Berline Spad 48 * 42 275 1100 900 2000 180 46,5 7,2 5
- Potez 9 . 46 370 1250 800 2050 202 44 5,5 4
- Fokker III 42 230 1275 880 2155 175 51 9,5 G
- Farman BN 4 . . 500 1500 5500 5200 10500 160 35 7 —
- Wibaut. . . . . 96 600 2100 2200 4300 200 44 7,5 12
- Bréguet 19 . . . 45 450 1155 625 1780 250 39,5 10 1
- Farman métal. . 37 260 895 555 1450 190 39 5 6 1
- LES USAGES MODERNES DE L’ANTIMOINE
- La France est un des pays les plus importants comme i producteur d’antimoine : citons parmi ces principales mines françaises : celles de Massiac dans le Cantal, celles d’Auzon dans la Haute-Loire, celles de la Vendée, celles de la Lucette, dans la Mayenne qui sont de beaucoup les plus importantes. Ces dernières sont associées avec la Compagnie américaine de l’Antimoine et de ses composés. De plus, elle possède en Algérie d’importants gisements de senarmonte (Sb2 O4) et de valentinite.
- En Corse, se trouvent des gisements abandonnés, mais susceptibles d’exploitation ; de plus le traitement des plombs antimonieux donne des produits contenant 20 pour 100
- environ d’antimoine (Penna-Roya) et qui pouraient servir. Comme on le voit, ce ne sont pas les gisements qui nous manquent; malheureusement, ils ne donnent pas ce qu’ils devraient donner. Nous importons encore, en effet, trop de produits antimonieux fabriqués ainsi qu’en fait foi le renseignement suivant dû à l’obligeance de l’Office du Commerce extérieur pour les 8 premiers mois de 1920.
- Oxyde d’antimoine.......... 543 quintaux.
- Sulfures d’antimoine. ... 2256 quintaux.
- Parmi les gisements de stibine importants de l’étranger, citons ceux de Yallongo (Portugal) où la stibine est associée avec du wolfram, ceux de Schemberg, Mileschau
- p.172 - vue 176/620
-
-
-
- LES USAGES MODERNES DE L ANTIMOINE
- 173
- et Pricev, en Tchéco-Slovaquie, constitués par de la Ilo-maïte ou antimoniate de chaux et de la Cervanitite.
- En principe, la France serait plutôt exportatrice de stibine, puisque, en 5 ans (1910-1914) elle exporta 2000 tonnes de stibine, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Italie, Hollande et Russie.
- L’Angleterre a bien quelques dépôts d’antimoine dans le Cornwall, et dans le Devonshirc. Les marques de produits antimonieux Cooksen et Hallet ont eu, et ont encore une réputation mondiale; mais nul doute que ces produits soient manufacturés avec des minerais ne provenant pas de l’Angleterre.
- La Chine était la principale exportatrice de minerais d’antimoine pour les besoins anglais; le Mexique, la Hongrie et l’Australie de même, sans en excepter la Bolivie et l’Espagne.
- De 1908 à 1913,1a Chine a produit de 50 à 00 pour 100 des besoins mondiaux en antimoine.
- En 1913, on évalue l’exportation chinoise à 13 000 tonnes d’antimoine évaluées en antimoine métallique, alors que celle du monde entier était de 2-4 000 tonnes. Durant la guerre, la Chine produisit plus du double de la consommation mondiale d’antimoine du temps de paix.
- Ainsi, en 1910, les exportations chinoises atteignirent leur maximum, avec 45 000 tonnes d’antimoine (évalué en métal).
- Les provinces où se trouvent des gisements d’antimoine sont celles de Hunnan, de Yunnan, de Kweichew, et de Kwangai. Ceux de Iiunhan sont de beaucoup les plus importants et fournissent 90 pour 100 du total. Ces gisements appartenaient à des Anglais, des-Français et des Allemands, la nouvelle Compagnie de l’Antimoine de Chine appartient à la firme Gooksen.
- Avant de parler des nombreux usages de l’antimoine, il est nécessaire, de dire quelques mots du marché de l’antimoine.
- Depuis que l’illustre moine Basile Valentin, au commencement du xvie siècle, donna le premier un aperçu des multiples applications (multiples pour l’époque) de ce curieux corps,dans son « Currus triumpbalis Antimonii », depuis que les controverses les plus bizarres s’établirent d’après les procédés scholastiques de l’époque, l’antimoine a reçu certaines applications pharmaceutiques (kermes, soufres dorés, émétique et surlout.il a été employé comme addition au plomb pour en faire des balles, mais en somme il est resté un « petit métal », de faible consommation. Aussi son marché est-il des plus instables. De 1900 à 1915, le prix moyen de l’antimoine métal a varié de fi à 8 cents de dollars la livre, ce qui au pair faisait 0 fr. 80 le kg. Dès '1915, la fabrication des balles pour la guerre l’avait fait monter à 45 cents la livre, soit environ 18 fois plus.
- Ces chiffres se passent de commentaires et montrent la mobilité extrême des cours de l’antimoine.
- Actuellement le régule (90 pour 100 de Sb) vaut.de 180 à 190 francs les 100 kg.
- Quant à la stibine liqualée, son cours, après avoir al teint 400 francs pendant la guerre, est au-dessous de 150 francs maintenant.
- Actuellement* les stocks formidables de plombs antimo-niés de la guerre, pour shrapnels, en tous pays, ne laissent plus prévoir des hausses formidables de l’antimoine, comme celles que nous avons eu à enregistrer.
- Les usages de l’antimoine sont nombreux, mais n’exigent en somme que de petits tonnages, sauf l’emploi pour les balles de shrapnels.
- En temps de guerre, la consommation mondiale attei-
- gnit 82000 tonnes. En 1919, de nouveaux usages de l’antimoine firent que sa consommation fut supérieure à. celle de 1915.
- La poudre d’antimoine, obtenue par la précipitation d’une solution acide d’antimoine par le zinc, se présente sous la forme d’une poudre fine, douce au toucher, et qui sert à « bronzer » l’acier,; puisque tel est le terme employé, quoique improprement.
- On appelle aussi cette poudre « noir pour fer ». On en enduit les canons de fusil, les poteries, les objets en carton comprimé, afin de leur donner un lustre métallique.
- Le beurre d’antimoine ou chlorure d’antimoine sert à faire des matières dont on enduit les objets d’acier, pour y déposer à leur surface, l’antimoine métallique qui y produit une couche protectrice.
- Les alliages de plomb et d’antimoine constituent le plomb durci dont les usages sont très étendus.
- Les métaux antifriction, du genre « Babitt », « trèfle », etc. qui servent dans les coussinets sont du même genre.
- Souvent on y adjoint un peu de cuivre et de l’étain. Le plomb antimoine sert à faire des valves et tampons, robinets, pour les industries chimiques et surtout celle de l’acide sulfurique. Les ouvriers appellent « régule » le métal qui sert en ces applications.
- Dans toutes ces applications (moulage des caractères, de machines linotypes et stéréotypes, autres moulages), la caractéristique est que la présence d’antimoine dans le mélange produit une expansion sur la matrice, par refroidissement.
- Le métal « Britannia », ou « métal blanc », contient de l’antimoine, de l’étain et du cuivre, il est susceptible d’être argenté. Mais gare à qui pose sur un fourneau trop chaud une théière en métal de ce genre, car ces alliages sont relativement fusibles.
- Les oxydes d’antimoine commencent à prendre, place sur le marché, comme pigment blanc pour les intérieurs, d’un prix pouvant concurrencer la céruse, le lithopone et le blanc de zinc.
- Un produit anglais, de la maison Cookson, « le. Ti-monex », possède, parait-il, des qualités fort intéressantes : pas de jaunissement, opacité parfaite, innocuité relative, bon marché relatif, pouvoir couvrant convenable. Mais, avouons-le, pareille chose a été dite si souvent aux consommateurs, qu’il faut attendre les leçons de l’expérience.
- En tout cas, si cela est vrai, voici, pour les mines françaises d’antimoine, l’occasion de se passer d’importer, puisque nos mines françaises et coloniales peuvent nous fournir, à condition que des « consortiums » internationaux ne viennent pas s’interposer pour faire hausser les prix.
- Une autre application importante, des oxydes d’antimoine, est leur emploi dans les objets en tôle ou fonte émaillée.
- Le tétroxyde (Sba O4) sert à confectionner les émaux blancs opaques, pour les articles de toilette. 11 concurrence l’oxyde d’étain, plus cher.
- Le trioxyde d’antimoine (Sb’M’P) est plus fusible que le tétroxyde; il sert en verrerie, et ne donne pas d’opacité comme le tétroxyde.
- Passons maintenant aux sulfures d’antimoine précipités, dont il existe plusieurs variétés :
- a) ' Le soufre doré anglais à 15/17 pour 100 cle soufre libre et. à 50/55 pour 100 de sulfate de chaux.
- b) Le vermillon d’antimoine pur (mélange de Sb2 S3 et de Sb2 S4, car il semble que Sb2 S» n’existe pas, étant un mélange de Sb2 S4 et de soufre).
- p.173 - vue 177/620
-
-
-
- 174 : NOUVELLE MACHINE A ECRIRE POUR AVEUGLES
- c) Lq, cramoisi d’antimoine !2Sbs S3 -|- Sb2 O4 en proportions variables, mais sans soufre ni charge.
- Ces produits servent à colorer, et à aider à la vulcanisation du caoutchouc (chambres à air, articles de ménage, tuyaux, objets de chirurgie). En France, actuellement, 7 usines s’occupent de ces préparations. La stibine brute, finement pulvérisée, sert dans la pâte phospborée et chloratée de certaines allumettes et de certaines boites d’allumettes.
- lie « beurre » d’antimoine entre dans certaines mixtures à polir, et dans d’autres mélanges pour ignifuger le bois, le papier, le carton et les toiles.
- L’antimoniate basique de plomb, connu sous le nom de « Jaune de Naples », sert en chromolithographie,pour certains tons « chair » spéciaux. 11 est peu employé.
- La crème de tartre stibiée (émétique) sert en phar-
- macie, comme vomitif énergique, et en teinture comme mordant. Actuellement, on lui préfère, dans ce dernier, but, le fluorure d’anlimoine. On se sert encore de sulfure naturel (stibine) dans les amorces et étoupilles, on-s’en est servi aussi dans le chargement de certains obus,, en vue de produire une fumée blanche épaisse.
- Le chlorure d’anlimoine a aussi été employé comme fumigène.
- Comme on le voit, l’antimoine et ses sels ne manquent pas d’applications, susceptibles de [(rendre encore de l’extension. Alijeut il utix.
- JY. B. — Certains renseignements ont été tirés du Rapport Géologique des Etats-Unis de 11110, par F. G. Sehrader. Un grand nombre d’autres nous sont .personnels.
- NOUVELLE MACHINE A ÉCRIRE POUR AVEUGLES
- (Système Berger)
- Un a inventé, pour l’usage des aveugles, des machines à. écrire de deux sortes; les unes tracent les signes de l’écriture ordinaire des voyants tandis que les autres impriment ceux de l’alphabet tactile, dù au génie, de Lotus Braille. Les premières ne se distinguent guère d’ailleurs des typewriters que par leurs touches portant des points en relief au lieu des inscriptions usuelles et même ces indications paraissent superflues, car l’habitude fait trouver aux dactylographes les touches convenables sans qu’ils aient besoin de regarder ou de tâter le clavier, — absolument comme un pianiste joue un morceau les yeux fermés. Avec les appareils de ce genre, l’aveugle dactylographie pour les voyants, mais ne peut ni se lire, ni correspondre directement avec un autre de ses confrères en cécité.
- Dans la deuxième catégorie de machines à écrire pour les aveugles, le clavier possède également des touches parfois gravées en Braille et les copies s’obtiennent en caractères identiques, que peuvent lire les gens privés de la vue. D’ailleurs avec la Hammond, par exemple, on écrit indifféremment en-types courants ou en Braille. Tl suffit, pour cela, du remplacer la navette ordinaire par une. plaquette portant une série de types formés de points en relief convenablement placés et de changer la partie agissante du marteau postérieur, qui appuie le papier sur le poinçon, lors de la frappe. Comme cette machine ne possède pas de rouleau, l’opérateur provoque très aisément un estampage en relief, lisible pour les aveugles et ne disparaissant pas sous la pression ; on doit naturellement enlever le ruban pendant la durée de l’impression en Braille. Au. contraire,, la Halle Braille, très employée aujourd’hui en Amérique, permet exclusivement l’écriture en relief. Elle comporte seulement six touches plaeées symé-
- triquement de part et d’autre d’un espaceur, chargé de provoquer l’avancement du chariot, après chaque signe et de séparer les mots. D’autre part, chacune de ces (> touches commande un poinçon susceptible d’imprimer un des points du système Braille et le dactylographe les frappe ensemble ou séparément. Grâce à la disposition des bras du levier, chaque poinçon vient emboutir le papier dans une des 6 cuvettes qui se présentent automatiquement à son aplomb au point de convergence. Le texte ressort donc imprimé au recto de la feuille ; en outre, l’opérateur peut se relire au fur et à mesure de son travail, que la personne à laquelle il le remettra lira de gauche à droite, comme il aura été dactylographié. Avec la Halle, un aveugle écrit de 20 à 50 mots par minute, c’est-à-dire trois fois plus vite qu’avec la planchette du type ordinaire.
- De leur côté, notre compatriote Lotz, l’allemand Picht et l’anglais Stainsby imaginèrent des machines décrire pour aveugles reposant sur le même principe que la typewriter Halle ; 0 touches actionnant-6 poinçons et permettant de faire un signe Braille d’une seule frappe.
- Après eux, Maurice Conslaneon, directeur de l’Asile des aveugles de Lausanne, fit construire successivement deux types de machines qui se différenciaient nettement des précédentes. Avec la première, on pouvait écrire sur les deux côtés du papier et sur feuille double, les points du verso s’intercalant exactement entre, les points du -recto (interpoints), mais alors l’écriture n’était pas apparente, car les points se formaient à l’opposé du dactylographe comme sur la planchette Braille. Dans le second appareil Constançon, d'invention plus récente, cet inconvénient disparait mais on n’emploie plus que l’une des deux faces du papier, la feuille
- p.174 - vue 178/620
-
-
-
- NOUVELLE MACHINE A ÉCRIRE POUR AVEUGLES —.- - 175
- devant passer entre deux rouleaux qui écraseraient les points du recto, si l’on, essayait d’écrire au verso.
- Cependant aucun de ces instruments ne donnait satisfaction ni aux aveugles, ni aux voyants copistes du Braille. Si, en effet, les machines à rouleaux (Halle, Pieht, Constançon dernier modèle) fournissent l’écriture apparente — ce qui facilite la correction des fautes — elles n’utilisent qu’un des côtés de la feuille. Bar contre, si les machines plates (Stainshy et Constançon premier type) permettent d’écrire au recto et au verso du papier, elles ne donnent pas l’écriture apparente ; il faut enlever la feuille de la lypewriter pour effectuer la plus légère correction.
- En définitive, 'toutes les machines à écrire pour aveugles, utilisées en France, étaient jusqu’ici de fabrication étrangère. Cet état de choses va heureusement cesser. Un de nos compatriotes M. Octave Berger, professeur à l’institution nationale des jeunes aveugles et qui lui-mème perdit la vue dès l’àge de 15 ans, a réalisé récemment une nouvelle machine à écrire le Braille (fig. I ) qu’il a mise au point avec l’aide d’un spécialiste habile, M. Martinez et de MM. Muller et Yergeat mécaniciens constructeurs.. Brevetée en 1019 et achevée en mai 1920, elle a obtenu le grand prix au Concours Lépinc d’octobre 1921, et comme elle présente un certain nombre de perfectionnements sur ses devancières, nous croyons devoir la décrire, en insistant surtout sur les parti- j cularités qui la distinguent.
- Son clavier (lig. 2) -ressemble beaucoup à celui de la Pieht. H se compose de deux groupes symétriques de trois louches, séparés par un in 1er-! valle dans lequel se meut le levier de l’espaceur. Cet intervalle facilite l’emploi des deux mains sans mettre obstacle à l’écriture d’une seule main, ce qui est précieux en l’occurence, les aveugles se dictant de la main gauche et écrivant avec la droite quand ils copient de Braille en Braille. Une plaque vert:-
- Fig. i.
- Aveugle dactylographiant avec la nouvelle -machine à écrire le Braille (système Berger).
- cale, limitant le clavier en arrière, s’encadre exactement dans un portique et présente à sa. partie inférieure 7 fentes, qui faisant passer les leviers de .commande des poinçons et de l’espaceur,, régularisent leurs mouvements. Ce portique est constitué par deux ; montants verticaux qu’une traverse horizontale réunit à leur sommet
- Au milieu et en arrière, de cette pièce, la machine Berger comporte, comme la Pichtc et, la Halle, un col de cygne qui, franchissant le chariot, présente à son extrémité le porte-récepteur avec sa manette de réglage.. Sur le récepteur, se voient C» cuvettes situées respectivement en regard de chacun des O poinçons, qu’un guide conduit exactement au-dessus, de la frappe. De leur côLté, les deux rebords qui limitent le clavier se prolongent en arrière du portique, sur une longueur environ; ils ont l’un et l’autre une échancrure demi-circulaire pour le passage du chariot et ils se trouvent réunis à Barrière de la machine.par une..traverse portant en son milieu les ressorts, de rappel des poinçons sur sa face anté-' rie.ure et le régleur sur sa faç.e postérieure.
- Quant au chariot (fig. 5), il se compose d’un cylindre creux en alu-
- p.175 - vue 179/620
-
-
-
- 176
- NOUVELLE MACHINE A ÉCRIRE POUR AVEUGLES
- Fig. 3. — Chariot récepteur et poinçons de la nouvelle machine
- Berger.
- minium du 580 mm. de longueur sur 70 mm. de diamètre, maintenu par un cercle - métallique à chacune de ses extrémités ; des rails parallèles munis de galets circulaires et tixés derrière le portique, sur le prolongement des rebords du clavier, assurent son déplacement. Dans ce cylindre, le papier s’introduit par une ouverture longitudinale'sise à l’opposé de l’opérateur (fig. 4) et sans qu’on ait besoin de l’enrouler sur lui-même.
- La tension de la feuille se maintient, en cours de travail, grâce à deux barres métalliques placées l’une au-dessus, l’autre au-dessous de cette fente et pouvant tourner dans des orifices pratiqués dans les têtes du cylindre; la barre inférieure porte à chacune de scs extrémités une molette capable de se déplacer à volonté tandis que sur la barre supérieure peuvent voyager deux contre-molettes striées solidaires. des précédentes. Alors, le papier saisi entre les molettes et les contre-molettes ne touche nulle part aux tringles : il glisse seulement sur la frappe, sise derrière le chariot comme danslaPichtc et la Halle.
- Grâce à tous ces organes ingénieusement combinés, la nouvelle machine Berger permet à un aveugle d’écrire le Braille, 5 à 4 fois plus vite qu’avec une planchette, soit sur des feuilles d’une largeur variant entre 20 mm. et 560 mm., soit sur les deux côtés des feuilles. Une pièce, montant ou descendant à frottement doux le long et à l’arrière de la frappe, assure le réglage très précis du papier tandis qu’à droite du cylindre se trouve un bouton qui, faisant tourner la barre porte-molettes, permet l’avancement ou le recul des feuilles.
- Enfin, entre le bouton et la tête droite du cylindre et toujours sur la tige porte-molettes, l’inventeur a fixé une pièce circulaire présentant trois gorges. Quand l’aveugle veut écrire au recto seul, il applique un bouton sur la gorge du milieu et s’il désire utili-
- ser recto et verso interlignes, il met ce même bouton sur celle de droite. La gorge de gauche sert au réglage pour le recto-verso interpoints.
- En résumé, la machine Berger est la seule typewriter d’invention et de construction françaises, que les aveugles puissent se procurer actuellement dans le commerce.
- Avec; elle, on utilise les deux faces du papier (interlignes et interpoints), ce qui offre le grand avantage de gagner 100 pour 100 de la place et par suite de diminuer de moitié le volume des ouvrages composés en Braille, d’où une économie de papier fort sensible à l’heure actuelle. Seule, elle permet l’emploi de la double page, 1’écriture en colonne, l’usage de feuilles de tou les largeurs comprises entre 2 et 56 centimètres.
- En outre, les manchots peuvent s’en servir.
- Aussi l’Office national des mutilés et le Comité départemental en ont-ils commandé 50 exemplaires à l’inventeur qui, avec un rare désintéressement, renonce à tout; bénéfice personnel sur la vente de cette remarquable machine aux pièces interchangeables et d’entretien facile.
- Jacques Boyer.
- Fig.— Introduction de la feuille de papier dans V ouverture longitudinale, sise à Vopposé du dactylographe.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahuiie, 9, rue tle Fluurus, à Paris.
- p.176 - vue 180/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2503.
- 25 MARS 1922
- L’EVOLUTION DES ROULEMENTS A BILLES
- Le principe du palier 'à roulement, auxiliaire si précieux de l’ingénieur moderne, est en réalité très ancien. Son origine Se confond avec celle de l’usage, presque instinctif, qui consiste à introduire des rouleaux sous les fardeaux à déplacer, dans le but d’obtenir un mouvement exempt de glissement sur la surface du sol.
- Si l’on suppose le chemin à parcourir enroulé sur lui-même en forme de cylindre, et les supports interposés, répartis tout autour d’une charge centrale représentée par un arbre tournant sur place, on aura l’image du roulement à rouleaux tel qu’on a cherché d’abord à le construire.'
- C’est au début du xvine siècle qu’on trouve le premier essai pour réaliser pra-tiquemcnt un pa- j reil dispositif, en vue d’économiser la force motrice dans sa forme alors la plus répandue, qui était la traction animale. Les guerres de Louis XIY avaient causé de grandes perte s en chevaux, : et un officier de l’artillerie française eut l’idée d’appliquer le principe du roulement à un moyeu de roue de . canon,
- espérant ainsi réduire l’effort demandé à l’attelage. Le projet de cet inventeur se trouve dans les archives du Ministère de la Guerre. 11 prévoyait l’emploi de rouleaux droits, disposés entre la fusée et la hoîte d’essieu, solidaire de la roue. '
- Lorsqu’ils sont construits sans précautions spéciales, les roulements de ce genre présentent l’inconvénient du mauvais guidage des rouleaux. Ces derniers ont toujours tendance à se mettre de travers sur la direction du mouvement. Dès lors, le frottement intérieur du palier devient presque aussi grand que celui d’un coussinet lisse, ce qui enlève tout intérêt à la construction proposée.
- La difficulté d’assurer le parfait guidage des roulements peut être tournée en les remplaçant par des billes, capables de rouler indifféremment dans toutes les directions. Aussi, malgré leurs défauts et leur frottement encore beaucoup trop grand, les premiers roulements à billes donnèrent tout de suite des résultats encourageants et passèrent dans la pratique courante, en même temps que la bicyclette pour laquelle ils venaient d’être inventés, vers l’année 1875.
- C’étaient des roulements « à cône et cuvette », système qui n’a pas encore disparu, ayant pour lui la simplicité et le bon marché,
- . 11 comporte une couronne de hilles engagées entre
- deux gorges, dont l’une forme chanfrein sur un é-paulcment d’arbre qui prend le nom de cône, tandis que l’autre gorge est creusée dans une rondelle
- Fig. 2. — Moyen de bicyclelte, à rotule
- monté sur roulements annulaires sur billes.
- ou cuvette, généralement vissée dans la partie fixe du palier.
- Une pareille construction permet d’introduire les billes à la main, en nombre maximum, et de rattraper, au moyen du pas de vis ou
- d’un ressort, le jeu provenant de T usure. [
- Celte précaution n’est pas superflue, car le coefficient de frottement du roulement à cône et cuvette est relativement très élevé (0,05 environ), et il en résulte une usure rapide des billes et des chemins de roulement. Aussi ce type de roulement ne s’est pas généralisé en dehors de la bicyclette, où il ne supporte que des charges et des vitesses tout'à fait minimes. Même dans cette application, il a bientôt été concurrencé par la construction annulaire, qui donne un roulement beaucoup plus doux.
- Le roulement annulaire est devenu très vite
- Fig. i. — Moyeu de bicyclette avec roulements à cône et cuvette et ressort de rattrapage de jeu.
- 50* Année. — 1" Semestre
- Fig. 3. — Coupe d’un roulement SKF à simple rangée de billes et à gorges profondes, sans encoche d’introduction..
- 12. — 177
- p.177 - vue 181/620
-
-
-
- 178
- L’ÉVOLUTION DES ROULEMENTS A BILLES
- 'Fig. '4- — Introduction des billes- entre .les deux bagues d’un roulement rigide sans encoche.
- indispensable dans des automobiles, et s’est aussi montré, après de nouveaux perfectionnements, capable de remplacer avec avantage le palier lisse dans la plupart des applications industrielles.
- Un roulement annulaire se compose, comme son nom l’indique, de deux anneaux circulaires ou bagues, placés concentriquement et dont l’intervalle est garni par des billes. On augmente le capacité de charge radiale, c’est-à-dire perpendiculaire à l’axe de l’arbre, en creusant dans les bagues des gorges de profil convenable, épousant la courbure des billes au voisinage des points de contact. JEn meme temps cette disposition a l’avantage de donner aux roulements de la résistance aux charges axiales, s’exerçant dans les deux sens suivant la longueur de l’arbre.
- On ne fit d’abord que des roulements à une seule rangée de billes, en concevant, pour la première fois, le roulement à billes comme un organe de machine séparé, construit dans des dimensions standardisées et en plusieurs séries de forces différentes. Pour la fabrication, on utilisa les résultats des recherches poursuivies depuis 1899 par le professeur S tribcck. Ce savant disposait d’un important laboratoire et d’appareils spéciaux, créés ou perfectionnés par lui-même, lui permettant de mesurer avec précision le coefficient de frottement al un palier quelconque sous une charge et une vitesse données. Il expérimenta à tous les points de vue les diverses formes de roulements à billes connues à cette époque, et celle qui parut la plus avantageuse fut adoptée, en 1901, pour l’exploitation industrielle.
- Ses caractéristiques principales au point de vue théorique sont que les billes portent par deux points
- Fig. 5. — Cage à billes en tôle emboutie pour roulement rigide.
- seulement, et qu’elles reçoivent la pression perpendiculairement à l’axe de l’arbre.
- Etant nécessairement rigide, ce roulement convient seulement aux constructions où l’on peut réaliser et maintenir l’alignement parfait, c’est-à-dire la coïncidence exacte des axes de l’arbre et du logement du roulement dans le palier. l)ans ces conditions, le roulement rigide donne d’excellents résultats et présente en particulier, comme dit plus haut, l’avantage d’une résistance aux efforts axiaux relativement très grande.
- Il existe divers procédés pour l’introduction des billes entre les bagues d’un roulement rigide. Un des meilleurs, du à Conrad, consiste à provoquer une excentration des deux bagues l’une par rapport à l’autre, et à placer ensuite les billes comme l’indique la figure 4. Dans ces conditions, on ne peut pas introduire autant de billes qu’en pourrait contenir l’espace annulaire entre les bagues, mais le montage et le démontage du roulement sont faciles, et surtout les bagues ne présentent aucun point faible.
- Il n’en est pas de meme dans des constructions imaginées plus tard. Notamment, on peut pratiquer de petites encoches sur un même côté des deux bagues ; "ces encoches, une fois en regard, permettent de former un orifice assez grand pour introduire - une .par une autant, de billes qu’il en peut entrer entre les deux bagues. Mais l’expérience montre que pour les mêmes dimensions princi-alésage, diamètre
- .. Fig., 6. —. Coupe,d’un roulement rigide à double rangée de billes montrant la- mauvaise répartition des efforts en cas d’àiignement imparfait de l’arbre dans le palier.
- extérieur et largeur, ces roulements sont toujours moins robustes que les précédents, alors même qu’ils possèdent. une ou deux billes de plus. L’une des deux bagues finit toujours par s’abîmer à l’endroit de l’encoche; Aussi, bien que ce dernier procédé date de 1905 et soit tombé dans le domaine public, on ne l’a pas vu se généraliser, et il paraît au contraire perdre du terrain devant le mode d’introduction des billes par excentration des bagues.
- Un dispositif accessoire, qui s’est imposé presque dès le début aux roulements à billes sérieusement établis, est celui de la cage à claire-voie qui sert à maintenir les intervalles des billes, et à les empê-
- cher de frotter les unes contre les autres. Ce frottement entre billes prendrait une grande importance aux grandes vitesses et sous de fortes charges. Il amène alors une usure très rapide, comme on l’observe dans les roulements à billes jointives des
- p.178 - vue 182/620
-
-
-
- L’EVOLUTION DES ROULEMENTS A BILLES — 179,
- voitures construites à bon marché. Par suite de cette usure, des vibrations se produisent, et le fonctionnement est bientôt bruyant. De plus, à mesure qu’elles deviennent plus petites, les billes perdent progressivement leur capacité de charge et arrivent forcément à s’écailler après un service assez court.
- La cage à bjlles étant reconnue indispensable pour la bonne marche et la durée d’un roulement, l’ingéniosité des inventeurs s’est donné carrière dans la forme à lui attribuer pour ne pas tomber dans les brevets déjà pris. Il existe ainsi de. très-nombreux modèles de cages, certains même très compliqués, comme par exemple ceux qui comportent des rouleaux pour supprimer toute trace de frottement à la surface des billes. Toutefois, la pratique a éliminé l’une après l’autre les solutions fantaisistes, pour ne conserver que les formes simples et efficaces comme la figure 5 en montre un exemple,
- L’usage des roulements à billes, ainsi améliorés, dépassa bien vite le domaine de l’automobile pour s’étendre aux paliers des transmissions d’ateliers, et des machines les plus variées. On eut alors besoin de roulements ayant une capacité de charge de plus en plus grande. Comme les roulements à simple rangée de billes de dimensions raisonnables devenaient insuffisants, on fut amené à faire des roulements à deux rangées de billes pa-rallèles, roulant dans des gorges également parallèles de la bague intérieure et de la bague extérieure.
- Il faudrait ici une construction et un ajustage intérieur d’une précision absolument parfaite pour que les deux rangées de billes portent également, et encore cela n’existerait que si la charge était elle-même bien-rigoureusement .perpendiculairement à Taxe de rotation. Ni l’une ni l’autre de çes conditions essentielles ne peut être réalisée dans la pratique. Aussi ce type de roulement n’a jamais donné ce qu’on en attendait, bien qu’il soit conforme à la lettre des théories de StribedL- %
- Jusque vers 1907, ces théories continuaient cependant à faire loi, et on ne manqua pas de les opposer à un nouveau type de roulement qui apparut à cette époque.
- Dans celle construction, bien connue maintenant sous le nom de roulement Slip1 « à rotule sur billes », les billes sont encore réparties sur deux rangées et portent chacune par deux points diamé tralement opposés, mais la force s’exerce sur elles
- Fig. f>. — Roulement à rotule sur tilles vu en position désaxée, c'-ÿ
- suivant des directions un peu inclinées sur l’axe do rotation, et non plus à 90° avec lui. Les deux rahf gées de billes, en effet, ne sont maintenues dans des gorges parallèles que sur la bague intérieure du roulement, et roulent librement à l’intérieur d’une sphère creuse usinée dans la bague extérieure. Grâce à ce dispositif, la charge radiale se répartit d’elle-même toujours également entre les deux rangées, indépendamment de l’ajustage, d’ailleurs très précis, des diverses parties. La capacité de charge est aussi grande qu’elle peut l’être, puisque toutes les pièces travaillent dans les mêmes conditions. En outre il n’est plus indispensable que l’effort s’exerce juste perpendiculairement à l’arbre,
- Fig. g. — Chaise pendante et poulie déthon labié SKF pour transmissions. . m -
- Fig. 7. — Coupe d’un roulement SKF à rotule sur billes.
- p.179 - vue 183/620
-
-
-
- 180 i.. :.L’ÉVOLUTION DES ROULEMENTS A BILLES
- Fig. io. — Toupie à bois, vue /montrant les roulements à billes grâce auxquels l’arbre peut soutenir les plus grandes vitesses sans échauffément ni usure.
- car les billes peuvent toujours s’orienter en marche de manière à supporter cet effort sans aucune surcharge localisée. Ce roulement est donc tout a fait à l’abri des coincements et des écaillages de billes qu’amènent, dans les roulements rigides, les légers défauts d’alignement des paliers et les petites flexions des arbres.
- En faisant fonctionner à la main un roulement SKF, il est très facile de désaxer la bague intérieure par rapport à la bague extérieure, et de retirer les billes une "à une pour démonter complètement le roulement. De môme, le montage se fait en sens inverse sans la moindre difficulté, et permet évidemment l’introduction du nombre maximum de billes. Ces dernières, de bonne grosseur, sont contenues dans une cage de tôle découpée et pliée (on en voit la section sur la figure), ou bien dans une cage massive en acier foré pour les types les plus forts.
- Il est très remarquable que depuis qu’il existe, ce roulement n’a pour ainsi dire pas varié dans sa construction. L’importance de scs applications industrielles est assez témoignée par l’ampleur des usines qui le construisent actuellement en Suède, son pays d’origine, en dehors des fabriques presque aussi importantes existant en France, en Angleterre et en Amérique. Son inventeur, M. Sven Wingqvist, vient d’être nommé, pour services rendus à la science et à l’industrie, au grade de docteur « honoris causa » du « Stevens Institute of Technology » de New-York, le même jour que M. Charles Schwab, directeur des fameuses aciéries de la Bethleem Steel Corporation.
- Le roulement SKF possède, en effet, toutes les qualités qu’on peut exiger non seulement d’un roulement à billes pour engins de puissance et de durée relativement limitées comme une automobile, mais encore d'un palier qui doit supporter toutes les conditions de travail rencontrées, dans l’industrie, sur les transmissions et les machines :
- 1° Il offre une sécurité complète, même sous très forte charge, car il est fait d’un acier spécial produit depuis le minerai par la Société SKF elle-même, pour son usage personnel. La fabrication en est assurée par des machines tout à fait spéciales, et un contrôle très rigoureux s’exerce aussi bien sur ]a matière que sur l’usinage de toutes les pièces.
- ! Ce contrôle se fait en grande partie mécaniquement,
- | comme on a pu en juger par la trieuse de billes | exposée au dernier Salon de l’Automobile, et qui séparait lés billes par lots dans lesquels la variation du diamètre était inférieure à un millième de millimètre.
- 2° Son coefficient de frottement, mesuré expérimentalement par le professeur Goodman, est le plus bas de ceux de tous les roulements existants, y compris ceux qui sont strictement conformes aux anciennes théories. Il est d’environ 0,001, c’est-à-dire deux ou trois fois moindre que. dans un bon roulement annulaire de type rigide-, et quinze fois moindre que dans un roulement à cône et cuvette.
- . L’usure d’un roulement SKF est donc pratiquement nulle, comme il est facile de s’en assurer. Ce résultat tient à la fois à la dureté des matériaux em-
- Fig. II. — Turbiné Pelton, avec l’axe Z moulé sur roulements à billes à manchon de serrage.
- p.180 - vue 184/620
-
-
-
- 181
- L’ORIGINE DE LA CHALEUR SOLAIRE
- ployés, à l’impossibilité du moindre coincement et à l’ingéniosité de la construction.
- On voit que depuis leur modeste début sur les bicyclettes, les roulements à billes sont devenus des organes de machines extrêmement sérieux et bien établis. Ils apportent naturellement toutes sortes d’avantages pratiques aux mécanismes sur
- lesquels ils sont montés, qu’il s’agisse d'une transmission, d’ùn moyeu de voiture, d’un essieu de wagonnet, d’un arbre de machine quelconque. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur l’utilisation industrielle des roulements à billes, dont nous avons parcouru le cycle d’évolution.
- P. Fno.vrAiii).
- L’ORIGINE DE LA CHALEUR SOLAIRE
- Le problème de la chaleur solaire a tenté les efforts des plus éminents savants des temps modernes. M. Jean Perrin vient de l’aborder à son tour, comme suite logique à ses belles études sur les atomes et la lumière (l) et il en propose une solution aussi originale que séduisante. Il vient d’exposer ses vues dans une magistrale conférence faite à la Société astronomique de France et que publie notre confrère Y Astronomie.
- Yoici tout d’abord en quoi consiste le mystère de la chaleur solaire.
- De nombreuses mesures ont montré que la Terre reçoit du Soleil à chaque minute, par centimètre carré perpendiculaire aux rayons, une quantité d’énergie équivalant à 2 petites calories. C’est cette énergie solaire qui, depuis que le monde est monde,, entretient la vie et le mouvement sur notre glohe.
- La connaissance de la constante solaire permet de calculer aisément le rayonnement total du Soleil. On trouve qu’il atteint, par an, la valeur énorme de iXlO571 calories. Or la masse du Soleil est d’environ 2x KF5 grammes. Chaque gramme de matière solaire perd donc annuellement 2 calories.
- Une question se pose tout naturellement à l’esprit. Combien de temps, déjà, a duré cette émission ? Et pendant quel laps de temps encore peut-elle se poursuivre?
- L’histoire de la Terre reconstituée par les géologues montre qu’il y a un milliard d’années environ, à Ta fin de la période précambrienne, • les conditions' climatériques terrestres ; né. différaient guère des conditions actuelles ; de. sorte : que durant tout ce temps, le Soleil a dû rayonner, à peu près comme il rayon ne aujourd’hui. Et c’est là une évaluation très modérée à laquelle il faut encore ajouter toute; la durée de la période précambrienne, que les géologues! estiment plus grande encore, bien qu’ils manquent de données précises pour l’évaluer et;, surtout pour en imaginer les conditions climatologiques. ;
- « Nous apercevons maintenant, dit M. Jean Perrin, ce qu’il v a dé réellement prodigieux dans le rayonnement solaire : c’est qu’il s’est maintenu quasi stationnaire pendant au moins 1 milliard d’années et probablement f pendant un temps., beaucoup! plus grand, dix milliards! çÇapnées, peut-être plus encore.'; Chaque gramme kde ;la substance du Soleil a donc dû perdre sûrement,plus que 2 milliards et peut-être plus que 20 milliards de calories sans que, le rayonnement total ait cessé d’être approximativement constant. ’
- Quelle peut bien être l’origine de cette énergie qui semble ainsi se régénérer à mesure qu’elle se dissipe ? a
- M. Jean Perrin examine les diverses hypothèses proposées : un simple refroidissement progressif du Soleil
- 1. Annales de Physique 1919. Revue du mois, 10 fèv. 1920.
- jadis colossalement plus chaud qu’aujourd’hui n’expliquerait rien ; ni l’état quasi stationnaire du rayonnement, ni la prodigieuse énergie thermique emmagasinée dans le Soleil primitif, ; ' ;
- Réactions ; chimiques peut-être? Mais où avons-nous l’exemple de réactions dégageant des milliards de calories par gramme de matière'engagée? Un. Soleil fait de phosphore et d’oxygèné suffirait à peine :durant quelques inilfiers d’années au rayonnement actuel; par la combinaison de ses.constituants'. : ' . ' ;
- . Devant l’insuffisance, manifeste de l’hypolhèsechimique, Ilel inholtz et. lord Kelvin ont proposé une-théorie entièrement différente : ilschcrchentl’Originede.lachalèur.spl.nir;* « dans l’énergie de gravitation qui a*,dû 'disparaître,; se transformant en énergie cinétique, puis en chaleur si les masses qui constituent le Soleil se sont trouvées d’abord à de très grandes distances les unes des autres, et se sont agglomérées sous l’influence de leur attraction réciproque en formant le Soleil actuel ». Une parcelle de madère précipitée sur le Soleil dégage environ 50 millions de calories par gramme de matière capturée, c’est-à-dire de quoi rayonner pendant 25 millions d’années au taux annuel de 2 calories.
- . Lord Kelvin, .en poussant à fond cette théorie, trouve qu'au total, avenir et passé compris, le rayonnement solaire au taux actuel a pu ou pourra s’étendre sur une durée de 150 millions d’années environ/dont probablement 20 millions sont déjà écoulés.
- Nous sommes donc bien loin du minimum de 1 milliard d’années indiqué précédemment. La théorie météoritique est donc aussi insuffisante et le mystère reste, entier..
- M. Jean Perrin explique tout différemment l’origine de la chaleur solaire ; c’est à l’énergie libérée lors de la condensation d’atomes légers en atomes lourds qu’il convient, selon lui, d’attribuer le rayonnement solaire et sa constance. On objectera que sur terre nous n’avons jamais' pu observer de semblables transmutations. Mais de solides arguments plaident en faveur de leur vraisemblance et ce ne serait pas, au surplus, la première fois dans l’histoire de la Science, que des phénomènes parfaitement réalisables sur terre ont été tout d’abord révélés par l’observation des astres ; témoin l’histoire de l’hélium. ,
- Voici donc les faits et les raisonnements sur lesquels s’appuie M. Jean Perrin.
- Tout, d’abord une importante constatation astronomique : dans le système stellaire dont notre Soleil fait partie, outre d’innombrables étoiles auxquelles il semble comparable, l’on aperçoit en divers états de condensation ces nébuleuses irrésolubles dont la Grande Nébuleuse d’Orion donne l’exemple le mieux connu. La matière de ces nébuleuses est dans un état d’extrême raréfaction, mais sous l’action de la gravité elle doit sè.pbncentrer
- p.181 - vue 185/620
-
-
-
- 182
- L’ORIGINE DE LA CHALEUR SOLAIRE
- et se condenser progressivement,. C’est un système solaire en formation. L’analyse spectrale ne nous révèle dans ces Nébuleuses que la présence d’éléments légers : l’hydrogène, l’hélium, c’est-à-dire les corps dont les atomes sont les plus légers, et un corps inconnu, le nébulium dont le poids atomique 5 serait compris entre ceux de l’hydrogène et de l’hélium.
- Dans la nébuleuse la température peut atteindre 12 000 à 15 000 degrés ; tous les corps connus y seraient donc à l’état de vapeur. Il est remarquable que des atomes plus lourds ne soient pas retrouvés. On sait que dans notre Soleil on retrouve tous les éléments présents sur la Terre.
- Il faut en conclure ou bien que, contrairement à l’hypothèse généralement admise, les nébuleuses ne sont pas des états antérieurs des étoiles, ou bien que les atomes des divers éléments se forment durant la condensation des astres aux dépens des atomes légers déjà présents.
- Cette seconde hypothèse s’accorde fort bien, nous liions le voir, avec les idées modernes sur la constitution de la matière. Nous connaissons 87 corps simples, c’est-à-dire 87 atomes; mais ceux-ci ne sont plus considérés comme des constituants irréductibles de la matière, on s’accorde aujourd’hui à voir dans l’atome lui-même un édifice complexe, formé d’un noyau chargé positivement, autour duquel circule un cortège d’électrons ou corpuscules d’électricité négative, identiques entre eux et les mêmes dans tous les atomes. La plupart des poids atomiques sont exprimés à peu près par des nombres entiers, lorsque celui de l’hydrogène est pris pour unité. Cette constatation avait frappé déjà, il y a plus d’un siècle, le chimiste Prout ; il en avait conclu que les atomes d’hydrogène sont capables de s’unir en édifices stables qui seraient les divers atomes des éléments.
- Cette conception se heurta bientôt, il est vrai, à une première et catégorique objection ; un certain nombre d’éléments ont des poids atomiques qui ne sont nullement voisins de nombres entiers : le chlore par exemple (55,40, dans le système où 0 — 16).
- Mais depuis la découverte des isotopes (La Nature, nos 2447 et 2400) on sait qu’un corpsxegardé comme simple peut être un mélange de plusieurs éléments de poids atomiques différents et pourtant de propriétés chimiques presque identiques ; tel est précisément le cas du chlore, du magnésium ; et l’objection à la théorie de Prout s’évanouit.
- Il en subsiste une autre, très grave encore ; les poids atomiques ne sont pas rigoureusement entiers : quelques petites différences irréductibles subsistent, bien supérieures aux erreurs expérimentales possibles. Ainsi si l’on prend pour poids atomique de l’oxygène le chiffre 10, celui de l’hydrogène est; exactement 1*0077. Or 16 fois 1,0077 font 16,12, -ILsemble- donc impossible que 16 atomes d’hydrogène fassent 1 atome d’oxygène.
- Les théories-d’Einstèin sont venues lever celle dernière difficulté ; l’explication qu’elles fournissent donne en mêmé temps la solution du problème de la chaleur solaire.
- La théorie de la relativité restreinte amène à cette conclusion que l’énergie est pesante et inerte, la-masse
- : -r j 1 • .• a . . .
- « Si une réaction chimique dégageant une quantité de chaleur Q se produit à l’intérieur d’un ballon scellé, la matière intérieure au ballon pèsera moins après la
- réaction, la masse ^-— semblera avoir disparu.
- 9.X HP0 1
- Elle n’a pas disparu en réalité. Mais elle s’enfuit avec la chaleur rayonnée et se retrouverait dans un récepteur où l’on recueillerait cette lumière. »
- On est donc conduit à penser que les 12 centigrammes perdus quand 10 atomes d’hydrogène se condensent en un atome d’oxvgène, représentent l’énergie rayonnée pendant cette transformation. Le taux de ce rayonnement est formidable.
- Lorsque l’on compte 1,0077 pour le poids atomique de l’hydrogène, celui de l’oxygène est exactement 16, celui du carbone 12, celui de l’hélium 4. C’est dire que la transformation de l’hydrogène en l’un quelconque de ces corps entraîne une perte de 7,7 milligrammes par gramme d’hydrogène. Cela fait 166 milliards de calories. La condensation de l’hydrogène en atomes plus lourds donnerait un dégagement calorifique encore supérieur.
- Désormais « nous nous rendons largement compte, dans une évolution solaire prenant la ^matière au stade hydrogène et la laissant au stade atomes lourds, d’une fuite d’énergie égale à 100 milliards de fois ce que le Soleil rayonne actuellement par an. Nous expliquons donc aisément les quelques milliards d’années de rayonnement quasi stationnaire dont l’histoire de la Terre apporte la preuve ».
- M. Jean Perrin compare cette condensation des atomes à une sorte de combustion d’une puissance formidable* Pour provoquer une combustion ordinairè il faut une allumette qui déclenche la réaction. Quelle est donc l’allumette capable de déclencher la condensation des atomes légers de la nébuleuse originelle ?..
- M. Perrin émet l’hypothèse que c’est l’énergie de gravitation, invoquée par Ilelmholtz et -lord Kelvin pour expliquer l’origine de la chaleur solaire, qui amorce la transformation des atomes légers. Celle-ci, une fois commencée, se continue d’elle-même comme une combustion. La condensation de la nébuleuse avec réchauffement énorme qui s’ensuit a pu créer'les conditions où la condensation de l’hydrogène devient possible. -
- Une question se pose tout naturellement : à la surface de notre globe, on n’a jamais observé, nous le disons jplus haut, de transmutations’- d’atonies légers en atomes lourds. Par contre les phénomènes de radioactivité nous offrent quelques exemples de la transformation inverse : des atomes lourds se décomposent en atomes plus légers. Un raisonnement analogue à celui qui a été fait pour la condensation des atomes légers montrera que la destruction d’un atome lourd exige un apport d’énergie. Mais d’où vient donc l’énergie qui provoquerait ainsi la radioactivité des substances telles que le radium ou l’uranium ?
- M. Perrin imagine qu’elle provient des profond'eurs même de notre globe, sous forme de radiations ultra-pénétrantes, indécelables par les moyens actuellement à notre disposition et émises au cours des transformations atomiques qui s’opèrent dans le noyau central. ‘
- A. T.
- d’un èrg est en grammes égale à
- 9.X lU^
- à .. . i Lu;-;
- p.182 - vue 186/620
-
-
-
- 183
- LE CINÉMA EN AFRIQUE
- Le cinéma est aujourd’hui le véritable théâtre populaire; des censeurs sévères lui reprochent les drames policiers ou passionnels auxquels il a paru, en ces dernières années, accorder une prédilection trop marquée. Mais si le cinéma a projeté bien des œuvres critiquables, on ne saurait oublier qu’il est devenu, avec sa technique perfectionnée, le plus merveilleux instrument d’enseignement et de vulgarisation dont ait jamais disposé l’humanité. Aux descriptions sèches, aux explications arides, ou trop lentes, il substitue ou il ajoute le spectacle des réalités vivantes. On fait actuellement un grand effort
- pour développer dans les écoles le cinéma éducatif; mais les salles de spectacle qui se multiplient dans les villes et même à la campagne, ne sont-elles pas des écoles constamment ouvertes à un vaste public? Et ce public on peut l’instruire’ tout en l’amusant ou en tout cas en l’intéressant.
- Les fdms documentaires, qui répondent à ce programme, se sont malheureusement plutôt raréfiés que multipliés. C’est que leur réalisation exige de l’éditeur un grand effort, à la fois d’argent et d’organisation ; et les suites de la guerre Fig. 2, _ Nègre Kavirondo ont rendll difficiles en costume de fête. j 1
- ces œuvres de longue haleine.
- Les audacieux qui les entreprennent et les réussissent n’en ont que plus de mérite, et il est juste d’attirer sur eux l’attention du public, comme on le fait pour une bonne pièce de théâtre ou pour un bon livre.
- Tel est le cas d’un film remarquable créé par une maison suédoise, auquel nous a conviés récemment la maison Gaumont, son éditeur en France. Ce film sera projeté à Paris à partir du 24 mars. Il s’agit d’iine excursion de chasse organisée dans l’ancienne colonie anglaise de l’Est Africain, débaptisée depuis 1920 et dénommée colonie du Mont Kenya.
- Avant de résumer les principaux traits de ce beau spectacle, qu’il nous soit permis d’exprimer
- Fig. i. — Un buffle broutant paisiblement.
- un regret que beaucoup, sans doute, formuleront tout bas. Il est bien de faire voyager les Français, ces grands ignorants de la géographie; ne serait-il pas mieux encore d’employer le cinéma à leur faire connaître leurs propres colonies, si riches en beaux paysages et en peuples divers. Si l’on songe, il est y/ai, que le film suédois a exigé une expédition de 2 ans, on comprend que les maisons françaises écrasées par des charges de tous genres n’aient pu "encore tenter des réalisations analogues. :
- Souhaitons donc que le succès de celle-ci soit pour nos éditeurs un encouragement et que l’exeïfi-ple soit bientôt suivi. . -f'j
- La colonie du Mont Kenya que nous allons visitèr rapidement avec l’expédition„suédoise,^s’éjènd de l’Océan Indien au lac Victoria-Avanza ; vau Sud elle est limitrophe de la colonie anglaise du Tangânyikja, conquise sur les Allemands au cours de la grande guerre ; au Nord elle confine au Soudan et à l'Abyssinie. Elle est dominée par le volcan Kenya, un dès plus hauts sommets de l’Afrique. s
- Elle est depuis longtemps la terre d’élection dès chasseurs : ils peuvent s’y mesurer avec les grands fauves; le lion, le léopard y sont encore nombreux. On y trouve d’abondants troupeaux de buflles sauvages, des antilopes de toutes espèces, des hippopotames, des rhinocéros, des zèbres, des girafes, des caïmans.
- Fig. 3. — Un hôte de la Savane africaine: le porc verruqiieux.
- p.183 - vue 187/620
-
-
-
- LE CINEMA EN AFRIQUE
- Fig. 4.
- En haut, femmes Massais ornées de leurs bijoux.
- Au mi’isu, guerriers Massais se préparant à un simulacre de combat. bas, un groupe de Kavirondo se désaltère d'une sorte de bière faite de millet fermenté
- p.184 - vue 188/620
-
-
-
- LE CINÉMA EN AFRIQUE
- 185
- A vrai dire, les chasseurs ont quelque peu abusé, j voici vingt ans était à peine un village, est aujour-et là, comme dans les autres régions africaines, le I d’hui une ville de 10000 habitants, centre d’une
- .s : v.
- j. Fig.. 5.. t— Quelques .scènes de., la vieanimale révélées par la-cinéma. : - •... :i c Æ.!
- En haut, zèbhes et antilopes au voisinage d’un point d’eait. — Ait milieu, un troupeau de zèb'res-à-raies mincesy/fs ' ' 'En. Bas, atâoür des restés "d’une zèbre se pressent les 'vautours,' les marabouts et des: chacals. • ,r
- civilisation'.
- Nous suivons sur le film l’itinéraire classique des chasseurs : on débarque à Mombasa; et en 24 heures le chemin de fer conduit les voyageurs à Nairobi à 500 kilomètres de la côte. Nairobi, qui
- riche région, agricole. Elle est péiipl^è d’Europeens,^ d’Arabes et d’Hindous qui sont les principaux commerçants de la place.
- C’est aussi le centre des expéditions cynégétiques. C’est là que s’organisent les colonnes de porteurs qui accompagnent les chasseurs sur le théâtre de
- p.185 - vue 189/620
-
-
-
- 186
- LE CINEMA EN AFRIQUE
- leurs exploits. À quelques journées de marche de Nairobi, l’on atteint, en effet, sur les pentes de Kenya, des savanes où.pullulent les animaux sauvages et .c’est là que nous allons les voir en liberté.
- On se représente aisément l’ingéniosité, la patience et l’audace nécessaires à l’opérateur cinématographique pour réussir à photographier les fauves. Ceux-ci se méfient de l’homme et fuient à son approche. Un simple promeneur apercevrait bien de temps à autre au loin la silhouette fuyante d’une gazelle, ou d’un zèbre; et les vols de vautours autour des cadavres ; il lui serait à peu près impossible d’avoir même un aperçu de la vie animale dans la brousse .' C’est là cependant le spectacle que nous offre le cinéma.
- Pour réussir ce tour de force, l’opérateur choisit son poste à proximité
- «iilllljl
- ili§|8
- d’un point d’eau. Dans les temps de sécheresse, c’est le rendez-vous obligé de tous les animaux du voisinage ; ils y viennent s’abreuver, par ordre de préséance, à heure fixe; d’abord les herbivores inoffensifs : zèbres, gazelles,' antilopes; puis les singes et enfin les oà rnassiers redou-tàbles.
- C’est la trêve de l’eau ; elle n’est pas toujours respectée à en juger par l’inquiétude des élégantes gazelles,
- que nous voyons s’enfuir à la première alarme.
- C’est à proximité du point d’eau que se place le photographe ; dans une hutte de feuillage construite de façon à ne point éveiller la méfiance des visiteurs ; il se dissimule seul avec ses appareils ; pour réussir, il faut que rien ne trahisse sa présence, aucune trace, aucun bruit ; ce guet, dans la solitude n’est pas toujours sans danger; dans cette région, qui vit, il y a plusieurs années, les premières tentatives pour photographier les fauves dans leur habitat (voir La Nature 4911, 6 mai, « L’art du photographe animalier »), un Anglais photographe d’animaux, périt dans sa cabane, dévoréjpar un lion.
- Non moins dangereuse est la tâche de l’opérateur au cours d’une chasse ; tout l’art du chasseur consiste à rabattre les fauves vers l’appareil ; et l’opérateur doit tourner imperturbablement; or il arrive que l’animal de chassé devienne chasseur à son tour et tourne sa fureur sur le photographe, dont la vie est alors en péril.
- On voit quelle somme d’habileté, de ruses, et de courage représentent de tels films; mais le résultat est franchement admirable. Nous n’avions jamais vu encore une pareille profusion de scènes de la vie
- Fig. 6. — Une antilope.
- animale : toute la faune tropicale se présente à nous au naturel : les troupeaux de zèbres, d’antilopes, ou de girafes, les colonies de singes, qui seprcssenl aux points d’eau nous offrent des tableaux étonnants et dont on ne se lasse pas.
- Ces scènes idylliques font du reste place bien vite aux incidents tragiques. Nous voyons un zèbre attardé succomber sous l’attaque d’un superbe léopard; lorsque le félin a terminé son repas’ les fossoyeurs du désert se précipitent pour en achever les restes; c’est d’abord un tourbillonnement de vautours, qui ont vite fait de dépecer le malheureux animal; des marabouts, dans des postures graves, tournent autour du festin, et attendent paisiblement que les vautours aient terminé, pour prendre leur place et se gorger de la chair du zèbre ; ils partagent ces reliefs avec le cha-^ ; - cal, et le petit aigle
- criard.
- Puis nous assistons à une émouvante chasse au lion dans laquelle une lionne superbe vient se camper noblement dëvant l’objectif.
- Après avoir ainsi exploré photographiquement les savanes du mont Kenya, l’expédition se poursuit jusqu’aux bords du lac Victoria-Nyanza ; dans ces régions, elle peut se livrer aux rudes plaisirs de la chasse à l’hippopotame ou âu rhinocéros, et rapporter d’intéressants documents, sur les oiseaux très variés qui peuplent les rivages du grand lac.
- De Nairobi au lac Victoria-Nyanza, il y a 300 km environ et l’on traverse des régions habitées par des peuples noirs de races différentes. L’expédition suédoise n’a pas manqué de fixer sur l’écran lès traits les plus caractéristiques de leurs mœurs.
- Voici d’abord les Kikuyus, qui peuplent la région environnant Nairobi; ce sont des noirs de couleiir brun chocolat, au nez fortement épaté, aux lèvres épaisses. Leur vêtement est fort sommaire ; mais ils aiment les ornements voyants; ce sont pour lès deux sexes des anneaux garnis de calebasses dont ils s’entourent le cou ; les hommes y ajoutent de lourdes spirales de bronze et de fer dont ils s’entourent les chevilles et les poignets. Aux jours de fêtes, ils revêtent en outre des peaux de tigres, de lions, ou de léopards, trophées de leurs chasses.
- . Les Kikuyus sont d’excellents agriculteurs ; depuis que le protectorat britannique a fait régner la paix dans ces régions, ils peuvent se livrer en paix à leurs travaux et la contrée y a gagné une remarquable prospérité : les cultures principales sont le millet,
- p.186 - vue 190/620
-
-
-
- LA MÉTÉOROLOGIE ET L’AVIATION
- 187
- le sorgho, la patate, la canne à sucre et le ricin.
- L’huile de ricin est très employée par les indigènes qui s’en enduisent les cheveux.
- Ce sont les femmes qui assurent les plus pénibles travaux des champs ; les hommes assurent la surveillance, la protection des labours contre les animaux pillards, les babouins notamment. Ils se livrent également à la fabrication des armes et boucliers.
- Lne curieuse caractéristique de ces peuplades, c’est leur amour des procès et de la controverse; les plaideurs exposent en public et en plein air, leurs affaires devant les juges : et de nombreux spectateurs s’intéressent à ces discussions fort animées. Ce goût de la discussion juridique et de l’éloquence témoigne de l’intelligence de ces noirs et prouve que l’on peut
- guides aüx explorateurs et aux chasseurs qui voyagent dans la région du Kenya.
- Au point de vue physique, c’est une race superbe; les hommes sont de haute stature, fortement musclés, élancés et d’attaches fines. Les femmes ont des traits fuis et certaines ont une réelle beauté de visage ; elles se parent de spirales de fer, autour du cou et sur les bras. Quant aux hommes, leur luxe est dans leurs armes, une grande lance et un bouclier, curieusement décoré.
- Aux environs du lac Yictoria-Nyanza nous rencontrons la tribu des Kavirondos, peuple d’agriculteurs, de pasteurs et de pécheurs ; bien qu’appartenant à une des races les plus primitives de l’Afrique, leur civilisation n’est nullement méprisable ; ils pratiquent
- compter sur une évolution rapide de leur civilisation.
- Les Kikuyus avaient été autrefois soumis par les Massais; ceux-ci constituent un peuple de bergers nomades et de guerriers ; la domination anglaise g refreiné leurs instincts belliqueux, qui ne peuy/e^t plus aujourd’hui s’exercer que dans leurs danses guerrières, et dans les simulacres de combats, extrêmement ardents du reste, auxquels ils se livrent les jours de fête. En temps ordinaire, ils se consacrent aux soins de leurs nombreux troupeaux, qu’ils font paître en liberté le jour sous la garde de bergers armés et; qu’ils parquent la nuit dans de vastes craals. Les Massais fournissent aujourd’hui les meilleurs
- une morale très rigide ; la famille est la base essentielle de leur organisation sociale; les Kavirondos sont polygames; mais chacune de leurs épouses a son habitation et ses plantations propres.
- Ils ont un défaut grave, cependant. Ils sont très amateurs de boissons fermentées : ils font avec du millet broyé une sorte de bière que l’on sert tiède dans de grands bassins, autour desquels s’assoient les convives; ceux-ci, à l’aide de longues pailles ou chalumeaux, puisent au récipient commun.
- Ainsi, en quelques instants, nous pouvons grâce au cinéma, assister aux scènes les plus caractéristiques de la vie de ces peuples primitifs. C’est un spectacle aussi attrayant qu’instructif. R. Villers.
- LA MÉTÉOROLOGIE ET L’AVIATION
- Nous avons décrit dans un précédent article l’Evolution de la Météorologie au cours de la guerre. La Météorologie descriptive s’est enrichie rapidement d’un matériel puissant, qu’elle aurait à peine osé rêver il y a 10 ans et dont la Météorologie dynamique et la Prévision du temps ont largement profité. Cette évolution rapide d’une organisation qui
- n’avait subi aucun changement important depuis Leverrier fut provoquée par la navigation aérienne. La Météorologie dynamique est de ces sciences qu’un cerveau, aussi puissant soit-il, est incapable de développer s’il ne dispose pas de moyens matériels considérables et par conséquent coûteux. Ce qu’elle se propose, c’est de découvrir les lois qui
- p.187 - vue 191/620
-
-
-
- LA MÉTÉOROLOGIE ET L’AVIATION
- 18$
- gouvernent la vie de l’atmosphère, c’est-à-dire la vie de ces individus immenses qui la peuplent : les dépressions et les anticyclones — les noyaux de variations— les systèmes nuageux — les fronts de discontinuité, etc. Les instruments d’étude de la Météorologie dynamique sont les cartes synoptiques, véritables photographies instantanées de l’atmosphère. Pour établir ces cartes indispensables, il faut des instruments nombreux et par conséquent coûteux. La météorologie dynamique n’a pu dépenser les sommes nécessaires à ses recherches, que le jour où ses applications pratiques ont économisé plus d’argent qu’il n’en fallait pour l’entretenir elle-même.
- C’est ce qui a eu lieu lorsque l’aviation s’est développée : les prix des avions se chiffrent par centaines de milliers de francs. Un seul orage peut détruire en peu d’instants un matériel valant plusieurs millions. Or, un service météorologique bien organisé peut éviter ce désastre. Les aviateurs ont donc compris qu’ils devaient soutenir la météorologie. Nous rencontrons ici un exemple caractéristique de cette collaboration des sciences pures et des sciences appliquées, qui est aussi féconde pour les premières que profitable pour les secondes.
- Notre dessein est d’exposer ici :
- 1° Quels services la Météorologie peut rendre à la Navigation aérienne ;
- 2° Comment, inversement, la Navigation aérienne . peut favoriser les progrès de la Météorologie ;
- 5° En/in, comment cette collaboration doit être organisée dans la pratique.
- La météorologie au service de la navigation aérienne. — La Météorologie rend des services à la navigation aérienne "dans 5 circonstances bien distinctes :
- 1° Au moment d’étudier le tracé d’une ligne aérienne nouvelle ;
- 2° Au moment où l’avion va prendre son vol ;
- 5° Pendant que l’avion navigue.
- 1° Tracé d'une ligne aérienne — Supposons d’abord que l’on soit entièrement libre de dessiner l’itinéraîre de l’avion entre deux points donnés. Le succès. technique d’une ligne se mesurera au nombre de voyages qu’elle aura effectués dans un temps assez long. Si le nombre est, bon an mal an, assez élevé en moyenne, on pourra s’estimer satisfait. Il y aura donc intérêt à faire suivre à l’avion un trajet qui soit en moyenne, le moins exposé aux dangers de l’atmosphère. Les valeurs des éléments météorologiques qu’il conviendra donc d’examiner à cet égard sont les valeurs moyennes, celles dont la détermination fait l’objet de la partie statistique de la Météorologie ou Climatologie. Les données climatologiques essentielles pour le navigateur de l’air seront : la vitesse du vent au sol et aux diverses altitudes — l’abondance de la nébulosité et l’altitude des couches qui la composent — la visibilité et les phénomènes connexes (brumes et brouillards) la fréquence des orages et d’une manière générale des grains. Si l’on est suffisamment documenté, il
- sera possible de conseiller à l’avion le chemin le moins dangereux en moyenne.
- Supposons, au contraire, que l’itinéraire de l’avion soit imposé, par des considérations d’ordre économique, par exemple. La Climatologie pourra encore se rendre utile, mais d’une toute autre façon. Elle enseignera quels sont les dangers qui menacent le plus les avions et en quelles saisons ils se montrent les plus redoutables. La protection météorologique d’une ligne aérienne, qui doit être conçue d’une manière différente suivant la nature des dangers qui la menacent, pourra ainsi être organisée judicieusement.
- Voici un exemple de ce que nous avançons : Supposons qu’il s’agisse de protéger, au point de vue météorologique, une ligne aérienne reliant Paris à Bordeaux et que la ligne ne puisse être détournée d’après les indications de la Climatologie. La Climatologie enseigne que la région située entre la Gironde et la Tourraine est parcourue par des orages dangereux, notamment en été et à la fin du printemps. Ces orages se meuvent généralement suivant des trajectoires rectilignes, orientées du S. 0. au N.E. Il conviendra donc, lorsqu’on organisera la sécurité météorologique 'd’une semblable ligne, d’attacher un soin extrême à la protection contre les orages ; et ce, principalement pour les avions qui se déplacent dans le sens de Paris à Bordeaux et volent ainsi à la rencontre des nuages de grains. Les réseaux téléphoniques à courte portée qui sont très propres à signaler ces dangers (50 à 80 km.) devront être particulièrement bien établis.
- Si la* ligne que l’on se propose de créer quitte Paris pour se diriger vers l’Allemagne, en franchissant les Vosges, il faudra se prémunir aussi contre d’autres dangers : prendre soin de surveiller, par exemple, les brusques changements de temps, qu’on observe, parfois en passant du versant français des Vosges dans la plaine d’Alsace. Le ciel peut, en effet, être pur dans la région nan-céenne, tandis qu’un brouillard épais s’étale sur la plaine d’Alsace et y rend tout atterrissage impossible ; cette situation est assez fréquente en automne et en hiver.
- En résumé, dans notre premier exemple, la Météorologie devra porter une attention particulière aux orages et sur la belle saison. Dans le deuxième exemple, ce sera sur certains brouillards et la saison d’hiver..
- On conçoit que l’emplacememt des postes météorologiques chargés de la sécurité immédiate de la ligne, les communications téléphoniques et télégraphiques qui les relieront entre eux, les consignes que recevront leurs observateurs doivent être adaptés aux caractères particuliers de la climatologie régionale et différeront de la ligne de Bordeaux à celle de Prague. Nous , avions signalé, en étudiant l’évolution de la Climatologie, que les jeunes météorologistes se détournaient trop souvent de cette
- p.188 - vue 192/620
-
-
-
- LA MÉTÉOROLOGIE ET L’AVIATION
- 189
- science. On voit quelle est loin d’être inutile, à condition qu’on la développe dans une direction rationnelle et pratique.
- 2° Préparation d'un voyage aérien sur une ligne donnée. — Avant son départ, le pilote d’un avion devra être renseigné sur le temps régnant jusqu’à son point de destination et sur le sens dans lequel il se modifiera au cours du voyage. Il lui faudra, en outre, s’il ést maître dans une certaine mesure d’avancer ou de retarder
- de son départ, se placer dans les conditions les plus favorables.
- Il partira un peu plus tard, par exemple, pour profiter d’une éclaircie dont on i prévoit l’ap'pàri-lion ; ou bien, il avancera' son voyage pour fuir au-devant mauvais temps.
- Il devra connaître la vitesse du vent aux diverses altitudes pour choisir la couche aérienne la plus favorable à son déplacement. Si son altitude lui est imposée, comme c’est le cas pour certains: raids militaires, il aura tout autant besoin de connaître lèvent:
- Il calculera la dérive que ce vent fera subir à son appareil, pour corriger en conséquence les indications de la boussole qui le guide. Il devra connaître également ceux des terrains d’atterrissage qui se trouvent sous la pluie, recouverts par la brume ou menacés par l’orage.
- Au sujet de la prévision du temps, il convient de faire les observations suivantes : Avant la guerre, on établissait des prévisions valables pendant une asséz longue durée (environ 24 heures); mais rédigées en termes asséz vagues. L’avion, qui termine son voyage en o ou 4 heures aii plus, ne s’inté-
- resse guère au temps qu’il fera après qu’il aura atterri. Par conLre, il réclame des prévisions précises pour les quelques heures pendant lesquelles il séjournera dans les airs. Les prévisions destinées à l’aviation doivent donc, à l’opposé des prévisions d’avant-guerre, être très précises, tout en ne s’appliquant qu’à un intervalle de temps très bref. Elles exigent une organisation météorologique tout autre.
- On leur donné souvent, au lieu du nom de prévision, celui d’avertissement. Parmi les renseigne-' ?. ments que devra contenir la rédaction d’un a-vertissement, signalons : l’intensité des coups de vent — des brouillards et des brumes —- et des phénomènes de grains.-
- 5° Avertisse-aux a-cours - Certains phénomènes qui menacent le voyage d'un avion surviennent brusquement, et ont donc pu être ignorés à l’ins^-tant où il a pris son vol. Tel s sont, par exemple, les orages et les brouillards. 11 faut> néanmoins avertir les navigateurs. La commun i c a t i o n se fera au moyen de panneaux- de toile étendus sur les terrains d’atterrissage, de. la T.S.F. ou même de la* téléphonie sans fd. Par ailleurs, l’aviateur doit savoir reconnaître à distance les nuages dangereux comme les nuages de grains, et modifier son itinéraire en conséquence pour les contourner par-dessus ou par le côté.
- 4° Le service d'avertissement des grains. — Les nuages d’orage et plus généralement les nuages de grains, dont ils ne sont qu’un cas particulier, sont très dangereux : les coups de vent qui les accompagnent élèvent parfois en quelques secondes
- ’heure
- d’un
- Légende
- O = Postes météorologiques principaux
- A =_____,,_____„__„ _______secondaires
- _Lignes aériennes = L iaisons téléphoniques — „ — radio télégraphiques (un message parheure de 7hà !6h sur Paris - Londres et trois |( prévisions par Jour à 8h, IOhJ4h. ) '
- ments vions en de vol. -
- Fig. i. — Le reseau météorologique des lignes Paris-Londres et Paris-BruxeUes-Amslerdam.
- p.189 - vue 193/620
-
-
-
- 190 -. * LA MÉTÉOROLOGIE ET L’AVIATION
- la force du vent du calme à la tempête. Les avions posés à terre se retournent alors et se brisent. Dans les hangars légers la bourrasque s’engouffre et les abat. Les avions en vol sont secoués par des remous puissants et hachés par l’averse et la grêle.
- Pôur prendre des mesures de protection en temps utile, on s’appuie sur le fait suivant : les grains se déplacent en ligne droite, d’un mouvement sensiblement rectiligne et uniforme ; on peut donc annoncer leur passage aussi bien que celui d’un train de chemin de fer, à condition de connaître leur existence, ainsi que la vitesse et la direction de leur mouvement. À cet effet, on dispose auprès des lignes aériennes,, et dans la région d’où les orages viennent le plus souvent, une avant-garde de postes d’observations pourvus de moyens de communication rapides avec une station centrale qu'ils avisent. Celle-ci prévient ensuite soit par téléphone, soit par T.S.F. tous les terrains d’aviations intéressés. Les orages se déplaçant vite, il faut qu’en quelques minutes les renseignements soient réunis par la station centrale et retransmis. On pourrait chercher à gagner du temps en avançant l’avant-garde à une plus grande distance. Mais il n’est pas pratique de la pousser à plus de 100 km.
- Voici pour quelles raisons : les grains prolongent parfois leur mouvement sur plus de 1000 km. Mais beaucoup ont un caractère différent : ils peuvent naître brusquement entre l’avant-garde protectrice et la ligne aérienne et atteindre ainsi l’avion, sans avoir été signalés. Ils peuvent aussi mourir avant d’avoir atteint la ligne : dans ce cas, l’avant-garde aura provoqué des craintes vaines et cela risquera de diminuer aux yeux des aviateurs la valeur des avertissements météorologiques. La seule solution efficace consiste à ne pas éloigner l’avant-garde de plus de 80 km, et à perfectionner les liaisons téléphoniques et télégraphiques.
- La navigation aérienne et l’exploration scientifique de l’atmosphère. — Il y a longtemps que les navigateurs de l’air ont rapporté aux météorologistes de précieuses indications sur la nature des nuages et la turbulence de l’atmosphère. Les observations en ballon libre échappent aux influences perturbatrices qui pullulent sur l’avion ; mais celui-ci possède une plus grande liberté d’allures. Pendant la guerre, les stations météorologiques de groupe d’armée avaient été dotées d'un avion spécialement destiné aux ascensions météorologiques. Les avions permettront d’effectuer d’importantes prises d’air jusqu’à des altitudes d’environ 10 km. alors qu’on n’a prélevé jusqu’à présent que des échantillons très légers et dans des conditions souvent critiquables. On pourra ainsi étudier la composition de l’atmosphère en altitude qui fut l’objet de beaucoup d’hypothèses, mais de peu de mesures.
- Le Météorologiste pourra,M’une manière générale, en naviguant, observer toute la. vie de l’atmosphère dont il n’était ju-squ’ici qu’un spectateur éloigné et par suite sujet à s’abuser. - *
- Enfin, le plus grand service que la navigation aérienne a rendu à la Météorologie a été de lui fournir les coûteux moyens matériels, indispensables à son travail et de lui suggérer des problèmes comme ceux de la visibilité, des nuages et des variations des courants de la haute atmosphère, qu’elle n’avait pas encore entrepris de résoudre.
- Relations des aviateurs avec les météorologistes. — Dans ce qui précède, nous avons montré en quoi la Météorologie pouvait être utile à l’aviation. Il convient d’entrer, à ce sujet, dans quelques détails d’organisation et de parler non plus seulement Météorologie et Aviation, mais météorologistes et aviateurs. À première vue, les attributions des uns et des autres paraissent se limiter simplement : que l’on confie le travail, dirat-on, purement météorologique aux météorologistes et qu’on laisse aux aviateurs le soin de régler leur marche en s’éclairant au moyen des observations et des prévisions des météorologistes. Ce plan fort simple n’a pas été unanimement admis et certains ont prétendu que le météorologiste doit se borner à effectuer les observations et à en communiquer les résultats à l’aviateur, laissant celui-ci rédiger lui-rflème sa prévision.
- Les principes qui nous paraissent devoir être respectés à ce sujet sont clairs, mais il faut compter avec la faiblesse humaine qui peut encourager parfois à les négliger : Décider le départ d’un avion quand le temps est menaçant, c’est prendre une grosse responsabilité. Aussi pourrait-il arriver que certains météorologistes ou certains aviateurs ne se soucient pas d’en prendre toute leur part : le météorologiste à qui l’on demande comment le temps va se transformer pourrait alors n’être pas fâché de voir l’aviateur établir lui-même sa prévision. De son côté, l’aviateur est parfois tenté de demander au météorologiste, non pas « Quel temps fera-t-il ? » mais : « Le temps sera-t-il assez beau pour que je parte? » et de faire partager ainsi sa responsabilité.
- Il paraît indispensable qu’en tout cas l’aviateur conserve à tous égards le commandement à bord. Lui seul est responsable de son avion et de ses passagers, à lui seul il appartient donc de décider s’il doit partir et comment il naviguera. Par contre, le météorologiste, bien qu’il n’exerce aucun commandement, a à assumer certaines responsabilités : il doit fournir au navigateur, non seulement les éléments nécessaires à l’élaboration d’une prévision, mais encore tout ce que sa science et son expérience ont pu lui suggérer sur le temps à venir.
- Le navigateur s’exposerait d’ailleurs à deux graves inconvénients s’il prétendait établir lui-même systématiquement les prévisions du temps : Le premier serait du à de grosses difficultés matérielles, l’autre à une mauvaise utilisation du personnel.
- a) Avec les méthodes scientifiques actuelles, le météorologiste a besoin, pour rédiger une prévision d’un grand degré de certitude, de dresser des caries nombreuses et de porter sur chacune d’elles un
- p.190 - vue 194/620
-
-
-
- ACADÉMIE DES SCIENCES _ .... 191
- réseau très dense de renseignements. Ajoutons qu’il faut critiquer en même temps ces renseignements, car ils arrivent quelquefois faussés par des erreurs télégraphiques ou même par des erreurs d’observations. Le seul dessin des cartes réclame plusieurs heures par jour et une seule personne n’y saurait suffire. À l’Office National Météorologique de France, on dresse en 24 heures une cinquantaine de cartes synoptiques et on emploie à cet effet une demi-douzaine de personnes. Mais, peut-on dire, laissons les dessinateurs exécuter leur travail matériel, le pilote se bornera à examiner ces nombreuses cartes et à en tirer lui-même toutes conclusions utiles. En pratique même cela sera impossible, car la prévision du temps réclame une surveillance du ciel et des cartes ininterrompue^' et l’aviateur a bien d’autres soucis en tête.
- b) Voici la deuxième difficulté : l’établissement des prévisions par les aviateurs conduirait à une situation anormale, dans un centre comme celui de Paris ou de Londres, d’où rayonnent plusieurs lignes aériennes (Paris-Londres; Paris Amsterdam ; Paris-Prague-Varsovie,éventuellcmentParis-Genève). Les navigateurs qui quittent Paris pour Londres, Amsterdam, etc., sont préoccupés par la surveillance de l’appareil, du moteur et par mille détails de service. Chacun consacrerait ainsi une demi-heure à examiner la situation météorologique d’une manière qui serait forcément hâtive, tandis qu’un météorologiste spécialisé pourrait y consacrer ces quatre demi-heureSj soit deux heures, rédigeant alors une prévision mûrement réfléchie et partant beaucoup plus certaine.
- Ce serait mal nous comprendre que d’imaginer que nous prétendons interdire au navigateur tout travail scientifique, bien an contraire. Il a besoin d’avoir confiance dans le météorologiste et d’utiliser
- judicieusement scs indications. Or, cela est impossible, s’il n’est pas à même de comprendre leur origine, c’est-à-dire s’il ignore les lois sur lesquelles le météorologiste fonde ses raisonnements.
- L’éducation météorologique de l’aviateur est donc indispensable. Il faut qu’il connaisse le mécanisme des prévisions comme il connaît le mécanisme de ses moteurs et dans le même dessein, qui est d’en tirer le meilleur parti. Mais il n’a pas plus besoin d’établir scs prévisions lui-même que de construire lui-même son moteur.
- Voici une organisation qui a reçu la sanction de l’expérience dans des circonstances difficiles : les météorologistes effectuent les observations de leur propre station et rassemblent en temps utile toutes celles qui sont nécessaires à la prévision. Ils établissent les cartes et en communiquent aux aviateurs toutes les conséquences.
- Mais cette communication ne doit pas se réduire à un papier passant de service à service à travers une fissure de la paroi étanche qui les sépare. Dans des conversations fréquentes, le piloté doit pouvoir demander toutes explications utiles. Le météorologiste concevra mieux alors de quelle manière il doit organiser son travail et l’aviateur décidera en pleine connaissance de cause s’il prendra son vol et comment il le dirigera," décisions qu’il appartient à lui seul de prendre, nous le répétons.
- Telles sont, à notre avis, les conditions essentielles d’une collaboration entre l’aviateur et le météorologiste, qui soit fondée sur l’ordre, laissant à chacun ses responsabilités, pour le plus grand profit de la Navigation aérienne.
- Ph. ScHERESCHEWSKy. .>
- Ingénieur au corps des Mines, ancien chef du Service Météorologique aux armées.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de décembre 1921 et janvier 1922.
- La synthèse de l'acide cyanhydrique. -- L’oxydation de l'ammoniaque, des hydrates de carbone (glycérine, cellulose, saccharose, ramidon) ou de l’aldéhyde formique (trioxyméthylène), vient démontrer à M. Fosse que la « respiration in !vitro » des principes carbonés naturels, riches eii oxygène et sans azote, engendre une substance dépourvue d’oxygène et riche en azote, l’acide If. CAz attribué jusqu’ici à des phénomènes de réduction portant sur les nitrates, la formaldéhyde ou certes hydrates fournissant le carbone. . . ..
- Lçt radioactivité des eaux du Mont-Dore. — En appliquant la technique qui a permis l’étude des eaux de Bagnoles-de-l’Orne, MM. P. Loisel et Castelnau ont effectué un .certain nombre de mesurés au griffon des sources Caroline, Madeleine, Pasteur, Chanteurs et Saint-Jean. D’une façon générale, ces sources sont faiblement radioactives, mais elles ont un débit considérable et
- répandent, de ce chef, une très grande quantité d’émanation dans l’atmosphère, ce qui présente un gros intérêt, que l’on considère le point de vue climatologique ou le point de vue thérapeutique.
- La composition de Vaqar. —- Les études de MM. Sa-mec et V. Isajevic montrent que cette gelée offre de grandes analogies avec l’amiclon. L’agar commercial donnant 4,5 pour 100 de cendres, riches à 50 pour 100 SCP, serait ainsi un éther sulfurique de gélose, où l’acide SOIF jouerait un rôle analogue à celui de L’acide plios-phorique dans l’amylopecline.
- Elections. — En remplacement de M. Edmond Perlier, M. Félix Mesnil a été élu Membre de la section d’Anatomie et Zoologie et la section de Physique a appelé à elle M. P. Zecman, en qualité de Correspondant.
- Paul B.
- p.191 - vue 195/620
-
-
-
- 192
- LE MAL DE MER EXPÉRIMENTAL
- Le. mal de mer a déjà provoqué bien des recherches et bien des remèdes. Il constitue, en effet, dans les traversées, une gêne considérable pour ceux qui y sont sujets ; aussi les Sociétés de navigation viennent-elles de susciter des recherches de laboratoire intéressantes pour déterminer des données précises sur le mal de mer. Dans ce but, M. Pozerski, de l’Institut Pasteur, a soumis des animaux de taille moyenne à des oscillations rythmiques et répétées pendant un temps plus ou moins long.
- Il a imaginé un appareil réalisant des mouvements se rapprochant le plus possible des mouvements d’un bateau en essayant de reproduire à la fois le roulis et le tangage.
- L’appareil se compose . d’une planche dé 5 mètres de long et de 40 cm. de large ; cette planche forme bascule, elle comporte à chaque extrémité une cage à lapins du modèle des laboratoires ; le mouvement est commandé par un moteur électrique
- de 1/2 IIP.
- Celui-ci actionne, par un réducteur d’engrenageet une transmission par chaîne, une bielle qui communique à la planche un mouvement de bascule, autour d’un petit axe transversal.
- Les cages exécutent une chute suivie d’une élévation qui se traduit par une différence de niveau de 1 m. 25. On réalise ainsi le mouvement de tangage-
- Le régime des oscillations peut être varié grâce à un rhéostat qui agit sur le moteur et la fréquence peut être de 5 à 12 par minute.
- Le mouvement de roulis est obtenu au moyen d’une rotation de- deux cames excentriques qui provoquent: l’oscillation de la planche autour de son axé longitudinal.
- On a soumis a ces oscillations différents animaux. Le lapin, lé cobaye, fa poule, le pigeon n’ont jamais présenté aucun trouble apparent, même après un séjour de 6 heures dans l’appareil en mouvement. Le chien, au contraire, s’est comporté d’une façon toute différente.
- De nombreux sujets sont passés pendant plus d’un an dans le laboratoire et on a pu ainsi constater qu’il fallait classer les individus en trois catégories : 70 pour 100 des animaux ne présentent aucun trouble après un séjour de cinq heures sur l’appareil en fonctionnement; les 50 pour 100 restant montrent des troubles qui rappellent ceux du mal de mer, et parmi eux 1/5 des animaux malades présentent un mal de forme asthénique ; les deux autres tiers sont atteints d’un mal de forme agitée. Dans ces deux catégories les animaux font des efforts pour se tenir en équilibre. Les symptômes présentés
- sont très différents ; dans la forme asthénique l’animal se couche suivant l’axe où il subit les mouvements de roulis les moins importants, il reste sur le plancher indifférent à toutes ex-citations extérieures ; dans la forme agitée l’animal est très excité, il a des nausées, se lèche les pattes de devant, le nez, fait des efforts pour vomir et finit par y par venir.
- On a pu constater qu’on n’observe jamais de trouble quand les animaux sont à jeun ; la condition inverse paraît donc nécessaire pour déclencher un mal de mer expérimental chez le chien.
- Pour entreprendre une étude plus approfondie M. Pozerski s’est heurté à des difficultés diverses. Tout d’abord les animaux sujets au mal de mer expérimental s’accoutument et ne présentent plus aucun trouble après la troisième traversée.
- Les chiens sensibles ayant déjà été soumis à l’expérience, éprouvent déjà les premières atteintes du mal et sont même sujets à des vomissements quand on les porte sur l’appareil avant même que celui-ci entre en mouvement.
- Ges constatations sont très intéressantes et elles permettent d’envisager la possibilité de déterminer exactement ce qu’est le mal de mer et de trouver les meilleurs remèdes à apporter comme préventif à ce petit accident des traversées.
- E. Weiss.
- Fig. i.
- L’appareil de M. Pozerski pour l’étude du mal de mer chez les animaux
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahvre, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.192 - vue 196/620
-
-
-
- LA NATURE.
- — N° 2504. -—.....— -........ ' -......-- — 1er AVRIL 1922
- LE CENTENAIRE DE BREGUET
- Le 17 septembre 1925, il y aura cent ans que passait presque subitement de vie à trépas le grand horloger Abraham-Louis Breguet, membre de l’Académie des Sciences. Il est question de célébrer ce centenaire avec quelque éclat. Si ce projet se réalise, il donnera lieu à une fête franco-suisse comme celle qui, en 1907, fut célébrée en l’honneur d’un autre horloger de marque, également de l’Institut, Ferdinand Berthoud. C’est que, comme son confrère Berthoud, Breguet était originaire de ce canton de Neuchâtel qui. avec ses trois centres de La Chaux-de-Fonds, du Locle et de Neuchâtel, constitue véritablement la citadelle de l’horlogerie. Il faut dire que la mémoire de Breguet est digne de cette commémoration. Il n’y a pas de nom plus connu que celui-là dans la mécanique chronométrique. Tout le monde sait ce que fut Breguet. Sa signature
- Fig. 2. — La meme avec son cadran émail en place.
- est, pour les pièces qui la portent, un brevet de perfection.
- Abraham-Louis Breguet naquit le 10 janvier 1747. Son père, Jonas-Louis, demeurait à Neuchâtel où sa famille était établie depuis fort longtemps. On attribue à cette famille une origine picarde et les historiens la font couramment émigrer de France en Suisse à la suite de l'a révocation de l’Edit de Nantes. Bans son magnifique ouvrage sur la Pendulerie neuchàfeloise, M. Alfred Chapuis montre que c’est une erreur. Les ancêtres directs de Breguet étaient déjà ncuchàtclois au xvie siècle. L’instruction première d’Abraham-Louis fut fort négligée. Son père étant mort prématurément, sa mère se remaria avec un horloger qui inculqua à son beau-fils,'peu enclin aux études classiques, les rudiments de son art. En 1762 il l’emmena à Paris, puis le plaça en apprentissage à Versailles.
- Orphelin, et resté seul dans l'a vie avec une sœur
- 50‘ Année — 1" Semestre-
- Fig. i. — La montre dite de Marie-Antoinette, connue comme «'lé chef-d’œuvre de Breguet » avec son cadran de cristal de roche en place.
- plus jeune que lui, Abraham-Louis sut se débrouiller rapidement. A 22 ans, il vient à Paris où"il ne tarde pas à prendre rang parmi les maîtres de la corporation. l’entends cette expression au sens figuré. C’est en effet seulement eu 1785 qu’il s’installe à son compte au quai de l'Horloge —- alors quai des Morfondus. — Cette date est celle indiquée sur le papier officiel de M. Brown, successeur de Breguet. D’ailleurs, le nom de Breguet ne figure pas sur la liste des « maîtres » réglementaires de 1778, bien qu’il fût déjà à Paris depuis 9 ans, et connu.
- Breguet avait reçu l’enseignement mécanique de l’abbé Marie, censeur royal et professeur de mathématiques au Collège Mazarin, où il avait succédé à
- Fig. 3. — La même vue par-derrière montrant la masse qui assure le remontage perpétuel.
- 15. — 195.
- p.193 - vue 197/620
-
-
-
- 194
- LE CENTENAIRE DE BREGUET
- Fig.-f.— La montre du Prince Kourakin, vue de face côté cadran et de coté. Construite en partie de la main même de Breguet.
- et Monge. A leur pince deux noms lurent inscrits d’oflice par Sa Majesté : ceux de l’illustre mathématicien Cauchy et du fameux horloger Breguet.
- Si, au point de vue scientifique, le choix de Cauchy était le meilleur qui pût être fait pour remplacer Carnot, Breguet n’était certainement point aussi bien qualifié pour occuper le fauteuil de Monge. Cependant, il pouvait parfaitement passer pour académisable. Il avait figuré, en effet, dans une circonstance mémorable, sur une liste officielle de candidats à l’Institut. C’était en 1797, lors de la première expulsion du grand Carnot. Son nom s'était trouvé parmi les douze présentés au suffrage de la Classe des sciences, avec ceux de Louis Berthoud et d’An-tide Janvier. On sait que l’élu fut le général Bonaparte, dans tout l’éclat de la gloire dont il venait de cueillir les lauriers au cours de sa brillante et rapide campagne d’Italie. Breguet s’était trouvé honorablement classé entre Berthoud et Janvier, ses deux confrères en horlogerie.
- La Caille. L’abbé Marie était loin d’être un sot, et l’amitié qu’il conserva pour son élève suffirait à montrer que Moinet, ancien employé de Breguet, calomniait son ex-patron lorsqu’il le proclamait « ignorant des premiers principes de la mécanique ».
- Aussi ingénieux qu’habile, à l’affût du nouveau et de l’original, créant au besoin des difficultés d’exécution pour le plaisir de les vaincre, Breguet fut l’ennemi de la série! Barmi les 17000 pièces environ qui sortirent de son atelier, si l’on met de côté la montre dite Souscription, on peut dire qu’il n’en est peut-être pas deux qui se ressemblent entièrement. Il avait d’ailleurs su s’entourer d’une pléiade de collaborateurs de choix qu’il s’attachait en les payant bien, ce qui était, comme aujourd’hui, la meilleure manière. On gagnait chez lui la forte somme et il prétendait que Paris ne comptait pas plus d’une vingtaine d’horlogers capables d’y travailler. On dit que son chef d’atelier reçut jusqu’à 3000 francs de traitement par mois !
- Breguet avait dû à l’amitié de son compatriote Marat d’échapper à la guillotine. Il avait attendu à Londres la fin de l’orage révolutionnaire, après lequel il releva rapidement son établissement parisien. Son succès fut positivement étourdissant. La faveur de l’empereur lui valut des commandes de tout le monde chic et ses livres de vente, que j’ai feuilletés grâce à l’obligeance de MM. Brown, forment le plus aristocratique des répertoires, un vrai Bqttin du luxe !
- L’empereur disparu, la faveur impériale fut remplacée par la faveur royale. Une des preuves les plus marquantes de cette faveur fut donnée à Breguet lors de la réorganisation de l’InsLitut en \ 810. Deux membres éminents de l’Académie des Sciences
- Breguet fut un horloger prestigieux. Lorsqu’on examine une de scs montres, on reste confondu devant la virtuosité de l’exécution aussi bien que devant l’ingéniosité des conceptions et des mécanismes. Dans telle de ses montres plates j’ai vu des rôties à rochet tellement fines et tellement minces qu’on se demande comment il fut possible de les travailler. Quant à la complication, on se fera une idée du point qu’elle pouvait atteindre en regardant la gravure qui représente la montre dite de Marie-Antoinette, montre que dans le monde de l’horlogerie et de la collection on appelle le « chef-d'œuvre )) du maître (fig. 1, 2 cto).
- Jusqu’à ce jour on ne possédait pas d’ouvrage relatif à l’oeuvre de Breguet. Et comme celui-ci
- furent rayés des contrôles par Louis XY11I : Carnot
- Fig. 5.— Vue des mécanismes sous le cadran,
- p.194 - vue 198/620
-
-
-
- ...........— LE CENTENAIRE
- n’avait publié, au cours de son illustre carrière, que quelques prospectus d’exposition (J), on l’admirait « sur documents mécaniques ». Aujourd’hui il n’en est plus de même. Il vient de paraître un volume simplement intitulé Breguet (1747-1825), dans lequel l'auteur donne 115 planches de reproductions d’œuvres du maître, avec des notices techniques, des indications permettant d’identifier les pièces et un résumé de ce qu’on sait sur Breguet. Cette publication est due à un Anglais, grand ami de l’horlogerie, admirateur de Breguet dont il a réuni la plus remarquable collection de productions qui existe, Sir David Salomons.
- Sir David Salomons porte un nom fort connu de l’autre côté de la Manche et connu de ce côté-ci. Collaborateur de l’illustre Wheatstone en 1874, il fut un des premiers pionniers de l’électricité force motrice et lumière, de l’automobile et de l’aviation. Fondateur de la Société anglaise des ingénieurs-
- Fig. y. — La môme, vue par-derrière, montrant les deux mécanismes complets.
- électriciens — qui compte près de 8000 membres — il fut un des huit qui créèrent l’Aéro-Club de France dont il est demeuré président d’honneur. Mécanicien, physicien, chimiste, il a écrit de nombreux ouvrages parmi lesquels on peut citer particulièrement Electric Liglil Installations, en 5 volumes qui viennent d’atteindre leur dixième édition, Management of Âccumidators qui compte aussi plusieurs éditions, Experiments of Electric Discharge in vacuo, Photographie Eornmlae, Ilorseless Trafic, ' Automatic Signal ling on Railways, Telegra-phy.... Il a installé dans sa résidence de Broomhill, à Tunbridgc Wells, des ateliers et des laboratoires qui lui permettent de: se livrer aüx études scienti-
- 1. lîivguel a été victime de nombreuses contrefaçons. 11 est toutefois relativement assez facile d'identifier les pièces portant sa signature au moyeu 4e ses carnets de fabrication qui permettent d’en suivre.la' trace parfois assez loin, la plupart du temps suffisamment loin pour faire le raccord avec les derniers possesseurs. Ces carnets sont d'a,illcurs complétés par des Certificats ou Aotices.
- DE BREGUET ~:........== 195
- 6. — La montre à double mouvement de Louis XVIII, vue du cadran..
- tiques cl techniques qui ont occupé toute son existence. L’horlogerie peut se féliciter d’avoir passionné dès le début cet esprit curieux et entreprenant. L’hommage qu’il vient de rendre à Breguet nous est d’autant plus précieux que, en France, personne n’y avait songé!
- C'est à l’amabilité de Sir David Salomons que nous devons de pouvoir mettre sous les yeux de nos lecteurs quelques-unes des plus belles pièces de la collection décrite dans Breguet.
- Voici d’abord, figures 1, 2, 5, la montre dite de Marie-Antoinette. Commandée en 1785 par un officier des Gardes de la malheureuse reine, sans délai de livraison et sans limite de prix, avec la condition d’ètre aussi compliquée que possible et d’employer exclusivement l’or comme matière première, elle fut terminée en 1805 seulement et demeura dans la famille Breguet jusqu’en 1887, époque où elle fut vendue par la veuve d’Antoine Breguet 600 livres
- Fig. 8.— La même, cadran intérieur donnant l’équation du temps.
- p.195 - vue 199/620
-
-
-
- 196
- LE CENTENAIRE DE BREGUET
- sterling à sir Spencer Brunton. Elle avait coûté 30 000 francs, prix de revient. C’est une montre perpétuelle se remontant automatiquement par les oscillations d’une masse que déplacent les mouvements du porteur. Le cadran est en cristal de roche. La montre répète les minutes et possède un calendrier perpétuel, un mécanisme d’équation du temps, une seconde indépendante, un thermomètre, et tous ses roulements sont en saphir(').
- Les figures 4 et 5 représentent une montre construite « parBreguet pour M. /’ambassadeur prince liouraldn », et dont les mécanismes ont été exécutés en partie par le grand artiste lui-même. Le quantième, dont les indications apparaissent sur le cadran à travers un guichet,, présente cette particularité que le cercle des mois, ne tourne pas sur son centre, mais est guidé par des rouleaux de saphir disposés en divers points. A l’intérieur de ce cercle on aperçoit aussi la courbe d’équation formant came intérieure et non extérieure. Cette disposition se rencontre de temps à autre dans les horloges où elle est em-de
- I aire aiguilles
- ployée en vue marquer aux le temps vrai par raccourcissement ou allongement de la suspension du pendule.
- Elle a été imaginée au commencement du xvme siècle par le père Allexandre, auteur
- d’un remarquable Traite' des Horloges (1737).
- Les ligures G, 7 et 8 se rapportent à la montre à double mouvement conslruile par Breguet pour le roi Louis XYIÏI et dont un premier exemplaire avait été exécuté pour le prince régent d’Angleterre. L’auteur, reprenant une idée de Huyghcns, espérait
- 1. On pourra faire la comparaison du mécanisme de ces montres avec celui de la montre ultra-compliquée exécutée de 4897 à 1904 par la maison Leroy pour un amateur et qui comporte vingt-cinq complications dont les mécanismes sont répartis sur 4 étages différents. On se rendra mieux compte de la difficulté que Breguet eut à vaincre pour loger tout l’enchevêtrement extraordinaire de pièces que l'on aperçoit sur la figure 1
- Fig. 9. — Pendule sympathique, mettant à l’heure et remontant automatiquement la montre disposée de champ à sa partie supérieure.
- que la sympathie des deux balanciers battant à l’unisson, mais en sens inverse l’un de l’autre, garantirait la marche contre les écarts dus aux secousses du porter, aux changements de position, etc. 11 essaya d’appliquer également cette idée aux pendules)1). La figure 6 montre le cadran avec ses deux cercles d’heures (dans le principe l’un de ces cercles indiquait le temps moyen, l’autre le
- temps sidéral). Dans la figure 7 on voit les deux mécanismes complets, chacun avec son système régulateur.
- La figure 8 donne la disposition de l’équation du temps sur un cadran d’or intérieur. Cette montre fut vendue au roi en 1821 pour 7000 francs. Le prince récent d’Angleterre avait payé la sienne 7200 francs, trois ans auparavant.
- La ligure 9 enfin représente une des plus curieuses inventions de Breguet, ce qu’il appelait une pendule sympathique. Le terme de sympathique est pris ici dans un sens tout à fait dilièrent de celui dans lequel il vient d’être employé. En réalité c’est une expression impropre. Il s’agit, en effet, d’une pendule qui met à l’heure et remonte la montre placée sur le support qui la surmonte. Dans la figure 9 cette montre est en position. La partie supérieure de la cage de la pendule porte deux pointes qui viennent presser deux goupilles logées dans la montre. Celle de droite a pour effet de remonter le mouvement deux fois par heure. Celle de gauche, une fois par heure, à la demie, remet les aiguilles de la montre h l’heure de la pendule. Elle peufeorriger un écart de 7 minutes d’avance ou de retard. Le ressort de la montre n’a pas son extrémité rivée. Il est maintenu en place par friction contre le barillet. Il ne peut pas par suite y avoir excès de remontage. La montre est signée Breguet. La pendule porte le nom de Rabi. L’échappement de cette pendule est à force constante.
- 1. Une horloge astronomique à double pendule, construite en application de Cette idée, figurait à l’Exposition de 1819.
- p.196 - vue 200/620
-
-
-
- UNE NOUVELLE POMPE A VIDE
- 197
- Dabi fut un des élèves de Breguet et plus tard un de ses meilleurs ouvriers. Il s’établi lui-même sur les boulevards où sa maison existait en 1859 et disparut depuis.
- La pendule sympathique de Sir David Salomons fut construite vers 1812. Son prix de revient fut. dit-on, de 25 000 francs.
- Il ne sortit des ateliers de Breguet qu’un petit nombre de pièces de ce genre. On cite celle qui fut vendue au Ministre des Affaires étrangères de France 55 000 francs, et deux autres vendues à la Cour de Russie en 1909 et 1910, aux prix respectifs de 14 000 et 8000 francs. Le roi George V en possède une qui remet simplement à l’heure sa montre sans la remonter. 11 y en avait aussi une dans la collection Napier et une dans celle du comte Demi-doff.
- À l’Exposition nationale de 1806, deux médailles d’or furent attribuées à l’horlogerie. Elles furent recueillies par Breguet et Antide Janvier. Le jury présidé par Monge avait comme rapporteur Costaz. Celui-ci inséra dans son travail l’observation suivante : a De l’examen des ouvrages d’horlogerie qui ont été présentés à l’Exposition, il résulte que la partie de l’exécution est portée au plus haut degré de perfection, mais il y a lieu de craindre que les artistes ne soient tentés d’abuser de leur facilité de main-d’œuvre et de leur talent d’invention pour faire produire aux ouvrages qu’ils exécutent des effets trop compliqués et trop subtils. Le jury croit devoir leur rappeler que la justesse* la solidité et la simplicité sont les caractères qui constituent la bonne horlogerie. Au surplus le jury se félicite de ce que la seule remarque qu’il ait à faire porte sur une circonstance qui prouve les grands progrès de l’horlogerie parmi nous et la haute habileté de nos horlogers ».
- Cette observation visait essentiellement les deux titulaires de là médaille d’or qui, chacun dans sa sphère — Janvier était un maître incomparable dans l’art difficile de la représentation mécanique des mouvements des astres — étaient des virtuoses de la complication.
- En ce qui concerne Breguet en particulier, le talent d’invention auquel fait allusion Costaz était
- UNE NOUVELLE
- Cette pompe est capable de réaliser un vide de 0,001 millimètre de mercure, c’est-à-dire de l’ordre d’une barye, sans l’intervention d’une pompe auxiliaire, comme c’est le cas par exemple pour la pompe de Gaede bien connue dans les laboratoires.
- Cette nouvelle pompe est construite sur le même principe que la pompe de Gaede, c’est-à-dire la rotation excentrée d’un cylindre massif dans un cylindre creux, le contact étant maintenu entre le rotor et le cylindre par une ou plusieurs valves
- pour ainsi dire illimité. On pouvait apporter à cet artiste n’importe quelle idée ingénieuse, il en cherchait et obtenait la réalisation. Naturellement, l’immense majorité de ces réalisations, ne constituent que des curiosités et n’ont pas contribué à faire avancer la précision dans la mesure du temps. Mais il serait aussi absurde d’en faire reproche à Breguet que de reprocher à Rembrandt ou à David de n’avoir pas fait progresser l’architecture!
- Breguet était avant tout un artiste ayant le goût du beau.
- Il est assez curieux de constater que, si son nom est resté attaché à l’échappement à tourbillon qui constitue le; comble de la complication et de la difficulté pour un échappement, et dont l’invention est bien sienne, il l’est aussi à celui du spiral à extrémitéramenée qui n’est qu’un perfectionnement de la courbe tâtée de Gourdain. On attribue par contre à Rieussec le chronographe à pointage à encre qui n’est autre que le chronomètre à pointage de Bré-guet, ainsi que l’a démontré son petit fils Louis dans une note communiquée à l’Académie des Sciences en 1850. On a longuement discuté pour savoir à qui appartenait l’invention de la montre perpétuelle ou montre à masse. Breguet et Recordon prétendaient tous deux l’avoir inventée en 1780. Sir David Salomons prouve dans, son livre que la montre à masse existait bien avant cette date.
- Tout ceci n’est d’ailleurs que secondaire.
- La seule chose qui importe, c’est la constatation que Breguet fut un horloger d’une maîtrise éblouissante. En lui consacrant l’ouvrage dont nous venons de donner quelques-unes des superbes illustrations, sir David Salomons a élevé à la gloire de cet homme qui n’avait, rien écrit, le plus beau monument qu’il pouvait désirer et avait effectivement désiré. Après avoir parcouru ce livre, on comprend le sentiment qui l'a inspiré et qui se résume dans celte phrase de l’auteur : « Porter une belle montre de Breguet c’est sentir qu’on a dans sa poche l'intelligence d’un homme de génie. »
- Quelle que soit la forme que prenne le Centenaire de Bréguet, il n’aura pas de plus belle manifestation que ce livre. Léopold Reverchox.
- liùilacl.eur ou chef île Y Horloger.
- POMPE A VIDE
- insérées dans des logements du rotor et appliquées contre la face intérieure du cylindre extérieur soit par la force centrifuge, soit par des ressorts.
- Tout en conservant les caractéristiques de ce système, la nouvelle pompe que nous allons décrire, et dont la coupe est représentée schématiquement sur la figure 1, présente des caractéristiques propres qui en augmentent la simplicité de fonctionnement et en même temps l’efficacité.
- Le cylindre plein excentré A, percé de trous afin
- p.197 - vue 201/620
-
-
-
- 198
- UNE NOUVELLE POMPE A VIDE
- Fig. i. — Coupe de la pompe.
- de réaliser l’équilibrage, tourne dans le cylindre B qui porte deux orifices E et F. E est relié au récipient à vider; F est en communication avec l’atmos-
- Fig. 2. — Schéma
- On remarque immédiatement que cette pompe diffère des modèles antérieurs par un certain nombre de particularités intéressantes.
- La cloison mobile est solidaire du cylindre extérieur et non de la partie mobile. De plus, la position des valves d’entrée et de sortie du gaz par rapport à la cloison est telle qu’il n’y a pas d’espace nuisible et que le vide peut théoriquement être poussé aussi loin qu’on le désire.
- La pompe comprend deux unités semblables montées en série sur le meme arbre et dont l’une sert de pompe préliminaire à l’autre. La figure o donne une vue schématique de l’ensemble renfermé dans une boite en fonte. L’axe commun horizontal traverse les deux côtés de la boîte et porte une poulie permettant d’actionner la pompe par un moteur d’un dixième de cheval seulement.
- La vitesse de rotation optima est voisine de
- Fig ID
- de fonctionnement.
- phère, une soupape L empêchant les rentrées d’air et d’huile dans l’appareil en fonctionnement.
- Une valve mobile G coulisse dans un logement du cylindre extérieur et est maintenue en contact constant avec le cylindre À par un levier I) solidaire d’un fort ressort (non figuré).
- Dans ces conditions, les deux cylindres A et.B ont toujours deux points de ‘contact G et K, délimitant ainsi deux chambres de éapaéi-té•variable; II et J.
- Le fonctionnement schématique est représenté sur la figure 2.
- Dans la position 1, le récipient à vider est relié à la capacité H. Dans la position 2, la capacité II commence à diminuer, puisque la valve G, maintenue en contact, intime avec le rotor par le ressort D empêche le gaz de s’échapper le long du cylindre. Le gaz du récipient remplit la capacité J qui augmente pendant que le cylindre mobile s’approche de la position 5. Dans cette position, l’espace H est à peu près réduit de moitié, de sorte que, si le gaz ne pouvait s’échapper* il serait de plus en plus comprimé lorsque nous tendons vers la position 4.
- Le gaz dans l’espace II ne peut s’échapper que lorsque sa pression est supérieure cà la pression atmosphérique augmentée de la pression de l’huile dans laquelle tout le mécanisme est plongé. Quand l’espace H est réduit à zéro, tout le gaz a été chassé, et le cycle est complet.
- 240 tours par minute, la boite est remplie d’huile qui assure tout à la fois l’étanchéité, la lubrification et la répartition delà chaleur pendant le fonctionnement.
- Quelques essais officiels montrent l’efficacité de
- Fig. 3. — Vue d’ensemble de l’appareil.
- p.198 - vue 202/620
-
-
-
- LES RICHESSES DE LA SIBÉRIE OCCIDENTALE
- ce nouvel appareil, dont le prix d’ailleurs, même avec le change actuel, est loin d’atteindre celui des installations permettant d’obtenir le meme résultat.
- Dans un récipient de 15 litres, avec une vitesse de rotation de 225 tours par minute, la pression a les valeurs suivantes :
- Au bout de 50 minutes, 0,00780 millimètre de mercure.
- Au bout de 60 minutes, 0,00119 millimètre de mercure.
- 199
- Au bout de 120 minutes, 0,00092 millimètre de mercure.
- Dans un récipient de 1,5 litre, à la meme vitesse, en 10 minutes, la pression tombe à 0,00105 millimètre de mercure, et au bout 27 minutes, élit» est de 0,0009 millimètre de mercure.
- Ces résultats sont tout à fait remarquables, et assurent cette nouvelle pompe d’un grand succès dans tous les laboratoires.
- H. Vjc.neron.
- LES RICHESSES DE LA SIBERIE OCCIDENTALE
- La pêche et la chasse aux fourrures.
- En 1918, la constitution du front bolchevique à l’ouest de l’Oural et l’état du transsibérien empêchaient tout ravitaillement de la Sibérie occidentale où l’armée de Koltchack manquait de matériel de guerre et où la population, cependant riche en denrées exportables, blé, farine, peaux, beurre, était totalement dénuée d’objets manufacturés.
- Pour remédier à cette situation, le Gouvernement français fut amené à envoyer une mission sous les ordres du lieutenant de vaisseau Hulin afin d’étudier une nouvelle voie de pénétration dans cette partie de l’Asie par la mer du Nord, l’Océan glacial arctique, la mer de Ba~ rentz, la mer de Kara 'et les fleuves Obi et Ié-nisséi et rapporter des documents économiques sur le pays..
- Grâce à l’énergie de son chef, la îiiission a parfaitement rempli ce double, but et son rapport contient les plus précieux détails tant sur la route maritime que sur le trafic commercial qu’il serait possible d’établir avec les habitants de la Sibérie occidentale. Pour le moment l’état politique de la Russie ne permet pas d’envisager l’exploitation des vallées de l’Obi et de Plénisséi; toutefois il ne faut pas que nos compatriotes perdent de vue ce débouché qui est anxieusement surveillé par les Anglais et les Suédois qui ont déjà envoyé en reconnaissance plusieurs expéditions.
- Parmi les produits qui font la richesse latente et inépuisable du pays : blé, peaux, beurre, poisson, bois et sur lesquels M. Hulin attire l’attention, il faut tout spécialement noter le poisson. L’industrie de la pêche est en effet très répandue dans toute la Sibérie occidentale et c’est, dans, beaucoup de localités, une occupation très lucrative pour les habitants qui s’y adonnent. Dans le Nord où la culture des terres n’est pas possible, c’est la principale et presque la seule ressource du pays à tel point que l’Obi est appelé « le bienfaiteur ».
- se pratique pendant tout le cours de l’année, par des procédés différents. L’hiver, grâce à , un phénomène remarquable, « le Zamor », la capture du poisson se fait au moyen de barrages composés de nasses en osier, appelés « guingas ».
- Ce phénomène est le suivant : l’eau qui reste en dessous de la glace contient une grande quantité de matières organiques ; au commencement de janvier, elle entre en putréfaction. Les poissons fuyant cette eau malsaine remontent verd le- nord ou vers des endroits où la profondeur étant plus grande, l’eau est pure. Les pêcheurs profitent de cette fuite du poisson en masse, compacte pour, à l’approche de janvier, barrer, le fleuve au moyen de « guingas » dans lesquels le poisson fuyant impulsivement .vient
- p.199 - vue 203/620
-
-
-
- 200
- LES RICHESSES DE LA SIBÉRIE OCCIDENTALE
- Pouds.
- Esturgeons............. 5.941
- Sterlets.................... 2.777
- Saumon sibérien .... 2.885
- Mocksoum............... 90.915
- Sypria.................... 456.515
- Chakoums....................... 70
- Pyjamcs.................... 40.200
- Proliznes.................. 50.017
- Brochets............... 15.259
- Ides....................... 29.559
- Corossins...................20.150
- Lotte..................... 55.575
- Eucheron.................... 5.861
- Sabrons....................76.41.1
- Fig.
- Un fleuve gelé, l’Obi.
- par-
- Bien que le bassin de l’Obi abonde :en poisson, les moyens locaux de le conserver son t très primitifs.
- On en sale la plus grande tie; une faible quantité est le reste est congelé.
- Le poisson salé l’est mal, par suite de la mauvaise qualité du sel ; aussi seuls les gens qui y sont accoutumés peuvent-ils le consommer.
- Le poisson salé se vend dans le gouvernement de Tobolsk, dans les usines et les mines de l’Oural.
- Une petite partie est écoulée dans le gouvernement d’Orenbourg.
- À titre d’indication, voici la quantité de poissons pêchée pendant une année moyenne dans le Gouvernement de Tobolsk.
- Wffî
- BIS
- infailliblement se prendre. Le nombre de ces paniers varie de 100 à 400 suivant la largeur du fleuve; c’est entre Beresolî et Obdonsk que se rencontrent les plus grands .barrages ; il existe dans cette partie du fleuve une ving-taine de ces engins qui du fait de leur prix élevé sont entre les mains des riches commerçants.
- En été et en automne, c’est l’Océan glacial qui fournit à l’Obi et à ses affluents les poissons les plus précieux: :
- Au printemps, les poissons remontent pour déposer leurs œufs assez loin en amont et, au moment de la baisse des eaux, en automne, ils essaient de redescendre vers la mer libre, mais à ce moment, le ïur intervient avec ses bar-
- Perches......................12.751
- Harengs. . ................. 54.749
- Truite saumonée. ... 10
- On arrive ainsi à un total de l 151 852 ponds (le poud équivaut à 16 kg 580) pour un seul gouvernement t dans les autres régions on 'a des [chiffres du
- Fig. 3. — Iénissêi. — Famille de pécheurs samoyèdes.
- p.200 - vue 204/620
-
-
-
- LES RICHESSES DE LA SIBÉRIE OCCIDENTALE -- 201
- même ordre de grandeur. L’importance de cette industrie qui est entre les mains de gros commerçants et industriels est donc considérable et les bénéfices qu’ils en retirent surtout en ce moment sont incroyables; il est vrai qu’ils traitent fort durement les Samoyèdes et n’usent pour leur exploitation que de moyens très simples.
- *
- * *
- Dans les temps anciens, les fourrures de la Sibérie formaient le principal et même le seul article d’exportation de la Russie, dont le
- aujourd’hui, la chasse aux bêtes de prix est devenue, ' pour ainsi dire, secondaire; elle a été remplacée.
- Fig. 5. — Ienisseï. —' Atlèiage de rennes el traîneau.
- gouvernement recevait bon an mal an 200.000 zibe- | Unes, 10000 renards noirs 'et 500 000 petits-gris ; ï
- ♦ '
- . . ' ‘ , .V ~ : !
- par celle aux petits-gris et aux gelinottes des bois, actuellement la principale ressource de la population.
- Les instruments de chasse et de capture sont très divers et très nombreux ; on se sert du fusil de gros calibre, de l’arc à flèches ou de pièges suivant les animaux que l’on poursuit. Les indigènes qui ont une connaissance parfaite de la vie et des habitudes des animaux, vont deux fois par an à la chasse, au début et à la fin de l’hiver.
- Les meilleures peaux de zibelines se trouvent dans les régions arrosées par les rivières Yougan et Youganaia Sosva ; dans la première de ces val-
- p.201 - vue 205/620
-
-
-
- UTILISATION DES EAUX THERMALES POUR LE FORÇAGE DES FRUITS
- 202
- lées, on tue, dans les bonnes années, plus de 500 zibelines. Une année moyenne rapporte 100 000 petits-gris, tandis que sur les bords de la Yakka, on en tue jusqu’à 250 000, À partir delà rive droite de l’Obi et au nord de la Sosva, les animaux se font de plus en plus rares à mesure qu’on avance vers les régions polaires où on ne trouve plus que des renards blancs et bleus et des ours blancs.
- Dans la Sibérie occidentale, le commerce des fourrures étant régi par des coutumes locales, il est impossible de déterminer ce que rapporte au chasseur une peau ou une autre. Les prix de vente aux particuliers dans une ville européenne ne peut en donner une idée, car tout dépend non de la qualité de la fourrure, mais des conditions dans lesquelles elle s’écoule et on peut dire que la fourrure ne prend une certaine valeur qu’à partir de l’intermédiaire. Les chasseurs sont maintenus, par un système véritablement inhumain, dans un état d’indigence et de servitude; certes, la responsabilité de cet état de choses n’est pas aux grandes firmes qui paient relativement assez cher les four-
- rures, mais à de vagues intermédiaires qui échangent en général les peaux contre de l’alcool.
- En ce qui concerne le gouvernement de Tobolsk, M. Hulin a relevé par catégories les quantités de fourrures récoltées pendant une de ces dernières années.
- Ours blancs . . 40 Gloutons . . 112
- Ours bruns . . 152 Loups . . . 406
- Renards croisés. 595 Linx .... 15
- Renards blancs. 5.845 Lièvres . . . 15.100
- Renards bleus . 6 Petits-gris. . 124.542
- Renards divers. 1.261 Rennes . sau -
- Martres. . . . 19 vages. .. . 785
- Actuellement, les intermédiaires ont peu de confiance dans la monnaie sibérienne et demandent en roubles des prix inouïs pour leurs fourrures ; mais, si l’on pouvait donner en échange des marchandises qui manquent absolument dans le pays, il serait possible de les avoir à des prix très bas, d’autant plus qu’il-existe des stocks considérables dans, tous les centres du nord du gouvernement de Tobolsk et de ceux de Tomsk et de l’Iénisséi. U. G.
- UTILISATION DES EAUX THERMALES
- pour le forçage des fruits et légumes en France.
- La question de Vutilisation des forces naturelles laissées sans emploi est plus que jamais à l’ordre du jour. Parmi celles-ci figurent les eaux thermales qui, en dehors de la saison des bains, déversent inutilement dans l’air d’importantes quantités de calories. On a donc songé à en tirer parti pour l’agriculture. M. Nanot, Directeur de l’École Nationale d’Horticulture, a présenté sur cette question au récent Congrès de l’Eau organisé à Toulouse par les Cias d’Orléans et du Midi le rapport qui suit et qu'il a bien voulu nous communiquer.
- Avant la guerre, les forceries de fruits et de légumes du nord de la France et de la région parisienne étaient prospères. Les diverses plantes soumises au forçage étaient la vigne, le pêcher, le cerisier, le prunier, le fraisier, la tomate, le melon, le concombre, les haricots, les asperges, etc.
- Depuis la guerre, ces forceries luttent désespérément contre les difficultés sans nombre qu’elles rencontrent; le prix élevé des combustibles est le plus grand obstacle à leur remise en marche.
- En utilisant les eaux thermales, nos cultivateurs dé primeurs pourront se défendre efficacement contre les forceries étrangères, qui ont à leur disposition du charbon à un prix inférieur.
- Les Compagnies des Chemins de fer d’Orléans et du Midi, en mettant à l’ordre du jour de ce Congrès la question de l’utilisation des eaux thermales pour le chauffage des serres, ont fait une œuvre opportune au premier chef; nous les en félicitons et sommes convaincus que le succès couronnera leurs efforts.
- L’idée de faire servir les eaux chaudes naturelles, non utilisées par les établissements thermaux, au chauffage des serres et bâches pour la production forcée des fruits, légumes et fleurs, et de réaliser ainsi des économies importantes de combustibles, n’est pas nouvelle.
- Les premiers essais d’utilisation des eaux thermales datent de 1897. En effet, de 1897, à 1899, à l’hôpital militaire d’Amélie-les-Bains (Pyrénées-Orientales), M. Albert Delpaux, avec un matériel de fortune très élémentaire, a récolté pendant l’hiver, dans quelques bâches chauffées à l’eau thermale, des fleurs et des légumes.
- En France, il existe un certain nombre de sources d’eau chaude dont la température est supérieure à 60° et qui peuvent être utilisées pour le chauffage des serres et des châssis.
- Presque toutes les stations d’eaux thermales sont encaissées dans des vallées où le terrain, à proximité des sources et à bonne exposition, est rare et souvent à un prix trop élevé pour établir des forceries. On se trouve fréquemment dans la nécessité d’utiliser des terrains à une certaine distance de la captation. Dans ce cas, ils doivent, autant que possible, être situés en contre-bas, pour éviter les frais d’élévation des eaux.
- Quand il y a lieu d’élever ou de transporter les eaux chaudes de la source aux serres, leur utilisation n’est pas avantageuse lorsque, pour actionner un moteur, la dépense en combustible (charbon, pétrole, essence, etc.) est trop considérable.
- On comprend facilement que l’opération serait désastreuse si le moteur consommait plus dé combustible qu’une chaudière chauffant directement les serres.
- Théoriquement, il n’y a aucune raison pour que le chauffage fait au moyen d’eau chaude naturelle ne soit pas aussi efficace que celui produit par un chauffage artificiel. L’opération est surtout avantageuse lorsqu’on dispose de sources sortant de terre à 00° et même 80°. Les eaux dont la température est inférieure à (10° sont moins utilisables, parce qu’elles nécessitent l’installation d’un trop grand nombre de tuyaux dans la serre.
- Avec ces eaux, on règle la température suivant les
- p.202 - vue 206/620
-
-
-
- UTILISATION DES EAUX THERMALES POUR LE FORÇAGE DES FRUITS === 203
- exigences des plantes cultivées, en faisant varier le volume d’eau admis à passer, dans l’unité de temps, au travers des tuyaux de dimensions déterminées. Le calcul ne peut se faire que par tâtonnements; la nature et le volume du sol à chauffer interviennent ; mais, en tenant compte de ces facteurs, le problème n’est pas insoluble.
- Yoici quelques renseignements sur un certain nombre de stations; dans quelques-unes, des cultures de primeurs sont installées, dans d’autres, des essais encourageants ont été faits, ou pourront être tentés.
- La Léchère (Savoie). — La première installation vraiment importante a été créée, en 1912, par M. Chasset, ancien élève de l’Ecole nationale d’Horticulture.
- Les essais entrepris à La Léchère furent satisfaisants. Le haricot, semé en janvier, donna le maximum de résultats; le prix du kilogramme atteignit 32 francs. Le melon, semé dès les premiers jours de janvier, en plein châssis, en rayons, puis repiqué en godets où il était élevé jusqu’au premier pincement, donna de bons résultats au point de vue de la végétation et de la fructification. Malheureusement, le manque de graines spéciales à cette culture de haute primeur ne permit pas de réaliser de bénéfices.
- L’endive fut également cultivée et l’on arriva à produire des pommes parfaites dès le mois de décembre.
- Ces cultures, interrompues par la guerre, ne furent pas reprises après les hostilités, et la société est actuellement en liquidation.
- D’après mon ouvrage en collaboration avec M. Yui-gner (*), ces forceries étaient ainsi installées :
- Cet établissement était situé dans une vallée fortement encaissée, au fond de laquelle coulait l’Isère. 11 n’était séparé de ce torrent que par un chemin carrossable de quelques mètres de large.
- Par suite de l’élévation des montagnes environnantes, en février, le soleil n’apparaissait sur les cultures qu’à neuf heures et disparaissait à deux heures du soir.
- Comme dans toutes les vallées, brouillards et nuages étaient fréquents, mais ils restaient à une certaine hauteur, de sorte que l’éclairement était suffisant et même très intense. L’air était assez vif, le jour de la visite de l’établissement, en été; certains sommets environnants étaient encore couverts de neige.
- Le sol sur lequel les forceries étaient installées était formé, pour les deux tiers environ de l’étendue, par les alluvions.de l’Isère et, pour l’autre tiers, par les érosions de la montagne, formant une ligne de démarcation assez nette. La profondeur de la couche arable paraissait être de 80 cm environ.
- L’installation comprenait 2500 châssis de 1 m, 50 de long sur. 1 m. de large ; le cadre de ces châssis était en bois et les deux traverses du haut et du bas étaient réunies par trois petits fers à T. Ils étaient vitrés par quatre carreaux en verre martelé ou cathédrale d’une seule pièce, ayant, par conséquent, à peu près 1 m. 22 de long sur 0 m. 22 ou 0 m. 25 de large.
- Les 2500 châssis étaient répartis en 45 lignes ayant chacune 57, 55 ou 55 châssis à cause de la forme du terrain. Ces lignes étaient séparées par des sentiers d’environ 0 m. 60 de large et, pour faciliter le service, coupées perpendiculairement à leur longueur par deux chemins de 2 m. environ de large. Il y avait ainsi 5 grands groupes de châssis. Les deux premiers comprenaient chacun 19 châssis, et celui qui était le plus rapproché de l’Isère n’en comprenait que 19, 18 ou 17.
- 1. Fruits et légumes de primeur, par J. Nànot et R. Vuigjtek, Librairie agricole, 20, rue Jacob, Paris.
- L’installation était très simple, et paraissait avoir été établie économiquement.
- Les lignes de châssis, ou coffres, étaient fermées par des planches de sapin ordinaire de 0 m. 52 à l’arrière, de 0 m. 22 à l’avant. Ces planches étaient clouées sur de petits piquets carrés de 0 m. 04 sur 0 m. 04 enfoncés dans le sol, de mètre en mètre. Sur ces piquets, étaient fixées des barres d’écartement qui servaient en même temps à supporter les châssis. Il n’y avait aucune cloison intérieure sous les abris vitrés.
- Les lignes de châssis étaient dirigées perpendiculairement à l’Isère et sensiblement orientées de l’ouest à l’est ; elles faisaient face au midi.
- L’ensemble du terrain possédait une double pente, d’environ 1 cm par mètre, de l’ouest à l’est dans le sens des lignes de châssis, qui se trouvaient ainsi légèrement inclinées vers l'Isère, et du sud au nord pour les têtes de lignes de châssis. Cette disposition très ingénieuse facilitait l’écoulement de l’eau chaude qui devait couler sans aucune pression et par la simple pente des tuyaux.
- Les forceries étaient chauffées par de l’eau qui sortait à 55° au moins, ou 00° au plus, suivant les saisons.
- Celte eau était captée à 15 m. de profondeur, au fond d’un petit lac, d’environ 200 m2 de superficie.. Pour cette captation, on avait descendu des tuyaux jusqu’à l’endroit où l’eau sortait de terre; puis, dans ceux-ci, on avait placé d’autres tuyaux d’un diamètre beaucoup plus petit. Ces derniers se trouvaient ainsi isolés du contact de l’eau du lac, ce qui évitait le refroidissement de l’eau chaude. Une pompe aspirante et foulante élevait l’eau chaude à 5 ou 5 m. La pompe était actionnée, en été, par une turbine qui utilisait l’eau d’une chute, et, l’hiver, par un moteur à pétrole.
- Un tuyau collecteur de 9 cm de diamètre extérieur conduisait l’eau chaude en tête de toutes les lignes de châssis; il était dirigé, comme il a été dit, du sud au nord et il avait une pente de 1 cm par mètre.
- Ce collecteur était protégé par une sorte de boite : en planches; il n’était garni d’aucun corps isolant.
- Chaque ligne de châssis était chauffée par trois tuyaux de même diamètre que le collecteur. Deux de ces tuyaux étaient placés simplement sur le sol, avec une pierre de place en place pour les empêcher de s’enfoncer; l’un était à l’avant du châssis; à 20 cm au-dessous du vitrage, et l’autre à l’arrière, à 50 cm de ce même vitrage. Un troisième tuyau était enterré dans le sol à 50 ou 60 cm de profondeur et placé au milieu du châssis.
- Ces tuyaux suivaient les lignes dans toute leur longueur, et traversaient, par conséquent, au niveau du sol, les deux chemins de service dont il a été question ; mais, afin de faciliter le passage, on avait rechargé les tuyaux de 10 cm de terre environ, ) afin qu’ils ne fassent pas saillie. De plus, pendant les grands froids, pour éviter le refroidissement, on mettait un léger paillis ou des paillassons dans les deux chemins.
- Chaque ligne de châssis recevait l’eau du collecteur par un petit tuyau en fer ou en acier, de 3 cm de diamètre environ, qui, à l’intérieur du châssis, se bifurquait en trois branches pour distribuer l’eau dans les deux tuyaux à l’air libre et le tuyau enterré.
- Les tuyaux de chauffage étaient terminés, à chacune de leurs deux extrémités, par une plaque métallique. Près du collecteur, cette plaque était traversée par le petit tuyau d’alimentation et, à l’extrémité de la ligne, chaque plaque fermant le tuyau portait, à sa partie supérieure, un petit robinet en cuivre.
- Lorsqu’on voulait chauffer une ligne de châssis, il
- p.203 - vue 207/620
-
-
-
- 204 = UTILISATION DES EAUX THERMALES POUR LE FORÇAGE DES FRUITS
- suffisait d’ouvrir les trois robinets placés à l’extrémité de cette ligne et, comme les tuyaux avaient une pente d’un centimètre par mètre, l’eau les traversait dans toute leur longuëur et venait tomber dans une simple rigole creusée à l’extrémité des lignes de châssis; cette rigole emmenait l’eau dans l’Isère.
- Comme la pente des tuyaux était assez faible, l’eau passait lentement dans ceux-ci et perdait une partie de sa chaleur, soit 10° au maximum, de sorte que, si la température de l’eau du collecteur était de 55°, elle n’était plus que de 45° à la sortie.
- Au début de l’exploitation, craignant que la terre ne vienne former un corps isolant, en se mastiquant, autour du tuyau enfoncé dans le sol, à 50 ou 60 cm de profondeur, on avait placé une mince couche de fumier sur ce tuyau ; mais on avait remarqué que ce fumier se décomposait assez rapidement et ne servait absolument à rien. D’ailleurs, dans des lignes où l’on n’avait pas mis de fumier, la température du sol avait été la même que dans les autres lignes.
- Lorsque l’eau coulait constamment, jour et nuit, dans les tuyaux, la température du sol protégé par les châssis, prise à 20 centimètres de profondeur, était à peu près constante, quelle que soit la température extérieure : elle était de 20° à 25°. 11 n’en était pas de même de la température confinée sous le verre et il fallait aérer légèrement lorsque le soleil donnait.
- On avait remarqué que, peut-être à cause de la présence du tuyau placé à l’intérieur du sol, il y avait presque constamment assez d’humidité dans l’intérieur des châssis sans qu’il soit nécessaire de bassiner. Le sol, lui-même, probablement à cause du voisinage de l’Isère, et surtout par suite de la nature du sous-sol imperméable sur lequel glissait l’eau qui descendait de la montagne, contenait suffisamment d’eau et ne nécessitait presque pas d’arrosage.
- Le réglage de la température, tout aussi bien du sol que de l’air intérieur des châssis, se faisait avec la plus grande facilité lorsqu’il s’agissait d’abaisser la température. En effet, dans le cas où celle-ci augmentait trop, il suffisait, pour l’abaisser, de fermer un ou plusieurs robinets des extrémités des lignes.
- Par contre, la température de l’eau étant constante, et ne dépassant pas un maximum, on pouvait se demander si, par un hiver très rigoureux, malgré les paillassons dont les châssis étaient recouverts pour éviter le refroidissement nocturne, il serait possible d’arriver à maintenir un degré de chaleur suffisante pour des cultures forcément délicates.
- Afin d’aider à la régularité de la marche de l’eau darts les tuyaux, des tubes d’air avaient été placés, à différents endroits, sur le tuyau collecteur.
- Amélie-les-Bciins (Pyrénées-Orientales). — La station thermale d’Amélie-les-Bains possède des sources d’un gros débit ; les eaux atteignent une température de 54°, mais les terrains favorables à l’installation de forceries de fruits et de légumes sont difficiles à trouver.
- Thuès-les-Bains (Pyrénées-Orientales). — Sur la ligne de Yillefranche-Yernet-les-Bains à Bourg-Madame, se trouve la station de Thuès-les-Bains qui possède des sources d’eau d’un fort débit, sortant à flanc de montagne à une température de 81 à 95°.
- Avant la guerre, un projet avait été étudié pour créer une forcerie ; il était difficile de prévoir un grand établissement, car le terrain de la vallée de la Têt est étroitement resserré entre deux montagnes à pic ; enfin le soleil n’y parait que vers le milieu du jour, mais la
- pureté du ciel peut obvier, en partie, à cet inconvénient.
- A Thuès, il n’v a pas de difficultés pour amener les eaux, un simple tuyau enveloppé de bandes calorifuges suffit pour les conduire, même à une assez longue distance.
- Ce projet n’a pas été repris après les hostilités.
- Ax-les-Thernies (Àriège). — Cette station dispose d’un débit d’eau chaude variant de 40 000 à 60 000 litres par heure, à une température moyenne de 65°. Le débit moyen étant d’environ 1000 mètres cubes par jour, dont la moitié à 75°, pourrait assurer le chauffage d’un grand nombre de châssis et de serres.
- En 1917, un établissement était en voie de création, sur un terrain enclos, de 1000 mètres, bien exposé (sud et sud-ouest), ;V50 mètres d’une prise d’eau chaude de 68°. H avait été construit une petite serre d’environ 18 mètres sur 2 m. 50 et deux lignes de bâches de 15 m. sur 1 m. 20. Malheureusement, une tempête de grêle brisa tout le vitrage existant.
- Cet établissement avait été prévu pour la production de la plante verte.
- En 1918, M. Roux, directeur de l’établissement thermal, installa dans son jardin quelques coffres qui furent chauffés par l’une des sources de la station. 11 récolta, dans de bonnes conditions, des haricots et des melons.
- Dax (Landes). — Cette station est une des mieux situées, en France, pour l’utilisation de la chaleur naturelle des eaux en vue du forçage. L’eau chaude jaillit de toutes parts et, notamment, aux Beignots et à la source Néhé. Le débit de celte dernière est de 2 400 000 litres par 24 heures, à la température de 64°.
- La seule difficulté réside dans le niveau de jaillissement des eaux qui est à peu près celui de l’Adour; il faut donc une force motrice'pour élever l’eau et l’envoyer sur les lieux de forçage.
- Comme nous l’avons déjà fait remarquer, presque toutes les stations d’eaux thermales se trouvent situées dans des vallées étroites, peu favorables à la culture des primeurs; à Dax, les terrains bien situés sont assez faciles à trouver, surtout au nord-est. Quant aux prairies situées sur les bords de l’Adour, à 400 mètres au nord de la source, elles sont sujettes aux inondations.
- Deux établissements installés à Dax utilisent les eaux thermales pour le forçage des légumes, dont quelques-uns sont expédiés sur Paris. Grâce à la ligne directe de Bordeaux et à la correspondance avec Paris, les envois arrivent généralement en 24 heures aux Halles Centrales. Enfin la proximité de Bordeaux, Arcachon, Biarritz et Pau assure de bons débouchés.
- Néris-les-Bains (Allier). — La station de Néris, située à 560 mètres d’altitude, jouit d’une bonne température en hiver. Le débit, assez considérable, des sources est de 1 800 000 litres par jour, à une température moyenne de 55°. Toute l’eau des sources pourrait être employée en hiver jusqu’au 15 mai, date d’ouverlure de la saison balnéaire.
- Èvaux-les-Bains (Creuse). — Cette station est située à 400 mètres d’altitude, entre deux collines à pic ; elle est abritée des grands vents et l’hiver n’y est pas très rigoureux.
- L’établissement thermal utilise toutes les eaux pendant la saison, soit du 15 mai au 15 septembre. En dehors de cette époque, elles sont entièrement disponibles et leur débit est assez important.
- C’est ainsi que les principales sources donnent :
- Source César, 60 000 litres par jour à 55°,6.
- Source Sainte-Marie, 40 000 litres par jour à 50°,4.
- Source Pulvérasin, 200000 litres par jour à 60° de
- p.204 - vue 208/620
-
-
-
- 205
- LA GÉOGRAPHIE LINGUISTIQUE
- température, soit un total de 500000 litres d’eau par 24 heures, à une température moyenne de 57°,8.
- La Bourboule (Puy-de-Dôme). — La station de La Bourboule, située à 845 mètres d’altitude, subit en hiver une température qui varie, suivant les années, de 0° à 12°. Les vents y sont assez violents.
- La quantité des eaux, à 56°, utilisable en dehors de la saison, est de 24 000 litres par heure.
- Chaudesaigues (Cantal). — Cette localité, située dans l’arrondissement de Saint-Flour, à 50 kilomètres d’une
- ligne de chemin de fer, n’est abordable que par des chemins de montagne.
- Le terrain est favorable à la culture des primeurs.
- Dans le Puy-de-Dôme, se trouvent deux stations d’eaux thermales : le Mont-Dore et Royal.
- Au Mont-Dore, le débit des eaux est important, mais leur température de 47° est un peu faible. A Royat, la température des eaux ne dépasse pas 55°,5.
- J. Naxot,
- Directeur de l’Ecole nationale d’Horliculture.
- LA GÉOGRAPHIE LINGUISTIQUE
- I. Caractères généraux; atlas linguistiques; la stratigraphie linguistique. — Depuis quelques années s’est créée une nouvelle branche de la science du langage : la géographie linguistique. Bien constituée aujourd’hui, après les premiers tâtonnements du début, elle a sa méthode, ses principes, elle a mis en lumière des phénomènes tout nouveaux et a modifié sur bien des points les conceptions admises jusqu’à ce jour. En un mot, elle a profondément rénové l’étude du langage, qui, envisagé sous un autre aspect, grâce à une orientation différente, a révélé des faits inédits, des évolutions, des lois insoupçonnées. L’heure est venue de la faire connaître au grand public, qui l’ignore encore. J’ai tenté d’en présenter la synthèse dans un livre récent ('). Et c’est avec plaisir que je profite de l’hospitalité cjiti m’est accordée ici pour exposer dans ses grandes lignes la méthode et scs principaux résultats aux lecteurs de La Nature.
- Le créateur de la Géographie linguistique est mon éminent collègue et ancien maiLre, M. Jules Gillié-ron. Le monumental Atlas linguistique de la France, dont il a mené à bien la longue et difficile exécution, avec M. Edmont pour enquêteur, a été le point de départ, et, on peut le dire, la condition préalable de la nouvelle science. Pour la première fois étaient juxtaposées sur la carte, à raison d’une carte par vocable, toutes les variétés d’un mot ou d’une forme grammaticale relevées dans 658 patois de la France romane (augmentée de la Belgique vvallone, de la Suisse romande et de quelques vallées piémontaises). Si l’on songe que l’Atlas renferme plus de deux mille cartes, on juge de sa richesse documentaire (*).
- La géographie linguistique repose essentiellement sur l’étude des* cartes. L’examen attentif et comparatif de celles-ci a montré rapidement que l’histoire des mots et des formes était en corrélation étroite avec leur répartition géographique actuelle. De même que la géologie reconstitue le développement
- 1. La Géographie linguistique, 1922. (Flammarion, Bibliothèque île culture générale, 4 l'r. 50). Le's cartes ci-jointes sont extraites de ce volume.
- 2. D’autres atlas linguistiques sont en préparation pour la région catalane (par M. Grieru), pour l’Italie du Nord, etc., sans compter le magistral Glossaire des patois de la Suisse romande, par MM. Gauchat, Jcanjaquet et Tappolet. Pour la bibliographie des travaux de géographie linguistique, je renvoie à mon livre précité.
- et les transformations de l’écorce terrestre d’après l’affleurement actuel et la disposition des assises superposées, de même la science du langage peut conjecturer, souvent avec certitude, d’après leur groupement présent, les diverses couches des mots en grande partie enfouies.
- Pour représenter une idée ou un objet donné, divers mots ont pu se succéder les uns aux autres sur un territoire donné, mais il est rare que le premier occupant ait été complètement délogé de ses positions, qu’il ne sc soit pas conservé dans telle ou telle région, qu’il n’ait pas laissé de trace dans la langue par ses dérivés ou par les actions qu’il avait exercées sur d’autres mots. Toute la difficulté consiste, pour le nom d’un objet et d’une idée, à retrouver l’âge respectif et les aires successives des types aujourd’hui juxtaposés, comme le géologue reconstitue les mers jurassiques et crétacées par l’inspection des falaises et des carrières.
- Tel est le but de la stratigraphie linguistique, première étape de la science. C’est l’aboutissement logique de la lecture et de l’interprétation des cartes.
- Certains cas sont assez simples et constituent de bons exemples pédagogiques, clairs et frappants. Yoici par exemple les noms de la jument en France, schématisés dans la carte ci-jointe. Celle-ci offre trois aires principales : le pointillé, correspondant au mot méridional èga ; les hachures horizontales, représentant le domaine de cavale, les hachures verticales celui de jument. Ici aucun doute n’est possible, et les documents historiques sont là pour confirmer : le type le plus ancien est èga, forme provençale du latin egua, qui occupait tout le Midi au moyen âge, tandis que la forme parallèle ive régnait sur le nord. La carte indique que cavale est venu d’Italie (l’histoire précise : vers le xvi° siècle) pour déferler sur la vallée du Rhône et la Gascogne, contournant le Massif Central et s’étendant au nord jusqu’en Wallonie, réduisant èga à une grande île et à quelques petits îlots. Arrive ensuite jument dont le sens (*) actuel s’est d’abord développé dans la région artésienne — voyez l’histoire — pour gagner ensuite Paris : de là le mot a rayonné-sur une grande partie de la France, disloquant à l’est, en plusieurs tronçons, l’aire cavale, primitivement cohérente. Enfin ont germé sporadiquement, à une
- 1. Le sens primitif était « bête de somme », comme en latin.
- p.205 - vue 209/620
-
-
-
- 206* v LA GEOGRAPHIE LINGUISTIQUE
- époque récente, quelques formations isolées comme dame, mère, pouline, bêle de cheval, etc.
- L’exemple de jument nous montre comment l'histoire 'et la géographie linguistiques sont appelées à se prêter un mutuel appui. Il arrive que, faute de documents anciens en nombre suffisant, le rôle de la géographie devient prépondérant. Voici par exemple, pour « lèvre », un type pott-, sur lequel ! nos connaissances des langues anciennes ne nous donnent aucun renseignement, et que nous trouvons à l’heure actuelle dans trois contrées différentes, la j région pyrénéenne, la Savoie et les Vosges. La mé- j thode géographique nous permet d’affirmer qu’il j s’agit d’un mot prélatin ayant recouvert jadis la Gaule : couche primitive disloquée et en majeure partie submergée par le puissant apport sédimen-taire du latin labra, qui, sous les formes actuelles labro, lauro, lèvre, occupe aujourd-’hui les deux tiers de. la France. Enfin des formations régionales développées çà et là, notamment dans la basse vallée du lîhône, « bouche » au sens de « lèvre », ou dans la région girondine balot, représentent lés alluvions de la dernière période.
- II. Les voyages des mots; courants et barrières; foyers d’expansion. — Comme on le voit par les exemples précédents, l’interprétation des cartes et la stratigraphie linguistique posent aussitôt les problèmes si passionnants de l’extension géographique et des voyages des mots : aspect nouveau et combien curieux de la vie des mots, qu’Arsène Darmes-teter n’avait pas envisagé et ne pouvait encore prévoir dans son célèbre petit livre..
- Sans doute n’ignorait-on pas les emprunts d’un langage à l’autre. On savait depuis longtemps que certains termes venaient de l’étranger, tandis que d’autres y étaient allés ; qu’à diverses époques de son histoire le français, je suppose, avait importé des vocables d’Italie, d’Espagne, d’Angleterre, etc. Mais quel itinéraire ces mots avaient-ils suivi? Les emprunts d’Italie, par exemple, étaient-ils venus tout d’un trait à Paris dans les fourgons des armées de Louis XII et de François Ier? Ou bien avaient-ils procédé par étapes en laissant en chemin des traces de leur passage?
- Mieux informée, la science du langage peut répondre aujourd’hui à cette question. Elle fait mieux encore : elle reconnaît que non seulement les métèques venus de l’étranger, mais tous les mots ont voyagé sans cesse en sens divers à travers notre territoire, comme sur ceux de nos voisins. Jusqu’à nos jours leur cheminement a 'été progressif, en dehors de ceux qui, venus par la voie maritime, accostaient dans les ports, d’où ils se répandaient peu à peu dans l’intérieur du pays. Ce n’est que tout récemment, depuis moins d’un siècle, — avec 1e. chemin de fer, l’école, le journal, la caserne, l’émigration temporaire -— que les mots se sont déplacés par sauts brusques, projetant sporadiquement, loin des foyers d’expansion, divers néologismes suivant les conditions locales ou le hasard
- des sujets interrogés : en nous reportant à la carte ci-contre (fig. I), on verra ainsi trois ilôts de jument, dans Faire cavale, avant-garde de la poussée du mot parisien, et que l’enquêteur de Y Allas linguistique a relevés dans la bouche de personnes jeunes et disposées, par leurs professions, au néologisme.
- Le déplacement des mots ne s’effectue pas au hasard. Dans leurs voyages, les mots ont obéi à des lois d’expansion faciles à reconstituer et ont suivi des chemins bien déterminés : ils ont rayonné en général autour de grands foyers de vie sociale et ont emprunté toujours les grandes voies de communication naturelles utilisées par les migrations, par les invasions, comme par le commerce ; on les voit remonter ou descendre les vallées, contourner les montagnes.
- La principale artère linguistique de la France est la grande vallée de la Saône et du Rhône. Par là sont remontés, depuis plus de vingt siècles, les innombrables termes que le Nord a empruntés au Midi; par là descendent aujourd’hui les néologismes parisiens, tandis que les vieux mots se maintiennent à l’est et à l’ouest, dans les Alpes et le Massif Centrât. Dès qu’un mot pénètre dans ce couloir, on peut être assuré qu’il le descendra jusqu’à la mer. Ainsi le compère-loriot, dont M. Gil-liéron a retrouvé l’origine près de Malmédy (nous y reviendrons dans un instant), arrive en Bourgogne avec sa famille, envoie un détachement vers l’Orléanais et égrène le long du Rhône jusqu’en Provence ses père-loriot et ses fille-loriot que les paysans du Midi ont transformées parfois en figue-loriot.
- . La trouée de. la Meuse — Paris-Chàlons-Nancy et Metz — et la ligne Paris-Orléans-Nantes comptent ensuite parmi les voies les plus importantes pour l’exportation linguistique de la capitale.
- Lés courants se heurtent aux barrières géogra phiques ou sociales, sur lesquelles ils se brisent, qu’ils contournent souvent, qu’ils arrivent parfois, plus ou moins, à franchir. Ils balaient devant eux les anciens termes, qui sont refoulés aux extrémités du territoire ou dans les régions les plus écartées. Types et formes les plus archaïques se retrouvent ainsi, arrêtés devant les barrages, embossés dans les hautes vallées alpestres, adossés surtout aux Pyrénées ou aux Vosges qui forment une véritable muraille linguistique, coincés dans le saillant de la Wallonie sur la limite du flamand et de l’allemand, rejetés dans les contrées reculées du Plateau Central, ou conservés, à titre de survivances isolées, dans les îles anglo- normandes : qu’on se reporte aux exemples précités de « jument » et de « lèvre ». Expressions et mots à succès se sont développés dans les plaines, rayonnant autour des grands centres, s’étalant comme les mers tertiaires, remontant les vallées, encerclant les massifs.
- Chaque centre social est un foyer d’irradiation, les petits étant subordonnés aux grands. Les conditions géographiques présentent ici un ensemble de possi-
- p.206 - vue 210/620
-
-
-
- LA GÉOGRAPHIE LINGUISTIQUE
- 207
- bililés, diversement utilisées ou combinées d’après l’emplacement et le développement des métropoles. Certains courants peuvent ainsi s’inverser : pendant l'époque gallo-romaine, le Rhône et la Saône furent remontés par la vague latine, tandis que de nos jours le courant nord-sud, véhicule des parisianisme a pris définitivement le dessus.
- La zone de rayonnement de chaque centre varie suivant les mots et suivant les époques. On peut ainsi reconstituer des aires lyonnaises, dont le maximum d’extension coïncide avec l’apogée de Lyon vers la fin de l’empire romain et à l’époque mérovingienne : les créations lyonnaises sont d’abord limitées à l’ouest par les types nar-bonnais,Narbonne ayant été le premier centre de romanisation de la Gaule. Lyon prend le dessus dès le IIe siècle, puis affirme sa suprématie, qui s’étend du bassin de la Garonne à celui du Pô ; à partir de l’époque carolingienne, son in-iluence décline, jusqu’à s’étendre seulement sur la surface de six à sept départements actuels.
- L’influence de Paris est prépondérante à l’heure actuelle. Mais elle varie suivant les termes. Yoici d’abord une forme à faible extension, soif avec/’, consonne parasite ajoutée, par analogie d’autres mots, au type primi t if so i. Comme on peut le voir sur la carte (lig. 2), cette forme
- ne s’est pas étendue très loin dans les patois et elle a suivi les courants naturels indiqués plus haut : la résistance linguistique la plus forte a été rencontrée du côté normanno-picard. —Etabli, mot à plus forte expansion, a déferlé, au contraire, sur toute la France du Nord, à l’exception de la Wallonie, des Vosges et du Jura; il entame le Midi par deux poussées, à l’est et à l’ouest du Massif Central, dans la région bordelaise et dans la vallée du Rhône vers Lyon. — La forme « il faut » a brisé le domaine provençal en s’ouvrant une large brèche jusqu’à la mer par la vallée du Rhône.
- III. Accidents et phénomènes analogiques ; pathologie et thérapeutique des mots. — Si les voyages forment la jeunesse chez les hommes, ils déforment singulièrement les mots, qui éprouvent de nombreux accidents au cours de leurs randonnées. L’étude-scientifique des accidents et la mise en valeur des déformations éprouvées par les termes est une des
- Vo/r la carte plus c/etaiHée., en couleur. linguistique de l'auteur
- Fij?\
- nouveautés les plus fécondes de la géographie linguistique. Ces phénomènes, rejetés dédaigneusement dans les appentis de la maison, comme des scories sans intérêt, par l’école traditionnaliste, la nouvelle science les remet en place d’honneur, en pleine lumière, en les groupant, en les analysant et en retrouvant les lois qui ont présidé à leur formation.
- Un principe, sur lequel j’ai depuis longtemps appelé l’attention, domine le sujet, c’est l’importance de la forme qui, au cours de l’histoire des mots, conditionne de nombreuses transformations, sans s’occuper du sens. Considérons d’abord l’importante série des
- attractions homonymi-ques. Jadis, on désignait ces altérations sous le nom de contamination —mauvaise métaphore, si l’on songe que c’est le mot fort et sain qui influence l’autre, — ou d'étymologie populaire, désignation non moins défectueuse, car il s’agit d’un phénomène inconscient et non d’une recherche étymologique.
- Lorsque conte-pointe (littéralement « couette piquée ».) est devenue en français courtepointe, il s’est produit une attraction mécanique de deux termes voisins par la forme, l’adjectif courte attirant à lui le vieux mot obsolète coûte qui n’était plus compris ; aucun rapport de sens : la qualité d’une bonne couverture serait plutôt d’être longue que courte. Quand la servante illettrée a confondu avec l’eau la syllabe initiale de laudanum et dit de l’eau d’anum, on peut alléguer qu’il s’agit d’un liquide, mais quel rapport entre « tomber dans les pâmes » et sa déformation populaire « tomber dans les pommes? » bit le parisien vulgaire sous-poudrer pour saupoudrer n’est-il pas un contresens absolu? Un réalité il s’agit d’une pure attraction mécanique, comme celle des corps célestes dans l’espace, et dont on peut aussi déterminer rigoureusement les lois.
- L’homonymie, considérée autrefois comme une curiosité sans intérêt, joue au contraire un rôle important dans le langage. Elle peut être destructrice : la langue tolère difficilement la rencontre fortuite de deux mots, désignant des objets différents, et que les hasards des changements de prononciation— de la phonétique — ont amenés à avoir visage identique. Encore convient-il, suivant la formule judicieuse de M. Gilliéron, que Les mots se rencontrent
- BBBES Rêgionsooû jumentose dit
- llllililim _d°—T_______d°_________«w«.v. .
- feæaæs&i Créations récentes et sporadiques ( dame.mère, pouline.eh: pas été lenu compte ,des variantes jumente/jumotte, jubine . j
- ega . _
- -rcavala, cavale. -Jument.
- dans les Essais de géographie
- Carie linguistique de la « jument
- p.207 - vue 211/620
-
-
-
- 208
- LA GEOGRAPHIE LINGUISTIQUE
- / -
- * + <+des langues romanes (au N E.,germanique; à l‘0,breton; au
- Limite de la fornje soif avec f, et de ses îlots .
- ..... Limite du type établi ( de menuisier) et de ses îlots. types plus archaïques isolés dans Faire établi
- Fig. 2.
- « Carie linguistique des mois : soif, établi. »
- dans les memes chemins de la pensée : un adjectif ne gênera guère un substantif, ni un terme abstrait un concret ; une expression du vocabulaire astronomique ne se heurtera point à un terme .agricole.
- Lu cas contraire, la collision se produit et aboutit à un télescopage. Voici un cas typique. En Gascogne la phonétique amenait à gai le nom du coq (latin gallus) comme le nom du chat (bas-latin catlus) Il était impossible de désigner par le même nom deux animaux domestiques aussi différents. C’est le chat qui, linguistiquement, a tué le coq, parce qu’il s’appuyait sur une famille de dérivés plusnombreuse : dans le langage comme dans la mêlée sociale, la victoire va aux gros bataillons. Le nom traditionnel du coq a été remplacé par des appellations analogiques ou métaphoriques : faisan, vicaire. La carte ci-jointe (lig. 5) montre que gallus a disparu dans le sud-ouest exactement à partir de l’endroit, où la phonétique changeait II en /, c’est-à-dire où gallus devenait gat, se confondant ainsi avec « chat ». Plus à l’est, l’émergence ancienne d’une aire pullus (poulet, puis coq), antérieure au passage de II final à t, a rendu impossible la collision sur ce territoire.
- ' Les attractions peuvent engendrer par réflexes d’autres phénomènes. La Wallonie avait jadis le merle.noir à côté du merle-oriol (le loriot, c’est-à-dire merle doré), devenu ensuite mer loriot : la combinaison, par suite dè la contraction, n’ayant plus été cnmprise, on a cru voir mère dans l’initiale du mot, -et, par réaction, on a fait le père loriot-, le compère a suivi de près.
- L’usure phonétique, qui contracte et ronge sans cesse les mots par leur extrémité, comme aussi les accidents arrivent à exercer une action dissolvante sur le vocabulaire, surtout dans les langues à évolution rapide comme le français. Les monosyllabes s’accrochent à tous les buissons du chemin, perdant un membre par aphérèse ou récoltant un membre postiche par prosthèse (ierre devenant lierre), tandis que les homonymes se télescopent et sont remplacés souvent par des succédanés imparfaits. Mots malades, anémiés, mutilés phonétiques : toute une pathologie Contre laquelle le langage s’efforce de réagir, soit en employant un certain nombre d’emplâtres thérapeutiques — par exemple en renforçant l’initiale ou la finale du mot, — soit en demandant aide et appui à une langue littéraire, le français au latin, les patois au français. Et c’est ainsi qu’une science sortie de l’étude des patois arrive à la réhabilitation des langues littéraires que les néo-grammairiens allemands considéraient comme des amalgames hybrides, déformation des parlers populaires plus « purs », alors qu’au contraire un langage populaire livré à lui-même s'abâtardit et devient un instrument de plus en plus imparfait pour exprimer la pensée.
- Je n’ai pu donner, dans ce court exposé, que des aperçus fragmentaires et fort schématisés de la géographie linguistique. Ce que j’ai voulu, c’est montrer l’originalité de la nouvelle science et faire pressentir la rénovation qu’elle a effectuée dans l’étude du langage. Je serais heureux si ces quelques pages avaient pu piquer la curiosité du lecteur et l’engager à faire plus ample connaissance avec ces intéressantes recherches.
- Albert Dauzat.
- Directeur cl’cludes à l’Eccle pratique des Hautes Etudes.
- ( k l'O ).
- Limite
- du basque le 1) final1 de
- coq est:
- t (auS.O).
- igné par un
- faisan
- Lieux 1
- Fig. 3. — Répartition du mol •< coq >>.
- Le Gérant : Pi Masson. — Imprimerie Pauvre, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.208 - vue 212/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2505.
- 8 AVRIL 1922
- L’INDUSTRIE DE LA NACRE
- Fig. i. — A leur arrivée, les Coquilles sont triées et classées par catégories selon leur qualité.
- Parmi tant d’animaux qui, par leur corps, procurent à l’homme des objets utiles ou agréables, les Mollusques n’occupent pas une place de tout premier ordre.
- Beaucoup cependant, parmi eux, ont des applications variées dans les industries de luxe. C’est le cas notamment de ceux qui, pourvus d’une coquille, produisent cette substahce dure, aux reflets irisés et chatoyants que l’on appelle nacre, et qui trouve de multiples usages décoratifs tant en marqueterie et en bimbeloterie que dans les fabrications d’objets artistiques de prix tels que jumelles de théâtre, éventails, couteaux, porte-plume, coupe-papier et une foule de menus bibelots de moindre valeur.
- Certains de ces mollusques; qui atteignent d’assez grandes dimensions, trouvent les applications les plus inattendues.
- Jadis, par exemple, on taillait dans la coquille du Nautile flambé, dont la nacre est très estimée, des vases à boire de vastes proportions et de grande valeur qui étaient l’accessoire obligé des tables bien servies chez les grands seigneurs. Aujourd’hui la mode en est complètement passée, mais on retrouve parfois de tels vases, souvent gravés de dessins ou d’inscriptions chez les Orientaux.
- Les plus réputés pour leur taille appartiennent au genre Tridacne, et l’espèce Tridacne gigantesque de l’océan Indien est renommée pour le grand développement auquel elle peut atteindre. On en connaît dont les valves ont jusqu’à 2 m. de long et qui ne pèsent pas moins de 200 kg.
- Deux exemplaires de ces admirables coquillages, naguère offerts par la République de Venise au roi de France François Ier, se trouvent à l’heure actuelle à Paris, à l’église Saint-Sulpice où ils servent de bénitiers.
- Coquillages nacriers. — Un assez grand nombre de mollusques appartenant aux trois ordres des Gastéropodes, des Lamellibranches et des Céphalopodes concourent pour’' la production de la nacre.
- Dans ce dernier groupe, le Nautile dont il vient d’être question tient une place à part. C?est un vieux, vieux mollusque dont l’apparition a été contemporaine des premières consolidations de l’écorce terrestre. . . : ^ ' - -
- Tel on le voit à l’heure actuelle, animal pélagique, flottant à la surface des eaux sur l’océan Indien ou sur le Pacifique, tel il a Vécu dans les mers siluriennes et cambriennes, tel on le retrouve, sans modification aucune dans sa constitution, à tous les étages des temps géologiques ; son espèce, vieille comme le monde, a traversé toute la suite des âges.;
- N’habitant que la dernière loge d’une coquille spiralée, à tours contigus dont le dernier enveloppe les autres, l’animal reste en communication par un long prolongement appelé siphon, avec la suite des chambres successivement formées qui se cloisonnant et s’emplissant de gaz lui servent de flotteur.
- Ainsi s’accroît la coquille aussi longtemps que vit l’animal. Sa nacre, connue dans le commerce sous le nom de Burgos, présente d’assez jolies irisations. Elle est spécialement estn mée des tablétiers à raison des belles dimensions des plaquettes qü’on peut en retirer.
- . Cette même nacre, burgos est donnée également par les troques et les turbos. Ces deux genres de gastéropodes vivent dans toutes les mers, toujours à peu de distance des rivages, ils affectionnent lés anfractuosités de rochers et les prairies d’aigu^.
- Ce sont des coquilles contournées en spirales, coniques ou arrondies
- 14. — 209.
- Fig. 2. — Un atelier de sciage.
- 50* Année — 1" Semestre
- p.209 - vue 213/620
-
-
-
- 210
- L’INDUSTRIE DE LA NACRE
- et ventrues en forme de toupies, dans lesquelles l’animal peut s’enfermer à l’aide d’un opercule. Les espèces Trochus nüoticus et Turbo marmoratus, toutes deux indigènes dans l’océan Indien, sont fort recherchées dans l’industrie de la nacre. Elle n’ont pas cependant les riches irisations ni les reflets métalliques qui caractérisent la nacre connue sous jle nom de good-fish, laquelle provient de la coquille {surbaissée, très plate et en forme d’oreille d’un grand gastéropode vivant dans la région indo-australienne et qui porte le nom d'Haliolis tubifera.
- Mais ce sont des Lamellibranches de la famille fdes aviculidés qui produisent les nacres blanches ou .perlières qui sont considérées comme les plus | belles. Parmi elles les huitres perlières, qui fréquentent les mers chaudes de latitudes assez variées puisqu’on en rencontre sur les côtes de Californie, d’Arabie, du Japon, dans le Golfe Persique ; dans les mers d’Amérique/ enfin et surtout dans- la région de Ceylari, livrent la nacre comme produit accessoire de la: recherche des perles. Les trois variétés principales : la nacre blanche argentée, la bâtarde blanche qui est d’un -blanc légèrement jaunâtre et la bâtarde noire d’un blanc grisâtre tirant sur le noir, n’ont pas d’autre origine.
- Comment se forme la nacre. — Dans toute coquille de mollusque, céphalopode, gastéropode ou lamellibrancbe, on distingue en allant de l’extérieur vers l’intérieur trois couches :
- 1° Une couche calcaire formant une cuticule externe.
- 2° Une couche de calcaire cristallisé formé de prismes de calcite accolés.
- 5° Une couche constituée par une superposition de lamelles, les unes calcaires, les autres formées d’une substance organique appelée conchioline et qui prend le nom de couche nacrée.
- Cette dernière existe dans tous les coquillages, mais elle n’acquiert ces reflets particuliers ou ces irisations brillantes qui lui confèrent la qualité de nacre qu’autant que chacune des couches successives qui coopèrent à sa formation a une très faible épaisseur. .
- Aucune de ces couches ne possède une coloration qui' lui soit propre, mais la lumière venant à les traverser, et à se réfléchir sur elles se décompose
- en ses radiations élémentaires : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo et violet qui sont les couleurs du spectre et qui interférant entre elles produisent ce phénomène spécial connu des physiciens sous le nom de phénomène des lames minces..
- Quelque chose d’analogue ; se; passe lorsque de l’essence d’auto renversée sur le sol s’y étale en une flaque mince. On voit alors, des irisations que l’on tient le plus souvent; ..pour .la-couleur de l’essence tandis que c’est à l'a lumière qu’il faut en rapporter la cause.
- La nacre n’.a donc pas à proprement parler de couleur, mais les couleurs qu’on observe sont en réalité des jeux de lumière sur la couche interne de la coquille formée de lamelles d’épaisseur variable mais toujours infiniment petites.
- Un repli du tégument de l’a- nimal auquel on donne le nom de manteau sécrète la coquille, mais tandis que seul le bord de celte membrane travaille à l’élaboration des couches externes, la couche nacrée est sécrétée par toute sa surface.
- On doit à cette circonstance la possibilité de nacrer artificiellement un objet — un grain de sable par exemple — en l’interposant entre la coquille et le manteau; et l’on sait que cette propriété est mise à profit — en Chiné notamment — pour fabriquer, des perles. Les vraies; perles n’étant d’ailleurs elles-mêmes que de la nacre déposée en couches concentriques autour d'un noyau ; 'sans consistance dure et dont les concrétions se forment dans les parties molles de l’animal.
- Ce que vaut la nacre et comment elle se vend. — C’est à Londres que se tient Tunique marché de la nacre.
- Dans de vastes magasins dépendant des docks de Londres, une douzaine de marchands spécialement; autorisés par le gouvernement anglais, accumulent; les produits récoltés, dans le monde entier en quan-' filés énormes. : _ , a. ;
- Pour chaque catégorie : nacre perlière, good-‘ fish, burgo, on établit des « piles » correspondant à des qualités différentes. On répartit les piles en lois dont on dresse le . catalogue et une caisse: d’échantillons par lots est exposée aux yeux des’ acheteurs qui, dans les 5 ou C jours qui précèdent; une vente, sont admis à visiter. ~~ '
- Ces ventes, au nombre de six par an, sont éche-
- Fig. J. — Le dégrossissage des plaquettes leur donne un premier poli.
- p.210 - vue 214/620
-
-
-
- L’INDUSTRIE DE LA NACRE - ' - ""."• 211
- lonnées de deux mois en deux mois. Elles ont lieu habituellement le premier ou le deuxième mardi des mois de janvier, mars, etc.
- Au jour fixé, les amateurs — en l’espèce les industriels de la nacre du monde entier — se trouvent rassemblés dans un « office » spécialement affecté aux transactions de ce genre, autour d’un commissaire-priseur qui disperse les lots aux enchères.
- Chacun achète ainsi sur catalogue et échantillons mais avec autant de sûreté que si les lots eux-mêmes étaient présentés au public, car une scrupuleuse honnêteté préside à ces opérations.
- Ce marché fixe naturellement le cours de la nacre dont les prix oscillent dans des limites assez grandes, variant avec l’importance des arrivages et l’activité de la demande.
- Supprimées pendant toute la durée de la guerre, ces ventes ont repris en 1920. Si l’on compare les prix actuels aux prix atteints dans les années qui ont précédé la guerre, on peut constater que la ' hausse sur cette matière ne réalise pas ces écarts prodigieux que l’on enregistre sur d’autres malheureusement de plus grande nécessité (ceci dit pour le marché de Londres seulement, car il est bien entendu que pour apprécier l’élévation des prix dans les pays consommateurs il y a lieu de tenir compte de la valeur de leurs changes respectifs).
- Voici quelques-uns des prix pratiqués dans les i années 1911, 1912, 1915 et les cours atteints en 1920.
- En pile I, c’est-à-dire dans la qualité supérieure, la nacre perlière valait les 50 kg 800, de 15 à 14 £
- Fig. 5. — 'Le polissage est achevé a la méule.
- Fig. 4.— L’ouvrier scieur est muni d’une solde de masque qui le protège contre l’introduction des poussières de nacre dans les voies respiratoires.
- en 1911, de 15 £ à 22 £ 15 sh. en 1912, de 12 à 16 £ en 1915, elle a été vendue de 18 £ 12 sh: à 20 £ en 1920 ; la nacre noire, dont la même unité de poids faisait 9 à 10 £ en 1915, est passée à 11# 5 sh. et 12 £ en 1920, le good-fish qui était à 10 ou 12 £ en 1911, 10 à 11 1/2 £ en 1912, 6 1/2 £ à 10 1/2 £ en 1915 a atteint 12 à 15 £ en 1920.
- Comment on travaille la nacre. — Les coquilles arrivées à destination sont d’abord triées et réparties en lots suivant les usages auxquels on les destine (%•!)•
- Dans le but de les débarrasser des impuretés qui peuvent les souiller et de la cuticule calcaire qui les recouvre, les ouvriers leur font ensuite subir un lavage dans l’eau additionnée d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique.
- Cetté opération terminée, on procède au sciage qui se fait avec des scies à découper, très fines. Ce sciage né peut pas être pratiqué suivant'n’importe quelle direction. Si l’on réfléchit,- en effet, que l’aspect nacré est produit, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut, par une superposition de lames minces, on comprend que cette disposition doive être respectée par le sciage et que celui-ci, tout en épousant les ondulations de la coquille, doive être poursuivi perpendiculairement aux couches, au fil, comme on dit en termede métier (fig. 2).
- Tout l’arL de l’opérateur consiste ici à manœuvrer sa scie de manière à tirer tout le parti possible d’une
- p.211 - vue 215/620
-
-
-
- 212
- = UN DOCK POUR LES ÉPREUVES DE RÉSISTANCE DES SOUS-MARINS
- coquille en respectant le sens imposé par la nature même de la nacre.
- Les plaquettes ainsi obtenues par sciage sont ensuite soumises à un nouveau décapage, après quoi on use la surface à la meule dans une troisième opération que l’on nomme dégrossissage et qui a pour objet tout à la fois d’aplanir les plaquettes et de leur donner le poli désirable (fig. 3). A cet effet, la meule employée est successivement une meule de grès, puis d’émeri. On achève de donner le fini avec
- une pierre ponce et du colcothar (fig. 5). Il ne reste plus qu’à découper à nouveau pour communiquer aux plaquettes la forme adéquate aux objets auxquels on les destine.
- Sur les gravures que nous donnons ici on assiste à toute la suite de ces opérations dont l’ensemble constitue l’industrie de la nacre ; industrie assez délicate qui réclame de ses ouvriers pas mal d’habileté et beaucoup de pratique professionnelle.
- GeORGKS KlMI’I'IJN.
- UN DOCK POUR LES ÉPREUVES DE RÉSISTANCE ET D’ÉTANCHÉITÉ
- * DES SOUS-MARINS
- On sait que les sous-marins, en raison des profondeurs auxquelles ils peuvent être amenés à descendre et des pressions qu’ils auront à y supporter *
- sous-marins neufs, ces essais sont faits dans un bassin de radoub.
- Mais la tranche d’eau qu’on y peut faire peser sur
- m|
- Porte étanche du cylindre dëpreui/es '
- fj|~| Cabine de manœuvre des appareils
- Fig. i. — Vue en profil et plan du dock de carénage et d’épreuve des coques des sous-marins allemands.
- doivent présenter dans leur structure, une résistance considérable et une étanchéité particulièrement soignée. Un certain nombre d’accidents graves se sont produits, notamment dans les débuts de la navigation sous-marine, parce que les précautions nécessaires n’avaient pas été suffisamment prises à ce point de vue. Je ne rappellerai que celui du Lutin. Ce sous-marin coula au large de Bizertc parce que la cloison intérieure d’un de ses water-ballast eut à supporter accidentellement la pression de l’eau à une trop grande profondeur et creva sous ce poids. Le navire fut submergé et tout l’équipage périt. La cause de ce désastre était aussi futile qu’impossible à prévoir. Un caillou s’était introduit, on n'a jamais su comment, dans la valve de fermeture de ce water-ballast et en avait empêché le fonctionnement. En France on procède bien à des •essais d’étanchéité et de résistance de la coque des
- eux n’est pas assez haute pour donner une certitude que leurs tôles sont suffisamment solides pour résister aux pressions des grandes profondeurs auxquelles ils sont exposés à descendre accidentellement Les Allemands étaient, en cette matière, plus avancés que nous. Ils avaient imaginé et construit un dock d’essais de résistance des coques des sous-marins dont nous allons donner la description, et qui, en exécution des clauses du traité de Paix, a été remis récemment à l’Angleterre. I
- Ce dock a été construit pendant la guerre pour l’amirauté allemande, mais au dire del'Engineering, l'auteur de ses plans, l’ingénieur von Klitizerig, les avait proposés, dès 1915 au Gouvernement russe. .1 Ce dock présente cette spécialité qu’on peut en même temps y faire les essais de résistance de là coque d’un' sous-marin dans le cylindre à pression qui en occupe le centre (fig. 1 et 2) ou bien mettre
- p.212 - vue 216/620
-
-
-
- UN DOCK POUR LES ÉPREUVES DE RÉSISTANCE DES SOUS MARINS ---- 213
- à sec pour les nettoyer ou les réparer 2 sous-marins ou torpilleurs sur les cales placées de part et d’autre du cylindre à pression. Les figures 1, 2 et 5 (') montrent clairement l’ingénieuse disposition adoptée, qui permet en somme d’opérer soit sur un sous-marin dont on veut essayer la résistance, soit sur 2 navires à la fois, pour les caréner.
- La forme du dock lui-même est celle de tous les engins similaires, avec un radeau a iïanqué de 2 flasques verticales b et c, jouant le rôle de flotteurs et de water-ballast.
- Les cellules à air e et f (fîg. 5) agissent pour accroître la stabilité du dock lorsqu’il est immergé pendant les opérations d’essai de résistance de la coque des sous-marins. On peut à volonté ne placer sur le dock à caréner qu’un seul sous-marin ; dans ce cas l’équilibre est maintenu en remplissant les
- lique qui constitue l’essai lui-même est fournie par 2 pompes électriques à haute pression.
- Voici comment s’effectue la manœuvre pour l’essai de solidité et d’étanchéité d’un sous-marin :
- Le dock est immergé de façon que l’axe du cylindre d’essai se trouve à 1 m. au-dessous du niveau de l’eau. La porte étant ouverte, le sous-marin est introduit et maintenu dans le cylindre par des épontilles. La porte est mise en place ainsi que le tube permettant la communication avec l’intérieur du bâtiment. Les pompes de remplissage du cylindre sont alors mises en action et comme elles aspirent l’eau des water-ballast du ponton lui-même, le dock garde son niveau d’immersion. L’air du cylindre s’échappe par des valves automatiques dans 5 dômes ménagés sur la partie supérieure du cylindre, lesquelles valves se referment lorsque l’eau a pénétré
- Fig. 2.
- Le sous-marin dans le cylindre d’épreuves.
- Fig. 3.
- Carénage à sec des sous-marins.
- compartiments à eau convenables de la partie inférieure des flasques b et c.
- Le tube à pression est un cylindre d’acier de 12 m. de diamètre, et de 116 m. de long, complètement étanche à une extrémité et fermé à l’autre par une porte de bassin du genre ordinaire que la pression de l’eau applique du dedans en dehors contre la tranche extrême du cylindre.
- Lorsque le cylindre se remplit d’eau, l’air s’accumule dans la cabine ou chambre de contrôle qu’on voit dans la fig. 1 d’où il s’échappe par une valve de sûreté à contrepoids.
- On peut pénétrer dans le sous-marin ou en sortir par un tube qui s’emmanche sur le cylindre.
- Les manœuvres de fonçage et de relevage du dock et celle du remplissage du cylindre s’opèrent de la chambre de contrôle qui contient les instruments de manœuvre nécessaires et les manomètres de pression. Le remplissage est fait au moyen de 2 pompes à basse pression et la pression hydrau-
- dans ces dômes. L’air accumulé dans ceux-ci s’évacue par des tuyaux qui aboutissent à la chambre de contrôle.
- On établit alors la pression hydraulique d’épreuve au moyen des pompes dont il a été déjà parlé.
- La puissance de ces pompes permet d’assurer une élévation de pression de 8 atmosphères dans le cylindre d’essai préalablement rempli d’eau.
- Les hommes restés dans le sous-marin peuvent s’évacuer en passant par le tube ad hoc. Si un danger se présente au cours de l’opération, quatre grandes vannes peuvent être ouvertes par lesquelles l’eau sort en torrent, de sorte que la pression, peut être ramenée à zéro en quelques minutes.
- Un dock flottant du même genre et destiné à un usage analogue est en service à l’Arsenal italien de la Spezzia. Mais il diffère de celui qui vient d’être décrit en ce que le cylindre à compression hydraulique sert également pour la réparation des sous-marins qui y sont mis à sec.
- 1. Tirées de Y Engineering, n° du 25 février 1921.
- Commandant Sauvaire Jourdan.
- p.213 - vue 217/620
-
-
-
- 214 ..-.... = ==
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- 1. — Principes de la téléphonie sans fil. — Nous n’cn sommes plus à compter les merveilles que la science . réalise chaque jour; cependant, d’aucunes attirent davantage l’attention par leur nouveauté et par la réalisation pratique de grandes idées qui semblaient, hier encore, être du domaine du roman. •
- Parmi celles-ci, la téléphonie sans lîl est à l’ordre du jour. Quoi de plus merveilleux en effet :1e simple citoyen, tranquillement assis dans son bureau, l’agriculteur dans son domaine, le marin sur son navire, l’explorateur même dans le centre du désert qu’il parcourt péniblement, dressent un simple fil métallique, lui adaptent un appareil des plus réduits que termine un écouteur téléphonique, et voici que soudain, à l’heure précise que règlent les horaires, la voix humaine, cette parfaite expression de la pensée, venant de la lointaine métropole, fait raisonner l’écouteur, elle conte les nouvelles du jour, donne les prévisions météorologiques les plus précises; puis, des chants lui succèdent, et tel merveilleux quatuor d’instruments anciens que nous avons entendu récemment est, au même instant, reçu par tous avec ses plus exquises finesses.
- Cela, c’est la poésie de la téléphonie sans fil; nous allons maintenant essayer pour les lecteurs de cette revue d’en expliquer les mystères, ce qui nous amène à considérer les divers facteurs du problème : la théorie physique de la parole, la façon dont les vibrations de celle parole modifient les ondes hertziennes, les appareils d’émission, enfin les appareils de réception; les premiers considérés pour les grandes puissances et pour les émissions particulières de faible intensité et les postes restreints, les seconds considérés au point de vue de la réception par tous dans les meilleures conditions possibles.
- Lit jihysique de la parole. —Un son pur, exempt d’harmoniques, telle la vibration fondamentale d’une corde, comporte deux caractéristiques : la fréquence des vibrations, leur amplitude; caractéristiques que traduit graphiquement une sinusoïde régulière où l’amplitude est inscrite en fonction du temps.
- Le fréquence détermine la hauteur du son, son rang dans l’échelle des vibrations musicales que constitue la gamme, dont la base est le la 3 du diapason normal exécutant 455 vibrations. par seconde ; l’amplitude détermine la puissance du son, sa portée, pourrait-on dire : elle est fonction de l’énergie mise en jeu dans l’émetteur.
- La parole, ensemble d’ondes sonores complexes et superposées résultant des vibrations des cordes vocales au passage de l’air expiré, des vibrations de cet air lui-même que modifie la capacité de résonance constituée par les organes buccaux variable sous le jeu des muscles, est. fort différente d’un
- son pur : elle est constituée par un ensemble d’ondes fondamentales diverses que complique la présence de nombreux harmoniques.
- Ces harmoniques sont des sons dont le nombre de vibrations par seconde est un multiple ou un sous-multiple entier de l’onde fondamentale et l’on démontre mathématiquement que tout son complexe peut se traduire en une série additive comportant une onde fondamentale accompagnée d’un nombre variable d’harmoniques, autrement dit, que la courbe très complexe des émissions vocales peut se décomposer à chaque instant en une quantité déterminée de sinusoïdes régulières et se traduire mathématiquement par la formule dcEouricr.
- C’est à la présence de ces harmoniques que la voix humaine doit un caractère particulier : le timbre.
- De nombreux chercheurs ont étudié les formes spéciales des vibrations de la voix. L’une des théories des plus récentes et des plus complètes est celle du D1' Marage, qui, par des procédés photographiques analogues aux méthodes utilisées en télégraphie par Uollak-Virag, inscrivit ces vibrations avec leurs modalités particulières, sur des films à déroulement rapide, inscriptions qui lui permirent d’étudier à lafois la fréquence, l’amplitude, la forme même des vibrations vocales.
- Il y a lieu de distinguer deux classes d’émissions vocales : l’émission des voyelles ; celle des consonnes.
- Le Dr Marage a démontré, par ses expériences d’analyse et de synthèse de la voix, que les consonnes sont en réalité des voyelles qu’accompagnent, non plus des sons purs mais , des bruits, et que leur durée d’émission est beaucoup plus brève que celle des voyelles.
- La figure 1 montre la nature des inscriptions effectuées par le Dr Marage et concernant les voyelles ; en réalité ces incriptions sont toujours assez irrégulières et ne se présentent pas avec la pureté de ces tracés, mais l’allure générale est toujours identique.
- De cette constatation, nous pouvons dès à présent déduireunfait important, c’est que la portée réalisée en téléphonie sans fil sera toujours inférieure à celle que permet, dans les mêmes conditions de dépense d’énergie, la radiotélégraphie. En effet, pour qu’un mot, une phrase soient entièrement compréhensibles, il est nécessaire d’en percevoir toutes les fractions avec leur modulation propre ; les seules voyelles qui provoquent des vibrations sonores de grande amplitude relative, ne peuvent constituer des phrases, ces phrases, en leur intégrité, nécessitent l’adjonction de consonnes; mais pour celles-ci, l’amplitude est très faible et dépasse rarement le tiers de celle des voyelles ; il s’en suit que la portée réelle de la parole en sans-fil sera réduite d’autant, en appelant portée réelle celle qui comporte à la réception la compréhension fidèle de l’émission entière.
- p.214 - vue 218/620
-
-
-
- L ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL — 215
- Pour un poste émetteur déterminé pouvant travailler soit en télégraphie, soit en téléphonie avec les mêmes caractéristiques d’énergie, la portée, en trafic régulier, est réduite environ des deux tiers dans le second cas; au delà de cette limite, la voix est bien entendue mais demeure incompréhensible, ceci, en supposant, bien entendu, un récepteur d’une sensibilité déterminée.
- La transmission des ondes sonores par les ondes électromagnétiques. — Voyons maintenant comment ces ondes sonores peuvent être transmises par la voie des ondes électromagnétiques.
- Aucun appareil actuel ne permet de les transformer directement en ondes hertziennes; celles-ci, en réalité, leur servent de support et tiennent lieu dans l’espace du fil de la téléphonie ordinaire.
- Ces ondes de support doivent présenter des caractères particuliers. Elles doivent tout d’abord posséder une fréquence fort élevée, très différente des fréquences que comportent les ondes vocales ou musicales, la valeur de ces dernières oscille entre 50 et 40 000 ; cette dernière limite étant celle des vibrations extrêmes que peut percevoir, d’après certains auteurs, l’oreille humaine. Il est donc nécessaire, afin que l’onde de support ne déforme pas l’onde sonore, que la fréquence de cette -onde de support soit supérieure à 40 000, ce qui limite la longueurde l’onde électromagnétique à 7500 m. environ au maximum.
- Cette onde doit, de plus, être continue et d’amplitude uniforme, ces deux conditions excluent l’emploi d’ondes amorties, c’est-à-dire formées de trains d’ondes à amortissement rapide séparés par des silences' relativement longs.
- En prenant, en effet, comme exemple l’onde de 500 mètres, et supposant un émetteur fournissant 1000 étincelles par seconde, le calcul nous montre que la durée des ondes émises ne dépasse pas
- 1 . . •
- 100 000 seconc^e tanc^s cIue ce^e de l’intervalle
- de temps séparant deux trains successifs est de de seconde-
- Pendant ces intervalles, Tonde sonore n’ayant plus de support né saurait être transmise.
- La solution du problème ne peut donc s’obtenir que par l’emploi d’ondes entretenues, c’est-à-dire d’ondes'se suivant de façon ininterrompue, possédant même période et présentant des amplitudes égales, ondes dont la traduction graphique est une sinusoïde.
- En comparant les figures 2 et 5 qui représentent respectivement les graphiques des ondes amorties
- Train , Train , , Train ,
- \ d’ondes'. : d'ondes j 1 d'ondes\
- {\ A j Silence \(\ \ Silence > Ï\ l\À
- —3 \J\sL- \J
- Fig. 2. — Inscriptiongraphique dhme de trains d’ondes amorties. succession
- £ /V'VVA/VVA/X/X
- °AAAA
- 3/wl/Wl/ly “TVl/l/l
- Fig. i. — Forme de vibrations sonores correspondant aux defférentes voyelles {d’après le Dr Marage).
- et entretenues, on verra immédiatement la diffé-
- % .
- rence des deux modes d’émission.
- Les divers modes d'émission. — Ceci posé-, quels sont les modes d’émission d’ondes entretenues actuellement connus?
- Pratiquement, il en existe trois : l’émission par arc Poulsen, l’émission par alternateur à haute fréquence préconisée en 1889 par Tesla, et mise successivement au point par Fessenden, AV. Alexan-derson, M. Bethenod, M. Latour, M. R. Goldschmit^ pour citer les principaux ingénieurs que préoccupa cette question, enfin l’émission par valves électroniques ou tubes à vide,
- L’émission par arc se prête difficilement à la transmission de la parole pour diverses raisons., en particulier parce que l’intensité des courants modulateurs réclame des microphones spéciaux dont le rendement phonique est défectueux ; toutefois des essais intéressants dans cette voie ont été tentés en 1915 et 1914 par divers chercheurs.
- Les alternateurs à haute fréquence présentent en partie le même inconvénient et sont de plus d’un établissement coûteux et délicat.
- La véritable solution du problème a été donnée par les émetteurs à valve4 Ces valves, sur la théorie desquelles je n’ai pas à revenir, car elle a été exposée à plusieurs reprises dans cette revue, outre leurs nombreuses applications comme détecteurs, amplificateurs, coupleurs, etc., sont.en effet, dans des conditions particulières de fonctionnement d’excellents émetteurs d’ondes entretenues convenablement pures et présentent un rendement assez élevé auquel s’ajoute une grande simplicité de montage.
- Ces émetteurs sont de plus susceptibles d’être utilisés dans d’assez grandes limites d’énergie ; en particulier, pour les postes peu puissants, leur encombrement et leur poids restreint les rendent aptes à de nombreuses applications, par exemple, émetteurs d’avions, de marine, liaison de trains en marche entre eux ou avec des stations centrales, etc., sans oublier leurs multiples usages aux armées.
- Examinons maintenant le mode de transport de Fonde sonore par l’onde électromagnétique entretenue.
- En parlant devant un microphone traversé par un courant continu de faible intensité, nous savons que, par suite des variations de résistance des contacts microphoniques provoquées par les vibra-
- p.215 - vue 219/620
-
-
-
- 216 .. — L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Fig. 3. — L’inscription graphique d’une onde entretenue de forme sinusoïdale.-
- tions de la membrane de charbon sous le choc des ondes sonores, ce courant est transformé en un courant ondulé dont la fréquence est à chaque instant là même que celle de ces ondes sonores qui l’ont provoqué, première étape de la transformation de ces ondes sonores en ondés électriques, lesquelles, nous devons le remarquer, sont à basse fréquence.
- Par des dispositifs appropriés que nous décrirons plus loin, il est facile de superposer cette onde électrique locale modifiée par la parole à fonde entretenue de l’émetteur laquelle, rappelons-le, est de haute fréquence.
- Soit en A (fig. 4) fonde entretenue sinusoïdale, en B le courant modifié par la parole, courant qui ne doit, autant que possible, jamais s’annuler sous peine d’interrompre la transmission; nous supposerons lâ fraction de courant B envisagée formée d’ondes semblables.
- Les deux courants superposés dans le même appareil s’additionnent algébriquement et donnent une résultante exprimée par la courbe C, résultante dont la courbe des maxima est analogue à la courbe B, donc à celle de fonde sonore émise .•
- La membrane téléphonique du récepteur qui ne pouvait, à cause de son inertie, suivre la haute fréquence de fonde entretenue À suivra sans difficulté celle de la courbe des maxima de G, la hauteur du son qu’elle rendra sera donc fonction du nombre de périodes de cette dernière ; ce son sera identique à celui de l’émetteur : la transmission sera réalisée.
- / Le mécanisme présenté de cette façon très simple est exact pour une onde pure ; pour une onde complexe l’allure générale des courbes de superposition se complique du fait des harmoniques, mais la théorie reste la même et peut se comprendre facilement.
- 11. — L’émission. — Comment sont constitués les appareils émetteurs? Il y a lieu, à ce sujet, de considérer d’abord les schémas de principe, puis la réalisation d’émetteurs choisis dans des cas particuliers.
- En principe, tout émetteur télégraphique à valves peut servir de transmetteur téléphonique en lui adjoignant un microphone convenablement placé.
- Le type classique le plus simple de l’émetteur à valve n’est autre que l’hétérodyne, émetteur local d’ondes entretenues de faible amplitude ; il sert à la réception à provoquer dans un poste récepteur ordinaire à ondes amorties, des oscillations; il se superposent aux oscillations recueillies par l’antenne et permettent l’audition des ondes entretenues par la méthode des battements.
- La figure 5 représente ce montage que peut facilement construire tout amateur.
- La self S peut être constituée soit par une self d’Oudin ordinaire, soit par des galettes à prise médiane, les valeurs de cette self et celles du condensateur variable c déterminent la longueur d’onde du circuit oscillant local, dans lequel les jeux des selfs de grille et de plaque entretiennent des oscillations d’amplitude constante.
- Légèrement modifié, ainsi que le montre la figure 6, l’héterodyne constitue un émetteur simple de télégraphie à ondes entretenues, dans lequel À est l’antenne, T la terre, M le manipulateur et c un condensateur variable à air de réglage.
- Ici nous devons ouvrir une parenthèse précisant les différences de fonctionnement de ces deux appareils. L’entretien d’oscillations dans un émetteur nécessite un certain degré de couplage des selfs ainsi qu’une capacité déterminée du condensateur du circuit oscillant. Lorsque ce couplage est très serré, les oscillations sont très stables sur une grande échelle des longueurs d’onde que détermine la variation de la capacité du condensateur, mais dans ce cas, l’énergie mise en jeu est très faible ; tout au contraire, si les selfs sont en couplage très lâche, on ne peut obtenir qu’une faible variation de longueur d’onde au delà de laquelle les oscillations cessent brusquement, ce que l’on exprime en disant qu’elles « décrochent » ; dans ce deuxième cas, l’énergie mise en jeu est maximum et d’autant plus considérable que l’on s’approche de la limite du décrochage.
- Le premier cas convient à l’hétérodyne, émetteur de peu de rayonnement, tandis que le second doit être réalisé dans l’émetteur sur antenne destiné à l’émissiorï à grande distance, donc à rayonnement maximum.
- Ceci nous explique pourquoi, lorsqu’on utilise un émetteur à valves en téléphonie, il est nécessaire d’éviter de trop brusques chutes de tension dans le microphone, ces chutes provoquant d’intempestifs
- Fig. 4. — Principe de la téléphonie sans fil.
- A, onde électrique entretenue ; B, onde sonore ; C, onde résultant de la modulation de l’onde entretenue A par l’onde sonore B.
- p.216 - vue 220/620
-
-
-
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL r- ?\7
- décrochages qui coupent brusquement l’émission.
- Examinons maintenant les émetteurs de téléphonie proprement dits.
- Les plus simples sont réalisés schématiquement par les figures 7 et 8 ; ce qui différencie ces deux montages est la position du microphone (lequel dans ces deux cas ne nécessite pas de source électrique auxiliaire). Dans la figure 7, il est placé en dérivation sur quelques spires de la bobine de grille, dans la figure 8 sur quelques spires de la bobine de plaque. Un ampèremètre thermique, placé à la base de l’antenne, permet de régler et mesurer à tout instant la puissance de l’émission. Ces montages sont bons pour des émetteurs de faible puissance ne dépassant pas une centaine de watts. Nous devons noter ici que ces schémas ne montrent qu’une seule lampe, en réalité on met plusieurs lampes en parallèle afin d’augmenter l’énergie.
- A titre d’indication pratique, signalons que les lampes de la télégraphie militaire, du modèle courant utilisé dans les amplificateurs, permettent d’utiliser une énergie d’environ 10 watts par lampe; des modèles spéciaux pour émission à plaque renforcée permettent d’utiliser 50 watts, ceci pour des postes d’amateurs; pour les grands postes l’on construit des lampes spéciales dont certains modèles utilisent un kilowatt et plus. Le poste de la tour Eiffel emploie actuellement 4 lampes en parallèle de 250 watts chacune.
- Pour les émetteurs puissants, tels ceux des grands postes que nous entendons chaque jour, les procédés de modulation sont quelque peu différents.
- On entend par modulation les procédés qui permettent de faire varier l’amplitude des ondes entretenues de support, en fonction des variations de résistance du circuit microphonique qui provoquent les sons émis devant le microphone de l’émetteur.
- Les grandes portées ne sont réalisées que grâce à de grandes amplitudes, de plus la nécessité d’obtention d’une grande pureté de son à la réception exige l’absence absolue de distorsion et de bruits auxiliaires ou crachements provoqués par un jeu exagéré
- 80 à 150 v.
- Fig. 6. — Utilisation d’une lampe électronique comme
- génératrice d’ondes entretenues pour la télégraphie sans fil,
- _ +
- q T 80 y.
- immpm
- S
- Fig. 5. — Montage d’une lampe électronique en générateur hétérodyne.
- des contacts microphoniques. Pour la distorsion, phénomène gênant au premier chef, la téléphonie sans fil l’ignore, alors qu’elle reste un échec de la téléphonie à fil sur longues distances. Dans cette dernière en effet, les sons ne se propagent pas avec la même vitesse à toutes les fréquences et cette propagation inégale donne à la réception une suite de sons différents de la suite d’émission, ce mélange déterminant à l’extrémité de la ligne des vocables incompréhensibles.
- Restent la nécessité de grandes amplitudes et l’absence de crachements. Afin de résoudre ces problèmes, l’action microphonique, au lieu d’agir directement sur le circuit d’émission, lui est transmise par étages sticcessifs.
- Pratiquement, le microphone est placé en série dans le primaire peu résistant d’un transformateur du modèle ordinaire des P. T. T., ce qui nécessite la présence d’une source auxiliaire de quelques volts dans son circuit; le secondaire, de résistance beaucoup plus élevée, est connecté aux bornes d’entrée d’un amplificateur à lampes à basse fréquence à 2 ou 5 étages — cet amplificateur, monté d’une manière analogue à celle des 5 ter du type courant, se différencie de .ceux-ci par l’utilisation de transformateurs à circuit magnétique ouvert, —la sortie de cet amplificateur va au circuit de grille d’une lampe portant le nom de lampe « modulatrice » et c’est le circuit de plaque de cette modulatrice qui vient en définitive agir sur le circuit de grille des lampes émettrices montées en parallèle dont les plaques alimentées par un courant de voltage élevé (de 250 à plusieurs milliers de volts suivant les puissances) provoqueront l’alternatif à haute fréquence modulé dans l’antenne d’émission.
- Postes émetteurs de petite puissance. — Un arrêté ministériel du 18 juin 1921 autorisant en France sous certaines conditions (l) l’établissement par les amateurs de postes de transmission radiotélégra-phiques et radiotéléphoniques d’études et d’essais, nous pensons être utile aux nombreuses personnes que ces expériences intéressent en leur donnant les
- 1. Les conditions générales applicables aux postes d’amateurs pour études et essais sont ainsi fixées : longueur d’onde utilisée 200 mètres, puissance maximum dans l’antenne, 100 watts, droits annuels, 100 francs.
- p.217 - vue 221/620
-
-
-
- 218 .. ...: L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- caractéristiques précises de postes d’émission de radiophonie faciles à construire, postes que nous avons réalisés dans le but de
- 7^
- créer un réseau d’amateurs parmi les membres de la Société française d’études de T. S. F. que nous avons fondée en 1914 et qui compte actuellement en France plus d’un millier d’adhérents. L’un d’eux a été
- n , décrit par M. René
- Fig-. — Poste emetteur de 1
- téléphonie sans fil avec valve Dubosq dans 1 excel-gênératrice d’ondes entretenues, lente revue La T.
- S. F. Moderne tà
- laquelle nous avons emprunté ce montage que l’expérience nous a fait légèrement modifier ; le second qui a été créé par nos recherches personnelles nous a donné également toute satisfaction.
- L’alimentation de ces postes est effectuée par deux sources électriques différentes, l’une de 6 volts destinée au chauffage des filaments des lampes est fournie par 3 ou4 accumulateurs de 60 à 80 ampère-heures, l’autre de 400 à 500 volts à faible débit est fournie, soit par une batterie de piles Leclanché à grande surface, soit par une batterie d’accumulateurs de 4 à 5 ampère-heures, soit par un élévateur de tension rotatif alimenté par une batterie d’accus de 12 à 20 volts et de grande capacité (80 à 100 ampère-heures).
- Nous avons utilisé avec succès dans ce dernier cas des convertisseurs du type Barthélemy (12 v. — 520 v.) ainsi qu’un convertisseur américain de 6 v. — 600 v. employé sur les avions.
- Dans le cas d’utilisation directe d’une batterie de piles ou d’accumulateurs à haut voltage, les pôles se branchent directement sur le circuit d’utilisation, dans le cas d’emploi d’un convertisseur, il est nécessaire de compléter l’appareillage par un dispositif particulier.
- K--------------- - -IOO - --------
- Fig. ç. — Construction d’une bobine de self pour atténuer les ondulations d’un courant redressé.
- 1 +
- 6v
- V, 320 v.
- ^1...VF
- fil
- Le courant sortant du convertisseur, est, de par le jeu de la commutation, légèrement ondulé, il est nécessaire d’atténuer ces ondulations par l’emploi de bobines de selfs et de condensateurs convenables. Ce dispositif d’absorption est constitué de la manière suivante.
- Les bobines de self au nombre de deux comportent un noyau de fils de fer doux (fil carcasse) de 16 mm. de diamètre et de 100 mm. de longueur (fig. 9)
- sur lequel sont bobinés « en électro » 900 grammes de fil 4/10 m. isolé à deux couches coton et maintenu en place par deux joues de 60 mm. en carton laqué ou mieux en presspahn. Deux capacités de 1 microfarad shuntent l’entrée et la sortie de ces
- Fig. 8. — Autre disposition de poste de téléphonie sans fil.
- selfs ainsique le montre la figure 10.
- Voici maintenant l’ensemble de l’émetteur (fig. 11).
- Le condensateur C, est de 0,0005 microfarad, le condensateur C2 de 0,002 et le condensateur fixe C3 de deux microfarads.
- La self d’accord S comprend 50 spires de fil de 20/10 à 2 couches coton bobinées sur un tube isolant de 120 mm. de diamètre, elle comporte 9 prises soudées de 5 en 5 spires, reliées à deux séries de neuf plots conjugués. Les prises de la manette A complétées par le jeu du condensateur déterminent la valeur de la longueur d’onde ; celles de la manette B donnent le couplage optimum pour les diverses longueurs d’ondes utilisées.
- Le réglage de Ci est le plus important, car c’est de lui que dépend la modulation précise de la parole.
- R est une résistance réglable à graphite constituée de la manière suivante.
- Sur une plaquette d’ébonitc de 8 cm. X10 cm.
- Fig. io. — Montage pour l’emploi de courant redressé au chauffage du filament des lampes génératrices.
- p.218 - vue 222/620
-
-
-
- L’ETAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL, 219
- Antenne
- s\ mp eret J thermicfi
- Mi Hiamp.
- iSec. Pnim.
- Source 4°o_ continue
- 600k
- Microphone
- Fig. ii. — Montage d’un poste émetteur de téléphonie sans Jil potir amateurs.
- Terre
- est fixée une manette du modèle,courant; à l’extrémité de la lame mobile de cette manette, on soude un tube de cuivre de 5 mm. de diamètre et de 1 cm. de longueur à l’intérieur duquel on insère un crayon graphité taillé dans un balai de dynamo (fig. 4 2).
- Sur le trajet circulaire du charbon, l’ébonite est finement dépolie au papier d’émeri usagé; par mouvement de va-et-vient, le charbon trace lui-même la résistance ; àl’une de ses extrémités, celle-ci porte une prise de contact constituée par une vis Y munie d’une rondelle de plomb; 4b, B, sont les bornes de prise.
- En St (fig. 11) se trouve une self sans fer servant
- V •
- Fig. 12. — Résistance réglable à graphite.
- de bobine de choc destinée à évi ter le retour d’oscillations de haute fréquence dans le circuit d’alimentation.
- Cette self est constituée par une bobine plate de 100 mm. de diamètre, creusée sur sa périphérie d’une gorge de 40 mm. de large, suffisamment profonde pour permettre d’y loger 120 tours de fil de 4/10 m. isolé à 2 couches coton.
- Les lampes utilisées peuvent être du modèle de réception courant, toutefois elles ne supportent guère plus de 500 volts ; il est préférable d’employer des lampes américaines modèle VT2. Dans de bonnes conditions de fonctionnement, ce radiophone permet d’atteindre des portées de plusieurs centaines de kilomètres. . ^
- - Le réglage de cet émetteur s’opère de la façon suivante : la manette À est mise sur le plot donnant la longueur d’onde désirée ; on fait varier la capacité de C2 progressivement jusqu’à obtenir le maximum d’intensité à l’ampèremètre thermique; la manette B est placée sur le plot donnant la plus grande intensité dans l’antenne; enfin on règle doucement le condensateur Cj jusqu’à ce que la parole fasse osciller le milliampèremètre, ce dernier réglage doit être très précis.
- Le transformateur Tr est du type utilisé couramment en téléphonie à fil ; la résistance B est réglée afin d’obtenir le meilleur rendement et varie suivant l’impédance du secondaire du transformateur. Le microphone est un appareil à grenaille
- du type usuel. . T1
- Jr J. Roussel,
- (À suivre fi Secrétaire général de la Société Française
- ’> d’Études de T. S. F.
- p.219 - vue 223/620
-
-
-
- Une des premières fleurs du printemps.
- LA FICAIRE
- Partout les bourgeons s’épanouissent, les prairies se couvrent de verdure : c’est l’annonce des beaux jours. Au bord des chemins, dans les parcs, quelques feuilles en forme de cœur sortent de terre.
- Ces premières feuilles sont celles d’une des plantes les plus précoces de l’année : la Ficaire. En raison de la grande extension de cette plante, il est utile de la connaître parfaitement : nous aurons ainsi enrichi nos recettes d’économie domestique quand nous saurons qu’elle est utilisable dans l’alimentation.
- La Ficaire (fig. 1). appelée par Mœnch Ficaria ranunculoides, par Linné Banunculus Ficaria, par Hudson Ficaria verna, est appelée vulgairement Ficaire fausse Renoncule, Petite Chélidoine, Fausse Chélidoine,
- Petite Éclaire, Éclairette (’). C’est une plante vivace qui fait partie de la famille des Renonculacées. Elle apparaît dès la fin de l’hiver et fleurit de mars à mai. Elle se plaît dans les endroits humides et ombragés, les bois frais, les buissons, les haies, les parcs : on l’y rencontre en grand nombre. Elle y forme des parterres.
- C’est une plante très commune dans toute la France. Ses feuilles sont épaisses, luisantes, marbrées, en forme de cœur, échancrées de loin en loin, crénelées, sinuées ou dentées parfois sur le même pied. Leur pétiole est terminé par une gaine. Souvent on Fig. i.
- voit sur ces feuilles de petites pus- Un Pied de Ficaire. tules. Elles sont dues à la présence d’un champignon parasite qui y provoque une carie. Ce champignon appelé Entylome est un Basi-diomycète de la famille des Tillétracées (d’après van Tieghem), ou des Ustilaginées (d’après Bonnier). C’est un parasite des feuilles de la Ficaire, de la Renoncule rampante, du Souci, etc. Il reste limité autour du point où a germé sa spore, alors que dans les genres voisins le champignon pénètre ordinairement dans la plante au moment de la germination, se concentre dans le bourgeon terminal et se développe dans la fleur. Ainsi la Tillétie du Blé qui provoque la redoutable maladie de la Carie se développe dans l’ovule et prend la place du grain de Blé qui est dit carié.
- Le mycélium de ces champignons s’accroît dans les espaces intercellulaires de la plante parasitée. Il
- 1. Dans certaines régions on l'appelle aussi herbe aux hémorroïdes, à cause de ses racines composées de granulations, par la croyance, dit Littré, qu’une plante guérissait les parties auxquelles elle ressemblait. 11 y a plus cependant, puisque la médecine l’emploie comme remède dans ce cas.
- enfonce seulement dans les cellules des suçoirs ordinairement en forme de pinceaux qui y puisent la nourriture nécessaire à son développement.
- Le champignon se reproduit au moyen de cellules à membrane épaisse et de couleur foncée : c’est la probaside qui germe en donnant un tube court appelé baside. A son sommet se forme un verticille de spores plus ou moins allongées. Celles-ci en tom-plante hospitalière y gCrment, percent l’épiderme et se ramifient à l’intérieur. Il y. a aussi parfois reproduction par les conidies.
- Les tiges de la Ficaire sont ordinairement couchées, courtes ou très longues pouvant alors atteindre 50 cm. Le calice est formé de trois sépales, parfois quatre ou cinq, plus petits que les pétales. Les fleurs jaunes, luisantes, de 2 à o cm de diamètre, sont solitaires à l’extrémité d’un long pédoncule (M. Les pétales allongées, au nombre de 6 à 12, sont d’une magnifique couleur d’or vernissée sur les deux tiers de leur longueur. Le dernier tiers, vers la base, est ordinairement jaune mat. Au point d’insertion des pétales se trouve une petite fossette nectarifère recouverte d’une écaille échancrée (fig. 6). Les étamines sont nombreuses avec les anthères tournées en dehors, caractéristique de la famille. Les carpelles, très nombreux aussi (15 à 20), forment au centre de la fleur un capitule globuleux et donnent à maturité des akènes couverts de petits poils (fig. 9 et 10).
- Les racines de la Ficaire sont filamenteuses, mais beaucoup d’entre elles sont renflées en forme de petites figues allongées (fig. 2), d’où le nom de Ficaire donné à la plante, du latin ficus, figue. Ces tubercules sont de vraies racines à structure primaire normale. Le cylindre central n’y est pas plus développé que dans une racine ordinaire, mais l’écorce est très épaisse, en raison des matières nutritives qui y sont accumulées. Ces réserves sont surtout constituées par l’amidon. On le reconnaît facilement par son réactif ordinaire : la solution iodo-iodurée facile à obtenir (on fait fondre dans 300 gr. d’eau, 4 gr. d’iodure de potassium et on ajoute 17 gr. d’iode). Il suffit de trancher un des tubercules, et d’appliquer sur la face coupée une gouttelette de la solution. L’endroit touché deviendra instantanément bleu-violet, caractéristique de la présence de l’amidon. Au début de la saison, cette réaction massive
- 1. Une variété partit flor a a tic petites Heurs de 15 à 18 mm de diamètre.
- p.220 - vue 224/620
-
-
-
- LA FICAIRE
- ne sc fait pas ordinairement, car les réserves ne sont pas assez importantes, mais déjà on constate la présence de l’amidon en faisant une coupe mince dans un tubercule, en la plongeant dans la solution iodo-iodurée et en l’examinant au microscope à un faible grossissement (100 fois par exemple). On constate alors que les réserves d’amidon commencent à s’établir parfois dans une toute petite portion du parenchjme cortical, bien que celui-ci soit déjà très épais (fig. 2); puis peu à peu les grains d’amidon se forment dans toute l’écorce et on en compte un grand nombre dans chaque cellule (fig. 5). Ils prennent dans le réactif une magnifique coloration violette interne.
- La Ficaire se multiplie ordinairement par ses
- 221
- 1er en les faisant se développer sous une couverture de feuilles sèches.
- Ses tubercules ont une saveur âcre avant la floraison et sont alors vénéneux. Mais après la floraison, ils s’enrichissent en amidon, perdent leurs propriétés nocives et deviennent comestibles. On aura donc soin avant la floraison de retrancher les tubercules de sa récolte.
- Ces tubercules contiennent un glucoside : la fica-rine. C’esl un corps jaune à saveur sucrée, soluble dans l’eau et l’alcool (*).
- Que pensaient les Anciens de la Ficaire? Pour eux, la Ficaire était une Chélidoine. Ils l’appelaient « Petite Chélidoine » comme on l’appelle encore de nos jours. Dioscoride, un médecin militaire grec du
- Fig. 3. — Coupe transversale d'un tubercule au printemps-, réserves d’amidon hachurées; à droite, grains d’amidon isolés.
- Fig. 4.
- Bulbilles à Vaisselle des feuilles.
- Fig. 2.
- Racines renflées en tubercules.
- racines-tubercules, mais elle a aussi un autre mode de propagation. Lorsque la floraison est terminée, il sc forme à l’aisselle de certaines feuilles, sur les tiges aériennes, de petits bourgeons ou bulbilles (fig. 4). Lorsque la plante sc flétrit, ces bulbilles accompagnées d’une racine adventive tombent sur le sol et comme de véritables graines y germent, sc développent et donnent naissance à une nouvelle plante. On donne parfois le nom de « froment de la pluie », ou d’ « orge du ciel », à ces bulbilles qui se détachent facilement, sur tout après une pluie battante. Quand la plante a des bulbilles, ses fleurs sont ordinairement stériles.
- Au point de vue de l’alimentation, là Fieairc peut rendre de réels services. Sa fleur est comestible. Ses feuilles crues. peuvent être mangées en salade. Elles ont des propriétés antiscorbutiques et anti-scrofuleuses (les Allemands appellent la Ficaire plante antiscorbutique : Scharbochskraut). Cuites, on les mange comme les épinards. Leur goût est plus agréable quand on a eu soin de les faire étio-
- ier siècle de notre ère qui devait surtout s’occuper de Botanique en suivant les armées, nous a laissé un traité intitulé « De la matière médicale » où il appelle la Ficaire, Petite Chélidoine (y eXioovtov JYhxpov) etaussifroment sauvage [/jiupo5aypic<y(Diosc. 11,212)], nom qu’on lui donne encore, surtout en Allemagne.
- Pline, son contemporain latin, l’appelle « Petite Chélidoine à feuilles de lierre « Chelidonia minor foliis hederaceis ».
- Il serait intéressant de savoir ce que les botanistes de cette époque pensaient de ces deux genres qu’ils rapprochaient, ignorant encore nos savantes classifications. Voici ce qu'en dit Pline : « Les animaux ont aussi découvert des plantes et entre autres la chélidoine. C’est avec cette herbe que les hirondelles, dit-on, rétablissent la vue de leurs petits, eussent-ils même les yeux arrachés. On en distingue deux espèces : l’une, plus grande, à plusieurs tiges,
- 1. On emploie la ficarine en solution contre les hémorroïdes. On emploie au même usage les tubercules de la plante en infusion ou en décoction.
- p.221 - vue 225/620
-
-
-
- 222
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- la feuille du panais sauvage, mais plus large. Elle a deux coudées de hauteur, sa couleur est blanchâtre et sa fleur jaune. L’autre, plus-petite, a les feuilles du lierre, mais plus arrondies et moins blanches, la graine du pavot, le suc âcre cl jaune'du safran ». Ici, Pline fait une erreur de description. Comme il lui arrivait souvent, il a accepté deux caractères inexacts, sans les contrôler. Le reste de la description s’applique parfaitement à la Ficaire, à laquelle les commentateurs de Pline l’ont toujours rapporté. Dioscoride est plus exact et ne dit pas que la Ficaire ait un suc jaunâtre ni que sa graine ressemble à celle du pavot.
- Pline continue : « Ces deux plantes fleurissent a l’arrivée - des hirondelles et se flétrissent à leur départ. On en tire le suc quand elles sont en fleur.
- hirondelles et traitait ce remède de fable « Unde etiam locus fabulæ factas est.... » (Celsc YI-6).
- Nous souhaitons à nos lecteurs de bien reconnaître la Ficaire qui est si répandue et actuellement en pleine végétation. L’introduction de cette plante pourrait devenir « pro modulo suo » un remède à la cherté de la vie. Elle en serait au moins un, et facile, contre la cherté de la salade et des légumes verts à une époque où ils sont encore des plus rares !
- Nous avons donné la description de la Ficaire commune en France. Il existe une Ficaire (Ranun-culus ficarice fournis) dans l’Europe méridionale, le Maroc, l’Algérie, l’Asie Mineure, la Syrie, la Corse,-plus robuste que la nôtre, ayant de grandes feuilles épaisses, entières et peu dentées, des fleurs de 3 à 5 cm de diamètre, des sépales blanc-jaunâtre et des
- Fig. 5 à io. — De gauche à droite, coupe verticale de la fleur; pétale avec fossette nectarifère et écaille à la base; étamine; diagramme floral; carpelle; pistil.
- On le fait cuire dans un vase d’airain, avec du miel attique, sur des cendres chaudes : c’est un remède souverain pour les maladies des yeux. On emploie encore ce suc, pur, dans les collyres, appelé de son nom « chelidonia ».
- Pline attribue ainsi aux deux plantes les memes propriétés médicinales. Ce préjugé était déjà combattu un siècle auparavant par un médecin du temps d’Auguste, Celse, qui n’ajoutait aucune croyance à l’action du suc de la chélidoine sur la vue des jeunes
- ACADÉMIE I
- Séances de
- Un cas de moniliase bronchique. — Le professeur Surtory et le Dr L. Moinson signalent à l’Académie un cas très curieux de maladie pulmonaire chez l’homme, due à un champignon microscopique du genre Monilià. Les caractères cliniques de la maladie ressemblaient à s’y méprendre à ceux de la tuberculose. Mais l’examen microscopique ayant relevé la présence de Monilia Pinoyi, des inoculations faites à des lapins démontrèrent le rôle pathogène du microorganisme. Traité par l’iode injecté, le malade guérit en quatre mois.
- Cet exemple montre que doivent être fréquentes les affections (mycoses pulmonaires) causées par des champignons inférieurs.
- A propos de la synthèse de Vammoniaque. — On sait que M. Georges Claude réalise l’union des deux éléments,
- carpelles hérissés. Les Arabes l’appellent « Fouila » et les Kabyles « Tibiobt », « Petite Fève ».
- Une Ficaria nudicaulis, de 4 à 8 cm de long, à petites feuilles de 1 à 2 cm., 5 de long sur 6 à 20 mm de large, pousse de décembre à avril seulement en Europe orientale. Enfin, tin Ranuncii lus Ficarioi des ne se trouve qu’en Grèce, dans l’Archipel et au Liban.
- Il serait utile de rechercher les propriétés alimentaires ou médicinales de ces espèces exotiques.
- Abbé L. Paucot,
- Licencie ôs sciences.
- NL§*>
- ES SCIENCES
- janvier 1922.
- azote et hydrogène, en comprimant leur mélange à 1000 atm. Or, l’énorme quanlité de chaleur libérée, dans un faible espace provoque une élévation de température, toujours supérieure à 500° et«le « refroidissement » des tubes de catalyse-a été, aux débuts de T usine-de Mon-tereau, obtenu par une circulation de plomb fondu. De l’extérieur à l’intérieur, on n’en a pas moins vu certains tubes éclater, sous l’influence d’une, énorme pression s’exerçant sur les couches externes, soumises de la part des autres à un travail excessif. 11 importe donc d’éviter toute circulation importante de chaleur du centre à la périphérie des appareils et, d’apiès la note de M. Georges Claude, un tel résultat s’nblicnt par immersion du tube tout entier dans une masse de matière inerte comme le Eieselguhr. Paul lt.
- p.222 - vue 226/620
-
-
-
- 223
- LES AVIONS LANCÉS PAR CATAPULTES
- Bien qu’il ne soit pas possible d’installer sur les cuirassés et croiseurs de bataille des ponts dégagés comme ceux des porte-avions, il n’en a pas moins été décidé, dans toutes les marines, que les grands navires de combat porteraient quelques avions de combat et des aéroplanes pour le réglage du tir.
- Une des grosses difficultés pour les lancements consiste dans le fait qu’il faut que l’avion soit debout au vent pour qu’il puisse quitter sa plate-forme fixée en général jusqu’à présent sur les volées des canons des tourelles avant.
- À la suite.de longues expériences, l’arsenal de la Marine de Philadelphie a fini par construire un chemin de roulement avec table tournante au centre. Sur ce chemin de roulement circule un chariot portant un avion. Ce chariot, qui fonctionne à l’aide d’air comprimé, remplit le rôle de catapulte.
- L’ensemble est assez peu volumineux pour pouvoir être installé sur les cuirassés et croiseurs et être toujours orienté debout au vent.
- A l’approche d’escadrilles de bombardement d’une flotte hostile, une armée navale pourra lancer un grand nombre d’aéroplanes de combat qui pourront les arrêter et les détruire avant qu’elles aient pu développer leur attaque.
- C’est la vraie réponse à la menace de l’avion de bombardement qui s’est révélé comme particulièrement dangereux lors des attaques sensationnelles faites notamment sur l’ex-allemand Ost-Friedland.
- Dans ces. expériences, il a été démontré que des bombes lancées par des avions sur des navires ne se défendant pas, pouvaient leur causer des dommages matériels très sérieux.
- Il est évident qu’un navire de guerre est armé d’une artillerie anti-aérienne, mais on peut dire qu’en dehors de son effet moral, elle ne possède aucune efficacité; on avance couramment que, pendant la dernière guerre, il a toujours fallu tirer plus de 1000 coups sur un aéroplane volant à bonne hauteur, mettons 12 à 1500 m., pour le descendre.
- Dans la marine, comme d’ailleurs dans toutes les armes, les moyens d’attaque et de défense se sont développés presque parallèlement pas à pas et aujourd’hui on considère dans certains groupes de la marine américaine que le lancement d’avions par catapulte permettra de faire face aux dangers des bombardements qui ont eu un si grand retentissement, bien que la Commission présidée par le général Pershing ait reconnu enfin que le cuirassé n’en restait pas moins l’épine dorsale de la puissance navale d’un grand pays.
- La Commission admettait en même temps que les bombardements des grands navires par avions constituaient un danger très sérieux pour leur sécurité quand les charges étaient élevées, surtout
- depuis qu’on avait pu constater que ces charges explosant sous l’eau à proximité de VOst-Friedlandj avaient défoncé sa coque comme l’aurait produit l’explosion d’une mine et avaient fait sombrer ce cuirassé remarquablement bien défendu comme ses congénères contre l’effet des mines et des torpilles.
- La catapulte dont nous venons de parler est nouvelle, mais elle est le résultat final d’une série d’expériences, débutant en 1911 sous la direction du capitaine-aviateur Chambers.
- Le premier vol sur avion lancé par catapulte eut lieu le 12 novembre 1912 sur unhydroplane Curtiss, monté par le lieutenant Ellyson aujourd’hui conn mander. Ces premiers essais donnèrent satisfaction, mais plutôt théoriquement ; ce fut en 1915, quand le développement des hydro-avions fut parvenu à un haut degré, qu’il devint évident pour les marins qu’il fallait à tout prix trouver le moyen d’embarquer des avions sur les navires.
- Un nouveau dispositif dérivant de l’ancien fut installé sur le croiseur cuirassé North-Caroîina et des vols réussis furent obtenus.
- L’installation parut si pratique que les croiseurs Seattle et Hutinglon en furent pourvus et, au début de l’hiver de 1916, de nombreux vols eurent lieu en partant de ces croiseurs.
- Au moment où les États-Unis entrèrent en ligne dans la guerre mondiale, l’effort principal de là marine se porta contre les submersibles ef là“pro-tcction des convois de navires de commerce; comme on ne prévoyait pas l’emploi d’avions à bord des croiseurs d’escorte, les dispositifs de lancement furent momentanément supprimés.
- Après l’armistice, les études furent reprises et ont conduit à la catapulte sur pont tournant de l’arsenal de Philadelphie.
- Les vieilles catapultes consistaient en un chemin de roulement sur lequel un chariot était entraîné par un cylindre à air comprimé.
- L’avion prenait place sur le chariot et à la fin de sa course, quand ce dernier avait atteint sa vitesse maxima, l’avion s’échappait de ses liens, prenait son essor.
- Seulement, comme ce chemin de roulement était sur le pont et placé sur l’axe du navire et qu’il fallait qu’au moment de son envol l’aéroplane eut le vent debout, il était indispensable de manœuvrer le navire de manière que le vent soufflât droit de l’arrière et dans la direction du chemin de roulement.
- Cette manœuvre, bien que facile à exécuter, avait le grave inconvénient d’obliger parfois le navire à sortir de la ligne, ce qui n’est pas admissible quand les navires sont groupes.
- Pour un cuirassé en particulier, il serait absolument inadmissible qu’il quittât son poste dans une formation pour gouverner peut-être dans une direc-
- p.223 - vue 227/620
-
-
-
- 224
- LES AVIONS LANCÉS PAR CATAPULTES
- lion très désavantageuse au point de vue tactique, et uniquement pour avoir le bénéfice d’un départ réussi d’avion.
- Ce sont ces considérations qui ont amené au chemin de roulement tournant, parce qu’il permet au cuirassé ou au grand croiseur de conserver son poste dans la ligne, puisque l’on peut diriger la catapulte de telle manière que l’avion ait le vent droit debout.
- La catapulte à voie tournante consiste en une structure qui rappelle celle d’un pont, sur lequel circule le chariot habituel portant l’avion et qui est mù par air comprimé.
- Des essais très nombreux et très poussés ont démontré qu’avec ce dispositif, il est possible de lancer avec succès tous les types d’hydroplanes ou d’aéro-
- voir prendre charge de l’avion dès qu’il est libéré du chariot.
- Le développement d’une catapulte réellement pratique marque un pas important dans l’aviation maritime, car ces appareils sont relativement petits et sans trop grand encombrement et il sera possible de munir les difïérents navires de l’armée navale d’avions pouvant être lancés au moment voulu par les catapultes, mais qui atterriront sur un grand croiseur porte-avions à pont large et bien dégagé, quand leur mission sera remplie.
- Quant aux hydroplanes, ils pourront être lancés par les catapultes comme les avions ordinaires, mais à leur retour ils viendront s’approcher des navires qui les bisseront avec des bossoirs comme des chaloupes ordinaires.
- Fig.1-
- La catapulte sur la plage d’un cuirassé.
- planes qui peuvent être embarqués sur les cuirassés ou les croiseurs.
- Le problème du lancement dans un court trajet au moyen d’une catapulte dépend de plusieurs facteurs : le premier et plus important est, qu’à la fin de la course, la catapulte ait imprimé à l’avion une vitesse telle, que dès qu’il est libéré du chemin de roulement, la pression de l’air sous les ailes le soulève dans l’espace et qu’il commence à voler, condition qui, pour être remplie, demande que la vitesse de lancement soit supérieure d’une certaine quantité à la vitesse minima à laquelle l’avion peut encore se soutenir dans l’air.
- Deuxièmement, il est nécessaire que l’avion ayant été amené à cette vitesse minima indispensable, il soit rigidement fixé au chariot de lancement de manière qu’il ne le quitte pas trop tôt!..............
- Finalement, il est nécessaire que l’accélération de vitesse de lancement ne soit pas suffisamment grande ou assez violente pour occasionner des troubles physiques au pilote qui doit manœuvrer l’appareil et conserver toutes ses facultés pour pou-
- Jusqu’à ce que la marine américaine possède un nombre suffisant de porte-avions (elle ne possède actuellement que Le Langley qui est tout à fait insuffisant comme disposition, comme vitesse, comme tenue au roulis), les hydroplanes seront indispensables aux escadres à la mer.
- À beaucoup de points de vue, ces derniers appareils dans leur état de développement actuel sont réellement pratiques, bien que par très mauvais temps, un atterrissage avec grosse mer ait le plus souvent pour résultat la perte de l’hydroplanc, tout en conservant quelque chance de sauver les aviateurs qui le montent.
- Avec la catapulte, on peut lancer les hydroplanes par de vrais mauvais temps et en temps de guerre le commandant en chef n’hésitera sûrement pas à les expédier, si le besoin urgent s’en fait sentir, sans tenir compte de ce qu’ils pourront ou non être sauvés au moment de leur atterrissage de retour.
- Tel est le dernier progrès vers la solution du problème difficile de l’emploi des forces aériennes à la mer.
- Capit. de vaisseau À. Poidlouë.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Laiiure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.224 - vue 228/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2506.
- 15 AVRIL 1922
- ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS
- C’est le titre d’un ouvrage (4) qui vient de paraître, magnifique aussi bien par la documentation qu’on y trouve rassemblée et la vie de travail qu’elle représente que par la présentation des planches et des illustrations.
- Comme le dit le professeur Laveran dans la préface, on ne connaissait guère, il y a trente ans, en fait d’animaux venimeux que les Serpents, les Scorpions, quelques Araignées, la Salamandre, le Crapaud, les Abeilles et deux poissons marins : la Vive et la Svnancée.
- Aujourd’hui, on connaît des animaux venimeux dans tous les grands groupes zoologiques et leur élude, au seul point de vue de la fonction venimeuse, suffit à remplir 1600 pages.
- C’est dire le progrès réalisé dans nos connaissances, progrès dont deux des premiers et des plus actifs ouvriers furent les I)rs Césaire et Marie Phi-salix. C’est Césaire Phisalix qui, le premier avec Gabriel Bertrand, découvrit le vaccin, puis le sérum contre le venin de Vipère, pendant qu’Albcrt Cal-metlc préparait à Lille la sérothérapie contre le venin de Cobra.
- Césaire Phisalix mort en 1906, sa veuve, Marie
- étudie les espèces venimeuses ; la structure de leurs appareils à venin, le mode de fonctionnement de ceux-ci, les accidents causés chez l'homme et diverses espèces animales, la nature des veines et leur fonction, les moyens de défense : immunité, vaccination et sérothérapie, complétant ainsi les notions que l’on trouve éparses et incomplètes dans les traités des diverses sciences biologiques.
- Nous ne ferons ici qu’évoquer les principales espèces venimeuses examinées par Mme Phisalix, puis, nous nous bornerons à exposer ses conceptions personnelles sur les fonctions et usages des venins, ne pouvant dans le cadre d’un article présenter les autres multiples aspects du problème auquel Mme Phisalix a consacré tant de temps et de soins.
- Animaux venimeux. — Leur liste serait longue,
- Fig. i. — Coupe à travers la paroi d’une Hydre d’eau douce.
- end, cnydocyste au repos;
- 5, organe sensoriel.
- Fig. 2. — Scolopendra morsitans.
- Phisalix, continua seule leurs recherches au Muséum national d’Histoire naturelle et c’est leur œuvre commune, poursuivie et complétée par elle, qu’elle présente aujourd’hui.
- Elle y a eu beaucoup de mérite, car la manipulation des espèces venimeuses vivantes n’est ni agréable ni inoiïensivc, et Mme Phisalix a risqué maintes fois de dangereuses morsures auxquelles elle n’a pas toujours échappé. En 1911 notamment, mordue par un lléloderme, elle en ressentit cinq mois les douloureux effets.
- * La question des venins est importante à tons les points de vue : zoologique, physiologique et médical. Elle se rattache à maints grands problèmes, depuis ceux biologiques des procédés de défense des animaux, jusqu’à ceux très complexes et encore imparfaitement élucidés des réactions chimiques que provoquent les venins au contact du sang et des tissus de l’organisme : cytotoxines, bémolysincs, neuro-toxines, ferments, etc.
- L’œuvre dont nous parlons ici les envisage tous successivement. Dans chaque groupe, Mme Phisalix
- 1. Animaux venimeux cl venins, par le Dr Marie Pm-salix, 2 vol. in-8, 521 lig\, 1600 p., 17 pl. Masson et Clc, éditeurs, Paris. Prix : 120 francs.
- s’il fallait les énumérer tous.
- Chez les plus petits, les : Protozoaires à unique cellule, l’arme du venin est déjà employée, certaines Amibes possèdent des tentacules venimeux qui leur servent à paralyser les proies dont elles se nourrissent; quelques infusoires ont des poignards, des trichocysles, voisins des enydocystes, dont nous verrons le fonctionnement tout à l’heure.
- Les Cœlentérés sont pour la plupart venimeux, de l’avis meme des simples baigneurs, qui, ayant frôlé en nageant une Méduse, ont senti peu après sur leur peau les démangeaisons d’un urticaire plus ou moins développé. Méduses, Actinies, etc., doivent cette propriété à la présence sur leur surface de cellules spéciales, les enydocystes, dan s les--quelles un blâment creux, chargé de venin, est enroulé en spirale, prêt à sortir à la moindre excitation (fig. 1). Divers Ech ino-dermes sont toxiques, mais- Fig. 3.— Buthus auslralis.
- 15.
- __995.
- 50* Année.-— 1*' Semestre-
- p.225 - vue 229/620
-
-
-
- 226
- ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS
- Fig. 4.— Lycosa tarenlula.
- cette question est encore mal connue.; les Oursins ont, disséminées entre leurs gros piquants, de petites pinces articulées, les pédiceffaires, qui inoculent le produit de glandes, capable de tuer des petits Crustacés et des Mollusques.
- Quelques Vers ont des organes urticants, et beaucoup, parmi les parasites, sont toxiques : Distome, Bilharzia, Echinocoque, Ascaris, Taenia, etc.
- Les Arthropodes fournissent une longue liste d’espèces venimeuses, même pour l’homme : Scolopendre (fig. 2), Scorpions (fig. 5), Araignées (fig. 4), Moustiques, Nèpes, Ranatres, Poux, Chenilles' et Papillons urticants, Abeilles, Guêpes, Frelons, etc.
- Parmi les poissons, on en connaît un certain nombre de venimeux : Vive, Scorpène, Baie paste-nague, Murène, Synansies de l’Océan Indien (fig. 5), etc. D’autres ont le sang venimeux ou bien sont vénéneux.
- Il suffirait d’avoir touché une Grenouille ou un Crapaud, puis de s’être frotté les yeüx, pour savoir que les Batraciens doivent trouver place dans le volume de Mme Phisalix. Tous ont sur la peau des groupes de glandes sécrétant des vpnins.
- Par contre, les Lézards sont tons inoffensifs, sauf la famille des Ilélodermcs (fig. 0), dont la morsure, souvent mortelle, est toujours dangereuse, comme Mme Phisalix en a fait malheureusement l'expérience.
- Parmi les Serpents, les espèces venimeuses abondent : Vipères d’Europe; Naja, Bitis, Céraste d’Afrique; Naja, Lachesis d’Asie ; Crotales d’Amérique, etc.
- Enfin, il existe un Mammifère venimeux peu connu, l’Ornithorynque j (fig. 8), pourvu au niveau des hanches de deux glandes qui se déversent par un canal dansune sorte d’éperon de chaque patte postérieure'.', La piqûre en est grave, même pour l’homme, et les Australiens la redoutent autant que celle des serpents* venimeux.
- Fonctions des venins. — D’après la brève énumération qui précède, imparfait aperçu de la variété des espèces étudiées en détail par Mme Phisalix, on voit que la fonction venimeuse s’observe chez les animaux les plus divers.
- Son rôle dans la protection de l’espèce a été bien mis en évidence par l’auteur.
- Mme Phisalix dit, en effet : « L’existence d’une arme vulnérante en connexion avec les glandes venimeuses fait aussitôt penser à des bandits savants, assurés des résultats de leur opération, pourvu que leur dague empoisonnée atteigne leur victime; on voit effectivement des serpents venimeux frapper soudainement leur proie, non moins soudainement se retirer, et attendre, avant d’en entreprendre la déglutition, que cessent les mouvements convulsifs. Les Hyménoptères, les Arachnides, les Myriapodes procèdent de même lorsque le volume de la proie est disproportionné à leur propre taille ; les Cœlentérés déchargent leurs nombreuses batteries urticantes sur la proie qui passe, puis l’enlacent intimement de leurs filaments pêcheurs. Il est bien évident, dans tous ces cas, que l’appareil vulné-rant a un rôle important dans l’attaque et la capture de la proie : celle-ci, paralysée et quelquefois ligotée, peut être dépecée tout à loisir. »
- Le venin, arme d’attaque ayant le plus souvent un but alimentaire, sert également à la défense de l’individu et de l’espèce en limitant le nombre des ennemis qui viennent l’attaquer. Ce système de protection présente toutes les formes, depuis la morsure du Serpent, la piqûre de la Vive, le contact urticant des Méduses, jusqu’à la défense passive des animaux vénéneux : Batraciens à peau irritante, Poissons à chair toxique, etc.
- A ces fonctions, guerrières pourrait-on dire, les venins en ajoutent d’autres plus inattendues.
- Tout d’abord, élaborés par diverses glandes qui les déversent dans le sang, ils réagissent sur toute la vie, et notamment sur la nutrition de leurs auteurs. Le venin des glandes cutanées du Crapaud disparait au moment de la formation des œufs ; le venin des Hyménoptères : Guêpes, Abeilles, est riche en acide formique qui excite leur puissance musculaire, etc.
- En outre, les espèces venimeuses sont partieuliè-
- Fig. 5. — Synancict verruc'osa.
- p.226 - vue 230/620
-
-
-
- ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS
- 227
- Fig. 6.
- Heloderma suspectum.
- renient résistantes, non seulement au venin de leur propre espèce, mais généralement aussi à celui des autres, aux toxines microbiennes et aux poisons en général.
- Dès 1891,. C. Phisalix et Conte-jean ont montré qu’une Salamandre terrestre, pesant environ 50 gr., supporte 120 milligrammes de morphine, 45 de curare, 60 d’édrine;
- C. Phisalix a vu qu’elle résiste à une dose de venin de son espèce capable de tuer 200 moineaux ou une centaine de souris.
- Le Crapaud commun tolère non seulement son propre venin, mais encore toutes sortes de poisons : digitaline, helléborine, strophantine, etc.
- La Grenouille peut se nourrir impunément de Cantharides et autres insectes vésicants. Une Ranci catesbiana du poids de 80 à 100 grammes peut recevoir 20 milligrammes de venin de Crotale, sans mourir; une Rana escuienta de 20 grammes ne meurt qu’après une dose de venin de Vipère double de; celle qui tue un Cobaye de 500 grammes.
- Une Couleuvre de 50 grammes tolère Sjjmilli-grammes de venin de Vipère capable de tuer 15 à 20 Cobayes, et la Vipère elle-même ne meurt qu’après injection de 120 milligrammes du venin de son espèce,, soit 5 à 6 fois ce que peut fournir à un moment donné le plus vigoureux sujet.
- Une Couleuvre
- nin de Salamandre pour mourir et résiste à une dose de venin muqueux de Grenouille capable de tuer 8 ou 10 Lapins.
- L’Anguille supporte de même façon le venin de Vipère et même celui oe Crotale. Le Scorpion résiste à sa propre piqûre. Les Mygales, les Scorpions, les Grillons, les larves d’Oryctes, les Reptiles, la Grenouille ne sont pas touchés par la toxine tétanique.
- à collier de 100 grammes doit recevoir 19 milligrammes de ve-
- ..-J t f-M , r - A fj Æ ? •/- ' f .f y ~
- éS.
- -l . ?. i
- ( ‘
- p.227 - vue 231/620
-
-
-
- 228
- ANIMAUX VENIMEUX ET VENINS
- Quelques mammifères, le Hérisson tout particulièrement, mais aussi la Mangouste, les Rats, Souris et Lérots ; certains Oiseaux, le Corbeau, le Canard, la Chouette, la Buse, l'Oie présentent, eux aussi, une certaine immunité naturelle aux venins.
- Les physiologistes ont beaucoup étudié le mécanisme de cette immunité, particulièrement à cause de sa ressemblance avec l’immunité de certains hommes aux toxines de diverses maladies.
- Ils ont réussi à montrer qu’elle relève de deux mécanismes différents : 1° une résistance des cellules, immunité cytologique, qu’elles doivent à leur
- venin, causant l’inflammation de la langue, la chute des cheveux, la perte de l’intelligence, l’incoordination dès mouvements ; elle empoisonnait, disait-on, les Heurs et les fruits, l’eau des sources et des fontaines. A cette description terrifiante qu’on trouve dans Nicandre, Pline le .leune, Eginète, le Moyen Age ajouta le pouvoir de vomir la flamme et de dompter le feu, et, aujourd’hui encore , beaucoup de paysans la craignent ou la détruisent.
- Le Crapaud n’a guère meilleure réputation.
- La Grenouille, par contre, fut plus thérapeutique, ainsi que les Vipères dont on fit des ceintures, des
- composition ou qu’elles acquièrent par accoutumance; 2° l’antagonisme physiologique entre les venins et certaines substances chimiques du sang, immunité humorale. L’une, et l’autre concourent à protéger l’animal venimeux contre ses propres substances toxiques et contre les morsures d’autres espèces venimeuses. C’est par elles que s’expliquent le courage du Hérisson à attaquer les Vipères, le rôle bienfaisant de la Mangouste chassant Les serpents des maisons de l’Inde.
- Usages des venins en thérapeutique. ;— L’Antiquité et le Moyen Age connaissaient les venins et avaient déjà remarqué cette miraculeuse protection de certains animaux contre les venins de divers autres vils avaient même bâti sur ces faits maintes légendes qui se sont perpétuées jusqu’à nous.
- La Salamandre, animal lüaléfiquc, projetait sur l’homme des gerbes aveuglantes de son’caustique
- bouillons, des poudres. Aujourd’hui encore, les Français n’ont-ils pas réputation à l’étranger d’être des mangeurs de grenouilles?
- Le hézoard, l’orviétan, la thériaque étaient à base de préparations de Vipères et leur empruntaient leurs qualités protectrices contre les venins et les maladies contagieuses.
- Ce n’est qu’à partir duxvne siècle, avec Redi,puis Fontana, que nos connaissances sur le venin de Vipère commencèrent à devenir scientifiques.
- On essaya d’abord, à l’image de ce que font encore certaines peuplades de la côte orientale du Mexique, de préserver des dangers de la morsure des serpents venimeux en faisant des piqûres légères et répétées de leur venin.Puis, les théories pastoriennes apparaissant, on appliqua les méthodes d’immunisation microbiennes à la sérothérapie antivenimeuse. En 1895-1894, Phisalix et Bertrand, au Muséum, ima-
- p.228 - vue 232/620
-
-
-
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- ginèrent ce nouveau mode de protection contre la Vipère aspic, tandis que Calmette, à l’Institut Pasteur, réalisait le traitement des morsures du Cobra, qui a pris depuis un si grand développement dans les pays tropicaux.
- Est-ce là tout ce qu’on en peut tirer?Déjà, divers essais ont été entrepris pour traiter par des venins des maladies microbiennes telles que la rage, le tétanos, le choléra, le rhumatisme. On pourrait aussi prévoir d’autres applications thérapeutiques, en raison de l’analogie de la salamandrine avec la strychnine, de la bufotaline avec la digitale.
- Les fourmis, dont les piqûres ont été maintes fois préconisées contre le rhumatisme, ont conduit à
- 229
- l’emploi systématique et raisonné de l’acide formique.
- Et l’action des venins sur la nutrition, et leurs actions diastasiques puissantes n’ont pas encore été appliquées.
- C’est ainsi que l’œuvre patiente, continue, des savants qui s’occupent des venins, au premier rang desquels se place aujourd’hui Mme le Dr Marie Phi-salix, nous fait espérer que, de ces dangereuses études, sortiront encore de nouveaux moyens de guérison.
- C’est sur ce consolant espoir que se termine l’ouvrage que nous avons tenu à présenter aux lecteurs de La Nature et que nous nous arrêterons aussi.
- René Meiîee.
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- Les lecteurs de La Nature savent à quel point le monde entier était, avant la guerre, tributaire de l’Allemagne pour la fourniture des matières colorantes synthétiques-et quelles mesures énergiques ont été prises en Angleterre et aux États-Unis pour créer et développer clans ces pays une industrie nationale, indépendante et puissante, capable de subvenir en temps de paix à tous les besoins des industries consommatrices et d’apporter en cas de guerre un concours précieux à là Défense Nationale (rj.
- Situation en France avant la guerre. :— La France n’était pas plus favorisée que les autres nations industrielles en face du monopole que l’Allemagne s’était assuré dans ce domaine. Notre consommation en 1915 s’élevait à environ 9 000 tonnes se répartissant à peu près comme suit : (2) .
- Colorants directs. .... . 22 p. 100
- Colorants acides'. ’ ... . . 26 ' —
- Indigo pâte à 20 p. 100. . . 22 —1
- Colorants au soufre. ... 16 —
- Colorants basiques........... 7 —
- Àlizarine et divers.......... 2
- Cette consommation représentait une valeur d’environ 25 millions de francs. Les statistiques douanières indiquent qu’en 1915 nous importions environ 2000 tonnes d’une valeur de 7 millions de francs dont 85 pour 100 d’Allemagne et 10 pour 100 de Suisse. Le surplus de la consommation était fabriqué en France, mais dans quelles conditions? Il n’existait en somme que quatre usines françaises : la Société des Matières Colorantes et Produits Chimiques de Saint-Denis (Anciens établissements Poirier et Dalsace), fondée en 1850, la maison Victor Steiner à Vernon (Eure) fondée en 1881, la
- t. Voir La Nature des 50 juillet et 6 août 1921 : L’itulus-trie des matières colorantes en Angleterre et aux Etats-Unis, par MM. Albert Ranc et.Jacques Boisseau.
- 2. Rapport général sur l’Industrie Française publié par le Ministre du Commerce. T8, partie, tomé II.
- maison Mabboux et Camcll à Lyon, fondée en 1885, la maison Laroche et Juillard, à Lyon, fondée en 1824. .
- Ces usines dépendaient presque complètement de l’Allemagne d’où elles recevaient presque tous leurs produits intermédiaires (1). Leur production représentait à peine 10 pour 100 de la consommation française. . .
- En face de ces maisons françaises, les fabriques allemandes avaient installé sur notre territoire des usines de finissage, qui recevaient d’Allemagne soit des produits intermédiaires au dernier stade de transformation, soit même, des colorants .finis à l’état concentré, et se contentaient de faire les quelques opérations relativement peu compliquées, les mélanges et les dilutions nécessaires pour fournir à notre marché plus de 50 pour. 100 de ses besoins. - "
- Deux des firmes allemandes avaient créé leurs filiales sous forme de sociétés françaises ; c’étaient la Compagnie Parisienne de Couleurs d’Aniline dont l’usine était au Tremblay, près dé Creil (Oise) et qui était la filiale des Farbwerke vorm. Meister Lucius et Bruning, de IIoechst-sur-Mein et la Manufacture Lyonnaise de Matières Colorantes, dont l'usine était à Lyon et qui était la filiale de la maison Léopold Cassella et Cie, de Francfort-sur-Mein.
- Les autres fabriques allemandes avaient de simples succursales comme celle de la Badischc Anilin et Soda Fabrik de Ludwigshafen-sur-Rhin à Neuville-sur-Saône, celle des Farbenfabriken vorm. Fried Bayer et C° de Levcrkusen-sur-Rhin à Fiers (Nord), celle de l’Actien Gesellschaft fiir Anilin Fabrikation de Berlin à Saint-Fons (Rhône), celle des Chemische Fabriken vorm Weiler ter Meer, d’Uerdingén, à Tourcoing (Nord).
- Il faut ajouter qu’une maison Suisse, la Société pour l’Industrie Chimique de Bâle, avait elle aussi une succursale à SainUFons (Rhône).
- 1. Seule là Société de St-Denis préparait quelques-uns de ceux-ci en partant des produits de la distillation du goudron.
- p.229 - vue 233/620
-
-
-
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- 230
- Causes de notre infériorité. — On a beaucoup discuté sur les raisons qui avaient amené chez nous la décadence.d’une industrie qui aurait pu être florissante et à laquelle resteront éternellement attachés les noms des Renard, des Frank, des Yorguin, des Girard, des de Faire, des.Lauth, des Houssin et de bien d’autres savants français (').
- D’aucuns ont cru que le manque de matières premières était une des causes essentielles de notre infériorité. Sans doute la France est mal partagée au point de vue de la houille et pauvre en sous-produits dérivés de sa distillation. Mais la Suisse, qui est moins favorisée encore, a une industrie de matières colorantes florissante et, d’autre part, les Ltats-Unis, qui possèdent l’industrie houillère la plus considérable du monde, n’étaient avant la guerre que de faibles producteurs de colorants synthétiques.
- Si nous nous sommes laissé de si loin devancer, c’est d’abord à cause de l’insuffisance de notre enseignement technique en matière chimique et de la spécialisation insuffisante en chimie organique, c’est à cause du manque de liaison,entre la science et l’industrie, de l’absence de méthode scientifique et d’organisation rationnelle des recherches ; c’est ensuite à cause du manque d’initiative industrielle, de l’insuffisance des capitaux investis et des installations de fabrication, à cause de l’insuffisance de notre organisation commerciale. Il existait enfin des lacunes dans notre loi des brevets et dans notre tarif douanier grâce auxquelles les usines allemandes avaient réussi à s’implanter chez nous et à rendre toute concurrence impossible.
- Les leçons de la guerre. — L’expérience de la guerre a mis en évidence les immenses avantages qui résultaient pour les Allemands du monopole universel que détenait leur industrie des matières colorantes et des produits pharmaceutiques.
- De cette hégémonie découlaient deux conséquences énormes :
- La première était que, du jour au lendemain, toutes les nations devaient se trouver, soit par l’effet des hostilités, soit par celui du blocus, privées des matières, colorantes qui sont indispensables à de nombreuses industries et, en particulier, à l'industrie textile, l’une des plus importantes de toutes.
- La seconde, plus grave encore, résultait du fait que les matières elles sous-produits de la fabrication des colorants peuvent être facilement transformés en explosifs, aujmoyen des appareils mêmes qui servent à produire les colorants, simplement par de légères modifications dans les procédés de fabrication.
- Lorsqu’au lendemain de la Marne, les belligérants ' se trouvèrent avoir épuisé les stocks de munitions préparés en prévision d’une guerre de-courtc durée, l’État-Major allemand n’eut qu’un signe à faire pour mobiliser les usines de matières colo-
- 1. L essor des industries chimiques en France, par Eugène Grandmougix.
- rantes et les adapter instantanément à la production des explosifs. Les Alliés, au contraire, furent dans la nécessité de construire de toutes pièces des établissements capables d’alimenter leurs armées,, et c’est miracle qu’ils y aient réussi en temps voulu au prix des sacrifices que l’on sait.
- C’est encore l’industrie des matières colorantes qui procura à l’iâaI-Major allemand une nouvelle arme de guerre, meurtrière et sauvage : les gaz toxiques.
- C’est encore, elle qui put parer à l’épuisement des stocks de nitrate, par l’exploitation du procédé Ilaber en vue de la synthèse de l’acide nitrique. Enfin le Gouvernement allemand qui, sans sa puissante industrie des matières colorantes, aurait été dans l’impossibilité de continuer la guerre, devait trouver en elle un précieux auxiliaire pour restaurer son commerce extérieur, une fois la paix rétablie.
- Cette périlleuse expérience a démontré à toutes les nations civilisées l’impérieuse obligation où elles sont, pour sauvegarder dans l’avenir leur sécurité militaire aussi bien que leur indépendance économique, de rénover et de développer — on peut même dire de créer — une industrie jusque-là pratiquement inexistante. C’est, ainsi qu’en Angleterre, aux Etats-Unis, en Italie, au Japon, des efforts considérables furent réalisés avec l’appui financier et moral des gouvernements.
- Pendant la guerre. — Dès les premiers ihois qui suivirent l’ouverture des hostilités, les industries consommatrices de matières colorantes et, en particulier l’industrie textile, se demandèrent avec anxiété comment désormais elles pourraient s’approvisionner en colorants. Le Gouvernement, soucieux de maintenir l’activité — si importante au point de vue économique et social — de ces industries, créa dès le mois d’octobre 1914, l'Office des Produits Chimiques ét lui donna la mission d’évaluer les stocks de colorants, d’en faire la répartition et, de favoriser en même temps la fabrication dans la mesure du possible.
- Convenablement répartis, les stocks étaient suffisants pour satisfaire aux besoins pendant plusieurs mois, mais au point de vue de la fabrication, la situation était moins satisfaisante : bien que la Société de Saint-Denis fabriquât un petit nombre de produits intermédiaires, aucune des usines existant en France n’était capable de se passer du concours de l’étranger. Le seul pays auquel nous puissions nous adresser, la Suisse, était privé des matières premières indispensables (benzine, naphtaline, phénol, etc.), qu’il recevait auparavant d’Allemagne. L’Office obtint du Ministère de la Guerre, que, malgré les besoins immenses de la Défense Nationale, quelques-unes de ces matières premières, également fondamentales pour la fabrication des explosifs} fussent mises à sa disposition. Réparties entre la Suisse et la Société de Saint-Denis, transformées d’abord en produits intermédiaires qui furent
- p.230 - vue 234/620
-
-
-
- L’JNDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- traités à leur tour dans ces usines et dans les usines françaises de finissage, ces matières premières si précieuses permirent bientôt de fournir aux industries de la teinture un appoint mensuel d’une centaine de tonnes de matières colorantes.
- Parmi les succursales des usines allemandes, deux se trouvaient dans le département du Nord envahi ; celle de Saint-Fons et celle de Neuville-sur-Saône avaient été réquisitionnées par le Service des poudres; sous la direction de leurs séquestres, la Manufacture Lyonnaise fut remise en activité pour concourir au ravitaillement général, dans la faillie limite de ses moyens de production, tandis que la Compagnie Parisienne fut spécialement affectée à la fabrication de l’indigo synthétique (*) dont l’Intendance avait besoin pour la teinture des draps militaires.
- Les esprits avisés se rendaient bien compte cependant que ce n’étaient Là que des moyens de fortune, tout à fait insuffisants au retour de la paix pour nous libérer du monopole étranger.
- Des chimistes éminents, des firmes importantes envisagèrent différentes combinaisons industrielles et financières, mais sans aboutir à un projet définitivement mis au point et réalisable. De sérieuses difficultés s’opposaient en effet, à cette époque, à la création de l’industrie des matières colorantes, en raison même des analogies qui viennent d’être signalées entre ces fabrications et celle des explosifs et des gaz de combat. Matières premières, outillage et appareillage, techniciens, transports, combustible, toutes les disponibilités étaient réservées aux fabrications de guerre, tous les efforts étaient tendus pour répondre aux besoins sans cesse grandissants des armées françaises et alliées.
- Malgré ces obstacles, un projet plus complet fut étudié et réalisé par un petit groupe d’industriels énergiques.
- C’est ainsi que futconstitué, au mois d’avril 1916, le Syndicat National des Matières colorantes. Le comité de direction de ce syndicat se mit aussitôt en
- i. Avant la guerre, l’usine «lu 'Tremblay recevait de lloeclist, la phénylglycine, produit intermédiaire de l’indigo. Sur là demande de ^Intendance et-sous l’habile direction du chimiste français, M. Bourcart, la fabrication de ce produit fut reconstituée au Tremblay avec un succès complet. .
- 231
- campagne, recueillit les adhésions d’un grand nombre de personnalités du monde industriel et commercial, notamment celles des grandes entreprises dont le concours pouvait lui être utile, telles que l’industrie gazière, la grande industrie chimique, la métallurgie et la construction, les banques, etc... Il obtint du Ministère du Commerce la création d’une Commission des Matières Colorantes, chargée d’élaborer la création en France d’une industrie des matières colorantes capable d’affranchir du monopole allemand les industries consommatrices. Un contrat fut passé avec l’État pour assurer à la nouvelle industrie l’utilisation éventuelle et future de certains établissements créés par le Service des Poudres pour les besoins de la guerre, dès que ceux-ci ne seraient plus nécessaires aux fabrications de la défense nationale.
- La Compagnie Nationale des Matières Colorantes et de Produits Chimiques fut ainsi définitivement constituée en janvier 1917 ; elle commença par établir à Nogent-les-Vierges, près de Creil, une usine d’essai dans laquelle furent mis à l’épreuve les procédés de fabrication préconisés par M. Bourcart. En même temps elle dressait les plans d’une grande usine qui devait être construite en bordure de l'Oise à Villers-St-Pàül, près de Rieux Àngicourt. Cette usine devait avoir une capacité de production de 400B tonnes d’indigo par an et grouper en outre les fabrications des colorants les plus immédiatement nécessaires à la consommation.française.
- Les excellents résultats obtenus dans la petite usine de Nogent, mise en marche en novembre 1917, permirent d’entreprendre sans retard les travaux de la grande usine de Villers-St-Paul. Malheureusement, au moment où celle-ci allait être prête à fonctionner, l’avance allemande de juillet 1918 qui menaçait directement Creil et ses environs, força la Compagnie Nationale, sur l’ordre de l’autorité militaire, à évacuer précipitamment le matériel déjà à pied d’œuvre et à le diriger sur wagons et péniches vers Rouen, puis vers Lyon. C’est seulement après la victoire des Alliés et la signature de l’armistice qu’il fut possible de ramener à Yillers-St-Paul tout cet appareillage et d’en opérer le montage et l’installation.
- Ces travaux furent poussés avec une telle activité que la fabrication de l’indigo put être mise en
- Tonnes
- Fig. i. — Progression des fabrications françaises de matières colorantes.
- p.231 - vue 235/620
-
-
-
- Fig. 2. — Vue de l’usine de Villers Saint-Paul
- marche dès les premiers jours de juillet '1919.
- Au mois de novembre 1919 fut mise à la disposition de la Compagnie Nationale l’ancienne poudrerie d’Oissel (Seine-Inférieure). La Compagnie Nationale commença sans tarder l’installation, dans cet important établissement, de la fabrication des produits intermédiaires et de certaines séries de colorants.
- Parmi les entreprises nouvelles créées pendant ou depuis la guerre en vue de la fabrication des matières colorantes, nous devons encore citer la Compagnie Française de Produits Chimiques et Matières Colorantes de Saint-Clair-du-Rhône (capital huit millions) ; la Société des Produits Chimiques et Colorants Français (capital trente et un millions) qui, en décembre 1919, fusionna avec la Compagnie Nationale) ; la Société Alsacienne de Produits Chimiques, la Société française constituée par la maison Durand et Huguenin, installée depuis 1871 à Baie, pour exploiter sa nouvelle usine de Iluningue (Haut-Rhin) ; la Société de la Grande Paroisse.
- Depuis l’armistice. — Pour être efficaces, il importait que ces efforts de production fussent coordonnés. Il fallait aussi qu’ils fussent favorisés par l’action des pouvoirs publics ainsi que des industries consommatrices.
- Au mois de juin 1919 se constituaient l’Union Syndicale des Fabricants de Matières Colorantes et presque en même temps l’Union des Producteurs et Consommateurs pour le développement de l’Industrie des Matières Colorantes en France. Ce dernier organisme, qui résultait de la transformation ch société commerciale de la Commission de Producteurs et
- Consommateurs qui depuis quelque temps siégeait auprès de l’Office des Produits Chimiques, préparait un programme rationnel de fabrication, réglementait pendant la guerre le prix de vente des matières colorantes, obtenait l’insertion dans le Traité de Versailles d’une clause obligeant les Allemands à tenir à la disposition des Alliés une partie de leurs stocks et, pendant cinq années, de leur production (ce qui assurait aux consommateurs la fourniture de colorants qui- ne seraient pas encore fabriqués en France en meme temps qu’aux producteurs un bouclier contre une concurrence excessive), obtenait du Parlement le vote d’un tarif douanier modérément protecteur et d’une loi exonérant des droits de douane les produits livrés par l’Allemagne au titre des prestations et subordonnant à une licence spéciale l’entrée des produits allemands en excédent de ces prestations.
- L’Union des Producteurs et des Consommateurs reçut du Gouvernement la mission de commander, de recevoir et de vendre pour le compte de l’Etat les colorants que l’Allemagne devait livrer en exécution du Traité de Paix. Elle procédait en. même temps à des achats de gré à gré pour s’assurer la fourniture des colorants qui ne pouvaient pas être obtenus en quantité suffisante au titre des prestations.
- Son activité ressort du tableau suivant :
- Importations. 1919 1920 1921 (9 niois).
- Prestations. . . . 603 T. 2567 T. IOtY
- Achat de gré à gré. 913 T. 1401 T. 8 T.
- 1516 T. 3968 T. 115 T.
- Fig. 3. — L’ancienne poudrerie aïjissel,
- p.232 - vue 236/620
-
-
-
- (Compagnie nationale des Matières colorantes).
- Les chiffres qui précèdent montrent avec éloquence que le rôle de l’Union en tant qu’importateur, se réduit progressivement au fur et à mesure que se développent nos fabrications. Celles-ci ont suivi une progression rapide qui est clairement mise en évidence par le diagramme de la page 231 (fîg. 1) :
- Partie de 175 tonnes environ en juin 1919 la production totale des usines françaises a donc atteint son maximum en août 1920 avec 765 tonnes. Depuis cette époque elle a marqué une régression imputable uniquement à la crise économique qui s’est abattue sur les industries consommatrices.
- La capacité de production des usines françaises s’est développée au prix d’un labeur, acharné. Elle dépasse aujourd’hui largement le tonnage de 15000 tonnes auquel on peut estimer dans l’avenir la consommation annuelle normale du pays agrandi de l’Alsace et de la Lorraine reconquises.
- Résultats obtenus. — Si en tonnage, la capacité de production de nos usines est tout à fait suffisante, en est-il de même au point de vue de la variété des colorants obtenus? Nous ne pouvons songer à étudier ici en détail cette question, car si l’on peut estimer très exagérée la multitude des marques créées par les usines allemandes etqui.se chiffraient par plusieurs milliers, il ne semble pas que l’on puisse se tirer d’affaire avec moins de 500 colorants différents. .
- Il faut en effet des colorants spéciaux pour le coton, pour la laine, pour la soie, pour les tissus mixtes, sans compter les autres matières textiles et les nombreux produits qu’il s’agit de colorer. — Pour chaque substance à teindre, on emploie des
- colorants différents suivant le degré de solidité désiré. Enfin dans chaque groupe il faut toute une gamme de nuances et même de tonalités variées.
- Au point de vue de leur application, on classe généralement les couleurs en colorants acides, colorants basiques, colorants directs, colorants à mordants, colorants pour cuve, colorants au soufre, colorants pour laques.
- Si l’on tient compte de la composition chimique, on obtient d’autres séries dont nous allons rapidement passer en revue les principales.
- Le groupe des colorants azoïques, le plus important au point de vue de la consommation et. du nombre des types, a ceci de particulier que leur fabrication se fait par une méthode uniforme et au moyen d’appareils omnibus, les colorants obtenus dépendant de la nature des produits intermédiaires' mis en réaction. Dès maintenant, la fabrication des produits intermédiaires nécessaires pour préparer tous les colorants azoïques est assurée en France et la Compagnie Nationale a monté à son usine d’Oissel des batteries d’azoïques à grand rendement qui sont alimentées directement au moyen des produits intermédiaires fabriqués dans la même usine.
- Le groupe des couleurs au soufre, important au point de vue de la consommation, surtout pour les noirs, est d’une fabrication relativement simple, qui est pratiquée par.presque tous les producteurs.
- Dans le groupe des couleurs à cuve, nous trouvons l’indigo synthétique dont la Compagnie Nationale a pour la première fois en France monté la fabrication intégrale dans son usine de Yillers-Saint-Paul. La production est largement suffisante non seulement
- devenue usine-de matières'colorantes.
- p.233 - vue 237/620
-
-
-
- 234 ::.L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- pour répondre aux besoins de la consommation intérieure qui'peut être évaluée à 500 tonnes environ par an, mais pour exporter jusqu’en Extrême-Orient, — le plus vaste marché d’indigo du monde, — des quantités considérables de son produit dont la qualité est déjà universellement appréciée à l’égal des marques les plus réputées.
- .Quant aux autres couleurs à cuve qui forment plus de cinquante marques diverses (ciba, hélindone, algol, indanthrène, hydron), elles sont de plus en plus demandées pour la teinture et l’impression grand teint. La Compagnie Nationale s’occupe activement de mettre sur pied leur fabrication(et l’on peut penser que ces colorants spéciaux commenceront à sortir dans quelques mois.
- Parmi les couleurs dérivées de l’Anthraquinone, la Compagnie Nationale a, également pour la première fois en France, monté la fabrication industrielle de l’alizarine dont l’emploi pour le rouge garance est si répandu. -—Elle fabrique aussi les bleus et les orangés d’alizarine en attendant les autres nuances de cette série.
- Le groupe des couleurs d’aniline comprend divers colorants dont les principaux dérivent du di- et du triphénylméthane. Ici, contrairement à ce qui se passe pour les colorants azoïques, la fabrication de chaque type de couleur repose sur des procédés particuliers et demande des appareils spéciaux. Dans ce groupe la Compagnie Nationale fabrique déjà les vert et bleu naphtaline, les bleus acides genre bleu carmin, le bleu méthylène, le vert malachite, le violet formyle, ainsi que les rhodamines (dérivées de l’acide phtalique) etc.... La Société de Saint-Denis fabrique de son côté, l’auramine, la fuchsine, le violet de méthyle, le vert malachite, le bleu de Mel-dola, la safranine, le bleu méthylène, etc....
- En résumé, dans tous les groupes, on trouve déjà une gamme, à peu près complète de colorants fabriqués dans les usines françaises, en partant des matières premières obtenues par la distillation du goudron de houille et en fabriquant sur place tous les produits intermédiaires indispensables pour armer aux colorants finis. Seules, quelques spécialités pour la teinture grand teint manquent encore, comme les colorants de cuve et les colorants benzo-lumière, mais leur apparition peut être escomptée à brève échéance.
- De grandes usines. — Pour cela, il faut de grandes usines. La Compagnie Nationale de Matières Colorantes possède deux centres de production,. à Oissel (Seine-Inférieure) et à Yillers-Saint-Paul (Oise).
- L’Usine d’Oissel, installée dans l’ancienne poudrerie nationale, occupe une superficie de 72 hectares; elle est entourée de terrains appartenant à la Compagnie Nationale et qui représentent près de 150 hectares. La surface bâtie est de 59 000 mètres carrés L’usine est desservie par». 7 kilomètres de voies ferrées raccordées à la ligne de Paris à Rouen et au Havre. Elle peut également utiliser la voie fluviale au moyen d’un port sur la Seine.
- L’Usine produit elle-même l’énergie dont elle a besoin et dispose à cet effet de deux groupes turboalternateurs modernes de chacun 1000 HP. Elle est outillée d’une façon puissante pour la production de la vapeur et possède 2000 mètres carrés de surface de chauffe, de grilles mécaniques, des économiseurs et des silos de réserve de charbon.
- L’Usine est pourvue d’un très important réseau de distribution d’eau, alimenté par deux gros puits forés à 20 mètres de profondeur et tenu sous la pression d’un château d’eau en ciment armé de 250 m. c. Un double réseau d’égouts très important, avec bassin d’épuration et de décoloration des eaux résiduaires conduit celles-ci jusqu’à la Seine.
- L’Usine d’Oissel est outillée d’abord pour la fabrication de tous les produits intermédiaires dérivés du benzène, du toluène, du xylène et de la naphtaline, dont le nombre actuel dépasse la soixantaine, et sur la longue liste desquels nous ne nous attarderons pas ici. Quand on sait que presque chacun de ces produits nécessite une installation et des dispositifs spéciaux, on se rend compte de l’importance de tels ateliers.
- C’est à Oissel également que la Compagnie Nationale a installé la fabrication des colorants au soufre et celle des colorants azoïques. Nous avons expliqué que ces colorants représentaient les plus gros tonnages et se fabriquaient dans des appareils omnibus. On a donc avantage à employer les produits intermédiaires sur le heu même de leur production, à l’état de solution et sans les isoler. Le prix de revient des colorants azoïques est très sensiblement réduit grâce à la suppression ainsi obtenue des opérations d’évaporation, de concentration, de filtration et de séchage des produits intermédiaires ainsi que par l’adoption d’un appareillage à très grand rendement installé dans un bâtiment à quatre étages qui permet l’emploi très économique des cascades.
- L’Usine de Yillers-Saint-Paul a une superficie totale de 45 hectares environ, dont plus de 55 000 mètres de surface actuellement bâtie. Elle borde l’Oise sur 1200 mètres et sur plus de 600 mètres la ligne du Chemin de fer de Paris à Compiègne à laquelle elle est raccordée au moyen d’un faisceau d’embranchement dont le développement actuel est de 4500 m. et atteindra dans l’avenir plus de 12 kilomètres.
- Pour assurer la production considérable de vapeur que nécessite l’industrie des matières colorantes, deux chaufferies entièrement modernes ont été montées dans l’usine. Elles sont munies de grilles mécaniques, de surchauffeurs, d’économiseurs et de silos de réserve ; leur surface de chauffe qui est actuellement de 2500 mètres carrés, atteindra progressivement 7 à 8000, ce qui correspond à une dépense journalière de 500 tonnes de charbon.
- Actuellement, le charbon arrive par trains complets et passe dans des trémies ou des élévateurs automatiques le puisent et l’élèvent dans les silos de réserve. Par la suite, l’usine recevra son charbon de
- p.234 - vue 238/620
-
-
-
- L’INDUSTRIE FRANÇAISE DES MATIÈRES COLORANTES
- préférence par l’Oise au moyen d’un appontement et d’un parc à charbon desservis par deux ponts transbordeurs à grand débit avec broyeurs, élévateurs et silos de réserve.
- Une force motrice d'une puissance de 5500 IIP est fournie par la ligne à 60000 volts Gennevilliers-Creil, à laquelle l’usine est reliée par deux artères spéciales à 15000 volts. Des machines motrices de secours mues par la vapeur des chaudières peuvent donner environ 500 HP.
- L’Usine de Villers-Saint-Paul est spécialement affectée à la fabrication des colorants qui exigent des installations spéciales et particulièrement compliquées : l’indigo et l’alizarine, produits de très grosse consommation, l’acide phtalique et les colorants basiques qui en dérivent, les colorants dérivés du tri-phénylet dudiphénylméthane, ceux du groupe pyra-zolone, etc., etc. C’est également à Yillers que se monte la fabrication des colorants de cuve et que sera installé le grand laboratoire d’application et le laboratoire scientifique de recherches.
- La Société des Matières Colorantes de Saint-Denis a de son côté modernisé et agrandi scs usines de Saint-Denis. Celles-ci résultent de la réunion de l’ancienne usine Poirrier où depuis 1860 se fabriquent des colorants synthétiques, de l’ancienne usine d’Alsace, primitivement destinée à la préparation des dérivés du goudron et d’une troisième usine de création plus1 récente où sont produits les acides et sels minéraux. L’ensemble occupe une superficie de 13 hectares. Depuis l’armistice, cette société s’est particulièrement attachée à développer la fabrication des produits intermédiaires et, en ce qui concerne les colorants, à augmenter la production des marques existantes, puis à reprendre celle des colorants anciennement fabriqués et abandonnés temporairement.
- La Compagnie Française de Produits Chimiques et Matières Colorantes de Saint-Clair-du-Rhône (Isère) est l’une des entreprises nées pendant la guerre qui se sont le plus rapidement développées. Elle possède aux Roches de Condrieu (Isère), une usine remarquablement agencée pour la fabrication des produits intermédiaires et des colorants. Les produits qu’elle livre à la consommation comprennent de nombreux colorants azoïques et au soufre, ces derniers étant d’une qualité particulièrement recherchée. Elle s’est en outre spécialisée pour les produits destinés à la coloration des denrées alimentaires qui doivent, par application des lois et décrets en vigueur, répondre à des qualités de composition et de pureté tout à fait définies.
- L’Avenir. — Il nous reste à examiner les conditions qui doivent être réalisées pour que notre Industrie-Clé des Matières Colorantes puisse non seulement conserver l’important terrain qu’elle a déjà conquis, mais encore continuer à croître et à se développer.
- Ces conditions peuvent se grouper en deux ordres d’idées ^ celles qui permettraient de diminuer le prix de revient et par conséquent de rendre plus
- 235
- proche le jour où l’on pourra sans danger laisser libre le jeu de la concurrence et celles qui permettraient, en intensifiant les recherches scientifiques, la découverte de produits nouveaux et brevetables, point de départ de modes exclusives et par conséquent source de bénéfices supérieurs à ceux que peuvent donner les produits déjà connus(Q.
- Recherchons d’abord les éléments essentiels .du prix de revient : ce sont d’une part les matières premières et la main-d’œuvre et d’autre part le rendement,.
- En ce qui concerne l’élément principal, c’est-à-dire le prix des matières premières, nous constatons, pour ne citer que quelques exemples, qu’on paye en France la soude caustique 85 francs, quand les Allemands la payent 49, le carbonate de soude 31 fr. et les Allemands 14, l’acide nitrique à 40° Bé 110 fr. et les Allemands 54, l’oléum 40 francs et les Allemands 19.
- Quelle est la cause de ces prix élevés? Sans parler de la loi des huit heures obligatoires, la principale cause du mal est le prix du charbon.
- Actuellement, nous payons sur le carreau de la mine 109 francs la tonne, ce qui vaut 56 francs en Allemagne. Et par voie de conséquence, le prix du charbon et la loi de huit heures ont une répercussion non seulement sur le prix intrinsèque des matières premières, mais encore sur le prix de leur transport, qui a une importance énorme et qui est de 5 à 4 fois et quelquefois de 7 à 9 fois plus élevé chez nous qu’en Allemagne. Le prix des transports agit lui-même sur le coût de la Aie et par conséquent sur le taux des salaires, en sorte que c’est bien en définitive la solution du problème du charbon qui nous donne la clef du prix de revient raisonnable en ce qui concerne les matières premières et la main-d’œuvre.
- Passons au deuxième élément du prix de revient, le rendement, qui définit la quantité de produit fini obtenu en partant de quantités déterminées de matières premières. Dans l’industrie des matières colorantes, ce rendement peut varier dans des limites extrêmement écartées, et dépend de la réalisation d’installations rationnelles, de la surveillance minutieuse de chacune des phases de la fabrication et de la réduction au minimum des frais d’entretien. Ces conditions d’exploitation sont elles-mêmes corrélatives de la valeur technique et professionnelle des chimistes de fabrication, des ingénieurs et des contremaîtres.
- Lorsqu’un procédé a été étudié au laboratoire par le chimiste scientifique, c’est au chimiste de fabrication qu’il appartient d’en diriger l’application en grand. Les chimistes ne peuvent pas tout apprendre à l’école. C’est à l’usine qu’ils achèveront leur instruction en se spécialisant. Du moins faut il qu’à l’Ecole ils apprennent à apprendre, à entrer dans
- i. Communication de M. J. Frossard au Meeting de la Chimie Industrielle (Octobre 1921). 1 \
- p.235 - vue 239/620
-
-
-
- 236
- ACADÉMIE DES SCIENCES r
- les détails, à voir les choses de près et à l'ond et sur- f tout à travailler économiquement.
- Au moins aussi important que l’élément « chimistes » au point de vue du rendement est l’élément « ingénieurs ». On voudrait voir ceux-ci mieux au courant des nécessités de l’industrie chimique, mieux pénétrés de l'influence sur le rendement des fabrications, et par suite sur le prix-de revient, de la bonne installation et du bon entretien de l’appareillage.
- Pour les contremaîtres enfin, il faudrait développer l’apprentissage et la-formation technique, par exemple en créant pour l’industrie chimique des écoles spéciales comme il en existe pour l’électricité, pour les mines, pour le livre, pour les meubles, etc...
- Telles sont les conditions que l’industrie des matières colorantes désirerait voir réalisées au point de vue de l’amélioration du prix de revient. Voyons maintenant comment peuvent être développées les recherches qui conduiront à des nouveautés originales, exclusives et rémunératrices.
- Ce but ne pourra être atteint que grâce à la collaboration intime de la scienceetderindustrie.il faudrait que les éminents professeurs de nos Facultés ne se cantonnent plus dans le domaine idéal de la science pure, qu’ils considèrent comme un honneur et un devoir d’entrer dans celui des applications pratiques, d’apporter à l’industrie le fruit de leur savoir, de leur expérience, de leurs recherches et tout le monde devrait se féliciter de les voir tirer de cette coopération un profit justifié.
- On voudrait aussi que ces mêmes professeurs s’attachent à former, à l’intention de l’industrie, des chimistes scientifiques pour la recherche des produits et des procédés nouveaux. A ce point de vue, il serait tout indiqué de suivre l’exemple d’outre-Rhin :
- En Allemagne, les meilleurs élèves, après leur sortie de l’école, restent pendant cinq ou six ans comme assistants ou préparateurs des maîtres les plus éminents. Tout en guidant à leur tour les travaux des élèves, ils se livrent à des études personnelles, se perfectionnent dans l’application et donnent la mesure de leurs aptitudes, de telle sorte qu’avant de les engager comme chimistes scientifiques, les industriels, peuvent, par le simple examen des travaux publiés par eux, se rendre compte de leur valeur industrielle, de leur intelligence, de leur esprit d’observation, de leurs qualités d’initiative, d’originalité, de continuité, de ténacité dans les recherches. Pour que nous fassions de même, il faudrait que l’Etat augmentât les crédits alloués aux professeurs afin que ceux-ci puissent entretenir dans leurs laboratoires plusieurs assistants et préparateurs qui, au bout de quelques années, trouveraient dans l’industrie une carrière assurée.
- Conclusion. —Lorsque les conditions qui viennent d’être exposées seront réalisées, l’industrie des matières colorantes se trouvera en mesure de réduire le coût de ses installations et de leur entretien, d’augmenter la précision de ses fabrications, d’obtenir de meilleurs rendements et par conséquent des prix de revient moins élevés. Ses prix de vente s’en ressentiront et elle pourra ainsi faciliter la lutte aux industries consommatrices qui travaillent pour l’exportation et dont la prospérité estime des conditions essentielles de sa propre existence.
- En attendant les effets des mesures préconisées, effets qui ne seront pas immédiats, il est en particulier nécessaire d’assurer à cette industrie une protection temporaire et efficace. Des mesures douanières judicieusement étudiées devront être prises pour assurer ce résultat. Gaeopeau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier 1922.
- Le plomb dans les minerais d’urane de Madagascar. — On doit à M. Lacroix d’avoir signalé un grand nombre de minerais radioactifs, parmi les productions de cette colonie, et la bétafite se prête à un traitement industriel. M. Muguet a pu remarquer ainsi qu’elle laisse comme résidu 0,6 pour 100 de plomb. Or, celui-ci ne saurait provenir de la gangue, puisque la bétafite est parfaitement cristallisée. 11 se trouverait alors dans la bétafite sous la même forme chimique que l’uranium et donnerait ainsi un appui précieux aux partisans de Soddy, qui représentent le métal Pb comme le terme ultime de la désintégration atomique de l’uranium. De la quantité de plomb qu’il laisse cftmme résidu, on pourrait alors déduire l’Age d’un minerai.
- U analyse du beurre. — Dans une précédente note, M. Muttelet avait montré que l’addition de tout corps végétal dans une graisse animale se traduit par l’apport d’une phytostérine que l’on peut caractériser par le point de fusion de son acétate. Dans le cas d’un beurre sophistiqué, au lieu d’obtenir l’acétate de cholestérine
- fondant à 114-114°2, on arrive à un mélange de ce sel et du sel correspondant de phytostérine dont le point de fusion s’élève d’autant plus (114°,6 à 118°), que la quantité de graisse de coco est plus considérable. La méthode s’applique parfaitement, même pour une addition de 10 pour 100.
- La climatologie du Maroc. —- Une mission effectuée en 1921, avec la Société botanique de France, a permis à M. Louis Gentil d’observer le climat de notre Protectorat par son influence sur la répartition des plantes et les associations florales. La note qu’il soumet à l’Académie complète les indications données par Th. Fischer et M. Auguste Bernard. Le Haut Atlas forme une barrière entre la zone maritime et la zone désertique et l’apport des vents du Nord et du Nord-Est explique la différence des chutes de neige sur les deux versants, en même temps qu’il joué un rôle important sur la croissance et la dissémination d’espèces végétales méditerranéennes, dans la zone dés steppes et sur les premiers contreforts montagneux.
- p.236 - vue 240/620
-
-
-
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL — --—- 237
- La végétation algologique de Rockall. — Les débris de roches rapportés par l’expédition du Dr Charcot ont été remis au professeur Lacroix, et sur eux, M. G. Hamel a pu signaler : alaria esculeijta, algue caractéristique des parois constamment battues par les vagues, quelques chlorophycées parmi lesquelles abondent une forme naine d’Enleromorpha compressa et des échantillons de Baygia fusco purpurea, enfin des Floridées d’aspect rabougri. Parmi ces dernières, on doit signaler Ceramium rubrum et Polysiphonia urceolaia.
- Élection. — En remplacement de M. J. Carpentier, M. Maurice d’Gcagne a été élu Membre de la Dhision des Académiciens libres.
- La plage de Sangatte et les tempêtes de décembre 1921. — Le niveau moyen de la Flandre maritime est inférieur à celui des hautes mers et les tempêtes dernières ont été telles que le Calaisis presque entier et une partie de la plaine qui le borde au nord ont failli être envahis par les eaux. M. Dubois a noté que la ligne des dunes, située à l’est du petit pierre oriental a été attaquée sur 600 m. de longueur et rongée sur une profondeur de 10 mètres. La plage s’est abaissée de 50 cm en certains endroits et son soubassement géologique est visible au S. 0. comme au N. E du cordon des Pierrettes ; M. Dubois a pu ainsi établir le trait dominant de la structure géologique et géographique du Calaisis.
- Paix B.
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL (Suite.)
- L’émission (suite). — Le second émetteur utilisé dérive d’appareils employés avec succès en Angleterre et en Amérique à bord des avions et dont le système est du type « à courant constant » auquel les Anglais
- 500 volts. Cet appareil assure une très bonne portée avec une modulation remarquablement pure.
- Toutes les grandes ilrmes de radiotélégraphie construisent actuellement d’excellents émetteurs de
- T 300v.
- Fig. i. — jÉmetteur du type à courant^constant ou « choke System ».
- donnent également le nom ,dc « choke System ».
- Cet appareil comporte 5 valves —1 nous avons utilisé soit des lampes à cornes de 50 .watts, soit des VT2 américaines — dont l’une Lx est montée en modulatrice et les deux autres L2 et L3 en émet-trices. Là self de grille des émettrices est couplée à couplage variable avec la self d’antenne. Le microphone utilise le courant de chauffage pour son alimentation, en B, bobine de self à fer d’arrêt de modiüation en Cj condensateur shunté par une résistance (fig. 1). En G*, condensateur de réglage de longueur d’onde, d’environ 2/1000 microfarad.
- La source de plaque doit être au minimum de
- téléphonie, telles la Société Française Radio-électrique, la Compagnie générale Radiotélégraphique, etc.
- Ce que fait entendre la téléphonie sans fil.— De nombreuses émissions d’essai sont faites quotidiennement par ces firmes, émissions qu’il est facile d’entendre dans toute la région parisienne.
- Un service régulier est elîectué chaque jour, sauf le dimanche, par le poste militaire de Tour Eiffel à 16 h. 50, il comporte l’envoi de prévisions météorologiques concernant les diverses régions de la France, prévisions établies par l’office national météorologique (O.N.M.), ces prévisions sont sûmes
- p.237 - vue 241/620
-
-
-
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- 238
- d’une lecture de presse que complètent généralement deux ou trois émissions musicales de gramo-phone.
- Ce service est effectué actuellement sur poste à quatre lampes émettrices de 250 watts chacune modulées par une cascade comportant un amplificateur à basse fréquence à transformateurs ouverts, cette émission est faite sous une longueur d’onde de 2600 mètres, identique à celle des signaux horaires ; la puissance dans l’antenne est 800 watts environ. Le poste actuel n’est qu’un poste d’études ; il a permis de mettre au point la plupart des questions délicates que comporte la téléphonie sans fil et sera remplacé dans deux ou trois mois par un poste définitif plus puissant. La parole est remarquablement pure et les «portées réalisées excellentes.
- Outre ce service régulier, notre grand poste national émet fréquemment des concerts destinés à des manifestations scientifiques ou de bienfaisance, concerts qui ont lieu soit vers J 5 heures, soit le soir à 22 heures après les battements sidéraux.
- La figure 2 représente une émission effectuée à la station de la tour Eiffel, les appareils émetteurs sont situés dans une pièce spéciale en relation par un simple fil avec le microphone devant lequel parle ou chante l’artiste.
- Nous sommes redevables de ce poste aux efforts de M. le général Ferrié et de M. le commandant Julien, secondés par une équipe de spécialistes de haute compétence.
- Fréquemment, à toute heure du jour, principalement vers il h. 30, 14 h. 30 et 17 heures, on peut entendre les émissions du poste de Sainte-Assise, près de Melun, concerts, gramophone, essais divers, ces transmissions ont lieu sous 1900 mètres environ de longueur d’onde.
- En ondes plus basses sont entendus les essais du Bourget, d’Issy-les-Moulineaux, etc., curieux essais de téléphonie en duplex souvent assez réussis.
- Plus bas encore dans l’échelle des ondes, sous 450 mètres, les écouteurs parisiens peuvent entendre tous les soirs à 20 h. 50 les essais de la maison Duval et Boutinon, des laboratoires Ella, fondés par mon ami regretté, l’ingénieur Louis Ancel. Ces essais qui ont lieu sur des postes commerciaux sont effectués sur appareils «à montage en Oudin à 4 lampes ordinaires de la T.M. en parallèle et système modulateur séparé agissant sur les grilles par modification des amplitudes des oscillations.
- Quoique la puissance efficace dans l’antenne ne dépasse pas 50 watts, la réception a pu se faire convenablement à Beauvais dans de bonnes condi-ditions.
- La réception. — Comment et dans quelles conditions de rendement maximum peut-on recevoir les émissions de téléphonie sans fil ?
- Ces questions sont d’aclualilé et nous allons tacher de mettre sur ce point de l’ordre dans les idées.
- Bien des personnes se figurent que la réception de la radiotéléphonie exige des appareils spéciaux, puissants, compliqués et coûteux, Il n’en est heureusement rien, tout au moins dans un certain rayon autour des grands émetteurs.
- D’autre part, certains amateurs déjà quelque peu versés dans la question pensent que ces émissions étant effectuées en ondes entretenues exigent à la réception des dispositifs particuliers à lampes ; c’est là une erreur profonde et très générale contre laquelle nous devons mettre ces amateurs en garde, l’onde entretenue, en téléphonie, n’est, nous l’avons dit au début de cette étude, que le support inaudible de fonde modulée à basse fréquence, laquelle au point de vue réception se comporte exactement comme une onde amortie; d’où, premier point à retenir, tous les postes, et ce sont les plus simples, susceptibles de déceler les ondes amorties (telles les météos et les presses de FL) qui sont aptes à déceler également la téléphonie sans fil.
- Nous prendrons comme type, au point de vue réception, les émissions quotidiennes de la tour Eiffel et nous considérerons trois cas particuliers : réception dans Paris, réception dans un rayon de 40 kilomètres autour de Paris, réception dans le reste de la France ; étant bien entendu que nous considérons les réceptions au Casque téléphonique.
- Nous étudierons ensuite le cas spécial de l’audition à grande puissance destinée à l’écoute simultanée par de nombreux auditeurs.
- La réception des messages de la Tour Eiffel à Paris. — Dans Paris aucune, antenne extérieure n’est nécessaire, un simple « cadre » assez grand suffit amplement. Ce cadre est constitué de la façon suivante.
- Choisir un mur dont le plan est dirigé autant que possible vers la tour Eiffel et planter sur ce mur 4 clous déterminant les angles d’un rectangle le plus grand possible, 5 mètres X 3 mètres environ. Bobiner sur ce rectangle du fil isolé quelconque, le fil sonnerie convient parfaitement, suivant les dimensions, mettre de 10 à 15 spires, le cadre est terminé.
- Il faut le compléter par un appareil d’accord, un détecteur et un écouteur téléphonique.
- L’appareil d’accord n’est autre qu’un condensateur variable à air de 1/1000 de microfarad de capacité, que l’on trouve facilement dans le commerce.
- Le détecteur est constitué par un simple fragment de galène sensible monté dans une cupule métallique et sur lequel repose la pointe finement taillée d’un fil de cuivre fin qui peut être déplacé à volonté sur toute la surface du cristal de galène.
- L’écouteur peut être un écouteur téléphonique ordinaire, mais il est préférable de se procurer un téléphone spécial de 500 ohms de résistance.
- La figure 5 montre les détails de ce détecteur.
- En possession de ces accessoires, comment les disposer? La ligure 5 le fait comprendre à première vue.
- p.238 - vue 242/620
-
-
-
- 239
- L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Le réglage doit s’effectuer d’une façon très pré- ! cise, il est en réalité fort simple.
- La tour Eiffel passe chaque jour, justement sous cette même onde de 2600 mètres utilisée pour la téléphonie, des dépêches météorologiques et des signaux horaires, ces émissions ont lieu à 2 h. 20,
- 8 h. 20, 9 h. 25, 9 h. 58, 10 h. 55, 10 h. 58, 11 h. 50, 14 h. 20, 19 h. 20, 21 h. ' 58 et 22 h. 56. . .
- En écoutant à l’une de ces heures l’on entend facilement ces émissions et l’on règle le condensa-
- I de 40 m. est largement suffisante, surtout si sa hauteur atteint une dizaine de mètres; au delà, l’antenne doit être prolongée d’environ 1 mètre par kilomètre de distance. Nous avons pu recevoir de la sorte à 85 km. de Paris avec une antenne tritilaire d’environ 80 m., ce qui équivaut à une uniiilaire de 100 m. bien dirigée.
- Le montage, très simple encore, est du type classique dit « en Oudin » que montre la figure 4.
- La self S est constituée, par une bobine à deux curseurs d’environ 12 cent, de diamètre, et de
- Fig. 2.— Un concert téléphoné à la Tour Eiffel. — De gauche à droite : le chanteur Noté,
- Mme Ivonne Printemps, M. Sacha Guitry, M. le Sous-Secrélaire d’État Laffont, M. le Général Ferrie.
- leur variable jusqu’au maximum de puissance d’audition, en notant que si ce maximum avait lieu pour le zéro du condensateur, il serait nécessaire d’enlever une ou plusieurs spires du cadre jusqu’à audition réglable nettement par le jeu du condensateur.
- Dès lors, le réglage définitif est terminé et l’ensemble est prêt à reccvior la téléphonie, toutefois il faut remarquer que tous les points de la galène ne présentent pas la même sensibilité, il est donc bon d’explorer avec la pointe de cuivre mobile la surface du cristal jusqu’à audition maximum.
- La réception dans un rayon de 40 kilomètres. — Hors Paris, le cadre ne suffit plus pour ce simple poste à galène, l’antenne devient nécessaire et d’au-Iant plus longue que la distance est plus considérable.
- Dans un rayon de 20 km. une antenne unifila.ire
- 50 cent, de longueur, comportant environ 500 gr de fil émaillé de 6/10.
- On remarquera que l’écouteur porte , en dérivation sur ses bornes un condensateur de 2/1000 de microfarad, celui-ci est formé de feuilles de papier d’étain de 4 cent. X 6 cent., isolées avec du papier fort, de préférence paraffiné et comprenant 15 feuilles paires et 16 impaires.
- L’accord se fait pas un (jeu convenable de curseurs Cet Cj et du condensateurC2, ce dernier.parfait l’accord précis défini eommedans le cas précédent.
- La réception au delà de 40 kilomètres. — Au delà de 40 km., surtout si l’on ne dispose pas d’une place suffisante pour développer une grande antenne, les amplificateurs à lampe deviennent nécessaires. Pratiquement un amplificateur à haute fréquence à résistance à deux lampes, réaction électromagnétique, suffit pour toute la France, mais le meil-
- p.239 - vue 243/620
-
-
-
- 240 .. : L’ÉTAT ACTUEL DE LA TÉLÉPHONIE SANS FIL
- Cadre sur 4 doua - une seule spire est figurée _
- C on densafeur
- variable
- Ecouteur
- Fig. 3. — Schéma d’une réception simple de téléphonie sans fil avec un détecteur à galène et un cadre.
- leur montage est encore l’amplificateur à 4 étages, deux en haute fréquence à résistances, suivis de deux en basse fréquence à transformateurs.
- Ces appareils ont été traités à plusieurs reprises dans cette revue, nous n’y reviendrons pas dans cette étude.
- Les liants parleurs. — Il peut arriver que, dans un but de vulgarisation, ou simplement de plaisir personnel, on désire recevoir ces auditions assez puissamment pour qu’elles puissent être entendues à plusieurs mètres d’un pavillon d’écoute.
- Bien des gens pensent naturellement à appliquer dans ce cas les propriétés bien connues des amplificateurs à microphone-téléphone couplés ; hélas ! ces appareils amplifient bien en réalité mais déforment complètement la parole, ce qui les rend inutilisables pour cet usage.
- Des hauts-parleurs magnétiques ont été proposés, magnayqx^télémégaphone : leur principe est plus sur et les met davantage à l’abri du défaut de distorsion.
- Toutefois le meilleur moyen actuel est encore basé sur l’utilisation des tubes à vides ; il consiste à mettre à la sortie du dernier amplificateur une ou plusieurs séries de lampes en parallèle, à alimenter ces lampes par du courant à haut voltage (environ 200 volts) et fermer leur circuit de plaque sur des téléphones peu résistants à grand diaphragme fixés sur des pavillons droits et courts que l’on a soin .de
- Fig. 5. — Détecteur à galène.
- P, planchette isolante, ébonite de préférence; G, galène enchâssée dans la cupule A avec du papier d’étain; R, fil de cuivre reposant sur la galène; B. B, bornes de connexion ; C. C, tube de caoutchouc collé sous la planchette.
- noyer dans du plâtre à l’extérieur afin de supprimer leur vibration propre toujours défectueuse.
- D’autres amplificateurs sont à l’étude, par exemple certains appareils basés sur la variation d’adhérence au contact que subissent certains corps semi-conducteurs, ardoise, pierre lithographique, etc. humectés d’une solution saline et traversés par des courants ondulés ; ces appareils rappellent l’électro-motographe d’Edison.
- Quel est l’avenir de la téléphonie sans fil? Cette dernière venue fera-t-elle disparaître l’actuel réseau de la téléphonie à fil? On ne peut guère le penser sérieusement.
- L’appareillage de téléphonie sans fil actuel est coûteux et délicat, il nécessite à l’émission des spécialistes entraînés.
- Le rendement en énergie est faible, le prix de revient élevé.
- S’il est actuellement possible de sélectionner convenablement le petit nombre de postes existant, celte sélection deviendrait bien aléatoire le jour où
- Antenne,
- Ecouteur
- Terre
- Fig. 4. — Réception de téléphonie sans fil pour une portée.de,40km..avec détecteur.à galène.
- ces postes se multiplieraient conformément aux besoins commerciaux.
- L’écoute, en présence de parasites d’ordre atmosphérique devient à peu près impossible, ce qui semble exclure, actuellement tout au moins, la téléphonie sans fil sous la zone tropicale.
- Pour toutes ces raisons, la propagation de la parole par ondes hertziennes est réservée à des applications spéciales : liaisons à courte distance exigeant peu d'énergiet services généraux en nombre restreint, tel le service météorologique actuel, liaisons entre avions et stations fixes, liaisons entre trains et entre trains et stations fixes, théalrophonc limité peut-être, voici ce que l’on peut en attendre aujourd’hui et n’esl-cc pas déjà une chose bien merveilleuse dont nous nous:: étonnons encore et .dont nos petits-fils, qui peut-être auront mieux ne s’étonneront plus du tout.
- •F Joseph Roussel,
- Secrétaire général
- de la Société Française d’Kludcs de T.S.F
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahüke, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- p.240 - vue 244/620
-
-
-
- - 22 AVRIL 1922
- LA NATURE. — N? 2507.
- LA CANNE A SUCRE EN INDOCHINE —-^\
- Fig. i. — La canne est écrasée dans un moulin primitif actionné par un buffle.
- Longtemps obscure, la question de l’origine de la canne à sucre paraît avoir été définitivement tranchée en faveur de la péninsule Indochinoise.
- Cette plante providentielle se trouve donc chez elle dans notre belle colonie asiatique, et devrait y prospérer.
- Mais elle se contente d’y végéter, alors qu’elle connaît des brillantes destinées dans les pays voisins, et surtout aux Indes et à Java.
- La différence s’explique par les soins que le gouvernement néerlandais et les autorités anglo-indiennes ont apportés à la recherche ou à l’évolution de variétés à grand rendement. Le gouvernement de l’Indochine était entré dans cette voie au début du siècle en constituant une direction de l’Agriculture et des Forêts.
- En 1905, cette administration installa, dans la province de Quang-ngai, principal centre de l’industrie sucrière indochinoise, une station expérimentale sur laquelle les colons étaient en droit de compter pour obtenir une rapide amélioration du rendement de leurs plantations.
- Mais elle était à peine organisée, que des exigences budgétaires en amenaient la suppression, en 1909. La Direction de l’Agriculture la rejoignait bientôt dans sa tombe. Et voilà qui suffirait à expliquer pourquoi les plantations de canne indochinoises continuent à produire deux tonnes de sucre à l’hectare, alors que celles de Java en produisent dix. •
- On ne compte pas moins de trente et une variétés du sacchàrum of'ficinarum cultivées dans la colonie. Quelques-unes servent à la consommation « en nature » ; Annamites et Cambodgiens aiment à mâcher de petits tronçons de canne, et les marchés sont toujours amplement pourvus de cette denrée.
- La plupart des variétés sont. naines, avec des tiges de 1 m-. 50 à 2 mètres de hauteur, sur 15 à 20 millimètres de diamètre. Mais on en trouve d’autres, notamment au Cambodge, qui atteignent 5 m., sur un diamètre de 2 à 5 centimètres. Pres-
- que toutes ont un faible rendement, et certaines ne sont cultivées que pous leurs sous-produits, très employés dans la pharmacopée indigène.
- Par exemple, les tiges de plusieurs variétés se recouvrent d’une matière pulvérulente, cireuse, blanchâtre ou verdâtre, le phan mia des Annamites, que l’on recueille par Un léger grattage, et que les indigènes emploient pour cicatriser blessures et coupures. Des médecins coloniaux français traitent avec succès la furonculose, relativement fréquente en Cochinchine, avec des cataplasmes de phan mia.
- Comme le constatent MM. Ch. Crevost et Ch. Le-marié, en celte œuvre si complète et si documentée qu’est leur Catalogue des produits de l’Indochine, où nous avons puisé maints chiffres et renseignements, la canne à sucre est cultivée dans toutes les régions de la colonie, en pays montagneux comme dans les plaines. Il apparaît donc que l’Indochine, qui compte déjà parmi les plus grands producteurs de riz, pourrait et devrait conquérir un rang important comme pays sucrier.
- Malheureusement, la culture et. l’industrie sucrières y sont restées primitives et familiales. Ce n’est que depuis quelques années que l'on s’occupe d’organiser de véritables plantations, avec des plants importés de Java, et qui se sont, d’ailleurs, parfaitement acclimatés. Nous pouvons signaler également que deux sociétés françaises, celle des sucres el rhums de Cantho, et celle des sucreries et rhumeries de Hiep-Hor, ont monté des raffineries qui doivent être prêtes, à l’heure actuelle, à fabriquer du sucre blanc. Mais nous ne nous occuperons ici que de la production indigène. " Tous les paysans annamites possèdent une petite plantation de canne
- 16. —241.
- Fig. 2. — La récolte de la canne dans VAn-nam méridional.
- 50* Année. — 1” Semestre
- p.241 - vue 245/620
-
-
-
- 242 LA CANNE A SUCRE EN INDOCHINE
- pour leurs propres besoins. Les terrains de culture sont préparés grossièrement à la houe. Déposées clans dès sillons espacés de 0 m. 80, les boutures '•sont recouvertes de fumier mélangé de cendres.
- La canne est broyée dans des moulins primitifs 'composés de.deux ou trois cylindres verticaux en bois dur, qui, par l’action d’engrenages, se meuvent en sens contraire. Le « moteur » est un buffle, attelé à un bras de levier fixé à l’axe d’un des cylindres.
- Les paysans prennent bien la précaution de passer les cannes deux fois dans le moulin; mais une notable proportion de suc reste enfermée dans la bagasse. Il y a une dizaine d’années, le gouverne-nement de la colonie tenta d’améliorer la situation en introduisant de petits moulins de fonte, appelés moulins de Behea, qui sont d’un usage courant dans les Indes britanniques.
- Mais ces appareils, d’un rendement très supérieur à celui des moulins annamites, présentèrent, à l’expérience, de sérieux désavantages. Quand un engrenage se brisait, les forgerons campagnards étaient inhabiles à effectuer la réparation, et le moindre accident occasionnait de coûteux transports.
- Le buffle, suffisant pour actionner un moulin de bois, ne l’était pins pour un moulin métallique. Enfin, comme nous l’apprennent MM. Crevost et Lemarié, dans l’ouvrage déjà cité, « certaines cannes annamites, assez riches en saccharose, ne peuvent pas être traitées avec tous les moulins, en raison de la conformation de leurs mérythailes. Les nœuds forment obstacle au passage entre les cylindres ; les cannes se cassent; le travail d’extraction est ainsi rendu presque impossible ».
- Nous ne nous appesantirons pas sur le traitement du jus. Les méthodes employées sont des plus rudimentaires. Le vesou s’écoule, par des rigoles de bambou, dans des cuves placées sur des foyers, que l’on alimente avec la bagasse séchée au soleil. La cuisson, le clairçage et le raffinage sont plus ou moins complets, d’où la grande variété des produits mis sur le marché. Ils comprennent plusieurs qualités de candis, en gros ou en petits morceaux, des cassonades plus ou moins agglomérées, désignées d’après leur coloration (blanche extra, blanche, demi-blanche, rousse, brune), et des mélasses.
- Pour la consommation locale, les indigènes fabriquent du sucre brun en tablettes, connu sous le nom de duôfïg-banli, ou lui donnent la forme de calottes hémisphériques (ditongghè). Ces deux pro- I
- doits abondent dans toutes les boutiques de la colonie.
- Les paysans annamites extraient aussi du sucre de la tige d’une certaine variété de mais, très riche en glucose. Mais le meilleur succédané de la canne est incontestablement le suc de deux espèces de palmier. J’ai eu l’occasion, dans les bureaux de l’Agence économique de l’Indochine (Avenue de l’Opéra, Paris), de goûter à ce sucre de palme, et lui ai trouvé une saveur exquise.
- L’espèce la plus employée est le Borassus flabel liber Lin., connu vulgairement sous les noms de palmier à sucre, de rondier, et de lontar. C’est un grand et bel arbre, qui peut atteindre 17 mètres de hauteur, et qui parait être originaire des Indes, où il est cultivé depuis un temps immémorial.
- On ne le rencontre en Indochine que dans le Cambodge, mais sans qu’il y forme des palmeraies comparables à celles de l’Inde britannique. Les cultivateurs se contentent de semer des noix en bordure de leurs champs, ou le long des chemins.
- Les arbres ne sont traités qu’à partir de leur vingtième année, et leur période de production se prolonge pendant vingt ou trente ans. L’explication est si compliquée que nous ne pourrons ici que la décrire d’une façon sommaire.
- La récolte a lieu de novembre à avril. Les Cambodgiens commencent par dresser, avec de longs bambous munis de tronçons transversaux, des échafaudages qui leur permettront de grimper, matin et soir, au sommet des arbres.
- Dès que les fleurs apparaissent, ils fendent en deux, l’axe principal de l’inflorescence, puis, sectionnent quatre.; des, divisions, et les meurtrissent avec des pinces en' bois, opération qui désorganise les tissus et provoque l’écoulement de la sève.,:.
- Cinq ou six jours plus tard, l'écoulement commence à se produire, si l’on a eu soin de renouveler les meurtrissures matin et soir. Bientôt, l’écoulement est abondant et régulier ; il est recueilli dans des bambous fixés à chacune des inflorescences. Pendant dix ou douze jours, le débit est d’un litre à un litre et demi par jour et par inflorescence, soit une moyenne de. 5 à 4 litres par jour et par arbre.
- Une bonne partie du suc recueilli est consommée sur place u c’est le vin de palme que les-Ilindous appellent sara, et les Cambodgiens, sra, et qui est un breuvage délicieux. Il a l’inconvénient de s’aigrir rapidement au contact de l’air.
- ... Le suc destiné à la fabrication du sucre doit être
- Fig. 3.— C’est sous cette forme que le sucre est livré au commerce.
- p.242 - vue 246/620
-
-
-
- LA CANNE A SUCRE EN INDOCHINE —...........- 243
- traité immédiatement. Versé dans de grandes bassines métalliques, il est soumis à trois heures d’ébullition, après adjonction d’une petite quantité de son de riz, dont la présence, d’après les Cambodgiens, est indispensable à la cristallisation.
- Le vesou réduit par cette première cuisson est vendu par le producteur à de petits fabricants qui lui font subir de nouvelles opérations : cuisson de trois quarts d’heure avec brassage ininterrompu ; adjonction d’une faible quantité de chaux ; transvasement dans des récipients de terre enveloppés de paille mouillée, et percés de trous, pour l’écoulement des éléments de la mélasse qui ne se sont pas solidifiés.
- Le produit obtenu est chargé d’impuretés ; mais il est très sucré, et d’une saveur agréable. On évalue à 25000 quintaux la production annuelle de sucre de palme, dont la plus grande partie est consommée sur place, c’est-à-dire au Cambodge. Une notable proportion est utilisée par les petits distilla teurs chinois pour la fabrication de l’alcool; le rendement est de 32 litres d’alcool pur par 100 kg. Avec des procédés perfectionnés,un industriel français établi au Cambodge a obtenu 51 litres.
- La culture méthodique du rondier devrait payer largement le capital engagé. Un arbre adulte rapporte 5 piastres par an, à ne parler que de la récolte du sucre. En outre, ses feuilles sont une matière première de qualité supérieure pour la vannerie et lasparterie; aux Philippines, on les emploie à la confection des chapeaux aussi fins et durables que les panamas.
- Les fruits se mangent frais; desséchés, ils servent à faire un délicieux potage, et sont également employés pour la nourriture du bétail. Des expériences exécutées en 1916 au Musée de Hanoï ont prouvé que les amandes pouvaient rivaliser avec le corozo pour la fabrication des boutons. Enfin, le tronc des arbres mâles, d’un bois dur qui résiste à l’humidité et aux attaqües des insectes, est utilisé comme pilotis.
- Fig5. — Le suc, ou vesou, est mis à cuire dans de vastes marmites.
- Fig. 4. — Après cuisson, le sirop est transvasé dans des jarres de terre*
- Grâce à l’obligeance de l’Agence économique de" l’Indochine, nous avons obtenu quelques statistiques sur l’exportation du sucre indochinois. Les chiffres sont déconcertants parles oppositions qu’ils présentent.
- Ainsi, en 1901, la colonie en exporta 5 700 tonnes (dont 3000 en France), pour atteindre, en 1908, son maximum avec 6862 tonnes. Brusquement, dès l’année suivante, le chiffre tombe à 2496 tonnes, et atteint son minimum en 1911 avec 1434 tonnes, puis, se relève par bonds inégaux pour se relever, en 1915, à 5503 tonnes, dont 964 seulement pour la France,
- Après une moyenne de 5316 tonnes pour les cinq années de 1914 à 1918, les hauts cours des sucres dans le monde portent brusquement l’exportation indochinoise à 7718 tonnes en 1919, quantité vendue 9100 000 francs. Enfin, en 1920, le chiffre s’élève à un total de 8805 tonnes, d’une valeur de 10594000 francs.
- Une statistique sur la production de 1920 montre nettement que l’Annam reste le centre de l’industrie sucrière. Les quantités qu’il a livrées au com-I merce ont été de 8260 tonnes de sucre brun et de 342,5 tonnes de sucre blanc. Les chiffres respectifs ont été de 656,9 et de 1,7 pour la Cochinchine, de 155,4 et de 0,8 pour le Tonkin. Les statistiques manquent pour le Cambodge, qui, d’ailleurs, ainsi que nous l’avons signalé, ne produit guère que du sucre de palme.
- En raison des distances, il est douteux que les sucres indochinois puissent jamais rivaliser sur le marché français métropolitain avec les sucres de betterave, ou même avec les sucres de canne des Antilles. Mais, comme l’écrit pittoresquement M. Henri Brenier. dans sa brochure sur Les ressources de l’Indochine, il convient de se souvenir que notre colonie asiatique a pour voisin « l’énorme ventre chinois », qui est prêt à assurer à ses plantations et à ses raffineries un débouché quasi-incommensurable. Y. Foriux.
- p.243 - vue 247/620
-
-
-
- UN APERÇU DU PROBLÈME DU CANCER
- ; Parmi les maux que Pandore, malencontreuse-iment tenté par le démon de la curiosité, laissa -échapper de la boîte confiée à sa garde, le cancer [occupe une place importante, tant du fait de sa fréquence, que du caractère spécial de ses atteintes.
- Fréquent, il l’est certes, et la place qu’il occupe dans le bilan annuel de la mortalité générale, est d’autant plus importante que son taux propre de mortalité est élevé. •
- C’est, en même temps un mal mystérieux au premier chef, et cette raison, unie à la précédente, fait de lui un mal redouté tant par le profane que par le savant.
- Depuis quelque temps, l’intérêt pénible qu’il provoque a été plus intense que jamais; l’apparente augmentation de fréquence du mal (.*), l’extension des moyens de vulgarisation scientifique font que le public, chaque jour plus au courant des problèmes de la science, voit mieux l’importance sociale de ce mal mystérieux qu’il redoute par-dessus tout ; de même, le monde s’étonne de voir la science, qui fait de si importants progrès par ailleurs, piétiner sur place, en apparence tout au moins, en ce qui concerne le cancer. Toutes ces raisons interviennent probablement pour une part dans cette « inquiétude » que l’on voit se manifester souvent aujourd’hui dans le grand public. Une mise au point d’un problème de cette importance est donc indiquée ; corrigeant quelques erreurs nées d’un optimisme trop excessif ou d’un pessimisme exagéré, elle tendra, en somme, à mettre à sa place véritable, tant théorique que pratique, l’état d’une question qui, tout en ayant fait de sérieux progrès au cours des dernières années, est encore loin d’être arrivée au degré de perfection pratique que l’on voudrait lui voir atteindre.
- Qu’est-ce que le cancer? — Répondre à une telle question est chose à la fois aisée et difficile. Si l’on s’en tient à définir la maladie par ses effets la réponse est en effet facile ; difficile, impossible même dans l’état actuel de nos connaissances, est, par contre, la réponse, si l’on envisage, au contraire, les causes.
- En France nous groupons sous le nom de cancer toutes les tumeurs dites malignes, c’est-à-dire celles qui ont le triple caractère de : tumeur ; reproduction locale après ablation incomplète; reproduction à distance du foyer primitif avec des caractères analogues à ceux de la tumeur primitive. Nous groupons donc sous ce nom de cancer, d’une part les tumeurs malignes nées aux dépens de cellules épithéliales, d’autre part les tumeurs malignes issues de cellules mésodermiques, c’est-à-dire les sarcomes. Il n’en est pas de même partout, et actuellement, par exemple, les Anglo-Saxons ré-
- 1. Augmentation apparente qui n’est peut-être pas une augmentation réelle, mais le témoignage de fait que le cancer, mieux connu, est plus souvent diagnostiqué.
- servent aux premières seides de ces deux tumeurs le nom de cancer et réunissant les deux types anatomiques diflérents : l’épithéliome, le sarcome, sous le nom de tumeurs malignes.
- Bien entendu, il n’.y a, au fond de cette divergence d’expression, qu’une affaire de mots; pour ma part, j’adopterai la coutume française, qui, d’ailleurs, semble légitimée par ces faits.
- Ceci dit, tentons de préciser les faits connus relatifs aux processus intimes du cancer. Une comparaison va nous éclairer. Une solution de continuité dans les téguments, une plaie, se répare, on le sait, par multiplication et prolifération cellulaire des éléments situés au pourtour de la lésion (au cours des phénomènes de de la croissance, celle de l’embryon en particulier, l’accroissement du corps est déterminé par des processus analogues) ; mais si la plaie est comblée ou si l’organe arrive à son état de développement optimum, la cellule s’arrête de croître et de reproduire. Il y a, en somme, une sorte d'équilibre limite qui, lorsqu’il est atteint, ne peut être normalement dépassé. Il n’en est pas de même en ce qui concerne les faits pathologiques relatifs aux tumeurs, et ce pouvoir de croître au delà des limites normales d’équilibre est justement la caractéristique essentielle de la cellule cancéreuse ; en somme, la cellule normale d’un tissu sain est une cellule sage et policée, la cellule cancéreuse est une cellule qui, ne reconnaissant plus de loi, est devenue anarchique ; dès l’instant où elle s’est mise hors la loi commune, elle ne va plus agir qu’à sa guise, n’obéit plus aux règles habituelles de vie des cellules saines, va les détruire par contiguïté, va coloniser à distance au milieu des tissus sains et finira, par sa multiplication ou sa localisation dans des organes vitaux, par entraîner la mort de l’organisme tout entier, à moins, qu’à son début, on n’extirpe l’agent perturbateur et qu’on le rejette hors de l’organisme.
- Ces caractères différencient les tumeurs malignes des tumeurs bénignes; pour gênantes et graves même que puissent être ces dernières, elles restent bien sagement localisées à l’organe qui les a engendrées, c’est, si l’on veut, une hypertrophie de tout ou partie d’un organe ou d’un tissu d’un organe, jmais cela reste limité à l’organe primitivement latteint et cela sans aucune tendance à coloniser en dehors de l’élément initialement touché, autrement dit, la cellule tumoralc^benigne reste, avec ses semblables, encapsulée dans unef;enveloppe qui enferme en totalité la tumeur ; la céllüle' tumorale maligne rompt au contraire toutes les barrières que peut lui opposer l’organisme et allant toujours plus avant, soit de proche en proche, soit par le milieu intérieur, lymphe ou sang, gagne de nouveaux tissus qu’elle contamine. Deux schémas nous feront comprendre mieux que de longues explications la différence essentielle de l’un et l’autre type de tumeur en même temps qu’ils feront comprendre ce qui,
- p.244 - vue 248/620
-
-
-
- UN APERÇU DU PROBLÈME DU CANCER
- 245
- clans un examen anatomique, macroscopique ou microscopique, permettra de distinguer l’une et l’autre affection.
- Tandis que la tumeur bénigne s’accroît, in-terstitiellement ou centralement, par augmentation de volume de la masse initiale qui refoule les tissus voisins, la tumeur maligne s’accroît périphéri-quement ou excentriquement par infiltration dans les tissus environnants qu’elle pénètre comme autant de vrilles, C’est ce qui a fait donner à ces tumeurs le nom de cancer (crabe) ou krebs (écrevisse) car, à la coupe, les traînées cellulaires rayonnantes sont comme les pattes de ces crustacés.
- La cellule cancéreuse se reproduit, tout comme les cellules normales, par division directe uni- ou multipolaire, par karyokinèse ou par multiplication endogène.
- Quoi qu’il en soit, cette hyperplasie cellulaire qui aboutit à la constitution d’une tumeur évolue suivant certaines lois,
- Müller, en 1858, montrait que le tissu qui forme une tumeur a son type anatomique dans un tissu de }’organisme considéré, soit à l'état embryonnaire, soit à l'état de développement complet. Contrairement à l’hypothèse formulée par Laennec, la cellule cancéreuse telle que nous la voyons n’est donc pas, dans son essence, totalement différente des cellules normales de l’organisme, mais n'est autre chose qu'une cellule normale modifiée.
- Remak et Virchow ont précisé ces données. Les éléments cellulaires d'une tumeur, disent-ils, dérivent d'éléments cellulaires préexistants dans /’organisme. — Omnis cellula e cellula.
- Bard est allé plus loin encore dans cette idée de la spécificité cellulaire. — Omnis cellula e cellula
- Fig. 2. — La masse tumorale rompt la barrière
- conjonctive et pénètre les tissus voisins et les vaisseaux. A, masse principale tumorale B, tissu conjonctif C, vaisseaux.
- Fig. i. — La masse tumorale refoule les tissus voisins et reste limitée par le tissu conjonctif.
- A, masse tumorale ; B, tissu conjonctif.
- ejusdem yeneris, dit-il, pour affirmer que tous les types cellulaires de l’économie peuvent donner naissance à des tumeurs malignes et que chacun de ces types donnera naissance à des tumeurs qui lui seront propres.
- En est-il ainsi et cette spécificité cellulaire est-elle la règle, selon la formule de Bard, ou faut il revenir à l’opinion antérieure de l'indifférence cellulaire?
- Les recherches récentes, tant des embryologistes que des expérimentateurs qui étudient le cancer, semblent devoir, sinon détruire l’opinion catégorique de Bard, au moins la tempérer fortement. Si, en effet, cette loi était aussi absolue, comment verrait-on, ainsi que le fait a été signalé en pathologie humaine par Lippmann et SchmorI, un cancer épithélial donner des métastases sarcomateuses, c’est-à-dire conjonctives; et comment* verrait-on, expérimentalement, ainsi que l’ont établi Apolant, Ehrlich, Bashford, un sarcome succéder progressivement, au cours de transplantations successives chez l’animal, à la greffe d’une tumeur dont la souche primitive est un épithéliome.
- Ces faits portent gravement atteinte à la théorie de la spécifité cellulaire du cancer, de plus ils justifient la manière de voir française, qui désigne sous le terme unique de cancer toutes les tumeurs malignes, enfin, nous le verrons, ces faits pèsent d’un certain poids dans la balance pour orienter l’opinion vers telle ou telle théorie du cancer, au point de vue de ses causes.
- Pourquoi une cellule devient-elle cancéreuse?
- C’est à cette question que notre sagacité scientifique est arrêtée et qu’elle est obligée de se perdre dans le dédale êt le faux fuyant des hypothèses.
- En somme, nous l’avons vu, la cause de tout le mal çst dans la propriété particulière que certaines cellules, normales en apparence, ont de se soustraire aux lois communes.
- Le problème est donc alors simplement déplacé
- p.245 - vue 249/620
-
-
-
- UN APERÇU DU PROBLEME DU CANCER
- 246
- et l’on doit substituer à la question, pourquoi se fait-il une tumeur cancéreuse, une autre question, pourquoi une cellule normale devient-elle une cellule cancéreuse?
- C’est à la résolution de cette énigme que, depuis plusieurs années, se heurte la recherche; certes, de nombreuses hypothèses ont été fournies, toutes celles qui pouvaient résulter de nos) connaissances générales en pathologie : théorie parasitaire, théorie embryonnaire, théorie chimique et biologique, théorie irritative ; toutes conceptions qui ont, chacune pour elle, des arguments de valeur, et contre elle, des arguments non moins importants ; en somme toutes théories qui doivent être étudiées une à une, mais qui peuvent cependant être groupées suivant le mode de genèse initial de la maladie ; ceci a son intérêt pratique.
- Dans un premier groupe d’hypothèses, on considère que la cause première du cancer est née à l'intérieur même de l'organisme qui Théberge et, puisque les cellules cancérisées reprennent le caractère des cellules de l’être dans leur période embryonnaire, on a supposé que certaines cellules étaient restées confinées dans l’organisme depuis cette époque pour ne proliférer qu’à l’àge adulte. Cette théorie, due à Conheim, a pour elle les faits apportés par Malassez, ceux de tumeurs paradentaires nées dans les résidus embryonnaires ; mais cette théorie ne suffit pas à expliquer les faits relatifs à la plupart des tumeurs, elle a contre elle, notamment, le fait que les greffes de tissus embryonnaires n’ont jamais déterminé de tumeurs malignes.
- Plus éloignées des faits, plus incontrôlables, moins satisfaisantes en un mot, sont les théories de la monstruosité cellulaire, de la désorientation et du déplacement cellulaire, toutes théories qui, d’ailleurs, ne montrent pas la cause profonde du mal.
- Enfin, on a considéré la prolifération cellulaire comme une conséquence d’une modification des qualités des humeurs du milieu intérieur (exagération, diminution ou modification des composants chimiques normaux), réalisant ainsi le déséquilibre primitif entre la cellule et le milieu ambiant, d’où modification des propriétés cellulaires et anarchie de celles-ci ; cette théorie diathésiqué du cancer a contre elle, le fait qu’une modification du milieu intérieur, si elle était à même d’entraîner une anarchie cellulaire, ne limiterait pas ses effets à un seul groupe de cellules, peut-être à une seule cellule, qui, dès lors, renferme en puissance toutes les conséquences du développement et intervient seule pour infecter tout un organisme ; il faudrait admettre que le déséquilibre diathésiqué n’a été que de très courte durée, qu’il n’a provoqué qu’une seule transformation cancéreuse localisée en un point de l’organisme, et que cette transformation effectuée,'seule la cellule malade intervient à son tour. Il y a là vraiment trop de conditions nécessaires pour que l’on puisse, en l’absence de toute j preuve, s’attacher à cette théorie. j
- Un deuxième groupe d'hypothèses voit dans une in tervention du milieu extérieur la cause du cancer et c’est, il faut le dire, cette manière de voir qui trouve dans les faits le plus d’éléments de vraisemblance.
- Le cancer est, en effet, inoculable d’un animal à un autre, soit dans une même espèce, souris à souris, soit d’une espèce à une autre, même dans des classes éloignées les unes des autres, des mammifères aux oiseaux par exemple ; à ce point de vue le mémoire de Moreau (1894) a été fondamental et, depuis ce mémoire, de très nombreux, travaux sont venus confirmer et étendre les conclusions initiales qui résultaient de ces recherches. Il est absolument certain aujourd'hui que le cancer peut être greffé de l'homme à l'homme, de l'homme à l'animal et d'animal à animal, sans que, dans ce dernier cas, il soit, nécessaire d'opérer sur des espèces proches les unes des autres. Voilà un fait capital, et qui semble démontrer sans contredit la légitimité des théories du cancer maladie de cause extérieure.
- D’autres faits, moins scientifiques il est vrai, sont encore plus troublants ; ce sont les faits relatifs aux maisons à cancer, aux épidémies dé cancer, faits apportés par Behla et par Sœggard; mais si l’on peut discuter les faits de cet ordre, il n’est par contre pas discutable, ainsi que l’ont montré Borrel, Hanau, Halland, notamment, qu’il existe une contagion chez l’animal (la souris en fait) et que certaines cages à cancer sont le lieu de véritables épidémies, même lorsque des souris indemnes succèdent à des souris malades sans qu’il y ait cohabitation directe; l’extrême rareté du cancer sponiané de la souris confirme encore la valeur des observations de Borrel.
- Les autogreffes ont également une haute valeur démonstrative, soit greffes opératoires involontaires chez l’homme observées par exemple au pourtour de l’orifice de pénétration pariétale d’une aiguille, dans le cas de ponction d’une ascite cancéreuse, soit greffe d’un fragment dégluti de cancer de l’oesophage dans l’estomac, soit encore greffes à distance dans l’intestin, de cancers intestinaux situés en amont, avec cette particularité que la tumeur greffée prend le type cellulaire de la tumeur primitive.
- Tous ces faits ont donc la plus haute valeur en faveur de la probabilité, sinon d’une démonstration, de la nature extérieure du cancer ; cela n’éclaire pas cependant le mécanisme intime.
- La cancérisation d'une cellule pourrait, en effet, être la résultante d'une irritation soit mécanique, soit microbienne ; cette irritation déterminerait dans la cellule des modifications des qualités biologiques qui aboutiraient à des phénomènes d’Hyperplasie ; ainsi, des causes banales en fait, seraient à même, sous la répétition même de leurs effets, d’entraîner la production d’un cancer.
- La cancérisation de la cellule pourrait, par contre, être la résultante d’une infection de la cellule par un parasite* non plus banal mais spécifique ; il exis-
- p.246 - vue 250/620
-
-
-
- UN APERÇU DU PROBLEME DU CANCER -...... 247
- terait alors dans la série parasitaire un microbe du cancer comme il existe un microbe de la syphilis, un microbe de la tuberculose ou de la peste. L’une et l’autre hypothèse a-ses partisans, mais les arguments entassés, depuis des années que l’on cherche activement à résoudre le problème, n’ont apporté aucun élément absolument probant.
- Le développement du cancer semble favorisé par l’existence de maladies antérieures, la syphilis et la tuberculose par exemple, et la fréquente cancérisation des lésions syphilitiques anciennes est un fait trop connu pour qu’il soit besoin d’insister. Gela est certes en faveur d’une théorie irritative du cancer, mais cela n’est nullement exclusif d’une théorie parasitaire, car on peut très bien admettre que la maladie antérieure prépare le terrain à l'infection cancéreuse spécifique, et que la lésion locale, produite par cette maladie antérieure, détermine, localement, par irritation, un lieu de moindre résistance particulièrement favorable à la localisation d’un microbe.
- Quoi qu’il en soit, il est absolument certain, et le professeur Me-netrier en a apporté des exemples absolument démonstratifs, que le cancer se développe souvent sur des lésions d’irritation banale; à défaut d’une valeur théorique, ce fait possède une valeur pratique, en affirmant, parmi les moyens à mettre en œuvre dans la prévention du cancer, la haute valeur de la prophylaxie et du traitement des lésions irritatives.
- . Le cancer évolue comme une maladie infectieuse inoculée. Il détermine tout d’abord des lésions locales grossièrement semblables aux lésions inflammatoires infectieuses, il gagne les tissus voisins à la manière d’une infection puissamment virulente, comme les microbes, il pénètre dans l’appareil lymphatique (épithéliomas), ou l’appareil sanguin (sarcomes), provoquant en dernier lieu des localisations à distance ou métastases sans continuité avec le foyer primitif.
- Tout comme le nodule infectieux d’inoculation, le cancer passe donc par trois stades de ; réaction locale, envahissement vasculaire, foyers métastatiques. Voilà qui est en faveur du cancer maladie parasitaire ; toutefois, une différence importante sépare les deux processus, différence incompréhensible dans l’état actuel de nos connaissances générales. Dans le processus infectieux, l’élément que l’on retrouve inchangé tout au long des manifestations successives, c’est le microbe; dans le cancer, c’est la cel-
- lule qui, une fois encore, se conduit comme un véritable parasite.
- Je m’explique : prenons, par exemple, une inoculation streptococcique d’un doigt; localement on trouve le microbe, et la réaction inflammatoire qu’il détermine dans les tissus modifie certes les cellules de ceux-ci, mais la réaction inflammatoire qui se produira dans les lymphatiques et les ganglions, tout en permettant de reconnaître la présence des microbes en cause, ne s’accompagnera pas de la présence de cellules des tissus primitivement atteints de la main ; en dernier lieu, s’il y a septicémie et localisation infectieuse viscérale, endoeardique ou pulmonaire, les foyers situés dans ces organes permettront, certes, de trouver les microbes mais pas les cellules de la lésion point de départ. En somme, chaque cellule d’un tissu déterminé conserve, lorsqu’elle est atteinte par le microbe, ses caractères propres.
- Il n’en est pas de même dans le cancer ; de microbe il ne peut en être question puisqu’on ignore tout de ce point, mais, dans les différentes localisations évolutives du cancer, on trou ve toujours la cellule primitive, si la tumeur.initiale est par exemple une tumeur épithéliale d’une partie du tube digestif, c’est la structure de ce tissu que l’on trouvera dans les ganglions et dans les métastases à distance.*. Il y a donc une différence apparente profonde entre les deux processus; en réalité, cette différence n’est peut-être pas aussi capitale qu’elle peut sembler au premier abord ; certaines maladies infectieuses, la tuberculose par exemple, s’accompagnent de modifications cellulaires qui reproduisent le même aspect histologique dans les diverses atteintes et quels que soient les tissus lésés ; il est vrai qu’il s’agit là d’un mode de réaction général de tissus mal différenciés, et non pas, comme dans le cancer, de la reproduction de cellules nettement individualisées ayant autant de types primitifs qu’il est de tissus susceptibles d’être atteints primitivement.
- Quoi qu’il en soit, ce fait nous montre que deux maladies infectieuses différentes. : l’infection banale, la tuberculose, n’ont pas des processus histologiques identiques.
- Un autre fait est plus important, fait que j’ai déjà signalé au début de cette étude : la possibilité, tant dans le cancer de l’homme que dans le cancer expérimental, d’une transformation du type histologique du cancer au cours de son évolution, non seule-.
- sï' J circulation
- 's r sanguine.
- Les flèches et la zone ombrée marquent l’évolution par
- Fig. 3.
- propagation lymphatique, puis sanguine d’un cancer épithélial.
- i, stade délocalisation; 2, stade d’envahissement ganglionnaire; 3, stade de'métastase par voie sanguine ; T, tumeur; V*-. système veineux.
- p.247 - vue 251/620
-
-
-
- LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE AU MAROC
- 248
- ment d’unfe • transformation de détail, mais encore d’une transformation radicale, puisque le cancer épithélial se transforme eh cancer conjonctif. Ce fait retire donc à l’argument : stabilité du type histologique dans les divers stades de localisation, la portée conclusive que l’on a voulu lui donner.
- Un autre fait enfin semble devoir emporter la conviction ; il résulte des travaux de E. F. Smith et il est relatif au cancer des plantes.
- 11 existe, en effet, commechez l'animal et l’homme, une tumeur maligne de la plante, tumeur qui a les mêmes caractères de foyer initial localisé et de métastases ; les foyers à distance reproduisent le type histologique de la tumeur primitive, une tumeur de la tige se reproduisant, par exemple, dans la feuille avec une structure de tige;, c’est-à-dire, en somme, une tumeur à laquelle on ne peut nier les caractères cancéreux.
- E. F. Smith est parvenu à isoler dans ces tumeurs un microbe qui1, inoculé à d’autres plantes, détermine chez elles une tumeur identique à la tumeur dont ils ont été isolés, tumeur qui évolue comme la tumeur primitive, c’est-à-dire comme un cancer, en provoquant des foyers métastatiques et en déterminant la mort de la plante par cachexie; de plus, les cultures de ce microbe peuvent être tuées, les toxines seules injectées alors à la plante, déterminent chez elle une prolifération cellulaire intense qui s’arrête après un certain temps, il se forme une sorte de tumeur bénigne qui n’a pas le pouvoir de pousser au delà son hyperplasie cellulaire.
- Ce fait semble démonstratif et même s'il ne
- s'agit pas d'un véritable cancer, fait qui n'est pourtant pas niable, il n'en reste pas moins vrai, fait capital, qu'une infection microbienne est capable de déterminer. une anarchie cellulaire absolument analogue à celle du cancer, y compris la métastase avec forme histologique identique à la structure tumomle initiale.
- La plupart des faits concordent donc pour faire de la théorie parasitaire la plus vraisemblable des hypothèses fournies ; certes il manque à cette théorie la confirmation bactériologique qui résulterait de l’iso lement d’un microbe; à de nombreuses reprises, on a cru trouver celui-ci chez l’homme ou dans lès tumeurs animales, toujours la critique a montré qu’il s’agissait soit de microbes banaux, soit d’apparences parasitaires, si bien qu’il manque toujours à la théorie parasitaire la confirmation éclatante qui ne saurait résulter que de la découverte de l’agent pathogène.
- Par ce rapide exposé d’une œuvre immense, tout entière contenue dans les 70 dernières années, et dont je n’ai signalé que les faits saillants, on peut mesurer l’importance du progrès réalisé et se convaincre que la science ne piétine pas en face du cancer, mais fait des progrès continuels, bien que lents. Quelle est la longueur du chemin qui reste à parcourir? Il est difficile de le dire, mais la route peut être longue encore.
- Tel est du point de vue dogmatique l’ensemble du problème du cancer ; nous envisagerons ultérieurement le même problème du point de vue pratique, du point de vue thérapeutique en particulier.
- P1 Guillaume.
- I.ES INSTRUMENTS DE MUSIQUE AU MAROC
- 11 y a pela de métiers où l’habileté personnelle de l’ouvrier, les tours de main qu’enseigne: seul un long usage, le flair et le doigté, l’art, en un mot, soient plus indispensables que dans celui de luthier : la qualité de son d’Un instrument est le résultat de mille détails, de mille sbins qu’une longue patience et une volonté tenace, unies à une grande expérience, peuvent seules réunir.
- De nos jours, et dans nos pays, les instruments de musique sont l’objet d’une construction, certes longue et minutieuse, mais-que l’emploi des machines et. la fabrication en séries a rendue moins personnelle,- et. la lutherie n’est plus, ce qu’elle fut au moyen âge, un métier d’art où chaque instru- j ment, patiemment travaillé, sortait complètement ; achevé des mains même de l’artisan qui en avait creusé dans le bois brut la première ébauche.
- Il est d’autant plus curieux de retrouver aujour- • d’hui au Maroc une réplique de ce que furent les coutumes de notre société il y a quatre ou cinq siècles.
- Groupés en corporations autour d’un chef appelé Amin, sous l’égide d’un Mohtasseb tout puissant
- (notre ancien Prévôt des Marchands), les métiers'y sont réunis par quartiers, ef *phacime des petites éohopes qui ouvre un auvent sur la rue est l’atelier d’un maître-ouvrier entouré de quatre ou cinq apprentis auxquels il enseigné patiemment les règles de son art. . .
- La corporation des luthiers s’est réunie à Fès, au centre de la vieille ville, près de la mosquée de Moulay Idriss. Là on rencontre encore d’habiles ouvriers, exécutant eux-mêmes les moindres détails de leurs instruments, travaillànt l’ivoire ou la nacre pour les riches incrustations dont ils les orneront, ou tordant les boyaux de mouton qui deviendront des cordes sonores. Là se sont conservées fidèlement; les bonnes traditions qui font lès" instruments aux formes pures, les mêmes dont se servaient si habilement. les musiciens maures de Gordoue au xe siècle, les mêmes, chose remarquable, qu'utilisaient encore six siècles plus tard les maîtres italiens et français.
- L’influence de la musique; arabe sur la musique européenne est, erf effet, incontestable : les Croisés, au retour de Jérusalem, rapportèrent dans leurs foyers les instruments qui les avaient charmés. Or,
- p.248 - vue 252/620
-
-
-
- Fig. i. — Luth Italien du XVe siècle {fragment d’un tableau de Gian Bellini à Venise).
- à celte époque, il y avait déjà trois siècles que l’Europe avait senti passer le premier courant d’influences venant du Maroc.
- A la fin du vue siècle les Maures, envahissant l’Espagne, s’établissaient en Andalousie; ils avaient atteint une civilisation auprès de laquelle l’état
- des peuples européens était presque de la barbarie. Depuis ce moment, et jusqu’à la fin du xvue siècle, les rois de France, d’Angleterre, de Sicile se disputèrent les meilleurs artistes musulmans : musiciens, aussi bien que nielleurs et céramistes. Ce sont ces artistes raffinés qui initièrent
- Fig. 2. — Joueur de Gumbriy
- p.249 - vue 253/620
-
-
-
- 250 .... — LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE AU MAROC
- nos ancêtres aux délicatesses de l’art et de l’existence ; nous en avons une preuve frappante dans la présence fréquente de musiciens maures dans les tapisseries et tableaux de cette époque. Louis XIII fit encore venir de ces Maîtres qui enseignèrent dans son royaume, en sorte que c’est pendant une période de neuf siècles que l’infiuence arabe s’est fait sentir sur notre civilisation.
- Nous reproduisons (fig. 1) un fragment de la Madonna de Gian Bellini (xve siècle) : le luth tenu par l’ange ne ressemble-t-il pas étrangement à VAond moderne du musicien arabe que représente la figure 47 Ce sont mêmes dimensions, même forme générale avec la rosace centrale ajourée, lé manche recourbé à l’extrémité,, permettant de donner plus de tension aux cordes; même tenue aussi de l’artiste, -avec cette différence, toutefois, que le musi--cien arabe gratte ses cordes avec une plume -de vautour, tandis que ’ l’italien les pince avec les doigts. Mais le luth primitif du xive siècle était, lui aussi, joué avec un plectruin ; ce n’est que plus tard qu’il se joua avec les doigts et se transforma pour devenir l’instrument complet si en faveur au xvne siècle.
- VAoud est de fabrication très délicate, le dos de cet instrument étant fait-d’une série de minces feuilles de bois ajustées les unes dans les autres. Il présente une forme très renflée comme une poire. La table, faite en bois miqcc, est ajourée d’une rosace, primitivement découpée dans la table, mais qui, aujourd’hui, se taille séparément dans de la corne.
- Les cordes, au nombre de quatre paires, sont accordées'ainsi :
- Elles sont attachées à un chevalet collé à l’extrémité de l’instrument.
- Le Rebab est l’ancêtre de notre vieux Rebec. Considéré, à juste titre, comme le roi des instru-
- ments, il est presque toujours richement décoré (fig. o). Sa forme est longue, renflée sur le dos et légèrement cintrée à la taille. On le creuse dans un bloc d’abricotier, incrusté auparavant de fines arabesques en fil d’argent et de motifs de nacre. La table est faite d’une peau de chèvre collée sur la partie supérieure de l’instrument ; les ouïes sont percées de chaque côté du dos, et la touche, large, est ornée de rosaces en nacre ajourée. Un chevalet, placé de biais à l’extrémité du Rebab, soutient deux
- grosses cordes accordées en quinte :
- Placées à 2 centimètres au-dessus de la touche, ces cordes sont enserrées par le doigt dans sa première phalange, au lieu d’être pressées par lui contre la touche, comme dans nos modernes instruments cà cordes ; cette manière si particulière de former les notes rend le jeu extrêmement difficile, mais donne au Rebab un son mystérieux et étouffe qui fait son plus grand charme. Un proverbe arabe compare la corde la plus élevée à la voix de la tourterelle et la plus basse à celle de l’homme.
- L’archet du Rebab, massif et en forme très accusée d’arc, est orné de nacre ou d’ivoire ; son maniement se fait la main en dessous, ainsi que dans tous
- les instruments anciens.
- L’instrument le plus populaire au Maroc est le Gumbri (fig. 2). Avant fapparition de l’horrible violon à vingt-cinq francs, que l’on fait grincer en le tenant sur le genou gauche comme un petit violoncelle, le Gumbri se trouvait dans tous les cafés. Lès jeunes gens aiment encore à Remporter dans les jardins, au printemps, avec leurs petits tapis, leurs plateaux de thé à la menthe et leurs cages à canaris.
- Son origine fut une carapace de tortue recouverte de peau et emmanchée d’un bâton. Resté très primitif, il se creuse actuellement dans un bloc de noyer ou d’abricotier. Le bâton, habituellement tourné, qui lui sert de manche, s’enfonce dans la
- • hV,- >*
- Fig. 3. — Rebab (violon à 2 cordes) avec son archet, bois orné d’incrustations d’ivoire à Fez (d’après le Bulletin Officiel de Protectorat Marocain).
- p.250 - vue 254/620
-
-
-
- LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE AU MAROC ======== 251
- table faite en peau, pour ressortir, à l’extrémité inférieure, en une fourche, qui fait office de tire-cordes.
- Le Gumbri possède trois ou quatre cordes, accordées en quinte, que l’on gratte avec un débris de palmier nain.
- Dans le Sous, il existe un instrument également populaire appelé Rebab Sonssi. Sa forme, très curieuse, rappellerait beaucoup celle des instruments chinois.
- Le corps est fait d’un cercle de bois recouvert de peau de chèvre des deux côtés ; cette peau est perforée d’une série de trous sur sa faee extérieure ; deux ouïes sont creusées sur les côtés du cercle, sur lesquels viennent
- cher des cordes, qui résonnent par sympathie avec les vibrations de la peau.
- Deux de ces cordes, enfilées de per es,
- sent un son singulier.
- Un manche carré et orné d’incrustations d’argent et d’ivoire traverse l'instrument et ressort du tambourin en forme conique sur une longueur de quelques centimètres. À la tète du manche, une cheville très longue tend, dans un angle de 20 degrés, la corde faite de crin blanc. Cette unique corde s’attache sur un anneau de cuivre fixé à l’extrémité du Rebab ; un petit chevalet, placé très haut, soutient la corde.
- L’archet, courbé au feu, en forme de demi-cercle, est enroulé de feutre rouge sur la partie qui touche la main ; les crins sont, noirs et, le talon n’existant pas, attachés directement dans le bois.
- La sonorité du Rebab Soussi est aigre et très élevée ; elle se marie admirablement avec le timbre en voix de fausset des gens du sud.
- Les instruments à vent en métal n’existent pas au Maroc, mais seulement les instruments en bois, tels que la llùte et le hautbois.
- La flûte de roseau s’appelle Nira. Elle est jouée par les enfants et les pâtres et sert d’instrument préparatoire au hautbois, dont l’embouchure est difficile. Faite d’un simple bambou, sa durée est très précaire.
- Il est curieux de constater que son doigté et son accord sont les mêmes que ceux des Recordes, citées par Shakespeare dans plusieurs de ses pièces (dans Hamlet, il précise l’entrée des musiciens,
- <( Ile-enter players with recorders»), instrument à peu près introuvable de nos jours, et pour lequel nom bre d’airs des xvift et xvne siècles ont été écrits.
- La Nira, faite d’après le principe de toutes les flûtes, est fermée à son extrémité inférieure par un nœud dû roseau, tandis que la partie qu’on embouche est munie du sifflet habituel.
- Une autre espèce de flûte en roseau, appelée Aouada, est ouverte aux deux extrémités ; le son qu’elle produit est nasal et étouffé.
- La Ghita ou hautbois précède les processions faites à l’occasion des maria ges, des circoncisions, etc...
- Le joueur de Ghita doit gonfler ses joues comme la panse d’une cornemuse, afin de tirer de son instrument un son ininterrompu. Ce son étant extrêmement bruyant, la Ghita ne se joue guère qu’en plein air; à une certaine distance, et notamment du haut des minarets où elle joue seule pendant les nuits du Ramadan, sa sonorité devient délicieuse.
- Les tambourins sont, au Maroc, de forme et de dimensions très variées. Ils servent à scander la mesure, pour accompagner les chants, les danses ou les autres instruments.
- L’un des plus curieux est la Toubila, formée de deux vases en poterie décorée et vernissée. Ces vases sont de formes et de grandeurs différentes, afin de donner un accord en quinte ; ils sont recouverts en
- p.251 - vue 255/620
-
-
-
- 252
- L’INDUSTRIE DE LA CAISSE D’EMBALLAGE
- peau de chameau et accouplés ensemble ; ils se jouent [en les frappant avec deux petites baguettes de bois.
- LeDcff, formé d’un carré recouvert sur ses deux faces de peau de chèvre avec deux cordes de résonance sous chacune d’elles, est un tambourin venant de Marrakech, dont se servent les conteurs publics pour scander leurs récits.
- Le Tar, ancêtre du tambour de basque, est muni, sur son pourtour, de eymbalettes.
- Nous ne décrirons pas les autres tambourins, de
- formes diverses, dont le corps est tantôt en bois, tantôt en poterie, tantôt en métal; ce sont des instruments, le plus souvent rudimentaires, et qui sont loin de présenter l’intérêt de l’Aoud ou du Bebab. Ceux-ci, comme on peut s’en rendre compte sur nos illustrations, ne sont pas seulement curieux par leur parenté étroite avec nos modernes instruments, mais représentent souvent en eux-mêmes, par le fini de leur exécution, par les riches incrustations qui les ornent, de véritables œuvres d’art.
- J. dr Lexs.
- L’INDUSTRIE DE LA CAISSE D’EMBALLAGE
- Machines automatiques à faire les panneaux et Machines à clouer les caisses.
- Il y a quelques années, l’industrie de la caisse était pour ainsi dire secondaire, attendu que l’outillage employé ne permettait pas de fabriquer par grandes quantités ni surtout d’utiliser les déchets provenant notamment des scieries de sapin. Ce matériel s’est par la suite transformé et amélioré en raison de la grande demande de cet article, et des usines organisées spécialement dans ce but ne cessent de se monter.
- Des constructeurs de tous pays ont créé des machines à grand rendement dont le fini de fabrication est remarquable.
- Les machines nécessaires à la fabrication des caisses consistent en sciés à ruban à dédoubler, scies circulaires à refendre double, à entraînement automatique par chaîne, scies automatiques à faire-les panneaux, dégauchisseuscs, scies circulaires simples, scies à tronçonner, etc.
- 11 est évident que la fabrique qui possède un semblable matériel peut obtenir une grande production, tout en utilisant n’importe quelle forme de déchets. Ainsi, pour les dosses tombant des scies à châssis, on a un premier jeu de scies qui commence par une scie circulaire à refendre avec entraînement par rouleaux, laquelle prend lesdites dosses et les débite en planches de l’épaisseur voulue, une scie à tronçonner venant immédiatement sectionne ces planches; celles-ci vont ensuite à la scie circulaire à dresser qui les met de largeur.
- Sciées de même, longueur et largeur, les planches sont entassées dans le chargeur de la machine automatique, d’où elles ressortent en panneaux parfaitement rabotés et calibrés, enfin prêts à être expédiés.
- Pour le cas où les bois se présentent sous forme de plateaux déjà équarris, madriers ou bastings, mais de faible longueur, une tronçonneuse en premier lieu ; une scie êirculaire double pour bois courts, en second lieu, les débite d’une manière rapide et avantageuse. Si, au contraire, ce sont des bois longs ou des plateaux qu’il faille refendre et couper, qn se sert enfin de la tronçonneuse d’une scie à ruban à dédoubler, laquelle est indispensable pour peu que la hauteur du trait dépasse 0 m. 25 ;
- à partir de cette dimension, une scie circulaire, alors même qu’elle comporterait des lames coniques, ne saurait aussi bien convenir.
- Dans tous les cas, aussi bien pour les bois courts que pour les bois longs, le terme de ces opérations est toujours la machine automatique à faire les panneaux dont les détails de construction et de fonctionnement méritent d’être connus de nos lecteurs.
- Cette machine (fig. 1), due à la maison suédoise Bolinders (de Stockholm), est en somme la réunion en une seule de plusieurs autres : a) les planches, sciées de longueur, assorties d’après la même largeur, amenées dans la machine par un appareil automatique d’amenage, sont rabotées d’un ou des côtés ; b) les planches sont bouvetées en queue d’aronde simple ou double; c) le bouvetage est enduit de colle chaude ; d) les planches ainsi préparées sont assemblées et collées en même temps, c’est-à-dire sans égard aux joints collés, ce qui évite tout déchet de bois. ; •
- En un mot, les planches sciées brutes sont entassées dans l’appareil d’amenage automatique, puis mises dans là machine par un bout et ressortent de l’autre comme panneaux finis, rabotés, bouve-tés en queue d’aronde, collés, assemblés et exactement coupés d’équerre, toutes ces opérations s’effectuant automatiquement et ne nécessitant que deux hommes de service.
- La plus grande vitesse d’amenage s’élevant à 88 pieds par minute, cela donne pour une journée de 8 heures de travail et pour un sciage de bois par exemple de 4 1/2 X 24 1/2", une production déplus de 3 1/2 Standards ou environ 7000 panneaux de 24"xl2" entièrement confectionnés. Par l’emploi d’une troisième scie médiane, le rendement peut alors atteindre à près de 14 000 panneaux de 12x12" achevés. Par un bouvetage double, le rendement s’élève au quadruple, une fois les planches refendues, soit à environ 2800 panneaux de 12x12" complètement achevés,
- Si on considère en plus de ce rendement que les panneaux terminés ont une plus grande solidité grâce au bouvetage spécial employé, qu’ils sortent
- p.252 - vue 256/620
-
-
-
- 253
- L’J N DU STRIE DE: LA CAISSE D’EMBALLAGE
- de la machine exactement coupés sur dimensions; que leurs surfaces sont propres à l’impression, on comprendra la valeur d’une telle machine là où on ne peut travailler que sur la hase d’un prix de fabrication'minime, d’une grande économie de bois jointe à un grand rendement et à une bonne qualité de fabrication.
- L’appareil d’amenage de la machine automatique llolinders, placé devant celle-ci, permet d’utiliser entièrement la vitesse d’entraînement de la machine, même dans le cas de courtes planches, ce qui n’était pas possible auparavant avec l’amenage opéré ma-
- Fig. i. — Machine automatique à
- nuellement. Les planches sont entassées dans le magasin de l’appareil et la bielle d’amenage avance la planche de dessous qui est saisie aussitôt par les rouleaux d’avancement disposés devant le magasin et conduite devant la raboteuse.
- Aussitôt que le bout arrière de la planche avancée a passé le magasin, la bielle d’amenage entre automatiquement en action et pousse en avant la planche se trouvant en dessous jusqu’à ce qu’elle soit saisie à son tour par les rouleaux. Dans l’intervalle la bielle d’amenage retourne à son point de départ pour saisir et amener la planche inférieure suivante, et ainsi de suite.
- La machine à raboter a quatre cylindres d’amenage commandés, derrière lesquels sont disposés d’abord l’arbre porte-outils inférieur pour raboter le dessous, puis l’arbre porte-outils supérieur pour raboter le dessus, enfin les quatre arbres verticaux
- pour raboter les bords pour le bouvetage à queue d’aronde (simple ou double) et qui sont ajustables en sens horizontal, vertical et oblique. Ce bouvetage est, fait au moyen de fraises spéciales d’une manière très précise et très propre, ce qui est nécessaire pour avoir un joint régulier et un bouvetage à queue d’aronde parfait, la solidité des panneaux et par conséquent des caisses en dépendent.
- L’appareil de collage disposé immédiatement derrière les arbres porte-outils verticaux enduit, à l’aide d’une brosse rotative, le bord des planches d’une couche régulière de colle; cette colle est conservée
- ire les panneaux, système Bolinders.
- chaude, soit par un tube de vapeur, soit par un courant électrique.
- L’appareil d’assemblage comprend un mécanisme d’amenage qui saisit la planche aussitôt qu’elle a passé la raboteuse et l’appareil de collage, puis l’introduit à une plus grande vitesse dans le bouvetage de la planche précédente immobilisée à cet effet. Les planches sont assemblées les unes aux autres de cette manière, sans discontinuité, en une sorte de plancher sans fin.
- L’appareil de déplacement transversal a pour but de déplacer latéralement les panneaux assemblés, d’une longueur égale à la largeur de la dernière planche assemblée, de manière à faire place à la planche suivante.
- L’appareil de sectionnement ou d’ajustage se compose d’une broche rotative dans laquelle on peut monter des lames à sectionner, pour l’ajustage des
- p.253 - vue 257/620
-
-
-
- 254
- LA GRANDE ROUE DE PARIS A VÉCU
- planches assemblées à la longueur, en panneaux de largeur désirée. En intercalant une troisième scie entre les deux, premières si les panneaux assemblés doivent être sciés en deux parties, on obtient dès lors au lieu d’un grand panneau, deux petits»
- L’appareil de découpage sur format comprend une scie qui, dès que le plancher sans fip dont nous parlons plus haut a atteint la largeur déterminée du panneau de caisse par déplacement latéral, entre automatiquement en action et scie exactement d’équerre cette partie dans la direction d’avancement des bois.
- L’appareil de déchargement est destiné à enlever automatiquement de la machine le panneau de caisse complètement terminé et à le porter à un transporteur, véhicule, etc.
- Avec cette machine-outil, on a surtout visé la diminution des frais de main-d’œuvre, à l’heure actuelle fort élevée, par une fabrication intensive en rapport également avec la demande sans cesse croissante de caisses solides et soignées; enfin, à rendre possible l’utilisation de bois impropres à d’autres emplois.
- Les machines à clouer, très employées aux États-Unis, permettent d’arriver à un montage plus rapide et plus économique des caisses d’emballage. La machine à clouer (fig. 2), due à la Morgan Machine C°, se règle rapidement pour les différentes grandeurs de caisses. Les porte-clous peuvent être employés simultanément ou séparément et être placés à intervalles variables, pour le clouage en une seule ligne ou en deux lignes en quinconce.
- Son fonctionnement est absolument automatique. Des clous sont vidés dans la boîte en tôle à la partie
- I supérieure de la machine. Le fond de cette boite est coupé sur moitié de sa longueur d’un nombre de rainures égal à celui des porte-clous, les écartements peuvent être variés au moyen d’une manette que l’on voit sur le côté de la machine, à droite. La boite est animée d’un mouvement d’oscillation qui fait que les clous sont constamment rejetés d’arrière en avant ; quand les clous arrivent aux rainures, leurs pointes s’y glissent, se trouvant, ainsi retenues dans la boite par leurs têtes, puis sont ensuite amenées aux porte-clous par un dispositif approprié. Dès que les derniers sont garnis, un déclenchement se produit, agissant sur un chariot porte-marteaux qui vient enfoncer les marteaux dans les porte-clous et faire sortir les clous dans la position verticale.Les mordaches des mandrins porte-clous sont disposés de manière à maintenir les clous entièrement droits pendant l’enfonçage, ce qui rend impossible toute déviation. Au surplus, un dispositif de sûreté arrête automatiquement le fonctionnement de la machine dès qu’un clou courbé ou un corps étranger s’introduit dans les porte-clous. Les différents modèles courants, sont agencés pour enfoncer du même coup 1 clou de 16 à 28 mm. jusqu’à 52 clous de 40 à 75mm.
- Dans les modèles disposés pour river les clous sur les barres des caisses, une partie de la table de la machine vient se soulever automatiquement pendant l’enfonçage des clous dans les panneaux et exécute le rivetage en dessous. C’est un de ces modèles combinés pour river les barres, clouer les cadres et monter les fonds que représente notre gravure. , ê M. Bousquet.
- Fig-. 2. — Machine à clouer de la Morgan Machine O.
- LA GRANDE ROUE DE PARIS A VÉCU
- La Grande Roue, édifiée pour l’Exposition universelle de 1900 en bordure de l’Avenue de Sùffren (fig. 1) et dont l’inesthétique silhouette se profilait sur le ciel parisien, au voisinage de la Tour Eiffel, a vécu! Depuis l’automne dernier, on procédait à sa
- démolition, car elle n’offrait plus; une solidité suffisante pour assurer la' sécurité des : voyageurs qui montaient chaque jour, dans ses 42 wagons, afin d’admirer le splendide panorama de la Ville Lumière. Les intempéries atmosphériques et sa rotation con-
- p.254 - vue 258/620
-
-
-
- LA GRANDE ROUE DE PARIS A VÉCU
- 255
- timielle avaient accompli leur œuvre de destruction sur sa solide ossature : la rouille avait fini par ronger les chevalets d’acier qui supportaient son axe ainsi que ses entretoises en treillis, ses tirants diagonaux de consolidation et jusqu’à ses énormes jantes métalliques.
- Dès le mois d’octobre 1920, le Préfet de police interdit donc l’exploitation de la Grande Roue de Paris et signa peu après son arrêt de mort. Mais ce n’était pas une mince affaire que de jeter à bas ce colosse de 106 mètres de hauteur. Pourtant un simple chef monteur, Camille Delmarche, sut mener à bien cette tâche inaccoutumée et pleine de difficultés, dont aucun ingénieur n’avait voulu se charger !
- L’enlèvement des voitures s’opéra toutefois sans difficulté (fig. 2).
- On commença par déboulonner celle qui se trouvait au point le plus bas, puis, faisant tourner la roue, on amena également près de terre le véhicule correspondant, situé symétriquement • au haut de la circonfé-
- Fig. 2. — La Grande Roue de Paris, au cours de sa démolition. (Les 42 voitures enlevées, janvier 1921.)
- Fig. 1. — La Grande Roue de Paris peu après son inauguration en içoo.
- rence afin de procéder sans peine à son enlèvement. On continua ainsi jusqu’à ce que tous les wagons soient retirés.
- Cela fait, on monta un échafaudage original en forme de V, s’appuyant sur l’axe et la tête des chevalets (fig. 5). Grâce à ce système complété par des poulies et des cordages, les ouvriers purent déboulonner, peu à peu, les tronçons des jantes, à droite et à gauche de l’échafaudage, puis les descendre successivement jusqu’au sol. À un certain moment du travail, Delmarche trembla pour la vie de ses camarades. L’équipe des démolisseurs se trouva, un jour, accrochée à une masse de 60 tonnes en porte-à-faux et la roue ouverte à son sommet se referma subitement, entraînant la grappe humaine dans une inquiétante oscillation. Les travailleurs heureusement en furent quitte pour la peur !
- Enfin, après enlèvement des madriers en bois, on s’attaqua aux chevalets supportant le gros axe de
- p.255 - vue 259/620
-
-
-
- 256 . .. .. LA GRANDE ROUE DE PARIS A VÉCU
- Fig. 3. — Échafaudage en forme de V s'appuyant sur l’axe et la tête des chevalets.
- rotation, fondu comme on le sait en Angleterre et qui pesait à lui seul 06 000 kg. Pour la démolition de celte partie de la Grande Roue, l’entrepreneur employa une méthode différente ; ses ouvriers firent surtout usage du chalumeau oxy-acétylénique. Une de nos photographies montre un des postes de démolition en pleine activité (fîg. 4). Comme on s’en rend compte par ce document, les ouvriers occupés à ce travail ne devaient pas avoir le vertige !
- Les cylindres renfermant l’acétylène dissous dans l’acétone et l’oxygène comprimé se trouvaient amarrés dans une caisse en bois, posée sur des poutrelles voisines du tronçon métallique à découper et maintenue en place par des cordes. Des tuyaux blindés flexibles raccordaient le chalumeau avec les bouteilles à gaz, de façon à laisser à l’homme toutes facilités de manœuvre. Après avoir allumé l’acétylène sortant du robinet pointeau, et porté au rouge l’endroit du métal à sectionner, l’ouvrier ouvrait le conduit d’amenée de l’oxygène. En moins de cinq minutes, il coupait de la sorte chacune des poutres d’acier de l’ouvrage et celle-ci, se détachant du reste du treillis métallique, tombait alors dans le vide comme l’indique notre instantané.
- Déboulonnée et coupaillée ainsi, morceau par morceau, la Grande Roue qui, durant plus de vingt ans, avait attiré tant de touristes français et étrangers, mit quatorze mois à disparaître complètement. Sa démolition coûta plus chère que son montage, mais à la vérité, depuis son érection, le prix de la main-d’œuvre a singulièrement augmenté.
- Jacques Boyer.
- Fig. 4. — Poste de démolition du treillis métallique de la Grande Roue
- (,février 1922).
- Les bouteilles à gaz .comprimées sont amarrées dans une caisse en bois et alimentent le chalumeau oxyacétylènique avec lequel un des ouvriers vu sur la gauche de la figure coupe la poutre en train de tomber dans le vide.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.256 - vue 260/620
-
-
-
- LA NATURE. — N° 2508.
- 29 AVRIL 1922
- LE PÉTROLE AU MAROC
- Le sous-sol de toule la région Nord-Ouest de l’Afrique, à laquelle il faut joindre une grande partie de l’Espagne, parait formé par des schistes anciens sans ûgc bien déterminé, très redressés presque partout, au moins par deux plissements ayant leurs axes un peu à l’Est et un peu à l’Ouest du méridien pris dans le sens Sud-Nord.
- Dans une large étendue, et surtout dans le Rharb, la série des schistes est continuée par des grès et des marnes triasiques, et sur ceux-ci le recouvrement par les dépôts jurassiques, crétacés et tertiaires a
- on en classe la majeure partie sous le nom d’ophites, mais ce sont surtout des roches bulleuses, souvent très chargées de minerai de fer; et elles occupent une étendue considérable, car, dans toute la partie du Ilharb non recouverte par les alluvions, on les rencontre à la surface du trias au fond des vallons ouverts par les érosions post-tertiaires.
- La plus nette de ces cassures, dans le Rharb, se montre sur une longueur de 150 kilomètres, depuis Meknès jusqu’à Larache, en passant par le Selfat dont on lui a donné le nom. Le Selfat est une mon-
- sans doute été plus épais dans la partie Sud que dans le Nord : car au Sud on voit ces terrains relativement modernes occuper les grandes hauteurs de l’Atlas dans la région de Marrakech, tandis que, depuis Fès jusqu’à l’Océan ils sont évalués tous ensemble à moins de 500 mètres. Il est vrai que les accidents tectoniques peuvent tromper largement sur ces appréciations.
- Le Trias du Rharb a été brisé par beaucoup de fractures, dont les principales ouïes plus nombreuses sont de direction N.-N.-O.; ces accidents ont permis l’apparition de roches éruptives, à l’état probablement d’éruptions boueuses datant peut-être seulement du début des temps tertiaires : car dans les nombreux points où on les aperçoit elles sont à la base de Léo-cène, où elles sont d’ailleurs accompagnées par des bancs ou des lentilles de gypse et de sel gemme.
- . Les produits de ces éruptions sont assez variés :
- tagne atteignant T altitude de 900 mètres à son sommet, tandis que sa base est à 20 mètres seulement. Il y a là une faille bien caractérisée; d’un côté de l’arête on voit les calcaires crétacés et jurassiques, tandis que l’autre côté est tertiaire, avec des pointements éruptifs.
- C’est au voisinage de cette cassure et sur toute sa longueur que se montrent les suintements d’eau salée accompagnée d’huiles goudronneuses, au pied des coteaux, près de la route de Larache à Fès.
- Une de nos photographies montre le dyke ophi-tique de Ilajer cl Ouakef (les pierres dressées) qui est un des jalons de la faille du Selfat, dominant la rive gauche du Sebou où cette venue éruptive a produit un gué.
- D’autre part, au cours de l’àge tertiaire, les plissements de l’Atlas, de direction E.-N.-E., se sont dessinés depuis les confins du Sahara jusqu’aux Py-
- 17.— 257,
- 50” Année.
- 1”' Semestre.
- p.257 - vue 261/620
-
-
-
- 258 ::r:r:-:-,rrr--- LE PETROLE AU MAROC
- renées, produisant des alternances de pendages synclinaux et anticlinaux ; les principaux synclinaux sont marqués par les cours des grands lleuves du Sud, le Sous et le Tensit; puis, après une large étendue faiblement vallonnée (qui renferme de très riches
- réseau des cassures compliquées du Sud Oranais où se trouve le bon sondage de Rélizane.
- Depuis le Selfat jusqu’à Taza, le synclinal est accompagné par des traces bitumineuses et par des sources d’eau thermale. Une forte colline de 1100m.
- Fig. 2. — Carie géologique du Maroc. — Région du Rharb.
- gisements do phosphates) apparaît un autre synclinal qui commence vers Kenitra, passe au bord Nord de la forêt de Mamora, puis entre le Sebou etl’Oucrrah, et continue au long de la vallée de rimaouen jusqu’à Taza.
- Ce plissement est coupé au Nord du Selfat par la cassure N.-N.-O. ; plus loin il est dévié, probablement par la vallée de la Moulouya et par celle de la Tafna, mais il réparait ensuite avec une exagération d’importance et sàns doute joue-t-il un rôle dans le
- à son sommet, le Zerhoun, orientée dans la direction des plis de l’Atlas, passe au Nord de Meknès; elle s’arrête contre la faille du Selfat et en même temps termine cet accident.
- C’est ce synclinal, ou une déformation un peu plus ancienne, qui a dessiné le golfe du Sebou, grand triangle compris entre la route de Larachc à Meknès, le bord nord de la forêt de Mamora et l’Océan Atlantique. La surface des terrains tertiaires présente là la forme d’un demi-entonnoir qui, à la lin du ter-
- p.258 - vue 262/620
-
-
-
- . .. ... ..........; ; LE PÉTROLE
- tiaire, a été barré par un cordon littoral et rempli par les alluvions du Sebou et de tous scs tributaires ; la surface alluvionnaire est à des cotes très faibles, de 12 et 15 m. auprès de Ksiri, à 80 kilomètres en ligne droite depuis la côte, jusqu’à 6 et 7 m. en arrière du cordon littoral près de Kenitra, laissant d’ailleurs une lagune de 100 kilomètres de longueur localement coupée par le Sebou et ses berges entre Mehdia et Kenitra
- La contrée n’a pas encore été assez étudiée par fouilles et sondages pour qu’on puisse dire quelle
- AU MAROC rrrr -....259
- rains supérieurs ont été entraînés en pente douce : au Nord de Fès on voit l’éocène sur de grandes surfaces ; le miocène se montre vers la route Larache-Fès, puis disparaît à l’Ouest sous le Pliocène, qui lui-même est bientôt masqué par les alluvions du Sebou et par les dunes que le vent d’Ouest a formées par les relais de mer ; dunes qui ont assez de consistance grâce aux argiles apportées par les cours d’eau ayant circulé sur le tertiaire.
- En raison de la multiplicité des indices superficiels de naphte, les ingénieurs qui ont visité ces pays ont
- ôiÿnes et Abréviations
- _____Limites politiques des protectorats
- .... Routes ou pistes principales
- *ttt*Chemins de fer en service O Vities o Bourgs principaux M' Montagnes ou chàines de hauteurs ù, soo Hauteurs en mètres O Oued, cours d'eau
- X Sources thermales
- Tanger
- ,Ksar el A'e'ôŸr
- M ''Sedaih A 3500
- Lal/a/to
- Fig. 3. — La région du Rharb et les zones pétrolifères.
- D’autres forages ont été faits près de la cote. 5o au sud d’Ouezzan et à la base du Selfat côté Est.
- Nota.
- conclu dç£ longtemps que le Rharb tout entier devait être considéré comme terrain pétrolifère ; bien qu’on voie les suintements se produire seulement auprès des deux lignes principales d’accidents tectoniques, on peut, compter que les imprégnations de naphte s’étendent très loin de ces lignes spéciales, car le naphte, maintenu à douce température dans les fissures qui l’amènent depuis son lieu de formation dans la région plutonienne, apr5^%voir filtré dans 20 ou 25 kilomètres d’épaisseur de la zone des roches solides, peut bien continuer lentement à s’étendre loin dans les intervalles capillaires des grès perméables du trias supérieur; et comme ces grès sont recouverts par des argiles imperméables, il n’y a aucune raison pour que le naphte disparaisse dans
- est la disposition du contact entre la zone triasique et les terrains supérieurs : c’est par le fond des ravins qu’on la connaît le mieux, et nous pensons qu’il faut admettre là que le trias forme un grand plateau entre la ligne Fès Meknès prolongée assez largement à l’Est et à l’Ouest, et les montagnes du Rif:
- Ce plateau est probablement le résultat d’un arasement par érosion antérieur au tertiaire ; mais le plissement de l’Atlas, dans la région Taza-Ouerrah-Sebou-Kenilra, a formé un creux vaguement conique, une dépression peu marquée entre FOuerrah et le Sebou, et, en se combinant avec la dépression Atlantique, a incliné cette dépression, produisant un thalweg de direction générale Est-Ouest où les ter-
- p.259 - vue 263/620
-
-
-
- 260 LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE
- ce cheminement, seulement il se résinifie lentement, quand il est voisin de la surface, par l’action des agents atmosphériques qui imprègnent ces roches.
- Quant à se montrer à la surface en sources naturelles, il ne peut le faire que dans le fond des ravins où l’érosion a détruit assez complètement le recouvrement argileux.
- Pour le reconnaître ailleurs, il faut faire des puits ou des sondages jusqu’à la zone fertile, mais ces forages, jusqu’au contact du trias, ne peuvent pas aller bien loin : en beaucoup d’endroits on doit prévoir seulement une cinquantaine de mètres, et le maximum, du côté Ouest, sera probablement inférieur à 500 mètres.
- La petite carte géologique, ci-jointe montre assez exactement la situation des assises géologiques dans
- le Hbarb et notamment la disposition des terrains triasiques apparaissant dans les vallées de l’Oued Meda au nord, depuis la limite du protectorat français jusqu’à l’Oued Sebou, en direction N.-N.-O., et dans les vallées de l’Ouerrah avec l’Imaouen, puis dans celle du Sebou, jusqu’à Fès, tracées Ë.-N.-E. par les plis de l’Atlas.
- La carte sommaire de la même région a servi à mettre en évidence les deux lignes de suintements bitumineux qui partent du carré où on a fait les seules fouilles de naphte pratiquées avant la guerre, et à marquer la ligne E.-N.-Ë. qui limite la forêt de Mamora, où l’on rencontre les sources thermales de Dar-bcl-IJaniri, de Mouley-ldriss près de Meknès, de Si Ahmed près de Fès, etc.
- EfiCre.
- LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE
- L’abatage du minerai de fer en Lorraine se fait au moyen d’explosifs, parmi lesquels jusqu’à ces derniers temps ne figuraient guère que la poudre noire et en petite quantité- la cheddite. Depuis quelques années, un explosif nouveaii, dit à l’air liquide, tend à supplanter les anciens. Le trait saillant de son emploi est qu’on fabrique l’explosif dans le chantier d’abatage lui-même et au moment du besoin.
- Le mineur dispose d’une part de cartouches contenant un mélange convenable de substances combustibles pulvérulentes et d’autre part d’un bidon ; d’oxygène liquide. Car,c’est en réalité de l’oxygène* liquide qu’on emploie, bien que le nom courant soit air liquide.
- Le mineur trempe ses cartouches dans l’oxygène dont elles s’imbibent, comme une éponge s’imbibe d’eau. Les prenant, quand elles sont imprégnées, il les introduit dans son trou de mine, dispose une mèche en cordeau bickford, bourre le trou et allume la mèche tout comme pour la poudre noire.
- Les cartouches non imprégnées bien que composées de matières intrinsèquement combustibles sont inertes.
- L’oxygène liquide d’autre part est inolTensif. Je ne compte pas quelques risques de lésions analogues à des brûlures, si le liquide vient à mouiller la peau par exemple si on trempe les mains dedans.
- Avant le trempage donc, aucun risque d’explosion. Comme l’oxygène liquide s’évapore très vite, une fois les cartouches sorties du bain, elles perdent peu à peu leurs propriétés détonantes, et au bout d’une demi-heure environ, elles sont redevenues inertes.
- On voit donc que d’une part les risques inhérents au magasinage, au transport, à la distribution de matières explosives sont supprimés.
- Que d’autre part la sécurité en. cas de raté est
- augmentée, les cartouches devenant automatiquement inertes au bout d’une demi-heure.
- Nature de cet explosif, — A. Rappel de notions générales. — Un explosif est une substance susceptible de produire, sous certaines iniluences, une réaction chimique vive entre ses propres constituants avec production de gaz et dégagement de chaleur.
- Si une telle substance est enfermée dans une enceinte d’étendue restreinte, par exemple bourrée dans un trou de mine, et si on en provoque la réaction, les gaz produits, resserrés dans ce petit espace, et dont la force d’expansion est encore exaltée par le dégagement de chaleur, atteignent une pression capable de briser les parois de l’enceinte.
- On voit que, pour qu’un explosif soit bon, il faut :
- 1° Qu’il contienne en lui tous les éléments de la réaction, pour qu’elle puisse se produire en vase clos ;
- 2° Que cette réaction ne produise que des gaz, car une matière solide ne concourrait pas à élever la pression ;
- 5° Que cette réaction se fasse, assez vite pour que la chaleur n’ait pas le temps de se dissiper au dehors. Elle est alors tout entière employée à .élever la température des gaz et partant leur pression.
- R. Composition des explosifs. — a) La poudre noire est un mélange en proportions convenables de charbon, soufre et salpêtre.
- Une élévation suffisante de température décompose le salpêtre qui donne des produits nitrés et de l’oxygène. Grâce à cet oxygène, le charbon et le soufre brûlent en donnant de l’acide carbonique et de l’anhydride sulfureux. Il y a donc combustion, produisant des gaz et dégageant de la chaleur.
- b) D’autres explosifs sont non pas des mélanges, mais des combinaisons définies. La mélinite par exemple est du trinitrophénol ou acide picrique. La réaction explosive de ces corps est une décomposi-
- p.260 - vue 264/620
-
-
-
- LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE 261
- tion et non pas une combustion, mais elle donne toujours des éléments gazeux et un dégagement de chaleur.
- c) Explosif à air liquide. Les cartouches composées, comme nous l’avons dit, de matières combustibles pulvérulentes, imprégnées d’oxygène liquide, contiennent en elles-mêmes tous les éléments de combustion.
- Elles sont donc capables de brûler en vase clos.
- Le dosage de leurs composants agit sur la.vivacité de cette combustion. Aussi est-il possible, de le
- qu’on obtient ces résultats. Parmi ces matières, je puis citer la sciure et la poudre de bois, la poudre de charbon, des poudres métalliques (aluminium ou magnésium, etc.).
- Préparation de l’oxygène liquide. — Les premières installations ayant été faites par les Allemands sont des machines de Linde et on ne rencontre guère que ce type de machines dans la région. Elles comprennent d’abord un compresseur presque toujours mu électriquement et qui monte la pression de l’air à 180 atmosphères, puis procèdent à
- Fig. i. — Machine de IJnde pour fabriquer Pair liquide. Compresseur à 4 étages à 1S0 kg de pression. ' Derrière l'épaule gauche du machiniste/compresseur auxiliaire à ammoniac.
- déterminer pour que cette combustion devienne une explosion.
- L’idée n’est pas nouvelle ét fut étudiée en France dès avant la guerre.
- Pendant celle-ci, la pénurie de produits nitrés dont souffraient les Allemands les poussa aussi dans cette voie et ils installèrent bon nombre d’usines à oxygène liquide, dans le bassin de Briey et surtout dans celui de Thionville. Ils firent, tant bien que mal, des cartouches avec divers combustibles pulvérulents, du noir de fumée par exemple. Toutefois la question ne fut guère mise au point qu’après l’armistice par des Français. Actuellement, nous disposons d’une gamme d’explosifs à l’air liquide allant depuis le plus lent jusqu’à un explosif nettement brisant qui, allumé à l’air libre et sans bourrage, détone et ne déflagre pas. C’est, comme nous l’avons déjà dit, en réglant convenablement les proportions des matières entrant dans la fabrication de ces cartouches,
- son épuration par procédés physiques cl chimiques et enfin à son refroidissement par détente, refroidissement assez intense pour produire la liquéfaction.
- 11 existe une machine française inventée par M. G. Claude, d’un fonctionnement plus économique.
- Dans la machine de Linde, la détente se produit à l’air libre et est dite sans travail extérieur. Dans la machine de Claude, elle se fait dans un véritable moteur à air comprimé, qui actionne une dynamo et fournit du courant électrique. Elle est dite avec travail extérieur. Or théoriquement, ce deuxième procédé est beaucoup plus économique que le premier. La dépense .d’électricité, par litre d’air produit, est d’environ 5 kilowatts-heure d ans la machine de Linde. Elle ne devrait guère aller que de 1,5 à 2 dans celle de Claude.
- Ces 2 machines liquéfient le mélange d’oxygène et d’azote qui constitue l’air et le soumettent à une
- p.261 - vue 265/620
-
-
-
- 262 LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE
- distillation fractionnée, l’azote plus volatil que l'oxygène s’élimine à l’état gazeux, l’oxygène liquide reste au fond de l’appareil et est soutiré dans des bidons appropriés.
- Le fonctionnement, est surveillé de près par des analyses fréquentes. Le liquide obtenu n’est jamais de l’oxygène pur et la marche de l’appareil doit être réglée, pour que la teneur en oxygène dépasse 90 pour 100. On obtient d’ailleurs assez facilement 97 à 98 pour 100 d’oxygène.
- Récipients pour l’air liquide. — Ces récipients sont construits sur le principe bien connu des ballons à doubles parois.
- Ils comprennent :
- 1" Un ballon intérieur en laiton contenant le liquide ; 2° Un 2* ballon concentrique au Ie1' et un peu plus grand ; il est également en laiton et formé de 2 pièces de façon à pouvoir être assemblé autour du premier. Cet assemblage est soudé et les cols des 2 ballons sont également soudés ensemble.
- Le vide est fait entre les deux enveloppes.
- Le choix du laiton pour la constitution de ces vases est motivé d’abord par la nécessité d’une bonne solidité pour l’emploi dans la mine ; également par la considération de l’évaporation qu’il faut combattre. Les vases en verre bien connus donnent à cet égard de moins bons résultats, la théorie et la pratique sont d’accord à cet égard.
- Ces ballons sont enfermés dans une enveloppe extérieure ayant un peu la forme d’un panier de bonbonne et qui a pour but de les protéger contre les chocs.
- Les récipients perdent assez vite leur vide et donnent alors lieu à une évaporation considérable. Ils sont donc sujets à réparations fréquentes et oné-
- reuses. En fait, l’ensemble d’opérations ayant pour but la conservation, le transport, la distribution de l'oxygène liquide constitue la partie la moins au point du procédé.
- La perte par évaporation entre la fabrication et l’emploi monte, malgré les précautions prises, à 25 ou 50 pour 100 de la fabrication.
- Pratique du tir. —Une condition à remplir, c’est d’aller vite. L’oxygène, nous l’avons vu, s’évapore peu à peu. Au bout d’une demi-heure, une cartouche enfermée dans un trou de naine et non allumée est redevenue inerte, mais au bout de 10 minutes il y a déjà des chances de ratés. Donc, il faut obtenir l’explosion moins de 10 minutes après avoir sorti la l10 cartouche de l’oxygène.
- La succession des opérations est la suivante :
- Une demi-heure avant le moment ou il doit tirer, le mineur trempe ses cartouches. Il utilise pour cela un vase de trempage analogue comme constitution aux vases detransport décrits ci-dessus, mais ayant un goulot plus large. Les cartouches mises dans ce vase y sont abandonnées à elles-mêmes dans le bain d’oxygène liquide.
- Elles surnagent d’abord. Dé temps en temps on les retourne. Quand elles sont complètement imbibées, elles s’enfoncent. Il n’y a d’abord pas. d’inconvénient à les laisser tremper plus longtemps. Une fois imbibées, elles ne prennent plus rien. On lesi.retire en les piquant avec une épingiette en fer. ' •)
- Sitôt sorties du liquidé, on peut les saisir dans la main; à condition de ne.pas serrer et d’aller vite, sous peine d’une brûlure..
- Quand ses cartouches sont mises à tremper, le mineur prépare tout au chantier.
- Il enlève ses outilsde forage et les met à l’abri.
- Fig. 2. — Système d’épuration d’air. .
- i, Tuyau d’arrivée de l’air comprimé à 180 kg et clapet de retenue.—
- 2, Une bouteille d’épuration physique analogue aux appareils Pelouze.—
- 3, Grande caisse contenant les deux échangeurs de température. — 4, Tuyau
- d’arrivée à un i*' échangeur où l’air est refroidi par de l’azote provenant de la distillation de l’air. — 5, Tuyau allant de la sortie du 1" échangeur à une 2“ bouteille d’épuration physique analogue à la précédente et invisible sur la photographie. — 6, Tuyau sortant du 2° épurateur physique et aboutissant à un radiateur qui le ramène à la température ambiante nécessaire à l’épuration chimique qui va suivre. — 7, Batterie de bouteilles d’épuration chimique par la potasse caustique et le chlorure de calcium anhydre. A la partie inférieure, on voit les robinets de purge. — 8, Tuyau allant de la dernière bouteille d’épuration chimique au 20 échangeur de température où l’air est refroidi par de l’ammoniac liquide. — 9, Tuyau calorifuge par lequel l’air comprimé à 200 kg et refroidi est conduit du 20 échangeur au liquèfac-teur. — 10, Arrivée de l’ammoniac comprimé à 8 kg par le compresseur auxiliaire à un serpentin à double circulation d’eau qui ramène l’ammoniac comprimé à la température de i5°. — 11, Appareil détendeur où se produit la vaporisation de l’ammoniac qui est amené par le gros tuyau calorifugé au 2” échangeur de température. Noter qu’il y entre par où l’oxygène'en sort., 12, Retour de l’ammoniac redevenu gazeux mais encore froid au compresseur auxiliaire. •
- p.262 - vue 266/620
-
-
-
- LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE 263
- Il l’ait ses bourres ; pour cela, il prend son bour-roir, outil en bois dur analogue comme forme et dimensions à un manche de balai, et enroule autour une feuille de papier fort.
- Il obtient ainsi un rouleau de papier qu’il remplit avec la poussière de minerai, produite en abondance par le forage des trous de mine.
- 11 place au pied de chaque trou le nombre de bourres nécessaire à la bourrer.
- Il coupe les longueurs de mèche nécessaires, enfonce la mèche dans le trou, puis met à nulepul-vérin sur le bout resté libre, pour en faciliter l’allumage.
- À ce moment, son aide apporte le bidon de trempage, sort la première cartouche et la passe au mineur ; puis la 2e, etc., enfin il tend les bourres. Le mineur enfonce chaque cartouche à l’aide de son bourroir en bois, puis la première bourre et tape dessus pour la serrer, puis la 2e, etc., en bloquant bien le tout.
- Après le 1er trou de mine on opère de même pour le second et éventuellement pour le 3*.
- Sitôt fini, l’aide emporte les outils qui ont servi au bourrage, épinglette, bidon, bourroir, etc., le mineur allume, puis tous deux vont se poster à l'abri de l’explosion, en des points d’où ils gardent l’accès du chantier pour interdire toute rentrée intempestive de personnel et attendent les explosions qu’ils comptent pour s’assurer que tous les coups sont bien partis.
- Il se produit relativement peu de fumée. Elle provient uniquement de la mèche. L’explosion met en plus pas mal de poussière de minerai en suspension. L’air liquide n’a guère d’avantages à ce point de vue sur la poudre noire. Seulement la poussière se dépose vite et les gaz produits ne sont pas nocifs.
- . En fait, l’aérage général de la mine est amélioré par la substitution du tir à l’air liquide au tir de la poudre noire.
- La figure G représente le début du chargement d’un coup de mine dans un terrassement du jour fait
- Fig. 4. — Récipients à air liquide.
- A côté des récipients de transport et à droite, se trouve un vase de trempage à large goulot.
- Fig. 3. — Machine de Lindeà air liquide, appareil liqucfacteur en marche.
- Le machiniste doit en permanence surveiller la marche de l'appareil en regardant les manomètres donnant la pression avant et après la détente et modifie souvent le réglage. Il consulte aussi un niveau fixé à gauche des manomètres qui indique la hauteur à la partie inférieure du récipient. Le liquide sort par un tuyau de cuivre très fin qui, au bout de quelque temps de marche, se couvre de givre et qui plonge jusqu’au fond du récipient à remplir.
- par une mine employant l’air liquide. La méthode de tir est la même qu’au fond.
- On voit au pied du mineur ses bourres préparées. La mèche est en place. La lampe allumée est prête pour mettre le feu. Le mineur présente une cartouche à l’orifice du trou et s’apprête à la pousser au fond avec son bourroir.
- Dès qu’un coup de mine est chargé, on entend un sifflement caractéristique, c’est l’oxygène qui s’échappe par le pourtour de la mèche. Sitôt allumée, des gaz mêlés à l’oxygène viennent brûler à la sortie du trou et il en résulte une lueur persistante, qui 11e se produit pas avec la poudre.
- En procédant comme nous l’avons dit, un mineur peut bourrer et tirer 3 coups en une volée. C’est à-dire qu’il ne lui faut pas plus de 10 minutes, à partir de la sortie de la première cartouche, pour char ger 3 coups de mine et les faire partir.
- 11 ne peut sans risque de ratés en tirer 4rCeci est donc un moyen automatique de faire respecter le règlement qui interdit les volées de plus de 4 coups de mine, pour raison de sécurité. Des explosions trop nombreuses sont en effet suscep-
- p.263 - vue 267/620
-
-
-
- 264 LES EXPLOSIFS A L’AIR LIQUIDE DANS LES MINES DE FER DE LORRAINE
- Fig. 5. — Récipient a air liquide. Ballon en laiton.
- L’enveloppe extérieure A (en tôle galvanisée) est supposée coupée par le plan de la figure. — B est un calage en matériaux isolants, frisons, sciure, etc. — C est le ballon extérieur supposé en partie coupé. En laiton, il est en deux pièces réunies par une soudure E suivant un grand cercle. — D est le ballon intérieur, en laiton, d'une seule pièce ; il contient le liquide. — F est la soudure des 2 goulots. — G est la tubulure, fermée à la lampe, qui' a servi à faire le vide dans l’espace entre les 2 ballons.
- liblcs de se confondre entre elles. Le mineur peut les compter. inexactement, revenir au chantier, croyant avoir entendu partir tous ses coups,, bien qu’il y ait eu un long leu'et recevoir le départ de ce long feu. . _
- Les mineurs aiment à faire des volées nombreuses. A la fin du poste, cette violation du règlement est sans inconvénient, puisque le mineur ne doit revenir à son chantier que le lendemain. Possible avec la poudre, elle 11e l’est pas avec l’air liquide. C’est un petit désavantage, car il faut faire 2 volées de o coups pour une de 6, mais en fin de poste, la perte de temps qui en résulte n’est pas bien gênante. En fait, les mineurs ne s’en plaignent pas.
- Au total, l’explosif à l’air liquide présente sur les autres les avantages que je résume :
- 1° Sécurité dans le magasinage, le transport et la distribution des cartouches ; absence des sujétions correspondantes (poudrières, local de distribution, boîtes spéciales dans les chantiers, etc.).
- 2° Sécurité complète au bout d’une demi-heure en cas de raté. Avec les autres, le règlement impose une attente d’une heure, sans que la détermination de ce délai repose sur une base aussi sûre que
- celle qui a servi pour l’air liquide, où le phénomène de l’évaporation a pu être contrôlé.
- o0 L’aérage général est amélioré.
- 4° L’air liquide détone dans des trous humides et même dans l’eau, ce que 11e peut pas faire la poudre noire. Les mineurs ayant l’occasion de tirer dans ces conditions, ce qui n’est pas rare, devaient disposer de dynamite ou de cheddite en plus de la poudre noire utilisée aux travaux ordinaires, ce qui entraîne de nombreuses sujétions, comme nous le verrons plus loin.
- 5° Le mineur peut avoir à sa disposition des cartouches de vivacités différentes. Avec les explosifs anciens, il faudrait avoir diverses sortes d’explosifs : poudre noire, cheddite, dynamite, par exemple.
- Or, les règlements interdisent absolument de conserver des explosifs de nature différente dans le même local, et, pour en utiliser dans le même chantier/il faut des complications de boites séparées et éloignées l’une de l’autre, de distribution, de surveillance, etc., devant lesquelles on peut hésiter.
- Rien de pareil avec les cartouches à l’air liquide qui sont inertes jusqu’à leur trempage, on peut donc voir là aussi un certain avantage.
- Il y avait enfin, il y a un an, des avantages économiques à l’emploi de l’air liquide. Malgré la grosse perte par évaporation, malgré les réparations onéreuses de!'vases de transport, le prix de revient de i’explosif dans l’abatage à l’air liquide était certainement moins élevé que dans l’abatage à la rpoudre.
- Il le serait encore si un impôt fort lourd n’avait été mis sur les cartouches à air liquide. Cet impôt a changé la situation et a- arrêté le développenient de cette intéressante méthode., Cu. Benoist,
- ' . . • - . Ingénieur civil des Mines.
- Fig. 6. — Bourrage d’un coup de mine à l’air liquide dans des travaux de l’extérieur.
- r, C-artouchc qui va être introduite dans le trou de mine. L’évaporation de l’ox3rgène liquide produit un nuage visible sur la photographie, sans doute par condensation de l’humidité atmosphérique. — 2, Mèche d’allumage. —
- 3, Bourroir. —4, Bourres préparées. — 5, Rouleau de mèche. —6, Lampe pour l’allumage. —7, Bidon de trempage. — 8, Épinglette.
- p.264 - vue 268/620
-
-
-
- = iiMsmas&msmmï® —........ «s
- LE MYSTÈRE DE L’ILE DE PAQUES
- C’esl sous ce litre séduisant (The Mijslerij of Easter ht and) qu’une intrépide voyageuse, Mme Sco-resby Routledge; qui s était déjà fait connaître dans les milieux scientifiques par une remarquable étude sur les Akikuyus de l’Afrique centrale, vient de publier à Londres une œuvre bien documentée et profondément pensée sur cette Ile de Pâques dont les monuments mégalithiques demeuraient une énigme indéchiffrable.
- Nous n’avons pas la prétention d’analyser ici Un
- visitée par trois expéditions- (espagnole, anglaise, française), dont les deux dernières étaient commandées respectivement par Cook et La Pérouse. C’est par là relation de Fillustre marin français que nous savons que l’île nourrissait alors (1780) deux milliers d’indigènes.
- Pour eux, les mauvais . joç^rs commencent en décembre 1862. Après avoir vainement tenté d’importer des coolies chinois, les propriétaires des gisements de guano péruviens ont l’idée diabolique
- Fig. i. — Plus de z5o statues intactes ont été comptées par l’exploratrice sur les pentes d’un volcan éteint.
- volume de 400 pages qui fourmille de faits ; nous devrons donc nous contenter d’exposer les théories de Fauteur se rapportant à l’origine de ces mystérieux monuments, uniques au monde.
- Rappelons que cette île, d’origine volcanique, est la plus orientale des terres océaniennes, et aussi la plus isolée. Sa superficie est de 118 kilomètres carrés. Son existence est de date relativement récente, car ses pics volcaniques, dont le plus élevé n’est que de 500 mètres, n’offrent pas de signes d’érosion. Insistons sur ce point que la terre la plus rapprochée (îles Gambier) est éloignée de 2000 kilomètres. Entre cet archipel français et File de Pâques, on ne rencontre que deux îlots inhabités : Pitcairn et Ducie.
- L’île fut découverte en 1722, le jour de Pâques, par le navigateur hollandais Roggeveen, qui fut donc le premier à signaler les statues gigantesques. Vers la lin du xvme siècle, elle fut successivement
- d’enlever de vive force un millier de natifs. Parmi les captifs figurent tous les chefs et notables (arikis), dépositaires des traditions de la race. Le ministre de France à Lima intervient énergiquement, et obtient que les malheureux soient rapatriés. Mais la variole les a déjà décimés, et les quinze survivants introduisent dans l’île le terrible fléau, qui réduit bientôt la population à 150 têtes. Mme Routledge a constaté une sensible augmentation, puisque les habitants sont maintenant au nombre de 250. L’île appartient au Chili depuis 1888.
- L’auteur consacre plusieurs chapitres à la description des monuments, appelés ahu par les indigènes, et dont le nombre s’élève à 260. Presque tous sont élevés près du rivage, la statue tournant le dos à la mer. On n’en compte que 50 qui aient été édifiés dans l’intérieur des terres.
- Mme Routledge, quia étudié et mesuré la plupart 'de ces monuments, expose qu’ils furent édifiés pour
- p.265 - vue 269/620
-
-
-
- LE MYSTÈRE DE L’ILE DE PAQUES
- 266
- recevoir les restes mortels des grands chefs. Ils ne sont pas tous construits sur le meme plan, mais affectent généralement la forme d’une moitié de pyramide.
- Voici la description qu’elle nous donne du type le plus commun. Il comporte une muraille parallèle à la mer, longue de 100 mètres, haute de 5 mètres, faite d’énormes hlocs taillés le plus souvent en forme de pirogue. Consolidée du coté de la terre par une masse de maçonnerie dont la surface est en plan incliné, la muraille cyclopéênne est divisée en trois sections : la partie centrale et les ailes. Cette partie centrale, dont l’épaisseur atteint 5 mètres, sert de piédestal aux "images, tantôt multiples, tantôt uniques. h'cihu de Tongariki était orné de quinze statues gigantesques.
- La hauteur de ces statues de l’Ile de Pâques varie entre 2 et 10 mètres.
- Le iilacis de
- O
- la demi pyramide se continue dans l’intérieur de l’ile sur une longueur de 60 à 80 mètres par un dallage très légèrement incliné.
- Enfin, les approches de cette vaste chaussée sont constituées par un soigneux nivellement du terrain sur une longueur de 50 à 60 mètres. Dans certains cas, les constructeurs ont complété leur œuvre par une allée pavée de galets, longue de 70 mètres, sur une largeur de A mètres.
- Cette description n’est, malheureusement, qu’une reconstitution, car les colossales statues que les premiers voyageurs purent encore admirer sur le sommet des cihus gisent maintenant sur le sol, et plus ou moins détériorées. On a mis en -avant la fatale intervention d’un tremblement de terre pour expliquer la destruction. Mais Mme Routledge croit qu’il faut s’en prendre aux indigènes eux-mêmes, qui se battaient entre clans (le plus souvent pour se procurer de la chair humaine), et jetaient à bas les statues du clan vaincu. On sait que plusieurs de ces images ont été transportées en Europe et en Amérique, et que l’une d’elles fait partie des collections du Muséum de Paris.
- Les seules statues restées intactes dans l’ile de Pâques sont celles que les sculpteurs préhistoriques abandonnèrent dans les carrières où ils les façon-
- naient. Ces carrières sont situées sur les pentes extérieures et intérieures du cratère d’un volcan éteint, le Rano Raraka, formées de cendres volcaniques compressées qui fournissent une pierre rougeâtre relativement facile à tailler. Mme Routledge a compté dans ces carrières plus de 150 statues, la plupart achevées, d’autres à peine dégrossies. La plus grande a vingt et un mètres de longueur, soit deux fois la dimension des plus grandes trouvées près des cihus.
- Ces blocs énormes étaient taillés à l’aide de ciseaux de pierre, dont l’exploratrice a retrouvé de nombreux spécimens dans les carrières. Comment les indigènes pouvaient-ils transporter et ériger ces masses? C’est un mystère que l’auteur a pu éclaircir
- en 'partie, par la découverte de plusieurs routes qui relient le Rano Raraka à autant de points de la côte. La présence de grosses pierres taillées en forme de coin indique que ces statues étaient soulevées progressivement jusqu’à ce qu’elles atteignissent la position verticale. Mais Mme Routledge avoue sincèrement que cette double question du transport et de l’érection n’a pas encore été résolue d’urte façon satisfaisante.
- Les statues du cratère sont des monolithes ; celles qui étaient dressées sur les monuments étaient complétées par l’adjonction-d’un hau (chapeau ou couronne), cylindre taillé dans la roche volcanique, et dont le poids doit être considérable/puisque son diamètre est de 2 à 5 mètres, sur une hauteur presque égale. Comment de pareils, blocs pouvaient-ils êtrë hissés sur la tête de ces hautes statues, et dans un pays où le manque d’arbres rendait imposr sible rétablissement d’échafaudage?
- Mais l’un des plus passionnants mystères qu’offre l’ile de Pâques est l’écriture hiéroglyphique que les prêtres gravaient sur des tablettes de bois, longues de 2 mètres, à l’aide de dents de requin, et dont la mer leur apportait la matière première sous forme de bois flotté. Après une enquête laborieusement poursuivie parmi les plus vieux habitants, Mme Routledge a réussi à déchiffrer partiellement 1 quelques-unes de ces tablettes, que les familles se
- Fig. 2. — Celle statue achevée allait être transportée hors de la carrière quand la décadence de la race se produisit.
- p.266 - vue 270/620
-
-
-
- LE MYSTÈRE DE L’ILE DE PAQUES —......... 267
- Fig. 3. — Monument miné et ruiné par la mer. La statue gigantesque git sur le dos, derrière l’homme.
- sont transmises de génération en génération. En général, elles chantent les exploits d’un guerrier, le nombre d'hommes qu’il a tués (et probablement mangés 1) et le nombre de poules... qu’il a volées durant sa vie !
- Malheureusement, comme nous l’avons indiqué plus haut, la grande majorité des notables qui connaissaient cette écriture disparurent en 1862, emportant dans la tombe les secrets de la race.
- Cependant, Mme Routledge a pu recueillir de la bouche des indigènes les reflets des traditions qui permettent de reconstituer en partie les mœurs et la religion des anciens habitants de l’ile.
- La place nous manque pour analyser les chapitres qu’elle consacre à ces sujets. Nous indiquerons simplement que leur principale divinité était un « homme au corps d’oiseau ».
- L’existence de ces monuments gigantesques dans une île aussi petite, l’usagé, d’une écriture complètement indépendante de tous les autres systèmes inventés par les différentes races humaines, sont des laits qui, depuis qu’ils sont connus, ont profondément intrigué savants et profanes. Pour résoudre le problème, on a imaginé que l’Ile de Pâques serait le dernier vestige d’un continent oh une civilisation aurait évolué, et que les adeptes de cette théorie ont baptisé du nom de Lemuria. C’est l’histoire de l’Atlantide transportée dans le Pacifique oriental !
- Mme Routledge, qui est une diplômée de l’Université d’Oxford, ne s’attarde pas à discuter surcetle hypothèse qui manque de hase scientifique. Elle établit très nettement, grâce à des arguments que
- nous regrettons de ne pouvoir soumettre à nos lecteurs, que les monuments sont l’œuvre des ancêtres des habitants actuels, qui, s’ils n’en érigent plus de semblables, savent encore tailler des statues de bois qui dénotent la meme facture que pour les gigantesques statues de roche volcanique.
- Ces indigènes sont manifestement de race polynésienne : leur langage, leurs mœurs, leurs traits physiques, en sont autant de preuves. C’est écarter une autre hypothèse qui les rendrait originaires de l’Amérique du Sud ou de l’Amérique centrale, d’où ils auraient apporté l’art architectural et l’écriture. Mais, quant à la construction de ces monuments cyclopéens, nous n’avons pas à invoquer l’intervention des Incas ou des Mayas, car nous rencontrons des ruines mégalithiques dans d’autres des océaniennes peuplées par la race polynésienne.
- Le D1’ Crampton, de Y American Muséum of Natu-ral History, qui a exploré récemment plusieurs iles des Carolines, y a étudié des monuments gigantesques dont Natura.1 History a publié les photographies, et qui rappellent étrangement les murailles des ahus.
- On objectera que des milliers de lieues séparent les Carolines de l’Ile de Pâques. Mais c’est un argument qui n’apparaît pas sérieux aux yeux de qui sait quels hardis navigateurs sont encore les Polynésiens. Ils n’hésitent pas à s’aventurer au large dans leurs fragiles pirogues, à entreprendre de dangereuses traversées d’une île à l’autre, à travers des mers hérissées de récifs coralliens.'
- D’ailleurs, les traditions de plusieurs rameaux de cette belle race sont remplies de relations quasi-fabuleuses sur des voyages interminables. Par
- Fig. 4..— On voit nettement sur celte tête la distension du loba de l’oreille. percé par un disque, mode encore pratiquée parles vieux indigènes.
- p.267 - vue 271/620
-
-
-
- 268
- LES FAUX PAR SURCHARGES
- exemple, les Maoris de la Nouvelle-Zélande prétendent que leurs ancêtres étaient originaires d’une terre lointaine, dont les rivages étaient orties de statues colossales, description que certains ethnographes appliquent à l’Ile de Pâques. Si cette légende n’est pas purement imaginaire, les Polynésiens de cette île auraient essaimé jadis — il y a au moins dix siècles — à travers toute la largeur du Pacifique.
- Nous sommes surpris que Mme Routledge n’ait pas fait état de cette tradition des Maoris. Les in-
- périodiquement en expédiant outre-mer des bandes de jeunes hommes qui conquéraient des terres lointaines, et y épousaient des femmes indigènes. Et, précisément, on constate chez des Maoris un mélange entre la race polynésienne et la race mélanésienne.
- En résumé, l’œuvre remarquable de Mme Sco-resby Routledge éclaircit en grande partie le « Mystère de file de Pâques ». Nous y sommes en présence des vestiges d’une civilisation relativement avancée, qui évolua sous la direction de chefs éner-
- digènes dé l’Ile de Pâques lui ont fait entendre que leur petite terre se trouva jadis surpeuplée. On conçoit' que ce peuple de navigateurs se soit allégé
- giques, avant de s’effondrer dans l’anarchie, dans la guerre civile — et dans le cannibalisme.
- V. Forbin.
- LES FAUX PAR SURCHARGES
- Rien que l’ingéniosité des faussaires soit quelquefois remarquable, on peut évidemment reconnaître une écriture falsifiée d’une façon absolument mathématique et on peut démasquer encore assez facilement là reproduction de signatures au moyen de décalques. Les analyses de l’encre, les examens microscopiques permettent de trouver l’origine d’une écriture, les falsifications au moyen de surcharges sont elles aussi,l’objet d’une technique très serrée qui .permet de déceler à çpup sur Jes faux les plus habiles. Cependant, il est toujours resté un point très délicat que l’on ne pouvait éclaircir en toute certitude ; c’était de pouvoir déterminer au croisement de deux traits, quel était celui antérieur ou postérieur à l’autre.
- Si l’on examine ce croisement à l’œil nu, même à la loupe, même au microscope, le trait supérieur parait être toujours celui qui est le plus frais, celui que l’on juge le plus appuyé et dont la teinte est la plus foncée, même quand il est antérieur au trait qui le croise. L’erreur ne fait que se confirmer dans les agrandissements photographiques les plus forts, dans les microphotographies exécutées avec le plus grand soin.
- Les auteurs ont insisté longuement sur ce point en mettant en garde les experts contre les erreurs possibles.
- Le Dr Locard, universellement connu pour ses remarquables travaux scientifiques et ses enquêtes criminelles, amis au point une méthode qui permet
- p.268 - vue 272/620
-
-
-
- LES FAUX PAR SURCHARGES
- 269
- de déterminer avec netteté l’ordre des superpositions dans les surchages.
- Pour cela, il part de ce principe que la microphotographie doit se faire en chambre noire à la lumière oblique ; on établit dans ces conditions que le trait écrit postérieurement apparaît nettement avec ses qualités. Néanmoins, dans bien des cas, l’interprétation restait délicate et les conclusions qu’on pouvait en tirer ne pouvaient rester que très hésitantes. Le dispositif nouveau du Dr Locard permet d’arriver à une solution certaine en disposant l’appareil microphotographique comme on le fait actuellement, c’est-à-dire en couchant le tube du microscope horizontalement, mais au lieu de placer le document à photographier sur le plateau môme du microscope, c’est-à-dire le fixer perpendiculairement à l’axe optique de l’appareil, on le dispose dans le sens même de cet axe optique; il en résulte que de cette manière l’objectif vise le trait litigieux horizontalement et non pas perpendiculairement comme dans la méthode ordinaire. Dans ces condi-
- Fig. 2. — Microphotographie du i surchargé en 4 du document de la Jig. i.
- (Procédé allemand à la lumière oblique). Le trait horizontal paraît sous-jacent, alors qu’il est en réalité postérieur.'
- Dans les photographies que noua reproduisons on ; peut, voir la différence de microphotographie parles procédés anciens et par . le procédé du Dr Locard. C’est ainsi qu’en ellectuant la microphotographie à
- Fig., j. — Date d’-un'Jçstamenl fdlsijïe > en double surcharge.
- La date 1911 a été changée en 1914, puis 1917.
- lions, si l’on examine un croisement de traits que l’on doit étudier, celui-ci se présente, non pas de face, mais seulement de profil et lorsqu’on opère avec un grossissement suffisant et approprié, on fait alors apparaître l’encre en saillie sur le papier.
- Ce procédé offre évidemment une petite difficulté, celle de réaliser une mise au point parfaite. Il est nécessaire de plier le document au voisinage immédiat du croisement que l’on veut étudier de manière qu’on puisse approcher l’objectif suffisamment près du point que l’on doit examiner.
- Le Dr Locard a obtenu par cette mélhode des résultats extrêmement intéressants, le trait qui a été placé en surcharge, c’est-à-dire celui qui a été écrit postérieurement après l’écriture première apparaît sur le cliché d’une manière parfaitement continue et cela donne la possibilité de résoudre les cas les plus difficiles, les plus sujets à des hésitations quand on se contente de méthodes habituelles. Par cette méthode le D‘ Locard a pu établir très nettement l’ordre des superpositions dans un testament qui avait été remanié deux fois.
- Fig. 3. — Microphotographie exécutée parle nouveau procédé Locard.
- La pièce a été photographiée couchée devant l’appareil. Elle révèle que le trait horizontal du 4 est postérieur.
- Il y a eu faux par surcharge.
- p.269 - vue 273/620
-
-
-
- 270—.— - ACADÉMIE DES SCIENCES
- éclairage latéral d’un 1 surchargé 4, par le procédé
- allemand le trait horizontal parait sous-jacent alors qu’il est réalisé postérieurement; la microphotographie du même, document par le procédé du Dr Locard avec la pièce couchée devant l’appareil montre très nettement le trait horizontal du 4 absolument continu, tandis que la barre verticale primitivement un 1 est effacée et ceci permet de cer-
- tifier en toute sécurité la surcharge du 4 sur l’l.
- L’autre gravure représente le testament falsifié par double surcharge.
- Cette méthode permet de serrer de très près les expertises en écriture et de déterminer en toute sécurité les responsabilités, grâce aux méthodes éta blies au Laboratoire de Police de Lyon par son directeur M. le D1'Locard. P. Maréchal.
- LE TÉLESCOPE GÉANT DE M. MAC AFEE ET LES CANAUX DE MARS
- Un Américain, M. A. B. Mac Afee, a formé le projet de construire un télescope de très grandes dimensions, en utilisant comme miroir une surface de mercure animée d’un mouvement de rotation.
- Nous lisons à ce sujet dans Y Astronomie :
- On sait, en effet, que la surface libre d’un liquide tournant est un paraboloïde de révolution autour de l’axe de rotation. Le rayon de courbure ne dépend que de la vitesse angulaire w et de g (accélération de la pesanteur) ; il est donné par l’équation
- On obtient ainsi, avec une simple surface de mercure, théoriquement du moins, un miroir parabolique parfaitement aplanétique sur les points situés sur l’axe.
- L’idée, toutefois, n’est pas nouvelle; mais les premiers essais sérieux n’ont été faits qu’en 1900 par M. R.W. Wood, le physicien bien connu, qui a pu construire sur ce principe un télescope à axe vertical dans le puits d’une maison de campagne voisine de New-York.
- Ce genre d’appareil présente — et présentera toujours — l’inconvénient de ne pouvoir observer qu’au zénith. En outre, les rides de la surface du mercure, causées parles heurts de transmission et la non-verticalité rigoureuse de l’axe, sont de nature à produire des déformations importantes des images. M. Wood combattait les ébranlements par des transmissions magnétiques, et la verticalité de l’axe était contrôlée optiquement. De plus, en ce qui concerne l’amortissement des rides superficielles, M. Wood obtenait des effets véritablement surprenants en versant sur le mercure une mince couche d’un liquide très visqueux, la glycérine.
- M. B.-A. Mac Afee, encouragé par le professeur David Todd, s’est proposé récemment d’appliquer la même idée à la construction d’un télescope géant qui permettrait peut-être de trancher définitivement la fameuse question des canaux de Mars, lors de l’opposition do 1924. Une région favorable se trouve à Chanaral, au Chili, à 2500 mètres
- d’altitude (latitude sud 26° 18'), où Mars passera au zénith le 24 août 1924.
- Le miroir de M. Mac Afee aurait 50 pieds de diamètre (15 m. 25) ; il serait constitué par une mince surface de mercure horizontale dans une cuvette tournant à une vitesse de l’ordre de 1 tour par seconde. Le tout serait installé au fond d’un puits de mine permettant de réaliser des distances focales variées de 280, 360 et 600 pieds (1 pied anglais = 0 m. 505). L’amortissement des rides de la surface se ferait au moyen d’huile de cèdre. Quant à la fixité de l’axe de rotation, l’inventeur compte l’obtenir au moyen d’un gyroscope.
- M. Mac Afee ne préteud pas avoir ainsi de bonnes imagos visuelles parfaitement stables, mais des images fugaces qu’une bande cinématographique pourrait enregistrer. Lorsque le disque de Mars (qui aura, au foyer du miroir, quelques centimètres); présentera son maximum de netteté, la bande en conservera l’impression. Les images favorables, n’y en aurait-il qu’une sur dix, seront ensuite agrandies selon leur qualité.
- Le coût probable de l’installation sera de 450 à 200 000 dollars.
- Evidemment, tout cela n’est pas facile à réaliser... Et . puis il peut faire mauvais le 24 août 1924, bien que le ciel soit généralement beau au Chili à cette altitude et en cette saison. Mais le projet de M. Mac Afee devient vraiment intéressant si l’on note qu’il émane d’un ingénieur qui administre des mines dans le monde entier et possède dans le Pacifique un vapeur tout équipé pour effectuer les transports nécessaires à ses projets. Les puits dont il s’agit existent déjà : M. Mac Afee les a visités. Us ont été creusés jadis par les Espagnols pour l’extraction de l’or ; les mines qu’ils desservaient sont épuisées et il n’y aurait à y faire que quelques installations. Ajoutons enfin que les habitants de Mars ne seraient pas seuls à bénéficier de l’aubaine. Ceux de la Lune (s’ils existent) ont aussi des droits et ils passent plus souvent au zénith de Chanaral que leurs camarades....
- A. T.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de janvier et février 1922.
- L'indice de chlore et la teneur en azote de la terre végétale.—- Au eonlact des terres arables, Thypochlo-rite Cl U Na s’appauvrit en chlore et de la quantité de métalloïde disparu, on peut déduire la fertilité apparente de l’humus. Mlle Veil à réussi à établir une relation entre 'indice de chlore ainsi déterminé et la teneur en azote,
- mesurée par la méthode de Kjeklahl. Les terres particu--fièrement riches ont un indice supérieur à 50, pour une teneur en Az plus forte que 4/1000 ; si- la valeur de celte dernière descend au-dessous de 1/1000, l’indice de chlore oscille entre 7 et 12 et se rapporte, dans la majorité des cas, à une faible teneur en humus. • -
- p.270 - vue 274/620
-
-
-
- LE C1NÉCYCLE GAUMONT .......-...... — 271
- Deux nouveaux sels d'ammonium. — L’étude de courbes jadis établies par Gernez a amené M. T. Darmois à étudier l’action de l’acide Mo O3 sur les malates acide et neutre d’ammonium. Ce chimiste a pu ainsi isoler deux composés lévogyres répondant aux formules Mo O3, 2 O H6 O6, 2AzII3 et Mo O3, 2 C41IS O5, 4AzII3; le pre-
- mier, provenant de l’addition à une molécule de molyb-date ordinaire 7 Mo O3, 3 (AzH4)20, de 14 mol. d’acide malique et de (S mol. AzIJ3, est un sel assez stable et le second demande pour se former un excès de malate neutre ammoniacal.
- Paul B.
- LE CINËCYCLE GAUMONT
- Le cinéma, ce puissant agent d’instruction et de distraction, n’a pu jusqu’à ce jour pénétrer aisément à l’école ou au foyer -par suite des difficultés auxquelles se heurte son installation.
- L’éclairage des projections constitue un problème généralement insoluble du fait que la lumière par bloc incandescent, acétylène, oxygène, éther, etc., est d’une manipulation difficile et toujours dangereuse.
- L’ampoule à incandescence électrique présente seule toute garantie de sécurité et de régularité de fonctionnement, mais n’a pu jusqu’à présent être utilisée que dans les localités de France où existe un réseau de distribution électrique. C’est dire que les projections lumineuses privées étaient pratiquement interdites, en raison de la difficulté d’éclairage, et de ses dangers. Enfin, et à juste raison, la plupart des projectionnistes trouvent par trop fastidieux d’actionner F appareil projecteur à la main.
- Le cinécycle construit par la Société des Etablissements Gaumont remédie à ces inconvénients, et permet à tous, grands et petits, de profiter en tous lieux et en toutes circonstances des bienfaits du cinématographe.
- Ainsi que son nom l’indique, le cinécycle consiste essentiellement en un appareil projecteur cinématographique de modèle courant, fixé à un châssis qui comporte un pédalier. Un volant, mû par les pédales, commande une dynamo fixée à l’arrière du châssis, et celle-ci produit le courant électrique nécessaire à l’éclairage des projections.
- Le même volant commande également, par l’intermédiaire d’un embrayage, le mouvement de l’appareil projecteur, ce qui assure le déroulement automatique du film.
- Grâce à une lampe ampoule spéciale à haut , ren-
- dement lumineux et à une dynamo de fabrication particulièrement soignée, la puissance développée par le cycliste permet, outre l’entraînement du poste projecteur, l’éclairage d’un écran de 1 m. 50 à 1 m. 75 de largeur. Cette . dimension sera suffisante pour la plupart des établissements d’enseignement (illustration des cours) et pour les projections de salon.
- Si l’appareil est destiné à être mû par des jeunes gens peu entraînés, il sera quand même possible d’obtenir d’excellents résultats en débrayant le projecteur qui sera alors actionné à la main par. une autre personne. La force du cycliste sera dans ce cas consacrée exclusivement à la génération du courant électrique. Par contre, un cycliste entraîné pourra faire usage d’une ampoule plus puissante, et toutes les combinaisons . sont possibles, en graduait l’intensité lumineuse et en.commandant le projecteur automatiquement ou indépendamment, suivant la force musculaire de l’opérateur; Celui-ci se livrera d’ailleurs à un exercice des plus hygiéniques.
- Le châssis en chêne ciré est constitué par un triple triangle absolument indéformable d’une grande légèreté et d’une rigidité absolue.
- Le transport d’un endroit à un autre est rendu des plus faciles, car le châssis est muni de galets qui permettent de le faire rouler, mais qui sont soulevés lorsque l’appareil est en batterie. La projection reste ainsi d’une stabilité parfaite.
- Entre deux séances, l’appareil peut être mis de coté et replié en quelques instants, sans l’aide d’aucun outil. Son encombrement est alors des plus réduits.
- Le lourd volant, actionné par des pédales, transforme la force musculaire de l’opérateur en un ïnouvement continu de rotation.
- I/o tant
- Lanterne
- Se Ile
- Dynamo
- Fig. i.— Schéma du cinécycle.
- p.271 - vue 275/620
-
-
-
- 272
- LE C1NECYCLE GAUMONT
- Le pédalier et les pédales sont montés sur billes.
- La selle de cuir est fixée à une tige spéciale dont la hauteur est réglable à volonté, par le simple déplacement d’une broche..
- L’appareil projecteur proprement dit, c’est-à-dire le dérouleur de fdms, est fixé à un socle situé à la partie culminante du châssis, ceci afin que les rayons lumineux passent au-des-sus des spectateurs assis devant l’appareil.
- Le projecteur-dénommé « chro-no » est du modèle courant établi par les établissements Gaumont pour l’enseignement et les projections de salon. Il est susceptible de projeter tous les films présentés dans les établissements cinématographiques professionnels ainsi que les films spéciaux d’enseignement.
- L’appareil est d’un fonctionnement entièrement automatique, et le réenroulement du film, après projection, s’opère de lui-même.
- Le projecteur est placé de telle sorte que, de son siège et en cours de projection, l’opérateur en a le contrôle constant; d’où une
- très grande facilité de cadrage, de mise au point de l’objectif, et de réglage de la vitesse de déroulement sans interruption de fonctionnement.
- Le chrono comporte, à sa partie arrière, une petite lanterne à décentrement vertical, dans laquelle est enfermée la lampe ampoule qui produit la lumière nécéssaire aux projections.
- Cette ampoule, étudiée spécialement pour le ciné-cycle, a une très grande puissance lumineuse, du
- )) est varia-au gré de
- Fig. 2. — Le cinëcycle Gaumont en fonctionnement.
- fait de la rigoureuse concentration des rayons. Sa consommation de courant est cependant des plus minimes(1,5-2,o et 5,5 ampères sous lOou 12 volts) afin de n’exiger du cycliste qu’un effort tout à fait normal susceptible d’être soutenu pendant un temps convenable.
- Bien que la vitesse de la dynamo reste constante,
- celle du « chro-no blc
- l’opérateur, grâce à un embrayage progressif commandé par une des poignées du guidon. Il est donc loisible, pour les démonstrations d’enseignement, de projeter au ralenti, voire même d’arrêter totalement la projection sur une image déterminée lorsque l’ampoule utilisée n’a pas un rayonnement calorique susceptible de nuire au film à l’arrêt.
- La dynamo est bobinée en « série, », sa robustesse la met à l’abri de toute détérioration de surcharge.
- Les roulements sont à billes et un double volant massif assure une parfaite régulari-Lé de vitesse.
- La tension du courant électrique produit par la dynamo est indiquée par un appareil de mesure placé bien en vue de l’opérateur, ses indications sont visibles au cours de la projection.
- Cet appareil indiquera au cycliste la vitesse convenable des pédales, quelle que soit la puissance de l’ampoule utilisée et le degré de déroulement du film.
- E Weiss.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahore, 9, rue de Fleuras, à Taris.
- p.272 - vue 276/620
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2509.
- 6 MAI 1922
- RECHERCHE ET UTIUSATIONÏÏËS NAPHTES
- On doit désigner sous le nom de « naphtes » tous les hydrocarbures liquides que nous fournitla nature, meme quand leur combinaison avec de l’oxygène, du soufre et de l’acide carbonique les a transformés en goudron.
- Les sources naturelles de nnphte sont très nombreuses, surtout auprès des principales lignes de fractures volcaniques ; mais elles sont presque toutes insignifiantes comme débit et utilisées seule-
- ment menés, qu’a commencé la découverte des régions pétrolifères, mais les conditions des gisements se ressemblent assez peu et le progrès des études a montré que le n aphte provient des profondeurs plutoniques du sol ; qu’il arrive aux terrains superficiels par des fractures plus ou moins obstruées, et s’infiltre de là dans les roches poreuses recoupées par ces accidents.
- Ces roches poreuses peuvent être des fragments
- Crépine toile métallique____0
- Débit mlb/e.
- Générateur à basse-pression [ timbré à 3
- Grille por/brée
- Fig. i. — Appareil simplifié pour le Irailcment des naphles bruis.
- ment depuis les temps anciens comme lofions contre les maladies de la peau ou pour faire des torches.
- . Nous croyons que c’est en France, aux faibles suintements bitumineux du Rechelbronn et de Lobsann, qu’on a compris la possibilité sérieuse de trouver des quantités plus notables du liquide combustible en faisant des fouilles auprès des points d’émergence connus; de petits travaux furent tentés là au xvne siècle et ont été patiemment poursuivis jusqu’à nos jours. En Galicie, les puits à huile ont été attaqués au milieu du xix° siècle, puis à Bakou, en Roumanie, aux Etats-Unis, et maintenant, dans les deux Amériques et dans les îles de la Sonde.
- C’est toujours par de petits travaux prudem-
- de broyage dans des cassures du genre lilonien, ou des couches de sables intercalées dans les terrains stratifiés (ou des assises de schistes argilosableux, ou encore de calcaires marneux. Nous laissons de côté ici ces deux derniers types, qui sont connus sous les noms de schistes bitumineux et d’asphaltes, parce qu’ils ne donnent pas de naphte coulant dans les travaux des mineurs).
- Les gisements en cassures ou en couches sont toujours surmontés par des couches argileuses ou argilo-sableuses très peu perméables, faute de quoi le naphte s’écoulerait au fur et à mesure de son arrivée. Le travail du prospecteur consiste à percer ces recouvrements pour recevoir dans ses puits ou ses sondages le naphte qui veut bien s’en écouler
- 18.—275.
- 50* Année. — 1*' Semestre
- p.273 - vue 277/620
-
-
-
- 274 ~ —rrzr RECHERCHE ET UTILISATION DES NAPHTES
- Fig. 2. —Sources salées de l’Oued Mellah (Maroc) avec Iraces de naphte.
- quand on lui offre un orifice'de sortie débarrassé de la pression provenant des^jch^aupérieures, ou de celle des eaux iraprégnanîf'^ëes roches. L’issue de ces naphtes est semblable à celle des eaux artésiennes, mais elle est aidée un peu par la légèreté relative des hydrocarbures et souvent par le dégagement des gaz qui étaient dissous dans le naphte sous la pression dominante.
- Quand des fouilles voisines- des suintemenLs ont montré que la zone fertile a quelque continuité, le prospecteur doit poursuivre ses recherches et étudier les directions dans lesquelles se manifestent des tendances à l’accroissement de productivité ; très souvent, après une première phase favorable, il
- big. 3. — Sondage de prospection pétrolifère de M. Meunier au Maroc avec sondeuse portative.
- arrive à des zones stériles, parce que les gisements naturels sont toujours vaguement lenticulaires, soit eu colonnes très inclinées quand ils sont fdoniens, soit en nappes quand il s’agit de couches. On sait comment, partant d’indices superficiels, et guidés par des études géologiques, les travaux de prospection ont conduit à des zones profondes, jusqu’à 1000 mètres et davantage, pour réaliser des productions sérieuses.
- Cette période de recherches patientes et prudentes ne peut pas être franchie d’un bond sans les plus grands dangers financiers, tant que la contrée attaquée n’est pas complètement étudiée au point de vue minier. Comme d’ailleurs elle peut être longue et entraîne à des dépenses successives assez lourdes,
- Fig. ,/. — L’orifice du sondage Meunier en /921.
- il est nécessaire que le premier prospecteur puisse tirer parti des naphtes au fur et à mesure qu’il en recueille dans ses fouilles ; on peut même dire que beaucoup de régions à pétroles seraient abandonnées si les premiers explorateurs n’avaient pas réalisé quelques bénéfices dès leurs premiers coups de pioche; bénéfices très modestes, mais dont il faut savoir se contenter au début. Se lancer dans dé grands travaux sans avoir ses derrières assurés, c’est le grand danger, en matière de mines en. général : il est toujours temps d’aviser aux développements de travaux et de production, tandis qu’une imprudence peut provoquer un désastre et l’abandon de tout un champ d’action précieux.
- Comme exemple de ces débuts modestes et prudents qui ont fait la fortune d’importantes contrées, on peut citer notamment la Galicic et le PocheIbronn d’Alsace. '
- Quand on a commencé les travaux du pétrole en Galicie, les chercheurs se sont bornés à faire des puits de quelques mètres de profondeur, où ils produisaient un peu de naphte chaque jour, avec des seaux, même avec de grossières étoffes de laine cpi’ils essoraient après les avoir laissées s’imprégner du liquide combustible. Le naphte brut qu’ils obtenaient et filtraient sommairement, se vendait assez mal pour les vieilles lampes fuligineuses dites à
- p.274 - vue 278/620
-
-
-
- RECHERCHE ET UTILISATION DES NAPHTES ====== 275
- huile de schiste, car cet. éclairage est né sur les exploitations de schistes bitumineux d’Àutun et d’Ecosse.
- Cela suffisait à payer les frais de nouveaux puits, et peu à peu ces travaux ont conduit aux grandes profondeurs et aux belles productions.
- 11 en a été de même au Pechelbronn, malgré la qualité plus que médiocre des produits tirés au voisinage delà source de poix; pendant longtemps on vivotait tant bien que mal, mais cependant avec quelques bénéfices, qui ont permis de rechercher et de trouver une seconde lentille fertile, à produits beaucoup meilleurs, qu'on exploite actuellement
- Une seconde photographie montre la petite installation de fortune, avec sonde à mains, faite par M. R. Meunier en 1914,.et qui a donné, dès quelques mètres de profondeur, une mine de pétrole bien suffisante pour établir une petite industrie type ancien ; on l’aurait fait aussitôt, sans les exigences de la commission internationale qui a empêché Ta délivrance du permis de recherche (qui, au Maroc, donne tous les droits d’exploitation) ; et, après la guerre, sans l’interdit jeté .par l’administration du protectorat sur cette partie de la région pétrolifère. Ce qui aurait permis de faire tout de suite de l’exploitation modeste, c’est que les auteurs de ces
- par 400 mètres de profondeur et dont on tire près de 50000 tonnes par an.
- Mais les modernes ne sont pas aussi patients et aussi modestes que leurs ancêtres, eL en ce moment le Maroc est Lombé dans le discrédit, faute d’avoir suivi cette voie prudente. Les indices et même les recherches premières s’y présentent cependant dans des conditions beaucoup plus favorables que dans les régions précitées. La faute des chercheurs a été de ne pas se mettre à produire et à vendre un peu de leur naphte dès qu’ils en ont eu ; la question des pétroles marocains serait beaucoup plus avancée si chacun des occupants du début n’avait pas visé la « grosse affaire » plutôt que la lente progression.
- Sur les photographies ci-jointes, on voit d’abord
- un des trous à eaux salées bitumineuses cpii sont très nombreux au Maroc sur deux longues lignes, vers les affleurements du contact entre les terrains triasiques et les strates plus modernes du crétacé et du tertiaire, ce qui caractérise une zone très étendue et à ^profondeur modérée d’après les relevés géolo-giquek ,
- premiers travaux avaient à leur disposition un petit appareil portatif, représenté par la figure ci-jointe, et destiné à rendre le naphte transportable et vendable dès sa sortie des fouilles : avec ce traitement immédiat, on augmente beaucoup la valeur sur place des petites quantités d’hydrocarbures que donnent, les travaux de prospection.
- En effet, ce qui gène le transport, et l’emploi des naphtes bruts, c’est le mélange des huiles:peu volatiles avec des essences légères. Grâce à un barbolage de vapeur d’eau non surchauffée, on peut éliminer du naphte les parties volatiles au-dessous de 100°; passant celles-ci dans un serpentin peu refroidi, abandonnant les essences trop volatiles, qui sont en très faible proportion, on condense la catégorie benzines qui bout de 70° à 90°, et qui a une grande valeur pour le service des automobiles,--.surtout dans ces contrées éloignées des grands centres de production.
- Ce qu’il reste d’huiles, en attendant les raffineries qui conviennent . seulement aux grandes productions, constitue un excellent fuel oil ; bien
- p.275 - vue 279/620
-
-
-
- 276 = LES RÉSERVOIRS D’ARRÊT ET LEUR RÔLE DANS LE MASSIF CENTRAL
- décanté et filtré, ce liquide peut être. employé brut, meme aux moteurs à combustion interne genre Diesel, mais aussi il peut être transporté en tonneaux et injecté dans tous les genres de foyers ordinaires, locomobiles ou machines fixes, ou fours à plâtre, à chaux, à poteries. Dans une région comme le Maroc, excessivement pauvre en combustibles, malgré les coûteuses importations, la moindre production locale du fuel oil rendra un service inestimable à la contrée, et aux prix courants actuels, il y a opération rémunératrice à faire pour les explorateurs prudents.
- C’est ce que n’ont pas compris les détenteurs de permis : ils ont installé des camps, amené là du matériel sérieux, monté des sondages comme celui que représente une de nos photographies, et ils ont trouvé le pétrole en plusieurs parties au Rharb : mais les quantités rencontrée s, n’ont pas paru suffisantes à leurs ingénieurs pour une organisation immédiate d’exploitation à grande échelle, et le Maroc est resté en panne jusqu’ici.
- Espérons que cela va changer, et souhaitons que
- LES RÉSERVOIRS D’ARRÊT ET LEU1
- (En particulier sur
- Le rôle des barrages réservoirs. — On parle, aujourd’hui, de plus en plus, des barrages-réservoirs et des retenues d’arrêt dans la vallée supérieure des cours d’eau, et il ..apparaît qu’un grand nombre de ces ouvrages seront réalisés à brève échéance dans certaines parties du territoire.
- On est accoutumé en France d’envisager leur édification, soit en vue de la production de la force motrice, soit pour la suppression ou la réduction des crues, soit encore pour la régularisation du régime des rivières. Il convient immédiatement d’observer que les réservoirs d’arrêt peuvent remplir ces différentes missions simultanément. Rien ne s’y oppose, à la vérité, et l’on commet une grosse erreur de voir une antinomie entre ces divers emplois des ouvrages.
- Dans le passé, nous n’avions guère songé à améliorer le débit, de nos cours d’eau par l’établissement de retenues de cette nature. Cependant, en 1849, Mohgolfier élevait sur le Furcns, pour l’alimentation de Saint-Etienne et la protection de la ville contre les crues, un barrage, dit du Gouffre d’Enfer, qui permet de capter 400000 jïC.
- À Teillet-Argenty, sur le Cher, distant de 14 km de Montluçon, a été également aménagé un mur de 45 m. de hauteur, qui retient 50 millions de mètres cubes. Grâce à cette réserve, le débit d’etiage du Cher a été reporté de 19 litres à 5000, la durée des basses eaux minima réduite de 20 à 25 jours, et les pointes de crues ont été absorbées au grand avantage .des riverains de l’aval. Il a été également possible
- les possesseurs des sondages où on a trouvé le naphte vont entrer dans la voie normale de mise en valeur immédiate de leurs trouvailles, à si petite échelle que ce soit.
- Le petit appareil étudié en vue de les aider à cela n’a guère besoin d’une description : une petite chaudière à basse pression est placée assez loin des issues d’hydrocarbures pour ne pas risquer d enflammer les vapeurs denses des essences non condensées ; la vapeur passe de là dans une cuve où tombe le naphte brut rapidement filtré sur de la paille, des feuilles ou des brindilles, et qui s’étale ensuite sur un escargot pour faciliter le départ des essences genre benzine : le bas de la cuve où barbote la vapeur, sert de cuve de décantation pour les eaux et les boues terreuses. Les vapeurs d’essences à 80° sont condensées dans un serpentin et décantées dans le dernier vase.
- Un pareil appareil, pour 2 à 5 tonnes de naphte brut à passer par jour, est facile à déplacer, car il ne pèse pas 1 tonne avec son emballage.
- Effèke.
- I ROLE DANS LE MASSIF CENTRAL
- la haute Dordogne)
- de fournir au canal du Berry un supplément de liquide.
- Les réservoirs à l’étranger. — Toutefois, ces travaux ne sauraient se comparer à ceux qui ont été exécutés à l’étranger, pour des fins variées, mais surtout en vue de faciliter la navigation par le relèvement des étiages.
- Le régime du Weser, en Allemagne, a été transformé, sur 560 km de cours, par la création de deux immenses réservoirs de 225 millions de mètres cubes de capacité totale. Ces constructions ont diminué sensiblement les inondations dans la région de Brême et permis d’équiper 1500 kilowatts. Ce qui prouve bien que les retenues peuvent jouer des offices multiples et concomitants. Sur l’Oder, autre rivière germanique, un barrage-réservoir unique de 150 millions de mètres cubes a été édifié par les ingénieurs de Berlin. L’Oder roule, pendant les hautes eaux, un volume 54 fois supérieur à celui des étiages. Ce débit a été régularisé ; en même temps, la batellerie a pu porter le tonnage de ses bateaux de 175 tonnes à 400 tonnes.
- Il faut, enfin, rappeler que les Américains ont installé, dans un grand lac de la vallée supérieure du Missouri, lin colossal réservoir de 2700 millions de mètres cubes, afin d’aider la navigation.
- Avantages à retirer de ces ouvrages. — Ces travaux, qui remontent déjà à plusieurs années, ont permis un certain nombre de constatations décisives en vue de l’avenir. Tout d’abord, il est bien certain que, d’une part, les retenues réduisent sensiblement
- p.276 - vue 280/620
-
-
-
- LES RÉSERVOIRS D’ARRÊT ET LEUR RÔLE DANS LE MASSIF CENTRAL---277
- l’amplitude des crues, lorsqu’elles ne les prohibent pas totalement.
- D’autre part,- elles ne sauraient causer de dommages aux populations de la région axai, si l’on prend soin de pourvoir les installations de déversoirs, vannes et tunnels de décharge, propres à évacuer les Ilots supplémentaires dans le cas de crues subites se produisant après le chargement des réservoirs, et si l’on ménage un vide pour recueillir une partie des eaux complémentaires.
- Pour ce qui touche l’amélioration des débits à l’aval de la réserve, il n’est pas douteux que la vidange des eaux emmagasinées permet d’accroître plus ou moins les volumes d’étiage, et, par conséquent, de réduire les chômages estivaux de la navigation.
- Mais, il faut remarquer que les barrages établis spécialement pour la production de l’énergie n’assureront jamais des débits constants aux usagers d’aval, car les concessionnaires feront varier le volume emprunté à la retenue, non d’après les besoins des navigateurs, mais suivant les exigences de leur clientèle. Néanmoins, l’amplitude des oscillations sera moins grande après l’édification des barrages, ainsi que l’a fort judicieusement exposé M. Lévy-Salvador, chef du Service hydraulique de l’Agriculture, au dernier Congrès de la Navigation intérieure. D’ailleurs, les Sociétés de distribution tendront toujours naturellement à régulariser leur production, et il en résultera, dans la plupart des cas, un écoulement assez constant des eaux captées.
- Il importe aussi de signaler que l’action bienfaisante des réservoirs d’arrêt ne dépasse pas une certaine distance. La réserve du Missouri, malgré ses 2700 millions de mètres cubes, n’a plus d’effet à 82 km à l’aval de Saint-Louis, et à Saint-Paul, à 576 km du barrage, l’augmentation du mouillage n’excède pas 1 m. à l’étiage, et peut fléchir cà 13 cm. Il est vrai que le fleuve mesure en ce point 120 m. de large, et que son débit moyen dépasse 7200 m3 par seconde. Une régularisation dans ces conditions devait donc être problématique.
- Il a été également reconnu que la dissémination et la multiplication des réservoirs ne sauraient être un élément de régularisation parfait du régime des rivières. L’inspecteur général des Ponts et Chaus-
- sées Graeff, auteur de remarquables études à cet égard, a établi comme principe qu’il sied de concentrer les eaux dans des réservoirs de grande capacités, peu nombreux, comme on l’a fait en Amérique et en Allemagne.
- Les projets de réservoirs pour captation des crues. — C’est en particulier pour la suppression des inondations qu’on a préconisé jusqu’ici, en France, la construction des barrages-réservoirs. Dès 1869, l’ingénieur Commoy avait suggéré d’emmagasiner 600 millions de mètres cubes dans le bassin de ta Loire, et proposait de créer à cet effet 85 réservoirs sur le fleuve et ses affluents, solution médiocre ainsi que l’a démontré plus tard M. GraelT.
- Plus récemment, la ville de Paris, afin de compenser pour les riverains d’aval le prélèvement qu’elle projette d’effectuer dans les vais de Gien,
- avait émis l’intention de constituer à l’amont une réserve de 272 millions de mètres cubes, par l’établissement de trois retenues sur la Loire, et d’une quatrième sur la Sioule, tributaire de l’Ailier. Les crues de la Loire eussent été sensi-bl e me nt atténuées, mais non jugulées dans la moyenne et basse vallée, de l’avis autorisé de M. Lévy-Salvador. On pense aussi que le débit de la Loire à Roanne serait porté, à l’étiage, de 10 à 30 m3 par seconde. Toutefois, l’influence des ouvrages deviendrait bien faible à l’aval d’Angers. Enfin, on pourrait recueillir 75 à 80 000 kilowatts en utilisant les chutes établies.
- C’est toujours en vue surtout de drainer les eaux d’excédent, qu’on a aménagé sur le plateau do Langres quatre réservoirs de 40 millions de mètres cubes de capacité totale, qui servent à l’alimentation du canal de la Marne à la Saône. Mais, en 1910, ces réservoirs n’ont été d’aucun secours, car ils étaient remplis lorsque la crue éclata.
- Il semble, à ce propos, que si l’on envisage la réduction des inondations* il siérait de prévoir l’édification de réservoirs de plaines, dans lesquels ou déverserait, sur une menace de crue nouvelle, les réservoirs d’amont, suivant une formule nouvelle et heureuse présentée au Congrès de Rouen' de 1921 par M. l’Ingénieur Chabal, qui propose de dompter la Seine, la Marne, l’Aube et l’Yonne par l’installation de 24 réservoirs de 2400 millions de m3 de capacité totale, dont 4 retenues de 530000000 m3
- Rèserv. de h Céfette
- .Rés. deUa D/ège (Rotabourg) \ „ J oohÊJSm
- \BortC oés?---------77T
- PERIGUEUX
- Rés. dAraentat
- sronn®
- AURILLAC /Larogueorou
- Argentât
- Libourne
- Bergerac
- Fig. i. — Les réservoirs d’arrêt projetés dans le bassin de la Dordogne.
- p.277 - vue 281/620
-
-
-
- 278 = LES RÉSERVOIRS D’ARRÊT ET
- entre Nogent-sur-Seine et Montereau et entre Epernay et Chalons.
- Les réservoirs pour la production de l’énergie. — Les quelques critiques qu’on peut faire aux réservoirs d’arrêt pour ce qui regarde les crues ou l’amélioration du régime fluvial et de la navigation, tombent s’il s’agit de la production de l'énergie. C’est, d’ailleurs, pour cet objet que la plupart des réservoirs sont actuellement projetés sur notre territoire. Quelques-uns sont déjà en service. Nous avons mentionné plus haut celui de Teillet — Argenty sur le Cher (50000 000 m3). Il faut encore signaler ceux de la Sauviat sur la Dore (1 000 000 m5) ; de Yitrac Saint-Gervais-Queuille sur la Sioule (7 000 000 m5) ; du lac Bramant, sur l’Eau d'Ollc (1 000 000 m3) ; des Septlaux dans la ch aine de Belledonne (10000000 m3); des lacs de Lafl'rey, en Dauphiné; du lac de Guéry, au Mont Dore (1 500 000 m3) ; des lacs de Naguilhes et d’En Beydans la Haute-Ariègc ; de la Sélune, près d’Avranches (2 000 000 m3) ; du lac d’Oo, à JLuchon (20000 000 m3) ; de la Bouil-louse, sur la Tet (15 000 000 m3) ; de l’Oule dans la Haute-Garonne (6 500 000 m5).
- Toutefois, ce sont là de modestes réserves, comparées à celles qu’on se dispose à instituer dans les Pyrénées et le Massif Central, et spécialement des réservoirs de la Truyère et de la Dordogne supérieure, destinés moins à actionner les usines immédiates qu’à relever considérablement le débit d’aval pour porter à leur maximum de puissance les stations échelonnées sur le cours d’eau,
- Les barrages de la Haute-Dordogne. — Le barrage de Bradai, sur la Truyère affluent du Lot, emmagasinera 255 000 000 m3 et permettra de porter le débit d’étiagedu torrent à 50 m3 et d’équiper 500 000 chevaux. Mais la navigation du Lot, peu active d’ailleurs, ne sera pas considérablement facilitée. Au contraire, les projets de la Haute-Dordogne rendront d'incomparables services à la batellerie du Périgord.
- D’après les études officielles, la Dordogne supérieure et ses tributaires pourront fournir une force de 78850 kw de Bort à Vernéjoux, section attribuée à la Compagnie d’Orléans pour son électrification, et 124450 kw de Vernéjoux à Brivezac, portion du bassin revendiquée par le Sud-Ouest électrique.
- D’immenses réservoirs sont prévus à l’amont de Brivezac : laCelette surleChavanon (190 000 000 m3), lacs Chauvet (10 000 000 m3), de la Landie
- (2 000000) et réservoir de Chanterelle (Tl 700000 m3) sur la Rhue, retenues de Font Salé et des Granges (4 500 000 m3)> sur la même rivière, réservoir de Rochemont (29 000 000 m3) toujours sur la Rhue, réservoir de la Diége (8500000 m3), équipé par la Société' de Pont-à-Mousson, retenues de Vernéjoux (90 000 000 m3), du Chambon (525000 000 m3), sur la Dordogne, prévu par l’Energie du Sud-Ouest, et d’Argentat (25 000 000 m3) à l’aval de la précédente.
- La vidange de 800 000000 m3 à l’aval de Brivezac
- LEUR RÔLE DANS LE MASSIF CENTRAL
- portera les débits d’étiage de la Dordogne à 80 m3 (au lieu de 20) à Souillac, 100 m3 à Bergerac (au lieu de 58), et le mouillage sera normalement accru de 0 m. 50.
- D’autres réservoirs sont projetés dans le même bassin, en particulier à Treignac sur la Vezère (25 000 000 m3).
- En fait, on peut tabler sur une réserve de 850 000000 m3, obtenue avec un nombre restreint d’ouvrages, comme le voulait Graeff.
- II n’est pas douteux que ces travaux cyclopéens modifieront sensiblement le régime de la Dordogne, dont le débit oscille de 20 à 2000- m3, à Souillac, 5G à 4900 àLimeuil, 58 à 5200 à Bergerac, et varie, de l’hiver à l’été, dans le rapport de 1 à 140 environ.
- Sans conteste possible, les crues seront subjuguées, d’autant plus que les tributaires de la rivière du Sud-Ouest, nés en divers points du Massif Central, présentent rarement des hautes eaux concomitantes.
- La navigation pourra ainsi être restaurée sur la Dordogne moyenne. II faut se souvenir qu’en 1860 le trafic entre Libourne et Souillac s’élevaiL à 200 000 tonnes. Mais la navigation était suspendue durant plusieurs mois par la médiocrité du mouillage, difficile, en tous temps, à la remonte du fait de la rapidité du courant etjes chalands devaient se faire accompagner d’allèges.
- L’ouverture du canal de Lalinde et l’édification de l’écluse de Bergerac n’avaient pas empêché le déclin de la batellerie. On n’avait, d’ailleurs, rien tenté pour la sauver de la ruine, pas plus qu’on n’avait cherché à régulariser l’intéressante Vezère.
- L’équipement hydro-électrique de la Haute-Dordogne permettra de faire revivre l’industrie disparue. Aussi les pouvoirs publics étudient-ils soigneusement un grand programme d’aménagement de la rivière en vue de la renaissance du trafic fluvial; le barrage de Bergerac doit être relevé, 5 ouvrages mobiles seront établis entre Bergerac et Castillon, afin de porter le mouillage à 1 m. 60, des dragages vont être entrepris en Dordogne.
- Sur la Vezère, on achèvera les travaux des 4 barrages écluses commencés en 1828 à l’aval de Monti gnac; sur l’Isle le mouillage sera approfondi, les ouvrages remaniés, Saint-Astier pourvu d’un port.
- M. Lévy Salvador envisage même que, désonnais, on pourra peut-être songer à la réalisation d’une jonction entre la Dordogne et les bassins de la Loire et du Rhône, réclamée par les populations du Centre-Ouest.
- Sans prétendre à des visées aussi ambitieuses, on peut affirmer que la création de vastes réservoirs d’arrêt va sous peu transformer la physionomie d’une partie de la France, dans le Sud-Ouest en particulier.
- Après avoir hésité à entrèr dans la voie que lui traçaient Américains et Allemands,- la France va résolument aborder l’exécution d’ouvrages gigantesques. Demain, s’ouvrira, peut-on dire, le règne de l’eau sous toutes ses formes.
- Auguste Pawuovvskf.
- p.278 - vue 282/620
-
-
-
- 279
- NIDS DE POULES D’EAU
- Gallinula chloropus chloropus (L.)
- Dans l’air attiédi passent toutes les senteurs du renouveau.
- La vie animale de meme s’intensifie. À l’orée de la forêt, une grive draine, doucement module ses strophes mélancoliques que les soins exigés par sa nichée hâtive interrompront bientôt. Dans la ramure, un merle bavard cadence sa chanson et, n’était sa voie plus sonore, on croirait à entendre les deux turdidés, qu’il donne la réplique à un partenaire de son espèce, tant les deux chants, pour l'indifférent paraissent identiques. Un écureuil, la queue en panache, semble les écouter et sous une vieille souche, un lérot grignote un gland desséché.
- Au loin, sur le toit fruste de la chaumine qui sommeille en bordure de la plaine, un rouge-queue titys grasseye sans répit. Dans un buisson, un pouillot vélocc rythme son invariable mélopée, tandis que des mésanges délurées s’égosillent dans la cime d’un épicéa dont les rameaux retombants abritent un roitelet huppé qui s’affaire en gazouillant.
- L’élément liquide s’est aussi animé. La gent grenouille sortie de léthargie, s’agite à fleur d’eau sur les mares, et les étangs, sans guère se soucier des ébats des hochequeues et des poules d’eau qu’enivrent les efffuves printaniers.
- Adornées déjà de leurs atours de noce, le front plus rutilant, leurs longues pattes gainées d’un sinople plus vif et baguées d’un corail plus éclatant, • les poules d’eau surtout introduisent une intense note de vie sur toutes les pièces d’eau qui leur sont hospitalières.
- Il n’est plus à présent que la seule recherche de leur subsistance qui les met en mouvement. De plus tendres sentiments commencent à les animer et gentiment, avec des mouvements gracieux que l’on voudrait supposer attentifs, les mâles marquent à leur compagne une affection qui se fait chaque jour plus vigilante.
- Les couples qui, au cours de l’hiver, avaient vécu relativement groupés, s’écartent déjà les uns des autres. Parfois une flexion du col qui, à fleur d’eau, abaisse brusquement la tête d’un des oiseaux dont la queue s’étale largement, est le témoignage significatif, à l’adresse d’un voisin trop entreprenant, d’une jalousie qui ira grandissant, ou peut-être, plus simplement et plus justement, d’un sentiment de propriété qui s’avérera plus prononcé au fur et à mesure que la saison nuptiale avancera.
- Mais voici à présent que les couples de gallinules s’isolent. L’étang n’est plus domaine de la collectivité'; les cantonnements sur les grandes pièces d’eau se délimitent et malheur à l’étourdie ou à l’imprudente qui s’aventurera sur la propriété de la voisine avant que l’accouplement définitif soit
- fait accompli; impitoyablement, elle sera pourchassée, molestée de l’aile et du bec si elle est rejointe, jusqu’à ce qu’elle se soit décidée à regagner la partie de la pièce d’eau qui lui est réservée.
- Communément l’intrus se rend compte qu’il est en faute et s’empresse de fuir dès qu’il est poursuivi, mi-nageant, mi-voletant s’il est serré de trop près, devant le propriétaire des lieux où il s’est hasardé inconsidérément.
- Voici enfin que nos gallinules s’activent étrangement. A chaque instant, on les voit sur les berges de la pièce d’eau quérir des branchettes, des bouts de roseaux, des feuilles mortes, enlever des fragments de tige aux plantes aquatiques. Puis, ayant entre les mandibules un de ces débris, elles reprennent l’eau et tête dressée, pour que leur léger fardeau n’entre pas en contact avec l’élément liquide, elles filent à toute vitesse vers l’endroit qu’elles ont choisi pour y établir leur nid. Les uns sur les autres, elles empilent ces divers matériaux et une huitaine de jours plus tard, le nid est entièrement construit.
- Comme la plupart des autres volatiles, les poules d’eau ne se consacrent que par intermittence à l’édification de leur home. Et ,1e plus souvent au cours de la matinée.
- Les nids de poule d’eau sont construits à l’aide de matériaux d’espèces diverses, ramassés au hasard des recherches ou plus exactement selon ce que la flore de leur cantonnement offre auxdits volatiles et sans qu’ils marquent une préférence constante pour l’une ou l’autre matière. Un premier nid pourra par exemple être construit à l’aide de feuilles de roseaux, tandis que celui dans lequel reposera la seconde couvée du même oiseau sera fait de tiges de prêles. Roseaux, carex, graminées, herbages de tous genres, secs si possible, plus ou moins frais dans le cas contraire, sont indifféremment employés par les petits architectes. Ceux-ci recueillent aussi de petits bouts de bois, des branchettes, des ramilles de n’importe quelle essence. Dans un de ces nids, nous avons découvert des rameaux d’épicéa, provenant d’une sapinière sise à proximité de l’étang. De coutume, les matières ligneuses servent de hase à l’édifice, mais il n’est néanmoins pas rare de voir des ramilles aussi entrelacées aux autres matériaux plus mollets, dans le corps du nid.
- Ajouterons-nous qu’en nombre de cas, nulle branchette n’entre dans la construction d’un nid de ces oiseaux.
- Les poules d’eau constituent quelquefois leur nid presque exclusivement de feuilles mortes qu’elles entassent sans grand soin, les entremêlant négligemment de quelques débris de roseaux ou de jonc,
- p.279 - vue 283/620
-
-
-
- 280 .. NIDS DE POULES D’EAU
- de fragments de plantes aquatiques, formant du tout un assemblage d’apparence assez grossière et n’ayant jamais grande cohésion.
- Le rembourrage, le capitonnage de la coupe ne parait pas habitude courante chez les poules d’eau.
- • Éventuellement, il est constitué de feuilles mortes sèches déposées au centre du nid en plus ou moins grande quantité.
- Ainsi qu’il en est pour toutes les espèces ailées, les nidificateurs gallinules sont de talents variés. Si des nids sont d’aspect négligés, il s’en rencontre d’autres qui sont fort habilement parachevés, leurs propriétaires étant plus industrieux, ayant des goûts plus artistiques ou étant moins insouciants. Souvent, parmi ces nids tri-s soignés, sont ceux édifiés en jonc. Ce genre de construction est néanmoins très rare; ce n’est qu’exceptionnellement que cette plante, qui ne paraît pas plaire aux oiseaux, est employée à l’exclusion de tout autre par une poule d’eau éclectique. Ces nids en jonc sont d’ordinaire très habilement tressés. ;
- En ce qui concerne remplacement de leur nid, les poules d’eau témoignent d’un esprit fort capricieux. En règle générale, elles le construisent dans les roseaux qui garnissent les étangs, les criques des ruisseaux où l’eau séjourne très calme. De préférence, elles l’installent cependant dans les champs de plantes aquatiques qui croissent au milieu des eaux, choisissant les endroits les plus rapprochés de la surface libre, là où le nid est sinon moins visible de la berge, tout au moins plus malaisé à atteindre.
- Si la végétation aquatique s’y prête, ce nid est parfois édifié sur une volumineuse touffe de roseaux, l’emplacement étant au préalable piétiné par les oiseaux, les tiges extérieures étant néanmoins respec-
- tées et formant une sorte de rideau qui a pour mission de dissimuler quelque peu l’édifice. D’autres fois, il s’érige au milieu même des champs de roseaux, soutenu par les gerbes rapprochées de ceux-ci, mais toujours là où les plan Les ont le pied dans l’élément liquide. En instinct de prudence parait habituellement pousser les oiseaux à veiller à ce cpic ce nid soit caché aux yeux d’ennemis éventuels. Ce n’est pourtanL pas toujours le cas et des poules d’eau imprévoyantes ou trop confiantes établissent parfois le home de leur future famille à la vue de tous, sans prendre aucune précaution pour le mettre à l’abri des regards.
- D’autre part, il est des poules d’eau qui préfèrent construire leur nid sur le sol ferme, le dissimulant dans les herbages, les broussailles des berges. C’est le cas par exemple lorsque la végétation aquatique n’est constituée que de prêles dont la ténuité du feuillage ne constitue sans doute à leurs yeux qu’un abri précaire. Les volatiles de l’espèce, cantonnés aux abords du bief d’un moulin, sont aussi forcés de nicher de cette façon, également nous avons, à quelques reprises, rencontré des nids de poules d’eau dans Jes broussailles d’un taillis traversé par un cours d’eau et ceci bien qu’un étang fût proche.
- Eue explication plausible de ce fait, qui semble une anomalie, semble être que les couples poules d’eau nichant sur l’éLang étaient si nombreux que tous les cantonnements propices étaient occupés. Des oiseaux, ne voulant vraisemblablement pas s’éloigner des lieux où ils avaient passé l’hiver, avaient établi leur résidence sur les rives du ruisselet alimentant la pièce d’eau.
- Cependant, pour ainsi dire régulièrement, sitôt les, jeunes éclos, la mère les amène sur l’étang. Ce n’est qu’en de très rares circonstances que j’ai
- p.280 - vue 284/620
-
-
-
- NIDS DE POULES D’EAU
- 281
- vu les parents achever l'éducation des poussins sur les bords du cours d’eau. On pouvait alors surprendre la petite famille prenant ses ébats sur une anse tranquille du ruisseau.
- De temps à autre, on constate que des poules
- herbages en un endroit déterminé de l’étang jusqu’à ce que la hase du monceau, sans cesse accru, atteigne le fond, puis la masse émergeant, elles établissent finalement la coupe du nid.
- Quelle est la base réelle d’une telle bâtisse?
- d’eau dérogent quelque peu à ces coutumières façons d’agir, mais on ne peut en ces circonstances que noter, sans les expliquer, les fantaisies des nidilicateurs.
- L’exception la plus courante, bien que pas très commune, est celle que l’on pourrait appeler, quoique assez improprement, le « nid flottant ». Caprice d’oiseau où néces-'. site obligatoire par
- suite d’une,population trop nombreuse ? Il serait aventureux de se prononcer, les deux explications ; pouvant être admises. Ce nid bottant est installé, au beau milieu éclaircie d’un massif, de :plantes aquatiques, ou au centre d’un étang où rien ne le dissimule. Bien que généralement édifié sans grand art, il est la plus remarquable construction des poules d’eau et il s’en trouve qui sont de petits monuments par la masse des matériaux qui entrent dans leur composition.
- Les Gallinules, en la circonstance, empilent des
- . ' ' Fig.' 3.
- 1, .Nid sur un rocher, constitué de branchettes ci de papier. — 2, Nid sur un pin. — 3, Nid sur un îlot d’herbages. — 4, Nid sur une berge dénudée.
- d’une large
- Tantôt quelques branchettes, tantôt des débris de bois sur lesquels sont posés les premiers éléments de la construction, à moins que ce soit un paquet d’herbes quelconques, détachées de a rive ou du fond et bottant à la dérive. Sur ce rudimentaire fondement, les oiseaux amassent des herbages qu’ils vont quérir en tons endroits qui leur sont accessibles. Ces matériaux, étant donné les incessants mouvements des nidifica-teurs qui s’ingénient à leur donner forme à leur goût, s’enfoncent progressivement, entraînés qu’ils sont en outre vers le fond, par le poids qu’ils acquièrent en s’imbibant d’eau. Mais nos volatiles, sans perdre patience ni courage, continuent vaillamment à accumuler les matériaux dont ils se servent, jusqu’à ce que la base de cet amas ait trouvé un point d’appui solide, généralement le fond de la mare.
- Nous avons un jour mesuré un de ces nids qui
- p.281 - vue 285/620
-
-
-
- 282
- NIDS DE POULES D EAU
- avait, partie immergée et partie extérieure, plus do 45 centimètres de hauteur.
- Caprice plus inexplicable encore celui des poules d’eau qui installent leur nid sur la berge complètement dénudée d’un étang, sans que la moindre touffe de verdure le dissimule. Il est vrai que ce cas est exceptionnel. Ce qui n’est pas moins étrange en l’occurrence, c’est que la poule d’eau aussi imprudente se montre régulièrement d’une extraordinaire méfiance. Elle est toujours sur le qui-vive, a toujours l’œil aux aguets et il est bien malaisé de la surprendre occupée à couver.
- Au plus léger bruit, à la moindre alarme, elle se coule de son nid, gagne la pièce d’eau, se glisse dans les herbes retombantes des berges, sous les racines qui surplombent, et ne reparaît que lorsque tout danger est écarté.
- Un nid de ce genre dont nous reproduisons la photographie, était un petit chef-d’œuvre, non seulement étant donné l’art avec lequel il avait été construit, mais aussi par la complexité des matériaux qui le composaient. Comme base, ce nid avait un amas de branchettes enchevêtrées dont quelques-unes étaient plus grosses que le pouce; par dessus ces ramilles était disposée une couche de roseaux, recouverte elle-même de brins de foin récoltés dans un pré proche et récemment fauché. Ce foin constituait la coupe du nid et celle-ci était plus profonde qu’il est coutume pour les poules d’eau. Enfin l’intérieur de cette coupe était rembourré d’un lit de feuilles mortes. Toute la*construction était extérieurement soutenue par des branchettes entrelacées. À construire ce nid, la poule d’eau avait mis un soin tout particulier et vraiment remarquable.
- Les nids ayant une base fixe : amas de vieux roseaux, touffe herbeuse, affleurant ou dépassant la surface de l’eau sont au reste souvent plus artis-tement confectionnés que les « nids flottants ». Les matériaux entrant dans la composition des premiers étant en quantité moindre, les petits constructeurs emploient peut-être à les façonner plus délicatement le temps que d’autres passent à entasser les volumineux monceaux d’herbages qu’exigent les nids en partie submergés.
- Tout étrange que cela puisse paraître, il arrive de temps à autre que.des poules d’eau construisent leur nid sur un arbre. A quel sentiment attribuer cette anomalie? Il n’est pas aisé de le discerner. Dans la- plupart des cas il ne faut, selon nous, voir ici qu’une fantaisie de l’oiseau. Sans raison, la poule d’eau s’installera sur un arbre comme elle se serait établie sur une touffe de roseaux. Peut-être en certaines occasions, obéit-elle au besoin d’assurer plus complètement la sécurité de sa couvée, trop souvent détruite, pourrait-on supposer, alors que l’oiseau nichait sur l’étang, à proximité duquel, en ce cas singulier de nidification, l’arbre supportant le nid se trouve toujours. *
- La plupart du temps, la poule d’eau qui agit de
- cette façon établit ce nid sur une branche amplement fournie de rameaux qui procureront au matériel employé un support pratique et résistant. Très souvent cette branche surplombera l’étang, le cours d’eau sur lequel les oiseaux vivent. Enfin le nid sera placé tout au plus à environ 1 mètre ou I m. 50 de la suriace liquide, Cependant en une occasion, j’ai découvert un nid de poule d’eau édifié sur un épicéa, à plus de 2 mètres de hauteur.
- Toujours, les nids de ce genre que j’ai examinés étaient entièrement construits par les poules d’eau, seuls, les rameaux de la branche leur servaient de base. Aucun vieux nid d’un oiseau d’une autre espèce n’avait jamais servi de fondement à ce home bizarre, ainsi qu’il arrive pour les nids de faisan, de canard ainsi anormalement installés.
- Les jeunes, dès qu’ils sont éclos et que leur duvet est séché, n’hésitent pas à l’appel de leur mère, à se lancer à l’eau, soit du nid, soit d’une branche voisine sur laquelle ils courent, l’air éveillé, à pas menus.
- Il est enfin pour les poules d’eau une dernière façon de nicher. Lorsque l’étang sur lequel elles se sont cantonnées, héberge des canards ou autres oiseaux aquatiques domestiques, elles n’hésitent pas à construire leur nid dans les logettes en rocailles ou en planches, destinées aux palmipèdes asservis. C’est évidemment, en la circonstance, un cas d’adaptation au milieu qui est assez typique et d’autant plus remarquable que souvent, abandonnant leur humeur d’ordinaire assez farouche, ces poules d’eau viennent s’installer au centre d’agglomérations fort populeuses, en des endroits qui paraissent bien peu faits pour elles.
- Ces pièces d’eau citadines sont en effet de règle, soigneusement débarrassées de toute végétation broussailleuse ; roseaux, jonc, plantains aquatiques, toute la flore qui, en pleine nature, s’épanouit dans l'élément liquide, en sont soigneusement extirpés. Tout au plus y tolère-t-on des nénuphars, décoratifs, mais fort avares des abris que l’on supposerait nécessaires à la poule d’eau. Et cependant celle-ci s’est, en de tels endroits, parfaitement acclimatée.
- Au cours d’un hiver trop rude, quelques-unes d’entre elles sont, par une belle nuit de gelée, venues s’abattre aux abords de la pièce d’eau cita dine. Au matin, bien que timides encore, elles ont, là faim atténuant leur sauvagerie, profité largement de la pitance distribuée aux hôtes asservis de l’étang. Bien accueillies, elles n’ont pas hésité à s’installer en ces lieux où elles trouvaient table toute servie. Au printemps, quelques-unes d’entre elles ont regagné l’habitat natal, mais il en est qui n’ont point voulu renoncer à leur nouveau cantonnement.
- L’époque nuptiale étant survenue, comme il n’existait nul fourré de plantes aquatiques où elles auraient pu dissimuler leur nid, elles n’ont pas hésité, désireuses de faire souche, à se servir des / nichoirs destinés aux canards. Que ce fût des grottes artificielles, de petits chalets de bois, des paniers
- p.282 - vue 286/620
-
-
-
- LES OUTILS DE L’INDUSTRIE MODERNE DU MEUBLE
- spéciaux en osier, elles ont pris possession de l’un ou de l’autre de ces abris inusités et y ont, en toute diligence, transporté les matériaux qu’elles avaient à leur disposition : bouts de bois, branchettes sèches et feuilles mortes. Et fort à l’aise dans le home improvisé et original qu’elles avaient choisi, elles y ont élevé leur nichée, devenant en quelque sorte semi-domestiques.'
- Cette cohabitation avec la gent palmipède privée ne fut pas cependant toujours sans inconvénients pour les volatiles sauvages. D’où une nouvelle manifestation de cet instinct d’adaptation dont témoignèrent précédemment les poules d’eau. Le plus frappant exemple de l’esprit d’initiative qui anime certains de ces oiseaux nous fut donné par des gallinules qui se sont installées à Bruxelles, au parc Josaphat, qui est une sorte de Jardin d’acclimatation ouvert à tout venant, et dans lequel, un peu à la diable, vivent quantité d’oies et de canards de toutes espèces, indigènes et exotiques. Il se lit donc qu’en ce parc, des poules d’eau nichant dans des logettes destinées aux canards se trouvèrent fort mal du logis. Des oies, d’humeur malveillante, venaient non seulement chercher noise à la couveuse, mais encore gober ses œufs ou avaler ses nouveau-nés. La situation n’était pas tenable. Que firent nos oiseaux? Un couple avait remarqué un rocher artificiel, haut d’environ 1 mètre, érigé à quelque distance du bord d’un des étangs. Au centre de ce rocher, se trouvait une dépression en forme de cuvette qui eut l’heur de convenir aux oiseaux. Abandonnant le « nid » de canard, elles
- 283
- transportèrent dans ce creux quelques branchettes, des débris de papier, et, hors de portée du bec des oies voraces, y élevèrent deux nichées consécutives.
- Dans le même parc, certaines loges pour oies et canards sont parfois surmontées d’un « étage » supplémentaire destiné dans l’esprit duconstiucteur à servir de demeure à l’un ou l’autre couple des pigeons qui animent ce paradis des oiseaux. Mais la gent colombe dédaigna ces nichoirs qui n’étaient pas à leur goût. Les poules d’eau victimes des oies décidèrent, elles, de profiter de ces abris dans lesquels leur couvée fut complètement en sûreté. Aussi ces colombiers, dont les orifices d’entrée sont à environ 1 m. 50 du niveau de l’eau, hospitalisent chaque année quelques couples de gallinules. Celles-ci, mi-volant, mi-sautillant sur la toiture inclinée, viennent se poser sur l’étroite galerie qui entoure ces rudimentaires colombiers, puis s’introduisent tranquillement à l’intérieur par l’ouverture primitivement destinée aux pigeons.
- Quant aux jeunes poules d’eau, à peine nées, elles n’hésitent pas, pour gagner l’étang, à se laisser glisser d’abord sur la toiture inclinée, puis, du rebord de celle-ci, à sauter dans l’eau.
- Ces exemples nous indiquent au surplus avec quelle facilité on familiariserait les oiseaux les plus sauvages, si on voulait s’en donner la peine, car il est bien d’autres oiseaux que la poule d’eau qui, traités amicalement, viendraient embellir, de toute leur grâce, nos parcs et les environs de nos demeures. L. Coopman.
- LES OUTILS DE L’INDUSTRIE MODERNE DU MEUBLE
- Le meuble à bon marché contribuera à rendre la vie plus agréable. À ce titre, il mérite qu’on examine de près sa confection. Autrefois, avec les moyens élémentaires dont disposait cette industrie, la confection de moulures compliquées exigeait des opérations longues, au bouvet, à la gouge; au ciseau, à la plane, opérations qui demandaient elles-mêmes des ouvriers spécialistes.
- Les tenons et mortaises se faisaient au ciseau et à la gouge.
- Le travail de ces deux outils, également long, n’était pas à la portée du premier ouvrier venu.
- Que le lecteur veuille bien pénétrer avec nous quelques instants dans l’une de ces ruches de la rue Voila ou du passage des Immeubles Industriels où toute’s ces opérations (toupillage, découpage, fabrication des tenons, des mortaises, rabotage automatique et à grand rendement, défonçage, etc.) se font aujourd’hui mécaniquement.
- Là, avec le minimum de poussières (car ces dernières, ainsi que les copeaux, sont enlevées par de puissants aspirateurs), avec l’hygiène la meilleure pour le travailleur, des kilomètres de moulures, des
- milliers de tenons et mortaises sont confectionnés chaque jour.
- Les machines les plus employées (car il en est des légions et nous ne saurions toutes les décrire) peuvent se ramener aux suivantes :
- 1° La toupie, qui est le nom vulgaire des machines verticales à moulures ;
- 2° La mortaiseuse ;
- 5° La tenonneuse ;
- 4° La défonceuse.
- v Elles suffisent pour confectionner entièrement le meuble soit artistique, soit de bureau. Beaucoup d'autres opérations du meuble de l’économie domestique et industrielle générale peuvent être faites soit avec ces mêmes machines, soit avec des machines en dérivant.
- La maison Guillet et fds d’Auxerre, qui fabrique un grand nombre de ces machines, a fourni les figures qui illustrent cet article.
- Elle fabrique couramment aussi des machines à faire le bâton rond d’emplois si fréquents, des machines à poncer et à polir les panneaux, des machines à faire la paille de bois et à la presser,
- p.283 - vue 287/620
-
-
-
- 284 - LES OUTILS DE L’INDUSTRIE MODERNE DU MEUBLE
- Fig. i. —- Machine verticale à moulurer '[- dité toupie.
- des machines à dégauchir, à jabler(‘), à rogner et à chanfreiner les fuis à liquides, à raboter, biseauter les douves pour fuis d’emballage, à faire le joint des douves, à donner le bouge (2), à tourner les fonds de tonneaux, à faire les bondes, à mortaiser les moyeux, à les dégauchir et à les percer, à.faire les pattes et les broches, des rayons de roues, à aléser les moyeux, à raboter les dessous et les contours des semelles de sabots, à façonner l’extérieur des talons de sabots, à les creuser (gougeuse), à les rainer, à les copier pour tourner l’extérieur des sabots, à creuser la partie couverte des sabots, à finir la pointe, à faire l’encoche des talons, etc.
- Il en est une infinité d’autres, mais ce serait dépasser le cadre de cette modeste étude de vulgarisation que de vouloir toutes les décrire. Notre seul désir est de signaler à nos lecteurs qu’ils potirront voir exécuter ces opérations, à Paris même, où les ateliers de ce genre sont encore assez répandus.
- La toupie. — En principe, la toupie est constituée par un arbre vertical à vitesse considérable, atteignant et dépassant souvent 6000 tours à la minute. Les figures 1 et 2 en donnent une idée nette..
- À la partie supérieure, il existe, dans l’arbre, une fente longitudinale, par laquelle on introduit l’outil découpeur dont le profil tranchant présente la forme contraire de la moulure à produire. Les creux produisent les reliefs et vice versa.
- La planche perpendiculaire au plan de l’établi se déplace suivant les rainures que l’on voit. Elle sert
- 1. Nous rappelons pour ceux de nos lecteurs qui l’ignoreraient, que jablcr un fût, consiste à chanfreiner les fonds des fûts et à loger le fond ainsi ehanfreiué dans les encoches faites dans les elouves, en vue d’assurer l'étanchéité parfaite des fonds.
- 2. « Donner le bouge » à un tonneau, c’est incurver de la façon voulue, les douves. D’ailleurs, ces sujets spéciaux feront, en même temps que la fabrication des meubles en bois courbé, l’objet d’un prochain article.
- de guide aux planches qui doivent être moulurées.
- Les profils ont les longueurs les plus variables ; depuis 5 cm (petites moulures, jusqu’à 25 cm et plus, très grandes moulures).
- On ne saurait se faire une idée, si on ne l’a pas senti soi-même, de l’intensité formidable du tourbillon de vent développé par de grands profils tels que ceux de 25 cm avec de telles vitesses.
- Il va de soi que, avec de pareilles vitesses, le profil doit être soigneusement fixé et parfaitement centré, sinon des ruptures du bois seraient à craindre.
- Mais pour qui connaît l’habileté professionnelle des spécialistes parisiens qui, d’ailleurs, travaillent avec des machines éprouvées et construites par des maisons qui se sont adonnées à ce genre de machines depuis des années, on peut dire qu’il est bien rare que l’on ait à déplorer un accident dans ces industries.
- D’ailleurs toutes les précautions sont prises pour éviter ces accidents autant que faire se peut.
- Outre les moulures de tous profils et de toutes dimensions, la toupie ou toupilleuse est capable de faire bien des travaux en série que la main de l’ouvrier n’exécutait autrefois qu’avec un fondement des plus faibles.
- Ainsi, les panneaux des meubles, dont une partie est en retrait par rapport à l’autre, comme par exemple les panneaux des armoires de bureaux et mobiliers de bureaux, les reliefs dits « diamant » s’obtiennent en un temps très faible par quatre incisions successives obtenues à la toupilleuse.
- Les toupies sont munies de roulements à billes. Cette disposition permet d’avoir une vitesse de l’arbre plus grande; elle a aussi l’avantage, en cas d’usure, de n’avoir qu’à remplacer les roulements, l’arbre ne pouvant être entamé.
- La poulie de l’arbre est en dessous du coussinet inférieur ; de cette manière, il y a moins de pression sur le roulement du bas qui supporte l’arbre. Cet
- Fig. 2. — Autre type de toupie.
- p.284 - vue 288/620
-
-
-
- 285
- LES OUTILS DE L’INDUSTRIE MODERNE DU MEUBLE
- arbre monte et descend au moyen d’une' manivelle placée sur la table et sur le côté du bâti, dans la toupie.
- L’arbre est en acier fondu de première qualité; 1 est rectifié avec la plus grande précision. Il possède une lumière pour fixer les fers ordinaires (lames droites) et une embase qui permet d’y monter les outils circulaires appropriés au profil des moulures qu’on veut obtenir.
- Le bâti est très lourd de manière à éviter les vibrations. La table est rabotée exactement; elle possède des rondelles encastrées autour de l’arbre, qui permettent à l’outil de descendre au-dessous de la table en enlevant une ou plusieurs de ces rondelles.
- Un guide fixé sur la table peut s’avancer ou s’éloigner suivant la saillie que l’on veut donner au fer; il est aminci pour que les copeaux ne s’accumulent pas autour de l’arbre; il possède deux plaques mobiles ci l’aide desquelles on peut augmenter ou diminuer le passage du fer.
- Machine à mortaiser. — Cette machine dont le type le plus courant est représenté (fig. 3), a pour principe général de posséder un foret qui perce successivement des trous, par suite du mouvement d’un chariot, lesdits trous étant faits en grand nombre, de façon à ébaucher la mortaise.
- Un bédane spécial met d’équerre les deux extrémités de la mortaise et les ajuste.
- Ce qui distingue ces machines, c’est que l’ouvrier est placé face à la mortaise et qu’il n’a pas besoin de se pencher pour voir le travail de la mèche et celui du bédane.
- L’arbre porte-mèche, en acier fondu, est rectifié et équilibré avec la plus haute précision. La mèche est centrée exactement à l’aide de porte-mèches flexibles. Une butée réglable empêche le jeu longitudinal de l’arbre.
- Machine à tenons. — En principe, cette ma-
- Fig. 4. — Autre machine à mortaiser.
- Fig. 3. — Machine à mortaiser horizontale.
- chine se compose d’un arbre sur lequel peuvent se monter, à écartement variable, deux plateaux en acier, percés de 8 trous. Cet arbre tourne à des vitesses considérables de 5000 à 6000 tours à la minute.
- Sur les trous, on peut fixer par boulon, écrou et rondelles, des pièces boulonnées par 2 pour chaque plateau et diamétralement opposées. Deux pièces identiques (on les appelle coquilles) sont également fixées au plateau supérieur, de façon que le diamètre du haut soit perpendiculaire à celui du bas.
- Ces coquilles 11e travaillent jamais qu’une seule en même temps, et leur forme en spirale facilite leur travail d’arrachement.
- On fait varier la distance entre les deux plateaux, suivant l’épaisseur du tenon que l’on veut obtenir.
- La figure 5, montrant en perspective cette machine, permettra au lecteur de se rendre compte comment fonctionne cette machine, dont il existe des modifications nombreuses.
- Machine à défoncer. — Cette machine est vraiment une des plus intéressantes des industries du meuble.
- Elle agit comme une véritable gouge à bois dans les directions que l’on veut. Le plateau que l’on voit sur la figure ci-contre, peut être mu, au moyen de manivelles ad hoc que l’on aperçoit :
- 1° De gauche à droite et vice versa.
- 2° D’avant en arrière et vice versa.
- 5° De haut en bas et vice versa.
- L’outil possède un mouvement de rotation de 4000 tours environ par minute. Cet outil, qui peut
- p.285 - vue 289/620
-
-
-
- 286 -.: ....•--= ACADEMIE DES SCIENCES
- Fig. 5. — Machine à tenons simples et à enfourchement.
- être de la grandeur que l’on veut, est généralement un simple ciseau.
- Cette machine est une madhine à rainer idéale dans tous les cas où la toupie ordinaire ne pourrait travailler qu’avec de la peine et de grands dangers.
- Elle peut servir de machine .à. ébaucher le travail du sculpteur, qui fait des panneaux les plus fins pour buffets et meubles d’art.
- Voici comment :
- L’artisan ayant dessiné son travail sur le panneau à exécuter, l’ouvrier de la défonceuse peut en suivre les contours soit en déplaçant, à la main, le panneau, en même temps que l’outil qui tourne à grande vitesse, soit en agissant sur les manivelles de manière à suivre, par un autre procédé, les contours indiqués.
- Quand un panneau a ainsi été ébauché à la défon-ccuse, le travail de l’artiste est singulièrement facilité.
- Il n’a plus qu’à fignoler, pour ainsi dire, les motifs, les fleurs, les fruits qui ont été dégrossis par la machine.
- Les feuilles d’acanthe, les festons, les astragales, les motifs les plus courants sont ainsi grossièrement faits.
- Prenons un exemple concret :
- Dans la confection des sièges américains, en bois plein, pour bureaux, le lecteur n’a pas été sans remarquer, que le siège proprement dit est évidé
- fortement sur les bords et que cet évidement va en diminuant jusqu’au point où les jambes portent sur le devant du siège.
- Pour exécuter un tel siège, un bon ouvrier, travaillant avec scs outils ordinaires, mettait de 5 à 4 heures.
- La défonceuse fait quatre de ces sièges en une heure.
- Ces chiffres se passent de commentaires.
- Nos lectrices connaissent certes les poignées de fer à repasser en bois de certains fers électriques ; ils sont ovoïdes, arrondis.
- Avec la défonceuse bien agencée, on en fait 50 à l’heure, alors qu’à la main un bon ouvrier n’en fait que 5 à 6.
- Nous pourrions multiplier ces exemples.
- Grâce'à cette multiplicité d’outils à grands rendements, l’industrie du meuble peut aujourd’hui produire rapidement, en série et avec une main-d’œuvre très réduite, les nombreux modèles des mobiliers modernes. A. Hutin.
- Fig. 6. — Machine à défoncer.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février 192a.
- Les composés oxygénés de l’uranium. — De la note soumise à l’Académie par le Professeur Lebeau, il reste établi que, seuls, les oxydes UO3, U3 O8 et UO2 ont une existence certaine, et que le second fourait les variétés de couleur gris foncé, inaltérables à l’air, tandis que les produits verts olive renferment toujours une quantité notable d’anhydride uranique. t
- La composition de l'essence de térébenthine d’Alep. — Des essais antérieurs avaient amené M. Yézes à conclure que la presque totalité de cette essence était constituée de pinène qu’on pouvait, d’après M. Pariselle, considérer comme du carbure droit exempt de racé-mique. M. G. Dupont vient de constater que la composi-, lion du produit est indépendante de l’époque de la
- p.286 - vue 290/620
-
-
-
- LE COUPE-GAZ ....:.- 287
- recolle et n’est déterminée que pur la nature de l’arbre qui la fournit. Une série de distillations fractionnées a permis d’expliquer certaines anomalies que présentaient les produits de queues et d’établir d’une façon définitive que l’essence d’Alep fraîche contient sensiblement : pinène droit 95 pour 100, acétate de bornyle inactif 1,14, scsquilerpène 5,8.
- Composition des betteraves sauvages. — Contrairement à ce qu’on serait en droit de supposer, des racines sauvages, récoltées à Primel-TrégasLel (Finislère), ont donné à M. Saillard des teneurs en sucre très voisines de celles que fournissent les meilleures variétés employées en sucrerie. Certains échantillons ont même indiqué 20 pour 100, mais pour les deux lots venus, l’un le 20 octobre, l’autre le 1-4 décembre, les chiffres moyens ont.été d’une part 15,95, d’autre part 14,5. Ces résultats n’infirment cependant en rien l’utilité des méthodes de sélection qui permettent d’établir des variétés déterminées pouvant transmettre, à leurs descendants, leurs caractères.
- Sur la transformation de l’ammoniaque en urée. — L’emploi du fumier comme engrais repose, on le sait, sur la fixation d’eau par la diamine de l’acide carbonique et sa transformation en carbonate d’ammoniaque ; pour la cyanamidc calcique, on admet qu’un phénomène de surface, dû seulement aux substances colloïdales du sol, produit successivement l’urée, puis le sel ammoniacal, celui-ci fournissant bientôt la base Az fl3, puis les acides nitreux et nitrique. Un mémoire de MM. Matignon et Préjacques étudie la transformation contraire de l’ammoniaque en urée, pour en déduire un procédé de préparation industrielle de celle-ci, engrais azoté de grande concentration.
- La structure du Tonkin méridional. —• Cette région comprise entre le Nord Annam et la province de Sam-Nen d’une part, et le fleuve llouge, d’autre part, fait
- suite, vers le Sud-Est, au Tonkin occidental de M. Dussault. Avec quelques modalités de détail un peu différentes, sa structure, d’après''M. Pierre Termier, est celle du Nord Annam.
- Le mucilage chez les Urlicêes. — Sur une quarantaine de genres que comprennent ces végétaux, 55 sont actuellement étudiés et, parmi eux, il en est 16 qui renferment des espèces pourvues de mucilage. Celui-ci, comme le montre M. Paul Guérin, se trouve largement réparti chez les Urticées, ce qui constitue pour elles, un caractère aussi distinctif que certaines particularités anatomiques (fihres, cyslolithes), et permet d’établir, comme le veut Weddell, des affinités étroites avec le groupe des Tiliacées.
- L'action des sels solubles de plomb sur les plantes. — M. Eugène Bonnet a repris une série d’essais commencés en 1914 et qui, étudiant l’action des sels (Az03)2Pb et (CIF.COO)-Pb, portaient sur le Blé de Bordeaux, le Sarrasin, le Radis, la Lentille et le Chou. Ses expériences établissent l’absorption du plomb par les racines et son action sur la germination des graines; l’appareil radiculaire subit des transformations morphologiques : il s’épaissit et se recouvre de poils absorbants nombreux, notamment dans le cas du blé ou de l’orge.
- La stérilisation partielle du sol. — Celle question qui a fait l’objet des récents travaux de M. G. Truffaut, a été reprise par MM. Gustave Rivière et G. Pichard, qui viennent d’étudier l’action de l’arséniate de soude. À la dose de 21 à 42 kg à l’hectare, ce sel, d’un faible prix d’achat, détruit les protozoaires, et favorise la multiplication des bactéries utiles; de ce fait, il permet de réduire l’apport d’engrais azotés en augmentant cependant, pour des plantes de grande culture (blé de printemps et pommes de terre), le rendement des récoltes de 20 à 50 pour 100. Paul R.
- LE COUPE-GAZ
- Le gaz est, dans les appartements, un auxiliaire bien précieux, mais qui n’est pas toujours sans danger. Sans doute, les, accidents sont fort rares, grâce à une expérience de plus d’un siècle; leur proportion est infiniment petite, eu égard au nombre des usages. Cependant, il s’en produit encore parfois, et qui pourraient être évités.
- En voici un exemple : un père de famille avait la sage habitude de fermer chaque soir, en se couchant, le.compteur à gaz de son appariement, dont chaque pièce était éclairée au gaz. Un soir, son fils -lisait au lit et s’était endormi en laissant son bec de gaz allumé. Le père ferme le compteur et se couche; puis, au petit matin, partant à la chasse, il se lève avant sa maisonnée, rouvre le compteur sans méfiance et part. Le jeune homme continuait à dormir sous le bec ouvert : le gaz se répand dans la chambre, et le dormeur est asphyxié.
- Des accidents de même ordre peuvent se produire lorsque, pour une cause quelconque, des travaux par exemple, l’arrivée du gaz est momentanément interrompue ; des robinets allumés peuvent rester
- ouverts dans les maisons ; les occupants s’absentent sans inquiétude ; puis, lorsque la distribution est rétablie, le gaz envahit les chambres sans que personne soit prévenu, et de graves accidents sont à redouter.
- Un autre danger est celui des fuites ; au début, on les soupçonne à peine, et l’on néglige de les rechercher; mais il arrive qu’elles augmentent brusquement et constituent une grave menace. En tout cas, elles causent toujours des pertes appréciables et coûteuses à la longue, et, au point de vue hygiénique, elles sont fâcheuses, car elles mêlent a l’atmosphère de nos appartements des produits toxiques qui finissent par incommoder sérieusement l’organisme. L’appareil imaginé par M. Conti, et dénommé coupe-gaz, permet de parer simplement et efficacement à tous ces périls.
- C’est un joint hydraulique qui ferme automatiquement la conduite de gaz dès que la pression, au delà du coupe-gaz, tombe au-dessous d’une valeur déterminée pour laquelle il a été réglé. '
- Supposons le compteur fermé et la canalisation
- p.287 - vue 291/620
-
-
-
- 288
- LE COUPE-GAZ
- de l’appartement bien étanche ; le gaz qui s’y trouve renfermé est nécessairement à une pression légèrement supérieure à la pression atmosphérique ; cet excès de pression ne tombe jamais en dessous de 2 à 5 millimètres d’eau. Le coupc-gaz est donc, par exemple, réglé pour une surpression de 5 millimètres. Supposons, maintenant, qu’il y ait une fuite quelque part ou qu’un robinet soit resté ouvert; la conduite se vide et la pression y devient égale à la pression atmosphérique; le coupe-gaz intervient alors : il ferme la conduite ; lorsqu’on rouvrira le compteur, on ne pourra plus rallumer les becs, et l’on sera prévenu qu’il se passe quelque chose d’anormal.
- Ceci dit, voyons comment est constitué et comment fonctionne le coupe-gaz.
- L’appareil se compose d’un tuhc en U, r!\ T2, dont
- niveau n est, en grande partie, fourni par le
- godet g par l’intermédiaire du siphon s. On voit qu’en réglant convenablement la hauteur du godet g on réglera à volonté le moment où, les deux niveaux s'étant rapprochés de façon à représenter une pression déterminée aussi petite que l’on veut, le niveau du godet sera tel que le biseau du siphon sortira du liquide. À ce moment, une bulle d’air pénétrera dans le siphon et la capacité C se videra dans les
- tubes T, et T2 en coupant le gaz. La position de
- fermeture est représentée figure o. Dans cette
- ligure, la pression du gaz est représentée par la distance verticale des niveaux n.2 et N3.
- En considérant la figure o, on voit que, pour rétablir le passage du gaz, il faut faire disparaître le liquide qui obstrue les tubes T* et ï2. Or, il n’y a aucun robinet de purge, et aucune fausse ma-
- Fig. i.
- Fig. 2.
- Fier. 3.
- Fig. 4,
- Fonctionnement du coupe-gaz.
- les deux branches servent respectivement, la branche T, à l’arrivée du gaz et la branche T2 à la sortie. Ces deux tubes sont en communication avec un petit tube ti ; celui-ci communique à la fois avec les deux tubes i% et f3. Le tube t2 est surmonté par l’entonnoir E et le tube l~ communique avec le siphon s. Une capacité C est disposée sur le trajet du siphon s. L’extrémité de ce siphon, taillée en biseau, plonge dans un petit godet g muni d’un trop-plein, qui se déverse dans un vase mobile V.
- Le coupe-gaz ayant été rempli d’un liquide quelconque (pour éviter l’évaporation qui, du reste, n’a 'd’autre inconvénient que de couper le gaz, on peut employer l’huile de vaseline), l’équilibre s’établit, comme le représente la figure 1, c’est-à-dire que la pression du gaz est. représentée par la distance verticale qui sépare le niveau N à l’air libre et le niveau n soumis à la pression de la conudite.
- Supposons que la pression de la conduite vienne à baisser, les niveaux prendront les positions représentées par la figure 2. Le niveau n sera monté en nx et le niveau N sera descendu en Nj. On remarquera que le liquide fourni par l’élévation du
- nœuvre n’est à craindre. 11 est indispensable, pour rétablir le gaz, de remettre l’appareil en bon état de fonctionnement, c’est-à-dire de réamorcer le siphon s. À cet effet, il suffit de verser dans l’en-lonnoir E le liquide contenu dans le vase V et de remettre, aussitôt après, ce vase à sa place. Au moment de cette manœuvre, très simple, les niveaux prendront momentanément les positions représentées figure 4, et la pression de la conduite sera représentée par la différence des niveaux ??3 et N5. A partir de ce moment, le liquide en excédent s’écoulera par le trop-plein du godet g, par l’intermédiaire du siphon, et on verra les niveaux reprendre les positions de la figure 1 en laissant à nouveau libre le passage du gaz.
- On voit que le coupe-gaz est un appareil fort simple, et. qui assure une sécurité absolue. 11 joue un rôle un peu analogue à celui des fusibles pour les installations électriques, en ce sens qu’il supprime automatiquement le courant dès qu’il y a danger. 11 est à souhaiter que son usage se répande rapidement.
- IL Yillers.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Iahore, P, rue de Fleurus, à Paris.
- p.288 - vue 292/620
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2510.
- 13 MAI 1922
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE DE LA BARYTE \ !?i ET SON EMPLOI AU TRAITEMENT DES MÉLASSES DE SUCRERIE
- % Jê
- f^4tmaeun connaît, du moins dans ses lignes cssen-0^'-^tfelles, le procédé mis en œuvre depuis une cinquantaine d’années pour retirer dç la beLterave — variétés Vil-morin, Klein-Wanzeleben ou Fouquier d’Hérouel — riche à 15,5 à 16 pour 100 de saccharose, le sucre blanc que nous consommons sous la forme de plaquettes (70-80-100 ou MO au kg) ou de cristaux brillants.
- La racine, découpée en cossetles, est épuisée par l’eau [diffr.sion ou pression à chaud); après deux traitements (chantage et carbonatation), qui en éliminent les acides organiques et les albuminoïdes, le jus sucré se concentre dans un appareil à multiple effet (caisses Pauly,
- Kcslncr ou- Proche et Bouillon) jusqu’à ce que sa densité marque à l’aréomètre Baume 52-54° ; puis il est blanchi à l’anhydride sulfureux, enfin cuit sous pression réduite (cuis son en grains, au filet, méthodique) dans
- des appareils, le plus souvent verticaux, d’une capacité de 500 à 800 111, chauffés par serpentins ou faisceaux tubulaires. À ce moment de la fabrication, on « coide » une masse épaisse, où les cristaux de saccharose baignent dans un sirop et qui se prête à une série de manipulations variant avec les usines (procédé Dufay, Druclle Say, Ragot, etc.), mais se terminant toujours par un malaxage, puis un passage à la turbine, pour séparer le « premier jet » des « égouts » ou « sirops-mères ». Ces derniers sont de nouveau concentrés et amenés à cristallisation. On arrive ainsi à des produits de qualités différentes : premier, second, voire troisième jet, et le rendement peut s’établir ainsi pour un quintal de racines à 15,5 pour 100.
- donne, comme chiffres extrêmes, dans les installations du Nord et du Pas-de-Calais :
- Sucre cristallisablc . . 44 à 48 p. 100.
- Cendres...............40 à 12 —
- Perte au feu..........16 à 20
- Eau. . . . . . . . 26 à 26
- Elle relient l’azote, sous les formes nitrique, ammoniacale ou des amides et des albuminoïdes, et les sels potassiques, enlevés au sol par les racines. Jusqu’ici, ce résidu encombrant n’avait d’autres
- débouchés, en France du moins, que la préparation d’aliments pour le bétail (tourteaux, cos-settes, pailmel, tourbe et farine mélassés) ou la fabrication de l’alcool éthylique, basée sur les deux réactions classiques :
- C12H22Ou H-IPO = 2C°Hl206; C61P20G= 2 CO2 -f-2 CMP. Oll.
- Batterie de fours rotatifs F. L. Smidth, pour la fabrication du silicate tribarytique.
- Sucre de premier jet . . 12 à
- :— de second jet . . . 1 à
- — des mélasses . . . 1,5 à
- 12,5-kc L5 ki
- Les sucres, jaunes ou roux, parlent à la raffinerie et l’usine garde, comme sous-produit, une mélasse ou sirop épais, d’un brun noirâtre, de réaction alcaline et qui,"marquant de 57 à 45° Bé,
- Or, la distillerie des mélasses doit lutter contre
- des concurrents chaque jour plus nombreux, notamment les usines qui utilisent les matières amylacées ou la betterave demi-sucrière. Certains considèrent même, à l’heure actuelle, que sa disparition de la scène industrielle est à prévoir dans un assez bref délai et l’utilisation des égouts de second ou de troisième jet, sous la forme de fourrages pour les moutons et les bœufs à l’engrais, ou les vaches laitières, ne saurait suffire, si l’on veut bien considérer qu’une sucrerie de moyenne importance et traitant 500 tonnes pendant 100 jours, accumule ainsi de 1100 à 1500 t. de sous-produit, représentant de 50 000 à 60 000 sacs de sucre.
- L’extraction de ce dernier a préoccupé les industriels et les chimistes, dès le milieu du dernier siècle; mais, de tous les procédés successivement préconisés — osmose (Dubrunfaut, 1866), séparation à la chaux Steffen, sucraterie de baryte Langen et Felde, sucraterie à la strontiane — aucun n’a connu, en France notamment, un véritable développement. Par contre, en Allemagne et en Autriche, on opère avec, l’oxyde de strontium SrO, en précipitant le saccharose à l’état de sucrate
- 19. — 289.
- 50" Année. — 1" Semestre.
- p.289 - vue 293/620
-
-
-
- 290 FABRICATION INDUSTRIELLE DE LA BARYTE ET MELASSES DE SUCRERIE
- Cl2H'220n, 2SrO eten décomposant ce sel par l’acide carbonique.
- En tout cas, les méthodes basées sur la formation du saccharate barytique C^H^O'RBaO, ont peu à peu disparu de la pratique courante, le prix de revient de la base ne laissant pas une marge suffisante pour qu’il y ait vraiment avantage à « travailler » les mélasses, dans le but d’en extraire le sucre. On n’en reconnaissait pas moins à la baryte certains avantages par rapport à la strontianc ; la formation du sucrate ne demande qu’une molécule BaO au lieu de 2SrO et, stable à toute température, le sucrate barytique doit permettre un rendement de 92 pour 100, contre 85 pour 100 au compte du sel strontia-nique. Aussi tous les techniciens s’accordaient à penser que, du jour oîi il serait possible de produire la baryte à bon compte, la sncraterie devrait connaître un nouvel essor.
- Ces considérations nous amènent à retenir l’attention du Recteur sur une récente communication que le professeur L. Rindet vient de faire à l’Académie des Sciences ('); elle a trait à la fabrication du silicate Si O2, 5BaO et à sa décomposition rapide, en présence de l’eau, en un nouveau sel Si02,BaO, avec mise en liberté de base Ba(OIl)2. La « cimenterie de baryte » fournit ainsi un mode de préparation que ne saurait concurrencer l’ancienne méthode de Pelletier : réduction de la withérite par le charbon au rouge blanc.
- Le procédé Pcguidc utilise comme matières premières le carbonate et la silice finement broyés et passe le mélange, dans la proportion de 1 à 10 (Si02-t-5C03Ba) au four rotatif, chauffé au gaz de gazogène, en usage dans les installations modernes. Sous la forme de « clinker » de couleur verdâtre, on obtient un produit se délitant rapidement, en donnant, au seul contact de l’eau chaude, une liqueur barytique dont la teneur en BaO,9H20 est fonction de la finesse des produits employés et de la température de cuisson. M. Lindet a en effet fourni, d’après les auteurs de la Communication, les tableaux qui suivent.
- Mélange initiai passant au tamis 150.
- Température Rendement. Rendement
- de chauffe. en Ru 0 0/0. eu Ru 0,9 II2 O 0/0.
- 1150°. 35,8 69^5
- 1200°. 59,5 81,76
- 1250°. 42,18 86,89
- Mélange initial passant au tamis 200.
- 1150°. 59,8 81,98
- 1250°. 42,77 88,10
- 1300". 44,5 91,67
- C’est ainsi qu’à 1200", la teneur en baryte BaU est de :
- 55,02 pour le mélange passant au tamis 50. 56,95 — — — 80.
- 41,12 _ — 200
- 1. Séance du 1er niai 1922. Note de MM. C. Üeguide et Paul Raud.
- Ce silicate très homogène et infusible à la température de l’opération, n’attaque pas les parois du four; en un mot, sa fabrication présente les plus étroites analogies avec celle du Portland artificiel.
- De là, son emploi immédiat à la récupération du sucre des mélasses, la sueraterie comprenant deux-organes distincts : la cimenterie et la sucrerie.
- Le premier comprend, comme appareillage, des broyeurs et des bacs mélangeurs — pour l’obtention d’une pâte, à 40 pour 100 d’eau, de silice fournie par des galets de mer, étonnés et pulvérisés (ou de silicate mono) et de carbonate — un four rotatif, genre Smidth, enfin des bassins avec malaxeurs à herses, pour la décomposition du sel tribarytique. Il semble jusqu’ici qu’il y ait avantage à traiter les mélasses par de l’eau de baryte et non par le silicate tel qu’il sort du four.
- Du point de vue chimique, on peut résumer ainsi le travail de la cimenterie.
- Dans le four.
- Au début : Si02-f-5C05Ba — 5CÜ2-f- Si O2, 5BaÜ.
- En marche normale :
- Si O2, BaO H- 2 C05Ba = Si O2,5 BaO + 2 CO2.
- Dans les malaxeurs.
- Si O2,5 Ba O +- Aq = Si O2, Ba O 4- 2 [Ba (OH)2,8 H20].
- A la sucrerie, les opérations se succèdent dans l’ordre qui suit.
- Les mélasses riches à 46-47 pour 100 de saccha rose sont additionnées d’eau de baryte, dans de telles proportions qu’un quintal corresponde à 100 kg de base cristallisée. Comme, dans la pratique de l’usine, on estime que le silicate rend 80 pour 100 de son propre poids de baryté, on peut traiter 100 kg démêlasses (demandant 58 kg de BaO), par les eaux de lavage de 80 kg de silicate. A I l’ébullition, on obtient un précipité granuleux-Cl2H22Ou, BaO, qu’on rassemble au filtre-presse, en le séparant des eaux mères qui entraînent, l’azote et les sels de potasse; puis, sous l’action d’un courant de gaz carbonique, le sucrate se décompose.
- C12 1122 0‘!1, Ba 0 -h CO2 = CO5 Ba + C12 II22 O11.
- Le jus sucré passe ensuite, aux évaporateurs et à la chaudière à cuire, le carbonate revenant à la cimenterie pour entrer, avec le silicate mono resté dans les malaxeurs, dans un nouveau cycle de réactions.
- Pour donner un ordre de grandeur, le traitement ; journalier de 50 t. de mélasses demande un four à ! ciment rotatif de 40 t. et permet de récupérer de ! 250 à 250 sacs de sucre, en laissant comme sous-produit, à utiliser sous la forme d’engrais, environ 700 kg d’azote et 3500 kg de potasse.
- La Convention internationale de Bruxelles, signée | en 1902, était venue porter un coup terrible à l’in-I dustrie sucrière française dont la production ne devait plus atteindre le chiffre de T 000000 t. , cpie 1 marqua l’année 1901. Ce compromis a été dénoncé
- p.290 - vue 294/620
-
-
-
- 291
- LA PÉRIODICITÉ DES ÉPOQUES HUMIDES ET DES SÉCHERESSES
- et, si l’on veut bien songer que le retour de l’Alsace nous rend les gisements de Mulhouse, fournissant une sylvinite d’excellent emploi dans la culture de la betterave qui occupait, en 1914, 220 000 hectares de notre territoire et faisait vivre, dans 190 usines, 40 000 ouvriers, on voudra bien reconnaître que la sucrerie doit redevenir une des bran-
- ches les plus florissantes de noire activité et que le développement de la « sucratcrie de baryte » viendrait lui fournir un appoint des plus intéressants.
- Xavier Lafargce.
- Laurent de r.Veadùmic (l’Agriculture et du la Société (l’Eueoura^einmil pour l’Industrie nationale.
- LA PÉRIODICITÉ DES ÉPOQUES
- En juin 11)21, en pleine période d'une sécheresse désespérémentpersistante et qui devait encore se prolon-qer, M. l'abbé Gabriel annonçait que l'année 1922 serait une année pluvieuse. L'événement lui a donné raison.
- Nous croyons donc intéressant de reproduire le mémoire de M. l’abbé Gabriel récemment publié par le Bulletin de la Commission météorologique du Calvados et dans lequel l’auteur expose les déductions qui lui ont permis de prophétiser aussi juste.
- La sécheresse exceptionnelle que nous avons subie depuis l’automne de 1920 et qui s’est accentuée en 1921 a ramené l’attention des météorologistes sur la périodicité des années humides et des années sèches. En général on s’accorde à reconnaître la valeur de la période de 55 années, signalée par Bruckner, en la partageant en deux séries de 17 années; nous serions maintenant entrés dans la période d’années sèches. Les travaux de M. l’abbé Moreux sur cette question sont bien connus du public. A l’aide des observations faites sans interruption depuis 1875 dans le Calvados et spécialement à Sainte-Ilonorine-du-Fay, j’ai repris cette étude des périodes humides et tout en reconnaissant la valeur du cycle de Bruckner, j’ai été amené à concevoir la répartition des années de pluie et de sécheresse d’une manière assez différente de celle qui est communément admise. Il est bon d’ailleurs de reconnaître que notre département est bien placé pour une étude de ce genre. Grâce à son climat marin, il jouit d’un régime de pluies beaucoup plus régulier que celui de la France continentale et les variations de ce régime sont plus facilement perceptibles que dans les régions où les orages d’été amènent parfois de profondes différences entre des observatoires voisins.
- En 1894, M. Gabriel Guilbcrt, mon prédécesseur en qualité de secrétaire de la Commission météorologique du Calvados, avait signalé la décroissance des pluies depuis la fondation de l’Observatoire. Il avait, noté les moyennes annuelles suivantes (Voir Bulletin de décembre 1894).
- Période 1874-1881
- — 1885-1885
- — 1880-1889
- — 1890-1895
- Moyenne 805 nj9
- — 720 "7m 2
- — 088 m/m 2
- — 051 "j"' G
- Fin groupant (les années exceptionnellement pluvieuses et en continuant le calcul des moyennes jusqu’à ce jour j’ai obtenu les résultats suivants :
- Période 1874-1882
- — 1885-1889
- — 1890-1895
- — 1894-1899
- — 1900-1904
- — 1905-1909
- Moyenne 805 "j"' 0
- — 091. "7"' 2
- — 021 »/» 0
- — 059 "7,u
- — 050 m/ra 2
- ___ (-jyQ 2
- On constate que si un minimum est effectivement constaté aux - environs . de 1895, cependant dans l’en-
- HUMIDES ET DES SÉCHERESSES
- semble, les moyennes, calculées par pelils groupes d’années depuis 1885 jusqu’à 1909, s’écartent peu de la moyenne générale 055 m/m 7 calculée pour l’ensemble de ces 27 années. Mais cette moyenne est fort différente, de celles de 805 0 correspondante à la période
- 1874-1882.
- Or, en décembre 1909, la situation a changé brusquement ; à cette date ont commencé les grandes pluies qui devaient amener à Paris la terrible inondation de janvier 1910. Ges pluies se sont continuées abondantes pendant 10 années jusqu’à janvier 1920 et les moyennes annuelles sont les suivantes :
- Période 1910-1914 Moyenne 855 0
- — 1915-1919 810 m/ra 0
- Nous retrouvons ainsi une moyenne générale de 822 m/ni 5 sensiblement voisine de celle ' de 805 m/m 0 relevée pendant la période 1874-1882.
- Lorsque l’on compare ces résultats, une pensée de périodicité se présente naturellement à l’esprit. Pour généraliser ces études j’ai étendu le même calcul de moyenne aux observations du Parc Saint-Maur et j’ai obtenu les résultats suivants :
- Période 1875-1885 Moyenne annuelle 000 m/m 7
- — 1884-1909 ' — 540 ”/m 0
- — 1910-1919 — 025 "7"' 0
- La différence des moyennes est moins accentuée cpie dans le Calvados; elle est cependant sensible et chacun sait que la période 1910-1919 fut exceptionnellement humide, même dans le bassin parisien.
- 11 convenait logiquement de remonter plus haut dans les annales jde la météorologie. Malheureusement les seules observations que j’aie à ma disposition sont celles de Paris et encore ne sont-elles ininterrompues que depuis 1804. J’ai donc utilisé les mesures de pluies faites de 1804 à 1875 sur la terrasse de l’Observatoire de Paris, non pas qu’elles correspondent aux quantités réelles des pluies, mais parce qu’elles sont comparables entre elles. Nous retrouvons la même périodicité :
- Période 1804-1815 Moyenne 515
- — 1814-1855 — 495
- — 1850-1840 — 549
- — 1847-1871 — 512
- “/“ 5
- njva
- *jm .4 7ra o
- Si l’on tient compte de ce fait que les chutes de pluies à Paris ont augmenté graduellement depuis la fondation de l’Observatoire, on voit que l’oscillation signalée plus haut se retrouve dans tout le cours du xix8 siècle. On note donc de 1804 à 1920 quatre périodes pluvieuses de 10 années : 1804-1815, 1850-1840, 1872-1885, 1910-1919.
- Ces périodes présentent les caractères suivants :
- 1° Elles commencent bruquement et se terminent de même. Ainsi la dernière période commencée en décembre
- p.291 - vue 295/620
-
-
-
- 292
- LES LOCOMOTIVES “ PACIFIC
- 1909, mais où Sainte-Honorine a noté 111 9 après
- un .mois de novembre sec,. 5 mjm 8. Elle s’est terminée en janvier 1920 avec un total de 102 “/m 5. Le mois de février ne compte plus que 8 m/ra 7 et depuis ce temps tous les mois ont un total de pluies inférieur à la normale.
- La période 1875-1882 s’est terminée dans le Calvados en novembre avec un total extraordinaire de 189 ra/ra 0. Les mois suivants sont inférieurs à la normale pendant une année environ.
- 2° Les périodes pluvieuses sont précédées et suivies d’une année sèche. En ce qui concerne le Calvados je note les totaux suivants :
- Commencement de période
- 1909 total des pluies 788 m/m 2
- 1910 - 1 001 »/" 9
- Fin de période
- 1882, 809 “/“ 0 1919, 858 m/m 8
- 1885, 077 m/ra 4 1920, 578 m/"’ 5
- Le contraste est encore plus saisissant en 1909 si l’on considère les années météorologiques. Un obtient en effet.
- Année 1908-1909 — 7-40 nYm 2.
- Année 1909-1910 — 1125 m/ra 5.
- L’éludé des observations de Paris conduit aux mêmes conclusions.
- L’année 1804 qui doit être la première d’une période décennale présente un total extraordinaire de 705 m/m 7. On cote ensuite :
- Commencement de période Année 1855, total des pluies 457 6
- — 1850, — 010 »‘/m 7
- — 1871, — 525 mlm 9
- — 1872, — 080 ra/m 8
- Fin de période
- Année 1815, total des pluies 502 mj“ 0 1814, — • 582 »/“ 2
- — 1840, - 504 ro/m 5
- — 1847, — 450 -/» 2
- Au parc Saint-Maur on enregistre les résultats suivants :
- Commencement de période Année 1909, total des pluies 005 “/“.O . 1910, , — 750 ra/m 0
- Fin de période
- Année 1885, total des pluies 571 m/ra 0
- — 1884, . — 442 0
- — 1919, — 022 ra/ra 0
- — 1920, — 552 /“ 0
- 5° La durée de la période pluvieuse correspond approximativement à une dizaine d’années.
- 4° La durée du cycle est d’environ 55 années, ainsi que l’ont établi les recherches de Bruckner. Ce cycle se divise en 10 années très pluvieuses et 25 années moyennement pluvieuses. Dans la période de ces 25 années se rencontrent quelques années humides et d’autres exceptionnellement sèches, mais l’ensemble s’écarte peu de la normale. Le retour de la période exceptionnellement humide oscille aux environs de 55 ans, mais peut être avancé ou retardé de 2 ou 5 ans.
- Pour établir d’une façon certaine le retour périodique des années pluvieuses il faudrait disposer d’observations exactes, éparses en beaucoup de lieux et continuées pendant des siècles. Cependant celle périodicité me parait suffisamment établie pour qu’on puisse en tirer les conclusions suivantes avec une probabilité sérieuse.
- 1° En se reportant aux années 1815, 1848, 1884, on peut prévoir pour l’année 1922 une. pluviosité supérieure à la normale. Puis la sécheresse s’accentuera jusqu’aux environs de 1950. Vers 1940 on noterait une légère reprise des pluies et enfin la période 1945 à 1955 ramènerait les grandes pluies.
- 2° En admettant que les dates indiquées soient incertaines à quelques années près, on peut faire cependant deux observations importantes relatives à l’agriculture et à l’industrie.
- Dans nos régions agricoles de la Normandie, et sans doute ailleurs, on a vu pendant la période 1910-1920 se reproduire les mêmes transformations qu’entre 1875 et 1885. L’abondance des pluies favorisant la pousse de l’herbe, neaucoup d’éleveurs ont transformé en prairies. d’excellentes terres arables. Cette transformation, avantageuse pendant les périodes humides, ne présente aucun intérêt dans les années de pluviosité normale ; à plus forte raison est-elle désastreuse dans les années exceptionnellement sèches.
- Au point de vue industriel, il est nécessaire que les ingénieurs tiennent compte dû débit moyen des sources et des rivières dans les deux périodes. En basant leurs calculs sur l’expérience les dix dernières années, ils s’exposeraient à de graves mécomptes dans la fourniture de l’eau potable ou le rendement des chutes.
- Si la météorologie n’est pas encore une science exacte, elle peut cependant rendre des services beaucoup plus importants que le public ne le suppose généralement et son impuissance dans* la prévision des détails ne doit pas faire perdre de vue les résultats généraux qu’elle a obtenus. Abbé Gabriel,
- Secrétaire de la Commission Météorologique du Calvados.
- LES LOCOMOTIVES ‘ PACIFIC”
- L Généralités. — Les services de Traclion de nos grandes Compagnies de Chemins de fer ont acquis depuis une dizaine d’années un grand nombre de locomotives puissantes, d’un type nouyeau, connu sous le nom de locomotives « Pacific ». Ce dernier nom s’applique en réalité aux seules locomotives de trains de voyageurs. 11 existe un type de machines possédant ,1a même silhouette générale que les « Pacific » mais destinées à remorquer principa-
- lement des trains de marchandises. Elles portent le nom de « Mikado ».
- Nous nous proposons de montrer successivement :
- 1°: à quels besoins répondait l’adoption des nouvelles locomotives Pacific ;
- 2° au moyen de qiielles dispositions leurs créateurs sont parvenus à donner satisfaction à ces besoins ;
- 5° quelle évplution ont subie les premiers modèles pour revêtir l’aspect actuel.
- p.292 - vue 296/620
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES “ PACIFIC
- 293
- Dans notre exposé nous nous appuierons sur l’exemple de la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M. qui possède présentement en France le parc le plus important des locomotives « Pacific » et « Mikado ».
- 11. Le programme d’une locomotive nouvelle.— a) « Toujours plus lourd, toujours plus vite » telle était, peut-on dire, la devise des trains avant la guerre et telle devait être, par suite, la devise des locomotives chargées de les remorquer.
- Les trains ne cessaient de s'alourdir pour plusieurs raisons.
- Les voyageurs se faisaient de plus en plus nom-
- maxima et non pour la vitesse moyenne de parcours que la locomotive doit être étudiée.
- Depuis la guerre, des causes multiples (qualité des combustibles, état général de la voie...) se sont opposées à tout nouvel accroissement des vitesses mais, par contre, l’alourdissement des trains n’a cessé de s’accentuer et certains trains à grande vitesse pèsent aujourd’hui près de 600 tonnes.
- En résumé, il arrive toujours un moment, dans l’histoire des chemins de fer, où les locomotives en service deviennent trop fai blés, ou, pour mieux dire, où l’on prévoit qu’elles vont devenir trop faibles. Le problème qui se pose aux ingénieurs chargés d’éta-
- r-
- -<—- lm. —>
- ^Boues motrices
- Bissel
- Fig. 2. — Coupe d’une locomotive Ten Wheel par la boîte à feu. La grille'est étroite et s’al-
- Fig. i — Coupe d’une locomotive Pacific par le travers de la boîte à feu. La grille.
- est large et déborde les roues. longe entre les roues. ‘
- breux, ce qui augmentait le nombre de voitures. Ils réclamaient de plus en plus de confort, ce qui augmentait le poids du matériel consacré au transport de chaque voyageur. C’est ainsi que les voitures de première classe de la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M. destinées aux trains rapides pèsent de 55 à 40 tonnes et contiennent une quarantaine de places. 11 faut donc environ 1000 kg de matériel pour transporter un voyageur de 70 kg. Dans certaines voitures meme, comme les voitures de lits-salons du type L-5, ce poids s’élève approximativement à 5000 kg. Enfin les voitures supportent mieux les grandes vitesses quand elles sont lourdes.
- Les trains ne cessaient d’aller plus vite pour des raisons évidentes. Or il ne faut pas perdre de vue qüe, même sur une ligne d’un tracé peu accidenté, on ne peut réaliser une vitesse moyenne de 75 kilo-mètres-heure qu’en aùtorisant le mécanicien à atteindre en maint endroit line vitesse de 115 km-liéure. Et c’est naturellement pour cètte vitesse
- blir le projet d’une nouvelle machine s’énonce alors sous la forme suivante : Remorquer P tonnes, à la vitesse de V kilomètres-heure sur une ligne où les rampes montent de n millimètres par mètre.
- b) Mais, dira-t-on, il semble que, dans ces conditions, une locomotive nouvelle ne soit qu’un simple agrandissement.dll modèle précédent. Est-il alors vraiment intéressant de décrire une locomotive Pacific si l’on connaît déjà le type précédent?
- Ce raisonnement est trop simpliste. Quand ils construisent des machines installées à terre, les ingénieurs sont libres d’agrandir les organes à leur guise et on ne gagne généralement rien à étudier l’agencement d’une machine de 2000 HP plutôt que celui d’une machine de 1500 HP (ces puissances étant sensiblement égales à celles des machines « Pacific » et des machines du type précédent dites « Ten Wheel » (dix roues).
- Dans la construction des locomotives, il en va tout autrement. La hauteur et la largeur de la ma-
- p.293 - vue 297/620
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES " PACIFIC ”
- 294
- chine sont strictement limitées par la nécessité de ne pas déborder ce qu’on appelle le « gabarit » réglementaire qui est matérialisé par la section transversale des tunnels. Dans le sens longitudinal, le poids de la locomotive par mètre courant est strictement limité aussi par la nécessité de ne pas fatiguer la voie et de passer sur les ponts sans les faire fléchir dangereusement. Une locomotive lourde doit donc forcément être très longue. La limite imposée au poids des locomotives est actuellement en France de 22 tonnes par essieu, les essieux étant distanLs d’au moins 1 m. 50, ce qui correspond à une charge
- « Pacific ». — Les premières locomotives « Pacific » de la Compagnie P.-L.-M. furent établies en 1909, et leur introduction en séries dans le service de la Traction a été réalisée quelques mois avant la déclaration de la guerre.
- Les locomotives qui assuraient à celte époque le service des trains rapides et express étaient du type dit « TenWhcel ». C’étaient des machines à 5 essieux moteurs couplés, munies d’un boggie à l’avant. Elles étaient les premières machines françaises à 5 essieux moteurs. Ce nombre était imposé parla nécessité de donner à la machine une adhérence aux rails suffi-
- Fig. 3. — Silhouette schématique d’une locomotive Ten Wheel indiquant en irait plein remplacement du foyer.
- Fig. 4.— Silhouette schématique d’une locomotive Pacific indiquant en trait plein l'emplacement du foyer.
- maxima d’une dizaine de tonnes par mètre courant de longueur.
- Ajoutons que, jusqu’à présent, on s’est toujours proposé de n’employer qu’un seul chauffeur pour jeter dans le foyer les tonnes de charbon que Tes locomotives modernes dévorent en.quelques heures.
- Les nombreuses conditions ainsi imposées aux Ingénieurs dans l’étude des locomotives nouvelles les obligent à avoir recours à des artifices dont l’examen caractérise la description de chaque type nouveau.
- Dans un autre ordre de faits, les machines modernes tendent sans cesse à améliorer leur rendement thermodynamique et on les a dotées de dispositifs perfectionnés qui diminuent notablement leur consommation de combustible et manquaient; à l’origine, sur les types plus anciens. .
- ]]J. Locomotives « Ten Wheel » et locomotives
- sanie pour exercer un gros effort de traction sans patiner. Leur moteur se composait de 4 cylindres (2 cylindres haute pression et 2 cylindres basse pression) et employait de la vapeur surchauffée. La puissance indiquée était sensiblement de 1600 IIP. Ces locomotives pouvaient remorquer des trains rapides pesant environ 400 tonnes à une vitesse moyenne de 70 à 75 km-heure (arrêts compris) sur la grande ligne de Paris à Marseille. Au cours de ce trajet les rampes varient généralement de 0 à 5 mm. par mètre et s’élèvent exceptionnellement à 8 mm.
- On peut dire que le programme de construction des « Pacific » fut de réaliser au moins les mêmes performances avec des trains de 500 tonnes. Rappelons que ces conditions impliquaient la possibilité d'atteindre en palier la vitesse limite autorisée, soit 115 km-heure et de gravir les pentes de 5 mm à environ 75 km-heure.
- p.294 - vue 298/620
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES “ PACIFIC
- 295
- On calcule aisément la puissance que doit développer la locomotive dans de semblables conditions : des tables fondées sur des expériences font connaître la force qu’il faut appliquer à un train de 500 tonnes pour le maintenir à une vitesse de 115 km-heure en surmontant la résistance de l’air et des frottements de toute espèce ainsi que la composante de la pesanteur dans les rampes. Il convient d’ajouter au nombre ainsi trouvé la puissance dont la machine a besoin pour vaincre les frottements intérieurs de son mécanisme et pour se déplacer elle-même. On détermine ainsi la puissance que doit développer la vapeur dans les cylindres. Le total ainsi obtenu s’élève au chiffre considérable de 2000 IIP, dont les f>/5 environ sont employés à remorquer le train et 2/5 à mouvoir la locomotive elle-même.
- Remarquons en passant l’importance de ce der-
- plaçait avec le foyer entre les roues motrices. Celles ci n’étant écartées que de 1 m. 40, largeur de la voie, la grille n’avait guère que 1 m. de large. Si l’on adoptait dans le cas présent une semblable disposition, la longueur de la grille dépasserait 4 m. C’est inadmissible pour diverses raisons, dont l’une est la fatigue exagérée qui serait imposée au chauffeur. Celui-ci doit en effet projeter dans le foyer des quantités de charbon bien plus considérables que dans les anciennes machines, et qui peuvent dépasser 2 tonnes à l’heure au cours d’une marche à pleine puissance. S’il devait garnir la grille dans ces conditions jusqu’en des points éloignés de plus de 4 m., on conçoit qu’au bout de o heures, durée normale de parcours d’une locomotive, il aurait fourni un effort impossible à renouveler tous les jours. Pour lever la difficulté précédente, on a
- Fig. S. — Locomotive Mikado P.-L.-M. construite par Baldwin.
- .Même chaudière que le type Pacific, 4 essieux moteurs au lieu de 3 aux roues plus petites; un bissel à l’avant
- au lieu d’un boggie.
- nier chiffre. Une locomotive puissante peut donc absorber 800 chevaux pour vaincre les frottements de son mécanisme et les résistances de toute espèce. Encore avons-nous supposé que le mécanisme était en bon état.
- Nous voilà donc amenés à installer sur rails une machine de 2000 HP avec sa chaudière et ses réserves d’eau et de combustible. En cherchant à réaliser cette installation, on s’aperçoit que les grandes lignes des machines « Ten Wheel » pourront être conservées tout au moins en ce qui touche les organes moteurs, c’est-à-dire les cylindres, les bielles, etc... mais qu’il n’en est. pas de même pour la chaudière. 11 faut songer qu’à pleine puissance cette chaudière de 2000 chevaux doit vaporiser 17 mètres cubes d’eau à l’heure. Et c’est précisément la nécessité de placer convenablement une aussi vaste chaudière qui a conduit aux deux dispositifs par lesquels une locomotive Pacific se distingue à première vue.
- Ce sont : 1° Le foyer débordant ;
- 2° Le bissel arrière.
- IV, Le foyer débordant. — La surface de la grille sur laquelle brûle le charbon est en relation directe avec la quantité d’eau à vaporiser en une heure. Pour 17 m3, la grille doit avoir un peu plus de 4 m2. Dans les machines des types précédents, la grille avait une surface bien moindre et se
- adopté un foyer spécial beaucoup plus court dit foyer débordant et dont voici les caractères :
- Au lieu de s’allonger dans l’étroit espace qui sépare les 2 fdes de roues motrices, le foyer est reporté en grande partie à l’arrière de ces roues. On peut alors lui donner une largeur beaucoup plus grande et, sans modifier la surface de la grille, diminuer proportionnellement sa longueur. C’est précisément le but que l’on poursuivait.
- Voici, à ce sujet, quelques données numériques : la largeur des grilles dans les locomotives Pacific atteint plus de 2 m. contre I m. dans les locomotives « Ten Wheel ». Leur longueur est à peine supérieure à 2 m. alors qu’elle aurait dépassé 4 m. avec l'ancienne disposition et atteignait déjà près de 5 m. dans certains modèles « Ten Wheel ».
- Cet élargissement du foyer dans la proportion de 2 à 1, joint à son déplacement vers l’arrière, donne aux locomotives Pacific un aspect caractéristique, particulièrement marqué dans les modèles P.-L.-M. où il est encore accentué par certains détails de construction.
- Les longerons qui constituent le châssis de la locomotive n’étant écartés que de 1 m. 25, la grille et le foyer les débordent largement. Telle est la raison qui a fait qualifier de débordant le foyer des locomotives « Pacific ».
- p.295 - vue 299/620
-
-
-
- 296
- LES LOCOMOTIVES “ PACIFIC ”
- Y. Le bisse! arrière. — Les locomotives du type « Ten Wheel » étaient, comme nous l’avons dit, simplement montées sur 5 essieux. Une semblable disposition n’est pas suffisante pour une machine «Pacific ». Cette insuffisance est duc à l’emploi du foyer débordant.
- Ce foyer est une masse très lourde qui, d’après ce que nous venons de voir, se trouverait complètement en porte à faux à l’arrière de la locomotive. On n’assurerait donc pas la stabilité de celle-ci en se contentant de 5 essieux : Pour rétablir l’équilibre, on a ajouté, à l’arrière des o essieux moteurs accouplés, un essieu porteur ou bissel.
- Rappelons ce qu’on entend par bissel : C’est un essieu ou pour mieux dire un chariot jouant un rôle analogue à celui des boggies, c’est-à-dire facili-
- Un caractère commun aux 5 modèles, c’est qu’ils emploient de la vapeur surchauffée. On peut dire d’ailleurs que toutes les locomotives modernes sont dans ce cas.
- La pression maxima de la vapeur a été élevée à 16 kg/cm2. Il existe quelques exemplaires de chaudières timbrées à 14 kg.
- Le système moteur du premier modèle se compose de 4 cylindres égaux dans lesquels la vapeur pénètre directement en venant de la chaudière. Dans le 2e modèle ainsi que dans le 5e, le moteur est constitué par 2 machines Compound à double détente. Les 2 cylindres à haute pression sont ceux que l’on aperçoit à l’extérieur. Les cylindres à basse pression sont situés à l’intérieur du châssis et, par conséquent, invisibles. Lorsque la locomotive a besoin d’exercer
- Fig. 6. — Locomotive Pacific Compound Schneider, type i5q P.-L.-M. à surchauffe.
- Poids en ordre de marche : <;3 tonnes. Puissance : 2000 IIP. Longueur : [4 mètres. - Remorque un train de 5oo”tonnes
- à i3o kilomètres à l’heure.
- tant l’inscription de la locomotive dans les courbes de rayon relativement petit. Mais il n’a que 2 roues tandis que les boggies en ont 4. Ce chariot n’est pas lié au châssis d’une manière rigide. Il est mobile autour d’un axe situé dans le plan médian de la locomotive. Ses roues peuvent donc tourner légèrement par rapport au châssis et aussi se déplacer vers la droite ou la gauche de plusieurs centimètres.
- L’existence du bissel arrière permet de distinguer à première vue une locomotive type Pacific d’une locomotive type « Ten Wheel ».
- Les figures 5 et 4 montrent les silhouettes d’une locomotive Ten Wheel et d’une Pacific.
- VI. Les divers types de locomotives Pacific. —
- Jusqu’à présent nous n’avons considéré que la puissance totale de la machine sans nous préoccuper des détails d’agencement de ses organes moteurs. C’est précisément par ces détails que diffèrent les modèles de locomotives Pacific qui ont été mis successivement en service depuis dix ans par la Compagnie P.-L. M. et dont les derniers ont été définitivement arrêtés il y a quelques mois.
- On a construit en série 5 modèles de machines Pacific.
- momentanément un très gros effort sur le crochet de traction, par exemple au moment du démarrage du train, le mécanicien peut, au moyen d’un dispositif particulier, envoyer directement de la vapeur à haute pression de la chaudière dans les cylindres à basse pression.
- Le modèle Compound s’est montré supérieur au premier sous le rapport de la consommation du combustible. C’est ainsi que les machines à admission directe de vapeur consomment environ 1 kg. 5 de charbon par cheval-heure de puissance indiquée, tandis que les machines Compound se contentent de 1 kg. 1. L’économie dépasse 15 pour 100.
- La différence entre le 2e modèle et le 5e réside dans l’action que le mécanicien peut avoir sur l’entrée de la vapeur dans les cylindres à basse pression.
- Dans le 2e modèle il' lui est possible de régler indépendamment la fraction de la course du piston à haute pression et celle pendant laquelle il pénètre dans le cylindre à basse pression. Dans le modèle le plus récent, par contre, cette indépendance a été supprimée.
- YII. Dispositifs nouveaux. — On a dernièrement mis en service définitif ou adapté à titre d’essai sur
- p.296 - vue 300/620
-
-
-
- LES LOCOMOTIVES “ PACIFIC ”
- 297
- certaines locomotives « Pacific » divers dispositifs tels que les réchauflèurs d’eau d'alimentation, l'éclairage électrique et les enregistreurs de signaux.
- Nous ne parlerons ici que du premier.
- Réchauffeur d’eau d’alimentation. —Ce dispositif est employé depuis des années dans les machines à vapeur fixes ou marines, mais il n’avait pas encore été appliqué systématiquement aux locomotives françaises. Il consiste à introduire dans la chaudière non plus de l’eau froide, mais de l’eau réchauffée à une température aussi voisine que possible de sa température d’ébullition (en pratique vers 90 ou 95°). Il en résulte une économie de combustible à condition que le réchauffement préalable de l’eau soit obtenu aux dépens de calories qui étaient ordinairement perdues.
- Sur les locomotives, on emprunte des calories à la vapeur d’échappement qui était normalement rejetée dans l’atmosphère sans qu'on utilisât la chaleur
- Leur longueur entre tampons s’élève à 22 m. Le poids adhérent qui charge les essieux moteurs est de 55 tonnes dans les locomotives « Pacific » et atteint 70 tonnes dans le type « Mikado » destiné à remorquer principalement des trains de marchandises.
- La puissance indiquée est d’environ 2100 chevaux.
- Le nombre des locomotives « Pacific » en service à la Compagnie des Chemins de fer P.-L.-M. est actuellement de 250 environ.
- Assurément, aussi puissantes que soient les machines que nous venons de décrire, elles sont largement dépassées par les locomotives géantes qui circulent sur les voies des États-Unis, comme par exemple, celles du type articulé système Mallet que la Yirginian Railroad Company a étudié dès 1912 et qui développe plus de 4000 chevaux sur 8 essieux
- Fig; 7-. — Locomotive Pacific Américaine construite par Baldwin pour le Central Railroad of New Jersey, locomotive à surchauffe: Remarquer Vimportance du foyer débordant.
- Poids en ordre de marche : i3e tonnes. Surface de grille : 9 m2.
- latente de vaporisation qu’elle contient et qui dépasse 500 calories par gramme de vapeur. L’eau froide venant du tender est réchauffée dans des appareils présentant les plus grandes analogies avec les condenseurs des machines fixes. De même qu’il existe des condenseurs par surface et par mélange, il existe des réchauffeurs par surface et par mélange. Une pompe d’alimentation refoule ensuite l’eau réchauffée dans la chaudière. Les réchauffeurs sont placés à l’avant de la locomotive, sous la boîte à fumée, assez bas pour que l’eau du tender y soit toujours conduite par son poids. L’économie de combustible qu’ils permettent de réaliser varie entre 10 et 45 pour 100. Elle est du même ordre de grandeur que celle que l’on doit à l’emploi de vapeur surchauffée au lieu de vapeur saturée.
- Quelques chiffres. — Pour donner une jdée des dimensions des locomotives « Pacific » françaises, signalons que leur poids en ordre de marche, tender compris, est d’environ 155 tonnes dont 95 tonnes pour la locomotive proprement dite et le reste pour le tender.
- moteurs avec un poids adhérent de 217 tonnes; ou comme celle qui fut lancée en 1918 par la même Compagnie et développe 5100 chevaux avec un poids adhérent de 272 tonnes réparti sur 10 essieux moteurs.
- Mais nous n’avons pas lieu de nous sentir humiliés par cette comparaison. Une locomotive ne doit pas être regardée en elle-même. Elle constitue une partie d’un tout qui doit être judicieusement coordonné et qui est le Service général d’exploitation des Chemins de fer. Or, nos locomotives récentes sont bien adaptées à notre trafic et à nos voies, tandis que les machines américaines transportées en France, et d’une manière générale en Europe, écraseraient sous leur poids les voies et les ponts et seraient très mal utilisées parce que les trains qu’elles sont capables de remorquer ont une longueur beaucoup trop grande pour trouver place dans aucune de nos gares de marchandises.
- Pu. S.
- p.297 - vue 301/620
-
-
-
- 298
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- Par une série d’articles d’une exposition remarquablement claire malgré la réelle difficulté de-la question, La Nature a mis dernièrement ses lecteurs au courant de la plus moderne des théories physiques, la théorie de la relativité. Mais l'ensemble de cette théorie est beaucoup trop vaste et de nombreux points sont encore trop inaccessibles aux non initiés, pour qu’elle ait pu en donner autre chose que l’essentiel. Comme son désir est cependant de s’acquitter aussi complètement que possible de son rôle souvent initiateur, elle a pensé que le voyage du professeur Einstein à Paris lui offrait la meilleure occasion de poursuivre cette étude, en rapportant les paroles memes, ou tout au moins la. pensée de ce grand savant. Aussi a-t-elle décidé de choisir pour ses lecteurs les parties les plus instructives des comptes rendus des conférences et des discussions du Collège de France. Ces comptes rendus auront le double intérêt de les familiariser avec quelques conceptions nouvelles, et de préciser plusieurs points sur lesquels M. Lafond s’est déjà étendu. Les débats ont en effet montré de quelle façon on peut l’ésoudre diverses objections auxquelles beaucoup de personnes ont déjà pensé.
- Dans un premier article nous résumerons la conférence d’Einstein; dans l’article suivant nous exposerons les discussions auxquelles elle a donné lieu.
- Vendredi ôl mars.
- Conférence de M. Einstein.
- Exposé général des théories. — En quelques mots, le professeur Einstein montra nettement les origines dé la théorie de la relativité restreinte et de la théorie de relativité généralisée.
- Depuis longtemps, Faraday avait émis l’idée que les perturbations électriques doivent se propager avec une vitesse finie, c’est-à-dire quelles ne se transmettent pas instantanément d’un point à un autre. C’est ainsi que s’opposa à l’idée newtonienne d’une action instantanée à distance, celle d’une propagation- de proche en proche avec une vitesse finie.
- Plus tard, les travaux de Maxwell, d’où sortit l’identification de l’optique et delelectromagnétismc, et ceux de Lorentz aboutirent au résultat que cette vitesse de propagation (égale à celle.de la lumière) devait être une constante. Elle est mesurée par le même nombre par des observateurs en mouvement de translation uniforme les uns par rapport aux autres. C’est le principe de la constance de la vitesse de la lumière.
- En mécanique, on savait déjà depuis longtemps que les équations doivent être valables pour une infinité de systèmes de références animés d’un mouvement de translation uniforme l’un par rapport à l’autre. C’est l’application, fort ancienne, du principe de relativité à la mécanique. Mais cette méca-
- nique est, d’autre part, en contradiction avec le principe de constance de la vitesse de la lumière.
- L’expérience montra que le mouvement de la terre autour du soleil n’a aucune influence sur les mesures optiques et électriques faites dans un laboratoire entraîné avec elle. Ceci prouva :
- 1° Que le principe de la constance de la vitesse de la lumière est exact;
- 2° Que le principe de relativité s’applique également aux phénomènes optiques.
- Le résultat négatif des expériences imaginées pour mettre en évidence un. mouvement de translation unitorme, est en effet la preuve que si les lois de l’optique (ou mieux, de l’électromagnétisme) sont valables pour un système donné, elles sont encore valables pour lout système animé par rapport à celui-ci d’un mouvement rectiligne et uniforme.
- La théorie de la relativité restreinte est née du conflit entre le principe de la constance de la vitesse de la lumière et celui de la relativité, sous la forme qu’on lui avait donnée pour l’appliquer à la mécanique rationnelle, et qui paraissait incompatible avec le premier. Pour formuler sa théorie, il a suffi à Einstein d’affirmer que le principe de relativité, tel qu’il est défini plus haut, est valable pour toute la physique, La cause du désaccord entre la mécanique et la physique provient non de ce principe, auquel toutes deux doivent satisfaire, mais de la manière vicieusè dont il était appliqué, par suite dc: notions erronées sur le temps et sur l’espace. (Remplacement du temps absolu, fictif, et « impérial », par le tejnps « optique » donné au moyen d’horloges réglées dans charpie système de référence par des signaux lumineux, comme il a été dit déjà dans La Nature n° 2494, page 56). Le fait.remarquable introduit par cette nouvelle définition du temps, est la relativité de la simultanéité, qui entraîne, comme l’a très bien fait remarquer M. Langcvin {La Nature n° 2496, page 74), la relativité des longueurs (contraction de Lorenlz).
- . Passant ensuite à la genèse de la théorie, de relativité généralisée, qui. étend le principe de relativité au cas de mouvements quelconques, Einstein indiqua que l’origine de cette généralisation, réside dans la constatation suivante : la masse inerte et la masse pesante d’une même portion de matière sont mesurées par le même nombre. Voici ce que cela veut dire. Considérons une force f constante en grandeur et direction, agissant sur un point matériel. Elle lui communique une accélération y mesu-
- r
- rable. La relation f=my ou le rapport m= -
- définissent la masse inerte m du point. Supposons par exemple que la force soit due à un champ électrique h et que le point matériel porte une charge e, on aura.
- (U
- niv = lie
- p.298 - vue 302/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- 299
- Supposons maintenant le point matériel dans un champ de gravitation où il est soumis à son poidsp; d’après les lois de la gravitation, le poids p est égal à une constante g multipliée par la masse inerte m. La masse pesante définie par p — gm, et la masse inerte sont proportionnelles. Dans l’égalité (I), fine
- Einstein, comment il a utilisé cette constatation pour aboutir à la généralisation de sa théorie.
- Avant de reprendre plus en détail la suite de son exposé, Einstein fit une remarque fondamentale pour la compréhension de sa théorie. Dans le développement mathématique de toute théorie, il y
- (Phot G. Keinberg.)
- Fig. i. — Einstein.
- dépend que du champ, e ne dépend que de l’état électrique du point. Pour un même corps de masse m, e peut prendre des valeurs différentes. Ce qui caractérise la gravitation, et ce qu’il y a de particulier, c’est que l’on a toujours m'{ = gm
- g ne dépendant que du champ, y — g quel que soit le corps. On ne peut modifier la masse inerte sans modifier de la même façon la masse pesante. Tous les corps, dans le vide, tombent avec la même accélération. Nous essaierons plus loin de voir, avec
- a des parties qui ont une signification physique réelle, d’autres qui n’en ont pas. Ce sont alors de simples calculs auxiliaires. L’esprit même de la théorie de relativité est de s’appuyer, comme points de départ, sur des notions ayant une signification physique réelle. (Par exemple, en relativité restreinte, la notion de temps « optique ».) De plus les résultats des calculs devront avoir une forme telle cpi’ils aient une signification physique eux aussi. Une image vint éclairer la pensée du célèbre savant. Supposons que dans quelques milliers d’années, nos
- p.299 - vue 303/620
-
-
-
- 300 — .. EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- dcscendanls découvrent un de nos livres de thermodynamique. Pour le comprendre, ils auront «à étudier les méthodes mathématiques employées; puis ils devront chercher à quoi ce livre se rapporte dans la réalité physique. Ainsi doivent l'aire les physiciens dans la construction de la science.
- Bases de la Géométrie. — La géométrie suppose aux corps une rigidité absolue; par exemple, pour démontrer l’égalité de deux triangles, on imagine qu’on peut les transporter l’un sur l’autre sans les déformer, et constater ainsi leur égalité. À partir de là, elle étudie la nature de l’espace; elle recherche la manière dont les corps rigides peuvent être disposés et mis en contact les uns avec les autres. Mais, pour cela, il faut rapporter tous les corps à un corps privilégié fixe, choisi une fois pour toutes-La première idée des hommes lut de prendre d’abord la surface de la terre comme système de référence. Le nom de géométrie ne vient-il pas d’ailleurs de là? Puis, et c’est un premier pas vers la relativité, ils se sont affranchis de ce corps privilégié et ont ensuite étudié les propriétés géométriques des corps dans « l’espace ». En prolongeant le système privilégié primitif au moyen d’axes de coordonnées, on a pris l'habitude d’envisager un espace donné a priori, et c’est dans cet espace que l’on imagine les formes des corps, indépendamment j des autres corps, proches ou lointains. C’est là une | conception à laquelle le développement ultérieur de j la théorie obligea à renoncer : l’espace ne peut pas j être donné a priori, en ce sens que la présence des corps qui s’y trouvent modifie ses propriétés. Ce sont bien plutôt les corps qui déterminent les propriétés de l’espace et les propositions delà géomélrie, et qui, d’ailleurs, nous font connaître les unes et les autres. (Il est évident que cette conception ne peut conduire à la géométrie euclidienne. Nous la retrouverons à la base même de la théorie de relativité généralisée, où l’on verra l’influence du voisinage de masses matérielles sur les propriétés du temps et de l’espace.
- En s’appuyant sur un certain nombre de postulats, les savants ont abouti au développement de la géométrie euclidienne. Mais l’un de ces postulats est encore à justifier. La géométrie euclidienne est-elle la géométrie de notre univers? Cet important problème reste à résoudre. Seule, l’expérience est capable d’en apporter la solution ; et c’est ainsi que la géométrie entre dans la physique.
- Notion de temps..— De même que la conception de l’espace est liée à celle de corps rigides, de même la notion de temps est liée à l’existence d’horloges (*). Mais une ou plusieurs horloges ne suffisent
- 1. 11 ne faudrait pas croire que les horloges de M. Einstein soient différentes en principes des horloges ordinaires qui servent à mesurer le temps. Une seule condition de bonne construction leur est imposée; si l’on place deux horloges quelconques l’une à côté de l’autre, elles devront marcher également vite. Ce sont, si vous voulez, des chronomètres très précis, mais ce sont des chronomètres ordinaires, qui donnent le temps le plus vulgaire.
- pas à définir le temps partout. Nous ne pouvons pas mesurer directement l’époque d’un événement si l’horloge est à quelque distance du théâtre de cet événement, parce que nous ne connaissons pas de moyen de communication instantanée. L’instant d’un événement dans un système sera défini quand on connaîtra le moment d’arrivée à une horloge d’un signal lumineux émis en même temps que l’événement, et le temps mis par le signal pour parvenir à l’horloge. On conçoit alors facilement que les arrivées de signaux différents puissent être simultanés pour une horloge et pas pour une autre. Mais si l’on tient compte du temps mis par les signaux pour parvenir aux horloges, deux événements simultanés pour une horloge, le sont encore pour toute autre horloge immobile par rapport à celle-ci. Jusqu’ici, rien n’est changé dans nos corn ceptions ordinaires. Cependant, il n’en est plus ains1 quand on considère, au lieu d’horloges fixes, des horloges mobiles. Deux événements simultanés pour le système d’horloges au repos (nous venons de voir que cela a un sens dans toute l’étendue de ce système), ne sont plus simultanés pour aucune, horloge du système en mouvement. (On s’en rend facilement compte de la façon suivante ; considérons une règle AB qui se meut parallèlement à la droite NX' avec une vitesse constante (fig. 2).
- A M, i B
- I------\-L 1---------1
- »-------1---------1-----------------
- A’ B’
- Fig. 2.
- Supposons qu’au moment où la règle occupe la position AB par rapport à XX', deux éclairs jaillissent en A et B. Ces deux éclairs seront aperçus en même temps en tous les points du plan mené perpendiculairement à NX' par le milieu M de A B'. Comme la lumière met un certain temps à se propager, la règle aura bougé pendant le temps que les rayons auront mis pour atteindre ce plan et c’est le point M* situé un peu en avant du plan au moment des éclairs, qui les verra simultanément, un peu plus tard, en passant dans ce plan .cn même temps que les rayons lumineux. Comme ÀMt est inférieur à MjB, les observateurs liés à AB déduiront de cette osbervation que les éclairs simultanés pour les observateurs XX' ne le sont pas pour eux].
- D’ailleurs, une condition est imposée à la défini tion que l’on doit adopter : il faut que la mesure du temps soit compatible avec le principe de la constance de la vitesse de la lumière, expérimentalement vérifié. Le problème posé par la" relativité restreinte était le suivant : étant donné les mesures de temps t et d’espace x, y, z, faites par rapport à un système de coordonnées, trouver les formules permettant de calculer les mesures correspondantes faites par des observateurs animés d’un mouvement de translation uniforme par rapport aux premiers,
- p.300 - vue 304/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- ces formules devant donner le meme nombre pour la vitesse de la lumière.
- La transformation a été donnée pour la première fois par Lorentz et c’est Einstein qui a montré sa complète signification. Le principe de la constance de la vitesse de la lumière entraîne donc comme conséquence la relativité de la simultanéité et la nécessité d’employer un temps « local », valable seulement pour certains observateurs. Le corps solide rigide (permettant d’obtenir une signalisation instantanée) et l’horloge insensible au mouvement de translation, sont deux hypothèses injustifiées de la physique et de la mécanique. Elles ne sont pas nécessaires à [priori. On peut conserver le principe de la constance de la vitesse de la lumière et le principe de la relativité, à condition de « laisser tomber » les deux hypothèses. Les formules de Lorentz satisfont en effet à ces deux conditions (‘).
- La cinématique de la relativité, et la dynamique nouvelle, sont devenues des sciences physiques. La contraction des longueurs et le ralentissement des horloges, conséquences des équations de Lorentz, ont une signification physique; elles sont justes, ou elles sont fausses ; à l’expérience d’en décider. Et c’est ainsi que la mécanique est entrée dans la physique.
- Dans la mécanique classique, la distance spatiale de deux points à un moment donné et la durée séparant deux événements, sont des invariants. Dans la théorie de relativité restreinte, ces deux-quantités n’ont plus aucun sens physique ; elles sont remplacées par l’invariant
- s2 = c2(t?—tj)2—(x2—X.,)5 —(y2—y,)2—(z2—Zj)2
- où c est la vitesse de la lumière, x, y, z les coordonnées spatiales relatives à deux événements ayant eu lieu aux temps tj et t.2. La propriété essentielle de l’invariant s2 est d’être directement observable au moyen de règles et d’horloges. (Rappelons, en passant, l’importance de s2, auquel M. Langevin a donné le nom de possibilité d’action. Si s2 est positif, le premier événement est antérieur au second d’une quantité supérieure au temps mis par la lumière pour franchir la distance des deux points : cet événement a pu être la cause du second. Si s2 est négatif, il est impossible que le premier événement soit la cause du second, car on ne connaît pas de moyen de communication dont la vitesse soit supérieure à celle de la lumière. On voit donc, comme s2 est invariant, que s’il est négatif pour un système, il le sera pour tous les autres, et dans ce cas, aucun système ne pourra voir une influence du premier événement sur le second. Cette remarque permet de détourner une objection importante. On
- 1. Rappelons que le principe de relativité restreinte s’énonce sous sa forme mathématique. de la façon suivante : les lois naturelles sont telles, qu’elles conservent la même forme quand on effectue sur les quantités qui entrent dans leur expression, le changement de variables exprimé par les formules de Lorentz. Autrement dit : les lois naturelles sont les mêmes pour tous les observateurs en mouvement de translation uniforme les uns par rapport aux autres.
- 301
- a dit que la nouvelle définition du temps peut renverser dans certains cas le principe de causalité. Or, s’il est vrai que l’ordre de deux événements peut être interverti pour certains systèmes, cela ne peut avoir lieu, comme le calcul le montre, que si s2 est négatif pour les événements considérés; et alors le principe de causalité n’est pas renversé, puisqu’il ne peut s’appliquer.
- La masse inerte et la masse pesante. — Poursuivant le développement de ses théories, le professeur Einstein revint sur la constatation que nous avons déjà faite, de l’identité de la masse inerte et de la masse pesante. Pour expliquer la raison de cette particularité, on ne peut qu’invoquer l’identité des phénomènes d’inertie et de pesanteur. Prenons un exemple pour mieux nous faire comprendre. On sait (Principe d’inertie) que le mouve-vement d’un point matériel est rectiligne et uniforme par rapport aux systèmes que nous avons considérés jusqu’ici, et auxquels s’applique la théorie restreinte (axes d’inertie ou de Galilée). Considérons un système de référence animé d’un mouvement uniformément accéléré par rapport à l’un de ceux-ci. Dans le système en mouvement accéléré, le principe d’inertie n’est plus vérifié ; le point matériel semble se mouvoir avec une certaine accélération ; d’où les observateurs concluent, s’ils se croient immobiles, qu’ils se trouvent dans un champ de forces dont l’accélération est la même pour tous les corps. La masse pesante et la masse inerte sont identiques, et cela est naturel puisque ce ne sont ici qu’un seul et même phénomène envisagé de deux points de vue différents; Voilà qui ressemble remarquablement aux propriétés du champ de gravitation. Oui, mais vous allez me dire qu’il y a une grosse différence : le champ de gravitation correspond à un cas statique, où il n’y a pas de mouvement d’ensemble d’un système, tandis que dans l’exemple donné, la cause est évidemment dans le mouvement. Cela est vrai, mais nous avons déjà obtenu un résultat fort important. Nous savons qu’un champ de gravitation est équivalent à un certain mouvement du système de référence. En ce sens que des observateurs pour lesquels existe un champ de forces d’une nature particulière ne peuvent dire s’ils sont entraînés d’un mouvement uniformément accéléré, ou s’ils sont réellement dans un champ de pesanteur. C’est en vertu de ce principe d’équivalence, que nous désignerons indistinctement sous le nom de « champ de gravitation », par exemple un champ de pesanteur et le champ de force centrifuge créé par une rotation; Les lois de distribution, dans chaque cas particulier, ne seront pas les mêmes, mais elles ne diffèrent pas, en principe
- Les champs de gravitation et la géométrie non euclidienne. — Demandons-nous donc maintenant d’où proviennent çes « champs de gravitation », dont les propriétés fondamentales sont les mêmes, qu’ils proviennent de la présence de masses matérielles, ou d’un simple changement decoordonnées. Pour arriver
- p.301 - vue 305/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- 302
- à la solution, nous allons envisager d’abord ce qui se passe dans le second ca§ ; puis, en vertu du principe d’équivalence, nous remonterons au premier cas.
- Pourquoi le mouvement accéléré d’un système impose-t-il une contrainte aux corps matériels qu’il entraîne de force avec lui, tandis qu’un système animé d’un mouvement de translation uniforme n’exerce aucune force sur les objets qu’il emporte?
- Nous ne pouvons Irouver de raison satisfaisante qu’en faisant appel à ce qui se passe d’une manière intrinsèque intérieurement à chaque système, à la différence d’état physique existant entre un système accéléré et un système qui ne l’est pas.
- Cette différence fondamentale (et la seule qu’il y ait) est que les propositions de la géométrie euclidienne ne sont pas valables pour le premier système tandis qu’elles le sont pour le second (nous allons voir en détail un peu plus loin, ce que cela signifie). En vertu du principe d’équivalence, nous sommes obligés d’admettre que le champ de gravitation a son origine, lui aussi dans le fait que la géométrie euclidenne n’est-pas. valable là où ce champ existe. Le champ de gravitation, de pesanteur, est un champ de contrainte, au même titre que la pression ressentie par le voyageur d’un train qui s’ébranle ou qui s’arrête.
- Tout se passe comme si un espace non euclidien avait subi une déformation, et comme si des tensions et des pressions, causes de cette déformation, étaient capables de réagir surfes corps proportionnellement à leur masse, pour les mettre en mouvement.
- Quand nous avons imaginé des observateurs entraînés d’un mouvement uniformément accéléré, lorsque nous avons supposé qu’ils pouvaient se croire immobiles, nous avons généralisé le principe de relativité à ce cas particulier de mouvement. On peut étendre la généralisation au cas de mouvements absolument quelconques. Mais de même que nous avons été obligés, dans l’exemple précédent, d’ajouter un « champ de gravitation » pour justifier l’immobilité, de même, dans le cas de mouvements quelconques, il faudra tenir compte chaque fois d’un « champ de gravitaLiongénéralisé ». L’extension du principe de relativité nous a permis de faire entrer dans la physique un phénomène jusqu’alors inexpliqué, et il ne reste plus qu’à appliquer le principe de relativité aux lois mêmes de la gravitation (Q, pour obtenir la théorie de relativité que l’on peut, à proprement parler, appeler du nom de générale, puisqu’elle régit et domine l’ensemble de tous les phénomènes physiques.
- On peut voir facilement que les propositions de la géométrie euclidienne ne sont pas valables dans un
- 1. Il faut, eu effet, exprimer mathématiquement que les équations de la physique et celles du champ de gravitation conservent leur forme pour un changement quelconque de variables (Principe de relativité générale). C’est-à-dire que les lois naturelles ont la meme forme, sont les mêmes pour tons les observateurs; le principe de relativité restreinte disait seulement : pour les observateurs animés de mouvements rectilignes et uniformes les uns.par rapport aux aùtres.
- système de référence pour lequel le principe d’inertie n’est pas satisfait.
- Considérons par exemple ce qui se passe sur un disque qui tourne. Par suite du mouvement de rotation, les trajectoires des rayons lumineux ne sont plus des droites. Prenez par exemple un rayon lumineux émis au centre du disque. Si celui-ci ne tournait pas, la lumière se propagerait suivant une droite, suivant un rayon du disque. Mais comme le disque tourne pendant que la lumière se propage, le chemin qu’elle parcourra sera, en réalité, une sorte de spirale. Si nous réfléchissons maintenant que la trajectoire de la lumière est le plus court chemin entre deux de scs points, et qu’elle représente donc la « droite » joignant ces deux points pour les observateurs liés au disque (Q, nous voyons sans peine que pour ceux-ci, la géométrie de leur espace ne saurait être la même que celle des droites d’un disque au repos. C’est ce que l’on vent dire en affirmant que la géométrie n’est pas euclidienne. 11 y a plus, d’ailleurs, dans celte affirmation : les mesures de longueur et de temps sont profondément altérées, au point de perdre tout sens physique. La contraction de Lorentz et le ralentissement des horloges sont en effet deux phénomènes qui varient beaucoup avec les différents points du disque, à cause de leur vitesse croissante à mesure que l’on s’éloigne du centre. Il est alors impossible aux observateurs, liés au disque, de faire des observations concordantes. Le plus important, ce n’est pas d’avoir des horloges, mais, bien plutôt, d’avoir des horloges réglées. Vous seriez, par exemple, fort gêné pour prendre le train, si votre montre n'était pas « à l’heure », ou si les horloges de la ville indiquaient les heures les plus fantaisistes par rapport à celle de la gare. Or, admettons même que les observateurs du disque aient pu régler une fois pour toutes leurs horloges, au moyen de signaux lumineux par exemple. Au bout de quelques instants, à cause du ralentissement propre de chaque horloge, elles donneront, toutes, les heures les plus diverses et tout sera à recommenccr.il est par suite impossible de parler de mesures physiques sur un système en rotation, dans le sens où l’on employait ces termes en relativité restreinte. Dans ce cas-là, les horloges réglées une première fois le restaient en effet indéfiniment, et les mesures spatiales pouvaient être rapportées à des axes de coordonnées ayant un sens bien défini.
- On ferait exactement le même raisonnement pour un système animé d’un mouvement accéléré, comme nous en avons considéré un plus liant. L’influence de la vitesse croissante s’observerait immédiatement sur les mesures, par suite de la contraction croissante des longueurs et du ralentissement progressif des horloges. On verrait de même que les rayons lumineux, en général, ne se propagent plus en ligne droite. (Nous retrouverons un peu plus loin, à
- 1. (toile « droite » esl d'ailleurs, eh réalité, une g'éodé-sique de longueur nulle.
- p.302 - vue 306/620
-
-
-
- UN DISCOURS ENTENDU PAR rîoooo PERSONNES
- 303
- propos d’une question posée par M. Painlevé, cette inlluence d’un mouvement non uniforme sur le dérèglement des horloges). Remarquons enfin qu’au moyen d’observations astronomiques, on a expérimentalement vérifié toutes ces conséquences, étendues au cas de la gravitation grâce au principe d’équivalence. Vous savez que les rayons lumineux sont effectivement déviés au voisinage du soleil (La Nature, n° 2496, p. 76) et que les horloges constituées par des atomes émettant une lumière déterminée à la surface du soleil, paraissent ralenties par rapport aux mêmes atomes étudiés sur la terre, beaucoup plus loin du soleil : la lumière n’est plus exactement la même (La Nature, n° 2496, p. 76).
- Nous voyons donc que les mesures physiques n ont plus aucun sens précis intérieurement à un domaine où règne un champ de pesanteur, et cela est bien naturel, puisque c’est là la cause originaire du champ de gravitation.
- Heureusement,, pour appuyer la théorie générale, il reste encore à considérer des systèmes de référence pour lesquels le champ de gravitation s’annule. Ces systèmes existent en elïèi, car de même qu’un changement de coordonnées pouvait faire naître un champ de gravitation, de même un changement convenable peut le faire disparaître (un ascenseur tombant librement dans le vide en est un exemple) ; dans le cas le plus général, on ne peut pas faire disparaître un champ de gravitation dans tout un domaine fini, au moyen d’un simple changement de coordonnées; mais cela est toujours possible quand le domaine est suffisamment petit. Alors, dans ce domaine, on peut obtenir la valeur de l’invariant fondamental à partir de mesures physiques, au sens dé’ la relativité restreinte, et c’est sur l’existence de cet invariant, mesuré dans un système euclidien, que repose toute la théorie de relativité générale. Comme il n'est pas possible d’employer dans un
- UN DISCOURS ENTENDU
- Le. 11 novembre dernier, pour commémorer l’anniversaire de l’armistice, le président Harding a prononcé au monument funéraire d’Àrlington un discours qui fut entendu par 150 000 auditeurs. C’est là un record que, sans doute nul de nos orateurs de réunion publique n’a jamais tenté d’atteindre. L’événement paraîtra plus remarquable encore si l’on ajoute que les 150 000 personnes qiii écoutèrent le président, Harding étaient réparties entre Arlinglon (près de Washington), New Vork et San Francisco; c’est-à-dire sur une distance de plus de 5000 kilomètres.
- Ce miracle, nos lecteurs l’auront de suite pensé, est l’œuvre des amplificateurs à 5 électrodes; voici à ce sujet quelques détails que nous empruntons aux Annales des P. T. T.
- A Arlington, le président parlait devant 100 000 personnes, la plupart en dehors de, l’enceinte du monument. Devant l’orateur était placé un microphone qui, influencé par la voix, commandait un
- domaine fini des coordonnées ayant un sens physique, si l’on ne remarque pas que l’invariant fondamental a, lui, un sens physique, toute la théorie qui s’appuie sur cet invariant devient « un système de formules absolument vide ». On retrouve ici l’importance, nettement marquée au début par Einstein, d’appuyer tous les calculs sur des réalités physiques susceptibles d’une mesure réelle.
- L’étendue de l’univers. — Einstein termina sa conférence par des considérations sur l’étendue du monde, qui, d’après lui, serait fini sans toutefois être limité. C’est une conséquence toute naturelle de la théorie de relativité généralisée. Nous avons vu que dans le voisinage de masses, où règne un champ de gravitation, les propositions de la géométrie euclidienne ne sont plus valables. De même, si, dans l’univers, la densité moyenne de matière est - très petite, mais non nulle, la géométrie euclidienne n’est valable nulle part et l’univers est régi par la géométrie sphérique à 4 dimensions de Riemann. C’est à l’expérience de dire si l’espace est « courbe », et le monde fini, c’est-à-dire si la géométrie exacte est. celle de Riemann ou celle d’Euclide(1).
- Une autre raison semble aussi prouver que le monde n’est pas infini. C’est d’ailleurs, si l’on veut, 'un autre aspect de la précédente. Les propriétés d’inertie des corps sont déterminées par l’ensemble de toutes les masses matérielles présentes dans l’univers. Comme ces propriétés sont mesurées par des nombres finis, il faut que la somme des masses de l’univers ait une valeur déterminée. Ceci impose un univers fini, si la densité moyenne de matière n’est pas nulle identiquement.
- (A suivre.) Max-Moiiand.
- Élève du riicolo Normulc Supùnoui'u
- 1. On trouvera «le 1res iulcrussaiils développements sur celle question dans la Conférence de M. Einstein. « I,a géométrie et l'expérience ». Traduit de l'allemand par M. Sold-viue. Cautliier-Villars, éditeur.
- PAR 150 000 PERSONNES
- poste d’amplificateurs puissants. Une partie de ce courant amplifié sur place au bénéfice des assistants était distribué à des récepteurs spéciaux munis d’énormes porte-voix et l’audition était aussi bonne à l’extérieur qu’à l’intérieur.
- La seconde fraction du courant était acheminée vers New York, après .avoir été amplifiée au départ également. A son arrivée au poste de relai de cette ville, le courant bifurquait à nouveau; une partie gagnait le jardin de Madison Square où 50 000 personnes s’étaient réunies pour participer de loin aux obsèques du soldat américain inconnu, le reste du courant amplifié 15 fois en cours de route était transmis à San Francisco, pour reproduire la parole présidentielle devant 20 000 personnes réunies au Civic Auditorium. Malgré les énormes distances franchies, les circuits et appareils ont fonctionné avec une perfection telle, que les auditeurs placés à 150 m. du porte-voix eurent partout l’illusion de participer réellement à la cérémonie d’Arlington.
- p.303 - vue 307/620
-
-
-
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La icrf, 9, rue de Fleuras, à I aris.
- New York .. Ma ch<s on Square
- 30.000 auditeurs
- 304 ........ UN DISCOURS ENTENDU PAR i5oooo PERSONNES
- p.304 - vue 308/620
-
-
-
- LA P^TURa^V/N0 2511.
- 20 MAI 1922
- HINDOUS ET MUSULMANS AU CACHEMIRE
- L’Inde, depuis quelques années, attire tout spécialement l’attention de l’Europe, malgré ses propres soucis. Mais qui pourrait se désintéresser du sort d’une agglomération qui compte plus de 320 millions d’âmes? Or, les preuves abondent et se multiplient que cette masse énorme approche d’un nouveau tournant dans son histoire.
- Après les Grecs d’Alexandre, après les conquérants musulmans, après les Mongols, les Anglais avaient établi leur domination'sur cet immense pays en profitant de ses divisions et en les entretenant. De fait, le secret de leurs étonnants succès — l’Empire des Indes conquis et conservé par quelques régiments — nous est livré par le cynique axiome qu’énonça Machiavel : (livide et imper a.
- Jusqu’en.1918, la politique britannique aux Indes s’appuyait surtout sur le grave différend religieux qui sépare la population en deux masses hostiles : les Hindous, qui forment une majorité écrasante, avec plus de 217 millions d’âmes, et les Musulmans, qui ne sont qu’au nombre de 66 millions, mais constituent une minorité ambitieuse et agissante.
- Protégés par le gouvernement, contents de leur sort, ces derniers s’étaient tenus à l’écart de la campagne entamée par les Hindous dans le but d’obtenir leur émancipation politique. Le Traité de Sèvres et la conduite turcophobe du Cabinet Anglais engendrèrent bientôt une réconciliation entre ces frères ennemis. Actuellement, les leaders des deux
- ~1* ' "jflLà ' i *
- Fig.
- Prêtre bouddhiste et ses chelas ou élèves.
- 50* Année. — 1" Semestre.
- Fig. i. — Femmes du Ladak (Cachemire oriental).
- partis s’efforcent de constituer un bloc national dont le programme ne se contenterait plus de concessions politiques, et viserait à l’indépendance.
- Hâtons-nous de dire que la réalisation de ce rêvé nous apparaît bien lontaine, sinon impossible. L’agglomération de races qui constitue l’Inde sombrerait dans l’anarchie, du jour ou elle échapperait à l’autorité d’un gouvernement fort, ou, pour être plus précis, du jour où les forces britanniques évacueraient le territoire. Nous venons d’avoir un échantillon des massacres qui ensanglanteraient alors la péninsule. Les Moplahs, mahométans de fraîche date, se soulevèrent d’abord contre les planteurs anglais, qu’ils égorgèrent. Puis, encouragés par la défection des troupes indigènes chargées de les"soumettre, ils entreprirent l’extermination des populations non-musulmanes, et leur rage de sang fit des milliers de victimes.
- Un livre tout frais sorti de la presse, liashmir in Sunlight and Shade1, nous apporte de précieux renseignements sur cet antagonisme de races et de religions. Il ne s’agit pas ici d’une de ces relations que, trop de voyageurs livrent au public après avoir traversé un pays. L’auteur, le Dr. C. E. T^ndale-Biscoe, a passé trente années de sa vie au Cachemire, et dirige le principal collège de Srinagar, la pittoresque capitale de ce royaume hima-layen.
- Happclons que le Cachemire est une région essentiellement montagneuse, que recouvrent le prolonge: ment occidental de l’Himalaya et la chaine du Karakoram. Sa population était de 5158126 âmes au der-1. Publié par Seiu.i:y cl Cic, Londres.
- 20. — 505.
- p.305 - vue 309/620
-
-
-
- 306
- HINDOUS ET MUSULMANS AU CACHEMIRE
- nier recensement. La majorité est composée de musulmans; mais la dynastie régnante, celle des Dogra Rajput, est hindoue. Le fond de la population est de pure race aryenne. Des éléments tartares se rencontrent dans le Nord, qui forme frontière avec le Turkestan, et la province orientale du Lad-dak, limitrophe avec le Thibet, est peuplée de Thi-hétains.
- L’auteur nous apprend que l’histoire écrite du royaume remonte à d’an 4249 avant J.-C.., date de l’avènement d’un radjah nommé Àdgonand. Le Caclifemire fut des premiers à embrasser le houd-idhismè (troissiècles avant notre ère). Malgré la production de ses montagnes, il fut d’abord envahi par des Tartares, qui surent se faire aimer par la population, puis, par les Huns Blancs, qui s’en firent jhaïr par leur cruautés.
- L’invasion musulmane débuta en 1015, et fut, pendant plus de huit siècles, une série de persécutions où finit par sombrer la brillante civilisation du Cachemire, qui avait produit tant d’écrivains, de savants et d’artistes.
- Par milliers, les notables furent massacrés, et les autres n’échappèrent à la mort qu’en embrassant l’islatnismc. La plupart des beaux monuments qui couvraient le pays furent détruits.
- Cependant, une grande partie du peuple restait lidèle à la religion nationale, à l’hindouïsme. Quand s’écroula l'Empire des Mongols, vers le milieu du xvinc siècle, les Afghans conquirent le Cachemire, 'et les persécutions redoublèrent. De terribles massacres ensanglantèrent les villes, et dés milliers d’Hindous se réfugièrent dans le suicide. Une loi, appelée l\hos, autorisait tout musulman qui rencontrait un Hindou dans la rue à grimper sur son dos et à se faire ainsi transporter cà .domicile!
- Enfui, en 1820, un monarque hindou, Ranjit Singh, roi du Pnnjab, v înt au secours de ses coreligionnaires et conquit le Cachemire. À leur tour, les musulmans furent persécutés. Le royaume a conservé son autonomie ; mais le souverain a perdu son indépendance. Le gouvernement est exercé de fait par un Résident anglais.
- E. Tyndalc-Biscoe trace des Cachemiriens un portrait peu flatteur. Au physique, ce sont de beaux hommes, qui dillërent des autres races indiennes par leur teint blanc ou rosé, comme par la régula-
- rité de leurs traits. On en voit qui ont les yeux bleus et les cheveux châtain clair. Mais leurs mœurs sont déplorables. Les villes sont laissées dans un état de malpropreté indescriptible, et les épidémies y font de terribles ravages.
- Les croyances religieuses, autant chez les musul-• mans que chez les Hindous, interdisant la vaccination, la plupart des habitants portent sur le visage les marques de la variole. Tous les quatre ou cinq ans, une épidémie de choléra fauche plusieurs milliers de personnes, et la fièvre typhoïde est endémique.
- Voici une anecdote typique que nous empruntons à liashmir in Sunlight and Shade. Un fonctionnaire du Service de Santé décide de faire paver un passage situé dans le cœur meme de la capitale, et
- qui sert de dépotoir aux familles brahmaniques qui l’habitent.
- L’intention du jeune docteur, indigène éduqué en Angleterre, est inspirée par un souci d’hygiène et de propreté : le pavé permettra de laver fréquemment à grande eau cette allée immonde. Mais les prêtres hindous protestent ; pourquoi toucher à une ruelle dont leurs ancêtres se sont toujours contentés? Et ils se couchent sur la boue immonde pour empêcher les ouvriers de toucher au cloaque familial !
- L’œuvre de M. Tyndale-Biscoe fourmille d’anecdotes amusantes, qui • nous familiarisent avec la curieuse mentalité de celle race. L’année dernière, un hahou (intellectuel) vient annoncer à l’auteur qu’il veut fonder une « société de tempérance )), et le prier d’en accepter la présidence.
- Vainement, il cherche à le détourner de ce projet : les cas d’ivrognerie sont extrêmement rares au Cachemire, et les débits de boisson brillent par leur absence. Mais notre homme persiste, recueille des souscriptions, loue et meuble un local, organise des conférences. .
- Six semaines après la fondation de la Société, le trésorier disparait avec la caisse, et avec les meubles. Mais cet. incident ne décourage pas les ligueurs. Au cours d’une assemblée générale, un orateur fait remarquer que la Société a travaillé jusque-là dans le vague : comment les membres pourraient-ils combattre utilement l’ivrognerie, puisqu’ils ne se sont jamais enivrés? Et l’on décide a l’unanimité
- p.306 - vue 310/620
-
-
-
- 307
- HINDOUS ET MUSULMANS AU CACHEMIRE
- que chacun apportera son llacon de brandy à la prochaine séance.
- Et ce fut la dernière de la série !
- Après expérience, les ligueurs découvrirent que la tempérance avait beaucoup moins de charme que le vice correspondant, si bien que la première société anti-alcoolique du Cachemire se transforma... en club de buveurs !
- Les lépreux errent librement dans les rues, ainsi que les fous. Les premiers tentent d’apitoyer les passants en leur tendant, jusqu’à les frôler, leurs pitoyables moignons. Les seconds, quel que soit leur sexe, se promènent dans une tenue des plus primitives. Parfois, la police leur fait endosser de force les vêtements offerts par des personnes charitables; mais les malheureux, dès qu’ils ne sont plus surveillés, les mettent en pièces.
- L’auteur a vu en plein hiver, par un froid rigoureux, des fous mettre leurs habits en las et les brûler... pour se réchauffer les mains !
- La description que le D1' Tyndale-Biscoe consacre à l’échope du barbier comporte des impressions variées. La plupart des Cachemiriens sont affectés de maladies du cuir chevelu, et le rasoir ne peut les tondre sans les ensanglanter copieusement. L’artisan est aussi dentiste : pour remeubler une mâchoire, il attache la dent tombée à une dent voisine en la ficelant avec du fil de fer ! La troisième fonction du barbier est de' servir d’intermédiaire entre personnes à marier.
- En décrivant les bazars de la capitale, l'auteur nous donne maints détails amusants. Ainsi, les selliers ne peuvent vendre que des articles en drap, car les musulmans ne veulent pas entendre parler
- F a te h Kadal, pont de Srinagar, avec ses boutiques.
- Ail fond, la mosquée de Shah-Ilamdan.
- d’une selle en Cuir de porc, et les Hindous ont une horreur religieuse de tous les cuirs. Les marchands d’ustensiles vendent un curieux objet très recherché dans toute la région, et qui paraît être spécial au Cachemire.
- C’est une aiguière de cuivre affectant la forme d’un canard (batich). On la remplit d’eau, et on la pose sur le feu. La vapeur qui s’échappe par l’étroit orifice du bec est utilisée pour souffler sur le charbon de bois, quand la ménagère veut activer son feu. Lorsque le batich est vide, on l’échauffe au contact d’une flamme, et on trempe le bout du bec dans un verre d’eau.
- Srinagar, qui signifie en sanscrit la « Ville de Richesses », est une des cités les plus pittoresques des Indes. Elle s’étend sur les deux rives du
- Fig. 4. -
- Fig: 5. — Srinagar en hiver.
- .llielum, que relient sept ponts, dont l’un a conservé ses maisons, comme nos ponts parisiens, du Moyen Age. La plupart des rtie.s 50111 formées par des canaux. Les maisons d’habitation, et même certains palais ou temples, ne restent debout que par un miracle d’équilibre : les maçons cachemiriens ignorent l’usage du lil à plomb.
- Aperçue de loin en été, la ville (qui compte 1 GO 000 habitants) apparaît comme un vaste damier verdoyant. Les toits n’ont pas de cheminées et sont en pente douce. La couverture est faite de plaques d’écorce de bouleau, que l’on recouvre de 10 à 15 centimètres de. terre, et cette terre se couvre d’une épaisse verdure, que chèvres et moulons viennent brouter.
- p.307 - vue 311/620
-
-
-
- 308
- HINDOUS ET MUSULMANS AU CACHEMIRE
- L’auteur a meme vu des vaches sur ces prairies aériennes !
- •Le respect que les Hindous professent à l’égard de la vie animale engendre parfois des scènes amusantes. Dans une rue très passante, l’auteur vit un milan s'abattre sur la corbeille qu’un pâtissier portait sur sa tête,-et s’envoler avec un gros gâteau dans ses serres! Il s’amusa de l’aventure, sans se douter que la pareille lui était réservée. Quelques jours plus tard, au cours d’une promenade dans la campagne, il s’était assis au bord de la roule pour •collationner.Soudain, alors cpu’il approchait un sandwich de ses lèvres, il ressentit un coup assez violent sur la joue droite, et constata que le sandwich avait disparu. Il chercha autour de lui qui avait eu la double audace de le frapper et de le voler : mystère !
- Mais, quelques secondes s’étaient écoulées, quand il découvrit en l’air un milan qui s’enfuyait avec le sandwich!
- En plein bazar, aux heures d’affluence, les bœufs sacrés des brahmanes viennent... faire leur marché ! La foule s’écarte respectueusement devant eux : ils sont les maîtres de la chaussée. Ils ont une prédilection pour les boutiques de fruiterie : ils s’arrêtent volontiers devant l’étalage, font choix d’une salade appétissante ou d’une hotte de carottes, et la savourent en reprenant dignement leur promenade. Loin de se. plaindre, le boutiquier accepte le larcin comme un témoignage de la protection des dieux.
- 11 y a une cinquantaine d’années, tout homme convaincu d’avoir tué un de ces animaux était jeté dans l’huile bouillante, et son cadavre était abandonné aux vautours. Ce crime est encore puni de sept années de prison. Jusqu’en 1913, il entraînait les travaux forcés à perpétuité.
- Aux portes de la capitale, de nombreuses bandes
- de singes gambadent dans les forêts Mais le respect de la vie animale a ses inconvénients : les bêtes féroces se multiplient, et deviennent une véritable plaie. Les ours noirs sont particulièrement agressifs. Quand ils attaquent un homme, c’est toujours à la ligure qu’ils frappent, et, si le coup de patte ne l’assomme pas, le malheureux restera horriblement défiguré. Ile nombreux paysans doivent la vie à une curieuse habitude du plantigrade. Si l’homme attaqué se laisse choir, et demeure immobile,
- l’ours le fait rouler sur le sol, le mordille de ses crocs, et, persuadé qu’il est mort, s’éloigne de quelques pas et creuse un trou, comme fait le chien lorsqu’il veut mettre un os en réserve. Et l’homme s’esquive, tandis que l’étrange fossoyeur lui prépare sa tombe!
- Le livre de M. Tyndale-Bis-coe contient d’autres informations du plus haut intérêt sur la faune de cette partie de l’Inde, et, no-' tamment, sur la panthère, qui est d’une audace inimaginable.
- Elle est particulièrement friande de chiens et, pour s’en emparer, n’hésite pas à pénétrer dans les habitations par les fenêtres.
- Dans le chapitre qu’il consacre aux industries locales, l’auteur consacre un passage très intéressant à ces fameux châles de Cachemire, qui furent longtemps pour Srinagar sa principale source de revenus. Les hommes qui les fabriquaient étaient traités comme des esclaves, et, selon son expression, chaque châle coûtait la vue à un ou plusieurs de ces malheureux, en raison de la finesse du travail. La France du Second Empire était la principale cliente du royaume. Appauvrie par la guerre de 1870, elle arrêta ses achats; et ce fut un coup fatal pour l’industrie du châle, qui a complètement disparu.
- Nous avons noté déjà que l’auteur préside aux destinées delà Mission School de la capitale. Quand
- Fig. 6. — Pèlerins (points noirs dans la neige à droite) revenant de la grotte sacrée d’Amarnalh
- p.308 - vue 312/620
-
-
-
- LE TRANSFORMATEUR HYDRAULIQUE FOUCHÉE
- il en prit la direction, voici une vingtaine d’années, les 200 élèves qu’elle comptait étaient divisés en clans irréconciliables : Musulmans et Hindous refusaient de se fréquenter, et, parmi ces derniers, l’odieux système de castes créait d’autres subdivisions. Élevés dans le mépris du travail manuel, tous ces jeunes gens avaient horreur des exercices physiques, et le sport leur apparaissait comme une abomination.
- Précisément, le nouveau directeur avait décidé de réformer les mœurs de ces jeunes Cachemiriens par le sport, et ce fut un toile général. Un professeur indigène, qu’il voulait contraindre à apprendre la gymnastique, le menaça de son poignard ! Et la
- 309
- moitié des élèves, sur l’ordre des familles, désertèrent les classes. Mais l’athlétique directeur persista dans son projet, avec ce résultat final que son école compte maintenant un millier d’étudiants, qui n’hésitent plus à piquer une tète dans la rivière, pour leur plaisir, ou pour sauver une personne en danger, bien que, selon une tenace superstition, l’eau soit peuplée de mauvais génies toujours prêts à s’emparer des nageurs et à les noyer.
- Nous n’avons pu donner ici qu’un aperçu de l’œuvre amusante et hautement instructive du D' C. E. Tyndalc-Biscoe. La lecture en sera précieuse à tous ceux qui s’intéressent aux Indes.
- V. Forïux.
- LE TRANSFORMATEUR HYDRAULIQUE FOUCHÉE ET L’UTILISATION DES CHUTES D’EAU
- Une chute d’eau quelle qu’elle soit, cours d’eau ou marée, comporte comme éléments indispensables un niveau amont et un niveau aval situé plus bas. La différence entre ces deux plans d’eau s’appelle la hauteur de chute H.
- La puissance P de cette chute est égale en kilo-grammètres au produit de son débit U par seconde exprimé en litres par la hauteur de chute exprimée en mètres.
- Le transformateur hydraulique Fouchée apporte des méthodes nouvelles pour l’utilisation des chutes d’eau et offre notamment le moyen de capter les chutes des plus faibles hauteurs.
- I. Principe du transformateur. — Soit une chute d’eau (fig. 1) ayant un niveau d’amont A, un niveau d’aval B et une hauteur de chute IL
- Imaginons proche du barrage de retenue, une capacité fermée d’une forme quelconque G que nous supposons carrée, disposée de telle manière, soit verticalement, qu’elle puisse contenir à la fois le niveau d’amont elle niveau d’aval.
- Mettons en communication la cuve C par un tuyau s et un robinet ni avec le niveau d’amont et par un autre tuyau f muni d’un robinet n avec le niveau d’aval.
- On conçoit que si l’on ouvre le robinet ni en tenant le robinet n fermé, le niveau d’amont se trouvera établi dans la cuve G et que de même si l'on ferme le robinet m et que l’on ouvre le robinet n, l’eau contenue dans la cuve s’écoulera jusqu’à ce que le niveau d’aval soit atteint.
- Supposons que dans cette cuve C, on place un caisson F de même forme que G et disposé de telle manière qu’il existe entre les parois verticales de la cuve C et du caisson un certain jeu i j, d’ailleurs aussi petit que possible. Ce caisson F doit avoir comme densité, la densité du liquide constituant la chute, c’est-à-dire 1 kg par décimètre cube si la chute est un cours d’eau douce, et de 1 kg 026 par décimètre cube s’il s’agit d’eau de mer. Bar suite
- si l’on renouvelle l’opération précédente, le caisson F montera et descendra dans la cuve C suivant l’ouverture ou la fermeture des robinets ni et n.
- Si en dessous de ce caisson F on place une tige de piston P contenue dans un corps de pompe o muni d’un clapet d’aspiration S communiquant par un tuyau g avec le niveau d’amont ou avec un réservoir quelconque Q, et d’un clapet de refoulement t communiquant par un tuyau I avec un réservoir quelconque R placé à un niveau supérieur ou niveau d’amont, l’appareil est terminé.
- 2° Fonctionnement théorique. — Course mon tante. — Supposons la caisse C vide et les robinets m et n fermés, ouvrons le robinet m ; l’eau d’amont va pénétrer dans la cuve C et remplira très vite le jeu i / entre le flotteur et la cuve en déterminant la llottaison.
- L’eau continuant à affluer, le flotteur F montera jusqu’à ce que l’eau ait atteint le niveau d’amont entraînant dans sa course le piston P et déterminant par suite l’aspiration dans le cylindre O, si bien qu’en fin de course le corps de pompe sera rempli d’eau.
- Course descendante. — Si à ce moment on ferme le robinet m et que l’on ouvre n, le petit volume d’eau i j compris entre F et C va être instantanément évacué et le flotteur F, freiné par le travail de compression nécessaire à soulever le clapet de refoulement l, cessera de llotter et s’échouera par l’extrémité de la tige de piston P sur l’eau contenue dans le corps de pompe 0.
- Il pèsera alors de tout son poids sur cette eau déterminant par suite la compression nécessaire à refouler par le clapet t et le tuyau I l’eau jusqu’à un réservoir supérieur R.
- La pression de refoulement et par suite la hauteur de ce réservoir R au-dessus du niveau aval est donnée par la relation suivante :
- dans laquelle Iv est le poids du flotteur en kg ; s la
- p.309 - vue 313/620
-
-
-
- 310
- LE TRANSFORMATEUR HYDRAULIQUE FOUCHEE
- section de la tige du piston P ; Hr la pression de refoulement en kg par cm2.
- Cette pression de refoulement varie à volonté en faisant varier K et s.
- De son côté, le débit de l’appareil en eau sous pression est proportionnel au rapport entre la section S du lloltcur F et s du piston P. Ce débit varie
- également à volonté on faisant varier le rapport, -•
- On voit immédiatement, qu’étant, donnée une chute de puissance
- P = DxH
- l’appareil permet d’obtenir
- P = D'xH'
- P = P" X H" etc...
- C’est donc un véritable transformateur hydraulique qui permet défaire
- varier les hauteurs de chute et les débits en maintenant constante la puissance de la chute.
- Il résulte des considérations précéJentes :
- 1° Que la course du piston P sera égale à la hauteur H diminuée de la hauteur de flottabilité f du caisson F.
- 2° Que le volume d’eau de chute introduit dans la cuve C sera égal au volume engendré par l’ascension du caisson F augmenté des quatre lames verticales i j.
- 5° Que le travail qu’aurait pu donner la chute en s’écoulant normalement est presque entièrement récupéré par l’ascension du poids du flotteur F, qu’il n’v aura comme perte que le travail correspondant au volume des quatre lames verticales ij que l’on peut estimer de 3 à 5 pour 100 du volume total.
- Le rendement en eau sera donc de 95 pour 100 minimum.
- 4° Que le rendement mécanique est maximum puisqu’il n’y a pour toute perte de travail que le frottement du piston P dans son presse-étoupe, la résistance des clapets et les pertes de charge dans les conduites.
- 5° Que l’appareil peut fonctionner sous des hauteurs de chute très faibles et que les variations des positions relatives des niveaux d’amont et d’aval n’ont aucune influence sur la pression de refoulement et ne changent pas le rendement de l’appareil.
- 6° Que l’on peut par la variation d’ouverture des robinets m et n faire varier la vitesse de l’appareil et, par suite, le volume par seconde d’eau sous pression produite donne la puissance de l’appareil.
- 7° Que pour assurer un écoulement continu d’eau
- sous pression, il est indispensable de conjuguer 2 transformateurs dont l’un doit effectuer sa course montante pendant que l’autre effectue sa course descendante.
- 5° Réalisation mécanique. — Les explications théoriques que nous venons de développer ont déterminé l’établissement mécanique du transformateur hydraulique. Il se construit en toutes puissances pour un débit de 20 litres à 20000 litres par seconde, pour une hauteur de refoulement pouvant atteindre de 10 à 600 mètres et pour des hauteurs de chute variant de 0 m. 50 à 15 m. 50.
- La disposition comporte deux cuves placées de chaque côté d’une boîte centrale de distribution dans laquelle se meut un tiroir circulaire double desservant les deux cuves et actionné par un servomoteur nui par l’eau sous pression, qui permet l’ouverture variable des orifices d’entrée et de sortie de l’eau de chute pour pouvoir obtenir les variations de vitesse donnant les variations de puissance.
- Une disposition spéciale permet à l’appareil de fonctionner à toutes les puissances quelles que soient les variations des niveaux d’amont et d’aval et, par suite, de suivre les étia-ges des cours d’eau ou
- des marées.
- Lorsque l’on emploie une batterie de plusieurs , transformateurs, les refoulements d’eau sous
- pression se font dans une canalisation commune.
- 4° Applications. — Les applications du transformateur hydraulique sont nombreuses, nous n’en citerons que quelques-unes.
- 1° Utilisation comme appareils (le pompage. — La technique hydro-électrique actuelle tend de plus en plus à la régularisation du régime des cours d’eau par la création d’accumulation hydraulique dans des réservoirs situés à grande hauteur qu’à l’aide d’appareils de pompage on remplit au moment où l’on a plus de débit qu’il n’est nécessaire et qu’une canalisation appropriée ramène aux turbines lorsqu’il faut régulariser le service et supprimer les pointes. Le transformateur hydraulique se prête particulièrement bien à ce service, car il utilise directement l’énergie potentielle de la chute avec un rendement très élevé et sans aucune autre intervention refoule directement l’eau à la hauteur voulue pour réaliser cette accumulation d’énergie. 11 pourra par suite améliorer considérablement un grand nombre d’installations existantes.
- p.310 - vue 314/620
-
-
-
- LE TRANSFORMATEUR HYDRAULIQUE FOUCHÉE
- 2° Utilisation dans Vaménagement des cours d'eau. — Lorsque la chute ne dépasse pas 15 m., on peut utiliser directement une seule batterie de transformateurs. L’avantage de leur emploi est qu’il permet pour une même puissance de remplacer une turbine à grand débit, sous 15 m., par une turbine à petit débit sous la hauteur que peut donner l’aménagement d’un réservoir sur la colline voisine.
- Lorsque la chute est de grande hauteur, on partage (fig. 2) cette hauteur en un certain nombre de paliers P, P', P" de 15 m. environ ayant chacun leur barrage transversal dans la rivière; sur chaque barrage on place une batterie de transformateurs T, T', T" refoulant tous à la pression maxima donnée par l’altitude du réservoir supérieur R placé sur la colline et relié par une canalisation commune à ce réservoir et à la station hydro-électrique II.
- 311
- b) Un bassin d’aval ayant comme hauteur la différence entre le niveau moyen et le zéro des cartes.
- c) Un barrage B dans lequel sont installés les transformateurs et les turbines motrices. Un réservoir supérieur R placé à l’altitude environnante la plus élevée, complète l’installation, sert de régula-
- ! teur et est relié aux turbines par une conduite forcée C.
- L’opération pour une marée comprend les phases suivantes :
- Marée descendante. — 11C Phase. — Supposons la pleine mer, le bassin de retenue rempli et le bassin d’aval ne contenant qu’une certaine quantité d’eau provenant de la marée précédente.
- On introduit l’eau du bassin de retenue R dans les transformateurs et on évacue cette eau dans le bassin d’aval jusqu’à ce que le niveau de la
- (330)
- (230)
- (191) P'
- (178) P
- Fig. 2.
- Utilisation d’une chute d’eau, de grande hauteur.
- Lorsque le débit de la rivière est trop grand pour la capacité des turbines, automatiquement les transformateurs refouleront l’éau en excès dans le réservoir supérieur, et, au contraire, lorsque le débit deviendra insuffisant, automatiquement encore le réservoir supérieur fournira l’appoint nécessaire et la régularisation sera d’autant plus parfaite que la capacité du réservoir supérieur R sera plus grande.
- On peut ainsi obtenir un débit moyen plus grand et tirer, par suite, du cours d’eau étudié une utilisation beaucoup plus élevée.
- L’examen de la figure 2 montre que l’emploi des transformateurs supprime les barrages de grande hauteur, les tunnels, etc... et qu’il permet de bénéficier d’une hauteur de chute de 100 m. plus élevée que la hauteur de chute de la rivière.
- 5° Utilisation des marées. — Le transformateur hydraulique Fouchée pourra sans doute s’appliquer aussi à l’utilisation des marées et donner sans interruption une puissance constante d’un bout de l’année à l’autre.
- L’installation générale (fig. 5) comporte :
- a) Un bassin de retenue R ayant comme hauteur utile la différence entre la hauteur maximum des grandes marées d’equinoxé et le niveau moyen.
- marée descendante ait suffisamment baissé.
- 2e Phase. — On ferme les vannages d’évacuation des transformateurs dans le bassin d’aval et on ouvre les vannages d’évacuation des transformateurs à la mer et simultanément les vannage vidange du bassin d’aval à la mer.
- Le bassin de retenue alimente toujours les transformateurs.
- Marée montante. — 5e Phase. — On ferme les vannages de vidange du bassin d’aval. Le bassin de retenue alimente toujours les transformateurs dont l’évacuation a toujours lieu à la mer libre jusqu’à ce que la différence entre le niveau du bassin de retenue qui se vide et celui de la marée montante, ne laisse plus une hauteur de chute suffisante pour assurer la course utile des transformateurs.
- A ce moment on ferme l’évacuation à la mer libre et on ouvre l’évacuation au bassin d’aval qui est vide.
- 4e Phase. — La marée continuant de monter, son niveau atteint celui du bassin de retenue. À ce moment, on introduit l’eau de la mer libre dans les transformateurs et l’évacuation continue dans lé bassin d’aval jusqu’à la fin de la marée montante. Simultanément on ouvre les vannes de remplissage
- p.311 - vue 315/620
-
-
-
- 312
- CONSTRUCTION D’UN PONT SUSPENDU DE 533m DE PORTÉE
- du bassin de retenue pour capter l’eau nécessaire à l’opération suivante. L’examen de la figure 3 montre que les transformateurs auront des courses différentes suivant les diverses heures de la marée et que par suite la production d’eau sous pression ne sera pas uniforme. Le régime d’établissement des turbines doit être fait pour correspondre à la production horaire moyenne d’eau sous pression.
- Lorsque la production est plus grande que le débit des turbines, automatiquement l’excès d’eau sous pression est refoulé au réservoir supérieur H qui le restitue aux turbines au moment où la production du transformateur devient insuffisante pour assurer un débit constant; on réalise ainsi l’utilisation intégrale des masses d’eau empruntées à la marée.
- Si les collines avoisinantes permettent la cons-
- des turbines absolument identiques à celles que l’on utiliserait pour les cours d’eau pour la même hauteur de chute comptée du niveau de la colline au niveau du zéro des cartes. On peut donc utiliser par exemple des unités de grande puissance, 20 ou 50 000 HP, et bénéficier ainsi de l’économie d’acquisition.
- On voit également sur la figure 5 que les transformateurs aspirent en m l’eau qu’ils doivent comprimer dans le canal de fuite des turbines et qu’ils refoulent en n cette eau sous pression dans la chambre d’équilibre E à laquelle aboutit également la conduite forcée faisant communiquer le réservoir supérieur H avec les turbines.
- 11 s’ensuit que l’on peut utiliser toujours les mêmes eaux pour faire marcher les turbines, le circuit de cette eau étant défini comme nous venons
- * 13,87
- ♦13,87
- Fig. 3. — Projet-d’utilisation des marées.
- traction d’un réservoir H de capacité suffisante, on peut arriver à compenser l’excédent de puissance fourni par les marées de vives eaux avec l’insuffisance dès marées de morte.eau; ces variations se passent d’ailleurs dans une période de 14 jours.
- L’emploi de ce dispositif a un autre avantage : il permet d’utiliser dans lés stations marémotrices
- de le dire. Il y a à cette manière de faire un avantage considérable, car elle permet d’utiliser de l’eau douce et par conséquent d’éviter toute espèce de corrosion de l’eau de mer sur les métaux des turbines.
- : Cette eau douce peut être fournie au début par la rivière qui se trouve toujours à proximité de l'installation. R. Villeas.
- CONSTRUCTION D’UN PONT SUSPENDU DE 533" DE PORTÉE
- A PHILADELPHIE
- On vient de commencer sur la Delaware, entre Philadelphie et Camden, la construction d’un pont suspendù de 553 m. 40 de portée libre. Par son importance exceptionnelle, ce pont viendra immédiatement après le pont de Québec, du type canti-lever, dont l’ouverture atteint 547 m. La seconde place était occupée auparavant par le pont du Forth, également du type cantilever, dont les deux travées principales ont chacune 518 m. 15 d’ouverture.
- Quant au plus grand pont suspendu, c’était, jusqu’à ce jour, le pont de Williamsburg, reliant New-
- York à Hoboken, sur l’East River, et dont la construction remonte à 1905. Sa longueur n’atteint que 486 m. 40, soit 47 m. de moins que le pont de la Delaware.
- Il y a plus d’un siècle, exactement depuis 1818, que la construction d’un pont sur la Delaware, reliant Philadelphie à Camden, a été envisagée; mais le projet ne prit’ corps réellement que ces dernières années. L’emplacement qui fut désigné pour le pont montra la nécessité de l’édification d’une arche d’au moins 530 m. d’ouverture.
- Deux projets furent présentés, comportant le
- p.312 - vue 316/620
-
-
-
- 313
- CONSTRUCTION D’UN PONT SUSPENDU DE 533»1 DE PORTÉE
- premier, un pont système eantilever, le second, un pont suspendu. Après les avoir examinés avec le plus grand soin, la Commission chargée de leur étude reconnut que le deuxième projet était nettement préférable au premier, tant au point de vue économique — environ deux millions de dollars de moins que pour le pont canti-lever — qu’au point de vue facilité de construction et de modifications ultérieures.
- Il y a lieu d’ajouter également que des considérations d’ordre esthétique ne furent pas non plus étrangères à l’adoption de ce projet, ce dont il y a lieu de se féliciter.
- Nous allons donner maintenant quelques détails sur les principales caractéristiques du pont.
- La longueur totale du tablier métallique est de 969 m. 40, doqt 533 m. 40 pour l’arche médiane, ainsi que nous l’avons dit plus haut, et 218 m. pour chaque travée de rive.
- Large de 38 m. 25, la section transversale du tablier comprend : au milieu une chaussée car-rossable de 17 m. 37 de largeur, pouvant aisément donner passage à 6 véhicules de front — de chaque côté, deux voix ferrées, disposées de part et d’autre de la suspension des pièces de pont, les deux extérieures placées en porte à faux ; au-dessus de ces deux dernières voies se trouvent les trottoirs pour piétons, également en porte à faux.
- Il est. intéressant de comparer la disposition du pont de la Delaware à celles adoptées pour les grands ponts suspendus de New-York, sur l’East River, tels que ceux de Manhattan, de Quensboro et de Williamsburg. Pour les... deux premiers, nous trouvons deux étages de circulation ; pour le troisième un seul étage, mais une chaussée carrossable divisée en 2 parties. La solution du pont de la Delaware réunit les avantages de chacune des deux
- dispositions précédentes : un seul étage de circulation, une seule chaussée de grande largeur; ceci nous semble préférable, non seulement au point de vue stabilité, mais aussi au point de vue circulation proprement dite.
- En effet, à certaines heures de la journée, principalement le matin et le soir, la circulation a lieu presque uniquement dans un sens ; aussi en vue de la faciliter, et d’éviter l’embouteillage possible, il sera possible à ces moments-là, d’assigner 4 et
- même 5 des 6 voies composant la chaussée, au sens prépondérant de la circulation .
- On obtiendra de ce fait, un emploi aussi judicieux que possible de la chaussée, et, par suite, une meilleure répartition des efforts.
- Ii y a lieu de remarquer également, dans le projet actuel du pont de la Delaware, l’absence complète de contre-ventement supérieur.
- Dans le projet primitivement é-tudié, il n’en était pas de même ; de plus, les trottoirs pour piétons, au lieu d’être placés en encorbellement, se trouvaient, au contraire, au-dessus des voies intérieures, faisant corps avec le contre-véntement supérieur.
- Les pylônes de suspension des câbles seront métalliques et leur hauteur dépassera 100 m. ; ils reposeront sur des piles en maçonnerie, fondées à l’air comprimé; on prévoit pour les caissons des fondations les dimensions suivantes : 21 m. 33 à 43 m. 60 et 12 m. 20 de hauteur ; leur remplissage se fera en béton.
- Les piles seront également en béton, ainsi que les massifs d’ancrage avec revêtement de granit, descendant, pour les piles, à 0 m. 75 au-dessous du niveau des basses eaux.
- Vu la grande hauteur des pylônes, on ne pouvait songer à la maçonnerie pour les constituer, comme
- Fig. i. — L’accès au pont, du côté de Philadelphie.
- p.313 - vue 317/620
-
-
-
- 314
- CONSTRUCTION D’UN PONT SUSPENDU DE 533m DE PORTÉE
- Fig. 2. — Vue d’ensémble du pont sur la Delaware.
- on le fit pour les ponts de Brooklin et de Budapest. Sous l’effet des variations de la charge, les câbles subissent au sommet des pylônes des déplacements horizontaux assez importants, et tendent de ce fait, à renverser les pylônes lorsqu’ils sont fixés d’une manière rigide à ceux-ci. Afin de pallier cet inconvénient, on a eu l’idée de disposer au sommet des pylônes des appuis à rouleaux pour supporter les câbles. Mais on est loin de connaître exactement les conditions dans lesquelles travaillent ces rouleaux, et si leur emploi est capable d’assurer toute la sécurité désirable.
- Les pylônes métalliques, qui remplacèrent tout d’abord ceux en maçonnerie étaient malgré tout rigides et nécessitaient également l’emploi d’appuis à rouleaux; pour le pont de Manhattan construit en 1909 on fit usage de pylônes métalliques présentant une certaine flexibilité dans le sens longitudinal; cette solution, ayant donné de bons résultats, a été adoptée pour le pont de la Delaware : les sommets des pylônes de ce pont seront susceptibles
- de prendre des déplacements horizontaux maxima de 0 m. 587 vers la rive et de 0 m. 550 vers le milieu du fleuve.
- Les câbles de suspension du pont seront au nombre de deux seulement, composés chacun de 16 500 fils d’acier de 4 mm 8 de diamètre ; ces câbles, ainsi constitués, présenteront un diamètre de 0 m. 75, dimension totalement inconnue jusqu’eà ce jour.
- Les ponts de Brooklin, de Williamsburg et de Manhattan emploient chacun 4 câbles de suspension ayant respectivement pour diamètre : 0 m. 595, 0 m. 468, 0 m. 512.
- Comme on le voit les câbles du pont de la Delawarre présentent sur ces derniers une augmentation sensible de diamètre. Leur étude fut menée très soigneusement : les calculs montrent que dans les conditions les plus défavorables, ils travailleront à 52 kg par mm. carré, soit environ à la moitié de leur limite élastique; leur résistance atteint 160 kg par mm carré.
- ;--------26m23------
- Pont de Brooklyn long.* 486730 (inauguré te 24 Mai 1883)
- Pont de Williams b urqh long** 486 740 J
- / inauguré /e /S Déc. Ig03J
- ------38737-...
- Pont de /a Rivière De/aware ion g* 333 773
- -------- 3775/-----
- Pont de Manhattan ion g.* 446 730 ( inauguré le 3/ Déc. f.9°9)
- ....--27720---------1
- Pont de Queensborough. f inauguré ie 30 Mars Igog )
- Fig. 3. — Coupe à travers les divers grands ponts suspendus.
- p.314 - vue 318/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- 315
- Lés câbles reposeront au sommet des pylônes sur des selles en acier fondu ; la flèche de la chaînette des câbles sera de 60 m., soit 1/9 de la portée.
- La suspension des pièces transversales du pont, dont l'écartement, est de 6 m. 25, se fera au moyen de 4 câbles en acier de 67 mm. de diamètre, fixés aux cables principaux par l’intermédiaire de selles en acier fondu, formant manchons, également espacées de 6 m. 25.
- L’aménagement des accès du pont de la Delaware présente de nombreuses et sérieuses difficultés étant donnée la hauteur du tablier au-dessus du niveau des eaux de la Delavvare : un tirant d’air de 41 m. 14 (155 pieds) a été en effet exigé afin de laisser au milieu de la rivière un chenal suffisant pour la navigation.
- La création de deux avenues a donc été prévue : la première partant de Franklin Square (Philadelphie) atteindra le tablier du pont avec une rampe de 5,17 pour 100 pour la chaussée, et de 4,11 pour 100 pour les voies ferrées et les trottoirs pour piétons; son développement sera de 600 m.
- Du côté de Camden on accédèra au pont par une
- longue avenue de plus d’un km. de développement présentant une rampe de 5,29 pour 100 pour la chaussée et de 4,45 pour 100 pour les voies et les trottoirs.
- Dans ces deux avenues, la largeur de la chaussée est de 19 m. 20.
- L’aménagement de ces voies nouvelles, ainsi que l’acquisition des terrains nécessaires à leur emplacement, ont augmenté d’autant les dépenses prévues pour l’érection du pont de la Delaware, dépenses qui s’élèveront au total de 28 871 000 dollars dont 22 479 000 pour l’ouvrage proprement dit.
- On pense que la construction du pont sera entièrement terminée pour l’Exposition de 1926.
- L’auteur du projet du pont suspendu de la Delaware River est M. Ralph Modjeski, Ingénieur en chef de la Commission d’études de ce pont, ancien élève de l’Ecole des Ponts et Chaussées de Paris et à qui les Etats-Unis doivent la construction de nombreux et importants ouvrages du même
- 'S(jnre* Maurice Cazaübieilh,
- Ingénieur des Arts et. Manufactures.
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- Lundi 5 avril. — Discussions sur les théories.
- Le principe de relativité et la mesure du temps. — M. Carvallo demanda des explications sur l’expérience de Michelson; il fit remarquer que dans cette expérience il n’y avait ni mesure de longueur, ni, surtout, de temps. Et alors il se demandait comment d’une expérience qui n’emprunte ni mètre ni horloge, on peut déduire des conséquences sur la marche des horloges et sur la variation du mètre.
- Einstein répondit, en effet, que, dans l’expérience en question, il n’y avait pas d’horloge, mais un corps solide, le bâti sur lequel les appareils sont disposés. La partie principale de l’expérience est l’étude de la façon dont le corps solide et la vitesse de la lumière se comportent. La vitesse de la lumière n’est pas modifiée, ce qui nécessite la contraction de Lorentz. L’expérience de Michelson n’est qu’une partie de la base expérimentale de la théorie. La base correspondante pour le temps n’existe pas encore.
- M. Hadamard fait très judicieusement remarquer que, s’il n’y a pas d’horloges, il y a au moins un compas des temps, constitué par les deux systèmes de miroirs,
- D’ailleurs, sur la remarque que lui en faisait M. Lémeray, Einstein ajouta que le principe de la relativité et celui de la constance de la vitesse de la lumière, vérifiés expérimentalement ont pour conséquence immédiate la contraction de Lorentz, la variation de marche des horloges sur les corps en mouvement, et l’établissement de l’invariant s2. Au surplus, reprenant l’idée très heureuse de
- M. Hadamard, Einstein montra qu’un appareil formé par une tige rigide aux extrémités de laquelle se trouvent deux miroirs parallèles, constitue une véritable horloge pouvant servir à mesurer le temps. Il suffit de comparer la durée cà mesurer au temps mis par un rayon lumineux pour aller d’un miroir à l’autre. Faisons mouvoir l’horloge ainsi constituée d’un mouvement rectiligne et uniforme suivant une direction perpendiculaire à la tige. Par suite du mouvement, les rayons lumineux qui se réfléchissent sur les miroirs parcourent une ligne brisée. La distance entre les miroirs ne change pas, car c’est une direction perpendiculaire au mouvement. L’horloge paraîtra marcher plus lentement, puisque le
- B
- Fig. i.
- rayon lumineux doit parcourir une distance AC plus grande que AB. Une telle horloge ne constitue pas cependant l’horloge vulgaire dont M. Einstein prétend se servir. Il faut donc montrer maintenant qu’une horloge quelconque H entraînée avec notre
- p.315 - vue 319/620
-
-
-
- 316...' ' : '.:.EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- système de 2 miroirs, doit aussi paraître ralentie. S’il n’en était pas ainsi, en effet, les observateurs entraînés pourraient constater la différence existant entre les mesures faites au moyen de H et celles faites au moyen de AB, et, de cette constatation, ils déduiraient immédiatement qu’ils sont animés d’un mouvement de translation uniforme et entraînés avec une vitesse qu’il leur serait ainsi possible de déterminer à l’intérieur même de leur laboratoire. Or ceci est contraire au principe de relativité, qui affirme l’impossibilité, pour des observateurs en laboratoire clos, de mettre en évidence un mouvement de translation de leur système. Il faut donc que l’horloge II retarde aussi bien que l’horloge AB, si le principe de relativité restreinte est exact.
- Cette démonstration peut facilement s’étendre à tous les phénomènes naturels où le temps intervient. Cela nous montre toute l’importance de la nouvelle conception de l’idée du temps. Il s’agit, certes, d’abord, d’un temps scientifique, introduit pour rendre compte d’un ensemble de phénomènes que le temps absolu ne permettait pas d’expliquer. Mais, justement parce que la nouvelle notion a fait ses preuves, parce qu’elle paraît être adéquate à la réalité physique dans laquelle nous sommes plongés et où nous vivons, il est permis de croire qu’elle est bien inséparable de cette réalité. C’est ainsi que l’extension du principe de relativité (restreinte) aux Sciences biologiques, n’est pas du tout injustifiée. Il est même facile de montrer que si cette extension n’était pas valable, le principe de relativité d’Einstein, celui même que nous admettons couramment, serait complètement mis en défaut. Des observateurs emportant avec eux des êtres vivants pourraient en effet se rendre compte, à l’intérieur d’un laboratoire fermé, de leur mouvement de translation uniforme ; il leur suffirait de comparer la marche de leurs horloges avec la vitesse de développement ou de vieillissement des êtres organisés emportés avec eux. Si cette vitesse n’était pas modifiée par le mouvement de la même façon que la vitesse d’une horloge, ils pourraient affirmer qu’ils se meuvent par rapport à un certain système. Ce système pourrait alors être considéré comme fixe, puisque tous les systèmes en mouvement devraient se rapporter à lui pour expliquer la raison du désaccord entre les lois physiques et les lois biologiques. Si le principe de la relativité exprime une vérité générale, on est donc en droit de dire, avec M. Langevin, que la vie d’êtres organisés, dans un système animé d’un mouvement rectiligne et uniforme, doit paraître ralentie de la même façon que la marche des horloges.
- Le paradoxe de M. Painlevé. — Voici maintenant une objection présentée par M. Painlevé. Après avoir longuement précisé la définition des trièdres de référence employés en relativité restreinte, appelés trièdres galiléens, et par rapport auxquels le principe d’inertie est valable, M. Painlevé considéra les systèmes suivants (fig. 2) :
- 1° Une voie ferrée et un groupe cVobservateurs sur le sol.
- 2° Un train circulant sur la voie avec une vitesse constante et entraînant avec lui des observateurs.
- La voie présente une gare au point A, un chef de gare et une horloge. Le train possède dans le wagon du milieu, un chef de train muni lui aussi d’une horloge. Lorsque le milieu du train passe devant la gare nous supposons que les horloges de la gare et du chef de train marquent la même heure T — o. Nous ne touchons plus à ces deux horloges pendant le cours des opérations suivantes. Au bout d’un certain temps, qu’il est facile de noter ; le train s’arrête brusquement, puis repart en arrière avec la même vitesse. Le chef de train repasse devant la gare, et, à ce moment-là le chef de gare et le chef de train constatent que l’horloge de la gare marque un temps T tandis que l’horloge du chef de train marque rl\. D’après les transformations de Lorentz, on doit avoir T^Tj, puisque les horloges du train doivent ralentir. Avec cette façon d’envisager les phénomènes, nous avons supposé que la voie était fixe. Mais M. Painlevé pense que nous pouvons aussi bien dire que le train est resté immobile et que c’est la voie qui a bougé. Alors, si nous appelons T'i et T les heures marquées par l’horloge du chef de train et l’horloge de la gare, quand celle-ci repasse devant le train, on doit trouver, en vertu du meme raisonnement, (T' = T : T^^Tj), ce qui
- semble en contradiction avec l’inégalité
- Einstein répondit qu’on pouvait très facilement résoudre la difficulté, de deux façons : au point de vue formel, on n’a pas le droit d’appliquer le principe de relativité restreinte aux systèmes considérés. Le raisonnement fait n’est donc pas valable. Pendant la période du changement de vitesse du train, le système en mouvement n’est plus un système de Galilée ; mais, surtout, l’ensemble de deux systèmes allant l’un dans un sens pendant un certain temps avec la vitesse, v, l’autre dans l’autre sens avec la même vitesse ne forment pas un système d’inertie. Il n’y a donc pas réciprocité entre deux trièdres dont l’un a changé une fois de sens et l’autre pas. Voici pour le point de vue formel. Mais il est aussi facile de montrer que les observations du chef de gare et celle du chef de train sont bien concordantes. Si le chef de gare voit l’horloge du chef de train retarder, le chef de train voit avancer l’horloge du chef de gare.
- C’est M. Langevin, à la séance suivante, le mercredi, qui a apporté la solution complète.
- M. Langevin fit d’abord remarquer que les objections soulevées ne pouvaient porter que sur la signification physique, et non sur la cohésion mathématique de la théorie. Il faut donc se rendre compte nettement de ce qui se passe. Nous supposons les deux systèmes munis d’horloges le long de la voie, et le long du train. Ces horloges sont réglées au moyen de signaux optiques, de telle façon que
- p.316 - vue 320/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLEGE DE FRANCE
- 317
- toutes soient en concordance dans chacun des systèmes. Ceci étant, soient x les distances comptées sur la voie à partir de la gare, x' les distances comptées sur le train à partir du chef de train. Soit t le temps marqué par une horloge de la voie d’abscisses x ; t' le temps marqué par une horloge du
- t;
- :v9
- Fis
- train d’abscisse x'. Au moment du passage du train devant la gare, l’horloge du chef de train et celle de la gare marquent t — t1 = o. Alors, pendant la première partie du trajet, d’après les conventions que nous avons faites, on a :
- 1 fvx'
- t
- U
- t'
- v‘
- V c2
- Si x' = o, t' est l’heure marquée par l'horloge du chef de train et t l’heure marquée par l’horloge de la voie devant laquelle elle passe à ce moment t'. (1 ) donne, en faisant x' = o :
- t'
- t
- V
- (2)
- V
- vx
- cl
- t
- V'
- v
- Cl
- s!
- 1
- V*
- c1'
- H l’horloge qui est en face de la gare,
- Le chef de train voit les horloges devant lesquelles il passe, marcher plus vite que la sienne. Il en est de même pendant la seconde partie du mouvement, puisque le changement de v en — v ne change rien après avoir fait x' = o. Par conséquent, le chef de train verra bien toujours les horloges de la voie aller plus vite que sa montre.
- Voyons maintenant ce qui se passe pendant ce temps-là devant la gare. Le chef de gare voit dédier devant lui les horloges du train. En vertu de la for-nulc de Lorentz :
- il voit, lui aussi, les horloges du train marcher plus vite que sa montre. En effet, si l’on fait x — o, on obtient :
- t
- Le train rebrousse brusquement chemin au bout d’un temps G mesuré à la gare, après avoir parcouru par conséquent un chemin x = vO. A ce moment, l’horloge du chef de train marque donc :
- v/
- Ici se passe un phénomène très important. Le train ayant changé de vitesse, les observateurs qui sont entraînés avec lui s'aperçoivent que leurs horloges ne concordent plus. Un nouveau réglage est à faire. Dans ce réglage, on conserve naturellement l’heure du chef de train, puisque nous ne devons pas toucher à sa montre, mais toutes les autres horloges doivent recevoir un « coup de pouce ». Le nouveau réglage est tel que la formule suivante soit vérifiée :
- 1 / vx^
- (3) " ' '
- t!
- v/
- La constante est déterminée de manière que l’heure de l’horloge du chef de train ne soit pas modifiée ; c’est-à-dire que pour
- t\
- on doit avoir t = 6 et x — vO. En tenant compte de cette condition, la formule s’écrit :
- / -j r -i)2 i
- V1-?
- ou :
- 1 / vx\ 2C*0
- t = ------
- v/
- ir
- N/
- Ap rès le réglage, l’horloge qui se troirve en face de la gare en t = G, marque (x = o) :
- G / 2u2\ ,
- ' —FJ ]
- V*
- au lieu de :
- Ç'-î-
- Pour faire le réglage, il a donc fallu la reculer de :
- v*
- 2-Q
- c2
- Quand le chef de train repasse devant la gare, sa montre marque : ________
- (4)
- tandis que l’horloge de la gare indique 2G.
- Pendant toute la durée des déplacements, le chef de train a vu sa montre tourner de 0 à :
- \/
- 2G 1/ 1
- p.317 - vue 321/620
-
-
-
- 318
- EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- quand les horloges lixes défilant devant lui ont tourné de 0 à 2 O. Mais le chef de gare a vu également sa montre marcher moins vite que les horloges qui ont défilé devant lui, puisque sa montre a tourné de 0 à 2 G quand l’horloge qui est en face de lui a bougé de :
- 1° On voit par la formule (4) que l’horloge en mouvement a bien retardé par rapport à l’horloge fixe :
- f', = 20^/l-|<2o.
- %° En tenant compte [(5)] des rectifications nécessitées par le nouveau réglage des horloges, on voit que le chef de gare et le chef de train ont vu se passer devant eux les mêmes phénomènes : les horloges de l’autre système, en passant devant leur montre, leur ont toujours semblé avancer sur celle-ci (’).
- Remarquons l’importance physique et la signification du réglage nécessité par le changement survenu dans la vitesse du train. Ce changement de vitesse aurait pu être constaté par les observateurs emportés dans le train, à cause du choc qui en serait résulté pour eux (« champ de gravitation »). Mais, même s’ils avaient dormi à ce moment-là et si le choc ne les avait pas réveillés, ils se seraient rendu compte ultérieurement de la trace laissée par le « champ de gravitation », parce que toutes leurs horloges se seraient systématiquement trouvées déréglées. On voit ici nettement l’influence qu’un mouvement non uniforme a sur la marche des horloges. On conçoit, si ce mouvement se prolonge indéfiniment, qu’il soit impossible de parler 'd’un réglage physique des horloges et c’est pour cela qu’on ne peut plus parler, en relativité généralisée, de coordonnées ayant un sens physique.
- Nous ne rapporterons pas les discussions soulevées par M. Guillaume. Bien que celui-ci ait « soumis le
- 1. On pourrait sc deinandrr pourquoi l’horloge. du idiot do
- train, partie puis revenue, a tourné de 20 \/'l — -0> tandis
- que les horloges qui ont défilé devant la gare pendant ce temps, ét dont la première et la dernière sont précisément
- 1 26
- cette même horloge du chef de train, ont tourné de —..—
- 'l-t
- Mais on ne s’étonnera pas si l'on rélléehit que dans le second cas il ne s’agit pas à proprement parler d’une mesure du temps. Le chef de gare a vu défiler devant lui diilérentcs horloges qui, par cela même qu’elles sont différentes, ne peuvent servir à définir un intervalle de temps. Leurs indications n’ont pas de signilicalion physique. On a simplement voulu montrer que le chef de gare et le chef de train ont assisté à des marches d’horloges présentant respectivement les mêmes caractères, c’est-à-dire que le principe de relativité (général) s applique. Cet exemple montre en outre que l’on ne doit nullement se .fier à son intuition.
- mémoire fondamental d’Einstein à une étude approfondie », il ne semble pas en avoir très substantiellement dégagé la signification (c’est tout au moins l’avis d’Einstein), et nous ne retiendrons de son exposé que la remarque suivante : ayant admis le postulat de la relativité, et s’étant appuyé sur celui-ci pour conduire ses calculs, M. Guillaume voulut alors introduire le même temps comme paramètre dans les équations de surfaces d’onde lumineuse relative à deux systèmes en mouvement, l’un par rapport à l’autre. Toute l’erreur de sa théorie est dans ce fait : après avoir admis un postulat impliquant la définition du temps local, il n’est plus en droit d’introduire dans les équations un nouveau postulat, celui du temps absolu. C’est une très grave erreur de méthode. Si l’on veut faire usage du temps absolu, il faut rejeter le postulat de la relativité restreinte; mais on ne saurait employer alternativement et dans le même calcul, deux hypothèses contraires. D’ailleurs, il était impossible aux relativistes de comprendre les spéculations de M. Guillaume puisqu’elles avaient la prétention d’être en relativité restreinte, et de ne pas vouloir s’appuyer sur des quantités physiquement mesurables.
- La dynamique de la relativité. — Passant ensuite, après la cinématique, à la dynamique de la relativité, M. Langevin exposa les résultats de ses recherches. Le fait important de la nouvelle dynamique, c’est qu’elle est plus simple que l’ancienne, en ce sens qu’au lieu de trois principes de conservation, celui de la masse, celui de l’énergie et celui des quantités de mouvement, il n’en reste plus qu’un seul, le principe de conservation de Y « impulsion d’univers ».
- Jusqu’à présent, on avait obtenu les équations fondamentales de la dynamique de la relativité (restreinte) en passant par l’intermédiaire des équations de Télectromagnétisme. Voici comment on peut y parvenir. On sait que les équations de la dynamique classique sont :
- (1)
- dans lesquelles F'æ, F',,, F', sont les projections sur 5 axes de coordonnées r/.r', o'?/', o' z' de la force F' agissant sur le point de masse ?n„. Les nouvelles équations de la dynamique doivent être telles que pour des vitesses très faibles (états quasi-stationnaires), elles se confondent avec celles que nous venons d’écrire. Considérons donc un point matériel dans un état quasi-stationnaire par rapport à un système de coordonnées o', x', if, %',
- ; animé d’un mouvement de translation uniforme par | rapport au système d’axes oxyz. Le mouvement du ! point étant quasi-stationnaire dans o , x', y', z', les
- ni,
- ni,,
- u dï1 dff 0 dt'* dlz'
- dn
- F j;
- K
- FC
- p.318 - vue 322/620
-
-
-
- EINSTEIN AU COLLEGE DE FRANCE
- 319
- équations (1) sont valables (c’est pour cela d’ailleurs que nous les avons écrites avec des lettres accentuées). Nous savons de quelle façon doivent se transformer les expressions
- (l2x' A%ij d2z'
- rf?»’ dF2’ dF2
- quand on passe du système o\ x , y, z' au système oxyz. On tire leur valeur des formules de Lorentz :
- V
- (x — vt)
- y = y
- *'=-4=0-î?V
- /, vi \ C-J
- Mais on ne sait pas comment se transforment les composantes F'æ, F',y, F', pour ce changement d’axes. C’est là que l’on est obligé de passer par 1’électromagnétisme. On connaît en effet les formules de transformation dans le cas de forces électriques et magnétiques, et l’on en déduit les formules générales de transformation pour n’importe quelle force. Toutes les forces doivent, en effet, se transformer de la meme manière. On aboutit ainsi aux équations du mouvement du point matériel dans le système oxyz. Mais ce moyen est extrêmement détourné puisqu’il nous oblige à prendre l’électromagnétisme comme intermédiaire. Il était tout à fait souhaitable pour le développement de la dynamique, que l’on pùt obtenir directement ces équations, sans faire appel à autre chose qu’aux principes fondamentaux de la physique.
- C’est en cherchant dans cette direction, que M. Langevin a trouvé une très belle façon d’établir la dynamique nouvelle et cela, comme il dit si bien, en faisant simplement de la mécanique un chapitre particulier de la physique. Il suffit d’appliquer à l’étude -du mouvement des corps le principe de relativité et celui de conservation de l’énergie — les deux principes fondamentaux de la physique —, pour obtenir la mécanique ancienne, si l’on s’appuie sur la cinématique de Galilée, la mécanique nouvelle, si l’on s’appuie sur la cinématique de la relativité (formules de Lorentz). On peut montrer par cette voie que la séparation et l’indépendance des trois principes de conservation de la masse, de l’énergie et de la quantité de mouvement, et que la formule :
- - rnv~
- pour l’énergie cinétique, sont une conséquence du temps absolu. Tandis que le temps optique a pour effet de réunir le principe de conservation de la masse et celui de l’énergie, en démontrant la variation de la masse et l’inertie de l’énergie. Ces deux résultats permettent d’ailleurs de retrouver très facilement la nouvelle valeur de l’énergie cinétique.
- Soit c la vitesse de la lumière; E une quantité d’énergie de forme quelconque. Cette énergie possède une masse donnée par l’éealité :
- E ~ m = — c-
- Soit mu la masse d’un corps au repos. On peut supposer que cette masse provient uniquement de l’énergie interne E„ de ce corps. Alors :
- E0 = m0c2.
- Le corps étant mis en mouvement avec une vitesse v, sa masse devient :
- et l’énergie correspondante est par suite :
- La différence E — E„ entre l’énergie interne du corps en mouvement et celle du corps au repos, représente l’énergie due au mouvement, c’est-à-dire précisément l’énergie cinétique :
- Ce résultat justifie l’hypothèse que nous avons faite sur l’origine de l’inertie d’un corps(’).
- Pour e très petit, la formule (2) donnant l’expression de l’énergie cinétique en relativité restreinte,
- \
- se confond avec l’ancienne formule ^ mu2.
- Quant à l’ensemble des équations, il se présente sous une forme si symétrique qu’il est possible de ne plus conserver qu’un seul principe résumant tous les autres, celui de la conservation de F « impulsion d’univers ».
- On voit ainsi que loin d’être plus compliquée comme on croirait s’y attendre, la nouvelle dynamique est au contraire plus simple que l’ancienne. 11 suffit de se familiariser un peu avec les méthodes et les calculs.
- M. Langevin reçut de M. Einstein les éloges les plus mérités. Celui-ci rappela que M. Langevin s’est déjà rendu célèbre dans cette voie en découvrant le premier l’inerlie de l’énergie. Il montra en outre le grand progrès réalisé par la nouvelle méthode. II y a même plus qu’un progrès; il était indispensable de séparer nettement la mécanique de l’électro-
- 1. Supposons on cllct qu'au lieu de provenir entièrement de l'énergie interne, la masse provienne d’une énergie interne plus d’autre chose. Soit doue :
- m„ — m'„ -f- »>"„.
- avec Ë« =?»'(,cs. En faisant le même calcul, on obtiendrait pour la valeur de l’énergie cinétique.
- La comparaison avec la formule (2) établie également par d'autres méthodes montre que m„ — m"0-=.o. Toute
- masse provient d’une énergie.
- p.319 - vue 323/620
-
-
-
- 320
- r EINSTEIN AU COLLÈGE DE FRANCE
- magnétisme. On ne sait pas encore quels bouleversements la théorie des quanta peut faire subir à celle-ci. Aussi: est-il bon d’établir la valeur de la dynamique de la relativité sans faire appel à ce domaine.
- (Des esprits curieux se demanderont sans doute pourquoi, après avoir établi la dynamique de la relativité, on « complique » encore les choses en ne faisant pas entrer îa gravitation dans cette dynamique. Il serait, en effet, beaucoup plus simple de considérer la pesanteur comme une force semlffable à la force électrique, par exemple. Mais les lecteurs de cette revue ne se poseront pas la question, car nous avons déjà vu des raisons très largement suffisantes de ne pas faire trop rapidement celte extension peu justifiée (1). Nous savons, en effet, que loin de toutes masses, il est légitime de parler d’axes de coordonnées, d’horloges réglées et de propositions euclidiennes. Mais dans le voisinage de masses matérielles, il n’en est plus de même, et nous savons que l’origine de la gravitation réside dans ce fait que « l’univers n’est plus euclidien », qu’il est « courbe ». On ne peut donc plus se servir des formules de Lorentz puisqu’elles ne s’appliquent pas. Elles supposent l’emploi de coordonnées ayant un sens physique bien déterminé, et nous n’en avons plus à notre disposition. D’autre part, les formules de Lorentz sont établies en supposant constante la vitesse de la lumière. Or il n’en est rien au voisinage des masses, puisque les rayons lumineux y subissent des déviations (2). Nous voyons donc que la cinématique sur laquelle repose le calcul de M. Langevin n’existe plus. Enfin le principe de conservation de l’énergie doit lui-même subir une modification. Il faut faire entrer un terme de plus, correspondant à l’énergie de gravitation due au voisinage des masses (5). On voit, par
- 1. La raison fondamentale est que la pesanteur est une force d’inertie, ce que ne sont pas les autres forces, telles que les forces électriques. Les raisons (pic nous donnons n’ont, d’autre but que de faire ressortir l’impossibilité d’une pareille extension, en montrant qu’elle n aurait aucun sens.
- 2. En effet, si un rayon lumineux ne se propage pas en ligne droite, la vitesse de la lumière ne peut pas être cons-
- tante le long de la
- trajectoire. On s’en rend facilement compte en remarquant que toute déviation d’un rayon lumineux provient d’une variation de l’indice de réfraction du milieu. Soit, par exemple, un milieu homogène A séparé par une surface plane du milieu homogène B: La loi de réfraction donne :
- n A si il t z sin i
- «b sin r
- >1B l'A
- 1>\ \ n
- Fig. 3. W étant la vitesse de la lumière dans
- le milieu A, Vü dans le B. Si le rayon traverse un milieu dont les propriétés varient eon lin union I, sa trajectoire, au lieu d’être une ligne brisée, devient une courbe continue, et la courbure en chaque point est liée à la variation de l’indice du milieu, c’est-à-dire à la variation de la vitesse de la lumière. On voit ainsi, hieu que cela puisse paraître extraordinaire, que l’indice de réfraction du vide n’est pas égal à 1 dans un espace où règne un champ de gravitation. L’indice du vide n’est égal à 1 que loin de toutes masses matérielles.
- 3. Nous signalons en passant que l’énergie de gravitation se propage avec la vitesse de la lumière.
- cet ensemble de raisons, que la dynamique de la relativité restreinte ne saurait comprendre le cas de forces de gravitation, et c’est là la justification de la théorie de relativité généralisée.)
- C’est d’ailleurs les conséquences auxquelles M. Lémeray et plusieurs autres savants sont arrivés dans leurs travaux. M. Lémeray indiqua qu’en essayant d’appliquer la mécanique de la relativité aux actions de masses, il était arrivé à des résultats absurdes qui forcent à exclure la gravitation des forces ordinaires, et à lui donner un caractère spécial.
- (Remarquons enfin que l’expérience elle-même a décidé entre la nécessité de la théorie généralisée et la possibilité d’une application directe à la gravitation, de la dynamique de la relativité restreinte. Si l’on fait les calculs dans cette dernière hypothèse, on trouve pour la déviation des rayons lumineux et pour la rotation du périhélie de Mercure, des quantités exactement égales à la moitié des nombres mesurés expérimentalement. Aucun doute ne peut donc subsister.)
- Nous terminons ces comptes rendus par une remarque de M. Gandillot. M. Gandillot s’est demandé, d’après les résultats de la relativité restreinte, ce qui pouvait se passer dans un train circulaire, tournant sur une voie d’un mouvement uniforme. Mais les résultats auxquels il arrive ne sont pas valables, car le train ne constitue pas un système de Galilée et les résultats de la théorie restreinte seule ne sont pas suffisants (1). Il faut encore tenir compte du « champ de gravitation » (force centrifuge) dû à la rotation et dont l’influence se superpose à la contraction de Lorentz.
- Nous aurions voulu pouvoir rapporter ici les discussions fort intéressantes auxquelles se sont livrés plusieurs savants sur différentes questions de relativité générale. Mais il faudrait, pour cela, faire appel à des notions mathématiques trop compliquées. En attendant que la théorie généralisée soit devenue plus accessible, nous n’oserons donc pas aller plus loin.
- Cependant il manquerait quelque chose à l’harmonie de ce compte rendu si nous ne terminions pas en rappelant le vibrant accueil fait au professeur Einstein lors de sa réception àu Collège de France. Il sut immédiatement conquérir la sympathie de l’auditoire par sa simplicité et la douce expression de son regard. Ceux qui, dans cette atmosphère toute cordiale, l’ont entendu répondre aux objections de ses contradicteurs avec l’assurance, le calme et le bon sourire de toute sa physionomie, conserveront de son passage ici l’impression réconfortante que laisse, bien au-dessus de pauvres sentiments humains, la marque du génie.
- Max Morand,
- Élève de l’École Normale Supérieure.
- 1. Les formules de Lorentz ne tiennent compte, en effet, que de la vitesse à un instant donné. Elles ne s’occupent pas du changement de direction de cette vitesse, qui est dû a la rotation et est caractérisé par le « champ de gravitation ».
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Pans.
- p.320 - vue 324/620
-
-
-
- LA NATURE.
- N° 2512
- 27 MAI 1922
- LE VOL DES POISSONS VOLANTS
- Si le vol des oiseaux planeurs et rameurs a suscité de nombreux écrits et travaux, il semble y avoir eu relativement peu d’observations sur le vol, pourtant fort remarquable, des poissons volants. Leur mode de vol a déjà donné lieu, cependant, à un certain nombre de controverses: font-ils du vol ramé rapide, du simple planement après un saut au-dessus de l’eau ou du véritable vol à voile?
- Ces animaux, comme on le sait, se rencontrent surtout dans les mers tropicales, parfois par bancs fort nombreux. On les voit émerger subitement de l’eau, déployer leurs ailes et voler rapidement à une hauteur généralement faible au-dessus de l’eau et sur une distance qui peut atteindre quelquefois plusieurs centaines de mètres, puis ils plongent subitement.
- Nous pensons donc intéressant d’exposer ici quelques observations faites au cours de nos traversées en Afrique lors de nos études sur le vol des grands vautours (*).
- Il est assez difficile, vu la translucidité des ailes
- et la rapidité du vol de ces animaux, de distinguer avec certitude s’ils battent ou non des ailes. Le meilleur moyen de les observer est de sc placer tout à fait à l’avant, au-dessus de l’étrave d’un navire assez haut de bord, dans les environs de midi. La lumière verticale ou presque verticale du soleil se reflète alors sur les ailes et il est facile de se rendre compte de leurs mouvements.
- Chaque fois que les conditions d’observation étaient favorables, nous avons ainsi constaté que le vol de ces animaux sc composait d’une succession de vols planés entrecoupés toutes les 5 à 10 secondes d’une période très rapide (généralement une fraction de seconde) de vol ramé.
- Il est à remarquer que, pendant celle courte période, l’extrémité de la queue louche en général de temps en temps la surface de la mer, produisant ainsi une série de cercles dans l’eau (fig. 1). Le nombre d'attouchements de la queue peut s’évaluer grossièrement si l’on connaît la vitesse approximative du poisson et la dis-
- tance des centres des cercles. Les observations dont nous parlerons plus loin nous ont conduit à un ordre de grandeur d’un cinquantaine par seconde environ. Nous verrons plus tard à quoi il faut attribuer ces attouchements de la queue et quel est leur but.
- Quant aux périodes de vol plané, il est à remarquer que, par temps calme, la hauteur de l’animal reste sensiblement constante .au-dessus de l’eau : quelques) centimètres seulement en général, les hauteurs de 1 mètre et plus ne s’observant qu’exceptionnellement et par gros temps; enlevés par les remous, les poissons volants, tombent alors même parfois sur le pont. Ce n’est donc pas'Un vol plané à proprement parler, au cours duquel l’énergie est puisée dans la descente. Si, comme l’ont prétendu plusieurs auteurs, la vitesse de l’animal restait constante, ce vol serait tout à fait inexplicable par calme plat, où l’on ne peut invoquer ni courants
- 1. Études expérimentales sur le vol à voile, par P. liuuc. Tlièse publiée par lMc-rophile, janvier, février et mars 1922.
- 50’ Année — 1" Semestre
- Fig. 3. — Une autre espèce de poisson volant. Exocœtus spilopus. Longueur : 3o cm
- 21. — 321.
- p.321 - vue 325/620
-
-
-
- PROCÉDÉS ORIGINAUX POUR LA FABRICATION DE L’HYDROGÈNE
- 322
- ascendants dus aux vagues, ni irrégularités du vent.
- Aussi avons-nous entrepris une série de mesures de la vitesse du poisson au début et à la fin des périodes de planement par temps de calme plat.
- Pour cela, au moyen de repères (quadrillage de lignes horizontales et. verticales) placés sur le bastingage des navires, nous observions d’un point fixe 0 le mouvement relatif des poissons par rapport au navire. La connaissance de la hauteur du point 0 au-dessus de la mer et de sa position par rapport au quadrillage permet de détecminer très simplement la vitesse du poisson par rapport au bateau, le temps étant mesuré par un compte-secondes, ou môme en se servant des trépidations de l’hélice de période connue. Connaissant la marche du navire, on en déduit la vitesse absolue de l’animal (').
- Nous avons ainsi constaté que la viLcsse des poissons volants diminue d’une façon indéniable entre le début et la fin des périodes de planement. L’ordre de grandeur de leur vitesse est de 15 à 20 m. par seconde au début, de 6 à 10 à la fin.
- Les animaux utilisent donc la force vive emmagasinée au cours des périodes ramées pour se soutenir en l’air en perdant de la vitesse, Remarquons à ce sujet qu’ils paraissent être d’assez bons planeurs, étant donné leur fort poids en comparaison de la surface alaire.
- Pendant les périodes de vol ramé, les animaux regagnent très promptement (moins d’une seconde en général) la vitesse perdue. Aussi parai t-il étrange que le mouvement seul de leurs ailes y suffise. iïankin a déjà émis l’idée que l’animal se servait de sa queue comme propulseur. Ceci expliquerait les cercles tracés dans l’eau pendant les périodes de vol ramé : une autre explication pourrait à vrai dire se trouver dans les mouvements alternatifs de
- I. Ces mesures ne sont pas d’une très grande précision, mais, dans les moyennes, les erreurs accidentelles, qui sont les seules importantes, s’éliminent.
- montée et de descente du corps, corrélatifs du mouvement des ailes. Mais il y a de fortes probabilités pour que dans les périodes que nous avons dénommées de « vol ramé », la queue joue un rôle important. En premier lieu, Shelborn a montré que les muscles des ailes étaient peu puissants (et sans doute insuffisants pour donner à l’animal les LrèsforLs accroissements de vitesse souvent constatés). En second lieu, il serait bien étrange que l’animal fasse sans raison, pendant ses périodes de vol ramé, plonger dans l’eau l’extrémité de sa queue. Enfin, en troisième lieu, nous croyons avoir observé que les deux phénomènes ne sont pas toujours simultanés, autrement dit qu’il y a parfois des périodes de regain de vitesse soit par godillemcnt seul de la queue dans l’eau, soit par seul vol ramé.
- En résumé, le vol des poissons volants est un vol plané à hauteur sensiblement constante et vitesse décroissante, obtenu par une modification adéquate de l’angle d’attaque des ailes. La force vive ainsi perdue est récupérée de temps à autre par de rapides périodes de vol ramé ou de frétillement de la queue abaissée jusqu’à toucher la surface de la mer.
- Il serait intéressant de vérifier si des périodes de frétillement de la queue et de vol ramé peuvent bien se produire séparément comme nous le croyons, et, si oui, de préciser le regain de vitesse observé dans chaque cas.
- La question des poissons volants laisse donc encore quelques petits problèmes en suspens. Nous les signalons aux voyageurs des mers tropicales : ils pourront ainsi employer utilement les loisirs d’une longue traversée en apportant une contribution à l’étude de cet intéressant animal, qui, seul dans la nature, nous donne l’exemple d’un être animé pouvant à volonté se mouvoir dans l’atmosphère et dans les profondeurs de l’eau.
- 1’. J nu au.
- PROCÉDÉS ORIGINAUX POUR LA FABRICATION DE L’HYDROGÈNE
- L’accroissement des besoins en hydrogène a suggéré, pendant ces dernières années, des méthodes de fabrication parfois très originales. Je m’empresse de dire que la plupart d’entre elles ne sont pas susceptibles à l’heure actuelle de rendement économique. Elles n’en sont pas moins dignes d’attention par l'intérêt scientifique qu’elles comportent et par les possibilités qu’elles indiquent si une découverte ou la mise au point d’un appareil permettent leur exploitation industrielle. Le nombre des investigations des chercheurs atteste l’intérêt que présente l’hydrogène pour l’aérostation et dans l’industrie pour la soudure au chalumeau,, l’obtention des très hautes températures, l’hydrogénation des huiles, la synthèse de l’ammoniaque, etc.... Ces recherches sont peut-être aussi l’indication que les procédés de fabrication, actuellement, en usage, accusent un rendement qui n’est pas très voisin du maximum.
- Nous allons examiner, parmi beaucoup d’autres, quelques méthodes originales de production de l’hydrogène.
- T Décomposition de l’eau par le fer (sous pression et a haute température). — Si du fer est mis en présence d’eau liquide à haute température cl sous pression élevée, l’hydrogène se dégage et le résidu est de l’oxyde magnétique de fer :
- 5Fc + 4 II2 O = Fe304 + 4 H*.
- Le fer peut être remplacé par du charbon, l’hydrogène est alors mélangé d’anhydride carbonique qui sera éliminé par les moyens usuels :
- C+ 211*0 = 00* + 211*.
- Nous reprenons ainsi, mais dans des conditions d’application différentes, des formules chimiques connues.
- Ces réactions ont lien très rapidement vers 500°, température à laquelle l’eau, au voisinage de son point critique, of>5°, se comporte comme un acide. La pression
- p.322 - vue 326/620
-
-
-
- PROCÉDÉS ORIGINAUX POUR LA FABRICATION DE L’HYDROGÈNE
- 323
- employée doit être au moins égale à la tension de la la vapeur; elle est donnée ci-dessous :
- Température (deg. centig.) . 250 500 550 565.
- Pression de vapeur (atm.). . 59 89 167 200,5.
- Si l’on utilise du charbon, cette température assez basse favorise la production d’un gaz contenant une majorité d’anhydride carbonique et non d’oxyde de carbone. Si on emploie du fer, elle limite l’attaque des impuretés de ce dernier.
- D’autres matériaux de décomposition ont été suggérés. En 1911, Bergius et la Chemische Fabrik chauffent ensemble à 540° G. un mélange de 100 kg de coke, 200 kg d’eau et 1 kg de chlorure de thallium. L’évacuation du mélange d’hydrogène eL d’anhydride carbonique s’opère par intervalles et ce dernier gaz est ensuile éliminé.
- Dans le brevet anglais, n° 19.002 de 1912, Bergius indique que la réaction en présence du fer est accélérée par l’addition d’un électrolyte, chlorure de fer par exemple, ou d’un métal plus noble que le fer. Bergius cite, ailleurs, la réaction de l’eau à 500° G. et sous 150 atmosphères sur un mélange de fer, de chlorure de fer et de cuivre métallique. Il relate également l’emploi, à la température de 250° G. et sous une pression de 120 kg, de fer mélangé de chlorure de sodium et de cuivre métallique.
- L’hydrogène produit par cette méthode peut être obtenu à un grand état de pureté, si l’on s’en rapporte à la composition moyenne donnée par Bergius :
- Hydrogène................ 99.95 °/0 en volume
- Oxyde de carbone .... 0.001 °/0 —
- Hydrocarbures saturés . . 0.042 °/„ —
- Hydrocarbures non saturés 0.08 °/0 —
- La réaction terminée, on peut retirer, après décompression, l’oxyde de fer du générateur et le réduire en fer métallique, prêt pour un nouvel emploi, au moyen d’un gaz réducteur : oxyde de carbone ou gaz à l’eau.
- Une des caractéristiques les plus intéressantes de ce procédé est que l’eau, par suite de la pression à laquelle elle est soumise, arrive au contact de toutes les particules de la masse de charbon ou de fer. Le rendement en est très amélioré et se rapproche des prévisions théoriques. Dans l’usine construite à Hanovre par Bergius, 90 pour 100 du fer était oxydé dans une période d’environ 4 heures. L’action sur le charbon était un peu plus lente. Les impuretés du fer : carbone et sulfure restaient inatla-quées.
- L’usine consiste essentiellement en un appareil à pression contenant un tube central de chauffe autour duquel sont groupés les tubes à réaction, alimentés en eau par un dispositif central.
- Le prix de l'hydrogène préparé par ce procédé est peu élevé, mais si, d’une part, la dimension de l’appareil est très réduite relativement à sa capacité de production (un générateur d’une capacité de 50 litres est capable île produire 50 m3 de gaz, aux conditions ordinaires de température et de pression), on rencontre, d’autre part, de sérieuses difficultés à construire des appareils pouvant supporter à la fois la pression et les actions chimiques qui caractérisent la réaction.
- La pureté de l’hydrogène produit et l’abondance en France des matières premières nécessaires au pi’océdé sont également de sérieux avantages.
- La discontinuité des opérations et la compression de l’hydrogène à sa sortie de l’appareil favoriseraient l’emploi du procédé par des armées en campagne.
- Ce procédé est garanti par les brevets suivants pris au nom de Bergius :
- Brevet français, n° 447.080, 1942.
- — allemand, ne 254.595, 1941.
- — — n° 277.504 et 286.964,1945.
- — anglais, n° 49.002 et 19.005, 4942.
- — américain, n° 1.059.817 et 4.059.818, 4915.
- Il a fait, en outre l’objet d’une notice de Bergius,
- publiée en 1945 par le Journal of l/ic Society of Chemical Induslry, vol. XXXII et dans Zeilung fiir Kompund flüssige Case en 4945.
- 2° Décomposition de Beau par l’aluminium. — L’aluminium possède une très grande affinité pour l’oxygène; c’est après l’hydrogène et le carbone, la substance qui dégage le plus de chaleur par sa combustion :
- Hydrogène : 54,200 calories. Carbone : 8,457 calories. Aluminium : 7,140 calories.
- L’aluminium présente donc une tendance très vive à se combiner avec l’eau, et il était indiqué d’utiliser cette propriété pour la décomposition de celle dernière en vue de la production de l’hydrogène.
- Ikmr activer celte tendance, on a préconisé d’éliminer soit par la soude caustique, soit par les sels de mercure, la couche d’alumine qui recouvre le métal attaqué et limite la réaction.
- Ce premier procédé, dans lequel la soude est la substance activante, avait été signalé par le colonel Ch. Ile-nard en 1885; il a été utilisé par l’armée russe pendant la guerre contre le Japon et était connu en Allemagne sous le nom de procédé hydric :
- 4Al + 6Na Oll = 6Na + 2A12 O5 + 611. fja réaction est très vive et nécessite une quantité importante d’eau de refroidissement. L’hydrogène produit est d’une grande pureté. Il ne contient en suspension que des parcelles de soude caustique facilement éliminables par lavage. Un kg d’aluminium et 4 kg 6 de soude caustique donnaient 1 m5 d’hydrogène avec 57 litres d’eau, dont 50 étaient utilisés pour le lavage.
- Le second procédé dans lequel, la matière activante est un sel de mercure ne présente pas la même violence de réaction.
- Dans l’application industrielle de la méthode, l’aluminium et le mercure ne sont pas amalgamés directement. Le D1' Le Bon montra, en effet, qu’il y avait avantage à réduire un sel de mercure, et le Dr italien L. Ilelbig que les meilleurs résultats étaient obtenus avec le bichlorure.
- On utilise ainsi la propriété que possède l’aluminium de réduire à l’état de mercure métallique, les solutions aqueuses de sels de mercure :
- 2 Al + 5 Hg Cl* = 2 Al Cl3 + 514g.
- Celte équation montre qu’un excès d’aluminium se trouverait automatiquement amalgamé par le mercure métallique au moment où ce dernier serait produit.
- Mauricheau-Beaupré, étudiant la technique du procédé s’est arrêté à une préparation analogue à celle ci-dessus, mais dans laquelle il ajoute du cyanure de potassium. La présence de ce dernier corps complète la réaction sur l’eau et le rendement passe de 60 pour 400 élu rendement théorique à 90 et 95 pour 400.
- Le lieutenant-colonel Espilalier, qui a suivi les essais, indique que pour obtenir le rendement maximum, il y a lieu de maintenir la température du mélange à 70° G. en récupérant la chaleur produite par la réaction. L’eau est introduite progressivement sur le mélange et une circulation d’eau, extérieure, assure un-refroidissement
- p.323 - vue 327/620
-
-
-
- PROCÉDÉS ORIGINAUX POUR LA FABRICATION DE L’HYDROGÈNE
- 324
- convenable de l’appareil, permettant de ne pas dépasser la température de 80° C. En ajoutant un peu de pétrole, on supprime la formation de poussières rendues nocives par la présence de bichlorure et de cyanure. L’appareil générateur doit, évidemment, être inattaquable au mercure.
- L’aluminium employé doit être très pur. Le duralumin est presque inaltaqué par l’eau, même bouillante, contenant des sels de mercure.
- •4
- Dans le commerce, le mélange est livré sous forme de poudre en cartouches de la composition suivante : 1,5 pour 100 de cyanure de potassium, 1,b pour 100 de bichlorure de mercure, 2 pour 100 de chlorure de calcium et 95 pour 100 de poudre d'aluminium. Un kilogramme du mélange donne environ 1300 litres d’hydrogène et absorbe 1 litre d’eau.
- Une modification au procédé Mauricheau-Beaupré a été présentée par la Chemische Fabrik Griesheim Elektron qui utilise de l’aluminium finement divisé mélangé à 1 pour 100 de soude caustique et 1 pour 100 d’oxyde de mercure.
- Celte mixture a l’avantage d’être moins nocive que la précédente.
- Sarason, d’autre part, conseille l’addition d’un sel alcalin : borate, phosphate, afin d’activer, au début de l’opération, l’action de l’eau sur l’amalgame d’aluminium.
- Les brevets suivants garantissent le procédé :
- Brevet français, n° 392.725, 1908 au nom de Mauricheau-Beaupré.
- Brevet anglais, n° 3.188, 1909, au nom de la Société Griesheim.
- "Brevet anglais, n° 18.772, 1911, au nom de Sarason.
- Brevet allemand, n° 229.162, 1919, au nom de la Société Griesheim.
- Dans le brevet anglais n° 11.838 de 1912 pris au nom de Uveno et n° 294.910 de 1916 pris au nom de Elkan Erben, ces inventeurs proposent l’emploi d’un alliage de la composition suivante :
- Aluminium.....................78 à 98 parties
- Zinc..........................15 à 1,5 —
- Etain.......................... 7 à 0,5 —
- L’alliage est coulé et après refroidissement amalgamé avec du mercure.
- Si cet alliage est plongé dans l’eau chaude, il se dégage rapidement de l’hydrogène et la production est proportionnelle à la quantité d’aluminium et de zinc que contient le mélange. Le gaz produit est très pur.
- 5° Préparation par fermentation de l’amidon. — Ce procédé, dû à M. Fernbach, chef de service à l’Institut Pasteur, est le résultat indirect d’une application de la réaction des fermentations. Quand le bacille de Fernbach est introduit dans de l’amidon gélatineux (C° H10 O5), il se produit une fermentation qui donne naissance à de l’acétone (Cil5)2 CO et à de l’alcool butylique normal Cil3. Cil". Cil2. CIP. Oïl dans le rapport pondéral de 1 à 2, le total de ces deux produits représentant environ 35 pour 100 de l’amidon mis en œuvre.
- Le reste de l’amidon est transformé en un mélange à volumes à peu près égaux de gaz carbonique et d’hydrogène avec une légère proportion d’azote.
- Le gaz carbonique est absorbé en faisant passer dans l’eau le mélange sous pression. Et finalement on obtient un gaz ayant approximativement la composition suivante :
- Hydrogène............... 94 °/o
- Azote.............. 6 7o
- Ce procédé n’est pas établi en vue de la fabrication de l’hydrogène, mais bien de l’acétone, matière très de-
- mandée dans certaines industries. Encore ce procédé n’a-t-il pu être employé que lorsqu’il était nécessaire de se procurer de l’acétone, coûte que coûte.
- L’hydrogène est, dans cette fabrication, un produit accessoire très important, mais je ne crois pas que les usines qui, en France, ont fabriqué de l’acétone par le procédé Fernbach aient tiré parti de l’hydrogène sauf une exception. Tout à fait à la fin de la guerre, la Société « Distillerie des Deux-Sèvres », à Melle, avait conclu un arrangement pour la récupération de l’hydrogène avec la Société de l’Hydrogénation.
- Nous terminerons en examinant deux procédés tendant à l’extraction de l’hydrogène du gaz à l’eau ou tout au moins à l’enrichissement en hydrogène de ce dernier gaz, enrichissement destiné à faciliter les réactions caractérisant d’autres méthodes. Ce sont des procédés purement physiques.
- Séparation de l’hydrogène du gaz à l’eau par diffusion. — Nous savons que la propriété des gaz de traverser les parois poreuses est régie par la loi de Graham : a Les vitesses relatives de diffusion de deux gaz sont en raison inverse des racines carrées de leurs densités ».
- Si donc, nous faisons passer un mélange d’hydrogène et d’oxygène à travers un tube en porcelaine dépolie, les racines carrées des densités de ces deux gaz étant entre elles comme 1 est à 4, il diffusera, pour un temps donné, à travers la paroi du tube, 4 fois plus d’hydrogène, gaz léger, que d’oxygène gaz lourd.
- Nous indiquons ci-dessous, par rapport à l’hydrogène, les densités et les racines carrées des densités des constituants du gaz à l’eau.
- proportion MOYENNE BANS LE GAZ Al/EAG DENSITÉ RACINE CARRÉE DE LA DENSITÉ
- Hydrogène 50 0/0 1 1
- Oxyde de carbone 40 0/0 14 5,7
- Anhydride carbonique . . . 4 0/0 22 4,7
- Azote 5 0/0 14 3,7
- Méthane 0,5 0/0 8 2,8
- Oxvgène Hydrogène sulfuré 0,5 0/0 16 17 4,0 4,1
- D’après ces données, on voit que si un courant continu cîe gaz à l’eau circule dans un tube à paroi poreuse appropriée, le gaz qui sera diffusé contiendra plus cl’hydrogène que le gaz à l’eau initial.
- L’appareil devra être conçu de façon à réaliser l’évacuation rapide des gaz diffusés et des gaz résiduaires, afin de ne pas perdre le bénéfice de l’opération. Une pompe à succion opérant à pression constante permettra la récupération des gaz diffusés. Les résidus restés dans le tube seront aisément déplacés en régularisant la vitesse du courant du gaz à l’eau.
- Le diffusant. — Toute la difficulté technique de la méthode réside dans le choix du diffusant. Si la porosité est trop grande, aucune séparation appréciable n’a lieu.
- C’est ainsi qu’un mélange d’oxygène et d’hydrogène passant à travers un tube capillaire aura la même composition à la sortie qu’à l’entrée. Cependant, si les deu> gaz passaient séparément, le volume d’hydrogène serait supérieur à celui de l’oxygène pour un temps donné.
- Si, au contraire, la porosité de la matière de diffusion est trop faible, le temps nécessaire à la séparation est très long et l’opération difficile à conduire.
- p.324 - vue 328/620
-
-
-
- LE LABORATOIRE TECHNIQUE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES = 325
- Jouve et Gautier ont obtenu par ce ’pi’océdé des résultats très intéressants. C’est ainsi que, après simple passage du gaz à travers une cloison de porcelaine dépolie, le pourcentage d’oxyde de carbone dans le gaz diffusé était réduit de 45 pour 100 à 8 pour 100.
- Pullman et Elworlhy indiquent la production d’un mélange d’hydrogène et d’anhydride carbonique par passage de vapeur d’eau surchauffée et en excès sur du coke au rouge, ainsi que la séparation connexe des gaz par diffusion à travers un diaphragme de plâtre de Paris ou.de porcelaine poreuse. Nussow fait connaître que des diaphragmes liquides, l’eau par exemple, peuvent être utilisés. Snelling utilise la porcelaine poreuse revêtue d’un léger enduit de platine ou de-palladium et chauffée au-dessus de 900° C. L’opération est, de préférence, poursuivie sous pression.
- Ce procédé est très séduisant. 11 ne nécessiterait que l’énergie nécessaire à l’évacuation du gaz résiduaire non diffusé et au maintien de la différence des pressions entre les deux faces de la cloison de diffusion.
- Il est nécessaire de noter que l’hydrogène ne suit pas exactement la loi de Graham. C’est ainsi que ce,gaz, 14 fois 1/2 plus léger que l’air (la racine carrée de 14,5 est 5,83), ne diffuse au travers d’un orifice de petite dimension qu’avec une vitesse à peine trois fois et demie supérieure à celle de l’air.
- :Le procédé a fait l’objet des brevets suivants :
- Brevet français n° 572.045, 1906, Jouve et Gautier.
- — anglais n° 22.340, 1891, Pullman et Elwor-
- thy.
- — allemand n° 295.463, 1913, Nussow.
- — États-Unis n° 1.056.026, 1915, Hoofnagle.
- — États-Unis n° 1.174.651, 1916, Snelling.
- Séparation de l’hydrogène du gaz à l’eau par la force centrifuge. — Le principe de la sépara lion par la force centrifuge de deux corps à l’état de mélange est appliqué industriellement dans beaucoup de cas : écré-rneuscs, essoreuses rotatives, etc. Il est basé sur ce fait qu’une masse appelée à se mouvoir d’un mouvement circulaire subit l’aclion d’une force qui est fonction de
- celte masse, de la vitesse linéaire dont clic est animée,
- . . MV2
- et du rayon de courbure de sa trajectoire :
- L’application très spéciale de ce principe à la séparation de gaz de densités différentes a été étudiée par de nombreux physiciens. Ehvôrthy et Mazza se sont attachés à la séparation de l’hydrogène dans le. gaz à l’eau.
- La conclusion de ces études est que de très grandes vitesses doivent être imprimées au gaz pour obtenir une séparation appréciable. On a démontré que, si un tambour dé 0 m. 90 de diamèlre et 0 m. 50 de longueur, rempli dans tout son volume par un mélange à 15° C. contenant 80 pour 100 d’hydrogène et 20 pour 100 d’air, tourne à.20.000..tours.par minute, il s’établira un équilibre dynamique lorsque les gaz du centre et de la périphérie auront les compositions suivantes :
- Gaz du centre. Gaz delà j)ériplicric.
- Hydrogène. . 97.8 pour 100 66.1 pour 100
- Air............ 2.2 pour 100 55.9 pour lOO
- Les densités de l’air et de l’oxyde de carbone étant presque égales, des résultats à peu près identiques à celui ci-dessus pourraient être obtenus avec l'hydrogène et l’oxyde de carbone, composants principaux du gaz à l’eau.
- La vitesse énorme de rotation et la difficulté de déplacement pratique des gaz du centre et de la périphérie rendent la réalisation industrielle du procédé très difficile.
- Je ne crois pas qu’elle ait été tentée. 11 se pourrait d’autre part, que l’énergie consommée pour la séparation d’un mètre cube d’hydrogène soit supérieure à celle employée dans d’autres procédés pour sa production.
- La méthode ci-dessus est garantie par les brevets suivants :
- Brevets anglais : n° 10.581 de 1906, Elworlhy.
- n° 7.421 de 1906, Mazza. n° 17.946 de 1905, Glamond. n° 12.194 de 1902, Mazza.
- Capitaine Veuneuil, .
- Chef île la Section Aérostntion,
- Service îles Fabrications de l’Aéronautique.
- LE LABORATOIRE TECHNIQUE
- Le public français a pris l’habitude de vitupérer contre les rouages administratifs, que l’Europe a cessé depuis longtemps de nous envier. A la vérité, les méthodes souvent surannées de certains départements ministériels agacent notre tempérament national, frondeur et avide de progrès. Mais il faut aussi le reconnaître, nos blâmes se trompent parfois d’adresse; La plupart de nos hauts fonctionnaires s’acquittent avec zèle de leur tâche, que les circonstances rendent souvent difficile. Que de reproches, par exemple, n’a-t-on pas adressés au Service des Postes et Télégraphes, que d’abonnés au Téléphone maugréent journellement contre la lenteur des communications? Pourtant, les techniciens de cette administration s’efforcent loyalement de trouver les moyens propres à augmenter le rendement des lignes télégraphiques ou téléphoniques et ils cherchent sans cesse à perfectionner les appa-
- DES POSTES ET TELEGRAPHES
- reils. Nous allons voir que, contrairement à l’opinion courante et malgré la modicité des sommes qu’on leur alloue pour leurs expériences, ces savants électriciens ne le cèdent en rien à leurs confrères étrangers.
- Le laboratoire où se poursuivent ces importantes recherches fait partie d’un centre d'études techniques, dirigé par M. Dennery, inspecteur général des Postes et Télégraphes et qui comprend, en outre, l’Ecole supérieure de Télégraphes, le Service d’étude et de recherches techniques des Postes et Télégraphes, le Comité technique des Postes et Télégraphes ainsi que le Comité de rédaction des Annales des Postes et Télégraphes, revue scientifique paraissant tous les deux mois.
- Ce laboratoire a été installé en 1919 et 1920 par M. Valertsi, ingénieur des Télégraphes, dans les salles d’un immeuble de la rue de Grenelle, qui
- p.325 - vue 329/620
-
-
-
- 326 = LE LABORATOIRE TECHNIQUE
- abritait alors les collections du Musée des Postes et Télégraphes, aujourd’hui transférées au Conservatoire des Arts et Métiers. Les instruments de mesures et les appareils d’essais qu’on y rencontre sont remarquablement agencés ; en sorte, que cet établissement peut soutenir la comparaison avec les laboratoires similaires du « General Post Office » de Londres ou de la « Western Electric Company » de New-York.
- Parmi tous les essais télégraphiques, téléphoniques, radio télégraphiques et radiotéléphoniques
- DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES : ....
- sateurs et de bobines de self-induction, calculées de manière à laisser passer seulement une gamme bien limitée de fréquences électriques. Le deuxième personnage téléphone à la manière ordinaire, à travers un filtre électrique approprié, tandis que son collègue de gauche debout près du mur, cause avec un autre appareil à haute fréquence. À la suite des résultats obtenus au laboratoire, on va mettre prochainement ce système en exploitation sur une ligne existante. On compte pouvoir de la sorte, superposer à la communication habituelle, 4 autres com-
- Fig. i. — Poste <de départ d’une installation de téléphonie multiple à haute fréquence. (Ces 3 hommes causent en même temps, sur une même ligne, avec 3 autres personnes se trouvant dans un poste d’arrivée éloigné.)
- auxquels on procède dans ce laboratoire, nous allons passer en revue quelques unes des expériences les plus susceptibles d’intéresser nos lecteurs. Par exemple, une très originale installation de téléphonie multiple à haute fréquence (fig. 1) permet à trois personnes de causer en même temps, sur la même ligne, avec trois autres interlocuteurs placés dans un poste d’arrivée éloigné. On voit sur la droite de notre gravure l’ëmetteurà lampes-audions qui engendre des courants alternatifs de haute fréquence, à' gauche dé l’électricien du premier plan, l’amplificateur. De chaque côté de lui, on distingue, un peu en arrière sur la table, les filtres électriques placés dans des caisses de bois, recouvertes de cages de Faraday pour éviter les effets d’induction. Ces filtres sont des chaînes de conden-
- munications effectuées à l’aide de courants alternatifs de haute fréquence, modulés au départ par des microphones et séparés à l’arrivée, grâce à des filtres électriques appropriés puis détectés et amplifiés par des audions. Ces appareils de téléphonie multiple permettront d’augmenter de 400 pour 100 le rendement des lignes téléphoniques existantes.
- Les essais de relais téléphoniques, effectués chaque jour dans le même laboratoire, n’ont pas une importance moindre. Comme amplificateurs, on utilise les audions montés de façon à retransmettre en Eamplifiant une conversation téléphonique affaiblie par sa propagation le long d’une ligne de grande longueur. Non seulement ces relais téléphoniques rendent possible la conversation à des distances énormes, mais réalisent encore des économies consi-
- p.326 - vue 330/620
-
-
-
- LE LABORATOIRE TECHNIQUE
- DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES 337
- dérables dans la construction des lignes. Donnons quelques chiffres pour fixer les idées. Un circuit téléphonique en fil de cuivre de 3 mm. de diamètre, muni d’un relai, coûte au tolal 500 000 francs à l’heure actuelle tandis qu’une ligne, avec fil de 5 mm sans relai et équivalente au point de vue de l’audition, revient à 1100000 francs.
- À la suite de missions accomplies aux Etats-Unis, le Service des jfitudes des Postes et Télégraphes a mis également sur pied en 1919 un projet de cable entre Paris-Nancy et Strasbourg avec fils fins en cuivre isolés
- 5 lampes-audions reçoit au 'moyen du siphon-rccor-, der un câblogramme transmis à travers la ligne artificielle placée à gauche. Un amplificateur de ce genre, appliqué au câble réel Brest-Dakar, a permis d’accroître de 30 pour 100 environ la vitesse de transmission, tout en améliorant la forme des signaux, ce qui augmente, en fait, de 40 pour 100-le rendement commercial. Ces études théoriques onf donc évité la pose d’un deuxième câble qu’aurait' nécessité l’exploitation avec les anciens procédés,: d’où économie de 10 millions environ!
- Fig. 2. — Réception au siphon recorder, avec un amplificateur spécial à 5 lampes, d’un câblogramme ' transmis à travers une ligne artificiellé^fmeuble de gauche), représentant le câble sous-marin Brest-Dakar.
- au papier, placés dans une gaine de plomb et munis de bobines Pupin et de relais amplificateurs. Les conducteurs ainsi agencés amélioreront l’audition de façon considérable et permettront à un Lorrain ou à un Alsacien de causer avec n’importe quelle ville de France.
- De même, dans le laboratoire de la rue de Grenelle, on essaie des amplificateurs spéciaux à 5 lampes couplées par des résistances et des piles. Ces amplificateurs faciliteront la réception des câblogrammes. On utilise pour ces essais des lignes artificielles, composées de résistances et de condensateurs correspondant électriquement aux longs câbles sous-marins Marseille-Alger et Brest-Dakar. La figure 2 représente une de ces installations. L’opérateur se tenant près de l’amplificateur à
- Passons maintenant dans la plus grande salle du laboratoire où se font les différentes mesures électriques. Yoici le dispositif pour les mesures d'isolement, et de résistances élevées, par la méthode de comparaison, au moyen d’un galvanomètre Thomson (fig. 3). On remarquera que cette méthode dite du pont de Kelvin a été ici très perfectionnée, que les pieds des tables de manipulation et des supports galvanométriques sont parfaitement isolés. L’expérience figurée sur notre gravure concerne un petit condensateur de poste d’abonné,, qu’on aperçoit posé sur un plateau, vers la gauche.
- Avec le pont de Rayleigh (fig. 4) on mesure les impédances des appareils téléphoniques d’abonnés aux différentes fréquences ; l'expérimentateur est en train de déterminer celle d’un récepteur serre-tête
- p.327 - vue 331/620
-
-
-
- 328 LE LABORATOIRE TECHNIQUE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- Fig. 3. — Installation pour, les mesures d’isolement et de résistances élevées, par la méthode de comparaison, au moyen d’un galvanomètre Thomson.
- pour opératrice. On a ouvert la caisse feutrée dans laquelle on enferme ce récepteur serre-tête, au cours des essais; en arrière, on distingue la résistance non inductive étalonnée; devant lui, au premier plan, les bras de proportion du pont et, sous sa main droite, l’étalon de self-induction réglable.
- De son côté, un pont de résonance (fig. 5), installé sur une table voisine, sert à mesurer les capacités, les inductances, les résistances effectives et les fréquences, par la méthode des résonances. L’opérateur pose la main sur l’étalon de self-induction réglable tandis qu’il a devant lui l’étalon de capacité réglable, les bras de proportion du pont, et à sa droite une résistance non inductible étalon réglable.
- Disons maintenant un mot des essais téléphonométriques, qui s’exécutent dans plusieurs pièces du laboratoire. Arrêtons-nous d’abord devant l’installation avec laquelle on mesure l'efficacité des appareils téléphoniques d’abonnés, des microphones et des récepteurs (fig, 6). L’opérateur a devant lui une ligne téléphonique artificielle réglable, représentant le câble-étalon admis par les administrations européennes et par les compagnies américaines. Il fixe des yeux les trois petites lampes qui lui signalent si l’appareil essayé est aussi bon, pire ou meilleur que le microphone ou le téléphone étalon servant de comparaison. Un de ses collègues, enfermé dans une cabine voisine, écoute dans le récepteur tandis qu’une troisième personne, se tenant dans un autre isoloir, parle
- alternativement dans l’appareil à examiner et dans l’instrument étalon. L’opérateur règle la ligne jusqu’à l’égalité et d’après la longueur du câble-étalon mise en circuit peut classer les appareils. ;
- D’autres techniciens emploient une cabine feutrée très- silencieuse à doubles parois remplies de débris de liège, pour se rendre compte du brûlage des microphones (fig. 7). Après avoir mis un écouteur serre-tête, branché d’un côté sur un rhéostat et relié, d’autre part, aux bornes soit du microphone en essai, soit du microphone type, le téléphoniste s’asseoit dans sa cabine dont il ferme la porte ; puis il laisse tomber les tentures d’isolement. La boîte feutrée, ouverte sur la gravure ci-contre afin de montrer les microphones qu’elle contient, est naturellement fermée hermétiquement pendant les expériences de mesure.
- L’homme écouté les bruits très ténus que produisent les étincelles jaillissant entre les granules de charbon d’un microphone, quand on fait varier lentement jusqu’à zéro l’intensité du courant d’alimentation microphonique.
- Le dispositif utilisé pour l’examen de l’effet de Larsen (fig. 8) est également très original. Expliquons en quoi consiste ce phénomène électrique. Dans l’appareil dit combiné d’un usage courant en France pour les postes d’abonnés, une poignée servant de manche réunit le microphone et le récepteur ; de sorte que ces deux derniers organes possèdent une triple liaison acoustique par l’air, mécanique par la poignée et électrique par les connexions 'du poste. Il en résulte alors, dans diverses circon-
- Fig4- —- Pont de Rayleigh pour les mesures d’impédances d’appareils téléphoniques, aux différentes fréquences.
- p.328 - vue 332/620
-
-
-
- LE LABORATOIRE TECHNIQUE DES POSTES ET TÉLÉGRAPHES
- 329
- stances et. de préférence pour certaines fréquences, que des courants parasites s’établissent, puis s’entretiennent entre le microphone et le récepteur ; ils se traduisent par un bruit de sifflement, dénommé effet de Larsen dans le langage technique, bruit fort gênant pour les conversations téléphoniques. Afin d’ohser-ver et de mesurer cet effet, on enferme un appareil combiné dans la boîte, sise sur la droite de notre photographie (fig. 8). On raccorde les bornes du récepteur et du microphone aux quatre fiches apparentes sur le devant de la caisse; puis on envoie dans le récepteur du courant ' alternatif provenant d’un oscillateur à 5 lampes-audions (sorte de générateur hétérodyne de fréquences téléphoniques) posé à gauche sur la même table. Le récepteur agit par l’effet de Larsen sur le microphone dont les courants alternatifs, intensifiés par l’amplificateur à lampes audions (vu à gauche), puis détectés par l’autre lampe (située en arrière), traversent le galvanomètre Deprez-d’Arsonval qu’on aperçoit derrière la vitrine protégeant l’ensemble de l’installation. La déviation de ce galvanomètre mesure l’effet de Larsen pour la fréquence qui parcourt le récepteur de l’appareil en essai.
- L’oscillateur fournit des courants de toutes fréquences entre 200 et 2500 périodes par seconde. En observant les appareils téléphoniques par cette méthode, ou peut obtenir les diagrammes caractéristiques de chacun d’eux. Pour construire les courbes, on porte en abscisses les fréquences, en ordonnées les déviations du galvanomètre. Un bon
- Fig. 6.
- Mesure de l’efficacité des appareils téléphoniques d’abonnés, des microphones et des récepteurs.
- Fig. 5. — Pont de résonance pour les mesures de capacités, d’inductances, de résistances effectives et de fréquences.
- téléphone doit donner une ligne horizontale coïncidant avec l’axe des abscisses, tandis qu’à un mauvais appareil correspond une courbe sinueuse avec des maxima très élevés et irrégulièrement espacés.
- Parmi les autres recherches récentes des savants techniciens de l’Administration des Postes et Télégraphes, signalons encore l’adaptation à la télégraphie des redresseurs à vapeur de mercure Cooper-Hewitl ou des redresseurs à lampes système Tungar dont les filaments de tungstène se trouvent noyés dans une atmosphère d’argon, de manière à fonctionner comme des valves Fleming de grand débit. Des installations de cë genre, étudiées au laboratoire, ont permis de supprimer les piles télégraphiques des bureaux de Brest et de Moulins ou les appareils rapides (Baudot et Hughes) sont alimentés directement par des courants alternatifs de secteurs industriels convenablement redressés.
- Le laboratoire technique des Postes et Télégraphes ne reste pas non plus étranger au progrès de la téléphonie sans fil. Dans cet ordre d’idées, il entreprend, à présent, une suite, d’expériences. Sur ses indications, on établit une communication de télégraphie sans fil entre Nice et Ajaccio, qu’on raccordera ultérieurement à la ligne Paris-Nice au moyen de relais téléphoniques spéciaux; cela permettra de causer entre Paris et Ajaccio partie sans fil, partie avec fil. Une fois cette première étape achevée, on réalisera une communication analogue entre Paris et Alger. D’autre part, on a mis également au point, dans le laboratoire, des postes ré-
- p.329 - vue 333/620
-
-
-
- 330
- LE RYTHME DANS LE TRAVAIL PROFESSIONNEL
- Fig. 7. — Cabine feutrée très silencieuse pour les essais de brûlage des microphones.
- copieurs rcidioiéléphoniques qui, placés dans les principaux bureaux de province, feront entendre aux abonnés, par leur ligne téléphonique habituelle, les concerts et autres messages de la
- cupe du choix d’un téléphone type pour tous les abonnés.
- Il existe actuellement, en France, une grande multiplicité d’appareils ne possédant ni la même efficacité de transmission, ni la même sensibilité de réception, ni la même netteté d’articulation. Aussi, dans les communications interurbaines, les employés n’ont jamais la certitude de percevoir nettement le numéro demandé pas plus que l’appelant ne sait si ses paroles arriveront jusqu’aux oreilles de ses correspondants.
- D’autre part, cette diversité complique les travaux d’entretien et oblige «à emmagasiner un nombre infini de pièces séparées. Jusqu’ici toutes les tentatives d’unification échouèrent, car l’administration ne disposait pas d’installations de mesures d’une valeur scientifique indiscutable permettant d’affirmer que tel appareil est meilleur dans son ensemble que tous les autres. Il fallait, en effet, pour formuler de telles appréciations, se placer, tour à tour, aux différents points de vue intéressant les services urbains et interurbains. Aujourd’hui les installations téléphonométriques, ci-dessus décrites, ont comblé cette lacune. Aussi bientôt s’ouvrira un concours entre- les constructeurs afin de déterminer le type réglementaire, que devront utiliser tous les abonnés des réseaux manuels ou automatiques, Le jour où [cet appareil idéal aura reçu l’estampille officielle, le service des téléphones français fonctionnera sans doute beaucoup mieux.
- Jacques Dover.
- Tour Eiffel.
- Avec le concours de M. Abraham, professeur à la Sorbonne, le laboratoire a fait faire aussi un grand pas à la radiotélégraphie imprimée. Ce système rend possible dès maintenant l’utilisation.directeen T. S. F. des appareils Baudot; grâce à lui, on a pu atteindre une vitesse de transmission commerciale de 720 lettres par minute alors qu’avec les procédés de manipulation ordinaire et de lecture au son, on ne dépasse qu’ex-ceptionnellement les 100 lettres à la minute.
- Enfin, et nous terminerons par là cet exposé bien incomplet de l’œuvre considérable accomplie depuis 1919 par les techniciens émérites de la rue de Grenelle, le laboratoire s’oc-
- Fig. 8. — Installation pour la mesure de l’effet de Larsen, dans un appareil téléphonique à microphone et récepteur combinés.
- LE RYTHME DANS LE TRAVAIL PROFESSIONNEL
- A l’heure actuelle, dans tous les pays à industrialisme développé, le problème de l’organisation rationnelle du travail est à l’ordre du jour.
- On s’est attaché surtout à résoudre; à l’aide de la
- science expérimentale, le problème de l’orientation professionnelle ; on peut aujourd’hui déceler d’une manière exacte et précise les signes* objectifs de la supériorité professionnelle et procéder à la détermination des
- p.330 - vue 334/620
-
-
-
- 331
- LE RYTHME DANS LE TRAVAIL PROFESSIONNEL
- aptitudes physiques et psycho-physiologiques exigées par un nombre croissant de professions. En second lieu, nombre de facteurs de première importance, intervenant dans le travail professionnel, tels que la fatigue physique et psychique, l’entraînement et d’autres, ont été l’objet d’une étude approfondie de la part de savants spécialistes.
- Néanmoins, d’autres facteurs non moins importants au point de vue de l’organisation rationnelle du travail professionnel, n’ont pas encore attiré suffisamment l’attention des chercheurs.
- Le phénomène bien connu sous le nom de rythme représente un de ces facteurs qui méritent une étude attentive. En vue de démontrer le rôle que le rythme joue dans l’activité professionnelle, en particulier l’économie des foi'ces, nous nous proposons d’en préciser la nature, d’en faire ressortir les avantages au point de vue du meilleur rendement, de relater enfin les rares îecherches qu’il a provoquées ainsi que les résultats obtenus.
- Si, jusqu’à, ce jour, la « science du travail » n’a pas ( ncore voué au phénomène du ry thme une élude systématique, son influence prédominante dans le travail professionnel a été démontrée par bon nombre d’études historiques et ethnographiques, ayant pour objet l’activité professionnelle des peuples primitifs et civilisés. Comme Uucher l’a démontré dans son remarquable livre «Travail et Rythme », qui contient toute une histoire du rythme, des rythmes typiques se sont, dans l’antiquité, créés peu à peu dans un nombre indéfini de professions manuelles. Accompagnés de chants ou de musique appropriés, ils représentent des méthodes très répandues.
- Le magistral exposé de Rucher projette une vive lumière sur les avantages physiologiques, psychologiques et moraux résultant de la rythmisation du travail professionnel. Toutefois, l’œuvre de l’économiste allemand présente surtout un caractère historique et ethnographique, mais les nombreux exemples de rythmisation du travail professionnel cités dans cette œuvre sont capables de fournir à la science du travail mainte suggestion utile.
- Le problème à résoudre aujourd’hui par la science du travail consiste, en effet, à étudier, au moyen de l’expérimentation et de l’observation, les possibilités d’application du rythme à l’activité professionnelle moderne afin de rendre le travail moins fatigant, moins monotone, plus attrayant; en un mot, de provoquer cette sage économie des forces dû travailleur qui non seulement sauvegarde la santé et augmente le bien-être, mais aussi augmente son rendement.
- C’est une constatation courante que tout travailleur, même ignorant complètement les notions de la physiologie, a tendance à exécuter son travail d’une manière rythmique, dès que ce travail exige un effort soutenu et présente une certaine régularité. Comme l’a fort bien démontré Bûcher, l’homme, et en particulier l’homme primitif, adopte inconsciemment le mode de travail le plus économique, le moins fatigant, notamment lorsqu’il s’agit d’un travail de longue durée. D’une manière générale, nous pouvons dire que c’est le sentiment de la fatigue qui engage l’homme à adopter le mode de travail le plus économique. Comme le dit Joteyko : « Les mouvements impropres, mal adaptés, accompagnés d’un gaspillage d’énergie, sont en même temps ceux qui fatiguent le plus; or la fatigue et la douleur sont des états d’âme que nous tâchons d’éviter par l’effort de toute notre vie. La fatigue est la conscience du surmenage, résultant soit d’un excès de
- travail, soit d’un travail peu productif, accompagné de gaspillage ».
- Nous ne songons nullement à considérer le sentiment de la fatigue comme l’expression fidèle d’un état objectif de fatigue, car ce dernier est très subjectif et sujet à des aberrations multiples ; il est néanmoins intéressant de constater qu’en dehors de toute préoccupation d’ordre physiologique et psychologique, l’homme a su adopter très souvent, à l’aide du rythme, la manière de travailler la plus économique, la moins fatigante, et ceci bien avant que des recherches systématiques aient été entreprises dans ce domaine.
- L’action rythmique peut être perçue de façons très différentes. On distingue un rythme musculaire, un rythme visuel, un rythme auditif ou sonore (appelé cadence). Dans le travail professionnel, l’action rythmique est constituée dans la règle par un ensemble de sensations rythmiques. Ainsi, le rythme dans le travail de l’homme occupé à scier du bois est musculaire par les mouvements que celui-ci exécute, visuel, puisque l’ouvrier voit les mouvements rythmiques, enfin, il est sonore par le bruit occasionné par le travail. Sans nul doute, ces différentes sensations rythmiques ont une action stimulante les unes sur les autres, ee qui est d’une importance capitale dans le travail'professionnel, en particulier, dans le travail à la machine.. Ainsi, la vue même de mouvements rythmiques, ou l’ouïe du bruit des instruments de travail poussent à l’accomplissement rythmique du travail. Lorsqu’on aperçoit (et entend en même temps) d’autres marcheurs marchant suivant un rythme déterminé, on s’adapte de suite à ce rythme. L’action stimulante de la vue ou de l’ouïe du rythme sur des sujets paresseux est bien connue. 11 parait certain en outre que le rythme du travail est facilité d’une façon notable par la cadence sonore de bon nombre de travaux (travail de martelage, travail à la lime, à la scie, etc.). La plupart des instruments de travail ont leur bruit particulier, dont la cadence contribue a régulariser le rythme musculaire et renforcer son action. Le fait qu’un bruit accompagne la plupart des rythmes a même donné lieu à une confusion entre les deux phénomènes. La cadence est un rythme sonore ; elle est généralement constituée par des bruits secs et courts, suivis de silences relativement longs, que remplissent d’autres rythmes. De façon analogue, la machine est Susceptible, dans certains cas, de créer, par son bruit, un rythme sonore, qui allège le travail, à la condition toutefois que le rythme de la machine corresponde au rythme normal des muscles en action. Dans plusieurs usines américaines, on place dans les ateliers des machines spéciales à cadence sonore plus forte que le bruit des autres machines, chargées de marquer le rythme que doit suivre le travail de l’atelier.
- La notion du rythme comme facteur déterminant une économie des forces dans le travail une fois admise, il ne reste plus qu’à expliquer les causes d’une telle influence.
- Tout d’abord, il convient d’étudier l’influence du rythme sur la contraction musculaire. Il paraît évident que le rythme des contractions ménage un intervalle de repos nécessaire à la réparation de la fatigue du muscle. C’est là un fait capital, sans lequel on ne comprendrait pas pourquoi, dans le moteur humain, les mouvements sont alternatifs, alors que les mouvements rotatifs des moteurs inanimés sont les plus économiques et les plus réguliers. Dans la rotation, il n’est pas possible de réaliser la réparation organique indispensable, ni de débarrasser les foyers cellulaires de leurs déchets.
- p.331 - vue 335/620
-
-
-
- 332
- LE RYTHME DANS LE
- D’après Chauveau, l’œuvre réparatrice consiste simplement à rétablir les propriétés élastiques de la matière, à créer de la force élastique ou force de contraction ; tout le travail physiologique intérieur, qui ne s’arrête jamais dans les cellules vivantes, prépare cette œuvre définitive.
- Mais il y a dans l’action rythmique certainement plus qu’un simple rétablissement des propriétés élastiques de la matière. Tout travail de la substance vivante est accompagné d’un phénomène de désassimilation. Si cette dernière n’est pas compensée par une assimilation subséquente, provoquant une réparation, une restitution, il en résulte une disqualification du protoplasme, qui se traduit par le phénomène appelé « fatigue », celle-ci peut devenir de l’épuisement et, en fin de compte, déterminer la mort.
- Le rôle biologique du rythme apparaît clairement, le fait indéniable de la périodicité des.processus vitaux une fois reconnu. En effet, au cours de ces dernières années, les biolôgistes se sont attachés à décrire les phénomènes de périodicité, de rythme, dans toutes les manifestations de la vie, aussi bien de la vie des organes que des êtres et des fonctions ; cette périodicité est sous la dépendance d’épuisements successifs, tributaires de la vie elle-même et ayant leur siège dans l’intimité de la matière organisée. Car qui dit vie, dit usure, et toute fonction présente des hauts et des bas, des périodes de plénitude et des périodes de déchéance, qui lui donnent cette allure rythmique.
- Le rythme, établissant un intervalle de repos entre les contractions musculaires, permet une reconstitution des forces dépensées et recule, de ce fait, l’apparition de la fatigue.
- En recherchant les conditions du travail optimum, le physiologiste italien Maggiora a vu que, lorsqu’on contracte le doigt médius à l’ergographe une fois toutes les dix secondes, on n’arrive jamais «à la fatigue. Dans ces conditions, les contractions des fléchisseurs atteignent leur maximum de hauteur, et les muscles peuvent travailler indéfiniment, même si le poids à soulever atteint 0 kg. Le repos de dix secondes entre les contractions successives est suffisant pour la restauration intégrale et il confère au muscle la propriété d’être infatigable. Le muscle travaille alors suivant un rythme optimum.
- L’exemple le plus topiq-e de l’importance extrême de l’action rythmique au point de vue de la reconstitution des propriétés du muscle nous est. fourni par l’infatigabilité du cœur. Cet organe bat suivant un rythme optimum qui est suffisant pour la réparation entière, les changements chimiques survenus au moment de la systole étant exactement compensés pendant la diastole. Le cœur ne se fatigue que quand il est soumis à des excitations anormales, comme dans les maladies du cœur ou même dans les exercices forcés.
- Et de même manière que le muscle cardiaque, tous les autres muscles possèdent, nous allons le voir, un rythme normal qui leur est propre. Ce rythme optimum est représenté par la durée de l’intervalle qui doit séparer deux contractions, pour permettre la reconstitution intégrale de l’énergie dépensée par le travail du muscle.
- 11 s’agit donc de déterminer expérimentalement pour chaque travail, le rythme normal, celui qui permet le rendement optimum. Car si la quantité de déchets provoquée par le travail est assez faible pour que ceux-ci puissent être facilement éliminés par la voie sanguine pendant les intervalles de repos déterminés par le rythme, la fatigue ne se manifeste pas, même si le travail
- TRAVAIL PROFESSIONNEL :........................ —
- est de longue durée, à la condition toutefois qu’il n’exige pas d’efforts trop grands. Tant que le rythme du travail n’est pas itrop rapide, le travail s’accomplit avec facilité et lé rendement est élevé; lorsque le rythme est trop rapide, des quantités même très minimes de déchets, correspondant à un travail nullement considérable du muscle, ne peuvent être éliminées assez rapidement, et la fatigue se manifeste très tôt. On peut donc établir pour chaque muscle un rythme d’excitation sous lequel il ne se fatigue pas.
- La preuve la plus évidente qu’un rythme bien choisi permet la reconstitution intégrale de l’énergie dépensée, en débarrassant le muscle des produits de la désassimilation, réside dans le fait que le travail dit « statique » provoque relativement tôt déjà une fatigue intense, même dans le cas où le travail utile fourni n’est nullement considérable. Le rendement n’est pas proportionnel à la dépense.
- - La cause de cette fatigue intense et précoce, n’a pas encore été suffisamment élucidée. Mais il ne fait pas le moindre doute qu’elle soit due en premier lieu à la contraction constante du muscle, non coupée d’intervalles de repos, provoquant un déséquilibre entre l’assimilation et la désassimilation, et, par voie de conséquence, une fatigue toxique localisée.
- Sans aucun doute, la fatigue résultant d’un travail statique joue, dans nombre d’usines, un rôle plus considérable que la fatigue occasionnée par un travail dynamique. C’est le cas pour tous les travaux dans lesquels le corps ou certains membres ne sont pas en équilibre naturel.
- Signalons à ce propos l’enquête du Dr A. M. Bloch sur la fatigue musculaire professionnelle. Cet auteur arrive à la conclusion que ce sont les groupes de muscles immobilisés dans leur contraction qui se fatiguent, alors que les muscles qui se contractent et se relâchent incessamment, môme pour un labeur excessif, accomplissent leur tâche avec une facilité bien plus grande.
- . 11 est évident qu’au rythme musculaire correspond un rythme de Y innervation. Celui-ci provoque une économie de l’innervation, ce qui s’explique par le fait que le rythme détermine l’automatisation des mouvements. Or, l’automatisme équivaut à une économie des forces, de la volonté et de l’attention, autrement dit : l’automatisme économise de l’énergie. Notre éducation physique, obéissant instinctivement à la loi psycho-physiologique de l’économie des forces, cherche à transformer un nombre toujours plus grand d’actions courantes en automatismes, afin d’économiser le maximum possible d’énergie.
- Nous pouvons conclure que, sous l’action rythmique, la fonction musculaire s’accomplit dans une certaine mesure d'une manière automatique, sans exiger un nouvel effort de la volonté d’attention, jusqu’au moment où il y a inhibition déterminée par une nouvelle action volitive. De ce fait, le mouvement, qui se trouvait auparavant sous la dépendance de l’activité cérébrale, devient inconscient, automatique. Cette automatisation n’est possible que lorsque l’on peut régler la dépense d’énergie de telle façon, que le travail s’exécute dans un ordre régulier.
- 11 s’ensuit que les travaux qui doivent s’exécuter toujours de la même manière sont ceux qui se prêtent le plus' facilement à la rythmisalion. Et il en résulte que le rythme n’est pas toujours désirable : tous les travaux ne se prêtent pas à la rythmisalion. Si, par exemple, le rythme est utile dans la marche sur terrain plat ou légèrement ascendant, il est franchement défavorable et même nuisible, dans la marche sur un terrain accidenté, qui ne
- p.332 - vue 336/620
-
-
-
- LE RYTHME DANS LE TRAVAIL PROFESSIONNEL
- permet pas la réalisation d’un rythme uniforme et invariable.
- Examinons rapidement les conditions dans lesquelles les avantages du rythme énumérés ci-dessus peuvent se manifester. Les facteurs dont il faut tenir compte sont nombreux.
- Tout d’abord, notons que chaque muscle, ainsi que chaque groupe de muscles, possède un rythme normal, qui lui est caractéristique et, qu’en outre, existent de grandes différences individuelles. Tout organe, tout tissu possède son rythme à lui et il en est de même pour chaque individu. Le cœur est infatigable au taux de 70 battements par minute (ce qui correspond à peu près à un temps de repos de 0,5 à 0,0 secondes après chaque contraction). Les valeurs suivantes se rapportent à quelques muscles non chargés :
- Avant-bras sur le bras.............. 50 à 55
- Muscles masticateurs.................. 90 à 100
- 'Doigts................................150
- Cœur................................. 70
- D’une manière générale, c’est la longueur des leviers naturels (jambes, bras, doigts), et la vitesse avec laquelle ceux-ci se meuvent, qui doit déterminer le rythme à adopter. Un rythme qui n’est pas adapté aux conditions physiologiques du muscle provoque une fatigue plus grande que si le rythme faisait complètement défaut. Il s’agit donc d'adapter avant tout le rythme à la longueur des leviers naturels. Voici pour les muscles masticateurs un exemple intéressant de variation du rythme en raison inverse de la taille :
- Dœuf 70 contractions par minute.
- Cheval 75 » ' »
- Homme .... 90; 1100 » »
- Chien de chasse. 102 » »
- Chat 162 » »
- Lapin 240 » . »
- Cobaye 500 » »
- Souris blanche. . 550 » »
- La même loi se vérifie nettement dans le cas des battements d’ailes, depuis l’aigle — 50 à 00 par minute — jusqu’à la mouche : près de 20 000 (Marey).
- De même que chaque organe, chaque muscle possède son rythme à lui, les expériences ont démontré des différences individuelles parfois très grandes. L’analyse psycho-physiologique du rythme fournit la preuve que les différents individus ne s’adaptent pas de la même manière à un rythme donné. Des expériences entreprises, il ressort clairement :
- 1. Que les individus à réactions dites « motrices » sont influencés d’une manière notable par tous les changements intervenant dans le rythme qui accompagne leur travail, tandis que, d’autre part, les individus offrant le type des réactions dites « sensorielles », sont peu ou pas du tout influencés par de telles variations.
- 2. Que les effets du rythme sont très différents, suivant que celui-ci est imposé à l’ouvrier ou que ce dernier est en état de choisir le rythme qui correspond le mieux aux conditions spéciales de son appareil psychophysique.
- Un auteur, Avramoff, a cru trouver l’explication de ces différences dans le fait que le rythme du travail adopté spontanément par l’ouvrier correspond aux oscillations naturelles de son attention. En outre, les expériences d’Awramoff à l’ergographe semblent démontrer
- 333
- que, tandis que le rythme imposé est susceptible d’augmenter la quantité du travail, le rythme adopté spontanément par l’individu a pour conséquence une augmentation de la qualité du travail. 11 va sans dire que de telles expériences à caractère purement théorique ne peuvent s’appliquer intégralement à l’étude du travail professionnel, mais elles sont susceptibles de fournir d’utiles suggestions.
- Tout en admettant l’existence de ces différences individuelles, il convient toutefois de ne pas oublier que leur portée dépend dans une large mesure de la nature particulière du travail et du genre de rythme à adopter. Sans le moindre doute, il existe un nombre considérable de travaux simples dont l’exécution est rythmique, auxquels la grande majorité des individus s’adapte facilement, comme, pour ne citer qu’un exemple, la marche. L’histoire du rythme fournit la preuve que, dans un nombre considérable de travaux s’exécutant d’une manière rythmique, tous les exécutants sont soumis au même rythme. Dans nombre de cas, le travail collectif apparaît même comme une condition de la rythmitisation du travail. Ainsi, le forgeron, qui frappe le fer rouge sur l’enclume, travaille suivant un rythme musculaire donné, que le rythme sonore renforce et rend plus précis. Le temps qui s’écoule entre les coups est assez long. Or, il paraît que la limite inférieure de perception précise d’un rythme est approximativement de 4 secondes. Pour cetté raison, entre autres, les forgerons, les bûcherons, etc., travaillent volontiers à deux. La cadence est alors doublée comme vitesse ét le rythme sonore devient plus musical, car les deux coups sont distincts et différents, la masse du marteau et la force des hommes n’étant pas les mêmes.
- lien est ainsi pour bon nombre d’autres travaux et il n’v a pas de difficulté à adapter chacun au rythme du travail.
- Toutefois, il est possible que, pour des travaux très compliqués et accusant une grande différenciation, les différents individus réagissent d’une manière très différente à des rythmes différents. En particulier, dans les travaux dits .« combinés », la rythmisation peut apparaître comme un moyen d’adaptation, permettant à l’ouvrier de répartir aussi rationnellement que possible les différentes parties du travail « combiné » dans les petits intervalles déterminés par l’action rythmique.
- Le travail intellectuel présente également un rythme propre à chaque individu et l’application d’une bonne hygiène dépend de la connaissance de ce rythme et consiste à lui obéir, non [pas à le contrarier, en imposant à l’individu un rythme nouveau, défavorable souvent, parfois même franchement nuisible et destructeur.
- L’existence de différences individuelles dans le domaine du rythme, ainsi que le fait non moins probant, que chaque profession, chaque mouvement professionnel, présente des conditions particulières quant à l’action rythmique, doivent sans nul doute faire envisager la nécessité d’étudier, de rechercher, à l’aide de l’expérimentation scientifique, le rythme optimum pour chaque travail, pour chaque mouvement professionnel. Seule, une telle façon de procéder permettra de déterminer l’importance des différences individuelles et de fixer jusqu’à quel degré celles-ci doivent être prises en considération.
- Jean Waldsbuuueu,
- du Laboratoire de Psychologie expérimentale à l’Eeole pratique des Hautes Études.
- p.333 - vue 337/620
-
-
-
- 334
- LA PÊCHE ET LE COMMERCE DES POULPES EN TUNISIE
- .Les journaux quotidiens ont annoncé l’abondance anormale des pieuvres, en ce printemps, sur la côte nord de la Bretagne. Dans la Méditerranée, où ces mollusques céphalopodes sont abondants et recherchés pour la consommation, ils font l’objet d’une pèche spéciale et d’un commerce généralement local, mais parfois plus important, comme en Tunisie. La connaissance de ces modes de pèche pourrait servir utilement aux populations maritimes qui se plaignent du trouble apporté par les pieuvres à leurs ressources habituelles.
- Sur les rivages tunisiens, on rencontre un peu partout, en plus ou moins grande abondance, les hideux animaux à tentacules, à l’aspect sournois, au toucher visqueux : les poulpes, ou, comme les appellent les matelots, les pieuvres, que tout le monde connaît, sinon de vue, du moins d’après l’étonnante et émouvante description de Victor Hugo.
- Cependant, la pèche de ces horribles céphalopodes n’est guère pratiquée que sur la partie de la côte comprise entre Mahdia et Gabès, et surtout dans l’archipel de Kerkennah (en face de Sfax), dans les villages de El-Attaya, Kraïeb et Chergui, et à Djerba, File aux sables d’or, à l’entrée sud du golfe de Gabès.
- C’est là, en effet, que se donnent rendez-vous ces bêtes qui, semblables en cela à certains poissons de passage, s’y trouvent en nombre considérable de septembre en avril, dans une eau presque toujours délicieusement tiède.
- Leur pêche et leur vente constituent, dans celte région, une véritable industrie dont Sfax est, pour ainsi dire, l’unique marché qui est, d’ailleurs, concentré entre les mains d’intermédiaires grecs ou juifs.
- Cette pêche, qui est exclusivement faite par les indigènes, est des plus faciles. Elle n’exige pas d’appareils spéciaux, ni dispendieux, souvent même pas de barques.
- Les pêcheurs mettent tout simplement à profit l’instinct des poulpes qui, redoutant probablement, tant ils sont laids, que leur vue ne vienne à effaroucher leur proie, pratiquent la chasse à l’affût. Ils saisissent avec empressement toute occasion qui leur est offerte de se dissimuler.
- Lés indigènes se servent de cette curieuse habitude pour leur tendre, à leur tour, des embûches.
- A la marée basse, ils retroussent leur burnous, s’avancent à pied sur les bancs asséchant partiellement, jusqu’aux profondeurs de 0 m. 80 et disposent, en ligne, sur les fonds recouverts d’herbe et d’algues de diverses espèces, des abris artificiels, faits de branches de palmier. Puis, ils s’en retournent à terre avec la marée montante.
- Les poulpes trouvant sur leur chemin d’aussi suggestifs refuges les adoptent eomme domicile passager. Embusqués dans ces pièges primitifs, ils
- s'y tiennent aux aguets, et, de leurs gros yeux glauques, ils interrogent les eaux environnantes.
- Malheur aux animaux imprévoyants qui passent à leur portée! Avec une rapidité foudroyante, les chasseurs dardent, pour les saisir, un ou plusieurs de leurs huit longs tentacules, mettent en action les nombreuses ventouses dont ils sont armés à leur face interne et ramènent à leur terrible bec de perroquet, leurs victimes ainsi happées, au passage.
- Mais voici qu’au prochain retrait des eaux, les hommes interviennent à leur tour. Ils parcourent la ligne des pièges installés par eux, et, soit à la main, soit au trident, ils s’emparent des mollusques qu’ils contiennent.
- Comme toute la partie qui s’étend du ras Kapudia (au sud de Mahdia) à la frontière tripolitaine n’offre que des côtes basses se prolongeant fort avant dans la mer et formant une ceinture de bancs ou hauts-fonds, les indigènes peuvent s’éloigner jusqu’à 5 ou 7 milles du rivage, avant de rencontrer les grandes profondeurs, ce qui leur permet d’exercer également avec leurs barques, leur pêche toute spéciale.
- Voici comment procèdent les Kerkenniens.
- Ils transportent tout d’abord sur les lieux de pêche un grand nombre de grosses pierres creusées au centre, pour attirer les poulpes. Puis, ils partent par groupe de trois ou quatre barquettes ou humains (lig. 2), celles-ci ont pour centre de ralliement une grande barque appelée « loud », destinée à recueillir les mollusques que les pêcheurs sortent des creux des pierres; ils les hissent sur leurs embarcations à l’aide d’un crochet recourbé en forme d’hameçon et fixé à une perche à raccords, permettant d’atteindre des profondeurs variables. Lorsqu’ils en ont pris 2 ou 500 paires, ils les rapportent à terre.
- Les bancs de Djerba étant recouverts d’une luxuriante végétation sous-marine très recherchée par les poulpes, les habitants de cette île y disposent une « palangre » d’un nouveau genre. Les hameçons de cet engin sont remplacés par autant de petites gargoulettes, à panse rebondie, d’environ 0 m. 40 de hauteur, fabriquées dans le pays, spécialement à cette intention, et affectant la forme de notre dessin (fig. 1).
- L’une des extrémités de ces gargoulettes est ouverte, tandis que l’autre est simplement percée de quelques trous. C’est par ces trous que s’écoule l’eau, lorsqu’on relève les pièges et ils servent également pour fixer l’appàt consistant en poissons ou crabes attachés au fond par des cordelettes.
- Quant à la palangre, elle- est disposée de la façon suivante.
- À l’extrémité d’un cable, généralement en alfa, est amarrée une première gargoulette. Puis, on attache les autres de 2 en 2 m. sur le câble, au moyen de cordelettes passées dans les anses- des ustensiles.
- p.334 - vue 338/620
-
-
-
- LA PÊCHE ET LE COMMERCE DES POULPES EN TUNISIE rrr~- 335
- Trih.'.-'-j", 1 -«j;" '
- ’TMjil!, vgg'v"li7'
- Fig. i. — Palangre à gargoulettes : Un câble porte une centaine de gargoulettes espacées de 2 en 2 mètres.
- L’ensemble du chapelet ainsi constitué repose à fond plat, durant la nuit principalement, la nuit étant particulièrement propice à ce genre de pêche.
- L’extrémité du cable sur lequel sont fixées jusqu’à cent gargoulettes à la fois est suffisamment longue pour qu’elle puisse remonter à la surface, oii elle est maintenue au moyen d’un flotteur de liège servant, en même temps, de point de repère, lorsqu’on veut remonter la palangre.
- Pour relever celle-ci, les pêcheurs montés sur une barquette sont au nombre de trois. Le premier est chargé de la manœuvre du bateau, le second amène les gargoulettes les unes après les autres, tandis que le troisième, armé d’un roseau taillé en biseau, pique au fur et à mesure chaque animal entre les deux yeux, afin de l’étourdir. 11 est alors aisé de sortir les prisonniers blottis dans les gargoulettes qui les avaient facilement attirés ; ils n’offrent plus aucune résistance.
- La plus grande partie de la pêche est destinée à l’exportation. Ces animaux gélatineux ne pouvant être conservés qu’à l’état sec, les pêcheurs leur font
- subir une certaine préparation aussitôt rapportés à terre.
- Malheureusement, cette préparation inflige aux pauvres bêtes les tortures d’une longue et pénible agonie, ainsi qu’il ressort des détails ci-dessous.
- On commence par les « déeapuchonner », c’est-à-dire qu’on retourne la poche qui renferme leurs viscères, afin de paralyser leurs forces, lorsqu’elles se remettent de leur étourdissement.
- Ensuite, les poulpes passent aux mains des femmes et des enfants qui les installent les uns après les autres sur une grande dalle placée au milieu de la cour de chaque maison et les accablent de coup de battoir, jusqu’à ce qu’ils 11c donnent plus signe de vie, ce qui arrive généralement au bout d’un quart d’heure environ.
- Parfois ce sont les hommes qui se chargent de ce travail. À cet effet, ils saisissent leurs victimes par le haut du corps, ainsi’ que le montre la photographie de la figure 3 et les frappent vigoureusement contre terre, environ 150 fois, afin d’attendrir leur chair, tout en achevant de les tuer.
- Le battage terminé, on « malaxe » les bêtes, en leur imprimant un léger mouvement de va-et-vient, en même temps qu’on les comprime fortement sur le sol; ceci pour leur faire dégorger la plus grande partie de l’eau qu’elles contiennent et pour gonfler leurs tentacules.
- Aussitôt après, on lave les poulpes à l’eau salée, puis on les étend au soleil en longues files, tout comme du linge, sur des cordes d’alfa, dans les cours ou sur les terrasses des maisons, pendant 8 à 15 jours, suivant le temps (fig. 4).
- Il n’est pas nécessaire de saler les mollusques, car l’évaporation de l’eau de mer dont ils sont imprégnés, après les opérations précédentes, laisse dans la chair assez de sel pour en assurer la conservation.
- Dès que la dessiccation est ter-
- Fig. 2.
- Groupe de barquettes ou Kamakis servant à la pêche des poulpes.
- p.335 - vue 339/620
-
-
-
- 336
- LA PECHE ET LE COMMERCE DES POULPES EN TUNISIE
- Fig. 3. — Le battage des poulpes.
- Les pécheurs saisissent l’animal par le haut du corps et le frappent vigoureusement contre terre environ i5o fois pour l’attendrir.
- mince, Iverkenniens, Bjerbiens et autres apportent les poulpes desséchés ou karnites, comme on les appelle à Sfax, point de concentration, où ils sont emballés dans des toiles par lots de 100 kg environ.
- La pèche des poulpes est très importante en Tunisie. Elle a naturellement, comme les autres pèches, ses bonnes et scs mauvaises années. Quoi qu’il en soit, la moyenne de la production annuelle de la décade de 1910 à 1920 oscille entre 100 et 150 000 kg.
- Pendant la saison 1920-1921, ce fut une véritable pêche' miraculeuse. On a 'pris environ 200000 kg de poulpes qui, vendus à raison de 7 francs le kg. en moyenne, ont rapporté la somme de 1 -400 000 fr. Par contre, coïncidence bizarre, alors que sur les côtes de Bretagne se renouvelle actuellement la fameuse et désastreuse invasion de pieuvres de 1899, celles-ci semblent avoir déserté, au cours de la campagne 1921-22, les côtes tunisiennes, car, on en a vendu tout juste pour 100 000 francs.
- Une petite partie de la pèche est expédiée aux Etats-Unis ; la plus grosse quantité passe à Malte, non pas définitivement. Comme aucune compagnie française de navigation n’est disposée à exporter en Orient les produits tunisiens, si intéressants pourtant, les commerçants sfaxiens en sont réduits à expédier les « karnites » à Malte, où ils sont transbordés sur des bateaux anglais qui les emportent en Grèce.
- En effet, les Grecs font une grande consommation de poulpes desséchés ;
- ils les mangent à la vinaigrette ou frits avec des pommes de terre et des olives. C’est l’aliment traditionnel et préféré de la classe peu fortunée, pendant les deux carêmes de Pâques et de l’Assomption que comporte la religion orthodoxe.
- Signalons en terminant que les poulpes dont on utilise les viscères comme boette pour la pèche aux poissons tiennent une place assez importante dans l’alimentation des indigènes. Ils les mangent à l’état frais en les faisant frire et ils en sèchent une certaine quantité qu’ils mettent sous huile pour les jours de disette.
- Nous ajouterons, d’ailleurs, qu’une cuisinière experte et.... vigoureuse peut composer, avec les tentacules des poulpes, un mets assez attrayant et dont la recette est excessivement simple. .
- Après avoir attendri les mollusques par un battage prolongé entre deux planches, on les blanchit dans de l’eau bouillante, afin d’enlever la saumure dont ils sont imprégnés. Puis, on les cuit au court-bouillon avec toutes sortes, d’épices, pour les arroser enfin d’une bonne sauce blanche ou d’une sauce au vin, et l’on obtient un plat dont le goût rappelle assez bien celui du homard ou même de la langouste.
- Mais, précaution indispensable : il faut avoir soin d’éliminer les individus aux extrémités roses, trop coriaces, et n’utiliser que ceux de petite taille, aux tentacules d’une teinte uniformément grise!
- L. KüEiSTZ.
- Professeur nu lycée de Bixcrlc.
- Fig. 4. — Le séchage des poulpes.
- le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahdrje, 9, rue de Fleurus, Paris.
- p.336 - vue 340/620
-
-
-
- N° 2513.
- 3 JUIN 1922
- W 1 JS/ OBSERVATIONS SUR LE
- Il y~ïrquelques mois, par la plume autorisée du grand savant qu’est le Dr William T. Iiornaday, directeur de la New York Zoological Society, l’organe de cette institution protestait contre le massacre de la plupart des hôtes de la fameuse réserve d’Umfolosi, vaste territoire du Zoulouland où les derniers représentants de la grande faune du. Natal paraissaient avoir trouvé, sous la protection des lois, un refuge inviolable contre les entreprises des chasseurs.
- Les éleveurs et fermiers établis dans les parages de cette Réserve s’avisèrent un jour qu’elle servait aussi d’asile à la néfaste mouche tsé-tséqui, d’après eux, rayonnait de ce centre de dis-
- RHINOCEROS “ BLANC
- Fig. i. — Le rhinocéros blanc.
- On voit nettement sur cette photographie la forme de la bouche et la pellicule cornée de la lèvre inférieure.
- perston pour contaminer leurs troupeaux.
- Un complot fut ourdi savamment par les colons. Au jour fixé, plusieurs centaines d’hommes armés de fusils à balles explosives cernèrent le territoire, et, malgré les protestations des gardes, massacrèrent tous les animaux qu’ils rencontrèrent ou rabattirent. Et ce fut probablement
- la plus grande hécatombe de gros gibier qui sc soit jamais produite en Afrique ou ailleurs.
- Cette tuerie est d’autant plus déplorable qu’on enregistre parmi ses victimes les derniers survivants d’espèces ou de variétés intéressantes, que l’on peut désormais considérer comme éteintes. Dans le nombre figurent une vingtaine de rhinocéros blancs (Ceratollïerium simum cottoni), espèce qui peuplait encore la plus grande partie de l’Afrique australe au commencement du xixe siècle, et qui, progressivement, s’était vue réduite à ce nombre infime. L’Union du Sud-Afrique a donc perdu là son plus précieux mammifère.
- Déjà, voici une quinzaine d’années, on le rangeait parmi les espèces éteintes, lorsqu’un explorateur anglais, M. Powell-Cotton, pénétrant le premier
- 50' Année — 1*' Semestre.
- dans les jungles du Lado (Nord-Est du Congo), eut la surprise d’y rencontrer des bandes de rhinocéros « blancs », qui lui parurent constituer une nouvelle espèce. L’information souleva une vive émotion dans les milieux zoologiques. Dès qu’il eut abandonné le pouvoir suprême, Tardent naturaliste qu’était Tex-président Roosevelt résolut d’aller étudier de près le Ceratolherium simum cottoni, et il
- organisa sa fameuse expédition en Afrique centrale avec l’aide de YA-merican Muséum of Natural Hisio-ry. La peau et les photographies qu’il rapporta prouvèrent qu’on se trouvait en présence de la même espèce, c’est-à-dire du rhinocéros dit « à bouche carrée » que, jusqu’alors, on avait cru exclusif à l’Afrique australe.
- Il a fallu attendre plusieurs années pour obtenir des renseignements précis et complets sur ce. mammifère. La, science en est redevable au D1’ Herbert Lang, ce jeune savant de Y American Muséum qui vient de passer cinq années dans l'Enclave du Lado et forêt équatoriale. Nous noterons qu’il est le premier homme de race blanche qui ait vécu dans la société des Pygmées, ces mystérieux nains de l’Afrique centrale.
- C’est à la monographie qu’il a publiée dans le Zoological Society Bulletin que nous avons emprunté les notes qui vont suivre. Dès le début, une question s’impose à notre attention : comment expliquer que cette gigantesque forme, distribuée dans deux habitats distants de plus de 400 km, n’ait pas subi de ces variations qui donnent naissance, dans une même famille, aux différentes espèces? Ces deux habitats, plus particulièrement celui du Nord, ont des frontières géographiques bien déterminées, et, comme nous le verrons plus loin, les mœurs du cératothère, telles que les a
- 22. — 337,
- dans la en passant
- grande
- p.337 - vue 341/620
-
-
-
- 338 .....-.. OBSERVATIONS SUR LE RHINOCEROS " BLANC ”
- Fig. 2. — Jeune rhinocéros < blanc » surpris par l’objectif.
- observées M. Lang, sont si spéciales, qu’il ne peut prospérer et vivre que dans un milieu — un seul — étroitement caractérisé par sa topographie et par sa flore.
- Les différences anatomiques entre les deux espèces africaines, le rhinocéros blanc et le rhinocéros noir (Diceros bicornis), sont considérables, et certaines sont si manifestes qu’un profane ne saurait s'y tromper. L’espèce noire — et c’est là lin trait qu’elle a en commun avec les espèces indiennes et malaises — a la tête beaucoup plus courte, avec un museau qui, terminé par la pointe triangulaire de la lèvre supérieure préhcnsible, rappelle le « bec» de la tortue.
- Chez son congénère africain, la forme générale de la tête est moins massive. Le museau est coupé à angles droits, et les lèvres sont rectilignes'. Le Dr Herbert Lang a fait une constatation surprenante : la lèvre inférieure est recouverte d’une épaisse pellicule de matière cornée, protection efficace contre les bords effilés des « herbes-rasoirs » dont se nourrit le monstre.
- Ce mot est employé ici à dessein, car le cératothère est bien, après l’éléphant, le plus grand mammifère en existence. C’était l’opinion de Roosevelt, opinion que confirment les mensurations prises par le Dr Lang sur les animaux tombés sous ses balles. Le mâle que montrent plusieurs de nos photographies avait une longueur de autres espèces ne dépassent jamais 4 mètres.
- Les pieds du rhinocéros blanc sont caractérisés par des coussinets qui
- jouent le rôle des enveloppes pneumatiques, et absorbent les chocs. Il en résulte une marche silencieuse que ne possèdent pas les autres espèces. Un rhinocéros noir qui court s’entend de loin. Le galop d’un blanc ne produit ni son ni heurt, et, quand la bête est cachée par un rideau d’herbes, elle arrive sur le,chasseur sans qu’il soupçonne son approche.
- Les cornes méritent une description. Elles atteignent chez cette espèce des dimensions phénoménales. M. Lang en a rapporté une qui mesure 1 m. 55. Leur forme et leur disposition varient considérablement, d’un individu à l’autre. Elles peuvent être presque rectilignes, ou recourbées en avant, ou recourbées en arrière. Les deux cornes peuvent être égales, ou l’antérieure peut être deux fois plus grande que: la postérieure. A titre exceptionnel, une corne rudimentaire peut pousser entre les deux cornes normales.
- Le fait le plus étrange est que ces cornes ne sont pas plantées directement sur le crâne, mais qu’elles sont simplement attachées à la peau, qui se continue sous leur base. L’attachement s’effectue à l’aide d’une myriade de fibres ténues qui s’enracinent dans autant de trous microscopiques qui percent la peau, épaisse de 5 cm. Ces fibres se désagrègent rapidement après la mort. On "peut facilement détacher les cornes en s’aidant d’un simple couteau de poche. Deux jours après la mort, on peut les arracher à la main, sans grand effort.
- Ce détail anatomique est de la plus haute importance. Il annonce déjà une énorme différence entre les mœurs des deux espèces africaines ou, mieux,
- p.338 - vue 342/620
-
-
-
- _ OBSERVATIONS SUR LE RHINOCÉROS " BLANC ” _...... 339
- entre les mœurs du cératothère et celles des quatre autres espèces de rhinocéros. Chez celles-ci, la ou les cornes, solidement plantées dans l’os du crâne, sont de véritables armes, dont la bête se sert férocement pour l’attaque. Quand elle court sus à Tennemi, elle laboure rageusement le sol avec sa corne antérieure, avant d’en asséner un coup à l’adversaire. Dans les combats d’arène organisés aux Indes et en Malaisie entre un éléphant et un rhinocéros, le dernier cherche toujours à frapper le premier d’un coup de corne au ventre.
- D’après la description que nous venons d’en faire, les cornes si mal plantées du cératothère ne sau-
- arides, totalement privées de cours ou de masses d’eau. Au contraire, le cératothère ne peut pas se passer de son bain quotidien, habitude qui limite étroitement son domaine, et qui explique pourquoi il ne s’est pas répandu dans toute l’Afrique tropicale, comme l’espèce noire. Celle-ci s’accommode de l’habitat de celle-là, si bien que l’une et l’autre fréquentent simultanément certains districts. Mais la « blanche a ne saurait vivre dans des régions arides.
- La baignade est prise toujours sur le même point du marécage, et l’usage y creuse un bassin où les gigantesques animaux se roulent avec délices dans une vase semi-liquide. Quand ils en sortent, ils sont
- raient servir d’armes, et les observations du Dr Herbert Lang s’accordent avec cette conclusion. Ces appendices aux dimensions terrifiantes ne sont que de débonnaires outils, que la bête emploie exclusivement pour écarter devant elle les herbes coupantes qui poussent hautes et. drues dans les savanes où elle paît.
- Le distingué savant a été fréquemment témoin de son manège. Elle avance en balançant son énorme tête latéralement, et de telle façon que la longue corne antérieure rabat de chaque côté les herbes. Cette pratique constante finit par user la face antérieure de cette corne, principalement près de la base, comme le lecteur pourra le constater sur les photographies si obligeamment prêtées à la La Nature par l’explorateur.
- A l’unique exception de noire sujet, les rhinocéros n’accordént à l’eau qu’une utilité : le breuvage. Aussi, peuvent-ils prospérer dans des régions
- recouverts d’une couche de houe qui sèche rapidement au soleil. Selon la nature du terrain, cetle boue peut être blanche, noire, jaune, rouge, ou même verdâtre, si elle renferme des algues microscopiques. Le baigneur conserve sa livrée jusqu’à ce que le contact des herbes lui ait rendu sa couleur naturelle, qui est gris ardoise. Il est probable que les premiers individus aperçus en Afrique australe par les colons hollandais s’étaient roulés dans une houe calcaire, d’où l’épithète de « blanc » qui. leur fut décernée, et qu’ils ont conservée.
- Les rhinocéros noirs ne peuvent se nourrir sans l’intervention de leur lèvre supérieure préhensiblc, qui arrache les feuilles et les branches des arbustes, ou les loufies d’herbe. L’espèce blanche n’a pas l’embarras du choix : une longue évolution l’a adaptée étroitement à la consommation de l’herbe, qu’elle rencontre abondamment dans les régions humides qu’elle habite, et qu’elle broute à la façon des moutons. ,
- p.339 - vue 343/620
-
-
-
- 340 i::;.". y.:.. :: OBSERVATIONS SUR LE RHINOCÉROS “ BLANC
- Fig. 5. — Un rhinocéros « blanc » abattu,.
- Elle vit par bandes ou par familles de cinq à dix individus, qui ne se querellent jamais entre eux. Chaque bande a son territoire et ses trous de vase, que les autres respectent. Quand on se rencontre entre voisins, on s'identifie mutuellement... à la façon des chiens, c’est-à-dire par l’odorat. Ces grosses bêtes, débonnaires aiment la société de leurs semblables, alors que les rhinocéros de toutes les autres espèces ont des mœurs solitaires, et qu’il est rare de les rencontrer en groupe.
- On sait que l’espèce noire africaine est douée d’une humeur féroce, et qu’elle se précipite sur l'homme sans la moindre provocation. Au dire de plusieurs explorateurs, il lui arriverait même parfois de chercher querelle aux éléphants! L’espèce blanche est essentiellement pacifique, et elle serait complètement inoffensive, n’était son poids énorme, quand un homme a la malchance de se trouver sur le chemin que suit un troupeau en fuite. Comme nous l’avons indiqué plus haut, la marche et le galop de ces monstres sont silencieux. Ils surgissent des herbes subitement, sans laisser prévoir leur approche. Et, plusieurs fois, l’expédition du D1' Lang l’échappa belle ! En une circonstance que narre le savant, six de ces colosses passèrent en trombe à moins d’un mètre du groupe qu’il formait avec ses porteurs !
- Dans un autre cas, en pleine nuit, une forte bande envahit le camp. M. Lang fut réveillé en sursaut par un rhinocéros qui bousculait sa tente! Tous les indigènes s’étaient enfuis, sauf le guide qui partageait l’abri du docteur. Littéralement, ils étaient pris dans une trappe. Au moindre bruit, les colosses pouvaient s’éparpiller en leur passant sur le ventre !...
- Pendant dix minutes, les indiscrets envahisseurs inspectèrent le camp, en reniflant bruyamment sur les moindres objets. Enfin, l’un deux fit choir un
- poteau qui supportait une planche, et le fracas dispersa la bande sans plus de dommages.
- À part l’homme, ces puissants animaux, qui, malgré leur masse, peuvent galoper sur plusieurs centaines de mètres aussi rapidement qu’un cheval, n’ont pas d’ennemis à redouter. Mais les léopards réussissent parfois à surprendre un jeune qui s’est attardé à l’abreuvoir après le départ de la mère. Certains indigènes osent s’attaquer, sans armes à feu, à ces monstrueux mammifères. Le Dr Lang fut le témoin d’un exploit qui dénote une force physique et un courage peu communs.
- Un chasseur de la tribu des Azan-dés, nommé Balla, accompagnait le savant dans la jungle, lorsqu’un énorme mâle surgit des hautes herbes. La direction de sa course affolée était une menace de mort pour le blanc comme pour le nègre. Prompt comme l’éclair, Balla brandit sa sagaie et la lança avec une telle force quelle transperça la peau, épaisse de 5 cm, brisa une côte, et la dépassa de 15 cm, atteignant le poumon.
- Le sang jaillit des naseaux du monstre, qui s’en fut mourir à quelques centaines de pas. Epuisé par l’effort qu’il venait de fournir, le nègre s’était évanoui. Quand il reprit ses sens, son premier mot fut pour réclamer sa sagaie, à laquelle il attachait un pouvoir surnaturel. C’était le vingt-neuvième rhinocéros qu’elle avait transpercé !
- Le I)1' Herbert Lang complète sa monographie avec une étude des parasites spéciaux à l'espèce. Des quantités de tiques, dont il a identifié plusieurs genres, trouvent le moyen d’ancrer leur suçoir dans une peau aussi épaisse, principalement dans les plis qu’elle forme autour des yeux, des oreilles et de l’attache des membres. Ces insectes sont dévorés par un oiseau (Buphagus africanus), qui est le fidèle associé de ces monstres. Il est prouvé, et le
- Fig. 6. — L’ejjet des « herbes rasoirs » sur d’épais brodequins portés par V explora leur pendant i5 jours.
- p.340 - vue 344/620
-
-
-
- CHEMINEMENT CAPILLAIRE, DIFFUSION ET DÉPLACEMENT - 341
- D1' Lang l’a constalé de ses yeux, que cet oiseau réveille d’un cri perçant les rhinocéros assoupis, dès qu’un danger les menace. Et c’est à cause de ces vigilantes sentinelles que l’explorateur a « raté » des clichés photographiques dont nous déplorons avec lui l’absence !
- Les rhinocéros blancs sont tourmentés par des mouches quasi-microscopiques qui profitent des moindres égratignures infligées à leur épiderme par les « herbes-rasoirs » pour se nourrir de leur sang. L’autopsie des individus abattus par l’expédition a montré que l’espèce est sujette à des maladies parasitaires.
- Comme nous l’avons vu, le cératothère ne possède
- Zoulouland. Sa protection contre les amateurs de gros gibier armés de fusils perfectionnés incombe à trois administrations coloniales : le Soudan britannique, le Congo belge, l’Afrique occidentale française. Les deux premières ont édicté récemment dans ce sens des règlements sévères, propres à décourager les massacreurs. Geratotherium simum cottoni n’attend plus qu’un décret de notre Ministère des Colonies pour voir son avenir assuré !
- Nous demanderons au lecteur de ne point ranger parmi ces massacreurs le Dr Herbert Lang, dont l’auteur de ces lignes s’honore d’être l’ami. Il limita strictement sa chasse aux trois spécimens (mâle, femelle, petit) qui prendront place dans cette
- plus qu’un habitat (celui du Congo-Nil), dont le D1, Lang évalue la superficie à 160000 km2 constitués par des territoires marécageux et malsains, impropres à la colonisation. Espérons que cette réserve naturelle lui sera plus propice que celle du
- admirable collection de groupes que constitue Y American Muséum of Natural Hisiory, et à laquelle La Nature a consacré l’an dernier un article.
- Y. FoRBIiV.
- CHEMINEMENT CAPILLAIRE, DIFFUSION ET DÉPLACEMENT
- Lorsqu’on dispose verticalement une bande d’un tissu quelconque, préalablement mouillé, de telle manière que son extrémité supérieure soit repliée et plonge dans une cuvette contenant de l’eau, on constate bientôt que cette eau, qui forme une nappe apparemment continue, chemine dans les interstices capillaires qui laissent les fibres entre elles, pour venir finalement se résoudre en gouttelettes à l’extrémité inférieure.
- On réalise ainsi une sorte de siphon présentant cette particularité qu’il ne possède aucune enveloppe extérieure
- Le phénomène se manifeste avec toutes les substances poreuses : tissus, papiers, etc., composés de libres organiques ou minérales et avec tous les liquides susceptibles d’en mouiller les éléments constitutifs.
- Ce cheminement, aussi lent qu’on le désire, d’une lame liquide suivant sa surface, m’a semblé susceptible de recevoir diverses applications et l’expérience, ainsi qu’on le verra plus loin, a pleinement justifié cette hypothèse.
- Avant de décrire quelques-unes de ces applications, je crois devoir exposer les résultats de mesures de vitesses d’écoulement qui. permettent de préciser, dans de certaines limites, les conditions de fonctionnement de cette sorte de siphon.
- Il convient de remarquer que la nature, la finesse et le degré de serrage des fibres du support ainsi que la densité, la viscosité et la tension superficielle du liquide considérés exercent une grande influence sur la vitesse d’écoulement qui est toujours très faible par rapport cà celle qui correspondrait à la chute libre. •
- p.341 - vue 345/620
-
-
-
- 342 rrrrr- CHEMINEMENT CAPILLAIRE, DIFFUSION ET DÉPLACEMENT
- Le tableau suivant donne les volumes .débités par j minute et par centimètre de largeur ainsi que les vitesses linéaires de cheminement en centimètres par minute, pour diverses hauteurs de chute, dans le cas d’un tissu de coton croisé particulièrement i intéressant et dans celui d’un papier buvard épais, j le liquide employé étant de l’eau.
- Volume débité en cm5 Vitesse linéaire
- Hauteurs de chute par minute en centimètres
- eu centimètres. et par centimètre de largeur. par minute.
- Tissu de coton croise'.
- Epaisseur apparente à sec = 0 mm 4.
- cm cm3 cm
- f- o 0,045 1,
- 10 0,057 1,5
- 20 0,061 1,42 1,42
- 40 0,061
- Papier buvard.
- Épaisseur-apparente à sec -= 0 mm 5(1).
- I ,5 0,02 0,25
- 5 0,020 0,53
- 0 0,020 ' 0,55
- 12 .0,220 0,55
- La figure 1 traduit ces résultats sous forme de courbes qui montrent que la vitesse d’écoulement tend à devenir constante à partir d’une hauteur de chute très faible qui est pratiquement, de 20 cm pour le tissu et de 5 cm seulement pour le papier buvard employés. 11 n’y aura donc aucun intérêt à dépasser ces valeurs, lorsqu’on utilisera ces substances comme supports de la lame liquide. Les vitesses correspondantes en chute libre (Y = v/2flf/i) seraient respectivement de 198 cm et 70 cm par seconde, c’est-à-dire 8500 et 15818 fois pluë grandes.
- Applications. — 1° Élimination des sels solubles retenus par la couche de gélatine des plaques photographiques au cours des manipulations. — La première tentative d’utilisation se rapporle au lavage des phototypes sur verre au sortir du bain de fixagel
- J’ai, dans ce but, construit le dispositif très simple représenté par la figure 2.
- Une cuvette métallique À présentant en B un recouvrement est divisée en deux parties par la paroi incurvée C afin de constituer un petit réservoir. 'Le fond de la cuvette supporte une lame de verre D, et une bande de tissu de coton E, assez longue pour plonger jusqu’au fond du réservoir, est appliquée sur toute la surface, comme le montre
- 1. L’épaisseur apparente augmente beaucoup par l’cflet du mouillage dans le cas du papier buvard qui subit une sorte de gonflement.
- In ligure. Enfin une tubulure G permet le vidage-
- Pour utiliser l’appareil, on remplit d’eau le réservoir, puis on applique le phototype à laver F, la couche de gélatine en contact avec le tissu que l’on a pris soin de mouiller préalablement sur toute sa surface. Il convient aussi de laisser une mince couche d’eau sur le fond de la cuvette avant d’y placer la plaque, afin d’éviter l’interposition de bulles d’air. On relève ensuité l’appareil, comme le montre la figure 5. La petite quantité, d’eau laissée, ainsi qu’il vient d’être dit, s’écoule par la tubulure G et la plaque se maintient en place sous l’action de la-pression-atmosphérique (1).
- L’eau du réservoir, siphonnée par le tissu, chemine lentement en une nappe mince qui, par diffusion, se charge de sels retenus par la couche de-gélatine et l’on constate que, dans le cas d’une plaque 9 cm X 12 cm (S — 108 c2), l’élimination des sels est pratiquement complète après 12 à 15 minutes, la consommation d’eau atteignant à
- peine 50 cm5.
- La possibilité d’effectuer le lavage avec une quantité d’eau aussi faible permettra, par l’addition de quelques minimes fragments de glace dans le réservoir, d’opérvr à basse température et d’éviter les accidents fréquemment observés pendant l’été.
- Il est facile de se rendre compte, de visu, du fonctionnement du dispositif en plaçant dans la' cuvette une plaque de verre recouverte de gélatine que l’on imprègne d’un liquide coloré n’exerçant pas d'action sur la gélatine. Une solution concentrée de K2Cr207 est dans ce cas. Après avoir relevé la cuvette ainsi qu’il est exposé plus haut, on voit s’effectuer progressivement la décoloration, et celle-ci devient complète en moins d’un quart d’heure.
- 2° Lavage des précipités. — A la suite de nombreuses expériences, je me suis arrêté au dispositif suivant, qui me semble répondre à tous les desiderata.
- Sur une plaque de glace plane A (fig. 4), on place une bande B de tissu de colon croisé par exemple, préalablement mouillé, dépassant l’extrémité de la glace d’une longueur de 20 cm environ, qu’on laisse pendre verticalement comme le montre la figure. On pose ensuite sur ce tissu, en appuyant un peu, une sorte de cadre C (fig. 5) en ébonite,
- 1. Celle-ci tend à provoquer, à la surface de la couche, l’empreinte permanente des fibres du tissu. On évitera cette altération superficielle en faisant usage d’un bain de fixage aluné qui durcira la gélatine.
- E
- L.
- s.
- 24 6 Ô 10
- Fig. i
- Hauteurs de chute en cm
- p.342 - vue 346/620
-
-
-
- CHEMINEMENT CAPILLAIRE, DIFFUSION ET DÉPLACEMENT - 343
- verre ou porcelaine, de 5 mm à 10 mm d’épaisseur ou plus, même. L’ensemble constitue une cuvette dont le fond est tapissé par le tissu B et dans laquelle on verse le liquide contenant le précipité, puis on étale sur le cadre une deuxième bande de tissu D dont une extrémité plonge dans la cuvette E contenant le liquide de lavage. Le niveau de celui-ci, maintenu constant à l’aide d’un flacon de Mariotte, doit être à 1 cm au-dessous du bord de ladite cuvette et à 2 cm ou 5 cm au-dessus du plan de la surface supérieure du cadre. On fera varier ces hauteurs avec la nature et l’épaisseur du support de la lame liquide de façon que la quantité de liquide apportée en D ne soit jamais supérieure à celle entraînée en B. Enfin, on met en place la plaque de glace F (dépolie pour faciliter le mouillage de sa surface), en évitant, autant que possible, d’emprisonner de l’air.
- Le précipité se trouve ainsi logé dans une cellule fermée et qui est traversée de haut en bas par un courant très lent provoqué par la succion qui s’exerce du fait du cheminement du liquide dans la bande B. Le liquide venant de D se substitue petit à petit, dans la masse du précipité, à la solution qui contenait les sels solubles à éliminer et, lorsqu’il s’est écoulé un volume correspondant à deux fois environ la capacité de la cellule, le lavage est pratiquement complet.
- Il ne reste plus qu’à retirer la glace F et le tissu D pour permettre l’essorage du précipité, le liquide qui l’imprègne étant aspiré assez énergiquement par la nappe B. Après quelques instants,
- Fig. 4. Fig‘ 5.
- Dispositif d’extraction de substances solubles.
- on enlève le cadre G et l’on peut recueillir facilement ce précipité sous forme d’une pâte épaisse.
- Le volume de liquide consommé ainsi que la durée de l’opération varient, naturellement, avec la
- nature du précipité, l'épaisseur et la perméabilité du tissu et la hauteur de chute adoptées.
- À titre d’indication, une cellule de 5 cm X 5 cm
- Fig. 3.
- Fig. 2.
- Dispositif pour le lavage des plaques pholographiques.
- et de 1 cm de hauteur, soit 25 cm3, permet, au moyen du tissu de coton croisé signalé précédemment, d’obtenir en 1 heure et demie le lavage complet du précipité remplissant ladite cellule et ce, avec une consommation d’eau de 50 cm3 environ.
- On suivra la marche de l’opération soit en effectuant une réaction de contrôle sur le liquide qui s’écoule à l’extrémité inférieure de la bande B, soit en faisant des touches sur le tissu, au sortir de la cellule, avec une solution susceptible de donner une réaction colorée, lorsqu’une telle réaction sera possible.
- o° Obtention cVextraits. — Le dispositif représenté (fig. 4) est également applicable à l’extraction, par un solvant approprié, de substances solubles accompagnant une matière solide quelconque.
- Il convient de remarquer que celle-ci peut être préalablement réduite en poudre très fine, ce qui facilitera l’extraction sans présenter l’inconvénient de troubler la solution recueillie, le cheminement du liquide dans les interstices capillaires de la bande B assurant une excellente filtration.
- On réglera la durée de contact par le choix du tissu ou du papier employé ainsi que par la hauteur de chute, c’est-à-dire la longueur de la bande B. Les quelques exemples qui précèdent montrent l’intérêt économique de la méthode.
- Celle-ci est facilement applicable à des opérations industrielles à l’aide d’un matériel très simple, qu’il suffira de modifier pour l’adapter à chaque cas particulier. Louis Lumière (1).
- 1. Note présentée à l’Académie des Sciences dans la séance du 24 avril 1922.
- p.343 - vue 347/620
-
-
-
- 344
- LES AUTOMOBILES A GAZ PAUVRE
- La Direction des Recherches et des Inventions, de concert avec la Commission Technique de l’Auto-mobile-Club de France, a récemment organisé un concours de gazogènes transportables destinés à permettre grâce au gaz pauvre l’application de combustibles usuels et peu coûteux tant à la traction des véhicules sur route qu’à la propulsion des embarcations.
- Plusieurs constructeurs ont répondu à l’appel des organismes précités et se sont efforcés de contruire des appareils satisfaisant aux conditions imposées.
- Certains d'entre eux n’avaient d’ailleurs pas attendu ces encouragements officiels pour aborder l’étude de cette question et nos lecteurs se souviennent des articles qui ont été publiés précédemment dans cette revue sur les gazogènes Smith et Hernu (n° 244,5) et plus récemment sur le gazogène Cazes (n° 2501).
- Tous ces appareils ont donné aux essais d’excellents résultats, mais on leur reproche avec juste raison d’exiger l’emploi d’une certaine quantité d’eau, tant pour la production que pour l’épuration du gaz. On conçoit, en effet, que le problème du réap-provisionnement en eau soit assez
- difficile à résoudre dans certains cas et soit un obstacle à la généralisation de] la locomotion au gaz pauvre. C’est alors que, pour remédiera ce grave inconvénient, une nouvelle étude de la question fut entreprise par M. Goulet, ingénieur de la Société Française de Matériel Agricole et industriel de Vierzon (Cher), Ces travaux, aboutirent récemment à la création d’un type de gazogène à combustion renversée qui, par la substitution du bois au charbon échappait aux reproches faits à ses devanciers. Le bois, en'effet, outre qu’il est un combustible abondant et bon marché dans nos régions, renferme, dans ses fibres même, la quantité d’eau nécessaire à la production du gaz.
- 54
- h?
- 4---
- Fig. i. — Coupe et élévation du gazogène de la Société de Vierzon
- Ce gazogène, ainsi que les appareils d'épuration, est remarquablement simplifié et d’un volume réduit. Il se compose'(fig. 1) de deux cylindres de tôle; l’un garni intérieurement d’un revêtement réfractaire constitue la cuvé de l’appareil ; l’autre, concentrique et de plus grand diamètre, isole calorifiquement le premier. La cuve, surmontée d’une trémie de chargement formant magasin de combustible et fermée à sa base par une grille, repose sur un céndrier de tôle muni d'une tubulure pour le dégagement du gaz .Enfin,
- : T appareil porte une
- cheminée, qui peut être fermée par un obturateur, et qui est utilisée pour l’évacuation du gaz dans l’atmosphère, tant à la mise en route que dans les arrêts de courte durée.
- L’épurateur se compose de deux longs faisceaux tubulaires raccordés entre eux, ainsi qu’au gazogène et au moteur par des conduits de large section f o r m a n t chambres de dépôt pour les poussières.
- Avant d’entrer dans le détail du fonctionnement du gazogène,nous rappellerons que le gaz pauvre est constitué principa-1 e m e n t par un mélange d’oxyde de carbone et d’hydrogène provenant de l’action combinée d’un courant d’air et de vapeur d’eau sur le charbon au rouge. La composition chimique du bois sec étant d’environ 50 pour 100 de carbone, 45 pour 100 d’oxygène et 5 pour 100 d’hydrogène, on voit que ce combustible renferme théoriquement tous les éléments nécessaires à la production d’un gaz pauvre. Mais, dans la pratiqué, les bois employés ne sont pas secs et leur teneur en eau qui ne descend guère au-dessous de 20 pour 100 peut aller jusqu’à 50 pour 100 et même 60 pour 100. Dans ces conditions, la quantité de chaleur qu il faut céder au bois pour le débarrasser de son humidité n’est pas négligeable et l’évaporation s’accompagne d’un refroidissement de la colonne de charbon.
- V-
- p.344 - vue 348/620
-
-
-
- On a remédié à cet inconvénient par l’emploi d’un mélange de 80 pour 100 de bois et de 20 pour 100 de charbon de bois qui, ne renfermant qu’une proportion d’eau assez faible, a donné toute satisfaction aux essais.
- Le plus gros écueil rencontré dans l’utilisation du bois comme combustible de gazogène réside dans la production de goudrons qui, s’ils ne sont pas éliminés, s’opposent absolument à l’alimentation d’un moteur à explosions à l’aide du gaz obtenu. Le problème a été résolu très élégamment par l’adoption de la marche en combustion renversée qui a permis de réduire les goudrons dans la cuve même de l’appareil. Cette réduction qui s’effectue dans la partie basse de la cuve ne peut avoir lieu qu’en présence de carbone maintenu à haute température. Elle exige, de plus, une énorme quantité de chaleur qu’elle emprunte à la colonne de réduction ; la température de celle-ci va alors en s’abaissant en même temps que diminue son pouvoir réducteur. Il est donc nécessaire, pour réaliser une production de
- gaz régulière, de maintenir cette température constante. On y arrive en provoquant la combustion d’une partie du carbone constituant la colonne réductrice à l’aide d’air introduit par des prises ménagées en nombre convenable à la périphérie de la cuve.
- Un petit ventilateur soufflant; monté sur le cendrier, permet la mise en feu du gazogène au départ ; l’allumage a lieu très rapidement et la production régulière du gaz est établie au bout d’une dizaine de minutes environ. Enfin, même après des arrêts prolongés, les reprises sont très rapides et ne demandent pas plus d’une à deux minutes.
- Un des gros avantages de ces appareils est de permettre l’utilisation des déchets de bois les plus divers. Le bois de ramilles qui est le plus généralement employé donne d’excellents résultats, mais on peut y substituer sans trop d’inconvénients des chutes de scieries, des sarments de vigne, etc. Son usage est donc particulièrement avantageux lorsqu’il s’agit d’actionner des tracteurs agricoles ; à la
- Fig. 3. — Automobile munie du gazogène de Vierzon.
- p.345 - vue 349/620
-
-
-
- 346 LE “ T1NGIS P1R1 ”, SES RAVAGES, SA DESTRUCTION
- ferme, en effet, ces produits ligneux se rencontrent en- abondance et ne coûtent généralement que le prix de la main-d’œuvre nécessaire à l’abatage et au débit.
- Ce gazogène peut être installé sur tous les châssis de camions et tracteurs agricoles sans qu’il en résulte aucune modification pour ces appareils. Le coût de la transformation, variable selon les châssis, a été évalué, d’après les applications faites jusqu’ici, à 5600 francs environ.
- Les essais sévères et répétés qui ont eu lieu avec divers véhicules actionnés au gaz de bois ont donné, ainsi qu’on peut en juger plus loin, des résultats tout à fait satisfaisants.
- Ils ont primitivement porté sur un tracteur Tourand-Latil expérimenté le 28 décembre dernier à Yierzon, en présence de délégués du Ministre de l’Agriculture et de diverses personnalités agricoles. Le tracteur avait conservé son réservoir à essence, ce qui lui permettait, le cas échéant, de fonctionner soit à l’essence, soit au gaz de bois, soit avec un mélange d’essence et de gaz. Pour un labour de 18 cm de profondeur, effectué à l’aide d’une charrue Oliver à deux socs, dans une terre argilo-sili-ceuse, humide en surface, la consommation de combustible à l’hectare a été de 90 kg de bois et de 16 kg de charbon de bois. En évaluant le bois coupé en morceaux à 7 francs les 100 kg et le charbon de bois à 22 francs, le prix de revient du labour à l’hectare a donc été de 9 fr. 82. Le même tracteur, fonctionnant à l’essence, en eût consommé de 50 à 40 litres, ce qui, au cours d’alors, correspond à une dépense de 55 à 75 francs.
- Parallèlement à ces expériences se poursuivaient les essais d’un camion La Buire, équipé avec un gazogène analogue à celui du tracteur agricole. Ce camion est actionné par un moteur à quatre cylindres de 90x160, susceptible d’une puissance nominale de 20 chevaux à la vitesse de régime de 1100 tours. Le montage du gazogène sur le châssis n’a donné lieu à aucune difficulté particulière, les tubes de l’épurateur ayant été disposés en ceinture contre les longerons du châssis qui les supportent. D’autre part, ainsi que dans l’équipement du tracteur, le réservoir à essence et le carbu-
- rateur ont été conservés. Cette disposition offre l’avantage de pouvoir, à l’aide d’un robinet à trois voies commandé de son siège par le conducteur, combiner à volonté la marche au gaz et la marche à l’essence.
- Le camion ainsi équipé, après avoir été employé pendant plusieurs semaines à des charrois représentant un parcours quotidien de 50 km avec une charge utile de 2 tonnes, a été envoyé, en fin décembre dernier, de Vierzon à Paris, à l’occasion de l’exposition du Feu qui se tenait alors au Grand-Palais.
- Au cours de cet essai, la charge totale du véhicule s’est élevée cà 6500 kg. Le poids du camion (gazogène compris) étant de 4 tonnes, on voit que la charge utile transportée a été de 2500 kg.
- Pour accomplir les 189 km que comporte ce déplacement, il a été consommé 207 kg de combustible, soit 159 kg de bois sec coupé en morceaux et 48 kg de charbon de bois ; la dépense correspondante a été de 21 francs. Dans le cas de la marche à l’essence, la consommation de carburant se serait élevée, pour le même parcours, à 50 ou 60 litres et la dépense correspondante aurait été d’une centaine de francs environ.
- On voit donc que, dans les deux applications que nous avons citées, l’économie réalisée par l’emploi du gaz de bois, en marche industrielle, a été de près de 80 pour 100 de la dépense en essence correspondante.
- Ces résultats sont certainement des plus intéressants puisqu’ils démontrent qu’il n’existe actuellement aucun carburant susceptible d’actionner les véhicules automobiles à meilleur compte que le gaz pauvre.
- Ils permettent d’espérer, dans un avenir proche, la généralisation de la locomotion au gaz de bois, non seulement dans la métropole, mais encore dans nos colonies. Il nous semble, en effet, que nos possessions d’outre-mer et notamment nos colonies d’Afrique, dont certaines sont de grosses productrices de bois, auraient tout intérêt à utiliser ce combustible indigène au lieu de faire appel à des carburants exotiques toujours très coûteux.
- Maurice Bouleau.
- LE “ TINGIS PIRE”, SES RAVAGES; SA DESTRUCTION
- Le tigre du Poirier ou Tingis piri, qui appartient à la grande famille des Hémiptères, est une petite punaise qui mesure à peine, à son état adulte, 3 mm de longueur et 2 mm 1/2 de largeur.
- D’un blanc grisâtre, marqué de quatre petites taehe§ brunes sur les élytres, le Tingis piri se distingue assez facilement des autres insectes de son genre, grâce aux expansions membraneuses et demi-transparentes qu’elle porte de chaque côté de son corps.
- Le tigre du Poirier vit à ses divers âges en nom breuses familles, exclusivement sous la face infé rieure des feuilles.
- Les Tingis sont des ennemis dangereux pour l’ar boriculture fruitière. Leurs ravages se traduisent par les piqûres ou plus exactement par les succions qu’ils pratiquent dans les feuilles dont ils ont fait leur domicile, pour en extraire la sève qui constitue leur nourriture.
- On remarque tout d’abord la trace de leurs suc-
- p.346 - vue 350/620
-
-
-
- 347
- LE “ TINGIS P1R1 ”, SES RAVAGES, SA DESTRUCTION
- cions, grâce aux petites taches brunes surélevées qu’ils produisent sur les feuilles et qu’on prendrait aisément au premier abord pour des puccinies.
- Mais le tiere du Poirier est une bestiole très active ; il va, vient et pique la feuille en beaucoup d’endroits différents.
- La sève continue à couler de ces blessures, même quand l’animal ne les suce plus; de sorte qu’on peut dire qu’il gaspille beaucoup plus de nourriture qu’il n’en absorbe
- Les feuilles attaquées sont faciles à reconnaître, grâce aux taches gluantes que ces écoulements de sève y produisent, ainsi qu’cà la teinte blanche argentée qu’offre leur face supérieure.
- Si l’on n’y prend garde, en très peu de temps toutes les feuilles sont attaquées, vidées de leur sève, desséchées, recouvertes des déjectious de ces insectes et des petites peaux provenant de leurs mues, elles ne tardent point à jaunir et tombent prématurément.
- L’arbre atteint par le Tingis piri se trouve donc complètement dépouillé de ses feuilles au moment même où il devrait se trouver en parfait état pour nourrir ses fruits et les abriter, car c’est principalement en août et septembre que les dégâts atteignent leur point culminant.
- La récolte s’en trouve donc considérablement compromise, sinon complètement détruite.
- Fort heureusement, les Tingis ne s’attaquent guère qu’aux Poiriers et Pommiers cultivés en espaliers; on ne les rencontre que rarement sur les arbres taillés en pyramides ou les plein-vent.
- A l’automne, les femelles, dont la fécondité est très grande, déposent leurs œufs dans les interstices des écorces où ils passent l’hiver.
- Comme nous l’avons précédemment signalé, les Tingis piri sont des insectes particulièrement vifs qui s’envolent avec la plus grande agilité dès qu’on les inquiète et même simplement lorsqu’on s’approche des arbres sur lesquels ils vivent; il importe donc, pour les combattre efficacement, d’exécuter les traitements insecticides de très bonne heure le matin, alors qu’ils sont encore engourdis par le froid de la nuit.
- La destruction de ces Hémiptères est assez difficile, car, suivant les indications précédentes, nous savons qu’ils se tiennent au-dessous des feuilles ; par conséquent, pour obtenir de bons résultats avec les pulvérisations, il faut nécessairement projeter le liquide de bas en haut, afin d’atteindre la face inférieure des feuilles.
- Parmi les procédés de destruction les plus usités, nous pouvons signaler :
- A. Traitements d’été. — 1° Seringages à Peau de tabac (1 de nicotine des manufactures pour 9 ou 10 d’eau).
- 2° Formule préconisée par M. 0. Opoix, jardinier en chef des Jardins du Luxembourg, professeur d’Arboriculture. Mise en application depuis l’année 1894 au Jardin fruitier du Luxembourg, elle a donné d’excellents résultats :
- Extrait titré de nicotine, contenant
- 100 gr. de nicotine pure par litre. 500 grammes.
- Savon noir............................ 1 kilog.
- Eau. ...................... 100 litres.
- Préparation. — Faire dissoudre le savon noir dans 5 litres d’eau en remuant constamment; si l’on se sert d’eau chaude, la dissolution se fera bien plus vite. Verser le reste de l’eau, soit 95 litres, et y ajouter l’extrait de nicotine.
- Après avoir convenablement mélangé, on pulvérisera les arbres, le soir de préférence, entre 4 et 8 heures.
- Le lendemain matin de bonne heure, les arbres qui ont été bassinés la veille seront lavés à l’eau claire ; de la sorte, on évitera l’action des rayons solaires sur les bourgeons; tendres traités la veille.
- 5° Formule préconisée par M. E. bernée, horticulteur-paysagiste, membre de la Société entomologique de France.
- Eau............... 10 litres.
- Pétrole .... 500 grammes. Savon noir. . . 500 —
- 4° L’hypnol peut aussi être employé, cà la dose de 10 gr. par litre.
- 5° M. Brocchi a proposé le mélange suivant, à pulvériser en été sur les feuilles
- atteintes :
- Savon noir. .... 1 kilog.
- Carbonate de soude . 1 —
- Pétrole . . . • . 4 litre.
- Eau ...... . 100 —
- M. Pierre Passy, le distingué professeur d’IIorti-culture à l’École Nationale d’Agriculture de Grignon, fait remarquer très justement que l’emploi de ce mélange n’est pas sans dangers, le pétrole pouvant provoquer de sérieuses brûlures sur toutes les parties vertes de la plante.
- 6° Indépendamment de ces divers procédés, on signale encore comme traitements d’été, la récolte des feuilles attaquées où les Tingis se trouvent, rassemblés le soir, et leur incinération sur place.
- Malheureusement, ce procédé, si certain soit-il, n’est que peu recommandable; il réclame trop de temps et trop de main-d’œuvre. Praticable dans les petits jardins d’amateurs, il ne peut l’être dans les exploitations arboricoles.
- 7° M. Pierre. Lesne, professéur au Muséum National d’Histoire naturelle de “Paris, écrit à té sujet dans le Bon Jardinier ; a Pour détruire l’insecte, on pratique sous les arbres préalablement abrités par unr. bâche ou une toile à tissu dense, des fumigations de tabac. On utilise dans ce but les déchets des manufactures que l’on a soin de tremper dans une
- p.347 - vue 351/620
-
-
-
- J.-RENÉ BENOIT
- 348
- solution de salpêtre concentrée à froid, puis de laisser sécher. On peut aussi projeter du jus de tabac sur une lame de tôle chauffée au rouge. Les insectes, étourdis, tombent sur le sol. Si on a eu le soin d’étendre une toile à terre, il est facile de les recueillir. Il faut les brûler aussitôt, car la plupart ne sont qu’étourdis. »
- B. Traitements d’hiver. — 1° Nettoyer le tronc des arbres, gratter les écorces à l’aide du gratte-mousse ; avec la brosse recourbée et de l’eau naturelle, brosser les branches et les badigeonner ensuite avec un insecticide assez puissant pour détruire les œufs.
- Brûler les débris d’écorces.
- 2° M. 0. Opoix, que j’ai déjà cité, recommande tout particulièrement la bouillie sulfo-calcique (composée d’un mélange de chaux et de fleur de soufre), employée avec grand succès depuis plus de vingt ans sur les arbres fruitiers du Jardin du Luxembourg.
- En voici la composition :
- En badigeonnage, avant la taille :
- Eau................ 12 litres.
- Chaux vive ou grasse. 2 kilog.
- Fleur de soufre. . . 700 grammes.
- On fait bouillir le tout ensemble pendant une demi-heure. On attend que cette dissolution soit refroidie pour l’employer, dans la crainte de brûler les écorces. Il est bien entendu que l’on emploiera
- cette formule à l’aide d’un pinceau, depuis le moment où les arbres sont complètement dépourvus de feuilles, jusqu’au moment de la pousse.
- Voici résumé, sous une forme condensée, à peu près tout ce que l’on sait jusqu’à présent sur le Tigre du Poirier. Je pense que cet article ne sera pas sans utilité, car le Tingis piri a fait des ravages considérables durant ces deux dernières années ; il est vrai que la sécheresse exceptionnelle de l’année 1921 aura dû lui être particulièrement favorable et il y a lieu d’espérer que l’invasion du Tingis diminuera proportionnellement à l’augmentation d’humidité que prévoient nos météorologistes les plus autorisés.
- Le Tigre du Poirier, ses ravages, sa destruction, ont donné lieu à plusieurs discussions et rapports à la Société Nationale d'Horticulture de France. Mes collègues, MM. G. Rivière, directeur de’la Station agronomique de Seine-et-Oise ; Martin-Lecointe, pépiniériste à Louveciennes et Duru, secrétaire du Comité d’Àrboriculture, arboriculteur à Montmagny, signalaient l’importance des dégâts commis par le Tingis piri, durant les mois de juillet et août derniers et notamment aux Poiriers de la variété Doyenné' du Comice — variété particulièrement répandue dans toute la région parisienne — qui étaient conduits en espaliers.
- À NI) Il K BOURDIX.
- J.-RENE BENOIT
- Dans la nuit du 4 au 5 mai, s’est éteint doucement J.-René Benoit, l’un des meilleurs parmi les modernes pionniers de la métrologie. Pourtant, sa préparation initiale l’orientait dans une autre direction. Fils de Justin Benoît, doyen de la Faculté de Médecine de Montpellier, où il naquit le 29 novembre 1844, il était destiné par son père à suivre, lui aussi, la carrière médicale, et conquit brillamment s*on doctorat en médecine. Ayant ainsi satisfait au désir paternel, il se tourna résolument vers la physique, vint à Paris, où il travailla dans le laboratoire de Jamin, et passa, en 1873, son doctorat ès sciences avec une thèse sur la variation de la conductibilité électrique des métaux, travail dont, après un demi-siècle, plusieurs résultats sont restés actuels.
- L’industrie électrique, alors naissante, offrait quelques débouchés aux jeunes physiciens. J.-René Benoît entra aux usines Rattier, où il fut chargé de surveiller la fabrication des câbles et de procéder à leurs essais. Mais il désirait se consacrer à la recherche et fut heureux d’accepter, en janvier 1878, la situation qui s’offrait au Bureau international des Poids et Mesures : celle d’adjoint au directeur du Bureau. Il devait trouver, dans cette fonction,
- un champ d’activité idéal pour la mise en valeur de ses éminentes qualités : ingéniosité dans l’élaboration des méthodes et l’invention des appareils, habileté consommée, conscience méticuleuse, puissance de travail incomparable, accompagnée d’une égale ardeur. L’étroite amitié qui l’unissait alors à son beau-frère le capitaine Perriêr, plus tard général et directeur du Service géographique, déjà connu pour de très beaux travaux, eut alors une action décisive sur son développement.
- Le programme d’action du Bureau international avait semblé d’abord fort restreint ; dans une période initiale, on procéderait à la détermination des mètres et des kilogrammes destinés à être répartis entre les Etats adhérents à la Convention du Mètre; et, leur distribution effectuée, le Bureau devait se replier pour ainsi dire sur lui-même, et pourvoir à des vérifications périodiques de ces prototypes, ainsi qu’à des déterminations occasionnelles d’étalons divers, surtout géodésiques. Mais, déjà en 1878, on avait pris conscience du fait que, afin d’atteindre toute la précision considérée comme nécessaire pour une longue période, il fallait aborder un programme de réalisation comportant des travaux préliminaires de grande envergure.
- p.348 - vue 352/620
-
-
-
- J.-RENE BENOIT
- La recherche des meilleures méthodes, leur mise à l’épreuve, les choix ou les adaptations nécessaires, exigeaient un travail à la fois hardi et minutieux, auquel J.-René Benoît se trouvait merveilleusement apte.
- Aux mesures essentielles de la longueur et de la masse s’ajoutaient celles de la température et de la pression, variables indépendantes, par rapport auxquelles devaient, finalement, être exprimées les premières. M. Benoît s’occupa surtout de l’étude des thermomètres, et codifia les méthodes du calibrage, parfaitement élaborées lorsque, en 1885, l’apparition du verre dur permit de gagner beaucoup en précision.
- L’étude des thermomètres était un prélude à celle des dilatations, à laquelle M. Benoît s’adonna tout entier pendant quelques années, conduisant parallèlement les mesures à l’aide du comparateur et de l’appareil Fizeau; à l’un et à l’autre, une marge étendue demeurait pour d’utiles perfectionnements.
- L’organe principal de l’appareil Fizeau est, comme on sait, une plate-forme, traversée, près de son pourtour, par trois vis, sur les pointes desquelles se place une lentille plan-convexe. Les franges se forment entre le plateau et la face inférieure, plane, de la lentille, et leur déplacement, connexe des changements de la température, mesure l’allongement des vis. Ensuite, on pose sur le plateau l’échantillon à mesurer, et on étudie le déplacement du système de franges formées entre sa surface supérieure et la lentille.
- Or la distance optique, dans le cas de l’étude du trépied lui-même, dépend de l’indice de réfraction de F air interposé ; et, au temps où M. Benoît entreprenait ce travail, la loi de variation de l’indice était mal connue. Faisant une longue série d’expériences jumelées, dans le vide et dans l’air, il put en déduire le chemin optique dans les deux cas, et la variation thermique de la réfringence de l’air s’en déduisit immédiatement. Pour la première fois, elle apparut sous la forme simple de la proportionnalité rigoureuse à la densité, ainsi que Mascart l’avait établi pour les changements de la pression, et cet énoncé a tous les caractères d’une loi naturelle.
- La méthode étant mise au point, de nombreuses déterminations furent exécutées par M. Benoît à l’aide de l’appareil Fizeau ; celles de la dilatabilité du quartz, du spath et du béryl sont classiques. Pendant des années, il poursuivit sans relâche des déterminations et, lorsque l’étude , des longueurs d’onde eut mis aux mains des métrolo-gistes un instrument de mesure perfectionné, il entreprit, en 1913, une nouvelle détermination de la dilatabilité du trépied, dans des conditions grandement améliorées. Ce fut son dernier travail expérimental.
- Au comparateur, il s’agit surtout d’étalons métriques, parmi lesquels ceux de la série principale
- 349
- des mètres prototypes, à l’étude desquels M. Benoit m’associa dès l’année 1887.
- La détermination des étalons utilisés dans la géodésie était, dès l’origine, inscrite au programme de travail du Bureau. Un comparateur de 4 mètres fut construit sous la direction de M. Benoît; et, pour les déterminations mêmes, qui nécessitaient le concours de deux opérateurs, nous travaillâmes le plus souvent ensemble, et déterminâmes ainsi, après les étalons du Bureau, ceux de la plupart des pays d’Europe. M. Benoît exécuta seul la détermination de la Toise du Pérou, ancien étalon des mesures françaises, et de la Toise de Bessel, déjà comparée par Arago à la précédente, et à laquelle furent rapportés pendant longtemps les résultats géodé-siques de l’Europe centrale et orientale. Or, les côtés des triangles où se rencontraient les géodésies fondées respectivement sur la Toise de Bessel et sur les étalons métriques, présentaient régulièrement une divergence de 1/50 000, et c’est en partie pour en rechercher les causes que l’on avait d’aljord pensé à la création du Bureau international. Après que M. Benoît eut déterminé à nouveau la Toise de Bessel, et que l’étalon du Service géographique de l’armée française eut été étudié, la divergence tomba à 1/500000, quantité considérée par les géodésiens comme très petite.
- Un travail de grande importance, que M. Benoît accomplit dans la même période, fut la détermination du rapport existant entre le Yard et le Mètre. La détermination d’un tel rapport, entre des longueurs très différentes, entraîne un travail considérable. Au temps des étalons à bouts, on construisait une série de barreaux sensiblement égaux, que l’on pouvait comparer entre eux, et qui, mis à la suite dans le nombre voulu, permettaient de constituer des longueurs très voisines de l’une ou de l’autre de celles que l’on voulait comparer. C’est ainsi, par exemple, que Borda est passé de la double toise au Mètre, dans un travail qui est, pour l’époque, un modèle de perfection.
- Depuis que, pour les usages scientifiques, les longueurs sont matérialisées dans les étalons tracés, on opère au moyen d’une règle divisée, à laquelle peuvent être rapportées les deux longueurs à comparer; mais il faut, au préalable, connaître de façon précise la position de tous les traits auxquels on devra se relier. C’est pour y parvenir que M. Benoit entreprit le long travail d’étude de la Règle normale du Bureau, qui fournit, pour la première fois, mille étalons, progressant de millimètre en millimètre, jusqu’à un mètre. Six mois d’un labeur assidu furent consacrés à l’étude de cette règle, qui a servi pendant longtemps, et n’a été remplacée que lorsque la construction des étalons eut elle-même réalisé d’importants progrès. On put désormais délivrer les savants des hésitations entre le mil-
- p.349 - vue 353/620
-
-
-
- 3 HO .. — J.-RENE BENOIT
- limètre de Brunner et celui de Froment, différents l’un de l’autre, sans qu’on pût savoir quel était leur écart par rapport au millimètre vrai.
- La médiocre précision avec laquelle on avait connu jusque-là les équations des étalons représentant les subdivisions du mètre explique suffisamment l’erreur des valeurs données par Rowland pour les longueurs des ondes lumineuses. Opérant au moyen d’un réseau de grande perfection, l’éminent physicien de Baltimore avait donné, pour des radiations choisies dans les diverses régions du spectre, des rapports à très peu près corrects, mais dont l’erreur absolue était de l’ordre de 1/33000. La comparaison du réseau de Rowland à un intervalle choisi sur la règle normale du Bureau international eut, il y a quarante ans, réduit cette erreur à moins du dixième.
- Mais c’est par une autre méthode que devaient être bientôt déterminées les longueurs d’onde, dans un travail auquel M. Benoît fut intimement associé.
- Dans sa session de 1891, le Comité international, instruit, par B.-A. Gould, des travaux que préparait M. À.-A. Michelson, décida de l’inviter à venir au Bureau, pour y mettre en œuvre son admirable méthode de mesure des longueurs d’onde. M. Michelson arriva en juin 1892, et commença aussitôt le montage de ses appareils. La partie optique était parfaitement au point, mais il restait à perfectionner la partie métrologique..M. Benoit s’y employa de toutes ses forces, jusqu’au moment où, subitement arrêté par la maladie, il dut abandonner ce travail. Mais déjà, il avait exécuté, aux côtés de M. Michel-son, une série complète de déterminations, conservées dans le résultat final.
- Ce fut, pour-cette question si importante des longueurs d’onde, une insigne bonne fortune, que M. Benoît pût, quatorze ans plus tard, apporter le trésor de son expérience à une nouvelle détermination, effectuée par la méthode des franges de superposition, qu’avaient élaborée MM. Perot et Fabry. Là encore, aux procédés relevant de l’optique inter-férentielle, il fallait joindre une métrologie subtile, tant dans la conception des appareils que dans leur construction et leur emploi.
- Associant tout ce que leur passé leur avait permis d’acquérir, les trois éminents physiciens purent, dans des conditions fort simples et beaucoup plus rapides que dans le travail initial, obtenir un résultat dont il ne semble pas exagéré de dire que le dix-millioniènie est sûr. MM. Michelson et Benoit n’osaient pas garantir beaucoup mieux que le millionième ; mais telle est la chance qui accompagne souvent les travaux des métrologistes-nés, que, entre les deux résultats, un désaccord de un dix-millioniènic est à peine dépassé.
- Cette mesure précise des longueurs d’onde poursuivait un but multiple. Le Comité international avait en vue, en prenant l’initiative de lui associer le Bureau, l’établissement d’un témoin naturel de la* longueur du mètre, en conformité avec le projet
- des créateurs du Système métrique, mais avec une précision d'un tout autre ordre. De plus, les longueurs d’onde bien connues devenaient elles-mêmes des micromètres naturels, aisés à obtenir partout, et permettant d’atteindre la plus haute précision. La méthode fait chaque jour de nouvelles conquêtes dans la recherche scientifique, et commence même à poser des jalons dans l’industrie.
- Pourtant, on est moins certain qu’il y a trente ans, de la rigoureuse égalité dans la fréquence des vibrations internes des atomes. La température, la pression, agissent sur la largeur des raies, et peuvent en déplacer l’axe. Zecman a établi l’action du champ magnétique, Stark celle du champ électrique, et aujourd’hui, poursuivant une conséquence des théories d’Einstein, on cherche l’action d’un champ gravifique. Heureusement, dans le cas des raies les mieux adaptées aux mesures interférentiellcs, ces actions sont assez faibles pour qu’il n’ait pas été possible de les mettre en évidence dans les conditions les plus diverses de leur production normale, et non volontairement altérée. Pourtant, afin d’être garanti également contre les changements possibles, par le fait de procédés de production essentiellement différents, le Comité international avait décidé que des étalons en quartz seraient mesurés au moyen des interférences, et constitueraient un nouveau groupe de témoins de l’unité de longueur. J.-René Benoît avait préparé et ébauché l’étude des étalons construits dans ce but pour le Bureau; mais la fatigue de ses yeux, auxquels il avait imposé en tout temps un effort poussé à l’extrême, ne lui permit pas d’avancer le travail au delà de ses éléments ; il reste l’une des plus prochaines tâches du Bureau international.
- *
- * *
- En février 1889, O.-J. Broch, qui avait jusque-là dirigé le Bureau international avec une haute distinction, fut subitement enlevé à notre respectueuse affection. M. Benoît pouvait seul remplir l’intérim, dont le Comité le chargea aussitôt, le confirmant I dans les fonctions directoriales en septembre de la même année, au moment même où par une disposition de la Convention du mètre, la dotation du Bureau était diminuée d’un quart. 11 fallut, pour être à même de poursuivre le travail, un grand effort d’économie, auquel M. Benoit voua ses soins et ses peines. Avec un personnel très réduit, il fallait encore faire face à des tâches multiples, et chacun dut s’imposer d’infimes besognes. M. Benoît donnait l’exemple avec tant d’entrain qu’il nous était facile de le suivre. Sa puissance de travail était, à cette époque, vrai-i ment extraordinaire, et il ne la ménageait pas ; il | put ainsi poursuivre de front des travaux dont quel-j ques-uns viennent d’être esquissés. D’autres consis j lèrent en des comparaisons diverses, importantes j pour la métrologie, mais dont l’énumération serait ! ici sans objeh
- p.350 - vue 354/620
-
-
-
- J.-RENE BENOIT 351
- Il convient, en revanche, de signaler la détermination, à laquelle M. Benoît m’associa, des étalons abouts plans, en platine iridié, qui constituaient pour ainsi dire une série latérale de celle des étalons principaux. Les étalons à bouts devaient être déterminés par comparaison avec des étalons à traits. Le travail inverse avait été fait lorsqu’on avait voulu passer de l’étalon des Archives au prototype international provisoire. La méthode avait consisté à placer, à petite distance des surfaces terminales du Mètre des Archives, des pointes fines, qui, dans des microscopes dont l’axe était parallèle aux faces, fournissaient à la fois une image directe et une image réfléchie. On assimilait chaque face terminale au milieu de l’intervalle compris entre les deux images.
- Pour les mètres à bouts de la nouvelle série, M. Benoît, qui avait effectué le premier travail en collaboration avec G. Tresca, imagina de remplacer la pointe par un fil d’araignée tendu horizontalement, et appuyé sur deux fils d’araignée verticaux, appliqués contre la barre. L’image apparaissait alors sous la forme de deux traits fins, dont on rapportait l’intervalle moyen aux traits d’un mètre étalon.
- Le travail de comparaison achevé, le Comité international exprima le désir que la détermination fut répétée par une méthode de contact. C’était, en apparence, un recul, puisque, depuis trois quarts de siècle, on considérait le contact comme offrant peu de garanties. Or, la recherche nous conduisit à conclure, contre notre attente, à la supériorité incontestable d’un contact bien fait à la méthode des images.
- A la même époque, le commandant (depuis colonel) Hartmann et le capitaine (aujourd’hui général) Mengin poursuivaient, à la Section technique de l’Artillerie, des expériences analogues, qui les amenaient aux mêmes résultats. Une collaboration s’établit aussitôt en vue de la détermination d’étalons à bouts, destinés à contrôler les fabrications industrielles. Après que nous eûmes déterminé, au Bureau, les valeurs absolues d’une série d’étalons, la Section technique de l’Artillerie les reproduisit en grand nombre. Ces étalons, dont la valeur était connue au micron près, étaient, à cette époque, en avance sur les besoins des industries mécaniques, auxquelles ils rendirent d’importants services.
- La découverte de l’invar offrit un champ nouveau à notre activité. L’étude de nombreux étalons géû'j désiques nous avait permis de noter les qualités et les défauts des dispositifs employés jusque-là, et nous avions déjà formulé ensemble quelques règles générales fixant les principes auxquels devaient répondre ces étalons. A la demande du Service géographique de l’Armée française, nous élaborâmes, en 1899, les plans d’un étalon qui nous semblait satisfaire au mieux le programme de la détermination au laboratoire et de l’emploi sur le terrain. Cet étalon fut bientôt employé dans les mesures faites en Équateur, et a servi, plus récemment, à la détermination de la base de Lyon. Il en a été fait de nombreuses copies.
- A la même époque, l’attention des géodésiens était vivement attirée par le procédé de mesure des bases par les fils, qu’avait élaboré M. Edw. Jàderin ; et, sur la proposition de l’Association géodésique, le Comité international inscrivit au programme de travail du Bureau l’étude des fils d’invar. Une base fut construite, et, dès l’année 1901, nous entreprîmes, M. Benoit et moi, l’étude des actions susceptibles de modifier de façon permanente la valeur des fils, ainsi que la recherche des meilleurs procédés propres à les éliminer. Ce travail nous donna des satisfactions inespérées. Après deux ans d’un labeur assidu, nous avions établi les règles d’emploi des fils, et réalisé avec le concours de notre ami, le regretté J. Carpentier, tout un matériel devenu d’un usage général dans la mesure des bases.
- Cet ensemble de travaux a réduit le coût de la mesure d’une base à 2 pour 100 de ce qu’il était il y a un quart de siècle, en conservant une précision de l’ordre du millionième. Ainsi, on peut, maintenant, multiplier les bases, et donner à une triangulation une armature très solide.
- C’est dans le même ordre d’idées, du perfectionnement des instruments, que M. Benoit voua, à l’étude d’une machine à diviser, un labeur suivi et fructueux. Le choix et l’utilisation des diamants attira tout particulièrement son attention, et il réalisa des tracés d’une pureté inconnue jusque-là. La sûreté des pointes exécutées sur les étalons à traits en a largement bénéficié.
- *
- $ $
- En vue de la Conférence internationale des unités électriques, qui devait se réunir à Paris en 1884, on avait entrepris,. dans tous les pays, des déterminations absolues de la valeur de l’ohm. Plusieurs de ceux qui s’étaient voués à une senjblable recherche avaient rapporté leurs mesures à des résistances en maillechort, copiées, par des constructeurs, sur des étalons mercuriels, soit directement, soit par plusieurs intermédiaires. C’est à celte manière de pro céder qu’il faut attribuer les plus fortes parmi les divergences présentées par les nombres qui furent apportés à' la Conférence. Avec la collaboration de M. ‘de Nerville, É. Mascart avait entrepris une semblable détermination, et, connaissant la compétence de M. Benoit, à la fois dans les questions métrolo-giques générales et dans celles qui se rattachaient aux étalons électriques, il lui avait demandé de construire des étalons mercuriels auxquels il pût rapporter les résistances déterminées en valeur absolue. Le nombre issu de cette détermination se trouva bien près de la valeur admise aujourd’hui.
- La valeur de l’ohm aussitôt adoptée, le Gouvernement français pria M. Benoît de construire quatre étalons le représentant aussi bien que possible. Ces derniers réalisés, un grand nombre de copies mercurielles furent exécutées, et libéralement offertes aux laboratoires intéressés. C’est ainsi que, jusqu’à la création des grands laboratoires nationaux, l’ohm
- p.351 - vue 355/620
-
-
-
- 352
- J.-RENE BENOIT
- Benoît servit de type pour la mesure précise des résistances électriques. Enfin, après la Conférence réunie à Londres en 1908, et à laquelle il avait été délégué, M. Benoît accepta, une lois de plus, de construire une série d’ohms conformes à la nouvelle définition.
- Il faut avoir vu de près les soins donnés à ce travail pour se rendre compte, à la fois, de la valeur du résultat et du labeur immense qui lui fut consacré. L’expérience de M. Benoît était allée sans cesse en croissant, et, bien que lage commençât à lui rendre le labeur moins facile, il aborda cette réalisation avec la ferme volonté de pousser la perfection jusqu’à ses dernières limites.
- Prenant la question dès le début, il choisit lui-même les tubes, les dressa, procéda à leur tracé, en fit le calibrage, le jaugeage, l’ajustage final, et consacra à ces diverses opérations et aux calculs qu’elles entraînaient ses jours et ses nuits.
- Pour mener à bien ce travail, entrepris avec l’autorisation du Comité international, mais en dehors du pro-
- 1 ^ £
- i-. vw;
- AV
- ' w
- • *
- MÛ®
- conserva donc ses fonctions jusqu’en mai 1915, et ne quitta son poste, devenu en quelque sorte un poste de combat, que lorsque la menace d’invasion se fut évanouie. Le Comité international lui conféra le titre de directeur honoraire.
- L’extrême modestie, le désintéressement, la bonté, étaient les côtés charmants du caractère de J.-René Benoît, et il faut avoir vécu longtemps de sa vie pour savoir les apprécier pleinement. Il aimait la calme retraite, propice aux travaux auxquels on se voue tout entier, et même dans les publications qui seules peuvent faire connaître le fruit du labeur, il s’abstenait, tant qu’un résultat
- n’avait pas atteint, dans le repos, sa complète maturité. Telles sont les raisons pour lesquelles il fut peu connu du grand public.
- Dans les commissions de physique ou de métrologie, son bon sens et son
- expenence consommée lui assuraient une grande
- gramme du Bu-
- reau, et sans que des allègements
- correspondants pussent être apportés aux devoirs de sa charge, il dut s’imposer un labeur si considérable que sa santé s’en trouva définitivement altérée. Ses yeux en particulier, auxquels les pénibles observations des franges obtenues dans la lumière de la soude avaient imposé de bonne heure un effort exagéré, allaient en s’affaiblissant, et, craignant de ne plus pouvoir suffire pendant longtemps aux obligations que lui imposait sa double activité, de chef et de métrologiste ; il annonça au Comité international son intention de résigner ses fonctions à la fin de l’année 1914. Mais, à la date prévue, la région parisienne était encore très menacée, et son concours restait précieux en vue des mesures urgéntes que les circonstances pouvaient nous obliger à prendre pour assurer la sauvegarde des précieux trésors qui nous étaient confiés. Il
- autorité; et c’est aussi ce bon sens qui achève de donner à ses travaux le caractère de perfection qui les classe ^ , parmi les meil-
- leurs de la science
- ~ métrologique*
- J.-René Benoît. Il était dans
- sa nature d’aimer à suivre les
- séances des sociétés où règne la simplicité; aussi trouvait-il une joie toute particulière à celles de la Société de Physique, dont il fut le président.
- Les honneurs vinrent d’eux-mêmes à lui. Ses travaux pour la géodésie lui avaient valu d’être nommé, en 1894, .correspondant du Bureau des Longitudes, et ses recherches de physique Pavaient fait désigner, en 1905, comme correspondant de l’Académie des Sciences. Il était membre d’honneur de la Société de Physique de Londres et de la Société française des Electriciens, et, depuis 1908, officier de la Légion d’IIonneur.
- Sa vie, tout entière consacrée au devoir, reste, pour ceux qui en furent les témoins, un enseigne-
- ment et un guide.
- Cm.-En. Guillaume.
- Directeur du Bureau International des Poids et Mesures.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Pans.
- p.352 - vue 356/620
-
-
-
- Fig. i. — Deux fragments de nids de Coenothele gregalis suspendus à une corde et ayant fonctionné comme piège à mouches pendant toute une saison dans une épicerie.
- .Çes deux fragments développés d’abord indépendamment ont fini par se réunir par des filaments de soie lors de l’exode
- général des mères pondeuses.
- * LE COENOTHELE GREGALIS E. S.
- £ Araignée sociale dont le nid est employé comme piège à mouches
- dans certaines contrées du Mexique. '
- ptitude à vivre en société est, chez les araignées, des plus rares. Mais lorsque cet instinct vient à se manifester, il peut alors revêtir une forme des plus complètes.
- C’est ce que; parmi les quelques exemples aujourd’hui connus d’araignées sociales, vient nous démontrer, de la façon la plus évidente, une espèce mexicaine, le Coenothele gregalis E. S., que l’on rencontre formant d’importantes nidifications sur les rameaux de ces chênes partieiiliers aux escarpements montagneux des régions quelque peu froides et humides du plateau central du Mexique.
- Cette intéressante espèce, dont les colonies comportent souvent plusieurs centaines d’individus réunis sur un même domaine, fut mise à contribution, depuis probablement une époque reculée, par les aborigènes et ensuite par les populations rurales qui leur succédèrent, pour constituer des pièges à mouches dont l’efficacité se montre incontestable au moment de la saison des pluies.
- C’est du reste cet emploi qui a fait donner, dans le pays, à cette araignée et à sa nidification la dénomination espagnole bien significative de Mosquero.
- Le système d’organisation de la population du Mosquero diffère cependant de celui que l’on observe chez les insectes vivant sous le régime familial.
- Au lieu d’offrir, comme chez ces derniers, des individus de même espèce, dont bon nombre sont adaptés aux nécessités que comporte le fonctionnement normal d’une collectivité d’êtres de classe inférieure, la population du Mosquero nous fait voir, au contraire, une réunion de sujets ayant conservé toute leur intégrité morphologique.
- Mais comme dans toute association similaire, il faut le concours d’individus différemment outillés pour les soins de la communauté, ce n’est plus comme chez les insectes à la mutilation de ses congénères que la société des Coenothele a recours pour cet objet, mais bien à nn simple commensalisme.
- En effet, dans toutes les dépendances de la nidification, on trouve une espèce d’araignée beaucoup plus vigoureuse et de dimension au moins double, qui, tout en profitant des avantages d’une habitation bien aménagée, vient apporter son concours à la vie en commun.
- MJ.fc ?
- big. 2. — Coenothele gregalis <f et 9.
- 50‘ Année. — I" Semestre’ 25'14<. '10 jllill 1922.
- 25.
- ÔOÔ
- p.353 - vue 357/620
-
-
-
- LE COENOTHELE GREGAL1S E. S.
- 354
- .Cette dernière qui est le Poecilocroa convictrix El S. appartient au groupe des araignées dites errantes, elle est venue s’associer à la populeuse colonie de Coenothele, en se conformant à son régime de réclusion, afin de remplir là un rôle qui semble bien être celui de cheville ouvrière.
- : L’étude et la description des deux associés ont été faites par M. Eugène Simon, l’éminent spécialiste, qui un des premiers a fait connaître les moeurs des arachnides sociales (*).
- Coenothele gregalis E. S. — Cette espèce appartient à la famille des Üictynidées, où, d’après l’âu-. teur qui l’a décrite, elle vient figurer un genre nouveau intermédiaire entre ceux des Dictynia et des Phryganophorus.
- C’est un animal aux formes massives et trapues, de petite taille, mesurant à peine 4 mm de longueur, d’une allure assez lente et pesante correspondant bien au régime de réclusion auquel il est assujetti au sein de son habitat moelleux, il appartient à la section des Crihellates, dont tous les représentants sont caractérisés par la présence d’un appareil complémentaire aux filières sécrétant la soie, auquel on a donné le nom de cri-belium.
- Cet organe, qui vient ajouter son produit à celui des fdières ordinaires, confère aux araignées qui en sont pourvues la faculté d’émettre pour la confection de leur toile deux sortes bien distinctes de fils.
- Les uns, fournis par les filières normales, sont simples et secs ; ils constituent surtout dans le cas du Mosquero les câbles sur lesquels viendra s’appuyer en grande partie l’édifice de la nidification.
- Les autres, provenant du crïbellum, sont cardés à la sortie de l’organe excréteur par le frottement de sortes de brosses que l’on nomme calamislrum et qui sont placées sur le métatarse de la quatrième paire de pattes.
- Ces derniers fils, dits calamistrés, sont alors franchement agglutinants et servent, lorsqu’ils occupent la superficie du nid, à la capture des proies.
- Poecilocroa convictrix E. S. — Cette espèce du groupe des araignées vagabondes, qui pour les besoins de la colonie du Mosquero est venue se plier à des mœurs casanières, appartient à la famille des Drassides; elle est voisine d’une espèce qui a été rencontrée au Mexique dans l’üilat du Gue-rero, le P. Vitlatus Camb ; elle n’en diffère du reste que par quelques faibles caractères tirés de la disposition des yeux postérieurs et de la conformation des tibias.
- Cette araignée, dans ses dimensions, est au moins le double de ses associées ; mais, contrairement à elles, elle est de complexion moins ramassée, ce qui la rend plus alerte dans les exercices qu’elle doit déployer parmi le troupeau où elle vit isolée,
- 1. E. Simon. Note sur l’araignée Mosquero. Comptes rendus de l’Académie des Sciences, 15 mars 1909, p. 756.
- Dans le mutualisme de ces deux êtres de mœurs si dissemblables, les rôles sont nettement répartis.
- Le Coenothele gregalis représente l’élément plébéien et laborieux auquel incombe la production des matériaux servant à l’édification, à l’accroissement et à l’entretien de ce nid dont la surface constitue à la fois le piège pour les captures des victuailles et l’appareil ingénieux collectant les gouttelettes de rosée qui doivent servir à l’abreuvage de la population.
- Le Poecilocroa convictrix appartient à un groupe d’araignées, qui ne produit pas à proprement parler de toiles destinées aux captures, mais seulement pour ses besoins particuliers, tels que le tapisse-ment d’un repaire ou la confection d’un cocon ovi-gère au moment de la ponte.
- Son rôle, parmi la populeuse communauté du Mosquero est des plus complexes et en môme temps des plus actifs.
- Habitant seule, ou par couple suivant la saison, chacune des dépendances de ce nid dont elle semble surtout avoir la garde, elle parait bien là, sinon diriger complètement le travail, du moins le coordonner.
- Mieux avantagée sous le rapport de la constitution, de la force, de l’agilité, elle est tout indiquée pour s’attaquer aux proies trop volumineuses, que sa frêle compagne serait impuissante à maîtriser. Cheminant continuellement dans les galeries du nid, elle les entretient et les façonne par ses allées et venues, en leur fournissant au besoin, avec sa faible sécrétion de soie, un élément de réparation et de perfectionnement.
- Enfin elle parait également faire la police de toute la nidification en y maintenant l’ordre et le fonctionnement régulier. Comme on voit, elle remplirait suivant les circonstances, les fonctions complexes d’ouvrière, de gardienne de troupeau, d’ordonnatrice et même au besoin, si on la compare aux insectes sociaux, celle de reine.
- Cette dernière comparaison parait assez plausible, car en cas de disette générale chez des êtres aussi carnassiers, le Poecilocroa semble bien disposer de la vie de ses coassociés ; c'est du moins ce que tendrait à démontrer un fait observé sur un nid renfermé pendant plus d’un mois dans un espace complètement clos, à l’ouverture duquel on constata la disparition des Coenothele, qui, n’ayant pu s’échapper, devinrent vraisemblablement la proie de leur commensale affamée, seule restée vivante.
- Le commensalisme dans le Mosquero ne se borne pas seulement à celui d’une araignée plus robuste, d’autres êtres viennent également y prendre part, mais alors d’une façon momentanée et toujours au profit du groupement familial.
- C’est ainsi que pendant la saison sèche, à l’époque où les nids ne sont peuplés que par des jeunes, on a pu constater la présence de ces fourmis voyageuses, qui, à des époques déterminées, viennent visiter les habitations afin de s’y repaître des
- p.354 - vue 358/620
-
-
-
- LE COENOTHELE GREGALIS E. S.
- 355
- insectes qui s’y étaient réfugiés pendant le repos hivernal.
- Ces fourmis appartenant au genre Pheidole, étaient alors venues occuper le Mosquero dans le but de dévorer et de faire disparaître les cadavres d’insectes desséchés accumulés pendant la saison précédente et cela sans paraître porter le moindre préjudice aux jeunes habitantes, parmi lesquelles elles circulaient librement.
- A la fin de la saison des pluies, des nids de Coe-nothele, récoltés à la sierra de Tlaipujahua (Mi-choacan), se montrèrent envahis par une multitude de minuscules coléoptères de la famille des Latkidi-dées.
- Ces derniers qui étaient représentés par le Corli-
- .M • J.Sfëscjue.
- viduel de chacun de ces deux arachnides livrés à leurs propres moyens (*).
- Le Coenothele, élevé depuis son époque juvénile jusqu’à son état complètement adulte, a pu ainsi traverser les périodes critiques de ses mues et montrer, comme le dit l’auteur, qu’il se comporte de façon différente, pendant son évolution, en ce qui concerne son allure et la manière de faire sa toile.
- Quant au Poecilocroa, il s’est montrée égale-. ment pourvoyeur de soie, mais en faible quantité; il a pu cependant, pendant le cours desa vie isolée, se constituer comme retraite une toile en forme d’entonnoir, dont le réseau très lâche était constitué uniquement de fils transparents.
- Pour ce qui était de la capture des proies, il ne
- Fig. 3. — Poecilocroa convictrix et son cocon ovigère-
- caria nidicola A. Grouv., se rencontraient en abondance dans les galeries, les alvéoles et même dans l’intérieur des cadavres d’insectes qui avaient servi de proie.
- Comme cette espèce appartient à une famille de coléoptères reconnus comme phytophages, il est présumable que ces derniers étaient venus là pour se repaître des végétations cryptogamiques, dont le pullulement rapide aurait pu devenir une cause d’infection pour les recluses du Mosquero.
- Quoique la nature ait confondu les deux existences du Coenothele et du Poecilocroa dans une vie en communauté, ces deux araignées sont cependant capables de vivre isolément, c’est ce qui a été constaté par M. L. Semichon, avec un Mosquero parvenu en France daiis de bonnes conditions, mais qui par suite d’accidents survenus ultérieurement, n’a pu être utilisé au point de vue de l’étude de la socialité.
- Cet auteur a pu élever indépendamment le Cocno-ihele et sa commensale pendant leur saison de grande activité (juillet à octobre) et faire d’intéressantes observations sur la biologie et le travail indi-
- poursuivait pas les mouches qu’on lui fournissait, il attendait qu’elles vinssent à sa portée, mais au lieu de se servir de ses che'licères pour les maîtriser comme le font la plupart des araignées, il les bousculait et les fatiguait en les frappant du bout de ses pattes. Au contact de la toile rudimentaire, la victime ne semblait pas agglutiner ses pattes aux fils, mais dès qu'elle s’était engagée dans l’entonnoir de toile, le Poecilocroa imprimait à la mouche de brusques et violentes secousses, qui avaient pour effet de la faire tomber au fond de la trappe où elle s’était engagée et où ses mouvements se trouvaient alors paralysés.
- Cette tactique paraît bien indiquer comment doit procéder le Poecilocroa au sein du Mosquero lorsque son assistance devient urgente pour immobiliser les captures trop volumineuses ou trop récalcitrantes.
- Le Mosquero dans la nature. — L’habitat du
- 1. L. Semichon. Observation sur une araignée mexicaine transportée en France. Bulletin de la Société entnmolo-qiqtie de France, 1910, p. 558. Observations sur une femelle de Poecilocroa convictrix. Id., 1911, p. 266.
- p.355 - vue 359/620
-
-
-
- LE COENOTHELE GREGAL1S E. S.
- 356
- Coenolhele gregalis se rencontre, comme on l’a dit plus haut, exclusivement sur les chênes croissant à une altitude voisine de 2500 m., sur les flancs et les crêtes des montagnes, région où au Mexique le climat est en général assez froid et où règne à peu près en tout temps une humidité appréciable, grâce à des. rosées presque quotidiennes pendant la saison sèche et à des pluies orageuses pendant l’été.
- Le chêne qui parait le mieux convenir aux conditions écologiques de cette nidification, est le Quer-cus poli/morpha Schect et Cham, espèce croissant habituellement isolée sur les flancs des montagnes et dont le feuillage pérenne ainsi que les rameaux touffus se prêtent à merveille à l’agencement d’une nidification qui par son aspect rappelle quelque peu le lacis soyeux que fabriquent, sous des ombrages analogues, les troupes de chenilles processionnaires.
- Les Mosqueros sont de dimensions variables selon l’importance et l’âge de la colonie, on en rencontre dont l’étendue peut arriver à couvrir 2 m2.
- Ils sont constitués par l’enchevêtrement des deux sortes de fils que le Coenolhele est capable de produire avec ses filières proprement dites et son cri-bel l uni.
- Le nid, lorsqu’il csl complètement constitué, se présente sous la forme d’un lacis inextricable de fils enchevêtrés, offrant alors une bourre très fournie, dans laquelle de nombreux alvéoles et galeries sont ménagés, ce qui donne vaguement à l’ensemble de la masse l’apparence d’une éponge.
- Les Mosqueros sont toujours placés sur les parties des branches terminales faisant face au sol, de façon à bénéficier en même temps d’un ombrage contre les ardeurs du soleil et d’une protection contre les pluies trop fortes. Ce dispositif permet donc aux brumes et aux rosées, de venir se condenser sur toute la surface et d’apporter chaque jour, la provision d’eau nécessaire aux besoins des habitants.
- Si cette condensation journalière de rosée venait à faire défaut, on ne tarderait pas à voir la population nidicole abandonner par un exode collectif, l’habitat voué à la sécheresse, pour aller former ailleurs, par essaims, de nouvelles colonies, sur des arbres mieux favorisés sous le rapport de la précipitation quotidienne de l’élément vivifiant.
- C’est pour cette raison que les indigènes, qui entretiennent dans leurs demeures ce genre de piège à mouches, ont grand soin de pratiquer chaque jour une copieuse pulvérisation d’eau sur toute la périphérie du nid, afin de le conserver en bonne condition pendant toute la saison.
- Dans les essaimages de la colonie de Coenolhele, qui ont lieu, soit naturellement, lorsque la population s’est accrue dans de trop fortes proportions pour l’espace dont elle dispose, soit accidentellement, lorsque la disette d’eau ou toute autre cause défavorable vient à surgir, on y constate toujours, lorsque le nid est bien conditionné, la présence de la commensale, ce qui tend à démontrer que son
- mutualisme est une condition rigoureuse et indispensable pour le fonctionnement normal et régulier de la compagnie.
- Néanmoins dans un nid complètement déserté par un exode subit, on rencontre toujours quelques exemplaires de Poecilocroa qui y sont restés.
- Ces dernières qui, pour une cause quelconque, ne s’étaient pas jointes à l’émigration collective de leurs associés, peuvent encore trouver en partie dans la demeure abandonnée, les éléments de leur subsistance, et d’où, naturellement vagabondes, elles peuvent s’absenter momentanément pour aller trouver au dehors ce qui est nécessaire à leur consommation.
- L’exode du Coenothele peut s’eifectuer de deux façons, suivant l’âge ouïe développement des sujets.
- Lorsque l’animal est encore dans sa période juvénile, ce départ s’exécute par la voie des airs et par le procédé bien connu du long filament de soie, qui, lancé verticalement dans les airs, remplit l’office d’un parachute, permettant à l’individu de se faire véhiculer à travers l’atmosphère, grâce aux courants et aux remous aériens ; procédé ingénieux utilisé par nombre d’araignées et dont le mécanisme a fait l’objet d’une minutieuse description de J.-H. Fabre au sujet des Cpeircs des jardins0).
- Lorsque le Coenolhele a atteint scs dimensions adultes, son poids ne lui permet plus d’avoir recours à ce subtil moyen de transport ; il s’échappe alors en cheminant le long des parois qui se trouvent à sa portée, en dévidant le long de son parcours de minces filaments de soie, qui serviront à ceux de la suite à s’orienter vers l’endroit propice où doit se reconstituer l’essaim des fugitives.
- La vie dans le Mosquero ne présente, lorsque les conditions d’existence se maintiennent normales, aucune solution de continuité.
- Les individus qui forment sa nombreuse population vivent, se développent, pondent, en commun, et ce n?est qu’après [la ponte et l’éclosion des jeunes, vers la fin de la saison estivale, que les femelles mères qui à ce moment occupaient seules le nid} abandonnent ce dernier non pour aller, leur œuvre accomplie, se reconstituer en colonie, mais pour hiverner ou mourir isolément dans un endroit quelconque.
- Pendant toute la belle saison, l’activité ne cesse de régner au sein du Mosquero, celui-ci donne alors l’apparence d’une véritable fourmilière.
- Les Coenothele réunis par petits groupes se tiennent cachés, la plupart du temps, dans les profondeurs du nid et ce n’est que lorsqu’un insecte vient se prendre aux rets de capture^ que les araignées font une courte apparition à- la , surface pour prendre possession de la proie et en faire l’objet immédiat d’un repas en commun.
- Au début, les mâles se rencontrent en abondance dans toutes les parties du nid, mais à la fin de la
- 1. ,1.-11. Fabre, L’exode des araignées. Souvenirs entomo-logiques. 9e série. Clutp. IV, p. 49.
- p.356 - vue 360/620
-
-
-
- LE COENOTHELE GREGALIS E. S.
- 357
- saison on constate qu’ils ont complètement disparu, soit qu'ils aient été victimes de la rapacité de leurs voraces compagnes, comme cela a lieu d’habitude, chez la plupart des arachnides, soit qu’ils aient réussi à s’échapper d’une demeure devenue inhospitalière une fois leur rôle terminé.
- La ponte a lieu en septembre ou octobre, les œufs ne sont pas alors placés dans des cocons ovi-gères, mais seulement déposés dans les nombreux alvéoles du nid.
- Les nouvelles constructions du nid sont faites d’une façon très légère, ce n’est que peu à peu qu’elles prennent de la consistance par le fait de la sécrétion journalière de la soie, après chaque capture, ce qui fait que le nid s’accroît concentriquement et que son augmentation de volume est proportionnelle au nombre de captures.
- Les reliefs des festins recouverts de fils calamistrés, puis ensuite de fils ordinaires pour niveler la surface du nid, constituent alors des noyaux, qui viendront plus tard former les alvéoles servant de loges incubatriccs pour la génération suivante.
- Le nid pour être convenablement constitué demande environ deux ans, il est donc l’œuvre de deux générations successives.
- Lorsque les mères pondeuses ont évacué le mos-quero, les jeunes en prennent possession et le disposent immédiatement en vue d’une habitation d’hivernage, où s’eflectueront, dans la suite, toutes les phases et transformations du début de leur existence. Avant leurs premières mues, les jeunes Coenothele ne produisent pas de fils calamistrés, mais seulement des fils ordinaires servant à l’entretien et au calfeutrage du nid.
- Cette observation, qui a été faite par M. Semi-chon dans ses élevages séparés, tendrait à démontrer que pendant leur période de développement, les
- Fig. 5. — Un mosquero à la fin de son emploi comme piège à mouches.
- Fig. 4. — Extrémités de rameaux de chêne où les Coe-’ nothele onf établi les pelotonnements soyeux que l’on recueille pour constituer les pièges à mouches.
- Coenothele n’ont pas recours, pour leur première alimentation, aux proies obtenues par l’intermédiaire de pièges, mais seulement à celles que leur fournit occasionnellement la nature, lors d’une invasion ou d’un refuge à l’intérieur du nid, de troupes de pucerons ou d’autres minuscules insectes, comme on l’a vu avec le Cortaria nidicola, victuailles prélevées alors sur le parasitisme de l’arbre et qui fournissent des proies en rapport avec le faible développement des jeunes hôtes.
- Le chêne sur lequel s’établit la nidification du Coenothele, n’est peut-être pas complètement indispensable à l’édification du mosquero, car on a vu des essaims venir après un exode accidentel, prendre asile sur d’autres plantes à frondaison persistante, tels que Orangers, Troènes, Tecoma, etc.
- Mais cet établissement qui, comme on l’a constaté, n’a lieu qu’à défaut de chênes dans le voisinage, ne paraît pas devoir être permanent et convenable pour une succession de nidifications, car ces arbres ne présentent pas le parasitisme et les conditions écologiques, que seul le Q. polymorpha est capable de fournir d’une façon constante et auxquels les Coenotheles ont été adaptés.
- L’étendue de l’aire de dispersion géographique du Mosquero n’a pu encore être établie d’une façon précise, elle n’a été jusqu’ici constatée au Mexique que dans différents points des États de Mexico, Michoacan et Zalisco; il est plus que probable qu’elle doit s’étendre davantage et comprendre au
- p.357 - vue 361/620
-
-
-
- LE COENOTHELE GREGAL1S E. S.
- 358
- moins toutes les régions d’altitude et de climat similaires, où l’on rencontre les forêts de ces chênes caractéristiques des zones élevées du plateau de l’Ariahuac.
- Piège à mouches. — I/emploi des nidifications ou des toiles d’araignées, pour se garantir de l’invasion des mouches, a de tout temps été mis à profit chez les populations rurales de n’importe quel pays.
- C’est ainsi que très souvent, on a coutume de laisser, pendant l’été, les araignées établir librement leurs toiles dans les étables et les métairies, afin de préserver le plus possible le bétail de tracasseries exaspérantes.
- Les toiles tendues dans les recoins constituent des réceptacles et des collecteurs pour le dépôt des poussières, ce qui doit fatalement créer en temps d’épizooties des foyers d’infection.
- Avec le Mosquero, tel que l’a organisé la nature, rien de semblable n’est à redouter, car sa surface se trouve constamment renouvelée par les dépôts successifs de nouvelles soies.
- La totalité d’une nidification de Coenothele n’est pas nécessaire pour les usages domestiques, un fragment d’un volume mojen est amplement suffisant, s’il est bien peuplé de ses hôtes.
- Pour cela on choisit toujours de préférence les extrémités des branches formant bouquet, ce qui permettra dans la suite au piège à mouches, lorsqu’il s’accroîtra, de prendre une forme globuleuse un peu régulière.
- Chaque année, à l’approche de la saison des pluies, vers la fin de juin, les indigènes qui ont la coutume d’employer ces pièges naturels, vont dans les montagnes boisées de chênes, récolter les Mos-queros, soit pour en munir leur foyer, soit pour les vendre sur les marchés des villages.
- Ce piège se suspend au plafond des logements, à l’aide d’une cordelette et, suivant l’importance de l’espace à préserver, on en place un ou plusieurs exemplaires, mais en ayant soin toutefois de ne pas en exagérer le nombre, car une surabondance pourrait nuire au fonctionnement régulier de cet engin, au cas où les captures se montreraient inférieures à sa puissance de destruction. •
- Les soins qu’exige ce piège une fois mis en place sont insignifiants, il suffit chaque jour, aux heures du travail ménager, de le pourvoir de la provision d’eau indispensable à la vie des araignées.
- Cette opération se pratique très rapidement et de la manière la plus simple, en pulvérisant de 1; eau à l’aide d’une seringue comme on le fait pour- les plantes délicates d’appartement. ' • , •
- Encore plus couramment et d’une façon plus primitive, l’indigène, avec sa bouche, projette de l’eau en fines goutteleties.
- Ainsi traité, le Mosquero prendra, par son développement concentrique, une conformation plus du moins régulière, suivant la direction qui lui aura été imprimée par le rameau ayant servi de noyau.
- Son volume, à la fin de la saison, pourra re-
- présenter alors le double et même le triple de ce qu’il était primitivement. Suspendu au plafond de l’endroit qu’il doit protéger, il participe en quelque .sorte à sa décoration, en donnant plutôt l’illusion, lorsque le dépôt, de soies n’est pas trop abondant, d’un bouquet de feuillage enveloppé de mousseline, que d’ün repaire d’araignées.
- En effet, pendant tout le cours de leur vie active, les Coenothele n’accusent guère leur présence au sein du pelotonnement soyeux, que par de très courtes apparitions à là surface et seulement aux moments où ils viennent puiser l’eau perlant sur les fils de la surface du nid, ou procéder à la capture de la proie empêtrée aux réseaux agglutinants. Celte dernière opération s’effectue vivement : la proie, rapidement ensevelie sous une couche de soie, devient le repas du groupe d’individus qui ont opéré la capture et qui, l’opération une fois terminée, regagnent les profondeurs de leur repaire.
- Le Poecilocroa, lui, ne se montre qu’à de rares intervalles et principalement lorsque des pro ies trop vigoureuses viennent réclamer l’intervention de sa puissante entremise.
- Lorsque la saison où les mouches se montrent en abondance est terminée, c’est-à-dire en octobre, les Coenothele, comme on l’a vu plus haut, abandonnent collectivement leur demeure et cèdent la place aux jeunes, ils vont alors se réfugier en dehors des habitations.
- A ce moment, comme les nids laissés à la nouvelle génération ne peuvent plus prendre d’accroissement et que par conséquent leur surface n’étant plus renouvelée deviendrait un collecteur de poussières, on s’en débarrasse et on rejette ce piège devenu désormais complètement inutile dans les demeures.
- Au moment où l’on s’occupe d’examiner tous les moyens susceptibles d’être appliqués à la destruction des mouches et des insectes nuisibles, le nid de Coenothele est digne d’être pris en considération.
- Son emploi est cependant soumis à quelques restrictions, le piège éminemment pratique fourni par la nature, ne peut bien fonctionner que dans les stations où les mouches surabondent et d’une façon à peu près constante.
- Si le ravitaillement de la nombreuse colonie venait à faire défaut ou seulement à subir de longues intermittences, ce piège, comme il est facile ïde le comprendre, se détruirait de lui-même, la population, privée de l’alimentation quotidienne, ne tarderait pas soit à fuir le lieu de disette, soit en raison de son caractère exclusivement carnassier à se livrer au cannibalisme. Malgré ce cas particulier, ileMosquero, dont les premières études ont été expo-jsées dans le Bulletin de la Société d'acclimata-! tion(l) remplit l’office du meilleur piège à mouches qu’il soit possible d’employer dans les régions
- 4. Le Mosquero, jnid d'araignées employé comme piège à mouches, octobre 1909, p. 568. -
- Nouvelles observations sur le Mosquero, août 4916, p. 240.
- p.358 - vue 362/620
-
-
-
- 359
- LES PETROLES CAUCASIENS
- périodiquement infestées de mouches. Il est, par conséquent, d’un très grand secours dans les magasins d’alimentation, dans les boucheries, dans les écuries, les étables, etc...
- C’est surtout dans ces dernières qu’il est appelé à rendre d’inappréciables services pour combattre les diptères nuisibles au bétail, tels par exemple, les oestres, les taons, les hippobosques, les derma-tobies, les chrysomies, etc..., contre lesquels on ne possède jusqu’ici aucun moyen sérieux de destruction.
- Ces proies, assez volumineuses et en apparence disproportionnées aux précaires moyens d’attaque dont disposent les Coenothele, sont cependant fort bien capturées et détruites par le Mosquero grâce au concours puissant que vient y exercer le Poeci-locroa convictrix.
- La nidification du Coenothele qui, dans son pays d’origine, s’effectue sous un climat tempéré, mais cependant assez froid, comportant aux périodes du début de l’année, des gelées et même des chutes de neige, aurait vraisemblablement des chances de s’adapter au climat européen et de devenir là, en prenant quelques précautions d’entretien, un précieux engin de destruction pour les insectes nuisibles au bétail.
- Il faudrait cependant, dans les régions où l’hiver se montrerait trop rigoureux, avoir recours à un hivernage dans une orangerie ou dans quelque endroit suffisamment abrité, de façon à conserver en bon état le nid et l’arbre qui le supporte.
- Considéré à un tout autre point de vue que celui d’une application aux usages domestiques, le Mosquero nous montre un fait biologique des plus intéressants; c’est la sociabilité ininterrompue de ses hôtes durant le cours d’une génération.
- Pour bien le mettre en évidence, il faut, en terminant cet article, établir une comparaison avec les instincts des autres arachnides.
- La sociabilité dans cette classe d’animaux est instinctive, mais elle ne se manifeste en général que d’une façon tout à.fait éphémère.
- C’est ainsi qu’après leur éclosion au sein de la coque ovigère que l’instinct maternel a su construire et mettre à l’abri dans une situation propice, les jeunes araignées non seulement n’abandonnent pas immédiatement ce berceau, mais même souvent le développent et le perfectionnent afin de l’accommoder à leurs besoins.
- Elles mènent alors là une existence en communauté qui durera jusqu’à ce qu’elles soient en état d’affronter individuellement les exigences de la vie indépendante, à laquelle la nature les a destinées.
- Quelques araignées peuvent parfois, à la fin de leur existence, opérer un retour curieux vers la vie en communauté de leur enfance.
- C’est ce qui a lieu par exemple avec une espèce de l’Amérique centrale, l'Araneus (Epeira) Ban-deleri E. S. ; cette espèce, comme le dit l’auteur qui l’a décrite (J), ne diffère pas en temps ordinaire des autres du même genre, sa toile est normale et individuelle ; mais au moment de la ponte, plusieurs femelles se réunissent pour construire en commun, sur un buisson une grande coque de tissus laineux, dans l’intérieur de laquelle elles s’enferment pour pondre et fabriquer individuellement leur cocon ovigère ; ces derniers, réunis dans un seul abri, resteront sous la garde de plusieurs femelles qui demeureront cloîtrées, pour se partager les soins de la maternité.
- Entre ces deux termes extrêmes de la vie sociale chez les araignées, il est possible de rencontrer toute une série de formes de transition.
- Mais aucune, du moins parmi les espèces jusqu’ici connues et à part une espèce australienne du genre Phryganopliorus, ne montre, d’après M. E. Simon, une perfection aussi complète en matière d’association familiale, que les habitantes du Mosquero mexicain.
- Léon Digüet.
- 1. E. Simon. Annales de la Société cntomalogique de France, 1891.
- LES PÉTROLES CAUCASIENS
- Certains traits de la géographie physique du sol terrestre sont en rapports étroits avec les régions pétrolifères : et la raison en est facile à comprendre, à la seule condition d’abandonner la théorie de l’origine organique des hydrocarbures, qui règne encore presque seule dans renseignement malgré l’erreur fondamentale qu’elle renferme.
- Les hydrocarbures sont exclusivement élaborés dans le vaste laboratoire métallurgique situé actuellement à une trentaine de kilomètres sous nos pieds. Là s’opèrent, sous bonne pression, les mêmes phénomènes que dans nos usines à fer : la fonte impure, qui constitue le sphéroïde central de la Terre avec
- un rayon de 6550 kilomètres, est affinée, à une température voisine de 1200°, par son contact avec les roches silico-alumineuses et imprégnées d’eau salée qui constituent la croûte solide du Globe.
- De cette opération résultent tous les composés qu’on peut prévoir, et notamment une scorie entraînant parfois avec elle des globules échantillons du noyau central ; puis surtout des combinaisons entre le carbone et l’hydrogène, entre le fer, l'oxygène, la silice et l’alumine, etc., c’eSt-à-dire tout ce qu’on trouve dans les émanations du volcan en activité.
- Tous ces composés ne peuvent monter à la sur-
- p.359 - vue 363/620
-
-
-
- LES PETROLES CAUCASIENS
- 360
- face du sol que s’ils trouvent des fissures, sauf à les élargir au passage ou à les obstruer.
- *
- * *
- Les cassures de la croûte solide du globe résultent de mouvements tectoniques, c’est-à dire de déformations subies par la masse pierreuse ; ces irrégularités sont décelées au géographe par des rides donnant naissance à des lignes surélevées qui sont les chaînes de montagnes, et à dss zones de dépressions formant les bassins des principales mers.
- L'examen des cartes met en évidence que d’assez grandes parties des chaînes de montagnes sont disposées suivant les méridiens, et d’autres, peut-être moins importantes, s’alignent suivant des parallèles ; chaque chaîne est accompagnée de deux dépressions affectant des directions parallèles à la chaîne.
- Il est bien entendu d’ailleurs que ces observations ne sont vraies qu’au point de vue de l’ensemble du dispositif orographique : les lignes droites que nous concevons par abstraction sont fragmentées en fait en échelons multiples, avec des bifurcations et des déviations, qui ne détruisent pas l’impression générale tirée de la vue d’une bonne carte. Il en est ainsi de tous les phénomènes naturels : nous ne pouvons les réunir sous une même formule que grâce à l’inexactitude de nos observations : si on y regarde de trop près, il n’y a plus de loi simple.
- Parmi les rides de la surface, il en est une particulièrement remarquable, celle de la côte orientale du Pacifique, depuis la pointe sud de la Terre de Feu jusqu’à l’Alaska: elle disparait à ses deux extrémités sous des dépressions marines transversales, tandis qu’elle est accompagnée sur ses deux flancs par des dépressions méridiennes largement dessinées.
- Une telle disposition ne peut guère s’expliquer que par une force parallèle à l’équateur, c’est-à-dire par un effet de la vague de marée qui a son arête disposée suivant un méridien (sauf les petites variations dépendant des déclinaisons de la Lune et du Soleil) et qui accourt de P Est en faisant le tour de la Terre en 24 heures, soit avec une vitesse de 500 m. par seconde à l’équateur.
- Agissant sur une croûte mince, ce soulèvement la brise et rejette les fragments pris à l’Est sur les fragments placés un peu plus à l’Ouest dans la partie abaissée de la vague; comme la vitesse et la hauteur de la vague sont plus fortes à l’équateur que sur les autres parallèles, la ride doit être plus accusée dans les régions équatoriales que sous les hautes latitudes, et c’est ce que montre l’orographie de cette grande chaîne occupant un angle déplus de 100°. Le phénomène ainsi compris est très analogue aux embâcles qu’on observe sur les fleuves gelés quand la glace se brise et est poussée par le courant.
- La chaîne des deux Amériques est beaucoup plus
- nette qu’aucun des autres phénomènes analogues ; mais des traits semblables et plus incomplets s’observent en examinant les grandes côtes des continents et les axes des deux océans : les dépressions Pacifique et Atlantique sont disposées suivant des méridiens, de même que la dépression continentale : Caspienne, golfe de Bengale — ou Caspienne, mer Rouge — et de même aussi 'que la côte occidentale du Pacifique, depuis Sakhaline et le Japon jusqu’aux îles de la Sonde, et encore dans la direction Nord-Sud on trouve la plus grande partie des côtes importantes de l’Europe, de l’Afrique, de l’Asie. La forme anguleuse des continents de l’Afrique, de l’Amérique méridionale, s’accorde avec le rapprochement que subissent les méridiens en s’éloignant de l’Equateur.
- Une fois établi ce système de rides, plus résistant à l’équateur qu’en dehors de lui, la contraction du noyau central par refroidissement a produit des plissements dirigés suivant des parallèles, et nous pouvons constater quelques grandes chaînes fragmentées suivant ces directions, et surtout trois dépressions : celle de la mer 'des Antilles, qui, poursuivie vers l’Ancien Continent et se subdivisant, va vers le Sud former le Sahara et la mer des Indes, et plus au Nord derrière les chaînes de l’Atlas, les chaînes espagnoles, le Caucase et l’Himalaya en même temps que la profonde mer Méditerranée et les plaines de Mésopotamie ; la seconde au Nord des deux continents est l’océan Arctique, et la troisième, passant au Sud des deux Continents, les sépare des terres australes qu’on explore actuellement.
- *
- * *
- Chacune de ces lignes de hauteurs et de dépressions est accompagnée par un cortège de cassures, plus abondantes en direction de l’accident tectonique que perpendiculairement, commedans les embâcles. Les observations montrent que certaines des fissures ont pu se transformer en cratères volcaniques ; d’autres sont devenues filons métallifères, qui sont en effet assez généralement tournées à peu près vers le Nord.
- D’autres observations plus récentes montrent que les gisements de pétrole sont surtout placés sur ces zones de fissures, mais rarement près de l’axe de la chaîne, et moins encore entre les chaînons quand ceux-ci sont peu divergents ; [la distance à l’axe principal n’est pas souvent de plus de 100 kilomètres, mais il y a des gisements isolés qui sont peut-être reliés à des phénomènes volcaniques inconnus, ou par des fissures très longues aux cassures volca-, niques les plus voisines.
- La liaison entre les grandes chaînes volcaniques et les gîtes de naphte est surtout évidente en Amé^ rique : on est en train de compléter la découverte du pétrole sur tout le pied oriental des massifs volcaniques, depuis la Patagonie jusqu’à la Bolivie, le Mexique, le Texas, le Canada; sur la bordure
- p.360 - vue 364/620
-
-
-
- 361
- ............ ............. LES PÉTROLES
- occidentale, la mer est sans doute trop près pour permettre de grands développements, mais on connaît au moins les deux gisements de Piura au Pérou et de Los Àngelès en Californie, et tous deux s’enfoncent rapidement sous l’Océan.
- On doit considérer comme régions prétrolifères les pays qui sont situés sur ces zones de fractures, et surtout vers les croisements de ces zones : mais à vrai dire on ne connaît que deux ou trois de ces croisements : les plus évidents sont celui du Mexique
- CAUCASIENS :--------------:
- *
- * *
- Cet aperçu montre bien l’intérêt que présente, pour l’industrie moderne, l’exploitation de la vaste région de croisement qui s’étend au pourtour de la mer Caspienne et qui va très loin au Sud, probablement jusqu’au golfe de Bengale.
- Là se trouve une grande chaîne à volcans bifur-quée : au Nord c’est le Caucase, qui fait suite lointaine aux Carpathcs silésiennes ; au Sud, c’est
- Emba
- 'Ekaterinodar
- M*Elbrouz. ./ Voie/a '
- Grosnyi
- 'Tnjêbizondè
- Ois Mets minier^ en exploitation
- L- Yan
- Chemins de Fer
- Pipe-Une
- L.Ourmiah
- Grands lacs d'aFFaissement
- Fig. i. — La région pétrolifère du Caucase.
- et celui de la Caspienne ; et on peut y ajouter les îles de la Sonde.
- Il ne suffit pas qu’on soit sur la zone des cassures pour qu’il y ait gisement exploitable : il faut qu’il y ait dans le sous-soldes couches perméables, comme des grès grossiers, où le pétrole ait pu trouver des vacuoles pour s’y accumuler, tout en étant en communication vague avec les fissures productives : et comme les couches gréseuses sont toujours en forme de lentilles discontinues, on ne peut pas les rechercher au hasard des sondages : il faut, pour implanter un travail coûteux d’exploration, que la position d’une lentille naphtifère soit décelée par des émanations, par des sources bitumineuses. En cherchant aux abords de ces manifestations, on parvient à faire la topographie souterraine des couches intéressantes, et c’est ainsi que le mineur est conduit peu. à peu à faire des forages de plus en plus profonds pour suivre la zone utile.
- l'Àrarat, correspondant, d’aussi loin, aux Alpes de Transylvanie, ou aux massifs montagneux de Grèce et d’Asie Mineure.
- Entre ces deux chaînons, pas plus en Hongrie qu’en Géorgie, on n’a trouvé de fortes manifestations de naphte : il y en a cependant au Sud du Caucase, à PEst et à l’Ouest de Tiflis, à Signak et à Koutaïs et on y fait un peu d’exploitation, ébauchée depuis une haute antiquité pour la fabrication des torches.
- Au Sud de l’Ararat, commence la Mésopotamie sur laquelle portent d’actives convoitises, quoique elle ait été à peine étudiée ; on peut en espérer beaucoup, à la condition d’y poursuivre méthodiquement de grands travaux de recherches pour trouver les lentilles fertiles de grès perméables.
- Il suffit d’une zone productive d’une faible étendue pour faire la fortune d’un pays et aider puis samment l’industrie mondiale.
- p.361 - vue 365/620
-
-
-
- 362
- LES PÉTROLES CAUCASIENS
- Dans la célèbre presqu’île d’Apchéron, auprès de la petite ville de Bakou, l’exploitation ne porte pas sur plus de 2000 hectares, mais on a percé ce territoire comme une écumoire : au moment de la plus grande activité il y avait là 5600 puits en exploitation, et la distance normale entre eux est de 50 m. seulement; au cours de l’année 1901 l’ensemble de ces forages a produit 11 millions de tonnes de naphte brut, soit 670 millions de pouds (le poud russe est de 16 kg) ou 85 millions de barils américains de 140 litres environ, pesant dans les 125 kg.
- On remarque à Bakou la belle continuité du gisement": dans les limites du champ de Bakou, très peu de forages se montrent stériles, et la limite dernière de leur productivité ne semble pas atteinte.
- Il y a eu cependant de grandes diminutions, comme l’indique le tableau ci-après : peut-être une partie de l’abaissement est-il dû à l’épuisement progressif de la productivité réelle des terrains, mais il tient surtout à des questions politiques. Les révoltes de 1905 ont produit une chute brusque, et depuis lors les troubles n’ont jamais complètement cessé.
- Les désordres ont recommencé plus violents à la révolution de 1917, les exploitations ont été mal entretenues, le matériel s’est usé, des mines ont été détruites, d’autres abandonnées.
- Production de Bakou en pouds de 16 kg.
- 1889. . . . 192 millions de pouds.
- 1901. . . . 670 —
- 1905. . . . 400 —
- 1909. . . . 490 —
- 1912. . . . 590 —
- 1917. . . . 260 —
- 1918. . . . 200 —
- 1921. . . . 160 —
- * * *
- Vers 1900 on a commencé des explorations
- thodiques dans une région étendue et on a obtenu quelques résultats intéressants.
- Bakou est situé assez exactement à l’extrémité de la grande chaîne du Caucase ; le gisement principal est à la naissance de la presqu’île d’Apchéron, et occupe là, aux environs de Bakou, un ovale peu régulier de 5 à 6 kilomètres de diamètre moyen : après lui le terrain se montre pratiquement stérile, jusqu’au bout de la presqu’île, mais la zone perméable imprégnée a été retrouvée dans une petite île peu éloignée de la côte d’Àpchéron, et ensuite de l’autre côté de la Caspienne, à l’île de Tchéléken.
- Il y a des chances pour qu’on rencontre d’autres bonnes lentilles en continuant à travailler sur la direction Bakou-Tehéléken et certains dires locaux rapportent qu’il y a des puits de feu au bord Sud de la mer d’Aral, ce qui n’a rien de surprenant.
- En suivant au contraire vers l’Ouest la même ligne, c’est-à-dire le pied Nord de la grande chaîne
- caucasienne, on a reconnu deux autres champs pétrolifères : celui de Grosnyi, pas très éloigné de la Caspienne, donne actuellement des résultats très satisfaisants ; celui de Maïkop, approchant de l’autre extrémité du Caucase, est d’une valeur économique très discutée, mais paraît très étendu sous la plaine marécageuse de Ekaterinodar, par laquelle il peut être en relation avec les houillères du Donetz, manifestation ancienne de l’activité productrice d’hydrocarbures dans ces contrées.
- Au Nord-Est de la Caspienne on a commencé à Emba des exploitations assez intéressantes et qui peuvent s’étendre loin vers le Nord de la’ mer d’Aral : on connaît dès longtemps cette région, pour ses sources de feu naturelles.
- Voici quelques résultats comparatifs des produc-
- tions de ces 4 districts :
- Millions de pouds . . 1915 1920 1921
- Bakou et environs. . 455 200 160
- Grosnyi 90 56 80
- Emba 16 1 V, 1
- On remarquera qu’en raison des luttes militaires de Bakou et des difficultés des transports, le pouvoir soviétique a porté ses principaux efforts sur Grosnyi en 1921.
- La série des gisements allant de la Crimée à Tchéléken doit être considérée comme fournie par les cassures du Nord du Caucase, dont le volcan Elbrouz est la plus importante manifestation : on peut comparer cette zone à pétrole à celle qui occupe le pied Est des chaînes des Andes depuis la Patagonie jusqu’au Texas.
- Au Sud du Caucase, il y a une dépression, un pli synclinal, compris entre le Caucase et les masses montagneuses volcaniques de l’Àrarat : c’est là que se trouvent Tiflis, la Géorgie, l’Arménie, le chemin de fer et le pipe-line de Bakou à Batoum.
- De même qu’entre les chaînons des Andes et des Cordillères, les gisements naphtifères paraissent là peu importants, cependant on y connaît de toute antiquité des sources bitumeuses employées comme bains et pour fabriquer des torches.
- L’idée devait venir de chercher par là du pétrole industriel, et on en a trouvé en deux points, au pied du Caucase ; à Koutaïs il ne paraît pas y avoir encore de travaux sérieux, mais à Signale on a commencé une petite exploitation qu’on dit fructueuse.
- Plus au Sud, au delà du massif de l’Ararat, commencent les plaines de la Mésopotamie où l’on connaît aussi de temps immémorial des sources de naphte, et tout à fait à l’Ouest l’effondrement de la mer Morte fournit un peu de bitumes célèbres. Il y a là un immense espace à explorer,, jusqu’au golfe de Bengale, et il est probable qu’il se créera plusieurs centres pétroliers importants, d’auiantque le naphte, dans cette partie de l’Asie, se montre généralement assez léger, c’est-à-dire fournissant une forte proportion d’essences nécessaires à l’automo-
- p.362 - vue 366/620
-
-
-
- GYROSCOPES ANT1 ROULIS --.... -- 363
- bilisme et à l’aviation, et relativement moins d’huiles lourdes pour fuel oil que dans les contrées américaines et surtout au Mexique.
- Il est d’ailleurs grand temps de chercher tous les combustibles exploitables, car, avec l’ardeur que l’on met à attaquer ces réserves, l’avenir de l’industrie apparaît comme très limité ; en ce moment, il y a surproduction au Mexique, parce qüe la guerre a mis en souffrance les industries et les consom-
- mations, mais on ne peut pas compter sur la longue durée de cet état désastreux des affaires, où la ruine de la France est probablement le facteur principal, et la production constante des hydrocarbures dans la zone plutonienne ne semble pas pouvoir maintenir les disponibilités de combustibles assez activement pour compenser les consommations que réclame l’humanité plus ou moins civilisée.
- F. RinAun.
- GYROSCOPES ANTI-ROULIS
- Les actions gyroscopiques sont aujourd’hui suffi- i le gycoscope peut être agencé de manière qu’il sammcnt connues et le meilleur exemple que l’on ! puisse s’opposer à la chute et redresser le véhicule.
- Fig. i. — Essai en usine, d’un gyroscope Sperry pour navire de ioooo tonnesi
- A, gyroscope dans sa chambre, B, moteur électrique actionné par le gyroscope-relai; C, frein ; D, train d’engrenages réducteurs; E, roue dentée.
- En réalité l’axe du gyroscope tend à décrire un cône ; c’est ce que l’on appelle le mouvement de précession.
- Ce « mouvement de précession ».du gyroscope a été heureusement utilisé dans le monorail Brennan, dans l’automobile gyroscopique à deux roues Chi-lowsky qui ont fait l'objet de descriptions dans La Nature..
- Plus récemment, on a pu, voir au dernier Salon de l’Automobile un châssis d’étude d’une voiturette à deux roues, qui était muni de stabilisateurs
- puisse en donner est celui de la toupie qui, grâce à ces actions, se tient en équilibre sur sa pointe.
- On conçoit qu’il soit possible d’utiliser ces actions des forces centrifuges composées pour obtenir l’équilibre de véhicules.
- En effet, si l’on écarte l’axe d’un gyroscope de sa position d’équilibre, l’arbre se déplace lentement dans une direction perpendiculaire à celle de la force constante qui agit sur lui pour le déplacer. Par suite si un véhicule penche et fait pencher ou iplacer l’axe du gyroscope monté sur ce véhicule,
- p.363 - vue 367/620
-
-
-
- 364 —.... ........ rz= GYROSCOPES ANTI-ROULIS
- gyroscopiques et sur laquelle nous reviendrons quand elle sera tout à fait au point.
- Si l’on considère maintenant le gyroscope se déplaçant seul par une action extérieure commandée, le gyroscope quittant sa position d’équilibre tendra à y revenir et il déterminera une réaction sur les paliers de son axe.
- Les paliers, quand ils sont solidaires d’un navire, transmettent ces efforts à tout le bâtiment et ce sont ces efforts que l’on utilise pour la stabilisation : il suffira de déplacer le gyroscope dans le sens convenable avant que l’effet des vagues qui produit le roulis ait pu avoir une action sur le navire.
- Quand cette action voudra se produire, elle trouvera, dressée devant elle, l’action contraire du gyroscope et le navire restera insensible au roulis.
- Le gyroscope stabilisateur se compose alors d’un gyroscope principal, dont le déplacement est destiné à produire les efforts antagonistes, chargés de supprimer le roulis et d’un petit gyroscope sensible aux moindres déplacements ; celui-ci servira de relai et déterminera le mouvement du grand gyroscope.
- Ce gyroscope relai est nécessaire, car Faction individuelle d’une vague s’ajoute aux autres et, étant donné la grande masse d’un navire, son inertie, le roulis ne se produit pas immédiatement; quand il est commencé, il est bien tard pour l’arrêter.
- Le gyroscope relai ou gyroscope de contrôle, qui est assimilable à un immense pendule, détecte les oscillations les plus faibles, mêmes celles d’une fraction de degré. Il ferme alors un circuit électrique qui libère le frein d’un moteur électrique, lequel se met en marche immédiatement.
- C’est ce moteur qui au moyen de roues dentées et hélicoïdales fait tourner le gyroscope principal sur son axe, afin que ce gyroscope principal très lourd puisse faire naître les actions nécessaires qui doivent contrarier le mouvement de roulis.
- Lorsque l’oscillation cesse, le courant est interrompu par le gyroscope de contrôle, le frein se trouve serré et l’ensemble est préparé pour la prochaine fois, afin d’agir dans le sens vamlu.
- Le gyroscope principal tourne sur un axe vertical, grâce à un moteur à cage d’écureuil ; un roulement à billes spécial est destiné à recevoir les efforts de poussée dus au poids de l’appareil, tandis que les efforts gyroscopiques sont transmis à la carcasse du navire par des roulements radiaux, sur lesquels se trouve montée la chambre du gyroscope.
- Une petite pompe à vide maintient un vide partiel dans la chambre du gyroscope, ce qui diminue beaucoup les résistances passives.
- Le poids de l’équipement gyroscopique dépend naturellement du tonnage du navire auquel il est destiné. On compte 1 pour 100 et même moins du déplacement total du navire ; ainsi un yacht de 500 tonnes demande un équipement de 5 tonnes, alors que pour un navire de guerre de 10 000 tonnes,
- le poids sera seulement de 80 tonnes pour l’ensemble du mécanisme stabilisateur.
- Dans un bâtiment de 18 000 tonnes, le gyroscope principal comporte un disque de 100 tonnes, ayant près de 4 m. de diamètre.
- La place des appareils peut être quelconque, cependant Faction est plus nette quand on choisit la chambre des machines. Près d’une cloison, on aura moins de travail pour faire la liaison avec la structure du bâtiment. En tout cas les efforts ne sont pas brusques et ils peuvent être transmis par plusieuis poutres.
- Le gyroscope peut à volonté provoquer le roulis du navire par la simple manœuvre d’un interrupteur. Cela peut être utile, par exemple pour un brise-glace ou pour prévenir l’enlisement dans des bancs de sable.
- Ces dispositifs ingénieux sont dus à M. Elmer A. Sperry qui installa le premier stabilisateur sur un destroyer de la marine américaine en 1911.
- La stabilisation, indispensable sur les sous-marins est particulièrement précieuse pour les navires de guerre, qui n’ont plus besoin d’un blindage aussi important sous la ligne de flottaison. Le tir des pièces d’artillerie est facilité, le bien-être de l’équipage est amélioré et le navire peut se battre par n’importe quel temps.
- Ceux qui souffrent du mal de mer apprécieront grandement les bienfaits du gyroscope en cette circonstance. Le propriétaire d’un yacht n’aura plus à se préoccuper des conditions atmosphériques et les invités pourront jouir de tout le . confort par tous les temps et durant de grandes traversées. Ce genre de bateau est établi également pour des eaux peu profondes, ce qui rend plus faciles les mouvements oscillants du bateau.
- Le navire stabilisé procure donc une traversée agréable et il marche aussi vite par temps mauvais que par temps calme.
- Le bateau peut aussi suivre le chemin le plus court, sans se préoccuper des conditions de la mer et on élimine les plongées, l’embarquement des paquets de mer. Tout cela rend la direction plus facile et rend possible la diminution du lest et de la cale. Il en résulte donc une économie de combustible, car on sait qu’un bateau qui roule demande un supplément de force.
- La suppression des mouvements du bateau est également très appréciable pour assurer le transport des marchandises, spécialement des denrées fragiles et périssables, qui dans ce cas ne risquent pas d’être détériorées.
- Le stabilisateur gyroscopique offre donc de grands avantages, aussi bien pour l’armateur que pour le passager. C’est une application de plus dans la marine pour le gyroscope, qui se trouve déjà si largement utilisé pour les instruments de route : boussoles gyroscopiques et indicateurs automatiques de route, commande automatique de la barre par le compas, etc. E. Weiss.
- p.364 - vue 368/620
-
-
-
- 365
- LA LOCOMOTIVE A TURBINES
- Au moment où la locomotive électrique apparaît comme une concurrente redoutable pour la locomotive à vapeur, allons-nous voir se renouveler, entre les deux rivales, le duel qui mit jadis aux prises le bec de gaz et la lampe à incandescence? Edison, en effet, avait à peine lancé les premières ampoules à fdament de charbon qu’Àuer découvrait son fameux manchon. Et celui-ci ne fut détrôné que le jour où les électriciens eurent l’idée de constituer leurs filaments avec les mêmes oxydes rares qu’Àuer employait dans ses manchons. Et malgré tous les progrès de la lampe à arc, n'est-ce pas au manchon Auer, appliqué à des becs alimentés par du gaz
- pérature de la vapeur avant de la faire travailler (surchauffe). Encore la complication relative des machines compound a-t-elle limité la généralisation de ce système; et la surchauffe, malgré l’emploi d’huiles spéciales pour le graissage, a l’inconvénient de corroder, de manière excessive, les tiroirs et autres pièces à mouvement alternatif dès que la température dépasse 350°, ce qui empêche de profiter de tous les avantages offerts par l’emploi des hautes chutes de température.
- Quant aux propriétés bien connues du condenseur (élimination de la contre-pression atmosphérique et réalimentation de la chaudière par l’eau
- Fig. i. — Vue d’ensemble de la locomotive à lurbines.
- surpressé, que l’on doit le magnifique éclairage de la place de la Concorde, et de quelques-unes des plus belles avenues de la rive gauche de la Seine.
- Ainsi, à chaque progrès de l’éclairage électrique, le gaz a su opposer une réplique parfois victorieuse.
- I)e même en construisant la première locomotive à turbines, les partisans de la vapeur tentent aujourd’hui de relever le gant que leur ont jeté les promoteurs de la traction électrique.
- Hors le cas de la traversée des grandes villes et des longs tunnels, où l’absence de fumée assure à l’électricité un avantage décisif sur la vapeur, l’issue de la lutte entre les deux modes de traction dépendra essentiellement du prix de revient de l’unité de travail mécanique, c’est-à-dire du kilowatt-heure.
- Or, la locomotive à vapeur se repose depuis plusieurs lustres sur ses lauriers. A peu près maîtresse de la situation, elle s’est contentée de développer sa puissance en développant ses dimensions, daignant à peine tenter d’accroître son rendement, soit en faisant travailler la vapeur d’échappement de son cylindre, autrefois unique, dans un second cylindre à basse pression (compoundage), soit en essayant de mieux s’adapter au principe de Carnot et d’élever la tem-
- distillée provenant de la condensation même de la vapeur) nul ne songeait à en doter la locomotive, tant les difficultés de l’installation paraissaient redoutables.
- Et pourtant, l’application simultanée de la surchauffe et du condenseur devrait, tous calculs faits, réduire de 20 pour 100 au moins la dépense de combustible, de plus de 50 pour 100 la dépense d’alimentation en eau des machines. Il n’est donc pas surprenant que l’apparition des premières locomotives électriques sur un grand réseau de chemins de fer ait suffi pour réveiller toutes les énergies.
- Déjà la traction électrique, même effectuée au moyen de courant produit par des turbines hydroélectriques, ne revient guère à un prix inférieur à celui de la traction à vapeur, son vrai mérite consistant à laisser disponible, pour d’autres.usages, le charbon consommé dans les locomotives. Si l’on réussissait à doter ces dernières des avantages de la surchauffe à haute température et de ceux de la condensation, la balance ne pencherait-elle pas de leur côté? Même au point de vue des facilités d’entretien, si hautement vantées par les partisans de la locomotive électrique, les positions respectives
- p.365 - vue 369/620
-
-
-
- 366
- LA LOCOMOTIVE A TURBINES
- Fig. 2. — La turbine.
- A, corps de la turbine; B-C, engrenage réducteur de vitesse; D, engrenage commandant le faux essieu et le volant qui transmet le mouvement à la bielle de la locomotive.
- locomotive électrique et le mécanisme de transmission, comportant un faux essieu, est à peu près identique. Trois valves, sous la main du mécanicien, lui permettent d’assurer la marche avant et la marche arrière, et de faciliter le démarrage ainsi que la montée des fortes rampes.
- Le condensateur est à surface.
- La caisse de condensation est disposée derrière les turbines, au-dessous de la chaudière et l’appareil réfrigérant qui sert à refroidir l’eau de circulation du condenseur est placé sur le tender. Il consiste principalement en un certain nombre de tuyaux recourbés en arceaux formant, pour ainsi dire, toiture sur le tender et qui, percés d’un grand
- des deux engins ne se rapprocheront-elles pas singulièrement lorsque l’alimentation de la chaudière en eau distillée à 120°, rendue possible par la condensation, aura fait disparaître l’emploi des désin-crustants, évité les nettoyages fréquents de la chaudière, supprimé les avaries résultant de l’attaque des parois chaudes par l’eau froide d’alimentation?
- Ces réflexions s’imposaient d’autant plus aux constructeurs qu’ils disposent aujourd’hui de la turbine à vapeur pour remplacer le cylindre et son tiroir et qu’avec la turbine toutes lés causes d’échec de l’emploi de la vapeur fortement surchauffée et du condenseur vont disparaître complètement.
- Aussi, dès 1914, une Société de Milan entreprenait-elle la transformation d’une petite machine de manoeuvres en locomotive à turbines.
- En service continu depuis plusieurs années, cet engin s’est révélé de qualité parfaite. Sans surchauffe ni condensation, il ne consomme pas plus de charbon et n’utilise pas plus de vapeur, au démarrage et en marche normale, qu’avant d’avoir subi la transformation. Nul doute, dès lors, que l’application du condenseur et de la surchauffe réaliserait toutes ses promesses.
- De son côté la Société Escher Wiss et Compagnie de Zurich a mis en construction, depuis deux ans, une puissante locomotive à turbines à trois roues couplées et boggie à Lavant.
- Les turbines sont montées sur le châssis, comme les dynamos d’une
- nombre de petits trous, laissent couler, en minces filets, l’eau de condensation.
- Celle-ci se refroidit rapidement dans le courant d’air produit par la marche du train et. s’amasse dans des bacs d’où une pompe la refoule à nouveau à travers les tubes du condenseur sur la surface extérieure desquels la vapeur issue de la turbine vient se condenser.
- Les résultats des essais ont été satisfaisants : l’économie de charbon et d’eau d’alimentation a dépassé les prévisions ; la conduite de la machine s’est révélée des plus aisées ; la facilité d’entretien paraît répondre aux espérances.
- Déjà Krupp s’est assuré la licence d’exploitation en Allemagne et dans divers pays tandis que le Creusot construit une Pacific à turbines pour le P.-L.-M.
- Cependant la conduite de la chauffe a donné lieu
- Fig. 3. — Le tender contenant l’appareil de refroidissement à air de l’eau de réfrigération du condenseur.
- p.366 - vue 370/620
-
-
-
- SINGULIERS GENRES DE PIPES
- 367
- à quelques mécomptes : l’appel des gaz dans la cheminée n’étant plus assuré par la vapeur d’échappement, il a fallu recourir à un souffleur pour assurer le tirage et cet appareil n’a pas donné satisfaction. On le remplace actuellement par une turbine aspirante placée au bout, de la chaudière j
- La locomotive à vapeur que l’on croyait arrivée au dernier degré de perfectionnement voit ainsi s’ouvrir devant elle de nouvelles et fécondes perspectives: aiguillonnée une fois de plus par la baguette magique de la fée électricité la technique aura réalisé un important progrès. J. Netter.
- Fig. 4. — La locomotive vue de l’avanl.
- A, la turbine; B, le train d'engrenages; C, conduite d’amenée de vapeur D, faux essieu.
- SINGULIERS GENRES DE PIPES
- La revue anglaise d’anthropologie Man publie une curieuse étude de M. Henry Balfour sur des manières de fumer sa pipe observées tant en Afrique du Sud qu’en Asie Centrale, qui diffèrent de tout ce que nous avons l’habitude d’observer.
- Pendant qu’il voyageait sur les bords du Zambèze, M. Balfour rencontra de curieuses formes de pipes en terre, couramment employées pour fumer soit le tabac, soit le chanvre, quand les pipes ordinaires manquent.
- Les unes sont placées sur le sol, les autres sont creusées dedans.
- Les premières sont faites d’argile mouillée avec de l’eau ou de l’urine. On y creuse le foyer avec un bâton, le tuyau étant préalablement formé d’une paille qu’on retire ensuite. On laisse sécher au soleil et l’on obtient un objet dont la figure 1 peut donner une idée. La manière dont les indigènes fument
- celte pipe, couchés à plat ventre sur le sol, a été bien figurée par T. Baines (fig. 2).
- Les secondes sont formées par une excavation creusée dans le sol. On forme le foyer avec un bâton et on relie son fond à la surface par un conduit creusé au moyen d’une baguette. Ou bien on enlève la terre, puis on place quelques pailles entre le foyer et la surface du sol, qu’on recouvre de la terre enlevée. Parfois un tube mince est ajouté qui sort du sol pour empêcher le contact des lèvres du fumeur avec la terre.
- Les mêmes manières de fumer la pipe s’observent dans les régions montagneuses du nord de l’Inde et les contrées voisines. On y rencontre des types de pipes tout à fait comparables.
- M. E. F. Ivnight a vu ses coolies du Baltistan pétrir un morceau d’argile, y introduire une baguette pour former le tuyau, puis modeler le foyer avec
- p.367 - vue 371/620
-
-
-
- 368
- SINGULIERS GENRES DE PIPES
- leurs doigts. Ils emplissaient alors celui-ci de tabac, puis, retiraient la baguette et, à tour de rôle, venaient
- aspirer une bouffée de fumée.
- M. G. Dobson a observé des Turko-mans de Merv opérer de même, fumant à quatre pattes ou complètement couchés, parfois après avoir rempli d’eau leur bouche.
- Les pipes creusées dans le sol ne sont pas rares non plus en Asie Centrale.
- Déjà en 17 84, Gmelin avait représenté (fig. 2, 2) un fumeur de ce genre observé parmi les Turkomans de l’ile de Cheleken, dans l’est de la Caspienne.
- Sir W. Martin Conway a également figuré un coolie de l’Himalaya à genoux cette fois, une pipe creusée dans le sol (fig.2,3).
- Et, chose curieuse, on aurait pu pendant la guerre, observer en France même des pipes du même genre. En effet, M. Balfour rappelle qu’une
- Fig. i. — Pipe en terre trouvée par M. Balfour sur la rive gauche du Zambèze, à un demi-mille des chutes Victoria,
- revue française, parlant des: soldats Sikhs aux tranchées, dit d’eux : « Ces hommes se refusent à toucher aux cigares et aux cigarettes qui se distribuent dans les tranchées, car elles ont, au point de vue religieux, cette tare d’avoir été confectionnées par des mains de chrétiens. Mais ils n’en satisfont pas moins leur besoin de fumer. Dans une petite masse argileuse pétrie entre ses doigts, le Sikh se modèle un fourneau de pipe qui n’a, comme élégance de forme, qu’un lointain rapport avec ceux qu’on tourne chez nous en pleine pâte crémeuse de l’écume de mer.
- Puis, dans le fourneau durci au feu, il introduit une paille qui servira de tuyau. Encore, n’est-ce pas directement par ce tuyau qu’il doit aspirer la fumée, mais bien par l’orifice laissé libre entre les deux pouces, lorsqu’il encercle entre ses mains fermées l’extrémité du conduit de paille. Dans cette pipe d’argile, les Sikhs fument, à défaut de « hookah », du tabac, et à défaut de tabac, n’importe quelle herbe sèche ».
- Lafigurc2,4montreun Sikh occupé à cet exercice et l’on peut voir l’analogie de sa pipe avec celles dont nous avons parlé.
- Nous ne voulons pas nous étendre plus sur cette petite curiosité ethnographique. Elle révèle entre l’Asie et l’Afrique un lien qui reste à préciser par d'autres faits.
- Et pour le simple curieux, elle montre tout au moins que la passion de fumer, tout en prenant les formes les plus diverses, n’en est pas moins universelle. R. M.
- Fig. 2. — 1. Comment les indigènes fument cette pipe; 2. Un Turkoman fumant sa pipe, d’après, le dessin de Gmelin (ip8,f); 3. Un cooliè de VHimalaya fumant une pipe creusée dans le sol, d’après sir W. A/'. ' Conivay;
- 4. Un sikh, aux tranchées, f umant sa pipe en terre. -
- Le Gérant: P.JMAiStH. Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, — Paris.
- p.368 - vue 372/620
-
-
-
- N° 2515.
- LE PORT DE
- L’Européen qui, il y a quelque dix ans, entreprenait au Maroc un voyage de documentation, recevait dès son arrivée à Casablanca un accueil des moins encourageants. Le vapeur stoppait à plus d’un kilomètre de la terre ; des barcasses rustiques manœuvrées par de grands diables en haillons se présentaient en bas des escaliers volants ; il fallait choisir le moment oîi vapeur et barcasse se trouvaient convenablement réunis, sauter et se ranger
- de suite pour laisser la place au voyageur suivant ou à quelque porteur de bagages. Par très mauvais
- 17 JUIN 1922
- CASABLANCA '
- à l’abri de la barre, rapidement et sans danger. Les travaux ont été confiés le 25 mars 1915 à MM. Schneider et Cie, Compagnie Marocaine et Hersent.
- La figure 2 montre qu’à cette époque n’existait qu’une amorce de jetée de 550 mètres de longueur, avec une ramification de 120 mètres vers l’est; ce fut là l’embryon du petit port intérieur de 8 hectares de superficie d’eau, le seul entièrement achevé aujourd’hui. Le programme d’extension alors prévu était le suivant : cette ramification de 120 mètres devait être prolongée de 100 mètres ; une
- Fig. i. — Vue du port de Casablanca.
- temps, les dames, les voyageurs de marque étaient descendus dans des paniers ; c’étaient des heurts, des cris, des terreurs sans fin! Ces barcasses, attelées trois par trois "à de petits remorqueurs, franchissaient « la barre » ; que de fois des passagers, après une excellente traversée en mer, se trouvaient malades affreusement pendant cette demi-heure de débarquement ! Mais la barcasse elle-mêine ne pouvait atteindre la terre : à mesure qu’elle approchait du rivage, toute une peuplade d’indigènes presque nus se jetait à l’eau ; il fallait, au risque de faire un plongeon, monter à califourchon sur le dos de ces gens, qui vous ramenaient enfin en piteux état à la rive.
- Les choses ont bien changé depuis; aujourd’hui Casablanca possède un port, et si le bateau ne peut encore se ranger le long d’un quai pour le débarquement, du moins l’opération peut-elle s’effectuer
- passe de 80 mètres la séparerait d’une jetée dite jetée Ouest, mesurant 570 mètres et contournant le port pour aboutir à l’angle Nord-Est du terre-plein existant. Une jetée Nord-Sud, formée de deux tronçons de 25 et 50 mètres avec une passe de 50 m. séparerait le petit port de la darse Ouest. Un mur de quai Ouest partirait de la jetée Ouest et, contournant la darse à l’ouest et au sud, aboutirait à l’extrémité de la jetée Nord-Sud, sa longueur étant de 100 mèlres. De même un mur de quai Est prolongeant celui du terre-plein existant se retournerait en avant de ce terre-plein jusqu’à la cale de halage, parcourant une longueur de 220 mètres. Contre la jetée Est, on prévoyait une cale de halage de 75 m. de long sur 50 mètres de large ; enfin deux terre-pleins, l’un à l’arrière du quai Est, l’autre à l’arrière du quai Ouest, ce dernier défendu sur son pourtour par un revêtement total de 510 mètres. Au voisi-
- 24. — 369.
- 50* Annéa — 1" Semestre.
- p.369 - vue 373/620
-
-
-
- 370 :--------------..-.....: LE PORT DE
- nage de ce petit port, à l’Ouest, vers le Marabout de Sidi-Belyout, un mur de quai devait prolonger sur 220 mètres le mur latéral côté Ouest de la cale d’embarquement, et servir d’appui au terre-plein de Sidi-Belyout. Les chantiers de l'entreprise, dont l’importance allait croître rapidement, seraient installés sur un terre-plein extérieur, s’étendant depuis le pied de la grande jetée jusqu’au droit du saillant de la Porte-Neuve. Tout cela pour le petit port intérieur. Pour le grand port, la jetée serait prolongée sur 1550 mètres et une jetée transversale en deux tronçons, l’un de 150 mètres, l’autre de 1400 m.
- CASABLANCA :.........
- L’année 1919 fut marquée par l’élaboration d’un nouveau projet pour la fermeture définitive et l’aménagement du grand port:
- 11 fallut trouver dans la région les matériaux nécessaires : l'importante carrière de Sidi-Abder-rahman allait fournir les enrochements destinés à constituer le noyau de la grande jetée ; les dunes situées entre El-iiank et Sidi-Abderahman allaient fournir le remblai d’une partie des terre-pleins.
- On prévoyait alors, comme le montre le croquis de la figure 2 :
- 1° La continuation des travaux de la grande jetée
- Travaux éxècutèg au 26 Mars /g/3
- du 2S Mars Wô a fin 1917 I Programme
- c | du 25 Mars 1913
- de Fin l§/7 à Octobre /9/2J
- ---a' — d'O et. /9/9 au 14 Juitfet 1921
- Programme du /2 O ce. /g/s
- restant ê exécuter
- 1er Port
- IA Port, tk tnt-
- Quartier
- ene
- Mollah
- Ville Euro
- eenne
- Fig. 2. — Les développements successifs du port ie Casablanca.
- séparés par une passe de 250 mètres, servirait d’enclos à un port de 100 hectares en eau profonde. Tel était le projet de 1915. Activement poussés, les travaux du port intérieur et du terre-plein sur lequel s’installèrent les chantiers, furent complètement terminés fin février 1917,. et la grande jetée atteignait une longueur de 824 mètres. Mais il fallut à cette époque arrêter les travaux d’avancement : du fait de la guerre, les envois de ciment avaient cessé, et ce n’est qu’à partir de mars 1919 que l’activité reprit.
- Le 14 juillet 1919 les premiers mille mètres de jetée étaient construits. Quant à la jetée transversale, son commencement fut reporté à une date ultérieure en raison de la nécessité de’mettre préalablement en exploitation de nouvelles carrières destinées à fournir les enrochements à la fois pour cette jetée et pour la grande jetée.
- suivant un profil comportant un noyau d’enrochements naturels ;
- 2° La construction de la jetée transversale suivant un profil comportant uniquement des enrochements naturels ;
- 5° Un quai en eau profonde de [500 mètres de longueur, parallèle à la grande jetée, avec un terre-plein de 50 mètres en arrière de ce quai ;
- 4° Deux grands terre-pleins, l’un en avant du terre-plein de Sidi-Belyout exécuté entre 1915 et 1917, l’autre en avant du Boulevard Front-de-Mer entre le Marabout de Sidi-Belyout et la future jetée transversale.
- 5° Enfin l’extension du terre-plein dit « des Portugais » par le mur de quai et le terre-plein dits de « Sid-Kairouani » ; et celle du terre-plein de la Manutention par le quai et le terre-plein dits Est.
- p.370 - vue 374/620
-
-
-
- LE PORT DE CASABLANCA
- 371
- 11 s’agissait de mettre en œuvre pour la réalisation de ce programme :
- 1 500000 tonnes d’enrochements naturels.
- 1 000000 m3 de remblais.
- 500 000 m3 de béton.
- Pour faire face à ce programme considérable, l’entreprise dut augmenter son matériel déjà important ; le matériel nouveau comportait notamment :
- 21 locomotives supplémentaires à voie de 1 m.
- 600 wagons ; 2 remorqueurs ; 5 grands chalands ; 1 porteur à vapeur;
- 12 grues électriques ou à vapeur supplémentaires de 10 à 20 tonnes.
- Il reste de plus à exécuter 500 mètres de la grande jetée, la totalité de la jetée transversale, les trois quarts du terre-plein de rive entre le Marabout de Sidi-Ëelyout et la future jetée transversale, et l’agrandissement du terre-plein de Sidi-Belyout.
- La grande carrière de Sidi-Abderrahman, les chantiers, la force motrice sont organisés pour une pose journalière de :
- 2000 tonnes d’enrochements naturels ;
- 2000 m3 de remblais ;
- 1000 m3 de béton.
- Et actuellement l’entreprise met à l’eau, en moyenne, chaque jour :
- 500 tonnes d’enrochements divers;
- Fig. 3. — La jetée et le port de Casablanca.
- 1 station d’air comprimé d’une puissance de 250 HP., avec l’outillage de perforation pneumatique correspondant ;
- 25 km. de voie de 1 mètre supplémentaires; et il fallut porter la puissance de la station centrale alimentant les chantiers en énergie électrique de 500 HP à 1100 IIP. On dut, en outre, pourvoir au logement du personnel européen par la construction de 55 maisons nouvelles.
- Si bien qu’aujourd’hui, le voyageur arrivant à Casablanca voit apparaître de loin une jetée dont la longueur atteint déjà 1408 mètres, surmontée des deux formidables grues Titan de 110 tonnes, que l’on aperçoit sur nos photographies ; et lorsque sera terminé le terre-plein de 500 mètres parallèle à la grande jetée, dont les murs sont déjà construits à l’exception des maçonneries de superstructure, il pourra débarquer aussi paisiblement qu’à Bordeaux ou Marseille.
- 1500 m3 de remblais;
- 1000 m3 de béton.
- On peut estimer, sauf les imprévus toujours pos sibles lorsque l’on travaille à la mer, et en supposant une amélioration rapide de la situation diflicile du moment, que le programme de 1919 sera réalisé entièrement dans les délais impartis.
- La Direction des Travaux Publics possède-t-elle d’autres projets? Dotera-t-elle le port de Casablanca, une fois la maçonnerie terminée, d’un outillage de manutention mécanique perfectionné? Verra-t-on se développer ici un débouché formidable de toutes les richesses encore inexploitées de l’Afrique du Nord-Ouest ? Et Casablanca conservera t-elle sa place primordiale lorsque le chemin de fer à voie normale reliera Tanger à Fez? L’avenir seul nous renseignera.
- R.-J. Bexder,
- Ingénieur des Arls et Manufactures.
- p.371 - vue 375/620
-
-
-
- 372
- L’ABSORPTION SPECTRALE APPLIQUÉE A L’ANALYSE CHIMIQUE
- Le grand intérêt de la spectroscopie réside dans son extrême sensibilité. Effectivement, des traces de corps, inobservables par des moyens analytiques courants se caractérisent aisément par leurs raies spectrales. Et de même, le spectre d’un astre nous révèle la constitution intime de ce dernier.
- Indépendamment de leur observation directe par notre rétine, on enregistre aussi les images spectrales au moyen de la photographie. Autrement dit, physiciens, chimistes, astronomes font aujourd’hui de la spectrophotograpide. Ce perfectionnement offre de multiples avantages. On garde, de la sorte, la trace des plus fines raies
- certains laboratoires de chimie analytique. Il sert, en particulier, maintenant à doser, d’une façon précise et rapide, les matières colorantes.
- Comme on le sait, les colorants doivent leur propriété au fait qu’ils absorbent plus énergiquement une radiation parmi celles dont l’ensemble constitue la lumière blanche. Si, par exemple, on dispose, devant la fente d’un spectroscope, une cuve renfermant une substance colorante rouge, on voit l’obscurité envahir la région verte du spectre et on dit alors que cette substance présente une bande d'absorption dans le vert.
- Depuis longtemps, les techniciens songèrent à
- Fig. i. — Le nouveau speclrophotomètre Féry.
- spectrales et on mesure leurs distances respectives avec une précision que ne permettait pas toujours le micromètre des anciens spectroscopcs. Dans ce but, on photographie, côLe à côte, le spectre inconnu et celui d’un corps simple bien étudié, généralement le fer, qui sert d’étalon. On porte le spectrogramme obtenu sur la plate-forme d’une machine à diviser et, vu la richesse en raies très fines de l’arc du fer, on identifie facilement celles des autres corps simples recherchés.
- Toutefois cette méthode si sensible se prête mal aux mesures quantitatives, car on évalue difficilement, sur un cliché, l’intensité : d’une raie spectrale.
- Il n’en va pas de mémo si on s’adresse aux phénomènes d'absorption dans un spectre continu, absorption qui donne quantitativement-un équilibré photométrique.
- Aussi le nouveau modèle de speclrophotomètre que M. Charles Féry vient d’inventer (fig. 1), a-t-il trouvé de suite d’intéressantes applications. dans
- utiliser ce phénomène pour doser les produits colorants dont le titrage chimique est souvent délicat. Mais à part le bleu de méthylène, qu’on examine par précipitation à l’aide du tanin et divers composés du même genre, décolorables par l’bydro-sulfite, l’artalyse chimique offre de grandes difficultés en l’espèce.
- On la remplace donc soit par la colorimétrie, soit parlaspectrophoiométrie.
- Dans la première méthode, deux faisceaux lumineux, issus d’une source, traversent des solutions colorantes l’une de teneur connue,.T’autre' de même espèce mais à une concentration qu’il s’agit de déterminer. On modifie ensuite la longueur de la cuve renfermant l’échantillon jusqu’à obtenir Légalité de feintes des 2 images et le rapport destépais-seurs liquides traversées par les rayons fournit le dosage calorimétrique cherché.
- En spiectrophotométrie, on compare deux spectres dont les rayons de l’un passent par la substance à analyser. Cette comparaison doit s’effectuer dans la
- p.372 - vue 376/620
-
-
-
- L’ABSORPTION SPECTRALE APPLIQUEE A L’ANALYSE CHIMIQUE = 373
- A, source lumineuse ; B, diaphragme ; C, lentille ; D ou E, place du liquide à étudier ; F, lentille;
- II, fente du spectroscope et prismes; I, lentille; J, prisme; K, petit prisme à réflexion totale; L, oculaire;
- M, volet; N, tambour divisé.
- bande d'absorption, région où sc trouve concentrée toute la puissance d’absorption du produit considéré. Si donc on fait varier par un artifice optique, les éclairements des 2 spectres, on se trouve dans les meilleures conditions possibles pour réaliser une mesure photométrique, car on ne compare jamais que des couleurs de même longueur d’onde. Or, en photométrie, les erreurs proviennent souvent de ce qu’on opère avec des lumières de teintes différentes.
- En définitive, comme son nom l’indique,' un spectrophotomètre se compose d’un spectroscope associé à un photomètre et les modèles de cet instrument imaginés au cours des dernières années se différencient seulement les uns des autres par leurs organes photornélriqees. Malheureusement la loi de l’absorption, sur laquelle repose leur fonctionnement, paraît compliquée pour un usage courant; elle s’exprime mathématiquement par une fonction exponentielle, autrement dit l’effet de l’absorption croît proportionnellement à la puissance de l’épaisseur de substance traversée par les radiations lumineuses.
- En conséquence, jusqu’ici, les chimistes des labo-
- Fig. 3.
- Dosage d’une matière colorante avec le spectrophotomètre Féry.
- ratoires industriels se servaient très peu de ces appareils, — leur emploi nécessitant des calculs logarithmiques longs et pénibles.
- C’est pour remédier à cet inconvénient que M. Féry a réalisé un spectrophotomètre d’un maniement très simple. Dans cet instrument, on ramène les 2 spectres à l’égalité, grâce à des prismes en verre fumé, combinés de telle sorte que leurs déplacements varient proportionnellement au poids du colorant dissous dans la solution. Un banc en fonte d’une seule pièce sert de support aux divers organes de l’appareil. Comme source lumineuse [Voir plan schématique (fig. 2)j on emploie une lampe à incandescence ordinaire A qui éclaire le diaphragme B, placé au foyer principal de la lentille C. Là, une cloison médiane divise en deux le faisceau parallèle, tandis que la cuve renfermant le liquide à doser se place en E ou en D. Puis la lentille F ramène les deux pinceaux lumineux sur la fente H du spectroscope. Devant cette dernière, se déplacent 2 prismes très aigus en verre fumé, solidaires l’un de l’autre et ayant leurs arêtes opposées. Ces prismes absorbent plus ou moins lés faisceaux lumineux dont l’un a traversé la cuve et les ramène, en outre, au parallélisme. Ces rayons rencontrent alors une lentille I puis leprisnje analyseur J dont l’angle est de 50° et la grande face de l’angle droit argentée ; ils sortent de ce prisme après avoir subi deux réfractions. Ensuite un petit prisme à réflexion totale Iv amène le spectre produit dans l’oculaire L. Le volet M, disposé dans l’oculaire, porte une fente réglable, qui permet de limiter la région à étudier. Enfin, comme l’observateur peut tourner le prisme sur lui-même au moyen d’un grand - tambour divisé N, il repère aisément la longueur d’onde sur laquelle il veut .opérer.
- Pour doser une substance colorante quelconque avec le spectrophotomètre Féry (fig. 5), on prenduine solution titrée de colorant pur et [on la verse
- tmm)
- ' i ;
- p.373 - vue 377/620
-
-
-
- 374 L’ABSORPTION SPECTRALE APPLIQUÉE A L’ANALYSE CHIMIQUE
- dans la cuve' de l’appareil. Supposons qu’il faille déplacer le prisme absorbant de 25 mm. pour
- L on g a euroS à onde
- Fig. 4. — Courbes d’absorption se rapportant à la safranine, à divers étals de dilution.
- retrouver l’égalité des images spectrales dans la bande d’absorption. Soit, d’autre part, une solution du même colorant à un titre inconnu. Si, placée dans une cuve d’épaisseur identique, on obtient avec elle l’équilibre pholométrique pour un déplacement de 17 mm. seulement, le titre de la liqueur j 7
- sera ^ = 0,68, soit 08 pour 100 de celui de la solution titrée de colorant pur. La sensibilité de l’appareil est extrême. On arrive ainsi, par exemple, à
- déceler de milligramme de bleu de méthylène par litre.
- En outre, si l’on construit la courbe des absorptions en fonction de la longueur d'onde, connue pour chaque couleur par l’étalonnage du spectro-scope, on aura un diagramme caractéristique de la substance colorante pure. Donc en traçant cette courbe pour un produit commercial donné, on décèlera son adultération, le cas échéant.
- Choisissons deux cas typiques, pour montrer l’intérêt pratique de la méthode. Voici (fig. 4), 4 courbes se rapportant à la safranine à divers étals de dilution.
- Courbe I 12 mgr. 5 par litre.
- — II 6 mgr. 25 —
- — III 3 mgr. 125 —
- — IV 1 mgr. 56 —
- Comme l’expérience le démontre, les ordonnées de chaque courbe égalent la moitié de celles de la courbe appartenant au produit de concentration double; la loi de proportionnalité du spectrophoto-mètre se trouve alors nettement- établie.
- M. Féry a exécuté également avec cet appareil un essai de dosage d’un colorant titrable chimiquement
- par l’hydrosulfîte de soude. Il a obtenu les chiffres suivants :
- Dosage chimique. . . 0,86
- — optique. ... 0,82
- Le même procédé lui a servi à identifier deux produits tinctoriaux de provenance différente et connus sous le nom de noirs diamants. Ces colorants servent à teindre la laine et leur fixation se fait à l’ébullition dans un bain de bichromate légèrement acidulé. Par tâtonnement, il amena les solutions à avoir la même intensité de coloration. On se rend compte sur le diagramme (fig. 5) que l’absorption des 2 colorants est identique pour la longueur d’onde 0 p., 6 mais que le noir diamant caractérisé par la courbe I absorbe plus énergiquement que le noir diamant-II dans le bleu (0 p, 5) et dans le ronge (0 p., 7), autrement dit aux deux extrémités du spectre. L’industriel, pour le compte duquel se faisait l’analyse, tint compte de ces indications dans sa fabrication; il additionna le colorant en question d’un composé jaune afin de modifier la nuance de son noir et il réalisa une très jolie teinte.
- De son côté, M. Tassilly a heureusement appliqué la loi de proportionnalité au dosage des métaux. Jusqu’ici, on utilisait dans les laboratoires les changements de colorations produits par addition d’un réactif, comme simples données qualitatives; mais ce savant s’en sert actuellement pour le dosage quantitatif des solutions métalliques. Il a pu déceler ainsi, grâce au ferrocyanure, le cuivre dans des conserves alimentaires. C’est maintenant une méthode couramment employée par le Laboratoire d’essais du Service des fraudes pour se rendre compte si le poids de sulfate de cuivre, toléré pour le reverdissage des poisoudes haricots, ne se trouve pas dépassé. M. Tassilly a dosé aussi, de façon identique, le fer dans les eaux minérales, au moyen du sulfocyanure et la précision de ses mesures atteint 1 milligramme par litre.
- Mais arrêtons là notre énumération, fort incomplète d’ailleurs, des applications industrielles de la spectrophotométrie, qui se multiplieront de plus en plus, car ce dosage optique facilite singulièrement la tâche des chimistes, quand les méthodes analytiques ordinaires se trouvent en défaut ou présentent trop peu de sensibilité. Jacques Boyer.
- Longueurs d’onde
- Fig. 5. — Courbes d’absorption de 2 noirs « diamants » de provenances différentes.
- p.374 - vue 378/620
-
-
-
- 375
- LES PORTS AÉRIENS
- I. Les ports aériens terrestres. — L'aéroport est dans l’organisation d’une ligne aérienne un élément fondamental de l’exploitation, tout comme l’est, le port maritime, en ce qui concerne la navigation à travers les mers et océans.
- Certes, il est possible de se passer exceptionnellement de cet élément et d’utiliser comme base d’atterrissage, de départ ou de ravitaillement une prairie ordinaire ou un champ de chaumes, de meme que certains navires peuvent embarquer ou débarquer des passagers et des marchandises légères
- À ce propos, nous ne pouvons que regretter l’erreur qui a fait choisir l’ancien terrain militaire du Bourget comme aéroport commercial de Paris et ceci en raison de la distance beaucoup trop importante qui sépare la piste d’arrivée du centre de la ville que ce port doit desservir.
- Il faut en effet compter actuellement 40 bonnes minutes pour se rendre de l’Opéra au lieu du départ, il en faut autant du terrain anglais de Croydon pour atteindre le centre de Londres, ce qui fait environ 1 h. 1/4 de perle de temps en
- Fig. i. -r- Camp militaire d’aviation. — Aéroport de campagne.
- (Photo Farman.)
- A, avion ; B, baraque photographique; C, ètat-major de l’escadrille ; II, hangar Bessonneau ; P, tente du personnel ; T A, train automobile ; A G, tente individuelle pour avion de chasse.
- en quelques points des côtes de l’Afrique qui ne possèdent pas encore de ports aménagés ; mais ces opérations ne peuvent être qu’exceptionnelles, et nous devons tenir pour établi qu’un trafic aérien et intense exige l’aménagement de véritables ports comparables jusque dans leurs détails aux ports maritimes.
- Suivant leur capacité, les installations terrestres utilisées par les voies aériennes ont été classées en « aéroports », en « aérogares » et en « Terrains de secours ».
- Situation. — Les aéroports doivent être situés à proximité immédiate des centres économiques qu’ils desservent; de préférence, ils doivent se trouver en bordure d’une grand’route qui en permet l’accès facile et rapide par tous les temps et ils doivent être raccordés à la voie ferrée, tant pour assurer les correspondances avec d’autres directions, que pour simplifier les transports de matériel et de combustible.
- déplacements terrestres alors que seulement 2 h. sont nécessaires pour couvrir la distance aérienne qui sépare les deux centres. Il eût certainement mieux valu consentir quelques sacrifices financiers pour aménager le port aérien commercial aux portes de Paris.
- Notons, en passant, que le terrain d’Issy-les-Moulineaux constituerait un port aérien admirable sous le rapport de la proximité et que s’il n’a point été choisi à l’aurore de l’aviation marchande, c’est que ses alentours parsemés d’habitations, de jardins et d’usines paraissaient, et à juste titre, extrêmement dangereux en cas d’atterrissage forcé, consécutif à une panne de moteur. Cet argument jouit encore actuellement de toute sa valeur ; cependant, nous pouvons espérer que d’ici quelques années, soit que la technique des moteurs ait été améliorée sensiblement, soit que les formules d’avions multimoteurs aient été plus généralement adoptées par les compagnies aériennes, les atterrissages forcés ne seront
- p.375 - vue 379/620
-
-
-
- 376
- LES PORTS AERIENS
- Terrain situé sur un plateau entouré de vallées
- Fig. 2. — Schéma des remous.
- plus à redouter en ce qui concerne les avions qui viennent de décoller et dans ce cas, le champ d’Issy-les-Moulineaux deviendrait parfait si cependant l’autorité administrative imprévoyante ne laissait s’édifier sur ce précieux terrain des usines ou des bâtiments dont l’expropriation éventuelle sera de plus en plus onéreuse.
- En attendant, l’aménagement de l’aéroport du Bourget, largement conçu d’ailleurs, entraîne des dépenses s’élevant à de nombreux millions alors que la ville de Paris sera appelée à souffrir d’inconvénients analogues à ceux qui exaspèrent les habitants d’Orléans, depuis que la grande voie ferrée du réseau de l’Orléans passant à quelques milliers de mètres de leurs murs les oblige à un transbordement.
- Terrains. — Les dimensions nécessaires pour constituer un terrain propice au trafic aérien sont très variables et de plus elles sont de nature à se modifier profondément avec le développement de la technique. On admet actuellement qu’un terrain de secours doit avoir environ 500 m. dans tous les sens, ce qui entraîne une superficie de l’ordre de 25 hectares; une aérogare peut se contenter des memes dimensions, mais les aéroports, siège d’un important trafic, doivent présenter généralement 1000 m. dans tous les sens, soit une centaine d’hectares.
- Ces grandes superficies sont indispensables pour permettre aux avions, d’abord d’atterrir ou de décoller toujours face au vent, et ensuite d’effectuer facilement toutes les manœuvres si délicates qui précèdent ou suivent l’atterrissage ou l’essor, sans avoir à redouter les collisions avec les arbres, avec les lignes télégraphiques et avec les bâtiments répartis sur la périphérie des terrains.
- En raison des grandes vitesses auxquelles les avions sont appelés à rouler sur leurs fragiles roues et qui sont de l’ordre de 50 à 150 km à l’heure suivant les types de ces avions, le solde ces terrains doit être aplani soigneuse-
- ment. Ce qui convient le mieux à l’aviation est un sol de terre meuble recouvert d’un gazon dru; en effet, les terres argileuses sont d’un usage déplorable pendant la période des pluies, donnant lieu à des llaques d'eau ou à des zones détrempées sur lesquelles les avions s’enfoncent et risquent de capoter. Il ne faut pas perdre de vue que les avions modernes de gros transport, tels que les Goliath Farman ou les Handley-Page pèsent en ordre de marche de 5000 à 7000 kg et ne reposent que sur 4 roues ; si donc le terrain n’est pas suffisamment ferme, ces appareils éprouveront de sérieuses difficultés pour atteindre en roulant les vitesses nécessaires aux décollages. .
- Nous pouvons à ce sujet signaler que, pendant la guerre, les Allemands, utilisant des avions de bombardement à forte capacité qui de ce fait ne décollaient pas facilement de tous les terrains, ont été amenés à établir pour diminuer de nombreux accidents, de vastes pistes en ciment sous forme d’étoiles à branches rectangulaires (tig. o).
- Ces lourds avions pouvaient ainsi décoller avec leur plein de charge en bombes, quelle que fût la direction du vent et quel que fût l’état de détrempe du sol pendant l’hiver. Il y a certainement de ce côté une question à étudier pour l’avenir ; les futurs aérobus devant en effet atteindre des poids de l’ordre de 20 à 50 tonnes tout en n’utilisant pour les manœuvres d’essor et d’atterrissage qu’un nombre très peu élevé de roues afin de ne pas entraver leur bonne pénétration dans l’air. D’ailleurs, sur de telles pistes cimentées, les avions atteignent très rapidement en roulant de grandes vitesses, ce qui augmente leur sécurité de décollage.
- Les avions actuels, à ce point de vue, n’éprouvent pas encore de réelles difficultés et lorsqu’un terrain est bien drainé, bien aplani et bien roulé, les accidents de roulage sont pratiquement inexistants.
- îfr-'.'w.
- Fig.-3. — La pisté cimentée 'de Puxieux qui permettait aux avions allemands de bombardement de décoller à pleine charge sur un terrain argileux et dans tous les vents.
- p.376 - vue 380/620
-
-
-
- Nous abordons maintenant un autre ordre de considérations qui présente un gros intérêt dans le choix d’un terrain d’aéroport, c’est celui qui concerne ses abords.
- Le terrain choisi ne doit être, autant que faire se peut, ni un plateau isolé, ni un fond de vallée et ceci à cause du régime des vents habituels.
- Les plateaux isolés sont entourés souvent de tourbillons dangereux, surtout pendant l’été, et il n’est rien de plus désagréable que de quitter en vol les bords d’un tel plateau et d’être brusquement soulevé ou aspiré par des rafales ou des trous d’air qu’aucun signe ne pouvait déceler; les fonds de vallée ou cuvettes sont également le siège de perturbations « venteuses » qui troublent les manœuvres délicates des pilotes et risquent d’occasionner des accidents (fig. 2). Ce sont donc les vastes plaines qui conviennent le mieux à l’établissement d’un aéroport alors qu’au contraire les côtes tourmentées de criques et de caps donnent plus facilement la possibilité d’installer un port maritime que les monotones côtes de dunes.
- Il faut aussi choisir de préférence un terrain entouré lui-même de champs ou de prairies propices aux atterrissages soudains, car malheureusement, pendant quelques années encore, le fonctionnement des moteurs d’avions sera trop précaire pour qu’on ne doive pas prévoir à l’intention des avions monomoteurs la possibilité d’atterrir sans délai tant que l’avion n’a pu prendre une hauteur suffisante pour manœuvrer sans danger et regagner le cas échéant son terrain de départ.
- Pour ne pas causer de trop lourdes charges financières, ces terrains de secours satellites pourraient n’être grevés que d’une servitude« non aedificandi » et d’entretien de cultures propices aux atterrissages forcés.
- Ensuite, on doit proscrire, dans les abords des aéroports, lès lignes d’arbres élevés tels que les
- Charpente d’un hangar Bessonneau de 20 X a8 m.
- (:montage en 24 heures).
- platanes de certaines routes, les sapins ou les peupliers ; ils peuvent être remplacés par des arbres en boule, acacias, etc., qui ne risquent pas de réduire la surface utile des terrains ou d’entraver la liberté de manœuvres des pilotes.
- Les lignes de transport de force doivent être détournées des alentours des terrains, leur accrochage étant de nature à aggraver terriblement les accidents possibles.
- Enfin on doit tenir compte de la nature du sol et de la proximité des rivières ou étangs, les sols argileux et l’eau étant bien souvent, en effet, les causes premières des brouillards de printemps et d’automne et des brumes matinales ou vespérales qui entravent si désagréablement le trafic régulier de nos lignes aériennes.
- Nous voyons donc qu’il est fort difficile de choisir de bons terrains, surtout dans la banlieue immédiate des grandes villes; nos lecteurs comprendront pourquoi les principaux ports aériens peuvent paraître au premier abord assez mal choisis, c’est qu’il fut nécessaire de se contenter de situations moyennes.
- Bâtiments. — Les bâtiments d’un aéroport se divisent en trois catégories : les bâtiments utilisés par les services centraux et administratifs; les hangars; et enfin les bâtiments de l’exploitation.
- Le cœur immobilier du Bourget, par exemple, est le bâtiment de la Direction Administrative, encadré d’un côté par le pavillon des Douanes et de l’autre par le pavillon du Service de Santé ; derrière se trouvent la Météorologie, l’hôtel-restaurant, les ateliers communs et les garages pour les avions de passage.
- Puis le long du terrain se trouvent les hangars d’avions, vastes refuges ; il en existe de nombreux modèles, les uns de bois et de toile, essentiellement démontables et transportables mais qui n’offrent qu’un abri de dimensions assez limitées (en ouverture d’entrée : 20 ou 28 m. et profondeur 28 m., soit de 500 à 800 m2)
- LES PORTS AÉRIENS :.. .:== , 377
- Fig. 4.
- p.377 - vue 381/620
-
-
-
- 378
- LES PORTS AÉRIENS
- Fig.6. — Hangars en ciment armé de l’aéroport du Bourget.
- On aperçoit dans le rr hangar des avions limousines 6 places. (Cliché Marcel Chrétien.)
- et^une résistance assez faible aux intempéries, non point en ce qui regarde la solidité, mais plutôt le long usage sous les variations climatériques. Parfaits pendant la guerre, ces hangars sont devenus insuffisants pour les besoins de l’aviation marchande de paix et ne sont plus utilisés qu’au début des installations de lignes. ; ’
- De nouveaux types de hangars ont été conçus pendant et depuis la guerre pour répondre aux besoins des aéroports permanents, ce sont des hangars métalliques ou en ciment armé.
- Certains hangars métalliques sont construits avec des fermes rigides assemblées, ainsi que procédaient les Bessonneaux de bois et de toile, d’autres ont été conçus avec charpente suspendue à de hauts pylônes, ceci afin d’économiser l’acier dont la consommation devient excessive pour obtenir les portées de 50 ou 40 m., la couverture de ces hangars étant en tôles ondulées ou en tuiles et leur revêtement latéral réalisé par des tôles, des carreaux de ciment ou des briques.
- En vue d’obtenir encore de plus grandes portées d’ouvertures et de simplifier les soins futurs d’entretien, on construisit de formidables hangars de ciment armé, véritables cathédrales monolithes, qui furent élevées, en particulier sur le terrain militaire de Villacoublay et plus récemment à l’aéroport du Bourget où ils sont en cours d’achèvement.
- Les hangars du Bourget furent conçus pour une ouverture de 50 m., pour une hauteur d’entrée de 15 m. et pour une profondeur de 50 m., donnant ainsi une surface couverte de 2500 m2 sans un poteau intérieur qui puisse gêner les évolutions des avions. Cependant, en vue de diminuer les frais de premier établissement de l’aéroport, la profondeur
- actuelle de ces hangars n’a été poussée qu’à 55 m., mais la paroi postérieure peut, si les nécessités du trafic l’exigent, être reculée facilement à 50 m. et le hangar porté alors à ses dimensions prévues.
- Ces hangars comprennent à droite et à gauche de leurs parois latérales des bâtiments accolés affectés, comme nous le verrons plus loin, aux besoins de l’exploitation.
- Ces grandes dimensions ont été nécessitées par le développement imminent de la technique aéronautique ; nos lecteurs savent que les Allemands dès 1917, que les Anglais et que nous-mêmes plus récemment, avons construit des avions dont l’envergure atteignait presque 50 m. pour les Allemands (La Nature n° 2445) et 40 m. pour le Farman B.-JV'.-4-l 922. Le tout n’est point de construire des avions immenses, il faut pouvoir les utiliser et donc les abriter sous des hangars en proportion.
- Les hangars du Bourget ont été prévus pour une hauteur d’entrée de 15 m;, ce qui paraît quelque peu excessif, car des avions ayant cette hauteur auraient vraisemblablement de telles dimensions d’envergure qu’ils ne pourraient entrer en largeur; toutefois ne nous plaignons pas que, par extraordinaire, une construction d’Ltat destinée à un service public soit en avance sur le développement de la technique de l’exploitation pour laquelle elle est créée.
- De grandes dimensions d’ouverture appellent d’immenses portes qui roulant sur des rails sont actionnées par des moteurs électriques sans que le personnel ait à déployer d’efforts.
- Chacun des hangars du Bourget revient, à environ 1 500 000 francs.
- Nous rappellerons, à propos des grandes dimen-
- © Plateforme de régulation —n Aire démbarquemî
- UE BOURGET
- i-4-i .ipsapnq
- Maubeugc
- Cileme
- Fig. 7. — Plan de l’aéroport du Bourget.
- La partie gauche de l’installation comprend les anciens hangars métalliques S ; la partie droite les nouveaux hangars en ciment H et derrière eux les ateliers A ; T, hangar à matériel ; C, hangar atelier du S. N. Aè.
- p.378 - vue 382/620
-
-
-
- LES PORTS AÉRIENS
- sions des hangars d’avions, la solution adoptée pendant la guerre, dès 1917, par les constructeurs de grands avions Handley-Page et Voisin, solution que nous avons décrite au cours d’articles antérieurs (La Nature n° 2545) et qui consistait à concevoir les avions de grandes dimensions avec des ailes pliantes de façon qu’ils puissent être abrités dans les hangars d’utilisation courante sur le front des armées. Actuellement encore, la Compagnie
- 379
- pour leurs différents services : billets, salle d’attente, contrôle des colis, magasins de pièces de rechange pour avions et moteurs, atelier de révision des moteurs et de réparation, etc.
- Cette même exploitation aérienne nécessite dans les aéroports l’aménagement de nombreux dispositifs destinés à faciliter la navigation, tels que le balisage des terrains par inscriptions sur le sol des aéroports, l’indication par des drapeaux ou des bornes
- Fig. 8. — Vue aérienne du Port du Bourget. (Cliché Marcel Chrétien.)
- Handley-Page abrite au Bourget deux immenses avions H.-P. sous une surface de hangar qui ne suffirait pas à contenir un seul Farman-Goliath; le repliement des cellules ne demande d’ailleurs que quelques minutes d’un travail très simple. Quoique à première vue il paraisse hardi d’adopter de telles solutions, jamais aucun accident ne s’est produit à cet égard.
- L’aménagement de ces hangars soulève de nombreux problèmes sur lesquels nous ne pouvons insister tels que ceux du chauffage d’un pareil cube d’air, etc., etc.
- Enfin l’exploitation des lignes aériennes conduit les compagnies à utiliser des bâtiments spéciaux
- blanches, des limites du terrain ou des zones défendues aux avions, tels aussi que l’installation de manches à air fixées au haut de-grands mâts ou de girouettes terrestres en forme de vastes T qui indiquent aux pilotes quelle est la direction du vent et comment ils doivent prendre leur terrain.
- Les aéroports comportent encore sous leur dépendance, les phares faisant partie du balisage lumineux des voies aériennes.
- Ces phares électriques doivent être doués d’une puissance exceptionnelle, telle qu’on ne put jamais songer à la réaliser pour les phares maritimes dont la portée est limitée par la courbure de la terre et dont les rayons ne sont perceptibles qu’à de relati-
- p.379 - vue 383/620
-
-
-
- 380
- LES PORTS AÉRIENS
- veulent courtes distances, obligés qu’ils sont de traverser les couches inférieures et obscurcies de l’atmosphère, tandis que les phares aériens peuvent schématiquement être perceptibles sans limites matérielles et à travers une atmosphère plus pure.
- Ce sont les futurs avions de nuit qui utiliseront ce balisage lumineux qui actuellement ne sert qu’aux avions attardés. Certains phares, tel que celui de Dijon, d’une puissance de 1 milliard de bougies, serait visible par temps clair d’une distance de 400 km et théoriquement, un avion quittant Strasbourg pour Paris devrait en prenant de l’altitude sur le Rhin apercevoir son point de repèredu Bourget et ne pas le perdrependant les deux heures et demie que dure le parcours.
- Par la suite, ces installations techniques des aéroports comporteront des phares hertziens émetteurs en permanence d’ondes spéciales qui permettront aux a-vions de jour et de nuit de faire leur point par une simple audition au moyen de cadres mobiles.
- Nous avons décrit ces dispositifs à l’occasion des raids de dirigeables Zeppelin.
- Depuis peu, de nouveaux aménagements sont en cours d’étude, il s’agit de la merveilleuse invention française de M. Loth exposée aux lecteurs de La Nature par M. J. Boyer (La Nature, n°2494) et qui permettra, par voie de recoupement radiogoniomé-trique, à un avion de se guider avec précision au-dessus de son terrain et d’y atterrir sans peine, soit par temps de brume épaisse, soit par temps de nuit. C’est ainsi que le Sous-Secrétariat de l’Aéronautique vient de faire mettre à l’étude le projet de baliser avec le câble Loth l’aéroport du Bourget, ainsi que le furent de nombreux ports militaires pendant la guerre.
- Nous passons rapidement sur tous les aménagements secondaires d’un aéroport, tels que les petits phares servant à éclairer partiellement la piste en cas d’atterrissage de nuit, les réseaux téléphoniques,
- les services d’eau, d’incendie, les citernes à essence, etc.
- Et maintenant que nous avons parcouru les diverses installations matérielles d’un aéroport terrestre, nous allons dire quelques mots de l’esprit, qui a présidé à son organisation administrative et quelques mots du fonctionnement des divers services.
- La directive générale suivie pour faciliter l’essor de la navigation aérienne marchande s’est inspirée fortement des règles qui servirent de base pour la
- navigation maritime, c’est-à-dire que l'Etat s’est chargé de l’installation de l’infrastructure des lignes aériennes, hangars, ateliers, bâtiments, terrains, services radio et météo, etc.
- Ces fonctions furent confiées à un organisme spécial appelé Service de la Navigation aérienne et qui dépend du Ministère des Travaux Publics par l’intermédiaire du Sous-Secrétariat de l'Aéronautique et desTrans-ports Aériens.
- Comme bien Ton pense, après ce que nous avons exposé précédemment, le rôle du Service delaNavi-gation Aérienne (S. N. Aé.) a été considérable en ce qui concerne l’installation des aéroports.
- Certes, des critiques justifiées peuvent s’élever contre certaines des conceptions officielles, mais il nous faut reconnaître que dans l’ensemble, ce service, qui a à sa tête le colonel Sacconey, a réussi à doter la France d’une organisation unique au monde et cela malgré toutes les difficultés d’une improvisation. La direction générale du port aérien est assurée par un fonctionnaire appartenant au S. N. Aé. et qui est chargé de surveiller et de diriger tous les services dont nous allons donner l'énumération.
- En 1919, au lendemain de la guerre, la Commission Internationale de Navigation aérienne dut, pour ne pas entraver irrémédiablement le développement de l’Aviation marchande, prévoir de nouveaux règlements pour adapter les vieilles barrières
- 'Bruxelles
- Pçfr/ers ! Mouiujs
- Turin
- •iBayonne
- Bilbao
- Alicante
- Tozeur
- 'F/irosaù/anca
- 'qmmour
- Fig. g. — Réseau des liaisons de T. S. F.
- -------- Liaisons entre têtes de lignes;
- Liaisons entre terrains d’escales ; -----Liaison météorologique.
- p.380 - vue 384/620
-
-
-
- LES PORTS AÉRIENS . ...381
- douanières au nouveau moyen de transport et il fut décidé que les avions d’exploitation des lignes régulières ne seraient visités par l’administration des douanes qu’aux aéroports de départ ou d’arrivée.
- Un service des douanes fonctionne donc dans tous les aéroports sur lesquels atterrissent des avions en provenance de l’étranger.
- Sitôt qu’un de ces avions arrive, il roule jusqu’à la plate-forme du port et le pilote remet au douanier les papiers de bord sur lesquels sont obligatoirement inscrits tous les colis transportés, ceux-ci sont alors très rapidement dédouanés et livrés par automobiles au destinataire; le document à l’usage des douanes s’appelle le « manifeste », il est identique pour tous les pays qui ont adhéré à la Convention de 1919.
- Les arrivées et départs sont également surveillés par un commissaire spe'cial de police qui, attaché au port, contrôle en cas de besoin l’identité des voyageurs, vise leurs passeports pour l’étranger et assure le bon ordre sur l’aéroport et ses dépendances .
- Quant à la police aérienne, elle est assurée directement par le chef de l’aéroport; les acrobaties sont par exemple formellement interdites en raison des dangers quelles entraînent pour les autres avions, le personnel et le matériel de l’aéroport. De plus, des règles ont été édictées que doivent suivre les avions pour effectuer certaines manoeuvres comme l’abordage du terrain, de môme que certains signaux doivent être faits aux avions à terre ou en vol pour leur indiquer si la piste est libre ou non pour l’essor ou l’atterrissage.
- Cette police aérienne détermine également quelles sont les parties du terrain qui doivent être inter-
- Cherbourg ^-^TbbtvdlX
- 'Z/ /''a-"'''”
- >eCoriT\ N y\ôuereâ \(
- /® î » *•. Cfermont'F. ///Anÿbuieme \
- ^BordesÛK
- lontèhmèy*..
- Toulouse'.
- LEÇ£N£>& •
- + Poste de gram
- ù Slot’on de / armée \ Prévues pour te
- n 'Station de te manne ; collaboration avec
- Fig. ii. — Carte des stations météorologiques.
- -=0'"r
- Te Bourx
- Mont- Vaienen\
- Orléans
- Poitiers
- [Mâcon
- Bordeaux
- Nîmes
- Biarritz
- Toulouse
- Marseille
- Toulon
- LÉGENDE • Phare de SO Km. ®) » de IOO Km.
- (®) » de 300Km.
- Fig. io. — Carte des phares.
- dites momentanément aux avions, soit parce que les pluies ont pu le détremper, soit parce que des travaux de nivellement ou de drainage ont été entrepris, soit encore parce que des épaves risquent de rendre les manoeuvres dangereuses.
- Des sanctions sont prévues à legard des pilotes qui transgresseraient les règlements établis, elles varient depuis la simple amende jusqu’au retrait du permis de piloter des avions marchands. Il est à souhaiter vivement d’ailleurs que les règles aériennes soient soutenues par une application rigoureuse des sanctions, de façon à éviter dans ce domaine l’exemple de la circulation automobile terrestre, qui devant des autorités trop indulgentes enfreint froidement, au plus grand dam des populations, les règlements les plus élémentaires. Il ne faut pas oublier, en effet, que la navigation aérienne subit très lourdement les conséquences de ses accidents et que sa propre courbe de croissance souffre, après chaque sinistre, de dépressions assez graves.
- Le! service radiotélégraphique assure les liaisons rapides entre les différents ports aériens, de façon que chacun d’eux puisse suivre la marche des avions en vol; les réseaux terrestres sont insuffisants pour transmettre en temps voulu, par exemple, de Strasbourg à Paris le message annonçant le départ des avions et leur chargement et il ne pouvait être question de demander aux compagnies aériennes d’installer des lignes spéciales. Ce service radiotélégraphique doit par la suite recevoir les messages envoyés de terre aux avions et des avions à terre; danscetordre d’idée, nous pouvons signaler que dans quelques jours doit fonctionner entre Paris et Londres un service radio qui permettra aux passagers, se trouvant par exemple en plein vol et au-
- p.381 - vue 385/620
-
-
-
- 382 r.. ' LES PORTS AERIENS
- dessus de la Manche, de téléphoner directement, soit avec leurs familles, soit avec leurs bureaux de Londres ; nous ne pensons pas qu’il puisse être question d’étendre cette faculté vers Paris, notre administration des téléphones ne pouvant déjà assurer les services normaux.
- Le service météorologique, dont l’organisation n’est peut-être pas encore nettement au point, doit rendre dans l’avenir des services inappréciables, tant par les indications qu’il donne déjà aux pilotes avant chaque vol, qu aussi par l’expérience que des milliers et des milliers d’observations donneront aux services chargés d’établir les fameuses « prévisions ».
- Dès maintenant, en effet, le service météorologique permet aux compagnies aériennes de délivrer à leurs pilotes, avant leur départ, une fiche concernant les renseignements de temps reçus par radiotélégraphie des différentes régions que l’avion doit survoler au cours de son voyage. Ainsi le pilote sait-il, qu’il y a bien de la brume dans la région de Nancy et des nuages au-dessus des Vosges, mais que ces obstacles sont localisés et que l’avion Paris-Strasbourg trouvera au delà des Vosges et dans la vallée du Rhin un ciel clair et d’excellentes conditions d’atterrissage ; dans ces conditions, il peut partir sans danger pour ses passagers.
- Le service de santé est un complément indispensable de l’organisation administrative d’un aéroport, non point qu’il soit prévu pour réparer le mal causé par les accidents, mais, ceux-ci étant de plus en plus rares, il est prévu pour contrôler l’état physique des pilotes et poursuivre toute une série d’expériences physiologiques sur les conditions de résistance de l’organisme humain au cours des vols à haute altitude, aussi 1e. bâtiment du Bourget porte-t-il en son fronton le nom de centre des Etudes médico-physiologiques; nous avons d’ailleurs l’intention de consacrer ultérieurement un court article à cette organisation en raison de ses répercussions importantes ' sur la sécurité de la navigation aérienne.
- D’ici quelques semaines, un nouveau et très important service commencera à fonctionner sur les aéroports français : il s’agit du Bureau Veritas aérien. Nos lecteurs savent sans doute que, depuis un siècle environ, l’industrie et l’exploitation navale sont contrôlées par une organisation privée qui cote les navires suivant leur construction et leur état; les usagers de la navigation maritime savent donc qu’ils ne s’embarquent que sur des navires en bon état, ce qui est déjà un gros avantage, mais de plus les compagnies d’assurances ont trouvé dans cette organisation une base excellente pour proportionner leurs taux aux risques, et les bons navires ont pu ainsi être assurés à meilleur prix que les mauvais. On a songé à étendre le bénéfice de cette organisation aux transports aériens et personnellement nous sommes très heureux de voir enfin aboutir une question que nous avions amorcée
- en 1919, dès l’aurore de l’aviation marchande; les bons constructeurs et les bonnes compagnies aériennes ne peuvent qu’y trouver leur profit.
- Les aéroports étant destinés à servir au transit d’un nombre important de voyageurs, soit vers les villes que les lignes aériennes desservent, soit vers la correspondance avec d’autres lignes aériennes, terrestres ou maritimes, il fallut prévoir un service d’hébergement pour les passagers.
- Cet hôtel-restaurant doit d’ailleurs être utilisé par les nombreux visiteurs qu’attirent les ports aériens ; toutefois, il faut que ces hôtels soient disposés de façon que leurs clients aient une large vue sur le terrain, ainsi que fut compris l’hôtel de l’aéroport de Rotterdam et non comme est projeté l’hôtel du Bourget, relégué derrière les hangars et le bâtiment des douanes.
- Enfin, le S. N. Àé. est chargé d’assurer dans les aéroports certains services communs, tel que la fourniture de la force motrice électrique, l’éclairage des bâtiments et éventuellement de la piste. Il organise aussi la protection contre les incendies, ceux-ci étant particulièrement redoutables dans les aéroports en raison de l’amas de bois sec, de vernis, de toile, d’essènee et d’huile que constitue une flotte aérienne sous hangars; à ce point de vue, signalons que la construction des hangars en ciment armé tendra à limiter la propagation du risque d’incendie.
- Pour aider les compagnies aériennes qui ne peuvent entretenir sur tous les aéroports ou sur toutes les aérogares qu’elles survolent, au cours de leur service, un service automobile bien organisé, le S. N. Aé. met à leur disposition les véhicules nécessaires pour les dépannages ou les transports, ceci moyennant des redevances correspondantes.
- D’ailleurs tous ces services que le Service de la Navigation aérienne rend aux compagnies aériennes, donnent lieu à des perceptions de redevances qui, dans une certaine mesure, permettent d’envisager l’amortissement des capitaux engagés par l’Etat; ceci dans un avenir qui ne serait pas trop éloigné.
- Le Bourget est le premier aéroport du monde, non seulement par l’importance des travaux immobiliers qui y ont été incorporés, mais aussi par l’importance du trafic des voyageurs, des colis et des sacs postaux.
- Nous donnons ci-dessous un petit tableau qui résume l’activité comparée du Bourget pendant les années 1920 et 1921.
- Trafic du Bourget aéroport de Paris.
- Passagers. Colis. Postes.
- 1920 . . 6856 120000 kg 1475 kg
- 1921 , . 15960 151000 kg 5516 kg
- Actuellement, le Bourget sert de point de départ pour la Grande-Bretagne; service Paris-Londres assuré par les Messageries Aériennes, les Grands Express aériens, l’Instone Air Line, la Compagnie
- p.382 - vue 386/620
-
-
-
- LES BARRAGES EN MARBRE DE L’INDE
- Handley-Page et enfin, la. Daimler Co, qui, groupant leurs efforts, vont pouvoir assurer au cours de cet été un départ toutes les heures pour Londres.
- Le Bourget dessert la Belgique et la Hollande : service Paris-Bruxelles-Amsterdam par les Messageries Aériennes et la S. N. E. T. A., ligne prolongée d’Amsterdam vers Hambourg et Copenhague, etc.
- 383
- Enfin le Bourget voit partir les avions de la Compagnie Franco-Roumaine de Navigation Aérienne qui vont journellement en Tchéco-Slovaquic, en Pologne, en Autriche et en Hongrie et qui dans le courant de cet été iront jusqu’en Serbie, en Roumanie et en Turquie.
- J.-A. LimiAxc
- LES BARRAGES EN MARBRE DE L’INDE
- Cachés dans les monts Aravalli du Rajputana, le « cœur de l’Inde », au milieu de palais de mille et une nuits et de farouches forteresses, se trouvent deux vastes lacs artificiels emprisonnés dans des murs polis de marbre blanc.
- Ces barrages qui les enserrent et qui portentle nom de Bajsamand et Jaisa-mand furent construits dans le cours du xvne siècle par les chefs du petit royaume de Mewar pour sauver leurs peuples de la famine et des inonda-^ tions. Bien que représentant des merveilles de construction,ces œuvres d’art qui n’ont rien à envier aux travaux modernes de même catégorie sont restées presque inconnues pendant des siècles et pour beaucoup sont même une révélation aujourd’hui.
- Figurez-vous un barrage de 5 kilomètres et demi de long, haut de 12 mètres accumulant les eaux d’un petit cours d’eau montagneux dans un lac de 48 kilomètres de circonférence et bâti entièrement en marbre blanc poli.
- Ce fut en 1661 que ce prodigieux travail fut commencé par le Rajput Rana Rajh Shing à la suite de trois années successives de sécheresse et d’une terrible famine, et il ne fut achevé que 20 ans après, ouvrant à la culture d’immenses territoires autrefois incultes et qui sont devenus des champs fertiles de riz et d’herbages.
- Non loin de Rajsamand, se trouve Jaisamand construit entre 1681 et 1700 par Rana Rajh Shing; il constitue une des vues les plus intéressantes de l’Inde avec son barrage en marbre blanc poli de 500 m. de long, de 29 m. et demi de haut; se projetant sur une montagne éloignée, cette bande de marbre, encerclant un lac artificiel de 150 km de circonférence, le plus vaste de monde, paraît fantastique.
- Les Américains, qui à juste titre sont assez fiers de leurs exploits comme ingénieurs, ne peuvent opposer cà ces merveilles construites il y a 250 ans que les barrages du lac de G a Lun ou pour en trouver un plus élevé, se reporter au barrage du Président Roosevelt dans F Arizona.
- Sans bleus, sans calculs mathématiques de résistance de matériaux, sans dynamites, sans aucun appareil mécanique de levage, les princes indiens et leurs conseillers ont non seulement accompli une œuvre d’une grandeur effrayante qui pendant des siècles a supporté sans fléchir le poids du temps,
- mais ce travail a été exécuté d’une manière artistique et orné de minarets, de pavillons et de sculptures.
- Comment a-t-on pu construire ces barrages? Les méthodes des Radjahs indiens n’ont rien de commun avec l’équipement mécanique de l’industrie moderne ; les blocs placés sur des traîneaux auxquels on attelait des éléphants, des bœufs, des chevaux, des files d’êtres humains, étaient amenés au pied des digues et remontés au moyen de plans inclinés.
- Avec leur pouvoir absolu, les princes Indiens disposaient d’un personnel énorme et de toutes les bêtes de somme de la contrée.
- Les excavations s’effectuaient au moyen de larges bêches très aiguisées sur les bords et les déblais étaient transportés dans de solides paniers à fibres, à dos d’animaux ou sur la tête des coolies, jeunes enfants, qui travaillaient lentement mais régulièrement comme partout dans l’Est où la notion du temps est inexistante et l’obéissance passive est la loi.
- Il fallut 20 ans pour achever les travaux dont la valeur a été estimée à l’époque à 5 000 000 de dollars, avec un personnel payé à un incroyable bon marché et avec des matériaux presque sous la main.
- En Europe, nous avons eu dans l’Ouest des travaux coûteux, longs, surtout en ce qui concerne les cathédrales qui, bien que constituant des travaux importants, n’approchaient pas de ceux dont nous venons de parler.
- Ce qu’il y a de très remarquable dans la conception de ces barrages, c’est leur similitude avec les travaux modernes, car la plupart des digues assyriennes ou égyptiennes sont beaucoup plus massives qu’il n’était nécessaire, la base étant en génér ral égale à 4 fois la hauteur; les Romains qui
- àê Rajsamand .<
- " 0 U Barn de ;
- c. (Jâ/satyancr^
- INDE
- CENTR
- Fig. i.
- L’emplacement des barrages de Rajsamand et de Jaisamand.
- p.383 - vue 387/620
-
-
-
- LES BARRAGES EN MARBRE DE L’INDE
- 384
- exécutèrent des milliers de travaux de ce genre se contentant le plus souvent delà réduire au chiffre 5.
- Le barrage le plus ancien connu fut bâti par Menés il y a environ 6000 ans; il faisait diriger en partie dans un canal les eaux du Nil, et protégea pendant 45 siècles la ville de Memphis contre les inondations, les Egyptiens, les Perses, les Romains, les Grecs concourant successivement à son entretien.
- La plus grande digue du vieux monde fut édifiée dans le Yémen (Arabie) environ 1700 avant J.-G.; elle avait 5 km. 70 de long, 36 m. de haut et 150 m. de large à la hase.
- Au bout de 2000ans, elle s’effondra, amenant de
- Comme le fait avec raison ressortir le Popular Science, les digues de l’Inde différent essentiellement des anciennes constructions d’Egypte ou de Mésopotamie.
- Rana Raj Shing n’avait pas la moindre idée des procédés employés et surtout il lui manquait l’expérience de centaines d’années de pratique des ingénieurs égyptiens.
- Il n’en a pas moins admirablement réussi, sur ses propres plans, les avis de ses conseillers et avec une prescience extraordinaire des procédés modernes. Le bassin créé derrière le barrage de Rajsamand était excessivement profond et devait à coup sùr exercer
- Fig. 2. — Le barrage en marbre blanc de Jaisamand.
- terribles inondations ; la maçonnerie était estimée à 424 800 mètres cubes et sa base était proportionnellement égale à quatre fois sa hauteur.
- Les ruines de ces constructions indiquent que tous ces obstacles artificiels se terminaient à leurs sommets par des plans qui s’abaissaient en pente douce et en direction opposée sur les deux faces de la digue. La face extérieure n’était pas plane, mais formée d’une série de marches pour diminuer la vitesse de l’eau s’écoulant en surplus et l’empêcher de saper la base de la fondation. Les murs étaient en général inclinés et constitués en maçonneries, mais quand ils utilisaient la terre, ils employaient presque identiquement les méthodes actuelles.
- Dans une digue construite environ 500 ans avant Jésus-Christ et haute de 15 m., on a trouvé que le noyau central se composait de pierres concassées de taille moyenne enchâssées dans un lit de ciment' et au-dessus des blocs de pierre de duaux dont les extrémités étaient taillées de façon à constituer les marches protectrices dont nous avons parlé.
- une pression énorme sur sa digue quand il serait à son grand plein.
- Le problème d’obtenir le maximum de résistance a été obtenu, comme on l’aurait fait aujourd’hui, en construisant le barrage sous forme de demi-cercle ou segment de cercle de telle manière que l’ensemble représente une arche appuyée sur ses deux côtés.
- Les murs sont seulement un peu plus massifs et épais qu’on ne les construirait aujourd’hui.
- Nous n’aurons rien à envier à l’Inde ou à l’Amérique, quand les travaux du barrage de Génissiat dans la vallée du Rhône seront achevés; d’après le projet original il doit avoir 85 m. de hauteur et serait le plus élevé de l’Europe.
- Seulement le barrage sera cellulaire, car il aura à résister à une pression qui dans les grandes crues ne sera pas inférieure cà 500 millions de kg.
- Au sommet il aura 200 m. de développement et 100 m. de largeur cà la base, l’épaisseur du barrage atteignant ce chiffre.
- Capit. de vaisseau Pgidlouë.
- Le Gérant : P. Masson.
- Imprimerie Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- p.384 - vue 388/620
-
-
-
- LA NATURE.
- 21 JUIN 1922
- — N° 2516.
- L’ÉTAT COLLOÏDAL
- Ses applications industrielles. — Un nouveau procédé pour la préparation mécanique des colloïdes.
- I. Usages industriels. — L’ancien adage des chimistes était « Cor-pora non agunt nisi soluta ». Et de fait quand un solide est en contact avec un liquide ou un gaz, ou un liquide avec un gaz, les tensions superficielles, du corps dense ne permettent. pas aux molécules d’entrer en contact assez intime pour qu’elles exercent les unes sur les autres aucune autre action que celle de l’attraction des masses à distance.
- Mais un état intermédiaire entre le solide et le liquide a été découvert au milieu du siècle dernier : c’est l’état colloïdal de Graham. Les agrégats de molécules sont alors trop petits pour être aperçus au microscope ordinaire, mais Us sont décelés par la diffusion de la lumière qui traverse le liquide où ils sont en suspension, et donnent le phénomène de la fluorescence ; ils sont par là différenciés de l’état de dissolution. Il y en a d’ailleurs de plusieurs catégories : depuis les limites de la visibilité microscopique, environ 1 millième de millimètre ou 1 g- de diamètre, jusqu’à 0,1 p. on peut les voir encore grâce à l’artifice lumineux de l’ultramicroscopie, et les retenir sur un filtre spécial obtenu en épaississant les fibres du papier par imprégnation de collodion séché; au-dessous de 0,1 p., les particules deviennent invisibles pour nos moyens actuels, mais jus-
- Figi 2. — Vue de face d’un moulin'colloïdal.
- Coupes verticales (face et profil) du moulin colloïdal Plauson.
- qu’à 0,01 p. on peut encore les filtrer, sous haute pression, en oblitérant davantage encore les pores, et en consolidant l’obstacle par le système de l’ultra-filtre Plauson; la liqueur continue à être fluorescente.
- Au-dessous de 0,01 p. la fluorescence cesse, et on arrive à l’état liquide, bien que les phénomènes de dialyse montrent que la matière n’est pas divisée en molécules isolées, puisque certaines substances dites cristalloïdes sont susceptibles de traverser les diaphragmes qui refusent passage aux colloïdes, et puisque beaucoup de matières du premier groupe imposent la rotation à la lumière polarisée : il ne semble pas d’ailleurs, d’après les dernières études des physiciens, que le diamètre d’ime molécule doive dépasser 0,0002 p. ou 0,2 p.p..
- Dans le phénomène de l’état colloïdal, il semble que ’l’électricité joue un rôle très important; les particules colloïdales ne se tiennent en suspension stable que dans les liquides mauvais conducteurs, non élcctrolvsables ; l’addition dans ces liquides d’un électrolyte, d’un acide, ou même de l’eau, précipite l’émulsion homogène (appelée sol par abréviation de solution) qui se rassemble au fond du vase où on lui donne le nom de gel par abréviation de gelée.
- Applications chimiques. — Réduite à la dimension colloïdale, la matière présente, au point de vue des réactions chimiques, à peu près les mêmes facilités que si elle était en dissolution, tout en étant parfaitement insoluble de sa nature : on comprend l’intérêt que peut présenter céttc considération dans quelques cas : par exemple en vue de la transformation de la cellulose en matière amylacée puis en
- 25. — 385
- Année — 1" Semestre-
- p.385 - vue 389/620
-
-
-
- 386 :: .....:..........L’ÉTAT COLLOÏDAL
- suere ; pour la mise en gel des déchets de caoutchouc afin de les désulfurer et de refaire le caoutchouc soluble, et pour faciliter beaucoup d’autres opérations chimiques, la fabrication du savon, celle des acides gras et de la glycérine, etc.
- Séparations physiques. — Dans d’autres applications, la transformation colloïdale joue spécialement un rôle physique : par exemple, pour extraire l’huile des tourteaux des graines oléagineuses, le broyage ordinaire ne suffit pas, et on. n’arrive pas à une séparation complète, même en attaquant ce tourteau par des dissolvants comme le sulfure de carbone. Si au contraire on réduit tout le tourteau à des dimensions inférieures à 1 u., la capillarité des tissus cesse de retenir l’huile, et on peut séparer celle-ci, sans dissolvants, par un bain d’eau pas trop froide, sans que la perte atteigne ou dépasse 1 ou 2 pour 100 ; et on aurait moins encore en poussant la division au-dessous de 0,1 g.
- On opère de même pour les schistes dits bitumineux, ou mieux schistes à huiles, car les bitumes y sont d’ordinaire extrêmement rares :
- (ces schistes sont très imperméables, ce qui a empêché les agents atmosphériques d’attaquer les hydrocarbures liquides en imprégnation dans l’argile, et par conséquent évité la déshydrogénation qui transforme certaines huiles minérales en goudrons). La séparation physique étant là bien complète, et les huiles lourdes, s’il y en a, étant solubles dans les huiles légères, il suffit de malaxer l’émulsion avec de l’eau pour que la partie huile se réunisse à la surface, tandis que le schiste argileux broyé se rassemble au fond du récipient : et au lieu de perdre une partie de la matière pour distiller le pétrole, on retire la quasi totalité des hydrocarbures : le rendement ellèctifa doublé dans beaucoup de cas, ou augmenté de 60 pour 100. Un schiste qui, traité au four écossais, dormait 80 kg d'huile par tonne, en a fourni 140 kg après porphyrisation : la question est de voir, dans chaque cas, si les 60 kg d’huile gagnés valent plus que les frais de broyage colloïdal, compensation faite des frais généraux et autres dans les deux cas (*). '
- Pour expliquer ces deux effets, il faut tenir compte d’une des circonstances principales de l’état colloïdal.
- Lorsqu’une matière quelconque a été amenée au
- • 1. Le résidu peut être très avantageusement employé à la fabrication des ciments.
- degré de finesse nécessaire, elle se tient en émulsion stable dans un liquide qui ne la dissout pas, mais seulement jusqu’à un degré de dilution déterminé : d’une manière générale cette émulsion renferme environ 50 pour 100 du liquide diluant : c’est ce qu’on appelle le sol.
- Si on ajoute beaucoup plus du même liquide, la stabilité est rompue, et les grains colloïdaux se ressemblent en couche en formant le gel soit au fond, soit à la surface de la masse liquide, suivant leur densité relative à celui-ci.
- Dans les deux cas ci-dessus indiqués, c’est l’eau pure ou salée qui sert de véhicule, et c’est pourquoi on voit les huiles se séparer des résidus, formant une couche superficielle qu’on peut recueillir, tandis que les résidus tombent au fond du vase. On peut donc décanter les huiles, puis les déssé-cher, etc.
- Dans un cas spécial, il semble qu’on ait eu recours à l’eau très chargée de sel marin et de chlorure de calcium ; c’est pour l’extraction des combustibles, coke ou charbon, contenus en abondance dans les cendres de certains foyers.
- Applications directes de* la porphyrisation. — Dans deux cas au moins il ne s’agit que d’une division physique.
- En pulvérisant ainsi de la cellulose, avant de la mêler aux éléments agglomérants nécessaires, on facilite beaucoup la fabrication des cbo-nites si précieuses pour les appareils électriques, et on parvient à des résistances d’isolement très supérieures à celles des ébo-nites ordinaires.
- D’autre part, un mélange colloïdal d’huiles lourdes avec égal poids d’eau produit une matière lubrifiante très économique et dont on dit des merveilles.
- 11 faut ajouter qu’un goudron, mélangé de brai colloïdal et d’eau rend de grands services pour la confection des chaussées, et pour leur entretien par arrosage. Probablement les huiles goudronneuses ainsi divisées sont-elles -plus faciles à transformer en bitume solide par les agents atmosphériques que le liquide brut lui-même; de plus le mélange intime d’eau et de goudrons résiste longuement à l’évaporation, et de là résulte que l’arrosage des chaussées peut être fait à intervalles beaucoup plus longs, tout en arrêtant au moins, autant les poussières que l’arrosage ordinaire.
- Nous n’insisterons pas ici sur d’autres applications du broyage extra-fin : disons seulement-que, pour la peinture, quand on emploie l’élément
- Fig. 3. — Vue de profil d’un moulin colloïdal à commande par courroies.
- p.386 - vue 390/620
-
-
-
- 387
- L’ETAT COLLOÏDAL
- Cuve de mesurage
- Pompe centrifuge Séchoir à étagères ' Pompage de Fhumidift ' Fig. 4. — Installation pour la préparation de cellulose colloïdale.
- couleur après l’avoir réduit à grosseur colloïdale, on obtient des teintes plus vives avec une économie importante de la substance utile.
- Les facilités que l’état de division colloïdale donne aux actions chimiques sont la cause d’une application nouvelle qui promet de prendre de l’extension : c’est la transformation du soufre en canon en produit colloïdal pour le soufrage des vignes contre l’oïdium.
- On sait que les agriculteurs ont, jusqu’ici, donné la préférence au soufre en fleurs sur la poudre de soufre fondu, quoique l’insufflation de la fleur soit gênée par la demi-agglomération de celle-ci en flocons, et qu’elle colle mal aux feuilles. — et c'est pour ce dernier motif qu’on appréciait beaucoup les soufres natifs d’Apt où la présence d’une trace d’hydrocarbure maintenait la poussière sur les feuilles.
- Quant au soufre broyé mécaniquement, il avait peu d’action antiseptique, parce que la. vraie causé de l’utilité du soufre est la production d’acide sulfureux que provoque le soleil, mais seulement quand le soufre est divisé chimiquement, au-dessous de 1 p.. Quand on l’a passé au moulin colloïdal, il est facile à projeter avec un peu d’eau comme véhicule, il s’attache aux feuilles et le soleil le brûle assez rapidement : son action est ainsi plus efficace que celle des autres variétés.
- Les colloïdes dans Valimentation. — Beaucoup de substances qui, dans leur état ordinaire, ne sont pas assimilables par les moyens dont disposent les êtres vivants, peuvent le devenir quand on les a mis à un état extrême de division : c’est un peu en partant de cette idée que les Allemands, pendant la guerre, ont préparé certains « Ersatz » remplaçant quelques aliments pour l’homme, et il est possible
- qu’une étude plus approfondie développe cette ressource assez largement en cas de famine. On peut regarder comme certain que des végétaux herbacés non nocifs pourraient être substitués aux légumes tendres pour l’homme, et que beaucoup de parties des arbres sont acceptables pour les animaux à défaut de leurs fourrages habituels.
- En ce qui concerne la végétation, et surtout les céréales, un des éléments essentiels est un corps parfaitement insoluble, le triphosphate de chaux; les superphosphates mis dans le sol, sont aussitôt saturés par lé carbonate de chaux ; mais le fait de cette rétrogradation, effectuée en présence de l’acide carbonique, n’empêche pas les particules infinitésimales d’être mobilisées sous la forme d’un sel polyacide, à base de chaux mais où la dose d’acide phosphorique ajoutée à celle d’acide carbonique donne assez de solubilité pour que les spongioles des racines puissent absorber ces matières et les lancer dans la circulation.
- Une expérience faite il y a plus de 50 ans par de Molon, le promoteur de l’emploi des phosphates fossiles dans l’agriculture, met bien en évidence l’effet de l’extrême division : des chaux carbonatées peu riches en phosphates, calcinées au four à ch au A puis éteintes, se sont montrées aussi avantageuses que les superphosphates pour produire du blé.
- De Molon avait d’ailleurs indiqué le moyen d’obtenir la division moléculaire chimique, même pour des phosphates aussi inattaquables en apparence que les apatites du Canada, en les soumettant ci l’action prolongée des acides, acide carbonique, etc., produits dans la fermentation des végétaux et surtout des goémons, où le sel jouait probablement un rôle utile : et on obtenait ainsi un guano artificiel très efficace.
- Dans ces derniers temps, la question a fait un pas sérieux : en divisant, par les moyens mécaniques,
- Elévateur
- louüns à meut
- Moulins
- à colloïdes
- Filtre è boues \
- Fig. 5. — Traitement des schistes bitumineux par le moulin colloïdal.
- p.387 - vue 391/620
-
-
-
- 388
- L’ÉTAT COLLOÏDAL
- les phosphal.es de Gafsa en particules de grosseur colloïdale, entre 0,1 p. et 0,01 p., on a constaté que l'assimilation se faisait très aisément. Ce système est destiné à rendre de très grands services à la culture du hlé, parce qu’il n’apporte pas dans les bonnes terres la quantité nuisible de sulfate de chaux qu’y laissent les superphosphates. Il semble bien que les grands producteurs de phosphates minéraux ont compris maintenant l’importance de la question et qu’ils rendront usuel l’emploi direct des phosphates porphyrisés, malgré les résistances que leur opposeront les fabricants de superphos phates, les marchands de guano, et même de scories de déphosphoration : mais ces dernières pourront profiter du même principe.
- II. — Préparation des colloïdes. — Ce que nous venons de rappeler à propos des phosphates correspond à un des moyens relativement anciens de se procurer des colloïdes : la calcination, suivie du délitage, est un phénomène physique plutôt que chimique dissociant les corps solides; la fermentation avec l’acide carbonique et le sel marin est d’ordre chimique; au même genre appartiennent les précipitations assez rapides pour empêcher les particules de se réunir en agglomérations confuses ou cristallisées, tandis que d’autres émulsions sont d’ordre physique, obtenues en versant un liquide dans une masse d’un autre liquide qui ne le dissout pas!1).
- Mais c’est très récemment qu’on est parvenu à désintégrer un corps solide, par des moyens purement mécaniques, bien au-dessous de 2 p, chiffre considéré autrefois comme la limite de la porphyrisation la plus fine pratiquée, celle des bleus d’outre-mer. Les moulins colloïdaux Plauson, Vielle et Bloch, qui sont installés dans un grand laboratoire spécial à Hambourg, ont permis de pousser la division beaucoup plus loin, jusqu’à moins de 0,01 p..
- Le principe dont sont partis ces inventeurs se rapproche sur un point de celui du cyclone oii deux hélices lançaient l’une contre l’autre les matériaux à broyer, et ceux-ci, animés d’une grande vitesse, se pulvérisaient en frappant l’hélice opposée ou en se rencontrant l’un l’autre. On arrivait presque à 1 p., mais seulement avec des matières denses et cassantes, comme les feldspalhs. Les substances molles, comme la cellulose, le caoutchouc, les bitumes, subissaient de la part de l’air ambiant trop de résistance pour conserver une vitesse suffisante jusqu’au point d’impact. De plus, avec les matériaux denses, on subissait une usure extrêmement rapide, et quant aux" matières combustibles, le fait du choc à grande vitesse provoquait leur combustion dans l’air.
- Pour parer à ces deux vices rédhibitoires, M. Plauson et sès collaborateurs ont eu deux idées qui donnent à leur système une importance considérable.
- La première idée, c’est que la résistance du fluide
- 1. Voir La Nature du 4 mars 1922, p. 140. Les emplois des colloïdes. La silice précipitée.
- ambiant n’aurait aucun effet retardateur si le choc se produisait au moment même où la parcelle quitte l’appareil lanceur où si le trajet se faisait dans le vide.
- La seconde, c’est que, pour de grandes vitesses, tout était bon comme enclume... même l’eau!! à la seule condition de ne pas permettre à ce liquide de suivre trop facilement le mouvement des particules lancées sur lui.
- Sur ces hases on a construit l’appareil figure 1.
- Dans une enveloppe 1, cylindrique, en tôle, de 1 m de diamètre par exemple sur 0 m 50 de longueur, on a placé un cylindre central 5 qui sert seulement à assurer un parcours circulaire au liquide . entrant par 6 et destiné à s’écouler par 7 après une durée suffisante de broyage. Dans l’enveloppe est réservée une cavité 4 dont le fond peut être relevé par une vis 5.
- La pièce essentielle est un cylindre denté 2 en acier très dur, tournant avec toute la vitesse que permet la qualité de l’acier, de manière à donner à la périphérie des vitesses ordinaires de 40 m à la seconde qu’on a pu porter jusqu’à plus de 170 m (10 000 tours à la minute) avec les derniers aciers, sans que la roue fût brisée par la force centrifuge et la résistance du liquide. La construction des engrenages multiplicateurs à bain d’huile n’a pas été une des moindres difficultés de ce système.
- La roue dentée sert à la fois à lancer le liquide avec la vitesse de la périphérie contre l’enclume constituée par le même liquide, encastré dans la cavité 4 et à faire circuler le liquide dans l’enveloppe 1 pour le ramener sans cesse aux dents de la roue. Le liquide contenu dans la cavité 9 peut s’écouler par les espaces libres, mais avec une lenteur relative telle qu’il agit comme une masse immobile contre les particules qui lui sont constamment lancées par les palettes de la roue.
- Ge qui sauve celle-ci d’être brisée par le liquide ambiant presque immobile, c’est que la force centrifuge fait le vide entre les dents; la roue n’est touchée que par la très petite quantité de liquide - que les dents saisissent et entraînent ; d’ailleurs ce liquide est en mouvement dans le même sens, mais plus lent.
- Les chocs qui s’opèrent entre les particules entrai-nées et celles du liquide enclume sont d’une violence telle que rien n’v résiste et qu’il se produit de hautes températures localement : deux parcelles de cellulose qui se rencontrent avec des vitesses relatives de 100 m par seconde, éclatent par volatilisation de l’eau qu’elles contiennent— à ce que disent les ingénieurs du laboratoire hambourgeois.
- Le fait indiscutable c’est qu’après un nombre convenable de pulvérisations successives (fig. 5) et avec un temps suffisant de séjour dans chacun des moulins, on arrive à obtenir dans le liquide sortant une forte proportion de grains colloïdaux au-dessous de 0,1 p..
- Les figures 2 et 5 montrent un moulin Plauson de ce type, vu de face et de trois quarts ; la figure 4
- p.388 - vue 392/620
-
-
-
- L’ETAT COLLOÏDAL ------389
- est une installation de porphyrisation de cellulose pour appareils d’isolement électrique, avec filtrage et séchage ; la ligure 5 est l’installation destinée à la séparation des huiles dans les schistes bitumineux, avec précipitation de gel par l’eau acide et décantation séparée de l’huile et des houes, et filtrage de ces dernières pour récupérer l’eau acide.
- Dans la figure 6, nous donnons le schéma d’un autre moulin destiné à certaines substances plutôt molles, et qui se rapproche beaucoup du principe du cyclone : l’élément principal est formé par deux plateaux tournant rapidement en deux sens opposés, commandés par deux courroies. Le liquide, avec ses parcelles en suspension, arrive par l’axe d’un des plateaux; il est lancé par ceux-ci de l’un à l’autre et contre le liquide ambiant relativement immobile.
- Comme il est dit plus haut, après le travail des moulins, on a seulement réduit à l’état colloïdal une partie des particules, 50 à 40 pour 100 d’ordinaire. Si on tient à amener tout à l’état définitif, il faut filtrer la liqueur au travers d’un tissu laissant passer les grains les plus lins seulement, par exemple à 0,1 p., et reprendre le reste à nouveau. De pareilles filtrations ne peuvent pas se faire avec des filtres ordinaires établis pour le degré de porosité choisi; comme corrélatif au broyage colloïdal, il a fallu établir un appareil nouveau représenté par la figure 7, et qui est très intéressant : c’est un filtre presse sans presse et continu, l’ultrafiltre.
- Il se compose d’un cylindre en tôle d’acier perforé de trous assez gros, sur lequel on met le tissu filtrant, et on consolide celui-ci extérieurement par
- Fig. — Ultrafiltre Plauson avec hélice progressive grattant l’intérieur du cylindre perforé de gros trous sur lequel sont appliqués les tissus filtrants. — Au bas, soupape d’évacuation à levier.
- Fig. 6. — Moulin colloïdal Plauson à 2 plateaux de friction.
- d’autres enveloppes, l’une en acier perforé à gros trous, recouverte par une ou plusieurs toiles métalliques à petites mailles.
- Le tissu filtrant est obtenu à toute la finesse d’ouvertures désirable en l’imprégnant d’une quantité de collodion plus grande quand il s’agit de retenir jusqu'à 0,01 p. que pour des colloïdes moins fins : cet ultrafiltre doit en effet travailler de 2 p. jusqu’à 0,01 p, et on comprend qu’il permet d’isoler les particules amenées à la grosseur voulue des résidus qui sont ensuite renvoyés à un nouveau broyage.
- Le liquide à filtrer est introduit dans le cylindre et soumis à une pression qui peut atteindre 100 atmosphères, de manière à filtrer assez vite.
- Mais l’opération serait vite arrêtée par l'accumulation de gros grains sur la face intérieure ; on a paré à cette difficulté en installant, sur l’axe du cylindre, une hélice d’acier tournant assez lentement, et qui touche"presque la première tôle perforée.
- Cette rotation fait tomber au fond du cylindre les particules refusées par le filtre et qu’enlève un décantage continu ou un peu intermittent ; mais en somme cet ultrafiltre est à fonctionnement continu en pratique.
- Les émulsions obtenues sont contrôlées à l’ultramicroscope; avec l’éclairage d’une lampe à arc, on arrive à suivre les particules colloïdales jusqu’à 0,01 p. ; au-dessous de cette limite on n’a pas encore trouvé le moyen de filtrer ni de voir ces parcelles.
- Effère.
- p.389 - vue 393/620
-
-
-
- 390
- LE PRINCIPE DE LA RELATIVITÉ ET L’ÉNERGIE INTRA-ATOMIQUE
- Nul n’est prophète dans son pays. On le répète depuis longtemps. Les théories venues de loin ont un rayonnement que ne possèdent jamais celles issues de notre propre sol.
- On sait le hruit fait récemment en France par les the'o-ries d’Einstein.
- Parmi les conséquences de ces théories, une des plus importantes est celle considérant la matière comme un réservoir colossal d’énergie alors que jadis elle était envisagée* comme quelque chose d’inerte pouvant seulement restituer l’énergie qui lui avait été artificiellèment donnée par un moyen quelconque : chaleur, électricité, etc.
- Dans une série de recherches déjà anciennes, puisque les premières ont vingt-deux ans d’existence, j’étais arrivé par voie expérimentale, bien avant Einstein, à des conclusions absolument identiques aux siennes.
- Je l’ai rappelé dans une note des Comptes Rendus de l’Académie des Sciences du 9 juillet 1914, dont je vais reproduire les plus importants passages :
- Voici d’abord quelques-unes des conclusions d’Einstein empruntées au récent Traité de Physique de Chwolson :
- « La masse de la matière pondérable peut se transformer en énergie et inversement.
- « Lorsqu’un corps acquiert ou cède de l’énergie, sa masse change.
- « L’énergie et la masse sont équivalentes. Toute masse en repos représente une provision colossale d’énergie. ))
- Voici maintenant les conclusions que j’avais formulées très longtemps avant Einstein au cours d’une série de mémoires résumés dans mon livre Y Evolution de la matière :
- « La matière est un colossal réservoir d'énergie, l'énergie intra-atumtique, qu’elle peut dépenser sans rien emprunter au dehors.
- (( La force et la matière sont deux formes diverses d'une même chose. La matière représente une forme relativement stable de l’énergie intra-atomique. La chaleur, la lumière, l’électricité, etc., représentent des formes instables de la même énergie.
- « La lumière, l'électricité et la plupart des forces connues résultant de la dématérialisation de la matière, il s’ensuit qu’un corps qui rayonne perd par le fait seul de ce rayonnement une partie de sa masse ('). »
- 1. Mes premières conclusions sur la dissociation des atomes ont paru dans la Revue scientifique d’avril '1900. Mes diverses expériences et les conclusions que j’en ai tirées ont été développées dans une série de 18 mémoires dont voici les principaux : La variabilité des espèces chimiques (1900). L’énergie inlra-atomique (1903). La dématérialisation de la matière (1904). La matérialisation de l'énergie (1904). Le monde intermédiaire entre la matière ej. l’éther [1904). La dissociation universelle de la matière (1906). La vieillesse des atomes et révolution cosmique (1906). Les actions antagonistes des diverses pallies du spectre (1907).
- Toutes ces assertions, très banales aujourd’hui, étaient singulièrement paradoxales quand je les formulai pour la première fois. Et, lorsque à la suite d’expériences, qui me coûtèrent de longues années de travail, j’énonçai que la matière devait être considérée comme une forme d’énergie nouvelle la plus colossale de toutes celles de la Nature, que j’appelai l’énergie intra-atomique, je n’eus aucun adepte.
- Quelques savants indépendants ont bien voulu rappeler mes recherches. C’est ainsi que dans son livre récent sur la relativité, M. Gaston Moch écrit :
- « Les importantes conclusions de la relativité sur l’équivalence de la masse et de l’énergie avaient déjà été nettement établies par des travaux auxquels ne manqua pas le retentissement. Il faut rendre un hommage tardif au savant qui, sur ce point capital, a précédé Einstein, je veux parler de Gustave le Bon. C’est de 1896 à 1905 que s’étendent ses travaux sur la dissociation de là matière.... Gustave le Bon n’est pas seulement le. premier à avoir compris ce qu’est l’énergie intra-atomique, il l’a évaluée... C’est la formule de Gustave le Bon et non celle d’Einstein qui représente l’équivalent énergétique de la masse, a
- J’ai communiqué dernièrement au professeur Einstein la note des Comptes Rendus de l’Académie des Sciences que j’avais publiée autrefois et voici un extrait de sa réponse :
- « Votre note m’a vivement intéressé. Il est en vérité remarquable que vous soyez arrivé, relativement à l’équivalence de la masse et de l’énergie, à des conséquences conformes avec celles de la théorie de là relativité, a
- Signé : Einstmn
- Tout cela est d’ailleurs de la très ancienne histoire. Après avoir consacré dix années de dispendieuses recherches à renverser les idées classiques sur la structure de la matière qui dominaient la science depuis des siècles, j’ai dû abandonner ces recherches trop coûteuses et délaisser la physique pour la psychologie.
- La France est un pays tellement hiérarchisé que la science indépendante y est à peu près impossible. Il a même fallu un concours de circonstances tout à fait exceptionnelles telles que l’appui de Henri Poincaré et Painlevé en France,de Ramsay en Angleterre,le professeur de Heen en Belgique et plusieurs autres, pour que mes travaux aient pu voir le jour et n’aient pas été ensevelis sous le silence des spécialistes. Tous savaient très bien cependant qu’avant mes recherches personne n’avait, jamais parlé de l’énergie intra-atomique ni montré que la matière n’est qu’une forme stable de l’énergie. La séparation de la matière et de la force était considéré comme un des dogmes de la science les mieux établis.
- Gustave le Bon.
- LE NOUVEAU WAGON D’INSTRUCTION DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Au cours de ces dernières années, la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans s’est signalée par de très heureuses initiatives. Ainsi, grâce au développement de son matériel frigorifique, elle a puissamment secondé les primeuristes, les éleveurs, les
- pêcheurs et les importateurs de viandes américaines ou de fruits exotiques tandis que par des conférences, des démonstrations pratiques sur le terrain et d’excellents tracts, son service commercial s’efforce de secouer l’apathie de nos agriculteurs. Au point
- p.390 - vue 394/620
-
-
-
- LE NOUVEAU WAGON D INSTRUCTION
- de vue technique, ses ingénieurs ont perfectionné le chauffage au mazout qui malheureusement n’a pas pu encore se développer parce qu’on obtient difficilement ce combustible en- quantité suffisante et à un prix susceptible de concurrencer le charbon. Quant au programme d’électrification d’une .partie de ses lignes, il entre maintenant dans la période de réalisation.
- Aujourd’hui, nous allons visiter son- original wagon d’instruction et son annexe (ïlg. 1), qui partent pour un premier voyage. Cette, création répond à un besoin évident et voici pourquoi. Peu avant la guerre, 'afin de remédier à la crise du recrutement de son personnel, la Compagnie P.-O. organisa des écoles d’apprentis et des cours d’adultes dans plusieurs villes de France, ainsi que des cours par correspondance pour former ses
- DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS = 391
- Malheureusement, la mise à exécution d’un tel enseignement désorganiserait considérablement le service. Les chauffeurs, les mécaniciens, les contremaîtres des ateliers de réparations ou autres agents du matériel et de la traction ne sont pas libres tous les jours, aux mêmes moments, d’où complications pour les réunir à heures fixes. Ils doivent donc compléter leur instruction technique en dehors de leur travail, si l’on ne veut pas apporter de troubles dans le fonctionnement normal des divers rouages j de l’exploitation.
- Le nouveau wagon d'instruction va faire disparaître ces inconvéniefife et simplifier la tâche du personnel enseignant. Il se compose d’un wagon américain et d’un fourgon à bagages transformés en vue de leur destination. La première voilure se change, tour à tour, en salle de conférences ou en
- Fig. j. — Le nouveau wagon d’h
- cadres de chefs-mécaniciens et de contremaîtres. Depuis l’armistice, cet enseignement se développa beaucoup puisque, à l’heure actuelle, on compte “sur tout le réseau, 1200 apprentis environ et que 700 agents fréquentent les cours d’adultes.
- Toutefois si les leçons par correspondance peuvent se faire aisément pour certaines matières du programme, comme la composition française, l'économie politique et l’hygiène, il n’en va pas de même ipour la technologie générale, les locomotives à vapeur et l’établissement de croquis cotés. L’élève a souvent besoin d’explications sur certains points qui l’arrêtent et le professeur éprouve des difficultés |à les lui fournir par écrit tandis, qu’en un instant, al donnerait de vive voix tous les éclaircissements nécessaires sur le fonctionnement d’un appareil ou (sur l’application d’une formule géométrique.
- A priori, pour un non-initié au trafic des voies ferrées, il semble enfantin de résoudre la difficulté, fin envoyant des ingénieurs en mission temporaire dans les principaux dépôts. Leur séjour dans ces centrés d’instruction, leur permettrait de ‘grouper le personnel, de faire des cours, de donner toutes les explications nécessaires et de procéder à des interrogations ou examens à intervalles périodiques.
- traction du P.-O; et son annexe.
- laboratoire de mécanique appliquée aux chemins de fer. Grâce à son remarquable agencement, aux modèles, aux organes de locomotives, aux tableaux et aux coüpes schématiques qui s’échelonnent des deux côtés du véhicule ainsi qu’avec l’aide de pièces plus petites remisées en cours de route dans le fourgon, le professeur initie aisément les diverses catégories d’agents au fonctionnement des machines. Il peut soit compléter les cours par correspondance, soit examiner les candidats chefs-mécaniciens et conti'emaitres sur les matières enseignées afin de se rendre compte de leur degré d’instruction.
- Du côté gauche du vragon de tête dans sa position normale, on distingue tous les systèmes de distribution (fig. 2) en usage sur les locomotives du P.-O. Voici, par exemple, le dispositif Compound admirablement représenté en miniature. Il consiste, comme on le sait, à admettre d’abord là vapeur dans un petit cylindre où elle travaille avec une détente déterminée, puis au lieu d’évacuer dans ^atmosphère cette vapeur possédant encore une certaine force élastique, on l’envoie dans un second cylindre plus grand que le premier où elle achevé de se détendre en produisant un reste de travail, sorte de « piquette de vapeur a comme l’a sur-
- p.391 - vue 395/620
-
-
-
- 392= LE NOUVEAU WAGON D’INSTRUCTION DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- Fig. 2 — Modèle des systèmes de distribution en usage sur les locomotives françaises actuelles; au-dessous, les tables pliantes du wagon.
- nommé pittoresquement un technicien émérite et qu’on laissait jadis s’échapper dans l’air .en pure perte.
- Naturellement, puisque les organes du système Compound sont figurés en coupe sur un panneau de chêne pendu après la paroi du wagon d’instruction, le mouvement des bielles, du piston et des roues s’opère au moyen d’une, manivelle. Il en est de même des distributions type Walschaert des machines « Pacific ». et de celles des locomotives « ancien modèle », encore en service pour la manœuvré dans les gares et dépôts de l'Orléans. Ces systèmes.voisinent à côté du ; précédent, au-dessus de .5 tables-pliantes, rabattues en ordre de marche et, un peu plus loin, on aperçoit un chro-nottichymétré.'- Ce iriécariisme d’horlogerie, inventé par l’ingénieur Poulet, enregistre sur un cylindre doué d’un mouvement de rotation uniforme, la vitesse d’une locomotive et permet aux ingénieurs de savoir comment un mécanicien a conduit son train en cours de route.
- Dans le wagon d’instruction et vis-à-vis des systèmes de distribution et. d’un graisseur à condensation des cylindres moteurs,: se trouvent la coupe d’une pompe Westinghouse et les divers appareils de freinage (fig. 5) réglementaires imposés aux compagnies de chemins de fer français par les arrêtés ministériels. Dans la réalité, grâce à leurs organes de transmission, les freins Westinghouse peuvent se manœuvrer d’un point quelconque du train ; leur ser-
- rage s’effectue sous l’action de l’air comprimé. Ce mécanisme a pour but de les actionner automatiquement et d’arrêter le convoi en cas de rupture d’attelage. Ici le., réservoir principal prend l’air sur la canalisation du wagon ét une machine auxiliaire fournit la pression afin d’initier les élèves au fonctionnement assez délicat de ces freins. Les clapets d’aspiration et de refoulement de la pompe Westinghouse sont munis d’une petite ampoule électrique qui s’allume au moment où les clapets doivent se lever. Enfin on voit encore à proximité un signai d'alarme -, et: sés divers accessoires.
- Mais la partie la plus originale,du wagon est sans contredit la. plate-forme (fig. 4), suspendue, pendant la marche, au plafond du véhicule. Sur cette*
- Fig. 3. — Coupe d’une pompe Westinghouse et les divers appareils de freinage règlementaires sur les réseaux français.
- p.392 - vue 396/620
-
-
-
- LE NOUVEAU WAGON D’INSTRUCTION DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS
- 393
- planche, haubanée et manœuvrée par 4 câbles d’acier, glissant sur des poulies et terminés à chacune de leurs extrémités par un contrepoids de 50 kg, on a installé 59 mètres de voies. Grâce au parfait équilibrage de sa suspension, on descend à volonté ce chemin de fer en miniature à la hauteur voulue pour que les agents, confortablement assis tout autour, puissent se rendre compte de la manœuvre des organes de signalisation et de trafic.
- Admirons l’ingéniosité du constructeur qui a
- lisation peut se brancher sur les circuits locaux pendant les arrêts du véhicule.
- "Piloté par un.savant instructeur, ce remarquable wagon — le premier du genre mis en service par une compagnie française de chemin de fer — commence ses randonnées; Il stationnera successivement à Orléans, Tours, Vierzon, Périgueux, Mont-luçon, Brives, Nantes et autres centres importants du réseau d’Orléans, restant quelques jours dans chaque ville, et visitant chacune d’elles 5 ou 4 fois par an. Professeurs, examinateurs ou conférenciers
- Fig. 4. — Plate-forme suspendue à l’intérieur du wagon et sur laquelle se trouve installé un chemin de fer en miniature, comportant 3 gares de double voie, 3 gares de voie unique, 2 bifurcations et i5? signaux
- de tous genres.
- disposé en] un espace aussi restreint : 5 gares à double voie dont une de grand, triage, o gares à voie unique, 2 bifurcations et 157 signaux réglementaires de tous genres. Les leviers des postes d’aiguillage, les disques et les bras ides sémaphores fonctionnent électriquement.
- Ajoutons pour, terminer la description de l’équipement et de l’outillage de cette école ambulante que dans le fourgon se trouve ménagée une pièce avec bureau-bibliothèque, un lit et un lavabo pour le professeur. En outre une dynamo avec 4 batteries d’accumulateurs fournit, en coursn de routé, sous 24 volts et 150 ampèrès, le courant hécèssâire soit à l’éclairage, soit à la manœuvre des appareils de démonstration. Enfin, une autre cana-
- transportés ainsi par toute la France avec leur matériel d’enseignement technique faciliteront aux braves cheminots l’accomplissement de leur dur labeur quotidien. Les uns initieront les débutants ou compléteront les cours par correspondance, les autres examineront les agents laborieux et intelligents proposés pour l’avancement par leurs chefs respectifs.
- , Le directeur de cette intéressante « roulotte » trouvera aussi parfois des collaborateurs bénévoles; alors pliant ses tables, il transformera l’intérieur de son véhicule en salle de conférence où 45 auditeurs viendront entendre un ingénieur décrire, par exemple, un nouvel appareil ou même une personne étrangère au service technique traiter
- p.393 - vue 397/620
-
-
-
- LES PERTURBATIONS DU MAGNÉTISME^ TERRESTRE
- 394
- un sujet de culture générale à l’ordre du jour. Indépendamment de son but pratique et utilitaire, le wagon d’instruction jouera donc un rôle social important en élevant le niveau des cadres de la compagnie. De plus, en apportant aux agents travailleurs et intelligents les moyens de gravir, peu à peu, les
- échelons de lahiérarchie, il stimulera leur zèle. Or la bonne tenue du'personnel ferroviaire joue un trop grand rôle diaiis là vie économique du pays pour qu’on ne désire pâs'voir les autres réseaux français mettre bientôt en’sérvicé’des’ wagons similaires,
- Jacques Boyer.
- les perturbations du magnétisme terrestre
- ' * i *
- Quand on veut se rendre compte d’où vient le I de transparence de l’atmosphère introduit un élé-temps qu’il fait ici-bas, on est amené, de proche en I ment d’incertitude “dâM”"ces"observations; qui, ^e
- fatum. Jmwt î » if a zf JdAU brui JLai r ÿ 15 îo u i pM. faM Joôt 5 10 15 10 15 itçtmhi, (ktohy JlSwnte.
- JU. U A ci s a m s a a io is ; 10 15 lfl 1S r (0 15 to 15 5 10 15 10 15 3 ï 5 10 15 10 15 5 U 15 10 15 « 5 10 15 a 15 s O 15 B lf J
- ISO!, l* J üu illllir âM/ kèâlWk làâjiL iijii Àv* \\aK V*# IaAÉl /jilk. A » i- 05
- 190? Jyi vJUk wV â«M wêJlk. vU ^-vA Wv ïlâÀtl jIW [« 190?
- m MxfkuJ AIT i\nA luâft ulÂA Ak AV k lÉj AyuA :ï ffl
- 1909 :!W IkJI aM v,MA AA \n hjJkM likjyi yi ViH-i M'
- 1910 - lyiiii mé Uàâ IlÿiêJk uA §Mèl 'vmA •'V\vV mvV 'AjW :Ü 1310
- 1911 :! Wmh Imkjk A/h àki lAÉH ilyu ApJ1 >f\jA ^ jIpJêÊu Av/VVv àllk/A: JiIaà.é :* »
- 1911 j MaA&a. a/W1 fAâJk AiLj A-Lfi A ma. \A„f% .W\Kaa AâAAâ/!
- 1913 * £ A A* khd Il Uïü Æ%àû iliUIim, 4-a'A »
- 1919 ; = jvü A. /vni\j hkàâk AâM Wr :Ü !i
- 1915 • MlKnJS A1% Ailru \/H A m é aA A Ait uAt\ ikil - Oi
- 191k î 0 :lfÜIk MW AMf wA mJ\I M/V %a, Ikrf \A/V H m
- 191? 1 Û As jkhL AaAV m iàjM >dllf kJu/n \i *
- 1918 * 0 *!ÊÀkJ ni Hu H An jhk tAkij Aa Vy uw tAi 18 - Û5
- 1919 « o. ylïki MÉ A# üfÂv JluA VsKft l*r\ JLUIL [“ 1919
- 1910 “ 0! jAH, m J\hj \aM Sè, jfNKi HH/ vVi Ibiài /\^iA fs »
- Jlnam Wu i » mm S iù 15 10 15 s iû i5 œ is y. S 13 15 U> IS S lû IS lû IS Jt s n> is le is s iû is is is i $ lù 15 Ü 15 3L 5 i (5 li 15 S iû i$ iû is 3t 5 10 ff iû Î5 Trnpn^tTTT|'iri n Vi vj m n f 10 IS a i Jksài
- ^amüv Sîmen JJjvu InrdL diCLL 1“ JûÉ&t bit Octoêa Jftwmàtê. itiwnki.
- Fig. i. — Le caractère magnétique de chaque jour de tout le globe, pendant i5 ans.
- proche, à en chercher la cause première dans la radiation solaire; donc, en premier lieu, dans le rayonnement calorifique.
- La valeur du rayonnement calorifique du Soleil par unité de surface, à la limite de l’atmosphère, a reçu, à tort, le nom de constante solaire, parce qu on la croyait invariable. L’appréciation du degré
- plus, deviennent impossibles quand le Soleil est caché par des nuages. Aussi, pour avoir des observations journalières de la constante solaire, faites dans les meilleures conditions, la Smithsonian Institution de Washington a installé un observatoire spécial à Calama, au Chili. Comme les mesures de la constante solaire qui y étaient faites s’accor-
- p.394 - vue 398/620
-
-
-
- LES PERTURBATIONS DU MAGNETISME TERRESTRE
- 395
- daient, paraît-il, d’une façon tout à fait remarquable, avec les observations météorologiques des stations voisines, j’ai été très heureux de trouver une récapitulation des observations de Calama dans le fascicule du mois d’aoùt de la Monthly Weather Review des États-Unis. Malheureusement, les nouvelles corrections appliquées aux observations sont si fortes, qu’elles en ont complètement changé l’allure; de plus, le tableau numérique contient un grand nombre de valeurs douteuses, qui ne sont probablement que des fautes d’impression, de sorte que j’ai dû, à mon grand regret, renoncer à tracer des courbes avec ces nombres. La question est réservée.
- A défaut de la constante solaire, nous sommes obligés de nous adresser aux taches du Soleil. C’est Là une manifestation bien visible de l’activité solaire.
- Pour construire les courbes des variations des taches ( fi g. 5), je me suis servi des nombres relatifs de M. Wolfer, directeur de l’Observatoire de Zurich. Les nombres relatifs, publiés pour la première fois par Wolf en 1877, recalculés et continués par son élève et successeur M. Wolfer, sont les plus accessibles de toutes les mesures de l’activité solaire et concordent avec elles, au moins en ce qui concerne les nombres définitifs de M. Wolfer. C’est uniquement par raison de symétrie que j’ai calculé les moyennes de 15 ans des taches solaires ; à ce point de vue-là, elles se comportent comme si elles étaient dues au hasard et se compensent presque entièrement, de sorte
- *3
- m
- m
- 4i&
- hb
- .1911 1911
- 191t
- 191b
- m
- Wr
- m
- Fig. 3.
- Les taches du Soleil et le caractère magnétique de la Terre.
- que l’amplitude de la courbe se trouve très réduite. Il n’est pas inutile d’extraire d’innombrables travaux publiés sur les taches deux points importants, pour les noter ici, car il faut se faire une idée sur la nature des taches et connaître l’extension considérable que vient de prendre le domaine, plutôt resserré, où elles paraissaient se confiner jusqu’ici. La masse liquide incandescente du Soleil est entourée de vapeurs, dans lesquelles flottent des nuages de matières réfractaires refroidies, qui Constituent la photosphère ; ces nuages brillent, suivant l’expression de Young, comme un manchon d’un bec Auer.
- Les taches sont des cratères, qui se forment au milieu de cette première ébauche de croûte solaire. D’autre part, on ne connaissait jusqu’ici que les taches ouvertes, qui ne dépassent guère la latitude de 50° ; or, les observateurs anglais ont découvert récemment des taches voilées, qui se présentent dans les hautes latitudes. Ainsi, les statistiques publiées jusqu’ici ne donnent qu’une image incomplète du phénomène, puisqu’elles ne représentent qu’une variété des taches.
- Mais il existe un autre phénomène, qui peut nous permettre de déterminer d’une façon, à la fois plus précise et plus commode, l’activité du Soleil, sans quitter la Terre : c’est le magne'tisme terrestre.
- On sait, en effet, que la période, encore mystérieuse de 11 ans relie les taches, les facules et les protubérances du Soleil avec les aurores
- m
- Ml
- p.395 - vue 399/620
-
-
-
- 396
- LES PERTURBATIONS DU
- polaires (*), le magnétisme terrestre et.les courants telluriques. De tous ces phénomènes, c’est le magnétisme terrestre qui se prête le mieux aux mesures, et nous possédons sur lui une littérature extrêmement riche. Si nous ne sommes pas encore très avancés dans son étude, cela tient, je crois, à son mode d’enregistrement et à la façon dont ses observations sont publiées. Comme les magnétographes sont rendus très sensibles pour pouvoir inscrire des variations très faibles, l’échelle d’enregistrement est, en fait, assez étroite, de sorte que, à la moindre perturbation, l’image lumineuse sort de l’échelle, et il peut manquer une douzaine d’extrêmes diurnes dans un seul mois. C’est absolument 'comme si l’on ne faisait fonctionner les thermomètres enregistreurs qu’entre 0° et 20°, sous prétexte que la moyenne de la température à Paris est de 10b Naturellement, on ne pourrait guère faire d’études sur la température, si nous avions des lacunes chaque fois que la température s’abaisse au-dessous de 0°. ou monte au-dessus de 2ün. D’autre part, il serait bon qu’on puisse trouver dans les publications la force totale toute calculée, car il est matériellement impossible à un chercheur de considérer, à la fois, les diverses composantes. Pour ne pas surcharger le travail des observatoires, on pourrait faire calculer la force totale à la place des coefficients des séries harmoniques, dont, ainsi que l’a dit Mascart, on n’a guère tiré d’autre prolit que la satisfaction de traduire les observations par une formule mathématique. Bid-iingmaier a bien proposé une méthode de mesure de Vactivité magnétique basée sur les variations des composantes, mais cette méthode entraîne à des calculs extrêmement longs.
- Quoiqu’il soit assez difficile d’établir, pour un phénomène aussi irrégulier que le magnétisme terrestre, une séparation nette entre les variations plus ou moins régulières et les perturbations, on peut admettre comme caractère distinctif de celles-ci leur début brusque qui, dans le cas de fortes perturbations ou d’orages magnétiques, se produit sensiblement au même instant sur toute la surface du globe, comme Adams l’a fait voir dès l’année 1880. Les orages magnétiques sont ordinairement accompagnés d’aurores polaires visibles même dans les latitudes moyennes et de courants telluriques qui viennent troubler les communications télégraphiques et téléphoniques. J’ai reproduit dans la figure 2,' d’après le magnifique ouvrage consacré par M. Chree aux observations de magnétisme terrestre de l’Expédition Antarctique Anglaise de 1910-1913, dirigée par Scott et Simpson, le commencement de la perturbation qui a débuté brusquement, sur tout le globe, le 8 avril 1911 à 11 heures 21, temps moyen
- 1. Au sujet dés aurores polaires, voir mes articles dans La Nature du 14 janvier 1922, p.22 et Y Annuaire de la Société météorologique de France, année 1921, 2e.facicule, p. 152.
- Je dois y ajouter que St;irk a réussi à reproduire la raie caractéristique de l’aurore polaire en éclairant l’azote avec des rayons positifs (rayons a). On sait, en effet, qu’on obtient des raies différentes suivant le mode d’éclairement.
- MAGNÉTISME TERRESTRE .........................
- de Greenwich. Sur les courbes de l’Antarctique, on distingue nettement la double oscillation du début ; les phases des trois éléments concordent. A Bui-tenzorg, le début a été si brusque, qu’il n’a pas laissé de trace photographique sur son passage ; on remarquera sur cette courbe que, au bout d'une heure environ, une baisse s’est produite aussi brusque que l’a été la hausse. Ces formes de crêtes sont assez fréquentes : on les reconnaît sur les courbes d’Alibag, Honolulu, Helwan et Sitka.
- La théorie de Schuster explique le début brusque des perturbations par l’arrivée dans la sphère d’attraction de la Terre de jets de particules provenant du Soleil; leur rôle se bornerait à rendre conductrices les couches supérieures de l’atmosphère, ce qui permettrait aux courants électriques, qui, paraît-il, entourent la Terre, de faire sentir leur action ; l’énergie, mise en jeu, proviendrait de la force vive de rotation du globe. Pour répondre à diverses objections, Schuster a été amené à admettre l’action simultanée de rayons cathodiques, de radiations ultra-violettes et de particules repoussées du Soleil par la pression de la lumière. On a constaté réellement, à trois reprises différentes, des coïncidences entre des jets lumineux solaires, sortant d’une tache, et des perturbations magnétiques (Carrington et Hodgson en 1859, Young en 1872, Trouvelot en 1891). A la suite de la première de ces constatations, Balfour Stewart a écrit que le Soleil avait été pris « en flagrant délit ». L’objection la plus grave qu’on puisse élever contre la théorie de Schuster, c’est que les perturbations magnétiques ne troublent nullement les observations de l’électricité atmosphérique. Nous verrons, à la fin de cet article, qu’on peut se dispenser de faire intervenir des courants électriques circulant dans les couches supérieures de l’atmosphère.
- Si l’énergie mise en jeu dans un orage magnétique mondial est énorme, l’intensité ordinaire du champ magnétique terrestre est extrêmement faible. Voici, d’après MM. Dufour et Itié, les valeurs absolues des éléments magnétiques au 1er janvier 1922 à l’observatoire du Val-Joyeux à Villepreux (Seine-et-Oise), à 24 km à l’ouest de l’Observatoire de Paris, ainsi que leurs variations depuis l’année dernière :
- Déclinaison . . 12°37\1 W — 11',4
- Inclinaison . . 64°40',1 - r,i
- Composante horizontale. . 0,19665 0,00000
- — verticale. . . 0,41541 — 0,00054
- .— nord . . . . 0,19190 H- 0,00014
- — ouest . . . . 0,04296 — 0,00064
- Force totale. . 0,45961 — 0,00048
- L’intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre, qui oriente l’aiguille aimantée, n’est guère que la 1 /5000e partie de la force exercée par un barreau magnétique de 15 cm de longueur. Les perturbations n’atteignent que 2 à 5 0/0 de la composante horizontale. La plus forte perturbation qui ait été enregistrée jusqu’ici, celle
- p.396 - vue 400/620
-
-
-
- 397
- LES PERTURBATIONS DU MAGNETISME TERRESTRE
- du 25 septembre 1909, a produit une variation de 5° de la déclinaison et de 1/20° de la composante horizontale.
- Pour obtenir le caractère magnétique de chaque jour du globe tout entier, la Conférence météorologique internationale a décidé, dans sa réunion d’Innsbruck, en 1905, qu’il serait dressé des listes de tous les jours avec leurs cotes magnétiques respectives (0, 1 ou 2) :
- 0 pour les journées calmes, 1 pour les journées troublées, 2 pour les journées très troublées.
- Uae quarantaine d’observatoires- envoient leurs listes à l'Institut météorologique des Pays-Bas, qui s’est chargé de centraliser les documents et d’en publier les résultats.
- On les trouve, sous forme de tableaux numériques annuels, dans le Terreslrial Magnétisai et la Meleorolo-gische Zeitschrift.
- C’est avec ces nombres que j’ai construit mes courbes des ligures 1 et 5.
- J’espère qu’il se trouvera , parmi mes lecteurs, un nouveau Champollion pour déchiffrer ces hiéroglyphes, qui relient la Terre au Soleil.
- M. Chree, directeur de l’Observatoire magnétique de Kcvv, a trouvé qu’après une perturbation, on avait plus de chances d’en rencontrer une autre, après un ou plusieurs intervalles de 27 jours, qu’à toute autre époque.
- Cette période se rattache à la rotation syno-dique du soleil, si l’on admet que celle-ci peut être déterminée par la vitesse moyenne des taches à la latitude de 25°.
- En examinant les perturbations du Parc Saint-Maur et du Val-Joyeux, j’ai noté une périodicité un peu plus longue, voisine de 50 jours :
- les 18-19 août, 16-17 septembre, 16-17 octobre 1885 15-16 mars, 15-16 avril 1885 20-21 avril, 20-21 mai 1897 22-25 janv., '22-25 févr., 24-25 mars 1901
- 5-6 janv., 5-4févr., 2-5 mars, 1er-2 avril 1905, etc.
- Cette périodicité peut se rattacher à la rotation du Soleil à la latitude de 50°, car, chose étrange, le Soleil ne tourne pas tout d’une pièce, et sa vitesse va en ralentissant de l’équateur aux pôles. Mais on pourrait, je crois, admettre aussi bien que cette périodicité indique une influence de la Lune, dont la révolution syno-dique est de 29 j. 55.
- M. Schmidt, chef du service magnétique de l’observatoire de Pots-dam, a publié, à différentes reprises, dans la Meteorologische Zeitschrift des rapprochements entre des perturbations magnétiques qui se trouvent à un intervalle d’un multiple de 50 jours et paraissent former des séries.
- J’ai réuni ces perturbations dans le tableau de la page suivante, en y ajoutant la perturbation du 15 mai 1921.
- Les nombres indiqués dans la colonne des intensités représentent la somme des amplitudes des trois éléments et servent de caractéristiques de l’intensité totale. Les dates de la période julienne, qu’on trouve dans la Connaissance des Temps, permettent de calculer facilement les intervalles, entre deux dates quelconques.
- Il se trouve que les dates de ces grandes perturbations sont reliées par la formule 2 415 051 -h nx 29,97, dans laquelle w =—50, 0, 115, etc. D’après les écarts qu’on trouve dans la dernière colonne, les perturbations se groupent en plusieurs séries : les nos 2, 5, 4, 5 et 7 avec des écarts variant de — 1 à + 1, les nÜS 1,6 et 9 avec des écarts de 10 et 11, les nos 8, 10 et 11 avec des écarts de 22 à 24. '
- Les causes des perturbations doivent être stables, puisqu’elles peuvent persister pendant plusieurs dizaines d’années.
- 'fytwwitk \jj
- p. f1, ifl1 ISl lbL
- Fig. 4. — Perturbation du 8 mai 1902 qui a coïncidé avec l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique.
- p.397 - vue 401/620
-
-
-
- 398
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- DATES JUUKNSKS
- N'" - DATES INTENSITÉS U ÉCARTS
- observées. calculées.
- (2 400 100»
- I 14 février 1892 . >1800 12145 12152 —50 11
- 2 20 juillet 1894. . 1580 15050 15051 0 — l
- 5 20 août 1894 . . 1410 15061 15061 1 0
- 4 51 octobre 1905 . 2860 16419 16418 115 1
- 5 9 février 1907. . 1540 17616 17616 155 0
- 6 11 sept. 1908. . 1520 18196 18186 172 10
- 7 25 sept. 1909. . 5800 18575 18575 185 0
- 8 17 juin 1915 . . 1500 20666 20645 254 25
- 9 11 août 1919 . . 2720 22182 22172 505 10
- 10 22 mars 1920 . . 1870 22406 22582 512 24
- lt 15 mai 1921. . . 22825 22801 526 22
- En ce qui concerne la direction du mouvement de début, M. Bosler a montré qu’elle est particulière à chaque observatoire ; elle ne dépend pas de la position du Soleil, mais de la situation de l’observatoire par rapport au pôle magnétique et de la constitution géologique de la région.
- Quant à l'intensité moyenne des perturbations, on reconnaît nettement sur les moyennes de 15 ans (fig. 5), l’influence de la déclinaison du Soleil, parla position des maxima aux équinoxes et des minima aux solstices.
- Conclusions.— Dès l’année 1868, Airy a montré que le. magnétisme terrestre provient des courants telluriques. D’une manière générale, les recherches ultérieures ont confirmé cette manière de voir. Les courants telluriques sur de petites distances et les perturbations locales proviennent de phénomènes météorologiques : pluie, insolation, etc. À cette catégorie se rattachent les variations diurnes et l’effet des éclipses solaires. Les courants telluriques sur de grandes distances et les perturbations mondiales dénotent une influence cosmique, qui ne peut provenir des taches solaires, car, si les variations annuelles des taches et des perturbations ont bien la même allure générale, la ressemblance s’évanouit, quand on considère le détail, les mois et les jours. On a eu beau admettre un retard de 26 à 46 heures sur le passage d’une tache au méridien central, il a bien fallu reconnaître que les perturbatious ne dépendent pas des taches; puisqu’on a eu de grosses
- perturbations sans taches et de grosses taches sans perturbations.. Si, au lieu des taches, on considère des régions actives, mal délimitées, on n’arrive guère à voir mieux la relation entre les deux phénomènes.
- Je suis plutôt tenté de croire à l’action des protubérances éruptives ou métalliques, qui s’élèvent parfois jusqu’à la hauteur de 500000 km : elles seraient à même d’exercer une attraction sur la masse pâteuse de l’intérieur du globe terrestre. Or, c’est déjà par un décalage entre la rotation de la croûte terrestre et celle de l’intérieur du globe que Wilde a pu, en 1890, expliquer les variations séculaires et les reproduire avec son magnétarium, qui consiste en deux sphères concentriques parcourues par des courants et mises en mouvement par un rouage différentiel. Haie ayant trouvé des champs magnétiques de 3000 à 4500 gauss dans les taches solaires, paraissant même relier parfois, sous la photosphère, deux taches voisines, l’existence de courants électriques à l’intérieur du globe terrestre est parfaitement admissible.
- On s’explique facilement qu’on ait pu attribuer jusqu’ici à l’action de la lumière ce que je crois provenir de la gravitation, puisque, d’après la théorie de la Relativité généralisée d’Einstein, l’action de la gravitation se propage avec la vitesse des la lumière.
- L’intervention de l’intérieur du globe dans, les phénomènes du magnétisme terrestre a été particulièrement nette lors de l'éruption de la Montagne Pelée de la Martinique, le 8 mai 1902, qui a coïncidé ave.c une perturbation magnétique mondiale (fig. 4), dont le début, établi par M. Bauer d’après 25 observatoires, fut 7 heures 54 minutes 3, heure locale de Saint-Pierre, soit 2 minutes seulement après l’arrêt de l’horloge de Saint-Pierre, en admettant que celle-ci était à l’heure.
- Ainsi, après être monté, au début de cet article, très haut, jusqu’au Soleil, j’ai été amené à chercher la solution du problème qui nous intéresse dans la Terre, sous nos pieds.
- JoSEl’ll Lévine.
- Autour de F Allas météorologique de Paris.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séances de février et mars 1922.
- L’identification des aciers. — Pour les aciers ordinaires, l'essai à la bille Brinell suffit le plus souvent, mais il ne fournit aucun résultat concluant s’il s’agit d’aciers spéciaux. Le dispositif que M. Galibourg soumet à l’Académie utilise les forces éleetromotrices de contact produites dans une sorte de pince thermo-électrique, dont les deux parties sont constituées, l’une par un fil type, l’autre par la pièce à essayer. Même à 120°, on peut établir une relation qui, ajoutée à celle que fournit
- la bille, donne des indications nouvelles sur la nature de l’acier étudié.
- Les procédés d’épuration par les boues activées. — Dans les villes d’assainissement déjà ancien, les égouts recueillent toutes les eaux (système unitaire), alors que dans les cités plus modernes, on sépare les eaux pluviales et les eaux d’arrosage (système séparatif). Dans ce dernier cas, les matières à épurer sont très polluées et on
- p.398 - vue 402/620
-
-
-
- LE PÈSE-CARGO
- 399
- ne saurait se contenter cle l’épandage à la dose de 1 inc. par mètre carré de lit bactérien. M. Lucien Cavel s’est préoccupé de savoir si le procédé par « les boues activées » pouvait être appliqué et ses expériences ont porté sur des boues de Villeneuve-Saint-Georges. Elles ont montré qu’il était possible de faire disparaître complètement l’alcalinité, l’ammoniaque et les ;sulfures, avec élimination de 92 pour 100 de germes microbiens, l’oxy-dabilité se trouvant diminuée de 72,8 pour 100 et l’azote organique de 76 pour 100. Dans ces conditions, le système séparatif doit être la règle 'pour les installations de - ’avcnir.
- La trypanosomiase des dromadaires. — La maladie est généralement transmise par les taons. Mais, des observations de MM. Edm. Sergent et A. Donatien, il reste établi que certaines épizooties peuvent être propagées uniquement par les stomoxes, ceux-ci piquant souvent un animal, sain après avoir attaqué un animal malade. L’expérience a montré par la suite que ce sont les trypanosomes répandus sur la surface externe de la trompe qui transmettent dans ce cas l’infection, l’insecte agissant simplement à la façon d'un porte-virus. '
- Une nouvelle théorie de la formation du système solaire. — Les Novae s'entourant généralement .de nébulosités, on a émis l’idée que les étoiles peuvent être amenées à rencontrer des amas de gaz à basse température, mais on se heurte alors à de graves objécliqns dont certaines ont été formulées par Maxwell.' Pour l’abbé1 Moreux, le problème relève de la mécanique céleste, si l’on suppose que la pénétration s’effectue au sein d’un nuage composé de météores, c’est-à-dire de masses solides, non élastiques. On arrive ainsi à expliquer les intervalles planétaires et la série de Bode est une conséquence immédiate des lois de la gravitation newtonienne.
- LE PÈS1
- Il est facile de concevoir tout l’avantage qu'on peut retirer de la connaissance à chaque instant du poids des marchandises que l’on a embarquées sur un bateau. Si l’on ne dispose pas d’appareil spécial, on est obligé de procéder à des pesées coûteuses qui retardent les opérations et qui peuvent amener des contestations ; de plus, quand il s’agit de charbon en soutes, le contrôle est difficile pour ne pas dire, impossible.
- L’échelle de tirant d’eau permet de connaître très approximativement le poids de la marchandise embarquée. Cette approximation est d’autanl plus dangereuse que l’élément liquide est soumis non seulement à des mouvements divers, mais aussi à des différences de densité appréciables.
- Certains appareils qui ne sont pas complètement sortis de la période des essais ont été établis en Angleterre, en Italie et en Allemagne, leur lecture est difficile, sujette à l’erreur, elle donne des résultats peu précis.
- Un appareil nouvellement inventé en France par M. Augereau, bien que très simple, donne la. possibilité d’apprécier à chaque instant l’état de charge-
- bn nouveau minerai radioactif. — 11 s’agit là d’un minerai donnant à l’analyse une composition qui se résume en la formule 4PbO, 3UO®, 5P'203, 12H2O, et qui, de couleur jaune, imprègne certains morceaux de chalcolile. Cristallisé en paillettes et d’une radioactivité plus élevée que celle de lakasolite, il a reçu de M. Alfred Schoep, le nom de dewindiite.
- ; Elections. — Au cours du mois de février, le général G. Ferrié a été élu membre de la Section de Géographie et Navigation, en remplacement de M. Alfred Grandidier, MM. E.-I. Fredholm et Henri Jumelle prenant rang dé correspondants, l’un pour la Section de Géométrie, l’autre pour la Section de Botanique.
- L’analyse des pyrites de fer. — De, la communication de MM. G. Chaudron et Juge-Boirard, les analyses peuvent retenir que l’attaque du minerai pulvérisé par l’eau régale doit se faire à froid, la séparation du soufre se produisant régulièrement dès que la température atteint 60°.
- A propos des bouillies cupriques. —- La nouvelle. Communication de M. et Mme Villedieu établit qu’en dehors de leur alcalinité ou de leur acidité, les bouillies agissent par la simple solution des sels de chaux ou de sodium qu’elles contiennent, suivant qu’elles sont bordelaises ou bourguignonnes. Comme Phydrocarbonale bleu de cuivre donne en séchant, à l’air, le malachite, pratiquement in sôlüBl'é~,~ Faction 'du métal' Cü n’en devient que plus problématique, étant donné que les conidies de mildiou ne sauraient' germer dans une solution saline et que les sels déposés par les eaux servant à la préparation des bouillies viennent s’ajouter aux deux sulfates précités. . ' . Paul B.
- -CARGO
- ment et de connaitre d’une façon permanente le poids embarqué à 100 kg près.
- C’est le principe d’Archimède qui fait tous les frais de l’appareil Augereau, mais il est appliqué intelligemment pour les besoins de la cause. En effet, pour un tirant d’eau déterminé, le navire a un déplacement connu qui varie quand le poids à bord varie et ces deux variations sont rigoureusement égales. 11 suffit donc, grâce à un mécanisme approprié de mesurer par pesée le poids d’une quantité d’eau toujours proportionnelle au déplacement considéré.
- Le pèse-cargo (tel est le nom donné à l’appareil) se compose d’un tube profilé suspendu à une balance de précision. Cette balance est lestée par un contrepoids et elle peut osciller librement sur un pivot. Par suite, malgré les inclinaisons que peut prendre le navire, la balance reste dans la position verticale.
- Pour chaque navire, il faut un tube déterminé. Sa longueur utile correspond à la différence de hauteur des flottaisons en « charge » et « lège ». Les sections droites dé ce tube sont proportionnelles
- p.399 - vue 403/620
-
-
-
- 400 ............ , _ LE PESE-CARGO
- Fig. i. — Le pèse-cargo installé sur une péniche.
- aux sections horizontales faites à même hauteur dans le bateau. Le plan des échelles de charge que possède tout navire donne les différents volumes de carène aux différents tirants d'eau. On déLermine donc dans chaque cas les sections successives que doit avoir le tube.
- Un dispositif de tuyaux flexibles équilibrés pour n’influencer en rien les indications de la balance, fait communiquer le tube par sa partie inférieure avec l’élément porteur, soit eau de mer, soit eau douce.
- Le point d’oscillation du système est situé dans un plan longitudinal aussi près que possible delà verticale qui passe par le centre de carène qui correspond à la flottaison moyenne. Suivant la nature du navire et d’après les dispositions spéciales, la position en hauteur du point d’oscillation peut varier.
- Ainsi, quelle que soit la flottaison du navire, le poids de l’eau contenue dans le tube et que la balance donne à chaque instant, reste toujours proportionnel au tonnage du bâtiment. Tout poids embarqué détermine un enfoncement du navire et simultanément l’entrée dans le tube d’un certain poids d’eau exactement en proportion avec le poids embarqué. Ce dernier poids peut donc être donné immédiatement par la balance. Celle-ci a des graduations décimales comme dans une bascule ordinaire, car le rapport des leviers est choisi pour qu’on puisse lire directement le poids réel du bâtiment.
- Les appareils peuvent être munis du dispositif permettant l’impression du poids sur un ticket.
- En résumé, le navire lui-même joue le rôle du plateau d’une balance.
- Les types diffèrent suivant qu’il s’agit de chalands dont les formes sont régulières et les inclinaisons faibles ou de navires de mer aux formes plus compliquées. Dans ce dernier cas, on prévoit un dispositif de correction pour obtenir la justesse quelle que soit l’inclinaison du navire et quel que soit son état de chargement.
- Pour cela, le centre d’oscillation de l’appareil peut être déplacé de façon à lui conserver pour un déplacement donné la même distance au-dessus de la flottaison, que celle-ci soit droite ou oblique.
- On détermine à l’avance pour chaque navire les variations de ce centre d’oscillation et un système d’index ou de règles ou cadrans gradués permet de donner à l’appareil la position qui convient. On réalise automatiquement la correction des erreurs possibles pouvant provenir de l’inclinaison du navire au moment de la pesée. Au moment de prendre la mer, on bloque l’appareil pour éviter toute détérioration.
- Au point de vue de l’exactitude des résultats, les essais faits sur un navire de 1400 t. de port utile ont montré une sensibilité de 200 kg. Sur un chaland de 150 t. utiles, la précision a été obtenue à 100 kg près. Le diamètre du tube de pesée ne dépasse pas 10 cm et le poids total des appareils est de 50 kg pour celui destiné aux chalands. Il atteint seulement 50 kg pour le modèle qu’on installe sur les navires.
- Des démonstrations pratiques ont été faites dernièrement sur la péniche Henriette, amarrée au quai de la Conférence devant les ingénieurs des Compagnies de transport, les délégués de divers Ministères, du service des Ponts et. Chaussées, de l’Inspection, de la Navigation. Nous notons simplement cette visite, car elle n’ajoute rien aux qualités de l’appareil.
- En résumé, grâce au « pèse-cargo » les transporteurs par eau voient disparaître leur infériorité à l’égard des transporteurs par voie ferrée, car ils •sont, comme eux, tà même de peser.leur cargaison.
- E. Weiss.
- Fig. 2-. — Principe du pèsë-cargo.
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie La nu me. 9, rue de Fleurus. — Paris.
- p.400 - vue 404/620
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTIÈME ANNÉE — 1922
- PREMIER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie des Sciences (Comptes rendus des séances), 31, 44, 93, 126, 141,
- 101, 236, 270, 286, 398.
- Acétone : microbes producteurs, 44.
- Aciers : identification, 398.
- Acide cyanhydrique : synthèse, 191. Aéronautique : ports, 575.
- — : dernier Salon, 165.
- Afrique : cinéma, 185.
- Agar : composition, 191.
- Air atmosphérique : variations, 163.
- Air liquide : explosifs dans les mines deTer de Lorraine, 260.
- Algues de Rockall, 237.
- Allumettes inaltérables à l'humidité, 45. Alsace : industrie des tissus imprimés, 49.
- Aluminium : jetons monétairesen bronze,
- 102.
- Aluminium : traitement thermique de certains alliages, 93.
- Ammoniaque : synthèse, 222.
- — : transformation en urée, 287. Ammonium : deux nouveaux sels, 27 L Analyse chimique : speclropholomélrie,
- 372
- Analysé électrique rapide du laiton, 51. Animaux venimeux et venins, 225. Antimoine : usages modernes, 172. Aquarium et laboratoire de Miami, 17. Araignée sociale du Mexique, 355. Arizona : lézards cornus, 161.
- Supplément au n” 2516 de La Xdlare
- Atlantique : nouvelle exploration danoise, 78.
- — : variations des eaux au large des
- côtes françaises. 95. Automobiles à gaz pauvre, 544. Aulooxydation : antioxygènes, 127. Aveugles : machine à écrire, 174. Aviation et météorologie, 187.
- Avions : guidage par temps brumeux et pendant la nuit, 59.
- Avions lancés par catapultes, 223.
- B
- Bagnoles-dc-TUruc : nouvelle émanation des eaux, 127.
- Lîarragcs eu marbre de l'Inde, 583.
- Baryte : fabrication industrielle et emploi au traitement des mélasses de sucrerie, 289.
- Belgique : électrification, 101.
- Belin : transmission' électrique des images, 151.
- Benoît (J.-Ucné), 548.
- Béton arme : pont de Sainl-Pierrc-du-Vauvray, 24.
- Betteraves sauvages : composition, 287.
- Beurre : analyse, 236.
- Boues activées : épuration, 398.
- Breguet : centenaire, 193.
- Briques crues et cuites. 91.
- Bronze d’aluminium : jetons monétaires,
- 102.
- Bugey : sources de gaz naturel, 1. du 21 juin 1922.
- c
- Cachemire : Hindous et Musulmans, 305. Caisse d’emballage : industrie, 252. Canaux de Mars et télescope géant, 270. Cancer : aperçu du problème, 244. Canne à sucre en Indochine, 241. Capillarité et dilfusion, 341.
- Casablanca : port, 369.
- Caucase : pétroles, 559.
- Gazes : gazogène, 145.
- Centenaire de Breguet, 195.
- Chaleur solaire : origine. 181. Champignons : saveur, 159. Charron-Godet : volumètreacoustique, 20. Cheminement capillaire et dilfusion, 341 • Chutes d’eau : utilisation par le transformateur Touchée, 509.
- Cinécycle Gaumont, 271.
- Cinéma en Afrique, 185.
- Cités mégalithiques de Pile de Malte, 6. Climatologie du Maroc, 236.
- Cloisonné chinois, 111.
- Camolhele gregalis, 515.
- Colin, 120.
- Collections : neltovage et restauration, 141.
- Colloïdes : état, 585.
- Colorants : industrie française, 229. Colorants des toiles imprimées, 81. Colza : pétrole préparé avec l’huile, 51. Convoluta : mémoire, 97;
- Corneille choucas, 65.
- Cosmogonie dualiste comparée, 87.
- 26
- p.401 - vue 405/620
-
-
-
- 402 -- INDEX ALPHABETIQUE
- Coupe-gazr 287. .
- Cuivre : réactif de Kaslle-Meyer, 126. Curile : nouveau minerai radioactif, 127.
- D
- Diagnostic biologique de la Luberculose, 41.
- Diffusion et cheminement capillaire, 341. Dilatation de produits réfractaires, 141. Discours entendu par 150 000 personnes. 503.
- Diurétiques interstitiels, 51.
- Dock pour les épreuves de résistance des sous-marins, 212.
- Dordogne : réservoirs d’arrêt, 276. Dromadaires : trypanosomiase, 599.
- E
- Eaux de Bagnoles de l’Orne : nouvelle émanation radioactive, 127.
- Eaux minérales : nouveau type, 44.
- — thermales : utilisation pour le forçage des fruits et légumes, 202.
- Echinodermes : ancêtres, 129.
- Einstein au Collège de France, 298, 315'.
- — et les théories de la relativité,
- . 11, 12, 35, 57, 73.
- Electriiication de la Belgique, 101. Électr j-analyse rapide du laiton, 31. Électron, 147.
- Emballage : industrie de la caisse, 252. Énergie intra-alomiquc et relativité, 390. Épuration par houes activées, 398. Essais des métaux : nouvelle machine, 93. Essence de térébenthine d’Alep : composition, 286.
- Evolution de la vie, 157.
- Explosifs à air liquide dans les mines de fer cle Lorraine, 260.
- F
- Faune des lacs de la haute vallée Sesia, 60. Faux par surcharges, 268.
- Ficaire, 220.
- Fluor : nouveaux procédés de dosage, 44. Forçage par les eaux thermales dus fruits et légumes, 202,
- Fouehée : transformateur hydraulique, 509.
- Frigorifique de Paris-Ivry, 54.
- Fruits et légumes : forçage par les eaux Lhcrmales, 202.
- G
- Gare frigorifique de Paris-Ivry, 54.
- Gaz d’éclairage : combustion complote, 134.
- Gaz naturel : sources du Bugey, 1.
- Gaz naturel pauvre : automobiles, 544. Gazogène Cazes pour camion automobde, 155.
- Géographie linguistique, 205.
- Grande Roue : a vécu, 254.
- Greffe hétérogène chez les anciens, 110.
- — soleil-topinambour, 44.
- Guidage des avions par temps brumeux et pendant la nuit, 59.
- Guidage des mobiles aériens, 127. Giroscopes anliroulis, 363.
- H
- Haut fourneau : réactions réversibles, 108. Héliothérapie, 141.
- Hindous au Cachemire, 505.
- Huile de colza: préparation de pétrole, 51. Humidité : périodicité, 291.
- Hydrogène : procédés originaux de fabrication, 322.
- Hydrosulfite formaldéhyde, 127.
- 1
- lie de Pâques : mystère, 265.
- Inde : barrages en marbre, 383. Indochine : canne à sucre, 241. Instruments de musique au Maroc, 258.
- j
- Jelons monétaires en bronze d’aluminium, 102.
- L
- Laboraloire et aquarium de Miami, 17.
- — technique des Postes et Télégraphes, 525.
- Lacs de la haute vallée Sesia et leur faune, 60.
- Laiton : électro-analyse rapide, 51. Laminaires : composition, 127.
- Légumes et fruits : forçage par les eaux thermales, 202.
- Lewisite, 68.
- Lézards cornus de l’Arizona, 161. Lichens vitricoles, 127.
- Linguistique (Géographie), 205. Locomotives Pacific, 292.
- — à turbines, 365.
- M
- | Machine à écrire pour aveugles, 174.
- — : à écrire électrique, 10.
- Magnétisme terrestre : perturbations, 394.
- Mal de nier expérimental, 192.
- Malte : cités mégalithiques, 6.
- Marbre : action corrosive des racines, 93.
- Maroc : climatologie, 236.
- — : instruments de musique, 248.
- — : p-lioie, 257.
- Mars : canaux et télescope géant, 270. Massif Central : réservoirs d’arrêt, 276. Mélasses de sucrerie : traitement par la baryte, 289.
- Mémoire des Convolula, 97.
- Merlu, 120.
- Métaux : nouvelle machine d’essais, 95. Météorologie et aviation, 187.
- Meuble : outils de l’industrie, 283. Miami : laboratoire et aquarium, 17. Microbes producteurs d’acétone, 44. Moniliase bronchique, 222.
- Monoplans de transport nouveaux, 69. Moteur d’automobile Peugeot à huile lourde, 115.
- Moteurs à naphtaline, 22.
- Mouche domestique : fécondité et longévité, 127.
- Mucilage des Urlicécs, 287.
- Musées d’histoire naturelle : réveil, 44. Musique : instruments au Maroc, 248. Musulmans au Cachemire, 305.
- N
- Nacre : indusîrie, 209.
- Naphtaline : moteurs, 22.
- Naphtes : recherche et utilisation, 273. Nettoyage des objets de collection, 141. Nids de poules d’eau, 279.
- O
- Outils de l’industrie du meuble, 283.
- P
- Pâques (Ile de) : myslèrc, 265.
- Pêche des poulpes en Tunisie, 334. Périodicité des époques humides et de sécheresse, 291.
- Perles fines : noyau, 44.
- Pèse-cargo, 599.
- Pétroles caucasiens, 559-Pétrole au Maroc, 257.
- — préparé avec l’huile de colza, 31. Philadelphie : pont suspendu de 553 m.,
- 312.
- Pile à charbon, 85.
- Pipes singulières, 367.
- Plage de Sangalte et tempêtes de décembre 1921, 237.
- Piaules : action des sels solubles de plomb, 217.
- Plomb : aelion des sels solubles sur les plantes, 287.
- — dans les minerais d’urane de Madagascar, 236.
- Poirier : tigre, 346.
- Poisson lumineux fossile, 52.
- p.402 - vue 406/620
-
-
-
- Poissons volants : vol, 521.
- Pompe à vide nouvelle, 197. l'ont en béton armé de Saint-Pierre-du-Yauvray, 24.
- — suspendu de 555 m. de portée à Philadelphie, 512.
- Ports aériens, 575.
- Port de Casablanca, 5G9.
- Postes et télégraphes : laboratoire technique, 525.
- Poules d’eau : nids, 279.
- Poulpes : pcche et commerce en Tunisie, 554.
- Pyrites de fer : analyse, 599.
- R
- Piaeines : action corrosive sur le marbre, 95.
- Hadioaclifs : minerai, 599.
- — : propriétés oxydantes, 95. Radioactivité des eaux du Mont-Dore.
- 191.
- Réfractaires (Produits) : dilatation, 141. Réfraction dans le verre trempé, 127. Relativité : théories, 11, 12, 55, 57, 75.
- — et énergie intra-atomique, 390. Réservoirs d’arrêt : leur rôle dans le
- Massif Central, 276,
- Restauration des objets de collection,141. Rhinocéros « blanc », 337.
- Rockall : végétation algologique, 237. Roulements à billes : évolution, 177. Roulis : gyroscopes, 363.
- Rythme dans le travail professionnel,530.
- S
- Saint-Pierre-du-Yauvray : pont en béton armé, 24.
- Salon de l’Aéronautique, 165.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Sangatte : plage et tempêtes de décembre 1921, 237.
- Saveur des champignons, 139.
- Scie portative pour débiter les arbres,
- 127.
- Sécheresse en 1921, 20.
- — : périodicité, 291.
- Séismes : périodicité, 141.
- Sibérie occidentale : richesses, 199. Silice colloïdale : emplois, 140.
- Simplon : achèvement du tunnel, 113. Sols : inlluence de la température sur
- les propriétés absorbantes, 31.
- Sol : stérilisation partielle, 287.
- Soleil : origine de la chaleur, 181.
- — : théorie de formation, 599.
- — : ultraradiations et leur action
- sur la terre, 28.
- Sous-marin à la tin du xvm* siècle, 33. Sous-marins : dock pour les épreuves, 212.
- Spectroscopie appliquée à l’analyse chimique, 572.
- Stérilisation partielle du sol, 287. Sucrerie : traitement des mélasses par la baryte, 289.
- Surcharge : faux, 268.
- T
- Télégraphes : laboratoire technique, 325.
- Téléphonie sans fil : état actuel, 214, 237.
- Télescope géant et canaux de Mars, 270,
- Téléstéréographe Relin, 151.
- Tempêtes de décembre 1921 et plage de Sangatte^ 237,
- Terre : action des ultraradiations émises par le soleil, 28.
- Terre végétale : indice de chlore et teneur en azote, 270.
- Thon blanc .: biologie, 93.
- Tnigis piri, 346.
- Tissus imprimés : industrie en Alsace, 49.
- :: ................ 403
- Toiles imprimées : matières colorantes et procédés. 81.
- Tonkin méridional : structure, 287. Transformateur hydraulique Touchée, 509.
- Travail professionnel : rythme, 350. Tremblement de terre : résistance des briques crues et cuites, 91. Trypanosomes des dromadaires, 598. Tuberculose : procédés de diagnostic, 41. Tunisie : pèche des poulpes, 334. Tunnel du Simplon : achèvement, 113.
- U
- Ultraradiations émises par le soleil et leur action sur la terre, 28.
- Univers stellaire, 87.
- Urane : plomb dans les minerais de Madagascar, 236.
- Uranium : composés oxygénés, 286. Urée : transformation de l’ammoniaque, 287.
- l'rticèes : mucilage, 287.
- V
- Yenins et animaux venimeux, 225. Verre trempé : double réfraction, 127. Vide : pompe nouvelle, 197.
- Vie : origine et évolution, 157.
- Vision crépusculaire, 93.
- Vitraux d’église : action des lichens, 127. Vol des poissons volants; 321.
- Volumètre acoustique Charron-Godet, 26.
- w
- Wagon d’instruction du P.-O., 590.
- p.403 - vue 407/620
-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- B. (A.). — Nettoyage et restauration des objets de collection.
- 141. — Les variations de l’air atmosphérique, 163.
- B. (Paul). — Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, 31, 44, 93, 126, 141, 191, 236, 270, 2>6, 598. Belot (Emile). — L’univers stellaire, 87.
- Bender (R.-J.). — Le port de Casablanca, 369.
- Benoist (Ch.). — Les explosifs à l’air liquide dans les mines de fer de Lorraine, 260.
- Bektin (Léon). — Le laboratoire et l’aquarium de Miami (Floride), 17. — La mémoire des Convolula, 97. — Les ancêtres des cchinodermes, 129.
- Boileau (Maurice). — Les automobiles à gaz pauvre, 544. Bourdin (André;. — Le Tingts piri, ses ravages, sa destruction, 546.
- Bousquet (II.). — L’industrie de la caisse d'emballage, 252. Boyer (Jacques). — Le guidage des avions par temps brumeux et pendant la nuit, 59. — La nouvelle gare frigorifique de Paris-Ivry, 54. — Les jetons monétaires en bronze d’aluminium, 1U2. — La transmission électrique des images, 151. — Nouvelle machine à écrire pour les aveugles, 174. — La Grande Roue a vécu, 254. — Le laboratoire technique des Pos'es et Télégraphes, 325. — L’absorption spectrale appliquée à l'analyse chimique, 372.
- — Le nouveau wagon d’instruction de la Compagnie P.-O , 590.
- Brian (Dr Aikxanduk). — Les petits lacs de la haute vallée Sesia et leur faune, 60.
- Cazacrieilh (Maurice). — Construction d’un pont suspendu de 533 m. de portée à Philadelphie, 312.
- Chaudron. — Les réactions réversibles du haut fourneau, 108. Coopman (E.). — La corneille choucas, 65, — Nids de poules d’eau, 279.
- Coupin (Henri). — La saveur des champignons, 159.
- Dauzat (Albert). — La géographie linguistique, 205.
- Diguet (Léon). — Cœnothele g regu lis, 353.
- Düfraisse (Charles). — Voir Charles Moureu.
- Effère. — Le pétrole au Maroc, 257. — Recherche et utilisation des naphtes, 273. — L’état colloïdal, 385.
- Fohrin (V.). — Los cités mégalithiques de File de Malte, 6.
- — L’origine et l’évolution de la vie, 157. — La canne à sucre en Indochine, 241. — Le mystère de l’île de Pâques, 265. — Hindous et Musulmans au Cachemire, 505. •
- — Observations sur le rhinocéros blanc, 357.
- Frontaud (P.). —L’évolution des roulements à billes, 177.
- G. (G.). — Les richesses de la Sibérie occidentale, 199. Gabriel (Abbé). — La périodicité des périodes humides el des
- sécheresses, 291.
- Galopeau. — L’industrie française des matières colorantes, 229.
- Guillaume (D1). — Un aperçu du problème du cancer, 244. Guillaume (Cii.-Ed.). — J.-René Benoit, 348.
- Butin (Albert). — Les usages modernes de l’antimoine, 172.
- — Les outils de l’industrie du meuble, 283.
- Idhac (P.). — Le vol des poissons volants, 521.
- Kimpelin (Georges). — L'industrie de la nacre, 209.
- Kuentz (L.). — Pêche et commerce des ptulpes en Tunisie, 334.
- Lafargue (Xavier). — La fabrication industrielle de la baryte et son emploi au traitement des mélasses de sucrerie, 269.
- Lafond (H.). — La théorie de la relativité, 12, 33. — Les hases fondamentales de la théorie de la relativité, 55. — Le principe dé relativité, 57.
- Landolt (Dr Marc). — La vision crépusculaire, 93.
- Lanorville (Georges!. — L’industrie des tissus imprimés en Alsace, 49. — Matières colorantes et procédés d'impression dans l’industrie des toiles imprimées, 81.
- Le Bon (Gustave). — Le principe de la relativité et l’énergie intra-atemique, 590.
- Lefranc, (Jean-Abel). — Nouveaux monoplans de transport, 69. — Le dernier Salon de l’Aéronautique, 165. — Les ports aériens, 575.
- Lens (J. de). — Les instruments de musique au Maroc, 248.
- Lévine (Joseph). — La sécheresse en 1921, 20. — J,es perturbations du magnétisme terrestre, 594.
- Lumière (Louis). — Cheminement capillaire, diffusion et déplacement, 341.
- M. (R.). — Les procédés de diagnostic biologique de la tuberculose, 44. <— Singuliers genres de pipes, 567.
- Marchand (Henri). — La pile à charbon, 85.
- Maréchal (P.). — Moteurs à naphtaline, 22. — Scie portative pour uébiier des planches en montagne, 127. — Les faux par surcharges, 268.
- Matignon (Pieriie-A.). — Le cloisonné chinois, 111.
- Merle (René). — Un poisson lumineux fossile, 32. — Le colin ou merlu, 120. — Animaux venimeux et venins, 225.
- Montessus de Ballore (de). — Briques crues el cuites, 91.
- Morand (Max). — Einstein au Collège de France, 298, 315.
- Moureu (Charles) et Düfraisse (Charles). — L’aulooxydaliou : les antioxygènes, 127.
- Nanot (J.). — Utilisation des eaux thermales pour le forçage des fruits et des légumes. 202.
- Netter (J.). — La locomotive à turbines, 365.
- Nodon (Albert). — l es ullraradiations émises par le soleil et leur action sur la terre, 28.
- Parcot (Aebé L.). — La greffe hétérogène chez les anciens, 110. — La ficaire, 220.
- Pawlovvski (Auguste). — Les réservoirs d’arrêt et leur rôle dans le Massif Central, 276.
- Phisalix (IF Marie). — Les lézards cornus de l’Arizona, 161.
- PoiDLOiii (Capit. de vaisseau A.). — La lewisite, 68. — Avions lancés par catapulte, 222. — Les barrages en marbre de l’Inde, 583.
- Rabot (Charles). — Une nouvelle exploration danoise dans l’Atlantique, 78.
- Renard (Marius). — L’électrification de la Belgique, 101.
- Reverchon (Léopold). — Le centenaire de Breguet, 193.
- Rigaud (F.). — Les pétroles caucasiens, 559.
- Roussel (J.). — L’état actuel de la téléphonie sans fil, 214. 237.
- S. (Pu )- — Un moteur d’automobile à huile lourde, 115. — Les locomotives « Pacific i, 293.
- Sauvaire-Jourdan (Comm1). — Le sous-marin à la fin du xvmB siècle, 33. — Un dock pour les épreuves de résistance et d'étanchéité des sous-marins, 212.
- p.404 - vue 408/620
-
-
-
- LISTE DES
- Sr.iiERESciiEwsKï (Pu.). — Les sources de gaz naturel du Bugey, 1 — La météorologie et l’aviation, 187.
- T. (A.). — L’origine de la chaleur solaire, 181. — Le télescope géant de M. Mac Afee et les canaux de Mars, 270.
- Troi.i.er (A.). — Einstein et les Ihéories de la relativité, 11.
- YeRNKUir, (Capitaine). — Procédés originaux pour la fabrication de l’hydrogène, 322.
- Vigneron (Henri). — Les emplois de la silice colloïdale, 140.
- — L’électron, élément fondamental de la matière, 147. — Une nouvelle pompe à vide, 197.
- Yk.i.ers (R.). — Le volumètre acoustique Charron-Godet, 26.
- AUTEURS .....~~= 405
- — Les allumettes inaltérables à l’humidité, 43. — L’achèvement du tunnel du Simplon, 115. — L’emploi économique du gaz d’éclairage, 134. — Le cinéma en Afrique, 183. — Le coupe-gaz, 287. — Le transformateur hydraulique Fouchée et l’utilisation des chutes d’eau, 309. Waliisbdrger (Jean). — Le rythme dans le travail professionnel. 330. '
- Weiss (E.). — Machine à écrire électrique, 16. — Le pont en béton armé de Saint-Pierre-du-Yauvray, 24. — Le gazo-zène Cazes pour camion automobile, 145. — Le mal de mer expérimental, 192. — Le cinécycle Gaumont, 271. — Gyroscopes antiroulis, 563. — Le pèse-cargo, 599.
- p.405 - vue 409/620
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués dans cette table en lettres italiques.
- I. — ACADÉMIE DES SCIENCES
- Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences (Paul B.). 54, 44, 93, 126, 141,494,236, 272, 286, 398
- II. — MATHÉMATIQUES ET ASTRONOMIE
- Einstein et les théories de la relativité (A. Troli.er) . 11
- La théorie de la relativité (II. Lapon») . . . 12, 73
- Les bases fondamentales de la théorie de la relativité
- (H. Lafon»)............................................. 35
- Le principe de relativité (II. Lapon»)...................... 57
- Les ultraradiations émises par le soleil et leur action
- sur la terre (A. Nodon).................................. 28
- L’univers stellaire (E. Belot).............................. 87
- Le centenaire de Breguet (L. Revercuon).....................195
- Le télescope géant de M. Mac Afee et les canaux de Mars
- (A. T.)..................................................270
- Einstein au Collège de France (M. Moran») . . . 298, 515
- J.-René Benoît (Cii.-Ed. Guillaume).........................548
- Nouvelle théorie de la formation du système solaire ...................................................599
- III. - SCIENCES PHYSIQUES.
- 1. Physique.
- L'électron, élément fondamental de la matière (H. Vigneron)...................................................147
- L’origine de la chaleur solaire (A. T.)..................181
- Une nouvelle pompe à vide (II. Vigneron) ................197
- Cheminement capillaire, dittusion et déplacement (L.
- Lumière). ........................................... 541
- L’absorption spectrale appliquée à l’analyse chimique
- (J. Boyer)............................................372
- L’état colloïdal (Effère)................................585
- Le principe de la relativité et l’énergie intra-atomique
- (G. Le Bon)...........................................390
- Double réfraction dans le verre trempé...................127
- Dilatation de quelques produits réfractaires. . — . 141
- 2. Chimie.
- Les allumettes inaltérables à l’humidité (R. Vu,mis). . 45
- La lewisite (A. Poidlouë)............................. 68
- Les réactions réversibles du haut fourneau (Chaudron). 108 L’autooxydation : les antioxygènes (C. Moureu et C. Du-
- fraisse)...........................................127
- Emplois de la silice colloïdale (11. Vigneron)........140
- Les usages modernes de l’antimoine (A. Hctin) .... 172
- L’industrie française des matières colorantes (Galofeac). 229
- Procédés originaux pour la fabrication de l’hydrogène
- (Capitaine Verneuii.)............................ 522
- Pétrole préparé avec l'huile de colza................. 51
- FJectro-ana lyse rapide du laiton..................... 31
- Nouveau procédé de dosage du fluor ................... 44
- Propriétés oxydantes de certains éléments radioactifs.............................................. 95
- Traitement thermique de certains alliages complexes
- d'aluminium........................................ 93
- Le réactif de liastle-Meyer pour la recherche du
- cuivre.............................................126
- L’hydrosulfite formaldéhyde...........................127
- La curite, nouveau minerai radioactif.................127
- La synthèse de l’acide cyanhydrique...................191
- Composition de l'agar.................................191
- A propos de la synthèse de l'ammoniaque...............222
- Le plomb dans les minerais d’uranc de Madagascar. 236
- L’analyse du beurre...................................256
- Deux nouveaux sels d'ammonium.........................271
- Composés oxygénés de l’uranium........................286
- Composition de l'essence de térébenthine d’Alep . , 286
- Transformation de T ammoniaque en urée................207
- A propos des bouillies cupriques......................309
- Nouveau minerai radioactif ...........................599
- Analyse des pyrites de fer............................599
- IV. - SCIENCES NATURELLES.
- 1. Géologie. — Physique du globe.
- Les sources de gaz naturel du Bugey (P. Scheres-
- chewsky)........................................... 1
- Nouvelle exploration danoise dans l’Atlantique (C. Rabot)............................................... 78
- Le pétrole au Maroc (Effère). .......................257
- Recherche et utilisation des naphtes (Effère)........273
- Les pétroles caucasiens (F. Rigau»)..................559
- Structure du Tonkin méridional................ . . . 28/
- p.406 - vue 410/620
-
-
-
- ..-...........' := TABLE
- Nouveau type d'eaux minérales...................
- Variations des eaux atlantiques au large des côtes
- françaises...................................
- Nouvelle émanation radioactive dans les eaux de Ua-
- gnoles-de-l’Orhe.............................
- Périodicité de I’agitation microsismique. . ... .
- La radioactivité des eaux du Mont-Dore..........
- A propos de la synthèse de Vammoniaque..........
- 2. Météorologie.
- La sécheresse en 1921 (J.. Léyine)..................
- Lés variations de l’air atmosphérique (A. 11.)......
- La périodicité- des périodes humides et de sécheresse
- (Abbé Gabriel)...........................
- Les perturbations du magnétisme terrestre pi. Lévixe).
- Climatologie du Maroc. .............................
- La plage de San galle et les tempêtes de décembre. 1921................................................
- 3. Zoologie. — Physiologie.
- Le laboratoire et l’aquarium de Miami (Floride) (L. Ber-tin) .....................
- Un poisson lumineux fossile (R. Merle)..................
- Les petits lacs de la haute vallée Sesia et leur faune
- (A. Brian).........................................
- La corneille choucas (E. Goodman).....................
- La vision crépusculaire (Dr M. Lanuoli)...............
- La mémoire des Convoluta (L. Bkiitin).................
- Le colin ou merlu (R. Merle)..........................
- Les ancêtres des Echinodcrmes (L. Berun)..............
- L’origine et l’évolution de la vie (Y. Forbin)........
- Les lézards cornus de l’Arizona (M. Piiisalix)........
- Animaux venimeux et venins (R. Merle)...................
- Nids de poules d'eau (L. Co .pman)....................
- Le vol des poissons volants (P. Iobac)................
- Pêche et commerce des poulpes en Tunisie (L. Kuentz). Observations sur le rhinocéros « blanc » (V. Forbin). .
- Cœnothcle gregalis (L. Diguet)........................
- Le noyau des perles fines . ....................
- Biologie' du thon blanc........... ...................
- Fécondité et longévité de la mouche domestique. .
- 4. Botanique. — Agriculture.
- La greffe hétérogène chez les anciens (L. Parcot) . . .
- La saveur des champignons (11. Cou pin)..............
- Utilisation des eaux thermales pour le forçage des fruits
- et légumes (J. Nanot).............................
- La licairc (Abbé L. Parcot)..........................
- La canne à sucre en Indochine (V. Forbin)............
- La fabrication de la baryte et son emploi au traitement
- des mélasses de sucrerie (X. Lafaiigue)...........
- Le Tinyispiri, ses ravages, sa destruction (A. Bourdin). Influence de la température sur les propriétés absorbantes des sols......................................
- Greffe soleil-topinambour............................
- Action corrosive des racines sur le marbre .... Lichens vitricoles : action mécanique sur les vitraux
- d'église. ,.......................................
- Composition des laminaires.............
- Végétation algologique de Rochall....................
- L’indice de chlore et la teneur en azote de la terre
- végétale..........................................
- Composition des betteraves sauvages..................
- Mucilage chez les Urticées...........................
- Action des sels solubles de plomb sur J es plantes. . Stérilisation partielle du sol. .....................
- MATIÈRES ........... — 407
- V. - GÉOGRAPHIE. - ETHNOGRAPHIE.
- Les cités mégalithiques de l’île de Malle",( Y.? FoiibIn). . 6
- Le cloisonné chinois (P.-A. Matignon).................i 11
- Les richesses de la Sibérie occidentale (G. G.) . . . . 199
- La géographie linguistique (A. Dauzat)................205
- Les instruments de musique au Maroc (J. de Lens) . . 248
- Le mystère de l île de Pâques (V. Forbin).............265
- Hindous et Musulmans au Cachemire (V. Forbin) . . . 505
- Singuliers genres de pipes (R. M.).................... . 567
- VI, — HYGIÈN£ - MÉDECINE.
- Les procédés de diagnostic biologique de la tuberculose
- (R. M.)......................................... 44
- Le mal de mer expérimental çE. Weiss)............... . 192
- Un aperçu du problème du cancer (Dr Guillaume). . . 244 Le rythme dans le travail professionnel (J. Waldsburger), 550
- Diurétiques interstitiels............................ 31
- Les microbes producteurs d'acétone ........ 44
- A propos de l’héliothérapie. ......................141
- Un cas de moniliase bronchique....................... 222
- Procédés d'épuration par les boues activées .... 598
- Trypanosomiase des dromadaires.........................399
- VII. - SCIENCES APPLIQUÉES.
- 1. Mécanique. — Industrie. — Outillage.
- Moteurs à naphtaline (P. Maréchal)....................... 22
- Le volumètre acoustique Charron-Godet (R. Yillers) . 26
- L’industrie des lissus imprimés en Alsace (G. Lanorville). 49 Matières colorantes et procédés d’impression des toiles
- imprimées (G. Lanorville)............................. 81
- Briques crues et cuites (de Montessis de La-lüi.ej . . 91
- Jetons monétaires en bronze d’aluminium (J. Boyer). . 102
- Scie portative pour débiter des planches en montagne
- (P. Maréchal).........................................127
- L’emploi économique du gaz d’éclairage (R. Yillers). . 134
- Nouvelle machine à écrire pour les aveugles (J. Boyer). 174 L’évolution des roulements à billes (P. Fro.ntard). . . 177
- L’industrie de la nacre (G. Kuipflin)....................209
- L’industrie de la caisse d’emballage (M. Bousquet). . . 252
- Les outils de l’industrie du meuble (A. Mutin). .... 283
- Le coupe-gaz (R. Villers)................................287
- Le transformateur hydraulique Fuuchée et l’utilisation
- des chutes d’eau (R. Yillers).........................509
- Nouvelle machine d’essais pour les métaux .... 95
- Identification des aciers.............................. 598
- 2. Photographie.
- Le cinéma en Afrique (R. Yillers)...............185
- Le cinécycle Gaumont (E. Weiss).................271
- 3. Electricité.
- Machine à écrire électrique (E. Weiss)................... 16
- Pile à charbon (H. Marchand)............................. 85
- L’électrification de la Belgique (M, Renard).............101
- DES
- 44
- 93
- 127
- 141
- 191
- 222
- 20
- 165
- 291
- 394
- 236
- 237
- 17
- 32
- 60
- 65
- 93
- 97
- 120
- 129
- 157
- 161
- 225
- 279
- 321
- 334
- 537
- 555
- 44
- 93
- 127
- 110
- 139
- 202
- 220
- 241
- 289
- 346
- 51
- 44
- 93
- 127
- 127
- 237
- 270
- 287
- 287
- 287
- 287
- p.407 - vue 411/620
-
-
-
- Revue
- NATURE
- ciences et de leurs Applications aux Arts et à l’Industrie
- La reproduction^des illustrations de “ La Nature ” est interdite.
- La reproduction des articles sans* leurs figures est soumise à l’obligation de l’indication d’origine.
- Nu 2492. — 7 Janvier 1922. Supplément.
- car
- INFORMATIONS
- Un avion automobile. — On M'ont d’essayer avec succès à Bue vm avion imaginé par M. Tarn pie r et qui pont se Iransl'ormer ou automobile.
- Far son aspect extérieur, 1’appareil diffère pou dos aéroplanes ordinaires. Il est muni de 2 moteurs : un
- L’avion Tainpicr, ci) position de vol.
- 3oo HP Hispano-Suiza pour le vol et un petit moteur j cylindres 70x80 pour-lu marche sur route. .Pour
- L’avion Tampier, les ailes repliées en position de route.
- transformer l’aéroplane en automobile, on replie les ailes le long du fuselage. Celle opération demande une ( 10mi-lieure environ.
- Avion à turbines.— L’automobilisme et l’aviation sont bien récents, même au point de vue scientifique, mais la guerre les a fait vieillir avec une rapidité prodigieuse’
- H les nécessités urgentes .qu’elle a imposées ont développé à un point extraordinaire l’art du constructeur en peu d’années. 11 résulte de là que le salon de l’aviation présente des appareils gigantesques dont on n’aurait pas eu la moindre idée il y a sept ou huit ans, avec une Ionie de détails extrêmement remarquables... mais il ne semble pas là qu’il y ait une nouveauté. L’art est déjà devenu classique et; ceux qui veulent sortir des types en service sont aussi peu accueillis que les premiers promoteurs du « plus lourd que l’air ».
- C’est et; qui est arrivé à un ingénieur de la marine, .M. Lebrun-Desoie, pour ne pas le nommer, quand il a essayé, en 1917, dans un but de défense nationale, de présenter à la Commission des Inventions un avion dont'les principes s’écartaient complètement de ceux «les modèles officiellement admis.
- M. Lebrun-Desoie, ayant eu l’occasion d’étudier théoriquement et expérimentalement les appareils de ventilation pour les chaudières-marines à tirage forcé, a été frappé des avantages qu’une couronne d’ailettes pouvait présenter sur les longues' ailes de l'hélice, notamment |
- au point de vue de la sécurité d’un aviateur soumis au tir dos mitrailleuses ; une balle mal placée suffit à briser un bras de l’hélice, tandis qu’une couronne peut perdre quelques ailettes sans compromettre la marche de l’avion.
- Poursuivant son idée, l’inventeur a installé sa turbine dans une enceinte close, sauf l’entrée et la sortie de l’air, de telle manière que la totalité de son travail concourt à la marche, par l’aspiration opérée en avant et le refoulement à l’arrière, et le moteur lui-même est dans l’enveloppe, de sorte que les gaz brûlés contribuent au re fou loin en I.
- Ayant, son axe perpendiculaire au plan diamétral, le moteur est équilibré et calé sur deux turbines symétriques dont les très petites ailettes comportent des vitesses quelconques, et, pour plus de sécurité encore, deux systèmes' semblables se font suite en- escalier; le tout est dans un corps fuselé sans aucun appendice extérieur faisant résistance à la progression, sauf bien entendu les gouvernails-de direction et de profondeur, dont l’efficacité est accrue parce que leurs surfaces sont dans le courant d’air do refoulement.
- Les plans de soutènement sont épais et creux : ils servent de voie de sortie à l’air et aux gaz refoulés; de plus, pour éviter le gauchissement; des ailes,des volets intérieurs permettent d’inégaliscr l’appel de l’air entre les turbines de droite et de gauche.
- Ce n’est pas ici le lieu de donner tous les détails de la construction étudiée par l’inventeur ; il en attend des résultats très supérieurs à ceux des autres avions comme vitesse, consommation et rendement. Mais ce qui nous a paru intéressant c’est le principe lui-même, le remplacement de l’hélice par la turbine à air enveloppée.
- L’avenir montrera s’il y a réel avantage à entrer dans celte voie nouvelle.
- Un phare d’aviation de 1 milliard de bougies. '—
- Le développement de l’aviation commerciale conduit à envisager la pratique régulière des vols de nuit. Ceux-ci exigent un repérage et un balisage des routes analogues à ceux qui sont; pratiqués pour les routes marines.
- On construit actuellement dans ce but des phares lumineux à placer en certains points convenables du pays. C’est ainsi que pour jalonner la route Paris-Alger, les établissements Barbier-Bénard et Turenne viennent de construire pour la Section Technique de VAéronautique un phare de 1 milliard de bougies qui' sera placé sur le Mont Afrique à 10 km de Dijon.
- Son faisceau lumineux sera visible par temps clair à 3oo km et pur temps moyen à i5o km.
- Un curieux cas de foudre. — Nous lisons dans le Bulletin des Anciens élèves de l’Ecole Normale cl:Horlogerie de Cluses le récit suivant fait par le Directeur de cette Ecole ;
- « Le 3 août dernier, j’ai été témoin, au Monl-Saxonnex, d’un peu banal effet de la foudre.
- Vers 20 heures, en même temps qu’éclatait le premier orage succédant à la première longue période de chaleur qui a sévi cet. été, une forte gerbe de feu vint s’abattre sur la partie sud-est du hameau de Pineru.
- Cette décharge d’électricité atmosphérique, qui fut accompagnée d’un bruit formidable, s’était effectuée en produisant un effet brisant sur un gros poirier. Celui-ci fut en effet fendu de haut en bas par le fluide électrique.
- Environ une heure après, alors que l’orage s’élai dissipé depuis un long moment, le tocsin avertissait le habitants qu’un incendie venait d’éclater dans la coin
- p.408 - vue 412/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- mime. C’était une remise, située à 3 ou 4 m- de l’arbre foudroyé, qui prenait feu; celui-ci fut, heureusement, assez vite maîtrisé,
- À quoi fallait-il attribuer cotte action différée du feu du ciel, et à un endroit autre que celui où la décharge s’était produite?
- Désirant en avoir le cœur net, dès le lendemain matin j’allais visiter les lieux. Je constatais que le commencement d’incendie s’était déclaré au rez-de-chaussée de la remise; le seul étage que possédait celle-ci, et dans lequel, cependant, était logé du bois sec, ne comportait aucune trace de feu.
- Une deuxième question se posait donc : comment s’expliquer que la foudre, qui vient d’en haut, ait enflammé le rez-de-chaussée en laissant indemne la partie supérieure du bâtiment?
- Voici l’explication qui m'a paru la seule plausible :
- Dans le rez-de-chaussée du bâtiment qui faillit être la proie des flammes se trouvait un tonneau de pétrole, encore à moitié plein, dans lequel le propriétaire venait chaque jour s’approvisionner de ce combustible, Au-dessous du robinet, le sol et de menus morceaux de bois s’étaient, à la longue, humectés de pétrole. Or, .dans ce sol même aboutissaient, en passant au-dessous des fondations peu profondes de la remise, une partie dos racines de l’arbre foudroyé. Le courant électrique, au lieu de s’écouler directement dans la terre qui était (meure très sèche au début de l'orage, s’était dérivé dans les racines aboutissant au sol humide de pétrole. On conçoit maintenant la suite. Le tonneau de pétrole lui-même commençait déjà à eharbonner lorsque le propriétaire eut son attention éveillée par une forte odeur de vapeurs de pétrole qui s’échappait de sa remise; s’étant..approché de celle-ci, il vit alors que le rez-de-chaussée était en feu.
- On peut tirer de cet incident, qui aurait qui avoir des suites graves en un moment où beau faisait défaut, la conclusion suivante : s’il est bon de planter près des maisons d’habitation des campagnes quelques arbres à aubier humide —: tels que des peupliers — pour servir de paratonnerres naturels, l'unI-i 1 encore que ces arbres soient assez éloignés pour que leurs racines ne se faufilent pas dans les sous-sols des maisons. Au-dessous de ces dernières, la terre, se conservant, plus humide que celle qui est en plein air, le fluide électrique y trouve un chemin pins favorable, surtout après des périodes de chaleur telles que celles que nous avons subies cette année. »
- Chute d’un aérolithe. — M. Félix Rivoire nous signale le fait suivant : Les voyageurs qui, le vendredi 9 décembre, se trouvaient dans le train allant, de Buis-ies-Baronnies à Orange (Vaucluse) ont été témoins d’un beau phénomène qui s’est produit à 19 h. 10 alors que le convoi venait de quitter sa dernière station.
- C’était dans la direction N.-O:, par un clair de lune splendide, le ciel balayé par un vent de tempête était d'une limpidité parfaite. Un météore se montra tout à coup paraissant suivre la direction nord-sud.
- il prit naissance à environ to° au-dessus de l’horizon; d’une lumière éclatante, blanche, légèrement jattne, son intensité lumineuse augmentait à mesure qu’il approchait de l’horizon au niveau duquel il s’éteignit dans le splendide éclat d’une éblouissante gerbe de lumière.
- Une mince traînée blanche et diaphane marqua seule un instant le trajet parabolique d’une vingtaine de degrés de parcours.
- Le tout avait duré environ 3 secondes.
- 11 ne saurait être ici question d'une vulgaire fusée de feu d’artüiee, dont la flamme rougeâtre aurait presque passé inaperçue dans cette nuit de blancheur lunaire. Tout porte à penser qu’il s’agit donc de la chute d’un aérolithe.
- La téléphonie sans fil en chemin do fer. —
- M. Barthélemy relate dans la T. S. F. Moderne des essais récemment effectués avec succès sur les chemins de fer du Nord. Dans un train spécial, un wagon avait été muni d’un petit poste radiotéléphonique émetteur à 2 lampes., fournissant 12 à i5 watts sur les plaques, relié à une antenne formée, d’un simple fil tendu horizontalement à 0 m. 25 au-dessus du wagon, parallèlement à la longueur dé celui-ci. L’installation comportait en outre un poste récepteur à 4 biinpes. L’essai a été effectué sur
- un parcours de 20 km ; la liaison téléphonique est restée excellente durant tout le trajet.
- On conçoit, facilement0 les grands services que pourrait rendre la généralisation de ce dispositif; la téléphonie sans 111 est sans doute appelée à constituer un puissant moyen de sécurité pour les chemins de fer. Un train en ‘mouvement est actuellement entièrement isolé du monde extérieur. Cette situation présente des dangers évidents, que mettent cruellement en évidence de temps à autre soit un accident sensationnel, soit un audacieux attentat. On sait aujourd’hui que l’on peut par la téléphonie sans (il remédier à cet. état, de choses.
- Le télémégaphone et ses antériorités françaises.
- — Nous recevons de M. Huguenard. agrégé des sciences physiques, l’intéressante lettre qui suit, à propos du télémégaphone décrit dans notre numéro du i5 octobre.
- « Comme le dit très bien l’auteur, M. Marchand, la seule difficulté du problème à résoudre résidait dans le récepteur, et une très bonne solution est fournie par l’écouteur électrodynamique attribué à deux Américains, MM. E.-S. Bridham et Jensen.
- « Je me permets de vous signaler que ce récepteur est loin d’èlre nouveau en France. Je l’ai utilisé dès 1910
- — après l’avoir imaginé — comme transmet tenir et com me récepteur dans des téléphones haut-parleurs, exactement sous la forme décrite. Ayant alors songé à le breveter, je me suis aperçu... que j’avais découvert l'Amérique, une antériorité française décrite vers 1880, dans la f.umière électrique, si mes souvenirs sont exacts, incitant le dispositif dans le domaine public.
- « On le retrouve presque identique dans des appareils récepteurs de télégraphie acoustique sou s-marine .de Fessenden.
- i( Je 1 ai appliqué comme transmetteur pendant la guerre : l’écouteur électro-magnétique que j’ai fait admettre dans les postes de repérage des canons par le son du système Dufour est construit exactement de celte façon. Pour un dispositif de repérage acoustique des avions étudié par le colonel Dévé (aujourd'hui directeur de l’Institut d’optique), j’ai fourni, à la demande du général Ferrié, les données d’un écouteur du même type, exécuté par un constructeur parisien, M. Ch. Beaudoin, 3i, rue Lhomond, qui avait, de son cédé, réalise'' mi appareil analogue avant la guerre. Il reste aux Américains le mérite d’avoir eu assez d’hommes et d’argent pour employer le dispositif sur un amplificateur à lampes.
- « Je me considérerais comme suffisamment récompensé des ell'orts que j’ai faits dans cette voie si vos lecteurs s’intéressaient au l'ait que le récepteur du mégaphone américain 11’est nouveau... qu’en Amérique. »
- La purification des graphites de Madagascar. —
- A la suite de l’article que nous avons publié dans notre n° 2480 sur les graphites de Madagascar, M. L. de Prilz-buer, nous adresse les intéressants renseignements complémentaires suivants :
- « Il y a, dit-il, dans cet article un point sur lequel l’auteur.ne pouvait, être bien renseigné, celui de la purification des graphites tins, plus ou moins ferrugineux de Madagascar. Voici ce qui en est.
- « Dans certaines régions, particulièrement celles de Watomendry, il y a des graphites à liante teneur, (pie l’on traité simplement par criblage. On sépare la paillette très pure et on a, comme résidu, un graphité eu petites paillettes, passant au tamis 120, contenant des grosseurs classablcs au tamis i5o et même 200.
- « Cegraphite, séparé des éléments passant au tamis 200, contient 90-91 de carbone pur et 9 à 10 pour 100 d’impuretés presque entièrement constituées par du silicate de fer, graphite A. A ces teneurs, le procédé au carbonate de soude, dont M. Boyer parle dans son article, réussit parfaitement à transformer le graphite À en un produit à 99,70 de carhrtbne, ti'ès onctueux et comparable au meilleur Ceyian. Graphite Ah
- « Toutefois, le graphite conserve la dimension primitive de ses paillettes et c’est un inconvénient: Aussi faut-il le broyer en poudre impalpable, mais tandis que le graphite naturel A, avant traitement, se broie très <lil-licileinent, le graphite A’ se broie très aisément, donnant une plombagine pure, ayant une haute conductibilité électrique.
- « Ce graphite A' broyé, impalpable, a. été. éprouvé pour
- p.2x1 - vue 413/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- préparer, mélangé au cuivre, les balais de dynamos. Dans l'huile sans avoir toutes les propriétés du colloïdal (on n'a pas essayé de le rendre colloïdal, à cause des brevets en cours), il se tient très bien en suspension et forme sur la périphérie des surfaces frottantes, les surfaces graphitiques, observées par Mawberry, dans ses éludes sur la lubrification par le graphite Acheson.
- « Le graphite naturel passant au tamis 20.0 (graphite B) peut être traité de même, mais-il est beaucoup plus fer-rugineux ; son traitement coûte plus cher, et on l’obtient difficilement aussi pur (graphite B). Comme le graphite A' se broie parfaitement, point n’est,besoin de rechercher le graphite B> qui a ses emplois en fonderie.
- « Ce traitement a été effectué industriellement sur une certaine échelle. Des échantillons sont à la disposition des intéressés. Mais ce traitement n’est pratique qu’appliqué à des graphites de teneur élevée, ue tenant pas de chaux, ni plus de 1/2 pour. 100 de titane. En outre, il coûte cher, à moins qu’on ne puisse utiliser des chaleurs perdues d’au moins 1200° de température. »
- L’acide acétique de synthèse. — Pendant la guerre, on a fabriqué de grandes quantités d’acide acétique glacial par synthèse à partir de l’acétylène. On sait que ce produit s’obtient en général par la distillation du bois. Lu Canadian Electro-Produel C°, installée sur les chutes de Shawinigan a, dit VEngineering, fabriqué pendant la guerre plus de 20000 tonnes d’acide acétique. L’acétylène préalablement débarrassé de ses impuretés, notamment de l’hydrogène arsénié et de l’hydrogène phosphore, est hydrolyse en acétaldéhyde. On fait, pour cela, passer l’acétylène à travers de l’acide sulfurique contenant un catalyseur qui est en générai le sulfate mercurique. L’acétaldéhyde produit est condensé, puis oxydé par un courant d’eau en présence d’un autre catalyseur, en général l’acétate de manganèse. L’opération s’effectue sous pression de 5 atmosphères; la réaction dégage de la chaleur et il faut refroidir le liquide.
- L’acétaldéhyde qui s’échappe avec l’azote de l’air est récupéré dans des laveurs.
- Il semble du reste qu’aujourd’hui cette préparation soit à nouveau forcée de céder le pas, pour raison d’économie, à la fabrication à partir .du bois.
- Prise rapide et durcissement de la chaux. — Dans ce procédé, on communique à la chaux, vive ou éteinte — ainsi qu’aux mortiers agglomérés fabriqués avec cette chaux — une prise plus rapide et un durcissement plus grand en la mélangeant intimement, et en proportions relativement faibles, avec des ‘ sulfates alealino-terreux et métalliques, additionnés ou non de chlorures.
- On comprend que cette chaux appliquée par exemple à la fabrication des briques ou blocs silico-calcaires, dont La Nature a parlé on son temps, peut présenter l’avantage très important de réaliser le durcissement sans que l’on ait à employer la vapeur d’eau sous pression.
- Production de la Pologne en 1921. — La Pologne publie les renseignements1 Suivants* provenant du Ministère polonais de l’Agriculture.
- ulcment rpiinlaux hectare.
- 11.6 ia.6.
- 1 2.1 ii.3
- 82.0
- Comparés à ceux de .1,20, ces chiffres montrent, sauf pour les pommes de terre, une amélioration du rendement et de la récolte et font prévoir une diminution sensible des importations alimentaires.
- Le cheptel polonais, récemment évalué, est estimé à 2 o5g 615 chevaux, 4 90. • 795 bœufs, 226619.4 porcs, 976042 moutons, en diminution très marquée sur les chiffres dhivant-guerre.
- Le blé en Argentine. — M. J. Décamps, directeur du Service des Etudes économiques de la Banque de France, publie, dans France-Amérique une étude intéressante sur les ressources actuelles cm blé de l’Argentine. Fondant la guerre, les .agriculteurs argentins ont augmenté leurs emblavures et amélioré leurs rendements, de
- En milliers en
- Hécollcs de 1921. du quintaux. par
- Seigle. ....... 35.686
- Froment 8.8 51
- Orge ....... 10.686
- Avoine ..... 20.329
- Pommes de tcr.re. . . 141.371
- telle façon que la récolte qui était d’environ 4° millions de quintaux avant la guerre et le rendement qui était de 6,2 quintaux à l’hectare ont passé à :
- 1914- 1915.
- 1915- 1916.
- 1916- 1917.
- 1917- 1918.
- 1918- i9i9-iqig-ïgso, 1920-1921.
- cécs aient été réduites.
- Superficie ' cultivée. Production. Rendement] par hectare.
- 6.261.OOO 45.85o.ooo 7^3
- 6,645.OOO 46.988.000 7>1
- 6.511.000 19.112.000 3-9
- 7.234.000 59.500.000 8,2
- 6.866.610 5o.i5o.000 7-3
- 6.o53.ooo 58.280.000 90
- 6.076.100 50.3,29.800 8,2
- coite en jan vier prochain s’annonce
- Reste le problème de la vente de ce blé.
- Le pays ne consomme pas la moitié de sa récolte. Lé reste doit être exporté. Pendant la guerre, l’Europe acheta tout ce qu’elle put en Argentine: En 1919, la récolte européenne ayant été très déficitaire, l’Argentine lournit, en 1920, 5i millions de quintaux, à tel point que le Gouvernement argentin dut prendre des mesures pour garder dans le pays les quantités nécessaires à la consommation; mais depuis, la situation a changé. La production européenne s’est relevée, la dernière récolte est satisfaisante et bien que' le Gouvernement argentin ait rétabli en décembre 1920 la liberté d’exportation, il se demande ce qu’on fera de la nouvelle récolte. Tandis que les exportations d’avril (926 dépassaient 10 millions de quintaux, celles de décembre de la même année tombaient à 18900. Les cinq premiers mois de 1921 n’ont vu sortir que 10 millions de quintaux. La nouvelle récolte, le mois prochain, va donc s’engranger par-dessus un stock qu’on estime à environ 7 millions de quintaux de l’année précédente. i
- Le monde a donc son pain assuré, mais l’Argentine ne retrouvera pas ses gains de çes dernières années!
- La culture du riz en Auvergne au XVIIIe siècle.
- — Au xvme siècle, l’agriculture prit un essor extraordinaire. Jamais essais de nouvelles cultures furent plus nombreux. Les naturalistes partaient pour l’Amérique, à la recherche de nouvelles plantes alimentaires ou industrielles. Des revues agricoles et d’énormes volumes furent publiés sur toutes les questions agronomiques. Le semoir mécanique, de nombreux modèles de charrues, des batteuses de grains, des « machines à feu » pour le dessèchement des marais virent le jour à cette époque. '
- Outre les nombreuses plantations de mûriers qui furent faites dans presque toutes les provinces et l’élevage du ver à soie qui fut tenté un peu partout; nous trouvons dans le Bulletin de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts de Clermont, de curieux détails sur la culture du riz en Auvergne vers 1740. '
- Une Compagnie ayant pour prête-nom un sieur Noël Chqvîllot, bourgeois de Paris, avait sollicité de M. Orrv, controleur général des finances, un privilège exclusif pour introduire en France la culture du riz.: Elle forma dans les mois de mars et d’avril 1740, avec le consentement du ministre, deux établissements, le premier dans le Forez, sur les bords du Lignon, le second en Auvergne, sur les bords de la Durolle; les prairies immenses que -domine la ville de Thiërs lurent transformées en rizières d’une' étendue de 20 hectares. Pour cette première expérience, la Compagnie n’ensemença qu’une quinzaine d’hectares et employa à ces semailles >0 sacs de riz du poids de 76 kg. La levée du grain s’opéra à merveille, et les tiges arrivèrent à leur hauteur normale. Lé riz fleurit heureusement et aurait donné une bonne récolte, si l’été n’eût été exceptionnellement froid. Les essais furent repris en 1741. La récolte s’annonçait magnifique lorsqu’une «-fièvre pernicieuse ». éclata soudain dans la ville de Thiers et emporta 6000 habitants dans l’espace de quelques mois, Le. fléau fut attribué aux rizières dont les eaux stagnantes répandaient les germè's pestilentiels. Massillon., évêque de Clermont, sur la demande des échevins de Tliiers, écrivit au ministre pour qu’il usât de son influence pour faire « disparaître la cause de l’affliction générale » en obligeant les entrepreneurs à détruire les rizières.
- Ceux-ci répondirent à la mise en demeure par un long mémoire dans lequel ils prétpndaient « que les
- p.2x2 - vue 414/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- plaintes des habitants de Tliiers contre la rizière avaient leur source dans l’irritation qii’ils avaient ressentie de la création toute récente à Montargis d’une, manufacture de papier par eux-mèmes. » Ils voulaient bien^cependant détruire la rizière, mais seulement après la récolte. M. Orry, controleur des finances, trouva cette raison excellente puisqu’il écrivit à l’intendant : « il y a lieu de penser que si le mal provient de cet établissement, il est au point où il peut estre et que la récolte n’y ajoutera rien, et c’est une raison pour ne pas s’opposer à ce qu’elle se lasse. »
- Hélas! la récolte ne fut pas brillante! La fin de l’été fut très froide et le grain ne mûrit pas plus que l’année précédente. Découragée, la Compagnie cessa de s’intéresser à la culture du riz et dirigea toute son activité vers le dessèchement des marais et la mise en culture de certaines côtes abandonnées par la mer.
- La rizière de Thiers fut-elle réellement la cause de la peste qui fit mourir la moitié de ses habitants On peut en dontér. L’épidémie se manifesta d’une manière aussi terrible quelques années après que la rizière eut été détruite.
- Etat actuel des arbres. — M. Kreilmann, inspecteur-adjoint des forêts à Thonon, nous écrit :
- « Vous a-t-on .signalé d’autres régions le curieux phénomène que l’on constate dans celle de dhonon Au début de décembre un grand nombre d’arbres n’avaient pas encore perdu leurs feuilles qui, quoique recroquevillées, restaient encore verdâtres, parfois même franchement vertes. Parmi les essences encore pourvues de feuilles, je cite au hasard le. charme, le tilleul, le robinier, le sureau, les érables, sycomore et champêtre, le lilas, le pommier, le cerisier, le noyer même et le marronnier.
- /'Certains arbres avaient encore un aspect estival. Je proposerais l’explication suivante : la sécheresse très prononcée au début de l’été a été coupée au milieu d’août par quelques grosses averses. La végétation est repartie après une période de repos rappelant le stade hivernal : certains arbres dans les terrains les plus secs étaient entièrement dél'euillés. Il s’est alors manifesté tardivement une vigoureuse sève d’août et la reprise s’est prolongée jusqu’à la fin du mois d’octobre, particulièrement beau et doux; elle s’est parfois traduite par une deuxième floraison et une fructification poussée assez loin : des pommes ont atteint la grosseur d’une noix ; cette végétation automnale s’est développée aussi bien sur. les arbres dél'euillés en août que sur les normaux. A la fin d’octobre', le froid est arrivé brusquement et la température est descendue momentanément jusqu’à—7° sans remonter ensuite bien au-dessus de ou. La végétation a été arrêtée sans que les réserves cellulaires des. tissus foliacés aient pu émigrer vers les rameaux : d’où la persistance de la coloration verte; d’autre part, le. tampon de liège qui se forme normalement à là base du pétiole, au point de rupture, n’a pas pu lui-même être produit : d’où l’impossibilité pour la feuille de se détacher. »
- Quelle que soit la valeur de cette explication’, il n’en est pas mpins certain que les pertes en matières de réserve seront grandes pour les arbres, et ceux-ci déjà épuisés par la sécheresse seront encore éprouvés davantage. Il est à craindre qu’un certain nombre ne languissent ou dépérissent l’année prochaine.
- Les usages de la chloropicrine comme insecticide de haute valeur. — Les emplois de la chloro-picrine sont des plus étendus comme insecticide. Pendant la guerre on en a préparé des .quantités invraisemblables, à tel point que la Liquidation des stocks des Poudres en offrait à acheter pour qui voulait plus de 5oo ooo kg d’un coup, ces temps-ci.
- On a constaté qu’une quantité de 3o cm3 par mètre cube était suffisante pour tuer la « calandre du grain » en 6 heures {Calanclrü gr an aria).'
- Le grain traité perd un tant soit pçu de sa faculté germinative. Mais via valeur du grain pour la boulangerie n’.est"pas diminuée. II.en est de même de la cou-ieur et de la texture. L’odeur communiquée aux grains se dissipe au bout, de u4 heures.
- La chloropicrine tue aussi d’une façon des plus , efficaces les punaises, les teignes, les chenilles et tous les insectes nuisibles du bjé,
- A propos du Dindon blanc (n° 2486). — M. R. Le
- Contenons écrit, à propos de l’observation de M. Pierre Rambaud : « 11 cite comme un phénomène l’apparition d’un dindon blanc dans une bande de-dindons noirs; il y voit un cas rarissime d’albinisme. L’explication est toute autre; il s’agit d’un retour d’atavisme. Le dindon blanc est une variété assez répandue du dindon domestique; on le trouve dans toutes les expositions agricoles et avicoles. Personnellement, j’ai connu des bandes de cette variété pendant de longues années dans la ferme des Loches, près de Mazerny (Ardennes).
- « Si l’on croise la variété noire et la variété blanche, la couleur noire l’emporté, mais les rémiges de la queue restent rayées de blanc pendant de nombreuses générations. On voit aussi parfois des métis de couleur roussàtre, c’est-à-dire de la couleur des dindons sauvages. » »
- A propos de squales. — M. Elfère nous écrit :
- « Le Carcharias glaucus, dont La Nature a donné une amusante photographie dans ses Informations du uu octobre iqui, n’est qu’un malheureux avorton, bon pour être ramassé dans un filet à sardines! Deux mètres de longueur!... c’est la dimension de l’aileron corné qui décore le dos d’un vrai requin de 12 ou i.3 m. et quand on est sur un mauvais bateau, menacé par la tempête, comme un jour où j’allais de New-York à la Havane en suivant les côtes de la Floride, cela fait un certain effet moral de voir émerger de l’eau un appendice de cette dimension, sachant qu’il y a là-dessous un monstre plus rapide que le cargo-boat et qui nous suit à l’aise en attendant qu'un coup de mer nous enlève ou nous fasse faire naufrage pour nous transformer en ragoût à son profit.
- « Ce n’est pas pour rappeler une émotion que j’ai pris la plume, mais pour dire mon étonnement, huit jours plus tard, en passant la Magdalena par l’étrange petit vapeur qui fait là le service relativement accéléré.... Pendant que quelques passagers canardaient des caïmans endormis, j’ai vu arriver sur nous à toute vitesse l’aileron caractéristique d’un énorme requin... en eau douce. Impossible d’avoir la moindre hésitation sur la nature non plus que sur la puissance de ce voisin dont le dos affleurait par moments à la surface, et qui devait du ventre remuer les boues du fond; car le grand fleuve n’a guère plus de 1 in. d’eau en juin dans les passes qu’on entretient pour les vapeurs.
- « Donc le requin n’est pas trop gêné par l’eau douce ; très probablement c’était un vagabond ayant sauté la barre derrière laquelle on apercevait les cheminées de 1 ’Amérique, ensablée là depuis longtemps déjà par quelque erreur de son barreur!... Mais la présence du monstre dans le fleuve est un fait méritant d’être mentionné parmi les curiosités de mon voyage. »
- La lutte contre l’anthrax. — Comme beaucoup d’autres maladies, dit Mr. Seymour Jones, dans une communication à 1 ’American Chemical Society, l’anthrax est causé par un microorganisme. Il est extrêmement dangereux pour les hommes et les animaux et est importé, principalement des régions de l’Est, dans la laine et les fourrures.
- L’expérience a montré qu’avec les peaux, la. seule méthode qui permette d’éliminer les spores consiste en l’immersion dans une solution acide faible. Mais les désinfectants ordinaires ne peuvent être employés par suite de leur action tannante. Une solution à i/5ooo de sublimé dans 1 pour 100 d’acide formique est un excellent désinfectant.
- Non seulement, si cette opération est faite au port d’embarquement de la fourrure, on évite d’importer les germes de la maladie, mais encore on peut immédiate-mept apprécier la qualité de la peati. Les peaux sèches sont souvent souillées de boue pour cacher les défauts et les commencements de putréfaction.
- Mr. Seymour Jones indique que le Gouvernement britannique poursuit des expériences à Liverpool pour le traitement des cuirs parla chaleur et l’acide formique. Si les résultats sont satisfaisants, des usines seront construites à tous les points d’embarquement dans le monde. 11 indique également que la Nouvelle Zélande a réussi à supprimer l’importation de la maladie en stéri-lisant les engrais animaux qq’elle ifnporte,
- p.2x3 - vue 415/620
-
-
-
- "0O
- SCIENCE APPLIQUÉE
- CSK~
- 'Electricité
- Fig.
- 2.
- Pour fabriquer soi-même une prise de courant-interrupteur. — Après le détecteur électrolylique, voici un autre mode d’utilisation des culots d’ampoules électriques du également à M. Dou-ley. On les transforme, cette fois-ci, en prises de courants ou interrupteurs s’adaptant sur n’importe quelles douilles simples à baïonnette déjà installées et faisant l’office d’une douille à clef ou d’un interrup-' teur, suivant l’emploi qu’on lui
- donne.
- Comme on l’a fait déjà pour la confection du détecteur, on gratte soigneusement l’intérieur d’un culot d’ampoule cassée en n’y laissant que les deux fils de cuivre encore bien adhérents et bien décapés.
- deux fils, on attache une extrémité d’un fil double souple de 5 ou 6 cm de long. On coupera plus tard ce fil souple à la longueur suffisante. Puis, tout en maintenant ces deux épissures bien isolées l’une de l’autre, on coule de la cire au fond du culot, juste suffisamment pour augmenter l’adhérence des fils de cuivre au culot et prévenir toute rupture lors des manipulations à venir.
- On prend maintenant une douille simple dont le bord inférieur va subir une petite modification.
- On dévisse la bague pour avoir le tube de cuivre
- (%• o.-.
- On passe dans ce tube un cylindre de bois quelconque (manche à balai par exemple) que l’on serre dans un étau.
- Il s’agit ensuite de doubler symétriquement les deux trous disposes en forme de crochets, de façon à leur donner la forme d’un T (fig. 3). Pour cela, on perce d’abord un trou d’ün diamètre C (fig. 2) égal et symétrique à celui existant d, en prenant pour axe AB. A la rigueur, la distance pourra être un peu plus grande que la distance b, mais non plus petite.
- Il 11’y a plus qu’à enlever la partie Hachurée pour obtenir un trou conforme à celui de la figure 3. Pour cette dernière opération, on coupera très bien le cuivre avec un tournevis affûté et un marteau. On «tfinira » le
- trou avec une petite lime ou queue de rat appropriée.
- Cette préparation étant terminée, on « monte » la douille sur le fil souple maintenu au fond du culot par la cire que l’on a versée tout à l’heure. On monte cette douille comme toutes les autres, mais en ayant spin de remplir de cire les parties hachurées verticalement sur la figure 4- (Cette figure étant une coupe longitudinale suivant l’axe des pistons, une épissure seulement est visible au fond du culot et le piston droit seulement reçoit l’autre extrémité.)
- Cette prise étant ainsi terminée, voyons son fonctionnement. Si nous avons une ampoule allumée, retirons-la de sa douille 'sans fermer l’interrupteur commandant son allumage et plaçons à sa place notre prise de courant. Jusqu’ici rien d’anormal. Introduisons notre ampoule dans la douille que nous venons de modifier. Si, après l’avoir introduit, nous tournons notre ampoule à droite, elle s’allume, on peut la laisser ainsi. Si nous la tournons à gauche jusqu’à l’arrêt complet, elle s’éteint; elle peut également rester éteinte.
- On voit donc l’utilité de cette prise; si l’on a par exemple un lustre fie 3, [4 ou 5 lampes qui sont munies
- de douilles semblables à celles que nous venons de décrire, nous allumerons ou éteindrons à volonté autant d ampoules que nous le désirerons juin la simple rotation de ces douilles.
- Dans cet exemple, la prise fabriquée tient lieu (de douille a clef qu’on est obligé d’acheter un bon prix.
- Voici jun; exemple pris dans uii atelier quelconque, muni de plusieurs lampes et possédant un petit moteur
- L
- I*g. a.— Coa.slruelùm d’une prise de courant-interrupteur pour moteur.
- faisant tourner une machine. Nul .besoin, pour alimenter le moteur, de prises de courant avec fiches d’interrupteur ou de commutateur. On retire une ampoule voisine du moteur et on y place la prise; puis, dans la douille modifiée, on enfonce un bouchon que l’on fait également avec un culot d’ampoule, et, suivant que l’on tourne le bouchon à droite ou à gauche, on fera marcher ou on arrêterai le moteur; on pourra même, si l’oit ne veut pas surprimer une lampe, appliquer au mur, comme une simple prise en porcelaine, une douille ordinaire que l’on aura modifiée comme là prise, et on placera directement dans cette douille le simple bouchon prise de courant que l’on pourra faire également avec une vieille lampe hors d’usage.
- On ne laisse dans le culot brisé que les deux fils de cuivre que l’on décape comme précédemment avec soin et auxquels on fixe les extrémités cl’un câble souple à deux conducteurs (fig. 5).
- On prend ensuite un bouchon de liège qui peut entrer aisément dans le culot, mais en étant de 5 à b mm trop court.
- On perce deux trous au milieu du bouchon et on coule un peu de cire au fond du culot. Le bouchon est enfoncé dans la cire après qu’on aura passé les fils dans les trous préparés.
- Avec une petite rondelle de liège préparée à la demande on vient fermer la partie ouverte du bouchon prise de courant en interposant de la cire entre les deux pièces' en liège, la seconde est prévue pour entrer à force dans le culot.
- On termine par un enduit en cire sur la paitie de
- liège qui reste apparenté et la prise de courant est terminée et prête à être employée.
- La douille ainsi modifiée en prise de courant ne revient guère à plus de 1 franc et c’est une occasion de déployer son adresse pour réaliser un petit appareil utile et économique.
- La douille que nous venons de décrire se place dans une douille ordinaire comme une lampe et par suite on est obligé de supprimer l’allumage 'cle cette lampe. Ceci peut être gênant quand on se trouve dans une pièce où, 11e reste qu’une seule lampe.
- Pour remédier à cet inconvénient, on peut remplacer la douille par une sorte de nourrice à deux ou trois lampes suivant la grosseur du culot qu’on emploie. ..
- On ajuste dans ce cas des tubes de caoutchouc dans lesquels on passe les fils pour parfaire l’isolement et donner un fonctionnement plus certain. Cette disposition est représentée par le croquis de la figure 6.
- p.2x4 - vue 416/620
-
-
-
- *->
- Automobilisme
- Ky
- Fi
- &
- V
- Bon roncf ou pompa
- )y
- Manchonnage des chambres à air. — J’ai essayé, en chambre, le procédé donné récemment par La Nature (n° 24^5) pour le manchonnage des chambres à air. La réussite est certaine, si l’on veut bien prendre toutes les précautions indiquées, mais le collage des arêtes de la chambre peut laisser un doute.
- J’ai cherché et trouvé un tour de main qui donne toute facilité pour manipuler les bouts de la chambre en éliminant la gène que cause leur flaccidité. Ce toiir de main peut être appliqué en cotirs de roule, car il n’exige comme outillage qu’un corps rond (pompe de bicyclette, bois coud) et deux petites feuilles métalliques ; encore ces dernières peuvent-elles être supprimées en ayant soin d’opérer le collage progressif indiqué par La Nature. .Victime, le mois derniei;, d’un décollement total du joint d’une chambre à air, à (i km de toute habitation, j’ai jau refaire ce joint sur place avec ina pompe de sacoche.
- Figure 7. — Un des deux bouts delà chambre est retourné sur une longueur de huit centimètres, donnant ainsi les parties 1, 2, 3, 4-En réalité, 1 et 3, 2 et 4 sont serrées l’une contre l’autre.
- J’écarte avec îles doigts 4 de 2 et, dans le vide indiqué par la flèche, j’insère ia pompe ou le bois rond que je pousse jusqu’au bout du repli.
- Figure 8. — Ce bois rond doit être un peu plus gros que l’intérieur de la chambre pour assurer le serrage indispensable à la commodité et à la sûreté des opérations, serrage renforcé d’ailleurs par les replis 1 et 3 et par l'autre bout de la chambre 5, b (voy. plus loin). Le bois doit être bien lisse, avoir le bout arrondi et mousse : sa longueur est d’environ 3o cm, soit 22 cm de prise pour la main. Un morceau de manche à balai poli peut faire l’affaire ; si l’on emploie une pompe, on l’entoure de papier de journal bien serré pour obtenir la grosseur nécessaire.
- La partie 4 est seule d’un côté du bois; de l’autre, les parties 2, 1, 3 sont superposées dans cet ordre.
- Tenant ae la main gauche le bois et le repli de la chambre, de la main droite j’enfile l’autre bout 5,6, sur une longueur de quatre centimètres. Les surfaces à coller se présentent ainsi de façon bien franche, sans arêtes ni duplicatrices.
- ~y\ ! Je frotte alors très facilement et très sûrement., à la brosse métallique, tout l’ensemble des parties accoladées X, Y ; je les passe à la benzine, puis je jap les recouvre de quatre couches successives de bonne dissolution, en laissant sécher chaque couche jusqu’à ce qu’elle ne happe plus au doigt.
- Figure 9. — Une fois la quatrième couche bien sèche,je recouvre les parties 6 et 5 avec des gouttières ^C, î) de métal bien lisses (zinc, cuivre, aluminium), aussi minces que possible, longues d’environ 10 à 12 cm, soit 6 à 8 cm de dépassant pour la prise ultérieure à la main, et dont les bords latéraux se recouvrent sur quelques millimètres.
- Ensuite, je tire Sur les parties 4 et 3 et les rabats sur les gouttières en évitant la formation de plis. Il est commode, pour cela, de serrer la partie libre du bois dans un étau. Puis, tenant dans la main gauche bois et parties à coller, je soulève le bord libre de la gout-
- Fig.
- 8.
- BoJi rond ou pompa
- F
- «g- y-
- lière D, le saisis et le tire doucement en opérant des tractions latérales et'en ayant bien soin de serrer le plus possible la main gauche pour éviter tout déplacement des bouts de la chambre. Àu fur et a mesure que la gouttière sort, 4 et 6 se collent de proche en proche. Je retire ensuite de même la gouttière G.
- Poiir assurer le collage, je replace C et D par-dessus 3 et 4, je ficelle énergiquement et je suspends le bois à un crochet pendant environ un quart d’heure. Sur roule, comme je n’ai pas de gouttières, je frappe toute la surface de 3 et 4 avec ma plus grosse clef pour aider l’adhérence. Il ne reste plus qu’à déficeler, retirer les gouttières, le bois (ou la pompe) et tirer sur les deux bouts pour effacer le pli des parties 3 et 4-
- Tout cela est plus long à décrire qu’à exécuter. Les avantages de ce procède me paraissent être la lacilite de manipulation due au morceau de bois qui sert de support, la présentation bien nette des parties à coller, enfin leur collage automatique sur toute leur surlace sans risques de soufflures. Un Elacellièke.
- etg^sS, Hygiène
- Pour éviter les asphyxies par le gaz. — Quand un appareil à gaz est alimenté par un tuyau de caoutchouc en cas de chute, de rupture ou de hrûlure du tuyau, il se produit des accidents si l’on ne remédie pas immédiatement en fermant le robinet d arrivée.
- Fig. 10. — Le Coucou.
- C’est toujours ainsi que se produisent, les asphyxies ou les explosions, surtout quand on emploie des appareils de. chauffage à gaz.
- Un inventeur, M. Jaquet, vient de faire breveter tin petit appareil qu’il a baptisé Coucou et qui évite tous ces dangers avec un dispositif très simple.
- Le principe de l’appareil est l’obturation de 1 arrivée du gaz par une bille métallique sous 1 action d un jet de gaz trop puissant grâce à l’effet d’une suppression des pertes de’ charge dans la conduite après I appareil, ce qui se^produit si le tuyau de caoutchouc sé détache et que la résistance du passage du gaz dans les becs est brusquement supprimée.
- Le Coucou se compose de deux pièces métalliques dont une formant tête contient la bille et sur cette tête on fixe le tuyau caoutchouc que l’on pousse pour venir coiffer la prise de gaz comme d’habitude. La queue de l’appareil est emmanchée dans la prise de gaz mais en y plaçant au préalable un petit cône de caoutchouc qui assure la fixation de cette partie métallique.
- L’appareil en position est ainsi complètement invisible. On ouvre alors le robinet ; si l’appareil ne ferme pas immédiatement, le compteur n’est pas au jaoint et manque probablement d’eau.
- On place ensuite le tuyau de caoutchouc, comme à l’habitude et pour se servir du gaz on ouvre complètement le robinet de prise,' l’appareil laisse passeF le gaz nécessaire, on peut ouvrir doucement le robinet du réchaud et allumer comme d’habitude
- Cette petite invention des plus utiles a été soumise aux essais à l’Usine à gaz de Lyon et il est bon de noter l’opinion de l’Ingénieur eii chef qui a déclaré que cet appareil était le seul qui ait fonctionné jusqu’à ce jour régulièrement aux essais qüi ont été faits.
- Lé Coucou a eh plus l’avantage de diminuer la dépense et de donner une flamme plus chaude,'car il évite mathématiquement les arrivées brusques de gaz. Il à l’avantage de ne lien changer dans les installations existantes et c’est un appareil de sécurité indispensable, même si l’on à l’habitude de fermer le compteur chaque soir, car il suffit d’un seul oubli pour causer quelquefois des désastres irréparables.
- Construit par M. Jaquet, 29, Courte Morand, à'Lyon,
- p.2x5 - vue 417/620
-
-
-
- LES EFFETS NEUTRALISANTS DE LA SÉCHERESSE SUR L'ACTION DES ENGRAIS
- Depuis déjà de nombreuses années, et surtout depuis la guerre, toutes les publications agricoles techniques et tous les journaux ont l'ait beaucoup de bruit autour de l’emploi irrationnel des engrais en France, voire même de leur absence presque absolue dans certaines de nos provinces, surtout en ce qui concerne les engrais « chimiques » ou « minéraux ».
- L’emploi des engrais a donc fait d’incontestables progrès pendant' la guerre, mais depuis l’armistice ces progrès ont encore et fort heureusement ai mente.
- Effectivement, nombreux sont les champs qui sont restés incultes pendant ces longues années de bouleversement ; les hommes partis, les femmes, malgré leur courage et leur patriotisme qui ne sont plus à révéler, n’arrivèrent pas à faire produire la totalité de leurs superficies cultivables.
- Il en résulta une augmentation considérable de nos terres délaissées, et, pour les remettre en état de produire leur maximum de rendement, non seulement il faut leur faire subir de sérieuses façons culturales variant selon la nature du terrain, les contrées et les coutumes, mais encore et surtout leur administrer rationnellement des engrais qui ieur permettront, en peu de temps, de recouvrer et même d’accroître leur prospérité d’antan.
- Beaucoup de nos cultivateurs, subissant les effets de cette propagande toujours croissante en faveur des en grais, en appliquèrent à leurs champs l’hiver et au printemps derniers, mais surtout à titre d’essais. Et voilà que, malencontreusement, Dame Nature vint bou leverser les plus beaux projets et les plus légitimes espoirs.
- En effet, la sécheresse exceptionnelle et persistante de toute\cette année a eu les effets les plus néfastes sur l’action des engrais chimiques ou naturels. Et voilà nos cultivateurs, qui ont pour principe de ne jamais rien tenter sans avoir la ferme conviction d’une réussite totale, abattus, découragés et traitant « d’agriculteurs en chambre » tous ceux qui ont pu leur conseiller l’application de tel ou tel engrais.
- Ce découragement est, sous toutes ses formes, abso lument irraisonné et il importe de le combattre énergiquement si l’on veut éviter de voir amoindrir les effets déjà heureux de cette campagne de la presse agricole.
- Il y a lieu, toutefois, d’espérer qu’il ne subsistera pas, car il n’est basé que sur l’ignorance des phases successives de l’engrais à partir du moment de son épandage jusqu’à celui où il est absorbé par la plante.
- Propager la connaissance de cette transformation chimique, non seulement c’est lutter contre le découragement injustifié de beaucoup de nos cultivateurs, mais c’est encore leur fournir des principes généraux qui pourront, dans un avenir plus ou moins prochain, leur être de la plus grande utilité pour l’application rationnelle de leurs engrais et l’obtention des résultats qu’ils pourront être en droit d’en attendre.
- Or, comment et grâce à. quelles transformations les engrais peuvent-ils « agir », qu’ils soient sous forme de matières organiques ou de sels chimiques?
- La nitrification d’une matière organique quelle qu’elle soit est nécessairement soumise à l’action simultanée fie Y air, de la chaleur et de Y humidité.
- Si l’un de ces éléments disparait ou devient insuffisant, la minéralisation des matières chimiques destinées à la nutrition des végétaux cesse aussitôt.
- En effet, la matière organique qui, lentement, se décompose, — sous l’influence de ferments et de réactions diverses, dont l’étude détaillée ne pourrait trouver place dans un article aussi modeste — en répandant
- dans l’atmosphère ou dans le sol le carbone qu’elle contient sous forme d’acide carbonique, liindis que le sol, grâce à Faction exercée par l’humus, retient et emmagasine l’azote et les éléments minéraux, lors-j qu’elle se trouve dans une situation « normale », reste tout à coup dans un état latent si l’un ou plusieurs des éléments : air, chaleur ou humidité, vient à faire défaut.
- C’est précisément le phénomène qui eut lieu durant toute cette année'de sécheresse exceptionnelle.
- On comprend aisément le rôle considérable joué par l’eau dans cette décomposition des matières organiques et dans la solubilisation des matières minérales.
- De plus, le végétal — et c’est peut-être ce qui le différencie le plus de l’animal — n’absorbe jamais rien de solide ; il ne se nourrit, il n’assimile que les substances qu’il trouve dans un état de liquéfaction absolue.
- D’ailleurs — soit dit en passant — l’eau, quelles que soient les matières qu’elle renferme, quelle qu’en soit la composition chimique, resté toujours le principal aliment de la plante et l’élément le plus important et de beaucoup de sa formation.
- D’après mon distingué confrère, M. Ch. Arranger, rédacteur fen chef du « Pëtit-Jardin », pour la formation d’un kilogramme de matière sèche d’une plante, il faut', moyennement, l’évaporation par les feuilles, donc l’absorption préalable par les racines de 35o kg d’eau.
- D’après Helbriegel, les légumes frais contiennent en moyenne 90 pour 100 d’eau; les melons, asperges et salades g5 pour 100; les céréales n’en renferment (pie 75 pour 100 et les feuilles d’arbres 60 pour 100 seulement.
- Ces chiffres sont suffisamment éloquents par eux-mêmes pour dispenser de tout autre commentaire; ils prouvent suffisamment de combien l’eau est le facteur le plus important de l’alimentation des végétaux.
- Donc, devons-nous rester surpris devant la constatation évidemment décevante mais tout à fait logique de l’inaction des engrais, que leur apport ait été fait sous forme de fumiers, matières organiques ou sels chimiques ?
- Certainement non ; et ce serait non seulement une bien grave erreur d’incriminer aux engrais le mauvais état ou la pauvreté d’un grand nombre de x'écoltes, mais encore une preuve d’ignorance coupable qu'il faut combattre à tout prix.
- Seule, la sécheresse est la grande, Y unique coupable qui conserva dans un état latent les matières organiques administrées au sol, interdit par conséquent aux substances minérales de s’en dégager et qui, de plus, empêcha même la solubilisation des engrais épandus directement sous la forme minérale.
- Il importe donc de faire pénétrer ces idées directrices dans l’esprit des cultivateurs qui ont pu avoir quelques déceptions paiq suite de la sécheresse exagérée que nous avons subie plus d’un an, il importe, en outre, de leur faire comprendre qu’aucun de leurs efforts ne sera perdu.
- Dès que les-pluies reviendront, dès que la terre recouvrera un état d’humidité suffisant, la décomposition ou la solubilisation dés engrais reprendront leur cours normal et les récoltes profiteront de ces apports momentanément sans effet.
- Leurs résultats n’en seront que retardés cl non détruits ; il faut que les cultivateurs s’en persuadent et il serait certainement désastreux, aussi bien pour eux-mêmes que pour la prospérité agricole de la France, si, par suite d’une fâcheuse coïncidence dont Dame Nature est seule responsable, ils s’arrêtaient en si bon chemin. André Bourdin,
- dg 7 Hfr-
- p.2x6 - vue 418/620
-
-
-
- VARIETES
- PRESTIDIGITATION D’AMATEUR
- LA LAMPE MERVEILLEUSE D'ALADIN
- Tour de magie blanche.
- Effet. — Le magicien montre un chapeau vide qu’il mesure intérieurement et extérieurement, avec sa baguette, magique, pour prouver < qu’il n’y a pas de double fond et le pose sur la table, ouverture en haut. Il plonge une assiette ordinaire dans une boîte remplie - de son et la sort contenant un petit monticule de son qu’il égalise avec le doigt et recouvre d’un cornet vide, non préparé, en papier fort. Il plonge également dans la boite un verre à boire, vide, sans préparation et le sort rem-pli'de son qu’il égalise.
- Il recouvre le verre d’un petit cylindre en papier fort, également sans préparation et montré vide.
- Il montre ensuite, recto verso, un petit
- paravent à trois côtés qu’il fait jouer et le pose sur la table.
- Il sort de la poche intérieure de sa veste une poli te lampe allumée. Soudain, la stupéfaction la [plus grande se lit sur ses traits"ct il annonce que cette lampe vient
- La lampe mervcilleu.se d’AIadin. — Effet.
- de la coiffure sous les bords intérieurs de laquelle vous cachez des foulards. Entourez de colliers et bracelets étincelants une statuette ou un vase de brillant aspect.
- Enveloppez d’un ou plusieurs foulards, puis muiez le tout dans de larges rubans. Nouez une faveur autour des rubans, afin que le paquet ne puisse se défaire. Passez la faveur dans un fil de fer noir recourbé à chaque extrémité et suspendez ce paquet derrière votre table recouverte d’un tapis. L’extrémité libre du fil de fer est simplement posée tout au bord de la table.
- Après avoir soulevé à demi le fond posé sur la guirlande, vous retirez celle-ci, tenant le chapeau au-dessus du paquet suspendu derrière le tapis. Il vous est ensuite facile de charger votre couvre-chef au passage. Une légère secousse au paquet, donnée par le chapeau lui-même, fait tomber dedans ledit paquet. Vous pouvez, en même temps, déplacer une chaise, puis changer le chapeau de main, tout Ceci
- de lui révéler remplacement de trésors. Nul doute : c’est la lampe merveilleuse d’AIadin qu'il possède.
- La tenant à la main, il passe à côté du-chapeau, du cornet de papier, du verre recouvert du cylindre et du paravent et, regardant tour à tour ces objets, il parait émerveillé au plus haut point. Un prodige- vient de s’accomplir; peut-être grâce à la lampe magique.
- Prenant le chapeau, il en sort une guirlande de plus de trois mètres, puis pose la coiffure sur un guéridon pour aller aussitôt au cornet qui semble l’attirer. L’enlevant, le son a disparu et une montagne de pièces d’or apparaît qui s’écroule. Retirant le cylindre recouvrant le verre, le son a également disparu pour faire place à des rubans et des faveurs auxquelles sont attachées des bagues et qu’il sort du verre. Reprenant le chapeau, il en retire colliers, bracelets, foulards, larges rubans chatoyants et une statuette. Enfin, enlevant le paravent posé sur la table, une riche cassette apparaît. L’ouvrant, les côtés se rabattent et des banderoles brillantes retombent, tandis que tombe, en pluie, une multitude de pierreries. De la casse vole une colombe.
- Préparation et exécution de l’expérience. — Dans le chapeau (haut de forme) vous avez placé une guirlande de papier de soie se repliant en accordéon. Elle tient ainsi peu de place. Vous la recouvrez d’un carton mince, exactement des dimensions intérieures du fond
- le s cn-
- rapidement, légèrement et le naturellement du monde.
- Sur une sorte d’étagère en carton, recouverte d’étoffe et placée
- derrière votre table, posez une boite en carton offrant l’aspect d’une-riche cassette, à l’aide de papiers dorés et argentés et de paillettes collés dessus. Sur chacun de ses quatre côtés qui doivent pouvoir se rabattre, collez, à l’intérieur, l’extrémité de longues banderoles de soie ou de papier fin, enroulées. Placez la colombe au milieu, sur un lit de mousse, et envi-ronnez-la de tout ce que vous pourrez trouver de plus clinquant.; tant en verre qu’en métal. Ce seront lès pierres précieuses. Le couvercle de la boite doit être criblé de trous afin que P oiseau puisse respirer. Attachez à la cassette un fil de fer noirâtre, très fin, tels que ceux avec lesquels on confectionne les tiges des fleurs artificielles. Ce fil se termine par une boucle, et est posé sur la table, de façon que vous puissiez vous en emparer facilement.
- Vous montrez de toutes façons un petit paravent. Dans ces mouvements, vous saisissez l’extrémité du fil et glissez l’index dans la boucle. Au moment où vous posez le paravent sur la table, vous tirez sur le (il et la cassette vient prendre place sur la table, derrière' le paravent. Vous rapprochez légèrement le paravent de la cassette.
- Confectionnez maintenant un cône tronqué, en bristol.
- p.2x7 - vue 419/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Æ-i
- — Cornet de bristol
- Badigeonnez-le de colle et roulez-le dans le son. Em-plissez-le de pièces d’or... en cuivre ou en carton, recouvrez-le d’un carton blanc du diamètre de l’intérieur d’une assiette et dis-simulez-le dans une boîte remplie de son. Le cornet avec lequel vous recouvrirez cette petite montagne de son sera de même forme et son intérieur semblable à celui de ladite montagne, de manière que vous puissiez montrer — sans affectation — l’intérieur du cône de son, lorsque vous aurez escamoté le son.
- Confectionnez aussi un cylindre en bristol, badi-geonnez-le de colle et roulez-ie dans le son. Ce cylindre
- épousera exactement l’intérieur [des^parois d’un verre. (Parois de préférence verticales.) Placez le cylindre dans un verre et entassez rubans, faveurs, bijoux, etc....
- Cône de bnsro! recouvert de Son collé
- Carton blanc do diamètre ^ de / 'intérieur d'une assiette
- Placez sur le verre un rond de papier de même diamètre et sur chaque côté duquel vous aurez collé du
- son. Cachez le verre ainsi préparé dans le son de la boîte. Vous montrez un verre semblable à l’autre — quand « cet autre » est vide — et l’échangez en le plongeant dans la boîte;.
- En égalisant avec le doigt le son collé • sur la rondelle de papier posée sur le verre, celle-ci tombe secrètement.
- Le cylindre avec lequel vous recouvrez le verre est un peu plus haut que celui-ci.
- En le retirant, vous retirez dedans le cylindre couvert de son.
- La mèche de la lampe que vous sortez de votre poche n’est autre que celle d’un briquet automatique se trouvant dans la lampe. Luc Mkgrf.t.
- \ond de papier sur lequel on a collé du son
- Cylindre de papier fort sur lequel on a codé du son et que l'on a rempli de rubans,
- bracelets,
- bagues...
- Jteo
- Igc
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- C0>
- , Procédés pour désodoriser les huiles de poisson.
- — L’odeur persistante des huiles de poisson est attribuée à la présence de petites quantités d’acide clupanodonique.
- L’odeiir désagréable des huiles de foie serait due à la présence d’amines, telles que : butylamine, hexyla-mine, déhydrolutidine et morrhuine.
- Les huiles d’animaux marins, telles que l’huile de baleine, peuvent être hydrogénées; mais le degré d’hydrogénation nécessaire pour enlever l’odeur paraît tellement élevé qu’il y a abaissement considérable de l’indice d’iode et durcissement de l’huile à un point ne permettant plus de l’employer en peinture. ’
- Voici, d’après M. Henry-À. Gardner (Papers on Paint and Varnish), divers procédés brevetés pour la désodorisation des huiles de poisson {Les Matières grasses) :
- Traitement par l’azone (A. de Nemptinne) ; chauffage dans le vide à 35o-4oo° (E. Bœhm) ; par la vapeur surchauffée, craie et charbon (E. Peterson et H. llolstein) ; traitement par l’acide sulfurique concentré (Sanberg) ; par les acides sulfurique et nitrique (Potolowsky) ; obtention d’acides gras inodores par saponification de l’hpile de poisson par la chaux, et déomposition du savon de chaux par l’acide sulfureux (Botlaro) ; émulsion de l’huile avec l’alcool, lavage à l’eau chaude après séparation de l’alcool et traitement par la terre à foulon ou le charbon animal (C.-H.-J. Melfling) ; traitement par 6 à 8 volumes d’alcool à 700, lavage à l'eau chaude et traitement par la terre à foulon à 75°-8o° (Heyden) ; traitement de l’acide sébaeique des huiles de baleine et de poisson par l’hypochlorite de sodium contenant le moins de soude caustique possible (S.-H. Goldschmidt et C. Jorgcnsen) ; chauffage à 27o°-3oo°pendant plusieurs heures (F. Bergins) ; chauffage à 2000, puis traitement par la vapeur en présence de substances basiques, notamment des oxydes ou hydroxydes alcalins, alcalino-terreux ou d’autres métaux.
- M. Henry A. Gardner observe que dans un autre ordre, on peut masquer l’odeur désagréable de 1 ’huile de poisson en y ajoutant, par exemple, 10 pour 100 d’huile de pin.
- Procédés pour rendre étanches les récipients en béton destinés à la conservation des huiles minérales. — Les enduits à, l’asphalte, au goudron, au sjiîicate ou autres substances imperméabilisantes appliquées sur le béton ne résistent pas à l’action destructive des huiles minérales, par contact prolongé avec celles-ci.
- Les acides gras forment des savons calcaires avec la chaux du ciment, phénomène moins fréquent avec le mortier gras, dense (1 : 1), parce que, dans ce cas, il se forme du carbonate de chaux à la surface. Les ciments pauvres en chaux se comportent mieux que les ciments riches, et il faut tenir compte aussi de la teneur en Rçide de l’huile (bonites huiles végétales 1 à 3 pour ioo,.„
- 1 huiles alimentaires o,5 pour 100, huiles de graines I mauvaises, jusqu’à 20 pour 100).
- Dans la Revue Les Matières grasses, il est dit qu’011 peut employer, comme enduit protecteur, la margalite (à base de résine phénol-formaldéhydique) ou les finales de Kessler.
- En outre, sont indiqués les brevets Guttmann, se référant aux deux procédés suivants :
- Le premier consiste à imbiber d’eau les récipients en béton, avant de les enduire de silicate de soude, en ayant soin d’éviter tout séchage avant l’application de l’enduit; l’eau contenue dans le béton ne s’évaporant pas, on maintient ainsi l’humidité convenable pour obtenir l’étanchéité. Ce procédé permet de conserver toutes espèces d huiles, notamment les huiles minérales et les huiles de goudron. 11 n’est pas nécessaire d’employer un béton particulièrement gras.
- L’eau assure l’étanchéité, en agissant comme oléifuge ; l’humidité permanente empêche les fissures et le récipient peut recevoir de l’huile chaude.
- Le deuxième procédé consiste à ajouter au mélange de béton du chlorure de calcium ou un autre sel hygroscopique, et à appliquer ensuite du silicate de soude.
- Pour emmagasiner les huiles fluides surtout à chaud, on dispose dans de l’eau les récipients en béton à base de chlorure de calcium ou d’un autre sel hygroscopique, imprégnés ou non de silicate de soude; on maintient cette eau sous pression, en ayant recours, par exemple, à la compression d’eau dans l’enveloppe d’un récipient à double paroi.
- Au lieu d’incorporer le sel hygroscopique dans le béton, on peut imprégner ce dernier avec une solution de ce sel et l’enduire ensuite de silicate de soude.
- On empêche la montée de l’huile le long des parois du récipient et le débordement — en cas d’emmagasinage à chaud — en ménageant, sur le bord supérieur du récipient, une petite gouttière remplie d’eau.
- Moyen original de baigner les serins. — Le plu
- mage des serins ou autres oiseaux est très joli à condition que ces oiseaux soient soucieux de leur propreté et qu’ils prennent fréquemment des bains. Il faut croire que quelques individus ne sont guère soucieux de leur propreté puisqu’un amateur de notre connaissance a imaginé le moyen original suivant pour forcer ses oiseaux à se nettoyer. Ceux-ci refusant de prendre des bains, il a employé un vaporisateur qu’il a rempli, d’eau pure et avec lequel il a douché copieusement le plumage des serins. Ceux-ci 11e pouvant éviter d’être mouillés ont été obligés de se nettoyer malgré eux et de reprendre l'aspect que désirait, voir leur possesseur ingénieux,
- p.2x8 - vue 420/620
-
-
-
- ><ëe
- BOITE AUX LETTRES
- OSL.
- AVIS. - L’abondanco croissante dos demandes de renseignements qui parviennent au Service delà Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —
- Machine à écrire électrique : Iïeady, 46, rue Saint-Placide, Paris.
- Réponses. M. Bertrand, à Orléans. — Pour celte question toute spéciale, veuillez vous adresser à M. Ver-neuil, Société d’Expansion coloniale, à Boulogne-sur-Soine, qui très probablement pourra vous fournir les renseignements désirés. „
- M. Chevalier, à Paris. — Votre insuccès dans le collage de papiers de tenture doit avoir pour cause l’emploi de farine et une préparation défectueuse. Il est préférable de se servir de fécule de. poinme.s de terre à la dose de 5o à 100 gr. par litre d’eau. Celte fécule est d’abord délayée dans son poids d’eau froide de layon à obtenir un lait bien homogène, pendant ce temps on fait bouillir le reste de. l’eau et on y verse doucement, en tournant, le lait précédent. On continue ensuite à chaulîer jusqu’à ce que la masse devienne translucide, il ne doit pas y avoir de grumeaux. S’il en existait il faudrait passer encore chaud au travers d’un tamis, ajouter enfin i pour 1000 du poids total de sulfate de zinc et laisser refroidir. Pour l'emploi délayer jusqu’à consistance voulue par addition d’eau.
- M. J. Pascual, à Barcelone. — 11 n’existe pas de traité spécial sur la fabrication industrielle des produits pharmaceutiques, le mieux est de vous adresser aux maisons suivantes qui fournissent tout le matériel pour préparation des granules, capsules, comprimés, etc., lvustuer, 11, rue des Quatre-Chemins ; llatli, j5, rue de Vincennes, à Monlreuil-sous-Bois ; Savy et Jean jean, avenue Dubonnet, à Courbevoie (Seine).
- M. Heymann, à Enghien-les-Bains. — i" Vous pourriez peut-être employer comme /i.râleur des poudres de textiles un vernis à base d’acétate de cellulose cm prenant comme type une formule', analogue à la suivante : Acétate de cellulose............... 10 grammes.
- .Acétone .........................4° —
- Alcool éthylique............ a5
- Acélylacétate d’éthyle. .... jo —
- Benzine1....................?.5 —
- Vernis qui devra être' additionné en proportions convenables suivant la souplesse que l’on désire conserver, d'un plastifiant tel que la triacétine ou éther acétique de la glycérine ainsi que d’un ignifugeant, par exemple le phosphate triphénylique. Bien entendu des essais préalables seront nécessaires pour la mise au point; — 2° L’insolubilisation de la gélatine a fait l’objet d’une étude très complète par MM. Lumière et Seyewelz, de Lyon.
- M. Brunet, à Vantes. — Ainsi que nous l’avons
- indiqué la description du procédé était, empruntée au Chasseur français, elle spécifiait que n’importe, quel tanin pouvait être employé, le sumac doit donc également convenir; d’autre part, nous pensons qu’il est inutile de recourir au tanin purifié dit à l’alcool, le tanin ordinaire étant parfaitement, suffisant. Quant à la concentration de la solution cuivrique, elle ne doit avoir qu’une importance relative et il suffit de renforcer avec du liquide neuf à mesure de l’épuisement. Bien noter que ce procédé d’imperméabilisation ne peut être utilisé que pour les étoffes, de coton, lin ou chanvre et non pour la laine ou la soie qui seraient attaquées par l’ammoniaque.
- M. Cart, à Malzevillc (Meurthe-et-Moselle). — Pour remettre en bon état de service les tableaux noirs prendre 4oo gr. d’ardoise finement pulvérisée, y ajouter bo gr. de noir de fumée et délayer le tout avec une quantité suffisante de silicate de soude à 5° Baume, de façon à obtenir une consistance de peinture. Appliquer sur le tableau au moyen d’un pinceau queue de morue deux ou trois couches dans le sens horizontal et dans le sens vertical, en ayant soin de bien laisser sécher entra chaque application.
- M. Matter, à Créteil. .— Le blanchiment des huiles s’effectue de la façon suivante : faire dissoudre 5oo gr.
- de permanganate de potasse dans io litres d’eau chaude, ajouter péri à peu à ’jo kg de l’huile à blanchir, agiter le plus possible pendant a jours, puis verser dans l’émulsion un mélange de 20 litres d’eau et 1 kg d’acide chlorhydrique du commerce et brasser à nouveau plusieurs jours. Soutirer l’eau acidulée, puis laver l’huile à l’eau chaude pour enlever l’excès d’acide, finalement passer sur un filtre garni de noir animal. Les huiles d’olives, lin, pavot, palme et poissons se prêtent très bien à ce traitement.
- Hôtel villa Marina, à Vice. — Le campéchc ne donne que des noirs ou des violets noirs, il ne conviendrait donc pas pour teindre des tabliers en bleu. Le plus pratique est de vous servir des couleurs diamines qui sont aujourd’hui courantes dans le commerce et teignent le coton sans mordançage, tels sont : le benzo bleu solide, le bleu BX gros bleu et le bleu pur FF; le bain se composera pour 1 kg de coton à teindre de :
- Eau.......................... 20 litres.
- Sulfate de soude.............100 grammes.
- Cristaux de soude ...... 5o —
- Bleu diamine................ , 20 —
- Faire tiédir, entrer L’étoffe, porter au bouillon 20 à . 3o minutes, laisser refroidir dans h; bain, essorer laver à une ou deux ('aux pas plus. Four obtenir des teintes bien unies 11’opérer que sur des étofles bien dégraissées par passage dans un bain tiède au carbonate de soude (cristaux).
- Ecole Arugo, Paris. — On peut préparer une bonne encre économique en prenant :
- A. Extrait de Sumac à ao° B. .... . 1000 gr.
- Extrait de campéchc liquide à 3o° B. 76 —
- Eau ordinaire...................4000 —
- Après avoir délayé les extraits dans 1 eau préparer d’autre part la dissolution :
- B. Dextrine jaune.........................ia5 gr.
- Sulfate de fer........................ i^5 —
- Acide phénique.......................... 5 —
- Eau .................................5 00 —
- Mélanger A et B, laisser reposer quelques jours, puis décanter et mettre en bouteilles.
- M. Vincent„ à Loulans-Ies-Forges (Haute-Saône). — Le ciment suivant vous donnera très probablement satisfaction pour le scellement des carreaux de vos bacs à petit lait. Mélanger intimement de l’amiante en poudre impalpable à une quantité suffisante de silicate de soude du commerce à 36° B. de manière à obtenir une pâle onctueuse dont vous garnissez l’envers des carreaux comme s’il s’agissait du ciment habituel, bien lisser les joints et laisser sécher quelques jours avant mise en contact avec le liquide. Le même enduit, convenablement délayé dans le silicate de soude en pâte fluide, pourrait avantageusement servir à un badigeonnage préalable du ciment avant la pose des carreaux et assurerait ainsi un résultat encore plus parlait, car nous considérons que seul il suffirait sans doute.
- M. Honoré, à Paris. — L’emploi du tétrachlorure de carbone pour la destruction des mites ne présente aucune difficulté ; on bourre un petit flacon de coton hydrophile et arrose celui-ci de tétrachlorure. Le flacon est alors placé ouvert qui confient le lainage ou les fourrures, puis celle boîte est close hermétiquement. On peut également placer un flacon préparé de même manière dans le placard aux vêlements, mais il va de soi que la durée de l’action est limitée à la présence du tétrachlorure, si donc le placard est aéré par ouvertures fréquentes, il faut renouveler très souvent l’imbibitior. du colon.
- M. Douault, à Vantes. — Une bonne imperméabilisation des bâches d’autos et qui conserve la souplesse
- consiste à prendre :
- Paraffine.................140 grammes.
- Blanc de baleine..... 4° —
- Vaseline pure.............100 —-
- Benzine...................600 c. c,
- Faire fondre au bain-marie la .paraffine, le blanc de baleine et la vaseline, laisser légèrement refroidir et ajouter la benzine, puiç après refroidissement complet ajouter :
- Essence pour automobiles. . . 900 c. c.
- Pour l’emploi amener dans une cuve à la température de 45 à 5o°, immerger l’étoffe dans le liquide, puis la
- -fl 10 |§£-
- p.2x9 - vue 421/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- faire passer entre deux rouleaux pour enlever l’excès, laisser sécher. Pendant toutes ces manipulations opérer loin de Ion! foyer, l'essence et, la benzine étant très inflammables.
- M. Delpon, à Marseille, — Effectivement la naphtaline n’est, soluble en quantité appréciable qu’à chaud flans 1 alcool el l’éther et recristallise par refroidissement; vous obtiendrez un meilleur résultat avec les hydrocarbures, essence de pétrole, benzine, voire même pétrole si vous ne tenez pas à un dissolvant très volatil.
- M. Lapouyade, à Sa in l-Ma rl in-d e- Ré. — r° Quel que soit le ciment que vous appliquerez sur le mastic fendillé de votre vitrage, vous n’obtiendrez pas de résultat satisfaisant, le mieux est d’enlever l’ancien mastic par le tour de main suivant : au moyen d’un petit flacon dont le bouchon porte un tube ellilé, on verse quelques gouttes d’acide sulfurique étendu de son volume d’eau sur le mastic à enlever. Ce dernier étant à base de craie, l’acide décompose le carbonate de chaux, il se produit une effervescence dut' à l’acide carbonique qui désagrège l'huile, au bout, de très peu de temps le mastic, est devenu mou et se détache facilement. Vous rernastiquerez alors comme d’habitude avec le mastic de vitriers qui se prépare en prenant :
- Blanc d’Espagne pulvérisé . . a5o grammes.
- Huile de lin................. 100
- Eaire sécher préalablement au four le blanc d’Espagne pour enlever toute humidité, ce (pii est essentiel, puis le malaxer sur une (ablette de marbre avec l'huile de lin de façon à obtenir une pale consistante mais
- facile à travailler. Ce mastic peut être conservé longtemps sous l’eau et il suffit, au moment de l’emploi, pour lui rendre toute sa ductilité, d’une addition de quelques gouttes d’huile de lin; — 2° Nous cherchons toujours dans nos réponses à faire connaître en quelques mots quel était, l’objet, de la question posée, mais il ne nous est pas possible de la reproduire in extenso.
- M. ChenoiUes, à Saint-,) ulien-en-.l arez. —• U argenture cia verre par réduction au formol demande certains tours de main que l’on ne peut acquérir que par la pratique, les conditions nécessaires pour obtenir un miroir satisfaisant semblent être que la réduction se produise surtout à la surface, les substances étrangères même à l’état de traces peuvent avoir une action fâcheuse, l'ammoniaque ne doit être employée que juste en quantité nécessaire, car l’excès d’un sel ammoniacal, ainsi que la présence d’un soi halogène, empêche la formation du miroir, enfin il faut que le processus de la réduction soit extrêmement lent et, l’addition d’un volume d’alcool à la solution de formol favorise la mise en liberté de l’argent, sous forme de couche adhérente au lieu de dépôt.
- J/, le J)T Garban, à Vichy. Vous avez très probablement employé comme produit anti-buée pour glace d’auto un saVon commercial transparent, dit à la glycérine, ne possédant de celle-ci que le nom ; comme en réalité cette glycérine est la substance utile dans ce ras, il conviendrait de refaire l'essai en dissolvant au bain-marie du bon savon de Marseille blanc en copeaux dans son poids de glycérine, vous obtiendrez très probablement satisfaction.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nati.uu-: se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-posle ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port ou d'emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- La théorie de la relativité restreinte el généralisée (mise à la portée de tout le monde), par A. Einstkix, traduit, de l’allemand par Mlle Rocvikrk, préface de M. E. Bohiu., 1 vol. 120 p. Gauthier-Yillars, éditeur, 1921. Prix : 7 francs.
- A. Einstein est. le créateur des deux théories de la relativité dont la simplicité, la logique et la fécondité ont. provoqué une admiration universelle; mais elles bouleversent violemment les principes mécaniques et physiques qui paraissaient jusqu’ici les mieux assis. Aussi provoquent-elles des controverses passionnées. Le premier pas franchi par Einstein, à peine sorti de 1 école en igo5, est la théorie de la relativité restreinte, aboutissement logique de l'ouivre de Lorentz sur .l’électrodynamique des corps en mouvement. Celle théorie a été généralisée eu 1917, sous, la forme dite de la relativité généralisée; c’est celte dernière qui réduit la mécanique et la physique à une géométrie à quatre dimensions et aboutit à la conclusion brillamment vérifiée par l’expérience que la trajectoire de la lumière dans un champ de gravitation 11’est pas rccli-ligne. Les théories d’Einstein visent à expurger la physique de toute notion qui ne soit pas expérimentale, et elles aboutissent à réformer profondément nos conceptions usuelles d’espace et de temps. Aussi exigent-elles pour être comprises un grand effort intellectuel. D'autre part leur exposé systématique et rigoureux comporte des développements mathématiques inaccessibles au public non initié, et qui rendent encore plus difficile l’examen de ces doctrines, par ailleurs si attirantes.
- Einstein a entrepris d’exposer en langage vulgaire l’ensemble de son œuvre. Le petit ouvrage de vulgarisation qu’il y a consacré est un modèle de lucidité et de concision. Mais, pour bien en pénétrer la substance il faut, comme le dit l’auteur, une certaine maturité d’esprit et un certain effort de patience et de volonté. Ce livre fait bien saisir l'enchaînement logique des
- s d Einstein cl la beauté de la synthèse réalisée par le savant; cependant, pour le comprendre à fond, bien des commentaires sont nécessaires, si le lecteur n’est pas déjà en possession de solides connaissances sur les faits fondamentaux de la mécanique et de la physique classiques. Ceci n’est' pas une critique mais un avertissement. Quoi qu’il en soit, ce petit traité, fort bien traduit par Mlle Rouvière, doit être classé parmi les chefs-d’œuvre de la littérature scientifique.
- The Theory of Pelalivily, by A. Einstkin, traduit, en anglais par R.-W. Lawso.v, i vol. 138 p. avec 1 photo de l’auteur et, un index, Methuen éditeur, 116, Essex Street, Londres, 1921.
- Cet ouvrage-est la traduction anglaise du même livre d'Einstein que le précédent.
- Espace, Temps, Gravitation, par A.-S. Eddixgton, traduit de l’anglais par J. Rossioxor.. Préface de P. Lan-gkvi.n. 1 vol. in-8°, 43o p., Hermann, éditeur. Paris 1921. Prix : 28 francs.
- M. Eddington fut en Angleterre un des premiers protagonistes des théories d’Einstein et c’est à lui qu’on doit l’expédition agronomique célèbre où fut vérifiée la déviation de la lumière dans le champ de gravitation du Soleil, prédite par Einstein.
- Dans ce livre, M. Eddington fait pénétrer de plain-pied le profane dans le temple de la Relativité généralisée ; il lui évite la route mathématique rocailleuse suivie par son créateur; sans s’attarder aux préliminaires, il le transporte dans l’univers à 4 dimensions, dans les espaces-temps non euclidiens, inonde où notre raison, nos préjugés sont quelque peu bousculés, mais où l’expression des lois de la nature se simplifie de miraculeuse façon. M. Eddington a mené à bonne lin sa tentative audacieuse; il était aidé non seulement par sa parfaite connaissance des théories d Einstein eL des développements nouveaux qu’elle a reçus en ces derniers mois, tels que ceux de Weyl, mais encore par un très brillant talent littéraire. Son style alerte, émaillé d’images heureuses, souvent poétiques, de traits spirituels, entretient constamment l’attention et sait habilement faire franchir au lecteur les passages difficiles. La relativité, suivant Eddington, a comme point de départie fait que nos divisions
- JSd
- ’1*SD
- BIBLIOGRAPHIE
- >
- déduction
- 11 | Wr
- p.2x10 - vue 422/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- de l’espace et de temps sont introduites par l'observateur et-qu’elles sont complètement indépendantes des lois de la nature, mais elle n’entend pas être la science du relatif; bien au contraire, elle cherche à dégager l’absolu qui se cache derrière ces données relatives .qu’enregistrent nos' sens; M. Eddinglon résume les efforts d’Einstein et de ses continuateurs, il montre la puissance et la beauté de cette synlhèse, il en marque aussi les limites et conclut par cette remarque d’une ironique mélancolie : « Nous avons découvert l’étrange empreinte d’un pas sur le rivage de l'Inconnu. Pour expliquer son origine, nous avons bâti théories sur théories, toutes plus ingénieuses et plus profondes les unes que les autres. Nous avons enfin‘réussi à reconstituer l’être qui laissa cette empreinte. Et cet être, il se trouve que c’est nous-mème. »
- M. Eddington a ajouté à l’édition française de son livre un complément théorique, où l’on trouvera un résumé de l’œuvre .mathématique de Einstein et do sa généralisation par Weyl.
- Einstein's Relativity and gravitation, par J. Malcolm Bird. i vol. 34a p. Scientific American Publishing C°, New-York, 1921.
- En 1920, un généreux Américain habitant Paris chargea le Scientific American d’organiser un concours doté d’un prix de 5ooo dollars pour le meilleur mémoire sur les théories d’Einstein; les conditions à remplir étaient de n’employer qu’un langage accessible à tous et de ne pas dépasser 3ooo mots, L’Anglais était la langue obligatoire. 3oo concurrents se présentèrent ; nous relevons parmi les noms de savants connus qui participèrent au concours ceux de MM. Aines, de Baltimore, Schouten de Délit, de Bo-thézat, Webster, Dushman, Wood, de Sittcr, Schlick, Pickering, Russell, etc. Cos noms suffisent à dire la .valeur de certains de ces mémoires.
- Le prix fut décerné à M. Bolton, ingénieur anglais du Patent Office. Son mémoire constitue un bon résumé du point de départ et des conclusions d’Einstein. Mais il apporte peu de lumière sur le sens profond de ces théories. Il n’en est pas de même de certains autres mémoires non couronnés. L’éditeur de ce livre a groupé fort habilement un grand nombre d’extraits de ces travaux et publié in extenso les plus remarquables. L’ensemble est fort intéressant et met clairement en évidence les nombreux aspects : géométrique, mécanique, physique, astronomique, philosophique des théories de la relativité.
- Une nouvelle figure du monde. Les théories d’Einstein, par L. Fabre/avec préface de M. A. Eixsteix, i vol. in-16, a43 pages. Payot, éditeur, 1921. Prix : 7 fr. 5o.
- Les travaux d Einstein ne sont pas accessibles directement au grand public à cause de leur caractère mathématique. Même le petit livre de vulgarisation d’Einstein, que tout le monde peut lire, forcera beaucoup de ses lecteurs à se poser des questions auxquelles ils n’auront pas les moyens de répondre eux-mêmes.
- C’est aux commentateurs qu’incombe la’ tâche de donner ces réponses. Le meilleur moyen de comprendre une théorie, c’est, d’en connaître la genèse historique. Peut-on bien saisir la valeur de l’œuvre d’un Lavoisier par exemple, si l’on ne connaît au moins sommairement les notions régnantes à son époque, et qu’il lui a fallu renverser ou réformer!1 M. Fabre, après un exposé sommaire et élémentaire des théories einsteiniennes, retrace d’une façon fort attachante l’évolution de l’optique et de l’électricité ç de Newton à Lorentz en passant par Fresnel, Faraday, Maxwell et Hertz; il. fait apparaître ainsi nettement > la, contradiction fondamentale qui existe entre l’élec-trodynamisme et la mécanique classique ; on comprend alors pourquoi Einstein a cherché à saisir la raison de cette contradiction, pourquoi il a cherché à l’éliminer et comment il est parvenu à échafauder une théorie logique qui groupe en un seul bloc : mécanique, électricité, optique et gravitation. Après cet historique l’auteur expose dans son ensemble l'enchaînement des - théories einsteiniennes, et en-examine la valeur scien-; tifique et philosophique. L’ouvragé est écrit fort
- élégamment et sa lecture sera utile à tous ceux qui veulent se rendre compte de la portée de ces théories nouvelles.
- Einstein et l’Univers (une lueur dans le mystère des choses), par Cn. Nordmaxn. 1 vol. 222 p.'Hachette, éditeur, Paris, 1921.
- Admirateur de la synthèse d’Einstein, M. Nord-rnann a entrepris d’en faire apercevoir les grandes lignes, en les dégageant de leur enveloppe mathématique.
- Il fait dans un langage imagé un exposé très clair des bases de départ de la théorie relativiste et des résultats auxquels elle conduit. Son programme lui interdisait, bien entendu, d’essayor d'enchaîner avec rigueur les raisonnements, il ne peut que nousdonner une description extérieure et pittoresque de l’édifice. Il l’a fait avec plein succès et sur ce sujet difficile, il a réussi à écrire un livre dont la lecture agréable inspirera à de nombreux lecteurs le désir de pénétrer plus à fond ces théories nouvelles. Malgré son admiration pour Einstein, l’auteur ne s’interdit pas la critique; il met en regard d’une façon aussi claire qu'impartiale les points de vue einslcinien et. newtonien et pose aux bons endroits les points d'interrogation nécessaires. Son livre se termine par un aperçu sur le remarquable mémoire par lequel M. Painlevé vient de se poser en adversaire de la théorie de la relativité généralisée d’Einstein.
- Une critique d’ordre historique en passant. M. Nord-mann représente Henri Poincaré comme un précurseur de la relativité. Mais les passages du grand mathématicien qu’il cite à l’appui do cette thèse sont bien postérieurs aux travaux d’Einstein. En fait, Poincaré a aperçu nettement, les contradictions de la mécanique classique et son impuissance à englober l’électrodynamique, mais il n’a pas conclu. Son rôle dans cotte question nous paraît, beaucoup mieux analysé dans l’ouvrage de M. Moeh.
- La relativité des phénomènes, par G. Moon. 1 vol. 366 pages, 21 fig. (Bibliothèque de Philosophie scientifique). Flammarion, éditeur, Paris 1921. Prix 7 fr. 5o.
- La Collection qui contient les célèbres ouvrages de II. Poincaré sur la valeur de la science, la science et l’hypothèse, science et méthode, se devait de consacrer un volume aux théories nouvelles de la relativité, dont Poincaré, le premier en France, a si nettement fait ressortir la nécessité dès 1908. Avant d’exposer les théories d’Einstein, M. Moeh commence par peindre en quelque sorte le fond du tableau, sur lequel elles prendront naturellement tout leur relief : il montre comment les notions fondamentales de toutes les sciences exactes, à savoir l’espace et le temps, sont relatives, ainsi que les mesures qui s’y rapportent et il met en évidence le caractère humain de ce que nous appelons lois naturelles.. Il expose ensuite les théories de la relativité restreinte, et montre ce qu’elle modifie dans la mécanique et la physique classiques, puis il résume dans ses grandes lignes et sans appareil mathématique la relativité généralisée. Après cet exposé, l’auteur discute la théorie, il rappelle les noms des précurseurs, notamment G. Lebon que trop de Français — on ne s’explique pas pourquoi — passent injustement sous silence cl dont l’influence fut cependant profonde, aussi bien à l’étranger qu’en France ; puis M. Moeh apporte quelques critiques à certaines déductions d’ordre métaphysique que certains tirent des théories Einsteiniennes et enfin il croit voir une faute de raisonnement dans le fait d’afiirmer comme conséquence de ces théories l’impossibilité d’envisager des vitesses supérieures à celle de la lumière, cette, affirmation étant implicitement postulée dans les hypothèses initiales. Le livre témoigne d’une grande érudition scientifique et a l’avantage en cette matière ardue de se lire aisément.
- Là relativité et les forces dans le système cellulaire des mondes, par le capitaine Stéfax Christesco, i vol. .in-16, 290 p. avec ,10. fig. et 4 pi- horj> texte, 12 b -net, Félix Alcan, éditeur. Paris 1921.
- p.2x11 - vue 423/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2493
- 14 Janvier 1922
- /
- T. S. F. et téléphonie sans fil; droits des particuliers. — À maintes reprises, des amateurs sans-filisles de La Nature Tout consultée pour savoir si, à leur poste récepteur, ils pouvaient ajouter un poste émetteur et ainsi correspondre avec un autre amateur voisin.
- Aujourcl hui, le sous-secrétariat d’Etat des Postes et télégraphes répond à leur désir par la communication suivante :
- « Au moment où des expériences remarquables font connaître au public les progrès rapides de la téléphonie sans fil, il n’est pas sans intérêt de signaler que les particuliers ont dès maintenant la faculté d’utiliser ce nouveau mode de communication pour les besoins de leur correspondance, entre postes privés.
- La réglementation mise en vigueur en 1920 pour permettre l’etablissement et l’usage de postes radioélectriques destinés à l'échange de la correspondance entre postes de cette catégorie vise aussi bien, en eifet, la radiotéléphonie que la radiotélégraphie.
- Les compagnies, sociétés ou particuliers qui désirent utiliser des postes de cette nature doivent adresser à 1 administration des postes et des télégraphes, en meme temps que leur demande d'autorisation, la nomenclature des appareils qu’ils se proposent d’utiliser, en spécifiant leurs caractéristiques techniques et leur provenance, ainsi qu’un schéma des communications à réaliser.
- Les postes autorisés sont installés, exploités et entretenus par les soins et aux frais des concessionnaires.
- Les communications télégraphiques ou téléphoniques Habiles au moyen de ces postes sont soumises au contrôle de l’Etat et assujetties à la meme redevance, pour droit d’usage, que celles qui sont constituées par des lignes électriques d’intérêt privé, avec fil.
- Cette redevance a été fixée par la loi du 9,9 mars 1920 à :
- 45 francs par an et par kilomètre de distance séparant deux postes correspondants;
- 45 francs par poste en sus des deux postes nécessaires pour réaliser la communication.
- Les communications d intérêt privé actuellement autorisées sont, quelle que soit leur nature, destinées en principe a relier entre eux des établissements situés dans les limites d une région peu étendue, mais l’administration des postes et des télégraphes étudie en ce moment l'extension de ce régime aux liaisons à grande portée. ))
- Les émissions de T. S. F. de la Tour Eiffel. —
- Voici l’horaire en vigueur à la date du ier janvier 1923. 2h 20. Météo France sur longueur d’onde 1 2600™
- 81120. — — __
- qh23. Signaux horaires internationaux —
- ioh Battements, 3oo signaux rythmés —
- 10*36. Signaux horaires semi-automatiques —
- nh3o. Météo Europe. O. N. M. __
- i2ho5. Presse sur X 320om
- i4h20. Météo France — a6oom
- 19*20. — — __
- 22h Battements — __
- 22*36. Signaux horaires semi-automatiques —
- Les heures sont exprimées en temps moyen de Greenwich.
- Les résultats des battements rythmés sont envoyés pour ceux de ioh un peu avant les signaux horaires" de ioh44ra, 45m et pour ceux de 22* un peu avant les mêmes signaux horaires de 221i44“,45.
- Le Radium au Congo belge. — On a découvert que les mines de Luiwishi et de Chinkololobwe au lvalanga contiennent des minerais riches en uranium et en radium. Les études pour le traitement de ces minerais sont, d'après le Mouvement géographique, très avancées et 1 Union minière du Haut lvalanga a décidé, d’accord avec la Société métallurgique d'JIoboken, de construire une usine pour la production industrielle du radium et de Fviranium. Les minerais seront traités à Tloboken et l’on espère, commencer la production dans le second semestre de 1922. Tout permet de croire que la Bel-
- gique deviendra sous peu un important producteur de radium.
- L’encuivrage des canons et son remède. — Après quelques mois de tirs intensifs, 1 artillerie française se trouva dès la fin de 1 année 1915 on présence d’un phénomène d une ampleur jusque-là insoupçonnée : l’encuivrage des canons. Après le tir d’un certain nombre de projectiles, il se produit dans les rayures et sur les cloisons du tube de la bouche à feu des depots de cuivre laissés au passage par la ceinture des obus. Ces depots adhèrent très fortement à l'intérieur de l’àme et épaississent rapidement; ils enlèvent à la pièce toute sa précision dans Je tir, diminuent sa portée, accélèrent son usure et de plus finissent par provoquer des éclatements du projectile dans Famé, par suite du fonctionnement prématuré de la fusée du au ralentissement de l’obus dans la zone encuivrée. Ces éclatements de projectile entraînent généralement celui du canon.
- LcncuLragc causait donc a 1 artillerie de graves préoccupations et menaçait de la paralyser.
- Un remède aussi simple qu’ingénieux a été imaginé à cette époque par M. Dagory, qui en donne la description dans la H évité industrielle.
- Le principe en est le suivant : dissoudre le cuivre dans de rétain en formant un alliage liquide à la température du canon et qui par suite s’expulse de lui-même au passage des obus.
- Pour cela on fixe sur la tranche du culot de l’obus une composition métallique formée d’un alliage d’étain et de plomb (63 pour 100 étain et 3; pour 100 plomb). La fixation de col alliage se fait par soudure de rondelles ou d’anneaux rapportés, ou mieux encore à l’aide des procédés de métallisation Schoop.
- La température élevée des gaz de la poudre, au départ du coup, dépasse 22000; aussi l’alliage étain-plomb qui fond à 1900 environ entre-t-il aussitôt en fusion. La rotation de 1 obus projette ce liquide en fines gouttelettes contre les parois de l’àme. Au contact du cuivre de l'encuivrage, Pétain forme avec ce dernier métal un alliage fusible à la température du canon et qui est expulse sans difffcultés au passage des obus suivants. Quant au plomb, métal plastique, il ajoute une action lubrifiante à l’action chimique de l’étain.
- Quelques obus (3 ou 4 pour les gros calibres, 10 à ao pour les canons de-campagne) suffisent à rendre la vie à dos canons qu’il faudrait,'sans ce précieux reWde, considérer comme définitivement usés. Le procédé Dagory a, en outre, l’avantage évident d’être non seulement curatif, niais encore préventif; l’emploi exclusif des obus garnis de l’alliage ci-dessus empêchant manifestement tout encuivrage.
- La voie d eau du Saint-Laurent. — Les Gouver-menents du Canada et des Etats-Unis se sont mis d accord pour rétablissement d’une voie d’eau qui aura pour but de faire de Chicago un port directement accessible aux vaisseaux venant d Europe. Au lieu d’embarquer à New-Tork après un trajet de 2000km parchemin de fer, les grains et les animaux (les deux grands produits d’exportation de la région centrale des Etats-Unis) partiront directement sur bateaux de Chicago.
- L économie tut fret, sur les grains seulement, sera de plus de 40 millions de dollars par an, et sur les animaux (porcs en particulier) de 3 millions de dollars. Le coût de l’établissement de la voie d’eau sera de 25o millions de dollars et les frais d’entretien de 2 à 3 millions par an. De plus, la différence de niveau entre le lac Erié et 1 Océan, qui est'de a5o m. , permettra rétablissement d usines de force motrice sur son parcours.
- t-es ricnesses en soufre des Nouvelles-Hébrides.
- L île do "Yanua Lava est une île des Hébrides de 4 à 5oo km3 de superficie, qui possède une montagne de 5oo m. de hauteur. Cette île volcanique est constituée par une masse de terres sulfurées à teneur en soufre qui Irise l'invraisemblable, comme richesse on soufre. Yanua Lava fait partie du groupe « Banks », qui dépend lui-même du gouvernement des Nouvelles-Hébrides."
- 43 13 la-
- p.2x12 - vue 424/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- Ce groupe se trouve entre le i5' et le 20° degré de latitude sud, et à 900 milles de la côte du Queensland australien.
- L’ile Yanua Lava est constituée par du soufre natif à la plus liante teneur qui soit possible. Au prix du minerai de Yanua Lava, les gisements les plus riches de Sicile pâlissent piteusement.
- Il y a 20 ans, au temps où l’archipel des Nouvelles-Hébrides était encore sous la domination de la France, une Compagnie française s’y était installée, 'y avait construit des magasins, un port et y avait commencé l’exploitation du soufre. Des centaines d’indigènes y avaient commencé l’exploitation du soufre. Des expéditions de soufre y avaient été faites. Puis cela s’arrêta, les uns disent par suite de l’insalubrité de l’ile, les autres disent pour des raisons plus mystérieuses.
- Sur les plantations d’épicéa. — M. Effère, notre collaborateur, signale que le renseignement contenu dans l’information parue dans le n” 2479 de 'La Nature (8 octobre 1921) est d’une très grande importance pour les reboisements.
- On sait combien l’épicéa est précieux pour refaire les forêts, en terrain vierge surtout. Mais sur les pentes ouest des Yosges, on a constaté qu’on ne pouvait pas refaire une nouvelle plantation d’épicéas après l’exploitation d’une première série. Tous les forestiers sont d’accord pour reconnaître en fait, pour déclarer qu’il faut planter là des sapins des Yosges, que le sol est épuisé par l’épicéa.
- Et la raison de cette exclusion est bien évidente : la rapide pousse de l’épicéa tient à l’abondance de la chlorophylle et celle-ci a besoin de beaucoup d’azote : si elle n’en reçoit pas assez, elle ne peut pas se développer et l’arbre végète.
- Or il n’y a pas de genêts ni d’ajoncs sur la côte ouest des Yosges, tandis que les genêts abondent sur le côté alsacien; et il ne semble pas que là, le système allemand d’abatage total des plantations d’épicéas ait empêché la restauration des forêts par la même espèce.
- C’est la confirmation directe des observations de M. P. Bulïault sur les plantations de M. le Dr Bosselut, ainsi que des propriétés azotileres des papillonnacés.
- Quand nous aurons un canton à reboiser, nous y ferons d’abord une plantation de genêts en chaulant le sol.
- Le beurre d’Illipè. — Deux arbres de la famille des Sapotacées, le Bassia longifolia, de la région sud, et le Bassia latifolia, du centre et de la côte occidentale de l’Inde, fournissent par leurs graines contenant une amande formée de deux cotylédons très oléagineux une matière grasse, le beurre d’Illipè, que l’on extrait par pression à chaud.
- Le point de fusion de ce beurre est 26° à 28°; il reprend consistance à 220 ou ?.3°; sa densité est 0,9175. Il èst formé d’oléine (60 pour 100) et de palmitine (35 pour 100). Les procédés -perfectionnés permettent d’obtenir 5o à 60 pour 100 d’acides gras de l’Illipè.
- Dans des vases bien bouchés, ce beurre se conserve longtemps, mais à Pair il raheit facilement. Le beurre d’Illipè a ses principales utilisations en savonnerie et en stéarinerie. Les Hindous l’emploient en thérapeutique et pour oindre les idoles et les prêtres Brahmes eux-mêmes en signe de sanctification.
- Le tourteau résiduel a des propriétés émétiques et drastiques qui le font employer par les braconniers de pêche, au même titre que la coque du Levant.
- Les Indiens l’émiettent dans l’eau et s’en lavent la tête, cela tient probablement à la présence de la sapo-nine.
- Les corolles des fleurs des Bassia, surtout du B. lati-folia, sont gorgées de glucose ; on en extrait un alcool qui contient un empyreume nocif, et on les emploie aussi à la fabrication des vins de raisins secs.
- La graisse de Dumori. — L’utilisation des graisses végétales exotiques, pour suppléer à l’insuffisante production des matières grasses indigènes, a été étudiée plus particulièrement en Angleterre et en Belgique.
- Le domaine colonial de la France offre, à cet égard, des ressources considérables.
- Les indigènes de la Côte d’ivoire consomment, en forte quantité, une graisse fournie par une sapolacée, le
- Dumoria Heckeli ou graisse cle Dumori. D’après M. A. Hébert, on obtient des graines décortiquées 40 pour 100 de graisse fondant à 34° et qui serait constituée, essentiellement, par un mélange d’acides oléique, carnau-bique ou cérotique, stéarique et palmitique.
- Cette graisse a des propriétés alimentaires remarquables. En outre, elle peut être utilisée avantageusement dans l’industrie, notamment pour l’ensimage des laines et l’assouplissement des cuirs.
- Le plus vieil homme du monde a 134 ans. — Naturellement le plus vieil homme du monde habite les Etats-Unis ; 1 oncle Sam n’a-t-il pas l’habitude de battre tous les records ? C’est un Indien du Minnesota, qui répond au nom harmonieux de Ka-Be-Nah-Gway-Wence, mais est plus connu des touristes américains sous le sobriquet de « Wrinklod Méat » (Viande ridée). Il aurait
- aujourd’hui 1 34 «ns bien sonnés. A défaut des registres de 1 étal-civil de Cass Lake, son village natal, la peau de sa figure toute parcheminée ou même ossifiée atteste l’âge respectable de cet authentique contemporain d’Œil-de-Faucon et autres héros de Fenimore Coopcr!
- On doit cependant accueillir avec réserve les dires de ce Malhusalem transatlantique comme d’ailleurs tous les phénomènes de longévité humaine, rapportés de temps à autre par les journaux, depuis l’enquête sérieuse faite, en 1886, par notre Service de Statistique générale au sujet des 18.4 centenaires qui figuraient à cette époque sur les feuilles du recensement de la France. Les enquêteurs ne purent obtenir aucun renseignement sur .48 d’entre eux, 63 n’avaient pas atteint leur centième année. Et même un de nos compatriotes facétieux, qui frisait à peine la trentaine, s’était vieilli de plus de quinze lustres pour s’amuser! Enfin 16 centenaires seulement avaient fourni leur acte de baptême, et pour les autres, les statisticiens durent se contenter des déclarations de leurs parent-s. Le vieillard le plus âgé qui vivait alors dans notre pays était un Espagnol de 116 ans fixé à Tarbes et baptisé, le 20 août 1770, à San Estevan de Litera.
- Méfions-nous donc des dires de Viande ridée qui, à l’encontre de beaucoup de filles d’Eve, n’a certes pas songé à se rajeunir! J. B.
- -flU 14 ipfr-
- p.2x13 - vue 425/620
-
-
-
- VARIETES
- ossT
- COMMENT HIVERNER LES PLANTES D'AGRÉMENT?
- Les amateurs de plantes ornementales, indigènes on exotiques, les collectionneurs de. plantes rares éprouvent souvent de sérieux mécomptes du fait des rigueurs hivernales, parce qu'il leur manque les connaissances nécessaires que possède l'horticulteur spécialiste pour protéger des grands froids et de l'humidité les plantes plus ou moins délicates.
- Savoir assurer l’hivernage des plantes d’agrément, les défendre contre les intempéries, c’est emprunter à l’art horticole des éléments que l’horticulteur utilise selon les variations du thermomètre et la nature des plantes à conserver.
- I. Plantes sous châssis et plantes d’orangerie.
- — Les plantes exotiques ne sont pas toutes également sensibles au froid et à l’humidité. Parmi les plantes provenant de régions relativement chaudes, il en est *|ni montrent une certaine rusticité sous nos climats, tandis que d’autres sont beaucoup plus sensibles aux froids. C’est ainsi que parmi les plantes venant du Mexique, on hiverne facilement sous châssis à froid, dans nos régions, les Echeveria secundo et glauca major, tandis que les Broméliacées de ce pays, telles que Pit-ceairnia punicea et labulæformis, exigent la serre chaude, Du cap de Bonne-Espérance, on hiverne de même sous châssis à froid YAgapanthus umbellafus, Y Agathæa cælestis, les Gnaphalium peiiolatum et variétés : G. au-reo-variegalum et G. microphyll uni, tandis que les Pélargonium ou Géranium capitatum, grandiflorum in-quinans et peltalum provenant de ces mêmes régions, doivent passer l’hiver en serre froide, saine, non humide et très éclairée.
- Avec quelques coffres ou châssis vitrés, on peut hiverner bon nombre de plantes appréciées poyir l’ornementation estivale des jardins, il suffit de les placer dans un endroit bien abrité du jardin; face au midi. Autour des coffres, on établit un réchaud de feuilles mortes et la nuit, en temps de gelée, on étend des paillassons sur les châssis.
- On peut .traiter de celte façon les collections de Fuchsias, plantes originaires du Mexique, du Chili et du Pérou; les Abutilons Thompsoni venosum et variétés : Souvenir de Bonn et Sawitzi, du Mexique ; les Mesam-bryanthemum deltoïdes et pugioniforme, du Cap; les boutures de Sparmannia africana, d’Anthémis frutes-cens, fæniculaceum, anethifolium, des îles Canaries et de Madère, et les boutures d’Eupatorium micranthum, du Mexique.
- Sous châssis à froid, dans des coffres suffisamment profonds ou des bâches en briques, on hivernera les grands Fuchsias, les Faisia japonica, les Trachycarpus excelsus, palmiers de la Chine et du Japon, les Raphio-lepis ouata, Rosacée du Japon, les Muehlenbeckia com-plexa, de la Nouvelle-Zélande et d’autres plantes dites d’orangerie; les collections de Chrysanthèmes (en pieds mères rabattus), transplantés à l’automne, “les touffes de violettes de Parme et celles à grandes fleurs ; La France, Princesse de Galles, Souvenir de Jules Josse, ce qui permet de récolter de nombreux bouquets de violettes jusqu’ep avril.
- Les plantes hivernées sous châssis doivent être aérées largement lorsque la température, à l’extérieur, le permet et surtout lorsque le soleil darde ses rayons sur les châssis vitrés; arroser modérément lorsque la terre des pots est sèche; enlever les moisissures.
- Les orangeries doivent être exposées au midi, avec grandes fenêtres latérales faisant face à cette orientation, et murs épais.
- Aux endroits les moins éclairés, on placera les plantes à feuilles caduques, telles que : Grenadier (Punica granalum, de la Tunisie et de l’Inde boréale ; Lagerstremia indien de la Chine et genres similaires. Devant ces plantes et par gradation d’arrière en avant, on placera les plus robustes des espèces ’à feuillage persistant : Laurier-rose (Nerium Oleander), de l’Europe Méridionale, pour mettre en pleine lumière les Orangers et Citronniers, les Camellias du Japon, Choisya ternatd et Ilabrothamnus ou Cestrum elegans, du Mexique; Veronica salici folia, de la Nouvelle Zélande; Pittosporum Tobira de la Chine; Myrlus commuais, Araucaria excelsa, de Elle de Norfolk.
- L’atmosphère de l’orangerie ne doit pas être trop humide, ni trop sèche, et la température sera maintenue entre -|- 3° et -j- io° centigrades; arroser modérément et biner superficiellement la terre des caisses et des pots.
- IL Plantes de serre froide. — Remarquons, tout d’abord, que les serres froides peuvent être adossées, face au midi, avec bâche et gradin à l’intérieur, ou bien être à deux versants dirigés du nord au sud, ceux-ci faisant face à l’est et à l’ouest. Les serres froides, à deux versants, doivent être basses, avec bâches et tablettes à l’intérieur.
- Dans ces serres, on hivernera les différentes variétés de Pélargonium ou Géranium, les Agératum cicruleum, les Ileliotropium peruvianum, les Cuphea platycentra. Ces plantes sont hivernées habituellement à j’état de jeunes boutures faites en août.
- La serre froide convient également aux plantes grasses (Cactées) des genres Cereus, Epiphyllum, Opuntia, etc., qui veulent l’endroit le plus éclairé, craignent l’humidité ; c’est à peine si on leur donnera un léger arrosage de loin en loin, sauf cependant YEpi-phyllum truncatuni à l’approche de sa floraison.
- Le Cassia floribunda, du Mexique ; le Plumbago capensis, du Cap ; les Primulæ sinensis et obconica, YAzalea indica, de la Chine : le Cineraria cruenta, des Canaries, les Calcéolaires herbacés du Chili demandent, en serre froide, une atmosphère un peu moite.
- La serre froide doit avoir une température de -j- 6° à -|- io° centigrades; on chauffe au thermosiphon et on aère aussi largement que possible quand la température extérieure le permet ; arrosages très modérés, donnés seulement lorsque les plantes ont 'besoin d’eau. Pour certaines plantes, telles que Agératum, Jleliolro-pium, Azalea et similaires, la trop grande sécheresse provoquerait la maladie dite « la grise » ; on l’évitera en entretenant la terre des pots en bon état de fraîcheur.
- III. Plantes de serre tempérée. —Durant l’hiver, la serre tempérée doit avoir une température de -f- n° à -f- i6° centigrades, pour recevoir les jeunes pieds-mères bouturés en juillet-août de Bégonia à végétation continue, variétés et hybrides : Bégonia Semperflorens, Ascotien-sis, Castanæfolia, Argyrostigma, Olbia du Brésil; fuchsioïdes, de la Nouvelle-Grenade; Achyranthes ou Jresine acuminata, Herbslii, ou Verschaffelti, des bords de l’Amazone; lAndeni, de l'Equateur; Coleus Blumei, de Java; Alternanthera amabilis et paronychioïdes, du Brésil; Telanthera versicolor, amaranlacée des mêmes régions, en serre basse à deux versants et double vitrage, confinant mieux la chaleur et la moiteur de l’atmosphère.
- En terre tempérée plus spacieuse on hiverne : Liens elastica, Caryota urens, Curculigo recurvata, des Indes; Asparagus plumosus et Strelitzia augiista, du sud de l’Afrique; Phoenix dactylifera, des Canaries; Musa Ensete,, de l’Abyssinie; Adiantum Williamsi, du Pérou; Cypripediiim javanicum, de Java; Lælia lobata (orchidée du Brésil) ; Odontoglossum Blandum (orchidée de la Colombie).
- • Aux plantes hivernées en serre tempérée, il faut une certaine moiteur de l’atmosphère, ce qu’on obtient par des arrosages appropriés et modérés, des bassinages, lorsque le soleil fait augmenter la température et une aération limitée.
- IV. — Plantes de serre chaude. — La serre chaude est réservée aux plantes les plus délicates. La température, chaude et humide, est de -j- i8° à -f- 200 centigrades.
- Voici, notamment, les espèces qui doivent être hiver-nées en serre chaude : Croton ou Codiæum variegatum, de l’Archipel Malais; Medinilla magnipca (mélasto-macée de Manille et de Java); Ficus Parcelli, Acalyphci musaïca, Pandanus Veitchü, plantes de la Polynésie,, Hæmanthus Lindeni, du Congo; Anthurium Scherzc-rianum de Costa-Rica et toutes les plantes provenant des régions très chaudes et humides du globe.
- En hiver, on obtient du Bégonia Gloire de Lorraine une abondante floraison, en tenant cette plante en serre chaude, sol poreux, moiteur atmosphérique en rappos t avec la chaleur donnée. Avant complet épanouissement
- p.2x14 - vue 426/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- des fleurs, on met la planle en serre tempérée pour la durcir et prolonger sa durée en appartement.
- On peut traiter semblablement diverses gcsnéracées, telles que : Nægel-ia cinnabarina, du Mexique; Saint-paulia ionantha, de l’Afrique Orientale; Sanchezia nobilis (acanthacée de la République de l’Equateur).
- V. Plantes bulbeuses, tuberculeuses et rhizoma-teuses. — L'hivernage de ces plantes ne demande qu’un local sain, non humide, préservé des gelées, et à température régulière.
- Les Balisiers, les Dahlias, les Bégonias bulbeux, les Glaïeuls sont préparés par ressuyage sur le sol avant leur conservation; on coupe les tiges à i5 ou 20 cm et
- on range les tubercules sur un sol sain, dans un local où la température os'cille entre + 6U à + 8° centigrades; on les couvre d’une couche de sable sec; il faut une siccité relative de l’air pour assurer la conservation hivernale des tubercules de Dahlias, qui peut se faire, comme celle des Glaïeuls, Montbretias, Tigridias, sur les tablettes d’un sous-sol très sain, abrité et obscur, ou d’un bon fruitier ou local similaire.
- En plaçant les plantes de serre et autres plantes d’agrément dans les conditions de conservation indiquées pour chacune des catégories envisagées, on les soustraira aisément aux rigueurs de la froide saison.
- Henri Bi.i.x.
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Rectification! — La plus haute chute du monde : Kaïeteur (n® 2489). — M. E. Dubois, secrétaire général de la Société royale de Géographie d Anvers nous signale que le Kaïeteur, sous la dénomination de Ivaie-teur Fall ou Ivaieteur Falls, ligure dans les atlas suivants :
- Stielcr, 9’ édition, 1921, carte n® 95-14• R-
- Andrée, 7® édition, 1921, carte n" 212/213. F. 2.
- The finies Atlas of the World, 1920, carte n° 99.
- M. E. A. Martel nous rappelle que la même chute est décrite au tome XIX de la Géographie Universelle de Reclus, p. 216, et quelle est représentée sur deux timbres-poste de la Guyane anglaise.
- Si ces indications complémentaires de deux géographes connus montrent, comme le disait M. Forbin, que son nom est familier aux spécialistes de la géographie, il n on reste pas moins qu elle est encore ignorée du public. L’expédition du Dr Crampton et le récit qu’en a donné La Nature contribueront à la rendre familière à tous.
- Communication. — Marbres artificiels. — Dans la Boîte aux lettres de notre n" 2486, nous avons signalé la Société de Marbres industriels à la Charité-sur-Loire. Un de nos lecteurs nous écrit que celte Société est remplacée aujourd’hui parla Société française du ferro-ciment, 1, rue de Stockholm, Paris.
- Réponses. — Demande T. S. F. — Un de nos lecteurs, M. J. Loulens, 87, rue La Fontaine, Auleuil, disposant d’un poste complet de T. S. F. avec ampli, désire entrer en relation avec un amateur habitant le même quartier pour apprendre avec lui la lecture au son.
- Société des amateurs photographes, à Grenoble. — Les lilms de Y Océan ont été édités, en France, par « la Location nationale «'(Société anonyme des lilms internationaux), 10, rue Béranger à Paris.
- M. B., à Montbéliard. —- Voici, parmi les très nombreux ouvrages traitant de Y élevage des poules et de Y élevage des lapins, les principaux qui se signalent comme étant les plus modernes : Aviculture, par Ch. Yoitellier, 1 vol.; La basse-cour (poules, lapins, etc.), par C. Arnould, 1 vol.; Im basse-cour, par A. Ducloux, 1 vol. ; Guide pratique de la basse-cour moderne, par Rodillon, 1 vol.; La poule pratique, par E. Leroy, 1 vol. ; Im nouvelle et parfaite basse-cour, par Joubert, 1 vol.; Le poulailler pratique, par C. de Lamarche, 1 vol. ; La basse-cour pratique, par E. Lemoine, 1 vol. ; L’Aviculture pratique, par, Pierre Mégnin, 2 vol.; L’Elevage moderne du lapin, par Chenevard, 1 vol.; Lapins à fourrure, par Manin, 1 vol. ; Le lapin et ses races, par P. Mégnin, 1 vol.; L’éleveur de lapinji, par P. Devaux, i vol.; L'élevage des lapins et le lapin angora, .par C.Nle Lamarche, 1 vol. (Librairie Agricole, Paris, 26, rue Jacob. 6e); Manuel de l’éleveur de poules, par H.-L. Alph. Blanchon, 1 vol,; Manuel cle l'éleveur de
- lapins, par le même, 1 vol. (Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e).
- M. cl’A., à Versailles. — On a songé à tirer îles fumiers de ferme un gaz d’éclairage et des expériences ont été faites, dans ce sens, par M. le Dr Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Indépendamment de l’acide carbonique, le fumier dégage cl e l’ammoniaque et de nombreux carbures d’hydrogène gazeux. Une tonne de fumier en produit de grandes quantités. Les vapeurs dégagées par le fumier étant reçues dans un récipient rempli d’eau acidulée et cette eau du récipient laveur contenant de l’ammoniaque utilisable comme engrais liquide en laissant précipiter les sels ammoniacaux, par cet exemple, basé sur la composition même du fumier et de l’eau de condensation des vapeurs qu’il dégage, on peut se rendre compte que l’eau de lavage du gaz dont il s’agit, étant mêlée aux fumiers, ne pourrait que les enrichir en éléments utiles provenant de la combustion du gaz.
- L’Oflicc agricole départemental de Seine-et-Oise et M. Blanchard, directeur des Services agricoles à Versailles, sont indiqués pour donner en la circonstance un avis en rapport avec la situation.
- M. Baro, à Chàteaudun. — La teinte acajou peut être donnée au noyer par application de la mixture suivante : Bois de campèche. ... 20 grammes.
- Garance en poudre ... 5o —•
- Eau..................1000 —
- Faire bouillir environ 1 heure en remplaçant l’eau à mesure de son évaporation, passer à travers un linge lin.
- Le bois ayant été préalablement déverni, ce qui est indispensable, par application d’une solution de potasse des peintres (soude caustique), enduire de la mixture* ci-dessus maintenue chaude, laisser sécher, puis passer
- nouveau la solution potassique.
- M. Ducoux, à Caudéran (Gironde). — Le blanchiment des éponges peut en eiïet être obtenu par l’eau oxygénée ou les substances susceptibles de donner naissance à celle-ci, pa’r exemple on laisse immergées pendant une journée les éponges dans un ' mélange de 1 partie d’eau oxygénée et de 4 parties d’eau ordinaire, le tout légèrement alcalinisé par l’ammoniaque, ou dans un bain contenant par litre 78 gr. de carbonate de soude sec et 25 gr. de perborale de soude. Mais vous aurez un résultat beaucoup plus marqué en traitant les éponges préalablement dégraissées dans un bain de carbonate de soude et lavées par une solution de permanganate de potasse à 2 gr. par litre, les éponges prennent ainsi une coloration brune due à l’oxyde de manganèse déposé, coloration dont il ne faut pas s’inquiéter; après rinçage et essorage on plonge dans l’eau contenant par litre 10 cm* de bisulfite cle soude liquide du commerce, h» coloration brune disparaît et l’éponge se trouve blanchie, finalement on rince à nouveau abondamment pour éliminer le bisulfite.
- M. Rollet, à Pa ris. — Dans le cas que vous nous indiquez, nous n’entrevoyons comme efficace, pour la destruction des mites logées dans le rembourrage de fauteuils, qu’une intervention gazeuse de formol. Il faudrait placer les objets dans une pièce que vous pourrie:/, laisser close un certain temps et sursaturer l’atmosphère de celle-ci d’aldéhyde formique en procédant comme nous l’avons indiqué dans notre n” 2.480, page 123.
- p.2x15 - vue 427/620
-
-
-
- LA NATURE'#-^
- Supplément, ^
- N° 2494
- 21 Janvier 1922
- La stabilisation gyroscopique des navires. — On
- sait que dans le but d’aüénuo.r ou même de supprimer les effets dus au roulis et au tangage, on cherche depuis quelque temps à réaliser des stabilisateurs gyrosco-piques pour navires. Un de ces appareils a été récemment monté sur un gros steamer américain, le Lyndonia.
- Les résultats, vraiment remarquables, ont montré notamment que même par gros temps le navire était pratiquement soustrait aux divers mouvements causés par le roulis et que, de plus, pour une même consommation de combustible, la vitesse du navire pouvait croître jusqu’à 14 pour îoo.
- Ce nouveau stabilisateur, d’après The Electric Journal, se compose d’un disque de 2 m. de diamètre tournant dans un plan variable se rapprochant du plan horizontal. Ce disque avec son moteur de commande est enfermé dans un carter à l’intérieur duquel est maintenu un vide partiel. Dans le vide, le moteur absorbe 33 HP pour entraîner le disque à i5oo tours-minute.
- Un autre gyroscope, dit de contrôle, mais très petit, tournant à Gooo tours-minute environ, subit avec un très faible décalage le mouvement auquel est soumis le navire à son origine même et agit sur le moteur de précision qui fait tourner par rinlerinédiaire d’une vis sans lin, autour d’un axe perpendiculaire à l’axe de rotation du disque, cet axe de rotation lui-même.
- Ainsi les réactions sur les appuis de l’axe horizontal agissent sur la coque du navire et 4e maintiennent de cette façon dans la même position; Je roulis 11’excédant jamais 20, l’équilibrage des forces est atteint moins de •1 secondes après la naissance du mouvement.
- On voit l'importance de ces stabilisateurs au point de vue du confort des passagers et de l’équipage délivrés du mal de mer et de l’usure moins rapide du navire.
- La métallisation par projection. — La Nature a déjà décrit le procédé de métallisation par projection de M. Schoop. Ce procédé permet de recouvrir les objets à
- protéger d’une couche de métal.très adhérente, en même temps que très line- et cela par des moyens purement mécaniques, n’exigeant qu’une main-d’œuvre réduite. Le principe est le suivant : le métal destiné à servir d’enduit est fondu électriquement ou au moyen d’une flamme oxyacétylénique et projeté en poudre très line au moyen d’un pistolet pneumatique sur l’objet à recouvrir.
- Les applications de ce procédé sont aujourd’hui nombreuses. C’est ainsi qu’on l’emploie couramment aujourd’hui pour recouvrir de zinc sur les chantiers mêmes de construction les pylônes de transport de force. Notre ligure représente’un de ces pylônes.
- On peut atteindre par ce procédé des parties de construction qui seraient inaeessibles à toute autre méthode de protection.
- Les opérations s’exécutent au moyen d’appareils très transportables et facilement maniables : un point délicat des premiers appareils était l’avancement du fil fusible; il est réalisé aujourd'hui au moyen d’une petite turbiné Pelton actionnée par l’air comprimé et tournant à 400° ou 5ooo tours par minute, .
- L’air comprimé qui sert en outre à la pulvérisation est à une pression de 2 r/2 à 3 atmosphères.
- L’appareil utilise 90 pour 100 environ du métal projeté et même g5 pour roo dans le cas de l’aluminium.
- . Schoop a montré qu’on pouvait appliquer la même méthode à la projection du quartz fondu et d’émaux, malgré les hautes températures qu’exige cette opération. Cette nouvelle application semble susceptible de prendre un développement intéressant.
- Nouveau procédé de distillation de la gemme de pin. — Le traitement des gemmes de pin, pour en extraire la colophane et l’essence de térébenthine, se fait, le plus souvent, par distillation dite « à térébenthine », en chauffant la gemme dans des malaxeurs et en la fai-fant déposer dans des récipients où, après décantation à l’état de térébenthine, elle est épürée du résidu appelé grep, que l’on doit redistiller à nouveau. On perd ainsi de la bonne pâte, qui est entraînée avec le grep.
- Des vapeurs d’essence de térébenthine se perdent lorsqu’on ouvre les bacs de décantation. Les opérations de térébenthinage sont alors abandonnées lorsque l’exposition des colophanes au soleil ne peut plus faire gagner de grades, elle rendement est inférieur à la distillation dite « à cru » ou en grande masse, ou à la distillation mixte.
- M. Larran, ingénieur à Bordeaux, vient de mettre au point un appareil de préparation basé sur des principes nouveaux.
- L’appareil de térébenthinage consiste, essentiellement, en deux cuves spéciales faisant le malaxage pour ainsi dire sans contact avec des parties métalliques. La perte de température est extrêmement faible pendant la décantation qui se fait sur place ; toute évaporation est évitée. Des organes d’éclairage et de visibilité permettent de régler très exactement l’appareil cueilleur de gemme, par rapport à la couche de grep et ce dernier est exempt d’eau ou n’en contient que très peu.
- Pour passer la matière, on emploiç un appareil à vide permettant de récupérer toutes les vapeurs de térébenthine entraînées par l’aspiration et de récolter la bonne térébenthine dans un réservoir de capacité appropriée à l’alambic de distillation.
- Le principe essentiel du nouveau procédé est d’opérer en grande masse, de façon à diminuer les pertes de pâte mélangée avec le grep. L’installation est complètement automatique et, grâce aux nouveaux procédés de décoloration defla gemme, la fabrication des produits secs va s’améliorer considérablement.
- La cire de canne à sucre. — A l’endroit des nœuds des cannes à sucre, on aperçoit nettement une efflorescence, parfois jaunâtre, surtout rougeâtre, due à la présence de cire de canne à sucre. Cette cire possède tonies les propriétés de la cire de Carnauba, tant au point de vue des propriétés chimiques que physiques. En particulier, son point de fusion relativement élevé en ferait un succédané possible de la cire de Carnauba et de Candelillia (cierge pascal).
- La canne à sucre n’en contient pas plus de 3 pour 1000 au maximum. Il semblerait donc que ce soit folie d’essayer de rendre praticjue l’extraction d’aussi petites quantités.
- Mais il faut tenir compte du fait suivant :
- La cire se concentre dans le tourteau du filtre-presse après le chaulage habituel. Or, comme le chaulage du jus de canne emploie très peu de chaux, on voit ainsi que le tourteau peut arriver, dit-on, à contenir de 5 à 10 pour 100 de cire. Si celte assertion était exacte, on voit qu’un séchage du tourteau, avec des vapeurs perdues, suivi d’un épuisement à la benzine et d’une évaporation méthodique du -pi’oduit, avec un minimum de perte de solvant, serait chose possible. On a prétendu que les essais faits à ce sujet ne donnaient que 1 pour 100 de perte de solvant. Mais ceci nous parait inexact., surtout sous les tropiques. Un autre inconvénient est le suivant :
- Le tourteau du filtre-presse qui, normalement, devrait ne contenir que 5o pour 100 d’eau en contient beaucoup plus et'se présente sous la forme d’une boue difficile à
- 41$ 17 &
- 3
- p.2x16 - vue 428/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- sécher, an lieu du gàleau demi-sec tel qVil devrait être. Ccei compliquerait beaucoup les opérations et grèverait le prix de revient. Kn tout cas, les commissionnaires connaissent Tort bien depuis de longues années ce produit, et peuvent en fournir par assez grandes quantités. Elle se présente à l’état brut, sous une forme brunâtre, demi-dure, en cela se rapprochant un peu de la cire d'abeille-s, ou plutôt tenant le milieu entre celle-ci et la cire de Carnauba demi-dure.
- Le blé aux Etats-Unis. — M. J. Décamps, directeur du service des études économiques de la Banque de France, public dans Franco-Amérique un exposé de la situation des Etats-Unis au point de vue de la culture du blé.
- La récolte de blé, qui y avait atteint des cbilîres exceptionnels en 1918 et 1919. en raison surtout des mesures prises par le Gouvernement fédéral pour intensifier cette culture, indispensable à une époque où le ravitaillement des Alliés reposait presque uniquement sur l'Amérique, a marqué un fléchissement en 19(9 et
- 1920, ainsi que les surfaces ensemencées, comme on le
- voit dans le tableau suivant
- Sti|i(‘Hici(' Production Pendraient en
- ru lirrlnrrs. en <|u inl.'iux i|innl;m.\
- Aimées. mot ci<] nos. n 1 lierlare.
- 1918. 2.3,950,000 250,779.000 10.4
- 1919. 29,641,000 256,099,000 8.6
- 1920. 23,145,100 214,22 j, 8 00 9.2
- 1921. 22,963,700 206,025,100 8.9
- Ces récoltes ont permis aux Etats-Unis .de fortes
- exportations dont témoigne le tableau suivant :
- Quantités (en buslu ds de 27 kg 21 i 6 ).
- 1" juillet IPtS 1" juillet P.;!') 1" juillet 1 <1-2(1
- Pays impoititlenrs. 30 juin P.ltP. 50 juin 1020, 30 juin 1021.
- Rovaume-Uni. 66,147.400 39,788,100 88,784,000
- Italie .... 82,689,800 27,285,600 5y,123,IOO
- Belgique. . . 26,972,400 13,459,6oo 26,287,500
- France. . . . 18,297,200 27,118,400 24,39.4,5oo
- Allemagne . . — 802,800 25,5-27,000
- Pavs-Bas. . . 3,904,600 186,900 21,379,100
- Canada. . . . 26,484,000 8,356,3oo 10,746,900
- Autres pays. . 10,087,800 5,983,000 39,026,000
- Total . . 178,582,700 122,430,700 298,267,600
- Videur 011 dollars. 4 2 4 » 5.13,000 306, i,63,ooo 68o,8i3,ooo
- Ce tableau est fort intéressant à considérer. On y voit les exportations croître considérablement en 1920-1921, en partie par suite de la reprise du commerce avec les empires centraux, mais surtout parce que la Grande-Bretagne, l’Italie qui avaient arrêté en partie leurs moulins et importaient directement de la farine ont repris leurs achats rie blé. En effet, si l’on réunit les exportations de blé et de farine des Etats-Unis, on trouve pour les 3 années considérées 692,347,843 millions de dollars.
- Ces données montrent clairement l’amélicration progressive des conditions alimentaires en Europe depuis la lin de la guerre.
- Effets de la foudre sur les couvées. — M. II.
- Fleury, de Rabat., nous écrit :
- « Le lendemain du jour où je lisais dans votre n° 2483, du 5 novembre, la communication de M. Ch. Marseille, ingénieur à Paris, à propos des effets de la foudre sur les couvées, j’avais connaissance d’un fait absolument analogue à celui qu’il signale.
- Une personne habitant à Salé avait confié à une poule 8 œufs de canard, la période d’incubation arrivait à sa fin, un caneton était sorti de l’œuf et 4 autres étaient sur le point de l imiter. La fêle musulmane de Mouloud survint et fut, selon la coutume, annoncée par des salves retentissantes d’artillerie. Résultat : le caneton déjà éclos est seul survivant. Il n’y a pas eu d’orage à la même date. »
- Carotte monstrueuse. — La photographie ci-jointe représente une carotte monstrueuse, de forme exceptionnelle.
- Ce légume a été récolté à la Fée, lieu dit de Sainl-Hi'laire-de-Riz (Vendée), endroit très ombragé et très fertile sur le flanc oriental d’une dune voisine de l’Océan.
- Il pèse 2 kg 700, sa base mesure 0,09 cm. Il présente onze racines, presque toutes visibleë sur la photographie. Quatre d’entre elles sont très considérables; la plupart sont moyennes, unè seule est petite.
- La «flamme», mot spécial employé dans le pays pour désigner l’ensemble des feuilles, dépassait 0,60 cm.
- La carotte en question, cueillie il y a près d’un mois,
- conservée dans*le sable par le cultivateur, est encore en très bon état (octobre 1921).
- Si un musée ou un établissement scientifique la désirait pour collection ou élude, i-1 serait aisé de se la procurer. Une description plus circonstanciée me parait inutile, le document photographique parlant aux yeux, et un mètre donnant l’échelle. D' M. B a mot: 1 \.
- Dépense d’énergie de la nage. — MM. A.-D. Waller et G. de Decker viennent de communiquer à la Société de Biologie les observations qu’ils ont pu faire à l’Ecole de gymnastique de Joinville sur des nageurs. Le sergent Trial, nageur émérite, a une capacité pulmonaire considérable : 6,3 litres. Ayant recueilli l’air qu il expire à la lin d’une période de nage, on y a trouvé en centimètres cubes d’acide carbonique expiré par seconde :
- Après 5o m. à la vitesse de 1 m. 56 par seconde 70 ce.
- — 100 m. — 1 m. 28 — 53 —
- — 100 m. — 1 m. 25 — 60 —
- Après nage sur le dos à moins de 1 m. par sec. 35 •—
- Le 19 novembre :
- Après 5o m. en 3o secondes 80 —
- 100 m. en 80 — (fatigue) 100 —
- repos 4,2 —
- Une nage intense et rapide peut donc dégager jusqu’à 96 cm3 d’acide carbonique par seconde, près de 2 5 fois plus qu’au repos.
- Exposition de tous appareils ou matériaux ayant trait à la récupération et à la conservation de la chaleur. — L’exposition des appareils de contrôle de la chauffe qui a eu lieu en mars 1921 ayant eu un grand succès, l’Office Central de chauffe rationnelle a décidé d’organiser en avril 1922 une Exposition analogue portant sur d’autres appareils servant au chauffage industriel.
- L’Exposition comprendra tous les appareils ou matériaux ayant trait à la conservation et à la récupération de la chaleur.
- Elle sera divisée en deux sections :
- i° Conservation de la chaleur. — Calorifuges. Réfractaires. Isolants.
- 2" Récupération de la chaleur. — Récupérateurs cl régénérateurs. Economiseurs. Réchauffeurs d’air.
- Toutes mesures seront prises pour permettre aux exposants, comme l’année dernière, des démonstrations expérimentales sous les yeux des visiteurs.
- L’Office Central de chauffe rationnelle, 5, rue Michel-Ange, Paris, serait reconnaissant à tous les exposants éventuels de bien vouloir se mettre dès maintenant en rapport avec lui.
- p.2x17 - vue 429/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- JÊD
- 1go
- ><
- Physique
- Microbarographe très simple. — Notre confrère Nature publie une lettre de M. A. Wechsler, du Uackney Tcchnical Institute de Londres, dans laquelle celui-ci signale un moyen très simple de réaliser un mierobarographe extrêmement sensible.
- On prend pour cela un flacon de Dewar à doubles parois entre lesquelles on a fait le vide et dont -l’extérieur
- Fig. i. — Microbarographe A. Wechsler.
- est argenté. Ce flacon est, on le sait, remarquablement isolant aux variations de température. Une bouteille Thermos en constitue un tout fait. Son orifice est fermé au moyen d’un bouchon.-à deux trous; dans l’un passe un tube capillaire A, dans l’autre un tube muni d’un robinet B. On introduit dans le tube capillaire A une goutte de liquide coloré ou non et on la déplace jusqu'à la position désirée en aspirant ou soufflant par le tube B, puis on ferme le robinet de celui-ci.
- L’appareil est alors prêt à fonctionner.
- Avec une bouteille^ de 45o cm3 de capacité, un tube capillaire de o,3 mm2 de section et une goutte d’huile de paraffine comme index, on peut montrer le changement de pression atmosphérique que cause un déplacement vertical de quelques dizaines de centimètres.
- Cet instrument, très aisément réalisable, peut donc constituer, un excellent appareil de démonstration pour les cours de physique. Il peut aussi servir aux météorologistes pour étudier de très faibles variations de la pression barométrique pendant un court intervalle de temps.
- Signalons que ce baromètre est un perfectionnement du baromètre isothermique de Montrichard que nous avons décrit dans notre numéro du 3i octobre 1909.
- *
- c$>£. 'Electricité
- Emploi d’un culot de lampe à incandescence pour faire un détecteur électrolytique.— Les vieux culots de lampes à incandescence sont considérés trop souvent comme des rebuts inutilisables alors qu’avec un peu d’ingéniosité il est possible d’en tirer un parti avantageux.
- Une utilisation originale est celle qui consiste à se servir de ce déchet pour en confectionner un détecteur électrolylique et voici la combinaison qui nous a été
- C/re «s cacheter rondelles o/e h'èqe. fi! de ptom b tube de verre
- culot dampou/p électrique
- cire à cacheter .petite bouteille
- eau acidulée
- Fig. 2. — Détecteur électrolytique exécuté avec un culot de lampe à incandescence.
- signalée par M. Douley et qui est extrêmement ingénieuse, car ce détecteur, y compris la douille dans laquelle on le place, revient à peine à 3 francs.
- Voici quelle est la manière de procéder :
- On prend tout d’abord un culot d’ampoule électrique en bon étal, c’est-à-dire possédant encore ses deux fils de cuivre qui servaient à conduire le courant électrique au filament.
- On commence par gratter très soigneusement l'inté-
- rieur de ce culot pour enlever le verre qui adhère et on ne laisse que les deux fils de cuivre que l’on décape doucement au moyen d’un canif.
- On prend ensuite une petite bouteille de verre (flacon d’odeur, fiole de pharmacie), bouteille d’échantillon quelconque à large ouverture, un récipient ayant la forme d’un bocal minuscule de Go mm au plus de haut et 35 mm de diamètre extérieur, identique à celui représenté en coupe (fig. 2).
- Le goulot de cette petite bouteille devra entrer aisément à 10 mm dans le culot de cuivre.
- Il s’agit maintenant de percer un petit trou (le plus petit possible) à l’endroit où le goulot s’évase pour former le corps de la bouteille.
- Pour celte délicate opération, il sera bon d’essayer auparavant sur un morceau de verre quelconque. On réussira aisément à percer ce trou au moyen d’une mèche américaine minuscule ou de n’iinporte quel instrument pointu en acier dont on trempera souvent la pointe, au cours de l’opération, dans l’essence de térébenthine.
- On choisit un gros bouchon de liège du diamètre du goulot et on lui donne les 10 mm d’épaisseur suffisants.
- On perce deux
- 1 rous dans le bouchon : un au centre de 3 mm, et un de
- 2 mm à coté du premier. Ces deux trous étant convenablement percés, on coupe le bouchon en deux de manière à former des rondelles de
- 5 mm d’épaisseur chacune.
- On se procure ensuite un petit tube de verre soit en prenant l’extré-m i té d’une ampoule pharmaceutique, soit un tube de thermomètre,
- de quelque couleur qu’il soit, pourvu qu’il ait au moins 3o mm de long et un diamètre intérieur maximum de 2 min. Un fil de platine de i/iooe de millimètre de diamètre et de 10 ou i5 mm de long (on vend ce fil de platine'enroulé sur une carte dans toutes les maisons d’électricité au prix de 2 fr. 5o les 5o cm) est ligaturé à l’extrémité d’un petit fil de cuivre bien décapé de 5 à
- 6 cm de long. On introduit le tout dans le tube de verre en faisant dépasser le fil de platine de 1 ou 2 mm au jjlus.
- On maintient ce fil dans le tube au moyen d’une pince à linge qui servira en même temps à tenir le tube au-dessus de la flamme bleue d’un bec de gaz ou d’une lampe à souder. On tourne doucement le tube dans la flamme bleue en l’inclinant légèrement afin que le verre en fondant retombe sur lui-même. On arrive ainsi, en deux minutes, à fermer l’extrémité du tube convenablement, c’est-à-dire à lui donner une forme conique.
- Au moyen de toile émeri, on finit d’épointer le tube et on use le millimètre ou le demi-millimètre de platine qui peut dépasser encore à la pointe.
- On noie l’épissure, du fil de platine et du fil de cuivre dans du mercure pour améliorer le contact et on ferme définitivement le tube toujours à la flamme bleue. On se munit d’un fil de plomb d’une dizaine de centimètres de longueur (fusible de lumière), de cire à cacheter de couleur quelconque et d’acide sulfurique.
- Après ces différentes préparations qui devront être très minutieuses et qu’on ne réussit pas toujours la première fois, on procède au montage de la manière suivante :
- On commence par remplir la moitié de la petite bou-
- Fig. 3. — Le détecteur électrolytique prêt à être placé sur une douille.
- p.2x18 - vue 430/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- eille (l'acide sulfurique mélangé d’eau dans la proportion d’une partie d’acide sulfurique pour dix parties d’eau. Dans une première rondelle de liège on passe le tube de verre qu’on laisse dépasser.
- On enroule le long de ce tube le fi 1 de plomb dont l’extrémité arrivera à plus de 5 mm du fi 1 de platine affleurant la pointe du tube de verre ; on fera passer l’autre extrémité dans le deuxième trou disposé à cet effet dans la même rondelle qu’il doit dépasser d’environ 2 cm. .
- On enfonce celle première rondelle supportant tube de verre et fil de plomb, aussi loin que possible dans le goulot. Tout en maintenant le tube bien verticalement de façon qu’il trempe bien dans l’eau acidulée, on coule de la cire suffisamment pour foi-mer une épaisseur de 2 à 3 m m.
- L’autre rondelle est enfoncée sur la cire encore molle après avoir fait passer par ces deux trous le fil de cuivre sortant du tube de verre et le fil de plomb. On ligature chacun de ces deux fils, qui sont les deux pôles du détecteur, à chacun des deux fils de cuivre soudés dans le culot.
- On coule de la cire sur cette deuxième rondelle de liège en ayant bien soin de maintenir les deux pôles du détecteur à chacun des deux fils de cuivre soudés dans le culot; puis on coule de la cire sur la rondelle de liège en ayant bien soin de maintenir les deux pôles du détecteur éloignés l’un de l’autre.
- Lorsque celle dernière coulée de cire commence à durcir, on renverse le tout après avoir bouché momentanément le trou fait sur le côté de la bouteille avec une boulette de cire molle que l’on enlèvera facilement au couteau peu après.
- On incline la bouteille afin de pouvoir remplir le culot de cire. On applique fortement le culot sur la bouteille et on laisse refroidir quelques instants.
- Renversant encore le tout, on remplit l’espace vide entre la bouteille et le culot, espace plus ou moins grand suivant la forme et la grosseur de la bouteille, puis, amenant petit à petit la bouteille horizontale, on coule de la cire sur le goulot.
- Afin de réserver le trou d’aération percé dans la bouteille, on enlève la boulette de cire molle et on enfonce dans le trou un bout de ficelle bien humecté pour l’obstruer. On enlève cette ficelle lorsque la cire coulée sur le goulot a été bien lissée au doigt.
- Le détecteur est ainsi complètement terminé. 11 peut se placer dans n’importe quelle douille simple ou à clef.
- Pour installer ce détecteur électrolytique, il suffit de prendre une pile électrique et un téléphone et de mettre en circuit ces deux appareils avec le détecteur. La pile sera très bien composée avec deux éléments de pile Leclanché, de ceux qu’on emploie pour actionner les sonnettes électriques d’appartements, ou encore deux éléments de piles sèches analogues à ceux qui servent à allumer les lampes électriques de poche.
- On peut même se passer de pile en faisant subir à ce détecteur une légère modification : on remplace l’électrode en plomb par du mercure, mis dans le fond de la petite bouteille et dans lequel on a fait dissoudre de l’étain; cette dissolution constitue un « amalgame d’étain ». Le fil de plomb peut, à la rigueur, être remplacé par un fil de cuivre.
- . Dans ces conditions, plus n’est besoin de faire intervenir une pile extérieure, l’appareil se suffit à lui-même et on peut le monter directement en circuit avec un téléphone. Il va sans dire que le bon rendement du détecteur que nous venons de décrire dépend surtout du soin qu’on aura apporté à sa construction.
- Bouton de sonnerie à voyant indicateur « Le Piplett. » — Qui de nous, après avoir sonné avec insistance, n’a attendu quelquefois vainement devant une porte fermée ? Qui de nous n’a sonné et monté inutilement un escalier pour, après être parti, revenir sans plus de résultat ? Quel est celui enfin qui n’a manqué une entrevue faute de quelques minutes d’attente?
- Tous ces inconvénients peuvent être désormais évités grâce à un nouvel appareil « le Piplett ».
- Ce bouton de sonnerie électrique, sur lequel s’inscrit le nom de son propriétaire ou autres indications utiles, peut d’abord fonctionner comm.e un bouton ordinaire
- (%4)' . , .
- Il est en outre muni d’un voyant mobile avec en relief
- Fig. — Le Piplett. la simple manœuvre du
- l’inscription : « Repasser vers 2 heures », sur lequel un tambour portant les 12 heures peut-être immobilisé à l’heure voulue.
- L’appareil étant réglé sim- j , ~~
- plement en tournant le boulon d’appel d’un quart de tour en sens inverse des aiguilles d’une montre, seul le nom de l’occupant est visible au repos (fig. 4); mais si un visiteur vient sonner, l’inscription « repasser..., etc. » apparaît immédiatement (fig. 5) pour s’elfacer aussitôt après.
- Ainsi seules les personnes qui sonnent ont le renseignement voulu.
- Toutes les opérations (mise en position de fonctionnement, mise à l’heure en immobilisant le voyant, retour à la position normale) se font très rapidement par bouton.
- Il est à remarquer qu’elles ne peuvenl être faites à l’insu de l’intéressé, la sonnerie fonctionnant à chaque changement de position ou si l’on tente le démontage du bouton.
- Les hommes d’affaires, architectes, médecins, etc., appelés à s’absenter souvent à l’improvisle, ainsi que les personnes désirant n’èlre pas dérangées à certaines heures, trouveront dans ce nouvel appareil un auxiliaire précieux.
- Dans les villes de province où les maisons n’ont habituellement pas de corn cierge, le « Piplett » paraît répondre à un vrai besoin.
- Très simple il se monte en quelques minutes aussi facilement qu’un bouton de sonnerie électrique ordinaire. Fabricant Ci0, 142, rue du Temple, Paris, 3e.
- Fig. 5. — Ses indications.
- Aicaise et
- Enseignes électriques « Simplex ». — M. Périn, électricien, 14, rue Laitière, à Bayeux, a exposé au dernier concours Lépine un système fort ingénieux d’enseignes électriques lumineuses, modifiables à vo-Ion té, réalisé avec le concours de M. Mabire et qui a obtenu une Médaille d Or.
- Les enseignes lumineuses « Simplex » — c’est le nom adopté par M. Périn — permettent à tous de faire en toutes grandeurs les lettres et les dessins les plus variés en enfonçant simplement dans des trous spécialement disposés à cet effet des lampes électriques aussi visibles non éclairées le jour que la nuit lorsqu’elles sont allumées.
- L’enseigne se compose d’un cadre de bois ou de métal isolé par une garniture en ébonite. Ce cadre maintient 2 plaques de cuivre conductrices de l’électricité. L’une est posée à l’avant et perforée de trous carrés dans lesquels il est possible d’introduire des douilles à fiches supportant les lampes. L’autre plaque est unie et écartée d’environ 2 cm de la première, formant le fond de l’enseigne avec le fond de bois sur lequel elle repose.
- Fig. 6. — Coupe transversale de l’enseigne : 1, lampe; 2 et 3, plaques de cuivre conductrices ; 4. fond de bois ; 5, cadre de bois; (i, piston de la lampe.
- ! 20
- p.2x19 - vue 431/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Un transformateur posé sur le fond de bois débite du courant sous une tension de 2 volts dans les plaques de cuivre. Il reçoit le courant sous une tension de 110 volts ou 22O*v0lls du secteur de ville par le fil souple dont l’extrémité se fixe à la place de n’iinporte quelle lampe électrique de l’installation d’éclairage du magasin.
- Les lettres et les diverses compositions que l'on* veut faire sont formées en fixant de façon convenable les lampes de l’enseigne. Pour fixer convenablement une lampe, il faut, après l’avoir préalablement vissée dans la douille à fiche : i° choisir le trou convenant à la formation de la lettre que l’on désiré faire ; 20 en-
- foncer à fond la tige carrée de la douille dans le trou choisi ;
- 3° tourner d’un huitième de tour la lampe et la douille, la lampe se trouve alors solidement fixée et prête à éclairer.
- Tous peuvent employer ces enseignes en changer le texte, les installer même sans aucune connaissance d’électricité ou de dessin des lettres, avec le minimum de dépense d’installation et de consommation.
- Fig. 7.
- Coupe de la douille de la lampe.
- „ Uig. ' "Vue en plan de la douille.
- «
- Simplex
- »,
- y sup-généra-mobiles
- Fig. g.— Etau de fixation ("Et rotule.
- J
- Lampe électrique ajustable Gras. — Les lampes fixes sont précieuses, quand elles sont judicieusement
- placées, pour l’éclairage général d’une pièce ou d’un atelier, mais elles ne permettent pas d’éclairer intensément tel ou tel point où une grande quantité de lumière est nécessaire.
- Les lampes mobiles pléent, mais elles sont lement insuffisamment pour éclairer à la hauteur et dans le sens voulus.
- Voici une nouvelle lampe qui, grâce à son pied à rotule et à ses deux autres articulations, permet de diriger le faisceau lumineux n’importe où.
- La lampe ajustable Gras, modèle d’atelier ou de machine-outil, comporte un étau qui la fixe sur le bâti de la machine ou sur la table.
- Une fois solidement attachée, l’ouvrier peut, d’une seule main, lui donner n’importe quelle posi-| La même lampe peut être utilisée d’horlogerie, de petite mécanique, dans les bureaux de dessin, partout où il convient d’effectuer, sous le meilleur jour un travail délicat.
- Un autre modèle mural, comportant les mêmes articulations, se fixe au mur au-dessus de l’établi ou du tour(fig. 11).
- Toutes ces lampes sont munies de réflec teurs étudiés pour masquer le foyer de la lampe tout en concentrant au mieux les rayons dans une seule direction.
- Les lampes Gras sont essentiellement constituées par :
- i° Un support de forme différente suivant les applications et qui contient une rotule en ébène freinée païen dessous. Le freinage de cette rotule est réglable soit à l’aide d’un tournevis spécial, soit par un système de
- tion
- dans
- et direction.! les ateliers
- Fig. 10. — Lampe d’atelier.
- serrage de la chappe ; un encliquetage rend tout desserrage impossible.
- 20 Sur ce tube principal est fixée une branche à double genouillère qui se compose de deux flasques en métal entre lesquelles se trouve serrée une rondelle de fibre.
- L’abat-jour et l’ampoule se montent sur une douille à double bague.
- Le mode de fixation des lampes est variable suivant leur destination.
- Celle de la figure 10 porte une pièce en T qui se place dans la rainure du tour ou de la machine-outil.
- Les lampes ajustables Gras sont en vente 22, rue Raynouard, Paris, 16e
- *»> Tlutomobilisme
- Les voitures à hélice Leyat. — Nous avons déjà si guidé et décrit dans La Rature la voiture à hélice (n° 2409) et nous en avons exposé les avantages. Cette voiture était alors en période de mise au point ; aujourd’hui, les modèles définitifs sont construits.
- Au lieu d’avoir un moteur de 8 HP à deux cylindres horizontaux, alimenté par deux carburateurs, la voiture nouvelle comporte un moteur de 10 HP à trois cylindres en étoile. Le refroidissement se fait toujours par ailettes, en raison de son efficacité et de sa simplicité. Dans le cas présent, d’ailleurs, le moteur n’est plus renfermé, il est complètement à l’air libre, les organes sont donc ainsi parfaitement accessibles et le démontage ne demande que le déplacement de six boulons.
- Pour obtenir la vitesse maxiina on emploie une hélice à quatre pales, quand on veut l’économie, on prend six pales.
- Le centre de l’hélice a été abaissé,de manière à donner à l’ensemble une meilleure tenue sur la route, ce
- Fig. 11. — Lampe murale.
- Fig. 11. — La v. itiire à hélice.
- qui était nécessaire en raison des vitesses obtenues, qui sont voisines de 110 km à l’heure; on obtient également une ligne plus harmonieuse de la voiture et la carrosserie qui conserve toujours sa forme de pénétration dans l’air, est réalisée avec des arêtes moins saillantes, suivant des lignes étudiées, aussi bien pour la satisfaction de l’œil que pour le rendement en vitesse.
- Cette voiture emporte le chauffeur et un passager ; chacun a sa porte d’entrée. Elle peut se faiFe en conduite intérieure on en carrosserie sport. À l’arrière se trouve le coffre à outils et les bagages, les réservoirs d’essence et d’huile sonf à l’avant.
- Le système de misé en marche et de direction, la suspension arrière par ressorts à boudin sont les mêmes que dans les premiers modèles, mais la suspension a été perfectionnée à l’avant, par des ressorts « Canlilever ».
- p.2x20 - vue 432/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Les roues ne sont plus amovibles, car celte solution est inutile étant donné la grande légèreté de la voiture, le peu d’üsure des pneumatiques et l’absence de panne sur ce point. Le freinage est double, mais il se fait sur la roue avant seule, on a un système de segments garni de Ferodo, qui s’écartent pour s’appliquer sur la paroi intérieure du'tambour de frein. On n’a plus de freinage à Farrière.
- Au point de vue consommation, on arrive à 8 litres et demi d’essence aux ioo kilomètres. La consommation d’huile est insignifiante grâce à un système simple de récupération.
- La vitesse sur coule atteint ioo km à l’heure. Les résultats des expériences sur côtes sont concluants, les voici : i° boulevard Lefebvre, à Paris. Pente de 6 pour 100, 3oo m. environ de cote. Démarrage au bas de la côte, vitesse atteinte au sommet : 65 km pilote seul, 54 km avec passager.
- 2" Rue Le Nôtre, près du Trocadéro, à Paris, pente de 14 a 15,8 pour 100, longueur de côte i5o m. environ. Démarrage au bas, Vitesse atteinte au sommet pilote seul, 22 km à l’heure.
- Le problème des côtes est donc résolu pour la voiture à hélice.
- On a pu voir, quelques instants avant le départ de la course de côte de Gaillon, la voilure Leyat pilotée par
- Fig. i3.
- son inventeur, suivre â une allure de 45 km à l’heure le parcours de la course, et ceci avec un passager du poids respectable de 100 kg.
- La solution de la traction par hélice devait évidemment faire songer à la possibilité de passer sur l’eau comme sur la neige ou la glace.
- Et de fait, la voiture à hélice Leyat devient un glis-jseur rapide par l’adjonction extrêmement simple de 2 flotteurs d’une pose rapide, étudiés pour réaliser des vitesses intéressantes sur l’eau.
- Enfin, des skis sous chaque roue, posés eux aussi très rapidement, permettent -de traverser les zones où la neige et souvent la glace forment des obstacles infranchissables pour des voitures ordinaires.
- Constructeur, Leyat, 27, quai dé Grenelle, Paris.
- Objets utiles
- Aiguise-lame Affilex. — On utilise de plus en plus les rasoirs de sûreté, et les lames minces de rechange
- Fig. x— Coupe de l’Afïilex,
- IVAffilex affûte en même temps les deux côtés dxi tranchant, tandis que beaucoxip d’instruments similaires aiguisent les deux faces l’une après l’autre, ce qui nuit dans une certaine mesure à la perfection du fil.
- La vue en coupe de cet appareil montre deux rouleaux de caoutchouc circulant en sens invex'se suivant le sens des flèches, quand on fait mouvoir le rouleau inférieur en passant l’instrument sur une table ou simplement sur la main (fig. 14)•
- Dans ce mouvement, la lame fixée convenablement se trouve pincée entre les deux rouleaux qui serrent et avivent l’extrême bord tranchant des deux côté à la fois. Le métal s’aiguise ainsi après une trentaine de tours et la lame peut ensuite raser parfaitement.
- La pince sert à faire le serrage des rouleaux l’un sur l’autre et sur la lame à aiguiser, tandis qu’une vis de réglage limite le serrage à volonté.
- Si la lame est en mauvais état on fait un serrage rigoureux et dans ce cas on saupoudre les rouleaux avec de la poudre d’émeri extra-fine spéciale. Si la lame est en bon état un serrage modéré avec l’action seule des rouleaux est suffisante.
- Le mouvement de l’appareil doit toujours se faire en poussant sur la surface plane, tandis que le mouvement de retour se fait sans appuyer.
- Il vaut mieux aiguiser une lame toutes les fois qu’elle a servi et de cette façon elle peut durer longtemps.
- Il est difficile à un profane de redonner du tranchant à une lame qui l’a perdu.
- Ainsi qu’on le voit, l’appareil Affilex 11c
- comporte aucun organe délicat, aucun engrenage. Il se replie de manière à n’occuper qu’un très petit volume dans une boîte appropriée.-
- Adresse : Drapier, 5, rue de Montmorency à Paris,
- Fig. i5. — Placement eleda la
- me.
- Fig. 16. — Emploi de l’Afïilex.
- Couvercle grillagé pour pipe. — Pour les fumeurs, la pipe est certainement la manière la plus agréable et aussi la plus commode de brûler le tabac. Mais celui-ci est si cher qu’il faut l’utiliser au mieux. Or, quand on fume en plein air, sur le siège de sa bicyclette ou dans son automobile ou sur le pont d’un bateau, c’est le vent qui fume la pipe et elle se vide en un rien de temps. Pour éviter cette combustion trop rapide, et aussi pour arrêter l’envol des brins enflammés et des cendi’es qui vont soit dans l’œil du voisin, soit sur les vêtements qu’ils brûlent et percent, le plus simple est de couvrir sa pipe d’une toile métallique comme on fait pour les
- Fig. 17. — Pipe munie du couvercle grillagé.
- sont devenues d’un prix assez élevé. Ce sont des feuilles d’acier qui perdent assez facilement leur tranchant et beaucoup sont à rejeter au bout de deux ou trois opérations, surtout si la barbe est dure.
- On a conçu des aiguise-lames de différents modèles et le dernier venu est très perfectionné, car il permet de donner un excellent fil à la lame.
- cheminées des machines agricoles auprès des meules ou des bois. Voici.un modèle de couvercle en métal oxydé, très simple et correct, qui se fixe sur le fourneau de la pipe par deux ressorts et, en plus, s’attache au tuyau par un anneau et une chaîne.
- Ce couvercle est en vente chez MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, Paris.
- p.2x21 - vue 433/620
-
-
-
- -J»D
- VARIETES
- >
- COMMENT OBTENIR DES ŒUFS EN SAISON FROIDE ?
- Les conditions rationnelles de la production des œufs en hiver, alors que la ponte se ralentit en cette saison, devraient être vulgarisées par un enseignement avicole populaire, car nombreuses sont les personnes qui, entretenant quelques poules dans un simpie poulailler d’amateur, pour obtenir des œufs nécessaires à la consommation familliale, sont privées du précieux aliment qu’est l’œuf, la ponte étant arrêtée, disent-elles, par les temps froids.
- Il y a là une question présentant pour l'alimentation publique un intérêt de premier ordre.
- L’œuf, aliment complet par excellence, se raréfie et atteint les plus hauts prix en hiver parce que sa production est encore trop livrée au hasard au lieu d’être soumise à une méthode scientifique basée sur l’observation et l’expérimentation.
- 11 fallut les remarquables exemples olTerls par les concours de ponte aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, pour faire instituer en France, en 1920, le premier concours de ponte aux Yaux-de-Cernay,
- Ce qu’il faut vulgariser ce sont les moyens d’obtenir des œufs, même lorsque les conditions atmosphériques sont défavorables à la ponte. Les données suivantes ont pour but de guider les personnes qui renoncent à entretenir des poules durant la froide saison.
- I. Régime des poules pondeuses. —• Précisons d’abord les conditions essentielles que doit réunir le régime applicable spécialement aux poules pondeuses.
- Pour obtenir une ponte abondante, même pendant 1 hiver, avec une alimentation appropriée que nous étudierons plus loin, il faut observer les principes suivants :
- i° Le poulailler doit être maintenu chaud, ce qui est facilement réalisé en garnissant ltr'sol d’une couche rie fumier de cheval que l’on renouvellera fréquemment;
- 20 Choisir comme pondeuses des poulettes nées à la fin de l’hiver ou aux premiers jours du printemps ;
- 3° Avoir soin de donner la liberté aux pondeuses toutes les fois que le temps le permet, afin qu’elles prennent l’exercice indispensable à une bonne hygiène, condition réalisée en leur établissant une fosse à gratter dans un coin du parcours. Cette fosse aura quelques mètres de longueur et de largeur, et environ 40 cm de profondeur. Dans cette fosse, on jettera du menu grain, des déchets, des cendres, et un peu de fleur de soufre ;
- 4° Distribuer des grains excitants, gerniés, par exemple de l’avoine.
- On fait germer les grains quelques jours à l’avance,' dans un cuveau, en les arrosant d’eau tiède;
- 5° Mélanger aux pâtées des coquilles d’huîtres fine-ment^pulvérisées et distribuer de temps à autre du g ram chaulé, c’est-à-dire arrosé d’un lait de chaux et mis à sécher ensuite.
- IL Alimentation des poules pondeuses. — On sait que l’œuf est riche en matières azotées.
- Le blanc de l’œuf n’est pas autre chose qu’une dissolution presque pure d’albumine dans de l’eau (i3 pour 100 d’albumine et 86 pour 100 d’eau). Le jaune, très riche en graisse : 32 pour 100, renferme, en outre, 16 pour 100 de matières azotées. En calculant la somme des matières nutritives contenues dans 1 kg d’œufs (i5 œufs du poids moyen [de 67 gr.), on constate la composition suivante ;
- Matières azotées..................122 gr.
- Matières grasses 94 —•
- Matières hydrocarbonées .... 6,5o—
- Extractifs non azotés.............. 4j5o —
- L’alimentation i'alionnelle des poules pondeuses doit donc satisfaire à cette condition : distribuer une ration économique de production qui, ajoutée à la ration d’entretien, permettra aux poules de fabriquer, dans le minimum de temps, cette quantité relativement forte de matières nutritives.
- La ration d’entretien, c’est-à-dire suffisante pour conserver seulement la vie des sujets, sans qu’ils fox’inent ni viande, ni œufs, est de 100 à 120 gr. de grain par tête et par jour, selon la taille. Si on ajoute à ces 100 ou 120 gr. une ration permettant à la poule.
- de produire i5 œufs en une vingtaine de jours, il faut ajouter 5o gr. de grains. Mais c’est une nourriture coûteuse, et le tube digestif de la poule ne lui permet pas d’ingérer journellement une telle masse d’aliments.
- Yoici la composition azotée des grains employés le plus souvent :
- * Matières azotées
- digestibles.
- Blé.....................12 pour 100.
- Avoine.................. 8 pour 100.
- Les grains ne contiennent pas que des matières azotées ; ils sont riches en hydrates de carbone (amidon) et on croit que les hydrates de carbone peuvent, dans certaines limites, suppléer à l’insuffisances des matières azotées. Ce raisonnement conduit à un échec parce que les hydrates de carbone ne poussent pas à la ponte; ils donnent aux tissus musculaires une tendance à la production de la graisse. En nourrissant abondamment avec des grains, on a de belles volailles bien rouges, lourdes, mais qui engraisseront et ne pondront pas. Quand des dépôts graisseux se forment autour de la grappe ovarienne, l’activité de celle-ci ne tarde pas à devenir nulle. Yoilà l’écueil à éviter.
- il faut donc remplacer les grains, tout au moins en partie, par des aliments plus riches en matières azotées, plus échauffants, moins volumineux et toujours appétissants. Ce sont les aliments d’origine ànimalc. Les poules qui, durant la belle saison, peuvent aller aux champs, consomment des insectes, excellente ration de production. Effectivement, on constate que la quantité d’œufs pondus par des poules vivant en liberté est en raison directe de la quantité d’insectes consommés.
- En hiver, les insectes manquent; on les remplacera par des déchets d’abattoir, du sang cuit, séché, de la poudre de viande (viande boucanée). On réduit le sang en poudre grossière en le passant au hache-viande, puis on le distribue en pâtée avec des pommes de terre cuites. Tous les déchets de viande, même crus, donnent de bons résultats.
- Ainsi, en diminuant la ration de grains au strict minimum et en la remplaçant par des pâtées plus riches, de farine de viande, pommes de terre, son, riz, tourteau de maïs, on aura un régime alimentaire très favorable à la ponte. Ces pâtées seront épaisses et ne contiendront pas trop d’eau. On complétera par une petite poignée de sel dénaturé, et, de temps à autre, un peu de coquilles d’huîtres et de charbon de bois pulvérisé, matières qui joueront dans l’organisme un rôle à la fois thérapeutique et excitant. Par intervalles on donnera un peu de grain chaulé et, chaque jour, de la verdure pour éviter la dégénérescence graisseuse du foie chez les poules copieusement nourries.
- Yoici, pour dix poules pondeuses, quelques formules de rations journalières, dont la composition pourra être modifiée suivant les situations ;
- iro Ration :
- Yiande boucanée . . . , 180
- Tourteaux de maïs . . . 35o
- Pommes de leri*e . . 1100
- Eau nécessaire
- 20 Ration :
- Yiande boucanée . . . . 25o
- Son de blé . . 25o
- Pommes de terre . . . . 1750
- Eaxx
- 3e Ration :
- Yiande boucanée . . . . IOO
- Pommes de terre . . . . I000
- Sai'rasin. . . . . . . . 400
- Avoine . . 3oo
- On ne supprimera pas totalement les-grains; chaque poule devra recevoir, journellement, une ration de 4o à 60 gr. environ. Pour conserver l’appétit, on variei'a la composition des pâtées.
- L’em-ploi des tourteaux a donné lieu, en 1920, à des observations ti’ès intéi'essantes.
- Dans un élevage comprenant 1200 sujets, M, le Dr Da-noxix a obtenxx les résultats suivants ;
- HEU 23
- p.2x22 - vue 434/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Un parquet composé de 10 poulettes de Bresse âgées de 6 à io mois — c’est-à-dire à leur première année de ponte — a donné en moyenue 187 œul's par sujet, 164 œufs la deuxième année, sans ration de grains.
- Ces poulettes recevaient une ration ainsi composée :
- far tète et par jour.
- Tourteau d arachides ... 3o grammes. Tourteau de palmiste . . . 3o —
- Tourteau de maïs...........3o —
- Poudre de viande........... 5
- Poudre d’os................ 5 - —
- En outre, on donnait de l’herbe autant que les poules en voulaient consommer.
- Pour préparer la pâtée avec ces substances, on met dans un récipient la quantité voulue de tourteaux de maïs et de palmiste concassés que l’on recouvre d’eau ordinaire ou d’eau de vaisselle. Le lendemain, on ajoute le tourteau d’arachides en farine, ahn d’avoir une pâtée plutôt ferme et sèche, puis on ajoute la poudre d’os ou des coquilles d’huitres écrasées mélangées à cette poudre et, en dernier lieu, la poudre de viande ou de sang desséché. Pendant la période de ponte intensive, donner deux fois par semaine de la poudre de quinquina et de gentiane, à raison de 1 gr. par tète.
- M. Edouard Saint-Loup, ingénieur agricole, attaché au Service de la reconstitution agricole des régions dévastées, emploie pour l’alimentation hivernale des poules pondeuses une pâtée chaude, dont voici la com-
- position :
- Tourteau d’arachides.................... 5o parties.
- Farine grosse de maïs................... 27 —
- Farine de viande........................ 5 —
- Farine de poisson........................ 5
- Farine de loin d’ortie................... 3 —
- Phosphate d’os alimentaire............... 2 —
- Pulpe sèche de betterave en farine . 8 —
- Total. . . 100 parties.
- Avec ce mélange, chaque poule a produit 120 à i3o œufs.
- M. Paul Dulon, professeur d’aviculture à l’Ecole des mutilés de guerre de Blanquçfort (Gironde), préconise une provende, concurremment avec une ration de grains.
- Voici la composition de cette provendc, dont on a obtenu des résultats très satisfaisants.:
- Tourteau d’arachides kufisque (8 à 9 p.
- 100 d’azote)........................3o kg
- Farine de poisson........................20 —
- Coques de cacao............ ... xo —
- Radicelles d’orge........................10 —
- Coquilles d’huitres pulvéïûsées .... 7 —
- Petit gravier......................... 3 —
- Total. ... 80 kg
- Le matin, on distribue 100 à 120 gr. de celle pâtée par poule, et le soir 40 à 5o gr. de grains. Les coques de çacao et les radicelles d’orge peuvent être remplacées par du foin d’ortie et des pulpes de betteraves. Chaque jour, les poules reçoivent dans leur pâtée de la verdure hachée.
- III. Poudres pour la ponte. — Les « poudres à faire pondre » peuvent remplacer très avantageusement les coquilles d’huitres; elles apportent, outre le carbonate de chaux indispensable à la constitution de la coquille de l’œuf, des aliments minéraux et des principes excitants.
- La préparation de ces poudres peut se faire aisément selon l’une ou l’autre des trois formules suivantes; la
- dernière est réputée la plus efficace. ire Formule :
- Carbonate de chaux........... 3 parties.
- Sel dénaturé................. 3 —
- Charbon de bois en poudre ... 2 —
- 2” Formule :
- Carbonate de chaux (ou calcaire). 3 parties.
- Sel dénaturé................. 3 —
- Charbon de bois en poudre ... 2 —
- Produits végétaux excitants et aromatiques..................... 1 —
- Carbonate de fer............... o,5 —
- Soufre....................... 1
- 3° Formule :
- Carbonate de chaux ou craie (coquilles d’huitres pulvérisées) . 3o parties.
- Sel dénaturé....................3o
- Poudre de charbon de bois ... 20
- Soufre sublimé............... 8
- Poudre de racine de gentiane . . 8 —
- Gingembre..........................8 —
- Carbonate de fer............. 5 —
- Salieylate de soude.......... 5 —
- /
- Les substances végétales excitantes et aromatiques sont représentées par des tiges, des fleurs et surtout des graines des plantes suivantes, bien triturées : anis, fenouil, gentiane (racine), cumin, carvi, coriandre, phel-landi'e aquatique, calanms, gingembre, cubèbe, quinquina, etc.
- On pulvérise très soigneusement les substances composant la formule et on les mélange ensuite intimement.
- La poudre ainsi obtenue est distribuée dans la pâtée, le matin, à la dose d’une forte cuillerée à bouche pour 10 poules. Tous les 20 à 3o jours, on en suspend l’emploi pendant quelques jours. Elle est d’autant plus efficace que l’on donne aux poules une nourriture anima-lisée. L’ensemble des procédés indiqués dans cette étude constitue la méthode assurant une production d’œufs même en saison froide. IIknhi Bi.ix.
- LA POPULATION FRANÇAISE
- Un décret en date du 28 décembre 1921, paru au Journal Officiel du 3o décembre, fixe légalement l’état de la population, tel qu’il résulte des opérations du recensement effectuées le 5 mars dernier.
- Ce dénombrement présente toujours une importance considérable puisque, comme le dit le rapport du Ministre de l’Intérieur, « une grande partie de noti'e législation, notamment en ce qui concerne les lois sociales, les lois d’assistance, les lois d’impôt et d’organisation politique et administrative, repose sur ces résultats ».
- Le recensement a lieu, on le sait, tous les 5 ans. Le dernier date du 5 mars 1911. En 1916, on ne put y procéder par suite de l’occupation par l’ennemi d’une partie du territoire. Le nouveau dénombrement a donc une importance plus grande encore que de coutume.
- De plus les 3 départements d’Alsace et de Lorraine sont venus de nouveau s’ajouter au territoire amputé depuis 1871.
- De ce fait, le nombre des communes s’élève aujourd’hui à 37963 i’éparties en 0019 cantons et 385 arrondissements. Il n’y avait en 1911 que 362 ai’rondissements, 2915 cantons et 86241 communes.
- 7 cantons et 19 communes ont été créés; 1 commune a été supprimée depuis le recensement de 1911.
- Nous ne reproduirons pas ici le tableau de la population par départements que La Nature a déjà publié (n° 2468) avec les commentaires qu’il inspire.
- Aux .89 209 766 habitants du territoire méti*opolilain, on pourrait ajouter environ i5o 000 Français sous les drapeaux hors de France, 19137 maiûns militaires et 23 836 marins de commerce en cours de navigation.
- Ainsi qu’on l’avait déjà constaté en 1911, la population urbaine continue à augmenter au détriment de la population rurale. En effet, tandis que le chiffre total de la population a diminué, celui des villes de plus de 3oooo âmes a augmenté, dans les seuls départements d’avant-guerre, de 259039 habitants.
- Les villes qui ont subi la plus forte augmentation sont, dans l’ordre : Lyon, Marseille, Le Havre, Toulouse, Nice, Saint-Etienne, Paris, Clermont-Ferrand, Perpignan, Villeurbanne, Nantes, Nice, Boulogne-sur-Seine.
- Les villes suivantes qui avaient, en 1911, plus de 3oooo habitants, sont tombées au-dessous de ce chifîi’e : Cannes, Carcassonne, Rochefort, Laval, Lens, Epinal.
- Au contraire, Alais, Colombes et Argenteuil ont atteint et dépassé ce chiffre de 3oooo habitants.
- En 1911, i5 villes avaient plus de 100000 habitants; ce nombre est le même en 1921 ; Reins, qui comptait
- p.2x23 - vue 435/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- lors du précédent recensement n5 178 habitants, n’en a plus aujourd’hui que 76645; mais Strasbourg vient avec 166767.
- Ces i5 villes, les plus grandes de France, sont :
- Population
- Villes en 1921 en 1911 en 1881
- Paris 2.906.472 2.888.110
- Marseille 586.341 55o.6ig
- Lyon 56 r.692 523.796
- Bordeaux ..... 267.409 261.678
- Lille ' 200.952 217.807
- Nantes ... i83.704 170.535
- Toulouse 176.434 149.576
- Saint-Etienne . . . 167.967 148.656
- Strasbourg . . . 166.767 ))
- Le Havre 163 374 i36.159
- Nice i55.839 142.94<J
- Rouen 123.712 124.987
- Roubaix 1i3.265 122.728
- Nancy ix3.226 1 >9-949
- Toulon 106.33i io4.582
- 2. 269.023 36o.099 376.613 221. 3o5 178.144
- 124.319 140.289 123.813 ))
- io5.867 66.279 io5.906 91.757 73.225 70.103
- Les 37 963 communes de France se répartissent ainsi au point de vue de leur population :
- Départements
- d’avant d’Alsace
- Commîmes g-uerre de Lorraii
- Inhabitées (totalement détruites
- pendant la guerre) 9 0
- de moins de 5o habitants . . . 356 7
- — 51 à 100 habitants. 1710 35
- — I O I 200 — 5997 220
- — 201 — 3oo — 565o 283
- — 3oi — 400 — 4344 226
- — 401 — 5oo — 3oi6 171
- — 5oi — 1.000 — S6o5 457
- — I. ,001 — x.5oo — 2772 128
- — 1. 5oi — 2.000 — 1381 58
- — 2. .001 — 2.500 — 627 *31
- — 2. . Soi — 3.000 — 454 •7
- — 3. OO I 3.5oo — 275 20
- — 3. 5oi — 4.000 — 164 6
- — 4- 001 — 5.000 — 229 6
- — 5. 001 — 10.000 — 368 26
- — 10. 001 —• 20.000 — 167 8
- 20.001 : habitants et au-dessus . 136 4
- Totaux 36.260 1703
- Les 9 communes inhabitées ont toutes des noms célèbres : Nauroy, Hurlus, Mesnil-les-Hurlus, Perthes-les-Hurlus, Ripon, Tahure, dans la Marne; Bezonvaux, Louvemont, Beaumont, dans la Meuse.
- Le nombre des communes des départements d’avant-guerr.e dont la population ne dépasse pas 5oo habitants est de 21 082, soit plus de la moitié du nombre total. Le nombre de ces petites communes a augmenté de 1812 par rapport au recensement de 1911.
- Le nombre des communes de 5oi à 2000 habitants, qui était de 14264 en 1911, n'est plus aujourd’hui que de 12 758 ; celui des communes de 2001 à 5ooo habitants a diminué de 299 (1749 au lieu de 2048).
- Les communes de plus de 5ooo habitants ont passé de 669 à 671.
- Ces chiffres marquent la dépopulation progressive des campagnes.
- Le nombre des étrangers résidant en France est de 1 55o 459, ou seulement de 1 417 357 si l’on défalque ceux d’Alsace et de Lorraine, ce nombre est en augmentation de 284661 par rapport à ign.
- La situation administrative de la France au ior janvier 1922 apparaît officiellement telle que la représente le tableau ci-joint.
- Population par département. _____________ Nombre
- Départements dos arrondis' sements des cantons des communes Popula- tion.
- Ain ...... . 5 36 457 3i5.757 421.5x5
- Aisne 5 37 841
- Allier 4 29 32 I 370.950
- Alpes (Basses) . 5 3o 248 91.882
- Alpes (Hautes) . 3 24 186 89.275
- Alpes-Maintimes 3 29 i5q 357.759
- Départements
- Ardèche ,
- Ardennes Ariègc Aube Aude .
- Aveyron Belfort (territoire de Bouches-du-Rhône Calvados Cantal .
- Charente Charente-Inférieure
- Cher.........
- Corrèze . .
- Corse .... Côte-d’Or . . Côtes-du-Nord Creuse. . . . Dordogne . . Doubs .... Drôme. . . .
- Eure .... Eure-et-Loir Finistère. . .
- Gard .... Gai’onne (Haute
- Gers.........
- Gironde . . . Iléi-ault . . . Ille-et-Vilaine.
- Indre .... Indre-et-Loire Isère ....
- Jura.........
- Landes. . . . Loir-et-Cher .
- Loire ....
- Loire (Haute-Loire-Inférieurt Loiret ....
- Lot ..... Lot-et-Garonne Lozère.... Maine-et-Loire Manche . . .
- Marne ....
- Marne (Haute-) Mayenne . . Meurthe-et-Mosel Meuse .... Morbihan . . Moselle . . . Nièvre ....
- Nord ....
- Oise. . . . .
- Orne.........
- Pas-de-Calais. Puy-de-Dôme. Pyrénées (Basses-) Pyrénées (Hautes-Pyrénées-Orientales Rhin (Bas-). . . Rhin (Haut-). . Rhône ..... Saône (Haute-). Saône-et-Loire . Sarthe .....
- Savoie.........
- Savoie (Haute-)
- Seine..........
- Seine-Inférieure Seine-et-Marne . Seine-et-Oise. . Sèvres (Deux-) . Somme .... Tarn. . ...
- Tarn-et-Garonne Var............
- 3 5
- .3
- 5
- 4
- 5
- 1
- 3
- 6
- 4
- 5
- 6 3
- 3 5
- 4
- 5
- 4
- 5
- 4
- 4
- 5
- 4
- 5
- 4
- 4
- 5
- 6
- 4
- 6
- 4
- 3
- 4
- 4 3 3
- O
- O
- 3
- 5
- 4
- 3
- 4 3
- 5
- 6
- 5 3
- 3
- 4 4 4 9 4
- 7 4
- 4
- 6
- 5
- 5 3
- 3
- 8
- 6
- 2
- 3 5
- 4
- 4
- 4
- 3
- 5
- 5
- 6
- 4
- 5
- 4
- 3
- 3
- Nombre
- des des Popula-
- caillons communes tion
- 3i 347 294.3o8
- 31 5o3 277.811
- 20 338 I72.85i
- 26 445 227.839
- 31 440 287.052
- 43 3o6 332.490
- 6 106 94.338
- 33 111 841.996
- 38 763 384.73o
- 23 267 119.402
- 29 4 26 316.279
- 40 482 4i8.3io
- 119 293 3o4.800
- 29 289 373.808
- 62 364 281.959
- 3? 7*7 32i.088
- 48 390 557.824
- 25 266 228.344
- 47 587 396.742
- 27 636 280.022
- 29 378 263.509
- 36 700 3o3.169
- 24 426 251.255
- 43 298 762.514
- 40 351 396.169
- 3o 58q 424.582
- 29 466 194.406
- 5o 554. 819.404
- 36 34i 488.215
- 43 36o 558.574
- 23 247 26o.535
- 24 282 327.743
- 45 564 525.522
- 32 585 229.062
- 28 334 263.937
- 24 297 251.528
- 3i 337 637.. i3o
- 28 265 268.910
- 46 - 2I9 649.723
- 3i 349 387.224
- 2 9 33o 176.883
- 35 3a6 2.39.972
- 24 198 108.822
- 34 381 474.786
- 48 647 425,5l2
- 33 662 366.73 i
- 28 55o igS.865
- 27 276 262.447
- 29 600 5o3.810
- 28 586 207.3og
- 37 258 546,047
- 36 ( ’) 7^7 589.120
- 25 3x3 270.148
- 68 668 1 .787.gïS
- 35 701 887.760
- 36 513 274.814
- 46 9o5 989-967
- 5o 472 490.560
- 41 55q 402.981
- 26 480 i85.760
- «7 232 217.503
- 35 561 65i.686
- 26 385 468.943
- 33 269 956.566
- 28 583 228.348
- 5o 589 554.8i6
- 33 386 389.235
- 29 33o 224 874
- 28 315 235.668
- 4*2 79 4 .411.691
- 55 769 880.671
- 29 534 349.234
- 38 691 921.673
- 31 357 310.660
- 4i 836 452.624
- 36 323 295.588
- 24 !95 . i5g.55g
- 3o i49 322.940
- 1. La commune de Richemont est divisée ior avril 1921, en deux communes : Richemont et
- , depuis le Mondelange^
- p.2x24 - vue 436/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Dèpai'IoiinMils dus arrondis- Nombre des dTs l'0|llllu-
- soinunls uauLons communes lion
- Vaucluse. . . . • . 4 2 2 15o 219.002
- Vendée. . . . . . . 3 3o 3o6 397.292
- Vienne .. . 5 31 3 00 3o6.248
- Vienne (Haute-) . * - 4 29 205 350.235
- Vosges . . 5 * 29 531 383.684
- Yonne . . 5 37 486 278.118
- Totaux . . . . 385 3 .019 37.963 89 209.766
- Un second décret, portant la même date et paru au même numéro du Journal Official, détermine la situation administrative et la population de l’Algérie.
- I. Territoire du Nord :
- C.oimmmus
- Arrondis- de |dein Communes
- Départements sements exercice mixtes Population.
- Alger............ 5 109 24 1.788.857
- Oran............ 5 92 18 i.3o5.o5i
- Constantine . . 7 75 34 2.162.512
- 17 276 76 5.2.56.420
- If. Territoire du Sud :
- Communes Communes
- Aïn-Sefra mixli's 4 indigènes 1 Population. t$3.529
- Ghardaïa 2 3 145.029
- Touggourt I 0 , 202.743
- Oasis sahariennes. . . O 1 34.743
- La population totale dè j 5 802 464 j habitants s 546.044 e répartit
- ai u si :
- Population
- Européenne Indigène
- Agglomérée aux chefs-lieux . 641.758
- Eparse.................... i5o.64o
- Comptée à part. ....... 38.642
- 539.69.3
- 4.38o.654
- 51.077
- 83t.040 4-971*424
- R. M.
- BOITE AUX LETTRES
- aSL.
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres dé La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. l’abbé G. Alaire, à Cholet.— i°Yous pourriez peut-être vous procurer d’occasion le photomètre dont la construction a cessé depuis longtemps, en vous adressant par exemple aux maisons suivantes, à Paris : M. Fournier, 26, boulevard Beaumarchais; M. Foucqueteau, 60, rue du Château-d’Eau; Prisma-Photo, 6, boulevard des Filles-du-Calvaire ; —- 20 A défaut de l’instrument que vous recherchez, vous obtiendriez des résultats équivalents avec le Pho-
- tomètre normal de M. Degen, 3, rue de la Perle, Paris.
- M. V. S., Fort-de-France. — Comme suite aux renseignements donnés dans le n° 2484. au sujet de la culture en grand et de l’exploitation du tournesol (.Helianthus annuus), nous vous signalons, après nouvelles recherches documentaires, les études publiées dans le Journal d‘Agriculture tropicale (Paris, 27, rue Laffitte, 9e) : Le tournesol ; sa culture en Russie (historique, teneur en huile, variétés comestibles et d’huilerie, exigences, soins, cueillette, batteuses), d’après 1). N. Prianichnikov (n° 67, du 3i janvier 1907, p. 17); /.es débouchés du tournesol (le tournesol comme culture d’attente sous les cocotiers; ses emplois en Russie et aux Etats-Unis, controverse sur la valeur de l’huile, culture au Mozambique), d’après J.-F. Slueky (n° 44. du 28 février 190a, p. .4°!,
- ,3teD
- IgO
- BIBLIOGRAPHIE
- >
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ...—
- Essai philosophique sur les probabilités, par [Pierre-Simon Laplace (Collections des Maîtres de la Pensée Scientifique), 2 vol. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921.
- La théorie des probabilités, dit Laplace, n’est que le bon sens réduit au calcul. Et il le démontre victorieusement dans cet essai, aussi remarquable par la lucidité et la profondeur de la pensée que par l’élégance et la clarté du style. Il y exprime les principes fondamentaux du calcul des probabilités, dans un langage accessible à tous, et il en montre, de la façon la plus attachante, les diverses applications : jeux, statistiques, erreurs dans les observations physiques, tables de mortalité, assurances, etc. C’est dans cet ouvrage que se trouvent les curieux et célèbres chapitres sur la probabilité des jugements des tribunaux; sur les choix et décisions des assemblées. Les considérations qu’il y expose, écri-tes il y a plus de 100 ans, n’ont rien perdu de leur poids.
- Temps. Espace. Matière. Leçons sur la théorie de la relativité générale, par H. Weyl, traduit de la l\ édi-
- tion allemande par MM. G. Juvel et R. Leroy. 1 vol. 290 p. Blanchard, éditeur, Paris, 1921. Prix : 20 fr.
- L’ouvrage de M. Weyl, professeur au Polytech-nicum de Zurich, est le premier où les théories de la relativité aient été exposées systématiquement et rigoureusement. Il apporte en outre une très importante et originale contribution au développement de ces théories, par l’étude des champs électriques, et celle de la constitution de la matière.
- Le livre de M. Weyl est de plus le seul ouvrage théorique complet qui existe en français sur ces difficiles et si nouvelles questions; nous n’avions en effet, jusqu à l’apparition de cette traduction, que des ouvrages de vulgarisation. Ceux qui veulent aborder directement et à fond l’étude des nouvelles théories étaient obligés de se reporter aux ouvrages originaux en langue allemande. La présente traduction rendra donc de grands services aussi bien aux disciples d’Einstein qu’à ses contradicteurs. Ajoutons que la lecture de l’ouvrage de M. Weyl n’est permise qu’aux lecteurs déjà pourvus d’une forte instruction physique et mathématique.
- Eléments d’électricité, par Ch. Fabry. i vol. in-i6„ de 208 p., 70 11g., Armand Colin, éditeur, Paris, 1921. Prix broché : 5 francs.
- Les ouvrages élémentaires d’électricité sont aujourd’hui fort nombreux; nulle branche de la science n'en a suscité autant; il faut s’en réjouir pour l’électricité,
- p.2x25 - vue 437/620
-
-
-
- mais le regretter pour les autres domaines moins battus.
- Voici donc un nouveau traité élémentaire, excellent du reste, qui se recommande par son exposé clair, logique et concis.
- Mémoires sur l’électro-magnétisme et V électrodynamique, par André-Marie Ampère. (Collection des Maîtres de la Pensée Scientifique), i vol. 110 pages. ,Gaulhier-Yillars, éditeur, Paris 1921.
- C'est une heureuse idée que d’avoir réédité à l’occasion de leur centenaire les mémoires dans lesquels Ampère expose ses célèbres découvertes sur l’action mutuelle des courants électriques, l’action du globe terrestre et celle d’un aimant sur les courants. La lecture de ces chefs-d’œuvre sera toujours profitable.
- L'électricité à la campagne, par René Champi.y. 2' édition. 1 vol. in-8° br., de 294 pages et 284 figures. Desforges, éditeur, Paris 1921. Prix : i3fr. 5o.
- Après quelques notions sur les différents appareils électriques, l’auteur donne une étude pratique du problème de l’installation de l’éclairage dans une ferme, un atelier, une maison de campagne, soit par l’emploi d un moteur, d’une dynamo et d’une batterie d’accumulateurs, soit par un secteur public de distribution d’électricité.
- il étudie également la motoculture, les paratonnerres, etc,
- La théorie et la pratique des Radiocommunications (tome if). An propagation des ondes électromagnétiques à la surface de la terre, par Léon Bouthii.lon.
- 1 vol. 34o p., 133 fig. Delagrave, éditeur, Paris, 1921.
- Ce volume fait partie d’une véritable encyclopédie de la T. S. F. que prépare M. Bouthillon et qui ne comprendra pas moins de 8 tomes. La propagation des ondes électro-magnétiques à la surface de la terre est un sujet des plus intéressants à divers égards, au point de vue pratique tout d’abord ; les radiocommunications atteignent aujourd'hui aisément les antipodes. Il n’y a donc plus de limite à leur portée; mais, pour établir dans les meilleures conditions des postes à grand rayon d’action, il faut être fixé sur le mode de propagation des ondes autour de notre globe et sur les circonstances susceptibles de les influencer. Celles-ci sont nombreuses : nature du sol et du sous-sol, répartition des terres et des océans, constitution de l’atmosphère, jusqu’aux plus extrêmes altitudes, état électrique de celle-ci, magnétisme terrestre, circonstances météorologiques, etc. Ces divers éléments sont étudiés à fond dans l’ouvrage de M. Bouthillon, et l’on y trouve résumés les principaux travaux modernes sur ces diverses questions. Aussi son livre représente-t-il non seulement un utile ouvrage technique pour les exploitants et ingénieurs de T. S. F., mais encore une fort intéressante contribution à la physique du globe.
- Le voyage de l’Isahella. au centre de la Terre, par L. Creux (Roman scientifique et d’aventures). 1 vol. illustré par R. Coze. Chulliat, éditeur, Paris, 1921.
- Un savant américain a conçu le projet d’explorer l’intérieur de la terre ; à cet effet, il fait construire une puissante machine en acier, l’Isahella, qui s’enfonce automatiquement vers l’intérieur du globe. Le voyage s’exécute sous la conduite d’un ingénieur français, au milieu de péripéties diverses et roma-nesqùes ; l’imagination de l’auteur se donne libre cours dans la description des merveilles souterraines. Ce roman original se dénoue aimablement, comme il convient, par un mariage.
- An Géologie mise à la portée de tous. Ses rapports avec la géographie physique et son utilisation pour la recherche des minerais des combustibles, des engrais et des eaux, par R. d’Andrimont, Ch. Fraipont et R. Anthoine. 1 vol. in-8., 218 p., 178 fig. [Dunod, Paris. Prix : 12 francs..
- Manuel pratique reproduisant les cours de l’Université de Liège, tels qu’ils furent organisés par le
- professeur Max Lohest. Les auteurs passent en revue la formation de l’écorce terrestre, la sédimentation, la tectonique, le métamorphisme. Puis vient l’étude des dépôts _ sédimentaires, de leurs catégories, de leurs âges; les conseils pour le levé et la lecture des cartes géologiques; le volcanisme et les gîtes filoniens ; l’action de l’atmosphère, des êtres vivants, de l’eau. Suit une description sommaire des différentes couches géologiques rencontrées en Belgique et, enfin, des notions d’hydrologie. Sommairement, mais clairement traités, sans grandes théories, mais précis, ces chapitres forment une bonne préparation à l’étude de la géologie.
- L’origine et l’évolution de la vie, par Henry Fatreield ' Osborx. Edition française avec préface et notes par Félix Sartiaux. i vol. in-8, 3o4 p., 26 fig. Masson et Cie, Paris. Prix : 2.5 francs.
- Les problèmes de l’origine et de l’évolution de la vie peuvent être abordés par plusieurs voies : la physique et la chimie terrestre, la paléontologie, la morphologie, l’embryologie, la physiologie, la biochimie. L’auteur a essayé de faire une synthèse de la question en se servant de toutes les méthodes que la science met aujourd’hui à notre disposition. Il en résulte un vaste tableau d’ensemble, passionnant comme un roman. Le lecteur y voit défiler le milieu cosmique primitif, la préparation de la terre à la vie par la formation des eaux et de l’atmosphère, l’énergie solaire et les syuthèses d’éléments qu’elle permit jusqu’aux composés organiques, l’évolution des bactéries, des algues et des plantes. Vient ensuite l’évolution de la forme animale depuis les Protozoaires jusqu’aux Mammifères, illustrée de nombreux exemples typiques, dont de très belles figures, la plupart reproduisant des reconstitutions de 1:American Muséum, évoquent les divers stades d’une façon saisissante.
- L’auteur est un des maîtres les plus populaires des Etats-Unis; ses fonctions de président du Muséum de New-York, son activité prodigieuse, ses recherches dans les domaines les plus variés, lui ont permis d’accumuler un nombre formidable de documents .dont il s’est servi pour cette vaste synthèse.
- Son traducteur a fait mieux que d’écrire l’ouvrage en notre langue ; il l’a adapté et y a ajouté une abondante bibliographie de langue française que l’original négligeait. L’origine et l'évolution de la vie est ainsi devenu une œuvre plus complète encore où le public aimera à retrouver de nombreuses données bien classées sur les grands problèmes de la destinée du monde auxquels.il se complaît volontiers.
- Le livre des champs. Entretiens de l’oncle Paul avec ses neveux sur les choses de l’agriculture, par J.-H. Fabre.
- 1 vol. in-16, 385 p., 100 fig., 12 photos hors texte. Delagrave, Paris. Prix : broché, 7 fr. 5o; relié, 10 fr.
- L’auteur des Souvenirs entomologiques, dont une édition définitive et illustrée est en cours de publication, n’est pas seulement le grand savant qui a provoqué l’admiration du monde entier. C'est encore un vulgarisateur qui ale don de rendre vivante la science et de la mettre à la portée de tous. —Tous les sujets qu’il aborde apparaissent, grâce à son génie, tout remplis d’intérêt. — C’est ainsi que dans le Livre des champs, près de cent questions touchant à l’agricul-türe offrent à la curiosité du lecteur l’aliment le plus utile en même temps que divertissant. Ceux même qui sont bien informés en science agricole y trouveront matière neuve, car le roi des observateurs, comme l’appelait Darwin,'apporte toujours sa contribution personnelle au fonds commun scientifique.'
- Nutrition de la plante. IL Formation des substances ternaires, par Marin Molliard. i vol. in-16, 438 p., 88 fig. Encyclopédie scientifique, Doin, Paris. Prix : broché, 12 francs; cartonné toile, 14 francs.
- L’auteur expose dans cet ouvrage la manière dont se constituent les substances organiques dépourvues d’azote; il étudie l’origine du carbone engagé dans les multiples constituants de la plante. On sait qu’à cet égard la plupart des végétaux se comportent d’une façon très particulière, car eux seuls sont capables de réaliser la synthèse de substances organiques à
- p.2x26 - vue 438/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- partir d’une source minérale, le gaz carbonique de l’air.
- M. Molliard étudie tout d’abord les sucres, qui sont des substances ternaires dont on connaît le mieux le mode de formation, et, après les avoir envisagés au point de vue de leur composition chimique et de leur localisation dans la plante, il aborde le problème qui domine toute la physiologie végétale, celui de la fonction chlorophyllienne.
- Ce sont tous les échanges gazeux qui en résultent qui sont considérés, puis le pigment vert assimilateur est étudié dans les diverses propriétés qui intéressent le rôle qu’il joue dans la fixation du carbone. Les seuls résultats de l’assimilation chlorophyllienne peuvent se condenser à l’état de réserves dans différents organes de la plante, leur migration à partir du lieu de leur formation ainsi que leur accumulation font l’objet d’un chapitre spécial; c’est dans un volume prochain que sera étudiée leur utilisation ultérieure.
- Les autres groupes de substances ternaires, gluco-sides, corps gras, essences sont ensuite passés en revue d’une manière parallèle.
- Après avoir étudié la nutrition carbonée minérale des plantes vertes, l’auteur, considère à grands traits la nutrition carbonée organique des végétaux dépourvus de chlorophylle et montre comment cette élude a pu être entreprise, grâce aux méthodes pastoriennes.
- Enfin, revenant aux plantes vertes, M. Molliard consacre un chapitre à la question relativement récente de la nutrition organique, qui peut se superposer à la synthèse chlorophyllienne.
- Labours et Assolements, par P. Diffloth, 5° édition, i vol. in-16, 358 p., i5a fig. Encyclopédie agricole. Baillière et fils, Paris. Prix broché : io francs; cartonné : i5 francs.
- Cette 5e édition est un ouvrage nouveau, refondu et augmenté.
- La première partie traite du travail du sol : préparation du sol, rôle des labours et des quasi-labours; la culture, mécanique du sol est longuement étudiée. Vient ensuite l’ameublissement du sol par le hersage et le roulage. La deuxième partie traite de la mise en valeur des terres incultes et des améliorations foncières, défrichement des bois, des prairies; mise en valeur des terres tourbeuses, des ter-rains salés, des marais (colmatage, limonage). La troisième partie traite des assolements. M. Diffloth passe en revue les principaux assolements et donne des exemples d’assolements dans les diverses régions de la France. La dernière partie est consacrée aux nouveaux systèmes de culture : dry-farming, travail du sol sans charrue, buttage des céréales, culture en billons, néocullure.
- Le Traité d’agriculture générale de M. Diffloth, aujourd’hui complet, est l’ouvrage le plus pratique et le mieux au courant sur ces importantes questions.
- Parasites végétaux des plantes cultivées. I. Vignes, Cultures fruitières, Cultures industrielles, Préparations anlicryptogainiques, par Louis Mangin, i vol. in-ih, 160 p., 6i fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Le chajaitre premier est consacré aux maladies de la vigne : pourridié, oïdium, mildiou, anthracnoses, pourritures, fumagine, carie, accidents, etc., avec leurs. traitements ou les méthodes préventives de préservation.
- Dans le deuxième chapitre, sur le même plan, les maladies des cultures fruitières sont passées en revue : chancres, pourriture du tronc, tavelure,cloque, rot, momification des fruits, javart, etc., et toutes les affections des arbres fruitiers proprement dits, des arbres divers comme le châtaignier et l’olivier, des arbustes et plantes à fruits : framboisiers, groseilliers, cassissiers, orangers, cuc.urbitacées, tomates, etc., sont minutieusement et clairement décrits.
- Les plantes industrielles ont un chapitre spécial, le troisième. Enfin, l’étude des préparations anti-cryptogamiqu.es de toutes sortes est dévolue au quatrième chapitre, où les praticiens puiseront les plus judicieux conseils.
- Traité d’Embryologie des Vertébrés, par A. Br.vciif.i-. i vol. in-8, 602 p., 367 fig. Masson et Cu, Paris. Prix : 60 francs.
- Depuis longtemps, on n’avait pas publié en France de traité d’embryologie et cependant cette science a fait d’importants progrès. Aujourd’hui, les questions de fécondation et de segmentation de l’œuf sont rénovées par les recherches physiologiques et chimiques, tandis que les données relatives au développement des feuillets et des organes, en ce qui concerne les Vertébrés tout au moins, sont suffisamment nombreuses et précises pour fournir un ensemble définitif et classique, auquel l’avenir ne pourra apporter que des retouches de détail.
- Le moment est donc bien choisi pour exposer cette science en un traité détaillé et complet. L’auteur, professeur à l’Université de Bruxelles, était tout désigné pour cette œuvre, tant par ses propres recherches et son enseignement que par son esprit clair, ouvert, synthétique, à la française. Il a réussi un chef-d’œuvre, dont la présentation ne laisse rien à désirer.
- Le lecteur y trouvera tout ce qu’on sait de l’embryologie des Vertébrés : la structure et le développement des cellules sexuelles; la fécondation; la segmentation ; la formation de la blastula, puis de la gaslrula et des feuillets embryonnaires; la constitution des organes dans chaque feuillet, jusqu’à la constitution de l’être définitif.
- La place accordée aux problèmes de morphogenèse donne à ce livre un intérêt général pour tous les biologistes. La précision des données spéciales à chaque tissu et à chaque organe en fait le livre de chevet des embryologistes. Son plan, tout nouveau et différent de celui des traités anglais et allemands déjà existants, et toutes ses autres qualités assureront à la pensée belge et à la langue française la première place en cette science.
- The Vitamine Manu al, par Walter H. Eddv. i vol. in-8, ni p., 9 fig. Williams et Wilkins Cy, Baltimore. Prix relié : 2,5o dollars.
- La question des vitamines s’est révélée en ces dernières années comme une des plus importantes de la physiologie ‘de la nutrition. Elle intéresse tout à la fois les médecins, les hygiénistes, les chimistes, les industries alimentaires, les maîtresses de maison soucieuses de la santé de leur famille. Les travaux publiés sont innombrables et ne permettent pas une vue d’ensemble. C’est celle-ci que dégage M. le professeur Eddy par un classement approprié des faits acquis. Il rappelle comment les vitamines furent découvertes, les efforts pour déterminer leur nature chimique, les méthodes d’analyse.utilisables pour les reconnaître, les principales sources de vitamines, puis il passe en revue les propriétés chimiques et physiologiques des divers facteurs aujourd’hui connus. Ceci- le conduit à une série de données pratiques relatives à la nutrition de l’enfant et de l’adulte et aux maladies d'avitaminose : béribéri, scorbut, rachitisme, pellagre, etc. Le livre se termine par un index bibliographique très complet qui permet de se reporter aux travaux originaux.
- Océan Research and thé great Fisheries, par G. C. L. Howell. i vol. in-8, 220 p., 26 fig., 20 pl. 1 carte. Clarendon Press, Oxford. Prix relié : 18 sh.
- Bonne étude d’ensemble dès pèches les plus importantes de la Grande-Bretagne, telles que les classent les statistiques de 1 g 13 : hareng (611000 t.), morue (200000), haddock ou églefin ( 115 000), gade, carrelet, merlu, etc., et de leurs rapports avfec les études océanographiques. L’auteur expose pour chaque espèce les conditions de pêche, la productivité, les marchés, la nourriture et la reproduction, les observations biologiques déjà faites et, celles qui sont encore nécessaires. Il trace ainsi un tableau d’ensemble qui montré bien toute l’importance de la pêche en Angleterre et qui peut fournir à notre pays maints exemples de ce que nous devons faire dans la même voie pour développer nos ressources alimentaires marines et conserver notre race d’hommes de mer,
- 28 |j^
- p.2x27 - vue 439/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- \
- N° 2495
- 25 Janvier 1922
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- 05^
- LA VOUTE CÉLESTE EN MARS 1922 (*)
- Yoici inique.
- des satel-cc mois-ci
- — 7° 46' le
- un mois important au point de vue astrono-Tout d’abord, une éclipse annulaire de Soleil, visible comme éclipse partielle à Paris; une curieuse conjonction de Jupiter avec 0 de la Vierge; une occultation de a Cancer par la Lune; la plus grande élongation de Mercure, le matin; l’opposition de Saturne; clés occultations par la Lune, etc. Ajoutons à cette belle série de nombreux phénomènes du système lites de Jupiter. L’observateur du ciel aura son temps bien employé.
- I. Soleil. — La déclinaison du Soleil, de ior mars, atteint —o° 22' le 20, 4-o° T le 2i et +3° 57' le 3i. Le changement de signe du 20 au 21 correspond au moment où le Soleil traverse l’équateur céleste : c’est le début du printemps.
- Celui-ci se produira exactement le 21 mars, à qh 48m 5i".
- Le Soleil se trouvant alors à égale distance des deux pôles, les jours et les nuits ont la même durée (d’où le terme équinoxe pour désigner ce moment). Par suite du mouvement de la Terre, au fur et à mesure de l’élévation du Soleil dans l’hémisphère nord, l’arc diurne qu’il décrit est de plus en plus grand, les jours augmentent de durée. Ainsi de ioh56‘”, le ior mars, la durée du jour atteint i2h44mle 3i.
- Nous avons vu précédemment que ces durées sont très augmentées par le phénomène du crépuscule.
- On trouvera, dans le tableau ci-dessous, pour quelques époques du mois, le temps moyen a midi vrai. On désigne ainsi l’heure marquée par les horloges quand le centre du Soleil passe au méridien. Inversement, si l’on possède l’heure exacte, la position sur le sol de l’ombre d’une tige verticale, d’un lil à plomb, de l’angle de deux murs, etc., donnera la direction exacte du méridien lorsqu’il sera une des heures ci-après :
- 2482. Pour ne pas nous répéter, nous prions le lecteur de s’y reporter.
- Eclipse de Soleil. — Une éclipse annulaire de Soleil, visible comme éclipse partielle à Paris, se produira le 28 mars. Voici les circonstances de l’éclipse générale :
- _______ Lieu
- Phases. Heure (t. m. G.). Longitude. Latitude.
- Commencement. Maximum . . . Fin..........
- 13h 5’
- i6h 9‘
- 11° 20' S.
- 1 2U I
- 6'N. 23° 47’ N. m a x i m u m
- 5g° i5' O.
- 1 180 LO.
- 1 3j0i2'E.
- Grandeui = 0,969 le diamètre du Soleil étant égal à un.
- La zone terrestre, d’où l’éclipse annulaire sera visible, commence au centre du Pérou, traverse le Brésil, puis, obliquement, l’Océan Atlantique, atteint le Sénégal,traverse le Sahara, Tripoli, le désert de Libye, le Nord de l’Egypte, le Nord de la mer Rouge, l’Arabie du Nord et finit un peu à l’Ouest du golfe Persique.
- La plus grande durée de la phase annulaire atteindra 7m 5os, au Sénégal, près de Bathurst.
- En France, on observera une éclipse partielle dont la phase sera d’autant plus accentuée que l’on sera plus au Sud A
- La Connaissance des Temps pour 1922 donne les heures suivantes des phases et la grandeur de l’éclipse pour les principales villes de France.
- Dates.
- Mars
- i°
- 5 10 15
- Temps
- 3 2
- 12
- 12
- 11
- h 59’
- légal.
- 1 i5s 1 2 5S 1 i3s 15xs
- Dates.
- Mars
- 20
- 25
- 3o
- Temps légal, b
- 1 lu 58 1111 56 1 U 55!
- 24s
- 53s
- 4S
- L’enregistrement quotidien de l’aspect du Soleil fait partie du travail des observatoires d’astrophysique. Cet enregistrement est fait en permanence par la photographie dans plusieurs observatoires : Mcudon, de l’Èbre, Dehra-Dun, etc.
- Les observations que l’on pourra faire avec utilité porteront de préférence sur la constitution même des taches solaires, sur les perturbations dont elles sont le siège, sur la couleur des parties qui les composent, etc. Rechercher si certains phénomènes propres aux taches (par exemple jets brillants de lumière, mouvements et transformations rapides, etc.), n’ont pas une répercussion sur les phénomènes magnétiques terrestres. Il y a là un vaste champ d’étude à explorer.
- Lumière zodiacale. — Le début du mois est particulièrement favorable pour l’observation de la lumière zodiacale. Nous avons plusieurs lois insisté sur ce genre d’observation, notamment dans les <c Bulletins astronomiques )> des nos suivants : 2397-2398; 2421; 2477;
- 1. Toutes les heures données en niées en temps légal compté de ,oh à c’est-à-dire en temps de Greenwich.
- ce Bulletin sont exjiri-24!l à partir de minuit,
- LIEU HEURE DES PHASES GRAN- DEUR Diam. © = 1. ANGLE AU PÔLE
- Comni* Milieu. Fin. Entrée. I Sortie.
- Alger I2h5lm i4h24m 15'1 46m 0,089 2 20° 900
- Besançon. . . 13 i5 14 24 i5 28 o,337 205 109
- Bordeaux . . 13 3 14 17 i5 26 0,357 205 106
- Bourges. . . 13 11 14 i3 i5 24 0,320 203 110
- Brest .3 7 14 10 15 10 0,244 197 115
- Cherbourg. . 13 i3 14 i3 15 11 0,23 4 196 116
- Lille i3 20 14 19 15 5 0,239 >97 117
- 1-yon 13 11 14 24 r5 40 o,36g 207 106
- Marseille. . . 11 7 14 25 t5 37 0,433 212 101
- Meudon . . . 13 i5 14 19 i5 19 0,277 200 113
- • Nice t3 10 14 28 i5 38 o,433 212 102
- Paris 13 i5 14 19 i5 19 0,277 200 113
- La Rochelle. i3 5 14 16 15 22 0,320 203 109
- Strasbourg. . i3 19 14 s5 15 27 0,3l2 204 111
- Toulouse. . . 13 2 14 20 15 3a 0,400 209 203
- Les deux dernières colonnes contiennent l’angle au pôle du point de contact à l’entrée et à la sortie. Cet angle se compte sur le pourtour du Soleil, à partir du point situé le plus près du pôle Nord céleste, dans le sens point nord, deuxième bord, point sud. Le deuxième bord est celui qui passe le plus tard au méridien.
- La figure 1 donne l’aspect de l’éclipse, pour Paris, à ' 1 gm et la position des deux contacts extrêmes.
- II. Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mars, seront les suivantes : le 6, a le 13, à xf
- P. Q. P. L.
- IQh21" ,h j 4»
- D. Q. le 20, à 8h 43“ N. L. le 28, à i3h 3"
- ! 29
- p.2x28 - vue 440/620
-
-
-
- .'•ai
- :#•!
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Age de lu Lune à midi, le ior mars — 2J,-; le 29 mars — iJ",o, Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 29, et 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mars : le 7 = -}-i80i6' ; ie ,20 ——i8° 14'. Ces époques correspondent à la plus grande et à la plus faible élévation de la Lune sur l’horizon.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 12 mars, à 23h.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 25 mars, à 201'.
- Observations physiques. — L’observation de la sur-lace lunaire est certainement, parmi les études astronomiques, l’une de celles pour lesquelles on se passionne assidûment. Voir ce que nous en avons dit au n° 2.477 (Bulletin astronomique).
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le 10 Mars, occultation de a Cancer (gr. 4,3) de 19’' 24” à 20h 20ra.
- Le 11 Mars, occultation de % Lion (gr. 4>9b de 20b3m Ù2Ih20m.
- Le 17. Mars, occultation de 0 Balance (gr. 4,4), de 2Îlr42'” à ob 40“ du r8,
- Marées. — Les marées atteindront une très forte amplitude au moment de la Pleine Lune du i3 Mars. Le tableau suivant donne l’heure de la marée, à Brest, pour les jours voisins de cette Pleine Lune. Pour obtenir l’heure de la marée en d’autres ports que Brest, consulter le « Bulletin astronomique », n° 2402, du i01' mai 1920.
- Mann; du nwiliu Marée du soir
- Datas. Coefficient. Coel'licient.
- Mars 12 Ora,92 Im,0O
- — i3 ira,07 im,i3
- — 14 11,1,16 ira,i8
- — i5 im, 18 im, 16
- — 16 1 , 12 im,o6
- — 17. °m>99 Om,92
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, donne les principaux renseignements pour
- mois. Les observations, avec des instruments puissants, vont donc pouvoir reprendre.
- Jupiter sera bientôt en ojoposition. Il est visible, dans la constellation de la Vierge, presque toute la nuit. Dessiner avec soin les détails du disque, chaque fois qu’on le pourra.
- Voici les principaux phénomènes présentés par les quatre gros satellites de Jupiter ;
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Mars fleure. Satel- lite. Phéno- mène. DAT1C Mars Heure. Satel- lite. Péhno- mèuc*.
- 4 22h 46ra I 0. c. 20 2 3h i5m I 0. r.
- 4 23 28 I P. 0. 20 2 3 35 I p. f.
- 5 21 4i II P. c. 21 20 45 I Em.
- 5 2 2 5 I Em. 2 I 23 25 II Em.
- f a 22 54 II O. f. 23 20 47 III P. c.
- 5 2 3 54 III E. f. 2.3 2 I 48 III 0. f.
- 6 0 9 II P. f. 23 22 40 III p. r.
- 6 0 27 III Im. 27 2 2 56 I 0. c.
- 12 21 53 I E. c. 27 23 8 I P. c.
- 12 22 5 2 II 0. c. 28 20 8 I E. c.
- 12 23 57 II P. c. 28 22 29 I Em.
- i3 21 21 I O. f. 28 22 48 II E. c.
- 13 2 [ 5o I P. f. 29 >9 45 I P. f.
- i4 21 8 II Em. 3o >9 5o II 0. f-.
- 19 23 46 I E. c. 3o 20 0 II P. f.
- 20 2 I 2 I 0. c. 3o 23 2*3 III 0. c.
- 20 21 24 I P. c.
- Saturne, dans la Vierge, est observable toute la nuit, son opposition avec le Soleil se produisant le 25 mars, à 17V
- L’anneau est visible dans les petits instruments, une lunette de om,o4 d’objectif permet de le voir, faiblement il est vrai.
- Date ; Lever Passage Coucher Àscen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE : MARS à Paris. nu Méridien de Paris. à Paris. sioix droite. son. apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ
- 6 Gh 26"' I2|1 2"1I2t i7":39" 23" 5™ — 5°5i' 32' 16" 8 Verseau
- Soleil . . . 16 6 5 Il 59 34 • 17 55 23 42 — x 56 32 12,0 Verseau > )>
- 26 5 44 n 56 35 l8 LO 0 19 —j— 2 0 32 6ro Poissons
- 1 6 5 29 10 21 i5 l3 21 24 — 14 54 8,0 t Capricorne T ) J.ie matin,
- Mercure. . 16 5 2 1 10 20 15 l8 22 2 — l3 26 6,8 t Verseau plus grande élongation
- 26 5 25 xo 41 i5 5j 2 2 53 — 9 32 6,0 X Verseau 1 le i2.
- 6 6 46 1227 x8 8- 23 3ô — 4 44 9,8 Poissons
- Vénus . . ,< 16 6 29 12 33 18 37 0 16 -j- O 2X 10,0 Poissons ' Inobservable.
- 26 6 22 12 49 19 16 . L 1 —j— 5 26 10,0 K Poissons
- I ( 6 1 1 5 22 9 4* 16 24 — 20 43 8,2 ça Scorpion
- Mars. . , 16 0 46 5 1 9 *7 16 42 — 21 3i 9,o ai Scorpion Seconde moitié de la nuil.
- l 26 0 27 4 3g 8 5i l6 59 22 II 10,-0 6 Ophiuchus
- Jupiter. . . -16 19 42 1 22 7 5 i3 3 — 5 0 4o,8 8 Vierge Toute la nuit.
- Saturne . . 16 18 37 0 42 G 9 12 2 3 -f- O 25 17,4 ï) Vierge Toute la nuit.
- Uranus. . . i5 5 46 11 10 16 34 22 49 — 8 22 3,2 X Verseau Inobservable.
- Neptune. . 16 ‘ i3 56 21 20 4 44 9 4 —j— 16 53 2,4 Cancer Presque toute la nuil. \
- l’observation et les conditions de visibilité des diverses planètes pendant le mois de Mars.
- Mercure, dans le Capricorne, puis dans le Verseau, sera visible comme étoile du matin, au milieu du mois, sa plus grande élongation se produisant le 12 mars, à i8\ à 27°3i' à l’Ouest du Soleil. On pourra rechercher cette planète 6 à 8 jours avant et après cette date du 12 mars.
- Vénus, située à peu près exactement dans la même région que le Soleil, est inobservable!
- Mars se lève de plus en plus tôt et devient visible dans la seconde moitié de la nuit. Il se rapproche de la Terre, cl son diamètre atteindra oi secondes à la fin du
- Les éléments de l’anneau, à la date du 4 mars, sont les suivants :
- Grand axe extérieur................... 43",60
- Petit axe extérieur........................ -f- 4'", 3(>
- Hauteur de la Teri'e au-dessus du plan de
- l’anneau................................. -j— 5°47^
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau ..................................... + 4° 69'
- Le signe -f- se rapporte à la face nord de l’anneau que nous voyons à présent pour i5 ans.
- Uranus, trop près du Soleil, est inobservable. Neptune est visible presque toute la nuit. Voici quel-
- p.2x29 - vue 441/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- qucs-unes clc ses positions, permettant de le trouver sur le ciel, au moyen d’une lunette et d’une bonne carte céleste :
- Dates.
- Ascension droite. Déclinaison
- Diamètre.
- Mars 6 gh 5m
- — 16 g1* 4m
- — 26 gh 4“
- H- i6°4g' 2", 4
- 4- i6<>53' 2",4
- + 16056' 2" ,4
- IY. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 8, à 2h, Jupiter en conjonction avec 0 Vierge (gr. 4,4), à o° 12' S.
- Phénomène particulièrement intéressant à suivre dans la nuit du 7 au 8 mars, avec une petite lunette et même avec une jumelle.
- Le 11 Le 14
- Le 15, à 3h, Jupiter Le 19, à 21', Mars Le 26, à 2’’, Mercure Le 26, à 11 \ Uranus Le.26, à i2h, Mercure Le 29, à io\ Vénus
- Uranus, à i° 34’ S. la Lune, à 3° 21' S. la Lune, à 4° 54' S. la Lune, à o° 7' N.
- à o\ Vénus en conjonction avec la Lune, à 4° 34-V. à iob, Saturne — - la Lune, à 3° 6' N.
- la Lune, à o° 54' X. la Lune, à 4° 7' D’-
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile Algol (p Pensée), variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J 2.oh 48“ : le 10 mars, à 22hi5ra; le i3, à ig1,4m- Les autres minima du mois sont inobservables, se produisant en plein jour.
- Etoiles filantes. — M. Denning, dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes; indique les points radiants suivants comme actifs pendant le mois de mars.
- Etoile voisine.
- P Scorpion, y Hercule.
- Dates.
- Mars 7 — 7
- Ascension droite.
- 44°
- Déclinaison.
- — 180 + i5° '
- \ . Constellations. — La voûte céleste revêt encore, pour quelques heures, sa riche parure d’hiver, mais les brillantes constellations qui la constituent s’inclinent de plus en plus vers l’Ouest pour faire place, plus avant dans la nuit, aux constellations de printemps et d’été. Nous entendons par là les constellations qui, au printemps ou en élé, passent au méridien dans la soirée. Voici l’aspect du ciel, le ior mars à 211' ou le i5 à 201'.
- Le Zénith est entouré par la Grande Ourse; les Gémeaux; le Cocher.
- Au Nord brillent la Petite Ourse, Céphée, Cassiopée.
- A YEst s’élèvent le Bouvier, la Vierge, la Chevelure de Bérénice.
- Au Sud-Est, le Corbeau et la Coupe se lèvent.
- Au Sud, le Lion, le Cancer, l’Hydre, le Petit Chien, la Licorne.
- A-Y Ouest, les Gémeaux, le Taureau, Orion, le Grand Chien descendent vers l’horizon. L’Eridan et la Baleine se couchent.
- Au Nord-Ouest, Pensée et le Bélier s’approchent de l’horizon. Andromède et les Poissons disparaissent.
- L’amateur disposant d’un instrument de faible puissance (mettons d’une lunette de 75 millimètres pour fixer les idées) mira l'embarras du choix parmi les curiosités suivantes (amas, nébuleuses, étoiles colorées, étoiles doubles, variables, etc.) :
- La nébuleuse d’Orion et les doubles X, S, 1, 0. Les Pléiades, Aldébaran, 0, o, x, v, ® Taureau. La variable X Taureau. Les amas de Persée, Algol, s et rj Persée. y Andromède. Nébuleuse d’Andromède. 14 et M. Cocher e Hydre. Castor, l’amas des Gémeaux, ô, t, x Gémeaux. L’amas du Cancer, 0, g 4 Cancer. Régulus, Y et 54 Lion. Mizar. Dragon. La Polaire, yj, c Cassiopée. h, p, x, S, Céphée. P. XII. 23o Girafe, etc.
- Em. Touchet.
- JfeD
- iso
- BOITE AUX LETTRES
- 3^
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est l’appelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses.— M. R. T., rue Bernouilli, Paris. — Vous trouverez des notes documentaires sur la culture, l’industrie du jute et ses applications, dans les revues s’occupant spécialement d’agriculture coloniale. Nous indiquons notamment les études suivantes parues dans la revue Y Agriculture pratique des pays chauds (Challamel, éditeur, Paris, 17, rue Jacob, 6e); Fascicule n° 18 : Culture du jute, par Hautefeuillc ; n° 29 : Industrie du jute; n° 47 : Culture du jute aux Indes, par Barret; n° 63 : Notice sur le jute; n° 70 : Note sur le jute de Chine, par M. Berteau; nos 74 et 76 : Expériences sur le jute au Bengale, par F. Smith et Picot.
- Dans le Journal d’Agriculture tropicale (Paris, 27, rue Ladite) : Fascicule n° 70, du 3o avril 1907, Recherches sur le jute dans l’Inde, p. 124; n° 58, du 3o avril 1906, Germination du jute, par L. Hautefeuille, p. 110; année 1903, p. i88-35g, Le jute.
- Dans l’ouvrage Les textiles, par Charpentier, x vol., le chapitre sur le Jxxte (Dunod, éditeur, Paris, 47> quai des Grands-Axigustins, 6*). Vous trouveriez d’autres sources de documentation sur ce même sujet en vous adressant à la Direction du Jardin colonial, à Nogent-sur-Marne (Seine) ; et, pour ce qui a trait au commerce du jute, à la liimie Yaquin et Schweitzer (libres de cor-derie, brosserie, etc.), le Havre. Voir aussi : Enquête monographique sxxr le jute (cours sur les grands commerces coloniaux, professé à Paris, en février-mars igo5) par M. du Maroussem.
- M. J. M., à LambersaiT (Nord). — Le but de l’article ‘concernant l’emploi de l’ozone pour la conservation des denrées alimentaires |n° 2487) est d’inciter à faire des essais de ce mode de conservation, analogues à ceux qui ont; été faits à Lorient et à Morlaix, dans des salles , de conservation de la marée, au point de vue de la
- désodorisation. Jusqu’à présent nous n’avons pas. d’exemples de] conclusions industrielles dans le sens de la spécialisation de l’emploi de l’ozone comme agent conservateur. La réfrigération et l’ozonisation combinées peuvent assurer une conservation de ti'ès longue durée.
- Pour étude en vue d’une installation de conservation, voyez aitx adresses suivantes ; Compagnie générale de l’Ozone, 80, rue Saint-Lazare, Paris, 8e; M. Fernand Lescardé, ingénieur civil, 51, boulevard de La Chapelle, Paris, 10e, qui préconise l’application, à boi’d des chalutiers, de son procédé de conservation dans un milieu antiseptique (anhydride carbonique et azote).
- M. P. Chesnay. — Il s’agit de savon gras noir. On mélange le ciment et le sable dans la proportion habituelle ; puis on gâche avec de l’eau* contenant en dissolution une certaine quantité de savôn gras.
- Le savon semble avoir pour effet, en 'retardant la prise, d’empêcher la formation de fissures imperceptibles/occasionnées parle retrait du ciment provoqué par une prise Trop rapide.
- Le ciment acquiert après quelques semaines Une dureté égale à celle qu’il aurait après 5 à 6 jours, étant, gâché à l’eau claire. La texture présente un aspect plus; homogène que celle du ciment ordinaire; elle pai’aît plus serrée, rappelant en quelque sorte celle de l’ardoise.
- M. E. Louis, à Paris. — Newton a montré que la cause de Varc-en-ciel réside dans la réfraction des. rayons solaires dans les gouttes de pluie tombant d’un nuage situé à l’opposé du Soleil par rapport à T’observateur. Suivant la position de la goutte, un rayon solaire qui la frappe pénètre à l’intérieur, y subit une ou deux réflexions et en sort pour venir rencontrer l’oeil dje l’observateur. Le phénomène se passe dans le plan qui contient à la fois le Soleil, la goutte d’eau et l’odl, Or, il y a une infiixité de plans de ce genre, qui tous passent par la di'oite qui joint le Soleil à l’observateur. On volt donc que le phénomène sera distribué aujour d’un centre qui est le point où la droite Soleil-observateur rencontre le paysage. Mais les rayons qui sortent des
- p.2x30 - vue 442/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- gouttes ne peuvent rencontrer l'observateur que lorsque ces gouttes sont à une certaine distance angulaire de ce point. Plus loin ou plus près, l’œil ne recevrait pas ces rayons. L’arc-en-ciel, lieu des points d’où les rayons sont réfractés vers l’œil, sera donc situé à égale distance du point précédent, c’est-à-dire qu’il aura la l'orme d’un anneau. Si l'on se trouve sur un lieu élevé, l’arc-en-ciel peut apparaître en entier, sous la forme d’un anneau de lumière ininterrompu.
- M. de Botello, à Léopoldina-Minas. — Le Parfait Domestique a été inventé par M. Marcou, 27, rue de Sa-tory, Versailles.
- M. J. B., Le Portel (Pas-de-Calais). — i° Pour la documentation sur les chiens cle police, chiens de garde, et l’exposé des méthodes de dressage, voyez aux adresses suivantes : « Les Editions d<? l'Eleveur », Journal, L’Eleveur, Paris, 5,. rue de Stockholm, 8°, où sont édités divers ouvrages consacrés à ces questions, notamment : Nos Chiens, races, dressage, élevage, hygiène, maladies, par Paul Méguin, 1 volume. Voyez aussi les ouvrages de Robert Dommanget, et autres auteurs (édités chez les fils d’Emile Deyrolle, Paris, 46, rue du Bac, 7°); l’ouvrage de M. L. Huyghebaert : Le Chien, psychologie, olfaction, mécanisme de l’odorat (Librairie de la revue Chasse et Pêche, Bruxelles, 1, avenue de la Toison d’or).
- 20 Nous ne savons ce que peut valoir, au point de vue pratique, le croisement dont il s’agit et dans quel but on se propose d’y recourir. S’adresser, pour cette question, à M. L. Lesèble, au journal IJ Eleveur, indiqué ci-dessus.
- M. Conrerie, à Orléans. — Nous avons donné toutes les indications pour construire des appareils de chauffage électrique du genre de ceux que vous demandez dans le n" 2386, et en vous basant sur les dimensions indiquées vous pourrez fabriquer facilement le chauffe-plats qui vous intéresse..
- M. Dolon, à Rennes. — i°Vous pourrez demander des petits moteurs répondant aux caractéristiques indiquées chez différents constructeurs qui se- sont spécialisés dans le moteur à bas voltage, par exemple Brunswick, 29, rue de Richelieu; Martinot, 178, boulevard Voltaire, etc.. Vous pourrez leur demànder tous les renseignements que vous désirez srrr le fonctionnement de votre moteur en leur expliquant à quel usage vous le destinez.
- 20 La meilleure pile pour servir à l’éclairage électrique est la pile Radiguet, chez Radiguet et Massiot,
- 15, boulevard des Filles-du-Calvaire à Paris;
- 3° Vous trouverez tous ces renseignements sur les postes de télégraphie sans fil dans l’ouvrage deM. Drn-roquier, La T. S. 3. des Amateurs, édité par la maison Masson. Prix : 10 francs;
- 4° 11 vaut mieux employer le bobinage à fil fin qui offre plus de résistance étant donné la faible longueur de la ligne qui joint les deux postes.
- Chamonix, Haute-Savoie. — L’enlèvement des taches de résine ne présente aucune difficulté en utilisant la grande solubilité de la colophane dans l’alcool. Placer le tissu sur une flanelle, puis frotter la tache avec un tampon imbibé d’alcool à brûler en commençant par le tour de la tache et non par le centre, on évite ainsi les cernes. Le tampon seul doit être imbibé et il ne faut pas verser l’alcool sur la tache, c’est par capillarité que le liquide, après avoir dissout la résine, doit repasser dans le tampbn, il ne doit pas rester dans l’épaisseur du tissu.
- M. G. Zipper, à Paris. — x° Voici quelques adresses de dépôts de celluloïd où vous pourrez certainement vous procurer des feuilles au détail ; Société Générale des matières plastiques, 6, rue Albouy ; L’Oyonnite, 32, avenue de Saint-Mandé, 12e; Société Lyonnaise du celluloïd, 98, avenue Gambetta; 20 II s’agit très probablement de Y acide sulfurique à 2.4° B. employé comme élèctrolyte dans les accumulateurs, dans ce cas, l’acide n’aura qu’une action négligeable sur la colle à base de celluloïd.
- M. Domergue, h Bastia. — i° Pour polir l’aluminium, préparer d’avance dans- une bouteille une dissolution de 20 grammes de borax dans un litre d’eau additionnée de 5 cm3 d’ammoniaque. Au moment cle l’emploi délayer du rouge d’Angleterre dans une quantité suffisante de la solution de manière à obtenir une pâte dont en sè servira pour frotter les objets, essuyer et polir
- avec un chiffon de laine. Eventuellement, on peut ajout eide la glycérine à la solution ci-dessus, ce qui donne une pâte plus onctueuse et ne sédimenlant pas.
- 20 On peut effectivement réparer les objets en aluminium au fer à souder, il est plus économique d’acheter des soudures toutes préparées, par exemple le stagnéol de la maison Benoit et Cio, 7, rue de Malte;
- 3° La teinture en noir des souliers de daim blanc peut s’effectuer ainsi. Prendre :
- Noir d’aniline soluble à l’alcool. . i5o grammes.
- Vésuvine............................. 4°
- Alcool à brûler......................200 c. c.
- Huile d’aniline......................5oo —
- Délayer les matières colorantes dans l’alcool, ajouter l’huile d’aniline, chauffer au bain-marie jusqu’à dissolution totale (opérer de préférence dans un ballon surmonté d’un long tube pour éviter la déperdition d’alcool et son inflammation).
- Pour l’emploi prendre un peu de la dissolution refroidie, au moyen d’une petite brosse, et appliquer une couche légère sur le cuir à teindre. Laisser ensuite bien sécher au grand air, de préférence au soleil jusqu’à ce que toute trace d’huile d’aniline ait disparu par évaporation, car cette huile tacherait les bas et, si elle était absorbée par l’épiderme, pourrait ne pas être sans inconvénient, mais si la précaution est bien observée il n’y a aucun danger. 40 Les essences qui constituent la partie principale des parfums sont très solubles dans l’alcool, il vous sullira pour enlever les taches laissées par ceux-ci sur les objets de tremper ces derniers dans de l’alcool fort. Dans le cas où il y aurait également des taches d’huile, il faudrait recourir au tétrachlorure de carbone.
- Abonné n" 1280. — La liquéfaction du sédiment de earbonyle qui se trouve dans votre tonneau pourra être obtenue facilement par addition de pétrole, macération assez prolongée et brassage au moyen d’un bâton, le produit pourra alors être employé comme précédemment pour la conservation des bois.
- M. Parola. — L’emploi des peintures aux silicates nous parait tout indiqué pour l’emploi que vous avez en vue, on les obtient en délayant des terres colorées ou couleurs minérales dans le silicate de soude ou de potasse du commerce, puis en étendant d’eau jusqu’à consistance convenable, quelques essais préalables vous fixeront sur les proportions à adopter dans les mélanges.
- M. G. de Traz, à Paris. — Les causes de votre insuccès sont certainement dues à la profondeur de la gravure et à sa durée prolongée. Dans ces conditions le métal doit être attaqué sous le vernis qui manque" alors de support, nous ne voyons aucun remède à apporter à cet état de choses, peut-être votre vernis ne présente-t-il pas d’autre part une grande adhérence ; à titre d’indication, vous trouverez ci-dessous quelques formules dont l’usage a montré les qualités :
- N® 1 N° 2 N® 3 N- . l N» 5
- Bitume de Judée. . . . i5 15 . — i5
- Cire d’abeilles 60 3o 3o 7 0 5o
- Gomme mastic .... iô 3o
- Asphalte — 3o 60 —
- Poix noire — — i5> — —
- Poix de Bourgogne. . . — — r, 9° —
- Colophane — — — 15 —
- Térébenthine de Venise. — — — r :> —•
- M. Koechlin, à Beaucou rt. — La perte de pouvou
- diélectrique de l’huile employée autour de votre résistance chauffante pourrait avoir pour cause une absorption d’humidité par voisinage de la solution de soude, il y aurait peut-être utilité d’effectuer une fermeture hermétique, nous pensons d’autre part que la paraffine, de décomposition moins facile, pourrait être avantageusement substituée à l’huile.
- M. G., à Paris. — Il est bien difficile de répondre à votre question, ne connaissant pas le but que vous vous proposez, en tout cas, une encre susceptible de laisser un dépôt de 1 demi-millimètre, d’épaisseur ne serait plus une encre, mais un vernis, eu égard à la charge que cela comporterait. Peut-être une dissolution de gomme-laque dans le borax épaissie par le noir d’ivoire pourrait-elle convenir, mais des essais seraient à entreprendre par vous afin de régler les proportions pour la réalisation que vous avez en vue.
- p.2x31 - vue 443/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2496 4 Février 1922
- Ue petit phénomène d’électricité statique. — Un
- de nos abonnés, M. Trottier, nous signale le phénomène suivant qu’il a été à même d’observer.
- Avec des vieilles ampoules demi-watt à gaz inerte rarélié, il est possible d’obtenir de belles aigrettes lumineuses en se placanl-dans l’obscurité. On prend la lampe par la douille et on frotte le verre de l’ampoule sur la paume de l’autre main.
- On voit alors des aigrettes jaillir dans l’ampoule au point de contact du verre et de la main.
- Certaines ampoules sonL illuminées entièrement par les aigrettes. Il en est d’autres, dont le verre soumis à 1 action des rayons cathodiques d'une bobine de Ruhm-korlî acquiert une fluorescence bleue.
- Lorsque l’on produit (les aigrettes dans ces lampes, on observe également la fluorescence du verre, mais bien plus fugitive que sous l’effeL des rayons cathodiques.
- M. Trottier a remarqué que l’humidité nuisait au développement de ce phénomène, qui se produit d autant mieux que l’ampoule glisse plus facilement sur la main, il suffit parfois de tapoter légèrement l’ampoule sur la main pour produire les aigrettes. On les obtient aussi avec plus ou moins d’intensité par frottement sur divers corps.
- Le traitement du minerai d’étain. — A propos d’une application nouvelle à faire du procédé de chauffage Lucien Basset décrit dans La Nature du 3i décembre 1921, M. Effère nous écrit : « Les usines métallurgiques, pour acheter les cassitérites produites par le traitement mécanique des minerais liloniens broyés ou des alluvions stannileres, exigent des teneurs très élevées, comme d’ailleurs pour les minerais de plomb, et pour la même raison : la présence d’une forte proportion de gangues cause à la fusion des perles très importantes en métal utile.
- Il y a cependant une grande différence entre les deux cas : l’oxyde de plomb de la galène grillée attaque énergiquement la silice, gangue principale, sinon unique, et pour recueillir la plus grande proportion possible du plomb, on est obligé de fondre le silicate, ce qui conduit à ajouter des fondants, oxyde de fer et chaux, pour avoir une scorie bien fluide et permettre au métal lourd réduit de se bien rassembler au fond du bassin de coulée. De cette manière la perte serait très faible sans la volatilisation du plomb qui est relativement facile.
- L’oxyde d’étain, beaucoup moins sensible à l’action des réducteurs, n’attaque pas le quartz, et aussitôt réduit par le charbon et l’oxyde de carbone, il coule à l’état de métal pur, et peu volatil; mais il reste en imprégnation dans le résidu stérile, et de plus il se combine à l’état de stannates avec les bases telles que la chaux qvii peuvent se trouver dans les gangues, et à plus forte raison avec la soude qu’on peut avoir ajoutée pour rendre fusible tout ce résidu. Il est très difficile d’isolcr l’étain ainsi combiné, et il en résulte des pertes d’autant plus importantes que la gangue est plus abondante, c’est pourquoi le fondeur exige une très haute teneur.
- Il ne faut pas perdre de vue que, pour avoir un minerai très concentré à la préparation mécanique, on en perd une proportion croissante avec le degré de concentration, par entrainement avec les stériles à éliminer. On est ainsi dans un cercle vicieux, dont on ne sort un peu, pour les minerais de plomb, que par de très grands soins apportés au lavage des fines parcelles et à la récupération des fumées des fours de fusion.
- Pour les minerais d’étain, on peut procéder autrement, d’après M. Rigaud, si on dispose d’un excellent four réducteur tel que paraît être celui de M. Basset.
- U faut d’abord éviter d’avoir des matières basiques dans les gangues, en lavant avec de l’acide chlorhydrique le minerai brut s’il s’y trouve des carbonates comme ceux de chaux ou de fer, ce qui d’ailleurs est peu fréquent dans les filons stannileres : c’est une opération rapide et peu onéreuse, Ecartant ce cas, le mine-
- rai à gangue de quartz serait soumis à la réduction dans un four comme le four Basset.
- Une partie de Pétain réduit peut couler si la concentration est poussée assez loin : mais peu importe ici, car voici le moyen de rassembler tout l’étain réduit, et resté provisoirement en imprégnation. Il sudit pour cela de prendre le magma, encore un peu chaud, et de le faire tomber, autant que possible, sans contact avec laie (pour éviter la reoxydation) dans une bassine contenant assez d’huiles lourdes pour imprégner largement’ la masse; il faut ensuite chauffer la bassine à a35°, point de fusion de l’étain métallique, et celui-ci se rassemble au fond sans perles notables. Avec un dispositif convenable, on peut faire couler le métal au dehors, ou bien on laisse la température 'baisser vers aoo° pour décanter le gâteau massif. Une grande partie de l’huile lourde peut ensuite être récupérée par essorage, et ce qui reste est utilisable comme combustible dans les foyers de chaufferie; on peut même en faire de vagues briquettes en le malaxant avec des poussiers de charbon, des sciures ou de l’argile.
- La plus petite papeterie du monde. —- L’exposition du Papier [Paper Show), qui vient de se tenir à New-York, comptait parmi ses attractions une papeterie
- qui détient certainement le record mondial de la petitesse. Notons bien qu’il ne s’agit pas ici d’un jouet de démonstration, mais d’un véritable moulin, qui reçoit à un bout sa matière première et qui, à l’autre bout, la rend sous forme de papier.
- Cette jolie machine a été construite pour une grande fabrique de papier à lettre (American Writing Paper Company-), qui l’emploie couramment dans son laboratoire pour expérimenter de nouvelles sources de matières premières ou de nouveaux procédés de coloration.
- Ses dimensions sont les suivantes : longueur totale, du moulin, 102 pouces (a m. 55) ; largeur, 22 pouces (o m. 55); hauteur, i3 pouces 1/2 (0, m. 337). Les dimensions correspondantes d’une machine du type communément employé aux Etats-Unis sont respectivement de 2880 pouces (72 m.), de 3/t8 pouces (8 m, 70), et de 192 pouces (4 m. 80). La feuille de papier produite par la petite usine est large de 4 pouces 1/2, soit 112 millimètres..
- D’après un journal américain, cette miniature a coûté 45oo dollars, et sa mise au point ne fut obtenue qu’après six mois de patientes retouches, Une grande école technique de Chicago en'aurait offert 10000 dollars, que ses propriétaires auraient refusés.
- Nouveau procédé de rouissage du lin. — On vient de breveter, en Allemagne, un nouveau procédé de rouissage du lin (procédé Reiclie) qui, paraît-il, intéresse vivement les industriels d’outre-Rhin.
- Voici, en substance, le mode opératoire r Le rouissage du lin se fait, presque sans dégagement d’odeur, dans des locaux fermés,
- -€| 33 Ëft-
- 5
- p.2x32 - vue 444/620
-
-
-
- «
- INFORMATIONS
- 35»
- Ou'utilise la vapeur d’eau à une température maximum de 38°.
- Les liges de lin sont étendues sur une grille, sous laquelle est plaeé un récipient contenant de l'eau chaude. La vapeur passe à travers les tiges au-dessus desquelles elle est absorbée, puis renvoyée par le bas:
- Ce procédé aurait le double avantage de ne nécessiter qu’une très petite quantité d'eau et le lin ne serait, ainsi, que légèrement humecté.
- La situation du caoutchouc en 1921. — M. M.-E. Girard vient de publier dans le Bulletin des caoutchoucs de VInstitut colonial de Marseille un examen général de la situation du caoutchouc en 1921, qui est optimiste sur la crise actuelle de cette matière. Sans entrer ici dans les prévisions de l’auteur sur les besoins de caoutchouc des prochaines années, nous reproduirons seulement les statistiques de production et de plantation qu’il reproduit d’après Le caoutchouc et la gutla-percha :
- l. Production mondiale (en tonnes métriques).
- Amuse. Plantation. Brésil. Total.
- T900 . . . 4 26.760 58.990
- 1901 . . . 5 3o.3oo 54-85o
- 1902 . . . 8 28.700 02.340
- igo3 . . . 21 31.100 55.g5o
- 1904 . . . 43 3o.ooo 62.120
- igo5 . . . 145 35.000 62.145
- 1906 . . . 510 36.000 66.2x0
- 1907 . . . 1.000 38.000 69.000
- 1908 . . . 1.800 3g.000 .65.4oo
- 1909 . . . 3.600 42.00O 69.600
- 1910 . . . 8.200 4o.8oo 7o.5oo
- 1911 . . . *4-4*9 37-780 75.ï4g
- 1912 . . . 28.518 42.410 98.928
- I9i3 . . . 47.6x0 39.370 108,440
- 19x4 . • • 71.380 37.000 120.38o
- 1915 . . . 107.867 37.220 158.702
- I9l() . : . 1 Su.G5o 36.5oo 201.598
- 1917 . . . 213.070 3g.870 265.698
- I9I8 . . . 200.g5o 3o.700 241.579
- 1919 . . . 339.000 33.000 382.000
- X920 » . . 35o.ooo 3o.ooo 3go.ooo
- II. Superficie des plantations de caoutch Nouvelles Total oitc (en acres) Aufonentaliun
- Année. plantations. existant. annuelle.
- iqoà. . . i16.5oo 116.5oo —
- 1906. . . 117.700 294.200 A39,6 % 1 72,1
- 1907. . . 212.35o 5o6.55o
- 1908. . . 180.800 687.350 35,6
- I9°g. . . 173.800 861.i5o 2 5,3
- 1910. . . 261.400 • 1.122.55o 3o,3
- 1911. . . 382.800 1.5o5.35o 34,i
- 1912. . . 312.000 1.817.350 20,7
- I9l3. . . 204.400 2.021.750 n, 2
- 1914 - • • i59.3oo 2.181.o5o 7i8
- 1915. . . 112.700 2.298.750 5,2
- 1916. . . 165.200 2.458.g5o 7,2
- I9I7• • • 152.400 2.611.35o 6,2
- 19x8. . . 148.600 2.759.950 5,6
- 1919. . . 130.000 2.889.950 5,0
- 1920. . . 110.000 2999•9^o 4,0
- On voit par ces tableaux l’augmentation constante de la production mondiale du caoutchouc, correspondant à une demande rapidement croissante de cette matière, notamment pour les pneumatiques, et les installations électriques, et le ralentissement des plantations nouvelles depuis la guerre qui se fera sentir dans les prochaines années puisque les hévéas mettent dix ans à croître avant de donner une quantité de latex appréciable.
- L’huile de Menhaden.. —- Un spécialiste américain, M. Henry A. Gardner, donne dans l’ouvrage Papcrs on Paint and Varnish, paru récemment, des renseignements fort intéressants sur les huiles d’animaux marins.
- Il fait remarquer cpie l’huile de Menhaden a été reconnue bien supérieure aux huiles' de haleine et de hareng, dans la fabrication des peintures. Les bonnes
- qualités de l’huile de Menhaden se rapprochent souvent dès huiles de lin de l’Amérique du Sud, avec un indice d’iode allant jusqu’à 170.
- Cette huile convient surtout pour peintures colorées; moins pour les peintures blanches, parce qu’elle absorbe la poussière, ce qui est dû au fait que l’huile de poisson brute ne devient pas complètement dure au séchage et qu’elle a une tendance à se ramollir légèrement dans une atmosphère chaude et humide.
- L’emploi de minium ou d’autres pigments stimulant le séchage est recommandé dans ce cas pour diminuer la tendance au ramollissement.
- Les peintures à la céruse et au blanc de zinc se colorent fortement lorsqu’on emploie l’huile de menhaden pure; on obtient des peintures sensiblement plus claires par addition d’huile de lin.
- Peut-on provoquer artificiellement la pluie? — L’explosion de Kiev/. — On a beaucoup discuté la question de savoir si l’on pouvait provoquer artificiellement la pluie. Pendant la guerre, l’influence de la canonnade sur le temps a fait couler beaucoup d’encre. Les observations précises sont fort rares. En voici une d’importance exceptionnelle, relatée par M. Nowotny dans le Meteorologische Zeitschrift et résumée dans le Journal de Physique. Le 6 juin 1918, le dépôt de munitions du fort de Zwierniec, près de Kiesv (Russie), faisait explosion avec 11 000 tonnes d’explosifs. On a pu observer et noter les divers caractères d’une véritable dépression locale; autour du foyer de l’explosion se sont produites toutes les manifestations qui accompagnent les dépressions cycloniques : système de vents, courants ascendants, précipitations. On a pu photographier les cumulus, conséquence de l'explosion (dont Tetînt s’est fait sentir à plus de 3ooo m. d’altitude). Ces cumulus ont donné naissance à des nimbo-cumulus et la pluie s’est produite, comine il arrive parfois au moment des éruptions volcaniques. Voilà donc un cas dûment constaté de pluie artificielle; mais il est peu probable que cet exemple suscite des tentatives d’imitation dans un but. pratique.
- Coloration verte des nuages. — M. Corrovon nous écrit de Vernayaz (Valais, Suisse) :
- « Le samedi 10 décembre, j’ai été témoin au lever du soleil, à Vernayaz, Valais, d’un phénomène extraordinaire dont la description intéressera certainement vos abonnés.
- Un stratus, d’environ /joo m. de longueur sur 200 m. de largeur, se trouvait à environ 3ooo m. d’altitude, un peu à l’est et en avant de la montagne de Chemin où paraît le soleil. A 8 h. 15, heure de l’Europe centrale, juste avant le lever de l’astre, ce nuage s’est magnifiquement coloré en vert émeraude, le bord sud présentant les couleurs de l’arc-en-ciel. Le vert se soudait directement au rouge et s’étendait sur tout le reste de la surface du nuage, à l’exception d’une bande mauve au nord. Une fois le soleil levé, la coloration a peu à peu disparu et s’est terminée brusquement à 8 h. 35 par 1’interposition cl’un gros nuage. Il est intéressant de noter que l’atmosphère, quoique assez limpide, était, ce jour-là, saturée d’humidité.
- Ce phénomène serait-il en corrélation avec le fameux rayon vert dont vous avez déjà à plusieurs reprises entretenu vos lecteurs? »
- Le jeûne d’une Jfcaigtlée. — M. I. Maranne, pharmacien, nous écrit : « Il efet reconnu depuis longtemps que les Araignées peuvent rester plusieurs jours sans manger, Lorsqu’elles ont tissé leurs toiles et tendu leurs pièges, elles sont alors dans l’obligation d’attendre qu’une proie, mouche ou autre léger insecte, vienne s'y faire prendre, ce qui met leur patience à une rude épreuve, cette attente étant le plus souvent de longue durée. Mais il n’a jamais été signalé un cas aussi extraordinaire de jeune que celui que j’ai pu observer.
- En juin 1921, j’avais capturé une araignée, d’espèce assez commune, un Teuiana grosso. G. Koch (famille de Rétitèles-Théridiides), et l’avais mise provisoirement dans un petit flacon*de i5 cm5 à large goulot bouché au liège en attendant que mes occupations me laissent un moment de liberté pour m’occuper d’elle. J’avais oublie ma captive, lorsque clans le courant du mois de sep-
- p.2x33 - vue 445/620
-
-
-
- I
- I INFORMATIONS
- teinbre, je mis la main sur le flacon et sa prisonnière, et à mon grand étonnement je trouvai l’araignée en bonne santé, allant et venant à l’intérieur du flacon et qui avait même tissé un petit cocon au-dessous du bouchon. Le fond du flacon était parsemé de petits dépôts grisâtres paraissant être les excréments de l’araignée. Voulant pousser jusqu’au bout l’observation de Teutana, je ia laissai dans sa prison en réservant de noter avec soin le moment où elle ne donnerait plus signe de vie. Aussi quel ne fut pas mon étonnement de constater que le i5 novembre, mon araignée était encore vivante, bien que ses mouvements fussent très faibles ; à peine si elle remuait les pattes quand j’imprimais une secousse au flacon.
- Ne voulant pas prolonger plus longtemps son agonie je débouchai le flacon et tuai l’araignée en la plongeant dans un petit tube d’alcool.
- Cette observation m’a paru intéressante à signaler, car rester cinq mois dans un espace clos de i5 ern5, sans air renouvelé, le bouchon de liège ne présentant aucun défaut permettant à l’air de s’infiltrer, et sans nourriture, constitue, même pour une araignée habituée à des jeunes prolongés, un record extraordinaire.
- La lutte contre les moustiques.— M. G. Martin-Zédé, directeur général de l’ile d’Anticosti (Canada), nous écrit :
- « Je trouve dans La Nature du 3 décembre 1921 un article très intéressant de M. le Dr Jean Legendre, intitulé : « Rôle du lapin et autres animaux dans la défense contre les moustiques », où il expose les recherches qu’il vient d’entreprendre sur le rôle du lapin et autres animaux dans la protection de l'homme contre les moustiques.
- «Pensant être utile à la divulgation de cette découverte dont je suis le promoteur et que j’emploie avec plein succès au Canada dans l’ile d’Anticosti, depuis plus de 20 années,' où elle nous a permis d’introduire la civilisation et d’organiser la colonisation d’un des endroits du monde les plus infestés de moustiques, je viens vous demander à titre documentaire de bien vouloir remettre devant les yeux de vos lecteurs un extrait d’un article de l’éminent professeur Edmond Perrier, enlevé récemment à l’admiration du monde savant, extrait qu’il fit paraître dans le feuilleton du journal Le Temps sous la rubrique « Le monde vivant » et intitulé : « La lutte contre les moustiques », en date du 3 octobre 1919.
- « Le Directeur de l’exploitation de l’ile boréale d’Anticosti, que possède M. Gaston Menier, a été mieux inspiré, comme je l’ai, sauf erreur, conté dans un de mes feuilletons du Temps. Cette île avait été rendue presque inhabitable pour l’homme à cause des moustiques. L’administrateur se dit : « Si j’offre des animaux comme proie aux moustiques, peut-être laisseront-ils aux hommes quelque repos. » Il y multiplia les cerfs de Virginie ; les moustiques émigrèrent sur eux, et l’ile devint habitable.... L’opération eut un plein succès, et l’ile d’Anticosti est devenue peu à peu une sorte de paradis terrestre. »
- Les oiseaux arrivent. — C’est une erreur de croire que tous les oiseaux migrateurs viennent nous retrouver au début du printemps. Ce qui est vrai, —- et, encore, jusqu’à Un certain point, — pour l’Hirondelle, ne l’est pas pour nombre d’autres espèces, dont quelques-unes viennent nous revoir dès le mois de janvier et dont d’autres n’arrivent chez nous qu’à la fin du mois de mai.
- Pour fixer les idées à cet égard, je vais énumérer, mois par mois, celles qui, après une fugue dans les pays chauds, regagnent leur pénates chez nous.
- Janvier. —La première quinzaine est calme, mais la secondé voit arriver les Becs-croisés et les Etourneaux, qui, évidemment ne redoutent pas le froid. Les premiers, d’ailleurs, présentent cette curieuse particularité de nicher aussi bien en hiver qu’en été. Les seconds nous reviennent d’Afrique et du sud de l’Europe à un moment où ils estiment trouver quelque nourriture, ce en quoi, ils se font, peut-être en janvier, quelque illusion; quelques-uns d’entre eux, plus endurcis que les autres, demeurent chez nous jusqu à fin octobre, ou même les premiers jours de novembre.
- Février. -— En février, le mouvement de retour s’établit d’une façon régulière. On y peut noter Y Alouette lultr, Y Alouette commune, la Bécassine ordinaire, la
- Litorne, la Draine, la drive commune, la drive mauvis, le Pinson ordinaire, le Pinson d'Ardennes, le Rouge-gorge, la Sarcelle, le Tarin, auxquels, quand le temps est très doux, s’ajoutent les grands migrateurs et les Pigeons ramiers.
- Mars. — Le maximum d’activité dans le retour des migrateurs a lieu vers la fin du mois de mars, lequel voit, en mouvement, Y Alouette commune, la Bécasse, la Bécassine ordinaire, le Bouvreuil, le Bruant jaune, le Canard siffleur, la Cigogne, le Colvert, le Courlis, le Faucon, le Friquet, la Crue, Y Hirondelle, la Marouette, lia Mésange charbonnière, la Mésange bleue, la Mésange à longue queue, le Milarien, YOie sauvage, le Pigeon ramier, le Pilet, le Pluvier, le Râle d’eciu, le Tarin, le Vanneau, le Verdier. N noter que cette activité n’ést pas toujours due à un mouvement de retour, maisj pour certains, à Un mouvement de départ; c’est lé cas, par exemple, des Oies sauvages et des Canards, qui vont nicher dans l’extrême Nord, ainsi que des Bécasses et des Bécassines,.qui,, à ce moment, quittent les départements voisins de la mer et le Midi, où elles hivernent, mais où elles ne nichent pas.
- Avril. — Le mouvement de retour reste actif en avril, qui nous ramène d’abord la Bécasse, le Bec figue, la Bergeronnette, le Chardonneret, le Chevalier cul-blanc, la Cigogne, YEpervier, la Fauvette à tète noire, la Fau-vette queue-rousse, le Gros-bec, Y Hirondelle, la Huppe y la Marouette, le Morillon, Y Ortolan, Y Ortolan de ro seaux, le Pigeon ramier, le Pluvier collier% lè Pluvier guignard, le Râle d’eau, le Rossignol, le Rossignol de muraille, le Tarder, le Traquet, le Traquet-motteux, le Verdier, puis la Bécassine double, la Canepétière, le Cini, le Coucou, Y Engoulevent, le Gobe-mouches, le Linot, la Macreuse, le Pigeon bizet, la Tourterelle.
- Mai. — Bien qu’en mai le retour des oiseaux commence à se ralentir, on peut, dans la première quinzaine, noter le retour du Bécasseau-maubêche, delà Bécassine doublé, de la Caille, du Chevalier• cul-blanc, du Chevalier guignette, du Cini, de Y Engoulevent, du JJnot, de la Macreuse, du Martinet, de Y Ortolan, de la Pie-grièche, du Pigeon bizet, du Pigeon ramier, du Râle de genêts, de la Tourterelle, et, durant la deuxième quinzaine, la Caille et le Loriot, ce dernier aux grands regrets des amateurs de cerises.
- En juin, il n’y a ni arrivée ni départs d’oiseaux. C’est le moment de les admirer et de jouir de leur présence.
- Hkxki Coupijx.
- Un corps humain conservé dans l’alcool. — Les
- nombreux touristes qui visitent la belle vallée de l’Ance, dans les monts du Forez, ne manquent pas d’aller voir le corps d’un respectable vieillard, conservé dans l’alcôol depuis près de quarante ans, à Yiverols, chef-lieu de canton du Puy-de-Dôme.
- M. Hector G..., archéologue distingué, aujourd’hui octogénaire, adorait son père.-Il le perdit vers 1885. Voulant à tout prix le soustraire à la corruption du tombeau et continuer de contempler des traits qui lui étaient chers, il demanda et obtint,des autorités civile et religieuse la permission de conserver le corps de son père dans l’alcool.
- Muni de cette autorisation, il fit faire un cercueil en zinc complètement étanche. On y déposa tout habillé le corp'S du défunt et on remplit le cercueil d’alcool à 90°.
- Le couvercle fut soudé soigneusement. Il porte du côté de la tête une ouverture rectangulaire obturée par une glace épaisse, qui permet de distinguer la physionomie du défont. Le cercueil fut déposé dans une chapelle funéraire construite dans une propriété voisine du cimetière communal. Il est recouvert, d’un drap mortuaire.
- Depuis 1885, M. Hector G... va presque tous les jours rendre visite au défunt et, pour se trouver plus près de lui, il a fait construire à côté de la petite chapelle un chalet-musée où il passe la plus grande jnirtie de ses journées.
- J’ai connu personnellement le vieillard avant sa mort et je l’ai vu souvent depuis, dans son cercueil, je puis attester que la conservation est parfaite et que les traits de la physionomie n’ont: pas changé.
- Est-il possible de pousser plus loin la piété filiale?
- J. CllAtAIXO.
- dfëj...36 J&-
- p.2x34 - vue 446/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ,3&q
- OOL.
- 3sC
- *»> Automobilisme <«*
- La suivante « Kap ».— La « suivante Kap » se compose d’une caisse en acier A, fortement charpentée, portant à l’avant deux brancards EE' et à l’arrière deux triangles superposés formant un double parallélogramme TT'
- articulé qui relie la caisse à une fourche p oriant la rôtie, tout en lui permettant de se déplacer verticalement par l'apport à celle-ci.
- Deux ressorts à boudin V travaillant à la traction et pendus à la partie supérieure de la fou relie supportent la caisse, amortissant les réactions du sol etluiassurant u ne très
- bonne su spen s ion. Les deux brancard s, en acier forgé, sont munis à leurs extrémités de chapes 00' qui s’emboîtent et tourillonnenl sur des pièces à oreilles fixées au châssis de la?voilure, et dans lesquelles passent des axes mobiles.
- Etant ainsi fixée par deux points, « la Suivante Kap » reste constamment dans le prolongement de la voiture, seule la fourche pivote librement autour de son axe vertical F, mais cette fourche étant incurvée dans sa partie inférieure, le point de contact de la roue au sol S se trouve reporté en arrière de l’axe de pivotement P (comme c’est le cas pour une roulette de meuble) et la roue s’oriente d’elle même pour suivre les évolutions de la voiture.
- Dans les changements de marche, la moindre résistance du sol au roulement provoque instantanément le pivotement complet de la fourche et le point de contact de ht roue se retrouve, par rapport au sens de marche, toujours en arrière de l’axe de pivotement.
- L’orientation de la voilure est ainsi assurée, aussi bien en marche arrière qu’en marche avant, et le conducteur de la voiture n’a jamais à s’en préoccuper.
- Pour détacher « la Suivante » de la voiture, il suffît
- Détails de la Suivante « Kap ».
- d’enlever les deux axes; dans le type fort, une servante à galets G, qu’on rabaisse à volonté, sert de support lorsque la « Suivante » est détachée, de sorte qu’on peut le rouler comme un chariot à trois roues,
- La caisse est fermée à la partie supérieure par un capot qui s’enlève en deux parties et qui est étanche à l’eau et à la poussière.
- La roue (munie d’un pneumatique de 710X90) est maintenue dans la fourche par un axe qu’on enlève facilement s’il est nécessaire de la retirer pour changer le pneumatique,
- Chauffage
- Le calorifère électrique. — Le chauffage par l’électricité est le mode de chauffage le plus propre, le plus hygiénique et le plus pratique que l’on puisse désirer. Mais son emploi est encore très restreint parce qu’il n’existe pas d’appareil dont le rendement calorifique corresponde à la dépense de courant; tout ce qui existe utilise mal les calories produites par les résistances chauffantes et alors chauffe peu et dépense beaucoup.
- L’air est très mauvais conducteur de la chaleur et il est pratiquement démontré que les appareils destinés à le chauffer rapidement, quel que soit le combustible qui alimente leur foyer, doivent, pour donner un rendement économique, tout en chauffant bien, satisfaire par leur construction aux deux conditions essentielles suivantes :
- 1° Posséder avec le minimum de poids une grande surface de chauffe dont la masse métallique devra être d’un seul morceau sans joints ni raccords. Il est reconnu expérimentalement que la transmission de la chaleur se fait avec une perte allant jusqu’à 3o pour 100 dans une surface radiante dont les molécules sont séparées en un ou plusieurs points.
- 2° Etre construit de telle sorte uu’un nnncl d’air interne et externe fasse passer rapidement 1 atmosphère de la salle à chauffer aussi bien dans le foyer que sur la surface de chauffe.
- Sans ces deux conditions tous les systèmes de chauffage donnent un mauvais rendement thermique et coûtent cher comme consommation.
- Le calorifère électrique H. C. par sa construction scientifique réalise ces conditions indispensables pour obtenir un bon chauffage.
- Sa surface de chauffe est constituée par un dispositif en tôle ayant la forme d’un tube à ailettes, à double parois, le tout d’un seul morceau sans joints, ni raccords et posant 2 kg 800 par mètre cai'ré.
- La circulation interne de l’air dans l'appareil est exactement semblable à celle d’un poêle à charbon avec celte différence que, comme il ne se produit aucun gaz nocif, le dégagement se fait dans la pièce au lieu de passer dans une cheminée, d’où utilisation complète des calories du foyer et émission d’air complètement aseptisé et légèrement ozonisé.
- C’est l’inverse des systèmes de chauffage qui dégagent dans la pièce à chauffer les produits de leur combustion. Le calorifère électrique assainit l’atmosphère au lieu cle la vicier.
- Dans le type courant, la consommation est au maximum de 880 watts-heure. L’appareil étant réglable, on obtient un très bon chauffage avec une consommation moyenne de 55o watts-heure; avec cette puissance on maintient dans une pièce de 80 m3 une température de 18 degrés. '
- Le chauffage est très rapide, l’appareil émet de la chaleur io minutes après avoir été allumé; on le fait fonctionner aussi bien sur une ligne de force que suc une ligne de lumière, un dispositif spécial des résistances du foyer permet de faire fonctionner le même appareil sur les voltages de no et 220, courant continu ou alternatif.
- La forme extérieure de l’appareil a été étudiée avec un soin tout particulier au point de vue esthétique, car un appareil de chauffage doit être un meuble afin de s’harmoniser avec le décor de l’intérieur où il figurera. Le calorifère électrique est présenté dans une enveloppe en cuivre qui permet de le placer dans tous les intérieurs, depuis les plus simples jusqu’aux plus luxueux, la forme de cette enveloppe pouvant recevoir une ornementation appropriée à tous les styles.
- Les dimensions pour le type courant sont : hauteur o m. 70, largeur o jn. 48, épaisseur o ni, a3, Ce type
- Fig. 3. — Calorifère électrique H. C.
- p.2x35 - vue 447/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- comporte deux tubes à ailettes donnant a ni2 de surface de chauffe avec une puissance de 8 ampères. On peut augmenter le nombre des tubes à ailettes et obtenir ainsi des appareils proportionnés comme puissance ou cubage des pièces à chauffer.
- Enfin, l'appareil est léger, il pèse i/\ kg; il est donc facilement transportable et réalise ainsi le maximum des qualités que puisse posséder un appareil de chauffage. — Adresse : A. .Chabot; i5, rue de Berne, Paris.
- Objets utiles
- Un nouveau porte-mines mécanique, le stylomine. —- Il a fallu, pour arriver à utiliser rationnellement la mine de plomb, attendre qu’on ait .pu, par une cuisson convenable, donner une résistance mécanique suffisante aux mines dé petit diamètre, car seules, elles jouissent de la propriété de se tenir affûtées par l’usage. Celte résistance obtenue, le problème devenait purement mécaniqvie ; bien des solutions plus ou moins heureuses en ont été présentées; celle faisant l’objet des brevets du « Stylo-mine » est de la plus élégante simplicité (voir coupe, fig. 4)-La mine m, freinée par le frottement des spires d’un ressort à boudin logé vers l’extrême pointe, est poussée à travers le tube i par un poussoir p solidaire de la tète À et dont l’avancement est obtenu en vissant la tète sur le corps du porte-mines. La vis s> et le ressort / constituent tout le mécanisme ; donc aucune usure à redouter.
- L’emploi du ressort, remplaçant l’antique cylindre fondu formant pince ou la plus moderne filière à griffes, est des plus ingénieux. Ce ressort, enroulé sur un mandrin de diamètre pins faible que celui de la plus petite mine à utiliser, lui refuse d’abord passage; il est comprimé par elle ; ses spires, en se rapprochant, augmentent de diamètre, lui livrent passage et se referment sur elle en la serrant d’-une manière, parfaitement élastique.
- Un réservoir C fermé par un bouchon tubulaire O contient les mines de rechange, qui se chargent en B, par la culasse, où un calibrage de sécurité empêche l’introduction de toute mine indésirable ; point de toute importance, car on évite ainsi les obstructions si désagréables etsi fréquentes.
- Une triple argenture assure l’iuoxydabi-lité, même contre l’acidité des mains moites (Usine Zuber, 36, rue Neuve-des-Boulels, Paris, XIe).
- Caisse enregistreuse à mécanisme automatique. — Cette nouvelle caisse-comptable (fig. 5) fournit à la fin de chaque journée une feuille en duplicata sur laquelle on trouve le relevé détaillé de toutes les transactions effectuées du matin au soir, la nature des marchandises vendues, le montant des achats et des paiements, etc. La vérification des espèces en caisse s’opère d’un seul coup d’œil, et il ne reste plus ensuite qu’à passer cet état au service comptable pour le report des écritures au grand livre.
- Elle comprend comme accessoires : un dispositif automatique qui laisse bien en vue le montant des deux dernières ventes au comptant réglées, ce qui a l’avantage d’éviter toutes discussions au sujet de la monnaie rendue à l'acheteur : un classeur pour les relevés quotidiens; un livre de caisse et trois rouleaux de papier blanc, lesquels s’ajustent dans un compartiment pratiqué au-dessus du tiroir de la caisse vis-à-vis d’une ouverture recouverte d’une plaque de verre de façon à ne laisser qu’un espace d’une ligne de papier exposé au crayon du caissier;
- Avant d’encaisser fie montant d'un achat, le caissier inscrit sur celle ligne les détails de la vente, puis lorsqu’il ouvre le tiroir pour y déposer le versement du client, l’écriture passe automatiquement sous la plaque de verre qui laisse en vue trois lignes consécutives. Une écriture mentionnant une vente à crédit justifie, naturellement, l’ouverture du tiroir sans encais-
- c&.
- Fig. k- — Le • Stylomine.
- sement, mais attendu que le rouleau se déplace seulement dans un sens et que son compartiment, fermé à clé, n’est ouvert que le soir par un employé contrôleur, toute ouverture du tiroir accidentelle ou mal intentionnée se trouve révélée sur la feuille journalière par une ligne
- en blanc. Il y a là un élément de sécurité qui n’est pas à dédaigner.
- Cette caisse enregistreuse ne jvèse avec tous les accessoires qu’environ vio livres (53 k. 790) et n’occupe qu’un emplacement de a X 3 1 j% pieds (o m. 61 X0.91).
- Constructeurs : Casliier Cash Register Company, 3oo-3o4 Nj à Los Angeles (Californie, U.-S.).
- Le paquetage moderne et la sécurité des colis.
- — A qui n’est-il pas arrivé de recevoir par la poste un paquet dont l’emballage a été défait, qui parvient en mauvais^état parce que les ficelles qui l’attachaient se
- Fig. 6. — Scelles à ficelle et pince à scellés à ficelle.
- sont desserrées en cours de route, par suite des manipulations nombreuses et souvent brutales qu’il a dû subir? Le contenu du paquet ainsi endommagé risque souvent de s’échapper.
- Nous ne parlons pas des colis expédiés par chemin de fer. Depuis la guerre, le fait de recevoir un colis qui a été allégé d’une partie de ce qu’il renfermait est devenu chose commune. Qui incriminer? L’emballage défectueux ou... les voleurs, car parfois cet emballage a été reconstitué après une visite intérieure, si bien
- fig". 7. — Crampons à griffe et pince agrafeuse.
- que le destinataire peut à peine se rendre compte dès l’abord que son colis a été ouvert.
- De toutes façons, les expéditeurs ont intérêt à assurer l’inviolabilité de leurs envois, et cela d’une manière plus économique qu’en les assurant contre le vol.
- Par la poste surtout, on emploie encore couramment les cachets de cire, mais ceux-ci sont assez incommodes et coûteux et tendent de plus en plus à être remplacés
- p.2x36 - vue 448/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- .MW
- Fig. 8.-
- — Agrafeuse à main pour sacs.
- par des scellés dans le genre de celui de la ligure 6. Ces scellés sont fermés avec une pince sur les deux extrémités de la ficelle qui ne peut ainsi se détacher.
- Il arrive pourtant qu’elle cède ou glisse dans une „ manipulation b rus -que, laissant le papier s’ouvrir. Pour obvier à cet inconvénient, les plis de l’emballage peuvent être maintenus par des crampons à griffes que l’on place à cheval (fig. 7).
- Ainsi consolidée, la fermeture offre toute sécurité, d’autant plus qu'il est impossible d’arracher les crampons sans que le trou qu’ils laissent prou ve 1-efïraction. . *
- Pour les sucs en papier, les crampons à griffes — de quelque modèle qu’ils soient,généralement marqués au chiffre de l’expéditeur, — suffisent même
- sans qu’il soit besoin de leur adjoindre la ficelle.
- C’est ainsi que dans le commerce on prend peu à peu l’habitude de livrer des sacs ou d,es boites ainsi scellés rapidement et économiquement, puisque les crampons ne coûtent que de 7 à 10 francs le mille, impression comprise, d’après le tarif de la maison Montgolfier, de Troyes.
- Les appareils qui servent à les T^ fixer varient dans leur aspect, de-MÊiÊsniÿÈpuis la simple pince-agrafeuse ” (fîg. 7) jusqu’à la petite machine que l’on fixe au rebord d’un comptoir (fig. 8). Lorsqu’il s’agit de fermer des paquets fragile, dont la manipulation exige l’emploi des deux mains, on remplace l’agrafeuse à main par une autre qui fonctionne à l’aide d’un balancier mû au pied (fig. 9).
- Les plombs des minotiers, des charbonniers et des laitiers, dont l’usage se répand dans d’autres professions, assurent le client qu’il reçoit bien la livraison telle qu’elle est sortie de l’usine ou du magasin de vente. Ils constituent en même temps une garantie pour le vendeur, tout en étant plus coûteux que les scellés à ficelle en métal imprimé.
- Appliqué à des envois plus importants faits dans des caisses non entourées d'emballage, le même procédé de sécurité emploie des crampons à caisses, posés à cheval sur le couvercle et les côtés, ou sur ceux-ci et le fond.
- Une pointe sans tête les traverse pour empêcher qu’ils en s’enlèvent (fig. xo); ou .mieux le crampon est à crochet, ce qui permet, à l’arrivée d’ouvrir la caisse sans en détériorer le couvercle. Une fois enlevés, les crampons ne
- peuvent être reposés et laissent trace de leur place. Les crampons ne suffisent-ils' pas, et craint-on que malgré cela, la caisse ou la malle arrive à la lin de son voyage les parois soulevées ou fendues, ayant laissé en cours de route des lambeaux de planches ou de couvercle? Il faut l’entourer, non de traverses de bois facilement déclouées, mais d’unfcuillard métallique assujetti fortement, cerclant la caisse en deux endroits, comme le ferait une corde (fig ,11 ). La dépense qui n’est pas élevée se rattrape vite par la sécurité des envois faits, et la pose est facile. Le feuilfard en acier recuit reçoit une très forte tension qu’on lui imprime en tournant la clef d’un tendeur, api’ès qu’on a donné quelques coups de marteau
- Fig-, 9. — Agrafeuse à balancier fonctionnant au pied.
- «1
- a
- ra
- w
- w
- Vf-»
- €3
- n
- g. 10. — Crampon à caisse.
- aux angles pour le faire glisser. Il est maintenu par des rivets fixés avec une perforeuse-rîveuse adjointe au ten-
- Fig. 11. — Cerclage d’une caisse à l’aide du « Walk-Over ».
- (leur et, suivant les besoins, il varie de 8 à 22 mm de largeur, 3 à 8/10e d’épaisseur. Le tendeur peut différer un peu dans ses accessoires, ainsi que le montre la lig. 12, mais le principe en reste le? même. Ainsi maintenu, à moins d’être écrasé par un poids énorme, il est impossible qu’un colis soit détérioré en cours de l'oule, ou qu’il soit ouvert sans un laborieux travail immédiatement visible. Et pour en faciliter la bonne diTection, voici une cloueuse à agrafes qui permet de'poser rapidement et solidement l’étiquette(fig. i3j;
- Nous indiquons sans commentaires ces appareils simples et pratiques aux gens soucieux de voir arriver en bon état les denrées ou marchandises
- Fig. 12. — Tendeur « Pratic » pour cerclage des caisses.
- r
- qu’ils expédient. La poste et les Compagnies de chemin de fer devraient à notre avis en conseiller l’usage ; elles éviteraient ainsi bien des réclamations, bien des tracasseries et bien des indemnités de remboursement.
- Scellés à ficelles et crampons. à griffes : Montgolfier fils, 29, rue Sadi-Carnot, Troyes; Tendeur Walk-Over : Francisque Jusserand, 49, rue Da-guerre, Saint-Etienne ; Tendeur Pra-- tic : 5, rue de l’Hùpital-Saint-Louis, agrafeuses : 7, rue Lapeyrère, Pai'is.
- Fig. i3.— Cloueuse pour étiquettes.
- Paras ; Machines
- Tringle indécrochable et extensible Liane. — Les
- petits rideaux ou les brise-bise, ornement de nos fenêtres, se décx’ochent facilement et cet incident minime est fort désagréable. La ti'ingle Liane l’évite complètement. Elle est extensible, ce qui permet de l’adapter à n’impoi'te quelle lar-geur de fenêtre. Elle se pose sur deux pitons ordinaires.
- Elle se compose de trois pai’ties : deux tronçons en cuivre de longueur inégale, terminés à une extrémité par un crochet recourbé ; ces tronçons en cuivre sont solides et rigides la S^pièce est un manchon creux qui
- sert à l'accorder le 2 tronçons précédents, ces derniers peuvent coulisser librement à l’intérieur du manchou.
- Pour la pose, on place le rideau sur le" grand tronçon garni du tube de l'accordement et l’on accroche cet ensemble au premier piton. Le petit tronçon est alors accroché au 2e piton et présenté eu face du tube; il suffit maintenant d’amener pelui-ci à fond sur le petit tronçon. Il ne reste plus ensuite qu’à étendre le rideau. L’ensemble, après le montage, est rigide et ne se décroche pas. — La ti’ingle Liane est en vente chez M. A. Monnier, 8, rue Etienne-Jodelle, Paris (x8°).
- p.2x37 - vue 449/620
-
-
-
- 1pd
- VARIETES
- >
- A PROPOS DES BIGOUDENN (»° Mge
- M. R. Le Conte nous écrit : « .le tiens ces renseignements de M. l’abbé Fonssagrive, ancien directeur du Cercle des Etudiants catholiques, aujourd’hui décédé, et connaisseur très averti des questions bretonnes. Moi-mèmc j’ai été à la Bibliothèque Nationale consulter Sornandès.
- Origine des Bigoudenn et des Basques. — Vers 44o-445 éclata dans la Gaule romaine un nouveau, soulèvement des Bagaudes, paysans latinisés. Dans l’Armorique, le mouvement prit même un caractère séparatiste ; la ligue des villes armoricaines se proclama indépendante. Le patrice romain Aétius, le futur vainqueur d’Attila, lança contre les insurgés des tribus d’Alains et de Huns, qui dévastèrent la presqu’île et la Vendée actuelle et s’y fixèrent. De là vient que les Bigoudens sont des Mongols à peine évolués et que le type mongoloïde a persisté dans le Morbihan et dans la région de Tiffanges en Vendée. Le nom de Tifïanges est même dérivé de celui de la tribu alaine des Taïi’ates.
- « Des Alain s s,e trouvaient également à Orléans , que leur roi Sangiban faillit livrer à Attila (Soiunaxdks : De origine actibusque Getarurn, cap. XXXYII1) et à Valence ; ceux de la vallée du Rhône passèrent même en Italie en 4h4- L’établissement des Alains en Bretagne est confirmé par le Konversations lexikon de Bkockhaus, article Alain, tome I, page 26a.
- « Reste un point à élucider. Pourquoi les costumes et les usages des Basques présentent-ils des analogies avec ceux des Bigoudens? L’explication en est simple : les dialectes basques — ou plutôt euskariens — sont agglutinants et s’apparentent aux langues ouralo-altaïques, parlées par les Ougro-Finnois et par conséquent par les Huns et les Alains. D’autre part, le type mongoloïde à larges pommettes est très répandu chez les Basques. Comme les Vascanes étaient des Ibères apparentés aux Berbères et parlaient une langue proto-sémitique à flexion et que par surcroît leur langue a disparu devant le' latin, il faut chercher ailleurs l’origine des Basques actuels. Èuskarien n’a jamais pu donner Yasco en latin. Le nom est donc postérieur à la conquête romaine.
- « Ceci étant posé, il est très logique d’admettre que les Basques descendent d’envahisseurs touraniens venus au v’ siècle. Là encore nous retrouvons les Alains, dont des bandes ont pénétré dans la péninsule Ibérique et se sont fixées en Lusitanie après avoir traversé les Pyrénées Occidentales. Mais nous trouvons aussi les Huns. Aétius, en effet, avait emmené des mercenaires Huns contre le roi wisigoth Théodoric, avec lequel il avait été en guerre. (Sornandès, op. cit., cap. XXXIV.)
- « Evidemment, ces Touraniens se sont mélangés avec les indigènes. Ceux de Bretagne ont été soumis par les Bretons, venus de l’île de Bretagne entre 480 et 49°> après une résistance acharnée, dont témoigne le folk-lore breton (légende des Korrigans, les méchants nains jaunes) ; ils ont dû adopter la langue des vainqueurs.
- « Ceux des Pyrénées se sont maintenus, grâce à la montagne, malgré l’hostilité des populations voisines, les Gascons descendants des Vascanes. »
- •t
- t • * *
- D’autre part, M. Elîère nous a adressé les remarques suivantes :
- Dans son numéro de fin d’année, /.« Aa litre a présenté une recherche ethnologique amusante, celle des origines de la race féminine des Bigoudenn par l’étude de leur costume : n’ayant pas trouvé dans l’exanïen des traits ou de l’ossature' de signe caractéristique pour les séparer des autres tribus armoricaines, l’auteur a eu l’idée d’examiner les enjolivements, les broderies traditionnelles, qu’on était tenté de comparer à celles des hordes toun-gouses ou finnoises.
- Nous nous permettrons de remarquer que des broderies très analogues se trouvent en Roumanie, en Albanie, en Transylvanie : mais s'il y a de vraies similitudes de dessin, c’est avec l’ornementation orientale et surtout égyptienne qu’il faut les chercher : les belles palmes ovoïdes soutenues par deux cercles spiraloïdes ornant de nombreux monuments^depuis les Indes et la Chaldée jusqu’à la Grèce et à l’Egypte.
- Une origine orientale pourrait à la rigueur trouver son explication dans l’importante colonie, ou au moins l’important comptoir que les Phéniciens avaient établi sur la côte sud de la Bretagne, où ils ont laissé leur nom à Vannes comme ils l’ont donné à Venise.
- Mais il est fort douteux que la mode n’ait pas changé au moins une dizaine de fois les oripeaux féminins depuis ,3o siècles, quelle que soit la persistance de la tradition chez les femmes; d’ailleurs, il y a peu de probabilités pour que les esclaves prolétaires antérieurs à l’ère chrétienne portassent des toilettes ornées quelconques, apanage des puissants du jour!
- En dehors de là conformation moyenne et bien accusée j de tout un groupe d’individus, il est bien difficile de j rattacher entre elles des races depuis les temps préhistoriques ; c’egt encore dans les noms de localités qu’on rencontre les meilleurs indices de lointaine parenté, comme nous venons de le dire pour les Phéniciens avec les Yénètes et avec Vannes, comme la Galicie, la Galatie avec la Gaule.
- Les monuments eux-mêmes sont assez trompeurs; on peut bien soupçonner que l’origine de l’art architectural en Grèce et en Egypte se trouve dans les constructions de l’Inde, mais ce qu’on voit au Mexique correspond à une esthétique semblable, et il est plus probable que les origines sont indépendantes; l’usage des cavernes et celui des troncs d’arbres ou de grosses pierres suffit à donner un style à la longue, sans qu’il y ait liaison par des traditions de source commune.
- Il en est peut-être ainsi des alignements ou des cromlechs, des dolmens, des menhirs, etc. Cependant, quand on a vu les cromlechs naturels du Danemark, formés par l'érosion des boucs mettant en relief les blocs erratiques glaciaires, on est tenté de croire que des populations, probablement finnoises, ont attaché quelque idée religieuse à ces mégalithes, et les ont importés de là, en Bretagne notamment; mais il est fort incertain que ces peuplades soient reliées par filiation avec les Celtes armoricains ultérieurs, caractérisés par ' la langue qu’ils ont formée, et qui a donné à ces monuments les noms sous lesquels nous les connaissons.
- Ces noms eux-mêmes ne suffisent pas pour caractériser l’origine ethnique des habitants actuels; on les retrouve avec beaucoup d’autres noms celtiques qui semblent de la même lamille, dans d’autres contrées,
- • comme le plateau central français, occupées aussi par des Celtes, mais d’autre race, à laquellé parait se rapporter le nom de Gaulois plutôt que celui d’Armoricain ; on trouve là des noms dont la parenté semble certaine avec les termes bretons : Bor-von (Bourbon), eau bouillante ou bouillonnante : Ar-ven, gouffre absorbant, avec Auvergne ; Der, druide (chêne), etc. ; mais les caractères physiques, la forme de la petite tête ronde, et les caractères moraux (esprit et bonne humeur) sont différents de ceux des Armoricains. La liaison paraît se faire par les Gallois, tandis que les Celtes d’Irlande et d’Ecosse ressemblent peu aux deux types précédents.
- Quant au langage actuel, il permet aux philologues toutes les erreurs, et les savants allemands ont abusé de leurs raisonnements pour faire une nation allemande avec les éléments les plus hétérogènes, en raison de la langue gothique généralisée dans une vaste étendue.
- La vérité, c’est que les Goths avaient une langue bien formée et pourvue d’une littérature traditionnelle, lorsque les envahisseurs Cimbres, Teutons, Helvètes ont commencé le refoulement, vers l’Ouest, le Nord et le Sud ; la plus grande partie des habitants de l’Europe centrale est occupée aujourd’hui par des Germains (pii, sans doute, 11’avaient pas de langue bien solidement constituée et qui ont adopté celle qu’ils ont trouvée; le même phénomène s’est accompli lorsque sont survenues les intrusions d’origine turque, qui probablement étaient encore plus mal fournies, puisqu’elles n’ont pas laissé de traces de leur langue spéciale : les Vandales ont adopté la langue gothique tout en formant la race dominante du Brandebourg où ifs sont encore les maîtres aujourd’hui sous le nom de Prussiens {') ; les Bulgares, en écrasant les Slaves serbes, ont pris
- 1. Prussiens ou plus exactement Borusscs, nom dont la relation avec les Slaves est frappante.
- p.2x38 - vue 450/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- •'w
- le langage slave en y ajoutant les gutturalités spéciales que la troisième horde turque a imposées aux Arabes quand l’Arabie est devenue pays de domination turque (*).
- En somme, le Slave est la langue de l’Est de l’Europe (avec la bizarre enclave du Magyar, qui ne s’est bien dessinée qu’au milieu du xixe siècle), et le Gothique est la langue du Centre européen en même temps que des pays Scandinaves.
- 1. Dans le pays Magyar-Roumain, ou trouve un charmant exemple de l’influence du langage sur lu formation des nations : quand les Saxons, au xvni0 siècle, sont, arrivés isolement en Transylvanie pour y faire des affaires de bois,
- Sous le nom d’Allemands ('), et à cause du langage seulement, se rangent des Helvètes, des Celtes et des Goths dans le Sud, des Germains plus au Nord, et sur les bords de la Baltique dominent les hobereaux Vandales. «
- minoteries, mines, etc., ils ne savaient pas la langue usuelle, hongroise ou vainque ; donc ils ne pouvaient pas parler, et les occupants anciens les ont gratifiés du titre de « Nemet », c’est-à-dire «Muets» en magyar. Gela a bien changé ensuite, et l'allemand est devenu la langue la plus générale en Hongrie, sans faire de ce pays une contrée allemande.
- i. Que signifie le nom d’Allemands, sinon la multiplicité des races ? All-man ?
- ><
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Une amélioration aux pédales de manœuvre des automobiles. —• Les pédales de manœuvre des voitures automobiles ont souvent l’inconvénient d’être lisses et de prendre sous l’influence de manœuvres répétées un poli parfait. Ceci a pour effet de faire glisser parfois le pied du conducteur si celui-ci n’appuie pas complètement d’aplomb et le cas se rencontre fréquemment quand la manœuvre doit être rapide, lorsqu’on n’a pas tout son temps pour agir convenablement sur la pédale, celle d’embrayage par exemple quand on sc trouve subitement devant un accident de route imprévu.
- Pour éviter ce glissement on se trouvera bien de donner quelques coups de pointeau ou mieux de burin sur la surface polie de la pédale qui aura alors l’aspect d’une sorte de lime à encoches très espacées. Cette manière de faire est préférable à celle des stries dont la préparation est plus difficile et qui rend moins de service pour éviter le glissement du pied' sur la pédale.
- Cette petite amélioration pourra peut-être quelquefois éviter des accidents dus à une manœuvre de pédale manquée et au temps demandé de ce fait pour l’action-nement d’un frein au pied ou de l’embrayage.
- Comment faire tenir un bouchon de radiateur. —
- J1 arrive quelquefois que par suite d’un usage prolongé le bouchon du radiateur d’une voiture automobile se dévisse en raison des trépidations et que si l’on n’y prend garde, on perde le bouchon sur la route.
- On peut évidemment serrer très fortement le bouchon pour éviter qu’il ne puisse tourner, mais, outre qu’on n’obtient pas toujours un résultat par ce procédé, on éprouve une difficulté fastidieuse quand on se dispose à retirer le bouchon du radiateur. Le même fait se présente pour le bouchon du réservoir d’essence.
- Quand on possède un bouchon qui a pris du jeu, il suffit alors de faire à la scie à main deux fentes en croix sur la partie filetée et d’ouvrir très légèrement cette partie pour accroître "un peu son diamètre. Ce petit artifice donne du serrage au bouchon usé qui ne risque plus de se desserrer en cours de roule.
- Un détecteur pratique pour distinguer les divers bruits d’un moteur d’automobile. — L’automobiliste vraiment digne de ce nom doit pouvoir distinguer les divers bruits de son moteur et reconnaître d’après leur nature si le tout fonctionne parfaitement. L’auscultation est parfois difficile, surtout si l’on n’a pas une grande pratique.
- On peut construire facilement des détecteurs qui permettent de localiser les bruits anormaux. Tout d’abord une simple tige d’acier soudée au corps d’une vieille burette au milieu du fond peut servir à l’auscultation. On place l’êxtrémité libre de cette tige dans l’oreille en ayant soin d’interposer le pouce et quand on approche le résonateur que constitue la burette on distingue le bruit d’un organe assez facilement.
- Un autre détecteur peut être constitué par une tige de bois dur sur laquelle on vient emmancher un récepteur téléphonique à aimant droit, genre américain. On place le récepteur à l’oreille et en^ promenant sur le moteur l’extrémité libre de la tige de bois, on trouve l’endroit où se produit le bruit suspect qu’on voulait 1 déceler. On peut en déduire alors ce qu’il y a de défec-
- tueux dans le fonctionnement et y remédier au plus vite pour le plus grand bien du moteur et de son propriétaire.
- Le filtrage de l’essence. — On n’a pas d’autres ressources souvent pour le filtrage de l’essence que le filtre du réservoir qui empêche les impuretés d’arriver au carburateur.
- Dans ces conditions, on se tio.ivera bien d’adapter un siphon dans la conduite d’essence. Ce siphon sera placé tout près du carburateur sur la conduite ou dans le fond du réservoir. Il recueille l’eau et toutes les saletés et on le nettoiera régulièrement, en moyenne une fois par mois.
- Une barricade pour protéger les jeunes plants. —
- On doit éviter que les jeunes plants ne soient attaqués par les vers, qui auraient vite fait de réduire à néant toutes les espérances de croissance et de développement du plant livré à leur voracité.
- Le meilleur moyen île les protéger de ces attaques est de les placer dans des pots que l’on met ensuite en pleine terre. La paroi du pot suffit à empêcher que les vers ne puissent venir s’attaquer aux racines.
- Un amaleur n’a pas toujours à sa disposition le nombre de pots suffisant mais il pourra remédier simplement à leur absence.
- Il suffira d’enrouler une feuille de papier fort ou mieux de carton en forme de tronc de cône analogue à la forme d’un pof à fleurs. Ses dimensions seront en rapport avec la taille du plant qu’il s’agit de protéger et de défendre.
- La partie inférieure du Leone de eône sera placée en terre à Une profondeur convenable, tout autour du plant et on laissera légèrement dépasser la partie supérieure.
- Pour maintenir l’enroulement de la feuille de carton on emploiera soit des attaches de dossiers, soit mieux encore les attaches spéciales qu’utilisent les blanchisseuses pour remplacer les boutons aux cols et aux manches des chemises.
- Cette petite barricade économique saura protéger les jeunes pousses de l’attaque des vers, lesquels se trouveront arrêtés par la paroi de carton pendant une période nécessaire à la pousse pour lui permettre de prendre suffisamment de vigueur.
- Réflecteur arrière pour bicyclettes. — On connaît ces lentilles rouges qui servent de feu arrière pour les bicyclettes et qui ont un effet protecteur pour le cycliste.
- On peut fabriquer soi-même un réflecteur de ce genre en utilisant pour cela une glace de poche de forme ronde sur laquelle on vient appliquer fin verre rouge qui de préférence svera strié pour donner encore plus de reflets. Ce verre rouge sera monté sur la glace au moyen d’un dispositif en fil de fer de petite section que l’on pourra plier commodément à la demande.
- L’ensemble sera fixé à l’arrière de la selle et les petits mouvements de la selle sous l’influence des cahots de la route seront suffisants pour produire des petits feux rouges. En effet les phares d’une voiture qui se trouvent derrière le cycliste vienneiil frapper le miroir qui renvoie des feux rouges annonçant Ja présence d’un véhicule, en l’espèce la bicyclette qu’il est nécessaire d’éviter en la doublant.
- p.2x39 - vue 451/620
-
-
-
- JÊD
- BOITE AUX LETTRES
- >
- AVIS. — L’abondance croissante des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractèré d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Scheidegger, à Lausanne. — Nous avons répondu à vos ire et 3e questions dans le n° 2488, à la page ,8g de la Boite aux lettres; 20 La solution pour les piles au fer est simplement la lessive de soude caustique commerciale.
- M. Waddington, à Saint-Rcmy-sur-Avrc. — Vous pourrez vous procurer de Y acétate de chaux à io° B., ainsi que.de Y ex al ale d’étain chez Pelliot, 24, place! des 'Vosges à Paris.
- M. Mangin, à Paris. — La colle employée pour l’a.s-semhlage des pièces de vêlements en caoutchouc est habituellement une simple dissolution de caoutchouc flans la benzine, avec vulcanisation rapide par application juste au moment de la réunion d’une mixture composée de chlorure de soufre à 2 ou 3 pour 100 dans le sulfure de carbone.
- M. Lemay, à Lille. — iü Le mastic Serbat doit convenir pour obturer la fissure cpie vous nous signalez dans votre radiateur. Sa composition est la 'suivante :
- 200 grammes.
- 200 —
- 100 —
- 200 —
- m moyen d’une lame la tête extérieure du opérant sur des par-
- Bioxyde île manganèse Rouge d'Angleterre. . .
- Sulfate de baryte. . . .
- Huile de lin.............
- Il vous suffira de faire pénétrer mince un peu de ce mastic sous rivet après avoir vidé l’eau et en tics bien séchées. Sous l’action de la chaleur, il se produira un durcissement qui assurera l’étanchéité; 20 Pour recoller des objets en faïence brisés qui doivent aller à l’eau chaude, il est préférable d’employer le procédé suivant : chauffer fortement un morceau de verre, puis le projeter dans l’eau froide; ainsi « étonné », on peut le réduire facilement en poudre dans pu mortier, on le passe dans un tamis très^fin et on en constitue avec du blanc d’œuf une pâte ferme que l’on applique sur les parties à joindre, on serre fortement, puis on laisse sécher avant de mettre en service; 3° Si les objets 11e doivent pas être exposés à l’eau chaude, opérer de même en formant la pâte par malaxage de craie pulvérisée èt de silicate de soude à 36° du commerce.
- M. Cardot, à Alger. — La chloropicrine ou chlorure de^nitrométhyle chloré CCFAzO3 est un liquide huileux, incolore, transparent, très réfringent, d’une densité de 1,6657 qui irrite les muqueuses autant que le chlorure de cyanogène ou l’essence de moutarde, mais l’effet est moins durable. Elle bout à 1200 et supporte, une élévation de température jusqu’à i5o°, à ce moment elle se décompose en produisant une violente explosion, chauffée même légèrement avec un fragment de sodium ou de potassium, le même phénomène se produit. La chloropicrine doit donc être considérée comme relativement instable.
- M. F. Beillard, au Mans. — Si le papier à enluminer n’est pas encollé, il faut lui donner un encollage de la façon suivante. Prendre :
- Eau ordinaire. .... iooo grammes.
- Gélatine blanche. ... 12 —
- Faire gonfler la gélatine dans l’eau froide pendant 12 heures, puis chauffer au bain-marie jusqu’à dissolution complète, laisser refroidir. Tremper alors le papier dans le bain, égoutter, faire sécher à l’air libre. Avant d’opérer sur les feuilles que l’on veut traiter, effectuer quelques essais sur du papier ordinaire pour acquérir lu tour dé main.
- Enluminer enfin au moyen de couleurs à l’aquarelle délayées dans de l’eau gommée si on veut avoir du brillant.
- ' M. Muller, à Paris. — 1" Eu égard au principe essentiel de la galalithe, la colle qui donne les meilleurs résultats pour la réparation est la colle à la caséine que vous pouvez préparer facilement en prenant :
- Caséine en poudre ... 100 grammes.
- Eau froide.................. 5oo
- Ammoniaque................ 20 c. c.
- Délayer la caséine dans l’eau, ajouter peu à peu en
- remuant l’ammoniacpie ; la caséine se dissout en donnant un produit homogène que l’on peut étendre d eau suivant besoin ; 20 Peut-être avez-vous employé comme blanc de zinc, non pas de l’oxyde, mais du carbonate ou du sulfure, ces trois produits ayant le même aspect mais ne jouant pas le même rôle avec le chlorure de zinc, il serait bon en outre pour augmenter la résistance de joindre à la masse un peu de verre pilé et de silice; une bonne formule que la pratique a sanctionnée est celle-ci :
- Oxyde de zinc............ 200 grammes.
- Silice....................... 8
- Borax........................ 4 —
- Verre pulvérisé.............. 5 —
- Après mélange intime, on délaye au moment de l’emploi dans une quantité de chlorure de zinc saturé, suffisante pour donner une pâte consistante dont on enduit les fragments de faïence ou de porcelaine à recoller.
- M. Pierre, à Paris. — Vous obtiendrez des vernis très économiques pour applications sur verre en faisant dissoudre dans du silicate de soude du commerce, plus ou moins étendu d’eau, les couleurs diamines suivantes qui sont d’usage courant : Jaune d’or, Orangé G, Ecarlate 3 B, Benzo bleu B, Bleu pur FF, Vert B, Brun B. Ces vernis s’appliquent au pinceau sur le verre à décorer; en se servant de cartons découpés comme pochoirs, on peut imprimer des motifs variés et obtenir de beaux effets décoratifs. Ces produits peu coûteux
- sèchent rapidement.
- M. Brosser, à Rolamponl. — Les ciments présentent une grande variété de composition, en particulier les ciments réfractaires suivant les usages spéciaux auxquels ils sont destinés. Il vous suffira d’envoyer un échantillon du produit qui vous donne satisfaction aux maisons suivantes qui pourront certainement vous fournir le produit désiré : Air et feu, 16, rue du Buisson-Saint-Louis ; Janin, 78, place Saint-Jacques; Guérineau et Cie, 172, avenue de Choisy, 13e ; Labesse, 10, avenue Charles-Floquet.
- M. le Dr Servas, à Bourg. — La séparation des produits aromatiques qui donnent à Y eau-de-vie de marc le goût et l’odeur caractéristiques présentent de grandes difficultés et ne s’obtient habituellement que par distillations fractionnées, vous pourriez cependant essayer du procédé Cari Mantrand qui est le suivant : On mélange l’alcool avec le dixième de son volume de tétrachlorure de carbone, après dissolution on ajoute un excès d’earti salée saturée de chlorure de sodium, soit environ deux fois et demie le volume primitif, on agite énergiquement le mélange et laisse reposer; les impuretés passent dans le chlorure de carbone qui est à la partie inférieure, Ralcool éthylique reste dans l’eau salée. On décante cette dernière sur un filtre mouillé pour retenir les dernières traces de tétrachlorure, puis on distille l’alcool dans un alambic à plateaux plus ou moins nombreux, suivant le degré alcoolique que l’on veut obtenir.
- M. Eynaud, à Clermont-Ferrand. — i° Si votre vêtement en laine du pays ne présente pas un trop grand nombre de fibres naturellement teintées, vous pourrez très probablement le blanchir par l’action de l’eau oxygénée qui donne un blanc très stable contrairement à celui obtenu par l’acide sulfureux qui jaunit assez rapidement.
- Prendre :
- Eau oxygénée............... 10 litres.
- Eau ordinaire.............. 10 —
- Alcali volatil.............. 5 c. c.
- Fouler légèrement les objets dans ce bain et les retourner de temps à autre, ce bain doit être à une température voisine de 20 à 25° sans dépasser cette dernière, un léger dégagement gazeux se produit indiquant que l’action oxydante est effective. Au bout de 4 à 5 heures, on retire les lainages, laisse encore à l’air 1 heure ou 2, rince une seule fois, puis passe dans un peu d’eau bleutée à l’outremer de blanchisseuse;
- 20 Nous ne vous conseillons pas de chercher à teindre de la laine en jaune j:>ar l’action de l’acide azotique, il en résulterait un affaiblissement de la fibre tout à fait fâcheux, vous obtiendrez un bien meilleur résultat, soit par l’acide picrique, soit, ce qui serait encore préférable, par les jaunes pour laines, tels que l’auramine, le jaune
- p.2x40 - vue 452/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- de quiuoléine, la tartrazine, le jaune naphtol, l’azofla-vine, le jaune mélaniline qui teignent en bain neutre ou très faiblement acide. Pour les orangés, prendre les orangés II et X, la mandarine, la phosphine, la chrysoï-dine ou parmi les couleurs diamines, le benzo-orange solide S, l’orangé G ; 3° Le gris-beige vous sera donné par un mélange. convenable des orangés précédents avec une trace des noirs suivants : noir bleu, noir oxydia-mine, noir jais, diazo-noir, noir Pluton, noir diamino-gène ; 4" L’emploi du brou de noix ne serait pas judicieux.
- M. II. B., à Saint-Léonard. — Par ses délibérations des 5 avril et 25 octobre 1880, le Comité consultatif d’hygiène a autorisé pour la coloration en rouge des produits de consommation l’emploi des matières colorantes suivantes : cochenille et carmin de cochenille, carmin de carthame, bois rouge, sucs de betteraves rouges et de cerises complémentairement l’arrêté du 4 août 1908 permet d’utiliser pour la fabrication des liqueurs et sirop toutes les matières colorantes végétales, à l’exception de la gomme-gutte et de l’aconit napel ainsi que les matières colorantes dérivées de la bouille qui suivent : Eosine, érythrosine, rose bengale, l'ouge de Bordeaux, fuchsine acide préparée parle procédé Coupier. Le plus simple dans le cas qui vous occupe serait peut-être le mélange avec un vin rouge plus ou moins chargé en couleur.
- M. Postaire, à Versailles. — Toutes les lessives en poudre vendues pour le blanchissage du linge sont essentiellement constituées par du carbonate et du silicate de soude, certains fabricants y ajoutent parfois du perborale de soude, lequel sous l’action de l’eau se décompose en donnant de l’eau oxygénée qui est à la fois un agent de blanchiment et un antiseptique puissant. La lessive dont vous parlez rentre certainement dans l’une des catégories ci-dessus. A titre d’indication voici quelques compositions de produits d’usage courant, :
- Soude l’er-
- Ç.urboiinte cous- Silicate borate de soucie, tique, de sourie. de soude. Savon. Eau.
- Lessive Phénix . . 40 8 25 •— — 27
- — du Génie. 5o j 18 — 5 20
- Salsonate. 5o t a 20 — — 18
- — Persil . . 33 — 7 10 ao 3o
- Dixin . . 32 — 3 8 38 «9
- M. Attila Ciattino, à Lyndiane, Sénégal. — La liquéfaction de la corne par la chaleur ne peut être obtenue sans qu’il y ait au moins un commencement de décomposition qui en altère les qualités. Comme nous pensons que votre intention est d’elïectuer des moulages, le mieux est de ramollir et faire gonfler la corne dans l’acide acétique, il en résulte une masse souple que l’on peut comprimer et qui reprend sa dureté après évaporation de l’acide acétique, soit à l’air, soit à l’étuve modérément chauffée. •.
- M. li. A., à M. — Le dénickelage peut s’effectuer par l’opération inverse du nickelage en suspendant l’objet à l’anode au lieu de le placer à la cathode, l’électrolyte restant le même, mais il est beaucoup plus simple de dénickeler comme on le fait habituellement par immersions successives et de peu de durée dans le bain suivant en regardant entre chacune si tout le nickel est enlevé.
- Acide sulfurique . . 140 grammes.
- Acide azotique. . , 1 —
- Nitrate de potasse . o,5 — ,
- Eau................. 1000 c. c.
- • M. G. Hesse, à Tours. — Les produits épilatoires appartiennent toujours à l’une des catégories suivantes : Sulfure alcalin de potassium ou de sodium; sulfure alcalino-terreux de calcium ou baryum ; srxlfure d’arsenic orpiment ou réalgar ; eau oxygénée ; suc d’hermandia sonora.
- Les sulfures d’arsenic doivent être absolument rejetés à cause de leur toxicité; le plus souvent les produits du commerce sont constitués par le sulfure sulfuré de calcium ou sulfhydrata de chaux désigné aussi soüs le nom de dépilatoire de Boudet que l’on prépare en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans un lait de chaux récemment éteinte jusqu’à ce que la masse prenne une teinte verdâtre. Pour que le produit soit efficace, il doit être de préparation récente. La place limitée dont nous disposons ne nous permet pas d’entrer dans le détail des autres préparations. Quant à Y analyse des produits de parfumerie, elle demande des connais-
- sances spéciales et une certaine sagacité, il n’existe pas à notre connaissance de traité ou manuel sur la question.
- M. P. Rivière, à Bordeaux. — L’article annoncé précédemment ici même sur la construction des petites lunettes astronomiques d’amateurs est en préparation. Il s’est trouvé retardé par diverses circonstances. Nous pensons le publier, sous peu.
- M. S. A, R., à Montréal. — Vous trouverez la documentation technique sur l’industrie du Vinaigre dans les ouvrages suivants : Manuel pratique du Vinaigrier, par Ch. Franche, 1 volume (Nolo, éditeur, Paris, 53 bis, quai des Grands-Augustins) ; Manuel du Vinaigrier et du Moutardier, par J. de Fontenelle et F. Malepeyre, i vol. (L. Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6°); Etudes sur le Vinaigre, par Pasteur, 1 vol. (Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, Montpellier); Eaux-de-vie et Vinaigres, par P. Pacottet et Guiltonneau, 1 vol. ; Les Boissons, par A.-L. Girard, 1 vol, ; L’Essai commercial des vins et des vinaigres, par J. Dujardin, 1 vol.; Tableaux synoptiques pour Vanalyse des vinaigres, par P. Goupil, 1 vol. (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6') ; Le Vinaigre, par Henri Astruc, x vol. ; Fabrication du Vinaigre, par E. Claudon, 1 vol. ; les résidus de la vendange, tome III, par Goste-Floret, 1 vol. (Masson et Cil!, éditeurs, Paris, 120, boulevard Saint-Germain, 6°).
- D’autre part, pour ce qui concerne un perfectionnement récent et très important dans la fabrication du vinaigre (procédé breveté), s’adresser à l’inventeur, M. Manoncourt, ingénieur, Paris, 79, boulevard Saint-Germain, 6°.
- Société des Agriculteurs de la Tunisie. — Les traités généraux de fabrication des huiles végétales donnent des indications sur les procédés de fabrication des huiles de lin. Voici les titres des ouvrages pouvant constituer une documentation. Il conviendra de préciser dans la demande à la librairie indiquée qu’il s’agit spécialement de l’huile de lin : Manuel du Fabricant ci Epurateur d’huiles végétales> par M. Chryssochoïdes, 1 vol. (L Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, (P); Les huiles, gi-aisses et cires, t. Il, par Lexvkowitsch, 1 vol. ; Fabrication et rgiffinage des huiles végétales, par J. Fritsch, 1 vol.; Les huiles végétales, par Henri Jumelle,
- 1 vol. Ouvrages en anglais : *Production et traitement des huiles végétales, par T.-W. Chalmers, 1 vol. ; La Chimie de l'huile de lin, par J.-N. Friend, 1 vol. ; L’huile de lin et d’autres graines, par W.-D. Eunis, x vol. (Librairie A.-D. Cillard, Paris, 49» rue des Vinaigriers, 10e). Voir aussi, pour renseignements sur cette matière : Section des matières grasses, Institut Colonial de Marseille.
- M. J. cl'O., à Nantes. — Pour la destruction des joncs, vulgairement appelés rouelles, qui envahissent les terrains humides, marécageux, le bord des eaux, les étangs, le moyen le plus pratique est d’assainir le terrain et d’en modifier profondément la nature, en incorporant au sol des cendres de bois, de la suie, des engrais phosphatés, notamment des scories de déphosphoration et des engrais potassiques (sylvinite), au cas où. on ne peut disposer de cendres de bois. Avant l’assainissement, il faut arracher les souches de joncs à l’aide de la pioche, les faire sécher sur place et les brûler ensuite comme les gazons d’écobuage. On peut aussi mettre les gazons en tas, le jonc en dessous, et arroser chaque lit de gazon avec un lait de chaux. Au bout de 5 ou 6 mois, la plante est détruite; on défait le tas, on divise les gazons et on les étend sur le terrain. Les fossés d’assainissement doivent avoir, au minimum, o m. 5o de profondeur.
- S’il s’agit d’étangs en eau, et non de fonds d’étangs à mettre en culture, il faut assécher, puis extirper les joncs à la pioche, de manière à extraire les racines. Il n’y a que ce moyen.
- M. J., à Ronsenac. — i° Un courant de 1,8 ampère fera fondre un fil de plomb de 3/io de mm;
- 20 Si la tension appliquée est suffisante, tous les éléments de la solution mixte pourront être électrolysés par le passage du courant. Le résultat final dépend essentiellement de la nature des électrodes.
- M. Voisambert, à Colombes. — Si vous mettez des lampes en série avec le montage des soupapes, il ne faut pas brancher également un. Ferrix, car les lampes ne sont placées en série qu'en raison du voltage du réseau de 110 volts alternatif.
- p.2x41 - vue 453/620
-
-
-
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous lès ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de xo °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. '........... .
- Cours complet cle Mathématiques Spéciales (Géométrie), par J. Haag. i vol. in-8, 25 X 16, 656 p., 77 lig. Gau-thier-Villars, éditeur, Paris, 1921. Prix : 65 francs.
- Ce cours est destiné axix jeunes gens qui, à l’issue de l’enseignement secondaire, veulent aborder l’étude des mathématiques supérieures : futurs physiciens, chimistes ou ingénieurs. Le présent volume est consacré a cette branche de mathématiques que l’on nomme généralement géométrie analytique; c’est le développement de la grande idée de Descartes; l’application de l’algèbre à la résolution des problèmes géométriques. Cependant l’auteur a pris soin, avec raison, de ne pas éliminer de parti pris les méthodes de la géométrie pure, souvent beaucoup plus élégantes et rapides et qui ont en outre l’avantage de Constituer une excellente gymnastique d’assouplissement intellectuel. Le livre est divisé en 2 parties, la première consacrée aux théories générales; la seconde expose leurs applications à l’étude des courbes et surfaces classiques. L’ensemble constitue un excellent ouvrage d’enseignement, logiquement composé, clairement écrit, et remarquablement édité.
- Géométrie perspective, par Maurice Emaxaud x vol. in-16 rie 44° P-i 168 (1g. dans le texte. (Encyclopédie scientifique du D' Toulouse), Doin, éditeur, Paris, 1921. Prix : broché, 10 francs.
- Ce volume contient l’étude des méthodes qui permettent de construire la perspective d’un objet donné. Il se limite aux principes de ces méthodes sans s’étendre sur leur développement complet.
- On trouvera au début un exposé des relations géométriques qui existent entre un objet et sa perspective ou entre diverses perspectives d’un même objet, relations d’où l’on déduit toutes les méthodes de constructions perspectives. Les chapitres suivants traitent de ces méthodes en mettant en évidence leurs avantages particuliers et les conditions de leur emploi.
- Un certain nombre de problèmes courants, notamment des problèmes d’ombre, sont traités à titre d’exemple d’application. Le chapitre VII étudie, au même titre,’ les instruments « perspecleurs » susceptibles de réaliser mécaniquement les constructions, instruments que l’on peut’varier pour ainsi dire àl’infini.
- Mais un tel ouvrage, faisant partie d’une bibliothèque de mathématiques appliquées, serait incomplet s’il ne posait le problème de l’application de ces théories à l’art. Le chapitre VIII expose les faces diverses fie la question si ancienne, et quelquefois si passionnément discutée. L’ouvrage se termine par l’étude de la perspective théâtrale.
- Statique et Dynamique (tome II), par H. Beghin. 1 vol. in-16 avec (ig. Collection Armand Colin, Paris, 1921. Prix : broché, 5 francs.
- Ce second volume est consacré aux mouvements oscillatoires, à la statique des solides, des fluides et des fils, à la dynamique, plus spécialement celle des systèmes invariables et aux chocs et percussions.
- Chaque exposé théorique est accompagné d’exemples empruntés à la pratique et d’exercices qui permettent dç saisir nettement la portée et l’utilité des principes généraux mis en œuvre.
- L’ouvrage exige toutefois de son lecteur la possession des éléments de mathématiques supérieures.
- La Physique théorique nouvelle, par J. Pacotte. i vol. in-8 raisin (-i5 X 16) vm-182 p. Gauthicr-Villars, éditeur. Paris 1921. Prix ; 12 francs.
- Cet ouvrage résume l'ensemble d'es théories qui forment la physique théorique moderne : on sait que . le point de départ en est l’électrodynamique de Maxwell et de LoreMz, elles aboutissent aux théories récentes de la relativité, aux idées <l'Einstein sur
- l’espace et le temps, et aux notions nouvelles sur la constitution de la matière et yelle de l’énergie. M. Pacotte expose la suite des idées qui ont amené l'évolution de la physique, et il commente les diverses théories proposées. Il a écarté de parti pris tout appareil mathématique, mais il suppose parfaitement connues toutes les théories, la plupart d’ordre mathématique, qu’il résume. La difficulté n’est donc que déplacée et la lecture du livre de M. Pacotte ne peut être utile que pour des lecteurs déjà bien au courant des théories difficiles qui y sont; résumées.
- La physique, son rôle et ses phénomènes dans la vie quotidienne, par G. Eisexmkxckr. i vol. in-8°, 368 p., 72 lig. Pierre Roger, éditeur, Paris, 1921. Prix, broché : 9 francs.
- Sous ce titre, M. Eisenmenger n’a voulu rédiger ni un traité ni un cours de physique, mais, plus simplement, dans un langage clair et accessible à tous, amener le lecteur à la compréhension des faits qui se produisent journellement autour de lui, l’obliger à mieux observer les phénomènes dont il est parfois le témoin distrait, tenir sa curiosité en éveil et lui faire entrevoir les grands problèmes de la physique moderne.
- Les objets les plus familiers, la brouette, la pince xi sucre, la pompe à bicyclette et mille autres deviennent des moyens d’illustrer les principes. À chaque chapitre sont en outre rattachées les principales applications industrielles mettant en œuvre les principes exposés, avec leur historique succinct et l’exposé de l’état actuel de leur développement.
- Cet aimable livre se lit d’un bout à l’autre avec un intérêt soutenu et il réussit parfaitement à instruire sans ennui.
- La théorie de Boltr. La constitution de l’atome et la classification périodique des éléments, par E. Bauer. 1 brochure, 52 p. Hermann, éditeur, Paris, 1922, Prix ; 4 fr. 5o.
- La théorie de Bohr sur la constitution de l’atome, dont La Nature a récemment donné un aperçu, joue dans la physique moderne un rôle très important'. La très claire et très attachante conférence de M. Bauer est la première publication française qui donne un exposé un peu développé de cette question. M. Bauer s’est limité au cas simple de l’atome à. un seul électron; le cadre élémentaire qu’il s’est imposé lui interdisait dhaborder les calculs complexes nécessaires pour aborder les cas plus généraux. Mais il explique avec une parfaite clarté le point de départ et la portée de la théorie. Le lecteur désireux de pénétrer plus avant pourra, grâce à la bibliographie qui termine cet utile opuscule, se reporter aux travaux originaux.
- La matière et Vénergie selon la théorie de la relativité et la théorie des quanta, par L. Rougier. i vol. 112 p. Gautliier-Villars, éditeur. Paris, 1921.
- Le lecteur désireux de saisir clairement les modifications profondes que les nouvelles théories physiques ont apporté aux anciennes notions, en apparence si solides, de masse et d’énergie, trouvera entière satisfaction dans l’ouvrage de M. Rougier. L’auteur montre d’abord comment ces notions interviennent dans la mécanique classique de Newton et les modifications que l’électrodynamique d’abord, puis les théories de la relativité leur ont fait obligatoirement subir. Il montre que l’énergie est douée d’inertie, de pesanteur, de structure en vertu de la théorie des quanta; finalement il y a identité entre la masse et l’énergie ; l’une peut se transformer en l’autre. On aboutit ainsi par la voie du raisonnement aux idées exprimées depuis longtemps par Gustave Lebon sur la dématérialisation de la matière; l’énergie inversement peut se matérialiser. Elle a deux formes : la matière et le rayonnement. Les théories nouvelles suppriment l'éther, provisoirement peut-être. Le rayonnement par quanta apparaît comme un retour aux idées Newtoniennes sur la propagation de la lumière par émission. L’ouvrage de M. Rougier est d’une lecture facile et peut être classé parmi les meilleures vulgarisations des théories nouvelles.
- p.2x42 - vue 454/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Ht
- im.
- Les métallurgies élec.trolytiques et leurs applications, par Albert Levasseur. 2d6 p., 14X22 avec 22 tig. Dunod, éditeur, Paris, 1921. Prix net : 16 francs.
- Cet ouvrage vient compléter fort heureusement un précédent travail du même auteur, Y Electro-chimie et Y Electro-métallurgie dont les considérations étaient surtout théoriques.
- Dans les métdllurgies électrolytiques, ce sont particulièrement les réalisations pratiques qui ont été envisagées : extraction du métal, son affinage, son emploi pour recouvrements tels que nickelage, zin-gage, cuivrage, etc.
- On trouve dans Les Métallurgies électrolytiques un exposé très complet de la situation actuelle des industries électrolytiques, comparativement aux méthodes concurrentes ; le lecteur peut ainsi faire un choix judicieux suivant les applications en vue.
- De nombreux renseignements techniques sur les précautions à observer complètent les données scien-litiques et permettent de réaliser les opérations avec le minimum de tâtonnements.
- L’ouvrage sera lu avec profit aussi bien par les ingénieurs chargés d’installations que par les praticiens qui y trouveront la mise au point des idées nouvelles.
- Aluminium. Magnésium. Calcium. Sodium. Numéro spécial du Bulletin de la. Société d’Encouragement pour V Industrie nationale. 1 brochure illustrée, 3io p. Paris, 1921.
- En mai dernier, la Société d’Encouragemenl pour l’Industrie nationale organisait une exposition fort réussie consacrée à l’aluminium, au magnésium et au sodium. En même temps, des conférences étaient demandées aux spécialistes les plus réputés. Ces conférences sont réunies dans un important fascicule du Bulletin de la Société. M. Guillet étudie la fabrication de l’aluminium, ses propriétés, ses alliages et leurs emplois; M. Dusaugey l’emploi de l’aluminium en électricité; M. Trillat l’emploi de l’aluminium en laiterie, fromagerie, brasserie; M. Guérin l’emploi de l’aluminium dans les industries chimiques, 'ainsi que les procédés de fabrication du matériel ; M. Zetter étudie ies applications à l’appareillage électrique ; M. Flusin expose' les propriétés du magnésium, du calcium, et du sodium; le colonel Grand étudie les alliages légers et leur emploi en aéronautique; M. de Fleury les métaux légers dans la construction mécanique. Le fascicule se termine par une bibliographie de l’aluminium établie par M. Guillet.
- Le secret du temps de pose, secret de la réussite et des possibilités artistiques en photographie, par R. Pi-tois. i vol. in-8°, 8 planches. Delagrave, Paris. Prix : broché, 10 francs.
- Ce livre a été écrit aussi bien pour ceux qui n’ont jamais fait de photographie que pour ceux qui désirent se perfectionner dans cet art,
- Il commence par apprendre très rapidement à ne plus gâcher de plaques. Puis l’auteur initie le lecteur à donner le temps de pose, en lui faisant connaître la manière d’observer les jeux de la lumière, les particularités de l’appareil photographique et il appuie ses démonstrations sur de très nombreux exemples. Pour les amateurs déjà formés il entre dans des considérations théoriques et pratiques du plus grand intérêt et termine par un chapitre très originalement intitulé « Le fin du lin du temps de pose d.
- E'Hérédité,. par Etienne Rabaud. r vol. in-16, 190 p., 3.4 fig. Armand Colin, Paris. Prix : broché, 5, fr. ; relié, 6 francs.
- Le question de l’hérédité ne laisse personne indifférent; 'elle appartient au domaine de l’observation courante. Chacun recherche parmi ses proches ressemblances et différences, et c’est presque un jeu d’essayer de retrouver dans un enfant les caractéristiques diverses de ses ascendants. Mais les connaissances précises à ce sujet font généralement défaut et les idées courantes relatives à l’hérédité sont bien souvent'inexactes.
- Après avoir indiqué en quoi consiste exactement l’hérédité, l’auteur, professeur à la Sorbonne, expose les faits fondamentaux qui la caractérisent, puis il étudie ].e rôle du milieu dans les manifestations héré-
- ditaires. Prenant ensuite les théories, actuellement en vogue, il les soumet à une critique serrée et montre ce qu’il faut en penser; du même coup, il est conduit à dire comment on peut et doit comprendre aujourd'hui le mécanisme de l’hérédité. Enfin, après avoir indiqué que l’hérédité n’est pas fatale, que d’autres facteurs interviennent souvent pour la modifier, 1 auteur passe en revue les applications des connaissances acquises et qui intéressent la science de l’éducation, l’agriculture, l’industrie, etc.
- C’est un excellent, livre, simple et clair, intéressant pour tous, précieux pour les éleveurs auxquels il apprend à donner à leurs sélections une base rationnelle et scientifique.
- ÎA' choix d’un métier et les aptitudes physiques, par Julien Foxtègne. i broch. in-16, 45 p. G. et M. Ravisse. Paris. Prix : 2 fr. 75.
- Etes-vous doué d’une bonne vue ? Voici les métiers qui vous conviennent. Votre vue est-elle faible ? évitez de choisir telle ou telle profession....
- M. Pontègne examine ainsi l’ossature, la taille, la prédisposition à l’anémie, la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le système nerveux, le cœur, les voies digestives, respiratoires, etc....
- Cet ouvrage sera consulté par les instituteurs, par les médecins scolaires, par les conseillers de vocation et même par les parents qui veulent éviter à leurs enfants des erreurs dont ils souffriraient toute leur vie.
- Applications de la biologie à l'art de Vingénieur, Hygiène des villes, des armées et des chantiers de travaux. Travail dans l’air comprimé, raréfié, trop chaud ou trop humide (milieux irrespirables). Leçons professées à l’Ecole des Ponts et Chaussées, par le Dr Ed. Imbeaux, i vol. in-8, i52 p., iblig., 1 pl. Dunod. Paris. Prix : 18 fr. 5o.
- Le temps n’est plus où l’ingénieur qui dirige un chantier de travaux, une mine, un atelier, peut se désintéresser des sciences biologiques et de leurs applications à la sauvegarde de la vie et de la santé des hommes.
- L’exemple des succès obtenus toutes les fois qu’on a voulu appliquer les prescriptions de l’hygiène moderne, et inversement les graves conséquences de leur oubli, ont démontré péremptoirement l’importance de ces prescriptions et l’efficacité des mesures correspondantes.
- L auteur a réuni dans cet ouvrage une série de données qu’il a choisies dans les traités d’hygiène, de microbiologie, de parasitologie et même de physiologie animale et végétale pour leur utilité pratique.
- Psychologie de l’hygiène, par le D' Paul Ciiavigxt,
- 1 vol. in-16, 288 p. Bibliothèque de philosophie
- scientifique, Flammarion. Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Jusqu’ici, le public, est resté trop souvent indifférent ou hostile aux choses de l’hygiène, et, il faut l’avouer, les hygiénistes travaillaient d’ordinaire sans tenir aucun compte des aspirations, des besoins, des habitudes, des intérêts immédiats de l’individu et de la collectivité. Le professeur Chavigny met en évidence les causes de ces échecs. Il dit ies moyens de les éviter, montre comment doivent être comprises les méthodes' de propagande de cette branche capitale de la sociologie contemporaine.
- « L’hygiène, clit-il, c’est la diplomatie de la médecine » et cette phrase indique bien dans quel esprit cet ouvrage est conçu.
- Zes maladies infectieuses pendant la guerre, par M. Dop-ter, 1. vol. in-16, ?> 8 p., Collection Tes Questions actuelles, Félix Alcan. Paris. Prix : 9 francs.
- Tableau général des maladies infectieuses qui ont sévi pendant la guerre, montrant la faible mortalité qn’elles ont causée, comparativement à ce qu’on a observé de tout temps pendant les guerres anciennes. Après avoir rappelé l’existence du soldat dans les tranchées et les cantonnements, l’auteur envisage successivement chaque maladie et fait ressortir les moyens prophylactiques utilisés pour en avoir raison.
- C’est un livre vécu qui montre bien tout l’effort réalisé pour atténuer considérablement les pertes par maladies. La conservation d’un excellent état sanitaire a certainement été un des éléments ije notre victoire.
- p.2x43 - vue 455/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2497
- I ! Février 1922
- Le « Drang; nach Osten » par avion. — Nous recevons de M. Raoul Monmarson l’intéressante communication suivante :
- L’Esthonie, la Lettonie, le territoire de Memel, le territoire libre de Danzig ont émis des timbres par avion, qui représentent par eux-mêmes une valeur, et qui ne sont pas, comme la modeste et peu flatteuse lithographie française, de simples vignettes destinées à permettre aux postiers de distinguer rapidement les lettres « aériennes ». L’Allemagne possède ses deux timbres de io et 40 pfennigs. C’est au moins le signe que l’utilisation commerciale des avions a pris, grâce à l’impulsion méthodique du Reich, une ampleur qui avantage considérablement, outre ses nationaux, les pays desservis, et qui constitue ainsi un parfait instrument de propagande. Car le « Drang nach Osten » trouve ainsi, à la base même de ses efforts, une importante et utile liaison qui permet aux lettres, aux échantillonnages, aux déplacements de gens d’affaires, les relations commerciales les plus rapides.
- Lorsque, à partir de 1919, je parcourus les Etats bal-tiques, nulle parties communications n’étaient aussi précaires, délabrées, inexistantes. L’année suivante, je n’avais remarqué aucune amélioration bien sensible. Au printemps de 1921, j’ai constaté les résultats d’un trop imaginable effort, tant sur mer que sur terre et dans l’air. On voit bien qu’au fur et à mesure du délabre- . ment russe et des espérances économiques qu’il suscite, l’Allemagne met entre les mains de ses négociants, industriels, économistes, les instruments de travail les plus perfectionnés, ceux contre la qualité desquels nous lutterons difficilement.
- En janvier 1920, lors de l’agonie de l’Armée du Nord-Ouest Youdénitch qui avait tenté sur Pétrograd sa vaine offensive, le brise-glaces ne pouvant, faute de charbon, assurer le service habituel entre Helsingfors et Reval, les avions furent chargés de la poste. Depuis, les lignes régulières suivantes ont été créées :
- Stockholm-Hango (Finlande) — Reval, mise en service le 19 août 1920 par les soins de la « Svenska Lufttrafik Aktiebogalet », de Stockholm.
- Reval-Riga, les mardi et vendredi, par la « Deutsche Sablatnig-Flugzeugbau ».
- Riga — Kowno — Kônigsberg — Danzig — Stettin — Berlin, les lundi, mercredi, vendredi et dimanche, par les « Lloyd Ostflug » et «Danziger Luftpost ».
- Memel-Danzig, par la « Danziger Lui'treederei ».
- * " *
- Pour favoriser ces efforts et seconder les incessantes et multiples foires allemandes, dont les principales sont celles de Leipzig, Kônigsberg, Breslau, pour permettre aux Finlandais, aux Esthoniens, aux Lettons, aux Lithuaniens, aux Memelois, aux Danzigois, de se rendre rapidement dans ces villes, ces services extérieurs sont prolongés par des services intérieurs, dont voici les principaux :
- Berlin — Leipzig — Munich — Augsburg, assuré par trois Compagnies : « Deutsche Luftreederei », « Rum-pler » et « Sablatnig ».
- Hambourg — Magdebourg — Leipzig — Dresde, par le « Deulsclier Luft-Lloyd ».
- Leipzig-Magdebourg — Dortmund, par le « Deutscher Luft-Lloyd » et la « Deutsche Luftreederei ».
- On peut ainsi se rendre compte de l’énorme réseau tendu sur l’Europe Orientale du Nord, et qui peut aussi bien servir les nécessités commerciales d’aujourd’hui que les desseins belliqueux de demain. Dans cette lutte pour la Baltique, qui est aussi celle pour la Russie, nous sommes handicapés par le change, par le manque absolu de transports, par le manque d’organisations commerciales, par le manque même de journaux. Avons-nous des organes économiques qui aient tenté quelque chose en Europe Orientale avec une passion méthodique égale à celle de « l’Osteuropaische Wirtschaft-Zeitung » ou de « Ost-Export », publiés à Berlin, consacrés aux Pays Baltiques, à la Pologne, à la Russie (ses « Der Postverkehr mit Russland ist Wiedor aufgenommen... »,
- -#
- les relations postales avec la Russie sont reprises), et qui s’abattent chaque semaine sur ces pays à raison de plus de 3ooooo exemplaires?
- A l’occasion de la Foire de Kônigsberg, les services ont été renforcés. Un journaliste balte a inauguré à l’époque la ligne Riga-Kônigsberg. Le Ministre letton des Finances, M. Ringold Kalnin, en compagnie de deux collègues d’autres Ministères, s’est rendu naguère à Kônigsberg en avion pour assister à l’inauguration de cette Foire. La réciproque est vraie.... Lors de la Foire de Riga, ce service aérien a permis d’enregistrer un dimanche l’entrée de 3oooo visiteurs. A cette Foire, du reste, le « Baltischer Lloyd » représentant, en Lettonie, des compagnies de navigation aérienne (Riga, Gross-Schloss-Strasse 18 — en langue lettone : L.Pils eela 18) avait installé un stand de renseignements et de vente de billets.
- A titre d’indication, le prix du voyage aérien entre Riga et Berlin, fixé d’après les directives du Ministère letton des Communications, se monte à 1 g5o marks allemands. De ville à ville : Riga-Ivowno : .400 marks ; Riga-Kônigsberg : 75o; Riga-Danzig : 990; Riga-Stettin :
- 1 875. Le trajet Riga-Berlin demande en moyenne 8 heures. Celui de Danzig à Kowno 1 heure 45.
- Aux Sociétés précédentes, on peut ajouter « l’Ameri-kanisch-Litauischen Luftverkehrsgesellschaft », dont le siège est à Kowno (Lithuanie) et qui entrera bientôt en service. Ajoutons enfin que le Ministre des Chemins de Fer Polonais vient d’accorder à la fabrique d’avions de Lublin la concession de la ligne Danzig-Yarsovie-Lem-berg, en direction de Bucarest, et à la Société « Aérotransport » celle de la ligne Yarsovie-Moscou. On compte que ces deux services pourront entrer en fonctions ce printemps.
- Comme on le voit, l’aviation commerciale a pris en Europe Orientale un développement considérable. Toutes les villes principales sont maintenant desservies. Ces pays, que volontiers en France on imagine,très arriérés, donnent au nôtre un exemple remarquable sous l’impulsion allemande. Ce réseau aérien répond en partie à l’effort maritime, grâce auquel l’Allemagne a asservi la Baltique. Les guerres futures apparaissent nettement, plus passionnées que jamais, lorsque minutieusement on étudie ce « Drang nach Osten »,parce que l’alliance franco-russe n’est plus maintenant que de l’Histoire. Il serait bien que la France ne laissât pas échapper cette leçon, et qu’elle envisageât.la liaison aérienne à établir entre ses grandes capitales, aussi aptes à bénéficier de ces commodités que les villes de l’Europe Orientale, si agréables soient-elles. Raoui. Monmarson.
- P. S. — Le Conseil des Commissaires du Peuple, à Moscou, vient d’approuver le projet de loi portant conclusion d’un accord avec une Compagnie d’aviation allemande. Krestinski signera cet accord dès son retour à Berlin ; il comporte l’organisation de la liaison aérienne régulière à assurer entre Berlin-Danzig-Kônigs-berg-Kowno-Moscou. Les gouvernements lithuanien et letton ont déjà fait part de leur consentement au Gouvernement de Moscou. Cette ligne aérienne comprendra le transport de la poste et des passagers. Un avion quittera régulièrement, tous les deux jours, chacun des deux points terminus. R. M.
- L’aviation au Pôle Nord. — Comme nous l’avons raconté, c’est en vain que durant ces trois dernières années, Amundsen a tenté d’entrer dans la grande banquise qui couvre la partie orientale de l’Océan Glacial de Sibérie, et qu’une lente dérive entraîne vers le Nord-Ouest, afin de se faire véhiculer par le courant vers le Pôle Nord. Ces insuccès n’ont pas découragé le célèbre explorateur. Revenu à Seattle l’été dernier, il se dispose en juin prochain à donner un quatrième assaut aux glaces arctiques. Cette fois Amundsen compte employer l’avion à la reconnaissance de la banquise pour découvrir les points où elle peut être attaquée avec chances de succès et ensuite à l’exploration des approches du Pôle.
- Deux aviateui's norvégiens, MM. Omdal el Dahl, ont été engagés à cet effet par le chef de l’expédition. Ils
- ]•*
- 45
- 6
- p.2x44 - vue 456/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- emportent deux biplans fabriqués en Norvège, des appareils de chasse en usage dans la marine, du type Sopwith Baby. D’après Aftenposten, de Kristiania, ces avions possèdent les caractéristique» suivantes : diamètre des surfaces portantes : 7 m. 85; distance entre les deux plans de sustentation : 1 m. 3 ; longueur de l’appareil : 7 m. ; hauteur ; 3 m. Ils sont munis d’un moteur Clerget de i3o chevaux susceptible de développer une vitesse horaire de 160 km.
- Ces appareils peuvent porter un pilote et un observateur et la quantité de carburant nécessaire à un vol de trois heures. Leur train d’atterrissage comporte, outre les roues habituelles, deux paires de ski. Des expériences de départ et d’atterrissage avec des avions munis de ces patins, effectuées sur des lacs glacés de Norvège, ont donné d’excellents résultats.
- Charles Rabot.
- Topographie et hydrologie de la Colombie. — En
- suite de l’article sur'la formation des orages, paru dans notre numéro du 8 octobre 1921, un ingénieur explorateur, M. Chédé, qui habite depuis plus de 20 ans la Colombie orientale (de l’Amérique du Sud), nous donne quelques renseignements intéressants sur cette contrée et corrige l’erreur commise dans l’article des orages en appliquant le nom de Cordillère occidentale à ce qui est plus exactement nommé la Cordillère centrale.
- « J’ai passé vingt ans en prospections minières dans les Cordillères occidentale, centrale et orientale, et je connais tous les cols et passages existant entre l’Océan Pacifique, le rio Atrato, le San Juan, le rio Cauca, le rio Patio, le Magdalena, le Caqueta.
- Dans ces régions il y a en réalité trois chaînes de montagnes, de direction voisine du méridien.
- i° La Cordillère occidentale de Colombie n’atteint nulle part l’altitude de 4 000 mètres; sa distance au Pacifique, prise à vol d’oiseau, varie de 80 à i3o kilomètres. 11 n’y existe aucun plateau : quand on passe d’un versant à l’autre, la descente commence aussitôt que finit la montée ; les cols sont compris entre 1 400 et 2200 mètres d’altitude.
- 2“ Un peu plus loin de l’Océan, on arrive à la Cordil-, 1ère centrale qui est la chaîne la plus élevée de Colombie ; plusieurs sommets dépassent 5 000 mètres et même le Ilinla, volcan au repos, atteint 6 700 mètres,
- La limite des neiges éternelles est à 5 700 mètres ; il n’y a que trois petits plateaux situés par 4000 mètres d’altitude, le reste de la chaîne est presque à pic des deux côtés de la ligne de faîte.
- 3° Dans la Cordillère orientale, il y a une zone de plateaux située entre 2800 et 2800 mètres de hauteur.
- Les régions les plus pluvieuses sont celles du versant occidental de la première de ces chaînes : j’y ai enregistré au pluviomètre jusqu’à 26 centimètres d’eau en 24 heures et 2 m. 80 en un mois. Les crues y sont naturellement formidables.
- On trouve une autre région presque aussi pluvieuse dans le haut bassin du Caqueta ; la différence est que les saisons de grandes pluies ne ;sont pas les mêmes dans ces d'eux vallées
- Les dangers de P asphalte comprimée. — Le garnissage des rues de Paris en asphalte ^comprimée est très agréable pour les voisins, quand il est bien entretenu ; mais pour les piétons et pour les chevaux il Constitue un danger sérieux, fort aggravé par les nombreux véhicules automobiles.
- Dès qu’il fait un peu humide, la belle surface lisse 'devient'horriblement glissante : les autos bardent trop facilement, et le conducteur n'est pas maître de les détourner rapidement ni de les arrêtei’ brusquement pour éviter d’écraser le passant qui ne peut pas courir sur ce Sol trop poli. De la des accidents trop nombreux.
- Quand on a fait les trottoirs bitumés, on a saupoudré l’asphalte de débris-de-meulière, comme on le fait aussi pour les pavés de bois ; cela donne un peu de rugosité à la surface, et augmente la durée de ces aires damées.
- Mais les silex que l’on emploie sont- médiocrement propres à cet usage : ce sont des plaquettes roulées, ’ polies par les frottements dans l’eau, qui se mettent à plat et par conséquent s'opposent très peu au glissement des semelles ou des pneus : elles rendraient peu de services si on les mélangeait à l’asphalte des chaussées.
- Mieux vaudrait certainement broyer des meulières ou des silex delà craie, et en ordonner l’addition en proportion notable aux asphaltes et bitumes.
- Il me semble utile de signaler aux fournisseurs de Paris un gisement ou deux de grains de quartz anguleux dont on pourrait, je crois, tirer un excellent parti pour rendre moins dangereux les sols glissants.
- On connaît depuis longtemps, sous le nom d’arkoses, des amas de sables quartzeux très grossiers; il y en a un, malheureusement peu abondant, à la surface du sol, que l’on voit en sortant dix grand tunnel de Blaisy avant d’arriver au viaduc et à la station de Malain. Il est probable qu’il s’étend un peu au delà des limites où je l’ai vu, sans aller bien loin cependant, carie pointement des roches triasiques dont il dépend n’occupe qu’un espace très restreint, une boutonnière dans les terrains jurassiques.
- Mais il serait facile d’en trouver d’analogues, tant en France qu’en Belgique : certaines grattes des houillères, les meulières et les silex, pourraient être broyées gros-sièi'ement; de plus les usines de préparation mécanique, des minerais à gangue de quartz des Vosges, de Bretagne, du Plateau central, fabi'iquent des quantités importantes de grains de quartz cristallin ; les mines d’étain et de wolfram surtout ont des gangues assez dui*es, et parfois la nature s’est chargée du broyage. A Yaulry-Cieux notamment, les dépôts dits d’alluvion sont des sables grossiers provenant de la désagrégation des filons durs, et s’ils ne renferment qu’un millième d’étain, c’est qu’ils contiennent 999 pour 1000 de grains de quartz anguleux; il en est de même des liions stannifères de Segrë et peut-être des dépôts sableux de la Villeder; même dans quelques cas les gisements de plomb pourraient fournir des débris quartzeux utiles à pareil usage.
- On peut donc approvisionner les poseurs d’asphalte, et même ceux de ciment, de tout ce qu’il faut pour empêcher le glissement abusif.
- La lutte contre l’anthrax ou charbon. — Nous avons, dans notre n° 2492, « Informations », p. 4, résumé une communication de M. Seymour Jones sur la lutte contre l'anthrax. - Précisons qu’il s’agit de la maladie désignée également sous le nom de charbon industriel, cette maladie affecte les animaux domestiques, elle est transmissible à l’homme et peut rendre dangereuses certaines importations de cuii’s et peaux.
- Sur ce sujet nous relevons, dans le journal le Cuir, le résumé d’un intéressant discours du Dr Abt. Il signale tout d’abord que la France est, de tous les pays d’Europe, celui où la mortalité due aux cas de charbon est la plus faible ; on ne signale, en effet, que deux à trois décès et demi par an en moyenne pour l’industrie française des cuirs et peaux, alors que dans les autres pays : Allemagne, Italie, Espagne, etc., la proportion est beaucoup plus forte. Le Dr Abt montre, par la répartition dans les différentes branches de l’industrie du cuir, que les cas les plus fréquents sont observés dans la mégisserie (x3a pour 280 cas). Dans 7.0 pour 100 des cas, le siège de 'la pustule maligne est à la tête et au cou, ce qui tend à prouver que l’inoculation se produit par grattage avec les ongles, l’analyse de la citasse retirée de ces derniers a révélé d’ailleurs la présence des spores charbonneuses.
- Après avoir montré la difficulté de donner des indications précises sur les provenances -dangereuses de peaux en poils, le Dr Abt donne d’intéressants détails sur la création de la Station d’essais de Liverpool pour la désinfection des laines où 4 millions de livres de laine peuvent être traitées anuuellement (8 millions bientôt). Il passe en revue les 'différentes méthodes de traitement des peaux charbonneuses préconisées jusqu’à ce jour et montre la nécessité de la constitution d’une Commission composée d’industriels des cuirs et peaux et de bactériologistes pour déterminer : i° l’influence de ces méthodes sur la fabrication du cuir; 20 le lieu où doit être effectuée la désinfection : pays d’origine, port d’arrivée ou usine. Le Dr Abt expose que la méthode qui semble donner les meilleurs résultats pour décontaminer les peaux consiste à les traiter avec une solution de soude caustique (5 pour 1000) à laquelle on a intérêt à ajouter du chlonire de sodium dans une proportion variant entre 5 et 10 pour 100.
- On ai’rive à désinfecter les peaux en trois jours dans 90 à 9I pour 100 des cas.
- -ai 46 jü--
- p.2x45 - vue 457/620
-
-
-
- - -<
- VARIETES
- Qâ?
- 05§f
- CHEZ LES
- Les Fourrais constituent, parmi les Insectes, un inonde à part, où les moeurs sont des plus singulières et où, plus on les étudiera, plus on retrouvera d’analogies remarquables avec celles de l’espèce humaine. Leur abondance est telle et la facilité de leur élevage en captivité est si grande que l’on peut s’étonner que les « gens du monde », du moins ceux qui habitent la campagne durant une partie de l’année, ne se plaisent pas à les observer, alors qu’ils passent des heures à contempler, des Poissons rouges tournant bêtement dans un aquarium, à écouter des Oiseaux en cage qui s’égosillent à chanter presque machinalement sans rime ni raison, sans témoigner la moindre lueur d’intelligence, ou à donner du « susucre « à un chien stupide bouffi de graisse, baptisé le « petit n’enfant à sa mémère chérie ». Tout en s’amusant à contempler les allées et venues des Fourmis, les observateurs pourraient recueillir des faits qui, collationnés par des spécialistes, pourraient être du plus haut intérêt au point de vue scientifique. Il ne faut pas se dissimuler, en effet, que, malgré de nombreux travaux, nous sommes encore assez peu renseignés sur la « civilisation » de ces petites bêtes et qu’il y a encore beaucoup à faire à ce point de vue. '
- Mon intention n’est pas d indiquer ici tous les problèmes qui se présentent à l’esprit, car un volume entier n’y suffirait pas. Je veux seulement dire quelques mots d’un petit travail (L que vient de publier Mme Marguerite Combes sur un point particulier de la psychologie des insectes dont nous parlons. Pour peu qu’on les ait observées quelques minutes dans les bois ou en captivité, on ne larde pas à se rendre compte qu’elles ont un tempérament irascible et sont très batailleuses. Deux Fourmis qui se déplaisent se mettent immédiatement « en garde », se précipitent l’une sur l’autre et, en quelques secondes, l’une d’elles gît inanimée sur le sol, tandis que celle qui est sortie victorieuse du combat s’éloigne et continue à vaquer à ses occupations tomme si de rien n’était. Cette haine se manifeste, particulièrement, entre espèces différentes et nous ne . pouvons leur en faire un grief, car, en résumé, nos propres guerres ont, bien souvent, la même origine. Mais ce qu’il y a de particulier chez les Fourmis, c’est qu’il y a incompatibilité d’humeur presque absolue entre les individus des fourmilières de la même espèce, tout comme si, à n’importe quel moment, les Bretons tombaient à bras raccourcis sur les Normands et si les Provençaux mettaient à mort les Bourguignons venant les visiter sans la moindre arrière-pensée de vol ou de carnage.
- Ce fait s’explique jusqu’à un certain point parce que les Fourmis vivant dans une même fourmilière prennent peu à peu une odeur qui leur est propre et qui, vraisemblablement (?), diffère de celle d’une autre fourmilière. Si, dès lors, deux Fourmis se rencontrent, elles savent,, de suite, par les effluves qu’elles dégagent, si elles sont de même origine et ne se donnent
- i. Bulletin <h l’Institut général psychologique, 9,0e aimée, n" 4-6.
- FOURMIS
- pas la peine de se rendre compte si elles appartiennent à la même espèce, chose dont elles ne se préoccupent pas et qui n’intéresse que ces êtres rêveurs que l’on appelle les naturalistes.
- Cette digression étant terminée, j’en arrive au travail de Mme Çombes qui vise à un point particulier de la question, à savoir si l’on peut, expérimentalement, supprimer l’inimitié entre les Fourmis. Ses expériences ont porté sur la Fourmi rousse et ont consisté à mettre ensemble, dans le même nid artificiel, des Fourmis de même espèce et provenant de fourmilières différentes, ce qui amenait,.on le comprend, un horrible massacre; mais, finalement, celles qui avaient échappé à l’hécatombe, arrivaient parfois à s’entendre et à vivre en commun. Mais, ici, on assiste à des cas particuliers qui ne sont pas toujours explicables. Citons-en un, à-titre d’exemple. On met dans le même champ clos i5ô fourmis de la fourmilière A, i5o de la fourmilière B, i5o de la fourmilière C. Mêlée générale, corps à corps, c’est une affreuse bataille! Au bout de quatre jours, l’effervescence étant un peu calmée, on put constater que, sur les 65o combattants, 217 étaient morts, et que les fourmis de B et de C avaient fini par se tolérer et à s’unir dans un travail commun, tandis que celles de A n’avaient pu ni affaiblir leur instinct d’animosité ni retrouver leur instinct d’organisation et, finalement, avaient disparu. Cette nouvelle colonie artificielle B-j-C‘étant pacifiée, on y introduit des fourmis’ nouvelles provenant des fourmilières B et C. Certaines de ces fourmis ne sont pas attaquées. D’autres le sont, mais sans combat. Parfois, l’une d’elles est saisie et maintenue couchée sur le côté, mais elle ne se défend pas et fait « Kamarade », ce qui, pour elle, consiste à parlementer activement avec son adversaire au moyen de ses antennes jusqu’à sa mise en liberté. De cette observation — et de beau coup d’autres analogues — on peut conclure que les individus qui sont sortis indemnes d’une mêlée entre fourmilières différentes, signent la paix et deviennent des alliés si intimes qu’elles admettent, parmi elles, presque sans contrôle, celles qui n’ont pas pris part aux combats et proviennent de fourmilières laissées en place.
- On pourrait croire que cette tolérance provient de ce fait qu’ayant été obligées de vivre en contact pendant quelques jours, les Fourmis ont pris une odeur commune et, dès lors, se reconnaissent comme sœurs. Il ne semble pas en être ainsi. Les essais que Mme Combes a tentés pour essayer d’habituer les Fourmis les unes aux autres sans combats, en les protégeant les unes contre les autres n’ont donné que des résultats négatifs, malgré ce que l'on eût pu croire a priori. Par exemple, des fourmis B et C installées dans la même boîte grillagée .et séparées par une cloison en toile 'métallique qui laissait passer leur odeur se sont toujours attaquées par la suite, quelle qu’ait été la durée de leur séjour) les unes près des autres (jusqu’à 24 jours).
- La tolérance entre Fourmis provenant de fourmilières différentes n’est donc possible qu’après une guerre meurtrière. Qu’en vont dire les pacifistes ?
- Flic N RI CoUPIX.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements, qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peupêtre, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. II. F., Grand-Bassam (Côte d’ivoire). — i° Comme organe spécialisé, s’intéressant à la chocolaterie, il y a le Journal des Confiseurs, Glaciers et Chocolatiers (Paris, 129, faubourg Saint-Honoré), où vous trouveriez sans doute des indications—- soit directement, soit en prenant J’adresse de la Chambre syndicale
- de la Chocolaterie — les éléments nécessaires pour vous mettre en relation avec les chocolatiers en France. D’autre part, les adresses de ceux-ci peuventiêtre données par le Bottin de Paris et des départements-."
- 20 Principales publications agricoles coloniales, françaises : Bulletin du Jardin colonial de Nogent-sur-Marne et des Jardins cl’Fssais des Colonies (Challamel éditeur, Paris, 19, rue Jacob, 6°); Jo u rn a h d ’Agr 1 c ujture tropicale (Paris, 27, rue Laffitte, 9').; X.’Agronomie coloniale, Paris. 11 convient de noter que certains organes s’occupant spécialement des questions d’agriculture et d’agronomie coloniales ont suspendu leur publication, pendant la guerre et ne l’ont pgs encore reprise ;
- p.2x46 - vue 458/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- 3° Pour les publications de ce genre, belges et étrangères, se renseigner au Bulletin du Jardin colonial de JVogent-sur-Marne, précité, et par voie consulaire;
- 4“ Ces renseignements détaillés ne peuvent être vîonnés dans la Boite aux Lettres, adressez-vous au Ministère des Colonies, aux Offices coloniaux, à Paris, à l’Institut'Colonial de Marseille.
- A Paris, il y a : La Dépêche coloniale (n, rue Saint-Georges); L’Action coloniale (2, rue des Halles); Les Actualités diplomatiques et coloniales ; Courrier de l’Afrique Occidentale Française ; Le Mouvement colonial (33, rue de l’Entrepôt); L.a Vie coloniale (217, rue Championne!) ; La Semaine coloniale; Feuille de Renseignements de l’Office colonial; Annuaire colonial 14, Galerie d’Orléans); La Quinzaine coloniale (44, Chaussée d’Antin) ; Jm Colonisation française (94, rue de Rivoli) ; Ta France coloniale (19, boulev. Montmartre) ; Bulletin de la Société des études coloniales 116, rue de l’Arcade); Te Commerce colonial (66, rue de Provence); Le 'Congo Français (même adresse); Le Maroc Français ; Moniteur des Colonies et des Pays de Protectorat; Lm Finance coloniale (5g, rue de Provence); Journal des Colonies (Marseille) ; Bulletin de l'Afrique Française (Paris, 17, avenue de Tourville); Revue coloniale, économique et financière, et le Crédit .colonial (Lyon, 7, rue Gasparin).
- M. le Conservateur de la Bibliothèque du port de Cherbourg. — Nous ne voyons pas d’autres manières de raccorder d'une façon étanche les câbles isolés du caoutchouc qu’avec une vulcanisation dans le cas qui vous occupe. Les personnes de l’art que nous avons consultées n’ont pu nous indiquer autre chose. Pour vulcaniser simplement à bord, vous pouvez vous -passer d’un appareil spécial à vulcaniser et le remplacer par deux coquilles en fonte peu épaisses que vous appliquerez sur les tronçons à réunir de façon à les enserrer d’une façon parfaite. Vous aurez soin d’interposer entre les mâchoires de fonte et le caoutchouc un jpapier huilé.
- Quand les mâchoires seront bien appliquées sur les -câbles jonctionnés et garnis de caoutchouc, vous chaufferez les pièces métalliques en promenant sur leur surface le dard d’une lampe à souder ordinaire.
- Par quelques expériences faites au préalable, vous -déterminerez facilement le temps nécessaire à la vulcanisation d’après la puissance de la lampe que vous emploierez et d’après la force des mâchoires appliquées sur les câbles. Nous ne connaissons aucun ouvrage traitant de ces questions particulières.
- M. Scherdegger, à Lausanne. — Nous allons indiquer dans une prochaine Science appliquée le moyen de constituer des résistances variables en plus grand nombre encore qu’avec la disposition du n" 2482. On peut employer des lampes de toute intensité. Suivant le nombre de bougies de la lampe et sa consommation en watts par "bougies, on peut déterminer le nombre de watts total consommé par la lampe. Ce nombre de watts divisé par la tension donne le nombre d’ampères que la lampe laisse passer. La tension divisée par ce nombre d’ampères donne comme quotient la résistance en ohms de fa lampe. Cette résistance varie suivant le degré de température du filament.
- M. Charasse, à Mollans, Drôme. — Le collage des parties brisées d’un stylo ne peut être efficace que s’il s’agit de fragments ou de fissures produits dans la longueur, dans le sens transversal les épaisseurs sont généralement beaucoup trop faibles pour que l’on ait des surfaces de contact suffisantes, vous pouvez néanmoins
- -essayer du ciment suivant :
- Colophane............. • • 5o gr.
- Gutta-percha.................25 •—
- Faire fondre la colophane sans inflammation et y incorporer peu à peu, en remuant, la gutta coupée en petits morceaux; rendre bien homogène, couler sur un marbre et rouler encore chaud sous forme de bâtonnets.
- Lorsqu’on veut effectuer une réparation, on fait fondre âm peu de ciment et on enduit du produit liquide les parties à joindre, on serre fortement et laisse refroidir après avoir enlevé les bavures pendant que la masse était encore molle. _
- Les Anémones, à Hyères. — La réutilisation des vieux caoutchoucs consiste à mélanger les débris réduits on poudre par broyage avec des produits susceptibles de dissoudre le caoutchouc vulcanisé tels que les huiles
- naphténiques, anthracéniqucs ou phénoliques, cela sous une pression telle que le solvant ne puis.se se volatiliser et que la température atteigne au moins 1600. Dans le cas qui vous occupe vous pourriez vous servir d’un petit autoclave et employer par exemple 1’huile d’aniline.
- M. Chenavas, à Grenoble. — i° Les pâtes servant à la confection des disques phonographiques sont des mélanges très complexes dans lesquels entrent le coton pulvérisé, la colophane, le copal, la gomme laque, la cire, la stéarine, le noir de pétrole, les asphaltes et les brais les plus divers, chaque fabricant a sa formule déterminée par l’expérience et que naturellement il tient secrète. — 2“ La solution sulfurique à 2 (° B employée dans les accumulateurs ayant pour composition 27,3-2 pour 100 d’acide sulfurique monohydraté et 72,68 pour 100 d’eau, la formule de Raoult indique que son point de congélation doit être voisin de — 70.
- N. B. F., à Bordeaux. — T Nous ne vous conseillons pas de faire entrer la gomme arabique dans la constitution d’une encre pour stylo, attendu que par évaporation il se formerait un dépôt solide qui obstruerait rapidement le canal d’alimentation, il faut vous en tenir .comme épaississant à la glycérine, laquelle ne présente pas cet inconvénient. Par suite de sa destination spéciale une encre à stylos doit rester ce qu’elle xest et ne pas être transformée en encre à copier, des mécomptes seraient certains. — i° D’après les essais sommaires auxquels nous avons soumis votre pâte à polir l’ivoire, il nous parait que celle-ci est constituée par delà stéarine, du bol d’Arménie, un peu de cire avec traces de carmin et de parfum.
- M. Collin, à Paris. — L’enduit que l’on applique à l'envers des glaces pour protéger Vétamage est habituellement un vernis à base d’oxyde de fer ou rouge
- d’Angleterre, vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Essence de térébenthine. . . j5o gr.
- Colophane...................3oo —
- Rouge d’Angleterre. . . . 55o —
- Faire dissoudre la colophane dans l’essence par macé-
- ration en chauffant au besoin au bain-marie avec les précautions d’usage pour éviter l’inflammation, incorporer le roixge d’Angleterre et appliquer tiède.
- M. Guignant, à Yerville, Seine-Inférieure. — Le procédé le plus simple pour donner une patine brune à l’aluminium consiste, après avoir poli la surface de l’objet au papier émeri très fin, à l’enduire d’une couche légère d’huile végétale, puis à chauffer lentement, il se produit alors un revêtement brun clair ; on recommence l’opération un certain nombre de fois jusqu’à ce que l’on ait atteint le ton désiré qui peut aller jusqu’au noir. Finalement on passe une dernière couche d’huile, essuie avec un chiffon propre et laisse sécher à l’abri de la poussière.
- M. Reboul, à Versailles. — La teinture des gants en couleur tan ou acajou se pratique de la façon suivante : Après avoir placé le gant sur une forme, on applique à sa surface, au moyen d’une éponge, une solution aqueuse de tanin à 10 pour 100, puis pendant le séchage on prépare une solution colorante composée de :
- Vésuvine......................... 1 gr.
- Gélatine blanche................. 1 —
- Eau tiède..................... 200 —
- Pour qxie la dissolution de la gélatine se fasse rapidement on se trouvera bien de la faire gonfler préalablement dans l’eau froide pendant quelques heures.
- Le gant est enduit de cette mixture, puis on le laisse sécher à nouveau lentement pour éviter le dxircisscment de la peau.
- Si on désire une teinte plus foncée on termine par l’application d’une solution tiède composée de :
- Violet de Paris .... 0,2 à o,5 gr.
- Eau tiède...............200 —
- Société scientifique et industrielle de Marseille. — Le mastic Serbat est habituellement obtenu par le mélange de :
- Bioxyde de manganèse pulvérisé. . 10 kg
- Rouge d’Angleterre.................. 10 —
- Sulfate de baryte.................... 5 —
- Huile de lin.........................10 —
- On incorpore l’huile au bioxyde, puis on ajoute successivement les autres produits en malaxant constamment.
- p.2x47 - vue 459/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2498
- 18 Février 1922
- ><^D
- ^^^ecrologie. — M. Ciamician. — M. Ciamician, cé-Srçîffebre chimiste italien, est mort à Bologne le 2 janvier 1922. M. Haller a résumé en les termes suivants à l’Académie des Sciences l’œuvre du savant : « L’œuvre de notre regretté confrère est aussi étendue qu’originale. Son activité scientifique a été consacrée pendant de longues années aux combinaisons appartenant au groupe du pyrrol, combinaisons dont il a élucidé la fonction et la constitution. M. Ciamician a attaché plus tard son nom aux réactions qui s’effectuent entre composés organiques à fonctions variées quand on les soumet à l’influence de la lumière solaire.
- Ses dernières recherches ne sont pas moins originales. Considérant l’organisme des plantes comme un véritable laboratoire, il a essayé d’y réaliser des synthèses par l’injection de multiples produits, notamment d’alcaloïdes ou d’autres substances clans le but de se rendre compte de l’influence qu’ils exercent sur cet organisme. Une des expériences les plus brillantes est celle qui aboutit à la synthèse de la salicine par injection de la saligénine dans des plantes qui ne renfermaient point le glucoside précité. La chimie organique perd en M. Ciamician un de ses représentants les plus distingués, l’Italie un de ses savants les plus justement renommés et la France un de ses amis les plus fidèles. »
- Nécrologie. — Sir Ernest Shackleton. — Le 5 janvier dernier, Sir Ernest Shackleton est mort subitement à bord de son navire le Quest, dans la Géorgie du Sud, au seuil même de ces régions antarctiques, où il s’était précédemment illustré, et au début d’une nouvelle exploration qui promettait de brillants résultats. Ainsi s’interrompt prématurément la carrière du plus célèbre des explorateurs de l’Antarctique. Shackleton est né à Kilkee en Irlande, en 1874. En 1901, il fait ses débuts d’explorateur dans la célèbre expédition de la Discovery avec Scott; il prend part au raid de celui-ci jusqu’à la grande barrière de glaces et à la chaîne de montagnes qui la borde par 82° 17' delatitude. Auretour, Shackleton, tombé malade, dut être rapatrié ; il semble que cette décision dont il souffrit beaucoup fut le germe de ses expéditions ultérieures; il voulut retourner à nouveau dans l’Antarctique, non plus comme subordonné, mais comme chef. Après quelques années consacrées aux affaires, il achète un vieux baleinier, le Nemrod, et organise entièrement à ses frais une expédition dont le but est d’atteindre le Pôle Sud : les préparatifs en sont minutieusement étudiés et l’exécution rigoureusement contrôlée; pour transporter ses vivres, Shackleton prévoit l’emploi de traîneaux à moteur et de petits poneys. Les traîneaux . à moteur échouèrent, mais kles poneys justifièrent les espérances de l’explorateur; Shackleton en 1908 réussit à atteindre la latitude de 88° 23', et sans un accident il eût atteint le Pôle. Cette gloire était réservée, on le sait, au malheureux Scott et à Amundsen, en 1912. Shackleton rapportait de cette expédition une ample moisson scientifique qui le classait immédiatement parmi les grands explorateurs.
- Après la conqxiête du Pôle Sud par Scott et Amundsen, Shackleton décide de tenter la traversée de part en part du Continent Antarctique : audacieuse entreprise à laquelle se mesurent la trempe et le caractère de l’homme. Malgré la guerre il part dans la première semaine de 1914. Peu d’expéditions furent plus fertiles en dramatiques aventures.
- Shackleton divisa son expédition en deux groupes; le premier, avec le navire Aurora, avait pour mission d’établir des dépôts de vivres à partir de la mer de Ross jusqu’au glacier Beardmoi’e, en marchant à la rencontre de Shackleton, qui, à la tète du deuxième groupe chercherait à traverser le continent antarctique en partant, à l’autre extrémité de la terre de Coats. Shackleton disposait à cet effet du navire Endurance. Mais aux deux extrémités opposées du Continent, les deux navires eurent un sort analogue ; ils furent pris et entraînés dans les glaces: VAurora s’en tira avec de fortes avaries, mais put regagner la Nouvelle-Zélande, en laissant toutefois une partie de la mission dans Pîle de Ross.
- h’Êndurance au contraire fut complètement détruit; pendant un an, Shackleton et ses compagnons durent
- ainsi rester isolés et inactifs sur leur champ de glaces ; enfin ils rencontrent une terre, l’île de l’Eléphant. Shackleton y laisse une partie de son monde, et, sur un petit bateau avec quelques volontaires, il affronte l’Océan pour tenter de gagner, à iaoo km de là, la Géorgie du Sud et rameiier du secours ; ce départ eût pu être considéré comme une désertion, et Shackleton sentit vivement la gravité des responsabilités qu’il assumait ainsi. Fort heureusement, il réussit en août 1916, après trois tentatives infructueuses, à sauver ses compagnons et à les ramener sains et saufs de l’île de l’Eléphant eu Amérique du Sud. De là, il repart pour la Nouvelle-Zélande, où il retrouve son navire Aurora réparé, Les autorités prévenues contre lui, lui refusent le droit de se mettre à la tête de l’expédition de secours qui part à la recherche des abandonnés de l’île de Ross. Shackleton accepte cette sévère punition et part sur Y Aurora comme simple matelot. On voit que l’explorateur joignait à l’héroïsme la plus haute noblesse de caractère.
- Sa disparition prématurée est une grande perte pour la science.
- Une nouvelle comète. — L’Observatoire de Greenwich a reçu le 28 janvier, l’annonce de la découverte par M. Reid, à l’Observatoire du Cap, le 20 janvier, d’une nouvelle comète, la première de 1922, inscrite sous la dénomination 1922 a.
- Le télégramme mentionnait comme suit la position observée de cette comète, à la date" du 24 janvier, à 9l,34m>3 de temps moyen astronomique de Greenwich :
- Ascension droite — 9h54m3os,9
- Déclinaison =33°46'3i".
- Mouvement diurne : en ascension droite — 56s ; en déclinaison : —7'. La comète a xm éclat très faible.
- La position ci-dessus correspond à un point du ciel situé au Sud-Est de la petite constellation australe de la Machine pneumatique.
- Il est très probable que cette comète ne pouiua pas être observée en France, en raison de sa faible élévation au-dessus de l’horizon, de son éclat et aussi de son mouvement qui l’entraîne vers le Sud-Ouest.
- La météorologie et la téléphonie sans fil. — Depuis le '6 février, les prévisions élaborées par l'Office National météorologique chaque après-midi vers 16 h. seront émises aussitôt par la Tour Eiffel à 16 h. 3o en téléphonie sans fil. Ces émissions peuvent être reçues dans toute la France à l’aide des récepteurs habituels d’ondes amorties, appareils peu coûteux d’un montage et d’un entretien très simple ; cette réception n’exige pas, comme celle de la télégraphie sans fil, l’apprentissage du code Morse. Il est donc aisé désormais à toute personne intéressée à la prévision du temps de recevoir la prévision de l’Office au moment même où elle vient d’être élaborée.
- Le procédé UIlrich-Krupp pour récupérer le charbon dans les cendres. — Le charbon que consomment les foyers de quelque genre qu’ils soient n’est jamais complètement brûlé; il reste toujours dans les cendres et les mâchefers une certaine proportion de combustible ayant échappé à la combustion. Par ces temps de charbon cher et rare, cela finit, pour les grandes installations, par représenter une perte considérable. Un inventeur allemand nommé Ullrich a imaginé un procédé rpour récupérer ces imbrûlés, procédé commercialement exploité par la maison Krupp. Il repose sur le fait suivant : tous les charbons contiennent de la pyrite de fer, ou sulfure de fer (FeS2); pendant la combustion, le fer de la pyrite est entraîné avec les cendres à l’état d’oxyde, tandis que le soufre s’échappe sous forme de composés gazeux; or, la pyrite de fer n’est pas sensible à l’action du champ magnétique, tandis que les composés du fer qui se trouvent inclus dans les cendres le sont dans une certaine mesure ; si donc l’on emploie des électro-aimants suffisamment puissants, ils retiendront les morceaux de cendres contenant du fer, c’est-à-dire ceux dont la combustion est complète et laisseront échapper ceux qui contienneüt encore du charbon brûlé. Sur ce principe on a construit un trieur électro-magnétique rotatif à Faction duquel on soumet
- p.2x48 - vue 460/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- les résidus de lu combustion. On récupère ainsrfdes proportions importantes de combustible, à l’état de coke bien entendu.
- Le balisage lumineux. Son organisation économique. — Le balisage lumineux nocturne est une des conditions du développement de l’aéronautique commerciale. Mais il comporte de graves difficultés. Dans une récente communication à la Commission scientifique de Y Aéro-Club, M. Marcotte expose ces difficultés et propose des solutions.
- Alors qu’une simple bougie, par temps clair, se voit à 27 km, il faut des puissances considérables pour assurer aux feux, avec certitude, une portée moyenne déterminée.
- Par exemple, pour réaliser, 5o fois sur 100, une portée de 5o km, il faut 100000 bougies sur les côtes de la Méditerranée, 200 oôo sur le rivage de l’Océan, 20 millions de bougies au-dessus de la mer du Nord.
- Cette consommation considérable d’énergie n’est pas le seul inconvénient de la brume. Si le faisceau principal de l’aérophare est dirigé pour atteindre, à fla limite de portée moyenne, l’aéronef évoluant à l’altitude moyenne, en/temps brumeux, non seulement la portée diminue, mais encore le faisceau s’arrête beaucoup au-dessous de l’altitude d’évolution des aéronefs, qui passent alors sans le voir.
- Il faut donc relever le faisceau au-dessus de l’horizon et cela d’une valeur déterminée pour chaque état de transparence de l’atmosphère.
- Ijes variations incessantes de la réfraction atmosphérique obligent également à des relèvements variables, si l’on veut conserver aux aérophares leur efficacité.
- Déplacer, soit l’appareil optique, soit la source lumineuse, presque à chaque instant serait peu pratique. M. Marcotte a imaginé à cet effet l’aérophare suivant. Au mouvement classique de rotation de l’optique s’ajoute un mouvement d’oscillation obtenu à l’aide d’un pendule à entretien électro-magnétique très ingénieux.
- Ces deux mouvements simultanés font que le faisceau lumineux décrit non un grand cercle, mais, de part et d’autre de celui-ci, une surface sinusoïdale. La position initiale du faisceau ne se retrouve qu’après un certain nombre de tours, afin de balayer tout le ciel dans les limites que rendent nécessaires les modifications incessantes apportées par l’état de transparence et la réfraction atmosphérique.
- Les appareils optiques employés dérivent du profil de Fresnel, qu’on peut d’ailleurs, dans certains cas, réduire à la partie dioptrique.
- Les meilleurs feux sont ceux qui produisent une concentration' suffisante des faisceaux afin de reculer la limite de portée en augmentant la lumination reçue par l’observateur. Les lentilles annulaires répondent à cette condition. Mais en deçà de leur limite de portée, il convient d’éclairer entre l’horizon elle zénith. M. Marcotte donne une formule de répartition des intensités lumineuses et montre, à titre d’exemple, un dispositif formé d’une coupole ogivale à 3 panneaux, prolongeant ainsi jusqu’au zénith le caractère d’un feu à 3 éclats groupés.
- On peut aussi employer des appareils catadioptriques, réflecteurs ou miroirs analogues à ceux des projecteurs pour produire des faisceaux de grande portée, le prolongement de ces faisceaux jusqu’au zénith pouvant être obtenue par des cylindres à directrice parabolique, verticaux ou légèrement inclinés, ou même un peu courbés de façon à obtenir la répartition lumineuse voulue.
- L’auteur montre un dispositif de cette nature, destiné à produire des éclats réguliers, et comportant un cylindre à directrice parabolique, à la base duquel se trouve un paraboloïde de révolution, prolongé par un tore paraboloïde. '
- Il fait connaître les mérites respectifs des systèmes en verre taillé et des projecteurs et déflecteurs métalliques; ces derniers peuvent avoir un meilleur rendement, surtout avec, la lumière jaune des réflecteurs dorés, mais durent moins.
- Les manchons rendus incandescents par le gaz d’huile, l’acétylène ou la vapeur de pétrole constituent des illuminants pour les pharqs secondaires. Pour les phares principaux, la lutte. est ouverte entre les lampes à incandescence au tungstène à atmosphère inactive et les
- lampes à arc. La brillance de ces derniers appareils parait leur assurer pendant un certain temps une supériorité pour les phares puissants.
- Alors on s’adressera de préférence à l’arc G. N. G., dont la cathode est remplacée par un anneau de cuivre et qui envoie, librement à l’avant, le flux de son cratère positif qui est de 69000 bougies par centimètre carré, c’est-à-dire le double de l’éclat de l’arc électrique le plus puissant.
- La fixité remarquable de l’arc, dont M. Marcotte décrit le dispositif, est due à sa rotation très rapide sous l’influence du champ électro-magnétique provenant de la cathode entourée d’une bobine.
- Les acajous de la Côte d’ivoire. — L’importance de la production des bois d’acajou à la Côte d’ivoire est telle que les exportations accusent un chiffre de 40.000 tonnes.en année normale. En 1920, ces bois précieux se sont vendus jusqu’à 1 100 francs la tonne. Mais les prix offerts actuellement par les acheteurs sont tombés au-dessous de 3oo francs.
- Les acajous de la Côte d’ivoire, connus sous la dénomination d’ « acajous Grand-Bassam », concurrencent jusqu’aux Etats-Unis même, les acajous du Brésil ou du Honduras (près de la moitié de la production de la Côte d’ivoire a été exportée sur New-York en 1920). La qualité ordinaire trouve de multiples usages en ébénisterie, menuiserie fine d’intérieur, fabrication d’hélices d’avions, de coques d’hydravions, de bateaux de plaisance, etc. Les acajous frisés, moirés et « figurés » sont utilisés en ébénisterie' de luxe. Ces derniers sont très recherchés et se vendent à des prix très élevés. Le marché principal, pour ces bois, est Liverpool.
- Yoici, d’après les statistiques officielles, les chiffres des exportations des huit dernières années :
- Années. “ Mètres cubes.
- igi3 . . . . ,..................65.618
- 1914............................63 . 1 58
- 191.5........................ 27.488
- 1916 . ...........................i2.5i3
- 1917 ............................ 19.56a
- 1918 ........................... 36.366
- 1919 ...........................84.961
- 1920 ...........................33.712
- Les acajous de la Côte d’ivoire peuvent remplacer les acajous les plus cotés : Cuba, Tabasco, etc., tout en se vendant moins cher, du moins les bonnes qualités moyennes.
- Récemment, M. Ernest Haudos, député, président de la Commission des Douanes, signalait une fraude commerciale consistant à vendre les acajous de grand choix du Grand-Bassam comme acajous de Cuba ou de Tabasco, et d'autres acajous de qualité inférieure, moins rouges, présentant des taches brunes, et provenant d’autres points de la côte d’Afrique, comme étant des acajous du Grand-Bassam ; enfin on vend aussi comme acajou de l’acajou Tiama ou d’autres bois bien différents, tels que le Malcoré, le Bossé, le Niangon, etc.
- Les acheteurs devraient donc exiger, pour l’acajou Bassam, un certificat d’origine, avec spécifications des billes, nature du bois, lieu et date d’embarquement.
- Déplacement d’un quartier d’une ville américaine.
- — Yoici cju’il ne s’agit plus de déplacer des maisons en construction, mais d’un quartier, ainsi qu’on vient de le faire à Hibbing, dans le Minnesota. Cette petite ville récente, étant située directement au-dessus d’un des plus riches gisements métallifères des Grands Lacs, on dut, pour découyrir le terrain nécessaire à de nouvelles installations, exproprier tout un quartier comportant 16 immeubles de trois ou quatre étages, et procéder au déplacement de ces bâtisses.
- On'disposa donc sous l’embase de chacune de celles-ci un quadrillage de fortes poutrelles traversant les murs sciés à cet effet; sous les poutrelles on installa un jeu de rouleaux métalliques se déplaçant sur un chemin de roulement constitué par de forts madriers.
- Cela fait, la construction fut accrochée à une locomotive routière munie de roues à chenilles (Caterpillar), et le transport put avoir lieu, sans encombre, jusqu a l’emplacement choisi, qui constituera par la suite l’amorce de la nouvelle extension de la ville. (D’après Scientific American).
- p.2x49 - vue 461/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- a&.
- Locomotion aquatique
- Cycle nautique à pales alternatives. — La locomotion sur leau au moyen du cycle est aussi ancienne que cet engin et les divers modèles du début n’obtenaient guère qu’un succès de curiosité. En ces dernières années on a cherché à les rendre pratiques, ils ont tout aussi bien leur raison d’être sur l’eau que la bicyclette ordinaire sur la route.
- Lors des concours organisés, on put voir les divers principes de locomotion aquatique se disputer la première place : hélices aériennes ou immergées, roues à aubes ou mêmes chaînes à palettes. On put même constater que, contre toute attente, la roue à aubes donnait en certains cas de meilleurs résultats; des performances
- t
- Fig. i. — Le Cycle nautique de M. Bernard.
- remarquables ont été accomplies, notamment le raid d’Angers à Nantes par M. Villemont sur son hydrocycle qui a été décrit dans le n° a447 de La Nature.
- Il était curieux de voir ce que pourrait donner un appareil basé sur l’action propulsive de pales dont le mouvement rappelait celui de la rame; ce qu’a réalisé un inventeur constructeur, M. Bernard, dans un appareil dont un modèle réduit figurait au dernier concours Lépine.
- On a simplement ici le mouvement alternatif de deux pales articulées dont l’une travaille pendant que l’autre revient en glissant à la surface de l’eau sans opposer de résistance et vice versa.
- Les ligures schématiques représentent deux-positions différentes qui montrent très clairement la manœuvre du. mécanisme.
- Dans le premier schéma (fig. a) la pale de l’arrière est à lin de course propulsive et la pale de l’avant est à fin de course de retour.
- La première pale est bloquée pendant sa course propulsive par son talon contre la butée de son levier, la seconde tombant librement en position verticale de son axe d’articulation.
- Les pédales ayant tourné d’un quart, de tour, on est
- dans les conditions tic la deuxième ligure schématique (fig. 3), la pale qui était en avant est à la moitié de sa course active et la pale qui était en arrière est eii course de retour en glissant a la surface de l’eau.
- Les pales ont une forme que montre le schéma i.
- Les leviers qui'portent les pales sont actionnés res-
- y Niveau /eau
- Axe pivot
- Roue ç/çntèe
- Chaine Roue ç/enfee Mamve//e de - Péda/e
- / ev/cr
- ijf Axe articulation
- Fig. a et 3, — Mécanisme d’action des pales.
- pectivement chacun par une bielle qui, elle-même, est mue par une manivelle.
- Ces manivelles sont calées à l’angle voulu sur un même arbre qui porte une roue dentée. Sur cette roue passe la chaîne qui la relie à la roue dentée calée sur le pédalier.
- Le gouvernail est situé à l’arrière d’un des flotteurs et il est simplement commandé par le guidon, ce qui permet d'effectuer très facilement les virages.
- Avec une vitesse de cent tours de pédales par minute, ce qui n’est, pas exagéré, on peut réaliser en eau calme une vitesse de ifl km à l’heure.
- On produit, en effet, une action puissante dont on peut se rendre compte en notant que les leviers ont chacun
- 1 m. 35 de longueur, pale comprise, et ils font en réalité l’office , d’une pale de roues à aubes qui aurait
- 2 m. 'jO de diamètre. De plus le mouvement de retour n’oppose aucune résistance passive appréciable.
- Est-ce la solution définitive de l’hydrocyéle? Nul ne saurait l’affirmer. En tout, cas il s’agit ici d’un appareil simple, sans complication de mécanisme, qui donne de bons résultats. Ce n’est pas l’adaptation du cycle à la
- Fig. — Vue latérale du Cycle nautique.
- locomotion nautique, le problème est envisagé par M. Bernard d’une façon plus délimitée et il a construit un cycle nautique pur.
- Les vitesses obtenues indiquent que sa formule est plus que satisfaisante.
- Hélice folle pour bateaux mixtes à voile et à moteur. — On utilise aujourd’hui fréquemment, la voile et la vapeur (ou le moteur à explosion) pour les petits bateaux, les chalutiers, etc.
- Il est intéressant dans ce genre de bateaux de pou-
- p.2x50 - vue 462/620
-
-
-
- IPI
- SCIENCE APPLIQUEE
- voir supprimer la résistance qu’offre l'hélice à l’avancement, quand on inarche seulement à la voile.
- Pour arriver à ce résultat, un ingénieur, M. Falguièrt, a imaginé une hélice dont les ailes sont articulées et sont folles. Quand on marche à la voile, les ailes se
- Fig. 5. — Marche au moteur.
- placent automatiquement dans l’axe de la coque et elles ne présentent aucune résistance passive.
- Aussitôt qu’on embraye le moteur, les ailes articulées se placent automatiquement au pas voulu, grâce à deux butées qui limitent leur pivotement.
- Ces butées sont d’ailleurs réglables, de façon que les ailes puissent se placer au pas que l’on désire donner à l’hélice qui propulse le bateau.
- Les manœuvres s’accomplissent automatiquement, sans qu’on ait besoin d’intervenir et au moment de la marche à la voile, les ailes se défilent et s’effacent, si le moteur est débrayé, simplement par l’effet de la résistance de l’eau qui fait replier les ailes, comme cela
- — Marche à la voile.
- se présente pour les ailes d’une girouette ou pour le gouvernail d’un bateau, quand on n’agit pas sur sa direction.
- M. Falguière, rue Poyenne, 38, à Bordeaux.
- *»> Mécanique ^
- Télé-mano-jauge. — Le <c télé-mano-jauge » est un appareil destiné à mesurer à distance le volume du liquide contenu dans un réservoir de forme quelconque
- II se compose d’un manomètre indicateur de construction robuste et d’une pompe à air, d’un réservoir addi-
- Manomêtre
- Obturateur
- Fig. 7. — Le Télé-mano-jauge.
- tionnel de petit volume ' plongé dans le réservoir à jauger, de la canalisation reliant le tout.
- Le volume d’un réservoir étant coitiposé du volume du liquide contenu augmenté du volume de l’air au-dessus de ce liquide, on mesure le volume de l’air et on obtient, par différence, le volume du liquide. Le manomètre indique ce çlernieç volume.
- Le fonctionnement de l’appareil repose sur une loi de physique bien connue, celle de Mariotte ». Cet appareil en est une application nouvelle.
- Conçu et construit avec la plus grande simplicité, il ne comporte aucune complication mécanique, aucun levier, aucun flotteur, aucun renvoi, aucune transmission mécanique ou électrique.
- Le réservoir à jauger renferme un tube plongeur ou réservoir additionnel et que l’on appelle « puits ». L’extrémité inférieure de ce tube est terminée par un obturateur. Le puits est relié à un manomètre par une canalisation (fig. 7).
- Sur la canalisation est branchée une petite pompe percée en arrière d’un trou donnant accès à l’air extérieur quand l’appareil est au repos.
- Supposons le liquide à un niveau quelconque dans le réservoir. Le niveau sera le même dans le puits (vases communicants).
- Si nous voulons connaître à distance ce niveau, nous pousserons le piston de la petite jjompe, qui, dès le commencement de sa course, supprime la communication avec l’air extérieur. Nous envoyons ainsi une quantité supplémentaire d’air dans la canalisation et dans le puits. Le volume total composé des volumes du puits, de la canalisation et de la pompe, est donc diminué de celui de la pompe, il en résulte d’après la loi de Mariotte une certaine augmentation de pression.
- Cette augmentation de pression agit sur le liquide
- Fig. 8. — L’appareil adapté à des réservoirs de formes diverses.
- dans le puits avec tendance à le refouler, mais immédiatement alors l’obturateur se ferme.
- Une colonne de liquide de la hauteur du niveau du liquide dans le réservoir se trouve ainsi emprisonnée dans le puits. Cette colonne, selon sa hauteur, modifie le volume d?air renfermé au-dessus du liquide et c’est ce volume d’air que nous mesurons.
- Il suffira de lire au manomètre, préalablement taré, la graduation pour connaître le volume du liquide contenu dans le réservoir.
- L’appareil peut être utilisé sans auc.une transformation pour n’importe quel liquide, la densité et la fluidité ou viscosité sont sans effet sur lui. Le chauffeur ou le pilote pourront donc remplacer l’essence légère par du benzol, de l’alcool ou un mélange quelconque, la lecture restera la meme avec la même précision. Cela permet donc de jauger aussi le réservoir d'huile.
- Il fallait, pour que l’appareil approchât de la perfection, le rendre susceptible' de s’adapter à n’importe quel réservoir de quelque forme qu’il fût, même la plus bizarre. On arrive à ce résultat, en remplaçant le 'puits rectiligne par un puits à enroulement en spires (qu’on peut mettre dans un réservoir de forme cylindrique) ou dans un réservoir de forme trapézoïdale (fig. 8).
- De cette façon, il est toujours parfaitement possible de faire l’enroulement des spires de manière que pour une unité de volume du réservoir corresponde toujours une même longueur d’enroulement de spire.
- L’appareil est ainsi :
- Indéréglable puisque sans pièce mécanique;
- Universel puisque sans changement il s’adapte à n’importe quel liquide léger ou lourd, fluide ou visqueux, et à toutes applications : marine, industrie, automobile, aviation, etc.... ;
- Pratique puisque les lectures peuvent se faire, s’il s’agit d’un avion ou d’une voiture automobile, en pleine marche sous les yeux du pilote ou du conducteur.
- Dans la réalisation pratique, la petite pompe est logée dans le socle même du manomètre. De plus, un robinet; à trois voies permet de jauger à volonté soit le réservoir d’essence, soit le réservoir d’huile.
- Constructeur : M. Guichard, 3o, rue Caulaincourt, à Paris.
- p.2x51 - vue 463/620
-
-
-
- jao
- go
- VARIETES
- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS ?
- L’Orient et l’Afrique du Nord revendiquent l’habitat primitif du grenadier ;.on sait qu’il vint à Rome par la voie de Carthage au temps des guerres puniques, mais on sait aussi qu’il était cultivé en Perse dès la plus haute antiquité ainsi que dans les pays qui forment le littoral méditerranéen, notamment en Espagne. Chez nous, il ne peut fructifier que rarement dans le Centre et seulement s’il est cultivé en espaliers exposés au sud, tandis que, dans le Midi, il prospère et rapporte facilement en plein vent.
- Les grenades étaient très connues des peuples de l’Asie Mineure et des Grecs ainsi qu’en ont témoigné leurs vieux auteurs. Les Hébreux les tenaient en grande estime ; car, pendant qu’ils erraient dans le désert, ils réclamaient souvent les ligues, les raisins et les grenades qu’ils avaient connus en Egypte. En Europe, ce sont les fruits cultivés aux environs et dans les jardins de Grenade, d’où lui vient son nom, qui possèdent la plus grande réputation. Aux Etats-Unis, la Floride et la Géorgie d’abord, puis, depuis quelques années, la Californie, produisent des grenades qui commencent à être appréciées sur les grands marchés de l’Amérique du Nord.
- Variétés. — La grenade est un fruit d’aspect décoratif, mais plus agréable, cependant, à l’intérieur qu’au dehors. C’est une sorte de capsule dont la grosseur égale celle d’une grosse pomme arrondie. Son écorce, d’abord verte, devient jaune orangé avec des plaques de rouge plus ou moins vif et, en même temps, dure et coriace ; son sommet est surmonté d’une large couronne dentelée, résistante, due au lobe du calice persistant. Et, à ce propos, qu’il me soit permis une digression que je traduis de A.-J. Downing qui l’attribue à Rapin, poète français du xvi° siècle, un des auteurs delà Satire Ménippée.
- « Bacchus séduisit jadis une charmante jeune fdle de Scythie qui, la tête mise à l’envers par des devins lui ayant prophétisé qu’elle porterait un jour une couronne, prêta une oreille complaisante à sa demande. Mais le dieu volage l’ayant abandonnée peu après, elle en mourut bientôt* de chagi’in. Emu de cette lin, Bacchus la métamorphosa en grenadier et plaça sur le sommet de son fruit la couronne (lobes du calice) qu’il avait refusée à sa maîtresse en vie. »
- La pulpe ou chair de la grenade, plus ou moins abondante, est douce ou acide et varie du rose au cramoisi;, elle entoure les graines généralement très nombreuses et divisées en plusieurs compartiments par une légère membrane. Bien que la culture ait produit plusieurs variétés, il n’en existe pas, que je sache, de classement. En France, on s’est contenté d’enregistrer les variétés les plus méritantes. Fv Passy en indique deux :
- La grenade à gros grains rosés et doux ou apirine-, la grenade américaine.
- E. Sauvaigo en cite quatre provenant : a) du Grenadier commun d’où sont issues toutes les bonnes variétés; b) du Grenadier de Provence, à fruits doux; c) du Grenadier d’Espagne, fruits à gros grains d’un rouge vineux; d) du Grenadier de Jaffa, fruits .précoces rouge vif, à pulpe très sucrée; cultivé à Toulon.
- J. de Brévans relate qu’on trouve aux environs de Téhéran une variété de grenadier particulière, le grenadier à fruits sans pépins qui produit des fruits aussi gros que ceux du grenadier à fruits doux, mais beaucoup plus agréables, car la pulpe n’est pas mélangée de pépins coriaces, grave inconvénient de la grenade ordinaire.
- Aux Etats-Unis, en Californie, où la culture de la grenade se développe rapidement, 5 variétés sont spécialement reconnues comme sortes commerciales; ce sont : Wonderful, la plus appréciée de beaucoup, puis Paper Shell, Spanish Ruhy, Sweet Fruité d et Sabacid.
- Récolte. — Chez nous, elle est subordonnée à la situation des localités. Dans celles qui sont très ensoleillées, elle a lieu du i5 au 3o septembre ; on pourrait toutefois la différer jusqu’à la mi-octobre en mettant les fruits à l’abri des rayons solaires, car, sous leur influence, un trop long séjour sur l’arbre les fait s’entre’ouvrir et diminue leur conservation. Dans les autres localités, la récolte ne s’effectue guère qu’à cette daté (i5 octobre). I
- — LES GRENADES
- Quand et comment les acheter? — Les grenades, qu’on peut acheter dans le Midi et même aux Halles de Paris dès la dernière quinzaine de septembre, n’arrivent en quantité notable dans ces dernières que dans les premiers jours de novembre. Leur prix, très variable, oscille entre 3o et 11S francs le cent, en septembre, en raison de leur grosseur, de leur qualité et de leur provenance, mais il tombe entre 25 et 70 francs en novembre. Elles supportent bien le transport grâce à leur enveloppe coriace et résistante. Leur conservation à l’état frais pendant l’hiver peut avoir lieu en les maintenant sur des planchettes en lieu sec et aéré, ou bien dans du sable de rivière lavé ou de la sciure de bois.
- Bien que les grenades commerciales soient presque foutes d’origine cultivée, il s’en trouve parfois qui pi-o-viennent de grenadiers sauvages. Leur aspect ne se différencie guère de celui des autres fruits que par leur petitesse, mais il en est autrement au regard de leur saveur qui est très aigre ou acerbe et presque immangeable. Il faut donc se défier des petites grenades et leur préférer toujours celles qui sont grosses, à peau fine, lisse et brillante, parfois bosselée, et refusêr celles qui sont entr’ouvertes ou simplement fendillées. La pulpe doit être abondante, rosée ou rouge, juteuse; douce ou aigrelette, selon la variété, légèrement parfumée et ne contenant qu’un nombre restreint de graines.
- Principaux usages. — Les grenades sont presque, considérées comme des fruits de luxe à cause de leur rareté relative ; elles forment des desserts décoratifs surtout quand elles sont ouvertes. Leur pulpe est consommée à l’état naturel, assaisonnée de sucre, de vin, kirsch ou rhum. On prépare avec elles un sue; un sirop ou une gelée dont les propriétés et la saveur sont appréciées de même que celles des oranges pour la confection de boissons rafraîchissantes, soit pour désaltérer au cours de l’été, soit pour calmer la fièvre causée par de légères maladies inflammatoires. Leur belle coloration rosée leur ajoute un attrait de plus. Elles servent aussi dans les pays producteurs à fabriquer un vin estimé.
- Suc. — Il faut avoir soin, étant donnés les tanins et. tanoïdes renfermés dans l’écorce, d’éviter de la mélanger avec les graines pulpeuses, et de se servir d’une presse en fer qui formerait des tanates ferrugineux à coloration noire et à saveur styptique. Exprimez à part pulpe et graines dans un nouet en toile et abandonnez le jus à une légère fermentation à une température de 12 à i5°, de manière qu’il se fasse un véritable collage sous l’influence des matières en présence; décantez, liltrez, mettez en bouteilles le jus limpide et stérilisez-le.
- Sirop. — Frenez le jus ainsi obtenu et, si vous ne pouvez en prendre la densité pour déterminer exactement le poids de sucre à employer, ajoutez-en 160 gr. pour 100 gr. de jus et faites un sirop que vous passerez quand il commencera à bouillir. Refroidi, il devrait marquer 1.33 au densimètre.
- Il ne faut pas confondre ce sirop avec celui qui est vendu dans le commerce sous le nom de sirop de grenadine, car il ne contient pas trace de suc de grenades : il est fait avec de l’eau, du sucre, de l’extrait de grenadine, et cet extrait est composé d’acide citrique, d’eau, de teinture de vanille et de carmin de cochenille.
- Gelée. — Egrainez des grenades assorties de saveur, douce et aigre, mettez-les cuire dans leur poids d’eau; exprimez dans un nouet pour extraire le jjus ; filtrez celui-ci à la chausse, ajoutez 750 gr. de sucre par litre, Cuisez à la nappe et mettez en pots. On peut aussi se servir du jus pur venant d’être exprimé, à condition de l’additionner d’un peu d’écorce d’oi’ange ou de citron pour fournir la pectine nécessaire à la géléification.
- Vin. — Il est connu depuis longtemps, car Olivier de Serres disait déjà de son temps : « De ce fruit (grenades) se fait du vin en exprimant son jus au pressoir. » Ce fait n’a rien d’étonnant, il résulte d’une analyse de Balland que la chair de Grenade contient 10 pour 100 de sucre, et, de deux autres analyses effectuées par les Stations expérimentales d’agriculture de Californie et d’Hawaï, que le jus en renferme 12 à 17 pour 100 et le fruit 14 à 16 pour 100.
- Les habiLants du sud de la Russie, de l’Arménie et des Balkans fabriquent avec le jus un vin qui constitue,
- p.2x52 - vue 464/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- paraît-il, une; importante industrie dans ces derniers pays. Le professeur Y\ .-V. Cruess, de l'Université de Califo rnie, a fait avec ledit jus un vin d’un bon degré et même un agréable clairet.
- • Emploi thérapeutique. — En dehors de la pulpe et du jus affectés aux usages domestiques, les écorces de grenade et de racines de grenadier ainsi que les fleurs
- (balaustes) sont employées eu thérapeutique, comme astringents, tænifuges et vermifuges. La partie la plus active à beaucoup près est .la racine fraîche de grenadier, à la dose de Go gr., traitée par macération dans 1 eau et réduction. Elle doit sa propriété tænifuge à la pelletiérine et à l’isopelletiérine de Tanret.
- A. Truelle.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- LA CHAUX ET LA TUBERCULOSE
- M. le professeur H. Coulière vient de communiquer à l’Académie de Médecine une série d’intéressantes observations sur le rôle de la chaux dans la guérison de la tuberculose.
- Parlant de cette constatation que la tuberculose est fort rare dans les régions où existent des fours à chaux, il a tenté de traiter des tuberculeux par des inhalations de poudre calcique et d’anhydride carbonique et en a obtenu d’heureux résultats.
- L’idée directrice de ses essais est fort curieuse : on a signalé depuis longtemps et à maintes reprises que les chaufourniers sont réfractaires à la tuberculose. Les l)rs Rénon et Bordenave ont établi que dans la région de "Yermenton (Yonne), la tuberculose a diminué de fréquence à partir du moment de l’installation de fours à chaux. Le Dr Sigot, directeur du sanatorium d’Enval et du dispensaire antituberculeux de la région, a été frappé du fait que la commune de Joze (Puy-de-Dôme), où existent des fours à chaux, ne lui envoie jamais de malades. Dès 1888, en Bohême, les Drs Haiter et Grab avaient observé le même fait dans deux petites localités près de Prague.
- Partant de ces constatations, le Dr Coutière a eu l’idée de tenter de constituer une atmosphère semblable à celle des fours à chaux et de la faire inhaler à des tuberculeux.
- L’atmosphère des fours à chaux, variable avec les phases de la fabrication, peut être caractérisée par les points essentiels suivants. Elle est :
- i° Sèche et chaude, malgré la vapeur d'eau du calcaire calciné qui s'échappe dans Pair;
- 20 Presque toujours remplie d’un nuage de chaux vive qui se dépose partout, et qui peut être extrêmementdense ;
- 3° Très riche en anhydride carbonique, gaz. lourd (pii imprègne la masse chaude au moment de sa sortie du four ;
- 4° Elle contient accessoirement des poussières provenant du calcaire non transformé: et divers gaz provenant du combustible.
- A défaut d’une chambre d’inhalation qui fournirait sans doute la solution idéale, le Dr Coutière s’est servi, comme calcophore, d’une sorte d’inhalateur infiniment plus maniable, qui consiste en une capacité close de i.5oo cm3 environ, dans laquelle l’air aspiré, chauffé par une résistance électrique, est saturé de poudre calcique par un dispositif approprié, sous forme d’un, très fin nuage, en même temps que le gaz y est admis, avec un débit réglable, par un orifice percé en mince paroi. L’inspiration se fait par un embout buccal, l’expiration par le nez.
- Dans des expériences déjà anciennes, faites sur lui-même et sur son entourage, le Dr Coutière avait pu constater qùe la poudre de chaux vive, pourtant caustique, réellement et profondément inhalée, était tolérée de façon parfaite, même par de jeunes enfants. Les premières inspirations provoquent parfois un peu de toux réflexe. En simple lavage suffit à faire disparaître, s’il y a lieu, la saveur âcre très spéciale de l’alcali)
- Il a alors tenté, avec le concours de quelques médecins, de faire expérimenter le traitement à des tuberculeux. Comme il arrive presque toujours en pareille occasion, les patients ont été choisis parmi les cas les plus franchement mauvais, puis suivis avec un scepticisme et une rigueur d’ailleurs parfaitement légitimes, cl aujourd’hui dissipés.
- L’innocuité du traitement est absolue. Certains malades on pu faire jusqu’à 10 et 12 inhalations de cinq minutes et plus chaque jour, sans trouble et sans fatigue, avec le bénéfice d’une excellente gymnastique
- spicométrique. Les résultats ont été constamment favorables, avec rapide atténuation des signes extérieurs de la maladie, disparition des bacilles, reprise des forces et de poids.
- En autre médecin, le Dr Mary Mercier, de Paris, appliquait depuis jqi3 un procédé de traitement presque identique avec le même succès. Lui aussi constatait le sentiment de bien-être et d’optimisme des malades traités par les inhalations de poudres calciques, la rapide disparition des sueurs, de la toux, puis des bacilles, puis des crachats. Il avait constaté dans 4o pour 100 au moins des cas tous les caractères d’une véritable guérison, contrôlée au triple point de vue clinique, bactériologique et radiologique. Quant aux autres malades, leur amélioration était si manifeste qu’ils avaient cru pouvoir cesser le traitement, à tort sans a-ucun doute. Il n’y a, pour ainsi dire, selon lui, aucune contre-indication.
- ' Comment expliquer cette action de la chaux ?
- „M. Coutière en donne les raisons suivantes : Loin d’être un appareil purement mécanique d’échanges gazeux, il est apparu depuis longtemps, et il apparaît de plus en plus, que le poumon est un organe à fonctions multiples, siège d’une activité glandulaire et de réactions leucocytaires intenses. L’énorme surface de son épithélium et de sa nappe sanguine, sa capacité d’absorption et sa tolérance bien connues permettent de penser que la voie pulmonaire peut être substituée avec avantage à la voie gastro-intestinale, comme moyen de fixation de la chaux, a fortiori chez les tuberculeux dont les fonctions digestives sont si souvent déficientes.
- Mais cette fixation de la chaux s’accompagne, chez les chaufourniers, d’une pneumoconiose intense et, soit qu’elle agisse directement par une sorte de colmatage, soit qu’elle se montre indirectement opsonisante vis-à-vis des phagocytes, cette accumulation de poussières paraît gêner le développement des bacilles et faire évoluer les lésions vers la sclérose et l’enkystement.
- Fort de son expérience de radiographe, M. le D' Mercier attribue un rôle essentiel à cette « calcification directe » comme il l’appelle, dont il a suivi les phases avec beaucoup de soin. Il a vu dans un premier temps les poussières de chaux se fixer électivement sur les tuberculomes, leur faire d’abord comme un pansement local isolant, à l’abri duquel s& poursuit l’action de défense organique. Dans une deuxième phase, la chaux envahit le centre du tubercule, la sclérose s’installe autour de ce noyau crétacé et l’emprisonne comme- un corps étranger, en même temps que la zone inflammatoire périphérique) rassurée pourrait-on dire, désarme à son tour et s’éclaire. e
- Bien que l’on ait, à diverses reprises, usé ainsi de poudres très diverses, au point que le mot de « pulvi-thérapie » a été créé dès 1903, il n'est certainement pas indifférent de faire inhaler telle poussière plutôt que telle autre, et, devant la difficulté d’expliquer les actions et réactions complexes qui en résultent, le plus sage paraît de 'suivre, simplement et fidèlement, les indications de l’expérience naturelle. C’est dans le même ordre d’idées que M. le professeur Coutière fait intervenir le gaz carbonique. En amenant, par son excès, une sorte de stase veineuse défavorable à la multiplication du bacille, il paraît jouer aussi un rôle important dans le déterminisme des faits observés.
- Prudent, M. Coutière ajoute à la liu de sa communication ;
- « Je ne me dissimule nullement la qualité de l’ennemi
- p.2x53 - vue 465/620
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- à combattre et lus innombrables tentatives déjà faites. Je n’oublie pas « le coefficient normal d’amélioration » de toute médication nouvelle, pas plus que les poussées successives et les rémissions fallacieuses d’une maladie aussi décevante. Mais je ne puis oublier non plus ni la I haute valeur de la méthode de recalcilication, admise depuis Ferrier par les plus éminents phtisiologues, ni la vaste expérience naturelle, ni les résultats si hautement confirmatifs qui viennent d’être cités.
- C’est pourquoi j’ai la conviction que cette méthode si simple et si sure de calcification directe et indirecte,
- imitation 'de la très vieille expérience réalisée par les chaufourniers, mérite de devenir fondamentale dans le traitement de la tuberculose, aussi bien préventif que curatif ».
- Il nous a semblé utile de faire connaître et ces observations et les résultats si encourageants déjà obtenus. Malgré les réserves prudentes que M. le professeur Coutière a cru bon de faire sur ce nouveau moyen de lutte antituberculeux, celui-ci nous semble devoir être essayé sur une très large échelle, étant données sa simplicité et son innocuité. R. M.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- > ~
- Un pinceau économique. — On a souvent besoin pour des uéages courants : application d’un décapant pour soudure, lessivage de peintures à la potasse, voire même lavage de vaisselle, de se servir d’un intermédiaire qui évite le contact du produit employé avec les doigts,ceproduitprésentantdela causticité ou renfermant des matières grasses. Si on employait un pinceau ordinaire, celui-ci serait vite sacrifié et son remplacement occa-
- !
- Chaire
- Trame
- sionnerait une dépense non négligeable dans les circonstances actuelles.
- 11 est. facile de préparer au moment du besoin un ustensile commode de la manière suivante :
- On prend de la toile très grossière, toile à sacs ou toile d’emballage, laquelle est constituée par une chaîne de fils dans la longueur et une trame de fils transversaux. On découpe une bande de tissu d’une largeur double des brins que doit avoir le pinceau et d’une longueur suffisante pour que la bande enroulée sur elle-même présente l’épaisseur que l’on veut donner à ce pinceau.
- On effiloche alors la bande sur la moitié de sa largeur, laissant ainsi par exemple libre une partie des fils de chaîne. Prenant une baguette de bois, on enroule la partie non effilochée, en serrant fortement et on maintient le tout par une bonne ficelle, en faisant une garniture analogue à celle des tuyaux de pipes. L’instrument ainsi réalisé est très pratique, d’un prix de revient insignifiant et, s’il est endommagé pendant l’emploi, son remplacement peut se faire avec facilité.
- Nettoyage des brosses à cheveux. — Au bout de quelque temps d’usage, les soies des brosses à cheveux primitivement blanches prennent une teinte grise accentuée par la présence des matières grasses provenant de la pommade ou de la bandoline. Il est facile de les remettre dans leur état primitif, si on a soin de n’agir que sur les crins, en préservant autant que possible la partie monture dont il faut éviter de décoller la plaquette de recouvrement.
- Pour cela on se sert avantageusement d’une cuvette photographique dans laquelle on ne met que juste la quantité de liquide nécessaire pour y plonger les soies.
- Un premier bain sera constitué par une solution tiède de carbonate de soude à 5 pour ioo (cristaux du commerce), on rince pour enlever les matières grasses solubilisées ou émulsionnées et plonge dans un second
- lutin composé de :
- Fan oxygénée, à \i volumes. 5oo c. c.
- Eau ordinaire............... 5oo —
- Alcali volatil............. io à ta. gouttes.
- On laisse en contact une heure ou deux, puis expose encore humide à l’air, pendant une heure, finalement on rince une dernière fois, passe dans une eau légèrement azurée par un peu de bleu de blanchisseuse et fait sécher à l’ombre.
- Préparation des squelettes d’animaux. — Après avoir dépouillé grossièrement les os de leur chair, on les fait bouillir clans l’eau pendant 5 à 6 heures et une heure avant la fin de l’opération, on ajoute à l’eau 5oo gr. de carbonate de potasse par hectolitre de liquide. On enlève la graisse surnageante et lave les os dans une même lessive alcaline, mais très légère, puis à l’eau pure et fait sécher.
- Le blanchiment s’obtient de' la manière suivante : les os sont disposés dans une caisse vitrée renfermant de l’essence de térébenthine et on expose le tout à la lumière solaire pendant plusieurs jours. Les os doivent être placés sur des chevalets, de façon qu’ils ne trempent. pas dans le liquide acide résultant de l’oxydation, il suffit pour cela de se servir de petites lames de zinc que l’on conforme d’après l’os à soutenir, ces lames peuvent par exemple être empruntées à de vieilles gouttières hors d’usage et de nulle valeur. On obtient ainsi très rapidement une blancheur parfaite et après montage sur fils de laiton de fort jolies préparations osléologiques.
- Collage invisible des pièces sur chaussures. —
- La pièce de cuir à appliquer est d’abord découpée suivant la forme appropriée de façon à être un peu plus large d’un centimètre environ que la fissure à recouvrir. Puis au moyen d’un rasoir on taille en biseau le bord de cette pièce dans l’épaisseur du cuir de manière que la partie extérieure soit très mince et souple. Ceci fait, on applique sur la pièce ainsi préparée une colle spéciale- composée de :
- Celluloïd . ............ 5o grammes.
- Acétone..................200 —
- Le celluloïd employé peut provenir de déchets divers, vieux peignes, étiquettes, ronds de serviettes brisés que l’on réduit en copeaux et fait macérer d’abord pendant 24 heures dans la quantité d’acétone indiquée ci-dessus, ensuite on chauffe une demi-heure environ au bain-marie. L’acétone étant très volatile, l’opération devra se faire dans un ballon surmonté d’un tube en verre pour éviter l’évaporation. Après refroidissement, on laisse reposer et décante le liquide clair sirupeux que l’on conserve pour l’emploi dans un flacon bouché à l’émeri. Cette collç ne demande qu’une seule couche d’application, l’odeur légèrement camphrée qu’elle possède est plutôt agréable, elle présente enfin l’avantage de résister d’une façon parfaite à l’humidité.
- Réparation d’une pédale en caoutchouc d’une bicyclette. — Certains modèles de pédales de cycles comportent du caoutchouc et cette disposition offre l’avantage de ne pas couper les semelles de chaussures.
- Quand les caoutchoucs sont usés, il est nécessaire de les changer et ce remplacement assez onéreux peut être fait économiquement. Pour cela, on découpe des déchets de cuir en rondelles de dimensions appropriées. O11 enfile eus rondelles sur les axes qui portent habituellement les pièces en caoutchouc, et ce remplacement produit le même effet que si l’on avait une pédale neuve que l’on a ainsi obtenue à peu de frais,-
- p.2x54 - vue 466/620
-
-
-
- Jteo
- IgO
- BOITE AUX LETTRES
- CK?
- < AVIS, - L 'abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boite aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d'intérêt général et accompagnées d'une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement. v
- Réponses. — M. C., à Mâcon. — Le bronzage des pièces d’armurerie, pour obtenir toute sa perfection, est une opération assez longue et qui demande l’emploi successif de trois solutions :
- Solution A. Bichlorure de mercure. . 20 gr.
- Sel ammoniac........... 25 —
- Eau ordinaire..........5oo —
- Solution B. Perchlorure de fer sec. . ' 3o —
- Sulfate de cuivre .... 10 —
- Acide azotique......... 12 —
- Alcool à 900............... i5 —
- Eau ordinaire..........5oo —
- Solution C. Perchlorure de fer sec. . 20 —
- Acide azotique......... 3 —
- Eau ordinaire..........5oo —
- Toutes ces solutions doivent être préparées quelques jours à l’avance et soigneusement filtrées. Les pièces à bronzer sont décapées préalablement dans un bain de soude caustique à 1/2 pour xoo, nettoyées ensuite au blanc d’Espagne, puis rincées. On applique alors une couche de la solution A et laisse sécher une heure ou deux, quand la couche est bien sèche on frotte énergiquement au moyen d’une brosse métallique et redonne une seconde couche que l’on traite encore de la même façon. Successivement on donne cinq ou six couches de la solution B en brossant toujours après chaque application et séchage. Enfin on applique la solution G à trois reprises dans les mêmes conditions, finalement on lave à l’eau chaude et brunit avec une pièce de bois dur. La beauté du travail tient surtout au grand nombre d’applications et au finissage à la brosse effectué entre chacune d’elles.
- M. Picard, à Boom, Belgique. — Nous avons résumé dans notre n° 2482 du 29 octobre dernier pour l’Ecole d’Horlogerie de Fleurier, page 140 de la Boîte aux Lettres, un procédé dé argenture du verre d’après la méthode Lumière et vous prions de vous y reporter. Vous pourriez également employer le suivant : Dans un ballon jaugé d’un litre de capacité, placer 3 gr. de nitrate d’argent cristallisé, le dissoudre dans environ 5o cm3 d’eau distillée, puis y ajouter goutte à goutte de l’ammoniaque, il se forme d’abord un précipité qui se redissout presque aussitôt (éviter tout excès d’ammoniaque), verser alors dans le ballon une dissolution faite à part de 5 gr. de potasse caustique à l’alcool dans environ 125 cm3 d’eau distillée, il se forme à nouveau un précipité que l’on redissout également par quelques gouttes d’ammoniaque. Enfin on additionne d’une solution de nitrate d’argent à titre quelconque jusqu’à production d’un trouble léger, mais persistant, on complète le volume d’un litre, agite, laisse reposer quelques heures et décante le liquide clair.
- Pour argenter la plaque on nettoie sa surface avec un tampon d’ouate imbibé d’acide azotique, rince à grande eau et.lave à l’alcool, puis on la place dans une cuvette photographique de dimension convenable, on y verse alors un mélange préparé juste au moment de l’emploi de :
- Solution limpide précédente............. a5o cm3
- Solution de sucre de lait à 10 pour 100, . i5 —
- Il se produit alors une réduction de la liqueur argen-lique et le métal mis en liberté vient se fixer sur la plaque, l’opération dure trois quarts d’heure à une heure suivant la température; en hiver il peut être nécessaire de placer la cuvette au-dessus d’un Técipient contenant de l’eau chaude. Finalement on enlève la plaque, rince à l’eau distillée et laisse sécher.
- M. Joly, à Paris. — 1" Le moyen le plus pratique d’empêcher l’humidité de détériorer les objets placés dans une pièce humide est d’absorber la vapeur d’eau contenue dans la salle par la chaux vive récemment préparée qui est très bon marché. Dans une caisse quelconque on place un certain nombre de morceaux qui doivent alors être très durs et on les change aussitôt cpi’ils sont délités, c’est-à-dire réduits en poudre, car à
- ce moment ils n’ont plus aucune action. Par cette simple précaution l’air de la pièce se trouvera parfaitement desséché sans qu’il en résulte aucun inconvénient. — 20 Le désulfatage des accumulateurs se pratique ainsi : On commence par siphonner l’acide complètement et le remplace par de l’eau distillée, puis cette eau est'éga-lement siphonnée et rejetée. On introduit alors dans l’élément une solution de soude caustique à 2 ou 3 pour îoo et l’on charge. Si à un moment quelconque l’électrolyte donne au papier de tournesol une réaction acide et que le sulfate de plomb n’ait pas complètement disparu, on ajoute de la soude jusqu’à réaction alcaline. On continue alors la charge de manière que la plaque positive prenne une coloration brun chocolat, caractéristique d’une plaque saine et chargée de peroxyde. On retire la solution de soude que l’on remplace par de l’acide à 24° B. et on contintie à faire passer le courant jusqu’à ce que l’élément soit chargé.
- M. le comte de J^a Boulaye, à Perrecy-les-Forges. — i° Une très bonne préparation pour préserver de la rouille les objets en fer forgé est la suivante que nous avons eu l’occasion d’employer :
- Vaseline..................... 110 gr.
- Paraffine. ................. 135 —
- 22a 115
- 22.5
- 190
- Cire jaune................
- Essence de térébenthine. .
- Pétrole lampant ....
- Benzine...................
- Faire fondre à feu doux la cire et la paraffine, ajouter la vaseline, retirer du feu et incorporer l’essence de térébenthine, le pétrole et la benzine en prenant toutes précautions pour éviter l’inflammation. — 20 Nous pensons que la composition suivante vous donnera satisfaction pour assurer Y étanchéité de votre bateau ;
- Colophane....................60 gr.
- Térébenthine de Venise ... 40 —
- Liquéfier à chaud et ajouter une quantité d’essence de térébenthine suffisante pour rendre fluide. Appliquer à chaud de préférence sur le bois non humide.
- M. Morin, à Paris. — i° Ze nickelage de Valuminium ne présente pas de grandes difficultés ; il résulte des travaux de MM. Guillet et Gasnier que la condition essentielle est de ménager à la surface du métal des aspéi’ités suffisantes pour l’accrochage du nickel, on obtient ce résultat par décapage au jet de sable sous une pression de 1 kg 5oo par centimètre carré, les grains de sable ayant au maximum deux dixièmes de millimètre de diamètre, l’objet soigneusement brossé sous l’eau peut alors être nickelé dans les bains habituels. Vous trouverez du reste tous renseignements complémentaires dans l’excellent ouvrage récemment paru de M. Levasseur : Les métallurgies électrolytiques et leurs applications, éditeur Dunod, 47> quai des Grands-Augustins. — 20 Le même ouvrage vous fournira également de très utiles indications sur les opérations auxiliaires de la galvanoplastie : polissage, dégraissage, décapage par les différents procédés chimiques, électrochimiques ou mécaniques.
- E. A. C., à Saumur. — i° Vous trouverez d’autre part dans les Recettes et procédés utiles du présent numéro la façon d’obtenir le blanchiment des os pour préparations ostéologiques. — 20 Les piqûres que vous avez constatées sur métal argenté genre Christophe sont dues au départ de la couche protectrice, en certains points ; une sulfuration du cuivre s’est produite à ces endroits, donnant la coloration noire. Pour les faire disparaître employer la mixture suivante :
- Nitrate d'argent................ 20 gr.
- Sel marin..................... 100 —
- Crème de tartre................. 60 —
- Pulvériser à sec les trois substauces pour en obtenir une poudre très fine, conserver à l’abri de la lumière. Au moment de l’emploi délayer dans un peu d’eau pour faire une pâte consistante et en frotter l'objet avec un tampon de flanelle, laver et essuyer avec une peau de chamois. — 3° Si nous avons bien compris votre lettre la recherche du tanin que^vous avez effectuée n’a porté que sur'la partie soluble 'de la purée de marrons, or nous pensons que le noircissement est dû à la formation d’un tanate de fer qui est insoluble, ce tanate résulterait de la combinaison du tanin contenu dans les enveloppes pelliculaires du marron avec le fer de la boite. A notre
- p.2x55 - vue 467/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- avis il conviendrait de rechercher à nouveau sur la purée, d’une part le fer après calcination et attaque des cendres à l’acide chlorhydrique, d’autre part le tanin, après extraction par l’eau acidulée, cela au moyen de la gélatine. Le processus de l’altération de la périphérie au centre nous paraît justifier nettement la conception ci-dessus.
- /. D., à Chàlons-sur-Marne. — Pour tanner les peaux de lapins on commence par racler l’intérieur avec le dos d’une lame de couteau de façon à enlever les débris de chair qui peuvent encore y adhérer, puis on plonge la peau dans un bain composé de :
- Alun.......................... 400 gr.
- Sel de cuisine................ i5o —
- Eau ordinaire.................5ooo —
- On laisse la peau séjourner dans le bain environ une semaine en la malaxant fréquemment entre les mains, puis on exprime pour enlever l’excès de liquide et on l’étend sur une planche en la fixant par de petits clous, on laisse sécher lentement à l’ombre et rend la souplesse par étirage et pétrissage, au besoin on enduit le côté chair d’un mélange à parties égales de glycérine et d’eau.
- E. L. L. G., à Luisant. — i° La suie liquide qui s’écoule dans les tuyaux, provient de la condensation de la vapeur d’eau et des goudrons lorsque les fumées sortant de l’appareil de combustion sont trop prématurément exposées au refroidissement par l’air extérieur. Il conviendrait donc de revêtir le tuyau ou la partie de cheminée située au-dessus du toit d’un revêtement calorifuge ou d’une enveloppe en tôle qui maintiendrait une couche d’air, mauvaise conductrice de la chaleur, laissant ainsi l’eau et les goudrons à l’état gazeux. — a0 Une des méthodes les plus simples à employer pour le raccommodage de la porcelaine et de la. faïence consiste à enduire les parties à recoller d’une pâte formée de craie finement pulvérisée et de silicate de soude du commerce ; après séchage suffisamment prolongé on obtient une très grande adhérence. — 3° Nous donnons dans les Recettes et procédés utiles la manière d’opérer pour nettoyer et blanchir les soies de bros'ses à cheveux. — 4° Yous voulez très probablement parler des teintures pour cheveux à base fie paraphénylène diamine qui nécessitent l’emploi d’un oxydant tel que le bichromate de potasse, on peut les ramener aux types suivants ;
- Blond
- Noir. Châtain, rougeâtre.
- Solution A. Paraphénylène diamine. 20 5 2
- Diamidophénol .... » » 10
- Eau parfumée.......5oo 5oo 5oo
- Solution B. Bichromate de potasse. 5 5 1
- Eau ordinaire......5oo 5oo 5oo
- Mélanger seulement au moment de l’emploi la solution A et la solution B, à ..parties égales, appliquer sur les cheveux, laisser en contact un quart d’heure, puis rincer les cheveux à fond.
- M. Chardin, à Pantin. —Le scellement de votre lampe à pétrole dans un socle métallique peut être effectué avec un mélange -de blanc de Metidon finement pulvérisé et de silicate de soude du commerce à 36° B. Il vous suffira de délayer le blanc avec une quantité de silicate suffisante pour en former une pâte semi-fluide juste au moment de l’emploi et d’appliquer sur les parties à réunir bien débarrassées de pétrole, serrer énergiquement pour amener en contact intime et laisser sécher quelques jours avant de mettre en service.
- M. Saugy-Vaud, Suisse. — i° Yous pouvez préparer vous-même la poudre phosphorescente à mélanger à votre peinture en appliquant la méthode de Yerneuil qui est la suivante : Prendre de la chaux provenant de la calcination de coquilles d’huîtres, 20 gr. de cette chaux finement pulvérisée sont mélangés avec 6 gr. de soufre et 2 gr. d’amidon, le mélange est alors additionné de 8 cm3 ajoutés goutte à goutte d’une dissolution contenant o gr. o5 de sous-nitrate de bismuth, xoo cm3 d’alcool et quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Lorsque la majeure partie de l’alcool est évaporée, c’est-à-dire après une demi-heure d’exposition à l’air, on chauffe dans un creuset couvert au rouge cerise pendant vingt minutes. Après refroidissement complet, pulvériser et calciner une seconde fois à la même température pendant un quart d’heure. Eviter une deuxième pulvérisation qui serait plutôt désavantageuse,
- 2® Le débit d’une chute d’eau, de xoo m. destinée à alimenter 5o lampes de 25 bougies peut se calculer comme suit : Une lampe à filament de tungstène absorbant i,25 watt par bougie absorbera 81 watts 25 pour 25 bougies et par suite 5o lampes identiques absorberont 1562 watts 45.
- Dans les conditions les plus défavorables, le rendement de votre généi’atrice étant de qS pour 100, la puissance disponible sur l’arbre de la turbine devra être de 2080 watts, soit 2,75 HP. Adoptez donc une turbine de 3 HP. D’autre part, une bonne petite turbine mixte du type Francis par exemple vous donnera un rendement de 70 pour 100 au minimum. La puissance utilisable de la chute devra donc être 2970 watts, soit 3020 kilogram-mètres. Dans un cas aussi simple nous pouvons négliger la perte de charge dans la conduite forcée et nous trouvons que le débit de la source pour une chute de 100 m. doit être :
- 3020 -, xoo = 3o,2, soit 3i litres par seconde.
- Bien entendu il s’agit ici du volume d’eau utilisable, abstraction faite de celui qui s’échappe par la vanne du déversoir ou par le cours d’eau lui-même si vous n’en absorbez qu’une partie.
- M. Guntz, à Nancy. — i° La viscose conviendra très probablement à la fabrication que vous avez en vue; on l’obtient de la manière suivante : on malaxe 100 kg de cellulose normale telle que pâte de bois chimique avec une lessive de soude à 26° B. à la tempér-ature ordinaire. La cellulose est immei'gée dans un excès de lessive pour obtenir une imprégnation complète. On produit ainsi une alcali-cellulose propre à entrer complètement en réaction.
- Lorsque le malaxage est terminé on exprime à la presse hydraulique l’excès de lessive caustique de manière à ne laisser que 200 gr. de lessive pour 100 gr. de cellulose, autrement dit, on doit obtenir après expression 3oo kg d’alcali-cellulose imprégnée de lessive, contenant 48,5 de soude Na OH pour 100 de cellulose calculée sèche. (Il faut avoir grand soin de se servir de lessives- non carbonatées si on veut obtenir de bons résultats.)
- La cellulose sodique est déchiquetée et introduite dans un récipient nickelé à l’intérieur, et pouvant se fermer hermétiquement, on ajoute du sulfure de carbone à raison de 45 à 46 kg pour les 3oo kg d’alcali-cellulose et ferme le récipient pour éviter l’évaporation du sulfure de carbone. On agite, puis laisse au repos 24 heures. Peu à peu la masse s’attaque, se tasse et devient visqueuse. Quand on juge que la réaction est terminée on ajoute en malaxant une quantité d’eau suffisante pour obtenir une solution contenant 10 pour 100 de cellulose l'éelle. On peut alors se servir de cette solution pour les difîérents^usages auxquels elle est destinée, cependant on se trouve bien de l’abandonner un certaiix temps au mûrissement sans cependant attendre que la masse se coagule, ce qui arriverait au bout de quelques jours avec séparation du liquide solvant. — 2° Il nous est difficile, sans connaître l’usage auquel il est destiné, de vous donner une formule de verre très fusible; si le pi’oduit ne doit pas être exposé à l’humidité, vous pourriez peut-être tout simplement vous adresser au borax fondu qui est très ti’ansparent et se colore à volonté par les oxydes métalliques ; vous pourriez également employer le mélange suivant qui peut-
- être vous conviendra :
- Borax anhydre........ . 200 gr.
- Blanc de zinc ....... 600 —
- Cryolithe..............200 —
- Cet émail incolore peut recevoir les mêmes additions que le précédent.
- M. Scarsez, à Bruxelles. — x° Le ruban blanc isolant est le plus souvent enduit de la composition de Clark.
- Poix...............................i3o gr.
- Silice............................. 60 —
- Goudron de Norvège. ..... 10 —
- 20 Yous pourrez vous procui'er des machines pour la fabrication des tubes à étain dans les maisons suivantes : Lyonnet, 11, rue Duroc; Morane, 23, rue Jenner. Le plus simple serait peut-être de vous procurer directement ces tubes remplis de résine chez Avias et Cu, 72, cours de Yincennes ; Desoigne-Vex’gniaud, i5o, •avenue Parmentier'; S’erret, 33, rue de la Plaine. La résine employée est la colophane coui'ante. 3° Pour1 préparer les toiles huilées on opère ainsi : On prend de
- -€I 57 g*»
- p.2x56 - vue 468/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- 3a très bonne bulle de lin limite et on l’étend au moyen d’un pinceau sur 3’étoile en en mettant aussi pan que possible. Le tissu est ensuite suspendu dans un lieu frais bien ventilé et à l’abri du soleil, il faut environ deux ou trois semaines pour que la dessiccation soit complète. On recommence alors l’enduisage deux autres fois en opérant d’une façon identique. L’huile de lin cuite c’est-à-dire siccativée peut aussi être employée et donne plus rapidement un résultat, mais les tissus ainsi préparés ont plus de tendance à poisser; si une coloration de l’étoffe ne présente pas d’importance on peut ajouter à l’huile un peu de rouge d’Angleterre, lequel par son oxyde de fer agit comme catalyseur et augmente par suite la vitesse de réaction. 4" Nous pensons que vous voulez parler du Prespuhn, c’est simplement un carton imprégné d’huile de lin siccativée et soumis à une forte pression par la presse hydraulique.
- AI. Haro, à Chàteaudun. — Nous avons répondu à votre question dans le n° 249-3 du x4 janvier 1922, page 16 de la Boite aux Lettres.
- R. Al. T., à Paris, — A notre’avis le meilleur procédé pour recoller les objets de faïence ou de porcelaine qui ‘doivent être exposés à l’eau cliaude consiste à employer un .mélange de verre pulvérisé et de blanc d’œuf de manière à obtenir une pâte onctiîeuse que l’on applique sur les parties à joindre, on serre fortement et laisse bien sécher avant de s’en resservir. La pulvérisation du verre est rendue facile par « étonnement », c’est-à-dire qu’après avoir chauffé . fortement le morceau de verre on le plonge brusquement dans l’eau froide, il se divise en menus fragments devenus frès fragiles et que l’on broie sans effort au mortier.
- AI. A. F., à Montastruc. — i" Le marbre noir perd son brillant par suite de la disparition de l’enduit protecteur de cire et de l’action de l’acide carbonique de l’air qui transforme en surface le carbonate neutre de calcium en bicarbonate; pour lui rendre son aspect primitif il faut procéder à un nouveau polissage au tampon en plaçant sur celui-ci un mélange pâteux de potée d’étain d’eau et de raclures de plomb; ce travail est long et demande beaucoup de patience, mais c’est le seul qui donne effectivement satisfaction et soit employé par les marbriers professionnels ; après lavage et séchage on donne une courbe d’encaustique à la térébenthine, laisse encore bien sécher et finit au chiffon de laine. 2" Le journal Jamboree a été fondé par le colonel Baden Powei à l’occasion de la grande réunion des Scouts de toutes les parties du monde, qui a eu lieu l’année der-nièrcà Londres,manil'eslalion qui se reproduira également cettfe année à Paris. The Jamboree est édité en quatre langues : anglais, français, italien et espagnol, il est destiné à donner au scoutisme la plus large extension. Voici quelle est l’adresse de cette publication : The Editor : The Jamboree Boys Scouts International Bureau 25, Buckingliam Palace Road, London SVVI, elle parait tous les trois mois. Prix du numéro 6 d. Abonnement postal Royaume-Uni et colonies 2 S. G d. Etranger 3 S.
- Al. le 7> Soaza S 0 a res, à Porto. — i" Les pâtes à brillanler les métaux que l’on trouve dans le commerce no diffèrent guère que par la nature de l’abrasif, tripoli, terre d’infusoires, rodondite, etc.., vous pouvez prendre
- comme type la formule suivante :
- Savon râpé......................... i5o gr.
- Eau ordinaire......................1000 —
- Alcali volatil..................... xoo —
- Tripoli fin........................ 5oo —
- Le savon étant, préalablement dissous à chaud dans la quantité d’eau .indiquée laisser refroidir, ajouter l’alcali volatil puis en remuant constamment le tripoli ; parfumer si on le désire avec un peu d’essence de mirbane (essence d’amandes amères artificielle) pour masquer l’odeur de l’ammoniaque. 2" Nous ne connaissons pas cette marque de poudre à nettoyer qui est de fabrication anglaise; d’après la description des usages auxquels elle est destinée, nous pensons qu’il s’agit d’un mélange d’argile et de kieselgliur. 3° Vous pourrez vous procurer des essences synthétiques dans les maisons suivantes : Birkenstock, à Montreuil-sous.Bois, près Paris; Laire, 31, rue des Petites-Ecuries, Paris. Feigel, 38, rue de Turenne ; Givaudan, 1, avenue Emile-Deschanel.
- AI. Poslaire, à Versailles. — i° Le nettoyage desfourrures doit se faire de préférence à sec au moyen de
- souplesse de la peau; cependant si vous désirez procéder par lavage il faudrait opérer ainsi en ayant soin de ne se servir que de bains à peine tiècles dont la température ne dépassera pas 2a0 C. Faire tremper la peau de mouton dans une solution composée de :
- Carbonate de soude cristallisé. 200 gr. Eau ordinaire....................... 10 litres.
- Malaxer de temps à autre, laisser en contact 12 lieures, rincer. Plonger ensuite dans un bain formé de :
- Bisulfite de soude liquide à 82° 400 gr.
- Eau............................ 10 litres.
- que l’on acidulera au moment de l’emploi par :
- Acide chlorhydrique du commerce. 200 gr.
- Laisser séjourner quelques lieures, rincer abondamment, puis pour terminer passer à l’eau azurée par un peu d’outremer, faire sécher lentement à l’ombre. Pour assurer la souplesse, enduire le côté chair après séchage au moyen d’un mélange à parties égales d’eau et de glycérine. 2" E11 ce qui concerne la fabrication des pâtes h polir les métaux, veuillez vous reporter à la réponse précédente faite à M. le IP Sou/.a Soarès, à Porto.
- Bibliothèque populaire du AVAL — La fabrication des timbres en caoutchouc comporte deux opérations distinctes, l’obtention d’un moule et le moulage proprement dit. Pour préparer 3e moule, on commence par composer dans un composteur avec des caractères d’imprimerie, les indications que doit comporter le timbre, puis on entoure le composteur d’une bande de carton de manière à former un rebord de 1 cm environ ; après avoir fixé celte bande par une ficelle' on imbibe le timbre d’une légère couche d’huile axer, un pinceau et on verse dans la petite cuvette du plâtre à modeler gâché eu bouillie claire que l’on projette assez fortement pour la faire pénétrer dans les interstices. Quand la prise du plâtre est effectuée on enlève ficelle et bande de carton, le moule ainsi dégagé est laissé à sécher complètement, On passe alors à la seconde partie de l’opération qui consiste à appliquer sur la face du moule portant les caractères en creux une feuille de caoutchouc de 3 à 4 mm d’épaisseur, on place au-dessus une lamelle de bois et serre énergiquement avec un ruban que l’on noue. Le tout est enfin plongé dans l’eau bouillante pendant quelques heures pour amener le gonflement du caoutchouc et lui faire épouser tous les détails. Après refroidissement complet on enlève la feuille de caoutchouc, coupe les bavures ou parties inutiles, puis on la colle sur un manche en bois en se servant de la dissolution courante de caoutchouc dans la benzine employée pour les réparations de pneumatiques.
- F. L. L. G., à Luisant. — i° Les piles cilles sèches sont chargées au chlorhydrate d’ammoniaque dont la solution est immobilisée par l’agar-agur, les réactions suivantes ont lieu
- 2 A/. H* Cl + Zn = Zn CL + 2 Az 1I3^ + 2 H 2 Mno® + 2 II = M2 O3 + 1LO
- Théoriquement on peut supposer qu’une régénération est possible par électrolyse et réoxydation du dépola-
- PI çuri }'
- Mn2 O3 -f-0^2 Ma O2
- mais il faut tenir compte que deux éléments mis en liberté par la première réaction, c’est-à-dire l’ammoniaque eî l’hydrogène, se sont échappés dans l’air et ne se retrouvent plus, aussi dans la pratique cette régénération n’est-elle que partielle et très limitée. 20 La fabrication des piles dites sèches ne présente aucune difficulté, il suffit de se procurer les éléments d’une pile Leclanché, charbon entouré de bioxyde de manganèse, zinc et récipient approprié en verre ébonile ou carton enduit. Après avoir mis toutes les parties en place ou coule encore tiède une solution excitatrice formée de :
- Agar-agar. . ..................... 10 gr.
- Eau ordinaire.....................5oo —
- Chlorhydrate d’ammoniaque . . 100 —
- Après refroidissement cette solution se prend en masse et le liquide se trouve ainsi immobilisé. Pour empêcher l’évaporation on dispose à la surface une couche de sciure de bois et on coule sur celle-ci uni-autre couche de cire à bouteille en ayant soin de ménager par un tube en papier une pelile ouverture permettant le dégagement des gaz ainsi que nous l’avons signalé plus haut.—N. B. I/agar-agar doit tremper préalablement
- sou qui entraîne foutes, les impuretés sans, modifier la
- -$| 58 |§î*
- p.2x57 - vue 469/620
-
-
-
- m
- BOITE AUX LETTRES
- €
- dans l’eau froide pendant quelques heures, sa dissolution se fait alors très rapidement à l’ébullition.
- M. G. de Fontaines. —'Voici deux formules de cirages crèmes qui vous donneront très probablement satisfaction :
- Cirage noir. Faire fondre au bain-marie :
- Cire de Carnauba.................. 5o gr.
- Ozokérite .... 5o —
- Essence de térébenthine .... ?.5o —
- Noir d’ivoire................... a5 —
- Lorsque la masse est devenue homogène cesser de chauffer et continuer de remuer en plongeant le récipient dans l’eau froide jusqu’à obtention d’une pâte assez ferme pour qu’il n’y ait plus séparation du noir. Il est essentiel de se servir de cire de carnauba et, non de cire d’abeilles, laquelle ne présenterait pas les mêmes qualités.
- Cirage jaune. — Placer dans un bain-marie deux flacons contenant : l’un ^5 gr. de cire d’abeilles et a5o gr. d’essence de térébenthine, l’autre i5 gr. de savon de Marseille et 25o gr. d’eau, le savon ayant été préalablement réduit en copeaux pour faciliter la dissolution.
- Quand les deux solutions sont complètes verser l’eau de savon dans un saladier et y incorporer lentement en
- versant peu à peu la solution de cire dans la térébenthine, battre ainsi jusqu’à refroidissement complet, puis ajouter en dernier lieu toujours en remuant 5 gr. de vésuvine dissoute dans environ 5o cm3 d’alcool.
- M. Mignard, à Bizanet (Aude). — Les liquides décapants employés par la soudure autogène sont pour la plupart spécialisés et leurs fabricants se gardent d’en donner la formule ; d’après les renseignements qui nous ont été fournis ils se rapprochent du type suivant :
- Borax.......................... 120 gr.
- Phosphate ee soude.............. 5o —
- Sel ammoniac..................... 5
- Eau ordinaire...................9^0
- M. Savinel, à Langogne (Lozère). — essence employée dans des appareils à pyrograver est de la gazoline de densité comprise entre 620 et 690, le point important est surtout la volatilité des hydrocarbures qui entrent dans sa composition. Sans connaître la disposition spéciale de l’instrument dont vous faites usage, nous vous conseillons d’éviter les obstructions par corps étrangers en filtrant la gazoline sur tampon de coton et de vous assurer en outre que les parties de l’appareil où doil avoir lieu la gazéification sont suffisamment chauffées par conductibilité, il y a là une question de réglage que nous ne pouvons solutionner à distance.
- BIBLIOGRAPHIE
- >
- Service de librairie. — J.e service de librairie de La j .Nature se lient, à la disposition des abonnés du journal j pour leur adresser tous les ouvrages annoncés. !
- Toute commande doit être accompagnée de son montant j en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté ! de 1 o °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte 1 des majorations temporaires indiquées pour certains \ ouvrages. ____:________ j
- Précis d'arithmétique, par J. Poirke. i vol. in-8 raisin 12.5 X 16) de v-64 p. Gauthier-Vil!ars, éditeur. Prix :
- 7 fr. 5o.
- L’auteur s’est attaché à expliquer le pourquoi et le mécanisme de chacune des opérations fondamentales de l’arithmétique : numération, addition, soustraction, division, divisibilité, nombres premiers, en mettant bien en évidence l’ordre logique des théorèmes. Avec j les fractions, il explique clairement la notion de li- j mite, avec la racine carrée, les nombres*irrationnels, j Un dernier chapitre initie le lecteur aux éléments de la théorie des nombres.
- Pour comprendre l’algèbre, par l'abbé Th. Moreux. j 1 vol. in-16 cartonné, 262 p. avec fi g. O. Doin, éditeur, Paris, 1921. Prix : 8 francs.
- Petit livre clair, qui permettra à son lecteur de s’initier sans maître à l’utile maniement de l’algèbre. L’auteur montre avec, de nombreux exemples à l’appui ce qu’est une équation, comment on met un problème en équation, et comment on résoutles équations du premier et second degré; il explique ensuite ce que sont les progressions, les logarithmes, et termine par un aperçu sur le calcul des probabilités.
- Traité théorique et pratique des règles à calculs Béghin, par A. Béguin. 7° édition, 1 vol. i(i X M, x-200 p., 209 fig., 25 tables. Béranger, éditeur, Paris, 1922. Prix : 8 francs.
- Exposé détaillé de la théorie et des diverses applications des règles à calculs Béghin, qui ont depuis de longues années fait largement leurs preuves et conquis une faveur justifiée.
- Cours de mécanique rationnelle, professé à l’Université de Toulouse, par L. Roy. i vol. in-8u (a5X 16) 260 p., io3 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921. Prix : 20 francs.
- Ce cours s’adresse aux débutants et expose avec netteté et précision les éléments de la science méca-
- nique; il faut être reconnaissant à l’auteur de son effort pour exposer logiquement les postulats de la mécanique rationnelle; mais le chapitre consacré à cet important, sujet, quoique plus développé que dans la plupart des traités classiques modernes, est encore d’une excessive brièveté. On seul trop que nos professeurs de mécanique ont hâte de passer aux développements mathématiques et ils évitent^d'insister sur le caractère purement physique et expérimental de la mécanique classique. Au besoin ils le laissent complètement dans l’ombre. Cependant il a fallu plus d’un siècle de travaux, de Galilée à Newton, pour arriver à formuler, pour la première fois, ces fameux principes dont l’exposé tient 2 ou 3 pages dans les traités de mécanique rationnelle.
- L’ouvrage de M. Roy contient des éléments de la cinématique, de la dynamique et de la statique du point et des systèmes matériels. Il est bien composé et clairement écrit.
- La loi de Newton est la loi unique, par Max Franck.
- 1 vol. in-8 (25-i6) de 158 p. Gaulhier-Yillays, éditeur, Paris, 1921. Prix ; 12 fr. 5o.
- Compteurs de vapeur, par FL Hcehx. i brochure 34 p., 18 fig. Béranger, éditeur. Paris, 1921. Prix net ; 2 fr.
- Après le rappel des données essentielles sur l'écoulement de la vapeur dans des tuyères, l’auteur décrit les principaux types d’appareils utilisant ces lois pour mesurer la vapeur consommée par une machine : appareils manométriques, compteurs à disque, compteurs à tuyère, à tube de Venturi, à flotteur et il compare les indications de ces appareils.
- Travail des métaux, par .1. Miciua. 2” édition, 1 vol. in-16 br. de vin-355 p., avec 153 fig., Desforges, éditeur, Paris, 1921. Prix : 10 francs.
- Recueil de recettes relatives à la fonderie, aux alliages, à la forge, chaudronnerie, estampage, soudure, brasure, trempe, aluminothermie, etc.
- Manuel pratique de l’ouvrier électricien-mécanicien. Nouvelle traduction et adaptation française de l’ouvrage de Ernst Schulz, par L. Sternberg, ingénieur de l’Ecole Supérieure d’Electricité. 1 vol. i3 X 21 de viu-3o6 p, avec 133 fig. Dunod, éditeur, Paris, 1921. Prix net ; 12 francs.
- Cet. ouvrage est un exposé simple, mais cependant rigoureux de la théorie des Machines électriques. L’aulcur s’est attaché à exclure de ses démonstrations
- p.2x58 - vue 470/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- toutes les formules compliquées pour rendre ce livre d’une lecture facile et s’adressant aussi bien à l’ingénieur, par la précision de l’exposé, qu’à l’ouvrier par sa clarté.
- A côté de chapitres sur la théorie proprement dite se trouvent quelques chapitres envisageant le côté pratique de la question : dérangements des machines, interprétation des résultats d’essais, rendement, ainsi que quelques, conseils sur les caractéristiques à choisir fdans une série de machines en vue d’une applicatiop déterminée.
- Stations centrales, poste de transformation et lignes de transmission de force, par Y. Neveux, i vol. illustré 240 p. Béranger, éditeur. Paris, 1922. Prix : 16 francs.
- Indique dans ses grandes lignes l’organisation des sous-stations électriques, celle des grands postes de transformation à haute tension; le calcul des canalisations électriques; lignes aériennes et canalisations souterraines. L’ouvrage est complété par la reproduction des règlements en vigueur et par de nombreux tableaux de constantes utiles à connaître.
- Annuaire de la Houille blanche française, publié par A. Pawlowski (années 1921-1922), 1 vol. 196 pages. Revue générale d’Electricité, éditeur. Paris, 1922.
- Outre des notices sur les différents producteurs d’énergie hydroélectrique, cet ouvrage contient une notice d’ensemble sur les récents progrès de la houille blanche en France, une note de M. Parodi sur l'électrification du réseau d’Orléans, une note de M. Tochon sur celle du P.-L.-M., une étude de M. Thiollière sur l’aménagement du bassin de la Loire supérieure, et des cartes intéressantes.
- Les navires, par Clerc-Rampal. i vol. 192 p., 14 fig. (Bibliothèque des Merveilles). Hachette, éditeur, Paris, 1921.
- Les navires ont le don d’exciter la curiosité de tous : M. Clerc-Rampal a su largement la satisfaire en décrivant à grands traits l’évolution du navire depuis la galère et la trirème antiques jusqu’au paquebot et au cuirassé modernes. Il nous montre ce que sont les divers .bâtiments des flottes militaires modernes : cuirassé, croiseur, torpilleurs, sous-marins, quel est leur rôle et comment il explique leurs caractéristiques; avec l’auteur nous visitons les bâtiments les plus récents depuis la machine jusqu’aux tourelles. Nous passons de même en revue les flottes de commerce et de plaisance sous la direction d’un guide aussi compétent qu’attrayant.
- Manuel de. filature, par James Dantzer. i,e partie : Mécanique et Principes généraux de la filature des textiles. In-16, 90 fig. Prix : 5 francs. 2e partie : Culture, Rouissage, Teillage et Filature du lin. In-16 figures 91 à 141. Prix : 5 francs. 3“ partie : Filature du lin. In-16, figures 142 a i83. Prix ; 5 francs. Gau-thier-Villars, éditeur. Paris, 1921.
- Le premier volume de cet ouvrage donne les principes généraux et les notions de mécanisme nécessaires à l’étude de la filature.
- On trouvera des renseignements pratiques sur les chaudières, machines à vapeur, dynamos, etc. Divers tableaux trouveront leur utilité dans nombre de calculs dont l’emploi est si fréquent en filature. Il contient des données pratiques, se rapportant aux matériaux divers, aux combustibles, etc.
- Le second volume est consacré à la culture, au rouissage et teillage du lin. Il aborde la filature du lin qui est complètement traitée dans le troisième et dernier volume.
- Annuaire Desechaliers, guide de l'acheteur dans les industries du livre et du papier. Edition 1921. 3, rue de Castellane, Paris. Prix : i5 francs.
- Contient, outre des renseignements d?ordre administratif, les adresses des imprimeurs de France et des colonies ainsi que des différents fournisseurs de l’industrie du livre, du papier et des fournitures de Jaureau,
- Manuel d'essais simples et rapides à l’usage des tanneurs et des mégissiers et de tous ceux que peut intéresser l’industrie du cuir. par Léon Eglene. i vol. i.'i X 22 de xvi-112 p., 10 lig., Dnnod. éditeur, Paris, 1921. Prix net : 7 francs.
- Dans la première partie, l’auteur passe en revue les principaux produits chimiques employés dans h; travail préliminaire des peaux. La deuxième partit1 traite des matières tannantes (analyse qualitative et quantitative). La troisième partie étudie les principaux essais analytiques se rapportant aux cuirs en poils et aux cuirs tannés. Enfin, dans la quatrième et dernière partie, l’auteur examine les principales substances entrant dans les opérations de corroyage et de finissage des cuirs.
- La Tunisie et ses richesses, par S. Ferdixand-Lop. 1 vol. in-12, 197 p., 21 gravures, 3 plans, 1 carte. Collection Les Pays Modernes. Pierre Roger et Cie, Paris, Prix : 8 francs.
- La collection des Pays modernes a révélé déjà bien des pays, à commencer par l’Allemagne. Ils y sont présentés tels qu’ils sont aujourd’hui, sans ces légendes nées de l’histoire ou de l’imagination des poètes et des artistes. Voici la Tunisie, traitée dans le même esprit; son commerce, ses ports, ses phosphates, ses mines, ses routes, -sa pèche, les industries indigènes, l’agriculture, les tapis de Kairouan, le tourisme y sont successivement passés en revue et conduisent à une vision enthousiaste de l’avenir.
- Préparation des médicaments organiques, par Ernest Fourneau, i vol. in-8°, 35o p. Baillière, Paris. Prix : 25 francs.
- Comme le dit dans la préface le Dr Pioux, directeur de l’Institut Pasteur, si nous n’avons pas développé en France la fabrication des médicaments, c’est que peu de nos savants s’intéressent à cette partie de la chimie organique qui s’applique à la thérapeutique,
- M. Fourneau, l’inventeur de la stovaïne, est un des rares chercheurs dans cette voie. Appelé pendant la guerre à professer en Espagne une série de leçons sur la préparation des médicaments organiques, il les a reproduites dans ce livre, unique dans la littérature française, plein de renseignements précis, véritable initiation pour nos chimistes dans un domaine plein d’avenir.
- La première partie est consacrée aux principaux médicaments : gaïacol, phénacétine, antipyrétiques, anesthésiques, antiseptiques, arsenicaux, phospha-tides, alcaloïdes, etc. Certains chapitres sont des mises au point très complètes de questions particulièrement étudiées par l’auteur.
- La seconde est une série de travaux pratiques bien organisés sur la préparation de ces divers médicaments.
- La vie de la matière. Recherches expérimentales, par le Dr V. Galippe et Mme G. Souffland. i vol. in-8, 115 p. Maloine, Paris. Prix ; 10 francs.
- Recueil de très curieuses recherches expérimentales concernant la présence dans les fossiles, les météorites, les minerais, les laves volcaniques, d’organismes susceptibles de culture et de multiplication, e.t résistant aux hautes températures.
- Les auteurs en concluent que l’eau, les roches ont contenu depuis des temps immémoriaux des êtres extrêmement simples qui sont à l’origine de la vie.
- Eléments de pathologie mentale. Clinique et médecine légale, par R. Benon. i vol. in-16, 240 p. Doin, Paris. Prix ; 6 francs.
- Livre de clinique, dégagé autant que possible de toute terminologie hermétique, et de toute notion purement théorique. La première partie est l’exposé de la pathologie mentale sous forme de s'yndromes : les maladies sont indiquées ou exposées à la suite de ces syndromes. Un appendice, est consacré à l’examerx du malade, La cjeuxième partie est médico-légale.
- p.2x59 - vue 471/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2499
- 25 Février 1922
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- LA VOUTE CÉLESTE EN AVRIL 1922
- Jupiter sera en opposition le 4 avril; Mars devient accessible aux instruments moyens et l’on peut à présent observer les détails de sa surface : Aldébaran sera occulté par la Lune, en plein jour, le 2 a'vril ; les satellites de Jupiter donneront lieu ce mois-ci à un très grand nombre de phénomènes importants. Voici pour la physionomie astronomique générale du mois d’avril. Voyons à présentie détail.
- I. Soleil. — Le Soleil continuant son ascension dans l’hémisphère nord, sa déclinaison, de -f- 4° 21' le Ier avril, atteint + i4°37' le 3o et, par suite, la durée du jour, de i2)l 47m le iïr, est de r4h27m le 3o.
- On trouvera, dans le tableau ci-dessous, pour quelques dates du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil passe au méridien de Paris. L’ombre d’un fil, d’un mât vertical sur le sol, à ce moment, donne la direction exacte du méridien. Nous avons indiqué ici même (voir « Bulletin astronomique »,. n° 2473, du 27 août 1921) le moyen d’utiliser ce tableau pour les époques intermédiaires et pour un autre lieu que Paris.
- ùTindant le mois
- D. Q. le 19, à oh 54“
- N. L. le 27, à 5h 3” .
- le i°r avril =41,0; le 27
- 11 oa“ a 12"2"
- Dates. Temps légal.
- Avril 1" nh54ra465
- — 5 1 ih 53“ 34“
- — 10 11h 5 2“ g'
- — i5 1 ih 5o“ 5o6
- — 20 nh49“39E
- 25 1 ih 48“ 4o‘
- — 3o 1 ih 47“ 53*
- Pour l’orientation des dessins du Soleil •—• ou des photographies — il est intéressant de connaître l’angle de position de l’axe du Soleil et la latitude du centre.
- L’angle de position de l’axe
- du Soleil est o° quand l’extrémité nord de cet axe passe juste par le point septentrional du bord solaire. Les angles se comptent à partir de ce point le plus septentrional du bord solaire dans le sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre.
- La latitude du centre du disque n’a pas besoin d’explication.
- Voici donc ces éléments pour avril :
- Fig. 1. — Marche de la planète Neptune sur le ciel pendant l’année 1922. (Figure extraite de VAnnuaire astronomique.)
- I) îles.
- Avril
- Angle de position de Taxe du Soleil.
- . 334°
- 3340
- 3340
- Latitude du centre du Soleil.
- — C,°
- — 6°
- ___r,o
- Pour mettre en place sur un globe solaire les taches et les facules à leur longitude et à leur latitude exacte, on peut se servir des disques Thomson (‘), contenant la projection des méridiens et parallèles solaires suivant les éléments du tableau ci-dessus.
- On reçoit la projection de l’image solaire sur le disque qui convient pour le jour de l’observation, et l’on peut ainsi déterminer facilement les coordonnées des taches.
- Rappelons, en outre, que sur une image solaire de o™, 10 de diamètre, un millimètre au centre du disque équivaut à i3q42 km. La Terre n’ayant que 12742 km occuperait moins de i“m à cette échelle. Une tache de jmm au cenqre correspond à un diamètre angulaire de
- L’observation du Soleil est extrêmement facile à réaliser avec de petits instruments. Voir à ce sujet les remarques que nous avons données au dernier « Bulletin astronomique ».
- Lumière zodiacale. — Elle est encore bien visible en avril, le soir, après le coucher du Soleil, et dès la nuit complète. Cependant cette observation, en raison de l’éclairage des villes, ne peut plus guère être faite qu’à la campagne.
- 1. On trouve ces disques chez M. Ballot, 7, rue Sugcr, à Paris.
- IL Lune. — Les phases de la Lurte>%/ d’avril, seront les suivantes :
- P. Q. le 5, à 5h 45m I P. L. le 11, à 2011 43“ j
- Age de la Lune, à midi
- ;=oj,3. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ier ou le 27, et 0^,0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en avril : le 4 = -j- 18° 14' ; Ie 16 = — i8°i5'. Ces dates corres-
- pondent à la plus grande et à la plus faible élévation de la Lune sur l’horizon, lors de son passage au méridien.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 10 avril, à 8h.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 22 avril, à ioh.
- Observations physiques. — Voir ce que nous avons dit à ce sujet au « Bulletin astronomique » du n° 2477.
- Occultations d'étoiles par la laine. — Le 2 avril, occultation d’Aldébaran, a du Taureau (gr. 1,1) de T.hs^m ^ ^ ii „ m cette occultation sera visible en plein
- jour. La Lune se lèvera, ce jour-là, à 8hi2m du matin. Elle sera située à l’Est du Soleil, en croissant; la phase correspond à trois jours avant le Premier Quartier. L’occultation sera très courte à Paris, de 7 minutes seulement. Elle augmente de durée lorsqu’on s’élève vers le nord. "A l’Observatoire d’Uccle, près Bruxelles, elle durera 21 minutes. Il y aura en France une ligne le long de laquelle l’occultation durera juste Lin instant. Peut-être même verra-t-on plusieurs occultations si l’étoile passe derrière une région montagneuse, l’étoile pouvant reparaître entre les montagnes lunaires, dans les creux. Il y a là une très intéressante observation à faire. La grande lumière du jour la rendra sans doute difficile avec les petits instruments, mais le grand éclat d’Aldébaran permettra certainement de la faire avec des instruments moyens (lunettes de o“,o8i et au-dessus. Essayer toutefois avec une lunette moindre si l’on n’en possède pas de cette diinensioil minimum). Utiliser un assez fort grossissement. L’image d’Aldébaran restera toujours un point tandis que l’éclat du ciel diminue comme le carré du grossissement. Le contraste entre l’étoile et le fond du ciel augmentera donc avec le grossissement. Aldébaran disparaîtra derrière le bord non éclairé de la Lune.
- Voici les autres occultations visibles en avril :
- Le 2, occultation de 318 B Taureau (gr. 5,7). Emersion seule visible à 23hi3“.
- Le 3, occultation de i3o Taureau (gr. 5,6), de 2oh59“ à 2ih5m.
- Le 6, occultation de A1 Cancer (gr. 5,5), de 23h 6m à oh 7“ du 7.
- Le 7, occultation de h Lion (gr. 5,2), de i8h22m à ig1' i3m.
- Marées. — Les marées atteindront une forte amplitude en avril, au moment de la Pleine Lune du 11. Le tableau ci-après donne les heures de la pleine mer, à Brest, pour les jours voisins du 11. Pour avoir l’heure de la marée en d’autres ports, utiliser le tableau donné au « Bulletin astronomique » du n° 2402.
- Marée du matin Marée du soir
- Dates. Coefficient. Coefficient.
- Avril 10 Om,92 °™»99
- 11 i“,o5 im, 10
- — 12 im, 12 x“, i3
- — i3 im, 12 i“, 10
- — 14 i“,o6 l“,OI
- — i5 o“,95 o“,88
- -3$ 61 \$r
- 8
- p.2x60 - vue 472/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Date : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- . ASTRE AVRIL à Paris. Méridien de Pai’is. Pa l L*i.S. sion droite. SOU apparent. et étoile voisine. VISIBILITÉ:
- 5 51 2 3'" t I ' 53”34s i8h25ra oh 55'" + 5° 53' 3 a' 1 "2 Poissons
- Soleil . . . ! 1 ^ 5 3 11 5o 5o 18 40 I 32 + 9 35 31 55,2 Poissons > ))
- 25 V 5 4 44 I I 48 40 18 55 2 9 ~j~ T 0 1 3i 5o,4 Bélier
- 5 7 10 5o 16 34 23 5i — 3 32 5,4 • Poissons
- Mercure. . i5 4 58 11 16 *7 35 0 5 7 + 4 i5 5,o Ç Poissons Inobservable.
- 25 4 48 11 52 18 56 2 13 + i3 4 5,0 Baleine
- Vénus. . . 5 15 5 5 55 4i 12 I 2 46 -54 *9 20 36 6 1 2 47 35 -f- 10 4-14 20 49 10,2 io,4 0 Poissons (j. Baleine Après le coucher 1 du Soleil.
- 2 5 5 29 i3 3 20 37 3 23 4-18 42 xo,6 ? Taureau
- 5 0 5 4 14 8 23 ll 14 — 22 44 11,0 çOphiuchus) Bien visible 44 Ophiucbus dans la seconde partie
- Mars. . . .< i5 23 4' 3 47 7 53 17 26 23 14 12,2
- 25 23 i3 3 16 7 19 17 35 — 23 4-2 i3,6 44 Ophiuchus de la nuit.
- Jupiter. . . i5 11 20 23 6 4 02 12 49 — 3 3o 41,2 y Vierge Toute la nuit.
- Saturne . . i5 16 23 22 3i 4 40 I 2 14 + 1 2 I i7>4 r\ Vierge Toute la nuit.
- Uranus. . . 16 3 44 9 X X 14 37 22 55 — 7 45 3,2 X Verseau Le matin à l’aurore.
- Neptune. . i5 11 56 l9 2 I 2 45 9 3 -j- 16 59 2.4 tï1-?:2 Cancer Première moitié de la nui t.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessus, établi au moyen des données de Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, donne les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois d’avril.
- Mercure est inobsei'vable, étant en conjonction supérieure avec le Soleil, le 24 avril, à 181'.
- Vénus va commencer à devenir visible après le coucher du Soleil, à la fin du mois. Grandeur stellaire :
- —3,4. Disque ilhmtiné à la fin du mois : 0,94.
- Mars se lève, le 15, un peu avant minuit; son diamètre augmente rapidement, puisque, le 25, il sera de i3",6. On peut commencer utilement les observations de sa surface. Le 7 avril, vers minuit, la région du Lac du Soleil sera tournée vers la Terre. Le i5, ce sera la région de la Baie du Méridien. Le 2.3, celle.de la Grande Syrte. Malheureusement pour les latitudes de la France, Mars sera très bas sur l’horizon et les observations physiques, en nos régions, s’en ressentiront. Au passage au méridien, la planète ne sera guère qu’à 170 au-deôsus de l’horizon de Paris.
- Voici, pour permettre de mieux reconnaître la région de Mars tournée vers la Terre, les heures de passage du méridien zéro de Mars, au centre du disque, en temps légal. Rappelons que ce méridien zéro passe par la Baie fourchue de Sinus Sabaeus. Le tableau ci-après ne donne qu’un passage sur deux :
- Dates. Passage. Dates Passage.
- Avril ier 14h5gm Avril 18 ih i4m
- — 3 161’ i6m — 20 2h 3om
- — 5 17'’ 33m — 22 3h 46”
- — 7 x8h 5om — 24 511 2m
- 9 20h 7“ — 26 6h x8m
- — 11 2 Ib 2 4 m — 28 7h 34m
- - i3 i5 22h 4 lm a.3h 57“* 3o 8h 49“
- Jupiter sera en opposition le 4 avril. 11 brille toute la nuit entre les étoiles-a et y de la Vierge. Voici ci-contre les principaux phénomènes présentés par les quatre gros satellites de la planète.
- La signification de ces phénomènes a été donnée dans les Bulletins de la dernière opposition.
- Saturne, très près de r\ Vierge, et dont l’opposition a eu lieu à la fin du mois dernier, est observable toute la nuit. Par suite de la combinaison des mouvements de la Terre et de Saturne autour du Soleil, l’anneau se referme légèrement actuellement. Nous voyons toujours la face nord, qui est éclairée par le Soleil pour i5 ans. Voici les éléments de l’anneau à la date du 5 avril :
- Grand axe extérieur......................... 43",83
- Petit axe extérieur................... -j- 3",54
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. ............................... -j- 4°89'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau, . ........................... + 5° 27'
- Uranus, très près du Soleil, est pratiquement inobservable.
- Neptune est encore très bien placé pour l’observation ; visible dès la tombée de la nuit, il se couche, le 15, à 2h 45m du matin. La petite carte (fig. 1) que nous reproduisons d’après Y Annuaire astronomique pour 1922 donne sa marche sur le ciel pendant l’année et permettra de le trouver à l’aide d’une très petite lunette. Le voisinage des deux étoiles tt1 et n9 Cancer facilitera beaucoup cette recherche. On voit, par les chiffres 4 et 5 portés sur la trajectoire apparente de Neptune, que cette planète sez’a presque stationnaire en avril, ce qui permettra de la suivre chaque jour très facilement, une fois qu’on l’aura trouvée.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Avril Heui-e. Satel- lite. Phéno- mène. DATE Avril Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- 4 o1 5o“ I 0. c. 17 20b 9“ III Im.
- 4 0 52 I p. c. X1 23 34 III E. f.
- 4 22 2 I E. c. 19 2 2 47 I P. c.
- 5 0 14 I E. f. 19 2 3 8 I 0. c.
- 5 19 18 I P. c. 20 0 58 I P. f.
- 5 !9 l9 I 0. c. 20 I 20 I 0. f.
- 5 2 X 29 I P. f. 20 19 56 1 Im.
- 5 21 32 I 0. f. 20 22 3o I E. f.
- 6 J9 43 II P. c. 21 0 I 2 II P. c.
- 6 19 49 II 0. c. 21 O 57 II 0. c.
- 6 22 i4 II P. f. 21 19 24 I P. f.
- 6 22 23 II 0. f. 2 I *9 49 • I 0. f.
- 10 19 41 III E. f. 22 22 32 II E. f.
- 11 2 3 46 I Im. 24 23 26 III Im.
- x 2 2 I 2 I P. c. 27 0 32 I P. c.
- 12 21 14 I 0. c. 27 I 3 I 0. c.
- 12 23 i3 I P. f. 27 21 40 I Im.
- 12 a3 26 I 0. f. 28 0 24 I E. f.
- i3 20 36 I E. f. 28 9 3x I 0. c.
- i3 21 58 II P. c. 28 21 9 I P. f.
- x3 22 23 II 0. c. 28 21 43 I 0. f.
- 14 0 28 II P. f. 29 2 I 22 II Im.
- - 14 0 57 II 0. f. 3o I 8 II E. f.
- x 5 »9 56 II E. f.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 7, à q\ Neptune en conjonction avec la Lune.
- Le 10, à i8h, Saturne Le 11, â 9h, Jupiter Le 16, à 5h, Mars Le 22, à 2o\ Uranus Le 27, à io\ Mercure Le 28, à 1911, Vénus
- — la Lune, à 3° 19 N. —— la Lune, à i° i5' N.
- — la Lune, à 5° 6' S.
- — la Lune, à 3° 1^' S.
- — la Lune, à 20 4q7 N.
- — la Lune, à 4° i-.3' N.
- p.2x61 - vue 473/620
-
-
-
- •»
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Etoiles variables. — Minimum de l’étoile Algol ((3 Pensée), variable de la grandeur 2,3 à la grandeur 3,5 en 2J 2oh 48“ : le 2 avril, à 2oh49m- En raison de la position de la constellation de Pensée près de l’horizon Nord-Ouest, se couchant de plus en plus tôt, les autres rni-nima du mois sont, inobservables, se produisant, soit sous l’horizon, soit en plein jour.
- Suivre avec attention l’étoile Mira Celi (o Baleine), variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8, dont le maximum doit se produire au milieu du mois de mai prochain.
- Etoiles filantes. — Le 9 avril, étoiles filantes. Radiant près de r. Hercule.
- Du 16 au 3o avril, étoiles filantes, radiant, près de r) Bouvier.
- Du 19 au 22 avril, essaim des Lyrides. Radiant près de 104 Hercule. Météores rapides.
- Du 29 avril au 2 mai, étoiles filantes. Radiant près a Verseau.
- V. Constellations. - L’aspect du ciel, le ier avril, à 2ih, ou le i5 avril, à 20h, est le suivant :
- Au Zénith, la Grande Ourse, le Lion; le Dragon est au Nord-Est.
- Au Nord, la Petite Ourse, Céphée, Cassiopée.
- A l’Est, le Bouvier, la Chevelure, la Balance, la Vierge.
- Au Sud, le Corbeau, l'Hydre, la Licorne, le Petit Chien. .
- A l’Ouest, les Gémeaux, Orion, le Taureau et les Pléiades. E.m. Touchet.
- Jteo
- iso
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il në peut être, en général, répondu immédiatement.
- Question à nos lecteurs. — M. X. F., à Paris, demande : « Dans quels ouvrages ou articles de dictionnaires peut-on trouver des renseignements sur les gîtes, la description et le traitement des ocres? »
- Réponses. — M. Jean Patriarche, Gosselies. — 1® Pour s'assurer que l'eau de source contient du fer en dissolution, évaporer un litre d’eau, sécher le résidu à l’étuve à io5-iio°, y ajouter quelques centimètres cubes d’acide chlorhydrique et évaporer à sec pour insolubi-liser la silice. Reprendre le précipité par l’eau et filtrer, Dans le liquide obtenu, ajouter un léger excès d’ammoniaque et chauffer à l’ébullition. Le fer apparaît à l’état de précipité.
- 2° Le vinaigre de malt est obtenu par fermentation d’extrait de malt ou d’un mélange de celui-ci avec de la bière.
- M. E. U., à Arcueil (Seine). -— La charrue à vigne inter-ceps, dite décavaillonneuse « Idéal », du système Picart et Labadie, est en vente au Comptoir agricole de Boi’deaux et du Sud-Ouest (H. Daurel), 22, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux, où tous renseignements pour l’achat vous seront donnés.
- . M. J. Pasural à Barcelone. — Comme suite à notre réponse du 7 janvier, vous pouvez également pour le matériel de fabrication de produits pharmaceutiques consulter M. Tournillac, 29, rue Terrasse, Marseille.
- W. à Montargis. — i° Pour le réflecteur et le condensateur de l’appareil que vous vous proposez de construire, vous pourxdez vous adresser à M. G. Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris, qui vous indiquerait les modèles les mieux en rapjoort avec le format spécial de vos diapositifs. La même maison vous fournirait des lampes électriques à foyer réduit, que vous trouveriez aussi chez M. Tiranty, 91, rue Lafayette. Ce dernier construit également un appareil de projection, la lanterne « Gnome », qui n’est pas très coûteuse et dont l’achat serait peut-être plus avantageux que la construction d’un appareil à l’aide de pièces détachées ;
- 20 II y a eu, sans doute, des imitations du « Taxi-phote » ; mais nous ne vous conseillons pas l’acquisition d’un arLicle à bas prix, qui ne saurait offrir les mêmes garanties de solidité, de précision et de durée.
- M. S. Campardon, à Toulouse. — Etoile filante nébuleuse. Notre correspondant nous écrit que le 17 septembre 1921, vers 21 heures, se trouvant à Saint-Félix (Haute-Garonne), il a été témoin de l’apparition d’une étoile filante se mouvant du Nord au Sud, vers l’extrémité de la queue de la Grande Ourse. Le déplacement, très lent, s’est effectué, sans traînée, sur un arc de quelques degrés seulement. Ce météore était très peu brillant et son diamètre apparent était relativement considérable. M. Campardon a eu tout le temps de l’observer,
- il a mis 3 à 4 secondes à disparaître, 11 avait beaucoup plus l'aspect d’une nébuleuse que d’une étoile filante.
- Ce n’est pas la première fois que l’on observe des étoiles filantes nébuleuses, quoique ce genre de météore soit assez rare. M. Tacher, à Bournbrook (Angleterre) en vit certains exemples remarquables pendant l’apparition desPerséidesde 1898 et de a 8g5 : « Ils ressemblaient, dit-il, à des nuages électriques en mouvement rapide » et ils se dirigeaient vers le radiant des Perséides, juste à l’opposé des autres étoiles filantes. M. Péridier et M. Soulié, à Cette (Hérault) et M. L. R.oy, à Belfort, ont observé des météores de ce genre pendant la chute des, Perséides de 1901. Lors d’observations systématiques organisées par la Commission des Etoiles filantes de la Société astronomique de France, au mois d’août 1902, M. J. Péridier, à Cette, nota une étoile filante comme ayant une « apparence nébuleuse », M. H. Chrétien en vit une à l’Observatoire de Juvisy et M. Em. Touchet une autre à Clamart, sorte de boule de vent lumineuse traversant l’atmosphère. M. Baldet en vit deux à Paris, les 18 et 21 mars 1903. Le fait semble donc bien établi. Il serait téméraire d’avancer une explication et l’on doit souhaiter que de nouvelles observations viennent éclairer cette question particulièrement troublante de l’Astronomie météorique (voir, pour la documentation de cette question, la revue L’Astronomie, années 1901, 1902 et 1903).
- M. Paul Malbry, à Yevey (Suisse). — i° Pour documentation sur les procédés de fabrication des essences alcooliques de citron, orange et fruits employés à la fabrication des limonades gazeuses, voici les ouvrages que l’on peut consulter : Manuel pratique du Fabricant de Boissons gazeuses et de sirops, par A. Piard, 1 volume; Manuel pratique du Fabricant de liqueurs, par le même, 1 vol.; Manuel pratique de la fabrication des Eaux et Boissons gazeuses, par J. Fritsch, 1 vol.; pour les deux premiers, s’adresser à M. A. Piard, chimiste, 7, rue Pierre-Dupont, Èi Lyon; pour l’autre, chez H. Desforges, libraire, Paris, 29, quai des Grands-Augus-tins, 6e; Manuel du Fabricant d’Eaux et Boissons gazeuses, par Gasquet et Jarre, 1 vol. (Mulo, éditeur, Paris, 12, rue Hautefeuille, 6e) ; Boissons gazeuses au point de vue alimentaire, Guide du Fabricant et du Consommateur, 1 vol. (J. Boulu et Gie éditeurs, Paris,
- 31, rue Boinod); Annuaire des Fabricants de Boissons gazeuses (Paris, 100, avenue Ledru-Rollin) ; Manuel du Confiseur-Liquoriste, par Arnou, 1 vol. (Paris, 16,, rue du Débarcadère, 17°) ; La Fabrication des Liqueurs, par J. de Brévans, x vol. (Librairie Agricole, Paris, 26,. i’ue Jacob, 6°) ;
- 20 Pour les essences et extraits alcooliques de fruits„ voyez produits Gallia, essences solubles pour limonades, de Joseph Gazan, 7, rue Guibal, à Marseille:, parfums solubles de citron, orange, etc., de A. Durban*. Paris, 35, mie des Francs-Bourgeois, 4e; Société Française des Pi’oduits aromatiques, Lyon, 19, rue Camille;, M. Arnou et M. Piard, adresses indiquées ci-dessus.
- MM. C. et I)., rue Saint-Lazare, Paris. —- Vous-obtiendriez, croyons-nous, des adresses de producteurs d’huile de pin, en écrivant aux Etablissements Gatte-fossé, 19, rue Camille, à Lyon. Voyez aussi à la revue
- &
- p.2x62 - vue 474/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Les matières grasses (A.-D. Cillard, ingénieur, éditeur, Paris, 49> rue des Vinaigriers, io'). Vos recherches pourraient se diriger également dans la région landaise, où sont exploités les bois de pin. Vous pourriez demander des indications à M. Vèzes, Directeur du Laboratoire dé chimie appliquée à l’industrie des résines, à Bordeaux, et à M. Emile Bodin, Directeur du journal Bois et Résineux, 28, Cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux; à M. Ernest Milliau, Directeur du Laboratoire de Recherches chimiques, à Marseille. Nous ne possédons pas les adresses demandées.
- M. le D1 F. R., à Baignes (Charente). — Le mutage des moûts pour la fabrication des vins sans alcool se fait suivant divers procédés que nous ne pouvons décrire dans la Botte aux Lettres, vu l’espace restreint dont nous disposons. Vous trouverez des indications dans l’ouvrage de M. Barbet : La Vinerie, 1 vol., 6 fr. (II. Dunod, éditeur, Paris, 47, quai des Grands-Augus-tins, 6e). En outre, voyez chez Coulet, éditeur, 5, Grand’Rue, à Montpellier.
- A la Station viticole de Cognac, et à la Direction des Services agricoles de la Charente, à Angoulême, on pourrait de même vous donner des indications.
- M F. A., à Paris. — Vous trouverez des papiers spéciaux pour reports, notamment le « papier glace ». et le papier « Aquachine », chez M. H. Calmels, à Paris,
- i5o, boulevard du Montparnasse. Il nous parait cependant plus pratique, pour obtenir une copie transparente de gravure destinée à la projection, d’en exécuter une reproduction photographique. Quel que soit d’ailleurs le procédé employé, il sera toujours utile, sinon indispensable, de protéger le diapositif sur verre en appliquant sur l’image un second verre, les deux plaques étant maintenues assemblées au moyen d’un bordage de papier aiguille.
- i° M. G, Hervieu, château du Pentey, à Libourne;
- 20 M. A. Vigouroux, pharmacien à la Jarrie. Durcissement de la chaux-(n° 2492 du 7 janvier 1922).
- L’information dont vous parlez provient du brevet français, n° 521 789, pris ces temps derniers par M. Justin Mueller. Vous pouvez donc en avoir le libellé entier en vous adressant aux Archives départementales de votre Préfecture, ou au Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, soit encore à une agence de brevets qui vous en donnerait une copie, ainsi qu’à la librairie Belin, 8, rue Pérou, Paris.
- Je crois qu’il vous sera facile de vous procurer les produits en question auprès des grands fabricants de produits chimiques : Kulmann, Poulenc, etc.
- M. Duplan, à Paris. — Vous trouverez la description de la construction simple d’un aspirateur de poussières dans le n° 2442 du 22 janvier 1921.
- '1pd
- BIBLIOGRAPHIE
- QSt,
- ossC
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Animaux venimeux et venins, par le Dr Marie Piiisalix. 2 vol. in-8, 1600 p.., 521 fig., 17 pl. Masson et Cie. Prix : 120 francs.
- Le bel ouvrage que fait aujourd’hui paraître Mme Phisalix est le fruit de longues années de travail et de recherches techùiques, faites au Muséum d’His-toire naturelle de Paris, en collaboration, d’abord, avec le Dr Césaire Phisalix, puis seule depuis la mort prématurée de ce dernier, en 1906.
- Cet ouvrage comprend la fonction venimeuse toute entière, c’est-à-dire la fonction toxique chez les animaux, et l’Anatomie des appareils venimeux dans tous les groupes zoologiques.
- C’est donc une œuvre de portée générale, aussi bien que de documentation précise et étendue, par son développement même, et les références bibliographiques qui accompagnent chacun des sujets principaux des différents chapitres.
- Il coordonne les acquisitions anciennes et modernes que l’expérience scientifique a confirmées, montre l’importance des espèces venimeuses qui, par leur nombre et leur variété, constituent pour l’homme et ses auxiliaires animaux l’un des fléaux les plus redoutés des régions tropicales, et en particulier de nos colonies.
- Il fixe le sens biologique de la fonction venimeuse, qui apparaît comme l’exagération permanente ou temporaire d’une fonction normale de l’organisme, utile d’abord à celui-ci par sort influence directe sur les échanges nutritifs et les processus d’immunité naturelle, avant d’être accessoirement utilisée à l’attaque de la proie ou à la défense de l’individu et de l’espèce.
- •Il montre enfin les rapports étroits que présente la connaissance des animaux venimeux et des venins avec les principales branches des sciences naturelles et médicales : l’Anatomie comparée, la Chimie biologique, la Physiologie, la Pathologie et la Médecine tropicales, la Parasitologie, la Protozoologie, la Thérapeutique. L’admirable ouvrage de Mme Phisalix forme donc le complément des autres traités didactiques des Sciences naturelles et médicales.
- Aux progrès réalisés depuis 1888 dans la connaissance des venins et animaux venimeux, les docteurs Césaire et Marie Phisalix ont apporté la contribution personnelle de plus de 200 publications. Entre autres conséquences, ces recherches ont conduit M. C. Phisalix à la découverte, en collaboration avec G. Bertrand, du sérum contre le venin de la Vipère aspic, tandis qu’à l’Institut Pasteur de Lille, M. A. Calmette trouvait par un autre procédé le sérum anticobra.
- Agenda Dunod 1922. Commerce. 1 vol. in-16, 448 p. Dunod, Paris. Prix cartonné, toile souple : 9 francs.
- Recueil de très nombreux renseignements utiles aux négociants, banquiers, industriels : monnaies ; poids et mesures; organisation commerciale; sociétés commerciales; vente et nantissement des fonds de commerce ; adjudications ; navigation maritime ; enregistrement ; timbre ; douanes; chemins de fer; tarifs et transports de marchandises; colis postaux; institutions et groupements concernant le commerce et l’industrie; formation du contrat de travail et dispositions légales ou réglementaires concernant le contrat; règlement des conflits résultant du travail; réglementation du repos hebdomadaire ; accidents du travail; brevets d’invention; dessins • et - modèles ; marques de fabrique ; protection internationale de la propriété industrielle.
- Application de la résistance des matériaux au calcul des avions, par M. Boilève. i vol. in-8,-242 p.. 162 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921. Prix : 3o francs.
- L’auteur expose les meilleures méthodes à employer pour calculer d’une façon rigoureuse lés dimensions et les formes des diverses pièces d’un aéroplane : cellule, fuselage, gouvernes et stabilisateurs, trains d’atterrissage. Il indique les divers efforts dont il faut tenir compte dans ces calculs : efforts en régime normal, efforts pendant les diverses circonstances exceptionnelles qui peuvent se présenter en vol, effets des vibrations. L’auteur donne avec raison une grande importance à l’étude des ferrures et attaches. Ouvrage utile qui contribuera certainement aux progrès de la construction aéronautique.
- Jèes cosmétiques. Teintures pour cheveux, fards et poudres, crèmes et pommades, lotions, dentifrices, bandolines, mixtures épilatoires, par René le Florentin. 1 vol. in-rG br. de xiv-2o8 p., Desforges, éditeur, Paris, 1921. Prix : 6 fr. 76.
- p.2x63 - vue 475/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- INFORMATIONS
- QSL
- N° 2500
- ».
- ' 4 Mars 1922
- Nécrologie. — D. C. Tschernoff. — La Revue de Métallurgie annonce la mort, à l’àge de 82 ans, du grand savant russe D. C. Tschernoff, survenue le 2 janvier 1922. De la note substantielle que M. Portevin consacre à son oeuvre nous extrayons ce qui suit. Le nom de M. Tschernoff reste attaché à deux découvertes fondamentales qui ont été le point de départ de presque toutes les études modernes sur l’acier : la notion des points critiques de l’acier et celle des modiiicatioris de structure qu’il éprouve par les traitements thermiques. En 1866, Tschernoff, sorti de l’Université de Pétrograd, prend la direction de l’Aciérie Oboukhoff, spécialisée dans la fabrication des canons en acier. Il demeura attaché à cette usine jusqu’en 1880 et c’est là qu’il produisit ses travaux sur le traitement thermique, la cristallisation et la métallographie de l’acier. Les'découvertes de Tschernoff ont produit en sidérurgie une véritable révolution.
- Son premier mémoire date de 1868 et compte parmi ses oeuvres les plus importantes ; il ne fut connu en France que 9 ans plus tard ; il compare l’acier à une solution saline et il indique l’existence de températures, variables avec les divers aciers, marquant les limites de possibilité de trempe et de changements de structure. Ne disposant pas encore des moyens de mesure de température qui devaient être apportés plus tard par le pyromètre à couple thermoélectrique de Le Chatelier, il ne put que se borner à caractériser ces points par les couleurs lumineuses dont les nuances ne peuvent être distinguées que par un œil très exercé. Il était réservé au savant français Osmond, en 1886, de préciser la position de ces points critiques dans l’échelle des températures et leur signification.
- Projet de triangulation du globe par T. S. P. —
- Le 14 février dernier, M.le général Ferrie a donné dans l’amphithéâtre de physique de l’Ecole Polytechnique, sous les auspices de la Société des Amis de la T. S. F., une conférence fort intéressante et fort applaudie sur les récents progrès de la télégraphie sans fil, suivie d’un concert radiotéléphonique dont la première partie fut émise par la Tour Eiffel et la seconde par la station de Sainte-Assise.
- Au cours de sa conférence, le général Ferrié a annoncé un projet remarquable et grandiose d’utilisation de la T. S. F. pour une triangulation exacte du globe. Les ondes hertziennes circulant à la vitesse de 3oo 000 km par seconde, on peut transmettre l’heure entre deux stations très éloignées avec une précision de l’ordre du centième de seconde. Une différence de temps de cet ordre correspond à une distance d’environ 5 m. à l’équateur.
- On peut donc envisager qu’un point, déterminant son heure locale par observation astronomique et recevant l’heure d’origine d’un autre point par T. S. F., calcule, avec une précision de l’ordre de 5 m. de distance au point d’origine.
- En opérant ainsi entre quelques stations importantes et bien déterminées, on pourrait tracer sur le globe un premier polygone de triangulation fort exact, puis partir de là pour établir une nouvelle triangulation de deuxième ordre à polygones plus petits et plus nombreux, et, abordant ensuite des points de troisième ordre, etc., aboutir à une triangulation complète du globe terrestre, avec une précision sensiblement égale et des opérations beaucoup plus rapides et moins coûteuses que par les procédés géodésiques employés jusqu’ici.
- L’utilisation de la force des vagues. Dispositif Fusenot. — A propos de l’article publié sur cet appareil [La Nature, n° 2491), nous recevons de M. Effère la lettre suivante :
- « L’utilisation de la puissance motrice des vagues mérite d’attirer l’attention, surtout sur les côtes de l’Océan où la mer, agitée sérieusement d’une manière assez constante, pei-met de recueillir beaucoup d’énergie dans une étendue assez restreinte, et par conséquent avec des frais d’installation relativement modérés.
- Au Maroc surtout, il nous semble qu’il y a grand pi’ofit à créer des organisations du genre de celle de
- M. Fusenot, avec les modifications que comporte l’amplitude de la marée.
- La puissance disponible par mètre courant de côte dépend de l’amplitude et de la fréquence de l’oscillation, verticale en principe, qui constitue la vague; et ces éléments dépendent l’un de l’autre. On peut établir la formule de liaison, la loi de succession des soulèvements en un point fixe, en négligeant l’effet du vent : celui-ci précipite ou ralentit l’arrivée des maxima, mais dans une proportion qui ne nous semble pas très considérable ; il doit cependant raccourcir ou allonger la sinusoïde.
- Si on ne fait pas entrer cet élément en ligne de compte, la durée qui sépare dexix surélévations successives est le temps qu’il faut à une molécule d’eau pour tomber du niveau maximum au niveau minimum. Appelant h la hauteur de la crête de la vague au-dessus du
- niveau moyen, il faut à la molécule un temps t — —
- pour rentrer au niveau moyen et un, temps égal pour descendre de la même quantité h jusqu’au fond de la dépression complétant la forme sinusoïdale de la -surface agitée.
- Il résulte de là qu’un flotteur fait, par seconde, -\J chutes de la hauteur h, et s’il pèse p kilo-
- Jl j cr j h O'
- grammes, son travail est p -U/ ou pif — par se-
- conde.
- Ce chiffre peut être accru très sensiblement par l’effet du vent venant du large, qui précipite les lames les unes sur les autres, si on suppose l’appareil installé dans une eslacade assez éloignée de la'Côte, pour éviter le ressac. Ce n’est pas le cas ordinaire, et l’effet de ce contre-effort doit diminuer la puissance motrice des vagues. D’autres circonstances, comme l’inertie du flotteur, devraient entrer dans le calcul, de sorte que la formule ci-dessus apparaît comme un maximum.
- Quant au poids du moteur, il est facultatif, mais égal au poids du Volume d’eau déplacé ; la largeur du flotteur, comptée parallèlement à la crête des vagues, c’est-à-dire à la rive voisine, peut être celle du front d’emplacement dont on dispose ; perpendiculairement à la crête des vagues, elle ne peut pas être bien grande, puisqu’il faut profiter du moment du maximum , (et du minimum) de hauteur du flot et par conséquent occuper une très faible partie de la distance des crêtes successives. Pour de petites vagues on se contentera sans doute de o m. 5o et dans une mer habituellement très houleuse, on pourra aller à 1 mètre.
- Pour des raisons analogues, on ne chargera . pas trop le flotteur, supposé de o m. 5o.de largeur, lui donnant un tirant d’eau de o m. 10 par exemple ; si on dispose de 10 m. de front avec ces données, l’énergie par seconde avec des lames de o m. 20 atteindra :
- 10 m. X o m. 5o X 0 m- 20 = 1000 k.
- 4 /hg___4./o,2X9.8i ____1
- VV-V -----------8---------- environ.
- Soit 25o kgm ou 3 1/4 chevaux à transmettre à l’arbre' de couche.
- Cette puissance s’accroît comme la racine carrée de la hauteur ordinaire des lames :
- pour h — o m. 20. . . 3 1/4 chevaux,
- = 0 m. 40. ,. 4 !/2 chevaux,
- = 1 m. 90, . . 18 chevaux, etc.
- Ces chiffres doivent être réduits par un coefficient d’utilisation.
- Le coefficient d’utilisation dépend largement des dispositifs employés pour la transformation des mouvements du flotteur en énergie disponible.
- Dans les points où la marée est très faible, on peut concevoir un flotteur relié à une extrémité d’un balancier assez long, dont l’autre extrémité manœuvre une tige de pompe avec parallélogramme de Watt; si cette pompe est employée à monter de l’eau dans un réservoir, l’ali-'
- 9
- p.2x64 - vue 476/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- mentation de celui-ci sera à peu près proportionnelle à la racine carrée donnée par la formule précédente, et toute l’énergie prévue sera utilisée, quelle que soit l’amplitude de la vague, sauf à l’affecter du coeüicient d’utilisation convenable pour une pompe, 70 pour roo par exemple.
- Le remplissage du réservoir devra nécessairement être utilisé par éclusées sur une roue ou une turbine motrice, ce qui fera intervenir un nouveau coeflicient qui peut être de 80 pour 100 pour un moteur bien installé ; de telle sorte qu’on peut peut-être arriver pratiquement à un rendement définitif de 5o et même de 55 pour 100 de l'énergie recueillie par le flotteur.
- En raison de son incompressibilité, l’eau semble le seul moyen d’utiliser les courses très variables auxquelles donne naissance le mouvement des vagues ; c’est ce que semble bien avoir compris M. Fusenot, et c’est pourquoi son appareil a donné des résultats satisfaisants, tandis que tous les essais faits avec l’air sont voués à l’échec plus encore que ceux où on veut essayer des moyens mécaniques • engrenages, roues à déclic, etc.
- Lorsque le coeflicient de marée est un peu élevé, l’installation rationnelle est beaucoup plus difficile ; il faut, dans le même système, envisager une course du flotteur de plusieurs mètres, et par conséquent donner au balancier une très grande longueur.
- Il y a là de quoi exercer largement l’ingéniosité des constructeurs mécaniciens, mais la question posée est fort importante sur toutes les côtes et particulièrement sur celles des océans, où les vagues sont relativement fortes, mais où les marées le sont aussi.
- Les dépenses d’installation à prévoir sont très élevées, mais il semble qu’elles puissent être réduites à des chiffres acceptables auprès des ports munis de digues perméables au flot et établies dans un autre but utilitaire. »
- en plus apparaît la nécessité de développer la production de plantes alcoolisables.
- Les ressources mondiales en pétrole. — D’après les Commerce Reports des Etats-Unis, le stock de pétrole enfermé dans les assises terrestres peut être évalué à 43 milliards de barils de 190 litres, soit à 81,7 milliards d’hectolitres ou à 163,4 milliards de ces bonbonnes de 5o litres que nous voyons dans toutes les épiceries.
- Ces 43 milliards de barils se répartissent ainsi ;
- barils.
- Etats-Unis et Alaska 7.000.000.000 —
- Russie méridionale ; sud-ouest de la Sibérie et Caucase . . . 5.83o.ooo.ooo —
- Perse et Mésopotamie .... 5.820.000.000 —
- Partie Nord de l’Amérique du Sud, y compris le Pérou. . . 5.730.000.000 —
- Mexique 4.525.000.000 —
- Partie méridionale de l’Amérique du Sud 3.5 5o.000.000 —
- Indes orientales 3.015.000.000 —
- Chine 1.375.000.OOO —
- Japon et Formose ....... 1.z35.000.000 —
- Roumanie, Galicie et Europe occidentale 1.135.000.000 —
- Indes 995.000.000 —
- Canada 995.000.000 —
- Algérie et Egypte 925.000.000
- La production mondiale s’étant élevée en 1920 689 millions de barils, dans soixante-deux ans envir
- les ressources mondiales en pétrole se trouveraient donc épuisées.... A moins que les gisements connus ne soient plus riches qu’on ne le suppose et que de nouvelles sources cl’huile minérale ne soient découvertes.
- Charles Rabot.
- Nouvelles contributions à la solution du problème du carburant. — Dans une récente étude, sur cette question, M. Nicol de Portemant, cité dans le journal Bois et Résineux, engage les fabricants de pâtes à papier à distiller les lessives de papeteries pour en extraire de l’alcool industriel.
- D’autre part, M. C. Flaunet, ingénieur, fait remarquer que le furfurol, que certains alcools peuvent contenir, loin d’être nuisible, apportera son appoint comme éther. Il préconise l’addition d’éther éthylique à l’alcool, comme ayant l’avantage d’abaisser le point d’inflammabilité de l’alcool, ce qui présente une particularité intéressante.
- L’alcool, pour devenir gaz carburant ou gaz explosif, exige bien moins d’air que l’essence minérale; 100 gr. d’essence minérale exigent 1 726 gr. d’air tandis que 100 gr. d’alcool 11’en exigent que 827 gr. L’alcool se mélangeant avec l’eau, il résulte de cette faculté que l’excès d’un peu d’eau au carburateur ne peut gêner le fonctionnement de celui-ci.7
- M. le Dr Chevalier estime que pour'parer à l’insuffisance de notre production actuelle d’alcool disponible pour la carburation, il faut développer les cultures de plantes amylacées aux colonies : banane, riz, manioc et surtout la patate, dont le rendement en tubercules est de 3o à 40 tonnes à l’hectare. La patate croît en 90 jours, est de culture facile, se sèche facilement en cossettes et peut se traiter dans presque toutes les distilleries en France.
- En ce qui concerne le carburant, M. le Dr Chevalier propose un liquide volatil constitué par un mélange de terpines et d’hydrocarbures, soluble dans l’alcool et dans le mélange alcool-benzol, donnant des solutions brûlant sans laisser de résidu, à caractères homogènes et stables entre 400 et — io°, neutre, et possédant les propriétés requises pour être accepté comme dénaturant de l’alcool moteur par l’administration.
- Ce produit est obtenu par distillation catalytique des produits résineux du pin; il peut être obtenu à bon compte et en abondance. L’essai en a été fait lors des expériences de motoculture, à Bourges, par un tracteur de série, non modifié, travaillant alternativement à l’alcool carburé à 10 pour 100 et à l’essence, avec une consommation supérieure de 25 pour 100, qui pourra diminuer par un réglage du carburateur.
- On voit là une solution nouvelle du problème de la carburation, dont l’intérêt ne peut échapper. De plus
- L’émigration allemande dans les ex-colonies allemandes d’Afrique. — Continuant ses enquêtes sur l’émigration allemande dans le monde, M. René Le Conte vient de publier dans le Mouvement géographique l’étude statistique du mouvement de ceux-ci dans leurs anciennes colonies d’Afrique. Depuis 1901, date des premières données numériques, 43 943 Allemands sont partis pour l’Afrique et 36 65o en sont revenus ; il faudrait ajouter au nombre des immigrants les militaires démobilisés sur place et y ayant reçu des concessions.
- On sait que l’Allemagne, venue trop tard aux conceptions coloniales, à cause de l’opposition de Bismarck, ne trouva plus à s’installer en Afrique qu’au Togo, au Cameroun, dans le Sud-Ouest et l’Est. Le Togo et le Cameroun, pays tropicaux, ne pouvaient devenir terres de colonisation. Le Sud-Ouest, plus loin de l’équateur, et l’Est Africain, contenant des hauts plateaux de plus de 1000 m. d’altitude sont habitables, mais la population indigène y est trop dense pour laisser beaucoup de place aux colons européens.
- De igoi à 1912, 1742 Allemands arrivèrent au Togo et 1249 en repartirent. 6421 arrivèrent au Cameroun et 5o22 en repartirent, 24 292 allèrent dans le Sud-Ouest et 21 084 en sortirent, 11 5a8 entrèrent'dans l’Est et 9296 le quittèrent.
- En 1 g13, on comptait 12292 Allemands dans leur colonie du Sud-Ouest, 4107 dans l’Est, 1648 au Cameroun, 320 au Togo. Beaucoup sont partis depuis la guerre, volontairement ou par expulsion, et ont été s’installer en d’autres pays, notamment au Paraguay qui leur a donné des terres.
- Valeur comparée des graisses animales et des graisses végétales. — Le professeur allemand Ivlee-berger a étudié la valeur des graisses animales comparativement aux graisses végétales. D’après ses observations, la graisse végétale coûterait moitié moins à fabriquer que la graisse animale.
- Alors que 1 kg de graisse de bœuf nécessite une dépense de 11 marks pour l’engraissement, on peut préparer 1 kg d’huile de colza pour 4 à 5 marks.
- In hectare de pâturage donne, en moyenne, une augmentation de poids du bétail de 3oo kg, soit 180 kg de poids abattu, soit i,o3 millions de calories. Un hectare de colza donne i5oo kg de graine, correspondant, à 376 kg d’huile de colza et 1126 kg de tourteau, avec un total de 5,86 millions de calories.
- ^§1 66 |jP
- p.2x65 - vue 477/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- Le dessouchage par l’air liquide. — On a expérimenté récemment, et avec succès, en Angleterre, un nouveau procédé de dessoucliage qui consiste en remploi de l’air liquide. Voici le mode opératoire :
- Des bonbonnes spéciales contiennent de l’air liquide, ou plutôt de l’oxygène liquide à une température de i85° C. sous zéro. Ces bonbonnes sont disposées de façon à maintenir le degré de froid et éviter l’évaporation.
- La souche d’arbre est percée de trous, comme s’il s’agissait de la faire sauter à la dynamite.
- On introduit dans l’air liquide une cartouche spéciale faite de sciure de bois; on l’introduit dans le trou foré et on fait exploser, soit par un cordon, soit par un détonateur.
- Un volume d’air liquide contenant autant d’oxygène que 3700 volumes d’air atmosphérique, la combustion de la sciure, dans cet oxygène concentré, se fait avec une extrême rapidité. Aussi la quantité de gaz produite est très grande et parvient à arracher les souches par la pression très considérable qu’elle détermine.
- Ce procédé est appelé à rendre de réels services pour le dessoucliage rapide et complet.
- Éclairage et chauffage par le gaz de bois. — Plusieurs villes anglaises ont adopté l’éclairage au moyen du gaz fourni par le bois. A Steyning (comté de Sussex), les habitants s’éclairent avec du gaz fourni par des blocs de chêne. Le succès de cette innovation a engagé plusieurs autres villes à suivre cet exemple.
- fl semble que les gaz extraits du bois ont les mêmes propriétés que le gaz provenant du charbon et; qu’ils peuvent être employés avec le même succès pour le chauffage et l’éclairage. En outre, ils permettraient au consommateur de réaliser une économie appréciable.
- A Birmingham, les blocs de bois usés ayant servi au pavage des rues, sont utilisés à la production du gaz et les résultats obtenus sont de même satisfaisants.
- Le printemps précoce. — M. Fernand Gâches nous signale la précocité du printemps de cette année. « J ’habite, écrit-il, sur une colline, en face Saint-Marcel à g km de Marseille. Le temps étant très doux j’ai déjeuné le 22 janvier sur la terrasse, tout en lisant La Nature d’aujourd’hui. Comme je la terminais et la fermais, j’aperçus une hirondelle. Croyant me tromper, je regardais mieux et j’en aperçus 20 à 3o voltigeant à travers les pins cjui environnent la villa. C’étaient bien des hirondelles et non des martinets. Elles ont évolué pendant un quart d’heure environ et à 31' 5m elles avaient disparu sans que je puisse me rendre compte dans quelle direction. Elles paraissaient venir de la direction de Marseille, c’est-à-dire de l’Ouest;. Cela m’a d’autant plus étonné que la semaine dernière il a gelé pendant 2 ou 3 jours. Je dois ajouter cependant que tous les rosiers de mon jardin ont des feuilles ou sont prêts à en avoir et que les lilas, les blancs surtout, ont des bourgeons déjà gros.
- Nouvelle horloge florale. — Depuis Linné, on sait qu’on peut composer, dans les jardins une horloge de Flore dont les heures" sont indiquées par l’épanouissement successif de différentes fleurs. Cette curiosité horticole a été fréquemment réalisée. La seule difficulté est de choisir des plantes fleurissant toutes dans la même saison, en même temps.
- Le Journal of American Pharmaceutical Association propose la série des plantes suivantes fleurissant toutes en juin et juillet :
- Epervière jaune (Hieracium aurantiaca) qui s’ouvre à 6 heures du matin.
- Souci (Calendula pluvialis) qui s’ouvre à 7 heures du matin.
- Miroir de Vénus' (Specularia Spéculum) qui s’ouvre à
- 8 heures du matin.
- Souci des champs (Calendula arvensis) qui s’ouvre à
- 9 heures du matin.
- Giroflée (Cheiranthus cheiri) qui s’ouvre à 10 heures du matin.
- (Taraxacum montanum) qui s’ouvre à 11 heures du matin.
- (.Mesembryanthemum) qui s’épanouit à midi.
- Œillet (Dianthus) qui fleurit à 1 heure de l’après-midi.
- Pyrèthre [Pyrethrum corymbosum) qui fleurit à 2 heures de l’après-midi.
- Epervière rouge (Hieracium) qui s’ouvre à 3 heures de l’après-midi.
- Belle de nuit [Mirabilis dichotoma) qui s’ouvre à 4 heures de l’après-midi.
- Silène nocturne (Silene noctiflora) qui fleurit à 5 heures de l’après-midi.
- Les archives photographiques du Touring Club de France. — Pour mener à bien l’œuvre qu’il a entreprise de faire connaître les beautés naturelles et artistiques de la France, le T. C. F. a besoin d’une riche documentation photographique. A cette fin, il fait appel à la collaboration de tous les photographes, amateurs ou professionnels, pour l’aider à constituer les archives photographiques de la France touristique. Des documents ainsi recueillis, il s’efforcera de tirer le meilleur parti, sous les formes les plus variées ; illustration de la Revue, projections pour conférences, collections consultées au siège social, publications et propagande à l’étranger. Des récompenses et des subventions seront attribuées aux auteurs des documents les plus intéressants.
- Les envois que sollicite le ’l’. C. F. pourront comprendre tous sujets se rapportant; au tourisme, dans la France continentale et la France d’outre-mer, compris dans les catégories suivantes ;
- i° Sites pittoresques;
- 2° Monuments et édifices divers présentant un intérêt historique ou artistique ;
- 3° Types, costumes, métiers, fêtes et scènes de la vie locale ;
- 4” Scènes de camping. Sports d’hiver;
- 5° Véhicules, embarcations, instruments, objets et dispositifs divers utilisés par les touristes;
- 6° Curiosités animales, végétales ou minérales offrant un intérêt touristique et présentées dans leur cadre naturel.
- Les épreuves, ne dépassant pas, autant que possible, le format 18 X 24, seront tirées, de préférence, sur papier au bromure et expédiées non collées. Sont également acceptés les diapositifs de projections et les diapositifs stéréoscopiques. Les documents peuvent être anciens ou récents. Les vues de sites pittoresques ayant subi des mutilations ou transformations inesthétiques, ainsi que celles de monuments aujourd’hui détruits ou maladroitement restaurés, sont acceptées sous la condition que des notices explicatives accompagnent les envois.
- Les mentions suivantes doivent être obligatoirement portées au dos des épreuves ou dans les marges des diapositifs ;
- i° Sujet;
- 20 Situation géographique (département et, si possible, commune) ;
- 3° Date ;
- 4° Nom de l’auteur. *
- Sauf avis contraire de leur part, les auteurs seront considérés comme autorisant la reproduction de leurs œuvres.
- Les envois sont examinés par une commission qui les classe par ordre de mérite, en vue de l’attribution des récompenses. Ce classement est établi en tenant compte, tout d’abord, de l’intérêt! documentaire des photographies, ensuite de leur qualité et de leur nombre, de telle sorte que des photographies médiocres, mais d’un grand intérêt documentaire, pourront être, le cas échéant, préférées à d’autres, meilleures mais moins intéressantes.
- Il est accordé, chaque année, des subventions de 5o à 5oo francs aux Sociétés de photographie, légalement constituées et déclarées, qui collaborent à la constitution des archives du T. C. F.
- Tous les trois mois, la Commission de photographie dresse la liste des récompenses à accorder aux amateurs et aux professionnels, auteurs des envois les plus intéressants parvenus au cours du trimestre. Les prix consistent en diplômes accompagnés de médailles d’argent ou de bronze. Ces médailles seront remplacées, si le lauréat le préfère, par des crédits variant entre 10 et 100 francs pour l’acquisition de fournitures photographiques. Dans ce cas, le lauréat se procure, dans un magasin de son choix, les fournitures qu’il désire, en acquitte le montant et se fait délivrer une facture qu’il présente au T. C. F. pour le remboursement de son achat.
- p.2x66 - vue 478/620
-
-
-
- ><
- WD
- SCIENCE APPLIQUEE
- 03§L
- Physique
- A propos du microbarographe. — M. le professeur Mercanton, de Lausanne, nous écrit : « Le numéro 2494 (21 janvier 1922) de La Nature décrit un microbarographe simple construit par M. Wechsler, en Angleterre. Permettez-moi de vous informer que depuis 1919, à mon cours universitaire de météorologie, je démontre les continuelles variations de la pression barométrique au moyen du même dispositif ou plutôt de deux dispositifs analogues. Ces variomètres font tous deux usage du vase de Dewar « Thermos » pour soustraire aux rapides changements de température l’air emprisonné dans l’appareil et dont les variations de volume à température constante mesurent justement les variations de la pression barométrique. Cette application du vase de Dewar est d’ailleurs le seul élément nouveau ici, car le principe du variomètre est ancien (Kohlrausch, 1873).
- Pour amplilier les variations j’ai utilisé deux procédés. Dans le premier, le bouchon de caoutchouc qui ferme le vase de Dewar est traversé par un tube de verre allant en s’épanouissant et dont la section terminale est obturée par une line membrane de caoutchouc tendue; un agencement de leviers légers, appuyé sur la membrane, en transmet les déformations à un miroir oscillant qui réfléchit un rayon lumineux sur une mire. Ce dispositif peut être rendu très sensible et très prompt, mais il se prête mieux à la démonstration qualitative qu’à la mesure, et à la longue la membrane perd son élasticité. C’est pourquoi je lui préfère aujourd’hui le tube de verre étroit, en Y très ouvert, où se meut une goutte d’huile de vaseline. J’en ai réalisé un décelant aisément les 2/100° de millimètre de mercure, avec un ballon d’un litre et un tube d’environ 1,8 mm de diamètre, à peine coudé. Bien entendu, un robinet spécial permet à chaque instant d’établir ou de couper la communication directe entre le vase de Dewar et l’extérieur. » •
- La lunette pyrométrique « Cambridge » (à disparition de filament). — Cet appareil, destiné à mesurer la température d’un corps chaud, comporte : une lunette de visée, une petite lampe électrique, une résistance réglable, un ampèremètre. L’ampoule est montée à l’intérieur de la lunette et elle est disposée de sorte que
- Si le courant est trop intense, le filament sera plus brillant que le corps visé et se détachera en blanc; inversement, si le filament se détache en noir, le courant devra être augmenté. Le rhéostat est monté dans le corps de la lunette; et il est actionné en tournant un disque moleté (voir la photographie).
- L’objectif et l’oculaire sont munis chacun d’un mouvement de mise au point. Un « revolver », monté dans le tube de l’oculaire, permet d’intercaler : un simple diaphragme (pour les températures relativement basses), une lame de verre monochromatique (pour les températures dans la région de 10000 C.), une lentille monochromatique pour les températures plus élevées. L’era-, ploi de ces écrans facilite beaucoup les observations aux températures élevées et n’affectent en aucune manière la précision de l’appareil.
- Afin d’éviter les erreurs qui pourraient résulter d’un affaiblissement de l’éclat, les lampes, avant d’être montées dans les pyromètres, sont <c vieillies » artificiellement; l’intensité du courant, d’ailleurs, dans les conditions normales d’emploi, n’atteint jamais la valeur maximum pour laquelle les lampes sont fabriquées.
- Le maniement de l’appareil est extrêmement commode, et une précision de l’ordre de 1 pour 100 peut être facilement réalisée, même pour un observateur inexpérimenté. L’échelle courante va de 7000 à i4oo° C. ; il existe aussi un appareil muni de deux échelles : 7000 à 14000, 9000 à 20000 C.
- En vente à la British Scientific Apparatus Manufacturer C°, 198, rue Saint-Jacques, Paris.
- T. S. T. <r«g
- Le chauffage des filaments des lampes Audions.
- — M. Thudichum, du Radio Club Genevois, nous communique le dispositif suivant imaginé par un des membres de cette société. Pour chauffer le filament des lampes Audion, et lorsqu’on veut s’éviter la peine et la perte de temps que demande la recharge des accus, on peut (si l’on dispose d’un petit transformateur ia5-3-5-8 volts et d’un redresseur à trembleur) disposer les appareils d’après le schéma ci-dessous.
- Redresseur monté sur les 8 v. du transformateur, .accu-tampon et audions en parallèle sur le courant redressé. De plus, et c’est là le principal, on monte une ampoule de lampe de poche (4 v.) sur les 5 v. du transformateur. Cette lampe supprime tout bruit dans le téléphone et il peut même y avoir des étincelles au redresseur (s’il est mal réglé), la lampe oscille, mais le téléphone reste muet. On entend cependant un faible bourdonnement, peu gênant, qui disparaît dès que l’accrochage de la réaction se produit. Ce bourdonnement aide donc plutôt à repérer la zone d’accrochage. Ce dispositif donne de très bons résultats avec un poste
- 125 V.
- SOpàr.
- Transf. W W. V.
- Audion
- Redresseur
- Rhéostat
- Fig. 2.
- autodyne à une lampe et avec un ampli H. F. à 3 lampes. Il est bon de régler le chauffage par un rhéostat. 11 a même été constaté qu’un accu s’était chargé pendant l’emploi comme accu-tampon. L’accu peut se remplacer par 2 petits accus de lampe de poche en série.
- Fig. 1. — Lunette pyrométrique « Cambridge ».
- Photographie
- l’extrémité de son filament soit dans le plan focal de l’objectif.
- La lampe est alimentée par un accumulateur de 2 volts et on règle le courant jusqu’à ce que le filament paraisse aussi brillant que le corps chaud visé et se confonde avec celui-ci; la température du corps chaud est alors indiquée par l’aiguille de l’ampèremètre, dont l’échelle est graduée directement en degrés centigrades,
- Le « Photo-Revolver » Krauss. — Ce petit appareil photographique (fig. 3), très portatif, doit son nom à la forme de son magasin, qui permet de le tenir en main à la façon d’une crosse de revolver, pour viser le sujet comme on le ferait avec une arme à feu. Il permet d’opérer d’une seule main et d’exposer successivement 48 plaques 22 X 35 mm, dont la surface d’image utilisable est de igx3o mm.
- p.2x67 - vue 479/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- L’objectif est un Tcssar Krauss-Zeiss, d’ouverture F : 4,5 et de 4 cm de distance focale, muni d’un diaphragme-iris; sa monture, à vis hélicoïdale, permet la mise au point à toutes les distances, à partir de 1 m. Derrière la lentille arrière est l’obturateur à secteurs, toujours armé, à vitesses graduées de 1/25 à 1/100 de seconde.
- Le magasin, amovible, comprend deux compartiments qui reçoivent chacun 24 plaques. Il est muni d’un compteur.
- Le viseur est constitué par un œilleton et un réticule tracé sur une lentille concave rectangulaire, dont le cadre a les mêmes dimensions extérieures que l’avant de la chambre noire. Pour le transport, le viseur est rabattu devant l’objectif, qu’il protège, et il est maintenu-’fermé par la détente relevée.
- Le constructeur du Photo-Revolver s’est proposé de réaliser un petit appareil destiné spécialement à l’instantané, bien en main, facilement dissiinulable et permettant de prendre rapidement, coup sur coup, un grand nombre de clichés. On peut même le placer dans la poche de telle façon qu’il n’y ait qu’à le sortir pour « tirer » sur le sujet comme on le ferait avec un revolver,.
- En raison de leurs petites dimensions, les clichés sont obligatoirement soumis à l’agrandissement. Lne
- netteté parfaite est donc indispensable. Afin de mieux réaliser cette condition, et aussi pour éviter le mauvais placement des surfaces sensibles, lorsqu’un porte-plaque est faussé, l’objectif et l’obturateur sont montés sur le siège d’un tabouret dont les quatre pieds viennent s’appuyer directement contre l’émulsion, quand on presse la détente de l’obturateur.
- Pour charger le magasin, on garnit d’abord les porte-plaques, puis on introduit l’un d’eux au fond du compartiment de droite, du côté de la patte d’escamotage, la couche sensible au-dessus ; on achève le chargement en introduisant les autres porte-plaques par paquets de 6 ou 8 à la fois; on procède de même pour le compartiment de gauche, et l’on ferme le volet à coulisse du magasin.
- Pour opérer, on dégage la détente, en l’abaissant; ce faisant, on libère le viseur, qui se redresse, sollicité par le ressort enroulé autour de l’axe de la charnière; on redresse alors à la main la tige de l’œilleton qui, avec le réticule gravé sur la lentille rectangulaire, doit constituer la ligne de mire; on abaisse le volet qui ferme le magasin, en le faisant coulisser de haut en bas; on prend le corps du magasin dans la main droite, le doigt sur la détente, on vise et l’on déclenche au moment voulu. L’action du doigt sur la détente fait reculer tout le système objectif-obturateur, dont les quatre pieds viennent s’appliquer sur la surface sensible même et refouler en arrière les plaques du compartiment supérieur. Le déclenchement ne se produit qu’à fin de course de la détente.
- Le changement des plaques s’effectue en tirant à fond, par une tirette en cuir, l’étrier qui commande l’escamotage. La plaque qui vient d’être impressionnée est entraînée dans le compartiment inférieur, qui en contient alors 25. En repoussant l’étrier, on refoule la dernière plaque du compartiment inférieur dans le compartiment supérieur. Chaque compartiment contient alors, de nouveau, 24 plaques, et le compteur marque une unité de plus.
- L’exiguïté de l’appareil et sa façon d’être en main permettent de prendre des vues à bicyclette et même en chemin de fer.
- Le développement lent étant le plus rationnel, pour ti’aiter un grand nombre de très petits clichés, il a été créé une cuve hermétique en laiton nickelé, dans laquelle se placent les 48 plaques, par rangées de 4, sur 6 cadres à rainures.
- Le tirage des positifs s’elïectue au moyen d’un amplificateur ijx 14, dans lequel est utilisé l’objectif quia
- Fig. 3.— « Photo-Revolver » Krauss.
- servi à la prise des vues. Cet instrument travaillant à F : 4>5 permet de réduire le temps de pose dans des proportions considérables. Pour l’agrandissement à la lumière du jour, un verre dépoli recouvre le porte-cliché; pour l’agrandissement à la lumière artificielle, le dépoli est remplacé par un condensateur.
- Le Photo-Revolver est construit par M. E. Krauss, 18, rue de Naples, à Paris.
- Bloc-film métallique rechargeable. — La Société des celluloses Planchon vient de créer un nouveau bloc-film, dont l’avantage essentiel est de pouvoir être rechargé, par l’amateur lui-même, à l’aide de pellicules en pochettes, moins coûteuses qu’un bloc complet.
- Le bloc Plavic rechargeable (fig. 4) est construit, non plus en carton, comme les précédents, mais en tôle. Il est divisé en deux compartiments par une cloison qui se termine en cylindre sur lequel glissent les pellicules impressionnées lorsqu’on les tire par la languette de papier qui les fait passer de l’avant à l’arrière du paquet.
- L’extrémité des tirettes se voit en T. Chacune d’elles porte un numéro indiquant l’ordre dans lequel il faut les tirer. Le couvercle C et la charnière H, en métal argenté, n’ont pas à être utilisés au début de l’emploi.
- La face antérieure du bloc (fig. 5) laisse voir l’ouverture rectangulaire' aux dimensions de l’image. Cette fenêtre* est provisoirement fermée par une étiquette rouge formant rideau et reliée à la premièredes tirettes, de telle sorte qu’en exerçant sur celle-ci une traction, on découvre la première surface sensible (la ligure 5 la montre à moitié démasquée).
- La séparation en deux compartiments permet de développer les pellicules exposées, que! qu’en soit le nombre, sans toucher à celles qui n’ont pas encore reçu l’impression lumineuse. A cet effet, on enlève (dans le laboratoire, en lumière rouge) le couvercle C (fig. 6), et l’on distingue aisément la ou les pellicules exposées, dont le bord est'visible, grâce à l’onglet O.
- Il est facile de les extraire, soit avec les doigts, soit en s’aidant d’une petite pince. On remet ensuite le couvercle et le bloc est prêt pour l’exposition dès autres pellicules.
- Quand tout le paquet a été employé, il suffit, pour utiliser de nouveau la boite métallique, d’y introduire des pellicules fraîches.
- A cette fin, les fabricants ont créé un nouvel article, les charges de 6 ou 12 tirettes (pellicules prolongées par des bandes de fort papier noir), qui sont vendues séparément,.en pochettes spéciales, et permettent de réaliser une économie importante sur le prix que coûterait un nouveau bloc tout chargé.
- Les extrémités des tirettes (lig. 7) sont serrées dans une petite pince spéciale P, en acier, qui ûend très facile le chargement, opération qui doit s’effectuer en lumière rouge. Les dessins cLjoints font clairement comprendre les mouvements à exécuter :
- i° Après avoir ôté le couvercle du bloc métallique, comprimer avec le pouce la plaque à ressort, puis introduire, côté fenêtre, le paquet de tirettes par son angle inférieur, feuille rouge imprimée étant en avant (fig. 7).
- Redresser et pousser le paquet jusqu’à fond sous bords du bloc (fig. 8), de façon que, finalement,
- Fig. ü.
- la
- les
- l'ensemble se trouve correctement encadn
- p.2x68 - vue 480/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- il
- 3° Retourner alors le bloc, replier le paquet de tirettes, introduire leurs extrémités, maintenues par la
- Fig. 8.
- big. 9-
- Fig. ii.
- ^ 'Eclairage
- Le Robinet auto mutateur-gaz. —
- pince d'acier, dans l'espace compris entre l'onglet et la cloison intérieure, puis pousser l’ensemble jusqu'à ce que les tirettes aient pénétré profondément (fig. 9).
- 4° Ouvrir la charnière porte-velours, pousser encore les tirettes jusqu'à ce que la pince dépasse la fente inférieure (fig. .10) ; tirer, par cette pince, et jusqu'à fond, le
- paquet de tirettes.
- 5° S'assurer que la charge est bien en place, à l'avant comme à l’arrière, refermer la barrette porte-velours et remettre le couvercle du bloc (fig. ii) qui peut maintenant être reporté au grand jour et se trouve prêt à servir.
- Ces opérations sont moins longues à exécuter qu’à décrire. En réalité, avec un peu d’habitude, une minute suffit pour recharger un bloc, et ce travail n'est pas plus difficile que celui qui consiste à garnir de ses plaques un châssis double ordinaire. Le bloc-film Plavic et les tirettes de rechange sont fabriqués par la Société des celluloses Planchon, 287, cours Gambetta, à Lyon.
- Fig. 12. Le Télégaz.
- -allumeur « Télégaz » et le Com-
- L’électricité et le gaz se livrent sur le terrain de l’éclairage une lutte qui dure depuis de longues années ; chacun des adversaires a connu à plusieurs reprises des alternatives de succès, puis d’infériorité.
- Aujourd'hui, au point de vue économique, il y a en général égalité entre les deux agents; mais l’électricité a toujours,-quel que soit le prix du courant, un précieux avantage : celui de la commodité.
- Il suffit de tourner un boulon pour allumer ou éteindre instantanément les lampes électriques; avec le gaz, il faut ouvrir des robinets; puis allumer avec une allumette, manœuvre toujours assez longue et fort désagréable.
- De nombreux inventeurs ont imaginé déjà des systèmes variés pour affranchir le gaz de cette servitude et en rendre le maniement aussi commode que celui de l'électricité.
- Les dispositifs conçus par M. Dennel paraissent se ranger parmi les plus simples et les plus pratiques.
- Le Télégaz sert à rallumage automatique des appareils situés
- b3-..
- Dispositif
- de
- l'allumeur à m o u s s c d c
- platine.
- à portée de la main, le CoinmuLateur-gaz sert tout comme un commutateur électrique à allumer les becs à distance.
- Le Robinet Télégaz comporte un petit tube branché sur le côté du robinet et qui débouche à proximité immédiate des orifices du brûleur, bec ou réchaud; cette extrémité est munie de mousse de platine B, qui, on le sait, est portée automatiquement par catalyse à l'incandescence par le passage d’un courant de gaz auxiliaire.
- Ce robinet est commandé par un bouton molleté qui prend les trois positions indiquées par le disque cranté maintenu par un ressort à index (fig. 12).
- ie Allumage : Cette position ouvre le gaz dont une quantité infime passe par le centre et s’échappe par le brûleur pendant qu'une plus' grande quantité se précipite par le jet du petit tube qui s’enflamme au contact de la mousse de platine et allume le brûleur en veilleuse ;
- 20 Incandescence : A ce moment le gaz arrive au brûleur mais le tube auxiliaire est fermé et l'allumeur mis hors circuit;
- 3° Fermé : Fermeture totale.
- La disposition de l'allumeur à mousse de platine (fig. 13) mérite une mention spéciale, le gaz venant d’un tube auxiliaire l’use par deux jets convergents sur la mousse de platine; pour cette raison celle-ci s’échauffe très rapidement et porte au rouge blanc les fils de platine dont elle est munie.
- Ces fils enflamment alors les jets de gaz qui à leur tour enflamment un autre jet venant du tube courbé et dirigé vers l’intérieur du bec en passant par un trou percé dans la galerie porte-verre et vient allumer en veilleuse le brûleur; on évite ainsi l’explosion si fatale au manchon et au verre et les retours de flamme fréquents lors d’un allumage trop rapide.
- On évite surtout d’exposer la mousse de platine à une haute tempéra Lire continue et aux dépôts de noir de fumée qui la mettraient rapidement hors de service, comme cela existait dans les applications anciennes.
- Il y a également des télégaz au ferrocérium .
- Le Commutateur-gaz est un dispositif qui permet d’actionner à distance l’allumeur automatique précédemment décrit.
- C’ e s t (fi g . 14) un
- simple flexible manœuvré au moyen d’un h o u L o n mollet é ; ce flexible commande à volonté la molette du Télégaz.
- Sur la ligure, celui-ci est représenté monté sur un bec renversé.
- Les diverses positions du boulon molleté règlent en 3 temps, comme dans le cas précédent :
- iu L’allumage de l'allumeur à mousse de platine, ainsi que l'allumage du bec en veilleuse;
- Puis, 20 l’incandescence, ce qui provoque l'extinction de l'allumeur.
- Ces appareils sont construits par M. Dennel, 98, rue des Dames, Paris, iy°.
- 70
- ]£-
- p.2x69 - vue 481/620
-
-
-
- VARIETES
- og^T
- PRODUCTION ET COMMERCE DES OLIVES
- L’arbre de Minerve, l’olivier (Olea Europæa, Oléa-cées) est originaire de l’Asie Mineure ; il forme de vastes oliveraies sur les deux rives de la Méditerranée. On admet qu’il a été introduit en Gaule par les Phocéens lorsqu’ils fondèrent Marseille. Longtemps prépondérante dans la Provence et le Bas Languedoc, sa culture a été remplacée dans une assez grande partie par celles de la vigne et des primeurs dont les produits obtiennent des prix d’autant plus élevés que lexirs débouchés et les moyens de transport sont plus assurés. Toutefois, depuis la loi du i3 avril 1910 qui a prévu un crédit annuel de 2 millions de francs ouvert au Ministère de l’Agriculture pour attribuer des primes à la culture de i’olivier, primes dont la répartition a été déterminée par la loi du i3 juillet 1911 ; en outre, sous l’influence des conseils éclairés du Service de l’Oléiculture dirigé par M. J. Chapelle, cette culture a pris un essor nouveau qui, tout porte à l’espérer, ne s’arrêtera pas avant d’avoir produit les résultats favorables tant désirés par les oléiculteurs.
- Surfaces, variétés et régions de culture. Surface. — En France, l’aire culturale qui, d’après les statistiques oüieiellcs, occupait, en 1866, i5aooo hectares, est tombée successivement, en 1892, à 133 420 hectares, en 1906, à 125400 et, elle ne serait plus aujourd’hui que de 100 à 110 000 hectares.
- Variétés. — Le nombre des variétés de l’olivier cultivées dans les divers pays oléicoles est très grand et leurs synonymes sont toujours très embrouillés. En France, comme chaque région possède les siennes, je ne mentionnerai ici que les plus répandues et les plus estimées, soit pour la préparation des conserves destinées à la table, soit pour l’extraction de l’huile.
- Pour ta. table. — Les variétés qui lui sont réservées, après avoir été confites ou marinées, doivent être très grosses, très vertes, charnues, à pulpe ferme et fine et pourvues d’un petit noyau. Entre elles, voici dans l’ordre alphabétique celles qui sont généralement préférées.
- Amellaù, Amellingue, Plant d'Aix (spéciale à l’Hérault). — Elle est regardée comme la plus grosse, car elle pèse jusqu’à 5 grammes.
- Espagnole ou Plant d’Eyguières (spéciale aux Bouches-du-Rhône). •— Elle rivalise de grosseur avec l’Amellau.
- Lacques ou Lucquoise (spéciale à l’Hérault). — C’est pour certains auteurs la plus appréciée pour la table.
- Olivière ou Pointue (cultivée dans l’Aude).
- Picholine ou Saurine (plus spéciale au Gard, mais répandue dans tout le Midi et même en Algérie et en Tunisie) — C’est la plus réputée, parce qu’elle convient très bien, à la fois, pour la table et l’huilerie.
- Verdoie ou Verdau (répandue dans le Languedoc).— C’est, avec la Belgentier, l’olive la plus précoce. Cette dernière est particulière au Yar.
- On recommande encore les variétés Bouteillan, Gros-sane, Rouget, Salonenque, Turquoise, etc.
- Pour Vhuilerie. — Les plus cultivées sont, par ordre alphabétique : A Glandeau ou Calonne, Ainpoulleau, Bianquetier, Cailletier, Cayon d’Aix, Corrneau, Marbrée, Moureau, Pigale, Royale ou Triparde, Salerne, etc.
- Olives noires. — Je ne parlerai que pour mention de ces olives dont la plus réputée est la Tranche. Comme elles sont consommées principalement sur les lieux de production, elles ne font pas l’objet d’un commerce important.
- Régions de culture. — L’olivier est cultivé dans i3 départements qui sont, par ordre alphabétique : Alpes (Basses-), Alpes-Maritimes, Ardèche, Aude, Bouches-du-Rhône, Corse, Creuse, Drôme, Gard, Hérault, Pyrénées-Orientales, Yar, Yaucluse. Les deux départements où l’olivier occupe la plus grande surface sont les Alpes-Maritimes 20 000 hectares et la Corse 18 000 hectares.
- Production. Récolte. — D’après la statistique agricole annuelle de 1919, les départements dans lesquels la production a dépassé 100000 quintaux sont par ordre décroissant de quantité : Yar 210000, Bouches-du-Rhône i45 000, Alpes-Maritimes 111 100; viennent ensuite la Corse 70000, le Gard 3i 600, la Drôme 25 510, le Yaucluse 18880, l’Hérault i6 54o quintaux; mais il est à peine besoin de dire que ces chiffres varient avec les années.
- Il est admis, en effet, si l’on tient compte de l’ensemble des récoltes antérieures, que les principaux groupes de production sont formés par les départements du Yar et des Alpes-Maritimes qui représentent ensemble la moitié environ de la production totale, puis par ceux des Bouches-du-Rhône et de Yaucluse, et enfin par ceux du Gard et de l’Hérault. La Corse se place souvent après le département de Yaucluse.
- L’époque et la durée delà récolte sont subordonnées : a) à la maturité propre aux variétés; b) à l’emploi auquel on les destine. Dans le premier cas, la cueillette débute chez les plus précoces dès la mi-aoùt et se succède pour les autres jusqu’en mars-avril, parfois même en mai, bien que pour la majorité la maturité . soit atteinte au plus tard en décembre. Mais il convient de protester contre l’usage ancestral consistant à laisser les olives sur les arbres ou tonybées à terre longtemps après qu’elles ont' atteint leur maturité, parce que l’expérience a montré qu’elles y perdent plus qu’elles n’y gagnent. Dans le second cas, on les cueille encore très vertes quand elles sont réservées pour la table, tandis qu’on attend qu’elles soient devenues bien mures lorsqu’elles doivent aller à l’huilerie.
- « La récolte par arbre oscille, selon les mauvaises ou les bonnes années, entre 1 kg et ib à 4o kg. Une oliveraie rapporte de 5oo à 700 francs nets par hectare et par an » (Sauvaigo).
- Productions annuelles. — Depuis 1885, début des statistiques agricoles officielles pour les olives, jusqu’à l’année 1919, la production totale annuelle a dépassé 2 fois 2 millions de quintaux et 17 fois 1 million, et, dans la dernière année où on l’a constaté, en 1917, elle a atteint 1 i3o 120 quintaux. Jusqu’en 1904, la disparition de plusieurs milliers d’hectares consacrés à cette culture ne s’était pas fait trop sentir dans la production annuelle qui ne descendait pas au-dessous de 900 000 quintaux, mais à partir de cette date, jusqu’à 1919, sauf l’année exceptionnelle de 1917, elle s’est montrée très irrégulière, variant de 326680 quintaux (1916) à 825339 quintaux (1914); elle est cependant remontée à 640780 quintaux en 1919.
- Moyennes décennales. — Mais, si au lieu de ne s’en tenir qu’aux productions annuelles, on envisage les moyennes décennales, on est frappé de la régularité avec laquelle s’établit leur décroissance. En 1889, date à laquelle remonte la première de ces statistiques, cette moyenne atteignait 1 833 680 quintaux, et elle a fléchi successivement, pendant une période de 20 ans, pour tomber en 1908, à 1 o3g 3oo quintaux. Depuis, elle 11’a fait que descendre et on ne l’estimait plus, en 1919, qu’à 633 160 quintaux.
- Commerce. Valeurs moyennes du quintal.—Les prix, comme on le constate souvent pour nombre de produits agricoles, ont été presque en raison inverse du chiffre de la récolte, sans jamais présenter de grands écarts. La valeur moyenne du quintal, dans les statistiques officielles, de 1885 à igo5, s’est maintenue entre 18 et 20 francs, ce n’est que rarement qu’elle a atteint 24 fr., mais de 1905 à igi3, elle a oscillé entre 24" et 3i francs pour s’élever pendant la guerre à 70 francs et, en 1919, fait exceptionnel à 163 francs. D’ailleurs, dans cette même année, la valeur moyenne a été sujette à' de grands écarts selon les départements : les prix extrêmes ont été de 5o francs (Corse) et 290 francs (Drôme). Si l’on ne met en parallèle que les prix des 4 grands départements oléicoles, on trouve qu’ils varient de 170 francs (Var) à 200 francs (Alpes-Maritimes).
- En 1920 et 1921, les prix pratiqués sur les marchés de Carpentras et de Chàteaurenard ont été compris, les 100 kg : a) pour les olives vertes, entre 140 et 220 fr. en septembre, 12a et 200 en octobre et ia5 et i5o francs pour le reste de l’année; b) pour les olives noires entre 200, 3oo et 5oo francs ; pour les olives destinées à l'huilerie 60 à 80 francs. „
- Dans les grandes maisons d’alimentation les olives ont valu en décembre, le kilogramme, les vertes rondes 4 fr. 80, les vertes longues 5 fr. 20 et les noires 6 francs.
- Valeurs moyennes décennales. — Si l’on passe en revue ces valeurs aux mêmes dates que je l'ai fait pour
- -sæl 71
- p.2x70 - vue 482/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- les productions, on trouve la même décroissance quoique un peu moins régulière, ce qui tient à la plus-value du prix du quintal dans les récoltes les plus faibles. De leur point culminant 34 252 33o francs, en 1889, elles sont descendues à 21 617 970 francs en 1908. Depuis, à un mouvement de hausse de 1909 à 1911 ont succédé, alternativement, une baisse jusqu’en 1917 et un relèvement progressif qui s’est élevé brusquement en 1919 à 3i 674 710 francs.
- Exportations et importations. —• Les olives n’y
- figurent pas sous leur nom propre mais confondues avec les cornichons, câpres, etc., sous la rubrique « bruits de table confits ». Il en est tout autrement pour l’huile d’olive.
- La Société nationale d’oléiculture a organisé à Nice, en décembre dernier, un petit Congrès, et il est à espérer que des conférences et des excursions auxquelles il a donné lieu, résulteront de puissants efforts pour le relèvement progressif de cette intéressante culture et de son industrie. A. Truelle.
- ,JfeD
- HYGIENE ET SANTE
- ast
- ><
- LES DANGERS DU COURANT ELECTRIQUE
- Il fut un temps, qui n’est pas loin, où l’on croyait que les accidents causés par les décharges électriques avaient une gravité proportionnelle à la tension du circuit. Au-dessus de 220 volts, le danger était toujours mortel, au-dessous, on devait s’en tirer avec des brûlures; à 110 volts, tension habituelle des installations domestiques, on n’avait droit qu’à de douloureuses secousses.
- Les faits ont si souvent contredit cette prétendue règle qu’il serait fâcheux, voire même dangereux, d’y croire encore.
- Le danger des courants électriques ne tient pas à leur tension, mais à leur intensité, ou plus exactement à l’intensité du courant qui peut traverser le corps humain placé brusquement en court-circuit entre la ligne et la terre. Celle-ci dépend naturellement du voltage, mais également de la résistance du corps et de celle des contacts. Un ouvrier sur un tabouret isolant pourra toucher sans danger une ligne industrielle à 10 000 volts (ceci n’est cependant pas à recommander). Une personne en transpiration sera très désagréablement surprise par un courant à 110 volts. Dans des circonstances particulières où les contacts avec la ligne et la terre sont remarquablement bons, la mort pourra survenir, même dans le cas de courant à 100 ou 90 volts.
- C’est ce que viennent de rappeler toute une série de communications à l’Académie de Médecine.
- Le professeur Balthazard y a signalé le fait suivant :
- Un ouvrier, âgé de a3 ans, aide-monleur en chaudières, travaillait sous la direction d’un monteur. Le 29 décembre dernier, celui-ci lui commanda, vers 9 h. 45 du matin, de pénétrer dans une chaudière pour poser des séchoirs sur des tubes d’entrée de vapeur.
- La chaudière était située à 4 ni. au-dessus du sol. L’aide y accéda par une échelle. Il s’introduisit à plat ventre dans le corps de la chaudière, mesurant 4 ni. de longueur et 96 cm de diamètre, en s’éclairant d’une lampe électrique, dite balladeuse, qu’il tenait à la main.
- Deux minutes après, un camarade qui travaillait au-dessus de la chaudière, ayant besoin d’un renseignement, se pencha vers l’orifice pour le demander à l’aide et constata que ce dernier était couché sur le côté, ne donnant plus signe de vie. Un autre ouvrier l’avait entendu pousser un cri.
- Le monteur, prévenu, organisa aussitôt le sauvetage et il fallut improviser un échafaudage pour sortir le corps de la chaudière. La balladeuse était allumée et tenue dans la main droite du cadavre.
- Au moment où il saisit le corps pour le tirer hors de la chaudière, un des sauveteurs ressentit une forte secousse. Des soins furent immédiatement donnés à l’aide-monteur, mais tout fut inutile.
- La balladeuse était reliée par un fil de i3 m. à une
- douille en bois que l’on avait fixée sur une prise de courant. La lampe était entourée d’un protecteur métallique. Le courant qui alimentait la lampe avait une tension de x35 volts.
- Le professeur Rénon a rappelé le cas d’une dame de 54 ans, électrocutée dans son bain enlirant la chaînette de la sonnette électrique pour appeler sa femme de chambre.
- Les professeurs Langlois et Zimmern ont signalé un autre accident du même genre : une jeune fille est dans son bain rendu conducteur par les sels aromatisés qu’elle y a mis. Elle veut saisir le pied d’un radiateur électrique parabolique placé à petite distance, frôle avec l’avant-bras le cercle réflecteur mal isolé et reçoit la décharge. On la retrouve morte, noyée, le radiateur tombé dans le bain.
- Le professeur Langlois a rappelé à ce propos d’autres cas encore, tous mortels : l’ouvrier du métro de la station Odëon, les pieds dans l’eau, les mains mouillées, accrochant une lampe de 47° volts ; la cuisinière lavant sa cuisine avec une solution potassique, entrant en contact avec une lampe de 120 volts; une dame dans un bain, touchant une manette mal isolée sur q5 volts ; également une personne dans un bain, tirant sur le cordon métallique d’une sonnette électrique.
- De tous ces faits, il résulte que les courants habituels, dits domestiques, ne jjrésentent pas toute l’ino-cuité qu’on leur croit. Lorsque l’on est habillé, les mains sèches, les pieds isolés du sol par une semelle de cuir, la résistance du corps est considérable; jusqu’à 5o 000 ohms, et le contact avec les fils de lumière, s’il est désagréable, est alors sans danger. Mais quand les mains et les pieds sont mouillés, quand le sol est lui-même conducteur, la résistancè du coi’ps s’abaisse à quelques centaines d’ohms ; les accidents mortels peuvent résulter du même contact, a fortiori si l’on est dans un bain relié à la terre par une canalisation métallique.
- Gommé il fut dit à l’Académie de Médecine, des précautions sont donc à prendre, des mesures à édicter pour éviter la multiplication de ces sortes d’accidents avec l’extension des installations électriques.
- Dans les salles de bains, aucun conducteur électrique ne doit être placé près de la baignoire et des canalisations d’eau; il en est de même dans les cuisines.
- Le public doit être prévenu des dangers d’une installation de courant mal faite ou en mauvais état, et aussi' des risques qu’il court à toucher à des appareils électriques pendant qu’il est dans un bain.
- Rappelons en outre qu’en cas d’accident de ce genre, le seul remède est l’isolement aussi rapide que possible du circuit et la respiration artificielle pratiquée longtemps, très longtemps, jusqu’à la fin de la syncope, jusqu’à la reprise des mouvements respiratoires spontanés. R. M.
- SSD
- ><
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >
- Le robinet électrique. — Les appareils de chauffage électrique se diffusent de plus en plus. Il est donc intéressant de signaler toutes les nouveautés qui contribuent à augmenter encore la commodité de leur emploi. Voici
- dans cet ordi'e d’idée le robinet électrique que nous a présenté l’un de nos lecteurs, M. Chapot, 15, rue fie Berne. C’est en réalité un petit commutateur analogue, à celui des tramways, mais de dimensions naturellement
- p.2x71 - vue 483/620
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- très réduites. Il permet en tournant une clé comme un simple robinet, de faire passer dans les résistances de chauffage de l’appareil : réchaud, cafetière, etc., un nombre de watts variable et de graduer ainsi la capacité de chauffage de l’appareil.
- On opère alors aussi facilement qu’avec le gaz dont on règle la flamme, ici on règle la consommation du courant.
- Le robinet électrique peut être rapidement placé sur l’appareil de chauffage électrique et pour un radiateur en particulier, c’est un moyen commode de régler la chaleur d’un appartement.
- Cn autre avantage vient de ce que la coupure du courant quand on revient à zéro se fait sous un ampérage faible, car les graduations d’intensité sont progressives depuis zéro jusqu’à la plus forte valeur. On réalise ainsi une sécurité de fonctionnement tout à fait remarquable pour les appareils qui ne peuvent plus se détériorer sous l’action des étincelles quand on coupe le courant.
- Le robinet électrique est un petit dispositif ingénieux, et breveté qui sera adopté rapidement par tous les constructeurs d’appareils de chauffage électriques.
- Pour ne pas laisser tomber une clé anglaise dans les carters. — Lorsque l’on procède au démontage et au montage des organes d’une automobile il arrive quelquefois que la clé échappe et qu’elle tombe dans le carter: Il est alors délicat d’aller rechercher la clé vagabonde et cela présente souvent des difficultés. Même quand cela est possible elle a pris un bain d’huile et de cambouis qui n’a rien d’agréable pour les mains de l’opérateur.
- Un moyen enfantin de remédier à ces inconvénients, mais auquel il faut penser, consiste à fixer une cordelette à la clé et de passer ce lien utile autour du poignet.
- Si vous êtes maladroit ou si seulement la clé échappe un écrou à pans émoussés, la corde empêche que la clé ne se rende dans des profondeurs inaccessibles riches un huile sale et fertiles en imprévus de toute nature.
- Agencement d’un séchoir au-dessus d’un radiateur. — Il arrive souvent que l’on veuille sécher rapidement des linges et que l’on soit embarrassé pour les placer sur les radiateurs qui sont installés pour le chauffage central. On hésite à les mettre directement sur l’appareil qui salit souvent le linge et de plus la place dont on dispose alors est vraiment trop mesurée pour qu’on puisse installer une quantité suffisante de pièces à sécher.
- On peut alors utiliser un paravent qui ne craindra pas le contact de linges mouillés et on tendra sur les faces du paravent des cordes destinées à recevoir les linges humides. On fera l’étalage comme dans un séchoir ordinaire et les faces étant orientables, on pourra disposer celles-ci de manière qu’elles viennent entourer le radiateur, ce qui activera le séchage en plaçant les linges mouillés le plus près possible des surfaces chaudes sans toutefois les loucher. La mobilité du séchoir ainsi organisé permettra de le placer dans telle ou telle partie de l’appartement, la plus indiquée, pendant le temps demandé par le séchage de tous les objets que l’on aura étendus sur les cordes du paravent.
- Une torche électrique à mirer les œufs. — Le
- mirage des œufs permet de reconnaître la qualité de fraîcheur de ceux-ci et on observe l’œuf aci moyen d'une lumière par transparence.
- On peut agencer un appareil à mirer les œufs au moyen d’une lampe électrique ayant la forme d’une torche cylindrique, comme il en existe différents modèles. Pour cela on ajuste sur la partie de la torche qui porte la lampe un entonnoir de carton que l’oip ferme par un fond en carton collé et monté solidement sur l’entonnoir. Ce dernier est lui-même assujetti sur la torche.
- Dans le fond on découpe une ouverture ovoïde d’une dimension légèrement inférieure à la plus grande dimension d’un œuf. Cela permet de placer l’œuf à examiner couché sur cette ouverture, et en allumant la lampe électrique on peut examiner par transparence à travers l’œuf pour se rendre compte de sa qualité. Avec ce petit appareil facile à construire, on peut réaliser le mirage rapide d’une très grande quantité d’œufs.
- Pour ceux qui veulent tout construire de leurs mains, nous les renverrons à la manière de construire une torche électrique que nous avons donnée précédemment dans la Science appliquée. Il sera facile alors de prévoir directement l’entonnoir avec le corps de la lampe au moment de découper le corps dans la feuille métallique que I on emploie et on réalisera ainsi un appareil parfaitement rigide qui pourra résister à l’usage.
- Une armoire pour outils de jardinage. — Les outils de jardinage doivent être rangés debout et le plus souvent on les met dans quelque coin de sorte qu’au moment de s en servir on est toujours obligé de prendre tout le paquet d’outils, afin de choisir celui que l’on veut employer.
- Yoici le moyen de ranger simplement les outils dans une caisse d’emballage dont on a enlevé le couvercle. Cette caisse qui devra avoir une hauteur au moins aussi grande que la longueur du plus grand outil sera placée debout de manière qu’elle ressemble à une armoire sans porte.
- À la place de la porte on dispose des barres de bois horizontales clouées et écartées comme les rayons d’une bibliothèque. Quand on placera les outils dans cette sorte d’armoire ils se tiendront debout mais un peu obliquement en venant reposer sur la barre qui correspondra à leur longueur. Etant donné que cette armoire est à clair.:-..de il est facile de retirer l’outil dont on a besoin et on se rend compte immédiatement de la place où il se trouve.
- On réalise ainsi une économie de temps et on évite la perte des outils, fait qui se produit fréquemment quand la même place ne leur, est pas toujours assignée.
- Aide-mémoire pour un dessinateur. — Lorsqu’un dessinateur d’étude doit faire un projet d’appareil, il doit rester dans la note demandée par le chef du bureau d’études qui lui a commandé cette étude. Pour certains appareils, la question de poids réduit a une grande importance comme lorsqu’il s’agit d’articles destinés à l’exportation, lesquels doivent payer peu de fret et peu de droits de douane. Dans d’autres, au contraire, les dimensions d’encombrement doivent être très réduites quand l’appareil doit être placé dans des endroits où l’espace est mesuré. Quelquefois aussi le prix de la matière est intéressant à ménager. En résumé, il y a une chose qui est de la première importance pour l’étude que l’on entreprend et il arrive que dans le feu de l’étude le dessinateur puisse perdre de vue la première qualité que doit remplir l’appareil.
- Un ingénieur chef d’études s’est bien trouvé du petit subterfuge suivant. Avec une rondelle de bois assez lourde il a fabriqué un dispositif qui, en tournant la rondelle supérieure par le bouton mollelé, découvre par une encoche telle ou-telle indication que l’on veut : poids, matière, dimensions, épaisseur, précision, fini, standardisation.
- De cette façon, le dessinateur a toujours devant les yeux le but qu’il doit atteindre et cela d’autant mieux que ce bloc de bois sert de presse-papier et se trouve consfamment à la portée du dessinateur.
- Peinture spéciale pour enduits de ciment. —
- Cette peinture, due à M. Domage, contient les produits
- suivants :
- Essence de térébenthine . 3oo parties.
- Huile de lin......... 5o —
- Blanc de zinc....... i5o —
- Siccatif............ i5o —
- Acide sulfurique .... 100 —
- Cire pure d’abeille ... yS —
- Gomme laque......... i5o
- Plâtre............... 25 —
- Total. . . xooo parties.
- Précautions à prendre quand on répare les piieus sur la route. — La réparation d’un pneu sur la route est une chose en général peu agréable et le détail des opérations à effectuer est assez peu connu. Il y a cependant une petite précaütion qu’on oublie quelquefois et qui par la suite peut présenter des inconvénients regrettables.
- Quand la chambre à air a été laissée sur la route, elle
- •tël 73 ^
- p.2x72 - vue 484/620
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- peut ramasser des grains de poussière ou de sable lin et si ces grains pénètrent sous l’enveloppe, il en résultera beaucoup d'ennuis.
- On trouvera plus tard la chambre à air pleine de petits trous comme si l’on avait mis du verre pulvérisé. La chambre ne doit donc jamais être mise à terre et avant d’être remontée elle doit être soigneusement essuyée. Si l’on veut que la chambre à air vive, il faut faire attention au sable.
- Le graissage des ressorts de voitfure automobile.
- — Pour graisser les ressorts d’automobile, le point difficile est d’empêcher le lubrifiant d’être expulsé au dehors par la pression.
- Une composition qui remédie bien à cet inconvénient est constituée par du graphite et de la cire d’abeilles qu’on mélange en pâte et qu’on étend sur chaque lame. Pour appliquer cette graisse, il est nécessaire de démonter le ressort ou tout au moins de le soulager com-
- plètement pour permettre de laisser l’espace suffisant afin d’introduire le mélange lubrifiant.
- Redressez les vieux châssis. — il peut arriver que le châssis d’une voiture ancienne se soit légèrement gauchi et ce cas arrive quelquefois surtout dans les cycles-cars dont les châssis sont souvent calculés un peu juste.
- Ce gauchissement ou ce fléchissement du châssis produit des difficultés dans l’embrayage, la boîte de vitesses ou dans le fonctionnement des' divers organes mécaniques, car les pièces ne sont plus dans l’alignement voulu. \
- La meilleure façon de remédier à cet inconvénient est d’installer une armature avec un tendeur sous la partie fléchissante du châssis.
- Il est facile de préparer cet agencement. En tout cas, un atelier de réparation quelconque doit pouvoir l’agencer à peu de frais.
- JfeO
- BOITE AUX LETTRES
- Q0C
- ossL
- AVIS.— L’abondance des demandes de renseignements qui I parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Gournail, à Duperré (Alger). — Le constructeur de moteurs à naphtaline est la Société des moteurs économiques à naphtaline, 49. boulevard Hauss-mann, à Paris.
- M. L. Roustan, à Saint-Girons. — L’appareil de projection « absolument impeccable » et réunissant toutes les qualités que vous lui demandez n’existera peut-être jamais, car il est bien difficile d’éliminer tous les résidus d’aberrations; et d’ailleurs, en pratique, une telle perfection n’est pas recherchée, parce que le coût du matériel qui la réaliserait serait hors de proportion avec les avantages que l’on y trouverait. En fait, les deux maisons auxquelles vont, pour le moment, vos préférences, soit pour les condensateurs, soit pour les objectifs, sont de tout point recommandables. Vous pourrez également vous adresser à M. G. Massiot,
- X5, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- Les conditions de rectitude et de finesse des lignes seront mieux réalisées par un anastigmat que par la combinaison de Petzval. Le Tessar, entre autres, vous donnerait, sous ce rapport, toute satisfaction (constructeur M. E. lvrauss, 18, rue de Naples). Les images seraient également améliorées, au point de vue de la définition, en substituant aux lampes à incandescence un projecteur à arc, dont le foyer émet le maximum de lumière sous le minimum de volume.
- Quant à Y écran métallisé, les images qui y sont projetées paraissent réellement plus brillantes aux spectateurs placés à proximité de l’axe optique principal; mais leur clarté diminue rapidement, à mesure que l’on s’éloigne de cette zone centrale, et elles perdent tout leur éclat, au delà d’une certaine obliquité, où elles sont alors plus sombres que les projections effectuées sur écran blanc mat. La surface métallisée n’est donc avantageuse que dans les salles longues et étroites ; dans les salles larges, elle conduit à sacrifier un grand nombre de places latérales, où la vision devient tout à fait insuffisante.
- /. P., à Paris. — 1° Il est bien ^question de créer, à Paris, une école de photographie, analogue à celle de >-Munich; une Société est même constituée à cet effet, et l’étude de son projet assez avancée, mais la réalisation n’en est pas encore accomplie; — 2° L’ouvrage le plus complet et le plus récent que nous puissions vous conseiller est la be édition du Traité général de photographie en noir et en couleurs, par E. Coustet (librairie JDelagrave, i5, rue Soufflot) ; — 3° Vous trouverez les deux appareils que vous désii’ez acheter d’occasion aux adresses suivantes, à Paris : A. Maillard, 53, rue Tait-bout; Prisma-Photo, 6, boulevard des Filles-du-Calvairc ;
- Fournier, 26, boulevard Beaumarchais; — 4“ Le renforcement le plus intense est obtenu en traitant les clichés alternativement par le bichlorure de mercure et l’oxalate ferreux. Les formules en sont indiquées dans l’ouvrage précité.
- M. Geo/fredi, à Monte-Carlo. — Parmi les divers moyens de tracer la méridienne, ceux qui utilisent des passages d'astres (Soleil, Lune, planètes ou étoiles) calculés à l’avance, nécessitent de connaître l’heure exacte. Employer, comme vous le proposez, le plan passantpar l’observateur et deux étoiles connues, au moment où ce plan devient vertical, son azimut étant calculé à l’avance, revient au même. Il faudrait connaître l’heure exacte où l’alignement de ces deux étoiles est vertical.
- L'Etoile polaire, par contre, offre un excellent moyen de tracer la méridienne, h7Annuaire du Bureau des Longitudes contient deux tables auxquelles nous vous prions de vous reporter : i° L’heure du passage de l’Etoile polaire au méridien de Paris; 20 La plus grande digression de l’Etoile polaire, c’est-à-dire l’azimut de cette étoile lorsque, par le mouvement diurne, elle est le. plus à l’Est ou le plus à l’Ouest du pôle. Cette donnée fournit un excellent moyen de tracer la méridienne, même si l’on ne connaît qu’approximativement le temps local, car l’azimut de la Polaire ne change apYinsensiblement autour de sa plus grande digression. Si vous ne pouvez avoir l’heure exacte, vous pouvez avoir recours à des méthodes géométriques (méthode des hauteurs égales). Un théodolite devient utile. On peut essayer de s’en passer en utilisant un gnomon, un simple mât bien vertical dont on observe l’ombre. Tracer des cercles concentriques autour de son pied. Marquer les points où l’ombre du sommet du mât rencontre les cercles. Pour un même cercle, il y aura deux rencontres, une avant midi, l’autre après. Joindre ces points au pied du mât et tracer la bissectrice de l’angle. Ce sera la méridienne. Faire de même pour vérification, avec tous les cercles rencontrés par l’ombre.
- Le procédé photographique que vous indiquez pour tracer la méridienne ne saurait convenir. Il suppose d’abord le problème presque résolu, puisque vous orientez à peu près l’axe de l’objectif dans le méridien. Vous ne pourriez à la fois obtenir l’horizon de la mer et les traces des étoiles. Si vous commencez l’exposition le jour, pour avoir l’horizon, le ciel sera voilé. Si vous n’opérez que la nuit, l’horizon de la mer ne viendra pas. D’autre part, les trajectoires décrites par les étoiles seront toujours des arcs d’ellipses très allongés, à peu près parallèles. Les sommets seuls de ces arcs pourraient vous donner la direction du méridien. Mais comme tous ces arcs ont une très faible courbure, la précision serait illusoire.
- Le procédé donné plus haut —• digression de l’Etoile polaire — utilisé avec une montre même réglée à quelques minutes près, doit vous donner toute satisfaction.
- M. Z., à Luisant (Eure-et-Loir). — La Coque-Levant ou Coque-du-Lcvant est constituée par les
- p.2x73 - vue 485/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- petits fruits ou petites baies sphériques, d’un brun noirâtre et. de la grosseur d’un jjois, importés du Levant. Ces fruits proviennent d’un arbuste des Moluques, de la famille des Ménispermacées [Anamirta).
- h’Anamirle est la seule espèce qui représente cette famille (Anamirta cocculus). Le fruit, communément appelé Coque-du-Levant, renferme, dans son péricarpe, un principe amer et vomitif : la ménispermine et, dans l’albumen, un principe vénéneux : la picrotoxine. Les braconniers de pêche emploient la Coque-du-Levant pour enivrer le poisson qui, sous l’influence de ce pouvoir enivrant, est capturé facilement.
- Ce ne sont pas les propriétés émétiques et drastiques dont on tire parti, dans ce but, mais l’action qu’exercent sur le poisson les propriétés enivrantes de la Coque-du-Levant.
- B. C., à Montpellier. — .... 20 Le bain suivant vous permettra de rendre une émulsion ordinaire orlho et
- panchromatique :
- Eau distillée.....................ioo c. c.
- Ammoniaque......................... i —
- Solution d’orthochrome T à i/iooo. 2 —
- La solution d’orthochrome est préparée en dissolvant à chaud x gr. de cette substance dans 100 cm3 d’alcool à 900. Après dissolution, on ajoute 5oo cm3 d’alcool et 400 cm3 d’eau distillée. Cette liqueur doit être conservée dans l’obscurité. La solutiou d’orthochrome peut être remplacée par des solutions de pinachrome ou de pinaverdol pi'éparées de la même manière. Avec ces dernières matières colorantes, la sensibilité est plus accentuée pour le rouge. Après l’immersion de la plaque dans l’un de ces trois bains, il est essentiel de la rincer pour éliminer l’excès de colorant, et surtout de la faire sécher le plus rapidement possible à l’air libre, ou mieux dans une étuve ventilée. En ajoutant au bain 5 à 6 cm3 d’une solution alcoolique à i/5oo de rouge de quinoléine, les plaques sont moins sujettes au voile et
- se conservent plusieurs mois. En supprimant l’ammoniaque, la sensibilité pour le rouge et le vert est légèrement diminuée, mais la dessiccation peut être moins rapide sans inconvénient, si les plaques doivent être employées dans le délai d’un mois. Il ne faut pas vous dissimuler que cette préparation est assez délicate, et qu’il serait plus avantageux d’acheter des plaques panchromatiques, telles que celles de Lumière, Jougla, Wratten, etc. Pour plus de détails, consulter : E. Kenneth Mees, La photographie des objets colorés, éditeur IL Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris.
- E. B., à R. — Le'mouvement apparent de la Lune, pour un observateur situé dans l’hémisphère terrestre nord, se fait, en effet, de gauche à droite, c’est-à-dire d’Orient en Occident. Ce mouvement appar-ent se compose, en fait, de deux mouvements : i° L’un, apparent, de la sphère céleste, dû à la rotation de la Terre; 2° L’autre, effectif, dû au déplacement de la Lune autour de la Terre. Le premier mouvement, dit mouvement diurne, est bien connu. Il s’effectue d’Orient en Occident, en 2.4 heures. Le second mouvement, celui de la Lune autour de la Terre, s’effectue en sens inverse, de l’Ouest à l’Est r,r,J jour la Lune, -
- , , . , 36o°
- que la veille, d’une quantie égalé, en gros, a
- en 27- 7- 4 à la même
- h 43"1. Il en résulte que chaque heure, parait plus à gauche
- •2
- 7j 7" 43“
- soit environ i3° 10' par jour.
- On pourra se rendre compte de ce mouvement en observant la distance angulaire qui sépare la Lune d’une étoile quelconque. On constatera, chaque jour, que la Lune se sera déplacée de l’Ouest à l’Est d’environ i3° par rapport à cette étoile. On peut encore rapporter la position de la Lune à celle du Soleil. Après la nouvelle Lune, notre satellite paraît en un croissant, à gauche ou à l’Est du Soleil. Chaque jour, il sera plus loin du Soleil, s’étant déplacé dans le sens Ouest-Est, à l’aison de i3° par 24 heures environ.
- BIBLIOGRAPHIE
- 3sSC"
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains 0 uvrages. _ .....
- Questions de chemin de fer. Etudes commerciales, par M. Richard-Bloch. Edition nouvelle avec un appendice sur la situation générale de chemin de fer. 1 vol. 208 p. L. Eyrolles, éditeur. Paris 192t. Prix : 7 fr. 5o.
- Rien ne paraît aussi aride que les questions de tarif de chemin de fer; ces itarifs occupaient autrefois d’énormes volumes d’aspect rébarbatif. Qui donc, en dehors des spécialistes, se serait risqué à en tenter l’étude? Or, c’est précisément le sujet auquel est consacré le livre de M. Richai’d-Bloch, et il se trouve que nulle lecture n’est ni plus attrayante, ni plus instructive. L’auteur expose avec une parfaite clarté les principes de ces anciens tarifs ; il montre comment ils ont été établis à la suite de tâtonnements et de rectifications, fruit d’une longue expérience ; il montre par de nombreux exemples comment des tai’ifs judicieux, en permettant sur les gi’ands marchés l’intervention de producteurs handicapés par la distance, créent la concuimence, et multiplient l’échange des pi’oduits. L’auteur expose les efforts heureux entrepris par les compagnies de chemins de fer pour développer la prospérité économique des régions desservies par leur réseau; le succès de ces mesures a toujours été dû à des études économiques préalables, perspicaces et minutieuses, qui contrastent avec les trop fréquentes improvisations législatives. Les questions de chemin de fer sont intimement liées au développement d’un pays; en France où les chemins de fer sont en fait entre'les mains de la nation, il iinporte que le plus grand nombre de citoyens et en tout cas
- les. esprits éclairés aient une notion nette de la répercussion des tai’ifs de transport sur l’activité généi’ale. Aussi est-il à souhaiter qxxe le livre de M. Bloch ait de très nombreux lecteurs.
- Calculs aérodynamiques des avions, par L. Hugukî et M. Suifrim-Hébert. 1 vol. 120 p. Béranger, éditeur. Paris 1922. Prix : 10 francs.
- Ce volume est consacré aux lois de la résistance de l’air et à l’étude des meilleures formes d’ailes et aux calculs des cellules. On y trouve groupées d’une façon heureuse les formixles et les résultats d’essai qui résulteixt des travaux les plus modernes.
- Revue d’optique théorique et instrumentale, publication mensuelle. Chapelot, éditeur. Paris. Prix du numéro : 2 fr. 5o.
- Cette nouvelle revue est publiée sous les auspices de l’Institut d’optiqxxe théorique et appliquée; et avec l’appui du syixdicat patronal des constructeurs d’instruments cl’optique. Cette création démontre que xxotre industrie optique xx’entend plus se laisser distancer, dans le domaine scientifique, par ses concui’rents d’outre-Rhin ; et il faut applaudir à cette orientation nouvelle. Le premier numéro de la Revue d'Optique contient la description du photomètre universel de MM. Fabry et Buisson, un article de M. H. Chrétien sur les mérites et les inconvénients du télescope, une chronique sur les progrès de l’interférométrie astronomique et la mesure des diamètres apparents des étoiles par les pi'océdés Michelson, et une revue bibliographique.
- Le lunetier-opticien, par J. Monneeet (Collection Cail-lard). 1 vol., 255 p., 170 fig. Eyrolles, éditeur. Paris, 1921. Prix : 8 francs.
- Cet ouvrage fournit les connaissances indispensables
- p.2x74 - vue 486/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- pour pratiquer le métier d’opticien : fabrication des verres d’optique, propriétés des verres prismatiques, cylindriques, sphériques, etc., leur numérotage; verres colorés ; constitution des montures et leur ajustage, le travail des verres.
- Notions pratiques de radiographie, i br, illustrée, 48 p. Kodak, éditeur. Paris, 1921.
- Cette brochure indique comment il faut opérer pour exécuter des radiographies sur les films spéciaux préparés par la maison Kodak. C’est là un procédé tout nouveau et d’un vif intérêt pour les radiographes.
- Manuel de l’électricien, par P. Mauher. i vol. in-18, 274 P-, i47 fig- Baillière, éditeur. Paris 1922. Prix : 8 francs.
- Ce volume est consacré aux installations particulières : éclairage, chauffage, sonneries, tableaux indicateurs. Il donne les renseignements nécessaires pour l’exécution des divers travaux qui s’y rapportent.
- L’apprenti électricien (générateurs), par G. Néré (Collection Caillard). 1 vol. 287 p., 240 fig. Eyrolles, éditeur. Paris, 1921. Prix : 6 francs.
- Ce livre est consacré aux piles, aux accumulateurs et aux dynamos, alternateurs et dynamos à courant continu. Il expose d’une façon simple les principes du fonctionnement de ces différents appareils, leurs caractéristiques essentielles et leur mode d’emploi.
- Agenda Lumière-Jougla, 1922. 1 vol. 5o8 p. Gauthier-Villars, éditeur. Paris, 1922.
- Ce petit agenda, très connu aujourd’hui de tous les photographes, est une mine de renseignements précieux. On y trouve d’abord toutes les données physiques ou chimiques qui peuvent être nécessaires à l’amateur photographe ; puis une notice très précise et détaillée sur la pratique de la photo en couleurs par les autochromes, et une foule de recettes s’appliquent aux diverses opérations et aux diverses méthodes de photographie.
- Théorie de la combustion et utilisation des combustibles, par Léon Lesur. i vol. in-16 de 180 p. Doin, éditeur, Paris 1922. Prix : 8 francs.
- Ce livre expose dans ses grandes lignes la théorie de la combustion, il montre comment on peut diminuer les pertes de chaleur et contrôler scientifiquement la marche des foyers.
- Précis de Biochimie, par E. Lamuling. i vol. in-16, 723 p., 3° édition revue, Collection des Précis médicaux. Masson. Paris. Prix cartonné : 27 francs.
- On connaît cet admirable livre où tous les grands problèmes biochimiques se trouvent clairement exposés : composants de l’organisme ; phénomènes chimiques de la digestion, de la respiration, de l’excrétion; échanges de matières et nutrition. La nouvelle édition de ce livre contient tout ce qu’on trouvait dans les précédentes et traite en outre les questions les plus récentes de l’alcalinité ionique du sang, des vitamines, de l’état colloïdal, des oxydo-réductions, du travail pepsique, de l’élevage aseptique, des amines protéinogènes, etc. C’est un livre de chevet, parfaitement à jour, où le chercheur dans son laboratoire, le médecin, l’amateur de physiologie trouveront un exposé parfaitement clair et complet de tous les problèmes liés au fonctionnement de notre organisme.
- Précis d’alimentation des nourrissons, par le Dr E. Terrien, 4e édition, 1 vol. in-8, 309 p. Masson et CK Paris. Prix : 12 francs.
- Précis d’alimentation des jeunes enfants [du sevrage à dix ans), par le Dr E. Terrien, i vol. in-8, 468 p. Masson et CK Paris, Prix : 14 frqncs.
- Le premier de ces deux volumes est déjà bien connu. L’auteur y étudie d’abord l’alimentation de l’enfant bien portant : allaitement des 8 premiers mois, premières bouillies, sevrage, puis l’alimentation dans les divers états pathologiques. Cette nouvelle édition comporte un intéressant appendice sur le contrôle coprologique des fonctions digestives de l’enfant.
- Le second est nouveau. S’il a beaucoup été écrit sur l’alimentation des nourrissons, l’hygiène de la deuxième enfance a été fort peu explorée. Sur le même plan que le livre précédent, celui-ci étudie d’abord les besoins de l’organisme infantile pour assurer sa croissance en même temps que suffire aux besoins de calorification. Après examen théorique de la ration alimentaire, l’auteur fixe celle-ci dans la pratique, aux différents âges et donne les moyens de la contrôler. Puis il indique quelques types de régimes appropriés aux divers cas pathologiques.
- Ces deux volumes forment un guide complet et sûr de l’alimentation du jeune enfant jusqu’à 10 ans; ils éviteront bien des erreurs et par suite bien des défauts physiques dont la seule cause est l’alimentation insuffisante ou mal réglée pendant cette période de rapide croissance.
- La géographie linguistique, par Albert Dau/.at. i vol. in-16, 200 p., 7 fig. Bibliothèque de culture générale. Flammarion. Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Une nouvelle méthode d’étude du langage est apparue en ces dernières années avec l’Atlas linguistique de la France de MM. Gilliéron et Edmond. Cette vaste enquête a montré pour un grand nombre de mots une répartition géographique qui révèle les grands courants et les conflits des diverses formes du langage. M. Dauzat en montre la méthode, les principes et les buts déjà atteints. Et rien n’est curieux et intéressant comme cette conquête progressive de toute la France par un mot aux dépens de ses équivalents. Les cartes qui montrent l’extension du mot jument, du mot coq, de l’expression il faut, en sont des exemples frappants.
- Les grandes mutations intellectuelles de l’humanité, par A. Rutot. ire partie : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? 1 vol. in-16, i52 p., 46 fig. Lamertin, Bruxelles.
- Dans ce petit livre, l’auteur, membre de l’Académie royale de Belgique, répond aux deux questions : D’où venons-nous? Que sommes-nous? par l’examen de l’évolution humaine, de ses progrès depuis l’industrie la plus primitive jusqu’aux temps modernes, ce qui le conduit à cette conclusion optimiste que la sélection fera disparaître l’humanité ignorante, cruelle, égoïste et frivole et ne gardera que les adaptés vers le bien-être moral et la lumière.;
- Le socialisme et la société, par J. Ramsay Macdonald. Traduit par Louis N. Le. Roux. 1 vol. in-16, 284 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Exposé fort clair de la conception socialiste anglaise. L’auteur constate la pauvreté qu’il attribue au manque de coordination sociale. Après avoir examiné les fonctions de la société, il aboutit à la conclusion qu’il faut nationaliser la terre, rendre le capital à la collectivité et transformer la famille, l’église et les syndicats pour donner à l’individu plus de sécurité, de bien-être et de responsabilité morale.
- Annuaire de la Curiosité et des Beaux-Arts pour 1922.
- 1 vol. in-8, 592 p., 90, rue Saint-Lazare. Paris. Prix : relié i5 francs.
- U Annuaire de la Curiosité et des Beaux-Arts pour 1922 qui vient de paraître comprend de nombreux renseignements pratiques (écoles, musées, bibliothèques, sociétés artistiques), une revue des ventes d’art des deux dernières années, très étendue et documenfée avec les principaux prix, près de 800 monogrammes de poinçons d’orfèvrerie française jusqu’au xvni0 siècle, les adresses des amateurs, collectionneurs et bibliophiles de Paris et des départements, ainsi que celles des marchands d’antiquités et professions qui s’y rattachent en France et à l’étranger,
- Almanach Vermot pour 1922. t vol. grand in-8, 400 p., illustré, 6-8, rue Duguay-Trouin. Paris. Prix broché :
- 4 fr. 75 ; relié : 7 fr. 5o.
- 37e volume de cet almanach où l’on trouve, à côté de récits littéraires et de dessins humoristiques, nombre de renseignements utiles et de recettes pratiques.
- p.2x75 - vue 487/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2501 11 Mars 1922
- JÊD
- 1*0
- INFORMATIONS
- a*L.
- O^*
- Fontaine incrustante dans la vallée de la Durance. — M. le Dr Lorin, de Paris, nous adresse les photographies ci-jointes représentant une fontaine dite incrustante, sise dans la vallée-de la Durance au-dessous de Réotier (Hautes-Alpes), non loin de Guillestre.
- L’une des vues (hg. i) représente l’ensemble des masses de tuf, déposées depuis de longues années; l’autre vue (hg. 2) représente le canal naturel que ses concrétions agrandissent chaque année; le surplomb du conduit ainsi formé atteint 1 m. j5; il est à craindre que plus ou moins prochainement celte masse s’effondre sous son propre poids. Les dépôts sont riches en sels magnésiens; ils sont légèrement ferrugineux; la source, venue de 4 à 5 m. plus haut, possède une température de 32-35°. Au reste, de l’autre côté, rive gauche, de la Durance, se trouvent les sources chaudes du Pian de Phazy, fréquentées par quelques baigneurs des environs, mais qui mériteraient une mise en utilisation mieux réglée.
- Fig. i.
- A cause de la division par 9, cette transformation est assez difficile à faire de mémoire.
- Le degré centigrade vaut environ i°,8 Fahrenheit, admettons qu’il vaille 20 Fahrenheit.
- Prenons nos 100 Fahrenheit, diminuons-les de 32°, il nous reste 68° Fahrenheit, prenons-en la moitié, nous avons des degrés centigrades, mais le nombre est diminué d’un dixième parce que nous avons divisé 68 par 20 au lieu de le diviser par i°,8. Ajoutons ce dixième et nous arrivons à la règle suivante d’une grande simplicité et suffisamment exacte.
- Diminuer les Fahrenheit de 3a, prendre la moitié du reste, ÿ ajouter un dixième : 100 — 3a — 68 dont la moitié est 34, dont le dixième est 3°,4, d’où nous voyons que 100 Fahrenheit = 37°, 4-
- La table donne 37°, 78, il y a donc une erreur de 3 dixièmes de degré contigrade.
- Capit. de vaisseau A. Poidlouë.
- Fig. 2.
- La conversion pratique des milles anglais en kilomètres ; des degrés Fahrenheit en centigrades. —
- Ayant constamment dans mes travaux à passer des kilomètres aux milles anglais et inversement et à transfom mer des Fahrenheit en degrés centigrades, j’ai cherché et trouvé des règles simples pour ces petits problèmes et je me permets de les indiquer à mes lecteurs.
- Mon calcul n’est pas tout à fait exact parce que le mille anglais terrestre est de 1609 m. et que j’ai utilisé 1600 m. pour avoir un chiffre rond, ce qui donne une erreur de 9 m. pour un peu plus d’un kilomètre et demi.
- Passer du mille au kilomètre. — On multiplie le nombre de milles par 8, ensuite par 2 et on prend le dixième du résultat,
- Sauf pour de grands nombres, l’opération se fait de mémoire :
- 100 milles X^ — 800 ; 800 X 2 — 1600 ; 1600 : 10 = 160 km 5o milles X 8 — 400 X 2 = 800, divisé par 10 — 80 km.
- Passer du kilomètre au mille : on ajoute le quart et on prend la moitié :
- 80 km -f- 1 /4 — 100, divisé par 2 = 5o millesv 25 km -j- 1/4 = 31, divisé par 2 = 15,5 milles, il y a une petite erreur parce que 20 n’est pas divisible exactement par 4 ! si on repasse de 15,5 aux kilomètres on trouve 24,8 km, il y a donc une erreur de 0,2 dixièmes de kilomètres.
- Passer des degrés Fahrenheit aux degrés centigrades. — Le zéro centigrade correspond au 32° Fahrenheit ; les tables qui donnent le passage du centigrade au Farenheit
- emploient la formule : — (Fahrenheit — 3i).
- Ainsi
- 100 Fahrenheit X-----
- 9
- 32 “37°,78 centigrades.
- Réception par le goût de signaux radiotélégra-phiques. — MM. Goldsmith et Dickey étudient dans les Proceedings of the Institution of Radio Engineers la possibilité de recevoir les signaux radiotélégraphiques au moyen du goût.
- La Revue générale d Electricité résume comme il suit cette curieuse étude : Jusqu’à présent, la réception des signaux radiotélégraphiques s’est faite à peu près uniquement par le sens de l’ouïe. On a bien essayé également d’utiliser le sens de la vue, mais sans grands résultats d'ailleurs. Enfin, récemment, on a songé que le goût pourrait être employé avantageusement dans certains cas, par exemple, lorsque les bruits extérieurs sont tels que les signaux sont difficilement perceptibles à l’oreille. Les auteurs décrivent quelques expériences faites en vue de déterminer la valeur de cette dernière méthode de réception. Des électrodes furent faites que l’on pouvait placer contre la langue de façon à donner la sensation du goût, quand on les reliait à une source de potentiel; on employait soit une source de courant continu à basse fréquence, soit une source de courant alternatif à 60 périodes. Des signaux étaient émis par un buzzer. En employant un amplificateur à fréquence acoustique à deux étages et à couplage par transformateurs, il était possible d’obtenir la sensation du goût au moyen d’un signal ayant une audibilité de 5oo dans le circuit du .détecteur. La vitesse possible de transmission semblait limitée à un maximum de 10 mots par-minute. On essaya enfin la réception de signaux réels émis par une antenne. A l’aide de quatre étages d’amplification, on pouvait obtenir la sensation du goût pour des signaux dont l’audibilité était supérieure à 5oo dans le circuit du détecteur. Plus l’audibilité était grande, plus la sensation de goût produite était forte. Le signal le plus fort reçu avait une audibilité de 5ooo dans le
- -*| 77 $-
- xo
- p.2x76 - vue 488/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- circuit, détecteur ; les sensations .de goût résultant de' ce signal n’étaient pas assez fortes- pour gêner l'opérateur. En résumé, la réception par le goût est possible au point de vue électrique. Ce mécanisme de réception est franchement désagréable pour l’opérateur qui doit tenir dans sa bouche une paire d’électrodes comprimant le haut de la langue. Un autre inconvénient est la nécessité d’une^ faible vitesse de transmission. Les nerfs du goût se .fatiguent assez. rapidement, ce qui nécessite une amplification constamment croissante si l’opérateur doit rester un certain temps à son poste. La sensation produite est tout à fait déplaisante, surtout avec une amplification considérable, ou. dans le cas de signaux forts ou de parasites. Enfin, le sens du goût est un sens très peu entraîné au point de vue qui nous occupe et son emploi exige une certaine concentration de la pensée. Il semble donc que, malgré l’intérêt évident que présenterait un tel mode de réception à bord des aéroplanes, les inconvénients qu’il entraîne soient de nature à en interdire l’emploi.
- Le nombre des automobiles en France. — Dans le n° 2397-2898, La Nature a publié une statistique des automobiles aux Etats-Unis. En 1919, ce pays comptait -7 523 664 automobiles pour 106 millions d’habitants, soit 1 pour 14. Depuis, ce chiffre a atteint 9211800 véhicules, soit 1 pour 11 habitants.
- Aujourd’hui, Le Temps donne la statistique des automobiles françaises d’après le recensement de 1921. Sans tenir compte de l’Alsace, de la Lorraine, du territoire de Belfort et de la Corse, on trouve 286725 voitures automobiles pour 37 402 55o habitants, soit 1 voiture pour i58 habitants. Lors du précédent recensement, en 1914, ôn avait compté 1 voiture pour 400 habitants. C’est dire le développement rapide de ce moyen de transport depuis la guerre, bien que nous soyons très loin encore des Etats-Unis d’Amérique. .
- Les' départements les mieux pourvus sont : la Seine (56 544 voitures), les Bouches-du-Rhône (8657), le Nord (84x6) , la Seine-Inférieure (7161), le Rhône (7074), Seine-et-Oise (6423).
- Ceux où ce moyen de locomotion est le moins répandu sont surtout les départements montagneux : Lozère (128), Hautes-Alpes (210), Basses-Alpes (332), Lot (3g3), Hautes-Pyrénées (406), Ariège (424), Cantal (527), Tarn-et-Garonne (612), Creuse (670), Haute-Lobe (678), Corrèze (699).
- Comparé à la population de chaque département, le nombre des automobiles apparaît le plus grand dans la Seine (r auto pour 77 habitants), les Bouches-du-Rhône et l’Eure (1 pour 95), Seine-et-Marne (1 pour 104), l’Indre-et-Loire, Seine-et-Oise, l’Yonne (1 pour 113), la Yau-cluse (1 pour n5), l’Aisne, l’Oise (1 pour 11g), la Seine-Inférieure (1. pour 123), la Somme (1 pour ia5).
- Les départements les moins bien pourvus sont : la Lozère (1 auto pourgo5 habitants), le Morbihan (1 pour 5oo), les Hautes-Pyrénées (1 pour 47b), le Lot (1 pour 455), les Hautes-Alpes et le Finistère (1 pour 435), l’A-riège et le Tarn-et-Garonne (1 pour 4ïU), la Corrèze et la Haute-Loire (1 pour 4oo).
- L’Odyssée d’une truite. — M. Debot, de Liège, nous écrit : « En mars 1919, un pêcheur liégeois capturait, à Esneux, une truite mesurant environ 5o centimètres de long et pesant près de 1 kilog. Ayant un aquarium à sa disposition, à Liège, il transporta sa capture, gardée vivante. Le transfert réussit à la bête qui n’avait guère été endommagée et, dès ce jour, elle connut les douceurs d’une geôle d’un demi-mètre cube d’eau alimentaire.
- La curiosité s’exerça alors sur le fait de savoir ce qu’absorberait une commère de cette taille ? Mais, vairons dodus, mouches d’aulnes, papillons, lombrics, verres rouges, tout fut offert sans réussir à faire desserrer les dents à l’entêtée'qui niaigmssait visiblement.
- L’été passa et octobre trouva notre truite muée en chabot, tant sa maigreur était extrême, cependant que les trente vairons qui lui tenaient compagnie se promenaient impunément, etque les versrestaient sans succès! Sept mois, songez-y, sans autre nourriture que les algues microscopiques contenues dans l’eau.
- Cependant, un matin, on constata un vide parmi les vairons, tandis que les survivants se gài’daient à carreau, dans les coins. Ils avaient perdu la belle assurance que leur avait donnée une si longue sécurité et épiaient
- visiblement leur ennemie. D’autre part, des excréments révélateurs confirmèrent que la noble dame avait rompu avec un régime par trop ascétique.
- Il fallut songer alors à lui procurer de quoi se « refaire », car on voyait à maints indices que la truite était décidée à rattraper le temps perdu. Toute la. blanchaille possible, disposée dans un autre récipient : vairons, ablettes rousses, petits chevesnes, etc., pesant jusqu’à i5o grammes, furent engloutis les uns après les autres dès qu’on les jetait à l’eau; et, comme dessert, quand il y en avait, 3 ou 4 lombrics passaient de vie à trépas. Chose curieuse, pendant qu’elle se suralimentait ainsi, elle s’élançait furieusement sur tout objet plongé dans l’eau', pourvu qu’il remuât.
- Quelques mois après, quatre-vingts belles amorces avaient été dévorées, plus une centaine de vairons de toutes tailles. Sa robe était redevenue superbe et ses contours arrondis !
- Ce qu’il faut retenir de ceci, c’est le laps de temps énorme pendant lequel cette bête s’est imposé le jeûne, alors qu’elle n’avait qu’à ouvrir la gueule pour apaiser une faim qui devait certes la tenailler; à moins... qu’elle n’ait pas senti cette faim ? »
- Concours pour un trottoir roulant souterrain à
- Paris,----• La Yille de Paris ouvre un concours pour
- rétablissement d’un système mécanique à débit continu affecté au transport en cominun des personnes.
- Le’ concours ne comporte pas la réalisation sur un parcours déterminé, imposé ou non. Tout l’effort doit porter sur le mécanisme. Cependant, les inventeui's sont tenus de donner leurs idées sur T exploitation (stations, ascenseurs, escaliers; accès sur la voie publique, liaison avec le métropolitain, etc...)., '
- Trois primes de 100000 fr., 5oooo fr. et 3o 000 fr. sont mises à la disposition du jury, qui reste libre de les attribuer en tout ou en partie.
- Lès projets primés resteront la propriété de leurs auteurs, mais la Yille de Paris n’assume en aucune façon l’obligation de les faire exécuter par l’auteur ni de les exécuter elle-même.
- Par contre, si la Yille, après avoir primé un projet, entendait le réaliser dans son,intégralité, et si une entente amiable ne pouvait: s’établir avec l’inventeur, la : propriété pleiné et entière du projet serait acquise par ..la Yille de Paris moyennant le prix forfaitaire de-5oo 000 francs ; si une partie seulement du projet devait être retenue, l’indemnité serait fixée proportionnellement par des arbitres.
- Le concours est ouvert à tous indistinctement, sous la seule î-éserve d’un agrément préalable en ce qui concerne les étrangers. Il sera définitivement clos le 20,septembre 1922 à 18 heures.
- Au moment de leur inscription, les concurrents devront consigner la somme de 100 francs (xoi francs par mandat ou par chèque) qui sera remboursée ultérieurement à ceux qui auront satisfait aux conditions du concours.
- Au point de vue technique, le système mécanique devra être conçu de façon que la vitesse de l’organe de transfert le plus rapide atteigne i5 km en charge normale.
- Le passage du quai fixe à ,la plate-forme mobile animée de la plus grande vitesse devra se faire le plus commodément possible et sans risque de chute de la part des voyageurs.
- Il est en outre fait observé que l’espace dans lequel le mécanisme est appelé à se moxxvoir doit être des plus restreints en raison du prix de revient très important des travaux en souterrain.
- Le mémoire devra indiquer explicitement les essais-que l’auteur se propose de faire avant toute l'éalisation, et qui devi’ont porteriiotamment sur le rayon minimum des courbes, le minimum de là longueur d’alignement, entre deux courbes, le minimum de la largeur dé palier entra deux déclivités de sens contraire. La dépense entraînée par ces essais serait en totalité supportée par la Yille de Paris. ,
- Pour les foi’malités d’inscription et tous . renseignements d’ordre administratif,' s’adresser à la Direction des Travaux de Paris, 99, quai de la Râpée (Bureau de la Yoie publique et du Métropolitain).
- Pour les renseignements d’ordre technique, s’adresser au Service technique du Métropolitain, 48, rue de Rivoli.
- p.2x77 - vue 489/620
-
-
-
- Jtoo
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aüx Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt générât! et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — Ocres..— En réponse à la question posée le q.5 février 19.12 par M. X. F., M. J-. Bemougins, 3a, faubourg du Chêne, àLuxeuiI-les»Bain& (Hte-Savoie), nous écrit : \
- « Si des renseignements anciens étaient utiles, le Journal des Mines donne bien des détails à ce sujet, entre autres : Mémoire sur la terre d'ombre ait terre brune de Cologne, avec figures, n° 36, Fructidor, an V.
- « Au cas où cela présenterait intérêt, j'enverrais'le volume en communication avec plaisir ».
- M. Bieuf, au Creusot. — Il n’y a pas de différences d’organes entre un moteur à 1200 ou à 2000 tours. C’est avant tout une question de dimensions des divers organes du moteur.
- M. P. L.r à Roubaix. — Vous trouverez des indications.sur les plantes grasses, genre cactées et autres, multiplication, culture,, soins à donner à ces plantes, description des diverses espèces, etc., dans les ouvrages suivants : Les cactées, 1 volume avec 11 figures, par Lemgire ; L,es plantes grasses autres que les cactées, 1 volume avec i3 figures, par Lemaire ; Les cactées, 1 volume avec 33 figures, par Palmer (Librairie agricole, Paris, 26, rue Jacob, 6e). Voir aussi les études publiées sur ces plantes dans les journaux et revues d’horticulture,. notamment : Le Jardin et Revue Horticole', demander les fascicules contenant ces études à cette dernière revue (Librairie agricole, précitée).
- M. R. T., rue Bernouilli, Paris. — L’Agence générale
- ctes Colonies, 34, Galerie d’Orléans-, Palais Royal, Paris, pourra également vous documenter sur les questions relatives au jute auxquelles nous vous avons répondu . dans le n° 2.495.
- Elle possède un service de renseignements, un servicç d’études des productions, un musée et une bibliothèque publics ou vous trouverez toutes informations utiles.
- M. Mangin, à Paris.. — La colle employée pour l’assemblage des pièces de vêtements en caoutchouc ést habituellement une simple dissolution de caoutchouc dans la benzine, avec vulcanisation rapide par application, juste au moment de la réunion, d’une solution à 2 pour 100 de chlorure de soufre dans le sulfure de carbone.
- M. F. Tesnière, à Mont-Saint-Aignan. — Vous pourrez vous procurer de la ckloropicrine en quantité importante comme insecticide agricole à la Direction des Poudres, 147, rue de Courcelles, et en petite quantité chez Chenal et Donilhet, 12, rue Lagrange, à Paris.
- P. Georges, Obagie, Syrie. — Un certain nombre de formules d’alliages pour la soudure de Valuminium, ont été proposées ; celles qui ont donné les meilleurs résultats sont les suivantes :
- 1 2 3 4 5
- Zinc...........100 5o 20 90 87
- Bismuth ... 2 »" » » »
- Nickel .... 1 » » » »
- Etain........... » 5o 60 » »
- Plomb .... » » 20 » »
- Aluminium . . » » » 5 5
- Antimoine... » » » 5 8
- Si l’emploi de la soudure doit être peu important, il est plus pratique de faire l'acquisition de soudures toutes préparées, par exemple le s tagnéol de la maison Benoit et Cie, 7, rue de Malte, qui peut s’employer avec le fer à souder.
- BIBLIOGRAPHIE
- :><
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. . ........
- Physique élémentaire et Théo-ries modernes, par J. ' Villet (iro partie : molécules et atomes). 1 vol. în-8^ x'aisin, 198 p., 23 fig. Gauthier-Yillars, éditeur, 1921. Prix : i5 francs.
- L’auteur s’est proposé d’expliquer à des étudiants sortant du lycée l’ensemble des faits importants de la physique, ceux qu’un homme cultivé ne peut se permettre d’ignorer. C’est donc avant tout un ouvrage dé vulgarisation, accessible au grand public, écrit avec le souci constant d’exciter et de retenir la curiosité du lecteur. L’auteur, dans le . choix de son plan, s’est laissé guider par les théories modernes delà physique ; son premier volume est consacré à l’équilibre, au mouvement et à la constitution de la matière; il contient cm exposé des éléments de la mécanique des solides et des liquides, les lois fondamentales des1 gaz, l’étude de la chaleur, des changements d'état, des notions d’acoustique et d’élasticité, et . se termine par un aperçu sur la constitution.moléculaire et atomique de la matière.
- Analogies mécaniques de T Electricité, par J.-R. Pomey.
- 1 vol. in-8 de xiy-i52 pages. Gàuthier-Villars, éditeur, 1921. Prix: i5 francs.
- Cet ouvrage est la reproduction de trois savantes conférences professées par l’auteur au cours de T. S. F. de l’Ecole supérieùre d’Elcctricité. Il comporte un examen de la théorie çle Maxwell, un exposé
- de la théorie des vibrations, une étude de î’audion générateur d’ondes. Le but de l’auteur est de montrer l’intérêt que présente pour l'électricien l’étude des phénomènes mécaniques, car il y trouve une traduction concrète et tangible des: phénomènes électriques qui,, eux, échappent presque entièrement à nos. sens, ce qui en rend l’étude ardue et rebutante pour: de nombreux esprits.
- L’industrie électrique-, par Cn.-P. Steinmetz, traduit de l’anglais par B. Giraud. 1 vol. in-8 de iq5 pages, 5o figures. Gauthiers-Yillars, éditeur. Paris 1921. Prix': 18 francs.
- Yoici un livre fort original et qui n’a pas son équivalent dans la littérature française, relative à F électricité industrielle. M. Steinmetz est un éminent ingénieur électricien des Etats-Unis, à la fois théoricien et réalisateur. Son but, dans cet ouvrage, est en somme de faire comprendre en quoi consiste le métier : on. n’y trouvera aucune théorie ; l’autepr dessine en traits, précis les contours qui enserrent toute l’activité d’un, électricien; il montre comment et pourquoi se sont posés les divers problèmes de la production, du cou-, trôle, de la transmission, de la distribution et. de l’utilisation de l’énergie électrique; il. indique les difficultés qu’en présentait la . solution et par quels moyens on en est venu à bout. Get exposé bref et nourri, où tout l’essentiel est ditet riên que l’essentiel, est extrêmement instructif,, non seulement pour les ingénieurs auxquels il est particulièrement destiné, mais encorë à tous ceux qui s’intéressent à l’évolution économique de leur époque. '
- I.es Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones’.,. Revue bimensuelle, publiée par l'Administration des P. T. T. Librairie de l’Enseignement Technique. Paris.
- p.2x78 - vue 490/620
-
-
-
- Nous apprenons avec plaisir que cette excellente Revue technique qui ne paraissait jusqu’ici que tous les trois mois paraît tous les deux mois à partir du i6r février 1922. Les Annales des P. T. T. contiennent des études approfondies sur les questions intéressant la télégraphie et la téléphonie avec et sans fil, elle publie régulièrement un résumé des travaux du service d’Etudes et de Recherches techniques des P. T. T., et en outre elle dépouille et résume d’une façon remarquable les publications techniques étrangères. Elle offre donc une documentation de premier ordre.
- Les principes de l’analyse chimique, par Victor Auger. 1 vol. in-16, illustré. Armand Colin, [éditeur. Paris 1921. Prix : 5 fr.
- Pendant longtemps on a considéré que l’analyse chimique était constituée par des réactions et des recettes, purement empiriques. 1
- Ostwald, le premier, a rompu cette routine par son opuscule sur les principes de l’analyse chimique. Depuis lors, certains auteurs ont accordé une petite place dans leurs traités d’analyse aux notions théoriques les plus élémentaires; mais, pressés par la nécessité d’insister sur la pratique, ils ont dû restreindre à quelques pages l’étude des principes.
- Il y avait là une importante lacune dans l’enseignement de la chimie en France. M. Auger l’a comblée en condensant dans ce petit traité les données nécessaires à la connaissance raisonnée de la chimie analytique,
- La Fonte, par le colonel J. Rouelle, i vol. in-16, illustré, Armand Colin, éditeur. Paris 1921. Prix broché : 5 francs.
- Cet ouvrage, écrit par un spécialiste de la métallurgie, donne sous une forme brève et précise les principes fondamentaux, les points essentiels et les détails les plus importants du travail de la fonte : élaboration de la fonte au haut fourneau, classification des fontes, pratique de la fonderie.
- L’ouvrage donne quelques notions sur la fonte aciérée, la fonte malléable et la fonderie de l’acier et du cuivre.
- Esquisse d’une histoire de la technique, par A. Vieren-deel. 2 vol. de 188 et 3og p. Yromant et C‘°, éditeurs, 3, rue de la Chapelle, Bruxelles 192c.
- L’auteur, technicien réputé et professeur à l’Université de Louvain, définit la technique l’application de la science à l’industrie. Ce n’est donc pas une histoire des progrès des arts et de l’industrie qu’il a eu l’intention d’esquisser, car au point de vue historique les applications ont presque toujours précédé l’éclosion des théories; la balistique existait bien longtemps avant que Galilée ait jeté les fondements de la cinématique et de la dynamique; c’est en méditant sur les machines à vapeur de Watt que Sadi-Carnot crée la thermodynamique, et son essai célèbre ne retient l’attention d’aucun contemporain; lqs arts du feu avaient aéquis un grand développement avant que Lavoisier ait révélé les lois de la combustion, etc.,etc. La définition de M. Vierendeel explique sans doute les lacunes manifestes de son livre ; en voici le contenu : un aperçu historique sommaire sur le développement de la technique à travers les âges: puis les mathématiques, la mécanique, la thermodynamique, l’électricité, la machine à vapeur, les locomotives, les turbines, les moteurs, l’aérostation, l’aviation, l'éclairage au gaz, les grandes constructions métalliques, le béton armé. Ces divers chapitres sont judicieusement pensés, solidement documentés et agréablement écrits. Mais comment expliquer que l’auteur n’ait pas consacré même une page au développement de la sidérurgie dont les progrès ont, en fait, conditionné tous les progrès de la technique à l’époque moderne?
- Manuel du Briquetier et du Tuilier (Briques, tuiles, carreaux, tuyaux et autres produits en terre cuite), par Emile Lf.jeune et Ch. Bonneville (5° édition, revue et augmentée par H. de Graffigny). 1 vol. in-16 de 55o p. et 209 fig., cartonné toile anglaise. Gau-thier-Villars, éditeur, Paris, 1921. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage bien connu'indique les différents procédés anciens et modernes pour la fabrication des briques, tuiles et autres produits cuits à base d’argile.
- Manuel de tournage du bois, par Hippolyte Gasciiet,
- I vol. in-18 de 248 p., 3oi fig. J.-B. Baillière et fils, éditeurs. Paris 1922. Prix : 10 francs.
- L’art du tourneur se trouve tout entier dans la variété et l’ordonnance des moulures qui ornent les objets confectionnés sur le tour. L’auteur a donc minutieusement étudié différents profils employés en architecture : art qui règle tous les autres. Des notions sommaires, mais suffisantes, de dessin, suivies de conseils sur la manière de dessiner, permettent d’aborder la représentation graphique des contours les plus variés.
- La description de l’outillage, puis des loues de main du métier tient ensuite une place importante dans l’ouvrage qui se termine par des exercices gradués.
- Heredity in the Light of recent Research, par feu L. Doncaster, 38 édition revue. 1 vol. in-16, i63 p., i3 fig. Cambridge University Press. Prix cartonné : 4 sh.
- Excellent petit livre où l’auteur, laissant de coté les théories anciennes et classiques, passe en revue les faits nouveaux : mutations ét variations continues, méthodes biométriques et eugéniques, hérédité mendélienne, hérédité chez l’homme, caractères sexuels.
- II distingue clairement les faits qu’il considère comme acquis des questions encore discutées et des théories. L’ouvrage finit par un rapide sommaire historique, un appendice sur le noyau et les chromosomes considérés comme porteurs des caractères héréditaires, un lexique des termes spéciaux et une bonne bibliographie de la question.
- L’évolution universelle, par Branislav Petronievics. 1 vol. in-16, 212 p., 3 fig. Alcan, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- L’auteur, métaphysicien, étudie successivement l’évolution totale de l’univers, puis celles des systèmes stellaires, de la terre, des éléments chimiques, des corps organiques, des êtres vivants. Il en dégage les lois et montre leur prédétermination.
- . The Economie Aspects of Geology, par C. K. Leith. 1 vol., 458 p. Constable, éditeur, Londres, 1922. Prix : 18 sh.
- L’auteur passe en revue les principaux minéraux d’utilité industrielle, il examine les conditions géologiques de leurs gisements, leur répartition géographique et leur importance économique, c’est-à-dire leurs emplois, leur consommation, leurs marchés principaux et leur avenir; il jette Lin coup d’œil un peu sommaire sur la législation des mines, en se plaçant surtout au point de vue américain ; il examine l’effet de la guerre sur la conservation des ressources minérales du monde, notamment en charbon. A signaler un chapitre sur la géologie au front, où l’on mentionne lés organisations géologique.s des armées allemande, anglaise et américaine et où il n’est même pas question des organisations similaires de l’armée française, si largement mises à contribution cepèndant par l’armée américaine. .
- Le but de l’auteur est de montrer l’importance pratique des applications de la science géologique et son livre est à cet égard parfaitement convaincant.
- Les gisements de pétrole, par Jean Ciiauxard. i vol. in-16 de 33o p. avec fig. Doin, éditeur. Paris 1922. Prix broché : 12 francs ; cartonné toile .: 14 fr.
- Après un court historique, l’auteur résume la physique et la chimie des pétroles bruts, des gaz et des bitumes, examine l’origine des pétroles, puis passe aux problèmes d’ordre pratique relatifs à la. prospection et à l’exploitation du pétrole : caractère des gise-
- ‘ ments, brève description des régions pétrolifères du monde, recherche dés gisements, procédés de forage et méthodes d’exploitation. L’ouvrage se termine par des notions générales sur les grands problèmes économiques subordonnés au pétrole.
- p.2x79 - vue 491/620
-
-
-
- LA NATURE^
- Supplément^
- \«
- N° 2502 18 Mars 1922
- X. e=
- rj&>.
- Utilisations nouvelles de Râéroplane. — Jusqu’ici, en dehors de ses emplois militaires, l’aéroplane a été utilisé presque exclusivement comme moyen de transport pour passagers en quête de voyage rapide, ou pour des marchandises de valeur, notamment le courrier postal. Les levés de plans par aéroplanes commencent aussi à se développer rapidement. A côté de ces emplois tout indiqués, en voici d’autres qui commencent à apparaître. Les Parisiens ont déjà fait connaissance avec l’avion publicité qui lance sur la ville une pluie de prospectus ; cette innovation a été mal accueillie par la Préfecture de Police, soucieuse de ne pas laisser salir sans utilité la voie publique; on lui a substitué une publicité lumineuse et maintenant chaque soir de beau temps, on peut voir se déplacer au-dessus des boulevards une enseigne lumineuse de 26 m. de long sur 14 m. de large. Pour attirer les regards des promeneurs, le phare de la Tour Eiffel suit de ses rayons cette enseigne mouvante,
- La Préfecture de Police de Paris a envisagé l’utilisation de l’avion en cas de trouble sur la voie publique; un inspecteur-observateur prendra place à bord d’un appareil muni de T. S. F. ; il sera ainsi en mesure de donner rapidement des ordres aux postes de police intéressés.
- La Préfecture de Police compte également faire contribuer l’avion à la solution du difficile problème de la circulation. On se servirait de l’avion pour repérer, aux heures de circulation intense, les grands courants et déterminer ainsi les emplacements convenables pour les poteaux de circulation.
- Les installations d’accumulation hydraulique par pompage. — On sait que les usines de distribution d’électricité souffrent toujours d’une maladie, dite la pointe. A certaines heures, le soir notamment, quand la nuit commence à tomber, la consommation augmente considérablement; ces besoins exceptionnels ne durent que peu de temps : 2 ou 3 heures. Il faut cependant leur donner satisfaction et, pour cela, disposer de machines de secours qui fournissent aux heures de forte charge la puissance supplémentaire. Ces machines inutilisées pendant la plus grande partie de la journée grèvent lourdement le budget des usines électriques.
- Lorsque l’usine électrique est alimentée par chute d’eau, c’est bien plus grave encore. Ou bien l’usine utilise toute la chute aux heures de service normal, et alors pour faire face à la pointe il lui faut une station de secours alimentée par des moteurs thermiques; ou bien en service normal elle n’utilise qu’une partie du débit de sa chute ; dans ce cas elle laisse perdre pendant toute la journée une énergie précieuse; de plus il peut arriver qu’ainsi certaines de ses turbines hydrauliques cessent dans la journée de fonctionner à pleine charge et le rendement est diminué.
- En certains endroits, pour remédier à ces inconvénients, on emploie un dispositif en apparence paradoxal. L’énergie de la chute d’eau, que l’on serait forcé autrement de laisser sans emploi en dehors des heures de pointe, est utilisée pour pomper de l’eau et la refouler dans un réservoir élevé. Au moment de la pointe, on se sert de ce réservoir pour produire une chute artificielle dont le débit actionne une turbine hydraulique spéciale et par elle une génératrice électrique de secours.
- Il faut que la hauteur de chute du réservoir auxiliaire soit bien supérieure à celle^de la chute principale, sans quoi le dispositif serait absurde. Il est manifeste que l’on perd une très importante fraction de l’énergie hydraulique dans les transformations successives que comportent les opérations'que nous venons d’indiquer. Mais si l’on restitue rapidement l’eau qui aura été accumulée lentement, et en somme quasi gratuitement, dans le réservoir, on voit que l’on obtiendra pendant ce temps’ de restitution une puissance considérable qui augmentera d’une fraction importante la- puissance normale de l’usine. Pour que cette restitution rapide soit possible et rapide, il faut n’avoir à laisser écouler qu’un débit d’eau faible par rapport à celui qui passe dans la turbine principale et cela exige un réservoir d’altitude élevée par rapport à la hauteur de la chute.
- Lorsque les conditions topographiques le permettent, il peut donc y avoir avantage pour une usine hydroélectrique à s’adjoindre une station de pompage. M. Godin qui consacre à ce dispositif un intéressant article dans la Revue générale d'Electricité mentionne qu’il n’existe actuellement en France qu’une installation surece principe : c’est celle de la petite usine de Che-venoz, sur la Dranse d’Abondance en Haute-Savoie.
- Elle possède une chute de 5o m. de haut avec laquelle on réalise en moyenne une puissance de 780 kilowatts.
- En 1909 une station de pompage a été adjointe à' l’usine; elle crée une chute artificielle de 4°° m. de haut, le réservoir auxiliaire a une capacité de 10000 m5. On peut ainsi aux heures de pointe accroître de 27 pour 100 la puissance de l’installation.
- Les premières installations d’accumulation par pompage furent réalisées en Suisse; elles n’étaient du reste pas destinées à des usines électriques, mais seulement à la production de force motrice. La ville de Zurich réalisa ainsi dès 1883 une chute artificielle de 157 m.
- Les usines de Gerlafingen et de Clus, en 1899, réalisèrent respectivement des chutes artificielles de 600 m. et 315 m. En 1904, l’usine électrique de Olten-Aarburg créa une chute de 3 r 5 m. et Schaffhouse suivit son exemple en 1909.
- En Italie, on rencontre plusieurs applications importantes ; il faut citer celle de la Société Alta Italiana de Turin; à Funghera, dans la vallée de la Stura, elle utilise deux bassins artificiels de 5oooo m3 produisant une chute artificielle de i5o m., avec laquelle on double aux heures de pointe la puissance de l’usine génératrice.. Cette Société, en 1913, a mis en service à Viverone (No-vara) une deuxième installation ; l’eau y est refoulée par pompage dans un lac naturel aménagé à cet effet. La chute créée est de 140 m. Ces 2 installations de pompage ont permis à la Société de supprimer son usine à vapeur de secours de Turin; avantage qui fut particulièrement apprécié lors de la disette de charbon que la guerre et ses suites imposèrent à l’Italie.
- M. Godin signale en France une importante installation de pompage en cours d’exécution à l’usine de Bel-leville (Savoie), pour les aciéries électriques Paul Girod. La chute‘créée sera de 5oo m. de haut; comme réservoir on aménagera le lac naturel de la Girotte dans lequel deux pompes de 5ooo chevaux chacune déverseront les eaux puisées dans le canal de fuite de l’usine de Belleville.
- Enfin il existe un projet de grande envergure lié à l’aménagement du Rhin entre Bâle et Strasbourg. On utiliserait comme bassins 2 lacs,naturels des Yosges, le lac Noir et le lac Blanc, ce dernier situé à 100 m. plus haut que le précédent. Les machines de pompage et de production d’énergie constitueraient une véritable centrale indépendante à laquelle les usines établies sur le Rhin enverraient leur énergie électrique disponible périodiquement, et cela au moyen d’une ligne de transmission d’énergie qui aurait à traverser toute la plaine d’Alsace.
- Les maisons les plus hautes du globe. — M. le
- professeur Pozzi-Escot, de Lima, nous écrit : « Dans votre numéro 2485, Supplément, p. i5g, à propos de « la maison la plus haute du globe », vous dites : « Le professeur Bowman, dans son livre sur les Andes du Sud du Pérou, c.ite une maison habitée à 5212 m. Les familles de bergers péruviens montent en effet jusqu’à cette altitude. »
- C’est un peu sommaire. Sans doute, nous sommes loin ici des altitudes des moûts Himalaya, mais 5ooo m. est une altitude bien commune et de nombreuses villes minières, avec tout le confort moderne, se trouvent aux environs de cette altitude, même plus haut. Il n’y a pas 100 km entre Lima et le grand tunnel de Galora, que traverse le chemin de fer de Lima à la Oroya et le tunnel de Galora est à 4&5o m. au pied du mont Meiggs qui, lui, dépasse 5ooo.
- Pour ma part, j’ai un « pied à terre » de chasse où je passe souvent plusieurs semaines, sur le Pichawako à 5i5o m., sous la garde de quelques amis du village de
- p.2x80 - vue 492/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- Tanta, situé lui-même à 492° m.,Suivant le savant Ray-mundi, et que je place moi-même un tantinet plus haut. Toutes ces régions de « punas » sont parcourues par des bergers; la vie y est aisée, la tranquillité bien enviable, la chasse agréable (outardes, canards, perdrix, cerfs, renards et nos inséparables vicunas); le froid vif, les phénomènes électriques fabuleux; les nuits y sont, de mai à octobre, une rare merveille. »
- Essais de conservation des poissons par le froid.
- — MM. E.-D. Clark et L.-1I. Alrny relaient, dans une revue technique américaine, les résultats des essais de conservation des poissons par la congélation, résultats rapportés dans Chimie et Industrie.
- Deux espèces de poissons de mer, le Pomatomnus saltatrix et le Cynoscion regalis, ont été congelés dans l’air, à la façon ordinaire, emmagasinés vers — ç)° — io° et examinés au point de vue chimique et organoleptique après des périodes de i à 27 mois.
- Les poissons conservés glacés (avec une couche de glace) restèrent savoureux et sains pendant 16 et i3 mois respectivement. Ceux qui n’avaient pas été glacés ou protégés autrement contre la perte d'humidité séchèrent rapidement au point de n’être plus vendables après quatre mois.
- La perte d’humidité fut tin peu retardée par l’enveloppement dans du papier parcheminé, procédé cpii ne peut remplacer le glaçage.
- La conservation de la qualité fut pratiquement la même après i3 mois pour les poissons entiers et pour ceux débarrassés des viscères, les uns et les autres cessant d’ètre bons après deux ans de magasinage.
- La dessiccation et la détérioration subséquente étaient plus marquées que dans les chambres ordinaires, pra-tiquement moins réfrigérées.
- On constata les changements suivants dans la composition de la chair des poissons : -
- Les azotés, solubles dans l’eau et coagulables, diminuent dans le Pomatomnus saltatrix et augmentent d’abord dans le Cynoscion regalis, pour diminuer ensuite, sauf chez ceux qui furent gardés sans viscères et sans glaçage ni enveloppement et qui donnèrent des variations irrégulières.
- L’azote des protéoses diminua dans l’un des poissons et pas dans l’autre.
- L’azote des acides aminés augmenta légèrement.
- L’azote ammoniacal et aminé augmenta dans les poissons glacés avec viscères et peu dans les autres.
- L’acidité de la matière grasse augmenta dans tous les poissons soumis à ces essais, et l’indice d’iode diminua dans tous, mais surtout dans le Pomatomnus saltatrix.
- Glacé fabriquée avec de l’eau de mer. — On sait que la glace des icebergs n’est pas salée, il y a dissociation au rnomeUt de la congélation. Par un procédé nouveau que décrit la Revue générale du Froid, M. de Saugy, ingénieur, vient d’obtenir cependant de la glace d’eau salée, laquelle présenterait divers avantages, notamment d’être peu friable et de né pas déchirer les tissus du poisson enrobé.
- Son point de congélation étant abaissé à — 6°, elle emmagasinerait par suite plus de frigories dans sa masse.
- Sa production ne serait pas sensiblement plus coûteuse que la glace d’eau douce.
- Des caisses de poisson étant envoyées de Douarnenez à Paris contenant lès unes de la glace ordinaire, les autres de Ta glace salée, cm a constaté que les dernières contenaient Un emballage d’une température inférieure de 5° à la température des première caisses. La température du poisson était plus froide de 3°.
- Etude du vol dé 240 000 mouches. — Le marquage et la mise en liberté de 240 000 mouches par des entomologistes du Gouveimement américain, de manière que ces savants puissent étudier en détail l’étude du vol des mouches qui n’avait jamais été sérieusement entreprise jusqu’à présent, constitue un succès remarquable et peut'avoir des conséquences excessivement sérieuses en ce qui concerne la propagation de certaines infections.
- Les représentants fédéraux du bureau national d’entomologie ont procédé dans ces nouvelles expériences
- comme des répartiteurs de catégories de mouches, de manière à vérifier comment les diverses espèces de ces insectes sont réparties dans les différents lieux habités et à chercher à déterminer leurs habitudes journalières, de manière à pouvoir exercer sur elles un contrôle efficace et prendre à leur égard des mesure§ de destruction.
- Les variétés de mouches qui affectent l’homme et les animaux sont distribuées par dispersion naturelle dans les vols ordinaires.
- Ces essais uniques au monde furent entrepris de manière que l’on pût suivre le développement des maladies nées des mouches et se procurer des renseignements pour leur localisation, les points où ils se réunissent de préférence comme les fosses à bourriers, les auges à cochons, les fumiers... et autres terrains favorables à leur éclosion.
- Une fois ces points connus, il deviendrait relativement facile d’écarter la menace de ces insectes des villes et des districts ruraux.
- Il a été constaté que les mouches de maison peuvent voler dans n’importe quelle direction à des distances de 1600 m. à iG km.
- Des observations faites au feu phare du récif de Rébecca sur la côte de Floride ont démontré que les mouches émigrent en ce point, venant de Cuba qui est à une distanee de i5okm; on a également vérifié des vols de 72 km au large de Key-Wesf.
- Les investigations furent poursuivies principalement dans la partie Nord du Texas qui se trouve dans les Etats de l’Extrême Sud des Etats-Unis.
- Les mouches furent capturées au moyen de larges filets coniques dans lesquels on plaça des appâts ayant une odeur très forte.
- Ces pièges furent placés dans des endroits où les mouches pullulaient, pendant des durées variant de 4 a 24 heures; ensuite les pièges furent entourés de cylindres à rideaux, leurs couvercles enlevés et les mouches chassées dans les cylindres dont on obtura les extrémités au moyen d’étofl'es à mailles pas trop serrées pour laisser passer l’air et on les expédia rapidement au point de libération.
- Là ils furent placés dans un sac spécial contenant une ou deux onces (une once vaut 32 gr.) de chaux rouge ou de couleurs de peintre sèches (paint pigment) pulvérisées qui furent vaporisées sur les mouches pour future identification ; elles furent alors mises en liberté.
- C’est la chaux rouge et la poussière de peinture rouge qui réussirent le mieux.
- Aussitôt relâchées, les mouches s’envolèrent immédiatement dans la direction du vent ou perpendiculairement à sa direction.,
- Pour s’assurer de l’étendue de dissémination, un grand nombre de pièges de 4 m. 5o de diamètre furent placés à des distances variables des points de mise en liberté ; ils avaient été préalablement amorcés avec des produits ayant une odeur très forte et appréciés par les bestioles.
- Les mouches ’ prises dans les pièges furent tuées journellement, comptées, et le nombre de mouches marquées bien déterminé.
- Dans les cas où avec l’oeil on ne discernait pas les couleurs rouges, on se servait de microscopes ; il est intéressant de savoir que 64 pour 100 des mouches recapturées furent reprises moins de 24 heures après leur libération.
- La plupart des prisonnières avaient traversé ou coupé perpendiculairement un vent de 21 à 28 km à l’heure.
- On constata ainsi que pour une raison inexpliquée, les mouches ne sont pas retournées dans le sud de leurs points de départ en nombre proportionnel à celui qu’on a pu recueillir dans d’autres directions.
- Ces expériences ont également permis de vérifier que les mouches parcourent les premiers 3oo m. à une assez grande vitesse (quelques minutes).
- La mouche commune peut couvrir de 8 à 14 km en deux jburs environ après sa libération.
- Leur tendance générale a été de s’orienter vers l’ouest, 77 pour r00 d’entre elles ayant pris cette direction et ayant été prises au piège sur cette ligne.
- C’était surtout le désir de trouver un emplacement pour déposer leurs œufs, avec le besoin de se nourrir, qui paraissait constituer le stimulant le plus puissant au moment de leur libération.
- p.2x81 - vue 493/620
-
-
-
- 0D
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >
- \V ^ Âf
- Photographe ^
- Appareil d’agrandissement en lumière artificielle diffusée. — L’amplification photographique est habituellement obtenue à l’aide de lanternes d’agrandissement qui comportent, entre autres organes, un condensateur. Celui-ci est extrêmement coûteux, dans les grandes dimensions nécessaires à la projection agrandie de négatifs i3><i8 ou 18X24 et, de plus, il nécessite l’emploi d’une source de lumière réduite théoriquement à un point, ainsi qu’un réglage précis, qui doit être effectué de nouveau chaque fois que l’on modifie le rapport d’amplification. Enfin, l’agrandissement en lumière dirigée par un condensateur donne toujours des images plus contrastées, plus dures que celles qui seraient obtenues sur le même papier, soit au tirage par contact, soit à l’agrandissement en lumière diffuse.
- L appareil représenté par la figure i permet d’obtenir, sans autre réglage que la mise au point à l’échelle désirée, des images agrandies, très uniformément éclairées en lumière diffuse par des lampes électriques à incandescence d’un type usuel. A l’arrière d’une chambre noire à soufflet s'adapte une boite à lumière contenant un carton blanc mat incurvé, aisément remplaçable dès qu’il est sali ou jauni, éclairé par quatre lampes « demi-
- Fig. i. — Appareil d’agrandissement en lumière artificielle diffusée.
- f !
- watt « de 200 bougies chacune. Ces lampes sont logées dans deux compartiments latéraux, auxquels des portes donnent aisément accès, de manière à ne pas envoyer directement les rayons lumineux à l’objectif ni au cliché à agrandir. Une ventilation très efficace évite tout échauf-fement anormal.
- Le- corps arrière de la chambre à soufflet, dans lequel on glisse un porte-cliché carré pour 18x24, muni d’intermédiaires pour tous les formats inférieurs usuels, est fixé à l’une des extrémités d’un banc rigide en chêne, sur lequel coulissent, par pignons et crémaillères, le corps avant, qui reçoit l’objectif, et un chevalet avec planche à piquer pour le papier sensible. La longueur totale du banc est de 1 m. 84 et la planche 45 X 55 reçoit aisément tous les papiers jusqu’au format 40 X 5o.
- L’appareil est livré sans objectif, car il permet d’utiliser celui qui a servi k prendre le cliché. En effet, réchauffement de l’instrument est assez faible pour que, contrairement à ce qui se passe dans les agrandissements à condensateurs, on n’ait pas à craindre la déformation des lamelles en ébonite du diaphragme-iris.
- Pour la mise au point de l’image projetée sur le papier sensible, un cadre à charnières est disposé de façon à pouvoir être rabattu devant l’objectif. Ce cadre est garni d’écrans jaunes, très transparents et parfaitement inactiniques, au travers desquels la mise au point est aussi facile que si aucun écran'n’était inter-, posé. On évite ainsi d’avoir à faire établir, pour chaque diamètre d’objectif, un bouchon spécial à verre jaune, bouchon qui est d’ailleurs souvent égaré au moment où l’on en a besoin.
- Le même appareil peut être livré sans planche à piquer, le banc étant alors de dimensions notablement moindres, lorsqu’on se propose de projeter l’image agrandie sur un mur du laboratoire.
- La boite à lumière, détachée de l’appareil d’agrandissement, peut servir de lanterne de laboratoire ou être utilisée pour la présentation de plaques autochromes. Dans ce dernier cas, il est facile de corriger, le cas
- échéant, une dominante qui fausse le coloris, en remplaçant le carton blanc diffuseur par un autre carton convenablement teinté.
- Fabricants : Etablissements Poulenc frères, 19, rue du Quatre-Septembre, à Paris.
- . Photomicrographie d’amateur. — La microphoio-.graphie est considérée à juste titre comme un art véri-
- 2. — Schéma de l’appareil.
- table qui exige des instruments coûteux et en général peu à la portée d’un photographe amateur. Cependant; il est possible avec un matériel rudimentaire d’obtenir de très belles épreuves comme celles que nous reproduisons et qui ont été obtenues par M. Henri Cauderay qui nous indique la manière dont’il procède, manière simple et très ingénieuse qui fait le plus grand honneur à son auteur.
- Le matériel nécessaire se ré-sum e en une chambre photographique ordinaire et un vulgaire microscope que l’on réunit en une disposition simple de la manière suivante (fig. 2).
- La chambre photographique qui peut être quelconque est démunie de son objectif et on la place sur une planchette ou sur une table qui sera soustraite à toute vibration. Le microscope est démuni de son oculaire quiest unelen-tille simple ou composée qui se trouve du côté du microscope par lequel on a l’habitude de regarder. Le m ic r o s c o pe étant tout ordinaire on le maintiendra couché à la hauteur de la chambre au moyen d’une cale de bois
- qu’il est facile de préparer et à laquelle on donnera la hauteur exacte au moyen de feuilles de papier qui permettront de rattraper les différences les plus faibles en hauteur (fig. 3).
- Le tube du microscope est assujetti dans une rondelle de carton et le joint peut être assuré par du papier noir que l’on collera sur ie joint afin qu’il n’y ait aucun passage de lumière.
- La rondelle de carton est mise à la place de l’objectif de l’appareil en évitant toute fuite de lumière qui pourrait venir impressionner lg plaque sensible.
- La préparation à photographier sera placée sur le
- Carton
- Oùjec/’/f
- Montage de l’objectif.
- € 83
- p.2x82 - vue 494/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- porte-objet et le miroir orienté de manière que cette préparation soit éclairée le plus possible. Si la photographie doit être faite le soir, on dispose à 20 cm du miroir une lampe électrique de 5o ou même de 100 bougies ou bien encore une forte lampe à pétrole. Lorsque l’éclairage est jugé sullisant on passe alors à la mise au point.
- Pour cela on rapproche le verre dépoli de la chambre
- afin de l’amener près de l’extrémité du micros -cope, ceci afin d’avoir une luminosité suffisante pour mettre plus facilement au point. On fait varier, comme dans la pratique du microscope ordinaire, la distance de l’objectif à l’objet de manière que l’image se dessine très nette sur la glace dépolie. On recule alors avec précaution, pour ne rien déplacer, le fond de la chambre noire jusqu’à ce que l’image soit d’une grandeur suffisante et compatible avec les dimensions de la plaque photographique que l’on veut impressionner. La mise au point ne varie pas pendant cette opération.
- Il ne reste plus qu’à mettre un châssis avec une plaque et à tirer le cliché. La durée du temps de pose est naturellement très variable et elle dépend de l’opacité de la
- préparation, du grossisse ment obtenu et aussi de la grandeurde l’image que l’on veut obtenir. On peut arriver quel-quefois à 5 minutes de pose et même davantage.
- Le développement se fait comme à l’ordinaire, cependant il est préférable de développer lentement, par exemple à l’acide pyrogallique afin que le moindre détail apparaisse.
- On obtient assez facilement de très bons clichés pourvu qu’on y apporte quelque soin. Ceci permet de constituer à peu de frais de très intéressants albums et d’étudier à loisir toute une collection de coupes de plantes, d’insectes microscopiques ^et de tout|ce qui en général
- peut échapper à notre vue directe.
- L’observation au microscope est fatigante pour celui qui n’y est que peu habitué ; en prenant des clichés, on supprime complètement cette fatigue. On peut illustrer simplement les moindres leçons de sciences naturelles : botanique, zoologie, anatomie même, par des vues photographiques beaucoup plus complètes, plus vraies et plus rigoureuses que les meilleurs dessins.
- On peut tirer des diaposilifs que l’on pourra ensuite projeter sur un écran et agrandir encore considérablement sans diminuer la visibilité, ce qui est fréquent quand on observe directement au microscope. De cette manière, un auditoire entier pourra suivre sur l’écran les explications d’un professeur ou d’un conférencier et ce moyen contribuera à rendre accessibles des choses souvent bien abstraites pour les profanes.
- Fig. 7. — Coupe de cornouiller.
- Objets utiles
- Lampe à essence à incandescence. — L’éclairage est un problème délicat à résoudre quand on n’a pas à sa disposition le gaz ou l’électricité .D’ailleurs, pour certains usages, pour les appareils portatifs nécessaires à de grands déplacements, il ne faut pas songer à utiliser l’un ou l’autre de ces moyens.
- Il faut alors avoir recours à l’huile ou au pétrole et l’intensité d’éclairage est faible. Une solution plus moderne est celle qui fait intervenir l’essence sous pression et des modèles intéressants ont été établis dans ce sens.
- Un appareil récent et perfectionné est la lampe « Liberty » qui est composé d’un réservoir inférieur contenant l’essence.
- Celle -ci est mise sous pression de 800 gr. au moyen d’une pompe fixée au réservoir et l’essence monte par un tube vertical pour arriver au brûleur garni d’un manchon analogue à ceux qu’on emploie pour le ga
- Un robinet d’arrêt empêche l’arrivée de l’essence au brûleur, ou permet de laisser passer le liquide.
- Pour l’allumage, il faut au préalable réchauffer le brûleur et ceci se fait après qu’on a donné la pression dans le réservoir et qu’on a fermé le robinet pointeau.
- Pour réchauffer, on prend une tige avec un coton imbibé d’alcool qu’on enflamme et on introduit ce coton par le trou supérieur de l’appareil.
- Une fois le coton presque éteint, l’appareil est prêt et en ouvrant le pointeau, l’essence qui arrive se vaporise et brûle en portant le manchon à l’incandescence.
- Le remplacement du manchon se fait simplement grâce à des vis qui, une fois desserrées, permettent de faire glisser le support du mica cylindrique. Celui-ci se démonte facilement et l’intérieur de la lanterne devient accessible. Sur le même principe, on établit des appareils portatifs de table ou de bureau.
- Dutrut, Bernier, Desrues, 68, quai Jemmapes, Paris.
- Marmite Zutter à couvercle étahehe. — A la dernière exposition du chauffage organisée au Grand Palais par la Yille de Paris, on pouvait voir une nouvelle marmite qui ressemblait à première vue à un appareil de laboratoire.
- Surle fourneau,une grande marmite se présentait, armée à sa partie supérieure d’un thermomètre et dans certains modèles d’un
- robinet de vapeur à ,, j 2'
- sifflet. Ce récipient ' _ Marmite Zutter>
- est une enveloppe ior- 0
- mée de deux parois
- d’aluminium entre lesquelles est sertie sur les faces latérales et supérieures une feuille de carton d’amiante. Son couvercle ferme exactement et sans joint. A l’intérieur, on peut disposer une ou deux marmites dont la supérieure forme couvei’cle à l’inférieure.
- p.2x83 - vue 495/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- o 1J//ÆJL
- L’inventeur, M. Zutter, a cherché par ce moyen à économiser le combustible en évitant la perte de chaleur par rayonnement du vase soumis à la chaleur et celle plus grande encore due à l’évaporation de l’eau. Avec ce modèle, on porte l’ensemble à la température de l’ébullition indiquée par le thermomètre, puis on baisse le feu pour maintenir juste un petit bouillon jusqu’à la fin de la cuisson.
- Les aliments ainsi cuits à l’étuvée gardent mieux leur parfum et leur saveur.
- La figure g montre la coupe d’un appareil de ce genre avec son fond 2' servant au chauffage, ses parois i et a isolées à l’amiante, son couvercle 3 muni d’anses 4 et du thermomètre 5.
- L’inventeur est M. J.-M. Zutter, 3, rue Charles-Beau-delaire, Paris, 120.
- Bec Bunsen en verre. — M. J. Vicaire, étudiant à la Faculté des Sciences de Besançon, nous indique le moyen suivant pour faire soi-mème unpetit bec de gaz en verre, du type Bunsen, pouvant servir à beaucoup d’amateurs de chimie, photographie, etc., et même à bien des professionnels.
- Tout le travail du verre peut être fait sur un bec Bunsen ou sur un bec Auer dopt on a enlevé le man-
- Nota. — La température de la flamme peut être réglée en réglant l’admission d’air. Pour cela, on fait glisser sur le trou une bague de caoutchouc.
- Le bec peut être fixé sur un support, en bois, en plâtre ou en ciment.
- Pour obtenir un support en bois, on pratique dans un morceau de bois une échancrure dans laquelle on introduit le bec. Quand le bec est en place, on le fixe par un étrier en fil de fer ou un morceau de bois b.
- Pour faire un support en ciment ou en plâtre, on met le bec dans un moule en carton, de forme appropriée et on y coule du plâtre ou du ciment prompt; après prise complète, on démoule.
- On peut aussi, pour augmenter la stabilité du support, placer une rondelle de fer en R.
- f
- Piège à rats aquatique. — M. Ed. Rousseaux nous écrit :
- La Nature a trop souvent donné de bons conseils de dératisation pour que je ne me fasse pas un devoir de 1 informer des résultats d’une année d’expérience. Mon procédé est un peu spécial puisqu’il ne peut s’employer que sur les cours d’eau, fossés d’irrigation ou de drainage, dont les bords sont infestés de rats.
- D abord deux axiomes : i° le rat inspecte tout ce qui flotte; 2° le rat est aussi confiant dans- l’eau qu’il est méfiant sur terre.
- Mon piège est une simple tapette à rats, mais au lieu de la laisser sur la berge où elle donne peu de résul-
- Fig. io. — Schéma de fa fabrication d’un bec Bunsen.
- chon. Le courbage du verre est fait avec un bec papillon.
- Le bec est formé de 2 parties réunies ensemble.
- i° Le bec proprement dit.
- 2° L’alimenteur de gaz.
- i° Bec proprement dit. — On prend un tube de verre de 8 à 12 mm de diamètre intérieur, long de i5 cm. A 6 cm d’un bout, le tube est courbé à angle droit. A 6 cm de.l’autre bout, le tube est percé. Pour cela, on chauffe le tube à l’endroit où on veut le percer. Quand le verre est bien ramolli, on souffle très fort par aine extrémité en fermant l’autre. On obtient ainsi un ballon qui éclate en laissant un trou sur le tube. On fond au bec de gaz les bords du trou pour que les bords ne soient pas déchiquetés, on a ainsi l’aspect de la figure io.
- 2° Alimenteur. —C’est un tube de verre d’un diamètre extérieur plus petit que le diamètre intérieur du bec proprement dit.
- Ce tube est eflîlé de manière que le diamètre intérieur soit réduit à i ,5 ou 2 mm. A g cm de la partie effilée, on forme 2 olives sur le tube, de façon à obtenir un parfait adaptage du tuyau de caoutchouc reliant le bec à la conduite de gaz.
- Pour cela on chauffe la partie du tube jusqu’à ramollissement du verre, on pousse alors l’une contre l’autre les 2 par Lies du tube.
- A 1 cm à côté, on fait également une 2e olive un peu plus petite que la 1”.
- Ces 2 parties sont réunies ensemble au moyen d’un joint formé par un petit morceau de tuyau de caoutchouc serrant très bien l’alimenteur. La' partie effilée arrive au centre du trou.
- led
- Fig. ir. — Piège à rats aquatiques.
- tats, je la place sur une planche assez épaisse pour flotter sans être recouverte par l’eau.
- Ce radeau devra avoir 5o à 60 cm de longueur et environ i5 de largeur.
- Il sera attaché de telle sorte qu’il soit éloigné de 5o cm environ de la terre ferme. °
- Le rat voit ce flotteur,' monte dessus, s’y promène et découvre l’appât; il est pris. Bien entendu, il faut prendre la précaution d’attacher le piège à la berge par une longue ficelle, carie rat, dans ses soubresauts, tombe souvent à l’eau en entraînant la tapette.
- Il arrive même quelquefois qu’un rat se [prend par la patte, il nage un peu et se noie.
- Le piège regarni, sans qu’il soit besoin de le flamber, est remis en place la nuit suivante.
- Eviter de le placer le jour, car vous détruiriez les jolis oiseaux qui peuplent les alentours des cours d’eau.
- J’ai pris de cette façon jusqu’à 25 rats dans un même mois.
- 11 existe un autre procédé qu’emploient, m’a-t-on dit, quelques maraîchers. Ce serait une sorte de nasse fixée sous la planche. Le rat vient vers le flotteur, flaire l’appât fixé à l’intérieur du piège, plonge et ne peut sortir. Ce procédé a l’avantage de pouvoir prendre plusieurs rats dans le même piège et de pouvoir être laissé à demeure. »
- Monture de scie réglable. — Les scies à métaux doivent être bien tendues pour agir convenablement sur les pièces à scier. On peut constituer une monture avec deux pièces de fer rond qui porteront, à l’endroit où vient se fixer la laùie, des œils avec des vis de serrage qui pinceront la lame de scie. La tige de fer rond sera coupée sur la partie horizontale formant le dos de la monture et les extrémités filetées seront réunies par un petit tendeur à lanterne qui permettra de resserrer la monture pour donner à la lame une tension suffisante.
- La tige placée près du manche portera une queue qui viendra s’emmancher dans la poignée permettant la manœuvre de la scie facilement.
- 1 85
- p.2x84 - vue 496/620
-
-
-
- VARIETES
- 1*0
- >
- LE CALENDRIER PERPÉTUEL VIVANT
- Les calendriers perpétuels, tels qu’on les trouve dans le commerce, sont très compliqués. Ce sont, comme chacun - suit, des nombres rangés par tables, qu’il faut combiner entre eux suivant des règles empiriques variables.
- Si l’on désire trouver le jour de la semaine correspondant à une date donnée, il faut consulter ces tables (qu’on ne peut pas toujours porter sur soi à cause de leur format peu commode) et ensuite... connaître la manière de s’en servir. Tout cela n’est pas pratique.
- Nous voudrions indiquer ici comment on peut, grâce â de petits calculs mentaux très simples, sc^passer partout et toujours du calendrier. 11 suffit pour cela d’un peu d’habitude.
- I
- Pour connaître l’âge de la Lune à un jour quelconque
- de l'année.
- Au temps, à jamais passé sans doute, des raids d’avions allemands sur la capitale, les Parisiens suivaient attentivemeut toutes les phases de « l’Astre des Nuits », sachant bien que nos ennemis choisissaient de préférence la pleine lune pour lancer leurs expéditions nocturnes. Yoici comment les malins s’y prenaient pour connaître rapidement l’âge de la Lune â un jour quelconque de l’année, ils additionnaient ensemble :
- i° Le quantième du jour en question ;
- 2° Le nombre des Epactes de l'année (indiqué sur la plupart des calendriers) ;
- 3° Autant de fois Vunité qiVily avait de mois écoulés depuis mars en y comprenant ce mois.
- (L’année lunaire commence en effet en mars pour finir en février.)
- Exemple : Le nombre des Epactes pour l'année 1922 étant 2, quel âge aura la Lune le 14 juillet prochain ?
- Elle aura :
- 14 2 —h 5 = ai jours.
- Quand l’addition est supérieure à 29 (durée d’un mois lunaire ou lunaison), il n’y a qu’à retrancher ce nombre du résultat. Ainsi le décembre prochain, la Lune aura :
- 25 + 2 + 10 = 37
- 37 — 29 — 8 jours.
- Le premier quartier arrive au bout de . 7 j. 9 h.
- La pleine Lune — — . 14 j. 18 h.
- Le dernier quartier —- — , 22 j. 3 h.
- La nouvelle Lune — — . 29 j. 12 h.
- Rappelons encore que les Epactes sont le nombre qu’il faut ajouter à l’année lunaire pour égaler l’année solaire.
- Le ior janvier 1922, la Lune commencée au mois de décembre 1921 avait 2 jours; donc 2 est le nombre des Epactes pour 192?. (à partir de mars comme nous l’avons dit). Les Epactes augmentent de n unités chaque année. En 1923, elles seront par conséquent de 2 11 — i3.
- Quand l’addition égale ou dépasse 3o, on retranche ce nombre du total, sauf une fois par période de 19 ans où on ne retranche que 29; car le meme nombre pour les Epactes doit réapparaître tous les ig ans.
- Il
- Pour connaître le jour de la semaine correspondant à une date donnée d'une année quelconque (1).
- Le calcul n’est guère plus compliqué que celui indiqué pour trouver l’âge de la Lune. La seule difficulté — si c’en est une — est d’apprendre par cœur les douze chiffres suivants se rapportant respectivement aux 12 mois de l’année :
- 0.3.3. 6.1.4* 6.2.5. o.3.5.
- o pour janvier, 3 pour février, 3 pour mars, 6 pour avril, etc.
- On additionne alors ensemble :
- i° Ze quantième du jour en question;
- 1. Les règles que nous donnons s’appliquent à tout le cycle Grégorien qui commence le 14 octobre 1082. Nous avons cru en effet inutile de comprendre dans ces notes le calendrier Julien, plus ancien, auquel pratiquement on n’a plus jamais affaire.
- 20 Le chiffre correspondant au mois;
- 3n Ze chiffre correspondant à Vannée.
- ( Pour 1922 c’est 6).
- Si le résultat de l’addition donne :
- 28 : c’est un dimanche.
- 29 : c’est un lundi.
- 30 : c’est un mardi, etc.
- El à rebours :
- 27 : c’est un samedi.
- 26 : c’est un vendredi.
- 25 : c’est un jeudi, etc.
- Quand le résultat de l’addition est trop fort ou trop faible et n'atteint pas les environs de 28, on ajoute ou retranche autant de fois 7 (nombre de jours d’une semaine) qu’il est nécessaire.
- Exemples : i° Le 14 juillet de cette année 14 + 6 + 6 = 26 sera un vendredi.
- 20 Le 25 décembre de cette année :
- *^5 —J— 5 —[— 6 = 36 '36 — 7 = 29 sera un lundi.
- Pour Vannée courante, rien donc de plus facile; ce calcul de tète est â la portée de tous. Il ri’y a qu’à retenir, une fois pour toutes, les 12 chiffres indiqués et bien se rappeler que, dans l’addition, 28 est un dimanche; on aurait pu tout aussi bien choisir 21 ou 1 + mais 28 est le nombre se rapprochant le plus souvent du résultat de l’addition.
- Voyons maintenant le même problème pour toutes les années.
- Les chiffres correspondant aux années sont au nombre de sept. Ce sont : o, 1, 2, 3, 4» 5, 6. Les années ordi-
- pour 1922 c’était 6)
- Ainsi
- Pour T9°0 (qui par
- Pour I9°I
- — IÇ)0 2
- — i9o3
- — 1904 bissextile
- —- i9o5
- — 1906
- — 1907
- — I908 bissextile
- — r9°9
- et les
- années
- bissextiles deux.
- exception n’était pas bissextile) le chiffre est • o
- le chiffre est 1
- le chiffre est le chiffre est les chiffres sont 4 et 5. le chiffre est le chiffre est le chiffre est les chiffres sont 2 le chiffre est
- 2.
- 6. o. 1.
- et 3.
- •h
- et ainsi de suite. Les mêmes chiffres se reproduisent toujours dans le même ordre ; o, 1, 2, 3, 4» 5, 6, o, 1, 2, etc.
- Pour les années bissextiles, le premier chiffre s’applique aux mois de janvier et de février, le deuxième à tous,les autres mois.
- Dans le cours- d’un siècle, le même ordre de chiffres, avec les mêmes chiffres aux années bissextiles, réapparaît tous les 28 ans (et les multiples de 28 bien entendu).
- En sautant d’un siècle à un autre, il réapparaît tous les 4° ans (4)•
- Un excellent point de repère est l’année 1860 bissextile dont les deux derniers chiffres 6 et o sont précisément ceux correspondant, pour notre calcul, à l’année 18Ü0. Exemples :
- i° Le 20 janvier 1860
- 20 + o + 6 = 26 était un vendredi.
- De même le 20 janvier 1888 et les 20 janvier 1928, ig56, 1984, etc., seront des vendredi.
- 20 Le 12 mars 1860
- 12 + 3+ 0 = 15 15 + 7 + 7 = 29 était un lundi.
- i. Sauf quand Tannée séculaire est bissextile. Le même ordre de chiffres continue alors de réapparaître tous les 28 ans, malgré le changement de siècle.
- Dans le calendrier Grégorien, les années séculaires 11e sont bissextiles que quand elles sont divisibles par 400 comme 1600 et 2000.
- p.2x85 - vue 497/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Même remarque que ci-dessus pour le 12 mars 1888, 1928, etc....
- Avec quelques points de repère et un peu d’habitude on arrive à trouver presque instantanément le jour de la semaine correspondant à une date donnée quelconque. C’est d’ailleurs de cette façon qu’opérait autrefois, croyons-nous, Inaudi, le célèbre calculateur.
- Sans prétendre à son extrême habileté et en se plaçant au point de vue exclusivement pratique, chacun peut essayer ce moyen amusant et curieux, susceptible bien souvent de rendre service pour l’année courante.
- III
- Pour se passer complètement de calendrier.
- On peut arriver à se passer complètement et toujours de calendrier, à être soi-même son propre calendrier perpétuel, grâce d’abord aux calculs mentaux déjà indiqués, puis grâce à la connaissance du jour où tombe la fête de Pâques, car c’est de cette fête que dérivent toutes les autres, dites mobiles : le Mardi-Gras, l’Ascension, la Pentecôte, etc....
- Eh bien! Pâques arrive toujours le dimanche après la Pleine Lune qui suit l’équinoxe du printemps et oscille par conséquent d’une façon invariable entre le 21 mars et le 26 avril. L’écart maximum est de 36 jours seule-
- ment (correspondant à la durée d’une lunaison, plus une semaine).
- & #
- Ceci donné, supposons que nous voulions trouver quel dimanche tombera Pâques 1922.
- Pour cette année 1922, le nombre des Epactes est 2. Cherchons d’abord l’àge de la Lune après l’équinoxe du printemps.
- Soit le 3i mars par exemple :
- 3 I ~f 2 -j- I r= 34 34 — 29= 5.
- Le 3i mars 1922 la Lune n’aura donc que 5 jours et la Pleine Lune ne sera pas passée.
- Deux semaines plus tard, le 14 avril, elle aura 19 jours et la Pleine Lune aura eu lieu certainement. Reste à trouver le i01 dimanche qui la suit.
- Quel jour sera le 14 avril 1922 ?
- 14 -|- 6 6 — 26.
- Ce sera donc un vendredi et le dimanche suivant sera le 16 avril ; ce sera le jour de Pâques. En elïet, la Lune étant à cette date à son 21° jour, la Pleine Lune sera passée et la règle donnée plus haut sera bien vérifiée.
- Pâques 1922 tombera le 16 avril.
- E. SlXGHK.
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- -o<
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Un butoir de porte simple. — Les butoirs de porte en caoutchouc évitent que les portes ne viennent heurter des meubles ou des murs, ce qui occasionne des détériorations qui deviennent importantes quand les chocs se trouvent répétés souvent, comme c’est le cas le plus général.
- On peut constituer facilement un arrêt de porte quand la question esthétique n’est pas à considérer, avec un tuyau- de cadutchouc qui sera coupé à une longueur convenable. Les extrémités seront taillées en biseau de manière que la fixation du tuyau puisse se faire facilement par deux vis contre la paroi ou le mur.
- Il est évident que plus le tuyau sera résistant et plus l’action d’amortissement sur la butée de la porte sera effective. Le tuyau qui sera le mieux indiqué pour les portes d’extérieur de cours, de jardins ou de fermes, est celui qui proviendra du tuyau de caoutchouc servant à l’arrosage et on emploiera utilement pour cet usage des parties de tuyaux usagés qui ne peuvent plus remplir leur office en raison des fuites qu’ils présentent.
- On évitera de cette façon toutes les dégradations qui sont si fréquentes sur les revêtements en plâtre des cloisons extérieures des communs, quand on ne dispose pas des arrêts de porte pour limiter les déplacements et les chocs.
- Un compteur économique pour les parties de cartes. — On peut construire avec une carte postale et quelques bandes de papier un compteur pratique pour compter les points au cours d’une partie de cartes.
- On agence le tout comme certains calendriers qui comportent des rubans formant coulisse. On prépare des fentes appropriées dans la carte et on fait passer dans ces fentes guides les bandes de carton de largeur convenable. Sur ces bandes, on marquera les chiffres depuis zéro à neuf.
- On disposera autant de bandes parallèles qu’il sera nécessaire, suivant l’importance des nombres qu’on a.à enregistrer. C’est ainsi qu’avec quatre bandes on pourra inscrire des nombres de quatre chiffres, depuis o jusqu’à 9999, et cela paraît très suffisant, surtout si l’on ne désire jouer qu’à l’écarté.
- Une sonnerie d’alarme pour la pêche à la ligne.
- — Un pêcheur sans doute distrait a appliqué un petit dispositif d’alarme destiné à le prévenir quand le poisson mordait sérieusement au bout du fil.
- Le fil passe entre deux lames de contact qu’il isole normalement quand ce lil reste pincé entre les deux lames. Celles-ci sont mises dans un circuit électrique qui comprend une petite pile de poche et une sonnerie
- électrique minuscule. La pile et la sonnerie sont montées sur une petite planchette que l’on fixe sur un piquet planté à côté de la ligne qu’il s’agit de surveiller.
- Lorsque le poisson mord suffisamment, le lil échappe des mâchoires formées par les deux lames dont le contact établit alors le courant de la pile pour le faire passer dans la sonnerie. La sonnerie par son tintement avertit le pêcheur distrait de la présence probable d’un poisson à l’extrémité de la ligne.
- , Le même dispositif encore plus simplifié peut servir au cours des pêches de nuit, car il suffit de prendre une lampe électrique de poche en faisant passer le circuit électrique toujours par les deux lames de contact isolées normalement par le fil de la ligne.
- Quand le 111 est entraîné, le courant qui s’établit à ce moment allume la lampe minuscule qui prévient le pêcheur, même si l’obscurité est complète. Dans un cas comme dans l’autre, pour remettre l’appareil en état de fonctionner, il suffit de placer à nouveau le fil entre les mâchoires formées par les lames contact.
- Moteur électrique pour gommer les dessins rapidement. — Il est possible d’utiliser les moteurs électriques de très petite puissance pour gommer les dessins. Il suffit pour cela de monter sur l’arbre du moteur un petit flexible du genre de ceux qu’utilisent les dentistes pour leurs fraises si redoutées des malades. A l’extrémité, au lieu de monter un outil, on fixe une gomme ronde comme celles que l'on utilise pour les copies de machine à écrire et la rotation donnée par le moteur à la gomme permet de nettoyer rapidement un dessin même de très grande surface.
- Evidemment il faut agir avec une certaine précaution et il faut monter un petit interrupteur pour interrompre ou rétablir le coui’ant à volonté.
- La puissance du moteur doit être très faible et cela d’autant mieux qu’on peut modérer l'action de la gomme sur le papier. Il est même préférable que le moteur soit faible, car de cette manière on n’est pas exposé à tout arracher quand on veut agir trop rapidement. En petit moteur jouet sera suffisant pour obtenir de bons résultats et il pourra même être alimenté par des piles ou des accumulateurs s’il s’agit de moteur à un faible voltage. Les.,moteurs dont nous avons donné la construction précédemment dans la Science appliquée seraient très suffisants pour cet usage.
- Une petite machine à tirer les bleus de dimensions réduites. •— Si l’on dôit tirer des photographies de petites dimensions au ferro-prussiate, ce qui se ren-
- p.2x86 - vue 498/620
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- contre encore fréquemment dans un bureau'd’études, il est souvent fastidieux d’employer pour cela les grands châssis et à plus forte raison les machines ordinaires de tirage des bleus.
- On peut constituer une excellente petite machine d’une manière simple et économique. A cet effet on choisit un bocal à goulot très large, par exemple un bocal à cornichons. Le calque accompagné de la feuille à sensibiliser est placé sur le corps du bocal, de manière que la surface sensible se trouve placée vers l’intérieur du bocal, de la même façon que dans les machines à cylindre de verre.
- Pour impressionner cette surface sensible à travers le bocal et le dessin sur papier calque, il suffit alors de-descendre dans l’intérieur du bocal à la hauteur du calque à tirer, une lampe d’un diamètre suffisant pour entrer dans le goulot du bocal.
- Le temps de pose sera naturellement variable suivant le nombre de bougies de la lampe que l’on utilise. Avec des essais préliminaires suffisants, on pourra déterminer ce temps exactement. La petite machine à tirer les bleus ainsi constituée économiquement rendra des services intéressants pour le tirage de calques de petites dimensions.
- Une grosse corde usagée peut faire un excellent tapis-brosse. — On peut utiliser une corde de diamètre suffisant pour fabriquer économiquement un lapis-brosse, si la corde ne peut plus remplir son office habituel.
- Pour cela, sur une planche de bois suffisamment épaisse, on place la corde dans le sens de la plus grande dimension de la planche, à laquelle on donne l’encombrement désiré pour le tapis que l’on veut construire.
- On dispose ainsi la corde d’un bout à l’autre en forme de lacets suffisamment rapprochés, mais conservant malgré tout un espace suffisant entre deux brins voisins. D’ailleurs il n’est pas nécessaire de couper la corde, la composition du tapis n’en sera que plus solide.
- On cloue sur la planche les extrémités des lacets et
- si la largeur est assez grande, on place également un ou deux clous dans le milieu des brins, mais en ayant soin de prendre alors des clous sans tète et de les enfoncer profondément dans la corde pour qu’ils ne soient plus apparents et ne viennent pas frotter contre les semelles des chaussures.
- Ce tapis-brosse économique permet ainsi de rendre encore utile une corde qui était destinée à la voirie. Il faut naturellement que le diamètre de la corde soit approprié à son nouveau service.
- Une modification pratique à une burette de graissage. — Quand on graisse les machines avec une burette à col droit comme celles que l’on emploie pour les bicyclettes et pour les machines à coudre, il arrive toujours qu’une goutte d’huile reste à l’extérieur du bec quand on relève la burette et celte goutte coule tout le long de ce bec, elle finit par graisser désagréablement le corps de la burette.
- Pour éviter cet inconvénient il suffit de souder près du corps, sur la tige de la burette, une rondelle que l’on peut prévoir légèrement concave. Cette rondelle retient les gouttes d’huile qui coulent le long de la tige de la burette et celle-ci est de cette façon toujours propre, car elle est facile à nettoyer.
- Imperméabilisation du plâtre. — D’après Industria Italiana, la formule suivante fournirait un excellent enduit imperméabilisant les surfaces plâtrées :
- Sable fin........................20 kg
- Minium en poudre................. 1 —
- Lithargyre....................... 1 —
- Blanc de Meudon tamisé. .... 2 —
- Huile de lin..................... 2 —
- On mélange d’abord les 4 éléments pulvérulents sur lesquels on verse peu à peu. et progressivement l’huile de lin réchauffée jusqu’à ébullition, en ayant soin ensuite de mélanger intimement le tout.
- ><
- WD
- BOITE AUX LETTRES
- QÊL
- a*?
- AVIS. - L’ abondance des demandes de renseignements qui j parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Nouvelle machine à écrire pour aveugles (système Berger) : MM. Muller et Vergeat, mécaniciens-constructeurs, rue Rouget-de-l’Isle, 60, à Suresnes (Seine).
- Réponses. — T. S. F. — M. II. Dus art, à Saint-Brieuc. — Gomme transformateur de sortie pour téléphonie sans fil, nous donnons toutes préférences aux transforma- ( teurs sans fuite, c’est-à-dire à circuit magnétique fermé ; mais il n’y a pas grand inconvénient à ce que vous réalisiez un transformateur de sortie (pour téléphone) à circuit magnétique ouvert ; ce modèle est plus facile à construire que le premier.
- M. J. B., h Beauvais. — 1° Nous vous déconseillons Y enroulement du cadre en deux spirales juxtaposées. Le cadre à spires jointives sur caisse sans fond de 1 m. de côté est tout à fait pratique et l’enroulement ne présente aucune difficulté. 3oo m. de fils bobinés sur ce cadre sont largement suffisants pour recevoir la plupart des émissions actuelles.
- 20 Vous n’avez pas avantage à dépasser trois étages d’amplification en basse fréquence.
- 3° Le transformateur de liaison entre votre ampli haute fréquence et votre ampli basse fréquence n’est pas absolument indispensable.
- 4° Un transformateur Tesla du type classique est d’un maniement beaucoup plus simple et d’un rendement au moins égal à celui de l’appareil dont vous nous entretenez.
- M. Bourg à M., Haute-Marne. — Réception des messages téléphoniques de la Tour Eiffel. — Quels que soient les appareils utilisés, la réception sur antenne
- extérieure est toujours plus forte que la réception sur cadre.
- Voilà un devis approximatif d’installation d’un poste récepteur donnant une réception parfaite des émissions de téléphonie sans fil (nouvelles de presse, radios-concerts et bulletins agricoles de prévision du temps).
- 1 bobine de self (20 francs), prix du Bazar de l’Hôtel-de-Ville, à Paris.
- 1 condensateur variable (40 fr.), prix du Bazar de l’Hôtel-de-Ville, à Paris.
- 4 lampes à 3 électrodes (16 fr. y5 l’une), prix du Bazar de l’Hôtel-de-Ville, à Paris.
- 1 compensateur (21 fr.), prix du Bazar de l’Hôlcl-dc-Yille, à Paris.
- 1 table de résistances et condensateurs de liaison (Fr. Duroquier, à 60 francs).
- 1 casque téléphonique, 65 francs.
- 1 batterie d'accumulateurs de 40 volts, marque Phoenix, 140, quai de Jemmapes, à Paris.
- 1 batterie d’accumulateurs de 4 volts, marque Phœnix, 140, quai de Jemmapes, à Paris.
- La plupart de ces appareils et accessoires peuvent être construits économiquement par l’amateur lui-même.
- Nous vous recommandons le montage des appareils selon le schéma 234, page 218 de La T. S. F. des Amateurs de F. Duroquier, Masson éditeur.
- Le matériel ci-dessus permet une excellente réception dans toute la France avec une antenne extérieure d’une trentaine de mètres.
- M. Tannevin, à Strasbourg. — j° Vous pouvez sans inconvénient utiliser votre fil 45/100 pour confectionner vos petites inductances ; il est peu pratique de munir ces bobines de plots de fractionnement ; un condensateur variable de faible capacité vous permettra de réaliser commodément un accord très net. Voyez dans La T. S. F', des Amateurs par F. Duroquier, pages i33 et suivantes, la façon de construire et d’utiliser ces bobines.
- 20 Non, votre résistance en série compromettrait tout
- «mH es IgE»
- p.2x87 - vue 499/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- à fait votre réception. La résistance ne joue par elle-même aucun rôle important dans les écouteurs de T. S. F., elle n’est que la conséquence du grand nombre d’ampères-tours des bobines polaires.
- M. Esaoult, Bolbec. — i° Le condensateur à tiroir décrit dans T. S. F. des Amateurs a une capacité de o.ooiï5 de microfarad environ.
- a0 L,es lampes que vous possédez proviennent de butin <de guerre, ce sont des lampes allemandes, leur caractéristique est assez différente des lampes françaises. Utilisez avec ces lampes une batterie de plaques d’au moins 80 volts ; leur montage est le même que celui des lampes françaises.
- M. Sauzède, à Paris. — Dans Paris, avec un bon détecteur, vous devriez recevoir assez nettement les émissions de téléphonie sans fil du poste militaire de la Tour Eiffel sans recourir à l’amplification par lampes ; mais encore faut-il que votre collecteur d’ondes soit bien isolé et suffisamment étendu.
- Pour compléter avantageusement votre poste reportez-vous au devis d’installation que nous proposons à M. Bourg à M. (Haute-Marne).
- M. René IJubosq, à Bayeux. — ... Zes textes « fins et longs » que vous désirez projeter pourraient être écrits sur des feuilles transparentes, telles que le papier-glace (en vente chez M. H. Calmels, i5o, boulevard du Montparnasse, à Paris), chaque feuille étant ensuite serrée entre deux verres réunis par un bordage de papier noir. Si nous n’arrivez pas à réaliser ainsi des inscriptions assez fines, nous ne voyons point d’autre moyen que d’écrire d’abord les textes sur du papier blanc uni, pour les photographier ensuite à l’échelle voulue. Les plaques diapositives vous donneront des reproductions trèsnettes, aussi fines qu’il sera nécessaire.
- M. Amblard, à Bab-el-Oued, Alger, — L'aluminium est susceptible de donner avec l’alcool, en présence d’un autre métal, de l’éthylate d’aluminium, lequel, au contact de l’eau même en très petite quantité, se décompose en fournissant un précipité d’alumine, celle-ci constitue un dépôt gélatineux, c’est celui que vous avez trouvé dans votre bidon ayant contenu de l’alcool. Aucun remède ne peut être apporté à cet état de choses qui tient certainement au manque de pureté du métal ou à l’intervention de l’alliage employé s’il y a eu soudure.
- M. Thomassin, à Saint-Michel (Aisne). — Les produits déposés par les mouches ayant une réaction alcaline ont dù produire une saponification du vernis qui recouvre votre lit de cuivre et les traces qui persistent après enlèvement du dépôt doivent résulter de l’opposition entre les parties mates et les parties brillantes. Il vous suffira très probablement de refaire un léger vernissage avec du vernis à métaux; un petit essai sur une partie du lit vous fixera du reste à ce sujet.
- M. L. Goulard, à Paris. — Le procédé qui nous paraît devoir le mieux réussir pour enlever les taches d’encre sur des reliures anciennes est à notre avis de se servir d’une solution saturée de pyrophosphate de soude, dont on imbibe les taches, puis que l’on enlève au moyen de papier buvard ; 1 opération qui doit être elïectuée avec beaucoup de délicatesse vous demandera certainement un peu de temps, elle exige de la patience, mais en tout cas vous ne risquerez aucune altération, nous avons appliqué cette méthode à. des étoffes très fragiles, elle nous a donné d’excellents résultats.
- M. de Massas, à Nice. — La formule suivante vous donnera un vernis parfaitement incolore.
- Acétate de cellulose.............. io gr.
- Acétone............................40 —
- Alcool à 95°.......................25 —
- Benzine . .........................25 —
- Acétylacétate d’éthyle............'10 —
- Pour le rendre opaque, il vous suffira d’y incorporer une quantité suffisante d’oxyde de zinc.
- M. P. Amstoutz, à Beaucourt (Haut-Rhin). — L’enduit que vous désirez appliquer sur les cylindres pour les protéger contre l’oxydation doit pouvoir résister à la chaleur; dans ces conditions nous pensons que la solution commerciale de silicate de soude additionnée d’un peu de plombagine devra vous donner satisfaction. L’application devra, bien entendu, être faite sur les pièces refroidies et il sera bon d’attendre un séchage parfait avant mise en service.
- M. P. de Gourville, à Agneaux (Manche). — 1" Le moyen le plus radical pour détruire les herbes dans les
- allées des jardins ou entre des pavés consiste à arroser avec une solution d’arsenite de soude, mais il est nécessaire de prendre de grandes précautions aussi bien dans la fabrication du liquide que dans sa manipulation, les composés arsenicaux étant des poisons violents.
- La mixture se prépare de la façon suivante :
- Dans une marmite en fente on place :
- Eau ordinaire...................1000 gr.
- Sel de soude Solway ..... 460 —
- Acide arsénieux.................. 4°° —
- Après dissolution étendre à deux litres au moyen d’eau. Le produit concentré ainsi obtenu doit être mis en réserve avec étiquette bien lisible, portant la mention dangereux. "
- Pour l’emploi en mettre 5 pour 100 dans l’eau d’arrosage. 20 Les alliages dont vous parlez ont surtout des avantages au point de vue de la durée et leur substitution au plomb peut être conseillée dans ce sens, mais les frais d’acquisition sont plus élevés.
- M. Ilergott, au Yaldoie Belfort. — A notre connaissance, il n’a pas été publié de travaux sur cette question, l’étude serait à l'aire et le Laboratoire des Arts et Métiers, rue Saint-Martin, à Paris, nous paraît tout indiqué pour vous donner satisfaction.
- M. Malleville, à Versailles. —Pour détruire les mites qui se sont logées dans les feutres de votre piano, il vous suffira de placer dans la caisse de celui-ci un flacon ouvert bourré de coton hydrophile que vous arroserez de tétrachlorure de carbone, les vapeurs qui se dégageront auront rapidement asphyxié les parasites. Afin d’en éviter le retour remettre un peu de tétrachlo-nire de temps à autre, l’odeur de celui-ci n’a rien de désagréable et il a en particulier le grand avantage d’être ininflammable.
- Ecole d’Arts et Métiers d’Aix. — Un tour de main très pratique pour enlever les taches de vin rouge lorsqu’elles ne sont pas trop anciennes consiste à utiliser la grande solubilité de la matière colorante dans un liquide de même composition mais non coloré, en l’espèce le vin blanc, on réussit ainsi à faire disparaître les taches sur les étoffes les plus fragiles comme couleur. Si les taches sont anciennes, les traiter par une dissolution à 10 pour 100 de bisulfite de soude du commerce acidulée par 5 pour 100 d’acide chlorhydrique au moment de l’emploi. Prendre soin de rendre le liquide homogène avant d’y plonger le tissu, surtout ne pas verser l’acide sur le linge qui serait détérioré.
- M. le Dx Battarel, à Ammi-Moussa (Algérie). — Le phénomène dont vous nous parlez doit avoir la cause suivante : dans la fabrication du verre lorsque le sable employé est ferrugineux, le verre obtenu est coloré en jaune par le protoxyde de fer. On remédie à cet inconvénient en ajoutant à la masse de l’oxyde de manganèse qui donne une couleur violette complémentaire du jaune, de sorte que le verre paraît blanc.
- Les morceaux de verre exposés à l’air et à la chaleur subissent avec le temps une oxydation qui transforme le protoxyde de fer en peroxyde peu ou pas colorant, le jaune disparaissant alors, seule la teinte violette devient visible, c’est ce que vous avez observé.
- M. M. Proniewski, à Paris. — D’après les recherches effectuées par le National Physical Laboratory d’Angleterre, le meilleur produit phosphorescent est obtenu en additionnant le sulfure de zinc de 0,4 mgr de bromure de radium par gr. de sulfure. Vous pourriez également obtenir un produit présentant ces qualités, mais à un degré moindre, par la méthode de Yerneuil qui consiste à faire un mélange de :
- Coquilles d’huîtres pied de cheval . . 100 gr.
- Soufre pulvérisé...................... 3o —
- Sous-nitrate de bismuth............... 0,2 —
- Alcool à 900...................... 100 —
- On laisse évaporer l’alcool, puis chauffe le mélange’ dans un creuset au rouge cerise pendant vingt minutes, laisse refroidir et pulvérise. Si vous désirez une teinte noirâtre il vous suffira d’additionner d’une trace de noir de fumée.
- M. Plassard, à Paris. — Le perçage de la porcelaine
- ou de la faïence s’effectue ainsi :
- Préparer un mélange de :
- Benzine.......................100 gr.
- Camphre . ................... 10 —
- Huile d’amandes douces .... 3o
- Mettre une goutte du liquide ainsi obtenu à l’endroit
- p.2x88 - vue 500/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- que l’on veut percer et appliquer la pointe d’un foret monté sur une drille. Ce foret doit être trempé fortement en le portant au rouge et l’enfonçant aussitôt dans un morceau de plomb.
- Pour que l’opération s'effectue commodément, placer le vase bien à plat sur un torchon plié en quatre pour avoir de la souplesse et opérer lentement sans précipitation.
- AI. Ch. Portai, à Cours (Rhône). — i° L’Industrie des Matières colorantes, par Dupont, éditeur Baillière, 19, rue Hautefeuille ; 20 Traité de la teinture moderne, par Spetebroot. La grande industrie tinctoriale, par Beltzer, éditeur Dunod, 47, qüai des Grands-Augustins. 3“ 11 ne faut pas songer à faire virer les couleurs artificielles dérivées de la bouille, leur constitution chimique étant modifiée, elles ne donneraient en général que des teintes sales et défectueuses.
- 0. B. P. Cesson, à Saint-Brieuc. — i° On rend aux vêtements huilés leurs qualités primitives en les faisant tremper pendant vingt-quatre heures dans un bain de carbonate de soude et de savon mou. Ensuite on les met à plat sur une table, brosse vigoureusement avec une brosse en chiendent, on rince et fait sécher. Finalement on applique au moyen d’un tampon de flanelle une couche d’huile de lin très mince de façon à ne laisser que peu d’huile, on suspend alors dans un courant d’air jusqu’à ce que le tissu soit complètement sec, ce qui demande quelques jours, a" Par suite de la malléabilité du plomb, aucun ciment ne donnerait un joint durable avec le tonneau, le mieux est de se servir d’un raccord en cuivre, fileté d’un côté, que vous visserez dans la bonde et dont l’autre côté sera fixé par une soudure au tuyau de plomb.
- M. Régnier, à Fontainebleau.' — Voici, d’après Guilïon, comment on peut obtenir une excellente encre à copier
- noire bleue.
- Prendre :
- Extrait sec de campêche .... rao gr.
- Eau charade......................800 —
- Acide salicylique ...... 1 —
- Après dissolution laisser reposer, décanter et ajouter :
- Alun............................. 60 gr.
- Eau chaude.....................15o —
- Additionner ensuite de la solution :
- Bichromate de potasse............. 6 gr.
- Eau chaude................... . 100 —
- Pour terminer, épaissir en ajoutant :
- Sucre blanc...................... 3o gr.
- Glycérine......................... xo —
- Agiter, laisser reposer, décanter et mettre en bouteilles.
- M. Deschepper, armée belge, à Aix-la-Chapelle. —-La teinture des fourrures en brun foncé peut s’effectuer d’une façon analogue à celle que nous avons indiquée pour la teinture en roux, c’est-à-dire que les peaux ayant été préalablement dégraissées dans un bain de carbonate de soude et savon à peine tiède, ôn les laisse à demi sécher; pendant ce temps, on prépare les deux solutions suivantes ;
- (A. Paraphénylène diamine . . 5o grammes.
- Alcool. ...... . . a5o •—
- Eau de pluie.............i5o —
- Faire dissoudre la paraphénylène dans l’alcool et ajouter l’eau.
- B. Bichromate de potasse . . i5 grammes.
- Eau chaude. ....... 25o —
- Mélanger au moment de l'emploi les solutions A et B, puis appliquer à froid sur le poil avec une brosse douce ; lacouleur.se développe en i5 à 20 minutes, on rince ensuite à l’éponge, laisse sécher complètement et donne du lustre en passant une brosse à peine rendue gCasse par de l’huile. Dans le cas où la peau aurait perdu de sa souplesse, enduire le côté chair d’un mélange à parties égales de glycérine et d’eau.
- AI. J. N., à Fontainebleau. —- x° Vous pouvez pivendre comme type de lotion pour la chevelure la formule suivante :
- Eau distillée. ..... 800 cent, cubes.
- Alcool à 900...........200 —
- Carbonate de potasse . 5 grammes.
- Formol à 40 pour 100 . 5 —
- Coloi'er par une pincée de safran, parfumer à volonté au parfum préféré au moyen de quelques gouttes d’essence absorbées pi’éalablement par quelques gnimmes
- de carbonate de magnésie, agiter, laisser en contact deux ou tirnis jours, filtrer sur filtre mouillé.
- 20 Frottez de temps à autre votre stylo avec un bâton de cire noire, telle qu’on l’emploie pour l’entretien des cuirs.
- M. P. Auger, à Rochefort-sur-Mer. •—• Veuillez vous reporter à la réponse précédente, vous y trouverez une formule de lotion pour la chevelure qui vous donnera, pensons-nous, satisfaction.
- AI. Rachou, à Camarès-sur-Dourdon, Aveyron, — x° h’imperméabilisation des tissus de laine s’effectue d’une façon très commode par l’acétate d’alumine qu’il est facile de préparer par mélange des deux solutions suivantes A et B.
- A. Alun pulvérisé........... 5oo grammes.
- Eau chaude................5ooo
- Puis après dissolution y verser :
- Carbonate de soude (cristaux). 25 gr.
- Eau chaude................ 1000 —
- B. Acétate neutre de plomb. . . 5oo gr.
- Eau chaude........... 4000 —
- 11 y a formation par ce mélange d’un précipité de sulfate de plomb, on le laisse se déposer pendant une journée et on décante le liquide clair qui contient l’acétate d’alumine. Dans ce liquide, on plonge jusqu’à imbi-bilion parfaite les tissus à imperméabiliser, laisse en contact x heure ou 2, on tord légèrement, puis laisse sécher partiellement et termine par un repassage qui est indispensable pour fixer l’imperméabilisant, lequel est l’alumine mise en liberté par décomposition de l’acétate vers 8o° C.
- 20 Pour le blanchiment de ht laine, commencer par bien dégraisser dans un bain de carbonate de soude à 2 ou 3 pour ioo, rincer à fond, puis plonger dans le bain suivant ;
- Bisulfite liquide du commerce. 200 gr.
- Eau froide....................oooo —
- Acide chlorhydrique.......... 100 —
- (N.-B. — N’ajouter l’acide que juste au moment de l’emploi dans le mélange bien homogène d’eau et de bisulfite.)
- Après séjour des étoffes dans le bain sulfité, jusqu’à ce que le blanchiment soit réalisé, on l’inçe à fond et passe dans une eau azurée par un peu de bleu de blanchisseuse (outremer), puis fait sécher lentement à l’ombre.
- AI. le Dr N., à Paris. — A notre connaissance, Valdéhyde formique n’existe pas dans le commerce à l’état de gaz liquéfié et nous doutons que cette •fabrication soit entreprise pour un débouché relativement restreint comme celui que vous avez en vue, il est du reste très facile de produire le formol gazeux juste au moment du besoin par décomposition ménagée au moyen de la chaleur du trioxyméthylène ou aldéhyde formique polymé-risée, vous pourrez vous servir à cet effet d’un simple ballon muni d’un tube à dégagement effilé, une très petite lampe à alcool suffit à l’opération.
- AI. Maurel, à Marseille. — Le noircissement de la pogime d'argent de votre canne est dû à une sulfuration, le mieux est de Pastiquer .de temps à autre avec le mélange suivant :
- Blanc d’Espagne ... 40 grammes.
- Crème de tarti’e ... 4° —
- Alun pulvérisé.... 20 —
- Ce mélange étant finement broyé, le délayer dans un peu d’eau de manière à former une pâte que vous appliquerez avec un tampon de flanelle, frotter énergiquement, essuyer, puis polir à la peau de chamois.
- 0. B. P., à Cesson. — La précipitation par l’alcool ne peut être une méthode exacte de dosage du bicarbonate de sodium, attendu qu’en présence de carbonate neutre, il se précipite également du. sesquicarbonate (CO3)2Na4H2. D’autre part, l’insolubilité du bicarbonate dans l’alcool à gS0 xx’est pas assez complète, une partie du bicarbonate peut rester en solution. Enfin, il était capital de déterminer l’humidité du produit par dessiccation sous cloche, en présence d’acide sulfurique concentré, toute tentative de dessiccation du bicai’bo-nate au-dessus de 700 entraînant un départ d’acide carbonique. La méthode de choix dans les conditions que vous nous avez indiquées est un titrage âlcalimétrique à l’ébullition par l’acide sulfurique normal et calcul en bicarbonate CO3 Na H.
- p.2x89 - vue 501/620
-
-
-
- ,<^D
- BIBLIOGRAPHIE
- Q^><
- Service de librairie. — Le service de librairie de La. Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- Annuaire des Longitudes pour 1922. 1 vol. in-16.de viu-800 p. Gauthier-Villars, éditeur. Paris 1922. Prix broché : 6 francs.
- Ce précieux recueil toujours égal à lui-même contient une vaste information numérique groupée en 5 grands chapitres : Calendrier, Terre, Astronomie, Mesures légales, Données physiques et chimiques. Parmi les principales modilications aux précédents annuaires, signalons la note de M. A. de Gramont sur les spectres stellaires et leur classification entièrement refondue eu raison des travaux récents; une note de M. de Broglie sur la mesure des longueurs d'onde des rayons X; la table des poids atomiques remise à jour p a if M. Urbain ; une note de M. Guillaume sur les aciers au nickel. L’ouvrage contient en outre comme chaque année des notices scientifiques d’un vif attrait : la théorie de la relativité et ses applications astronomiques, par Em. Picard ; monnaies et changes, par Ch. Lallemand; un discours prononcé par M. Hamy, lors de sa prise de fonction de président du Bureau des Longitudes, une notice de M. Hamy sur Lippmann, une étude de M. Favé sur Joseph Renaud, directeur d’hydrographie de la Marine. T'Annuaire continue, conformément à son règlement de 1795, à régler dignement les annuaires « de toute la République ».
- Electricité et matière, par Sir J. J. Thomson, traduit de l’anglais par Maurice Solovine, préface de M. Paul Langevin. 1 vol. 102 p. orné d’un portrait de l’auteur. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922.
- Ce volume inaugure sous le titre « Science et Civilisation », une collection nouvelle « d’exposés synthétiques du savoir humain ». C’est la traduction d’un livre déjà ancien écrit en 1903, l’une des premières œuvres de l’illustre physicien de Cambridge, mais qui n’a rien perdu de son intérêt et de sa valeur. Les conceptions qui y sont exposées avec une concision et une clarté admirables ont fait époque dans l’histoire de la science et exercé l’influence la plus profonde sur tous les physiciens modernes ; , s’appuyant sur les découvertes alors toutes récentes des rayons X, de la radioactivité, de l’ionisation, sir Joseph établit l’existence de l’unité de charge électrique négative, l’électron, montre qu’il est un constituant universel de la matière, qu’il a une masse mécanique qui varie avec sa vitesse; il imagine, à pai'tir de l’électron, un modèle d’atome qui, s’il ne s’est pas maintenu dans la science, a eu le mérite d’ouvrir la voie aux travaux de Rutherford et de Bohr.
- The Electro-Metallurgy of Steel, par C. C. Gow. 1 vol. illustré, 35i p., i3a fig. Constable and C", éditeurs, 10, Orange Street, Londres, 1921. Prix : 27 sh 6.
- L’électro-métallurgie de l’acier, dont la naissance industrielle remonte à peine à l’année 1900, tient aujourd’hui une place fort importante dans la sidérurgie. M. Gow retrace d’une façon fort intéressante l’historique de ce développement, auquel les inventeurs français : Heroult, Keller. Girod ont pris une part prépondérante; l’auteur expose ensuite les éléments d’électricité nécessaires pour saisir le principe du fonctionnement des divers fours; il expose de même les principes essentiels, l’affinage des fontes et aciers, et de la coulée des lingots. Après ces généralités qui tiennent une grande place, l’auteur passe aux modes d’emploi du four électrique en sidérurgie, et à la description des types modernes de fours.
- Traité de chimie physique, par William C. Mac C. Lewis, traduit par PL Vigneron. Tome III. Théories
- modernes, théories des quanta, 1 vol. in-8, 188 p.,
- 14 fig. Masson et Cio. Paris. Prix : 20 francs.
- Nous n’avions pas encore de traité de chimie physique en français. La traduction de celui de Mc Lewis par Vigneron a comblé cette lacune. La voici maintenant complète avec ce tome III consacré aux applications physico-chimiques des principes de la mécanique statistique : énergie contenue dans les corps, problème de la radiation. Ces problèmes obligent (Rajouter, aux théories exposées dans les deux volumes précédents, une nouvelle hypothèse, celle des quanta. Les lecteurs de Im Njature commencent à être familiarisés avec ces progrès si hardis et rapides de la chimie physique qui bouleversent en ce moment nos conceptions de la matière, de l’énergie, des réactions chimiques et provoquent une révolution des sciences au moins aussi grande que celle de Lavoisier. Le traité de Mc Lewis est le bilan à ce jour de ces nouvelles acquisitions et doit être ainsi le guide de toutes les nouvelles recherches.
- Les Métaux précieux, par Jean Voisin, i vol. grand in-8, 264 p., 88 fig. Grandes Encyclopédies industrielles. Baillière, Paris, 1922.
- Les métaux précieux comprennent l’or, l’argent, le platine, l’iridium, le palladium, le ruthénium et le rhodium.
- L’auteur consacre à chacun d’eux une monographie résumant ses propriétés, ses gisements principaux et les méthodes d’extraction. Il examine ensuite l’art des monnaies et médailles, la bijouterie, l’orfèvrerie, l’art des essais, donne des indications sur la dorure et l’argenture et termine par les applications industrielles du platine.
- Science, technique et industrie photographiques. Revue illustrée de la presse photographique, de la presse scientifique et des brevets d’invention, en France et à l’étranger. Résumés par L.-P. Clerc. Vol. I, 1921, Montel, Paris.
- Cette nouvelle revue bimensuelle que publie en supplément la Revue française de photographie est une bibliographie analytique, bien classée, de toutes les publications relatives à la photographie.
- Le charpentier en bois, par J. Fourquet et J. Riboulet (Collection Caillard). 1 vol., 262 p., 408 fig. Eyrolles. Paris 1921, Prix \ q francs.
- Contient des notions sur les propriétés des bois et leur préparation, sur les outils nécessaires au travail du bois, les notions de géométrie et de géométrie descriptive indispensables à la préparation des travaux, des notions simples de mécanique, la description des principaux assemblages, puis celle des divers travaux incombant au charpentier avec les méthodes d’exécution.
- Les hybrides producteurs directs pour la reconstitution du vignoble, par Eugène Rouart et Louis Revès, i vol. in-16, i5i p., 17 fig. Librairie agricole de la Maison rustique. Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Deuxième édition d’un petit livre précieux pour les viticulteurs en leur signalant les hybrides les plus intéressants comme vigueur, goût et résistance aux maladies.
- Nouveau Manuel pratique du pêcheur à la ligne, par Georges Lanorvtlle. 20 édition, 1 vol. in-8, 170 p., i36 fig. Gauthier-Villars et C'*, Paris. Prix : 7,fr. 5o.
- Matériel du pêcheur; amorces et esches; travaux pratiques du pêcheur; différents genres de pêche à la ligne; pêche particulière de chaque poisson; pêche en mer; législation de la pêche, tout est prévu, complet, clair et explicite. Le chapitre ; Travaux‘pratiques du pêcheur, illustré par l’auteur, apprendra en quelques heures, au lecteur le plus novice, les petits tours de mains : empilage des hameçons, ligature des cannes, montage des lignes, nœuds de pêche, etc., qui sont le secret des, vieux pêcheurs.
- 91 [g*-
- p.2x90 - vue 502/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Logement des animaux. IY. Basses-cours, chenils, ruchers, magnaneries, par M. Ringelmann. i vol. in-16, 160 p., 114 fig. Librairie agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- On connaît l’autorité de M. Ringelmann en matière de génie rural et la 1 valeur des trois volumes qu’il a déjà publiés sur le logement des animaux. Celui-ci, le dernier, traite des petites installations destinées aux volailles, chiens, abeilles, vers à soie. Leur nombre est considérable, leur utilisation partout, même dans la plus petite propriété rurale. On trouvera dans ce livre la description des meilleurs types, leurs conditions d’établissement, les données précises de leur construction expliquées par de nombreixses et claires figures.
- La vie, ce qu’il faut en savoir, par À. Rutot, i vol. in-16, 265 p. Editions Rhée. La Yulgarisation intellectuelle. Bruxelles.
- Continuant son œuvre de vulgarisation, l’auteur examine l’évolution de la vie, les sens de l’homme, sa nourriture, ses maladies, ses tares et conclut à la nécessité de l’éducation et de la morale pour apprendre la juste mesure qui est l’optimum et la sagesse.
- La mécanique du cerveau et la fonction de lobes frontaux, par L. Bianchi, traduit par les D" André Collin et Sanguineti. i vol. in-8, 454 p., 62 fig. Louis
- Arnetté. Paris. Prix : 35 francs.
- Basé sur les travaux, les expériences, les réflexions d’un illustre professeur de psychiatrie, cet ouvrage montre comment les fondions cérébrales collaborent pour l’élaboration des sentiments les plus élevés et des idées supérieures. Dans la mécanique du cerveau, le lobe frontal serait le siège des fondions les plus élevées de l’âme.
- Vaccins et sérums, par le Dr Apert. i vol. in-x6, 282 p. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ce livre est le premier d’une collection dite « Bibliothèque des connaissances médicales » destinée au grand public, Il traite d’un sujet qui est en train de rénover la thérapeutique : vaccins et sérums qui, employés avec discexmement-et en connaissance de cause, constituent un merveilleux moyen d’action pour la prévention et la guérison de certaines maladies,
- Traité de Métapsychique, par Charles Richet, i vol, in-8, 816 p,, 25 fig. Félix Alcan. Paris. Prix : 40 fr,
- Cet ouvrage est un livre de science, non de rêve.
- L’auteur, avec sa haute autorité, y expose des faits et discute leur réalité, sans prétendre à une théorie, car celles que l’on a jusqu’ici proposées en Métapsychique paraissent d’une fragilité effarante.
- La tâche est d’ailleurs lourde. En effet, comme il s’agit de phénomènes peu habituels, le public et les savants ont pris le parti de les nier sans examen.
- Cependant, ces faits existent : ils sont nombreux, authentiques, éclatants. On en trouvera dans le cours de cet ouvrage des exemples si abondants, si précis, si démonstratifs, qu’il est impossible qu’un savant de bonne foi, s’il consent à l’examen, ose les révoquer tous.
- En écrivant ce livre sous , la forme donnée aux traités classiques des autres sciences, physique, botanique, pathologie, le professeur Richet a voulu arracher aux faits qu’on appelle occultes, et dont beaucoup sont indiscutablement réels, l’apparence surnaturelle et mystique que leur ont prêtée les personnes qui ne les nient pas.
- Ce courageux exposé ouvre à la science un nouveau domaine.
- Précis de Muséologie pratique, par A. Loir et ,H. Le-gangneux. i vol. in-i2, 107 p. Muséum d’Histoire naturelle, Le Flavre.
- Manuel du conservateur de musée d’histoire naturelle, traitant de l’installation et de l’administration des musées, de l’aménagement et de la présentation des
- collections, des recettes pour préparer et conserver les diverses pièces.
- Pays Scandinaves et Finlande, par G. Lecarpentier. 1 vol. in-8, 246 p., 20 pl., 2 cartes. Collection « Les Pays modernes ». Pierre Roger et Cie, Paris. Prix : 8 francs.
- Dans cet ouvrage, minutieusement documenté, et d’une lecture attrayante, on trouvera, après Une esquisse géographique et un résumé historique, un exposé de l’activité économique de ces peuples du Nord (agriculture, industrie, commerce, marine marchande, systèmes monétaires et bancaires). L’auteur a tout spécialement insisté sur les perspectives qu’offrent à nos industriels et à nos commerçants les marchés Scandinaves et finlandais. Un chapitre spécial est consacré aux rapports littéraires et artistiques entre la France et la Fenno-Scandinavie.
- Voyage à la Grande Chartreuse, par Rodolphe Topieer. 1 vol. in-8, oblong, 54 p., 29 dessins de l’auteur dans le texte et 3i en planches hors texte. Boissonnas, Genève. Prix : broché 3o francs, cartonné 45 francs.
- Topffer est connu de tous, petits et grands, par scs Nouvelles Genevoises et ses Voyages en zig-zag, pleins d’un humour particulier et charmant. Mais on ignore le plus souvent ses talents de dessinateur. Le Musée de Genève possède un récit de son Voyage à la Grande Chartreuse, illustré d’autographies charmantes. La librairie Boissonnas le présente en une édition de luxe qui permettra de relire le récit de cette excursion pittoresque de 1833 faite en compagnie de ses élèves et surtout de contempler les multiples tableautins qui en illustrent les diverses péripéties. C’est une nouvelle occasion d’admirer le talent si particulier de Tôpffer, de revivre ce qu’était le? tourisme au début du siècle dernier et de jouir d’une édition de choix.
- La sculpture grecque. Histoire sommaire de son progrès, de son esprit, de ses créations, par Henri Léchât, 1 vol, in-16, 155 p. Payot et Ci0, Paris. Prix cartonné : 4 francs.
- Ce petit livre, très vivant, montre sous un jour nouveau l’évolution des formes de la sculpture grecque et dégage leur nouveauté, leur grandeur, comparée aux réalisations que seules on connaissait alors.
- La nouvelle éducation française, par Joseph Wilbois. 1 vol. in-16, 404 p. Payot et Cie, Paris. Prix : 10 fr.
- i° Quelle sera cette société de demain à laquelle il faut adapter nos fils? 2° Que nous apprennent les derniers travaux des psychologues sur ces âmes qu’il s’agit de façonner pour en tirer le meilleur rendement? 3° Quel est le plan des réformes nécessaires et urgentes sur l’éducation de la volonté et du cœur, sur la préparation technique et la culture générale, sur le choix des maîtres et la sélection des élèves,
- L’auteur répond à ces questions si actuelles avec finesse et bon sens.
- Les ingénieurs et la guerre. L,a mobilisation scientifique et technique, par Albert Rang, i vol. in-16, 170 p. Etienne Chiron, éditeur. Paris. Prix : 6 francs.
- Après avoir rappelé succinctement le rôle qu’ont joué pendant la guerre savants et techniciens et montré que les exigences du combat moderne ont obligé de créer, à côté de l’armée des opérations, une3 armée de préparation, dont les effectifs atteignirent le tiers de ceux de la première, l’auteur établit comment la mobilisation technique et scientifique peut être réalisée, avec souplesse, facilité d’adaptation, exactitude et le plus rigoureux respect de la justice.
- Les fonctions municipales, par A. Perrochon. i vol-126 p. Doin, éditeur. Paris 1922. Prix : 6 francs.
- Exposé simple et clair de l’organisation de la commune et de son administration.
- M 92 IDE»
- p.2x91 - vue 503/620
-
-
-
- N° 2503 25 Mars 1922
- LA VOUTE CÉLESTE EN MAI 1922 (‘)
- Le diamètre de Mars, à la fin du mois, atteindra près de 20" et l’opposition de cette planète aura lieu le io du mois prochain. C’est dire que l’on peut dès à présent effectuer des observations physiques utiles à l’aide d’instruments moyens. Les plus petites lunettes révéleront le disque de Mars et la tache polaire. Parmi les autres curiosités célestes de ce mois de mai, citons encore : la plus grande élongation de Mercure, le s3 mai et le maximum probable de Mira Ceti (o de la Baleine).
- I. Soleil. — Le Soleil continue son ascension dans l’hémisphère nord. Sa déclinaison, de -f- i4°55'le ier mai, atteint +2i°5i' le 3i. La durée du jour, de i4h3om le i*r, atteint 15h 47m 3i, à Paris.
- Le tableau ci-dessous donne, pour quelques jours du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges bien réglées quand le centre du Soleil passe au méridien de Paris.
- Les données de ce tableau, nous l’avons vu précédemment, permettent de tracer la méridienne lorsque l’on a l’heure exacte.
- Temps légal.
- oJ,7- Pour les autres par jour écoulé depuis
- Dates.
- Mai
- Ie
- 5
- 10 15 20 2.5 3i
- I ih 4?;
- 111 47;
- II 11
- 1 ih 461 uh47’ 1 ih 48’
- >h 46’ 1461
- l45s
- 1 i8s
- '57s 15os 1 57s
- ‘ I9S 1 25
- Continuer l’observation de la surface solaire, chaque jour, par l’observation oculaire et l’enregistrer, s’il y a lieu, par la photographie.
- Les plus petites lunettes permettent d’observer le Soleil; Avoir bien soin de les munir d’une bonnette à verre noir. On peut encore recevoir l’image solaire par projection sur un écran.
- Ce procédé est le plus pratique pour la mise en place des taches et des fa-cules. Il est moins bon que
- l’observation directe pour l’enregistrement des fins détails.
- Le tableau ci-après permet l’orientation des dessins. L’angle de position de l’axe du Soleil est l’angle formé par le point nord du disque solaire (celui le plus près du pôle nord), le centre du Soleil et l’extrémité de l’axe solaire. Il est compté en sens inverse de la marche des
- représentant une inclinaison 'Ouest.
- dates du mois, ajouter 1 jour le icr ou le 27, et oJ,0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en mai : le ior = -f- 18° 18' ; le 14 — — i8° 21' ; le 28 — -f- 180 25'.
- Ces époques correspondent à la plus grande et à la plus faible élévation de la Lune au-dessus de l’horizon.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 8 mai, à 7b.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 20 mai, à 4h-
- Observations lunaires. — Voir ce que nous avons dit sur cette question au n° 2477 (Bulletin astronomique).
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 2 mai, occultation de 68 Gémeaux (gr. 5,2), immersion seule visible, à 23h44ra>
- Le 11 mai, occultation de 0 Balance (gr. ‘4,4), de i9'’48ra à 20h36m.
- Le 3o mai, occultation de 3o B Cancer (gr. ô,i), de
- 2ih 6m à 2ib49™.
- Marées. — Les grandes marées, en mai, se produiront surtout du 9 au 13, au moment de la Pleine Lune.
- Le tableau suivant donne l’heure de la pleine mer, à Brest, pour les jours les plus rapprochés de la Pleine Lune.
- Pour obtenir l’heure de la marée en d’autres ports, consulter le « Bulletin astronomique « n° 2402, du Ier mai 1920 :
- Marée Marée du matin du soir Dates. Coefficient. Coefficient.
- Fig. 1. — Aspect des phases de Mercure.
- (Sous chaque phase on a mentionné la valeur du disque illuminé.)
- Mai 9 ora,88 O 3.
- •— 10 o”,97 i“,oo
- — 11 1m, 02 im,o3
- •— 12 Im,02 iŒ,oo
- ' — 13 oro,97 o™, 94
- III. Planètes. — Le tableau
- aiguilles d’une montre, -|- re à l’Est,,— une inclinaison à 1’
- Dates. Angle tic position de l’axe du Soleil. Latitude du centre.
- Mai 1er — 2 2° — 3°
- — 11 .— 190 — 2°
- — 21 — iè° — 1°
- — 3o 12° _U i« 1 x
- l’on projette l’image solaire sur un carton, de ma-
- nière que le disque solaire ait juste om,io de diamètre, i” au centre correspondra à i3g42 km sur le Soleil, ou encore à un angle de 19", 2.
- Lumière zodiacale. — La longueur des jours met un grand obstacle à l’observation de la lumière zodiacale. On pourra encore rechercher celle-ci, au début du mois, dès l’arrivée de la nuit.
- IL Lune. — Les phases de la Lune, pendant le mois de mai, seront les suivantes :
- P. Q. le 4» à- i2h55m D. Q. le 18, à i8h 17“
- P. L. le. xi, à 6h 6m N. L. le 26, à i8h 4m
- Age de la Lune, à midi, le ior mai — 4fi3; le 27
- 1. Toutes les heures figurant en ce Bulletin sont exprimées en temps légal (t. m. de Greenwich) compté de oh à 24h à partir de minuit. En cas d’adoption de l'heure d'ctc, avancer tous les temps donnés ici de une heure.
- ci-contre, établi à l’aide des données contenues dans VAnnuaire astronomique Flammarion pour 1922, donne les renseignements les plus utiles pour l’observation des planètes pendant le mois de mai.
- Mercure, dans le Taureau et les Gémeaux, arrivera à sa plus grande élongation du soir, le 23 mai, à 22°3r' à l’Est du Soleil. On pourra rechercher cette planète quelques jours avant cette date (de 10 à r5 jours). Le tableau ci-dessous contient, de cinq en cinq jours, la fraction du disque éclairé de Mercure et son éclat stellaire.
- Dalcs.
- Mai
- 1° 6 11 16 21 26 3i
- Disque illuminé.
- 0,95 0,83 0,69 o,55 0,42 o,3i , 0,21
- Éclat stellaire.
- —~,5
- — 1,0
- — 0.5
- 0,0
- + o,5 0.9 + G?
- La figure 1 donne, d’après l’Annuaire astronomique, la phase de Mercure.
- On a inscrit sous chaque phase la valeur correspondante du disque illuminé.
- En même temps, on a tenu compte, dans la mesure du possible, de la variation de la phase et du diamètre apparent.
- Vénus va être visible le soir pendant l’été et l’automne (la plus grande élongation ayant lieu en septembre prochain). On peut l’observer dès à présent, aussitôt le coucher du Soleil (elle descend sous l’horizon environ deux heures après le Soleil). Comme pour Mercure,
- p.2x92 - vue 504/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- - Dates : Lever P as s âge Coucher Àseen- Déclin ai- Diamètre Constellation
- ASTRE MAI à Paris. au Méridien de Paris. à Paris. sion droite. son apparent. et étoile voisine. YISIBIMTK
- 5 41 rv —lu 2/ ïi> l47mi85 I9h 9“ 2h 47“ + i.6° 6' 3i' 45" 6 Bélier )
- Soleil . . . < i5 4 12 11 46 5o !9 23 3 26 -j- 18 45 3i 40,8 Bélier > )>
- 25 4 0 I I 47 19 ‘ *9 36 4 6 -j- 20 5i 3i 37)2 Taureau ).
- 5 4 5o I2‘ 36 20 21 3 35 -}- 20 47 5,6 Pléiades iLe soir à la fin du mois ;
- Mercure. . ï5 5 0 i3 11 21 22 4 5o + 24 52 6,6 a Taureau plus grande élongation
- 25 5 10 i3 23 21 37 5 £2 + 25 16 8,4 y) Gémeaux ) le 23. 1. 'Aussitôt après le coucher i du Soleil.
- Vénus. . . 5 ! 15 25 5 5 5 23 22 3o i3 i3 i3 i4 27 4o 21 21 21 5 3i 5i 4 5 . 5 14 6 59 -j- 21 + 23 -j- 24 45 5o 46 10,8 11,0 n,4 s Taureau P Taureau y; Gémeaux
- 5 22 4l 2 4i 6 4i U 39 — 24 11 i5,2 44 Ophiuchus) 44 Ophiuchus Presque toute la nuit..
- Mars. . , . 15 22 4 2 0 5 57 17 38 — 24 4 2 17,0
- 25 2 f 21 I i5 5 8 l7 3i 20 14 18,4 44 Ophiuchus
- Jupiter. . . 16 i5 6 20 57 2 48 12 38 2 26 39,2 y Vierge Première moitié de la nuit..
- Saturne . . i5 14 ll 20 28 2 39 I 2 8 + 1 54 16,8 vj Vierge Première moitié de la nuit.
- Uranus. . . 16 I 48 7 l7 12 45 22 5q 7 20 3,4 X Verseau Avant le lever du Soleil.
- Neptune. . i5 9 59 17 23 0 48 9 3 +16 58 2,4 rd--- Cancer Première moitié de lanuit.
- nous donnons ici la valeur du disque illuminé ,el la grandeur stellaire.
- Dates. Disque illumine.. Grandeur stellaire
- Mai icr 0,94' .,+ 3,3
- — 6 0,93 - —3,3 ,
- — 11 0,92 • .— 3,3
- — 16 °»9I • — 3,3 '
- — 21 0,90 V — 3,3
- — 2.6 0,89 — 3,4 -,
- — 3î 0,88; ' — 3,4
- Pour comprendre le signe — placé, comme, pour Mercure, devant la grandeur stellaire, nous devons considérer les grandeurs successives stellaires. La grandeur au-dessus de la ire est la grandeur o. Puis la grandeur — i,o; — 2,0, etc. La grandeur de Vénus étant —3,4 le 3i mai, cela veut dire qu’elle est de 4,4 grandeurs au-dessus de la ire. Les éclats étant entre eux comme 2/5 est à i quand on passe d’une grandeur à la grandeur inférieure, On voit donc que le 3i mai Vénus sera 2,50 fois plus brillante qu’une étoile de ire grandeur, soit environ 56 fois.
- Mars, dont l’opposition aura lieu le io du mois prochain, est visible presque toute la nuit. Son diamètre augmente rapidement et atteindra près de 20" à la fin du mois. C’est dire qu’une lunette grossissant 90 fois — une petite lunette de o“,o5 peut être munie de ce grossissement — montrera Mars de la grosseur apparente de la Lune vue à l’œil nu.
- Malheureusement pour les observateurs situés en Europe, la planète sera extrêmement basse sur l’horizon, en raison de sa déclinaison australe.. A la 'fin du mois, à Paris, Mars ne s’élèvera qu’à i5° 1/2 au-dessus de l’horizon au passage au méridien. Et cette hauteur sera encore plus faible au moment de l’opposition. Les observations physiques s’en ressentiront certainement en France. Les astronomes de l’hémisphère austral, beaucoup mieux favorisés, pourront, par contre, réaliser de belles observations.
- Le 14 mai, vers oh, la région du Lac du Soleil sera tournée.vers la Terre. Le 26, ce sera la Région de la Baie du Méridien. Pour mieux reconnaître la région de Mars tournée vers la Terre, utiliser un globe de Mars et le tableau suivant qui donne, de 2 en 2 jours, les heures de passage du méridien zéro de Mars (baie fourchue de Sinus Sabæus) au centre du disque :
- Dates. Passage. Dales. Passage.
- Mai 2 ioa 5m Mai 18 2ph
- — 4 1ih 20“ — 20 2/1 j
- — 6 12h 3 5m — 22 22h 2’9m.
- — 8 i3h5om — 24 23h 43m
- - - 10 i5h 5m — 26 oh 19”
- — 12 11 — 28 i’1 33m
- 14 17h 34m — 3o 2h 45”
- — 16 i8h48”
- La rotation d'e Mars s'effectue en 24'’ 37“ 22",65, c’est-à-dire à raison de T4°;62 par heure terrestre. Avec ces renseignements on pourra facilement calculer la longitude de la région passant au centre de Mars à un inouï eut donné. o
- Jupiter est visible dans la première moitié de la nuit (se couchant, le r5; â'2h48m).
- Voici les. principaux phénomènes présentés par les quatre gros , satellites, :
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE Mai 'Heure. Satel- lite. Plié no ~ mène. DATE Mai Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I irg? 2 2m II 0 f. 15 221 47” Il p. f.
- 4 23 26 I Im. 16 0 3i II 0. f.
- . 5 20 44 I P c. *9 23 26 III P. c.
- 5 21 26 I 0 c. 20 0 19 I P. c.
- 5 21 34 III 0 f. 20 I 16 I 0. c.
- 5 22 55 I P. f. 20 1 42 III P. f.
- 5 23 38 I 0 . f. 20 21 26 I Im.
- 6 20 47 I E f. 21 0 36 I E. f.
- 6 23 4i II Im. 2 r 20 58 I P. f.
- 8 20 27 II p. f. 21 21 56 I 0. f.
- 8 21 57 II 0 f. 22 22 36 II P. c.
- 12 *9 56’ IÎI p. C. 23 O- 34 II 0. c.
- 12 2 2 ro • III p. f. 2 3 I 0 II P. f.
- 1 2 22 3i I p. c. 27 23 15 I • Im.
- I 2 23 17 III 0 c. 28 20 36 I P. c.
- 12 23 21 I 0 c. 28 21 39 I 0. c.
- i3 0 43 I p. f. 28 22 47 I P. f.
- i3 I 32 III 0 f. 28 23 5o 1 0. f.
- i3 19 39 I Im. 29 20 59 I E. f.
- i3 22 41 I E. f. . 3o 1 , 0 II P. c.
- i4 20 I I 0. f. 3o 2.1 12 III E. c.
- i5 20 14 II P. c.. 3o 23 27 II E. c.
- i5 21 59 II 0. c. 3t 20 3 II Im.
- Saturne dans la constellation de la Vierge est visible, comme Jupiter, dans la première moitié de la nuit.
- Les éléments de Panneau, à la date du 7 mai, sont les
- suivants :
- Grand axe extérieur ........... .42",57
- Petit axe extérieur ............ + 2",81
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau. . . . ....... . . ... . . -j- 3f> 47'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau. ............................... + 5° 56'
- Uranus se lève à Paris, le i5 mai, à ih48m du matin. IL ne peut donc être observé qu’avant l’arrivée du jour. Au début de mai il . sera très près de l’étoile 81 du Ver-
- p.2x93 - vue 505/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- seau. Uranus brille de l’éclat d’une étoile de 4 e grandeur.
- Neptune est encore bien visible dans la première moitié de la nuit. On le trouvera au moyen de la petite carte publiée au précédent « Bulletin astronomique »
- (n° *499)-
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4, à i5b, Neptune en conjonction avec la Lune, à 4° 3 EN.
- Le 8, à o , Saturne Le 8, à i3h,. Jupiter Le i3, à 19hj Mars Le ao, à 6h, Uranus; Le a-8, à l'i1’, Mercure Le 28, à 23\ Vénus Le 3i, à 2ih,.,Neptune
- la Lune, à3° 21 N. la Lune, à i° 25' N. la Lune, à 6° 18' S. la Lune, à 3° %' S. la Lune, à 6° 29' N. la Lune, à 6° 3o' N. la Lune, à 4° 19' N.
- Etoiles variables. — Suivre attentivement l’étoile variable Mira Ceti (0 Baleine), variable de la grandeur 3,3 à la grandeur 8,8, en 332 jours environ, dont le maximum doit se produire vers le 18 mai. Cette variable a une période assez irrégulière et des fluctuations d’éclat importantes. Elle a atteint parfois la grandeur 1,7 à son maximum et la grandeur 9,6 à son minimum.
- Etoiles filantes, j— Du ier au 6 mai, observer l’essaim
- des Aquarides (radiant Y] Verseau). Etoiles filantes rapides, avec traînées.
- Le 22 mai, étoiles filantes. Radiant vers a Couronne.
- V. Constellations. — L’aspect de la Voûte céleste le ier mai à 23h, ou le i5 mai, vers 2ih, est le suivant (les lettres et les noms entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles avec de petits; instruments) :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar et Alcor, 23 h, a, 57); le Bouvier ( = , k, 44 i, 5) ; les Chiens de chasse (2) ; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse (Polaire); la Girafe (P. XII. 23o) ; Céphée (8, (3, x, gj; Cassiopée (rj, z, c, H. VI. 3o). — Le Cygne (p, 0, g, 64°) est au Nord-Est.
- A l’Est : Le Sagittaire; le Scorpion («, v, 8, or, An-tarès); l’Aigle (/), i5 h, 5j, 11, 23, M. 11 ) ; la Lyre (s, t, n, Téga) ; Hercule (a, w, p, q5, 6, M:. 13) ;. la Couronne (ç, cr). —Ophiuchûs (36 A, 70, 67, p, 3g-,'M. 14;) est au Sud-Est.
- Au Sud .- La Vierge (y, 54, nébuleuses); Ta Balance ô, a, p, P. XIV. 212); le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion (y, 54); le Cancer (la Crèche,
- S, 0, M. 67); les Gémeaux (a, p). — Le Cocher est au Nord-Ouest, à l’horizon). Ew. Touchet.
- <
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de lu Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, réjmndu immédiatement.
- Errata. — A propos des Bigoudenn (n° 2496, page 3g, lire :
- i° Jornandès au lieu de Sornandès, lignes 6, 21, 5o :
- 2" Tiff auges au lieu de Ti (fange s, deux fois à la ligne 18 ;
- 3° Taïfalès au lieu de Taïfates, ligne 19;
- 4“ Vascones au lieû de Vascanes, lignes 35 et 58;
- 5° Aluni au lieu d’Alain, ligne 26.
- Réponses. — S. N., à Neuilly. — Nous pensons que le procédé à l’hyposulfite de plomb serait celui qui vous conviendrait le mieux pourle bleuissage de petites pièces, telles que vis, écrous, boulons, il consiste à préparer
- préalablement deux solutions :
- A. Hyposulfite de soude. . . 70 grammes.
- Eau tiède ................5o© —
- B. Acétate neutre de plomb . r5 —
- Eau tiède............ . . . 5oo —
- Les solutions A et B sont mélangées,, puis le liquide est porté à l’ébullition, on y plonge alors les pièces qui prennent une teinte bleue analogue à celle que donne le recuit, quelques essais préalables seront nécessaires pour déterminer les conditions spéciales dans lesquelles vous devrez opérer suivant les dimensions des objets, la nature de l’acier, etc.
- M. S. Evrard, à Toul. —: Tous les zincs de piles ne devant pas fonctionner à circuit ouvert sont amalgamés, pour cela on prépare une solution presque saturée de< sulfate mercurique neutre dans l’eau et l’on ajoute une .quantité d’acide sulfurique, juste nécessaire pour avoir une dissolution complète, puis on mélange cette solution avec de l’acide oxalique de manière à obtenir une masse grisâtre de consistance crémeuse à laquelle on ajoute- encore un peu de sel ammoniac. Il suffit alors d’enduire les zincs de cette mixture en frottant fortement, on lave et sèche. Ce pi'océdé donne de meilleurs résultats que l'amalgamation habituelle au mercure et à l’acidè sulfurique dilué.
- M. Husson, à Toul. — Pour faire disparaître le dépôt charbonneux résultant du chauffage d’une matière organique dans un tube à essai, il faut d’aboxd chauffer doucement avec un peu de soude caustique et laver pour enlever les produits humiques à fonction acide qui ont pu prendre naissance et qui donnent de l’adhérence, généralement, un coup de goupillon, suffit pour nettoyer le tube. S’il restait encore du charbon, il suffirait de chauffer au bain de sable avec un peu d’acide
- sulfurique à 66° et une gouttelette de mercure, le charbon est transformé en. acide sulfureux très volatil et disparaît bientôt, un simple rinçage donne alors un tube parfaitement net.
- M. Mariani, à Neuilly-sur-Seine. — Le collage des semelles au moyen de la dissolution s’effectue dans les meilleures conditions au moyen du chlorure de soufre. On dissout 2 à 3 grammes de ce dernier dans 100 cent, cubes de sulfure de: carbone et conserve dans un flacon bien bouché la dissolution vulcanisante. Pour réaliser le collage on enduit les parties à joindre de dissolution pour pneumatiques, qu’on laisse évaporer jusqu’à consistance poisseuse. A ce' moment, on enduit très rapidement avec un pinceau de la solution de chlorure de soufre et on fait la jonction. L’opération ne présente pas de difficultés réelles, mais quelques essais sont nécessaires pour acquérir le tour de main et saisir le moment opportun.
- M. Lenain, à Viroflay. — Veuillez vous reporter pour la teinture des fourrures au procédé que nous avons décrit dans le dernier numéro, réponse à M. Deschepper, Aix-la-Chapelle. .
- M. Huvat, à Paris. — i9 Les feuilles employées dans les électroscopes ne sont autre chose que les feuilles d’or en livret que l’on trouve chez les batteurs d’or ; 2° Pour les fixer, servez-vous d’une trace de seccotine; 3° Leur longueur est habituellement de 6 à 7 cm.
- M. Chardin, à P’antin: — Lorsque le ruban d’une machine à écrire s’est desséché après une longue inaction, il suffit pour le remettre en état de le faire tremper pendant quelques heures dans un mélange à parties égales d’eau et de glycérine, quand il a repris sa souplesse, on essuie et encre à nouveau.
- M. le Dr Far gin-Fayolle, à Paris. — On peut obten r très facilement un dépolissage partiel de la surface des lampes à incandescénee en procédant ainsi :
- Préparer les deux solutions :
- A. Eau distillée. . . . . . . . 100 c. c_
- Gélatine dure ... Chlorure de baryum B. Eau distillée. . . . Sulfate de soude. .
- 8 gr. 5-
- 8 gr. 5. 100 c. c.. 6 gr. A
- Verser goutte à goutte la solution B dans la solution^. A chaude, agiter jusqu’à obtention d’un produit homogène. Appliquer alors au moyen d’un pinceau très doux le mélange encore tiède sur les parties que l’on veut dépolir en évitant les coulures par excès de mixture, laisser sécher. L’enduit ainsi obtenu présente l’avantage de pouvoir être enlevé à volonté par trempage de lu lampe dans l’eau chaude. Au besoin, on peut légèrement teinter le mélange par des couleurs d’aniline, vert, acide, vert naphlol, rose bengale, tartrazine, etc.
- p.2x94 - vue 506/620
-
-
-
- 3sd
- <
- WD
- BIBLIOGRAPHIE
- Q^>,
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- L’œuvre scientifique de Laplace, par H. Andoyer, membre de l’Institut, i vol. petit in-16 relié. Payot, éditeur, Paris, 1922. Prix : 4 francs.
- M. Andoyer, dans ce petit livre, donne un substantiel résumé des différents mémoires et ouvrages de l’illustre auteur du Traité de Mécanique céleste, de l’Exposition du système du. monde, et de la théorie analytique des Probabilités. Cette analyse donne .une idée très juste du génie de Laplace, ainsi que du caractère et de l’importance de son œuvre. Elle est précédée d’une rapide biographie et d’un bien intéressant chapitre consacré à faire revivre le milieu scientifique, hommes et idées, dans lequel a vécu et évolué le célèbre géomètre.
- La théorie de la Relativité et ses applications à VAstronomie, par E. Picard, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences. 1 brochure, 27 p. Gauthier-Yillars, éditeur, 1922.
- Les théories de la relativité continuent à passionner le monde savant; d’abord peu connues, elles ont aujourd’hui des partisans enthousiastes et des détracteurs acharnés. M. E. Picard se tient dans le juste milieu; dans cette esquisse historique et critique, il expose à grands traits la théorie de la relativité restreinte et celle de la relativité généralisée, après avoir eu soin de montrer que la conception du temps d’Einstein prend ses racines dans les spéculations des philosophes grecs ; M. Picard, tout en faisant quelques prudentes réserves, rend hommage à la synthèse d’Einstein et montre qu’elle a apporté déjà à l’astronomie une féconde contribution.
- Petit formulaire mathématique., par l’abbé Th. Moreux. 1 vol. in-16, 96 p. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : 5 francs.
- Contient les logarithmes avec 5 décimales, les carrés et les cubes,'les racines carrées et cubiques des nombres de 1 à 1000, une table dès lignes trigo-nométriques naturelles de 3o' en 3o', des tables d’intérêt et de mortalité.
- Lu lutte pour le pétrole et la Russie, par Paul Apostol et A. Michelson. i [vol. 220 p. Payot, éditeur, 1922. Prix : 8 francs.
- La conquête des gisements de pétrole est aujourd’hui l’objet d’une lutte acharnée entre deux grands trusts, l’un américain, l’autre anglais. Les auteurs exposent tout d’abord les phases de cette lutte et montrent par quelle politique habile, l’Angleterre qui, en 1900, ne contrôlait aucun gisement de pétrole s’est rendue peu à peu maîtresse en fait de presque tous les gisements du monde autres que ceux des Etats-Unis ; ce dernier pays est actuellement menacé d’un prompt épuisement de ses ressources. La Russie a d’énormes ' réserves de pétroles : la genèse de son industrie pétrolifère, les concours étrangers qui ont présidé à son développement, la situation et les caractéristiques des gisements, les bouleversements imposés par le régime bolchevique sont décrits d’une façon claire et complète ; de cette étude se dégage la conclusion suivante : lorsque la Russie aura repris sa place sur le marché mondial, elle peut et doit jouer un rôle modérateur d’une importance capitale entre les deux grands groupements qui monopolisent actuellement la production du pétrole; à condition qu’à son tour elle ne tombe pas sous le contrôle exclusif de ces rois du naphte.
- L’industrie pétrolifère à Bakou, Grosny, Embu sous le régime bolchevique, par E. Davin. i brochure, 5- p. Challamel, éditeur, Paris, 192r.
- Cette brochure constitue une fort intéressante contribution à l’histoire de l’industrie pétrolifère à Bakou sous le régime bolchevique, c’est-à-dire depuis le 28 avril 1920, date de la 2* occupation de la région par les bolcheviks. M. Davin y donne la traduction d’une notice technique rédigée fin 1920 par le comité bolchevique du Naphte d’Azerbeïdjan, et qui met en relief les efforts faits par les maîtres actuels de ce territoire pour y développer l’exploitation du naphte et en organiser l’exportation. Ce document, bien que d’inspiration officielle, expose, sous un jour peu optimiste, la situation de l’industrie du pétrole à Bakou. Il est complété par des renseignements fournis à l’auteur par des ingénieurs échappés de Bakou; ceux-ci mettent en relief la désorganisation profonde de la production pétrolifère et ses répercussions fatales sur toute l’économie russe, privée de ce fait de sa principale source de combustible et de force motrice.
- La situation pétrolifère actuelle au Caucase, par P. Ai.debkrt. i brochure illustrée, 43 p. Béranger, éditeur, Paris, 1920. Prix : 4 francs.
- Cette plaquette est la reproduction d’une intéressante conférence faite en 1920 aux Ingénieurs civils. Elle contient le tableau des gisements de pétrole du Caucase et l’exposé de leur situation fin 1919, c’est-à-dire avant leur passage sous l’administration bolchevique.
- Leçons sur les chemins de fer, par Léon Bordas, i fort volume in-16 de 5oo p., avec 167 fig. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix : i5 francs.
- Cet ouvrage, destiné surtout à l’enseignement technique, donne les notion sprincipales sur l’administration des chemins de fer, les éléments qui constituent un réseau : voie, travaux d’art, gares, matériel, signaux, tarifs, direction du personnel. Chaque chapitre est accompagné d’un questionnaire.
- Cours d’hydraulique. — Drainage et irrigations, par Gaston Couturier, i vol. in-16 de 260 p., 66 fig. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix cartonné : 9 francs.
- Le lecteur .trouvera dans cet ouvrage, destiné aux ingénieurs du Génie Rural, une partie théorique comprenant l’hydrostatique (pression, vases communicants, corps flottants, etc.), l’hydrodynamique (écoulement de l’eau, orifices, ajutages, déversoirs, conduites, canaux), puis une partie descriptive (moteurs hydrauliques, roues, turbines, moulins à vent, adduction d’eau). '
- Le cimetière barbare de Lezéville. — Mobilier funéraire et art décoratif francs, d’après les fouilles exécutées par M. Edouard Salin, i vol. in-4, 146 p., 8 pl. en couleurs, 8 pl. en noir et 29 fig. Berger-Levrault, Nancy-Paris-Strasbourg. Prix : 5o francs.
- En un superbe volume in-4, avec de nombreuses figures et planches, M. E. Salin expose le résultat des fouilles par lesquelles il a épuisé le rendement possible du cimetière franc de Lezéville, près de Grand, dans la Meuse. Sur 2000 m2 de surface étaient disposées 270 sépultures. L’auteur fait l’inventaire méthodique détaillé des objets qu’il a trouvés dans chacune : armement et équipement des guerriers, plaques-boucles de ceintures, parures incrustées d’argent, amulettes, accessoires de costume, vases funéraires, etc. Bien plus, et c’esti ce qui constitue une nouveauté originale, il donne l’étude analytique des restes de tissus et de végétaux. Ainsi est réalisée une synthèse\des arts industriels et décoratifs dans un coin de Lorraine du v“ au vne siècle, étayant de curieuses conclusions relatives aux Coutumes et à la mentalité de ces populations qui sont nos lointains ancêtres. Les 147 objets reproduits par la photographie, en partie en couleurs, permettent de se rendre nettement compte de la technique, du style, des motifs décoratifs.
- p.2x95 - vue 507/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- / -
- INFORMATIONS
- N° 2504 ; 1er Avril 1922
- t% c> "S •
- Le centenaire de Breguet, — Sous les auspices de Sir David Salomons il vient de se constituer à Paris un Comité préparatoire du Centenaire de Breguet. Présidé par M. Ch.-Ed, Guillaume, directeur du Bureau international des Poids.et Mesures, il comprend, outre l’initiateur qui représente l’Angleterre, MM. Louis Breguet, constructeur d’avions, Brown, successeur de Breguet, Clouzot, directeur du Musée Galliera, Louis Leroy, chronométrier et membre du Bureau des Longitudes, Léopold Reverchon, qui remplira les fonctions de secrétaire, français, et M. Paul Ditisheim, chronométrier, suisse. Ce Comité préparera la forme de la manifestation française en liaison avec le Comité suisse qui a déjà organisé un Concours international de chronomètres à Neuchâtel et recueillera les adhésions.
- L’article qu’on trouvera plus loin dans ce numéro indiquera l’œuvre de Breguet.
- L’éclipse de Soleil du 21 septembre 1922. — Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de ce phénomène astronomique dans notre n" 2489 du 17 décembre dernier, et nous avons exposé le plan d’études de la mission anglaise qui résidera à l’île de Chrislinas. Astronomie (février 1922) annonce qué l’Amérique et la Hollande équipent également des expéditions pour aller observer cette.éclipse. Les expéditions ont toutes dans leur programme la photographie des étoiles au voisinage du Soleil occulté entièrement par la Lune, dans le but de mettre en évidence l’effet de déviation des rayons lumineux au voisinage du Soleil (effet Einstein). Notre confrère ajoute : « Les pays où le change n est pas déprécié peuvent se permettre le luxe de dépenser des sommes importantes pour l’Astronomie. En France, les astronomes n’ont pas osé demander des crédits à l’Etat, sachant d’avance que ces crédits seraient refusés. Il faut s’incliner devant ces restrictions nécessaires. Mais n’est-il pâs profondément navrant d’apprendre que pendant que nous devons nous abstenir de paraître dans le tournoi scientifique, les Allemands, malgré leur soi-disant détresse financière, seront représentés par une mission composée de MM. Einstein et Freundlich? Cettè, mission se joindra à l’expédition hollandaise et ira observer l’éclipse à l’île de Christmas. »
- Il est bien tard à présent, mais le Mécène français qui prendrait à sa charge les frais d’une expédition scientifique rendrait à la fois service à la science et à son pays !
- Un dirigeable gonflé à l’hélium. — La Nature a tenu ses lecteurs au courant de la question de l’hélium employé au gonflement d.es ballons. L’hélium, qui est après l’hydrogène le gaz ie plus léger, a la précieuse propriété d’être ininflammable.. Lorsque, pendant la guerre, les ballons captifs se multiplièrent et furent exposés chaque jour aux dangereuses attaques des avions armés de balles incendiaires, Ramsay suggéra l’idée de substituer l’hélium à l’hydrogène. On.se mit en quête de sources d’hélium assez abondantes pour permettre de recueillir les quantités pratiquement nécessaires : on les trouva aux Etats-Unis et au Canada dans les émissions de gaz naturels s’échappant de certains puits; des usines furent organisées en vue d’extraire l’hélium de ces gaz et elles allaient commencer à produire des quantités considérables d’hélium lorsque l’armistice intervint : les travaux furent en partie suspendus. Cependant, aux Etats-Unis, on a poursuivi l’effort pour l’utilisation de l’hélium. L’Aérophile annonce en effet qu’un dirigeable vedette type C gonflé à 1 hélium a effectué depuis le i"r décembre un certain nombre de vols autour de Washington.
- Le gaz employé est produit par distillation fractionnée des gaz naturels dans l’usine de 1* ort "Worth. Le prix dé revient est élevé (i3oo francs les 1000 pieds cubes, soit 46 francs le mètre cube).
- La force ascensionnelle de l’hélium est à peu près 94 pour 100 de celle de l’hydrogène. La pureté de l'hélium employé dans cette ascension était assez faible, 91 pour iùo seulement; mais on compte l’améliorer.
- L’hélium est moins sensible que l’hydrogène aux changements de 'température,-d’où une perte de gaz moins grande au cows de$ ascensions,
- 4”
- Le nouveau pont sur la Borcea (Roumanie). — ETn travail monumental, exécuté dans un irréprochable ensemble technique par les grandes aciéries roumaines de Resitza, est le nouveau pont sur la Borcea, ouvert à la circulation le 10 décembre 1921.
- On sait que la Borcea est un des deux bras importants du cours inférieur danubien; il commence à Cala-rasi de l’Iezerul Calarasilor et forme — sur une longueur de près de 80 km — avec le second bras üunarea-Yeche, un dédale de canaux, d’étangs et d’iles, qui couvrent jusqu’aux hauteurs de la Dobroudja, l’étendue entière de la vallée, large parfois de 18 km. Cet ensemble marécageux forme un bras mort du grand fleuve roumain et son œuvre se résume dans une continuelle accumulation de sédiments ; si pendant les crues il retrouve de la vigueur, sa force érosive n’est, employée qu’au déplacement de tous ces dépôts.
- Cette succincte description est suffisante pour qu’on puisse se rendre compte de l’envergure des travaux qui ont dû être exécutés sur le terrain même.
- En décembre 1918, après l’évacuation de la Yalachie par les armées allemandes, le premier souci du gouvernement roumain fut la reconstruction du pont de Borcea détruit par la guerre et à cause duquel le pays restait isolé de Conslantza, son principal port maritime.
- Malgré la hâte qu’on avait de voir ce travail terminé, rien encore n’avait été fait à la fin de 1920, hormis différents montages à l’usine même, quelques petites installations mécaniques ainsi que le déchargement du matériel nécessaire aux échafaudages. Un temps précieux et. trop long fut perdu alors dans l’examen des différentes pi’opositions étrangères, surtout allemandes et américaines.
- L’exécution proprement dite et le montage du pont ne commencèrent donc qu’au début de 1921, époque où les travaux furent poussés avec une grande vigueur. Il fallut vaincre de formidables difficultés dues surtout à la désorganisation des transports, au renchérissement des matériaux et de la main-d’œuvre, aux fluctuations du change roumain et même à la grande explosion d’A-nina, une des annexes des usines Resitza. En moins de 12 mois cependant, cette œuvre gigantesque fut achevée, ce qui fait grand honneur à ses exécutants. C’est une œuvre nationale dont la Roumanie’ est fière à juste titre, car tout y est roumain : conception, capital et main-d’œuvre.
- Les caractéristiques du pont sont les suivantes : longueur totale 420 m. avec trois ouvertures de 140 m. chacune; il comprend 3 poutres longitudinales, dont la médiane, longue de 212 m., est munie de consoles; les deux extrêmes ont chacune 102 m. de longueur. Ces deux dernières s’appuient aux extrémités, d’un côté sur les culées et de l’autre sur les consoles de la poutre médiane. La maçonnerie comprend donc : une culée à l’extrémité occidentale, une pile à l’extrémité orientale et deux autres piles au milieu, à intervalle de 140 m. Les déux poutres de 102 m. s’appuient sur les consoles de la poutre médiane par une largeur de 5 m. La largeur de la poutre médiane est de 9 m. Les 3 poutres sont construites de telle sorte que l’établissement d’une seconde voie ferrée pourra se faire facilement après leur renforcement. Le poids de la partie métallique est de 36oo tonnes et la hauteur au-dessus de l’étiage d’environ 14 m. La hauteur des montants de la poutre à consoles, au-dessus des piles, est de 29 m. Pour les échafaudages, plus de 5ooo m3 de bois furent nécessaires et la force motrice employée : air comprimé et électricité, dépassa 140 chevaux. Le pont est construit en acier Siemens-Martin produit par les aciéries de Resitza. La mise en place de toute la partie métallique a eu lieu en 7 mois, ce qui constitue un record.
- Selon le contrat, le travail complet devait coûter environ 12 millions de lei. On pense cependant que ce prix sera, majoré, à cause des fluctuations du marché qui ont fait renchérir les matériaux et la main-d’œuvre et qui ont obligé la Société Resitza à demander une majoration sur le prix initial. Même si une majoration de 100 pour xôo est. accordée, le coût de revient de ce pont restera beaucoup en amère des? 8oàioo millions de leir
- n* >3
- p.2x96 - vue 508/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- qu'exigeaient les offres américaines ou des 94 millions de lei demandés par une Société allemande, laquelle réclamait aussi un délai de 16 mois (au lieu de 12) pour la construction. M. ILyret.
- La-pile à charbon (n° 2497).— Le courant électrique d’une pile est une transformation d’énei’gie potentielle en énergie mécanique.
- L’énergie potentielle est relative : un des éléments de la pile est un combustiblë et l’autre un comburant, et l’énergie potentielle est la quantité de chaleur'que peut produire la combustion.
- Le type le plus net est la pile à gaz : deux vases contenant l’un le combustible hydrogène, l’autre le comburant oxygène, mis en communication par un liquide convenable — eau acidulée salée — nécessaire au transport indirect des ions, produisent un courant mécaniquement utilisable dans un lil métallique qui les réunit pour compléter électriquement le circuit. Les ions, hydrogène et oxygène cheminant en sens opposé dans l’électrolyte, se combinent en dégageant 34 calories par gramme d’hydrogène ; mais ces calories sont transformées aussitôt en courant électrique dans le circuit, sans déperdition notable, parce que la combinaison se fait à froid.
- C’est sur ce point que le physicien doit porter son attention : dans la combustion directe, il y aurait dégagement de ces 34 calories qui se manifesteraient sous la forme de chaleur et seraient utilisables comme chauffage, ou perdues dans le milieu ambiant, et il n’y aurait production d’électricité qu’à titre de pertes d’énergie; dans la combustion électrique à froid c’est le contraire; un peu de chaleur sensible se produit; c’est une perte au détriment de l’énergie du courant qui, sauf cela, est de 34 X 425 kilogrammètres par gramme d’hydrogène.
- Dans une pile au zinc, c’est la même chose, compliquée par des phénomènes corrélatifs : la formation du sulfate ou du chlorure et le dégagement d’hydrogène; mais c’est la combustion du zinc transformé en oxyde à froicl, qui est la source de l’énergie électrique du courant de la pile. Malheureusement, pour obtenir cette combustion à froid, on est jusqu’ici obligé de faire intervenir un acide côûteux, et, pour empêcher la déperdition d’énergie que produirait le dégagement de l’hydrogène, on emploie un oxydant comme dépolarisant. Si on analyse le phénomène, on trouve que l’énergie potentielle de l’élément zinc, acide, oxyde, produit trois effets.
- i° L’oxydation du zinc, provoquant le dégagement de l’hydrogène, lequel, avec la décomposition de l’eau, consomme toute l’énergie provenant de l’oxydation, donc pas de courant;
- 20 L’oxydation de l’hydrogène par l'oxyde dépolarisant donnant un courant électrique dont l’énergie est la différence entre celle de l’oxydation et celle de la décomposition de l’oxyde ;
- 3° L’énergie de la combinaison de l’oxyde de zinc avec l’acide sulfurique, donnant un courant électrique est celle de ladite combinaison, augmentée de celle de l’hydratation de l’oxyde de zinc, mais diminuée de celle de la déshydratation de l’acide sulfurique hydraté.
- Tout compte fait, la pile au zinc avec dépolarisation fonctionne à peu près comme une pile à gaz, entre l’hydrogène mis en liberté et l’oxydant dépolarisateur.
- La quantité d’énergie perdue sous la forme de calorique est relativement faible et c’est pourquoi la pile a un bon rendement, au point de vue technique, mais que rend coûteux le prix des réactifs nécessaires.
- 11 en est de même pour les systèmes de pile, au charbon présentés par divers auteurs.
- Pour réaliser en énergie électrique l’effet de la combustion du charbon par l’air, il faudrait pouvoir la faire à froid ou presque à froid, directement, et là est l’impasse, parce que la combinaison 11e se fait qu’à haute température : la chaleur développée se perd presque tout entière dans le milieu ambiant; on peut en recueillir une très petite partie en courant élecLrique en brûlant le charbon sur une plaque électrode en platine ou en fonte reliée par un conducteur à un bec de chalumeau métallique soufflant l’air chaud sur le charbon. Cela a été fait, mais sans résultat. Jusqu’ici, pour transformer en courant électrique,-l’énergie potentielle dies combustibles, on est réduit à la méthode indirecte par motëurs thermiques, dont le rendement technique
- est bien médiocre, mais acceptable pratiquement au point de vue économique. Effkre.
- La fabrication des vernis à la colophane. — L’Institut du Pin, à Bordeaux, étudie actuellement un nouveau procédé d’éthérification de la colophane, procédé qui va créer un débouché extrêmement important aux produits de l’exploitation landaise des pins.
- D’autre part, d’après M. A. Murray et la Rerue des Produits chimiques, l’industrie des vernis se trouverait complètement révolutionnée depuis que s’est répandu l’emploi de l’huile de bois de Chine, extension qui a provoqué l’accroissement de l’utilisation de la colophane dans la fabrication des vernis.
- La colophane naturelle étant trop tendre, trop acide et non hydrofuge, si l’on emploie comme dissolvant l’huile de bois, ces défauts sont à peine atténués. Pour améliorer la colophane, on a recours soit au durcissement, soit à l'éthérification.
- La colophane durcie s’obtient en la faisant cuire avec de la chaux, lorsqu’elle est fondue, sans trop pousser la cuisson et la température, afin d’éviter le brunissement au contact de l’air.
- Cette cuisson doit se faire dans une marmite en aluminium, maintenue fermée. Pour abaisser le prix de revient et avoir une matière plus homogène, il esL avantageux d’opérer sur de grandes quantités.
- Le défaut de la colophane durcie est qu’elle est cassante, épaissit quand on la mélange avec l’oxyde de zinc, la céruse, et qu’il n’est pas possible de l’appliquer sur le plâtre et le ciment. Ces défauts se retrouvent d’autant plus dans le vernis que celui-ci contient plus de colophane durcie.
- L’éthérification consiste à neutraliser les acides de la colophane par de la glycérine qu’il faut éviter de mettre en excès, à cause de son effet désastreux sur la qualité du vernis.
- Le procédé reconnu le plus pratique est le suivant : on chauffe, par exemple, 271 kg 8 de colophane dans un chaudron d’aluminium. Dès que la température a atteint 20.4°, on ajoute 32 kg 61 de glycérine. On chauffe ensuite à 2900 pendant 20 minutes environ, puis on ajoute, en mélangeant, 1 kg 35 de chaux.
- Le produit obtenu peut être amélioré encore par addition de copal. On chauffe à 320°, dans un chaudron couvert, 90 parties de colophane et 10 parties de copal du Congo, jusqu’à complète dissolution du copal. On refroidit à 288°, puis on ajoute 12 parties de glycérine, on chauffe à 2900 et on continue l’opération comme il est dit ci-dessus.
- Dans Chemical Age (décembre 1921) est décrit le brevet récent, pris par MM. Veitch, Sterling et Grot-lish, dans lequel le zinc est utilisé pour accélérer l’éthérification. On emploie un chaudron doublé de zinc muni d’un condenseur à reflux et on opère de la manière suivante ;
- On chauffe i5o parties de colophane et 20 parties de glycérine à 275°-280°. Le condenseur est ensuite retiré et la température portée à 3io° afin de chasser l’excès de glycérine. Lorsque la réaction est terminée on laisse refroidir à l’abri de l’air. Pendant ces opérations, le zinc n’est que très peu attaqué.
- On obtient des colophanes blondes et peu acides, très propres à la fabrication des vernis.
- L’industrie française des vernis profitera grandement des améliorations apportées récemment au traitement des colophanes.
- Abies sibirica, camphrier de l’avenir. — Entre autres richesses russes d’exploitation particulièrement lucrative, il importe de mentionner l’essence du sapin sibérien, oleum abies sibirica, « aetherisches Oel der sibirischen Ficlite », exportée d’Arkhangel exclusivement par les Allemands jusqu’en 1 g 14- Cette essence, distillée des aiguilles et brindilles du conifère sus-mentionné par les alambics primitifs des moujiks de Yiatku, était peu connue, surtout dans sa composition chimique. Speer et Hirschsohn ont publié quelques notes à ce sujet dans Pharrnaceutische Zeitschrift fur Russland en 1891 et 1892. Les plus importantes recherches ont été faites dès 1902, surtout par le professeur russe J. Schindel-meiser, disciple et collaborateur de Kondakov, à Dorpat. Le Dr Golubevy voyait même une matière pour réaliser le camphre national, surtout au point de vue militaire. L’essence en question contient 35 à So pour 100 d’ace-
- p.2x97 - vue 509/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- taie de bornyl C10 H10 H CO“ CH5, du camphène, pinène, un peu de santène et dipentène. C’est cet acétate qui entre en concurrence avec le pinène de l’essence de térébenthine comme matière de départ pour la fabrication du camphre synthétique et des autorités de la plus haute compétence lui reconnaissent même une supériorité incontestable. Le rendement dé l’essence à la distillation dépend de la saison et de la durée de conservation des aiguilles. Il tombe de février à mai entre o,5 et 1,8 pour ioo. La distillation rapide s’impose donc impérieusement dans les forêts mêmes.
- Les plus récents progrès dans le traitement de l’essence par M. Schindelmeiser permettent la fabrication du nouveau camphre à un prix de revient inférieur à celui du camphre naturel du Japon (cinnamomum cam-phora Nees) ; a fortiori, il peut concurrencer celui de Dryo-balanops aromatisa dont la récolte en 1919 a été de 20.4 kg seulement (à 80 florins hollandais). De l’essence, on extrait facilement!’ acétate de bornyl, celui-ci, ensedécom-posant par la réaction inédite de Schindelmeiser, donne le bornéol C'°HIS0 (alcool sléréoisomère hydroaromatique) tant recherché, et ce dernier par oxydation appropriée (électrolytique de Schindelmeiser ou autres) fournit le camphre Cl0H1GO (cétone), sans la moindre trace de chlore. La pharmacie exigeant un camphre tout à fait exempt d’haloïdes préfère certainement celui-ci, ressemblant plus au naturel. La réaction de Reychler et d’autres procédés de synthèse à partir du pinène, monoehlor-liydrate de pinène-camphène, isobornéol-camphre, ne peuvent guère lutter contre l’acétate de bornyl n’exigeant pas d’acide chlorhydrique gazeux, ni de purification, ni de décomposition du monochlorhydrafe de pinène. opérations assez compliquées; l’appareillage, par rapporta celui traitant l’essence de térébenthine, est aussi simple que peu coûteux et facile à monter partout. L’outillage le plus perfectionné ne fait pas entrer plus de a5 pour 100 du pinène en réaction, malgré les méthodes perfectionnées elles recherches continues ; les sous-produits ont peu de valeur et sont par conséquent dilliciles à écouler (la modalité verte d’alun de chrome de l’oxydation par exemple 11e peut pas servir à l’industrie du cuir, la bleue seule y entre).
- Les constituants de l’essence d’Abies sibirica, par contre, sont fort recherchés : l’acétate de bornyl possédant une délicieuse odeur sert aussi en parfumerie; à côté du camphène et du pinène, il y a encore d’autres hydrocarbures, précieux pour vernis, crèmes, etc. De l’acétate, on peut isoler Y acétone C3HB0, produit aussi cher que recherché, diminuant considérablement le prix de revient du camphre. La solution solide de nitrocellu-lose peut se produire dans le bornéol, au lieu du camphre proprement dit, et révolutionner ainsi l’industrie celluloïdique. Abies sibirica semble donc devoir détrôner les Lauracées de l’Extrême-Orient et devenir le camphrier de la synthèse moderne surtout par son utilisation intégrale : essence polyterpénique, pâte à papier cl même ébénisterie. Ora.w.
- Un nouveau fébrifuge. —Un nouveau fébrifuge dont peut-être va s’enrichir l’arsenal de la médecine tropicale vient d’être découvert dans des conditions qui rappellent celles qui ont conduit à l’identification de la quinine.
- Le médecin militaire Yaughan a remarqué que dans un grand nombre de cas de malaria et de fièvres paludéennes, les indigènes des régions de Bihan et du Bengale emploient comme remède les feuilles, l’écorce et les racines d’un arbre de ces contrées : le Vitex pedun-cnlaris.
- La façon la plus simple d’employer le remède consiste à faire une infusion avec les feuilles (25 gr. de feuilles pour 1 litre d’eau). Les effets obtenus sont variables, mais il en est de même pour la quinine. Les infusions concentrées ont été trouvées elpcaces dans des cas où les traitements ordinaires sont en défaut et l’examen microscopique du sang montre que les parasites de la malaria disparaissent sous l’action du remède.
- Nul doute qu’en opérant avec un produit pùrifîé et bien étudié, on n’arrive à des résultats encore plus satisfaisants. L’avantage de ce nouveau' corps sur la qninine est de n’avoir ni goût amer, ni propriétés toxiques, d’être un stimulant au lieu d’un déprimant et de convenir aux enfants et aux personnes de santé délicate. Dans les cas cl’influenza il a donné également de bons résultats.
- Conservation d’un corps dans l’alcool. Mme Necker et Mme de Staël. — Un abonné suisse nous écrit à propos du singulier procédé funéraire signalé par M. J.Cha-taing, dans notre n° 2.496 :
- Le procédé n’a pas le mérite de la nouveauté; sur la demande expresse de Mme Necker, mère de Mme de Staël, il lui a été appliqué, après sa mort., à elle-même. Dans une lettre de Corinne à Henri Meister, datée du 17 mai 1794, on lit : « Vous avez su le malheur qui a accablé mon père. Mais peut-être ne savez-vous pas que ma mère a donné des ordres si singuliers, si extraordinaires, sur les différentes manières de l’embaumer, de la conserver, de la placer, sous une glace, dans l’esprit de vin, que si, comme elle le croyait, les traits de son visage eussent été parfaitement conservés, mon malheureux père eût passé sa vie à la contempler. Ce n’est pas comme cela que j'entends le besoin de n’être pas oubliée ('). »
- Ce libre langage, chez une fille dont la mère était morte douze jours auparavant, ne brille pas par un excès de sensibilité affectueuse; cela n’était pas dans ses cordes; en 1818, son fils cadet périt, dans un duel où il fut décapité d’un coup de sabre; voici tout ce qu’elle trouve à en dire à son ami G. de Schlegel :
- « Pauvre Albert! Quelle carrière il a manquée! Ne payez plus aucune de ses dettes; renvoyez tout à moi, purement et simplement)2). » L’oraison funèbre s’achève sur cette recommandation de la fille du banquier de Genève.
- Comment on relève les empreintes digitales sur papier et sur verre. — Pour trouver et examiner les empreintes digitales sur papier et sur verre on est obligé de colorer ces empreintes pour les soumettre ensuite à la microphotographie; ceci permet d’examiner à coup sûr les similitudes aussi bien par la forme des empreintes que par la position des glandes sudoripares.
- La technique de cette dernière méthode a été conçue par le Dr Locard qui dirige le laboratoire de police de Lyon.
- Les procédés de coloration des empreintes sont extrêmement nombreux. Il est toujours recommandé de faire tout d’abord une photographie sans coloration, en produisant l’éclairage de l’empreinte dans une chambre noire, au moyen d’une lumière latérale; puis, lorsque cette première épreuve est faite, on colore l’empreinte par des procédés divers.
- Les meilleurs résultats obtenus au laboratoire de Lyon sont les suivants :
- Pour les empreintes sur verre, lorsque celles-ci sont fraîches, on obtient de bonnes épreuves avec les sels et les oxydes de plomb, céruse, minium; ces produits agissent beaucoup mieux quand ils sont employés à chaud, De toute façon, il faut les utiliser en poudre très fine. Pour la coloration en noir, on prend le sulfure de plomb ou la céruse que l’on noircit par un dégagement d’acide sulfhydrique ou de vapeur de sulfure jaune d’ammoniaque.
- Un préparateur du laboratoire de Lyon, M. Chambon, a eu l’idée d'essayer l’emploi d’ocre jaune lavé ; ce colorant agit sur les traces papillaires et il souille peu le fond des empreintes. Les résultats obtenus ont été excellents.
- Un autre collaborateur du laboratoire de Lyon, M. Robert Poix, s’adresse à l’oxyde de zinc ou au cuivre en poudre fine et les empreintes apparaissent avec autant de relief que par la coloration au bronze ou à l’aluminium généralement employée.
- Cependant, on peut obtenir mieux encore, en partant de ce principe que la perfection du colorant des empreintes dépend de sa densité, de son affinité pour les acides gras de la sueur et ensuite de sa nuance.
- t La densité la meilleure est celle des sels de plomb, les sels de platine seraient meilleurs encore, mais leur prix est malheureusement très élevé.
- Si l’on passe à la seconde condition, on trouve qu’elle est réalisée complètement lorsque les corps ont un toucher savonneux. Dans ces conditions, M. Poix prépare une solution de sulfate de soude à 7 pour 100, il mélange quelques gouttes d’acide oléique à 2 pour 100 et la
- 1. Lettres inédites de Mme de Staël à Henri Meister, publiées ;par MM. Paul Usleri et Eugène Rittcr, Hachette et Cio, Paris, h)û4, p. ni.
- •>.: Ibidem., -p. 2,63.
- '99 a-
- p.2x98 - vue 510/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- liqueur est précipitée par le chlorure de baryum. Le précipité obtenu est alors du sulfate de baryte savonneux, qui offre des qualités remarquables de coloration pour les empreintes sur verre.
- Enfin, le procédé que préconise le Dr Locard comme le meilleur est celui qui consiste à colorer l’empreinte par de l’antimoine pur en poudre fine. Cependant, si les empreintes sont anciennes, le procédé avec du rouge soudan en solution alcoolique reste préférable.
- Quand il s’agit d’empreintes sur papier, il est essentiel que le colorant employé ne puisse salir le document.
- L’ancien procédé à l’encre noire était très défectueux à ce point de vue, la difficulté n’est guère mieux résolue quand on titilise le noir de fumée, le noir animal ou le graphite.
- Les nombreux essais qui ont été exécutés au Laboratoire de police de Lyon ont permis d’avoir de bonnes colorations avec le noir de pétrole, mais là encore le document était sali. Des résultats excellents sont donnés par l’oxyde de plomb, le minium et le sulfure d’antimoine. Cependant l’antimoine pur en poudre fine est un réactif qui colore très parfaitement et qui laisse le papier à peu près intact, il est donc susceptible de ne gêner en rien l’expertise de l’écriture lorsque celle-ci devra être ultérieurement pratiquée.
- Comme conclusion de ces longues expériences, il faut en déduire qu’actuellement le meilleur réactif de coloration des empreintes est constitué par l’antimoine en poudre. E. W.
- La bauxite. — Le Chemical Trade du 3 février 192a donne d’intéressants documents sur la production mondiale de la bauxite durant ces dernières années.
- Alors que la France ne produisait que 21 000 tonnes de bauxite en 1890, sa production s’est accrue jusqu’à 309000 t. en 1913, dont :
- 258.ooo . . pour le Yar.
- 44-000 . . pour l’Hérault.
- 4.000 . . pour les Bouches-du-Rhône. 3.000 . . pour l’Ariège.
- La production de l’étranger en 1913 était :
- Etats-Unis.................2i3.ooo tonnes.
- Italie.................. 7.000 —
- Angleterre.................. 6.000 —
- Donc, avant 1914, la France contrôlait 58 pour 100 de la production mondiale de la bauxite et les Etats-Unis 40 seulement.
- Naturellement notre production diminua durant la guerre :
- 1915 ............. 55.ooo tonnes.
- 1916 ................106.000
- 1917 . 120.000 —
- 1919...............161.000 —
- Par contre, la production des Etats-Unis passa de 297 000 t. en 1 g 15 à 568 000 t. en 1917. Il est à espérer que la France reprendra le rang qu’elle avait en 1913 pour la production de la bauxite et qu’elle l’augmentera même.
- Nous rappelons ici pour nos lecteurs les applications de la bauxite. 1
- Fabrication de l’aluminium, de l’alumine pure, de ses sels, particulièrement de l’acétate d’alumine pour la teinture et l’imperméabilisation des tissus,
- Sulfate d’alumine pour l’ignifugation.
- Alun ordinaire (applications multiples).
- Les sels d’alumine commerciaux doivent être exempts de fer. Cette purification est même assez délicate.
- « Chimiquage » des calicots ou imprégnation desdits tissus sur lesquels on brode de la laine et de la soie et qui sont ultérieurement étuvés à 1800, afin de pouvoir éliminer par un brossage violent Je calicot support, carbonisé par l’action simultanée de la chaleur et la décomposition partielle qu’il a subie.
- C’est ainsi qu’on fait à Saint-Gall, à Appenzell et à Calais, les motifs noirs d’ornementation pour corsages. Rappelons que ce sont les travaux d’Aimé Girard sur l’épaillage des laines qui ont servi de base à cette industrie.
- Mégisserie et alunage des cuirs de montures et chares.
- -La bauxite impalpable sert aussi comme charge des caoutchoucs, des papiers. C’est ainsi que le minium d’aluminium constitue 'une charge antidérapante des enveloppes, G'e§t aussi uqe peinture bpn jparehé et
- appréciée. Pour résumer, la bauxite industrielle constitue par l’importance de son tonnage une matière que nous pouvons exporter par très grandes quantités. Des études sont poussées pour en faire une matière de polissage extra-douce, en vue de concurrencer les rouges dits d’Angleterre, les colcothars, etc., qui sont beaucoup plus chers. Albf.kt Mutin.
- L’industrie néerlandaise du carton de paille. —
- Dans les terrains tourbeux de la province de Groningue s’est développée et spécialisée l’industrie du carton; elle utilise les grandes quantités de paille fournies par les régions agricoles voisines, et est devenue une importante source de prospérité pour la jxopulation de ces contrées.
- Les usines de carton de la province de Groningue se trouvent à Oude-Pekela, Hoogkerk, Appingedam, Mid-volde, Nieuwe, Schams, Winschoten, Veendam, Wil-dervank, Hoogezand et Sappemeer. Elles exportent 90 pour 100 de leur production en Grande-Bretagne, aux Indes, aux Etats-Unis de l’Amérique du Nord, en Belgique, à l’Union de l’Afrique du Sud, en Egypte, en Grèce, en Argentine, en Australie, en Turquie, au Canada, au Brésil, etc.
- D’après M. Th.-J. Mansholt, inspecteur au Ministère de l’Agriculture des Pays-Bas, qui vient de publier une étude sur cette industrie mettant en valeur les terrains tourbeux, les exportations totales de carton de paille des Pays-Bas peuvent s’apprécier par les clulires suivants :
- Années. Tonnes. Années. Tonnes.
- 1906. . . . 116.229 1914. . . . 161.466
- 1907. . . . 1a3.5o3 I9l5. . . . 206.o56
- 1908. . . . 153.014 1916. . . . —
- 1909. . . . 150.766 19‘7- . . . 59.723
- 1910. . . . 159.842 1918. . . . 56.834
- lyII. . . . 160.284 1919. . . . 118.632
- 1912. . . . 170.302 1920. . . . 194.435
- I9l3. . . . 172.807
- Le bas prix de la paille et le prix plus rémunérateur du carton ont incité les agriculteurs à organiser des usines coopératives, qui sont les plus grandes, les plus nombreuses et les plus modernisées, où l’on emploie des machines continues. A partir des grandes chaudières pour Cuire la paille, jusqu’aux machines d’où sort le carton, la main-d’œuvre n’a presque plus à intervenir. Le rendement est très élevé.
- Pour produire 1000 kg de carton, on n’emploie, ordinairement, que 1 25o à i35o kg de paille, qlors que, aux Etats-Unis de l’Amérique du Nord, on n’obtient, généralement, qu’un rendement de 5o à 56 pour 100.
- Le capital nécessaire pour une grande usine moderne produisant le carton de paille peut être évalué à 1 700000 florins néerlandais.
- La sittelle et les noisettes. — Un de nos abonnés qui habite la campagne nous fait part de la curieuse observation suivante :
- « Une sittelle lorchepot fréquentait souvent mon jardin et jè la vis chaque fois accomplir le petit tour suivant. Il y avait, à deux mètres d’un vieil acacia, une touffe de noisetier. L’oiseau avait l’habiludc de détacher des noisettes par paquets de 3. Elle les transportait avec peine jusqu’à l’acacia. Là, elle mettait ses noisettes dans un trou de l’arbre et les dépouillait de leur gaine. Elle saisissait ensuite un des fruits et le portait dans un endroit commode d’une branche verticale, entre l’écorce et le bois. Elle se plaçait ensuite la tète en bas et frappait vigoureusement à coups de* bec sur l’enveloppe de la grainè, qu’elle réussissait à briser après plusieurs minutes d’efforts.
- Elle mangeait ensuite l’amande avec une joie visible, et recommençait. Parfois les noisettes tombaient pendant leur transport jusqu’à l’acacia, et elle se précipitait à terre pour les ramasser, poussant de petits cris de fureur si je voulais ramasser les fruits avant elle.
- Est-ce un instinct commun à l’espèce (je n’ai d’ailleurs constaté le fait que pour l’oiseau qui fréquente mon jardin) ou est-ce un acte vraiment raisonné ? Comment l’oiseau a-t-il acquis l’expérience nécessaire pour savoir que, sous une enveloppe très dure, se cache une amande excellente ?
- Je serais curieux de savoir si les lecteurs de La Na-lure connaissent ce fait,'et quelles explications ils en donnent. >>
- p.2x99 - vue 511/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- :f§Sü
- Mécanique
- Construction d’une machine à laver. — Les prix de blanchissage sont suffisamment élevés pour justifier, dans l’économie domestique, l’emploi d’une machine à laver.
- Cependant ces appareils sont d’un prix relativement élevé et si l’on veut avoir des machines électriques, il
- C
- Fig. i. — Le tonneau préparé.
- deux autres sur les contrefiches, mais à une hauteur telle qu’elles puissent permettre le passage du tonneau pendant son déplacement.
- Les parties verticales supérieures des montants.
- A
- Fig. 3. — llàl.i de l’appareil.
- faut compter sur une dépense importante, qui fait souvent reculer devant l’achat de la machine.
- Il est possible de construire une machine qui n’est évidemment pas parfaite, mais qui revient à un prix très bas et qui donne néanmoins des résultats satisfaisants pour une lessive de linge ordinaire de maison.
- On peut utiliser pour cela un tonneau, dont les dimensions peuvent être plus ou moins importantes suivant la quantité de linge que l’on désire traiter dans une seule opération.
- Nous allons donner des indications pour un tonneau de dimensions restreintes, en laissant à chacun le loisir de construire des appareils du même genre, de dimensions et de force en rapport avec les disponibilités et avec le travail que la machine à laver doit fournir.
- Le petit tonneau que nous prenons a environ 60 cm de longueur sur un diamètre de 3o à 35 cm (fig. i).
- A la place de la bonde, on passe un axe qui peut être constitué par un tube d’acier et qui traverse le tonneau de- part en part, mais le tonneau sera monté fortement sur cet axe au moyen de brides ou de colliers qui viendront se fixer sur le bois par des vis.
- L’axe devra avoir un diamètre de 12 à i5 mm et sa longueur sera telle qu’il dépassera suffisamment pour venir reposer dans les pièces de bois qui doivent le supporter et dans lesquelles il doit tourner, comme un arbre dans des paliers.
- Près de cet axe on fixe un boulon sur lequel on viendra articuler la bielle de commande, qui provoquera le basculement du tonneau plein de linge.
- On placera une cannelle ordinaire pour la vidange du liquide une fois que la lessive sera finie, on peut se contenter également d’un simple trou que l’on fermera par un bouchon, mais ce procédé exige chaque fois que l’on enlève la bonde et l’opération est moins rapide que celle qui consiste simplement à tourner le robinet de la cannelle (fig. 1).
- La fixation de l’axe sur le tonneau peut être faite en employant une bride de tuyau de chauffage, dans laquelle on visse solidement l’extrémité d(un tube lileté (fig. 2). Il est alors facile de fixer par des vis ou des boulons la bride sur le tonneau qui porte ainsi deux tourillons diamétralement opposés.
- Le bâti qui supportera l’appareil sera constitué par deux montants verLicaux qui seront solidement fixés sur des longerons et le tout sera assemblé et fait avec des pièces de bois solides, qui auront des dimensions de 8 sur 8 cm et qui, de préférence, seront en bois dur.
- Les montants verticaux seront consolidés de chaque coté par des contre-fiches qui constitueront un tout rigide dont les dimensions, sont indiquées parla figure 3.
- Une fois qu’on aura constitué les deux éléments de chaque coté on les assemblera avec des entreloises et on en disposera, trois sur les pièces inférieures ainsi que
- seront entaillées pour qu'on puisse y placer les extrémités de l’axe solidaires du tonneau et celui-ci sera maintenu en équilibre horizontal au moyen de ressorts à boudins qui seront fixés sur le tonneau par des pitons à œil et sur des contrefiches médianes de la même façon.
- On pourra, au moyen de charnières coudées, éviter que l’axe ne s’échappe (fig. 4)-
- Pour placer le linge dans le tonneau et aussi pour le retirer, on découpe à la scie égoïne une ouverture rectangulaire, la plus longue possible, entre les deux cercles de fer du milieu du tonneau.
- La partie retirée est assemblée solidement par des barres clouées ou vissées et on munit la partie mobile de barres de fer qui viendront reposer sur le tonneau.' Des poignées seront fixées pour permettre d’enlever facilement le couvercle qui devra rentrer à frottement dur et que l’on fera même à la demande, si cela est nécessaire.
- Sur l’un des côtés du bâti, on placera une poulie dont l’axe sera formé par une tige de fer montée sur deux contrefiches au moyen d’écrous qui se montent sur des extrémités filetées.
- La poulie sera d’un diamètre approprié avec la vitesse du moteur ou de. la transmission que l’on a à sa disposition et on fixe sur cette poulie une bielle qui
- Moteur
- Détail A
- Fig. 4.
- Support de J’axe.
- Fig. 5. — L’appareil nymlé»
- viendra s’articuler sur le boulon qui est fixé sur le tonneau (fig. 5).
- On comprend facilement que, suivant-la place du boulon par rapport au centre du tonneau et suivant la place de l’articulation sur la poulie, les déplacements oscillants du tonneau seront plus ou moins importants:
- On pourra d’ailleurs régler ces déplacements en: fai-
- p.2x100 - vue 512/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- sant varier le point d’attache de la bielle suivant le diamètre de la poulie; la longueur de la bielle pourra être ajustée, en prévoyant une glissière dans laquelle coulissera l’axe articulé) que l’on immobilisera au moyen d’un écrou à oreilles.
- . Les dimensions du bâti seront, pour le tonneau que nous avons employé, de i m. de hauteur pour les montants, de i m. 20 de longueur pour les pièces horizontales et les deux parties seront placées à un écartement de 60 cm.
- Le moteur qui est nécessaire pour actionner l’appareil est de i /4 de cheval et la poulie devra être très petite, car le tonneau doit avoir sa poulie de commande de la bielle qui tourne à soixante tours par minute.
- Il faudra le plus souvent un train d’engrenages réducteurs si l’on emploie un moteur électrique, mais il existe des moteurs agencés directement avec un train d’engrenages transformateurs, pour avoir sur la poulie une vitesse suffisamment en proportion avec celle de la poulie de la machine à laver.
- Pour faire un lavage, on met dans le tonneau la lessive chaude et on remplit le tonneau seulement de manière que le linge une fois introduit, le liquide ne remplisse pas tout à fait complètement le tonneau.
- Une fois le linge placé dans le récipient, on fixe le couvercle et on met en marche le moteur. Au bout d'une quinzaine de minutes,le linge, qui a été brassé et battu par le ballottement dans le tonneau soumis à des oscillations, se trouve nettoyé comme si on l’avait traité avec la main et le battoir.
- On ne dispose pas toujours du courant électrique, mais on peut avoir une petite transmission, si l’on se trouve dans une exploitation agricole. Les transmissions actionnent différents appareils tels que coupe-racines, barattes, etc. Il sera facile de placer la machine à laver sur cette transmission.
- On pourra également la commander au moyen d’un moteur à explosion, d’une simple motocyclette même ou d’une moto-roue en montant sur l’axe de la roue motrice une poulie de diamètre approprié et qui sera déterminé par la nécessité de faire tourner la machine à 60 tours. Dans ce cas, la motocyclette ou la moto-roue sera placée sur un bâti en’bois, qui laissera la roue arrière tourner dans le vide et qui maintiendra la moto en position normale.
- Enfin, si l’on ne dispose d’aucune force motrice, comme dernière ressource on emploiera les bras, en munissant d’une manivelle l’extrémité de l’axe de la roue. Dans ce cas la roue
- Cettebrouette pliante est si plate qu’on peut la monter sans difficulté dans les escaliers, la loger dans une chambre, la placer derrière un meuble ou l’accrocher
- •4a’ 'I
- -vJ
- Fig. 7. — La brouette repliée, vue à plat et de profil.
- au mur. Son poids varie de 16 à a5 kg selon la taille, pour une capacité d’environ 55 litres.
- Son montage et son démontage sont très rapides. Pliée, elle est extrêmement plate (8 ou 9 cm), puisqu’on a alors rabattu sur les bras la tète et la contre-tète, les côtés, les pieds et que la roue, démontée, tient aussi entre les bras. Toutes les pièces se relèvent et se fixent en place à des charnières et des arêtes robustes.
- Ouverte, elle ne diffère en rien des brouettes ordinaires et présente la même solidité. Les figures ci-dessus dispensent d’expliquer son mécanisme.
- La brouette pliante a été inventée par M. Alexandre Darton, 3, rue Louis Yicat, Nevers (Nièvre).
- **> Électricité
- Utilisation ingénieuse de soupapes électrolytiques.
- — On sait que dans une soupape le courant ne peut
- ix
- jfci.
- yla/’
- JLlÀ!
- 1----4.____1
- Comutateup
- \(arrêt)
- Æ ç
- Pi SE
- I
- ....rP],
- P
- Fig. 8. — Le courant passe dans la soupape St : la lampe Lj est éclairée.
- sera clavetée sur cét arbre et il tournera dans des petits paliers placés sur l’entretoise ou plus simplement encore dans des encoches prévues dans les contrefiches. Les ressorts qui maintiennent le tonneau horizontal au repos empêchent que la manœuvre ne produise des à-coups.
- La machine à laver que nous venons de décrire demande un peu de pratique du bricolage, mais les services qu’elle peut rendre méritentla peine que l’on se donnera pour la fabriquer.
- E. Weiss.
- passer que dans un seul sens, celui du plomb à l’aluminium et l’un de nos abonnés, M. Castre, applique cette propriété au .montage suivant cpii permet d’allumer à distance deux lampes, l’une ou l’autre à volonté avec seulement deux fils de connexion, ce qui économise les
- ! V
- !.XX
- -U.
- TT-v,
- -rrir-Al ç
- Brouette pliante.— Malgré son antiquité, la L~ brouetteest toujours un moyen de transport irremplaçable, pour les petits charrois tout au Fig. 9. — Le courant passe dans la soupape S2 : la lampe L2 est éclairée.
- -pl
- LjX 5’
- ^(arrêt i
- moins.
- Disposer d’une est indispensable aux jardiniers, aux ateliers, aux maisons de campagne, etc. Lorsque l’espace dont on dispose est mesuré, le seul défaut de la brouette est. son encombrement quand elle ne sert pas. Aussi, est-ce rendre service à beaucoup que de leur signaler un
- F'ig. 6, — La brouette pliante montée.
- nouveau modèle de brouette pliante et démontable que vient d’imaginer M. Alexandre Darton et que décrit le Bulletin de la Direction des Recherches et Inventions.
- fils électriques en particulier si la distance de l’interrupteur aux lampes est assez grande.
- On peut employer le même dispositif pour actionner à volonté l’un ou l’autre d’un ensemble de deux sonneries et obtenir toutes les commodités que deux signaux différents peuvent permettre. On prend deux soupapes électrolytiques que d’ailleurs il est facile de construire comme nous l’avons précédemment, indiqué, car ici on ne cherche pas le rendement.
- X L’organe d’appel sera un commulateu r inverseur qui permettra de faire passer dans les conducteurs un courant de sens différent qui traversera l’une ou l’autre des deux soupapes montées comme l’indique la figure 1.
- C’est une combinaison très simple qui pourra rendre d’utiles services en économisant les fils conducteurs d’une installation. Les soupapes pourront être constituées simplement par une lame de plomb et une lame d’aluminium qui seront plongées dans un vase contènant une solution.de phosphate de sodium. .
- p.2x101 - vue 513/620
-
-
-
- VARIETES
- >'
- LA FERTILISATION DES TERRES ET LA RESISTANCE DES PLANTES
- A LA SÉCHERESSE
- Les observations pratiques que nous voulons exposer, concernant l’influence qu’ex.erce la fertilisation des terres sur la résistance des plantes à la sécheresse, constituent, en quelque sorte, la contre-partie des observations présentées,ici même par M. André Bourdin, à propos des effets neutralisants de la sécheresse sur les engrais {La Nature, n° 2492, du 7 janvier 192a).
- , Sans doute, pensera-t-on, nous envisageons la question à un point de vue diamétralement opposé à celui auquel nous faisons allusion, car il n’est pas douteux que l’eau est nécessaire pour assurer, dans le sol, la décomposition et la solubilisation des engrais (matières organiques et matières minérales).
- Pourtant, si l’on admet que par suite d’une sécheresse intense durant la plus grande partie de l’année, comme en 1921, les réserves d’eau contenues dans le sol se trouvant totalement épuisées, les engrais ne peuvent être utilisés par les plantes — situation quasi-exceptionnelle — il ne faudrait pas, ce nous semble, méconnaître les observations des savants agronomes qui tendent à attribuer aux engrais une action préservatrice des fâcheuses conséquences de la sécheresse sur les plantes.
- Les constatations que nous pûmes faire, en 1893 et 1906, notamment, années de sécheresse intense, nous incitent à aborder cette question intéressante au point de vue de la physiologie végétale et, surtout, par les déductions pratiques, utiles, qu’on en peut tirer pour les agriculteurs.
- Tout d’abord, il convient de remarquer que, dans les terres bien fumées, contenant tous les éléments nécessaires aux plantes, pour leur permettre de se développer vigoureusement, ces dernières émettent moins de racines et elles évaporent moins d’eau, ce qui leur donne plus de résistance à là sécheresse.
- Les observations et les expériences faites en France par Dehérain, Pagnoul, et par d’autres agronomes, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, ont mis en évidence des faits permettant de raisonner la question des fumures, particulièrement en temps de sécheresse.
- Pagnoul a constaté que le rapport des tiges aux racines est bien plus faible dans une terre riche que dans une terre pauvre('). ;
- Dehérain a observé qu’une plante semée dans une terre pauvre y développe des racines plus nombreuses et plus longues que ne le fait une autre plante de la même espèce ensemencée dans une terre riche et que, pour produire une quantité déterminée de matière sèche, elle évapore beaucoup plus d’eau qu’une autre plante bien alimentée)2).
- Cette observation concorde avec celle de Hellriegel qui a reconnu que, pour la même espèce végétale, le poids d’eau évaporé pendant le temps que s’élabore 1 gr. de matière sèche varie dans d’énormes proportions avec l’abondance de l’alimentation. Dans les expériences que ce savant fit sur l’orge, la quantité d’eau évaporée par la plante, pour ï gr. de matière sèche produite, a augmenté avec la pénurie de l’aliment azoté.
- D’autres expériences, sur la fétuque — plante des prairies — permirent à M. Pagnoul de faire une constatation analogue.
- Ces faits démontrent que les racines d’une plante déterminée prennent un développement d’autant plus grand que le sol où elles pénètrent est plus pauvre en aliments ; que ce développement exagéré des racines se traduit par une forte transpiration de la plante, celle-ci employant pour élaborer sa matière sèche, -une quantité d’eau beaucoup plus forte que celle qu’elle dépenserait si elle était bien nourrie. Cette quantité d’eau peut varier du simple au double ou même au triple, suivant que la plante reçoit ou non les engrais nécessaires à sa croissance. Il en résulte que, dans les contrées où l’eau fait habituellement défaut, les engrais sont plus utiles que dans les contrées humides. On sait que, dans les pays méridionaux à climat chaud et sec, en Algérie et en Tunisie, l’abondance des récoltes dépend, pour beaucoup, de l’arrivée opportune de la pluie.
- 1. Annales agronomiques, t. XXX, p. 27.
- 2. Dehérain. Traité de chimie agricole.
- L’agriculteur doit s’efforcer de tirer le meilleur parti de l’eau tombée. Or, la remarque signalée plus haut a une très grande importance, car la plante qui ne trouve pas dans le sol les aliments nécessaires et qui développe son système radiculaire, puise dans le sol des quantités notables d’eau, et celle-ci, arrivant aux feuilles, est rejetée dans l’atmosphère.
- Il y a, en quelque sorte, gaspillage de l’eau, gaspillage fatal, puisqu’il porte sur l’élément nécessaire à toute vie végétale.
- Dans les contrées chaudes où, si souvent, on utilise sans ménagement les réserves du sol, on devrait tou.r jours tenir compte de cette indication.
- Les expériences physiologiques de Sachs ont démontré que les engrais exercent une action régulatrice sur la consommation de l’eau par les plantes.
- En Angleterre, Lawes et Gilbert ont montré le rapport qui existe entre le rendement du blé en terres fumées et le rendement en terres non fumées, en temps de sécheresse. Ils comparèrent le produit total obtenu en 1870 — année de sécheresse exceptionnelle en Angleterre — avec la moyenne du rendement (grain et paille) des dix-neuf années antérieures. Leurs observations sont consignées dans le tableau que nous reproduisons ci-dessous :
- , Engrais minéral Sans et sels,
- engrais. Fumier. ammoniacaux.
- Produit moyen à l’hectare par an ( 19 ans). 2.687 6.743 7.024
- Produit en 1870 . . . 2.244 5.707 6.54i
- Déficit en 1870 . . 443 i.o36 483
- Déficit pour 100 . 16,5 15,3 6,8
- Ainsi, dans la parcelle sans engrais, le déficit a été de 1/6, tandis que dans la parcelle fumée avec engrais minéral complet il s’est abaissé à i/i5 environ.
- 11 résulte de ces observations que, dans un sol fumé, surtout avec engrais complet (azote, acidephosphorique, potasse et chaux), il faut moins d’eau pour obtenir un même poids de récolte que dans le même sol sans engrais. Il est donc facile de savoir comment, dans des conditions ordinaires, les plantes ayant reçu des engrais peuvent résister à la sécheresse et quels résultats avantageux on peut attendre des fumures employées ration^ nellement. j;
- A ce point de vue, nous ferons remarquer que les sels’’ de potasse, par leurs propriétés liygroscopiques, ont une action très marquée.
- Parfois, un printemps très sec compromet irrémédiablement l’avenir des récoltes de céréales et de plantes sarclées. Or, on a vu, dans une terre sèche, brûlante même et ayant très peu de profondeur de couche végétale, par conséquent de qualité inférieure, une culture de betteraves réussir parfaitement grâce à un apport d’engrais potassique (Kaïnite). L’hygroscopicité de l’engrais lui permit d’accaparer le peu d’humidité de l’atmosphère, le matin surtout, et de sauver la plante d’une phase dangereuse, dans les conditions de son implantation. •
- Les nombreuses expériences faites en France sur les cultures de céréales, de légumineuses, sur la-vigne, etc., ont montré que les plantes ayant reçu des fumures dans lesquelles entrent les sels dépotasse (sulfate ou chlorure) présentent une remarquable résistance à la sécheresse, en même temps, que des excédents de rendements en poids et en qualité.
- De ce qui précède, on peut conclure que non seule*-ment la fertilisation des terres est un moyen d'accroître le pouvoir de résistance des plantes à là sécheresse, mais que, dans le cas d’exceptionnelle sécheresse,T'action des engrais n’est que retardée jusqu’au moment où la pluie viendra mobiliser les éléments fertilisants poulies mettre à la disposition des racines des plantes; enfin, il convient d’ajouter que lorsque les terres ont été privées d’eau, l’agriculteur a un avantage incontestable à ne point négliger l’application des engrais.
- • Henri Blin.
- p.2x102 - vue 514/620
-
-
-
- PRESTIDIGITATION
- BLEU, BLANC, ROUGE OU LES TROIS ŒUFS DE PAQUES
- Effet. — Sur la table, un œuf bleu, un œuf blanc, un œuf rouge, un tube bleu, un tube blanc, un tube rouge mesurant chacun à peu près n cm de haut sur 6 de large. Le prestidigitateur montre que ces tubes sont vides, passant baguette à travers. 11 met dans le tube bleu un œuf bleu, dans le tube blanc un œuf blanc et dans le tube rouge un œuf rouge, montrant encore, avant cette opération, que les tubes sont vides.
- Du tube rouge, il sort serpentin bleu, du tube bleu serpentin blanc et du tube blanc serpentin rouge, puis, des tubes, les œufs qui ont changé de couleur, le tube
- Bleu, blanc, rouge ou les Trois œufs de Pâques
- blanc contenant œuf bleu, le tube rouge œuf blanc, le tube bleu œuf rouge.
- 11 emporte ensuite œufs et tubes.
- Explication. —Chaque œuf renferme un serpentin de papier fin soigneusement enroulé. Ces œufs sont composés de deux coquilles réunies par une bande de papier aux bords dentelés. On aura e.u soin de leur pratiquer une fente par laquelle dépassera l’extrémité du serpentin. Cette extrémité sera collée sur l’œuf, de manière que l’on puisse la saisir facilement. L’œuf renfermant un serpentin blanc sera peint en rouge et l’œuf renfermant un serpentin rouge en bleu. On recouvrira
- chacun de ces œufs de coquilles d’œufs, chacune grande comme la moitié d’un œuf. On collera une bande de papier extérieurement, sur le bord irrégulier-de chacune de ces six coquilles, de manière que l’œuf qu’elles contiennent soit absolument invisible.
- Les coquilles renfermant l’œuf rouge sont peintes en
- Fig. 2. — Objets servant à l’expérience : i, L’œuf qui contiendra celui au serpentin ; L'œuf au serpentin. L'extrémité de ce dernier passe par une fente et est collée sur l’œuf; 3, Le tube et ses fils noirs en croix; 4, L’œuf au serpentin. Les deux coquilles de ces œufs sont réunies par une bande de papier gommé aux bords dentelés.
- bleu, celles renfermant l’œuf blanc sont peintes en rouge. On présentera chaque œuf entre le pouce et l’index, afin que • les deux coquilles se trouvent bien réunies et ne puissent tomber, dévoilant le mystère du changement de couleur de ces œufs.
- A 2 cm environ de l’un des bords de chaque tube de carton seront tendus, en croix, deux fils noirs. Les tubes seront posés de façon que ces fils noirs se trouvent en bas. En mettant chaque œuf dans le tube, on le débarrasse des deux coquilles. Le tour terminé, on emporte œufs et tubes. On croit ces derniers vides, les coquilles I reposant sur les fils en croix. Luc Mégret.
- "WA
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- OSfc
- ><
- Agencement ingénieux d’un bureau de dessin.
- — Dans un bureau de dessin un peu important, les tables de références ne se trouvent jamais à la portée de celui qui en a besoin. Il est de règle que ces renseignements nécessaires à tous soient portés sur un tableau que chaque dessinateur doit remettre en place dès. qu’il n’en a plus besoin.
- Mais les prescriptions de ce genre sont souvent perdues de vue par beaucoup et dès qu’un dessinateur a besoin du tableau il est obligé de se livrer à des recherches fastidieuses, prétextes parfois de causeries oiseuses. ,
- On ne peut pas toujours avoir autant d’exemplaires de références que de dessinateurs et voici la disposition imaginée pour mettre immédiatement cette liste à la disposition de celui qui veut s’en servir en supposant que les dessinateurs se trouvent sur deux rangées parallèles.
- Entre les deux, rangées, on installe un fil formant trolley et sur ce fil on agence deux petits chariots avec des roulettes.. Ces chariots constituent un pont roulant
- en miniature et on suspend le tableau ou la liste de références en question. Quand un dessinateur demande à consulter le barème, il peut avoir immédiatement ce qu’il demande, le tableau lui arrivant pâr le trolley. La même disposition peut être appliquée à une lampe bal-ladeuse qui peut se trouver immédiatement à la place voulue en prenant le courant par deux fils de trolley.
- Durcissement du béton. — Cette solution durcissante se préparerait ainsi : on prend 5o litres d’eau froide, douce autant que possible, dans laquelle on ajoute peu à peu de 35 à I\o gr. d’acide sulfurique concentré. À ce mélange chauffé jusqu’à son point d’ébullition on incorpore lentement du sulfate d’aluminium en poudre, en ayant soin d’agiter pour que l’on puisse dissoudre 12 kg 5oo de ce produit dans les 5o litres d’eau.
- On laisse ensuite refroidir et reposer la solution et dn filtre sur de la mousseline. Le béton à durcir est préalablement lavé et lorsque la surface est parfaitement sèche, on applique ladite solution sous foTme de quatre couches étendues de moins en moins d’eau,
- p.2x103 - vue 515/620
-
-
-
- w
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- c est-à-dire que la iro couche sera de la solution étendue de 2 fois i/% son volume d’eau, la 2° avec son volume d’eau, la 3e avec 5o pour ioo d’eau, tandis que la dernière sera la solution pure.
- Un intervalle de 24 heures doit s’écouler entre l’apposition de chaque couche. La quantité de solution nécessaire dépend, cela se conçoit, de la porosité du béton, mais, en général, on peut compter recouvrir une surface de 4 à 8 m2 avec 4° litres de solution.
- contrastes bien accusés, et en observant l’image à travers un verre bleu clair, afin d’éliminer l’effet des différences de coloration. Ces précautions deviennent, par la suite, inutiles, lorsqu’on a pris l’habitude de ces mesures photométriques.
- Bien que l’éclat d’une bougie n’ait pas une valeur absolument constante, cette méthode, due à MM. King et Lambert, fournit, en pratique, des données suffisamment exactes.
- Un manche isolant pour fers à souder. — Les
- manches de fers à souder doivent isoler la main de la chaleur et il est bon que la température parfois élevée de la tige ne puisse avoir aucune action sur l’ouvrier.
- L’idéal est de constituer ces manches par du tissu d’amiante que l’on enroule en plusieurs épaisseurs sur la tige de manière à obtenir un diamètre suffisant pour permettre la prise facile du fer.
- Le tissu d’amiante sera d’abord composé de bandes étroites enroulées en hélice sur la tige et on terminera cette garniture par une feuille de largeur qui sera maintenue en place par des liens constitués par du fil de cuivre fin et serré fortement avec des ligatures sans aspérités pour ne pas blesser la main de l’ouvrier,
- Comment suppléer au défaut de lampe. — Dans l’éclairage électrique de la voiture, si la lampe de tableau et la lampe arrière sont montées en série, quand une de ces lampes ne fonctionne plus, l’autre n’éclairera pas davantage. Voici comment on peut remédier à cet inconvénient. La lampe défectueuse est cassée et on raccorde ensemble les deux fils qui amenaient le courant au filament, En remettant la lampe dans le culot, on établit le circuit et la lampe intacte éclairera. Bien entendu on mettra cette lampe à l’arrière.
- La même combinaison peut s’appliquer aux phares et dans ce cas on a une lampe sur deux qui éclaire. Cependant il est à noter que la lampe mise ainsi seule dans le circuit pourra griller si la batterie est bien en charge ou si la dynamo tourne à une vitesse un peu élevée.
- Il faudra donc prendre soin de conduire lentement de façon que la lampe unique puisse durer suffisamment pour permettre d’atteindre une agglomération ou le garageleplus voisin qui possédera la lampe de rechange indispensable.
- Suppression des fuites d’essence. — Souvent l’essence gicle tout autour du bouchon de remplissage du réservoir d’essence, spécialement quand le réservoir est presque plein. Ces fuites sont gênantes, car l’essence se répand à la surface du réservoir généralement placé à l’arrière de la voiture. La poussière de la route se ramasse sur ces traces d’essence et cela donne un vilain aspect à la carrosserie.
- Le joint pourra être rendu hermétique en -garnissant les filets du bouchon à vis avec du savon ordinaire. Une couche suffit à éviter toute fuite même si le réservoir est plein.
- Temps de pose des agrandissements à la lanterne.
- — L’image amplifiée élant d’abord projetée sur une feuille de papier blanc, à la place que devra ensuite occuper le papier sensible, déplacer une bougie allumée, dans le sens perpendiculaire au plan de l’image. A mesure que la flamme se rapproche de l’écran, les contrastes de l’image s’atténuent et finissent par disparaître. Mesurer la distance qui sépare l’écran de la bougie, au moment de la disparition. Le temps de pose sera proportionnel au carré de cette distance. Un essai préliminaire fera connaître la durée réelle du temps de pose dans chaque cas.
- Avec une bougie ordinaire et un papier au bromure de sensibilité courante, le temps de pose optimum, en secondes, est environ le 1/6 du nombre exprimant le carré de la distance en centimètres entre la bougie et l’image. Ainsi, la bougie étant à 12 cm, le temps de
- I 2 I 2
- pose sera, approximativement, de -----=24 secondes^
- L’examen ne devra porter que sur la partie de l’image située vis-à-vis de la bougie. On choisira, de préférence, pour l’essai photométrique, la limite de deux teintes très tranchées, par exemple une branche d’arbrfe et le ciel. On s’exerce plus aisément à cette détermination, en l’effeptuttnt d’abgrd sur ws çliobé vigoureux, à
- Comment préparer un mélange d’eau froide et d’eau chaude sur les robinets correspondants. —
- Dans certains postes de lavabos, il se trouve deux robinets, un d’eau froide et l’autre d’eau chaude. Quelquefois l’eau, est trop chaude pour qu’on puisse l’employer directement et on est obligé de mélanger pour obtenir la température intermédiaire voulue. En adjoignant un dispositif simple la chose devient facile.
- Pour cela on prend un T en verre ou en plomb de faible diamètre. Les deux branches du T sont réunies par des tuyaux de caoutchouc avec les robinets et par suite, par la tubulure centrale du T, il coule le mélange d’eau chaude et d’eau froide.
- Pour graduer à volonté la température de cette eau, on règle le débit de chacun des robinets dans les proportions voulues pour obtenir le degré désiré.
- Cela n’empêche pas de pouvoir prendre de l’eau complètement froide ou de l’eau bouillante en fermant complètement le robinet correspondant.
- Petite étuve à vernir. — Pour sécher rapidement les objets vernis, il est nécessaire de les porter à l’étuve. Quand on vernit soi-même des menus objets, il est possible d’établir à peu de frais une excellente petite étuve avec une caissette.
- La petite caisse employée aura des dimensions, en rapport avec celles des objets que l’on.veut traiter et on fixera le couvercle avec des charnières, de manière à constituer ainsi une petite armoire. On disposera à l’intérieur des fils pour suspendre les pièces et sur les côtés de la caisse on ménagera quelques trous .pour la ventilation.
- L’appareil de chauffage est constitué par une lampe à filament de charbon qui pourra être une lampe très usagée et qui par conséquent chauffera beaucoup
- On tapissera les parois intérieures de l’armoire chauffante avec du carton mince d’amiante qui sera isolant, il évitera de grandes déperditions de chaleur et il supprimera toute chance de combustion du bois.
- Il est assez difficile de fixer le nombre de watts que devra consommer la lampe. La puissance de la lampe est fonction des dimensions de la caisse et de la température que l’on veut obtenir suivant les qualités de vernis que l’on emploie pour les pièces.
- Pour augmenter le diamètre d’une poulie en bois.
- — Lorsque la vitesse d’une machine est insuffisante, il peut être utile d’augmenter le diamètre de la poulie du moteur qui la commande. Si la vitesse désirée n’est pas trop supérieure à la vitesse obtenue, il suffira d’augmenter légèrement le diamètre de la poulie bois du moteur.
- Il arrive fréquemment que l’on ne possède pas une poulie de rechange d’un diamètre convenable, très peu supérieur à Celui de l’ancienne poulie et que l’on n’a pas l’outillage pour en fabriquer une, ni le temps suffisant pour attendre le bon vouloir du fabricant.
- Un moyen de fortune peut alors donner satisfaction si la puissance transmise n’est pas trop élevée, comme cela peut se présenter pour les diverses machines agricoles.
- On enroule sur la poulie trop petite une corde genre corde à puits, de manière que les spires, soient jointives et on fixe cette corde par ses deux extrémités sur la poulie au moyen de clous.
- De cette façon on obtiendra une augmentation de diamètre égale à deux'fois le diamètre de la corde employée. Il sera facile de calculer l’augmentation de vitesse qui en résultera pouç la commande de la machine.
- Le même problème se pose, mais d’une façon inverse en agissant sur la poulie, commandée par la courroie de là machine motrice qUand il s’agit d’augmenter le diamètre de cette poulie commandée. Ceci a alors pour effet de diminuer la vitesse de la machine en conservant le roêuîé nontfirç de tour* ait nioleur cjuj. Ig fait rqgrçher
- p.2x104 - vue 516/620
-
-
-
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent, au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — Les ocres (réponse à M. X. F.)
- — M. Maranne nous écrit que l'on trouvera des renseignements sur les gîtes, traitement et description des ocres dans l’ouvrage de P. Hubert. Dunod, éditeur, 47. Quai des Grands-Augustins, Paris.
- Réponses. — T- S. F. — M. Caillé, à Angenncs. — Votre récepteur d’avant-guerre n’a besoin que d’être complété par un amplificateur B. F. à transformateurs ou par une table amplificatrice à résistances pour recevoir dans d’excellentes conditions les émissions de téléphonie sans fil.
- M. Siersdorfer, à Paris. —' Le remplacement du filament usagé d’une lampe à 3 électrodes ne peut se faire qu’à l’usine de fabrication. Ce remplacement revient à peu près aussi cher que 1 acquisition d’une lampe neuve. On trouve actuellement dans le commerce d’excellentes lampes à trois électrodes au prix de i5 ou 16 francs. Les lampes « Métal » de fabrication irréprochable et de très longue durée content 16 fr. 75 au Bazar de l’Hôtel-de-Ville.
- R. Decoppet, à Neufchatel. — i° Pour ce renseignement, il faut vous adresser à la maison Ducretet qui vous a fourni votre amplificateur, elle seule peut juger de l’opportunité d’un appareil de liaison entre l’amplificateur dont elle connaît les caractéristiques et votre nouvel appareil.
- 20 Vous pouvez entendre les émissions de téléphonie sans fil du poste militaire de la Tour Eiffel très régulièrement le soir de .4 h. 1/2 à 5 heures; quelquefois entre 6 heures et 6 h. 1/2, également le soir, à des essais ; assez souvent à des concerts annoncés au cours de l’émission de 4 h. 1/2; ces concerts sont presque toujours donnés entre 10 heures et 10 h, 1/2 du soir. La longueur d’ondes utilisée pour les émissions de téléphonie sans fil du poste militaire de la Tour Eiffel est de 2.600 m.
- La station de Saint-Assise procède assez irrégulièrement à des essais dans l’après-midi, parfois même à l’heure des émissions de FL sur longueur d’onde de 35oo m.
- Le poste allemand de Ivœnigs-Wusterhausen transmet régulièrement chaque matin de 7 heures à 7 h. 3o un message téléphoné.
- Enfin tous les dimanches dans l’après-midi, jusque vers 5 heures, la station do La Haye procède à l’émission de radios-concerts.
- M. Julien Risse, à Lunéville. — i° Vous trouverez dans Im T. S. F. des Amateurs, de Duroquier, pages 119 et suivantes, les détails de construction des petits condensateurs fixes que vous désirez réaliser.
- a* Vous pouvez utiliser votre fil 5/10 pour confectionner une petite bobine d’accord,
- M. Maurice Nicolas, à Cornimont. — Voyez notre réponse à M. Caillé, d’Angennes.
- M. L. Néyret, à Lyon, — h’anastigmat à très grande ouverture dont le projet a été mentionné n’est pas encore dans le commerce. Lorsqu’on pourra se le procurer, nous en indiquerons les caractéristiques.
- - M. J. iMUgère, à l’Arbresle. — i° Le titre imprimé en noir sur l’épreuve au bromure que vous nous communiquez a été composé sur le cliché en grattant la gélatine avec une fine pointe d’acier. Cette inscription se fait, bien entendu, à rebours, et, comme elle est transparente sur le négatif, elle vient en noir sur le j>o-sitif. 20 Formule de vernis or pour le cuivre :
- Alcool à 95°.................600 c. c.
- Gomme laque en grains, pulvérisée. 90 gr.
- Copal......................... 3o —
- Sangdragon.................... 1 —• "
- Santal rouge ........... 1 —
- Verre pilé . .............. . 10 —•
- Agiter fréquemment. Après macération suffisante, filtrer. Le verre pilé ne sert qu’à activer la dissolution, en s’interposant entre les particules de résines. 3° Formule de vernis noir mat pour intérieur d’objectifs :
- Eau chaude.-............................5oo c. c.
- Borax.................................... i5 gr.
- Gomme laque en écailles.................. 3o —
- Glycérine............................ i 5 c. c.
- Faire dissoudre dans l’ordre indiqué, puis ajouter : Noir d’aniline............................. 60 gr.
- On obtient ainsi un beau noir velouté, qui ne s écaille pas. Le vernis à la gomme laque dissoute dans l’alcool, additionné de noir de fumée, fournit également un excellent revêtement pour le cuivre ; cet enduit est brillant, mais si l’on préfère que la couche soit mate (c’est le cas pour les montures d’objectifs), il n’y a qu’à ajouter à ce vernis un peu d’ammoniaque.
- A. C. R., Barcelone. — On ne peut répondre ainsi. Certaines cicatrices peuvent être traitées par la chirurgie plastique. C’est au médecin seul de vous conseiller.
- M. R. F., au Grand-Bassam (Côte d’ivoire). — Comme suite aux renseignements qui vous ont été donnés dans le n° 2497, relativement aux organismes qui, en France, s’occupent des questions coloniales, nous ajoutons l’indication suivante, très im portante pour tout ce qui concerne la documentation sur les colonies ou les productions coloniales . l'Agence générale des Colonies, à Paris (Palais-Royal, 3.4, Galerie d’Orléans), par son Service des Renseignements, peut fournir toute documentation relative aux colonies, en général, et par son Service d’Etudes des Productions coloniales, et son musée; elle peut de même fournir tous renseignements sur les produits utiles de nos colonies. En outre, on trouve à sa Bibliothèque publique de nombreuses publications se rapportant à ces mêmes sujets.
- Nous avons oublié, dans la liste des revues coloniales que nous vous avons indiquée dans la Boîte aux lettres du 11 février dernier, la Gazette coloniale, 67, rue de Richelieu, Paris.
- M. R. T., rue Bernouilli, à Paris. — Documentation sur le jute. Comme renseignement complémentaire de ceux que nous vous avons donnés dans le n° 2496, nous vous indiquons que le Service des Renseignements de l'Agence générale des Colonies (Paris, Palais-Royal, 3.4, Galerie d’Orléans) nous informe qu’il possède les éléments lui permettant de fournir tous renseignements relatifs à cette question (Voyez la réponse à M. R. F. au Grand-Bassam).
- M. Q., i63o. -— Les mastics se colorent de préférence avec les couleurs minérales par exemple jaune de Naples, jaune minéral, jaune de chrome, ocre jaune, jaune de cadmium, bleu de Prusse, cendres bleues, bleu d’outremer, vermillon, minium, rouge d’Angleterre, ocre rouge, brun Van Dyck, brun de manganèse, terre de Vérone, vert de Cassel, vert Guignet, violet minéral, violet de Màrs. Pour les noirs, on emploie le charbon sous forme de noir de fumée, noir d’ivoire, etc.
- M. J. A., à Paris. —- La formule du rouge pour les lèvres, tel qu’on le prépare le plus souvent, est la sui-
- vante :
- Cire blanche d’abeilles .... ioo grammes.
- Vaseline blanche............... 120
- Orcanette concassée............. 10 —
- Essence de géranium rosat . . 2
- Faire fondre la cire et la vaseline à feu doux, placer l’orcanette dans un linge de façon à former un nouet, tremper ce nouet dans le mélange jusqu’à obtention de la coloration désirée. Enlever du feu, laisser refroidir presque complètement, ajouter l’essence puis couler dans de petits moules cylindriques.
- On peut remplacer dans les produits à bon marché la cire par de la cérésine ou du beurre de coco.
- P. Z., à R. — Le plus'souvent les zincs de piles pour lampes de poche, lout en paraissant extérieurement peu altérés, sont usés à l’intérieur et fort amincis. Il faudrait donc au préalable les vider complètement de leur contenu, les gratter pour enlever les dépôts d’oxychlorure de zinc, puis remettre en place l’élément positif; cela fait, couler une solution encore tiède de :
- Eau ordinaire...............5oo grammes.
- Agar-agar................... 10 —
- Chlorhydrate d’ammoniaque .100 —
- L’agar-agar doit être mis à macérer dans l’eau pendant 12 heures ; on porte à l’ébullition et ajoute en dernier le chlorhydrate d’ammoniaque. Pour terminer on recouvre après refroidissement la surface de sciure
- p.2x105 - vue 517/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- de bois et coule un peu de cire à bouteille dans laquelle on ménage des évents pour le dégagement des gaz.
- M. R. Dubosq. — Par destination, les bornes d?accumulateurs doivent rester libres de tout enduit dans les parties où se font les connexions, sous réserve de ces endroits, on peut recouvrir le reste de la borne d’un vernis, donnant une protection très efficace, que l’on obtient par dissolution de 5 gr. d’acétate de cellulose dans ioo gr. d’acétone. Ce vernis peut se colorer à volonté par une couleur d’aniline.
- M. Ilervochon, à Nantes. — Le vernis pour bicyclette, à base d’asphalte, dont nous avons donné la formule, n’a rien de commun avec l’émaillage au four, celui-ci est effectué à haute température pour provoquer la fusion d’une sorte de verre qui recouvre le métal, on conçoit que cette opération ne peut être effectuée par un amateur. Si la question vous intéresse vous pourriez consulter les ouvrages suivants : Manuel pratique de l’émaillage sur métaux, par Millenet; Emaillage de la tôle et de la fonte, technique de /’émaillage moderne, par Grünwald, éditeim Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- P. G., Castel. — i° Pour le désulfatage des accumulateurs, veuillez vous reporter au nn 2498 du 18 février 1922, page 5(3, réponse à M. Joly, Paris; — 20 HJ épuration de l’acide sulfurique n’est pas à la portée de l’amateur, le mieux est de faire de suite l’acquisition d’un acide de bonne qualité; — 3° Comme peinture résistant aux acides, une bonne formule est la suivante :
- Amiante pulvérisée..............200 grammes.
- Sulfate de baryte...............100 —
- Silicate de soude à 36° B. . . 200 —
- 4° Le polissage de V ébonite s’obtient au moyen d’huile et de potée d’étain, en plaçant la pièce sur le tour.
- M. Domingo Casanova, à Santiago. — On utilise le plus souvent, dans les accumulateurs pour séparer les plaques, des lames de chêne paraffiné, mais il est préférable d’y substituer des baguettes de verre.
- M. Morin, à Paris. — Nous avons répondu à vos questions dans le n° 2498 du 18 février 1922, page 56 de la Boîte aux Lettres.
- M. F. Beillard, au Mans. —- i° Nous n’avons pas connaissance qu’un procédé spécial pour la gravure de l'acier soit nécessaire, celle à l’acide nitrique étant de pratique courante. Après avoir appliqué à la surface du métal un enduit à base de cire, poix de Bourgogne et asphalte, on trace à la machine à diviser les traits aux distances voulues de façon à enlever le vernis, puis on couvre d’un mélange de :
- Acide nitrique .... 100 grammes.
- Eau ordinaire .... 200 —
- Lorsqu’on juge l’attaque suffisante, on rince et enlève le vernis protecteur à l’essence de térébenthine. Pour rendre la gravure plus visible, on enduit les traits d’une pâte composée de cire et de noir de fumée qui reste dans les parties creuses.
- 20 II est indispensable de donner ù votre papier un léger encollage, pour cela préparer la solution :
- Eau chaude . ...............1000 cm3.
- Gélatine blanche............. 10 gr.
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . 5 —
- Après refroidissement tremper dans le bain les feuilles de papier en évitant les bulles d’air, laisser sécher en suspendant par un coin. On peut également employer un léger empois obtenu en versant dans un litre d’eau bouillante 20 gr. d’amidon de riz préalablement délayés dans un peu d’eau froide.
- M. P orée, à Versailles. — i° Il est facile de donner une coloration verte ou rouge aux ampoules électriques servant à l’éclairage photographique, en appliquant à la surface un vernis obtenu par dissolution de 10 à i5 gr. de celluloïd dans 100 cm3 d’acétone et que l’on colore par l’une des substances suivantes : vert acide, vert naphtol, rose bengale, tartrazine, on peut même plus simplement encore x'éaliser ce vernis en ajoutant 3o gr. de camphre à 1 litre de collodion riciné officinal que l’on teinte comme ci-dessus; — 20 L’étoffe à employer pour confectionner un manchon chargeur doit être un croisé de coton noir, s’assurer qu’il ne présente pas de défauts par transparence ; — 3° Noüs pensons que la toile émeri conviendrait mieux que le papier de verre pour le garnissage des pédales de bicyclettes, se servir pour les fixer d’une colle à l’acétate de cellulose.
- M. M: Vignals, à Montauban (Tarn-el-Garonne). — i° La peinture à la chaux se fait avec une grande faci-
- lité,"on prend quelques morceaux de chaux vive fraîchement préparée et on les asperge d’eau de façon qu’ils paraissent simplement humides et on les abandonne à eux-mêmes pendant quelques heures, la chaux fuse et se délite en poudre impalpable que l’on tamise pour en séparer les incuits. Cette poudre de chaux éteinte est alors délayée dans une quantité d’eau suffisante pour bii donner la consistance de lait, on ajoute environ 5 pour 100 d’alun, puis un peu d’outremer ou bleu de blanchisseuse pour avoir un blanc plus pur. Cette préparation est alors appliquée à la brosse sur les parties à peindre, on donne deux ou trois couches, en prenant toujours soin que la couche précédente soit parfaitement sèche ; — 20 La peinture à la colle ou à la détrempe se pratique en faisant dissoudre préalablement 5 kg de colle de peau ou de rognures de peaux de mouton dans 10 litres d’eau, ceci à l’ébullition. D’autre part, on délaye dans de l’eau ordinaire la couleur choisie de manière à obtenir le ton désiré. (Pour que le délayage soit facile, il est boii de faire macérer pendant quelques heures cette couleur avec très peu d’eau avant l’emploi proprement dit.)
- La couleur ainsi préparée reçoit alors un quart à un tiers de la colle chaude précédemment obtenue, après mélange, on emploie directement en prenant soin que la peinture soit toujours tiède.
- Comme les couleurs ne couvrent généralement pas assez, on se trouve bien de constituer dès le début un fond avec du blanc d’Espagne, lequel donne du corps. La pratique a montré qu’il fallait mettre plus de colle pour la première couche que pour la suivante et plus encore pour la troisième que pour la seconde, on évite ainsi que la peinture ne s’écaille en séchant. Tenir compte que la valeur du ton baisse après évaporation de l'eau ; il faut donc travailler avec un ton plus foncé que celui que l’on veut obtenir ; — 3° Le chantage des arbres s’effectue au moyen d’un lait de chaux préparé comme nous l’avons indiqué en i° ; l’addition de 5 pour 100 de sulfate de fer préalablement dissous dans un peu d’eau chaude lui donne une efficacité toute particulière pour la destruction des mousses. Ce lait est projeté à l’aide d’un pulvérisateur, il est donç indispensable de le bien tamiser; pour que le traitement ait son plein effet on doit enlever les vieilles écorces du tronc et des grosses branches sous lesquelles se cachent les insectes ; ces vieilles écorces seront soigneusement brûlées et non laissées au pied de l’arbre qu’elles pourraient infester à nouveau.
- M. AUiaume, à Paris. — Les tuyaux de décharge des lavabos sont fort souvent obstrués par des tampons de cheveux provenant de démêlures ; un moyen qui nous a donné de bons résultats pour faire cesser l’obstruction consiste à verser dans le tuyau une solution très chaude de soude caustique (potasse des peintres) ; au bout de peu de temps, la kératine se trouve dissoute et la circulation se rétablit.
- M. J. Leroux, à Ucçle, Bruxelles. — Les formules de poudres pour lessives que nous avons données correspondent bien au mélange pur et simple des éléments indiqués. Comme à l’emploi, le bouillon de lessive n’est préparé qu’avec 5 à 10 gr. par litre du mélange des sels; il en résulte que dans ces conditions, le carbonate de soude est absolument inoffensif pour le linge.
- M. R. Bascourt, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur la fabrication des couleurs destinées aux appareils aéro-pulvérisateurs et à notre grand regret nous ne pouvons entreprendre une étude complète d’une question commerciale.
- M. Ch. Bernaud, à Poitiers. — Les graduations sur verre des thermomètres, burettes ou instruments de chimie peuvent être remises en l’état primitif en les frottant de blanc de céruse simple ou additionné comme matière colorante de noir de fumée ou de minium.
- M. Granderye, à Amiens. — Comme peinture pour radiateurs, prenez de préférence celle au silicate qui est inaltérable par la chaleur. Après avoir donné une première couche au silicate simple à 220 B., ajouter à celui-ci de l’oxyde de zinc en quantité suffisante pour l’amener à la consistance habituelle d’une peinture et donner la seconde couche, appliquer enfin la troisième couche de la même façon, mais en se servant d’un silicate à 26° B. Si vous désirez une peinture colorée, ajouter, outre l’oxyde de zinc et suivant le cas, outremer, ocre jaune ou rouge, noir de fumée.
- p.2x106 - vue 518/620
-
-
-
- .Sac
- Mj
- BIBLIOGRAPHIE
- fit,.
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, atigmenté . de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte j des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. . —
- Gnomonique ou traité théorique et pratique de la construction des cadrans solaires, par G. Bigourdan,
- . membre de l’Institut, i vol. in-8 carré, 214 p., 1046g-, Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 10 fr.
- Nombreuses encore sont les personnes cjui s’intéressent aux cadrans solaires, soit à titre de collectionneurs, soit comme constructeurs-amateurs ou fervents des questions astronomiques. Ce petit volume rendra service aux uns et aux autres.
- L’auteur rappelle d’abord l’historique du gnomon, ou bâton porte-ombre, et montre comment il a évolué vers le cadran solaire; il décrit les nombreux types de cadrans solaires, en donne la théorie et indique les moyens pratiques de les dessiner et de les construire en tous lieux. De nombreuses ligures ornent cet ouvrage qui constitue une véritable encyclopédie du cadran solaire. Des tables numériques placées à la fin de l’ouvrage donnent le moyen d’effectuer aisément tous les calculs qu’implique l’établissement d’un cadran solaire.
- Traité pratique de géologie, d’après James Gejkie, adapté par Paul Lemoine. 2e édition. 1 vol. 54a p., 2i5 fig., 60 pl. Hermann, éditeur, Paris, 1922. Prix : 40 francs.
- La première édition de cet ouvrage était une simple traduction du livre du géologue anglais Geikie. M. Lemoine a entièrement remanié cette nouvelle édition pour l’âdapter plus étroitement aux besoins du public français. C’est donc un ouvrage, toujours inspiré de celui de Geikie, mais nouveau. Ce qui le caractérise, c’est le développement donné aux chapitres qui traitent des applications de la géologie : les parties consacrées à la minéralogie, à la pétrographie et à la stratigraphie, dont l’étude détaillée rebute.les débutants et enlève à la géologie de nombreux adeptes, ont été réduites au strict minimum. Par contre, des chapitres importants et du plus haut intérêt pratique sont consacrés aux éludes sur le terrain, aux formations métallifères, à la recherche des ' matériaux utiles : aux recherches d’eaux, et à l’étude des sols en vue des applications agricoles.
- Ce livre fait comprendre clairement l’importance pratique de la géologie et les immenses services que peuvent rendre, dans toutes les branches de l’art de l’ingénieur, des connaissances générales en cette matière.
- Turbines à vapeur, par M. Poincet. i vol. gr. in-8, 34o p., 181 lig. et 1 pl. (Collection des Encyclopédies Baillière), Baillière et fils, éditeurs, Paris, 1922. Prix broché : 35 francs.
- Cet ouvrage reproduit les leçons professées par l’auteur à l’Ecole du Génie maritime. C’est donc un ouvrage didactique. plutôt que documentaire, et les turbines marines y sont étudiées avec une particulière prédilection.
- L’auteur expose brièvement les principes de thermodynamique nécessaires à la compréhension du fonctionnement des turbines, indique comment se classent les différents types et en étudie les pertes et le fonctionnement; il montre comment on fait un projet de turbine, décrit succinctement les modèles les plus importants, et donne des renseignements sur le mode d’installation et les essais de ces machines. Un chapitre est consacré à là turbine à gaz ; ce n’est pas une étude originale, mais la reproduction d’un travail remarquable de M. Maurice Leblanc, publié en 1912; on peut s’étonner que M.; Poincet l’ait emprunté sans en indiquer l’auteur. On regrettera aussi J’dbsençe de bibliographie, et surtout, .'défaut grave,
- mais partagé par tous les autres ouvrages français sur la matière, le nombre insuffisant de dessins cotés; de sorte que quiconque désire une documentation précise sur la turbine à vapeur devra continuer à la rechercher dans les ouvrages allemands ou leurs traductions.
- Turbines à vaoeur, 'T édition revue, augmentée, par F. Cordier. 'Tome I. Eludes théoriques et essais. Annexes. 1 vol. in-16 de 35o p., 58 fig. Broché 10 fr., cartonné toile 12 francs. Ionie IL Les turbines modernes. ,1 vol. in-16. de 33o p., 125 fig- et 3 pl. hors texte. Doin, éditeur, Paris, 1922. Prix ; broché 12 fr., cartonné toile 14 francs.
- Le tome I de cet ouvrage comprend une étude des propriétés des divers genres de turbines, des raisons qui justifient leur emploi dans les différents cas de la pratique industrielle, et des principes qui servent de base à leur organisation. Cette étude est précédée d’un rapjiel sommaire des principales lois de la Thermodynamique et, en particulier, de celles qui régissent l’écoulement de la vapeur. _
- Le tome II constitue une étude descriptive des turbines actuelles des modèles les plus récents : turbines à impulsion Rateau, Zœlly, etc., turbines à réaction Parsons, Brown Boveri, Ljungstrom, etc., turbines à chutes de vitesse Curtis, turbines mixtes Rateau-Curtis Parsons-Curtis, etc. (
- L’organisation des centrales électriques thermiques à turbines fait l’objet d’un chapitre spécial qui est précédé d’un rappei des propriétés (des condenseurs employés avec ce genre de machine.
- Des considérations sur le calcul des types de tur-
- bines, accompagnées d’exemples numériques, terminent ce volume.
- Album de plans de pose pour l'installation de la force par l'électricité, par H. de Graifigny. i vol. 143 p., 33 pl. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. Prix : 7 francs.
- Le présent album contient une série de plans et projets d’installations électriques de force motrice. ^
- Les usages du courant continu sont d’abord passés en revue, puis les courants alternatifs à basse, et à haute tension, avec et sans transformation, enfin les applications à la traction.
- Troisième Congrès de l'Habitation, tenu à Lyon, en mars 1921. Comptes Rendus. 1 vol. illustré 401 pages. Imprimerie Noirclerc et Eenetrier, 3, rue Stella, Lyon, 1921.
- Parmi les questions étudiées, dans ce Congrès, signalons le chauffage électrique des maisons et ateliers qui a fait l’objet d’une ample discussion et a été examiné sous ses divers aspects, le problème du gaz d’éclairage, la réforme hygiénique de l’habitation, la question des habitations à bon marché.
- Les métiers et les industries de l’alimentation, par H. Rousset et A. Ciiaplet. 1 vol. illustré 3o8 p. Dela-grave, éditeur, Paris, 1922.. "
- Cet ouvrage étudie dans leurs grandes lignes les principales industries qui concourent à la fourniture de nos aliments : meunerie, boulangerie, biscuiterie, sucrerie et industries derivees, industrie des mandes, graisses et huiles, industries laitières, fabrication du sel, des épices, des parfums, industrie des conserves alimentaires, etc.
- Lexique technique anglo-français, par P. Malgorn et M. Desmarets. i vol. 216 p. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1922. -
- Cet utile ouvrage constitue un lexique de termes techniques employés notamment en mécanique, constructions navales, métallurgie, électricité.
- Les grands briseurs d’efforts, par Arbert Letellier, 1 vol. in-8, 335 p,, i5 j>l. Pierre Roger et C‘% Pans, Prix : x2 fr. 5o, .,
- p.2x107 - vue 519/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2505 8 Avril 1922
- INFORMATION^'
- Nécrologie : Ranvier. — Louis-Antoine Ranvier vient, de mourir à l’âge de 87 ans. Né à Lyon le 2 octobre 1835, docteur en médecine en 1865, il consacra sa vie aux recherches d’anatomie microscopique. Nommé directeur adjoint du laboratoire d’histologie annexé à la chaire de médecine du Collège de France, il devint professeur d’anatomie générale dans le même établissement, où une chaire de cette spécialité fut créée pour lui en 1875. Observateur sagace, il sut utiliser le microscope pour élucider maints problèmes nouveaux d’anatomie et de physiologie. Ses principales recherches sont groupées dans ses Leçons d’anatomie générale faites au Collège de France (1878-1879), un Manuel d’histologie pathologique écrit en collaboration avec Y. Cornil, et un Traité technique d’histologie.
- Membre de l’Académie de Médecine depuis 1888, puis de l’Académie des Sciences en 1887, Ranvier s’était retiré depuis plus de 20 ans à Vendranges (Loire) et ne prenait plus part au mouvement scientifique contemporain.
- Le problème de la transmutation des métaux est-il résolu? — On sait que les théories modernes de la structure de la matière conduisent à admettre que tous les corps sont composés à partir d’un élément fondamental d’origine électrique : l’électron.
- Les expériences de radioactivité ont montré pour la première fois d’une façon indiscutable qu’un élément simple, l’hélium, était produit par la désintégration d’un autre élément simple, le radium. D’autres corps de la série radioactive (actinium, thorium) présentent le même phénomène.
- La caractéristique des transformations radioactives est qu’elles sont spontanées et qu’elles échappent entièrement à notre contrôle. Ni la pression, ni la température, ni les actions électriques ou magnétiques ne peuvent modifier soit la vitesse, soit le sens de l’évolution. Nous avions donc jusqu’à présent des exemples nets de transmutation, mais aucun moyen d’en créer de nouvelles.
- S’il faut en croire une communication récente de L. Wendt etE. Iron, nous serions maintenant en mesure de produire d’autres désintégrations et ces expérimentateurs ont déjà réalisé la transformation du tungstène en hélium.
- Ce résultat a pu être obtenu grâce à l’emploi de températures jusqu’à présent impossibles à réaliser et que l’on peut estimer voisines de 3oooo°.
- En Amérique, où ces expériences ont été effectuées à l’Université de Chicago, les efforts des savants, et particulièrement de Steinmetz et de ses collaborateurs de la General Electric Company, sont dirigés vers l’obtention de potentiels de l’ordre de plusieurs millions de volts. Le but poursuivi est de reproduire au laboratoire des effets caractéristiques de la foudre afin de perfectionner les moyens d'isolement et de protection des lignes de transport de force de plus en plus importantes.
- On sait que Steinmetz est déjà arrivé, par des décharges de condensateurs appropriés, à obtenir au laboratoire les effets caractéristiques de la foudre tels que l’éclatement de troncs d’arbre et le bruit du tonnerre.
- La quantité d’énergie mise en jeu dans ces expériences est énorme. On l’évalue à un million de chevaux-vapeur; il est vrai que le temps pendant lequel travaille cette formidable puissance dans la décharge électrique est inférieur à un cent-millième de seconde. Quoi qu’il en soit, cette énergie se trouve dépensée sous forme calorifique et la température du trait de feu dans l’air est. de plusieurs dizaines de milliers de degrés.
- Wendt et Iron se sont inspirés de ces résultats pour réaliser des températures extrêmes, supérieures à celle du soleil et comparables à celles des étoiles les plus chaudes. Le principe de leurs expériences est le suivant : des condensateurs de grande capacité sont chargés à un potentiel de 100000 volts et cette quantité énorme d’électricité est déchargée brusquement à travers un fin fib de tungstène. Le fil éclate littéralement, avec un bruit assourdissant, comme s’il était frappé par la foudre et sa température se trouve portée momen-
- tanément à 3oooo°. Dans ces conditions, les atomes composant le filament se désagrègent et donnent de l’hélium.
- Etant donné le nouveau moyen de production de température jusqu’à présent inconnu que les recherches d’ordre purement industrielles de Steinmetz mettent à la disposition des savants, il est probable que les résultats de Wendt et Iron pourront être généralisés. Nous pourrons alors produire à volonté la désintégration «le la matière dont les phénomènes radioactifs constituaient jusqu’à présent l’exemple unique et incontrôlable.
- Le rayonnement émis par les corps hétérogènes, faiblement conducteurs de l’électricité. — M. Re-
- boul, dans son mémoire que publie le Journal de Physique, relate une série d’observations intéressantes et curieuses dont le point de départ est l’expérience suivante : l’auteur, se proposant d’étudier la décharge obscure entre électrodes très rapprochées, avait disposé dans une chambre noire une plaque photographique enveloppée de papier noir; par hasard, 2 points de cette enveloppe se trouvèrent accidentellement, en contact, avec les conducteurs entre lesquels existait une différence de potentiel d’un millier de volts;' à la grande surprise de l’expérimentateur, la plaque photographique fut trouvée au développement fortement impressionnée. Le papier noir employé est faiblement conducteur de l’électricité ; un courant s’était donc établi dans le papier au voisinage de la plaque photographique. Mais par quel mécanisme celle-ci. a-t-elle pu se trouver impressionnée par un courant voisin? L’auteur a répété sous plusieurs formes l’expérience que le hasard lui avait fait faire ; il a constaté que pour la reproduire il est nécessaire qu’il y ait un courant dans la feuille de papier, et que la constitution physique du papier joue un rôle essentiel dans l’aspect des photographies obtenues ; celles-ci, en effet, reproduisent les grains ou les fibres du papier. On peut substituer au papier d’autres substances; les résultats obtenus sont analogues, à la condition que ces substances soient faiblement conductrices et qu’elles soient physiquement hétérogènes ou présentent des discontinuités superficielles. D’autre part, l’observation directe ne révèle aucun phénomène lumineux, tel qu’aigrettes ou petites étincelles qui expliqueraient immédiatement le phénomène. La discussion des expériences montre que celui-ci ne peut être attribué à un dégagement électrolytique de gaz qui impressionneraient la plaque, pas plus qu’à des aigrettes lumineuses; et Fauteur arrive à cette conclusion : le papier, et d’une façon plus générale les corps peu conducteurs et de constitution physique hétérogène, traversés par un courant, sont le siège de l’émission d’un rayonnement très absorbable, que sa longueur d’onde siôie entre l’ultra-violet et les rayons X. L’expérience que nous venons de résumer fournirait donc des rayons qui sont en quelque sorte le trait d’union entre les rayons ultraviolets les plus extrêmes obtenus en ces derniers temps par Millikan au delà des rayons de Schumann et les rayons X les plus mous, actuellement connus.
- Ces rayons de transition ont été également obtenus, tout récemment, suivant une méthode toute différente, par un autre physicien français, M. Hollweck. Celui-ci les produit en effectuant dans le vide, sous faible voltage, le bombardement cathodique d’une anode par une cathode très rapprochée.
- Microphotostéréosynthèse. — La reproduction des reliefs au moyen de photographies transparentes superposées exige un appareil spécial qui se déplace, pendant chaque pose, afin de réduire la profondeur de champ à une très faible épaisseur, Nous avons précédemment décrit (voy. La Nature, n° 2402, du 2 avril 1921, p. 209) les dispositifs optiques et mécaniques créés à cet effet par M. Louis Lumière, qui a donné à cette nouvelle méthode de stéréophotographie le nom de photostéréosynthèse. Ce matériel spécial n’est pas nécessaire en microphotographie, car les objectifs du microscope ont une profondeur de champ suffisamment limitée pour différencier nettement les plans successifs dont la reproduction formera l’image composite, Celle-
- p.2x108 - vue 520/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- ci est constituée par la superposition de six ou sept dia-positifs faiblement développés, dont les couches de gélatine doivent être séparées l'une de l’autre par un intervalle égal à celui qui séparait les différents plans photographiés, multiplié par le grossissement utilisé. Ainsi, dans le cas d’une amplification de 3o diamètres, si l’on a déplacé le microscope de i/ioe de millimètre à chaque nouvelle pose, la distance entre les plans de deux images consécutives devra être de 3 mm. Le modèle ainsi reproduit paraîtra alors en relief exact.
- M. F. Bastin, à qui est due cette application de la photostéréosynthèse, a photographié une petite mouche de 4 mm de long, placée de profil sur le porte-objet d’un microscope utilisé sans oculaire. L’objectif avait 24 min de foyer, avec une ouverture numérique de 0,21. L’épaisseur du modèle étant de 1 mm 3 et le tirage de la chambre réglé pour un grossissement de 10 diamètres, on a pris successivement six clichés, le premier étant mis au point sur le plan antérieur et l’objectif étant ensuite avancé,- pour chaque cliché suivant, de o mm 25, par la manœuvre de la vis micrométrique. Les diapo-sitifs tirés de chacun des six clichés ont été faiblement développés, de manière à constituer par leur superposition une image composite d’intensité ordinaire. Ces diapositifs ont été empilés dans l’ordre de la prise des clichés correspondants et séparés,, les uns des autres par des bandelettes de carton mince, de façon que les plans successifs soient écartés l’un de l’autre de 2 mm 1/2. L’image antérieure est protégée par un verre de doublure, et le tout est maintenu assemblé par un bordage de papier aiguille. L’effet de relief ainsi réalisé est absolument saisissant; on croirait vraiment voir le modèle lui-même, considérablement grossi.
- A la recherche d’un trésor sous-marin. Les tentatives de sauvetage de la Mérida. — La Mérida n'a pas été coulée par un sous-marin ou une mine, elle a sombré à la suite d’un abordage avec le paquebot américain Amiral-Ferragut ; les passagers furent sauvés. On retrouva même le connaissement du navire, ce qui a permis d’être fixé exactement sur son chargement qui comprenait entre autres richesses deux millions de dollars d’or et d’argent, dont 21 tonnes de barres d’argent.
- A plusieurs reprises, on a cherché à localiser l’épave qui est à üo m. environ de la surface; en 1916-, une expédition soudoyée par Percy Roc-kfeller et James A. Stinmann, ancien Président de l’ancienne Banque Nationale des U. S., échoua dans ses recherches.
- Jusqu’ici toutes les tentatives ont été vaines, bien que le navire ait été coulé en vue de terre et ce n’est que grâce au sang-froid et au courage du capitaine Nordstrom, qui a pris des observations pendant que le navire sombrait, qu’on a quelques renseignements sur l’endroit apisroximatif où doit se trouver le bâtiment. A minuit 3o, le 12 mai 1910, La Mérida fut éperonnée, comme nous l’avons dit, par le Ferragut; aussitôt que l’opération du transbordement des passagers toujours délicate la nuit se fut effectuée, le capitaine Robertson et le chef officier Nordstrom pensèrent au sauvetage de cette précieuse cargaison. La Mérida s’enlonçait lentement sous les flots sans aucune chance de salut; où était le navire, pouvait-on déterminer sa position?
- Depuis 8 heures qu’ils avaient plus ou moins dérivé dans la nuit sombre, de combien de kilomètres avait-il été dévié de sa course par le courant du Gulf Stream qui en ce point porte au Nord-Ouest; en outre, le vent était frais et la mer dure.
- Peut-être était-il possible d’emporter un peu de cet or qui allait disparaître sans bénéfice pour personne.
- Ils essayèrent de défoncer le coffre-fort du commissaire du bord qui l’avait soigneusement fermé avant son départ, mais ils n’y parvinrent pas; la caisse résista à tous leurs efforts. Ils attendirent alors que le soleil fût assez haut pour prendre une dernière observation et contrôler celles qu’ils avaient obtenues avec trois étoiles pendant la nuit.
- Mais dans les conditions les plus favorables, tous les marins savent qu’on ne peut jamais compter sur sa position obtenue au moyen d’observations ashxniomiques â 2 milles près (3 km 21) du point obtenu par le calcul et ces calculs placent le navire dans une aire de j5 km2 environ qu’il faut explorer.
- La nouvelle expédition comprend parmi ses membres le plus célèbre plongeur de l’Amérique, Frank Crillez
- qui plongea à 90 m. de profondeur au large d’Honolulu pour sauver le sous-marin F-f\-, le capitaine Nordstrom fait également parti des sauveteurs.
- Pour le F-ci, on avait réussi avec beaucoup de peine à placer sous la coque des câbles en acier, à les attacher sur des chalands, à soulever la coque et à l'amener assez près de l’entrée du port par des fonds de i5 m., quand une tempête s’éleva. Les chalands, sur lesquels étaient fixées les amarres, se mirent à tanguer violemment et l’une des aussières en fil d’acier, coupant les plaques minces de coque, déchira tout l’avant.
- On fut obligé de filer les aussières à la mer et de recommencer les travaux, mais cette fois on coula les chalands à toucher la coque où ils furent solidement fixés ; on pompa ensuite l’eau qu’ils contenaient et quand ils remontèrent à la surface, ils entraînèrent avec eux le sous-marin qui était dans un état lamentable et irréparable.
- Quand le Hippie quitta son port d’attache, son pont était en partie recouvert de toiles mystérieuses; parmi les instruments emportés, il y en a que la marine américaine a utilisé pendant la guerre pour localiser les sous-marins allemands.
- Peut-être auront-ils la chance de tomber sur l’épave ; le fond est dur et assez régulier au large du Cap Virginia et le paquebot peut n’être pas profondément envasé ou ensablé, ce qui faciliterait beaucoup les explorations.
- Un des systèmes qui vont être employés consiste en une certaine longueur de chaîne de fer, isolée par des torons de coton d’une chaîne de cuivre qui prolonge la première, le tout attelé à un relais électrique très délicat placé sur le pont dix Iîipple.
- Quand le fer et le cuivre sont simultanément en contact avec une masse métallique, ils forment les plaques positives et négatives d’une pile électrique dont l’eau constitue l’électrolyte; dès que cette pile est influencée, une sonnette électrique se fait entendre. Les sauveteurs doivent aussi employer un vibrateur qui rencontrant une coque en acier émettra une note très aiguë ; avec un microphone spécial, les explorateurs pourront, à l’aide de l’écho renvoyé à la surface, noter les inégalités du fond.
- Crilley avait déjà plongé dans la première expédition à une profondeur plus grande que celle où repose Z# Mérida, pour examiner un obstacle qui avait arrêté net la drague et qui était une vieille aune; malheureusement le mauvais temps se leva et la bouée mouillée pour fixer sa position disparut; le même fait oxx un fait analogue s’était produit quelques jours avant, mais la mer devenant très grosse, on avait dû renoncer à continuer les recherches.
- C’est un rude métier que celui des plongeurs, surtout à de pareilles profondeurs, caries scaphandriers ne peuvent guère séjourner plus de 10 minutes à 60 m. et il leur faut près de 3 heures pour remonter à la sxirface pour é’viter une décompression trop rapide. A. P.
- Batteurs d’or anglais et allemands. — La concurrence est grande entre les batteurs d’or d’Angleterre et d’Allemagne. En Angletenre, sur 5oo employés des deux sexes, il y en a 35o actuellement sans emploi.
- Les Allemands vendaient 2 livres 12 sh. 6 d. le millier de feuilles d’or de 3,3/8 pouces carrés; à ce prix, aucun manufacturier anglais ne pourrait concurrencer l’Allemagne, Actuellement, le commerce anglais ne pourrait pas vivre en demandant moins de 3 livres 10 sh. par xoo feuilles.
- Suivant M. John Shorling, président de la Fédération des Batteurs d’Or d’Angleterre, l’industrie anglaise ne craindrait nullement la concurrence allemande, sur ce point, pour la liaison que les feuilles d’or allemandes sont sensiblement plus minces que les feuilles anglaises.
- 36 feuillets anglais contiendraient 5 gr. d’or alors que 36 feuillets allemands ne contiendraient que 3 gr. d’or (Nuremberg).
- En 1880, il y avait 2000 personnes employées comme batteurs d’or, en Angleterre, et actuellement il en reste 5oo (d’après le Chemical Trade).
- Densité de l’habitation anx Etats-Unis. — D’après les statistiques dressées par le Bureau national du recensement des Etats-Unis, la population de ce pays est actuellement de 105710620 habitants, groupés en 24 35i 676 familles occupant 20697204 maisons. 1
- Ces chiffres montrent donc que le nombre moyen de personnes par famille est de 4,3 et celui de personnes par habitation est de 5,i.
- p.2x109 - vue 521/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- *-. Automobilisme jt
- La voiturette « Caffort ». — En dehors des gros tonnages, on rencontre toute une catégorie de transports industriels qui correspondent à la voiture à un cheval, et l’automobile qui doit remplacer avantageusement cette dernière voiture doit être conçue suivant des données spéciales. Cette voiture doit être économique et consommer peu, elle doit être légère, rapide et d’une capacité suffisante.
- La voiture de livraison est une copie plus ou moins bien adaptée des voitures de tourisme, le moteur et 1 emplacement du conducteur prennent déjà plus de la moitié de la place disponible sur le châssis, le pont arrière occasionne une hauteur gênante pour le plancher de la caisse et la carrosserie de dimensions réduites est incommode et insuffisante.
- Les roues arrière supportent non seulement une grande partie du mécanisme, mais aussi le poids transporté. Comme ces roues sont motricës elles font travailler leurs bandages dans des conditions déplorables et il en résulte une grosse dépense.
- C’est partant de ces données que M. CafTort a établi une voiturette à roue avant motrice et directrice. La roue avant est' jumelée et est commandée par un bloc moteur de 8 chevaux à deux cylindres horizontaux qui tourne sans trépidation. Ce bloc moteur est placé directement au-dessus de la roue avant. L’embrayage se fait par cônes inverses; la boîte de vitesses permet trois vitesses et la marche arrière, la transmission s’opère par câble tringle et un arbre vertical jusqu’à la roue avant jumelée.
- Cette conception est simple, elle supprime des organes et le prix d’achat de la voiture est ainsi peii élevé. Les réparations sont faciles puisque tout le mécanisme peut etre enlevé et remplacé en un quart d’heure, ce qui évité l’immobilisation du véhicule,
- La consommation est de 7 litres et demi aux 100 km ; avec une charge utile de 5oo kg on arrive à une consommation de 9 litres.
- L’usure des pneumatiques est minime puisque les roues motrices ne sont pas porteuses. Enfin au point de vue impôts ils ne portent que sur une puissance de 6 HP.
- La caisse qui a une capacité de 3 m3 permet de charger 5oo kg de marchandises ; elle est basse et pratique, le livreur monte naturellement dans la voiture pour manutentionner les colis et pour les placer sur le toit.
- La manivelle de mise eu marche est disposée de
- fig, 1, — Voiturette « Caffort » équipée en taxi.
- manière que cette mise en marche puisse s’effectuer de la place du conducteur.
- Cette voiturette est donc, très commode pour des livraisons de détail. C’est un auxiliaire précieux pour un industriel qui possède déjà un gros camion, elle permettra des livraisons rapides et des chargements faibles.
- Si 1 on considère 1 emploi de ce véhicule comme taxi, le confortable réalisé par la suspension et par l’absence de mécanisme est absolument remarquable. L’entretien est des plus faciles pour une compagnie qui exploite un certain nombre de véhicules.
- En effet, comme nous l’avons déjà dit, on peut enlever
- Fig. 2. — Détail du montage du bloc moteur % sur la roue jumelée avant.
- et remplacer le mécanisme qui comporte des organes interchangeables. On change l’organe malade et la réparation peut se faire ainsi facilement et rapidement; la carrosserie n a jamais besoin d etre démontée, puisque le mécanisme est à l’avant. En conséquence, le plancher de la voiture a des jointures et il n’y a aucune mauvaise odeur d’échappement pour le voyageur.
- Le grand emplacement réservé pour la caisse permet de loger confortablement quatre personnes qui peuvent allonger leurs jambes.
- Au point de vue de la circulation en ville, cette voiture permet des virages très courts, elle peut tourner dans une rue de 6 m. 5o. Lorsqu’elle est sur le bord du trottoir, la roue double avant se trouve environ à o m. 70 de ce trottoir. Le taxi pourrait donc démarrer immédiatement complètement bloqué, ce qu’il est impossible de faire avec une voiture ordinaire quand elle s’est trop approchée du trottoir. La forme en coin de la voiture lui permet de se faufiler facilement dans les encombrements entre les autres véhicules.
- Les dérapages ne sont pas à craindre. En effet, si ce dérapage tend à se produire, au lieu de ralentir le moteur comme on le fait normalement, il suffit d'embrayer légèrement sur l’accélérateur de façon que 1 avance donne un effort supplémentaire; de cette façon on redresse l’arrière du véhicule et ceci est commun à tous les véhicules à roue avant motrice.
- La durée des pneus avec cette voiture permet de leur faiie parcourir 12000 km. G est la voiture économique, maniable, dans laquelle les chargements et les déchargements occasionnent beaucoup moins de fatigue qu’avec les autres modèles.
- Au point de vue construction, la voiture Caffoi t est étudiée avec tout le soin voulu. L’essieu arrière est
- p.2x110 - vue 522/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- fo rgé el contrecoudé pour permettre de descendre le plancher de la caisse le plus bas possible; la suspension avant est faite sur un ressort spirale qui entoure la partie supérieure du pivot de direction. La fourche avant est constituée par deux bras mobiles qui se développent pour permettre le démontage facile'de la roue amovible.
- La direction est entièrement montée sur roulements et butées à billes, elle se fait par vis et secteurs et elle est facilement réglable. Le volant de direction est prévu à charnières et dans le rabattement il immobilise le levier de changement de vitesse, ce qui évite le vol de la voiture.
- Le réservoir à essence qui contient 20 litres se trouve placé sous le siège du conducteur et il comporte une nourrice d’aspiration montée sur le tablier.
- L’empattement de la voiture est de 2 m. 40, la voie arrière est de 1 m. 40. Le châssis en tôle d’acier emboutie en forme d’U est entretoisé par des traverses et des gros rivets.
- Le «Difusvap »! — Voici un petit appareil qui ne manquera pas d’intéresser les propriétaires de moteurs à essence en général, et les automobilistes en particulier.
- De construction robuste et bien étu'diée, de pose facile sans nécessiter d’outillage spécial, 'il est en outre d’un prix relativement peu élevé, si on considère que son rôle principal est d’économiser 40 pour ïoo de l’essence habituellement consommée par Un moteur.
- Il a pour principe d’utiliser la vapeur d’eau dégagée par le radiateur et de la mélanger aux molécules d’essence fournies par le carburateur. Le volume aspiré dans le cylindre restant le même, on conçoit que la dépression exercée sur le gicleur du carburateur est moindre et que l’aspiration d’essence est dumême coup diminuée. On règle à volonté le mélange
- de vapeur d’eau au moyen d’une soupape, commandée à distance
- Fig. 3. — Le Difusvap.
- 1, Corps de l’appareil.;
- 2, Diffuseur; 3, Gicleur; 4, Bouchon; f>, Soupape; (>, Prises d’air; 7, Sortie du mélange air-vapeur ;
- 8, Ressort de soupape;
- 9. Vis serrant le câble décommandé; 10,Bou- Une tubulure le relie d’autre part
- par un câble souple. Le mélange carburé doit être en effet plus riche en essence au démarrage ou au ralenti qu’en pleine vitesse.
- L’appareil s’adapte directement sur la tuyauterie du carburateur.
- chou guide-soupape; 11, Ecrou de blocage du tendeur; 11, Tendeur.
- au radiateur.
- L’économie d’essence réalisée ne nuit pas à la puissance du moteur. La vapeur d’eau entraînée dans le cylindre se trouve partiellement décomposée par l’étincelle d’allumage'en hydrogène-oxygène qui explosent à la suite du gaz carburé. La richesse du mélange en calories ne se trouve donc pas sensiblement diminuée. La vapeur d’eau empêche également le dépôt de calamine dans les cylindres, et supprime du même coup le cognage, réchauffement et l’auto-allumage provoqué par l’incandescence de la calamine.
- L’appareil est en vente au prix de 80 francs, chez MM. Fralon.et Caroni, i3i, me de Bellevue, Boulogne (Seine).
- Physique
- ' Planchette de cheminement à orientation et tracé automatiques.— Pour les levés de plans, M. Descours-Desacres a imaginé la construction d’une planchette de cheminement qui, durant la guerre, servit dans les tranchées, en face de la Fère.
- "Voici en quoi consiste cette invention :
- Un barreau aimanté, monté sur billes spéciales et sur pivot équilibré, porte, fixée sur sa face supérieure, une planchette légère qui se meut et s’oriente avec lui.
- Sur la planchette est posée une feuille de papier à dessin, destinée à recevoir le tracé de cheminement. Cette feuille peut librement glisser en tous sens sur la "surface appropriée'ou elle repose.
- Parallèlement, et superposé à la planchette, est monté un axe dont lès 'extrémités" reposent sur l’enveloppe fixe
- extérieure et dont la partie médiane correspond à la partie médiane du barreau aimanté. En ce point, clavelée sur l’axe, une roue à molettes, dont les points, durant la rotation communiquée à l’axe, entrent successivement en contact avec la feuille à dessin, de manière à entraîner celle-ci d’une même quantité au passage de chaque pointe.
- Le mouvementée l’axe estobtenu automatiquement, l’opérateur étant en marche, à l’aide d’un podomètre ; il peut être conçu à l aide d’un mécanisme d’horlogerie, et il peut être donné par la pression de la main sur une touche.
- i Axe de/a roue ’É
- Fig. 4» — Schéma de la planchette de cheminement.
- Face à la molette est fixé un style souple encreur, dont l’extrémité affleure la feuille à dessin. Une glace enveloppe et ferme l’appareil.
- L’ensemble de cet appareil étant tenu, par l’opérateur, dans une position constante par rapport à sa marche, la planchette, quelque direction que suive celui-ci', s’orientera librement et la feuille à dessin, si rapide ou ralentie que soit la course, glissera sur la planchette d’une même fraction pour chaque espace franchi; le style encreur sera donc amené à tracer automatiquement les indications de distance et d’orientation cherchées.
- Cette planchette automatique peut faciliter certains relevés de terrains. Modifiée, elle pourrait être utilisée à la réduction des grandes épures, ou encore au tracé des routes parcourues en véhicules.
- C’est donc une innovation présentant un-réel intérêt.
- n? > Construction
- Le Masticoïl. — Ce composé, de la consistance du mastic et de couleur noire, est fabriqué au moyen d’amiante de Canada imprégnée de gommes plastiques, ce qui le rend par conséquent inaltérable et indestructible. Il s’applique très facilement, soit avec une truelle ordinaire de plâtrier, soit avec une brosse à goudronner; d’une façon générale, on l’étend sur la couverture en une couche de 3 mm environ d’épaisseur.
- Immédiatement et pour longtemps, il adhère à n’importe quel genre de toiture : tôle ondulée, zinc, carton, verre, ardoise, etc. ; il se dilate par la chaleur et se contracte par le froid, restant ainsi toujours en contact parfait avec le joint. Son élasticité l’empêche de se fendiller ou d’éclater. Il s’applique à froid en tous temps et dans n’ixnpqrte quelles circonstances.
- En raison de la forte proportion de longue fibre d’amiante, le maslicon se présente sous un grand volume et permet de recouvrir des surfaces relativement grandes : 2 kg recouvrent 1 m2. Ce produit s’impose pour les toits traversés par l’eau, les gouttières, tuyaux de descente, châssis vitrés, murs humides, fissures de pierre ou de briquetage, etc. Fabricant : Etablissements V. Balol, 36, rue du Parc, à Alfortville (Seine).
- Fig. 5. — Réparation d’une toiture en ardoises et de chéneaux en <dnc.
- p.2x111 - vue 523/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ,J6D
- Oit
- COMMENT ACHETER LES FRUITS FRAIS f — LES BIBASSES
- OU NÈFLES DU JAPON
- Arbre ou arbrisseau toujours vert, originaire du Japon d’où il s’est répandu en maintes régions ensoleillées des trois continents, le Bibassier ou Néflier du Japon (Eriobotrya Japonica, Lindley), Rosacées-Poma-cées, a été introduit en France vers 1784. Longtemps considéré comme un arbre d’ornement, il s’est si (bien acclimaté dans notre Midi qu’il est cultivé, depuis nombre d’années, dans presque tous les jardins ou vergers où il fructifie abondamment, tout aussi bien qu'en Algérie, Tunisie et Italie, si l’on n’envisage que le littoral méditerranéen. Il est, en effet, très cultivé en Australasie, dans les deux Amériques, notamment aux Etats-Unjs, en Louisiane, Floride, Californie, etc. ; il existe dans ce dernier Etat de vastes vergers commerciaux complantés de variétés bien adaptées et désignées sous le nom générique de « loquat » tiré du chinois « Loquat ».
- Description des fruits. — Les Bibasses, beaucoup plus connues sous le nom de1 Nèfles du Japon, ressemblent, quand elles sont jeunes, à de petites pommes duveteuses, et, lorsqu’elles sont mûres, à des prunes d’un jaune doré ou un peu rougeâtre dont elles ont la grosseur moyenne, ou tout au plus celle d’un petit œuf de poule. Elles sont parfois oblongues, ovoïdes ou piriformes, Ce sont de jolis fruits agréables au palais par leur chair très juteuse, sucrée, acidulée et, par suite, rafraîchissante. Malheureusement, le volume de la pulpe est réduit, parfois, presque de la moitié, par la présence de graines — noyaux ou pépins — souvent de la grosseur d’une petite noisette, d’un brun luisant, au nombre de trois ou quatre. Il est vrai qu’il existe des variétés ne renfermant qu’un seul pépin qui, à l’instigation du Dr Lieutaud et de Delorme, ont été propagées en Algérie depuis 1870.
- Variétés. —- Le nombre des variétés cultivées et décrites est notable, mais je n’en citerai que les plus réputées en France, Algérie, Italie, Amérique, Australie, etc.
- Le Dr Trabut, qui a beaucoup étudié ces fruits et contribué au succès de leur culture en Algérie, a publié, en 1908, leur classement dans le Bulletin agricole de l’Algérie et de la Tunisie. Je n’ai pu me le procurer, mais en m’en rapportant à l’étude de M. Ira J. Condit, de la Station agricole expérimentale de Berkeley (Californie) sur « The Loquat » insérée dans le- Bulletin n° n5o de cette Station, le D1 Trabut a classé les Bibasses en deux groupes basés sur la coloration de la chair : le premier constitué par celles dont la chair est blanche et croquante, ,1e second par celles où elle est orange ou jaune. Il a, en outre, attiré l’attention sur les sortes algériennes ci-contre : Olivier, Longue, Mercadal, Don Carlos, Baronne Hall, Saint-Michel long et rond, Scala, Narbonne, Dauphin, Tolemly précoce, Miss Archwright, Pomme, Miss B. Hall, Dorée et Meffre n° 2. Il a obtenu, en 1914, en croisant la Tanaka avec une variété algérienne, une nouvelle sorte, la Taza, qui est moins colorée mais plus grosse et plus parfumée.
- A l’étranger, les variétés les plus estimées sont au nombre de six en Italie, sept en Australie, seize en Californie et quarante-six.au Japon.
- Récolte. — Elle a Heu en Algérie à la fin de mars, en Provence et en Ligurie de la fin avril à la fin juin. On ne doit jamais arracher le fruit de la branche avec la main, mais le couper avec des ciseaux spéciaux, parce que, autrement, le pédoncule se sépare de la chair et prédispose le fruit à se gâter rapidement. Sur le littoral méditerranéen, le Bibassier, qui commence à fructifier dès la cinquième ou sixième année, peut, à l’âge de huit à douze ans, rapporter 3o à 5o kg de bibasses. Le poids moyen d’un fruit dépend de la variété; on l’estime, en général, entre 25 et 40 gr., mais celui de la Tanaka, la plus grosse variété de forme ovoïde cultivée au Japon, atteint 60 gr., étant donné que ces termes extrêmes oscillent entre 40 et 80 grammes.
- En Californie, au moment de la récolte, 011 n’établit habituellement que deux choix dans les fruits : le premier composé des plus beaux et des plus gros est placé dans une boîte spéciale, tandis que le resté, qui ne convient nullement pour le marché, est jeté dans un autre récipient, On peut, cependant, en faire souvent
- trois qualités comprenant : la première, uniquement les meilleurs et les plus beaux fruits;‘1a seconde, les fruits de choix ou les plus convenables pour le marché ordinaire, la troisième, les plus petits et mal formés ne pouvant être vendus que pour les confitures et les gelées ou antres sous-produits. On rogne les pédoncules superflus et on rejette tous les fruits fortement meurtris, ratatinés ou crevassés.
- Quand et comment les acheter? — En raison de la texture de leur chair, les Nèfles du Japon supportent bien les longs transports. Elles sont recherchées à l’état de primeurs. Quand elles sont destinées à l’exportation, on les cueille un peu avant maturité et on les emballe séparément, en les entourant de papiers, dans de petites corbeilles, paniers ou caissettes. Lorsqu’elles sont assez mûres, on expédie les plus belles d’entre elles dans un emballage spécial, le plus souvent des boîtes en carton à cases dont chacune d’elles contient un fruit, dans le genre de celles qui servent au transport des œufs.
- Toutefois, une assez grande partie ne sort pas des régions de production où elle alimente les marchés sur lesquels, avant la guerre, leur prix variait de o fr. 20 à 0 fr. 60 le kilogramme. On peut les acheter dans les grandes villes, notamment à Paris, dans les grandes maisons de primeurs et d’alimentation; elles arrivent aux Halles centrales vers la fin d’avril jusque dans le mois de mai. Leur cours, l’an dernier, a oscillé entre 140 et 2S0 francs les 100 kilogrammes.
- Principaux usages. — Une certaine partie des Nèfles du Japon est consommée à l’état frais, mais la plus grande quantité est transformée en bonnes confitures ou gelées dont le parfum naturel rappelle le kirsch, si l’on ajoute pendant la cuisson quelques pépins, mais il ne faut pas en mettre trop, car ils contiennent de l’acide cyanhydrique dont on connaît les effets toxiques. On en prépare aussi de délicieux fruits confits; il n’est pas une boîte expédiée du Midi qui ne contienne quelques nèfles agréablement mêlées aux chinois, cerises, figues, oranges, poires, etc., sans oublier les fleurs dont" l’ensemble forme un mélange harmonieux et délectable auquel l’art du confiseur ajoute un attrait de plus. Il n’est pas jusqu’aux pépins qui ne soient utilisés pour la confection d’une fine liqueur caractérisée par son goût d’amandes amères.
- Ch. Rivière et H. Lecq relatent qu’à maturité complète, on peut faire avec ces fruits une sorte de cidre à prix de revient très cher et que l’opération n’est pas à recommander. Je ne saurais trop appuyer ce conseil. Au Japon, d’après Takahashi, ils servent à la fabrication du vin sur une assez grande échelle ; on en fait des conserves et un sirop pour lesquels les variétés à chair jaune sont préférées.
- Analyse. — Pour donner une idée approchée de leur valeur nutritive, je transcris ici les deux analyses centésimales suivantes qui ont été effectuées par le professeur Myer E. Jaffa, de la Station agricole expérimentale de Berkeley, sur deux variétés très estimées de Californie, 'Thaïes et Champagne.
- nportioii de lu partie comestible Thaïes, j Chuiujui «rne.
- cl des déchets. Pour iOO. Pour 100.
- Partie comestible .... 70.00 68.20
- Pépins 1 5 . OO 18.20
- Peaux et cœurs ..... 10.00 19.60
- 100.00 100.00
- Analyse de lu partie comestible. Polir 100. Pour 100.
- Eau Sq.oo 85.00
- Protéine 0.35 0.3a
- Matière grasse 0.06 o.o3
- Dextrose . 8.95 11.96
- Sucrose . . 0.94 o.83
- Cellulose brute o,3o 0.37
- Cendres ......... 0.29 0.36
- Substances indéterminées . 0. u r. i3
- 100.00 100.00
- Ces analyses montrent que les Nèfles du Japon ont
- p.2x112 - vue 524/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- une teneur en sucre inférieure à la moyenne et qu'elles sont pauvres en matières azotées et en matières grasses, de sorte que leur valeur alimentaire est au-dessous de celle de plusieurs genres de fruits, notamment des fruits à pépins de la famille des Rosacées à laquelle elles appartiennent.
- Leurs emplois deviendraient plus grands et fréquents,
- si la culture méridionale y consacrait, là où elle est praticable, des variétés ne renfermant que peu de pépins, un à deux au plus, et si surtout elles étaient plus volumineuses et semblables à celles que les Anglais tirent de leurs colonies, spécialement des Antilles, et qu’on voit assez souvent, dit M. ÔNomblot, sur les marchés de Londres. A. Truelle.
- Iêpd
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Un support auxiliaire pour récepteur téléphonique.
- — On sait qu’avec les postes à batterie centrale, le fait de remettre le récepteur dans le crochet commutateur suffit pour faire fonctionner au commutateur multiple l’avertisseur de lin de conversation. Cela offre un inconvénient quand, au cours d’une conversation par exemple, on est obligé de quitter momentanément l’appareil pour aller chercher un renseignement, afin de répondre à, la question qu’on vous pose.
- Dans ce cas, s’il s’agit d’un appareil mural on est obligé de laisser pendre le récepteur après le cordon et cela peut finir par détériorer le cordon qui n’est pas suffisamment prévu pour cet usage.
- En adjoignant à l’appareil un crochet de repos supplémentaire, on évite ces inconvénients et quand on quitte l’appareil momentanément, comme il est dit plus haut, il suffit de placer le récepteur dans le crochet de repos, au lieu de le remettre dans le crochet commutateur.
- Cosse d’attache pour fils de connexions. —
- Pour les connexions électriques que l’on réalise sur les appareils, on peut employer des cosses d’attachcs d’extrémité d’une manière simple au moyen de fragments de tubes en laiton mince.
- Ces tubes auront un diamètre intérieur correspondant au diamètre du conducteur électrique nu, sans son isolant, et ce conducteur sera soudé à l’intérieur du tube en laissant une longueur de tube complètement libre.
- La partie libre sera aplatie au marteau de manière à former une patte, dans laquelle on percera un trou
- d’un diamètre tel qu’on puisse emmancher la cosse d’extrémité sur la tige des bornes de connexion. En serrant cette cosse par un écrou, on aura un contact parfait.
- Ce procédé pourra être appliqué également aux connexions des piles électriques, car la sûreté des contacts obtenus donnera un très bon fonctionnement des batteries de jviles équipées de cette façon.
- Chauffage d’un aquarium par thermo-siphon.
- — Certains poissons tropicaux exigent que l’eau soit à une température d’une vingtaine de degrés pour leur permettre de vivre. Il est nécessaire si la température extérieure est basse de chauffer légèrement l’eau de l’aquarium. On peut réaliser un chauffage simple en plaçant dans le fond de l’aquarium un tube en IJ à branches inégales traversant le fond et disposées verticalement.
- La partie coudée de l’U qui sort de l’aquarium est soumise à l’action d’une petite flamme de lampe à essence ou lampe à alcool si cela devenait nécessaire. L’eau chauffée a une densité plus faible et elle monte dans la branche la plus haute du tube en U pour venir se mélanger à l’eau de l’aquarium. Il s’établit ainsi une circulation, car l’eau froide qui descend pénètre dans la branche courte et ce fonctionnement est analogue à celui des thermo-siphons employés pour la circulation de l’eau dans certains radiateurs d’automobiles
- On peut obtenir avec un réglage convenable de la lampe une température appropriée au genre de poissons qui évoluent dans l’aquarium, comme dans la mer tropicale la plus chaude.
- JfeD
- igo
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les çéponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communications. — Lubrifiants au graphite. — M. Revelin, ingénieur à Chonas (Isère), nous écrit :
- « Dans le n° 25oo, du 4 mars 1922 de I,a Nature, vous avez recommandé l’emploi des lubrifiants solides à base de graphite pour le graissage des ressorts de suspension des véhicules automobiles.
- « Permettez-moi de vous signaler que la maison Gaston Miard, de Lyon (281, rue Paul-Bert), prépare un produit, la « Graphiline O » qui est préparée dans ces conditions et qui convient parfaitement pour cet emploi. Un autre produit de la même maison, là« Graphiline B. V. » s’emploie très avantageusement pour la lubrification des boites à vitesses et ponts arrières. Ces graisses sont très utilement employées sur tous ces véhicules automobiles, depuis les poids lourds jusqu’aux voitures de courses et se sont acquis de très nombreuses références pour toutes ces applications. »
- A propos de l’entretien des objets de collection (n° 2200). — Un de nos lecteurs nous rappelle qu’il existe aussi sur cette question un bon ouvrage français, celui de MM. Adrien Blanchet et Fr. de Villenoisy : Guide pratique de VAntiquaire, E. Leroux, éditeur, 28, rue Bonaparte, Paris, dont la 2e édition parue en 1917, est malheureusement épuisée.
- Les ocres. — En réponse à la question posée, M. de
- Winter nous écrit que l’on trouve des renseignements dans les ouvrages suivants : Petite Encyclopédie de Chimie industrielle, de Billon, volume 24. Couleurs minérales, par Peiret, 1902 (éditeur Bernard-Albin Michel successeur, rue Huygens, Paris) et quelques mots dans le cours de Chimie industrielle de Ost (Dunod, éditeur).
- M. de Casamajor nous communique le catalogue de la Société des Ocres de Vaucluse à Apt qui contient des renseignements sur les gisements de la région de Vaucluse, et sur les emplois de l’ocre.
- Réponses.— M. Descamps, à Berchem. — i° La préparation des encres dites blue-bla-ch au ferrogallate, pour donner de bons résultats, exige l’emploi d extraits lanniques décolorés ou tout au moins à coloration peu intense ; d’après Gouillon, employer suivant la technique habituelle :
- Eau pure......................... 9000 gr.
- Extrait de tanin décolore à 2ou B. 2000 — Gomme arabique blanche . . . 3oo — Sulfate ferreux non oxydé . . . a5o —
- Colorant bleu,..................... 100 —
- Acide salicylique ........ 10 —
- A défaut du colorant bleu de la Manufacture lyonnaise vous pourriez employer le bleu pour encres de Poir-rier, ou le bleu I) S F de la Actien Gesellschafl ; — 20 La formule qui suit d’encre pour stylographes a jusqu’ici donné satisfaction à nos lecteurs :
- Bleu de méthylène........... 4 grammes.
- Alun ...................... 3
- Eau distillée...............5oo —
- Alcool à 95°
- 10
- p.2x113 - vue 525/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Faire dissoudre le bleu de méthylène dans l’alcool, l’alun dans l’eau et ajouter après mélange :
- Glycérine..................25 grammes.
- 3° Pour calculer la quantité d’eau à ajouter à un extrait de degré Baumé donné, pour le ramener à un autre degré, il sullit de chercher dans les tables courantes les densités qui correspondent à chacun de ces degrés, puis de faire le raisonnement suivant :
- Soit; un poids P d’une solution de densité D et x le poids d’eau à ajouter pour obtenir une densité U'.
- Après mélange le poids primitif P est devenu P et le volume primitif Y devient V -j- x.
- P -j- fg
- Le rapport ——— est égal à la densité finale, or, V -j- x
- d’après la définition en remplaçant on a :
- P + x
- P . P
- de la densité D — d où Y= — V D
- D' ou P
- D
- +
- P IL
- ir
- f D',r
- d’où on tire finalement
- (P(D-D') 'D(D'—i)
- Remarque : D et D' doivent être exprimés par rapport à l’unité par exemple i,3a et non i3ao.
- Comme application, si on dispose d'un extrait à 35° B., soit D—1,3:20 et qu’on veuille le ramener à 3°,5 B., D'= 1,09.3 en prenant comme point de départ 100 c. c. d’extrait concentré (P = i3a gr.), on aura ;
- i3a(r,32o—r,023) i32 Xo/iqn
- x — ——-------s----r---— "j—~-------Yj = 1291 gr. d eau,
- X,32(1,023--I) 1,3-2X0,023
- c’est-à-dire qu’à 100 c. c. d’extrait concentré, il faudra ajouter 1291 gr. d’eau.
- M. L. Château, à Pai’is. — 1° En alimentant votre chalumeau par le mélange des gaz provenant de l’élec-trolyse de l’eau, vous avez réalisé effectivement l’explosion classique du gaz tonnant; 20 L1 altération du charbon que vous avez constatée doit être, selon nous, attribuée à la désagrégation de l’agglutinant employé dans la fabrication des charbons moulés; 3° la consommation d’un chalumeau de moyenne puissance peut être d’environ 100 litres à l’heure. Le débit d’un électrolyseur dépend de la. quantité d’électricité qui passe, vous pouvez compter en chiffres ronds, que sous une tension de 3 volts et une iixtensité de 25 ampères, vous obtiendrez environ 10 litres d’hydrogène et 5 litres d’oxygène à l’heure. 4“ Le platine n’est pas indispensable, il suffit de remplacer comme électrolyte l’eau acidulée par une solution de soude caustique et d’employer des électrodes en fer comme dans l’appareil du colonel Renard.
- M. Martin, à Saint-Brieuc. — Yous obtiendrez très probablement satisfaction en vous servant d’un vernis composé d'acétate de cellulose dissous dans l’acétone, additionné de phosphate triphénylique et de triacétine, vous trouverez ce vernis tout préparé chez Clément et Rivière, rue de la Cristallerie à Pantin.
- M'. Roussel, à La Palisse. — x° Les lessives résiduelles de traitement du bois pour fabrication de la pâte à papier sont utilisées depuis longtemps pour la récupération des résines et la fabrication d’alcools. Veuillez vous repoxûer pour l’étude de ces questions aux articles spéciaux parus dans le Moniteur Quesne-viile en 1921 ; 20 dans la préparation des bouillies anti-cryptogamiques, le principe actif est le cuivre, la considération de l’acide combiné au métal ne présente par conséquent que peu d’importance ; 3° le tétrachlorure de carbone ne peut servir à ignifuger les bois, par suite de son extrême volatilité, il disparaîtrait trop rapidement; 4° pour le nettoyage de votre bureau, le remède le plus simple est un grattage à vif et un ponçage suivi d’un encausticage ; 5° Vous pommez vous procurer des graines de Soja à l’Office Colonial, galerie d’Orléans au Palais-Royal.
- M. S. V., villa les Yallergues, Cannes. — Pour vous documenter sur la'fabrication du papier avec les sarments de vigne, voyez l’article sur cette question dans La Nature, numéro du i3 mars 1909 ; les renseignements donnés dans la Boite aux Lettres de notre n° 2416, du 24 juillet 1920, p. 32; les diverses études publiées dans le Progrès agricole et viticole (Montpellier, 1, rue Albisson), par M. L. Chaptal, chef de travaux à l’Ecole, nationale d’Agriculture de Montpellier, à qui vous pou-
- vez vous adresser pour les détails concernant la technique de fabrication et les applications réalisées à ce jour en France, notamment à l’usine Orioli, à Pontcharra, près Grenoble, et en Espagne (procédé Chaptal). Voyez,, en outre, aux adresses suivantes : M. Favier, professeur à l’Ecole française de Papeterie, à Grenoble; M. Vidal, professeur à l’Université de Grenoble, qui ont fait des essais industriels et étudié la pâte à papier fournie par les sarments de vigne.
- D’autre part, nous vous signalons qu’en 1912, une Société, ayant pour but la fabrication de la jxàte à papier avec les sarments de vigne, était en formation sous les auspices de M. J. Gaïsset, directeur du Syndicat agricole de Lézignan (Aude), où vous pourriez également recueillir des indications.
- M. B., villa Champfrain, Rieux (Oise). —- Pour vous documenter sur l’élevage et le dressage du chien de garde, voyez aux adresses suivantes : « Les Editions de l’Eleveur », au journal L'Eleveur (Paris, 5, rue de Stockholm, 8°), où sont édités divers ouvrages consacrés à la question qui vous intéresse, notamment ; Nos chiens, races, élevage, hygiène, dressage, maladies, par Paul Mégnin, 1 volume.
- D’autre part, nous indiquons les ouvrages de M. Robert Dommanget et autres auteurs (éditeurs : les fils d’Emile Deyrolle, Paris, 4h> rue du Bac, 7e), et l’ouvrage de M. L. Huyghebaert, intitulé Le chien, psychologie, olfaction, mécanisme de l’odorat et questions relatives au dressage (librairie de la revue Chasse et Pêche, Bruxelles, 1, avenue de la Toison-d’Or).
- Le journal IL Acclimatation (journal des éleveurs) (Paris, 46, rue du Bac, 7e) a publié de nombreuses études sur l’élevage et le dressage du chien de garde. Voyez aussi à la Société centrale pour l’amélioration des races de chiens en France (Paris, 38, rue des Ma-thurins, 8e).
- M. L,. Jourdan, à Cannes. — i° Le procédé d'imperméabilisation des capotes d'autos dont nous avons paxdé convient parfaitement aux bâches de charrettes, il présente cependant l’inconvénient d’être assez coûteux, c est pourquoi on lui substitue le plus souvent l’imperméabilisation au cuivre qui s’effectue ainsi :
- Préparer les deux solutions :
- A. Eau de pluie...................... 10 litres.
- Savon de Marseille................a5o gr.
- B. Eau de pluie...................... 10 litres.
- Sulfate de cuivre cristallisé . . 60 gr.
- Mouiller préalablement la toile, la tordre et la plonger dans le bain A de façon qu’elle soit bien imprégnée, laisser égoutter, tordre à nouveau! et immerger dans la solution B, faire sécher puis répéter deux ou trois fois dans le même ordre les opérations. 20 Si vous craignez que dans l’application de la méthode pour capotes d'autos la souplesse de l’étoffe ne soit pas assez grande, vous pouvez augmenter légèrement la dose de vaseline ; quant à la quantité nécessaire pour imprégner uix mètre carré, elle Sépend'évidemm ent cle l’épaisseur de l’étoffe qui absorbe plus ou moins , quelques essais préalables vous fixeront à ce sujet.
- M. Boutan, à Courbevoie. — i° Aucune formule générale ne peut être donnée pour effectuer des enlevages sur tissus, cela dépend de la nature de la couleur, on emploie principalement les acides, les alcalis ou les oxydants, chacun des cas devant être étudié séparément. 2° Pour réaliser des reliefs sur fond, de laque, il suffit: de délayer les couleurs appxxxpi’iées en poudre dans du vernis à la gomme laque, de façon à obtenir une pâte plus ou moins épaisse et d’appliquer celle-ci aux endroits choisis.
- M. Monta filant, à Compiègne. — Un peu de blanc d’Espagne délayé dans du silicate de soude commercial vous permettra de reboucher facilement le trou produit par la curette dans une pipe en écume de mer. Avoir soin d’aviver légèrement pour que le" ciment se ti'ouve au contact direct avec l’écuïne et non avec des parties noircies par le jus de tabac.
- M. Brosson, à Clermont-Ferrand. — i0'Nous pensons toujours que la glycérine doit être préféi’ée à la gomme arabique pour la confection des encres à stylos, la dose à employer est d’environ 5o gr. par litre. 20 L’indication de 20 à 3o gr. de carmin d’indigo fournie dans le n° 2489 du 17 décembre 1921, page 196, s’applique à la coloration provisoire, en attendant l’oxydation à l’air d’une encre ordinaire d’usage courant et non à une encre à stylos.
- p.2x114 - vue 526/620
-
-
-
- Jteo
- 1SD
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandaUposte ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ____________
- Emploi de la photographie aérienne aux levés cadastraux et aux levés géographiques. Rapport sur les Etudes techniques effectuées en 1919 et 1920 au Ministère des Régions libérées, par M. H. Roussiliie. i vol. illustré 116 p., 2.4 pi- hors texte. Imprimerie Hallu, Paris, 1921.
- Cet important rapport expose les résultats des études entreprises par M. Roussilhe pour effectuer des levés de précision au moyen de la photographie aérienne; elles ont abouti à la création d’un appareil de photorestitution qui est décrit dans la première partie de l’ouvrage. Une deuxième partie expose la marche à suivre pour obtenir à coup sûr et dans le minimum de temps la restitution précise d’un cliché et les éléments indispensables à la rédaction du plan.
- L’expérience a montré que ces opérations sont simples et se prêtent facilement à un rendement industriel. Il s’agit ici de plans «à grande échelle du i/iooo0 au i/5oooe. Le travail est plus aisé pour les échelles plus réduites, allant du 1/5000° au 1/20000°; les conditions d’emploi de la photographie aérienne pour ces levés sont également indiquées avec la description de l’appareil spécialement établi pour ce cas. Dans une 4° partie sont réunies les études connexes à la photorestitution proprement dite (obturateur d’objectif à grande vitesse, magasin à grand rendement, etc.). Les difficultés inhérentes aux levés par photos aériennes semblent donc résolues et cette méthode apparaît aujourd’hui comme la plus rapide de nos méthodes topographiques; c’est là un point d’une importance capitale pour la réfection du cadastre et la reconstitution foncière dans les régions libérées et aussi pour la réfection générale du cadastre de France, qui depuis 1898 se poursuit avec une sage lenteur.
- Cours d’analyse et d'essai des matériaux de construction, par F. Anstktt. i vol. illustré 236 p. Ecole Spéciale des Travaux Publics, éditeur, Paris, 1921. Prix : 18 francs.
- L’auteur a entendu l’expression Matériaux de construction dans son sens le plus large, puisqu’il étudie successivement : les pierres naturelles calcaires et argilo-calcaires, les sables, les liants hydrauliques, les mortiers et bétons, les matériaux naturels siliceux et argileux, les ardoises, le fibro-ciment, lés produits céramiques, les métaux, fer, fonte, acier, cuivre et ses alliages, le bois, le bitume, l’asphalte, le brai, les peintures, les eaux, les combustibles solides. Pour chacune de ces substances, il rappelle en quelques mots leurs caractères physiques et chimiques, il expose les méthodes d’analyse et les essais mécaniques et physiques qu’il convient de pratiquer pour en contrôler les qualités marchandes. Cet ouvrage, œuvre d’un ingénieur expérimenté en la matière et judicieusement documenté aux bonnes sources, rendra de grands services.
- L’outillage et l’industrie chimique, agricole et alimentaire, par L. Lindet. i vol. in-8, 3og p., 112 fig. Librairie de l’Enseignement technique, Paris. Prix : 18 francs.
- Série de conférences faites à l’Ecole de physique et de chimie pour initier les chimistes aiïx appareils industriels de transport et manutention, division de la matière, séparation mécanique des éléments, chauffage et réfrigération, mise en contact des corps solides. liquides et gazeux en vue de mélanges, des solutions ou réactions, cuisson, concentration, dessiccation, distillation, sublimation, pyrogénation, condensation, mise en forme et façonnage. Comme où le voit, c’est une revue d’ensemble de toutes les ressources méçankjues de l’industrie chimique, faite
- avec toute la compétence de l’auteur,| professeur à l’Institut national agronomique.
- Les grands ports français, Brest et Lorient, par A. Dupout, 1 vol. in-8, 126 p., 9 fig. Dunod. Paris. Prix : 12 francs.
- Erest, port transatlantique, ce qu’il était avant la guerre, ce qu’il devint, ce qu’il peut être ; Lorient, port de pêche, tels sont les deux grands problèmes économiques qu’expose notre collaborateur, avec sa compétence des choses de la mer.
- Manuel de sucrerie, par M. Rouberty. i vol. in-18, ni fig., 296 p. (Bibliothèque Professionnelle). Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix cartonné : 10 francs.
- Ce manuel expose sous une forme succincte les méthodes employées pour l’obtention du sucre de canne ou de betterave, ainsi que les méthodes générales d’analyse en usage dans les laboratoires de sucrerie.
- Manuel de Vouvrier-mécanicien, par G. Franche. Tome I.
- I vol. in-16, 260 p., 147 fig- Gauthier-Yillars, éditeur, Paris. Prix cartonné : 9 francs.
- Ce volume contient sous une forme claire l’exposé des rudiments de la mécanique générale : principes, propriétés des forces, levier, balance, poulies, machines simples, transformations du mouvement, frottement, théorie mécanique de la chaleur. Il se termine par un certain nombre de formulaires et de tableaux numériques utiles dans la pratique.
- L’élève électricien (transformateurs), par B. Nkré. • vol., 58 fig., 128 p. Eyrolles, éditeur. Paris, 1922. Prix :
- 3 francs.
- Très bon exposé pratique des questions essentielles relatives aux transformateurs statiques, commuta-trices et redresseurs : leurs caractéristiques, leurs montages1 et leur mode d’emploi.
- Guide pratique de l'ouvrier chaudronnier en cuivre, par Dkroy, fils aîné, i vol in-8, illustré, 178 p. Baillière, éditeur. Paris 1922. Prix : 5 francs.
- Les différents travaux incombant au chaudronnier en cuivre sont décrits par un homme du métier qui en expose les règles et tours de main.
- Le diabète sucré, par le Dr F. Rathery. i vol. in-16, 294 p. Bibliothèque des connaissances médicales. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- Ecrit pour le public, ce volume expose d’abord l’utilisation et les transformations des hydrates de carbone dans l’organisme du sujet normal, puis les troubles de ce métabolisme qui constituent le diabète.
- II donne ensuite l’étude clinique complète de cette maladie, ses formes, ses complications et termine par les modes de traitement actuellement employés.
- IL Imagination, étude critique, par J. Second, 1 vol. in-16, 299 p., Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7 l'r. 5o.
- En se plaçant au point de vue de la critique de la connaissance, l’auteur construit, dans ses grandes lignes, une philosophie de l’imagination et sans recou^ rir à une métaphysique transcendante, résout le problème de la connaissance mutilé par le criticisme, et le problème de l’être, défiguré par l’ontologie.
- Nomenclature des journaux et revues en langue française paraissant dans le monde entier. 1 vol. 433 p. avec index. L’Argus de la presse, éditeur, Paris, 1922.
- Ce volume contient les titres et adresses de plus de 3ooo journaux et périodiques de langue française publiés en France et à l’étranger.
- Groupe des Industries < métallurgiques, mécaniques et connexes de la Région parisienne (Annuaire 1922, liste des adhérents). 1 vol, 142 p. 106, rue. Luurjston, Paris, 4
- p.2x115 - vue 527/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2506 15 Avril 1922
- .yso
- 1&D
- INFORMATIONS
- ><
- 'Ç.VÂ,
- M
- NX'
- La conversion pratique des milles anglais en kilomètres et des degrés Fahrenheit en centigrades.
- — La note publiée à ce sujet dans notre N° a5oi nous a valu de deux de nos lecteurs, MM. Liautand et le Dr De-caux, les communications suivantes :
- i° Transformation des milles en kilomètres. — Si l’on n’a besoin que d’une approximation large, on prendra le mille comme valant i,6 km, et l’on a la règle suivante que nous indique M. Liautand.
- On remarque que :
- i,6= i +
- io
- i +
- 10
- i i i
- -- OU I j-----f- — •
- IO 2 10
- Pour faire la conversion, on ajoutera donc au nombre de milles sa moitié et. son dixième.
- Pour plus de précision on pourra prendre pour la valeur du mille i,6io km comme le fait le Dr Decaux lia valeur exacte est 1,609315), et remarquer que :
- c , 1 , 1 , 1
- i,oi = x -|---1-----j- —.
- 2, 10 100
- pd’où la règle : ajouter au nombre des milles successivement sa moitié, son dixième et son centième.
- 20 Transformation des degrés Fahrenheit en centigrades. — Nos deux correspondants nous indiquent une règle analogue à celle donnée par le commandant Poid-loue, mais un peu plus précise.'Soit F le nombre de degrés Fahrenheit à transformer. On forme le nombre F-32 et l’on en prend la moitié; à ce dernier nombre on ajoute successivement son dixième et son centième.
- Exemple : îoo° Fahrenheit : ioo-32 = 68.
- La moitié de 68 est 34 ; le nombre cherché est 34 -j- 3,4 -f- o,34, soit 37° 74; le chiffre exact est 37° 78.
- Les forces hydrauliques naturelles. — Le Geolo-gical Survey des Etats-Unis (U. S. G. S.) a publié en janvier 1922 la seconde partie (87 p., 10 cartes, prix 1 dollar) d’un World. Atlas of commercial Geology qui évalue comme suit les forces hydrauliques du monde à Yétiage :
- Terre entière............439 millions HP.
- Amérique du Nord. . . 62 —
- Dont pour les Etats-Unis seuls. . 28 —
- Afrique (à peine équipée) 190 —
- Asie..................... 71 —
- Amérique du Sud ... 54 —
- Europe............ . . 45 —
- Les Etats-Unis .possèdent 40 pour 100 des forces utilisées avec 9243000 chevaux dans leurs turbines.
- Dans les autres pays on a déjà équipé :
- France................ 1400000 HP.
- Norvège...............1 35o 000 —
- Suèd e. . . . . . . . 1 200 000 —
- Suisse. ....... 1 070000 —
- La plus grande utilisation actuelle est celle du Niagara : 870 000 HP dont 385 000 sur la rive des Etats-Unis. >
- L’Etat de New-York à lui seul utilise 1 3oo 000 chevaux et la Californie 1 111 000, etc.
- De la neige au sable. — Le Concours, de voitures à chenilles, qui vient d’avoir lieu en Savoie et en Dauphiné, a donné des résultats qui dépassent les espérances basées sur le succès de l’année dernière. Ce concours s’est continué dans les Pyrénées les 17, 18 et 19 février, sur le parcours Vernet-les-Bains, Font-Romeu, Mont-Louis, le Capcir, Usson et Quillan.
- Les voitures à chenilles, dont la maniabilité et la sécurité s’affirment de jour en jour, ne sont pas seulement aptes à circuler sur la neige ou sur les routes (qu’elles Usent beaucoup moins que les tracteurs à roues). Elles vont prochainement entreprendre la traversée de l’Afrique, de Touggourt au . Niger : expérience d’un intérêt passionnant et qui, si elle réussit, assurera à l’automobilisme, en Afrique, un avenir insoupçonné jusqu’ici.
- Le métal « Frary ». — Ce métal, ainsi appelé du nom de son inventeur, est au moins original comme composition. C’est un plomb « baryum-calcium », contenant un peu de mercure.
- Du plomb est fondu dans un pot en fer; à la surface du plomb fondu, on verse du chlorure de baryum et du chlorure de calcium fondus également.
- Ce mélange est calculé comme devant avoir un bas point de fusion. Une anode au graphite peut être mise à un certain niveau, au centre dü pot. Les sels sont donc fondus par le courant électrique, à une température réglée par le niveau de l’électrode en carbone. Le calcium et le baryum produits sont absorbés par le plomb fondu. Il se forme, par une réaction parasite, des carbures de calcium et de baryum en quantités bien plus considérables proportionnellement qu’il ne se fait du calcium et du baryum métalliques. A tel point qu’il faut faire passer le courant 3 jours, pour un pot de dimensions moyennes, pour obtenir un métal « Frary » à 2 pour 100 de Ca -f- Ba.
- On dit le plus grand bien de ce métal comme anti-friction. Les renseignements complémentaires manquent sur cet alliage encore peu courant.
- Les renseignements incomplets et flous d’ailleurs qui précèdent proviennent du Journal of Chemical Industry du 16 janvier 1922. A. FIutin.
- Les goudrons pour routes. — Dans le Chemical Trade du 19 novembre dernier, il a paru un intéressant article signé Latex, sur la question des goudrons à employer pour le goudronnage des routes et qui intéresse tous les pays.
- Mais on peut dire que c’est aux Etats-Unis qu’elle a été examinée avec le plus de méthode et d’attention.
- Il importe avant tout d’employer des corps le plus possible exempts de composés phénoliques, car ces derniers sont un peu solubles dans l’eau de pluie, et des rivières entières poissonneuses ont vu quelquefois leurs poissons détruits par ces phénols.
- Il faut aussi, cela mis de côté, examiner de près Faction de la chaleur sur le goudron employé, l’adhésivité, la viscosité, le rapport entre l’élasticité et le point de fusion, ou plutôt de ramollissement, s'il s’agit de brais. Ce qu’011 doit éviter surtout, autant qu’il est possible, dans un goudron pour routes, c’est la présence de carbone libre. Il faut aussi que la naphtaline soit en très petite quantité, car sa présence en excès donne un goudron sans élasticité à basse température, et sans adhésivité à une température élevée.
- L’oxydation des matières bitumineuses par 1 air n’est pas un trop grand inconvénient, mais à condition toutefois qu’elle ne soit que partielle ; sinon on arriverait à la production de carbone libre, qui est indésirable, ainsi que nous l’avons dit plus haut. L’expérience semble prouver que le carbone libre peut atteindre 6 à 8 pour 100 sans inconvénient, mais pas davantage. Ce sont les rayons ultra-violets qui semblent provoquer la plus abondante formation de carbone libre.
- Voici quelques constantes intéressantes sur . les qualités à exiger d’un goudron pour routes.
- Viscosité du goudron Goudrons raffiné acides prove-dans la liant de la
- Carboné distillation libre au-dessous distil- lation .Naphtaline JRemar-
- Source. Densité. Goudron de cornues à gaz ho- 0/0. • f de 500°. >500°. 0/0 ques.
- rizontales . . 1.210 Goudron de cor- 10.60 2S°/o U s. 8.0 Bon.
- nues à c*az ver-
- ticales .... 1.125 1 53 30»/„ 51 12.9 Parfait.
- Goudron de fours
- à coke .... 1.165 2.50 51°/n 21 0 Bon.
- Goudron de fours
- à coke . . . . 1.70 6,05 3I°/o 270 15.0 Médiocre.
- Préservation des bois contre les ravages dès termites. — On a fait, au Japon, de nombreux essais en vue de déterminer les procédés les plus pratiques pour
- p.2x116 - vue 528/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- NP
- protéger les bois contre Faction destructive des termites.
- Des ingénieurs et des chimistes japonais ont constaté que le bois de teck résiste aux attaques de ces ravageurs.
- L’analyse chimique des produits que contient le bois de teck a conduit à cette conclusion résultant des expériences faites d’une façon très suivie : que l’huile de camphre est le produit le plus efficace pour empêcher la destruction du bois par les insectes rongeurs.
- L’emploi de la bagasse de cannes comme matière pour la construction; le « Gélotex ». — LIndustrial Trade Journal -du 3 novembre 1921 nous apprend que, dans les pays où la canne, très fibreuse, produit plus de bagasse que celle utilisée comme combustible pour l’usine elle-même, on pourrait se servir de cette bagasse pour fabriquer des cartons épais, susceptibles de servir comme matériaux de construction.
- Une usine s’est même établie à Marrero, en Louisiane, à ce qu’affirme la Louisiane Planter and Sugar Manufacture.
- Cette usine opère comme suit : la bagasse est déchiquetée à fond, cuite, lavée, et battue dans des appareils spéciaux, jusqu’à ce que la fibre soit arrivée à un certain état de ténuité, que l’on ne définit pas d’ailleurs.
- La pulpe obtenue ainsi est transformée en un carton de 12 pieds de large et passe ensuite dans un séchoir à tunnel, d’où elle sort sèche et dure.
- Cette matière porte le nom de Gélotex; elle se travaille comme du bois dur, et elle est sensiblement plus légère que le bois.
- On dit que les promoteurs de cette affaire paient, aux moulins de canne, la bagasse à un prix plus élevé que la quantité de combustible correspondant à la bagasse.
- Nous qui avons été dans des pays de cannes à sucre de qualités très diverses (Pérou et Ile Maurice, pour ne citer que ces deux pays), nous estimons que s’il s’agit de cannes très riches en ligneux et pauvres relativement en sucre (Pérou par exemple), cette industrie serait possible, car on y a toujours un excédent de bagasse inutilisée.
- Au contraire, s’il s’agit de pays (Maurice, Cuba, etc., par exemple), où l’on n’a même pas assez de bagasse pour chauffer (cannes riches en sucre et - pauvres en ligneux), ces industries de la bagasse ne seraient pas économiques.
- Il faudrait trop importer de charbon cher.
- Al Br. 11 t Hutik.
- La population française en !866 et en 1921.—
- Comme suite à l’article très documenté du n° 2494, sur les résultats du recensement de 1921, tant en France qu’en Algérie, il m’a semblé intéressant de'rapprocher ces données du recensement effectué en 1866. La France d’aujourd’hui n’est-èlle point redevenue ce qu’elle était avant la guerre de 1870?
- En 55 ans, la population continentale est passée de 38 100000 à 3g 4°° 000 habitants, en comprenant les militaires et marins servant hors du territoire. C’est une bien faible augmentation, si on la compare à celle des autres nations, mais les lourds et glorieux sacrifices en hommes ont eu pour la France une douloureuse répercussion sur son passé comme sur son présent.
- Une première constatation s’impose, c’est le dépeuplement constant des campagnes au profit des grands centres.
- C’est ainsi que depuis 1866, 25 départements seulement sur 89 ont vu croître leur population.
- Les plus favorisés sont : '
- Habitants.
- La Seine avec une augmenta tio» de. 2.261.ooo
- Le Nord ' — — . ogS.ooo
- Seine-et-Oise — — . 388.000
- Bouches-du-Rhône — — . 294.000
- Le Rhône — — .278 000
- Pas-de-Calais — — . 240.000
- Alpes-Maritimes — - . 169.000
- Moselle — — . 137.000
- Gironde — — . 118.000
- Loire et Finistère — . 100.000
- Par contre, certains départements sont en voie de dépeuplement ou d’extinction et ont perdu :
- Manche..................148.000 hab.
- Orne.................... 148.000 —
- Aisne...................144- 000 —
- Somme................., 120.000 —
- Cantal.................. 118.000 —
- Lot..................... 112 000 —
- Dordogne................ 106.000 —
- Mayenne.................io5.ooo —
- Gers....................... 101.000
- 1 onne et Haute-Savoie. . . 100.000 —
- Parmi les départements les plus éprouvés, les Hautes et Basses-Alpes ont moins de 100000 habitants, la Lozère et le Cantal un peu plus. Ces 4 départements, réduits à des populations d’arrondissement, n’en continuent pas moins à être répartis en de multiples divisions administratives et sous-préfectures.
- Il ressort ainsi nettement que la terre est progressivement abandonnée pour les cités et c’est sans doute une des causes de la vie chère et de l’abaissement delà natalité.
- En 1866, la France ne possédait que 7 villes de plus de 100000 âmes. C’étaient :
- Paris................... 1.8 2,5.000 (’)
- Lyon...................... 32.3.000
- Marseille.................. 3oo.ooo
- Bordeaux................... 194.000
- Lille...................... 154.000
- Toulouse ....... 126.000
- Rouen................... 100.000
- Je terminerai cette étude par la comparaison plus réconfortante de la population en Algérie, pendant la même période de 1866-1921. Il n’y avait alors que 235 000 Européens et 2 5oo 000 indigènes ('). L’accroissement a été de 696 000 âmes pour les Européens et de 2 471 ooo pour les'indigènes, soit au total une augmentation de 3 067 000 habitants. La population a donc plus que doublé.
- On peut évaluer la population de l’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie et Maroc) à environ 11000000 d’habitants, dont près d’un million d’Européens.
- La population russe. — L’administration centrale de statistique de Russie a commencé le 18 août 1920 un recensement de la population dont on ne connaît pas encore les résultats d’ensemble.
- Mais les publications .de la Société des Nations nous donnent les chiffres relatifs à quelques grandes villes comparés à ceux du précédent recensement de 19x3.
- Villes. 1913 1920 DimimUion pour 100.
- Petrograd 2.319.000 706.OOO 70
- Moscou ....... .1.817.000 1 028.060 44
- Saratoff. . . . 235.000 188.OOO 20
- Kazan ig5.000 l46 OOO
- Ivanovo-Yoznessensk. 168.000 58.000 66
- Astrakan 163.000 121.ooo 26
- Toula. ....... 140.000 129.000 8
- Jaroslavl . . . 120.000 73.000 39
- N ij n i-No vgo ro d . . . 112.000 88.ooo 22
- Homel io5.080 „ 61.000 43
- Ouf a 106.000 98.ooo i3
- Perm io5.000 74.000 3o
- Tzaritzine 100.000 81.000 19
- Irkoutsk. . . 13o.000 100.ooo 23
- Orel . . 97.000 64.ooo 34 V
- On voit quelle diminution de la population on observe dans les grands centres et particulièrement dans la capitale.
- Il est probable que la diminution de la papulation a été moins rapide dans les campagnes, mais le décroissement total est néanmoins de beaucoup plus sensible en Russie que dans tout autre pays d’Europe ayant procédé au recensement depuis la guerre.
- H n’est pas possible, pour le moment, d’établir une évaluation exacte de la population pour l’ensemble des territoires se trouvant dans les confins de la Russie des Soviets.
- 1. Voir La Nature du 21 janvier, Variétés : « La population française ».
- 118 I»
- p.2x117 - vue 529/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Jteo
- '1fiD
- Q0L
- 3Sf
- COMMENT ASSURER LA QUALITÉ
- La culture du tabac — monopole d’Etat, dont l'exercice appartient à la Régie — a fait de sérieux progrès grâce aux instructions propagées parmi les planteurs par les agents spéciaux de l’Administration des Tabacs, qui ont le contrôle permanent de la production et ont pour mission de veiller à la stricte exécution des prescriptions et règlements officiels.
- Ce pourrait être là, pense-t-on, une garantie pour les fumeurs, quant aux qualités des tabacs provenant de cultures surveillées. Et pourtant, fréquentes sont les doléances des fumeurs, eu égard au défaut de combustibilité de certaines catégories de tabacs. Que faut-il conclure de cette Constatation, sinon que les conditions culturales doivent laisser à désirer, sur certain point, et que l’Administration des Tabacs ferait œuvre éminemment utile pour les consommateurs de tabac et pour le Trésor en ajoutant à ses instructions les données les plus précises, basées sur les démonstrations scientifiques en ce qui concerne les conditions de combustibilité des tabacs?
- Chacun sait que la principale qualité du tabac à fumer est la combustibilité. Ce sont les tabacs de premier choix que l’on emploie à la fabrication des cigares vendus aux plus hauts prix, et non seulement ces cigares restent en combustion entre deux aspirations assez espacées, mais les meilleurs se consument sans qu’il soit nécessaire de les rallumer, et laissent une cendre fine, blanchâtre.
- Le temps pendant lequel une feuille de tabac — ou un cigare — allumés continuent à brûler d’eux-mêmes varie énormément suivant la provenance des plants. La cause de ces différences,• au point de vue de la combustibilité, tient à la variabilité de composition des tabacs selon la nature des terrains dans lesquels ils sont récoltés.
- Les remarquables travaux de M. Schloesing, directeur de l’Ecole d’Application des Tabacs, ont montré — il y a de cela plus d’un demi-siècle — que les cendres provenant des tabacs qui brûlent mal ne contiennent presque pas de carbonate de potasse, tandis, qu’au contraire on en trouve dans les cendres de tabacs combustibles, et en proportion d’autant plus élevée que le degré de combustibilité est plus élevé.
- Schloesing, Girard, Rousseaux ont démontré, par des expériences soigneusement conduites, que la potasse est l’élément qui doit dominer dans la composition du tabac pour que l’on obtienne, à la fois, les qualités de combustibilité et de souplesse. Le savant agronome Bous-singault classa la potasse au premier rang dans les exigences du tabac, puis la chaux et l’acide phospho-rique. La potasse représente souvent 8 pour ioo de la plante sèche.
- Il convient donc d’insister sur ce point qui présente une extrême importance : l’application raisonnée des engrais à la plante, car c’est là le facteur essentiel de la quantité et surtout de la qualité des récoltes de tabacs.
- En terrain pauvre en potasse ne peut produire que des tabacs pauvres, dans lesquels il y aura peu de sels organiques de potasse et qui seront incombustibles, d’où la nécessité d’introduire dans les sols pauvres en cet élément des engrais qui en contiennent en quantité telle que l’on puisse satisfaire complètement aux besoins de la plante.
- La combustibilité dépend, avant tout, de la structure des feuilles et de leur composition. La structure la plus convenable est celle de plants vigoureux, qui ont pu se développer rapidement, par des temps chauds et suffisamment humides, et sur lesquels on a pratiqué des pincements méthodiques appropriés à leur état végétatif.
- Au point de vue de la composition chimique, il y a dans le tabac, à l’égard de sa combustibilité, deux facteurs antagonistes, dont on a pu, par des recherches expérimentales, fixer les limites.
- La qualité de combustibilité est d’autant plus prononcée que la teneur du tabac en potasse est plus élevée et sa richesse en chlore moindre. Pour qu’un tabac soit combustible, il faut qu’il contienne au moins 6 pour ioo de potasse et que la proportion de chlore ne dépasse pas o,6 pour ioo.
- -sSm
- DE COMBUSTIBILITÉ DES TABACS
- Toute la question se résume donc à ceci :
- Apporter une attention toute particulière à l’application des engrais, à la culture du tabac, ne pas négliger l’élément potassique dans la fumure, et éviter l’emploi d’engrais susceptibles d’y introduire du chlore (chlorure de potassium).
- Les expériences .culturales ont démontré que les sels de potasse sont indispensables pour obtenir un bon classement des tabacs. C’est ainsi que par l’emploi du sulfate de potasse on a fait passer des récoltes de tabac de deuxième catégorie en première catégorie.
- Par contre, dans les terres où cet élément fait défaut, les feuilles de tabac récoltées sont longues, mais elles manquent de finesse, de souplesse, d’onctuosité, de résistance, de coloration, qui caractérisent un tabac de bonne qualité.
- L’application excessive d’engrais azotés a pour effet d’augmenter le rendement du tabac, mais elle en déprécie la qualité et en diminue la valeur qui s/abaisse à la troisième qualité des tabacs marchands. Les feuilles se comportent mal au séchoir; elles se couvrent de moisissures, prennent une teinte noirâtre, manquent d’élasticité, de finesse et de souplesse.
- En supposant une récolte moyenne de 2000 kg de feuilles par hectare, il faut environ 100 kg de potasse soluble par hectare (soit 200 kg de sulfate de potasse) pour élever d’un centième la teneur en potasse des l'enilles de tabac. Ce chiffre peut servir de base pour calculer la fumure à appliquer au tabac, en tenant compte de la composition du sol oit cette plante doit être cultivée.
- Des expériences faites dans le Sud-Ouest et le Sud-Est de la France, sous la direction de MM. Trichereau, Verdie, Desmoulins, Drouhault, professeurs d’agriculture, se dégagent les conclusions suivantes :
- La potasse donne de la souplesse et de l’épaisseur à la feuille et de la finesse au parenchyme. C’est cet élément qui assure la parfaite combustibilité du tabac.
- L’emploi simultané d’un engrais potassique et d’un engrais phosphaté, comme complément d’une fumure azotée, hâte de 26 jours la maturité du tabac. L’apport d’acide phosphorique seul à une fumure azotée n’augmente le rendement que dans une faible proportion. En associant la potasse et l’acide phosphorique et en les ajoutant à l’engrais azoté, on améliore la qualité du'tabac et on augmente considérablement le rendement quantitatif.
- Dans les terres ayant reçu .du fumier de ferme, il faut, pour obtenir une bonne récolte de tabac, apporter, en outre, les quantités suivantes d’éléments fertilisants :
- Par hectare:
- Azote......................... i3ô kg
- Acide phosphorique .... y5 —
- Potasse............ ... . 125 "
- L’azote doit être sous forme d’engrais azoté-, concentré et rapidement assimilable, tel que le sulfate d’ammoniaque, le sang desséché, le nitrate de soude, les.com-pos's, les vidanges, le fumier des poules; et des pigeons, etc.
- Avec les tourteaux, le tabac récolté aura de la couleur et « de la main ». Le niLrate de soude devra tpu--jours être employé concurremment avec ces engrais,et les engrais potassiques, et phosphatés.. Il ne ,peut présenter des inconvénients (fabacs grossiers, nerveux’, noirâtres, de qualité inférieure) que s’il est, employé’ seul et sur des plantations tardivesc'est-à-dire après, la dernière semaine.-dui mois de mai.
- La potasse offre, eq putre, le précieux ayq*tager d!as--surer la consécration du tabac, de lui conférer Lima**-, ni té coptr'e les maladies bactériennes, et erÿptpgnnriquesi. Le tabac qui a reçu de la.potasse ne « ,se piqué » jamais à la pente; il est exempt de rouille et de nielle : deux maladies fréquentes dans les . terrains où l’azote est.en, excès par le fait d’une fupiure azotée trop, abondalite,.
- Il importe essentiellement de savoir discerner la forme sous laquelle une .culture de .tabac «l[oit recevoir-l’élément..potassique. , ’ . ;
- t Le nitrate e;t le carbonate de potasse ne soûl pas des
- Jp-
- p.2x118 - vue 530/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- engrais économiques; ils atteignent les prix les plus élevés. En outre, le carbonate de potasse est caustique.
- Le chlorure de potassium et la kaïnite, à cause de leur teneur élevée en chlore, diminueraient la combustibilité du tabac. La kaïnite provoque la chlorose des pieds de-tabac.
- On ne doit donc faire intervenir dans les formules de fertilisation, avec les engrais azotés et phosphatés, que le sulfate de potasse ou les cendres de bois non lessivées.
- Le tabac contient une forte proportion d'acide sulfurique sous forme de sulfate. C’est une raison de plus pour employer le sulfate de potasse. Les cendres de
- bois contiennent quatre à cinq fois moins de potasse que ce dernier.
- Enfin, il faut retenir que sans engrais phosphaté la potasse reste inactive.
- L'Administration s’élève avec raison contre la tendance qu’a le cultivateur à produire des tabacs ayant du poids, à l’exclusion de la qualité. De son côté, le cultivateur veut une rémunération convenable de son travail et des capitaux qu’il engage dans cette culture.
- La conciliation des intérêts sera réalisée lorsque les producteurs seront initiés complètement à la pratique de la méthode scientifique permettant d’obtenir les plus belles récoltes de tabac, en poids et, surtout, en qualité.
- Henri Blin.
- BOITE AUX LETTRES
- QtfC
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature •oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. Defrance' à Saint-Vincent, par Bône. — Le moyen le plus pratique d'imperméabiliser votre burnous de laine est de le tremper dans l’acétate d’alumine que l’on obtient par double décomposition en mélangeant les deux solutions A et B qui suivent :
- A. Alun pulvérisé...................... 5oo gr.
- Eau chaude..........................5ooo —
- Après dissolution de l’alun y verser :
- Carbonate de soude (cristaux). . a5 gr. • Eau chaude..........................1000 —
- B. Acétate neutre de plomb .... 5oo :—
- Eau chaude .........................4000 —
- Par ce mélange il se forme un précipité de sulfate de plomb qu’on laisse se déposer pendant 12 heures et on décante le liquide clair contenant l’acétate d’alumine. On plonge dans ce liquide le tissu à imperméabiliser et laisse en contact une heure ou deux, on tord légèrement, laisse sécher, puis termine par un repassage qui est indispensable pour fixer l’alumine mise en liberté vers 8o° par décomposition de l’acétate.
- M. P. Gallet, à Bruxelles. — La mixture suivante vous donnera très probablement satisfaction pour le recollage des gants en caoutchouc. Faire dissoudre.:
- D’une part :
- Caoutchouc.......................... 10 gr.
- Chloroforme.........................25o -—
- D’autre part :
- Caoutchouc......................... 10 gr.
- Colophane............................ 4 —
- Essence de térébenthine............. 4° —
- Mélanger au moment de l’emploi par parties égales, appliquer sur les pièces à réunir et laisser sécher sous pression.
- N.-B. —> Pour effectuer les dissolutions ci-dessus, opérer de préférence dans un ballon relié à un réfrigérant à reflux, ceci afin d’éviter toute possibilité d’inflammation.
- - M. Jarson, à Antibes. — i° Sous le nom de fils émaillés, on trouve dans le commerce des fils de cuivre recouverts d’un vernis constitué par une dissolution à 5 pour 100 d’acétate de cellulose dans l’acétone et contenant en outre un ignifugeant tel que le phosphate triphénylique ainsi qu’un plastifiant, par exemple la triacétine ; le tout est coloré par une couleur d’aniline. 20 Les vernis a Vacétate de cellulose conviennent parfaitement au recouvrement des objets métalliques, vous pourrez consulter à ce sujet l’ouvrage de M. Mathis : Les vernis isolants en électrotechnique, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. le DT Burguet, à Montélimar. — Le linge taché de sang peut être facilement nettoyé avec une solution d’acide tartriqüe. On doit commencer par laver les objets souillés dans l’eau tiède contenant une cuillerée à café d’acide tartriqüe pour un demi-litre de liquide; l’acide dissout les pigments sanguins qui donnent à la
- solution une coloration brune. On essore, puis on rince à l’eau douce. Eviter l’emploi du savon. En ce qui concerne les taches d’urine, l’eau tiède suffit si elles sont fraîches ; vieilles de quelques jours elles disparaissent comme le sang en milieu acidulé par l’acide tartriqüe ; dans le cas d’urines pathologiques, employer l’acide nitrique très étendu d’eau qui fait disparaître les pigments biliaires.
- M. Marcadier, à Nice. — i° L’emploi d’un métal n’est pas à conseiller pour les cuvettes photographiques à cause des réactions chimiques éventuelles, il est préférable de s’en lènir au verre et à la porcelaine, ou, si les cuvettes doivent être de grandes dimensions, au carton viscosé. 20 Aucun alliage n’a jusqu’ici remplacé convenablement le platine pour les usages de laboratoire, mais il n’en est pas de même du quartz fondu qui donne d’excellents résultats dans la plupart des cas sous forme de capsules ou creusets. Vous pourrez vous procurer des articles de ce genre à la Société Le Quartz fondu, à l’Argentière-La-Bessée (Hautes-Alpes).
- M. Legrand, à Luisant. — i° Nous ne pouvons entreprendre l’analyse de toutes les spécialités, qui sont aujourd’hui légions, uniquement pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs. 20 On peut sans aucun inconvénient remplacer le silicate de soude par du silicate de potasse pour préparer la colle destinée à la réparation des faïences. 3° Limaille cle fonte ou limaille de fer peuvent servir indifféremment pour le mastic dë fonte. 4° La térébenthine de Venise est l’exsudation du sapin argenté (Abies pectinata), la térébenthine suisse, celle du mélèze (Larix europœa), enfin la térébenthine ordinaire ou de Bordeaux provient du pin maritime [Pinus mari-tima). 5° La teinture capillaire dite Niger s’obtient par l’emploi successif de deux solutions.
- A. Sulfure de sodium ...... 5 gr.
- Eau distillée....................100 —
- B. Nitrate d’argent.............. . 6 —
- Eau distillée................... 100 —
- On commence par mordanceb les cheveux avec la solution A. On attend dix minutes, puis applique la solution B et rince à fond. 6° Le ciment japonais dont vous indiquez la préparation nrest qu’un empois d’amidon, il ne peut évidemment résister ni à l’eau, ni au feu.
- M. JLaisné, à Vannes. — Vous trouverez tous les renseignements sur la fabrication des hypochlorites et en particulier de l’eau de Javel dans l’ouvrage Le chlore et ses dérivés, par Billion, éditeur. Albin Michel, rue Huyghens, Paris.
- M. Cardeilhac-Soubiron, à Montréjean. — Le laquage du carton s’effectue en étendant sur celui-ci, préalablement encollé et sec, une solution de :
- Borax ............................. 200 gr.
- Gomme laque........................ 200 —
- Eau................................2400 —
- Cette solution se prépare à chaud et doit être passée au tamis fin avant emploi. Quand, l’enduit est sec, on polit à la brosse douce.
- M. Barnier, à Chauriat (Puy-de-Dôme). — i° C’est la base libre paramidophénol qu’il faut employer. 20 Comme ouvrage le plus complet sur la teinture des peaux, voyez : La grande industrie tinctoriale, par Bcltzer, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Auguslins.
- -$?) 120 p-
- p.2x119 - vue 531/620
-
-
-
- LA NATURE^
- Supplêm<40\
- N° 2507 22 Avril 1922
- Nécrologie : Ph.-A. Tfiïye. ~— M. Guye, savant suisse érninenl, est décédé le 27 mars dernier. M Haller a résumé son œuvre comme il suit dans la séance de l’Académie des Sciences du 3 avril 1922.
- Physico-chimiste éminent, M. Ph.-A. Guye, professeur à l’Université de Genève, était, quoique jeune encore, un dés plus anciens Correspondants de la Section de Chimie. Son œuvre, aussi étendue qu’originale, se distingue par un souci constant de la rigueur et de la précision.
- Pénétré, dès ses débuts dans la science, que des mesures n’ont de réelle valeur que si l’on s’adresse à des corps purs et chimiquement définis’, M. Ph.-A. Guye a consacré plusieurs années à des recherches qui lui ont permis de se familiariser avec toutes les méthodes en usage dans la synthèse minérale et organique, ainsi que dans l’analyse.
- Bien armé au point de vue de la technique expérimentale, et après avoir passé son doctorat à l’Université de Genève, M. Ph.-A. Guye vint à la Sorbonne dans le laboratoire de Ch. Friedel où une orientation nouvelle fut donnée à ses travaux.
- C’est à Paris qu’il1 commença ses importantes recherches sur la dissymétrie moléculaire, recherches qui lont en quelque sorte suite à celles, classiques, de Pasteur, Le Bel, Yan’t Hofï, etc. Elles ont eu une répercussion considérable dans le domaine de l’asymétrie et lui ont valu le prix Vaillant de l’Académie des Sciences. Joint à un Mémoire sur « le coefficient critique et la détermination du poids moléculaire au point critique », ce travail a fait l’objet de sa thèse en Sorbonne. Retournant à Genève comme professeur de Chimie théorique et technique à l’Université, M. Ph.-A. Guye y continua ses recherches, forma des élèves et devint, au bout de peu d’années, un véritable chef d’Ecole.
- Indépendamment d’études d’ordre purement scientifique qu’à aucun moment il ne consentit à perdre de vue, le savant professeur aborda des travaux relatifs à l’électrochiijîie et en rapport.avec le développement des industries électrotechniques de son pays. Les uns concernent l’électrolyse des chlorures alcalins, et les autres la production de l’acide azotique synthétique. Ces derniers ont été, au début, effectués avec MM. Naville et Ch.-A. Guye et poursuivis plus tard par l’auteur seul. Cette contribution importante, apportée à la solution d’un des problèmes les plus captivants de synthèse industrielle, a été récompensée par l’attribution aux auteurs suisses de la médaille d’or de notre Société d’Encouragement pour l’industrie nationale.
- Les vingt dernières années de l’activité scientifique de l’illustre chercheur ont été consacrées au contrôle des poids atomiques. Il est difficile de résumer des travaux de ce genre, parce que leur intérêt réside principalement dans le soin apporté à la purification des produits à étudier, et à l’exécution de tous les détails des opérations, ainsi que dans la critique judicieuse des expériences. D’après Sir E. Thorpe, dont la compétence en ces matières est bien connue, « les méthodes physicochimiques, adoptées à Genève pour contrôler les poids atomiques par la densité des gaz corrigée de l’écart à la loi d’Avogadro, réalisent, au point de vue de la précision, un progrès aussi important par rapport aux méthodes de Stas que celui accompli par ces dernières méthodes comparées aux observations anciennes. »
- L’action de M. Ph.-A. Guye ne s’est pas bornée à celle du chercheur original et ingénieux dans le domaine qui lui était dévolu. Désireux de doter les, pays de langue française d’un organe spécial où seraient publiés les travaux se rattachant à sa science de prédilection, il fonda, dès igo3, le Journal de Chimie physique, qu’il alimenta en grande partie par des Mémoires sur des recherches exécutées dans son propre laboratoire. Malgré les difficultés de toute nature qu’il a dû surmonter, malgré une santé précaire due à un surmenage intensif, notre regretté confrère a tenu à assurer l’existence de cette précieuse publication jusqu’à sa mort.
- C’est dans le même ordre d’idées que, pour affranchir les chimistes suisses de l’obligation de recourir aux périodiques allemands, il a, de concert avec un certain
- nombre de ses collègues, créé, en pleine guerre, les Ilelvetica acta chimie a destinées à recueillir tous les travaux de chimie effectués dans les laboratoires disséminés sur tout le territoire de la République. Très attaché à la France et par le cœur et par l’esprit, M. Ph.-A. Guye, tout en étant; un patriote éprouvé, n’a cessé de préconiser et de défendre la culture et les méthodes françaises, afin de dégager ses compatriotes de l’emprise allemande. Il a mis dans cette tâche délicate une ardeur patriotique, un tact et une continuité tels que ses avis étaient très écoutés, non seulement du corps enseignant helvétique, mais encore des pouvoirs publics auprès desquels son influence devenait sans cesse grandissante. Véritable animateur et entraîneur il a fait école et formé de nombreux disciples avec l’espoir que, peu à peu, les chaires de haut enseignement pussent être confiées en majeure partie à ses nationaux, et certaines d’enfre elles à des savants de formation latine.
- J’ajouterai enfin, qu’aussitôt la guerre déclarée, il a mis généreusement et sans bruit sa science et sa grande pratique au service de notre pays et des alliés. Nombreux et variés sont les conseils d’ordre technique qu’il a bien voulu nous donner, de façon à hâter et à améliorer nos fabrications de guerre.
- La mort prématurée de notre confrère met non seulement en deuil sa famille, ses amis et son pays, mais elle constitue aussi une perle irréparable pour la science chimique et pour notre propre pays. »
- La célébration du centenaire de la photographie.
- — Si l’on se rappelle qu’un cinquantenaire de la photographie a été célébré en 1889, on va d’abord penser que le moment n’est pas encore venu de songer à son centenaire. Il est pourtant bien établi, aujourd’hui, que Xicéphore Niepce obtenait déjà, il y a un siècle, des reproductions à la chambre noire, et il importe de ne pas confondre l’invention même de la photographie avec sa divulgation.
- L’exposition universelle ouverte à Paris en 1889 et les congrès internationaux dont elle provoqua la réunion avaient fourni une occasion favorable de commémorer, à son cinquantième anniversaire, la divulgation de la photographie. C’est, en effet, le 10 août i83g que le procédé de Daguerre, jusque-là tenu secret, fut connu par un rapport d’Àrago à l’Académie des Sciences. Si mémorable que soit cet événement dans l’histoire des sciences, la découverte même de la photographie est autrement importante ; on ne saurait évidemment confondre ces deux faits bien distincts, et les instigateurs des fêtes de 1889 ne manquèrent d’ailleurs pas de le faire observer.
- L’invention de la photographie remonte à l’époque où l’on réussit, pour la première fois, à fixer sur une surface sensible à la lumière l’image des objets extérieurs projetée par une lentille dans une chambre noire, et c’est à quoi parvint I.-N. Niepce, à Chalon-sur-Saône, en 1822.
- Le centenaire de cette grande découverte française tomberait donc cette année-ci; néanmoins, il a paru préférable d’en différer quelque peu la célébration, pour la faire coïncider avec les Olympiades et avec l’exposition d’art appliqué qui, en 1924, attireront à Paris un grand afflux de visiteurs.
- La Société française de Photographie, qui a pris l’initiative de cette commémoration, a déjà recueilli l’adhésion et le patronage de groupepients importants, à la tête desquels il faut nommer : l’Académie des Sciences et celle des Beaux-Arts, la Société d’Encouragement à l’industrie nationale, la Société de géographie, la Société de physique, le Touring-Club, le Club alpin, la Confédération générale des Sociétés scientifiques françaises, la Société des Amis du Conservatoire des Arts et Métiers, etc. La manifestation prévue comprendra une exposition historique, scientifique et industrielle, ainsi qu’un congi'ès et des conférences publiques.
- La désintégration des corps simples. — Les corps radioactifs nous offrent l’exemple de corps simples, au sens chimique du mot, qui se désagrègent spontanément en fournissant d’autres corps simples de poids atomique plus faible. C’est un cas de transmutation spontanée de la matière. Depuis longtemps déjà, l’on s’efforce de réaliser artificiellement d’autres transmutations du
- 121 Wr
- jG
- p.2x120 - vue 532/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- même ordre. Les savants sont poussés dans cette voie par l’hypothèse que tous les corps simples ne sont que des édifices plus ou moins complexes à hase d’électrons et d’atomes d’hydrogène ou peut-être d’hydrogène et d’hélium. A l’appui de ces vues vient le fait que les poids atomiques des divers corps simples sont, tous très sensiblement des multiples exacts de celui de l’hydrogène et qu’un grand nombre sont des multiples de celui de l’hélium, qui est 4-
- De récentes expériences des savants anglais Rutherford et Chadwick semblent venir confirmer ces hypothèses en réalisant la désintégration de corps simples. Ceux-ci ont été soumis au bombardement des particules et du radium, et les produits résultant de ce bombardement étudiés par les procédés extrêmement délicats de l’analyse spectrale des rayons positifs imaginée par J.-J. Thomson. Les deux savants ont soumis à cette épreuve le bore (poids atomique u), l’azote (14), le fluor (iq), le sodium (y.3), l’aluminium (27), le phosphore (3iJ et ils arrivent à la conclusion que le bombardement de ces corps donne naissance à quelques atomes d'hydrogène. Il est intéressant de noter que le poids atomique de ces divers corps est un multiple de 4 plus 2 ou plus 3 ; par contre, les éléments comme le carbone, l’oxygène, le soufre dont les poids atomiques sont des multiples exacts de celui de l’hélium, n’ont pas révélé sous le bombardement la présence de l’hydrogène. Ces résultats s’expliqueraient très bien en admettant que dans le premier cas on a affaire à Un édifice composé d’hélium et d’hydrogène, dans le second cas à un édifice composé d’hélium seulement.
- L’utilisation des résidus d’ardoisières. — Les
- exploitations d’ardoises n’emploient guère que 5 à 20 pour loo de l’ardoise extraite, comme dalles, tuiles, etc., 80 à g5 pour 100 restent à l’état de résidus, actuellement sans beaucoup d’emplois.
- Le Bureau des Mines des Etats-Unis a fait travailler la question de l’utilisation des déchets d’ardoises.
- En Angleterre, on les emploie beaucoup sous le nom de « Myrtox », une marque déposée, à Worth-Wales Penelop C° Led (comté de Garnavon).
- C’est une des charges (pour ne pas dire la charge), les meilleures marché qui existent pour le caoutchouc. C’est par excellence la charge qui donne dit « corps » aux articles de caoutchouc qui sont confectionnés avec elle. On lui donne dans le commerce le hom de <c Slate Flour » (farine d’ardoise); sa finesse doit être de l’ordre du passage au tamis a5o, ou mieux encore de la finesse maxima, que peut donner un séparateur Reymond, par exemple. La fabrication des tuyaux d’arrosage, des talons en caoutchouc et semelles, des bandes de roulements pour enveloppe, des « parkings » on garnitures pour presse-étoupes, des linoléum et toiles cirées (*) en emploie beaucoup.
- On la mélange aussi à l’asphalte et au goudron pour le garnissage des routes, la fabrication des cartons bitumés pour toitures, ainsi que les'planchers asphaltés et goudronnés. Nous avons d’ailleurs été un des premiers à signaler ce curieux produit, aux applications nombreuses, d’un bon marché remarquable, et dont la F1 rance possède des quantités inépuisables (-), en haldes, et non employées jusqu’ici (Cf. Revue des produits chimiques (23), i5 décembre 1919, p. 6a3. A. Hutin.
- L’océanographie de îa Baltique. — L’ « Institut thalassologique » de Finlande, chargé des observations océanographiques sur les côtes de cet état, vient de publier six fascicules intéressants concernant les conditions physiques de la partie nord de la Baltique. Le n° 10 renferme les observations sur les vents et les courants relevées de 1914 à 1920 à bord des bateaux-feux finlan-
- 1. Briques, ciments, savons nbrasifs, jxoudrè à nettoyer, verre, poterie, dalles, truies, peintures à la détrempe, isolateurs, isolants moulés h la gomme laque et ntix dopais. Les briques, denses, à haut pourcentage en silice, supportent d’assez hautes températures.
- 2. Composition d’une ardoise :
- Si O2 60 6(i
- Àl2Os 20, , 3f>
- Fes03 8 . a(i
- CaO 0 9(>
- MqO 2. ro
- K20. X , .41
- Nn*0 3. ,08
- C0*-f-H>0 3. •U
- dais, le n° 5 les observations concernant la salinité et la température à la surface pendant la même période dans les mêmes stations. Trois autres fascicules (nos 4,
- 6 et 9) sont consacrés aux observations accomplies en 1904, 1919 et 1920, dans les golfes de Bothnie et de Finlande au cours des sorties du bateau de recherches appartenant à l’Institut.
- Les conditions glaciaires de la Baltique sont très mal connues des géographes de l’Europe occidentale. Ce phénomène constitue pourtant une leçon de choses fort instructive à tous les points de vue. Aussi bien nous parait-il utile de signaler l’étude de M. Gunnar Granqvist sur la glaciation des côtes de Finlande pendant l’hiver 1913-1914 (fascicule 3); elle complète les observations fournies sur ce sujet dans les annuaires de 19x1 à 1 gt3 des Hydrographischen-Biologischen Meeresuntersuchungen de Finlande publiés par la So-cietas Scienliarum fennica et le mémoire de M. Hugo Karsten, Untersuchungen (cher die Eisverhaltnisse im Finnischeri Meefhusen und im nôrdlichen Telle der Ostsee. 1. Beobachtungen wahrend der Winter 1897-1902 portant le n° 6 de cette même série. Les publications de l’Institut thalassologique d’FIelsingfoi's sont rédigées en finnois, mais accompagnées d’un résumé allemand. Charles Rabot.
- Influence de l’orientation sur la reprise des arbres transplantés. — A l ile d’Anticosti, située au Canada, à l’Est du Labrador, M. Martin-Zédé a fait d’intéressantes observations relativement à l’influence que l’orientation exerce sur la reprise des arbres relevés de pépinière pour être plantés en place définitive.
- Cet arboriculteur ayant constaté que sur le nombre de ses arbres (sapins, mélèzes, épicéas, bouleaux), plantés à l’automne, il en périssait la moitié, se rendit compte que la plantation des arbres faite au hasard, sans avoir égard à leur orientation en pépinière, devait être la cause des non-réussites. 11 remarqua que la partie de l’écorce à l’exposition nord, étant, bien plus épaisse, a davantage de résistance au froid et aux intempéries,tandis que l’écorce exposée à l’insolation du midi est plus mince et, partant, moins résistante.
- Muni d’une boussole, M. Martin-Zédé fit un essai. Avant de déplanter les arbres de la pépinière, il s’avisa, très judicieusement, de repérer leur orientation individuelle et de mài’quer sur chacun, au moyen d’un signe bien apparent, une des branches exposées au nord. Faisant alors la transplantation au nouvel emplacement, il dirigea, du côté du noi’d, la branche marquée.
- Depuis le moment où il adopta cette manière de procéder, il put constater que le nombre d’arbres non repris était insignifiant, ne dépassant pas fi à 8 pour ioo„ tandis qu’avant l’emploi de cette méthode, la proportion, dépassait souvent 5o pour 100.
- L’influence de l’orientation sur la reprise des arbres-, transplantés serait probablement de bien moindre importance sous le climat de la France que sous le climat froiâ de l’île d’Anticosti. Nos arboriculteurs auraient intérêt, semble-t-il, à faire, de leur côté, des essais comparatifs.
- Troisième Conférence Internationale de la Chimie.
- — La ti-oisième Conférence Internationale de la Chimie aura lieu à Lyon, du 27 juin au 2 juillet.
- C’est à Bruxelles, au. cours de sa deuxième Conférence, que Y Union Internationale de la chimie pure et: appliquée décida de confie)' à la Fédération nationale-des Associations de Chimie de France le soin d’organiser sa session annuelle de ïg22.
- Le Conseil de la Fédération porta son choix sur la-ville de Lyon comme siège de cette Conférence et un Comité local fut chargé d’en assurer la px'éparation.
- Deuxième Congrès de la Chimie industrielle. — Le deuxième Congrès de la Chimie industrielle, organisé par la Société de Chimie industrielle, se tiendra cette année à Marseille, du 2 au 7 juillet, dans les locaux des Instituts techniques.
- Parmi les questions générales qui seront étudiées d’une façon particulière figurei’ont celles des ressources minérales, végétales et animales de nos colonies et des matières grasses, savons, etc.
- Ces deux grandes questions se rapportent à l’activité industrielle de la région de Marseille et sei’ont, en outre, pratiquement examinées au cours de la visite de l’Exposition coloniale.
- p.2x121 - vue 533/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- ,<teD
- CM.
- Travaux d'amateur
- un bas on coupera cette fois un gauche ou un droit et vice versa. Ayant par exemple un bas et un gauche,
- Confection d’un cadre. Conseils pratiques. — La
- confection d’un cadre ne présente rien de compliqué et tout amateur un peu adroit s’en tirera facilement. Le travail peut se décomposer ainsi qu’il suit : i° Couper les baguettes; 20 les ajuster; 3° les coller; 4° clouer (pour les gros cadres seulement); 5° Couper le verre;
- Panneau.
- Définitions. — Considérons un cadx-e placé devant soi, à plat, sur une table, la gravure en dessus, dans une position normale pour la regarder. La partie de la baguette en contact avec la table est le dessous, qui porte la feuillure destinée à recevoir le verre et la gravure. La partie opposée est le dessus qui présente des moulures s’il y a lieu. Les côtés verticaux à l’intérieur du cadre seront dits côtés intérieurs, leurs opposés sont
- les côtés extérieurs. Le côté le plus rapproché de soi sera le bas et le côté le plus éloigné le haut. On appellera gauche celui qui së trouve à la gauche de l’ob-servatettr, et droit celui qui se trouve
- à sa droite. Nous
- appellerons onglet les sections à 45° des baguettes.
- i° Couper les baguettes. — On se sert d’une <c boîte à onglets » et d’une petite scie à dents assez fines pour ne pas arracher le bois. Un bocfïl (fig. i) ou scie à métaux convient parfaitement. La boîte à onglets (fig. a) jreut s’acheter toute faite et coûte de 7 à 8 francs, mais on peut la faire faire facilement par un menuisier quelconque ou même la faire soi-même si l’on est un peu adroit. Il faudra 'avoir soin de veiller au parallélisme des parois verticales et à ce que les encoches pour le passage de la scie soient bien perpendiculaires à la
- planche de base. On vérifiera soigneuse -ment leur inclinaison à 45° et on les prolongera en entamant un peupla planche de base pour scier complètement la baguette. Il faudra employer des planches assez épaisses, 2 cm environ. Pour couper la baguette, on applique le bord extérieur con--tre une des parois verticales à l’intérieur de la boîte, on la maintient for-tement appuyée de la main gauche et on scie de la main droite en engageant la lame dans l’encoche convenable (fig. 3). La scie doit toujours attaquer le dessus de la baguette pour éviter les esquilles de ce côté qui doit rester bien net.
- Cette opération détermine un des onglets ; on procède de même pour l’autre onglet et l’on a ainsi un des côtés du cadre. Sa longueur mesurée sur le côté extérieur doit être celle du côté correspondant de la gravure moins déux fois la largeur de la feuillure, plus deux fois la largeur de la baguette (fig. 4). On coupe ensuite le côté voisin, c’est-à-dire qtie si l’on a coupé un haut ou
- L+ 2 b-'2a
- dessous
- feuillure
- Gravure
- Fig.
- 2e onglet
- baguette à couper
- Ieronglet
- \ trace faite d un A coup d'épingle. La scie devant bien suivre ce trait..
- Fig. r,.
- on repère le haut en superposant le bas, déjà coupé, à la baguette à couper, les onglets de l’extrémité coïnci-
- ________extérieur _______________
- droit Æjiaut/
- intérieur
- Fig. G.
- dent bien exactement. Avec une épingle on trace un petit trait sur la baguette, le long du 20 onglet (fig. 5), c’est ce trait que l’on placera bien exactement sous la scie. On repère de même le droit au moyen du gauche et l’on a ainsi des côtés bien égaux deux à deux. La figure 6 indique les coupes à faire pour avoir le moins de perte possible.
- 20 Ajuster les côtés. — Ou place les côtés de même dimension l’un sur l’autre par leür face intérieure et on s’assure que leurs longueurs sont bien égales. Sinon au moyen d’une râpe à bois on les rectifie (fig. 7). De même, pour assurer l’ajiistage des baguettes sur le dessus, au lieu de laisser les sections perpendiculaires
- La partie hachurée serait à abattre
- Fig. 7.
- m^L.égère section mm oblique.
- I I J\ (exagérée n uk intentionnellement )
- Section
- 1dessous
- Intérieur
- feuillure
- D
- aux côtés extérieur et intérieur des baguettes, on leur donne à la râpe une légère inclinaison vers le dessous en laissant bien intacte l’arête du dessus (fig. 8). Ceci fait, on place les côtés dans la position qu’ils occuperont le cadre terminé (fig. 9) et, pour éviter des modifications d’ajustage, on n’en dérangera un qu’après avoir mis en place celui que l’on tenait. En somme on établit le cadre sur la table sans le coller et l’on s’arrange pour que la position d’un côté par rapport aux autres ne Varie plus. Ainsi le bas ne devra pas être mis à la place du haut bien que de même dimension. Ensuite, en plaçant chaque baguette sur l’équerre, on vérifie la parfaite jonction des onglets /qui doivent s'ajuster ensemble, et l’on rectifie à la râpe s’il y a lieu pour obtenir ce résultat
- / bas -vJ Fig. 9-
- p.2x122 - vue 534/620
-
-
-
- ïmf-
- SCIENCE APPLIQUEE
- qui est très important (fig. 10). Le cadre étant donc assemblé bien à plat sur la table, on l’entoure d’une licelle que l’on noue sur un des coins pour plus de commo-
- Correct
- Incorrect
- Incorrect
- l;ig. 10.
- dité (fig. xi), mais le nœud étant serré on l’amène au milieu d’un des côtés (fig. ia) ; la ficelle doit être forte et ne pas être serrée avec exagération, mais le nœud ne
- ficelle
- nœud
- devra pas pouvoir se desserrer (nœud de tisserand). Une dernière fois, on vérifie la jonction des onglets, puis sur chaque onglet on perce des petits trous avec
- un poinçon ou une queue de lime, ce qui retiendra mieux la colle (fig. i3). Ne pas trop appuyer pour ne pas faire éclater le bois. Ceci fait, on assemble à nouveau le cadre dans la ficelle en le plaçant sur un carton fort ou une planche bien dressée, permettant de déplacer le tout sans toucher aux parties en train de sécher. Sous chaque coin on mettra un petit morceau de papier qui empêchera le cadre de coller au carton si la colle venait à déborder (fig. 14).
- 3° Coller les côtés.— Pendant que chauffe la colle forte, au bain-marie, on coupe huit petits morceaux de bois aux dimensions de la figure i5 qui n’ont d’ailleurs rien d’absolu. La colle étant chaude, 'on l’étend d ’e au pour la rendre bien liquide, elle doit to in b er du pinceau en gouttes
- précipitées mais non en filet, en tout cas il faut qu’elle soit bien chaude, on enduit alors rapidement les onglets de chaque côté en remettant soigneusement un côté en
- Q) r
- ci C m J L
- Ce
- 0 c: zr
- 0 U
- 10 rr
- zc
- papier
- Fig. 14.
- des déplacements des côtés, de peu d’importance tant qu’ils restent joints dans la ficelle. Les huit blocs ainsi placés, on les écarte petit à petit l’un de l’autre en effectuant des déplacements égaux sur les côtés de même dimension (fig. 16 B). On procède de même pour les deux autres côtés (fig. 16 C). Cette opération assure une tension énergique et régulière de la ficelle. On rectifie alors la position des côtés que l’on ramène bien au même niveau, que l’on place bien d’équerre, on vérifie l’aplomb horizontal du cadre qui doit reposer bien à plat. Tout ceci est facile tant que la colle est encore molle. Il ne reste plus qu’à laisser sécher pendant une nuit en déplaçant le tout par le carton en évitant de toucher au cadre.
- 4’ Clouer. — Si le cadre est gros, on le cloue avec des pointes « sans tète » dites « de vitrier » et en se plaçant sur un marbre ou quelque chose qui « ait du coup ». Les pointes seront assez fines et on en émoussera un peu la pointe d’un coup de marteau pour éviter de faire éclater le bois (fig. 17).
- 5° Couper le verre. — On le coupe aux dimensions de la feuillure, opération qui ne présente aucune difficulté quand on possède un bon diamant. 11 faudra du verre sans défauts et assez mince ; les vieilles plaques photo conviennent parfaitement.
- 6" Couper le carton. — On le coupe un peu plus petit que le verre, 1 cm en moins de chaque côté. Si le verre (et la gravure) ont i3/i8 cm le carton aura 12/17 cm.
- 70 Mettre en place. — On place le verre bien propre dans la feuillure, puis la gravure, puis le car ton. Au moyen de petites pointes sans tête, on maintient le tout en place. On met au moins deux pointes par côté et on les émousse légèrement. On les enfonce aussi horizontalement que possible en appuyant un gros marteau à l’extérieur du cadre et en tapant sur la pointe avec un petit (fig. 18). On tape horizontalement en faisant glisser le petit marteau sur le carton et avec précaution pour ne pas fendre le verre.
- 8° Coller le papier.— Finalement, pour éviter toute introduction de poussière qui aurait tôt fait de défraîchir la gravure, on colle au dos quatre bandes de papier fort qui recouvrent la baguette et une partie du carton (fig. iq).
- 90 Mettre les pitons ou Vanneau. — Si le cadre est léger et qu’on veuille le suspendre verticalement, on visse sur le dessous du haut un petit anneau que l’on se procurera chez tous les quincailliers (fig. 20) ; on peut également prendre un anneau de rideau et le passer dans une tresse que l’on collera sur le dos, à la colle forte. Si on veut le suspendre dans une q>osition inclinée, on
- Carton
- place quand on en a pris un autre et sans s’inquiéter de l’ajustage ou de la colle qui déborde ; elle s’écaillera facilement une fois sèche. Le cadre ainsi assemblé de nouveau dans la ficelle, on engage les petits morceaux de bois au milieu de chaque côté, entre la ficelle et le cadre et à raison de deux par côté (fig, 16 A). Ne pas s’inquiéter
- visse dans le dessous du gauche et du droit et au milieu de chacun d’eux deux petits pitons dont on se sert pour accrocher les tringles de rideau. Une ficelle passant dans les yeux des petits pitons, et de la grandeur voulue, permettra de suspendre le cadre dans la position voulue par la longueur de Iq ficelle (fig. 21).
- p.2x123 - vue 535/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- Ht
- Remarque. — Si c’est un pastel que l’on a à encadrer, on ne le mettra pas en contact avec le verre ; on l’en
- sépare au moyen de petites bandes de carton collées sur les bords du verre, et on recouvre le tout d’une bande de papier collée à la fois sur le verre et derrière le carton comme une gouttière (fig. 22). C’est cet assemblage que l’on placera ensuite dans la du cadre en se rappelant que le pastel est un essentiellement fragile et qu’il faut peu de
- poussière d’arc-en-ciel. Jean Mauveaux.
- A Verre
- 8 Languette carton C. Pastel D Carton
- E Gouttière en papier collée
- Fig*.
- 22.
- feuillure procédé
- choses pour faire tomber cette
- fc5 v
- 'Électricité
- Lampe de poche à accumulateur. — La lampe de poche à pile sèche est universellement répandue; mais elle a l’inconvénient d’étre de peu de durée. Il faut fréquemment remplacer la pile et c’est un sérieux inconvénient.
- La substitution d’un petit accumulateur à la pile sèche
- est un progrès sérieux ; on fait aisément de petits accus ayant les dimensions voulues, et dans lesquels l'acide est immobilisé; cependant les lampes ainsi cons-lituées se sont peu répandues. La cause en est à la difficulté de recharge des accumulateurs. C’est toute une opération que de recharger un accumulateur et la chose est aussi malaisée pour un petit accumulateur que pour un gros. Mais cette difficulté est aujourd’hui singulièrement atténuée par la multiplication des installations électriques d’automobiles; celles-ci constituent de petites usines génératrices de courant continu basse tension, toujours prêtes à fournir les faibles courants nécessaires à la recharge d’un accu de poche.
- Ce sont ces considérations qui ont décidé M. Challand à créer une jlampe de poche à accumulateur, fort judicieusement comprise.
- La lampe comprend un boîtier métallique identique à ceux des lampes usuelles ; il contient un accumulateur d’une capacité de 0,75 ampère-heure à 4 volts, fournissant un éclairage de 3 heures ; il peut être rechargé sur courant continu de o,i5 ampère en 6 heures. Pour le recharger sur courant continu 110 volts, on procède comme suit : on branche le pôle positif (rouge) de l’accumulateur au pôle positif du circuit de charge ; le pôle négatif (noir) de l’accumulateur au pôle négatif du circuit de charge en passant par une lampe mônowatt à blâment métallique de 110 volts-16 bougies.
- Pour, recharger la lampe sur la batterie électrique d’une automobile, on se sert d’un dispositif spécial nommé chargeur Autolux fourni avec la lampe. Il consiste en un support en aluminium ayant à sa partie supérieure une pièce moulée qui contient une résistance série et 2 plots contacts s’adaptant au moyen de ressorts aux 2 bornes du boîtier. Ce chargeur se lixe sur la voiture automobile; on le connecte au circuit électrique de celle-ci et il suffit (de relier aux 2 bornes du char-
- geur la lampe munie à cet effet de 2 bornes spéciales pour que la recharge s’effectue. Peu importe que le moteur tourne ou non ; les accus de la voiture fournissent le courant nécessaire.
- Le boîtier de la lampe, nous l’avons dit, est semblable à celui d’une lampe ordinaire. Il n’y a qu’une différence : la présence des 2 bornes nécessaires pour la recharge.
- Ces 2 bornes peuvent rendre d’autres services : la petite source portative d’électricité que forme l’accumulateur peut être utilisée à d’autres fins que l’alimentation de la lampe, dans bien des cas on peut avoir besoin pendant quelques instants d’un faible courant; pour mettre en action un contact de sûreté par exemple, repérer une coupure ou un court-circuit dans une installation, etc. On se sert de 2 bornes pour mettre l’accumulateur en circuit; dans ce cas, bien entendu, l’ampoule de la lampe est mise hors-circuit.
- La lampe de poche à accumulateur est construite par M. Challand, à Monnetier-Mornex (Haute-Savoie).
- Prix de la lampe complète sans le chargeur Autolux, 17 fr. 65, avec le chargeur 25 fr. 3o.
- Objets utiles
- Table scolaire et tabouret à hauteur variable. —
- L’hygiène, à l’école, exigerait que chaque élève fût assis
- Fig. 24. — Table scolaire et tabouret à hauteur variable.
- isolé à une table uniplace en rapport avec sa taille. Ce double desideratum est réalisé par la table scolaire à hauteur variable accompagnée de son tabouret à hauteur variable avec dossier, créés par le professeur Brunet et expérimentés au collège de garçons de Sisteron..
- Le caractère de cette table est de n’avoir qu’un seul pied, il en est de même du tabouret.
- Ce pied est formé d’une gaine dans laquelle coulisse une tige, à l’intérieur de la gaine est logée une bride de fer prenant son point d’appui au dos de la gaine et embrassant la tige. Cette bride, libre de tomber par son propre poids, se fixe d’elle-même dans l’une des encoches de la tige, et, travaillant par traction, serre la tige contre la gaine à la hauteur désirée. Un boulon à oreilles, fixé vers le bas de la tige, circulant le long d’une rainure pratiquée au dos de la gaine, permet un second serrage plus énergique que celui de la bride, et ces deux serrages bloquent le tout d’une façon complète.
- Pour éviter toute aspérité gênante sur le bureau de cette table, on a dissimulé les charnières du couvercle en établissant la tablette horizontale en contre-bas de 3 mm sur l’arête supérieure de la table.
- Pour loger les instruments pendant les séances de
- p.2x124 - vue 536/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- dessin, un petit tiroir a été placé en avant et au-dessous du bureau.
- Les deux grands avantages de cette table sont : i° de pouvoir instantanément se mettre à la hauteur désirée; 2° d’isoler l’élève en évitant une promiscuité fâcheuse,’ toujours malsaine et quelquefois dangereuse.
- Fig. :i5. — Vue de la table scolaire Ouverte, avec son tiroir tiré en avant.
- La grande simplicité de cette nouvelle table la rend robuste, élégante et de construction économique.
- La table scolaire et son tabouret ont obtenu une médaille de bronze au 19° concours Lépine. Elle est construite par M. Brunet, villa Burlières, à Sistei;on (Basses-Alpes).
- Un nouveau porte-plume réservoir à remplissage automatique. — Le porte-plume réservoir est devenu un accessoire indispensable, aussi voit-on apparaître un nombre de plus en plus considérable de modèles variés. Après une certaine renommée acquise par les articles anglais et américains, voici que l’industrie française se met à même de présenter des modèles susceptibles assurément de gagner la faveur du public,
- Nous croyons intéressant de signaler à nos lecteurs parmi la catégorie des porte-plume à remplissage automatique un nouveau modèle : « Le Pneu », remarquable à la fois par sa simplicité et son originalité.
- Le remplissage automatique suppose généralement quelque mécanisme aussi ingénieux que délicat et il faudrait plusieurs pages pour les décrire tous.
- Le Pneu, au contraire, ne comporte aucun mécanisme, ainsi que son nom l’indique, il est à remplissage pneumatique, ce qui estpour le moins intrigant; il suffit, en effet, dit
- G' cl b
- Fig. 26. — Porte-plume réservoir « Le Pneu »,
- la notice relative à son mode d’emploi, « de souffler dedans pour le remplir», tandis qu’on le trempe dans l’encre.
- A côté de ce procédé, que certains pourraient trouver peu élégant, son auteur en offre un autre équivalent en joignant à chaque appareil une petite poire en caoutchouc dont on coiffe le bout du porte-plume lui-même, le transformant en un véritable compte-gouttes, ' sans pour cela risquer d’y mettre la moindre goutte de trop .
- L’encre est normaleiuent contenue à l’intérieur d’un
- petit sac en caoutchouc c, analogue à ceux qui existent dans la plupart des appareils (self-ülling). Ce sac est lui-même enfermé dans le corps du porte-plume qui le protège et l’enferme hermétiquement, et qui est percé d’une petite ouverture 0, au bout opposé à la plume. Si on souffle par cette ouverture, avec la bouche ou à l’aide de la poire en caoutchouc, on comprime l’air dans l’espace compris entre la gaine et le sac en caoutchouc, comme celui-ci est très souple, ses parois s’écrasent et sa section primitivement circulaire prend une forme de haricot aplati comme le montrent les coupes de la fig. 26 ; l’air contenu dans le sac est automatiquement expulsé par le conduit d’encre à la plume.
- Si on trempe le porte-plume dans l’encre, on voit cet air s’échapper du liquide ; mais que va-t-il arriver si on cesse de comprimer l'air ? le caoutchouc, en vertu de son élasticité bien connue, va reprendre sa forme primitive, et comme la nature, fort heureusement, a horreur du vide, si on prend bien soin de laissfer un instant seulement la plume dans l’encre, celle-ci monte instantanément dans le réservoir remplacer l’air qui en était sorti.
- Le « Pneu » est fabriqué par M. C. Daussy, 53, rue Blanche, Paris.
- Automobilisme
- La torche Lucifer. — Lé touriste automobile qu’une panne malheureuse immobilise la nuit en pleine campagne, a besoin pour effectuer rapidement et sûrement la réparation nécessaire, d’une source puissante de lumière; toujours disponible et que l’on puisse placer au bon endroit.
- Les phares de la voiture, même s’ils continuent à fonctionner, n’éclairent qu’en avant du capot; les côtés de la voiture et tout le mécanisme restent dans l’ombre ; et la réparation la plus simple devient une opération délicate, à faire à tâtons.
- La torche Lucifer que décrit la revue Omnia fait disparaître cet embarras.
- Elle peut trouver, du reste, des applications en dehors de l’automobilisme.
- C’est en quelque sorte une petite bouteille à acétylène dissous ; elle se compose d’un tube terminé par une forte pointe en acier, qui permet de ficher l’appareil en terre à l’endroit que l’on désire; l’autre extrémité porte une douille nickelée formant robinet et un bec.
- L’intérieur du tube est rempli d’acétylène dissous en quantité suffisante pour fournir 1 heure 1/2 de lumière avec un bec de 20 litres.
- La torche mesure 5o cm de long sur 3,5 de diamètre. __ r
- Pour faire fonctionner la torche, il ia°U^C
- suffit de faire tourner la douille nie- toi,c]ie Lucifer.
- kelée de il 10 de tour; le gaz s’échappe . , ,, . . ,
- . i> h ” 1, 4/ A, hcc; IJ, 10111L
- et on 1 enflamme avec une allumette. en fibre1
- Pour éteindre, manœuvre inverse. q douille robi-
- La torche se recharge aisément sur binet; E, .siège une bouteille quelconque d’acétylène dis- du pointeau; sous, pour cela, on dévisse le bec, on le F, matière po-remplace par un raccord qui permet de reuse et ace-relier la torche à la bouteille; on ouvre tone; G, pointe l’un et l’autre de 1/4 de tour et la charge uciei.
- s’opère à fond en 10 minutes.
- L’échauffement du corps de la torche indique que la charge s’opère normalement.
- La torche Lucifer aide aussi à la mise en marche des moteurs à froid.
- Il suffit pour cela d’enlever le bec, de visser à-la place un raccord à olive muni d’un tube de caoutchouc que l’on fait pénétrer dans la prise d’air du carburateur.
- On ouvre la torche comme pour l’éclairage.
- On envoie ainsi en i5 ou 20 secondes, 2 à 3 litres d’acétylène dans le moteur qui part alors au premier tour de manivelle.
- En vente chez Mestre et Blatgé, 4b> avenue de la Grande-Armée, Paris.
- p.2x125 - vue 537/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- Jto
- m
- A PROPOS DU CALENDRIER PERPÉTUEL
- Nous recevons de M. Coslier, de Bruxelles, la communication suivante :
- «Je lis dans votre n° 25o2 l’article de M. Singer sur le « Calendrier perpétuel vivant. » Yoici un autre procédé de calcul qui, à mon avis, est plus pratique que celui exposé dans le susdit numéro, car il ne faut retenir aucun nombre par cœur, mais bien quelques règles, très logiques. C’est d’ailleurs sur ces règles qu’est basé le Calendrier de M. Singer comme tous les autres. Yoici les règles :
- I. On suppose l’année commençant le icr mars.
- II. On prend le reste de la division par 7 du quantième. -
- III. On additionne le nombre de mois de 3o jours multiplié par 2 et le nombre de mois de 3i jours multiplié par 3, nombre de mois écoulés entre le iür mars et le mois envisagé, celui-ci non compris évidemment.
- IV. On divise par 4 le nombre formé par les deux premiers chiffres de l’année, on prend le reste moins un, on multiplie par 5 cette différence.
- Y. On divise (éventuellement) et on prend le reste de la division par 28 du nombre formé par les deux derniers chiffres de l’année; on divise le reste par 7 et par 4, on prend le reste par 7 et le quotient par 4, on fait la somme de ces deux nombres.
- VI. Onfaitla somme des nombres trouvés en II, III, IV, Y, on prend le reste par 7, ce reste donne le rang du jour dans la semaine (1 lundi..., 6 samedi, 7 ou o dimanche). S’il s’agit d’un jour de janvier et de février, on diminue de un le millésime de l’année.
- II. est évident que chaque fois que l’on rencontre un nombre plus grand que 7, comme résultat final des opérations 3-4 ou 5 on peut le Remplacer par son reste par 7.
- Ces règles sont plus difficiles à énoncer qu’à retenir et à appliquer, ce qui peut se faire en quelques secondes :
- Exemples : 22 mars 1922.
- II. 22 mars : reste par 7. . 1
- III. Mois de 31.......... o
- Mois de 3o........... o
- IV. 19 ; reste par 4 : 3.
- 3 — 1 = 2 2X5 = io
- reste de iopar 7. 3 Y. 22 : reste par 7 . . . . 1
- quotient par 4- 5
- YI. Total ........ 10 soit 3, donc mercredi.
- Remarque : Si le reste en III était o, on prend 4-
- Exemple : 16 reste par 4 : 4 4 — i=3 3 x 5 = i5 ou 1.
- Auirei exemple : 16 janvier
- 16 reste par 7 ......
- janvier ; de mars 96 à janvier 97
- 6 mois de 3i jours 4 mois de 3o jours
- 17 17 par 4 reste 1
- 1 — 1 = 0 ox5 = o 97 — 1 = 96 reste par 28 : 12 12 par 7 reste 12 par 4 quotient
- 1797 (bataille de Rivoli). ................ 2
- 6x l=i8 ou 4) r 4X2= 8 ou 1 )
- 5
- 3
- o
- | 8 ou 1
- Total
- 8 ou 1
- C’est-à-dire lundi.
- La démonstration complète de ces règles estlongue, mais ce qui suit les rend plus faciles à retenir et les explique.
- i° En faisant commencer l’année au mois de" mars, on n’a pas à s’occuper des années bissextiles qui influeront sur le chiffre de l’année.
- 2° Les jours se répètent de la même façon tous les 7 jours.
- 3° Un mois de 3i jours = 4 semaines -j- 3 jours.
- Un mois de 3o jours = 4 semaines -j- 2 jours.
- Si le ier mars est le jour a, le icr avril sera le jour a -f- 3, le xer mai a -j-- 5, etc,
- 4° Les jours se reproduisent aux mêmes dates tous les 4 siècles, d’un siècle à l’autre il y a un décalage de 5 jours. 11 faut retrancher 5 pour avoir finalement o pour un dimanche, 1 poür un lundi, etc. ; on pourrait tout aussi bien retrancher 5 à n’importe quel chiffre trouvé.
- 5° Les jours se produisent aux mêmes dates dans un même siècle tous les 28 ans..
- Les jours se reproduiraient de la même façon tous les 7 ans s’il n’y avait pas d’années bissextiles. Autrement, chaque année est décalée de 1 par rapport à la précédente et de 2 si cette année précédente est une année bissextile (année commençant le ior mars) d’où la raison du quotient par 4-
- Le même raisonnement peut s’appliquer au calendrier Julien, où les années se reproduisent toujours tous les 28 ans. I, II, III et Y restent les mêmes.
- IV devient: diviser le nombre formé par les 2 premiers chiffres de l’année par 7, prendre la différence entre le reste de cette division et le nombre 7.
- Exemple : 12 octobre 1492 (découverte de l’Amérique).
- 12 reste par 7 5
- octobre 4 x 3= 12 ) 3 X ‘2 = 6 ) 18 = 4
- i4 reste par 7 = 0 7 — 0 = 7 ou 0
- 9 2 reste par 28 = 8
- 8 divisé par 7 reste 1 ) 8 divisé par 4 — 2 ) 3
- 12 ou 5 = -vendredi
- i3 donnerait
- x3 reste par 7 : 6
- 7 — 6=1.
- HYGIENE ET SANTE
- COMMENT ON ABIME SES CHEVEUX
- La Presse Médicale vient de publier l’étude ci-dessous que nous croyons utile de reproduire ici :
- Ainsi que le dit excellemment M. Sabouraud (*), il y a peu d’organes qu’on maltraite autant que le cheveu. Notons toutes les occasions de leur faire du mal qui se présentent à nous journellement : les s’avonnages, shampooings, lavages, chauffages de toutes sortes, la frisure incessamment renouvelée et par tous moyens, y compris la frisure permanente dite « indéfrisable » la plus malfaisante de toutes. Il y a ensuite les décolorations de toutes sortes et les teintures, qui de leur nature sont permanentes, mais demandent, en raison de la repousse continuelle du cheveu, d’incessantes retou-1. JJidtali.il médicali l. -XXXVI’, a" K, 25-28 janvier 1922.
- ches. Beaucoup de ces erreurs ne seraient pas graves si elles ne se renouvelaient pas incessamment. Elles sont graves parce qu’on les reproduit sans cesse ; elles sont graves par leur répétition, par leur permanence.
- Les savonnages. — Les savonnages sont tous faits avec des alcalins et tous les alcalins à dose forte sont des dissolvants du cheveu. Tel est le dilemme. Ou l’on se servira de savons presque neutres et ils savonneront mal, surtout avec des eaux dures comme celles de Pacis. Dans ce cas, le cheveu paraîtra gras parce qu’il est resté couvert de savon. Comme l’eau dure coagule le savon au lieu de le dissoudre, plus on rince et moins où l’enlève. Les çlieveux ainsi mal rincés resteront.collés par mèches, la brosse et le, peigne en les démêlant se
- p.2x126 - vue 538/620
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- couvriront d’une crasse blanche qui est du savon, et quand il en est ainsi, il s’agit toujours d’un mauvais rinçage. C’est cet inconvénient très déplaisant qu’on corrige par l’usage, dans l’eau, de cristaux de soude; une eau plus alcaline rincera mieux le savon. Toute base forte agit, de même, et plus on en ajoute à l’eau savonneuse, mieux se fera le lavage. On commence par quelques gouttes d’ammoniaque, on continuera par cuillerées.
- La chose une fois faite par hasard, on n’en voit que les avantages : besogne plus rapidement et mieux faite, cheveux secs qui néanmoins ont gardé leur lustre. N’oublions pas que la séborrhée, qui est un flux de graisse perpétuel, a rendu le cheveu laid, plat et terne. Après de tels savonnages, le cheveu est sec, flou; la même tête, après ce lavage, paraît en avoir deux fois plus; la patiente ne peut qu’en être enchantée. Elle-même poussera son coiffeur à recommencer ou un autre coiffeur à faire de même. Et chacun se piquera de faire mieux et plus vite qu’un autre en augmentant la dose de potasse ou d’ammoniaque. Les meilleurs shampooings, pour les coiffeurs, seront ceux qui vont le plus vite, c’est-à-dire ceux qui sont les plus alcalins.
- La tolérance de la peau limitera seule ces excès absurdes; certaines peaux ne tolèrent pas l’ammoniaque ou les cristaux à forte dose. Sur le moment, ce n’est qu’une cuisson plus ou moins forte et durable; mais, deux jours plus tard, l’épiderme brûlé s’exfolie, se couvre de squames qui rendent un nouveau savonnage plus pénible et plus irritant.
- A la longue, cependant, les patientes s’aperçoivent que leurs cheveux sont d’autant plus décolorés qu elles en envisagent un segment plus éloigné de la peau. Leur chevelure est tricolore. Et, en effet, sans le savoir, elles ont copié le procédé des Vénitiennes qui trempaient leurs cheveux dans une solution de soude caustique avant de les faire sécher au soleil sur une claie. Les belles du temps jadis attribuaient poétiquement à l’ac-,tion du soleil la décoloration qui s’ensuivait. C’était ainsi qu’on fabriquait le cheveu vénitien avant l’eau oxygénée. Mais bientôt, nos belles d’aujourd’hui remarquent que l’extrémité des cheveux s’effrite et tombe en morceaux, et sur leur peignoir, lorsqu’elles, se sont coiffées, elles remarquent des multitudes de cheveux cassés. Naturellement, coiffeurs et clientes croient à une maladie, car pas plus l’un que l’autre, ils ne savent reconnaître la cause du mal qu’ils ont fait ou laissé faire.
- D’abord, avant de remarquer le mécanisme qui raccourcit chaque jour leurs cheveux, les dames incriminent leur état général, leurs fonctions digestives qui ne se font pas, leur faiblesse, leur anémie. Elles s’imaginent que leur cheveu cesse de pousser et viennent sérieusement demander un tonique général pour leur anémie et une lotion qui réveille « la pousse du cheveu. » Celte croissance n’a jamais cessé de se faire. A la vérité, parmi les patientes qui ont remarqué leurs cheveux cassants, plusieurs comprennent que leurs cheveux se raccourcissent plus qu’ils ne poussent. Les plus observatrices examinent alors les pointes de leurs cheveux et trouvent que toutes sont divisées en petits pinceaux, en balais. Et non seulement les cheveux sont frangés du bout, mais souvent ils présentent à i centimètre de leur extrémité une petite boule grise visible à l’œil nu, au niveau de laquelle le cheveu se coude; c’est là que, dans quelques jours, il se brisera tout à fait.
- Certains coiffeurs ont observé cet état; ils ont vu ces petites boules grises assez semblables à des lentes, mais trois fois plus petites qu’elles. Ils ont cru à une maladie du cheveu et aussitôt lui ont donné un nom : la maladie de la perle, ce que nous appelons la trichorrexie noueuse. Les coiffeurs et leurs clientes ignorent tout à fait d’ailleurs que ces cheveux ne sont pas malades mais estropiés, et que ce sont eux qui les ont eux-mêmes estropiés. Ils aiment mieux supposer une maladie parasitaire, s’efforcer, comme les dermatologistes l’ont fait longtemps, d’en venir à bout par des lotions antiseptiques mordantes suivies de. nouveaux savonnages, ce qui aura pour seul effet de décupler les lésions.
- Ce qui vient d’être dit des savonnages au savon vise de même tous les shampooings qui ne sont que des savons liquides et même souvent, des solutions aqueuses de soude ou de potasse caustique.
- Le chauffage et la frisure. — Il ne semble pas que le chauffage du cheveu, au séchoir électrique par exemple, ait sur le cheveu la même influence fâcheuse.
- La chaleur, jusqu’à la limite de coagulation des albumines, ne semble pas nuisible; mais on ne peut dire la même chose de la frisure même légère qui dépasse de beaucoup cette température. Celle-ci altère le cheveu et le rend cassant, plus vite même que les savons trop alcalins. Il est à noter que les cheveux le plus souvent frisés sont les plus courts.
- Mais la pire des frisures, au point de vue qui nous occupe, est l’ondulation dite permanente ou frisure dite indéfrisable ou électrique. Elle est obtenue par le chauffage du cheveu, gaufré d’abord sur des épingles et plongé dans une éprouvette dont le liquide est chauffé par une résistance électrique. Ici, comme dans la frisure ordinaire, ce qui nuit c’est la température. Un tel procédé pourrait être moins nocif que la frisure directe au fer, entre des mains expertes et soigneuses, mais elle est faite avant tout pour durer longtemps; alors la température est poussée trop haut, quelquefois jusqu’à l’ébullition. On voit, après trois mois, tous les cheveux présenter à la file cinq ou six perles de trichorrexie, embroussaillés comme un feutre et raccourcis en ce laps de temps de dix et quinze centimètres de longueur. Ainsi la frisure dite jmrmanente devient-elle la plus malfaisante de toutes, alors que, maniée avec un peu plus de prudence, elle pourrait être le moins nocive.
- La décoloration. —Autrefois donc, on obtenait la décoloration des cheveux par le moyen des bases fortes. Les Gaulois utilisaient la chaux, les Vénitiens la soude, aujourd’hui on ne se sert plus que de l’eau oxygénée ; et, ici encore, on peut s’en servir bien ou mal. De toutes manières, cet artifice qui attaque le pigment des cellules propres du cheveu ne petit aller sans lui nuire. Tout cheveu décoloré est plus fragile qu’un cheveu non décoloré de la même tète. Mais on conçoit que des applications légères destinées à dorer légèrement un cheveu châtain, à retrouver chez une brune la teinte acajou chère aux peintres, soient moins nocives que les applications prolongées, amenant le même cheveu à la teinte jaune paille. Dans ce cas, on observe aux extrémités du cheveu un singulier phénomène, le cheveu a pris dans sa longueur une élasticité tout à fait étrangère au cheveu normal. On sent qu’on allonge les cheveux à la traction, et ils reprennent tant bien que mal leur longueur quand la traction a cessé.
- En outre, les extrémités des mèches sont intriquées, feutrées, crépelues. On dirait du crin préparé pour le feutrage. Cela, c’est l’abus évident du' procédé. Il est ruineux pour la chevelure. Une très légère « oxygénation », même longtemps poursuivie aux racines, ne nuit pas beaucoup, mais une application forte est un gros traumatisme du cheveu, un traumatisme dont il subira les conséquences tant qu’il durera et qui abrégera d’ailleurs considérablement sa durée.
- Les premières oxygénations sont prudentes et sages, mais les suivantes le sont beaucoup moins. On s’habitue à une teinte de cheveux plus claire comme à un parfum qu’on porte. Beaucoup de femmes en arrivent à des décolorations, non seulement préjudiciables à leurs cheveux, mais qui, de plus, sont ridicules à tous autres yeux que les leurs. Le disparate entre les cheveux blonds et les sourcils bruns accuse la fraude. Elles seules paraissent ignorer qu’elles se sont beaucoup enlaidies.
- Les teintures. — Le monde élégant vit à ce sujet sur trois équivoques : la première, c’est qu’il y a des teintures non seulement inoffensives, mais utiles au cheveu et profitables. La seconde, c’est que le henné, teinture végétale, est le type de ces bonnes teintures. La troisième, c’est qu’avec le henné, on peut donner au cheveu la teinte que l’on veut. Autant d’erreurs, bien entendu. D’abord il n’y a qu’un henné qui donne au cheveu une couleur rousse, et tous les hennés, dits bruns ou noirs, même s’ils contiennent du henné, ce qui n’arrive pas toujours, renferment à côté de lui d’autres teintures ayant leur caractère propre de nocuité. Enfin, il n’y a aucune teinture qui soit utile aux cheveux, toutes lui sont nuisibles, seulement elles le sont plus ou moins. Ajoutons que toute teinture où il entre du henné donne un reflet roux général qui peut être totalement étranger au type de la chevelure primitive et ne lui convenir en aucune façon.
- Il y a donc une totale différence entre des applications légères de henné sur une chevelure brune ou blonde, pour lui donner une couleur plus chaude et un reflet doré, et des teintures de plusieurs heures faites avec le
- p.2x127 - vue 539/620
-
-
-
- HYGIENE ET SANTE
- henné d’abord, ensuite avec de l’acide pyrogallique, du nitrate d’argent. Et puis, toute teinture suppose encore un ou deux shampooings qui ont leur coefficient traumatique supplémentaire.
- Toute teinture même indifférente à la peau est seule, au moins légèrement, nuisible au cheveu : elle le fragilise. Sa répétition nécessaire multiplie ses inconvénients. Il n’y a presque pas de chevelure teinte dont les extrémités ne soient cassantes et qui ne perde progressivement da sa longueur. Là encore, il y a de bons et de médiocres teinturiers; les premiers feront peu de mal aux cheveux, les seconds en feront beaucoup. Combien d’ignares préfèrent teindre fortement une chevelure pour la décolorer ensuite et « égaliser la teinte » avec de l’eau oxygénée. Combien d’autres, encore plus audacieux, commencent par déteindre une chevelure et
- la conduire au blond pâle pour la recolorer plus également ensuite, double et énorme traumatisme après lequel on voit des chevelures réduites à moitié longueur en quinze jours. Enfin certaines teintures sont toxiques à certaines peaux, telles le chlorhydrate de paraphé-nylène diamine, la para comme disent les coiffeurs, responsables de presque toutes les dermites plus ou moins graves, quelques-unes très graves qui se terminent par des affaires judiciaires.
- En résumé, ce qu’il faut savoir, c’est que toute teinture est nuisible au cheveu, quelle qu’elle soit. Elle est d’autant plus nuisible qu’elle traumatise davantage et plus souvent le cheveu, certaines le sont et par le colorant (nitrafe d’argent) et par le fixateur (sulfui'e de sodium), d’autant plus enfin qu’elles seront faites par certaines mains très maladroitement. R. B.
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- asc
- cssr
- Procédé de conservation des poires par le chi-nosol. — M. le professeur Hutinel, membre de l'Académie de Médecine, a essayé avec succès, pour la conservation des poires d’hiver, un dérivé de la quinoléine, le chinosol, produit résultant du traitement de l’oxy-quinoléine par l’acide sulfurique.
- On a employé une solution de chinosol au 3/ 1000e (t gr. pour 3 litres), en opérant de la manière suivante : Aussitôt après la cueillette, les fruits furent immergés dans cette solution antiseptique pendant ]8 heures; puis, sans être essuyés, ils furent placés sur des paillassons où ils restèrent, durant 12 jours environ, dans un local couvert.
- Les poires meurtries, tachées, tavelées, piquées, présentant des moisissures, furent soumises à ce traitement préventif; après qu’elles se furent asséchées, on les rangea au fruitier, où leur conservation fut parfaite. Les blessures, les incisions, les zones tavelées étaient sèches, les plaques des parties gâtées, pourries, avaient pris une teinte de vieux cuir et la consistance du liège.
- Les fruits ainsi conservés ont mûri un peu tard, mais on les trouva d’un goût exquis.
- Pour immerger les fruits dans la solution conservatrice, les arboriculteurs, suivant le mode opératoire de M. Hutinel, peuvent employer les cloches de jardins renversées, dispositif offrant toute commodité pour la mise en pratique de ce nouveau procédé.
- Un indicateur de tours très commode. — Pour mesurer la vitesse d’un arbre on emploie un indicateur ou compteur de tours, appareil qui comporte une pointe qui vient s’appuyer sur l’extrémité de l’arbre dont on veut mesurer la vitesse.
- Voici comment on peut agencer un compte-tours simple.
- On prépare une tige filetée à un pas très court et cette tige devra avoir une certaine longueur. Son extrémité sera agencée en pointe de même forme que celle d’un compte-tours ordinaire. L’autre bout comportera une tête et une partie lisse. Pour maintenir cette tige contre l’arbre on préparera Une poignée en fil d'acier solide qui sera recourbée pour jouer le rôle de palier sous la tète de la tige filetée. L’autre extrémité de ce fil d’acier sera recourbée et viendra former pointe de butée contre la partie extérieure de la tête de la tige filetée.
- Et maintenant solidement la poignée en fil d’acier, la pointe de la tige vient s’appliquer sur l’arbre et la tige tourne alors à la même vitesse que cet arbre. Une pièce formant écrou mobile porte une poignée qui servira à la maintenir de la main restée libre et. à la forcer de ne pas être entraînée par le mouvement de rotation» de la tige.
- On conçoit qu’il est possible de mesurer le déplacement de cet écrou le long de la tige pendant,,un temps donné et, connaissant le pas du filet de vis, d’en déduire rapidement le nombre de tours qu’a dû faire la tige filetée pendant le même temps. On passe facilement de ces indications à la yitesse en tours par minute.
- Par exemple., supposons que le déplacement soit de
- i5 cm en dix secondes et que le jias de la vis soit de un demi millimètre. Poiir i5 cm on aura donc 3oo tours de l’arbre et en 60 secondes cela représente ainsi une vitesse de 1800 tours, celle d’un petit moteur électrique par exemple. Bien entendu la tige filetée doit avoir un diamètre en rapport avec sa longueur pour ne pas trop fléchir sous la pression contre l’arbre et ne pas créer des résistances trop élevées à l’avancement de l’écrou. Ceci aurait pour effet de diminuer la vitesse du moteur surtout si l’on a affaire à un moteur de peu de puissance.
- Pour faire soi-même le yaourt (ou yoghourt). —
- Mlle Richelot nous indique la recette suivante :
- « Le yaourt s’obtient en provoquant la fermentation du lait à l’aide d’une petite quantité de yaourt bien à point qu’on lui incorpore dans certaines conditions de température.
- Se procurer d’abord une petite quantité de yaourt bien à point (on en trouve dans beaucoup de crémeries sous forme de « Yaourt Nestlé », « Yaourt du Caucase », etc.). Faire bouillir, pendant quelques minutes, du bon lait dans un récipient ayant autant que possible une largeur égale à sa hauteur. Le laisser tiédir jusqu’à température de 45 à 5o° C. (comme indication : on peut juste maintenir le doigt dans le lait à 5o°). A ce moment, délayer sans battre, dans une tasse, un peu de yaourt, à l’aide de ce lait qu’on verse cuillerée par cuillerée (pour éviter les grumeaux). Lorsque le yaourt est bien délayé, le verser dans le reste du lait bouilli. Il n’y a plus qu’à laisser refroidir le plus lentement possible.
- Pour cela, il est utile que le récipient soit entouré de tous les côtés, sauf le dessus de laine, ou d’un isolant quelconque comme dans les marmites noi'végiennes, sur une épaisseur d’environ i5 cm. Laisser reposer une nuit au tiède, en mettant un couvercle non hermétique (seulement contre la poussière).
- Conserver au frais ^consommer : l’été, le jour même; l’hiver, dans les deux ou trois jours au plus tard.
- Proportions : pour obtenir une tasse à thé de yaourt : une tasse à thé de lait, 2 cuillerées à café de yaourt. Pour obtenir un quart de litre de yaourt : un quart de litre de lait, une cuillerée à soupe de yaourt. Pour un demi-litre de yaourt : un demi-litre de lait, deux cuillerées à soupe de yaourt, etc.
- . Si on veut en faire tous les jours, le yaourt ainsi préparé coûte exactement le prix du lait ; il suffit de prélever chaque jour la petite quantité de yaourt nécessaire à la fabrication de celui du lendemain.
- Utilisation ménagère des pommes de terre gâtées. — Dans les pommes de terre atteintes de la « pourriture humide », l’amidon reste très longtemps intact, et est pratiquement aussi résistant que le péri-derme; la digestion bactérienne intéresse, tout d’abord, les membranes du tissu 'parenchymateux et le contenu cellulaire non amylacé.
- Pour utiliser les pommes de terre gâtées, il faut donc isoler cet amidon de la pulpe en voie de décomposition. On broie finement les tubercules gâtés, on tamise la pulpe étendue d’eau et on la soumet à un lavage abon-
- -$129 B-
- p.2x128 - vue 540/620
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- dant. Les eaux de lavage, étant: éliminées par line série de décantations successives, on filtre le dépôt et on le laisse sécher pour le pulvériser ensuite. On obtient ainsi une farine que l’on stérilise par passage au four, à-une température de ioo°.
- Après blutage, celle farine est propre à l’alimentation humaine. Non blutée, elle, peut servir à l’alimentation du bétail.
- Le blanchiment peut en être effectué par malaxage dans l’eau de Javel étendue et nouveau lavage, traitement complémentaire qui dispense du passage au four.
- Cette méthode très simple permet de récupérer près des 9/10° de la valeur nutritive originelle de la pomme de terre. Elle est applicable aussi bien aux tubercules gelés qu’à ceux qui ont pourri en silo ou par la maladie (pliyiophtora infestans).
- Lorsqu’on n’a que de petites quantités de tubercules gâtés, on les coupe, puis on les presse pour en exprimer le jus, ensuite on les fait sécher au four et on les broie pour les réduire en une farine qui se conservera longtemps.
- Dans les ménages, on peut aisément peler les tubercules, les diviser en tranches minces, les faire sécher dans le fourneau de cuisine, les broyer à l’aide d’uh hachoir à viande, repasser au four, pour dessiccation complète, et enlin, dans le moulin à cale.
- On obtient ainsi Une farine, sorte de tapioca, de parfaite conservation, utilisable en purée ou pour corser un potage.
- L’utilisation n’est possible que lorsque les pommes de terre ne sont pas trop gâtées oü pourries, H. B.
- Ecueils à éviter dans l’emploi des engrais potassiques d’Alsace. — En grand nombre d’agriculteurs français se plaignent des insuccès éprouvés dans l’emploi de la sylvinite (sel de potasse d’Alsace), éngrais nouveau, obtenu à un prix relativement moins élevé que
- les autres engrais minéraux, d’où l’engouement qui s’est manifesté pour cet engrais au point de le faire employer, parfois, à l’exclusion de l’acide phosphorique, de l’azote et de la chaux, principes constitutifs des plantes et, par conséquent, indispensables, comme le démontre la loi fondamentale qui régit la fertilisation des terres : la loi du minimum.
- I ne autre erreur à signaler réside dans l’emploi de la potasse d’Alsace sans avoir égard à la nature des terres : fortes et très argileuses ou légères et très calcaires.
- Dans les terres fortes, argileuses, la polasse d’Alsace conduit souvent à des résultats désastreux.
- La sylvinite est un mélange de chlorure de sodium et de chlorure de potassium.
- Dans les terres légères, calcaires, le chlorure de so-dium, en fondant, disparaît dans les couches profondes du sous-sol, sans nuire aux plantes. Le chlorure de potassium, en présence du carbonate de chaux contenu dans le sol, se dissocie, il se produit une double décomposition, un échange, duquel résulte le carbonate de potassé, assimilable par les plantes, tandis que le chlorure de potassium ne l’est pas.
- Dans les terres argileuses, manquant de calcaire, le chlorure 11e peut se transformer en carbonate dépotasse et la potasse reste inerte, sans utilisation possible par les racines des plantes.
- En outre, les sels de potasse et de soude de la sylvinite augmentent le défaut de compacité des terres argileuses, glacent le sol, le durcissent, il se forme à là surface une croûte imperméable à l’air et à là plüié ; les racines sont comme asphyxiées.
- La conclusion de ces observations, c’est qu’il faut réserver les engrais de potasse d’Alsace (sylvinite) pour les terres légères et calcaires oü, associés au superphosphate, ils donneronl les meilleurs résultats, notamment sur les légumineuses fourragères.
- H. B.
- ><
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. — M. E. Lebeaillt, à Saint-Lo.—- Le ciment suivant conviendra très probablement pour la réparation que vous avez en vue d'enveloppe de pneumatiqueS.
- Gutta percha........................ 4o gr.
- Caoutchouc Para................ 5o —
- Sulfure de carbone............. . 4c*o —
- Laisser digérer jusqu’à dissolution dans une bouteille bien fermée et ajouter :
- Colle de poisson liquide . . . , , 3o gr,
- Mélanger intimement et conserver en vases bouchés. M. Léauté-Bardet, à Blois. — Il nous paraît bien difficile de dégager les briques de votre calorifère du mâchefer qui s’y, est fixé par fusion, le seul essai que nous entrevoyons serait de déterminer la formation d’un silicate très fusible en projetant dans le foyer rouge, de temps à autre, une poignée de carbonate de soude sec (sel Solway), au voisinage des parties chargées en mâchefer, la scorie liquéfiée tombera dans le cendrier préalablement garni d’eau, si nos prévisions se réalisent.
- M. Goulart, à Paris. — L’ignifuge le plus économique est le silicate de soude, la formule suivante vous donnera certainement satisfaction.
- Silicate de soude liquide du commerce, 400 gr,
- Blanc d’Espagne pulvérisé 200 —
- Colle de peaux 480 =—
- Eau ordinaire, .... ...... 10 litres,
- Faire dissoudre la colle de peaux dans une partie de l’eau en chauffant de préférence au bain-marie, délayer le.blanc d’Espagne d’autre part progressivement avec le silicate de soude et ajouter finalement la colle encore chaude.
- Ce produit doit être employé tiède, donner plusieurs couches successivés à la brosse en imprégnant bien le bois-et attendre toujours que la couche précédente soit bien sèche avant d’appliquer la suivante.
- M. Belmont, à Ainay-lè-Château (Allier). —- Les professionnels joailliers emploient le mélange suivant pour
- fixer les perles, ou pierres :
- Colle de poisson ...... . . 55 gr.
- Résine ammoniaque, ... ... 10 —-
- Galbatium ..........................10 —
- Alcool..........................25 —
- Faire gonfler la colle dans de l’eau additionnée d’tln peu d’alcool et d’autre part, dissoudre les résines dans le reste de l’alcool, mélanger les deüx solutions. Pour l’emploi, chauffer légèrement la mixture avant applicacation.
- M. Heynebert, à Dampniat. — La fabrication des silicates de soude s’effectue Comme celle des silicates de potasse en fondant de la silice à l’état de quartz ou sable, environ trois parties, avec de la soude caustique ou du carbonate de Süüdé desséché, une partie; On peut également employer un mélange de sulfate de soude et de charbon, ce qui rentre dans le procédé Leblanc. On peut aussi préparer les silicates de soude en partant du chlorure de sodium, en mélangeant celui-ci avec le double de sable, puis après fusion ert faisant passer dans la masse delà vapeur d’eau, il sé produit un dégagement d’acide chloidiydriquè et üü silicate de soüde qüi par dissolution donne le produit commercial à 3o° B. Suivant les proportions relatives de silice et de Soude oh peut obtenir différents silicates et toujours les solutions sont des mélanges complexes plus ou moins alcalins. L’installation d’une fabrication de ce genre ne présente aucune difficulté, car on se Sert de fours à réverbères dont la disposition est bien connue de toüs les constructeurs de fours industriels. Les emplois du silicate de soude sont très nombreux, le blanchiment en fait une grande consommation et la papeterie l’utilise poitr l’encollage avec succès (Yoir Journal La PapètePie,
- 130 |jh
- p.2x129 - vue 541/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- n° 23 du io décembre i g a i ), dans ce cas il faut rechercher particulièrement le trisilicate.
- M. M. F. W., à Amiens. — Les dessin* à la craie de couleur sur carton noir peuvent se fixer facilement au moyen du liquide suivant :
- Eau distillée .................... 1000 c. c.
- Alun......................, . . 20 gr.
- Colle de poisson................. io —
- Après dissolution au bain-marie, laisser refroidir et ajouter :
- Alcool à 900. . .............. 100 -c. c.
- Cette solution s’emploie soit par vaporisation, soit plus simplement par immersion directe.
- M. Carcanagues, à Paris. — Effectivement les pièces métalliques sont presque toujours réunies au verre par du plâtre. Pour détacher la monture de l’ancien col du flacon, il vous suffira de faire bouillir pendant quelques heures celle-ci dans une solution de carbonate de soude (cristaux du commerce), lé sulfate de chaux se transforme en carbonate très friable, la séparation dü métal et des fragments de verre devient alors facile. Pour un nouveau scellement sur un autre flacon prendre le plâtre à modeler d’usage courant.
- M. A. Lorgeon, à Vendôme. —> La. balata est une gomme intermédiaire entre le caoutchouc et la gutta-percha, elle provient du suc épaissi ou latex du Mimu-sops balata ou Sapota mulleri de la famille des Sapo-tacées, surtout répandu en Guyane. Nous ne croyons pas qu’un résultat heureux soit obtenu en chauffant simplement de la balata en feuilles pour la fixer sur les semelles de chaussures, si le chauffage est faible l’adhérence est imparfaite, s’il est trop poussé la gomme devient poisseuse et 11e durcit plus par le refroidissement, à notre avis l’emploi de la dissolution de caoutchouc habituelle serait préférable pour la fixation.
- M. llislér, à Paris. — Les gants en peau de Suède se nettoient très bien dans un (bain de benzine additionnée de i5 à 20 gr. de là mixture appelée parles dégraisscurs savon-benzine ; celle-ci est composéee de :
- Savon de Marseille................. 12 gr.
- Benzine légère.....................48 —
- Huile d’olive.................... . 4 —
- Eau distillée..............• . . . 36 —
- Le savon est dissous dans l’eau, puis le liquide est ajouté progressivement à la benzine contenant en dissolution des corps gras.
- Les gants sont foulés légèrement dans le bain de benzine-savon-benzine, exprimés, rincés à la benzine seule ; on les essuie avec un linge sec, finalement on les étire, on les ouvre avec une pince et fait sécher à l’ombre.
- M. Ramally; à Chalon-sur-Saône. — Voüs trouverez tous les renseignements utiles pour la fabrication des vins de Champagne dans l’ouvrage Manuel général des vins, tome II, Yins mousseux, de Robinet d’Epernay, éditeur Nolo, 53 bis, quai des Grands-Augustins.
- M. de Ligonier, à Chatou. — Z épuration de la gomme laque s’effectue en faisant bouillir un mélange de :
- Gomme laque ........ 5oo gr.
- Carbonate de soude....... 25o —
- Eau ordinaire............5ooo —
- La laque proprement dite forme un savon qui se dissout dans l’eau, les matières cireuses fondent et
- gagnent la surface, on laisse refroidir, enlève le gâteau de cire et filtre le liquide pour en séparer les matières insolubles au moyen d’une chausse. Enfin on acidulé soit par l’acide chlorhydrique, soit par l’acide sulfurique étendu, la laque purifiée est remise en liberté, on la sépare par filtration sèche et fond à douce chaleur. Si on veut obtenir de la laque blanche, on traite le produit précédent par le chlore ou les hypochlorites.
- M. Cugnin, au Cap-Brun, Toulon. — L’ouvrage récent ayant pour titre Y Art de cuire, par Jane Revel, répondra très probablement à votre désir, il est édité par Stock, place du Théâtre-Français.
- M. Legrand, à Luisant. — Les lessives en poudre dont vous parlez ont une composition analogue à celle des lessives dont nous avons publié les formules, les mêmes choses sont pi’ésentées sous des noms différents.
- M. le DT Leplat, à Liège. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial sur le moulage des produits isolants, mais vous pourrez trouver d’utiles renseignements sur leur fabrication, dans La cellulose et les éthers cellulosiques de Clément et Rivière, éditeur. Béranger, 15, rue des Saints-Pères; J.es isolants en éleciroiechnique, par Mathis ; L.e caoutchouc manufacturé, par R. de Fleury, éditeur Dunod, 47, quai des Grands-Augustins.
- M. Ilenault-Morel, à Alençon. — i° L.es brillantines sont presque toujours un mélange d’alcool et d’huile de ricin; vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Huile de ricin.................. 5o gr.
- Alcool à g5°....................4oo c. c.
- Parfumer par environ 5 gr. d’essence de fleurs au choix. 20 Les vasogènes ou vaselines traitées par l’oxygène permettent d’obtenir très facilement des émulsions, elles supportent l’addition de 40 à 5o pour 100 d’eau. 3° Si vous désirez que votre benzol sèche moins rapidement, il suffira d’y ajouter un peu de vaseline dans une proportion que des essais préalables vous indiqueront, eu égard à la volatilité requise.
- M. P. L., à Lyon. — i° Le mastic suivant résiste très bien aux acides sulfurique et nitrique :
- Amiante en poüdre. ...... 200 gr.
- Sulfate de Baryte................100 —
- Silicate de soude à 5o° B; . . . 200 —
- 20 Nous n’avons pas connaissance d’une étude systématique sur l’influence de la concentration de l’acide dans les accumulateurs, c’est surtout l’expérience qui a a déterminé la condition optima. 3° Nous pensons que la perte de charge de votre accumulateur a. pour cause une mauvaise formation des plaques.
- M. A. C., à Saint-Rémy-sur-Avre. — Le plus souvent les pi’oduits vendus pour azurer les vitres sont à base d’huile de lin qui par oxydation à l’air se résinifle et présente alors une grande résistance ; vous pourriez essayer du mélange suivant qui, au bout de quelques heures, dans Ce cas, provoquera un ramollissement tel que l’enduit pourra très probablement s’enlever au couteau.
- Benzine......................5oo c. c.
- Acétone . ...................5oo -—
- Paraffine .......... 5 gr.
- S’il s’agit d’un enduit au silicate de soude, nous n’entrevoyons aucune solution.
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- QSK.,
- Service de librairie. — Ze service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ....-.........
- Ze principe de la relativité et la théorie de la gravitation, par Jeax Becquerel, i vol. in-8, 342 pages, 21 fig. Gauthier-Villars, éditeur, Paris 1922. Prix ; 25 francs.
- Les publications françaises sur les théories d’Eins-tejij sont nombreuses, mais la plupart; y compris la
- traduction du petit livre d’Einstein et celle d’Ëd-dington, ne sont que des ouvrages de vulgarisation nécessairement incomplets ; la traduction de l’ouvrage de Weyl, d’une lecture fort difficile, expose le développement d’une théorie particulière. Il nous manquait un traité complet et didactique. L’ouvrage de M. Jean Becquerel, reproduction des leçons professées par l’auteur à l’Ecole Polytechnique et au Muséum, comble fort heureusement cette lacune. Il apporte à tous ceux qui veulent pénétrer à fond les théories nouvelles l’instrument de travail nécessaire. L’étude de ce livre exige bien entendu de solides connaissances préalables en physique et en mathématiques ; le lecteur qui,les possède suivra avec un intérêt passionné l’en-
- p.2x130 - vue 542/620
-
-
-
- w
- BIBLIOGRAPHIE
- mm
- féë
- chaînement de déductions audacieuses, mais logiques qui caractérise les théories de la relativité, et qui bouleverse la science moderne. L’exposé de M. Becquerel est d’un bouta l’autre très clairet parfaitement ordonné ; il ne laisse dans l’ombre aucun des aspects des théories relativistes.
- L’éther actuel et ses précurseurs, par E.-M. Lemerat. i vol. 141 pages. .Gauthier-Yillars, éditeur, Paris 1922.
- L’éther des physiciens, substance mystérieuse aux propriétés contradictoires, a connu dans l’histoire des sciences de bien curieux avatars. Descartes en remplissait l’espace, et Huyghens le premier l’invoqua pour expliquer la transmission de la lumière. Newton le supprime. Fresnel et Maxwell le rétablissent, et pendant toute la lin du xixe siècle, l’éther triomphe. Et voici qu’il s’éclipse à nouveau avec Lorentz, Einstein et les relativistes. M. Lemeray est relativiste, donc il ne croit pas, ou il croit peu à l’éther; il s’étonne de l’attachement obstiné que certains savants manifestent envers cette conception et de l’hostilité qu’ils témoignent de parti pris aux théories nouvelles. Il s’explique cette tendance par le fait que la notion d’éther, si ondoyante dans le temps et nullement imposée par la logique, prend ses racines dans des croyances ancestrales cent fois séculaires. Pour le démontrer, il étudie succinctement à travers les âges, et en remontant jusqu’aux philosophes de l’antiquité grecque, l’évolution des concepts auxquels se rattache l’éther. Et ce simple récit, fort attachant, nourri d’une solide érudition est en fait l’abrégé d’un très important chapitre de l’histoire des sciences ; pour appuyer sa thèse par un document vivant et moderne, l’auteur a eu l’idée piquante de faire préfacer son livre par M. Lecornu, ennemi déclaré des théories Einsteiniennes.
- Essai d’optique sur la gradation de la lumière, par Pierre Bouguer (Collection des Classiques de la Science). 1 vol. in-16 (180 X n5) de xv-i3o p., 17 fîg. Gauthier-Villars, éditeur, Paris 1922. Prix : 3 francs.
- Pierre Bouguer, théoricien de la navigation, astronome et physicien, est l’inventeur de la photométrie. Son photomètre est encore classique aujourd’hui. Le mémoire ci-dessus dans lequel il pose les bases de la photométrie date de 1729. Il se lit aujourd’hui encore avec intérêt et avec fruit. Ecrit avec ce souci d’être compris d’un large public qui caractérise les savants français du xviii0 siècle, il est un modèle d’exposé lucide en même temps que de sagacité et d’ingéniosité expérimentale.
- Bouguer indique tout d’abord une méthode permettant de mesurer l’intensité d’une source lumineuse, puis il l’applique à l’étude de l’absorption de la lumière par les divers milieux qu’elle peut traverser.
- I,a constitution de la matière, par Max Bons, traduit de l’allemand par H. Bellenot. i vol. 84 pages. Albert Blanchard, éditeur, Paris 1922. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage est la traduction d’une série de conférences de vulgarisation données récemment par le professeur allemand Max Born. Elles exposent très succinctement les idées modernes sur la structure atomique de l’électricité et la constitution électrique de la matière; elles sont bien composées et d’une lecture intéressante et facile, mais sans aucune prétention à l’originalité.
- Traité d‘analyse chimique qualitative, par Fresenius. i2° édition française par Frenkel. i vol. in-8, 834 P-, fîg. Masson, Paris. Prix : 60 francs.
- Il est inutile de rappeler les mérites de cet ouvrage classique dans le monde entier. Précis, méticuleux, il est depuis près d’un siècle le guide de tous les chimistes.
- La science évoluant, les vieilles nomenclatures perdant de leur intérêt, , cette nouvelle édition et la 17e édition allemande qu’elle traduit, ont été, comme le dit le traducteur, arrangées au goût du jour. Les réactions y sont écrites en tenant constamment compte des théories de la dissociation électrolytique des solutions. Les molécules y ont cédé la place aux ions.
- A part cette modernisation utile, le traité conserve toutes ses qualités et sous sa nouvelle forme il restera le livre de chevet de tous les laboratoires.
- Les chemins de fer à voie d'un mètre, par Mustapha Ibrahim bey de Courtex. i vol. 22 X 32 de 336 pages avec. 270 fig. et 5 grandes planches. Dunod, éditeur, Paris 1922. Prix : 3o francs.
- Tandis qu’en Europe, les chemins de fer à voie d’un mètre ne sont guère utilisés que pour exploiter des lignes de peu d’importance, tant au point de vue de leur trafic que de leur longueur, ils ont, au contraire, atteint un développement considérable dans les pays neufs, en Asie, Afrique, Australie et Amérique, où ils constituent de grands réseaux d’intérêt général de plusieurs milliers de kilomètres.
- Dans cet ouvrage, l’auteur étudie tous les avantages de ces réseaux et réunit tous les renseignements relatifs au matériel et à l’exploitation dans le monde entier des chemins de fer, dont l’écartement de la voie varie de o m. 90 à 1 m. 06.
- Manuel pratique du monteur électricien, par J. Lat-targue et L. Jumeau. 19e édition entièrement refondue.
- 1 vol. io3o pages, 922 fîg. Gauthier-Yillars, éditeur, Paris, 1922.
- Le chiffre des éditions successives de cet excellent ouvrage suffît à montrer son mérite. Rédigé pour les ouvriers mécaniciens-électriciens, il leur fait connaître de la théorie et de la pratique électriques tout ce qui est nécessaire pour l’exercice intelligent de leur métier et cela sous une forme claire et simple. Cetle nouvelle édition est restée fidèle à l’esprit qui animait les premières ; mais elle a été remaniée en tenant compte des récents progrès et des transformations survenus dans l’industrie électrique.
- Manuel cle céramique industrielle, par D. Arnaud et G. Franche, 20 édition. 1 vol. i3 X 21, de xn-644 p. avec 3o6 fîg. Dunod, éditeur, Paris 1922., Prix : 39 fr.
- Ce livre a un caractère essentiellement pratique et. résume la longue expérience de deux spécialistes de la céramique. Il écarte les questions théoriques d’intérêt non immédiat et se cantonne dans la description méthodique des matériaux et des procédés de fabrication; il indique un très grand nombre de recettes et de tours de mains qui seront précieux aux praticiens; les questions traitées se rapportent aux porcelaines, aux grès, aux faïences, aux poteries vernissées, aux tuiles et briques et aux produits réfractaires.
- Le phosphate au Canada, par Hugh. S. Spence (publication du Ministère des mines du Canada). 1 vol. illustré, 170 p., 3i pl., i3 caries hors texte.
- Le Canada possède d’assez nombreux gisements de phosphate, qui se présente presque exclusivement sous la forme d’apatite; ces gisements ne se prête plus du reste à une exploitation rémunératrice, et depuis la découverte des phosphates sédimentaires de Floride, ils sont abandonnés. On trouvera dans cette brochure l’énumération des gisements canadiens et leur étude géologique.
- Cours de finances et de comptabilité dans l’industrie, par E. Julhiet (3e édition). 1 vol. 526 pages. L. Ey-rolles, éditeur, Paris 1922. Prix : 36 francs.
- Ce livre expose fort clairement, du point de-vue de l’ingénieur, l’établissement et le fonctionnement de la comptabilité industrielle, puis expose ce que l’industriel ou le commerçant doit savoir des banques, des sociétés, des assurances et des bourses du commerce ou des valeurs.
- Méthode mnémonique pour apprendre en 2 heures les 78 signaux usuels de l'alphabet Morse, par A. Bruyant. 1 brochure, 16 p. Desforges, éditeur, Paris, 1922. Prix : 3 fr. 75.
- Ether ou relativité, par Maurice Gandillot. In-8 écu, 1 brochure 84 pages. Garitjiier-Yill^rs, édjteur, Paris 1922. Prix : 4 fr. 5o,
- p.2x131 - vue 543/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2508 29 Avril 1922
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- ossc"
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUIN 1922 (l)
- Si l’an trace à la même échelle et en position les orbites de la Terre et de Mars, elles présentent l’aspect de la ligure i.
- L'orbite de la Terre, presque circulaire, a son point le plus rapproché du Soleil en P. C’est le « périhélie ». Le point le plus éloigné est en Ap. (aphélie). L’orbite de Mars, au contraire, est beaucoup plus allongée, son excentricité est plus grande. Le périhélie est en P' et l’aphélie en A'p. Les deux orbites se coupent suivant un angle très petit (i° 5i') et suivant la droite NN'
- « ligne des nœuds » (ligne pointillée). Le plan de la ligure étant celui décrit par la Terre, on voit de suite que, du fait de l’inclinaison de l’orbite de Mars, la portion N'BP'N de celle-ci est au-dessous du plan de la figure. Elle est dessinée, pour cette raison, en traits interrompus.
- La coupe suivant AB met encore mieux en évidence cette inclinaison des deux orbites l’une sur l’autre.
- Maintenant, si nous considérons les deux orbites elles-mêmes, nous constatons que leur plus grand rapprochement a lieu dans la région cjue la Terre occupe au mois d’août. Si en même temps Mars se trouve dans la partie P'B de son orbite, il est à son rapproche-mentmaximumetnous présente alors son plus grand diamètre possible.
- Mais dans cette partie de son orbite la Terre expose son pôle nord au Soleil et son axe présente à peu près l’inclinaison figurée sur le petit globe à droite dans la coupe AB (2).
- On voit immédiatement que lès parties au-dessus de l’équateur voient Mars très près de leur horizon.
- Au contraire, au Sud de l’écjuateur, la planète se présente très haut dans le ciel.
- Cette petite figure
- nous fait ainsi comprendre pourquoi, lorsque Mars est en opposition dans les conditions les plus favorables de proximité, nous ne pouvons l’observer que très mal de notre pays par trop boréal.
- Les observatoires de l’hémisphère austral, au contraire, sont favorisés.
- Cette fois-ci, l’opposition de Mars va se produire le io juin et la distance minimum sera atteinte le 18 juin. On voit de suite sur la figure que cette distance n’est pas la plus petite possible. En 1924, l’opposition aura lieu le a3.août et la plus petite distance le 23 aussi. Alors que le diamètre maximum de Mars, le 10 juin 1922, sera de -20",6, il atteindra 21",5 en 1924.
- 1. Toutes les heures mentionnées en ce Bulletin sont exprimées en temps légal (t. rn. de Greenwich) compté de oh à a/p à partir de minuit. Pendant la période d’adoption de Y heure d'ctc, avancer tous les temps indiqués do une heure.
- u. Les dimensions de la Terre et du Soleil dans cette figure ne sont pas à l’échelle des orbites et leurs proportions respectives ne sont pas conservées.
- Nœud ascendant
- Coupe
- Pt a
- n de l'Orbite
- ~pTân de t oroire
- Fig. 1. — Orbites comparées de la 'Perre et de Mars.
- Le globe terrestre, figuré à droite dans la coupe suivant AB, montre pourquoi la planète Mars est toujours défavorablement située pour l’hémisphère terrestre Nord aux époques de plus grand rapprochement.
- ique
- Mais, comme nous venons de l’expliquer, pour Paris Mars se lèvera très peu sur l’horizon : i5°6' seulement. En 1924, il sera encore plus bas.
- Ces considérations, quoique peu encourageantes, ne doivent pas empêcher les observateurs de profiter de la grande proximité de Mars et d’effectuer le plus d’observations possibles, comme nous le recommandons plus loin (voir « Planètes »).
- I. Soleil. —Au début du mois, le Soleil continue lentement son ascension dans l’hémisphère nord. Celle-ci se ralentit, atteint son maximum le 21 juin, puis change de sens. La déclinaison du Soleil, qui était, en effet, de -j- 2i° 5g' le Ier, atteint -f-23°27' le 21 pour retomber à 23°13'le 3o.
- Nous voici à l’époque du solstice d’été. De 15‘149™ le
- Ier juin, la durée du ~;jour atteint ï Gh 8m le 2o\pour redescendre imriV' 4m le 3o.
- § Soleil, pour la ce (latitude de tquus), n’atteint pas, ?s de son passage férieur au méridien, un abaissement de 180 au-dessous de l’horizon au moment du solstice. Il en résulte que la nuit n’est pas complète.
- Dans les campagnes, loin des lumières artificielles et par temps clair, on pourra suivre toute la nuit la lueur du crépuscule. On la verra passer peu à peu du Nord-Ouest au Nord (à minuit) et au Nord-Est avant le lever du Soleil.
- La Lune, nouvelle le 25, ne gênera pas ces observations.
- Le tableau ci-dessous donne, pour quelques dates du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil est au méridien de Paris.
- Voir pour Tutilisa-tion de ce tableau le « Bulletin aslrono-
- Nœud descendant
- suivant (AB)
- ne ta Terre
- Mars
- n° 2473 du 27 août 1921.
- Dates. Temps légal.
- Juin ior 1 ih 48“ 1 os
- — 5 nh48m485
- ïo 1 ih 49m 43s
- — i5 1 ih 5om 44-
- — 20 1 ih 5 Xm 4gs
- — 2.5 I Ih 52™ 54!
- — 3o 1 ih 53m 56s
- Pour orienter les dessins ou photographies du Soleil, utiliser les éléments du tableau ci-après. P est l’angle de position de l’axe de l'otation du Soleil.
- Cet angle est compté dans le sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre à partir du point le plus boréal du disque solaire, -f représentant une inclinaison à l’Est, — une inclinaison à l’Ouest. B0 et L0 sont respectivement la latitude et la longitude héliographiques du centre du disque solaire.
- i 133
- *7
- p.2x132 - vue 544/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- P.
- Juin 5 — i4°)06
- — r 0 I2°,o5
- — 15 — 9"'. 94
- — 20 — 7^,76
- 20 — 50,53
- — 3o — 30,26
- l‘o K
- — o°fo8 2970,08
- —j— D 2 23o°,go
- + I°,I2 164°,72
- + 98°,53
- + 2°, 29 320,35
- + 2°, 85 316°,U 7
- Yoir les précédents Bulletins, et notamment len° 2499.
- Lumière zodiacale. — Elle est pratiquement inobservable en nos régions, en raison de la clarté et de la durée du crépuscule en cette époque de l’année.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de juin seront les suivantes :
- P. Q. le 2, à iS'1 iom D. Q. le 17, à 121' 3“
- P. L. le 9, à i5h58m N. L. le 25, à 4h J9m
- Age de la Lune, à midi, le i.er juin = 5J,7 ; le 25 :=os,3. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le ior ou le 25, et 0^0417 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus gi'andes déclinaisons de la Lune en juin : le 10 = — 180 27' ; le 24 = -j- 180 27'.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 3 juim Parallaxe = 59'18". Distance = 36g 780 km.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le 16 juin, à 23h. Parallaxe = 54' 16". Distance — 4°4 080 1cm.
- Périgée de la Lune, le 29 juin, à 31'. Parallaxe 5g' 39". Distance =867610 km.
- Observations physiques. — Yoir le « Bulletin astronomique » du n° 2477.
- Occultations d’étoiles par la Lune. — Le ier juin, occultation de z Lion (gr. 4,9) de 1 gh 35m à 20h4im.,
- Le 11, occultation dé p Sagittaire (gr. 4,0), de W i6,n à 23h nm.
- Le 29, occultation de 33 Sextant (gr. 6,1), de 20h 3om à 21h 20”.
- Marées, Mascaret. — Les marées atteindront une faible amplitude en juin, au moment de la Pleine Lune du 9 ainsi qu’au moment de la Nouvelle Lune du 25.
- Voici le s marées le s plus importantes du mois, pour
- Brest :
- Marée du matin Marée du soir
- Dates. Heures. Cocl'licicnt. Heures. Coefficient.
- J uin 9 3h 26® om,89 i5h49m o”,9i
- — 10 4h 1 j» om,gi i6h32m om,9i
- — 11 4h 54m om,9o 17h 14m 00 »00 eT 0
- — 25 3h 5om om,86 i6h nm o“,89
- — 26 4h 32m om,9i i6h54m Oœ,92
- — 27 5h i6m om,93 i7u 38ra om,g3
- — a.8 61' o“ ~ om, 92 i8h 2 2 m om,gi
- Pour avoir l’heure de la marée en d’autres ports, voir le « Bulletin astronomique », n° 2402.
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de l’Annuaire astronomique Flammarion
- pour 1922, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois de juin.1;:
- Mercure sera en conjonction inférieure avec le Soleil (entre le Soleil et la Terre, sans passer juste devant le Soleil) le 18 juin. Il est inobservable pendant tout le
- mois.
- Vénus est visible dans le crépuscule, après le coucher du Soleil. Yoici le disque illuminé et l’éclat stellaire
- Dates. Disque iltumiué. Grandeur
- Juin 5 0,86 — 3,4
- — 10 o,85 — 3,4
- — 15 0,84 ~ 3,4
- — 2 2 0,82 -3,4
- — 2.5 0,81 -3,4
- — 3o o,79 — 3,4
- Mars est visible toute la nuit. Il sera en opposition le 10 juin.
- Le 2 juin, vers oh, ce sera la région de la Grande Syrte qui sera tournée vers la Terre.
- Le 10 juin, à oh, la région de Mare Cimmerium et d’Elysiuin.
- Le 17 juin, à o\ la région de Mare Sirenuin.
- Le 23 juin, à oh, la région du Lac du Soleil.
- Le 3o juin, à oh, la région de Margaritifer Sinus et d’Auroræ Sinus.
- Pour mieux reconnaître la région de la planète visible, utiliser un globe ou un planisphère (voir notamment dans La Nature, n° 1921, du 19 mars 1910, le magnifique planisphère de M. E.-M. Anloniadi) et les éphé-mérides ci-après du passage du méridien zéro (baie fourchue du Sinus Sabæus) par le centre du disque.
- Dates. Heures
- Dates.
- Heures.
- Juin icr 3h 58'
- — 3 5h 11*
- — 5 6h 2 4'
- — 7 7k 36'
- — 9 8h49’
- — 11 1 o'1 1 '
- — 18 1 ih 14'
- — i5 I 2h 26'
- 17 i3h 3gm
- 19 i4h 5ira
- 2 1 i6h 4m
- 23 171* 16'“
- 23 18h 29“
- 27 19'' 42“
- 29 '2oh 55”
- Pour abréger, ce tableau ne donne qu’un passage sur deux. Une petite lunette permet de bien voir les neiges polaires de la planète. Si l’on dispose d’un instrument assez puissant, lunette de om,o8i ou plus, on reconnaîtra les configurations de la surface. Ne pas chercher d’avance, sur les cartes, ce que l’on doit voir. Observer et dessiner d’abord, ensuite se servir de la carte pour identifier les détails.
- La question des canaux rectilignes et fins se trouve aujourd’hui à peu près résolue par la négative. Suivant l’expression employée par M. Antoniadi, que l’on considère, à juste titre, comme le plus habile des astronomes ayant dessiné Mars, cette planète, avec un instrument de très grande dimension, à grand pouvoir séparateur,
- ASTRE Dates : •TU IN Lever à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITE
- 6 3’ 5i‘“ il1 48m5gs igh 48m 4h 55“ 21® 36' 3i' 33" 6 Taureau
- Soleil . . .< 16 3 48 11 5o 57 19 54 5 36 + 23 20 3i 32,4 Taureau > )>
- 26 3 5o 11 53 7 J9 56 6 18 + 23 23 3i 3i ,2 Gémeaux
- 6 4 59 12 58 20 56 6 4 -j- 22 53 11,0 yj Gémeaux )
- Mercure. .. 16 4 22 12 4 *9 45 . 5 49 20 8 12,0 4 Taureau Inobservable.
- 26 3 3i 11 4., 18 38 5 29 + l8 38 11,2 '4 Taureau
- 6 5 49 i3 57 22 ’ 4 7 3 + 24 19 12,0 4 Gémeaux
- Yénus . . 16 6 12 i4 9 22 6 7 55 -j- 22 4i 12,6 •/. Gémeaux Le soir,
- ( 26 6 38 14 20 22 1 8 45 -j- 2 0 0 i3.2 y Cancer dans le crépuscule.
- 6 . 20 23 0 i3 4 3 17 *7 25 47 20,0 0 Ophiuchus
- Mars. . . .< 16 19 26 23 14 3 2 17 1 — 26 4 20,6 0 Ophiuchus i0ulc lu. nui!, -
- 26 18 34 22 22 2 9 16 00 — 26 8 20,4 a Scorpion Opposition le 10.
- Jupiter. . . 16 12 58 18 49 0 4i 12 36 -— 2 2 I 36,o yjyierge Le soir, avant minuit.
- Saturne . . 16 12 10 18 21 q 32 12 7 + 1 5i i5,8 M Vierge Le soir, avant minuit.
- Uranus. . . i5 23 6l * 5 21 10 5o 23 1 — 7 10 3,4 82 Verseau Seconde partie de la nuit.
- Neptune. . 16 7 57 i5 20 22 43 9 6 + 16 47 2.4 nd-T-a Cancer A peine visible le soir.
- •mil 134
- p.2x133 - vue 545/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- re\-(M un aspect cc naturel » lorsque les conditions météorologiques sont parfaites.
- Mais dès que Pair est un peu agité, les canaux rectilignes commencent à paraître.
- Jupiter est observable avant minuit.
- Voici encore quelques phénomènes présentés par ses principaux satellites et visibles avec les plus petits instruments.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATE J ni 11 Heure. Satel- lite. Phéno -mène. DATE J ni 11 Heure. Satel- lite. Phéno- mène.
- I o1’ 5im U -E. f. 16 *ih 46m II p. f.
- 4 2 2 26 I P. c. 17 21 23 ‘ III 0. f.
- 4 23 34 I 0. c. 19 a3 17 I Im.
- 5 0 38 I P. f. 20 20 89 1 P. c.
- 5 22 54 I E. f. 20 21 53 I 0. c.
- 6 20 i4 I 0. f. 20 22 5o I P. f.
- 6 20 23 III Ira. 21 21 I 2 I E. f.
- 6 22 *48 III Em. 2 I 2 r 43 II P. c.
- 7 2 2 3i II Im. 24 20 27 III P. f.
- 9 21 34 II 0. f. 24 23 i3 III 0. c.
- 12 21 24 I Im. 2D 21 56 II E. f.
- 13 20 57 I P..f. 27 22 32 I P. c.
- i3 2 2 9 I 0. f. 28 2 3 7 I E. f.
- 14 0 8 III Im. 3 9 20 27 I 0. f.
- 16 2 î 89 II 0. c.
- Saturne, près de Jupiter, est également observable avant minuit.
- Il sera en quadrature orientale avec le Soleil, le a3 juin.
- Voici les éléments de l’anneau à la date du 8 juin :
- Grand axe extérieur .......................
- Petit axe extérieur....................... -j- 2",56
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- Panneau.................................. -j- 3° 38'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau, . .................................. -f- 6° 24'
- Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, attein-
- plus grandes élongaLions aux dates ci-dessous
- Dates. Élungiilioti oneuUile. Eloufiuliou oeciileutali
- Juin 2 — I Ob, 2
- — 10 I2h,2 —
- — 18 — 9h,o
- — 26 11\3 —
- Uvanus, pendant tout le mois de juin, sera presque stationnaire à environ 3o' au Sud-Est dé l’étoile.82 du Verseau. Il sera en quadrature occidentale le 4 juin.. Voici trois de ses positions permettant de le trouver 1 Dûtes. Ascension droite. Dceliuaison. Diamètre.
- Le 9, à 1 nh, Mars Le 16, à 141', Uranus Le 24, à i2b, Mercure Le 27, à 22h, Vénus Le 28, à 4\ Neptune Etoiles variables.
- Juin 5 23h om —70 12' 3",4
- — i5 231' im — 70 10' 3",4
- — 23 a3h im —-7" ri 3",4
- Neptune est pratiquement inobservable. On pourra essayer de le rechercher, surtout au début du mois, à. l’aide de la carte détaillée publiée au n° 2499.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 4>à 5h, Saturne en conjonction avec la Lune, à 3° 8'N_ Le 4, à tS1’, Jupiter — — la Lune, à i° 16' N..
- — — la Lune, à 70 44’S.
- — — la Lune, à 20 46' S..
- — . — - . la Lune, ào° 22'N..
- — — la Lune, à 6° 3'IsL
- — la Lune, à 4° 5' N..
- Minimum de l’étoile variable Algol ((3 Persée) : le 25 juin, à oh 27'".
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le i°r juin, vers 2ih, est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités de chaque constellation) :
- Au Zénith : La Grande Ourse (Mizar et Alcor, 23 h, a, 07) ; le Bouvier (s, n, i;, 44 i> h) ; les Chiens de chasse-la) ; la Chevelure.
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); la Girafe;. Céj^hée (5, (3, x, ?, g) ; Cassiopée (rj, t, g, H. VI. 3o) ; îe Cygne (p, 0, g) est au Nord-Est.
- A l’Est : Le'Sagittaire ; le Scorpion («, v, 6, g, £, a);. l’Aigle (7), i5 h, 57, 11, 23, M. 11); la Lyre (s, Ç, r\, 0)-. Hercule (a, x, p, 90, Ô, M. 13) ; la Couronne (t, a).;. Ophiuchus (36 A, 70, 67, p, 3g, M. 14) est au Sud-Est.'
- Au Sud : La Vierge (y, 54, 17, nébuleuses); la Balance ô, a, p, P. XIV. 212); le Corbeau.
- A l’Ouest : Le Lion (y, 54); le Cancer (la Crèche, t,. Ç, 6, M. 67); les Gémeaux (a, p) ; le .Cocher est au. Nord-Est. Em. Touchet.
- BOITE AUX LETTRES
- ><
- AVIS. - L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent-au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Errata. —Line virgule mal placée nous a fait écrire dans le n°’24g8, p. 57, que 2970 watts correspondent à 3020 kilogrammètres, c’est à 3o2 kilogramme très qu’il faut lire ; comme conséquence, le résultat final devient 3 litres 02 et non 3o litres 20.
- La Téléphonie sans fil, n° 25o5, p. 218, lig. 7. — Une erreur s’est glissée dans celte figure. La bobine de grille doit être connectée au point commun.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’adresse du constructeur de scies portatives (,n° 2499 du 25 février) est : Ateliers de constructions mécaniques de Langenthal, à Langenthal (Suisse).
- N° 2498 du 18 février. — Le constructeur de l'hydro-cycle h palettes est M. Bernard, 19, rue de Marly, à L’Etang-la-Ville (Seine-e.t-OiSe).
- Communication. — A propos de la sittelle et des noisettes (n° 25o4), M. Mortinat nous écrit : « Suivant la demande de votre correspondant, je vous fais savoir que ce fait n’est pas un instinct commun à cette espèce, mais bien un acte parfaitement raisonné.
- J’ai vu d’autres animaux tels de petites mésanges, des
- pies ou des rats qui savaient parfaitement déguster les; noix, et les mésanges avec leur bec fin arrivent à briser les coquilles de noix qui sont certes plus épaisses que les noisettes.
- Les pies emportent les noix dans leurs nids, et les l’ats, eux, sont toujours levés avant vous pour transporter ces fruits dans leurs trous. Tous les matins je trouvais des coquilles vides devant leurs demeures.
- Réponses. — T. S. F. — M. A. Munier, à Lyon. — Votre cadre est bien construit, mais il faudrait qu’il soit shunté par un condensateur variable.
- Vous avez mal placé votre petit condensateur fixe, ce dernier doit être branché entre les deux bornes du téléphoné; quant au détecteur, placez-le en série et'non en parallèle avec votre écouteur téléphonique.
- Il nous parait bien improbable que vous puissiez; recevoir à Lyon les signaux de F. L. sur cadre avec ce simpje dispositif.
- M le D' Laisney. — Sur la foi de renseignements incomplets, un grand iiombre d’amateurs de T. S._^ F. restent persuadés que du moment qu’ils reçoivent les signaux horaires et les bulletins météorologiques transmis sur ondes amorties par la station de la Tour Eiffel/ ils doivent entendre aussi avec le même récepteur Ies-messages téléphonés provenant de lû station parisienne.. C’est îà une erreur; l’énergie rayonnée dans l’émission de téléphonie est beaucoup plus faible que celle qui est
- p.2x134 - vue 546/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- rayonnée par les émissions ordinaires sur ondes amorties, il en résulte la nécessité de recourir à l'amplification pour obtenir une réception suffisamment intense des messages téléphonés, à moins qu’on ne dispose d’un collecteur d’ondes important, à proximité de Paris.
- M. G. Woillez, à Beauvais. — Pour obtenir une bonne réception de la téléphonie sans fil, nous vous recommandons d’utiliser une antenne extérieure; à i3o km de Paris ce collecteur d’ondes pourra être assez réduit et comprendre 2 brins de 10 à 12 m. environ.
- Comme appareils, il vous faudra une bobine d’accord, un amplificateur, un casque téléphonique, des lampes et leurs batteries de chauffage.
- M. Conrad, La Yieille Loye. — i° La réception d’ondes entretenues, réalisée par plusieurs amateurs avec un simple détecteur et le transformateur à enroulements réactifs décrit par M. Duroquier dans La T. S. F. des amateurs, est due presque certainement au voisinage d’un appareil fonctionnant comme hétérodyne. En ce qui vous concerne nous pensons que l’induction de courants téléphoniques étrangers « hétérodyne » sur votre propre fil les signaux émis sur ondes entretenues que vous ne percevriez pas sans cela.
- 20 Yous trouverez dans Y Annuaire du Bureau International édité à Berne la nomenclature officielle de tous les postes de T. S. F. avec les caractéristiques des émissions et l’horaire des services.
- M. V. R., à Bruxelles.—Yeuillez vérifier les connexions de votre transformateur à circuits rétroactifs. Cet appareil fonctionne parfaitement lorsqu’il est bien réglé, une erreur de montage qui figurait dans le dessin paru dans La Nature a été « corrigée » dans La T. S. F. des amateurs.
- N’utilisez pas l’antenne en boucle; dans le cas présent, réunissez vos fils du côté des appareils et faites votre entrée de poste par un conducteur unique.
- Yous pouvez faire précéder la grille de la lampe unique d’un petit condensateur shunté par une résistance de quelques mégohms.
- Cet appareil permet une bonne réception des messages de téléphonie sans fil, mais a une tendance à déformer un peu le timbre de la voix, un réglage minutieux est alors de rigueur et la présence du petit condensateur shunté est presque obligatoire.
- L’emploi d’un condensateur rotatif à diélectrique air est nécessaire avec ce dispositif dont le rendement est tout à fait économique.
- M. Lu is Sanchez Cordonne, à Santiago (Espagne). — Les lampes françaises sont supérieures comme amplificatrices aux lampes allemandes à bandes grises; elles s’accommodent de tension plaque de 20 à 45 volts. Par contre, les lampes allemandes que vous nous-signalez fonctionnent avec, un courant de chauffage de deux volts, mais exigent un courant de plaque de 80 volts.
- La date qui figure sur la bande que vous nous avez fait parvenir est celle de la fabrication de la lampe.
- M. A. Monnoyer, à Yincennes. — Un simple récepteur horaire branché sur un collecteur d’ondes important tel qu’un fil téléphonique aérien, une canalisation d’éclairage également aérienne, une antenne extérieure ou intérieure bien isolée et suffisamment étendue, peut assurer dans Paris et les environs immédiats une bonne réception des messages téléphonés et radio-concerts émanant du poste de la Tour Eiffel ; mais au delà, ou pour recevoir des messages téléphoniques provenant d’autres stations, il est indispensable d’utiliser un amplificateur.
- M. Roger DerviUe, à Compiègne. — Yoyez notre réponse à M., YVoillez de Beauvais.
- M. D.-V. A., La Chapelle, Abondance (Haute-Savoie). — i° On ne fabrique pas de y ins rouges avec des raisins secs; on ne fait que des vins blancs, qu’on peut colorer ensuite par des coupages avec des vins foncés en couleur. Les raisins secs de Corinthe sont les plus estimés. Leur jus pèse de i3 à 160 Baumé (densité 109g à 1x24) ; leur richesse en matière sucrée vaine de 25 à 33 pour 100 du poids du jus à l’état frais. Il faut avoir soin de ne pas employer des raisins surannés, échauffés, moisis, pourris ou attaqués par les insectes.
- Employer de l’eau de bonne qualité, de l’eau de rivièi’e bien reposée et sans odeur; une cave de trempage; un broyeur pour déchirer les pellicules du raisin et faciliter l’écoulement du jus; une cuve de fermentation; une chaudière pour chauffer l’eau; un pressoir et un filtre pour clarifier le vin. Emietter les raisins à mesure qu’on les jettei'a dans la cuve de trempage con-
- 4 h
- tenant de l’eau chauffée à 5o°. Le trempage demande 36 à 72 heures, suivant la saison et la température.
- Il faut 3 kg 3oo de raisins pour obtenir un degi'é d’alcool dans un hectolitre d’eau. Si, par exemple, on veut faire un vin titrant io°, il faut employer 33 kg de raisins secs par xo5 à 1 to litres d’eau. Après trempage, on broie les raisins et on les verse dans la cuve de fermentation, puis l’eau de trempage et le supplément d’eau nécessaire; on remue la masse afin qu’elle soit bien homogène, et on maintient dans la cuve une tempé-l'alure de 28 à 3o° en hiver, 20 à 220 en été. La fermentation doit s’effectuer eix huit à dix jours, ni plus ni moins. On tient le marc constamment immergé dans le liquide de la cuve, au moyen d’un diaphragme en planches percées de ti-ous et fixé solidement au-dessous du niveau du liquide, ou bien on a soin de le refouler régu-lièrement, ti’ois fois par jour, dans la vendange.
- Le vin, mis en luts ensuite, y achève sa fermentation, se dépouille et se clarifie. Dès que les grosses lies -se sont précipitées, on le soutire, à l’abri de l’air, dans des fûts méchés. En tout temps, on fera le plein.
- Quand la fermentation a cessé, on clarifie par un collage, avec 10 gr. de gélatine par hectoliti’e, suivi d’un filtrage.
- La coloration du vin de raisins secs se fait par addition, en proportion convenable, de vin de Roussillon, de Cahors, de Narbonne, de vin noir d’Espagne, tous vins foncés en couleur. Après décuvage, ajouter, par pièce de 225 litres, 6 à 8 gr. de tanin préalablement dissous dans l’alcool et 5o à 75 gr. d’acide citrique, ce qui contribue à la clarification et à la bonne tenue du vin.
- Le marc de vin de raisins secs, distillé, donne une eau-de-vie de bonne qualité.
- 20 La loi de répression des finaudes s’oppose à la fabrication des pseudo-vins. Quelque ingénieuses et bien conduites que soient ces préparations, elles ne remplaceront jamais les vins naturels fabriqués dans de bonnes conditions.
- M. Louis Tainturier, à la Londe-dcs-Maui'es. — i° Pour relever, sur une photographie représentant un groupe, l'une quelconque des personnes qui y figurent et en obtenir un agrandissement, il faut cerner très exactement les contours du sujet à conserver et masquer tout le reste avec un papier opaque. On peut, par exemple, tirer d’abord du cliché une épreuve.sur papier au citrate, que l’on ne fixe pas ; on découpe ensuite, très soigneusement, avec de fins ciseaux, l’image du sujet à agrandir, puis on expose de nouveau le reste de l’épreuve à la lumière, qui achève de la noircir. La feuille ajourée constitue alors un cache qui, repéré sur le négatif, masquera tout ce qui ne doit pas être reproduit. Une méthode plus précise consiste à cerner l’image à conserver d’un liséré opaque, en passant sur la gélatine du cliché un pinceau très fin trempé dans une gouache, telle que terre de Sienne ou laque carminée mêlée à de l’eau gommée. Quand cette bordure (dont la largeur peut être réduite à 2 ou 3 mm) est bien sèche, on achève de couvrir le reste de l’image négative avec une feuille cfe papier noir découpé que l’on colle au dos du cliché.
- Ces opérations sont à la portée d’un amateur ; mais il n’eu est plus de même lorsqu’il s’agit de modifier un costume ou une coiffure. Ces changements sont alors du domaine de la peinture et non de la photographie ; à cet effet, l’épreuve agraixdie est faiblement développée et ne sert que d’esquisse au tableau que l’artiste achèvera à l’aide du crayon, du pinceau ou des pastels.
- M. Marcadier, à Nice. — C’est un fait constaté depuis longtemps, que chaque émulsion, suivant sa composition, se comporte d’une manière différente avec tel ou tel révélateur. Albert Londe insistait déjà sur ce point, dans la 1" édition de la Photographie moderne, parue en 1888 (Masson, éditeur), p. 92. Les fabricants de plaques et de papiers indiquent les formules qui conviennent bien à leurs produits et non à d’autres; ces formules ont été adoptées à la suite de nombreux essais comparatifs, et le mieux est de s’y confoinner. Quant à donner un « motif plausible » aux dilîérences constatées., il faut bien y renoncer, dans l’état actuel de nos connaissances sur la formation de l’image latente. Un . rien suffit à modifier les résultats, et M. Lüppo-Cx’amer a récemment constaté que l’immersion d’une plaque dans une solution de pinaflavol à 1/20 000“ la x’end de 40 à 100 fois plus l’apide, à condition de la traiter par développement physique. Nul ne peut se flatter d’expliquer un pareil accroissement de sensibilité sous l’action d’un colorant aussi fortement dilué.
- 6 | fr
- p.2x135 - vue 547/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2509 6 Mai 1922
- ,<&D
- INFORMATIONS
- OSL
- csg
- Les émissions de T. S. P. de la Tour Eiffel. —
- L’émission des prévisions agricoles téléphonées se fait actuellement de ioh,io à iS1’,4° (heure d’été).
- Signalons aussi que les concerts extraordinaires donnés'par la Tour Eiffel sont annoncés autant que possible en téléphonie à la suite des prévisions agricoles aussitôt que la date et l’heure en sont connues.
- On envisage la possibilité de les effectuer dans quelque temps à date régulière.
- Les satellites de Saturne. — Le Dr lv. Gralï a signalé dans les Astr. IVach. (circulaire n0g22) la variation constatée dans l’éclat de certains satellites de Saturne au cours de leur révolution autour de la planète. Des mesures photométriques prises au printemps de 1921 à l’aide du réfracteur de o m. 60 de l’observatoire de Bergedorf, des satellites Titan, Rhea, Téthys, Dione et
- dans la nuit du ier au 2 mars dernier. Sur ce graphique, les heures sont indiquées à la partie inférieure, les vitesses du vent, en kilomètres à l’heure, sur le côté droit — les gros traits horizontaux indiquant les kilomètres de 10 en 10.
- Dans l’après-midi du icr mars, le vent modéré, 20 à 3o km, s’était ensuite très ralenti, et était tombé à 4 km vers 21 heures. Brusquement, en peu de minutes, il s est élevé jusqu'à 94 km et a diminué peu à peu pendant l'heure suivante. En même temps la direction passait du sud-est au nord-ouest. Il s’est ensuite établi un vent régulier pendant toute la journée du 2 mars.
- Je ne sais si beaucoup de tracés aussi nets ont déjà été obtenus ».
- Expérience avec une vieille ampoule électrique.
- — A la suite des, expériences que nous avons signalées
- Fig. 1. — Graphiqfic du coup de vont du i6' mars a Marseille.
- Encelade, ont révélé une variation assez régulière de l’éclat de ces satellites. Le tableau ci-dessôus contient le résultat des observations :
- Sut effiles Yiiriiil.ion tréol.U Kpoque du maximum
- observée dn la viirialion.
- Titan . . 8"',oà 8m,5 3 à 4 j - après l’élong. orientale
- Rhea . . 9m,3à 9ra,8 °\4 —
- Téthys . iom, 1 à 10"', 6 oj, l
- Dione. . 10"', 1 à io"‘,6 0J,I —
- Encelade 1 à 1 im,9 oj,i après l’élong. occidentale
- Les grandeurs sont rapportées au système de Harvard College. Les périodes de variation sont d’accord, en général, avec les durées de révolution.
- Une remarque s’impose : si, à chaque révolution, les satellites offrent la même variation d’éclat, dans la même portion de leur orbite, on peut en conclure très vraisemblablement qu’ils tournent autour de Saturne1 en lui présentant toujours la même face, à la manière de la Lune autour de la Terre.
- Le coup de vent du Lr mars à Marseille. —
- M. Buisson, de l’observatoire de Marseille, nous adresse l’intéressante note qui suit : « Le document ci-joint est la reproduction du graphique d’un cinémomètre enregistreur Dines, qui a inscrit un coup de vent survenu à Marseille, avec uqe brusquerie extrêmement marquée,
- dans le n° 249b au sujet de la production d’aigrettes dans une vieille ampoule électrique, un de nos lecteurs, M. Piollel, nous signale les résultats obtenus au moyen d’une machine de Wimshurst.
- En tenant l’ampoule par le verre et en approchant la douille d’un des éclateurs, ou observe une belle fluorescence bleue et des aigrettes violettes entre les restes du filament et les points de contact des doigts.
- Si l’on approche la douille, tantôt d’un pôle, tantôt de l’autre, la fluorescence paraît augmenter. L’éclateur du pôle positif produit en plus de petites boules violettes qui glissent de la douille aux filaments le long-dès conducteurs d-amenée de courant.
- Si l’on ne prend pas la précaution de changer assez souvent de pôle, l’armature intérieure prend une charge assez forte pour traverser d’un seul coup le verre de l’ampoule et incommoder l’opérateur. Enfin par moments on voit des stxûes de lumière qui se propagent à la surface de la lampe à la manière d’une onde unique qui aurait, un doigt pour centre d'ébranlement.
- Si l’on éloigne l’ampoule de la machine elle est capable de rester fluorescente encore quelques secondes. Même aussitôt après la disparition de la fluorescence, on peut la provoquer de nouveau instantanément rien qu’en soufflant sur l’ampoule.
- Notre abonné ajoute qu’il lui est même arrivé qu’une étincelle crève l’ampoule,
- p.2x136 - vue 548/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- Ces expériences sont faciles renouveler à condition qu’on ait une machine d’électricité statique.
- Nous rappelons à ce sujet que nous avons indiqué dans la Science appliquée il y a quelque temps le moyen de construire soi-même avec le minimum de frais une machine de ce genre en utilisant de vieux disques de phonographe.
- aval baissera de 3o m. également. Pour éviter cette perte de chute, une solution se présente : l’installation des turbines dans une cavité souterraine C (fig. 2) à la cote 3y5, c’est-à-dire, sous 45 m. de pression d’eau quand le lac Dordogne sera rempli. Dans ce cas, la pression utilisée sur les turbines sera toujours égale à la différence des niveaux entre les deux lacs, c’est-à-dire à peu près invariable.
- Les conduites forcées, au lieu d’emprunter la pente BD, seront montées dans un puits BR prolongé par un tunnel RC. Le tunnel de fuite sera à la cote 370 de telle sorte que lorsque les deux retenues Diège et Dordogne seront remplies, les turbines seront soumises, d'une part à une pression de 176 m. à l’admission et d’autre part à une contre-pression de 4^ m, à l’échappement.
- On envisage l’adoption soit de turbines à axe vertical et à longues transmissions du genre de celles du Niagara permettant le montage des alternateurs dans un bâtiment construit à l’air libre; soit des groupes complets turboalternateurs à axe horizontal qui seraient placés, dans la cavité souterraine C; la salle de transformation et de distribution serait dans ce cas construite à l’air libre en D, à la cote 42P-
- Les usines C et D seront réunies par un puits qui servira au passage des transmissions des machines, aux canalisations électriques, ainsi que d’accès au personnel de surveillance. La commande des régulateurs se fera par servo-moteur électrique ; également les vannes se trouvant de part et d’autre des turbines seront commandées à distance.
- On constate que par cette installation, le résultat sera le suivant : la chute sera à peu près constante de telle sorte qu’à l’étiage la réserve constituée sur la Diège sera utilisée dans de bien meilleures conditions : chute a et a' (r3o m.) au lieu de a (i3om.) et h (100 m.). M. B.
- Le carburant national en Allemagne. — Quoique la situation de l’Allemagne pu point de vue carburant soit bien moins précaire que celle fie la France, cette
- question y est également à l’ordre du jour et dans ces derniers mois le principal journal de l'industrie chimique allemande, le Chemiker Zeitung (1922, p. ia5, 181, 2o5, 253, 277, 299), vient de publier un certain nombre d’articles sur la question de la production de l’alcool industriel et de la carburation de cet alcool pour moteurs à explosion.
- En ce qui concerne la production de l’alcool, rappelons qu avant la guerre, en iyi2, dernière statistique publiée, les Allemands produisaient 3 455 600 hectol. d’alcool pur dont 3 499 ooo hectol. provenant de la distillation de la pomme de terre. A la même époque, nous produisions 3 309 609 hectol. d’alcool d’industrie, dont 1 620 55a hectol. provenant de la distillation de la betterave.
- Actuellement, d’une part Kulenkamfï réclame l’association des recherches des chimistes et des techniciens de l’automobile pour arriver à la consommation rationnelle de 1 alcool dans les moteurs à explosion, car les mélanges de benzol-alcool employés pendant la guerre n’ont pas donné satisfaction et disparaissent du marché actuel et les mélanges d’alcool, benzol, tétraline n’ont aucune chance de développement parce que la naphtaline, matière première de la tétraline, ne peut se fabriquer qu’en quantité relativement faible. Leur carburant national n’est donc pas trouvé.
- En ce qui concerne la production, Rob. Cohn indique que l’on ne peut compter sur l’extension de la distillation de la pomme de terre pour le produire parce que,actuellement, la pomme de terre est en quantité insuf fi sanie pour l’alimentation humaine et que, d’autre part, sa production exagérée dans un but industriel amènerait des perturbations dans le prix de cet aliment populaire.
- Il indique que si l’on veut augmenter la production de l’alcool, il faut augmenter la production d’alcool de carbure dont la Badische Anilin und Sodafabrik a fabriqué en 1921, 33 000 hectol. et l’usine de Burghausen 10 000 hectol. et que, d’autre part, il faut intensifier la récupération de l’alcool contenu dans les lessives des fabriques de pâte de bois chimique qui a produit cette même année 65 000 hectol. d’alcool pur désigné sous le nom de sulfitspirit.
- Pour W. Ostwald la question de l’alcool moteur est surtout une question de prix; il faut arriver à utiliser les sources de production d’alcool en leur permettant de se développer simultanément; en conséquence, les diverses productions devront être contingentées et certaines d’entre elles payées plus cher qu’elles ne devraient l’être en raison de l'alcool qu’elles produisent, pour leur permettre de subsister.
- D’après ces renseignements, la question se pose de même dans tous les pays, même en Allemagne, et nous devons nous mettre résolument sur la question de la production de l’alcool de synthèse et sur celle de l’alcool de cellulose par hydrolyse.
- Le meilleur rendement du travail des attelages, charrettes et chariots. — Dans une des récentes séances de l’Académie Nationale d'Agriculture, M. Eugène Pluchet a demandé à M. Ringelmann, l’éminent professeur du Génie Rural, des renseignements sur la différence de rendement résultant du mode d’attelage des chevaux.
- Dans la région de Paris, on a l’habitude d’atteler les chevaux l’un devant l’autre, tandis que dans la région du Nord on place les chevaux de front. Avec l’attelage en file, les chevaux de front ne tirent pas également et les premiers sont trop éloignés de la yoiture.
- M. Pluchet a dentapdé aussi à M. Ringelmann son.
- L’usine hydro-électrique souterraine de la Diège.
- — On sait que dans le cas d’usines échelonnées le long d’un bassin versant, l’obtention d’une chute constante en un point donné peut être réalisée par l'installation de turbines souterraines à une profondeur telle que le gain de chute par rapport au bief d’amont soit compensé par une .perte égale par rapport au bief d’aval.
- C’est ainsi qu’il va être fait pour l’aménagement de la Diège (affluent de droite de la Dordogne), aménagement qui fait partie d’un ensemble d’une puissance totale de 200000 H. P. Il s’agit, nous dit la Revue générale d‘Electricité, de l’utilisation d’un débit de 10 à i5 m3, sous une chute de i3o m.
- L’usine d’utilisation est projetée au bord du futur lac constitué par une retenue prévue sur la Dordogne.
- A l'étiage, la retenue Diège baissant, la chute tombera à 100 m. alors que sous l’usine d’utilisation, la retenue
- Rivière la Diège
- ÿQnneLâjT-.
- Section 10 ?
- Coupe schématique de l’usine hydro-électrique souterraine de la Diège,
- ,qj\. Rivière la Dordogne
- 138 [il»
- p.2x137 - vue 549/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- avis sur l’emploi de la charrette à deux roues, exigeant un cheval de limon particulièrement puissant, d’un prix élevé, et l’usage du chariot à quatre roues. La charrette ne devrait-elle pas être remplacée
- Nous allons voir que ces questions constituent de, gCaves problèmes dont les solutions sont d’importance capitale pour certains travaux agricoles.
- M. Ringelmann a répondu que lorsque les chevaux sont attelés de lile pour tirer les machines agricoles, le sol humide se trouve piétiné et malaxé sur la piste étroite suivie par les animaux; le premier cheval se déplace sur une mauvaise voie en se fatiguant beaucoup. L’attelage, très long-, conduit à augmenter la largeur des fourrières, à moins de demande]’ aux deux derniers, puis au, dernier cheval, un effort exagéré en bout de rayage, le premier, puis les deux premiers, ne tirant plus dès qu’ils commencent leur virage; cela se constate aussi bien sur la route que dans les champs et conduit à mettre le cheval le plus fort en queue de l’attelage. Enfin, on ne voit jamais bien si le cheval du milieu, ou de cheville, tire ou ne tire pas, les traits étant tendus par l’animal de tète.
- L’attelage à trois chevaux de front est surtout employé dans les pays d’élevage ; il facilite le dressage du jeune animal qu’on place entre les deux autres habitués au travail; ce mode d’attelage, influant sur la conduite des chevaux, s’est propagé dans les zones limitrophes de ces régions d’élevage, les hommes ayant pris l’habitude de conduire trois animaux attelés de front.
- Avec l’attelage de ti'ois chevaux de front, le charretier voit facilement si tous les animaux tirent ; les fourrières sont étroites, surtout quand il s’agit de faire ce qu’on appelle la « tournée à cul », pour ainsi dire sur place, avec les charrues Brabant-double, même en enlreloisant les animaux par un’bois d’écartement, • long d’environ 75 cm et appelé « quenouille » dans certaines localités. En effet, si le cheval de gauche, par exemple, est le conducteur, le virage à gauche, à dia, se fait actuellement, le cheval de gauche tirant celui du milieu, en s’en écartant, pxxis celui du milieu, en suivant le mouvement, tire à son tour celui de droite.
- Par contre, le virage à droite, à hue, est plus pénible, le cheval conducteur poussant les autres qui se donnen': des coups de pied sur les couronnes et sur les sabots en occasionnant des blessures; aussi l’on protège souvent, les pieds des chevaux par des guêtres de cuir.
- Avec trois chevaux de front, on peut atteler des animaux de taille différente, ce qui ne peut avoir lieu avec trois chevaux de file, le cheval de tète doit être plus grand que le second et celui-ci plus grand que le dernier ; lorsque le cheval de cheville est plus petit que les deux autres, il.risque d’être soulevé si son avant-trait est trop court, comme-cela se rencontre assez fréquemment.
- En résumé, l’attelage de trois chevaux de front est préférable à l’attelage de trois chevaux de file.
- Au sujet des voitures, celles à deux roues exigent un fort cheval ou limonier et, contre les chutes possibles de l’animal, nécessitent l’installation d’un tuteur du limonier. Les chariots à quatre roues semblent préférables, surtout si la construction est plus légère que celle à laquelle on est habitué dans nos campagnes; d’ailleurs, d’une façon générale, toutes nos voitures agricoles sont bien trop lourdes. On devrait mettre en services quelques chariots légers dans des exploitations convenablement choisies pour servir de démonstration aux agriculteurs du voisinage.
- M. Dechambre a dit partager l’opinion de M’. Ringelmann. L’attelage de front est plus avantageux que l’attelage en file, Il est classique d’enseigner que trois chevaux attelés de front ont un rendement dyxxamique supérieur à trois chevaux attelés eix file.
- En ce qui concerne l’emploi dans les fermes de voitures à deux roues ou de voitures à quatre roues, M. Petit estime que sur les routes et dans les terrains solides, il vaut mieux employer les chariots à quatre roues; par contre, dans les terres meubles ou humides, les chai'rettes à deux roues sont préférables. Les,premiers s’embourbent facilement si la charge est trop lourde. Pour l’enlèvement des betteraves,, les grands chariots du Nord ne donnent rien de bon; avec des tombereaux plus légers, on fait un meilleur travail.
- L’industrie laitière au Canada. — Le Canada est devenu un des principaux .centres mondiaux de l’indus-.
- trie laitière. D’après une statistique publiée par les Commerce Reports des Etats-Unis, en 1920 il a produit pas moins de 49 800 tonnes métriques de beurre, de 67 733 t. de fromage et de 41 687 t. de lait condensé, évaporé ou en poudre. Notons que la fabrication du beurre est en augmentation, tandis que celle du fromage accuse une forte diminution par rapport à 1919.
- En valeur, cette production de beurre représente 62,3 millions de dollars; ce qui fait ressortir le kilogramme à x,20 dollar environ, et celle du fromage 3g millions de dollars, ce qui met le kg à 5y cents environ. D’autre part, la fabrication des laits condensés, pulvérisés, etc., a rapporté 16 millions de dollars. Au total en 1920, les produits de la laiterie au Canada ont atteint près de 144 millions et demi de dollars, soit plus de 2 milliards de francs au cours de l’époque.
- Le principal centre de l’industrie laitière est la province de Québec; en 1920, elle a fourni plus de 18000 t. de beurre et 23700 t. de fromage. Ensuite viennent l’Ontario (x6 8oo t. de beurre et 42000 t. de fromage), l’Alberta (5363 t. de beurre), le Manitoba (3483 t. de beurre), le Saskatchewan (3ooo t. de beurre). Dans les provinces de l’Ouest, la fabrication du fromage est très peu développée. Dans cette région, de grands efforts sont faits pour encourager l’industrie laitière et d’ici peu sa production de beurre augmentera dans des proportions considérables. Ch. R
- L’utilisation du latex de caoutchouc dans la papeterie. — Le Bulletin de décembre 1921 de l’Association des Planteurs de Caoutchouc nous apprend, sous la signature de M. F. Ivage, du Collège de Technologie de Manchester, que l’on peut augmenter dans un papier la résistance de rupture à la torsion, au froissement, par des additions à la pulpe, destinée à faire le papier, de quantités variables de latex de caoutchouc, On arriverait ainsi, en outre, à dimiixuer notablement le temps de travail à la pile ; ceci serait une utilisation, dit l’auteur, de grandes quantités de caoutchouc, ce qui a son importance, à notre époque, où l’on cherche à tout prix des exutoires pour la surproduction caoutchoutière.
- L’emploi de l’acide picrique comme antiseptique.
- — Si l’on en croit un article du Dr A.-G. Bolduc, dans le Journal of Industrial Hygiene de novembre 1921, l’acide picrique donnerait de bons résultats dans le cas de petites blessures, de fortes écorchures aux pieds et aux mains, telles qu’il s’en présente à chaque instant dans les usines. Ce docteur prétend avoir traité 4000 cas, avec une solution à 5 d’acide picrique, pour g5 d’alcool; il en dit le plus grand bien, comparativement à la teinture d’iode.
- Son inconvénient est la ténacité des traces jaunes qu’il communique à la peau, inconvénient contre lequel, jusqu’ici, aucun remède n’a été trouvé.
- Dépôts de kaolin en Finlande. — Les Commerce Reports des Etats-Unis annoncent que des dépôts de kaolin étendus ont été découverts en Finlande, à Puo-lanka. Leur volume serait évalué à plus de 5oo 000 t. La couche exploitable, épaisse de plus de 10 m., se rencontre à une profondeur de 4 à 6 mètres.
- Exposition internationale de la photographie aérienne. — Au mois de juin prochain aura lieu l’inauguration des nouvelles installations civiles et militaires de l’aérodrome de Bruxelles (Evere).
- L’Aéro-Club de Belgique a tenu à s’associer à cette manifestation qui témoigne du progrès et du développement de l’aviation en Belgique, en organisant, à cette occasion, une exposition internationale de la photographie aérienne, dans les locaux mêmes qui seront inaugurés.
- Cette exposition aura lieu du a3 juin au 9 juillet; elle est ouverte à tous les pays faisant partie de la « Fédération aéronautique internationale ». Son but est de monti’er l’utilisation et le développement de la photographie aérienne depuis 1914 jusqu’à ce jour, les progrès réalisés et son développement actuel.
- Elle comprendra non seulement des photographies prises de l’air, mais aussi tout ce qui concerne l’utilisation de celles-ci dans le domaine de la science et de l’industrie, ainsi que tous les appareils, instruments et documents utilisés dans la prise des photographies, leur étude et leur exploitation.
- ^[J39>
- p.2x138 - vue 550/620
-
-
-
- 3SSD
- <
- SCIENCE APPLIQUÉE
- <xt
- Chauffage
- Le thermogaz « Mârcé ». — Pendant les temps froids, il est difficile de mettre en marche un moteur à explosion, et si on emploie un liquide moins volatil que
- Accumulateurs
- Contact
- Fig. i. — Schéma de montage du Thermogaz électrique.
- l’essence, le départ est encore plus laborieux. Si l’on réchauffe l’air ou le carburant, soit par les gaz d’échappement,. soit par l’eau du radiateur, ce réchaulTage n’agit qu’après un certain temps de marche et il est sans action au moment du démarrage.
- On se sert souvent d’un petit réchaud électrique de chauffage qui permet de réchauffer le moteur pour procéder à sa mise en marche plus rapide.
- Un artifice quelquefois employé consiste à approcher du moteur un fer à souder électrique. Ceci n’est possible que lorsqu’on se trouve au garage même. En pleine route, il n’y a absolument rien à faire pour réchauffer le moteur.
- Un nouvel appareil que son inventeur M. Marcé a appelé le « Thermogaz « fonctionne immédiatement, en communiquant à l’essence qui sort du gicleur et à l’air
- aspiré par le moteur la chaleur obtenue par un procédé, soit thermo-chimique, soit thermo-électrique. Ce dernier moyen ne peut êlre utilisé que si l’on a sur sa voiture une batterie d’accumulateurs.
- Modèle thermo-électrique. — L’appareil se compose d’une sorte de cylindre qui se termine d’un côté par un cône à tète filetée ; dans le corps de i appareil se trouve un enroulement métallique qui forme résistance et qui est étudié de façon qu’aussitôt le courant établi on puisse dégager la plus grande chaleur possible sous un ampérage minimum.
- Ce filament est constitué par un alliage à base de platine, dont la composition fait l’objet d’un brevet. 11 a pour caractéristique de permettre le fonctionnement sur une batterie avec une charge insignifiante.
- Ainsi, pour un appareil 12 volts, on utilise 55 cm de filament roulé en spirale; en 20 secondes tout en ne prenant que i5 ampères, la température atteint le rouge sombre, la résistance en ohms à 10000 étant 107,9 pour 100 m. Avec 18 ampères on arrive pour un fil tendu horizontalement à l’air libre à une température de 9000; pour 21 ampères on obtient ioco0.
- Le cylindre est fermé par un bouchon fileté dans lequel est aménagée une ouverture avec un pointeau ou robinet qui permet l’admission d’air au moment du fonctionnement de l’appareil. Enfin plusieurs grilles métalliques sont placées dans la partie conique de façon à éviter des dangers d’incendie ou d’explosion. L’appareil se fixe sur une contre-bride qui est placée entre la bride du carburateur et celle du tube d'aspiration, ou entre la bride du carburateur et le raccord à l’entrée du cylindre. Le contre-bride possède intérieurement une canalisation qui permet le passage de l’air de l’appareil au tube d’aspiration. Il est possible de fixer cet appa-reil dans tous les sens, à Pendroit le mieux disposé pour le recevoir, suivant 'l'encombrement du moteur et
- Fig. 2. — Coupe du Thermogaz électrique.
- A, corps de l’appareil; 13, partie cylindrique filetée; 13' bouchon de fermeture; C, résistance spéciale; D, pointeau d’admission d’air; E, grilles métalliques de protection.
- du carburateur. Cette facilité de pose s’obtient au moyen d’un tube raccord fileté qui permet d’orienter à volonté l’appareil.
- On peut placer le thermogaz d’une autre manière, en perçant un trou sur la tuyauterie d’admission ou sur le collet du carburateur, mais de toute manière au-dessus du papillon, entre ce papillon et les cylindres.
- Le fonctionnement de l'appareil est simple, les connexions étant réalisées suivant le schéma ; on ouvre l’admission d’air et en agissant sur l’interrupteur on fait passer le courant. Cet interrupteur sera placé généralement sur le tablier de la voiture, et l’air chauffe de i5 à 35 secondes suivant le nombre d’éléments des batteries de 8 à 3 éléments, c’est-à-dire de 16 à 6 volts, ceci à condition que les batteries soient en charge normale, ensuite on lance le moteur soit à la main, soit par l’appareil de démarrage en laissant la commande des gaz au ralenti.
- On peut faire gicler l’essence avant le départ à la rigueur; l’air aspiré par le moteur passe dans l’appareil et se réchauffe au contact de la résistance, et il arrive dans l’aspiration aune température élevée, il se mélange à l’es-
- Fig. '3. — Le Thermogaz électrique ouvert.
- sence qui provient du gicleur, et le départ est instantané
- Dès que le moteur est parti, on coupe le courant et on ferme l’admission d’air. Pour éviter tout oubli à ce sujet, un contact spécial fait allumer une lampe d’annonce, rouge quand le thermogaz fonctionne, cette lampe s’éteint si on coupe le courant.
- L’addition d’air sera réglée une fois pour toutes de façon qu’on n’aura plus besoin d’enlever le capot pour régler cette prise d’air. Cette manière de faire n’offre aucun inconvénient, car la dépression devient nulle quand on accélère. La prise additionnelle qui résulte d’un réglage déjà lait améliorera le ralenti dans la plupart des cas, sans modifier en rien la carburation en marche accélérée.
- Les résultats obtenus par cet appareil sont remarquables et à ce sujet il est assez curieux de noter que la voiture « Eelizalde » à allure de locomotive qui était exposée au Salon avec un moteur de 25o HP 8 cylindres a regagné l’Espagne par la roule ; elle était montée avec un thermogaz, bien que le constructeur pensât que deux
- Fig. f\. —Le Thermogaz électrique avec contre-bride et tube de raccord.
- appareils seraient nécessaires. Or, avec un appareil unique la mise en route à froid s’est faite à 1/4 de tour, pendant toute la durée du voyage qui fut accompli'par une température particulièrement basse.
- Type thermo-chimique. — Si la voiture ne possède pas de batteries d’accumulateurs, bien qu’aujourd’hui ceci constitue une exception, on emploie un appareil d’un modèle extérieur identique uu type que nous avons •décrit, mais dans lequel 1$ résistance électrique est
- p.2x139 - vue 551/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- supprimée; on introduit à la place de cette résistance une -charge d un composé chimique ayant la grosseur d une noisette et on allume avec une allumette ou un briquet. Dans le porte-charge horizontal qu’on retire du corps de 1 appareil, on replace la charge qu’on vient d allumer, on revisse le bouchon et on ouvre la prise d’air; on procède ensuite au lancement du moteur de la même façon qu’avec l’appareil électrique. L’aspiration
- créée par le moteur provoque une réaction autour de la charge et j1 se produit un fort réchauffage de l’air as-pi ré qui provoque le départ rapide. Si le temps est particulièrement humide, on active l’allumage de la charge en l’agitant vivement à l’air; il suffit d’un point incandescent gros comme une pièce de 5o centimes pour assurer le départ. La charge ne s’éteint pas tant que le bouchon n’est pas revissé, elle se consume en effet lentement à l’air libre, aussi dès qu’on a revissé le bouchon il faut mettre en marche immédiatement pour que la charge ne puisse s’éteindre. De temps à autre, on enlève les cendres qui pourraient rester dans le corps de l’appareil, ces cendres pourraient à la longue obturer la grille métallique.
- On évite au moyen du lhermogaz la mise en marche pénible des moteurs et les inconvénients des essais de démarrage trop fréquents par le démarreur électrique. En effet ces démarreurs consomment un courant de grande intensité, et si l’on répète un grand nombre de fois l’essai de mise en marche, on arrive à vider complètement la batterie.
- De cette façon également, on n’aura pas besoin de mettre d’essence dans le purgeur. Celle-ci offre l’inconvénient de s’infiltrer dans le carter et de se mélanger à l’huile, ce qui peut être mauvais pour le graissage du moteur.
- Dans le fonctionnement des moteurs et des tracteurs agricoles, des moteurs d’aviation fonctionnant à de hautes altitudes, on maintient le mélange carburé à une température normale avec la plus grande facilité, sans craindre un arrêt dû au gel du carburateur, et cela d’autant mieux que l’essence pourra être réchauffée simultanément.
- Le thermogaz, qu’il soit électrique ou chimique, s’applique ainsi à tous les genres de moteurs à explosion, pour réchauffer soit le carburant, soit l’air, soit le mélange carburé.— Adresse : M. Marcé, *8, rue Beau-repaire, Paris.
- f ?
- Fig. 5. — Coupe du Thermogaz chimique.
- Au milieu, la charge en noir. A, corps de l'appareil; P, partie cylindrique filetée ; C, porte-charge métallique; D, bouchon de fermeture; E, pointeau d’admission d’air.
- Chapeau extincteur « Bos ». — Ce chapeau ou plateau circulaire horizontal a un double but : protéger l'intérieur de la cheminée sur lequel on l’applique, contre les eaux de pluie et déterminer l’extinction automatique du feu de cheminée. Le disque est maintenu dans sa position normale par une bague fusible. Si une chaleur inusitée se produit dans le tuyau de la cheminée, le disque tombe et, guidé par une tige centrale, fe rme complètement l’orifice de ce tuyau. Tout tirage disparaît, le feu privé d’air, s’éteint nécessairement. Quand l’appareil a fonctionné, on remet sans peine le disque à sa position pi’emière au moyen d’une nouvelle bague fusible. L’appareil offre donc une grande sécurité et donnera satisfaction aux personnes qui craignent • les feux, de cheminée.
- E. Bos, constructeur, rue de Nemours, à Monlerqau, (Seine-et-Marne).
- i Objets utiles
- Fig. 6.
- G11 a p e a u. c x t i n c t e nr « Bos ».
- Lunetterie médicale en verre armé. — Le verre « Triplex.» est formé de deux glaces collées par un
- Monture
- -Ciment
- \
- Jferre concave
- S/erre plan
- .Matière
- plastique
- procédé sjsécial, de part et d’autre d'un support en matière plastique et transparente. Le pourtour de l’élément de verre est enduit d’un ciment imperméable qui protège ce support transparent de l’humidité atmosphérique.
- Si le verre armé subit un choc, les deux glaces peuvent se fractionner, mais les éclats restent collés au support, et le verre, loin d’être dangereux, constitue au contraire un bouclier.
- Les glaces « Triplex » sont d’un usage courant dans la carrosserie automobile, on fait également des lunettes de chauffeurs avec cette matière, mais, jusqu’à ce jour, on n’avait pas réussi en France à tailler des surfaces courbes en verre armé.
- La Société d’optique et précision de Levallois est parvenue à mettre au point la fabrication de verres sphériques pour myopes et hypermétropes, de verres cylindriques pour astigmates, et les lunettes ainsi construites sont aussi limpides que si elles étaient taillées dans un seul morceau de verre.
- Les trois éléments constitutifs de la lentille ont élé affinés à l’exlrême, en sorte que le poids total d’une lentille de 4o mm de diamètre n’est que de 3 plus élevé que celui d’un verre ordinaire.
- Les binocles en verre armé rendront de grands services à tous ceux qui doivent employer des lunettes pour les sports en plein air : automobilistes, aviateurs, chasseurs, cavaliers, joueurs de golf ou de tennis, le simple promeneur qui laisse tomber son pince-nez ne se trouvera plus subitement un infirme; les glaces « Triplex » peuvent en effet subir sans se casser un choc assez fort; sous un heurt violent correspondant à un accident grave, les verres sont fendus; aucun éclat ne se détache et les lunettes sont encore utilisables.
- On jugera de la sécurité offerte par le verre armé : après avoir tiré avec un fusil de chasse, calibre 12 et du plomb n° 7 sur une paire de lunettes placées à 3o m., on a constaté qu’aucun éclat ne s’était détaché des verres bien que ces derniers aient été fendus en étoile par le plomb.
- Les verres peuvent être débordés à la forme désirée. Il est recommandé' de les sertir dans des montures à vis, alin de ne pas détacher le ciment protecteur.
- Fig. 7.
- Lentille en verre « Triplex ». Coupe.
- gr. environ
- Appareil d’éclairage articulé. — Il est de nombreux cas où il importe de disposer d’un appareil d’éclairage
- j\ .Prise c/e courant />\ a bas uottage.
- DÉTAIL DU PROJECTEUR
- CARTER DU TRANSFORMATEUR
- Fig. 8. — L'appareil d’éclairage Labrely. En bas, à droite, la lampe et le système optique.
- mobile dans toutes les directions; c'est le cas notamment pour les médecins, les chirurgiens, les dentistes qui doivent pouvoir projefer un faisceau lumineux sur l’organe qu’ils examinent ou opèrent.
- M. Labrely vient de réaliser dans ce but un appareil qui se üxe au mur par un support articulé. La pièce de
- p.2x140 - vue 552/620
-
-
-
- science Appliquée
- M&-
- ‘}iw.
- fixation supporte un transformateur à bas voltage À et deux tubes articulés B et C.
- L’appareil Labrely se compose de plusieurs pièces articulées. Le carter A est destiné à la fixation de tout le dispositif au mur, il contient un transformateur à bas voltage. Sqr ce carter sont fixés deux tubes B et C. Le tube supérieur B est à coulisse, il porte le système d’éclairage à son extrémité libre; le tube inférieur sert de soutien. A l’extrémité du tube supérieur se trouve montée une lanterne articulable en tous sens.
- Elle est formée d’un bloc en aluminium fondu qui contient une lampe de 60 bougies à bas voltage, dont la lumière est recueillie et projetée par un miroir argenté et un condensateur.
- Sur le côté du carter appliqué se trouve une prise de courant sur laquelle on peut utiliser toutes sortes d’appareils tels que : lampes à bouche, cautères, etc.
- La dépense de courant est réduite par le fait du transformateur; le système optique fournit une lumière intense. L’appareil fonctionne sur courant alternatif à uo ou iao volts.
- L’inventeur est M. Labrely, avenue de la Pièce d’Eau, à Chatou (Seine-et-Oise).
- Fig- 9.
- Rcdrcsse-clous au début de sou action.
- Appareil à redresser les clous « Corrector ». —
- Les clous sont aujourd’hui des objets chers; il est donc
- intéressant de ne plus jeter jamais un clou tordu qui peut devenir utilisable lorsqu’il est redressé. Quand ce travail se fait au marteau, elle est longue et elle ne permet
- levier étmeur Pas d’obtenir toujours un bon résultat.
- Un des appareils les plus pratiques pour redresser les clous tordus agit de la façon suivante. Le clou est placé de manière qu’il soit soumis à un étirage qui le redresse immédiatement sous l’action de leviers.
- Le grand levier de l’appareil pousse la tête du clou jusqu’à l’oreille de l’étireur, le clou tordu est placé dans l’oreille ouverte de façon que la tête vienne se fixer dans une entaille du bâti de l’appareil; le levier de pression est forcé de façon à étirer toujours la courbure du clou qui se trouve placé dans l’oreille. Enfin, en agissant moins fort avec ce levier de pression et en réglant le levier de tirage, on force le clou à passer
- complètement dans l’appareil élireur.
- Les clous qui sont tordus à peu de distance au-dessus de la tète sont placés de manière que leur courbure soit placée à gauche ou à droite et en mettant une goutte d’huile de temps à autre dans l’appareil ou sur les clous, surtout lorsque ceux-ci sont rouillés, on obtiendra un travail beaucoup plus facile.
- Ce genre d’appareil est préférable à ceux qui agissent par simple percussion dans des mâchoires et qui ont l’inconvénient de détériorer parfois la surface du clou. Avec l’étirage au contraire, on obtient une surface lisse qui permet d’employer le clou de la même façon que s’il était neuf. Bien entendu, l’appareil doit être fixé solidement sur un établi, de préférence au moyen de tire-fonds. — Adresse : Frêne h American Company Ltd, 24, rue de la Marlinière, à Lyon.
- Cafetière électrique automatique. — L’emploi de l’électricité pour les appareils de chauffage a fait éclore une série de combinaisons intéressantes, dont une des
- plus nouvelles est la cafetière électrique automatique qui permet d’obtenir un café d’arome parfait.
- Cette cafetière comporte des bornes d’amenée de courant qui alimentent une résistance de chauffage dissimulée dans le corps de l’appareil. Après avoir versé l’eau dans la cafetière, on place un flotteur qui est muni à la partie supérieure d’une sorte de soupape ; ainsi lorsque l’eau dégage suffisamment de vapeur, celte vapeur soulèvera la soupape et viendra 11 Lafelière électrique
- „ j» ,• nulmuntmuc coupe),
- se dégager afapartie 1 ' 11
- supérieure du flotteur. Le récipient qui contient le café moulu s’ajuste exactement contre les parois intérieures de la cafetière au-dessus du flotteur; la vapeur est donc obligée de venir se dégager à travers les trous du support métallique et elle vient, imprégner le café moulu.
- L’ébullition continue, cette vapeur se condense dans
- Fig. 12. — Les pièces diverses qui se trouvent à l’intérieur de la cafetière.
- le café et elle vient déborder dans une sorte de petite rigole tout autour de la cafetière ; cette rigole communiqué immédiatement avec le bec verseur et il en résulte que le café terminé coule continuellement, pendant le chauffage de l’eau, par le bec de la cafetière, directement dans la tasse. Un couvercle à la partie supérieure
- Liquide
- condensé
- Café mou/u Soupape
- Eau bouillante Borne
- iotteur
- Résistance
- chauffante
- Fig. t3. — La cafetière montée prête à fonctionner.
- empêche toute perle de vapeur. Voici donc un procédé de préparation rapide du café, uniquement obtenu par la condensation de la vapeur dans le café moulu. On obtient en quelques minutes trois tasses de café bouillant, d’un arôme remarquable.
- Adresse : M. Cbapot, 1*5, rue île Berne, à Paris.
- p.2x141 - vue 553/620
-
-
-
- .<*D
- WJ
- VARIETES
- CW,
- L'ORIGINE DES FOURMILIÈRES
- Il est assez singulier de constater que, bien qu’ayant été très étudiées, les fourmilières sont à peu près inconnues quant à leur origine. On sait bien comment elles sont faites, on n’ignore pas comment elles disparaissent (par mort des habitants ou par émigration), mais on n’est réduit qu’à des conjectures quant à la manière dont elles débutent. Chaque fourmilière contient, en très grand nombre, des ouvrières, qui sont stériles, et quelques femelles — dites reines —qui pondent des œufs. A un certain moment, de ceux-ci naissent des femelles ailées et des mâles ailés ; tout ce petit monde sort de la fourmilière, s’envole — c’est le vol nuptial ; — elles se réunissent dans l’air, puis s’abattent sur le sol; les mâles ne tardent pas à disparaître ; quant aux femelles elles restent à terre, puis se coupent les ailes. Ces femelles fécondées sont seules, c’est-à-dire que, contrairement à la reine abeille, qui est accompagnée d’ouvrières {essaim), elles n’ont aucune sœur pour leur venir en aide. Que vont-elles devenir ? On peut imaginer trois situations principales :
- i° Les femelles sont tombées au voisinage de leur fourmilière; elles y pénètrent et, si elles sont adoptées par les ouvrières, elles y deviennent les reines, après avoir, peut-être, massacré celles qui y avaient vécu avant elles ;
- a" Les femelles tombent loin du nid, rencontrent des ouvrières, s’entendent avec elles et, toutes ensemble — surtout ces dernières — commencent à créer une fourmilière, qui, dès lors, ne fera que croître et embellir ;
- 'j" Les femelles s’abattent encore loin de la fourmilière et les ouvrières qui se promènent dans les environs n'y font pas plus attention qu’au traité de Versailles (heureusement pour elles!) Restées seules, elles en prennent, leur parti : elles cherchent un gîte — ou le fabriquent—s’y blottissent., y pondent — n’oublions pas qu’elles sont fécondées — nourrissent les larves issues de leurs œufs ; les ouvrières ainsi nées agrandissent la fourmilière en miniature et nourrissent leur mère, qui, dès lors, n’a plus qu’à se « la couler douce » et pondre jusqu’à extinction de son existence.
- De ces trois hypothèses, les deux premières sont simplement plausibles; mais je ne sache pas qu’on les eût vérifiées; elles reposent suri’ « adoption » des reines par d’autres ouvrières et nous savons [La Nature, n“ 2497) qu’à ce point de vue, les fourmis ne sont pas précisément tolérantes.
- Quant à la troisième hypothèse, on peut — a priori — penser que la femelle fécondée est bien trop affaiblie par les souvenirs de son idylle pour creuser le sol ou rassembler les premières brindilles, ébauche de la future fourmilière. Ce raisonnement est faux. M. Rou-baud a pu le constater avec des fourmis du Congo, du genre Belanogastcr. « Les femelles fécondées, a-t-il constaté, deviennent des fondatrices solitaires d’un nid nouveau; elles construisent, puis pondent et nourrissent, seules, leurs larves à la manière des nids de Polisies et de Vespa (Guêpes) ; fréquemment, il y a association, dans le début, entre femelles issues du même nid. »
- Quelques entomologistes (Forel, Emeri, Soulh-coinbc, elc.) ont constaté les mêmes [laits chez les fourmis de nos pays, mais ils n’ont relaté que brièvement leurs observations qui, dès lors, sont un peu sujettes à caution. Récemment, le R. P. de Simpel en
- a rapporté une (Revue des Questions scientifiques, de Louvain) un peu plus explicitement. A Bruxelles, le 16 juillet 1917, s’était abattu tout un vol de fourmis ailées — des Lasius flavus —- et, comme la suite le montra, déjà fécondées. Quelques-unes furent capturées, puis placées dans une boîte en carton recouverte d’une vitre et dont le fond était rempli de plâtre coulé (humecté de temps à autre) et recouvert de terre. Les unes moururent et, suivant leur habitude, leurs compagnes les parquèrent dans un endroit spécial, véritable cimetière; les autres vécurent et constituèrent divers groupes unies parla sympathie (ou, plutôt, la tolérance), semblant, parfois, jouer entre elles, tout en veillant à leur propreté corporelle, chose à laquelle tous les insectes sont très attentionnés. Au printemps commença la ponte ; les femelles se passaient les œufs de bouche en bouche, comme pour les humecter dedeur salive. Quelques jours après, les œufs furent éclos et donnèrent des larves se dodelinant comme pour indiquer qu’elles avaient faim. Les mères ne résistèrent pas à cette invite et leur dégorgèrent un peu de nourriture dans la bouche. Les larves devinrent des nymphes et, le 20 mai, les premières ouvrières naquirent. Dès le lendemain, celles-ci se mirent au travail après avoir abondamment absorbé de l’eau sucrée que l’on avait mise à leur portée et commencèrent à nourrir leur mère. C’était le commencement d’une fourmilière; M. de Simpel n’indique pas, malheureusement, ce qu’elle devint ultérieurement, ce qui fait supposer qu’elle « vécut heureuse et eut beaucoup d'enfants », comme se terminaient, jadis, les bons romans sentimentaux.
- Il est à remarquer que, jusqu’à la naissance des ouvrières, les reines ne prirent aucune nourriture. Pendant plusieurs mois, non seulement elles observèrent un jeune absolu, mais encore trouvèrent moyen de donner la becquée aux larves. Après la pariade, il est possible qu’elles aient eu encore un peu de nourriture dans le jabot, mais comment expliquer qu’elle y soit demeurée intacte et qu’une bonne partie, tout au moins, n ait pas été digérée par la femelle pour entretenir son existence? Cependant il faut croire qu’il en restait un peu puisque les reines en dégorgèrent dans la bouche des larves. Toutefois, cette hypothèse n’est pas nécessaire pour expliquer la conservation de la vie de la mère. On peut en effet remarquer, ainsi que M. Charles Janet l’a montré, que, les ailes ayant été coupées et n’ayant plus de fonction, leurs muscles devenus inutiles dégénèrent et, comme le disent les naturalistes, subissent une cytolyse. La plupart des faisceaux musculaires se transforment en cellules graisseuses et celles-ci, résorbées par la fourmi, lui permettent d’entretenir sa vitalité. Donc, en résumé, si la femelle n’a pas besoin de nourriture, c’est que, dans son corps, sé forment des réserves de nourriture et qu’elle s’en nourrit au fur et à mesure de ses besoins. Quand elle s’évade de la fourmilière, comme le remarque le R. P. de Simpel, elle a « tout en elle » et, comme un des sept Sages de la Grèce, dont Valère Maxime rapporte l’histoire, elle pourrait dire : Ego vero bona omnia mea mecum porto, parole historique, citée, en'particulier, par Cicéron qui, en l’espèce, ne songeait certainement pas aux fourmis.
- Henri .Coupin.
- PRESTIDIGITATION
- E>
- »
- Dans les expériences suivantes, on se sert de deux guéridons à dessus en cristal transparent, ce qui éloigne toute idée de truquage. Leurs pieds ne sont pas creux et, en admettant qu’ils le soient, ils ne pourraient dissimuler grand’chose, étant tous gros comme le doigt. Enfin, il n’y a sur la scène d’autre meuble que ces guéridons.
- I. L’anneau des fées. — Effet. — Le magicien présente un large et mince anneau de cuivre et le pose sur
- l’un des guéridons, composé d’un dessus rond de 2 cm 1/2 d’épaisseur, d’une colonne verticale et de trois pieds, comme l'indique la ligure. Immédiatement, il sort de l’anneau un interminable serpentin multicolore qu’il enroule autour de sa baguette. 11 se lient à une longue distance de l’anneau et le serpentin, tour à tour blanc, vert, rouge, jaune, bleu, transparent— et alors à peine visible — puis argenté et doré qui défile et forme, autour de la baguette, un flot grossissant et bruissant est; du plus gracieux effet.
- p.2x142 - vue 554/620
-
-
-
- PRESTIDIGITATION
- Le magicien pose le serpentin sur l’autre guéridon, à dessus rectangulaire, arrondi aux angles et à franges entièrement en cristal. Ce guéridon, plus grand et plus riche, permet d’exécuter des expériences plus nombreuses et plus importantes.
- L’illusionniste montre de nouveau l’anneau qui n’offre
- Fig. i. — L’anneau des fées.
- rien d’anormal. Le posant sur le premier guéridon, il en retire un chapelet de dix foulards. S’emparant des serpentins il les agite et, successivement, tombent à terre trois toupies éclatantes qui tournent en fredonnant.
- Cette expérience est vraiment d’un effet magique. L’opérateur montre constamment les deux côtés de ses mains toujours éloignées du corps. Pas un seul instant les guéridons ou l’anneau ne sont recouverts d’un foulard, d’une feuille de papier ou d’un plateau comme dans beaucoup de tours.
- •2. Les tubes de Neptune. — Effet. •— Le magicien présente un tube vide, en métal, le tournant et le retournant, recouvrant avec une bougie allumée, agitant baguette à l’intérieur, puis le pose sur le guéridon de cristal à dessus rond.
- j* Il montre ensuite les deux côtés d’une feuille de papier à dessin et la pose sur l’autre guéridon. A l’aide
- Fig. 2. — Les tubes de Neptune.
- d’un pichet en verre, il verse de l’eau dans le tube. Puis il roule la feuille de papier à dessin de manière à en former un cylindre auquel il adapte une sorte de couvercle en caoutchouc.
- Le cylindre est placé verticalement ou horizontalement sur le guéridon.
- Saisissant le tube de métal, l’eau en a complètement disparu. S’emparant du cylindre de papier, il contient
- de 1 eau. L’illusionniste la verse dans le pichet. Avant l’expérience, le guéridon peut être démonté sous les yeux du public. On peut prouver ainsi que la colonne verticale qui en supporte le dessus n’est pas creuse, non seulement en montrant ses extrémités, mais en frappant sur la colonne avec la baguette magique ou un objet quelconque, une clé par exemple.
- 3. Foulards prestigieux. — Effet. — Le magicien montre un foulard sans préparation et en recouvre le guéridon à franges. De dessous ce foulard, il en sort un autre qu’il étale sur le premier. Plongeant ses mains sous les deux foulards, il en sort encore un autre et l’étale sur les deux premiers.
- Il répète cette opération à plusieurs reprises, produisant en dernier lieu plusieurs foulards à la fois.
- Saisissant tous les foulards, il les lance en l’air. En même temps, de cette pluie part, vers le public, une
- Fig. 3. — Les foulards prestigieux.
- suite chatoyante de petites oriflammes fixées «à un fil de métal souple.
- Explication de l’anneau des fées. — Le procédé est à peu près le même pour chacune de ces expériences. C’est pourquoi je vous en ai tout d’abord relaté l’effet.
- Ne vous fiez pas aux apparences. Les deux guéridons conçus pour éloigner tout doute en l’esprit du spectateur sont truqués. Le dessus, rond, de a cm 1/2 d’épaisseur, sur lequel on pose l’anneau de cuivre, a subi une préparation.
- Au milieu de ce dessus dé cristal et dans son épaisseur se trouve une boîte carrée, en nickel, invisible, le pourtour du dessus de cristal étant à facettes. Un anneau très mince, moins grand que celui que l’on 'pose sur le guéridon, est encastré dans la boîte. Il contient un serpentin roulé et entouré de foulards d’un tissu fin et légèrement élastique noués en chapelet. On peut modifier ad libitum la hauteur du guéridon et, par conséquent, en élever le dessus de manière que les spectateurs ne puissent voir à travers le cristal qui en forme la surface. La boîte nickel est recouverte en partie‘par cette surface et une petite feuille ronde, de même aspect, semblant de même matière, mais en réalité en corne ou en mica.
- Les franges de cristal de l’autre guéridon sont aussi à facettes et ornées, sans abondance, de fioritures. Elles
- p.2x143 - vue 555/620
-
-
-
- 9
- PRESTIDIGITATION
- #
- mesurent 5 ou 6 cm de hauteur et, bien que très transparentes, dissimulent une plaque de nickel, brillante comme un miroir, fixée, verticalement, à la frange se trouvant du coté du fond de la scène. La plaque-miroir
- A £> O. L £
- Fig. /,. — Ce que l’on verrait si la surface supérieure du guéridon à dessus rond était enlevée : A, Boîte en nickel; B, Anneau; G, Foulards noués l’un à l’autre, en chapelet; D, Un angle du premier foulard est placé sous le serpentin, de manière que l’on puisse s'emparer facilement du chapelet de foulards; E, Serpentin. L’extrémité que l’opérateur .saisira est collée à un minuscule morceau de bois dépassant légèrement.
- se termine par une sorte de petite étagère solide et légère sur laquelle on aura collé du feutre.
- Les toupies sont suspendues à une tringle à l’aide d’un anneau. Elle en porte elle-même un, afin que l’on puisse s’en emparer facilement. Les toupies sont posées sur la petite étagère. Cette préparation est admirablement invisible de l’aimable société et... de celle qui ne l’est pas.
- &
- • * ’ *
- ». L’anneau des fées étant placé sur le plus petit guéridon, on plonge la main dans l’anneau en question, du doigt on soulève le rond de corne ou mica et l’on saisit le serpentin au milieu.
- L’apparition des foulards est tout aussi facile et se passe de commentaires. En vous emparant du serpentin placé sur l’autre guéridon, vous glissez le doigt dans
- Fig. 5.— La surface supérieure du guéridon rond : A, Rebord .saillant; B, Cercle figurant dans la partie ornementale et du diamètre de VAnneau des Fées. C’est sur ce cercle que devra être placé ledit anneau; C, Cercle (ornement du guéridon) indiquant l’emplacement de l’anneau rempli de foulards et de serpentins; D, Rond de corne ou mica se confondant avec la jvartie en cristal delà .surface du guéridon. Ce rond de corne ou mica peut être enlevé à volonté.
- l’anneau qui se trouve au milieu de la tringle. Vous dirigeant vers le public, vous appuyez sur le bouton de chaque toupie remontée à l’avance. Elles tombent l’une après l’autre et tournent.
- C’est là une apparition originale qui termine agréablement ce tour de haute prestidigitation.
- Explication des tubes de Neptune. 11 est bon de
- posséder deux ou trois surfaces pour le dessus du petit
- guéridon, chacune d’elles préparée différemment pour diverses expériences.
- Pour l’exécution des Tubes de Neptune, la surface, en matière transparente comme le verre, mais n’en ayant pas la fragilité, sera biseautée et ornée d’arabesques. Au centre se trouvera un trou de i cm de dia-
- JiiîA
- Fig. 6.
- Les toupies.
- mètre. Le fond de la boite sera brillant comme un miroir.
- L’opérateur démontera le guéridon pour en montrer chaque partie. Inclinant le dessus du côté des assistants, la boite sera invisible, grâce à son fond brillant et aux
- Fig. 7. — Les tubes de Neptune.
- Fig. 1.— Le tube de métal destiné à recevoir l’eau ; À, Rondelle de métal; B, Rondelle de liège.
- Fig. 2. — Le guéridon à franges : A, Trou central de la surface supérieure; B, Rainure circulaire dans laquelle sera enfoncé légèrement le tube de métal; C, Le tube rempli d’eau est posé sur un lit de ouate; D, La petite étagère secrète.
- Fig. 3. — Manière de s’emparer du tube d’aluminium pour le rouler dans la feuille de papier à dessin.
- ornements de la surface supérieure du guéridon. L’ouverture centrale de cette surface est trop petite pour être remarquée de loin. Le fond du tube de métal dans lequel l’illusionniste versera de l’eau est muni d’un petit trou fermé par une rondelle de liège à laquelle est fixée une rondelle de métal légèrement plus grande. Ce fond est noirci intérieurement, de même cjueja rondelle
- p.2x144 - vue 556/620
-
-
-
- PRESTIDIGITATION
- de liège. La rondelle de métal se trouve à l'extérieur du tube. De même couleur que le fond de ce dernier, elle est invisible.
- Le fond est élevé à peine d’un demi-centimètre, moitié de l’épaisseur de la rondelle de liège.
- Le tuLe étant sur la table, afin de prouver qu’il est toujours vide, l’opérateur agite dedans sa baguette.
- Il pousse alors avec l’extrémité de celle-ci le petit bouchon qui demeure entre le fond du tube et la surface supérieure du guéridon. Sur cette surface a été tracé, en creux, un cercle du diamètre du tube. Au moment où l’illusionniste élève le pichet pour en verser le contenu dans le tube, il enfonce ce dernier dans la rainure circulaire.
- L’eau ne coule du pichet qu’en petite quantité. On la verse lentement dans l’ouverture du fond du tube.
- Sur l’étagère du guéridon à franges est placé, horizontalement, un tube d’aluminium rempli d’eau et fermé par un bouchon semblable à celui que je viens de décrire, mais auquel est attaché un fil noir, fin, tels que ceux employés dans la confection des fleurs artificielles.
- Ayant montré la feuille de papier à dessin des deux côtés, l’illusionniste la place de manière que l’un de ces bords rçcouvre presque complètement le tube, d’ailleurs moins grand que les côtes de cette feuille et dont la plaque qui en ferme les deux extrémités est reculée d’environ un demi-centimètre des bords du tube.
- En saisissant la feuille de papier pour en former un cylindre, il est facile de s’emparer du tube et le rouler dedans. En adaptant le fond et l’anneau de caoutchouc au rouleau de papier, on tire le fil noir qui montre son extrémité à l’une de celles du rouleau.
- Pour montrer que l’eau a quitté le tube de mêlai, l’opérateur le retourne complètement et dissimule l’ouverture du fond avec la paume de sa main, le passe rapidement devant le public de manière que le fond soit dans l’ombre et agite en même temps sa baguette magique à l’intérieur.
- Il est facile de soustraire le bouchon demeuré sur la table, soit en prenant le tube pour le montrer vide, soit en prenant la baguette pour l’agiter dedans.
- Ayant versé le contenu du rouleau de papier, vous le posez sur le plancher et procédez à une autre expérience ou vous l’emportez avec le tube de métal et le pichet.
- Explication des foulards prestigieux. — Pour ce tour, on se servira seulement du guéridon à franges. Il cachera, dans son dessus, une boîte nickelée, remplie de foulards pliés et disposés de telle façon que l’on devra pouvoir les saisir aisément par deux angles. Sur
- la surface dépolie dq ce guéridon se trouvera une plaque mince se levant et s’abaissant à volonté du côté des spectateurs, à l’aide d’une charnière ou d’une bande de papier calque. Cette sorte de couvercle sera, bien entendu, invisible. Il se confondra avec la partie fixe de la surface du guéridon. Une longue tige fine et souple à laquelle sont cousues des oriflammes de soie est roulée en un ovale et placée sur l’étagère. L’opérateur étend un grand foulard sur le guéridon et, levant légèrement le couvercle dont je viens de parler, il prend les deux angles du premier foulard de la boîte et le tire. Il 1 étend sur celui qui recouvre le guéridon. Même opération pour les foulards suivants. Varier les gestes. Des
- » r.'Fjrzç-- ' apin
- pour l’expérience prestigieux.
- des foulards
- foulards déjà retirés paraître en retirer d’autres. Les mêler, en former un monticule et, vous en emparant soudain, saisir, en même temps, la charge de la petite étagère. Après avoir froissé et agité les foulards, les jeter en l’air et, aussitôt, lancer avec force, devant soi, le régiment chatoyant et palpitant des oriflammes.
- On comprend l’utilité de semblables guéridons pour ceux qui appartiennent à la vaste cour de la Reine des Arts. Certes, il en existe d’admirablement conçus, permettant apparitions, disparitions, échanges; mais ils ne sont pas en matière transparente. En prestidigitation, ce n’est pas toujours ce qui est transparent ou vivement éclairé qui est franc, loyal. Il est vrai que le cristal de mes guéridons n’est pas d’une transparence absolue, ou, plutôt, sa transparence est trop grande, puisque j’éprouve le besoin de l’atténuer à l’aide de facettes, biseaux, filets, etc.... Mais ceci entre également dans un autre domaine, celui de l’ornementation, qui a quelque importance en l’art exclusivement enchanteur de la magie blanche. Luc Miîgret.
- SC
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. - L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être-, en général, répondu immédiatement.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le
- Coupe-gaz. Constructeur : M. Conti, 52, rue de Clichy, à Paris.
- Communication, — A propos de la sittelle et les noisettes (n“ 25q4), M. de Winter nous écrit :
- « Dans son livre Les oiseaux observés en Belgique. Les gymnopoïdes, M. Marcel de Coutreras dit au sujet de la sittelle :
- « Le torchepot ne dédaigne pas le régime granivore et sait parfaitement prélever sa dîme sur toutes les espèces de graines sylvestres; comme le casse-noix, il fait ses provisions pour l’hiver, mais dispose ses réserves en plusieurs endroits différents. «
- Quant au casse-noix (Nucifraga caryoca lactés) il en parle comme suit :
- « Le casse-noix établit sa résidence dans les forêts de conifères, dont la graine constitue sa principale nourri-
- ture ; il ne dédaigne cependant pas les noix, dont il sait habilement faire sauter la coquille à l’aide de son bec, tandis qu’il tient le fruit d’une patte. »
- Quoique les lignes que je reproduis ci-dessus ne répondent pas complètement à la question posée, je pense qu’elles sont de nature à l’éclairer tout en la généralisant quelque peu.
- Réponses. — M. Rebuschmi, à Milan. — Les recettes d'encres pour écrire sur le zinc en noir [sont indiquées dans les Recettes de l'atelier, p. 238. Les formules les plus simples sont celles qui indiquent l’emploi d’une solution de bichlorure de platine à 5 pour ioo. (Le métal se trouve réduit en noir sur le zinc), ou bien l’emploi du beurre d’antimoine liquide qui donne une écriture qui se couvre au bout d’un certain temps d’une efflorescence blanche qui disparaît au lavage et donne alors des traits moins inaltérables.
- M, V• Girard, à Bony. — i° Le plus pratique est de recharger les sacs de dépolarisants dans les piles Le-clanché au moyen de bioxyde de manganèse neuf mélangé de charbon de cornues concassé; cependant si vous voulez essayer une régénération, vous pourriez peut-être tenter une immersion dans un oxydant énergique, eau oxygénée oü bichromate de potasse, en tout
- p.2x145 - vue 557/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- cas remploi de l’acide sulfurique ne nous paraît pas justifié, a0 Pour dissoudre les sels grimpants, se servir d’eau acidulée par l’acide chlorhydrique.
- M. Papillon, à Lons-le-Saunier. — i° On perce la. porcelaine et la faïence en se servant d’un foret bien trempé, humecté d’un liquide spécial.
- La trempe du foret s’effectue en le portant au rouge et 1 enfonçant aussitôt dans un morceau de plomb, quant au liquide il est constitué par :
- Benzine. ................ 5o grammes.
- Camphre.................. 5 —
- Huile d’amandes douces . i5 —
- Mettre une goutte de ce liquide à l'endroit que l’on veut percer, monter le foret sur un drille et tourner avec précaution, après avoir pris soin de placer l’objet sur un torchon plié en quatre pour donner de la souplesse pendant l’opération. 2" Le fil métallique employé pour les agrafes est simplement du lil de fer étamé de grosseur convenable.
- M. Przytulski, à Paris. — i° Vous trouverez delà paraffine pratiquement neutre, chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange ; 20 La maison Radiguet et Massiot, i5, boulevard des Filles-du-Calvaire, vous livrera tous modèles d’aiguilles aimantées pour boussoles et galvanomètres.
- M. Ilanin, à Hussein-Dey, Algérie. — i° On peut préparer une excellente crème pour l'entretien des chaussures jaunes en opérant de la façon suivante : Placer dans un bain-marie deux flacons contenant l’un 3o gr. de cire jaune et 100 gr. d’essence de térébenthine, l’autre 5 gr. de savon de Marseille et 100 gr. d’eau, le savon étant réduit en copeaux minces. Une fois les solutions faites verser l’eau de savon dans un bol, puis lentement en tournant avec un agitateur, on y incorpore la solution de cire. Pour terminer on colore par une solution de 2 gr. de vésuvine dans environ 20 cm5 d’alcool à g50. Remuer la mixture jusqu’à refroidissement et mettre en pots munis de bons bouchons pour éviter l’évaporation du solvant. 20 Un bon cirage noir s’obtient économiquement en mélangeant Encaustique ordinaire .
- Bleu de Prusse ... .
- Carmin d’indigo. ...
- Noir animal fin..........
- Cette formule que nous devons à l’amabilité de l’ur de nos lecteurs, M. Thuaud, donne un résultat parfait M, Pelisse, à Montauban de Bretagne. — Nous vous remercions de nous avoir signalé ce lapsus calaini,
- effectivement comme 1 watt correspond à — kilogram-
- 9,8 . 0
- mètres, c’est bien 302 kilogrammètres qui est le résulta! exact.
- 5oo grammes.
- 25 _
- M. Ileymann, à Enghien. — i° Comme dissolvant des résines, vous pouvez employer le tétrachlorure de carbone qui est très volatil, la solubilité est très variable suivant le produit considéré ; 20 Nous ne donnons pas de consultations orales ; 3° Nous ne connaissons pas d’ouvrage spécial concernant l’impression' au moyen des couleurs à bases résineuses-, 4“ Consultez pourY émaillage du verre : Emaux et émaillage, par Paul Randau, La Céramique industrielle, par Arnaud, ces deux ouvrages sont édités par Dunod, 47, quai des Grands-Augustins ; 5° La maison Chenal, 12, rue Lagrange, peut vous fournir balances et verrerie de laboratoire.
- M. Beauvisage, à Tours. — L’échantillon du produit destiné à capsuler les bouteilles, que vous nous avez soumis est du type vernis Zapon, vous pourrez obtenir une préparation analogue en ajoutant i5 à 20 gr. de camphre à 1 litre de collodion riciné, ou dissoudre du celluloïd dans le mélange alcool-éther dans la proportion de 20 à 25 pour 100, quant à la coloration elle peut être obtenue avec la plupart des couleurs dérivées de la houille qui sont très solubles dans ces conditions.
- M. N. de la C., à Saint-Etienne. — L’obtention des cachets de cire en deux teintes s’effectue en enduisant le sceau d’une encre grasse avant d’en prendre l’empreinte sur la cire chaude. Celle-ci doit être de la cire très fine de la meilleure qualité fondue à part dans une cuiller et versée très fluide sur le support. L’encre grasse est celle à tampons préparée par exemple comme suit :
- Noir de fumée............ i5 grammes.
- Huile de lin cuite .... 85 —
- L’application se fait au pinceau sur le sceau de manière que les parties saillantes soient recouvertes uni-
- formément sans manques, au besoin on laisse sécher légèrement par résinification à l’air de l’huile. En remplaçant le noir par du bleu de Prusse ou du vermillon, on peut également obtenir de très jolis effets sur des cires de couleurs différentes; si avant d’appliquer le sceau, on saupoudre l’encre grasse de poudres métalliques (bronzes en poudre), des effets variés sont obtenus. Enfin, quelquefois les graveurs et fabricants de cachets héraldiques obtiennent ce résultat par application pure et simple au pinceau, soit sur le fond, soit sur les reliefs de brun Van Dyck, broyé à l’huile, tel qu’on le trouve en tubes dans le commerce, pour la peinture des tableaux, comme nous l’avons signalé précédemment, toute autre couleur peut être substituée à celle-ci suivant la teinte de la cire employée.
- M. Guichard, à Paris. — Sans connaître exactement le but que vous poursuivez, nous pensons que vous pourrez fixer des dentelles sur bois ou métal au moyen d’une solution d’acétate de cellulose dans l’acétone à 5 pour 100, au cas où les objets ne seraient pas exposés à l’humidité, une simple dissolution de gélatine blanche dans l’eau suffirait.
- M. E. Ilarmant, à Saint-Malo. — Pour préserver les cercles de tonneaux des attaques de vers, il suffit de les imprégner d’un sel de cuivre, pour cela faire d’abord une dissolution de
- Eau non calcaire............. 10 litres.
- Savon de Marseille. . . . 260 grammes.
- Y plonger les cercles, puis lorsque l’eau savonneuse a pénétré dans la profondeur du bois, immerger dans
- Eau ordinaire 10 litres.
- Vitriol bleu................. 60 grammes.
- Il se forme par réaction des éléments en présence, dans la masse fibreuse, un stéarate de cuivre insoluble qui met désormais le bois à l’abri de l’action destructrice des insectes xylophages.
- Ecole des mutilés de Lyon, Gerland. — Il nous paraît que la solution la plus économique serait de tirer de suite plusieurs exemplaires de bleus qui se remplaceraient au fur et à mesure de la détérioration, cependant si vous désirez essayer d’un vernis, nous pensons que celui à l’acétate de cellulose dissous dans l’acétone (5 pour 100), qui est complètement incolore, conviendrait particulièrement au cas considéré.
- M. Le Grand, à Luisant. —• Suivant la nature des eaux d’alimentation, le dépôt qui se forme dans les chaudières de cuisinières est constitué par le carbonate ou le sulfate de chaux ; le meilleur moyen de dissoudreTe dépôt est de le traiter avec ménagement par l’acide chlorhydrique (acide muriatique du commerce) étendu de 10 fois son volume d’eau, l’opération doit être surveillée, car après le sédiment calcaire, ce serait le fer de la chaudière que l’acide attaquerait. Finalement on rince à grande eau pour enlever le chlorure de calcium formé.
- M. Averseng, à Versailles. —- On fait disparaître les taches brunes dues à la présence de champignons sur le papier en plongeant les feuillets dans de l’eau de Javel étendue, environ une cuillerée à bouche par litre d’eau, solution que l’on acidulé par quelques centimètres cubes de vinaigre pour libérer le chlore. Le séjour dans le liquide est plus ou moins prolongé suivant la gravité du dégât, puis on passe à l’eau alcalinisée par quelques gouttes d’ammoniaque et finalement on rince à fond, car la présence de toute trace de chlore compromettrait la solidité du papier. Bien entendu, s’il s’agit de livres, ceux-ci doivent être débrochés de façon à pouvoir traiter les feuilles séparément, car tout travail sur le livre entier, à cause de la difficulté de rinçage, exposerait à des mécomptes par la suite. L’intervention de l’eau dans les opérations, ayant privé le papier de son encollage, dû à la gélatine ou à la la fécule; il est bon, pour redonner de la solidité, de refaire un léger réencollage par immersion dans un bain contenant 5 gr. par litre de colle de poissons et environ 1 gr. de chlorure de zinc pour empêcher désormais le développement des moisissures,,
- M. Toyres, à Paris. —r i° Le durcissement des pétales de fleurs par l’air liquide présentera, croyons-nous, l’inconvénient, outre d’être peu pi’atique actuellement, de donner une grande fragilité, ne pourriez-vous essayer d’une dissolution de gomme laque dans l’eau boratée ; 20 Vous trouverez des pavillons hauts parleurs pour téléphonie sans fils chez Brunet-Pelletier, a5, rue des Usines, à Paris et chez Roger, 75, rue Claude-Bernard, à Paris.
- p.2x146 - vue 558/620
-
-
-
- <
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. -.: ....
- Problèmes et exercices d’Electricité générale, par Paul Janet, i vol. 253 p., 91 figures. Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1921.
- Les problèmes rassemblés et résolus par l'éminent directeur de l’Ecole Supérieure d’Electricité ont pour but de forcer les élèves à bien saisir le sens profond et le jeu des lois fondamentales de l’électricité.
- Ce ne sont pas de simples applications numériques, mais des questions d’ordre théorique qui obligent à la réflexion et au travail personnel. Elles exerceront, au surplus, en même temps les connaissances mécaniques et mathématiques de ceux qui s’appliqueront à les résoudre.
- Les chaussées modernes, par P. Le Gavrian. i vol. gr. in-8, 43o p., 89 fig. (Encyclopédie du Génie civil). Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix : 40 francs.
- Le développement intensif de la circulation automobile a imposé aux vieilles chaussées macadamisées des tâches pour lesquelles elles n’étaient point faites. Elles n’y ont pas résisté ét les ingénieurs ont dû rechercher des solutions nouvelles, intermédiaires entre le macadam reconnu insuffisant et le pavage, en général trop coûteux. Des essais de tous genres ont été faits en ces dernières années; le livre de M. Le Gavrian leur est consacré. . L’auteur a ldi-même dirigé de nombreuses expériences effectuées sur les routes particulièrement éprouvées de la région parisienne, c’est dire que sa documentation est de première main. L’ouvrage ne traite pas du tracé des routes, ni de leurs fondations, mais seulement de leurs revêtements; il rappelle tout d’abord comment les véhicules agissent sur la route, et l’usent ; puis il étudie les liants servant à agglomérer les chaussées ; goudrons, brais, bitumes, asphaltes; enfin décrit les divers procédés de revêtement et d’entretien des routes modernes : goudronnage superficiel, lutte contre la poussière par l’arrosage, par les chlorures, par les émulsions et les huilages; goudronnage interne, tar-macadam, macadam au b rai, revêtements avec des pierres ou du sable agglomérés au bitume, revêtements d’asphalte, chaussées en béton armé ou non, et les diverses espèces de pavage à éléments réguliers. L’ouvrage contient en outre un utile lexique des procédés d’aménagement des chaussées et un recueil d’instructions ministérielles et de cahier des charges de la Yille de Paris.
- Les régions polaires pendant la guerre, par Chah les Rabot, précédées des rapports sur les récentes expéditions norvégiennes au Spitzberg (1919-1921) présentée par leur chef, M. Adolf Hoël. 1 vol. in-8, i38 p., 16 fig. Revue de géographie annuelle. Delagrave, Paris.
- Pendant la guerre et depuis, de nombreuses expéditions, organisées par les pays les plus divers, ont parcouru les régions polaires, ajoutant à nos connaissances de ces terres, encore peu explorées, de nombreuses données géographiques,1 physiques , et économiques. Grâce à sa parfaite connaissance des langues Scandinaves, notre collaborateur a dépouillé les publications relatives à ces diverses missions et en a résumé les points importants, à l’usage des géographes fran-r çais. On trouvera dans ce livre tous les renseignements sur les deux calottes polaires recueillis depuis 1914.
- Traité de géologie et minéralogie appliquées à Vart de l'ingénieur, par L. De Launay, membre de l’Institut. rvol. gr. in-8, 418 p., 288 fig. (Encyclopédie du Génie civil). Baillière, éditeur, Paris, 1922. Prix : 40 francs.
- Ce livre est la reproduction du cours professé aux élèves ingénieurs de l’Ecole des Ponts et Chaussées; il a pour but, non de leur enseigner toute la géologie! mais de leur apprendre ce qu’est cette science et de leur en donner une connaissance générale suffisante pour leur permettre de consulter utilement en cas de
- besoin soit des ouvrages plus détaillés, soit des spécialistes. C’est donc en somme un ouvrage de haute vulgarisation et l’auteur a su le rendre fort attrayant. Il se divise en deux parties, une partie théorique et une partie pratique. La première expose les éléments de la minéralogie, de la pétrographie, de la paléontologie, de la stratigraphie et de la tectonique. La partie pratique débute par des explications sur les cartes géologiques et la manière de les utiliser. Dans le chapitre intitulé Métallogénie, l’auteur montre ensuite comment se présentent géologiquement les matériaux les plus utiles à l’industrie humaine : matériaux de construction, soufre, sel marin, houille et pétrole, phosphates, métaux. Puis il passe aux travaux publics; il prouve par de nombreux exemples qu’il est indispensable de. faire précéder tout projet par une sérieuse étude géologique, qui non seulement facilitera l’organisation méthodique du travail ultérieur, mais encore évitera souvent de très graves mécomptes ou de douloureux accidents. Ce chapitre contient des détails fort intéressants sur les tunnels transalpins. Le livre se termine par l’étude des eaux souterraines.
- Utilisation des espifadoras en Algérie, parCn. Clauon.
- 1 broch. in-8, 3a p., fig. Bibliothèque du colon du Nord de l’Afrique, Alger. Prix : 2 francs.
- Les espicadoras sont des épieuses ou moissonneuses-chargeuses, coupant les épis et les ensachant. L’appareil est poussé par l’attelage au lieu d’être tiré. L’auteur décrit ces machines, donne leurs caractéristiques et signale leur intérêt pour les grands domaines.
- La destruction des mauvaises herbes, par E. Rauaté.
- 1 vol. in-16, 164 p-, 14 fig- Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Pour obtenir de bons rendements, il faut que le sol soit propre, la culture pure. On peut se débarrasser des mauvaises herbes par de nombreux moyens que l’auteur décrit avec précision.
- Les cultivateurs verront quelles importantes augmentations de récoltes en céréales on peut obtenir par cette destruction.
- Za taille des arbres fruitiers de plein vent, par Et Ra~ baté. 1 vol. in-16, 165 p., 35 fig. Librairie Agricole de la Maison Rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- L’auteur décrit et figure les pratiques rationnelles de formation des charpentes et de taille fruitière du prunier d’Ente, du prunier de Reine-Claude, du pêcher et du pommier.
- Ce volume, illustré de nombreuses figures, permettra aux arboriculteurs, aux offices agricoles et aux sociétés d’agriculture de poursuivre avec plus de précision et d’efficacité, l’intensification de la production fruitière. Le nom de l’auteur de ce livre, M.E. Rabaté, qui a eu l’occasion d’organiser avec le plus grand succès de nombreuses écoles de taille est, au surplus, un gage certain de l’intérêt immédiat et pratique de ce nouvel ouvrage.
- Alimentation rationnelle des animaux domestiques, par R. Gouin. 5° édition, 1 vol. in-18, 4°4 p-, 18 fig. J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 11 francs.
- La première partie de cet ouvrage est consacrée aux généralités, à l’historique, à la théorie de l’alimentation, à la digestibilité, au rationnement et aux substitutions.
- Le texte des premières éditions a du être remanié et complété, par suite des découvertes récentes, sur le rôle des protéines dans l’alimentation et sur les vitamines comme facteurs de croissance.
- La deuxième partie est consacrée à l’alimentation spéciale des Chevaux, Anes, Mules, Bovidés, Moutons, Chèvres, Porcs.
- La Magie, par le Dr J-. Maxwell, i vol. in-16, 2Ô2 p. Bibliothèque de philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- La magie, fort discutée, est cependant un important phénomène sociologique.
- L’auteur l’étudie et l’analyse dans ses formes, ses procédés, son évolution, montre ses liens avec le sentiment religieux et déga'ge son utilité pour l’étude de l’origiqg tjes civilisations et de la psychologie sociale,
- p.2x147 - vue 559/620
-
-
-
- LA NA
- Suppl
- N° 2510 13 Mai 1922
- INFORMATIONS
- CM,
- Les communications radiotélégraphiques à grande portée. — Tous les pays civilisés envisagent actuellement la réalisation de postes puissants de T. S. F. leur permettant de communiquer sans entraves avec tous les autres pays du globe.
- M. Austin, dans une intéressante élude que publie le Journal of the Franklin Jnstitute, résume les plus ambitieux de ces projets. La France qui détient momentanément avec le poste de Lafayetle à la Croix d’Hins, près de Bordeaux, le record des postes puissants, construit à Sainte-Assise, près de Melun, un poste beaucoup plus puissant encore qui doit pouvoir communiquer avec Saïgon (10200 km) et avec Buenos-Ayres (11000 km). Ce poste aura ifi supports d’antennes de i5o m. de hauteur, divisés en 2 groupes distants de 400 m. Le courant à haute fréquence sera fourni par 2 alternateurs Bethenod-Latour de 5oo kilowatts chacun, qui réunis pourront mettre dans l’antenne entre 1000 et 2000 ampères.
- L’Allemagne possède avec le poste de Nauen un poste à grande puissance qui se classe immédiatement après le poste Lafayetle. Son antenne est supportée par 2 tours de 260 m. au centre et par des mâts plus petits aux extrémités. Le poste est équipé avec 2 générateurs à haute fréquence de 500 kilowatts et 2 de 2 k) kw ; le courant normal d’antenne est de 38o ampères. L’Allemagne perfectionne ce poste et compte pouvoir réaliser la communication Bei'lin-Buenos-Ayrcs : 11 85o km.
- Aux Etats-Unis, de grands projets sont de même en voie de réalisation; la Fédéral Radio Telegraph C°, de San Francisco, projeLle de construire deux puissantes stations permettant aux messages de franchir tout l’océan Pacifique. L’une de ces stations serait à San Francisco, l’autre à Shangaï, à une distance de 9800 km. Les antennes y seront supportées par des pylônes de plus de 3oo m. de haut; l’émission se fera avec des arcs Poulsen de 1000 kilowatts donnant des courants d’antenne de 600 ampères ou davantage; la longueur d’onde sera compriseentre 20000 et 3o 000 m.
- D’autre part, la Radio Corporation of America projette d’ouvrir des communications directes entre New-York et Buenos-Ayres (835o km). Elle utilisera à cet effet le poste récemment ouvert à Long Island près de Mew-York, et qui après son achèvement battra tous les records de puissance. Nos lecteurs savent que ce poste comprend 12 antennes distinctes, rayonnant autour de la station centrale, longues de 2400 m., portées chacune par 6 pylônes de 120 m. de haut; io alternateurs à haute fréquence Alexanderson de 200 kilowatts chacun alimenteront ces antennes qui pourront recevoir chacune un courant de 2000 à 3ooo ampères. Deux de ces antennes sont actuellement en service.
- L’Angleterre projette, elle aussi, de réunir radioélec-triquement les diverses contrées de son immense empire. Mais les nombreux territoires dont elle peut disposer pour l’établissement de stations de T. S. F. la dispensent de recourir aux postes ultra-puissants et à grande portée que les autres pays sont obligés d’envisager. C’est un réseau à mailles relativement peu larges de postes de puissance modérée que la Grande-Bretagne compte étendre sur le globe.
- Le premier poste de la chaîne impériale a été ouvert l’été dernier à Leafield près d’Oxford; il correspondra avec un poste à construire au Caire. Ici la chaîne se divisera : une ligne traversera l’Afrique avec un poste intermédiaire dans la colonie du Ivenia et un poste d aboutissement dans la colonie du Cap ; une autre ligne partant du Caire gagnera l’Australie par l’Inde et
- Singapour.
- Les dispositions envisagées par le Gouvernement anglais sont, suivant M. Austin, celles qui donnent aux communications hertziennes le maximum de sécurité et de rendement.
- Car les transmissions à très longue portée ont un ennemi redoutable dans les parasites atmosphériques, qui, à certaines heures, peuvent paralyser entièrement toute communication entre deux points très éloignés. Ces parasites sont des phénomènes encore très mystérieux, èt la technique ne peut encore les combattre bien
- efficacement. Certains emplacements géographiques, certains trajets sont plus ou moins défavorisés par les parasites sans que l’on puisse en expliquer avec précision la raison.
- M. Austin signale enfin que la Hollande construit deux stations de grande puissance pour faire correspondre la métropole et Java (11 3ob 1cm). Le poste métropolitain sera construit à Amersfoort et sera d’une puissance comparable à celle de Nauen. Le poste de Java sera construit daim les montagnes de Malabar; son antenne offre une particularité curieuse ; elle est suspendue à des câbles tendus à travers une gorge profonde de 900 m. Les expériences ont montré que ce mode d’établissement des antennes donne des résultats excellents. Des messages ont pu aisément atteindre de nuit la Hollande avec des puissances d’émission très modérées et des longueurs d’onde de 5ooo à 6000 m.
- Violent tremblement de terre à Jan Mayen. — Le
- 8 avril au soir, la pelile île volcanique de Jan Mayen, perdue dans l’Océan Glacial au nord de l’Islande, a été secouée par un très fort tremblement de terre, annonce le Ticlens Tegne de Krisliania.
- Le choc a été si violent que les maisons en bois de la station météorologique ont oscillé de droite et de gauche « comme des canots secoués par la tempête » et que les lampes électriques ont décrit un mouvement pendulaire d’une amplitude « de quelques pouces ». Le phénomène a été enregistré par la station sismologique de Bergen sur la côte occidentale de la Norvège, mais seulement comme une très faible secousse.
- La nouvelle a été transmise par un radio du poste de T. S. F. installé dans l’île depuis l’automne dernier, afin d’annoncer en Norvège l’approche des coups de vent de nord-ouest.
- Pendant son séjour d’un an à Jan Mayen en 1882-i883, l’expédition austro-hongroise avait ressenti deux secousses le 20 avril i883 à 21 h. 35, dont l’une également avait agité les lampes.
- La contrée du monde où il fait le plus chaud. —
- D’après le Monthly Weather Bureau des Etats-Unis, la région la plus chaude du monde serait la Death Valley, vallée désertique située aux confins de la Californie et de l’état de Nevada. On y a relevé le 10 juin 1913, la température de 5y°,2, sous abri, qui constitue le record de température, observé jusqu’ici dans le monde entier. Sans doute, des voyageurs et des géographes ont indiqué .en d’autres lieux des températures plus élevées, mais les observations auxquelles se rapportent ces chiffres n’ont pas été faites avec les garanties de précision voulues et n’offrent aucune certitude.
- Dans la Death Valley, pendant les mois de juin, juillet et août, la température ne descend guère pendant le jour au-dessous de 38". En juillet 1917, la température moyenne fut de 41 °,9• La vallée qui détient ainsi le record des hautes températures est une longue et profonde dépression s’allongeant sur 160 km, du Nord-Ouest au Sud-Est; elle est fort étroite; ne mesurant que de 3 à i3 km de large, et est entourée de montagnes qui la dominent à des altitudes fort élevées. Le mont Whitney à 170 km delà, mesure près de 44°o m. d’altitude, tandis que le fond de la Death Valley n’est .qu’à 90 m. d’altitude. Dans cette contrée désolée, l’eau est fort rare, il en tombe moins de 5 cm par an. Aussi l’homme ne s’y attarde guère ; jusqu’à ces derniers temps, la Death Valley ne comptait comme habitants que quelques Indiens appartenant aux tribus Pinte, Shoshow et Mojore, aujourd’hui en voie d’extinction rapide. Comme habitants blancs, elle compte aujourd’hui quelques mineurs et une entreprise agricole qui y exploite l’alfa, dont elle obtient 4 récoltes par an. Le bureau météorologique des Etats-Unis y a installé une station en 1911. Les blancs, du reste, ne séjournent que peu de temps dans ce pays inhospitalier et malsain mais, paraît-il, fort pittoresque.
- Les emplois nouveaux du sélénium et du tellure.
- — Il est hors de doute qu’avant de parler des emplois nouveaux possibles de tel ou tel corps' il convient d’envisager sa production mondiale.
- ILJ
- p.2x148 - vue 560/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- Si l’on on croit un rapport de M. V.-C. Heikes, de l’United States Geological Survey, en 1921, la production mondiale de sélénium en 1920 a été de 92 141 livres, valant 175966 dollars contre 6oo'i5 livres valant 125966 dollars, en 1919.
- La plus grande partie de ce corps a été employée comme succédané du manganèse devenu rare à un moment. Des traces intimes de sélénium dans le verre agiraient comme de bien plus grandes quantités de manganèse employé comme savon des verriers.
- Ce sélénium est un sous-produit abondant des raffineries de cuivre électrolytique ; il s’y trouve sur les boues anodiques que l’on fond ensuite avec du sable et du nitrate de soude. L’ « American Smelting Referung C° », La « Raritan Copper Works », 1’ « United States Smeting Retining and Mining C" sont les principaux producteurs de produits séléniés et tellurés.
- 'fout laisse à penser que la production et les utilisations des composés de ces 2 métalloïdes ne feront que s’accroître dans l’avenir.
- M. Victor Leuher, dans une suite de recherches faites au « National Research Council », dit que les raffineries de cuivre peuvent fournir actuellement 3oo 000 livres de sélénium et i2.5ooo livres de tellure par an, sans nulle peine.
- En grandes quantités dans les verres, il donne la forte coloration rouge des verres doubles au CuâO et des objets en tôle émaillée.
- Le sélénium possède une faible conductibilité électrique dans l'obscurité et une conductibilité électrique assez élevée à la lumière. Une forte partie de son avenir technique repose sur cette curieuse particularité encore insuffisamment étudiée.
- On a constitué avec du sélénium des téléphones susceptibles de transmettre l’image des interlocuteurs, mais nous ne pensons pas que la chose ait atteint jamais le domaine des choses pratiques.
- Le sélénium commercial est vendu sous la forme d’une poudre rougeâtre à 99 pour 100 de sélénium pur ou de sélénite de sodium.
- Suivant M. Victor Leuher, cité plus haut, l’oxychlorure de sélénium aurait des propriétés très curieuses.
- Ce serait un admirable dissolvant des substances organiques noir saturées. Les hydrocarbures aromatiques ainsi que les non saturés s’y dissoudraient aisément, alors que les hydrocarbures gras 11e s’y dissoudraient pas.
- Les résines synthétiques (bakélite, redmanek et tutti quanti), les caséines formolées insolubles (galalithes), le caoutchouc pur et vulcanisé, l’asphalte, s’y dissoudraient aisément.
- Ce serait un dissolvant américain universel. Nous serions curieux de voir cela!
- On arriverait ainsi à enlever l’asphalte de certains bogheads mous, en laissant un résidu charbonneux, mais on ne nous dit pas à quel prix ?
- Ce qu’il y a de remarquable par contre, et qui montre l’esprit aventureux, large et désintéressé de certains industriels américains, c’est que M. E.-W. Roux, de la Baltimore Copper Smeltung and Rolling C", offrait d’envoyer « gratis » les quantités mêmes considérables de sélénium et de tellure qui leur seront demandées par des chercheurs peu fortunés, sans pour cela chercher à les étrangler, une fois qu’ils auront trouvé quelque chose. Quel exemple pour d’aucuns... de toutes nations !
- M. Arthur Hall, de l’usine d’Omaha de l’American Smelting Refining C", envoie du tellure gratis aussi aux chercheurs peu fortunés. Nous pensons intéresser nos collègues qui ne sont pas en relations avec la maison Pactole, Plutus, Midas et C", et qui néanmoins possèdent quelques idées et du courage, en leur permettant d’envisager l’étude des composés séléniés ou tellurés, afin de leur trouver des applications étendues et rémunératrices... pour eux d’abord, et pour d’autres ensuite.
- Jusqu’en 1919, le sélénium valait de i,y5 à 2 dollars la livre; il a valu en 1920 de 2 à.2,25 dollars.
- Le tellure a été produit en 1920 à la « Raritan Copper Warks, Perth-Amboy (New-Jersey).
- On a un peu employé le tellure pour des alliages à haute résistance, pour la coloration de la porcelaine et du verre, dans certaines préparations médicinales, dans la préparation de certaines couleurs spéciales et pour certaines colorations sur l’argent,
- Il pourrait être produit en bien plus grandes quantités que le sélénium.
- Ce sont jusqu’ici les applications étendues qui lui manquent. Aux jeunes à l’esprit pratique de lui en trouver.
- Nous avons vu dernièrement dans une revue américaine que l’addition de traces infimes de l’ordre du décimillionnième, de certains composés du sélénium et du tellure, aux carburants de moteurs à explosion, empêchait ou atténuait sensiblement le « knocking » et permettait l’emploi de carburants lourds et de mauvaise qualité. Nous ignorons le degré de fondement de celle assertion. Amiiïrt IIuti.m.
- A propos des Convoluta (n" 2498, 18 février 1922. — Mlle Goldsmith nous écrit :
- « Je trouve dans le n° du 18 février de La Nature (qui me tombe sous les yeux aujourd’hui seulement), un article de M. Léon Bertin sur la Mémoire des Convoluta, où il est question, entre autres choses, des expériences que j’ai faites sur ce sujet au laboratoire maritime de Roscofî, en 1919. Je trouve dans cet exposé quelques erreurs de fait et d’interprétation que je tiens à rectifier, et j’espère que vous voudrez bien donner à ma lettre l’hospitalité de votre revue.
- 1. Le point essentiel de mes observations est l’enfoncement des Convoluta dans le sol au moment où, à marée basse, le sable se trouve au maximum de son dessèchement, et leur étalement à la surface toutes les fois que la quantité d’eau est suffisante pour les baigner. Celte dernière circonstance se présentant aussi bien à marée montante qu’à marée descendante, on voit les Convoluta étalées presque toujours, sauf une période relativement courte, variable suivant le niveau occupé par elles. Tous les observateurs les ont vues dans ces conditions, et il n’y a, à cet égard, aucune divergence entre les autres auteurs (y compris Georgevitch, à qui M. Bertin m’oppose) et moi. Le désaccord commence avec l’interprétation. Pour le comprendre, point n’est besoin de faire des plaisanteries faciles sur i’ « esprit de contradiction » de mes Convoluta, ou le caractère particulier de celles qui habitent l’ile de Batz, ou le changement possible de leurs mœurs depuis 20 ans. Les différences d’interprétation tiennent au point de vue auquel on se place ; le maximum de dessiccation correspondant au moment où, plus loin de la côte, la mer monte déjà, on a expliqué par la tendance à éviter le choc des vagues (anticipation), ce que j’explique par la recherche de l’humidité (facteur actuel).
- 2. La crainte du choc des vagues chez les Convoluta est loin d’être, comme semble le croire M. Bertin, un fait démontré par l’expérience. Ce qui, en effet, est connu et démontré depuis longtemps, c’est l’action de secousses imprimées au support solide sur lequel les Convoluta rampent habituellement; il suffit, à la grève, de frapper le sol du pied pour les voir disparaître; comme il suffit au laboratoire, de remuer, même légèrement le bocal sur les parois duquel elles s’étalent. Et en même temps on voit parfaitement, dans certaines flaques d’eau où elles sont trèsabondantes, que, loin de s’enfoncer, elles se laissent ballotter par les petites vagues que le vent y produit.
- 3. Je voudrais demander à M. Bertin pourquoi il ne met pas en doute les conclusions de mes expériences effectuées avec le bac à marées, expériences qui, cepen* dant, ne font que confirmer les observations faites à lu grève, puisqu’il se montre si plein de scepticisme à l’égard de ces dernières ?
- Je conseillerais vivement à M. Berlin de répéter lui-même, s’il revient au laboratoire de Roscoff, les observations que j’ai faites à l’île de Batz. Il n'aura besoin pour cela, ni de rester sous l’eau en costume de bain (comme il le croit), ni de plonger à une profondeur de « quelques mètres » (je ne parle, en effet, que d'un mètre environ)-, il lui suffira d’observer attentivement les flaques d’eau pendant toute la marée basse, puis lorsque la mer sera suffisamment haute, de monter dans une barque et de regarder ce qui se passe sous l’eau en s’aidant d’un cylindre à'fond de verre'qui sup-) prime les effets du clapotement (appareil fort simple | qu'il trouvera au laboratoire). M. Bertin -verra alors ! sans aucun doute possible ce que j’ai vu moi-même, a savoir les Convoluta, non enfoncées dans le sable, niais étalées sous l’eau. M. Goldsmith.
- Docteur os sciences.
- p.2x149 - vue 561/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- JfeD
- <03
- T. S. F.
- ünlevtupûvdT
- ‘Jotcn-tvpnvûi'12
- #Mï£s."F=
- DeUctcuï + -
- Montagè du détecteur électrolytique sans poten-
- tiomètre. — Les divers montages préconisés pour
- 1 utilisation du détecteur électrolytique prévoient l’emploi d’un rhéostat par dérivation ou potentiomètre. Ce dernier appareil est destiné à régler convenablement la tension du courant auxiliaire. Il est constitué, en principe, par une résistance parcourue par le courant local, et sur laquelle on peut dériver le circuit du détecteur et du téléphone (üg. i).
- Ce système a l’inconvénient de faire débiter la pile auxiliaire sur la résistance du potentiomètre — même en dehors de tout signal de T, S. F. —. dès que le « récepteur » est en état de fonctionnement. Ce fait a amené les constructeurs à utiliser des résistances suffisamment élevées et à munir leurs appareils d’interrupteurs — le plus souvent automatiques — pour éviter l’usure de la pile pendant les périodes de repos. De plus, la source de courant doit posséder un voilage légèrement supérieur à la tension nécessaire au bon fonctionnement du détecteur. En effet, si le potentiomètre n’a pas une résistance assez élevée, les piles peuvent se polariser (surtout le système Leclanché) et la tension diminue. Il faut alors modifier la position du ^ curseur sur le
- ' rhéostat afin d’aug-
- menter la différence du potentiel aux bornes du détecteur.
- a-nos Pel-
- tier, professeur à Nancy, permet la suppression de tout potentiomètre. Ses avantages sont les suivants :
- i° Les interrupteurs sont en général inutiles, car
- la pile ne débite pratiquement que lors du passage des oscillations électriques.
- 2° Pendant les périodes utiles de la réception (signaux) le courant auxiliaire traverse uniquement les enroulements du téléphone; une partie du courant ne se perd donc plus dans une résistance de réglage.
- 3" Même en cas de polarisation partielle de la pile, il n’est pas nécessaire de rien modifier, le dispositif rétablit pour ainsi dire instantanément et « automatiquement « la tension critique.
- 4° La réception est absolument nette et exempte de' fous bruissements dus à l’éleclrolyse.
- 5° Il semble meme que le système possède un certain pouvoir sélectif par suite de son caractère d’être moins apériodique que les autres montages; les « atmosphériques » ont également moins d’action sur la réception.
- Ces diverses affirmations résultent d’expériences effectuées par M. Peltier en utilisant comme collecteur d’ondes une canalisation de lumière (secteur à’ courant continu sous 220 volts) avec interposition d’un condensateur de protection entre la ligne et les appareils. Certains jours les signaux horaires de Nauen (POZ) ont été perçus avec suffisamment de facilité avec l’électro-lytique, tandis que la réception sur cristal était totalement brouillée par les « atmosphériques » et autres courants. La source de courant auxiliaire doit être de
- 2 volts au minimum. Les essais ont été effectués entre les limites de 2 à 12 volts sans changement appréciable de la réception.
- . Principe. —, Le principe du montage est des plus simples, il repose uniquement sur l’emploi d’un condensateur supplémentaire spécialement intercalé dans le circuit pile-détecteur.
- Pour bien comprendre le fonctionnement théorique, rappelons rapidement les propriétés fondamentales du condensateur.
- Supposons un circuit renfermant une pile P, un inter-
- Fig.
- rupteur I, un galvanomètre G, et un condensateur Iv (fig. 2).
- En appuyant sur l'interrupteur I, le courant de la pile P traverse le circuit pendant une durée extrêmement courte. En effet, l’aiguille du galvanomètre dévie et revient immédiatement à zéro, indiquant le passage d un courant, instantané dans le circuit. Le condensateur Iv a accumulé sur chacune de ses armatures des quantités égales d’électricité et de signes contraires. Aucun courant ne traversant plus l’enroulement du galvanomètre G, la différence du potentiel entre ses bornes est égale à la force électromotrice de la pile P. Soit Y, cette différence de potentiel et G la capacité du condensateur Iv.
- On sait que la charge de chaque armature est donnée par la relation q — CY.
- Admettons que l’on puisse intercaler brusquement un élément supplémentaire à la pile P et que l’on fasse passer sa force électromotrice de Y à Y'. La tension aux bornes du condensateur qui était égale à Y est insuffisante pour arrêter le courant de la pile. Celle-ci débite à nouveau sur le condensateur K et augmente sa charge de Q. a Q , telle que Q' = CY'. Ln courant instantané de charge est indiqué par le galvanomètre.
- Si au contraire on isolait un élément de la pile P pour faire descendre son voltage de V à V', le condensateur restituerait une partie de sa charge; un courant instantané de décharge traverserait le circuit. La nouvelle charge Q serait donnée par Q' — CV'.
- Maintenant au lieu de disposer d’une batterie i aquelle on ajouterait un élément pour augmenter sa force électromotrice, on peut envisager l’hypothèse d’un montage ou l’on supprimerait un élément monté en opposition (fig, 3). Soit une source de courant compor-tant n éléments de v volts montés en tension (»r —- Y) etun élément de s> volts en opposition. Tout se passera comme si, aux armatures du condensateur K, on appliquait à la lois une différence de potentiel directe de V volts et une différence de potentiel inverse de r volts.
- La résultante de ces deux tensions étant de Y____r, la
- charge prise par le condensateur sera de Q =r ( V — rj G.
- Si nous supprimons 1 élément en opposition (inter-iupteur I) la tension appliquée aux armatures de la capacité G deiient Y volts. La charge va augmenter. Elle passera de_Q0à Q,. Or (),=VC, d’où Qt — Q0 — YC— (Y-c) C, soit rC. La variation de charge dépend uniquement de r pour un même condensateur.
- en opposition par uni
- +
- Ci-»
- O
- ?
- >
- K
- Y
- n=
- 1 «T»
- Jl.
- . a ?
- ?
- Enfin remplaçons l’élément pile polarisable ou mieux par un détecteur électrolytique.
- L’action des oscillations électriques sur le détecteur en fait varier la polarisation et par suite sa force contre-électromotrice c. 11 en résulte que la pile auxiliaire P fournit un courant très bref, destiné à « corriger » la charge du condensateur K. C’est le courant qui traverse les enroulements du téléphone que l’on substitue au galvanomètre G.
- Schéma de montage. — La pile P est reliée par son pôle ~j-
- à la borne marquée + du détecteur électrolyliqu (tube de verre renfermant la fine pointe de platine). L borne marquée —, dudit détecteur (fil de plomb), a réunie à l’une des armatures de la capacité spéciale I' Le téléphoné I est relié dune part à la seconde arnu ture de la capacité précédente et au pôle de la pile (fig. 4)-
- L’ensemble déteclcur-pile-condensateur-téléphone c: intercalé dans le circuit oscillant. Pour cela on réunit' borne -f- du détecteur à l une des armatures du condoi saleur d’accord K’ du circuit oscillant. La secoue armature est relire a l’extrémité de la bobine (gaucli
- Fig. 3.
- p.2x150 - vue 562/620
-
-
-
- 14
- SCIENCE APPLIQUÉE
- et à la prise de terre. La borne — du détecteur est réunie au second curseur de la bobine (2) si l’on veut réaliser un montage en « Oudin » ou à l’extrémité de la bobine (droite) si l’on ne dispose que d’un seul curseur.
- Le curseur (1) de réglage de la self d’antenne est relié à l’antenne.
- Remarque. — Il laut avoir soin de ne pas renverser l’ordre des polarités, ce qui peut entraîner la nullité de la réception.
- La capacité K ne doit pas être considérable; on n’en dépassera pas une capacité de 1/1000 mfd en général. .Ce condensateur pourra même être déterminé par tâtonnement, car il peut varier sans nuire au fonctionnement
- de l’électrolytique.
- Cependant il peut jouer un rôle sur le réglage du circuit de résonance.
- La capacité K pourra être variable d’une façon continue ou bien le condensateur sera réglable par changement de capacité fixe.
- Fonctionnement. — Pour régler le poste sur une station, il suffit d’accorder l’antenne en agissant sur le curseur ( 1 ) pour modifier la self. On peut également changer la capacité K'. La réception est rendue parfaite en agissant sur le curseur (2) dans le cas d’un montage « en Oudin ».
- Emploi de plusieurs détecteurs électrolytiques. — On réunit toutes les bornes marquées —. Chaque borne marquée -f- est alors connectée à un plot spécial. Une manette intercalée après la liaison de la capacité K' au pôle -j- de la pile P permet de passer ins-antanément d’un électrolytique à un autre (fig. 5).
- Il y a parfois lieu au changement de détecteur d’agir sur le circuit de résonance par la ou la capa-
- self
- cité K b
- Emploi d’électrolytiques et de cristaux. — Si l’on veut utiliser le cristal avec une source de courant on le placera comme un électrolytique. On reliera la pastille détec-
- tricc à la capacité Iv et le chercheur à un plot (fig. 6).
- L’utilisation d’une source auxiliaire, nécessaire avec certains cristaux (cai’borundum), n’est pas indispensable avec d’autres.
- Pratiquement, le contact platine-galène ou même cuivre-galène n’exige pas une pile locale.
- Si l’on veut employer le cristal seulement, il suffit de
- Fig. 6.
- mar
- que
- CDelettci-
- débrancher le téléphone T de sa position ordinaire pour le brancher aux bornes de la capacité K' de préférence réglable.
- Observation. — Il arrive parfois, surtout quand le temps est orageux, qu’il se produise des variations de charges électriques importantes dans le condensateur K. Il en résulte alors un affaiblissement dans la réception. Ce fait est passager et la sensibilité reprend ordinairement d’elle-mème.
- Toutefois, si l’on veut remédier à cet inconvénient, dans le cas où le phénomène serait trop yu se reproduirait à de courts intervalles, il suffit de shunter la capacité fixe Iv par une très grande résistance.
- On pourra la constituer par un trait de crayon que l’on surchargera de graphite jusqu’à disparition du phénomène d’affaiblissement.
- Cette résistance doit avoir plusieurs dizaines de milliers d’ohms afin de ne pas supprimer le ^ôlc du condensateur et pour ne pas permettre le bruissement de. l’élcctrolyse perceptible au téléphone (fig. 7).
- Si, par suite de ce shunt, on estime devoir protéger' la pile en période de repos, on pourra rétablir un interrupteur sur le courant ou mieux, sur- la résistance, ce qui permet de s’en passer sauf dans les cas où elle est nécessaire. D’ailleurs la très grande résistance du shunl, montée en série avec celle des enroulements du téléphone, ne laisserait passer qu’un courant, très faible, encore réduit par le détecteur.
- Ce dispositif de montage est utilisé par M. Peltier depuis plusieurs années, et il est susceptible d’intéresser les lecteurs de La Nature pour la réception des ondes.
- Fig.
- *?> Mécanique
- Graisseur de ressorts « Handy ». — Cet appareil dénommé aussi « Ecarte-lame Handy » permet le graissage des l'essorts de toutes voiturcs sans avoir à les démonter. Le bâti a la forme d’un fer à cheval. Les exlré*
- l'ig. 1. — Graisseur de ressorts Handy.
- mités sont munies l’une d’un pointeau fileté mû à l’aide d’une poignée à charnière, l’autre d’un coin foré de trois canaux et sur lequel s’adapte un graisseur Staufîer.
- Pour graisser les ressorts, il suffit de :
- i° Desserrer les brides des extrémités des lames.
- 20 Placer le pointeau dans l’intervalle de 2 lames; en face, disposer le coin foré.
- 3° Tourner la poignée du pointeau jusqu’à écartement des 2 lames.
- 4° Un jour suffisant étant obtenu, tourner le bouchon du graisseur préalablement rempli de graisse graphitée. La graisse est projetée en éventail entre les lames, par les canaux du coin foré.
- J jC coin étant tournant, cet écarle-lamc permet d’atteindre tous ressorts sur tous châssis. — En vente chez Mestre et Blatgé, avenue de la Grande-Année, Paris.
- p.2x151 - vue 563/620
-
-
-
- 1SD
- VA R] ETES
- LES SUBSTANCES VÉNÉNEUSES
- Le 18 mars dernier, dans la Boîte aux Lettres du n° 2-502 de La Nature, nous indiquions une formule pour préparer un mélange contenant de l’arsenic destiné à la destruction des herbes.
- M. le Directeur des Services sanitaires et scientifiques et de la Répression des Fraudes du Ministère de l’Agriculture a bien voulu nous faire observer que l’emploi de l’arsenic est interdit pour cet usage et nous rappeler les dispositions de la loi du 12 juillet 1916 et du décret du 14 septembre de la même année portant règlement d’administration publique pour l’application de cette loi.
- Ces textes, promulgués pendant la guerre, nous avaient échappé et nous croyons utile d’en mettre les principales clauses sous les yeux de nos lecteurs.
- L’article premier de la loi du 12 juillet 1 g 1 (5 dit que les contraventions aux règlements sur la vente, l’achat et l’emploi des substances vénéneuses, sont punies d’une amende de 100 à 3ooo francs et d'un emprisonnement de 6 jours à 2 mois ou de l’une dès deux peines seulement.
- Le décret du 14 septembre 1916 classe les substances vénéneuses en trois catégories A, B et C.
- Les substances de la première catégorie A sont les suivantes :
- Acide arsénieux et acide arsénique.
- Acide cyanhydrique.
- Aconit (feuille, racine, cxliait et teinture).
- Aconitine et ses sels.
- Adrénaline.
- Apomorphine et ses sels.
- Arécoline et ses sels.
- Arséniates et arsénites.
- Atropine et ses sels.
- Bains arsenicaux.
- Belladone (feuille, racine, poudre et extrait). ' Benzoate de mercure.
- Bic.hlorure de mercure.
- Biiodure de mercure.
- Bromoforme.
- Brucine et ses sels.
- Cantharides entières, poudre et teinture.
- Cantharidine et ses sels.
- Chloroforme.
- Ciguë (fruit, poudre et extrait).
- Codéine et scs sels.
- Colchiciiie et ses sels.
- Colchique (semence et extrait).
- Conine et ses sels.
- Coque du Levant.
- Curare et curarinc.
- Cyanures métalliques.
- Digitale (feuille, poudre et extrait).
- Digitaline.
- Duboisine et scs sels.
- Emétique.
- Ergotinine.
- Ergot de seigle.
- Esérine et ses sels.
- Extrait d’ergot de seigle (ergotinc).
- Extrait fluide d’ergot de seigle.
- Fèves de Saint-Ignace.
- Gouttes amères de Baume.
- Gouttes noires anglaises.
- Homatropine et ses sels.
- Huile de croton.
- Huile phosphorée.
- Hydrastine.
- Hydrastinine et ses sels.
- Hyoscyamine et scs sels.
- Juniperué pkœnicea (feuille, poudre, essence). Jusquiame (feuilles, poudre et extrait).
- Laudanum de Sydenham.
- Laudanum de Rousseau.
- Liqueur de Fowler.
- Nicotine et ses sels.
- Nitrates de mercure.
- Nitroglycérine.
- Noix vomique (poudre, extrait et teinture).
- Oxydes de mercure.
- Paquets de sublimé corrosif.
- Pavot, Papaver somniferum (capsules sèches .
- Phosphore.
- Phosphure de calcium.
- Phosphure de zinc.
- Picrotoxine.
- Pilocarpine et ses sels.
- Rue (feuilles, poudre et essence).
- Sabine (feuilles, poudre et essence).
- Santonine.
- Scopolamine et ses sels.
- Stovaine.
- Stramoine (feuilles, poudre et extrait).
- Strophantine et ses sels.
- Strophanlhus (semences, extrait et teinture).
- Strychnine et ses sels.
- Sulfures d’arsenic.
- Teinture d’opium.
- Topiques à l’huile de croton.
- Vératrine et ses sels.
- Nul ne peut en faire commerce ou en employer dans une industrie sans le déclarer préalablement au maire de sa commune ou à la Préfecture de la Seine, pour Paris et sa banlieue. Cette déclaration est inscrite sur un registre spécial et récépissé en est donné. Elle doit être renouvelée en cas de déplacement ou de cession de l’établissement.
- En ce qui concerne les pharmaciens, le dépôt du diplôme pour visa tient lieu de déclaration.
- Quiconque détient une ou plusieurs desdites substances, en vue de la vente ou de l’emploi pour un usage industriel ou agricole, doit les placer dans des armoires fermées à clef ou dans des locaux où n’ont pas librement accès les personnes étrangères à l’établissement..
- Les armoires ou locaux peuvent contenir d’autres substances, à l’exclusion de celles destinées à l’alimentation de l’homme ou des animaux.
- Lorsque le détenteur exerce le commerce des produits destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux, aucune communication intérieure directe ne doit exister entre l’établissement et ses dépendances où s’exerce ledit commerce et les locaux où sont détenues des substances vénéneuses. Cette obligation ne s’applique pas aux pharmaciens ni aux personnes faisant le commerce des solutions titrées de nicotine détenues et délivrées en bidons scellés.
- Il est interdit de détenir en vue de la vente, de vendre, de livrer, d’expédier ou de faire circuler ces substances autrement que renfermées dans des enveloppes ou récipients portant inscrit le nom desdites substances en caractères noirs très apparents sur une étiquette rouge orangé, fixée de telle sorte qu’elle ne puisse être involontairement détachée.
- L’inscription doit être accompagnée de la mention « Poison » sur une bande de même couleur faisant le tour de l’enveloppe ou du récipient.
- Les fûts, vases ou autres récipients, ainsi que les enveloppes ayant servi à contenir ces substances ne doivent en aucun cas être employés à recevoir des produits destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux.
- Sont interdites la mise en vente et la vente sous forme de tablettes, pastilles, pilules, comprimés et d’une manière générale sous toutes formes usitées pour 1 administration des médicaments, desdites substances ou des préparations qui en contiennent, lorsque ces substances ou préparations sont destinées à d’autres usages que celui de la médecine.
- Aucune vente desdites substances ne peut être consentie qu’au profit d’une personne âgée de dix-huit ans au moins, connue du vendeur ou justifiant de son identité.
- Ces substances ne peuvent être délivrées que contre un reçu daté et signé de l’acheteur ou son représentant et mentionnant sa profession et son adresse. Ce reçu peut être i-emplacé par une commande écrite, datée et signée de l’acheteur ou de son représentant et indiquant sa profession et son adresse.
- Si la profession de l’acheteur n’implique pas l’emploi des substances demandées, le reçu ou la commande
- p.2x152 - vue 564/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- doit mentionner l’usage auquel ces substances sont destinées.
- Le reçu ou la commande doit être conservé pendant trois ans par le vendeur pour être représenté à toute réquisition dé l’autorité compétente.
- Lorsqu’elles sont destinées à la destruction des parasites nuisibles à l’agriculture, ces substances ne peuvent êtrq délivrées en nature. Elles doivent être mélangées à des matières odorantes et colorantes suivant des formules établies par arrêté du ministre de l’Agriculture, et ne peuvent être vendues ou livrées que dans des récipients métalliques.
- Par exception, lesdites substances peuvent être délivrées en nature, en vue d’expériences scientifiques, sur autorisation spéciale du ministre de l’Agriculture. Cette autorisation, valable pour un an, peut être renouvelée.
- L’emploi desdites substances, pour la destruction des parasites nuisibles à l’agriculture, est interdit dans les cultures maraîchères et fourragères, ainsi que dans toutes autres cultures pour lesquelles leur emploi n’aura pas été autorisé par arrêté du ministre de l’Agriculture.
- La vente et l’emploi des composés arsenicaux solubles sont interdits pour la destruction des parasites nuisibles à l’agriculture, ainsi que pour la destruction des mouches.
- La vente et l’emploi de produits contenant de l’arsenic, du plomb ou du mercure sont interdits pour le chaulage des grains, pour l’embaumement des cadavres, ainsi que pour la destruction des mauvaises herbes dans les allées des jardins, dans les cours et les terrains de sports.
- Les substances du tableau A ne peuvent être délivrées en nature lorsqu’elles sont destinées à la destruction des sauterelles, des rongeurs, des taupes et des bêtes fauves. Elles doivent être mélangées à dix fois au moins leur poids de substances inertes et insolubles, puis additionnées d’une matière colorante intense, noire, verte ou bleue. La vente de ces mélanges est interdite à quiconque n’est pas pourvu du diplôme de pharmacien.
- La vente de la picrotoxine, de la coque du Levant et de ses préparations est interdite pour tout autre usage que celui de la médecine. En conséquence, la vente de cés produits est interdite à quiconque n’est pas pourvu de diplôme de pharmacien.
- Les mêmes dispositions sont applicables aux teintures et lotions pour cheveux, fards, cosmétiques, dépilatoires et produits de toilette préparés avec des substances du tableau A.
- La vente desdites compositions renfermant dp l’arsenic, du mercure ou du plomb est interdite à quiconque n’est pas pourvu du diplôme de pharmacien.
- Les substances de la deuxième catégorie B sont :
- Opium brut et ollicinal.
- Extraits d’opium.
- Morphine et ses sels.
- Diacétylmorphine et ses sels.
- Alcaloïdes de l’opium (à l’exception de la codéine), leurs sels et leurs dérivés.
- Cocaïne, ses sels et ses dérivés.
- Haschich et ses préparations.
- Outre la déclaration spéciale, elles nécessitent l’inscription des achats, cessions, traitements, transformations, ventes sur un registre coté et paraphé. Les pharmaciens eux-mêmes ne peuvent renouveler une ordonnance en prescrivant et les médecins ne peuvent en formuler l’emploi pour une période supérieure à 7 jours.
- Les-substances de la troisième catégorie C sont :
- Acétates de plomb cristallisés et préparations qui les contiennent.
- Acétate (Sous-) de plomb liquide.
- Acide acétique crislallisablc.
- Acide chlorhydrique.
- Acide chromique.
- Acide nitrique.
- Acide oxalique.
- Acide sulfurique. -
- Acide sulfurique alcoolisé (eaux de Rabel).
- Alcoolature d'aconit.
- Ainidophénol.
- Ammoniaque.
- Amidorésorcine.
- Brome.
- Carbonate de plomb et préparations qui le contiennent.
- Caustique au chlorure de zinc (pâle de Cauquoin).
- Caustique de potasse et de chaux (poudre de Tienne).'
- Chloral hydraté.
- Chlorure d’antimoine.
- Chlorure de zinc et la solution du codex.
- Composés organiques de l’arsenic.
- Crésylol et crésylate de soude.
- Diamidophénol.
- Diamidorésorcine.
- Eau distillée de laurier-cerise.
- Eau de cuivre.
- Essence de moutarde.
- Formaldéhyde (formol).
- Huile de foie de morue phosphorée.
- Huile grise.
- Hydroquinone.
- Iode et teinture d’iode.
- Iodure de plomb.
- Lessives de potasse ou de soude.
- Liqueur de Yan Swieten.
- Liqueur de Willatte.
- Nitrate d’argent cristallisé et fondu et préparations qui le contiennent.
- Nitrate de plomb et préparations qui le contiennent.
- Nitrite d’amylc.
- Nitroprussiates.
- Oxalates de potassium.
- Papier au sublimé.
- Pâles phosphorées.
- Pelletiérine et ses sels.
- Phénol et phénates.
- Phénylène-diaminc (mêla et para) et préparations qui les contiennent.
- Pommade au sublimé corrosif.
- Pommades à l’oxyde de mercure.
- Potasse caustique.
- Protochlorure de mercure (calomel ou précipité blanc).
- Protoiodure de mercure.
- Piridine.
- Pyrogallol.
- Saccharine.
- Scillé (poudre, extrait et teinture).
- Sirop d’aconit.
- Sirop de belladone.
- Sirop de biiodure de mercure ou de Giberl.
- Sirop de digitale.
- Sirop de morphine.
- Sirop d’opium.
- Soluté de peptonate de mercure (codex).
- Soude caustique.
- Sulfate de mercuic.
- Sulfate de spartéine.
- Sulfate de zinc.
- Sulfure de mercure et préparations qui lè contiennent.
- Sulfoeyanure de mercure.
- Teinture de belladone.
- Teinture de colchique.
- Teinture de digitale.
- Teinture de jusquiame.
- Tétrachlorure de carbone.
- Quiconque détient, en vue de la vente, de ces substances est tenu de les placer dans des magasins de manière qu’elles soient séparées des substances non dangereuses et notamment des produits destinés à l’alimentation de l’homme ou des animaux.
- Ces substances doivent être renfermées et délivrées dans des récipients ou enveloppes portant une inscription indiquant le nom de la sulsstance, et entourés d’une bande de couleur verte avec le mot « Dangereux » inscrit en caractères très apparents.
- Les. pharmaciens qui en délivrent, en nature, pour l’usage interne, doivent apposer sur chaque enveloppe ou récipient renfermant lesdites substances une étiquette de couleur verte portant les mots « A employer avec précaution ».
- Lorsqu’ils délivrent ces substances sous forme de préparations destinées soit à l’usage externe, soit à être employées en injections, ils doivent apposer sur les enveloppes ou récipients renfermant lesdites préparations une étiquette de couleur verte portant le mot « Dangereux » avec la mention « Pour usage externe » ou u Solution pour injection » suivant le cas.
- Lorsque les pharmaciens ou les vétérinaires délivrent lesdites substances pour la médecine vétérinaire soit en nature, soit sous forme de préparations, ils doivent apposer sur les enveloppes ou récipients une étiquette
- p.2x153 - vue 565/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- de couleur verte portant l’inscription « Médicament vétérinaire. —Dangereux ».
- Les teintures et lotions pour cheveux, les fards, cosmétiques et produits de toilette préparés avec des substances de la catégorie C ne peuvent être détenus en
- vue de la vente, mis en vente ou vendus que dans des récipients portant une étiquette indiquant le nom desdites substances entrant dans leur composition et revêtus, en outre, de la bande de couleur verte avec le mot « Dangereux ».
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- T. S. F. — Postes émetteurs d'amateurs. — Un certain nombre de postes émetteurs d’amateurs pour études et essais, accordés conformément au récent décret, fonctionnent dès à présent.
- Voici leur premier horaire :
- M. L. Deloy, à Nice. — Indicatif 8 AB, ondes entretenues de 5a5 m , travaille tous les jours de ai heures à 22 h. 3o.
- M. J. Roussel, à Juvisy-sur-Orge. — Indicalif 8 AD, ondes amorties, alternateur 600 périodes, de 200 à 400 m. Travaille tous les soirs sauf le samedi à 20 h. 3o (heure d’été) et le dimanche à i5 heures. Poste à lampes en installation définitive.
- 8 AE, poste à l’étude dans la banlieue ouest de Paris.
- 8 A1I. MM. Coze, 8, rue Lalo, à Paris. Poste à l’étude, émissions irrégulières.
- Réponses. — M. Longére, àL’Arbresle. — La formule suivante donne, paraît-il, de bons résultats pour le nicke-lage par immersion, mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de l’expérimenter :
- Sulfate de nickel ....... 5o srr.
- O
- larLrate neutre d’ammoniaque. 35 —
- Tanin.......................... o,a5
- Eau distillée.................... 1000 —
- Faire dissoudre les sels dans la moitié de l’eau, le tanin dans l’autre moitié, mélanger.
- M. Samistrom, à Stockholm. — i° Toutes les teintures pour les cheveux à base de plomb sont toxiques et dangereuses en provoquant tôt ou tard du saturnisme, elles sont donc à rejeter d’une façon absolue; a0 D’après M. Le Florentin, les teintures « Oréal », qui ont fait l’objet du brevet Schuller 383 920-1907 BF, se composent d’un réducteur associé à un corps à groupements phénoliques et d’un sel métallique dans des proportions telles que les constituants ne puissent réagir tant qu’ils sont en solution avec un excès de réducteur; mais par exposition à l’air, le réducteur s'oxyde plus ou moins rapidement et il peut alors se former des laques colorées. Les corps que l’on peut employer sont les amido-phénols, le phénotriol, l’hématoxyline, etc., comme produits phénoliques, les sels de cobalt, de nickel, de fer ou de cuivre apportant l’élément métallique. La plupart des agents réducteurs usuels peuvent servir ; dans la pratique on fait surtout usage de l’acide sulfureux, des sulfites, du méthanal ou de l’acide méthanoïque. Sur ces données on peut imaginer un très grand nombre de formules en combinant ces divers éléments pour obtenir tous les tons du blond au noir, ces teintures sont très solides puisqu’elles procèdent de la teinture grand teint dans l’épaisseur de la fibre et non en surface. 3" Les teintures à base de plomb, cuivre, etc., ne peuvent être rendues inoffensives, mieux vaut ne pas les employer; 40 L’épuration des alcools mauvais goût par les oxydants, par exemple l’ozone, l’eau oxygénée, porte sur les aldéhydes; cette épuration n’est par suite que partielle et n'enlève pas les produits résultants, la rectification par les appareils à plateaux est encore la seule méthode efficace.
- v M. P. S., Riquenvler (Haut-Rhin).—• Pour ce qui concerne la décavaillonneuse « Idéal » (charrue inter-ceps), du système Picart et Labadie, adressez-vous à la firme qui s’occupe de cet instrument viticole : Comptoir agricole de Bordeaux et du Sud-Est (H. Daurel et Cie); 22, cours du Chapeau-Rouge, à Bordeaux (Gironde).
- Cette firme vous donnera certainement les adresses que vous demandez.
- M. D., à Neuvemaison (Aisne).—Nous supposons que votre projet de construction d’une couveuse artificielle se rapporte à un incubateur à eau chaude, qui serait composé d’un réservoir métallique surplombant le plateau ou tiroir à œufs, système dans lequel l’eau cède peu à peu sa chaleur aux œufs, par voie de rayonnement à travers le fond métallique du réservoir.
- Dans ce genre d’incubateur, la construction du réservoir est d’une importance capitale. Le fer-blanc résiste mal, se rouille, se corrode, travaille; il se soude difficilement, a des dilatations maxima. La construction de faisceaux tubulaires en fer-blanc est très difficile et 11e présente aucune sécurité.
- Par contre, le cuivre ou le laiton conviennent parfaitement à tous points de vue.
- La tôle, quoique préférable au fer-blanc, exige le travail d’un ouvrier spécial; en outre, elle se rouille rapidement.
- Le zinc se soude bien, ne s’altère que difficilement et présente le minimum de dilatation.
- On ne peut indiquer la capacité que devrait avoir le réservoir, sans connaître les dimensions qu’aurait la couveuse, suivant le nombre d’œuls à lui confier à chaque opération d’incubation. En tout cas, il faut que le métal employé pour construire le réservoir soit très résistant et, par conséquent, d’épaisseur suffisante.
- Les détails qu’exigerait la question ainsi posée ne .pouvant être donnés dans la Boite aux Lettres, faute de place, et La Nature, n’ayant pas traité cette question précédemment, nous vous indiquons l’ouvrage intitulé IJ incubation artificielle et le matériel d’Aviculture, par M. C. Maréchal, ingénieur agricole (Bruxelles, 192,, rue de Cologne), où vous trouveriez des renseignements. Voir aussi ouvrages sur les couveuses artificielles, à la Librairie agricole, 26, rue Jacob, Paris, 6°.
- M. Iiozès, à Mirande. — 1" La cinématographie cl’amateur n’olïre aucune difficulté particulière à qui est habitué aux procédés photographiques ordinaires. Yous trouverez la description des appareils construits à cet effet, soit pour la prise des vues, soit pour leur projection, dans Le Cinéma, par E. Coustet, 1 volume de la Bibliothèque des Merveilles, édité en 1921 par la Librairie Hachette.
- M. Hennebert, à Dampniat. — Comme complément aux renseignements que nous vous avons donnés précédemment sur la fabrication du silicate de soude, nous croyons devoir vous signaler une étude très intéressante sur le verre soluble parue dans le numéro d’avril 1919, page 76, du Moniteur scientifique, du docteur Quesne-ville. . ..
- M. Fichet, à Lyon. — i° Les savons anti-cam,bonis employés par les mécaniciens sont constitués par du savon de (Marseille amené au moyen d’eau à consistance de pâte et auquel on incorpore de la sciure de bois très fine et un peu de trichlorure d’éthylène. La proportion des éléments n’a que peu d’importance, l’essentiel est la présence d’un corps rugueux qui exerce une action mécanique, en même temps que le trichlorure et le savon produisent un effet dissolvant et émulsionnant. 20 Les crayons anti-buée ne sont autre chose que du savon transparent dit « à la glycérine » que l’on trouve dans les bazars, mais qui ne renferment nullement celle-ci, ils sont obtenus sous cette forme par une dissolution dans l’alcool après saponification.
- L. S., à Lyon. — La maladie du plomb est due à des transformations moléculaires sous l’influence d’actions encore mal connues : états vibratoires, phénomènes électriques, etc. Nous n’avons pas connaissance qu’un ouvrage spécial ait paru sur cette question.
- p.2x154 - vue 566/620
-
-
-
- ’hfo
- BIBLIOGRAPHIE
- ><
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée cle son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté cle io °/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. __________
- IJespace et le temps, par E.mii.e Borel, membre de l’Institut, i vol. in-iü, 9-45 pages. F. Alcan, éditeur, Paris 1922. Prix net : 8 francs.
- Les théories relativistes ont, en ces dernières années, bousculé les concepts newtoniens de l’espace et du temps absolus. Deux siècles de confirmations expérimentales éclatantes avaient donné aux théories de Newton un tel caractère de certitude que les principes et les postulats qui leur servent de base avaient lini par prendre aux yeux des savants le caractère de vérités rigoureusement démontrées. L’analyse des notions d’espace et de temps était rejetée dans le domaine de la métaphysique pure, comme dépourvue d’intérêt pour la science positive. Mais le succès physique des théories d’Einstein a remis en cause ces notions premières et il importe maintenant d’examiner à nouveau d’un esprit impartial ce que signifient exactement ces vocables si usuels et cependant si chargés de mystère. C’est à cet examen critique qu’est consacrée la plus grande partie du livre fort attachant de M. Borel; il est écrit pour le grand public cultivé; il s’attache à faire saisir nettement la position et la portée des théories nouvelles, sans cependant entrer dans le domaine des développements dogmatiques qui exigent un appareil mathématique rebutant pour les non-initiés. L’auteur étudie les divers moyens que nous possédons pour mesurer et
- 1 représenter l’espace et le temps ; il met en évidence, les hypothèses diverses et les approximations successives qui nous permettent d’arriver à des résultats cohérents ; un profond chapitre initie le lecteur à la géométrie non euclidienne, après quoi l’auteur expose avec une remarquable clarté le problème de Michelson, et le principe fondamental de la relativité restreinte, puis donne un rapide aperçu de la théorie de la relativité généralisée.
- Manuel des chemins de fer, étude et construction, par J. Bourde, i vol. in-18 444 pages, '286 flg. (Bibliothèque professionnelle Dhommée). Baillière, éditeur, Paris 1922. Prix : 12 francs.
- Ce volume indique comment s’effectuent les travaux d’établissement d’une voie ferrée : levés sur le terrain, étude du tracé et rédaction du projet, organisation et exécution des terrassements, ouvrages d’art, pose de la voie, etc.
- Annal 1922. «Annuaire Dictionnaire de l’Industrie automobile. 1 vol. illustré 1280 pages. Hubert Baudry, éditeur, 222, boulevard Pereire, Paris. Prix : 25 l’r.
- Cet annuaire fort bien compris comprend, outre la liste alphabétique de toutes les maisons, personnages et institutions qui touchent à l’industrie automobile, un répertoire méthodique des diverses professions qui se rattachent à cette industrie et à celle du cycle, un lexique technique illustré et très complet, la liste des clubs, chambres syndicales, etc. Un chapitre groupe tous les renseignements relatifs au tourisme; enfin l’ouvrage se termine par un lexique l’ranco-
- Der Bau der Erde, par L. Ivober. i vol. in-8°, 3a4 pages. Gebrüder Borntriiger, Berlin 1921.
- Décrire la structure de la Terre, exposer les traits généraux de son évolution, tel est le but de ce livre.
- Les divers chapitres étudient : notions générales sur l’histoire de l’évolution de la Terre ; les cycles géologiques; morphologie générale de l’écorce. Les matériaux et les faciès. Les mouvements de l’écorce et leurs relations avec la structure du globe. La formation des montagnes et ses diverses, modalités. Répartition des zones orogéniques. Les masses de condensation et leurs rapports avec les diverses zones géologiques. Analyse de la tectonique des parties visibles de l’écorce. Caractères et répartition géographique des masses continentales. Les bassins océaniens, leur origine et leur répartition. Caractères et distribution des unités géotectoniques. Résumé de la structure de la terre et des grandes lignes de son évolution. Une bibliogi-aphie, comprenant 196 références, complète l’ouvrage.
- Der fossile Mensch. Grundzüge einer Pqldanthropologie, par E. Wertit. Première partie, 336 p., 217 ill., Berlin, Gebrüder Borntriiger, 1921.
- Ce livre, résumé des connaissances actuellement acquises en paléontologie humaine, n’apporte aucune contribution nouvelle à la science dont les principes ont été si remarquablement exposés dans le beau livre de M. Boule : Les hommes fossiles. L’auteur étudie dans cette première partie : l’époque glaciaire, l’àge de l’homme fossile, ses caractères géologiques généraux. La faune et la flore du quaternaire. Les 111° et IVe chapitres, les plus importants du volume, sont consacrés à l’élude des vestiges fossiles de l’homme quaternaire actuellement connus. Les dernières pages analysent les relations qui existent entre les races humaines quaternaires et les races actuelles, questions également traitées par M. Boule, avec une profonde sagacité, dans l’oUvrage ci-dessus mentionné.
- Souvenirs entomologiques. Etudes sur l’instinct et les mœurs des insectes, par J .-H. Fabre. 5e série. Edition définitive illustrée. 1 vol. in-8, 384 p., 16 pl., fig. dans le texte. Delagrave. Paris. Prix : 20 francs, cartonné 40 francs.
- Voici le 5e volume de l’édition définitive du chef-d’œuvre de Fabre, fort bien présentée : papier, impression, dessins, photographies. On y retrouve les histoires classiques du scarabée sacré, des géotrupes, de la cigale, de la mante, d’aulres insectes encore aux aventures merveilleuses et vraies. C’est le livre de chevet des amateurs d’histoire naturelle et la joie des bibliophiles.
- Les bases actuelles du problème de la tuberculose, par Fernand Bkzançon. i vol. in-1 (î, 197 p. Collection Science et Civilisation. Gaulhier-Villars et Cie, Paris. Prjx : 7 francs.
- L’étude de la tuberculose u’est pas seulement d’ordre médical, mais avant tout d’ordre social.
- Pour le comprendre, il faut bien connaître les données d’un problème qui est beaucoup plus complexe que celui de l’étiologie et de la prophylaxie des autres maladies infectieuses.
- C’est le but qu’a recherché le professeur Bezançon, en exposant d’une façon claire et accessible à tous, la tuberculose, ses principaux aspects et les méthodes les plus récentes employées pour la combattre.
- Contes et légendes cle Bretagne, par François. Cadic. Nouvelle série. 1 vol. in-8, 287 p. Maison du Peuple breton, 112, rue de Vaugirard, Paris. Prix : 5 francs.
- Série de contes recueillis en Bretagne, où apparaissent les fées, les nains (Korrigans), les géants (Charagine), les bons gars (pantrem ad), les animaux magiques, le diable, etc. On y admirera le récit vivant, coloré, plein d’action et l’on pourra y étudier les formes locales des légendes d’un des folk-lore les plus riches connus.
- 156
- p.2x155 - vue 567/620
-
-
-
- N° 251.1 20 Mai 1922
- LA IMATU
- Supplêmen
- INFORMATIONS
- osr,.
- 05^'
- A propos de la construction de postesMe T. S. P.
- par les amateurs. — Une note parue dans les grands quotidiens du 9 avril informait les personnes s’intéressant à la télégraphie sans fil soit à titre d’amateurs, soit à titre de constructeurs ou de revendeurs, des droits que la Société française radioélectrique tient de la propriété de certains brevets relatifs à l’utilisation des lampes à 3 électrodes.
- La publication de cette note a provoqué un certain émoi dans le monde des amateurs ; un assez grand nombre d’entre eux ayant interprété la déclaration de la S. F. R. comme la revendication d’un droit de contrôle sur tout appareil ou dispositif de T. S. F. employant des lampes-audions.
- Que nos lecteurs se rassurent : leur domicile est inviolable et nul n’y peut pénétrer pour quelque contrôle que ce soit; ils ont, d’autre part, le droit de construire eux-mêmes et pour Leur usage n’importe quel appareil déposé ou breveté; enfin, la vente des pièces détachées ou accessoii'es avec, lesquels ils composent habituellement leurs installations : transformateurs, résistances et condensateurs, variomètres, support de lampes est du domaine public et demeure libre pour tous. Seule est interdite la vente, par des constructeurs non autorisés, d’appareils dont les caractéristiques sont nettement définies dans Vexposé des revendications d’un brevet protecteur.
- Dans le but de fournir à tous les intéressés les éclaircissements qu’un grand nombre d’entre eux nous ont demandés, nous nous sommes présenté au siège de la Société française radioélectrique pour les recueillir à la source même.
- Très aimablement reçu par M. le Directeur commercial, nous y avons acquis l’assurance que les intentions de cette Société ne tendent nullement à créer aux amateurs de la T. S. F. une gêne ou un ennui quelconque. La Société française radioélectrique désire, au contraire, faire progresser et vulgariser le plus possible l’emploi des appareils récepteurs de téléphonie sans fil. Il n’entre point dans ses projets de contrarier la vente des accessoires et pièces détachées qui permettent à l’amateur peu fortuné de se construire à peu de frais un petit poste récepteur; pour éviter même de constituer à son profit un monopole d’exploitation, la S. F. R. est prête à accorder aux constructeurs qui lui en feront la demande des licences pour l’utilisation de ses brevets.
- Mais, aussi, la Société française radioélectrique tient à conserver et à défendre sa propriété industrielle et nul ne saurait raisonnablement l’en blâmer. Elle ne peut admettre, nous a affirmé son Directeur, que des constructeurs, de jour en jour plus nombreux, se servent des montages et des dispositifs dont elle a acquis à grands frais le monopole, sans lui demander aucune autorisation. C’est pour protester contre ce sans-gêne qu’a paru la note du 9 avril.
- Loin de vouloir atteindre l’amateur, la S. F. R. étudie la création d’un comptoir spécial où se vendront avec toute garantie des appareils sérieux à des prix modérés.
- Nous avons enregistré avec la même satisfaction les déclarations bienveillantes et le projet de M. le Directeur commercial de la S. F. R.; nos lecteurs s’en réjouiront certainement comme nous.
- F1t .V K < K D U K O ( ) UI E K.
- L’emploi de la lampe hétérodyne pour l’auscultation de l’oreille. — Dans un article de notre confrère anglais Nature, M. Joseph, énumérant les applications actuelles, déjà fort nombreuses et variées, de la valve thermionique ou lampe à 3 électrodes, signale l’emploi intéressant qui peut en être fait pour l’élude médicale de l’audition. La valve thermionique permet n effet de produire des sons de toute fréquence entre 1 et plusieurs millions de vibrations par seconde. Tous'ceux qui ont suivi les progrès de la T. S. F. savent que la lampe à 3 électrodes peut, dans certaines conditions de montage, être utilisée comme génératrice d’ondes électriques entretenues, c’est-à-dire parfaitement régulières et toutes semblables les unes aux autres. Ces oscillations sont toujours à très haute fréquence, et si on les reçoit dans un circuit comprenant un téléphone, la mem-
- brane de celui-ci ne peut suivre ces variations trop rapides, le téléphone reste silencieux. Mais si l’on juxtapose aux premières oscillations d’autres oscillations d une fréquence différente mais assez voisine, le phénomène des battements se produit; la superposition des deux groupes d’oscillations donne naissance à une oscillation secondaire dont la fréquence est égale à la différence des deux premières, et qui peut être rendue assez basse pour influencer la membrane du téléphone. On a réalisé ainsi une hétérodyne, dispositif aujourd’hui bien connu pour la réception des ondes entretenues. Lorsque 1 oscillation électrique principale et celle de l’hétérodyne restent invariables, la note emise par le téléphone possède une fréquence bien déterminée et invariable. En réglant l’hétérodyne, on peut faire varier à volonté cette note ; un calibrage préalable permettra d’en connaître chaque fois la fréquence.
- On comprend donc que l’hétérodyne se prête parfaitement a mesurer la faculté auditive d un individu avec une précision et une aisance que la médecine de l’oreille n’avait pu réaliser jusqu’à l’apparition de cet instrument. Les sons habituellement perceptibles par l’oreille humaine normale ne dépassent guère la fréquence de 3ooo, quoique dans certains cas, des sons de fréquence, ihooo et même 3o 000 et 40000 aient été perçus. Par contre, certaines oreilles sont déjà sourdes aux sons de fréquence 5oo ; d’autres perçoivent mal certaines notes. L’hélérodyne permet de produire successivement et à.volonté toute la gamme de ces sons; elle permet aussi de varier l’intensité du son étudié. Elle constitue donc un précieux moyen d'auscultation de l’oreille,
- Recherches sur la réaction chimique des terres.
- — La réaction alcaline ou acide du sol détermine la forme sous laquelle les engrais doivent lui être appliqués. En sols acides, on emploiera avec avantage des amendements calcaires et des engrais alcalins comme le purin, les scories, la potasse des cendres, etc.; en sols basiques, il faudra donner la préférence aux engrais azotés organiques, au superphosphate, aux sels de potasse chlorurés. Il est donc important de connaître si les terres sont alcalines ou acides.
- M. Rabaté, directeur des Services agricoles du Cher, détermine la réaction du sol à l’aide de la teinture dé bois de campêche qui jaunit ou se décolore au contact des terres acides, tandis qu’elle se colore en mauve ou en violet au contact des terres alcalines. Le mode opératoire est très simple : on délaye 5 gr. de terre fine séchée et tamisée dans un tube à essai avec 20 cm3 d’eau de pluie et 20 gouttes du réactif, puis on laisse reposer i5 à 20 minutes.
- Les sols calcaires chlorosants donnent avec cette méthode une réaction très nette.
- Reconstitution rapide de la flotte commerciale allemande. —A la signature de la paix, la flotte commerciale allemande, jadis si puissante, se trouvait réduite à 419000 tonnes. Se souvenant de la parole de leur ex-empereur : notre avenir est sur l’eau, nos anciens ennemis se sont mis immédiatement à l’œuvre pour réparer leurs pertes. S’ils ne construisirent en 1919 que 3o 000 t., en revanche,. dès l’année suivante, un progrès décisif se manifesta; 204000 t. furent mises à l’eau. En 1921, 1 accroissement devient encore plus rapide;
- 3G9 000 nouvelles t. s’ajoutent aux gains de deux années précédentes. En même temps les armateurs allemands achetaient environ 100000 t., soit en Angleterre, soit en Suède, si bien qu’à la lin de 1921 leur flotte s’élevait à 1,4 million de t., soit trois fois le tonnage demeuré entre leurs mains après la signature de la paix.
- Depuis, le nombre des constructions neuves n’a cessé d’augmenter. D’après le Berlingske Tidende de Copenhague, seulement dans la seconde semaine de mars, les chantiers allemands ont lancé quatre unités, dont trois réunissent 14 900 tonnes. Si cette proportion se maintient pendant le reste de l’année, l’accroissement de la flotte allemande en 1922 sera le double de celui obtenu en 1921. On peut donc prévoir qu’à très bref délai, le pavillon allemand aura récupéré la position qu’il possédait avant la guerre.
- p.2x156 - vue 568/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- $§tns* Objets utiles
- Une nouvelle motopompe. — Nous décrivons ci-dessous tin appareil récent qui réunit, sous un volume des plus restreints, toutes les qualités de puissance, de robustesse et de résistance d’appareils beaucoup plus encombrants. C’est une motopompe électrique que sa petitesse a fait appeler micropompe et qui, avec une puissance absorbée insignifiante : 5 hectouatls environ, élève aooo litres à l’heure à une hauteur de 20 mètres.
- Par ses dimensions extrêmement réduites : o m. 35 de longueur sur o m. 16 de largeur, comme par sa simplicité de fonctionnement, la micropompe R. Leli est presque un jouet. Mais c’est un jouet d’une utilité précieuse ainsi que nous allons en juger.
- Avez-vous besoin d’eau dans votre maison? La micropompe l’élèvera de votre puits jusqu'au haut de votre habitation. Vous la placez soit près du puits, soit dans la cuisine; il suffit alors de la brancher à la place d’une lampe ou sur une prise de courant pour que le groupe se mette en route et remplisse le réservoir de la maison.
- L’eau vous parvient-elle de la ville sous une pression insuffisante? La micropompe vous fournira le supplément de pression nécessaire pour l’élever jusqu aux étages supérieurs.
- I)ésirez-vous arroser votre jardin sans fatigue ? Faire laver les voitures par votre cocher? Loucher les che-
- Fig\ i.— Arrosage au moyen de la Micropompc.
- vaux et faire à la lance les nettoyages nécessaires ? La micropompe vous en donne le moyen. Sa pression totale étant de i kg 5, il restera, pour une différence de ip m. par exemple, entre le niveau de votre jardin et celui de votre puits, une pression de i kg 5, capable de projeter l’eau à une distance de io à i5 mètres.
- Aux viticulteurs, négociants en vins, qui manipulent les liquides dans les chais, la micropompe servira pour les soutirages.
- On peut monter le groupe sur un chariot pour le déplacer dans une cave, le poids en est si minime qu’un enfant peut le manœuvrer sans aucune difficulté.
- Les mécaniciens peuvent installer la micropompe dans leurs ateliers pour la distribution des huiles solubles, soit à raison d’un groupe unique pour tout l’atelier, soit en adaptant uu appareil à chaque machine-outil. La micropompe recueille les liquides qui s’écoulent des tours, des fraiseuses, des perceuses et les distribue à nouveau.
- Voici comment est construite cette pompe :
- La micropompe est à la fois aspirante et foulante. Sa puissance d’aspiration atteint 6g cm de mercure, soit g m. i\o de hauteur d’eau. On peut donc admettre couramment une hauteur de 7 m. d’aspiration sans craindre aucun désamorçage.
- La pompe se compose de deux coquilles en bronze, assemblées par des vis. Un arbre en acier cémenté, trempé et rectifié, porte une turbine en aluminium et un manchon d’accouplement le réunit à l’arbre du moteur. Toutes les dimensions des coquilles et de la turbine ont été ^soigneusement calculées pour obtenir un rendement maximum.
- Le moteur électrique est un moteur à collecteur, du type dit universel. Sa carcasse est constituée par un paquet de tôles de 5/ioe de millimètre d’épaisseur,
- isolées au papier, le tout pris à la coulée dans un alliage dur d aluminium, ce qui évite d'une façon absolue tout déplacement ultérieur. L’induit est également formé de tôles découpées, isolées au papier et serrées sur l’arbre a l’aide de deux fretles emmanchées à la presse hydraulique. Le collecteur se compose de 32 lames en cuivre rouge électrolytique, isolées au mica pur. Les porte-
- Fig. 2. — La micropompe Lcli,
- balais, en isolant moulé, sont réglables de l’extérieur sans aucun démontage; la tension des ressorts est également réglable et le remplacement des balais, qui s’effectue à l'aide d’un simple tournevis, est pour ainsi dire instantané.
- La puissance du moteur est de 1,2 IIP en courant continu et 0,9 HP en courant alternatif. Elle dépasse donc de beaucoup la puissance absorbée par la pompe, qui reste inférieure à o,5 HP ou 0,6 IIP.
- Ainsi donc la micropompe Leli, sous un volume extrêmement restreint qui permet de la placer sans inconvénient en un point quelconque : sous-sol, caves, possède toutes les qualités de la pompe centrifuge, toutes les commodités de la commande électrique : mise en route instantanée en fermant simplement un interrupteur électrique ou en plaçant, la douille du moteur sur ses broches.
- Son ingénieuse construction qui en fait xin appareil extrêmement simple, a bien entendu comme conséquence un prix de revient très réduit.
- Constructeur: Leli, 3, avenue Daumcsnil, Paris.
- Robinet électrique Presto. — Les recherches des
- techniciens augmentent immense des applications de l’électricité. Les besoins courants de l’existence quoti-diennenous ont habitués à utiliser le courant électrique pour la lumière, la force motrice, le téléphone, l’aération souvent, et parfois des applications peu importantes de chauffage. Les réalisations de ce dernier problème ont donné lieu, au cours des dernières années, à la mise en service d’appareils très divers réalisant le chauffage de fers à repasser, d’objets de toilette, de menues opérations de cuisine et tout spécialement le chauffage des petites quantités d’eau dont le besoin se fait sentir à chaque moment de la journée.
- En amplifiant la taille des petits appareils domestiques, certains con-
- chaque jour le champ déjà
- Fig. 3. — Le robinet Presto.
- tructeurs ontt établi sur le même principe les appareils plus puissants destinés au chauffage des bains, soit chauffage de^’eau au moment qui précède l’emploi, soit chauffage le d’eau accumulée dans des réservoirs cala-rifugés où elle est tenue en réserve jusqu’à l’instant de son utilisation.
- Tous ces appareils fonctionnent suivant le même prin-
- p.2x157 - vue 569/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- cipe : une résistance convenablement calculée est traversée par le courant électrique qui y développe par effet J ouïe la quantité de chaleur utilisée à chaufïer l’eau entourant l’élément calorigène. Pour la bonne tenue des appareils, il est indispensable d’isoler soigneusement les conducteurs électriques constituant la résistance chauffante entre eux et par rapport aux organes les portant. Malheureusement, qui dit isolant électrique dit mauvais conducteur de la chaleur, et une notable partie des calories produites par le courant électrique, donc payées par l’usager, sont absorbées par les isolants et les enveloppes diverses maintenant l’assemblage des organes, amenant des pertes de rendement importantes. Cette difficulté de transmission calorifique au travers des garnitures isolantes a un autre effet néfaste : qu’un oubli fasse mettre en service un appareil sans la quantité d’eau suffisante pour envelopper la partie chauffante, la résistance n’évacuant pas les calories qu’elle produit s’échauffe de plus en plus jusqu’à fusion partielle et rupture du conducteur. L’appareil est donc rapidement, mis hors service.
- Nombre d’ingénieurs ont depuis longtemps déjà utilisé l’eau à la chauffer elle-même comme résistance. Ce principe est à la base de l’étude des rhéostats et démarreurs à liquide dont de récentes applications sensationnelles ont démontré les qualités de sécurité et souplesse (réglage de vitesse des moteurs à courant alternatif pour la propulsion des nouveaux cuirassés américains à commande électrique). Une des principales diflicultés résidait clans la résistivité élevée des eaux des distributions normales. On peut considérer comme chiffre moyen que i cm de longueur d’une colonne d’eau ayant i cm2 de surface présente à basse température une résistance de 7000 ohms. L’eau a dû en conséquence être interposée en lame mince, régulière et de large section. C’est là le principe fondamental des nouveaux appareils de chauffage électrique de l’eau que nous allons décrire succinctement.
- Les inventeurs des robinets « Presto « ont eu l’heureuse idée de conjuguer dans le mèmè appareil le robinet proprement dit et la partie électrique qui contrôle et utilise le courant électrique.
- On peut dire que schématiquement un robinet « Presto » comporte trois groupes d’organes ayant chacun une fonction bien définie :
- i° Un robinet hydraulique du modèle à soupape réglable qui établit ou interrompt l’adduction d’eau et entre ces positions limites règle le débit en fermant plus ou moins l’orifice d’arrivée.
- 20 Un commutateur électrique qui joue vis-à-vis du courant électrique un véritable rôle de robinet en laissant passer ou en interrompant le courant électrique suivant la position où on place la pièce mobile.
- 3° Un jeu d’électrodes autour desquelles vient circuler l’eau à chauffer et auxquelles le commutateur fournit le courant électrique dont le passage au travers de la nappe d’eau à échauffer produit l’élévation de température désirée.
- Pour compléter cette explication sommaire des principes de fonctionnement, nous donnons ci-dessous une description abrégée d’un robinet « Presto » de dimensions moyennes.
- À) Raccord fileté d’arrivée d’eau froide.
- B) Filtre arrêtant les impuretés.
- C) Cosse de mise à la terre des pièces accessibles.
- I)) Boisseau réglant le débit d’eau maximum.
- E) Orifice de passage de l’eau.
- F) Tige d’obturation fermant plus ou moins l’orifice E.
- I) Canal .amenant l’eau froide à la partie électrique.
- L) Electrodes de chauffage baignées par l’eau.
- M) Enveloppe extérieure.
- N) Orifice d’échappement de l’eau chauffée.
- H) Poignée de manœuvre commandant à la fois la circulation d’eau et le passage du courant électrique.
- L’examen sommaire de la coupe ci-contre dispense de longues explications quant au fonctionnement de l’appareil.
- Il est intéressant toutefois de mettre en relief quelques-unes des qualités principales de cette intéressante invention.
- L’appareil fixé sur une conduite d’amenée d’eau remplit effectivement le rôle d’un robinet; le croisillon de manœuvre tourné vers la droite interrompt entièrement le débit d’eau; tourné complètement vers la gauche, il
- ouvre en grand le passage du liquide, le courant électrique n’étant admis ni sur l’une ni sur l’autre des positions.
- Par contre, la zone des positions médianes de l’organe de manœuvre correspond à un écoulement d’eau plus ou moins abondant suivant les positions, mais le courant électrique étant admis dans le robinet échauffe l’eau qui s’écoule.
- Il en résulte : 1” La possibilité d’arrêter le débit d’eau. 2° D’ouvrir en grand l’afflux d’eau froide. 3° D’obtenir un débit important d’eau peu échauffée ou un débit; plus réduit d’eau chaude. ' v?
- Le liquide constituant lui-même la résistance de chauffage augmente de température par la production de calories dans son sein même, donc pas d’organes fra-
- giles interposés, simplicité de construction et économie d’emploi.
- La production d’eau chaude est immédiate puisqu’il n’y a pas à échauffer de pièces avoisinant le liquide.
- Le corps du robinet étant vissé directement sur la conduite de prise d’eau est de ce fait automatiquement au potentiel de la terre, donc aucune crainte de commotion électrique.
- Cette sécurité est d’ailleurs confirmée par la cosse de terre qui réalise une nouvelle connexion de sécurité.
- La construction des robinets « Presto » est telle que si en cours de fonctionnement l’eau vient à manquer dans la distribution le débit électrique décroît progressivement avec celui de l’eau pour s’interrompre tout seul avec l’arrêt total.
- Inversement, le rétablissement de l’eau, comme chaque mise en service, produit un accroissement progressif de l’intensité électrique absorbée, sans à-coups nuisibles.
- Ces intéressantes particularités constituent une grande supériorité sur les appareils à résistances chauffantes, lesquelles ne peuvent pas habituellement rester sous tension sans avarie grave quand l’alimentation en eau n’est pas assurée.
- L’utilisation de l’eau elle-même comme élément résistant du circuit électrique assure, avons-nous déjà dit, un rendement thermique- que ne saurait réaliser aucun autre procédé. Des essais répétés et sérieux ont établi
- p.2x158 - vue 570/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- que 97 pour ioo au moins des calories produites sont bien effectivement utilisées à élever la température de l’eau. Cet excellent rendement est une garantie efficace de l’économie d’emploi dans tous les modèles réalisés. ,•*"
- En vue de répondre aux applications multiples des
- Fig. 5. — Aspect du robinet placé sur un lavabo.
- besoins domestiques, les constructeurs ont réalisé quatre tailles de robinets « Presto ».
- Le robinet IST° i absorbant une puissance électrique maxima de 600 watts en courant alternatif monophasé, d’un voltage quelconque.
- Le robinet N" -i consomme jusqu’à 1200 watts de puissance monophasée.
- Le robinet N° » utilise jusqu’à 5ooo cvatls en monophasé.
- Le robinet N° /rétabli pour i5ooo watts au maximum et pour alimentation en alternatif biphasé : ou triphasé.
- Tous ces appareils permettent d’obtenir à peu de frais l’eau chauffée à 4 a ou 5o°.
- Enfin, détail qui n’est pas à négliger, les robinets « Presto », quels qu’en soient le type et la taille, sont présentés sous une forme élégante et soignée ne déparant pas les installations les plus luxueuses.
- Le robinet électrique « Presto », 18, rue Troyon, Paris.
- Appareils pour dessinateurs. — Le dessinateur jierd souvent beaucoup de temps pour tracer les titres
- Fig. 0. — Emploi de l’appareil à lettres.
- et les lettres sur les dessins; car on exige toujours une présentation convenable pour les titres et cela à juste raison.
- Un appareil très simple permet d’augmenter la rapidité de ce travail de lettres, tout en facilitant une précision et une perfection suffisantes.
- On emploie pour cela un porte-plume muni d’une
- plume de laiton formée d’un petit entonnoir réservoir d’encre ; on tient cette plume de façon que l’axe clu réservoir soit perpendiculaire au papier. En utilisant un guide découpé dans une plaque de celluloïd, on peut
- — Table à dessin pliante en bois.
- tracer des caractères réguliers en suivant convenablement les contours élémentaires des chiffres ou des lettres.
- Pour manœuvrer commodément la feuille de celluloïd, on la fixe sur un support d’aluminium muni d’une réglette-guide; celle-ci reposé sur une règle ou sur un T, la plaque est alors maintenue à quelques millimètres au-dessus du papier.
- Lorsque 1 entonnoir-plume est garni d’encre de Chine, après que l’encre a été descendue par quelques coups légers sur la plume, on peut tracer à volonté toutes les lettres, grâce à la combinaison des contours placés sur le trace-lettres.
- Ces lettres et ces chiffres sont de grosseurs diverses eL il existe toute une sérié de caches de différentes dimensions, suivant la hauteur des lettres qu’on désire tracer.
- On peut avoir des caches pour écriture antique, droite ou penchée, ou des caches spéciaux pour écriture ornementale, pour écriture impériale, etc.
- Le môme constructeur présente aussi des modèles de tables à dessin particulièrement intéressants, étant donné le peu d’encombrement que ces tables demandent.
- Tout d’abord, la table à dessin pliante permettra d’avoir chez soi un appareil à dessiner que l’on pourra replier lorsqu’on n’en aura plus l’usage. Cette planche comprend un chevalet dont les planches sont réunies par une tablette pliante à charnières; la planche est montée sur articulation, et grâce à des supports à coulisse avec vis, elle peut être immobilisée dans toutes positions.
- Un modèle du même genre est constitué par un bâti
- Fig. 9. — Table métallique repliée.
- en métal qui permet d’envisager un transport commode grâce au peu d’encombrement et au poids réduit.
- Tout cela constitue des appareils pratiques pour celui qui ne dispose pas de beaucoup d’espace dans son bureau.
- Adresse : J. À h rend et fils, 7, rue des Grands-Degrés, à Paris.
- Fig. 8. — Table pliante métallique eh cours cl’cihploi.
- p.2x159 - vue 571/620
-
-
-
- <
- L’EAU DE COCO : SA COMPOSITION ET SES EMPLOIS
- CliilVres extrêmes. courante
- 5o 65 60
- 26 —y 54 45
- 4,20-)- 6,20 5,6
- 2,80-^- 3,51 3,oo
- o,ig-> o,2o5 0,2
- 0,20—>- 0,25 0,24
- o,35 —> 0,66 0,40
- (en degrés
- — 0,8 à — 8° — 5°
- .Le cocotier (Cocos /tarifera Linné) présente de très H nombreuses variétés, dont l’étude systématique et comparative est encore à faire. Les fruits, notamment, sont de plusieurs types, fournissant à l’homme en proportions fort différentes les produits utiles suivants coprah, lait et eau de coco.
- Rien qu’ën Cochinchine, il existe 4 espèces parfaitement tranchées de cocos : les variétés « Bi » et « Tà » fournissent beaucoup de coprah ; les variétés « Lüa » et « Xiem » donnent par contre peu de coprah mais beaucoup d’eau.
- Le volume de cette dernière ne dépend pas seulement de la variété considérée; d’autres facteurs très nombreux interviennent, parmi lesquels il convient de citer j surtout : i° le degré de maturation du fruit; a" l’àge de ! 1 arbre ; 3° la saison; 4” la position de la région fructifère.
- L’eau de coco fournit toujours un extrait sec important atteignant, suivant les localités et les variétés, de
- a 72 gr. par litre. Quant au volume de l’eau de coco, il oscille de 33o à 900 cm3 pour des fruits mûrs.
- La composition exacte de l’eau de coco n’avait donné lieu jusqu’ici qu’à des études assez imprécises, à conclu- ! sions souvent même contradictoires, sauf peut-être en ! ce qui concerne les cocos de Ceylan. Récemment, M. A. Lahille, au Laboratoire de Chimie de l’Institut Pasteur de Saïgon, a multiplié les analyses elles observations.
- Le tableau suivant résume les résultats quantitatifs obtenus :
- Movoiiiip la 11Ins.,
- 1 ’nr litre.
- Extrait au bain-marie Sucres réducteurs.
- Cendres totales . .
- Chlorures ....
- Chaux ......
- Phosphates.
- Acidité (en So4 P1-).
- Déviation au polarimètre
- saccharimétriques ).
- Les réactions comparées des sucres, celles des albuminoïdes ainsi que des analyses polàrimëtriques ont montré :
- i° La présence du lévulose;
- 20 Celle du glucose ;
- 3° Celle d’un hydrate de carbone, spécifiqu ement peu déterminable, ruais voisin de l’iriuline ou de la lévuline ;
- 4” L’absence complète d’albumines solubles ;
- 5° La présence d’enzymes ;
- 6° Une forte proportion de sels de potasse (0,2a-2,3o pour 100), existant surtout sous les formes azotate et chlorure, ainsi qu’Uu peu de Na CL Depuis- les travaux de E. Kruyfî ('), on croyait que l’eau des noix de cocos très jeunes né contenait que du saccharose et qu’au cours de la maturation celui-ci s’intervertissait en glucose et en lévulose, comme cela se produit d’ailleurs chez beaucoup de fruits avant leur maturité complète. Il n’en est rien. Des analyses, des réactions caractéristiques, des examens polarimétriques répétés montrent toujours que le saccharose n’existe pas normalement dans les fruits jeunes. Il ne s’y trouve uniquement que des sucrés rédücteurs, et notamment du lévulose. A signaler aussi la présence d’un pentose ou pentosane, que les réactions à l’acéta te d’aniline, à la phloroglucine, à Porcine chlorhydrique :, etc., permettent nettement d’indiquer.
- Depuis des siècles, l’eau contenue à l’intérieur des noix de coco a été utilisée comme b oisson rafraîchissante. Elle a été souvent la providence du voyageur ou de l'explorateur perdu dans la brousse. Pour la boisson, il y a toujours avantage à prendre des fruits verts bien remplis, c’est-à-dire un peu incompîëftement mûrs. En effet, la quantité d’eau diminue ensuite très rapidement; celle-ci s’appauvrit en sucres, mais s”.enrichit en sels; devenant trop acide, elle n’est plus- alors agréable à boire et peut même à cet état amener pai dois des troubles physiologiques assez graves. Dans terni;,s les autres cas, Peau de coco constitue une boisson p. ce s que gratuite,
- 1. P. KkuyI'-j-. Htudes sur les fruits diu: ic ocotier. (But/, (tu Departement de l'Agriculture des Indes, nuit, rlandaises, n° IV. Builenzorg-, 1906).
- agréable, saine, un liquide rafraîchissant et minérali-sant, un aliment d’épargne.
- L’eau des cocos cultivés spécialement pour coprah peut être facilement donnée aux animaux, surtout aux bovidés, qui s’en montrent friands, probablement à cause des chlorures. Celles trop riches en sels doivent être abandonnées aux fermentations. Après saturation par un lait de chaux, elles fournissent un bon engrais potassique, qui pourra être utilisé, notamment pour les plantations d’hévéas, de cocotiers, de cotonniers, etc.
- Au voisinage des villes, il arrive souvent que les indigènes mêlent Peau de coco au lait de vache, dans l’intention de falsifier ce dernier. Comme les compositions chimiques sont assez voisines, et les proportions d’albuminoïdes et de sucres sensiblement les mêmes, cette fraude est très difficile à déceler par les procédés ordinaires si l’addition ne dépasse pas i/5. Au point de vue delà répression des fraudes, deux moyens pratiques sont seuls utilisables :
- 1° Prouver chimiquement l’existence d’un sucre étranger au lactose ;
- 20 Trouver, dans l’examen microscopique du lait, les globules, cellules et éléments figurés renfermés dans l’eau de coco. Ceux-ci sont heureusement de forme très caractéristique, présentent plusieurs vacuoles à leur intérieur et ont de plus une réfraction toute spéciale, en forme d’arc tendu.
- Enfin Peau de coco n’est pas seulement alimentaire, mais elle possède des propriétés médicinales, thérapeutiques et physiologiques incontestables.
- Sur des singes, des lapins, des chiens, des injections sous-cutanées ou intraveineuses d’eau de coco n’ont donné lieu à aucun malaise ni réaction spéciale, mais ont toujours provoqué une augmentation très notable de la sécrétion urinaire, quelquefois dans la proportion de plus du double.
- L’eau de coco est fort généralement aseptique : les cultures sur bouillon peptoné, sur géloses, ordinaires ou sucrées, sur pomme de terre, etc., restent négatives. Des ballons à col étiré, bouchés au coton stérilisé ou flambé, et contenant de Peau de coco prélevée aseptique-ment, Sont restés plusieurs semaines à l’étuve sans présenter aucune trace d’ensemencement. Mais, d’après M. Noël Bernard, directeur de l’Institut Pasteur de Saigon, Peau de coco, abandonnée à l’air libre, constitue un excellent milieu de culture, où, en quelques heures, prospèrent de nombreux Bacilius sublilis, des champignons, etc. Elle peut cultiver des bacilles typhiques et paratyphiques A et B, du colibacille, des vibrions cholériques, du shiga, etc., surtout si on l’a neutralisée, en totalité ou en partie, avec du carbonate de sodium.
- Le fait d’ailleurs n’a pas positivement de quoi étonner. La composition de l’eau de coco se rapproche en effet, qualitativement et quantitativement, de celle du liquide de Raulin, bien connu de tous les physiologistes
- Par contre, il a été expérimentalement démontré qu’elle ne peut être utilisée pour servir de diagnostic différentiel de microbes.
- L’action diurétique de Peau de coco est incontestable et incontestée. Chez l’homme, elle peut faire passer les urines, dans certains cas, de o 1. 5o à 1 P 5o par jour. Le taux des chlorures augmente aussi parallèlement, et souvent dans une proportion encore plus considérable. L’eau de coco produit un véritable lessivage du rein; il est tout à fait vraisemblable que cet effet est dû à la présence, comme dans les plantes diurétiques (bourrache, etc.), des azotates de potassium, de chaux, etc., qu’elle renferme.
- Tout dernièrement, des essais ont été effectués en vue de son emploi pratique pour la-coagulation du latex des plantes à caoutchouc. Une solution de saccharose coagule en effet ces latex; mais les sucres réducteurs de l’eau de coco ont été bien moins actifs; la coagulation produite est restée toujours lente et incomplète. Avec le temps, elle s’améliore un peu; mais ce phénomène est uniquement dû à l’augmentation de l’acidité du liquide, les acides, et surtout l'acidc acétique, produisant très bien la coagulation désirée.
- M. Debkaui'uis,
- Licencié es sciences.
- p.2x160 - vue 572/620
-
-
-
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- >38sd
- Igc
- oflL
- asif
- L’emploi de l’acide sulfurique contre les mauvaises herbes dans les champs de céréales. — Les
- procédés de destruction des mauvaises herbes dans les champs de. céréales sont bien connus des lecteurs de La Nature (Voir Recettes de la campagne, Za Nature, supplément, p. ex. nos 214b, 2418, etc.). Un procédé très efficace et très répandu aujourd’hui est le traitement à l’acide sulfurique, quia été mis au point parM. Rabaté, le savant inspecteur de l’Agriculture, lorsqu’il dirigeait les services agricoles du Lot-et-Garonne.
- Le tableau ci-dessous est assez commode pour l’emploi de cet acide :
- La colonne 1 indique le degré de l’acide. Les acides du commerce sont vendus à des degrés très différents. Il est facile de vérifier le degré de l’acide acheté avec un aréomètre Baumé. Si on n’a pas cet instrument, on fera la vérification à l’aide de la colonne 2 en pesant un litre d’acide.
- La colonne 3 permet, lorsqu’on aun choix entre différents titres d’acides de choisir celui qui donne l’unité d'acide sulfurique au meilleur prix. Soit p le prix de 100 kg d’acide de degré n, contenant un poids P d’acide sulfurique pur S04Hâ, le prix de l’unité d’açide pur est : x—pjŸ. Si p' et P' représentent les prix et les richesses en acide pur d’un acide de degré ri, on a de même x'—p'/P'. Suivant le sens de l’inégalité .U^.r, on prendra l’acide à n ou a'.
- Les dosages les plus usités sont ceux de 8 à 10 pour.100 d’acide à 65° dans 100 litres cl’eau (La dose de 8 pour 100 suffît généralement pour les ravenelles et les moutardes, mais celle de 10 pour 100 permet de réduire très fortement les dommages que causent les nielles, vesces, gesses, etc.). En ajoutant dans 100 litres d’eau les poids d’acide marqués dans la colonne .4, on fait une s.olution d’acide de degré n, équivalente à une solution à io pour 100 d’acide à 65°.
- Les lecteurs désireux de plus de détails sur le procédé ou sur la formation de ces tableaux peuvent se reporter aux brochures suivantes : Rabaté : Emploi de l’acide sulfurique pour la destruction des mauvaises herbes; et dans La Fédération clu Lot-et-Garonne, article de M. Mahoux, 19 décembre 1920; de M. Mar-quis-Sebie, i5 janvier 1921.
- n Poids du P. Poifls d’acide Poids d’aci
- ;gré de litre pur (S04H2) dans ajouter d
- acide. d’acide. 100 kg d’acide. 100 lit. d’
- T !T TT ~4
- degrés gr. kg
- 51 154o 64,08 2 5,52
- Û2 1563 65,60 25
- 53 158o 66,70 24,55
- 54 1597 68,51 2.3,95
- 55 1615 70,10 23,46
- 56 1634 71,80 22,89
- 57 i652 73)3o 22,40
- 58 1672 75 21,80
- 59 1691 76,40 21,40
- 60 17 m 78,04 21
- 61 1762 80,01 20,85
- 62 17 53 82 T9>96
- 63 G74 8.4 19,52
- 64 1796 86,60
- 65 1819 90,o5 18,20
- G. UE Ingr E. G. P
- Montard , Propr0 Agricr.
- Procédé pour éliminer î’eau de la tourbe. — En
- Angleterre, M. C. Oison a fait breveter un procédé dont voici les caractéristiques :
- La tourbe est chauffée dans un récipient fermé, la vapeur produite est détendue brusquement par abaissement brusque de la pression dans le récipient. Ce résultat est obtenu eu chauffant la tourbe à une pression supérieure à la pression atmosphérique, et en la déchargeant brusquement dans une chambre à la pression atmosphérique. On peut aussi chauffer la tourbe dans un récipient où règne une pression encore plus faible, obtenue au moyen d’une trompe à eau.
- Dépouillement au kieselgulir des papiers au charbon sans transfert. — Les papiers photographiques pigmentaires sans transfert — papier Artigue, papier Eresson et certains papiers à la gomme bichromatée — sont ordinairement dépouillés au moyen de fine sciure de bois mêlée à de l’eau tiède. Cette mixture, versée par une cafetière ou une casserole à bec sur l’épreuve appliquée contre un support incliné, enlève peu à peu la gélatine ou la gomme pigmentée que n’a pas insolubi-lisée la lumière, et l’image apparaît avec toutes ses valeurs si le temps de pose a été bien calculé. Cependant, celte méthode est d’une application assez délicate; les frictions de la sciure sont parfois trop rudes et il est difficile de conserver ainsi les légères demi-teintes avec tout leur modelé.
- M. J. Desaime a trouvé plus avantageux de substituer à la sciure de bois le lieselguhr, la terre d’infusoires, dont les propriétés absorbantes ont été appliquées par Nobel à la fabrication de la dynamite. Cette terre, qui forme avec l’eau une bouillie très homogène et ne se dépose que très lentement, s’emploie de la même manière que la sciure, mais produit une friction beaucoup plus douce, qui conserve les moindres modulations de l’image photographique et laisse au pigment toute sa fleur, tout le velouté qui en fait le charme.
- Comment faire simplement une boîte à onglets.
- — Une boite à onglets permet de couper des baguettes de bois, des moulures très facilement en donnant la possibilité de scier les pièces à 45° soit dans un sens, soit dans l’autre et de cette manière il esL possible de fabriquer soi-mème des encadrements avec beaucoup de rapidité.
- La boîte à onglets coûte assez cher et pour les menus travaux que veut faire un amateur il n’est pas besoin d’avoir une boite d’aussi grande importance. On peut remplacer la boite à onglets coûteuse par une planche solide et épaisse dans laquelle on implantera des clous assez longs aux emplacements voulus pour que ces clous puissent servir d’appui à une lame de scie quand on voudra scier les baguettes de bois.
- Quand les clous seront placés sur le socle en bois, on coupera les tètes et on enlèvera toute bavure avec un coup de lime douce pour que le passage de la lame de scie qui s’appuie sur les tiges des clous ne soit gênée en aucune façon. Pour trouver l’emplacement exact des clous on dessinera sur la planche en bois des lignes perpendiculaires à l’axe longitudinal et des lignes inclinées à 45° au moyen d’une équerre de dessinateur ordinaire. Le dessin devra naturellement être très exact, car de cette exactitude dépendra la bonne exécution des onglets que l’on voudra préparer.
- JBO
- BOITE AUX LETTRES
- OêSL
- AVIS. — L abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Transformateur hydraulique : Fouchée, 229, boulevard Pereire, à Paris.
- Errata. — « La Ficaire » (n° 25o5, 8 avril 1922).
- P. 220, ir0 colonne, ligne 38, lire « famille des Tillé-tiacées », « au lieu de Tillétracées ».
- P. 220, 2e colonne, 6° ligne avant la fin, lire « 1 gr. d’iode », au lieu cle 17 gr.
- P. 221, ire colonne, ligne u\, lire « coloration violette intense » au lieu de « interne ».
- P. 222, 2e colonne, 2e ligne, lire « locus fabula; faclus est » au lieu de <c locus fabula’ factas est ».
- P. 222, 20 colomne, 5° ligne, lire « l’utilisation de cette plante » au lieu î le « l’introduction ».
- 162 |gfr
- p.2x161 - vue 573/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Figure 3, lire « à droite cellules de l’écorce contenant les grains d’amidon '» au lieu de « grains d’amidon isolés ».
- Correspondance. —A propos de la voiturette Cafford. — Le colonel Plücker, de Spa, nous écrit : D’après l’article « La voiturette Cafford », n° a5o5 de La Nature, il semblerait que le dispositif qui consiste à remplacer les deux roues de 1 avant-train habituel d’une automobile par une seule roue, cl, à placer le moteur au-dessus de cette roue, qui devient ainsi motrice, est une nouveauté. Or. je possède depuis ig r3 uue voiturette (cyclonetle) ainsi disposée, dont le modèle (à un cylindre) date de j 904 et qui fonctionne encore très bien ».
- Réponses. — M. Pelletan, à Bordj-Bou-Arberidj (Algérie). — Les plaques photographiques voilées peuvent être régénérées dans :
- Lan..................... 100 c. c.
- Bromure de potassium. . 5 gr.
- Bichromate de potasse. . 3 —
- Acide sulfurique........ a ou 3 gouttes
- Après 5 minutes d’immersion, laver abondamment et faire sécher aussi rapidement que possible, dans l’obscurité complète.
- Les plaques ainsi traitées fournissent des images brillantes ; mais elles sont beaucoup plus lentes que dans leur état primitif, et cette perte de sensibilité diffère suivant les émulsions. Il y a donc lieu de faire un essai préalable pour déterminer les nouveaux temps de pose. On peut cependant rendre plus rapides les plaques régénérées au moyen d’une solution d’urée à 1 pour 100 : on les y plonge pendant 5 minutes, 011 les égoutte sans les laver, et on les lait sécher lentement dans une boite où s’accomplit la maturation du gélatino-bromure d'argent.
- M. R., à Mirande (Gers). •— Cita nipa iiisation des vins blancs. — i° Le principe de la fabrication est le suivant : tout d’abord évaluer exactement, au moyen du gluco-œnomètre, la quantité de sucre naturel existant dans le vin et y ajouter du sucre candi, afin de lui donner la proportion de sucre voulue pour obtenir, après fermentation, une pression de 5 atmosphères dans les bouteilles mousseuses, opération laite après un dosage exact, précédé d’un dosage de l’acidité et de l’alcool du vin aün d’éviter les erreurs dans la prise de mousse.
- Dès le printemps, on met le vin en bouteilles soigneusement rincées, puis ces bouteilles remplies sont bouchées hermétiquement. L’élévation de la température et Dévolution naturelle des ferments produisent une deuxième fermentation active qui transforme le sucre originaire et le sucre ajouté en alcool et en acide carbonique. Ce gaz, par suite du bouchage hermétique, ne peut s’échapper, il reste en dissolution dans le vin et forme la mousse. Il faut alors éliminer le dépôt produit par la fermentation en bouteilles, et remplacer le sucre disparu. A cet effet, dès que le séjour en cave a été suffisant pour que le vin soit arrivé à maturité, on met les bouteilles sur pointe, c’est-à-dire qu’on les place le goulot en bas sur une table inclinée à fio° (table percée de trous). Pendant six ou huit semaines, on les soumet chaque jour à un mouvement circulaire sec et vif. Peu à peu le dépôt descend sur le bouchon et le vin devient parfaitement limpide. A ce moment, on fait sauter l’agrafe qui maintient le bouchon, lequel entraîne avec lui le dépôt. A ce moment, on relève la bouteille légèrement, de manière à ne pas perdre de liquide. Le vide produit par le dégorgement est rempli par l’addition d’une liqueur de sucre candi pur, après quoi on bouche à nouveau les bouteilles avec un bouchon neuf sur lequel est fixée une ligature solide (ficelle, fil de fer ou agrafe).
- Pour les appareils, voyez : appareil pour la préparation des vins mousseux de M. René Le Grand de Mercey, château de Mercey à Montbellet (Saône-et-Loire) ; appareil de M. Lucien Roos, directeur de la Station œnologique, à Montpellier. La Société « La Carbonique liquide», 33, Allées de Tourny, à Bordeaux, s’occupe de la champanisation des vins blancs et de la fabrication des boissons gazeuses (procédés Simonin). Voyez aussi aux adresses suivantes : Direction de la Station œnologique de là Gironde (M. L. Mathieu), à Bordeaux; M. Weinmann, chimiste-œnologue, à Epernay (Marne).
- 20 Pour la fabrication des limonades et eaux gazeuses, voyez le Taxigaz, appareil détendeur permettant de
- gazéifier toutes sortes de boissons, et qui est propre à l’usage domestique (Taxigaz, 19, boulevard de Grenelle, Paris, 15e) ; appareils de J. Guyot et Cie, 4 et 6, rue Claude-Decaen, Paris, 12e; appareils Mallié, 155, faubourg Poissonnière, Paris ; Joseph Gazan, 7, rue Guibal, Marseille. S’adresser aussi à M. Piard, chimiste, 7, rue Pierre-Dupont, à Lyon.
- M. Taitlefcr, à Paris. — Pour réparer voire lavabo en porcelaine, employez le ciment, blanc d’Espagne et silicate de soude en proportions convenables pour obtenir une pâte semi-fluide, le produit devient très résistant même à l’eau tiède, mais il faut avoir la patience de le laisser durcir complètement avant remise en service. Un bon moyen de se rendre compte du durcissement qui s’est effectué dans le ciment jointif est de conserver quelques boulettes, qui servent de témoin et dont on essaye la résistance à des époques régulièrement espacées.
- .M. Rernard, à Amcur-el-Aïn (Algérie). . Très proba-
- blement le canal d’amenée de l'encre ne doit pas dans votre stylo présente!' une section suffisante pour que l’air venant remplacer celle-ci puisse gagner normalement la partie supérieure du réservoir. Il se produit alors un phénomène analogue à celui de la trompe de Sprengel dans lequel le liquide qui descend par gravité ramène à l’orifice les bulles d’air qui entravent alors l’alimentation. Nous ne vous conseillons pas d’entreprendre une modification, tout au plus un lavage .à l’alcool, puis à l’eau douce peut-il être essayé, si la diminution de section est due à un dépôt des constituants de l’encre. Le mieux serait de remettre l’instrument entre les mains d’un spécialiste, rien n’étant plus délicat que ce réglage.
- M. Genty, à Paris. — Vous pourrez obtenir une cire à cacheter de qualité courante par le mélange suivant :
- Gomme laque blonde................35o gr.
- Térébenthine suisse...............a5o —
- Vermillon....................... 12 5 —
- Kaolin............................a5o —
- Benjoin pulvérisé................ \i5 —
- Faire fondre à feu doux, avec les précautions d'usage pour éviter l’inflammation, la gomme laque et la térébenthine, incorporer en remuant le mélange de kaolin et de vermillon, puis retirer du feu et mettre au dernier moment dans la masse encore pâteuse le benjoin pulvérisé.
- M. Pierrot, à Saint-Dié. — Du drap bleu horizon ne peut être teint directement en grenat, quelle que soit la matière colorante employée, le résultat serait, un violet à cause du fond bleu. J,e mieux serait d’adopter un ton identique bleu marine par exemple, les couleurs d lamines, genre Kabyline que vendent tous les marchands de couleurs aujourd’hui, conviendront parfaitement.
- .MM. Bréchemier et José Jamaniego. — Les revêtements magnésiens qui sont employés fréquemment pour remplacer les planchers sont obtenus en délayant de la magnésie calcinée lourde dans du chlorure de magnésium, pendant que la masse est fluide on y incorpore de la poudre de liège et on obtient ainsi un enduit solide, léger, non sonore. Vous trouverez toutes les fournitures nécessaires ainsi que les indications spéciales à l’emploi dans les maisons suivantes : Blanc, 88, boulevard Magenta; Brousse, 9, rue de Lagny, (20°).
- M. G. T., à Longvvy. — Il faut absolument proscrire les colorants dérivés de la houille si vous tenez à la solidité à la lumière et n’employer que les colorants minéraux, par exemple les suivants : Brun Van Dyck, Terre de Sienne, Brun de manganèse, Terre de Vérone, Bleu de Prusse, Gendres bleues, Bleus d’outremer, Jaune de Naples, Jaune minéral, Jaune de chrome, Ocre jaune. Jaune de cadmium, Vert de Cassel, Vert Guignet, Vermillon, Minium,Violet minéral, Violet de Mars. Pour les noirs se servir du charbon à l’état de noir de fumée, noir d’ivoire. Comme excipient servant à délayer ces couleurs en vue d’une application sur étoffe, employer
- une solution faite à chaud de :
- Borax.................... 80 gr.
- Gomme laque . ....... 80 —
- Eau......................1000 c. c.
- Avoir soin de filtrer cette solution avant emploi, sur une mousseline fine pour séparer les matières insolubles. Quant la couleur est bien sèche on peut augmenter le brillant en polissant légèrement avec une brosse douce.
- p.2x162 - vue 574/620
-
-
-
- JSSD
- igo
- BIBLIOGRAPHIE
- 02^,
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ________
- Chimie et 'fabrication des explosifs, par Paul Yerola. i vol. in-i6, i5 lig. (Collection Armand Colin, Paris 1922). Prix : 5 francs.
- L’auteur définit les explosifs, puis il étudie successivement les réactions chimiques générales qui donnent naissance aux divers explosifs utilisés pratiquement, les matières employées et leurs procédés de fabrication, les méthodes de préparation des explosifs usuels et l’organisation d’une fabrique moderne d’explosifs.
- Notions pratiques de chimie photographique. 1 vol. 80 pages. Société Kodak, éditeur, Paris 1922. Prix : 4 francs.
- Ce petit volume contient des notions très élémentaires de chimie et l’indication des réactions essentielles qui se produisent pendant l’impression de l’émulsion sensible, pendant le développement et le virage ; il donne la définition, la composition et les propriétés des divers corps employés, ainsi que de très utiles recettes pourleur emploi ou leurpréparation.
- Manuel de Parfumerie, par J. Lazenxec. x vol. in-18, 281 p., 83 fig. Baillière, Paris. Prix : cartonné, 8 fr.
- Ce manuel, écrit par un praticien éclairé, traite, au point de vue industriel et chimique, les matières premières employées en parfumerie; les parfums d’origine végétale; les principales essences; les parfums d’origine animale et ceux de synthèse et artificiels; puis la préparation des parfums : eaux aromatiques ; infusions et teintures ; extraits composés ; eaux de toilette; eaux de Cologne; vinaigres de toilette; élixirs ou eaux dentifrices; poudres dentifrices; prîtes dentifrices ; savons dentifrices ; crèmes pour le visage ; laits de toilette; huiles; pommades; brillantines: cosmétiques ;• poudres de riz; poudres pour sachets; fards secs; fards liquides; fards gras; crayons; teintures pour les cheveux; épilatoires; parfums d’appartement; savons, etc.
- Les Pyrénées, par M. Sorre. r vol. in-16, i3 cartes et 6 photographies dans le texte, 3 cartes hors texte (collection Armand Colin, Paris 1922). Prix : 5 fr.
- Ce petit livre résume d’une façon remarquable ce que l’on sait des Pyrénées, leur origine et leurs caractères géologiques, leur climat, la végétation qu’elles nourrissent, le caractère et le genre de vie des populations qui y vivent et leur adaptation au sol; puis le développement économique des régions diverses que comprend la grande chaîne; celles-ci sont décrites une à une ; l’auteur n’a pas négligé les beautés naturelles et pittoresques ; les paysages superbes et si variés de la chaîne pyrénéenne sont évoqués en traits brefs, mais saisissants.
- A travers la Californie, par J. Goxtard. i vol. in-8, 56 p., 20 pi. et 1 carte. Pieime Roger et Cie, Pains. Prix : 8 francs.
- Pour beaucoup de Français, la Californie est restée la terre fabuleuse et légendaire des mines d’or. L’auteur, ancien boursier de voyage autour du monde, a fait dans ce pays un séjour de sept années et le connaît admirablement. Il montre, à côté de la mine qui meurt, les ressources nouvelles de cette riche contrée. Il fait aussi une étude spéciale de ceux de nos nationaux émigrés là-bas : Dauphinois, Auvergnats et Béarnais.
- Tableau géologique, par R. Furon. i planche en couleur. Blanchard, Paris : Prix : 6 fr. 5o; plié sous carton : jo francs.
- Tableau des ères, périodes, étages, avec leurs caractères principaux, leurs fossiles caractéristiques, leurs teintes conventionnelles sur les cartes géologiques. Les principaux fossiles sont figurés.
- Les lois naturelles du point de vue énergique et biologique, par Claude Vieux, autodidacte, 2° édition,
- 1 vol. in-16, 97 pages.
- Imaginez un paysan intelligent, qui, enlrc deux labours, aurait lu un grand nombre des livres de science contemporains, les aurait médités et résumerait en paragraphes courls et clairs ses méditations. Telle est l’origine de ce curieux livre.
- Zootechnie générale, Production et Aniélioration du bétail, par P. Difilotii, 5° édition, entièrement refondue, 1 vol. in-j6, 4°8 p-, 14o fig. Baillière et fils, Paris. Prix : 11 francs.
- On connaît déjà la valeur de ce livre. La Zootechnie générale rassemble les principes essentiels qui servent de base à tout élevage rationnel : domestication, variations, méthodes de reproduction, lois de l’hérédité, consanguinité, sélection, hybridation, métissage, hygiène générale, maladies contagieuses, police sanitaire, plans d’élevage, qualités essentielles d’un bon éleveur, etc., c’est le manuel précieux de tout exploitant, de tout éleveur.
- Anatomie comparative, par J. Chaîne, i vol. in-8, 276 p. Baillière, Paris. Prix : 14 francs.
- Eloquent plaidoyer en faveur de l’Anatomie comparative, science accessible, qui est de nature à procurer bien des joies à celui qui l’aime et à attirer de nouveaux chercheurs.
- L’auteur montre sa place dans les sciences biolo-' giques, sa méthode, son but.
- The Autonomie Nervous System, par J. N. Langlet. ire partie. 1 vol. in-8, 80 p. W. Ileffer et Sons, Cambridge. Prix cartonné : 5 sh.
- Les muscles reçoivent les commandements du système nerveux central; les autres tissus du système autonome ou sympathique. Ce dernier est encore mal connu ; à peine commence-t-on à apercevoir son importance capitale. Le professeur Langley est un des premiers qui ait abordé ce difficile problème et y ait jeté quelque clarté. Ce livre très court expose simplement sa conception d’ensemble et l’état actuel de notre savoir.
- I_.es noms de lieu de la France (leur origine, leur signification, leurs transformations), par Auguste Longnon, membre de l’Institut. Résumé des conférences de toponomaslique générale publié par P. Maréchal et L. Mirot, 2° fascicule. 1 vol. i58 pages. Edouard Champion, éditeur, Paris 1922.
- Le deuxième fascicule de ce savant et captivant ouvrage est consacré aux noms de lieu d’origine saxonne, burgonde, wisigothique, franque, Scandinave, bretonne et basque.
- L’Académie royale de Belgique depuis sa fondation (1772-1922). 1 vol. in-8 343 p. Lamertin et Rayez, Bruxelles.
- Pour son i5o° anniversaire, l’Académie de Belgique raconte son histoire : autrichienne, néerlandaise, puis nationale. Elle rappelle l’histoire de ses travaux et de ses membres des trois classes : sciences, lettres, beaux-arts. Il s’en dégage un réel intérêt historique et la part de ce pays —plus grande que sa surface — dans l’organisation intellectuelle du monde civilisé.
- Notice explicative sur l'emploi d'un tableau de jauges pour métier à bonneterie, suivie d’une étude sur l’Installation d’une manufacture de bonneterie en métiers « Standard », par Marcel Ob.tois. i vol. i3X2i, de 68 p. avec fig. et un grand tableau de jauges (60X120). - Dunod, éditeur, Paris, 1922. Pris ; 8 fr. 5o.
- p.2x163 - vue 575/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2512 27 Mai 1922
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- bÉL
- |o^‘
- LA VOUTE CÉLESTE EN JUILLET
- La planète Mars, malgré sa faible élévation au-dessus de l’horizon, reste pendant tout ce mois la curiosité céleste principale. Il faut profiter de la proximité de la planète et du grand diamètre apparent qu’elle nous offre pour l’observer, car déjà, à la, fin du mois, le diamètre aura perdu 3",6 sur le maximum du moment de l’opposition.
- À noter la plus grande élongation de Mercure, dans d’excellentes conditions, le n juillet, et le commencement de la chute des Perséides vers le 8. Malheureusement, en août, la Pleine Lune gênera considérablement l’observation de ces météores.
- I. Soleil. —- Le Soleil redescend assez rapidement à la fin du mois, vers l’hémisphère austral. Sa déclinaison, de -|~'i309/ le icr n’est plus que de -)- i8°24' le 3i. La durée du jour, de i6h4"‘ le icr, atteint seulement le 3i.
- Le tableau ci-après contient, pour quelques dates du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges, lorsque le Soleil est au milieu du ciel, au méridien. L’emploi de ce tableau permet de tracer une bonne méridienne.
- Age de la Lune, à midi
- 1922 (*)
- le
- juillet —61,3; le 25 iJ,o. Pour les autres dates du mois, ajouter i jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 25, et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en juillet : le 7 = — i8°26'; le 22 — -}- 180 23'. Çes deux dates correspondent à la plus faible et à la plus grande hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon.
- Apogée delà Lune (plus grande distance à la Terre), le 14 juillet, à 1711 - Parallaxe 2".Distance = 404572km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le 26 juillet, à 15h. Parallaxe =60' 26". Distance = 362 85o km.
- Observations physiques. — Voir le « Bulletin astronomique )> du n° 2477.
- Occultations d’étoiles par la occultation de 0 Balance (gr. 6,2
- Marées, Mascaret. — Les marées n’auront qu’une faible amplitude au moment de la Pleine Lune du 9 juillet. Elles atteindront une amplitude plus forte après la Nouvelle Lune du 24. Toici l’heure de la. pleine mer à Brest et le coefficient de la marée, pour les plus fortes
- marées de juillet :
- Lune. — Le 4 juillet, de 22h 4im à 23h 53m.
- Dates. Temps lé gai.
- Juillet 5 nh 54m 53*
- .— 10 nh 55m 4L
- —. 15 t xh 56m I9S
- — 20 1ih56m 45s
- — 25 1ih 56“ 57£
- — 3i 1ih 56“ 53s
- Voir au N” 2473 le parti
- 5 XXII!
- Fig.
- que l’on peut tirer de l’emploi de ce tableau, soit pour trouver le temps légal du passage vrai à une date intermédiaire, soit pour en déduire le temps légal du passage pour une localité différente de Paris.
- Le tableau ci-dessous doit
- être employé pour la mise en place des dessins de la surface solaire. L’angle de position de l’axe du Soleil est compté en sens inverse de la marche des aiguilles d’une montre, àpartir dupointle plus boréal du disque, -f- repré-sentantune inclinaison à l’Est, —une inclinaison à l’Ouest.
- Longitude du centre.
- XXII 30
- - Marche de la planète Urarius sur le ciel pendant l’année 1922.
- (D’après l1Annuaire astronomique Flammarion.)
- Marée du malin
- Dates. Heures. Coefficient.
- Juillet 24 3h 3i“ o“,87
- 25 4h i6m Om,97
- — ' 26 5h 2m l“,02
- — 27 5“ 47“ i”,o3
- — 28 6h 3im 0 3 \D x>
- —- 29 7h i8m o”,9i
- Marée du soir
- Dates. Heures. Coefficient.
- Juillet 24 i5h54“ Om,92
- 25 i6h 39“ im,oo
- — 26 1711 ü4ra im,o3
- — 27 x8h 9» 1 “, 02
- — 28 i8h54m q”,95
- — 29 igh 42“ o“,85
- Dates.
- Angle de position de l’axe du Soleil.
- Latitude du centre.
- Juillet
- a
- 10
- i5
- 20
- 25
- 3o
- — °0.98 ...L. J 0 2 Q
- + 3°,’54 + 5°,75 -f 70,90 + 9°. 98
- + 3o,39 + 30,91 + 4°>41
- + 4°, 87 + 5o, 3o + 50,70
- 259°, 99 1930,81 1270,65 61 °,49
- 3550,34
- 2890,20
- Parallaxe horizontale du Soleil (angle sous lequel, du Soleil, on voit le rayon terrestre équatorial) le i5 juillet = 8",66; le 3o juillet —8",67.
- Demi-diamètre du Soleil : le i5 juillet = i5'45",65 ; le 3o =15’46",86.
- Distance de la Terre au Soleil, - le i5 juillet — 15i 960 000 km ; le 3o juillet = i5i 760 000 km.
- Rappelons, que si l’on projette une image du Soleil sur un carton de manière que cette image ait om,io de •diamètre, x mm au centre du disque correspondra à i3g42 km sur le Soleil ou encore à un angle de 19",2.
- Lumière zodiacale. — En raison de la grande déclinaison boréale du Soleil, la lumière zodiacale est pratiquement inobservable, en France, à cette époque de l’année.
- II. Lune. — Les phases de la Lune pendant le mois de juillet seront les suivantes :
- P. Q. le icr, à 22 P. L. le q, à 31
- 'h 52” 7”
- D. Q. N. L. P. Q.
- le 17, à 5h iiD le 24, à i2h 47" le 31, à 4h 2i“
- 1. Toutes les heures données ici sont, exprimées en temps moyen légal, compté de ol‘ à api, à pax-tir de minuit. Pendant l’adoption de Vheure d'été, avancer toutes les heures de ce Bulletin de 1 heure.
- Pour avoir l'heure de la pleine mer et l’amplitude de la marée en un autre port, voir le « Bulletin astronomique » du N° 2402.
- En l'aison de la faiblesse des marées en juillet, le phénomène du mascaret îxe se produira pas ; si les conditions météorologiques sônt favox-ables, il se réalisera peut-être du 25 au 27 juillet.
- III. Planètes. — Le tableau ci-dessous, établi au moyen des données contenues dans Y Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, donne tous les renseignements pour trouver les principales planètes et les observer pendant le mois de juillet.
- Mercure, qui s’est trouvé en conjonction inférieure avec le Soleil le 18 juin, atteindra sa plus grande élongation le 11 juillet, à 200 48' à l’Ouest du Soleil. Il sera visible le matin, avant le lever du Soleil. Cette élongation-sera l’une des plus favorables pour trouver Mercure, par suite de la forte déclinaison boi'éale de la planète.
- Mercure est-visible un certain nombre de jours avant son élongation et un certain nombre de jours après. Les auteurs sont ’en désaccord sur ce point. Les conditions d’observations jouent un grand x;ôle dans ces déterminations. On peut admettre que lors de ses élongations Mercure est visible environ 8 jours avant et après. M. Enzo Mora a pu l’observer le matin, 10 à i5 jours après l’élongation maximum. La latitude du lieu d’observation et l’altitude influent sur cette durée.
- IL American Ephemeris donne les valeurs suivantes du disque illuminé et de la grandeur stellaire de Mercure pour le mois de juillet.
- Dates.
- Juillet
- Disque illuminé.
- Grandeur stellaire.
- 5 0,23 ’ + i.,a
- 10 '0,35 + 0,7
- i5 0.49 + 0,1
- 20 o,65 — 0,4
- 25 0,81 — t,o
- 3o 0,93 — 1,4
- p.2x164 - vue 576/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- #
- J* ASTRE Dates : JUILLET Lever, à Paris. Passage au Méridien de Paris. Coucher à Paris. Ascen- sion droite. Déclinai- son. Diamètre apparent. Constellation et étoile voisine. VISIBILITÉ
- Soleil . . . ; 6 3" 55* iih55m 3! iqh 54“ 6h 59“ + 2 2° 45' 3 1 ' 31 " 2 Gémeaux
- 16 26 6 4 5 4 16 11 55 25 11 56 58 19 48 *9 37 7 4o 8 20 -f- 2 1 28 + !9 34 31 31,2 3i-3a,4 Gémeaux Cancer * ))
- Mercure. . 2 5i 10 3o 18 8 5 34 + 19 34- 8,8 ‘4 Taureau Le matin,
- 16 2 40 10 3o 18 21 6 14 -j-.2i 6,8 9 Gémeaux T plus grande élongation
- • 26 3 7 11 3 *9 9 7 26 -j- 2 2 27 5,6 0 Gémeaux 1 le 11.
- 6 7 6 14 27 21 49 9 32 + 16 27 13,8 Lion J ) r
- Vénus. . . 16 . 7 33 14 33 21 33 10 17 11 0 4-12-' 14 14,6 a Lion ' Le sou*, après le coucher du Soleil..
- 26 7 59 14 37 20 14 4- 7 33 i5,6 a Lion,
- 6 17 46 21 33 I. 21 16 3g — 26 7 19,4 a Scorpion a Scorpion Première moitié de la nuit.
- Mars. . . . 16 17 3 20 5 i 0 38 16 36 — 26 6 18,4
- 26 16 17 20 14 0 I 16 3g —26 11 GjQ a Scorpion '
- Jupiter. . . 16 11 12 16 5q 22 46 12 43 — 3 18 33,o y Vierge Dès la tombée de la nuit..
- Saturne . . 16 10 20 16 28 '22 36 . 12 12 -f- 1 12 i5,0 7] Vierge Dès la tombée de la nuit.
- Uranus. , . i5 21 53 3 22 8 5o 23 0 — 7 17 3,6 8 i-82Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . . 16 6 4 i3 26 20 48 9 9 -j- 16 3i 2,4 ré-T.- Cancer Inobservable.
- Voir le dessin des phases de Mercure, en fonction des valeurs du disque illuminé, au a Bulletin astronomique » pour mai 1922 (n° 25o3).
- Vénus est visible comme étoile du soir et brille d’un bel éclat dans le couchant. Elle s’écarte peu à peu du Soleil.
- Le tableau suivant donne les mêmes éléments que pour la planète Mercure.
- Dates. , Disque illuminé. (Irantleur stellaire.
- Juillet 5 0,78 — 3,5
- — 10 0,76 — 3,5
- — i5 0,75 - 3,5
- — 20 0,78 — 3,5
- — 25 0,71 — 3,6
- — 3o 0,69 — 3,6
- Par suite de son grand éclat, il est très facile d’ob
- server Vénus en plein jour. Mais; pour reconnaître.des taches à sa surface, les conditions sont défavorables : i° En raison de l’agitation atmosphérique; 20 De l’éclat du ciel, interposé entre la planète et nous, et qui tend à effacer les faibles différences de contraste. Employer des bonnettes à verres teintés jaune ou rouge clair pour éteindre le bleu du ciel.
- On sait que la période de rotation de Vénus est encore indéterminée. L’observation des taches que l’on observe parfois à la surface de la planète pourrait permettre une détermination de celte rotation. Malheureu* sement, ces taches sont très faibles, sont très difficiles à voir. La photographie peut apporter ici une utile contribution; elle a permis à M. Quénisset, à l’observatoire de Juvisy, d’obtenir de très intéressantes images du disque de la planète, où l’on voit, près du terminateur, deux plages sombres séparées par une autre plage claire. Le lendemain, ces détails étaient invisibles.
- Pour obtenir, des photographies utiles de Vénus, il faut déjà un puissant instrument, il faut suivre la planète avec un soin parfait pendant les poses, enfin avoir recours à des plaques de sensibilité déterminée et' interposer des écrans colorés absorbants, pour augmenter les contrastes. Les lecteurs de ce Bulletin, possédant dés équatoriaux bien installés, pourront entreprendre cette recherche.
- Mars reste la planète la plus intéressante à observer en juillet (son opposition a eu lieu le 10 juin), malgré sa très faible élévation sur l’horizon.
- Voici les heures de passage du méridien zéro (baie fourchue du Sinus Sabæus) par le centre du disque (Voir le précédent « Bulletin astronomique » -(N° 25o8) :
- Dates. Heures. Dates Heures.
- Juillet ier 22h 8m Juillet l7 7h’ 24“
- —' 3 - 2-3h 2 2“ — O 8h 39m
- — 6 • oh 35“ — 21 9h 54m
- 7 jh J.^m — 2.3 nh 9m
- — 9 2'“ 26“ — 25 12» 25“
- — 11 3h4om — 27 i3h 4im
- — 13. 4h 54ra . — 29 1411 Xr-hl 0 J
- — 15 6h 9“ — 3i T6'1 i3a
- La rotation de Mars est de i4°,62 en 1 heure et de o°,2 4 en r minute.
- Ou pourra avec ces éléments et un planisphère de Mars connaître, à un moment donné, la partie de la planète tournée vers la Terre. Pour tous détails complémentaires, voir l'Annuaire astronomique pour 1922, p. 96 et suivantes.
- Jupiter est encore un peu visible, dès l’arrivée de la nuit. On pourra encore observer quelques-uns des phénomènes produits par les curieux mouvements de ses-satellites.
- Phénomènes du Système de Jupiter.
- DATES •Juillet Heure. •Satel- lite. Phéno. mène- DATES Juillet Heure. Satel- lite. Pliéno -mène.
- I 21h56ra III P. c. i3 2 2h 7™ I 0. c.
- 5 21 34 I Im. i4 21 26 I E. L
- 6 21 8 1 P. f. * l8 21 a3 II 0. c.
- 6 2 2 2 2 I 0. f. 18 21 28 II P. f.
- 9 2 2 2 II Im. !9 19 58 III Im.
- 11 21 16 II 0. f. 2 2 20 40 I 0. f.
- I 2 21 10 III E. c. 29 20 25 I 0. c.
- i3 20 52 I P. c.
- Saturne est visible dans les memes conditions, sensiblement, que Jupiter. Voici les éléments de l’anneau, à la date du 2 juillet :
- Grand axe extérieur ...........
- Petit axe extérieur.......................
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau...............................
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de Panneau ............................
- Titan, le plus brillant des satellites de Saturne, atteindra ses plus grandes élongations aux dates ci-après : ,
- Dates. Élongation orientale. Élongation occidentale^
- Juillet 4
- — 12
- — 20
- — 28
- Uranus, entre les étoiles 82 et h du Verseau, est. visible presque toute la nuit. Pour le trouver, utiliser la carte figure 1 qui reproduit sa marche sur le ciel pendant l’année. Les numéros sur la trajectoire indiquent la position de la planète le premier de chaque mois. On peut suivre Uranus avec une simple jumelle.
- Neptune est inobservable.
- ioh,7
- io\5
- 8", 3
- io\o
- 38", 81
- + a",7*
- 4* 4° 2’
- + 6045'
- ^ 166 ^
- p.2x165 - vue 577/620
-
-
-
- »
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le Ier, à 81', Vénus en conjonction avec Neptune, à i° 45' N.
- Le iei', à 111*, Saturne Le 2, à i!l, Jupiter Le 6, à. ioh, Mars Le a3, à io1', Mercure Le 2.5, à 141’» Neptune Le 27,ài3\ Vénus Le 28, à 20'1, Saturne Le 29 à nh, Jupiter
- la Lune, à 20 43 N. la Lune, ào° 48' N. la Lune, à 8° 39' S. la Lune, à 4° 51' N. la Lune, à 3° 55' N. la Lune, à 20 36' N. la Lune, à 20 i3' N. la Lune, à o° 11'N.
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (§ Persée). : le i5 juillet, à 2h 7™ ; le 17, à 22'* 55ra.
- Etoiles filantes. — Vers le 8 juillet, commencement de la chute des Perséides. Radiant initial vers 0 Cassiopée.
- Du 23 au 2.5 juillet, étoiles Liantes. Radiant vers p Persée.
- Du a5 au .28 juillet, étoiles filantes. Radiant vers 1 Pégase. _
- Du 26 au 29 juillet, étoiles filantes. Radiant vers ô Poisson austral.
- Le 27 juillet, étoiles filantes. Radiant vers 5 Andromède.
- Du 27 au 3o juillet, étoiles filantes Aquarides. Radiant vers ô Verseau.
- Dit 27 au 3o juillet, étoiles filantes. Radiant vers P Triangle.
- Le 3i juillet, étoiles filantes. Radiant vers a Cygne.
- V . Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le icrJuillet;, vers 2ih, est le suivant (les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles dans de petits instruments) :
- Au Zénith : Le Dragon (v, ip, 0, p.) ; Hercule (a, j3, p, 95, ô, M. 13) ; le Bouvier (s, tc, £, 44 i, p.).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Cassiopée (yj, <, °) ; Capella est à l’horizon Nord.
- JÀ l’Est : Le Dauphin (f, S. 2703) ; la Flèche; la Lyre (5,- e, Ç, yi); l’Aigle (r5 h, r<) ; le Cygne (8,.o, p, 61e); le Capricorne ; le Sagittaire (£, v, 54) est au Sud-Est.
- Au Sud : La Couronne (Ç, a) ; le Serpent (5, 0, v) ; Ophiudhus (36 A, 70,67, p, 3g); la Balance a, 5, P. XIV." 212); le Scorpion (v, w, p, cr, k, a).
- A VOuest : La Grande Ourse (£, Ç, 57, 23 h, a); les Chiens dé chasse, (a, 2, M. 5i); la Chevelure; le Lion (y, I, 54, T, 88, 90); la Vierge (y, 84, 54, 17).
- Em. Touciiet.
- *1(0
- BOITE AUX LETTRES
- Qfit.
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rapjielé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu, immédiatement.
- Correspondance. — A propos du pétrole au Maroc (n° 25o8).—-.M. R. Meunier, ingénieur à Rabat, nous écrit : Dans le numéro de La Nature du 3o avril 1922, page 267, vous avez donné une photographie de la roche Hajed-el-Ouakif, mais le texte explicatif indique que ce serait un pointement ophitique et cela n’est pas exact.
- Au cours de mes dernières explorations avec divers géologues, nous avons classé ces pierrailles comme jurassique amené au jour par la faille du Selfat en même temps que la colline éruptive de Mazaria.
- En fait l’éminence de Hajed-el-Ouakif émerge au milieu de produits éruptifs, ophites et autres, mais elle n’est pas elle-même composée de ces roches éruptives.
- La sittelle et les noisettes. — M. Fr. Denis, professeur de sciences naturelles à l’Ecole Normale d’Ostakker (Belgique), nous écrit : « Sous ce titre un des lecteurs (n°.25o4) de La Nature communique ses observations sur une sittelle torchepot. Il s’agit ici sans doute de la Sitta caesia. que nous appelons en flamand « boornkle-ver », c’est-à-dire oiseau qui se colle aux arbres.
- J’ai observé maintes fois ce gentil oiseau et je suis heureux de pouvoir constater la concordance parfaite de nos observations. Il ne s’agit pas ici d’un cas particulier, mais bien d’un instinct commun à l’espèce.
- Les sittelles vivent d'insectes qu’elles cherchent entre les fentes de l’écorce ; c’est pourquoi elles grimpent admirablement bien. Une fois que les faines et les noisettes sont mûres, elles se mettent à la recherche de ces fruits; elles les cueillent, les transportent sur un airbre, les déposent dans une fente appropriée et, à coups de bec, elles brisent l’enveloppe pour manger ensuite la graine. Quand la récolte a été abondante, elles amassent des fruits dans les fentes d’arbres.
- Ces mêmes observations sont relatées aussi dans un livre hollandais de Thysse lu liet Bosch, ce qui prouve que nous nous trouvons ici devant un cas général ».
- Réponses. — M. P. D., à Rouen. — Nous ne voyons guère que le bain de sable' ou d’amiante en poudre qui puisse répondre aux desiderata que vous exprimez, il n’y a pas d’ouvrage spécial sur la question.
- M. Bonnefant, à Quesnoy (Côtes-du-Nord).— 1" Le noir animal brut, tel qu’il est obtenu par la calcination des os, renferme environ 70 pour 100 d’un mélange de phosphate et de carbonate de chaux, ces produits
- auraient pour effet de modifier l’acidité des vins que l’on veut décolorer, c’est pourquoi on traite le noir brut par l’acide chlorhydrique qui solubilise la chaux en l’amenant à létal de chlorure de calcium que l’on peut entraîner par lavage. Le produit insoluble restant constitue le noir lavé qu’on livre le plus souvent à l’état de pâte, car une dessiccation est inutile puisqu’il faudrait, redélayer à nouveau le produit avant mélange au vin. 20 Nous ne connaissons pas la composition de ces cirages et ne pouvons vous renseigner à ce sujet.
- Biblipost. — Pour la réparation de l’émail de votre baignoire vous pourriez essayer du procédé suivant :
- Broyer finement ensemble :
- Verre de qualité fine...........200 gr.
- Oxyde d’étain................... 25
- Carbonate de soude sec .... 40 —
- Acide borique. ................. 3o ______
- Délayer la poudre obtenue dans du silicate de soude de manière à obtenir une pâte à consistance de mastic et employer celui-ci pour le revêtement de la fonte aux endroits endommagés, laisser bien sécher,, puis amener l’enduit à fusion au moyen d’un chalumeau ou d’une lampe à souder.
- La partie délicate de l’opération est le chauffage progressif àe. l’enduit pour en obtenir la fusion, sans produire l’écaillage des parties voisines par inégalité de dilatation, vous ferez bien au préalable d’acquérir le tour de main nécessaire en opérant d’abord sur quelque vieil ustensile.de cuisine émaillé.
- M. G. Obagi, Beyrouth (Syrie). — i° Si vous désirez une prise rapide du ciment que nous avons indiqué pour la faïence, il vous suffira d’ajouter au blanc d'œuf, juste au moment de l’emploi, un peu de chaux éteinte finement pulvérisée, a* Pratiquement les zincs de piles de poche deviennent inutilisables à nouveau, quand la pile cesse de fonctionner, car ils sont altérés à l’intérieur, devenus trop minces et-sont recouverts d’oxychlorure; quant a une tentative de régénération de la pile elle serait illusoire, voir à ce sujet notre réponse à M. P. L., à R., m“ 2 5o4 du icr avril 1.922.
- M. F, M., à Carlsbourg (Belgique).— D La casse des verres de lampe et des verres à gaz est due à ce que le refroidissement après fabrication s’est effectué inégalement dans la masse de l'objet. O11 pent remédier à ce défaut en plaçant le verre dans une casserole contenant de l’eau froide additionnée d’une poignée de sèl gris de cuisine paf litre de liquide, on chauffe alors lentement jusqu’à l’ébullition que l’on maintient quelques minutes, puis on laisse refroidir le tout aussi doucement que possible, ce n’est que quelques heures apres quand l’eau salée est redevenue complètement froide que l’on retire le verre, on le rince, l’essuie et peut alors le mettre en
- 167 |j%~
- p.2x166 - vue 578/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- service. Si vous ne voulez pas entreprendre ce petit travail, vous pourrez vous procurer de suite des verres spéciaux dits incassables dans les maisons suivantes : Yerre silichromé, 62, rue d’Hauteville ; Compagnie du Cristal trempé, 72, faubourg Saint-Honoré; Compagnie du Yerre étiré, 10; rue Thimonnier; Cristallerie du Yal Saint-Lambert, 2, rue de Paradis; Ronneaux, 7, rue Daval, 11e.
- M. P. O., à Yillefranche. — i° Pour redresser les bambous de cannes à. pêche, il suffit effectivement de les humidifier, puis d’exposer les parties courbes à un feu clair en même temps que l’on exerce un léger effort, on maintient ensuite sous une presse ou au moyen d’un valet de menuisier dans la position convenable jusqu’à refroidissement etdessiccation complète. Dans l’industrie, le chauffage se fait à la vapeur sous pression, ce qui permet une manipulation encore plus facile, sans s’exposer à casser le bois; 20 Les piles de lampes de poche ne sont autre chose que de petits éléments Leclanché dont le zinc constitue l’enveloppe extérieure, il suffit donc de faire de petits cylindres avec des lames de zinc en soudant comme d’habitude, mais comme ils doivent être amalgamés à l’intérieur, si on ne veut pas qu’ils s’usent à circuit ouvert, avant d’effectuer cette opération on passe un peu d’un vernis quelconque sur la soudure. Dans le cylindre on place un petit crayon de charbon entouré d’une gaine en mousseline contenant du bioxyde de manganèse, puis on coule comme liquide excitateur une solution de :
- Agar-agar....................... 20 gr.
- Sel ammoniac................... 200 —
- Eau ordinaire..................1000 c. c.
- Par refroidissement le liquide fait prise, on finit de
- remplir avec de la sciure de bois et verse à la surface de la cire à cacheter les bouteilles, en ménageant un évent pour’ le départ des gaz qui prendront naissance pendant le fonctionnement de la pile. Il vous suffira de démonter un vieil élément de pile hors d’usage pour vous rendre compte de la position relative des pièces et la construction d’éléments nouveaux ne présentera aucune difficulté.
- M. Br agneaux, à Carligny. — 1° Le moyen le plus économique de teinter les parquets de bois blanc est d’employer le brou de noix des peintres que l’on obtient en faisant bouillir pendant un quart d’heure :
- Terre de Cassel ....... 3o gr.
- Carbonate de potasse.... 5 —
- Eau ordinaire . . ......1000
- On obtient ainsi un liquide très foncé que l’on étend d’une quantité d’eau plus ou moins grande suivant l’intensité de la teinte que l’on veut obtenir. Tenir compte dans les essais préalables, faits sur une planche pour régler cette teinte, que le ton baisse en séchant. 20 Pour fixer les verres de montres dans leur monture métallique vous pouvez employer du vernis au celluloïd obtenu par exemple en dissolvant i5 gr. de celluloïd dans 100 cm3 d’acétone, vernis que vous pouvez également préparer en ajoutant 3 gr. de camphre à 100 cm3 de collodion officinal.
- M. G. Ileymann, à Enghien.— i° Nous avons répondu aux questions 1 et 3 dans un précédent numéro, veuillez vous y reporter. 20 Le musc par sa ténacité nous paraît devoir donner satisfaction.
- M. Besribes, à Lyon. — Nous avons répondu aux questions que vous nous avez posées dans un précédent numéro et vous prions de vous y reporter.
- IgD
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10% pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. .
- Répertoire des laboratoires français, par Ch. Maurain.
- 1 brochure, 55 pages. Eyrolles, éditeur, Paris 1922. Prix : 2 francs.
- Cette notice établie à la Direction des Recherches et Inventions contient deux répertoires, l’un par services, l’autre par ordre alphabétique avec de brèves notices indiquant l’objet, le rôle et les attributions des divers laboratoires.
- Les chemins de fer français et la guerre, par le colonel Le Hénaif et le capitaine Henri Bornecque. i vol. 276 p., 23 croquis, 1 carte et 4 planches hors texte. Chapelot, éditeur, Paris, 1922.
- Dans la guerre moderne, le rail est un instrument stratégique d’une importance capitale. Napoléon gagnait les batailles avec les jambes de ses soldats; les Alliés ont gagné la guerre avec les chemins de fer français. La tâche accomplie par nos troupes de chemins de fer, nos réseaux et leur personnel de tout ordre fut réellement cyclopéenne. Le colonel Le Hénafï, ancien Directeur des Chemins de fer aux Armées, et le capitaine Bornecque, son adjoint, étaient particulièrement qualifiés pour en être les historiens. Après avoir expliqué dans ses grandes lignes le' mécanisme du service des chemins de fer et ses diverses modifications au cours de la campagne, ils montrent son fonctionnement en relatant les principales1 opérations effectuées par eux au cours de la campagne, et les travaux de grande envergure qu’ils eurent à effectuer. Cet exposé, presque purement technique, écrit simplement, sèchement même, est cependant aussi éloquent qu’instructif.
- Annuaire du Syndicat des mécaniciens-chaudronniers et fondeurs de France pour 1922, 1 vol. 510 p. Paris, 1922. En vente 94, rue d’Amsterdam, Paris. Prix, broché : 18 francs.
- Contient, outre la liste de ses adhérents au nombre de 1000 environ, leur répartition par localités et professions ainsi que la liste détaillée de leurs fabrications.
- Comment on soigne son jardin, par G. Truffaut, 7e édir tion, 1 vol. in-16, 400 p., fig., Etablissements Truffaut, Versailles.
- On connaît la réputation des établissements Truffaut pour tout ce qui concerne l’horticulture et Part des jardins. Ce livre résume l’expérience acquise pour la stérilisation du sol, le tracé des jardins, le choix des plantes et des fleurs, les travaux de chaque mois et de chaque jour. C’est un guide pratique pour l’amateur de jardins.
- L’emploi des rayons Ai en médecine, par le Dr Paul Duhem, 1 vol. in-16, 297 p., 67 fig. Flammarion, Paris. Prix : 10 francs.
- Ce nouveau volume de la « bibliothèque des Connaissances médicales » expose les services considérables que les rayons de Rœntgen sont susceptibles de rendre à la médecine, tant au point de vue du diagnostic des maladies que de l’action sur les tissus vivants et des applications thérapeutiques qui en dérivent, après avoir expliqué clairement les notions indispensables sur la formation des rayons X et leurs propriétés.
- 36th Annual Report of the Bureau of American Ethno-logy, 1914-1915. 1 vol. in-40, 604 p., 23 pl. Government Printing Office, Washington.
- On connaît l’importance capitale des publications du Bureau américain d’Ethnologie. Ce 36° rapport rend compte des derniers travaux et est consacré surtout à l’étude de la tribu « Osage », aux rites de ses chefs, aux dires de ses anciens, à ses chants, recueillis et groupés par M. Francis La Flesche.
- p.2x167 - vue 579/620
-
-
-
- LA NATlMÜr^
- Supptêijyçfit. f|
- N° 2513 3 Juin 1922
- INFORMATIONS
- SL
- cssG
- Horaire complet des émissions du poste de la Tour Eiffel. — Nous empruntons à l’Onde Electrique (4o, rue de Seine, à Paris) l’horaire suivant des transmissions régulières de la Tour Eiffel.
- nieurs de la Radiotélégraphie Militaire et des grandes sociétés civiles exposent périodiquement, sous une forme accessible à tous les principaux problèmes de la télégraphie et de la téléphonie sans fil. Les travaux
- HEURE du début, des transmissions. CARACTÉRISTIQUES d’émission DE FL INDICATIFS DES CORRESPONDANTS CARACTÉRISTIQUES d’émission des correspondants.
- X h. 20 2600 m. amorties A tous (Météo France).
- 3 h. 00 6 5oo 111. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- f FED (Dunkerque) .’ .
- 4 lu i5 3 200 m. arc Postes de la Marine ) rT-v jTJ , ^ ( 1 35o rn. amorties
- f FUR (Rochefort) J
- 4 h. 20 6 500 m. arc BUC2 (Bucarest) 1 7 3oo m. arc
- 7 h. 00 3 200 111. arc jPosles de la Marjne j | 45oo m. arc 6 75o m. arc
- 8 h. 20 2 600 111. amorties A. tous (Météo France).
- 8 h. 35 3200 m. arc PRG (Prague) 1 700 lampes
- 9 h. a3 2 600 m. amorties A tous, signaux horaires ordinaires automatiques
- (schéma international).
- 9 h. 58 2600 m- amorties A tous, signaux horaires scientifiques (battements).
- 10 h. 33 2 600 m. amorties A tous, signaux URSI et signaux horaires semi-automatiques
- (schéma français).
- I I h. 00 8000 rn. arc NTT ( Bateau américain dans la Mer Noire). Emission en Pair.
- 11 li. 3o 2600 111. amorties A tous (Météo Europe).
- 12 li. o5 3 200 m. amorties A tous (Presse).
- 13 li. 00 6 5oo 111. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- i4 h. 20 2 600 m. amorties A tous (Météo France).
- 15 h. 00 6 5oo m. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- *7 h. o5 3 200 m. arc jpostes de la Marine j FUrp jToulonj . ......... J 5 i5o m. arc
- 17 li. 10 2 600 m. lampes Téléphonie sans fil (météo de prévisions).
- 17 h. 45 6 5oo ni. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- 19 li. 20 2 600 m. amorties A tous (Météo France).
- 9 I h. 3o 6 500 ni. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- 9- 1 h. 58 2 600 rn. amorties A tous (signaux horaires scientifiques).
- sa h. ou 6 5oo m. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- 9 a h. 36 2600 m. amorties A tous (signaux horaires semi-automatiques).
- a a h. 5o 6 500 m. arc BUC2 (Bucarest) 7 300 m. arc
- a 3 h. i5 8000 m. arc U AB (Beyrouth) 6100 m. arc
- a 3 h. 2.5 6 5oo m. arc BUC2 (Bucarest) 7 3oo m. arc
- D’autre part, le poste d’écoute de Nogent-le-Rotrou, rattaché au poste de la Tour Eiffel, assure, suivant l’horaire ci-après, la réception des télégrammes provenant de certains correspondants. Au cours des séances prévues dans cet horaire, le poste de la Tour Eiffel
- d’amateurs y ont aussi une bonne et large place ; enfin, un horaire des transmissions radiotélégraphiques et téléphoniques complète la matière de ce périodique des plus intéressants et digne de longue vie.
- F. Duroquier.
- HEUKES INDICATIFS DES 'correspondants caractéristiques DES CORRESPONDANTS CARACTÉRISTIQUES employées par FL pour les avis de service.
- 0 h. 3o £ 1 h. 3o GRD (Graudenz) 10 000 m. Alternateur IIP 6 500 m. arc
- 2 h. 35 £ 7 h. 00 GRD (Graudenz) 10000 m. Alternateur H F 6 500 m. arc
- 8 h. 3o £ 1 10 h. 3o MSP (Moscou) 6 750 m. arc 8 oqo m. are
- i3 h. 00 £ 22 h. 00 IGD (Rome) 5 5oo m. arc 6 5oo m. arc
- 22 h. 00 £ h. 00 GRD (Graudenz) 10000 m. Alternateur HF 6 5oo m, arc
- transmet, s’il y a lieu, les accusés de réception et avis de service relatif à ces télégrammes.
- Enfin le Ier et le i5 de chaque mois, le poste de la Tour Eiffel effectue des émissions d’ondes étalonnées sur 5ooo m. et 7000 m. arc, respectivement à 18 heures et 18 h. 10.
- Nota. Toutes les heures indiquées ci-dessus sont des heures Greenwich. Elles sont en principe maintenues lors du passage à l’heure d’été. 11 convient donc de les augmenter d’une heure pour obtenir l’heure d’été.
- Nous profitons de l’occasion pour signaler et recommander tout particulièrement à nos lecteurs cette nouvelle revue d’une haute valeur scientifique, où des ingé-
- La Comète 1922 b. -— Une nouvelle comète, la seconde de 1922, vient d’être découverte à l’observatoire du Cap, par M. Skjellerup. Le Bureau central international des télégrammes astronomiques, à Uccle (Belgique), en transmettant cette découverte, donne la position ci-après pour le 17 mai 1922, à 6h om (temps moyen astronomique de Greenwich) :
- Mouvement diurne
- Ascension droite Déclinaison en ascension droite en déclinaison
- 7h 5 3 m 44» -4-190 3 2' 4- 4m — 48'
- La grandeur n’est pas indiquée. Toutefois le télé-
- 169^-
- p.2x168 - vue 580/620
-
-
-
- w\
- INFORMATIONS
- gramme de l’Observatoire du Cap mentionne que la comète est « faible ».
- Au moment de sa découverte, la comète se trouvait entre les constellations des Gémeaux et du Cancer.
- Congrès d’aviation sans moteur. — On a signalé, l’an dernier, les résultats obtenus par les Allemands dans la voie de l’aviation sans moteur. Un de leurs pilotes notamment a réussi à voler ai minutes, à s'élever à i5o m. au-dessus de son point de départ en utilisant simplement, comme force motrice, l’énergie interne du vent. Le concours de la Rhon auquel participèrent une trentaine d’avions sans moteur a également donné lieu à des performances remarquables. Cette année enfin, l’Allemagne consacre 370 000 marks, sous forme de prix, à encourager l’étude du vol à voile.
- Devant cet état de choses, l’Association Française Aérienne et l’Aéro-Club d’Auvergne ont décidé d’organiser du 6 au 20 août prochain le premier Congrès expérimental d’Aviation sans moteur. Celte manifestation qui constitue un véritable concours scientifique est placée'sous le haut patronage de M. Laurent-Eynac, sous-secrétaire d’Etat de l’Aéronautique ; l’appui de ce dernier, de M. le Ministre de la Guerre, de l’Aéronautique Militaire ont permis aux organisateurs de donner
- Le Puy de Combegrasse.
- à ce Congrès toute l’ampleur désirable. Doté de 100 000 francs de primes et de prix, il tiendra ses assises aux environs de Clermont-Ferrand, exactement au Puy de Combegrasse, dans une région particulièrement favorable à la réalisation de belles expériences de vol plané et de vol à voile.
- Le Congrès, qui est international, est ouvert à tous les constructeurs et inventeurs français, alliés ou neutres. Les inscriptions à droit simple sont reçues jusqu’au 3i mai par le Secrétaire général de l’Association Française Aérienne, 17, boulevard des Batignolles, Paris (8e).
- produits azotés, si nécessaires pour l’agriculture. Ces renseignements proviennent du Comité britannique des produits azotés et ont été publiés dans le Journal ofthe Society of Chemical Jnduslry.
- Le tableau 1 indique les sources intérieures d’azote fixé dans les différents pays :
- l’AVS Population eu millions. Milliers le tonnes d’azote Tonnes d’azote pour t million d’habitants.
- de a fixation. Total.
- Arc. 03 C3 O • S 0) jTg c *5 0 — £ JT — 13
- Allemagne . . . . 65,0 15o 4,0 1 20 3oo 574,0 883o
- Norvège et Suède. 8,0 — 3o, 0 28 — 58,o 7250
- Royaume-Uni . . 45,0 100 — — — 100,0 2240
- Canada 7)2 3 0,8 1 2 — t5,0 2200
- Suisse 3,8 — o,7 7 — 7,7 2o3o
- France 4 ° > ° 15 1,3 58 — 185o
- Etats-Unis . . . . io3.5 ïo5 o, 3 40 8 153,3 1480
- Autriche !) [ . O 10 2 2 — 02,0 63o
- Italie ’>*> , O *> » 1 ,2 18 — 22,2 680
- Autres pays . . . — 2 7 — 2 0 — 47,0 —
- Totaux . . . -- 413 38,3 3a5 3o8 O 00 ---
- On y voit que la France est loin encore de produire autant d’azote qu’elle le devrait. Il lui faudrait pour cela développer les industries des produits synthétiques.
- Si l’on considère le monde entier, on voit que la question de l’azote s’est complètement transformée depuis la guerre.
- En effet, en 1912, on utilisait :
- 2.628.367 tonnes 1.249.447
- 128.563 9 • 9°7
- o —
- de nitrate de soude, soit 67,6 °/0. de sulfate d’ammoniaque à 24, ) °/o (distillation des combustibles], soit 38 pour n/o-
- de cyanamide à >8 °/0, soit 3,i. de nitrate de chaux et produits à l’arc à i3 °/0 soit 1,4 °/0. d’ammoniaque de synthèse.
- En 1920, on a produit :
- 3.oi3.5i8 tonnes 2.047.687 —
- 1.8o5.432 —
- 295.046 —
- 3o8.ooo —
- de nitrate de soude, soit 3o,2 °/0. de sulfate d'ammoniaque, soit 2b,6 °/0. de cyanamide, soit 20,9 ü/0. de nitrate de chaux, soit 2,5 °/0. d’ammoniaque de synthèse,soit 19,8 0(/u.
- C’est dire que les produits synthétiques qui représentaient en 1912 4,5 °/0 du total on font en 1920 43,2 °/0.
- Le volume des ménisques de mercure. — On sait que le mercure, dans des tubes de faible diamètre, a une surface libre, un ménisque, concave, et il est parfois utile de connaître le volume de ce ménisque. Nous donnons ci-dessous la table des volumes des ménisques en millimètres cubes, dans des tubes de divers diamètres, en fonction de leur hauteur, c’est-à-dire de la distance entre le sommet du ménisque et le cercle de raccordement au tube.
- Hauteur du ménisque en millimètres. 5 Ttavnn dn tube 6 7 8 en millirnètr 9 •es. 10 11
- — — — — — — —
- 0,1 . . 4 6,5 9,5 i3 ,1 17,2 21,9 27
- 0,5 . . >7 26,8 39 53 ,3 70 88,8 110
- 0,8. . 35,9 55,8 80,1 109 i43 181 224
- 1 . . 46,2 71 101 ï 38 180 228 282
- i,4 • • 68,2 io3 146 J97 257 324 402
- 1,8 . . 90,1 137 ig3 259 336 424 526
- 2 . . — — 217 291 377 474 58g
- 2,1. '— — — 807 397 5 00 63 t
- La production mondiale d’engrais azotés. — Le
- Bulletin de Renseignements de l'Institut International d:Agriculture publie les données suivantes sur la situation actuelle de l'approvisionnement des divers pays en
- Contre la diphtérie aviaire. — M. le professeur Pozzi-Escot, de Lima, nous écrit : « Je crois intéressant pour quelques-uns, peut-être nombreux, de vos lecteurs, de vous signaler un nouveau traitement légèrement curatif, et certainement très préventif, de la diphtérie aviaire. C’est un fléau dont nous souffrons beaucoup ici ; il s’établit à l’état chronique dans les élevages et chaque jour il y a quelques décès à porter au compte courant, surtout chez les jeunes sujets : poulets, dindons, canards, tous y passent. Depuis quelques mois, j’ai fait deux parts de mon petit élevage : environ une centaine dans chaque part, également réparti entre canards, poulets et dindons ; les uns ont été traités une fois tous les huit jours au bleu de méthylène, les autres non ; la mortalité a suivi son cours sur la fraction non traitée, l’autre est entière. Le traitement est facile : on trempe rapidement jusqu’aux yeux le bec et les narines de l’animal dans une solution de bleu de méthylène à 20 pour 100, renfermant 10 pour 100 d’alcool en plus. La solution pénètre très profondément par les narines dans la gorge et l’arrière-gorge ; les dindons même boivent une bonne gorgée. Le traitement est rapide, avec deux personnes il faut environ une heure pour 100 animaux.
- Il peut être essayé ailleurs et donnera peut-être d’aussi bons résultats qu’il m’en donne. »
- -ai, 17Q [8SF
- p.2x169 - vue 581/620
-
-
-
- jteo
- SCIENCE APPLIQUÉE
- >*> T. S. F. -- <3
- Accumulateurs pour T. S. F. — L’emploi des appareils récepteurs de télégraphie sans fil va se gé-
- Fig. i. •— Les cuvettes servant clc plaques d’accumulateur.
- néralisant toujours davantage ; l'installation des postes récepteurs susceptibles de percevoir les émissions téléphoniques transmises par la Tour Eiffel notamment est très simple, mais l’un de leurs inconvénients et non des moindres est leur cherté relative qui limite leur emploi.
- Dans le nombre des appareils utilisés, on rencontre des batteries d’accumulateurs et des batteries composées d’un assez grand nombre d’éléments à faible capacité dont le prix n’est pas sans importance devant le
- coût total de l’installation.
- La nouvelle batterie que nous présentons résout élégamment la question. Au lieu de disposer, comme on le fait d’habitude, des bacs en verre ou en celluloïd, les uns à coté des autres en reliant chaque élément à son voisin par un petit, conducteur pour obtenir le voltage nécessaire, environ /(o volts, les bacs sont ici empilés les uns sur les autres
- comme dans une pile ,
- de Yolta.
- Mais ce qui constitue l’originalité du système, c’est que ces bacs sont en forme de cuvette et sont en plomb, constituant du même coup l’électrode négative, positive d’un côté de la cuvette, négative de l’autre côté. 1 .La masse elle-même de la cuvette sert de connexion entre les
- Fig. <x. — L’accu monté dans son vase de verre; à gauche, un élément.
- deux pôles. Des petites cales en matière isolante intercalées entre les cuvettes maintiennent leur écartement et il suffit de remplir d’eau acidulée chaque*cuvette pour constituer une batterie convenant à merveille aux amplificateurs de T. S. F.
- Le modèle normal est contenu dans un bocal en verre et donne une tension de 40 volts. Le bocal en verre qui
- enferme le tout permet le déplacement de la batterie sans risquer les taches par renversement d’acide.
- D’autre part, il est possible de monter des batteries de tension quelconque en pièces détachées à peu de frais, ce qui n’est pas sans intérêt.
- La charge peut être effectuée très facilement et à des régimes élevés sans aucun danger, avec n’importe quelle source de courant continu ou redressé de voltage supérieur à celui de la batterie.
- Le remplissage est extrêmement simple; enfin, en cas de suliatation accidentelle due à un manque d’entretien,
- • il est aisé de démonter entièrement la batterie et de laver chaque électrode pour obtenir après une charge un peu prolongée une batterie absolument neuve, ce qui fait que la durée de ces petites batteries est à peu près illimitée.
- Adresse du constructeur : Société des Accumulateurs Phœnix, i.:jo, quai de Jemmapes.
- Automobilisme
- Le gazo-verseur. — Cet appareil est un entonnoir spécial dont voici le fonctionnement. L’essence achetée par bidon de r> litres est versée dans la cuvette A comme
- — Le gazo-verseur
- î face, et de profil.
- un entonnoir, mais plus rapidement, la capacité de la cuvette étant exactement de 5 litres, d’oii contrôle involontaire, mais réel de la contenance du bidon acheté.
- En faisant basculer la cuvette A comme il est indiqué à la figure 4. le liquide se déverse sans aucun effort dans le récepteur B avec line vitesse supérieure à son écoulement en G.
- Il s’établit à • cet instant un niveau 00 décroissant rapidement. La pression du liquide agit aussitôt sur l’enregistreur qui marque sur son compteur la quantité de liquide passée dans le « gazo-verseur ».
- En conséquence , toute l’essence traversant cet appareil est enre gis frète , ce
- qui permet de contrôler la consommation d’une voiture aux cent kilomètres.
- D’autre part, grâce à un dispositif spécial, l’eau, les matières en suspens dans le carburant sont éliminées immédiatement.
- Le compteur est composé d’une membrane en cuir souple qui se gonfle sous l’influence de la pression du
- Fig.
- Schéma de fonctionnement du gazo-verseur.
- p.2x170 - vue 582/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- «Ig.
- Wm.
- liquide sur la paroi latérale du récepteur B lors de son passage au moment du renversement.
- Trois chiffres : unités, dizaines, centaines, additionnent chaque passage de cinq litres et reviennent à o (après 5ooo litres) pour recommencer à nouveau.
- Le seul reproche que l’on puisse faire à cet appareil est d’être encombrant. En effet, l’essence se vendant par 5 litres dans presque tous les pays, la capacité de la euvette doit être égale à celle du bidon. Néanmoins le « gazo-verseur » trouve facilement sa place, sous le châssis de la voiture.
- Même sans préméditation de la part du vendeur en gros ou en détail, un bidon fuyard, par exemple, peut laisser échapper ij/\, 1/2 litre et peut-être plus, avant que cela devienne sensible en le soupesant, ce qui est le mode habituel de vérification.
- Jusqu’à présent, aucun propriétaire ne pouvait se rendre compte delà consommation réelle de son moteur. Seuls les dépenses monétaires et parfois un contrôle relatif en donnaient un aperçu. Cette appréciation demandait en tout cas une certaine comptabilité et des écritures.
- Par l’emploi du « gazo-verseur » conjointement avec l’enregistreur kilométrique, à bord de chaque véhicule moderne, on peut sans aucune écriture se. rendre compte de la bonne ou mauvaise marche d’un moteur, y apporter au besoin les remèdes nécessaires, et, par conséquent, assurer à la voiture une durée plus longue avec un meilleur rendement.
- Le gazo-verseur, 36, rue Godot-de-Mauroy.
- 'Electricité ^
- . Un nouveau parafoudre. — Beaucoup d’électriciens renoncent à protéger contre les méfaits de la foudre les installations de force ou de lumière, les lignes téléphoniques, reliées à des lignes aériennes.
- C’est que l’efficacité des parafoudres employés jusqu’ici est très contestée.
- Ces parafoudres sont constitués habituellement par des pointes, peignes ou cornes, offrant un chemin direct à la décharge électrique dès que la tension est suffisamment élevée, mais restant infranchissables au courant normal.
- Quelques spires de fil enroulé en hélice doivent arrêter les décharges oscillantes à haute fréquence.
- Or, la présence de ces parafoudres à l’entrée d’une ligne dans un immeuble n’empêche malheureusement pas les décharges atmosphériques de brûler les enroulements des appareils électriques, compteurs, moteurs, sonneries, téléphones, qu’elles trouvent sur leur passage. Aussi, on se contente de réparer les dégâts, sans espérer pouvoir les empêcher.
- Les études récentes (l) des phénomènes qui se passent sont venues jeter la lumière sur des faits qui paraissaient quelque peu mystérieux et déconcertants. Il est apparu que si les décharges atmosphériques brusques semblent suivre des lois contradictoires, c’est que la nature du courant de la décharge est elle-même variable.
- Cette décharge atmosphérique brusque suit les lois bien connues de la décharge d’un condensateur dans une résistance présentant de la self-induction.
- Seulement cette résistance, très élevée au début, car plusieurs centaines de mètres séparent parfois le nuage de la terre, tombe presque instantanément à une valeur assez basse. Aussi la décharge qui a pu débuter sous forme d’un courant continu, ou effluves silencieuses, prend bi’usquement la forme oscillante. Une onde, dite à front raide, d’une tension effrayante, peut suivre les fils conducteurs. L’intensité du courant est formidable, la puissance instantanée pouvant s’évgluer souvent à des dizaines de millions de kilowatts, puissance cent fois plus forte que ne ^peuvent en donner toutes les u-ines électriques de France réunies.
- Seulement comme cette décharge ne dure 'qu'un temps de l’ordre du millième de seconde, e%tte puissance effrayante ne représente finalement qu'une énergie de quelques kilowatts-heures, à peine quelques francs de courant,
- Cette onde est suivie immédiatement d’une autre en sens inverse suivant la forme oscillante, la fréquence
- i. Voir l'étude remarquable de M. Poirson sur ces phénomènes dans la Revue générale de l'Electricité du 3i dé A îpat.
- augmentant rapidement à mesure que l’amplitude diminue.
- C’est donc au début de la décharge oscillante, au moment où l’amplitude est maximum et la fréquence encore basse que l’onde atmosphérique est la plus dangereuse. Et c’est justement à ce moment que les parafoudres habituels se montrent le plus inefficaces. L’onde dangereuse préfère, au moins en partie, suivre les fils conducteurs que de passer dans les parafoudres.
- Les parafoudres à self-induction sans fer, ne pouvant arrêter cette onde dont la fréquence est encore basse, celle-ci pénètre dans les enroulements des appareils, créant entre les spires des tensions excessives, qui percent les isolants et brûlent l’appareil.
- Tous ces parafoudres agissent trop tard, quand le mal est fait.
- Au contraire, si on oblige l’onde dangereuse à traverser une petite bobine à circuit magnétique fermé, présentant un coefficient de self-induction relativement important, l’onde sera arrêtée à coup sûr par cette bobine, qui pourra être détruite, il est vrai, mais après avoir rempli son rôle de protection.
- Dans ce but, la manufacture du transformateur Ferrix vient de créer un petit parafoudre ayant l’aspect extérieur du petit transformateur pour sonnerie bien connu. Les fils amenant le courant de la ligne aérienne doivent tous traverser cet appareil et faire autour du noyau un nombre égal de spires tournant dans le même sens. Le noyau magnétique en tôle doit être relié à la terre avec les précautions d’usage pour les parafoudres ; fil nu de 2 mm au moins, évitant les coudes et boucles, relié au sol ou à une conduite d’eau. L’isolant en presspahn qui sépare les enroulements du noyau magnétique peut supporter une tension de 4000 à 5ooo volts. Un coup de foudre proche percera cet isolant et détruira l’appareil, mais son sacrifice voulu et peu onéreux protégera efficacement les enroulements autrement délicats et coûteux des appareils placés à sa suite.
- Souvent du reste, l’isoleme-nt résistera, surtout si la ligne aérienne fait partie d’un réseau ayant de nombreuses dérivations, et la décharge cherchera ailleurs, chez un voisin, un chemin plus facile. La protection du parafoudre Ferrix n’en est pas moins réelle.
- Ce parafoudre protège donc dans tous les cas; il arrête la décharge et l’oblige à passer ailleurs jusqu’à la limite de résistance de son isolant. Si cette limite est dépassée, ce qui se produira si la ligne est bien isolée et sans dérivations,- le parafoudre sera plus ou moins détérioré, mais les dégâts seront limités à la valeur réduite de l’appareil.
- Tous ceux qui ont eu à déplorer des enroulements brûlés par la foudre comprendront ce fonctionnement si simple et si sûr.
- Comme les deux, trois ou quatre conducteurs de l’installation à protéger, que le courant soit continu, alternatif, téléphonique, et de tension quelconque, engendrent sur le noyau magnétique des flux qui s’opposent très exactement, le parafoudre Ferrix ne présente aucune self-induction en marche normale et sa présence ne gêne en rien le fonctionnement. Il ne consomme aucun courant. Mais quand une onde se présente sur un ou plusieurs des enroulements et les parcourt dans le même sens, cette self-induction est portée au maximum, et c’est le cas pour la foudre.
- Tous les conducteurs faisant partie d’un même circuit doivent traverser le même parafoudre. Ce dernier est donc construit pour deux, trois et quatre conducteurs, suivant que la distribution est à deux fils, triphasée en triangle ou triphasée avec fil neutre. La grosseur du fil des enroulements doit, bien entendu, être proportionnée à l’intensité de la marche normale. Le parafoudre Ferrix se construit pour 10 ampères, 20 ampères et 5o ampères maximum.
- Sa facilité d’installation et son efficacité certaine, malgré son prix trè.s réduit, ne manqueront pas de généraliser rapidement son emploi.
- Constructeur : Lefébure, 64. rue Saint-André-des-Arts, Paris.
- Nouveau fer à repasser électrique à poignée iriterruptriçe. —- Le fer à repasser électrique est une des plus intéressantes applications de l'électricité. Il est toujours propre, ne noircit pas le linge, n’exige pas d'installation de chauffage spéciale; de plus, il n’élève
- p.2x171 - vue 583/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUEE
- pas en été la température de l’appartement et n’incommode pas lés ouvrières par les dégagements d’oxyde de carbone que produit habituellement l’appareil employé pour chauffer les l'ers.
- Tous ces avantages sorit évidemment très séduisants
- Fig. 5. — Fer à repasser électrique « PerfeCta ».
- a priori; malheureusement, il y a un revers à la médaille, qui enlève beaucoup d’intérêt à ce système de repassage; voici en effet ce qui se passe .:
- Si on laisse le 1er abandonné à lui-même, le circuit (tant fermé, on risque : i° de détériorer les éléments de chauffe ; 2° de brûler tout le linge qui se trouve en contact avec le 1er, à moins d’avoir placé celui-ci sur un porte-fer isolant, précaution qu’on oublie le plus souvent, surtout si l’ouvrière est dérangée de son travail pour une raison quelconque. Par suite de ce contact prolongé, on a vu se produire un gi’and nombre d’incendies qui
- n’avaient pas d’autre cause ; 3° enfin il y a éonsomma-tion exagérée et mutile de courant ; de sorte que son emploi, au lieu d’être économique, devient beaucoup plus onéreux que le système à chauffage ordinaire.
- Le dispositif employé dans le fer à repasser Ultra neutralise complètement tous ces inconvénients.
- Il est caractérisé essentiellement par sa poignée qui a été rendue interrup-trice. Lorsqu’on appuie sur elle, le courant passe et le fer chauffe. Dès qu’on lâche la poignée, le courant est interrompu et le fer ne continue à chauffer qu’en vertu de l’emmagasinement de calorique retenu dans sa masse, qui constitue une sorte de volant de chaleur.
- Ce dispositif très ingénieux et très simple, que représentent nos grâvüres, n’exige aucune attention de la part de l’ouvrière qui l’emploie. Il fonctionne automatiquement : donc plus de linge brûlé, plus de danger d’incendie, plus d’éléments de chauffe détériorés, plus de gaspillage de courant. Avec le nouveau fer à repasser Ultra, tous les inconvénients des systèmes électriques
- Fig. 0. — Coupe à travers le fel*.
- yauuuuywau' au
- Plan du même fer.
- employés jusqu’ici disparaissent et le repassage électrique, grâce à cè perfectionnement et cette mise au pôint qui n’avâient pas encore été réalisés, dévient vraiment idéal,
- Constructeur : M. A. Mounier, 3a, rue des RiveS, Saint-Etienne (Loire).
- «8*4 'Photographie
- Eastman ProjeCtiôïi Printer. — Cet appareil, dont lè nom anglais, malaisément traduisible en français, suggère l'idée d’une tireuse plutôt que celle d’un agrandisseur, fournit pourtant des images amplifiées avec la même facilité et la même rapidité de manœuvre qu’une tireuse donne des épreuves par contact, l’opérateur n’ayant à se soucier d’aucun réglage. Une fois le négatif mis en place dans le châssis de l’appareil, il suffit d’élever ou d’abaisser le projecteur proprement dit pour faire varier à son gré les dimensions de l’image qui reste constamment nette et uniformément éclairée.
- Le projecteur, qui comporte la boîte à lumière, les diffuseurs dégradés, le porte-clichés, la chambre à soufflet et 1 objectif, est relié au bâti (fig. 8) par un parallélogramme articulé, tout cet ensemble étant parfaitement équilibré et s’immobilisant à la hauteur désirée, dès que l’on abandonne à elle-même la poignée du frein. Les liaisons automatiques de l’appareil sont telles qu’à chaque variation de l’obliquité des bras du parallélogramme articulé correspond, par l’intermédiaire d’une came convenablement profilée, reliée au pignon qui actionne la crémaillère de la chambre, une variation du tirage, telle que l’image agrandie soit constamment projetée avec la plus grande netteté possible sur la table horizontale.
- Fig. 8.*— Utilisation de l’« Eastman Projection Printer ».
- L’objectif est Un anastigmat spécialement corrigé en vue de son emploi à l’agrandissement en lumière artificielle. Son achromatisme est suffisant pour qUe, aux limites extrêmes de l’amplification à laquelle se prête l’appareii (grossissements de 1,5 à 8 fois, en diamètre 1, l’image formée par les radiations bleues et violettes soit toujours aussi rigoureusement nette que celle qui a été observée sur la table et qui est due aux rayons verts, jaunes et rouges. Un curseur, dont les déplacements sont liés à ceux de l’objectif, indique sur une échelle graduée le rapport de l’amplification.
- Les clichés à agrandir peuvent être de tous formats, jusqu’au i3><i8; le format maximum des images agrandies est de 78 X 100 cm. Des caches réglables, tant au porte-cliché qu’au porte-papier, permettent d’exécuter des tirages à marges blanches.
- L’agrandissement de négatifs retouchés s’effectue sans aucune difficulté, de telle sorte qu’il n’est pas nécessaire de recommencer la retouche pour chaque épreuve. A cet effet, un jeu de trois disques spécialement striés sur une de leurs faces permet de diffuser plus ou moins les lignes de l’image, de façon à faire complètement disparaître toutes traces d’intervention manuelle, et sans allonger le temps de pose. L’image adoucie résulte, en fait, de la superposition d’une image nette et d’une image auxiliaire diffusée, chaque disque donnant une valeur différente au rapport des intensités respectives de ces deux images.
- L’encombrement de l’appareil sur plancher est de i35x ito cm;.sa hauteur totale varie entre 2 m. 40 (amplification i,5) et 3 m. 85 (amplification 8). L’éclairage est fourni par une lampe « demi-watt » de 5oo bougies, 110 volts, dont l’allumage et la mise en veilleuse sont commandés par une pédale.
- L‘Eastman Projection Printer est construit par la Kodak S. A. F., 89, avenue Montaigne, et 17, rueFran-çois-I0r, à Paris.
- Mécanique
- Chauffage des rivets. — Une application Originale des machinés à souder électriques à résistance est celle que l’on en fait pour le chauffage des rivets. .
- Ce chauffage se produit par réchauffement du rivet
- p.2x172 - vue 584/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- sous l’action du passage d’un courant constant; le rivet forme les circuits entre les deux électrodes de la machine à chauffer, l'ne élévation de température se produit à l'intérieur même du rivet, et elle commence par la pointe qui a une section plus faible. On n’a pas
- Fig. g. •— Machine à trois tètes.
- de perLe de chaleur, le chauffage est très rapide et l’économie de chaleur est manifeste.
- A la forge, au contraire, le chauffage se fait par l’extérieur et l’on est obligé de chauffer trop fortement le rivet pour que l’intérieur soit suffisamment chaud.
- Le courant est constant, il est obtenu au moyen d’un transformateur qui reçoit des courants alternatifs à i5o et 220 volts et qui fournit un courant ayant une tension de i à 3 volts, mais dont l’intensité peut atteindre plusieurs milliers d’ampères.
- Ce genre de machine se fait en différents modèles, à deux, trois ou quatre tètes, qui jierineltent de chauffer respectivement d’une façon simultanée deux, trois ou quatre rivets.
- Ces machines sont agencées avec un refroidissement par eau, soit en branchant une canalisation d’eau, soit en utilisant un réservoir qui comporte une pompe électrique de circulation. La variation de la vitesse de chauffe est donnée au moyen d’un rhéostat à pompe.
- Outre la propreté et la commodité de l’emploi de ces machines qui sont montées sur roues et qui sont facilement déplaçables on écon mise beaucoup de temps, pas mal de rivets et beaucoup de combustible.
- Le temps est économisé, car ou a une mise eu route instantanée et les rivets sont chauffés convenablement et régulièrement.
- Si on compare la dépense de combustible, on constate que le feu de forge consomme forcément 3 kg de carburant pour i kg de rivets chauffés, tandis que la machine électrique n'exige qu’un tiers de kilowatt-heure pour i kg de rivets traités. En plus de cette économie faite en marche normale, il fa-ut aussi considérer que pendant le travail on n’allume pas immédiatement les feux pour chauffer les rivets et que les ouvriers à la mise en route
- Enfin, à la fermeture de l’atelier, le feu continue souvent à brûler inutilement. La perte de combustible pour une journée de huit heures occasionne une perte de i5 à 20 pour ioo pour le combustible et pour les rivets.
- La machine électrique à chauffer les rivets supprime 1 allumage et la mise en roule du travail se fait immé-
- diatement par l’enclenchement d’un interrupteur. Trente secondes après, le premier rivet est chaud et il peut être employé. Pendant qu’on chauffait ce premier rivet, on eu a placé un second,un troisième et un quatrième, suivant la capacité de la machine ; ou arrive ainsi à une production continue et le chauffeur peut alimenter une équipe de riveteurs très rapidement sans interruption.
- Une machine à quatre tètes peut chauffer 3oo rivets de 22 X ioo à l’heure en utilisant des rivets bruts.
- Lorsque l’heure de fermeture des ateliers arrive, il suffit de couper le courant, et la machine ne consomme! plus rien. 11 y a là une utilisation très intéressante de la puissance électrique. Cet appareil bénéficiera du développement de l’organisation électrique des ateliers.
- Micromètre Broca et Comandon. — Pour mesurer des longueurs avec précision, on se sert le plus souvent d’un vernier qui oblige à deux lectures successives.
- M. le professeur André Broca et M. le Dr Comandon, présidents de Comités techniques de la Direction des Recherches et des Inventions ont imaginé un micromètre nouveau donnant la même précision en une seule lecture, dont rend compte le Bulletin de la Direction.
- Il est composé de jo micromètres successifs placés les uns au-dessous des autres comme l’indique la ligure ti. Chacun d’eux a seusibleinenl la forme de celui de Zciss ; il est composé d'une série de losanges très voisins du carré. Chaque ligne est décalée par rapport à la précédente d’un dixième de division et l’une des piles de diagonales fait un angle de 10 pour ioo avec la perpendiculaire à la ligne des autres diagonales. Les micromètres encadrent des séries de cases blanches sur lesquelles on écrit un numéro d’ordre.
- L’instrument a été imaginé pour lire les déplacements
- iiiliiiliii'l bol nisnfislj! îH5£?8n
- -V, W ££ L : *- v .v -y v v.-\r v v rr/V V V VV -V. '•-r-fV-; V-V V VVV W WW
- £YTYT*' ~ * ‘O* * * ‘♦“.* ~ ~
- Fig. 11. — Micromètre Broca et Comandon.
- sont souvent obligés d attendre que les feux soient allumés et que les rivets soient chauds. Quand on passe à un autre travail, avec des rivets de dimensions différentes, ceci produit encore une perte de temps, l’alimentation de la forge en charbon faite par un manœuvre, et c’est aussi une cause de dérangement et le prétexte à des^conversa-tions oiseuses qui l’ont perdre du temps à tout le monde.
- d’un index rectiligne orienté perpendiculairement à l’axe des micromètres. C’est le cas qui se présente avec tous les micromètres oculaires. Si l’index tombe entre deux divisions de la ligne supérieure, on cherche quelle rangée inférieure coïncide exactement. Son numéro d’oïdre indique la graduation en dixièmes correspondants, comme la donnerait un vernier.
- p.2x173 - vue 585/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- LES FRUITS EXOTIQUES DU SUD DE LA FRANCE — LES GOYAVES
- ET LEURS SIMILAIRES
- Si l’on lait l'inventaire des végétaux exotiques qu’une acclimation rationnelle a naturalisés depuis près de jo ans sur les deux rives de notre littoral méditerranéen, les Goyaviers méritent de retenir notre attention à cause de leurs fruits dont les produits de transformation, très estimés dans leurs pays d’origine, sont déjà appréciés dans notre alimentation aux époques où l’on peut les y faire entrer.
- Ces arbres ou arbrisseaux fruitiers, dont la hauteur oscille entre 3 et 6 m., sont indigènes dans l’Amérique centrale depuis le Mexique jusqu’au Brésil. On les rencontre aussi dans les Antilles, en Floride, en Cochin-chine, en Océanie, etc. Ils sont naturalisés dans les endroits les plus abrités de la Provence et fructifient régulièrement dans le Nord de l’Afrique. Ils appartiennent à la famille des Myrtacés.
- Variétés. — Les goyaves ou gouyaves sont des baies de couleur jaune ou rouge, de formes et de dimensions variables selon les variétés, et d’une grosseur entre celle d’une sorbe ou d’un citron ; leur sommet est couronné par les divisions persistantes du calice. Leur chair, à maturité complète, qui arrive d’octobre à janvier, est blanchàlre ou rougeâtre et renferme de nombreuses graines très dures; elle est sucrée, acidulée, parfois succulente et pourvue d’un parfum très aromatique, souvent musqué. Les goyaves, dans cet état, sont ralraîchissantes et quelque peu laxatives, tandis que récoltées a peine mûres elles ont une astringence proportionnelle au tanin quelles renferment.
- Les trois variétés les plus connues, celles qui donnent les meilleurs résultats en Provence, Algérie et Tunisie, sont : i° le Goyavier porte-poire (Psidium piriferum L.) ; a0 le Goyavier porte-pomme (Psidium pomiferum L.j; 3° le Goyavier de Cattley (Psidium Cattleyanum Sabin).
- Goyavier-poire ou porte-poire (syn. Goyavier jaune, G. blanc, G. commun, Poirier des Indes). — Ses fruits présentent la forme d’une poire, sont de couleur jaune soufre quand ils sont mûrs et leur chair est blanche nuancée de rose. Cette espèce, dont il existe plusieurs variétés, est la plus répandue et la plus estimée dans l’Amérique méridionale.
- Goyavier-pomme ou porte-pomme. — Ses fruits se distinguent des précédents en ce qu’ils possèdent la forme globuleuse d’une pomme et une chair rouge.
- Goyavier de Cattley (syn. Goyavier à fruits pourpres). — Bien que cultivé spécialement dans le Brésil et l’Lrugay, sa graude rusticité a rendu facile son acclimatation en Provence où ses fruits arrivent à complète maturité à 1 automne. Ceux-ci, d un rouge vineux, sont petits, ronds, de la grosseur d’une sorbe ou d’une noix. Leur chair, d’un rouge pourpre à la périphérie et blanche au centre, a une saveur très agréable, sucrée, acidifiée, se rapprochant un peu de celle de la fraise, aussi appelle-t-on, parfois, l’arbre goyavier-fraise.
- Je mentionnerai pour mémoire le goyavier des montagnes et le goyavier à grandes fleurs.
- Récolte. — La culture du goyavier est assez facile, et, quand il est bien arrosé, fumé et taillé, il rapporte annuellement de 6 à 8 kg de fruits à partir de la troisième année pour atteindre, vers la septième, son rendement maximum. La récolte se fait, selon la variété et la région, de septembre à décembre; toutefois, aux Antilles on fait deux récoltes par au, une petite et une grande, celle-ci en automne.
- Principaux usages. — A l’état frais et naturel, les goyaves sont surtout consommé.es dans les pays de production, et l’on n’en trouve que rarement chez les marchands de produits exotiques et en petite quantité. Tout au début de leur maturité, on corrige leur légère astringence en leur ajoutant du sucre et du rhum, ce qui fait ressortir dans le mélange un goût de fraise assez prononcé; lorsqu’elles sont bien mûres, on peut les manger crues coupées ou non en tranches.
- Converchel relatait déjà, en i852, que le suc exprimé
- de goyaves, uni a 1 eau et au sucre dans des proportions convenables, forme une boisson tempérante analogue à la limonade et qu’on l’emploie avec beaucoup de succès dans les maladies inflammatoires.
- L emploi qui leur a valu une réputation méritée est leur transformation en confitures, compotes et notamment en gelées qui sont fabriquées surtout au Brésil et en Floride.
- D après M. H. Jumelle, « à Campos, au Brésil, on prépare annuellement en moyenne 6oo ooo kg de goiaba (confiture de goyave) avec les fruits des individus sauvages ou cultivés. En Floride, on confectionne ainsi la gelée de goyave. Les fruits, coupés en rondelles avec un couteau qui ne doit pas être en fer, sont chauffés dans une casserole en émail ou en aluminium, avec une petite quantité d’eau, et le jus est exprimé par pression a travers un tissu solide. Ce jus recueilli est chauffé ensuite dans un vase très propre, avec une quantité égale de sucre blanc en poudre, et l’on filtre après sa dissolution. La niasse sucrée est laissée en ébullition jusqu’à ce qu elle ait pris la couleur et la consistance voulues, puis on la verse dans des jattes ou dans des moules de formes diverses. Après solidification, la gelée peut être emballée dans des boîtes peu profondes, élégamment présentées. »
- Dans cet état, ce produit donne lieu à une petite exportation et on peut le trouver dans les maisons qui font le commerce des produits coloniaux. Il est fort probable que les confitures préparées avec les goyaves récoltées en Provence et sur le littoral algérien ne sont pas sans y entrer pour une petite part, et l’on ne peut que. s en applaudir puisqu’elles apportent une agréable variété dans nos desserts.
- Fruits similaires. — A côté des goyaves fournies par de véritables goyaviers, il existe des fruits similaires auxquels on a donné ce nom à cause d’une certaine ressemblance de forme et de saveur, bien que les arbres producteurs soient différents. Tel est le cas de quelques « Eugéniers » appartenant également à la famille des Myrtacés et en particulier : a) de FEugénier Ugni ou Goyavier du Chili qui a été introduit en Provence ; b) du Feijoa Sellowianci (Berg.), dont le fruit appelé goyave-ananas de la Californie mérite son premier surnom par sa forme et son second par sa saveur.
- Ce même genre d’arbustes fruitiers nous donne encore, tant dans le sud de la France que sur la rive opposée, des fruits qu’il est intéressant de connaître, car ou commence à les apprécier, ce sont :
- i° La cerise carrée ou cerise de Cayenne, produite par l’eugénier Michel (Eugenia Michelii Lamk.). Le fruit rouge, de même grosseur qu’une cerise, est fortement côtelé. 1res juteuse et rafraîchissante, sa chair ferme, parfumée et acidulée rappelle, d’après M. E. Sau-vaigo, celle de la groseille. Elle mûrit en juin-juillet.
- a0 La pomme rose, appelée selon la région où croît l’Eugénier : Jambos, Jamrose, Jambolin, Prune clè Malabar, est un fruit ovoïde ou piriforme, de 25 à 5o.mm de diamètre ou encore du volume d’une grosse noix, jaunâtre et légèrement rosé du côté du soleil.
- La maturité a lieu de juin en août. D’après l’auteur précité, ce fruit est très estimé à cause de sa chair très sucrée, assez ferme et laissant dans la bouche une odeur de rose.
- 3° La Jamelongue, nommée aussi Tété-négresse aux Antilles françaises, est récoltée sur l’eugénier Jambolan (Eugenia Jambolana Lamk.). Le fruit, ovoïde ou plus ou moins piriforme, est d’un rouge violet, ne dépasse pas la grosseur d’un œuf de pigeon et devient noir à sa complète maturité qui a lieu d’octobre à janvier. Elle est inférieure comme goût à la goyave, ainsi d’ailleurs que la plupart des fruits similaires, sauf cependant la Pomme rose dont on fait des compotes estimées ou qu’on mange à l’état frais comme la Nèfle du Japon.
- A. Truelle.
- p.2x174 - vue 586/620
-
-
-
- •SP
- VARIETES
- LE CALENDRIER PERPÉTUEL
- Nous avons reçu sur ce sujet (voir nos ?.5o2 et '2007) la lettre suivante :
- « A.propos des articles sur le « Calendrier perpétuel vivant », parus dans vos numéros 25o2 et 2607, je crois intéressant de vous signaler une méthode très simple, déjà connue, pour trouver quel jour est le premier cî’un mois quelconque d’une année quelconque (dans le calendrier grégorien, c’est-à-dire à partir du i5 octobre 1582).
- Cette méthode est très facile à retenir, puisque le résultat qu’elle donne s’obtient par des opérations arithmétiques effectuées sur les chiffres du millésime considéré.
- J’ën ai donné la démonstration dans la Revue du Ciel de juin 1921, et je vous l’expose par un exemple.
- Soit à trouver quel jour est le 1“ mars 1922. Séparons 1922 en 2 nombres : jg (chiffres des mille et des centaines) fet 22 (chiffres des dizaines et des unités), et faisons le calcul suivant :
- „ 19 , ,22
- 19 x 5 + — -j- 22 -p — -f .1 4 4
- en négligeant toutes les décimales.
- On trouve 129.
- Divisons 12g par 7 ; il vient : 129 ^ 18 X! 7 T ^ •
- Le reste 3 indique quel jour est le ior mars 1922, en posant :
- o = Dimanche ( 1 ) 1 = Lundi
- 2 = Mardi
- 3 = Mercredi
- 3
- 6
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Le i”r mars 1922 est donc un mercredi. Nous en déduisons immédiatement quel jour est le ier d’un mois quelconque aü moyen du tableau suivant :
- Janvier 5 ou 4 Février 1 ou 7 Mars 1 (2) Avril 4 Mai 6
- Juin 2
- Juillet 4
- Août 7
- Septembre 3 Octobre 5 Novembre 1 Décembre 3
- dans lequel r désigne le C jour de mars, quel qu il soit; 2 le lendemain, et ainsi de suite. (Pour les années bissextiles, utiliser le second chiffre pour janvier et février.)
- Le ier mars 1922 étant un mercredi, et le iér août étant noté 7, j’en déduis que le Ier août 1922 est un mardi.
- Il suffit d’avoir appliqué une fois Cette méthode pour ne pas l’oublier. Le tableau (1) se retient immédiate-ment et la connaissance du tableau (2) est presque inutile, puisque l’on sait toujours déduire du jour du ior mars tous ies jours de l’année (bissextile ou non).
- F. Anduze de Saint-Paul.
- .JfeD
- 1pd
- HYGIENE ET SANTE
- ÇgL
- MESURE DE LA TOXICITÉ DES APPAREILS DE CHAUFFAGE, D'ECLAIRAGE
- ET DES MOTEURS A EXPLOSION
- M. Kohn-Abrest, directeur du laboratoire de la Préfecture de Police, a récemment fait connaître à l’Académie des Sciences les résultats de son expérience de vingt ans sur la toxicité des produits de combustion des appàreils de chauffage, d’éclairage habituels et des moteurs à explosion.
- Pour mettre un peu de clarté dans des données éparses et au premier abord discordantes, il a eu l’ingénieuse idée de lés ramener toutes à une commune
- mesure, à savoir le rapport des vdlümes d’oxyde de carbone et d’anhydride carbonique qu’oü trouve dànS les gaz dégagés.
- jC’ést ce qu’on fait déjà en métallurgie, dans les fours à coke et les hauts fourneaux, pour connaître l’allure de la combustion.
- Il a proposé d’appeler indicé de toxicité cé rapport entre les deux gaz et il a pu alors grouper les renseignements déjà acquis dans le tableaü suivant :
- Atmosphères oxycarbonées. Production de COa et de CO.
- CO*. Litres. CO. Litres.
- i" Gaz d’échappement des moteurs à
- essence 465-365 630-675
- i 1. d’éSsénce liquide donne par combustion 4200 1. de gaz mélangés
- de 35oo 1. à i i5do 1. d’âir en excès. O O 00 00 OA bJ- 1 00 Üt
- 20 Gàz pauvre. 3° Gaz de combustion des charbons 3o-3o 370-440
- ou dû coke :
- Charbons maigres ( combustion vive. 1470 000 à 19
- C 80 pour 100 ( combustion lente. I 250 x8ô
- Charbon gras 1 combustion vive. x 220 196
- C 76 pour iôo ( combustion lente. i3oo 85
- 4° Gaz d’éclairage i5 à 3o 65-ioo
- 5° Produits de combustion du gaz
- Indice de toxicité.
- n , LO
- Rapport -gQt
- 1000 cm3 d’essence liq. brûlée. ',4° à 2,09
- d’éclairage :
- Débit horaire.
- pour 1000 I. de gaz de combustion sans air.
- pour 1000 1. de gaz primitif, pôür 1000 g. de charbon brûlé.
- pour 10O 1. de gaz d’éclairage.
- 2,3 à 14,0
- 0,00 à o,oi3
- o, 144
- 0,160 o, o65 4,3 à 3,o
- Becs Bunsen . . . ;
- Fourneaux simples .
- Becs papillons . . .
- Becs à incandescence Radiateurs ; . . . A Appareils : mal réglés, brûlant « en dedans >> , chàûffe ~ bains , défectueux, etc........................48o-36o
- 53o
- 525
- 520
- 0,8 à 3,7 p. 1000 1. de gaz d’éclairage brûlé. 0,0015 à 0,007
- 0,8 à 7,0 0,8 à i1,t
- 24-180
- o,0015 à o,ô13 4
- o,ooi5 à o,q2ï3
- o,o5 à o,-5
- p.2x175 - vue 587/620
-
-
-
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Ce tableau donne quelques « indices de toxicité » intéressants. Entre autres, il montre que pour les moteurs à essence, l'indice de toxicité est des plus élevés; leurs produits d’écliappement sont donc dangereux et ces moteurs utilisent incomplètement le combustible. Pour les appareils à charbon, l’indice varie d’une façon tout à fait imprévue selon la qualité du combustible. Les appareils à gaz habituels ne présentent pas d’indices élevés, sauf, ainsi que l’ont conslaté Ivling et Florentin, certains becs incandescence où l’indice dépasserait 0,02.
- Au point de vue de l’hygiène des habitations éclairées ou chauffées au gaz, il suffit donc de veiller à la bonne aération.
- Dans ces conditions, des systèmes dont l’indice de toxicité atteint 0,01 et même 0,02 seront sans inconvénient.
- Cette notion de l’indice cle toxicité paraît devoir être retenue dans la pratique, et l’on pourrait demander avec M. Ivohn-Abrest que les appareils domestiques soient construits de telle façon que leur indice de toxicité ne dépasse jamais 0,01. R. M.
- JfeD
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- Le métal crête. — Ce produit, destiné au durcissement du béton, est composé notamment de métaux à l’état naturel (non calcinés ou peroxydésj. Il s’emploie donc à la surface des pavements, dallages, planchers en béton et dans le lissage aiin de former à la surface une couche entièrement inusable, par conséquent anti-poussiéreuse et imperméable.
- Mélangé à sec à poids égal de bon ciment Portland artificiel à raison de 1 kg de métalcrète et de 1 kg de ciment par mètre carré de surface, il s’applique en saupoudrage au moyen d’un petit tamis à mailles de i /2 mm2 sur la surface d’un dallage en ciment de la composition suivante :
- 11 kg de ciment Portland artificiel et 22 kg de sable à gros grains anguleux par mètre carré.
- On crépit ensuite à la truelle de bois jusqu’à ce que l’on ait obtenu un degré d’humidité suffisant pour pouvoir faire un lissage final au moyen d’une petite truelle d’acier; ce dernier lissage doit être fait énergiquement de manière que la surface ne présente plus de porosité.
- Après 24 heures, on recouvre le dallage d’une bonne couche de sciure de bois Près humide en ayant soin d’entretenir cette humidité pendant une semaine environ au moyen d’arrosages journaliers. Toutefois il faut avoir soin de ne pas appliquer la sciure de bois avant que la prise soit bien faite, afin d’éviter l’adhérence et la destruction du fini du dallage.
- Fabricant : F. Jacqmain, 27, rue Godecharle, à Bruxelles.
- Marches usées d’escaliers en pierre. — On sait que les marches de pierre, quand elles sont usées, peuvent occasionner des accidents. Yoici une recette de nature à éviter ce grave défaut.
- On compose une pâte molle avec du silicate de potasse et du ciment à laquelle on ajoute un tiers de sable tamisé, on humecte d’abord dé silicate de potasse les marches à réparer, puis on applique avec une truelle de cette pâte en la façonnant suivant les besoins.
- Après 5 à 6 heures, cette pâte est complètement sèche.
- Comment établir une poulie de friction. — Les
- poulies de friction qu’on rencontre dans certaines petites machines telles que des pei’ceuses sensitives peuvent être fabriquées de la manière suivante.
- Une poulie robuste en bois dur est garnie sur sa circonférence d’une vieille enveloppe de pneumatique hors d’usage qu’on fixe de chaque côté sur les faces de la poulie.
- Le joint sera particulièrement soigné, car dans la plupart des cas la circonférence de la poulie ne correspond pas exactement, à celle de l’enveloppe. Le joint sera fait à recouvrement et au besoin, par un collage ou même une petite vulcanisation simple, on réalisera un joint sans bosses ni solution de continuité.
- Combinaison intéressante pour l’épluchage des légumes. — Quand elle épluche des légumes, si la cuisinière se trouve fatiguée, elle s’assoit devant une table et toutes les épluchures se rassemblent dans son tablier. Gettè position n’est pas très commode, alors qu’il est facile de la modifier au moyen d’un petit artifice très simple à réaliser.
- La personne qui épluche se place devant un buffet ou une table de cuisine.
- Elle pose à côté d’elle le panier de légumes ou de fruits et le récipient qui doit recevoir les pièces épluchées se trouve placé sur la table.
- Le tablier de la cuisinière est pincé dans le tiroir de la table que l’on ouvre légèrement et que l’on referme. • De cette façon ce tablier se trouve soutenu et se présente horizontalement pour former une poche qui retient facilement les épluchures sans qu’on soit obligé d’y porter quelque attention.
- On peut perfectionner ce système en munissant le bas du tablier d’une série d’œillets qui viendront s’agrafer dans des petits crochets que l’on placera sous le rebord de la table et de cette manière la surface du tablier se trouve complètement utilisée et donne encore de meilleurs résultats.
- Comment faire rapidement le plan d’un atelier.
- — Quand on veut dresser le plan d’un atelier et étudier le meilleur emplacement qu’il faut attribuer à chaque machine, on est exposé à bien des ratures et à bien des gommages si l’on veut tracer l’encombrement de chaque machine par les moyens ordinaires.
- Yoici une manière pratique de priîtéder qui permet d’opérer avec rapidité.
- On dessine sur du papier très épais les machines avec leur encombrement maximum en plan et on obtient ainsi une série de vignettes que l’on découpe.
- On peut alors les déplacer facilement sur le plan de l’atelier qui sera naturellement établi à la même échelle que le plan des machines. Après quelques tâtonnements, au moyen de ce puzzle d’un genre nouveau, on pourra trouver la meilleure disposition qu’il faut donner à l’ensemble de l’atelier, tout en groupant les diverses machines de la manière la plus pratique pour le travail qu’elles doivent produire.
- Le même procédé pourra être appliqué pour détex1-miner la capacité en voitures d’un garage ou d’un déplacement quelconque. Dans ce cas, on peut appliquer à l’encombrement de chaque voiture une largeur supplémentaire tout autour, de manière à permettre au chauffeur de pouvoir tourner autour de la machine, de procéder aux nettoyages et aux réparations. On peut aussi comme pour les machines-outils prévoir ces passages directement sur le plan lui-même.
- Dans le cas de voitures où tous les éléments sont de mêmes dimensions, on peut découper un tampon caoutchouc dans un morceau de vieille enveloppe et le coller sur un bloc de bois.
- Le contour du tampon de caoutchouc représentera à l’échelle l’encombrement de la machine-outil ou de la voiture.
- On prépare ensuite de la poudre de graphite en râ~ pant des mines de crayon et le tampon sera frotté sur cette poudre de manière à permetti'e l’impi'ession sur un plan, impression qu’il sera alors possible d’effacer avec une gomme si l’installation finale ne donne pas satisfaction.
- Suivant l’une ou l’autre méthode, on peut tracer complètement la disposition d’un atelier ou d’un magasin, car les silhouettes ou les tampons correspondant aux meubles ou a tout autre matériel peuvent être préparés de la même façon que pour les machines-outils ou que pour les châssis de voitures. E. W.
- p.2x176 - vue 588/620
-
-
-
- Jteo
- IgD
- BOITE AUX LETTRES
- cm.
- AVIS. - L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un. caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Communication. — M. Ilaillard, à Montlaville (Oise). — Notre correspondant a observé, dans la nuit du a5 au 26 février dei’nier, à minuit 4^, une clarté blanche d’une intensité extraordinaire qui illumina tout a coup sa chambre à coucher. A ce moment, M. Raillard sauta de son lit et se précipita à la fenêtre qui donne au Nord. Il vit une grosse masse de feu tomber du ciel. Le centre était constitué par un noyau blanc, entouré de « flammes » rouge foncé. Le phénomène dura une seconde environ. La chute eut lieu au Nord-Ouest par rapport au lieu d’observation.
- D’après la description ci-dessus, il n’y a aucun doute que M. Raillard a été témoin de la chute d’un très beau bolide. Nous avons fait une enquête auprès de la Société astronomique de France. Celle-ci n’a reçu aucune observation de ce météore. Nous lui avons transmis l’observation précédente, car il est possible que des observateurs aient vu la chute du bolide et l’aient consignée sur leurs registres, sans pour cela la communiquer, la chute de ces corps étant un phénomène fréquent. Si des renseignements nous parviennent sur ce météore, nous les consignerons ici même.
- Réponses. — Hauts fourneaux d'Uckange (Lorraine). — Adresses de fabricants de filtres à eau de consommation : Mallié, 155, rue du Faubourg-Poissonnière : Buron. H, rue de l’Hôpital-Saint-Louis ; Lutèce, i5, rue des Immeubles industriels, 11".
- M. Saint-Marcel Esseyrie, à Sisteron. — Le tétrachlorure de carbone sert également à préserver les vêtements des mites, il suffit de placer dans le placard un flacon ouvert bourré de coton hydrophile et arrosé de tétrachlorure; comme ce produit est très volatil, il faut tenir ensuite le placard bien fermé et arroser à nouveau le coton de temps à autre. Le tétrachlorure n’altère en aucune façon les dtoffes, les peintures, il est ininflammable et inoffensif dans les conditions de l’expérience.
- M. Hunghe, à Bruxelles. — Vous trouverez des renseignements très complets sur les outremers, constitution et fabrication dans l’ouvrage d’Halphen, Couleurs et Vernis, éditeur Baillière, 19, rue Hautei'euille, à Paris.
- M. Bassonville, à Bruxelles. — i° D’après les renseignements qui nous ont été fournis la cellophane serait ;'t base de viscose, par suite insoluble dans les solvants habituels. Si vous désirez un vernis à la cellulose, employez une dissolution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l'acétone. 20 L'effet nacré que vous signalez est obtenu par incorporation de matières minérales, telles que le mica dans la pâte lorsque le xanthate de cellulose est encore à l’état fluide.
- M. Elle Perret, à Paris. — Les encres à marquer le linge étant presque toujours à base de sels d’argent, pour enlever les marques il faut procéder ainsi : impré-
- gner les marques d’une solution de :
- Iode............................... 5
- lodure de potassium............... 20 —
- Eau ordinaire.................... 100 c.c.
- L’argent est transformé en iodure, ce que l’on reconnaît à la teinte jaunâtre que prennent les caractères. On plonge alors le tissu dans une solution d’hyposulfite de soude à 10 pour 100 qui dissout l’iodure d’argent et termine par un rinçage à fond.
- Si les marques sont anciennes, il sera peut-être nécessaire de répéter l’opération à plusieurs reprises en procédant toujours dans le même ordre.
- M. Cornet, à Monaco. — Le caoutchouc dont vous nous avez envoyé échantillon a subi une transformation moléculaire qui à notre avis n’en permet pas l’utilisation comme caoutchouc proprement dit. Le seul emploi que nous entrevoyons serait de le faire entrer dans une masse plastique, fabrication d’ébonite par exemple.
- M. Lefebvre, à Douai. — TJébonite se polit avec un mélange d’huile et de potée d’étain, l’objet doit être monté sur le tour pour se déplacer avec une grande rapidité, on termine le polissage au moyen de feutre très doux ou d’une peau dè chamois. . .
- M. Chappuis, à Lausanne. — a et b) L’intérieur de la boite devra être peint en noir mat. c) La notation F : 2 désigne un objectif dont l’ouverture a un diamètre utile égal à la moitié de la distance focale principale, vulgairement appelée « foyer ». Dans les objectifs où le diaphragme est placé en avant des lentilles, l’ouverture xitile est égale à l’ouverture réelle ; dans ceux où le diâphragme est placé derrière xin système convergent, elle est un peu plus grande, d) Vous pourrez vous procurer un objectif de ce genre, non seulement à la maison Mazo, mais aussi chez G. Massiot, r 5. boulevard des Filles-du-Calvaire, et chez Hermagis, 29, rue du Louvre, à Paris.
- M. Roussel, à La Palisse. — Comme complément aux indications que nous vous avons données sur l’utilisation des lessives résiduelles du traitement des bois pour obtention de la pâte à papier, nous croyons devoir vous signaler que vous trouverez un article très intéressant sur la question dans 1 e. Moniteur Scientifique du Dr Ques-neville, numéro de novembre 1918, p. 257.
- M. Caillet, à Guernesey. — T’encre d’imprimerie, même diluée par un dissolvant, ne peut remplacer les encres spéciales employées pour limographe, qui sont à base de glycérine empêchant l’obstruction des perforations, aucune adaptation n’est donc possible et nous vous conseillons de vous en tenir aux encres conçues dans ce but déterminé.
- M. Desmazières, ingénieur à Sarrebruck. — Vous pouvez utiliser pour le désétamage de votre bouilloire en cuivre, la propriété de l’étain d’être attaqué à froid par l’acide chlorhydrique étendu, alors que dans ces conditions le cuivre ne se dissout pas; bien entendu, si l’appareil a reçu des soudures à l’étain,quel (que soit le procédé de désétamage employé, vos soudures sauteront en même temps. S’il s’agit d’un objet en fer, le meilleur procédé est le désétamage électrolytique en solution de soude à 12 pour 100 à une température de 80-90°, le fer étamé constituant l’anode. Quant aux objets en bronze, il n’v faut pas songer, vous n’ignorez pas que l’étain est partie constitutive de cet alliage et’tout traitement qui aurait pour but d’enlever l’étain superficiel agirait forcément sur l’étain de la masse-support en la désagrégeant.
- M. J. Nussbaum, à Strasbourg. -— Les produits dont vous nous parlez pour fixer des plaques de verre et résistant aux acides ne sont autre chose que des dissolutions de silicate de soude ou de silicate de potasse auxquelles on a incorporé de l’amiante en poudre. Il vous sera facile de préparer le mélange vous-même d’une façon plus économique, quelques essais préalables vous ayant fixé sur les proportions à employer.
- M. Le JE Finch, à Strasbourg. — Pour calibrer un tube capillaire, opérer de la façon suivante : tracer à une distance d de l’extrémité un trait au diamant et appliquer à l’autre extrémité un petit tube de caoutchouc, plonger la partie libre dans du mercure et aspirer, puis refouler lentement de façon que le mercure s’arrête au trait. Tarer d’autre part une petite capsule en verre très exactement avec une balance de précision, puis en soufflant y faire tomber le mercure contenu dans le tube à calibrer. Répéter cette opération un grand nombre de fois N par exemple, repeser alors la capsule, par différence on a le poids du mercure (densité 13,6).
- Soit D le diamètre cherché du tube capillaire, le
- volume du mercure à chaque opération est
- x;D3rf
- 4
- et après
- N opérations
- cure pesé soit
- NrD2d
- NiïD9rf
- 4
- P
- 13.6 P
- qui est égal au On a donc : d’où on tire D
- mlume du raer-
- 4 13. G " N d
- Si on prend P en grammes, d en centimètres, on obtient D en centimètres que l’on exprime ensuite en microns (p= i/iooo0 de millimètre).
- L’avantage de ce procédé est que le nombre, d’opérations N effectuées peut être aussi grand que l’on veut, c’est-à-dire que l’on peut avoir P avec beaucoup de précision, et que d’autre part la valeur de rf n’est limitée que par la longueur du tube dont on dispose pour l’expérience. Remarque ; en faisant circuler l’index de mercure dans lé tube, il doit avoir toujours la même
- /o.093 P
- p.2x177 - vue 589/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- longueur, si le tube a un calibre régulier dans toutes ses parties.
- MM. François Marty, à Marseille et Germain Petit, à Conflans. — Les encres employées pour faire les bordures de papiers de deuil sont le plus souvent des encres à la gomme laque solubilisée par l’ammoniaque, le borax ou le carbonate de soude, une bonne formule
- est la suivante :
- Eau....................... 1000 c. c.
- Gomme laque................ u5o gr.
- Alcali volatil.............. 5o c. c.
- On laisse en contact 24 heures à l'roid, puis on porte à douce température en agitant constamment jusqu’à ce que la gomme laque soit dissoute, à ce moment on incorpore du noir de fumée, en quantité suffisante pour donner l’intensité voulue, quantité qui varie suivant la qualité du noir, mais que l’on peut fixer rapidement par des essais préliminaires à la touche sur le papier à border.
- Eviter pendant la préparation de chauffer trop fortement pour ne pas provoquer le départ de la totalité de l’ammoniaque destinée à solubiliser la gomme laque.
- M. 7). P., à Lyon. — Les vernis à chapeaux étant à base de gommes résines, la plupart solubles dans le tétrachlorure de carbone, vous pourriez essayer de ce dissolvant, mais il n’est pas certain que les solubilités seront concordantes suivant les gommes employées, nous ne voyons pas du reste l’avantage de la substitution, l’alcool pouvant être pris à l'état dénaturé.
- M. Saignes, à Chambeuil (Cantal). — i° La chloro-picrine est un liquide huileux, incolore, très réfringent, de densité 1,665, qui irrite les muqueuses très fortement, elle peut être portée à i5o° sans se décomposer, mais sa vapeur surchauffée détone violemment. La chloropicrine est neutre aux papiers réactifs, elle est. insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, inattaquable par les acides forts même à l’ébullition.
- On obtient la chloropicrine facilement par le procédé d’Hofmann, qui consiste à délayer du chlorure de chaux dans l’eau froide et à ajouter doucement le dixième de son poids d’acide picrique également dissous dans l’eau froide. L’opération se fait dans une cornue tubulée, on refroidit au besoin, car la réaction est très vive. Lorsque l’on a terminé l’addition d’acide picrique, on chauffe et la chloropicrine distille. Le rendement est. d’environ n5 pour 100 de l’acide picrique employé. 20 La chloropicrine s'emploie soit en fumigations par vaporisation du liquide dans la pièce close, soit en pulvérisations locales d’une solution à a ou 10 pour 100 dans l’alcool qui peut être dans ce cas le vulgaire alcool à brûler.
- M. Milliat, à Moutiers. — 1” La fixation des spires de fils nickel-chrome sur plaques de mica peut être obtenue très facilement par un mélange de poudre d’amiante et de silicate de soude peu alcalin, en proportions convenables. 2" Le patinage du cuivre se pratique par ébullition dans une solution composée essentiellement d’acétate de cuivre et de sel ammoniac par exemple :
- Sous-acétate de cuivre .... isS gr.
- Carbonate de cuivre.......... 1 —
- Sel ammoniac................. 22a
- Acide acétique. ....... 5o —
- Eau ordinaire................ 1000 c. c.
- Suivant la concentration et la durée d’immersion, on obtient des tons très variés. 3° Le nettoyage des chapeaux de feutre, après dégarnissage de la coiffe et du cuir, s’affectue d’abord dans un bain de savon bouillant qu’on laisse refroidir aussitôt après avoir entré la pièce; quand le bain est devenu tiède on foule légèrement, puis on passe dans un second bain de savon et carbonate de soude, que l’on fait suivre d’un dernier foulage en bain de carbonate de soude seul, léger. Finalement on rince à l’eau douce. Le feutre bien rincé et simplement essoré est alors apprêté en le trempant, dans une eau de farine de lin jusqu’à ce qu’il soit bien imprégné, on le secoue, on le brosse pour orienter convenablement le poil et on le laisse sécher après avoir garni l’intérieur de papier mis en boule, les bords reposant bien à plat.
- L’eau d’apprêtage s'obtient en faisant bouillir pendant un quart d’heure i5 gr. de farine de lin dans un litre d’eau (remplacer l’eau d’évaporation pour conserver le même volume), passer sur une toile le liquide encore chaud, avant emploi pour éliminer les débris de graines qui souilleraient par la suite la surface du feutre. 4° Le tissu que vous nous ave/, soumis est teint par une cou-
- leur dérivée de la houille, c’est-à-dire de même origine que le bleu de méthylène faisant le fond de l’encre à stylo; tout agent qui détruirait l’un, détruirait l’autre en même temps, aucune solution ne peut donc être entrevue.
- M. le Dv Ombredanne, à Paris. — L’insuccès que. l’on éprouve habituellement dans les peintures sur ciment provient de ce que celui-ci très alcalin produit une saponification de l’huile de la peinture, on peut y remédier en badigeonnant au préalable le ciment avec une solution saturée de sulfate de zinc, on laisse, sécher trois à quatre jours et on peint à la manière ordinaire. Dans ces conditions il se forme du sulfate de chaux et de l’oxyde de zinc qui ne présentent aucun des inconvénients précités.
- M. Marty, à Perpignan. — Inutile de faire l’acquisition de produits spéciaux pour dessiner des figures sur carton noir, un peu de blanc d’Espagne délayé dans du silicate de soude ou de potasse vous fournira une sorte de gouache que vous amènerez à fluidité convenable par addition d’eau si cela est nécessaire. Dans le cas qui vous occupe de figures géométriques, le mieux sera pour l’emploi de vous servir d’un petit pinceau, puisque les traits doivent nécessairement avoir une certaine épaisseur pour être vus à distance. La coloration rouge pourra être obtenue par addition d’un peu de minium à la préparation précédente.
- M. Laborie, à Paris. —Nous ne croyons pas que sous la forme colloïdale qui n’est qu’une pseudo-solution, l'argent soit susceptible de donner une teinture du bois « bon teint », mais il n’en serait pas de même d’une imprégnation par un sel soluble tel que le nitrate d’argent, après exposition à la lumière et sous l’influence des matières organiques, l’argent mis en liberté se trouve emprisonné dans la fibre et par suite ne peut plus être enlevé, c’est donc la méthode que nous vous conseillons d’adopter, les seules objections que nous puissions faire est un prix de revient élevé, sans grands avantages et une teinte le plus souvent grisâtre dont l’effet peut ne pas être heureux, s’il n’est recherché spécialement.
- M. Téraube, à Nîmes. — La. chloropicrine se trouve en quantité importante à la Direction des Poudres . i47. rue de Courcelles, et en petite quantité, chez Chenal et Douilhet, 12, rue Lagrange ; pour sa préparation et son emploi voir dans les présentes réponses celle faite à M. Saignes, à Chambeuil.
- MM. Harlé et Bruneton, a Paris. —La sciure de bois est susceptible des emplois suivants : fleurages pour boulangerie, épuration des huiles, fumage des salaisons, emballages, recouvrement du sol des gymnases, manèges, dégraissage des pelleteries, séchage des pièces après dorure ou nickelage, épuration du gaz, polissage des métaux, cémentation, préparation des masses de moulage métallurgique, chauffage dans des fours spéciaux type Michel Perret, fabrication d’agglomérés. Suivant la région où se trouve votre dépôt de sciure, il vous sera facile de voir lequel de ces débouchés est. le plus avantageux. En ce qui concerne particulièrement la fabrication d’agglomérés, nous vous ferons observer que des presses assez puissantes sont nécessaires, leur prix d’acquisition élevé, serait-il assez rapidement amorti, le serait-il même avant l’épuisement du stock, en outre, il faudrait se procurer facilement les goudrons indispensables pour l’agglutination. A notre avis le mieux serait de vendre la sciure en nature par exemple pour l’épuration du gaz.
- Cercle militaire de Castres, Tara. — i° La préparation des peintures ne présente aucune difficulté. On constitue un fond par mélange de :
- Blanc de zinc broyé à l’huile. . 1000 gr.
- Huile de lin................... 100 —
- Essence de térébenthine. . . . i.'îo — ,,
- Siccatif en poudre ....... 5 —
- Puis on ajoute la couleur choisie en quantité plus ou moins grande suivant l’intensité désirée. Dans le cas du gris une pointe de noir de fumée, préalablement imbibé d’huile, suffira; pour l’acajoù employer le rouge d’Angleterre, le vermillon, le brun Y an Dyclc en proportions convenables, quelques essais sur une planchette de bois vous fixeront sur la valeur de la teinte à mesure des additions de produits colorants. 20 Lorsqu’un parquet n’a jamais été ciré il est indispensable de saturer la partie superficielle par pénétration d’une masse fluide.
- p.2x178 - vue 590/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- Peur cela après avoir passé à la paille de fer afin d’enlever toutes les aspérités, on applique au pinceau
- une encaustique composée de :
- Savon de Marseille en copeaux . a5o gr.
- Eau non calcaire..................... 10 litres
- Crème de tartre..................... 5o gr.
- Porter l’ébullition et après dissolution du savon ajouter :
- Cire jaune .........................1000 gr.
- Continuer à chauffer jusqu’à ce que l’on obtienne un liquide laiteux homogène.
- Après application on laisse bien sécher, puis brosse vigoureusement à la brosse au pied. Si on désire que dès le début le parquet ait une teinte un peu foncée, on peut ajouter à l’encaustique pendant sa préparation quelques grammes de terre de Cassel.
- M, L. Le Grand, à Luisant (Eure-et-Loir). — i° Une bonne formule de p te à fourneaux qui nous a donné satisfaction est celle qui suit :
- Essence de térébenthine .... 110 gr.
- Cire jaune.................... i5 —
- Plombagine en poudre.......... 1 a5 —
- Noir de fumée. . . ........... 3o
- Faire dissoudre au hain-marie la cire dans l’essence de térébenthine, ajouter la plombagine, puis le noir de fumée et remuer jusqu’à refroidissement pour maintenir les éléments constitutifs en suspension. 2“ Tous pouvez vous rendre compte par vous-même si les lessives en question contiennent de la soude libre, pour cela après avoir fait une dissolution du produit dans l’eau distillée ajouter en excès une solution de chlorure de baryum, puis filtrer, le liquide clair devra être neutre au papier de tournesol, s’il se produisait un bleuissement c’est
- qu’il y aurait de la.soude caustique. Dans le cas de per-borate de soude, la solution aqueuse de lessive additionnée d’un mélange de bichromate de potasse et d’acide sulfurique, puis agitée avec de l’éther, colorera celui-ci en bleu intense dn à la présence de l’acide perchro-mique, cette réaction est des plus nettes et très sensible.
- M. V. T., à Paris. — Le coaltar n'est autre chose que le goudron de houille, il renferme des hydrocarbures des bases (aniline pyridines), des phénols, sa réaction est alcaline, ce qui le distingue du goudron de bois qui est acide.
- Nous pensons que les mécomptes constatés sur les repiquages de plants forestiers, par emploi de coaltar pour éviter les dégâts de lapins, sont dus à l’alcalinité et non à l’acidité du produit. 11 conviendrait donc de neutraliser cette alcalinité par addition d’un acide, par exemple de l’acide sulfurique dilué, le coaltar pourra être considéré comme neutre lorsque agité avec de l’eau distillée celle-ci sera sans action sur le papier de tournesol neutre, c’est-à-dire ne produira ni bleuissement, ni rougissement. Nous considérons que les alcalis sont beaucoup plus nuisibles à la végétation que les acides, tous les milieux végétatifs sont faiblement acides, jamais alcalins.
- M. H. d’Agrain, à Àrgèle-Gazost (Hautes-Pyrénées). — Le ruban de machine à écrire sur lequel vous avez expérimenté est certainement; préparé avec une encre grasse, il ne peut donc être question d’en faire emploi pour préparer une encre à stylo, la chose n’est possible qu’avec les rubans encrés à la glycérine, encore est-il indispensable de filtrer la solution obtenue pour éliminer tous les débris, poussières et fibres de coton cpii se sont fixés sur la masse visqueuse pendant que le ruban était en service.
- ,«*D
- BIBLIOGRAPHIE
- osl
- osiC
- Service de librairie. — Ze service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés-
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages.
- Les broches à mandriner et le mandrinage à la broche, par Ethan Yiall, traduit de l’anglais par Mauiuce Variï'ïois. i vol. i6Xa5 de xn-218 pages, 187 fig. Dunod, éditeur, Paris 1922. Prix ; 28 francs.
- Cet ouvrage constitue le travail le plus complet qui ait été publié sur l’utilisation et la construction des machines du type créé aux Etats-Unis par Lapointe, pour usiner des trous calibrés. Cette méthode de travail en série présente un intérêt considérable en raison de sa simplicité d’application, de la suppression de tout réglage, tant pour l’outil que pour la pièce, de l’inutilité des montages pour l’usinage des pièces ordinaires, de la possibilité de travailler simultanément plusieurs pièces, de la rapidité et de la précision du travail, des faibles dépenses d’outillage pour les séries importantes, et de la facilité de la conduite des machines.
- L’ouvrage de M. Yiall comprend une étude détaillée des machines à mandriner par traction et par poussée, de la construction des broches, avec une série de tableaux et d’exemples très complète.
- Le christianisme médiéval et moderne, par Charles Guignebert. i vol. in-16 323 p. Bibliothèque de Philosophie scientifique. Flammarion, Paris. Prix : 7 fr. 5o.
- M. Guignebert, professeur à la Sorbonne, avait récemment donné dans le Christianisme antique le début de l’étude qu’il poursuit ici. Il expose la vie historique de la religion chrétienne, éclairant ses principaux aspects : origines de la Papauté, scolastique, oppositions à l’église au moyen âge amenant d’une part la réforme, d’autre part l’humanisme, et
- encore la réaction catholique que marque la création de la Société de Jésus et le concile de Trente. L’auteur suit l’évolution du catholicisme jusqu’au romanisme actuel et conclut en précisant sa position présente.
- L’œuvre sera certainement discutée, mais on ne pourra lui dénier une sincérité, une tenue qui en font un remarquable travail d’histoire.
- Compendium Ilymenomycetum, fasc. 1. Ainanita, par A Sartory et L. Maire, i broch. in-8, 24 p., 2 pi. Le François, Paris. Prix ; 5 francs.
- Premier fascicule d’un nouveau travail de mycologie où l’on trouve pour chaque espèce le nom et la synonymie, les caractères distinctifs, l’étude histologique, puis toxicologique, appuyée, par des planches de l’aquarelliste alsacien G. Ilaess.
- La science du sol. Annales des laboratoires G. True-iaut. Vol. I, fasc. 1, 1 broch. in-8, 64 p-, 10 pl. Etablissements Truffant, Versailles. Prix : 5 fr. 2a.
- On connaît les recherches et la propagande de M. Truffant pour la stérilisation partielle ou désinfection du soi. Lé premier fascicule de cette nouvelle revue est consacré à un mémoire de MM, Truffaut et Bezssonoff exposant leurs recherches récentes sur ce sujet.
- Zes secrets de la baguette et l’art du sourcier. Etude théorique et pratique par Benoit Padey. i vol, in-8° de 3?,2 pages, figures. Charles Amat, Paris. Prix ; 3o fr.
- La première partie traite des eaux; la deuxième, des matières minérales ; la troisième, de l’homme, des animaux, des végétaux.
- Les méthodes que l’auteur décrit au cours de cet ouvrage permettraient non seulement d’arriver à découvrir les eaux, mais encore de situer exactement le gîte de la houille et des minerais, et, par conséquent, d éviter ou du moins de limiter les frais importants consacrés, dans ce genre de recherches, à des sondages dont un grand nombre, dit-il, sont infructueux parce qu’ils sont opérés au hasard.
- p.2x179 - vue 591/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 25Î4 10 Juin 1922
- INFORMATIONS
- asu
- Nécrologie : A. Laveran. — Un grand savant français vient de mourir dont une découverte a révélé tout un groupe de maladies inexpliquées.
- Laveran naquit à Paris le 18 juin 1845. Son père était médecin militaire et devint directeur de l'Ecole d’Appli-cation du service de santé du Yal-de-Grâce. Le fils choisit la même carrière, étudia à l’Ecole de Strasbourg, fit la campagne de 1870 à l’armée de Metz, devint en 1874 professeur agrégé au Yal-de-Grâce, puis alla tenir garnison en Algérie. C’est là qu’en 1880, à l’hôpital militaire de Constantine, il découvrit dans le sang des malades paludéens la présence de petits corps flagellés, mobiles, tout différents des microbes. Il venait de trouver la cause du paludisme. Il fallut lutter pour faire reconnaître l’exactitude de son observation. Peu après, il soupçonna le rôle des moustiques dans la propagation de cette maladie, ce que Ross confirma bientôt. Ayant quitté l’armée pour entrer à l’Institut Pasteur, Laveran consacra sa vie à l’étude des maladies dues à des pro-
- monde entier de grandes entreprises qui lui rapportèrent une immense fortune.
- Il la consacra entièrement au développement des oeuvres scientifiques et sociales et dota ainsi la ville de Bruxelles d’un ensemble d’institutions unique au monde. Il fut le fondateur de l’Institut international de Chimie, de l’Institut de Sociologie, de l’Institut d’Anatomie et de l’Ecole de Commerce annexée à l’Université de Bruxelles ; il fit des donations considérables à l’Université libre de Bruxelles, ainsi qu’à l’Université de Paris et à celle de Nancy. Pendant la guerre, il aida puissamment le Comité national qui assura le ravitaillement du peuple belge sous l’occupation allemande et, à la rentrée du gouvernement à Bruxelles, en novembre 1918, M. Ernest Solvay fut nommé ministre d’Etat.
- Sans s’occuper de politique active, Solvay a eu une grande influence sociale par son livre l'Energétique sociale où il a exposé sa théorie économique du. productivisme qui tend à l’organisation et à la défense de tous
- tozoaires et publia, en collaboration avec Mesnil, un traité des Trypanosomes et Trypanosomiases qui fait autorité. Membre de l’Académie des Sciences en 1901, Laveran reçut en. 1907 le prix Nobel de médecine en récompense de ses travaux.
- Nécrologie : Ernest Solvay. — M. Ernest Solvay, le célèbre industriel et sociologue belge, vient de mourir à Bruxelles à l’âge de 84 ans. Né en iS38, à Rebecq-Rognon, dans le Brabant wallon, il s’était fait remarquer tout jeune par l’invention du procédé de fabrication de la soude qui porte son nom. On sait en quoi il consiste : on fait réagir le sel ordinaire sur le bicarbonate d’ammoniaque suivant la formule :
- C05-HNH* + Na Cl = CO3 HNa ~f N H4 Cl.
- Le bicarbonate de soude est transformé en carbonate par la chaleur. Le chlorure d’ammonium chauffé avec de la chaüx vive, donne du chlorure de chaux et de l’ammoniaque; cette dernière, mise en contact avec de l’acide carbonique, régénère le bicarbonate d’ammoniaque du début de la réaction, si bien que le seul produit consommé est le sel. Ce procédé donne des produits très purs et, à ce point de vue, a une grande supériorité sur le procédé Leblanc précédemment employé. Mais sa réalisation industrielle nécessite de grosses installations. Solvay fut ainsi amené à créer dans le
- les intérêts moraux et matériels de la collectivité. A la base de sa doctrine, il y a le principe de la plus grande égalité possible au point de départ de la vie sociale. Lors de son dernier congrès, le parti' libéral belge a adopté la formule du productivisme de M. Ernest Solvay comme base du programme économique libéral.
- Jusqu’au dernier jour, M. Ernest Solvay eut la joie de pouvoir s’occuper activement de ses œuvres scientifiques, sociales et philanthropiques. Sa mort est un véritable deuil national pour îe pays où ses vastes entreprises dans tous les domaines et ses œuvres charitables lui avaient valu une immense popularité.
- Les méfaits de la montagne. — Le printemps pluvieux, qui fit monter le cours des rivières un peu partout en France, a provoqué un éboulement sur la ligne de Bourg à Bellegarde (Ain), à l’endroit où elle longe ou contourne la base des derniers contreforts du Jura. A la suite de pluies torrentielles, il se forma une poche d’eau dans l’intérieur de la montagne. Une couche de glaise se mit en mouvement, entraînant des plantations de sapins et ùne masse de terres et de rochers. Une quantité de débris, évaluée par les ingénieurs des ponts et chaussées à 25oooo m3, s’abattit sur la voie; entre les gares de Nantua et de Chaux, et sur une longueur de plus de 100 m., rails, traverses et ballast furen
- Hfél 18U g».
- 23
- p.2x180 - vue 592/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- transportés à 120 m. de distance. II n’y eut que des dégâts matériels à enregistrer, car on avait pu arrêter à temps un train de voyageurs et éviter une catastrophe. La circulation a été rétablie sur la ligne peu après, grâce à l’établissement d’une voie provisoire.
- . Une nouvelle soupape électrique pour la production d’oscillations non amorties. — On sait que les rayons cathodiques issus de la cathode d’un tube à vide sont constitués par un faisceau d’électrons négatifs, et par suite sont sensibles à l’action du champ électrique. C’est sur cette propriété que s’est appuyé Nasarichwily pour produire des oscillations électriques extrêmement rapides. La figure ci-dessous montre le schéma du montage.
- Un tube de Braun a une cathode K chauffée et une anode A située à l’autre extrémité du tube, à la place
- T uuuutmmssJ (im
- 1 1
- généralement occupée par l’écran fluorescent. Une bobine D dans laquelle circule un léger courant sert à assurer le centrage du faisceau d’électrons sur l’anode A. Le pôle négatif d’une batterie de 1800 à 35oo volts est réuni à la cathode, et le pôle positif de cette batterie est connecté à l’anode du tube à vide par l’intermédiaire du primaire d’un transformateur T. Le secondaire de ce transformateur est relié au circuit dans lequel on désire produire les oscillations, et un circuit auxiliaire est en communication avec les plaques P d’un condensateur situé dans le tube. Quand la cathode est chaude, un courant de 0,9 à 9,7 milliampères passe dans le tube, mais en même temps, par suite du courant induit, les plaques du condensateur P se chargent, et le champ électrostatique qui s’établit entre elles dévie le courant d’électrons qui par suite né tombe plus sur l’anode A. Le courant est alors interrompu dans le circuit, et l’action électrostatique exercée par le condensateur P cesse également. Le faisceau d’électrons n’étant plus dévié retombe alors sur l’anode et les mêmes phénomènes se reproduisent.
- Un Lens canadien. •— Personne n’ignore avec quelle vaillance les corps canadiens ont longtemps combattu autour de Lens. Afin de commémorer ces luttes glorieuses, le Comité de Colonisation du Canada par.les anciens combattants a décidé de donner le nom de cette ville à un centre urbain qu’il est en train de créer dans le Saskatchewan, cette province de l’ouest, qui s’étend au delà du lac Winnipeg. Le nouveau Lens, situé sur les bords de la rivière de la Prairie et desservi par la ligne nord des Canadian National Raihvays, sera le chef-lieu d’un vaste territoire distribué à la colonisation parles anciens soldatsde la grande guerre, danslaRéserve forestière du Porc-Epic (Porcupine Réserve Forest). Sur le plan de la future ville approuvé récemmentpar le gouvernement du Saskatchewan, nombre de rues portentdes noms rappelant les hauts faits d’armes du corps canadien : Arras, Vimy, Givenchy, Lille. Il y a aussi la rue de Verdun.
- Le Lens canadien couvrira une étendue de 65 hectares, avec des ai-tères principales larges de 20 m.; le terrain ne coûte pas cher dans l’Ouest canadien.
- Le fumier et les engrais. — Le Bulletin de Renseignements de VInstitut International d'Agriculture rend compte d’une étude de M. E.-J. Russell, directeur de la célèbre station expérimentale' anglaise de Rothamsted, parue dans le Journal of the Ministry of Agriculture, sur la conclusion des observations répétées pendant 68 années à propos de l’action comparée du fumier et des engrais chimiques sur les cultures. Il i-ésulte de cette longue expérience qu’il faut, fournir au sol de larges quantités de matière organique pour obtenir le maximum de fertilité. Cette matière organique, sous forme de fumier, fournit aux plantes sarclées une terre plus meuble et augmente la capacité d’absorption d’eau du sol; elle favorise aussi le développement du trèfle et
- pour toutes les cultures maintient le niveau des récoltes plus constant que ne font tous les engrais chimiques ; enfin, elle diminue les risques de détériorer le sol par une méthode de culture anormale, comme dans les cas de fumures insuffisantes ou unilatérales.
- L avantage du fumier ressort nettement des statistiques portant sur 68 années, bien que celui-ci ne donne pas, dans les années favorables, d’aussi bonnes récoltes que celles dues à une application bien équilibrée des différents fertilisants.
- Comparaison entre le fumier et les engrais chimiques
- dans une culture continue du blé. Variation
- Parcelle Recolle nioveimc 1852-1920 Diminution moyenne annuelle due aux - conditions météo rolo-
- Ko. Fumure. lit par ha. hl par ha. «Fines
- 2 b Fumier, 35,120 kg par ha et par an. 1 2,276 0,011 ^-1 00
- 3 et 4 Aucune 4,466 o,o35 6,20
- 5 Fumure minérale complète. . . . 5,162 o,o33 5,84
- (i Comme en 5 -j- simple application de sels ammonia-eaux 8,209 o,o51' 6,01
- 7 Comme en 5 -j- double fumure ammoniacale . . . 11,418 o,o5-2 5,ri
- 8 Comme en 5 -f- triple fumure ammoniacale , . . 12,993 o,o85 7,>8
- 10 Double fumure ammoniacale seulement 7 ,°99 0,067 11,10
- 11 Comme en 10 -(-superphosphate . . 8,020 0,080 10,3 2
- 1 ‘A Comme en 10 -(- superphosphate -[-sulfate de soude. 00 0 c 0,066 7, '8
- i3 Comme en 10 -j- superphosphate -f-sulfate de potasse. • 10,996 0,0,45 5,55
- 14 Comme en 10 -j- superphosphate -f-sulfate de magnésie io, 106 0,084 6,38
- *7, 18 r Fumure minérale 1 seule ou double < fumure ammonia-/ cale seule alter- 5,282- o,o33 10,16
- ^ nativement. . . io,558 0,041 4,55
- En attendant que les études en cours à Rothamsted et ailleurs permettent d’expliquer les raisons scientifiques de ces effets et de comprendre quel est le meilleur-emploi du fumier, le problème qui se pose d’une manière bien plus urgente est le suivant : comment peut-on augmenter la provision de fumier ou de matières semblables A Rothamsted on suit deux méthodes générales : la première consiste à supprimer le gaspillage, jusqu’à présent trop considérable, qui se produit dans la conservation et la manipulation du fumier ; la seconde consiste à accroître, à l’exploitation agricole, les disponibilités de fumier ou de matières semblables, soit en augmentant le cheptel vivant lorsque les conditions économiques le permettent, soit surtout en étudiant la possibilité de remplacer le fumier par des succédanés. Les études en cours à Rothamsted sur la décomposition artificielle de la paille permettent d’avoir bon espoir à cet égard, de sorte qu’en disposant d’aération, d’humidité et de températures convenables, en diminuant l’acidité et en appliquant des doses opportunes de composés azotés solubles, on pourra obtenir une matière semblable au fumier.
- Il est également possible d’augmenter la disponibilité de matière organique avec l’engrais vert; mais, pour que celui-ci soit vraiment économique, il doit constituer une culture dérobée succédant à une récolte principale. Les eaux d’égout peuvent également être employées, et les amples études entreprises à Rothamsted, en 1918-1920, ont démontré que le traitement desdites eaux par la méthode de la boue activée donne un engrais de grande valeur, supérieur à tout ce qu’on a obtenu jusqu’ici à cet égard.
- p.2x181 - vue 593/620
-
-
-
- 1*SD
- SCIENCE APPLIQUEE
- OSf...
- T. S. T. ^§ï>
- La radiotable. — L'établissement de services réguliers de radiotéléphonie a eu pour effet d’accroître dans de notables proportions le nombre des amateurs sans-tilistes. Chacun peut désormais, sans avoir besoin de s’astreindre à l’étude difficile de la lecture au son. entendre à toute heure de la journée des nouvelles de presse, des cours de bourse ou de change, des concerts et môme de véritables représentations données par des artistes en renom. Ces émissions radiotéléphoniques sont envoyées actuellement (avril 1922) par de nombreux postes; les plus importants sont la Tour Eiffel et Saint-Assise pour la France, Rome, La Haye, Nancy, Chelmsford, Madrid pour l’étranger, sans compter les postes américains. Le nombre de ces postes ne cesse de s’accroître, de même que la fréquence et la puissance de leurs émissions. L’usage des amplificateurs à lampes a permis de simplifier les appareils de réception et tout dispositif servant à recevoir la téléphonie permet également d’entendre les émissions ordinaires de T. S. F. en ondes amorties ou entretenues. Jusqu’à présent cependant le montage d’un poste récepteur était assez délicat, même si l’amateur se contentait d’un cadre indépendant
- Fig. 1. — La Radiotable.
- et sans l’emploi d’antenne et de prisej’de terre. De plus et surtout, le poste une fois monté était difficilement transportable et nécessitait un nouveau montage à chaque déplacement. Il restait donc à trouver pour sa-lisfaire au vœu de nombreux amateurs un appareil portatif et indéréglable sans antenne et cadre séparé ne nécessitant aucun montage et utilisable partout.
- Tel est le problème que s’est posé M. Hemmerdinger. Pour le résoudre, il a construit un meuble, la Radiotable, qui fait de l’appareil dé téléphonie sans fil ou de T. S. F. un ensemble aussi portatif qu’un appareil téléphonique ordinaire et assez élégant pour trouver place aussi bien dans le bureau de l’homme d’affaires que dans le salon de la femme du monde.
- La Radio-Table se présente sous la forme d’un bureau en acajou; une tablette à l’arrière reçoit dans une boîte hermétique les accumulateurs et les piles nécessaires au fonctionnement des amplificateurs (4 volts 60 ampères-heure pour le chauffage des filaments, 80 volts pour le chauffage des plaques). Ces accessoires encombrants, fragiles et disgracieux sont ainsi complètement dissimulés. L’arrière du meuble, particularité principale de cet appareil, est disposé de façon à former collecteur d’ondes. A cet effet, sur un cadre de 1 m. à x m. pour le modèle courant en bois gomme laqué et recouvert de papier paraffiné, sont enroulées des spii’es de fil 9/10 isolé au caoutchouc ou gomme laqué et dont
- la loixgucur varie suivant la longueur d’ondes du poste à recevoir. Ces spires sont soigneusement recouvertes de tissu ou do placage qui les dissimule complète-
- A mplificateur 3 tempes avec .condensateur d'accord et réaction
- Haut
- parleur.
- Réaction
- tablette bureau
- Bornes d'arrivée des fi/s du cadre
- Collecteur d'ondes
- Targette
- Fig. 2. — Le devant de la Radiotable.
- ment et contribuent à donner au meuble son aspect élégant. Sur une tablette verticale attenant au cadre est suspendue une boîte en ébénisterie contenant les amplificateurs et le condensateur d’accord.
- Enfin, une tablette horizontale antérieure mobile permet de noter les émissions reçues ou de placer d’autres appareils auxiliaires d’enregistrement par exemple. Pour entendre les émissions, il n’est besoin d’aucun autre montage, l’appareil étant entièrement autonome; il suffit d’orienter la table dans la direction du poste qu’on veut écouter et de tourner la manette du commutateur actionnant les amplificateurs. La communication terminée, on se sert du meuble comme d’un bureau quelconque, ou on le replie complètement. Dans ce dernier cas, la place qu il peut occuper est insignifiante (1 m. long., 1 m. hauteur, 18 cm profondeur).
- Le rendement du poste est excellent, il a sur ceux à antenne l’avantage de supprimer les parasites parfois si gênants à la réception et de permettre une sélection plus complète des émissions. 11 l’emporte également beaucoup sur les postes à cadre indépendant, la position des amplificateurs diminuant la longueur des connexions qui sont réduites au minimum. L’accord est des plus simples; un simple condensateur de o,ooo5 est suffisant pour accorder le circuit formé par le cadre. Il est placé, comme nous l’avons dit, dans la boîte en ébénisterie. La portée de.ee poste varie suivant le modèle des amplificateurs montés et, bien entendu, la puis sance des postes émetteurs. A titre d’exemple, avec la puissance actuelle de la Tour Eiffel (800 watts), un premier modèle à 2 lampes H. F. permet, d’entendre avec un écouteur 2000 ohms les émissions dans un rayon de 5o km. Un deuxième modèle comportant un amplificateur
- Couvercle mobile é charnière ,
- . ,.\ haut parleur
- Tablette homon/a/e mobile
- Charnière
- Fig. 3. — L’arrière de la Radiotable.
- à 3 lampes H. F. dont la troisième autodétectrice, réaction autodyne par compensateur ou self donne l’audition dans un rayon de i5o km environ.
- Uxx troisième modèle à 4 lampes dont 2 II. F. et 2 B. F. permet l’emploi du haut parleur (Ducretet, Ma-gnavox, Brown, etc.) si intéressant pour un nombreux auditoire ou la réception à l’écouteur à 400 km. Enfin
- p.2x182 - vue 594/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- un modèle à 6 lampes dont 7 II. F. et a B. F. donne une portée de 700 km. Ces postes permettent naturellement l’audition en T. S. F. de toutes les stations européennes et même la dernière de l’Amérique dans certaines conditions.
- L’appareil est en vente chez Stenger, 18, rue de la Banque, Paris.
- "Electricité
- F
- ig. 4.-Lame
- de charbon sciée en dia-•gonale.
- Ficelles
- Rhéostat réglable à eau et à charbon. — Il est
- souvent utile pour un amateur électricien d’avoir un petit rhéostat à liquide qu’il est commode d’agencer pour qu’il soit réglable assez facilement.
- Lorsque l’on utilise un rhéostat avec des plaques de charbon qu’on éloigne ou qu’on rapproche à volonté, on ne réduit pas assez progressivement la valeur de la résistance et cette variation devra être autant que possible proportionnelle à la valeur de la résistance à chaque instant.
- Un de nos lecteurs, M. Denizot, nous communique'le montage qu’il emploie et qui est particulièrement simple et facile à établir.
- On prend une lame de charbon de pile Leclanclié. Ce charbon sera choisi le plus long possible. Une dimension bonne est celle de a5 cm de longueur.
- Cette lame sera sciée en diagonale et on percera chaque moitié de deux trous près du bord du petit côté. On disposera ces deux plaques à côté l’une de l’autre de façon que les parties en diagonale soient opposées. Ces deux lames partielles seront assemblées par leurs têtes au moyen d’une plaquette isolante de libre ou d’ébonite ou même simplement de bois paraffiné. Dans cette plaquette on fixera les plaques de charbon par des vis qui ne devront pas communiquer de l’une à l’autre plaque. On peut avoir un assemblage
- plus solide en prenant deux boulons qui au-rontunelongueur suffisante pour recevoir d e ux écrous de serrage de chaque côté de l’ensemble qui sera ainsi solidementmain-tenu. Les tiges fie ces boulons devront être isolées par une gaine en caoutchouc ou par un petit tube de micanile.
- On peut agencer,. simplement un petit treuil de manœuvre au moyen d’une bobine de fil vide et d’un morceau de bâton de bois qui sera supporté par deux montants. Le liquide employé sera de l’eau pure que l’on pourra rendre moins résistante en y incorporant une solution saline ou acide goutte à goutte et on agira doucement.
- C.ette disposition offre l’avantage de réduire avec une progression rapide la surface immergée et d’écarter les jdoints de contact, car cela oblige le courant à parcourir un plus grand chemin dans l’eau à mesure que le bloc émerge de l’eau.
- Fibre
- ir.f lame
- Boulons
- isolés
- Fig.
- Rhéostat réglable,
- cjg'jvs, Objets utiles
- Repasseur de lames de rasoir « F Allegro ». — Le
- rasoir de sûreté à lame amovible est aujourd’hui d’un emploi courant. 11 présente sur le rasoir ordinaire à latne fixe de nombreux avantages ; facilité d’emploi,
- diminution des dangers de se couper, remplacement aisé de la lame qui a perdu le fil. Sa seule infériorité est dans la difficulté plus grande de repasser la lame, ce qui oblige à en changer assez souvent. Pour y remédier, on a déjà imaginé maints appareils et même une petite industrie s’est créée pour le repassage* des lames de rasoirs de sûreté.
- Mais (les résultats obtenus sont souvent peu satisfaisants, du fait de la minceur et de la flexibilité de la lame. Il y manque la reconstitution exacte de l’angle de coupe.
- Une lame de rasoir travaille par son tranchant, à la façon d’un coin qui pénètre à la base des poils et les sectionne. Au bout de peu de temps, ce tranchant s’émousse, parfois s’ébrèche ou se recourbe ; le poli diminue, la lame tend à se transformer en scie à dents irrégulières ou plus exactement en coin arrondi ou irrégulier. Le rasoir ne coupe plus, il faut changer la lame. Pour lui redonner son tranchant, deux opérations sont nécessaires, d’abord un aiguisage qui, enlevant une très mince couche d’acier, rectifie les facettes arrondies ou brisées, puis un polissage aussi parfait que jDOssible. Sa lame doit sortir de ces opérations aussi unie que lorsqu’elle était neuve et ayant conservé le même angle de coupe.
- Les coiffeurs savent, par une longue habitude, obtenir
- Fig. 4. — Repassage d’une lame avec « l’Allegro ».
- ce résultat pour les rasoirs à lame fixe, par une série de passages sur un cuir à deux faces, dont une est recouverte de très fine poudre d’émeri. Mais rien de pareil n’existait jusqu’ici pour les lames amovibles des rasoirs de sûreté.
- En s’inspirant de la pratique des barbiers, un appareil vient d’être construit qui résout ce petit problème. Il se présente comme un cadre rectangulaire en métal nickelé dont les deux côtés latéraux repliés forment glissière. Au milieu, une plaque métallique est fixée portant en son centre une échancrure rectangulaire inclinée à 45° dans laquelle on peut fixer par une griffe une pièce de même forme dont une face est recouverte, d’une meule grise d’émeri très fin et l’autre d’un cuir de repassage.
- L’ensemble représente donc exactement le cuir traditionnel des coiffeurs.
- Reste à y faire passer la lame'. Pour cela, celle-ci est placée entre deux tiges métalliques, tenue exactement par deux tenons passant dans ses orifices et fixée en position par une vis de serrage. La lamé et son porte-lame sont introduits dans deux encoches d’un chariot glissant entre les parois latérales de l’appareil. On commence du côté aiguisage; on finit du côté repassage. La lame, inclinée à 3o° environ pour conserver l’angle de coupe optimun passe sur la meule ou sur le cuir. Arrivée au bout, elle bascule et revient en présentant sa face opposée.
- La même opération se répète à chaque passage, de telle façon que l’affûtage se réduit à une sérié de mouvements de va-et-vient du chariot, la lame placée successivement sur chacun des deux côtés.
- Cet ingénieux appareil, baptisé « l’Allegro » par son inventeur, est en vente chez MM, Kirby, Beard et Cie, 5, rue Auber, Paris.
- p.2x183 - vue 595/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ><^D
- IgD
- osu
- CONSERVATION DES ŒUFS HORS COQUILLE, A L'ÉTAT LIQUIDE
- On a défini les œufs liquides « un produit commercial constitué par le mélange du contenu (jaune et blanc) des œufs de même espèce, sans addition ni soustraction.
- Quand on emploie la congélation — au moins — 3°, — les œufs doivent être utilisés aussitôt sortis du frigorifique.
- Aux Etats-Unis, on tient les bidons de 20 à 25 kg dans des chambres froides pourvues d’étagères formées par des rangées de tuyaux, dans lesquels circulé le mélange réfrigérant pour la congélation. Ces étagères ont 5o cm de largeur, et les rangées de tuyaux formant tablettes sont à 37 cm l’une au-dessus de l’autre.
- On conseille, avant de congeler les œufs liquides, de mélanger les blancs et les jaunes dans une baratte spéciale, dont les batteurs, ou agitateurs, sont actionnés par un moteur. Dans le pays que nous venons de citer, on emploie deux types de ces barattes. Dans l’un, les œtifs liquides sont refroidis pendant le barattage à une température s’approchant du point de congélation; dans l’autre, les blancs et les jaunes sont simplement mélangés. Le premier type est indispensable dans les établissements où l’on ne possède pas un système frigorifique suffisant pour refroidir les œufs avant de les casser, et pour congeler rapidement les œufs liquides.
- Il importe, en effet, de ne pas laisser se multiplier les microbes que contiennent toujours ces derniers, et si l’œuf peut se congeler à — 3Ü, par exemple, il n’est pas moins vrai que pour amener rapidement cette congélation, il faut, au début, entretenir dans le frigorifique une température beaucoup plus basse — i3° à — 170.
- La baratte à refroidissement consiste en une machine à pasteuriser modifiée. Un point essentiel, c’est qu’elle soit construite de façon à pouvoir être rapidement lavée et stérilisée.
- Le Congrès de Paris a émis le vœu que les œufs conservés hors coquille, liquides ou secs, et destinés à l’alimentation, ne soient additionnés d’aucun antiseptique. Le Congrès de 1910 a admis comme opération régulière l’addition de sel marin commercialement pur, dans la proportion maximum de 12 pour 100 du produit à l’état liquide. Il a demandé aussi que les œufs liquides, jaunes ou blancs, qui ne sont pas destinés à l’alimentation, et qui, pour cette raison, peuvent être conservés par les antiseptiques, soient dénaturés sous les yeux de la régie avec 2 pour 100 d’huile de camphre brute, par exemple.
- M. Salvin Gondinet, importateur à Marseille, dit dans son rapport au deuxième Congrès international de Paris pour la répression des fraudes (novembre 1909), que 12 pour 100 de sel ne suffisent pas toujours pour assurer la conservation des œufs liquides. U acide borique (2 pour 100), le sulfate de soude dans la même proportion seraient efficaces, mais leur usage est interdit chez nous. Le sucre à forte dose ne tarde pas à fermenter et, d’ailleurs, les œufs ainsi traités ne peuvent être employés qu’en pâtisserie.
- Cependant, à l’étranger, ôn emploie l’acide borique (2 pour 100), ou un mélange de cet acide (1 pour 100) et de sel ( l 2 pour 100).
- M. G. Eichelbaum (Allemagne) a déduit de ses expériences, où il a gardé 10 à 14 jours des œufs liquides additionnés d’antiseptiques divers à -37-38°, que l’acide borique est certainement le meilleur conservateur. Employé à la dose de 1 à 2 pour 100, il n’a pas constaté de pourriture après 12 jours.
- Avec Y acide salicylique à 1 à 2 pour ioOj il n’y a pas de pourriture, mais changement désavantageux de couleur et d’odeur.
- Yoici quelques autres ingrédients essayés : - acide
- acétique à o,65 pour xoo; la pourriture est empêchée, mais les œufs prennent un goût acide et se coagulent;
- — toïuol ou chloroforme : l’odeur et la saveur des œufs ne peuvent pas être enlevées ; — huile de moutarde ; forte odeur de mercaptan, les œufs ne peuvent être consommés; — benzoate de soude à 1,75 pour ioo : les œufs se décomposent et pourrissent après 8 et 9 jours;
- — acide chlorhydrique à o,5 pour 100 : les œufs sont attaqués par la pourriture et les moisissures.
- En igo5 il entrait déjà en France 1 5oo 000 kg de jaunes d’œufs liquides, soi-disant destinés aux usages industriels, et de ce fait exonérés du droit de 6 francs par 100 kg. Mais, paraît-il, à part ceux en provenance
- de Chine, immangeables, le reste allait aux fabricants de biscuits, aux pâtissiers et aux boulangers. On a trouvé, èn effet, de l’acide borique dans des biscuits dits « à la cuiller », biscuits « champagne », dans lesquels entre, comme l’on sait, du jaune d’œuf.
- Au point de vue commercial, on distingue deux sortes de jaunes : les jaunes d’Extrême-Orient (Chine, Indo-Chiné, etc.) qui sont presque exclusivement tirés des œufs de cane ; les jaunes de Syrie, Turquie, Russie et provinces danubiennes, provenant d’œufs de poule. Ces jaunes exotiques sont généralement additionnés de sel marin et de quantités variables de borate de sodium, acide borique, fluorure de sodium.
- Les jaunes de cane de Chine nous arrivent de Han-kow, etc., en bidons de fer-blanc de 5 kg, avec un antiseptique, qui est presque toujours de l’acide borique. On y trouve aussi parfois une forte proportion de sel marin (i5 pour 100).
- En Bulgarie, il existe des fabriques de conserves d’œufs à Philippopoli et à Sofia, où l’on sale les jaunes pour l’industrie.
- Les jaunes de Russie, pour les usages industriels, étaient exportés en barils de 80 à 100 kg (2 millions de kilogrammes en 1903).
- Les jaunes de Syrie sont concentrés à Mossoul (Mésopotamie). En 1907 cette ville en a exporté à Marseille environ i5o tonneaux, additionnés de 1 pour 100 d’acide borique, et 10 pour 100 de sel marin. On les agite avec soin, puis les entonne dans des futailles en bois de saule, qui, pleins, pèsent brut 200 kilogrammes.
- Les jaunes liquides sont surtout destinés à la mégisserie, où on les mélange, par exemple avec des crottes de chien, de la fécule, pour ’ assouplir les peaux d’agneau et de chevreau.
- Ces dernières années, devant l’insuffisance de notre production, les importations ont repris avec plus d’intensité, de Chine, du Japon, de l’Amérique du Nord. Ainsi, pour citer un exemple, le 23 juin 1921, il est entré dans le port de Marseille un cargo anglais, le Gothic Star, portant 6g3 tonnes d’œufs congelés pour la consommation, soit plus de 12 600000 œufs.
- Une partie des œufs ainsi expédiés est encore en coque et simplement réfrigérée en cours de route. Mais la grande majorité est hors coquille à l’état liquide, en bidons de 5 à 20 kg congelés à — i5°.
- Des industriels anglais et américains, installés en Chine, se livrent en grand à ce commerce. En 1921, ces œufs de Chine étaient acceptés pour la consommation. Mais des accidents s’étant produits chez des consommateurs, le Conseil d’Hygiène fit faire une enquête qui reconnut la nocivité possible d’une telle denrée.
- Bien que les importateurs assurent que les œufs sont soigneusement mirés avant l’expédition, d’autres disent que la marchandise n’est soumise, au déjxart, à aucun contrôle, et qu’il paraît indispensable d’exiger des garanties sanitaires à l’origine, pendant le transport, à l’arrivée, et au moment de l’emploi chez les industriels. Si la matière contient, à l’origine, des germes d’altération, ils peuvent se multiplier au cas où la décongélation survient en cours de route en wagon ordinaire. A l’arrivée, cette décongélation, demande un temps assez long; or les germes commencent à se multiplier en surface dans les parties décongelées, avant même que la décongélation ne soit achevée; les moisissures et les levures s’y développent aussi en abondance.
- L’analyse bactériologique a montré que, 24 heures après la décongélation, les œufs présentaient jusqu’à 36 000 bactéries par centimètre cube.
- Chez les pâtissiers, ces œufs s’altèrent vite, même quand on les conserve en cave. Peut être faut-il chercher là la cause des empoisonnements par des gâteaux à la crème.
- Tout au plus, ditM. Ch. Martel, à qui nous devons cette élude, peut-on envisager l’emploi de ces œufs congelés pour la biscuiterie, en raison de la cuisson prolongée à haute température que subissent les produits.
- Cependant, affirment quelques-uns, « la pénurie relative des œufs indigènes doit faire encourager l’impor ation. »
- Antonin Rolet, Ingénieur-agronome.
- p.2x184 - vue 596/620
-
-
-
- JfeD
- 1lC
- HYGIENE ET SANTE
- asc.
- aüf
- LA MORTALITÉ ET LA MÉTÉOROLOGIE
- */
- Le sujet est bien connu et maintes études ont déjà été publiées à ce propos. Mais il reste encore beaucoup à faire pour dégager les lois générales des variations particulières ou temporaires qui faussent trop souvent les conclusions.
- Justement, la Ville de Paris possède suc les causes des décès une statistique déjà longue, très complète et très sûre, qu'on peut consulter dans la série des Bulletins hebdomadaires, puis décadaires de statistique municipale. D’autre part, peu de villes ont une documentation météorologique comparable comme précision et comme durée. La confrontation des deux groupes d’éléments devait donc être fructueuse.
- C’est ce qu’a entrepris M. Louis Besson, chef du service physique et météorologique et dont il donne les premiers résultats dans les Annales des Services techniques d'Hygiène de la Ville de Paris.
- Il a examiné tout d’abord deux problèmes bien délimités : les maladies respiratoires et la diarrhée infantile en rapport avec les conditions météorologiques du moment.
- I. Maladies respiratoires. — Si l’on groupe sous cette rubrique les décès dus à la bronchite aiguë, à la bron-
- eces
- Température
- (renversée)
- trois semaines après, une diminution de 9,2 décès. Au-dessus de i5° et surtout à partir de 200, la température perd son influence.
- Outre cette action de la température qui est prépondérante, l’analyse des statistiques montre :
- i° Une influence du vent, les vents de NNE à E tendant à augmenter les décès, ceux de S$W à W à les diminuer, les autres aires de vent paraissant sans action nette;
- 20 Une influence des saisons, correction faite de l’influence de la température; les six premiers mois donnent plus de décès que les six derniers ; le mois de novembre est le plus favorable, ceux de janvier et d’avril les moins ;
- 3° Une influence de l’humidité, contraire à ce qu’on croit communément. En effet, la mortalité par maladies des voies respiratoires est plus faible trois semaines après une semaine humide qu’après une semaine sèche.
- Rombrë de
- Décès
- tjTTrrT
- câfcvlë 1
- T I I J '
- emnera
- I Sert 1 Qct
- Jênv] Fëv [ Mars
- AvrilI Mai 1 Juin | Julll | Août]
- Fig. 1. -ï- Variation annuelle du nombre des décès par maladies des voies respiratoires, comparée à celle de la température.
- Fig. 2.—Variation annuelle du nombre des décès d’enfants de moins d’un an
- par diarrhée infantile, comparée à la température.
- chitechronique, à la pneumonie, à la broncho-pneumonie, à la congestion pulmonaire et aux autres affections de l’appareil respiratoire, la phtisie exceptée, on voit que, pendant la décade 1904-1913, ces maladies ont causé en moyenne 142 décès par semaine, dans une population de 2 784 ooo habitants.
- Si l’on trace (fig. 1), la courbe de ces décès semaine par semaine, on observe un maximum principal de 237 décès dans la septième semaine (mi-février) et un maximum secondaire de 197 décès dans la seizième semaine (mi-avril) séparé du premier par un minimum relatif de 175 dans la douzième semaine (mi-mars). Le minimum absolu apparaît dans la trente-sixième semaine (début de septembre) avec 72 décès seulement.
- Si Ton trace sur le même graphique la courbe des températures renversée, on voit qu’elles ont la même allure générale. Décès par maladies pulmonaires et température varient donc en sens inverses. Toutefois, dans l’ensemble, les deux courbes sont décalées d’en-vironArois semaines, celle des températures précédant, bien entendu, celle des décès. ~
- M. Besson a alors cherché la variation du nombre des décès en fonction de la température. On constate qu’entre o et ï4ou ?5°, à une hausse de i° correspond,
- IL Diarrhée infantile. — On sait que la diarrhée infantile est une maladie d’été.
- M. Besson a relevé les décès d’enfants âgés de moins d’un an, survenus à Paris et attribués à cette maladie pendant la période igo4-i9i3. Le groupe de population compte en moyenne 34800 individus.
- La figure 2 montre le nombre moyen des décès qu’il a ainsi relevés de semaine en semaine. On y voit que la mortalité, constante jusque vers le milieu de mai, commence à augmenter quand la température atteint 16 ou 170. De 20 décès par semaine, on passe à 87 une semaine après le maximum de température, puis le nombre décroît lentement pendant l’automne jusqu’au chiffre primitif." L’augmentation du nombre des décès dus à l’élévation de température croît de plus en plus rapidement à mesure que la température s’élève.
- Par contre, l’humidité, les orages, la direction du vent, apparaissent sans effets appréciables.
- Voici donc deux causes de décès pour lesquelles l’influence de la température est particulièrement manifeste. Il serait intéressant d’étendre cette enquête statistique à d’autres groupes de maladies ; ce serait un moyen précis de connaître l’action des facteurs météorologiques sur la santé. R. M.
- p.2x185 - vue 597/620
-
-
-
- 'Igq
- RECETTES ET PROCEDES UTILES
- ><
- Ignifugation des tissus et toiles pour les décors de théâtres. — MM. Kling et Florentin, du Laboratoire Municipal de Paris, exposent dans le Génie civil les travaux qu’ils ont poursuivis depuis it)i3 pour réaliser un revêtement ignifuge efficace s’appliquant aux tissus et toiles employés dans les décors de théâtre. Un tel produit doit répondre à diverses exigences ; il ne suffit pas qu’il assure une protection efficace; il faut encore qu’il soit sans action sur la résistance des substances protégées et qu’il n’en détériore pas les couleurs.
- MM. lvling et Florentin ont trouvé que ces conditions sont remplies par le mélange de 6 parties de borax et 5 parties d’acide borique. Ce mélange constitue un très bon produit ignifuge en isolant la fibre combustible de l’air ambiant.
- Une toile ayant fixé 45 grammes de sel par in* ne s’enflamme pas au contact même prolongé de la flamme d’un chalumeau ou d’un arc électrique; elle se carbonise sans flammes et le tissu s’éteint spontanément dès que la source de chaleur a été éloignée.
- Les expériences poursuivies pendant de longues années ont prouvé que ce mélange est sans action sur les couleurs même les plus fragiles employées pour les décors, à l’exception de la laque géranium et de la laque bleu lumière.
- La résistance mécanique des tissus n’est en rien influencée par l’enduit. Pour réaliser l’ignifugation des tissus neufs, on les trempe dans le bain suivant :
- Acide borique.............................. 5o gr.
- Borax (borate de soude cristallisé) . 6o — Eau....................................... iooo —
- on égoutte et on suspend jusqu’à dessiccation complète.
- Pour les toiles et châssis déjà peints, on pulvérise à deux reprises successives sur l’envers du décor la solution ignifuge.
- Dans la première opération, on emploie une solution contenant 70 gr. par litre du mélange ci-dessus. 10 ou (5 minutes après on projette une solution contenant i5o gr. par litre.
- Contre la gale des équidés. — Le Bulletin de Renseignements de l’Institut International d’Agriculture rend compte d’un’travail récent de M. A. Henry, paru dans le Recueil de Médecine vétérinaire et qui comporte des conclusions pratiques.
- L’auteur a essayé le pouvoir acaricide de diverses substances employées couramment contre la gale des chevaux en mettant les parasites en contact avec ces substances et en notant la durée de la survie. Prenant comme unité de pouvoir acaricide la propriété de tuer en 5 minutes les parasites à la tempéi’ature de 3o à 32°, il donne des divers produits les valeurs suivantes :
- Pouvoir
- Substances • acaricide
- Polysulfure de potassium, solution aqueuse
- à 10 °/0................................ très faible
- Monosulfure de sodium, solution aqueuse
- à 10 °/0................................ o,o83
- Sulfure de calcium, à 10 °/0 solution
- aqueuse................................. très faible
- Sulfure de carbone 2,5
- 1. Inutilisable pour la peau du cheval.
- Pouvoir
- Substances acaricide
- Fleur de soufre; soufre précipité du polysulfure de potassium; soufre précipité de l’hyposulfite de soude; pommade d’Helmerich (formule de l’hôpital Saint- très faible
- Louis)................................ sinon nul
- Anhydride sulfureux, solution dans l’huile
- a 1 °/o ...........••••••• 1
- Anhydride sulfureux, solution dans l’huile
- à 2.5—-5—10 %............... 5
- Anhydride sulfureux, solution dans l’huile
- a 1 °/o......................................0,5
- Anhydride sulfureux, solution dans l’huile
- 2>5 °/o • • ............2
- Anhydride sulfureux, solution dans l’huile
- 5—10 %................................ 5
- Anhydride sulfureux, solution aqueuse à
- 5 7o (M...............................; O; 23
- Anhydride à l’état gazeux, pur, à 4>5—5 °/0 0,25 à o,33
- Idem, impur (gaz de combustion du
- soufre) à 4—5 °/0..................... o,33
- Anhydride arsénieux, solution aqueuse
- saturée à chaud........................... 0,008
- Arséniate de soude, solution aqueuse. . . faible
- Onguent mercuriel double................. très faible
- Benzine en vase clos.................... . o,33
- Nitrobenzine............................. 1
- Nitrobenzine, solution dans l’huile à x °/0. 0,166
- Vapeurs de niti’obenzine : 10 gr. par m3 . o,iS
- Vapeurs de xylène : 10 gr. par m3 . . . . o,5o
- Formaldéhyde gazeuse.......................... îxul
- Esseixce de térébenthine pure............ 0,20
- Créosote pure de hêtre................... 2,5
- Solution de créosote dans l’huile à 10 °/0 . o,33
- Huile de cade, pure...................... 0,20
- Huile lourde de houille, pure............ 1
- Pétrole (huile lampante)................. , o,o55
- Huile lourde.de pétrole.................. nul
- Essence de pétrole....................... 0,041
- Pommade sulfo-pétrolée................... très faible
- Mélange H. P. B. : huile 2 parties -f- pétrole
- 1 partie -j- benzine 1 partie......... nul
- Emulsion : Carbonate de soude 200 gr. ,
- -f- eau 4 litres -j- pétrole 1 litre .... très faible
- Crésyl ordinaire pur..................... 2,5
- Emulsion aqueuse de crésyl à 2,5 °/0. . . o,5
- Lysol, solution aqueuse à 2,5 °/0........o,33 à o,25
- Bain Descazeau : Crésyl 25 -f- Ac. arsénieux 1 -f- Polysulf. de potassium 6 -}-Caixbonate de soude 10-j- Eau 1000 (pai1-
- ties en poids)........................ o,5
- Huile crésylée à 10 °/0.................. 0,2
- Baume du Pérou, pur. . .................. 0,25
- M. Henry en conclut que l’anhydride sulfureux en solution dans l’huile est de beaucoup le plus efficace, et que l’émulsion aqueuse dxx crésyl à 1 oxx 2 °/0, employée seule, est également à recommander.
- 1. A un titre inférieur à 5 °/0 l’efficacité est nulle; l’eau fait perdre en grande partie le pouvoir acaricide de l’anhy-dride sulfureux.
- BOITE AUX LETTRES
- Q0L
- AVIS. — L’abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Sei’vice de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter sti’ictement les réponses aux lettres pi’ésentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est l’appelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Réponses. -- M. J. Baudot, à Versailles. — L'acide azotique dilué et froid n’attaque pas sensiblement /’aluminium, il dissout au contraire très facilement le carbonate et le sulfate de calcium. ; vous pourriez donc
- essayer de détartrer vos ustensiles d’aluminium par ce procédé, en opérant avec ^prudence et surveillant
- l’opération. «
- M. Benoit-Gonin, à Septmoncel. — Le mélange s vaut vous permettra de recoller les objets en terre :
- Silicate de potasse.............100 gr.
- Magnésie calcinée............... 10 —
- Sous-nitrate de bismuth . . 5 —
- Enduire les parties à joindre d’une mince couche de colle, serrer fortement et laisser sécher, enlever les bavures avant dui’cissement complet.
- p.2x186 - vue 598/620
-
-
-
- ><
- BIBLIOGRAPHIE
- asL
- 3^
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de io°/0 pour frais de port et d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. =========
- Le règne de la Relativité, par Lord Haldane, traduit de l’anglais par H. de Yarigny. i vol. in-8 (19 X 16) de 5go p. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris 1922.
- Le titre de cet ouvrage est trompeur ; les théories de la relativité d’Einstein et de ses émules n’y sont examinées en somme qu’accessoirement, car l’auteur qui est philosophe et métaphysicien donne au mot relativité un sens tout différent de celui qu’il comporte en physique. Quel est donc le sujet étudié ? Voici comment s’exprime Lord Haldane : « Le sujet de ce volume est la connaissance elle-même et la relativité de la réalité par rapport au caractère de la connaissance », ou encore : « Le. principe de relativité s’applique à tous les points de vue déterminés par des conceptions appropriées en fait aux ordres particuliers de connaissance, mais présentant par là un caractère limitant ».
- La limpidité du style et de la pensée n’est certes pas le trait dominant de ce gros volume.
- Au surplus, il ne traite que de philosophie pure et n’aborde aucun problème de science positive.
- Cours de mécanique appliquée, par M. Lamotte.
- 1 vol. in-8 (25 X 16), 282 p., 214 üg. Gauthier-Yillars. Paris 1922. Prix : 25 francs.
- L’auteur de cet ouvrage professé à l’Institut Electrotechnique de Toulouse s’est surtout préoccupé . de montrer à ses élèves, par un certain nombre d’exemples concrets, comment se posent certains problèmes pratiques de la mécanique et comment on les résout. L’ouvrage est consacré exclusivement aux mécanismes, et traite notamment des roulements, des glissières, des excentriqués, des engrenages, des bielles, des systèmes articulés, des cordes, des embrayages, des phénomènes de frottement et des systèmes de régulation.
- A Treatise on the Analysis of Spectra, par W.-M. Hicks. 1 vol. 326 p., éditeur, Cambridge University Press. Londres, 1922. Prix net : 35 sh.
- L’auteur de ce traité d’analyse spectrale ne s’est pas proposé d’exposer la techniqué de cette science, mais de présenter sous une forme méthodique et indépendante de toute théorie l’état actuel de nos connaissances sur les spectres de lignes. C’est donc une mise au point particulièrement précieuse en un moment où cette branche de la physique est devenue fort touffue et pose des problèmes essentiels. Après avoir discuté la précision des diverses mesures qui donnent les valeurs des longueurs d’onde, l’auteur aborde la question des spectres constitués par des séries de lignes. Ces lignes correspondent à des radiations dont les fréquences sont liées par des relations remarquables ; l’auteur groupe tous les résultats expérimentaux acquis dans cette voie. Puis il étudie les phénomènes physiques susceptibles de modifier un spectre : effets Zeemann, Starck, Doppler, et résume ce que l’on sait des potentiels d’ionisation et de radiation. Il examine ensuite les rapports entre les spectres de ligne et les poids atomiques des éléments émet-'teurs, puis les caractères distinctifs des spectres d’arcs et d’étincelles, et enfin la classification des groupes de raies. Un chapitre spécial est consacré aux • spectres des gaz monoatomiques. L’auteur s’est en outre attaché à réunir notamment sous forme de tableaux un très grand nombre de données numériques empruntées aux travaux de précision les plus récents.
- Cet ouvrage remarquablement édité rendra les plus grands services aux physiciens.
- Le vol des oiseaux (Directives que l’on peut en tirer pour l’aviation), par le Dr Magnan), i br. 4° p-> 16 fig. Roche d’Estrée, éditeur, 6, rue de l’Isly. Paris 1922. Prix : 2 fr. 5o.
- Le Dr Magnan se consacre depuis de longues
- années à l’étude des formes des oiseaux; le pi'ésent opuscule résume les résultats d’un très grand nombre de mesures, effectuées sur plus de 5oo oiseaux, poids et surface du corps, poids, surface et longueur des ailes ; forme générale du corps ; l’étude critique de ces données numériques amène l’auteur à des conclusions dont les constructeurs d’avions devraient, semble-t-il, tirer parti.
- Etudes expérimentales sur le vol à voile, par P. Idrac. 1 br. illustrée. 3i p., 42 fig. L'Aérophile, éditeur, 35, rue François Ier, Paris 1921.
- Nos lecteurs savent que le vol à voile, indiscutablement observé par Mouillard, a longtemps semblé un véritable mystère mécanique. Comment l’oiseau, plus lourd que l’air, peut-il s’élever, se maintenir et se déplacer dans l’air sans le moindre effort musculaire. De nombreuses théories ont été émises; M. Idrac a le mérite d’avoir, le premier, fait entrer la question dans le domaine expérimental.
- Il a cherché à déterminer la nature et la grandeur des sources d’énergie interne de l’air aux points même où évoluent les oiseaux voiliers ; au moyen soit de cerfs-volants, soit de ballons-sonde et d’appareils enregistreurs spéciaux, il a mesuré les températures, pressions de l’air, irrégularités du vent. Les expériences ont élé effectuées dans le Sud Algérien, au Sénégal, au Soudan, en Guinée et à la Côte d’ivoire. L’auteur arrive à cette conclusion que dans toutes ses observations, les voiliers utilisent une composante ascendante de la vitesse du vent, et il montre les diverses causes qui peuvent provoquer un vent ascendant ; il termine en étudiant les qualités voilières des diverses espèces d’oiseaux.
- Contribution à Vétude des colles et des collages pour bois, par P. Breuil. i brochure, 86 pages. E. Eyrolles, éditeur, Paris 1922. Prix : 2 fr. 5o.
- Cette importante étude, extraite du’ Bulletin de la Direction des Inventions, a été entreprise par l’auteur pendant la guerre, à propos des colles et collages utilisés en aviation. Elle a été poursuivie depuis et complétée par l’examen d’études analogues faites aux Etats-Unis et en Allemagne. Dans un premier chapitre sont examinés les procédés anciens et modernes pour la fabrication et l’application des colles; le second chapitre traite de la question des essais des colles pour bois : question encore assez peu étudiée et sur laquelle l’auteur appelle avec raison les efforts des chercheurs ; on trouvera exposé dans ce chapitre ce que l’on connaît actuellement sur les propriétés physiques et chimiques des colles.
- Les maladies parasitaires des plantes, par M. Nicolle et J. Magron. i vol. in-16, 200 p. Masson et Ci'', Paris. Prix : 8 francs.
- Ce sujet n’était traité jusqu’ici que par des botanistes ou des agriculteurs. Les médecins qui conais-sent bien les maladies parasitaires et microbiennes des hommes ne l’avaient pas encore abordé. MM. Nicolle et Magron, de l’Institut Pasteur, ont apporté en cette question l’esprit, les méthodes modernes, y ont introduit les notions de virulence, d’immunité, etc., banales en bactériologie humaine, inconnues encore en parasitologie végétale, et il en résulte un livre de physiopathologie d’un esprit tout nouveau, riche en aperçus féconds et souvent inattendus.
- Les auteurs étudient ainsi les maladies des plantes dues aux animaux : insectes, acariens, nématodes, puis, suivant le même plan, les maladies des plantes dues aux phanérogames, aux thallophytes, aux bactéries. Ils sont ainsi conduits à une conception d’ensemble du parasitisme s’appliquant aussi bien aux maladies humaines qu’à celles des animaux et des végétaux.
- Annuaire de VAcadémie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique, 88e année, 1922. 1 vol. in-16, 209 p., 7 portraits gravés. Lamertin et'Hayez, éditeurs, Bruxelles.
- Annuaire contenant la liste des membres des diverses sections, celle des prix académiques et une série de notices biographiques sur les membres récemment décédés.
- p.2x187 - vue 599/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2515 17 Juin 1922
- c*t
- variation diurne de l’électricité atmosphé-
- - Les observations du potentiel électrique de atmosphère effectuées dans les observatoires terrestres ont montré que, pour de nombreuses stations, le gradient du potentiel présente dans une journée deux maxima et deux minima fort nets. En d'autres lieux au contraire, cette double oscillation n’apparaît pas; on ne relève qu’un maximum et un minimum, ou bien encore l’un des maximum et l’un des minimum sont très atténués.
- L’Institution Carnegie se livre depuis 1915 à bord de son yacht non magnétique Le Carnegie à des observations méthodiques de l’électricité atmosphérique en mer; ces observations couvrent maintenant une étendue presque égale à la moitié de la surface du globe.
- Les conclusions présentées par M. S.-J. Mauchly dans le Journal of the Washington Academy of Science sont fort importantes :
- Au-dessus des océans, le potentiel atmosphérique en un point ne présente dans la journée qu’un seul maximum et un seul minimum. De plus, le moment du maximum et celui du minimum sont à peu près les mêmes sur toutes les mers et en tous lieux ; les heures d’apparition de ces maximum et minimum sont donc en quelque sorte des heures universelles.
- Le nombre des ions positifs présents dans l’atmosphère et la conductibilité de l’air due à ces ions sont en moyenne plus grands pendant le jour, plus petits pendant la nuit. La densité du courant vertical dans l’atmosphère est donc vraisemblablement soumise à une oscillation simple dont les maximum et minimum apparaissent au même instàùt sur tous les océans.
- L’allure des courbes de la variation diurne du gradient du potentiel est la même que celle des courbes représentatives de la fréquence des aurores boréales. L’auteur voit dans cette coïncidence un nouvel argument en faveur d’une relation entre le champ électrique terrestre et le rayonnement électrique du Soleil.
- peut faire appel pour cet usage, on peut signaler les énormes amas de sable quartzeux de Saint-Nazaire-en-Royans (Drôme). Les nombreux touristes qui visitent les gorges de la Bourne ont pu remarquer ces bancs rouges ou blancs qui forment sur plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur les berges de l’Isère et de la Bourne dans le voisinage de leur confluent. A première vue, on peut penser qu’il s’agit d’un remblayage d’une vallée creusée dans le calcaire par une arène granitique qui aurait été transportée et aurait rempli les cavités ; ce remblayage se serait produit à l’époque éocène. (La carte géologique porte la mention : sables bigarrés éocène.) Dans certaines des carrières, on remarque des bancs de silice compacte (silex ou calcédoine) où des fossiles sont épigénisés en silice (gastropodes : vraisemblablement Turritellidés et espèces diverses).
- Ces sables n’ont été l’objet d’une exploitation sérieuse que depuis le milieu de la guerre ; un certain nombre de carrières ont été aménagées par M. Louis Perazio, exploitant de terres réfractaires. C’est dans l’une d’elles, établie dans une grande poche du calcaire dominant la rive gauche de la Bourne, qu’on rencontre les bancs à fossiles silicifîés. La pureté des sables de quartz est telle, qu’à l’analyse, l’un des bancs donne 98,90 pour 100 de Si O2, avec Fe203 0,28 pour 100 Al2 O3 0,47 pour 100 et o,35 de perte au feu (analyse de M. de Mortillet, ingénieur des Arts et Manufactures). Ces bancs de quartz presque pur sont formés d’un sable fin qui, vraisemblablement, sera toujours retenu par la métallurgie, mais dans l’ensemble des gisements il y a des matériaux de valeurs diverses ou inférieures pour cette industrie et qui peuvent convenir aux industriels cimentiers si nombreux dans la région dauphinoise.
- On peut signaler aussi la source de quartz brisé en petits fragments que constituent les rejets des usines d’enrichissement de minerais dans l’Oisans et l’on s’étonne même que ces résidus n’aient encore jamais été utilisés.
- La houille blanche en Italie. — Nous recevons de M. Gentili de Giuseppe l’intéressante lettre qui suit :
- « Dans les « Informations » du n° du 15 avril, je trouve sous la rubrique « Les Forces hydrauliques naturelles » des indications relatives aux forces hydrauliques utilisées dans les principaux pays du monde. J’ai constaté avec surprise qu’il n’est donné aucun chiffre pour l’Italie, bien que ce soit le pays d’Europe qui est à la tête de tous les autres à ce point de vue, avec 1 8i5 000 H. P. équipés à la fin de 1921, dont environ 575 000 équipés après igiS.
- Sur ladite quantité de 1 815 000 H. P., il y en a 1 511 33o qui représentent 437 installations de plus de 3oo II.P. chacune.
- Parmi les grandes installations qui sont maintenant à l’étude en Italie, je me permettrai de vous signaler celles des lacs de la Sila, en Calabre, dont les centrales hydro-électriques pourront fournir aux industries plus de 200000 chevaux-vapeur, et celle du Tirso, en Sardaigne, qui comprend la création d’un lac artificiel d’une capacité utile de 4^5 millions de mètres cubes, lac artificiel qui sera le plus vaste d’Europe.
- Si comme quantité absolue de force hydraulique utilisée, l’Italie vient en première ligne parmi les pays européens, elle est à la première place du monde entier comme force hydraulique utilisée par kilomètre carré de surface. En effet, les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, avec leurs 9250000 H. P. équipés, ont environ un cheval hydraulique utilisé par kilomètre carré de surface; l’Italie par contre a aujourd’hui six chevaux hydrauliques utilisés par kilomètre carré. »
- Le perfectionnement des chaussées en asphalte.
- — L’incorporation d’éléments siliceux anguleux dans les revêtements d’asphalte et de ciment pour les rendre moins glissants et plus résistants paraît devoir être des plus avantageuses et être certainement appliquée sur une vaste .échelle. L’emploi du carborindon qui avait été fait pour les escaliers du Métropolitain est évidemment trop coûteux pour être généralisé.
- Parmi les sources de grains de quartz auxquelles on
- Les origines de la teinture des tissus. — L’historique des procédés de teinture qui nous paraissent simples aujourd’hui est toujours intéressant à pénétrer, c’est pourquoi le professeur Arthur G. Perkins, de l’Université de Leeds, dans une conférence qu’il vient de faire à la Royal Institution, a beaucoup intéressé son auditoire en lui parlant des origines de la plupart des matières colorantes.
- En date vient d’abord l’indigo, puis la carthame qui semble avoir été connue dès 25oo ans avant J.-C., par les Egyptiens qui en teignaient les tissus dont ils enveloppaient leurs momies.
- Les Anciens ont connu, dès la plus haute antiquité, l’emploi des mordants d’alumine, puisque l’alun se trouvait à l’état natif, en bien des lieux, et que la couperose verte naturelle ne leur était pas inconnue.
- On voit aussi décrit, sous le nom de « toda » ou de « todaschaine », dans Y Exode, le kermès. Les Phéniciens le connaissaient antérieurement à Moïse. Ils savaient que sa teinture sur les tissus exigeait l’emploi d’un mordant, qu’ils savaient d’ailleurs préparer. Ils n’ignoraient pas que son adjonction à des sels d’alumine donnait une couleur cramoisi écarlate ; l’équivalent du mot écai’late se retrouve d’ailleurs dans les Saintes Ecritures. La cochenille, postérieure comme découverte au kermès, et plus riche en matière colorante, est de la même famille d’insectes, qui a son habitat sur les plantes grasses.
- Le kermès était encore employé à la fin du siècle dernier. L’application de la matière colorante de la garance, à l’aide des acides gras sulfonés, et qui conduisit au rouge turc, ou rouge d’Andrinople, par fixation de cette matière colorante sur le coton, fut le fruit de longues et patientes observations.
- Le cas était d’ailleurs plus compliqué pour la garance et les graines de Perse, puisque la matière colorante y était unie à l’acide ruberhydrique, sous la forme de glucosides, pour la décomposition desquels l’action des enzymes y contenues était nécessaire.
- Un passage de la Genèse semble prouver que la teinture en indigo était connue et utilisée vers 35oo ans av.
- 4
- p.2x188 - vue 600/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- J.-G. Le Deutéronome cite l’emploi de la pourpre, et il semble même, d’après des documents sérieux, que son usage était connu dès 35oo ans av. J.-C. On l’appelait « pourpre de Tyr ». Certains mollusques de mer, du genre Purpura ou Murex, possèdent près de leur tète une sorte de glande donnant de très petites quantités d’une sorte de pulpe très colorée, dont l’imprégnation par un tissu développe une couleur rouge admirable, sans mordançage.
- La légende nous conte ainsi l’origine de la découverte de la pourpre :
- Hercule, amoureux de la nymphe Tyros, la poursuivait de ses assiduités, accompagné de son chien. Le chien écrasa un Murex et eut ses dents imprégnées de pourpre ; la nymphe exprima à Hercule son désir de posséder un vêtement teint de la couleur qui imprégnait la gueule du chien.
- La quantité de pourpre contenue dans un Murex était infime. La teinture en pourpre, d’une livre de laine, valait l’équivalent en notre monnaie actuelle de i5oo fr.
- Sous la décadence romaine, le port de la pourpre n’était permis qu’aux plus hauts personnages. Et les nouveaux lâches de l’époque n’avaient pas le droit, uelque fortun és qu’ils pussent être, de s’en parer.
- La discipline de marche chez les chenilles processionnaires. — Le r4 avril dernier, me promenant le soir dans une de ces forêts caractéristiques de nos plateaux du Périgord, où les taillis de chênes alternent avec les châtaigniers et les boqueteaux de pins, j’ai rencontré dans un chemin une colonie de chenilles processionnaires du pin, comprenant 38 individus, et se dirigeant vers l’ouest, parallèlement à l’axe du chemin.
- u.—____________ ______________________________________
- *"fV23 ‘‘V jg1 |9 ' " " 36 37 38
- Le moment m’a semblé propice pour tenter quelques expériences sur les conditions de marche de la procession et le rôle des chenilles d après leur place dans la colonne.
- Ce sont les résultats de ces expériences, observées avec minutie et sans idée préconçue, que je me propose de rapporter fidèlement.
- Le schéma ci-dessus représente la procession avec quelques chenilles numérotées pour la commodité du discours; la flèche indique le sens de la marche. On sait, d’autre part, que les chenilles processionnaires se déplacent à la queue leu leu, l’extrémité antérieure de chacune d’elles restant en contact avec l’extrémité postérieure de la précédente, exception faite pour la première dont la tète est libre.
- i° On détache la chenille de queue (38). Aussitôt la chenille 87 s’arrête, son extrémité arrière se déplaçant vivement comme si elle cherchait le contact rompu. De plus, la chenille 36 s’arrête également, et, de proche en proche, toute la colonne, jusqu’à la tête, s’immobilise.
- On remet en place la chenille de queue. Aussitôt que la chenille a de nouveau senti le contact, elle allonge ses anneaux de l’arrière vers l'avant et cette pression, transmise successivement par toutes les chenilles, détermine le départ de la chenille de tête. Toute la procession se remet en mouvement.
- Tout se passe donc comme si la colonie avait mission de suspendre la ^progression dès qu’un contact rompu dans la chaîne signale un traînard. Ce traînard ayant rejoint, le mouvement recommence dès que la chenille de tête est prévenue.
- 20 On détache alors la chenille de tête (1). La chenille n° 2 s’arrête, et, de proche en proche, l’immobilisation gagne toute la colonne. La chenille 2 cherche aussi, par des mouvements de fête, à ressaisir le contact rompu. Mais elle ne progresse pas.
- On remet en place la chenille 1. Le mouvement reprend, transmis cette fois de l’avant vers l’arrière. Mais la chenille 1 semble d’abord hésiter sur la direction ; elle rampe vers l’est ; après 10 cm environ de chemin parcouru, elle tourne de nouveau vers l’ouest et la marche normale recommence.
- Tout se passe donc, jusqu’à présent, comme si la che-
- nille de tête était un guide seul capable de conduire la colonie vers sa mystérieuse destination.
- 3° On détache une chenille du centre de la procession ( 15) et on observe les phénomènes que les deux premières expériences laissent prévoir : arrêt de la section de tête comme si elle attendait un traînard ; arrêt de la section de queue par manque de guide. Le chaînon intermédiaire remis en place, le mouvement reprend dès que toute la colonne est prévenue, la transmission se faisant d’arrière en avant pour le groupe de tête, en sens contraire pour la section de queue.
- 4° Au cours de ces diverses expériences, les perturbations apportées dans la marche ont amené certaines chenilles à perdre leur place dans la colonne, en gardant un contact latéral avec les autres chenilles, qui avaient rapidement comblé les vides. Dès que la progression était reprise, ces chenilles cherchaient à se glisser dans la procession chaque fois que se présentait devant leur tête la scissure étroite existant entre deux chenilles consécutives. Elles y réussissaient au bout de quelques minutes.
- 5° Au cours de la marche normale reprise après les expériences précédentes, et toujours vers l’ouest, il est arrivé qu’ùn accident de terrain (ornière) a scindé naturellement la procession en deux tronçons. L’arrêt du tronçon de tête s’est produit dans les conditions habi-luelles, mais la chenille de tête du 20 tronçon (18) a pris immédiatement les fonctions de guide, et le 2e tronçon a continué la progression dans la direction primitive en longeant le premier, au repos, à 10 cm à gauche.
- Quand toute la nouvelle colonne fut passée, la première s’est de nouveau mise en marche.
- Il eût été intéressant de savoir si ces deux sections n’allaient pas former une colonne unique sous la direction du nouveau guide. Mais la nuit a interrompu l’observation. *
- Ce dernier fait semble prouver que la chenille initiale de tète n’est pas seule dans la procession à pouvoir servir de guide, et que si, accidentellement, la colonne est coupée à la hauteur d’une chenille possédant les qualités requises, celle-ci peut diriger le tronçon qui la suit, abandonnant le premier qui repartira lorsque le délai d’attente du traînard sera écoulé.
- Ces observations appellent évidemment le contrôle de nouvelles expériences sur d’autres colonies. Elles permettent cependant de prévoir dans les mouvements des chenilles processionnaires les manifestations d’un instinct remarquable .dont la fin serait d’amener la colonie à destination avec le minimum de déchets.
- Ainsi s’expliqueraient parfaitement la formation au départ en colonne ininterrompue, et les arrêts qui cessent lorsque les traînards ont rejoint. Un tel mode de déplacement et sa discipline spéciale auraient déterminé le moyen de liaison le long de la colonne, et l’aptitude à orienter et à conduire qui apparaît chez certains individus et non, chez les autres, ou du moins y apparaît plus vite.
- Et en retournant dans la nuit vers un modeste logis de vacances, je rapprochais des observations précédentes les précautions prises par les hommes pour cheminer en groupes pendant les nuits obscures, en pays inconnu, alors que les ressources de l’intelligence restent inutilisables.
- Je revoyais alors les marches pénibles dans les labyrinthes de tranchées de l’Artois ou de la Champagne lors d’une première relève : les soldats marchant à la file indienne, au contact, dans les étroits boyaux ; les arrêts aux carrefours pour attendre les retardataires, les avertissements se transmettant de proche en proche, à mi-voix, pour reprendre la marche, les hésitations du guide, en tête de la section, se répercutant en arrêts jusqu’à sa gauche, et, dans les secteurs difficiles ou particulièrement dangereux, la multiplication du nombre des guides.
- L’acclimatation du renne aux Etats-Unis. — A la
- fin de février dernier, un des vapeurs de la ligne transatlantique norvégienne a embarqué à Kristiania.60 rennes à destination des Etats-Unis.
- Ce troupeau a été acheté par l’Etat de Michigan qui se propose de tenter un essai d’acclimatation aux environs de Newberry, près de l’extrémité septentrionale de la presqu’île entre le lac Supérieur et le lac Michigan.
- -sfêfTgôlis.
- p.2x189 - vue 601/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Une nouvelle pile à dépolarisation par l’air : l’Electro-générateur Dubois. — Pour réaliser une pile pratique, il faut combattre le phénomène de la polarisation. Prenons comme exemple la pile la plus répandue, la pile Léclanché. Elle comporte une électrode négative en zinc, une électrode positive en charbon et une électrolyte constituée par une solution de chlorhydrate d'ammoniac. Le jeu de l’électrolyse amène de l'hydrogène sur l’électrode positive. Ce gaz augmente la résistance intérieure de la pile et fait naître une force contre-électromotrice; au bout de peu de temps, le courant diminuerait dans une très forte proportion, si l’on n’employait un artifice pour se débarrasser de l’hydrogène. Dans la pile Léclanché, on se sert de bioxyde de manganèse ; c’est un corps oxydant qui brûle l’hydrogène au fur et à mesure de son apparition. Mais le bioxyde de manganèse est un corps relativement rare, aussi beaucoup d’inventeurs ont-ils cherché à s’en passer en faisant appel simplement à l’oxygène de l’air, pour brûler l’hydrogène. Pendant la guerre, alors qu’il était très difficile de se procurer en France le bioxyde de manganèse, M. Féry a créé une pile à dépolarisation par l’air que nous avons décrite dans notre n° 'i424 du 18 septembre igao.
- C’est également à l’oxygène de l’air que recourt
- Fig. i. — Vue en plan de la pile Dubois.
- M. Dubois, dans une pile très différente du reste de la pile Féry.
- La grande difficulté dans la dépolarisation par l’air est de rendre l’électrode accessible à l’air tout en la maintenant plongée dans le liquide; c’est aussi d’empêcher que l’air ne se porte de préférence sur le zinc qui est toujours plus oxydable que l’électrode positive.
- M. Dubois se sert d’une électrode en zinc, en forme de spirale, placée en dessous de l’électrode positive et au fond de la pile, où elle repose sur un croisillon en bois. Elle est ainsi soustraite à l’action de l’oxygène de l’air. Cette disposition a été également employée par M. Féry.
- L’originalité de la pile Dubois réside dans la constitution de l’électrode positive.
- Celle-ci est constituée par une sorte de faisceau de tubes parallèles fixé de façon que les cellules soient toujours à moitié immergées dans l’électrolyte qui sera par exemple une solution de chlorhydrate d’ammoniaque. La partie supérieure, non immergée, des cellules, est remplie d’un dépôt d’argent spongieux. L’air y accède librement, l’électrolyte y monte par capillarité et grâce à;la présence du dépôt spongieux, l’hydrogèpe s’y combine avec l’oxygène de l’air, par une réaction assez analogue à celle qui se produit dans les allumeurs de gaz automatiques utilisant la mousse de platine. La dépolarisation se trouve ainsi effectuée. Le dépôt spongieux d’argent n’intervient que par sa présence et n’est pas altéré par la combustion de l’hydrogène.
- Par contre, il y a un léger inconvénient : c’est la formation de l’oxychlorure de zinc qui apparaît ici, tout comme dans la pile vulgaire, mais s’il est peu nuisible dans cette dernière, dans la pile Dubois il tendrait à obstruer les cellules et finirait par supprimer l’effet dépolarisant.
- Pour éviter cet ennui, l'inventeur recommande l’emploi de solutions peu concentrées de chlorhydrate d’ammo-
- niac, 80 à ioo gr. par litre d’eau, ce qui diminue un peu le débit, la capacité et augmente la résistance.
- •l-lflotteur
- — Orifice permettant fe passage
- Substance imprégnantlesce/lu/es delectrolyte.
- ----Cellules actives
- — Boîte mat/ere mou/ée ____ Niveau de l'électrolyte
- fil isolé
- Fig. a. — L’ensemble de la pile, vu de profil.
- L’addition de chlorure de zinc à l’électrolyte semble également retarder la formation des cristaux.
- L’élément de pile que nous venons de décrire a une force électromotrice d’une constance remarquable ; elle est de r,07 volt. Le débit dépend de l’électrolyte employé. Avec du chlorhydrate d’ammoniac, il sera élevé. Avec du chlorure de zinc (ZnCD), il est-plus faible, mais par contre l’entretien est simplifié. On évite entièrement la formation de cristaux d’oxychlorure. Pour beaucoup d’applications ; signaux de chemins de fer par exemple, cet avantage fera préférer le chlorure de zinc. La pile ne comporte que de minimes dépenses d’entretien. Son usure en circuit ouvert est nulle.
- Pour faciliter l’entretien qui consiste seulement à maintenir le niveau de l’électrolyte, en compensant les pertes dues à l’évaporation, l’inventeur a ajouté un dispositif spécial nourrisseur d’électrolyte qui en maintient automatiquement constant le niveau.
- L’électrolyte est placée dans un réservoir terminé par un orifice étroit ; un flotteur à pointeau plongeant dans l’électrolyte ouvre plus ou moins cet orifice suivant les variations du niveau du liquide.
- La pile Dubois se trouve rue Séguier, 17,4 Paris, ou chez l’inventeur M. Dubois, rue Hoche, 54, à Courbevoie.
- Lampe à incandescence à filament droit. — Le Bulletin de la Direction des Recherches et des Inventions décrit une nouvelle forme de lampe imaginée par M. A. Cotton, professeur à la Sorbonne et président du Comité technique de physique de cette Direc-tion. Elle diffère des lampes à incandescence habituelles par la forme rectiligne de son filament qui fournit une source lumineuse particulièrement commode pour tous’les besoins d’éclairage linéaire de fentes, d’appareils d’optique, etc.
- Fig. 3.
- Lampe à incandescence à filament droit.
- -fc 191
- p.2x190 - vue 602/620
-
-
-
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Plusieurs lampes de ce genre avaient déjà été imaginées : lampe Pin'tsch, luxmètre de M. Blondel, lampe de M. Thovert, mais toutes comportaient uniquement un fil fin. La nouvelle lampe diffère de celles-ci par la grosseur de son fil qui atteint o mm 5 de diamètre ; il en résulte qu'on peut sans danger pousser la lampe jusqu’à une température plus élevée d’où un éclat plus grand et qu’on diminue les chances de rupture causées par les défauts d’homogénéité du filament. Le fil est maintenu rectiligne par un petit ressort qu’on aperçoit sur la figure 3. L’ampoule est remplie d’une atmosphère gazeuse et la lampe fonctionne sous basse tension.
- Le modèle dit de 20 ampères représenté ici comporte un fil de tungstène de o mm 45 de diamètre et de 6 cm de long tendu par un ressort dans une ampoule de 6 cm de diamètre.
- Dans des essais pratiqués au laboratoire central d’Electricité ces lampes ont donné de 58 à 5 18 bougies par centimètre carré d’éclat moyen avec un voltage de 3,7 à 6,2 volts et un ampérage de 16 à «i a.
- Dès maintenant, ces nouvelles lampes ont rendu d’intéressants services pour l’enregistrement photographique des mouvements d’un diapason, pour l’éclairage de fentes étroites.
- Constructeur : Compagnie générale des lampes, 54, rue de la Boétie, Paris 8°.
- *»> Microscopie
- Condensateur torique à fond noir pour ultra-microscopie. — Les progrès de la chimie physique et
- Fig. 4. — Condensateur torique à fond noir.
- scope. Ln diaphragme circulaire, placé à la partie inférieure, arrête les rayons centraux et ne permet l’entrée dans le condensateur que des rayons lumineux marginaux qui y parcourent les trajets indiqués sur la figure 5 et forment à la sortie un faisceau en forme de cône creux dont les rayons extrêmes sont compris entre les angles de 43 et de 63°, légèrement supérieurs aux angles limites de la réflexion du verre dans l’air et du verre dans l’eau.
- Avec un objectif à sec, aucun rayon ne pénètre donc dans le microscope sauf la lumière provenant de l’éclairage latéral des particules ; le fond sur lequel elles se détachent est rigoureusement noir. Pour l’observation à l’immersion, il faut réduire l’ouverture de l’objectif au moyen d’un diaphragme spécial et diaphragmer au moyen de l’iris du microscope pour conserver l’opposition entre les particules éclairées et le fond.
- Le condensateur torique se monte facilement (fig. 6). On emploie comme source d’éclairage un foyer lumineux intense et de petites dimensions tel qu’une lampe Nernsl, reliée à une prise d’éclairage ordinaire à travers une résistance. On règle la lentille condensatrice de façon que tous les rayons sortants soient parallèles. La lampe
- Fig. (>. — Microscope muni du condensateur torique.
- particulièrement le développement de nos connaissances sur les colloïdes et leurs applications à l’industrie, à la médecine, à 1’agriculture, rendent la possibilité d’examen microscopique sur fond noir aussi indispensable que le microscope lui-même. Seul, il permet l’observation des microbes très petits, des granules de la matière vivante, des émulsions de toutes sortes. Les aspects qu’il révèle sont d’ailleurs magnifiques à observer, en dehors de leur intérêt technique. Chaque objet apparaît lumineux, brillant sur le fond uniformément noir de la préparation.
- L’ultramicroscopie de précision ne peut être abordée qu’avec les dispositifs de Cotton et Mouton ou de Sieden-
- topf et Zsigmondy qui nécessitent un réglage très soigné d’un appareillage encombrant et coûteux, mais la plupart des recherches biologiques peuvent être abordées avec un matériel beaucoup plus simple. Le condensateur parabolique à fond noir, s'il ne donne pas un éclairage rigoureusement parfait, a l’avantage d’éviter un centrage méticuleux de l’appareil, de permettre l’emploi de lames d’une épaisseur moins finement calibrée et d’obtenir un champ d’observation plus étendu.
- Jusqu’ici, les paraboloïdes étaient tous de construction étrangère. La maison Stiassnie vient de réaliser le premier condensateur français auquel elle a préféré donner une foi’me torique afin d’augmenter l’épaisseur du faisceau lumineux utilisable.
- Le condensateur est monté sur une platine spéciale (fig. 4) qu’on pose directement sur la platine du micro-
- Xn;
- Condensakur -bonicj ue
- Fig. 5. — Marche des rayons lumineux dans le condensateur.
- étant à 10 cm environ du miroir plan du microscope, on dirige le faisceau sur ce miroir en vérifiant avec un papier blanc qu’il le couvre bien en entier et même le déborde un peu. On retire le condensateur du microscope, tout en laissant le diaphragme iris en place, complètement ouvert. On place le condensateur torique sur la platine du microscope et on le centre à l’aide d’un objectif très faible. On place une goutte d’huile de cèdre sur la face supérieure du condensateur et on dépose la préparation préalablement placée sur une des lames d’épaisseur calibrée fournie avec l’appareil, en ayant soin de ne pas emprisonner de bulles d’air. 11 n’y a plus alors qu’à regarder.
- Le condensateur tôrique peut se placer sur toutes les marques de microscopes. Il rendra de grands services aux amateurs de biologie cellulaire et leur révélera une foule de données nouvelles et intéressantes.
- En vente chez Stiassnie frères, 204, boulevard Raspail, Paris 14e.
- Une méthode peu connue de détermination des poids moléculaires. — On sait que si deux gouttes de concentrations différentes sont enfermées dans un tube capillaire, celle pour laquelle la concentration est la plus faible perdra du solvant qui ira grossir la goutte à forte concentration, de façon à tendre à amener Légalité de concentration. Si on enferme dans des tubes capillaires des paires de gouttes contenant l’une la substance dont on cherche le poids moléculaire et l’autre des solutions de concentration connues d’un corps de poids moléculaire également connu, on pourra, en suivant au microscope l’accroissement ou la diminution relative des gouttes, trouver les deux gouttes qui sont en équilibre. Cette méthode due à Barger permet d’opérer sur des quantités de substance très faibles, et sa précision est égale à celle des autres méthodes connues.
- p.2x191 - vue 603/620
-
-
-
- VARIÉTÉS
- ><
- Q0L
- LES FACTEURS CHIMIQUES DE LA FRUCTIFICATION
- Les plantes sont des êtres économes. Il ne se passe pas d’année sans qu’elles mettent de côté quelques réserves de substances alimentaires. Tantôt ces réserves sont canalisées vers les racines ou les tiges souterraines (carotte, betterave, pomme de terre). Tantôt elles sont déposées dans les bourgeons, dans les branches. De tous ces points, elles seront poussées pour faire face aux dépenses nécessitées par le départ printanier de la végétation. Ici, les réserves sont donc créées dans l’intérêt de la plante qui les a faites.
- Yoici maintenant des réserves alimentaires qui ne servent plus à la plante productrice mais à sa descendance; elles accompagnent,les fruits et les graines.
- On peut dire, en effet, que la fructification d’un poirier, d’un pommier, etc., n’est que la constitution d’une réserve nutritive caduque faite autour ou au dedans de graines qui l’utiliseront pour germer.
- Les éléments des réserves de nos fruits et des graines contenues sont connus. Dans les fruits nous rencontrons les hydrates de carbone classiques : glucose, lévulose, sucre de canne, maltose, amidon, gommes, mucilages, pectose, etc., puis des acides libres ou combinés à de la potasse : acides citrique, malique, tartrique.
- Enfin dans les graines se sont condensées les matières organiques azotées (albuminoïdes) et les matières organiques phosphatées (lécithines, nucléo-protéine), puis les corps gras ainsi que les sels de potasse et de magnésie.
- Si, connaissant bien la composition de ces réserves plus ou moins complexes, nous savions toujours comment elles prennent naissance et dans quelles conditions elles sont empêchées d’apparaître, nous pourrions les faire naître à volonté.
- Certes nous ne possédons pas encore toutes les données de l’intéressant problème, mais celles qui se trouvent à notre portée peuvent nous permettre de le résoudre quand même, la nature aidant. Yoici ces données.
- Tous les éléments fertiles, ceux du sol et ceux du climat concourent à préparer la fructification, mais il est de ces éléments dont l’action est prépondérante, tels sont la lumière, la chaleur, éléments climatériques, l’acide phosphorique, la potasse, ,1a magnésie, éléments chimiques.
- Il n’y a pas de division cellulaire, par conséquent pas de ci’oissance sans phosphore.
- C’est à l’état organique de lécithine, de nucléo-protéine que le phosphore est utile à la fructification en entrant, tout d’abord, sous l’une de ces formes, dans la composition de la matière fécondante des fleurs (pollen), puis dans la substance des graines.
- Il n’y a pas de fructification sans potasse parce qu’il ne peut pas y avoir production d’hydrates de carbone (glucose, lévulose, sucre, etc.) sans la présence de la potasse. C’est la potasse, en effet, qui tout en restant entière (par son seul contact) élabore les hydrates de carbone sans entrer chimiquement dans leur composition.
- Nous savons que ces hydrates de carbone composent les principales matières de réserve des fruits et, pour Lœw, leur proportion croît en même temps que la proportion de la potasse contenue.
- Enfin, il existerait aussi « une certaine proportionnalité entre le taux de la potasse et celui des albuminoïdes. « (G. André.)
- Mais la potasse n’excite pas seulement la formation des réserves organiques ternaires et quaternaires, elle entre dans la composition directe des fruits, combinée à leurs propres acides pour former des mal'ates de
- potasse (pomme), des citrates de potasse (orange), des tartrates de potasse (raisin), etc.
- Avec la magnésie et les composés organiques magnésiens, nous avons l’élément dont l’action combinée à celle de la lumière provoquerait, dans les feuilles, l’assimilation chlorophyllienne du carbone par décomposition du gaz carbonique de l’air ( Willstâtter). C’est-à-dire que a le magnésium serait le métal dont l’action catalytique provoquerait la synthèse chlorophyllienne. Ce serait le métal synthétique par excellence. » (G. An-d ré. )
- Et nous avons aussi dans la magnésie un élément constituant des graines.
- Du sucre, voilà le principe essentiel qui est l’origine et la fin des fruits. Quand nos ax-bres commencent à en produire plus que de la cellulose, on peut dire que la fructification n’est pas loin.
- Mais, d’après Pillet, un poids déterminé de sucre nécessite, pour se former dans le végétal, un poids généralement constant de matière minérale (ij à 19 kg pour 100 kg environ de sucre produit).
- Si la plante ne trouve pas dans le sol la quantité la meilleure de matière minérale (nitrates, phosphates, potasse, etc.), le poids du sucre diminue donc et la fructification peut être retardée ou réduite.
- A l’endroit des phosphates, quelle que soit la richesse du sol au-dessus de la meilleure, la proportion d’acide phosphorique fixée par la plante est à peu près constante et comprise entre 1000 et 1200 gr. pour une pro-duction de 100 kg de sucre. (Pagnoul.)
- Mais à l’endroit de l’azote, l’absorption par la plante dépendant surtout de la teneur du sol, l'on voit parfois, chez certains végétaux, la richesse saccharine diminuer quand la teneur en azotates augmente. Ces observations sont d’accord avec les expériences de Mazé qui montre que si la pénurie de certains engrais peut nuire, leur excès nuit aussi et bien davantage, soit qu’il devienne brutalement nocif, soit qu’il combatte l’action des engrais voisins comme c’est le cas pour les azotates.
- A ce point de vue mettons de suite en garde contre 1 abus du magnésium qu’on emploie généralement à l’état de sulfate de magnésie.
- Dans une solution nutritive contenant 1 gr. de phosphate de potasse, 1 gr. de nitrate dé soude, 2 gr. de carbonate de chaux par litre d’eau, le sulfate de magnésie ne devra être représenté que par o gr. 2.
- D autre part, si on se base sur cette proportion pour établir celle à employer en épandage sur une surface d’un are, par exemple, on trouve qu’il ne faudra pas apporter là plus de 200 gr. de sulfate de magnésie, c’est-à-dire 2 gr. par mètre carré à répandre en 2 fois de préférence. Au delà de ces mesures, le sulfate de magnésie peut devenir déprimant, sinon nocif.
- Conclusion : les azotates, quand ils sont abondants (on l’a maintes fois observé), excitent surtout la production des matériaux de construction (cellules, feuilles, branches, racines), c’est-à-dire bois, cellulose, tandis qxxe la potasse, les phosphates, la magnésie excitent la production des matériaux de réserve qui préparent la fructification.
- De sorte que les plantes qui croissent le mieux et rendent le plus sont celles qu’on peut soumettre à l’action de tous les éléments fertilisants apportés chacun dans la proportion la plus favorable à la vie et à la pro-dtxction des réserves spéciales de la fructification considérées ici. Georges Bellair.
- <fco
- HYGIENE ET SANTÉ
- CÆ,t
- LA RADIO-ANAPHYLAXIE
- L’anaphylaxie est, on le sait depuis les beaux travaux du professeur Ch. Richet, la tendance organique morbide à repi-oduire des phénomènes pathologiques sous l'action d’un même agent, inoffensif à l’ordinaire le plus
- souvent. Cet agent a pu ne rien déterminer pendant longtemps; puis, un beau jour, sans que l’on sache pourquoi, une maladie momentanée, un ensemble de symptômes douloureux ou gênants se déclenchent, qui
- p.2x192 - vue 604/620
-
-
-
- HYGIENE ET SANTÉ
- %
- reparaîtront toujours sous la même cause. Parfois, des sensibilités spéciales existant, c'est dès la première fois qu’apparaissent les phénomènes, c’est de Y idiosyncrasie, et, à chaque apparition de la même cause, ils reparaîtront, tel l’urticaire pour l’ingestion de poissons, de fraises. Mais si, ce qui arrive souvent, le premier contact, la première ingestion, n’a rien donné, et que c’est la seconde fois, la troisième ou plus, qui détermine l’affection pathologique, c’est alors Y anaphylaxie.
- Le professeur Fernand Widal et ses élèves ont montré à diverses reprises la bizarrerie de l’anaphylaxie en présence de médicaments longtemps maniés sans réactions, puis déterminant des troubles rendant la profession de pharmacien par exemple impossible. En deux cas récents, l’ipéca manié longtemps sans troubles donnait ensuite de l’asthme, rien qu’à la présence de cette poudre vomitive dans la pièce, dans l’appartement, même à une certaine distance. Cette anaphylaxie déclenchée peut alors se reproduire sous des causes diverses : l’organisme est sensibilisé. Le froid, la respiration de poussières végétales déterminaient chez une femme de ans des troubles divers, où l’asthme tenait encore sa place, avec, en plus, du coryza spasmodique, du rhume des foins....
- Mais les médicaments ou aliments sont-ils seuls capables de produire Y anaphylaxie ? Telle est la question que je me suis posée et à laquelle il me semble possible de répondre par la négative, affirmant au contraire que les radiations de la lumière, des rayons X, du radium, peuvent souvent sensibiliser l’organisme. En général, heureusement, l’inverse se produit, on se mithridatise, on supporte impunément, longtemps, voire toujours, les radiations solaires par exemple ; la peau réagit, se pigmente, noircit, le nègre ne souffre pas de l’ardeur du soleil.
- Prenons au contraire un blanc, un explorateur, longtemps il supporte la lumière et la chaleur, mais il s’anémie, « l’anémie des pays chauds » est connue; au voisinage des marais et des anophèles, il devient paludéen, il guérit — nous choisissons l’hypothèse la plus favorable — il guérit en apparence, car toujours sommeille cette terrible affection souvent méconnue; pour le fortifier, pour le guérir de névralgies ou de rhumatismes, exposez au soleil, cet ex-paludéen, et vous déterminez une violente crise de fièvre déprimante au possible ; les radiations ont eu une action anaphylactique, il s’est produit un choc, phénomène sur lequel nous reviendrons, qui a détruit l’équilibre de nos colloïdes, a provoqué de la colloïdoclasie. Le choc, parfois saisissant, troublant, pouvant aller jusqu’au dénouement fatal, ou déterminer la guérison d’une affection ancienne, peut se produire aussi, on le sait, par une injection ou une ingestion de peptone, de lait, en certains états organiques encore indéterminés.
- Idiosyncrasie, anaphylaxie, choc, phénomènes voisins, ont des connexions intimes, qu’ils soient produits par les médicaments ou les radiations. Poursuivons.
- Les rayons X ont montré de suite, par leurs brûlures et modifications profondes, leur radiopathie ; ces actions ayant été plutôt rares, on a dû tenir compte des idiosyncrasies, des radiosensibilités. Au début, on pouvait, vu la lenteur des radiographies, croire à une accumulation des rayons, mais aujourd’hui où la puissance des appareils nous permet d’impressionner en quelques secondes, voire instantanément, les plaques sensibles placées sous les patients, il faut bien admettre une idiosyncrasie, d’ailleurs extrêmement rare; cependant MM. Tédenat et Ainon, de Montpellier, nous en ont signalé, ces temps-ci, deux cas impressionnants.
- Plus fréquente est l’anaphylaxie provoquée- par de précédents rayons X ou par d’autres radiations, lumineuses par exemple.
- Le premier cas, non étiqueté d’ailleurs et pour cause, est celui de l’homme-momie en avril 1897. On ne connaissait encore que peu ou point les travaux du professeur Ch. Richet. L’homme-momie, au corps squelettique recouvert de peau, fut exhibé à Paris par un quotidien, et eut alors un certain succès ; tout Paris vint voir cet être rabougri et chétif, à la tête adornée de cheveux noirs abondants, et que le constructeur Radb guet venait de radiographier. J’eus l’occasion de le voir plusieurs fois et d’entendre ses doléances : il perdait ses cheveux et en était navré, il attribuait cela aux rayons X. (Déjà A. Soret, du Havre, avait signalé des cas analogues et de l’épilation, mais dès la première
- fois, donc, idiosyncrasiques). Je n’appris que plus tard, rencontrant en un congrès le Dr Maximin Gilles, de Marseille, que celui-ci avait radiographié l’homme-momie en septembre 1896; rien ne s’étant alors produit, le temps écoulé entre les deux radiographies étant assez long, on ne pouvait admettre d’accumulation de rayons, mais simplement, comme j’y pensais plus tard, bien plus tard, et en raison de faits nouveaux, à de l’anaphylaxie. L’organisme, comme souvent sans doute en pareil cas, surpris, inhibé, à la première application de rayons X, n’avait pas réagi, et il se rattrapait, se défendait ensuite, soupçonnant peut-être, par cénesthésie, conscience profonde, les dangers de ces radiations obscures! Terminons l’histoire de l’homme-momie en disant qu’après avoir erré depuis, s’exhibant pour vivre, il mourut à Liège en 1913 léguant son corps à la Faculté de Médecine de Paris qui ne jugea pas à propos de faire les frais de transport; le malheur poursuivait jusqu’après la mort l’un des premiers radiographiés !
- La radiothérapie, dont j’ai créé le néologisme, et qui s’est imposée comme agent curatif, devait multiplier les accidents, la radiopathie, et révéler ainsi maintes ana-phylaxies. Ce sont, on le sait, bien plus les radiologues — et les derniers, Infroit, Leray, sont encore trop présents à nos esprits pour insister — qui payèrent leur tribut. Certains, de suite brûlés, s’accoutumèrent et ne virent pas leurs lésions progresser, tout en continuant leur attachante et dangereuse profession; d’autres, indemnes pendant des années, furent, parfois, après un long temps de repos, des vacances, pris à l’improviste, et moururent. Ces derniers, anaphylactiques sans nul doute, figurent au martyrologe de la radio-anaphylaxie.
- On peut rapprocher de ces faits les cas de guérisons apparentes de cancer chez des patients et datant parfois de plusieurs années, et qui, lors de récidives, traités de même, voient alors parfois l’action non seulement nulle des sels radifères, mais encore la précipitation du dénouement fatal !
- En l’espèce, rayons X et radium agissent de même. J’ai relevé, dans la littérature anglaise de la spécialité, huit cas de mort chez les « travailleurs » du radium et des rayons X. Dans mon expérience personnelle de radio- et radium thérapeute de la première heure, j’ai relevé, sans cas de mort, loin de là, des faits de patientes traitées pour tumeurs et ayant subi sans réactions les premières irradiations et dont la peau rougissait aux secondes, ayant cependant lieu après un temps de repos. En diminuant les doses, on désensibilise (comme en matière de médicaments) et on arrive au résultat.
- Les radiations du soleil, de l’ampoule de Crookes, des sels radifères, sont proches parentes, on le sait; elles sont souvent, en thérapeutique, interchangeables, et par suite peuvent sensibiliser ou désensibiliser suivant les cas. C’est ainsi qu’en sa séance du 27 janvier 1922, la Société des Sciences médicales et biologiques de Montpellier a signalé des cas de brûlures après de courtes radioscopies ou radiographies chez des malades préalablement insolés. MM. Gaussel et Villa, J.-L. Pech, et à Paris, M. Hirtz, ont signalé que toute irradiation d’un être vivant le sensibilise vis-à-vis de toutes autres radiations pouvant le frapper ultérieurement. La face et les mains des radiologues, découvertes, exposées à toutes les lumières, ne sont-elles pas le plus souvent atteintes, alors que cependant les rayons X traversent tout.
- Une enquête s’imposait pour savoir, par suite, si la radio-anaphylaxie était rare ou fréquente. Il est vrai que tant de phénomènes sont méconnus quand on n’en soupçonne pas l’existence, que mes informations, prématurées, ne pouvaient être qu’incomplètes. Les centres de traitement de tuberculoses pulmonaires ou osseuses étaient tout indiqués; le Dr Calot, de Berclc, me répondit qu’il croyait à ces brûlures radiologiques après insolation sans pouvoir l’affirmer ; le Dr Rollier, de Leysin, ne les avait jamais constatés malgré 12000 examens. A ceci on peut répondre que l’examen radiologique, pris à l’arrivée, n’est renouvelé qu’un certain temps après, à la suite de longues insolations, et que la durée d’exposition aux radiations solaires a été assez prolongée pour cuirasser l’individu. Je n’émets cette hypothèse qu’avec prudence. On sait qu’en science, un fait positif vaut plus que mille faits négatifs; or, les phénomènes radio-anaphylactiques sont déjà assez nombreux pour permettre d’en affirmer, d’absolue façon, l’existence.
- p.2x193 - vue 605/620
-
-
-
- «[ HYGIÈNE ET SANTÉ m
- Quelle est la portée pratique de la connaissance de la radio-anaphylaxie ? C’est de procéder, comme en pharmacopée, pour la désensibilisation, voire pour la guérir, et permettre de faire un peu plus de cette radiothérapie dite « profonde », encore si dangereuse et qui nous vient d Allemagne, n’étant en somme que de la radiothérapie « prolongée » ; c’est de sauver probablement maints ^ radiologues, constructeurs d’appareils, fabri-cants d ampoules, médecins applicateurs... en les désensibilisant. On connaît la mort de Radiguet, en iqo4, 1 une des premières victimes ; on sait la cession de son industrie par un autre constructeur percevant même douloureusement, au plus loin de ses ateliers, la marche des rayons X ; ce dernier cas ne ressemble-t-il pas
- « comme deux gouttes d’eau » à celui de ce pharmacien atteint d’asthme au plus loin de la poudre d’ipéca maniée chez lui ?...
- Le professeur .T. Bergonié, de Bordeaux, a signalé l’an dernier la cure desradiodermi1.es parles sels de radium. Ne serait-ce pas là une désensibilisation précieuse ?
- A côté du mal est souvent le remède, c’est probablement plus par la radio-anaphylaxie et sa connaissance précise, que par des moyens de protection souvent inefficaces ou inutilisables, qu’on arrivera sûrement à économiser les maux terribles, les lentes agonies et les existences des radiologues. D’autres applications générales apparaîtront aussi peut-être.
- D' Foveauj de Courmelles.
- ><
- "0O
- BOITE AUX LETTRES
- AVIS. L abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires et du nombre des correspondances, il ne peut être, en général, répondu immédiatement.
- Erratum. — Le Calendrier perpétuel (N° x5i3, Variétés, page 176). Il faut dans cet article corriger une faute grave d impression et lire : « soit à trouver quel jour est le i01 août 192a », au lieu de « quel jour est le ior mars 1922 » qui a été imprimé par erreur.
- Adresse relative aux appareils décrits. — La Radio-table (voir n° 25i4, 10 juin 1922, Science appliquée, page 183), inventée par M. Hemardinguer, est en vente actuellement aux Etablissements de Villers, 84, boulevard Latour-Maubourg, Paris.
- Communication. — A propos de la sitelle et des noisettes. — M. de Ligondès nous écrit : « La particularité signalée au n° 2504 du ier avril au sujet de la Sitelle torchepot et des noisettes est un fait caractéristique de 1 espèce, quant à la manière d’encastrer les noisettes et les glands dans la fente ou entre les écorces des arbres.
- Je l’ai observé plusieurs fois et en des endroits très différents. D ailleurs dans L’Art d’élever et d’instruire les oiseaux, par L.-E. Champaine, p. 3iq, on peut relever le passage suivant à propos de la Sitelle torchepot : « En captivité.... si on lui donne des faînes ou quelque autre semence entourée d’une enveloppe un peu résistante, elle les met dans quelque fente et les brise ensuite à coups de bec. Ce manège compose à peu près tout son agrément.... »
- Je ne crois pas être dans l’erreur en disant que l’on peut attribuer à 1 instinct seul et non à l’intelligence de 1 animal la façon dont il opère pour percer l’enveloppe des noisettes ou des glands. »
- Réponses. — Mlle S. Gillet, à Paris. — t° 11 y a deux sortes de nigrosines, la nigrosine soluble à l’eau qui est la dianilidophénylbenzo-induline sulfonée, laquelle est insoluble dans 1 alcool et la nigrosine YV non sulfonée soluble en bleu noir dans l’alcool, mais insoluble dans l’eau. Comme la formule que nous avons indiquée comporte de l’alcool, c’est donc à la nigrosine W qu’il faut s'adresser et nous pensons que votre insuccès est dû à l’emploi de la première sorte, laquelle ne convient pas dans le cas considéré. 20 Toutes les variétés de copal ne sont pas également solubles dans l’éther, la variété de choix est celle de Singapour et très probablement ce n’est pas cette variété qui vous a été fournie. Quant au sable, il n’est là que pour faciliter la dissolution et le liquide doit être filtré avant emploi, on y plonge la plante entière à deux ou trois reprises, jusqu’à ce que l’eau de la sève soit éliminée.
- M. B nichant, à Bordeaux. — Pour marquer les creusets en porcelaines dont on fait usage dans les laboratoires, le mieux est de se servir d’un diamant monté en crayon, tel qu’on le trouve chez tous les fournisseurs de produits chimiques ; on entame ainsi l’émail très légèrement et il suffit de passer sur les inscriptions un crayon bleu d’usage courant dont le bleu de
- Prusse se fixe dans les anfractuosités, après passage au moufle les caractères apparaissent en rouge parsuit de la transformation en oxyde ferrique.
- Mme Peyronnet, à Langon (Gironde). — Le temps très long pendant lequel votre linge est resté mouillé a donné lieu à l'accident qui porte le nom de trésalage ; si les moisissures qui se sont développées n ont pas attaqué la cellulose du tissu, vous pourrez peut-être y remédier en faisant tremper le linge^ (préalablement
- lessivé dans une solution de :
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . 7a gr.
- Sel de cuisine.................... 5o —
- Eau ordinaire................... 1000 —
- Tordre légèrement et exposer au grand air jusqu’au lendemain, rincer à l’eau claire puis passer dans un bain contenant une cuillerée à soupe d’extrait de Javel par 2 litres d’eau bouillante, laisser en contact jusqu’à disparition des dernières traces, rincer encore dans l’eau chaude, puis à l’ea\i courante pour terminer jusqu’à complète disparition d’odeur de chlore.
- M. de la Noiie, à Suresnes. — i° Les carreaux en celluloïd se nettoient avec l’alcool camphré; i° Le collage du celluloïd à lui-même s’effectue au moyen d’une dissolution de celluloïd dans un mélange d’acétone et d’acétate d’amyle, vous pouvez prendre comme type la formule suivante :
- Celluloïd transparent .... 3o gr.
- Acétoue.......................4 o —
- Acétate d’amyle..................3o —
- Placer le tout dans un flacon pouvant se fermer hermétiquement, laisser digérer quelques jours jusqu’à obtention d’une masse visqueuse. Pour l’emploi, bien aviver les surfaces au moyen d’un grattoir,-les badigeonner de la mixture, serrer énergiquement et laisser sécher.
- M. Guichard, à Paris. — i° Nous pensons que la colle suivante vous donnera satisfaction pour coller du cuir au métal, dans le cas où l’objet serait exposé à l’essence.
- Silicate de soude à 3o°. B . 100 gr.
- Dextrine........................200 —
- Eau ordinaire...................100 —
- Délayer la dextrine dans le silicate, ajouter l’eau, puis faire dissoudre au bain-marie jusqu’à obtention d’une masse visqueuse. 20 Une dissolution d'acétate de cellulose à 5 pour j 00 dans l’acétone vous permettra de donner à la dentelle la rigidité désirée.
- M. Le Grand, à Luisant. — Yous obtiendrez un chauffage très régulier à i6o°-x7o° en vous servant comme bain de paraffine, suivant son origine, elle bout de 35o à 43o°, vous aurez donc une marge largement suffisante, aucune attaque du cuivre n’est à craindre dans ces conditions, l’adjonction d’un régulateur vous permettra de vous tenir dans les limites sus-indiquées.
- M. Lefang, àl’Essart, par Poitiers. — Le JLaboratoire de la Chambre de Commerce, rue de Viarmes, Bourse de Commerce, est en mesure d’effectuer les analyses spéciales dont vous nous parlez ; veuillez vous y adi’es-ser.
- M. Thomachot, à Prissé (Saône-et-Loire). — Le sulfure de sodium doit agir sur les bois à déséver par son alcalinité au même titre que la soude caustique ou le carbonate de soude en donnant des pectates solubles
- p.2x194 - vue 606/620
-
-
-
- BOITE AUX LETTRES
- que l’orTpeut entraîner par déplacement sous pression, son’emploi est donc logique; quant à l’intervention du chlorure de chaux elle ne nous paraît pas judicieuse, le chlore ayant une action funeste sur la cellulose quand son action est persitante, ce qui serait le cas dans la métho'de dont vous donnez la description.
- M. Juan de Jauregui, à Bilbao. — Dans le dispositif que vous indiquez, les étincelles ne jailliront pas simultanément en plusieurs points, mais bien en un seul qui correspondra à la moindre résistance diélectrique.
- Mlle J. Bayeux, à Dreux. — i° L'analyse des cirages
- comporte non seulement des connaissances chimiques, mais aussi une pratique spéciale, elle n’est pas à la portée de l’amateur, nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant particulièrement de ces analyses. •—• a" Les fleurs artificielles en céramique sont simplement constituées par du biscuit ou porcelaine dure sans couverte, leur obtention se fait par les mômes procédés. Consultez à ce sujet : Dictionnaire de Wurtz P. *S., p. ii58 et suivantes, Manuel de céramique industrielle, par Arnaud et Franche, éditeur Dunod, 47, quai des Grand s-Augus-tins.
- l&ü
- BIBLIOGRAPHIE
- OÉL
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Pains, augmenté de 10 °/0 pour frais de port ou d’emballage. Tenir compte des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ... ....
- Catalogue of the Mechanical Engineering Collection in the United States National Muséum (Motors, Locomotives, and self-propelled Yehicles), par Carl. W. Mitman, 1 brochure, 118 p., 59 fig., publiée par la Smithsonian Institution, Washington, 1922.
- Ce catalogue constitue une histoire en raccourci des moteurs et de la locomotion mécanique. Nous souhaitons que notre Conservatoire des Arts et Métiers, si riche en modèles, dessins et machines anciennes, suive l’exemple du National Muséum et fasse connaître ses richesses par des publications méthodiques comme celle-ci.
- Précis d'électricité industrielle. Les appareils à courant alternatif, par M. Soubrier. i vol. i3 X 21 de iv-162 pages avec 109 fig. Dunod, éditeur. Paris 1922. Prix : broché, 10 francs.
- Sous un volume réduit, cet ouvrage résume les connaissances requises pour comprendre à fond le fonctionnement des appareils à courant alternatif.
- La première partie traite de la théorie générale des courants alternatifs ; une deuxième partie est consacrée aux alternateurs et turbo-alternateurs. La transformation, les transformateurs et la distribution de l’énergie font l’objet de la troisième partie; enfin, dans la quatrième partie, sont étudiés les récepteurs à courant alternatif, les moteurs asynchrones, les commutatrices et les moteurs à collecteurs.
- Manuel de radiotélégraphie appliquée, par J. Brun. 1 vol., 43o pages, 325 figures. Albin Michel, Paris. Prix : 3o francs.
- Cet ouvrage vient combler une lacune importante. La T. S. F. est devenue en ces dernières années une industrie importante et une profession qui comporte tout un personnel hiérarchisé. Les ouvrages théoriques et les ouvrages de vulgarisation sont assez nombreux. Le livre de M. Brun s’adresse surtout aux professionnels : mécaniciens, monteurs, et opérateurs et groupe à leur usage les connaissances théoriques et pratiques indispensables, qui sont du reste exigées dans les concours où se recrutent les opérateurs de bord. Il débute par un glossaire alphabétique qui définit ou explique les principaux termes employés en radiotechnique. Viennent ensuite : l’étude des antennes, celle de l’émission en ondes amorties et en ondes entretenues avec description des principaux matériels en usage ; celle des détecteurs, des amplificateurs, celle de la réception avec description des divers montages possibles et examen très détaillé de la réception sur cadre et de son application à la goniométrie. Les amateurs un peu exercés trouveront également avantage à la lecture de ce livre où ils pourront puiser une foule de renseignements précieux, notamment de
- nombreux exemples de montages éprouvés et des données numériques.
- The Construction of Amateur Valves Stations par Alan L. M. Douglas, i brochure illustrée 81 pages, bq fig. Editeur The Wireless Press, Londres 1922. Prix : 1 sh. 6.
- Ce petit livre indique aux amateurs de T. S. F., aussi nombreux en Angleterre qu’en France, les moyens pratiques pour monter des postes de réception à lampes ; on y trouve les schémas de montage et des indications pour construire certaines pièces de l’équipement.
- La houille blanche française. Aujourd’hui et demain, par A. Pawlovvski. i vol. 413 p., édité par L’Information, Paris 1922. Prix : 10 francs.
- C’est un véritable inventaire de nos ressources en houille blanche que dresse M. Pawlowski, en examinant bassin par bassin les installations existantes, leur utilisation et les travaux projetés pour mettre en valeur les chutes encore inexploitées. Cette étude est divisée en 6 parties : Jura et Saône, Alpes et Rhône, Pyrénées, Plateau Central, Meuse, Moselle et Rhin, Bassin de la Seine, Normandie, Bretagne et Vendée. L’auteur met en relief d’une façon saisissante le grand effort accompli par la France pour la mise en valeur de son énergie hydraulique et montre ce qüi reste à faire dans cette voie ; il insiste avec raison sur la nécessité de renoncer à l’individualisme pour réaliser de vastes plans d’ensemble où les installations logiquement coordonnées se prêtent un mutuel appui et desservent de grands réseaux de distribution.
- Manuel d’hygiène, par le Dr Guiraud. 4’ édition entièrement remaniée et très augmentée par le D1 Albert Gautié. 2 vol. in-16, 1280 p., i85 fig. Masson et C10, Paris. Prix : 3o francs.
- L’hygiène est à l’ordre du jour. Ce manuel, fort pratique, renseigne utilement sur toutes les questions qui se posent : hygiène du sol, de l’atmosphère, des eaux, des habitations, des villes, des aliments, des écoles, hygiène militaire, professionnelle et industrielle ; prophylaxie des maladies transmissibles ; législation sanitaire française. Cette nouvelle édition tient compte des leçons de la guerre et forme un exposé parfaitement au point.
- IJ Empire romain. Evolution et décadence, par G. Bloch. 1 vol. in-18, 313 p. Flammarion, éditeur, Paris 1922. Prix : 6 fr. 5o.
- L’auteur étudie l’évolution de l’Empire romain depuis Auguste jusqu’au partage sous Constantin. Les faits historiques sont brièvement rappelés. Le livre vise surtout à mettre en évidence les modifications successives des principes sur lesquels s’appuie l'autorité du souverain, les transformations du mécanisme du gouvernement et du système administratif.
- La loi du 3i mars 1922 sur les loyers. Commentaires et formules, par A. Levasseur. Encyclopédie parlementaire. 1 broch. in-8, 72 pages. Dunod, Paris. Prix : 3 francs.
- Recueil des textes récents régissant la question.
- p.2x195 - vue 607/620
-
-
-
- LA NATURE
- Supplément.
- N° 2516 24 Juin 1922
- ><^D
- INFORMATIONS
- La comète Skjellerup (1922 b). — La seconde comète de ig22, dont nous avons annoncé récemment la découverte à l’Observatoire du Cap, s’élève peu à peu en déclinaison à travers la constellation du Cancer (une erreur de transcription a. fait indiquer le signe — pour le mouvement en déclinaison dans la précédente information).
- Le Bur eau international des Télégrammes astronomiques, à Uccle, a reçu par télégrammes les observations suivantes, auxquelles nous joignons celle de la décou-
- verte : Ascension Observateur
- Dates. Heures. droite. Déclinaison. Grandeur et lieu.
- 17 mai. 6\ 0"’ 711 53-44» -f BU 52' 0" Faillie Skjellerup,
- (Greenwich) Le Gap.
- 20 _ -10h 16-,7 8h O-50»,7 -)- 22° 2U27" Î2,0 i Wiindlcr, Ko-
- (Konig-slulil) nigstuiil.
- 21 — 15h15”,4 8" 15” 56“,2 + 25° 52'19" 15,0 Y an-liies-
- (Greenwich) Jirœc'k, Ycr-
- » kes Oh*.
- 22 —- 9h 25nl,9 8h19m52«,4 -j- 24° 15'41" 15,0 Vol la, Mil an.
- (Milan)
- Cette comète est donc très faible et ne peut être observée jusqu’à présent qu’au moyen des grands instruments.
- M. Crommelin vient de calculer les éléments parabo-
- Fig. i. — Marche de la Comète Skjellerup (1922 b) sur le ciel pendant le mois de juin 1922.
- liques de la comète Skjellerup, dont nous avons annoncé la découverte récente. Les voici :
- T =1922 mai 19,220 (t. m. Gr.).
- 03 = 10 I 6' )
- £=207° 56' [ 1922,0 i =21° 19' )
- q =0,8824.
- Au moyen de ces éléments, M. H. Vanderlinden a calculé une éphéméride des positions de la comète en juin. Ces positions sont reportées sur la petite carte ci-dessus.
- Comme on le voit, la comète est passée au périhélie le 19 mai, elle s’éloigne à présent de la Terre et du Soleil et son éclat, qui était très faible (12° à i3e grandeur), va en diminuant.
- La planète Mars. — La circulaire n° 27 du Bureau central international des Télégrammes astronomiques, à Uccle, signale les observations faites à l’Observatoire astrophysique de Catane sur la planète . Mars par M. Maggini. « Depuis le 7 mai, écrit cet astronome, les régions sombres de la planète Mars présentent une décoloration anormale. Un voile jaune recouvre les mers australes et efface les détails au Nord de ces mers. La pâleur a été frappante les nuits du 17 au 22 mai. Les mêmes phénomènes se présentent comme en 1909, lorsque l’hémisphère Sud de Mars était, comme maintenant, près de son équinoxe de printemps. »
- Cette pâleur extraordinaire des détails de Mars, que l’on retrouve cette année comme en 1909, semble un phénomène saisonnier de la planète., Elle avait été signalée comme étant le fait le pins important constaté,
- lors de l’opposition de 1909, par M. Jarry-Desloges (Observations des surfaces planétaires, fascicule II, p. 77) et par ses observateurs G. et V. Fournier. « Cette pâleur était réellement extraordinaire, si grande que parfois, par des images terrestres très suffisamment bonnes, on pouvait passer à l’oculaire une demi-heure, voire même une heure, sans apercevoir autre chose que de vagues ombres trop incertaines pour qu’on pût, la plupart du temps, les dessiner, r
- Quant à la nature de ce phénomène, on l’ignore, il se produit, soit dans l’atmosphère de Mars, soit sur sa surface. 4‘
- Mars est actuellement en opposition, et brille magnifiquement au Sud, nous en recommandons l’étude à tous les observateurs.
- Le bruit des avions. — Pendant la guerre, certains observateurs exercés réussissaient à identifier par le son le type d’un avion en vol.
- L’observation attentive du bruit des avions a mis en évidence des phénomènes curieux, qu’il est aisé, du reste, de constater chaque fois que l’on entend un avion dans le ciel. Ces phénomènes ont été analysés par le colonel Dévé dans une étude que publie la Revue générale des Sciences. Voici les faits d’expérience :
- i° A quelques centaines de mètres d’un avion, on n’entend plus que le bruit du moteur ; le nombre d’explosions à la seconde détermine le son fondamental de l’avion ;
- 20 Mais ce son fondamental est combiné avec plusieurs sons complémentaires dont les principaux varient avec la hauteur de l’oreille au-dessus du sol, de sorte qu’un homme assis n’entend pas le même accord qu’un homme debout. Le phénomène est frappant quand on baisse et relève la tête. Le son monte très progressivemnt quand on se baisse, il redescend à la manière d’une sirène qui va s’arrêter quand on se relève.
- 3° Quand on se trouve sur un terrain dur (cour, route, champ, n’ayanl: que de courtes végétations), la hauteur, du son d’un avion passant à moins de 45° du zénith dépend de la hauteur de l’oreille au-dessus du sol. Le son perçu par l’oreille baissée à o m. 80 du sol semble à peu près l’octave supérieur du son perçu quand on se tient debout. Le phénomène n’est pas perceptible pour un observateur placé à la fenêtre d’un étage.
- 4° Lorsque l’avion étant près du zénith, on baisse la tête lentement jusque près du sol, le son paraît monter très progressivement de plus de 2 octaves; il repasse par les mêmes sons quand on se relève.
- 5° Le son perçu paraît renforcé par moments, même si l’avion n’a qu’un seul moteur; ces renforcements de son n’ont pas de rythme bien déterminé.
- Ces faits ne peuvent s’expliquer que par la superposition dans l’oreille de l’observateur de l’onde sonore directe et de l’onde réfléchie par le sol; mais il est manifeste que le son émis par l’avion ne peut être de forme sinusoïdale; car l’on observerait alors, en rapprochant ou écartant l’oreille du sol, des zones de silence et des zones de renforcement dues aux interférences des ondes directes et réfléchies ; mais il n’y aurait pas de changement dans la hauteur des sons.
- C’est qu’en effet les bruits émis par l’avion sont dus à' une succession de percussions brusques, explosion et échappement dont le rythme détermine la hauteur de son perçu : le bruit dominant est celui de l’échappement du moteur; chaque bruit d’échappement constitue en réalité un court train d’ondes, présentant un front qui s’élève brusquement, suivi d’une détente relativement longue.
- On conçoit qu’en superposantun train d’ondes directes à un train d’ondes réfléchies, décelées d’une 1/2 distance de front, on obtient l’octave du son fondamental; l’oreille note en effet un nombre double de percussions dans le même temps.
- Le colonel Dévé étudie avec soin les diverses apparences sonores qui doivent résulter de la superposition de trains d’onde de ce type, plus ou moins décalés.
- Il note aussi que le phénomème de la montée de tonalité d’un bruit n’est pas particulier aux avions : un observateur placé SOUS un grand arbre entend le bruis^
- 35
- p.2x196 - vue 608/620
-
-
-
- INFORMATIONS
- sement dos feuilles changer de tonalité et monter progressivement quand il se baisse. Placé entre une cascade et un mur distant de i à 2 mètres, il entendra la tonalité du bruit de la cascade monter s’il se rapproche du mur.
- Quant au renforcement du bruit des avions que l’on perçoit par moments, l’auteur l’attribue'au déplacement de l’avion.
- Le métal Alpax, alliage d’aluminium et de silicium. — Le métal Alpax est le nom commercial d’un nouvel alliage d’aluminium et de silicium récemment lancé sur le marché.
- M. L.Guillet en signale dans la Revue de Métallurgie les intéressantes propriétés.
- Cet alliage contient de 12 à i5 pour 100 de silicium. A 12,3 pour 100 de silicium, sa densité est de 2,63. 11 est donc un peu plus léger que l’aluminium et la plupart des alliages usuels d’aluminium.
- Il est caractérisé par une préparation spéciale, due au Dr Aladar Pacz de Cleveland, et qui lui confère des propriétés mécaniques remarquables.
- Cette préparation consiste en un véritable affinage de l’alliage ; dans le creuset qui contient celui-ci on introduit à une température déterminée et très supérieure à sa température de fusion un mélange de sels alcalins en proportions déterminées que l’on mélange intimement à la masse en fusion; après écrémage, on coule l’alliage dans des conditions analogues à celles de l’aluminium ou des alliages courants de fonderie. Sa résistance à la rupture est supérieure à 19 kg par millimètre carré. C’est là un résultat mécanique inconnu jusqu’ici et qui fait de cet alliage une matière précieuse pour la fonderie. De plus, son retrait n’est que de il mm par mètre, identique à celui de la fonte. Enfin sa résistance aux températures élevées reste également supérieure à celle des alliages légers usuels.
- Les richesses minières de l’Indo-Chine. — La
- crise économique mondiale s’est fait sentir aussi sur l’activité des recherches minières indo-chinoises, et particulièrement au Tonkin. Les demandes de concession et de permis de recherches ont sérieusement diminué. Cependant, au début de 1920, les statistiques officielles accusaient encore : Tonkin, 45i concessions; Annam, 140; Laos, 24; Cambodge, 74; Cochinchine, 17. Les licences avaient été suspendues pendant la guerre et tous les travaux miniers placés sous le contrôle direct du Service des mines.
- Quatre nouvelles concessions viennent d’être accordées : une pour le fer, une autre pour le zinc, et deux pour des phosphates. Le total des concessions accordées au icr janvier 1921 s’est élevé à 226, se répartissant comme suit :
- Charbon, 63; zinc et plomb, 90 ; plomb et cuivre, 3; étain et tungstène, 3o ; or, 12; cuivre, 9; fer, 8; antimoine, 4; mercure, 3; phosphates, 4- Plus de 180 demandes sont à l’étude.
- I. Charbon. — Le charbon est toujours la grosse production minière du Tonkin, mais l’extraction reste à peu près stationnaire : 665 000 tonnes en 1919 contre 645000 en moyenne pendant les années de guerre. Le développement des industries charbonnières est, pour certains gisements, temporairement retardé par la difficulté des communications. Un brillant avenir leur est cependant assuré. Toutes les compagnies charbonnières font de bonnes affaires.
- La région de Hongay tient toujours la tête et de loin. Elle va procéder à l’électrification de toutes ses mines et perfectionne ses moyens d’extraction. Sa production annuelle dépassera sous peu 750000 tonnes..
- Le bassin du Phon-me n’a pas justifié les espérances qu’on en attendait tant au point de vue de son étendue qu’à celui de la qualité exceptionnelle des premiers produits extraits.
- Les difficultés de navigation du Song-Cau gênent considérablement l’acheminement du charbon vers la ville la plus voisine, Thaï-Nguyen.
- La fabrication de briquettes, toujours très en honneur, à cause de la faible cohésion originelle de certains charbons, occupe de nombreux ouvriers.
- L’usine de Dong-Trien produit plus de 100 000 tonnes par an, celle de Kébao .49 000, celle de Tourane 60.000.
- Au 1'"'janvier 1921, la production des mines do charbon s’établissait ainsi :
- Superficie . Production
- ^ quantité. / valeur. .
- . .• ( quantité.
- Exportation 1 * .
- 1 / valeur. .
- Personnel
- européen
- indigène.
- 63.52- hectares.
- 685.113 tonnes.
- 2-3,23 millions de francs.
- 354-i5o tonnes.
- 12,22 millions de francs. 81 8.929
- IL Etain et Tungstène. — Le nord du Tonkin est particulièrement riche en wolfram (tungstate double de fer et de manganèse), associé généralement avec de la cassitérite (SnO2) dans des gîtes alluvionnaires ou filoniens (à gangue de quartz). Le Tonkin n’est pas encore équipé industriellement pour faire sur place la séparation du minerai, et le mélange est presque totalement exporté sur Marseille.
- Après des recherches actives et une utilisation intense pendant la guerre (fers et aciers spéciaux], les minerais de tungstène indo-chinois souffrent beaucoup actuellement de la concurrence chinoise.
- Toutes les exploitations actuelles sont localisées dans la région du Pia-Ouac.
- La dernière statistique donne :
- Surface en Ha
- Production Exportation Personnel III. Zinc. -
- ( quantité. \ valeur. .
- I quantité.
- ( valeur. . $ européen ( indigène.
- 4.4i4
- 582 tonnes.
- 2,16 millions de francs. 265 tonnes. i,3 million.
- 23 133 2
- Le zinc est toujours très recherché au Tonkin, et presque entièrement utilisé sur place dans une grande proportion pour la confection des monnaies locales. Les gisements sont nombreux quoique peu importants, à part celui de la région de Lang-hit. On y trouve quelques gîtes filoniens (galène, blende, pyrite), mais aussi, dans les régions calcaires, de puissants gîtes de substitution (calamine), presque aussi typiques que ceux de Moresnet, de la Vieille-Montagne et du Laurium.
- Superficie . Production
- Exportation
- Personnel
- quantité. valeur. . quantité. valeur. . européen indigène.
- 2493 Ha 1.5 934 tonnes 4,75 millions. 1000 tonnes. o,35 million.
- 25
- 1370
- Une usine pour la fabrication du zinc et du blanc de zinc existe à Lang-hit.
- Le Plomb, satellite ordinaire du zinc, dans les gîtes filoniens, n’existe guère, en quantité appréciable, que dans les régions de Tuyen-Quang et du Cho-Dien.
- IV. Fer. — L’Annam et surtout le Tonkin renferment des gisements de fer importants, surtout sous la forme d’hématite, plus rarement de magétite. Malheureusement, le minerai n’est guère utilisé, et de façon très grossière,, que par les forgerons indigènes. Malgré la présence voisine et l’abondance du charbon — souvent impropre,, il est vrai, à la fabrication d’un bon coke métallurgique — il n’existe pas encore au Tonkin de véritable industrie sidérurgique. Un petit haut fourneau vient cependant de s’installer à'Haïphong.
- Les minerais d’argent sont rares en Indo-Chine. L’or est beaucoup plus fréquent, mais les gîtes épuisés ou non rémunérateurs. Les plus importants sont situés près de" Bong-Mieu. Le cuivre est toujours très rare, mais l’antimoine plus fréquent, surtout en Annam.
- Les phosphates de chaux indo-chinois, de découverte récente, paraissent avoir devant eux un bel avenir.
- Le graphite existe assez abondamment dans les schistes cristallins delà Haute-Région du Tonkin, notamment au Yunnan et dans le bassin de la Rivière-Noire, mais il n’y est pas toujours exploitable. L’Annam paraît mieux partagé sous ce rapport.
- Il est certain qu’au Tonkin un bel avenir est réservé aux exploitations charbonnières et aux mines de wolfram, de fer et de zinc. Si ce pays est maintenant à peu près suffisamment bien connu au point de vue de ses richesses minérales naturelles, le Haut-Annam, parla constitution géologique de ses terrains, réserve encore des surprises. Quant au Laos, il est encore, pour ainsi dire, vierge de toute prospection minière. Des sondages, actuellement en cours d’exécution, recherchent au Cambodge l’extension des pétroles siamois dans la basse vallée du Mékong.
- p.2x197 - vue 609/620
-
-
-
- ----o
- SCIENCE APPLIQUÉE
- Sg'j'i, T. S. F.
- Réception des ondes entretenues au moyen de la lampe à 3 électrodes utilisée uniquement avec une bobine d’accord, sans aucun transformateur spécial.
- —• Notons, tout d’abord, que ce montage n’a pas pour objet de faire disparaître les dispositifs actuellement existants; notre but est de faire apparaître, au contraire,
- Antenne
- | Plaque ¥
- ! Grille
- *-L_,
- "t/e commur e
- entretenues locales. En se servant d’une bobine à deux curseurs, on arrive immédiatement à ce résultat. Nous allons montrer comment il suffit de disposer les divers organes.
- Montage de la lampe avec bobine à deux curseurs.
- Nota. —• Nous appelons immédiatement l’attention du lecteur sur la nécessité d’avoir une self assez grande. La longueur du 111 bobiné pourra être déterminée d’après l’antenne et les ondes à recevoir. En général, nous estimons qu’une bobine de 2oo-3oo m. est un minimum en raison de la longueur généralement assez élevée des ondes entretenues.
- Pour le groupement des divers organes, il suffit de consulter la ligure d’ensemble (lig. 2).
- Relier les bornes du condensateur variable (à air) C aux deux bornes 1 et 2 en intercalant éventuellement dans le premier circuit un détecteur à cristal complet pour recevoir les ondes amollies et les amplifier par la lampe. Ce détecteur peut être court-circuité par une lamelle 1. Réunir la grille g au condensateur côté détecteur.
- Le filament doit être relié à la borne 2 comme il est indiqué sur le schéma. Quant au circuit filament-plaque, il comportera une batterie de 40 volts, reliée par son pôle positif à l’un des conducteurs d’un casque téléphonique (l’autre conducteur étant connecté à la borne p de plaque) et par son pôle négatif à la borne 3 de la bobine d’accord.
- Fig.
- sous un jour nouveau, pour un grand nombre d’amateurs, l’utilisation de la lampe à 3 électrodes.
- Le dispositif que nous leur proposons — quoique très simplifié — convient très bien pour la réception des ondes entretenues et aussi pour celle des ondes amorties. À ce point de vue, nous pouvons assurer nos lecteurs que les expériences faites ont complètement satisfait notre attente, en justifiant pleinement nos prévisions.
- Nous avions observé, en effet, que le transformateur à enroulements réactifs, décrit dans La. Nature, d’après les excellents principes de M. Duroquier, pouvait être utilisé un peu différemment de la façon indiquée par son auteur.
- Un changement très simple consiste, en effet, à relier la prise de terre non plus à la partie commune aux deux enroulements, mais à l’extrémité opposée de l’enroulement secondaire (lig. 1).
- Dans ces conditions, on fait entrer dans le circuit d’accord de l’antenne toute la self du « secondaire » ; il en résulte déjà la possibilité de recevoir une longueur d’onde plus grande. Ce jfait évident est très facile à vérifier. De plusj 1’ « accrochage » se produit tout aussi facilement; il est même possible, et souvent utile, pour améliorer la réception, d’ouvrir le cadre.
- Nous avons constaté qu’il est possible alors de recevoir les ondes entretenues même quand les deux enroulements sont perpendiculaires et que les champs correspondants sont en conséquence, eux-mêmes, à 90°; il est évident, pour tout le monde, que la variation de couplage doit toujours être compensée par un réglage de la self d’antenne (bobine d’accord indépendante du transformateur).
- Cette première expérience a été complétée en diminuant progressivement le nombre des spires conservées à l’ancien « primaire ». Nous avons réussi à recevoir très nettement certaines slations, en supprimant complètement le « primaire » précédent (plot O, lig. 1) et en maintenant les enroulements du transformateur à 90°.
- Dans ces conditions, il était permis de conclure que le « primaire » n’intervenait plus, et que le secondaire jouait, en quelque sorte, le double rôle de « primaire » et de « secondaire ». Autrement dit, l’enroulement a primaire » et l’enroulement « secondaire » peuvent comprendre en partie ou en totalité (à la limite) les mêmes spires.
- Dès lors, il nous est venu à l’idée d’utiliser directement la bobine de self pour accorder l’antenne, d’une part, et pour provoquer la naissance d’oscillations
- On pourra disposer de plusieurs capacités fixes interchangeables au moyen de la manette l\l : une capacité sera placée en parallèle sur le casque et la batterie de 4o volts pour faciliter 1’ « accrochage » lors de la réception des ondes entretenues, ou des ondes amorties par interférence avec des oscillations locales (méthode des battements).
- La batterie de chauffage sera constituée de préférence par deux éléments d’accumulateurs. On devra respecter les polarités des sources de courant; une inversion dans les connexions pouvant être la cause d’une suppression absolue de réception.
- Utilisation du dispositif. — Itéglage sur la longueur d onde, 1 antenne étant reliée à la borne 1 et la prise de terre à la borne 3, toute la portion de la bobine comprise entre le curseur 1 et la terre fait partie de la self d’antenne.
- Abstraction faite de la question a antenne », la longueur des ondes reçues sera limitée par la valeur de la self totale de la bobine (').
- On peut augmenter cependant la longueur d’onde propre du circuit récepteur, dans une certaine mesure, grâce à la capacité C shuntant une portion de la self de la bobine d’accord.
- A. Réception des ondes entretenues.
- -1 "Allumer lajlamp
- e;
- LU'
- Coi\At*v*)at«uv J
- j C<wstu.i. A* uûvtA
- Su^qvovt At fd ^<U»q\4
- 5^
- 1W* |
- Fig.
- r ri
- y 4v,eu' 1 ou. Au.wb UVtteut di <0 voît»
- I Capacités fixe)
- it\ieuAa.n-
- qcajXc*
- 2° Glisser le curseur 2 vers la borne 3 en réservant cependant une portion de bobine d’autant plus grande que la longueur d’onde est plus grande (ancien « secondaire », lig. 1) (*).
- 1. On peut augmenter la longueur d’onde en ajoutant une self additionnelle entre la borne 1 et l’antenne.
- 2. Si l’amateur n’arrive pas immédiatement à un résultat, il ne doit pas toujours conclure à un non-fonctionnement des organes de son poste.
- Il pourra chercher au début quelle position lui semble la meilleure pour le curseur 2 et déplacer ensuite le curseur 1. Si rien n’est perçu, c’est le plus souvent que le curseur 3 est trop poussé vers la prise de terre ou que la self de la bobine est trop faible. On remédie immédiatement au premier point eu augmentant lu portion de lu bobine laissée entre le curseur 2 et la borne 3. Pour remédier au manque
- 199 0-
- p.2x198 - vue 610/620
-
-
-
- r
- SCIENCE APPLIQUÉE
- 3° Glisser alors le curseur i en sens inverse et assez lentement (d’autant plus lentement que la bobine est plus grosse et bobinée de lil plus fin, ce qui a pour conséquence de faire varier plus rapidement la self) en l’éloignant de la prise de terre, jusqu’à ce que 1’ « accrochage » se produise. Ce moment correspond à la perception des signaux. Si l’on n’observe pas le début de la zone d’ « accrochage », on est averti plus facilement de la fin par un bruit sec, un « top », qui correspond au décrochage ou à la disparition des ondes locales.
- La note musicale, due à la fréquence des battements, peut être modifiée en faisant varier la self d’une très petite quantité ou mieux, si l’on dispose d’un condensateur variable, en changeant légèrement la capacité C.
- B. Réception des ondes amorties. — Si l’on utilise la lampe comme organe « amplificateur », on procède comme ci-dessus, sauf qu’il y a lieu de mettre le détecteur en circuit, en ouvrant le contact i, et de supprimer la capacité sur la batterie de plaque si l’on veut éviter de déformer la tonalité de l’émission.
- Si l’on veut faire usage uniquement du pouvoir « détectant » de la lampe, il est jjossible d’y arriver en procédant comme pour l’amplification, sauf que le détecteur sera court-circuité.
- Enfin, un moyen de réception qui permet en même temps d’amplifier les ondes amorties sans utiliser le cristal consiste à les recevoir comme des ondes entretenues. Ici les réglages n’ont pas besoin d’être aussi précis que pour les ondes entretenues et on arrive immédiatement à percevoir les signaux.
- Pour les postes assez puissants, on peut détecter uniquement par le contact platine-galène. Le casque téléphonique doit alors être branché aux bornes demeurées libres du condensateur variable C.
- Dans ce cas, il est bien évident que la lampe n intervient pins et doit être éteinte.
- Nous avons vérifié les assertions précédentes en procédant à quelques expériences. Seuls les premiers moments nécessitent un peu d’habileté, car il faut se l'aire une idée des valeurs des ondes reçues, principalement en ce qui concerne la position approximative du curseur z.
- Nous disposions seulement d’une bobine de self de 4 cm de diamètre et bobinée d’environ zoo m. de fil de 3/io ou 4/io de millimètre.
- Avec l’antenne, qui exigeait pour la réception de Paris (amorties 2600 m.) la moitié de cette bobine, la réception des ondes entretenues (Nauen) était impossible. En ajoutant une self d’antenne constituée par une bobine de 12 cm de diamètre sur laquelle nous avons pris seulement environ 3o m., P « accrochage » s’est produit immédiatement en plaçant le curseur 2 à peu près au milieu de la bobine de 4 cm.'
- Nous avons alors reçu très nettement en ondes amorties ou entretenues un certain nombre de stations allemandes, anglaises, françaises, etc., dont Paris (amorties, entretenues), Nauen (entretenues), etc.
- Afin de ne pas croire que l’accrochage était dû à la self additionnelle, nous avons tenu à la placer à plusieurs mètres de la bobine d’accord et de placer les spires dans un plan perpendiculaire.
- Conclusion. — La méthode indiquée donnera toujours d’excellents résultats à condition que l’on choisisse judicieusement sa bobine d’accord. Nous estimons qu’il conviendra de prendre un diamètre suffisant pour avoir une longueur de fil et une self suffisantes. Il faudra que les curseurs soient bien isolés et permettent un réglage régulier du nombre de spires. La self doit varier régulièrement et par quantité assez faible, surtout si le condensateur C est à grande capacité ou n’est pas variable. Ces observations sont faites en vue de simplifier et de faciliter le réglage, afin que les zones d’ « accrochage » soient nettement constatées par l’amateur.
- En résumé, il fait usage d’une bobine à deux curseurs
- de self, on peut ajouter une self d’antenne ainsi qu’il est dit ci-dessus ; parfois on facilite la réception en augmentant la capacité C.
- Enfin, signalons que la question de la capacité sur la batterie de plaque 11’est pas indifférente; parfois elle peut même être supprimée, on pourra donc porter son attention de ce côté.
- Nous conseillons vivement de faire les expériences d’étalonnage sur des postes émettant régulièrement, et au besoin sur les stations à ondes amorties qui fourniront des résultats approximatifs.
- ou transformateur en Oudin dont on utilise la réaction au moyen de la lampe à 3 électrodes pour engendrer des oscilllations entretenues. L. Peltier.
- Objets utiles
- L’auto-sevrage des jeunes animaux. — Sous la forme d’un mors léger, l'auto-sevreur « Athellos » est la solution tant cherchée du sevrage automatique. Tous ceux qui s’occupent d’élevage savent, en effet, quel temps est chaque jour nécessaire pour assembler ou séparer les jeunes et les mères; quelle barbare coutume est celle de l’isolement; enfin quelle perte en lait résulte de la moindre négligence quand le sevrage a pour objet de réserver exclusivement le lait à l’éleveur. L auto-sevreur décharge ce dernier de tout souci.
- L’animal qui en est pourvu boit et mange sans gène aucune; mais... il 11c peut plus téter.
- D’un mécanisme extrêmement simple, l’auto-sevreur n’est, pour établir une comparaison, pas plus cher qu’une muselière de chien, et c’est par douzaines et pai
- Fig. 3. — L’auto-sevreur cc Athellos ».
- centaines, selon l’importance de l’exploitation, que l’acquiert l’éleveur pratique.
- On a dit de l’auto-sevreur qu’un animal rembourse, chaque jour, à l’éleveur, la valeur de l’appareil par le seul supplément de lait qu’il lui ménage.
- Mis en expérience dans de nombreuses fermes, l’auto-sevreur a valu à M. Cordonnery, l’inventeur, les témoignages les plus flatteurs et les jurys de plusieurs comices et expositions l’ont très avantageusement primé.
- L’auto-sevreur « Athellos » est, nous l’avons dit, un mors léger d’un genre spécial.
- Sa barre de section ellipsoïdale est creuse et porte, vers le milieu, une petite fente longitudinale.
- Chaque extrémité est assujétie sur une flasque circulaire portant les courroies cl’attache.
- Sur l’une des flasques, et en dehors, la barre tubulaire se prolonge en formant un coude. Ce prolongement contient une sorte de soupape à clapet et a une direction telle qu’il se trouve à peu près vertical quand l’animal boit ou mange, horizontal quand l’animal lève la tête pour téter.
- On comprend aisément que, dans cette position, le clapet quitte son siège laissant la communication libre entre l’atmosphère et l'intérieur de la bouche de l’animal. Au lieu du lait convoité, ce dernier ne suce... que de l’air. Ajoutons en terminant que l’auto-sevreur est applicable à tous les animaux domestiques de race, bovine, ovine, caprine, chevaline et en général à tous les animaux qui présentent ce caractère particulier de téter le mufle relevé.
- S’adresser à M. Marrel, instituteur à Branles (Vaucluse).
- p.2x199 - vue 611/620
-
-
-
- ><®!D
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- est
- LA VOUTE CÉLESTE EN AOUT J922(‘)
- Les caractéristiques astronomiques du mois d’aoùt sont les suivantes : Bonnes conditions de visibilité de Marsnombreux essaims d’étoiles filantes; occultation d Aldébaran par la Lune le 17, et enfin quelques autres occultations de moindre importance.
- I. Soleil. — Le Soleil descend de plus en plus vers le Sud. Sa déclinaison, de +x8°xo' le ior août, n’est plus que de + 8° 5o' le 3i. La diminution du jour en est la conséquence. De i5h5“ le ior, la durée du jour n’est plus que de i3h29m le 3i.
- Le tableau ci-dessous donne, pour quelques dates du mois, le temps moyen à midi vrai, c’est-à-dire l’heure marquée par les horloges lorsque le centre du Soleil est au méridien de Paris.
- Dates. Temps légal.
- Août
- i°
- 5
- 10
- i5
- 20
- a5
- 3i
- 1ih56" x i1' 56”
- I ih55" iih 55" nbr-
- II
- III
- '54” ‘ W 51”
- 5os
- 3-x5
- 56s
- 6S
- 3S
- 49'
- 5"
- Nous recommandons instamment l’observation quotidienne du Soleil. Les taches présentent parfois des phénomènes curieux que seule une observation presqxxe perpétuelle peut déceler : changements brusques, colorations de courte durée, etc.
- Pour orienter les dessins et les photographies, on se servira du tableaxx ci-après.
- P est l’angle de position de l’axe du Soleil. Cet angle est compté à partir du point le plus boréal du disque solaire, ou, si l’on veut, du point où le grand cercle qui joint le centre du Soleil au Pôle céleste rencontre le bord nord du Soleil, -{-représente une inclinaison à l’Est de cet axe, — une inclinaison à l’Ouest. B0 et L0 sont respectivement la latitude
- Fig.
- a3 août, à 20h. Parallaxe = 61'7". Distance = 358 890km.
- Observations physiques. — Nous avons exposé par ailleurs (N° 2477) l’intérêt et l’utilité que présentent les observations lunaires. Nous insistons fortement auprès des lecteurs de ce Bulletin possédant des instruments suffisamment puissants pour qu’ils entreprennent cette étude.
- Occultations d'étoiles par la Lune. — Le 16 août, occultation de 0 Taureau (gr. l\,i), de 23h 28“ à oh 3“ dix 17. Occultation de qS Taureau (gr. 5,2), de 23h 34m à oh 6” du 17.
- Le 17 août, occultation de 264 B Taureau (gr. 4»8), de oh i3“ à ih 9™. — Occultation d’Aldébaran (gr. 1,1),
- de 2h47“ à 3" 58m.
- Cette occultation sera très belle et facilement obser-vable avec de petites lunettes et même avec une simple jumelle.
- La Lune sera en croissant (2 jours après le Dernier Quartier) (voir figure 1), Aldébaran disparaîtra derrière le bord éclairé, pour reparaître derrière le bord obscur de la Lune. L’immersion se produira à l’aube. L’émersion presque en plein jour (3h58m, le lever du Soleil étant à 4h 4Cm). Vu l’intensité du jour au moment de la réapparition, il est peu probable que l’on puisse voir le terminateur rendu faiblement lumineux par la lumière cendrée, derrière lequel Aldébaran doit reparaître.
- Le 18 août, occultation de in Taureau (gr. 5,i), de
- Occultation par la Lune de l’Étoile Aldébaran (a Taureau), le 17 août 1922.
- oh 6“ à oh 55”
- La grande llèchè indique la trajectoire apparente de l’étoile (en supposant la Lune immobile) telle qu’elle sera vue à Paris, dans une lunette ne renversant pas les objets.
- Zi, Ze, directions du Zénith au moment de l’immersion et de l’émersion.
- et la longitude héliographiques solaire.
- du centre du disque
- Le 3i août, occullation de g5 B. Sagittaire (gr. 5,7), de aoh12“ à 21h i5m.
- Marées, Mascaret. — Les marées atteindront une assez forte amplitude en août, au moment de la Pleine Lune du 22. Yoici les heures des marées les plus importantes, pour Bi’est :
- Dates. 1 r. Bo ' L0
- Août 4 + ii°,97 + 6°,o5 223°,08
- — 9 -+• i3°,87 + 6°,36 i56°,97
- — 14 + i5°,66 + 6°, 63 900,87
- — O + i7°,34 + 6«,85 240,78
- — 24 -r i8°>9° H- 7°»°3 3i 80,71
- — 29 + 2o°,33 -f 70, i5 352°,65
- Lumière zodiacale. — On pourra .rechercher la lumière zodiacale le matin. Toutefois en cette saison, vu la longueur des jours, elle est difficilement observable.
- IL Lune. — Yoici quelles seront les phases de la Lune pendant le mois d’août :
- P. L. le 7, à i6h 19“ 1 N. L. le 22, à 20h'34“
- D. Q. le 15, à 20h 46” | P. Q. le 29, à iiu55”
- Age de la Lune, à midi, le ior août =81,0; le 23 — oJ,6. Pour les autres dates du mois, ajouter 1 jour par jour écoulé depuis le Ier ou le 23, et oJ,o4i7 par heure écoulée depuis le midi précédent.
- Plus grandes déclinaisons de la Lune en août : le 4 = —18020' ; le 18 = —[— 18° x5'; le 3i ~ — i8°i2'. Ces époques corx-espondent à la plus faible et à la plus haute élévation de la Lune -au-dessus de l’horizon.
- Apogée de la Lune (plus grande distance à la Terre), le ix août, à 911. Parallaxe z=5j'5". Distance — 4o5 445 km.
- Périgée de la Lune (plus petite distance à la Terre), le
- 1. Nous rappelons que toutes les heures indiquées ici sont exprimées en temps moyen légal (t. m. de Greenwich) compté de oh à 241» à partir de minuit, t,'heure d’été étant actuellement en usage, avancer tous les temps donnés ici de une heure.
- Marée du matin. Marée du soir.
- Dates. Heures. Coefficient. Heures. Coefficient.
- Août 22 311 i3m o”,92 i5b36” om,g8
- — 23 3h 5gm im,o4 l6h 22” im,oq
- — 24 4h45ra im, 12 iqh 6” i”,i3
- 25 5h 28“ i”,i3 1711 5o“ i”, 11
- — 26 6h 12m i”,07 i8h34“ 1 ”, 02
- — 27 6h 55” om,96 igh 19“ o”,89
- Pour avoir, au moyen de ce tableau, l’heure de la marée en d’autres ports, se reporter au « Bulletin astronomique » du N° 2402.
- Le « mascaret » se produira au moment de ces grandes marées, aux heures et lieux suivants :
- Dates. Coefficient. Quillebeuf. Villequier. Caudebec.
- Août 2.3 i”,09 I9h 56” 201' 33” 20h42“
- — 24 i”, 12 8h 17” 8h 54“ g» 3“
- — 24 i”, i3 2011 38” 21h i5“. 2Xh 24”
- 25 i”,i3 gh Qm 9" 37m 9h 46”
- — 25 im, 11 2Ih 24“ 2 2h I “ 22h IO“
- III. Planètes. — Le tableau ci-après, établi au moyen des données de P Annuaire astronomique Flammarion pour 1922, contient les principaux renseignements pour l’observation des planètes pendant le mois d’août.
- Mercure sei'a en conjonction supérieure avec le Soleil, le 7 août, à 6h. Il est invisible tout ce nxois-ci.
- Vénus, dont la plus grande élongation doit se pro duire au milieu du mois prochain, brille d’un magnifique éclat dès le coucher du Soleil; on peut même l’observer, à l’œil nu, toute la journée,‘malgré l’écla-
- p.2x200 - vue 612/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dates : Lever Passage Coucher Ascen- Déclinai- Diamètre Constellation
- ASTRE à - au Méridien de Paris. l sion et VISIBILITÉ
- AOUT Paris. Paris. droite. son. apparent. étoile voisine.
- 5 4' 3o” il1 56“ “32s i9h 2 3” 8h 59” + *7° 8' 3x' 34"8 Cancer
- Soleil . . . < i5 4 43 I I 55 6 6 9 37 T l4 i4 31 38,4 Lion »
- [ a5 4 57 11 52 49 18 47 10 i4 + IO 57 3i 42,0 Lion
- 1 5 4 21 I I 51 19 3o 8 53 + 19 16 5,0 0 Cancer
- Mercure. . i5 5 27 I 31 3o 19 33 10 I 2 + 12 52 5,0 a Lion Inobservable.
- 25 6 28 12 56 *9 23 I I + 5 24 5,2 a Lion
- * r k 0 8 24 14 38 20 5a 11 4‘ + 2 34 16,8 P Vierge ) Brille magnifiquement
- Vénus. . . 15 8 48 14 39 20 3o T 2 21 I —• 2 3o 18,2 •/] Vierge le soir,
- [ 25 9 5o 14 18 »9 46 i3 0 — 7 3i 20,0 a Vierge iaprè s le coucher du Soleil,
- Mars. . . . 5 1 1 ^ 25 15 i5 5 58 33 i3 *9 *9 18 44 18 56 23 23 22 3o 2 39 16 ! 7 *7 47 1 18 — 26 26 26 21 33 43 15,8 14,6 13,4 a Scorpion 0 Scorpion 0 Scorpion Encore très observable dès l’arrivée de la nuit.
- Jupiter. . . i5 9 37 i5 16 20 56 I 2 59 — 5 1 3o,6 6 Vierge Un peu visible le soir.
- Saturne . . i 5 8 36 14 39 20 42 12 21 + 0 7 i4,4 v) Vierge Un peu visible le soir.
- Uranus. . . 16 *9 45 i 12 6 39 22 56 — 7 40 3,6 81 Verseau Presque toute la nuit.
- Neptune. . i5 4 I 2 11 3a l8 52 9 i4 + 16 13 2,4 tî*-"2 Cancer Inobservable.
- du ciel. Voici le disque illuminé et la grandeur stellaire :
- Dates. Disque illuminé. Grandeur
- Août 4 0,67 — 3,6
- — 9 0,65 — 3,7
- — i4 o,63 — 3,7
- — »9 0,61 — 3,7
- — 24 o,5g — 3,8
- — 29 0,57 — 3,8
- Mars est encore bien visible le soir, il se couche à présent avant minuit.
- Le 8 août, au soir, les régions de Margaritifer Sinus et d’Auroræ Sinus seront tournées vers la Terre.
- Le 20 août, au soir, la région de Mare Tyrrhenum, Libya et Népenthes sera tournée vers la Terre.
- Le diamètre de Mars diminue. Il est encore suffisant ce mois-ci pour permettre des observations intéressantes avec de petits instruments.
- Le tableau ci-dessous donne, de deux en deux, les moments du passage du méridien zéro de Mars (baie fourchue du Sinus Sabæus) par le centre du disque.
- Date Heures. Dates Heures.
- Août 2 17*' 29” Août 18 3h rj m
- — 4 i8h 46“ — 20 4“ 25”
- —. 6 20h 2m — 22 5h 43”
- — 8 2Ih 19” — 24 7h i”
- — 10 22h 36“ — 26 8h 19”
- — 12 2 3h 54” — 28 9h 37”
- — i4 oh 32“ — 3o ioh 55”
- — 16 Ih 5o“ —
- Mars tourne sur son axe en 34h 37“ 22s,65. 1 in 1
- heure, il tourne de x4°,6a et en i minute de o°,a4-
- L’observation des deux satellites de Mars, Deimos et Phobos, ne peut être faite qu’avec de très grands instruments.
- Jupiter est un peu visible le soir. On essaiera d’observer encore quelques phénomènes du système des satellites : Le r4> É P- f-, à le 21, I, P. c., à
- i9h4im; le 3o, I, O. I'., à igh 10“.
- Par suite de la lumière du crépuscule, ces observations seront difficiles à faire.
- Saturne, étant à l’Ouest de Jupiter, est visible moins longtemps que lui.
- Voici les éléments de l’anneau, à la date du 3 août :
- Grand axe extérieur.................. 36",96
- Petit axe extérieur . ..................... -j- 3",3i
- Hauteur de la Terre au-dessus du plan de
- l’anneau................................ —(— 5° 9'
- Hauteur du Soleil au-dessus du plan de l’anneau...................................... -f- 70 12'
- Elongation de Titan, le principal satellite de Saturne : Le 5 août, à 8h,o= élongation occidentale ; le i3 août, à ioh,5 — élongation orientale. Les élongations suivantes sont pratiquement inobservables.
- Uranus, dans le Verseau, est visible presque toute la nuit, son opposition se produisant au début du mois prochain. On le trouvera au moyen d’une bonne jumelle ou d’une petite lunette en s’aidant de la carte spéciale publiée au dernier « Bulletin astronomique ».
- Uranus, dans les instruments un peu puissants, présente un petit disque de 4 ' de diamètre, de couleur bleuâtre.
- Neptune sera en conjonction avec le Soleil le 9 août, à 2h. Il est donc inobservable en ce moment.
- IV. Phénomènes divers. — Conjonctions :
- Le 2, à i6\ Mercure en conjonction avec v] Cancer, à o° 7' S.
- —• la Lune, à 8° 52 S.
- — Neptune, à i°4 VN.
- la Lune, à 2°3o'S.
- — Saturne, à 2042'S.
- — la Lune, à 3° 5a' N.
- — la Lune, à 20 18' N.
- — la Lune, à i° 46'N.
- — la Lune, à 20 44r N-
- —- la Lune, ào°27'lS.
- — Jupiter, à 20 29'S.
- — la Lune, à 8° 44' S.
- 2, a 11
- Le 7, à 2 V1, Mercure Le 10, à 3h, Uranus Le 15,à 19h, Vénus Le 22, à 2h, Neptune Le 24, à o\ Mercure Le 25, à gh, Saturne Le 26, à oh, Vénus Le 26, à 2h, Jupiter Le 27. à 6h, Vénus Le 3o, à 1911. Mars
- Etoiles variables. — Minima de l’étoile variable Algol (|3 Persée) : le 4 août, à 3h 47™ ; le 7 (oh 35”) ; le 9 (2ih 24“) ; le 27 (2h 15m) ; le 29 (23h 3In).
- Etoile polaire. — Les passages au méridien de l’Étoile polaire offrent un excellent moyen pour tracer la méridienne. Voici les heures de passage de l’Etoile polaire en août 1922, de 10 en 10 jours :
- Dates. Passage supérieur.
- Août 9
- —
- ~ 29
- 4h 17m is 3h 37” 5as 211 58” 42'
- Etoiles filantes. —- Le tableau ci-dessous, établi par M. Denning, donne les positions des principaux radiants pendant le mois d’août :
- Dates. Ascension droite. Déclinaison. Etoile voisine.
- er au 4 août 2 90 + 36° P Triangïè.
- 7-11 — 295° + 54° T Cygne.
- 7-12 — 2 9 2° + 7°° 0 Dragon.
- 8-9 — 5° -f 55° a Cassiopée.
- 9-xi — 44° -f 56° y) Persée.
- 9-14 — 9° — 19° p Baleine.
- 12-1 3 345° 4- 5o° 3o84 Bradley
- 12-16 — » 6i° +- 48° H- Persée.
- 20 et 25 — 6° + 11° Y Pégase.
- 21 au 2 3 — 291° + 6o° 0 Dragon.
- 23 au 31 — 282° + 4 V a Lyre.
- 25-3o — 2370 + 65° ï| Dragon.
- L’essaim des Perséides, qui est surtout actif du 9 au ix août, donne des météores du 8 juillet au 22 août. Le
- p.2x201 - vue 613/620
-
-
-
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- radiant se déplace peu à peu, de la constellation de Cassiopée à celle de la Girafe. La Lune, presque pleine, gênera considérablement, cette année, l’observation de ces météores au moment du maximum.
- V. Constellations. — L’aspect de la voûte céleste, le Ier août, vers ai1', est le suivant :
- Au Zénith : Le Dragon (v, o, p) ; la Lyre (e, Ç, 8, 7)); Hercule (a, x, p, g5, ô).
- Au Nord : La Petite Ourse (La Polaire); Cassiopée (vj, i) ; Andromède (y, M. 31 ). Le Cocher est à l’horizon.
- A l’Est : Le Cygne(B, o, p, 61e) ; L’Aigle (y, i5°); le Dauphin (f, S.2708); Pégase (u, e, i) ; le Verseau; les Poissons.
- Au Sud- : Le Sagittaire (£, v, 54 c1, VI. 8, X, W) ; le Scorpion (a, v, (U1, Ç ; Ophiuchus (70, 67).
- A l’Ouest : La Couronne; le Bouvier (e, tz, \, p) ; la Grande Ourse (?, Ç, v, a3 h).
- Les lettres entre parenthèses indiquent les principales curiosités visibles avec de petits instruments.
- Em, Touchet.
- Jteo
- BOITE AUX LETTRES
- CJg
- AVIS. — L’ abondance des demandes de renseignements qui parviennent au Service de la Boîte aux Lettres de La Nature oblige à limiter strictement les réponses aux lettres présentant un caractère d’intérêt général et accompagnées d’une bande d’abonnement. Il est rappelé qu’en raison des recherches le plus souvent nécessaires e, du nombre des correspondances, il ne peut être, en général1, répondu immédiatement.
- Adresse relative aux appareils décrits. — Le Pèse-Cargo, 12, boulevard de Verdun, Neuilly-sur-Seine.
- Réponses. — M. Thomassin, à Saint-Michel, Aisne. — Nous ne prévoyons aucun inconvénient à employer la peinture au minium sur des pièces en fer ayant été chaulées. La chaux a dû se carbonater à l’air et le carbonate de chaux formé sera sans action sur le minium.
- M. Legrand, à Paris. — La galalithe étant à base de caséine, cette dernière doit également constituer les
- colles pour réparation.
- Prendre : Caséine en poudre .... 100 gr.
- Eau froide...................5oo —
- Délayer progressivement la caséine en additionnant d’eau par petites portions, puis ajouter doucement :
- Alcali volatil............... 20 gr.
- Il se forme alors une masse visqueuse propre à l’emploi, en chauffant légèrement au bain-marie, on peut favoriser la solubisation Üe la caséine.
- M. Delamarre, à Niée. — Le moyen le plus pratique pour détacher le culot, des vieilles lampes électriques est de sectionner le vef re en dessous de la partie métallique. Pour cela on fait un trait au moyen d’une bonne lime tiers-point et on applique sur ce trait l’extrémité d’une baguette de verre portée au rouge, il se produit immédiatement un craquement suivi d’une fêlure qui fait le tour de l’ampoule; si le trait a été bien amorcé une simple traction permet alors de séparer le culot du reste de la lampe. ;
- M. Ch. Benoist, à C'rasnes. — 1” On peut obtenir une encre stylographique Violette par le mélange suivant.: Violet de Paris. ... .... 4 gr-
- Alcool à 95°................... 10 —
- Eau distillée..................5oo —
- Faire dissoudre le violet dans l’alcool, ajouter l’eau, puis additionner de
- Glycérine...................... 25 gr.
- Mélanger intimement, laisser reposer assez longtemps ou encore mieux filtrer avant emploi pour éviter toute obstruction; 20 Le collage du marbre s’effectue en préparant une dissolution de
- Chlorure de zinc (I) = i5oo). . . 100 gr.
- Borax............................... 3 —
- Pour l’usage, délayer au moyen de ce liquide une quantité suffisante d’oxyde de zinc de manière à faire
- une pâte semi-fluide, l’appliquer aussitôt sur les parties à joindre, serrer énergiquement et laisser sécher.
- 3° On prépare très facilement un ciment pour recoller la porcelaine en délayant du carbonate de chaux précipité dans le silicate de soude ou de potasse du commerce à 36° B., la plupart des colles vendues en deux flacons jumelés n’ont pas d’autre composition. Si on a la patience d’attendre un séchage complet, le collage peut résister dans une certaine mesure à l’action de l’eau bouillante.
- M. Renaud, à Compïègne, Oise. — i° Les produits désignés sous le nom d’alcool solidifié sont obtenus de la façon suivante : Dans un ballon surmonté d’un tube pour éviter l’évaporation, on met 1 litre d’alcool et 3oo gr. de savon blanc de Marseille râpé et bien sec, puis 29 gr. de gomme laque. On chauffe au bain-marie jusqu’à dissolution complète, laisse refroidir quelque peu et coule dans des moules appropriés. Cette préparation répondra, pensons-nous, à vos desiderata. 2" Pour rendre effervescents les composés pharmaceutiques, on ajoute à la substance active un mélange de bicarbonale de soude et acides organiques composé comme suit :
- Bicarbonate de soude................20 gr.
- Acide tartrique pulvérisé........... 8 —
- Acide citrique pulvérisé............ 8 —
- On chauffe le tout au bain-marie dans une capsule de porcelaine ou de nickel jusqu’à fusion dans l’eau de cristallisation des acides, on malaxe avec une spatule de façon à granuler, passe au tamis et enferme aussitôt en flacons bien bouchés, dont on plonge ensuite le col dans la paraffine fondue, afin d’empêcher l’intervention de l’humidité de l’air. — 3° Une dissolution d’acétate de cellulose à 5 pour 100 dans l’acétone convient parfaitement pour fixer les poudres phosphorescentes à la surface des objets.
- M. F. Morand, à Paris. — L’enduit suivant permet de remettre en bon état les tableaux noirs. Pulvériser très finement 200 gr. d’ardoise, puis y ajouter 3o gr. de noir de fumée. Au moment de l’emploi, délayer la poudre ainsi obtenue dans une quantité suffisante de silicate de soude du commerce étendu au huitième, de manière à obtenir une peinture semi-fluide. Appliquer une première couche dans un sens, laisser bien sécher, puis une seconde dans l’autre sens. Cette mixture est également applicable sur toile ou sur carton.
- M. Hannaut, à Saint-Malo. — Nous avons répondu à vqtre question dans le n° 2509 du 6 mai 1922, veuillez bien vous y reporter.
- M. P. Ovise, à Villefranche. — Il a été répondu à votre question dans une de nos dernières Boîte aux Lettres, sous la rubrique M. Po, veuillez bien vous y* reporter.
- J6D
- IgD
- BIBLIOGRAPHIE
- Service de librairie. — Le service de librairie de La Nature se tient à la disposition des abonnés du journal pour leur adresser tous les ouvrages annoncés.
- Toute commande doit être accompagnée de son montant en un mandat-poste ou autre valeur sur Paris, augmenté de 10 °j0pour frais de port et d’emballage. Tenir compte
- des majorations temporaires indiquées pour certains ouvrages. ..............
- Reflexoes sobre a teoria dos conjunios (réflexions sur la théorie des ensembles), par Pedro José Da Cunha. x vol. 64 p., publié par. 1 Académie des Sciences de Lisbonne. Imprensa National, Lisbonne, 1922.
- p.2x202 - vue 614/620
-
-
-
- BIBLIOGRAPHIE
- Guide des candidats à l'emploi d'officier radiotélégraphiste de la marine marchande, par J. Brun, i vol. i5o p. Albin Michel, éditeur, Paris, 19-22. Prix : 5francs.
- La radiotélégraphie maritime offre aujourd’hui un certain nombre dé situations assez lucratives et relativement aisées à conquérir. On en trouvera l’énumé-ratiün dans ce matauel ainsi que toutes les indications nécessaires à qülcOnqüe veut affronter les concours qui Ouvrent cette carrière.
- The Radio Experimenters Handhoock, by Philip R. Cour-sey. 1 vol. illustré, n3 pages, 99 fig. Editeur The Wireless Press. Londres 1922. Prix : 3 sh. 6.
- L’auteur montre comment l’on peut calculer les éléments essentiels d’un poste de réception de rl\ S. E. pour répondre à un but donné, Le Constructeur ania-teur et même le constructeur tout court trouveront dans Ce livre des renseignements et des chiffres précieux, ainsi que des méthodes de calcul et de mesures simples et suffisamment précises,
- Cours d’exploitation des mines, par M. L.-E. Gruner. Livres I, II, III. 3 vol. ier vol, 420 pages, 280 lig, ; ae vol. 364 pages, 287 fig-.; 3S vol. 332 jjkgës, 201 lig. Eyrolles éditeur. Paris 1921. Prix : 3o fr. le volume.
- Ce cours destiné à l’enseignement par correspondance comprendra 6 Volumes; 3 seulement sont actuellement parus, Le Ier volume Contient des notions de géologie, des considérations générales sur l’exploitation minière et traité en détail des sondages; les principaux appareils y sont décrits avec leurs caractéristiques d’emplois ; puis l’auteur étudie l’abatage et l’emploi des explosifs et les appareils d’abatage mécanique. Le 2e volume est consacré au soutènement des galeries en bois, métallique ou en maçonnerie et au fonçage et soutènement des puits dans les difîé-rents terrains. Le 3e volume est consacré aux diverses méthodes d’exploitation des mines de tous genres. Cet ouvrage écrit clairement, méthodiquement composé et très illustré, initie parfaitement son lecteur à tout ce qui, dans la pratique minière, peut s’ap-prendre dans un livre.
- Essais des machines électriques, par C.-F. Guilbkrt.
- 1 vol. grand in-8 de 56o pages, avec 275 fîg. (Encyclopédie d’électricité industrielle, Blondel). Baillière, éditeur. Paris 1922. Prix : broché, 45 francs.
- L’auteur s’est proposé un triple but :
- i° Faciliter la rapidité des essais tout en leur conservant la plus grande rigueur, grâce à l’emploi des méthodes de corrections imaginées et utilisées par lui, au cours d’une carrière déjà fort longue, et appuyées, d’ailleurs, sur les théories les plus solides des divers genres de machines ;
- 20 Développer l’usage des constructions graphiques permettant de prédéterminer les caractéristiques en charge à l’aide d’éléments expérimentaux faciles à relever; cette prédétermination est rendue de plus en plus nécessaire par l’augmentation de la puissance des unités ;
- 3° Discuter les méthodes de mesure des rendements et comparer la valeur relative des nombreuses formules adoptées ou préconisées par les électriciens.
- L’ouvrage comprend, en outre, en annexes, de nombreux règlements relatifs à la normalisation des essais établis par le Comité électrotechnique français et par l’Union des Syndicats de l’Electricité.
- Installations électriques industrielles (choix du matériel, machines, appareillage), par R. Cabaud. i vol. in-18, 313 pages, 129 lig. Baillière éditeur. Paris 1922. Prix : 10 francs.
- Trois points sont étudiés dans ce manuel : i° classification des machines et exposé des facteurs à considérer dans le choix de celles-ci pour une installation : fréquence, nombre de phases, tension, vitesse, etc. ; 20 détermination des caractéristiques des machines et des garanties à imposer aux çonstruc-tpqrs ; 33 choi$ rj§ F appareillage.
- Manuel du filateur, par Rubigny. i vol. 366 pages. Baillière, éditeur. Paris 1922. Prix : 10 francs.
- On trouvera dans ce livre un clair exposé des diverses opérations que comporte la filature des principaux textiles : lin, chanvre, coton, laine, soie, papier, et Une description précise en même temps que Méthodique des machines qui servent à les exécuter.
- Les engrais. Emploi raisonné et lucratif, par A.-Gii. Girard. i vol. in-16 164 p. Librairie agricole de la Maison rustique, Paris. Prix : 4 fr. 5o.
- Ce nouveau livre, sous une forme condensée, réunit en r2 chapitres concis toutes les notions indispensables à l’emploi rationnel des engrais.
- M; Girard, professeur à l’Institut Agronomique en liiêuië teUtps qü’agficulteur praticien, a traité ces questions, plus cOitiplèXeë qü’ôü ne se l’imagine communément, sous une forme simple et pratique, eu s’appuyant sur les données de la science la plus sûre et de la pratique la plus éclairée. Cet ouvrage, le plus récent sur ce sujet, n’omet auçune des vues nouvelles que l’emploi des engrais provoque en ce moment même. C’est un guide précieux pour l’emploi raisonné et lucratif des matières fertilisantes.
- L’art de mouler les champignons, par A. Dacltn. i broch. in-8, 22 p., 10 fig.- Chez l'auteur, â Cormatin (Saône-et-Loire). Prix : 3 francs,
- NOs lecteurs se rappellent les conseils donnés par l’auteur dans le UUméro du 26 novembre dernier. Ils les retrouveront ici plus complets, plus détaillés, aussi utiles pour les collectionneurs.
- Vergleichen.de hiologische Formenliuncle der fossileri niederen Tiere, par Edgard Dacqué, i vol. in-8°, viii —j— 777 p., 345 fig. Berlin, Gebrüder Borntraeger, 1921. Prix : 137 francs,
- L’ouvrage de M. Edgard Fîacqué est consacré à la morphologie comparée des formes animales fossiles, essentiellement marines, notamiUétit &UX polypes, bryozoaires, échinodermes, mollusques^ brachiopodes et crustacés, c’est-à-dire celles sur lesquelles agissent 1e plus activement les énergies statiques et dynamiques du milieu. L’auteur expose sa méthodologie de l’étude paléo-biologique des formes animales; l’adaptation biologique; phénomènes et différenciations morphologiques (variabilité, espèce et genre, ontogenèse, dimorphisme, polymorphisme, homogenèse. L’adaptation chez fes êtres marins ben-thoniens ; symétrie par rapport a un axe, à un plan, et asymétrie : modifications qu’elles subissent sous l’action du milieu. Adaptations morphologiques chez les commensaux et les parasites; conséquences de la symbiose. Animaux nageurs et flotteurs : leurs modes de protection, etc. Agglutination, mimétismes : leur rôle morphologique. Interprétation des formes organiques au point de vue de l’évolution. Lois qui régissent, la naissance et la disparition des formes biologiques.
- Manuel d’éducation prophylactique, édité parle Comilé national de propagande d’hygiène sociale et d’éducation prophylactique. Préface de M. Paul Appell. 1 vol. in-16, 264 p. Maloine, Paris.
- Faut-il le dire? s’est-on demandé, et les discussions continuent sur cette délicate question. Ce livre, destiné surtout aux maîtres de l’enseignement, aux officiers, à tous ceux qui ont une autorité sociale, leur montre la gravité des dangers et les moyens de les, enrayer. Trois médecins : Pinard, Léon Bernard,. Queyrat montrent l’importance nationale du problème ; i5 autres présentent ses divers aspects; des mora-, listes y joignent leurs conseils ; deux médecins, militaire et naval, y ajoutent les sages avis qu’ils répandent actuellement parmi leurs hommes; 6 autres médecins encore parlent du traitement. Et le tout forme un manuel, un catéchisme, signé des plus grands noms de la médecine sociale, patronné et présenté par le recteur de l’Université, où l’on trouvera tous les éléments de ce qu’il faut savoir et de ce qu’il faut dire , pour yqinçre un des grands fléaux de 1’huroartHé,
- <pÔ4lifr-
- p.2x203 - vue 615/620
-
-
-
- LA NATURE
- CINQUANTIÈME ANNÉE — i9n
- PREMIER SEMESTRE *
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- INFORMATIONS — SCIENCE APPLIQUÉE — VARIÉTÉS — HYGIÈNE ET SANTÉ
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- I. - INFORMATIONS.
- Abics sibincu, camphrier île l’avenir.......................
- Acajous de la Cote d’ivoire.................................
- Acclimatation du renne aux Etats-Unis . . . . ;.............
- Accumulation hydraulique par pompage........................
- Acide acétique de synthèse..................................
- — pierique antiseptique...............................
- Aérolithe : chute...........................................
- Aéroplane : utilisations nouvelles..........................
- Afrique : émigration allemande dans les ex-colonies . . . .
- Air liquide : dessouehage...................................
- Alcool : conservation d'un corps humain................Tri,
- Allemagne : carbiv’ant national.............................
- — : émigration dans les eolonies d’Afrique............
- — : reconstitution rapide de la Hotte commerciale . . .
- Alpax..................................................... . .
- Ampoule électrique : expérience.............................
- Anthrax : lutte........................................
- Araignée : jeûne............................................. •
- Arbres : état actuel........................................
- — transplantés : inllucuec de l'orientation...........
- Ardoisières : utilisation des résidus.......................
- Argentine : blé.............................................. .
- Asphalte des chaussées : perfectionnement...................
- Asphalte comprimée : dangers................................
- Attelages : meilleur rendement..............................
- Automobilisme : de la neige au sable....................... . .
- Automobiles : nombre en Erance..............................
- Auvergne : culture du riz au xvm* siècle.......................
- Avion automobile ...........................................
- — : bruit.............................................
- A'ialiousans moteur : Congrès...............................
- — : phare de 1 milliard do bougies....................
- — au Pôle .Nord.......................................
- Avion : Drang nach Ostcn....................................
- — à turbines ...........................................
- Azote : production mondiale d’engrais.......................
- llagasse de canne, matériaux de construction ......
- llalisagc lumineux : organisation économique ......
- liai tique : océanographie..................................
- batteurs d'or anglais et allemands..........................
- bauxite.....................................................
- beurre d’Illipé.............................................
- Blé eri Argentine...........................................
- — aux Etals-Unis......................................
- Bois : éclairage et chaullage par le gaz....................
- — : préservation contre les termites..................
- Borcea : nouveau pont................................... .
- bregucl : centenaire..................................
- bruit des avions............................................
- Camphrier de l’avenir : Aines sibtriai. ....................
- Canada : industrie laitière.................................
- — : Lcns .............................................
- Canne à sucre -t bugasse comme matériau de construction .
- 98 50
- 190
- 81
- 5
- 159
- o
- 78
- 66
- 67
- 99 158
- 66
- 157
- 198
- 157 46 54
- 4
- 1 "2‘2 T2‘2
- 5
- 189
- 46
- 158
- 117 78
- 5
- 1
- 197
- 170
- 1
- 45
- 45
- 1
- 170
- 118 50
- 122
- 110
- 100 14
- 5
- 18
- 67
- 117 97
- 97 197
- 98
- 159 182
- 118
- Cire......................................................... .
- Canons : encuivrage et son remède. . . . ....................
- Caoutchouc : emploi du latex en papeterie.................... .
- — : situation en 1921..................................
- Carburant national en Allemagne..............................
- — : nouvelles solutions................................
- Carotte monstrueuse..........................................
- Carton de paille : industrie néerlandaise....................
- Ceu 1res : récupération du charbon par le procédé Ullrieh-
- Krupp . ..................................................
- Centenaire de breguet .......................................
- — de la photographie...................................
- Chaleur : exposition.........................................
- Charbon ou anthrax : lu (Le.............................4,
- — dans les cendres : procédé Ullrich-Krnpp de récupéra-
- tion ................................................
- Charrettes : meilleur rendement .............................
- Chaussées en asphalte : perfectionnement.....................
- Chaux : prise rapide et. durcissement........................
- Chemin de fer : téléphonie sans lil..........................
- Chenilles processionnaires : discipline de marche............
- Chimie : 5° Conférence internationale. . ....................
- — industrielle : 2e Congrès............................
- Chloropicrine : insecticide de haute valeur..................
- Ciamician : nécrologie.............................. , . .
- Cire de canne à sucre........................................
- Colombie : topographie et hydrologie.........................
- Colophane : vernis...........................................
- Comète nouvelle..............................................
- —• Shjellerup 1922 b.................................Ki'ji
- Concours pour un trottoir roulant souterrain à Paris . . . .
- Congo belge : radium................................
- Congrès d’aviation sans moteur...............................
- Convolula....................................................
- Corps humain conservé dans l'alcool.....................55,
- Corps simples : désintégration...............................
- Côte d’Ivoirc : acajous......................................
- Couvées : ellels de la foudre................................
- Degrés Fahrenheit : transformation eu centigrades. . . 77
- Déplacement d’un quartier d'une ville américaine.............
- Désintégration des corps simples.............................
- Dessouehage par l’air liquide ..........................
- Diège : usine hydro-électrique...............................
- Dindon blanc.................................................
- Diphtérie aviaire...............;....................... . . .
- Dirigeable gonllé à l’hélium..................
- Distillation de la gemme du pin..............................
- Dumori : graisse...................................
- Durance : fontaine incruslanlc...................
- Eclipse de soleil du 21 septembre 1922 ......................
- Électricité atmosphérique : variation diurne.................
- — slatiq-c : petit phénomène...........................
- Émigration allemande dans les colonies d’Afrique.............
- 17 15
- 159 5 i 158 66
- 18 100
- 49
- 97 121
- 18
- 46
- 49
- 158
- 189 5 2
- 190 122 122
- 4
- 40
- 17 46
- 98
- 49 197
- 78
- 15
- 170
- 150
- 99 121
- 50
- 18 117
- 50
- 121
- 67
- 158
- 4
- 170
- 97
- 17
- 14
- 77
- .97
- 189
- 55
- 60
- 205~]f%-
- 2 6
- Supplément au n“ 2iiir> dei,u Sature du 21 juin 1922.
- p.2x204 - vue 616/620
-
-
-
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- Empreintes digitales : relevé sur papier et sur verre ....
- Encuivrage des canons et son remède..........................
- Engrais azotés : production mondiale.........................
- — et fumier...........................................
- Epicéa : plantations.........................................
- Etain : traitement du minerai................................
- Etats-Unis : lilé............................................
- — : densité d’habitation.........................? •
- Explosion de Kievv et pluie..................................
- Exposition de la chaleur.....................................
- Fébrifuge nouveau............................................
- Finlande : dépôts de kaolin..................................
- Florale (Horloge)............................................
- Flotte commerciale allemande : reconstitution rapide ....
- Fontaine incrustante de la vallée de la Durance..............
- Forces hydrauliques naturelles...............................
- Foudre : curieux cas.........................................
- — : effets sur les couvées............................
- France : nombre îles automobiles.............................
- — : population en 1866 et 1921........................
- Frigorification du poisson : essais..........................
- Fumier et engrais............................................
- Gaz de bois : éclairage et chauffage.........................
- Gelotex......................................................
- Gemme de pin : distillation..................................
- Glace fabriquée avec l’eau de mer............................
- Goudrons pour routes.........................................
- Goût : réception des signaux de T. S. F......................
- Graisses animales et végétales : valeur comparée.............
- Graisse de Dumori............................................
- Graphites de Madagascar : purification.......................
- Guye : nécrologie............................................
- Gyroscope : stabilisation des navires........................
- Habitation : densité aux Etats-Unis..........................
- Hélium : dirigeable..........................................
- Homme le plus vieux du monde.................................
- Horloge florale..............................................
- Houille blanche en Italie....................................
- Huile de Menhadcn............................................
- Hydraulique : accumulation par pompage.......................
- Hydro-électrique : usine de la Diège......................... .
- Ile Jan Mayen : violent tremblement de terre................. .
- Illipé : beurre............................................ > •
- Indochine : richesses mniièies...............................
- Insecticide : cbloropicrine..................................
- Italie : houille blanche.....................................
- Jeûne d’une araignée.......................................
- Kaolin : dépôts en Finlande..................................
- Lait : industrie au Canada...................................
- Lampe hétérodyne : emploi pour l’auscuhatiou de l’oreille. .
- Latex de caoutchouc : emploi en papeterie ...................
- Laveran : nécrologie.........................................
- Lens canadien................................................
- Lin : nouveau procède de rouissage.........................
- Maisons les plus hautes du globe....................
- Mars : planète........................ .................
- Marseille : coup de vent du 1er mars ........................
- Menhaden : huile............................................. .
- Ménisques de mercure : volume................................
- Mercure : volume des ménisques...............................
- Mérida : tentatives de sauvetage.......................... . .
- Métal Àlpax............................................... . .
- — Frary............................................. . . . .
- Métallisation par projection.................................
- Métaux : la transmutation est-elle résolue?....................
- Météorologie et téléphonie sans fil ...... ..................
- Microphotostéréosy n thèse...................................
- Minerai d’étain : traitement.................................
- Milles anglais : transformation eu kilomètres. , , , . 77,
- Mines d’Indochine...................................., . . .
- Montagne : méfaits...........................................
- Mouches : étude du vol.................................... . .
- Moustiques : lutte...........................................
- Nage : dépense d’énergie.................................., .
- Navires : stabilisation gyroscopique.........................
- Nécrologie : Ciamician....................................,
- — : Ph.-A. Guye.................., .....................
- — : A. Laveran..........................................
- — : Ranvier.............................................
- — : Shackleton..................'.......................
- — : Ernest Sol va y.....................................
- —. : Tschernotf. ........................................
- Nouvelles-Hébrides : soufre..................................
- 99
- 13 170 182
- 14 33 18
- MO
- 54
- 18
- 99
- 139
- 67
- 137
- 77
- 117 1
- 18
- 78
- 118 82
- 182
- 67
- 118
- 17
- 82
- 117
- 77
- 66
- 14
- 2
- 121
- 17
- 110
- 97
- 14
- 67
- 189
- 54
- 81
- 138 149
- 14
- 198
- 4
- 189
- 34
- 139 139 157 139 181 182
- 53 81
- 197 157
- 54 170 170 110
- 198 117
- 17
- 109
- 49
- 109
- 35 117 198 181
- 82
- 35
- 1.8
- 17
- 49
- 121
- 181
- 109
- 49
- 181
- 65
- 15
- Nuages : coloration verte.....................................
- Océanographie de la Baltique..................................
- Oiseaux arrivent (Les)........................................
- — : contre la diphtérie.................................
- Or : batteurs anglais et allemands............................
- Oreille : auscultation par lampe hétérodyne...................
- Orientation : inlluencesur la transplantation des arbres . . . Papeterie : emploi du latex de caoutchouc.....................
- — • la plus petile du monde.............................
- Pétrole : ressources mondiales................................
- Phare d’aviation d’un milliard de bougies.....................
- Photographie aérienne : exposition internationale.............
- — : archives du T. C. F.................................
- — : centenaire..........................................
- Pile à charbon................................................
- Pin : distillation de la gemme................................
- Plantations d’épicea..........................................
- Pluie : production artificielle et explosion de Kiew..........
- Poissons : essais de conservation par le froid................
- Pôle Nord : aviation..........................................
- Pologne : production en 1921..................................
- Pont sur la Borcea............................................
- Population française en 1866 et 1921..........................
- Population russe,.............................................
- Printemps précoce.............................................
- Prise rapide et durcissement de la chaux......................
- Production de la Pologne en 1921..............................
- Radium au Congo belge.........................................
- Ranvier : nécrologie..........................................
- Rayonnement des eorps hétérogènes.............................
- Réaction chimique des terres .................................
- Renne : acclimatation aux États-Unis..........................
- Riz : culture en Auvergne au xvm° siècle......................
- Rouissage du lin : nouveau procédé............................
- Routes : goudrons.............................................
- Russie : population...........................................
- Saint-Laurent : voie d’eau......................'.............
- Saturne : satellites..........................................
- Sauvetage de la Merida : tentatives. .........................
- Sélénium : emplois nouveaux...................................
- Shackleton : nécrologie. .....................................
- Sittelle et noisettes......................................
- Soleil : éclipse du 21 septembre 1922.........................
- Solvay : nécrologie...........................................
- Soufre : Nouvelles-Hébrides...................................
- Soupape électrique pour la production d’ondes non amoiv
- ties......................................................
- Squales.......................................................
- Stabilisation gyroscopique des navires .... :.................
- Stéréosynthèse microphotographique............................
- Teinture des tissus : origine..............................
- T. S. F. : communications à grande portée.....................
- — : construction de postes par les amateurs............
- — : émissions de la Tour Eilfel............... 13,
- — : horaire complet des émissions de la Tour Eilfel. . .
- — : projet de triangulation du globe...................
- — : réception par le goût..............................
- — : nouvelle soupape électrique........................
- — et téléphonie sans fit : droits des particuliers ....
- Télémégaphone : antériorités françaises....................
- Téléphonie sans fil en chemin de fer.......................
- — — et météorologie ...................................
- Tellure : emplois nouveaux.................................
- Termites : préservation des bois...........................
- Terres : réaction chimique.................................
- Tissus : origines de la teinture...........................
- Tour Eilfel : émissions de T. S. F...................13,
- — : horaire complet des émissions......................
- Touring Club de France : archives photographiques..........
- Transmutation des métaux...................................
- Transplantation des arbres : influence de l’orientation. . . . Travail des attelages et charrettes : meilleur rendement. . .
- Tremblement de terre à Jan Mayen...........................
- Triangulation du globe par T. S. F. : projet. . ......
- Trottoir roulant : concours de la ville de Paris...........
- Truite : odyssée...........................................
- Tscheruofl : nécrologie....................................
- Vagues : utilisation par le dispositif Fusenot ............
- Vent du 1er mars à Marseille...............................
- Vernis à la colophane......................................
- Vieillard de 154 ans.......................................
- Voie d'eau du Saint-Laurent................................
- Vol de 240 000 mouches.....................................
- 34 122
- 35 170 110 157 122 159
- 33
- 66
- 1
- 139
- 67
- 121
- 98
- 17
- 14 54 82 45
- 3
- 97
- 118
- 118
- 67
- 5
- 3
- 13
- 109
- 109 157 190
- 5
- 53
- 117
- 118
- 15 137
- 110 149
- 49
- 100
- 97
- 18-1
- 13
- 182
- 4
- 17
- 109
- 189
- 149
- 157
- 137
- 169
- 65
- 77 182
- 13
- 2
- 2
- 49
- 149
- 117
- 157
- 189
- 137 169
- 67
- 109
- 122
- 138 149
- 65
- 78 78 65 65
- 137
- 98
- 14
- 15 82
- -vfc|_2<V;sfc-
- p.2x205 - vue 617/620
-
-
-
- 5gfc
- HP
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- II. — SCIENCE APPLIQUÉE.
- Accumulateurs pour T. S. F..................................
- Agrafeuses..................................................
- Agrandissement en lumière artificielle......................
- Aiguise-lame Affilex........................................
- Audions : chauffage des filaments des lampes................
- Automobile : suivante Kap...................................
- Autosevrage.................................................
- Bec Bunsen en verre.........................................
- Bloc-film métallique rechargeable...........................
- Bouton de sonnerie à voyant indicateur*.....................
- Brouelte plianle............................................
- Cadre de T. S. F. : confection..............................
- Cafetière électrique automatique............................
- Caisse enregistreuse à mécanisme automatique................
- Calorifère électrique.......................................
- Chambres à air : manchonnage................................
- Chapeau extincteur Bos......................................
- Chauffage des rivets........................................
- Clous : appareil Corrcctor pour les redresser...............
- Commutateur-gaz.............................................
- Condensateur torique à fond noir............................
- Coucou......................................................
- Couvercle grillagé pour pipe................................
- Crampons à ,paqueter........................................
- Cycle nautique à pales alternatives...........................
- Dessin : appareils..........................................
- Détecteur électrolytique avec un culot de lampe.............
- — : montage sans potentiomètre...........................
- Difusvap....................................................
- Eastman Projection Printer..................................
- Eclairage : appareil articulé...............................
- Enseignes électriques Simplex...............................
- Fer à repasser électrique ..................................
- Gaz : pour éviter les asphyxies.............................
- Gazo-verseur................................................
- Graisseur de ressorts Dandy.............................. . .
- Hélice folle................................................
- llydrocycle à pales alternatives............................
- Interrupteurs prises de courant : pour fabriquer soi-même. .
- Jauge : lélé-mano...........................................
- Lampe électrique ajustable Gras.............................
- — à essence à incandescence . ........................
- — à incandescence à filament droit....................
- — de poche à accumulateur.............................
- Lavage : construction d'une machine.........................
- Lunette pyrométrique Cambridge..............................
- Lunetterie médicale en verre armé...........................
- Machine à laver : construction..............................
- Manchonnage des chambres à air..............................
- 171 37
- 83 22 68
- 56 200
- 85
- 69 20
- 102
- 123
- 142
- 57 56
- 6
- 141 175
- 142
- 70 192
- 0
- 22
- 37
- 51
- 100
- 19
- 151 112 173 141
- 20
- 172 6
- 171
- 152 51
- 51
- 5
- 52
- 21
- 84 191 125 101
- 68
- 141
- 101
- 6
- Marmite Zullcr à couvercle étanche............................
- Masticon...................................................
- Microbarographe lié» simple...........................19,
- Micromètre Broca et Cornandon.................................
- Motopompe nouvelle.........................................
- Paquetage moderne..........................................'
- Parafoudre nouveau.........................................
- Photographie : agrandissement en lumière artificielle ....
- — : bloc-film rechargeable. ................, . . . •
- Pholomicrograplue d’amateur............................
- Photo-revolver Krauss.........................................
- Piège à rats aquatique.....................................
- Pile Dubois à depolarisation par Pair......................
- Pipe : couvercle grillagé . ...............................
- Porte-mines mécanique......................................
- Porte-plume réservoir à remplissage automatique. ..... Prise de courant-interrupteur : pour fabriquer soi-meme . .
- Pyrométrie : lunette Cambridge.............................
- Radiotable.................................................
- Rasoirs : repasseur de lames Allegro.......................
- Rats : piège aquatique.....................................
- Repasseur de lames de rasoir Allegro. . . ....................
- Ressorts : graisseur llandy...................................
- Rhéostat réglable à eau et à charbon.......................
- Rivets : chauffage.......................................
- Robinet auto-allumeur Tclegaz.............................. .
- — électrique Presto..................................
- Scellés................................................
- Scie : monture réglable. .....................................
- Sevrage automatique........................................
- Soupapes êlcctrolytiques : utilisation ingénieuse..........
- Stylomine..................................................
- Suivante Kap...............................................
- Table scolaire et tabouret à hauteur variable..............
- T. S. F. : accumulateurs ..................................
- — : confection d’un cadre............................. .
- — : montage du détecteur cleclrolyLique sans poteniio-
- mèLre............................................
- — : radiotable.......................................
- — : réception des ondes entretenues..................
- Télémanojauge..............................................
- Thermogaz Marcé............................................
- Topographie : planchette de cheminement....................
- Torche Lucifer.............................................
- Tringle indécrochable et extensible Liane..................
- Ultramicroscope : condensateur torique.....................
- Voilures à hélice Lcyat....................................
- Yoi lurette Caffort..................•.....................
- 81
- 112
- 68
- 174
- 158
- 57
- 172 83
- 69 83 68 85
- 191 22 57
- 126
- 5
- 68
- 183
- 184 85
- 184
- 152
- 184
- 173
- 70 158
- 57.
- 85
- 200
- 102
- 57
- 36
- 125 170 123
- 151
- 183
- 199
- 52
- 140
- 112
- 126 57
- 192 21
- 111
- III. — VARIÉTÉS.
- Les effets neutrali.-ants de la sécheresse sur Faction des en-
- grais (A. Bourdin)............................................ 7
- Comment hiverner les plantes d’agrément (H. Blin) .... 15 Comment obtenir des œufs en saison froide (H. Blin). ... 23
- A propos des Bigoudenn.......................................... 39
- Chez les fourmis (11. Courix)................................... 47
- Comment acheter les fruits frais (A. Truelle) ?
- Les grenades................................................. 53
- Les bibasses ou nèfles du Japon.............................115
- Production et commerce des olives (A. Truelle) . ..... 71
- Le calendrier perpétuel vivant (E. Singer)................... 86
- La fertilisation des terres et la résistance des plantes à la sécheresse (If. Blin)...................................... 105
- Comment assurer la combustibilité des tabacs (H. Blin) . . . 119
- A propos du calendrier perpétuel...................................127
- L’origine des fourmilières (II. Courix)............................143
- Les substances vénéneuses......................................... 155
- L’eau de coco : sa composition cl ses emplois (M. Deueau-
- puis).......................................................... 161
- Les fruits exotiques au sud de la France : les goyaves et
- leurs similaires (A. Truelle)...................................175
- Le calendrier perpétuel (F. Anduze de Saint-Paul)..................176
- Conservation des œufs hors coquille, à l’état liquide (A Bolet). 185 Les facteurs chimiques de la fructification (G. Bellair) . . . 195
- IV. - HYGIÈNE ET SANTÉ.
- La population française (R. M.)........................... 24
- La chaux et la tuberculose (R. M.)........................ 52
- Les dangers du courant électrique (R. M.)................. 72
- Comment ou abîme scs cheveux (R. B.)......................427
- Mesure de la toxicité des appareils de chauffage, d’éclairage
- et des moteurs à explosion (R. M.).........................176
- La mortalité et la météorologie (R. M.).......................186
- Lu radio-auaphylaxic (Dr Foveau ue Courmeli.es)...............195
- m 207
- p.2x206 - vue 618/620
-
-
-
- m
- TABLE DU SUPPLÉMENT
- V. — RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- AerandBsrmeuls à In lanterne : temps de pose................ 105
- Aide-mémoire pour dessinateur . . .......................... 73
- Aquarium : chauffage par lhermosiphon...................................114
- Armoire pour outils de jardinage............................ 73
- Automobiles : amélioration aux pédales de manœuvre. . . 40
- — : graissage des ressorts....................................... 74
- — : pour redresser les vieux châssis.................. 74
- — : pour suppléer au défaut de lampe.................. 105
- Bains des serins........................................................ 0
- Barricade protectrice de jeunes plants...................... 40
- Béton : étanchéité aux huiles minérales..................... 0
- — : durcissement................................................. 104
- Bicyclettes : réflecteur arriére........................................ 10
- — : réparation d'une pédale en caoutchouc.............: 55
- Bleus : petite machine-à tirer................................ 87
- Boite à onglets : p mr la faire simplement .................102
- Bouchon de radiateur.: pour le faire tenir . ............... 40
- Brosses à cheveux : nettoyage.. . . ....................... . 55
- Bruits des moteurs : détecteur............................ 40
- Burette de graissage : modification pratique................ . 88
- Butoir de porte simple............. . ...... ............... 87
- Cartes : compteur économique pour, les parties.............. 87
- Carters : pour ne pas laisser tomber de clé anglaise .... 73
- Châssis : redressement............................................... 74
- Chaussures : collage invisible des pièces..................... 55
- Chevaux : gale........................................................ 187
- Chinosol : conservation des poires............................. 129
- Ciment : peinture spéciale . . . .............................. 73
- Collage invisible des pièces sur chaussures................. . : 55
- Compteur économique pour, les parties de cartes................ 87
- Corde usagée employée en lapis-brosse......................... 88
- Cosse d’attache pour (ils de connexion,. ,. .. . ...... . 114
- Décors de théâtre : ignifugation............................... 187
- Désodorisation des Imites de poisson ........... 9
- Dessin : agencement d’un bureau. ......... .... 101
- Dessins : moteur électrique pour les gommer ................... 87
- Dessinateur : aide-mémoire ............................................. 73
- Diamètre des poulies.en bois : pour l'augmenter. .... 105
- Durcissement du béton ................................................ 104
- .Engrais potassiques d’Alsace : écueils à éviter. . . . . . 130
- Epluchage des légumes,. . . . ...... . . . .......177
- Escaliers en pierre : marches mées........................... . 177
- Essence : filtrage. ................................................... 40
- — : suppression des fuites. ....... ..... . . . 105
- Etanchéité des récipients en béton pour luulcs minérales . . 9
- Etuve à vernir.............. . ... . . .........105
- Fers à souder : manrlie isolant............................. 105
- Filtrage de l’essence................................................... 40
- Fuites d'essence : suppression........................................ 105
- Cale des équidés........................................................187
- dommage des dessins par moteur électrique................... 87
- Graissage : modification pratique de burette................ 88
- — des ressorts d'automobile...................................... 74
- Herbes dans les champs : emploi de l'acide sulfurique . . . 102
- Huiles de poisson : désodorisation . . :....................
- Ignifugation des décors de théâtre................... . .
- Imperméabilisation du plâtre. . ........................
- Indicateur de.tours commode.................................
- Jardinage : armoire pour outils.............................
- I.ampe : pour suppléer au defaut.......................... . .
- Légumes : combinaison pour l’épluchage......................
- Marches usées d'escaliers en pierre.........................
- Métalcrele..................................................
- Mirage des œufs par torche électrique.......................
- Moteur d’automobile : détecteur de bruits......................
- Nettoyage des brosses à cheveux ............................
- Œufs : mirage par torche électrique.........................
- Onglets : pour faire facilement une boite......................
- Papiers an charbon : dépouillement au kiesclguhr sans transfert .......................................................
- Pèche â la ligne : sonnerie d’alarme .......................
- Pédale, en caoutchouc de bicyclette : réparation............
- Pédales de manœuvre des automobiles : amélioration ....
- Peinture spéciale pour enduits de ciment....................
- Photographie : temps de pose des agrandissements â la lanterne ......................................................
- Pinceau économique . . . ......................................
- Plan d'un atelier : comment le faire rapidement, .....
- Plants : barricade protectrice..............................
- Plâtre ; imperméabilisation....................................
- Pneus : réparation sur la route.........................
- Poires : conservation par le chiriosol................
- Pommes de terre gâtées : utilisation ménagère...............
- Porte :.butoir simple. .....................................
- Potasses d’Alsace : écueils â éviter........................
- Poulie eu bois : pour augmenter le diamètre.................
- — de friction : comment l’établir........................
- Radiateur : pour faire tenir un bouchon.....................
- Récipients en béton pour'huiles, minérales : pour les rendre
- étanches................................................... •
- Réllecteur arrière pour bicyclettes ......................... .
- Ressorts : graissage...................................; .
- Robinet électrique......................................
- Robinets : mélange (Peau chaude et d’eau froide. .....
- Séchoir au-dessus d'un radiateur. . ........................
- Serins : pour les baigner ....................... ..........
- Sonnerie d'alarme pour pèche à la ligue....................
- Soudure : manche isolant pour 1er.....................
- Squelettes d’animaux : préparation...........................
- Tapis-brosse en corde usagée. . . . . . . . . . . . . . ,
- Téléphone : support auxiliaire de récepteur................
- Temps de pose des agrandissements â la lanterne.............
- Thcrmouphon pour aquarium...................................
- Tirage des bleus : petite machine...........................
- Tourbe : procédé pour éliminer l’eau........................
- Tours : indicateur commode..................................
- Vernir : étuve..............................................
- Yaourt : pour le faire soi-mème.............................
- 9
- 187
- 88
- 129
- 73
- 105
- 177
- 177
- 177
- 73
- 40
- 55
- 73
- 162
- 162
- 87 55 40 73
- 105
- 55
- 177
- 40
- 88
- 73 129 129
- 87 150 105 177
- 40
- 9
- 40
- 74
- 72 105
- 73 9
- 07
- 105
- 55
- 88 114 105 114
- 87 102 129 105 1.29
- VI. — DIVERS
- Bulletin astronomique (E. Touchet) . 29, 01, 95, 133, 165, 201
- Prestidigitation (Lue Mégiiet) :
- La lampe merveilleuse d'Aladiu.........................*• • 8
- Bleu, blanc, rouge ou les trois œufs de Pâques.............104
- L’anneau des fées......................................... 145
- Les tubes de Neptune ..................................... 145
- Foulards prestigieux.......................................145
- FIN DE LA TABLE DU SUPPLEMENT
- Le Gérant : P. Masson. — Imprimerie Labcue, rue de Fleurus, 9, à Paris.
- p.2x207 - vue 619/620
-
-
-
- 408 ::::............. ..........TABLE DES
- Lu transmission électrique des images (J. Boyer) ... 151 -
- L’état actuel de la téléphonie sans (il (J. Roussel). "214, 237
- lin discours entendu par 150 000 personnes........503
- Le laboratoire technique des Postes et Télégraphes (,).
- Boyeii) .... i . ............525
- 4. Travaux publics. — Art do l'ingénieur.
- Le pont en béton armé de Saint-Pierre-du-Vauvray (E.
- Weiss).............................................. 24
- L’achèvement du tunnel du Simplon (R. Yillers) . . . 113
- La Grande Roue de Paris a vécu (J. Royer)..............254
- Les explosifs à l’air liquide dans les mines de fer de
- Lorraine (Ch. Benoist)..............................260
- Les réservoirs d’arrêt et leur rôle dans le Massif Central
- (A. Pawlowski)..........................................27ü\
- Construction d’un pont suspendu de 553 m. de portée à
- Philadelphie (M. Cazaübietlh)........................312
- Le port de Casablanca (R.-J. Bendeii)..................369
- Les barrages en marbre de l’Inde (Capit. Pûidi.oue) . . 383
- 5. Transports.
- La nouvelle gare frigorifique de Paris-Ivry (J. Boyer) . 54
- Un moteur d'automobile à huile lourde (Pu. S.) . . . 115
- Gazogène Cazes pour camion automobile (E. Weiss). . 145
- Les locomotives a Pacific » (Pu. S.)............... 292
- Les automobiles à gaz pauvre (M. Boileau)..............344
- La locomotive à turbines (.1. Netter)..................315
- Le nouveau wagon d’instruction du P.-O. (J. Boyer), . 390
- MATIÈRES
- 6. Aviation et aéronautique.
- Le guidage des avions par temps brumeux et pendant la
- nuit (J. Boyer)...................................... 39
- Nouveaux monoplans de transport (J.-A. Leeraxc). . . 69
- Le dernier Salon de l’Aéronautique (J.-A. Leeraxc) . . 165
- La météorologie et l’aviation (P. Sciiereschewsky) . . . 187
- Avions lancés par catapultes (A. Poidlouë)...........223
- Les ports aériens (J.-A. Leeraxc)....................575
- Le guidage des mobiles aériens.......................127
- 7. Marine.
- Le sous-marin à la (indu xvmc siècle (Sauvaire-Jourua.n). 35 Un dock pour les épreuves de résistance des sous-marins
- (Sauvajrf.-Jourdax)........................................212
- Gyroscopes aiitirou!is (E. Weiss)..............................565
- Le pose-cargo (E. Weiss).......................................399
- DIVERS
- Nettoyage et restauration des objets de collection (A. B.) 141
- Les faux par surcharges (P. Maréchal)...................268
- Le réveil des musées d'histoire naturelle de province. ...... ......................... 44
- F1JN DES TABLES
- Le Gérant :T. Masson. — Imprimerie Lahure, nie de Fleuras, 9, à Pans.
- p.2x208 - vue 620/620
-
-